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1912

QUATRE-TÈMS

Noumbre d'or...
13
Mars
Epato (Grégori)
Il
Jun
Cicle soulari
17 Setèmbre
Endicioun roum
10 Desembre
Letra doumenicala
G F
LI QUATRE

8,
7,
20,
20,

10
9
22
22

e
e
e
e

11
10
23
23

SESOUN

Lou printèms coumença lou 21 mars
L'estiéu
—
— 22 Jun
L'autoum
—
— 24 sept,
L'iver
—
— 22 dés.

à 6.55 m.
à 2.36 m.
à 5.18 m.
à 11.53 m.

dôu sera
dôu sera
dôu matin
dôu sera

FESTA MOUBILI

Septuagesima... 12 Fébrié
Cendre
21 Febrié
Pasca
7 Abrieu
Rougacioun 21, 22, 23, 24 Mai
Ascensioun
16 Mai

Pantecousta
Trinità
Festa de Diéu
1" Dimenegue de
Ie* Desémbre

26 Mai
11 Jun
15 Jun
l'Avènt

LU ESCLISS!

Souliu.

—

ij Abriéu. — Esclissi annulari e coumplet visible

à Paris, en America, en Europa et dintre lou N.-O. de l'Africa.
Coumençamen de l'esclissi à 10,01 dôu matin ; finisse à 1,08
dôu sera.
10 Otitoubre. — Esclissi coumplet invisible à Paris, visible
dintre l'America dôu Sud.
Luna. — 1" Abrièu. — Esclissi parciella visibla à Paris. Entrada de la luna dintre l'oumbra, 9.26 dôu sera; sourtida, 11.03
dôu sera.
26 Setèmbre. — Esclissi parciella, invisibla à Paris, visibla
dintre l'Océan Pacifique.

Jîla providence, %ue de la Préfecture /4, $run, Siàraire

�LU

VÉNT

Lu vènt que souflon à Niça, dintre lou cours de l'armada,
soun au nombre de 16. Vequi li siéu denouminacioun courènti,
pihadi, en general, dai loucalità dei quali parèisson vèni :
Sud
Miejon
Nord... Tramountana
S.-S.-O. Miejou Lebech
N.-O.-E. Grek Tramountana
S.-O
Lebech
N.-E... Grego
O.-S.-O Pounèut Lebech
E. N .E. Levant
Ouest. Pounènt
E.-N.-E. Levant
O.-N-O.V Pounènt Maistràu
E.-S.-E. Levant
N -O . Mastràu
S.-E.... Siroco, vènt marin
N..-N. OMaïstràu Tramount
S.-S.-E.. Miejou Siroc

6
15
25
14
31
24

VIGÍLIA — JEUNI
Abriè
(Pasca, 7 Abrièu).
Mai
(Ascensioun, 16 Mai).
Mai
(Pantecousta, 26 Mai).
Avoust
(Assoumpcioun, 15 Avoust).
Outoubre (Toui lu Sant, Ier Nouvembre).
Desembre (Calena, 25 Desembre).
L'AN NADA RELIGIOUSA

LI FESTA MOUBILI E LI FESTA FISSI
Janvt'è
jYlars
1 Circouncisioun.
1 e 2 Quatre Tèms.
6 Epifania (lu Rei).
3 Reminiscere.
13 Bateja de J.-C.
10
Oculi.
14 Sant Noum de Jesu.
17 Lœtare.
fébrié
24 Passioun.
2 Puriflcacioun.
29 Li 7 Doulou.
4 Setuagesima.
31 Lu Rampàu.
6 Festa de la Pr. de N. S.
11 Sexagesima.
Jîbriéu
13 Coum. de la Passioun.
5 Divendre Sant.
18 Quinquagesima.
7 Pasca.
21 Cendre.
14 Quasimodo.
25 Quadragesima.
28 Patrou. de San Joúsè.
28 Quatre-Tèms.

�Setembre
3 Inv. de la Santa Crous.
13, 14, 15, Rougacioun.
16 Ascensioun.
26 Pantecousta.
29-31 Quatre-Tèms.
1
2
6
9
21
24
29

Quatre-Tèms.
Trinità.
Festa de Diéu.
Festa dôu S. Sacramen.
Sacrat-Couor de'jesu.
Natività de S. jouan-Bat.
SS. Peire e Paul.

8 Natività de la Vierge.
14 Esaltacioun de la Crous.
15 N.-D. dei 7 Doulou.
15 San Noum de Maria.
18, 20, 21, Quatre-Tèms.
29 Dédie, de S. Miquèu.

Ôutoubre
6
13
20
27

Sant Rousari.
Maternità de la Sta Vierge.
Puretà de la Santa Vierge.
Patrounage de la S. Vierge.

J/ouvembre

Juliet
2 Visitacioun de la S. V.
7 Precious Sang.
16 N.-D. dôu Carme.

Jîvoust
6 Transfiguracioun.
15
18
25
25
29

Assoumpcioun.
S. Joachim.
S. Couor de la Vierge.
S. Louis.
Decolac. de S. Jouan-Bat.

1
2
3
21

Toui lu Sant.
Lu Mouort.
Santi Relíquia.
Present, de la Sta Vierge.

2&gt;esembre
1 Avent.
8 Imaculata Councepcioun.
18, 20, 21, Quatre-Tèms.
25 Calena.

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�LA

DÉCIMALISATION

DU

TEMPS ET DES

ANGLES

LA MONTRE DÉCIMALE
Par J. de REY-PAILHADE, président du Comité
pour la propagation des méthodes Décimales.
Le Club Nautique de Nice a offert plusieur fois en prix des
montres décimales aux régates'de 1909. Il était utile de décrire cet instrument, d'y joindre des tables pratiques et des
formules à l'usage des ingénieurs, des sportsmen, des médecins, etc. etc.
DÉCIMALISATION DES ANGLES •
Il est aujourd'hui démontré que la division décimale du
quart de cercle facilite tous les calculs.
Les nouvelles cartes géographiques sont graduées exclusivement dans ce système, devenu officiel en France et dans
d'autres pays. On possède toutes les tables pratiques nécessaires à son essai courant. Nous ne nous étendrons pas
davantage sur cette méthode aujourd'hui enseignée dans les
lycées et collèges.
Nous rappellerons seulement que M. l'amiral Germinet,
membre d'honneur du C. N. N., sous la direction duquel on
fit en 1899 et 1900 des essais de navigation avec un matériel
entièrement décimal, a émis un avis très favorable à la
réforme décimale.
DÉCIMALISATION DU TEMPS
La division décimale du jour décrétée le 4 frimaire an II
rendra aussi de grands services à la science et aux sports.
Principe. — On divise le jour entier en 100 parties égales
appelées cés ; le cé est subdivisé en décisés, ceniicès et millicés
Le cé vaut 14m 24s ou 1T4 d'heure environ ; le décicé est égal
lm 26s 4 ou lm Ij2 environ ; le millicé vaut 0S 864 ou 9T10 de
seconde environ.
Concordance des Temps. — On parvient assez vite à dire
instantanément l'heure à 1 ou 2 minutes près en regardant le
cadran d'une montre décimale. Il suffit d'apprendre par cœur
les concordances décimales de toutes les heures.
0,0
0
50,0

4,2
1
54,2

8,3
2
58,3

12,5
3
62,5

16,7
4
66,7

20,8
5
70,8

25,0
6
75,0

�25,0
6
75,0

29,2
7
79,2

33,3
8
83,3

37,5
9
87,5

41,7
10
91,7

45,8
11
95,8

50,0
12
100,0

Les heures sont au milieu, les concordances des heures
du matin en haut, celles du soir en bas. Ainsi 10 heures du
matin valent 41.7 cés (énoncer 41 cés 7 décicés) et 10 heures
du soir valent 91,7 cés.
Gomme 1 cé vaut presque lj4 d'heure et un décicé une mi •
nute 1]2 ; en partant des concordances du tableau, on dit
l'heure instantanément, ainsi 39,9 cés valent 9 h. 36 m. du
matin. Un ou deux jours suffisent pour atteindre ce résultat.

Description de la montre décimale ou cémètre. — Il y a 3
aiguilles centrales se mouvant sur un cercle divisé en 109
parties égales, numérotées de 0 à 9. Le 0 cé est en bas, c'est
l'origine des temps, car on suppose la Terre au centre du
Cadran.
L'aiguille dorée avec un soleil ne fait qu'un tour par jour ;
l'aiguille épaisse en acier bleu tourne 10 fois par jour, et la
trotteuse fine fait 1000 tours par jour.
L'aiguille-soleil montre la position de l'astre du jour par
rapport au méridien de Paris, qui va du centre au chiffre 5.

�10 —
Les quatre traits bleus indiquent les positions de cette aiguille
à minuit en bas sur 0 ; — à tì h. du matin au milieu entre 2
et 3 ; — à midi, en haut, sur le 5 ; — à 6 h. du soir, entre 7
et 8.
L'aiguille dorée du soleil indique le chiffre des dizaines
de cés, 2 sur le dessin ; l'aiguille épaisse donne d'abord le
chiffre des cés, 6 sur le dessin, et en comptant rapidement à
l'œil le rang de la division entre 6 et 7, on voit, que cette aiguille marque 3 décicés. Le temps du dessin est donc 26,3
cés correspondant à 6 h 20 m. du matin environ. L'aiguille
trotteuse donne les millicés 83. Le temps est donc 26,383
cés.
» Pour la vie courante, on n'a pas besoin d'aller au delà du
clécicé. On lit les milticés pour les applications scientifiques
et sportives.
Le temps en millicés lu sur le cêmèire facilite tous les calculs, car on n'a jamais de réductions à faire.
Examinons le problème des vitesses a l'heure : Les millicés multipliés par 0,00024 donne des heures et fraction décimale d'heure. Ainsi Ì2345 millicés valent 12,345 -f- 24 =
2 h. 9628.
Par conséquent si L est la longueur parcourue et M le
temps en millicés, la vitesse est

ou t

+ 4166,66...

Ces quelques exemples démontrent que la montre décimale simplifie tous les calculs sans exception.
Les rapports de MM. les délégués officiels aux essais de
la montre décimale faits à Nice, par le Club Nautique, le 26
février 1911, concluent unanimement à la supériorité de cet
instrument pour les usages scientifiques et sportifs.
M. Prim, astronome à l'Observatoire de Nice, représen
tait M. le \iinistre de l'Instruction publique.
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P.
P.
D.
N.

Q,
L.
Q.
L.

lu 8, à 7
lu 14, à H
lu 22, à 7
lu 30, à 10

SOULÈU.

1
2
3
4
5
6
7
8
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31

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FE BRIE
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dil. Jou de V An

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2
3
4
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Lu Rei
6
Dim. S. Lucien
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dil. S. Apoulinari
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dim. S. Pèire
9
dim. S. Guiermo
10
dij S. Teodose
11
div. S. Arcada
12
dis. Sta Verònica
13
Dim. S. Ilari
14
dil. S. Maurici
15
dim. S. Ounourat
16
dim. S. Antoni
17
dij. Sta Angela
18
div. S. Sulpici
19
dis. S. Bastian
20
Dim. Sta Agnesa
21
dil. S. Vincènt
22
dim. S. Raymound
23
dim. Sta Jacinta
24
dij. Conv. de S. Pàu
25
div. S. Poulicarpa
26
dis. Sta Devota
27
Dim. Sta Paula
28
dil. S. Francès S.
29
dim.
dim.
dij.
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S.
Sta
S.
S.

TRIMESÏRÍ;

Macari
Genevieva
Tita
Simeoun

dim. Sta Marfina
dim. S. Peire N.
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lu 13, à 11 oura 38 m.
lu 21, à 4 oura 44 ui.
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dij. S. Ignaci
div. La Candeliera
dis. S. Blasi
Dim. Setuagesima
dil. SS. Vinc.Oronte
dim Sta Agata
dim. Sta Dorotea
dij. S. Romuald
div. S. Jouan-Matha
dis. Sta Apoulounia
Dim. Sexagesima
dil. Sta Eulàlia
dim. S. Gregori
dim. Sta Eufrasia
dij. S. Onesime
div S. Dounat
dis. S. Simeoun
Dim. Quinquagesima
dil. S. Gabin
dim. Dimars-Gras
dim. Li Cendre
dij. S. Silvan
div. S. Maxime
dis. S. Pascase
Dim. Quadragesima
dil. S. Nestor
dim. S. Leandri
dim. Sta Nourina
dij. S. Nymphas

Plueia de febrié
A la terra vau fumiè.

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NICE

MARS
N. L.
P. Q.
P. L.
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10 dim.
11 dij.
12 div.
13 dis.
14 Dim.
15 dil
16 dim.
17 dim.
18 dij.
19 div.
20 dis.
21 Dim.
22 dil.
23 dim.
24 dim.
25 dij.
26 div.
27 dis.
28 Dim.
29 dil.
30 dim.

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13, à
3
21, à 7
28, à 11

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lu 21, à 10 oura
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14
10
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s.
m.
m.
m.

C. 7 29'

1 dim. SS. Félip. Jaq.
2 dij. S. Atanase
3 div. In.d.l. Sta Crous
4 dis. SS. Sindonis
5 Dim. S. Pio, papa
6 dil. S. Jouan D.
7&lt; dim. S. Peire
8 dim. s. Gregori N.
9 dij. s. Antounin
10 div. s. Isidoro
11 dis. s. Bounifaci
12 Dim. s. Jouan lou S.
13 dil. s. Pouon, m.
14 dim. s. Pacomo
15 dim. s. Sta Denisa
16 dij. Ascensioun
17 div. S. Pascaù
18 dis. S. Teodoto
19 Dim. s. Pèire C.
20 dil. s. Felis.
21 dim. s. Bernardini
22 dim. s. Julia
23 dij Rogaeioun
24 div. s. Vincen, d. L.
25 dis. S. Urbin
26 Dim. Pandecousta
27 dil. S. German
28 dim. S. Cirile
29 dim. Sta Petronïa
30 dij. S. Sylve
31 div. S. Justin
Au mes de mai
Longui semana

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P.
D.
N.

Q.
L.
Q.
L.

lu 3,
lu 11,
lu 19,
lu 26,

SOULÈU.

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dis.
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23 Dim.
24 dil.
25 dim.
26 dim.
27 dij.
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29 dis.
30 Dim.

—

à 11 oura 4 s.
à 10 oura SI s.
à 9 oura 51 s.
a
2 oura 20 s.
L. * 34'

C. 8 1!"

S. Potin
Trinità.
S. Quirin
S. Francès C.
S. Lié
Festa de Dieu
S. Lié
Quatre-tèms
S. Optat
Sta Margarida
S. Barnabe
S. Antoui de P.
S. Basilio
S. J.-F. Régis
S. Moudeste
S. Lambert
Sta Olga
S. Gervai
Sta Juliena F.
S. Louis de G.
S. Paulin
Sta Maria d'O.
S. Jouan-B.
S. Prousper
S. Alban
S. Cresen
s. Iréné.
s. Pèire
s. Pàu
s. Tibàu

En Jun
De tres abit l'un

Dégustez tous le vrai

NICE

—

BLANQUI &amp; FRACCHIA
— Usine au Pont-Magnan

—

NICE

�— i4 —

TROISIÍ)MK

AVOUST

JULIE T
P.
P.
D.
N.

lu 3, a 10 mira 20 m.
lu 11, à 1 cura 53 s.
Il 19, a o oura 31 m.
lu 25, a 9 oura 12 s.
SDULÈU. - - L. 4 35' — C. 8 22'

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dim.
dim.

S. Thierry
Vierg.de li Gracia
S. Anatole
S. Pèire de L.
S. Sisoès
S. Elie
Sta Babeta
S. Efrein
Sta Felicita
S. Pio
S. Jouan G.
S. Gene
S. Jaque
Festa Naciounala
S. Enri
N.D.d.M. Carmel
Sta Marcelina
S. Frederic
S. Vincen de P.
Sta Margarida
S. Vi loiSta Maria-Mad.
S. Apoulinari
Sta Cristina
S. Jaque
Sta Anna
S. Pantaleoun
S. Samsoun
Sta Marta
Sta Giulieta
S. Gnaci de L.

Au mes de Juliet
Ni frema ni coulé.

TBIMËSTRÎ;

I1. Q. lu 2, a 0 oura 29 m.
P. L. lu 10, a 3 oura 58 m.
D. Q. l»i 17, a 1 oura 1.1 s.
N. L. lu 21, a 5 oura 14 m.
IV Q. lu 31, &amp; 5 oura 21 s.
souLÈu, —1.5 or -j&gt;. 8 or

dij.
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4 Dim.
5 dil.
6 dim.
7 dim
8' dij.
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S. Pèire-aï LS. Alfonso
Inv. de S. Estève
S. Domenica
N. D. dei Nèu
Trausf. de J. C.
S. Gaétan
Sta Batilda
S. Camila d. L.
S. Là u ren
S. Septima
Sta Clara
Sta Filoumèna
S. Ousèbi
Asoumpcionn
S. Roc
S. Mamès
Sta Elena
S. Ipoulita
S. Bernar
Sta Chantai
S. Pio V
S. Filipe B.
S. Bartoumiéu
s. Louis, r. F.
s. Seg'oundo
s. Cesari
s. Goustin
s. Mederic
Sta Rosa
S. Fiacre

F.n . ivoast
Figa e moust

wmmm mm

SBTÈMBRE
P. !.. lu 8, a' 4 oura 57
D. Q. lu 15, a 6 oura î&gt;l
N. L. Ju 22, a 3 oura 37
P. Q. lu 30. a 0 oura 08
SOULÈU. - - 1. 5 47V— c.

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S. Gili
S. Estève R.
Sta Eufemia
Sta Rosalia
S. Làuren J.
S. Pambon
S. Grat
Natiu, di' la V.
S. Oumer
S. Xicola
S. Félis
S. Veran
S. A nié
Es. (1. l.S. CtQUS
S. Nicomède
S. Conrneilla
S. Lanbert
S. Tournas V.
S. Janvié
S. Euslache
S. Matiéu
S. Maurici
Sta Tecla
S. Girar
S Firmen
S. Nil
S. iN'icandre
S. \\ inceslas
g. Miquèu
S. Jeromo

Lima setembrina
De mai clarina

MOT »

GRANDE MARQUE RECOMMANDÉE

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:
s
s
7'02'

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OUTOUBRE
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lu 8,
lu 15,
lu 22,
lu 30,

SOULÈU, — 1.

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oura 46 m,
oura 09m;
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6 06*

TRIMESTRE

NOUVÈMBRE
P. L. lu
6,
D. Q. lu 43,
N. !.. lu 20,
Q.
lu 29,

r.

SOULÈU. - -

1.

a
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4 oura 48
8 oura 20
9 oura 49
2 oura 42
14'

—

c.

5 03'

1 dim. Rosari
1 div. Tout lu Sant
2 dim. S. ■ Léger
2 dis. Eu Mouorl
3 dij. S. Rosari
S. Ubert
4 div. s. Francès d'A. 43 Dim.
dil. S. Carlo B.
5 dis. s. Placido
5 dim. Sta Bertila
6 Dim. s. Bruno
6 dim S. Leounar
7 dil. s. Serge
dij. S. Nestou
/
8 dim. Sta Reparada
8 div. Lu Quatre Incou.
9 dim. S. Denis
9 dis. S. Teodore
10 dij. s. Francès B. 10
Dim. S. Jacintou
11 div. s. Tarasco
11 dil. S. Martin
12 dis. s. Counrad
12 dim. S. René
13 Dim. s. Edouard
13 dim. s. Stanislas
14 dil. s. Calisio
14 dij. S. Pantena
15 dim. Sta Teresa
15 div. Sta Gertruda
16 dim. S. Ospici
16 dis. S. Edme
dij.
17
Sta Edvija
17 Dim. S. Gregori
18 div. S. Luc
18 dil. S. Alfè
19 dis. S. Pèi re
19 dim. Sta Babeta
20 Dim. S. Agrico)
20 dim. S. Edmon
21 dil. Sta Ursula
21 dij. Présent, de la V.
22 dim. S. Filip
22 div. Sta Cecilia
23 dim. S. Teodoret
23 dis. S. Clemen
24 dij. s. Mairloire
25 div. ss. Crespin-Cr. 24 Dim. Sta Flora
26 dis. s. Jouan de K. 25 dil Sta Catarina
26 dim. Sta Pel fina
27 Dim. s. Frumence
27 dim. S. Maxime
28 dil. s. Alfredo
28 dij. S. Sostène
29 dim. s. Narcisse
29 div. s. Saturnin
30 dim. s. Marcel
30 dis. s. Andrièu
31 dij. s. Siri
En ùuloubre
\loii ponorc goûta loti rùare

Tonssan ientra
St A n'driéu lou souorte

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DESÈMBRE

s.
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P. L .
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N. L.
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lu 12,
lu 20,
lu 28,

SOULÈU, -

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5
6

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Dim.
dil.
dim.
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div.
dis.

8 Dim.
9 dil.
10 dim.
11 dim.
12 dij.
13 div.
14 dis.
15 Dim.
16 dil.
17 dim.
18 dim.
19 dij.
20 div.
21 dis.
22' Dim.
23 dil.
24 dim.
25 dim.
26 dij.
27 div.
28 dis.
29 Dim.
30 dil.
31 dim.

1.

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3 oura
m.
6 oura 46 s.
4 our;i 40 s.
7 OUI;L 48 s.

7 54' — c.

A vent
Sta Bibiana
S. Francès X.
Sta Barba
S. Bassi
S. Nicola
S. Anbrosi
Imac. Conception
Sta Leoucadia
Sta Eulàlia
S. Damase
Sta Rosélina
Sta Lucia
S, Niçoise
S.
S.
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S.
S.
S.
S.

Mesuiin
Adon
Olimpíada
Gatien
Ciprian
Filogone
Tournas

S. Onourat
Sta Vitòria
Cacha-fuec
Calèna
S. Estève
S. Jouan
SS. Inoucent
Sta Eleonora
S. Sabîn
S. Sàuvestre

Calena aufuec,
Pasca àu j'aèc.

sin -

GRANDE MARQUE RECOMMANDÉE

4 35

�- i6-

�- 17

-I

CROUNICA NIÇARDA
L'ABADÏA DE SAN POUON.— L'ABAT RANCE-BOURREY.
GLOFFREDO.

—

—

PÈIRE

A PREPAU DOU DIALETE NIÇART.

Ben qne pareissènt tardié, VArmanac Niçart s'empressa de
pourtà la siéu febla vous su tout cen que enteressa lou païs, sigue
au pounch de vista istoria loucala, pouesia, tradicioun, sigue
tamben su la taquinanta questioun dóu dialete niçart souvenri
fès pauvada e su la quala lu escritour mouderne soun luen d'estre
d'acordi.
Parlerai finda de M. l'Abat Rance-Bourrey, un beneditin qne
despi quauque an en ça mete à prouflt la siéu erudiciou n a nen
revelà de fach d'istoria inedieh. Se quauqu'un mérita d'estre
laudat es ben éu ; es en éu que VArmanac Niçart tressa la
pamoula de sapiença. En esprimant la nouostra recounouissença,
à l'Abat Rance-Bourrey, fen cen que touplen an denembrat,
vouoli dire de courounà lu siéu travail, frucha de ben de recerca,
dai quali obra sian fier d'avé prestat la prima ajuda. Pouden cità :
lou Discours sur le Monastère de Sainte-Claire de Nice, par Honoré
Pastorelli, publié d'après l'édition originale de Turin 1608, avec
une introduction et des notes ; — "Le Général J.-B.-M. D'Anselme" (Notices biographiques (1740-1792). E aquest'an
l'istorien nen douna — toujou de prima man — YExpulsion de
Mgr Valperga, evesque de Niça, au tèms de la Revoulucioun,
travail anoutat de peça curiouvi que sian urous de pouder metre
souta lu uès dei nouostre letour.
*
* *
Lou fach de l'annada, lou mai marcant, es estat aquéu de
l'Abadïa de San Pouon. Parlon de tout destruge pèr li basti an
siéu luec un espitau Pasteur... UArmanac Niçart es pas Penemic
dóu prougrès, ni men encara dei Bei-Art, ma si fa lou pious dever
de jougne lu siéu esfouors en aquelu dei siéu councitadin quo
l'istoria dóu passat passiouna, pèr que l'Abadïa de San Pouon
sigue counservada e classada couma mounumen istorique. En la
circonstança feliciti M. l'Abat Rance-Bourrey que mé rasoun s'e.s
demoustrat l'ardènt defensour autourisat que counouissen. La
siéu paràula es estada escoutada e lou Préfet de li Alpa-Maritima,
8

'

�— i8 M. de Joly — respetuous dei nouostri tradicioun — en ortie
avertit a proumès que l'Abadïa de San Pouon seria respetada e de
lèu si crusià pèr lou siéu classamen tra lu mounumen istorique.
Dóu resta vequi ce que l'Abat Rance Bourrey nen di su San
JPouon. Counsignen religiousamen li siéu paràula :
« L'Abbaye de Saint-Pons est le plus ancien monument relitgieux existant dans le Comté de Nice. Il y a dou^e cents ans que
sSiagrius y fonda un monastère. L'histoire de ce monastère est
jintimement liée à l'histoire religieuse, civile et économique de la
iville de Nice.
;
« Ce fut à Saint-Pons qu'en 1388 fut'signé l'acte réunissant
le Comté de Nice au Comté de Savoie. Les abbés de Saint Pons
ifurent pris dans les principales familles du Comté : les Badat, les
tLaugery, les Provana, les Lascaris, les Grimaldi, les Martelli, les
;Tournefort, etc. Plusieurs évêques de Nice furent abbés de Saint[Pons, en particulier Barthélémy Chuet (fin du xve siècle) et Jean
, Uriole, son successeur. Un autre abbé, Claude de Seyselle, fut
,évêque de Marseille, puis archevêque de Turin ; d'autres furent
cardinaux, tels Innocent Cibo, neveu d'Innocent VIII et de
f
;Léon X, et Paul Medeci de Cesis dont on voit encore l'inscription
(funéraire à Sainte-Marie-Majeure, à Rome.
:
« A la fin du xvir siècle, l'abbé de Saint-Pons était Pierre
•Gioffredo, le savant historien niçois. Enfin, un abbé de SaintiPons dont les Niçois n'ont pas encore perdu le souvenir, était
(l'abbé Spitalieri de Cessole qui a doté sa ville natale d'un établissement de bienfaisance si justement apprécié. La plupart des
pbbès de Saint-Pons et plusieurs évêques de Nice ont été enterrés
dans l'église ou sous le cloître et dorment aujourd'hui confondus
avec les moines leurs frères qui depuis dix siècles y sont enterrés.
« Les monuments funéraires ont disparu. Le temps a tout
(nivelé à Saint-Pons, singulièrement aidé cependant par la main
ides hommes. On connaît les dévastations commises par
Iroupes de François Ier et de Barberousse, plus tard par celles d
Catinat et par d'autres encore. Après chaque désastre, SaintPons a retrouvé une nouvelle vitalité et il y a à peine trois quarts
de siècle que Mgr Galvano y a fait d'importantes réparations.
;
« Saint-Pons n'est pas seulement une page de l'histoire de
notre pays, c'est un gros volume de cette histoire ; les Niçois
laisseront-ils dire qu'ils sont restés indifférents devant le danger
qui menace Saint-Pons ? Non, ils feront tous leurs efforts pour

�— 19 -

sauver de la destruction un monument qui doit leur être cher...
Je demande d'urgence le classement de l'Abbaye de Saint-Pons,
c'est-à-dire de l'Eglise et des bâtiments claustraux, comme monument historique. »
Lou councours de YArmanac Niçart es aquist. Emé fiertà e
au près de touplen de sacrifici faren respetà l'istoria dóu passat,
la lenga e lu escrich dei orne qu'an ilustrat lou nouostre bèu
pais.
*
* *
Despi quauque tèms, — maladia que reven per intermitença,
— la gran questioun de la grafia niçarda, de l'ourtougrafa, es
messa su lou tapis. De letra soun estadi publicadi, d'autri lou seran, e cresi qu'après ben de charra pèr dire pas gran cauva de
nóu, quasi dirii pèr predicà dintre lou Desert, noun restera
d'aquela discussioun, — Favén déjà coustatat, — pas gran cauva,
ren!... Cadun escrèu à la siéu moda seloun l'esprit dóu moumen,
e serii ben curious de counouisse aquéu que vendria nen dità
une metoda en nen dïen : « la mièu maniera d'escrièure lou
Niçart es la bouona». Discussioun scientifica que pòu passiounà
quauque lenguista, pas mai ; lou mihou es d'escrèure seloun li
letra ditadi pèr la prounouncia. Lou talènt pèr aquéu qu'escrèu
es de si laissà liège, de si faire acapi. Es qu'en en un entan que
frecuenta l'escola primària poudès li demandà autra cauva ?...
Perta de tèms que tout acò, vourria mai s'engenià à recercà lu
viei mot, espressioun, loucucioun courenti que la pous dóu tèms
a rabaïat, dounà au nouostre bèu dialete la coulou que dèu avè,
en respetant lu emprunt que pouden avè fach sigue à l'Italian, à
l'Espagnòu o à tout autre...
Un dialète noun dèu pas estre une lenga scientifica, encara
m en noun còu avè la pretencioun que sigue ouficiela, seria temerari ; lou dialete d'un païs dèu refletà lou caratere d'un'epoca que
lou tèms dèu respetà, enfin escrèure gramaticalamen, un noun
empedisse l'autre, e laissà à l'esprit, au goust lou coumplemen
d'un stile ouriginal, en de frasa councisi que flaton i'auriha.
Aquí fermi la discussioun, risqui de perdre la civada... l'an
que ven, se Diéu mi presta vida, v'en dirai d'autri e couma
d'usança que mi sigue permès de la vous souvetà : Bouona e
uroûva !
L'ARMANAC

NIÇART.

�20 —

LA CIGALA DOU BOUON DIEU
Una cigala dóu Bouon Dieu
Tout l'estiéu
E l'iver en la chambreta, —
L'aiguesias vista la lebreta ! —
Noun vivïa que d'amour
S'assetava su l'ounour;
La cigala cantarela,
Vau chanja de clientela,
Noun es courta d'amatour,
Que li viron tout au tour !
Ma l'ancien de la cigala,
De gros mot ven que s'embala ;
En l'auriha de la maire
Li ven tout aquéu bousin,
Que deja toui lu vesin
Sabon lou long de l'afaire
— Cenqu'as fach m'au tiéu tip ?
Di la maire enrabiada...
Bella Vierge encourounada !
Sera au mancou m'un bouon rie!!...
CH. CIAUDO

PROUVERBI, BOUOI MOT, COUNSÉU E DICH
Tèms d'iver noun ti fidar.
Lu màu dei enfan si garisson soulet.
Cau naisse pèr estre bèu, si maridar pèr estre rie, e mouri
pèr estre brave.
Per aver de raïn, eau caressar la souca.
Agnèu naissut
Vau un escut.
Dansa mihou ventre plen que rauba nova.
L'oumbra dou mèstre engraissa lou cavau.

�LOU MAGOT DE BERTOUMIÉU ISSUGA
O BEN

UNA RAISSADA DE MACAROUN
Conte menloanasqae trouvât dintre d'un armori
de ma nana e que /'Armanac Niçart es tirons de
transcrièure en niçart à Ventencioun dei sièu
fidèle lotour et lelrissa.

Bertoumiéu Issuga, mentounasque de viéia roca, abitava en
coumpagnia de sa mouhié, en carriera dóu Paumoulié. La siéu
frema, malurousamen, era sirnplaria e faia lou siéu desespoir.
Cada matin Bertoumiéu, avant de s'en anà au travail, li recoumandava de noun faire de bestialità. Cou vous dire que toui lu
dissata lou nouostre ome metia en un'armari pertuat dintre la
muraia lou gagne de la semana.
— Bertoumiéu ! pèr qu seria tout aquel argen, demandava
Marioun au siéu marit.
— Es pèr Madjou-long, castagnassa !
*
* *
Un jou Bertoumiéu partet pèr anar à la siéu campagna ;
devia même li restar doui ó très jou pèr souïnar e arousar lu
citrouniè. Marioun souleta matin e sera, s'assetava su lou banquet de la pouorta e faïa de bas... Un predinà veguet un ome
de statura mai que mejana, couma si di, un gran carcan. La
frema de Bertoumiéu lou fissa sensa parpelear, pi pihada d'un'
idea, li diguet :
— Moun bèu Moussu, sias bessai vous Madjou-long ?
Lou merlo pita e noun s'en laissa dire autre, léu li
respouonde :
— Noun vous troumpas pas, bella bruneta, sièu ièu Madjoulong !... Ma perqué mi faire tala demanda ?
Perqué ?... dou moumen que sias Madjou-long, intras su lou
cóu. Li a ja pas mau de tèms que moun marit a mes d'argen
amagat pèr vous...
E sensa mai de ceremounia li remeté lou mandiou dintre lou
quai lu sóu eron groupât. L'ome remercia e la s'esbigna lèu.
♦

* *

�Lou sera, Bertoumiéu arriva, la sièu mouhié li di.
— Sabes, ai vist ancuei Madjou-long !
E l'ome de cridar :
— Malurousa ! — m'en a fach encara una 1
Courre à l'armari, lou mandiou e Pargen, mouis !... Issuga
blastema pica dai pen, es décidât de si desiaire de la siéu frema
Lendeman, dóu téms qu'aissesta durmïa, li cuerbe lu uès emé de
pega de sabatié, pi la pihant pèr la man, la mena dapé dóu CapMartin. Arrivât aqui, Bertoumiéu fa mountar Marioun su d'un
nouguié el'abandouna. La paura, bòrnia, noun sabia doun si
trouvava, ni men encara ce que poudia faire.
En aquéu fra-tèms doui voulur venon s'assetar souta
l'aubre ; après aver abrat quauqui branca sequi pèr s'escaufar, pi
si meton à cuentar lou siéu argen.
La calou faguet delegar la pega que curbia Puès destre de
Marioun e aissesta de cridar :
— E d'un !
Lu voulur, d'estuc, s'isson d'emblée.
— Qu'es acó, diguet l'un.
— Un matagan, faguet l'autre.
La calou seguia á faire lou siéu efet pau à pau durbia Puei
senec.
— E de douî, diguet Marioun.
Dóu cou lu voulur escapon, laissant Pargen espantegat soubre
Perba.
Marioun coumença à li veire clar, cala da l'aubre e ramassa
Pargen, pi lèu s'en camina vers maïoun...
Lou sièu marit, pensierons, era assetat dapè dóu fuec, s'escaufant, fumant la sièu pipeta emé beatituda...
— Bertoumiéu !... o Bertoumiéu !... duerbe-mi, siéu iéu,
Marioun...
— Vai au diàu que ti pihe... ièu que cresii de m'en estre
despegouït...
Ma Marioun, toujou picava, un cóu noun asperava l'autre...
L'ome fenisse per li durbi...
— Ten ! regarda cen que ti pouorti.. . e Marioun pauva lou
sac su lou toulié. ..
Bertoumiéu, entartugat, cuenta Pargen e réfléchisse ; — Marioun es simplaria e deman la vila saupra Pistoria de la fouré . ..
Cóu que Bertoumiéu si dispegouïsse pèr empedi li marridi lenga
de bavar...

�— 23 —
Si mete la vesta, lou capèu e souorte fermant la pouorta i..
Faïa nuech dintre la carriera, ma sensa pena s'encamina
vers una boutiga e croumpa pèr mai de dès kilo de macaroun...
Ientra au sièu e di à la sièu mouhié de si metre au liech.
En tant que Marioun durmïa, Bertoumiéu fa bui lu macaroun, pi lu espantega su lu aubre dóu jardin... Lendeman de
matin la siéu frema, desveiada, si mete à la fenestra...
— O ! Bertoumiéu ! Bertoumiéu ! Vene un póu veire!... O
trest ! vè, a plougut de macaroun !...
— O vai fantauma !... n'as toujou una. .. Ten ! ten !... ma
es ver !...
*
* *

A quauque tèms en ça, Bertoumiéu l'avia previst, Marioun
countet à toui que lou siéu ome noun li picava plus, despi lou
jou qu'ela li avia pourtat de sac plen d'escut...
Lou juge aiguent audit parlar de l'afaire, mandet sounar
Bertoumiéu devant lou tribunal ; la siéu mouhié era estada
citada couma testemoni.
Lou juge. — Bertoumiéu, sias acusat d'aver gardât d'argen
que noun era vouostre.
— Iéu !... Ma moussu lou juge, lou negui ; sièu couma
sabès un travaiadou.. .
E Marioun de dire.
— Noun negar, Bertoumiéu, sabés ben qu'es ver ; es iéu en
persouna que t'ai pourtat la mouneda, qu'avii trouvât en la
fouré.. .
Lou juge. — Anas brave ome, noun negués.. .
— E quoura lou m'as pourtat ?... — Vous juri, Moussu lou
juge, que la miéu frema es fouola !...
— E lou sabes ben, Bertoumiéu, es lou jou que plouguet tant
de macaroun !
— Moussu lou juge aves jamai vist ploure de macaroun ?...
— Jamai ! moun beL amic respoundet lou juge que si tenia
lou ventre dóu rire — Amie, vèu que la vouostra frema es
fouola. .. sias aquitat !...
Bertoumiéu si retira emé Marioun... Noun aigueron plus
de disputa e vieugueron, pareisse urous e pèr longtèms !...
J. E.

�CANSOUN ANCIENNA

PÈR LOU

N'aurias pas vist la miêu fiha
Trin-trin
Lou galerin
A'aurias pas vist la miêu Jiha
Trois-wtrois
Le fils du roi
L'ai vista e l'ai baïada
Trin-trin
Lou Galerin
L'ai vista e l'ai baïda
Trois-trois
Le fils du roi.
Douna-mi la miêu fiha
Trin-trin
Lou galerin
Douna-mi la miêu fiha
Trois-trois
Le fils du roi.
Es aqnela la vouostra fiha
Trin-trin
Lou galerin
Es aqaela la vouostra fiha
Trois-trois
Le fils du roi.
La miêu fiha era pas lernia
Trin-trin
Lou galerin
La miêu fiha era pas lernia
Trois-trois
Le fils du roi
La miêu fiha era pas lua
Trin-trin
Lou galerin
La miêu fiha era pas lua
Trois trois
Le fils du roi.
N'es ni guercia ni poutinouva
Trin-trin
Lou galerin
N es ni guercia ni poutinouva
Trois-trois
Le fils du rois.

MAI

�La miéu fiha n'es pas borni a
Trin-trin
Lou galerin
La miêu fiha n'es pas bornia
Trois-trois
Le fils du roi.
Noun faïa pas belugueta
Trin-trin
Lou galerin;
Nonn faïa pas belugueta
Trois-trois
Le fils du roi.
La miêu fiha n'es pas emberrida
Trin-trin
Lou galerin
La miêu fiha n'es pas emberrida
Trois-trois
Le fils du roi.
La m iéu fiha n'es pas pigada
Trin-trin
Lou galerin
La miêu fiha n'es pas pigada
Trois- trois
Le fils du roi.
La miéu fiha noun es pas ranga
Trin-trin
Lou galerin
La miéu fiha noun es pas ranga
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha noun es pas louorla
Trin-trin
Lou galerin
La miéu fiha noun es pas touorta
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha n'es pas crouoada
Trin-trin
Lou galerin
La miéu fiha n'es pas croavada
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha n'es pas gibouva
Trin-trin
Lou galerin
La miéu fia n'es pas gibouva

�— 26 —
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha noun es foularana
Trin-trin
Lou galerin
La miéu fiha noun es foularana
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha n'es pas ingourda
Trin-trin
Lou galerin
La miéu fiha n'es pas ingourda
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha a pas lou peu de pi g nu
Trin trin
Lou galerin
La miéu fiha a pas lou peu de pig nu
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha noun es narvelouua
Trin- trin
Lou qalerin
La miéu ûha noun es narveloiwa
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha noun a la rougna
Trin-trin
Lou galerin
La miéu fiha noun a la rougna
Trois trois
Le fils du roi.
XXX.

PROUVERB1, BOUOI MOT, COUNSÈU E DICH
Qu duerme ben noun cregne li niera.
Qu vè pissar e noun pissa, crêpa de malícia.-'
Qu douna soun ben avan de mouri
Mérita de pati.
L'amour es lou paradis dei fouol.
L'amour es .la flou de la jouinessa.

�LA MOUORT DAU PAURE TOUNIN

Lou paure Tounin, malàut a setant'an, si presenta à l'espitàu
ma li respouondon que li a plus de plaça.
— Coumplet ! ! !
Quauqu'un li fa capi qu'em'un pau de proutecioun li pourria
intrar. Countrariat dei pas que cóu faire, Tounin vira lu taloun e
s'encamina vers la plaça Massena, piha lou tram, si rende da
Graugnard, à l'espitàu dei can, e li di :
— Moussu lou Veterinari, cresi d'estre un pau mai qu'un
can ?... En aquéu cas souîna-mi...
— Vous souînar aici, ma brav'ome perdés la testa. — Basta,
li di que n'a pas de liech pèrcourcar un crestian, que noun douna
de souin qu'ai bestia !...
Tounin, couma pensas, s'en souorte m'au couor gros e noun
sau plus à que sant si recoumandar. Era aqui au mitan dóu
camin, quoura en aquéu moumen arriba un landau, doun cala
una grossa dama, encapelada, aurias dich un ver foungi, segada
d'un varlet que pourtava religiousamen un can enfeloupat emé de
favour rosa au couol, tapat d'un tapis em'ai iniciala. En veèn
aquéu tablèu lou paure Tounin si lamenta, sangluta fouort.
— Qu'avès lou miéu brav'ome, li di la dama.
— Cen qu'ai Madama ?... trovi que lou vouostre can a mai
de chança que iéu. Li a cinquant-cinq an que travaii, pèr la premiera fès que siéu malàut, noun soulamen mi refuson à l'espitàu
dei estre uman, ma encara mi vèu picar la pouorta au nas èn
aquéu dai can.
— Quevoulès, lou miéu paur'ome, ai fach un vout de mimetre
à la Soucietà Proutetriça dei Animau, de pourtar touti li miéu
ecounoumia à la Caissa de secours pèr soulajar lou sort dei bestia.
Lou fau talamen ben, que vouguessi ben vous dounar un sóu
que pourii pas.
La dama li vira l'esquina e ientra couma un coupa-cisèu da
Graugnard. Tounin roumougna :
— Se ti veguessi en un cantoun ti dounerii mancou un gotou
d'aïga !... vièia sansuga !...
Tounin estrassinat, deble s'alonga un pau plus en là, su d'un
mouloun de peira. Quauqui oura après, couma soufrisia, n'ai-

�guènt ren en l'estomegue depi l'auba, coumençava d'aver lou
rangouioun, quoura passet un canipiè que li diguet :
— Que fès aquí, brav'ome ?
— Couma veès siéu aqui pèr tirar lu patoun. M'an refusat â
l'espitàu, même en aquéu dai can, noun mi resta que de mouri
su d'un mouioun de peira. — Avès un carnet su lou quai enregistras lu fach dóu jou, farias ben de li aloungar lou miéu testamen que poudès mentuar couma acô :
— « Bouon Diéu, se mi fes passar encara une fes sur la terra,
fe-mi naisse can au mancou, li aura une Soucietà Proutetriça dei
Animau que si crusira de iéu e pourrai estre amès en un espitau,
estre souïnat, faire bouona vida, menar une vida de can... »
ANT. ROLAND.

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VIGNE
A M. VALÉRE BERNARD.

Dans le ciel doux la Vigne ètreint les pals de buis.
Sous le pampre le merle alourdi des falernes
Tourne son col gris vair et ses paupières lemes
Qu'argenté la blancheur des immuables nuits.
O / fraîcheur, 6 beauté des Igs et des iris,
Que la Vierge éblouie avec les marjolaines
Cueille le soir venu aux vasques des fontaines
Pour colorer en fête, au crépuscule, l'Euis.
Narcisses, ébeniers, œillet et sensitive
Ah ! Versez en mon âme attiédie et pensive
L'orgueil qui souleva les clairs olympiens.
L'amour qui rafraîchit les Madones pieuses
Et qui vêt de clarté les snls athéniens
Et les ravissements des époques heureuses.
JEAN

PADOVANI.

Quauque souvèt :
Vous souveti la bouona annada.
Que siegue mihau que la passada.
Vous souveti la bouona annada acoumpagnada de touplcn
d'autri.

�Eglises et Chapelles de Nice
La vieille ville de Nice se trouvant sur la rive gauche du
Paillon, pour parler de ses églises, nous commencerons par son
église cathédrale, Sainte-Réparate, vierge et martyre, de celles du
canton Est, et en traversant la rive droite nous nous occuperons des paroisses du canton Ouest.
I. — L'Eglise Cathédrale du Diocèse de Nice est la paroisse
de Sainte Réparate, vierge et martyre, sous l'empereur Decius en
253. Sa fête est le 8 octobre. Cette église est au centre de la vieille
ville (8.500 âmes), Avant 1531 la Cathédrale était près du Donjon, plateau de Nice, et dénommée : Sancta Maria in platea,
dédiée à N. D. de l'Assomption. L'édifice actuel, dans son genre,
ressemble beaucoup à Saint Pierre de Rome, au Vatican. C'était
auparavant une simple église paroissiale
desservie par
les Bénédictins du Monastère de Saint-Pons, près Nice.
Dans son ressort se trouvent l'ancienne église de Saint
Jaume (Saint Jacques apôtre), jadis des P.P. Carmes, fermée
depuis 1903. Après le transfert du titre de paroisse à l'église de
Saint Juste, évèquc, au Gesu, elle fut placée sous la vocable de l'Annonciation de la Sainte Vierge, ainsi que la belle Eglise de la
Miséricorde, sur le Cours Saleya, jadis de Saint Gaétan, fondée
e
par les P.P. Theatins au XVIII siècle et cédée à la noble
confrérie des Pénitents Noirs.
La Cathédrale de Nice, paroisse Sainte-Réparate de nos jours,
fut comme l'ancienne au Donjon du Château {Sancta Maria in
platea), le théâtre de plusieurs f lits historiques mémorables dans
les annales de l'histoire de Nice.
II. — L'Eglise de Saint Jacques, an Gesû, dès son érection
en 1612, dédiée à Saint Juste, évêque. Sa fête est le 2 septembre.
En 1665 fut érigée en paroisse sous le titre de Saint Jacques le
Majeur, remplaçant la paroisse de Saint Jaume. On l'appelle
vulgairement le Gesù à cause qu'elle a été fondée et administrée
par les P.P. de la Compagnie de Jésus.
Appartiennent à cette paroisse les deux chapelles des confréries des Pénitents Blancs, la Sainte Croix, — confrérie la

�óo —
plus ancienne de Nice, — et des Pénitents Rouges, Saint Suaire
et de la Sainte Trinité ; l'Eglise du Couvent de là Visitation,
la chapelle de l'ancien séminaire, à la montée du Château, et
jadis l'Hospice franciscain avec chapelle de Saint Joseph des
P.P. Recollets de Cimiez, convertie en maison particulière.
L'Eglise du Gesù est d'ordre corinthien composite, cons truite sur le modèle de l'Eglise des Jésuites de Turin, dite
vulgairement les Saints Martyrs. ( 10.000 âmes).
A l'extrémité de la rue du Malonat, aux racines de l'ancien
château, on voit un oratoire à la Sainte Vierge Marie, sous le
titre de N. D. du Bon Secours. Les habitants de ce quartier érigèrent cet oratoire en l'honneur de la sainte Vierge, en reconnaissance du choléra en 1854.
III. — L'Eglise paroissiale de Saint Martin Evéque dite de
Saint-Augustin est la plus ancienne, elle fut bâtie sur l'emplacement de l'ancienne chapelle de Saint Martin (1205) et appelée
Saint-Augustin parce qu'elle était desservie par les Augustiniens
dont le couvent a été transformé en caserne. (Caserne Filley, près
l'ancienne chapelle Sincaire).
IV. — L'Eglise de Saint-Francois-de-Paule a été édifiée en
1736 d'après le plan de l'architecte
Guarini. En 1838
elle fut érigée en paroisse par décret de Mgr Galvano et appelée
aussi Saint-Dominique en souvenir de l'ancienne église paroissiale
de ce nom qui s'élevait sur la place Saint-Dominique aux lieux et
place de l'actuel Palais de Justice.
V*— L'Eglise du Port ou de l'Immaculée Conception. D'humble
origine. D'abord ce fut une fort modeste chapelle (1835), transformée agrandie par Mgr Galvano, et l'avocat théologue L. Mari
fut son premier curé..
VI. — L'Eglise Saint-Joseph nouvelle paroisse depuis 1911 la
première pierre fut posée le 19 mars 1911, bénie le 29 octobre et
ouverte au public le Ier novembre 1911 sous le patronage de Mgr
Chapon et dirigée par les soins de M. l'abbé Gabrielli.
A cette paroisse appartiennent la chapelle succursale de Saint
Joseph contigüe à l'Evêché, et la chapelle de Notre-Dame des
Anges sur l'ancienne route de Villefranche.
VIL — Saint-Roch. Cette église paroissiale dans la banlieue
de Nice fut érigée après la peste de r68r. Nice fut délivrée de ce
fléau par l'intercession de saint Roch, confesseur, né et mort à

�- Si Montpellier. La paroisse est divisée en deux quartiers, Roquebillière
inférieure et Roquebillière supérieure, jusqu'à la chapelle de NotreDame de Bon Voyage.
VIII. — Rive droite du Paillon, intra muros, se dresse Notre Dame du Vau, paroisse Saint-Jean-Baptiste, qui remplace l'an
cienne église du même nom devenue chapelle inférieure du Lycée.
Cette belle église, vœu delà ville de Nice en 1835, mt érigée en
1842 et terminée en 1852 par Mgr Galvano, évêque de Nice.
La façade ressemble à celle élevée à Turin en l'honneur du retour
du roi dans les états Sardes en 1814.
IX. — Saiiit-Pierre-d' Aréna remplace une chapelle située à la
Croix de Marbre. Elle fut érigée en paroisse en 1803 par Mgr
Colonna d'Istria. Elle doit son nom à ce fait, c'est que lors de sa
fondation elle se trouvait sur le rivage de la mer séparée par une
bordure de sable fin.
X. — Une ancienne chapelle de Sainte-Hélêne-l'Inspiratrice
existait dans ces parages. Elle fut remplacée en face la mer par
une église sous l'épiscopat de Mgr Recrosio (1727).
Six paroisses « extra muros » dépendent de la commune de
Nice.
Sainte-Marie Magdeleine, sise dans le vallon de Magnan, édifiée sur l'emplacement d'une chapelle de même nom, érigée en
1626 et dite vulgairement chapelle « dei cassaire » à cause du
grand nombre de chasseurs. Après le concordat de 1803 sous
l'épiscopat de Mgr Colonna d'Istria, ce quartier qui depuis 1771
dépendait pour le spirituel de la cathédrale fut érigé en paroisse.
Il existe encore aujourd'hui une chapelle de Notre-Dame du Bon
Conseil changée en demeure particulière . Bientôt le besoin de
la population augmentant, une église sera bâtie à la cité Robiony
par les soins du curé actuel de la Madeleine.
Plus à l'est de la ville, toujours dans le canton ouest ce
l'Arquet, se dresse la paroisse de l'Ariane dédiée primitivement à
saint Arnoux, évêque et à saint Pierre, apôtre. Elle fut érigée en
paroisse en 1809 sous l'épiscopat de Mgr Colonna d Istria. Dans
son ressort se trouve l'ancienne chapelle nécropole de l'Abbadie
fondée en 1635 en l'honneur de sainte Claire pour le besoin spirituel de 450 à 500 habitants qui appartiennent aux communes
de Nice, Cantaron Saint-André. Localité d'avenii et à laquelle
le chemin de fer Nice-Coni donnera une valeur stratégique.

�— 32 —
Gairaut avait au moyen-âge une chapelle de secours desservie
par les religieux chevaliers de l'ordre du temple au début, et par
la suite de Rhodes et de Malte. Sous l'épiscopat de Mgr François
Rosini de Martinengo la chapelle fut érigée en église paroissiale
sous le vocable de saint Sauveur o*u de la transfiguration du
Rédempteur.
Dès 1730 les P. Dominicains de Nice fondent à Saint Pancrace un sanatorium pour religieux martyrs avec chapelle en
l'honneur de Saint Pancrace martyr. Cette chapelle est érigée en
paroisse en 1848 par Mgr Galvano.
Sur le couchant de Saint-Pancrace on trouve la paroisse de
saint Roman . martyr ; l'ancienne chapelle fut érigée en paroisse
ainsi que celle de saint-Antoine de Ginestière en 1803 sous Mgr
Colonna d'Istria.
VALENT IN.

NOU VÉ
Tu Çatarina fai lou pan.
Mdumen de jota, d'alegressa,
Fes audi da toui lu couor :
Lu ange canton l'alegressa,
Fuges l'infer, Juges la mouorl.
Chntou !
L'aarika sabla, li a quaucaren aici vesin,
Sembla que senti li joia d'un festin ;
Audi lu tambourin de laen,
Lu Jlajoulet e li musela,
Lu pastre van à Bethelen
Laisson la cabana soaleta ;
Santo nuech, venes aléa nen ralegrà,
Pourtas à toui la pax et la tranquilità !
Tu Catarina fai lou pan,
Manda Lucrecia au safran,
Despende aléa lou lauvaniè,
Chapla la blea su lou taatié ;
Crala de froumai e roumpe d'iiu
E fai la iourta couma fou,
Ché n'aiguen toui en aboundança (bis)
Santa nuech, venes alèu nen ralegrà,
Pourtas à toui la pa.x e la tranquilità .'
En tant faguen etnb'au vesin
t ua santépér lou Bambin,
Toucan lou gotou de bouon vin,
Ernb'aa vesin pér lou Bambin
Ti-ri-tin-tin ! -tinTi-ri tin !

�— 3Î —

L'Expulsion de Mgr Valperga
fEN SEPTEMBRE

1792)

Le 12 octobre 1780 h population de Nice se pressait aux
abords de la porte Pairoliëre pour y recevoir en grandes pompes
le nouvel évêque Charles-Eugène Valperga di Maglione. Ce
prélat avait couché la veille selon l'usage antique à l'abbaye de
Saint-Pons et devait faire ce jour là son entrée solennelle dans
sa ville épiscopale.
Le cérémonial imposant avec lequel on avait reçu jusqu'alors
les évêques fut encore cette fois observé. L'accueil de la population entière fut des plus chaleureux au rapport de Pierre Scaliero
qui en fut témoin (1). Le nouvel évêque, qui remplaçait Monseigneur Astésan nommé archevêque d'Oristano en Sardaigne,
appartenait à une famille de vieille noblesse dont plusieurs membres avaient exercé, à Nice, des fonctions importantes (2). Il
(1) Voir aux Archives municipales le récit détaillé que ce chroniqueur en a laissé dans ses Mémoires. Pierre Scaliero mourut en 1805.
(2) Jacques Valperga, conseiller ducal, fut lieutenant du gouverneur de Nice en 1454 ; Thoma5 Valperga fut gouverneur du château de Nice en 1565 ; Jean Valperga fut également gouverneur de
Nice en 1596 ; Jérôme Valperga fut commandeur du château de
Nice en 1600 ; Pierre Valperga, frère de Jacques Valperga, était
chevalier de Malte (Arch. municipales, registre des gouverneurs,
commandants et chevaliers de Malte) ; Anne Valperga, fille dAmédée
Valperga, épousa, le commandeur de Malte Jean-Paul Lascaris.
(Voir son testament daté de 1683, arch. des Alpes-Maritimes,
registre B, 297.) Joseph Ignace de Valperga reçut de son oncle, Emmanuel Philibert Chiotera, mie partie du fief de Couaraze dont il fut
investi le 20 février 1753. Son fils, Vincent, céda ses droits à H. Novelli. Jérôme Valperga fut sénateur à Nice de 1761 à 1765, puis
ministre plénipotentiaire de Sardaigne à Gênes en 1780 ; plus tard
il fut ministre etsecrétaire d'Etat, ce dernier était le frère de l'évêque
de Nice et fils du comte François Valperga qui vivait encore en
1795Ees armoiries des Valperga étaient fascé d'or et de gueules, à
la plante de chanvre déracinée, d'argent et brochant. Le cimier
était un bouc naissant au naturel et la devise : « Ferme-toy ».
Nous reproduisons les armoiries de Monseigneur Valperga d'après celles qui se trouvent en tête du catéchisme édité par ses ordres
et dont nous devons le dessin à l'obligeance de M. Joseph Casai
(Extrait de 1' « Armoriai Artistique et Nrbiüaire », Ni.e, 1902.
3

�- 34était directeur du collège des Provinces à Turin, lorsque le roi
de Sardaigne le désigna, pour l'évêché de Nice. Il avait été sacré à
Rome où il avait fait ses études. Monseigneur Valperga se distingua immédiatement par sa vigilance et son activité : il releva
le niveau intellectuel et moral des prêtres de son diocèse et s'attacha à mettre en toutes choses la plus grande régularité. Dix-huit
mois après son installation, il publia un nouveau catéchisme
dont le plan avait été préparé par son prédécesseur ^i). Grâce à

ses relations cordiales avec la eour de Turin, il jouissait auprès
des autorités civiles de Nice d'une grande influence. Après douze
(1) Ce catéchisme en italien fut imprimé à Nice par la Société
Typographique. C'est un petit volume in-douze de 612 pages, portant
la date de 1783. En tête se trouve le mandement de Monseigneur
Valperga du 16 février 1782 qui approuve le travail terminé par
le prêtre auquel Monseigneur Astésan en avait confié le soin, ordonne
sa publication et règle l'organisation des catéchismes dans tout le
diocèse. Deux ans plus tard en 1785, Gabriel Floteront, imprima
un autre catéchisme rédigé en dialecte niçois, petit volume in-12
de 228 pages. Un exemplaire de ces deux ouvrages existe à la biblio
thèque de Nice. — Voir Villarey, Série Cronològica dei Vescovi
di Nizza. — Art. Valperga.

�-35 années de séjour dans cette dernière ville il s'était acquis l'estime
et le respect de tous.
*

• *

Lorsque le 28 septembre 1792 dans l'après-midi, les troupes
piémontaises évacuèrent Nice, il y eut dans cette ville une effroyable panique et des milliers d'habitants s'enfuirent dans la direction de Turin. Ce fut un désarroi et une désorganisation complète de toutes les autorités. iMonseigneur Valperga resta à son
poste et s'engagea à ne point quitter la ville. Le lendemain samedi
29 septembre, il accompagna le second consul Honoré Saissi et
quelques membres du Conseil qui se rendirent, vers les onze
heures du matin, à la villa Feraudi, au quartier St Hélène, pour
offrir les clefs de la cité au général d'Anselme qui venait d'y
arriver à la tête des troupes françaises. Le général fit à la délégation assez bon accueil, mais il s'étonna de trouver parmi ses membres, l'évêque dont la place déclara-t-il n était pas là. Du reste,
d'Anselme attacha si peu d'importance à la démarche îles magistrats niçois que dans aucune de ses dépêches officielles il n'en fit
mention.
Sur le soir du même jour, la petite armée française faisait son
entrée dans la ville et le général s'installait dans la maison du
consul de France à la place St Dominique. L'évêque de Nice qui
tenait à rester au milieu de ses diocésains se présenta de nouveau
vers les huit ou neuf heures du soir chez le général auquel il voulait recommander ses prêtres en lui demandant des respecter les
églises. Le général était entouré de tout son état-major, du consul
de France, Pierre Le Seurre, de Honoré Saissi, second consul, de
Féraudi, secrétaire général de la commune. Ces deux derniers
venus probablement pour appuyer les demandes de l'évêque.
L'accueil du général ne fut pas plus encourageant que la première fois ; il intima même avec insistance au prélat l'ordre de
quitter ta ville en ajoutant que le plus tôt serait le mieux et ce
fut sur ces dernières paroles que l'évêque se retira après avoir toutefois reçu du général la promesse que tout ce qu'il laisserait dans
son palais serait placé sous la sauvegarde de la Nation française.
Il n'y avait pas à tergiverser, l'ordre était formel et pressant, il
fallait partir. L'évêque prit ses dernières dispositious et délégua,
au curé de la cathédrale, le chanoine Honoré Navello, tous les
pouvoirs nécessaires pour administrer le diocèse en son absence.
Aux premières lueurs du jour, Valperga quitta son palais, et se

�— 36 dirigea à pied vers la porte Pairolière. Il avait été impossible de
trouver une voiture car tous les moyens de transport avaient été
réquisitionnés et utilisés le 28 septembre pour permettre l'exode
des habitants terrorisés. Il avait ordre de partir, mais cet ordre
n'ayant pas été donné par écrit, les volontaires marseillais, de garde
à la porte de Turin, refusèrent de le laisser passer, l'accablèrent
d'injures, le menacèrent même de le pendre et ne consentirent á
le lâcher que sur un ordre écrit, sollicité et obtenu du général,
grâce à l'intervention courageuse et au sang-froid d'un jeune
niçois, Joseph Castellinard. Monseigneur Valperga se retira à
Turin et y mourut en 1805 sans avoir jamais pu obtenir l'autorisation de rentrer.
*

* *

Il est établi par les documents officiels contemporains que
Monseigneur Valperga ne quitta son siège que sur les ordres arbitraires du général d'Anselme et ces mêmes documents nous
renseignent très exactement sur les incidents fâcheux qui se produisirent au départ de l'évêque. Du reste, on n'ignorait pas à Nice
comment les choses s'étaient passées et la population savait grê à
Valperga de son attitude et de sa fermeté. De son côté, Valperga
avait eu confiance dans la parole à lui donnée par le général au
nom de la Nation française et à plusieurs reprises il manifesta
son étonnement qu'elle n'ait pas été gardée, que ses biens aient
été confisqués, son mobilier vendu, son nom inscrit sur la liste
des émigrés alors qu'en partant il n'avait cédé qu'à la force.
Parmi les nombreux documents qui se trouvent soit aux archives de Nice, soit aux archives nationales il en est quelques-uns
dont la simple reproduction sera plus probante que tous les corn,
mentaires. Il_suffira de citer :
•i° La lettre du Directoire des Colons Marseillais en date du
25 février 1793, adressée aux citoyens Blanqui et Veillon, députés
extraordinaires de la ville de Nice à Paris, au sujet des réclamations présentées le 23 du même mois par Jean-Jacques Donny, au
nom de Mgr Valperga.
20 La réponse du même Directoire à J.-J. Donny, en date du
26 février 1793.
3„ L'arrêté du Département en date du 13 avril 1793.
40 La réclamation présentée au Directoire du département

�Valperga, aussitôt après son inscription sur la liste des émigrés de
la ville de Nice, dressée à la fin de juin 1793.
50 Les états de frais pour l'inventaire et la vente du mobilier
et effets de « l'émigré Valperga Maillone, citoyen évêque » approuvés par le département des Alpes-Maritimes, le 5 germinal an
III (25 mars 1795).
6° Les actes de notoriété dressés le Ier et 2me fructidor an III
(18 et 19 août 1795) par Gautier, juge de paix à Nice, à la requête de Pierre-Joseph Passeron, agissant en qualité de procureur
subrogé par Nicolas Giorni, procureur spécial et général de Mgr
Valperga, par acte de procuration reçu à Turin le 20 juillet 1795,
notaire Pierre-Joseph Bernochio.
70 La pétition adressée au district de Nice le 4 fructidor an III
(21 août 1795) par Pierre-Joseph Passeron, demandant la radiation du nom de Valperga sur la liste des émigrés.
8° L'avis du district de Nice en date du 5 vendémiaire an IV
(27 septembre 1795) déclarant que Mgr Valperga doit être rayé
de la liste des émigrés.
90 L'arrêté du département des Alpes-Maritimes, en date du
14 prairial an V (2 juin 1797) ordonnant la radiation provisoire
du nom de Valperga de la liste des émigrés.
io° L'acte de cautionnement dressé par le département le
11 fructidor an V (28 août 1797), à la requête de Pierre-Joseph
Passeron, procureur de Mgr Valperga en exécution d'une des
clauses de l'arrêté du 14 prairial an V (2 juin 1797).

�- 38 —

DOCUMENTS ET PIÈCES D'ARCHIVES

Pièce 1.

25 février 1793
Aux cit. Blanqui et Veillon
Une lettre du cit. Donny, associé du citoyen LeClerc, défunt président de l'ancienne administration
provisoire, dont vous avez ci-inclus l'extrait ( 1 ), nous
fait connaître que le cit. Valperga, évêque de Nice,
laissa avant son départ (ordonné à son retour par
Anselme) dans sa maison pour environ 34.000 livres,
argent monnayé, et environ pour 17.000 d'effets en
vaisselle, linge, batterie de cuisine etc.
Une portion de ces effets se trouvent encore dans
ladite maison, sous l'inventaire que nous en avons
fait dresser par les commissaires de l'une et l'autre
administration, lorsque nous avons été installés, mais
il s'en faut de beaucoup qu'elle puisse arriver à la
somme de 17.000 livres, pas même le tiers.
Quant à l'argent monnayé entré dans la caisse du
receveur de l'ancienne administration, nous n'y
voyons point la somme que ledit Evêque désigne
avoir laissé dans sa maison. Nous vous remettons cijoint un extrait de l'état des sommes' que le cit.
Bonnet a reçu en espèces, pendant toute sa gestion
de receveur et trouvées parmi les effets des émigrés
français et niçois.
Nous ne voulons rien préjuger sur l'assertion du
cit. Valperga, quoique nous ayons des indices frappants de vérité. Ce ne sera que lorsque nous aurons
pu les convertir en preuves par le témoignage de
quelques citoyens que nous nous procurerons, pour
pouvoir en demander la restitution et la poursuite
contre le pillage.
En attendant, noùs croyons devoir vous faire part
de cette découverte que nous allons communiquer au
Président de la Convention Nationale et au Ministre.
Arch. des A. M. Registre de la correspondance du
Directoire des Colons marseillais L. 5.
Cet extrait manque au registre ainsi que les autres pièces
énoncées dans celte lettre.

�-hLe 2érae février 1793.
Au citoyen Donny, négociant à Nice
Pièce 2.

Votre lettre du 23me de ce mois, citoyen, nous
demande des renseignements sur le temporel du
citoyen Valperga, Evêque de Nice. Nous allons vous
transmettre tous ceux qui sont à notre connaissance
L'administration provisoire en choisissant l'Evêché
pour le lieu de ses séances, vint s'y établir dans les
premiers jours d'octobre, et tout nous porte à croire
qu'elle ne fit aucun inventaire des effets qui s'y trouvaient, du moins nous n'en avons trouvé aucun dans
les papiers qu'elle nous a remis.
En succédant à cette administration provisoire,
uous avons cru que notre premier devoir était de faire
un inventaire de tout le mobilier renfermé dans la maison épiscopale. Nous y avons successivement procédé
en présence des administrateurs provisoires et à mesure qu'ils nous en remettaient les clefs. Tout le mobilier qui s'y trouvait, ne consistait guère qu'en
meubles meublants et ne nous paraît pas avoir la
valeur de 17 mille livres que l'Evêque lui donne.
Vous pourrez, si vous le jugez à propos, faire prendre
à notre secrétariat une copie de cet inventaire. Tout
ce. qui n'est point renfermé dans les appartements
que nous occupons au premier étage, a été laissé à la
garde de Jean Poma, ancien concierge de l'Evêque et
le nôtre.
Pour nous éclairer sur les 34.000 1. argent monnayé que l'Evêque doit avoir laissé en sa maison,
nous avons écrit au cit. Bonnet, receveur de l'administration provisoire, pour lui demander un état des
sommes en numéraires versées dans sa caisse, comme
ayant été saisies et trouvées parmi les effets des Emigrés français et niçois. L'état qu'il nous a remis ne
monte qu'à 74121. 16 s, et aucun article n'a du rapport
avec les réclamations du citoyen Valperga.
Quant à ce qui concerne personnellement le
citoyen, nous avons demandé au Ministre de l'Intérieur de vouloir bien nous dire la manière dont nous
devions l'envisager. Nous savons qu'un ordre arbi-

�— 40 —
traire de Danselme l'obligea de quitter Nice, le jour
de l'entrée des Français. Mais nous pensons aussi que
la proclamation des Commissaires de la Convention
nationale de France et le décret de celle de Nice,
concernant les Emigrés, étaient des motifs suffisants
pour le ramener à son poste et le rassurer sur les
suites de son retour. En persistant à prolonger son
absence, il s'expose à être traité comme émigré, à se
voir déclarer déchu de sa place et confisquer tous ses
biens. Telle est la disposition de la loi, et quoique
nous ayons consulté le ministre sur le cas particulier
de l'Evêque, nous prévoyons que sa réponse sera de
nous en tenir à la rigueur des lois, ainsi que plusieurs
instructions nous l'ont déjà annoncé.
Vous sentez, citoyens, que tout le mobilier de
l'Evêque doit rester séquestré jusqu'à son retour ou à
la décision du Ministre. Il peut être tranquille sur la
conservation de tout ce que nous avons trouvé en
entrant dans sa maison. Ce qui a pu en être enlevé
avant notre entrée en fonctions, est étranger à notre
gestion. Mais nous employerons tous les moyens qui
sont en notre pouvoir pour en trouver les traces, en
acquérir les preuves et en faire punir les coupables.
Les administrateurs, etc.
Archives des A.-M., Registre
suivants.

,L. 5,/°7i verso et

Lettre des commissaires de la Convention
Nationale et arrêté du Département des A. M.
Nice, le 9 Avril 1793, l'an 1 Ie de la Repu bublique Française.
« Vous voudrez bien, citoyens, en nous envoyant
les noms et prénoms de l'évêque de Nice, nous instruire officiellement d'après les "dispositions des lois,
s'il est censé démissionnaire et son siège vacant.
« Les Commissaires de la Convention Nationale
au département des A. M.
GRÉGOIRE, JAGOT (I)

(1)

Archives des A. M. L. 29 ancien. L

7

actuel.

�— 4i (i3 avril 1793)
Le Directoire ; vu la réquisition du citoyen Procureur Général sindic « Considérant que Charles Eugène Valperga, évêque de Nice, n'avait point quitté
son domicile lors de l'entrée des troupes de la République ; considérant qu'il a lui méme-accompagné les
consuls d'alors quand ils furent présenter les clefs
de la ville et inviter le général Anselme à venir en
prendre possession au nom de la République ; considérant que le général Anselme par ses ordres arbitraires et tiranniques, accompagnés même de menaces contre ses jours, l'ont forcé de s'éloigner ; arrête
qu'il ne peut le déclarer émigré, et qu'il sera répondu
aux Commissaires de la Convention nationale d'après
les principes ci-dessus.. »
Sign : PAUMÉ ; BARLI FABRI ; F. CASTKLIMARD ;
ANGLES ; BERNARDI, secrétaire général. (1)
pjj

ce

^

Aux citoyens composant le Directoire du
département des Alpes-Maritimes..
22 juillet 1793.
Citoyens,
Le citoyen Jean-Jacques Donny, soussigné, chargé
des intérêts du citoyen Valperga, évêque de Nice
absent, ayant été informé que par votre délibération
du 29 du mois passé, ledit citoyen Valperga avait été
déclaré émigré, vous représente avec tous les égards

(1) Archives des Alpes-Maritimes, Registre L,. 3, folio 101. L'Arrêté n'est pas signé par le procureur syndic Jean-François Tourre
ni par l'administrateur Jean-L,ouis de Villiers qui ne partageaient
point l'opinion de leurs collègues. A noter que Tourre était d'Antibes
et que de Viliers était un médecin français établi depuis longtemps
à Nice.
I/Arrêté fut pris malgré le réquisitoire de Tourre qui voulait
déclarer Monseigneur Valperga émigré et malgré un violent discours de Villiers soutenant la même thèse qui fut combattue par
Barli Fabri, par Castclinard et par Anglès. J'ai déjà publié in-extenso
cette délibération du 13 avril T793 au cours d'un article sur l'église
de Nice en 1792-1793 inséré dans Nice Historique du Ier avril 1903,
C'est pourquoi je reproduis ici simplement la lettre des
commissaires et l'arrêté du département.

�- 42 —
dûs au pouvoir dont l'exercice vous a été confié par
le peuple souverain que le citoyen Valperga ne peut
ni ne doit sous aucun rapport être considéré comme
émigré, par les motifs ci-après :
i° Qu'il est de notoriété publique qu'il n'a quitté
le pays que contre son gré et par ordre du général
Anselme :
2° Qu'il a constamment été disposé et a offert
de revenir dans son diocèse, moyennant qu'il ne fut
assujetti à prêter qu'un serment relatif au temporel et
non au spirituel.
3° Qu'enfin et par la raison que n'étant point
indigène, mais étranger, son séjour ici n'a été dé terminé que par sa nomination à l'épiscopat, événement casuel qui n'a jamais pu le soumettre à l'obligation de renoncer pour toujours à sa mère-patrie.
Tous ces motifs, soit qu'on les prenne collectivement ou séparément, démontrent suffisamment,
citoyens administrateurs, le droit incontestable, qu'a
le citoyen Valperga de demander et prétendre la
radiation de son nom du tableau des émigrés, et si
le ministre de l'Intérieur n'a fait aucune distinction
entre lui et les autres citoyens, c'est sans doute qu'il
a ignoré les circonstances qui vous sont exposées
ci-dessus, et notamment la dernière, car s'il les eût
toutes connues, il n'est nullement probable qu'il eût
décidé comme il l'a fait. Toute hypothèse contraire
serait une injure faite à ses sentiments et à ses lumières. Un homme tel que lui, dont les vertus civiques, le patriotisme et les talents l'ont appelé au
poste aussi honorable que pénible qu'il occupe, doit
ressembler autant que possible à la Nation pour
laquelle il agit et qui l'a honoré de sa confiance.
Cette nation est grande, généreuse, magnanime,
juste et bienfaisante.Elle ne peut qu'êtreextrêmement
jalouse de sa gloire, et l'un des principaux devoirs de
ses agents est d'éviter soigneusement d'en ternir
l'éclat.
Le refus qui serait fait de rayer de la liste des
Emigrés le nom du citoyen Valperga, refus qui entraînerait avec lui la confiscation des minces propriétés de ce citoyen, serait un acte qui imprimerait à

�-

43

-

jamais une tache ineffaçable à la gloire du nom français ; tache qui ne pourra manquer de frapper également les yeux des contemporains et ceux de la postérité ; tache enfin que les historiens ne manqueront
pas de faire ressortir par des couleurs enluminées, et
le bel effet qu'un pareil tableau produirait, citoyens
administrateurs, serait votre ouvrage.
Mais non, loin de nous, cette idée ! Vous êtes
républicains ! cela suffit. Les républicains sont vertueux. Ils aiment, chérissent, protègent, respectent
la vertu partout où elle se trouve. Et le citoyen Valperga aussi est un homme vertueux ! Qui en doute ?
Nul bon citoyen, nul honnête homme. Souvenezvous, citoyens administrateurs, que ce n'est que par
ses vertus qu'il a mérité l'amour et l'affection du
peuple Niçois et non par sa qualité d'évêque. Et plût
à Dieu que tous les ecclésiastiques lui eussent ressemblé ! La France n'eut point éprouvé d'aussi horribles secousses, pour asseoir, affermir et assurer sa
liberté.
La République a incontestablement le droit de
renvoyer hors de son sein tout individu qui ne lui
convient pas, mais en renvoyant ainsi un étranger
qui, d'ailleurs, n'a pas encouru la peine de la confiscation de ses biens, elle lui permet de les emporter ou
de les vendre et d'en emporter le produit. Tel est
précisément le cas du citoyen Valperga.
L'exposant demande en conséquence, citoyens
administrateurs, qu'il vous plaise prendre dans votre
sagesse une délibération tendante à rendre audit
citoyen Valperga sa qualité de citoyen français non
émigré, à lui accorder un délai compétent pour rentrer dans ce pays soit comme simple citoyen ou
comme fonctionnaire public et à lui assurer dans
tous les cas la restitution de ses propriétés par lui
laissées sous la sauvegarde de la loyauté française
dans la maison épiscopale, lors de sa retraite forcée,
ou la juste indemnité de leur valeur. Et sera justice.
Nice, le 22 juillet 1793, l'an second de la République française, une et indivisible.
Jean-Jacques DONNY.
l
ARCHIVES NATIONALESF/ 4.867 , dossier Valperga.

�- 44 Pièce 5.

Etat de frais de vente pour parvenir à l'inventaire
et vente des effets de l'émigré Valperga Maillone,
citoyen évêque :
5 germinal an III (25 mars 1795)
Pour une séance de trois commissaires dont un du
District et deux de la Commission municipale, fixée
à trois livres par séance par le Directoire du district
et approuvé par les Représentants du
Peuple
L.
9 »
Papier timbré tant de la minute que
des deux extraits
»12
Pour la copie desdits deux extraits . .
» 8
Droits d'enregistrement
13 10
31

2

Nous soussignés certifions le compte ci dessus véritable.
Signés : J.-B. Thomaty, comm. du dist. ; Savigny,
comm. munie. ; Mabil, comm. municip.
Frais de la vente :
Pour quatre séances de deux corn missaires dont un
du District, un de la Commis, mun. sans le membre
de l'administration fixées à trois livres par séance par
le Directoire du district et approuvé par les Représentants du Peuple .
L.
24 »
Au trompette pour publication de
quatre criées
5 »
Au crieur à la vente, quatre séances .
12 »
Aux portefaix qui ont travaillé au
transport des effets
40 »
Papier timbré tant de la minute que
de l'extrait
1 »
Bougie
3 »
Droits d'enregistrement
27 »
Papier timbré du petit état
» 4
A la femme qui a assisté à la vente
pour l'arrangement du linge
» 12
L.
Signés : J.-B. Thomaty, comm. du
district ; Savigny, comm. municip.

1

159 6

�Vu par nous, membres composant la Commission
Administrative du district et d'après l'arrêté du district, approuvé par les Représentants du Peuple et la
loi du il et 12 Mars, arrête l'état des frais ci-dessus
se montant à la somme de cent cinquante neuf livres
trente centimes, qui seront acquittés par le receveur
du droit d'Enregistrement lorsque le Département
aura vérifié ledit état.
Nice, le 29 ventôse an 3"" de la République française une et indivisible (19 mars 1795).
(Suivent les signatures).
Vu l'état des frais ci-dessus pour parvenir à l'inventaire et vente du mobilier de l'émigré Valperga
Maillone ci-devant évêque.
Vérifié et arrêté par le Directoire du district de
Nice, la Commission Administrative du département
des Alpes-Maritimes approuve ledit état et ordonne
au citoyen Maussier, receveur de l'enregistrement
cîudit district de payer aux citoyens J. B. Thomaty
et Savigny, comm. la somme de 159 livres et 30
centimes pour montant des frais pour inventaire et
vente des susdits effets de l'émigré, laquelle somme
lui sera allouée en compte.
Fait à Nice le 5 germinal an 3me républicain ( 25
mars 1795).
Etat des frais pour parvenir d la vente du mobilier de
l'émigré Charles Eugène Valperga Maillone, citoyen
évêque.
Pour trente-neuf séances de trois commissaires
dont un du District et deux de la Commission municipale, fixé à trois livres par séance par le Directoire
du district et approuvé par les Représentants du
peuple
L.
351 »
A deux portefaix, dix-neuf journées et
demi chaque fixées à cinq livres par jour.
195 »
Au trompette pour publication de
trente-neuf criées fixées à une livre cinq
sols chaque
48 r 5
Au crieur à la vente, trente-neuf séan
ces fixées á trois-livres par séance ....
117 »

711 1$

�- 4* Report
Papier timbré tant de la minute que
de l'expédition
Pour copie dudit extrait fixé à quatre
livres
Papier timbré du présent état ....
Bougie
Droit d'enregistrement
Plus deux autres journées de portefaix à cinq livres
Un paquet de plume
L.

148
4
6
421

»
4
»
»

20
5

»
»

1.182

7

Nous soussignés certifions le compte ci-dessus,
véritable.
Nice, le Ier ventôse an 3me de la République (19
février 1795).
Signés : J.-B. Thomaty, commissaire du district ;
Savigny, comm. ; Honoré Mabil, comm. municipal.
Vu par nous, membres composant la Commission Administrative, de ce District, et d'après la loi
du 11 et 12 Mars 1793 (v. s.) et l'arrêté de cette
Commission approuvé par les Représentants en date
1^ Fructidor, oui l'agent national, arrête l'état des
frais se montant à onze cent huitante deux livres et
trente cinq centimes qui seront acquittés par le
receveur de l'agence de l'enregistrement sur le produit de la vente desdits meubles, lorsque le Département aura vérifié ledit état.
Nice le 29 ventôse an 3me de la République
française une et indivisible (19 mars 1795).
(Suivent les signatures).
Vu l'état des frais ci-dessus pour parvenir à la
vente du mobilier de l'Emigré Valperga Maillone cydevant évêque.
Vérifié et arrêté par le Directoire du district de
Nice.
La Commission administrative du département
des Alpes-Maritimes, approuve ledit état et ordonne

�— if au citoyen Maussier, receveur de Penregistrement
dudit district de payer aux citoyens J.-B. Thomati,
Savigni et Honoré Mabil, commissaires, la somme de
mille cent quatre vingt deux livres trente cinq centimes pour montant des frais de la vente des susdits
effets de l'Emigré. Laquelle somme lui sera allouée
en compte.
Fait â Nice le 5 germinal an 3me républicain (25
mars 1795).
Arch. des A. M. L. 15 ancien p. 44-45 N° 34-35

Actes de Notoriété
Pièçe g

1-2-fructidor an III
18-19 août 1795
EGALITÉ, LIBERTÉ

AU NOM DE LA LOI
Ce jourd'hui, premier Fructidor, l'an troisième
(18 août 1795 de la République française, une et indivisible, à Nice, chef-lieu du département des AlpesMaritimes, par devant Nous, Antoine Gautier Juge de
paix de la Ier, 2m" et 3me section et officier de police,
est comparu le citoyen Pierre Joseph Passeron, natit
tic la commune de Contes et habitant en celle de Nice
depuis plusieurs années.
Lequel en sa qualité de procureur du citoyen
Charles Eugène Valperga de Maillone, évêque de Nice,
subrogé par le citoyen Nicolo Giorni, homme de loi,
procureur spécial et général établi (par acte reçu) par
le notaire Pierre Joseph de Bernochio, le 20 Juillet
dernier (v. s.) qu'il présente, légalisé par le résidant
de la République de Gênes auprès de la Cour de Turin, dont il résulte le pouvoir donné au citoyen Giorni, de subroger en son lieu et place, avec tous les
pouvoirs compris au dit acte, et il présente au surplus l'acte de sa dite subrogation faite par le même
citoyen Giorni, reçu en la ville de Gênes le premier

�- 48 du mois d'août dernier (v. s.) par le notaire Antoine
Baglietto, légalisée par le consul de la République
française.
Il expose que le vingt neuvième jour de septembre
de l'année 1792, l'armée de la République, étant arrivée en cette ville, commandée en chef par le citoyen
général d'Anselme, lorsque ce général, vers le soir,
fut arrivé et il eut pris son logement dans la maison
habitée par le ci-devant consul de la République Le
Seurre, ledit citoyen Evêque Charles Eugène Valperga de Maillone s'y étant présenté, ledit général d'Anselme, en présence de tout son Etat-Major, lui signifia
d'abord de devoir partir de cette ville. Sur quoi le
dit évêque ayant répondu qu'il avait cru de pouvoir
continuer sa résidence en cette ville et tellement l'avait cru, qu'il n'avait jamais pensé de distraire et en
faire partir le moindre de ses meubles et effets, qu'il
avait dans la maison d'habitation de l'tvêque et que
si absolument il lui ordonnait de partir, il le priait de
lui accorder la sauvegarde sur tous lesdits effets et
meubles. Le dit général d'Anselme lui répliqua qu'il
dut absolument partir de cette ville, en ajoutant que
le plus tôt en serait le mieux, et qu'à l'égard de ses
meubles et effets qu'il avait, il les mettait dès ce ino
ment sous la sauvegarde et loyauté de la Nation française et qu'il pouvait en être tranquille, après quoi ledit
évêque Valperga de Maillone, tout tremblant, ayant
dit qu'il allait se conformer dès le lendemain au matin à ses ordres, se retira ; ledit général d'Anselme
lui ayant encore répliqué : le plus tôt sera le mieux.
Et comme il importe audit citoyen évêque Valperga de Maillone de constater le fait ci-dessus expo"sé, suivi en présence de tout l'Etat-Major dudit général d'Anselme et de plusieurs citoyens de cette commune, l'exposant, en sa dite qualité vous présente les
citoyens Pierre Le Seurre, ci-dessus nommé, ci-devant
consul en cette ville de la République, le citoyen Honoré Saissi de cette commune qui pour lors était second consul de la même commune, le citoyen Philippe Emmanuel Féraudi qui pour lors était secrétaire de
Ìa même commune et le citoyen Ange Giraudi aussi

�- 49 de cette commune, pour recevoir leurs dépositions
sur ledit exposé et vous fait instance que de tout lui
soit concédé acte, ce que nous lui avons accordé, et a
signé.
PIERRE JOSEPH PASSERON.

Et de suite se sont présenté les susnommés
citoyen Le Seurre, natif de Craon, âgé de 75
ans, bourgeois, le citoyen Saissi, âgé de 70 ans,
négociant, Emmanuel Feraudi, âgé de 68 ans, notaire, Ange Giraudi, âgé de 63 ans, négociant,
natifs et domiciliés dans cette commune, auxquels
après avoir fait lecture dudit exposé fait par ledit citoyen Pierre Joseph Passeron, en sa dite qualité, les
avons interpellés sur serment que leur avons fait prêter, conformément à la loi, de nous dire en leur âme
et conscience si tous les faits énoncés dans le même
exposé sont de leur connaissance et tous les quatre ont
répondu et attesté tant uniment que séparément en
être pleinement informés, s'y étant trouvés présents,
et que le tout contient la vérité, toute la vérité et
rien que la vérité. En foi de quoi ils ont signé :
LE SEURRE, HOSORI'J
SAISSI, PHILIPPE EMMANUEL FÉRAUDI,
ANGE

GIRAUDI.

Et nous, juge de paix, vu les dépositions ci-dessus, avons de tout concédé acte au susnommé citoyen
Pierre Joseph Passeron en sa dite qualité, pour lui
servir et valoir dans tous les cas, à ce que de droit et
de raison. Fait à Nice, l'an et le jour que dessus.
GAUTIER, juge de paix.
BONIFACI, sec. greffier.
Vu par nous, membres du District de Nice, 3 vendémiaire an IV rép. 25 sep. 1795, TOSELLI, JN COPPON
fils, VÉRANI pr. syndic, SAYTOUR Martin.

�— 5o —
EGALITÉ, LIBERTÉ.

AU NOM DE LA LOI
Ce jourd'hui. second jour de Fructidor de l'an 3
août 1795) de la République française une et indivisible, à Nice, chef-lieu du département des AlpesMaritimes, par devant nous, Antoine Gautier, juge de
paix de la iere, 2M* et 3ME section et officier de police,
est comparu le citoyen Pierre Joseph Passeron : natif
de la commune de Contes et habitant en celle de Nice
depuis plusieurs années
Lequel en sa qualité de procureur du citoyen
Charles Eugène Valperga de Maillone, évêque de
Nice, subrogé par le citoyen Nicolo Giorni, homme
de loi, procureur spécial et général établi (par acte
reçu) par le notaire Pierre Joseph de Bernochio, le 20
Juillet dernier (v. s.) qu'il présente, légalisé par le résidant de la République de Gênes auprès de la Cour de
Turin, dont il résulte le pouvoir donné au citoyen
Giorni, de subroger en son lieu et place, avec tous les
pouvoirs compris audit acte, et il présente au surplus
l'acte de sa dite subrogation faite par le même citoyen
Giorni, reçu en la ville de Gênes le premier du mois
d'août dernier (v. s.) par le notaire Antoine Baglietto,
légalisée par le consul de la République française.
Expose : Primo, que le matin du trente septembre 1792, le citoyen Charles Eugène Valperga de
Maillone, évêque de Nice, en partant de cette ville
avec deux domestiques à sa suite, qui portaient un
paquet et quelques effets, fut arrêté à la porte qui conduit en Piémont, ci-devant nommée porte Victoire,
et conduit au vestibule de la maison presque attenante
à ladite porte, appartenant au citoyen Dominique
Castellinard, où se trouva le citoyen Joseph Castellinard, fils dudit Dominique, et malgré que ledit Evêque Valperga déclara aux soldats de la Garde de la
dite porte qui étaient des Marseillais, que c'était en
conséquence d'ordre qui lui avait été signifié par le
citoyen général d'Anselme qu'il partait de cette ville,
lesdits soldats commencèrent par le malmener et lui
(19

�signifier qu'ils voulaient le pendre et ayant ouvert
ledit paquet et y ayant trouvé entre autres effets, une
ceinture d'évêque, ils déterminèrent, à l'instant, de le
pendre avec ladite ceinture, et ayant essayé si la même
était assez forte pour le soutenir, en la préparant, elle
se fit en lambeaux, de façon qu'ils vérifièrent qu'elle
ne pouvait leur servir et demandèrent audit Joseph
Castellinard fils une corde, pour pendre ledit évêque,
à un grand anneau de fer qui était au plafond dudit
vestibule, servant â y passer une verge de fer pour
peser les marchandises, et ledit citoyen Castellinard
fils, leur ayant absolument refusé de leur donner de la
corde, en s'excusant qu'il n'en avait point, comme
dans tous ces entrefaits ledit évêque se trouve mal et
ne peut plus se soutenir, ledit Castellinard fils lui fit
apporter une chaise, par sa servante à qui quelques
uns de ces soldats donnèrent des coups de poing pour
avoir porté ladite chaise et le même Castellinard le
fit ensuite asseoir sur ladite chaise, en le soutenant,
parce qu'il ne pouvait se soutenir droit ; d'autant plus
qu'en attendant, lesdits soldats marseillais lui disaient mille exécrations, lui crachaient dessus et lui
donnaient des soufflets, et assurément ils l'auraient
fini, si dans cet intervalle un de ses domestiques
n'avait été dire au citoyen général d'Anselme ce qui
venait d'arriver, et ledit domestique étant venu avec
un billet dudit général d'Anselme qui ordonnait à la
garde de le laisser partir, puisque c'était de son ordre,
en conséquence de ce billet lesdits soldats marseillais
se bornèrent pour lors à lui dire et crier mille invectives et injures et le laissèrent partir, ce que ledit
évêque, malgré qu'il ne pût se remuer, à l'aide de ses
domestiques fit au mieux possible en tremblant, de
façon qu'il doit son existence au refus ferme et déterminé que ledit citoyen Castellinard fils leur fit de
leur donner une corde, sans quoi avant l'arrivée du
dit domestique portant l'Ordre du général d'Anselme, il aurait été pendu et étranglé.
Secondoque lefaitci-dessusfut d'abord public et notoire, de notoriété publique dans cette ville et encore
plui le lendemain premier octobre, puisque les autres

»

�— 52 —

soldats de la Phalange Marseillaise, arrivés sur le soir
dudit jour trente septembre, d'abord après leur arrivée
cherchèrent l'évêque qu'ils voulaient le lanterner et
mettre en pièces, comme ils s'expliquèrent hautement,
ce qui joint au fait arrivé dans ledit vestibule de la
maison Castellinard, étant devenu d'une notoriété publique donna l'épouvante à tous les gens honnêtes du
pays, qui disaient que le citoyen général d'Anselme en
ordonnant audit évêque de partir, en mettant sous la
sauvegarde de la Nation française ses meubles et ses
effets, avait voulu le sauver.
Et comme il importe audit citoyen Passeron, exposant en sa dite qualité, de constater par témoins le
fait ci-dessus exposé, il nous présente ledit citoyen
Joseph Castellinard fils de Dominique de cette commune, âgé de 21 ans, de profession, négociant, qui se
trouva présent au fait énoncé dans le Ier article de l'exposé ci-dessus, et au surplus informé de la notoriété
des faits énoncés au second et dernier chef, de ladite
exposition et il nous présente les citoyens Jean-Jacques Donny, natif de Neufchâtel en Suisse, âgé de 39
ans, de profession, négociant ; Joseph Poullan, natif
de Clavesana, en Piémont, âge de 48 ans, négociant ;
Jacques Gerbin, âgé de 60 ans, tailleur, Jean-Marie
Thaon, âgé de 56 ans, négociant, natifs et tous domiciliés en cette commune pour déposer sur ladite
notoriété énoncée dans ledit second fait exposé, pour
recevoir leurs dépositions, et nous fait instance que de
tout lui soit concédé acte, ce que nous lui avons accordé et a signé.
Pierre-Joseph PASSERON .
Et de suite se sont présentés les susnommés citoyens Joseph Castellinard, Jean-Jacques Donny, Joseph Poullan, Jacques Gerbin, et Jean-Marie Thaon,
ci-dessus qualifiés, auxquels après avoir fait lecture
dudit exposé fait par ledit citoyen Passeron, en sa
dite quálité, les avons interpellés sur serment, que
leur avons fait prêter, conformément à la loi, de nous
dire en leur âme et conscience, si tous les faits énoncés dans le même exposé sont de leur connaissance,

�- 53 et ledit citoyen Joseph Castellinard a répondu et
attesté en être pleinement informé pour avoir été
présent au fait exposé dans le i" article de ladite exposition, et pour avoir publiquement entendu dire les
faits énoncés dans le second chef qui était en cette
ville notoire de notoriété publique et lesdits citoyens
Jean-Jacques Donny, Joseph Poullan, Jacques Gerbin,
Jean-Marie Thaon, ont répondu et attesté tant uniment que séparément être pleinement informés de
l'énoncé dans le second chef de ladite exposition,
puisque les faits y énoncés étaient notoires, de notoriété publique en cette ville, et tous lesdits citoyens
ont respectivement attesté pour ce qui les concerne
que tout contient la vérité, toute la vérité et rien que
la vérité. En foi de quoi ils ont signé : Joseph Castellinard fils,Jean-Jacques Donny, Joseph Poullan, Jacques
Gerbin, Jean-Marie Thaon.
Et nous, Juge de paix, vu les dépositions ci-dessus,
avons de tout concédé acte au susnommé Pierre Joseph Passeron en sa dite qualité pour lui servir et valoir dans tous les cas, à ce que de droit et de raison.
Fait à Nice l'an et jour que dessus.
GAUTIER,
BONIFACI,

juge de paix.
sec. gref.

Vu par nous, membres Du district de Nice, le 3
vendémiaire anIV rep. (25 sept. 1795).
Jn. COPPON fils, VÉRANi, pr. syndic, TOSELLI, Saytour
MARTIN.

Arch. Nat. F

7

4867 *

�54 -

PÉTITION au DISTRICT de NICE
et AVIS de ce DISTRICT
ÉGALITÉ,

LIBERTÉ

5 vendémiaire
27 septembre 1795 an IV
AUX

CITOYENS ADMINISTRATEURS
DU DISTRICT DE NICE

Le citoyen Pierre Joseph Passeron, natif de la
commune de Contes, habitant en celle de Nice depuis plusieurs années.
Vous expose en qualité de procureur du citoyen
Charles-Eugène Valperga de Maillone, évêque de
Nice, subrogé par le citoyen Nicolo Giorni, homme
de loi, son procureur spécial et général fondé par acte
reçu dans la ville de Turin par le notaire PierreJoseph de Bernochio, le 20 juillet dernier (v. s) légalisée par le résident de la République de Gênes, près
la Cour de Turin, duquel il résulte le pouvoir donné
audit citoyen Giorni de subroger en son lieu et place
avec tous les pouvoirs compris dans le même acte,
qui se trouve copié mot pour mot dans celui de la
subrogation faite par le même citoyen Giorni, reçu
en la ville de Gênes le Ier du mois d'août dernier
(v. s* par le notaire Antoine Baglietto, légalisée par
le consul de la République française, le 13 Thermidor dernier (3 1 Juillet 1795), qu'il vous exhibe qu'étant arrivé dans cette ville le vingt-neuvième jour
du mois de septembre de l'année 1792, l'armée de la
République française, commandée par le citoyen général en chef d'Anselme lorsque celui-ci y fut arrivé
le soir et eut pris son logement dans la maison d'habitation du citoyen ci-devant consul de la République
Le Seurre, ledit évêque Charles-Eugène Valperga de
Maillone, s'étant présenté, le même général d'Anselme
lui signifia d'abord en présence de son Etat-Major de
partir de cette ville, sur quoi ledit évêque lui répondit qu'il avait cru pouvoir continuer sa demeure dans
cette ville et qu'à cet effet il n'avait jamais pensé de

Pièces 7 et 8

�- 55 distraire, ni faire partir le moindre de ses meubles et
effets qu'il avait dans la maison d'habitation de
l'évêque, que si absolument il lui ordonnait de partir,
il le priait de lui accorder la sauvegarde pour tous ses
dits effets et meubles, ledit général d'Anselme lui
répliqua : Le plus tôt sera le mieux, ce qui tout est
constaté par les attestations ci-jointes du premier et
second jour de fructidor dernier qu'il vous présente
également.
Qu'il résulte aussi par lesdites attestations, que
ledit évêque Valperga de Maillone fut forcé par ledit
général d'Anselme de partir de cette ville que tous
ses meubles et effets fussent mis sous la sauvegarde de
la Nation française et qu'étant parti le lendemain 30
dit septembre, il risqu'à d'être pendu ef étranglé paties soldats de la Phalange Marseillaise qui se trouvaient de garde à la porte ci-devant dite Victoire, ce
que tout fut d'abord notoire et de notoriété publique
dans cette ville.
Vous observe que ledit évêque Valperga est natif
du Piémont où il se retira et que s'il a résidé dans
cette ville, ce n'a été que pour raison de son ministère, que tout cela nonobstant il a été porté sur la liste
des émigrés, a été vendu la plus grande partie de ses
meubles et effets, et cela même nonobstant la préalable réclamation que le citoyen Jean-Jacques Donni,
chargé des intérêts dudit évêque avait fait à l'ancien
département par sa pétition du 22 juillet 1793 (v. s)
qui existe dans les Archives de ce district, résultant
ainsi que tout cela a été fait et opéré contre le droit des
gens et la sauvegarde de la loyauté française qui fut
promis audit évêque.
En conséquence, l'exposant demande en sa dite
qualité de procureur dudit citoyen évêque CharlesEugène Valperga de Maillone la radiation de son
nom de la liste des émigrés, la levée des scellés, la
restitution de ses propriétés et l'indemnité de celles
qui ont été distraites et vendues au nom de la Nation,
et sera justice.
(21 août 1795).

�- 56 Nice le 4me jour de Fructidor de l'an 3me de la
République française une et indivisible.
Signé : Pierre-Joseph PASSERON.
Vu la pétition ci-dessus du citoyen Pierre-Joseph
Passeron présentée au nom et comme procureur subs
titué du ci-devant évêque de Nice, Charles-Eugène
Valperga tendante à obtenir la radiation de son nom
de la liste des émigrés, la levée du séquestre et remission de ses effets restant ainsi que l'indemnité de
ceux qui ont été distraits ou vendus.
Vu une première pétition présentée à l'ancienne
administration du département par le citoyen JeanJacques Donni, au nom du citoyen Valperga en date
du 22 juillet 1793 tendante aux mêmes fins.
Vu la procuration en date du premier août 1793
(V. s.) faite à Gênes, par devant le notaire public Antoine Baglietti, légalisée par le Consul de la République française y résidant, ainsi que l'acte de procuration y inséré, en date du 20 Juillet 1795.
Vu l'attestation de quatre témoins faite avec serment par devant le juge de paix de la 1", 2"", 3me section de cette commune, en date du 1" Fructidor dernier '18 août 1795).
Vu autre attestation de cinq témoins faite par
devant le susdit Juge de paix, le 2 dit fructidor, aussi
sous serment.
Considérant que par la première des 2 attestations il est pleinement prouvé que le vingt-neuvième
septembre 1792, aussitôt après l'entrée de l'armée
française dans cette commune, le sus-nommé évêque
Valperga s'étant présenté au général d'Anselme qui
la commandait en chef, celui- ci lui ordonna d'abord
en présence desdits témoins et de tout l'Etat-Major.
u'il n'avait qu'à partir de la ville, et malgré que le
it évêque lui observa qu'il avait cru de pouvoir y
rester tranquillement et qu'à cet effet il n'avait fait
partir aucun de ses effets et meubles, le général lui
répliqua de partir absolument de la ville, en ajoutant
que le plus tôt serait le mieux, l'ayant assuré qu'à

a

�-5;l'égard de ses meubles et effets de sa maison, il les
mettait dès ce moment sous la sauvegarde et loyauté
de la Nation française et qu'il pouvait en être tranquille.
Considérant qu'il résulte par lesdites attestations,
et il est prouvé que l'évêque Valperga, d'après les
ordres précis et réitérés du général d'Anselme, partit
le lendemain 30 septembre de cette ville.
Considérant que par la susdite attestation du deux
Fructidor il résulte que l'évêque Valperga, au moment de son départ de cette commune, ayant été arrêté à la porte qui conduit au Piémont, par les soldats
qui y étaient de garde, lesquels tentèrent de le pendre,
il évita la mort par les soins du citoyen Joseph Castellinard, un des déposants, et il ne fut laissé libre que
d'après un billet du général d'Anselme, qui ordonnait à ladite garde de le laisser partir, puisqu'il s'en
allait de son ordre
Considérant que tous ces faits sont devenus de notoriété publique dans cette commune, dès le même
jour 30 septembre et Ier octobre suivant, ainsi que
quatre témoins l'ont attesté.
Considérant que le citoyen Valperga ne s'est absenté de cette commune et ci-devant Comté de Nice
que d'après les ordres du général d'Anselme auquel il
témoigna son regret.
Considérant que le départ du citoyen Valperga
ayant été forcé il ne peut pas être qualifié d'émigration.
Considérant que son intention de rester dans cette
commune est d'autant plus constatée, que le citoyen
Valperga a été le seul fonctionnaire public, il soit
resté à son poste, n'ayant soustrait aucun des meubles
et effets de sa maison, lesquels ont été ensuite distraits
et vendus par la Nation.
Considérant que le citoyen Valperga ne peut être
non plus considéré comme réfractaire aux lois de la
République, tandis qu'à l'époque de son départ de cette
commune, aucune loi de la République, surtout à
l'égard des ecclésiastiques, n'y avait été encore publiée
à laquelle eut pu contrevenir.

�— 58 —
Considérant que le citoyen Valperga ne pouvant
être considéré ni comme émigré, ni comme réfractaire, ne pouvait être privé de ses propriétés laissées
dans cette commune lors de son départ, sous la sauvegarde de la loi et de la Nation française qui lui fut
accordée par le général d'Anselme, et qui étant digne
de la loyauté de cette Nation, ne pouvait être violée
sans blesser le droit des gens.
Considérant au surplus, que le citoyen Valperga,
originaire piémontais, ne faisait sa résidence à Nice,
qu'à raison de son épiscopat, ce qui ne donne qu'une
résidence easuelle, et que sous tous les rapports, il
n'a cessé d'être étranger à l'égard du pays de Nice et
de la France.
Considérant que l'article 6, section deux, N° 2 de
la Loi du 25 Brumaire (15 novembre 1794) en déclarant émigrés les citoyens domiciliés dans le cidevant comté de Nice, qui sont sortis depuis le 27
septembre 1792, n'a point porté atteinte au droit des
gens dans la personne de l'étranger, qui se trouvait
dans ce même pays, où il n'aurait pas établi son vrai
domicile.
Considérant que le citoyen Valperga, qui avait été
forcé par le gouvernement de partir de Nice, n'a dû
plus y revenir dans le terme même prescrit par les
lois aux citoyens de la ci-devant Comté de Nice,
puisqu'il ne devait point imaginer qu'il fut compris
dans l'invitation, malgré qu'il ait été porté sur la
liste des émigrés.
Considérant que ce nonobstant, lorsqu'il sut qu'il
avait été porté sur la liste des émigrés de cette commune, s'est empressé de présenter sadite pétition
du 22 Juillet 1793 dans laquelle il demanda non seulement la radiation de son nom de ladite liste, mais
encore un délai convenable pour rentrer dans cette
commune, soit comme simple citoyen, ou comme
fonctionnaire public, ainsi que la restitution de ses
propriétés par lui laissées sous la sauvegarde de la
loyauté française dans la maison êpiscopale lors de sa
retraite forcée, ou une juste indemnité de leur valeur.

�- 59 Considérant finalement que,d'après toutes les circonstances sus-ênoncèes, aucune loi concernant les
émigrés ne peut être applicable au citoyen Valperga,
et que toutes celles qui pourraient le regarder relatives au séquestre des biens appartenant aux habitants
des pays en guerre avec la République française ont
été rapportées par le décret du 14 Ventôse dernier
(4 mars 1795). •
Le Directoire du district de Nice, oui le procureur syndic, est d'avis que le citoyen Charles-Eugène
Valperga ci-devant évêque de Nice ne doit point être
considéré émigré.
Qu'il doit être rayé de la liste des émigrés, que le
séquestre apposé sur ses propriétés doit être levé, qu'il
doit être réintégré dans la possession et jouissance
d'iceux, que tous receveurs ou dépositaires doivent
lui restituer les sommes qu'ils ont perçues, résultant
du produit desdites propriétés et qu'il doit recevoir
la juste indemnité des meubles et effets qui seraient
passés au profit de la Nation.
Fait à Nice, dans la salle des séances le 5me Vendémiaire an 4me républicain (27 sept. 1795). Signé
Saytour Martin. Verani,
procureur syndic, Angles v. prés.
Touzelly. Jn Coppon fils.
Enregistré au feuil. 20 registre des prévenus
d'émigration et signé BARRAIA, commis greffier.
Certifié conforme par nous Ve président et secrétaire du district Jn COPPON Fils V,-PRÉSIDENT
BARRAIA Cis greffier.
A rch. Nat. F 7 4867

2

�— 6o —

Pièce 9.

LIBERTÉ (vignette) ÉGALITÉ
BUREAU DES
ÉMIGRÉS

Extrait des registres des délibérations et arrêtés de
l'Administration Centrale du département des Alpes Maritimes.
(2

juin 1797)

Séance du quatorze Prairial an 5mf de
la République française une et indivisible.
Sur le rapport d-e la pétition présentée par le
citoyen Pierre Joseph Passeron, procureur fondé de
Monsieur Charles Valperga, ci-devant évêque de
Nice, dans laquelle il expose que ledit Charles Valperga n'a jamais dû être atteint des lois relatives à
l'émigration, soit qu'on le considère comme parti en
suite d'une force majeure, soit en sa qualité de piémontais et demande en conséquence la radiation de
son nom de la liste des Emigrés, sa réintégration
dans la possession et jouissance de ses propriétés et
une juste indemnité, des meubles et effets qui sont
passés au profit de la République.
L'Administration Centrale du département des
Alpes-Maritimes, considérant que M. Charles Valperga, comme piémontais, n'habitant Nice que pour
cause de son emploi, n'aurait jamais dû être porté
sur la liste des émigrés du département.
Que le seul motif qui a pu déterminer le général
d'Anselme à lui ordonner de partir de la ville de
Nice, ne peut avoir été que la susdite qualité de
piémontais.
Considérant enfin, que comme sujet du roi de
Sardaigne, il est dans le cas de jouir de l'article i,r
de la loi du quatorze nivôse an troisième, (} janvier
1795), ainsi que de l'article neuf de la loi du trente
Floréal an quatrième, (19 mai 1796).
Arrête, oui le commissaire du Directoire Exécutif
que le nom de Valperga, ci-devant évêque de Nice,
qui se trouve inscrit sur la liste des émigrés, sera

�— 6i —

provisoirement rayé ; que tout séquestre qui pourrait
avoir été mis sur ses biens sera levé, qu'il sera réintégré dans la possession et jouissance de ses propriétés,
et que toutes les sommes versées dans les caisses publiques, lui seront rendues, déduction faite des frais
faits conformément aux lois.
Fait et arrêté* en séance publique le jour, mois et
an que dessus.
Signé : Donny, président Payani, fils, Scudéry,
Oberti, Hancy (et en marge Gastaud commissaire
du Directoire Exécutif).
Certifié conforme à l'original par nous président
et secrétaire de l'Administration centrale du départemeni des Alpes-Maritimes.
DONNY, président
BELMONDI, sec. chef au bureau des émigrés.
Arch. Nat. F 7 4867 2

ACTE DE CAUTIONNEMENT
Pièce 10.

11 fructidor anV (2&amp; août 1797)
LIBERTÉ ÉGALITÉ
Ce jourdTiui 11 fructidor an 5 de la République
française une et indivisible (28 août 1797) par devant nous, membres composant l'Administration
centrale du département des Alpes-Maritimes, est
comparu le citoyen Joseph Passeron, natif de Contes,
chef-lieu de canton, domicilié dans cette commune,
procureur fondé de Monsieur Charles Valperga, cidevant évêque de Nice, en vertu d'acte de procuration du 20 juillet et premier août 1795 (v. s.) lequel
en sadite qualité, dépendamment à l'arrêté de cette
administration du quatorze prairial an cinq (2 juin
1797) portant que le nom de Valperga, ci-devant
évêque de Nice, sera provisoirement rayé de la liste
des émigrés, que tout séquestre qui pourrait avoir
été mis sur ses biens sera levé, qu'il sera réintégré
dans la possession et jouissance de ses propriétés, et

�— 62 —

que toutes les sommes versées dans les caisses publiques lui seront rendues, déduction faite des frais
faits, conformément aux lois, désirant de se conformer au porté par l'article 3 de la loi du 5 Brumaire
an 3 (26 octobre 1794) qui exprime que les prévenus
d'émigration seront tenus de donner caution solvable de la valeur mobilier, et ne pourront obtenir
leurs immeubles jusqu'à ce qu'il ait été définitivement statué sur leurs réclamations par qui de droit,
toujours en sa dite qualité a présenté pour caution le
citoyen François Grosson, marchand drapier de cette
commune, lequel ici prése.it et acceptant, s'oblige
conjointement et solidairement avec ledit Valperga
et pour celui-ci ledit Joseph Passeron, et sous l'hypothèque de tous leurs frens présents et à venir, à l'entière exécution de ce qui les concerne en la susdite
loi, et à la représention des mobiliers, effets et sommes à percevoir en dépôt que besoin sera, et quant
aux mobiliers invendus et en dépôt seront soumis
d'en représenter la valeur à laquelle seront estimés
par experts, préalable rémission.
Et nous, administrateurs susdits approuvant lesdits
cautionnement et acte de soumission, à la réquisition
dudit citoyen Joseph Passeron, avons dressé le présent acte que toutes les parties ont signé avec nous,
ayant au préalable fait renoncer audit François Grosson au droit de premier convenir.
Fait à Nice les jours, mois et an que dessus.
Joseph

PASSERON,

François GROSSON,
prés., PAYANY FILS,
MARUN-SAYTOUR, sec. en chef

HANCY, DONNY,
P.

Acte original sur timbre de 20 centime*.
Arch. Nat. F

7 4867^

�— 63 -

CONCLUSION

Il était avéré pour tous, dans la ville de Nice, que Mgr
Valperga était parti contre son gré et si la première Administration départementale, installée au mois de Mai 1793,
l'avait inscrit sur la liste des émigrés de Nice, c'était à la
suite d'une réponse faite par le ministre de l'Intérieur, Garât,
aux questions à lui posées par le Directoire des Colons Marseillais sur la conduite à tenir vis-à-vis de l'évêque.
Les questions avaient été envoyées à Paris, vers la fin
de Février 1793, et la réponse du ministre ne parvint à Nice
qu'au milieu de juin suivant, soit quelques jours avant la
publication de la liste des émigrés. Les réclamations de
l'évêque, retiré à Turin dans sa famille, furent présentées
le 22 juillet 1793 (1) ; mais comme beaucoup d'autres, elles
s'entassèrent dans les bureaux du Département, qui n'y
répondit même pas.
Cette réclamation fut présentée au nom de l'évêque par JeanJacques Donny au Département. lîlle figure en original au dossier
Valperga.
Voir ci-dessus.
Le registre des délibérations du département manque aux Archives pour les derniers mois de 1793, exactement du Ier mai au 10
Novembre, comme pour les six derniers mois de 1797 et l'année entière de 1798, exactement du 8 Messidor an V (26 Juin 1797) au 25
Pluviôse an VII (13 février 1799).
C'est-à-dire pour les deux périodes les plus troublées et cette
disparition est tout au moins étrange.
Elle doit être vraisemblablement attribuée à certains hommes
politiques désireux de laisser dans l'oubli leur conduite durant ces
deux époques.

�- 64 On était dans la période la plus aiguë et, en pleine
Terreur.
Après le 9 Thermidor et, surtout après la venue à Nice
du représentant Beffroy, au mois de Floréal, an III (Mai
I795)»
les esprits devinrent plus calmes, les administrations plus pondérées. C'est alors que, sur de nouvelles demandes présentées au District, et sur avis favbrable de
celui-ci, le département des Alpes-Maritimes accorda à Mgr
Valperga sa radiation provisoire, le 14 Prairial, an V (2 Juin
1797). Comme on le voit, l'affaire avait traîné en longueur.
Il semblait alors que rien ne s'opposait plus à la rentrée
de l'évêque : le 11 Fructidor, an V (28 Août 1797), le Département avait agréé la caution de François Grosson (1) ;
les biens de l'évêque allaient lui être rendus, et il pourrait
rentrer.
Mais huit jours après, le coup d'Etat du 18 Fructidor (4
septembre 1797) remettait le pouvoir aux mains des Jacobins, la guerre aux émigrés et aux ecclésiastiques, en particulier, reprit avec âpreté. Pe département des Alpes-Maritimes se vit accusé d'avoir préparé une rentrée triomphale à l'évêque, son arrêté du 14 Prairial resta sans effet
et, en vertu de la loi du 19 Fructidor (5 septembre), les
scellés furent de nouveau apposés sur les biens de Mgr Valperga par deux commissaires municipaux (2).
En vain, l'évêque de Nice, fit intervenir auprès du Directoire Balbi, l'ambassadeur du Roi de Sardaigne à Paris,
le dossier de sa demande en radiation fut examiné sans
aucune bienveillance.
(1) L/Acte original de ce cautionnement sur timbre est aux
Arch. des Alp.-Maritimes Q. 10.
(2) Mise de scellés sur les biens de Charles Eugène Valperga par
deux commissaires de la municipalité de Nice. Une scéance, 6 livres.
Dépense approuvée par le Département, en Germinal an VI (avril
1798). Arch. des A. M. Q. 11.
Mgr Valperga ne possédait à Nice aucun immeuble et il devait
rester fort peu de chose de son mobilier après la vente qui en avait
été faite en Ventôse an III. La bibliothèque de l'évêché avait été déclarée bien national et la caisse diocésaine avait disparue en octobre 1792
sans laisser de traces dans les pièces administratives. Le séquestre
a été apposé sur les biens de nombreux émigrés rayés provisoirement.
On peut en voir la liste aux Archives des A. M. Q. 10, où Valperga
figure sous le N° 65.

�- 65
Á la suite de la lettre de Balby datée de Paris le 7 février
1798, le ministre de la police demanda à ses Bureaux un
rapport sur l'affaire Valperga. Pe voici tel qu'il se trouve
en minute au dossier.
Attendu que rien ne tend à constater le prétendu ordre
de quitter Nice, d'où il suit qu'il faut en croire sur parole
l'émigré.
Qu'à raison de son domicile, il était tenu de rentrer sur
le territoire dans les délais voulus par les lois.
Qu'il est atteint par la déchéance et n'a réclamé que
l'an V.
Qu'il ne paraît pas y avoir lieu de violer la loi en faveur
de cet ex-évêque dont la rentrée prohibée par la Constitution serait d'une influence dangereuse.
J'estime qu'il y a lieu à proposer la maintenue sauf
à prendre des renseignements si toutefois on les trouve
indispensables.
CAIGNART,
Sous-chef (2e Bureau).
En tête de cette minute est écrit :
« Je pense qu'il y a lieu à instruction et à prendre
des renseignements près les Administrateurs du département_des Alpes-Maritimes. »
Signature illisible (1).
Ces renseignements furent-ils demandés ? C'est probable et cela explique que bien des pièces du dossier Valperga sont en double expédition. Plus d'une année s'écoula
encore, avant que fut prise une décision et finalement sur
un rapport défavorable de la Commission d'examen instituée près le Ministère de la police pour l'étude des demandes en radiation, le Directoire exécutif signa le 7 Floréal
an VII, (26 avril 1799) un arrêté qui maintenait définitivement, sur la liste des émigrés, Mgr Valperga et annulait
toutes les décisions rendues antérieurement, en sa faveur,
par les. autorités locales.
(1) Arch. Nation. F 7 4862 2 dossier Valperga. Rapport de la
3 me Division du Ministère de la police, sans date mais joint à la
lettre de Balbi.
»

�- 66 -

Varrêté du Directoire parvint à Nice les premiers
jours de Prairial an VII (Mai 99) et fut immédiatement
mis à exécution. (1).
*

* *

Ainsi donc Mgr Valperga expulsé ne put jamais obtenir
de rentrer, les lois sur l'émigration étaient tellement embrouillées et tyranniques qu'une fois inscrit sur une liste
d'émigrés, il était extrêmement difficile de s'en faire rayer
malgré toutes les démarches ; car on se heurtait sans cesse
à des questions de forme et de procédure ce qui permettait
à la malveillance de s'exercer tout à fait à l'aise sous le
couvert de la légalité.
A. J.

PvANCE-BOURREY.

(1) De 21 Floréal an VII (10 mai 1799), il fut communiqué
par le ministre de la police générale de la République aux diverses
administrations intéressées et aux Commissaire du Directoire exécutif
près le département des Alpes-Maritimes. Celui-ci par lettre du 3
prairial (22 mai 1799) demanda au Département de le transmettre
à la Municipalité de Nice, ce qui fut fait le même jour avec ordre
de le transcrire sur ses registres, de faire apposer les scellés ou séquestre sur tous les biens meubles et immeubles de l'évêque si ce
n'est déjà fait, et de mi notifier sans délai la décision prise à son égard.
Voir lettre du Département à la Municipalité, celle du Commissaire au Département, 3 Prairial an VII avec la réponse du Département 4 Prairial.
Arch.. des A. M. Q. 1 et 2 et Arch. Nationales, dossier Valperga,

�NIÇA LA BELLA
VERS DE /.

Giordan,

su

DE CARTA POUSTALA

Ai rai dôu nouostre bouon soulèu
Venon s'escaufar toui lu lùssi ;
Es un meravihous tablèu,
Ai rai dôu nouostre bouon soulèu,
Trouvas, dou Var fin au Castèu,
Anglés, Rouman, Danesi, Rùssi :
Ai rai dôu nouostre bouon soulèu
Venon s'escaufar toui lu lùssi.
Pèr tu, as touti li bèuta,
Terra de lus e d'alegria,
D'un ciel d'azur, as la clartà,
Pèr tu, as touti li bèuta.
De l'univers, en verità,
Siès la uechièma meravia ;
Pèr tu, as touti li bèutà,
Terra de lus e d'alegria.
Dintre lou tèmp, Semiramis
Faguet basti, à Babilouna,
Pu siéu jardin, vèr paradis !
Soubre Paioun, degun s'estouna
De vèire, ancuèi, lou paumoulié
Drissar au ciel la siéu coulouna
E lou galofre, e l'anemouna
Flouri emb'au pourtegalié.
De bouon matin, quitant maioun
Pèr la journada touta'ntiera,
S'en va lavar, dintre Paioun
Pa bugadiera.
D'un glourious passat es fiera
Perqué, d'un tèmp, sus lou bastioun
Au Turc, arranquèt la bandiera
Pa bugadiera.

�fet 68 —

Sau de fouora fa freï,
Que brima,
A Niça, sus lou Quèi,
Si rima.
Pescadou, fourestié,
De la mar bressarella,
Escouton voulountié
Pa doussa cantinella.
L'AVOUCAT

PATTA

L'estudi de l'avoucat Patta es en plen aria ; si tèn lou matin
couma lou predinà su la plaça dôu Palai. Es un ome pichounet,
touplen raplot, li pocha enfli de papiè de touta mers. En lu vièi
quartiè es proun counouissut e li capelada, « Bouonjou Moussu
l'Avoucat », noun li mancon. Es ben m'ai juge, proucuradou, etc.
Lu siéu ounourari soun bouon pati e n'a de preferença pèr
qu si sigue. Parla au premier maufatan vengut, couma se fousse
un agnèu que vén de naisse ; lou créancier o lou débiteur soun
tratat su lou même pen... basta que mouson...
L'avoucat Patta es de noutarietà reputat pèr un ome judicious, òunest — au noun si flata de l'estre au jou d'ancuei ; —
finda counouisse, es en relacioun d'afaire emê de gros persou nage que dintre la finança dôu siéu coumerce, soun quasi d'usurari. Sau menajar la cabra e lou caulè ; e pèr que la mouneda
noun li escapa si desbrouïa e si mete dôu cousta dôu manche...
d'aquéu que casca lou de mai...
Acò fa que toui lu matin que lou Bouon Diéu a fach, la siéu
doumestica mete toujou quaucaren au fuec. Lou dimeneghe, coum'un bouon crestian, — tartufaria que lou pauva, — va audi la
gran'messa à Santa Réparada, fa la siesta e à la calada dóu soulèu,
passeja su lou Cours, pastrouia, fa lu cent pas, noun parla que de
lei, proucès, citacioun, ensin alestisse lou travail dôu dilun...
Lendeman empastra ben d'afaire, mete facilamen en lou sac
Moussu Tout'Un emé Moussu Tout'Autre... En éu que li pòu
faire ?... lança dapertout lou broumech, tant pis pèr aquéu que si
laissa agantar. Quaranta sóu es lou près d'atac e vous pregui de
crèire que douna pas la siéu journada pèr doui o tres escut.
L'avoucat Patta counouisse l'usança dôu païs... s'avès touort,
vous rouïa, s'avès pi rasoun, v'espia... Que voulès aima manjar
lou pei, lou pei que noun aiguë d'espina...
JULI EYNAUDI.

�-«9VA

MAU ! !

Va màu, cresé-vous, que va màu 1
En l'orizoun lou voile negre
N'es qu'un gran camp cargat de pebre,
Qu'à pala lou jeten davan,
Avuglan finda lu cavau 1
Lu canoun soun su li frountièra,
Alignât couma de barriera,
N'esperon plus que lou signàu !
Lou soulèu, aquel animàu !
Stan, noun vòu levà la vela,
Si foundon couma des candela
Enb'aquèu coust dôu diàu !
Le Giacouuda à cóu de d/stràu
Li fan petà li sièu moulura...
Ah ! dèu faire bella figura
Se l'an foutuda en quauqua tràu
Lou pan crèise, finda la sàu,
Lou sucre dintre li boutiga
Mounta ben mai que de boufiga !
Van jusque crèise lou rampàu
E la pèu que fau lou tambau ;
Metran de drech su li nourriça,
Su lu chichi, su li saucissa,
Perqué pas soubre lu magàu ?
E lou Prussian, marrit bertàu,
Noun sabon fa que de babïa,
Per lou Maroc e l'Algèria,
Se faran mètre lou mourràu !
Li serreren toui lou pourtàu
E pi veiren touta la França
Davan la sieù grossa arougança
Se noun si sau garda li clàu !
Es de rima d'un manechàu,
Ma sien d'estiéu, vesin, vesina,
Li passeres en la resina
Avant que vegon l'espitau !
CHARLES CIAUDO

�Valère Bernard
Tout en heurtant le marteau contre la porte de M. Valère
Bernard je songeais. Je me suis complu dans le plus souriant
mépris des idoles. L'ironie a tremblé sur mes lèvres quand
la Provence a dans un ravissement de joie acclamé le poète de
Maillanne. Cette mascarade d'apothéose me répugnait.
Et maintenant la curiosité me fourvoyait dans le studio
d'un consciencieux artiste que les felibres couvraient de gloire.
Elève de Puvis de Chavannes M. Valère Bernard pasticha le
Maître. Mais vite il eût l'intuition qu'à se perdre dans les sentiers
battus il courrait risque de compromettre son crédit. Il dit
adieu à Paris et vint dans Marseille, l'opulente cité.
A cette époque vivait un exquis écrivain, J. Lombard. Il venait de publier deux œuvres d'une grandiose beauté, VAgonie et
Bysance. Dans un style étrangement tourmenté il contait les
luttes entre les factions d'Orient, illuminant son œuvre des
splendeurs bysantines.
Valère Bernard vit Jean Lombard, et du même coup les belles
au bois qui dormaient en son âme s'éveillèrent. Il délaissa les
études académiques, les pastiches sans vie, et d'ardentes couleurs
chargèrent ses toiles.
Voici le triomphe des rois Babyloniens. Sur les voûtes d'un
palais impérial passent des gardes étincelants dans la pourpre et
la soie. L'or envahit les hautes colonnes de jaspe bleu. Involontairement on pense aux fantastiques demeures hantées par des
fées émeraudes et des princesses aux perversités troublantes.
Et je m'imagine que le peintre était sous le charme de la
légende quand il a peint cette courtisanne qui sourit à son miroir tout en jouant négligeamment avec sa chevelure d'or. Et
puis passent Venise la rouge, Marseille enveloppé dans la poussière d'or du crépuscule, des motifs à la Watteau peints par un
bysantin, toute une apothéose.
Mais une idée m'obsède, tandis que dans la grise clarté d'un
soir automnal s'éteignent les fauves éclairs jaillis de ces radieuses
toiles. L'idéalisation du passé me paraît cruelle. Les générations
endormies dans la Mort ont eu leurs misères/leurs rancœurs, je
pense qu'il est absurde de s'écrier avec Musset « qu'aux temps
jadis tout était heureux jusqu'aux douleurs humaines. » En vain
l'apostat s'attriste-t-il sur les vieillards immortels de l'antique

�- 7i

—

lonie, â ses oreilles résonnent les paroles de l'Hiérophante : « La
Helladi que tu aimes n'a jamais existé ».
Mais M. Valère Bernard brise ma rêverie, et mes yeux se
portent.sur des portraits appendus au mur. Profils d'espagnol ou
d'américain mitigés d'espagnol, comme on en croise maintes fois
sur la Cannebière.
Homme universel ne puis-je m'empêcher de m'êcrier. M.
Valère Bernard sourit. Il siérait dit-il, à mi voix, de se développer en profondeur. Toutefois il est beau de se dire sur le
tard de sa vie que l'on a fait vibrer toute son âme. Ici le maître
rejoint Néron. Il m'aide à comprendre cet inquiétant empereur.
Mais encore faut-il que tout en étant l'homme universel on ne
sombre pas dans la banalité. De méchantes œuvres d'art peuvent
avoir leur prix.
Une idée se lève devant moi. Labruyère me petsuade que
l'honnête homme de Pascal propre à tout en définitive n'est propre à rien. La spécialisation inintelligente, mène à l'erreur, j'en
conviens, mais en fait elle est une loi générale.
Et ceci est pour me plaire, car j'abhorre dissiper mon énergie,
j'aime le repliement, la frissonnante pudeur qu'effarouche les
vaines ostentations. Je goûte les peintres du passé et malgré ma
philosophie j'adore les peuples disparus. Volontiers j'implorerai
avec la Cassandre de Schiller la cécité, l'exquise cécité. Le sou
venir a plus de puissance sur moi que l'espoir.
Et sous des deux gris, en des pays étrangers désolants de
médiocrité, il m'est arrivé de pleurer plus amèrement que ne
pleura Xerxès aux rives d'Abydos.
J. PADOVANI.
PROUVERB1, BOUOI MOT, COUNSÈU E DICH
Vèuva que si marida,
Dèu perdre la lus e l'audida.
Fiha madura,
Lou pouorta à la centura.
En cuntant su lu det :
Aquéu a fa l'óu ;
Aquéu l'es anat cercar,
Aquéu l'a fa cuèire,
Aquéu l'a manjat,
E lou pichoun n'a ren tastat !

�— 73 —
LE

DÉSESPOIR

Oui, j'ai la mort dans l'âme ; oui, je monte au calvaire ;
Mon horizon, hier si beau, s'est obscurci ;
Je hais tous les devoirs et tout ce qu'on révère :
Mieux vaut mourir que vivre ainsi !
Puisque je n'y puis rien ; que la raison humaine
Ne gagne plus un cœur où mon cœur est entré,
Je veux briser mes jours comme on brise une chaîne
Et m'enfuir en désespéré.
Qu'est-ce donc que la mort ? C'est la paix éternelle,
C'est un beau drap de fleurs sur mon sein endormi,
C'est la nature calme, auguste et solennelle
Qui nous prête un repos ami.
O nature de Dieu contemple ma détresse !
Ecoute tout mon sang dans mon cœur s'épancher
Et, puisque je n'ai plus le lit de ma maîtresse,
C'est au tien que je veux coucher ;
C'est toi la grande mère et la nourrice immense !
L'homme au sort le plus âpre et l'homme au sort plus beau
Retrouvent dans ton sein leur part de ta clémence :
L'un l'amour, l'autre le tombeau
Tu sais, toi qui vois tout, ce qu'ici bas je souffre,
Que je n'ai point béni l'instant de mon réveil
Et que j'ai regardé, toujours, du fond du gouffre,
Les bords ou brillait le soleil ;
Que je n'ai bu jamais que dans la coupe amère,
Que le seuil du bonheur me fut toujours fermé,
Que j'ai perdu mes fils, que j'ai perdu ma mère
Et tous les cœurs qui m'ont aimé !
Maintenant je m'en vais, battant du front, comme ivre,
En proie à ce grand deuil qui me courbe en vainqueur,
Et je veux déchirer ma vie, avec le livre
Des chastes sanglots de mon cœur ;
Et toi, rayon divin, génie, ardent délire,
Flambeau qui n'iras plus briller sur son autel,
Eternise du moins ces larmes de ma lyre
Et que mon cri soit immortel !
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DESPÍ I/ANNESSIOUN
(25

Jun

1860)

M. FRANÇOIS MALAUSSENA

Mera de Niça
(27

Jun

I86O-I865)

�— 6 —

ARMANAC NIÇART 1913
QUATRE-TEMS

COUMPUT ECLESIAST1C0

Noumbre d'or
Epato (Grégori)
Cicle soulari
Endicioun roum.......

Febrié
Mai
Setèmbre.,.
Desembre.

14
22
18
11

Letra doumenicala

12,
14,
17,
17,

14 e 15
16 e 17
19 e 20
19 e 20

E

Jî la Providence, 1{ue de la Préfecture /4, }}run, Sibraire

LI

QUATRE

SESOUN

Lou prmtèms coumença lou 21 mars
L'estiéu
—
— 22 Jun
L'autoum
—
— 23 sept,
L'iver
—
— 22 dés.
FESTA

Septuagesima
19 Janvié
Cendre
5 Febrié
Pasca
23 Mars
Rougacioun 28, 29, 30 Abriéu
Ascensioun
1er Mai

à 5.18 m.
à 1.10 m.
à 3.53 m.
à 10.35 m.

dôu
dôu
dôu
dôu

matin
matin
sera
matin

MOUBILI

Pantecousta
Trinità
Festa de Diéu
1" Diiuenegue de
30 Novembre

11 Mai
15 Mai
22 Mai
l'Avènt

BANQUE GARLONE &amp; GIE
MAISON ÉTABLIE EN 18.1

Jfice

—

8, Jîvenue J/íasséna, 8
TÉLÉPHONE

■-AS

— Jfiçe

�LU

VÉNT

Lu vènt que souflon à Niça, dintre lou cours de l'annada,
soun au nombre de 16. Vequi li sièu denouminacioun courenti,
pihadi, en general, dai loucalità dei quali parèisson veni :
Nord ..
N.-O.-E.
N.-E. ..
E.-N.-E..
E. N. E.
E.-S.-E..
S.-E. ..
S.-S.-E-.

Tramountana
Grek Tramountana
Grego
Levant
Levant
Levant
Siroco, vènt marin
Mie jou Siroc

Sud.... Mie jou
S.-S.-O.. Miejou Lebech
S. O. .. Lebech
O.-S.-O. Pounènt Lebech
Ouest. . Pounènt
O.-N.-O.V. Pounènt Maistràu
N.-O. .. Maistrau
N.-N.-O. Maistrau Tramount

VIGÍLIA — JÈUNI
22
30
10
14
31
24

Mars
Abrièu
Mai
Avoust
Outoubre
Desembre

(Pasca, 23 Mars)
(Ascensioun, Ier Mai)
(Pantecousta, 11 Mai)
(Assoumpcioun, 15 Avoust)
(Toui lu Sant, Ier Nouvembre)
(Calena, 25 Desembre)

L'ANNADA RELIGIOUSA
LI FESTA MOUBILI E

LI FESTA FÏSSI

febrié

Janviê
1 Circouncisioun.
6 Epifania (lu Rei).
13 Batejà de J.-C.
14 Sant Noum de Jesù.
19 Setuagesima.
26 Sexagesima.

2
5
6
9
12
13

Purificacioun.
Cendre.
Festa de la Pr. de N. S.
Quadragesima.
14-15 Quatre-tèms.
Coum. de la Passioun.
16 Reminiscere.
23 Oculi.

�Jtfars
2 Lœtare.
9
16
21
23
29
30

Passioun.
Lu Rampàu.
Divendre Sant.
Pasca.
Li 7 Doulou.
Quasimodo.

j/îbriêu
28-29-30 Rougacioun.

jYtai
1 Ascensioun.
3 Inv. de la Santa Crous.
11 Pantecousta.
14-16 17 Quatre-tèms.
18 Trinità.
22 Festa de Dièu.

Jîvoust
6 Transfiguracioun.
15
18
25
26
29

Assoumpcioun.
S. Joachim.
S. Couor de la Vierge.
S. Louis.
Decolac. de S. Jouan-Bat.

8
14
15
15
17
29

Natività de la Vierge.
Esaltacioun de la Crous.
N. D. dei 7 Doulou.
San Noum de Maria.
Quatre-Tèms.
Dédie, de S. Miquéu.

6
13
20
27

Sant Rousari.
Maternità de la Sta Vierge.
Puretà de la Santa Vierge.
Patrounage de la S. Vierge.

1
2
3
21
30

Touï lu Sant.
Lu Mouort.
Santi Reliquia.
Present, de la Sta Vierge.
Avent.

Setembre

Ouioubre

jYouvembre

Jun
9
21
24
29

Festa dôu S. Sacramen.
Sacrât Couor de Jesù.
Natività de S. Jouan-Bat.
SS. Peire e Paul.

Juliet
2 Visitation de la S. V.
7 Precious Sang.
16 N.-D. dôu Carme.

2&gt;esembre
8 Imaculata Councepcioun
17, 19, 20, Quatre-Tems.
25 Calena.

LEÇOUN DE CATECHISME
Un prèire dôu Gesu enterougava un pichoun su lou siéu
catéchisme e li demandava :
— Doun es Diéu ?
— Vous respouonderai, li di l'enfant, quoura m'aurès
dich doun noun pôu estre.

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AMINISTRACIOUN MUNICIPALA
Mera : M. lou General Fr. Goiran
Ier MM. Bonnefuy-Sibour.
Ajount
Emile Muscat.
«.
Jousé Ventrue
«
3e
Jan Ricci.
«
4e
Juli Febvre
5e
Dr A. Bufîon.
6e
Dr J. Fighièra.
7e

Ier Ajount

M. Bonnefuy-Sibour
Encargat de l'ensemble de l'aministracioun sensa delegacioun speciala.
Recèu toui lu jou de io oura % à miejou.
2e Ajount

M. Emile Muscat
Recèu lou dilun, lou dimècre e lou dijôu de 5 a 6 dôu
sera.
Attrib. — Estrucioun publica (Escola, lycée, salla d'asile,
crècha). — Biblioutèca e Arquiva. — Countencious.

3e

Ajount

M. Jousé Ventre
Recèu lou dilun, lou dimècre e lou divendre de

11 y2 dôu matin.

10 à

Attrib. — Coumerce e Indústria. — Agricultura. — Tribunal e Chambra de Coumerce. — Elecioun e lista eletourali.
— Cadastre. — Countribucioun. — Prud'ome. — Soucietà

�— 10 —
de Secours Mutual. — Festa publiqui. — Autourisacioun de
bal o de festa privadi.
4e Ajount
M. Jan Ricci
Recèu lou dimars, lou dijôu e lou dissata de 10 à n
Attrib. — Dassi. — Abatoir e lu servici. — Coumtabilità
generala. — Pouliça dei camin. — Estalage. — Marchand
ambulant. — Permès de staciounamen. — Voitura, cavau
e taxis. — Fiera e Marcat. — Caissa d'Espargna. — Sapurpoumpier.
5e Ajount
M. Juli Febvre
Recèu lou dimars, lou dijôu e lou dissata de 4 à 5.
Attrib. — Travai public. — Voiria urbana e rurala.
Jardin e proumenada. — Aïga, gaz, eclerage. — Ramassage.
— Arquitetura. — Bastissa coumunali. — Bei-Art. — Escola
d'Art decouratif. — Musée dei Bei Art. — Musée d'Istoria
naturela. — Teatre. — Musica Municipala e autri.
6e Ajount
M. lou. Dr A. Buîîon
Recèu lou dimars e lou divendre de 4 % à 6.
Attrib. — Igiena e salubrità. —Loujamen insalubre.
— Establissamen dangeirous e incòmode. — Epidèmia. —
Pouliça dei meurs. — Assistença publica. — Viei, infirme
e incurable. — Retreta Ouvriera. — Enfant assistât. — Proutecioun dei enfan dôu premié âge. — Espitau. — Establissamen de carità o de beneficensa. — Fouol.
7e Ajount
M. lou.Dr Jousé Fighiera
Recèu lou dimars e lou dissata. de 10 à 11 y2.
Attrib. — Estat-Civil. — Poumpa Funebri. — Cementeri.
— Culte. — Afaire Militari. — Abihamen.

�— II

PR^MIÉ

TRIMESTRE:
MARS

FEBRIE

JAN VIE
lu 7, à 10 oura 29 m.
lu 15, à 4 oura 02 s.
lu
a 3 oura 40 s.
lu 28, à 7 oura 35 m.
— !.. 8 U' — C. 4 42
SOULÈU
N.
P.
P.
D.

—

L.
Q.
L.
Q.

N. L.
P. Q.

lu 6,
lu 14,
lu 21,
D. Q. lu 27,
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5
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2
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22
34
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m.
lu.
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P. Q.
1'. L.
D. Q.

24'

SOULÈU ,

dis. S. Ignaci
Dim. La Çandeliera
Blasi
dil. S.
l)i mars-Gras
dim
Li Cendre
dim
Dim
dij. Sta A gat a
dil.
div. Sta Dorotea
dim.
dis S. Romuald
dim.
dij
9 Dim. Quadragesima
10 div.
10 dil. Sta Apoulounia
11 dis.
11! dim. S. Severin
12 dim. Quatre-tèms
12 Dim.
13 dij. S. Gregori
13 dil.
14! div. Sta Eufrasia
14 dim.
15 dis. S. Onesime
15 dim.
16 dij.
16' Dim. Reminisceri
17 div.
17i dil. Sta Mariana
18 dis.
18 dim. Sta Attiqua
19 dim. S. Eucher
19 Dim. Setuagesima
20 dij.. Sta Vitalina
20 dil. S. Bastian
21 div. S. Severian
21 dim. Sta Agnesa
22 dis. S. Silvan
22 dim. S. Vincent
23 dij. S. Raymound
23 Dim. Oculi
24 div. Sta Jacinta
24 dil. S. Pascase
Conv.
de
S.
Pau
25 dis.
25 dim. S. Cesari
26 dim. S. Nestor
26 Dim. Sexagesima
27 dij: S. Leandri
27 dil. Sta Devota
28 div. Sta Nourina
28 dim. Sta Paula
29 dim. S. Francès S.
30 dij. Sta MaitiDa
31 div. S. Peire N.
Lu jou crèisson :
dim.
dij.
div
dis.

Jou de l'An
S. Macari
Sta Genevieva
S. Tita
S. Simeoun
Lu Rei
S. Lucien
S. Apoulinari
S. Pèire
S. Guillaume
S. Teodore
S. Arcada
Sta Verònica
S. Ilari
S. Maurici
S. Ounourat
S. Antoni
Sta Angela

Lu jou crèisson :
lou matin....... 22 m.
lou sera
12 m.

1

lou matin
lou sera

lu
lu
lu
lu

47
46

ln&gt;

m.

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Dim.
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dim.
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Dim.
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Dim.
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dim
dim.
dij.
div.
dis.
Dim.
dil.
dim.
dim.
dij.

8,
15,
22,
29,

à 0 oura 23
à 8 oura 58
à 11 oura 56
à 0 oura 58

m.
s.
m.
s.

L. 6 36' — C.5 32'

S. Eudoxii
Lœtari
S. Marin
Sta Cunegonda
S. Casimir
Sta Coleta
S Jouau de D.
Sta Félicia.
La Passionn
Lu 4" Marlir
S. Euloge
S. Gregori
Sta Eufrasia
Sta Matilda
S. Acepsima
Lu Rampàu
S. Patrici
S. Apien
s. Jôusé
Dijon San/
D i vendre Sani
Dissata Sant

Panca

StaCatarinadeS
Anounciada
S
Emanuèu
S. Jouan d'Egt
Gountraa
div. S.
dis. S. Hustase
Dim. Quasimodo
dil. Sta Balbina

Lu jou crèisson :
lou matin
î .o4 m.
lou sera
0.48 m.

VERMOUTH

�— 12 —

ABRIETJ
N. L. lu 6,
P. Q. lu 14,
P. L. lu 20,
D. Q
lu 28,
SOULÈU .

MAI

à 5 oura 49 s.
à S oura 40 m.
à 9 oura 35 s.
à 6 oura 09 m.

— L. 5 32'

C. 6 19'

dim. S.
dim. s.
dij. s.
3
4 div. s.
5 dis. s.
1
9

6
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8
9
10
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28
29
30

Dim.
dil.
dim.
dim.
dij.
div.
dis.

Dira.
dil.
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dim.
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dis.
Dim.
dil
dim.
dim.
dij.
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Dim.
dil.
dim.
dim.

Ugo
Franç. de P.
Richard
Isidoro
Juliena
s. Celestin
s. Hegesippe
s. Albert, ev.
s. Azada.
s. Isidoro
s. Leourj
s. Juli
s. Justin
s. Valerian
Sta Anastasia
S. Frutuous
s. Rodolfe
s. Maxime
s. Anselme
s. Tcodoro
s. Adalbert
s. Fidèle
s. Jorgi
s. Marco
s. Clet
s. Antime
s. Aimé
Iiouqacioun
Sta Catarina d. S
SS. Philip., Jacq.

La jou crèisson :
lou matin
59 m.
lou sera
... 44 m.

N.
P.
P.
D.

L.
Q.
L.
Q.

lu 6,
lu 13,
lu 20,
lu 28,

SOULÈU.

18
19
20
21
22
23
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Dim.
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dim.
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Dim.
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dim.
dim.
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25
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31

Dim.
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dim.
dim.
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10
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16
17

JUN

8

oura 25 m.
H oura 45 m.
7 oura 18 m.
0 oura 04 m.
— L. 4 34' — C. 7 04'

N.
P.
P.
D.

i

Ascensioan
S. Atanase
In.d.l. Sta Crous
SS. Sindonis
S. Pio, papa
S. Jouan D.
S. Peire
S. Gregori N.
S. Antounin
S. Isidoro
Pandeconsta
S. Jouan lou S.
S. Pouon, m.
Quatre-tèms
S. Sta Dcnisa
S. Frutuous
S. Pascaù
Trin if à
S. Pèire C.
S. Felis.
S. Bernardini
Festa de Diéa
S. Didier
S. Vincen,d.L.
S. Urbin
S. Felipe
S. German
S. Cirile
Sta Petronïa
S. Sylve
S. Justin

Lu jou crèisson :
lou matin
4° mlou sera
41 m.

L.
Q.
L.
Q.

lu 4, â 7 oura 57 s.
lu 11, à 11 oura 4 s.
lu 18. à 5 oura 51 s.
lu 26, à 5 oura 41 s.

SOULÈU.

1 DIM.
2
dil.
3 dim.
4 dim.
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5
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7 dis.
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Dira.
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Dim.
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dim.
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dis.
Dira.
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- L. 3 55'

—

C. 7 43'

S. Potin
Sta Blandina
S. Quirin
S. Francès C.
S. Lié
Couor de Jesù
S.
S.
Sta
S.
S.
S.
S.
S.
S.
Sta
S.
Sta
S.
S.
Sta
S.
S.
S.
S.
S.
S.
S.
S.

Medard
Optat
Margarida
Barnabé
Antoni de P.
Basilio
J.-F. Régis
Moudeste
Lambert
Olga
Gervai
Juliena F.
Louis de G.
Paulin
Maria d'O.
Jouan-B.
Prousper
Alban
Cresen
Iréné.
Pèire
Pàu
Tibàu

' Lu jou crèisson :
lou matin
2 m.
lou sera
i4 m.

VERMOUTH

�— 13 —

TROISIEME

AVOUST

JUL·IET
N.
P.
P.
D.

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29
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31

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5 oura 07 m.
9 oura 38 m.
6 oura 0" m.
9 oura 59 m.
53' — C. 7 55'

dim. S. Thierry
dira Vierg.de li Gracia
dij. S. Anatole
div. S. Pèire de L.
dis. S. Sisoès
Dim. S. Elie
dil. Sta Bahela
dim. S. Efrem
dim. Sta Felicita
dij. S. Pio
div. S. Jouan G.
dis. S. Gene
Dim. S. Jaque
dil. Festa Naciounala
dim. S. Enri
dim. N.D.d.M.Carmel
dij. Sta Marcelina
div. S FVederic
dis. S. Vincen de P.
Dim. Sta Margarida
dil. S. Vitor
dim. Sta Maria-Mad.
dim. S. Apoulinari
dij. Sta Cristina
div. S. Jaque
dis. Sta Anna
Dim. S. Pantaleoun
dil. S. Samsoun
dim. Sta Marta
dim. Sta Giulieta
dij. S. Gnaci de L.

1

Lu jou bàisson :
lou matin
3i m.
lou sera
26 m.

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0 oura 58 s.
i oura 03 m.
8 oura 27 s.
0 oura 18 m.
8 oura 38 m.
23' - c. 7 28'

div. S. Pèire-aï Ldis. S. Alfonso
Dim Inv. de S. Estève
dil. S. Domenica
dim. N. D. dei Nèu
dim. Transf. de J. C.
dij. S. Gaétan
div. Sta Batilda
dis. S. Camilo d. L.
Dim. S. Làuren
dil. S. Septima
dim. Sta Clara
dim. Sta Filoumèna
dij. S. Ousèhi
div. Asonmpcioiin
dis. S. Roc
Dim. S. Jouachin
dil. Sta Elena
dim. S. Ipoulita
dim. S. Bernar
dij. Sta Chantai
div. S. Pio V
dis. S. Filipe B.
Dim. S. Bartoumiéu
dil. S. Louis, r. V.
dim. S. Segoundo
dim. S. Cesari
dij. S. Goustin
div. S. Mederic
dis. Sta Rosa
Dim. S. Fiacre

Lu fou bàisson :
lou matin
43 mlou sera
55 m.

SETEMBRE
P.
P.
D.
N.

Q. lu 7,
t. lu 15,
Q. lu 23,
I,. lu 30,

SOULÈU. —

a
a
a
a

1.5

1
4
0
4

oura 06 s.
oura 46 s.
oura 30 s.
oura 57 m.

08' — c.

6 33'

1 dil. S. Gili
2 dim. S. Estève Pi.
3 dim. Sta Eufemia
4 dij. Sta Rosalia
5 div. S. Làuren J.
6 dis. S. Pambou
7 Dim. S. Grat
8 dil. Naiiv. de la V.
9 dim. S. Oumer
1U dim. S. Nicola
11 dij. S. Félis
12 div. S. Veran
13 dis. S. Amé
14 Dim. Es. d. l.S. Crous
15 dil. S. Nicomède
16 dim. S. Courneilla
17 dim.- Quatre-tèms
18 dij. S. Tournas V.
19 div. S. Janvié
20 dis. S. Eustache
21 Dim S. Matiéu
22 dil. S. Màurici
23 dim. Sta Tecla
24 dim. S. Girar
25 dij. S Firmen
26 div. S. Nil
27 dis. S. Nicandre
28 Dim. S. \\ inceslas
29 dil. g. Miquèu
30 dim. S. Jeromo
Lu jou bàisson :
lou matin
42 mlou sera
i.o3 m.

HâltlHI &amp; EdIIÏ

�- 14 QÜATRIÈ)MÍ:

OÜTOUBRE
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lu

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SOULÈU. - .

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15,
22,
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1.

i 1 dim. S.
! 2 dij. S.
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1
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oura
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47
07
53
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NOUVÈMBRE
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5 30'

Remi

Léger
Gérard

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N.

Lu jou bàissoii :
matin
II S m .
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Q.
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Q.
L.

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lu ici,
1, 21,
(
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2

SOULÈU, - -

1.

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(i oura 35 s.
" oura 12 s.
7 oura 57 m.
1 oura
m.

42

6 30' — c.

4 30'

Ì dis. Toui lu Sunt
2 Dim. Lu Mouort
3 dil. S. Ubert
4 dim. S. Carlo B.
5 dim Sta Bertila
6 dij. S. Leounar

dis. S. Francès d'A.
5 Dim. S. Rousari
6 dil. S. Bruno
7 dim. S. Serge
Í
8 dim. Sta Reparada
8
9 dij. S. Denis
9
10 div. S. Francès B.
10
11 dis. S. Tarasco
11
12 Dim. S. Counrad
12
13 dil. S. Edouard
13
14 dim. S. Calisto
14
15 dim. Sta Teresa
15
16 dij. S. Ospici
16
17 div. Sta Edvija
17
18 dis. S. Luc
18
19 Dim S. Pèire
19
20 dil. S. Agricol
20
dim.
21
Sta Ursula
21
22 dim. S. Filip
22
23 dij. S. Teodoret
23
24 div. S. Magloire
25 dis. SS. Crespin Cr. 24
25
26 Dim. S. Joaan de K. 26
27 dil S. Frumeuce
27
28 dim. S. Alf'redo
28
29 dim. S. Narcisse
29
dij.
30
S. Marcel
30
31 div S. Siri
i 4

lot
lOL

TRIÍ

div. S. Nestou
dis. Lu Quatre Incou.

Dim. S.
dil.
dim.
dim.
dij.
div.
dis.

Teodore

S.
S.
S.
S.
S.

Jacintou
Martin
René
Stanislas
Pantena
Sta Gertruda

Dim. S.
dil.
dim.
dim.
dij.
div.
dis.

Edme
Gregori
Alfè
Sta Babeta
S. Edmon
Présent, de la V.
Sta Cecilia
S.
S.

Dim. S.

Clemen
Sta Flora
Sta Catarina
Sta Pelfina
S. Maxime
S. Sostène
S. Saturnin
Dim. A vent
dil
dim.
dim.
dij.
div.
dis.

Lu jou bàisson :
lou
lou sera

DESÈMBRE
P. Q.
P. L .
D. Q.
N. L-.

SOULÈU. —

1.

2
3
4

oura
oura
oura
2 oura

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01
16
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7 24' — c.

s.
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s.
s.

3 55

dil. S. Eloi
dim. Sta Bibiana
dtm S. Francès X.
dij. Sta Barba
Bassi
div. S.
dis. S. Nicola

Dim

S. Anbrosi
dil Imac. Conception^
dim. Sta Leoucadia
dim. Sta Eulàlia
S. Damase
div. Sta Roselina
dis. Sta Lucia

Dim. S.

Niçaise
dil. S. Mesmin
dïm. S. Adon
dim. Quatre-tèins
S. Gatien
div. S. Ciprian
dis. S. Filogone
Dim. S. Tournas
dil. S. Onourat
dim. Sta Vitòria
dim. Cacha-fuec
dij. Calèna
div. S. Estève
dis. S. Jouan

Dim. SS. Iuoucent
dil. Sta EleoDOra
dim. S. Sabin
dim S. Sàuvestre
Lu jou bàisson de a5 m.
lou matin
e crèisson de 5 m. lou sera

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lu 18, a
lu 20, a
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�- i; -

CROUNICA NIÇARDA
L/'Armanac Niçart a la pèu dura, persègue la siéu publicacioun maugrà lu escoumbuï de la vida. Mi côu vougar an
jou d'ancuei quasi soulet ; la miéu pichouna barca s'enroquerà pas. Tant que pouôdi mi teni au timoun, la mar es
pas toujou marrida e lou ciel à Niça es souventi fès seren.
Siéu urous d'aver assoustat, li a quauque an fa, de
coulabouratour que despi an fach lou siéu pichoun camin,
siéu fier encara d'aver pouscut publicar d'obra inedichi,
e se la gloriola de passage pousquesse estre de quauque
près, dirii finda que Y Armanac Niçart es estat lou premier
à dounar ai siéu letour de doucumènt istourique, pouesia
d'ilustracioun de prima man.

* *
Despi lou camin es dubert ; li codo, peira e peireta soun
levadi dôu mitan, toui si soun abrivat e lou miéu pichoun
couloumbié es despi l'oura abandounat, après d'aver servit
de nidou à touplen... Que mi resta d'aquela splendour
efemera ?. .. Ren o pas gran cauva de bouon : la nota de
l'emprimur à pagar !... e l'amistà de quauque amie lu quai,
côu lou recounouisse, m'an souventi-fès encourajat quoura
moudeste escrivan, ai publicat un'oubreta. Ma se noun
mi resta ren autre, ai pas men counservat la cuirassa e lu
côu que lu criticaire pouôdon mi pourtar s'aplatisson couma
se piquesson su d'un pan de burre. Ai fach d'esfouors, ai
cresut estre utile au miéu païs, se tanti fès n'ai pas réussit,
s'ai fach faussa routa, es pas la bouona voulountà que m'a
mancat.. ; es autra cauva !... que lu miéu detratour, —
marridi lenga, — vouogon ben recounouisse.
li'Armanac Niçart es toujou estat poulit, respetuous ;
aima plesentar, si piha garda de mancar quauqu'un, fa minga
persounalità e se parla una fès cad'an es pèr respouondre en
aquelu que dintre l'oumbra e lou mistèri l'atacon.
%

�i8 —
— Èen que n'aigui pas de dènt assè longui, mastègui
eouma pouôdi, mi resta encara doui bouoi caisselà, e lou
batarèu en remerciant Dièu debana qu'es un plesi... Se
grafigni quauquifès caressi quoura côu, ma que voulès siéu
sensible, crègni lou catigolo, noun mi laïssi trapiar, pi ben
que sigui de pichouna estatura — un verp de terra — mi
laissi pas metre lu pen su la couota.
La miéu draparïa es minça, transparènta, cadun pôu
liège à través cenque vouoli dire e maugrà que lou miéu
mantèu sigui de lustrina tantu n'an pas agut vergougna
de s'en curbi quauqu an fa'.
D'Académicien niçart n'ai counouissut mai que d'un ;
aurïon fach aloura una maladia se noun li aiguessi estampat
la siéu prosa o pouesia... D'autre, lou noum m'escapa, la
si soun esbignada... Ai encara souta lu uès una longa courespoundença que lou prova ; qu mi reclamava d'estre en
prima pagina, lou siéu noum que ressourtesse ; qu mi pregava de li metre « lou tout d'a-gangui « ; e passi souta silenci
touplen d'autre imourtal niçart que si dïon fier, urous, flatat,
de couloubourar à Y Armanac Niçart... A toui li calïa un
noumbre d'esemplari — à l'uèi va sensa dire, à titre d'encourajament — e lou jou de l'aparicioun, à lu audi charrar,
eron élu la pèira foundamentala, avïon tout fach despi
Y A fin au B... La gaseta parlava d'élu... e toui su lou bastion
de repetar : « Lou tau ?... escriéu su Y Armanac. —
Eri de moda !...
p
[•

*
*

*

D'aquéu fra-tèms Y Acadèmia Nissarda si founda, lou
Nice-Historique coumença à pihar voga, e lou regretat proufessour Enri Sappia que sabia cen qu'era la vaca enrabiada,
em'un zèle que recounouissi douna au sièu païs predilèt
tout cenqu'un pur niçart pôu dounar.
S'au jou d'ancuei lou Nice-Historique si felicita de la
siéu prougressioun noun côu pas que denembra l'orne que
mai que d'una fès a manjat de maigre moucèu... Es en aquel
orne que devès lou Nice-Historique vouostre enfan d'adoucioun ; se fouguesse estre sincère, li a de veiità que soun
toujou penibli à dire, sensa Sappia Y Acadèmia Nissarda
noun esisteria ; e se persegui en lou miéu amour de la verità,
devès la vouostra esistença o foundacioun à touplen d'autre.

�- ig —
t,'Armanac vous devîa ben acô... Lou souveni s'efaça tant
facilamen !...
Ma laissen aquela charra, noun m'aura ajudat qu'à
coumençar la miéu Crounica.

*
* *
UArmanac Niçart ientra couma pôu en la siéu nouvièma
annada d'esistença. Se trouvas qu'es abihat de mieja sesoun,
vous dirai que n'es pas à la paluègna que si counouisson li
cebeta... Ai tengut cônte dei bouoi counsèu e mi presenti
couma d'usança ai miéu letour e letrissa em'au sourire su
li labra pèr vous racontar de pichouni istourieta, vous rememourar quauque prouverbi, que liegerès emé plesî.
"L,'Armanac Niçart pôu estre lijut da toui, gran e pichoui,
divertisse l'un, enteressa tantu autre ; frisa jamai la groussieretà, basta e se n'aiguesse qu'una qualità, — de défaut
degun n'es esènt, — aquela qualità de counservar lou nouostre
franc-parlà, vouoli dire la lenga de la maire qu'un noun
pôu francamen denembrar, la cansoun dôu brès que nen
cantavon lu nouostre vièi, e que couste que couste voulen menteni.

*
* *

L'Armanac Niçart publica cad'an una paja d'istoria
loucala inedicha que lou dot e fidèle coulabouratour M.
l'Abat Rance-Bourrey escriéu espressi per lu miéu letour.
e que lu letrat, bibliofile niçart liejon toujou mé devoucioun. L'an passat nen dounet Y Expulsion de Mgr Valperga,
en septembre 1792 ; aquest'an l'istourien nen douna : L'Installation de Mgr Colonna-d'I^tria, evesque de Nice, en 1802.
Es un doucumènt d'istoria loucala requist qu'enriquissera
li nouostri coulecioun.

*
* *

Publiquèri de paja de Y Armoriai Nobiliaire et Historique de
l'Ancien Comté de Nice et des Alpes -Maritimes, de Jousè
Casai (1907) ai finda emprimat en coulabouracioun d'aquestou, un Catalogue Alphabétique du fonds de Nice que si
trouva à la Biblioutèca de Niça, ensinda qu'una reempressioun dôu Discours sur le Monastère de Sainte-Claire de
Nice, pèr Honoré Pastorelli, publicat d'après l'édicioun
originala de Turin en 1608, em'una entroducioun e de

�20 —
nota de l'abat Rance-Bourrey. Lu counouissur, en 1908,
lauderen aquesta reedlcioun.
*
Nicœa Civitas

L'Armanac Niçart felicita caudamen Y Acadèmia Nissarda d'aver fach pareisse la premiera partida dôu NicaaCivitas de Gioffredo, en francès. Aqui de bouon'obre.
Traducioun commençada per lôu proufessour Enri Sappia,
coumplimen à l'abat Rance-Bourrey que l'a menada à bouon
pouort.Grafigni ma caressi eY Armanac Niçart que despi regardas coum'un bastardoun sau recounouisse lou beu dôu mau.
Rabaian toujou ; siéu urous de faire lou miéu mouloun,
pu tardi un nen tirera proufit.
*
* *
Aiira, car letour e charmanti letrissa, que vous dirai
de mai, farai couma lou papagau e vous répéterai couma l'an
passat :
Bouon prencipi
E mihour fin !
L'ARMANAC NICART.
LOU JOUIN'OME E LOI) BOUON VIEI
De gracia, empara-mi couma si fa fourtuna,
Demanda au paigran un jouin'ome ambicious.
— Li a, di lou bouon vièi, un camin glourious :
Es de si rendre utile à la cauva coumuna,
Proudigà vouostre jou, vouostri veia, talènt
Au servici de la França !
— Ah ! bèn pénible n'es la soufrança.
Vouoli de talènt men brilènt
— Ni a de mai segur : l'intriga.— Es trôu vile
Sensa travail vous diéu, vourii m'enriquî. ..
— Eh ben ! sigues simple embecile
N'ai vist mai que d'un réussi...
J. Eynaudi
(D'après Florian).

�—

LOU

LIOUN E

21 —

LOU

MOUISSIOUN

« Va-t'en, mesquin insècte, escremen de la terra ! «
Es ensinda que lou Lioun
Parlet un jou au Mouissioun.
L'autre li declaret la guerra :
« Ti penses, li diguet, que lou tiéu titre de rèi
Mi fasse pôu e que m'enquieta,
Un bôu de tu s'en manja sièi,
Lou fau marchar à la bagueta. »
A pena fenit lou discours
Que d'éu même souona la carga,
Siguet troumbeta, vincitour.
Ma prudènt si ten à la larga ;
S'abriva, toumba su lou couol
Dôu Lioun que rende miech fouol ;
Deven quasi furious e l'uès de bila esala
Rugisse, toui s'escoundon, tremouolon à l'enviroun ;
Aquel'alarma universela
Es cap-d'obra dôu mouissioun,
Un avourtoun de mousca en cent luec lou sarcela,
Lou pougne su l'esquina e pi su lou nasèu
Un autre suça lou narvèu.
La rabia si retrova, au soum es ja mountada,
L'envisible nemic trioumfla regardant
Que ni grifa ni dènt de la bèstia irritada
Lou metènt tout en sang, lou siéu dever faran...
Lou malurous Lioun s'esgarra à pichoui tros
Fa boulegar la couva pèr gagnar de terren ;
Es desperat, poù plus ; lou Rei deven balos,
La fatiga l'abate, si ve qu'es su li dènt...
L'insècte dau coumbat si retira mé gloria,
Couma sounèt la carga, entona la Vitòria,
Va pertout l'announçar, ma rescountra pèr camin
Una aragna en embuscada...
Dôu Mouissioun siguet la fin.
Que poudès ben pensar, que leçoun ensegnada ?
Dei vouostre gros nemic, de crègne lu pichoui
Sensa troù de fracas vous trïon lu peouï...
Ma se d'un gran dangié an pouscut si soustraire
Perisson pèr la mendre afaire.
J. Eynaudi (d'après La Fontaine).

�— 22 —

ME LCART

(1)

L'argènt de la Betica e l'ôr de l'Atlantida
Agnènt recompensad lei trabalh de Melcart,
Pojè, fôra Gadès, sus l'Océan bastida,
Vers lo pas gigantesc qu'avié saupud traucar.
Mai la mar rebaté son argulhos sicard,
'Mé d'ôrre temporau e, vela rebotida,
Sai barca, quatre luna, errèron à cercar
Lo camin drechurier dau pôrt qu'èron partida.
Aiora, en Astartè, reina dai Bahalim,
Vengué, pèr abaucar lei ventegas malin,
Saunar d'ôme, au ribage onte Agèu s'espalanca,
E lei pastre ligor, monegasca Calanca,
De ton rocas sanglant veguèron piei partir
Do legendàri eros de la superba Tir.
Lois Funèu.

SIGUESSES UN ARMANAC
Un proufessour de coulège estudiava ordinariamen
quatre a cinq oura cada jou. Couma era restat dintre lou
siéu cabinet mai long-tèms que d'abituda, la siéu mouhié
venguet lou trouvar :
— Siés aqui ma mia, que diès de nôu que noun sabi ?
— Diéu, moussu que vourii ben estre libre.
— E perquè ma mia ?
— Perquè li avès toujou lou nas soubre... noun avès
d'uès que pèr elu, li siés toujou après.
— As rasoun, vourii ben n'en faire autre tant pèr tu,
basta que siguesses un Armanac.
— Un armanac ?. .. e perqué ?
—■ Perqué ?... Cad'an pourii ti chanjar.
Jouan l'Ae.
(i) Melcart sè nbla aver estad un rei de Tir, deî ficad à la lônga,
qu'aurié menad lei navigador fenician vers la Ponènt mieiterranene e que
lei Greg, rabattant la tradiçion dai Pelasge, 'n-aurien fach son Ercule,

�— 23 —

MELCANT
(Revirad en Catalan)
—X—
De Bètica l'argent, d'Atlantis l'or sens mida,
havent recompensat son treball herculià,
feu via desde Gades, damunt l'Occià bastida,
fins al pas geganti que hi sapiguè badà.
Prô'l mar rebat, furient, sa dèria ergullosida,
ab hòrrides tempestes. Les veles va plegà
sa flota y, quatre llunes, errà com desvanida
del dret camí que mena al port S'hon va merxà.
A l'Astarté llavors, dels Bahalim regina,
li prega que apaybagui la ventada felina
y, en la costa d'Agèl, li fa oblaciô d'humans ;
Après ; cales de Monach y pastors ligurians !
de les sagnantes roques, hi vegereu partir
l'hèroe llegendari de la superba Tir.
Barcelona, Agost de 1911.
Doctor J. Plana / Dorca.

xxxxxxxxxxxxx:::xxxxxxxxxxxxx
LA

FAVOIJR DOU JUGE

Petou Merlussa e Gioan Tripetou, doui chicanur en l'a"
nima avion la semana passada una af aire davant dôu juge de
pax. Pèr s'aquistar la favour d'aquestou un li avia regalat
un bariéu d'oli e l'autre dounat un pouorc.
Lou juge si prounouncet en favour de Gioan Tripetou
que li aviat dounat lou pouorc. Couma pensas Petou Merlussa
era pas soudisfach e anet dôu juge si plagne.
Lou Juge. — Que voulès es intrat dintre la miéu maioun
un pouorc que a rout lou bariéu d'oli, siéu estat ben countrariat e.. . maugrà ièu, cresé-lou, v'ai denembrat.
Patusso.

�— 24 -

VA N D A L E S
L/Ordre des Frères Prêcheurs fondé au commencement
du XIIIe siècle par Saint Dominique se répandit très rapidemnt, surtout dans le Languedoc et dans la Provence.
Dès 1243 un couvent de Dominicains fut créé à Nice,
sur un terrain donné par Jordan Richieri, et une vaste église
s'éleva bientôt à côté du couvent.
Des Dominicains, on le sait, étaient de grands bâtisseurs, et les églises qu'ils ont élevées, dans la Provence,
sont les plus beaux modèles de l'architecture gothique :
il convient de citer en première ligne la splendide église de
Saint Maximin (Var), celle de Sainte Madeleine à Aix-enProvence, celle de Saint-Canat à Marseille.
D'église du couvent de Nice était de fort belles proportions et comptait parmi les plus vastes et les plus intéressantes de la ville de Nice, au point de vue architectural ;
l'église des Cordeliers, dite de Saint-François-le-Grand, qui
date à peu près de la même époque pourrait lui être comparée.
Aujourd'hui, Saint-François-le-Grand existe encore, mais le
vieil édifice a été profané, vendu et sert de remise et de magasin à fourrage.
Quant à l'église de Saint-Dominique, son sort a été plus
lamentable encore. Enlevée aux religieux qui l'avaient construite, elle fut pendant quelques jours, en octobre 1792.. le
siège du Club des Jacobins ; puis l'autorité militaire s'en
empara et elle servit de magasin à la manutention.
Mais, ainsi transformée, elle subsistait encore et pouvait, grâce à d'intelligentes réparations, être rendue à l'admiration des artistes et des archéologues. Au lieu de cela,
une Municipalité mal inspirée l'a fait démolir de fond en
comble et, aujourd'hui, il n'en reste plus pierre sur pierre (1).

(1)

Les amateurs et les collectionneurs, qui espéraient trouver, sous les
ruines de la vieille église des Frères-Prêcheurs, des objets précieux pour
enrichir leurs collections, ont été absolument déçus, car on n'y a trouvé,
paraît-il, qu'une quantité d'ossements et une petite croix en cuivre que
M. Moris, archiviste du département, conserve sur son bureau.
Et pourtant, n'y aurait-il pas encore des hommes intelligents qui renverseraient, sans regret, des monuments vénérables dans la conviction
que cette démolition permettrait de découvrir des choses plus intéressantes.

��C.I.D.O.

BtZIERS

�- 25 Sur son emplacement on a élevé le Palais de Justice dont il
vaut mieux ne point parler car il n'y a rien de flatteur
à en dire.
La ville de Nice a été ainsi dépouillée d'un des rares
monuments qui représentait dans cette contrée l'architecture religieuse du XIIIe siècle. Et il ne faut pas dire que la
Municipalité ne fut point avertie de la faute qu'elle commettait, car on peut lire dans le Bulletin Monumental publié
par M. de Caumont, Paris 1862, in-8°, 3e série, tome VIII,
pages 272-274, une très intéressante notice que nous reproduisons in-extenso :
L'ANCIENNE

EGLISE SAINT - DOMINIQUE
A NICE (1)
—X—

« En examinant attentivement l'ensemble de l'antique
Eglise de Saint-Dominique ; en voyant, à la nef et à l'abside
rectangulaire qui la termine, des ogives à peine accusées,
on serait volontiers tenté de déclarer que cet édifice appartient à la période de transition entre l'architecture romane
et l'architecture ogivale, c'est-à-dire au XIIe siècle.
« Mais, ici, il faut se départir un peu de la rigueur des
règles archéologiques et se bien rappeler que les contrées
méridionales, comme le Comté de Nice, ont été, au point
de vue architectural, presque constamment en retard sur le
centre et le Nord de la France.
« En effet, le monument dont nous parlons a été bâti
dans la dernière moitié du XIIIe siècle.
« A cette époque, suivant Gioffredo (Nicaa Civitas),
p. 182) Meynfroid étant évêque de Nice, les Frères Prêcheurs
de Saint-Dominique vinrent s'établir dans ce pays et construisirent un couvent et une église sur un terrain à eux donné
par un certain Jordan Richieri (2).
(1) Aujourd'hui transformée en remise et manutention militaire, cptte
église doit-être prochainement démolie. Sur son emplacement l'édilité
niçoise a formé le projet de bâtir un Hôtel de Ville.
(2) L'acte de donation est daté du i4 Avril 1243 ; il nous apprend que
le terrain donné était de quatre sétérées et qu'il était situé dans le lieu
nommé Seleya, à côté d'une léproserie — l'église de Saint Dominique a été
élevée plusieurs années après eette donation, vers 1260.

�— 26 —

« Par conséquent l'ensemble de cette vieille église est
à peu près contemporain de 1 a Sinte Chapelle de Paris, et
cependant d'après les carelltctèreacchitectoniques, on mettrait
cinquante ans d'interrva ase ren es deux édifices.
« Quoi qu'il en soit, l'église de Saint-Dominique fournit
un excellent horizon pour fixer les idées sur l'état de l'architecture religieuse dans le Comté de Nice au XIIIe siècle.
« D'arc en tiers-point y domine dans les voûtes, tandis
qu'au contraire le plein cintre y règne dans les portes et les
fenêtres.
« D'édifice dont nous parlons n'a pas l'abside arrondie
des monuments religieux du XIIIe siècle ; il se termine par
une muraille plate qui devait être percée de plusieurs fenêtres. Cette disposition se rencontre aussi dans quelques autres églises de France (Cathédrale de Poitiers, de Dol, de Daon,
Eglises de Saint-Serge à Angers, de Saint-André à Grenoble etc.) et dans un grand nombre d'églises rurales.
« Des murs de notre monument sont construits en petites pierres taillées carrément en briques. Il ne possède qu'un
petit nombre de contreforts. Des pilastres qui supportent
les voûtes reposent sur des socles carrés ; les chapiteaux
sont ornés d'une espèce de cordon. Une fenêtre seulement
a conservé son ornementation primitive, qui consiste en des
têtes de clous bien caractéristiques du XIIIe siècle.
« Une porte latérale (qui s'ouvre sur la ruelle de Saint
Dominique) offre un linteau porté sur deux chapiteaux à
décoration végétale et un tympan à plein cintre.
« Des voûtes qui n'ont pas 40 centimètres d'épaisseur,
sont jetées d'un mur à l'autre, avec une hardiesse admirable ; elles sont faites en petites pierres mêlées avec beaucoup de mortier.
|fs « Des arceaux de ces voûtes ogivales sont croisés ;
quelques-uns, néanmoins, sont parallèles entre eux et traversent la nef en ligne droite, de manière à séparer les travées, qui sont en nombre de cinq. Da retombée des arceaux
se fait au-dessous des fenêtres. Malheureusement ces fenêtres ont été bouchées, par un maçon ignorant au XVIIIe
siècle.
« En même temps, la façade de Saint-Dominique a
été refaite dans ce style bâtard que l'on a flétrit de Pompadour. Nous ne la décrirons pas.

�— 27 « Avant de terminer, qu'il nous soit permis, au nom des
traditions historiques que ce vieux monument rappelle de
supplier le gouvernement de l'Empire, si éclairé, si généreux,
de vouloir bien consacrer, chaque année, une modique somme à la restauration de l'antique Eglise de Saint-Dominique.
« Confiée aux soins d'un habile
architecte, d'un
Viollet-le-Duc ou d'un Dulion, cet édifice deviendrait
bientôt le plus curieux et le plus remarquable de Nice. »
A. Paul Simian
Membre de la Société française d'Archéologie.

*

*

*

Ces pages écrites par un homme très compétent, nous
apprennent les efforts tentés pour conserver la vieille église ;
efforts qui se heurtèrent malheureusement à un parti-pris
irréductible.
Rien depuis n'est changé dans les habitudes administratives, et les discours prononcés à la Chambre des Députés
le 25 novembre 1912 par MM. Barrés, Sembat et Reinach
nous ont édifiés sur la mentalité de tant de maires et conseillers municipaux dédaigneux des « monuments possédant
un caractère soit artistique, soit historique ou ayant tenu
une place dans l'existence nationale ou dans la vie locale
des communes françaises a.
Le Bourguignon.
XXXXXXXXXXXXX:::XXXXXXX XXX XXX

-

MEMORANDUM
Noum dei fidelié que esistavon à Niça en l'annada 1758 :
Castelli Onourat
Verani Ludovic
Baudo Antoni
Baudo Andréa
Gautiero Gaétan
Bottino Pierre.

Doneudo Giacinto
Carlino Pierre
Ricciart Nicolas
Bottino Jousè
Daviga Anna-Maria

Toui naissut à Niça, cheto Ricciart natiéu de Touloun,
ma essent à Niça despi longa data.

�— 28 -

PEI VULGARI
Aguia
Aguïat
Alolonga
Amendola
Amploua
Anfossa
Ange
Anguila
Aragna
Arendoula
Argentin
Argentin dentat
Aurada
Aurin
Badona
Barbùo
Bardoulin
Baveca
Bavoua
Bavoua d'arga
Belugan
Besuga
Bissa
Bissa de mar
Blada
Blaviè
Botta
Boucarougia
Boudroi
Boni tou
Buga
Bugaravella
CaUgneiris
Capelan
Capoun
Capoun glaune
Cardaira
Cardouniera
Carmarina
Castagnola
Cat
Cavaluca
Cavàu
Cieucla
Clavelada
Coffre
Courpatà

DE LA MAR DE NIÇA

Cuorp
Daurada
Dorât
Dormigliana
Durgan
Emperator
Esperlin
Fanfre
Fanfre d'America
Fanfre negre
Fero
Ferrassa
Felat
Figon
Framo
Floussada
Fournie
Fumo
Galineta
Galina
Gastaudela
Garaman
Gatta
Gatta d'arga
Gerle
Gerle blaviè
Gerlessa
Gianeli
Girela
Girela turca
Giugarèu
Gobo
Gobo blanc
Gobo jaune
Gobo rouge
Gora
Granadié
Grana
Gros argentin
Grounc-manca
Grounc negre
Grugnau
Lambardà
Lambert
Lamea
Launo
Lamprua

Lampuga
Langanèu
Leccia
Lernia
Lico
Liccio
Lente
Loubas
Loubas negre
Lucco
Luccion de mar
Lussi
Claire d'amploua
M alarmat
Martèu
Masca dei amploua
Masca
Melantoun
Melet
Meleta
Merlan
Miraiet
Mipolo
Moissin
Mora
Moleto
Monge
Monge clavelat
Monge gris
Monge rous
Morena
Morena sensa espina
Mourre agut
Merou
Mostela
Mostela blanca
Mostela de font
Mostela de roca
Mostela negra
Mourmena
Mugio carida
Mugio daurin
Mugio flaveton
Mugio labru
Muola
Muôu
Nissola

�- 29 Nonat
Nonat negre
Ombrina
Orghe
Ouriôu
Padre
Padreto
Pagèu
Palamida
Palloun
Pampaloti
Pastinaiga
Pei can
Pei cuor
Pei mourre
Pei spada
Pei cafre
Pei fuorca
Pei d'America
Pei puorc
Pei ratou
Pei San Pèire
Perça
Perça de mar
Pintou roussou
Pissoua
Pintosso

Pouorc
Pourc-marin
Poutassôu
Poutassôu gros
Poutassôu rero
Poutura
Rasa
Rascassa
Rasouar
Ravela
Rombo
Rombo clavelat
Roucairôu
Rouchié
Rouget
Sardina
Sargo
Sargo rascas
Sarpanansa
Sarpa
Seropena
Seriola
Sera
Serran
Serro
Sola
Sola d'arga

Sola de font
Sola de roca
Soufio
Stocaûc
Streglia
Striglion
Sturion
Sublaire
Suc blanc
Suc cagnenc
Sussapega
Tenca
Ton
Tono
Tordo
Tordo blu
Tordo d'arga
Tremoulina
Trombeta
Truita
Troncio
Ugliassou
Vaca marina
Vacheta
Verdoun
Verrat

Lu moyen de pesca emplegat su la nouostra couosta
soun : la savegd, bresin, gangi, entremail, lou sourrin
(arrêt à maïa simpli ; diversi lounguessa), la màndraga,
tonnairà, la reclara, la mugeliera, lou palangre e la
ndssa.

xxxxxxxxxxxxx:::xxxxxxxxxxxxx
PROUVERBI, BOUOI MOT, COUNSÉU E DICH
Qu noun pâtisse
Noun coupmatisse.
La belessa es lou mirai dei fouol.
Qu noun a testa a camba.
A fouorça de courre un ri roumpe lou
Cada couinié a la siéu saussa.
Lou bouon vin a pas besoun d'ensigna.

mourre.

�- 30 —

COU QUE TITOUN FASSE..,
Bonifassi dintre lu siéu manuscrich douna una memòria
que avia retrovat dintre de viéi papié laissât pèr soun
paire. Es una paja que trova ben la siéu plaça dintre

l'Armanac Niçart. — Transcriví :
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Z4

1807 — 2 Mars. — Si Titon a fait ce qu'il suit :
A enté les coudonié et pommiers ?
Les fève sont seucladoi ?
A bêché les souches ?
A retiré les souches qu'elles ne touchent les orangers.
La rare Baudoin les souches sont en ligne ?
A ôté la souche de l'olivier du chemin.
Les souches en allant chez Toudon touchent-ils les
arbres orangers ?
Les figuiers en général sont-ils bien arrangés ?
La figuiere du pr camp qui touche l'olivier et celles
en allant vers Toudon sont bien arrangées ?
l/'asseti du garderobe est bien arrangé ?
L'asseti du Petoulin a bien arrangé la ftguiera ?
Les deux planton galofrié p. Bonet ?
A mis les prunières a l'asseti du jardin, et le fortifier, et le serrer bien en cannes ?
Lever au plutôt les giarres et y placer les orangers ?
La laupio de l'amandier est faite ?
S'il a arrosé avec l'eau des lartins le Paumolin ?
Combien li a encore des oliviers à arroser ?
Grande partie de l'eau du puits.
Ce qu'il a fait à l'enclos devant la cabane.
Qu'il arrose les violettes de cyprès et les bêcher.
Le rondeau de dessus l'asseti en face de la grande
porte qu'il la degerbe et l'arrose.
Les violettes de M. Guillonde les a prises ?
L'instruire pour escarassoner bien l'allée de la grande
porte.
Les escarasson et fourcoulo d'olivier a pin de Fabron
est allé a les prendre ?
Nettoyer bien le cal du bois et arranger bien les
pierres.

�- 3î 25 Les aloès et figues de turc son plantées à la ribe
de Toudon, au pas d'Erene et au portai ?
26 Si quelques prunière du rond du portai sont coupées toutes de la même hauteur ?
27 L'asseti proche de la cabane ?
28 Le plantier est-il commencé ?
29 Y a-t-il de fumier et de rame pour le plantier ?
30 A-t-il escarrassonné le plantier ?
31 Sont mesurées les sauloi justes du plantier jusqu'aux
prunières qui forment l'allée ?
32 Les galofrié sur l'aberge en gerbe chaque 5 a 6 pan
un planton et un pan et 3/i du bord de dessus ?
33 Les mourceaux du 3e camp qu'il couvre l'aberge
de terre pour que les olives ne se perdent pas
et lui aporter les pierres de l'entour ?
34 Netoyer la rare de la Veuve Mannel jusqu'à la cabane ?
35 Arranger les morceaux de baus de gif de dessous
M. Garidery, qu'il touche l'olivier ?
36 Quand aura bêché les olivier et fini de semer ?
37 Netoyer les pierres qui sont dessus M. Fighiera à
la taule neuve et lui mettre pour le moins
una baril et une grande corbe fermer chaque,
les 4 oliviers de la taule neuve ?
38 L'asseti en nicia au baus en face de lierre ?
39 L'asseti au baus de gip en face du levant ?
40 Les degrés de deux côtés de la taule de 3 oliviers
dessous M. Fighiera ?
41 La ribe d'Antoine Erena l'escarper un peu plus ?
42 Oter les passages d'Erena, ou il faut une petite berge
de 5 à 6 pans ?
43 Netoyer la ribo, et les pierres du clapié de devant
Erène pour ne pas perdre les olives ?
44 Défricher et mettre une canne au carrobié d'Erena.
45 Tirer la file à la ribo d'Erena, et aux lieux ou fait
de vuide lui mettre de gerbes des dessus dite
ribo, l'arranger au mieux possible ?
46 La rare des arbres sitronié sauvage le tirer d'un bout
à l'autre qu'elle fut planiero qu'il ne s'aperçoit
pas que dit terrain monte ce qu'il faut bien tirer
la fille bien tendue ?

�47
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54
55

La grupio de la saumo est-elle arrangée ? L/encreno de la tourtoiro dou pourchié es facio ?
L/encaladat de davau lo pourquié es arangiat ?
Voir de transplanter les trois plantun aussipré ?
Voir de rebrondar les aussiprés de Toudon, au portai,
ceux dou noghié et ceux d'Ereno ?
Entreprendre au plus-tôt l'asseti en dedans au
baus de plâtre à la ribo d'Antoine Ereno ?
Une visite s'il a lié bien aux escarrasson a peo
les perieres, pruniervi et peseghié ?
S'il a coupé tous les arbres que passent aux planches.
S'il a accoummodé le dernier berge du camp ?

Cresi que lou paure Titoun em'aquela patardela noun
aiguë ren denembrat, lou manuscrich lou di pas, ma s'aco
fouguesse courïa lou coumpatî.
X. X. X.
XXXXXXXXXXXXX:::XXXXXXXXXXXXX

IN IZZA-LA-BEL LA
Ailleurs l'hiver sévit, et le ciel y déploie
Un voile d'ombre obscur sur les fronts soucieux ;
Ea Jeunesse elle-même, à la tristesse en proie,
Y semble renoncer à ses ébats joyeux :
Ici le printemps règne éternel, l'air flamboie,
Caressante, le mer y réfléchit les cieux,
Et la terre embaumée étale en pleine joie
Sa parure de fleurs pour le charme des yeux.
Mais combien jure avec ses hôtes,— qu'on envie ! —
Ce cadre de beauté, de lumière et de vie !
On dirait à les voir grelotter au soleil,
Qu'un dieu jaloux y pousse et chaque jour amène
Tous les produits de la décrépitude humaine,
Habitants pour demain de la nuit sans réveil !...

�A.-J. RANCE-BOURREY

INSTALLATION
DE

Monseigneur

Colonna-d'Istria

EVÊQUE DE NICE

25 Fructidor an X

Armana Niçar 1913

(12 Septembre 1802)

����Installation de MGR Colonnad'Istria
ÉVÊQUE DE NICE
25 Fructidor an X (12 Septembre

/802)

A la fin de septembre 1792, Mgr Charles-Eugène Valperga di Maglione, pour obéir aux ordres du général d'Anselme, commandant l'armée française qui venait d'occuper
Nice, quitta cette ville dans les conditions que j'ai racontées
précédemment (1).
Dix années plus tard presque jour pour jour, un nouvel
évêque était solennellement installé avec le concours de toutes les autorités civiles et militaires par un autre général,
préfet du département des Alpes-Maritimes, M. de Châteauneuf-Randon.
Fa Révolution avait passé ; la guerre religieuse avait
fait son temps et le peuple français réclamait le retour de
la religion longtemps proscrite.

*
* *
Fe 15 juillet 1801, le Premier Consul Bonaparte avait
conclu avec le Pape Pie VII une convention qui fut ratifiée
à Rome le 15 août suivant. Fe 10 septembre, les ratifications
furent échangées à Paris et le 4 octobre, arriva dans cette
capitale, le cardinal Caprara, légat a latere muni des pouvoirs
les plus étendus. Fe Premier Consul le mit immédiatement
en rapport avec Portalis, conseiller d'Etat, qui fut chargé
par un arrêté du 16 Vendémiaire an X (8 octobre 1801) dt
toutes les affaires concernant les cultes. Fa convention conclue

(1)

Voir VArmanac Niçart de 1912.

�VI

entre le Gouvernement français et le Pape fut transformée en
loi de l'Etat le 18 Germinal an X (8 avril 1802). Quelques jours
après, le Concordat fut publié solennellement dans l'Eglise
Notre-Dame de Paris (18 avril 1802), jour de Pâques.
Une proclamation du Premier Consul annonça aux Français ce nouveau bienfait qu'il avait voulu faire coïncider
avec la conclusion de la Paix générale. Fes préfets reçurent
l'ordre de promulguer chacun dans leur département, tout
à la fois, le Concordat et la Paix.
Châteauneuf-Randon le fit sans retard, et, par une circulaire du 9 Floréal (1) (29 avril) il prescrivit de donner à
cette publication toute la solennité possible. Ce fut dans le
département des Alpes-Maritimes, et spécialement à Nice,
une véritable explosion de joie, car ce département avait été
littéralement réduit aux abois par une guerre qui durait
depuis dix ans. Un témoin oculaire, l'abbé Joseph Bonifassi,
alors attaché au clergé de la Cathédrale, écrit dans ses Notes
sous la date du 2 mai 1802, n° 2640 : « Solenne Te Deum
« al Duomo coll' intervento di tutte le autorità Civili, Giudi« ziarie e Militari al suouo délie campane colla lettura délia
« legge orgànica e del Concordato seguito tra Pio VII e il
« i° Console.
N° 2641 « I buoni cittadini, di cui abbouda ancora il paese
« hanno provato una gran gioia a questo nuovo e tenero
« spettacolo. (2). »
Fe 26 Floréal an X (16 mai 1802) un Te Deum solennel
pour la paix fut chanté dans l'Eglise Saint-Augustin et les
autorités constituées y assistèrent escortées par la Garde
nationale qui,selon l'usage ancien, fit trois décharges de mousquetterie devant l'église. (3).
Deux mois après, on célébra la fête du 14 Juillet, et,
dans toutes les communes du département, par ordre du
(1) Arch. départent des A.-M. Circulaire du 9 Floréal (29 avril)
avec le programme de la journée du dimanche 12 Floréal (2 mai
1802).
(2) Archives Mxmicipales d.e Nice, Manuscrit de l'Abbé Joseph
Bonifassi, volume B : Sommario délie Notizie storiche di Nizza e suo
Contado dalli 28 Settembre 1792 sino al corrente 1820.
(3) Arch. Municip. Correspondance du maire, lettre au général
lîberlé commandant d'armeSj 25 Floréal an X (15 mai 1802).

�vn

Préfet (i), cette fête fut à la fois civile et religieuse. On
reprenait ainsi les vieilles traditions du pays qui associaient
toujours la religion aux réjouissances publiques.

*
* *
La solution des questions importantes et multiples
que soulevait l'organisation du régime concordataire demanda
beaucoup de temps et beaucoup de négociations. L'habileté
et l'esprit de conciliation de Portalis et de Caprara aplanirent
toutes les difficultés, et, à la fin de 1802 la nouvelle organisation de l'Eglise catholique en France fut heureusement
terminée. Par le Concordat, l'Eglise catholique avait
retrouvé une existence légale
rétablie sur de nouvelles bases. L'ancienne organisation des diocèses avait été
supprimée : tous les évêques devaient donner leur démission(2)
et le Gouvernement français devait présenter à l'institution
du Pape les nouveaux titulaires des évêchés rétablis d'un
commun accord. D'une manière générale, les divisions ecclésiastiques furent calquées sur les divisions civiles, et chaque
évêché nouveau comprenait un ou deux départements.
Le département des Alpes-Maritimes forma à lui seul
le diocèse de Nice alors que l'archevêché d'Aix dont il devint suffragant comprenait les deux départements des Bouches-du-Rhône et du Var.
Le nouveau diocèse englobait tout l'ancien Comté, de
Nice dont diverses parties étaient, avant 1792, comprises
dans les diocèses supprimés de Glandèves et de Vence, et
(1) Arch. départent. K 4. Arrêté très détaillé du 18 Messidor
(7 juillet) relatif à la célébration de la fête du 14 Juillet (25 Messidor)
f° 114.
(2) Elle leur fut demandée par un bref collectif du 15 août 1801
commençant par les mots Tarn multa. Ce bref fut envoyé à tous
les évêques par les soins de la Seçrétairerie d'Etat pontificale
et par ceux du Ministère des Affaires Étrangères de France. Je renvoie pour tout ce qui concerne le Concordat à la publication faite
sous les auspices de la Société d'Histoire diplomatique par M. le
Comte Boulay de la Meurthe : Documents sur la Négociation du Concordat, 5 volumes in.-8°, publication à laquelle j'ai collaboré. Voir
en particulier pour l'affaire des démissions le tome iv paru en 1895.

�VIII

dans celui de Vintimille (i). Il recevait donc de ce fait ur
très notable agrandissement.
Mgr Hachette des Portes, évêque de Glandèves était
mort en ex:l à Bologne en 1798.
I/évêque de Vence, Mgr Pisani de la Gaude, réfugié
en Italie, avait donné sa démission qui fut mentionnée au
Moniteur du 25 novembre 1801.
Le siège de Vintimille était vacant par la mort du dernier titulaire Mgr Dominique-Maria Clavarini, décédé en
cette ville le 1er octobre 1797. Le vicaire capitulaire Antoine
Truchi se démit le 14 juin 1802 de sa juridiction sur la partie
de ce diocèse qui fut incorporée au nouveau diocèse de
Nice (2).
De son côté l'évêque de Nice, Mgr Valperga, retiré à
Turin, dans sa famille, n'avait cessé d'administrer son diocèse par l'intermédiaire de délégués qui furent 'd'abord :
Honoré Navello, chanoine, curé de la Cathédrale, puis le
chanoine Joseph-Ignace Garidelli, du mois de décembre
1792 au mois de janvier 1800, et enfin, Jérôme Rossi qui,
au moment du Concordat, était investi légitimement des pouvoirs de pro-vicaire général.
Mgr Valperga eut assez tard communication officielle
du bref Tarn multa que le cardinal Caprara lui envoya de
(1) Voir Nicœa Civitas de Gioffredo. Prolégomènes chap. xvn,
villes et paroisses du Comté et du diocèse de Nice, et chap. xvin,
autres localités du Comté de Nice comprises dans des diocèses étrangers.
Voir aussi la Relation présentée au Pape Pie VII par Mgr Colonna
sur l'état de son diocèse après sa première visite sous la date du icr
août 1806 dans la Raccolta di decreti, moniti, pastorali, ecc. de Mgr
Colonna publiée par l'Abbé de Villa-Rey, Nice. 1831, tomel p. 75-98.
(2) La démission fut donnée par acte authentique du Chapitre
assemblé le lundi 14 juin 1802 : étaient présents les dignitaires :
Antoine Truchi, prévôt et vicaire capitulaire ; Philippe Viale archidiacre et pénitencier ; Antoine Guglielmi, primicier, et les autres
chanoines. Le bref Tarn multa n'était parvenu à Vintimille que le
8 juin et le Chapitre déféra sans retard au désir du Pape. Antoine
Truchi adressa le jour même la démission à Mgr di Pietro, secrétaire
de la Congrégation des Affaires de France à Rome, et en avisa le Préfe.
des Alpes-Maritimes. Arch. du Vatican et Arch. départ, des A.-Mt
V 18. Voir Rossi, Storia délia Cilta di Ventimiglia, un vol. in-8°,
Oneglia 1888, pages 317-318.

�IX

Paris le 30 novembre 1801 ; mais dès qu'il l'eut reçu, il s'empressa de donner la démission demandée (1) (13 décembre).
Le cardinal Caprara la communiqua à Portalis qui l'a fit
insérer au Moniteur du 3 janvier 1802.

*

* *

-

Par la démission des évêques les diocèses de France
risquaient de rester sans administration. On s'en préoccupa
à Rome, et il fut décidé d'abord que le Cardinal-Légat serait autorisé à maintenir les vicaires généraux en exercice
ou bien à en désigner de nouveaux en cas de besoin (2).
Caprara pensa qu'il valait mieux proroger les pouvoirs
ordinaires donnés par les évêques démissionnaires auxquels,
avec l'agrément du Pape, il conserva l'administration de leurs
diocèses jusqu'à la prise de possession par les évêques concordataires. C'était leur donner une marque de confiance
bien méritée et éviter en même temps de graves difficultés.
Chaque évêque démissionnaire reçut avec le bref pontifical de remercîment (3) une lettre particulière du Légat
l'informant de la mesure adoptée.
(1) La démission de Mgr Valperga est datée de Tur n, 13 décembre 1801. L'original écrit en latin se trouve aux Archives Vaticanes. On y voit que le bref Tarn multa ne fut envoyé à Mgr Valperga
de Paris que le 30 novembre 1801 par le Cardinal-Légat Caprara.
Celui-ci écrivit à Consalvi le 2 janv er 1802 une longue lettre citée
par Boulay de la Meurthe tome iv, pages 528-532 : au cours de cette
lettre le Légat annonce en particulier qu'il est informé authentiquement que les évêques de Meaux et de Châlons-sur-Marne ont envoyé
directement leur démission au Pape et qu'il en a averti le Gouvernement en lui remettant la démission de î'Evêque de Nice dont il envoie ce jour même l'original à Rome en expliquant que si cette démission est un peu tardive c'est que l'Evêque de Nice n'avait pasreçu
plus tôt le bref Tarn multa.
(2) Consalvi a Di Pietro, lettre du 4 octobre 1801. Arch. du
Vatican.
(3) Ce bref Novum et luculentum fut préparé à Rome et toutes
les phrases en furent soigneusement étudiées. Il port la date du 7
novembre 1801 et fut envoyé par Consalvi à Caprara le 11 II fut adressé
successivement à tous les évêques démissionnaires. Il a été très souvent reproduit. Voir Boulay de la Meurthe, op.
cit tome iv,
passim.

�X

Ive 13 décembre 1801, le Légat adressa à tous les vicaires généraux une circulaire pour les engager à conserver
leurs fonctions jusqu'à nouvel ordre (1).
En vertu de cette mesure générale, Jérôme Rossi continua à exercer les pouvoirs précédemment reçus de Mgr
Valperga ; mais sa juridiction ne s'étendait naturellement
que sur l'ancien diocèse de Nice.
Il était cependant nécessaire que les paroisses ajoutées
nouvellement eussent un supérieur ecclésiastique et le Premier
Consul avait posé en principe qu'aucun évêque dont le siège
était à l'étranger rie pouvait exercer sa juridiction sur une partie quelconque du territoire français.
En conséquence, les paroisses détachées du diocèse de
Vintimille durent passer sous la juridiction de Jérôme Rossi
qui se mit d'accord en juin 1802 avec le vicaire capitulaire
Antoine Truchi.
A cette date d'ailleurs, l'évêque concordataire de Nice
était déjà désigné et Rossi, qui était entré immédiatement
en relation avec lui, ne tarda guère à en recevoir les pouvoirs
de vicaire général, ce qui lui donna juridiction sur toute
l'étendue du nouveau diocèse. Une circulaire du préfet,
en date du 14 Thermidor (2 août) en informa officiellement
les sous-préfets et les maires (2) et, le 4 Fructidor suivant
(22 août), Rossi prêta solennellement entre les mains du
Préfet à la Cathédrale, le serment prescrit par les articles
18 et 25 de la loi du 18 Germinal (3).

* *
Les nouveaux évêques nommés par le Premier Consul
furent institués provisoirement par le Cardinal-Légat qui
avait reçu tous les pouvoirs nécessaires. Le Pape se réservait
de ratifier ultérieurement cette institution. Seul, parmi les
60 évêques de la nouvelle organisation, Mgr Colonna d'Istria
(1) Arch. Nationales A F IV 1894; Annales Philosophiques,
t. IV, p 259 et de nombreux ouvrages imprimés depuis.
(2) Arch. départ. M. 17. Circulaire du 14 Thermidor an X (2
août 1802) aux sous-préfets et aux maires.
f P (3) Voir l'arrêté du Préfet du 3 Fructidor an X (21 août 1802)-,
Arch. départem. K 4 f° p. 141.

�XI

qui avait été appelé à l'évêché de Nice par arrêté du Premier
Consul, en date du 19 Germinal an X (9 avril 1802), en même
temps que Mgr Sebastiani délia Porta, oncle du maréchal Sébastiani, était désigné pour l'évêché d'Aj acció (1), fut institué directement par le Souverain Pontife
et préconisé au Consistoire du 24 mai 1802. A cette époque,
Mgr Colonna se trouvait à Rome depuis plusieurs années.
Jean-Baptiste Colonna d'Istria, né à Béchisano, diocèse
d'Ajaccio, en 1758 appartenait à une noble famille de Corse,
apparentée, peut-être, à la famille Bonaparte. Après ses études classiques, il vint à Aix-en-Provence achever le cours de
ses études en théologie. Ce fut dans cette ville que, avec l'autorisation de son évêque, Mgr Benoît-André Doria, il fut
promu au sous-diaconat le 20 décembre 1783, puis au diaconat le 5 juin 1784. Enfin, il reçut l'ordre de la prêtrise au mois
de juin 1785.La même année, il se rendit à Pise où il séjourna
assez longuement, puis à Florence ; enfin au commencement
de 1798 au plus tard, il vint à Rome où il résida durant la
période agitée qui s'écoula depuis l'enlèvement de Pie VI
en juillet 1798 jusqu'à l'entrée dù Pape Pie VII dans cette
capitale au mois de juillet 1800. Il assista ainsi à l'essai,
d'ailleurs très malheureux, que le Directoire fit du régime
jacobin dans la capitale des Papes (2). Il s'y rencontra probablement avec son compatriote le général Cervoni dont
un oncle était alors recteur du Jésu, remplaçant les Jésuites.
Les prêtres corses étaient très nombreux à Rome et il semble
que les meilleurs rapports se soient établis entre eux et les
officiers du corps d'occupation français.
(1) Arch. Nationales A P IV 60. Quatre autres décrets des 8 et 9
avril avaient pourvu 45 évêchés.
Le maréchal Sébastiani (1772-1851) alors colonel de dragons
était en grande faveur auprès de Bonaparte depuis le 18 Brumaire
auquel il avait pris une part active. Il était originaire du village La
Porta d'Ampugnano près de Bastia, et était paraît-il parent de Bonaparte qui appréciait ses grandes aptitudes, car à la fin de 1802, il le
chargea d'une importante mission à la fois politique et militaire
à Constantinople. Mgr Louis Sébastiani délia Porta fut évêque d'Ajaccio jusqu'à sa mort arrivée le 5 mai 1833.
(2) Voir Dufourcq. Le Régime Jacobin en Italie. Etude sur la
République romaine (1798-1799). Paris, Perrin'et Cic 1900,"un vol.
in-8°.

�XII

Mgr Colonna dTstria n'avait occupé aucun poste important ; il était éloigné de la France depuis de longues années et n'y était point rentré, (i) On est amené naturellement
à se demander comment et pour quel motif le choix du Premier Consul se porta sur lui.
Portalis, qui était comme on le sait d'Aix-en-Provence,
avait-il connu et apprécié le jeune prêtre corse ? Fes généraux Cervoni et Sébastiani, ou Masséna l'avaient-ils recommandé ? Fesch, oncle de Bonaparte et Joseph, son frère
qui se disait quelques années après « l'ancien ami » de l'Evêque de Nice, auraient-ils proposé Mgr Colonna au choix
du Premier Consul qui peut-être du reste le connaissait
personnellement ? Autant de questions difficiles à résoudre.
Fes bulles de Mgr Colonna d'Istria furent expédiées
à Rome sans aucun frais (gratis etiam ŷro scripturâ) sous la
date des 24 et 25 mai 1802.Elles furent remises au nouvel
élu (2) qui peu après se rendit à Paris pour prendre les instructions du Cardinal-Légat et celles de Portalis.
Mgr Colonna reçut la consécration épiscopale le 11
juillet 1802, cinquième dimanche après la Pentecôte, dans
l'église des Carmes (actuellement 70, rue de Vaugirard) que
Mme de Soycourt avait rachetée avec le vieux couvent,
témoin des massacres de Septembre, pour y réunir une communauté de Carmélites. Le prélat consécrateur fut Mgr
Antoine-Xavier Maynaud de Pancemont, évêque de Vannes,
assisté de Mgrs Louis Sébastiani délia Porta, évêque d'Ajaccio, et Hilaire-François de Chevigné, évêque de Séez (3).
(1) Dans l'enquête de l'an IX, Arch. Nat. F 19 865, on trouve
une liste des prêtres recommandables envoyée à Chaptal, ministre
de l'Intérieur, par le préfet du Liamone et datée d'Ajaccio le 18
Fructidor an IX (5 septembre 1801 ) ; on y lit : Colonna dTstria,
40 ans, domicile Bechisano (Corse), prêtre qui a émigré pour ne pas
vouloir prêter le serment, il n'est pas encore radié, ni rentré dans le
département.
(2) J'ai vu ces bulles au nombre de 7 dont 5 sur parchemin
et 2 sur papier aux A rchives du Chapitre réunies sous une même bande
avec une copie du décret détachant Nice de la Métropole d'Embrun
et l'unissant à celle d'Aix. La bulle est datée du 3 des Calendes 29
novembre 1801) et le décret de Caprara, de décembre est du 9
avril 1802.
(3) D'après un certificat délivré par Mgr J.-B. du Belloy, arche
vêque de Paris, le 16 juillet 1802. Arch. du Chapitre de Nice.
s

�xm
Le ier Thermidor an X (20 juillet 1802) Portalis avisa
le Préfet des Alpes-Maritimes de la nomination de Mgr
Colonna à l'Evêchè de Nice, en le prévenant que le nouvel
Evêque arriverait bientôt.
CONSEIL D'ETAT
Paris, le Ier Thermidor, an 10 de la République
(20 Juillet 1802)

Le Conseiller d'Etat chargé de toutes les affaires concernant les Cultes,
Au Citoyen Préfet du Département des Alpes-Maritimes
à Nice.

« J'ai l'honneur, Citoyen Préfet, de vous annoncer que
« le Premier Consul a nommé à l'Evêchè de Nice le C.Colonna.
« Il se rendra bientôt dans son diocèse, je l'ai bien
« assuré qu'il recevra de vous le concours le plus efficace
« pour y parvenir à l'exécution de la loi bienfaisante du
« 18 Germinal dernier (8 avril 1802).
« J'ai l'honneur de vous saluer.
« PORTALIS (1) ».
Cette lettre parvint le 13 Thermidor (1er août) à Châteauneuf-Randon qui y répondit le même jour. Dès le lendemain il adressa aux sous-préfets et aux maires du département une circulaire pour les informer de la prochaine
arrivée de l'Evêque et de la désignation de Jérôme Rossi
comme Vicaire Général que tous les prêtres du diocèse devaient désormais reconnaître comme leur seul chef hiérarchique (2).
Le 10 Thermidor an X (29 juillet 1802) Mgr Colonna
avait écrit directement au Préfet :
(1) Arch. départem. série V, liasse 2. Voir Gallois-Montbrun.
Notice administrative sur Mgr Colonna dTstria, évêque de Nice.
Nice, Cauvin 1871, in-12 de 22 p.
(2) Arch. départem. M. 17. Circulaire du 14 Thermidor an X
(2 août 1802) dont la minute est entièrement de la main du Préfet.

�XIV

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Paris, io Thermidor an X.
(29 juillet 1802).
« Citoyen Préfet,
« J'ai appris par lettre du 19 Prairial (8 juin 1802)
du citoyen Rossi, Pro-Vicaire général du diocèse de Nice,
que vous aviez destiné l'ancien Evêché pour mon habitation et que vous alliez dans peu la meubler. J'espère,
en conséquence, le trouver tout prêt, au commencement
du mois prochain, et dès à présent je vous en témoigne
ma plus vive reconnaissance.
« Recevez-la, je vous prie, Citoyen Préfet, comme un
gage de l'amitié que je vous ai déjà vouée, et qui ne saurait
être trop intime pour le bien de la religion et de l'Etat ;
c'est de notre accord que dépend la tranquillité et le bonheur du département ; je le regarde comme un de mes devoirs les plus essentiels, aussi me prêterai-je de toutes mes
forces à tout ce qui peut y contribuer. Veuillons bien le
seconder, citoyen Préfet, cet esprit d'union et de paix,
et nous attirerons les bénédictions du ciel et de la terre.
En attendant je vous prie d'être persuadé de la sincérité
de ces sentiments, tandis que je suis avec la plus parfaite estime.
« Votre très humble et très obéissant serviteur.
« COLONNA D'ISTRIA,
« Evêque de Nice (1). »

Châteauneuf-Randon répondit de suite en assurant
l'évêque de son absolu concours. Cette lettre mérite d'être
citée en entier :
21 Thermidor an X.
(9 août 1802).
Au Citoyen Colonna d'Istria,
Evêque de Nice.
« Ce sera avec bien de l'empressement, Monsieur l'Evê« que, que je concourrai avec vous au bien de votre diocèze...
« il a besoin d'un chef aussi recommandable que vous pour
(1) Arch. départem. série V, liasse r. Cette lettre est entièrement
de la main de Mgr Colonna. Au dos est écrit : Au citoyen Préfet du
Département des Alpes-Maritimes à Nice. C'est la première lettre
échangée entre l'Evêque et le Préfet. Elle établit que Jérôme Rossi

�XV

«
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«
«
«
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diriger vers le véritable but de la religion catholique l'immensse quantité de prêtres dont il est composé... à mon
arrivée ici la pluspart étaient fugitifs ou cachés ou sur des
listes d'émigrés. J'ai pensé qu'il valait mieux leur laisser
la liberté de se montrer et leur donner une surveillance...
Les mesures prises pour la tranquillité publique et l'exécute tion
des lois me répondent que quelque puissent être
« (l'éloignement biffé) la peur que les habitants de ce pays
« ont d'être et de se croire définitivement français elle ne
« sera pas troublée...
« J'ai lieu de compter beaucoup pour l'y maintenir sur
« l'influence véritable, (de la morale évangélique (biffé), je
« suis depuis longtemps convaincu de l'avantage que la motí raie évangélique produit sur les mœurs et les vertus poli« tiques et sociales. Si elle eut toujours été prêchée par ses
« premiers ministres où que les circonstances eussent permis
« qu'elle fut entendu, il y eut eu moins de malheurs depuis
« treize ans... nous sommes enfin parvenu, au milieu de
« tant de vagues et de flots à cet heureux équilibre dont
« les amis de la paix et de l'Etat n'ont jamais désespéré.
« Un grand homme leur manquait, il s'est fait connaître
« et il s'est acquis le droit de la confiance de diriger, de con« cevoir, d'exécuter et de réussir tout ce qui peut assurer
« le bonheur de l'humanité comme il en a l'amour et la véné« ration... Heureux tous les agents du Gouvernement
« d'avoir un tel chef pour modelle, heureux de même les
« chefs de l'Eglise qui sont choisis par lui pour l'exercice du
« culte catholique, c'est un sûr moyen d'être bien accueilli
« par l'opinion publique, car il connaît les hommes.
« Mille fois heureux encore si je méritais, citoyen Evê« que, d'avoir l'occasion de vous prouver mes sentiments
« d'amitié, d'attachement et d'amour intime.
« J'ai donné les ordres les plus précis pour que votre
« maison épiscopale fut préparée mais si vous arrivez dans
« le commencement du mois prochain comme vous me le
« mandez, je crains bien qu'elle ne le soit pas encore parce
t que les acquéreurs qui recèdent ne reçoivent pas plus que moi
était entré en relations avec le nouvel Evêque peu après sa nomination et son arrivée à Paris.

�XVI

« réponse des ministres des Finances et de l'Intérieur sur la
« solution de cette litige... En attendant j'aurai le plaisir
« et l'avantage de vous loger et de vous recevoir.
« Si vous avez la facilité de voir les ministres de l'Inté« rieur et des Finances, je vous invite à leur rappeller mes
« demandes à cet égard (i). »
Une question importante préoccupait ChâteauneufRandon : c'était celle du logement de l'Evêque et il prévoyait
déjà, qu'en raison des multiples difficultés soulevées par le
Directeur des Domaines, rien ne serait prêt à temps.
* *
Fa ville de Nice devenant le siège d'un Evêché concordataire, le Gouvernement ordonna sans retard d'y préparer
une Cathédrale et un logement pour l'Evêque. Ce fut l'objet
d'une lettre de Godin, ministre des Finances, en date du
22 Germinal an X (12 avril 1802) et d'une autre lettre de
Chaptal, ministre de l'Intérieur, en date du 24 du même
mois (14 avril) adressées toutes les deux au Préfet pour le
charger de prendre au plus tôt les dispositions nécessaires.
Fa question de la Cathédrale ne présentait aucune difficulté. F'Eglise Sainte-Réparate qui servait de Cathédrale
avant 1793 avait peu souffert durant la Révolution. Elle
n'avait été enlevée au Culte que du mois de juillet 1794
au mois d'avril 1795. Depuis lors, les catholiques niçois
y avaient fait d'importantes réparations (2). Elle se trouvait donc tout indiquée pour servir de Métropole.
Il y manquait cependant les cloches qui avaient disparu
pendant la tourmente révolutionnaire ; les grandes orgues
avaient été démontées, les vases sacrés les plus précieux
avaient été enlevés. Sur ces entrefaites, on découvrit fort à
propos des cloches et des vases cachés dans le couvent de
Cimiez et on se souvint que les tuyaux des grandes orgues
avaient été déposés chez Grinda, facteur d'orgues, à Nice.
(1) Arch. départem. Série V, liasse r. Je donne cette lettre d'après
la minute entièrement de la main de Châteauneuf-Randon, sur une
demi-feuille écrite des deux côtés avec beaucoup de ratures et de
surcharges qui en rendent la lecture assez difficile.
(2) Voir aux Arch. municip. Bonifassi, volume B.

�XVII

Le Préfet prit divers arrêtés (i) pour faire remonter au moins
une cloche dans la tour de Sainte-Réparate et restituer les vases
sacrés. Honoré Grinda reçut en même temps l'ordre de rapporter les tuyaux. Le Préfet prescrivit de préparer le trône
de l'Evêque dans le Sanctuaire de la Cathédrale et de disposer
vis-à-vis un emplacement pour le Préfet, le Général-Commandant le département et le Président du Tribunal criminel.
Le maire de Nice Défly fut chargé par*le Préfet de l'exécution de ces diverses mesures et le 23 Messidor (12 juillet),
le Commissaire de police Jean Dives reçut de lui le billet
suivant :
« Je vous fais passer ci-joint, citoyen commissaire,
« l'original d'un arrêté du Préfet du département en date
« du 21 du courant, relatif à des effets d'argenterie destinés
« à la Métropole, et à la descente d'une des cloches de Cimiés
« que je vous charge de mettre de suitte à exécution, et faire
« transporter le tout à Sainte-Réparate. Si vous le croyez
« nécessaire, vous pouvez réclamer la force armée, vous
« aurez soin de m'instruire du résultat de cette opération. «
Ce fut en vain que le Directeur des Domaines réclama
les vases sacrés trouvés à Cimiez pour les envoyer à la Monnaie de Paris. Châteauneuf-Randon trouva avec raison
que Mainssonnat était mal fondé dans ses exigences (2).
Les Administrateurs de l'Eglise métropolitaine, Pauliani et
Masseglia, prieurs de la Confrérie du Corpus Domini furent
engagés par le maire le 16 Fructidor (3 septembre), à donner
connaissance à Grinda de l'arrêté du Préfet du 11 de ce mois
(29 août) afin que le grand orgue de la Cathédrale fut réparé
au plus tôt (3).
(1) Arch. départent., registre K 4. Arrêté du 21 Messidor (10
juillet) soumis à l'approbation ministérielle par lettre du 2 Thermidor
an X (21 juillet 1802) qui en donne les raisons et expose les réclamations mal fondées de Mainssonnat. Voir l'arrêté du ri Fructidor
(29 août) même registre.
(2) Voir une lettre de Mainssonnat à Châteauneuf-Randon
26 Messidor an X (15 juillet 1802). Arch. départent. M 18.
Voir aussi une lettre du Maire à Jérôme Rossi 23 Messidor (12
juillet) l'invitant à prendre des mesures pour que la cloche soit installée dans la tour pour la fête du 14 Juillet.
(3) Arch. municipales. Registre de la Correspondance du Maire,
an X. Tettre du 16 Fructidor (3 septembre).
4

�xvin
Grinda, que l'Administration départementale avait
chargé de rassembler les tuyaux d'orgues des différentes
églises de Nice, les avaient enmagasinés chez lui ; mais
comme il n'avait point été payé de son travail, il refusa de
les rendre aux administrateurs de Sainte-Réparate avant
d'avoit été indemnisé de ses peines et obtenu le remboursement «des avances qu'il a faites pour le transportera garde»...
Il réclamait en conséquence 3.785 francs en assignats.
Châteauneuf-Randon fut obligé, 13 Frimaire an XI,
de lui intimer l'ordre formel de les restituer, en lui promettant
une juste indemnité. Fes tuyaux furent remis aux Administrateurs de la Cathédrale, mais il fut impossible, de réparer l'instrument dont les jeux se trouvèrent dépareillés.
Il fallut faire d'assez grands frais pour acquérir des orgues
nouvelles qui furent inaugurées seulement eu 1805. (1)
Fe trône de l'Evêque fut décoré sommairement ; quant
aux places réservées pour le Préfet, le Général et le Président
elles n'étaient pas encore entourées de la balustrade demandée
à la date du 6 Frimaire an XI (27 novembre 1802) d'après
une lettre du Préfet au Maire (2).
* *
Châteauneuf-Randon aurait voulu que toutes les mesures qu'il croyait devoir prescrire fussent exécutées avec célérité, mais d'une part le maire Défly, dont les dispositions
bienveillantes ne sont point douteuses, était sans cesse arrêté par le manque d'argent dans la caisse municipale ;
d'autre part on se heurta continuellement à l'obstruction
systématique du directeur des Domaines Mainssonnat, pro(1) Arch. départem. M 17. Lettre du Préfet aux Administrateurs
de Sainte-Réparate 2 Fructidor an X (20 août 1802) qui avaient réclamé les tuyaux déposés chez Grinda ; ibid. M 25 autre lettre du
Préfet aux mêmes 19 Frimaire an XI (10 décembre 1802) leur annonçant l'ordre donné à Grinda et lui demandant d'examiner le compte
présenté par lui ; ibid, M 23, lettre du Préfet à Grinda, 13 frimaire
an XI (4 décembre 1802) ; Relation présentée au Pape par Mgr Colonna le IER août 1806 après la première visite de son diocèse,
VIIJ.AREY, Raccolta di decreti, moniti; ecc. Nice 1831, tome 1 p. 77.
(2) Arch. municip. Lettre du Préfet au Maire, 6 Frimaire an XL
vclume 7.

�XIX

bablement un des membres de la Loge maçonnique (i)
établie depuis peu avec l'autorisation de l'ex-maire Pauliani
prédécesseur de Défly.
L'opposition de ce fonctionnaire méticuleux et formaliste
dont le préfet ne cesse de se plaindre dans sa correspondance
avec les ministres, se manifesta surtout à propos du logement de l'évêque. L'ancien Evêché, situé tout auprès de
l'église Sainte-Réparate, avait été occupé d'abord par les
deux administrations provisoires à partir des premiers
jours d'octobre 1792 puis par le département.
Vers le milieu de l'an IV (juin-juillet 1796) l'administration centrale du Département voulut s'installer avec
les autres autorités dans l'ancien palais du Gouvernement
(la Préfecture actuelle) alors transformé en Hôpital militaire. A la suite de cette décision, l'Evêchè devenant disponible fut mis en vente comme bien national, conformément
à la loi du 28 Ventôse an IV (18 Mars 1796). L'ensemble de
l'immeuble fut divisé en 3 lots, dont le principal, comprenant
les appartements de l'Evêque, fut soumissionné le 6 Messidor an IV (24 juin 1796) par Pierre Mages, négociant, origi(1) Il est un fait avéré, c'est que la plupart des Sociétés populaires n'étaient autre chose que des loges maçonniques démocratisées
et semblant opérer au grand jour. A la dissolution des Clubs, les loges
mises en sommeil se rouvrirent peu à peu sous le Directoire et le
Consulat. Les Jacobins non encore ralliés à Bonaparte s'y réunissaient.
Il en fut à Nice comme ailleurs et la Loge en 1802 comptait, paraît-il,
un assez grand nombre de membres quoi qu'il soit impossible
de rien préciser en raison du mystère dont s'entourent ces associations. Le général Pierre Garnier en était le Vénérable.
Voir TOSEIAI, Précis Historique de Nice, 2MC partie, tome IL
p. 366 et le Sommario de BONIFASSI aux Arch. municip.
Le Préfet Florens demanda au Maire Paulian des renseignements
sur la loge de Nice, le 19 Frimaire et le 10 Nivôse an X (10 et 31 décembre 1801) mais celui-ci semble n'avoir pas répondu. Arch. municip.
Correspondance du Préfet, volume VI. Après le départ de Florens,
Châteauneuf-Randon rencontra une opposition plus ou moins ouverte dans cette loge composée de fonctionnaires des Contributions
et des Domaines, ainsi qu'il l'écrivait à Coulomb, secrétaire général
du Ministère de l'Intérieur, le 12 Vendémiaire an XI (4 octobre 1802).
Arch. nationales Fie m.3 Alpes-Maritimes. Correspondance. Dans
les années qui suivirent le Préfet Du Bouchage réussit à annihiler
l'influence de cette loge dont l'opposition au Gouvenieme-it ne dura
pas longtemps.

�XX

naire d'Agde, fixé depuis longtemps à Nice où il était membre du Conseil municipal. Les experts, Pierre Caries, maîtremaçon, pour le soumissionnaire, et Pierre Camous pour le
département, évaluèrent ce lot à la somme de 13.500 fr.,
calculée d'après la loi, à 18 fois le revenu montant à 750 fr.
Le 25 Fructidor an IV (11 septembre 1796) le Département passa acte de vente de ce lot à Pierre Mages pour la
dite somme de 13.500 francs qui fut versée en mandats
territoriaux ou promesses de mandats. F'acquéreur paya
en outre un demi pour cent sur le principal de la vente, soit
67 fr. 50 ; les droits d'enregistrement de l'expertise, 8 francs
versés le 14 Fructidor (31 août) et ceux de la vente, 135 fr.
en numéraire et 405 francs en papier-monnaie versés le 2
vendémiaire an V (23 septembre 1796). Fe prix total s'élevait donc à 13.980 fr. 50 en papier-monnaie et 135 francs
en numéraire.
Pierre Mages jouissait du revenu de ce lot à dater du
21 Messidor an IV (9 juillet 1796) et le Département se réservait le droit d'occuper encore l'Evêchè moyennant paiement d'un loyer jusqu'au cours de l'an VI (1).
Fe deuxième et le troisième lot comprenant des boutiques et des appartements loués à divers particuliers : la veuve
Thaoïi, les frères Caisson et autres, avaient été soumissionnés le 27 Prairial (15 juin) l'un par Joseph Autheman, l'autre
par Joseph Payany, administrateur du Département.
Dans le mois qui suivit, Autheman et Payany cédèrent
leurs soumissions à André Gastaud, commissaire du Directoire exécutif près le département, par acte reçu Daydery,
notaire.
Fes deux lots furent évalués par les experts ci-dessus
désignés, le 30 Messidor an IV (18 Juillet 1796) ; à savoir
le 2me à 8.100 francs soit 18 fois son revenu estimé à 450 fr.;
le 3me à 6.300 francs soit 18 fois son revenu estimé à 350 fr.
Le 16 Thermidor (3 août), le Département passa acte
de vente à André Gastaud pour ces deux lots, au prix d'esti(1) Cet acte de vente est aux Arch. départent. Série Q, volume
79, f° 89 et suivants sous le n° 222. Il est signé par Pierre Mages et
par Hancy, Imberti, Mougius, Payany fils, Scudéri, administrateurs
du Département ; Gastaud, commissaire du Directoire exécutif, et
M. A. Rey, secrétaire.

�XXI

mation à charge de payer les frais et les droits d'enregistrement et un demi pour cent sur le principal du prix de la vente.
L'enregistrement fut payé le 16 Thermidor (3 août) : pour le
2me lot, 324 francs et pour le 3me lot, 252 francs.
André Gastaud devait entrer en jouissance à partir
du 15 Messidor (3 juillet) de ces deux lots dont le prix global
14.400 francs avait été versé en mandats territoriaux ou
promesses de' mandats, entre le 27 Prairial (15 juin) et le
8 Thermidor (26 juillet). En ajoutant les droits d'enregistrement, 576 francs, on arrive à la somme de 14.976 fr. (1).
Or, à l'époque de ces ventes, les mandats territoriaux
étaient absolument dépréciés : ils avaient perdu au moins
90 % de leur valeur nominale (2).
Il en résulte que le Ier lot vendu à Pierre Mages avait été
soldé par du papier représentant moins de 1.400 francs
en numéraire, et que les deux autres avaient été soldés par
Gastaud en papier représentant moins de 1.500 francs en
numéraire.
En l'an X, Amand Spréafico, négociant lyonnais,
venu depuis peu à Nice où il fut receveur du District, était
co-propriétaire de l'Evêchè ; soit qu'il eût acheté les lots
acquis par André Gastaud, soit que Pierre Mages lui eût
cédé une partie de son lot.
* *
De Préfet ne trouva dans la ville que deux maisons
pouvant servir au logement de l'Evêque. La première était
rue des Juifs, actuellement rue Benoît-Bunico, et je crois
que c'était le palais Lascaris dont la façade Ouest donne
dans cette rue ; mais ce local lui parut peu convenable,
sans doute, à cause du voisinage presque immédiat de la
synagogue.
(1) Ces deux actes de vente sont aux Arch. départem. Série Q
volume 75, fo in et suivants sous les nor 25 et 26. Ils sont signés
par l'acquéreur André Gastaud, par les Administrateurs et Secrétaire
du département et par Hancy qui était commissaire du Directoire
exécutif en remplacement.
(2) Consulter le Tableau de dépréciation du papier-monnaie
dressé par le département des Alpes-Maritimes le 18 Thermidor
an V (5 août 1797) dont un exemplaire imprimé se trouve aux Archives
du Palàis de Monaco.

�XXTI

La seconde était l'ancienne maison épiscopale aliénée
qui réunissait toutes les conditions désirables. ChâteauneufRandon chercha donc à rentrer en possession du vieil Evêché,
et comme il n'avait pas d'argent disponible, il fit proposer
à Mages et à Spréafico de l'échanger contre d'autres propriétés nationales de valeur équivalente et à leur choix. La
proposition fut bien accueillie et les acquéreurs désignèrent
un certain nombre de biens nationaux qu'ils désiraient en
échange. Parmi ces biens se trouvait une terre située au quartier de Riquier alors affermée à Etienne Gastaud et qui dépendait de la succession de Jean-Paul-Augustin Lascaris,
inscrit sur la liste des émigrés et non radié. Cette terre était
précisément celle où s'élevait le Monastère des Religieuses
Cisterciennes avant leur transfert dans l'enceinte de la ville
au XVe siècle. Elle avait depuis appartenu à la noble famille
des Riquiéri dont avait hérité les Lascaris, et, avant 1792,
cette terre payait un cens annuel au Chapitre de Nice.
Elle ne put être cédée à Pierre Mages car un arrêté
du Préfet en date du 25 Germinal an X (15 avril 1802) en
avait affecté une partie à l'établissement d'une pépinière
départementale (1).
Par un arrêté du 10 Floréal an X (30 avril 1802) le Préfet
décida que vSainte-Réparate serait Eglise métropolitaine et
que les propositions d'échange de Pierre Mages pour l'Evêchè
seraient acceptées en principe (2). Fe 14 Floréal (4 mai)
il avisa simultanément de sa détermination les Ministres
de l'Intérieur et des Finances, en priant ce dernier de l'autoriser à conclure l'échange (3).
(1) Arch. départem. K 4 f° 60. L'arrêté créant la pépinière ne
fut point exécuté de suite et le 27 Frimaire an XI (18 décembre 1802)
Châteauneuf-Randon en adressa une ampliatiou à Boulay conseiller
d'Etat (ayant le Département des Domaines nationaux) pour en
obtenir l'approbation, Ibid. M. 24:
Rien n'était fait encore plusieurs mois après, et le Préfet Du
Bouchage prit le 19 Fructidor an XI (6 septembre 1803) un arrêté
désignant un des jardins ^dépendant de l'école Centrale supprimée
pour établir cette pépinière. Le 20 Fructidor, le Préfet demandait
approbation de cet arrêté qui reproduisait les dispositions d'un arrêté précédent de Châteauneuf-Randon, sous la date du 13 Floréal
an XI (3 mai 1803). Ibid. M 24.
(2) Arch. départem. K 4 f° 54. Arrêté du 10 Floréal an X.
(3) .Arch.\départem. Série V, liasse 1. Lettres du 14 Floréal an X.

�XXIII

L'arrêté du 10 Floréal fut transmis de suite à Pierre
Mages et à Mainssonnat, directeur des Domaines, avec prière
de désigner des experts pour l'estimation de l'Evêchè et des
propriétés susceptibles d'être échangées.
Mainssonnat fit des difficultés et par deux fois les 19
et 20 Floréal, il représenta au Préfet qu'il n'y avait pas lieu
à nomination d'experts et que l'on ne pouvait actuellement
disposer des biens séquestrés de Jean-Paul-Augustin Fascaris.
Fe Préfet dut user de toute son autorité pour faire nommer
les experts (1). Finalement le 29 Prairial (18 juin) un rapport
estimatif de l'Evêchè et de divers biens nationaux proposés
en échange fut dressé par Scoffier et Caldelary, experts des
Domaines, et par Roux, expert de Pierre Mages.
F'Evêché était estimé 25.000 francs et la terre de Riquier provenant des Fascaris 36.000 ; elle ne pouvait donc
être l'objet d'un échange. Six autres parcelles indiquées
subsidiairement par Mages et Spréafico furent estimées en
totalité 25.000 francs ; ce furent elles que le Préfet proposa
par son arrêté du 1er Messidor (20 juin) (2) pour un échange
qui deviendrait définitif après avoir été approuvé, dans les
six mois, par les ministres de l'Intérieur et des Finances.
En attendant, l'Evêchè serait remis entre les mains du maire
qui en ferait dresser procès-verbal et inventaire, puis établirait le devis des réparations locatives qui serait soumis au
Préfet et exécuté sous la surveillance du maire « sur les
« fonds communaux, sauf décision ultérieure, sur la réparti« tion des dites dépenses au compte de la commune ou à
« celui du Département. » Si l'échange n'était pas encore
autorisé au bout de 3 ou de 6 mois, Mages et Spréafico rece(1) Arch. départem. M 14. Lettre du 10 Floréal an X à Pierre
Mages ; autre du même jour à Mainssonnat ; M 20. Lettre du 21
Floréal à Mainssonnat. Voir surtout deux lettres du 7 Prairial an X
(27 mai) aux Ministres de l'Intérieur et des Finances dans lesquelles
le Préfet se plaint vivement des agissements de Mainssonnat dont
il réclame de nouveau le changement. Série V, liasse 1.
Voir encore Arch. départem. M 20, la réponse de Chaptal 2 Messidor (21 juin) qui a transmis au Ministre des Finances les plaintes
du Préfet.
(2) Arck. départem. K 4, f° 103 Arrêté du ier Messidor an X
(20 juin 1802).

�XXIV

vraient sur la caisse communale comme indemnité de location le prix des baux des parcelles échangées.
Cet arrêté fut transmis aux Ministres et au Directeur
des Domaines. Le 14 Messidor (3 juillet) le Préfet le notifia
à Mages et à Spréafico en les invitant à se concerter avec
« le maire de Nice pour la prompte évacuation de la maison
« de l'Evêchè afin qu'on puisse procéder sur le champ aux
« réparations dont elle est susceptible. » (1).
Le même jour, cet arrêté fut communiqué au Maire
de Nice. « Je vous invite, écrivait le Préfet, à prendre surit le-champ les mesures convenables pour l'exécution des
« dispositions que j'ai ordonnées et à me tenir régulièrement
« informé du succès de vos démarches et du progrès des
« réparations. »
Defly en accusant réception de cet arrêté au Préfet
le 20 Messidor (9 juillet) lui représentait qu'il était de toute
impossibilité que la caisse communale fît les avances du montant des réparations, car elle était presque vide et il aurait
même peine à solder les dépenses du dernier trimestre de l'année courante. Il priait donc le Préfet de s'adresser au Conseil
Général qui, étant autorisé à procurer à l'Evêque un logement convenable, trouverait peut-être le moyen de couvrir
cette dépense (2). Néanmoins, dès le lendemain 21 Messidor
le Préfet prescrivit à Defly de faire faire un devis estimatif
des réparations et de les mettre en adjudication.
Le 28 Messidor (17 juillet) Défly demanda par lettre
à Mages et à Spréafico de vouloir bien prendre des mesures
pour que la maison proposée par eux en échange et acceptée
par le Préfet (arrêté du 1er Messidor) fut mise à sa disposition, afin qu'il put faire procéder à ce devis (3). Le 30 Messidor (19 juillet) Défly transmit au Préfet la réponse qu'il
(1) Arch. départem. M. 20. Lettres du 14 Messidor an X (3
juillet 1802) à Mages et Spréafico et au Maire de Nice. Cette dernière
se trouve également Arch. municip. Correspondance du Préfet an X
tome vi.
(2) Arch. municip. Correspondance du Maire, 20 Messidor (9
Juillet).
(3) Arch. municip. Correspondance du Maire an X. Lettre du
28 Messidor (17 juillet).

�XXV

avait reçue de Sasserno représentant Mages et Spreafico
absents (i).
Trois semaines se passèrent sans que ceux-ci dont l'absence devait durer seulement quelques jours eussent donné
une réponse ; aussi le maire ayant appris le retour de Mages
lui adressa-t-il, le 21 Thermidor (9 août) une lettre pressante
de rappel, afin d'obtenir la remise de l'Evêché pour qu'il
put se conformer aux instructions du Préfet (2).
Châteauneuf-Randon s'impatientait et ce jour (21
Thermidor) il demandait au maire, quel était le résultat de
ses démarches pour les réparations de l'Evêché et son ameublement. Défly lui répondit immédiatement qu'il venait de
renouveler ses démarches auprès de Mages et qu'il enverrait
la réponse trop longtemps attendue. En terminant sa lettre,
il ajoutait que malgré ses recherches il n'avait pu découvrir
aucun moyen pour se procurer les fonds nécessaires pour les
réparations et surtout pour l'ameublement (3).
Cette lettre du maire (21 Thermidor) contraria vivement le Préfet : il ne comprenait rien à tous ces retards,
aussi en y répondant le 25 Thermidor (13 août) s'en plaignitil amèrement, tout en exprimant l'espoir que la réponse
de Mages ne pouvait être contraire à la parole qu'il avait
solennellement donnée ; qu'elle serait enfin parvenue et que
le maire, ayant l'Evêché à sa disposition, lui apprendrait
incessamment le commencement des travaux pour les réparations et pour l'ameublement de la maison de l'Evêque
qui devait arriver vers le milieu du mois prochain. Defly le
savait déjà par la Circulaire préfectorale du 14 .Thermidor.
« Quant aux fonds, concluait le Préfet, je prends des moyens
« pour vous en procurer, et je n'attends pour les mettre
« à votre disposition que l'envoi du devis estimatif que je
« vous prie de m'adresser dans les 24 heures. » (4).
(1) Arch. municip. Correspondance du Maire. Lettre du 30 Mes
sidor an X (19 juillet 1802). La lettre de Sasserno manque.
(2) Arch.. municip. Correspondance du Maire. Lettre du 21 Thermidor (g août) à Mages et Spreafico.
(3) Arch. municip. Correspondance du Maire. Lettres du 21
Thermidor à Pierre Mages et au Préfet. Je n'ai pas trouvé les lettres
du Préfet au Maire du 21 Messidor et du 21 Thermidor.
(4) Lettre du Préfet au Maire 25 Thermidor (13 août) Arch,
dêpartem. M 20,

�XXVI

Le jour même où le Préfet écrivait cette lettre, Pierre
Mages rédigeait sa réponse qu'il data du 25 Thermidor,
mais qui ne fut remise au Maire que deux jours après, le
dimanche, 27 Thermidor (15 août). Klle était loin d'être ce
qu'avait pensé le Préfet. En effet, Mages, au lieu de consentir
à la remise immédiate de l'Evêché, atermoyait encore sous
prétexte que ses intérêts seraient compromis, au cas possible
que le Gouvernement refusât de ratifier l'échange proposé.
Défly envoya copie de cette étrange réponse au Préfet,
le 28 Thermidor (16 août), en lui demandant de nouvelles
instructions (1).
Mages n'obéissait-il pas aux suggestions de Mainssonnat toujours disposé à créer des embarras au Préfet et à
entraver son action ?
Quoi qu'il en soit, Châteauneuf-Randon, qui avait
reçu aussi de Pierre Mages une lettre du même jour et conçue
dans le même sens, lui répondit sous la date du 30 Thermidor
(18 août) en lui marquant son étonnement et son mécontentement de la défiance injustifiée qu'il semblait avoir,vis-à-vis
du Gouvernement et de son représentant (2).
Il prévint en même temps le Maire qu'il venait de répondre à Pierre Mages : « Je viens, dit-il, de lui faire sentir
« combien peu ses observations sont fondées et combien
« peu le Gouvernement devait s'attendre aux empêchements
« qu'il met à ce que le logement de l'Evêque soit prompte« ment assuré. J'aime à croire qu'il ne persistera pas dans
« ses délais et qu'il vous fera de suite la rémission de l'Evê« ché ; j'espère en recevoir promptement l'assurance de votre
« part. » (3).
Te 6 Eructidor (24 août) Défly en envoyant copie de
cette lettre à Pierre Mages lui écrivait : « Je vous invite
« à vouloir bien me faire part de votre dernière déterminait tion, pour que je puisse en référer à l'autoiité supérieure.» (4)
(1) Arch.. municip. Correspondance du maire. Lettre du 28
Thermidor au Préfet.
(2) Arch. départem. M 20 Lettre du 30 Thermidor entièrement
de la main de Châteauneuf-Randon.
(3) Arch. départem. M 20 et Arch. municip. Correspondance
du Préfet an X tome 6. Lettre du préfet au maire (30 Thermidor).
(4) Arch. municip. Correspondance du maire. Lettre à Pierre
Mages, 6 Fructidor.

�XXVII

■ Les instances du Maire et du Préfet ne réussirent point
à triompher des hésitations de Pierre Mages qui refusait
toujours de remettre l'Evêché avant que le Gouvernement
ou le Corps législatif n'eut approuvé l'arrêté du Ier Messidor.
Il eut fallu attendre longtemps encore, et tous les efforts pour
préparer un logement à l'Evêque eussent été rendus inutiles
par ces exigences intempestives : c'était le désir inavoué
de Mainssonnat que Châteauneuf-Randon connaissait bien.
Force fut donc de chercher une autre combinaison :
le Préfet résolut de traiter cette fois directement avec les
acquéreurs et à cette fin, par arrêté du 14 Fructidor
(ier septembre) il désigna deux commissaires, Tiranti et
Daidery, chargés de terminer la rétrocession de l'Evêché
déjà évacué par un des propriétaires et la plupart des locataires. (1) Les commissaires devaient faire valoir qu'il n'y avait
aucune raison de douter de l'approbation du Gouvernement ;
insister pour obtenir de suite une location, soit au nom de
la commune, soit à celui du Préfet, et enfin demander, moyennant une juste indemnité, le départ immédiat des petits
locataires qui occupaient encore une partie de l'immeuble.
Pierre Mages consentit finalement à louer provisoirement l'Evêché, non pas à la commune ni au Préfet comme
représentant de l'Etat, mais à Châteauneuf-Randon comme
simple particulier, jusqu'à ce que fut intervenue la décision
du Gouvernement. Telle fut la conclusion des négociations
entre Pierre Mages et les deux commissaires. ChâteauneufRandon pour en finir accepta ces conditions draconiennes
et se hâta de faire dresser en double original l'acte de bail
en son nom personnel ; puis en qualité de Préfet, il prit un
arrêté pour l'approuver. La location était pour un an, à dater
du 8 Vendémiaire an XI (30 septembre 1802), au prix exagéré
de douze cents francs en numéraire, et, pour entrer immédiadiatement en jouissance, le Préfet versa le jour même trois
cents francs (également en numéraire) à Pierre Mages qui
s'engagea,à faire évacuer promptement le local et à permettre
de commencer aussitôt les réparations locatives. Dès que le
gouvernement aurait donné son approbation à l'arrêté du
Messidor, l'échange devenant définitif, la location ces(2) Arch. départem.

K 4 f°

238.

Arrêté du 14 Fructidor.

�xxvrn
serait de plein droit, et Châteauneuf-Randon ne serait tenu
à payer que le temps écoulé jusqu'à l'entrée en jouissance
par Pierre Mages et Amand Spréafico des biens cédés en
échange (i).
Il fallut quelques jours encore pour faire évacuer l'évêché et le remettre au Préfet. C'était chose faite le 23 Fructidor (10 septembre). Ce jour-là, le Préfet en envoya les clefs
au maire et le pressa de s'occuper activement des réparations
et de l'ameublement. « Je vous ai donné, ajoutait-il, l'exem« pie de l'activité, du zèle et. même du sacrifice, j'aime à
« croire que vous justifierez l'opinion où je suis que vous
« me seconderez avec la plus grande promptitude. » (2).
Il était grand temps, en effet, de terminei cette affaire,
car Mgr Colonna était arrivé à Nice, et n'ayant point de logement à lui offrir, le Préfet lui avait donné l'hospitalité dans
son hôtel.
*
* *
Le samedi 4 septembre 1802 (17 Fructidor an X) Mgr
Colonna débarqua au port de Lympia venant de Marseille
sur une felouque. Le Préfet, qui seul avait été prévenu, envoya au-devant du prélat sa voiture et un détachement de
gendarmes. Deux prêtres, se promenant par hasard, dans
le voisinage, MM. Domihique Fianson et Honoré Faissola,
se présentèrent à l'Evêque et l'accompagnèrent jusqu'à la
Préfecture. Cette escorte de deux prêtres et de gendarmes
provoqua quelques plaisanteries, au témoignage de Bonifassi (3).
(1) Voir les deux arrêtés du Préfet en date du 14 Fructidor
er
an X (i septembre 1802) et la copie du bail enregistré à la suite.
Arch, départem. K 4 f° 239.
(2) Arch. départem. M 20, lettre du préfet au maire, 23 Fructidor.
(3) On lit dans ses manuscrits sous la date du 4 sept. 1802
N° 2712. Monsignor Colonna nuovo Vescovo, si e inaspettatamente
sbarcato al porto di Limpia, ed è stato incontrato dalla carrozza del
Prejetto, e da un distaccamento di gendarmi. mss.
N° 2713. I preti Fianson e Faissolla a caso trovandosi al porto
T
si sono presentati da M Voscovo e l'hanno accompagnato sino al pallazzo del Prefetto. mss. autent.
N° 2714. Questa comitiva dei preti coi gendarmi accompagnante
rl
il Vescovo ha forniio un poco a ridere ed a motteggiare. Osserv. pert .

�XXIX

Il est certain que cette arrivée ne rappelait que de trè
loin l'entrée solennelle que vingt-deux ans auparavant (12
octobre 1780), Mgr Valperga avait faite dans sa ville épiscopale ; niais les temps étaient changés.
Châteauneuf-Randon accueillit Mgr Colonna avec la
plus grande courtoisie et mit à sa disposition le second étage
de la maison Saint-Pierre, actuellement 8, rue Saint-François-de-Paule, qui servait alors de Préfecture (1). Le jour
même, (17 Fructidor) il prévint toutes les autorités et les
invita à venir faire visite au nouvel Evêque, l'intention du
Gouvernement étant que ces diverses autorités eussent
pour le Prélat les égards dus à la dignité dont il était revêtu.
Cette visite eut lieu le lendemain. 5 septembre. Le jour suivant (lundi 6), Mgr Colonna reçut le Clergé présenté par le
vicaire-général Rossi qui prononça une courte allocution (2).
Arch. municip. BONIFASSI, volume B fol. 86 verso.
TosEiJU dans son Précis Historique de Nice, 2me partie, tome 2,
p. 365, et l'abbé de VIIAAREY dans la Série Cronològica dei Vescovi
di Nizza (citée par Toselli) racontent l'arrivée de Mgr Colonna sans
ajouter aucun détail spécial.
TISSERAND, Histoire de la Révolution française dans les AlpesMaritimes, in-8° Nice. 1878, chap. VI, p. 318-319, raconte brièvement
l'installation de Mgr Colonna qu'il fixe à tort au 4 septembre qui est
seulement le jour de son arrivée.
(1) Le 30 Prairial an X (19 juin 1802) Châteauneuf-Randdu
avait loué d'Honoré Vincent Galli, administrateur de l'hoirie de feu
Paul de Saint-Pierre cette maison eu entier au prix annuel de 3.000
francs. Mainssonnat qui en occupait une partie pour le loyer annuel
de 1.000 francs se refusa à l'abandonner, ce dont le Préfet se montra
fort contrarié comme il ressort de ses lettres au Ministre de l'Intérieur, du 7 Thermidor (26 juillet) et du 17 Fructidor (4 septembre
1802).
Voir Arch. départem. M 20. Le Ministre de l'Intérieur au Préfet,
3™e Complémentaire an X (20 septembre) et M 24. Une autorisation
du Préfet sous la date du 3 Nivôse an XI (24 décembre 1802) pour
exiger de Mainssonnat deux trimestres de son loyer, soit 500 francs.
(2) Arch. départem. M 17. Lettres du Préfet aux autorités civiles, militaires,- judiciaires et administratives, 17 Fructidor an X
(4 septembre 1802).
Arch. municip. Notes de Bonifassi,volume B, f° 87 : 5 septembre
n° 2715. // Prejetto con tutte le autorita sono stati a far visita di cerimònia a Monsignor Vescovo. Ann".
6 septembre, n° 2717. Monsignor Colonna ha ricevulo la visita
del Clero, ed il Vicario lo ha complimentato con un bel discorsino.

�XXX

Les. dernières dispositions furent prises pour l'installation
solennelle de Mgr Colonna, fixée au 25 Fructidor (12 septembre 1802, jour de dimanche). Châteauneuf-Randon voulut
donner à cette cérémonie le plus grand éclat, sans doute
d'après les instructions du Gouvernement, et, l'arrêté préfectoral du 22 Fructidor (9 septembre) eu régla minutieusement tous les détails, sauf ce qui regardait la partie exclusivement religieuse. Cet arrêté fut imprimé, adressé à tous
les fonctionnaires, affiché et envoyé dans les communes du
département, comme avis de l'arrivée et de l'installation
de l'évêque concordataire. Il fut communiqué à Mgr Colonna
le 24 Fructidor (11 septembre) avec l'arrêté précédent du
11 (29 août), relatif « à l'embellissement du siège épiscopal
« et à la désignation de la place du Préfet dans le sanc« tuaire de Sainte-Réparate. (1) » Le Maire de Nice était
chargé, article XVII, de donner tous les ordres nécessai
res pour l'exécution de l'arrêté du 22 Fructidor et de se
concerter « avec les administrateurs des églises, le vicaire« général et les desservants des paroisses pour tout ce qui
« les concerne respectivement, tant pour le concours ad« ministratif qui peut être utile aux cérémonies religieuses
« ordonnées, que pour la sonnerie des cloches, la délivrance
« et l'emploi des poudres à la Garde Nationale et la disposi
«c tion de la Cathédrale et des places destinés aux diver
*c ses autoritées. »

(1) Voir deux lettres du Préfet à Mgr Colonna du 24 Fructidor
(11 septembre). Arch. départem. M 17. L'arrêté du 22 Fructidor

(9 septembre est au registre K 4 f° 161.

�XXXI

ARRÊTÉ RELATIF A L'INSTALLATION
DE L EVÊQUE DE NICE
::o::
Du 22 Fructidor an X
(9 sept. 1802).
Le Préfet du département des Alpes-Maritimes arrête les
dispositions suivantes :
Article Premier
Dimanche 25 Fructidor prochain, à six heures du
matin, la cloche de la Mairie annoncera l'installation
de l'Evêque de Nice.
Article 2
A huit heures, celles des paroisses et des succursales dans les faubourgs et campagnes de la ville commenceront à sonner en carillon.
Article 3
A la même heure, et aux premiers sons de la cloche
de la Mairie, tous les citoyens portés sur le rôle du service de,la Garde Nationale, se rendront armés ou non
armés au chef-lieu ordinaire de la réunion de leur bataillon, pour se placer à leur rang et compagnie.
Article 4
A huit heures et demie, les Chefs de bataillon,
sous la direction d'un adjoint, d'après les instructions
du Maire, formeront deux haies à droite et à gauche
des rues de..., depuis les bureaux de la Préfecture, logement actuel de l'Evêque, jusqu'à la Cathédrale.
Article 5
A neuf heures, les gardes d'honneur et différents
postes fournis pour la cérémonie par la troupe de ligne,
sur l'invitation particulière faite au Général commandant
se rendront à leur destination.

�xxx li
Article 6
A la même heure, aux premiers sons de la cloche
de la Mairie, toutes les autorités et administrations,
les Corps de fonctionnaires, commissions et employés
se rendront chacun chez leurs chefs respectifs, suivant
la hiérarchie et la nature de leurs fonctions.
Article 7
A neuf heures et demie, chacune de ces réunions
se rendra chez l'Evêque.
Article 8
A dix heures, au premier son de la cloche de la commune, le cortège défilera et les autorités et fonctionnaires seront appelés ainsi qu'il suit :
i° Les agents de police chargés de la direction de la
marche dans les rues et d'établir l'ordre et la décence ;
2° Un détachement de gendarmerie ;
3° Les tambours et moitié de la garde d'honneur du
cortège ;
4° Les administrations militaires de la Place ;
5° Le Conseil de Guerre ;
6° E'Etat-Major de la Place, les officiers de la garnison et des vétérans nationaux, chacun dans leur
ordre hiérarchique ;
7° Ee Corps des agents et courtiers de commerce ;
8° Ea Commission de commerce ;~
9° Celte de santé et salubrité publique ;
io° Celle d'Agriculture ;
ii° Celle d'embellissements et établissements publics ;
12° Celle du Var ;
130 E'Athénée des Sciences et Belles Lettres ;
140 Ees Notaires ;
i'5° Les Administrateurs des Hospices civils ;
i6° Les Professeurs de l'Ecole Centrale ;
iy° Les Membres du Jury d'instruction publique ;
i8° Les Chefs et Fonctionnaires des différentes Administrations de la Trésorerie, des Finances, des Contributions, des Domaines et des Postes ;

�XXXII!

19° La Musique Militaire ;
20° Le Commissaire et les Autorités de la Marine ;
2i° Les Inspecteurs aux revues et Commissaire des
guerres ;
22° Les Directeurs et Sous-Directeurs des fortifications, Commandant d'artillerie, et officiers du génie
et de l'artillerie ;
230 Le Corps des Avoués ;
240 Les Prud'hommes des Pêcheurs ;
250 Le Tribunal de Commerce ;
260 Les Juges de Paix ;
270 Le Tribunal Civil ;
280 Le Tribunal Spécial ;
290 Le Tribunal Crim'nel ;
300 Le Conseil Municipal ;
310 Le Maire, les Adjoints et le Commissaire de police
spécialement chargé de l'ordre de la marche et de
se transporter sur toute la ligne ;
320 Les Membres du Conseil d'Arrondissement ;
33° Les Membres du Conseil Général ;
34° Le Drapeau départemental (entre 4 gendarmes et
4 Gardes Nationales) ;
350 Le Conseil de Préfecture ;
36° Le Secrétaire Général ;
370 La Crosse de l'Evêque, entourée des Ecclésiastiques ;
380 Le Préfet, l'Evêque, le Général commandant les
troupes et le Président du Tribunal Criminel ;
390 Le Chef d'escadron, les Officiers de gendarmerie,
aides-de-camp, ingénieurs en chef et ordinaire des
Ponts et Chaussées ;
400 Les agents des Puissances étrangères ;
410 Les Officiers en congé, réformés ou retirés f
420 La Musique de la Garde Nationale ;
430 L'Etat-Major de la Garde Nationale ;
440 Les Employés de la Préfecture ;
450 L'autre moitié de la Garde d'honneur ;
460 Le reste de la gendarmerie fermant la marche
%

�XXXIV

Article 9
Ees Gardes d'honneur attribuées ou envoyées à
chaque autorité particulièrement en borderont la haie
et les fronts dans la marche générale.
Article

io

A l'entrée de l'église, chaque autorité et fonctionnaire prendra la place qui lui sera désignée, conformé
ment à la dernière fête, par les Maîtres des cérémonies
qui seront distingués par une écharpe tricolore au bras
Article

ii

A l'entrée de l'église Cathédrale, le Préfet en donnera les clefs à l'Evêque, le remettra entre les mains
de son clergé et ira prendre sa place accoutumée dans
le sanctuaire avec le Général Commandant les troupes
et le Président du Tribunal Criminel.
Article 12
E'Evêque doit s'avancer ensuite sous un dais, en
passant devant les autorités jusqu'à sa place où il sera
reçu par le Vicaire-Général Commissaire nommé par
l'Archevêque d'Aix.
Article 13
Ee procès-verbal d'installation dressé par le Vicaire
Général et signé par les Ecclésiastiques témoins, sera
signé aussi, en présence du cortège par le Préfet, les
Présidents des Tribunaux, le Général Commandant les
troupes, le Maire et les Juges de Paix.
Article 14
Après les cérémonies religieuses célébrées ou ordonnées par l'Evêque, le cortège retournera dans la
même forme par les rues de
et accompagnera
l'Evêque chez lui processionnellement uniquement
entouré du Clergé et de sa pompe religieuse.
Article 15
Ees rues par où retournera le cortège, seront bordées de même de deux haies de gardes nationaux.

�XXXV

Article 16
Pendant toute la marche et l'installation de l'Evêque les cloches des Paroisses et celles de la Commune
sonneront ; pendant les cérémonies religieuses ordonnées
par l'Evêque et jusqu'au retour du cortège, il sera fait
des salves d'artillerie et tiré des boëtes par la Garde
Nationale.
Article 17
Le Maire est chargé de donner tous les ordres nécessaires pour l'exécution du présent arrêté, et de se
concerter avec les Administrateurs des églises, le Vicaire Général et les desservants des Paroisses pour tout
ce qui les concerne respectivement, tant pour le concours administratif qui peut être utile aux cérémonies
ordonnées que pour la sonnerie des cloches, la délivrance et l'emploi des poudres à la Garde Nationale
et la disposition de la Cathédrale et des places destinées aux diverses autorités.
La
adressés
dans les
rivée et

Article 18
lettre et le présent arrêté seront imprimés
à tous les fonctionnaires, affichés et envoyés
communes du département comme avis de l'arde l'installation de l'Evêque.
CHATEAUNEUF-RANDON (1).
*
* *

Le général Eberlé, commandant la place de Nice, reçut
des instructions spéciales : Il devait envoyer à neuf heures
du matin devant la Préfecture la garde d'honneur attribuée
aux préfets dans les cérémonies publiques ; vingt hommes
au Tribunal Criminel, quinze au Tribunal Spécial, dix au
Tribunal Civil et dix à la Mairie pour escorter ces diverses
autorités ; plus une garde d'honneur de cent hommes dont
une moitié marchera en avant et l'autre en arrière du cortège;
enfin s'il voulait faire prendre les armes à toute la garnison^
(1) Arch. départem. Registre K, f° r6i. Je n'ai pas trouvé
jusqu'ici d'exemplaire imprimé de cet arrêté.

�XXXVI

elle pourrait former la haie sur le Cours tandis que la Garde
Nationale formerait la haie sur le reste du parcours (iK
Pour assurer la marche régulière du cortège et le bon
ordre dans l'église Cathédrale, Châteauneuf-Randon nomma
par arrêté du 24 Fructidor (11 septembre) cinq maîtres de
cérémonie : Roux, Caravel, chefs de bureau à la Préfecture ; Laurenti, Ricordi, secrétaires, et Cougnet fils. Ils
devaient porter une écharpe tricolore au bras droit et une
épée. Par le même arrêté, Fabry, chef de bataillon de la Garde
Nationale, commissaire de haute police, était désigné pour
porter le drapeau du Département encadré de quatre gendarmes et de quatre gardes nationaux (2).
*
* *
Le 12 septembre, au matin, toutes les cloches de la ville
sonnèrent de joyeux carillons. A 10 heures, le cortège partit
de la Préfecture dans l'ordre fixé, et se rendit à Sainte-Réparate, entre deux haies de soldats et de gardes nationaux,
derrière lesquels se pressait une foule considérable, sympathique et curieuse. L'Evêque, précédé du drapeau du Département et de la crosse épiscopale (3) entourée d'ecclésiastiques, s'avançait de front avec le Préfet Châteauneuf-Randon,
le général Partouneaux et le Président Trémois. Les membres
du Clergé convoqués la veille par le Vicaire Général Rossi
attendaient devant la grande porte de la Cathédrale (4).
Châteauneuf-Randon leur présenta Mgr Colonna auquel il
remit les clefs de l'Eglise. En temps ordinaire, cette remise
est faite par le Doyen du Chapitre ou son représentant ;
mais en 1802, le Chapitre de Nice n'existait plus ni en fait
ni en droit, et le Préfet voulait, sans doute, par cet acte,
(1) Voir lettre du Préfet au Général Eberlé (s. d.). Arch. département. M r8.
(2) Arch. départem. K 4, f° 168.
(3) Il s'agit probablement de « la crosse de vermeil donnée par
« l'Empereur à Mgr l'Evêque de Nice et qui doit être transmise à
« ses successeurs » mentionnée dans les inventaires de l'Evêché à
partir de 1805.
(4) Arch. municip. Bonifassi, volume B, f° 87, 11 septembre
1802. N° 2721. Il Clero e invitato dal Vic0 Rousc per domani trovarsi
sulla porta délia Chiesa a ricevere il Vescovo. Ann". Doc. N° 1080.

�XXXVt!

affirmer que le Gouvernement mettait, à la disposition de
l'Evêque, l'église Cathédrale devenue propriété de l'Etat
d'après les lois révolutionnaires. Ee prélat fut alors reçu
dans les formes prescrites par le Cérémonial. On lui offrit
l'eau bénite et l'encens, puis on le conduisit sous le dais
jusqu'au pied du maître-autel où il s'agenouilla, fit une coure
prière et revêtit les ornements pontificaux. Ee Préfet, le
Général et le Président avaient pris les places d'honneur
préparées dans le Sanctuaire et les autorités s'étaient rangées
dans la nef selon l'ordre déterminé. Ee vicaire-général Rossi,
commissaire délégué du Métropolitain, Mgr Champion de Cicé,
archevêque d'Aix, procéda alors à l'installation canonique.
On fit lecture de l'arrêté de nomination, des Bulles d'institution et du décret exécutorial du cardinal Caprara (9 avril
1802) érigeant les évêchés concordataires et rattachant
le nouvel Evêché de Nice à la Métropole d'Aix, (1), puis
Mgr Colonna monta au trône épiscopal.
. Dans un discours prononcé en latin selon l'usage
comme celui du Chanoine Provasso lors de la prise de possession de Mgr Valperga, le vicaire général Rossi exprima
la joie du peuple et du clergé privés depuis longtemps de
Pasteur et qui se félicitaient de l'heureux choix du Gouvernement et du Souverain Pontife. Il loua, en termes heureux'
les talents et les vertus du nouvel Evêque : son habileté
administrative, son application à l'étude, son zèle pour le
salut des âmes, sa modestie et sa piété profonde. Il sera,
sur le siège de Nice, le digne successeur d'une glorieuse
lignée d'évêques. Ees fidèles de ce diocèse, très attachés
à la religion catholique le reço'vent comme l'envoyé da
Dieu pour leur faire oublier les longues années d'épreuves
sur lesquelles il ne faut point insister aujourd'hui que la paix
et le bon ordre sont entièrement rétablis.
(1) Le décret du cardinal Caprara rendu en exécution d'une
bulle pontificale datée de Rome le 3 des calendes de décembre (28
novembre 8or) fut signé à Paris le 9 avril 802 et inséré au Bulletin
des lois N° 2 8 tome VI, 3 e série, 2 e semestre an X, avec un arrêté
du premier consul, daté du 29 germinal an X qui en ordonnait la
publication. Ce décret, après la suppression des anciennes divisions
ecclésiastiqi es, établissait, pour la France et les pays réunis, ) o
métropoles et 50 évêchés dont le tableau était annexé. La métropole
d'Aix avait pour suffragants : ajaccio, Avignon, Digne, Nice

�XXXVlII

Puis, par une allusion ingénieuse, au nom de Mgr
Colonna l'orateur déclara qu'il serait pour les prêtres, les
fidèles du diocèse, ce que fut, pour les Hébreux, la Colonne
miraculeuse qui guidait leur marche laborieuse et accidentée à travers le désert. Au nom de tous, il promit au nouvel évêque qu'il serait pour eux un père respecté, un chef
religieusement obéi dont ils s'efforceraient d'imiter les ex
emples et les vertus durant les longues années qu'ils demandaient à Dieu, de le conserver à leur tête (i).
Mgr Colonna prit alors la parole (2) : « Appelé à l'honte neur de l'Episcopat, après avoir reçu à Rome l'institution
« canonique et moyennant l'imposition des mains, la çonsé« cration à Paris : me voici, enfin au milieu de vous tel qu'un
« Ange de paix.,. »
Mgr Colonna déclara qu'il a compté sur les grâces particulières que le ciel accorde pour certains états, et non point
sur ses propres forces en acceptant une charge que la Révolution a rendu encore plus pénible et plus lourde. Il évoqua
rapidement les douloureux souvenirs des années qui venaient de s'écouler : prêtres persécutés, églisesp rofanées,
autels renversés, religion proscrite.
« Ne rouvrons pas des plaies qu saignent encore et
« qu'un sage Gouvernement tâche à cicatriser
« Que n'ai-je pas le zèle, les talens et l'espr't de ces
« dignes pasteurs : de ces saints pères des premiers siècles
« de l'Eglise, qui fleurissaient aux beaux jours du Christian« nisme ? De ces illustres prélats qui m'ont précédé dans ce
« siège épiscopal. Des Basses, des Siagres, des Valpergues
« et de tant d'autres, qui dès les temps les plus reculés ont
« porté la foi dans ce pays-ci, qui par la sainteté de leur vie,
« l'éclat des vertus, leur fermeté, leurs lumières, ont illustré
« et édifié cette Eglise, de mon dernier prédécesseur qui,
« par un généreux sacrifice a si bien mérité de la Religion
« et de la Patrie.
(r) Ce discours d'une excellente latinité est cité par VIIAAREY,
Raccolta di Decreti, moniti, pastorali, allocuzioni, ecc. Dell'Illmo e
Revmo Monsignor Vescovo di Nizza, dall'anno 1802 all'anno 1831.
Nice r83i, tome r, p. 1-4.
(2) Discours de possession prononcé par Mgr l'Evêque de Nice,
immédiatement après celui de M. le Vicaire Général dans la Cathédrale. VIIAAREY, Raccolta... tome 1, p. 5-ir.

�XXXIX

Du haut du ciel, les saints Evêques de Nice écouteront
« la prière de leur successeur et lui obtiendront de Dieu
« un esprit de sagesse et de modération si nécessaires à un
« évêque chargé de la conduite des âmes. »
Sa mission sera facilitée par le zèle des prêtres, ses coopé«ateurs et par l'attachement des fidèles à leur foi.
« Non, il n'est pas de ce peuple comme de tout autres
« peuples ; la Révolution n'a pas produit dans cette Pro« vince par rapport à la Religion les effets qu'elle a produit
« dans les autres, elle n'a pas déployé ici ce caractère qui
« la distinguait ailleurs ; les convulsions révolutionnaires
» n'ont guère atteint à la Religion ; elle a été conservée
« au milieu des agitations les plus violentes, s'il y a eu un
« instant, où ce Temple réparé, embelli dernièrement a été
« fermé, • ç'a été peut-être un trait des Divines miséricor« des ; la Providence a ménagé cet instant pour donner
« un nouvel essort au zèle du peuple qui peut-être s'était
« tant soit peu refroidi ; la privation a produit son effet :
« touché jusqu'aux larmes, il soupirait après le retour du
« Culte, la fin de la Révolution. Ses désirs furent accomplis,
« exaucés dans le temps, ils le sont encore davantage à préci sent. Il peut vaquer librement aux exercices de piété et
« de dévotion. Aussi le voyons-nous pénétré de respect,
« s'empresser à remplir les Eglises, embrasser les Autels,
« y déposer ses prières, cherchant un soulagement dans
« ses besoins et ses peines. »
L'Evêque fit ensuite un éloquent appel aux prêtres
qui devaient être animés « de ce zèle sage et discret qui
« respire la douceur et la charité ; de ce zèle généreux qui
« embrasse tout, se répand partout, ne connaît point de diffi« cuités qui tâche à ramener les esprits, réunir les cœurs,
&lt; concilier les intérêts divisés
»
Tous leurs actes, ajouta-t-il, doivent être inspirés par
une charité qui s'étendra à tous, amis ou ennemis comme
j Ôsus-Christ leur en a donné le précepte et l'exemple. La Chanté est l'âme de la Religion catholique « qui est une Religion
« d'amour et de bienfaisance
C'est cette vertu qui fait
« du genre humain de l'univers entier une seule famille,
« dont Dieu est le père et nous sommes les enfants attachés
« par les liens de la fraternité
»

�XL

Ees prêtres doivent dont apprendre à tous par la parole
et surtout par l'exemple que l'amour de Dieu est inséparable
de l'amour du prochain. La pratique courageuse de ce double
amour sera le moyen le plus efficace pour ramener à l'Eglise
ceux qui en sont éloignés.
« En attendant, conclut le Prélat, adressons au Ciel
« des prières pour tous ceux qui tiennent au Gouvernement,
« en particulier pour le Chef de l'Eglise, notre Saint Père
« le Pape. Eeur vie nous est trop chère, trop précieuse au
« bonheur public ; c'est par leurs soins qu'après une des
« plus rudes tempêtes, des temps des plus orageux nous
« jouissons du calme. Que cette paix dont nous goûtons
« ies doux fruits soit le garant de celle qui nous est préparée
« dans le Ciel, et que je vous souhaite. »
Ee procès-verbal de l'installation dressé par le Vicaire
Général fut signé par les ecclésiastiques témoins, le Préfet,
le Général commandant les troupes, les Présidents des Tribunaux, le Maire et les Juges de Paix.
*
* *
Après la messe célébrée pontificalement, la procession
se forma et l'Evêque fut accompagné, comme le prescrit le
Pontifical par tout le clergé qui chantait des hymnes et des
psaumes, jusqu'à la préfecture. Ea procession défila entre
les deux haies de soldats et de gardes nationaux et fut suivie
par le Préfet et toutes les autorités qui avaient assité à la
cérémonie. Au témoignage de Bonifassi, le discours de Mgr
Colonna fut touchant et bien adapté aux circonstances :
l'ensemble de la cérémonie fut émouvant et édifiant et il
ajoute, malicieusement, qu'on ne ce serait jamais attendu à
pareille chose de la part des Français.
Villarey rapporte de son côté (op. cit.) que l'attitude
recueillie de Mgr Colonna et son air modeste firent la meilleure impression sur tous les assistants ; ce qui n'empêcha
point quelques réflexions plus ou moins bienveillantes. Un
bon prêtre, raconte Bonifassi, au moment où Mgr Colonna
fut présenté au clergé par le Préfet, se tournant vers ses voisins, leur dit : « Cela va bien si Mgr Colonna se rend compte
« aujourd'hui que nous, nous étions ici et que c'est lui qui y
« vient. »

�A l'occasion de l'installation de l'évêque on répandit
dans le public quelques poésies en son honneur, louables
tout au moins pour l'intention de leurs auteurs. Louis Romey,
avoué près le Tribunal civil, membre du Jury d'Instruction,
qui devint maire peu d'années après, se révéla poète, lui
aussi, et publia une pièce de vers dans laquelle il vanta,
comme il était de mode alors, Bonaparte et la Corse, (i)
Mgr Colonna continua à occuper l'appartement que le
préfet avait mis à sa disposition jusqu'à l'aménagement
de l'Evêché. Il semble même que Châteauneuf-Randon
pour laisser toute liberté au prélat ait prolongé son séjour
à la campagne qu'il avait louée au quartier du Piol. En effet,
c'est dans cette campagne qu'il offrit, à l'occasion de la fête
du 18 Brumaire un grand dîner auquel il invita l'Evêque
avec les représentants des autorités civiles et militaires
et quelques anglais de distinction qui étaient, depuis la paix
d'Amiens, revenus hiverner à Nice. (2)
(1) Arch. municip. Bonifassi. Vol. B. f° 87, 12 septembre 1802 :
N° 2724. Solenne ingresso nella sua Cattedrale fatto da M1 Vescovo coll'accompagnamento di tutte le autorità. Mss. autent.
N° 2725. Il Clero si trovo présente sulla porta del Duomo, e dal
Prefetto, vennegli presentato MonsignT Colonna corne Vescovo di
Nizza. Mem. autent.
N° 2726. In quell'atto un buon Ecclesiastico volto a suoi più
vicini disse : Bene se Colonna in questo punto impara che noi eravano
qui, e che egli è quelli che viene. Osserv. partrI.
2727. M1 Vescovo pontifico, e recito un discorso tenero, e ben addattato, la fonzione riusci tenera moltó, ed edificante nel suo complesso.
mai più si aspettava per opera dei francesi un simil atto. Mem. part11
2728. Dopo la fonzione il Clero processionalmente cantando i
soliti inni accompagno il Vescovo al palazzo délia Prefettura ove avea
il suo alioggiamento, le autorita pure lo accompagnarono.~M.ss autetit
2729. In quest'occasione si distribuirono alcune poésie lodevoli
per la buona intanzione degli autori. Romey anche esso divenutto poeta
jece un Endecassillabo in cui corne di ragione venta il Bonaparte, e la
Corsica. Doc. N° 1077.
(2) De Préfet fit imprimer une Relation de cette fête et l'envoya
à Chaptal, Ministre de l'Intérieur, avec sa lettre du 20 Brumaire
au XI (11 novembre 1802). Elle est intitulée « I/anniversaire du
« dix-huit Brumaire, célébré chez le Général de Division, Châteauce neuf-Randon, préfet du département des Alpes-Maritimes, à Nice,
« le mardi même jour du mois, an onze de la République, ou le neuf
« novembre 1802 (vieux style). » 7 pages in-40 chez Cougnet père et
fils, imprimeurs-libraires à Nice, s. d. Arch. nationales V I ç nr. 3
Alpes-Maritimes, Correspondance.

�Châteauneuf-Randon avait communiqué à Mgr Colonna le 24 Fructidor (n septembre) (1) les divers arrêtés successivement pris par lui pour son logement et dans ses conversations particulières, il lui avait certainement expliqué
pourquoi, malgré toute sa bonne volonté, il n'avait pas encore réussi à réparer et à meubler l'ancien évêché. Il semble,
du reste, que les rapports les plus sympathiques et les plus
cordiaux s'établirent rapidement entre le préfet et le prélat (2). On en fit un crime à Châteauneuf-Randon, qui ne
s'en émut guère comme en témoigne sa correspondance.
Il écrivait le 24 Fructidor, an X (n septembre 1802)
au citoyen Colonna, évèque de Nice :
« J'ai l'honneur de vous adresser, Citoyen Evêque,
une copie de touts les arrêtés que j'ai pris successivement
pour assurer votre logement dans la maison qu'avaient
autrefois occupée vos prédécesseurs, ils sont à la date du
14 de ce mois, j'y joins une copie du bail que j'ai passé avec
les propriétaires de cette maison. J'en ai fait remettre les
clefs au Maire de la ville qui demeure chargé des réparations
et de l'ameublement. Je ne doute pas qu'il ne mette a s'en
bien acquiter le même zèle et la même activité que moi, et
que sous peu de jours, il ne me procure le plaisir de vous annoncer que le logement est enfin convenablement assorti
à votre usage et à votre caractère.
« Veuillez en attendant, croire au plaisir sincère que
j'éprouverai de vous avoir longtemps chez moi.
« Je me félicite, citoyen évêque, de ce qu'en me chargeant de vous choisir une maison, le gouvernement m'ait
(1) Voir deux lettres du Préfet à Mgr Colonna du 24 Fructidor
an XI. Arch. Départ. M. 17.
(2) Le préfet lui-même le raconte à Coulomb, secrétaire général
du Ministère de l'Intérieur, dans sa lettre du 12 Vendémiaire an XI
(4 octobre 1802). Après avoir parlé de l'hostilité des membres de la
loge maçonnique de Nice à son égard, il ajoute : « Ils osent se rabatre
« sur mon intimité avec l'eveque de Nice, homme vertueux, politie
« que et philosophe... » Arch. Nation. FI III 3. Alpes-Maritimes.
Correspondance.

�XUll

fourni une occasion de vous donner une preuve de nies sentiments d'estime et de considération.
« J'ai l'honneur de vous saluer. » (i).
*
* *
Le Maire de Nice, une fois en possession de l'Evêché
et sur les ordres réitérés du Préfet, fit dresser le devis estimatif
des réparations et l'adressa à Châteauneuf-Randon le 27
Fructidor (14 septembre) (2). Celui-ci après l'avoir examiné
le trouva trop élevé et le renvoya le lendemain à Défly avec
ordre de mettre ce travail en adjudication au rabais ; il lui
rappela en même temps qu'il fallait aussi s'occuper de l'ameublement et que la commune devait faire quelque chose
pour être agréable à l'Evêque. (3).
Le Maire fit immédiatement afficher l'adjudication :
il en informa le Préfet le 29 Fructidor (16 septembre) et le
pria « de désigner aux entrepreneurs de ces ouvrages le
« mode et les époques des payements qui devront leur être
« effectués pour leur travail. » (4).
Le Préfet approuva cette mesure le 3e Jour Complémentaire an X (20 septembre 1802) en invitant le Maire
« à faire faire d'abord les réparations les plus urgentes, telles
« sont celles de l'appartement de l'Evêque du salon et de
« l'escalier, afin que M. l'Evêque puisse occuper de suite
« son logement. »
Quant aux dépenses, concluait le Préfet, « Lorsque
« les réparations seront achevées et que vous aurez pour« vu à l'ameublement préalable ou de prêt, je vous indi« querai le moyen de couvrir cette dépense sur-le-champ.
« (5)(1) Minute corrigée en plusieurs endroits par le préfet. Arch.dép. M.17.
(2) Arch. municip. Correspondance, 27 Fructidor au X (14
septembre 1802).
(3) Arch. départent. M 17. L,e Préfet au Maire de Nice 28 Fructidor an X (15 septembre 1802).
(4) Arch. municip. Correspondance du Maire 29 Fructidor an X
'(16 septembre 1802).
(5) Arch. départem. M 17. I&lt;e Préfet au Maire de Nice 3e Jour
Complémentaire an X (20 septembre 1802).
Arch. municip. Correspondance du Préfet an X. Volume vi.

�XL1V

Les soumissions furent reçues le 2 Vendémiaire an Xé
(24 septembre 1802). Le devis montait à 1.314 francs ; Honore
Beu, maçon à Nice soumissionna seul pour la somme de
1.195 francs et le Maire en transmettant cet offre au Préfet
lui demanda « son approbation, pour adjuger définitivement
« ces réparations et faire mettre de suite la main à l'œuvre. »(1).
Le lendemain, de nouvelles soumissions l'une à 700 fr.
et l'autre à 650 francs (dont les auteurs ne sont pas nommési
et une autre par Laurent Levamis (dont le montant n'est
pas indiqué.) parvinrent au Maire qui les transmit au Préfet (2).
Châteauneuf-Randon donna son approbation et les réparations commencèrent .
Le premier devis était incomplet, il fallut en dresser
un nouveau qui fut également mis en adjudication et exécuté après approbation du Préfet en date du 22 Frimaire
an XI (13 décembre 1802).
Le montant total des réparations n'était pas très élevé,
1.200 francs environ, cependant ni le Maire, ni le Préfet n'avaient à leur disposition la somme nécessaire pour le solder. Le maire demandait donc le concours du département.
La loi du 18 Germ'nal, article 71, autorisait bien les Conseils
Généraux à accorder aux Archevêques et Fvêques un logement convenable, ce qui comprenait, sans doute, les réparations foncières et locaLives ; mais le Conseil Général des
Alpes-Maritimes n'était point en session. Il fallait cependant
ne pas faire attendre aux ouvriers le payement de leur travail ; c'est pourquoi le Préfet s'adressa aux Ministres des
Finances et de l'Intérieur pour solliciter un crédit extraordinaire le 27 Frimaire an XI (18 Décembre 1802) (3).
(1) Arch. municip. Correspondance du Maire 2 Vendémiaire
XI (24 septembre 1802).
(2) Arch. municip. Correspondance du Maire 3 Vendémiaire
an XI (25 septembre 1802).
(3) Arch. départem. M 22. Le Préfet aux Ministres de l'Intérieur
et des Finances. 27 Frimaire an XI (18 décembre 1802). Le 20 Ventôse au XI (n mars 1803)., le Préfet demandait au Maire de Nice
de lui faire passer sans délai « une copie des devis détaillés des répara« tions faites à la maison épiscopale, j'ai un besoin pressant de ces
« pièces qui doivent être adressées au Ministre de l'Intérieur. Arch.
Départent. M. 26.

an

�XI.V

Ee même jour, il avisait le maire de cette démarche,
en l'invitant néanmoins à payer provisoirement les ouvriers
« parce que les instructions du gouvernement portent que
« les réparations locatives de l'évèché seront à la charge des
« communes si elles peuvent les supporter ou à défaut du
« département, (i).
* *
A cette date, Mgr Colonna était déjà installé dans les
appartements de l'Evêché réparés sommairement et meublés
très modestement. En effet, il n'existait encore aucune règle
administrative déterminant la part respective de l'Etat,
du Département et de la Commune dans les frais relatifs
aux Evêchés (2). Il fut donc pourvu à l'ameublement dans
des conditions assez précaires et beaucoup d'objets furent
pris, ce semble, dans le mobilier séquestré de Jean-EouisAugustin Eascaris qui depuis plusieurs années dépérissait
dans les magasins de la Régie ou dans les appartements occupés par les locataires de cet émigré (3). Un inventaire de
l'ameublement de l'Evêché dressé en exécution du Décret
impérial daté du palais de Milan, 5 Prairial an XIII (25
Mai 1805) démontre qu'il n'était point luxueux (4). E'Evêque de Nice, du reste, était ennemi de tous fastes et se
contentait du strict nécessaire.
(1) Arch. départent. M. 23. De préfet au maire, 27 frimaire an XI
(18 décembre 1802).
(2) Un décret impérial du 5 Prairial an XIII accorda à chaque
Evêque une somme de 2.400 francs pour son ameublement, eu dehors de la contribution du département.
(3) Châteauneuf-Randon proposa plusieurs fois cette mesure
aux Ministres et au Maire de Nice. Il fut souvent aussi question de
la destination à donner au mobilier Dascaris, et il existe aux Archives
Départementales plusieurs lettres et arrêtés à ce sujet. Voir en particulier
celui du 17 Nivôse an X (7 janvier 1802) qui est en minute, liasse
M 20, dont les considérants sont à étudier.
Jean-Douis-Augustin Dascaris fut amnistié le 18 Primaire an XI
(9 décembre 1802) et le séquestre apposé sur ses biens à Nice et au
Castellar fut levé par arrêté du préfet en date du 22 Pluviôse an XI
(i 1 février 1803). Quatre tableaux religieux déposés dans les bureaux
de la Préfecture et provenant probablement de l'ancien Bvéché furent remis à Mgr Colonna par arrêté préfectoral du ier Ventôse an XI
(20 février 1803). Arch. départent. K 6.
(4) Voir Nice Historique, ier mars 1906, p. 70-73, cet inventaire
publié par M. Sappia.

�XÏ.VI

L'évêché fut mis à la disposition de Mgr Colonna
vers la fin d'octobre 1802, et il l'occupa probablement à
son retour de Marseille où il s'était rendu en qualité de délégué pour remettre le ỳalium à son métropolitain, l'archevêque d'Aix. Au témoignage de Bonifassi (op. cit. n° 2780)
il avait quitté Nice le 26 octobre et son absence fut de courte
durée.
Une lettre du préfet en date du 7 Brumaire an XI (29
octobre 1802) résume toutes les démarches faites pour assurer le logement de l'évèque :
«Au ministre de l'Intérieur, des Finances et des cultes.
7 Brumaire An XI (29 octobre 1802).
« Citoyen ministre,
« Vous m'avés prescrit de désigner une maison nationale convenable pour être affectée au logement de l'évèque
de Nice.
« Le défaut de maison nationale m'a forcé de recourir
aux moyens praticables pour reprendre l'ancienne maison
de l'évêché qui avait été aliénée. Je n'ai pu en trouver d'autres que celui de projetter la cession aux propriétaires de
cette maison des biens nationaux de même valeur.
« J'ai pris en conséquence le 1er Messidor an 10 un arrêté qui ordonne cet échange et j'ai soumis cet arrêté à l'approbation du gouvernement. J'ai eu l'honneur de vous en
adresser une ampliation le 14 du même mois.
« L'évêque de Nice étant arrivé dans l'intervalle, le
gouvernement n'ayant pas encore statué sur cet échange
et les propriétaires de l'évêché ne voulant s'en dessaisir
qu'autant que le gouvernement aurait approuvé mon arrêté,
je me suis trouvé dans un embarras extrême pour procurer
à l'évêque un logement convenable et décent. Mais comme je
ne doute pas que le gouvernement n'adopte les mesures que
je lui ai proposées et que dans tous les cas je compte infiniment sur sa justice, je me suis déterminé à traiter moimême personnellement avec les propriétaitres de l'évêché
pour la location de leur maison. C'est la seule mesure que les
propriétaires ont voulu adopter et j'ai dû donner cette marque de dévouement personnel au gouvernement dans cette
circonstance.

�xxvu
« J'ai passé avec eux un contrat dont j'ai l'honneur de
vous transmettre ci-joint une copie, ainsi que des arrêtés
que j'ai pris à cette occasion. J'ai fait faire sur le champ les
réparations les plus urgentes et j'ai remis la maison à la disposition de l'évêque.
« Pendant un mois que cette exécution a duré, j'ai eu
le plaisir de loger et avoir chez moi l'évêque.
« Tel est, citoyen ministre, le résultat des mesures que
j'ai du prendre en suite de vos ordres et de vos instructions.
Cet état de choses vous prouvera, sans doute, qu'il est urgent que le gouvernement statue sur mon arrêté du ier
Messidor. Je vous prie de remettre cet objet sous les yeux des
consuls.
« J'ai l'honneur de vous saluer. » (i).
L'opération proposée par l'arrêté préfectoral du ier Messidor an X était très avantageuse, tout à la fois pour Pierre
Mages qui avait payé l'évêché un prix presque dérisoire,
et pour l'état qui rentrait en possession, sans bourse déliée,
d'un immeuble confisqué, puis aliéné et dont il avait encaissé
le prix, par la cession de terres également confisquées et
jusqu'alors invendues.
Néanmoins, malgré les démarches que Mgr Colonna
fit probablement à Paris auprès des ministres intéressés et
malgré les nombreuses lettres de rappel écrites par Châteauneuf-Randon, l'approbation de cet arrêté restait en suspens.
Le ministre des finances, que cet objet concernait exclusivement puisqu'il s'agissait d'une cession de biens nationaux
ne prenait pas de décision. C'est que, après examen, il avait
été reconnu que le ministre n'avait point qualité pour autoriser l'échange en question et qu'il était besoin de l'approbation du Corps législatif. Beaucoup d'affaires similaires se
présentaient alors journellement et, comme pour toutes,
la difficulté était la même, le gouvernement se décida à proposer divers projets de lois pour les trancher définitivement.
Tel fut le but des lois des 2, 13, 17 Floréal an XI (24 avril,
3 et 7 mai 1803), 24 Pluviôse an XII (14 février 1804)
(1) Minute à laquelle le préfet a ajouté plusieurs passages et en
particulier celui relatif au séjour de l'évêque chez lui. Arch. départent,
M. 23.

�XÏ,VIII

16 Ventôse an XII (7 mars 1804), 29 Ventôse an XII (20
mars 1804), qui autorisent des aliénations, acquisitions,
concessions et ventes, échanges et impositions extraordinaires dont l'inspiration et les dispositions générales sont identiques.
Par un article de la loi du 29 Ventôse an XII, le préfet
du département des Alpes-Maritimes est autorisé à acquérir
par voie d'échange, des citoyens Mages etSpréafico le Palais
épiscopal de Nice.
Le département des Alpes-Maritimrs devenait propriétaire de l'ancien évêché et la somme de 25.000 francs,
valeur des biens nationaux cédés à Pierre Mages et Spréafico,
devait être remboursée au trésor public sur les centimes
additionnels destinés à pourvoir aux dépenses variables de
ce département. (1).
L'arrêté du 1er Messidor an X recevait son exécution intégrale et définitive, mais lorsque le décret de Bonaparte parvint à Nice, Châteauneuf-Randon avait été remplacé à la
Préfecture des Alpes-Maritimes par M. DuBouchage depuis
près d'une année.
On a beaucoup critiqué l'administration de ChâteauneufRandon. Il est cependant équitable de constater après
examen impartial des documents contemporains que Châteauneuf-Randon collabora loyalement avec Mgr Colonna
pour l'application des lois concordataires et qu'il fut dans
le département des Alpes-Maritimes l'exécuteur consciencieux des instructions bienveillantes et sages du gouvernement consulaire.
A.-J. RANCE-BOURREV.

(1) Voir Bulletin des lois de l'an XII, n° 356, loi du 29 Ventôse
an XII et aux Archives départent, un décret du Premier Consvl,
Germinal an XII, (30 Mars 1804). Série N, liasse 1.

�91
LU DO UI ARMANAC
Un armanac de l'an passat,
Essent su d'un burèu, couost'-à-eouosta plaçât
Dapè l'armanac de l'annada,
Ei dia : « Car vesin, noun sabi cenqu'ai fach
Qu'aigon tant bruscamen clianjat miéu destinada ?
Moun mèstre, cada jou, de iéu n'era distrach ;
Aura la miéu basana fanada,
A la poussiera, ai verp, es mai qu'abandounada g
En lou fra-tèms, lou capricious,
Noun a d'uès que pèr tu, siés tu lou plus urous ! «
E'autr' armanac, de fresc e bella tencha
Ei respoundet : « Moun paur'amic,
Siés gaire dôu tiéu tèms, siés tirat au lambic ;
Pensa, quoura lou paure s'endimencha,
Dôu sata marques lou repic ;
Noun t'en pihar qu'au milesime
Couma cadun as ben virat lou mai ;
Vendra moun tèms e lou miéu crime
Sera d'aver cuntat douze luna de mai ;
Ensin tout passa e chanja, lou mounde es tant fragile,
N'estre plus de soun tèms, siés un libre esgarrat,
Ben d'orne soun charmant, tant que li siés utile
Se lou siés plus, noun vées que d'ingrat.
Soutamete-vous en aqueli pensada :
Gen dôu passat, puissança devessada,
Viéi servitour, ancien tardoc,
Amant tradit, beutà passada,
Devantes toui viei armanac !
Juli Eynaudi (d'après Viennet).
PROüVERBI, BOÜOI MOT, COUNSÈTJ E DICH
Entra autour :
Su lou bastioun un marrit pouèta rescouontra un dei
siéu counfraire :
— Eu miéu vers mi couston gaire.
— Vous couston cenque valon.

�92

NOUM

DEI

FIGA —

LI

SIÉU

VARIETA

d'après M. lou D* E. SA UVAIGO
I. — FIGA BLANQUI O BEN VERDASTRI
I. — Al,OXJNGADI

Blancassa figa, figa blancastra.
Figa bovin o bouin.
Cabrioliana donqueiretta.
Caravouguin blanc.
Couol de dama.
Doumestica.
Donqueira blanca, figa d'autoum, verda, jaunastra.
Mussega-cougourdana, dôu genre tapa-cartin.
Tapa-cartin, Aubicou blanc.
Pissaluta (pittalussa, poussouluda).
La Toscana.
2. — FlGA GI(OBTJI(OUSI

Bellona blanca, resercada pèr lu pastissié.
Bernissôu blanc.
Daurada.
Figa de mèu.
Figa turca, tres decourativa.
Grossa beurdona, berdonda.
La Castagnola, figa castagna.
La gentila.
Marseillesa, figa d'Athèua.
Matarassa, figa de Grassa.
Pecoujuda.
Rondeletta.
Roubada blanca.
Seirola, figa Seyrola dapè Niça.
Sucrada.
Trompa cassaire.
Verdola.
n. — FIGA GRIHI O ROUGEASTRI
Figa calabresa.
Cotignana.
Coucourella, coucouletta, figa sensa grana.
Figa de San Francès.
Figa siciliana.
Fourassa, figa grossa.
Imperiala, imperiau.
Levensana.
Moresca.
Rolondina.
Roussana.

�33
ni. — PIGA NEGRI 0 BRUNI
I. — AI.OUNGADI
Abigou negre. ■
Bellona negra.
Briasca.
Clavèu.
Donqueira.
Figa amarauna.
Figa matelassa.
Figa negrau, negreita (figa d'autoum).
Figa sauvagia.
Mentonasca.
Pounchuda.
Saraina.
2. — Gr,OBUI,OÜSI
Bernissenca o coucoulenca (figa terdiera).
Bernissôu negre.
Caiana.
Catalana.
Cimeirenca.
Figa à merioun.
Figa d'orne.
Meirasca (figa d'autoun, ven de Levens).
Merengiaina.
Merlin ga.
Mouissonna.
Mourenao bagassa.
Neçretta.
Relona.
Roubada negra (figa tardiera).
Rondella negra.
Salada.

BOUONA RKSPOUOSTA
Bou pichoun Goustin s'era levât ben tardi. Soun paire,
pèr lou rendre plus matinié, li diguet :

— Lou miéu enfan, noun counouisses lou près e lu avantage d'estre matinié. — Escouta : un orne que s'era levât de
gran matin, trouvet su lou siéu camin una boursa plena de
peça de vint lira...
— Ma, paire, respoundet l'enfant, aquéu que l'avia
perduda s'era levât encara plus bouon'oura.
Lou paire restet nec... li a dequé. ..

�SA

LI TRES GOUTA

Alba, la bouona fada, que proutegia lu fiansat, passant
un matin dapè d'una rosa audia lou siéu noum prounounsat
da tres goûta tremoulanti.
Ela s'avesina e s'assetant dintre dôu couor de la flou,
demandet :
— Que mi voulès, brihanti goûta ?
— Venès, be l'Alba, résolve une questioun.
— Parlas.
— Sian très goûta venènt da diferenti sourça. Voulen
que nen digués la quala es la mai preciousa e la plus pura.
— Acheti, parlas, brihanti goûta.
Ea premiera goûta en tremoulant li diguet :
— Veni dai nebla auti, siéu fina dei gran' mar. Siéu naissuda dintre la gran océan, antic e poutènt. Après d'aver
bagnat li riba de touplen de pais, après estre estada sagatada da mile tempesta, la nebla m'a surbida. Siéu anada
fin soubre de li autessa doun brihon li estela, pi m'abisseri
au mitan dei uiàu e dôu tron dintre lu flot su lu quai mi repauvi. Representi la Mar.
— Toca à tu, brihanta goûta, diguet la fada à la segounda.
— Iéu siéu estada la rousada, que nourrisse lu lis, siéu
la souore dei clar de luna, fiha dei nebla que s'ausson quoura
la nuech pouorge lou siéu vêle soubre de touta la natura.
Representi lou crepuscul dôu matin.
— E vous, diguet Alba à la plus pichouna ?
— Iéu, ai minga de valour.
— Parlas, doun venès ?
■—■ Dai uès d'una fiansada. Siéu estada lou sourire, l'espoir, pi l'amour, aura siéu devenguda lagrima.
Ei autri, couma pensas, souta.capa riion de la pichouna
goûta. Ma Alba, durbènt lu bras, l'estregnet emé gran couor.
— Aquesta es la plus preciousa e la mai pura.
— Ma iéu, siéu estada la Mar !
— Iéu l'Atmosfera.
— Es ver, brihanti goûta, ma aquesta siguet lou couor,
e Alba s'envolet en l'azur embé l'umbla pichouna goûta.
d'après Rosalta Sandoval.

�95

MONACO ET MONTE - CARLO

Sur la mer scintillante où dardaient ses regards,
De la plus haute tour à frange sarrasine,
Le guetteur vit les nefs qui couraient la rapine
Et fouilla la campagne, où rôdaient les pillards.
Sur son rocher hautain, étreint de ses remparts,
Le fief pleura souvent ses vergers en ruines,
Dans la haine et l'effroi des hordes assassines,
Hurlant l'assaut, quand leur chef lève l'étendard.
Mais le fief, aujourd'hui, semble comme un caprice,
Avec ses vieux canons, ses remparts et ses forts,
Ennuyé sur son roc, qu'isole un précipice.
Autour du temple éblouissant du Dieu de l'Or,
Sous le Burg, qui n'a plus à craindre aucune injure,
A jailli la cité de Jeux et de Luxure.
Jean CAPATTI.
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Un curat d'una gran paroquia era oubligat un jou de
ceremounia de respouondre à un discours en latin; ma couma
noun sabia aquela lenga, s'en pihet ensinda :
— Moussù, lu Apostolo parlavon touplen de lenga ;
venès de mi parlar en latin, e iéu vau vous respouondre en
francès.

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13
Mars
Epato (Grégori)
Il
Jun
Cicle soulari
17 Setèmbre
Endicioun roum
10 Desembre
Letra doumenicala
G F
LI QUATRE

8,
7,
20,
20,

10
9
22
22

e
e
e
e

11
10
23
23

SESOUN

Lou printèms coumença lou 21 mars
L'estiéu
—
— 22 Jun
L'autoum
—
— 24 sept,
L'iver
—
— 22 dés.

à 6.55 m.
à 2.36 m.
à 5.18 m.
à 11.53 m.

dôu sera
dôu sera
dôu matin
dôu sera

FESTA MOUBILI

Septuagesima... 12 Fébrié
Cendre
21 Febrié
Pasca
7 Abrieu
Rougacioun 21, 22, 23, 24 Mai
Ascensioun
16 Mai

Pantecousta
Trinità
Festa de Diéu
1" Dimenegue de
Ie* Desémbre

26 Mai
11 Jun
15 Jun
l'Avènt

LU ESCLISS!

Souliu.

—

ij Abriéu. — Esclissi annulari e coumplet visible

à Paris, en America, en Europa et dintre lou N.-O. de l'Africa.
Coumençamen de l'esclissi à 10,01 dôu matin ; finisse à 1,08
dôu sera.
10 Otitoubre. — Esclissi coumplet invisible à Paris, visible
dintre l'America dôu Sud.
Luna. — 1" Abrièu. — Esclissi parciella visibla à Paris. Entrada de la luna dintre l'oumbra, 9.26 dôu sera; sourtida, 11.03
dôu sera.
26 Setèmbre. — Esclissi parciella, invisibla à Paris, visibla
dintre l'Océan Pacifique.

Jîla providence, %ue de la Préfecture /4, $run, Siàraire

�LU

VÉNT

Lu vènt que souflon à Niça, dintre lou cours de l'armada,
soun au nombre de 16. Vequi li siéu denouminacioun courènti,
pihadi, en general, dai loucalità dei quali parèisson vèni :
Sud
Miejon
Nord... Tramountana
S.-S.-O. Miejou Lebech
N.-O.-E. Grek Tramountana
S.-O
Lebech
N.-E... Grego
O.-S.-O Pounèut Lebech
E. N .E. Levant
Ouest. Pounènt
E.-N.-E. Levant
O.-N-O.V Pounènt Maistràu
E.-S.-E. Levant
N -O . Mastràu
S.-E.... Siroco, vènt marin
N..-N. OMaïstràu Tramount
S.-S.-E.. Miejou Siroc

6
15
25
14
31
24

VIGÍLIA — JEUNI
Abriè
(Pasca, 7 Abrièu).
Mai
(Ascensioun, 16 Mai).
Mai
(Pantecousta, 26 Mai).
Avoust
(Assoumpcioun, 15 Avoust).
Outoubre (Toui lu Sant, Ier Nouvembre).
Desembre (Calena, 25 Desembre).
L'AN NADA RELIGIOUSA

LI FESTA MOUBILI E LI FESTA FISSI
Janvt'è
jYlars
1 Circouncisioun.
1 e 2 Quatre Tèms.
6 Epifania (lu Rei).
3 Reminiscere.
13 Bateja de J.-C.
10
Oculi.
14 Sant Noum de Jesu.
17 Lœtare.
fébrié
24 Passioun.
2 Puriflcacioun.
29 Li 7 Doulou.
4 Setuagesima.
31 Lu Rampàu.
6 Festa de la Pr. de N. S.
11 Sexagesima.
Jîbriéu
13 Coum. de la Passioun.
5 Divendre Sant.
18 Quinquagesima.
7 Pasca.
21 Cendre.
14 Quasimodo.
25 Quadragesima.
28 Patrou. de San Joúsè.
28 Quatre-Tèms.

�Setembre
3 Inv. de la Santa Crous.
13, 14, 15, Rougacioun.
16 Ascensioun.
26 Pantecousta.
29-31 Quatre-Tèms.
1
2
6
9
21
24
29

Quatre-Tèms.
Trinità.
Festa de Diéu.
Festa dôu S. Sacramen.
Sacrat-Couor de'jesu.
Natività de S. jouan-Bat.
SS. Peire e Paul.

8 Natività de la Vierge.
14 Esaltacioun de la Crous.
15 N.-D. dei 7 Doulou.
15 San Noum de Maria.
18, 20, 21, Quatre-Tèms.
29 Dédie, de S. Miquèu.

Ôutoubre
6
13
20
27

Sant Rousari.
Maternità de la Sta Vierge.
Puretà de la Santa Vierge.
Patrounage de la S. Vierge.

J/ouvembre

Juliet
2 Visitacioun de la S. V.
7 Precious Sang.
16 N.-D. dôu Carme.

Jîvoust
6 Transfiguracioun.
15
18
25
25
29

Assoumpcioun.
S. Joachim.
S. Couor de la Vierge.
S. Louis.
Decolac. de S. Jouan-Bat.

1
2
3
21

Toui lu Sant.
Lu Mouort.
Santi Relíquia.
Present, de la Sta Vierge.

2&gt;esembre
1 Avent.
8 Imaculata Councepcioun.
18, 20, 21, Quatre-Tèms.
25 Calena.

BANQUE GARLONE &amp; GIE
MAISON ÉTABLIE EN 1811

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l-fi«

�LA

DÉCIMALISATION

DU

TEMPS ET DES

ANGLES

LA MONTRE DÉCIMALE
Par J. de REY-PAILHADE, président du Comité
pour la propagation des méthodes Décimales.
Le Club Nautique de Nice a offert plusieur fois en prix des
montres décimales aux régates'de 1909. Il était utile de décrire cet instrument, d'y joindre des tables pratiques et des
formules à l'usage des ingénieurs, des sportsmen, des médecins, etc. etc.
DÉCIMALISATION DES ANGLES •
Il est aujourd'hui démontré que la division décimale du
quart de cercle facilite tous les calculs.
Les nouvelles cartes géographiques sont graduées exclusivement dans ce système, devenu officiel en France et dans
d'autres pays. On possède toutes les tables pratiques nécessaires à son essai courant. Nous ne nous étendrons pas
davantage sur cette méthode aujourd'hui enseignée dans les
lycées et collèges.
Nous rappellerons seulement que M. l'amiral Germinet,
membre d'honneur du C. N. N., sous la direction duquel on
fit en 1899 et 1900 des essais de navigation avec un matériel
entièrement décimal, a émis un avis très favorable à la
réforme décimale.
DÉCIMALISATION DU TEMPS
La division décimale du jour décrétée le 4 frimaire an II
rendra aussi de grands services à la science et aux sports.
Principe. — On divise le jour entier en 100 parties égales
appelées cés ; le cé est subdivisé en décisés, ceniicès et millicés
Le cé vaut 14m 24s ou 1T4 d'heure environ ; le décicé est égal
lm 26s 4 ou lm Ij2 environ ; le millicé vaut 0S 864 ou 9T10 de
seconde environ.
Concordance des Temps. — On parvient assez vite à dire
instantanément l'heure à 1 ou 2 minutes près en regardant le
cadran d'une montre décimale. Il suffit d'apprendre par cœur
les concordances décimales de toutes les heures.
0,0
0
50,0

4,2
1
54,2

8,3
2
58,3

12,5
3
62,5

16,7
4
66,7

20,8
5
70,8

25,0
6
75,0

�25,0
6
75,0

29,2
7
79,2

33,3
8
83,3

37,5
9
87,5

41,7
10
91,7

45,8
11
95,8

50,0
12
100,0

Les heures sont au milieu, les concordances des heures
du matin en haut, celles du soir en bas. Ainsi 10 heures du
matin valent 41.7 cés (énoncer 41 cés 7 décicés) et 10 heures
du soir valent 91,7 cés.
Gomme 1 cé vaut presque lj4 d'heure et un décicé une mi •
nute 1]2 ; en partant des concordances du tableau, on dit
l'heure instantanément, ainsi 39,9 cés valent 9 h. 36 m. du
matin. Un ou deux jours suffisent pour atteindre ce résultat.

Description de la montre décimale ou cémètre. — Il y a 3
aiguilles centrales se mouvant sur un cercle divisé en 109
parties égales, numérotées de 0 à 9. Le 0 cé est en bas, c'est
l'origine des temps, car on suppose la Terre au centre du
Cadran.
L'aiguille dorée avec un soleil ne fait qu'un tour par jour ;
l'aiguille épaisse en acier bleu tourne 10 fois par jour, et la
trotteuse fine fait 1000 tours par jour.
L'aiguille-soleil montre la position de l'astre du jour par
rapport au méridien de Paris, qui va du centre au chiffre 5.

�10 —
Les quatre traits bleus indiquent les positions de cette aiguille
à minuit en bas sur 0 ; — à tì h. du matin au milieu entre 2
et 3 ; — à midi, en haut, sur le 5 ; — à 6 h. du soir, entre 7
et 8.
L'aiguille dorée du soleil indique le chiffre des dizaines
de cés, 2 sur le dessin ; l'aiguille épaisse donne d'abord le
chiffre des cés, 6 sur le dessin, et en comptant rapidement à
l'œil le rang de la division entre 6 et 7, on voit, que cette aiguille marque 3 décicés. Le temps du dessin est donc 26,3
cés correspondant à 6 h 20 m. du matin environ. L'aiguille
trotteuse donne les millicés 83. Le temps est donc 26,383
cés.
» Pour la vie courante, on n'a pas besoin d'aller au delà du
clécicé. On lit les milticés pour les applications scientifiques
et sportives.
Le temps en millicés lu sur le cêmèire facilite tous les calculs, car on n'a jamais de réductions à faire.
Examinons le problème des vitesses a l'heure : Les millicés multipliés par 0,00024 donne des heures et fraction décimale d'heure. Ainsi Ì2345 millicés valent 12,345 -f- 24 =
2 h. 9628.
Par conséquent si L est la longueur parcourue et M le
temps en millicés, la vitesse est

ou t

+ 4166,66...

Ces quelques exemples démontrent que la montre décimale simplifie tous les calculs sans exception.
Les rapports de MM. les délégués officiels aux essais de
la montre décimale faits à Nice, par le Club Nautique, le 26
février 1911, concluent unanimement à la supériorité de cet
instrument pour les usages scientifiques et sportifs.
M. Prim, astronome à l'Observatoire de Nice, représen
tait M. le \iinistre de l'Instruction publique.
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JANVIE
P.
P.
D.
N.

Q,
L.
Q.
L.

lu 8, à 7
lu 14, à H
lu 22, à 7
lu 30, à 10

SOULÈU.

1
2
3
4
5
6
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30
31

—

oura
oura
oura
oura

FE BRIE
20
26
21
45

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L. 8 14' — C. 4 42'

dil. Jou de V An

P. Q.
P. L.
D. Q.
SOULÈU,

1
2
3
4
5
Lu Rei
6
Dim. S. Lucien
7
dil. S. Apoulinari
8
dim. S. Pèire
9
dim. S. Guiermo
10
dij S. Teodose
11
div. S. Arcada
12
dis. Sta Verònica
13
Dim. S. Ilari
14
dil. S. Maurici
15
dim. S. Ounourat
16
dim. S. Antoni
17
dij. Sta Angela
18
div. S. Sulpici
19
dis. S. Bastian
20
Dim. Sta Agnesa
21
dil. S. Vincènt
22
dim. S. Raymound
23
dim. Sta Jacinta
24
dij. Conv. de S. Pàu
25
div. S. Poulicarpa
26
dis. Sta Devota
27
Dim. Sta Paula
28
dil. S. Francès S.
29
dim.
dim.
dij.
div
dis.

S.
Sta
S.
S.

TRIMESÏRÍ;

Macari
Genevieva
Tita
Simeoun

dim. Sta Marfina
dim. S. Peire N.
En Janvié
Lou païsan n'a ren

lu 6, à 4 oura 28 s.
lu 13, à 11 oura 38 m.
lu 21, à 4 oura 44 ui.
- L. 7 49' - C. 5 30'

dij. S. Ignaci
div. La Candeliera
dis. S. Blasi
Dim. Setuagesima
dil. SS. Vinc.Oronte
dim Sta Agata
dim. Sta Dorotea
dij. S. Romuald
div. S. Jouan-Matha
dis. Sta Apoulounia
Dim. Sexagesima
dil. Sta Eulàlia
dim. S. Gregori
dim. Sta Eufrasia
dij. S. Onesime
div S. Dounat
dis. S. Simeoun
Dim. Quinquagesima
dil. S. Gabin
dim. Dimars-Gras
dim. Li Cendre
dij. S. Silvan
div. S. Maxime
dis. S. Pascase
Dim. Quadragesima
dil. S. Nestor
dim. S. Leandri
dim. Sta Nourina
dij. S. Nymphas

Plueia de febrié
A la terra vau fumiè.

ZDéSTU-S-bez

NICE

MARS
N. L.
P. Q.
P. L.
D. Q.
N. L.
SOULÈU

1
2
3
4
5
6
7
8
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il

12
13
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30
31

lu 1,
lu 8,
lu 15,
lu 23,
lu 30,
— L.

div.
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Dim.
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dim
dim.
dij.
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dis.

Dim.
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dim.
dim.
dij.
div.
dis.

Dim.

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L
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7

1 oura 31 m.
0 oura 02 m.
0 oura 59 m.
1 oura 26 m.
1 oura 38 s.
01' — C. 6 13

S. Eudoxia
S. Simplici
Reminisceri
Sta Cunegonda
S. Casimir
Sta Coleta
S. Jouan de D.
Qaatre-tèms
Sta Margarida C.
Ocali
S. Euloge
S. Gregori
Sta Eufrasia
Sta Matilda
S. Acepsima
Sta Gertruda
Lœtari
S. Apien
S. Jôusé
S. Joachin
S. Lea
S. Turibe
S. Armentari
La Passioun
Anounciada
S. Emanuèu
S. Jouan d'Egt,
S. Gountran
S. Eustase
S. Jouan C.
Lu Rampàu

Lou mes de mars
Es amar.

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lu
lu
lu
lu

SOULÈU.

1 dil.
2 dim.
3 dim.
4 dij.
5 div.
6 dis.
7 Dim.
8 dil.
9 dim.
10 dim.
11 dij.
12 div.
13 dis.
14 Dim.
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16 dim.
17 dim.
18 dij.
19 div.
20 dis.
21 Dim.
22 dil.
23 dim.
24 dim.
25 dij.
26 div.
27 dis.
28 Dim.
29 dil.
30 dim.

6 , à 6
13, à
3
21, à 7
28, à 11

—

oura
oura
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L. 6 06'

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55 in.
37 s.
31! s.
25 s.
C. 6 52'

S. Ugo
S. Franç. de P.
S. Richard
Dijàu Sant
Divèndre Sant
Dissata Sant
Pasca
S. Albert, ev.
S. Azada.
s. Isidoro
s. Leoun
s. Juli
s. Justin
Ouasimoi/ii
Sta Anastasia
S. Frutuous
S. Rodolfe
S. Maxime
S. Anselme
S. Teodoro
S. Adalbert
S. Fidèle
s. Jorgi
s. Marco
s. Clet
s. Antime
s. Aimé

s. Roubert
Sta Catarina d. S
SS. Philip. ,Jacq.

Pichouna plneia d'Abriéa
Bouona récolta pèr l'csliéu

Q.

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P. L.
D . Q.
N. L.
SOULÈU.

TRIMÍÎSTRÈ;

MAI

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lu 5,
2 oura
lu 13, a 7 oura
lu 21, à 10 oura
lu 28, à 7 oura
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14
10
23
24

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C. 7 29'

1 dim. SS. Félip. Jaq.
2 dij. S. Atanase
3 div. In.d.l. Sta Crous
4 dis. SS. Sindonis
5 Dim. S. Pio, papa
6 dil. S. Jouan D.
7&lt; dim. S. Peire
8 dim. s. Gregori N.
9 dij. s. Antounin
10 div. s. Isidoro
11 dis. s. Bounifaci
12 Dim. s. Jouan lou S.
13 dil. s. Pouon, m.
14 dim. s. Pacomo
15 dim. s. Sta Denisa
16 dij. Ascensioun
17 div. S. Pascaù
18 dis. S. Teodoto
19 Dim. s. Pèire C.
20 dil. s. Felis.
21 dim. s. Bernardini
22 dim. s. Julia
23 dij Rogaeioun
24 div. s. Vincen, d. L.
25 dis. S. Urbin
26 Dim. Pandecousta
27 dil. S. German
28 dim. S. Cirile
29 dim. Sta Petronïa
30 dij. S. Sylve
31 div. S. Justin
Au mes de mai
Longui semana

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P.
D.
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Q.
L.
Q.
L.

lu 3,
lu 11,
lu 19,
lu 26,

SOULÈU.

1
2
3
4
5
6

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9 Dim.
10 dil.
11 dim.
12 dim.
13 dij.
14 div.
15 dis.
16 Dim.
17 dil.
18 dim.
19 dim.
20 dij.
21 div.
22 dis.
23 Dim.
24 dil.
25 dim.
26 dim.
27 dij.
28 div.
29 dis.
30 Dim.

—

à 11 oura 4 s.
à 10 oura SI s.
à 9 oura 51 s.
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S. Lié
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Sta Margarida
S. Barnabe
S. Antoui de P.
S. Basilio
S. J.-F. Régis
S. Moudeste
S. Lambert
Sta Olga
S. Gervai
Sta Juliena F.
S. Louis de G.
S. Paulin
Sta Maria d'O.
S. Jouan-B.
S. Prousper
S. Alban
S. Cresen
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s. Pèire
s. Pàu
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lu 11, à 1 cura 53 s.
Il 19, a o oura 31 m.
lu 25, a 9 oura 12 s.
SDULÈU. - - L. 4 35' — C. 8 22'

1
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S. Thierry
Vierg.de li Gracia
S. Anatole
S. Pèire de L.
S. Sisoès
S. Elie
Sta Babeta
S. Efrein
Sta Felicita
S. Pio
S. Jouan G.
S. Gene
S. Jaque
Festa Naciounala
S. Enri
N.D.d.M. Carmel
Sta Marcelina
S. Frederic
S. Vincen de P.
Sta Margarida
S. Vi loiSta Maria-Mad.
S. Apoulinari
Sta Cristina
S. Jaque
Sta Anna
S. Pantaleoun
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Sta Marta
Sta Giulieta
S. Gnaci de L.

Au mes de Juliet
Ni frema ni coulé.

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I1. Q. lu 2, a 0 oura 29 m.
P. L. lu 10, a 3 oura 58 m.
D. Q. l»i 17, a 1 oura 1.1 s.
N. L. lu 21, a 5 oura 14 m.
IV Q. lu 31, &amp; 5 oura 21 s.
souLÈu, —1.5 or -j&gt;. 8 or

dij.
div.
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4 Dim.
5 dil.
6 dim.
7 dim
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9 div.
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Dim.
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Dim.
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dim.
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dis.

S. Pèire-aï LS. Alfonso
Inv. de S. Estève
S. Domenica
N. D. dei Nèu
Trausf. de J. C.
S. Gaétan
Sta Batilda
S. Camila d. L.
S. Là u ren
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Sta Clara
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S. Roc
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Sta Elena
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Sta Chantai
S. Pio V
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SBTÈMBRE
P. !.. lu 8, a' 4 oura 57
D. Q. lu 15, a 6 oura î&gt;l
N. L. Ju 22, a 3 oura 37
P. Q. lu 30. a 0 oura 08
SOULÈU. - - 1. 5 47V— c.

1
2
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30

Dim.
dil.
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d'un.
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dim.
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Dim.
dil.

S. Gili
S. Estève R.
Sta Eufemia
Sta Rosalia
S. Làuren J.
S. Pambon
S. Grat
Natiu, di' la V.
S. Oumer
S. Xicola
S. Félis
S. Veran
S. A nié
Es. (1. l.S. CtQUS
S. Nicomède
S. Conrneilla
S. Lanbert
S. Tournas V.
S. Janvié
S. Euslache
S. Matiéu
S. Maurici
Sta Tecla
S. Girar
S Firmen
S. Nil
S. iN'icandre
S. \\ inceslas
g. Miquèu
S. Jeromo

Lima setembrina
De mai clarina

MOT »

GRANDE MARQUE RECOMMANDÉE

s
:
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7'02'

�- '5 -

Qüa.TRIÍJMí)
OUTOUBRE
P.
D.
N.
P.

L.
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lu 8,
lu 15,
lu 22,
lu 30,

SOULÈU, — 1.

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oura 46 m,
oura 09m;
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ii

— c.

6 06*

TRIMESTRE

NOUVÈMBRE
P. L. lu
6,
D. Q. lu 43,
N. !.. lu 20,
Q.
lu 29,

r.

SOULÈU. - -

1.

a
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a
a

4 oura 48
8 oura 20
9 oura 49
2 oura 42
14'

—

c.

5 03'

1 dim. Rosari
1 div. Tout lu Sant
2 dim. S. ■ Léger
2 dis. Eu Mouorl
3 dij. S. Rosari
S. Ubert
4 div. s. Francès d'A. 43 Dim.
dil. S. Carlo B.
5 dis. s. Placido
5 dim. Sta Bertila
6 Dim. s. Bruno
6 dim S. Leounar
7 dil. s. Serge
dij. S. Nestou
/
8 dim. Sta Reparada
8 div. Lu Quatre Incou.
9 dim. S. Denis
9 dis. S. Teodore
10 dij. s. Francès B. 10
Dim. S. Jacintou
11 div. s. Tarasco
11 dil. S. Martin
12 dis. s. Counrad
12 dim. S. René
13 Dim. s. Edouard
13 dim. s. Stanislas
14 dil. s. Calisio
14 dij. S. Pantena
15 dim. Sta Teresa
15 div. Sta Gertruda
16 dim. S. Ospici
16 dis. S. Edme
dij.
17
Sta Edvija
17 Dim. S. Gregori
18 div. S. Luc
18 dil. S. Alfè
19 dis. S. Pèi re
19 dim. Sta Babeta
20 Dim. S. Agrico)
20 dim. S. Edmon
21 dil. Sta Ursula
21 dij. Présent, de la V.
22 dim. S. Filip
22 div. Sta Cecilia
23 dim. S. Teodoret
23 dis. S. Clemen
24 dij. s. Mairloire
25 div. ss. Crespin-Cr. 24 Dim. Sta Flora
26 dis. s. Jouan de K. 25 dil Sta Catarina
26 dim. Sta Pel fina
27 Dim. s. Frumence
27 dim. S. Maxime
28 dil. s. Alfredo
28 dij. S. Sostène
29 dim. s. Narcisse
29 div. s. Saturnin
30 dim. s. Marcel
30 dis. s. Andrièu
31 dij. s. Siri
En ùuloubre
\loii ponorc goûta loti rùare

Tonssan ientra
St A n'driéu lou souorte

« wmmm

DESÈMBRE

s.
m.
s.
ru.

JACK

P. L .
D. Q.
N. L.
P. Q.

lu 6,
lu 12,
lu 20,
lu 28,

SOULÈU, -

1
2
3
4
5
6

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Dim.
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dim.
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8 Dim.
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10 dim.
11 dim.
12 dij.
13 div.
14 dis.
15 Dim.
16 dil.
17 dim.
18 dim.
19 dij.
20 div.
21 dis.
22' Dim.
23 dil.
24 dim.
25 dim.
26 dij.
27 div.
28 dis.
29 Dim.
30 dil.
31 dim.

1.

a
a
a
a

3 oura
m.
6 oura 46 s.
4 our;i 40 s.
7 OUI;L 48 s.

7 54' — c.

A vent
Sta Bibiana
S. Francès X.
Sta Barba
S. Bassi
S. Nicola
S. Anbrosi
Imac. Conception
Sta Leoucadia
Sta Eulàlia
S. Damase
Sta Rosélina
Sta Lucia
S, Niçoise
S.
S.
Sta
S.
S.
S.
S.

Mesuiin
Adon
Olimpíada
Gatien
Ciprian
Filogone
Tournas

S. Onourat
Sta Vitòria
Cacha-fuec
Calèna
S. Estève
S. Jouan
SS. Inoucent
Sta Eleonora
S. Sabîn
S. Sàuvestre

Calena aufuec,
Pasca àu j'aèc.

sin -

GRANDE MARQUE RECOMMANDÉE

4 35

�- i6-

�- 17

-I

CROUNICA NIÇARDA
L'ABADÏA DE SAN POUON.— L'ABAT RANCE-BOURREY.
GLOFFREDO.

—

—

PÈIRE

A PREPAU DOU DIALETE NIÇART.

Ben qne pareissènt tardié, VArmanac Niçart s'empressa de
pourtà la siéu febla vous su tout cen que enteressa lou païs, sigue
au pounch de vista istoria loucala, pouesia, tradicioun, sigue
tamben su la taquinanta questioun dóu dialete niçart souvenri
fès pauvada e su la quala lu escritour mouderne soun luen d'estre
d'acordi.
Parlerai finda de M. l'Abat Rance-Bourrey, un beneditin qne
despi quauque an en ça mete à prouflt la siéu erudiciou n a nen
revelà de fach d'istoria inedieh. Se quauqu'un mérita d'estre
laudat es ben éu ; es en éu que VArmanac Niçart tressa la
pamoula de sapiença. En esprimant la nouostra recounouissença,
à l'Abat Rance-Bourrey, fen cen que touplen an denembrat,
vouoli dire de courounà lu siéu travail, frucha de ben de recerca,
dai quali obra sian fier d'avé prestat la prima ajuda. Pouden cità :
lou Discours sur le Monastère de Sainte-Claire de Nice, par Honoré
Pastorelli, publié d'après l'édition originale de Turin 1608, avec
une introduction et des notes ; — "Le Général J.-B.-M. D'Anselme" (Notices biographiques (1740-1792). E aquest'an
l'istorien nen douna — toujou de prima man — YExpulsion de
Mgr Valperga, evesque de Niça, au tèms de la Revoulucioun,
travail anoutat de peça curiouvi que sian urous de pouder metre
souta lu uès dei nouostre letour.
*
* *
Lou fach de l'annada, lou mai marcant, es estat aquéu de
l'Abadïa de San Pouon. Parlon de tout destruge pèr li basti an
siéu luec un espitau Pasteur... UArmanac Niçart es pas Penemic
dóu prougrès, ni men encara dei Bei-Art, ma si fa lou pious dever
de jougne lu siéu esfouors en aquelu dei siéu councitadin quo
l'istoria dóu passat passiouna, pèr que l'Abadïa de San Pouon
sigue counservada e classada couma mounumen istorique. En la
circonstança feliciti M. l'Abat Rance-Bourrey que mé rasoun s'e.s
demoustrat l'ardènt defensour autourisat que counouissen. La
siéu paràula es estada escoutada e lou Préfet de li Alpa-Maritima,
8

'

�— i8 M. de Joly — respetuous dei nouostri tradicioun — en ortie
avertit a proumès que l'Abadïa de San Pouon seria respetada e de
lèu si crusià pèr lou siéu classamen tra lu mounumen istorique.
Dóu resta vequi ce que l'Abat Rance Bourrey nen di su San
JPouon. Counsignen religiousamen li siéu paràula :
« L'Abbaye de Saint-Pons est le plus ancien monument relitgieux existant dans le Comté de Nice. Il y a dou^e cents ans que
sSiagrius y fonda un monastère. L'histoire de ce monastère est
jintimement liée à l'histoire religieuse, civile et économique de la
iville de Nice.
;
« Ce fut à Saint-Pons qu'en 1388 fut'signé l'acte réunissant
le Comté de Nice au Comté de Savoie. Les abbés de Saint Pons
ifurent pris dans les principales familles du Comté : les Badat, les
tLaugery, les Provana, les Lascaris, les Grimaldi, les Martelli, les
;Tournefort, etc. Plusieurs évêques de Nice furent abbés de Saint[Pons, en particulier Barthélémy Chuet (fin du xve siècle) et Jean
, Uriole, son successeur. Un autre abbé, Claude de Seyselle, fut
,évêque de Marseille, puis archevêque de Turin ; d'autres furent
cardinaux, tels Innocent Cibo, neveu d'Innocent VIII et de
f
;Léon X, et Paul Medeci de Cesis dont on voit encore l'inscription
(funéraire à Sainte-Marie-Majeure, à Rome.
:
« A la fin du xvir siècle, l'abbé de Saint-Pons était Pierre
•Gioffredo, le savant historien niçois. Enfin, un abbé de SaintiPons dont les Niçois n'ont pas encore perdu le souvenir, était
(l'abbé Spitalieri de Cessole qui a doté sa ville natale d'un établissement de bienfaisance si justement apprécié. La plupart des
pbbès de Saint-Pons et plusieurs évêques de Nice ont été enterrés
dans l'église ou sous le cloître et dorment aujourd'hui confondus
avec les moines leurs frères qui depuis dix siècles y sont enterrés.
« Les monuments funéraires ont disparu. Le temps a tout
(nivelé à Saint-Pons, singulièrement aidé cependant par la main
ides hommes. On connaît les dévastations commises par
Iroupes de François Ier et de Barberousse, plus tard par celles d
Catinat et par d'autres encore. Après chaque désastre, SaintPons a retrouvé une nouvelle vitalité et il y a à peine trois quarts
de siècle que Mgr Galvano y a fait d'importantes réparations.
;
« Saint-Pons n'est pas seulement une page de l'histoire de
notre pays, c'est un gros volume de cette histoire ; les Niçois
laisseront-ils dire qu'ils sont restés indifférents devant le danger
qui menace Saint-Pons ? Non, ils feront tous leurs efforts pour

�— 19 -

sauver de la destruction un monument qui doit leur être cher...
Je demande d'urgence le classement de l'Abbaye de Saint-Pons,
c'est-à-dire de l'Eglise et des bâtiments claustraux, comme monument historique. »
Lou councours de YArmanac Niçart es aquist. Emé fiertà e
au près de touplen de sacrifici faren respetà l'istoria dóu passat,
la lenga e lu escrich dei orne qu'an ilustrat lou nouostre bèu
pais.
*
* *
Despi quauque tèms, — maladia que reven per intermitença,
— la gran questioun de la grafia niçarda, de l'ourtougrafa, es
messa su lou tapis. De letra soun estadi publicadi, d'autri lou seran, e cresi qu'après ben de charra pèr dire pas gran cauva de
nóu, quasi dirii pèr predicà dintre lou Desert, noun restera
d'aquela discussioun, — Favén déjà coustatat, — pas gran cauva,
ren!... Cadun escrèu à la siéu moda seloun l'esprit dóu moumen,
e serii ben curious de counouisse aquéu que vendria nen dità
une metoda en nen dïen : « la mièu maniera d'escrièure lou
Niçart es la bouona». Discussioun scientifica que pòu passiounà
quauque lenguista, pas mai ; lou mihou es d'escrèure seloun li
letra ditadi pèr la prounouncia. Lou talènt pèr aquéu qu'escrèu
es de si laissà liège, de si faire acapi. Es qu'en en un entan que
frecuenta l'escola primària poudès li demandà autra cauva ?...
Perta de tèms que tout acò, vourria mai s'engenià à recercà lu
viei mot, espressioun, loucucioun courenti que la pous dóu tèms
a rabaïat, dounà au nouostre bèu dialete la coulou que dèu avè,
en respetant lu emprunt que pouden avè fach sigue à l'Italian, à
l'Espagnòu o à tout autre...
Un dialète noun dèu pas estre une lenga scientifica, encara
m en noun còu avè la pretencioun que sigue ouficiela, seria temerari ; lou dialete d'un païs dèu refletà lou caratere d'un'epoca que
lou tèms dèu respetà, enfin escrèure gramaticalamen, un noun
empedisse l'autre, e laissà à l'esprit, au goust lou coumplemen
d'un stile ouriginal, en de frasa councisi que flaton i'auriha.
Aquí fermi la discussioun, risqui de perdre la civada... l'an
que ven, se Diéu mi presta vida, v'en dirai d'autri e couma
d'usança que mi sigue permès de la vous souvetà : Bouona e
uroûva !
L'ARMANAC

NIÇART.

�20 —

LA CIGALA DOU BOUON DIEU
Una cigala dóu Bouon Dieu
Tout l'estiéu
E l'iver en la chambreta, —
L'aiguesias vista la lebreta ! —
Noun vivïa que d'amour
S'assetava su l'ounour;
La cigala cantarela,
Vau chanja de clientela,
Noun es courta d'amatour,
Que li viron tout au tour !
Ma l'ancien de la cigala,
De gros mot ven que s'embala ;
En l'auriha de la maire
Li ven tout aquéu bousin,
Que deja toui lu vesin
Sabon lou long de l'afaire
— Cenqu'as fach m'au tiéu tip ?
Di la maire enrabiada...
Bella Vierge encourounada !
Sera au mancou m'un bouon rie!!...
CH. CIAUDO

PROUVERBI, BOUOI MOT, COUNSÉU E DICH
Tèms d'iver noun ti fidar.
Lu màu dei enfan si garisson soulet.
Cau naisse pèr estre bèu, si maridar pèr estre rie, e mouri
pèr estre brave.
Per aver de raïn, eau caressar la souca.
Agnèu naissut
Vau un escut.
Dansa mihou ventre plen que rauba nova.
L'oumbra dou mèstre engraissa lou cavau.

�LOU MAGOT DE BERTOUMIÉU ISSUGA
O BEN

UNA RAISSADA DE MACAROUN
Conte menloanasqae trouvât dintre d'un armori
de ma nana e que /'Armanac Niçart es tirons de
transcrièure en niçart à Ventencioun dei sièu
fidèle lotour et lelrissa.

Bertoumiéu Issuga, mentounasque de viéia roca, abitava en
coumpagnia de sa mouhié, en carriera dóu Paumoulié. La siéu
frema, malurousamen, era sirnplaria e faia lou siéu desespoir.
Cada matin Bertoumiéu, avant de s'en anà au travail, li recoumandava de noun faire de bestialità. Cou vous dire que toui lu
dissata lou nouostre ome metia en un'armari pertuat dintre la
muraia lou gagne de la semana.
— Bertoumiéu ! pèr qu seria tout aquel argen, demandava
Marioun au siéu marit.
— Es pèr Madjou-long, castagnassa !
*
* *
Un jou Bertoumiéu partet pèr anar à la siéu campagna ;
devia même li restar doui ó très jou pèr souïnar e arousar lu
citrouniè. Marioun souleta matin e sera, s'assetava su lou banquet de la pouorta e faïa de bas... Un predinà veguet un ome
de statura mai que mejana, couma si di, un gran carcan. La
frema de Bertoumiéu lou fissa sensa parpelear, pi pihada d'un'
idea, li diguet :
— Moun bèu Moussu, sias bessai vous Madjou-long ?
Lou merlo pita e noun s'en laissa dire autre, léu li
respouonde :
— Noun vous troumpas pas, bella bruneta, sièu ièu Madjoulong !... Ma perqué mi faire tala demanda ?
Perqué ?... dou moumen que sias Madjou-long, intras su lou
cóu. Li a ja pas mau de tèms que moun marit a mes d'argen
amagat pèr vous...
E sensa mai de ceremounia li remeté lou mandiou dintre lou
quai lu sóu eron groupât. L'ome remercia e la s'esbigna lèu.
♦

* *

�Lou sera, Bertoumiéu arriva, la sièu mouhié li di.
— Sabes, ai vist ancuei Madjou-long !
E l'ome de cridar :
— Malurousa ! — m'en a fach encara una 1
Courre à l'armari, lou mandiou e Pargen, mouis !... Issuga
blastema pica dai pen, es décidât de si desiaire de la siéu frema
Lendeman, dóu téms qu'aissesta durmïa, li cuerbe lu uès emé de
pega de sabatié, pi la pihant pèr la man, la mena dapé dóu CapMartin. Arrivât aqui, Bertoumiéu fa mountar Marioun su d'un
nouguié el'abandouna. La paura, bòrnia, noun sabia doun si
trouvava, ni men encara ce que poudia faire.
En aquéu fra-tèms doui voulur venon s'assetar souta
l'aubre ; après aver abrat quauqui branca sequi pèr s'escaufar, pi
si meton à cuentar lou siéu argen.
La calou faguet delegar la pega que curbia Puès destre de
Marioun e aissesta de cridar :
— E d'un !
Lu voulur, d'estuc, s'isson d'emblée.
— Qu'es acó, diguet l'un.
— Un matagan, faguet l'autre.
La calou seguia á faire lou siéu efet pau à pau durbia Puei
senec.
— E de douî, diguet Marioun.
Dóu cou lu voulur escapon, laissant Pargen espantegat soubre
Perba.
Marioun coumença à li veire clar, cala da l'aubre e ramassa
Pargen, pi lèu s'en camina vers maïoun...
Lou sièu marit, pensierons, era assetat dapè dóu fuec, s'escaufant, fumant la sièu pipeta emé beatituda...
— Bertoumiéu !... o Bertoumiéu !... duerbe-mi, siéu iéu,
Marioun...
— Vai au diàu que ti pihe... ièu que cresii de m'en estre
despegouït...
Ma Marioun, toujou picava, un cóu noun asperava l'autre...
L'ome fenisse per li durbi...
— Ten ! regarda cen que ti pouorti.. . e Marioun pauva lou
sac su lou toulié. ..
Bertoumiéu, entartugat, cuenta Pargen e réfléchisse ; — Marioun es simplaria e deman la vila saupra Pistoria de la fouré . ..
Cóu que Bertoumiéu si dispegouïsse pèr empedi li marridi lenga
de bavar...

�— 23 —
Si mete la vesta, lou capèu e souorte fermant la pouorta i..
Faïa nuech dintre la carriera, ma sensa pena s'encamina
vers una boutiga e croumpa pèr mai de dès kilo de macaroun...
Ientra au sièu e di à la sièu mouhié de si metre au liech.
En tant que Marioun durmïa, Bertoumiéu fa bui lu macaroun, pi lu espantega su lu aubre dóu jardin... Lendeman de
matin la siéu frema, desveiada, si mete à la fenestra...
— O ! Bertoumiéu ! Bertoumiéu ! Vene un póu veire!... O
trest ! vè, a plougut de macaroun !...
— O vai fantauma !... n'as toujou una. .. Ten ! ten !... ma
es ver !...
*
* *

A quauque tèms en ça, Bertoumiéu l'avia previst, Marioun
countet à toui que lou siéu ome noun li picava plus, despi lou
jou qu'ela li avia pourtat de sac plen d'escut...
Lou juge aiguent audit parlar de l'afaire, mandet sounar
Bertoumiéu devant lou tribunal ; la siéu mouhié era estada
citada couma testemoni.
Lou juge. — Bertoumiéu, sias acusat d'aver gardât d'argen
que noun era vouostre.
— Iéu !... Ma moussu lou juge, lou negui ; sièu couma
sabès un travaiadou.. .
E Marioun de dire.
— Noun negar, Bertoumiéu, sabés ben qu'es ver ; es iéu en
persouna que t'ai pourtat la mouneda, qu'avii trouvât en la
fouré.. .
Lou juge. — Anas brave ome, noun negués.. .
— E quoura lou m'as pourtat ?... — Vous juri, Moussu lou
juge, que la miéu frema es fouola !...
— E lou sabes ben, Bertoumiéu, es lou jou que plouguet tant
de macaroun !
— Moussu lou juge aves jamai vist ploure de macaroun ?...
— Jamai ! moun beL amic respoundet lou juge que si tenia
lou ventre dóu rire — Amie, vèu que la vouostra frema es
fouola. .. sias aquitat !...
Bertoumiéu si retira emé Marioun... Noun aigueron plus
de disputa e vieugueron, pareisse urous e pèr longtèms !...
J. E.

�CANSOUN ANCIENNA

PÈR LOU

N'aurias pas vist la miêu fiha
Trin-trin
Lou galerin
A'aurias pas vist la miêu Jiha
Trois-wtrois
Le fils du roi
L'ai vista e l'ai baïada
Trin-trin
Lou Galerin
L'ai vista e l'ai baïda
Trois-trois
Le fils du roi.
Douna-mi la miêu fiha
Trin-trin
Lou galerin
Douna-mi la miêu fiha
Trois-trois
Le fils du roi.
Es aqnela la vouostra fiha
Trin-trin
Lou galerin
Es aqaela la vouostra fiha
Trois-trois
Le fils du roi.
La miêu fiha era pas lernia
Trin-trin
Lou galerin
La miêu fiha era pas lernia
Trois-trois
Le fils du roi
La miêu fiha era pas lua
Trin-trin
Lou galerin
La miêu fiha era pas lua
Trois trois
Le fils du roi.
N'es ni guercia ni poutinouva
Trin-trin
Lou galerin
N es ni guercia ni poutinouva
Trois-trois
Le fils du rois.

MAI

�La miéu fiha n'es pas borni a
Trin-trin
Lou galerin
La miêu fiha n'es pas bornia
Trois-trois
Le fils du roi.
Noun faïa pas belugueta
Trin-trin
Lou galerin;
Nonn faïa pas belugueta
Trois-trois
Le fils du roi.
La miêu fiha n'es pas emberrida
Trin-trin
Lou galerin
La miêu fiha n'es pas emberrida
Trois-trois
Le fils du roi.
La m iéu fiha n'es pas pigada
Trin-trin
Lou galerin
La miêu fiha n'es pas pigada
Trois- trois
Le fils du roi.
La miéu fiha noun es pas ranga
Trin-trin
Lou galerin
La miéu fiha noun es pas ranga
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha noun es pas louorla
Trin-trin
Lou galerin
La miéu fiha noun es pas touorta
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha n'es pas crouoada
Trin-trin
Lou galerin
La miéu fiha n'es pas croavada
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha n'es pas gibouva
Trin-trin
Lou galerin
La miéu fia n'es pas gibouva

�— 26 —
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha noun es foularana
Trin-trin
Lou galerin
La miéu fiha noun es foularana
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha n'es pas ingourda
Trin-trin
Lou galerin
La miéu fiha n'es pas ingourda
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha a pas lou peu de pi g nu
Trin trin
Lou galerin
La miéu fiha a pas lou peu de pig nu
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha noun es narvelouua
Trin- trin
Lou qalerin
La miéu ûha noun es narveloiwa
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha noun a la rougna
Trin-trin
Lou galerin
La miéu fiha noun a la rougna
Trois trois
Le fils du roi.
XXX.

PROUVERB1, BOUOI MOT, COUNSÈU E DICH
Qu duerme ben noun cregne li niera.
Qu vè pissar e noun pissa, crêpa de malícia.-'
Qu douna soun ben avan de mouri
Mérita de pati.
L'amour es lou paradis dei fouol.
L'amour es .la flou de la jouinessa.

�LA MOUORT DAU PAURE TOUNIN

Lou paure Tounin, malàut a setant'an, si presenta à l'espitàu
ma li respouondon que li a plus de plaça.
— Coumplet ! ! !
Quauqu'un li fa capi qu'em'un pau de proutecioun li pourria
intrar. Countrariat dei pas que cóu faire, Tounin vira lu taloun e
s'encamina vers la plaça Massena, piha lou tram, si rende da
Graugnard, à l'espitàu dei can, e li di :
— Moussu lou Veterinari, cresi d'estre un pau mai qu'un
can ?... En aquéu cas souîna-mi...
— Vous souînar aici, ma brav'ome perdés la testa. — Basta,
li di que n'a pas de liech pèrcourcar un crestian, que noun douna
de souin qu'ai bestia !...
Tounin, couma pensas, s'en souorte m'au couor gros e noun
sau plus à que sant si recoumandar. Era aqui au mitan dóu
camin, quoura en aquéu moumen arriba un landau, doun cala
una grossa dama, encapelada, aurias dich un ver foungi, segada
d'un varlet que pourtava religiousamen un can enfeloupat emé de
favour rosa au couol, tapat d'un tapis em'ai iniciala. En veèn
aquéu tablèu lou paure Tounin si lamenta, sangluta fouort.
— Qu'avès lou miéu brav'ome, li di la dama.
— Cen qu'ai Madama ?... trovi que lou vouostre can a mai
de chança que iéu. Li a cinquant-cinq an que travaii, pèr la premiera fès que siéu malàut, noun soulamen mi refuson à l'espitàu
dei estre uman, ma encara mi vèu picar la pouorta au nas èn
aquéu dai can.
— Quevoulès, lou miéu paur'ome, ai fach un vout de mimetre
à la Soucietà Proutetriça dei Animau, de pourtar touti li miéu
ecounoumia à la Caissa de secours pèr soulajar lou sort dei bestia.
Lou fau talamen ben, que vouguessi ben vous dounar un sóu
que pourii pas.
La dama li vira l'esquina e ientra couma un coupa-cisèu da
Graugnard. Tounin roumougna :
— Se ti veguessi en un cantoun ti dounerii mancou un gotou
d'aïga !... vièia sansuga !...
Tounin estrassinat, deble s'alonga un pau plus en là, su d'un
mouloun de peira. Quauqui oura après, couma soufrisia, n'ai-

�guènt ren en l'estomegue depi l'auba, coumençava d'aver lou
rangouioun, quoura passet un canipiè que li diguet :
— Que fès aquí, brav'ome ?
— Couma veès siéu aqui pèr tirar lu patoun. M'an refusat â
l'espitàu, même en aquéu dai can, noun mi resta que de mouri
su d'un mouioun de peira. — Avès un carnet su lou quai enregistras lu fach dóu jou, farias ben de li aloungar lou miéu testamen que poudès mentuar couma acô :
— « Bouon Diéu, se mi fes passar encara une fes sur la terra,
fe-mi naisse can au mancou, li aura une Soucietà Proutetriça dei
Animau que si crusira de iéu e pourrai estre amès en un espitau,
estre souïnat, faire bouona vida, menar une vida de can... »
ANT. ROLAND.

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VIGNE
A M. VALÉRE BERNARD.

Dans le ciel doux la Vigne ètreint les pals de buis.
Sous le pampre le merle alourdi des falernes
Tourne son col gris vair et ses paupières lemes
Qu'argenté la blancheur des immuables nuits.
O / fraîcheur, 6 beauté des Igs et des iris,
Que la Vierge éblouie avec les marjolaines
Cueille le soir venu aux vasques des fontaines
Pour colorer en fête, au crépuscule, l'Euis.
Narcisses, ébeniers, œillet et sensitive
Ah ! Versez en mon âme attiédie et pensive
L'orgueil qui souleva les clairs olympiens.
L'amour qui rafraîchit les Madones pieuses
Et qui vêt de clarté les snls athéniens
Et les ravissements des époques heureuses.
JEAN

PADOVANI.

Quauque souvèt :
Vous souveti la bouona annada.
Que siegue mihau que la passada.
Vous souveti la bouona annada acoumpagnada de touplcn
d'autri.

�Eglises et Chapelles de Nice
La vieille ville de Nice se trouvant sur la rive gauche du
Paillon, pour parler de ses églises, nous commencerons par son
église cathédrale, Sainte-Réparate, vierge et martyre, de celles du
canton Est, et en traversant la rive droite nous nous occuperons des paroisses du canton Ouest.
I. — L'Eglise Cathédrale du Diocèse de Nice est la paroisse
de Sainte Réparate, vierge et martyre, sous l'empereur Decius en
253. Sa fête est le 8 octobre. Cette église est au centre de la vieille
ville (8.500 âmes), Avant 1531 la Cathédrale était près du Donjon, plateau de Nice, et dénommée : Sancta Maria in platea,
dédiée à N. D. de l'Assomption. L'édifice actuel, dans son genre,
ressemble beaucoup à Saint Pierre de Rome, au Vatican. C'était
auparavant une simple église paroissiale
desservie par
les Bénédictins du Monastère de Saint-Pons, près Nice.
Dans son ressort se trouvent l'ancienne église de Saint
Jaume (Saint Jacques apôtre), jadis des P.P. Carmes, fermée
depuis 1903. Après le transfert du titre de paroisse à l'église de
Saint Juste, évèquc, au Gesu, elle fut placée sous la vocable de l'Annonciation de la Sainte Vierge, ainsi que la belle Eglise de la
Miséricorde, sur le Cours Saleya, jadis de Saint Gaétan, fondée
e
par les P.P. Theatins au XVIII siècle et cédée à la noble
confrérie des Pénitents Noirs.
La Cathédrale de Nice, paroisse Sainte-Réparate de nos jours,
fut comme l'ancienne au Donjon du Château {Sancta Maria in
platea), le théâtre de plusieurs f lits historiques mémorables dans
les annales de l'histoire de Nice.
II. — L'Eglise de Saint Jacques, an Gesû, dès son érection
en 1612, dédiée à Saint Juste, évêque. Sa fête est le 2 septembre.
En 1665 fut érigée en paroisse sous le titre de Saint Jacques le
Majeur, remplaçant la paroisse de Saint Jaume. On l'appelle
vulgairement le Gesù à cause qu'elle a été fondée et administrée
par les P.P. de la Compagnie de Jésus.
Appartiennent à cette paroisse les deux chapelles des confréries des Pénitents Blancs, la Sainte Croix, — confrérie la

�óo —
plus ancienne de Nice, — et des Pénitents Rouges, Saint Suaire
et de la Sainte Trinité ; l'Eglise du Couvent de là Visitation,
la chapelle de l'ancien séminaire, à la montée du Château, et
jadis l'Hospice franciscain avec chapelle de Saint Joseph des
P.P. Recollets de Cimiez, convertie en maison particulière.
L'Eglise du Gesù est d'ordre corinthien composite, cons truite sur le modèle de l'Eglise des Jésuites de Turin, dite
vulgairement les Saints Martyrs. ( 10.000 âmes).
A l'extrémité de la rue du Malonat, aux racines de l'ancien
château, on voit un oratoire à la Sainte Vierge Marie, sous le
titre de N. D. du Bon Secours. Les habitants de ce quartier érigèrent cet oratoire en l'honneur de la sainte Vierge, en reconnaissance du choléra en 1854.
III. — L'Eglise paroissiale de Saint Martin Evéque dite de
Saint-Augustin est la plus ancienne, elle fut bâtie sur l'emplacement de l'ancienne chapelle de Saint Martin (1205) et appelée
Saint-Augustin parce qu'elle était desservie par les Augustiniens
dont le couvent a été transformé en caserne. (Caserne Filley, près
l'ancienne chapelle Sincaire).
IV. — L'Eglise de Saint-Francois-de-Paule a été édifiée en
1736 d'après le plan de l'architecte
Guarini. En 1838
elle fut érigée en paroisse par décret de Mgr Galvano et appelée
aussi Saint-Dominique en souvenir de l'ancienne église paroissiale
de ce nom qui s'élevait sur la place Saint-Dominique aux lieux et
place de l'actuel Palais de Justice.
V*— L'Eglise du Port ou de l'Immaculée Conception. D'humble
origine. D'abord ce fut une fort modeste chapelle (1835), transformée agrandie par Mgr Galvano, et l'avocat théologue L. Mari
fut son premier curé..
VI. — L'Eglise Saint-Joseph nouvelle paroisse depuis 1911 la
première pierre fut posée le 19 mars 1911, bénie le 29 octobre et
ouverte au public le Ier novembre 1911 sous le patronage de Mgr
Chapon et dirigée par les soins de M. l'abbé Gabrielli.
A cette paroisse appartiennent la chapelle succursale de Saint
Joseph contigüe à l'Evêché, et la chapelle de Notre-Dame des
Anges sur l'ancienne route de Villefranche.
VIL — Saint-Roch. Cette église paroissiale dans la banlieue
de Nice fut érigée après la peste de r68r. Nice fut délivrée de ce
fléau par l'intercession de saint Roch, confesseur, né et mort à

�- Si Montpellier. La paroisse est divisée en deux quartiers, Roquebillière
inférieure et Roquebillière supérieure, jusqu'à la chapelle de NotreDame de Bon Voyage.
VIII. — Rive droite du Paillon, intra muros, se dresse Notre Dame du Vau, paroisse Saint-Jean-Baptiste, qui remplace l'an
cienne église du même nom devenue chapelle inférieure du Lycée.
Cette belle église, vœu delà ville de Nice en 1835, mt érigée en
1842 et terminée en 1852 par Mgr Galvano, évêque de Nice.
La façade ressemble à celle élevée à Turin en l'honneur du retour
du roi dans les états Sardes en 1814.
IX. — Saiiit-Pierre-d' Aréna remplace une chapelle située à la
Croix de Marbre. Elle fut érigée en paroisse en 1803 par Mgr
Colonna d'Istria. Elle doit son nom à ce fait, c'est que lors de sa
fondation elle se trouvait sur le rivage de la mer séparée par une
bordure de sable fin.
X. — Une ancienne chapelle de Sainte-Hélêne-l'Inspiratrice
existait dans ces parages. Elle fut remplacée en face la mer par
une église sous l'épiscopat de Mgr Recrosio (1727).
Six paroisses « extra muros » dépendent de la commune de
Nice.
Sainte-Marie Magdeleine, sise dans le vallon de Magnan, édifiée sur l'emplacement d'une chapelle de même nom, érigée en
1626 et dite vulgairement chapelle « dei cassaire » à cause du
grand nombre de chasseurs. Après le concordat de 1803 sous
l'épiscopat de Mgr Colonna d'Istria, ce quartier qui depuis 1771
dépendait pour le spirituel de la cathédrale fut érigé en paroisse.
Il existe encore aujourd'hui une chapelle de Notre-Dame du Bon
Conseil changée en demeure particulière . Bientôt le besoin de
la population augmentant, une église sera bâtie à la cité Robiony
par les soins du curé actuel de la Madeleine.
Plus à l'est de la ville, toujours dans le canton ouest ce
l'Arquet, se dresse la paroisse de l'Ariane dédiée primitivement à
saint Arnoux, évêque et à saint Pierre, apôtre. Elle fut érigée en
paroisse en 1809 sous l'épiscopat de Mgr Colonna d Istria. Dans
son ressort se trouve l'ancienne chapelle nécropole de l'Abbadie
fondée en 1635 en l'honneur de sainte Claire pour le besoin spirituel de 450 à 500 habitants qui appartiennent aux communes
de Nice, Cantaron Saint-André. Localité d'avenii et à laquelle
le chemin de fer Nice-Coni donnera une valeur stratégique.

�— 32 —
Gairaut avait au moyen-âge une chapelle de secours desservie
par les religieux chevaliers de l'ordre du temple au début, et par
la suite de Rhodes et de Malte. Sous l'épiscopat de Mgr François
Rosini de Martinengo la chapelle fut érigée en église paroissiale
sous le vocable de saint Sauveur o*u de la transfiguration du
Rédempteur.
Dès 1730 les P. Dominicains de Nice fondent à Saint Pancrace un sanatorium pour religieux martyrs avec chapelle en
l'honneur de Saint Pancrace martyr. Cette chapelle est érigée en
paroisse en 1848 par Mgr Galvano.
Sur le couchant de Saint-Pancrace on trouve la paroisse de
saint Roman . martyr ; l'ancienne chapelle fut érigée en paroisse
ainsi que celle de saint-Antoine de Ginestière en 1803 sous Mgr
Colonna d'Istria.
VALENT IN.

NOU VÉ
Tu Çatarina fai lou pan.
Mdumen de jota, d'alegressa,
Fes audi da toui lu couor :
Lu ange canton l'alegressa,
Fuges l'infer, Juges la mouorl.
Chntou !
L'aarika sabla, li a quaucaren aici vesin,
Sembla que senti li joia d'un festin ;
Audi lu tambourin de laen,
Lu Jlajoulet e li musela,
Lu pastre van à Bethelen
Laisson la cabana soaleta ;
Santo nuech, venes aléa nen ralegrà,
Pourtas à toui la pax et la tranquilità !
Tu Catarina fai lou pan,
Manda Lucrecia au safran,
Despende aléa lou lauvaniè,
Chapla la blea su lou taatié ;
Crala de froumai e roumpe d'iiu
E fai la iourta couma fou,
Ché n'aiguen toui en aboundança (bis)
Santa nuech, venes alèu nen ralegrà,
Pourtas à toui la pa.x e la tranquilità .'
En tant faguen etnb'au vesin
t ua santépér lou Bambin,
Toucan lou gotou de bouon vin,
Ernb'aa vesin pér lou Bambin
Ti-ri-tin-tin ! -tinTi-ri tin !

�— 3Î —

L'Expulsion de Mgr Valperga
fEN SEPTEMBRE

1792)

Le 12 octobre 1780 h population de Nice se pressait aux
abords de la porte Pairoliëre pour y recevoir en grandes pompes
le nouvel évêque Charles-Eugène Valperga di Maglione. Ce
prélat avait couché la veille selon l'usage antique à l'abbaye de
Saint-Pons et devait faire ce jour là son entrée solennelle dans
sa ville épiscopale.
Le cérémonial imposant avec lequel on avait reçu jusqu'alors
les évêques fut encore cette fois observé. L'accueil de la population entière fut des plus chaleureux au rapport de Pierre Scaliero
qui en fut témoin (1). Le nouvel évêque, qui remplaçait Monseigneur Astésan nommé archevêque d'Oristano en Sardaigne,
appartenait à une famille de vieille noblesse dont plusieurs membres avaient exercé, à Nice, des fonctions importantes (2). Il
(1) Voir aux Archives municipales le récit détaillé que ce chroniqueur en a laissé dans ses Mémoires. Pierre Scaliero mourut en 1805.
(2) Jacques Valperga, conseiller ducal, fut lieutenant du gouverneur de Nice en 1454 ; Thoma5 Valperga fut gouverneur du château de Nice en 1565 ; Jean Valperga fut également gouverneur de
Nice en 1596 ; Jérôme Valperga fut commandeur du château de
Nice en 1600 ; Pierre Valperga, frère de Jacques Valperga, était
chevalier de Malte (Arch. municipales, registre des gouverneurs,
commandants et chevaliers de Malte) ; Anne Valperga, fille dAmédée
Valperga, épousa, le commandeur de Malte Jean-Paul Lascaris.
(Voir son testament daté de 1683, arch. des Alpes-Maritimes,
registre B, 297.) Joseph Ignace de Valperga reçut de son oncle, Emmanuel Philibert Chiotera, mie partie du fief de Couaraze dont il fut
investi le 20 février 1753. Son fils, Vincent, céda ses droits à H. Novelli. Jérôme Valperga fut sénateur à Nice de 1761 à 1765, puis
ministre plénipotentiaire de Sardaigne à Gênes en 1780 ; plus tard
il fut ministre etsecrétaire d'Etat, ce dernier était le frère de l'évêque
de Nice et fils du comte François Valperga qui vivait encore en
1795Ees armoiries des Valperga étaient fascé d'or et de gueules, à
la plante de chanvre déracinée, d'argent et brochant. Le cimier
était un bouc naissant au naturel et la devise : « Ferme-toy ».
Nous reproduisons les armoiries de Monseigneur Valperga d'après celles qui se trouvent en tête du catéchisme édité par ses ordres
et dont nous devons le dessin à l'obligeance de M. Joseph Casai
(Extrait de 1' « Armoriai Artistique et Nrbiüaire », Ni.e, 1902.
3

�- 34était directeur du collège des Provinces à Turin, lorsque le roi
de Sardaigne le désigna, pour l'évêché de Nice. Il avait été sacré à
Rome où il avait fait ses études. Monseigneur Valperga se distingua immédiatement par sa vigilance et son activité : il releva
le niveau intellectuel et moral des prêtres de son diocèse et s'attacha à mettre en toutes choses la plus grande régularité. Dix-huit
mois après son installation, il publia un nouveau catéchisme
dont le plan avait été préparé par son prédécesseur ^i). Grâce à

ses relations cordiales avec la eour de Turin, il jouissait auprès
des autorités civiles de Nice d'une grande influence. Après douze
(1) Ce catéchisme en italien fut imprimé à Nice par la Société
Typographique. C'est un petit volume in-douze de 612 pages, portant
la date de 1783. En tête se trouve le mandement de Monseigneur
Valperga du 16 février 1782 qui approuve le travail terminé par
le prêtre auquel Monseigneur Astésan en avait confié le soin, ordonne
sa publication et règle l'organisation des catéchismes dans tout le
diocèse. Deux ans plus tard en 1785, Gabriel Floteront, imprima
un autre catéchisme rédigé en dialecte niçois, petit volume in-12
de 228 pages. Un exemplaire de ces deux ouvrages existe à la biblio
thèque de Nice. — Voir Villarey, Série Cronològica dei Vescovi
di Nizza. — Art. Valperga.

�-35 années de séjour dans cette dernière ville il s'était acquis l'estime
et le respect de tous.
*

• *

Lorsque le 28 septembre 1792 dans l'après-midi, les troupes
piémontaises évacuèrent Nice, il y eut dans cette ville une effroyable panique et des milliers d'habitants s'enfuirent dans la direction de Turin. Ce fut un désarroi et une désorganisation complète de toutes les autorités. iMonseigneur Valperga resta à son
poste et s'engagea à ne point quitter la ville. Le lendemain samedi
29 septembre, il accompagna le second consul Honoré Saissi et
quelques membres du Conseil qui se rendirent, vers les onze
heures du matin, à la villa Feraudi, au quartier St Hélène, pour
offrir les clefs de la cité au général d'Anselme qui venait d'y
arriver à la tête des troupes françaises. Le général fit à la délégation assez bon accueil, mais il s'étonna de trouver parmi ses membres, l'évêque dont la place déclara-t-il n était pas là. Du reste,
d'Anselme attacha si peu d'importance à la démarche îles magistrats niçois que dans aucune de ses dépêches officielles il n'en fit
mention.
Sur le soir du même jour, la petite armée française faisait son
entrée dans la ville et le général s'installait dans la maison du
consul de France à la place St Dominique. L'évêque de Nice qui
tenait à rester au milieu de ses diocésains se présenta de nouveau
vers les huit ou neuf heures du soir chez le général auquel il voulait recommander ses prêtres en lui demandant des respecter les
églises. Le général était entouré de tout son état-major, du consul
de France, Pierre Le Seurre, de Honoré Saissi, second consul, de
Féraudi, secrétaire général de la commune. Ces deux derniers
venus probablement pour appuyer les demandes de l'évêque.
L'accueil du général ne fut pas plus encourageant que la première fois ; il intima même avec insistance au prélat l'ordre de
quitter ta ville en ajoutant que le plus tôt serait le mieux et ce
fut sur ces dernières paroles que l'évêque se retira après avoir toutefois reçu du général la promesse que tout ce qu'il laisserait dans
son palais serait placé sous la sauvegarde de la Nation française.
Il n'y avait pas à tergiverser, l'ordre était formel et pressant, il
fallait partir. L'évêque prit ses dernières dispositious et délégua,
au curé de la cathédrale, le chanoine Honoré Navello, tous les
pouvoirs nécessaires pour administrer le diocèse en son absence.
Aux premières lueurs du jour, Valperga quitta son palais, et se

�— 36 dirigea à pied vers la porte Pairolière. Il avait été impossible de
trouver une voiture car tous les moyens de transport avaient été
réquisitionnés et utilisés le 28 septembre pour permettre l'exode
des habitants terrorisés. Il avait ordre de partir, mais cet ordre
n'ayant pas été donné par écrit, les volontaires marseillais, de garde
à la porte de Turin, refusèrent de le laisser passer, l'accablèrent
d'injures, le menacèrent même de le pendre et ne consentirent á
le lâcher que sur un ordre écrit, sollicité et obtenu du général,
grâce à l'intervention courageuse et au sang-froid d'un jeune
niçois, Joseph Castellinard. Monseigneur Valperga se retira à
Turin et y mourut en 1805 sans avoir jamais pu obtenir l'autorisation de rentrer.
*

* *

Il est établi par les documents officiels contemporains que
Monseigneur Valperga ne quitta son siège que sur les ordres arbitraires du général d'Anselme et ces mêmes documents nous
renseignent très exactement sur les incidents fâcheux qui se produisirent au départ de l'évêque. Du reste, on n'ignorait pas à Nice
comment les choses s'étaient passées et la population savait grê à
Valperga de son attitude et de sa fermeté. De son côté, Valperga
avait eu confiance dans la parole à lui donnée par le général au
nom de la Nation française et à plusieurs reprises il manifesta
son étonnement qu'elle n'ait pas été gardée, que ses biens aient
été confisqués, son mobilier vendu, son nom inscrit sur la liste
des émigrés alors qu'en partant il n'avait cédé qu'à la force.
Parmi les nombreux documents qui se trouvent soit aux archives de Nice, soit aux archives nationales il en est quelques-uns
dont la simple reproduction sera plus probante que tous les corn,
mentaires. Il_suffira de citer :
•i° La lettre du Directoire des Colons Marseillais en date du
25 février 1793, adressée aux citoyens Blanqui et Veillon, députés
extraordinaires de la ville de Nice à Paris, au sujet des réclamations présentées le 23 du même mois par Jean-Jacques Donny, au
nom de Mgr Valperga.
20 La réponse du même Directoire à J.-J. Donny, en date du
26 février 1793.
3„ L'arrêté du Département en date du 13 avril 1793.
40 La réclamation présentée au Directoire du département

�Valperga, aussitôt après son inscription sur la liste des émigrés de
la ville de Nice, dressée à la fin de juin 1793.
50 Les états de frais pour l'inventaire et la vente du mobilier
et effets de « l'émigré Valperga Maillone, citoyen évêque » approuvés par le département des Alpes-Maritimes, le 5 germinal an
III (25 mars 1795).
6° Les actes de notoriété dressés le Ier et 2me fructidor an III
(18 et 19 août 1795) par Gautier, juge de paix à Nice, à la requête de Pierre-Joseph Passeron, agissant en qualité de procureur
subrogé par Nicolas Giorni, procureur spécial et général de Mgr
Valperga, par acte de procuration reçu à Turin le 20 juillet 1795,
notaire Pierre-Joseph Bernochio.
70 La pétition adressée au district de Nice le 4 fructidor an III
(21 août 1795) par Pierre-Joseph Passeron, demandant la radiation du nom de Valperga sur la liste des émigrés.
8° L'avis du district de Nice en date du 5 vendémiaire an IV
(27 septembre 1795) déclarant que Mgr Valperga doit être rayé
de la liste des émigrés.
90 L'arrêté du département des Alpes-Maritimes, en date du
14 prairial an V (2 juin 1797) ordonnant la radiation provisoire
du nom de Valperga de la liste des émigrés.
io° L'acte de cautionnement dressé par le département le
11 fructidor an V (28 août 1797), à la requête de Pierre-Joseph
Passeron, procureur de Mgr Valperga en exécution d'une des
clauses de l'arrêté du 14 prairial an V (2 juin 1797).

�- 38 —

DOCUMENTS ET PIÈCES D'ARCHIVES

Pièce 1.

25 février 1793
Aux cit. Blanqui et Veillon
Une lettre du cit. Donny, associé du citoyen LeClerc, défunt président de l'ancienne administration
provisoire, dont vous avez ci-inclus l'extrait ( 1 ), nous
fait connaître que le cit. Valperga, évêque de Nice,
laissa avant son départ (ordonné à son retour par
Anselme) dans sa maison pour environ 34.000 livres,
argent monnayé, et environ pour 17.000 d'effets en
vaisselle, linge, batterie de cuisine etc.
Une portion de ces effets se trouvent encore dans
ladite maison, sous l'inventaire que nous en avons
fait dresser par les commissaires de l'une et l'autre
administration, lorsque nous avons été installés, mais
il s'en faut de beaucoup qu'elle puisse arriver à la
somme de 17.000 livres, pas même le tiers.
Quant à l'argent monnayé entré dans la caisse du
receveur de l'ancienne administration, nous n'y
voyons point la somme que ledit Evêque désigne
avoir laissé dans sa maison. Nous vous remettons cijoint un extrait de l'état des sommes' que le cit.
Bonnet a reçu en espèces, pendant toute sa gestion
de receveur et trouvées parmi les effets des émigrés
français et niçois.
Nous ne voulons rien préjuger sur l'assertion du
cit. Valperga, quoique nous ayons des indices frappants de vérité. Ce ne sera que lorsque nous aurons
pu les convertir en preuves par le témoignage de
quelques citoyens que nous nous procurerons, pour
pouvoir en demander la restitution et la poursuite
contre le pillage.
En attendant, noùs croyons devoir vous faire part
de cette découverte que nous allons communiquer au
Président de la Convention Nationale et au Ministre.
Arch. des A. M. Registre de la correspondance du
Directoire des Colons marseillais L. 5.
Cet extrait manque au registre ainsi que les autres pièces
énoncées dans celte lettre.

�-hLe 2érae février 1793.
Au citoyen Donny, négociant à Nice
Pièce 2.

Votre lettre du 23me de ce mois, citoyen, nous
demande des renseignements sur le temporel du
citoyen Valperga, Evêque de Nice. Nous allons vous
transmettre tous ceux qui sont à notre connaissance
L'administration provisoire en choisissant l'Evêché
pour le lieu de ses séances, vint s'y établir dans les
premiers jours d'octobre, et tout nous porte à croire
qu'elle ne fit aucun inventaire des effets qui s'y trouvaient, du moins nous n'en avons trouvé aucun dans
les papiers qu'elle nous a remis.
En succédant à cette administration provisoire,
uous avons cru que notre premier devoir était de faire
un inventaire de tout le mobilier renfermé dans la maison épiscopale. Nous y avons successivement procédé
en présence des administrateurs provisoires et à mesure qu'ils nous en remettaient les clefs. Tout le mobilier qui s'y trouvait, ne consistait guère qu'en
meubles meublants et ne nous paraît pas avoir la
valeur de 17 mille livres que l'Evêque lui donne.
Vous pourrez, si vous le jugez à propos, faire prendre
à notre secrétariat une copie de cet inventaire. Tout
ce. qui n'est point renfermé dans les appartements
que nous occupons au premier étage, a été laissé à la
garde de Jean Poma, ancien concierge de l'Evêque et
le nôtre.
Pour nous éclairer sur les 34.000 1. argent monnayé que l'Evêque doit avoir laissé en sa maison,
nous avons écrit au cit. Bonnet, receveur de l'administration provisoire, pour lui demander un état des
sommes en numéraires versées dans sa caisse, comme
ayant été saisies et trouvées parmi les effets des Emigrés français et niçois. L'état qu'il nous a remis ne
monte qu'à 74121. 16 s, et aucun article n'a du rapport
avec les réclamations du citoyen Valperga.
Quant à ce qui concerne personnellement le
citoyen, nous avons demandé au Ministre de l'Intérieur de vouloir bien nous dire la manière dont nous
devions l'envisager. Nous savons qu'un ordre arbi-

�— 40 —
traire de Danselme l'obligea de quitter Nice, le jour
de l'entrée des Français. Mais nous pensons aussi que
la proclamation des Commissaires de la Convention
nationale de France et le décret de celle de Nice,
concernant les Emigrés, étaient des motifs suffisants
pour le ramener à son poste et le rassurer sur les
suites de son retour. En persistant à prolonger son
absence, il s'expose à être traité comme émigré, à se
voir déclarer déchu de sa place et confisquer tous ses
biens. Telle est la disposition de la loi, et quoique
nous ayons consulté le ministre sur le cas particulier
de l'Evêque, nous prévoyons que sa réponse sera de
nous en tenir à la rigueur des lois, ainsi que plusieurs
instructions nous l'ont déjà annoncé.
Vous sentez, citoyens, que tout le mobilier de
l'Evêque doit rester séquestré jusqu'à son retour ou à
la décision du Ministre. Il peut être tranquille sur la
conservation de tout ce que nous avons trouvé en
entrant dans sa maison. Ce qui a pu en être enlevé
avant notre entrée en fonctions, est étranger à notre
gestion. Mais nous employerons tous les moyens qui
sont en notre pouvoir pour en trouver les traces, en
acquérir les preuves et en faire punir les coupables.
Les administrateurs, etc.
Archives des A.-M., Registre
suivants.

,L. 5,/°7i verso et

Lettre des commissaires de la Convention
Nationale et arrêté du Département des A. M.
Nice, le 9 Avril 1793, l'an 1 Ie de la Repu bublique Française.
« Vous voudrez bien, citoyens, en nous envoyant
les noms et prénoms de l'évêque de Nice, nous instruire officiellement d'après les "dispositions des lois,
s'il est censé démissionnaire et son siège vacant.
« Les Commissaires de la Convention Nationale
au département des A. M.
GRÉGOIRE, JAGOT (I)

(1)

Archives des A. M. L. 29 ancien. L

7

actuel.

�— 4i (i3 avril 1793)
Le Directoire ; vu la réquisition du citoyen Procureur Général sindic « Considérant que Charles Eugène Valperga, évêque de Nice, n'avait point quitté
son domicile lors de l'entrée des troupes de la République ; considérant qu'il a lui méme-accompagné les
consuls d'alors quand ils furent présenter les clefs
de la ville et inviter le général Anselme à venir en
prendre possession au nom de la République ; considérant que le général Anselme par ses ordres arbitraires et tiranniques, accompagnés même de menaces contre ses jours, l'ont forcé de s'éloigner ; arrête
qu'il ne peut le déclarer émigré, et qu'il sera répondu
aux Commissaires de la Convention nationale d'après
les principes ci-dessus.. »
Sign : PAUMÉ ; BARLI FABRI ; F. CASTKLIMARD ;
ANGLES ; BERNARDI, secrétaire général. (1)
pjj

ce

^

Aux citoyens composant le Directoire du
département des Alpes-Maritimes..
22 juillet 1793.
Citoyens,
Le citoyen Jean-Jacques Donny, soussigné, chargé
des intérêts du citoyen Valperga, évêque de Nice
absent, ayant été informé que par votre délibération
du 29 du mois passé, ledit citoyen Valperga avait été
déclaré émigré, vous représente avec tous les égards

(1) Archives des Alpes-Maritimes, Registre L,. 3, folio 101. L'Arrêté n'est pas signé par le procureur syndic Jean-François Tourre
ni par l'administrateur Jean-L,ouis de Villiers qui ne partageaient
point l'opinion de leurs collègues. A noter que Tourre était d'Antibes
et que de Viliers était un médecin français établi depuis longtemps
à Nice.
I/Arrêté fut pris malgré le réquisitoire de Tourre qui voulait
déclarer Monseigneur Valperga émigré et malgré un violent discours de Villiers soutenant la même thèse qui fut combattue par
Barli Fabri, par Castclinard et par Anglès. J'ai déjà publié in-extenso
cette délibération du 13 avril T793 au cours d'un article sur l'église
de Nice en 1792-1793 inséré dans Nice Historique du Ier avril 1903,
C'est pourquoi je reproduis ici simplement la lettre des
commissaires et l'arrêté du département.

�- 42 —
dûs au pouvoir dont l'exercice vous a été confié par
le peuple souverain que le citoyen Valperga ne peut
ni ne doit sous aucun rapport être considéré comme
émigré, par les motifs ci-après :
i° Qu'il est de notoriété publique qu'il n'a quitté
le pays que contre son gré et par ordre du général
Anselme :
2° Qu'il a constamment été disposé et a offert
de revenir dans son diocèse, moyennant qu'il ne fut
assujetti à prêter qu'un serment relatif au temporel et
non au spirituel.
3° Qu'enfin et par la raison que n'étant point
indigène, mais étranger, son séjour ici n'a été dé terminé que par sa nomination à l'épiscopat, événement casuel qui n'a jamais pu le soumettre à l'obligation de renoncer pour toujours à sa mère-patrie.
Tous ces motifs, soit qu'on les prenne collectivement ou séparément, démontrent suffisamment,
citoyens administrateurs, le droit incontestable, qu'a
le citoyen Valperga de demander et prétendre la
radiation de son nom du tableau des émigrés, et si
le ministre de l'Intérieur n'a fait aucune distinction
entre lui et les autres citoyens, c'est sans doute qu'il
a ignoré les circonstances qui vous sont exposées
ci-dessus, et notamment la dernière, car s'il les eût
toutes connues, il n'est nullement probable qu'il eût
décidé comme il l'a fait. Toute hypothèse contraire
serait une injure faite à ses sentiments et à ses lumières. Un homme tel que lui, dont les vertus civiques, le patriotisme et les talents l'ont appelé au
poste aussi honorable que pénible qu'il occupe, doit
ressembler autant que possible à la Nation pour
laquelle il agit et qui l'a honoré de sa confiance.
Cette nation est grande, généreuse, magnanime,
juste et bienfaisante.Elle ne peut qu'êtreextrêmement
jalouse de sa gloire, et l'un des principaux devoirs de
ses agents est d'éviter soigneusement d'en ternir
l'éclat.
Le refus qui serait fait de rayer de la liste des
Emigrés le nom du citoyen Valperga, refus qui entraînerait avec lui la confiscation des minces propriétés de ce citoyen, serait un acte qui imprimerait à

�-

43

-

jamais une tache ineffaçable à la gloire du nom français ; tache qui ne pourra manquer de frapper également les yeux des contemporains et ceux de la postérité ; tache enfin que les historiens ne manqueront
pas de faire ressortir par des couleurs enluminées, et
le bel effet qu'un pareil tableau produirait, citoyens
administrateurs, serait votre ouvrage.
Mais non, loin de nous, cette idée ! Vous êtes
républicains ! cela suffit. Les républicains sont vertueux. Ils aiment, chérissent, protègent, respectent
la vertu partout où elle se trouve. Et le citoyen Valperga aussi est un homme vertueux ! Qui en doute ?
Nul bon citoyen, nul honnête homme. Souvenezvous, citoyens administrateurs, que ce n'est que par
ses vertus qu'il a mérité l'amour et l'affection du
peuple Niçois et non par sa qualité d'évêque. Et plût
à Dieu que tous les ecclésiastiques lui eussent ressemblé ! La France n'eut point éprouvé d'aussi horribles secousses, pour asseoir, affermir et assurer sa
liberté.
La République a incontestablement le droit de
renvoyer hors de son sein tout individu qui ne lui
convient pas, mais en renvoyant ainsi un étranger
qui, d'ailleurs, n'a pas encouru la peine de la confiscation de ses biens, elle lui permet de les emporter ou
de les vendre et d'en emporter le produit. Tel est
précisément le cas du citoyen Valperga.
L'exposant demande en conséquence, citoyens
administrateurs, qu'il vous plaise prendre dans votre
sagesse une délibération tendante à rendre audit
citoyen Valperga sa qualité de citoyen français non
émigré, à lui accorder un délai compétent pour rentrer dans ce pays soit comme simple citoyen ou
comme fonctionnaire public et à lui assurer dans
tous les cas la restitution de ses propriétés par lui
laissées sous la sauvegarde de la loyauté française
dans la maison épiscopale, lors de sa retraite forcée,
ou la juste indemnité de leur valeur. Et sera justice.
Nice, le 22 juillet 1793, l'an second de la République française, une et indivisible.
Jean-Jacques DONNY.
l
ARCHIVES NATIONALESF/ 4.867 , dossier Valperga.

�- 44 Pièce 5.

Etat de frais de vente pour parvenir à l'inventaire
et vente des effets de l'émigré Valperga Maillone,
citoyen évêque :
5 germinal an III (25 mars 1795)
Pour une séance de trois commissaires dont un du
District et deux de la Commission municipale, fixée
à trois livres par séance par le Directoire du district
et approuvé par les Représentants du
Peuple
L.
9 »
Papier timbré tant de la minute que
des deux extraits
»12
Pour la copie desdits deux extraits . .
» 8
Droits d'enregistrement
13 10
31

2

Nous soussignés certifions le compte ci dessus véritable.
Signés : J.-B. Thomaty, comm. du dist. ; Savigny,
comm. munie. ; Mabil, comm. municip.
Frais de la vente :
Pour quatre séances de deux corn missaires dont un
du District, un de la Commis, mun. sans le membre
de l'administration fixées à trois livres par séance par
le Directoire du district et approuvé par les Représentants du Peuple .
L.
24 »
Au trompette pour publication de
quatre criées
5 »
Au crieur à la vente, quatre séances .
12 »
Aux portefaix qui ont travaillé au
transport des effets
40 »
Papier timbré tant de la minute que
de l'extrait
1 »
Bougie
3 »
Droits d'enregistrement
27 »
Papier timbré du petit état
» 4
A la femme qui a assisté à la vente
pour l'arrangement du linge
» 12
L.
Signés : J.-B. Thomaty, comm. du
district ; Savigny, comm. municip.

1

159 6

�Vu par nous, membres composant la Commission
Administrative du district et d'après l'arrêté du district, approuvé par les Représentants du Peuple et la
loi du il et 12 Mars, arrête l'état des frais ci-dessus
se montant à la somme de cent cinquante neuf livres
trente centimes, qui seront acquittés par le receveur
du droit d'Enregistrement lorsque le Département
aura vérifié ledit état.
Nice, le 29 ventôse an 3"" de la République française une et indivisible (19 mars 1795).
(Suivent les signatures).
Vu l'état des frais ci-dessus pour parvenir à l'inventaire et vente du mobilier de l'émigré Valperga
Maillone ci-devant évêque.
Vérifié et arrêté par le Directoire du district de
Nice, la Commission Administrative du département
des Alpes-Maritimes approuve ledit état et ordonne
au citoyen Maussier, receveur de l'enregistrement
cîudit district de payer aux citoyens J. B. Thomaty
et Savigny, comm. la somme de 159 livres et 30
centimes pour montant des frais pour inventaire et
vente des susdits effets de l'émigré, laquelle somme
lui sera allouée en compte.
Fait à Nice le 5 germinal an 3me républicain ( 25
mars 1795).
Etat des frais pour parvenir d la vente du mobilier de
l'émigré Charles Eugène Valperga Maillone, citoyen
évêque.
Pour trente-neuf séances de trois commissaires
dont un du District et deux de la Commission municipale, fixé à trois livres par séance par le Directoire
du district et approuvé par les Représentants du
peuple
L.
351 »
A deux portefaix, dix-neuf journées et
demi chaque fixées à cinq livres par jour.
195 »
Au trompette pour publication de
trente-neuf criées fixées à une livre cinq
sols chaque
48 r 5
Au crieur à la vente, trente-neuf séan
ces fixées á trois-livres par séance ....
117 »

711 1$

�- 4* Report
Papier timbré tant de la minute que
de l'expédition
Pour copie dudit extrait fixé à quatre
livres
Papier timbré du présent état ....
Bougie
Droit d'enregistrement
Plus deux autres journées de portefaix à cinq livres
Un paquet de plume
L.

148
4
6
421

»
4
»
»

20
5

»
»

1.182

7

Nous soussignés certifions le compte ci-dessus,
véritable.
Nice, le Ier ventôse an 3me de la République (19
février 1795).
Signés : J.-B. Thomaty, commissaire du district ;
Savigny, comm. ; Honoré Mabil, comm. municipal.
Vu par nous, membres composant la Commission Administrative, de ce District, et d'après la loi
du 11 et 12 Mars 1793 (v. s.) et l'arrêté de cette
Commission approuvé par les Représentants en date
1^ Fructidor, oui l'agent national, arrête l'état des
frais se montant à onze cent huitante deux livres et
trente cinq centimes qui seront acquittés par le
receveur de l'agence de l'enregistrement sur le produit de la vente desdits meubles, lorsque le Département aura vérifié ledit état.
Nice le 29 ventôse an 3me de la République
française une et indivisible (19 mars 1795).
(Suivent les signatures).
Vu l'état des frais ci-dessus pour parvenir à la
vente du mobilier de l'Emigré Valperga Maillone cydevant évêque.
Vérifié et arrêté par le Directoire du district de
Nice.
La Commission administrative du département
des Alpes-Maritimes, approuve ledit état et ordonne

�— if au citoyen Maussier, receveur de Penregistrement
dudit district de payer aux citoyens J.-B. Thomati,
Savigni et Honoré Mabil, commissaires, la somme de
mille cent quatre vingt deux livres trente cinq centimes pour montant des frais de la vente des susdits
effets de l'Emigré. Laquelle somme lui sera allouée
en compte.
Fait â Nice le 5 germinal an 3me républicain (25
mars 1795).
Arch. des A. M. L. 15 ancien p. 44-45 N° 34-35

Actes de Notoriété
Pièçe g

1-2-fructidor an III
18-19 août 1795
EGALITÉ, LIBERTÉ

AU NOM DE LA LOI
Ce jourd'hui, premier Fructidor, l'an troisième
(18 août 1795 de la République française, une et indivisible, à Nice, chef-lieu du département des AlpesMaritimes, par devant Nous, Antoine Gautier Juge de
paix de la Ier, 2m" et 3me section et officier de police,
est comparu le citoyen Pierre Joseph Passeron, natit
tic la commune de Contes et habitant en celle de Nice
depuis plusieurs années.
Lequel en sa qualité de procureur du citoyen
Charles Eugène Valperga de Maillone, évêque de Nice,
subrogé par le citoyen Nicolo Giorni, homme de loi,
procureur spécial et général établi (par acte reçu) par
le notaire Pierre Joseph de Bernochio, le 20 Juillet
dernier (v. s.) qu'il présente, légalisé par le résidant
de la République de Gênes auprès de la Cour de Turin, dont il résulte le pouvoir donné au citoyen Giorni, de subroger en son lieu et place, avec tous les
pouvoirs compris au dit acte, et il présente au surplus l'acte de sa dite subrogation faite par le même
citoyen Giorni, reçu en la ville de Gênes le premier

�- 48 du mois d'août dernier (v. s.) par le notaire Antoine
Baglietto, légalisée par le consul de la République
française.
Il expose que le vingt neuvième jour de septembre
de l'année 1792, l'armée de la République, étant arrivée en cette ville, commandée en chef par le citoyen
général d'Anselme, lorsque ce général, vers le soir,
fut arrivé et il eut pris son logement dans la maison
habitée par le ci-devant consul de la République Le
Seurre, ledit citoyen Evêque Charles Eugène Valperga de Maillone s'y étant présenté, ledit général d'Anselme, en présence de tout son Etat-Major, lui signifia
d'abord de devoir partir de cette ville. Sur quoi le
dit évêque ayant répondu qu'il avait cru de pouvoir
continuer sa résidence en cette ville et tellement l'avait cru, qu'il n'avait jamais pensé de distraire et en
faire partir le moindre de ses meubles et effets, qu'il
avait dans la maison d'habitation de l'tvêque et que
si absolument il lui ordonnait de partir, il le priait de
lui accorder la sauvegarde sur tous lesdits effets et
meubles. Le dit général d'Anselme lui répliqua qu'il
dut absolument partir de cette ville, en ajoutant que
le plus tôt en serait le mieux, et qu'à l'égard de ses
meubles et effets qu'il avait, il les mettait dès ce ino
ment sous la sauvegarde et loyauté de la Nation française et qu'il pouvait en être tranquille, après quoi ledit
évêque Valperga de Maillone, tout tremblant, ayant
dit qu'il allait se conformer dès le lendemain au matin à ses ordres, se retira ; ledit général d'Anselme
lui ayant encore répliqué : le plus tôt sera le mieux.
Et comme il importe audit citoyen évêque Valperga de Maillone de constater le fait ci-dessus expo"sé, suivi en présence de tout l'Etat-Major dudit général d'Anselme et de plusieurs citoyens de cette commune, l'exposant, en sa dite qualité vous présente les
citoyens Pierre Le Seurre, ci-dessus nommé, ci-devant
consul en cette ville de la République, le citoyen Honoré Saissi de cette commune qui pour lors était second consul de la même commune, le citoyen Philippe Emmanuel Féraudi qui pour lors était secrétaire de
Ìa même commune et le citoyen Ange Giraudi aussi

�- 49 de cette commune, pour recevoir leurs dépositions
sur ledit exposé et vous fait instance que de tout lui
soit concédé acte, ce que nous lui avons accordé, et a
signé.
PIERRE JOSEPH PASSERON.

Et de suite se sont présenté les susnommés
citoyen Le Seurre, natif de Craon, âgé de 75
ans, bourgeois, le citoyen Saissi, âgé de 70 ans,
négociant, Emmanuel Feraudi, âgé de 68 ans, notaire, Ange Giraudi, âgé de 63 ans, négociant,
natifs et domiciliés dans cette commune, auxquels
après avoir fait lecture dudit exposé fait par ledit citoyen Pierre Joseph Passeron, en sa dite qualité, les
avons interpellés sur serment que leur avons fait prêter, conformément à la loi, de nous dire en leur âme
et conscience si tous les faits énoncés dans le même
exposé sont de leur connaissance et tous les quatre ont
répondu et attesté tant uniment que séparément en
être pleinement informés, s'y étant trouvés présents,
et que le tout contient la vérité, toute la vérité et
rien que la vérité. En foi de quoi ils ont signé :
LE SEURRE, HOSORI'J
SAISSI, PHILIPPE EMMANUEL FÉRAUDI,
ANGE

GIRAUDI.

Et nous, juge de paix, vu les dépositions ci-dessus, avons de tout concédé acte au susnommé citoyen
Pierre Joseph Passeron en sa dite qualité, pour lui
servir et valoir dans tous les cas, à ce que de droit et
de raison. Fait à Nice, l'an et le jour que dessus.
GAUTIER, juge de paix.
BONIFACI, sec. greffier.
Vu par nous, membres du District de Nice, 3 vendémiaire an IV rép. 25 sep. 1795, TOSELLI, JN COPPON
fils, VÉRANI pr. syndic, SAYTOUR Martin.

�— 5o —
EGALITÉ, LIBERTÉ.

AU NOM DE LA LOI
Ce jourd'hui. second jour de Fructidor de l'an 3
août 1795) de la République française une et indivisible, à Nice, chef-lieu du département des AlpesMaritimes, par devant nous, Antoine Gautier, juge de
paix de la iere, 2M* et 3ME section et officier de police,
est comparu le citoyen Pierre Joseph Passeron : natif
de la commune de Contes et habitant en celle de Nice
depuis plusieurs années
Lequel en sa qualité de procureur du citoyen
Charles Eugène Valperga de Maillone, évêque de
Nice, subrogé par le citoyen Nicolo Giorni, homme
de loi, procureur spécial et général établi (par acte
reçu) par le notaire Pierre Joseph de Bernochio, le 20
Juillet dernier (v. s.) qu'il présente, légalisé par le résidant de la République de Gênes auprès de la Cour de
Turin, dont il résulte le pouvoir donné au citoyen
Giorni, de subroger en son lieu et place, avec tous les
pouvoirs compris audit acte, et il présente au surplus
l'acte de sa dite subrogation faite par le même citoyen
Giorni, reçu en la ville de Gênes le premier du mois
d'août dernier (v. s.) par le notaire Antoine Baglietto,
légalisée par le consul de la République française.
Expose : Primo, que le matin du trente septembre 1792, le citoyen Charles Eugène Valperga de
Maillone, évêque de Nice, en partant de cette ville
avec deux domestiques à sa suite, qui portaient un
paquet et quelques effets, fut arrêté à la porte qui conduit en Piémont, ci-devant nommée porte Victoire,
et conduit au vestibule de la maison presque attenante
à ladite porte, appartenant au citoyen Dominique
Castellinard, où se trouva le citoyen Joseph Castellinard, fils dudit Dominique, et malgré que ledit Evêque Valperga déclara aux soldats de la Garde de la
dite porte qui étaient des Marseillais, que c'était en
conséquence d'ordre qui lui avait été signifié par le
citoyen général d'Anselme qu'il partait de cette ville,
lesdits soldats commencèrent par le malmener et lui
(19

�signifier qu'ils voulaient le pendre et ayant ouvert
ledit paquet et y ayant trouvé entre autres effets, une
ceinture d'évêque, ils déterminèrent, à l'instant, de le
pendre avec ladite ceinture, et ayant essayé si la même
était assez forte pour le soutenir, en la préparant, elle
se fit en lambeaux, de façon qu'ils vérifièrent qu'elle
ne pouvait leur servir et demandèrent audit Joseph
Castellinard fils une corde, pour pendre ledit évêque,
à un grand anneau de fer qui était au plafond dudit
vestibule, servant â y passer une verge de fer pour
peser les marchandises, et ledit citoyen Castellinard
fils, leur ayant absolument refusé de leur donner de la
corde, en s'excusant qu'il n'en avait point, comme
dans tous ces entrefaits ledit évêque se trouve mal et
ne peut plus se soutenir, ledit Castellinard fils lui fit
apporter une chaise, par sa servante à qui quelques
uns de ces soldats donnèrent des coups de poing pour
avoir porté ladite chaise et le même Castellinard le
fit ensuite asseoir sur ladite chaise, en le soutenant,
parce qu'il ne pouvait se soutenir droit ; d'autant plus
qu'en attendant, lesdits soldats marseillais lui disaient mille exécrations, lui crachaient dessus et lui
donnaient des soufflets, et assurément ils l'auraient
fini, si dans cet intervalle un de ses domestiques
n'avait été dire au citoyen général d'Anselme ce qui
venait d'arriver, et ledit domestique étant venu avec
un billet dudit général d'Anselme qui ordonnait à la
garde de le laisser partir, puisque c'était de son ordre,
en conséquence de ce billet lesdits soldats marseillais
se bornèrent pour lors à lui dire et crier mille invectives et injures et le laissèrent partir, ce que ledit
évêque, malgré qu'il ne pût se remuer, à l'aide de ses
domestiques fit au mieux possible en tremblant, de
façon qu'il doit son existence au refus ferme et déterminé que ledit citoyen Castellinard fils leur fit de
leur donner une corde, sans quoi avant l'arrivée du
dit domestique portant l'Ordre du général d'Anselme, il aurait été pendu et étranglé.
Secondoque lefaitci-dessusfut d'abord public et notoire, de notoriété publique dans cette ville et encore
plui le lendemain premier octobre, puisque les autres

»

�— 52 —

soldats de la Phalange Marseillaise, arrivés sur le soir
dudit jour trente septembre, d'abord après leur arrivée
cherchèrent l'évêque qu'ils voulaient le lanterner et
mettre en pièces, comme ils s'expliquèrent hautement,
ce qui joint au fait arrivé dans ledit vestibule de la
maison Castellinard, étant devenu d'une notoriété publique donna l'épouvante à tous les gens honnêtes du
pays, qui disaient que le citoyen général d'Anselme en
ordonnant audit évêque de partir, en mettant sous la
sauvegarde de la Nation française ses meubles et ses
effets, avait voulu le sauver.
Et comme il importe audit citoyen Passeron, exposant en sa dite qualité, de constater par témoins le
fait ci-dessus exposé, il nous présente ledit citoyen
Joseph Castellinard fils de Dominique de cette commune, âgé de 21 ans, de profession, négociant, qui se
trouva présent au fait énoncé dans le Ier article de l'exposé ci-dessus, et au surplus informé de la notoriété
des faits énoncés au second et dernier chef, de ladite
exposition et il nous présente les citoyens Jean-Jacques Donny, natif de Neufchâtel en Suisse, âgé de 39
ans, de profession, négociant ; Joseph Poullan, natif
de Clavesana, en Piémont, âge de 48 ans, négociant ;
Jacques Gerbin, âgé de 60 ans, tailleur, Jean-Marie
Thaon, âgé de 56 ans, négociant, natifs et tous domiciliés en cette commune pour déposer sur ladite
notoriété énoncée dans ledit second fait exposé, pour
recevoir leurs dépositions, et nous fait instance que de
tout lui soit concédé acte, ce que nous lui avons accordé et a signé.
Pierre-Joseph PASSERON .
Et de suite se sont présentés les susnommés citoyens Joseph Castellinard, Jean-Jacques Donny, Joseph Poullan, Jacques Gerbin, et Jean-Marie Thaon,
ci-dessus qualifiés, auxquels après avoir fait lecture
dudit exposé fait par ledit citoyen Passeron, en sa
dite quálité, les avons interpellés sur serment, que
leur avons fait prêter, conformément à la loi, de nous
dire en leur âme et conscience, si tous les faits énoncés dans le même exposé sont de leur connaissance,

�- 53 et ledit citoyen Joseph Castellinard a répondu et
attesté en être pleinement informé pour avoir été
présent au fait exposé dans le i" article de ladite exposition, et pour avoir publiquement entendu dire les
faits énoncés dans le second chef qui était en cette
ville notoire de notoriété publique et lesdits citoyens
Jean-Jacques Donny, Joseph Poullan, Jacques Gerbin,
Jean-Marie Thaon, ont répondu et attesté tant uniment que séparément être pleinement informés de
l'énoncé dans le second chef de ladite exposition,
puisque les faits y énoncés étaient notoires, de notoriété publique en cette ville, et tous lesdits citoyens
ont respectivement attesté pour ce qui les concerne
que tout contient la vérité, toute la vérité et rien que
la vérité. En foi de quoi ils ont signé : Joseph Castellinard fils,Jean-Jacques Donny, Joseph Poullan, Jacques
Gerbin, Jean-Marie Thaon.
Et nous, Juge de paix, vu les dépositions ci-dessus,
avons de tout concédé acte au susnommé Pierre Joseph Passeron en sa dite qualité pour lui servir et valoir dans tous les cas, à ce que de droit et de raison.
Fait à Nice l'an et jour que dessus.
GAUTIER,
BONIFACI,

juge de paix.
sec. gref.

Vu par nous, membres Du district de Nice, le 3
vendémiaire anIV rep. (25 sept. 1795).
Jn. COPPON fils, VÉRANi, pr. syndic, TOSELLI, Saytour
MARTIN.

Arch. Nat. F

7

4867 *

�54 -

PÉTITION au DISTRICT de NICE
et AVIS de ce DISTRICT
ÉGALITÉ,

LIBERTÉ

5 vendémiaire
27 septembre 1795 an IV
AUX

CITOYENS ADMINISTRATEURS
DU DISTRICT DE NICE

Le citoyen Pierre Joseph Passeron, natif de la
commune de Contes, habitant en celle de Nice depuis plusieurs années.
Vous expose en qualité de procureur du citoyen
Charles-Eugène Valperga de Maillone, évêque de
Nice, subrogé par le citoyen Nicolo Giorni, homme
de loi, son procureur spécial et général fondé par acte
reçu dans la ville de Turin par le notaire PierreJoseph de Bernochio, le 20 juillet dernier (v. s) légalisée par le résident de la République de Gênes, près
la Cour de Turin, duquel il résulte le pouvoir donné
audit citoyen Giorni de subroger en son lieu et place
avec tous les pouvoirs compris dans le même acte,
qui se trouve copié mot pour mot dans celui de la
subrogation faite par le même citoyen Giorni, reçu
en la ville de Gênes le Ier du mois d'août dernier
(v. s* par le notaire Antoine Baglietto, légalisée par
le consul de la République française, le 13 Thermidor dernier (3 1 Juillet 1795), qu'il vous exhibe qu'étant arrivé dans cette ville le vingt-neuvième jour
du mois de septembre de l'année 1792, l'armée de la
République française, commandée par le citoyen général en chef d'Anselme lorsque celui-ci y fut arrivé
le soir et eut pris son logement dans la maison d'habitation du citoyen ci-devant consul de la République
Le Seurre, ledit évêque Charles-Eugène Valperga de
Maillone, s'étant présenté, le même général d'Anselme
lui signifia d'abord en présence de son Etat-Major de
partir de cette ville, sur quoi ledit évêque lui répondit qu'il avait cru pouvoir continuer sa demeure dans
cette ville et qu'à cet effet il n'avait jamais pensé de

Pièces 7 et 8

�- 55 distraire, ni faire partir le moindre de ses meubles et
effets qu'il avait dans la maison d'habitation de
l'évêque, que si absolument il lui ordonnait de partir,
il le priait de lui accorder la sauvegarde pour tous ses
dits effets et meubles, ledit général d'Anselme lui
répliqua : Le plus tôt sera le mieux, ce qui tout est
constaté par les attestations ci-jointes du premier et
second jour de fructidor dernier qu'il vous présente
également.
Qu'il résulte aussi par lesdites attestations, que
ledit évêque Valperga de Maillone fut forcé par ledit
général d'Anselme de partir de cette ville que tous
ses meubles et effets fussent mis sous la sauvegarde de
la Nation française et qu'étant parti le lendemain 30
dit septembre, il risqu'à d'être pendu ef étranglé paties soldats de la Phalange Marseillaise qui se trouvaient de garde à la porte ci-devant dite Victoire, ce
que tout fut d'abord notoire et de notoriété publique
dans cette ville.
Vous observe que ledit évêque Valperga est natif
du Piémont où il se retira et que s'il a résidé dans
cette ville, ce n'a été que pour raison de son ministère, que tout cela nonobstant il a été porté sur la liste
des émigrés, a été vendu la plus grande partie de ses
meubles et effets, et cela même nonobstant la préalable réclamation que le citoyen Jean-Jacques Donni,
chargé des intérêts dudit évêque avait fait à l'ancien
département par sa pétition du 22 juillet 1793 (v. s)
qui existe dans les Archives de ce district, résultant
ainsi que tout cela a été fait et opéré contre le droit des
gens et la sauvegarde de la loyauté française qui fut
promis audit évêque.
En conséquence, l'exposant demande en sa dite
qualité de procureur dudit citoyen évêque CharlesEugène Valperga de Maillone la radiation de son
nom de la liste des émigrés, la levée des scellés, la
restitution de ses propriétés et l'indemnité de celles
qui ont été distraites et vendues au nom de la Nation,
et sera justice.
(21 août 1795).

�- 56 Nice le 4me jour de Fructidor de l'an 3me de la
République française une et indivisible.
Signé : Pierre-Joseph PASSERON.
Vu la pétition ci-dessus du citoyen Pierre-Joseph
Passeron présentée au nom et comme procureur subs
titué du ci-devant évêque de Nice, Charles-Eugène
Valperga tendante à obtenir la radiation de son nom
de la liste des émigrés, la levée du séquestre et remission de ses effets restant ainsi que l'indemnité de
ceux qui ont été distraits ou vendus.
Vu une première pétition présentée à l'ancienne
administration du département par le citoyen JeanJacques Donni, au nom du citoyen Valperga en date
du 22 juillet 1793 tendante aux mêmes fins.
Vu la procuration en date du premier août 1793
(V. s.) faite à Gênes, par devant le notaire public Antoine Baglietti, légalisée par le Consul de la République française y résidant, ainsi que l'acte de procuration y inséré, en date du 20 Juillet 1795.
Vu l'attestation de quatre témoins faite avec serment par devant le juge de paix de la 1", 2"", 3me section de cette commune, en date du 1" Fructidor dernier '18 août 1795).
Vu autre attestation de cinq témoins faite par
devant le susdit Juge de paix, le 2 dit fructidor, aussi
sous serment.
Considérant que par la première des 2 attestations il est pleinement prouvé que le vingt-neuvième
septembre 1792, aussitôt après l'entrée de l'armée
française dans cette commune, le sus-nommé évêque
Valperga s'étant présenté au général d'Anselme qui
la commandait en chef, celui- ci lui ordonna d'abord
en présence desdits témoins et de tout l'Etat-Major.
u'il n'avait qu'à partir de la ville, et malgré que le
it évêque lui observa qu'il avait cru de pouvoir y
rester tranquillement et qu'à cet effet il n'avait fait
partir aucun de ses effets et meubles, le général lui
répliqua de partir absolument de la ville, en ajoutant
que le plus tôt serait le mieux, l'ayant assuré qu'à

a

�-5;l'égard de ses meubles et effets de sa maison, il les
mettait dès ce moment sous la sauvegarde et loyauté
de la Nation française et qu'il pouvait en être tranquille.
Considérant qu'il résulte par lesdites attestations,
et il est prouvé que l'évêque Valperga, d'après les
ordres précis et réitérés du général d'Anselme, partit
le lendemain 30 septembre de cette ville.
Considérant que par la susdite attestation du deux
Fructidor il résulte que l'évêque Valperga, au moment de son départ de cette commune, ayant été arrêté à la porte qui conduit au Piémont, par les soldats
qui y étaient de garde, lesquels tentèrent de le pendre,
il évita la mort par les soins du citoyen Joseph Castellinard, un des déposants, et il ne fut laissé libre que
d'après un billet du général d'Anselme, qui ordonnait à ladite garde de le laisser partir, puisqu'il s'en
allait de son ordre
Considérant que tous ces faits sont devenus de notoriété publique dans cette commune, dès le même
jour 30 septembre et Ier octobre suivant, ainsi que
quatre témoins l'ont attesté.
Considérant que le citoyen Valperga ne s'est absenté de cette commune et ci-devant Comté de Nice
que d'après les ordres du général d'Anselme auquel il
témoigna son regret.
Considérant que le départ du citoyen Valperga
ayant été forcé il ne peut pas être qualifié d'émigration.
Considérant que son intention de rester dans cette
commune est d'autant plus constatée, que le citoyen
Valperga a été le seul fonctionnaire public, il soit
resté à son poste, n'ayant soustrait aucun des meubles
et effets de sa maison, lesquels ont été ensuite distraits
et vendus par la Nation.
Considérant que le citoyen Valperga ne peut être
non plus considéré comme réfractaire aux lois de la
République, tandis qu'à l'époque de son départ de cette
commune, aucune loi de la République, surtout à
l'égard des ecclésiastiques, n'y avait été encore publiée
à laquelle eut pu contrevenir.

�— 58 —
Considérant que le citoyen Valperga ne pouvant
être considéré ni comme émigré, ni comme réfractaire, ne pouvait être privé de ses propriétés laissées
dans cette commune lors de son départ, sous la sauvegarde de la loi et de la Nation française qui lui fut
accordée par le général d'Anselme, et qui étant digne
de la loyauté de cette Nation, ne pouvait être violée
sans blesser le droit des gens.
Considérant au surplus, que le citoyen Valperga,
originaire piémontais, ne faisait sa résidence à Nice,
qu'à raison de son épiscopat, ce qui ne donne qu'une
résidence easuelle, et que sous tous les rapports, il
n'a cessé d'être étranger à l'égard du pays de Nice et
de la France.
Considérant que l'article 6, section deux, N° 2 de
la Loi du 25 Brumaire (15 novembre 1794) en déclarant émigrés les citoyens domiciliés dans le cidevant comté de Nice, qui sont sortis depuis le 27
septembre 1792, n'a point porté atteinte au droit des
gens dans la personne de l'étranger, qui se trouvait
dans ce même pays, où il n'aurait pas établi son vrai
domicile.
Considérant que le citoyen Valperga, qui avait été
forcé par le gouvernement de partir de Nice, n'a dû
plus y revenir dans le terme même prescrit par les
lois aux citoyens de la ci-devant Comté de Nice,
puisqu'il ne devait point imaginer qu'il fut compris
dans l'invitation, malgré qu'il ait été porté sur la
liste des émigrés.
Considérant que ce nonobstant, lorsqu'il sut qu'il
avait été porté sur la liste des émigrés de cette commune, s'est empressé de présenter sadite pétition
du 22 Juillet 1793 dans laquelle il demanda non seulement la radiation de son nom de ladite liste, mais
encore un délai convenable pour rentrer dans cette
commune, soit comme simple citoyen, ou comme
fonctionnaire public, ainsi que la restitution de ses
propriétés par lui laissées sous la sauvegarde de la
loyauté française dans la maison êpiscopale lors de sa
retraite forcée, ou une juste indemnité de leur valeur.

�- 59 Considérant finalement que,d'après toutes les circonstances sus-ênoncèes, aucune loi concernant les
émigrés ne peut être applicable au citoyen Valperga,
et que toutes celles qui pourraient le regarder relatives au séquestre des biens appartenant aux habitants
des pays en guerre avec la République française ont
été rapportées par le décret du 14 Ventôse dernier
(4 mars 1795). •
Le Directoire du district de Nice, oui le procureur syndic, est d'avis que le citoyen Charles-Eugène
Valperga ci-devant évêque de Nice ne doit point être
considéré émigré.
Qu'il doit être rayé de la liste des émigrés, que le
séquestre apposé sur ses propriétés doit être levé, qu'il
doit être réintégré dans la possession et jouissance
d'iceux, que tous receveurs ou dépositaires doivent
lui restituer les sommes qu'ils ont perçues, résultant
du produit desdites propriétés et qu'il doit recevoir
la juste indemnité des meubles et effets qui seraient
passés au profit de la Nation.
Fait à Nice, dans la salle des séances le 5me Vendémiaire an 4me républicain (27 sept. 1795). Signé
Saytour Martin. Verani,
procureur syndic, Angles v. prés.
Touzelly. Jn Coppon fils.
Enregistré au feuil. 20 registre des prévenus
d'émigration et signé BARRAIA, commis greffier.
Certifié conforme par nous Ve président et secrétaire du district Jn COPPON Fils V,-PRÉSIDENT
BARRAIA Cis greffier.
A rch. Nat. F 7 4867

2

�— 6o —

Pièce 9.

LIBERTÉ (vignette) ÉGALITÉ
BUREAU DES
ÉMIGRÉS

Extrait des registres des délibérations et arrêtés de
l'Administration Centrale du département des Alpes Maritimes.
(2

juin 1797)

Séance du quatorze Prairial an 5mf de
la République française une et indivisible.
Sur le rapport d-e la pétition présentée par le
citoyen Pierre Joseph Passeron, procureur fondé de
Monsieur Charles Valperga, ci-devant évêque de
Nice, dans laquelle il expose que ledit Charles Valperga n'a jamais dû être atteint des lois relatives à
l'émigration, soit qu'on le considère comme parti en
suite d'une force majeure, soit en sa qualité de piémontais et demande en conséquence la radiation de
son nom de la liste des Emigrés, sa réintégration
dans la possession et jouissance de ses propriétés et
une juste indemnité, des meubles et effets qui sont
passés au profit de la République.
L'Administration Centrale du département des
Alpes-Maritimes, considérant que M. Charles Valperga, comme piémontais, n'habitant Nice que pour
cause de son emploi, n'aurait jamais dû être porté
sur la liste des émigrés du département.
Que le seul motif qui a pu déterminer le général
d'Anselme à lui ordonner de partir de la ville de
Nice, ne peut avoir été que la susdite qualité de
piémontais.
Considérant enfin, que comme sujet du roi de
Sardaigne, il est dans le cas de jouir de l'article i,r
de la loi du quatorze nivôse an troisième, (} janvier
1795), ainsi que de l'article neuf de la loi du trente
Floréal an quatrième, (19 mai 1796).
Arrête, oui le commissaire du Directoire Exécutif
que le nom de Valperga, ci-devant évêque de Nice,
qui se trouve inscrit sur la liste des émigrés, sera

�— 6i —

provisoirement rayé ; que tout séquestre qui pourrait
avoir été mis sur ses biens sera levé, qu'il sera réintégré dans la possession et jouissance de ses propriétés,
et que toutes les sommes versées dans les caisses publiques, lui seront rendues, déduction faite des frais
faits conformément aux lois.
Fait et arrêté* en séance publique le jour, mois et
an que dessus.
Signé : Donny, président Payani, fils, Scudéry,
Oberti, Hancy (et en marge Gastaud commissaire
du Directoire Exécutif).
Certifié conforme à l'original par nous président
et secrétaire de l'Administration centrale du départemeni des Alpes-Maritimes.
DONNY, président
BELMONDI, sec. chef au bureau des émigrés.
Arch. Nat. F 7 4867 2

ACTE DE CAUTIONNEMENT
Pièce 10.

11 fructidor anV (2&amp; août 1797)
LIBERTÉ ÉGALITÉ
Ce jourdTiui 11 fructidor an 5 de la République
française une et indivisible (28 août 1797) par devant nous, membres composant l'Administration
centrale du département des Alpes-Maritimes, est
comparu le citoyen Joseph Passeron, natif de Contes,
chef-lieu de canton, domicilié dans cette commune,
procureur fondé de Monsieur Charles Valperga, cidevant évêque de Nice, en vertu d'acte de procuration du 20 juillet et premier août 1795 (v. s.) lequel
en sadite qualité, dépendamment à l'arrêté de cette
administration du quatorze prairial an cinq (2 juin
1797) portant que le nom de Valperga, ci-devant
évêque de Nice, sera provisoirement rayé de la liste
des émigrés, que tout séquestre qui pourrait avoir
été mis sur ses biens sera levé, qu'il sera réintégré
dans la possession et jouissance de ses propriétés, et

�— 62 —

que toutes les sommes versées dans les caisses publiques lui seront rendues, déduction faite des frais
faits, conformément aux lois, désirant de se conformer au porté par l'article 3 de la loi du 5 Brumaire
an 3 (26 octobre 1794) qui exprime que les prévenus
d'émigration seront tenus de donner caution solvable de la valeur mobilier, et ne pourront obtenir
leurs immeubles jusqu'à ce qu'il ait été définitivement statué sur leurs réclamations par qui de droit,
toujours en sa dite qualité a présenté pour caution le
citoyen François Grosson, marchand drapier de cette
commune, lequel ici prése.it et acceptant, s'oblige
conjointement et solidairement avec ledit Valperga
et pour celui-ci ledit Joseph Passeron, et sous l'hypothèque de tous leurs frens présents et à venir, à l'entière exécution de ce qui les concerne en la susdite
loi, et à la représention des mobiliers, effets et sommes à percevoir en dépôt que besoin sera, et quant
aux mobiliers invendus et en dépôt seront soumis
d'en représenter la valeur à laquelle seront estimés
par experts, préalable rémission.
Et nous, administrateurs susdits approuvant lesdits
cautionnement et acte de soumission, à la réquisition
dudit citoyen Joseph Passeron, avons dressé le présent acte que toutes les parties ont signé avec nous,
ayant au préalable fait renoncer audit François Grosson au droit de premier convenir.
Fait à Nice les jours, mois et an que dessus.
Joseph

PASSERON,

François GROSSON,
prés., PAYANY FILS,
MARUN-SAYTOUR, sec. en chef

HANCY, DONNY,
P.

Acte original sur timbre de 20 centime*.
Arch. Nat. F

7 4867^

�— 63 -

CONCLUSION

Il était avéré pour tous, dans la ville de Nice, que Mgr
Valperga était parti contre son gré et si la première Administration départementale, installée au mois de Mai 1793,
l'avait inscrit sur la liste des émigrés de Nice, c'était à la
suite d'une réponse faite par le ministre de l'Intérieur, Garât,
aux questions à lui posées par le Directoire des Colons Marseillais sur la conduite à tenir vis-à-vis de l'évêque.
Les questions avaient été envoyées à Paris, vers la fin
de Février 1793, et la réponse du ministre ne parvint à Nice
qu'au milieu de juin suivant, soit quelques jours avant la
publication de la liste des émigrés. Les réclamations de
l'évêque, retiré à Turin dans sa famille, furent présentées
le 22 juillet 1793 (1) ; mais comme beaucoup d'autres, elles
s'entassèrent dans les bureaux du Département, qui n'y
répondit même pas.
Cette réclamation fut présentée au nom de l'évêque par JeanJacques Donny au Département. lîlle figure en original au dossier
Valperga.
Voir ci-dessus.
Le registre des délibérations du département manque aux Archives pour les derniers mois de 1793, exactement du Ier mai au 10
Novembre, comme pour les six derniers mois de 1797 et l'année entière de 1798, exactement du 8 Messidor an V (26 Juin 1797) au 25
Pluviôse an VII (13 février 1799).
C'est-à-dire pour les deux périodes les plus troublées et cette
disparition est tout au moins étrange.
Elle doit être vraisemblablement attribuée à certains hommes
politiques désireux de laisser dans l'oubli leur conduite durant ces
deux époques.

�- 64 On était dans la période la plus aiguë et, en pleine
Terreur.
Après le 9 Thermidor et, surtout après la venue à Nice
du représentant Beffroy, au mois de Floréal, an III (Mai
I795)»
les esprits devinrent plus calmes, les administrations plus pondérées. C'est alors que, sur de nouvelles demandes présentées au District, et sur avis favbrable de
celui-ci, le département des Alpes-Maritimes accorda à Mgr
Valperga sa radiation provisoire, le 14 Prairial, an V (2 Juin
1797). Comme on le voit, l'affaire avait traîné en longueur.
Il semblait alors que rien ne s'opposait plus à la rentrée
de l'évêque : le 11 Fructidor, an V (28 Août 1797), le Département avait agréé la caution de François Grosson (1) ;
les biens de l'évêque allaient lui être rendus, et il pourrait
rentrer.
Mais huit jours après, le coup d'Etat du 18 Fructidor (4
septembre 1797) remettait le pouvoir aux mains des Jacobins, la guerre aux émigrés et aux ecclésiastiques, en particulier, reprit avec âpreté. Pe département des Alpes-Maritimes se vit accusé d'avoir préparé une rentrée triomphale à l'évêque, son arrêté du 14 Prairial resta sans effet
et, en vertu de la loi du 19 Fructidor (5 septembre), les
scellés furent de nouveau apposés sur les biens de Mgr Valperga par deux commissaires municipaux (2).
En vain, l'évêque de Nice, fit intervenir auprès du Directoire Balbi, l'ambassadeur du Roi de Sardaigne à Paris,
le dossier de sa demande en radiation fut examiné sans
aucune bienveillance.
(1) L/Acte original de ce cautionnement sur timbre est aux
Arch. des Alp.-Maritimes Q. 10.
(2) Mise de scellés sur les biens de Charles Eugène Valperga par
deux commissaires de la municipalité de Nice. Une scéance, 6 livres.
Dépense approuvée par le Département, en Germinal an VI (avril
1798). Arch. des A. M. Q. 11.
Mgr Valperga ne possédait à Nice aucun immeuble et il devait
rester fort peu de chose de son mobilier après la vente qui en avait
été faite en Ventôse an III. La bibliothèque de l'évêché avait été déclarée bien national et la caisse diocésaine avait disparue en octobre 1792
sans laisser de traces dans les pièces administratives. Le séquestre
a été apposé sur les biens de nombreux émigrés rayés provisoirement.
On peut en voir la liste aux Archives des A. M. Q. 10, où Valperga
figure sous le N° 65.

�- 65
Á la suite de la lettre de Balby datée de Paris le 7 février
1798, le ministre de la police demanda à ses Bureaux un
rapport sur l'affaire Valperga. Pe voici tel qu'il se trouve
en minute au dossier.
Attendu que rien ne tend à constater le prétendu ordre
de quitter Nice, d'où il suit qu'il faut en croire sur parole
l'émigré.
Qu'à raison de son domicile, il était tenu de rentrer sur
le territoire dans les délais voulus par les lois.
Qu'il est atteint par la déchéance et n'a réclamé que
l'an V.
Qu'il ne paraît pas y avoir lieu de violer la loi en faveur
de cet ex-évêque dont la rentrée prohibée par la Constitution serait d'une influence dangereuse.
J'estime qu'il y a lieu à proposer la maintenue sauf
à prendre des renseignements si toutefois on les trouve
indispensables.
CAIGNART,
Sous-chef (2e Bureau).
En tête de cette minute est écrit :
« Je pense qu'il y a lieu à instruction et à prendre
des renseignements près les Administrateurs du département_des Alpes-Maritimes. »
Signature illisible (1).
Ces renseignements furent-ils demandés ? C'est probable et cela explique que bien des pièces du dossier Valperga sont en double expédition. Plus d'une année s'écoula
encore, avant que fut prise une décision et finalement sur
un rapport défavorable de la Commission d'examen instituée près le Ministère de la police pour l'étude des demandes en radiation, le Directoire exécutif signa le 7 Floréal
an VII, (26 avril 1799) un arrêté qui maintenait définitivement, sur la liste des émigrés, Mgr Valperga et annulait
toutes les décisions rendues antérieurement, en sa faveur,
par les. autorités locales.
(1) Arch. Nation. F 7 4862 2 dossier Valperga. Rapport de la
3 me Division du Ministère de la police, sans date mais joint à la
lettre de Balbi.
»

�- 66 -

Varrêté du Directoire parvint à Nice les premiers
jours de Prairial an VII (Mai 99) et fut immédiatement
mis à exécution. (1).
*

* *

Ainsi donc Mgr Valperga expulsé ne put jamais obtenir
de rentrer, les lois sur l'émigration étaient tellement embrouillées et tyranniques qu'une fois inscrit sur une liste
d'émigrés, il était extrêmement difficile de s'en faire rayer
malgré toutes les démarches ; car on se heurtait sans cesse
à des questions de forme et de procédure ce qui permettait
à la malveillance de s'exercer tout à fait à l'aise sous le
couvert de la légalité.
A. J.

PvANCE-BOURREY.

(1) De 21 Floréal an VII (10 mai 1799), il fut communiqué
par le ministre de la police générale de la République aux diverses
administrations intéressées et aux Commissaire du Directoire exécutif
près le département des Alpes-Maritimes. Celui-ci par lettre du 3
prairial (22 mai 1799) demanda au Département de le transmettre
à la Municipalité de Nice, ce qui fut fait le même jour avec ordre
de le transcrire sur ses registres, de faire apposer les scellés ou séquestre sur tous les biens meubles et immeubles de l'évêque si ce
n'est déjà fait, et de mi notifier sans délai la décision prise à son égard.
Voir lettre du Département à la Municipalité, celle du Commissaire au Département, 3 Prairial an VII avec la réponse du Département 4 Prairial.
Arch.. des A. M. Q. 1 et 2 et Arch. Nationales, dossier Valperga,

�NIÇA LA BELLA
VERS DE /.

Giordan,

su

DE CARTA POUSTALA

Ai rai dôu nouostre bouon soulèu
Venon s'escaufar toui lu lùssi ;
Es un meravihous tablèu,
Ai rai dôu nouostre bouon soulèu,
Trouvas, dou Var fin au Castèu,
Anglés, Rouman, Danesi, Rùssi :
Ai rai dôu nouostre bouon soulèu
Venon s'escaufar toui lu lùssi.
Pèr tu, as touti li bèuta,
Terra de lus e d'alegria,
D'un ciel d'azur, as la clartà,
Pèr tu, as touti li bèuta.
De l'univers, en verità,
Siès la uechièma meravia ;
Pèr tu, as touti li bèutà,
Terra de lus e d'alegria.
Dintre lou tèmp, Semiramis
Faguet basti, à Babilouna,
Pu siéu jardin, vèr paradis !
Soubre Paioun, degun s'estouna
De vèire, ancuèi, lou paumoulié
Drissar au ciel la siéu coulouna
E lou galofre, e l'anemouna
Flouri emb'au pourtegalié.
De bouon matin, quitant maioun
Pèr la journada touta'ntiera,
S'en va lavar, dintre Paioun
Pa bugadiera.
D'un glourious passat es fiera
Perqué, d'un tèmp, sus lou bastioun
Au Turc, arranquèt la bandiera
Pa bugadiera.

�fet 68 —

Sau de fouora fa freï,
Que brima,
A Niça, sus lou Quèi,
Si rima.
Pescadou, fourestié,
De la mar bressarella,
Escouton voulountié
Pa doussa cantinella.
L'AVOUCAT

PATTA

L'estudi de l'avoucat Patta es en plen aria ; si tèn lou matin
couma lou predinà su la plaça dôu Palai. Es un ome pichounet,
touplen raplot, li pocha enfli de papiè de touta mers. En lu vièi
quartiè es proun counouissut e li capelada, « Bouonjou Moussu
l'Avoucat », noun li mancon. Es ben m'ai juge, proucuradou, etc.
Lu siéu ounourari soun bouon pati e n'a de preferença pèr
qu si sigue. Parla au premier maufatan vengut, couma se fousse
un agnèu que vén de naisse ; lou créancier o lou débiteur soun
tratat su lou même pen... basta que mouson...
L'avoucat Patta es de noutarietà reputat pèr un ome judicious, òunest — au noun si flata de l'estre au jou d'ancuei ; —
finda counouisse, es en relacioun d'afaire emê de gros persou nage que dintre la finança dôu siéu coumerce, soun quasi d'usurari. Sau menajar la cabra e lou caulè ; e pèr que la mouneda
noun li escapa si desbrouïa e si mete dôu cousta dôu manche...
d'aquéu que casca lou de mai...
Acò fa que toui lu matin que lou Bouon Diéu a fach, la siéu
doumestica mete toujou quaucaren au fuec. Lou dimeneghe, coum'un bouon crestian, — tartufaria que lou pauva, — va audi la
gran'messa à Santa Réparada, fa la siesta e à la calada dóu soulèu,
passeja su lou Cours, pastrouia, fa lu cent pas, noun parla que de
lei, proucès, citacioun, ensin alestisse lou travail dôu dilun...
Lendeman empastra ben d'afaire, mete facilamen en lou sac
Moussu Tout'Un emé Moussu Tout'Autre... En éu que li pòu
faire ?... lança dapertout lou broumech, tant pis pèr aquéu que si
laissa agantar. Quaranta sóu es lou près d'atac e vous pregui de
crèire que douna pas la siéu journada pèr doui o tres escut.
L'avoucat Patta counouisse l'usança dôu païs... s'avès touort,
vous rouïa, s'avès pi rasoun, v'espia... Que voulès aima manjar
lou pei, lou pei que noun aiguë d'espina...
JULI EYNAUDI.

�-«9VA

MAU ! !

Va màu, cresé-vous, que va màu 1
En l'orizoun lou voile negre
N'es qu'un gran camp cargat de pebre,
Qu'à pala lou jeten davan,
Avuglan finda lu cavau 1
Lu canoun soun su li frountièra,
Alignât couma de barriera,
N'esperon plus que lou signàu !
Lou soulèu, aquel animàu !
Stan, noun vòu levà la vela,
Si foundon couma des candela
Enb'aquèu coust dôu diàu !
Le Giacouuda à cóu de d/stràu
Li fan petà li sièu moulura...
Ah ! dèu faire bella figura
Se l'an foutuda en quauqua tràu
Lou pan crèise, finda la sàu,
Lou sucre dintre li boutiga
Mounta ben mai que de boufiga !
Van jusque crèise lou rampàu
E la pèu que fau lou tambau ;
Metran de drech su li nourriça,
Su lu chichi, su li saucissa,
Perqué pas soubre lu magàu ?
E lou Prussian, marrit bertàu,
Noun sabon fa que de babïa,
Per lou Maroc e l'Algèria,
Se faran mètre lou mourràu !
Li serreren toui lou pourtàu
E pi veiren touta la França
Davan la sieù grossa arougança
Se noun si sau garda li clàu !
Es de rima d'un manechàu,
Ma sien d'estiéu, vesin, vesina,
Li passeres en la resina
Avant que vegon l'espitau !
CHARLES CIAUDO

�Valère Bernard
Tout en heurtant le marteau contre la porte de M. Valère
Bernard je songeais. Je me suis complu dans le plus souriant
mépris des idoles. L'ironie a tremblé sur mes lèvres quand
la Provence a dans un ravissement de joie acclamé le poète de
Maillanne. Cette mascarade d'apothéose me répugnait.
Et maintenant la curiosité me fourvoyait dans le studio
d'un consciencieux artiste que les felibres couvraient de gloire.
Elève de Puvis de Chavannes M. Valère Bernard pasticha le
Maître. Mais vite il eût l'intuition qu'à se perdre dans les sentiers
battus il courrait risque de compromettre son crédit. Il dit
adieu à Paris et vint dans Marseille, l'opulente cité.
A cette époque vivait un exquis écrivain, J. Lombard. Il venait de publier deux œuvres d'une grandiose beauté, VAgonie et
Bysance. Dans un style étrangement tourmenté il contait les
luttes entre les factions d'Orient, illuminant son œuvre des
splendeurs bysantines.
Valère Bernard vit Jean Lombard, et du même coup les belles
au bois qui dormaient en son âme s'éveillèrent. Il délaissa les
études académiques, les pastiches sans vie, et d'ardentes couleurs
chargèrent ses toiles.
Voici le triomphe des rois Babyloniens. Sur les voûtes d'un
palais impérial passent des gardes étincelants dans la pourpre et
la soie. L'or envahit les hautes colonnes de jaspe bleu. Involontairement on pense aux fantastiques demeures hantées par des
fées émeraudes et des princesses aux perversités troublantes.
Et je m'imagine que le peintre était sous le charme de la
légende quand il a peint cette courtisanne qui sourit à son miroir tout en jouant négligeamment avec sa chevelure d'or. Et
puis passent Venise la rouge, Marseille enveloppé dans la poussière d'or du crépuscule, des motifs à la Watteau peints par un
bysantin, toute une apothéose.
Mais une idée m'obsède, tandis que dans la grise clarté d'un
soir automnal s'éteignent les fauves éclairs jaillis de ces radieuses
toiles. L'idéalisation du passé me paraît cruelle. Les générations
endormies dans la Mort ont eu leurs misères/leurs rancœurs, je
pense qu'il est absurde de s'écrier avec Musset « qu'aux temps
jadis tout était heureux jusqu'aux douleurs humaines. » En vain
l'apostat s'attriste-t-il sur les vieillards immortels de l'antique

�- 7i

—

lonie, â ses oreilles résonnent les paroles de l'Hiérophante : « La
Helladi que tu aimes n'a jamais existé ».
Mais M. Valère Bernard brise ma rêverie, et mes yeux se
portent.sur des portraits appendus au mur. Profils d'espagnol ou
d'américain mitigés d'espagnol, comme on en croise maintes fois
sur la Cannebière.
Homme universel ne puis-je m'empêcher de m'êcrier. M.
Valère Bernard sourit. Il siérait dit-il, à mi voix, de se développer en profondeur. Toutefois il est beau de se dire sur le
tard de sa vie que l'on a fait vibrer toute son âme. Ici le maître
rejoint Néron. Il m'aide à comprendre cet inquiétant empereur.
Mais encore faut-il que tout en étant l'homme universel on ne
sombre pas dans la banalité. De méchantes œuvres d'art peuvent
avoir leur prix.
Une idée se lève devant moi. Labruyère me petsuade que
l'honnête homme de Pascal propre à tout en définitive n'est propre à rien. La spécialisation inintelligente, mène à l'erreur, j'en
conviens, mais en fait elle est une loi générale.
Et ceci est pour me plaire, car j'abhorre dissiper mon énergie,
j'aime le repliement, la frissonnante pudeur qu'effarouche les
vaines ostentations. Je goûte les peintres du passé et malgré ma
philosophie j'adore les peuples disparus. Volontiers j'implorerai
avec la Cassandre de Schiller la cécité, l'exquise cécité. Le sou
venir a plus de puissance sur moi que l'espoir.
Et sous des deux gris, en des pays étrangers désolants de
médiocrité, il m'est arrivé de pleurer plus amèrement que ne
pleura Xerxès aux rives d'Abydos.
J. PADOVANI.
PROUVERB1, BOUOI MOT, COUNSÈU E DICH
Vèuva que si marida,
Dèu perdre la lus e l'audida.
Fiha madura,
Lou pouorta à la centura.
En cuntant su lu det :
Aquéu a fa l'óu ;
Aquéu l'es anat cercar,
Aquéu l'a fa cuèire,
Aquéu l'a manjat,
E lou pichoun n'a ren tastat !

�— 73 —
LE

DÉSESPOIR

Oui, j'ai la mort dans l'âme ; oui, je monte au calvaire ;
Mon horizon, hier si beau, s'est obscurci ;
Je hais tous les devoirs et tout ce qu'on révère :
Mieux vaut mourir que vivre ainsi !
Puisque je n'y puis rien ; que la raison humaine
Ne gagne plus un cœur où mon cœur est entré,
Je veux briser mes jours comme on brise une chaîne
Et m'enfuir en désespéré.
Qu'est-ce donc que la mort ? C'est la paix éternelle,
C'est un beau drap de fleurs sur mon sein endormi,
C'est la nature calme, auguste et solennelle
Qui nous prête un repos ami.
O nature de Dieu contemple ma détresse !
Ecoute tout mon sang dans mon cœur s'épancher
Et, puisque je n'ai plus le lit de ma maîtresse,
C'est au tien que je veux coucher ;
C'est toi la grande mère et la nourrice immense !
L'homme au sort le plus âpre et l'homme au sort plus beau
Retrouvent dans ton sein leur part de ta clémence :
L'un l'amour, l'autre le tombeau
Tu sais, toi qui vois tout, ce qu'ici bas je souffre,
Que je n'ai point béni l'instant de mon réveil
Et que j'ai regardé, toujours, du fond du gouffre,
Les bords ou brillait le soleil ;
Que je n'ai bu jamais que dans la coupe amère,
Que le seuil du bonheur me fut toujours fermé,
Que j'ai perdu mes fils, que j'ai perdu ma mère
Et tous les cœurs qui m'ont aimé !
Maintenant je m'en vais, battant du front, comme ivre,
En proie à ce grand deuil qui me courbe en vainqueur,
Et je veux déchirer ma vie, avec le livre
Des chastes sanglots de mon cœur ;
Et toi, rayon divin, génie, ardent délire,
Flambeau qui n'iras plus briller sur son autel,
Eternise du moins ces larmes de ma lyre
Et que mon cri soit immortel !
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Letra doumenicala

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17,
17,

14 e 15
16 e 17
19 e 20
19 e 20

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Jî la Providence, 1{ue de la Préfecture /4, }}run, Sibraire

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QUATRE

SESOUN

Lou prmtèms coumença lou 21 mars
L'estiéu
—
— 22 Jun
L'autoum
—
— 23 sept,
L'iver
—
— 22 dés.
FESTA

Septuagesima
19 Janvié
Cendre
5 Febrié
Pasca
23 Mars
Rougacioun 28, 29, 30 Abriéu
Ascensioun
1er Mai

à 5.18 m.
à 1.10 m.
à 3.53 m.
à 10.35 m.

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matin
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sera
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MOUBILI

Pantecousta
Trinità
Festa de Diéu
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30 Novembre

11 Mai
15 Mai
22 Mai
l'Avènt

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VÉNT

Lu vènt que souflon à Niça, dintre lou cours de l'annada,
soun au nombre de 16. Vequi li sièu denouminacioun courenti,
pihadi, en general, dai loucalità dei quali parèisson veni :
Nord ..
N.-O.-E.
N.-E. ..
E.-N.-E..
E. N. E.
E.-S.-E..
S.-E. ..
S.-S.-E-.

Tramountana
Grek Tramountana
Grego
Levant
Levant
Levant
Siroco, vènt marin
Mie jou Siroc

Sud.... Mie jou
S.-S.-O.. Miejou Lebech
S. O. .. Lebech
O.-S.-O. Pounènt Lebech
Ouest. . Pounènt
O.-N.-O.V. Pounènt Maistràu
N.-O. .. Maistrau
N.-N.-O. Maistrau Tramount

VIGÍLIA — JÈUNI
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30
10
14
31
24

Mars
Abrièu
Mai
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Outoubre
Desembre

(Pasca, 23 Mars)
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(Pantecousta, 11 Mai)
(Assoumpcioun, 15 Avoust)
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14 Sant Noum de Jesù.
19 Setuagesima.
26 Sexagesima.

2
5
6
9
12
13

Purificacioun.
Cendre.
Festa de la Pr. de N. S.
Quadragesima.
14-15 Quatre-tèms.
Coum. de la Passioun.
16 Reminiscere.
23 Oculi.

�Jtfars
2 Lœtare.
9
16
21
23
29
30

Passioun.
Lu Rampàu.
Divendre Sant.
Pasca.
Li 7 Doulou.
Quasimodo.

j/îbriêu
28-29-30 Rougacioun.

jYtai
1 Ascensioun.
3 Inv. de la Santa Crous.
11 Pantecousta.
14-16 17 Quatre-tèms.
18 Trinità.
22 Festa de Dièu.

Jîvoust
6 Transfiguracioun.
15
18
25
26
29

Assoumpcioun.
S. Joachim.
S. Couor de la Vierge.
S. Louis.
Decolac. de S. Jouan-Bat.

8
14
15
15
17
29

Natività de la Vierge.
Esaltacioun de la Crous.
N. D. dei 7 Doulou.
San Noum de Maria.
Quatre-Tèms.
Dédie, de S. Miquéu.

6
13
20
27

Sant Rousari.
Maternità de la Sta Vierge.
Puretà de la Santa Vierge.
Patrounage de la S. Vierge.

1
2
3
21
30

Touï lu Sant.
Lu Mouort.
Santi Reliquia.
Present, de la Sta Vierge.
Avent.

Setembre

Ouioubre

jYouvembre

Jun
9
21
24
29

Festa dôu S. Sacramen.
Sacrât Couor de Jesù.
Natività de S. Jouan-Bat.
SS. Peire e Paul.

Juliet
2 Visitation de la S. V.
7 Precious Sang.
16 N.-D. dôu Carme.

2&gt;esembre
8 Imaculata Councepcioun
17, 19, 20, Quatre-Tems.
25 Calena.

LEÇOUN DE CATECHISME
Un prèire dôu Gesu enterougava un pichoun su lou siéu
catéchisme e li demandava :
— Doun es Diéu ?
— Vous respouonderai, li di l'enfant, quoura m'aurès
dich doun noun pôu estre.

�xxxxxxxxxxxxx:::xxxxxxxxxxxxx
AMINISTRACIOUN MUNICIPALA
Mera : M. lou General Fr. Goiran
Ier MM. Bonnefuy-Sibour.
Ajount
Emile Muscat.
«.
Jousé Ventrue
«
3e
Jan Ricci.
«
4e
Juli Febvre
5e
Dr A. Bufîon.
6e
Dr J. Fighièra.
7e

Ier Ajount

M. Bonnefuy-Sibour
Encargat de l'ensemble de l'aministracioun sensa delegacioun speciala.
Recèu toui lu jou de io oura % à miejou.
2e Ajount

M. Emile Muscat
Recèu lou dilun, lou dimècre e lou dijôu de 5 a 6 dôu
sera.
Attrib. — Estrucioun publica (Escola, lycée, salla d'asile,
crècha). — Biblioutèca e Arquiva. — Countencious.

3e

Ajount

M. Jousé Ventre
Recèu lou dilun, lou dimècre e lou divendre de

11 y2 dôu matin.

10 à

Attrib. — Coumerce e Indústria. — Agricultura. — Tribunal e Chambra de Coumerce. — Elecioun e lista eletourali.
— Cadastre. — Countribucioun. — Prud'ome. — Soucietà

�— 10 —
de Secours Mutual. — Festa publiqui. — Autourisacioun de
bal o de festa privadi.
4e Ajount
M. Jan Ricci
Recèu lou dimars, lou dijôu e lou dissata de 10 à n
Attrib. — Dassi. — Abatoir e lu servici. — Coumtabilità
generala. — Pouliça dei camin. — Estalage. — Marchand
ambulant. — Permès de staciounamen. — Voitura, cavau
e taxis. — Fiera e Marcat. — Caissa d'Espargna. — Sapurpoumpier.
5e Ajount
M. Juli Febvre
Recèu lou dimars, lou dijôu e lou dissata de 4 à 5.
Attrib. — Travai public. — Voiria urbana e rurala.
Jardin e proumenada. — Aïga, gaz, eclerage. — Ramassage.
— Arquitetura. — Bastissa coumunali. — Bei-Art. — Escola
d'Art decouratif. — Musée dei Bei Art. — Musée d'Istoria
naturela. — Teatre. — Musica Municipala e autri.
6e Ajount
M. lou. Dr A. Buîîon
Recèu lou dimars e lou divendre de 4 % à 6.
Attrib. — Igiena e salubrità. —Loujamen insalubre.
— Establissamen dangeirous e incòmode. — Epidèmia. —
Pouliça dei meurs. — Assistença publica. — Viei, infirme
e incurable. — Retreta Ouvriera. — Enfant assistât. — Proutecioun dei enfan dôu premié âge. — Espitau. — Establissamen de carità o de beneficensa. — Fouol.
7e Ajount
M. lou.Dr Jousé Fighiera
Recèu lou dimars e lou dissata. de 10 à 11 y2.
Attrib. — Estat-Civil. — Poumpa Funebri. — Cementeri.
— Culte. — Afaire Militari. — Abihamen.

�— II

PR^MIÉ

TRIMESTRE:
MARS

FEBRIE

JAN VIE
lu 7, à 10 oura 29 m.
lu 15, à 4 oura 02 s.
lu
a 3 oura 40 s.
lu 28, à 7 oura 35 m.
— !.. 8 U' — C. 4 42
SOULÈU
N.
P.
P.
D.

—

L.
Q.
L.
Q.

N. L.
P. Q.

lu 6,
lu 14,
lu 21,
D. Q. lu 27,
L. 7
SOULÈU,

5
8
2
9

oura
oura
oura
oura

22
34
04
16

m,
m.
lu.
s.

P. Q.
1'. L.
D. Q.

24'

SOULÈU ,

dis. S. Ignaci
Dim. La Çandeliera
Blasi
dil. S.
l)i mars-Gras
dim
Li Cendre
dim
Dim
dij. Sta A gat a
dil.
div. Sta Dorotea
dim.
dis S. Romuald
dim.
dij
9 Dim. Quadragesima
10 div.
10 dil. Sta Apoulounia
11 dis.
11! dim. S. Severin
12 dim. Quatre-tèms
12 Dim.
13 dij. S. Gregori
13 dil.
14! div. Sta Eufrasia
14 dim.
15 dis. S. Onesime
15 dim.
16 dij.
16' Dim. Reminisceri
17 div.
17i dil. Sta Mariana
18 dis.
18 dim. Sta Attiqua
19 dim. S. Eucher
19 Dim. Setuagesima
20 dij.. Sta Vitalina
20 dil. S. Bastian
21 div. S. Severian
21 dim. Sta Agnesa
22 dis. S. Silvan
22 dim. S. Vincent
23 dij. S. Raymound
23 Dim. Oculi
24 div. Sta Jacinta
24 dil. S. Pascase
Conv.
de
S.
Pau
25 dis.
25 dim. S. Cesari
26 dim. S. Nestor
26 Dim. Sexagesima
27 dij: S. Leandri
27 dil. Sta Devota
28 div. Sta Nourina
28 dim. Sta Paula
29 dim. S. Francès S.
30 dij. Sta MaitiDa
31 div. S. Peire N.
Lu jou crèisson :
dim.
dij.
div
dis.

Jou de l'An
S. Macari
Sta Genevieva
S. Tita
S. Simeoun
Lu Rei
S. Lucien
S. Apoulinari
S. Pèire
S. Guillaume
S. Teodore
S. Arcada
Sta Verònica
S. Ilari
S. Maurici
S. Ounourat
S. Antoni
Sta Angela

Lu jou crèisson :
lou matin....... 22 m.
lou sera
12 m.

1

lou matin
lou sera

lu
lu
lu
lu

47
46

ln&gt;

m.

dis.
Dim.
dil.
dim.
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div.
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Dim.
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dim.
dim.
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div.

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Dim.
dil.
dim
dim.
dij.
div.
dis.
Dim.
dil.
dim.
dim.
dij.

8,
15,
22,
29,

à 0 oura 23
à 8 oura 58
à 11 oura 56
à 0 oura 58

m.
s.
m.
s.

L. 6 36' — C.5 32'

S. Eudoxii
Lœtari
S. Marin
Sta Cunegonda
S. Casimir
Sta Coleta
S Jouau de D.
Sta Félicia.
La Passionn
Lu 4" Marlir
S. Euloge
S. Gregori
Sta Eufrasia
Sta Matilda
S. Acepsima
Lu Rampàu
S. Patrici
S. Apien
s. Jôusé
Dijon San/
D i vendre Sani
Dissata Sant

Panca

StaCatarinadeS
Anounciada
S
Emanuèu
S. Jouan d'Egt
Gountraa
div. S.
dis. S. Hustase
Dim. Quasimodo
dil. Sta Balbina

Lu jou crèisson :
lou matin
î .o4 m.
lou sera
0.48 m.

VERMOUTH

�— 12 —

ABRIETJ
N. L. lu 6,
P. Q. lu 14,
P. L. lu 20,
D. Q
lu 28,
SOULÈU .

MAI

à 5 oura 49 s.
à S oura 40 m.
à 9 oura 35 s.
à 6 oura 09 m.

— L. 5 32'

C. 6 19'

dim. S.
dim. s.
dij. s.
3
4 div. s.
5 dis. s.
1
9

6
7
8
9
10
11
12
13
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16
17
18
19
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21
22
23
24
25
26
27
28
29
30

Dim.
dil.
dim.
dim.
dij.
div.
dis.

Dira.
dil.
dim.
dim.
dij.
div.
dis.
Dim.
dil
dim.
dim.
dij.
div.
dis.
Dim.
dil.
dim.
dim.

Ugo
Franç. de P.
Richard
Isidoro
Juliena
s. Celestin
s. Hegesippe
s. Albert, ev.
s. Azada.
s. Isidoro
s. Leourj
s. Juli
s. Justin
s. Valerian
Sta Anastasia
S. Frutuous
s. Rodolfe
s. Maxime
s. Anselme
s. Tcodoro
s. Adalbert
s. Fidèle
s. Jorgi
s. Marco
s. Clet
s. Antime
s. Aimé
Iiouqacioun
Sta Catarina d. S
SS. Philip., Jacq.

La jou crèisson :
lou matin
59 m.
lou sera
... 44 m.

N.
P.
P.
D.

L.
Q.
L.
Q.

lu 6,
lu 13,
lu 20,
lu 28,

SOULÈU.

18
19
20
21
22
23
24

dij.
div.
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Dim.
dil.
dim.
dim.
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Dim.
dil.
dim.
dim.
dij.
div.
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Dim.
dil.
dim.
dim.
dij
div.
dis.

25
26
27
28
29
30
31

Dim.
dil.
dim.
dim.
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div.
dis.

1
2
3
4
5
6
7
8
9
10
11
12
13
14
15
16
17

JUN

8

oura 25 m.
H oura 45 m.
7 oura 18 m.
0 oura 04 m.
— L. 4 34' — C. 7 04'

N.
P.
P.
D.

i

Ascensioan
S. Atanase
In.d.l. Sta Crous
SS. Sindonis
S. Pio, papa
S. Jouan D.
S. Peire
S. Gregori N.
S. Antounin
S. Isidoro
Pandeconsta
S. Jouan lou S.
S. Pouon, m.
Quatre-tèms
S. Sta Dcnisa
S. Frutuous
S. Pascaù
Trin if à
S. Pèire C.
S. Felis.
S. Bernardini
Festa de Diéa
S. Didier
S. Vincen,d.L.
S. Urbin
S. Felipe
S. German
S. Cirile
Sta Petronïa
S. Sylve
S. Justin

Lu jou crèisson :
lou matin
4° mlou sera
41 m.

L.
Q.
L.
Q.

lu 4, â 7 oura 57 s.
lu 11, à 11 oura 4 s.
lu 18. à 5 oura 51 s.
lu 26, à 5 oura 41 s.

SOULÈU.

1 DIM.
2
dil.
3 dim.
4 dim.
dij.
5
6 div.
7 dis.
8
9
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28
29
30

Dira.
dil.
dim.
dim.
dij.
div.
dis.
Dira.
dil.
dim.
dim.
dij.
div.
dis.
Dim.
dil.
dim.
dim.
dij.
div.
dis.
Dira.
dil.

- L. 3 55'

—

C. 7 43'

S. Potin
Sta Blandina
S. Quirin
S. Francès C.
S. Lié
Couor de Jesù
S.
S.
Sta
S.
S.
S.
S.
S.
S.
Sta
S.
Sta
S.
S.
Sta
S.
S.
S.
S.
S.
S.
S.
S.

Medard
Optat
Margarida
Barnabé
Antoni de P.
Basilio
J.-F. Régis
Moudeste
Lambert
Olga
Gervai
Juliena F.
Louis de G.
Paulin
Maria d'O.
Jouan-B.
Prousper
Alban
Cresen
Iréné.
Pèire
Pàu
Tibàu

' Lu jou crèisson :
lou matin
2 m.
lou sera
i4 m.

VERMOUTH

�— 13 —

TROISIEME

AVOUST

JUL·IET
N.
P.
P.
D.

L'. lu Í, a
Q. lu 10, a
L. lu 18. à
0. lu 26j a
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SOULÈU, - !..

1
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19
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22
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24
25
26
27
28
29
30
31

i

5 oura 07 m.
9 oura 38 m.
6 oura 0" m.
9 oura 59 m.
53' — C. 7 55'

dim. S. Thierry
dira Vierg.de li Gracia
dij. S. Anatole
div. S. Pèire de L.
dis. S. Sisoès
Dim. S. Elie
dil. Sta Bahela
dim. S. Efrem
dim. Sta Felicita
dij. S. Pio
div. S. Jouan G.
dis. S. Gene
Dim. S. Jaque
dil. Festa Naciounala
dim. S. Enri
dim. N.D.d.M.Carmel
dij. Sta Marcelina
div. S FVederic
dis. S. Vincen de P.
Dim. Sta Margarida
dil. S. Vitor
dim. Sta Maria-Mad.
dim. S. Apoulinari
dij. Sta Cristina
div. S. Jaque
dis. Sta Anna
Dim. S. Pantaleoun
dil. S. Samsoun
dim. Sta Marta
dim. Sta Giulieta
dij. S. Gnaci de L.

1

Lu jou bàisson :
lou matin
3i m.
lou sera
26 m.

TRIMíJSTRBÎ

N
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L.
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SOULÈU.

1
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3
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30
31

lu
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2,
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10,
25,
31,
1.
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a
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Í

0 oura 58 s.
i oura 03 m.
8 oura 27 s.
0 oura 18 m.
8 oura 38 m.
23' - c. 7 28'

div. S. Pèire-aï Ldis. S. Alfonso
Dim Inv. de S. Estève
dil. S. Domenica
dim. N. D. dei Nèu
dim. Transf. de J. C.
dij. S. Gaétan
div. Sta Batilda
dis. S. Camilo d. L.
Dim. S. Làuren
dil. S. Septima
dim. Sta Clara
dim. Sta Filoumèna
dij. S. Ousèhi
div. Asonmpcioiin
dis. S. Roc
Dim. S. Jouachin
dil. Sta Elena
dim. S. Ipoulita
dim. S. Bernar
dij. Sta Chantai
div. S. Pio V
dis. S. Filipe B.
Dim. S. Bartoumiéu
dil. S. Louis, r. V.
dim. S. Segoundo
dim. S. Cesari
dij. S. Goustin
div. S. Mederic
dis. Sta Rosa
Dim. S. Fiacre

Lu fou bàisson :
lou matin
43 mlou sera
55 m.

SETEMBRE
P.
P.
D.
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Q. lu 7,
t. lu 15,
Q. lu 23,
I,. lu 30,

SOULÈU. —

a
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1.5

1
4
0
4

oura 06 s.
oura 46 s.
oura 30 s.
oura 57 m.

08' — c.

6 33'

1 dil. S. Gili
2 dim. S. Estève Pi.
3 dim. Sta Eufemia
4 dij. Sta Rosalia
5 div. S. Làuren J.
6 dis. S. Pambou
7 Dim. S. Grat
8 dil. Naiiv. de la V.
9 dim. S. Oumer
1U dim. S. Nicola
11 dij. S. Félis
12 div. S. Veran
13 dis. S. Amé
14 Dim. Es. d. l.S. Crous
15 dil. S. Nicomède
16 dim. S. Courneilla
17 dim.- Quatre-tèms
18 dij. S. Tournas V.
19 div. S. Janvié
20 dis. S. Eustache
21 Dim S. Matiéu
22 dil. S. Màurici
23 dim. Sta Tecla
24 dim. S. Girar
25 dij. S Firmen
26 div. S. Nil
27 dis. S. Nicandre
28 Dim. S. \\ inceslas
29 dil. g. Miquèu
30 dim. S. Jeromo
Lu jou bàisson :
lou matin
42 mlou sera
i.o3 m.

HâltlHI &amp; EdIIÏ

�- 14 QÜATRIÈ)MÍ:

OÜTOUBRE
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SOULÈU. - .

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oura
oura
oura
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NOUVÈMBRE
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5 30'

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Lu jou bàissoii :
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SOULÈU, - -

1.

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(i oura 35 s.
" oura 12 s.
7 oura 57 m.
1 oura
m.

42

6 30' — c.

4 30'

Ì dis. Toui lu Sunt
2 Dim. Lu Mouort
3 dil. S. Ubert
4 dim. S. Carlo B.
5 dim Sta Bertila
6 dij. S. Leounar

dis. S. Francès d'A.
5 Dim. S. Rousari
6 dil. S. Bruno
7 dim. S. Serge
Í
8 dim. Sta Reparada
8
9 dij. S. Denis
9
10 div. S. Francès B.
10
11 dis. S. Tarasco
11
12 Dim. S. Counrad
12
13 dil. S. Edouard
13
14 dim. S. Calisto
14
15 dim. Sta Teresa
15
16 dij. S. Ospici
16
17 div. Sta Edvija
17
18 dis. S. Luc
18
19 Dim S. Pèire
19
20 dil. S. Agricol
20
dim.
21
Sta Ursula
21
22 dim. S. Filip
22
23 dij. S. Teodoret
23
24 div. S. Magloire
25 dis. SS. Crespin Cr. 24
25
26 Dim. S. Joaan de K. 26
27 dil S. Frumeuce
27
28 dim. S. Alf'redo
28
29 dim. S. Narcisse
29
dij.
30
S. Marcel
30
31 div S. Siri
i 4

lot
lOL

TRIÍ

div. S. Nestou
dis. Lu Quatre Incou.

Dim. S.
dil.
dim.
dim.
dij.
div.
dis.

Teodore

S.
S.
S.
S.
S.

Jacintou
Martin
René
Stanislas
Pantena
Sta Gertruda

Dim. S.
dil.
dim.
dim.
dij.
div.
dis.

Edme
Gregori
Alfè
Sta Babeta
S. Edmon
Présent, de la V.
Sta Cecilia
S.
S.

Dim. S.

Clemen
Sta Flora
Sta Catarina
Sta Pelfina
S. Maxime
S. Sostène
S. Saturnin
Dim. A vent
dil
dim.
dim.
dij.
div.
dis.

Lu jou bàisson :
lou
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DESÈMBRE
P. Q.
P. L .
D. Q.
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SOULÈU. —

1.

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oura
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2 oura

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16
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7 24' — c.

s.
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s.
s.

3 55

dil. S. Eloi
dim. Sta Bibiana
dtm S. Francès X.
dij. Sta Barba
Bassi
div. S.
dis. S. Nicola

Dim

S. Anbrosi
dil Imac. Conception^
dim. Sta Leoucadia
dim. Sta Eulàlia
S. Damase
div. Sta Roselina
dis. Sta Lucia

Dim. S.

Niçaise
dil. S. Mesmin
dïm. S. Adon
dim. Quatre-tèins
S. Gatien
div. S. Ciprian
dis. S. Filogone
Dim. S. Tournas
dil. S. Onourat
dim. Sta Vitòria
dim. Cacha-fuec
dij. Calèna
div. S. Estève
dis. S. Jouan

Dim. SS. Iuoucent
dil. Sta EleoDOra
dim. S. Sabin
dim S. Sàuvestre
Lu jou bàisson de a5 m.
lou matin
e crèisson de 5 m. lou sera

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CROUNICA NIÇARDA
L/'Armanac Niçart a la pèu dura, persègue la siéu publicacioun maugrà lu escoumbuï de la vida. Mi côu vougar an
jou d'ancuei quasi soulet ; la miéu pichouna barca s'enroquerà pas. Tant que pouôdi mi teni au timoun, la mar es
pas toujou marrida e lou ciel à Niça es souventi fès seren.
Siéu urous d'aver assoustat, li a quauque an fa, de
coulabouratour que despi an fach lou siéu pichoun camin,
siéu fier encara d'aver pouscut publicar d'obra inedichi,
e se la gloriola de passage pousquesse estre de quauque
près, dirii finda que Y Armanac Niçart es estat lou premier
à dounar ai siéu letour de doucumènt istourique, pouesia
d'ilustracioun de prima man.

* *
Despi lou camin es dubert ; li codo, peira e peireta soun
levadi dôu mitan, toui si soun abrivat e lou miéu pichoun
couloumbié es despi l'oura abandounat, après d'aver servit
de nidou à touplen... Que mi resta d'aquela splendour
efemera ?. .. Ren o pas gran cauva de bouon : la nota de
l'emprimur à pagar !... e l'amistà de quauque amie lu quai,
côu lou recounouisse, m'an souventi-fès encourajat quoura
moudeste escrivan, ai publicat un'oubreta. Ma se noun
mi resta ren autre, ai pas men counservat la cuirassa e lu
côu que lu criticaire pouôdon mi pourtar s'aplatisson couma
se piquesson su d'un pan de burre. Ai fach d'esfouors, ai
cresut estre utile au miéu païs, se tanti fès n'ai pas réussit,
s'ai fach faussa routa, es pas la bouona voulountà que m'a
mancat.. ; es autra cauva !... que lu miéu detratour, —
marridi lenga, — vouogon ben recounouisse.
li'Armanac Niçart es toujou estat poulit, respetuous ;
aima plesentar, si piha garda de mancar quauqu'un, fa minga
persounalità e se parla una fès cad'an es pèr respouondre en
aquelu que dintre l'oumbra e lou mistèri l'atacon.
%

�i8 —
— Èen que n'aigui pas de dènt assè longui, mastègui
eouma pouôdi, mi resta encara doui bouoi caisselà, e lou
batarèu en remerciant Dièu debana qu'es un plesi... Se
grafigni quauquifès caressi quoura côu, ma que voulès siéu
sensible, crègni lou catigolo, noun mi laïssi trapiar, pi ben
que sigui de pichouna estatura — un verp de terra — mi
laissi pas metre lu pen su la couota.
La miéu draparïa es minça, transparènta, cadun pôu
liège à través cenque vouoli dire e maugrà que lou miéu
mantèu sigui de lustrina tantu n'an pas agut vergougna
de s'en curbi quauqu an fa'.
D'Académicien niçart n'ai counouissut mai que d'un ;
aurïon fach aloura una maladia se noun li aiguessi estampat
la siéu prosa o pouesia... D'autre, lou noum m'escapa, la
si soun esbignada... Ai encara souta lu uès una longa courespoundença que lou prova ; qu mi reclamava d'estre en
prima pagina, lou siéu noum que ressourtesse ; qu mi pregava de li metre « lou tout d'a-gangui « ; e passi souta silenci
touplen d'autre imourtal niçart que si dïon fier, urous, flatat,
de couloubourar à Y Armanac Niçart... A toui li calïa un
noumbre d'esemplari — à l'uèi va sensa dire, à titre d'encourajament — e lou jou de l'aparicioun, à lu audi charrar,
eron élu la pèira foundamentala, avïon tout fach despi
Y A fin au B... La gaseta parlava d'élu... e toui su lou bastion
de repetar : « Lou tau ?... escriéu su Y Armanac. —
Eri de moda !...
p
[•

*
*

*

D'aquéu fra-tèms Y Acadèmia Nissarda si founda, lou
Nice-Historique coumença à pihar voga, e lou regretat proufessour Enri Sappia que sabia cen qu'era la vaca enrabiada,
em'un zèle que recounouissi douna au sièu païs predilèt
tout cenqu'un pur niçart pôu dounar.
S'au jou d'ancuei lou Nice-Historique si felicita de la
siéu prougressioun noun côu pas que denembra l'orne que
mai que d'una fès a manjat de maigre moucèu... Es en aquel
orne que devès lou Nice-Historique vouostre enfan d'adoucioun ; se fouguesse estre sincère, li a de veiità que soun
toujou penibli à dire, sensa Sappia Y Acadèmia Nissarda
noun esisteria ; e se persegui en lou miéu amour de la verità,
devès la vouostra esistença o foundacioun à touplen d'autre.

�- ig —
t,'Armanac vous devîa ben acô... Lou souveni s'efaça tant
facilamen !...
Ma laissen aquela charra, noun m'aura ajudat qu'à
coumençar la miéu Crounica.

*
* *
UArmanac Niçart ientra couma pôu en la siéu nouvièma
annada d'esistença. Se trouvas qu'es abihat de mieja sesoun,
vous dirai que n'es pas à la paluègna que si counouisson li
cebeta... Ai tengut cônte dei bouoi counsèu e mi presenti
couma d'usança ai miéu letour e letrissa em'au sourire su
li labra pèr vous racontar de pichouni istourieta, vous rememourar quauque prouverbi, que liegerès emé plesî.
"L,'Armanac Niçart pôu estre lijut da toui, gran e pichoui,
divertisse l'un, enteressa tantu autre ; frisa jamai la groussieretà, basta e se n'aiguesse qu'una qualità, — de défaut
degun n'es esènt, — aquela qualità de counservar lou nouostre
franc-parlà, vouoli dire la lenga de la maire qu'un noun
pôu francamen denembrar, la cansoun dôu brès que nen
cantavon lu nouostre vièi, e que couste que couste voulen menteni.

*
* *

L'Armanac Niçart publica cad'an una paja d'istoria
loucala inedicha que lou dot e fidèle coulabouratour M.
l'Abat Rance-Bourrey escriéu espressi per lu miéu letour.
e que lu letrat, bibliofile niçart liejon toujou mé devoucioun. L'an passat nen dounet Y Expulsion de Mgr Valperga,
en septembre 1792 ; aquest'an l'istourien nen douna : L'Installation de Mgr Colonna-d'I^tria, evesque de Nice, en 1802.
Es un doucumènt d'istoria loucala requist qu'enriquissera
li nouostri coulecioun.

*
* *

Publiquèri de paja de Y Armoriai Nobiliaire et Historique de
l'Ancien Comté de Nice et des Alpes -Maritimes, de Jousè
Casai (1907) ai finda emprimat en coulabouracioun d'aquestou, un Catalogue Alphabétique du fonds de Nice que si
trouva à la Biblioutèca de Niça, ensinda qu'una reempressioun dôu Discours sur le Monastère de Sainte-Claire de
Nice, pèr Honoré Pastorelli, publicat d'après l'édicioun
originala de Turin en 1608, em'una entroducioun e de

�20 —
nota de l'abat Rance-Bourrey. Lu counouissur, en 1908,
lauderen aquesta reedlcioun.
*
Nicœa Civitas

L'Armanac Niçart felicita caudamen Y Acadèmia Nissarda d'aver fach pareisse la premiera partida dôu NicaaCivitas de Gioffredo, en francès. Aqui de bouon'obre.
Traducioun commençada per lôu proufessour Enri Sappia,
coumplimen à l'abat Rance-Bourrey que l'a menada à bouon
pouort.Grafigni ma caressi eY Armanac Niçart que despi regardas coum'un bastardoun sau recounouisse lou beu dôu mau.
Rabaian toujou ; siéu urous de faire lou miéu mouloun,
pu tardi un nen tirera proufit.
*
* *
Aiira, car letour e charmanti letrissa, que vous dirai
de mai, farai couma lou papagau e vous répéterai couma l'an
passat :
Bouon prencipi
E mihour fin !
L'ARMANAC NICART.
LOU JOUIN'OME E LOI) BOUON VIEI
De gracia, empara-mi couma si fa fourtuna,
Demanda au paigran un jouin'ome ambicious.
— Li a, di lou bouon vièi, un camin glourious :
Es de si rendre utile à la cauva coumuna,
Proudigà vouostre jou, vouostri veia, talènt
Au servici de la França !
— Ah ! bèn pénible n'es la soufrança.
Vouoli de talènt men brilènt
— Ni a de mai segur : l'intriga.— Es trôu vile
Sensa travail vous diéu, vourii m'enriquî. ..
— Eh ben ! sigues simple embecile
N'ai vist mai que d'un réussi...
J. Eynaudi
(D'après Florian).

�—

LOU

LIOUN E

21 —

LOU

MOUISSIOUN

« Va-t'en, mesquin insècte, escremen de la terra ! «
Es ensinda que lou Lioun
Parlet un jou au Mouissioun.
L'autre li declaret la guerra :
« Ti penses, li diguet, que lou tiéu titre de rèi
Mi fasse pôu e que m'enquieta,
Un bôu de tu s'en manja sièi,
Lou fau marchar à la bagueta. »
A pena fenit lou discours
Que d'éu même souona la carga,
Siguet troumbeta, vincitour.
Ma prudènt si ten à la larga ;
S'abriva, toumba su lou couol
Dôu Lioun que rende miech fouol ;
Deven quasi furious e l'uès de bila esala
Rugisse, toui s'escoundon, tremouolon à l'enviroun ;
Aquel'alarma universela
Es cap-d'obra dôu mouissioun,
Un avourtoun de mousca en cent luec lou sarcela,
Lou pougne su l'esquina e pi su lou nasèu
Un autre suça lou narvèu.
La rabia si retrova, au soum es ja mountada,
L'envisible nemic trioumfla regardant
Que ni grifa ni dènt de la bèstia irritada
Lou metènt tout en sang, lou siéu dever faran...
Lou malurous Lioun s'esgarra à pichoui tros
Fa boulegar la couva pèr gagnar de terren ;
Es desperat, poù plus ; lou Rei deven balos,
La fatiga l'abate, si ve qu'es su li dènt...
L'insècte dau coumbat si retira mé gloria,
Couma sounèt la carga, entona la Vitòria,
Va pertout l'announçar, ma rescountra pèr camin
Una aragna en embuscada...
Dôu Mouissioun siguet la fin.
Que poudès ben pensar, que leçoun ensegnada ?
Dei vouostre gros nemic, de crègne lu pichoui
Sensa troù de fracas vous trïon lu peouï...
Ma se d'un gran dangié an pouscut si soustraire
Perisson pèr la mendre afaire.
J. Eynaudi (d'après La Fontaine).

�— 22 —

ME LCART

(1)

L'argènt de la Betica e l'ôr de l'Atlantida
Agnènt recompensad lei trabalh de Melcart,
Pojè, fôra Gadès, sus l'Océan bastida,
Vers lo pas gigantesc qu'avié saupud traucar.
Mai la mar rebaté son argulhos sicard,
'Mé d'ôrre temporau e, vela rebotida,
Sai barca, quatre luna, errèron à cercar
Lo camin drechurier dau pôrt qu'èron partida.
Aiora, en Astartè, reina dai Bahalim,
Vengué, pèr abaucar lei ventegas malin,
Saunar d'ôme, au ribage onte Agèu s'espalanca,
E lei pastre ligor, monegasca Calanca,
De ton rocas sanglant veguèron piei partir
Do legendàri eros de la superba Tir.
Lois Funèu.

SIGUESSES UN ARMANAC
Un proufessour de coulège estudiava ordinariamen
quatre a cinq oura cada jou. Couma era restat dintre lou
siéu cabinet mai long-tèms que d'abituda, la siéu mouhié
venguet lou trouvar :
— Siés aqui ma mia, que diès de nôu que noun sabi ?
— Diéu, moussu que vourii ben estre libre.
— E perquè ma mia ?
— Perquè li avès toujou lou nas soubre... noun avès
d'uès que pèr elu, li siés toujou après.
— As rasoun, vourii ben n'en faire autre tant pèr tu,
basta que siguesses un Armanac.
— Un armanac ?. .. e perqué ?
—■ Perqué ?... Cad'an pourii ti chanjar.
Jouan l'Ae.
(i) Melcart sè nbla aver estad un rei de Tir, deî ficad à la lônga,
qu'aurié menad lei navigador fenician vers la Ponènt mieiterranene e que
lei Greg, rabattant la tradiçion dai Pelasge, 'n-aurien fach son Ercule,

�— 23 —

MELCANT
(Revirad en Catalan)
—X—
De Bètica l'argent, d'Atlantis l'or sens mida,
havent recompensat son treball herculià,
feu via desde Gades, damunt l'Occià bastida,
fins al pas geganti que hi sapiguè badà.
Prô'l mar rebat, furient, sa dèria ergullosida,
ab hòrrides tempestes. Les veles va plegà
sa flota y, quatre llunes, errà com desvanida
del dret camí que mena al port S'hon va merxà.
A l'Astarté llavors, dels Bahalim regina,
li prega que apaybagui la ventada felina
y, en la costa d'Agèl, li fa oblaciô d'humans ;
Après ; cales de Monach y pastors ligurians !
de les sagnantes roques, hi vegereu partir
l'hèroe llegendari de la superba Tir.
Barcelona, Agost de 1911.
Doctor J. Plana / Dorca.

xxxxxxxxxxxxx:::xxxxxxxxxxxxx
LA

FAVOIJR DOU JUGE

Petou Merlussa e Gioan Tripetou, doui chicanur en l'a"
nima avion la semana passada una af aire davant dôu juge de
pax. Pèr s'aquistar la favour d'aquestou un li avia regalat
un bariéu d'oli e l'autre dounat un pouorc.
Lou juge si prounouncet en favour de Gioan Tripetou
que li aviat dounat lou pouorc. Couma pensas Petou Merlussa
era pas soudisfach e anet dôu juge si plagne.
Lou Juge. — Que voulès es intrat dintre la miéu maioun
un pouorc que a rout lou bariéu d'oli, siéu estat ben countrariat e.. . maugrà ièu, cresé-lou, v'ai denembrat.
Patusso.

�— 24 -

VA N D A L E S
L/Ordre des Frères Prêcheurs fondé au commencement
du XIIIe siècle par Saint Dominique se répandit très rapidemnt, surtout dans le Languedoc et dans la Provence.
Dès 1243 un couvent de Dominicains fut créé à Nice,
sur un terrain donné par Jordan Richieri, et une vaste église
s'éleva bientôt à côté du couvent.
Des Dominicains, on le sait, étaient de grands bâtisseurs, et les églises qu'ils ont élevées, dans la Provence,
sont les plus beaux modèles de l'architecture gothique :
il convient de citer en première ligne la splendide église de
Saint Maximin (Var), celle de Sainte Madeleine à Aix-enProvence, celle de Saint-Canat à Marseille.
D'église du couvent de Nice était de fort belles proportions et comptait parmi les plus vastes et les plus intéressantes de la ville de Nice, au point de vue architectural ;
l'église des Cordeliers, dite de Saint-François-le-Grand, qui
date à peu près de la même époque pourrait lui être comparée.
Aujourd'hui, Saint-François-le-Grand existe encore, mais le
vieil édifice a été profané, vendu et sert de remise et de magasin à fourrage.
Quant à l'église de Saint-Dominique, son sort a été plus
lamentable encore. Enlevée aux religieux qui l'avaient construite, elle fut pendant quelques jours, en octobre 1792.. le
siège du Club des Jacobins ; puis l'autorité militaire s'en
empara et elle servit de magasin à la manutention.
Mais, ainsi transformée, elle subsistait encore et pouvait, grâce à d'intelligentes réparations, être rendue à l'admiration des artistes et des archéologues. Au lieu de cela,
une Municipalité mal inspirée l'a fait démolir de fond en
comble et, aujourd'hui, il n'en reste plus pierre sur pierre (1).

(1)

Les amateurs et les collectionneurs, qui espéraient trouver, sous les
ruines de la vieille église des Frères-Prêcheurs, des objets précieux pour
enrichir leurs collections, ont été absolument déçus, car on n'y a trouvé,
paraît-il, qu'une quantité d'ossements et une petite croix en cuivre que
M. Moris, archiviste du département, conserve sur son bureau.
Et pourtant, n'y aurait-il pas encore des hommes intelligents qui renverseraient, sans regret, des monuments vénérables dans la conviction
que cette démolition permettrait de découvrir des choses plus intéressantes.

��C.I.D.O.

BtZIERS

�- 25 Sur son emplacement on a élevé le Palais de Justice dont il
vaut mieux ne point parler car il n'y a rien de flatteur
à en dire.
La ville de Nice a été ainsi dépouillée d'un des rares
monuments qui représentait dans cette contrée l'architecture religieuse du XIIIe siècle. Et il ne faut pas dire que la
Municipalité ne fut point avertie de la faute qu'elle commettait, car on peut lire dans le Bulletin Monumental publié
par M. de Caumont, Paris 1862, in-8°, 3e série, tome VIII,
pages 272-274, une très intéressante notice que nous reproduisons in-extenso :
L'ANCIENNE

EGLISE SAINT - DOMINIQUE
A NICE (1)
—X—

« En examinant attentivement l'ensemble de l'antique
Eglise de Saint-Dominique ; en voyant, à la nef et à l'abside
rectangulaire qui la termine, des ogives à peine accusées,
on serait volontiers tenté de déclarer que cet édifice appartient à la période de transition entre l'architecture romane
et l'architecture ogivale, c'est-à-dire au XIIe siècle.
« Mais, ici, il faut se départir un peu de la rigueur des
règles archéologiques et se bien rappeler que les contrées
méridionales, comme le Comté de Nice, ont été, au point
de vue architectural, presque constamment en retard sur le
centre et le Nord de la France.
« En effet, le monument dont nous parlons a été bâti
dans la dernière moitié du XIIIe siècle.
« A cette époque, suivant Gioffredo (Nicaa Civitas),
p. 182) Meynfroid étant évêque de Nice, les Frères Prêcheurs
de Saint-Dominique vinrent s'établir dans ce pays et construisirent un couvent et une église sur un terrain à eux donné
par un certain Jordan Richieri (2).
(1) Aujourd'hui transformée en remise et manutention militaire, cptte
église doit-être prochainement démolie. Sur son emplacement l'édilité
niçoise a formé le projet de bâtir un Hôtel de Ville.
(2) L'acte de donation est daté du i4 Avril 1243 ; il nous apprend que
le terrain donné était de quatre sétérées et qu'il était situé dans le lieu
nommé Seleya, à côté d'une léproserie — l'église de Saint Dominique a été
élevée plusieurs années après eette donation, vers 1260.

�— 26 —

« Par conséquent l'ensemble de cette vieille église est
à peu près contemporain de 1 a Sinte Chapelle de Paris, et
cependant d'après les carelltctèreacchitectoniques, on mettrait
cinquante ans d'interrva ase ren es deux édifices.
« Quoi qu'il en soit, l'église de Saint-Dominique fournit
un excellent horizon pour fixer les idées sur l'état de l'architecture religieuse dans le Comté de Nice au XIIIe siècle.
« D'arc en tiers-point y domine dans les voûtes, tandis
qu'au contraire le plein cintre y règne dans les portes et les
fenêtres.
« D'édifice dont nous parlons n'a pas l'abside arrondie
des monuments religieux du XIIIe siècle ; il se termine par
une muraille plate qui devait être percée de plusieurs fenêtres. Cette disposition se rencontre aussi dans quelques autres églises de France (Cathédrale de Poitiers, de Dol, de Daon,
Eglises de Saint-Serge à Angers, de Saint-André à Grenoble etc.) et dans un grand nombre d'églises rurales.
« Des murs de notre monument sont construits en petites pierres taillées carrément en briques. Il ne possède qu'un
petit nombre de contreforts. Des pilastres qui supportent
les voûtes reposent sur des socles carrés ; les chapiteaux
sont ornés d'une espèce de cordon. Une fenêtre seulement
a conservé son ornementation primitive, qui consiste en des
têtes de clous bien caractéristiques du XIIIe siècle.
« Une porte latérale (qui s'ouvre sur la ruelle de Saint
Dominique) offre un linteau porté sur deux chapiteaux à
décoration végétale et un tympan à plein cintre.
« Des voûtes qui n'ont pas 40 centimètres d'épaisseur,
sont jetées d'un mur à l'autre, avec une hardiesse admirable ; elles sont faites en petites pierres mêlées avec beaucoup de mortier.
|fs « Des arceaux de ces voûtes ogivales sont croisés ;
quelques-uns, néanmoins, sont parallèles entre eux et traversent la nef en ligne droite, de manière à séparer les travées, qui sont en nombre de cinq. Da retombée des arceaux
se fait au-dessous des fenêtres. Malheureusement ces fenêtres ont été bouchées, par un maçon ignorant au XVIIIe
siècle.
« En même temps, la façade de Saint-Dominique a
été refaite dans ce style bâtard que l'on a flétrit de Pompadour. Nous ne la décrirons pas.

�— 27 « Avant de terminer, qu'il nous soit permis, au nom des
traditions historiques que ce vieux monument rappelle de
supplier le gouvernement de l'Empire, si éclairé, si généreux,
de vouloir bien consacrer, chaque année, une modique somme à la restauration de l'antique Eglise de Saint-Dominique.
« Confiée aux soins d'un habile
architecte, d'un
Viollet-le-Duc ou d'un Dulion, cet édifice deviendrait
bientôt le plus curieux et le plus remarquable de Nice. »
A. Paul Simian
Membre de la Société française d'Archéologie.

*

*

*

Ces pages écrites par un homme très compétent, nous
apprennent les efforts tentés pour conserver la vieille église ;
efforts qui se heurtèrent malheureusement à un parti-pris
irréductible.
Rien depuis n'est changé dans les habitudes administratives, et les discours prononcés à la Chambre des Députés
le 25 novembre 1912 par MM. Barrés, Sembat et Reinach
nous ont édifiés sur la mentalité de tant de maires et conseillers municipaux dédaigneux des « monuments possédant
un caractère soit artistique, soit historique ou ayant tenu
une place dans l'existence nationale ou dans la vie locale
des communes françaises a.
Le Bourguignon.
XXXXXXXXXXXXX:::XXXXXXX XXX XXX

-

MEMORANDUM
Noum dei fidelié que esistavon à Niça en l'annada 1758 :
Castelli Onourat
Verani Ludovic
Baudo Antoni
Baudo Andréa
Gautiero Gaétan
Bottino Pierre.

Doneudo Giacinto
Carlino Pierre
Ricciart Nicolas
Bottino Jousè
Daviga Anna-Maria

Toui naissut à Niça, cheto Ricciart natiéu de Touloun,
ma essent à Niça despi longa data.

�— 28 -

PEI VULGARI
Aguia
Aguïat
Alolonga
Amendola
Amploua
Anfossa
Ange
Anguila
Aragna
Arendoula
Argentin
Argentin dentat
Aurada
Aurin
Badona
Barbùo
Bardoulin
Baveca
Bavoua
Bavoua d'arga
Belugan
Besuga
Bissa
Bissa de mar
Blada
Blaviè
Botta
Boucarougia
Boudroi
Boni tou
Buga
Bugaravella
CaUgneiris
Capelan
Capoun
Capoun glaune
Cardaira
Cardouniera
Carmarina
Castagnola
Cat
Cavaluca
Cavàu
Cieucla
Clavelada
Coffre
Courpatà

DE LA MAR DE NIÇA

Cuorp
Daurada
Dorât
Dormigliana
Durgan
Emperator
Esperlin
Fanfre
Fanfre d'America
Fanfre negre
Fero
Ferrassa
Felat
Figon
Framo
Floussada
Fournie
Fumo
Galineta
Galina
Gastaudela
Garaman
Gatta
Gatta d'arga
Gerle
Gerle blaviè
Gerlessa
Gianeli
Girela
Girela turca
Giugarèu
Gobo
Gobo blanc
Gobo jaune
Gobo rouge
Gora
Granadié
Grana
Gros argentin
Grounc-manca
Grounc negre
Grugnau
Lambardà
Lambert
Lamea
Launo
Lamprua

Lampuga
Langanèu
Leccia
Lernia
Lico
Liccio
Lente
Loubas
Loubas negre
Lucco
Luccion de mar
Lussi
Claire d'amploua
M alarmat
Martèu
Masca dei amploua
Masca
Melantoun
Melet
Meleta
Merlan
Miraiet
Mipolo
Moissin
Mora
Moleto
Monge
Monge clavelat
Monge gris
Monge rous
Morena
Morena sensa espina
Mourre agut
Merou
Mostela
Mostela blanca
Mostela de font
Mostela de roca
Mostela negra
Mourmena
Mugio carida
Mugio daurin
Mugio flaveton
Mugio labru
Muola
Muôu
Nissola

�- 29 Nonat
Nonat negre
Ombrina
Orghe
Ouriôu
Padre
Padreto
Pagèu
Palamida
Palloun
Pampaloti
Pastinaiga
Pei can
Pei cuor
Pei mourre
Pei spada
Pei cafre
Pei fuorca
Pei d'America
Pei puorc
Pei ratou
Pei San Pèire
Perça
Perça de mar
Pintou roussou
Pissoua
Pintosso

Pouorc
Pourc-marin
Poutassôu
Poutassôu gros
Poutassôu rero
Poutura
Rasa
Rascassa
Rasouar
Ravela
Rombo
Rombo clavelat
Roucairôu
Rouchié
Rouget
Sardina
Sargo
Sargo rascas
Sarpanansa
Sarpa
Seropena
Seriola
Sera
Serran
Serro
Sola
Sola d'arga

Sola de font
Sola de roca
Soufio
Stocaûc
Streglia
Striglion
Sturion
Sublaire
Suc blanc
Suc cagnenc
Sussapega
Tenca
Ton
Tono
Tordo
Tordo blu
Tordo d'arga
Tremoulina
Trombeta
Truita
Troncio
Ugliassou
Vaca marina
Vacheta
Verdoun
Verrat

Lu moyen de pesca emplegat su la nouostra couosta
soun : la savegd, bresin, gangi, entremail, lou sourrin
(arrêt à maïa simpli ; diversi lounguessa), la màndraga,
tonnairà, la reclara, la mugeliera, lou palangre e la
ndssa.

xxxxxxxxxxxxx:::xxxxxxxxxxxxx
PROUVERBI, BOUOI MOT, COUNSÉU E DICH
Qu noun pâtisse
Noun coupmatisse.
La belessa es lou mirai dei fouol.
Qu noun a testa a camba.
A fouorça de courre un ri roumpe lou
Cada couinié a la siéu saussa.
Lou bouon vin a pas besoun d'ensigna.

mourre.

�- 30 —

COU QUE TITOUN FASSE..,
Bonifassi dintre lu siéu manuscrich douna una memòria
que avia retrovat dintre de viéi papié laissât pèr soun
paire. Es una paja que trova ben la siéu plaça dintre

l'Armanac Niçart. — Transcriví :
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Z4

1807 — 2 Mars. — Si Titon a fait ce qu'il suit :
A enté les coudonié et pommiers ?
Les fève sont seucladoi ?
A bêché les souches ?
A retiré les souches qu'elles ne touchent les orangers.
La rare Baudoin les souches sont en ligne ?
A ôté la souche de l'olivier du chemin.
Les souches en allant chez Toudon touchent-ils les
arbres orangers ?
Les figuiers en général sont-ils bien arrangés ?
La figuiere du pr camp qui touche l'olivier et celles
en allant vers Toudon sont bien arrangées ?
l/'asseti du garderobe est bien arrangé ?
L'asseti du Petoulin a bien arrangé la ftguiera ?
Les deux planton galofrié p. Bonet ?
A mis les prunières a l'asseti du jardin, et le fortifier, et le serrer bien en cannes ?
Lever au plutôt les giarres et y placer les orangers ?
La laupio de l'amandier est faite ?
S'il a arrosé avec l'eau des lartins le Paumolin ?
Combien li a encore des oliviers à arroser ?
Grande partie de l'eau du puits.
Ce qu'il a fait à l'enclos devant la cabane.
Qu'il arrose les violettes de cyprès et les bêcher.
Le rondeau de dessus l'asseti en face de la grande
porte qu'il la degerbe et l'arrose.
Les violettes de M. Guillonde les a prises ?
L'instruire pour escarassoner bien l'allée de la grande
porte.
Les escarasson et fourcoulo d'olivier a pin de Fabron
est allé a les prendre ?
Nettoyer bien le cal du bois et arranger bien les
pierres.

�- 3î 25 Les aloès et figues de turc son plantées à la ribe
de Toudon, au pas d'Erene et au portai ?
26 Si quelques prunière du rond du portai sont coupées toutes de la même hauteur ?
27 L'asseti proche de la cabane ?
28 Le plantier est-il commencé ?
29 Y a-t-il de fumier et de rame pour le plantier ?
30 A-t-il escarrassonné le plantier ?
31 Sont mesurées les sauloi justes du plantier jusqu'aux
prunières qui forment l'allée ?
32 Les galofrié sur l'aberge en gerbe chaque 5 a 6 pan
un planton et un pan et 3/i du bord de dessus ?
33 Les mourceaux du 3e camp qu'il couvre l'aberge
de terre pour que les olives ne se perdent pas
et lui aporter les pierres de l'entour ?
34 Netoyer la rare de la Veuve Mannel jusqu'à la cabane ?
35 Arranger les morceaux de baus de gif de dessous
M. Garidery, qu'il touche l'olivier ?
36 Quand aura bêché les olivier et fini de semer ?
37 Netoyer les pierres qui sont dessus M. Fighiera à
la taule neuve et lui mettre pour le moins
una baril et une grande corbe fermer chaque,
les 4 oliviers de la taule neuve ?
38 L'asseti en nicia au baus en face de lierre ?
39 L'asseti au baus de gip en face du levant ?
40 Les degrés de deux côtés de la taule de 3 oliviers
dessous M. Fighiera ?
41 La ribe d'Antoine Erena l'escarper un peu plus ?
42 Oter les passages d'Erena, ou il faut une petite berge
de 5 à 6 pans ?
43 Netoyer la ribo, et les pierres du clapié de devant
Erène pour ne pas perdre les olives ?
44 Défricher et mettre une canne au carrobié d'Erena.
45 Tirer la file à la ribo d'Erena, et aux lieux ou fait
de vuide lui mettre de gerbes des dessus dite
ribo, l'arranger au mieux possible ?
46 La rare des arbres sitronié sauvage le tirer d'un bout
à l'autre qu'elle fut planiero qu'il ne s'aperçoit
pas que dit terrain monte ce qu'il faut bien tirer
la fille bien tendue ?

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La grupio de la saumo est-elle arrangée ? L/encreno de la tourtoiro dou pourchié es facio ?
L/encaladat de davau lo pourquié es arangiat ?
Voir de transplanter les trois plantun aussipré ?
Voir de rebrondar les aussiprés de Toudon, au portai,
ceux dou noghié et ceux d'Ereno ?
Entreprendre au plus-tôt l'asseti en dedans au
baus de plâtre à la ribo d'Antoine Ereno ?
Une visite s'il a lié bien aux escarrasson a peo
les perieres, pruniervi et peseghié ?
S'il a coupé tous les arbres que passent aux planches.
S'il a accoummodé le dernier berge du camp ?

Cresi que lou paure Titoun em'aquela patardela noun
aiguë ren denembrat, lou manuscrich lou di pas, ma s'aco
fouguesse courïa lou coumpatî.
X. X. X.
XXXXXXXXXXXXX:::XXXXXXXXXXXXX

IN IZZA-LA-BEL LA
Ailleurs l'hiver sévit, et le ciel y déploie
Un voile d'ombre obscur sur les fronts soucieux ;
Ea Jeunesse elle-même, à la tristesse en proie,
Y semble renoncer à ses ébats joyeux :
Ici le printemps règne éternel, l'air flamboie,
Caressante, le mer y réfléchit les cieux,
Et la terre embaumée étale en pleine joie
Sa parure de fleurs pour le charme des yeux.
Mais combien jure avec ses hôtes,— qu'on envie ! —
Ce cadre de beauté, de lumière et de vie !
On dirait à les voir grelotter au soleil,
Qu'un dieu jaloux y pousse et chaque jour amène
Tous les produits de la décrépitude humaine,
Habitants pour demain de la nuit sans réveil !...

�A.-J. RANCE-BOURREY

INSTALLATION
DE

Monseigneur

Colonna-d'Istria

EVÊQUE DE NICE

25 Fructidor an X

Armana Niçar 1913

(12 Septembre 1802)

����Installation de MGR Colonnad'Istria
ÉVÊQUE DE NICE
25 Fructidor an X (12 Septembre

/802)

A la fin de septembre 1792, Mgr Charles-Eugène Valperga di Maglione, pour obéir aux ordres du général d'Anselme, commandant l'armée française qui venait d'occuper
Nice, quitta cette ville dans les conditions que j'ai racontées
précédemment (1).
Dix années plus tard presque jour pour jour, un nouvel
évêque était solennellement installé avec le concours de toutes les autorités civiles et militaires par un autre général,
préfet du département des Alpes-Maritimes, M. de Châteauneuf-Randon.
Fa Révolution avait passé ; la guerre religieuse avait
fait son temps et le peuple français réclamait le retour de
la religion longtemps proscrite.

*
* *
Fe 15 juillet 1801, le Premier Consul Bonaparte avait
conclu avec le Pape Pie VII une convention qui fut ratifiée
à Rome le 15 août suivant. Fe 10 septembre, les ratifications
furent échangées à Paris et le 4 octobre, arriva dans cette
capitale, le cardinal Caprara, légat a latere muni des pouvoirs
les plus étendus. Fe Premier Consul le mit immédiatement
en rapport avec Portalis, conseiller d'Etat, qui fut chargé
par un arrêté du 16 Vendémiaire an X (8 octobre 1801) dt
toutes les affaires concernant les cultes. Fa convention conclue

(1)

Voir VArmanac Niçart de 1912.

�VI

entre le Gouvernement français et le Pape fut transformée en
loi de l'Etat le 18 Germinal an X (8 avril 1802). Quelques jours
après, le Concordat fut publié solennellement dans l'Eglise
Notre-Dame de Paris (18 avril 1802), jour de Pâques.
Une proclamation du Premier Consul annonça aux Français ce nouveau bienfait qu'il avait voulu faire coïncider
avec la conclusion de la Paix générale. Fes préfets reçurent
l'ordre de promulguer chacun dans leur département, tout
à la fois, le Concordat et la Paix.
Châteauneuf-Randon le fit sans retard, et, par une circulaire du 9 Floréal (1) (29 avril) il prescrivit de donner à
cette publication toute la solennité possible. Ce fut dans le
département des Alpes-Maritimes, et spécialement à Nice,
une véritable explosion de joie, car ce département avait été
littéralement réduit aux abois par une guerre qui durait
depuis dix ans. Un témoin oculaire, l'abbé Joseph Bonifassi,
alors attaché au clergé de la Cathédrale, écrit dans ses Notes
sous la date du 2 mai 1802, n° 2640 : « Solenne Te Deum
« al Duomo coll' intervento di tutte le autorità Civili, Giudi« ziarie e Militari al suouo délie campane colla lettura délia
« legge orgànica e del Concordato seguito tra Pio VII e il
« i° Console.
N° 2641 « I buoni cittadini, di cui abbouda ancora il paese
« hanno provato una gran gioia a questo nuovo e tenero
« spettacolo. (2). »
Fe 26 Floréal an X (16 mai 1802) un Te Deum solennel
pour la paix fut chanté dans l'Eglise Saint-Augustin et les
autorités constituées y assistèrent escortées par la Garde
nationale qui,selon l'usage ancien, fit trois décharges de mousquetterie devant l'église. (3).
Deux mois après, on célébra la fête du 14 Juillet, et,
dans toutes les communes du département, par ordre du
(1) Arch. départent des A.-M. Circulaire du 9 Floréal (29 avril)
avec le programme de la journée du dimanche 12 Floréal (2 mai
1802).
(2) Archives Mxmicipales d.e Nice, Manuscrit de l'Abbé Joseph
Bonifassi, volume B : Sommario délie Notizie storiche di Nizza e suo
Contado dalli 28 Settembre 1792 sino al corrente 1820.
(3) Arch. Municip. Correspondance du maire, lettre au général
lîberlé commandant d'armeSj 25 Floréal an X (15 mai 1802).

�vn

Préfet (i), cette fête fut à la fois civile et religieuse. On
reprenait ainsi les vieilles traditions du pays qui associaient
toujours la religion aux réjouissances publiques.

*
* *
La solution des questions importantes et multiples
que soulevait l'organisation du régime concordataire demanda
beaucoup de temps et beaucoup de négociations. L'habileté
et l'esprit de conciliation de Portalis et de Caprara aplanirent
toutes les difficultés, et, à la fin de 1802 la nouvelle organisation de l'Eglise catholique en France fut heureusement
terminée. Par le Concordat, l'Eglise catholique avait
retrouvé une existence légale
rétablie sur de nouvelles bases. L'ancienne organisation des diocèses avait été
supprimée : tous les évêques devaient donner leur démission(2)
et le Gouvernement français devait présenter à l'institution
du Pape les nouveaux titulaires des évêchés rétablis d'un
commun accord. D'une manière générale, les divisions ecclésiastiques furent calquées sur les divisions civiles, et chaque
évêché nouveau comprenait un ou deux départements.
Le département des Alpes-Maritimes forma à lui seul
le diocèse de Nice alors que l'archevêché d'Aix dont il devint suffragant comprenait les deux départements des Bouches-du-Rhône et du Var.
Le nouveau diocèse englobait tout l'ancien Comté, de
Nice dont diverses parties étaient, avant 1792, comprises
dans les diocèses supprimés de Glandèves et de Vence, et
(1) Arch. départent. K 4. Arrêté très détaillé du 18 Messidor
(7 juillet) relatif à la célébration de la fête du 14 Juillet (25 Messidor)
f° 114.
(2) Elle leur fut demandée par un bref collectif du 15 août 1801
commençant par les mots Tarn multa. Ce bref fut envoyé à tous
les évêques par les soins de la Seçrétairerie d'Etat pontificale
et par ceux du Ministère des Affaires Étrangères de France. Je renvoie pour tout ce qui concerne le Concordat à la publication faite
sous les auspices de la Société d'Histoire diplomatique par M. le
Comte Boulay de la Meurthe : Documents sur la Négociation du Concordat, 5 volumes in.-8°, publication à laquelle j'ai collaboré. Voir
en particulier pour l'affaire des démissions le tome iv paru en 1895.

�VIII

dans celui de Vintimille (i). Il recevait donc de ce fait ur
très notable agrandissement.
Mgr Hachette des Portes, évêque de Glandèves était
mort en ex:l à Bologne en 1798.
I/évêque de Vence, Mgr Pisani de la Gaude, réfugié
en Italie, avait donné sa démission qui fut mentionnée au
Moniteur du 25 novembre 1801.
Le siège de Vintimille était vacant par la mort du dernier titulaire Mgr Dominique-Maria Clavarini, décédé en
cette ville le 1er octobre 1797. Le vicaire capitulaire Antoine
Truchi se démit le 14 juin 1802 de sa juridiction sur la partie
de ce diocèse qui fut incorporée au nouveau diocèse de
Nice (2).
De son côté l'évêque de Nice, Mgr Valperga, retiré à
Turin, dans sa famille, n'avait cessé d'administrer son diocèse par l'intermédiaire de délégués qui furent 'd'abord :
Honoré Navello, chanoine, curé de la Cathédrale, puis le
chanoine Joseph-Ignace Garidelli, du mois de décembre
1792 au mois de janvier 1800, et enfin, Jérôme Rossi qui,
au moment du Concordat, était investi légitimement des pouvoirs de pro-vicaire général.
Mgr Valperga eut assez tard communication officielle
du bref Tarn multa que le cardinal Caprara lui envoya de
(1) Voir Nicœa Civitas de Gioffredo. Prolégomènes chap. xvn,
villes et paroisses du Comté et du diocèse de Nice, et chap. xvin,
autres localités du Comté de Nice comprises dans des diocèses étrangers.
Voir aussi la Relation présentée au Pape Pie VII par Mgr Colonna
sur l'état de son diocèse après sa première visite sous la date du icr
août 1806 dans la Raccolta di decreti, moniti, pastorali, ecc. de Mgr
Colonna publiée par l'Abbé de Villa-Rey, Nice. 1831, tomel p. 75-98.
(2) La démission fut donnée par acte authentique du Chapitre
assemblé le lundi 14 juin 1802 : étaient présents les dignitaires :
Antoine Truchi, prévôt et vicaire capitulaire ; Philippe Viale archidiacre et pénitencier ; Antoine Guglielmi, primicier, et les autres
chanoines. Le bref Tarn multa n'était parvenu à Vintimille que le
8 juin et le Chapitre déféra sans retard au désir du Pape. Antoine
Truchi adressa le jour même la démission à Mgr di Pietro, secrétaire
de la Congrégation des Affaires de France à Rome, et en avisa le Préfe.
des Alpes-Maritimes. Arch. du Vatican et Arch. départ, des A.-Mt
V 18. Voir Rossi, Storia délia Cilta di Ventimiglia, un vol. in-8°,
Oneglia 1888, pages 317-318.

�IX

Paris le 30 novembre 1801 ; mais dès qu'il l'eut reçu, il s'empressa de donner la démission demandée (1) (13 décembre).
Le cardinal Caprara la communiqua à Portalis qui l'a fit
insérer au Moniteur du 3 janvier 1802.

*

* *

-

Par la démission des évêques les diocèses de France
risquaient de rester sans administration. On s'en préoccupa
à Rome, et il fut décidé d'abord que le Cardinal-Légat serait autorisé à maintenir les vicaires généraux en exercice
ou bien à en désigner de nouveaux en cas de besoin (2).
Caprara pensa qu'il valait mieux proroger les pouvoirs
ordinaires donnés par les évêques démissionnaires auxquels,
avec l'agrément du Pape, il conserva l'administration de leurs
diocèses jusqu'à la prise de possession par les évêques concordataires. C'était leur donner une marque de confiance
bien méritée et éviter en même temps de graves difficultés.
Chaque évêque démissionnaire reçut avec le bref pontifical de remercîment (3) une lettre particulière du Légat
l'informant de la mesure adoptée.
(1) La démission de Mgr Valperga est datée de Tur n, 13 décembre 1801. L'original écrit en latin se trouve aux Archives Vaticanes. On y voit que le bref Tarn multa ne fut envoyé à Mgr Valperga
de Paris que le 30 novembre 1801 par le Cardinal-Légat Caprara.
Celui-ci écrivit à Consalvi le 2 janv er 1802 une longue lettre citée
par Boulay de la Meurthe tome iv, pages 528-532 : au cours de cette
lettre le Légat annonce en particulier qu'il est informé authentiquement que les évêques de Meaux et de Châlons-sur-Marne ont envoyé
directement leur démission au Pape et qu'il en a averti le Gouvernement en lui remettant la démission de î'Evêque de Nice dont il envoie ce jour même l'original à Rome en expliquant que si cette démission est un peu tardive c'est que l'Evêque de Nice n'avait pasreçu
plus tôt le bref Tarn multa.
(2) Consalvi a Di Pietro, lettre du 4 octobre 1801. Arch. du
Vatican.
(3) Ce bref Novum et luculentum fut préparé à Rome et toutes
les phrases en furent soigneusement étudiées. Il port la date du 7
novembre 1801 et fut envoyé par Consalvi à Caprara le 11 II fut adressé
successivement à tous les évêques démissionnaires. Il a été très souvent reproduit. Voir Boulay de la Meurthe, op.
cit tome iv,
passim.

�X

Ive 13 décembre 1801, le Légat adressa à tous les vicaires généraux une circulaire pour les engager à conserver
leurs fonctions jusqu'à nouvel ordre (1).
En vertu de cette mesure générale, Jérôme Rossi continua à exercer les pouvoirs précédemment reçus de Mgr
Valperga ; mais sa juridiction ne s'étendait naturellement
que sur l'ancien diocèse de Nice.
Il était cependant nécessaire que les paroisses ajoutées
nouvellement eussent un supérieur ecclésiastique et le Premier
Consul avait posé en principe qu'aucun évêque dont le siège
était à l'étranger rie pouvait exercer sa juridiction sur une partie quelconque du territoire français.
En conséquence, les paroisses détachées du diocèse de
Vintimille durent passer sous la juridiction de Jérôme Rossi
qui se mit d'accord en juin 1802 avec le vicaire capitulaire
Antoine Truchi.
A cette date d'ailleurs, l'évêque concordataire de Nice
était déjà désigné et Rossi, qui était entré immédiatement
en relation avec lui, ne tarda guère à en recevoir les pouvoirs
de vicaire général, ce qui lui donna juridiction sur toute
l'étendue du nouveau diocèse. Une circulaire du préfet,
en date du 14 Thermidor (2 août) en informa officiellement
les sous-préfets et les maires (2) et, le 4 Fructidor suivant
(22 août), Rossi prêta solennellement entre les mains du
Préfet à la Cathédrale, le serment prescrit par les articles
18 et 25 de la loi du 18 Germinal (3).

* *
Les nouveaux évêques nommés par le Premier Consul
furent institués provisoirement par le Cardinal-Légat qui
avait reçu tous les pouvoirs nécessaires. Le Pape se réservait
de ratifier ultérieurement cette institution. Seul, parmi les
60 évêques de la nouvelle organisation, Mgr Colonna d'Istria
(1) Arch. Nationales A F IV 1894; Annales Philosophiques,
t. IV, p 259 et de nombreux ouvrages imprimés depuis.
(2) Arch. départ. M. 17. Circulaire du 14 Thermidor an X (2
août 1802) aux sous-préfets et aux maires.
f P (3) Voir l'arrêté du Préfet du 3 Fructidor an X (21 août 1802)-,
Arch. départem. K 4 f° p. 141.

�XI

qui avait été appelé à l'évêché de Nice par arrêté du Premier
Consul, en date du 19 Germinal an X (9 avril 1802), en même
temps que Mgr Sebastiani délia Porta, oncle du maréchal Sébastiani, était désigné pour l'évêché d'Aj acció (1), fut institué directement par le Souverain Pontife
et préconisé au Consistoire du 24 mai 1802. A cette époque,
Mgr Colonna se trouvait à Rome depuis plusieurs années.
Jean-Baptiste Colonna d'Istria, né à Béchisano, diocèse
d'Ajaccio, en 1758 appartenait à une noble famille de Corse,
apparentée, peut-être, à la famille Bonaparte. Après ses études classiques, il vint à Aix-en-Provence achever le cours de
ses études en théologie. Ce fut dans cette ville que, avec l'autorisation de son évêque, Mgr Benoît-André Doria, il fut
promu au sous-diaconat le 20 décembre 1783, puis au diaconat le 5 juin 1784. Enfin, il reçut l'ordre de la prêtrise au mois
de juin 1785.La même année, il se rendit à Pise où il séjourna
assez longuement, puis à Florence ; enfin au commencement
de 1798 au plus tard, il vint à Rome où il résida durant la
période agitée qui s'écoula depuis l'enlèvement de Pie VI
en juillet 1798 jusqu'à l'entrée dù Pape Pie VII dans cette
capitale au mois de juillet 1800. Il assista ainsi à l'essai,
d'ailleurs très malheureux, que le Directoire fit du régime
jacobin dans la capitale des Papes (2). Il s'y rencontra probablement avec son compatriote le général Cervoni dont
un oncle était alors recteur du Jésu, remplaçant les Jésuites.
Les prêtres corses étaient très nombreux à Rome et il semble
que les meilleurs rapports se soient établis entre eux et les
officiers du corps d'occupation français.
(1) Arch. Nationales A P IV 60. Quatre autres décrets des 8 et 9
avril avaient pourvu 45 évêchés.
Le maréchal Sébastiani (1772-1851) alors colonel de dragons
était en grande faveur auprès de Bonaparte depuis le 18 Brumaire
auquel il avait pris une part active. Il était originaire du village La
Porta d'Ampugnano près de Bastia, et était paraît-il parent de Bonaparte qui appréciait ses grandes aptitudes, car à la fin de 1802, il le
chargea d'une importante mission à la fois politique et militaire
à Constantinople. Mgr Louis Sébastiani délia Porta fut évêque d'Ajaccio jusqu'à sa mort arrivée le 5 mai 1833.
(2) Voir Dufourcq. Le Régime Jacobin en Italie. Etude sur la
République romaine (1798-1799). Paris, Perrin'et Cic 1900,"un vol.
in-8°.

�XII

Mgr Colonna dTstria n'avait occupé aucun poste important ; il était éloigné de la France depuis de longues années et n'y était point rentré, (i) On est amené naturellement
à se demander comment et pour quel motif le choix du Premier Consul se porta sur lui.
Portalis, qui était comme on le sait d'Aix-en-Provence,
avait-il connu et apprécié le jeune prêtre corse ? Fes généraux Cervoni et Sébastiani, ou Masséna l'avaient-ils recommandé ? Fesch, oncle de Bonaparte et Joseph, son frère
qui se disait quelques années après « l'ancien ami » de l'Evêque de Nice, auraient-ils proposé Mgr Colonna au choix
du Premier Consul qui peut-être du reste le connaissait
personnellement ? Autant de questions difficiles à résoudre.
Fes bulles de Mgr Colonna d'Istria furent expédiées
à Rome sans aucun frais (gratis etiam ŷro scripturâ) sous la
date des 24 et 25 mai 1802.Elles furent remises au nouvel
élu (2) qui peu après se rendit à Paris pour prendre les instructions du Cardinal-Légat et celles de Portalis.
Mgr Colonna reçut la consécration épiscopale le 11
juillet 1802, cinquième dimanche après la Pentecôte, dans
l'église des Carmes (actuellement 70, rue de Vaugirard) que
Mme de Soycourt avait rachetée avec le vieux couvent,
témoin des massacres de Septembre, pour y réunir une communauté de Carmélites. Le prélat consécrateur fut Mgr
Antoine-Xavier Maynaud de Pancemont, évêque de Vannes,
assisté de Mgrs Louis Sébastiani délia Porta, évêque d'Ajaccio, et Hilaire-François de Chevigné, évêque de Séez (3).
(1) Dans l'enquête de l'an IX, Arch. Nat. F 19 865, on trouve
une liste des prêtres recommandables envoyée à Chaptal, ministre
de l'Intérieur, par le préfet du Liamone et datée d'Ajaccio le 18
Fructidor an IX (5 septembre 1801 ) ; on y lit : Colonna dTstria,
40 ans, domicile Bechisano (Corse), prêtre qui a émigré pour ne pas
vouloir prêter le serment, il n'est pas encore radié, ni rentré dans le
département.
(2) J'ai vu ces bulles au nombre de 7 dont 5 sur parchemin
et 2 sur papier aux A rchives du Chapitre réunies sous une même bande
avec une copie du décret détachant Nice de la Métropole d'Embrun
et l'unissant à celle d'Aix. La bulle est datée du 3 des Calendes 29
novembre 1801) et le décret de Caprara, de décembre est du 9
avril 1802.
(3) D'après un certificat délivré par Mgr J.-B. du Belloy, arche
vêque de Paris, le 16 juillet 1802. Arch. du Chapitre de Nice.
s

�xm
Le ier Thermidor an X (20 juillet 1802) Portalis avisa
le Préfet des Alpes-Maritimes de la nomination de Mgr
Colonna à l'Evêchè de Nice, en le prévenant que le nouvel
Evêque arriverait bientôt.
CONSEIL D'ETAT
Paris, le Ier Thermidor, an 10 de la République
(20 Juillet 1802)

Le Conseiller d'Etat chargé de toutes les affaires concernant les Cultes,
Au Citoyen Préfet du Département des Alpes-Maritimes
à Nice.

« J'ai l'honneur, Citoyen Préfet, de vous annoncer que
« le Premier Consul a nommé à l'Evêchè de Nice le C.Colonna.
« Il se rendra bientôt dans son diocèse, je l'ai bien
« assuré qu'il recevra de vous le concours le plus efficace
« pour y parvenir à l'exécution de la loi bienfaisante du
« 18 Germinal dernier (8 avril 1802).
« J'ai l'honneur de vous saluer.
« PORTALIS (1) ».
Cette lettre parvint le 13 Thermidor (1er août) à Châteauneuf-Randon qui y répondit le même jour. Dès le lendemain il adressa aux sous-préfets et aux maires du département une circulaire pour les informer de la prochaine
arrivée de l'Evêque et de la désignation de Jérôme Rossi
comme Vicaire Général que tous les prêtres du diocèse devaient désormais reconnaître comme leur seul chef hiérarchique (2).
Le 10 Thermidor an X (29 juillet 1802) Mgr Colonna
avait écrit directement au Préfet :
(1) Arch. départem. série V, liasse 2. Voir Gallois-Montbrun.
Notice administrative sur Mgr Colonna dTstria, évêque de Nice.
Nice, Cauvin 1871, in-12 de 22 p.
(2) Arch. départem. M. 17. Circulaire du 14 Thermidor an X
(2 août 1802) dont la minute est entièrement de la main du Préfet.

�XIV

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Paris, io Thermidor an X.
(29 juillet 1802).
« Citoyen Préfet,
« J'ai appris par lettre du 19 Prairial (8 juin 1802)
du citoyen Rossi, Pro-Vicaire général du diocèse de Nice,
que vous aviez destiné l'ancien Evêché pour mon habitation et que vous alliez dans peu la meubler. J'espère,
en conséquence, le trouver tout prêt, au commencement
du mois prochain, et dès à présent je vous en témoigne
ma plus vive reconnaissance.
« Recevez-la, je vous prie, Citoyen Préfet, comme un
gage de l'amitié que je vous ai déjà vouée, et qui ne saurait
être trop intime pour le bien de la religion et de l'Etat ;
c'est de notre accord que dépend la tranquillité et le bonheur du département ; je le regarde comme un de mes devoirs les plus essentiels, aussi me prêterai-je de toutes mes
forces à tout ce qui peut y contribuer. Veuillons bien le
seconder, citoyen Préfet, cet esprit d'union et de paix,
et nous attirerons les bénédictions du ciel et de la terre.
En attendant je vous prie d'être persuadé de la sincérité
de ces sentiments, tandis que je suis avec la plus parfaite estime.
« Votre très humble et très obéissant serviteur.
« COLONNA D'ISTRIA,
« Evêque de Nice (1). »

Châteauneuf-Randon répondit de suite en assurant
l'évêque de son absolu concours. Cette lettre mérite d'être
citée en entier :
21 Thermidor an X.
(9 août 1802).
Au Citoyen Colonna d'Istria,
Evêque de Nice.
« Ce sera avec bien de l'empressement, Monsieur l'Evê« que, que je concourrai avec vous au bien de votre diocèze...
« il a besoin d'un chef aussi recommandable que vous pour
(1) Arch. départem. série V, liasse r. Cette lettre est entièrement
de la main de Mgr Colonna. Au dos est écrit : Au citoyen Préfet du
Département des Alpes-Maritimes à Nice. C'est la première lettre
échangée entre l'Evêque et le Préfet. Elle établit que Jérôme Rossi

�XV

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«

diriger vers le véritable but de la religion catholique l'immensse quantité de prêtres dont il est composé... à mon
arrivée ici la pluspart étaient fugitifs ou cachés ou sur des
listes d'émigrés. J'ai pensé qu'il valait mieux leur laisser
la liberté de se montrer et leur donner une surveillance...
Les mesures prises pour la tranquillité publique et l'exécute tion
des lois me répondent que quelque puissent être
« (l'éloignement biffé) la peur que les habitants de ce pays
« ont d'être et de se croire définitivement français elle ne
« sera pas troublée...
« J'ai lieu de compter beaucoup pour l'y maintenir sur
« l'influence véritable, (de la morale évangélique (biffé), je
« suis depuis longtemps convaincu de l'avantage que la motí raie évangélique produit sur les mœurs et les vertus poli« tiques et sociales. Si elle eut toujours été prêchée par ses
« premiers ministres où que les circonstances eussent permis
« qu'elle fut entendu, il y eut eu moins de malheurs depuis
« treize ans... nous sommes enfin parvenu, au milieu de
« tant de vagues et de flots à cet heureux équilibre dont
« les amis de la paix et de l'Etat n'ont jamais désespéré.
« Un grand homme leur manquait, il s'est fait connaître
« et il s'est acquis le droit de la confiance de diriger, de con« cevoir, d'exécuter et de réussir tout ce qui peut assurer
« le bonheur de l'humanité comme il en a l'amour et la véné« ration... Heureux tous les agents du Gouvernement
« d'avoir un tel chef pour modelle, heureux de même les
« chefs de l'Eglise qui sont choisis par lui pour l'exercice du
« culte catholique, c'est un sûr moyen d'être bien accueilli
« par l'opinion publique, car il connaît les hommes.
« Mille fois heureux encore si je méritais, citoyen Evê« que, d'avoir l'occasion de vous prouver mes sentiments
« d'amitié, d'attachement et d'amour intime.
« J'ai donné les ordres les plus précis pour que votre
« maison épiscopale fut préparée mais si vous arrivez dans
« le commencement du mois prochain comme vous me le
« mandez, je crains bien qu'elle ne le soit pas encore parce
t que les acquéreurs qui recèdent ne reçoivent pas plus que moi
était entré en relations avec le nouvel Evêque peu après sa nomination et son arrivée à Paris.

�XVI

« réponse des ministres des Finances et de l'Intérieur sur la
« solution de cette litige... En attendant j'aurai le plaisir
« et l'avantage de vous loger et de vous recevoir.
« Si vous avez la facilité de voir les ministres de l'Inté« rieur et des Finances, je vous invite à leur rappeller mes
« demandes à cet égard (i). »
Une question importante préoccupait ChâteauneufRandon : c'était celle du logement de l'Evêque et il prévoyait
déjà, qu'en raison des multiples difficultés soulevées par le
Directeur des Domaines, rien ne serait prêt à temps.
* *
Fa ville de Nice devenant le siège d'un Evêché concordataire, le Gouvernement ordonna sans retard d'y préparer
une Cathédrale et un logement pour l'Evêque. Ce fut l'objet
d'une lettre de Godin, ministre des Finances, en date du
22 Germinal an X (12 avril 1802) et d'une autre lettre de
Chaptal, ministre de l'Intérieur, en date du 24 du même
mois (14 avril) adressées toutes les deux au Préfet pour le
charger de prendre au plus tôt les dispositions nécessaires.
Fa question de la Cathédrale ne présentait aucune difficulté. F'Eglise Sainte-Réparate qui servait de Cathédrale
avant 1793 avait peu souffert durant la Révolution. Elle
n'avait été enlevée au Culte que du mois de juillet 1794
au mois d'avril 1795. Depuis lors, les catholiques niçois
y avaient fait d'importantes réparations (2). Elle se trouvait donc tout indiquée pour servir de Métropole.
Il y manquait cependant les cloches qui avaient disparu
pendant la tourmente révolutionnaire ; les grandes orgues
avaient été démontées, les vases sacrés les plus précieux
avaient été enlevés. Sur ces entrefaites, on découvrit fort à
propos des cloches et des vases cachés dans le couvent de
Cimiez et on se souvint que les tuyaux des grandes orgues
avaient été déposés chez Grinda, facteur d'orgues, à Nice.
(1) Arch. départem. Série V, liasse r. Je donne cette lettre d'après
la minute entièrement de la main de Châteauneuf-Randon, sur une
demi-feuille écrite des deux côtés avec beaucoup de ratures et de
surcharges qui en rendent la lecture assez difficile.
(2) Voir aux Arch. municip. Bonifassi, volume B.

�XVII

Le Préfet prit divers arrêtés (i) pour faire remonter au moins
une cloche dans la tour de Sainte-Réparate et restituer les vases
sacrés. Honoré Grinda reçut en même temps l'ordre de rapporter les tuyaux. Le Préfet prescrivit de préparer le trône
de l'Evêque dans le Sanctuaire de la Cathédrale et de disposer
vis-à-vis un emplacement pour le Préfet, le Général-Commandant le département et le Président du Tribunal criminel.
Le maire de Nice Défly fut chargé par*le Préfet de l'exécution de ces diverses mesures et le 23 Messidor (12 juillet),
le Commissaire de police Jean Dives reçut de lui le billet
suivant :
« Je vous fais passer ci-joint, citoyen commissaire,
« l'original d'un arrêté du Préfet du département en date
« du 21 du courant, relatif à des effets d'argenterie destinés
« à la Métropole, et à la descente d'une des cloches de Cimiés
« que je vous charge de mettre de suitte à exécution, et faire
« transporter le tout à Sainte-Réparate. Si vous le croyez
« nécessaire, vous pouvez réclamer la force armée, vous
« aurez soin de m'instruire du résultat de cette opération. «
Ce fut en vain que le Directeur des Domaines réclama
les vases sacrés trouvés à Cimiez pour les envoyer à la Monnaie de Paris. Châteauneuf-Randon trouva avec raison
que Mainssonnat était mal fondé dans ses exigences (2).
Les Administrateurs de l'Eglise métropolitaine, Pauliani et
Masseglia, prieurs de la Confrérie du Corpus Domini furent
engagés par le maire le 16 Fructidor (3 septembre), à donner
connaissance à Grinda de l'arrêté du Préfet du 11 de ce mois
(29 août) afin que le grand orgue de la Cathédrale fut réparé
au plus tôt (3).
(1) Arch. départent., registre K 4. Arrêté du 21 Messidor (10
juillet) soumis à l'approbation ministérielle par lettre du 2 Thermidor
an X (21 juillet 1802) qui en donne les raisons et expose les réclamations mal fondées de Mainssonnat. Voir l'arrêté du ri Fructidor
(29 août) même registre.
(2) Voir une lettre de Mainssonnat à Châteauneuf-Randon
26 Messidor an X (15 juillet 1802). Arch. départent. M 18.
Voir aussi une lettre du Maire à Jérôme Rossi 23 Messidor (12
juillet) l'invitant à prendre des mesures pour que la cloche soit installée dans la tour pour la fête du 14 Juillet.
(3) Arch. municipales. Registre de la Correspondance du Maire,
an X. Tettre du 16 Fructidor (3 septembre).
4

�xvin
Grinda, que l'Administration départementale avait
chargé de rassembler les tuyaux d'orgues des différentes
églises de Nice, les avaient enmagasinés chez lui ; mais
comme il n'avait point été payé de son travail, il refusa de
les rendre aux administrateurs de Sainte-Réparate avant
d'avoit été indemnisé de ses peines et obtenu le remboursement «des avances qu'il a faites pour le transportera garde»...
Il réclamait en conséquence 3.785 francs en assignats.
Châteauneuf-Randon fut obligé, 13 Frimaire an XI,
de lui intimer l'ordre formel de les restituer, en lui promettant
une juste indemnité. Fes tuyaux furent remis aux Administrateurs de la Cathédrale, mais il fut impossible, de réparer l'instrument dont les jeux se trouvèrent dépareillés.
Il fallut faire d'assez grands frais pour acquérir des orgues
nouvelles qui furent inaugurées seulement eu 1805. (1)
Fe trône de l'Evêque fut décoré sommairement ; quant
aux places réservées pour le Préfet, le Général et le Président
elles n'étaient pas encore entourées de la balustrade demandée
à la date du 6 Frimaire an XI (27 novembre 1802) d'après
une lettre du Préfet au Maire (2).
* *
Châteauneuf-Randon aurait voulu que toutes les mesures qu'il croyait devoir prescrire fussent exécutées avec célérité, mais d'une part le maire Défly, dont les dispositions
bienveillantes ne sont point douteuses, était sans cesse arrêté par le manque d'argent dans la caisse municipale ;
d'autre part on se heurta continuellement à l'obstruction
systématique du directeur des Domaines Mainssonnat, pro(1) Arch. départem. M 17. Lettre du Préfet aux Administrateurs
de Sainte-Réparate 2 Fructidor an X (20 août 1802) qui avaient réclamé les tuyaux déposés chez Grinda ; ibid. M 25 autre lettre du
Préfet aux mêmes 19 Frimaire an XI (10 décembre 1802) leur annonçant l'ordre donné à Grinda et lui demandant d'examiner le compte
présenté par lui ; ibid, M 23, lettre du Préfet à Grinda, 13 frimaire
an XI (4 décembre 1802) ; Relation présentée au Pape par Mgr Colonna le IER août 1806 après la première visite de son diocèse,
VIIJ.AREY, Raccolta di decreti, moniti; ecc. Nice 1831, tome 1 p. 77.
(2) Arch. municip. Lettre du Préfet au Maire, 6 Frimaire an XL
vclume 7.

�XIX

bablement un des membres de la Loge maçonnique (i)
établie depuis peu avec l'autorisation de l'ex-maire Pauliani
prédécesseur de Défly.
L'opposition de ce fonctionnaire méticuleux et formaliste
dont le préfet ne cesse de se plaindre dans sa correspondance
avec les ministres, se manifesta surtout à propos du logement de l'évêque. L'ancien Evêché, situé tout auprès de
l'église Sainte-Réparate, avait été occupé d'abord par les
deux administrations provisoires à partir des premiers
jours d'octobre 1792 puis par le département.
Vers le milieu de l'an IV (juin-juillet 1796) l'administration centrale du Département voulut s'installer avec
les autres autorités dans l'ancien palais du Gouvernement
(la Préfecture actuelle) alors transformé en Hôpital militaire. A la suite de cette décision, l'Evêchè devenant disponible fut mis en vente comme bien national, conformément
à la loi du 28 Ventôse an IV (18 Mars 1796). L'ensemble de
l'immeuble fut divisé en 3 lots, dont le principal, comprenant
les appartements de l'Evêque, fut soumissionné le 6 Messidor an IV (24 juin 1796) par Pierre Mages, négociant, origi(1) Il est un fait avéré, c'est que la plupart des Sociétés populaires n'étaient autre chose que des loges maçonniques démocratisées
et semblant opérer au grand jour. A la dissolution des Clubs, les loges
mises en sommeil se rouvrirent peu à peu sous le Directoire et le
Consulat. Les Jacobins non encore ralliés à Bonaparte s'y réunissaient.
Il en fut à Nice comme ailleurs et la Loge en 1802 comptait, paraît-il,
un assez grand nombre de membres quoi qu'il soit impossible
de rien préciser en raison du mystère dont s'entourent ces associations. Le général Pierre Garnier en était le Vénérable.
Voir TOSEIAI, Précis Historique de Nice, 2MC partie, tome IL
p. 366 et le Sommario de BONIFASSI aux Arch. municip.
Le Préfet Florens demanda au Maire Paulian des renseignements
sur la loge de Nice, le 19 Frimaire et le 10 Nivôse an X (10 et 31 décembre 1801) mais celui-ci semble n'avoir pas répondu. Arch. municip.
Correspondance du Préfet, volume VI. Après le départ de Florens,
Châteauneuf-Randon rencontra une opposition plus ou moins ouverte dans cette loge composée de fonctionnaires des Contributions
et des Domaines, ainsi qu'il l'écrivait à Coulomb, secrétaire général
du Ministère de l'Intérieur, le 12 Vendémiaire an XI (4 octobre 1802).
Arch. nationales Fie m.3 Alpes-Maritimes. Correspondance. Dans
les années qui suivirent le Préfet Du Bouchage réussit à annihiler
l'influence de cette loge dont l'opposition au Gouvenieme-it ne dura
pas longtemps.

�XX

naire d'Agde, fixé depuis longtemps à Nice où il était membre du Conseil municipal. Les experts, Pierre Caries, maîtremaçon, pour le soumissionnaire, et Pierre Camous pour le
département, évaluèrent ce lot à la somme de 13.500 fr.,
calculée d'après la loi, à 18 fois le revenu montant à 750 fr.
Le 25 Fructidor an IV (11 septembre 1796) le Département passa acte de vente de ce lot à Pierre Mages pour la
dite somme de 13.500 francs qui fut versée en mandats
territoriaux ou promesses de mandats. F'acquéreur paya
en outre un demi pour cent sur le principal de la vente, soit
67 fr. 50 ; les droits d'enregistrement de l'expertise, 8 francs
versés le 14 Fructidor (31 août) et ceux de la vente, 135 fr.
en numéraire et 405 francs en papier-monnaie versés le 2
vendémiaire an V (23 septembre 1796). Fe prix total s'élevait donc à 13.980 fr. 50 en papier-monnaie et 135 francs
en numéraire.
Pierre Mages jouissait du revenu de ce lot à dater du
21 Messidor an IV (9 juillet 1796) et le Département se réservait le droit d'occuper encore l'Evêchè moyennant paiement d'un loyer jusqu'au cours de l'an VI (1).
Fe deuxième et le troisième lot comprenant des boutiques et des appartements loués à divers particuliers : la veuve
Thaoïi, les frères Caisson et autres, avaient été soumissionnés le 27 Prairial (15 juin) l'un par Joseph Autheman, l'autre
par Joseph Payany, administrateur du Département.
Dans le mois qui suivit, Autheman et Payany cédèrent
leurs soumissions à André Gastaud, commissaire du Directoire exécutif près le département, par acte reçu Daydery,
notaire.
Fes deux lots furent évalués par les experts ci-dessus
désignés, le 30 Messidor an IV (18 Juillet 1796) ; à savoir
le 2me à 8.100 francs soit 18 fois son revenu estimé à 450 fr.;
le 3me à 6.300 francs soit 18 fois son revenu estimé à 350 fr.
Le 16 Thermidor (3 août), le Département passa acte
de vente à André Gastaud pour ces deux lots, au prix d'esti(1) Cet acte de vente est aux Arch. départent. Série Q, volume
79, f° 89 et suivants sous le n° 222. Il est signé par Pierre Mages et
par Hancy, Imberti, Mougius, Payany fils, Scudéri, administrateurs
du Département ; Gastaud, commissaire du Directoire exécutif, et
M. A. Rey, secrétaire.

�XXI

mation à charge de payer les frais et les droits d'enregistrement et un demi pour cent sur le principal du prix de la vente.
L'enregistrement fut payé le 16 Thermidor (3 août) : pour le
2me lot, 324 francs et pour le 3me lot, 252 francs.
André Gastaud devait entrer en jouissance à partir
du 15 Messidor (3 juillet) de ces deux lots dont le prix global
14.400 francs avait été versé en mandats territoriaux ou
promesses de' mandats, entre le 27 Prairial (15 juin) et le
8 Thermidor (26 juillet). En ajoutant les droits d'enregistrement, 576 francs, on arrive à la somme de 14.976 fr. (1).
Or, à l'époque de ces ventes, les mandats territoriaux
étaient absolument dépréciés : ils avaient perdu au moins
90 % de leur valeur nominale (2).
Il en résulte que le Ier lot vendu à Pierre Mages avait été
soldé par du papier représentant moins de 1.400 francs
en numéraire, et que les deux autres avaient été soldés par
Gastaud en papier représentant moins de 1.500 francs en
numéraire.
En l'an X, Amand Spréafico, négociant lyonnais,
venu depuis peu à Nice où il fut receveur du District, était
co-propriétaire de l'Evêchè ; soit qu'il eût acheté les lots
acquis par André Gastaud, soit que Pierre Mages lui eût
cédé une partie de son lot.
* *
De Préfet ne trouva dans la ville que deux maisons
pouvant servir au logement de l'Evêque. La première était
rue des Juifs, actuellement rue Benoît-Bunico, et je crois
que c'était le palais Lascaris dont la façade Ouest donne
dans cette rue ; mais ce local lui parut peu convenable,
sans doute, à cause du voisinage presque immédiat de la
synagogue.
(1) Ces deux actes de vente sont aux Arch. départem. Série Q
volume 75, fo in et suivants sous les nor 25 et 26. Ils sont signés
par l'acquéreur André Gastaud, par les Administrateurs et Secrétaire
du département et par Hancy qui était commissaire du Directoire
exécutif en remplacement.
(2) Consulter le Tableau de dépréciation du papier-monnaie
dressé par le département des Alpes-Maritimes le 18 Thermidor
an V (5 août 1797) dont un exemplaire imprimé se trouve aux Archives
du Palàis de Monaco.

�XXTI

La seconde était l'ancienne maison épiscopale aliénée
qui réunissait toutes les conditions désirables. ChâteauneufRandon chercha donc à rentrer en possession du vieil Evêché,
et comme il n'avait pas d'argent disponible, il fit proposer
à Mages et à Spréafico de l'échanger contre d'autres propriétés nationales de valeur équivalente et à leur choix. La
proposition fut bien accueillie et les acquéreurs désignèrent
un certain nombre de biens nationaux qu'ils désiraient en
échange. Parmi ces biens se trouvait une terre située au quartier de Riquier alors affermée à Etienne Gastaud et qui dépendait de la succession de Jean-Paul-Augustin Lascaris,
inscrit sur la liste des émigrés et non radié. Cette terre était
précisément celle où s'élevait le Monastère des Religieuses
Cisterciennes avant leur transfert dans l'enceinte de la ville
au XVe siècle. Elle avait depuis appartenu à la noble famille
des Riquiéri dont avait hérité les Lascaris, et, avant 1792,
cette terre payait un cens annuel au Chapitre de Nice.
Elle ne put être cédée à Pierre Mages car un arrêté
du Préfet en date du 25 Germinal an X (15 avril 1802) en
avait affecté une partie à l'établissement d'une pépinière
départementale (1).
Par un arrêté du 10 Floréal an X (30 avril 1802) le Préfet
décida que vSainte-Réparate serait Eglise métropolitaine et
que les propositions d'échange de Pierre Mages pour l'Evêchè
seraient acceptées en principe (2). Fe 14 Floréal (4 mai)
il avisa simultanément de sa détermination les Ministres
de l'Intérieur et des Finances, en priant ce dernier de l'autoriser à conclure l'échange (3).
(1) Arch. départem. K 4 f° 60. L'arrêté créant la pépinière ne
fut point exécuté de suite et le 27 Frimaire an XI (18 décembre 1802)
Châteauneuf-Randon en adressa une ampliatiou à Boulay conseiller
d'Etat (ayant le Département des Domaines nationaux) pour en
obtenir l'approbation, Ibid. M. 24:
Rien n'était fait encore plusieurs mois après, et le Préfet Du
Bouchage prit le 19 Fructidor an XI (6 septembre 1803) un arrêté
désignant un des jardins ^dépendant de l'école Centrale supprimée
pour établir cette pépinière. Le 20 Fructidor, le Préfet demandait
approbation de cet arrêté qui reproduisait les dispositions d'un arrêté précédent de Châteauneuf-Randon, sous la date du 13 Floréal
an XI (3 mai 1803). Ibid. M 24.
(2) Arch. départem. K 4 f° 54. Arrêté du 10 Floréal an X.
(3) .Arch.\départem. Série V, liasse 1. Lettres du 14 Floréal an X.

�XXIII

L'arrêté du 10 Floréal fut transmis de suite à Pierre
Mages et à Mainssonnat, directeur des Domaines, avec prière
de désigner des experts pour l'estimation de l'Evêchè et des
propriétés susceptibles d'être échangées.
Mainssonnat fit des difficultés et par deux fois les 19
et 20 Floréal, il représenta au Préfet qu'il n'y avait pas lieu
à nomination d'experts et que l'on ne pouvait actuellement
disposer des biens séquestrés de Jean-Paul-Augustin Fascaris.
Fe Préfet dut user de toute son autorité pour faire nommer
les experts (1). Finalement le 29 Prairial (18 juin) un rapport
estimatif de l'Evêchè et de divers biens nationaux proposés
en échange fut dressé par Scoffier et Caldelary, experts des
Domaines, et par Roux, expert de Pierre Mages.
F'Evêché était estimé 25.000 francs et la terre de Riquier provenant des Fascaris 36.000 ; elle ne pouvait donc
être l'objet d'un échange. Six autres parcelles indiquées
subsidiairement par Mages et Spréafico furent estimées en
totalité 25.000 francs ; ce furent elles que le Préfet proposa
par son arrêté du 1er Messidor (20 juin) (2) pour un échange
qui deviendrait définitif après avoir été approuvé, dans les
six mois, par les ministres de l'Intérieur et des Finances.
En attendant, l'Evêchè serait remis entre les mains du maire
qui en ferait dresser procès-verbal et inventaire, puis établirait le devis des réparations locatives qui serait soumis au
Préfet et exécuté sous la surveillance du maire « sur les
« fonds communaux, sauf décision ultérieure, sur la réparti« tion des dites dépenses au compte de la commune ou à
« celui du Département. » Si l'échange n'était pas encore
autorisé au bout de 3 ou de 6 mois, Mages et Spréafico rece(1) Arch. départem. M 14. Lettre du 10 Floréal an X à Pierre
Mages ; autre du même jour à Mainssonnat ; M 20. Lettre du 21
Floréal à Mainssonnat. Voir surtout deux lettres du 7 Prairial an X
(27 mai) aux Ministres de l'Intérieur et des Finances dans lesquelles
le Préfet se plaint vivement des agissements de Mainssonnat dont
il réclame de nouveau le changement. Série V, liasse 1.
Voir encore Arch. départem. M 20, la réponse de Chaptal 2 Messidor (21 juin) qui a transmis au Ministre des Finances les plaintes
du Préfet.
(2) Arck. départem. K 4, f° 103 Arrêté du ier Messidor an X
(20 juin 1802).

�XXIV

vraient sur la caisse communale comme indemnité de location le prix des baux des parcelles échangées.
Cet arrêté fut transmis aux Ministres et au Directeur
des Domaines. Le 14 Messidor (3 juillet) le Préfet le notifia
à Mages et à Spréafico en les invitant à se concerter avec
« le maire de Nice pour la prompte évacuation de la maison
« de l'Evêchè afin qu'on puisse procéder sur le champ aux
« réparations dont elle est susceptible. » (1).
Le même jour, cet arrêté fut communiqué au Maire
de Nice. « Je vous invite, écrivait le Préfet, à prendre surit le-champ les mesures convenables pour l'exécution des
« dispositions que j'ai ordonnées et à me tenir régulièrement
« informé du succès de vos démarches et du progrès des
« réparations. »
Defly en accusant réception de cet arrêté au Préfet
le 20 Messidor (9 juillet) lui représentait qu'il était de toute
impossibilité que la caisse communale fît les avances du montant des réparations, car elle était presque vide et il aurait
même peine à solder les dépenses du dernier trimestre de l'année courante. Il priait donc le Préfet de s'adresser au Conseil
Général qui, étant autorisé à procurer à l'Evêque un logement convenable, trouverait peut-être le moyen de couvrir
cette dépense (2). Néanmoins, dès le lendemain 21 Messidor
le Préfet prescrivit à Defly de faire faire un devis estimatif
des réparations et de les mettre en adjudication.
Le 28 Messidor (17 juillet) Défly demanda par lettre
à Mages et à Spréafico de vouloir bien prendre des mesures
pour que la maison proposée par eux en échange et acceptée
par le Préfet (arrêté du 1er Messidor) fut mise à sa disposition, afin qu'il put faire procéder à ce devis (3). Le 30 Messidor (19 juillet) Défly transmit au Préfet la réponse qu'il
(1) Arch. départem. M. 20. Lettres du 14 Messidor an X (3
juillet 1802) à Mages et Spréafico et au Maire de Nice. Cette dernière
se trouve également Arch. municip. Correspondance du Préfet an X
tome vi.
(2) Arch. municip. Correspondance du Maire, 20 Messidor (9
Juillet).
(3) Arch. municip. Correspondance du Maire an X. Lettre du
28 Messidor (17 juillet).

�XXV

avait reçue de Sasserno représentant Mages et Spreafico
absents (i).
Trois semaines se passèrent sans que ceux-ci dont l'absence devait durer seulement quelques jours eussent donné
une réponse ; aussi le maire ayant appris le retour de Mages
lui adressa-t-il, le 21 Thermidor (9 août) une lettre pressante
de rappel, afin d'obtenir la remise de l'Evêché pour qu'il
put se conformer aux instructions du Préfet (2).
Châteauneuf-Randon s'impatientait et ce jour (21
Thermidor) il demandait au maire, quel était le résultat de
ses démarches pour les réparations de l'Evêché et son ameublement. Défly lui répondit immédiatement qu'il venait de
renouveler ses démarches auprès de Mages et qu'il enverrait
la réponse trop longtemps attendue. En terminant sa lettre,
il ajoutait que malgré ses recherches il n'avait pu découvrir
aucun moyen pour se procurer les fonds nécessaires pour les
réparations et surtout pour l'ameublement (3).
Cette lettre du maire (21 Thermidor) contraria vivement le Préfet : il ne comprenait rien à tous ces retards,
aussi en y répondant le 25 Thermidor (13 août) s'en plaignitil amèrement, tout en exprimant l'espoir que la réponse
de Mages ne pouvait être contraire à la parole qu'il avait
solennellement donnée ; qu'elle serait enfin parvenue et que
le maire, ayant l'Evêché à sa disposition, lui apprendrait
incessamment le commencement des travaux pour les réparations et pour l'ameublement de la maison de l'Evêque
qui devait arriver vers le milieu du mois prochain. Defly le
savait déjà par la Circulaire préfectorale du 14 .Thermidor.
« Quant aux fonds, concluait le Préfet, je prends des moyens
« pour vous en procurer, et je n'attends pour les mettre
« à votre disposition que l'envoi du devis estimatif que je
« vous prie de m'adresser dans les 24 heures. » (4).
(1) Arch. municip. Correspondance du Maire. Lettre du 30 Mes
sidor an X (19 juillet 1802). La lettre de Sasserno manque.
(2) Arch.. municip. Correspondance du Maire. Lettre du 21 Thermidor (g août) à Mages et Spreafico.
(3) Arch. municip. Correspondance du Maire. Lettres du 21
Thermidor à Pierre Mages et au Préfet. Je n'ai pas trouvé les lettres
du Préfet au Maire du 21 Messidor et du 21 Thermidor.
(4) Lettre du Préfet au Maire 25 Thermidor (13 août) Arch,
dêpartem. M 20,

�XXVI

Le jour même où le Préfet écrivait cette lettre, Pierre
Mages rédigeait sa réponse qu'il data du 25 Thermidor,
mais qui ne fut remise au Maire que deux jours après, le
dimanche, 27 Thermidor (15 août). Klle était loin d'être ce
qu'avait pensé le Préfet. En effet, Mages, au lieu de consentir
à la remise immédiate de l'Evêché, atermoyait encore sous
prétexte que ses intérêts seraient compromis, au cas possible
que le Gouvernement refusât de ratifier l'échange proposé.
Défly envoya copie de cette étrange réponse au Préfet,
le 28 Thermidor (16 août), en lui demandant de nouvelles
instructions (1).
Mages n'obéissait-il pas aux suggestions de Mainssonnat toujours disposé à créer des embarras au Préfet et à
entraver son action ?
Quoi qu'il en soit, Châteauneuf-Randon, qui avait
reçu aussi de Pierre Mages une lettre du même jour et conçue
dans le même sens, lui répondit sous la date du 30 Thermidor
(18 août) en lui marquant son étonnement et son mécontentement de la défiance injustifiée qu'il semblait avoir,vis-à-vis
du Gouvernement et de son représentant (2).
Il prévint en même temps le Maire qu'il venait de répondre à Pierre Mages : « Je viens, dit-il, de lui faire sentir
« combien peu ses observations sont fondées et combien
« peu le Gouvernement devait s'attendre aux empêchements
« qu'il met à ce que le logement de l'Evêque soit prompte« ment assuré. J'aime à croire qu'il ne persistera pas dans
« ses délais et qu'il vous fera de suite la rémission de l'Evê« ché ; j'espère en recevoir promptement l'assurance de votre
« part. » (3).
Te 6 Eructidor (24 août) Défly en envoyant copie de
cette lettre à Pierre Mages lui écrivait : « Je vous invite
« à vouloir bien me faire part de votre dernière déterminait tion, pour que je puisse en référer à l'autoiité supérieure.» (4)
(1) Arch.. municip. Correspondance du maire. Lettre du 28
Thermidor au Préfet.
(2) Arch. départem. M 20 Lettre du 30 Thermidor entièrement
de la main de Châteauneuf-Randon.
(3) Arch. départem. M 20 et Arch. municip. Correspondance
du Préfet an X tome 6. Lettre du préfet au maire (30 Thermidor).
(4) Arch. municip. Correspondance du maire. Lettre à Pierre
Mages, 6 Fructidor.

�XXVII

■ Les instances du Maire et du Préfet ne réussirent point
à triompher des hésitations de Pierre Mages qui refusait
toujours de remettre l'Evêché avant que le Gouvernement
ou le Corps législatif n'eut approuvé l'arrêté du Ier Messidor.
Il eut fallu attendre longtemps encore, et tous les efforts pour
préparer un logement à l'Evêque eussent été rendus inutiles
par ces exigences intempestives : c'était le désir inavoué
de Mainssonnat que Châteauneuf-Randon connaissait bien.
Force fut donc de chercher une autre combinaison :
le Préfet résolut de traiter cette fois directement avec les
acquéreurs et à cette fin, par arrêté du 14 Fructidor
(ier septembre) il désigna deux commissaires, Tiranti et
Daidery, chargés de terminer la rétrocession de l'Evêché
déjà évacué par un des propriétaires et la plupart des locataires. (1) Les commissaires devaient faire valoir qu'il n'y avait
aucune raison de douter de l'approbation du Gouvernement ;
insister pour obtenir de suite une location, soit au nom de
la commune, soit à celui du Préfet, et enfin demander, moyennant une juste indemnité, le départ immédiat des petits
locataires qui occupaient encore une partie de l'immeuble.
Pierre Mages consentit finalement à louer provisoirement l'Evêché, non pas à la commune ni au Préfet comme
représentant de l'Etat, mais à Châteauneuf-Randon comme
simple particulier, jusqu'à ce que fut intervenue la décision
du Gouvernement. Telle fut la conclusion des négociations
entre Pierre Mages et les deux commissaires. ChâteauneufRandon pour en finir accepta ces conditions draconiennes
et se hâta de faire dresser en double original l'acte de bail
en son nom personnel ; puis en qualité de Préfet, il prit un
arrêté pour l'approuver. La location était pour un an, à dater
du 8 Vendémiaire an XI (30 septembre 1802), au prix exagéré
de douze cents francs en numéraire, et, pour entrer immédiadiatement en jouissance, le Préfet versa le jour même trois
cents francs (également en numéraire) à Pierre Mages qui
s'engagea,à faire évacuer promptement le local et à permettre
de commencer aussitôt les réparations locatives. Dès que le
gouvernement aurait donné son approbation à l'arrêté du
Messidor, l'échange devenant définitif, la location ces(2) Arch. départem.

K 4 f°

238.

Arrêté du 14 Fructidor.

�xxvrn
serait de plein droit, et Châteauneuf-Randon ne serait tenu
à payer que le temps écoulé jusqu'à l'entrée en jouissance
par Pierre Mages et Amand Spréafico des biens cédés en
échange (i).
Il fallut quelques jours encore pour faire évacuer l'évêché et le remettre au Préfet. C'était chose faite le 23 Fructidor (10 septembre). Ce jour-là, le Préfet en envoya les clefs
au maire et le pressa de s'occuper activement des réparations
et de l'ameublement. « Je vous ai donné, ajoutait-il, l'exem« pie de l'activité, du zèle et. même du sacrifice, j'aime à
« croire que vous justifierez l'opinion où je suis que vous
« me seconderez avec la plus grande promptitude. » (2).
Il était grand temps, en effet, de terminei cette affaire,
car Mgr Colonna était arrivé à Nice, et n'ayant point de logement à lui offrir, le Préfet lui avait donné l'hospitalité dans
son hôtel.
*
* *
Le samedi 4 septembre 1802 (17 Fructidor an X) Mgr
Colonna débarqua au port de Lympia venant de Marseille
sur une felouque. Le Préfet, qui seul avait été prévenu, envoya au-devant du prélat sa voiture et un détachement de
gendarmes. Deux prêtres, se promenant par hasard, dans
le voisinage, MM. Domihique Fianson et Honoré Faissola,
se présentèrent à l'Evêque et l'accompagnèrent jusqu'à la
Préfecture. Cette escorte de deux prêtres et de gendarmes
provoqua quelques plaisanteries, au témoignage de Bonifassi (3).
(1) Voir les deux arrêtés du Préfet en date du 14 Fructidor
er
an X (i septembre 1802) et la copie du bail enregistré à la suite.
Arch, départem. K 4 f° 239.
(2) Arch. départem. M 20, lettre du préfet au maire, 23 Fructidor.
(3) On lit dans ses manuscrits sous la date du 4 sept. 1802
N° 2712. Monsignor Colonna nuovo Vescovo, si e inaspettatamente
sbarcato al porto di Limpia, ed è stato incontrato dalla carrozza del
Prejetto, e da un distaccamento di gendarmi. mss.
N° 2713. I preti Fianson e Faissolla a caso trovandosi al porto
T
si sono presentati da M Voscovo e l'hanno accompagnato sino al pallazzo del Prefetto. mss. autent.
N° 2714. Questa comitiva dei preti coi gendarmi accompagnante
rl
il Vescovo ha forniio un poco a ridere ed a motteggiare. Osserv. pert .

�XXIX

Il est certain que cette arrivée ne rappelait que de trè
loin l'entrée solennelle que vingt-deux ans auparavant (12
octobre 1780), Mgr Valperga avait faite dans sa ville épiscopale ; niais les temps étaient changés.
Châteauneuf-Randon accueillit Mgr Colonna avec la
plus grande courtoisie et mit à sa disposition le second étage
de la maison Saint-Pierre, actuellement 8, rue Saint-François-de-Paule, qui servait alors de Préfecture (1). Le jour
même, (17 Fructidor) il prévint toutes les autorités et les
invita à venir faire visite au nouvel Evêque, l'intention du
Gouvernement étant que ces diverses autorités eussent
pour le Prélat les égards dus à la dignité dont il était revêtu.
Cette visite eut lieu le lendemain. 5 septembre. Le jour suivant (lundi 6), Mgr Colonna reçut le Clergé présenté par le
vicaire-général Rossi qui prononça une courte allocution (2).
Arch. municip. BONIFASSI, volume B fol. 86 verso.
TosEiJU dans son Précis Historique de Nice, 2me partie, tome 2,
p. 365, et l'abbé de VIIAAREY dans la Série Cronològica dei Vescovi
di Nizza (citée par Toselli) racontent l'arrivée de Mgr Colonna sans
ajouter aucun détail spécial.
TISSERAND, Histoire de la Révolution française dans les AlpesMaritimes, in-8° Nice. 1878, chap. VI, p. 318-319, raconte brièvement
l'installation de Mgr Colonna qu'il fixe à tort au 4 septembre qui est
seulement le jour de son arrivée.
(1) Le 30 Prairial an X (19 juin 1802) Châteauneuf-Randdu
avait loué d'Honoré Vincent Galli, administrateur de l'hoirie de feu
Paul de Saint-Pierre cette maison eu entier au prix annuel de 3.000
francs. Mainssonnat qui en occupait une partie pour le loyer annuel
de 1.000 francs se refusa à l'abandonner, ce dont le Préfet se montra
fort contrarié comme il ressort de ses lettres au Ministre de l'Intérieur, du 7 Thermidor (26 juillet) et du 17 Fructidor (4 septembre
1802).
Voir Arch. départem. M 20. Le Ministre de l'Intérieur au Préfet,
3™e Complémentaire an X (20 septembre) et M 24. Une autorisation
du Préfet sous la date du 3 Nivôse an XI (24 décembre 1802) pour
exiger de Mainssonnat deux trimestres de son loyer, soit 500 francs.
(2) Arch. départem. M 17. Lettres du Préfet aux autorités civiles, militaires,- judiciaires et administratives, 17 Fructidor an X
(4 septembre 1802).
Arch. municip. Notes de Bonifassi,volume B, f° 87 : 5 septembre
n° 2715. // Prejetto con tutte le autorita sono stati a far visita di cerimònia a Monsignor Vescovo. Ann".
6 septembre, n° 2717. Monsignor Colonna ha ricevulo la visita
del Clero, ed il Vicario lo ha complimentato con un bel discorsino.

�XXX

Les. dernières dispositions furent prises pour l'installation
solennelle de Mgr Colonna, fixée au 25 Fructidor (12 septembre 1802, jour de dimanche). Châteauneuf-Randon voulut
donner à cette cérémonie le plus grand éclat, sans doute
d'après les instructions du Gouvernement, et, l'arrêté préfectoral du 22 Fructidor (9 septembre) eu régla minutieusement tous les détails, sauf ce qui regardait la partie exclusivement religieuse. Cet arrêté fut imprimé, adressé à tous
les fonctionnaires, affiché et envoyé dans les communes du
département, comme avis de l'arrivée et de l'installation
de l'évêque concordataire. Il fut communiqué à Mgr Colonna
le 24 Fructidor (11 septembre) avec l'arrêté précédent du
11 (29 août), relatif « à l'embellissement du siège épiscopal
« et à la désignation de la place du Préfet dans le sanc« tuaire de Sainte-Réparate. (1) » Le Maire de Nice était
chargé, article XVII, de donner tous les ordres nécessai
res pour l'exécution de l'arrêté du 22 Fructidor et de se
concerter « avec les administrateurs des églises, le vicaire« général et les desservants des paroisses pour tout ce qui
« les concerne respectivement, tant pour le concours ad« ministratif qui peut être utile aux cérémonies religieuses
« ordonnées, que pour la sonnerie des cloches, la délivrance
« et l'emploi des poudres à la Garde Nationale et la disposi
«c tion de la Cathédrale et des places destinés aux diver
*c ses autoritées. »

(1) Voir deux lettres du Préfet à Mgr Colonna du 24 Fructidor
(11 septembre). Arch. départem. M 17. L'arrêté du 22 Fructidor

(9 septembre est au registre K 4 f° 161.

�XXXI

ARRÊTÉ RELATIF A L'INSTALLATION
DE L EVÊQUE DE NICE
::o::
Du 22 Fructidor an X
(9 sept. 1802).
Le Préfet du département des Alpes-Maritimes arrête les
dispositions suivantes :
Article Premier
Dimanche 25 Fructidor prochain, à six heures du
matin, la cloche de la Mairie annoncera l'installation
de l'Evêque de Nice.
Article 2
A huit heures, celles des paroisses et des succursales dans les faubourgs et campagnes de la ville commenceront à sonner en carillon.
Article 3
A la même heure, et aux premiers sons de la cloche
de la Mairie, tous les citoyens portés sur le rôle du service de,la Garde Nationale, se rendront armés ou non
armés au chef-lieu ordinaire de la réunion de leur bataillon, pour se placer à leur rang et compagnie.
Article 4
A huit heures et demie, les Chefs de bataillon,
sous la direction d'un adjoint, d'après les instructions
du Maire, formeront deux haies à droite et à gauche
des rues de..., depuis les bureaux de la Préfecture, logement actuel de l'Evêque, jusqu'à la Cathédrale.
Article 5
A neuf heures, les gardes d'honneur et différents
postes fournis pour la cérémonie par la troupe de ligne,
sur l'invitation particulière faite au Général commandant
se rendront à leur destination.

�xxx li
Article 6
A la même heure, aux premiers sons de la cloche
de la Mairie, toutes les autorités et administrations,
les Corps de fonctionnaires, commissions et employés
se rendront chacun chez leurs chefs respectifs, suivant
la hiérarchie et la nature de leurs fonctions.
Article 7
A neuf heures et demie, chacune de ces réunions
se rendra chez l'Evêque.
Article 8
A dix heures, au premier son de la cloche de la commune, le cortège défilera et les autorités et fonctionnaires seront appelés ainsi qu'il suit :
i° Les agents de police chargés de la direction de la
marche dans les rues et d'établir l'ordre et la décence ;
2° Un détachement de gendarmerie ;
3° Les tambours et moitié de la garde d'honneur du
cortège ;
4° Les administrations militaires de la Place ;
5° Le Conseil de Guerre ;
6° E'Etat-Major de la Place, les officiers de la garnison et des vétérans nationaux, chacun dans leur
ordre hiérarchique ;
7° Ee Corps des agents et courtiers de commerce ;
8° Ea Commission de commerce ;~
9° Celte de santé et salubrité publique ;
io° Celle d'Agriculture ;
ii° Celle d'embellissements et établissements publics ;
12° Celle du Var ;
130 E'Athénée des Sciences et Belles Lettres ;
140 Ees Notaires ;
i'5° Les Administrateurs des Hospices civils ;
i6° Les Professeurs de l'Ecole Centrale ;
iy° Les Membres du Jury d'instruction publique ;
i8° Les Chefs et Fonctionnaires des différentes Administrations de la Trésorerie, des Finances, des Contributions, des Domaines et des Postes ;

�XXXII!

19° La Musique Militaire ;
20° Le Commissaire et les Autorités de la Marine ;
2i° Les Inspecteurs aux revues et Commissaire des
guerres ;
22° Les Directeurs et Sous-Directeurs des fortifications, Commandant d'artillerie, et officiers du génie
et de l'artillerie ;
230 Le Corps des Avoués ;
240 Les Prud'hommes des Pêcheurs ;
250 Le Tribunal de Commerce ;
260 Les Juges de Paix ;
270 Le Tribunal Civil ;
280 Le Tribunal Spécial ;
290 Le Tribunal Crim'nel ;
300 Le Conseil Municipal ;
310 Le Maire, les Adjoints et le Commissaire de police
spécialement chargé de l'ordre de la marche et de
se transporter sur toute la ligne ;
320 Les Membres du Conseil d'Arrondissement ;
33° Les Membres du Conseil Général ;
34° Le Drapeau départemental (entre 4 gendarmes et
4 Gardes Nationales) ;
350 Le Conseil de Préfecture ;
36° Le Secrétaire Général ;
370 La Crosse de l'Evêque, entourée des Ecclésiastiques ;
380 Le Préfet, l'Evêque, le Général commandant les
troupes et le Président du Tribunal Criminel ;
390 Le Chef d'escadron, les Officiers de gendarmerie,
aides-de-camp, ingénieurs en chef et ordinaire des
Ponts et Chaussées ;
400 Les agents des Puissances étrangères ;
410 Les Officiers en congé, réformés ou retirés f
420 La Musique de la Garde Nationale ;
430 L'Etat-Major de la Garde Nationale ;
440 Les Employés de la Préfecture ;
450 L'autre moitié de la Garde d'honneur ;
460 Le reste de la gendarmerie fermant la marche
%

�XXXIV

Article 9
Ees Gardes d'honneur attribuées ou envoyées à
chaque autorité particulièrement en borderont la haie
et les fronts dans la marche générale.
Article

io

A l'entrée de l'église, chaque autorité et fonctionnaire prendra la place qui lui sera désignée, conformé
ment à la dernière fête, par les Maîtres des cérémonies
qui seront distingués par une écharpe tricolore au bras
Article

ii

A l'entrée de l'église Cathédrale, le Préfet en donnera les clefs à l'Evêque, le remettra entre les mains
de son clergé et ira prendre sa place accoutumée dans
le sanctuaire avec le Général Commandant les troupes
et le Président du Tribunal Criminel.
Article 12
E'Evêque doit s'avancer ensuite sous un dais, en
passant devant les autorités jusqu'à sa place où il sera
reçu par le Vicaire-Général Commissaire nommé par
l'Archevêque d'Aix.
Article 13
Ee procès-verbal d'installation dressé par le Vicaire
Général et signé par les Ecclésiastiques témoins, sera
signé aussi, en présence du cortège par le Préfet, les
Présidents des Tribunaux, le Général Commandant les
troupes, le Maire et les Juges de Paix.
Article 14
Après les cérémonies religieuses célébrées ou ordonnées par l'Evêque, le cortège retournera dans la
même forme par les rues de
et accompagnera
l'Evêque chez lui processionnellement uniquement
entouré du Clergé et de sa pompe religieuse.
Article 15
Ees rues par où retournera le cortège, seront bordées de même de deux haies de gardes nationaux.

�XXXV

Article 16
Pendant toute la marche et l'installation de l'Evêque les cloches des Paroisses et celles de la Commune
sonneront ; pendant les cérémonies religieuses ordonnées
par l'Evêque et jusqu'au retour du cortège, il sera fait
des salves d'artillerie et tiré des boëtes par la Garde
Nationale.
Article 17
Le Maire est chargé de donner tous les ordres nécessaires pour l'exécution du présent arrêté, et de se
concerter avec les Administrateurs des églises, le Vicaire Général et les desservants des Paroisses pour tout
ce qui les concerne respectivement, tant pour le concours administratif qui peut être utile aux cérémonies
ordonnées que pour la sonnerie des cloches, la délivrance et l'emploi des poudres à la Garde Nationale
et la disposition de la Cathédrale et des places destinées aux diverses autorités.
La
adressés
dans les
rivée et

Article 18
lettre et le présent arrêté seront imprimés
à tous les fonctionnaires, affichés et envoyés
communes du département comme avis de l'arde l'installation de l'Evêque.
CHATEAUNEUF-RANDON (1).
*
* *

Le général Eberlé, commandant la place de Nice, reçut
des instructions spéciales : Il devait envoyer à neuf heures
du matin devant la Préfecture la garde d'honneur attribuée
aux préfets dans les cérémonies publiques ; vingt hommes
au Tribunal Criminel, quinze au Tribunal Spécial, dix au
Tribunal Civil et dix à la Mairie pour escorter ces diverses
autorités ; plus une garde d'honneur de cent hommes dont
une moitié marchera en avant et l'autre en arrière du cortège;
enfin s'il voulait faire prendre les armes à toute la garnison^
(1) Arch. départem. Registre K, f° r6i. Je n'ai pas trouvé
jusqu'ici d'exemplaire imprimé de cet arrêté.

�XXXVI

elle pourrait former la haie sur le Cours tandis que la Garde
Nationale formerait la haie sur le reste du parcours (iK
Pour assurer la marche régulière du cortège et le bon
ordre dans l'église Cathédrale, Châteauneuf-Randon nomma
par arrêté du 24 Fructidor (11 septembre) cinq maîtres de
cérémonie : Roux, Caravel, chefs de bureau à la Préfecture ; Laurenti, Ricordi, secrétaires, et Cougnet fils. Ils
devaient porter une écharpe tricolore au bras droit et une
épée. Par le même arrêté, Fabry, chef de bataillon de la Garde
Nationale, commissaire de haute police, était désigné pour
porter le drapeau du Département encadré de quatre gendarmes et de quatre gardes nationaux (2).
*
* *
Le 12 septembre, au matin, toutes les cloches de la ville
sonnèrent de joyeux carillons. A 10 heures, le cortège partit
de la Préfecture dans l'ordre fixé, et se rendit à Sainte-Réparate, entre deux haies de soldats et de gardes nationaux,
derrière lesquels se pressait une foule considérable, sympathique et curieuse. L'Evêque, précédé du drapeau du Département et de la crosse épiscopale (3) entourée d'ecclésiastiques, s'avançait de front avec le Préfet Châteauneuf-Randon,
le général Partouneaux et le Président Trémois. Les membres
du Clergé convoqués la veille par le Vicaire Général Rossi
attendaient devant la grande porte de la Cathédrale (4).
Châteauneuf-Randon leur présenta Mgr Colonna auquel il
remit les clefs de l'Eglise. En temps ordinaire, cette remise
est faite par le Doyen du Chapitre ou son représentant ;
mais en 1802, le Chapitre de Nice n'existait plus ni en fait
ni en droit, et le Préfet voulait, sans doute, par cet acte,
(1) Voir lettre du Préfet au Général Eberlé (s. d.). Arch. département. M r8.
(2) Arch. départem. K 4, f° 168.
(3) Il s'agit probablement de « la crosse de vermeil donnée par
« l'Empereur à Mgr l'Evêque de Nice et qui doit être transmise à
« ses successeurs » mentionnée dans les inventaires de l'Evêché à
partir de 1805.
(4) Arch. municip. Bonifassi, volume B, f° 87, 11 septembre
1802. N° 2721. Il Clero e invitato dal Vic0 Rousc per domani trovarsi
sulla porta délia Chiesa a ricevere il Vescovo. Ann". Doc. N° 1080.

�XXXVt!

affirmer que le Gouvernement mettait, à la disposition de
l'Evêque, l'église Cathédrale devenue propriété de l'Etat
d'après les lois révolutionnaires. Ee prélat fut alors reçu
dans les formes prescrites par le Cérémonial. On lui offrit
l'eau bénite et l'encens, puis on le conduisit sous le dais
jusqu'au pied du maître-autel où il s'agenouilla, fit une coure
prière et revêtit les ornements pontificaux. Ee Préfet, le
Général et le Président avaient pris les places d'honneur
préparées dans le Sanctuaire et les autorités s'étaient rangées
dans la nef selon l'ordre déterminé. Ee vicaire-général Rossi,
commissaire délégué du Métropolitain, Mgr Champion de Cicé,
archevêque d'Aix, procéda alors à l'installation canonique.
On fit lecture de l'arrêté de nomination, des Bulles d'institution et du décret exécutorial du cardinal Caprara (9 avril
1802) érigeant les évêchés concordataires et rattachant
le nouvel Evêché de Nice à la Métropole d'Aix, (1), puis
Mgr Colonna monta au trône épiscopal.
. Dans un discours prononcé en latin selon l'usage
comme celui du Chanoine Provasso lors de la prise de possession de Mgr Valperga, le vicaire général Rossi exprima
la joie du peuple et du clergé privés depuis longtemps de
Pasteur et qui se félicitaient de l'heureux choix du Gouvernement et du Souverain Pontife. Il loua, en termes heureux'
les talents et les vertus du nouvel Evêque : son habileté
administrative, son application à l'étude, son zèle pour le
salut des âmes, sa modestie et sa piété profonde. Il sera,
sur le siège de Nice, le digne successeur d'une glorieuse
lignée d'évêques. Ees fidèles de ce diocèse, très attachés
à la religion catholique le reço'vent comme l'envoyé da
Dieu pour leur faire oublier les longues années d'épreuves
sur lesquelles il ne faut point insister aujourd'hui que la paix
et le bon ordre sont entièrement rétablis.
(1) Le décret du cardinal Caprara rendu en exécution d'une
bulle pontificale datée de Rome le 3 des calendes de décembre (28
novembre 8or) fut signé à Paris le 9 avril 802 et inséré au Bulletin
des lois N° 2 8 tome VI, 3 e série, 2 e semestre an X, avec un arrêté
du premier consul, daté du 29 germinal an X qui en ordonnait la
publication. Ce décret, après la suppression des anciennes divisions
ecclésiastiqi es, établissait, pour la France et les pays réunis, ) o
métropoles et 50 évêchés dont le tableau était annexé. La métropole
d'Aix avait pour suffragants : ajaccio, Avignon, Digne, Nice

�XXXVlII

Puis, par une allusion ingénieuse, au nom de Mgr
Colonna l'orateur déclara qu'il serait pour les prêtres, les
fidèles du diocèse, ce que fut, pour les Hébreux, la Colonne
miraculeuse qui guidait leur marche laborieuse et accidentée à travers le désert. Au nom de tous, il promit au nouvel évêque qu'il serait pour eux un père respecté, un chef
religieusement obéi dont ils s'efforceraient d'imiter les ex
emples et les vertus durant les longues années qu'ils demandaient à Dieu, de le conserver à leur tête (i).
Mgr Colonna prit alors la parole (2) : « Appelé à l'honte neur de l'Episcopat, après avoir reçu à Rome l'institution
« canonique et moyennant l'imposition des mains, la çonsé« cration à Paris : me voici, enfin au milieu de vous tel qu'un
« Ange de paix.,. »
Mgr Colonna déclara qu'il a compté sur les grâces particulières que le ciel accorde pour certains états, et non point
sur ses propres forces en acceptant une charge que la Révolution a rendu encore plus pénible et plus lourde. Il évoqua
rapidement les douloureux souvenirs des années qui venaient de s'écouler : prêtres persécutés, églisesp rofanées,
autels renversés, religion proscrite.
« Ne rouvrons pas des plaies qu saignent encore et
« qu'un sage Gouvernement tâche à cicatriser
« Que n'ai-je pas le zèle, les talens et l'espr't de ces
« dignes pasteurs : de ces saints pères des premiers siècles
« de l'Eglise, qui fleurissaient aux beaux jours du Christian« nisme ? De ces illustres prélats qui m'ont précédé dans ce
« siège épiscopal. Des Basses, des Siagres, des Valpergues
« et de tant d'autres, qui dès les temps les plus reculés ont
« porté la foi dans ce pays-ci, qui par la sainteté de leur vie,
« l'éclat des vertus, leur fermeté, leurs lumières, ont illustré
« et édifié cette Eglise, de mon dernier prédécesseur qui,
« par un généreux sacrifice a si bien mérité de la Religion
« et de la Patrie.
(r) Ce discours d'une excellente latinité est cité par VIIAAREY,
Raccolta di Decreti, moniti, pastorali, allocuzioni, ecc. Dell'Illmo e
Revmo Monsignor Vescovo di Nizza, dall'anno 1802 all'anno 1831.
Nice r83i, tome r, p. 1-4.
(2) Discours de possession prononcé par Mgr l'Evêque de Nice,
immédiatement après celui de M. le Vicaire Général dans la Cathédrale. VIIAAREY, Raccolta... tome 1, p. 5-ir.

�XXXIX

Du haut du ciel, les saints Evêques de Nice écouteront
« la prière de leur successeur et lui obtiendront de Dieu
« un esprit de sagesse et de modération si nécessaires à un
« évêque chargé de la conduite des âmes. »
Sa mission sera facilitée par le zèle des prêtres, ses coopé«ateurs et par l'attachement des fidèles à leur foi.
« Non, il n'est pas de ce peuple comme de tout autres
« peuples ; la Révolution n'a pas produit dans cette Pro« vince par rapport à la Religion les effets qu'elle a produit
« dans les autres, elle n'a pas déployé ici ce caractère qui
« la distinguait ailleurs ; les convulsions révolutionnaires
» n'ont guère atteint à la Religion ; elle a été conservée
« au milieu des agitations les plus violentes, s'il y a eu un
« instant, où ce Temple réparé, embelli dernièrement a été
« fermé, • ç'a été peut-être un trait des Divines miséricor« des ; la Providence a ménagé cet instant pour donner
« un nouvel essort au zèle du peuple qui peut-être s'était
« tant soit peu refroidi ; la privation a produit son effet :
« touché jusqu'aux larmes, il soupirait après le retour du
« Culte, la fin de la Révolution. Ses désirs furent accomplis,
« exaucés dans le temps, ils le sont encore davantage à préci sent. Il peut vaquer librement aux exercices de piété et
« de dévotion. Aussi le voyons-nous pénétré de respect,
« s'empresser à remplir les Eglises, embrasser les Autels,
« y déposer ses prières, cherchant un soulagement dans
« ses besoins et ses peines. »
L'Evêque fit ensuite un éloquent appel aux prêtres
qui devaient être animés « de ce zèle sage et discret qui
« respire la douceur et la charité ; de ce zèle généreux qui
« embrasse tout, se répand partout, ne connaît point de diffi« cuités qui tâche à ramener les esprits, réunir les cœurs,
&lt; concilier les intérêts divisés
»
Tous leurs actes, ajouta-t-il, doivent être inspirés par
une charité qui s'étendra à tous, amis ou ennemis comme
j Ôsus-Christ leur en a donné le précepte et l'exemple. La Chanté est l'âme de la Religion catholique « qui est une Religion
« d'amour et de bienfaisance
C'est cette vertu qui fait
« du genre humain de l'univers entier une seule famille,
« dont Dieu est le père et nous sommes les enfants attachés
« par les liens de la fraternité
»

�XL

Ees prêtres doivent dont apprendre à tous par la parole
et surtout par l'exemple que l'amour de Dieu est inséparable
de l'amour du prochain. La pratique courageuse de ce double
amour sera le moyen le plus efficace pour ramener à l'Eglise
ceux qui en sont éloignés.
« En attendant, conclut le Prélat, adressons au Ciel
« des prières pour tous ceux qui tiennent au Gouvernement,
« en particulier pour le Chef de l'Eglise, notre Saint Père
« le Pape. Eeur vie nous est trop chère, trop précieuse au
« bonheur public ; c'est par leurs soins qu'après une des
« plus rudes tempêtes, des temps des plus orageux nous
« jouissons du calme. Que cette paix dont nous goûtons
« ies doux fruits soit le garant de celle qui nous est préparée
« dans le Ciel, et que je vous souhaite. »
Ee procès-verbal de l'installation dressé par le Vicaire
Général fut signé par les ecclésiastiques témoins, le Préfet,
le Général commandant les troupes, les Présidents des Tribunaux, le Maire et les Juges de Paix.
*
* *
Après la messe célébrée pontificalement, la procession
se forma et l'Evêque fut accompagné, comme le prescrit le
Pontifical par tout le clergé qui chantait des hymnes et des
psaumes, jusqu'à la préfecture. Ea procession défila entre
les deux haies de soldats et de gardes nationaux et fut suivie
par le Préfet et toutes les autorités qui avaient assité à la
cérémonie. Au témoignage de Bonifassi, le discours de Mgr
Colonna fut touchant et bien adapté aux circonstances :
l'ensemble de la cérémonie fut émouvant et édifiant et il
ajoute, malicieusement, qu'on ne ce serait jamais attendu à
pareille chose de la part des Français.
Villarey rapporte de son côté (op. cit.) que l'attitude
recueillie de Mgr Colonna et son air modeste firent la meilleure impression sur tous les assistants ; ce qui n'empêcha
point quelques réflexions plus ou moins bienveillantes. Un
bon prêtre, raconte Bonifassi, au moment où Mgr Colonna
fut présenté au clergé par le Préfet, se tournant vers ses voisins, leur dit : « Cela va bien si Mgr Colonna se rend compte
« aujourd'hui que nous, nous étions ici et que c'est lui qui y
« vient. »

�A l'occasion de l'installation de l'évêque on répandit
dans le public quelques poésies en son honneur, louables
tout au moins pour l'intention de leurs auteurs. Louis Romey,
avoué près le Tribunal civil, membre du Jury d'Instruction,
qui devint maire peu d'années après, se révéla poète, lui
aussi, et publia une pièce de vers dans laquelle il vanta,
comme il était de mode alors, Bonaparte et la Corse, (i)
Mgr Colonna continua à occuper l'appartement que le
préfet avait mis à sa disposition jusqu'à l'aménagement
de l'Evêché. Il semble même que Châteauneuf-Randon
pour laisser toute liberté au prélat ait prolongé son séjour
à la campagne qu'il avait louée au quartier du Piol. En effet,
c'est dans cette campagne qu'il offrit, à l'occasion de la fête
du 18 Brumaire un grand dîner auquel il invita l'Evêque
avec les représentants des autorités civiles et militaires
et quelques anglais de distinction qui étaient, depuis la paix
d'Amiens, revenus hiverner à Nice. (2)
(1) Arch. municip. Bonifassi. Vol. B. f° 87, 12 septembre 1802 :
N° 2724. Solenne ingresso nella sua Cattedrale fatto da M1 Vescovo coll'accompagnamento di tutte le autorità. Mss. autent.
N° 2725. Il Clero si trovo présente sulla porta del Duomo, e dal
Prefetto, vennegli presentato MonsignT Colonna corne Vescovo di
Nizza. Mem. autent.
N° 2726. In quell'atto un buon Ecclesiastico volto a suoi più
vicini disse : Bene se Colonna in questo punto impara che noi eravano
qui, e che egli è quelli che viene. Osserv. partrI.
2727. M1 Vescovo pontifico, e recito un discorso tenero, e ben addattato, la fonzione riusci tenera moltó, ed edificante nel suo complesso.
mai più si aspettava per opera dei francesi un simil atto. Mem. part11
2728. Dopo la fonzione il Clero processionalmente cantando i
soliti inni accompagno il Vescovo al palazzo délia Prefettura ove avea
il suo alioggiamento, le autorita pure lo accompagnarono.~M.ss autetit
2729. In quest'occasione si distribuirono alcune poésie lodevoli
per la buona intanzione degli autori. Romey anche esso divenutto poeta
jece un Endecassillabo in cui corne di ragione venta il Bonaparte, e la
Corsica. Doc. N° 1077.
(2) De Préfet fit imprimer une Relation de cette fête et l'envoya
à Chaptal, Ministre de l'Intérieur, avec sa lettre du 20 Brumaire
au XI (11 novembre 1802). Elle est intitulée « I/anniversaire du
« dix-huit Brumaire, célébré chez le Général de Division, Châteauce neuf-Randon, préfet du département des Alpes-Maritimes, à Nice,
« le mardi même jour du mois, an onze de la République, ou le neuf
« novembre 1802 (vieux style). » 7 pages in-40 chez Cougnet père et
fils, imprimeurs-libraires à Nice, s. d. Arch. nationales V I ç nr. 3
Alpes-Maritimes, Correspondance.

�Châteauneuf-Randon avait communiqué à Mgr Colonna le 24 Fructidor (n septembre) (1) les divers arrêtés successivement pris par lui pour son logement et dans ses conversations particulières, il lui avait certainement expliqué
pourquoi, malgré toute sa bonne volonté, il n'avait pas encore réussi à réparer et à meubler l'ancien évêché. Il semble,
du reste, que les rapports les plus sympathiques et les plus
cordiaux s'établirent rapidement entre le préfet et le prélat (2). On en fit un crime à Châteauneuf-Randon, qui ne
s'en émut guère comme en témoigne sa correspondance.
Il écrivait le 24 Fructidor, an X (n septembre 1802)
au citoyen Colonna, évèque de Nice :
« J'ai l'honneur de vous adresser, Citoyen Evêque,
une copie de touts les arrêtés que j'ai pris successivement
pour assurer votre logement dans la maison qu'avaient
autrefois occupée vos prédécesseurs, ils sont à la date du
14 de ce mois, j'y joins une copie du bail que j'ai passé avec
les propriétaires de cette maison. J'en ai fait remettre les
clefs au Maire de la ville qui demeure chargé des réparations
et de l'ameublement. Je ne doute pas qu'il ne mette a s'en
bien acquiter le même zèle et la même activité que moi, et
que sous peu de jours, il ne me procure le plaisir de vous annoncer que le logement est enfin convenablement assorti
à votre usage et à votre caractère.
« Veuillez en attendant, croire au plaisir sincère que
j'éprouverai de vous avoir longtemps chez moi.
« Je me félicite, citoyen évêque, de ce qu'en me chargeant de vous choisir une maison, le gouvernement m'ait
(1) Voir deux lettres du Préfet à Mgr Colonna du 24 Fructidor
an XI. Arch. Départ. M. 17.
(2) Le préfet lui-même le raconte à Coulomb, secrétaire général
du Ministère de l'Intérieur, dans sa lettre du 12 Vendémiaire an XI
(4 octobre 1802). Après avoir parlé de l'hostilité des membres de la
loge maçonnique de Nice à son égard, il ajoute : « Ils osent se rabatre
« sur mon intimité avec l'eveque de Nice, homme vertueux, politie
« que et philosophe... » Arch. Nation. FI III 3. Alpes-Maritimes.
Correspondance.

�XUll

fourni une occasion de vous donner une preuve de nies sentiments d'estime et de considération.
« J'ai l'honneur de vous saluer. » (i).
*
* *
Le Maire de Nice, une fois en possession de l'Evêché
et sur les ordres réitérés du Préfet, fit dresser le devis estimatif
des réparations et l'adressa à Châteauneuf-Randon le 27
Fructidor (14 septembre) (2). Celui-ci après l'avoir examiné
le trouva trop élevé et le renvoya le lendemain à Défly avec
ordre de mettre ce travail en adjudication au rabais ; il lui
rappela en même temps qu'il fallait aussi s'occuper de l'ameublement et que la commune devait faire quelque chose
pour être agréable à l'Evêque. (3).
Le Maire fit immédiatement afficher l'adjudication :
il en informa le Préfet le 29 Fructidor (16 septembre) et le
pria « de désigner aux entrepreneurs de ces ouvrages le
« mode et les époques des payements qui devront leur être
« effectués pour leur travail. » (4).
Le Préfet approuva cette mesure le 3e Jour Complémentaire an X (20 septembre 1802) en invitant le Maire
« à faire faire d'abord les réparations les plus urgentes, telles
« sont celles de l'appartement de l'Evêque du salon et de
« l'escalier, afin que M. l'Evêque puisse occuper de suite
« son logement. »
Quant aux dépenses, concluait le Préfet, « Lorsque
« les réparations seront achevées et que vous aurez pour« vu à l'ameublement préalable ou de prêt, je vous indi« querai le moyen de couvrir cette dépense sur-le-champ.
« (5)(1) Minute corrigée en plusieurs endroits par le préfet. Arch.dép. M.17.
(2) Arch. municip. Correspondance, 27 Fructidor au X (14
septembre 1802).
(3) Arch. départent. M 17. L,e Préfet au Maire de Nice 28 Fructidor an X (15 septembre 1802).
(4) Arch. municip. Correspondance du Maire 29 Fructidor an X
'(16 septembre 1802).
(5) Arch. départem. M 17. I&lt;e Préfet au Maire de Nice 3e Jour
Complémentaire an X (20 septembre 1802).
Arch. municip. Correspondance du Préfet an X. Volume vi.

�XL1V

Les soumissions furent reçues le 2 Vendémiaire an Xé
(24 septembre 1802). Le devis montait à 1.314 francs ; Honore
Beu, maçon à Nice soumissionna seul pour la somme de
1.195 francs et le Maire en transmettant cet offre au Préfet
lui demanda « son approbation, pour adjuger définitivement
« ces réparations et faire mettre de suite la main à l'œuvre. »(1).
Le lendemain, de nouvelles soumissions l'une à 700 fr.
et l'autre à 650 francs (dont les auteurs ne sont pas nommési
et une autre par Laurent Levamis (dont le montant n'est
pas indiqué.) parvinrent au Maire qui les transmit au Préfet (2).
Châteauneuf-Randon donna son approbation et les réparations commencèrent .
Le premier devis était incomplet, il fallut en dresser
un nouveau qui fut également mis en adjudication et exécuté après approbation du Préfet en date du 22 Frimaire
an XI (13 décembre 1802).
Le montant total des réparations n'était pas très élevé,
1.200 francs environ, cependant ni le Maire, ni le Préfet n'avaient à leur disposition la somme nécessaire pour le solder. Le maire demandait donc le concours du département.
La loi du 18 Germ'nal, article 71, autorisait bien les Conseils
Généraux à accorder aux Archevêques et Fvêques un logement convenable, ce qui comprenait, sans doute, les réparations foncières et locaLives ; mais le Conseil Général des
Alpes-Maritimes n'était point en session. Il fallait cependant
ne pas faire attendre aux ouvriers le payement de leur travail ; c'est pourquoi le Préfet s'adressa aux Ministres des
Finances et de l'Intérieur pour solliciter un crédit extraordinaire le 27 Frimaire an XI (18 Décembre 1802) (3).
(1) Arch. municip. Correspondance du Maire 2 Vendémiaire
XI (24 septembre 1802).
(2) Arch. municip. Correspondance du Maire 3 Vendémiaire
an XI (25 septembre 1802).
(3) Arch. départem. M 22. Le Préfet aux Ministres de l'Intérieur
et des Finances. 27 Frimaire an XI (18 décembre 1802). Le 20 Ventôse au XI (n mars 1803)., le Préfet demandait au Maire de Nice
de lui faire passer sans délai « une copie des devis détaillés des répara« tions faites à la maison épiscopale, j'ai un besoin pressant de ces
« pièces qui doivent être adressées au Ministre de l'Intérieur. Arch.
Départent. M. 26.

an

�XI.V

Ee même jour, il avisait le maire de cette démarche,
en l'invitant néanmoins à payer provisoirement les ouvriers
« parce que les instructions du gouvernement portent que
« les réparations locatives de l'évèché seront à la charge des
« communes si elles peuvent les supporter ou à défaut du
« département, (i).
* *
A cette date, Mgr Colonna était déjà installé dans les
appartements de l'Evêché réparés sommairement et meublés
très modestement. En effet, il n'existait encore aucune règle
administrative déterminant la part respective de l'Etat,
du Département et de la Commune dans les frais relatifs
aux Evêchés (2). Il fut donc pourvu à l'ameublement dans
des conditions assez précaires et beaucoup d'objets furent
pris, ce semble, dans le mobilier séquestré de Jean-EouisAugustin Eascaris qui depuis plusieurs années dépérissait
dans les magasins de la Régie ou dans les appartements occupés par les locataires de cet émigré (3). Un inventaire de
l'ameublement de l'Evêché dressé en exécution du Décret
impérial daté du palais de Milan, 5 Prairial an XIII (25
Mai 1805) démontre qu'il n'était point luxueux (4). E'Evêque de Nice, du reste, était ennemi de tous fastes et se
contentait du strict nécessaire.
(1) Arch. départent. M. 23. De préfet au maire, 27 frimaire an XI
(18 décembre 1802).
(2) Un décret impérial du 5 Prairial an XIII accorda à chaque
Evêque une somme de 2.400 francs pour son ameublement, eu dehors de la contribution du département.
(3) Châteauneuf-Randon proposa plusieurs fois cette mesure
aux Ministres et au Maire de Nice. Il fut souvent aussi question de
la destination à donner au mobilier Dascaris, et il existe aux Archives
Départementales plusieurs lettres et arrêtés à ce sujet. Voir en particulier
celui du 17 Nivôse an X (7 janvier 1802) qui est en minute, liasse
M 20, dont les considérants sont à étudier.
Jean-Douis-Augustin Dascaris fut amnistié le 18 Primaire an XI
(9 décembre 1802) et le séquestre apposé sur ses biens à Nice et au
Castellar fut levé par arrêté du préfet en date du 22 Pluviôse an XI
(i 1 février 1803). Quatre tableaux religieux déposés dans les bureaux
de la Préfecture et provenant probablement de l'ancien Bvéché furent remis à Mgr Colonna par arrêté préfectoral du ier Ventôse an XI
(20 février 1803). Arch. départent. K 6.
(4) Voir Nice Historique, ier mars 1906, p. 70-73, cet inventaire
publié par M. Sappia.

�XÏ.VI

L'évêché fut mis à la disposition de Mgr Colonna
vers la fin d'octobre 1802, et il l'occupa probablement à
son retour de Marseille où il s'était rendu en qualité de délégué pour remettre le ỳalium à son métropolitain, l'archevêque d'Aix. Au témoignage de Bonifassi (op. cit. n° 2780)
il avait quitté Nice le 26 octobre et son absence fut de courte
durée.
Une lettre du préfet en date du 7 Brumaire an XI (29
octobre 1802) résume toutes les démarches faites pour assurer le logement de l'évèque :
«Au ministre de l'Intérieur, des Finances et des cultes.
7 Brumaire An XI (29 octobre 1802).
« Citoyen ministre,
« Vous m'avés prescrit de désigner une maison nationale convenable pour être affectée au logement de l'évèque
de Nice.
« Le défaut de maison nationale m'a forcé de recourir
aux moyens praticables pour reprendre l'ancienne maison
de l'évêché qui avait été aliénée. Je n'ai pu en trouver d'autres que celui de projetter la cession aux propriétaires de
cette maison des biens nationaux de même valeur.
« J'ai pris en conséquence le 1er Messidor an 10 un arrêté qui ordonne cet échange et j'ai soumis cet arrêté à l'approbation du gouvernement. J'ai eu l'honneur de vous en
adresser une ampliation le 14 du même mois.
« L'évêque de Nice étant arrivé dans l'intervalle, le
gouvernement n'ayant pas encore statué sur cet échange
et les propriétaires de l'évêché ne voulant s'en dessaisir
qu'autant que le gouvernement aurait approuvé mon arrêté,
je me suis trouvé dans un embarras extrême pour procurer
à l'évêque un logement convenable et décent. Mais comme je
ne doute pas que le gouvernement n'adopte les mesures que
je lui ai proposées et que dans tous les cas je compte infiniment sur sa justice, je me suis déterminé à traiter moimême personnellement avec les propriétaitres de l'évêché
pour la location de leur maison. C'est la seule mesure que les
propriétaires ont voulu adopter et j'ai dû donner cette marque de dévouement personnel au gouvernement dans cette
circonstance.

�xxvu
« J'ai passé avec eux un contrat dont j'ai l'honneur de
vous transmettre ci-joint une copie, ainsi que des arrêtés
que j'ai pris à cette occasion. J'ai fait faire sur le champ les
réparations les plus urgentes et j'ai remis la maison à la disposition de l'évêque.
« Pendant un mois que cette exécution a duré, j'ai eu
le plaisir de loger et avoir chez moi l'évêque.
« Tel est, citoyen ministre, le résultat des mesures que
j'ai du prendre en suite de vos ordres et de vos instructions.
Cet état de choses vous prouvera, sans doute, qu'il est urgent que le gouvernement statue sur mon arrêté du ier
Messidor. Je vous prie de remettre cet objet sous les yeux des
consuls.
« J'ai l'honneur de vous saluer. » (i).
L'opération proposée par l'arrêté préfectoral du ier Messidor an X était très avantageuse, tout à la fois pour Pierre
Mages qui avait payé l'évêché un prix presque dérisoire,
et pour l'état qui rentrait en possession, sans bourse déliée,
d'un immeuble confisqué, puis aliéné et dont il avait encaissé
le prix, par la cession de terres également confisquées et
jusqu'alors invendues.
Néanmoins, malgré les démarches que Mgr Colonna
fit probablement à Paris auprès des ministres intéressés et
malgré les nombreuses lettres de rappel écrites par Châteauneuf-Randon, l'approbation de cet arrêté restait en suspens.
Le ministre des finances, que cet objet concernait exclusivement puisqu'il s'agissait d'une cession de biens nationaux
ne prenait pas de décision. C'est que, après examen, il avait
été reconnu que le ministre n'avait point qualité pour autoriser l'échange en question et qu'il était besoin de l'approbation du Corps législatif. Beaucoup d'affaires similaires se
présentaient alors journellement et, comme pour toutes,
la difficulté était la même, le gouvernement se décida à proposer divers projets de lois pour les trancher définitivement.
Tel fut le but des lois des 2, 13, 17 Floréal an XI (24 avril,
3 et 7 mai 1803), 24 Pluviôse an XII (14 février 1804)
(1) Minute à laquelle le préfet a ajouté plusieurs passages et en
particulier celui relatif au séjour de l'évêque chez lui. Arch. départent,
M. 23.

�XÏ,VIII

16 Ventôse an XII (7 mars 1804), 29 Ventôse an XII (20
mars 1804), qui autorisent des aliénations, acquisitions,
concessions et ventes, échanges et impositions extraordinaires dont l'inspiration et les dispositions générales sont identiques.
Par un article de la loi du 29 Ventôse an XII, le préfet
du département des Alpes-Maritimes est autorisé à acquérir
par voie d'échange, des citoyens Mages etSpréafico le Palais
épiscopal de Nice.
Le département des Alpes-Maritimrs devenait propriétaire de l'ancien évêché et la somme de 25.000 francs,
valeur des biens nationaux cédés à Pierre Mages et Spréafico,
devait être remboursée au trésor public sur les centimes
additionnels destinés à pourvoir aux dépenses variables de
ce département. (1).
L'arrêté du 1er Messidor an X recevait son exécution intégrale et définitive, mais lorsque le décret de Bonaparte parvint à Nice, Châteauneuf-Randon avait été remplacé à la
Préfecture des Alpes-Maritimes par M. DuBouchage depuis
près d'une année.
On a beaucoup critiqué l'administration de ChâteauneufRandon. Il est cependant équitable de constater après
examen impartial des documents contemporains que Châteauneuf-Randon collabora loyalement avec Mgr Colonna
pour l'application des lois concordataires et qu'il fut dans
le département des Alpes-Maritimes l'exécuteur consciencieux des instructions bienveillantes et sages du gouvernement consulaire.
A.-J. RANCE-BOURREV.

(1) Voir Bulletin des lois de l'an XII, n° 356, loi du 29 Ventôse
an XII et aux Archives départent, un décret du Premier Consvl,
Germinal an XII, (30 Mars 1804). Série N, liasse 1.

�91
LU DO UI ARMANAC
Un armanac de l'an passat,
Essent su d'un burèu, couost'-à-eouosta plaçât
Dapè l'armanac de l'annada,
Ei dia : « Car vesin, noun sabi cenqu'ai fach
Qu'aigon tant bruscamen clianjat miéu destinada ?
Moun mèstre, cada jou, de iéu n'era distrach ;
Aura la miéu basana fanada,
A la poussiera, ai verp, es mai qu'abandounada g
En lou fra-tèms, lou capricious,
Noun a d'uès que pèr tu, siés tu lou plus urous ! «
E'autr' armanac, de fresc e bella tencha
Ei respoundet : « Moun paur'amic,
Siés gaire dôu tiéu tèms, siés tirat au lambic ;
Pensa, quoura lou paure s'endimencha,
Dôu sata marques lou repic ;
Noun t'en pihar qu'au milesime
Couma cadun as ben virat lou mai ;
Vendra moun tèms e lou miéu crime
Sera d'aver cuntat douze luna de mai ;
Ensin tout passa e chanja, lou mounde es tant fragile,
N'estre plus de soun tèms, siés un libre esgarrat,
Ben d'orne soun charmant, tant que li siés utile
Se lou siés plus, noun vées que d'ingrat.
Soutamete-vous en aqueli pensada :
Gen dôu passat, puissança devessada,
Viéi servitour, ancien tardoc,
Amant tradit, beutà passada,
Devantes toui viei armanac !
Juli Eynaudi (d'après Viennet).
PROüVERBI, BOÜOI MOT, COUNSÈTJ E DICH
Entra autour :
Su lou bastioun un marrit pouèta rescouontra un dei
siéu counfraire :
— Eu miéu vers mi couston gaire.
— Vous couston cenque valon.

�92

NOUM

DEI

FIGA —

LI

SIÉU

VARIETA

d'après M. lou D* E. SA UVAIGO
I. — FIGA BLANQUI O BEN VERDASTRI
I. — Al,OXJNGADI

Blancassa figa, figa blancastra.
Figa bovin o bouin.
Cabrioliana donqueiretta.
Caravouguin blanc.
Couol de dama.
Doumestica.
Donqueira blanca, figa d'autoum, verda, jaunastra.
Mussega-cougourdana, dôu genre tapa-cartin.
Tapa-cartin, Aubicou blanc.
Pissaluta (pittalussa, poussouluda).
La Toscana.
2. — FlGA GI(OBTJI(OUSI

Bellona blanca, resercada pèr lu pastissié.
Bernissôu blanc.
Daurada.
Figa de mèu.
Figa turca, tres decourativa.
Grossa beurdona, berdonda.
La Castagnola, figa castagna.
La gentila.
Marseillesa, figa d'Athèua.
Matarassa, figa de Grassa.
Pecoujuda.
Rondeletta.
Roubada blanca.
Seirola, figa Seyrola dapè Niça.
Sucrada.
Trompa cassaire.
Verdola.
n. — FIGA GRIHI O ROUGEASTRI
Figa calabresa.
Cotignana.
Coucourella, coucouletta, figa sensa grana.
Figa de San Francès.
Figa siciliana.
Fourassa, figa grossa.
Imperiala, imperiau.
Levensana.
Moresca.
Rolondina.
Roussana.

�33
ni. — PIGA NEGRI 0 BRUNI
I. — AI.OUNGADI
Abigou negre. ■
Bellona negra.
Briasca.
Clavèu.
Donqueira.
Figa amarauna.
Figa matelassa.
Figa negrau, negreita (figa d'autoum).
Figa sauvagia.
Mentonasca.
Pounchuda.
Saraina.
2. — Gr,OBUI,OÜSI
Bernissenca o coucoulenca (figa terdiera).
Bernissôu negre.
Caiana.
Catalana.
Cimeirenca.
Figa à merioun.
Figa d'orne.
Meirasca (figa d'autoun, ven de Levens).
Merengiaina.
Merlin ga.
Mouissonna.
Mourenao bagassa.
Neçretta.
Relona.
Roubada negra (figa tardiera).
Rondella negra.
Salada.

BOUONA RKSPOUOSTA
Bou pichoun Goustin s'era levât ben tardi. Soun paire,
pèr lou rendre plus matinié, li diguet :

— Lou miéu enfan, noun counouisses lou près e lu avantage d'estre matinié. — Escouta : un orne que s'era levât de
gran matin, trouvet su lou siéu camin una boursa plena de
peça de vint lira...
— Ma, paire, respoundet l'enfant, aquéu que l'avia
perduda s'era levât encara plus bouon'oura.
Lou paire restet nec... li a dequé. ..

�SA

LI TRES GOUTA

Alba, la bouona fada, que proutegia lu fiansat, passant
un matin dapè d'una rosa audia lou siéu noum prounounsat
da tres goûta tremoulanti.
Ela s'avesina e s'assetant dintre dôu couor de la flou,
demandet :
— Que mi voulès, brihanti goûta ?
— Venès, be l'Alba, résolve une questioun.
— Parlas.
— Sian très goûta venènt da diferenti sourça. Voulen
que nen digués la quala es la mai preciousa e la plus pura.
— Acheti, parlas, brihanti goûta.
Ea premiera goûta en tremoulant li diguet :
— Veni dai nebla auti, siéu fina dei gran' mar. Siéu naissuda dintre la gran océan, antic e poutènt. Après d'aver
bagnat li riba de touplen de pais, après estre estada sagatada da mile tempesta, la nebla m'a surbida. Siéu anada
fin soubre de li autessa doun brihon li estela, pi m'abisseri
au mitan dei uiàu e dôu tron dintre lu flot su lu quai mi repauvi. Representi la Mar.
— Toca à tu, brihanta goûta, diguet la fada à la segounda.
— Iéu siéu estada la rousada, que nourrisse lu lis, siéu
la souore dei clar de luna, fiha dei nebla que s'ausson quoura
la nuech pouorge lou siéu vêle soubre de touta la natura.
Representi lou crepuscul dôu matin.
— E vous, diguet Alba à la plus pichouna ?
— Iéu, ai minga de valour.
— Parlas, doun venès ?
■—■ Dai uès d'una fiansada. Siéu estada lou sourire, l'espoir, pi l'amour, aura siéu devenguda lagrima.
Ei autri, couma pensas, souta.capa riion de la pichouna
goûta. Ma Alba, durbènt lu bras, l'estregnet emé gran couor.
— Aquesta es la plus preciousa e la mai pura.
— Ma iéu, siéu estada la Mar !
— Iéu l'Atmosfera.
— Es ver, brihanti goûta, ma aquesta siguet lou couor,
e Alba s'envolet en l'azur embé l'umbla pichouna goûta.
d'après Rosalta Sandoval.

�95

MONACO ET MONTE - CARLO

Sur la mer scintillante où dardaient ses regards,
De la plus haute tour à frange sarrasine,
Le guetteur vit les nefs qui couraient la rapine
Et fouilla la campagne, où rôdaient les pillards.
Sur son rocher hautain, étreint de ses remparts,
Le fief pleura souvent ses vergers en ruines,
Dans la haine et l'effroi des hordes assassines,
Hurlant l'assaut, quand leur chef lève l'étendard.
Mais le fief, aujourd'hui, semble comme un caprice,
Avec ses vieux canons, ses remparts et ses forts,
Ennuyé sur son roc, qu'isole un précipice.
Autour du temple éblouissant du Dieu de l'Or,
Sous le Burg, qui n'a plus à craindre aucune injure,
A jailli la cité de Jeux et de Luxure.
Jean CAPATTI.
UN CURAT DINTRE L'EMBARRAS
Un curat d'una gran paroquia era oubligat un jou de
ceremounia de respouondre à un discours en latin; ma couma
noun sabia aquela lenga, s'en pihet ensinda :
— Moussù, lu Apostolo parlavon touplen de lenga ;
venès de mi parlar en latin, e iéu vau vous respouondre en
francès.

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Noumbre d'or...
13
Mars
Epato (Grégori)
Il
Jun
Cicle soulari
17 Setèmbre
Endicioun roum
10 Desembre
Letra doumenicala
G F
LI QUATRE

8,
7,
20,
20,

10
9
22
22

e
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11
10
23
23

SESOUN

Lou printèms coumença lou 21 mars
L'estiéu
—
— 22 Jun
L'autoum
—
— 24 sept,
L'iver
—
— 22 dés.

à 6.55 m.
à 2.36 m.
à 5.18 m.
à 11.53 m.

dôu sera
dôu sera
dôu matin
dôu sera

FESTA MOUBILI

Septuagesima... 12 Fébrié
Cendre
21 Febrié
Pasca
7 Abrieu
Rougacioun 21, 22, 23, 24 Mai
Ascensioun
16 Mai

Pantecousta
Trinità
Festa de Diéu
1" Dimenegue de
Ie* Desémbre

26 Mai
11 Jun
15 Jun
l'Avènt

LU ESCLISS!

Souliu.

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ij Abriéu. — Esclissi annulari e coumplet visible

à Paris, en America, en Europa et dintre lou N.-O. de l'Africa.
Coumençamen de l'esclissi à 10,01 dôu matin ; finisse à 1,08
dôu sera.
10 Otitoubre. — Esclissi coumplet invisible à Paris, visible
dintre l'America dôu Sud.
Luna. — 1" Abrièu. — Esclissi parciella visibla à Paris. Entrada de la luna dintre l'oumbra, 9.26 dôu sera; sourtida, 11.03
dôu sera.
26 Setèmbre. — Esclissi parciella, invisibla à Paris, visibla
dintre l'Océan Pacifique.

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�LU

VÉNT

Lu vènt que souflon à Niça, dintre lou cours de l'armada,
soun au nombre de 16. Vequi li siéu denouminacioun courènti,
pihadi, en general, dai loucalità dei quali parèisson vèni :
Sud
Miejon
Nord... Tramountana
S.-S.-O. Miejou Lebech
N.-O.-E. Grek Tramountana
S.-O
Lebech
N.-E... Grego
O.-S.-O Pounèut Lebech
E. N .E. Levant
Ouest. Pounènt
E.-N.-E. Levant
O.-N-O.V Pounènt Maistràu
E.-S.-E. Levant
N -O . Mastràu
S.-E.... Siroco, vènt marin
N..-N. OMaïstràu Tramount
S.-S.-E.. Miejou Siroc

6
15
25
14
31
24

VIGÍLIA — JEUNI
Abriè
(Pasca, 7 Abrièu).
Mai
(Ascensioun, 16 Mai).
Mai
(Pantecousta, 26 Mai).
Avoust
(Assoumpcioun, 15 Avoust).
Outoubre (Toui lu Sant, Ier Nouvembre).
Desembre (Calena, 25 Desembre).
L'AN NADA RELIGIOUSA

LI FESTA MOUBILI E LI FESTA FISSI
Janvt'è
jYlars
1 Circouncisioun.
1 e 2 Quatre Tèms.
6 Epifania (lu Rei).
3 Reminiscere.
13 Bateja de J.-C.
10
Oculi.
14 Sant Noum de Jesu.
17 Lœtare.
fébrié
24 Passioun.
2 Puriflcacioun.
29 Li 7 Doulou.
4 Setuagesima.
31 Lu Rampàu.
6 Festa de la Pr. de N. S.
11 Sexagesima.
Jîbriéu
13 Coum. de la Passioun.
5 Divendre Sant.
18 Quinquagesima.
7 Pasca.
21 Cendre.
14 Quasimodo.
25 Quadragesima.
28 Patrou. de San Joúsè.
28 Quatre-Tèms.

�Setembre
3 Inv. de la Santa Crous.
13, 14, 15, Rougacioun.
16 Ascensioun.
26 Pantecousta.
29-31 Quatre-Tèms.
1
2
6
9
21
24
29

Quatre-Tèms.
Trinità.
Festa de Diéu.
Festa dôu S. Sacramen.
Sacrat-Couor de'jesu.
Natività de S. jouan-Bat.
SS. Peire e Paul.

8 Natività de la Vierge.
14 Esaltacioun de la Crous.
15 N.-D. dei 7 Doulou.
15 San Noum de Maria.
18, 20, 21, Quatre-Tèms.
29 Dédie, de S. Miquèu.

Ôutoubre
6
13
20
27

Sant Rousari.
Maternità de la Sta Vierge.
Puretà de la Santa Vierge.
Patrounage de la S. Vierge.

J/ouvembre

Juliet
2 Visitacioun de la S. V.
7 Precious Sang.
16 N.-D. dôu Carme.

Jîvoust
6 Transfiguracioun.
15
18
25
25
29

Assoumpcioun.
S. Joachim.
S. Couor de la Vierge.
S. Louis.
Decolac. de S. Jouan-Bat.

1
2
3
21

Toui lu Sant.
Lu Mouort.
Santi Relíquia.
Present, de la Sta Vierge.

2&gt;esembre
1 Avent.
8 Imaculata Councepcioun.
18, 20, 21, Quatre-Tèms.
25 Calena.

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DÉCIMALISATION

DU

TEMPS ET DES

ANGLES

LA MONTRE DÉCIMALE
Par J. de REY-PAILHADE, président du Comité
pour la propagation des méthodes Décimales.
Le Club Nautique de Nice a offert plusieur fois en prix des
montres décimales aux régates'de 1909. Il était utile de décrire cet instrument, d'y joindre des tables pratiques et des
formules à l'usage des ingénieurs, des sportsmen, des médecins, etc. etc.
DÉCIMALISATION DES ANGLES •
Il est aujourd'hui démontré que la division décimale du
quart de cercle facilite tous les calculs.
Les nouvelles cartes géographiques sont graduées exclusivement dans ce système, devenu officiel en France et dans
d'autres pays. On possède toutes les tables pratiques nécessaires à son essai courant. Nous ne nous étendrons pas
davantage sur cette méthode aujourd'hui enseignée dans les
lycées et collèges.
Nous rappellerons seulement que M. l'amiral Germinet,
membre d'honneur du C. N. N., sous la direction duquel on
fit en 1899 et 1900 des essais de navigation avec un matériel
entièrement décimal, a émis un avis très favorable à la
réforme décimale.
DÉCIMALISATION DU TEMPS
La division décimale du jour décrétée le 4 frimaire an II
rendra aussi de grands services à la science et aux sports.
Principe. — On divise le jour entier en 100 parties égales
appelées cés ; le cé est subdivisé en décisés, ceniicès et millicés
Le cé vaut 14m 24s ou 1T4 d'heure environ ; le décicé est égal
lm 26s 4 ou lm Ij2 environ ; le millicé vaut 0S 864 ou 9T10 de
seconde environ.
Concordance des Temps. — On parvient assez vite à dire
instantanément l'heure à 1 ou 2 minutes près en regardant le
cadran d'une montre décimale. Il suffit d'apprendre par cœur
les concordances décimales de toutes les heures.
0,0
0
50,0

4,2
1
54,2

8,3
2
58,3

12,5
3
62,5

16,7
4
66,7

20,8
5
70,8

25,0
6
75,0

�25,0
6
75,0

29,2
7
79,2

33,3
8
83,3

37,5
9
87,5

41,7
10
91,7

45,8
11
95,8

50,0
12
100,0

Les heures sont au milieu, les concordances des heures
du matin en haut, celles du soir en bas. Ainsi 10 heures du
matin valent 41.7 cés (énoncer 41 cés 7 décicés) et 10 heures
du soir valent 91,7 cés.
Gomme 1 cé vaut presque lj4 d'heure et un décicé une mi •
nute 1]2 ; en partant des concordances du tableau, on dit
l'heure instantanément, ainsi 39,9 cés valent 9 h. 36 m. du
matin. Un ou deux jours suffisent pour atteindre ce résultat.

Description de la montre décimale ou cémètre. — Il y a 3
aiguilles centrales se mouvant sur un cercle divisé en 109
parties égales, numérotées de 0 à 9. Le 0 cé est en bas, c'est
l'origine des temps, car on suppose la Terre au centre du
Cadran.
L'aiguille dorée avec un soleil ne fait qu'un tour par jour ;
l'aiguille épaisse en acier bleu tourne 10 fois par jour, et la
trotteuse fine fait 1000 tours par jour.
L'aiguille-soleil montre la position de l'astre du jour par
rapport au méridien de Paris, qui va du centre au chiffre 5.

�10 —
Les quatre traits bleus indiquent les positions de cette aiguille
à minuit en bas sur 0 ; — à tì h. du matin au milieu entre 2
et 3 ; — à midi, en haut, sur le 5 ; — à 6 h. du soir, entre 7
et 8.
L'aiguille dorée du soleil indique le chiffre des dizaines
de cés, 2 sur le dessin ; l'aiguille épaisse donne d'abord le
chiffre des cés, 6 sur le dessin, et en comptant rapidement à
l'œil le rang de la division entre 6 et 7, on voit, que cette aiguille marque 3 décicés. Le temps du dessin est donc 26,3
cés correspondant à 6 h 20 m. du matin environ. L'aiguille
trotteuse donne les millicés 83. Le temps est donc 26,383
cés.
» Pour la vie courante, on n'a pas besoin d'aller au delà du
clécicé. On lit les milticés pour les applications scientifiques
et sportives.
Le temps en millicés lu sur le cêmèire facilite tous les calculs, car on n'a jamais de réductions à faire.
Examinons le problème des vitesses a l'heure : Les millicés multipliés par 0,00024 donne des heures et fraction décimale d'heure. Ainsi Ì2345 millicés valent 12,345 -f- 24 =
2 h. 9628.
Par conséquent si L est la longueur parcourue et M le
temps en millicés, la vitesse est

ou t

+ 4166,66...

Ces quelques exemples démontrent que la montre décimale simplifie tous les calculs sans exception.
Les rapports de MM. les délégués officiels aux essais de
la montre décimale faits à Nice, par le Club Nautique, le 26
février 1911, concluent unanimement à la supériorité de cet
instrument pour les usages scientifiques et sportifs.
M. Prim, astronome à l'Observatoire de Nice, représen
tait M. le \iinistre de l'Instruction publique.
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JANVIE
P.
P.
D.
N.

Q,
L.
Q.
L.

lu 8, à 7
lu 14, à H
lu 22, à 7
lu 30, à 10

SOULÈU.

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—

oura
oura
oura
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20
26
21
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m.
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L. 8 14' — C. 4 42'

dil. Jou de V An

P. Q.
P. L.
D. Q.
SOULÈU,

1
2
3
4
5
Lu Rei
6
Dim. S. Lucien
7
dil. S. Apoulinari
8
dim. S. Pèire
9
dim. S. Guiermo
10
dij S. Teodose
11
div. S. Arcada
12
dis. Sta Verònica
13
Dim. S. Ilari
14
dil. S. Maurici
15
dim. S. Ounourat
16
dim. S. Antoni
17
dij. Sta Angela
18
div. S. Sulpici
19
dis. S. Bastian
20
Dim. Sta Agnesa
21
dil. S. Vincènt
22
dim. S. Raymound
23
dim. Sta Jacinta
24
dij. Conv. de S. Pàu
25
div. S. Poulicarpa
26
dis. Sta Devota
27
Dim. Sta Paula
28
dil. S. Francès S.
29
dim.
dim.
dij.
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dis.

S.
Sta
S.
S.

TRIMESÏRÍ;

Macari
Genevieva
Tita
Simeoun

dim. Sta Marfina
dim. S. Peire N.
En Janvié
Lou païsan n'a ren

lu 6, à 4 oura 28 s.
lu 13, à 11 oura 38 m.
lu 21, à 4 oura 44 ui.
- L. 7 49' - C. 5 30'

dij. S. Ignaci
div. La Candeliera
dis. S. Blasi
Dim. Setuagesima
dil. SS. Vinc.Oronte
dim Sta Agata
dim. Sta Dorotea
dij. S. Romuald
div. S. Jouan-Matha
dis. Sta Apoulounia
Dim. Sexagesima
dil. Sta Eulàlia
dim. S. Gregori
dim. Sta Eufrasia
dij. S. Onesime
div S. Dounat
dis. S. Simeoun
Dim. Quinquagesima
dil. S. Gabin
dim. Dimars-Gras
dim. Li Cendre
dij. S. Silvan
div. S. Maxime
dis. S. Pascase
Dim. Quadragesima
dil. S. Nestor
dim. S. Leandri
dim. Sta Nourina
dij. S. Nymphas

Plueia de febrié
A la terra vau fumiè.

ZDéSTU-S-bez

NICE

MARS
N. L.
P. Q.
P. L.
D. Q.
N. L.
SOULÈU

1
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lu 8,
lu 15,
lu 23,
lu 30,
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dij.
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dis.

Dim.

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L
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7

1 oura 31 m.
0 oura 02 m.
0 oura 59 m.
1 oura 26 m.
1 oura 38 s.
01' — C. 6 13

S. Eudoxia
S. Simplici
Reminisceri
Sta Cunegonda
S. Casimir
Sta Coleta
S. Jouan de D.
Qaatre-tèms
Sta Margarida C.
Ocali
S. Euloge
S. Gregori
Sta Eufrasia
Sta Matilda
S. Acepsima
Sta Gertruda
Lœtari
S. Apien
S. Jôusé
S. Joachin
S. Lea
S. Turibe
S. Armentari
La Passioun
Anounciada
S. Emanuèu
S. Jouan d'Egt,
S. Gountran
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lu
lu
lu
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SOULÈU.

1 dil.
2 dim.
3 dim.
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5 div.
6 dis.
7 Dim.
8 dil.
9 dim.
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11 dij.
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23 dim.
24 dim.
25 dij.
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13, à
3
21, à 7
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—

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oura
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L. 6 06'

—

55 in.
37 s.
31! s.
25 s.
C. 6 52'

S. Ugo
S. Franç. de P.
S. Richard
Dijàu Sant
Divèndre Sant
Dissata Sant
Pasca
S. Albert, ev.
S. Azada.
s. Isidoro
s. Leoun
s. Juli
s. Justin
Ouasimoi/ii
Sta Anastasia
S. Frutuous
S. Rodolfe
S. Maxime
S. Anselme
S. Teodoro
S. Adalbert
S. Fidèle
s. Jorgi
s. Marco
s. Clet
s. Antime
s. Aimé

s. Roubert
Sta Catarina d. S
SS. Philip. ,Jacq.

Pichouna plneia d'Abriéa
Bouona récolta pèr l'csliéu

Q.

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P. L.
D . Q.
N. L.
SOULÈU.

TRIMÍÎSTRÈ;

MAI

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lu 5,
2 oura
lu 13, a 7 oura
lu 21, à 10 oura
lu 28, à 7 oura
— L.

5 14'

—

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s.
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m.
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C. 7 29'

1 dim. SS. Félip. Jaq.
2 dij. S. Atanase
3 div. In.d.l. Sta Crous
4 dis. SS. Sindonis
5 Dim. S. Pio, papa
6 dil. S. Jouan D.
7&lt; dim. S. Peire
8 dim. s. Gregori N.
9 dij. s. Antounin
10 div. s. Isidoro
11 dis. s. Bounifaci
12 Dim. s. Jouan lou S.
13 dil. s. Pouon, m.
14 dim. s. Pacomo
15 dim. s. Sta Denisa
16 dij. Ascensioun
17 div. S. Pascaù
18 dis. S. Teodoto
19 Dim. s. Pèire C.
20 dil. s. Felis.
21 dim. s. Bernardini
22 dim. s. Julia
23 dij Rogaeioun
24 div. s. Vincen, d. L.
25 dis. S. Urbin
26 Dim. Pandecousta
27 dil. S. German
28 dim. S. Cirile
29 dim. Sta Petronïa
30 dij. S. Sylve
31 div. S. Justin
Au mes de mai
Longui semana

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P.
D.
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Q.
L.
Q.
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lu 3,
lu 11,
lu 19,
lu 26,

SOULÈU.

1
2
3
4
5
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dis.
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dim.
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11 dim.
12 dim.
13 dij.
14 div.
15 dis.
16 Dim.
17 dil.
18 dim.
19 dim.
20 dij.
21 div.
22 dis.
23 Dim.
24 dil.
25 dim.
26 dim.
27 dij.
28 div.
29 dis.
30 Dim.

—

à 11 oura 4 s.
à 10 oura SI s.
à 9 oura 51 s.
a
2 oura 20 s.
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S. Potin
Trinità.
S. Quirin
S. Francès C.
S. Lié
Festa de Dieu
S. Lié
Quatre-tèms
S. Optat
Sta Margarida
S. Barnabe
S. Antoui de P.
S. Basilio
S. J.-F. Régis
S. Moudeste
S. Lambert
Sta Olga
S. Gervai
Sta Juliena F.
S. Louis de G.
S. Paulin
Sta Maria d'O.
S. Jouan-B.
S. Prousper
S. Alban
S. Cresen
s. Iréné.
s. Pèire
s. Pàu
s. Tibàu

En Jun
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dim.
dim.
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Dim.
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dim.
dim.
dij.
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dis.
Dim.
dil.
dim.
dim.

S. Thierry
Vierg.de li Gracia
S. Anatole
S. Pèire de L.
S. Sisoès
S. Elie
Sta Babeta
S. Efrein
Sta Felicita
S. Pio
S. Jouan G.
S. Gene
S. Jaque
Festa Naciounala
S. Enri
N.D.d.M. Carmel
Sta Marcelina
S. Frederic
S. Vincen de P.
Sta Margarida
S. Vi loiSta Maria-Mad.
S. Apoulinari
Sta Cristina
S. Jaque
Sta Anna
S. Pantaleoun
S. Samsoun
Sta Marta
Sta Giulieta
S. Gnaci de L.

Au mes de Juliet
Ni frema ni coulé.

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I1. Q. lu 2, a 0 oura 29 m.
P. L. lu 10, a 3 oura 58 m.
D. Q. l»i 17, a 1 oura 1.1 s.
N. L. lu 21, a 5 oura 14 m.
IV Q. lu 31, &amp; 5 oura 21 s.
souLÈu, —1.5 or -j&gt;. 8 or

dij.
div.
0 dis.
4 Dim.
5 dil.
6 dim.
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dim.
dim.
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dis.

S. Pèire-aï LS. Alfonso
Inv. de S. Estève
S. Domenica
N. D. dei Nèu
Trausf. de J. C.
S. Gaétan
Sta Batilda
S. Camila d. L.
S. Là u ren
S. Septima
Sta Clara
Sta Filoumèna
S. Ousèbi
Asoumpcionn
S. Roc
S. Mamès
Sta Elena
S. Ipoulita
S. Bernar
Sta Chantai
S. Pio V
S. Filipe B.
S. Bartoumiéu
s. Louis, r. F.
s. Seg'oundo
s. Cesari
s. Goustin
s. Mederic
Sta Rosa
S. Fiacre

F.n . ivoast
Figa e moust

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P. !.. lu 8, a' 4 oura 57
D. Q. lu 15, a 6 oura î&gt;l
N. L. Ju 22, a 3 oura 37
P. Q. lu 30. a 0 oura 08
SOULÈU. - - 1. 5 47V— c.

1
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S. Gili
S. Estève R.
Sta Eufemia
Sta Rosalia
S. Làuren J.
S. Pambon
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Natiu, di' la V.
S. Oumer
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S. Félis
S. Veran
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Es. (1. l.S. CtQUS
S. Nicomède
S. Conrneilla
S. Lanbert
S. Tournas V.
S. Janvié
S. Euslache
S. Matiéu
S. Maurici
Sta Tecla
S. Girar
S Firmen
S. Nil
S. iN'icandre
S. \\ inceslas
g. Miquèu
S. Jeromo

Lima setembrina
De mai clarina

MOT »

GRANDE MARQUE RECOMMANDÉE

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TRIMESTRE

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6,
D. Q. lu 43,
N. !.. lu 20,
Q.
lu 29,

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1.

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4 oura 48
8 oura 20
9 oura 49
2 oura 42
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5 03'

1 dim. Rosari
1 div. Tout lu Sant
2 dim. S. ■ Léger
2 dis. Eu Mouorl
3 dij. S. Rosari
S. Ubert
4 div. s. Francès d'A. 43 Dim.
dil. S. Carlo B.
5 dis. s. Placido
5 dim. Sta Bertila
6 Dim. s. Bruno
6 dim S. Leounar
7 dil. s. Serge
dij. S. Nestou
/
8 dim. Sta Reparada
8 div. Lu Quatre Incou.
9 dim. S. Denis
9 dis. S. Teodore
10 dij. s. Francès B. 10
Dim. S. Jacintou
11 div. s. Tarasco
11 dil. S. Martin
12 dis. s. Counrad
12 dim. S. René
13 Dim. s. Edouard
13 dim. s. Stanislas
14 dil. s. Calisio
14 dij. S. Pantena
15 dim. Sta Teresa
15 div. Sta Gertruda
16 dim. S. Ospici
16 dis. S. Edme
dij.
17
Sta Edvija
17 Dim. S. Gregori
18 div. S. Luc
18 dil. S. Alfè
19 dis. S. Pèi re
19 dim. Sta Babeta
20 Dim. S. Agrico)
20 dim. S. Edmon
21 dil. Sta Ursula
21 dij. Présent, de la V.
22 dim. S. Filip
22 div. Sta Cecilia
23 dim. S. Teodoret
23 dis. S. Clemen
24 dij. s. Mairloire
25 div. ss. Crespin-Cr. 24 Dim. Sta Flora
26 dis. s. Jouan de K. 25 dil Sta Catarina
26 dim. Sta Pel fina
27 Dim. s. Frumence
27 dim. S. Maxime
28 dil. s. Alfredo
28 dij. S. Sostène
29 dim. s. Narcisse
29 div. s. Saturnin
30 dim. s. Marcel
30 dis. s. Andrièu
31 dij. s. Siri
En ùuloubre
\loii ponorc goûta loti rùare

Tonssan ientra
St A n'driéu lou souorte

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DESÈMBRE

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P. L .
D. Q.
N. L.
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lu 20,
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8 Dim.
9 dil.
10 dim.
11 dim.
12 dij.
13 div.
14 dis.
15 Dim.
16 dil.
17 dim.
18 dim.
19 dij.
20 div.
21 dis.
22' Dim.
23 dil.
24 dim.
25 dim.
26 dij.
27 div.
28 dis.
29 Dim.
30 dil.
31 dim.

1.

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3 oura
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6 oura 46 s.
4 our;i 40 s.
7 OUI;L 48 s.

7 54' — c.

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Sta Bibiana
S. Francès X.
Sta Barba
S. Bassi
S. Nicola
S. Anbrosi
Imac. Conception
Sta Leoucadia
Sta Eulàlia
S. Damase
Sta Rosélina
Sta Lucia
S, Niçoise
S.
S.
Sta
S.
S.
S.
S.

Mesuiin
Adon
Olimpíada
Gatien
Ciprian
Filogone
Tournas

S. Onourat
Sta Vitòria
Cacha-fuec
Calèna
S. Estève
S. Jouan
SS. Inoucent
Sta Eleonora
S. Sabîn
S. Sàuvestre

Calena aufuec,
Pasca àu j'aèc.

sin -

GRANDE MARQUE RECOMMANDÉE

4 35

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�- 17

-I

CROUNICA NIÇARDA
L'ABADÏA DE SAN POUON.— L'ABAT RANCE-BOURREY.
GLOFFREDO.

—

—

PÈIRE

A PREPAU DOU DIALETE NIÇART.

Ben qne pareissènt tardié, VArmanac Niçart s'empressa de
pourtà la siéu febla vous su tout cen que enteressa lou païs, sigue
au pounch de vista istoria loucala, pouesia, tradicioun, sigue
tamben su la taquinanta questioun dóu dialete niçart souvenri
fès pauvada e su la quala lu escritour mouderne soun luen d'estre
d'acordi.
Parlerai finda de M. l'Abat Rance-Bourrey, un beneditin qne
despi quauque an en ça mete à prouflt la siéu erudiciou n a nen
revelà de fach d'istoria inedieh. Se quauqu'un mérita d'estre
laudat es ben éu ; es en éu que VArmanac Niçart tressa la
pamoula de sapiença. En esprimant la nouostra recounouissença,
à l'Abat Rance-Bourrey, fen cen que touplen an denembrat,
vouoli dire de courounà lu siéu travail, frucha de ben de recerca,
dai quali obra sian fier d'avé prestat la prima ajuda. Pouden cità :
lou Discours sur le Monastère de Sainte-Claire de Nice, par Honoré
Pastorelli, publié d'après l'édition originale de Turin 1608, avec
une introduction et des notes ; — "Le Général J.-B.-M. D'Anselme" (Notices biographiques (1740-1792). E aquest'an
l'istorien nen douna — toujou de prima man — YExpulsion de
Mgr Valperga, evesque de Niça, au tèms de la Revoulucioun,
travail anoutat de peça curiouvi que sian urous de pouder metre
souta lu uès dei nouostre letour.
*
* *
Lou fach de l'annada, lou mai marcant, es estat aquéu de
l'Abadïa de San Pouon. Parlon de tout destruge pèr li basti an
siéu luec un espitau Pasteur... UArmanac Niçart es pas Penemic
dóu prougrès, ni men encara dei Bei-Art, ma si fa lou pious dever
de jougne lu siéu esfouors en aquelu dei siéu councitadin quo
l'istoria dóu passat passiouna, pèr que l'Abadïa de San Pouon
sigue counservada e classada couma mounumen istorique. En la
circonstança feliciti M. l'Abat Rance-Bourrey que mé rasoun s'e.s
demoustrat l'ardènt defensour autourisat que counouissen. La
siéu paràula es estada escoutada e lou Préfet de li Alpa-Maritima,
8

'

�— i8 M. de Joly — respetuous dei nouostri tradicioun — en ortie
avertit a proumès que l'Abadïa de San Pouon seria respetada e de
lèu si crusià pèr lou siéu classamen tra lu mounumen istorique.
Dóu resta vequi ce que l'Abat Rance Bourrey nen di su San
JPouon. Counsignen religiousamen li siéu paràula :
« L'Abbaye de Saint-Pons est le plus ancien monument relitgieux existant dans le Comté de Nice. Il y a dou^e cents ans que
sSiagrius y fonda un monastère. L'histoire de ce monastère est
jintimement liée à l'histoire religieuse, civile et économique de la
iville de Nice.
;
« Ce fut à Saint-Pons qu'en 1388 fut'signé l'acte réunissant
le Comté de Nice au Comté de Savoie. Les abbés de Saint Pons
ifurent pris dans les principales familles du Comté : les Badat, les
tLaugery, les Provana, les Lascaris, les Grimaldi, les Martelli, les
;Tournefort, etc. Plusieurs évêques de Nice furent abbés de Saint[Pons, en particulier Barthélémy Chuet (fin du xve siècle) et Jean
, Uriole, son successeur. Un autre abbé, Claude de Seyselle, fut
,évêque de Marseille, puis archevêque de Turin ; d'autres furent
cardinaux, tels Innocent Cibo, neveu d'Innocent VIII et de
f
;Léon X, et Paul Medeci de Cesis dont on voit encore l'inscription
(funéraire à Sainte-Marie-Majeure, à Rome.
:
« A la fin du xvir siècle, l'abbé de Saint-Pons était Pierre
•Gioffredo, le savant historien niçois. Enfin, un abbé de SaintiPons dont les Niçois n'ont pas encore perdu le souvenir, était
(l'abbé Spitalieri de Cessole qui a doté sa ville natale d'un établissement de bienfaisance si justement apprécié. La plupart des
pbbès de Saint-Pons et plusieurs évêques de Nice ont été enterrés
dans l'église ou sous le cloître et dorment aujourd'hui confondus
avec les moines leurs frères qui depuis dix siècles y sont enterrés.
« Les monuments funéraires ont disparu. Le temps a tout
(nivelé à Saint-Pons, singulièrement aidé cependant par la main
ides hommes. On connaît les dévastations commises par
Iroupes de François Ier et de Barberousse, plus tard par celles d
Catinat et par d'autres encore. Après chaque désastre, SaintPons a retrouvé une nouvelle vitalité et il y a à peine trois quarts
de siècle que Mgr Galvano y a fait d'importantes réparations.
;
« Saint-Pons n'est pas seulement une page de l'histoire de
notre pays, c'est un gros volume de cette histoire ; les Niçois
laisseront-ils dire qu'ils sont restés indifférents devant le danger
qui menace Saint-Pons ? Non, ils feront tous leurs efforts pour

�— 19 -

sauver de la destruction un monument qui doit leur être cher...
Je demande d'urgence le classement de l'Abbaye de Saint-Pons,
c'est-à-dire de l'Eglise et des bâtiments claustraux, comme monument historique. »
Lou councours de YArmanac Niçart es aquist. Emé fiertà e
au près de touplen de sacrifici faren respetà l'istoria dóu passat,
la lenga e lu escrich dei orne qu'an ilustrat lou nouostre bèu
pais.
*
* *
Despi quauque tèms, — maladia que reven per intermitença,
— la gran questioun de la grafia niçarda, de l'ourtougrafa, es
messa su lou tapis. De letra soun estadi publicadi, d'autri lou seran, e cresi qu'après ben de charra pèr dire pas gran cauva de
nóu, quasi dirii pèr predicà dintre lou Desert, noun restera
d'aquela discussioun, — Favén déjà coustatat, — pas gran cauva,
ren!... Cadun escrèu à la siéu moda seloun l'esprit dóu moumen,
e serii ben curious de counouisse aquéu que vendria nen dità
une metoda en nen dïen : « la mièu maniera d'escrièure lou
Niçart es la bouona». Discussioun scientifica que pòu passiounà
quauque lenguista, pas mai ; lou mihou es d'escrèure seloun li
letra ditadi pèr la prounouncia. Lou talènt pèr aquéu qu'escrèu
es de si laissà liège, de si faire acapi. Es qu'en en un entan que
frecuenta l'escola primària poudès li demandà autra cauva ?...
Perta de tèms que tout acò, vourria mai s'engenià à recercà lu
viei mot, espressioun, loucucioun courenti que la pous dóu tèms
a rabaïat, dounà au nouostre bèu dialete la coulou que dèu avè,
en respetant lu emprunt que pouden avè fach sigue à l'Italian, à
l'Espagnòu o à tout autre...
Un dialète noun dèu pas estre une lenga scientifica, encara
m en noun còu avè la pretencioun que sigue ouficiela, seria temerari ; lou dialete d'un païs dèu refletà lou caratere d'un'epoca que
lou tèms dèu respetà, enfin escrèure gramaticalamen, un noun
empedisse l'autre, e laissà à l'esprit, au goust lou coumplemen
d'un stile ouriginal, en de frasa councisi que flaton i'auriha.
Aquí fermi la discussioun, risqui de perdre la civada... l'an
que ven, se Diéu mi presta vida, v'en dirai d'autri e couma
d'usança que mi sigue permès de la vous souvetà : Bouona e
uroûva !
L'ARMANAC

NIÇART.

�20 —

LA CIGALA DOU BOUON DIEU
Una cigala dóu Bouon Dieu
Tout l'estiéu
E l'iver en la chambreta, —
L'aiguesias vista la lebreta ! —
Noun vivïa que d'amour
S'assetava su l'ounour;
La cigala cantarela,
Vau chanja de clientela,
Noun es courta d'amatour,
Que li viron tout au tour !
Ma l'ancien de la cigala,
De gros mot ven que s'embala ;
En l'auriha de la maire
Li ven tout aquéu bousin,
Que deja toui lu vesin
Sabon lou long de l'afaire
— Cenqu'as fach m'au tiéu tip ?
Di la maire enrabiada...
Bella Vierge encourounada !
Sera au mancou m'un bouon rie!!...
CH. CIAUDO

PROUVERBI, BOUOI MOT, COUNSÉU E DICH
Tèms d'iver noun ti fidar.
Lu màu dei enfan si garisson soulet.
Cau naisse pèr estre bèu, si maridar pèr estre rie, e mouri
pèr estre brave.
Per aver de raïn, eau caressar la souca.
Agnèu naissut
Vau un escut.
Dansa mihou ventre plen que rauba nova.
L'oumbra dou mèstre engraissa lou cavau.

�LOU MAGOT DE BERTOUMIÉU ISSUGA
O BEN

UNA RAISSADA DE MACAROUN
Conte menloanasqae trouvât dintre d'un armori
de ma nana e que /'Armanac Niçart es tirons de
transcrièure en niçart à Ventencioun dei sièu
fidèle lotour et lelrissa.

Bertoumiéu Issuga, mentounasque de viéia roca, abitava en
coumpagnia de sa mouhié, en carriera dóu Paumoulié. La siéu
frema, malurousamen, era sirnplaria e faia lou siéu desespoir.
Cada matin Bertoumiéu, avant de s'en anà au travail, li recoumandava de noun faire de bestialità. Cou vous dire que toui lu
dissata lou nouostre ome metia en un'armari pertuat dintre la
muraia lou gagne de la semana.
— Bertoumiéu ! pèr qu seria tout aquel argen, demandava
Marioun au siéu marit.
— Es pèr Madjou-long, castagnassa !
*
* *
Un jou Bertoumiéu partet pèr anar à la siéu campagna ;
devia même li restar doui ó très jou pèr souïnar e arousar lu
citrouniè. Marioun souleta matin e sera, s'assetava su lou banquet de la pouorta e faïa de bas... Un predinà veguet un ome
de statura mai que mejana, couma si di, un gran carcan. La
frema de Bertoumiéu lou fissa sensa parpelear, pi pihada d'un'
idea, li diguet :
— Moun bèu Moussu, sias bessai vous Madjou-long ?
Lou merlo pita e noun s'en laissa dire autre, léu li
respouonde :
— Noun vous troumpas pas, bella bruneta, sièu ièu Madjoulong !... Ma perqué mi faire tala demanda ?
Perqué ?... dou moumen que sias Madjou-long, intras su lou
cóu. Li a ja pas mau de tèms que moun marit a mes d'argen
amagat pèr vous...
E sensa mai de ceremounia li remeté lou mandiou dintre lou
quai lu sóu eron groupât. L'ome remercia e la s'esbigna lèu.
♦

* *

�Lou sera, Bertoumiéu arriva, la sièu mouhié li di.
— Sabes, ai vist ancuei Madjou-long !
E l'ome de cridar :
— Malurousa ! — m'en a fach encara una 1
Courre à l'armari, lou mandiou e Pargen, mouis !... Issuga
blastema pica dai pen, es décidât de si desiaire de la siéu frema
Lendeman, dóu téms qu'aissesta durmïa, li cuerbe lu uès emé de
pega de sabatié, pi la pihant pèr la man, la mena dapé dóu CapMartin. Arrivât aqui, Bertoumiéu fa mountar Marioun su d'un
nouguié el'abandouna. La paura, bòrnia, noun sabia doun si
trouvava, ni men encara ce que poudia faire.
En aquéu fra-tèms doui voulur venon s'assetar souta
l'aubre ; après aver abrat quauqui branca sequi pèr s'escaufar, pi
si meton à cuentar lou siéu argen.
La calou faguet delegar la pega que curbia Puès destre de
Marioun e aissesta de cridar :
— E d'un !
Lu voulur, d'estuc, s'isson d'emblée.
— Qu'es acó, diguet l'un.
— Un matagan, faguet l'autre.
La calou seguia á faire lou siéu efet pau à pau durbia Puei
senec.
— E de douî, diguet Marioun.
Dóu cou lu voulur escapon, laissant Pargen espantegat soubre
Perba.
Marioun coumença à li veire clar, cala da l'aubre e ramassa
Pargen, pi lèu s'en camina vers maïoun...
Lou sièu marit, pensierons, era assetat dapè dóu fuec, s'escaufant, fumant la sièu pipeta emé beatituda...
— Bertoumiéu !... o Bertoumiéu !... duerbe-mi, siéu iéu,
Marioun...
— Vai au diàu que ti pihe... ièu que cresii de m'en estre
despegouït...
Ma Marioun, toujou picava, un cóu noun asperava l'autre...
L'ome fenisse per li durbi...
— Ten ! regarda cen que ti pouorti.. . e Marioun pauva lou
sac su lou toulié. ..
Bertoumiéu, entartugat, cuenta Pargen e réfléchisse ; — Marioun es simplaria e deman la vila saupra Pistoria de la fouré . ..
Cóu que Bertoumiéu si dispegouïsse pèr empedi li marridi lenga
de bavar...

�— 23 —
Si mete la vesta, lou capèu e souorte fermant la pouorta i..
Faïa nuech dintre la carriera, ma sensa pena s'encamina
vers una boutiga e croumpa pèr mai de dès kilo de macaroun...
Ientra au sièu e di à la sièu mouhié de si metre au liech.
En tant que Marioun durmïa, Bertoumiéu fa bui lu macaroun, pi lu espantega su lu aubre dóu jardin... Lendeman de
matin la siéu frema, desveiada, si mete à la fenestra...
— O ! Bertoumiéu ! Bertoumiéu ! Vene un póu veire!... O
trest ! vè, a plougut de macaroun !...
— O vai fantauma !... n'as toujou una. .. Ten ! ten !... ma
es ver !...
*
* *

A quauque tèms en ça, Bertoumiéu l'avia previst, Marioun
countet à toui que lou siéu ome noun li picava plus, despi lou
jou qu'ela li avia pourtat de sac plen d'escut...
Lou juge aiguent audit parlar de l'afaire, mandet sounar
Bertoumiéu devant lou tribunal ; la siéu mouhié era estada
citada couma testemoni.
Lou juge. — Bertoumiéu, sias acusat d'aver gardât d'argen
que noun era vouostre.
— Iéu !... Ma moussu lou juge, lou negui ; sièu couma
sabès un travaiadou.. .
E Marioun de dire.
— Noun negar, Bertoumiéu, sabés ben qu'es ver ; es iéu en
persouna que t'ai pourtat la mouneda, qu'avii trouvât en la
fouré.. .
Lou juge. — Anas brave ome, noun negués.. .
— E quoura lou m'as pourtat ?... — Vous juri, Moussu lou
juge, que la miéu frema es fouola !...
— E lou sabes ben, Bertoumiéu, es lou jou que plouguet tant
de macaroun !
— Moussu lou juge aves jamai vist ploure de macaroun ?...
— Jamai ! moun beL amic respoundet lou juge que si tenia
lou ventre dóu rire — Amie, vèu que la vouostra frema es
fouola. .. sias aquitat !...
Bertoumiéu si retira emé Marioun... Noun aigueron plus
de disputa e vieugueron, pareisse urous e pèr longtèms !...
J. E.

�CANSOUN ANCIENNA

PÈR LOU

N'aurias pas vist la miêu fiha
Trin-trin
Lou galerin
A'aurias pas vist la miêu Jiha
Trois-wtrois
Le fils du roi
L'ai vista e l'ai baïada
Trin-trin
Lou Galerin
L'ai vista e l'ai baïda
Trois-trois
Le fils du roi.
Douna-mi la miêu fiha
Trin-trin
Lou galerin
Douna-mi la miêu fiha
Trois-trois
Le fils du roi.
Es aqnela la vouostra fiha
Trin-trin
Lou galerin
Es aqaela la vouostra fiha
Trois-trois
Le fils du roi.
La miêu fiha era pas lernia
Trin-trin
Lou galerin
La miêu fiha era pas lernia
Trois-trois
Le fils du roi
La miêu fiha era pas lua
Trin-trin
Lou galerin
La miêu fiha era pas lua
Trois trois
Le fils du roi.
N'es ni guercia ni poutinouva
Trin-trin
Lou galerin
N es ni guercia ni poutinouva
Trois-trois
Le fils du rois.

MAI

�La miéu fiha n'es pas borni a
Trin-trin
Lou galerin
La miêu fiha n'es pas bornia
Trois-trois
Le fils du roi.
Noun faïa pas belugueta
Trin-trin
Lou galerin;
Nonn faïa pas belugueta
Trois-trois
Le fils du roi.
La miêu fiha n'es pas emberrida
Trin-trin
Lou galerin
La miêu fiha n'es pas emberrida
Trois-trois
Le fils du roi.
La m iéu fiha n'es pas pigada
Trin-trin
Lou galerin
La miêu fiha n'es pas pigada
Trois- trois
Le fils du roi.
La miéu fiha noun es pas ranga
Trin-trin
Lou galerin
La miéu fiha noun es pas ranga
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha noun es pas louorla
Trin-trin
Lou galerin
La miéu fiha noun es pas touorta
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha n'es pas crouoada
Trin-trin
Lou galerin
La miéu fiha n'es pas croavada
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha n'es pas gibouva
Trin-trin
Lou galerin
La miéu fia n'es pas gibouva

�— 26 —
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha noun es foularana
Trin-trin
Lou galerin
La miéu fiha noun es foularana
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha n'es pas ingourda
Trin-trin
Lou galerin
La miéu fiha n'es pas ingourda
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha a pas lou peu de pi g nu
Trin trin
Lou galerin
La miéu fiha a pas lou peu de pig nu
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha noun es narvelouua
Trin- trin
Lou qalerin
La miéu ûha noun es narveloiwa
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha noun a la rougna
Trin-trin
Lou galerin
La miéu fiha noun a la rougna
Trois trois
Le fils du roi.
XXX.

PROUVERB1, BOUOI MOT, COUNSÈU E DICH
Qu duerme ben noun cregne li niera.
Qu vè pissar e noun pissa, crêpa de malícia.-'
Qu douna soun ben avan de mouri
Mérita de pati.
L'amour es lou paradis dei fouol.
L'amour es .la flou de la jouinessa.

�LA MOUORT DAU PAURE TOUNIN

Lou paure Tounin, malàut a setant'an, si presenta à l'espitàu
ma li respouondon que li a plus de plaça.
— Coumplet ! ! !
Quauqu'un li fa capi qu'em'un pau de proutecioun li pourria
intrar. Countrariat dei pas que cóu faire, Tounin vira lu taloun e
s'encamina vers la plaça Massena, piha lou tram, si rende da
Graugnard, à l'espitàu dei can, e li di :
— Moussu lou Veterinari, cresi d'estre un pau mai qu'un
can ?... En aquéu cas souîna-mi...
— Vous souînar aici, ma brav'ome perdés la testa. — Basta,
li di que n'a pas de liech pèrcourcar un crestian, que noun douna
de souin qu'ai bestia !...
Tounin, couma pensas, s'en souorte m'au couor gros e noun
sau plus à que sant si recoumandar. Era aqui au mitan dóu
camin, quoura en aquéu moumen arriba un landau, doun cala
una grossa dama, encapelada, aurias dich un ver foungi, segada
d'un varlet que pourtava religiousamen un can enfeloupat emé de
favour rosa au couol, tapat d'un tapis em'ai iniciala. En veèn
aquéu tablèu lou paure Tounin si lamenta, sangluta fouort.
— Qu'avès lou miéu brav'ome, li di la dama.
— Cen qu'ai Madama ?... trovi que lou vouostre can a mai
de chança que iéu. Li a cinquant-cinq an que travaii, pèr la premiera fès que siéu malàut, noun soulamen mi refuson à l'espitàu
dei estre uman, ma encara mi vèu picar la pouorta au nas èn
aquéu dai can.
— Quevoulès, lou miéu paur'ome, ai fach un vout de mimetre
à la Soucietà Proutetriça dei Animau, de pourtar touti li miéu
ecounoumia à la Caissa de secours pèr soulajar lou sort dei bestia.
Lou fau talamen ben, que vouguessi ben vous dounar un sóu
que pourii pas.
La dama li vira l'esquina e ientra couma un coupa-cisèu da
Graugnard. Tounin roumougna :
— Se ti veguessi en un cantoun ti dounerii mancou un gotou
d'aïga !... vièia sansuga !...
Tounin estrassinat, deble s'alonga un pau plus en là, su d'un
mouloun de peira. Quauqui oura après, couma soufrisia, n'ai-

�guènt ren en l'estomegue depi l'auba, coumençava d'aver lou
rangouioun, quoura passet un canipiè que li diguet :
— Que fès aquí, brav'ome ?
— Couma veès siéu aqui pèr tirar lu patoun. M'an refusat â
l'espitàu, même en aquéu dai can, noun mi resta que de mouri
su d'un mouioun de peira. — Avès un carnet su lou quai enregistras lu fach dóu jou, farias ben de li aloungar lou miéu testamen que poudès mentuar couma acô :
— « Bouon Diéu, se mi fes passar encara une fes sur la terra,
fe-mi naisse can au mancou, li aura une Soucietà Proutetriça dei
Animau que si crusira de iéu e pourrai estre amès en un espitau,
estre souïnat, faire bouona vida, menar une vida de can... »
ANT. ROLAND.

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VIGNE
A M. VALÉRE BERNARD.

Dans le ciel doux la Vigne ètreint les pals de buis.
Sous le pampre le merle alourdi des falernes
Tourne son col gris vair et ses paupières lemes
Qu'argenté la blancheur des immuables nuits.
O / fraîcheur, 6 beauté des Igs et des iris,
Que la Vierge éblouie avec les marjolaines
Cueille le soir venu aux vasques des fontaines
Pour colorer en fête, au crépuscule, l'Euis.
Narcisses, ébeniers, œillet et sensitive
Ah ! Versez en mon âme attiédie et pensive
L'orgueil qui souleva les clairs olympiens.
L'amour qui rafraîchit les Madones pieuses
Et qui vêt de clarté les snls athéniens
Et les ravissements des époques heureuses.
JEAN

PADOVANI.

Quauque souvèt :
Vous souveti la bouona annada.
Que siegue mihau que la passada.
Vous souveti la bouona annada acoumpagnada de touplcn
d'autri.

�Eglises et Chapelles de Nice
La vieille ville de Nice se trouvant sur la rive gauche du
Paillon, pour parler de ses églises, nous commencerons par son
église cathédrale, Sainte-Réparate, vierge et martyre, de celles du
canton Est, et en traversant la rive droite nous nous occuperons des paroisses du canton Ouest.
I. — L'Eglise Cathédrale du Diocèse de Nice est la paroisse
de Sainte Réparate, vierge et martyre, sous l'empereur Decius en
253. Sa fête est le 8 octobre. Cette église est au centre de la vieille
ville (8.500 âmes), Avant 1531 la Cathédrale était près du Donjon, plateau de Nice, et dénommée : Sancta Maria in platea,
dédiée à N. D. de l'Assomption. L'édifice actuel, dans son genre,
ressemble beaucoup à Saint Pierre de Rome, au Vatican. C'était
auparavant une simple église paroissiale
desservie par
les Bénédictins du Monastère de Saint-Pons, près Nice.
Dans son ressort se trouvent l'ancienne église de Saint
Jaume (Saint Jacques apôtre), jadis des P.P. Carmes, fermée
depuis 1903. Après le transfert du titre de paroisse à l'église de
Saint Juste, évèquc, au Gesu, elle fut placée sous la vocable de l'Annonciation de la Sainte Vierge, ainsi que la belle Eglise de la
Miséricorde, sur le Cours Saleya, jadis de Saint Gaétan, fondée
e
par les P.P. Theatins au XVIII siècle et cédée à la noble
confrérie des Pénitents Noirs.
La Cathédrale de Nice, paroisse Sainte-Réparate de nos jours,
fut comme l'ancienne au Donjon du Château {Sancta Maria in
platea), le théâtre de plusieurs f lits historiques mémorables dans
les annales de l'histoire de Nice.
II. — L'Eglise de Saint Jacques, an Gesû, dès son érection
en 1612, dédiée à Saint Juste, évêque. Sa fête est le 2 septembre.
En 1665 fut érigée en paroisse sous le titre de Saint Jacques le
Majeur, remplaçant la paroisse de Saint Jaume. On l'appelle
vulgairement le Gesù à cause qu'elle a été fondée et administrée
par les P.P. de la Compagnie de Jésus.
Appartiennent à cette paroisse les deux chapelles des confréries des Pénitents Blancs, la Sainte Croix, — confrérie la

�óo —
plus ancienne de Nice, — et des Pénitents Rouges, Saint Suaire
et de la Sainte Trinité ; l'Eglise du Couvent de là Visitation,
la chapelle de l'ancien séminaire, à la montée du Château, et
jadis l'Hospice franciscain avec chapelle de Saint Joseph des
P.P. Recollets de Cimiez, convertie en maison particulière.
L'Eglise du Gesù est d'ordre corinthien composite, cons truite sur le modèle de l'Eglise des Jésuites de Turin, dite
vulgairement les Saints Martyrs. ( 10.000 âmes).
A l'extrémité de la rue du Malonat, aux racines de l'ancien
château, on voit un oratoire à la Sainte Vierge Marie, sous le
titre de N. D. du Bon Secours. Les habitants de ce quartier érigèrent cet oratoire en l'honneur de la sainte Vierge, en reconnaissance du choléra en 1854.
III. — L'Eglise paroissiale de Saint Martin Evéque dite de
Saint-Augustin est la plus ancienne, elle fut bâtie sur l'emplacement de l'ancienne chapelle de Saint Martin (1205) et appelée
Saint-Augustin parce qu'elle était desservie par les Augustiniens
dont le couvent a été transformé en caserne. (Caserne Filley, près
l'ancienne chapelle Sincaire).
IV. — L'Eglise de Saint-Francois-de-Paule a été édifiée en
1736 d'après le plan de l'architecte
Guarini. En 1838
elle fut érigée en paroisse par décret de Mgr Galvano et appelée
aussi Saint-Dominique en souvenir de l'ancienne église paroissiale
de ce nom qui s'élevait sur la place Saint-Dominique aux lieux et
place de l'actuel Palais de Justice.
V*— L'Eglise du Port ou de l'Immaculée Conception. D'humble
origine. D'abord ce fut une fort modeste chapelle (1835), transformée agrandie par Mgr Galvano, et l'avocat théologue L. Mari
fut son premier curé..
VI. — L'Eglise Saint-Joseph nouvelle paroisse depuis 1911 la
première pierre fut posée le 19 mars 1911, bénie le 29 octobre et
ouverte au public le Ier novembre 1911 sous le patronage de Mgr
Chapon et dirigée par les soins de M. l'abbé Gabrielli.
A cette paroisse appartiennent la chapelle succursale de Saint
Joseph contigüe à l'Evêché, et la chapelle de Notre-Dame des
Anges sur l'ancienne route de Villefranche.
VIL — Saint-Roch. Cette église paroissiale dans la banlieue
de Nice fut érigée après la peste de r68r. Nice fut délivrée de ce
fléau par l'intercession de saint Roch, confesseur, né et mort à

�- Si Montpellier. La paroisse est divisée en deux quartiers, Roquebillière
inférieure et Roquebillière supérieure, jusqu'à la chapelle de NotreDame de Bon Voyage.
VIII. — Rive droite du Paillon, intra muros, se dresse Notre Dame du Vau, paroisse Saint-Jean-Baptiste, qui remplace l'an
cienne église du même nom devenue chapelle inférieure du Lycée.
Cette belle église, vœu delà ville de Nice en 1835, mt érigée en
1842 et terminée en 1852 par Mgr Galvano, évêque de Nice.
La façade ressemble à celle élevée à Turin en l'honneur du retour
du roi dans les états Sardes en 1814.
IX. — Saiiit-Pierre-d' Aréna remplace une chapelle située à la
Croix de Marbre. Elle fut érigée en paroisse en 1803 par Mgr
Colonna d'Istria. Elle doit son nom à ce fait, c'est que lors de sa
fondation elle se trouvait sur le rivage de la mer séparée par une
bordure de sable fin.
X. — Une ancienne chapelle de Sainte-Hélêne-l'Inspiratrice
existait dans ces parages. Elle fut remplacée en face la mer par
une église sous l'épiscopat de Mgr Recrosio (1727).
Six paroisses « extra muros » dépendent de la commune de
Nice.
Sainte-Marie Magdeleine, sise dans le vallon de Magnan, édifiée sur l'emplacement d'une chapelle de même nom, érigée en
1626 et dite vulgairement chapelle « dei cassaire » à cause du
grand nombre de chasseurs. Après le concordat de 1803 sous
l'épiscopat de Mgr Colonna d'Istria, ce quartier qui depuis 1771
dépendait pour le spirituel de la cathédrale fut érigé en paroisse.
Il existe encore aujourd'hui une chapelle de Notre-Dame du Bon
Conseil changée en demeure particulière . Bientôt le besoin de
la population augmentant, une église sera bâtie à la cité Robiony
par les soins du curé actuel de la Madeleine.
Plus à l'est de la ville, toujours dans le canton ouest ce
l'Arquet, se dresse la paroisse de l'Ariane dédiée primitivement à
saint Arnoux, évêque et à saint Pierre, apôtre. Elle fut érigée en
paroisse en 1809 sous l'épiscopat de Mgr Colonna d Istria. Dans
son ressort se trouve l'ancienne chapelle nécropole de l'Abbadie
fondée en 1635 en l'honneur de sainte Claire pour le besoin spirituel de 450 à 500 habitants qui appartiennent aux communes
de Nice, Cantaron Saint-André. Localité d'avenii et à laquelle
le chemin de fer Nice-Coni donnera une valeur stratégique.

�— 32 —
Gairaut avait au moyen-âge une chapelle de secours desservie
par les religieux chevaliers de l'ordre du temple au début, et par
la suite de Rhodes et de Malte. Sous l'épiscopat de Mgr François
Rosini de Martinengo la chapelle fut érigée en église paroissiale
sous le vocable de saint Sauveur o*u de la transfiguration du
Rédempteur.
Dès 1730 les P. Dominicains de Nice fondent à Saint Pancrace un sanatorium pour religieux martyrs avec chapelle en
l'honneur de Saint Pancrace martyr. Cette chapelle est érigée en
paroisse en 1848 par Mgr Galvano.
Sur le couchant de Saint-Pancrace on trouve la paroisse de
saint Roman . martyr ; l'ancienne chapelle fut érigée en paroisse
ainsi que celle de saint-Antoine de Ginestière en 1803 sous Mgr
Colonna d'Istria.
VALENT IN.

NOU VÉ
Tu Çatarina fai lou pan.
Mdumen de jota, d'alegressa,
Fes audi da toui lu couor :
Lu ange canton l'alegressa,
Fuges l'infer, Juges la mouorl.
Chntou !
L'aarika sabla, li a quaucaren aici vesin,
Sembla que senti li joia d'un festin ;
Audi lu tambourin de laen,
Lu Jlajoulet e li musela,
Lu pastre van à Bethelen
Laisson la cabana soaleta ;
Santo nuech, venes aléa nen ralegrà,
Pourtas à toui la pax et la tranquilità !
Tu Catarina fai lou pan,
Manda Lucrecia au safran,
Despende aléa lou lauvaniè,
Chapla la blea su lou taatié ;
Crala de froumai e roumpe d'iiu
E fai la iourta couma fou,
Ché n'aiguen toui en aboundança (bis)
Santa nuech, venes alèu nen ralegrà,
Pourtas à toui la pa.x e la tranquilità .'
En tant faguen etnb'au vesin
t ua santépér lou Bambin,
Toucan lou gotou de bouon vin,
Ernb'aa vesin pér lou Bambin
Ti-ri-tin-tin ! -tinTi-ri tin !

�— 3Î —

L'Expulsion de Mgr Valperga
fEN SEPTEMBRE

1792)

Le 12 octobre 1780 h population de Nice se pressait aux
abords de la porte Pairoliëre pour y recevoir en grandes pompes
le nouvel évêque Charles-Eugène Valperga di Maglione. Ce
prélat avait couché la veille selon l'usage antique à l'abbaye de
Saint-Pons et devait faire ce jour là son entrée solennelle dans
sa ville épiscopale.
Le cérémonial imposant avec lequel on avait reçu jusqu'alors
les évêques fut encore cette fois observé. L'accueil de la population entière fut des plus chaleureux au rapport de Pierre Scaliero
qui en fut témoin (1). Le nouvel évêque, qui remplaçait Monseigneur Astésan nommé archevêque d'Oristano en Sardaigne,
appartenait à une famille de vieille noblesse dont plusieurs membres avaient exercé, à Nice, des fonctions importantes (2). Il
(1) Voir aux Archives municipales le récit détaillé que ce chroniqueur en a laissé dans ses Mémoires. Pierre Scaliero mourut en 1805.
(2) Jacques Valperga, conseiller ducal, fut lieutenant du gouverneur de Nice en 1454 ; Thoma5 Valperga fut gouverneur du château de Nice en 1565 ; Jean Valperga fut également gouverneur de
Nice en 1596 ; Jérôme Valperga fut commandeur du château de
Nice en 1600 ; Pierre Valperga, frère de Jacques Valperga, était
chevalier de Malte (Arch. municipales, registre des gouverneurs,
commandants et chevaliers de Malte) ; Anne Valperga, fille dAmédée
Valperga, épousa, le commandeur de Malte Jean-Paul Lascaris.
(Voir son testament daté de 1683, arch. des Alpes-Maritimes,
registre B, 297.) Joseph Ignace de Valperga reçut de son oncle, Emmanuel Philibert Chiotera, mie partie du fief de Couaraze dont il fut
investi le 20 février 1753. Son fils, Vincent, céda ses droits à H. Novelli. Jérôme Valperga fut sénateur à Nice de 1761 à 1765, puis
ministre plénipotentiaire de Sardaigne à Gênes en 1780 ; plus tard
il fut ministre etsecrétaire d'Etat, ce dernier était le frère de l'évêque
de Nice et fils du comte François Valperga qui vivait encore en
1795Ees armoiries des Valperga étaient fascé d'or et de gueules, à
la plante de chanvre déracinée, d'argent et brochant. Le cimier
était un bouc naissant au naturel et la devise : « Ferme-toy ».
Nous reproduisons les armoiries de Monseigneur Valperga d'après celles qui se trouvent en tête du catéchisme édité par ses ordres
et dont nous devons le dessin à l'obligeance de M. Joseph Casai
(Extrait de 1' « Armoriai Artistique et Nrbiüaire », Ni.e, 1902.
3

�- 34était directeur du collège des Provinces à Turin, lorsque le roi
de Sardaigne le désigna, pour l'évêché de Nice. Il avait été sacré à
Rome où il avait fait ses études. Monseigneur Valperga se distingua immédiatement par sa vigilance et son activité : il releva
le niveau intellectuel et moral des prêtres de son diocèse et s'attacha à mettre en toutes choses la plus grande régularité. Dix-huit
mois après son installation, il publia un nouveau catéchisme
dont le plan avait été préparé par son prédécesseur ^i). Grâce à

ses relations cordiales avec la eour de Turin, il jouissait auprès
des autorités civiles de Nice d'une grande influence. Après douze
(1) Ce catéchisme en italien fut imprimé à Nice par la Société
Typographique. C'est un petit volume in-douze de 612 pages, portant
la date de 1783. En tête se trouve le mandement de Monseigneur
Valperga du 16 février 1782 qui approuve le travail terminé par
le prêtre auquel Monseigneur Astésan en avait confié le soin, ordonne
sa publication et règle l'organisation des catéchismes dans tout le
diocèse. Deux ans plus tard en 1785, Gabriel Floteront, imprima
un autre catéchisme rédigé en dialecte niçois, petit volume in-12
de 228 pages. Un exemplaire de ces deux ouvrages existe à la biblio
thèque de Nice. — Voir Villarey, Série Cronològica dei Vescovi
di Nizza. — Art. Valperga.

�-35 années de séjour dans cette dernière ville il s'était acquis l'estime
et le respect de tous.
*

• *

Lorsque le 28 septembre 1792 dans l'après-midi, les troupes
piémontaises évacuèrent Nice, il y eut dans cette ville une effroyable panique et des milliers d'habitants s'enfuirent dans la direction de Turin. Ce fut un désarroi et une désorganisation complète de toutes les autorités. iMonseigneur Valperga resta à son
poste et s'engagea à ne point quitter la ville. Le lendemain samedi
29 septembre, il accompagna le second consul Honoré Saissi et
quelques membres du Conseil qui se rendirent, vers les onze
heures du matin, à la villa Feraudi, au quartier St Hélène, pour
offrir les clefs de la cité au général d'Anselme qui venait d'y
arriver à la tête des troupes françaises. Le général fit à la délégation assez bon accueil, mais il s'étonna de trouver parmi ses membres, l'évêque dont la place déclara-t-il n était pas là. Du reste,
d'Anselme attacha si peu d'importance à la démarche îles magistrats niçois que dans aucune de ses dépêches officielles il n'en fit
mention.
Sur le soir du même jour, la petite armée française faisait son
entrée dans la ville et le général s'installait dans la maison du
consul de France à la place St Dominique. L'évêque de Nice qui
tenait à rester au milieu de ses diocésains se présenta de nouveau
vers les huit ou neuf heures du soir chez le général auquel il voulait recommander ses prêtres en lui demandant des respecter les
églises. Le général était entouré de tout son état-major, du consul
de France, Pierre Le Seurre, de Honoré Saissi, second consul, de
Féraudi, secrétaire général de la commune. Ces deux derniers
venus probablement pour appuyer les demandes de l'évêque.
L'accueil du général ne fut pas plus encourageant que la première fois ; il intima même avec insistance au prélat l'ordre de
quitter ta ville en ajoutant que le plus tôt serait le mieux et ce
fut sur ces dernières paroles que l'évêque se retira après avoir toutefois reçu du général la promesse que tout ce qu'il laisserait dans
son palais serait placé sous la sauvegarde de la Nation française.
Il n'y avait pas à tergiverser, l'ordre était formel et pressant, il
fallait partir. L'évêque prit ses dernières dispositious et délégua,
au curé de la cathédrale, le chanoine Honoré Navello, tous les
pouvoirs nécessaires pour administrer le diocèse en son absence.
Aux premières lueurs du jour, Valperga quitta son palais, et se

�— 36 dirigea à pied vers la porte Pairolière. Il avait été impossible de
trouver une voiture car tous les moyens de transport avaient été
réquisitionnés et utilisés le 28 septembre pour permettre l'exode
des habitants terrorisés. Il avait ordre de partir, mais cet ordre
n'ayant pas été donné par écrit, les volontaires marseillais, de garde
à la porte de Turin, refusèrent de le laisser passer, l'accablèrent
d'injures, le menacèrent même de le pendre et ne consentirent á
le lâcher que sur un ordre écrit, sollicité et obtenu du général,
grâce à l'intervention courageuse et au sang-froid d'un jeune
niçois, Joseph Castellinard. Monseigneur Valperga se retira à
Turin et y mourut en 1805 sans avoir jamais pu obtenir l'autorisation de rentrer.
*

* *

Il est établi par les documents officiels contemporains que
Monseigneur Valperga ne quitta son siège que sur les ordres arbitraires du général d'Anselme et ces mêmes documents nous
renseignent très exactement sur les incidents fâcheux qui se produisirent au départ de l'évêque. Du reste, on n'ignorait pas à Nice
comment les choses s'étaient passées et la population savait grê à
Valperga de son attitude et de sa fermeté. De son côté, Valperga
avait eu confiance dans la parole à lui donnée par le général au
nom de la Nation française et à plusieurs reprises il manifesta
son étonnement qu'elle n'ait pas été gardée, que ses biens aient
été confisqués, son mobilier vendu, son nom inscrit sur la liste
des émigrés alors qu'en partant il n'avait cédé qu'à la force.
Parmi les nombreux documents qui se trouvent soit aux archives de Nice, soit aux archives nationales il en est quelques-uns
dont la simple reproduction sera plus probante que tous les corn,
mentaires. Il_suffira de citer :
•i° La lettre du Directoire des Colons Marseillais en date du
25 février 1793, adressée aux citoyens Blanqui et Veillon, députés
extraordinaires de la ville de Nice à Paris, au sujet des réclamations présentées le 23 du même mois par Jean-Jacques Donny, au
nom de Mgr Valperga.
20 La réponse du même Directoire à J.-J. Donny, en date du
26 février 1793.
3„ L'arrêté du Département en date du 13 avril 1793.
40 La réclamation présentée au Directoire du département

�Valperga, aussitôt après son inscription sur la liste des émigrés de
la ville de Nice, dressée à la fin de juin 1793.
50 Les états de frais pour l'inventaire et la vente du mobilier
et effets de « l'émigré Valperga Maillone, citoyen évêque » approuvés par le département des Alpes-Maritimes, le 5 germinal an
III (25 mars 1795).
6° Les actes de notoriété dressés le Ier et 2me fructidor an III
(18 et 19 août 1795) par Gautier, juge de paix à Nice, à la requête de Pierre-Joseph Passeron, agissant en qualité de procureur
subrogé par Nicolas Giorni, procureur spécial et général de Mgr
Valperga, par acte de procuration reçu à Turin le 20 juillet 1795,
notaire Pierre-Joseph Bernochio.
70 La pétition adressée au district de Nice le 4 fructidor an III
(21 août 1795) par Pierre-Joseph Passeron, demandant la radiation du nom de Valperga sur la liste des émigrés.
8° L'avis du district de Nice en date du 5 vendémiaire an IV
(27 septembre 1795) déclarant que Mgr Valperga doit être rayé
de la liste des émigrés.
90 L'arrêté du département des Alpes-Maritimes, en date du
14 prairial an V (2 juin 1797) ordonnant la radiation provisoire
du nom de Valperga de la liste des émigrés.
io° L'acte de cautionnement dressé par le département le
11 fructidor an V (28 août 1797), à la requête de Pierre-Joseph
Passeron, procureur de Mgr Valperga en exécution d'une des
clauses de l'arrêté du 14 prairial an V (2 juin 1797).

�- 38 —

DOCUMENTS ET PIÈCES D'ARCHIVES

Pièce 1.

25 février 1793
Aux cit. Blanqui et Veillon
Une lettre du cit. Donny, associé du citoyen LeClerc, défunt président de l'ancienne administration
provisoire, dont vous avez ci-inclus l'extrait ( 1 ), nous
fait connaître que le cit. Valperga, évêque de Nice,
laissa avant son départ (ordonné à son retour par
Anselme) dans sa maison pour environ 34.000 livres,
argent monnayé, et environ pour 17.000 d'effets en
vaisselle, linge, batterie de cuisine etc.
Une portion de ces effets se trouvent encore dans
ladite maison, sous l'inventaire que nous en avons
fait dresser par les commissaires de l'une et l'autre
administration, lorsque nous avons été installés, mais
il s'en faut de beaucoup qu'elle puisse arriver à la
somme de 17.000 livres, pas même le tiers.
Quant à l'argent monnayé entré dans la caisse du
receveur de l'ancienne administration, nous n'y
voyons point la somme que ledit Evêque désigne
avoir laissé dans sa maison. Nous vous remettons cijoint un extrait de l'état des sommes' que le cit.
Bonnet a reçu en espèces, pendant toute sa gestion
de receveur et trouvées parmi les effets des émigrés
français et niçois.
Nous ne voulons rien préjuger sur l'assertion du
cit. Valperga, quoique nous ayons des indices frappants de vérité. Ce ne sera que lorsque nous aurons
pu les convertir en preuves par le témoignage de
quelques citoyens que nous nous procurerons, pour
pouvoir en demander la restitution et la poursuite
contre le pillage.
En attendant, noùs croyons devoir vous faire part
de cette découverte que nous allons communiquer au
Président de la Convention Nationale et au Ministre.
Arch. des A. M. Registre de la correspondance du
Directoire des Colons marseillais L. 5.
Cet extrait manque au registre ainsi que les autres pièces
énoncées dans celte lettre.

�-hLe 2érae février 1793.
Au citoyen Donny, négociant à Nice
Pièce 2.

Votre lettre du 23me de ce mois, citoyen, nous
demande des renseignements sur le temporel du
citoyen Valperga, Evêque de Nice. Nous allons vous
transmettre tous ceux qui sont à notre connaissance
L'administration provisoire en choisissant l'Evêché
pour le lieu de ses séances, vint s'y établir dans les
premiers jours d'octobre, et tout nous porte à croire
qu'elle ne fit aucun inventaire des effets qui s'y trouvaient, du moins nous n'en avons trouvé aucun dans
les papiers qu'elle nous a remis.
En succédant à cette administration provisoire,
uous avons cru que notre premier devoir était de faire
un inventaire de tout le mobilier renfermé dans la maison épiscopale. Nous y avons successivement procédé
en présence des administrateurs provisoires et à mesure qu'ils nous en remettaient les clefs. Tout le mobilier qui s'y trouvait, ne consistait guère qu'en
meubles meublants et ne nous paraît pas avoir la
valeur de 17 mille livres que l'Evêque lui donne.
Vous pourrez, si vous le jugez à propos, faire prendre
à notre secrétariat une copie de cet inventaire. Tout
ce. qui n'est point renfermé dans les appartements
que nous occupons au premier étage, a été laissé à la
garde de Jean Poma, ancien concierge de l'Evêque et
le nôtre.
Pour nous éclairer sur les 34.000 1. argent monnayé que l'Evêque doit avoir laissé en sa maison,
nous avons écrit au cit. Bonnet, receveur de l'administration provisoire, pour lui demander un état des
sommes en numéraires versées dans sa caisse, comme
ayant été saisies et trouvées parmi les effets des Emigrés français et niçois. L'état qu'il nous a remis ne
monte qu'à 74121. 16 s, et aucun article n'a du rapport
avec les réclamations du citoyen Valperga.
Quant à ce qui concerne personnellement le
citoyen, nous avons demandé au Ministre de l'Intérieur de vouloir bien nous dire la manière dont nous
devions l'envisager. Nous savons qu'un ordre arbi-

�— 40 —
traire de Danselme l'obligea de quitter Nice, le jour
de l'entrée des Français. Mais nous pensons aussi que
la proclamation des Commissaires de la Convention
nationale de France et le décret de celle de Nice,
concernant les Emigrés, étaient des motifs suffisants
pour le ramener à son poste et le rassurer sur les
suites de son retour. En persistant à prolonger son
absence, il s'expose à être traité comme émigré, à se
voir déclarer déchu de sa place et confisquer tous ses
biens. Telle est la disposition de la loi, et quoique
nous ayons consulté le ministre sur le cas particulier
de l'Evêque, nous prévoyons que sa réponse sera de
nous en tenir à la rigueur des lois, ainsi que plusieurs
instructions nous l'ont déjà annoncé.
Vous sentez, citoyens, que tout le mobilier de
l'Evêque doit rester séquestré jusqu'à son retour ou à
la décision du Ministre. Il peut être tranquille sur la
conservation de tout ce que nous avons trouvé en
entrant dans sa maison. Ce qui a pu en être enlevé
avant notre entrée en fonctions, est étranger à notre
gestion. Mais nous employerons tous les moyens qui
sont en notre pouvoir pour en trouver les traces, en
acquérir les preuves et en faire punir les coupables.
Les administrateurs, etc.
Archives des A.-M., Registre
suivants.

,L. 5,/°7i verso et

Lettre des commissaires de la Convention
Nationale et arrêté du Département des A. M.
Nice, le 9 Avril 1793, l'an 1 Ie de la Repu bublique Française.
« Vous voudrez bien, citoyens, en nous envoyant
les noms et prénoms de l'évêque de Nice, nous instruire officiellement d'après les "dispositions des lois,
s'il est censé démissionnaire et son siège vacant.
« Les Commissaires de la Convention Nationale
au département des A. M.
GRÉGOIRE, JAGOT (I)

(1)

Archives des A. M. L. 29 ancien. L

7

actuel.

�— 4i (i3 avril 1793)
Le Directoire ; vu la réquisition du citoyen Procureur Général sindic « Considérant que Charles Eugène Valperga, évêque de Nice, n'avait point quitté
son domicile lors de l'entrée des troupes de la République ; considérant qu'il a lui méme-accompagné les
consuls d'alors quand ils furent présenter les clefs
de la ville et inviter le général Anselme à venir en
prendre possession au nom de la République ; considérant que le général Anselme par ses ordres arbitraires et tiranniques, accompagnés même de menaces contre ses jours, l'ont forcé de s'éloigner ; arrête
qu'il ne peut le déclarer émigré, et qu'il sera répondu
aux Commissaires de la Convention nationale d'après
les principes ci-dessus.. »
Sign : PAUMÉ ; BARLI FABRI ; F. CASTKLIMARD ;
ANGLES ; BERNARDI, secrétaire général. (1)
pjj

ce

^

Aux citoyens composant le Directoire du
département des Alpes-Maritimes..
22 juillet 1793.
Citoyens,
Le citoyen Jean-Jacques Donny, soussigné, chargé
des intérêts du citoyen Valperga, évêque de Nice
absent, ayant été informé que par votre délibération
du 29 du mois passé, ledit citoyen Valperga avait été
déclaré émigré, vous représente avec tous les égards

(1) Archives des Alpes-Maritimes, Registre L,. 3, folio 101. L'Arrêté n'est pas signé par le procureur syndic Jean-François Tourre
ni par l'administrateur Jean-L,ouis de Villiers qui ne partageaient
point l'opinion de leurs collègues. A noter que Tourre était d'Antibes
et que de Viliers était un médecin français établi depuis longtemps
à Nice.
I/Arrêté fut pris malgré le réquisitoire de Tourre qui voulait
déclarer Monseigneur Valperga émigré et malgré un violent discours de Villiers soutenant la même thèse qui fut combattue par
Barli Fabri, par Castclinard et par Anglès. J'ai déjà publié in-extenso
cette délibération du 13 avril T793 au cours d'un article sur l'église
de Nice en 1792-1793 inséré dans Nice Historique du Ier avril 1903,
C'est pourquoi je reproduis ici simplement la lettre des
commissaires et l'arrêté du département.

�- 42 —
dûs au pouvoir dont l'exercice vous a été confié par
le peuple souverain que le citoyen Valperga ne peut
ni ne doit sous aucun rapport être considéré comme
émigré, par les motifs ci-après :
i° Qu'il est de notoriété publique qu'il n'a quitté
le pays que contre son gré et par ordre du général
Anselme :
2° Qu'il a constamment été disposé et a offert
de revenir dans son diocèse, moyennant qu'il ne fut
assujetti à prêter qu'un serment relatif au temporel et
non au spirituel.
3° Qu'enfin et par la raison que n'étant point
indigène, mais étranger, son séjour ici n'a été dé terminé que par sa nomination à l'épiscopat, événement casuel qui n'a jamais pu le soumettre à l'obligation de renoncer pour toujours à sa mère-patrie.
Tous ces motifs, soit qu'on les prenne collectivement ou séparément, démontrent suffisamment,
citoyens administrateurs, le droit incontestable, qu'a
le citoyen Valperga de demander et prétendre la
radiation de son nom du tableau des émigrés, et si
le ministre de l'Intérieur n'a fait aucune distinction
entre lui et les autres citoyens, c'est sans doute qu'il
a ignoré les circonstances qui vous sont exposées
ci-dessus, et notamment la dernière, car s'il les eût
toutes connues, il n'est nullement probable qu'il eût
décidé comme il l'a fait. Toute hypothèse contraire
serait une injure faite à ses sentiments et à ses lumières. Un homme tel que lui, dont les vertus civiques, le patriotisme et les talents l'ont appelé au
poste aussi honorable que pénible qu'il occupe, doit
ressembler autant que possible à la Nation pour
laquelle il agit et qui l'a honoré de sa confiance.
Cette nation est grande, généreuse, magnanime,
juste et bienfaisante.Elle ne peut qu'êtreextrêmement
jalouse de sa gloire, et l'un des principaux devoirs de
ses agents est d'éviter soigneusement d'en ternir
l'éclat.
Le refus qui serait fait de rayer de la liste des
Emigrés le nom du citoyen Valperga, refus qui entraînerait avec lui la confiscation des minces propriétés de ce citoyen, serait un acte qui imprimerait à

�-

43

-

jamais une tache ineffaçable à la gloire du nom français ; tache qui ne pourra manquer de frapper également les yeux des contemporains et ceux de la postérité ; tache enfin que les historiens ne manqueront
pas de faire ressortir par des couleurs enluminées, et
le bel effet qu'un pareil tableau produirait, citoyens
administrateurs, serait votre ouvrage.
Mais non, loin de nous, cette idée ! Vous êtes
républicains ! cela suffit. Les républicains sont vertueux. Ils aiment, chérissent, protègent, respectent
la vertu partout où elle se trouve. Et le citoyen Valperga aussi est un homme vertueux ! Qui en doute ?
Nul bon citoyen, nul honnête homme. Souvenezvous, citoyens administrateurs, que ce n'est que par
ses vertus qu'il a mérité l'amour et l'affection du
peuple Niçois et non par sa qualité d'évêque. Et plût
à Dieu que tous les ecclésiastiques lui eussent ressemblé ! La France n'eut point éprouvé d'aussi horribles secousses, pour asseoir, affermir et assurer sa
liberté.
La République a incontestablement le droit de
renvoyer hors de son sein tout individu qui ne lui
convient pas, mais en renvoyant ainsi un étranger
qui, d'ailleurs, n'a pas encouru la peine de la confiscation de ses biens, elle lui permet de les emporter ou
de les vendre et d'en emporter le produit. Tel est
précisément le cas du citoyen Valperga.
L'exposant demande en conséquence, citoyens
administrateurs, qu'il vous plaise prendre dans votre
sagesse une délibération tendante à rendre audit
citoyen Valperga sa qualité de citoyen français non
émigré, à lui accorder un délai compétent pour rentrer dans ce pays soit comme simple citoyen ou
comme fonctionnaire public et à lui assurer dans
tous les cas la restitution de ses propriétés par lui
laissées sous la sauvegarde de la loyauté française
dans la maison épiscopale, lors de sa retraite forcée,
ou la juste indemnité de leur valeur. Et sera justice.
Nice, le 22 juillet 1793, l'an second de la République française, une et indivisible.
Jean-Jacques DONNY.
l
ARCHIVES NATIONALESF/ 4.867 , dossier Valperga.

�- 44 Pièce 5.

Etat de frais de vente pour parvenir à l'inventaire
et vente des effets de l'émigré Valperga Maillone,
citoyen évêque :
5 germinal an III (25 mars 1795)
Pour une séance de trois commissaires dont un du
District et deux de la Commission municipale, fixée
à trois livres par séance par le Directoire du district
et approuvé par les Représentants du
Peuple
L.
9 »
Papier timbré tant de la minute que
des deux extraits
»12
Pour la copie desdits deux extraits . .
» 8
Droits d'enregistrement
13 10
31

2

Nous soussignés certifions le compte ci dessus véritable.
Signés : J.-B. Thomaty, comm. du dist. ; Savigny,
comm. munie. ; Mabil, comm. municip.
Frais de la vente :
Pour quatre séances de deux corn missaires dont un
du District, un de la Commis, mun. sans le membre
de l'administration fixées à trois livres par séance par
le Directoire du district et approuvé par les Représentants du Peuple .
L.
24 »
Au trompette pour publication de
quatre criées
5 »
Au crieur à la vente, quatre séances .
12 »
Aux portefaix qui ont travaillé au
transport des effets
40 »
Papier timbré tant de la minute que
de l'extrait
1 »
Bougie
3 »
Droits d'enregistrement
27 »
Papier timbré du petit état
» 4
A la femme qui a assisté à la vente
pour l'arrangement du linge
» 12
L.
Signés : J.-B. Thomaty, comm. du
district ; Savigny, comm. municip.

1

159 6

�Vu par nous, membres composant la Commission
Administrative du district et d'après l'arrêté du district, approuvé par les Représentants du Peuple et la
loi du il et 12 Mars, arrête l'état des frais ci-dessus
se montant à la somme de cent cinquante neuf livres
trente centimes, qui seront acquittés par le receveur
du droit d'Enregistrement lorsque le Département
aura vérifié ledit état.
Nice, le 29 ventôse an 3"" de la République française une et indivisible (19 mars 1795).
(Suivent les signatures).
Vu l'état des frais ci-dessus pour parvenir à l'inventaire et vente du mobilier de l'émigré Valperga
Maillone ci-devant évêque.
Vérifié et arrêté par le Directoire du district de
Nice, la Commission Administrative du département
des Alpes-Maritimes approuve ledit état et ordonne
au citoyen Maussier, receveur de l'enregistrement
cîudit district de payer aux citoyens J. B. Thomaty
et Savigny, comm. la somme de 159 livres et 30
centimes pour montant des frais pour inventaire et
vente des susdits effets de l'émigré, laquelle somme
lui sera allouée en compte.
Fait à Nice le 5 germinal an 3me républicain ( 25
mars 1795).
Etat des frais pour parvenir d la vente du mobilier de
l'émigré Charles Eugène Valperga Maillone, citoyen
évêque.
Pour trente-neuf séances de trois commissaires
dont un du District et deux de la Commission municipale, fixé à trois livres par séance par le Directoire
du district et approuvé par les Représentants du
peuple
L.
351 »
A deux portefaix, dix-neuf journées et
demi chaque fixées à cinq livres par jour.
195 »
Au trompette pour publication de
trente-neuf criées fixées à une livre cinq
sols chaque
48 r 5
Au crieur à la vente, trente-neuf séan
ces fixées á trois-livres par séance ....
117 »

711 1$

�- 4* Report
Papier timbré tant de la minute que
de l'expédition
Pour copie dudit extrait fixé à quatre
livres
Papier timbré du présent état ....
Bougie
Droit d'enregistrement
Plus deux autres journées de portefaix à cinq livres
Un paquet de plume
L.

148
4
6
421

»
4
»
»

20
5

»
»

1.182

7

Nous soussignés certifions le compte ci-dessus,
véritable.
Nice, le Ier ventôse an 3me de la République (19
février 1795).
Signés : J.-B. Thomaty, commissaire du district ;
Savigny, comm. ; Honoré Mabil, comm. municipal.
Vu par nous, membres composant la Commission Administrative, de ce District, et d'après la loi
du 11 et 12 Mars 1793 (v. s.) et l'arrêté de cette
Commission approuvé par les Représentants en date
1^ Fructidor, oui l'agent national, arrête l'état des
frais se montant à onze cent huitante deux livres et
trente cinq centimes qui seront acquittés par le
receveur de l'agence de l'enregistrement sur le produit de la vente desdits meubles, lorsque le Département aura vérifié ledit état.
Nice le 29 ventôse an 3me de la République
française une et indivisible (19 mars 1795).
(Suivent les signatures).
Vu l'état des frais ci-dessus pour parvenir à la
vente du mobilier de l'Emigré Valperga Maillone cydevant évêque.
Vérifié et arrêté par le Directoire du district de
Nice.
La Commission administrative du département
des Alpes-Maritimes, approuve ledit état et ordonne

�— if au citoyen Maussier, receveur de Penregistrement
dudit district de payer aux citoyens J.-B. Thomati,
Savigni et Honoré Mabil, commissaires, la somme de
mille cent quatre vingt deux livres trente cinq centimes pour montant des frais de la vente des susdits
effets de l'Emigré. Laquelle somme lui sera allouée
en compte.
Fait â Nice le 5 germinal an 3me républicain (25
mars 1795).
Arch. des A. M. L. 15 ancien p. 44-45 N° 34-35

Actes de Notoriété
Pièçe g

1-2-fructidor an III
18-19 août 1795
EGALITÉ, LIBERTÉ

AU NOM DE LA LOI
Ce jourd'hui, premier Fructidor, l'an troisième
(18 août 1795 de la République française, une et indivisible, à Nice, chef-lieu du département des AlpesMaritimes, par devant Nous, Antoine Gautier Juge de
paix de la Ier, 2m" et 3me section et officier de police,
est comparu le citoyen Pierre Joseph Passeron, natit
tic la commune de Contes et habitant en celle de Nice
depuis plusieurs années.
Lequel en sa qualité de procureur du citoyen
Charles Eugène Valperga de Maillone, évêque de Nice,
subrogé par le citoyen Nicolo Giorni, homme de loi,
procureur spécial et général établi (par acte reçu) par
le notaire Pierre Joseph de Bernochio, le 20 Juillet
dernier (v. s.) qu'il présente, légalisé par le résidant
de la République de Gênes auprès de la Cour de Turin, dont il résulte le pouvoir donné au citoyen Giorni, de subroger en son lieu et place, avec tous les
pouvoirs compris au dit acte, et il présente au surplus l'acte de sa dite subrogation faite par le même
citoyen Giorni, reçu en la ville de Gênes le premier

�- 48 du mois d'août dernier (v. s.) par le notaire Antoine
Baglietto, légalisée par le consul de la République
française.
Il expose que le vingt neuvième jour de septembre
de l'année 1792, l'armée de la République, étant arrivée en cette ville, commandée en chef par le citoyen
général d'Anselme, lorsque ce général, vers le soir,
fut arrivé et il eut pris son logement dans la maison
habitée par le ci-devant consul de la République Le
Seurre, ledit citoyen Evêque Charles Eugène Valperga de Maillone s'y étant présenté, ledit général d'Anselme, en présence de tout son Etat-Major, lui signifia
d'abord de devoir partir de cette ville. Sur quoi le
dit évêque ayant répondu qu'il avait cru de pouvoir
continuer sa résidence en cette ville et tellement l'avait cru, qu'il n'avait jamais pensé de distraire et en
faire partir le moindre de ses meubles et effets, qu'il
avait dans la maison d'habitation de l'tvêque et que
si absolument il lui ordonnait de partir, il le priait de
lui accorder la sauvegarde sur tous lesdits effets et
meubles. Le dit général d'Anselme lui répliqua qu'il
dut absolument partir de cette ville, en ajoutant que
le plus tôt en serait le mieux, et qu'à l'égard de ses
meubles et effets qu'il avait, il les mettait dès ce ino
ment sous la sauvegarde et loyauté de la Nation française et qu'il pouvait en être tranquille, après quoi ledit
évêque Valperga de Maillone, tout tremblant, ayant
dit qu'il allait se conformer dès le lendemain au matin à ses ordres, se retira ; ledit général d'Anselme
lui ayant encore répliqué : le plus tôt sera le mieux.
Et comme il importe audit citoyen évêque Valperga de Maillone de constater le fait ci-dessus expo"sé, suivi en présence de tout l'Etat-Major dudit général d'Anselme et de plusieurs citoyens de cette commune, l'exposant, en sa dite qualité vous présente les
citoyens Pierre Le Seurre, ci-dessus nommé, ci-devant
consul en cette ville de la République, le citoyen Honoré Saissi de cette commune qui pour lors était second consul de la même commune, le citoyen Philippe Emmanuel Féraudi qui pour lors était secrétaire de
Ìa même commune et le citoyen Ange Giraudi aussi

�- 49 de cette commune, pour recevoir leurs dépositions
sur ledit exposé et vous fait instance que de tout lui
soit concédé acte, ce que nous lui avons accordé, et a
signé.
PIERRE JOSEPH PASSERON.

Et de suite se sont présenté les susnommés
citoyen Le Seurre, natif de Craon, âgé de 75
ans, bourgeois, le citoyen Saissi, âgé de 70 ans,
négociant, Emmanuel Feraudi, âgé de 68 ans, notaire, Ange Giraudi, âgé de 63 ans, négociant,
natifs et domiciliés dans cette commune, auxquels
après avoir fait lecture dudit exposé fait par ledit citoyen Pierre Joseph Passeron, en sa dite qualité, les
avons interpellés sur serment que leur avons fait prêter, conformément à la loi, de nous dire en leur âme
et conscience si tous les faits énoncés dans le même
exposé sont de leur connaissance et tous les quatre ont
répondu et attesté tant uniment que séparément en
être pleinement informés, s'y étant trouvés présents,
et que le tout contient la vérité, toute la vérité et
rien que la vérité. En foi de quoi ils ont signé :
LE SEURRE, HOSORI'J
SAISSI, PHILIPPE EMMANUEL FÉRAUDI,
ANGE

GIRAUDI.

Et nous, juge de paix, vu les dépositions ci-dessus, avons de tout concédé acte au susnommé citoyen
Pierre Joseph Passeron en sa dite qualité, pour lui
servir et valoir dans tous les cas, à ce que de droit et
de raison. Fait à Nice, l'an et le jour que dessus.
GAUTIER, juge de paix.
BONIFACI, sec. greffier.
Vu par nous, membres du District de Nice, 3 vendémiaire an IV rép. 25 sep. 1795, TOSELLI, JN COPPON
fils, VÉRANI pr. syndic, SAYTOUR Martin.

�— 5o —
EGALITÉ, LIBERTÉ.

AU NOM DE LA LOI
Ce jourd'hui. second jour de Fructidor de l'an 3
août 1795) de la République française une et indivisible, à Nice, chef-lieu du département des AlpesMaritimes, par devant nous, Antoine Gautier, juge de
paix de la iere, 2M* et 3ME section et officier de police,
est comparu le citoyen Pierre Joseph Passeron : natif
de la commune de Contes et habitant en celle de Nice
depuis plusieurs années
Lequel en sa qualité de procureur du citoyen
Charles Eugène Valperga de Maillone, évêque de
Nice, subrogé par le citoyen Nicolo Giorni, homme
de loi, procureur spécial et général établi (par acte
reçu) par le notaire Pierre Joseph de Bernochio, le 20
Juillet dernier (v. s.) qu'il présente, légalisé par le résidant de la République de Gênes auprès de la Cour de
Turin, dont il résulte le pouvoir donné au citoyen
Giorni, de subroger en son lieu et place, avec tous les
pouvoirs compris audit acte, et il présente au surplus
l'acte de sa dite subrogation faite par le même citoyen
Giorni, reçu en la ville de Gênes le premier du mois
d'août dernier (v. s.) par le notaire Antoine Baglietto,
légalisée par le consul de la République française.
Expose : Primo, que le matin du trente septembre 1792, le citoyen Charles Eugène Valperga de
Maillone, évêque de Nice, en partant de cette ville
avec deux domestiques à sa suite, qui portaient un
paquet et quelques effets, fut arrêté à la porte qui conduit en Piémont, ci-devant nommée porte Victoire,
et conduit au vestibule de la maison presque attenante
à ladite porte, appartenant au citoyen Dominique
Castellinard, où se trouva le citoyen Joseph Castellinard, fils dudit Dominique, et malgré que ledit Evêque Valperga déclara aux soldats de la Garde de la
dite porte qui étaient des Marseillais, que c'était en
conséquence d'ordre qui lui avait été signifié par le
citoyen général d'Anselme qu'il partait de cette ville,
lesdits soldats commencèrent par le malmener et lui
(19

�signifier qu'ils voulaient le pendre et ayant ouvert
ledit paquet et y ayant trouvé entre autres effets, une
ceinture d'évêque, ils déterminèrent, à l'instant, de le
pendre avec ladite ceinture, et ayant essayé si la même
était assez forte pour le soutenir, en la préparant, elle
se fit en lambeaux, de façon qu'ils vérifièrent qu'elle
ne pouvait leur servir et demandèrent audit Joseph
Castellinard fils une corde, pour pendre ledit évêque,
à un grand anneau de fer qui était au plafond dudit
vestibule, servant â y passer une verge de fer pour
peser les marchandises, et ledit citoyen Castellinard
fils, leur ayant absolument refusé de leur donner de la
corde, en s'excusant qu'il n'en avait point, comme
dans tous ces entrefaits ledit évêque se trouve mal et
ne peut plus se soutenir, ledit Castellinard fils lui fit
apporter une chaise, par sa servante à qui quelques
uns de ces soldats donnèrent des coups de poing pour
avoir porté ladite chaise et le même Castellinard le
fit ensuite asseoir sur ladite chaise, en le soutenant,
parce qu'il ne pouvait se soutenir droit ; d'autant plus
qu'en attendant, lesdits soldats marseillais lui disaient mille exécrations, lui crachaient dessus et lui
donnaient des soufflets, et assurément ils l'auraient
fini, si dans cet intervalle un de ses domestiques
n'avait été dire au citoyen général d'Anselme ce qui
venait d'arriver, et ledit domestique étant venu avec
un billet dudit général d'Anselme qui ordonnait à la
garde de le laisser partir, puisque c'était de son ordre,
en conséquence de ce billet lesdits soldats marseillais
se bornèrent pour lors à lui dire et crier mille invectives et injures et le laissèrent partir, ce que ledit
évêque, malgré qu'il ne pût se remuer, à l'aide de ses
domestiques fit au mieux possible en tremblant, de
façon qu'il doit son existence au refus ferme et déterminé que ledit citoyen Castellinard fils leur fit de
leur donner une corde, sans quoi avant l'arrivée du
dit domestique portant l'Ordre du général d'Anselme, il aurait été pendu et étranglé.
Secondoque lefaitci-dessusfut d'abord public et notoire, de notoriété publique dans cette ville et encore
plui le lendemain premier octobre, puisque les autres

»

�— 52 —

soldats de la Phalange Marseillaise, arrivés sur le soir
dudit jour trente septembre, d'abord après leur arrivée
cherchèrent l'évêque qu'ils voulaient le lanterner et
mettre en pièces, comme ils s'expliquèrent hautement,
ce qui joint au fait arrivé dans ledit vestibule de la
maison Castellinard, étant devenu d'une notoriété publique donna l'épouvante à tous les gens honnêtes du
pays, qui disaient que le citoyen général d'Anselme en
ordonnant audit évêque de partir, en mettant sous la
sauvegarde de la Nation française ses meubles et ses
effets, avait voulu le sauver.
Et comme il importe audit citoyen Passeron, exposant en sa dite qualité, de constater par témoins le
fait ci-dessus exposé, il nous présente ledit citoyen
Joseph Castellinard fils de Dominique de cette commune, âgé de 21 ans, de profession, négociant, qui se
trouva présent au fait énoncé dans le Ier article de l'exposé ci-dessus, et au surplus informé de la notoriété
des faits énoncés au second et dernier chef, de ladite
exposition et il nous présente les citoyens Jean-Jacques Donny, natif de Neufchâtel en Suisse, âgé de 39
ans, de profession, négociant ; Joseph Poullan, natif
de Clavesana, en Piémont, âge de 48 ans, négociant ;
Jacques Gerbin, âgé de 60 ans, tailleur, Jean-Marie
Thaon, âgé de 56 ans, négociant, natifs et tous domiciliés en cette commune pour déposer sur ladite
notoriété énoncée dans ledit second fait exposé, pour
recevoir leurs dépositions, et nous fait instance que de
tout lui soit concédé acte, ce que nous lui avons accordé et a signé.
Pierre-Joseph PASSERON .
Et de suite se sont présentés les susnommés citoyens Joseph Castellinard, Jean-Jacques Donny, Joseph Poullan, Jacques Gerbin, et Jean-Marie Thaon,
ci-dessus qualifiés, auxquels après avoir fait lecture
dudit exposé fait par ledit citoyen Passeron, en sa
dite quálité, les avons interpellés sur serment, que
leur avons fait prêter, conformément à la loi, de nous
dire en leur âme et conscience, si tous les faits énoncés dans le même exposé sont de leur connaissance,

�- 53 et ledit citoyen Joseph Castellinard a répondu et
attesté en être pleinement informé pour avoir été
présent au fait exposé dans le i" article de ladite exposition, et pour avoir publiquement entendu dire les
faits énoncés dans le second chef qui était en cette
ville notoire de notoriété publique et lesdits citoyens
Jean-Jacques Donny, Joseph Poullan, Jacques Gerbin,
Jean-Marie Thaon, ont répondu et attesté tant uniment que séparément être pleinement informés de
l'énoncé dans le second chef de ladite exposition,
puisque les faits y énoncés étaient notoires, de notoriété publique en cette ville, et tous lesdits citoyens
ont respectivement attesté pour ce qui les concerne
que tout contient la vérité, toute la vérité et rien que
la vérité. En foi de quoi ils ont signé : Joseph Castellinard fils,Jean-Jacques Donny, Joseph Poullan, Jacques
Gerbin, Jean-Marie Thaon.
Et nous, Juge de paix, vu les dépositions ci-dessus,
avons de tout concédé acte au susnommé Pierre Joseph Passeron en sa dite qualité pour lui servir et valoir dans tous les cas, à ce que de droit et de raison.
Fait à Nice l'an et jour que dessus.
GAUTIER,
BONIFACI,

juge de paix.
sec. gref.

Vu par nous, membres Du district de Nice, le 3
vendémiaire anIV rep. (25 sept. 1795).
Jn. COPPON fils, VÉRANi, pr. syndic, TOSELLI, Saytour
MARTIN.

Arch. Nat. F

7

4867 *

�54 -

PÉTITION au DISTRICT de NICE
et AVIS de ce DISTRICT
ÉGALITÉ,

LIBERTÉ

5 vendémiaire
27 septembre 1795 an IV
AUX

CITOYENS ADMINISTRATEURS
DU DISTRICT DE NICE

Le citoyen Pierre Joseph Passeron, natif de la
commune de Contes, habitant en celle de Nice depuis plusieurs années.
Vous expose en qualité de procureur du citoyen
Charles-Eugène Valperga de Maillone, évêque de
Nice, subrogé par le citoyen Nicolo Giorni, homme
de loi, son procureur spécial et général fondé par acte
reçu dans la ville de Turin par le notaire PierreJoseph de Bernochio, le 20 juillet dernier (v. s) légalisée par le résident de la République de Gênes, près
la Cour de Turin, duquel il résulte le pouvoir donné
audit citoyen Giorni de subroger en son lieu et place
avec tous les pouvoirs compris dans le même acte,
qui se trouve copié mot pour mot dans celui de la
subrogation faite par le même citoyen Giorni, reçu
en la ville de Gênes le Ier du mois d'août dernier
(v. s* par le notaire Antoine Baglietto, légalisée par
le consul de la République française, le 13 Thermidor dernier (3 1 Juillet 1795), qu'il vous exhibe qu'étant arrivé dans cette ville le vingt-neuvième jour
du mois de septembre de l'année 1792, l'armée de la
République française, commandée par le citoyen général en chef d'Anselme lorsque celui-ci y fut arrivé
le soir et eut pris son logement dans la maison d'habitation du citoyen ci-devant consul de la République
Le Seurre, ledit évêque Charles-Eugène Valperga de
Maillone, s'étant présenté, le même général d'Anselme
lui signifia d'abord en présence de son Etat-Major de
partir de cette ville, sur quoi ledit évêque lui répondit qu'il avait cru pouvoir continuer sa demeure dans
cette ville et qu'à cet effet il n'avait jamais pensé de

Pièces 7 et 8

�- 55 distraire, ni faire partir le moindre de ses meubles et
effets qu'il avait dans la maison d'habitation de
l'évêque, que si absolument il lui ordonnait de partir,
il le priait de lui accorder la sauvegarde pour tous ses
dits effets et meubles, ledit général d'Anselme lui
répliqua : Le plus tôt sera le mieux, ce qui tout est
constaté par les attestations ci-jointes du premier et
second jour de fructidor dernier qu'il vous présente
également.
Qu'il résulte aussi par lesdites attestations, que
ledit évêque Valperga de Maillone fut forcé par ledit
général d'Anselme de partir de cette ville que tous
ses meubles et effets fussent mis sous la sauvegarde de
la Nation française et qu'étant parti le lendemain 30
dit septembre, il risqu'à d'être pendu ef étranglé paties soldats de la Phalange Marseillaise qui se trouvaient de garde à la porte ci-devant dite Victoire, ce
que tout fut d'abord notoire et de notoriété publique
dans cette ville.
Vous observe que ledit évêque Valperga est natif
du Piémont où il se retira et que s'il a résidé dans
cette ville, ce n'a été que pour raison de son ministère, que tout cela nonobstant il a été porté sur la liste
des émigrés, a été vendu la plus grande partie de ses
meubles et effets, et cela même nonobstant la préalable réclamation que le citoyen Jean-Jacques Donni,
chargé des intérêts dudit évêque avait fait à l'ancien
département par sa pétition du 22 juillet 1793 (v. s)
qui existe dans les Archives de ce district, résultant
ainsi que tout cela a été fait et opéré contre le droit des
gens et la sauvegarde de la loyauté française qui fut
promis audit évêque.
En conséquence, l'exposant demande en sa dite
qualité de procureur dudit citoyen évêque CharlesEugène Valperga de Maillone la radiation de son
nom de la liste des émigrés, la levée des scellés, la
restitution de ses propriétés et l'indemnité de celles
qui ont été distraites et vendues au nom de la Nation,
et sera justice.
(21 août 1795).

�- 56 Nice le 4me jour de Fructidor de l'an 3me de la
République française une et indivisible.
Signé : Pierre-Joseph PASSERON.
Vu la pétition ci-dessus du citoyen Pierre-Joseph
Passeron présentée au nom et comme procureur subs
titué du ci-devant évêque de Nice, Charles-Eugène
Valperga tendante à obtenir la radiation de son nom
de la liste des émigrés, la levée du séquestre et remission de ses effets restant ainsi que l'indemnité de
ceux qui ont été distraits ou vendus.
Vu une première pétition présentée à l'ancienne
administration du département par le citoyen JeanJacques Donni, au nom du citoyen Valperga en date
du 22 juillet 1793 tendante aux mêmes fins.
Vu la procuration en date du premier août 1793
(V. s.) faite à Gênes, par devant le notaire public Antoine Baglietti, légalisée par le Consul de la République française y résidant, ainsi que l'acte de procuration y inséré, en date du 20 Juillet 1795.
Vu l'attestation de quatre témoins faite avec serment par devant le juge de paix de la 1", 2"", 3me section de cette commune, en date du 1" Fructidor dernier '18 août 1795).
Vu autre attestation de cinq témoins faite par
devant le susdit Juge de paix, le 2 dit fructidor, aussi
sous serment.
Considérant que par la première des 2 attestations il est pleinement prouvé que le vingt-neuvième
septembre 1792, aussitôt après l'entrée de l'armée
française dans cette commune, le sus-nommé évêque
Valperga s'étant présenté au général d'Anselme qui
la commandait en chef, celui- ci lui ordonna d'abord
en présence desdits témoins et de tout l'Etat-Major.
u'il n'avait qu'à partir de la ville, et malgré que le
it évêque lui observa qu'il avait cru de pouvoir y
rester tranquillement et qu'à cet effet il n'avait fait
partir aucun de ses effets et meubles, le général lui
répliqua de partir absolument de la ville, en ajoutant
que le plus tôt serait le mieux, l'ayant assuré qu'à

a

�-5;l'égard de ses meubles et effets de sa maison, il les
mettait dès ce moment sous la sauvegarde et loyauté
de la Nation française et qu'il pouvait en être tranquille.
Considérant qu'il résulte par lesdites attestations,
et il est prouvé que l'évêque Valperga, d'après les
ordres précis et réitérés du général d'Anselme, partit
le lendemain 30 septembre de cette ville.
Considérant que par la susdite attestation du deux
Fructidor il résulte que l'évêque Valperga, au moment de son départ de cette commune, ayant été arrêté à la porte qui conduit au Piémont, par les soldats
qui y étaient de garde, lesquels tentèrent de le pendre,
il évita la mort par les soins du citoyen Joseph Castellinard, un des déposants, et il ne fut laissé libre que
d'après un billet du général d'Anselme, qui ordonnait à ladite garde de le laisser partir, puisqu'il s'en
allait de son ordre
Considérant que tous ces faits sont devenus de notoriété publique dans cette commune, dès le même
jour 30 septembre et Ier octobre suivant, ainsi que
quatre témoins l'ont attesté.
Considérant que le citoyen Valperga ne s'est absenté de cette commune et ci-devant Comté de Nice
que d'après les ordres du général d'Anselme auquel il
témoigna son regret.
Considérant que le départ du citoyen Valperga
ayant été forcé il ne peut pas être qualifié d'émigration.
Considérant que son intention de rester dans cette
commune est d'autant plus constatée, que le citoyen
Valperga a été le seul fonctionnaire public, il soit
resté à son poste, n'ayant soustrait aucun des meubles
et effets de sa maison, lesquels ont été ensuite distraits
et vendus par la Nation.
Considérant que le citoyen Valperga ne peut être
non plus considéré comme réfractaire aux lois de la
République, tandis qu'à l'époque de son départ de cette
commune, aucune loi de la République, surtout à
l'égard des ecclésiastiques, n'y avait été encore publiée
à laquelle eut pu contrevenir.

�— 58 —
Considérant que le citoyen Valperga ne pouvant
être considéré ni comme émigré, ni comme réfractaire, ne pouvait être privé de ses propriétés laissées
dans cette commune lors de son départ, sous la sauvegarde de la loi et de la Nation française qui lui fut
accordée par le général d'Anselme, et qui étant digne
de la loyauté de cette Nation, ne pouvait être violée
sans blesser le droit des gens.
Considérant au surplus, que le citoyen Valperga,
originaire piémontais, ne faisait sa résidence à Nice,
qu'à raison de son épiscopat, ce qui ne donne qu'une
résidence easuelle, et que sous tous les rapports, il
n'a cessé d'être étranger à l'égard du pays de Nice et
de la France.
Considérant que l'article 6, section deux, N° 2 de
la Loi du 25 Brumaire (15 novembre 1794) en déclarant émigrés les citoyens domiciliés dans le cidevant comté de Nice, qui sont sortis depuis le 27
septembre 1792, n'a point porté atteinte au droit des
gens dans la personne de l'étranger, qui se trouvait
dans ce même pays, où il n'aurait pas établi son vrai
domicile.
Considérant que le citoyen Valperga, qui avait été
forcé par le gouvernement de partir de Nice, n'a dû
plus y revenir dans le terme même prescrit par les
lois aux citoyens de la ci-devant Comté de Nice,
puisqu'il ne devait point imaginer qu'il fut compris
dans l'invitation, malgré qu'il ait été porté sur la
liste des émigrés.
Considérant que ce nonobstant, lorsqu'il sut qu'il
avait été porté sur la liste des émigrés de cette commune, s'est empressé de présenter sadite pétition
du 22 Juillet 1793 dans laquelle il demanda non seulement la radiation de son nom de ladite liste, mais
encore un délai convenable pour rentrer dans cette
commune, soit comme simple citoyen, ou comme
fonctionnaire public, ainsi que la restitution de ses
propriétés par lui laissées sous la sauvegarde de la
loyauté française dans la maison êpiscopale lors de sa
retraite forcée, ou une juste indemnité de leur valeur.

�- 59 Considérant finalement que,d'après toutes les circonstances sus-ênoncèes, aucune loi concernant les
émigrés ne peut être applicable au citoyen Valperga,
et que toutes celles qui pourraient le regarder relatives au séquestre des biens appartenant aux habitants
des pays en guerre avec la République française ont
été rapportées par le décret du 14 Ventôse dernier
(4 mars 1795). •
Le Directoire du district de Nice, oui le procureur syndic, est d'avis que le citoyen Charles-Eugène
Valperga ci-devant évêque de Nice ne doit point être
considéré émigré.
Qu'il doit être rayé de la liste des émigrés, que le
séquestre apposé sur ses propriétés doit être levé, qu'il
doit être réintégré dans la possession et jouissance
d'iceux, que tous receveurs ou dépositaires doivent
lui restituer les sommes qu'ils ont perçues, résultant
du produit desdites propriétés et qu'il doit recevoir
la juste indemnité des meubles et effets qui seraient
passés au profit de la Nation.
Fait à Nice, dans la salle des séances le 5me Vendémiaire an 4me républicain (27 sept. 1795). Signé
Saytour Martin. Verani,
procureur syndic, Angles v. prés.
Touzelly. Jn Coppon fils.
Enregistré au feuil. 20 registre des prévenus
d'émigration et signé BARRAIA, commis greffier.
Certifié conforme par nous Ve président et secrétaire du district Jn COPPON Fils V,-PRÉSIDENT
BARRAIA Cis greffier.
A rch. Nat. F 7 4867

2

�— 6o —

Pièce 9.

LIBERTÉ (vignette) ÉGALITÉ
BUREAU DES
ÉMIGRÉS

Extrait des registres des délibérations et arrêtés de
l'Administration Centrale du département des Alpes Maritimes.
(2

juin 1797)

Séance du quatorze Prairial an 5mf de
la République française une et indivisible.
Sur le rapport d-e la pétition présentée par le
citoyen Pierre Joseph Passeron, procureur fondé de
Monsieur Charles Valperga, ci-devant évêque de
Nice, dans laquelle il expose que ledit Charles Valperga n'a jamais dû être atteint des lois relatives à
l'émigration, soit qu'on le considère comme parti en
suite d'une force majeure, soit en sa qualité de piémontais et demande en conséquence la radiation de
son nom de la liste des Emigrés, sa réintégration
dans la possession et jouissance de ses propriétés et
une juste indemnité, des meubles et effets qui sont
passés au profit de la République.
L'Administration Centrale du département des
Alpes-Maritimes, considérant que M. Charles Valperga, comme piémontais, n'habitant Nice que pour
cause de son emploi, n'aurait jamais dû être porté
sur la liste des émigrés du département.
Que le seul motif qui a pu déterminer le général
d'Anselme à lui ordonner de partir de la ville de
Nice, ne peut avoir été que la susdite qualité de
piémontais.
Considérant enfin, que comme sujet du roi de
Sardaigne, il est dans le cas de jouir de l'article i,r
de la loi du quatorze nivôse an troisième, (} janvier
1795), ainsi que de l'article neuf de la loi du trente
Floréal an quatrième, (19 mai 1796).
Arrête, oui le commissaire du Directoire Exécutif
que le nom de Valperga, ci-devant évêque de Nice,
qui se trouve inscrit sur la liste des émigrés, sera

�— 6i —

provisoirement rayé ; que tout séquestre qui pourrait
avoir été mis sur ses biens sera levé, qu'il sera réintégré dans la possession et jouissance de ses propriétés,
et que toutes les sommes versées dans les caisses publiques, lui seront rendues, déduction faite des frais
faits conformément aux lois.
Fait et arrêté* en séance publique le jour, mois et
an que dessus.
Signé : Donny, président Payani, fils, Scudéry,
Oberti, Hancy (et en marge Gastaud commissaire
du Directoire Exécutif).
Certifié conforme à l'original par nous président
et secrétaire de l'Administration centrale du départemeni des Alpes-Maritimes.
DONNY, président
BELMONDI, sec. chef au bureau des émigrés.
Arch. Nat. F 7 4867 2

ACTE DE CAUTIONNEMENT
Pièce 10.

11 fructidor anV (2&amp; août 1797)
LIBERTÉ ÉGALITÉ
Ce jourdTiui 11 fructidor an 5 de la République
française une et indivisible (28 août 1797) par devant nous, membres composant l'Administration
centrale du département des Alpes-Maritimes, est
comparu le citoyen Joseph Passeron, natif de Contes,
chef-lieu de canton, domicilié dans cette commune,
procureur fondé de Monsieur Charles Valperga, cidevant évêque de Nice, en vertu d'acte de procuration du 20 juillet et premier août 1795 (v. s.) lequel
en sadite qualité, dépendamment à l'arrêté de cette
administration du quatorze prairial an cinq (2 juin
1797) portant que le nom de Valperga, ci-devant
évêque de Nice, sera provisoirement rayé de la liste
des émigrés, que tout séquestre qui pourrait avoir
été mis sur ses biens sera levé, qu'il sera réintégré
dans la possession et jouissance de ses propriétés, et

�— 62 —

que toutes les sommes versées dans les caisses publiques lui seront rendues, déduction faite des frais
faits, conformément aux lois, désirant de se conformer au porté par l'article 3 de la loi du 5 Brumaire
an 3 (26 octobre 1794) qui exprime que les prévenus
d'émigration seront tenus de donner caution solvable de la valeur mobilier, et ne pourront obtenir
leurs immeubles jusqu'à ce qu'il ait été définitivement statué sur leurs réclamations par qui de droit,
toujours en sa dite qualité a présenté pour caution le
citoyen François Grosson, marchand drapier de cette
commune, lequel ici prése.it et acceptant, s'oblige
conjointement et solidairement avec ledit Valperga
et pour celui-ci ledit Joseph Passeron, et sous l'hypothèque de tous leurs frens présents et à venir, à l'entière exécution de ce qui les concerne en la susdite
loi, et à la représention des mobiliers, effets et sommes à percevoir en dépôt que besoin sera, et quant
aux mobiliers invendus et en dépôt seront soumis
d'en représenter la valeur à laquelle seront estimés
par experts, préalable rémission.
Et nous, administrateurs susdits approuvant lesdits
cautionnement et acte de soumission, à la réquisition
dudit citoyen Joseph Passeron, avons dressé le présent acte que toutes les parties ont signé avec nous,
ayant au préalable fait renoncer audit François Grosson au droit de premier convenir.
Fait à Nice les jours, mois et an que dessus.
Joseph

PASSERON,

François GROSSON,
prés., PAYANY FILS,
MARUN-SAYTOUR, sec. en chef

HANCY, DONNY,
P.

Acte original sur timbre de 20 centime*.
Arch. Nat. F

7 4867^

�— 63 -

CONCLUSION

Il était avéré pour tous, dans la ville de Nice, que Mgr
Valperga était parti contre son gré et si la première Administration départementale, installée au mois de Mai 1793,
l'avait inscrit sur la liste des émigrés de Nice, c'était à la
suite d'une réponse faite par le ministre de l'Intérieur, Garât,
aux questions à lui posées par le Directoire des Colons Marseillais sur la conduite à tenir vis-à-vis de l'évêque.
Les questions avaient été envoyées à Paris, vers la fin
de Février 1793, et la réponse du ministre ne parvint à Nice
qu'au milieu de juin suivant, soit quelques jours avant la
publication de la liste des émigrés. Les réclamations de
l'évêque, retiré à Turin dans sa famille, furent présentées
le 22 juillet 1793 (1) ; mais comme beaucoup d'autres, elles
s'entassèrent dans les bureaux du Département, qui n'y
répondit même pas.
Cette réclamation fut présentée au nom de l'évêque par JeanJacques Donny au Département. lîlle figure en original au dossier
Valperga.
Voir ci-dessus.
Le registre des délibérations du département manque aux Archives pour les derniers mois de 1793, exactement du Ier mai au 10
Novembre, comme pour les six derniers mois de 1797 et l'année entière de 1798, exactement du 8 Messidor an V (26 Juin 1797) au 25
Pluviôse an VII (13 février 1799).
C'est-à-dire pour les deux périodes les plus troublées et cette
disparition est tout au moins étrange.
Elle doit être vraisemblablement attribuée à certains hommes
politiques désireux de laisser dans l'oubli leur conduite durant ces
deux époques.

�- 64 On était dans la période la plus aiguë et, en pleine
Terreur.
Après le 9 Thermidor et, surtout après la venue à Nice
du représentant Beffroy, au mois de Floréal, an III (Mai
I795)»
les esprits devinrent plus calmes, les administrations plus pondérées. C'est alors que, sur de nouvelles demandes présentées au District, et sur avis favbrable de
celui-ci, le département des Alpes-Maritimes accorda à Mgr
Valperga sa radiation provisoire, le 14 Prairial, an V (2 Juin
1797). Comme on le voit, l'affaire avait traîné en longueur.
Il semblait alors que rien ne s'opposait plus à la rentrée
de l'évêque : le 11 Fructidor, an V (28 Août 1797), le Département avait agréé la caution de François Grosson (1) ;
les biens de l'évêque allaient lui être rendus, et il pourrait
rentrer.
Mais huit jours après, le coup d'Etat du 18 Fructidor (4
septembre 1797) remettait le pouvoir aux mains des Jacobins, la guerre aux émigrés et aux ecclésiastiques, en particulier, reprit avec âpreté. Pe département des Alpes-Maritimes se vit accusé d'avoir préparé une rentrée triomphale à l'évêque, son arrêté du 14 Prairial resta sans effet
et, en vertu de la loi du 19 Fructidor (5 septembre), les
scellés furent de nouveau apposés sur les biens de Mgr Valperga par deux commissaires municipaux (2).
En vain, l'évêque de Nice, fit intervenir auprès du Directoire Balbi, l'ambassadeur du Roi de Sardaigne à Paris,
le dossier de sa demande en radiation fut examiné sans
aucune bienveillance.
(1) L/Acte original de ce cautionnement sur timbre est aux
Arch. des Alp.-Maritimes Q. 10.
(2) Mise de scellés sur les biens de Charles Eugène Valperga par
deux commissaires de la municipalité de Nice. Une scéance, 6 livres.
Dépense approuvée par le Département, en Germinal an VI (avril
1798). Arch. des A. M. Q. 11.
Mgr Valperga ne possédait à Nice aucun immeuble et il devait
rester fort peu de chose de son mobilier après la vente qui en avait
été faite en Ventôse an III. La bibliothèque de l'évêché avait été déclarée bien national et la caisse diocésaine avait disparue en octobre 1792
sans laisser de traces dans les pièces administratives. Le séquestre
a été apposé sur les biens de nombreux émigrés rayés provisoirement.
On peut en voir la liste aux Archives des A. M. Q. 10, où Valperga
figure sous le N° 65.

�- 65
Á la suite de la lettre de Balby datée de Paris le 7 février
1798, le ministre de la police demanda à ses Bureaux un
rapport sur l'affaire Valperga. Pe voici tel qu'il se trouve
en minute au dossier.
Attendu que rien ne tend à constater le prétendu ordre
de quitter Nice, d'où il suit qu'il faut en croire sur parole
l'émigré.
Qu'à raison de son domicile, il était tenu de rentrer sur
le territoire dans les délais voulus par les lois.
Qu'il est atteint par la déchéance et n'a réclamé que
l'an V.
Qu'il ne paraît pas y avoir lieu de violer la loi en faveur
de cet ex-évêque dont la rentrée prohibée par la Constitution serait d'une influence dangereuse.
J'estime qu'il y a lieu à proposer la maintenue sauf
à prendre des renseignements si toutefois on les trouve
indispensables.
CAIGNART,
Sous-chef (2e Bureau).
En tête de cette minute est écrit :
« Je pense qu'il y a lieu à instruction et à prendre
des renseignements près les Administrateurs du département_des Alpes-Maritimes. »
Signature illisible (1).
Ces renseignements furent-ils demandés ? C'est probable et cela explique que bien des pièces du dossier Valperga sont en double expédition. Plus d'une année s'écoula
encore, avant que fut prise une décision et finalement sur
un rapport défavorable de la Commission d'examen instituée près le Ministère de la police pour l'étude des demandes en radiation, le Directoire exécutif signa le 7 Floréal
an VII, (26 avril 1799) un arrêté qui maintenait définitivement, sur la liste des émigrés, Mgr Valperga et annulait
toutes les décisions rendues antérieurement, en sa faveur,
par les. autorités locales.
(1) Arch. Nation. F 7 4862 2 dossier Valperga. Rapport de la
3 me Division du Ministère de la police, sans date mais joint à la
lettre de Balbi.
»

�- 66 -

Varrêté du Directoire parvint à Nice les premiers
jours de Prairial an VII (Mai 99) et fut immédiatement
mis à exécution. (1).
*

* *

Ainsi donc Mgr Valperga expulsé ne put jamais obtenir
de rentrer, les lois sur l'émigration étaient tellement embrouillées et tyranniques qu'une fois inscrit sur une liste
d'émigrés, il était extrêmement difficile de s'en faire rayer
malgré toutes les démarches ; car on se heurtait sans cesse
à des questions de forme et de procédure ce qui permettait
à la malveillance de s'exercer tout à fait à l'aise sous le
couvert de la légalité.
A. J.

PvANCE-BOURREY.

(1) De 21 Floréal an VII (10 mai 1799), il fut communiqué
par le ministre de la police générale de la République aux diverses
administrations intéressées et aux Commissaire du Directoire exécutif
près le département des Alpes-Maritimes. Celui-ci par lettre du 3
prairial (22 mai 1799) demanda au Département de le transmettre
à la Municipalité de Nice, ce qui fut fait le même jour avec ordre
de le transcrire sur ses registres, de faire apposer les scellés ou séquestre sur tous les biens meubles et immeubles de l'évêque si ce
n'est déjà fait, et de mi notifier sans délai la décision prise à son égard.
Voir lettre du Département à la Municipalité, celle du Commissaire au Département, 3 Prairial an VII avec la réponse du Département 4 Prairial.
Arch.. des A. M. Q. 1 et 2 et Arch. Nationales, dossier Valperga,

�NIÇA LA BELLA
VERS DE /.

Giordan,

su

DE CARTA POUSTALA

Ai rai dôu nouostre bouon soulèu
Venon s'escaufar toui lu lùssi ;
Es un meravihous tablèu,
Ai rai dôu nouostre bouon soulèu,
Trouvas, dou Var fin au Castèu,
Anglés, Rouman, Danesi, Rùssi :
Ai rai dôu nouostre bouon soulèu
Venon s'escaufar toui lu lùssi.
Pèr tu, as touti li bèuta,
Terra de lus e d'alegria,
D'un ciel d'azur, as la clartà,
Pèr tu, as touti li bèuta.
De l'univers, en verità,
Siès la uechièma meravia ;
Pèr tu, as touti li bèutà,
Terra de lus e d'alegria.
Dintre lou tèmp, Semiramis
Faguet basti, à Babilouna,
Pu siéu jardin, vèr paradis !
Soubre Paioun, degun s'estouna
De vèire, ancuèi, lou paumoulié
Drissar au ciel la siéu coulouna
E lou galofre, e l'anemouna
Flouri emb'au pourtegalié.
De bouon matin, quitant maioun
Pèr la journada touta'ntiera,
S'en va lavar, dintre Paioun
Pa bugadiera.
D'un glourious passat es fiera
Perqué, d'un tèmp, sus lou bastioun
Au Turc, arranquèt la bandiera
Pa bugadiera.

�fet 68 —

Sau de fouora fa freï,
Que brima,
A Niça, sus lou Quèi,
Si rima.
Pescadou, fourestié,
De la mar bressarella,
Escouton voulountié
Pa doussa cantinella.
L'AVOUCAT

PATTA

L'estudi de l'avoucat Patta es en plen aria ; si tèn lou matin
couma lou predinà su la plaça dôu Palai. Es un ome pichounet,
touplen raplot, li pocha enfli de papiè de touta mers. En lu vièi
quartiè es proun counouissut e li capelada, « Bouonjou Moussu
l'Avoucat », noun li mancon. Es ben m'ai juge, proucuradou, etc.
Lu siéu ounourari soun bouon pati e n'a de preferença pèr
qu si sigue. Parla au premier maufatan vengut, couma se fousse
un agnèu que vén de naisse ; lou créancier o lou débiteur soun
tratat su lou même pen... basta que mouson...
L'avoucat Patta es de noutarietà reputat pèr un ome judicious, òunest — au noun si flata de l'estre au jou d'ancuei ; —
finda counouisse, es en relacioun d'afaire emê de gros persou nage que dintre la finança dôu siéu coumerce, soun quasi d'usurari. Sau menajar la cabra e lou caulè ; e pèr que la mouneda
noun li escapa si desbrouïa e si mete dôu cousta dôu manche...
d'aquéu que casca lou de mai...
Acò fa que toui lu matin que lou Bouon Diéu a fach, la siéu
doumestica mete toujou quaucaren au fuec. Lou dimeneghe, coum'un bouon crestian, — tartufaria que lou pauva, — va audi la
gran'messa à Santa Réparada, fa la siesta e à la calada dóu soulèu,
passeja su lou Cours, pastrouia, fa lu cent pas, noun parla que de
lei, proucès, citacioun, ensin alestisse lou travail dôu dilun...
Lendeman empastra ben d'afaire, mete facilamen en lou sac
Moussu Tout'Un emé Moussu Tout'Autre... En éu que li pòu
faire ?... lança dapertout lou broumech, tant pis pèr aquéu que si
laissa agantar. Quaranta sóu es lou près d'atac e vous pregui de
crèire que douna pas la siéu journada pèr doui o tres escut.
L'avoucat Patta counouisse l'usança dôu païs... s'avès touort,
vous rouïa, s'avès pi rasoun, v'espia... Que voulès aima manjar
lou pei, lou pei que noun aiguë d'espina...
JULI EYNAUDI.

�-«9VA

MAU ! !

Va màu, cresé-vous, que va màu 1
En l'orizoun lou voile negre
N'es qu'un gran camp cargat de pebre,
Qu'à pala lou jeten davan,
Avuglan finda lu cavau 1
Lu canoun soun su li frountièra,
Alignât couma de barriera,
N'esperon plus que lou signàu !
Lou soulèu, aquel animàu !
Stan, noun vòu levà la vela,
Si foundon couma des candela
Enb'aquèu coust dôu diàu !
Le Giacouuda à cóu de d/stràu
Li fan petà li sièu moulura...
Ah ! dèu faire bella figura
Se l'an foutuda en quauqua tràu
Lou pan crèise, finda la sàu,
Lou sucre dintre li boutiga
Mounta ben mai que de boufiga !
Van jusque crèise lou rampàu
E la pèu que fau lou tambau ;
Metran de drech su li nourriça,
Su lu chichi, su li saucissa,
Perqué pas soubre lu magàu ?
E lou Prussian, marrit bertàu,
Noun sabon fa que de babïa,
Per lou Maroc e l'Algèria,
Se faran mètre lou mourràu !
Li serreren toui lou pourtàu
E pi veiren touta la França
Davan la sieù grossa arougança
Se noun si sau garda li clàu !
Es de rima d'un manechàu,
Ma sien d'estiéu, vesin, vesina,
Li passeres en la resina
Avant que vegon l'espitau !
CHARLES CIAUDO

�Valère Bernard
Tout en heurtant le marteau contre la porte de M. Valère
Bernard je songeais. Je me suis complu dans le plus souriant
mépris des idoles. L'ironie a tremblé sur mes lèvres quand
la Provence a dans un ravissement de joie acclamé le poète de
Maillanne. Cette mascarade d'apothéose me répugnait.
Et maintenant la curiosité me fourvoyait dans le studio
d'un consciencieux artiste que les felibres couvraient de gloire.
Elève de Puvis de Chavannes M. Valère Bernard pasticha le
Maître. Mais vite il eût l'intuition qu'à se perdre dans les sentiers
battus il courrait risque de compromettre son crédit. Il dit
adieu à Paris et vint dans Marseille, l'opulente cité.
A cette époque vivait un exquis écrivain, J. Lombard. Il venait de publier deux œuvres d'une grandiose beauté, VAgonie et
Bysance. Dans un style étrangement tourmenté il contait les
luttes entre les factions d'Orient, illuminant son œuvre des
splendeurs bysantines.
Valère Bernard vit Jean Lombard, et du même coup les belles
au bois qui dormaient en son âme s'éveillèrent. Il délaissa les
études académiques, les pastiches sans vie, et d'ardentes couleurs
chargèrent ses toiles.
Voici le triomphe des rois Babyloniens. Sur les voûtes d'un
palais impérial passent des gardes étincelants dans la pourpre et
la soie. L'or envahit les hautes colonnes de jaspe bleu. Involontairement on pense aux fantastiques demeures hantées par des
fées émeraudes et des princesses aux perversités troublantes.
Et je m'imagine que le peintre était sous le charme de la
légende quand il a peint cette courtisanne qui sourit à son miroir tout en jouant négligeamment avec sa chevelure d'or. Et
puis passent Venise la rouge, Marseille enveloppé dans la poussière d'or du crépuscule, des motifs à la Watteau peints par un
bysantin, toute une apothéose.
Mais une idée m'obsède, tandis que dans la grise clarté d'un
soir automnal s'éteignent les fauves éclairs jaillis de ces radieuses
toiles. L'idéalisation du passé me paraît cruelle. Les générations
endormies dans la Mort ont eu leurs misères/leurs rancœurs, je
pense qu'il est absurde de s'écrier avec Musset « qu'aux temps
jadis tout était heureux jusqu'aux douleurs humaines. » En vain
l'apostat s'attriste-t-il sur les vieillards immortels de l'antique

�- 7i

—

lonie, â ses oreilles résonnent les paroles de l'Hiérophante : « La
Helladi que tu aimes n'a jamais existé ».
Mais M. Valère Bernard brise ma rêverie, et mes yeux se
portent.sur des portraits appendus au mur. Profils d'espagnol ou
d'américain mitigés d'espagnol, comme on en croise maintes fois
sur la Cannebière.
Homme universel ne puis-je m'empêcher de m'êcrier. M.
Valère Bernard sourit. Il siérait dit-il, à mi voix, de se développer en profondeur. Toutefois il est beau de se dire sur le
tard de sa vie que l'on a fait vibrer toute son âme. Ici le maître
rejoint Néron. Il m'aide à comprendre cet inquiétant empereur.
Mais encore faut-il que tout en étant l'homme universel on ne
sombre pas dans la banalité. De méchantes œuvres d'art peuvent
avoir leur prix.
Une idée se lève devant moi. Labruyère me petsuade que
l'honnête homme de Pascal propre à tout en définitive n'est propre à rien. La spécialisation inintelligente, mène à l'erreur, j'en
conviens, mais en fait elle est une loi générale.
Et ceci est pour me plaire, car j'abhorre dissiper mon énergie,
j'aime le repliement, la frissonnante pudeur qu'effarouche les
vaines ostentations. Je goûte les peintres du passé et malgré ma
philosophie j'adore les peuples disparus. Volontiers j'implorerai
avec la Cassandre de Schiller la cécité, l'exquise cécité. Le sou
venir a plus de puissance sur moi que l'espoir.
Et sous des deux gris, en des pays étrangers désolants de
médiocrité, il m'est arrivé de pleurer plus amèrement que ne
pleura Xerxès aux rives d'Abydos.
J. PADOVANI.
PROUVERB1, BOUOI MOT, COUNSÈU E DICH
Vèuva que si marida,
Dèu perdre la lus e l'audida.
Fiha madura,
Lou pouorta à la centura.
En cuntant su lu det :
Aquéu a fa l'óu ;
Aquéu l'es anat cercar,
Aquéu l'a fa cuèire,
Aquéu l'a manjat,
E lou pichoun n'a ren tastat !

�— 73 —
LE

DÉSESPOIR

Oui, j'ai la mort dans l'âme ; oui, je monte au calvaire ;
Mon horizon, hier si beau, s'est obscurci ;
Je hais tous les devoirs et tout ce qu'on révère :
Mieux vaut mourir que vivre ainsi !
Puisque je n'y puis rien ; que la raison humaine
Ne gagne plus un cœur où mon cœur est entré,
Je veux briser mes jours comme on brise une chaîne
Et m'enfuir en désespéré.
Qu'est-ce donc que la mort ? C'est la paix éternelle,
C'est un beau drap de fleurs sur mon sein endormi,
C'est la nature calme, auguste et solennelle
Qui nous prête un repos ami.
O nature de Dieu contemple ma détresse !
Ecoute tout mon sang dans mon cœur s'épancher
Et, puisque je n'ai plus le lit de ma maîtresse,
C'est au tien que je veux coucher ;
C'est toi la grande mère et la nourrice immense !
L'homme au sort le plus âpre et l'homme au sort plus beau
Retrouvent dans ton sein leur part de ta clémence :
L'un l'amour, l'autre le tombeau
Tu sais, toi qui vois tout, ce qu'ici bas je souffre,
Que je n'ai point béni l'instant de mon réveil
Et que j'ai regardé, toujours, du fond du gouffre,
Les bords ou brillait le soleil ;
Que je n'ai bu jamais que dans la coupe amère,
Que le seuil du bonheur me fut toujours fermé,
Que j'ai perdu mes fils, que j'ai perdu ma mère
Et tous les cœurs qui m'ont aimé !
Maintenant je m'en vais, battant du front, comme ivre,
En proie à ce grand deuil qui me courbe en vainqueur,
Et je veux déchirer ma vie, avec le livre
Des chastes sanglots de mon cœur ;
Et toi, rayon divin, génie, ardent délire,
Flambeau qui n'iras plus briller sur son autel,
Eternise du moins ces larmes de ma lyre
Et que mon cri soit immortel !
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Noumbre d'or
Epato (Grégori)
Cicle soulari
Endicioun roum.......

Febrié
Mai
Setèmbre.,.
Desembre.

14
22
18
11

Letra doumenicala

12,
14,
17,
17,

14 e 15
16 e 17
19 e 20
19 e 20

E

Jî la Providence, 1{ue de la Préfecture /4, }}run, Sibraire

LI

QUATRE

SESOUN

Lou prmtèms coumença lou 21 mars
L'estiéu
—
— 22 Jun
L'autoum
—
— 23 sept,
L'iver
—
— 22 dés.
FESTA

Septuagesima
19 Janvié
Cendre
5 Febrié
Pasca
23 Mars
Rougacioun 28, 29, 30 Abriéu
Ascensioun
1er Mai

à 5.18 m.
à 1.10 m.
à 3.53 m.
à 10.35 m.

dôu
dôu
dôu
dôu

matin
matin
sera
matin

MOUBILI

Pantecousta
Trinità
Festa de Diéu
1" Diiuenegue de
30 Novembre

11 Mai
15 Mai
22 Mai
l'Avènt

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VÉNT

Lu vènt que souflon à Niça, dintre lou cours de l'annada,
soun au nombre de 16. Vequi li sièu denouminacioun courenti,
pihadi, en general, dai loucalità dei quali parèisson veni :
Nord ..
N.-O.-E.
N.-E. ..
E.-N.-E..
E. N. E.
E.-S.-E..
S.-E. ..
S.-S.-E-.

Tramountana
Grek Tramountana
Grego
Levant
Levant
Levant
Siroco, vènt marin
Mie jou Siroc

Sud.... Mie jou
S.-S.-O.. Miejou Lebech
S. O. .. Lebech
O.-S.-O. Pounènt Lebech
Ouest. . Pounènt
O.-N.-O.V. Pounènt Maistràu
N.-O. .. Maistrau
N.-N.-O. Maistrau Tramount

VIGÍLIA — JÈUNI
22
30
10
14
31
24

Mars
Abrièu
Mai
Avoust
Outoubre
Desembre

(Pasca, 23 Mars)
(Ascensioun, Ier Mai)
(Pantecousta, 11 Mai)
(Assoumpcioun, 15 Avoust)
(Toui lu Sant, Ier Nouvembre)
(Calena, 25 Desembre)

L'ANNADA RELIGIOUSA
LI FESTA MOUBILI E

LI FESTA FÏSSI

febrié

Janviê
1 Circouncisioun.
6 Epifania (lu Rei).
13 Batejà de J.-C.
14 Sant Noum de Jesù.
19 Setuagesima.
26 Sexagesima.

2
5
6
9
12
13

Purificacioun.
Cendre.
Festa de la Pr. de N. S.
Quadragesima.
14-15 Quatre-tèms.
Coum. de la Passioun.
16 Reminiscere.
23 Oculi.

�Jtfars
2 Lœtare.
9
16
21
23
29
30

Passioun.
Lu Rampàu.
Divendre Sant.
Pasca.
Li 7 Doulou.
Quasimodo.

j/îbriêu
28-29-30 Rougacioun.

jYtai
1 Ascensioun.
3 Inv. de la Santa Crous.
11 Pantecousta.
14-16 17 Quatre-tèms.
18 Trinità.
22 Festa de Dièu.

Jîvoust
6 Transfiguracioun.
15
18
25
26
29

Assoumpcioun.
S. Joachim.
S. Couor de la Vierge.
S. Louis.
Decolac. de S. Jouan-Bat.

8
14
15
15
17
29

Natività de la Vierge.
Esaltacioun de la Crous.
N. D. dei 7 Doulou.
San Noum de Maria.
Quatre-Tèms.
Dédie, de S. Miquéu.

6
13
20
27

Sant Rousari.
Maternità de la Sta Vierge.
Puretà de la Santa Vierge.
Patrounage de la S. Vierge.

1
2
3
21
30

Touï lu Sant.
Lu Mouort.
Santi Reliquia.
Present, de la Sta Vierge.
Avent.

Setembre

Ouioubre

jYouvembre

Jun
9
21
24
29

Festa dôu S. Sacramen.
Sacrât Couor de Jesù.
Natività de S. Jouan-Bat.
SS. Peire e Paul.

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2 Visitation de la S. V.
7 Precious Sang.
16 N.-D. dôu Carme.

2&gt;esembre
8 Imaculata Councepcioun
17, 19, 20, Quatre-Tems.
25 Calena.

LEÇOUN DE CATECHISME
Un prèire dôu Gesu enterougava un pichoun su lou siéu
catéchisme e li demandava :
— Doun es Diéu ?
— Vous respouonderai, li di l'enfant, quoura m'aurès
dich doun noun pôu estre.

�xxxxxxxxxxxxx:::xxxxxxxxxxxxx
AMINISTRACIOUN MUNICIPALA
Mera : M. lou General Fr. Goiran
Ier MM. Bonnefuy-Sibour.
Ajount
Emile Muscat.
«.
Jousé Ventrue
«
3e
Jan Ricci.
«
4e
Juli Febvre
5e
Dr A. Bufîon.
6e
Dr J. Fighièra.
7e

Ier Ajount

M. Bonnefuy-Sibour
Encargat de l'ensemble de l'aministracioun sensa delegacioun speciala.
Recèu toui lu jou de io oura % à miejou.
2e Ajount

M. Emile Muscat
Recèu lou dilun, lou dimècre e lou dijôu de 5 a 6 dôu
sera.
Attrib. — Estrucioun publica (Escola, lycée, salla d'asile,
crècha). — Biblioutèca e Arquiva. — Countencious.

3e

Ajount

M. Jousé Ventre
Recèu lou dilun, lou dimècre e lou divendre de

11 y2 dôu matin.

10 à

Attrib. — Coumerce e Indústria. — Agricultura. — Tribunal e Chambra de Coumerce. — Elecioun e lista eletourali.
— Cadastre. — Countribucioun. — Prud'ome. — Soucietà

�— 10 —
de Secours Mutual. — Festa publiqui. — Autourisacioun de
bal o de festa privadi.
4e Ajount
M. Jan Ricci
Recèu lou dimars, lou dijôu e lou dissata de 10 à n
Attrib. — Dassi. — Abatoir e lu servici. — Coumtabilità
generala. — Pouliça dei camin. — Estalage. — Marchand
ambulant. — Permès de staciounamen. — Voitura, cavau
e taxis. — Fiera e Marcat. — Caissa d'Espargna. — Sapurpoumpier.
5e Ajount
M. Juli Febvre
Recèu lou dimars, lou dijôu e lou dissata de 4 à 5.
Attrib. — Travai public. — Voiria urbana e rurala.
Jardin e proumenada. — Aïga, gaz, eclerage. — Ramassage.
— Arquitetura. — Bastissa coumunali. — Bei-Art. — Escola
d'Art decouratif. — Musée dei Bei Art. — Musée d'Istoria
naturela. — Teatre. — Musica Municipala e autri.
6e Ajount
M. lou. Dr A. Buîîon
Recèu lou dimars e lou divendre de 4 % à 6.
Attrib. — Igiena e salubrità. —Loujamen insalubre.
— Establissamen dangeirous e incòmode. — Epidèmia. —
Pouliça dei meurs. — Assistença publica. — Viei, infirme
e incurable. — Retreta Ouvriera. — Enfant assistât. — Proutecioun dei enfan dôu premié âge. — Espitau. — Establissamen de carità o de beneficensa. — Fouol.
7e Ajount
M. lou.Dr Jousé Fighiera
Recèu lou dimars e lou dissata. de 10 à 11 y2.
Attrib. — Estat-Civil. — Poumpa Funebri. — Cementeri.
— Culte. — Afaire Militari. — Abihamen.

�— II

PR^MIÉ

TRIMESTRE:
MARS

FEBRIE

JAN VIE
lu 7, à 10 oura 29 m.
lu 15, à 4 oura 02 s.
lu
a 3 oura 40 s.
lu 28, à 7 oura 35 m.
— !.. 8 U' — C. 4 42
SOULÈU
N.
P.
P.
D.

—

L.
Q.
L.
Q.

N. L.
P. Q.

lu 6,
lu 14,
lu 21,
D. Q. lu 27,
L. 7
SOULÈU,

5
8
2
9

oura
oura
oura
oura

22
34
04
16

m,
m.
lu.
s.

P. Q.
1'. L.
D. Q.

24'

SOULÈU ,

dis. S. Ignaci
Dim. La Çandeliera
Blasi
dil. S.
l)i mars-Gras
dim
Li Cendre
dim
Dim
dij. Sta A gat a
dil.
div. Sta Dorotea
dim.
dis S. Romuald
dim.
dij
9 Dim. Quadragesima
10 div.
10 dil. Sta Apoulounia
11 dis.
11! dim. S. Severin
12 dim. Quatre-tèms
12 Dim.
13 dij. S. Gregori
13 dil.
14! div. Sta Eufrasia
14 dim.
15 dis. S. Onesime
15 dim.
16 dij.
16' Dim. Reminisceri
17 div.
17i dil. Sta Mariana
18 dis.
18 dim. Sta Attiqua
19 dim. S. Eucher
19 Dim. Setuagesima
20 dij.. Sta Vitalina
20 dil. S. Bastian
21 div. S. Severian
21 dim. Sta Agnesa
22 dis. S. Silvan
22 dim. S. Vincent
23 dij. S. Raymound
23 Dim. Oculi
24 div. Sta Jacinta
24 dil. S. Pascase
Conv.
de
S.
Pau
25 dis.
25 dim. S. Cesari
26 dim. S. Nestor
26 Dim. Sexagesima
27 dij: S. Leandri
27 dil. Sta Devota
28 div. Sta Nourina
28 dim. Sta Paula
29 dim. S. Francès S.
30 dij. Sta MaitiDa
31 div. S. Peire N.
Lu jou crèisson :
dim.
dij.
div
dis.

Jou de l'An
S. Macari
Sta Genevieva
S. Tita
S. Simeoun
Lu Rei
S. Lucien
S. Apoulinari
S. Pèire
S. Guillaume
S. Teodore
S. Arcada
Sta Verònica
S. Ilari
S. Maurici
S. Ounourat
S. Antoni
Sta Angela

Lu jou crèisson :
lou matin....... 22 m.
lou sera
12 m.

1

lou matin
lou sera

lu
lu
lu
lu

47
46

ln&gt;

m.

dis.
Dim.
dil.
dim.
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div.
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Dim.
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dim.
dim.
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div.

dis.
Dim.
dil.
dim
dim.
dij.
div.
dis.
Dim.
dil.
dim.
dim.
dij.

8,
15,
22,
29,

à 0 oura 23
à 8 oura 58
à 11 oura 56
à 0 oura 58

m.
s.
m.
s.

L. 6 36' — C.5 32'

S. Eudoxii
Lœtari
S. Marin
Sta Cunegonda
S. Casimir
Sta Coleta
S Jouau de D.
Sta Félicia.
La Passionn
Lu 4" Marlir
S. Euloge
S. Gregori
Sta Eufrasia
Sta Matilda
S. Acepsima
Lu Rampàu
S. Patrici
S. Apien
s. Jôusé
Dijon San/
D i vendre Sani
Dissata Sant

Panca

StaCatarinadeS
Anounciada
S
Emanuèu
S. Jouan d'Egt
Gountraa
div. S.
dis. S. Hustase
Dim. Quasimodo
dil. Sta Balbina

Lu jou crèisson :
lou matin
î .o4 m.
lou sera
0.48 m.

VERMOUTH

�— 12 —

ABRIETJ
N. L. lu 6,
P. Q. lu 14,
P. L. lu 20,
D. Q
lu 28,
SOULÈU .

MAI

à 5 oura 49 s.
à S oura 40 m.
à 9 oura 35 s.
à 6 oura 09 m.

— L. 5 32'

C. 6 19'

dim. S.
dim. s.
dij. s.
3
4 div. s.
5 dis. s.
1
9

6
7
8
9
10
11
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27
28
29
30

Dim.
dil.
dim.
dim.
dij.
div.
dis.

Dira.
dil.
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dim.
dij.
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dis.
Dim.
dil
dim.
dim.
dij.
div.
dis.
Dim.
dil.
dim.
dim.

Ugo
Franç. de P.
Richard
Isidoro
Juliena
s. Celestin
s. Hegesippe
s. Albert, ev.
s. Azada.
s. Isidoro
s. Leourj
s. Juli
s. Justin
s. Valerian
Sta Anastasia
S. Frutuous
s. Rodolfe
s. Maxime
s. Anselme
s. Tcodoro
s. Adalbert
s. Fidèle
s. Jorgi
s. Marco
s. Clet
s. Antime
s. Aimé
Iiouqacioun
Sta Catarina d. S
SS. Philip., Jacq.

La jou crèisson :
lou matin
59 m.
lou sera
... 44 m.

N.
P.
P.
D.

L.
Q.
L.
Q.

lu 6,
lu 13,
lu 20,
lu 28,

SOULÈU.

18
19
20
21
22
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24

dij.
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Dim.
dil.
dim.
dim.
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dim.
dim.
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25
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31

Dim.
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dim.
dim.
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1
2
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14
15
16
17

JUN

8

oura 25 m.
H oura 45 m.
7 oura 18 m.
0 oura 04 m.
— L. 4 34' — C. 7 04'

N.
P.
P.
D.

i

Ascensioan
S. Atanase
In.d.l. Sta Crous
SS. Sindonis
S. Pio, papa
S. Jouan D.
S. Peire
S. Gregori N.
S. Antounin
S. Isidoro
Pandeconsta
S. Jouan lou S.
S. Pouon, m.
Quatre-tèms
S. Sta Dcnisa
S. Frutuous
S. Pascaù
Trin if à
S. Pèire C.
S. Felis.
S. Bernardini
Festa de Diéa
S. Didier
S. Vincen,d.L.
S. Urbin
S. Felipe
S. German
S. Cirile
Sta Petronïa
S. Sylve
S. Justin

Lu jou crèisson :
lou matin
4° mlou sera
41 m.

L.
Q.
L.
Q.

lu 4, â 7 oura 57 s.
lu 11, à 11 oura 4 s.
lu 18. à 5 oura 51 s.
lu 26, à 5 oura 41 s.

SOULÈU.

1 DIM.
2
dil.
3 dim.
4 dim.
dij.
5
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7 dis.
8
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29
30

Dira.
dil.
dim.
dim.
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div.
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Dira.
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dim.
dim.
dij.
div.
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Dim.
dil.
dim.
dim.
dij.
div.
dis.
Dira.
dil.

- L. 3 55'

—

C. 7 43'

S. Potin
Sta Blandina
S. Quirin
S. Francès C.
S. Lié
Couor de Jesù
S.
S.
Sta
S.
S.
S.
S.
S.
S.
Sta
S.
Sta
S.
S.
Sta
S.
S.
S.
S.
S.
S.
S.
S.

Medard
Optat
Margarida
Barnabé
Antoni de P.
Basilio
J.-F. Régis
Moudeste
Lambert
Olga
Gervai
Juliena F.
Louis de G.
Paulin
Maria d'O.
Jouan-B.
Prousper
Alban
Cresen
Iréné.
Pèire
Pàu
Tibàu

' Lu jou crèisson :
lou matin
2 m.
lou sera
i4 m.

VERMOUTH

�— 13 —

TROISIEME

AVOUST

JUL·IET
N.
P.
P.
D.

L'. lu Í, a
Q. lu 10, a
L. lu 18. à
0. lu 26j a
3
SOULÈU, - !..

1
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22
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26
27
28
29
30
31

i

5 oura 07 m.
9 oura 38 m.
6 oura 0" m.
9 oura 59 m.
53' — C. 7 55'

dim. S. Thierry
dira Vierg.de li Gracia
dij. S. Anatole
div. S. Pèire de L.
dis. S. Sisoès
Dim. S. Elie
dil. Sta Bahela
dim. S. Efrem
dim. Sta Felicita
dij. S. Pio
div. S. Jouan G.
dis. S. Gene
Dim. S. Jaque
dil. Festa Naciounala
dim. S. Enri
dim. N.D.d.M.Carmel
dij. Sta Marcelina
div. S FVederic
dis. S. Vincen de P.
Dim. Sta Margarida
dil. S. Vitor
dim. Sta Maria-Mad.
dim. S. Apoulinari
dij. Sta Cristina
div. S. Jaque
dis. Sta Anna
Dim. S. Pantaleoun
dil. S. Samsoun
dim. Sta Marta
dim. Sta Giulieta
dij. S. Gnaci de L.

1

Lu jou bàisson :
lou matin
3i m.
lou sera
26 m.

TRIMíJSTRBÎ

N
P
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L.
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SOULÈU.

1
2
3
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30
31

lu
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2,
9,
10,
25,
31,
1.
-

a
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Í

0 oura 58 s.
i oura 03 m.
8 oura 27 s.
0 oura 18 m.
8 oura 38 m.
23' - c. 7 28'

div. S. Pèire-aï Ldis. S. Alfonso
Dim Inv. de S. Estève
dil. S. Domenica
dim. N. D. dei Nèu
dim. Transf. de J. C.
dij. S. Gaétan
div. Sta Batilda
dis. S. Camilo d. L.
Dim. S. Làuren
dil. S. Septima
dim. Sta Clara
dim. Sta Filoumèna
dij. S. Ousèhi
div. Asonmpcioiin
dis. S. Roc
Dim. S. Jouachin
dil. Sta Elena
dim. S. Ipoulita
dim. S. Bernar
dij. Sta Chantai
div. S. Pio V
dis. S. Filipe B.
Dim. S. Bartoumiéu
dil. S. Louis, r. V.
dim. S. Segoundo
dim. S. Cesari
dij. S. Goustin
div. S. Mederic
dis. Sta Rosa
Dim. S. Fiacre

Lu fou bàisson :
lou matin
43 mlou sera
55 m.

SETEMBRE
P.
P.
D.
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Q. lu 7,
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Q. lu 23,
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SOULÈU. —

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1.5

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4
0
4

oura 06 s.
oura 46 s.
oura 30 s.
oura 57 m.

08' — c.

6 33'

1 dil. S. Gili
2 dim. S. Estève Pi.
3 dim. Sta Eufemia
4 dij. Sta Rosalia
5 div. S. Làuren J.
6 dis. S. Pambou
7 Dim. S. Grat
8 dil. Naiiv. de la V.
9 dim. S. Oumer
1U dim. S. Nicola
11 dij. S. Félis
12 div. S. Veran
13 dis. S. Amé
14 Dim. Es. d. l.S. Crous
15 dil. S. Nicomède
16 dim. S. Courneilla
17 dim.- Quatre-tèms
18 dij. S. Tournas V.
19 div. S. Janvié
20 dis. S. Eustache
21 Dim S. Matiéu
22 dil. S. Màurici
23 dim. Sta Tecla
24 dim. S. Girar
25 dij. S Firmen
26 div. S. Nil
27 dis. S. Nicandre
28 Dim. S. \\ inceslas
29 dil. g. Miquèu
30 dim. S. Jeromo
Lu jou bàisson :
lou matin
42 mlou sera
i.o3 m.

HâltlHI &amp; EdIIÏ

�- 14 QÜATRIÈ)MÍ:

OÜTOUBRE
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SOULÈU. - .

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NOUVÈMBRE
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Remi

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Lu jou bàissoii :
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SOULÈU, - -

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(i oura 35 s.
" oura 12 s.
7 oura 57 m.
1 oura
m.

42

6 30' — c.

4 30'

Ì dis. Toui lu Sunt
2 Dim. Lu Mouort
3 dil. S. Ubert
4 dim. S. Carlo B.
5 dim Sta Bertila
6 dij. S. Leounar

dis. S. Francès d'A.
5 Dim. S. Rousari
6 dil. S. Bruno
7 dim. S. Serge
Í
8 dim. Sta Reparada
8
9 dij. S. Denis
9
10 div. S. Francès B.
10
11 dis. S. Tarasco
11
12 Dim. S. Counrad
12
13 dil. S. Edouard
13
14 dim. S. Calisto
14
15 dim. Sta Teresa
15
16 dij. S. Ospici
16
17 div. Sta Edvija
17
18 dis. S. Luc
18
19 Dim S. Pèire
19
20 dil. S. Agricol
20
dim.
21
Sta Ursula
21
22 dim. S. Filip
22
23 dij. S. Teodoret
23
24 div. S. Magloire
25 dis. SS. Crespin Cr. 24
25
26 Dim. S. Joaan de K. 26
27 dil S. Frumeuce
27
28 dim. S. Alf'redo
28
29 dim. S. Narcisse
29
dij.
30
S. Marcel
30
31 div S. Siri
i 4

lot
lOL

TRIÍ

div. S. Nestou
dis. Lu Quatre Incou.

Dim. S.
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dim.
dim.
dij.
div.
dis.

Teodore

S.
S.
S.
S.
S.

Jacintou
Martin
René
Stanislas
Pantena
Sta Gertruda

Dim. S.
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dim.
dim.
dij.
div.
dis.

Edme
Gregori
Alfè
Sta Babeta
S. Edmon
Présent, de la V.
Sta Cecilia
S.
S.

Dim. S.

Clemen
Sta Flora
Sta Catarina
Sta Pelfina
S. Maxime
S. Sostène
S. Saturnin
Dim. A vent
dil
dim.
dim.
dij.
div.
dis.

Lu jou bàisson :
lou
lou sera

DESÈMBRE
P. Q.
P. L .
D. Q.
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3 55

dil. S. Eloi
dim. Sta Bibiana
dtm S. Francès X.
dij. Sta Barba
Bassi
div. S.
dis. S. Nicola

Dim

S. Anbrosi
dil Imac. Conception^
dim. Sta Leoucadia
dim. Sta Eulàlia
S. Damase
div. Sta Roselina
dis. Sta Lucia

Dim. S.

Niçaise
dil. S. Mesmin
dïm. S. Adon
dim. Quatre-tèins
S. Gatien
div. S. Ciprian
dis. S. Filogone
Dim. S. Tournas
dil. S. Onourat
dim. Sta Vitòria
dim. Cacha-fuec
dij. Calèna
div. S. Estève
dis. S. Jouan

Dim. SS. Iuoucent
dil. Sta EleoDOra
dim. S. Sabin
dim S. Sàuvestre
Lu jou bàisson de a5 m.
lou matin
e crèisson de 5 m. lou sera

TEBMOUTü

ART INI &amp;

lu
S, a
lu 18, a
lu 20, a
lu 27, a

�- 15 —

Grand Théâtre de Monte-Carlo
Directeur: R. GUNSBOURG

�16

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Vins de Ménage et d'Office

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Bureaux et caves :
67 RUE DE LA TERRASSE entre -«»— -«»— -a»—
— «» — —«»— (les rues du Palais et St François-de-Paule)
Succursale :
15, AVENUE DE LA GARE (Palais du Crédit Lyonnais)

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contre l'Incendie
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NICI

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Vie Humaine

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LA PRESERVATRICE
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L·LOYD'S ^_GS-ElSrO"X"
EXPERTISES MARITIMES COMMISSARIAT D'AVARIES
Agences à Monaco Cannes et Grasse

�- i; -

CROUNICA NIÇARDA
L/'Armanac Niçart a la pèu dura, persègue la siéu publicacioun maugrà lu escoumbuï de la vida. Mi côu vougar an
jou d'ancuei quasi soulet ; la miéu pichouna barca s'enroquerà pas. Tant que pouôdi mi teni au timoun, la mar es
pas toujou marrida e lou ciel à Niça es souventi fès seren.
Siéu urous d'aver assoustat, li a quauque an fa, de
coulabouratour que despi an fach lou siéu pichoun camin,
siéu fier encara d'aver pouscut publicar d'obra inedichi,
e se la gloriola de passage pousquesse estre de quauque
près, dirii finda que Y Armanac Niçart es estat lou premier
à dounar ai siéu letour de doucumènt istourique, pouesia
d'ilustracioun de prima man.

* *
Despi lou camin es dubert ; li codo, peira e peireta soun
levadi dôu mitan, toui si soun abrivat e lou miéu pichoun
couloumbié es despi l'oura abandounat, après d'aver servit
de nidou à touplen... Que mi resta d'aquela splendour
efemera ?. .. Ren o pas gran cauva de bouon : la nota de
l'emprimur à pagar !... e l'amistà de quauque amie lu quai,
côu lou recounouisse, m'an souventi-fès encourajat quoura
moudeste escrivan, ai publicat un'oubreta. Ma se noun
mi resta ren autre, ai pas men counservat la cuirassa e lu
côu que lu criticaire pouôdon mi pourtar s'aplatisson couma
se piquesson su d'un pan de burre. Ai fach d'esfouors, ai
cresut estre utile au miéu païs, se tanti fès n'ai pas réussit,
s'ai fach faussa routa, es pas la bouona voulountà que m'a
mancat.. ; es autra cauva !... que lu miéu detratour, —
marridi lenga, — vouogon ben recounouisse.
li'Armanac Niçart es toujou estat poulit, respetuous ;
aima plesentar, si piha garda de mancar quauqu'un, fa minga
persounalità e se parla una fès cad'an es pèr respouondre en
aquelu que dintre l'oumbra e lou mistèri l'atacon.
%

�i8 —
— Èen que n'aigui pas de dènt assè longui, mastègui
eouma pouôdi, mi resta encara doui bouoi caisselà, e lou
batarèu en remerciant Dièu debana qu'es un plesi... Se
grafigni quauquifès caressi quoura côu, ma que voulès siéu
sensible, crègni lou catigolo, noun mi laïssi trapiar, pi ben
que sigui de pichouna estatura — un verp de terra — mi
laissi pas metre lu pen su la couota.
La miéu draparïa es minça, transparènta, cadun pôu
liège à través cenque vouoli dire e maugrà que lou miéu
mantèu sigui de lustrina tantu n'an pas agut vergougna
de s'en curbi quauqu an fa'.
D'Académicien niçart n'ai counouissut mai que d'un ;
aurïon fach aloura una maladia se noun li aiguessi estampat
la siéu prosa o pouesia... D'autre, lou noum m'escapa, la
si soun esbignada... Ai encara souta lu uès una longa courespoundença que lou prova ; qu mi reclamava d'estre en
prima pagina, lou siéu noum que ressourtesse ; qu mi pregava de li metre « lou tout d'a-gangui « ; e passi souta silenci
touplen d'autre imourtal niçart que si dïon fier, urous, flatat,
de couloubourar à Y Armanac Niçart... A toui li calïa un
noumbre d'esemplari — à l'uèi va sensa dire, à titre d'encourajament — e lou jou de l'aparicioun, à lu audi charrar,
eron élu la pèira foundamentala, avïon tout fach despi
Y A fin au B... La gaseta parlava d'élu... e toui su lou bastion
de repetar : « Lou tau ?... escriéu su Y Armanac. —
Eri de moda !...
p
[•

*
*

*

D'aquéu fra-tèms Y Acadèmia Nissarda si founda, lou
Nice-Historique coumença à pihar voga, e lou regretat proufessour Enri Sappia que sabia cen qu'era la vaca enrabiada,
em'un zèle que recounouissi douna au sièu païs predilèt
tout cenqu'un pur niçart pôu dounar.
S'au jou d'ancuei lou Nice-Historique si felicita de la
siéu prougressioun noun côu pas que denembra l'orne que
mai que d'una fès a manjat de maigre moucèu... Es en aquel
orne que devès lou Nice-Historique vouostre enfan d'adoucioun ; se fouguesse estre sincère, li a de veiità que soun
toujou penibli à dire, sensa Sappia Y Acadèmia Nissarda
noun esisteria ; e se persegui en lou miéu amour de la verità,
devès la vouostra esistença o foundacioun à touplen d'autre.

�- ig —
t,'Armanac vous devîa ben acô... Lou souveni s'efaça tant
facilamen !...
Ma laissen aquela charra, noun m'aura ajudat qu'à
coumençar la miéu Crounica.

*
* *
UArmanac Niçart ientra couma pôu en la siéu nouvièma
annada d'esistença. Se trouvas qu'es abihat de mieja sesoun,
vous dirai que n'es pas à la paluègna que si counouisson li
cebeta... Ai tengut cônte dei bouoi counsèu e mi presenti
couma d'usança ai miéu letour e letrissa em'au sourire su
li labra pèr vous racontar de pichouni istourieta, vous rememourar quauque prouverbi, que liegerès emé plesî.
"L,'Armanac Niçart pôu estre lijut da toui, gran e pichoui,
divertisse l'un, enteressa tantu autre ; frisa jamai la groussieretà, basta e se n'aiguesse qu'una qualità, — de défaut
degun n'es esènt, — aquela qualità de counservar lou nouostre
franc-parlà, vouoli dire la lenga de la maire qu'un noun
pôu francamen denembrar, la cansoun dôu brès que nen
cantavon lu nouostre vièi, e que couste que couste voulen menteni.

*
* *

L'Armanac Niçart publica cad'an una paja d'istoria
loucala inedicha que lou dot e fidèle coulabouratour M.
l'Abat Rance-Bourrey escriéu espressi per lu miéu letour.
e que lu letrat, bibliofile niçart liejon toujou mé devoucioun. L'an passat nen dounet Y Expulsion de Mgr Valperga,
en septembre 1792 ; aquest'an l'istourien nen douna : L'Installation de Mgr Colonna-d'I^tria, evesque de Nice, en 1802.
Es un doucumènt d'istoria loucala requist qu'enriquissera
li nouostri coulecioun.

*
* *

Publiquèri de paja de Y Armoriai Nobiliaire et Historique de
l'Ancien Comté de Nice et des Alpes -Maritimes, de Jousè
Casai (1907) ai finda emprimat en coulabouracioun d'aquestou, un Catalogue Alphabétique du fonds de Nice que si
trouva à la Biblioutèca de Niça, ensinda qu'una reempressioun dôu Discours sur le Monastère de Sainte-Claire de
Nice, pèr Honoré Pastorelli, publicat d'après l'édicioun
originala de Turin en 1608, em'una entroducioun e de

�20 —
nota de l'abat Rance-Bourrey. Lu counouissur, en 1908,
lauderen aquesta reedlcioun.
*
Nicœa Civitas

L'Armanac Niçart felicita caudamen Y Acadèmia Nissarda d'aver fach pareisse la premiera partida dôu NicaaCivitas de Gioffredo, en francès. Aqui de bouon'obre.
Traducioun commençada per lôu proufessour Enri Sappia,
coumplimen à l'abat Rance-Bourrey que l'a menada à bouon
pouort.Grafigni ma caressi eY Armanac Niçart que despi regardas coum'un bastardoun sau recounouisse lou beu dôu mau.
Rabaian toujou ; siéu urous de faire lou miéu mouloun,
pu tardi un nen tirera proufit.
*
* *
Aiira, car letour e charmanti letrissa, que vous dirai
de mai, farai couma lou papagau e vous répéterai couma l'an
passat :
Bouon prencipi
E mihour fin !
L'ARMANAC NICART.
LOU JOUIN'OME E LOI) BOUON VIEI
De gracia, empara-mi couma si fa fourtuna,
Demanda au paigran un jouin'ome ambicious.
— Li a, di lou bouon vièi, un camin glourious :
Es de si rendre utile à la cauva coumuna,
Proudigà vouostre jou, vouostri veia, talènt
Au servici de la França !
— Ah ! bèn pénible n'es la soufrança.
Vouoli de talènt men brilènt
— Ni a de mai segur : l'intriga.— Es trôu vile
Sensa travail vous diéu, vourii m'enriquî. ..
— Eh ben ! sigues simple embecile
N'ai vist mai que d'un réussi...
J. Eynaudi
(D'après Florian).

�—

LOU

LIOUN E

21 —

LOU

MOUISSIOUN

« Va-t'en, mesquin insècte, escremen de la terra ! «
Es ensinda que lou Lioun
Parlet un jou au Mouissioun.
L'autre li declaret la guerra :
« Ti penses, li diguet, que lou tiéu titre de rèi
Mi fasse pôu e que m'enquieta,
Un bôu de tu s'en manja sièi,
Lou fau marchar à la bagueta. »
A pena fenit lou discours
Que d'éu même souona la carga,
Siguet troumbeta, vincitour.
Ma prudènt si ten à la larga ;
S'abriva, toumba su lou couol
Dôu Lioun que rende miech fouol ;
Deven quasi furious e l'uès de bila esala
Rugisse, toui s'escoundon, tremouolon à l'enviroun ;
Aquel'alarma universela
Es cap-d'obra dôu mouissioun,
Un avourtoun de mousca en cent luec lou sarcela,
Lou pougne su l'esquina e pi su lou nasèu
Un autre suça lou narvèu.
La rabia si retrova, au soum es ja mountada,
L'envisible nemic trioumfla regardant
Que ni grifa ni dènt de la bèstia irritada
Lou metènt tout en sang, lou siéu dever faran...
Lou malurous Lioun s'esgarra à pichoui tros
Fa boulegar la couva pèr gagnar de terren ;
Es desperat, poù plus ; lou Rei deven balos,
La fatiga l'abate, si ve qu'es su li dènt...
L'insècte dau coumbat si retira mé gloria,
Couma sounèt la carga, entona la Vitòria,
Va pertout l'announçar, ma rescountra pèr camin
Una aragna en embuscada...
Dôu Mouissioun siguet la fin.
Que poudès ben pensar, que leçoun ensegnada ?
Dei vouostre gros nemic, de crègne lu pichoui
Sensa troù de fracas vous trïon lu peouï...
Ma se d'un gran dangié an pouscut si soustraire
Perisson pèr la mendre afaire.
J. Eynaudi (d'après La Fontaine).

�— 22 —

ME LCART

(1)

L'argènt de la Betica e l'ôr de l'Atlantida
Agnènt recompensad lei trabalh de Melcart,
Pojè, fôra Gadès, sus l'Océan bastida,
Vers lo pas gigantesc qu'avié saupud traucar.
Mai la mar rebaté son argulhos sicard,
'Mé d'ôrre temporau e, vela rebotida,
Sai barca, quatre luna, errèron à cercar
Lo camin drechurier dau pôrt qu'èron partida.
Aiora, en Astartè, reina dai Bahalim,
Vengué, pèr abaucar lei ventegas malin,
Saunar d'ôme, au ribage onte Agèu s'espalanca,
E lei pastre ligor, monegasca Calanca,
De ton rocas sanglant veguèron piei partir
Do legendàri eros de la superba Tir.
Lois Funèu.

SIGUESSES UN ARMANAC
Un proufessour de coulège estudiava ordinariamen
quatre a cinq oura cada jou. Couma era restat dintre lou
siéu cabinet mai long-tèms que d'abituda, la siéu mouhié
venguet lou trouvar :
— Siés aqui ma mia, que diès de nôu que noun sabi ?
— Diéu, moussu que vourii ben estre libre.
— E perquè ma mia ?
— Perquè li avès toujou lou nas soubre... noun avès
d'uès que pèr elu, li siés toujou après.
— As rasoun, vourii ben n'en faire autre tant pèr tu,
basta que siguesses un Armanac.
— Un armanac ?. .. e perqué ?
—■ Perqué ?... Cad'an pourii ti chanjar.
Jouan l'Ae.
(i) Melcart sè nbla aver estad un rei de Tir, deî ficad à la lônga,
qu'aurié menad lei navigador fenician vers la Ponènt mieiterranene e que
lei Greg, rabattant la tradiçion dai Pelasge, 'n-aurien fach son Ercule,

�— 23 —

MELCANT
(Revirad en Catalan)
—X—
De Bètica l'argent, d'Atlantis l'or sens mida,
havent recompensat son treball herculià,
feu via desde Gades, damunt l'Occià bastida,
fins al pas geganti que hi sapiguè badà.
Prô'l mar rebat, furient, sa dèria ergullosida,
ab hòrrides tempestes. Les veles va plegà
sa flota y, quatre llunes, errà com desvanida
del dret camí que mena al port S'hon va merxà.
A l'Astarté llavors, dels Bahalim regina,
li prega que apaybagui la ventada felina
y, en la costa d'Agèl, li fa oblaciô d'humans ;
Après ; cales de Monach y pastors ligurians !
de les sagnantes roques, hi vegereu partir
l'hèroe llegendari de la superba Tir.
Barcelona, Agost de 1911.
Doctor J. Plana / Dorca.

xxxxxxxxxxxxx:::xxxxxxxxxxxxx
LA

FAVOIJR DOU JUGE

Petou Merlussa e Gioan Tripetou, doui chicanur en l'a"
nima avion la semana passada una af aire davant dôu juge de
pax. Pèr s'aquistar la favour d'aquestou un li avia regalat
un bariéu d'oli e l'autre dounat un pouorc.
Lou juge si prounouncet en favour de Gioan Tripetou
que li aviat dounat lou pouorc. Couma pensas Petou Merlussa
era pas soudisfach e anet dôu juge si plagne.
Lou Juge. — Que voulès es intrat dintre la miéu maioun
un pouorc que a rout lou bariéu d'oli, siéu estat ben countrariat e.. . maugrà ièu, cresé-lou, v'ai denembrat.
Patusso.

�— 24 -

VA N D A L E S
L/Ordre des Frères Prêcheurs fondé au commencement
du XIIIe siècle par Saint Dominique se répandit très rapidemnt, surtout dans le Languedoc et dans la Provence.
Dès 1243 un couvent de Dominicains fut créé à Nice,
sur un terrain donné par Jordan Richieri, et une vaste église
s'éleva bientôt à côté du couvent.
Des Dominicains, on le sait, étaient de grands bâtisseurs, et les églises qu'ils ont élevées, dans la Provence,
sont les plus beaux modèles de l'architecture gothique :
il convient de citer en première ligne la splendide église de
Saint Maximin (Var), celle de Sainte Madeleine à Aix-enProvence, celle de Saint-Canat à Marseille.
D'église du couvent de Nice était de fort belles proportions et comptait parmi les plus vastes et les plus intéressantes de la ville de Nice, au point de vue architectural ;
l'église des Cordeliers, dite de Saint-François-le-Grand, qui
date à peu près de la même époque pourrait lui être comparée.
Aujourd'hui, Saint-François-le-Grand existe encore, mais le
vieil édifice a été profané, vendu et sert de remise et de magasin à fourrage.
Quant à l'église de Saint-Dominique, son sort a été plus
lamentable encore. Enlevée aux religieux qui l'avaient construite, elle fut pendant quelques jours, en octobre 1792.. le
siège du Club des Jacobins ; puis l'autorité militaire s'en
empara et elle servit de magasin à la manutention.
Mais, ainsi transformée, elle subsistait encore et pouvait, grâce à d'intelligentes réparations, être rendue à l'admiration des artistes et des archéologues. Au lieu de cela,
une Municipalité mal inspirée l'a fait démolir de fond en
comble et, aujourd'hui, il n'en reste plus pierre sur pierre (1).

(1)

Les amateurs et les collectionneurs, qui espéraient trouver, sous les
ruines de la vieille église des Frères-Prêcheurs, des objets précieux pour
enrichir leurs collections, ont été absolument déçus, car on n'y a trouvé,
paraît-il, qu'une quantité d'ossements et une petite croix en cuivre que
M. Moris, archiviste du département, conserve sur son bureau.
Et pourtant, n'y aurait-il pas encore des hommes intelligents qui renverseraient, sans regret, des monuments vénérables dans la conviction
que cette démolition permettrait de découvrir des choses plus intéressantes.

��C.I.D.O.

BtZIERS

�- 25 Sur son emplacement on a élevé le Palais de Justice dont il
vaut mieux ne point parler car il n'y a rien de flatteur
à en dire.
La ville de Nice a été ainsi dépouillée d'un des rares
monuments qui représentait dans cette contrée l'architecture religieuse du XIIIe siècle. Et il ne faut pas dire que la
Municipalité ne fut point avertie de la faute qu'elle commettait, car on peut lire dans le Bulletin Monumental publié
par M. de Caumont, Paris 1862, in-8°, 3e série, tome VIII,
pages 272-274, une très intéressante notice que nous reproduisons in-extenso :
L'ANCIENNE

EGLISE SAINT - DOMINIQUE
A NICE (1)
—X—

« En examinant attentivement l'ensemble de l'antique
Eglise de Saint-Dominique ; en voyant, à la nef et à l'abside
rectangulaire qui la termine, des ogives à peine accusées,
on serait volontiers tenté de déclarer que cet édifice appartient à la période de transition entre l'architecture romane
et l'architecture ogivale, c'est-à-dire au XIIe siècle.
« Mais, ici, il faut se départir un peu de la rigueur des
règles archéologiques et se bien rappeler que les contrées
méridionales, comme le Comté de Nice, ont été, au point
de vue architectural, presque constamment en retard sur le
centre et le Nord de la France.
« En effet, le monument dont nous parlons a été bâti
dans la dernière moitié du XIIIe siècle.
« A cette époque, suivant Gioffredo (Nicaa Civitas),
p. 182) Meynfroid étant évêque de Nice, les Frères Prêcheurs
de Saint-Dominique vinrent s'établir dans ce pays et construisirent un couvent et une église sur un terrain à eux donné
par un certain Jordan Richieri (2).
(1) Aujourd'hui transformée en remise et manutention militaire, cptte
église doit-être prochainement démolie. Sur son emplacement l'édilité
niçoise a formé le projet de bâtir un Hôtel de Ville.
(2) L'acte de donation est daté du i4 Avril 1243 ; il nous apprend que
le terrain donné était de quatre sétérées et qu'il était situé dans le lieu
nommé Seleya, à côté d'une léproserie — l'église de Saint Dominique a été
élevée plusieurs années après eette donation, vers 1260.

�— 26 —

« Par conséquent l'ensemble de cette vieille église est
à peu près contemporain de 1 a Sinte Chapelle de Paris, et
cependant d'après les carelltctèreacchitectoniques, on mettrait
cinquante ans d'interrva ase ren es deux édifices.
« Quoi qu'il en soit, l'église de Saint-Dominique fournit
un excellent horizon pour fixer les idées sur l'état de l'architecture religieuse dans le Comté de Nice au XIIIe siècle.
« D'arc en tiers-point y domine dans les voûtes, tandis
qu'au contraire le plein cintre y règne dans les portes et les
fenêtres.
« D'édifice dont nous parlons n'a pas l'abside arrondie
des monuments religieux du XIIIe siècle ; il se termine par
une muraille plate qui devait être percée de plusieurs fenêtres. Cette disposition se rencontre aussi dans quelques autres églises de France (Cathédrale de Poitiers, de Dol, de Daon,
Eglises de Saint-Serge à Angers, de Saint-André à Grenoble etc.) et dans un grand nombre d'églises rurales.
« Des murs de notre monument sont construits en petites pierres taillées carrément en briques. Il ne possède qu'un
petit nombre de contreforts. Des pilastres qui supportent
les voûtes reposent sur des socles carrés ; les chapiteaux
sont ornés d'une espèce de cordon. Une fenêtre seulement
a conservé son ornementation primitive, qui consiste en des
têtes de clous bien caractéristiques du XIIIe siècle.
« Une porte latérale (qui s'ouvre sur la ruelle de Saint
Dominique) offre un linteau porté sur deux chapiteaux à
décoration végétale et un tympan à plein cintre.
« Des voûtes qui n'ont pas 40 centimètres d'épaisseur,
sont jetées d'un mur à l'autre, avec une hardiesse admirable ; elles sont faites en petites pierres mêlées avec beaucoup de mortier.
|fs « Des arceaux de ces voûtes ogivales sont croisés ;
quelques-uns, néanmoins, sont parallèles entre eux et traversent la nef en ligne droite, de manière à séparer les travées, qui sont en nombre de cinq. Da retombée des arceaux
se fait au-dessous des fenêtres. Malheureusement ces fenêtres ont été bouchées, par un maçon ignorant au XVIIIe
siècle.
« En même temps, la façade de Saint-Dominique a
été refaite dans ce style bâtard que l'on a flétrit de Pompadour. Nous ne la décrirons pas.

�— 27 « Avant de terminer, qu'il nous soit permis, au nom des
traditions historiques que ce vieux monument rappelle de
supplier le gouvernement de l'Empire, si éclairé, si généreux,
de vouloir bien consacrer, chaque année, une modique somme à la restauration de l'antique Eglise de Saint-Dominique.
« Confiée aux soins d'un habile
architecte, d'un
Viollet-le-Duc ou d'un Dulion, cet édifice deviendrait
bientôt le plus curieux et le plus remarquable de Nice. »
A. Paul Simian
Membre de la Société française d'Archéologie.

*

*

*

Ces pages écrites par un homme très compétent, nous
apprennent les efforts tentés pour conserver la vieille église ;
efforts qui se heurtèrent malheureusement à un parti-pris
irréductible.
Rien depuis n'est changé dans les habitudes administratives, et les discours prononcés à la Chambre des Députés
le 25 novembre 1912 par MM. Barrés, Sembat et Reinach
nous ont édifiés sur la mentalité de tant de maires et conseillers municipaux dédaigneux des « monuments possédant
un caractère soit artistique, soit historique ou ayant tenu
une place dans l'existence nationale ou dans la vie locale
des communes françaises a.
Le Bourguignon.
XXXXXXXXXXXXX:::XXXXXXX XXX XXX

-

MEMORANDUM
Noum dei fidelié que esistavon à Niça en l'annada 1758 :
Castelli Onourat
Verani Ludovic
Baudo Antoni
Baudo Andréa
Gautiero Gaétan
Bottino Pierre.

Doneudo Giacinto
Carlino Pierre
Ricciart Nicolas
Bottino Jousè
Daviga Anna-Maria

Toui naissut à Niça, cheto Ricciart natiéu de Touloun,
ma essent à Niça despi longa data.

�— 28 -

PEI VULGARI
Aguia
Aguïat
Alolonga
Amendola
Amploua
Anfossa
Ange
Anguila
Aragna
Arendoula
Argentin
Argentin dentat
Aurada
Aurin
Badona
Barbùo
Bardoulin
Baveca
Bavoua
Bavoua d'arga
Belugan
Besuga
Bissa
Bissa de mar
Blada
Blaviè
Botta
Boucarougia
Boudroi
Boni tou
Buga
Bugaravella
CaUgneiris
Capelan
Capoun
Capoun glaune
Cardaira
Cardouniera
Carmarina
Castagnola
Cat
Cavaluca
Cavàu
Cieucla
Clavelada
Coffre
Courpatà

DE LA MAR DE NIÇA

Cuorp
Daurada
Dorât
Dormigliana
Durgan
Emperator
Esperlin
Fanfre
Fanfre d'America
Fanfre negre
Fero
Ferrassa
Felat
Figon
Framo
Floussada
Fournie
Fumo
Galineta
Galina
Gastaudela
Garaman
Gatta
Gatta d'arga
Gerle
Gerle blaviè
Gerlessa
Gianeli
Girela
Girela turca
Giugarèu
Gobo
Gobo blanc
Gobo jaune
Gobo rouge
Gora
Granadié
Grana
Gros argentin
Grounc-manca
Grounc negre
Grugnau
Lambardà
Lambert
Lamea
Launo
Lamprua

Lampuga
Langanèu
Leccia
Lernia
Lico
Liccio
Lente
Loubas
Loubas negre
Lucco
Luccion de mar
Lussi
Claire d'amploua
M alarmat
Martèu
Masca dei amploua
Masca
Melantoun
Melet
Meleta
Merlan
Miraiet
Mipolo
Moissin
Mora
Moleto
Monge
Monge clavelat
Monge gris
Monge rous
Morena
Morena sensa espina
Mourre agut
Merou
Mostela
Mostela blanca
Mostela de font
Mostela de roca
Mostela negra
Mourmena
Mugio carida
Mugio daurin
Mugio flaveton
Mugio labru
Muola
Muôu
Nissola

�- 29 Nonat
Nonat negre
Ombrina
Orghe
Ouriôu
Padre
Padreto
Pagèu
Palamida
Palloun
Pampaloti
Pastinaiga
Pei can
Pei cuor
Pei mourre
Pei spada
Pei cafre
Pei fuorca
Pei d'America
Pei puorc
Pei ratou
Pei San Pèire
Perça
Perça de mar
Pintou roussou
Pissoua
Pintosso

Pouorc
Pourc-marin
Poutassôu
Poutassôu gros
Poutassôu rero
Poutura
Rasa
Rascassa
Rasouar
Ravela
Rombo
Rombo clavelat
Roucairôu
Rouchié
Rouget
Sardina
Sargo
Sargo rascas
Sarpanansa
Sarpa
Seropena
Seriola
Sera
Serran
Serro
Sola
Sola d'arga

Sola de font
Sola de roca
Soufio
Stocaûc
Streglia
Striglion
Sturion
Sublaire
Suc blanc
Suc cagnenc
Sussapega
Tenca
Ton
Tono
Tordo
Tordo blu
Tordo d'arga
Tremoulina
Trombeta
Truita
Troncio
Ugliassou
Vaca marina
Vacheta
Verdoun
Verrat

Lu moyen de pesca emplegat su la nouostra couosta
soun : la savegd, bresin, gangi, entremail, lou sourrin
(arrêt à maïa simpli ; diversi lounguessa), la màndraga,
tonnairà, la reclara, la mugeliera, lou palangre e la
ndssa.

xxxxxxxxxxxxx:::xxxxxxxxxxxxx
PROUVERBI, BOUOI MOT, COUNSÉU E DICH
Qu noun pâtisse
Noun coupmatisse.
La belessa es lou mirai dei fouol.
Qu noun a testa a camba.
A fouorça de courre un ri roumpe lou
Cada couinié a la siéu saussa.
Lou bouon vin a pas besoun d'ensigna.

mourre.

�- 30 —

COU QUE TITOUN FASSE..,
Bonifassi dintre lu siéu manuscrich douna una memòria
que avia retrovat dintre de viéi papié laissât pèr soun
paire. Es una paja que trova ben la siéu plaça dintre

l'Armanac Niçart. — Transcriví :
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Z4

1807 — 2 Mars. — Si Titon a fait ce qu'il suit :
A enté les coudonié et pommiers ?
Les fève sont seucladoi ?
A bêché les souches ?
A retiré les souches qu'elles ne touchent les orangers.
La rare Baudoin les souches sont en ligne ?
A ôté la souche de l'olivier du chemin.
Les souches en allant chez Toudon touchent-ils les
arbres orangers ?
Les figuiers en général sont-ils bien arrangés ?
La figuiere du pr camp qui touche l'olivier et celles
en allant vers Toudon sont bien arrangées ?
l/'asseti du garderobe est bien arrangé ?
L'asseti du Petoulin a bien arrangé la ftguiera ?
Les deux planton galofrié p. Bonet ?
A mis les prunières a l'asseti du jardin, et le fortifier, et le serrer bien en cannes ?
Lever au plutôt les giarres et y placer les orangers ?
La laupio de l'amandier est faite ?
S'il a arrosé avec l'eau des lartins le Paumolin ?
Combien li a encore des oliviers à arroser ?
Grande partie de l'eau du puits.
Ce qu'il a fait à l'enclos devant la cabane.
Qu'il arrose les violettes de cyprès et les bêcher.
Le rondeau de dessus l'asseti en face de la grande
porte qu'il la degerbe et l'arrose.
Les violettes de M. Guillonde les a prises ?
L'instruire pour escarassoner bien l'allée de la grande
porte.
Les escarasson et fourcoulo d'olivier a pin de Fabron
est allé a les prendre ?
Nettoyer bien le cal du bois et arranger bien les
pierres.

�- 3î 25 Les aloès et figues de turc son plantées à la ribe
de Toudon, au pas d'Erene et au portai ?
26 Si quelques prunière du rond du portai sont coupées toutes de la même hauteur ?
27 L'asseti proche de la cabane ?
28 Le plantier est-il commencé ?
29 Y a-t-il de fumier et de rame pour le plantier ?
30 A-t-il escarrassonné le plantier ?
31 Sont mesurées les sauloi justes du plantier jusqu'aux
prunières qui forment l'allée ?
32 Les galofrié sur l'aberge en gerbe chaque 5 a 6 pan
un planton et un pan et 3/i du bord de dessus ?
33 Les mourceaux du 3e camp qu'il couvre l'aberge
de terre pour que les olives ne se perdent pas
et lui aporter les pierres de l'entour ?
34 Netoyer la rare de la Veuve Mannel jusqu'à la cabane ?
35 Arranger les morceaux de baus de gif de dessous
M. Garidery, qu'il touche l'olivier ?
36 Quand aura bêché les olivier et fini de semer ?
37 Netoyer les pierres qui sont dessus M. Fighiera à
la taule neuve et lui mettre pour le moins
una baril et une grande corbe fermer chaque,
les 4 oliviers de la taule neuve ?
38 L'asseti en nicia au baus en face de lierre ?
39 L'asseti au baus de gip en face du levant ?
40 Les degrés de deux côtés de la taule de 3 oliviers
dessous M. Fighiera ?
41 La ribe d'Antoine Erena l'escarper un peu plus ?
42 Oter les passages d'Erena, ou il faut une petite berge
de 5 à 6 pans ?
43 Netoyer la ribo, et les pierres du clapié de devant
Erène pour ne pas perdre les olives ?
44 Défricher et mettre une canne au carrobié d'Erena.
45 Tirer la file à la ribo d'Erena, et aux lieux ou fait
de vuide lui mettre de gerbes des dessus dite
ribo, l'arranger au mieux possible ?
46 La rare des arbres sitronié sauvage le tirer d'un bout
à l'autre qu'elle fut planiero qu'il ne s'aperçoit
pas que dit terrain monte ce qu'il faut bien tirer
la fille bien tendue ?

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La grupio de la saumo est-elle arrangée ? L/encreno de la tourtoiro dou pourchié es facio ?
L/encaladat de davau lo pourquié es arangiat ?
Voir de transplanter les trois plantun aussipré ?
Voir de rebrondar les aussiprés de Toudon, au portai,
ceux dou noghié et ceux d'Ereno ?
Entreprendre au plus-tôt l'asseti en dedans au
baus de plâtre à la ribo d'Antoine Ereno ?
Une visite s'il a lié bien aux escarrasson a peo
les perieres, pruniervi et peseghié ?
S'il a coupé tous les arbres que passent aux planches.
S'il a accoummodé le dernier berge du camp ?

Cresi que lou paure Titoun em'aquela patardela noun
aiguë ren denembrat, lou manuscrich lou di pas, ma s'aco
fouguesse courïa lou coumpatî.
X. X. X.
XXXXXXXXXXXXX:::XXXXXXXXXXXXX

IN IZZA-LA-BEL LA
Ailleurs l'hiver sévit, et le ciel y déploie
Un voile d'ombre obscur sur les fronts soucieux ;
Ea Jeunesse elle-même, à la tristesse en proie,
Y semble renoncer à ses ébats joyeux :
Ici le printemps règne éternel, l'air flamboie,
Caressante, le mer y réfléchit les cieux,
Et la terre embaumée étale en pleine joie
Sa parure de fleurs pour le charme des yeux.
Mais combien jure avec ses hôtes,— qu'on envie ! —
Ce cadre de beauté, de lumière et de vie !
On dirait à les voir grelotter au soleil,
Qu'un dieu jaloux y pousse et chaque jour amène
Tous les produits de la décrépitude humaine,
Habitants pour demain de la nuit sans réveil !...

�A.-J. RANCE-BOURREY

INSTALLATION
DE

Monseigneur

Colonna-d'Istria

EVÊQUE DE NICE

25 Fructidor an X

Armana Niçar 1913

(12 Septembre 1802)

����Installation de MGR Colonnad'Istria
ÉVÊQUE DE NICE
25 Fructidor an X (12 Septembre

/802)

A la fin de septembre 1792, Mgr Charles-Eugène Valperga di Maglione, pour obéir aux ordres du général d'Anselme, commandant l'armée française qui venait d'occuper
Nice, quitta cette ville dans les conditions que j'ai racontées
précédemment (1).
Dix années plus tard presque jour pour jour, un nouvel
évêque était solennellement installé avec le concours de toutes les autorités civiles et militaires par un autre général,
préfet du département des Alpes-Maritimes, M. de Châteauneuf-Randon.
Fa Révolution avait passé ; la guerre religieuse avait
fait son temps et le peuple français réclamait le retour de
la religion longtemps proscrite.

*
* *
Fe 15 juillet 1801, le Premier Consul Bonaparte avait
conclu avec le Pape Pie VII une convention qui fut ratifiée
à Rome le 15 août suivant. Fe 10 septembre, les ratifications
furent échangées à Paris et le 4 octobre, arriva dans cette
capitale, le cardinal Caprara, légat a latere muni des pouvoirs
les plus étendus. Fe Premier Consul le mit immédiatement
en rapport avec Portalis, conseiller d'Etat, qui fut chargé
par un arrêté du 16 Vendémiaire an X (8 octobre 1801) dt
toutes les affaires concernant les cultes. Fa convention conclue

(1)

Voir VArmanac Niçart de 1912.

�VI

entre le Gouvernement français et le Pape fut transformée en
loi de l'Etat le 18 Germinal an X (8 avril 1802). Quelques jours
après, le Concordat fut publié solennellement dans l'Eglise
Notre-Dame de Paris (18 avril 1802), jour de Pâques.
Une proclamation du Premier Consul annonça aux Français ce nouveau bienfait qu'il avait voulu faire coïncider
avec la conclusion de la Paix générale. Fes préfets reçurent
l'ordre de promulguer chacun dans leur département, tout
à la fois, le Concordat et la Paix.
Châteauneuf-Randon le fit sans retard, et, par une circulaire du 9 Floréal (1) (29 avril) il prescrivit de donner à
cette publication toute la solennité possible. Ce fut dans le
département des Alpes-Maritimes, et spécialement à Nice,
une véritable explosion de joie, car ce département avait été
littéralement réduit aux abois par une guerre qui durait
depuis dix ans. Un témoin oculaire, l'abbé Joseph Bonifassi,
alors attaché au clergé de la Cathédrale, écrit dans ses Notes
sous la date du 2 mai 1802, n° 2640 : « Solenne Te Deum
« al Duomo coll' intervento di tutte le autorità Civili, Giudi« ziarie e Militari al suouo délie campane colla lettura délia
« legge orgànica e del Concordato seguito tra Pio VII e il
« i° Console.
N° 2641 « I buoni cittadini, di cui abbouda ancora il paese
« hanno provato una gran gioia a questo nuovo e tenero
« spettacolo. (2). »
Fe 26 Floréal an X (16 mai 1802) un Te Deum solennel
pour la paix fut chanté dans l'Eglise Saint-Augustin et les
autorités constituées y assistèrent escortées par la Garde
nationale qui,selon l'usage ancien, fit trois décharges de mousquetterie devant l'église. (3).
Deux mois après, on célébra la fête du 14 Juillet, et,
dans toutes les communes du département, par ordre du
(1) Arch. départent des A.-M. Circulaire du 9 Floréal (29 avril)
avec le programme de la journée du dimanche 12 Floréal (2 mai
1802).
(2) Archives Mxmicipales d.e Nice, Manuscrit de l'Abbé Joseph
Bonifassi, volume B : Sommario délie Notizie storiche di Nizza e suo
Contado dalli 28 Settembre 1792 sino al corrente 1820.
(3) Arch. Municip. Correspondance du maire, lettre au général
lîberlé commandant d'armeSj 25 Floréal an X (15 mai 1802).

�vn

Préfet (i), cette fête fut à la fois civile et religieuse. On
reprenait ainsi les vieilles traditions du pays qui associaient
toujours la religion aux réjouissances publiques.

*
* *
La solution des questions importantes et multiples
que soulevait l'organisation du régime concordataire demanda
beaucoup de temps et beaucoup de négociations. L'habileté
et l'esprit de conciliation de Portalis et de Caprara aplanirent
toutes les difficultés, et, à la fin de 1802 la nouvelle organisation de l'Eglise catholique en France fut heureusement
terminée. Par le Concordat, l'Eglise catholique avait
retrouvé une existence légale
rétablie sur de nouvelles bases. L'ancienne organisation des diocèses avait été
supprimée : tous les évêques devaient donner leur démission(2)
et le Gouvernement français devait présenter à l'institution
du Pape les nouveaux titulaires des évêchés rétablis d'un
commun accord. D'une manière générale, les divisions ecclésiastiques furent calquées sur les divisions civiles, et chaque
évêché nouveau comprenait un ou deux départements.
Le département des Alpes-Maritimes forma à lui seul
le diocèse de Nice alors que l'archevêché d'Aix dont il devint suffragant comprenait les deux départements des Bouches-du-Rhône et du Var.
Le nouveau diocèse englobait tout l'ancien Comté, de
Nice dont diverses parties étaient, avant 1792, comprises
dans les diocèses supprimés de Glandèves et de Vence, et
(1) Arch. départent. K 4. Arrêté très détaillé du 18 Messidor
(7 juillet) relatif à la célébration de la fête du 14 Juillet (25 Messidor)
f° 114.
(2) Elle leur fut demandée par un bref collectif du 15 août 1801
commençant par les mots Tarn multa. Ce bref fut envoyé à tous
les évêques par les soins de la Seçrétairerie d'Etat pontificale
et par ceux du Ministère des Affaires Étrangères de France. Je renvoie pour tout ce qui concerne le Concordat à la publication faite
sous les auspices de la Société d'Histoire diplomatique par M. le
Comte Boulay de la Meurthe : Documents sur la Négociation du Concordat, 5 volumes in.-8°, publication à laquelle j'ai collaboré. Voir
en particulier pour l'affaire des démissions le tome iv paru en 1895.

�VIII

dans celui de Vintimille (i). Il recevait donc de ce fait ur
très notable agrandissement.
Mgr Hachette des Portes, évêque de Glandèves était
mort en ex:l à Bologne en 1798.
I/évêque de Vence, Mgr Pisani de la Gaude, réfugié
en Italie, avait donné sa démission qui fut mentionnée au
Moniteur du 25 novembre 1801.
Le siège de Vintimille était vacant par la mort du dernier titulaire Mgr Dominique-Maria Clavarini, décédé en
cette ville le 1er octobre 1797. Le vicaire capitulaire Antoine
Truchi se démit le 14 juin 1802 de sa juridiction sur la partie
de ce diocèse qui fut incorporée au nouveau diocèse de
Nice (2).
De son côté l'évêque de Nice, Mgr Valperga, retiré à
Turin, dans sa famille, n'avait cessé d'administrer son diocèse par l'intermédiaire de délégués qui furent 'd'abord :
Honoré Navello, chanoine, curé de la Cathédrale, puis le
chanoine Joseph-Ignace Garidelli, du mois de décembre
1792 au mois de janvier 1800, et enfin, Jérôme Rossi qui,
au moment du Concordat, était investi légitimement des pouvoirs de pro-vicaire général.
Mgr Valperga eut assez tard communication officielle
du bref Tarn multa que le cardinal Caprara lui envoya de
(1) Voir Nicœa Civitas de Gioffredo. Prolégomènes chap. xvn,
villes et paroisses du Comté et du diocèse de Nice, et chap. xvin,
autres localités du Comté de Nice comprises dans des diocèses étrangers.
Voir aussi la Relation présentée au Pape Pie VII par Mgr Colonna
sur l'état de son diocèse après sa première visite sous la date du icr
août 1806 dans la Raccolta di decreti, moniti, pastorali, ecc. de Mgr
Colonna publiée par l'Abbé de Villa-Rey, Nice. 1831, tomel p. 75-98.
(2) La démission fut donnée par acte authentique du Chapitre
assemblé le lundi 14 juin 1802 : étaient présents les dignitaires :
Antoine Truchi, prévôt et vicaire capitulaire ; Philippe Viale archidiacre et pénitencier ; Antoine Guglielmi, primicier, et les autres
chanoines. Le bref Tarn multa n'était parvenu à Vintimille que le
8 juin et le Chapitre déféra sans retard au désir du Pape. Antoine
Truchi adressa le jour même la démission à Mgr di Pietro, secrétaire
de la Congrégation des Affaires de France à Rome, et en avisa le Préfe.
des Alpes-Maritimes. Arch. du Vatican et Arch. départ, des A.-Mt
V 18. Voir Rossi, Storia délia Cilta di Ventimiglia, un vol. in-8°,
Oneglia 1888, pages 317-318.

�IX

Paris le 30 novembre 1801 ; mais dès qu'il l'eut reçu, il s'empressa de donner la démission demandée (1) (13 décembre).
Le cardinal Caprara la communiqua à Portalis qui l'a fit
insérer au Moniteur du 3 janvier 1802.

*

* *

-

Par la démission des évêques les diocèses de France
risquaient de rester sans administration. On s'en préoccupa
à Rome, et il fut décidé d'abord que le Cardinal-Légat serait autorisé à maintenir les vicaires généraux en exercice
ou bien à en désigner de nouveaux en cas de besoin (2).
Caprara pensa qu'il valait mieux proroger les pouvoirs
ordinaires donnés par les évêques démissionnaires auxquels,
avec l'agrément du Pape, il conserva l'administration de leurs
diocèses jusqu'à la prise de possession par les évêques concordataires. C'était leur donner une marque de confiance
bien méritée et éviter en même temps de graves difficultés.
Chaque évêque démissionnaire reçut avec le bref pontifical de remercîment (3) une lettre particulière du Légat
l'informant de la mesure adoptée.
(1) La démission de Mgr Valperga est datée de Tur n, 13 décembre 1801. L'original écrit en latin se trouve aux Archives Vaticanes. On y voit que le bref Tarn multa ne fut envoyé à Mgr Valperga
de Paris que le 30 novembre 1801 par le Cardinal-Légat Caprara.
Celui-ci écrivit à Consalvi le 2 janv er 1802 une longue lettre citée
par Boulay de la Meurthe tome iv, pages 528-532 : au cours de cette
lettre le Légat annonce en particulier qu'il est informé authentiquement que les évêques de Meaux et de Châlons-sur-Marne ont envoyé
directement leur démission au Pape et qu'il en a averti le Gouvernement en lui remettant la démission de î'Evêque de Nice dont il envoie ce jour même l'original à Rome en expliquant que si cette démission est un peu tardive c'est que l'Evêque de Nice n'avait pasreçu
plus tôt le bref Tarn multa.
(2) Consalvi a Di Pietro, lettre du 4 octobre 1801. Arch. du
Vatican.
(3) Ce bref Novum et luculentum fut préparé à Rome et toutes
les phrases en furent soigneusement étudiées. Il port la date du 7
novembre 1801 et fut envoyé par Consalvi à Caprara le 11 II fut adressé
successivement à tous les évêques démissionnaires. Il a été très souvent reproduit. Voir Boulay de la Meurthe, op.
cit tome iv,
passim.

�X

Ive 13 décembre 1801, le Légat adressa à tous les vicaires généraux une circulaire pour les engager à conserver
leurs fonctions jusqu'à nouvel ordre (1).
En vertu de cette mesure générale, Jérôme Rossi continua à exercer les pouvoirs précédemment reçus de Mgr
Valperga ; mais sa juridiction ne s'étendait naturellement
que sur l'ancien diocèse de Nice.
Il était cependant nécessaire que les paroisses ajoutées
nouvellement eussent un supérieur ecclésiastique et le Premier
Consul avait posé en principe qu'aucun évêque dont le siège
était à l'étranger rie pouvait exercer sa juridiction sur une partie quelconque du territoire français.
En conséquence, les paroisses détachées du diocèse de
Vintimille durent passer sous la juridiction de Jérôme Rossi
qui se mit d'accord en juin 1802 avec le vicaire capitulaire
Antoine Truchi.
A cette date d'ailleurs, l'évêque concordataire de Nice
était déjà désigné et Rossi, qui était entré immédiatement
en relation avec lui, ne tarda guère à en recevoir les pouvoirs
de vicaire général, ce qui lui donna juridiction sur toute
l'étendue du nouveau diocèse. Une circulaire du préfet,
en date du 14 Thermidor (2 août) en informa officiellement
les sous-préfets et les maires (2) et, le 4 Fructidor suivant
(22 août), Rossi prêta solennellement entre les mains du
Préfet à la Cathédrale, le serment prescrit par les articles
18 et 25 de la loi du 18 Germinal (3).

* *
Les nouveaux évêques nommés par le Premier Consul
furent institués provisoirement par le Cardinal-Légat qui
avait reçu tous les pouvoirs nécessaires. Le Pape se réservait
de ratifier ultérieurement cette institution. Seul, parmi les
60 évêques de la nouvelle organisation, Mgr Colonna d'Istria
(1) Arch. Nationales A F IV 1894; Annales Philosophiques,
t. IV, p 259 et de nombreux ouvrages imprimés depuis.
(2) Arch. départ. M. 17. Circulaire du 14 Thermidor an X (2
août 1802) aux sous-préfets et aux maires.
f P (3) Voir l'arrêté du Préfet du 3 Fructidor an X (21 août 1802)-,
Arch. départem. K 4 f° p. 141.

�XI

qui avait été appelé à l'évêché de Nice par arrêté du Premier
Consul, en date du 19 Germinal an X (9 avril 1802), en même
temps que Mgr Sebastiani délia Porta, oncle du maréchal Sébastiani, était désigné pour l'évêché d'Aj acció (1), fut institué directement par le Souverain Pontife
et préconisé au Consistoire du 24 mai 1802. A cette époque,
Mgr Colonna se trouvait à Rome depuis plusieurs années.
Jean-Baptiste Colonna d'Istria, né à Béchisano, diocèse
d'Ajaccio, en 1758 appartenait à une noble famille de Corse,
apparentée, peut-être, à la famille Bonaparte. Après ses études classiques, il vint à Aix-en-Provence achever le cours de
ses études en théologie. Ce fut dans cette ville que, avec l'autorisation de son évêque, Mgr Benoît-André Doria, il fut
promu au sous-diaconat le 20 décembre 1783, puis au diaconat le 5 juin 1784. Enfin, il reçut l'ordre de la prêtrise au mois
de juin 1785.La même année, il se rendit à Pise où il séjourna
assez longuement, puis à Florence ; enfin au commencement
de 1798 au plus tard, il vint à Rome où il résida durant la
période agitée qui s'écoula depuis l'enlèvement de Pie VI
en juillet 1798 jusqu'à l'entrée dù Pape Pie VII dans cette
capitale au mois de juillet 1800. Il assista ainsi à l'essai,
d'ailleurs très malheureux, que le Directoire fit du régime
jacobin dans la capitale des Papes (2). Il s'y rencontra probablement avec son compatriote le général Cervoni dont
un oncle était alors recteur du Jésu, remplaçant les Jésuites.
Les prêtres corses étaient très nombreux à Rome et il semble
que les meilleurs rapports se soient établis entre eux et les
officiers du corps d'occupation français.
(1) Arch. Nationales A P IV 60. Quatre autres décrets des 8 et 9
avril avaient pourvu 45 évêchés.
Le maréchal Sébastiani (1772-1851) alors colonel de dragons
était en grande faveur auprès de Bonaparte depuis le 18 Brumaire
auquel il avait pris une part active. Il était originaire du village La
Porta d'Ampugnano près de Bastia, et était paraît-il parent de Bonaparte qui appréciait ses grandes aptitudes, car à la fin de 1802, il le
chargea d'une importante mission à la fois politique et militaire
à Constantinople. Mgr Louis Sébastiani délia Porta fut évêque d'Ajaccio jusqu'à sa mort arrivée le 5 mai 1833.
(2) Voir Dufourcq. Le Régime Jacobin en Italie. Etude sur la
République romaine (1798-1799). Paris, Perrin'et Cic 1900,"un vol.
in-8°.

�XII

Mgr Colonna dTstria n'avait occupé aucun poste important ; il était éloigné de la France depuis de longues années et n'y était point rentré, (i) On est amené naturellement
à se demander comment et pour quel motif le choix du Premier Consul se porta sur lui.
Portalis, qui était comme on le sait d'Aix-en-Provence,
avait-il connu et apprécié le jeune prêtre corse ? Fes généraux Cervoni et Sébastiani, ou Masséna l'avaient-ils recommandé ? Fesch, oncle de Bonaparte et Joseph, son frère
qui se disait quelques années après « l'ancien ami » de l'Evêque de Nice, auraient-ils proposé Mgr Colonna au choix
du Premier Consul qui peut-être du reste le connaissait
personnellement ? Autant de questions difficiles à résoudre.
Fes bulles de Mgr Colonna d'Istria furent expédiées
à Rome sans aucun frais (gratis etiam ŷro scripturâ) sous la
date des 24 et 25 mai 1802.Elles furent remises au nouvel
élu (2) qui peu après se rendit à Paris pour prendre les instructions du Cardinal-Légat et celles de Portalis.
Mgr Colonna reçut la consécration épiscopale le 11
juillet 1802, cinquième dimanche après la Pentecôte, dans
l'église des Carmes (actuellement 70, rue de Vaugirard) que
Mme de Soycourt avait rachetée avec le vieux couvent,
témoin des massacres de Septembre, pour y réunir une communauté de Carmélites. Le prélat consécrateur fut Mgr
Antoine-Xavier Maynaud de Pancemont, évêque de Vannes,
assisté de Mgrs Louis Sébastiani délia Porta, évêque d'Ajaccio, et Hilaire-François de Chevigné, évêque de Séez (3).
(1) Dans l'enquête de l'an IX, Arch. Nat. F 19 865, on trouve
une liste des prêtres recommandables envoyée à Chaptal, ministre
de l'Intérieur, par le préfet du Liamone et datée d'Ajaccio le 18
Fructidor an IX (5 septembre 1801 ) ; on y lit : Colonna dTstria,
40 ans, domicile Bechisano (Corse), prêtre qui a émigré pour ne pas
vouloir prêter le serment, il n'est pas encore radié, ni rentré dans le
département.
(2) J'ai vu ces bulles au nombre de 7 dont 5 sur parchemin
et 2 sur papier aux A rchives du Chapitre réunies sous une même bande
avec une copie du décret détachant Nice de la Métropole d'Embrun
et l'unissant à celle d'Aix. La bulle est datée du 3 des Calendes 29
novembre 1801) et le décret de Caprara, de décembre est du 9
avril 1802.
(3) D'après un certificat délivré par Mgr J.-B. du Belloy, arche
vêque de Paris, le 16 juillet 1802. Arch. du Chapitre de Nice.
s

�xm
Le ier Thermidor an X (20 juillet 1802) Portalis avisa
le Préfet des Alpes-Maritimes de la nomination de Mgr
Colonna à l'Evêchè de Nice, en le prévenant que le nouvel
Evêque arriverait bientôt.
CONSEIL D'ETAT
Paris, le Ier Thermidor, an 10 de la République
(20 Juillet 1802)

Le Conseiller d'Etat chargé de toutes les affaires concernant les Cultes,
Au Citoyen Préfet du Département des Alpes-Maritimes
à Nice.

« J'ai l'honneur, Citoyen Préfet, de vous annoncer que
« le Premier Consul a nommé à l'Evêchè de Nice le C.Colonna.
« Il se rendra bientôt dans son diocèse, je l'ai bien
« assuré qu'il recevra de vous le concours le plus efficace
« pour y parvenir à l'exécution de la loi bienfaisante du
« 18 Germinal dernier (8 avril 1802).
« J'ai l'honneur de vous saluer.
« PORTALIS (1) ».
Cette lettre parvint le 13 Thermidor (1er août) à Châteauneuf-Randon qui y répondit le même jour. Dès le lendemain il adressa aux sous-préfets et aux maires du département une circulaire pour les informer de la prochaine
arrivée de l'Evêque et de la désignation de Jérôme Rossi
comme Vicaire Général que tous les prêtres du diocèse devaient désormais reconnaître comme leur seul chef hiérarchique (2).
Le 10 Thermidor an X (29 juillet 1802) Mgr Colonna
avait écrit directement au Préfet :
(1) Arch. départem. série V, liasse 2. Voir Gallois-Montbrun.
Notice administrative sur Mgr Colonna dTstria, évêque de Nice.
Nice, Cauvin 1871, in-12 de 22 p.
(2) Arch. départem. M. 17. Circulaire du 14 Thermidor an X
(2 août 1802) dont la minute est entièrement de la main du Préfet.

�XIV

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Paris, io Thermidor an X.
(29 juillet 1802).
« Citoyen Préfet,
« J'ai appris par lettre du 19 Prairial (8 juin 1802)
du citoyen Rossi, Pro-Vicaire général du diocèse de Nice,
que vous aviez destiné l'ancien Evêché pour mon habitation et que vous alliez dans peu la meubler. J'espère,
en conséquence, le trouver tout prêt, au commencement
du mois prochain, et dès à présent je vous en témoigne
ma plus vive reconnaissance.
« Recevez-la, je vous prie, Citoyen Préfet, comme un
gage de l'amitié que je vous ai déjà vouée, et qui ne saurait
être trop intime pour le bien de la religion et de l'Etat ;
c'est de notre accord que dépend la tranquillité et le bonheur du département ; je le regarde comme un de mes devoirs les plus essentiels, aussi me prêterai-je de toutes mes
forces à tout ce qui peut y contribuer. Veuillons bien le
seconder, citoyen Préfet, cet esprit d'union et de paix,
et nous attirerons les bénédictions du ciel et de la terre.
En attendant je vous prie d'être persuadé de la sincérité
de ces sentiments, tandis que je suis avec la plus parfaite estime.
« Votre très humble et très obéissant serviteur.
« COLONNA D'ISTRIA,
« Evêque de Nice (1). »

Châteauneuf-Randon répondit de suite en assurant
l'évêque de son absolu concours. Cette lettre mérite d'être
citée en entier :
21 Thermidor an X.
(9 août 1802).
Au Citoyen Colonna d'Istria,
Evêque de Nice.
« Ce sera avec bien de l'empressement, Monsieur l'Evê« que, que je concourrai avec vous au bien de votre diocèze...
« il a besoin d'un chef aussi recommandable que vous pour
(1) Arch. départem. série V, liasse r. Cette lettre est entièrement
de la main de Mgr Colonna. Au dos est écrit : Au citoyen Préfet du
Département des Alpes-Maritimes à Nice. C'est la première lettre
échangée entre l'Evêque et le Préfet. Elle établit que Jérôme Rossi

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«
«

diriger vers le véritable but de la religion catholique l'immensse quantité de prêtres dont il est composé... à mon
arrivée ici la pluspart étaient fugitifs ou cachés ou sur des
listes d'émigrés. J'ai pensé qu'il valait mieux leur laisser
la liberté de se montrer et leur donner une surveillance...
Les mesures prises pour la tranquillité publique et l'exécute tion
des lois me répondent que quelque puissent être
« (l'éloignement biffé) la peur que les habitants de ce pays
« ont d'être et de se croire définitivement français elle ne
« sera pas troublée...
« J'ai lieu de compter beaucoup pour l'y maintenir sur
« l'influence véritable, (de la morale évangélique (biffé), je
« suis depuis longtemps convaincu de l'avantage que la motí raie évangélique produit sur les mœurs et les vertus poli« tiques et sociales. Si elle eut toujours été prêchée par ses
« premiers ministres où que les circonstances eussent permis
« qu'elle fut entendu, il y eut eu moins de malheurs depuis
« treize ans... nous sommes enfin parvenu, au milieu de
« tant de vagues et de flots à cet heureux équilibre dont
« les amis de la paix et de l'Etat n'ont jamais désespéré.
« Un grand homme leur manquait, il s'est fait connaître
« et il s'est acquis le droit de la confiance de diriger, de con« cevoir, d'exécuter et de réussir tout ce qui peut assurer
« le bonheur de l'humanité comme il en a l'amour et la véné« ration... Heureux tous les agents du Gouvernement
« d'avoir un tel chef pour modelle, heureux de même les
« chefs de l'Eglise qui sont choisis par lui pour l'exercice du
« culte catholique, c'est un sûr moyen d'être bien accueilli
« par l'opinion publique, car il connaît les hommes.
« Mille fois heureux encore si je méritais, citoyen Evê« que, d'avoir l'occasion de vous prouver mes sentiments
« d'amitié, d'attachement et d'amour intime.
« J'ai donné les ordres les plus précis pour que votre
« maison épiscopale fut préparée mais si vous arrivez dans
« le commencement du mois prochain comme vous me le
« mandez, je crains bien qu'elle ne le soit pas encore parce
t que les acquéreurs qui recèdent ne reçoivent pas plus que moi
était entré en relations avec le nouvel Evêque peu après sa nomination et son arrivée à Paris.

�XVI

« réponse des ministres des Finances et de l'Intérieur sur la
« solution de cette litige... En attendant j'aurai le plaisir
« et l'avantage de vous loger et de vous recevoir.
« Si vous avez la facilité de voir les ministres de l'Inté« rieur et des Finances, je vous invite à leur rappeller mes
« demandes à cet égard (i). »
Une question importante préoccupait ChâteauneufRandon : c'était celle du logement de l'Evêque et il prévoyait
déjà, qu'en raison des multiples difficultés soulevées par le
Directeur des Domaines, rien ne serait prêt à temps.
* *
Fa ville de Nice devenant le siège d'un Evêché concordataire, le Gouvernement ordonna sans retard d'y préparer
une Cathédrale et un logement pour l'Evêque. Ce fut l'objet
d'une lettre de Godin, ministre des Finances, en date du
22 Germinal an X (12 avril 1802) et d'une autre lettre de
Chaptal, ministre de l'Intérieur, en date du 24 du même
mois (14 avril) adressées toutes les deux au Préfet pour le
charger de prendre au plus tôt les dispositions nécessaires.
Fa question de la Cathédrale ne présentait aucune difficulté. F'Eglise Sainte-Réparate qui servait de Cathédrale
avant 1793 avait peu souffert durant la Révolution. Elle
n'avait été enlevée au Culte que du mois de juillet 1794
au mois d'avril 1795. Depuis lors, les catholiques niçois
y avaient fait d'importantes réparations (2). Elle se trouvait donc tout indiquée pour servir de Métropole.
Il y manquait cependant les cloches qui avaient disparu
pendant la tourmente révolutionnaire ; les grandes orgues
avaient été démontées, les vases sacrés les plus précieux
avaient été enlevés. Sur ces entrefaites, on découvrit fort à
propos des cloches et des vases cachés dans le couvent de
Cimiez et on se souvint que les tuyaux des grandes orgues
avaient été déposés chez Grinda, facteur d'orgues, à Nice.
(1) Arch. départem. Série V, liasse r. Je donne cette lettre d'après
la minute entièrement de la main de Châteauneuf-Randon, sur une
demi-feuille écrite des deux côtés avec beaucoup de ratures et de
surcharges qui en rendent la lecture assez difficile.
(2) Voir aux Arch. municip. Bonifassi, volume B.

�XVII

Le Préfet prit divers arrêtés (i) pour faire remonter au moins
une cloche dans la tour de Sainte-Réparate et restituer les vases
sacrés. Honoré Grinda reçut en même temps l'ordre de rapporter les tuyaux. Le Préfet prescrivit de préparer le trône
de l'Evêque dans le Sanctuaire de la Cathédrale et de disposer
vis-à-vis un emplacement pour le Préfet, le Général-Commandant le département et le Président du Tribunal criminel.
Le maire de Nice Défly fut chargé par*le Préfet de l'exécution de ces diverses mesures et le 23 Messidor (12 juillet),
le Commissaire de police Jean Dives reçut de lui le billet
suivant :
« Je vous fais passer ci-joint, citoyen commissaire,
« l'original d'un arrêté du Préfet du département en date
« du 21 du courant, relatif à des effets d'argenterie destinés
« à la Métropole, et à la descente d'une des cloches de Cimiés
« que je vous charge de mettre de suitte à exécution, et faire
« transporter le tout à Sainte-Réparate. Si vous le croyez
« nécessaire, vous pouvez réclamer la force armée, vous
« aurez soin de m'instruire du résultat de cette opération. «
Ce fut en vain que le Directeur des Domaines réclama
les vases sacrés trouvés à Cimiez pour les envoyer à la Monnaie de Paris. Châteauneuf-Randon trouva avec raison
que Mainssonnat était mal fondé dans ses exigences (2).
Les Administrateurs de l'Eglise métropolitaine, Pauliani et
Masseglia, prieurs de la Confrérie du Corpus Domini furent
engagés par le maire le 16 Fructidor (3 septembre), à donner
connaissance à Grinda de l'arrêté du Préfet du 11 de ce mois
(29 août) afin que le grand orgue de la Cathédrale fut réparé
au plus tôt (3).
(1) Arch. départent., registre K 4. Arrêté du 21 Messidor (10
juillet) soumis à l'approbation ministérielle par lettre du 2 Thermidor
an X (21 juillet 1802) qui en donne les raisons et expose les réclamations mal fondées de Mainssonnat. Voir l'arrêté du ri Fructidor
(29 août) même registre.
(2) Voir une lettre de Mainssonnat à Châteauneuf-Randon
26 Messidor an X (15 juillet 1802). Arch. départent. M 18.
Voir aussi une lettre du Maire à Jérôme Rossi 23 Messidor (12
juillet) l'invitant à prendre des mesures pour que la cloche soit installée dans la tour pour la fête du 14 Juillet.
(3) Arch. municipales. Registre de la Correspondance du Maire,
an X. Tettre du 16 Fructidor (3 septembre).
4

�xvin
Grinda, que l'Administration départementale avait
chargé de rassembler les tuyaux d'orgues des différentes
églises de Nice, les avaient enmagasinés chez lui ; mais
comme il n'avait point été payé de son travail, il refusa de
les rendre aux administrateurs de Sainte-Réparate avant
d'avoit été indemnisé de ses peines et obtenu le remboursement «des avances qu'il a faites pour le transportera garde»...
Il réclamait en conséquence 3.785 francs en assignats.
Châteauneuf-Randon fut obligé, 13 Frimaire an XI,
de lui intimer l'ordre formel de les restituer, en lui promettant
une juste indemnité. Fes tuyaux furent remis aux Administrateurs de la Cathédrale, mais il fut impossible, de réparer l'instrument dont les jeux se trouvèrent dépareillés.
Il fallut faire d'assez grands frais pour acquérir des orgues
nouvelles qui furent inaugurées seulement eu 1805. (1)
Fe trône de l'Evêque fut décoré sommairement ; quant
aux places réservées pour le Préfet, le Général et le Président
elles n'étaient pas encore entourées de la balustrade demandée
à la date du 6 Frimaire an XI (27 novembre 1802) d'après
une lettre du Préfet au Maire (2).
* *
Châteauneuf-Randon aurait voulu que toutes les mesures qu'il croyait devoir prescrire fussent exécutées avec célérité, mais d'une part le maire Défly, dont les dispositions
bienveillantes ne sont point douteuses, était sans cesse arrêté par le manque d'argent dans la caisse municipale ;
d'autre part on se heurta continuellement à l'obstruction
systématique du directeur des Domaines Mainssonnat, pro(1) Arch. départem. M 17. Lettre du Préfet aux Administrateurs
de Sainte-Réparate 2 Fructidor an X (20 août 1802) qui avaient réclamé les tuyaux déposés chez Grinda ; ibid. M 25 autre lettre du
Préfet aux mêmes 19 Frimaire an XI (10 décembre 1802) leur annonçant l'ordre donné à Grinda et lui demandant d'examiner le compte
présenté par lui ; ibid, M 23, lettre du Préfet à Grinda, 13 frimaire
an XI (4 décembre 1802) ; Relation présentée au Pape par Mgr Colonna le IER août 1806 après la première visite de son diocèse,
VIIJ.AREY, Raccolta di decreti, moniti; ecc. Nice 1831, tome 1 p. 77.
(2) Arch. municip. Lettre du Préfet au Maire, 6 Frimaire an XL
vclume 7.

�XIX

bablement un des membres de la Loge maçonnique (i)
établie depuis peu avec l'autorisation de l'ex-maire Pauliani
prédécesseur de Défly.
L'opposition de ce fonctionnaire méticuleux et formaliste
dont le préfet ne cesse de se plaindre dans sa correspondance
avec les ministres, se manifesta surtout à propos du logement de l'évêque. L'ancien Evêché, situé tout auprès de
l'église Sainte-Réparate, avait été occupé d'abord par les
deux administrations provisoires à partir des premiers
jours d'octobre 1792 puis par le département.
Vers le milieu de l'an IV (juin-juillet 1796) l'administration centrale du Département voulut s'installer avec
les autres autorités dans l'ancien palais du Gouvernement
(la Préfecture actuelle) alors transformé en Hôpital militaire. A la suite de cette décision, l'Evêchè devenant disponible fut mis en vente comme bien national, conformément
à la loi du 28 Ventôse an IV (18 Mars 1796). L'ensemble de
l'immeuble fut divisé en 3 lots, dont le principal, comprenant
les appartements de l'Evêque, fut soumissionné le 6 Messidor an IV (24 juin 1796) par Pierre Mages, négociant, origi(1) Il est un fait avéré, c'est que la plupart des Sociétés populaires n'étaient autre chose que des loges maçonniques démocratisées
et semblant opérer au grand jour. A la dissolution des Clubs, les loges
mises en sommeil se rouvrirent peu à peu sous le Directoire et le
Consulat. Les Jacobins non encore ralliés à Bonaparte s'y réunissaient.
Il en fut à Nice comme ailleurs et la Loge en 1802 comptait, paraît-il,
un assez grand nombre de membres quoi qu'il soit impossible
de rien préciser en raison du mystère dont s'entourent ces associations. Le général Pierre Garnier en était le Vénérable.
Voir TOSEIAI, Précis Historique de Nice, 2MC partie, tome IL
p. 366 et le Sommario de BONIFASSI aux Arch. municip.
Le Préfet Florens demanda au Maire Paulian des renseignements
sur la loge de Nice, le 19 Frimaire et le 10 Nivôse an X (10 et 31 décembre 1801) mais celui-ci semble n'avoir pas répondu. Arch. municip.
Correspondance du Préfet, volume VI. Après le départ de Florens,
Châteauneuf-Randon rencontra une opposition plus ou moins ouverte dans cette loge composée de fonctionnaires des Contributions
et des Domaines, ainsi qu'il l'écrivait à Coulomb, secrétaire général
du Ministère de l'Intérieur, le 12 Vendémiaire an XI (4 octobre 1802).
Arch. nationales Fie m.3 Alpes-Maritimes. Correspondance. Dans
les années qui suivirent le Préfet Du Bouchage réussit à annihiler
l'influence de cette loge dont l'opposition au Gouvenieme-it ne dura
pas longtemps.

�XX

naire d'Agde, fixé depuis longtemps à Nice où il était membre du Conseil municipal. Les experts, Pierre Caries, maîtremaçon, pour le soumissionnaire, et Pierre Camous pour le
département, évaluèrent ce lot à la somme de 13.500 fr.,
calculée d'après la loi, à 18 fois le revenu montant à 750 fr.
Le 25 Fructidor an IV (11 septembre 1796) le Département passa acte de vente de ce lot à Pierre Mages pour la
dite somme de 13.500 francs qui fut versée en mandats
territoriaux ou promesses de mandats. F'acquéreur paya
en outre un demi pour cent sur le principal de la vente, soit
67 fr. 50 ; les droits d'enregistrement de l'expertise, 8 francs
versés le 14 Fructidor (31 août) et ceux de la vente, 135 fr.
en numéraire et 405 francs en papier-monnaie versés le 2
vendémiaire an V (23 septembre 1796). Fe prix total s'élevait donc à 13.980 fr. 50 en papier-monnaie et 135 francs
en numéraire.
Pierre Mages jouissait du revenu de ce lot à dater du
21 Messidor an IV (9 juillet 1796) et le Département se réservait le droit d'occuper encore l'Evêchè moyennant paiement d'un loyer jusqu'au cours de l'an VI (1).
Fe deuxième et le troisième lot comprenant des boutiques et des appartements loués à divers particuliers : la veuve
Thaoïi, les frères Caisson et autres, avaient été soumissionnés le 27 Prairial (15 juin) l'un par Joseph Autheman, l'autre
par Joseph Payany, administrateur du Département.
Dans le mois qui suivit, Autheman et Payany cédèrent
leurs soumissions à André Gastaud, commissaire du Directoire exécutif près le département, par acte reçu Daydery,
notaire.
Fes deux lots furent évalués par les experts ci-dessus
désignés, le 30 Messidor an IV (18 Juillet 1796) ; à savoir
le 2me à 8.100 francs soit 18 fois son revenu estimé à 450 fr.;
le 3me à 6.300 francs soit 18 fois son revenu estimé à 350 fr.
Le 16 Thermidor (3 août), le Département passa acte
de vente à André Gastaud pour ces deux lots, au prix d'esti(1) Cet acte de vente est aux Arch. départent. Série Q, volume
79, f° 89 et suivants sous le n° 222. Il est signé par Pierre Mages et
par Hancy, Imberti, Mougius, Payany fils, Scudéri, administrateurs
du Département ; Gastaud, commissaire du Directoire exécutif, et
M. A. Rey, secrétaire.

�XXI

mation à charge de payer les frais et les droits d'enregistrement et un demi pour cent sur le principal du prix de la vente.
L'enregistrement fut payé le 16 Thermidor (3 août) : pour le
2me lot, 324 francs et pour le 3me lot, 252 francs.
André Gastaud devait entrer en jouissance à partir
du 15 Messidor (3 juillet) de ces deux lots dont le prix global
14.400 francs avait été versé en mandats territoriaux ou
promesses de' mandats, entre le 27 Prairial (15 juin) et le
8 Thermidor (26 juillet). En ajoutant les droits d'enregistrement, 576 francs, on arrive à la somme de 14.976 fr. (1).
Or, à l'époque de ces ventes, les mandats territoriaux
étaient absolument dépréciés : ils avaient perdu au moins
90 % de leur valeur nominale (2).
Il en résulte que le Ier lot vendu à Pierre Mages avait été
soldé par du papier représentant moins de 1.400 francs
en numéraire, et que les deux autres avaient été soldés par
Gastaud en papier représentant moins de 1.500 francs en
numéraire.
En l'an X, Amand Spréafico, négociant lyonnais,
venu depuis peu à Nice où il fut receveur du District, était
co-propriétaire de l'Evêchè ; soit qu'il eût acheté les lots
acquis par André Gastaud, soit que Pierre Mages lui eût
cédé une partie de son lot.
* *
De Préfet ne trouva dans la ville que deux maisons
pouvant servir au logement de l'Evêque. La première était
rue des Juifs, actuellement rue Benoît-Bunico, et je crois
que c'était le palais Lascaris dont la façade Ouest donne
dans cette rue ; mais ce local lui parut peu convenable,
sans doute, à cause du voisinage presque immédiat de la
synagogue.
(1) Ces deux actes de vente sont aux Arch. départem. Série Q
volume 75, fo in et suivants sous les nor 25 et 26. Ils sont signés
par l'acquéreur André Gastaud, par les Administrateurs et Secrétaire
du département et par Hancy qui était commissaire du Directoire
exécutif en remplacement.
(2) Consulter le Tableau de dépréciation du papier-monnaie
dressé par le département des Alpes-Maritimes le 18 Thermidor
an V (5 août 1797) dont un exemplaire imprimé se trouve aux Archives
du Palàis de Monaco.

�XXTI

La seconde était l'ancienne maison épiscopale aliénée
qui réunissait toutes les conditions désirables. ChâteauneufRandon chercha donc à rentrer en possession du vieil Evêché,
et comme il n'avait pas d'argent disponible, il fit proposer
à Mages et à Spréafico de l'échanger contre d'autres propriétés nationales de valeur équivalente et à leur choix. La
proposition fut bien accueillie et les acquéreurs désignèrent
un certain nombre de biens nationaux qu'ils désiraient en
échange. Parmi ces biens se trouvait une terre située au quartier de Riquier alors affermée à Etienne Gastaud et qui dépendait de la succession de Jean-Paul-Augustin Lascaris,
inscrit sur la liste des émigrés et non radié. Cette terre était
précisément celle où s'élevait le Monastère des Religieuses
Cisterciennes avant leur transfert dans l'enceinte de la ville
au XVe siècle. Elle avait depuis appartenu à la noble famille
des Riquiéri dont avait hérité les Lascaris, et, avant 1792,
cette terre payait un cens annuel au Chapitre de Nice.
Elle ne put être cédée à Pierre Mages car un arrêté
du Préfet en date du 25 Germinal an X (15 avril 1802) en
avait affecté une partie à l'établissement d'une pépinière
départementale (1).
Par un arrêté du 10 Floréal an X (30 avril 1802) le Préfet
décida que vSainte-Réparate serait Eglise métropolitaine et
que les propositions d'échange de Pierre Mages pour l'Evêchè
seraient acceptées en principe (2). Fe 14 Floréal (4 mai)
il avisa simultanément de sa détermination les Ministres
de l'Intérieur et des Finances, en priant ce dernier de l'autoriser à conclure l'échange (3).
(1) Arch. départem. K 4 f° 60. L'arrêté créant la pépinière ne
fut point exécuté de suite et le 27 Frimaire an XI (18 décembre 1802)
Châteauneuf-Randon en adressa une ampliatiou à Boulay conseiller
d'Etat (ayant le Département des Domaines nationaux) pour en
obtenir l'approbation, Ibid. M. 24:
Rien n'était fait encore plusieurs mois après, et le Préfet Du
Bouchage prit le 19 Fructidor an XI (6 septembre 1803) un arrêté
désignant un des jardins ^dépendant de l'école Centrale supprimée
pour établir cette pépinière. Le 20 Fructidor, le Préfet demandait
approbation de cet arrêté qui reproduisait les dispositions d'un arrêté précédent de Châteauneuf-Randon, sous la date du 13 Floréal
an XI (3 mai 1803). Ibid. M 24.
(2) Arch. départem. K 4 f° 54. Arrêté du 10 Floréal an X.
(3) .Arch.\départem. Série V, liasse 1. Lettres du 14 Floréal an X.

�XXIII

L'arrêté du 10 Floréal fut transmis de suite à Pierre
Mages et à Mainssonnat, directeur des Domaines, avec prière
de désigner des experts pour l'estimation de l'Evêchè et des
propriétés susceptibles d'être échangées.
Mainssonnat fit des difficultés et par deux fois les 19
et 20 Floréal, il représenta au Préfet qu'il n'y avait pas lieu
à nomination d'experts et que l'on ne pouvait actuellement
disposer des biens séquestrés de Jean-Paul-Augustin Fascaris.
Fe Préfet dut user de toute son autorité pour faire nommer
les experts (1). Finalement le 29 Prairial (18 juin) un rapport
estimatif de l'Evêchè et de divers biens nationaux proposés
en échange fut dressé par Scoffier et Caldelary, experts des
Domaines, et par Roux, expert de Pierre Mages.
F'Evêché était estimé 25.000 francs et la terre de Riquier provenant des Fascaris 36.000 ; elle ne pouvait donc
être l'objet d'un échange. Six autres parcelles indiquées
subsidiairement par Mages et Spréafico furent estimées en
totalité 25.000 francs ; ce furent elles que le Préfet proposa
par son arrêté du 1er Messidor (20 juin) (2) pour un échange
qui deviendrait définitif après avoir été approuvé, dans les
six mois, par les ministres de l'Intérieur et des Finances.
En attendant, l'Evêchè serait remis entre les mains du maire
qui en ferait dresser procès-verbal et inventaire, puis établirait le devis des réparations locatives qui serait soumis au
Préfet et exécuté sous la surveillance du maire « sur les
« fonds communaux, sauf décision ultérieure, sur la réparti« tion des dites dépenses au compte de la commune ou à
« celui du Département. » Si l'échange n'était pas encore
autorisé au bout de 3 ou de 6 mois, Mages et Spréafico rece(1) Arch. départem. M 14. Lettre du 10 Floréal an X à Pierre
Mages ; autre du même jour à Mainssonnat ; M 20. Lettre du 21
Floréal à Mainssonnat. Voir surtout deux lettres du 7 Prairial an X
(27 mai) aux Ministres de l'Intérieur et des Finances dans lesquelles
le Préfet se plaint vivement des agissements de Mainssonnat dont
il réclame de nouveau le changement. Série V, liasse 1.
Voir encore Arch. départem. M 20, la réponse de Chaptal 2 Messidor (21 juin) qui a transmis au Ministre des Finances les plaintes
du Préfet.
(2) Arck. départem. K 4, f° 103 Arrêté du ier Messidor an X
(20 juin 1802).

�XXIV

vraient sur la caisse communale comme indemnité de location le prix des baux des parcelles échangées.
Cet arrêté fut transmis aux Ministres et au Directeur
des Domaines. Le 14 Messidor (3 juillet) le Préfet le notifia
à Mages et à Spréafico en les invitant à se concerter avec
« le maire de Nice pour la prompte évacuation de la maison
« de l'Evêchè afin qu'on puisse procéder sur le champ aux
« réparations dont elle est susceptible. » (1).
Le même jour, cet arrêté fut communiqué au Maire
de Nice. « Je vous invite, écrivait le Préfet, à prendre surit le-champ les mesures convenables pour l'exécution des
« dispositions que j'ai ordonnées et à me tenir régulièrement
« informé du succès de vos démarches et du progrès des
« réparations. »
Defly en accusant réception de cet arrêté au Préfet
le 20 Messidor (9 juillet) lui représentait qu'il était de toute
impossibilité que la caisse communale fît les avances du montant des réparations, car elle était presque vide et il aurait
même peine à solder les dépenses du dernier trimestre de l'année courante. Il priait donc le Préfet de s'adresser au Conseil
Général qui, étant autorisé à procurer à l'Evêque un logement convenable, trouverait peut-être le moyen de couvrir
cette dépense (2). Néanmoins, dès le lendemain 21 Messidor
le Préfet prescrivit à Defly de faire faire un devis estimatif
des réparations et de les mettre en adjudication.
Le 28 Messidor (17 juillet) Défly demanda par lettre
à Mages et à Spréafico de vouloir bien prendre des mesures
pour que la maison proposée par eux en échange et acceptée
par le Préfet (arrêté du 1er Messidor) fut mise à sa disposition, afin qu'il put faire procéder à ce devis (3). Le 30 Messidor (19 juillet) Défly transmit au Préfet la réponse qu'il
(1) Arch. départem. M. 20. Lettres du 14 Messidor an X (3
juillet 1802) à Mages et Spréafico et au Maire de Nice. Cette dernière
se trouve également Arch. municip. Correspondance du Préfet an X
tome vi.
(2) Arch. municip. Correspondance du Maire, 20 Messidor (9
Juillet).
(3) Arch. municip. Correspondance du Maire an X. Lettre du
28 Messidor (17 juillet).

�XXV

avait reçue de Sasserno représentant Mages et Spreafico
absents (i).
Trois semaines se passèrent sans que ceux-ci dont l'absence devait durer seulement quelques jours eussent donné
une réponse ; aussi le maire ayant appris le retour de Mages
lui adressa-t-il, le 21 Thermidor (9 août) une lettre pressante
de rappel, afin d'obtenir la remise de l'Evêché pour qu'il
put se conformer aux instructions du Préfet (2).
Châteauneuf-Randon s'impatientait et ce jour (21
Thermidor) il demandait au maire, quel était le résultat de
ses démarches pour les réparations de l'Evêché et son ameublement. Défly lui répondit immédiatement qu'il venait de
renouveler ses démarches auprès de Mages et qu'il enverrait
la réponse trop longtemps attendue. En terminant sa lettre,
il ajoutait que malgré ses recherches il n'avait pu découvrir
aucun moyen pour se procurer les fonds nécessaires pour les
réparations et surtout pour l'ameublement (3).
Cette lettre du maire (21 Thermidor) contraria vivement le Préfet : il ne comprenait rien à tous ces retards,
aussi en y répondant le 25 Thermidor (13 août) s'en plaignitil amèrement, tout en exprimant l'espoir que la réponse
de Mages ne pouvait être contraire à la parole qu'il avait
solennellement donnée ; qu'elle serait enfin parvenue et que
le maire, ayant l'Evêché à sa disposition, lui apprendrait
incessamment le commencement des travaux pour les réparations et pour l'ameublement de la maison de l'Evêque
qui devait arriver vers le milieu du mois prochain. Defly le
savait déjà par la Circulaire préfectorale du 14 .Thermidor.
« Quant aux fonds, concluait le Préfet, je prends des moyens
« pour vous en procurer, et je n'attends pour les mettre
« à votre disposition que l'envoi du devis estimatif que je
« vous prie de m'adresser dans les 24 heures. » (4).
(1) Arch. municip. Correspondance du Maire. Lettre du 30 Mes
sidor an X (19 juillet 1802). La lettre de Sasserno manque.
(2) Arch.. municip. Correspondance du Maire. Lettre du 21 Thermidor (g août) à Mages et Spreafico.
(3) Arch. municip. Correspondance du Maire. Lettres du 21
Thermidor à Pierre Mages et au Préfet. Je n'ai pas trouvé les lettres
du Préfet au Maire du 21 Messidor et du 21 Thermidor.
(4) Lettre du Préfet au Maire 25 Thermidor (13 août) Arch,
dêpartem. M 20,

�XXVI

Le jour même où le Préfet écrivait cette lettre, Pierre
Mages rédigeait sa réponse qu'il data du 25 Thermidor,
mais qui ne fut remise au Maire que deux jours après, le
dimanche, 27 Thermidor (15 août). Klle était loin d'être ce
qu'avait pensé le Préfet. En effet, Mages, au lieu de consentir
à la remise immédiate de l'Evêché, atermoyait encore sous
prétexte que ses intérêts seraient compromis, au cas possible
que le Gouvernement refusât de ratifier l'échange proposé.
Défly envoya copie de cette étrange réponse au Préfet,
le 28 Thermidor (16 août), en lui demandant de nouvelles
instructions (1).
Mages n'obéissait-il pas aux suggestions de Mainssonnat toujours disposé à créer des embarras au Préfet et à
entraver son action ?
Quoi qu'il en soit, Châteauneuf-Randon, qui avait
reçu aussi de Pierre Mages une lettre du même jour et conçue
dans le même sens, lui répondit sous la date du 30 Thermidor
(18 août) en lui marquant son étonnement et son mécontentement de la défiance injustifiée qu'il semblait avoir,vis-à-vis
du Gouvernement et de son représentant (2).
Il prévint en même temps le Maire qu'il venait de répondre à Pierre Mages : « Je viens, dit-il, de lui faire sentir
« combien peu ses observations sont fondées et combien
« peu le Gouvernement devait s'attendre aux empêchements
« qu'il met à ce que le logement de l'Evêque soit prompte« ment assuré. J'aime à croire qu'il ne persistera pas dans
« ses délais et qu'il vous fera de suite la rémission de l'Evê« ché ; j'espère en recevoir promptement l'assurance de votre
« part. » (3).
Te 6 Eructidor (24 août) Défly en envoyant copie de
cette lettre à Pierre Mages lui écrivait : « Je vous invite
« à vouloir bien me faire part de votre dernière déterminait tion, pour que je puisse en référer à l'autoiité supérieure.» (4)
(1) Arch.. municip. Correspondance du maire. Lettre du 28
Thermidor au Préfet.
(2) Arch. départem. M 20 Lettre du 30 Thermidor entièrement
de la main de Châteauneuf-Randon.
(3) Arch. départem. M 20 et Arch. municip. Correspondance
du Préfet an X tome 6. Lettre du préfet au maire (30 Thermidor).
(4) Arch. municip. Correspondance du maire. Lettre à Pierre
Mages, 6 Fructidor.

�XXVII

■ Les instances du Maire et du Préfet ne réussirent point
à triompher des hésitations de Pierre Mages qui refusait
toujours de remettre l'Evêché avant que le Gouvernement
ou le Corps législatif n'eut approuvé l'arrêté du Ier Messidor.
Il eut fallu attendre longtemps encore, et tous les efforts pour
préparer un logement à l'Evêque eussent été rendus inutiles
par ces exigences intempestives : c'était le désir inavoué
de Mainssonnat que Châteauneuf-Randon connaissait bien.
Force fut donc de chercher une autre combinaison :
le Préfet résolut de traiter cette fois directement avec les
acquéreurs et à cette fin, par arrêté du 14 Fructidor
(ier septembre) il désigna deux commissaires, Tiranti et
Daidery, chargés de terminer la rétrocession de l'Evêché
déjà évacué par un des propriétaires et la plupart des locataires. (1) Les commissaires devaient faire valoir qu'il n'y avait
aucune raison de douter de l'approbation du Gouvernement ;
insister pour obtenir de suite une location, soit au nom de
la commune, soit à celui du Préfet, et enfin demander, moyennant une juste indemnité, le départ immédiat des petits
locataires qui occupaient encore une partie de l'immeuble.
Pierre Mages consentit finalement à louer provisoirement l'Evêché, non pas à la commune ni au Préfet comme
représentant de l'Etat, mais à Châteauneuf-Randon comme
simple particulier, jusqu'à ce que fut intervenue la décision
du Gouvernement. Telle fut la conclusion des négociations
entre Pierre Mages et les deux commissaires. ChâteauneufRandon pour en finir accepta ces conditions draconiennes
et se hâta de faire dresser en double original l'acte de bail
en son nom personnel ; puis en qualité de Préfet, il prit un
arrêté pour l'approuver. La location était pour un an, à dater
du 8 Vendémiaire an XI (30 septembre 1802), au prix exagéré
de douze cents francs en numéraire, et, pour entrer immédiadiatement en jouissance, le Préfet versa le jour même trois
cents francs (également en numéraire) à Pierre Mages qui
s'engagea,à faire évacuer promptement le local et à permettre
de commencer aussitôt les réparations locatives. Dès que le
gouvernement aurait donné son approbation à l'arrêté du
Messidor, l'échange devenant définitif, la location ces(2) Arch. départem.

K 4 f°

238.

Arrêté du 14 Fructidor.

�xxvrn
serait de plein droit, et Châteauneuf-Randon ne serait tenu
à payer que le temps écoulé jusqu'à l'entrée en jouissance
par Pierre Mages et Amand Spréafico des biens cédés en
échange (i).
Il fallut quelques jours encore pour faire évacuer l'évêché et le remettre au Préfet. C'était chose faite le 23 Fructidor (10 septembre). Ce jour-là, le Préfet en envoya les clefs
au maire et le pressa de s'occuper activement des réparations
et de l'ameublement. « Je vous ai donné, ajoutait-il, l'exem« pie de l'activité, du zèle et. même du sacrifice, j'aime à
« croire que vous justifierez l'opinion où je suis que vous
« me seconderez avec la plus grande promptitude. » (2).
Il était grand temps, en effet, de terminei cette affaire,
car Mgr Colonna était arrivé à Nice, et n'ayant point de logement à lui offrir, le Préfet lui avait donné l'hospitalité dans
son hôtel.
*
* *
Le samedi 4 septembre 1802 (17 Fructidor an X) Mgr
Colonna débarqua au port de Lympia venant de Marseille
sur une felouque. Le Préfet, qui seul avait été prévenu, envoya au-devant du prélat sa voiture et un détachement de
gendarmes. Deux prêtres, se promenant par hasard, dans
le voisinage, MM. Domihique Fianson et Honoré Faissola,
se présentèrent à l'Evêque et l'accompagnèrent jusqu'à la
Préfecture. Cette escorte de deux prêtres et de gendarmes
provoqua quelques plaisanteries, au témoignage de Bonifassi (3).
(1) Voir les deux arrêtés du Préfet en date du 14 Fructidor
er
an X (i septembre 1802) et la copie du bail enregistré à la suite.
Arch, départem. K 4 f° 239.
(2) Arch. départem. M 20, lettre du préfet au maire, 23 Fructidor.
(3) On lit dans ses manuscrits sous la date du 4 sept. 1802
N° 2712. Monsignor Colonna nuovo Vescovo, si e inaspettatamente
sbarcato al porto di Limpia, ed è stato incontrato dalla carrozza del
Prejetto, e da un distaccamento di gendarmi. mss.
N° 2713. I preti Fianson e Faissolla a caso trovandosi al porto
T
si sono presentati da M Voscovo e l'hanno accompagnato sino al pallazzo del Prefetto. mss. autent.
N° 2714. Questa comitiva dei preti coi gendarmi accompagnante
rl
il Vescovo ha forniio un poco a ridere ed a motteggiare. Osserv. pert .

�XXIX

Il est certain que cette arrivée ne rappelait que de trè
loin l'entrée solennelle que vingt-deux ans auparavant (12
octobre 1780), Mgr Valperga avait faite dans sa ville épiscopale ; niais les temps étaient changés.
Châteauneuf-Randon accueillit Mgr Colonna avec la
plus grande courtoisie et mit à sa disposition le second étage
de la maison Saint-Pierre, actuellement 8, rue Saint-François-de-Paule, qui servait alors de Préfecture (1). Le jour
même, (17 Fructidor) il prévint toutes les autorités et les
invita à venir faire visite au nouvel Evêque, l'intention du
Gouvernement étant que ces diverses autorités eussent
pour le Prélat les égards dus à la dignité dont il était revêtu.
Cette visite eut lieu le lendemain. 5 septembre. Le jour suivant (lundi 6), Mgr Colonna reçut le Clergé présenté par le
vicaire-général Rossi qui prononça une courte allocution (2).
Arch. municip. BONIFASSI, volume B fol. 86 verso.
TosEiJU dans son Précis Historique de Nice, 2me partie, tome 2,
p. 365, et l'abbé de VIIAAREY dans la Série Cronològica dei Vescovi
di Nizza (citée par Toselli) racontent l'arrivée de Mgr Colonna sans
ajouter aucun détail spécial.
TISSERAND, Histoire de la Révolution française dans les AlpesMaritimes, in-8° Nice. 1878, chap. VI, p. 318-319, raconte brièvement
l'installation de Mgr Colonna qu'il fixe à tort au 4 septembre qui est
seulement le jour de son arrivée.
(1) Le 30 Prairial an X (19 juin 1802) Châteauneuf-Randdu
avait loué d'Honoré Vincent Galli, administrateur de l'hoirie de feu
Paul de Saint-Pierre cette maison eu entier au prix annuel de 3.000
francs. Mainssonnat qui en occupait une partie pour le loyer annuel
de 1.000 francs se refusa à l'abandonner, ce dont le Préfet se montra
fort contrarié comme il ressort de ses lettres au Ministre de l'Intérieur, du 7 Thermidor (26 juillet) et du 17 Fructidor (4 septembre
1802).
Voir Arch. départem. M 20. Le Ministre de l'Intérieur au Préfet,
3™e Complémentaire an X (20 septembre) et M 24. Une autorisation
du Préfet sous la date du 3 Nivôse an XI (24 décembre 1802) pour
exiger de Mainssonnat deux trimestres de son loyer, soit 500 francs.
(2) Arch. départem. M 17. Lettres du Préfet aux autorités civiles, militaires,- judiciaires et administratives, 17 Fructidor an X
(4 septembre 1802).
Arch. municip. Notes de Bonifassi,volume B, f° 87 : 5 septembre
n° 2715. // Prejetto con tutte le autorita sono stati a far visita di cerimònia a Monsignor Vescovo. Ann".
6 septembre, n° 2717. Monsignor Colonna ha ricevulo la visita
del Clero, ed il Vicario lo ha complimentato con un bel discorsino.

�XXX

Les. dernières dispositions furent prises pour l'installation
solennelle de Mgr Colonna, fixée au 25 Fructidor (12 septembre 1802, jour de dimanche). Châteauneuf-Randon voulut
donner à cette cérémonie le plus grand éclat, sans doute
d'après les instructions du Gouvernement, et, l'arrêté préfectoral du 22 Fructidor (9 septembre) eu régla minutieusement tous les détails, sauf ce qui regardait la partie exclusivement religieuse. Cet arrêté fut imprimé, adressé à tous
les fonctionnaires, affiché et envoyé dans les communes du
département, comme avis de l'arrivée et de l'installation
de l'évêque concordataire. Il fut communiqué à Mgr Colonna
le 24 Fructidor (11 septembre) avec l'arrêté précédent du
11 (29 août), relatif « à l'embellissement du siège épiscopal
« et à la désignation de la place du Préfet dans le sanc« tuaire de Sainte-Réparate. (1) » Le Maire de Nice était
chargé, article XVII, de donner tous les ordres nécessai
res pour l'exécution de l'arrêté du 22 Fructidor et de se
concerter « avec les administrateurs des églises, le vicaire« général et les desservants des paroisses pour tout ce qui
« les concerne respectivement, tant pour le concours ad« ministratif qui peut être utile aux cérémonies religieuses
« ordonnées, que pour la sonnerie des cloches, la délivrance
« et l'emploi des poudres à la Garde Nationale et la disposi
«c tion de la Cathédrale et des places destinés aux diver
*c ses autoritées. »

(1) Voir deux lettres du Préfet à Mgr Colonna du 24 Fructidor
(11 septembre). Arch. départem. M 17. L'arrêté du 22 Fructidor

(9 septembre est au registre K 4 f° 161.

�XXXI

ARRÊTÉ RELATIF A L'INSTALLATION
DE L EVÊQUE DE NICE
::o::
Du 22 Fructidor an X
(9 sept. 1802).
Le Préfet du département des Alpes-Maritimes arrête les
dispositions suivantes :
Article Premier
Dimanche 25 Fructidor prochain, à six heures du
matin, la cloche de la Mairie annoncera l'installation
de l'Evêque de Nice.
Article 2
A huit heures, celles des paroisses et des succursales dans les faubourgs et campagnes de la ville commenceront à sonner en carillon.
Article 3
A la même heure, et aux premiers sons de la cloche
de la Mairie, tous les citoyens portés sur le rôle du service de,la Garde Nationale, se rendront armés ou non
armés au chef-lieu ordinaire de la réunion de leur bataillon, pour se placer à leur rang et compagnie.
Article 4
A huit heures et demie, les Chefs de bataillon,
sous la direction d'un adjoint, d'après les instructions
du Maire, formeront deux haies à droite et à gauche
des rues de..., depuis les bureaux de la Préfecture, logement actuel de l'Evêque, jusqu'à la Cathédrale.
Article 5
A neuf heures, les gardes d'honneur et différents
postes fournis pour la cérémonie par la troupe de ligne,
sur l'invitation particulière faite au Général commandant
se rendront à leur destination.

�xxx li
Article 6
A la même heure, aux premiers sons de la cloche
de la Mairie, toutes les autorités et administrations,
les Corps de fonctionnaires, commissions et employés
se rendront chacun chez leurs chefs respectifs, suivant
la hiérarchie et la nature de leurs fonctions.
Article 7
A neuf heures et demie, chacune de ces réunions
se rendra chez l'Evêque.
Article 8
A dix heures, au premier son de la cloche de la commune, le cortège défilera et les autorités et fonctionnaires seront appelés ainsi qu'il suit :
i° Les agents de police chargés de la direction de la
marche dans les rues et d'établir l'ordre et la décence ;
2° Un détachement de gendarmerie ;
3° Les tambours et moitié de la garde d'honneur du
cortège ;
4° Les administrations militaires de la Place ;
5° Le Conseil de Guerre ;
6° E'Etat-Major de la Place, les officiers de la garnison et des vétérans nationaux, chacun dans leur
ordre hiérarchique ;
7° Ee Corps des agents et courtiers de commerce ;
8° Ea Commission de commerce ;~
9° Celte de santé et salubrité publique ;
io° Celle d'Agriculture ;
ii° Celle d'embellissements et établissements publics ;
12° Celle du Var ;
130 E'Athénée des Sciences et Belles Lettres ;
140 Ees Notaires ;
i'5° Les Administrateurs des Hospices civils ;
i6° Les Professeurs de l'Ecole Centrale ;
iy° Les Membres du Jury d'instruction publique ;
i8° Les Chefs et Fonctionnaires des différentes Administrations de la Trésorerie, des Finances, des Contributions, des Domaines et des Postes ;

�XXXII!

19° La Musique Militaire ;
20° Le Commissaire et les Autorités de la Marine ;
2i° Les Inspecteurs aux revues et Commissaire des
guerres ;
22° Les Directeurs et Sous-Directeurs des fortifications, Commandant d'artillerie, et officiers du génie
et de l'artillerie ;
230 Le Corps des Avoués ;
240 Les Prud'hommes des Pêcheurs ;
250 Le Tribunal de Commerce ;
260 Les Juges de Paix ;
270 Le Tribunal Civil ;
280 Le Tribunal Spécial ;
290 Le Tribunal Crim'nel ;
300 Le Conseil Municipal ;
310 Le Maire, les Adjoints et le Commissaire de police
spécialement chargé de l'ordre de la marche et de
se transporter sur toute la ligne ;
320 Les Membres du Conseil d'Arrondissement ;
33° Les Membres du Conseil Général ;
34° Le Drapeau départemental (entre 4 gendarmes et
4 Gardes Nationales) ;
350 Le Conseil de Préfecture ;
36° Le Secrétaire Général ;
370 La Crosse de l'Evêque, entourée des Ecclésiastiques ;
380 Le Préfet, l'Evêque, le Général commandant les
troupes et le Président du Tribunal Criminel ;
390 Le Chef d'escadron, les Officiers de gendarmerie,
aides-de-camp, ingénieurs en chef et ordinaire des
Ponts et Chaussées ;
400 Les agents des Puissances étrangères ;
410 Les Officiers en congé, réformés ou retirés f
420 La Musique de la Garde Nationale ;
430 L'Etat-Major de la Garde Nationale ;
440 Les Employés de la Préfecture ;
450 L'autre moitié de la Garde d'honneur ;
460 Le reste de la gendarmerie fermant la marche
%

�XXXIV

Article 9
Ees Gardes d'honneur attribuées ou envoyées à
chaque autorité particulièrement en borderont la haie
et les fronts dans la marche générale.
Article

io

A l'entrée de l'église, chaque autorité et fonctionnaire prendra la place qui lui sera désignée, conformé
ment à la dernière fête, par les Maîtres des cérémonies
qui seront distingués par une écharpe tricolore au bras
Article

ii

A l'entrée de l'église Cathédrale, le Préfet en donnera les clefs à l'Evêque, le remettra entre les mains
de son clergé et ira prendre sa place accoutumée dans
le sanctuaire avec le Général Commandant les troupes
et le Président du Tribunal Criminel.
Article 12
E'Evêque doit s'avancer ensuite sous un dais, en
passant devant les autorités jusqu'à sa place où il sera
reçu par le Vicaire-Général Commissaire nommé par
l'Archevêque d'Aix.
Article 13
Ee procès-verbal d'installation dressé par le Vicaire
Général et signé par les Ecclésiastiques témoins, sera
signé aussi, en présence du cortège par le Préfet, les
Présidents des Tribunaux, le Général Commandant les
troupes, le Maire et les Juges de Paix.
Article 14
Après les cérémonies religieuses célébrées ou ordonnées par l'Evêque, le cortège retournera dans la
même forme par les rues de
et accompagnera
l'Evêque chez lui processionnellement uniquement
entouré du Clergé et de sa pompe religieuse.
Article 15
Ees rues par où retournera le cortège, seront bordées de même de deux haies de gardes nationaux.

�XXXV

Article 16
Pendant toute la marche et l'installation de l'Evêque les cloches des Paroisses et celles de la Commune
sonneront ; pendant les cérémonies religieuses ordonnées
par l'Evêque et jusqu'au retour du cortège, il sera fait
des salves d'artillerie et tiré des boëtes par la Garde
Nationale.
Article 17
Le Maire est chargé de donner tous les ordres nécessaires pour l'exécution du présent arrêté, et de se
concerter avec les Administrateurs des églises, le Vicaire Général et les desservants des Paroisses pour tout
ce qui les concerne respectivement, tant pour le concours administratif qui peut être utile aux cérémonies
ordonnées que pour la sonnerie des cloches, la délivrance et l'emploi des poudres à la Garde Nationale
et la disposition de la Cathédrale et des places destinées aux diverses autorités.
La
adressés
dans les
rivée et

Article 18
lettre et le présent arrêté seront imprimés
à tous les fonctionnaires, affichés et envoyés
communes du département comme avis de l'arde l'installation de l'Evêque.
CHATEAUNEUF-RANDON (1).
*
* *

Le général Eberlé, commandant la place de Nice, reçut
des instructions spéciales : Il devait envoyer à neuf heures
du matin devant la Préfecture la garde d'honneur attribuée
aux préfets dans les cérémonies publiques ; vingt hommes
au Tribunal Criminel, quinze au Tribunal Spécial, dix au
Tribunal Civil et dix à la Mairie pour escorter ces diverses
autorités ; plus une garde d'honneur de cent hommes dont
une moitié marchera en avant et l'autre en arrière du cortège;
enfin s'il voulait faire prendre les armes à toute la garnison^
(1) Arch. départem. Registre K, f° r6i. Je n'ai pas trouvé
jusqu'ici d'exemplaire imprimé de cet arrêté.

�XXXVI

elle pourrait former la haie sur le Cours tandis que la Garde
Nationale formerait la haie sur le reste du parcours (iK
Pour assurer la marche régulière du cortège et le bon
ordre dans l'église Cathédrale, Châteauneuf-Randon nomma
par arrêté du 24 Fructidor (11 septembre) cinq maîtres de
cérémonie : Roux, Caravel, chefs de bureau à la Préfecture ; Laurenti, Ricordi, secrétaires, et Cougnet fils. Ils
devaient porter une écharpe tricolore au bras droit et une
épée. Par le même arrêté, Fabry, chef de bataillon de la Garde
Nationale, commissaire de haute police, était désigné pour
porter le drapeau du Département encadré de quatre gendarmes et de quatre gardes nationaux (2).
*
* *
Le 12 septembre, au matin, toutes les cloches de la ville
sonnèrent de joyeux carillons. A 10 heures, le cortège partit
de la Préfecture dans l'ordre fixé, et se rendit à Sainte-Réparate, entre deux haies de soldats et de gardes nationaux,
derrière lesquels se pressait une foule considérable, sympathique et curieuse. L'Evêque, précédé du drapeau du Département et de la crosse épiscopale (3) entourée d'ecclésiastiques, s'avançait de front avec le Préfet Châteauneuf-Randon,
le général Partouneaux et le Président Trémois. Les membres
du Clergé convoqués la veille par le Vicaire Général Rossi
attendaient devant la grande porte de la Cathédrale (4).
Châteauneuf-Randon leur présenta Mgr Colonna auquel il
remit les clefs de l'Eglise. En temps ordinaire, cette remise
est faite par le Doyen du Chapitre ou son représentant ;
mais en 1802, le Chapitre de Nice n'existait plus ni en fait
ni en droit, et le Préfet voulait, sans doute, par cet acte,
(1) Voir lettre du Préfet au Général Eberlé (s. d.). Arch. département. M r8.
(2) Arch. départem. K 4, f° 168.
(3) Il s'agit probablement de « la crosse de vermeil donnée par
« l'Empereur à Mgr l'Evêque de Nice et qui doit être transmise à
« ses successeurs » mentionnée dans les inventaires de l'Evêché à
partir de 1805.
(4) Arch. municip. Bonifassi, volume B, f° 87, 11 septembre
1802. N° 2721. Il Clero e invitato dal Vic0 Rousc per domani trovarsi
sulla porta délia Chiesa a ricevere il Vescovo. Ann". Doc. N° 1080.

�XXXVt!

affirmer que le Gouvernement mettait, à la disposition de
l'Evêque, l'église Cathédrale devenue propriété de l'Etat
d'après les lois révolutionnaires. Ee prélat fut alors reçu
dans les formes prescrites par le Cérémonial. On lui offrit
l'eau bénite et l'encens, puis on le conduisit sous le dais
jusqu'au pied du maître-autel où il s'agenouilla, fit une coure
prière et revêtit les ornements pontificaux. Ee Préfet, le
Général et le Président avaient pris les places d'honneur
préparées dans le Sanctuaire et les autorités s'étaient rangées
dans la nef selon l'ordre déterminé. Ee vicaire-général Rossi,
commissaire délégué du Métropolitain, Mgr Champion de Cicé,
archevêque d'Aix, procéda alors à l'installation canonique.
On fit lecture de l'arrêté de nomination, des Bulles d'institution et du décret exécutorial du cardinal Caprara (9 avril
1802) érigeant les évêchés concordataires et rattachant
le nouvel Evêché de Nice à la Métropole d'Aix, (1), puis
Mgr Colonna monta au trône épiscopal.
. Dans un discours prononcé en latin selon l'usage
comme celui du Chanoine Provasso lors de la prise de possession de Mgr Valperga, le vicaire général Rossi exprima
la joie du peuple et du clergé privés depuis longtemps de
Pasteur et qui se félicitaient de l'heureux choix du Gouvernement et du Souverain Pontife. Il loua, en termes heureux'
les talents et les vertus du nouvel Evêque : son habileté
administrative, son application à l'étude, son zèle pour le
salut des âmes, sa modestie et sa piété profonde. Il sera,
sur le siège de Nice, le digne successeur d'une glorieuse
lignée d'évêques. Ees fidèles de ce diocèse, très attachés
à la religion catholique le reço'vent comme l'envoyé da
Dieu pour leur faire oublier les longues années d'épreuves
sur lesquelles il ne faut point insister aujourd'hui que la paix
et le bon ordre sont entièrement rétablis.
(1) Le décret du cardinal Caprara rendu en exécution d'une
bulle pontificale datée de Rome le 3 des calendes de décembre (28
novembre 8or) fut signé à Paris le 9 avril 802 et inséré au Bulletin
des lois N° 2 8 tome VI, 3 e série, 2 e semestre an X, avec un arrêté
du premier consul, daté du 29 germinal an X qui en ordonnait la
publication. Ce décret, après la suppression des anciennes divisions
ecclésiastiqi es, établissait, pour la France et les pays réunis, ) o
métropoles et 50 évêchés dont le tableau était annexé. La métropole
d'Aix avait pour suffragants : ajaccio, Avignon, Digne, Nice

�XXXVlII

Puis, par une allusion ingénieuse, au nom de Mgr
Colonna l'orateur déclara qu'il serait pour les prêtres, les
fidèles du diocèse, ce que fut, pour les Hébreux, la Colonne
miraculeuse qui guidait leur marche laborieuse et accidentée à travers le désert. Au nom de tous, il promit au nouvel évêque qu'il serait pour eux un père respecté, un chef
religieusement obéi dont ils s'efforceraient d'imiter les ex
emples et les vertus durant les longues années qu'ils demandaient à Dieu, de le conserver à leur tête (i).
Mgr Colonna prit alors la parole (2) : « Appelé à l'honte neur de l'Episcopat, après avoir reçu à Rome l'institution
« canonique et moyennant l'imposition des mains, la çonsé« cration à Paris : me voici, enfin au milieu de vous tel qu'un
« Ange de paix.,. »
Mgr Colonna déclara qu'il a compté sur les grâces particulières que le ciel accorde pour certains états, et non point
sur ses propres forces en acceptant une charge que la Révolution a rendu encore plus pénible et plus lourde. Il évoqua
rapidement les douloureux souvenirs des années qui venaient de s'écouler : prêtres persécutés, églisesp rofanées,
autels renversés, religion proscrite.
« Ne rouvrons pas des plaies qu saignent encore et
« qu'un sage Gouvernement tâche à cicatriser
« Que n'ai-je pas le zèle, les talens et l'espr't de ces
« dignes pasteurs : de ces saints pères des premiers siècles
« de l'Eglise, qui fleurissaient aux beaux jours du Christian« nisme ? De ces illustres prélats qui m'ont précédé dans ce
« siège épiscopal. Des Basses, des Siagres, des Valpergues
« et de tant d'autres, qui dès les temps les plus reculés ont
« porté la foi dans ce pays-ci, qui par la sainteté de leur vie,
« l'éclat des vertus, leur fermeté, leurs lumières, ont illustré
« et édifié cette Eglise, de mon dernier prédécesseur qui,
« par un généreux sacrifice a si bien mérité de la Religion
« et de la Patrie.
(r) Ce discours d'une excellente latinité est cité par VIIAAREY,
Raccolta di Decreti, moniti, pastorali, allocuzioni, ecc. Dell'Illmo e
Revmo Monsignor Vescovo di Nizza, dall'anno 1802 all'anno 1831.
Nice r83i, tome r, p. 1-4.
(2) Discours de possession prononcé par Mgr l'Evêque de Nice,
immédiatement après celui de M. le Vicaire Général dans la Cathédrale. VIIAAREY, Raccolta... tome 1, p. 5-ir.

�XXXIX

Du haut du ciel, les saints Evêques de Nice écouteront
« la prière de leur successeur et lui obtiendront de Dieu
« un esprit de sagesse et de modération si nécessaires à un
« évêque chargé de la conduite des âmes. »
Sa mission sera facilitée par le zèle des prêtres, ses coopé«ateurs et par l'attachement des fidèles à leur foi.
« Non, il n'est pas de ce peuple comme de tout autres
« peuples ; la Révolution n'a pas produit dans cette Pro« vince par rapport à la Religion les effets qu'elle a produit
« dans les autres, elle n'a pas déployé ici ce caractère qui
« la distinguait ailleurs ; les convulsions révolutionnaires
» n'ont guère atteint à la Religion ; elle a été conservée
« au milieu des agitations les plus violentes, s'il y a eu un
« instant, où ce Temple réparé, embelli dernièrement a été
« fermé, • ç'a été peut-être un trait des Divines miséricor« des ; la Providence a ménagé cet instant pour donner
« un nouvel essort au zèle du peuple qui peut-être s'était
« tant soit peu refroidi ; la privation a produit son effet :
« touché jusqu'aux larmes, il soupirait après le retour du
« Culte, la fin de la Révolution. Ses désirs furent accomplis,
« exaucés dans le temps, ils le sont encore davantage à préci sent. Il peut vaquer librement aux exercices de piété et
« de dévotion. Aussi le voyons-nous pénétré de respect,
« s'empresser à remplir les Eglises, embrasser les Autels,
« y déposer ses prières, cherchant un soulagement dans
« ses besoins et ses peines. »
L'Evêque fit ensuite un éloquent appel aux prêtres
qui devaient être animés « de ce zèle sage et discret qui
« respire la douceur et la charité ; de ce zèle généreux qui
« embrasse tout, se répand partout, ne connaît point de diffi« cuités qui tâche à ramener les esprits, réunir les cœurs,
&lt; concilier les intérêts divisés
»
Tous leurs actes, ajouta-t-il, doivent être inspirés par
une charité qui s'étendra à tous, amis ou ennemis comme
j Ôsus-Christ leur en a donné le précepte et l'exemple. La Chanté est l'âme de la Religion catholique « qui est une Religion
« d'amour et de bienfaisance
C'est cette vertu qui fait
« du genre humain de l'univers entier une seule famille,
« dont Dieu est le père et nous sommes les enfants attachés
« par les liens de la fraternité
»

�XL

Ees prêtres doivent dont apprendre à tous par la parole
et surtout par l'exemple que l'amour de Dieu est inséparable
de l'amour du prochain. La pratique courageuse de ce double
amour sera le moyen le plus efficace pour ramener à l'Eglise
ceux qui en sont éloignés.
« En attendant, conclut le Prélat, adressons au Ciel
« des prières pour tous ceux qui tiennent au Gouvernement,
« en particulier pour le Chef de l'Eglise, notre Saint Père
« le Pape. Eeur vie nous est trop chère, trop précieuse au
« bonheur public ; c'est par leurs soins qu'après une des
« plus rudes tempêtes, des temps des plus orageux nous
« jouissons du calme. Que cette paix dont nous goûtons
« ies doux fruits soit le garant de celle qui nous est préparée
« dans le Ciel, et que je vous souhaite. »
Ee procès-verbal de l'installation dressé par le Vicaire
Général fut signé par les ecclésiastiques témoins, le Préfet,
le Général commandant les troupes, les Présidents des Tribunaux, le Maire et les Juges de Paix.
*
* *
Après la messe célébrée pontificalement, la procession
se forma et l'Evêque fut accompagné, comme le prescrit le
Pontifical par tout le clergé qui chantait des hymnes et des
psaumes, jusqu'à la préfecture. Ea procession défila entre
les deux haies de soldats et de gardes nationaux et fut suivie
par le Préfet et toutes les autorités qui avaient assité à la
cérémonie. Au témoignage de Bonifassi, le discours de Mgr
Colonna fut touchant et bien adapté aux circonstances :
l'ensemble de la cérémonie fut émouvant et édifiant et il
ajoute, malicieusement, qu'on ne ce serait jamais attendu à
pareille chose de la part des Français.
Villarey rapporte de son côté (op. cit.) que l'attitude
recueillie de Mgr Colonna et son air modeste firent la meilleure impression sur tous les assistants ; ce qui n'empêcha
point quelques réflexions plus ou moins bienveillantes. Un
bon prêtre, raconte Bonifassi, au moment où Mgr Colonna
fut présenté au clergé par le Préfet, se tournant vers ses voisins, leur dit : « Cela va bien si Mgr Colonna se rend compte
« aujourd'hui que nous, nous étions ici et que c'est lui qui y
« vient. »

�A l'occasion de l'installation de l'évêque on répandit
dans le public quelques poésies en son honneur, louables
tout au moins pour l'intention de leurs auteurs. Louis Romey,
avoué près le Tribunal civil, membre du Jury d'Instruction,
qui devint maire peu d'années après, se révéla poète, lui
aussi, et publia une pièce de vers dans laquelle il vanta,
comme il était de mode alors, Bonaparte et la Corse, (i)
Mgr Colonna continua à occuper l'appartement que le
préfet avait mis à sa disposition jusqu'à l'aménagement
de l'Evêché. Il semble même que Châteauneuf-Randon
pour laisser toute liberté au prélat ait prolongé son séjour
à la campagne qu'il avait louée au quartier du Piol. En effet,
c'est dans cette campagne qu'il offrit, à l'occasion de la fête
du 18 Brumaire un grand dîner auquel il invita l'Evêque
avec les représentants des autorités civiles et militaires
et quelques anglais de distinction qui étaient, depuis la paix
d'Amiens, revenus hiverner à Nice. (2)
(1) Arch. municip. Bonifassi. Vol. B. f° 87, 12 septembre 1802 :
N° 2724. Solenne ingresso nella sua Cattedrale fatto da M1 Vescovo coll'accompagnamento di tutte le autorità. Mss. autent.
N° 2725. Il Clero si trovo présente sulla porta del Duomo, e dal
Prefetto, vennegli presentato MonsignT Colonna corne Vescovo di
Nizza. Mem. autent.
N° 2726. In quell'atto un buon Ecclesiastico volto a suoi più
vicini disse : Bene se Colonna in questo punto impara che noi eravano
qui, e che egli è quelli che viene. Osserv. partrI.
2727. M1 Vescovo pontifico, e recito un discorso tenero, e ben addattato, la fonzione riusci tenera moltó, ed edificante nel suo complesso.
mai più si aspettava per opera dei francesi un simil atto. Mem. part11
2728. Dopo la fonzione il Clero processionalmente cantando i
soliti inni accompagno il Vescovo al palazzo délia Prefettura ove avea
il suo alioggiamento, le autorita pure lo accompagnarono.~M.ss autetit
2729. In quest'occasione si distribuirono alcune poésie lodevoli
per la buona intanzione degli autori. Romey anche esso divenutto poeta
jece un Endecassillabo in cui corne di ragione venta il Bonaparte, e la
Corsica. Doc. N° 1077.
(2) De Préfet fit imprimer une Relation de cette fête et l'envoya
à Chaptal, Ministre de l'Intérieur, avec sa lettre du 20 Brumaire
au XI (11 novembre 1802). Elle est intitulée « I/anniversaire du
« dix-huit Brumaire, célébré chez le Général de Division, Châteauce neuf-Randon, préfet du département des Alpes-Maritimes, à Nice,
« le mardi même jour du mois, an onze de la République, ou le neuf
« novembre 1802 (vieux style). » 7 pages in-40 chez Cougnet père et
fils, imprimeurs-libraires à Nice, s. d. Arch. nationales V I ç nr. 3
Alpes-Maritimes, Correspondance.

�Châteauneuf-Randon avait communiqué à Mgr Colonna le 24 Fructidor (n septembre) (1) les divers arrêtés successivement pris par lui pour son logement et dans ses conversations particulières, il lui avait certainement expliqué
pourquoi, malgré toute sa bonne volonté, il n'avait pas encore réussi à réparer et à meubler l'ancien évêché. Il semble,
du reste, que les rapports les plus sympathiques et les plus
cordiaux s'établirent rapidement entre le préfet et le prélat (2). On en fit un crime à Châteauneuf-Randon, qui ne
s'en émut guère comme en témoigne sa correspondance.
Il écrivait le 24 Fructidor, an X (n septembre 1802)
au citoyen Colonna, évèque de Nice :
« J'ai l'honneur de vous adresser, Citoyen Evêque,
une copie de touts les arrêtés que j'ai pris successivement
pour assurer votre logement dans la maison qu'avaient
autrefois occupée vos prédécesseurs, ils sont à la date du
14 de ce mois, j'y joins une copie du bail que j'ai passé avec
les propriétaires de cette maison. J'en ai fait remettre les
clefs au Maire de la ville qui demeure chargé des réparations
et de l'ameublement. Je ne doute pas qu'il ne mette a s'en
bien acquiter le même zèle et la même activité que moi, et
que sous peu de jours, il ne me procure le plaisir de vous annoncer que le logement est enfin convenablement assorti
à votre usage et à votre caractère.
« Veuillez en attendant, croire au plaisir sincère que
j'éprouverai de vous avoir longtemps chez moi.
« Je me félicite, citoyen évêque, de ce qu'en me chargeant de vous choisir une maison, le gouvernement m'ait
(1) Voir deux lettres du Préfet à Mgr Colonna du 24 Fructidor
an XI. Arch. Départ. M. 17.
(2) Le préfet lui-même le raconte à Coulomb, secrétaire général
du Ministère de l'Intérieur, dans sa lettre du 12 Vendémiaire an XI
(4 octobre 1802). Après avoir parlé de l'hostilité des membres de la
loge maçonnique de Nice à son égard, il ajoute : « Ils osent se rabatre
« sur mon intimité avec l'eveque de Nice, homme vertueux, politie
« que et philosophe... » Arch. Nation. FI III 3. Alpes-Maritimes.
Correspondance.

�XUll

fourni une occasion de vous donner une preuve de nies sentiments d'estime et de considération.
« J'ai l'honneur de vous saluer. » (i).
*
* *
Le Maire de Nice, une fois en possession de l'Evêché
et sur les ordres réitérés du Préfet, fit dresser le devis estimatif
des réparations et l'adressa à Châteauneuf-Randon le 27
Fructidor (14 septembre) (2). Celui-ci après l'avoir examiné
le trouva trop élevé et le renvoya le lendemain à Défly avec
ordre de mettre ce travail en adjudication au rabais ; il lui
rappela en même temps qu'il fallait aussi s'occuper de l'ameublement et que la commune devait faire quelque chose
pour être agréable à l'Evêque. (3).
Le Maire fit immédiatement afficher l'adjudication :
il en informa le Préfet le 29 Fructidor (16 septembre) et le
pria « de désigner aux entrepreneurs de ces ouvrages le
« mode et les époques des payements qui devront leur être
« effectués pour leur travail. » (4).
Le Préfet approuva cette mesure le 3e Jour Complémentaire an X (20 septembre 1802) en invitant le Maire
« à faire faire d'abord les réparations les plus urgentes, telles
« sont celles de l'appartement de l'Evêque du salon et de
« l'escalier, afin que M. l'Evêque puisse occuper de suite
« son logement. »
Quant aux dépenses, concluait le Préfet, « Lorsque
« les réparations seront achevées et que vous aurez pour« vu à l'ameublement préalable ou de prêt, je vous indi« querai le moyen de couvrir cette dépense sur-le-champ.
« (5)(1) Minute corrigée en plusieurs endroits par le préfet. Arch.dép. M.17.
(2) Arch. municip. Correspondance, 27 Fructidor au X (14
septembre 1802).
(3) Arch. départent. M 17. L,e Préfet au Maire de Nice 28 Fructidor an X (15 septembre 1802).
(4) Arch. municip. Correspondance du Maire 29 Fructidor an X
'(16 septembre 1802).
(5) Arch. départem. M 17. I&lt;e Préfet au Maire de Nice 3e Jour
Complémentaire an X (20 septembre 1802).
Arch. municip. Correspondance du Préfet an X. Volume vi.

�XL1V

Les soumissions furent reçues le 2 Vendémiaire an Xé
(24 septembre 1802). Le devis montait à 1.314 francs ; Honore
Beu, maçon à Nice soumissionna seul pour la somme de
1.195 francs et le Maire en transmettant cet offre au Préfet
lui demanda « son approbation, pour adjuger définitivement
« ces réparations et faire mettre de suite la main à l'œuvre. »(1).
Le lendemain, de nouvelles soumissions l'une à 700 fr.
et l'autre à 650 francs (dont les auteurs ne sont pas nommési
et une autre par Laurent Levamis (dont le montant n'est
pas indiqué.) parvinrent au Maire qui les transmit au Préfet (2).
Châteauneuf-Randon donna son approbation et les réparations commencèrent .
Le premier devis était incomplet, il fallut en dresser
un nouveau qui fut également mis en adjudication et exécuté après approbation du Préfet en date du 22 Frimaire
an XI (13 décembre 1802).
Le montant total des réparations n'était pas très élevé,
1.200 francs environ, cependant ni le Maire, ni le Préfet n'avaient à leur disposition la somme nécessaire pour le solder. Le maire demandait donc le concours du département.
La loi du 18 Germ'nal, article 71, autorisait bien les Conseils
Généraux à accorder aux Archevêques et Fvêques un logement convenable, ce qui comprenait, sans doute, les réparations foncières et locaLives ; mais le Conseil Général des
Alpes-Maritimes n'était point en session. Il fallait cependant
ne pas faire attendre aux ouvriers le payement de leur travail ; c'est pourquoi le Préfet s'adressa aux Ministres des
Finances et de l'Intérieur pour solliciter un crédit extraordinaire le 27 Frimaire an XI (18 Décembre 1802) (3).
(1) Arch. municip. Correspondance du Maire 2 Vendémiaire
XI (24 septembre 1802).
(2) Arch. municip. Correspondance du Maire 3 Vendémiaire
an XI (25 septembre 1802).
(3) Arch. départem. M 22. Le Préfet aux Ministres de l'Intérieur
et des Finances. 27 Frimaire an XI (18 décembre 1802). Le 20 Ventôse au XI (n mars 1803)., le Préfet demandait au Maire de Nice
de lui faire passer sans délai « une copie des devis détaillés des répara« tions faites à la maison épiscopale, j'ai un besoin pressant de ces
« pièces qui doivent être adressées au Ministre de l'Intérieur. Arch.
Départent. M. 26.

an

�XI.V

Ee même jour, il avisait le maire de cette démarche,
en l'invitant néanmoins à payer provisoirement les ouvriers
« parce que les instructions du gouvernement portent que
« les réparations locatives de l'évèché seront à la charge des
« communes si elles peuvent les supporter ou à défaut du
« département, (i).
* *
A cette date, Mgr Colonna était déjà installé dans les
appartements de l'Evêché réparés sommairement et meublés
très modestement. En effet, il n'existait encore aucune règle
administrative déterminant la part respective de l'Etat,
du Département et de la Commune dans les frais relatifs
aux Evêchés (2). Il fut donc pourvu à l'ameublement dans
des conditions assez précaires et beaucoup d'objets furent
pris, ce semble, dans le mobilier séquestré de Jean-EouisAugustin Eascaris qui depuis plusieurs années dépérissait
dans les magasins de la Régie ou dans les appartements occupés par les locataires de cet émigré (3). Un inventaire de
l'ameublement de l'Evêché dressé en exécution du Décret
impérial daté du palais de Milan, 5 Prairial an XIII (25
Mai 1805) démontre qu'il n'était point luxueux (4). E'Evêque de Nice, du reste, était ennemi de tous fastes et se
contentait du strict nécessaire.
(1) Arch. départent. M. 23. De préfet au maire, 27 frimaire an XI
(18 décembre 1802).
(2) Un décret impérial du 5 Prairial an XIII accorda à chaque
Evêque une somme de 2.400 francs pour son ameublement, eu dehors de la contribution du département.
(3) Châteauneuf-Randon proposa plusieurs fois cette mesure
aux Ministres et au Maire de Nice. Il fut souvent aussi question de
la destination à donner au mobilier Dascaris, et il existe aux Archives
Départementales plusieurs lettres et arrêtés à ce sujet. Voir en particulier
celui du 17 Nivôse an X (7 janvier 1802) qui est en minute, liasse
M 20, dont les considérants sont à étudier.
Jean-Douis-Augustin Dascaris fut amnistié le 18 Primaire an XI
(9 décembre 1802) et le séquestre apposé sur ses biens à Nice et au
Castellar fut levé par arrêté du préfet en date du 22 Pluviôse an XI
(i 1 février 1803). Quatre tableaux religieux déposés dans les bureaux
de la Préfecture et provenant probablement de l'ancien Bvéché furent remis à Mgr Colonna par arrêté préfectoral du ier Ventôse an XI
(20 février 1803). Arch. départent. K 6.
(4) Voir Nice Historique, ier mars 1906, p. 70-73, cet inventaire
publié par M. Sappia.

�XÏ.VI

L'évêché fut mis à la disposition de Mgr Colonna
vers la fin d'octobre 1802, et il l'occupa probablement à
son retour de Marseille où il s'était rendu en qualité de délégué pour remettre le ỳalium à son métropolitain, l'archevêque d'Aix. Au témoignage de Bonifassi (op. cit. n° 2780)
il avait quitté Nice le 26 octobre et son absence fut de courte
durée.
Une lettre du préfet en date du 7 Brumaire an XI (29
octobre 1802) résume toutes les démarches faites pour assurer le logement de l'évèque :
«Au ministre de l'Intérieur, des Finances et des cultes.
7 Brumaire An XI (29 octobre 1802).
« Citoyen ministre,
« Vous m'avés prescrit de désigner une maison nationale convenable pour être affectée au logement de l'évèque
de Nice.
« Le défaut de maison nationale m'a forcé de recourir
aux moyens praticables pour reprendre l'ancienne maison
de l'évêché qui avait été aliénée. Je n'ai pu en trouver d'autres que celui de projetter la cession aux propriétaires de
cette maison des biens nationaux de même valeur.
« J'ai pris en conséquence le 1er Messidor an 10 un arrêté qui ordonne cet échange et j'ai soumis cet arrêté à l'approbation du gouvernement. J'ai eu l'honneur de vous en
adresser une ampliation le 14 du même mois.
« L'évêque de Nice étant arrivé dans l'intervalle, le
gouvernement n'ayant pas encore statué sur cet échange
et les propriétaires de l'évêché ne voulant s'en dessaisir
qu'autant que le gouvernement aurait approuvé mon arrêté,
je me suis trouvé dans un embarras extrême pour procurer
à l'évêque un logement convenable et décent. Mais comme je
ne doute pas que le gouvernement n'adopte les mesures que
je lui ai proposées et que dans tous les cas je compte infiniment sur sa justice, je me suis déterminé à traiter moimême personnellement avec les propriétaitres de l'évêché
pour la location de leur maison. C'est la seule mesure que les
propriétaires ont voulu adopter et j'ai dû donner cette marque de dévouement personnel au gouvernement dans cette
circonstance.

�xxvu
« J'ai passé avec eux un contrat dont j'ai l'honneur de
vous transmettre ci-joint une copie, ainsi que des arrêtés
que j'ai pris à cette occasion. J'ai fait faire sur le champ les
réparations les plus urgentes et j'ai remis la maison à la disposition de l'évêque.
« Pendant un mois que cette exécution a duré, j'ai eu
le plaisir de loger et avoir chez moi l'évêque.
« Tel est, citoyen ministre, le résultat des mesures que
j'ai du prendre en suite de vos ordres et de vos instructions.
Cet état de choses vous prouvera, sans doute, qu'il est urgent que le gouvernement statue sur mon arrêté du ier
Messidor. Je vous prie de remettre cet objet sous les yeux des
consuls.
« J'ai l'honneur de vous saluer. » (i).
L'opération proposée par l'arrêté préfectoral du ier Messidor an X était très avantageuse, tout à la fois pour Pierre
Mages qui avait payé l'évêché un prix presque dérisoire,
et pour l'état qui rentrait en possession, sans bourse déliée,
d'un immeuble confisqué, puis aliéné et dont il avait encaissé
le prix, par la cession de terres également confisquées et
jusqu'alors invendues.
Néanmoins, malgré les démarches que Mgr Colonna
fit probablement à Paris auprès des ministres intéressés et
malgré les nombreuses lettres de rappel écrites par Châteauneuf-Randon, l'approbation de cet arrêté restait en suspens.
Le ministre des finances, que cet objet concernait exclusivement puisqu'il s'agissait d'une cession de biens nationaux
ne prenait pas de décision. C'est que, après examen, il avait
été reconnu que le ministre n'avait point qualité pour autoriser l'échange en question et qu'il était besoin de l'approbation du Corps législatif. Beaucoup d'affaires similaires se
présentaient alors journellement et, comme pour toutes,
la difficulté était la même, le gouvernement se décida à proposer divers projets de lois pour les trancher définitivement.
Tel fut le but des lois des 2, 13, 17 Floréal an XI (24 avril,
3 et 7 mai 1803), 24 Pluviôse an XII (14 février 1804)
(1) Minute à laquelle le préfet a ajouté plusieurs passages et en
particulier celui relatif au séjour de l'évêque chez lui. Arch. départent,
M. 23.

�XÏ,VIII

16 Ventôse an XII (7 mars 1804), 29 Ventôse an XII (20
mars 1804), qui autorisent des aliénations, acquisitions,
concessions et ventes, échanges et impositions extraordinaires dont l'inspiration et les dispositions générales sont identiques.
Par un article de la loi du 29 Ventôse an XII, le préfet
du département des Alpes-Maritimes est autorisé à acquérir
par voie d'échange, des citoyens Mages etSpréafico le Palais
épiscopal de Nice.
Le département des Alpes-Maritimrs devenait propriétaire de l'ancien évêché et la somme de 25.000 francs,
valeur des biens nationaux cédés à Pierre Mages et Spréafico,
devait être remboursée au trésor public sur les centimes
additionnels destinés à pourvoir aux dépenses variables de
ce département. (1).
L'arrêté du 1er Messidor an X recevait son exécution intégrale et définitive, mais lorsque le décret de Bonaparte parvint à Nice, Châteauneuf-Randon avait été remplacé à la
Préfecture des Alpes-Maritimes par M. DuBouchage depuis
près d'une année.
On a beaucoup critiqué l'administration de ChâteauneufRandon. Il est cependant équitable de constater après
examen impartial des documents contemporains que Châteauneuf-Randon collabora loyalement avec Mgr Colonna
pour l'application des lois concordataires et qu'il fut dans
le département des Alpes-Maritimes l'exécuteur consciencieux des instructions bienveillantes et sages du gouvernement consulaire.
A.-J. RANCE-BOURREV.

(1) Voir Bulletin des lois de l'an XII, n° 356, loi du 29 Ventôse
an XII et aux Archives départent, un décret du Premier Consvl,
Germinal an XII, (30 Mars 1804). Série N, liasse 1.

�91
LU DO UI ARMANAC
Un armanac de l'an passat,
Essent su d'un burèu, couost'-à-eouosta plaçât
Dapè l'armanac de l'annada,
Ei dia : « Car vesin, noun sabi cenqu'ai fach
Qu'aigon tant bruscamen clianjat miéu destinada ?
Moun mèstre, cada jou, de iéu n'era distrach ;
Aura la miéu basana fanada,
A la poussiera, ai verp, es mai qu'abandounada g
En lou fra-tèms, lou capricious,
Noun a d'uès que pèr tu, siés tu lou plus urous ! «
E'autr' armanac, de fresc e bella tencha
Ei respoundet : « Moun paur'amic,
Siés gaire dôu tiéu tèms, siés tirat au lambic ;
Pensa, quoura lou paure s'endimencha,
Dôu sata marques lou repic ;
Noun t'en pihar qu'au milesime
Couma cadun as ben virat lou mai ;
Vendra moun tèms e lou miéu crime
Sera d'aver cuntat douze luna de mai ;
Ensin tout passa e chanja, lou mounde es tant fragile,
N'estre plus de soun tèms, siés un libre esgarrat,
Ben d'orne soun charmant, tant que li siés utile
Se lou siés plus, noun vées que d'ingrat.
Soutamete-vous en aqueli pensada :
Gen dôu passat, puissança devessada,
Viéi servitour, ancien tardoc,
Amant tradit, beutà passada,
Devantes toui viei armanac !
Juli Eynaudi (d'après Viennet).
PROüVERBI, BOÜOI MOT, COUNSÈTJ E DICH
Entra autour :
Su lou bastioun un marrit pouèta rescouontra un dei
siéu counfraire :
— Eu miéu vers mi couston gaire.
— Vous couston cenque valon.

�92

NOUM

DEI

FIGA —

LI

SIÉU

VARIETA

d'après M. lou D* E. SA UVAIGO
I. — FIGA BLANQUI O BEN VERDASTRI
I. — Al,OXJNGADI

Blancassa figa, figa blancastra.
Figa bovin o bouin.
Cabrioliana donqueiretta.
Caravouguin blanc.
Couol de dama.
Doumestica.
Donqueira blanca, figa d'autoum, verda, jaunastra.
Mussega-cougourdana, dôu genre tapa-cartin.
Tapa-cartin, Aubicou blanc.
Pissaluta (pittalussa, poussouluda).
La Toscana.
2. — FlGA GI(OBTJI(OUSI

Bellona blanca, resercada pèr lu pastissié.
Bernissôu blanc.
Daurada.
Figa de mèu.
Figa turca, tres decourativa.
Grossa beurdona, berdonda.
La Castagnola, figa castagna.
La gentila.
Marseillesa, figa d'Athèua.
Matarassa, figa de Grassa.
Pecoujuda.
Rondeletta.
Roubada blanca.
Seirola, figa Seyrola dapè Niça.
Sucrada.
Trompa cassaire.
Verdola.
n. — FIGA GRIHI O ROUGEASTRI
Figa calabresa.
Cotignana.
Coucourella, coucouletta, figa sensa grana.
Figa de San Francès.
Figa siciliana.
Fourassa, figa grossa.
Imperiala, imperiau.
Levensana.
Moresca.
Rolondina.
Roussana.

�33
ni. — PIGA NEGRI 0 BRUNI
I. — AI.OUNGADI
Abigou negre. ■
Bellona negra.
Briasca.
Clavèu.
Donqueira.
Figa amarauna.
Figa matelassa.
Figa negrau, negreita (figa d'autoum).
Figa sauvagia.
Mentonasca.
Pounchuda.
Saraina.
2. — Gr,OBUI,OÜSI
Bernissenca o coucoulenca (figa terdiera).
Bernissôu negre.
Caiana.
Catalana.
Cimeirenca.
Figa à merioun.
Figa d'orne.
Meirasca (figa d'autoun, ven de Levens).
Merengiaina.
Merlin ga.
Mouissonna.
Mourenao bagassa.
Neçretta.
Relona.
Roubada negra (figa tardiera).
Rondella negra.
Salada.

BOUONA RKSPOUOSTA
Bou pichoun Goustin s'era levât ben tardi. Soun paire,
pèr lou rendre plus matinié, li diguet :

— Lou miéu enfan, noun counouisses lou près e lu avantage d'estre matinié. — Escouta : un orne que s'era levât de
gran matin, trouvet su lou siéu camin una boursa plena de
peça de vint lira...
— Ma, paire, respoundet l'enfant, aquéu que l'avia
perduda s'era levât encara plus bouon'oura.
Lou paire restet nec... li a dequé. ..

�SA

LI TRES GOUTA

Alba, la bouona fada, que proutegia lu fiansat, passant
un matin dapè d'una rosa audia lou siéu noum prounounsat
da tres goûta tremoulanti.
Ela s'avesina e s'assetant dintre dôu couor de la flou,
demandet :
— Que mi voulès, brihanti goûta ?
— Venès, be l'Alba, résolve une questioun.
— Parlas.
— Sian très goûta venènt da diferenti sourça. Voulen
que nen digués la quala es la mai preciousa e la plus pura.
— Acheti, parlas, brihanti goûta.
Ea premiera goûta en tremoulant li diguet :
— Veni dai nebla auti, siéu fina dei gran' mar. Siéu naissuda dintre la gran océan, antic e poutènt. Après d'aver
bagnat li riba de touplen de pais, après estre estada sagatada da mile tempesta, la nebla m'a surbida. Siéu anada
fin soubre de li autessa doun brihon li estela, pi m'abisseri
au mitan dei uiàu e dôu tron dintre lu flot su lu quai mi repauvi. Representi la Mar.
— Toca à tu, brihanta goûta, diguet la fada à la segounda.
— Iéu siéu estada la rousada, que nourrisse lu lis, siéu
la souore dei clar de luna, fiha dei nebla que s'ausson quoura
la nuech pouorge lou siéu vêle soubre de touta la natura.
Representi lou crepuscul dôu matin.
— E vous, diguet Alba à la plus pichouna ?
— Iéu, ai minga de valour.
— Parlas, doun venès ?
■—■ Dai uès d'una fiansada. Siéu estada lou sourire, l'espoir, pi l'amour, aura siéu devenguda lagrima.
Ei autri, couma pensas, souta.capa riion de la pichouna
goûta. Ma Alba, durbènt lu bras, l'estregnet emé gran couor.
— Aquesta es la plus preciousa e la mai pura.
— Ma iéu, siéu estada la Mar !
— Iéu l'Atmosfera.
— Es ver, brihanti goûta, ma aquesta siguet lou couor,
e Alba s'envolet en l'azur embé l'umbla pichouna goûta.
d'après Rosalta Sandoval.

�95

MONACO ET MONTE - CARLO

Sur la mer scintillante où dardaient ses regards,
De la plus haute tour à frange sarrasine,
Le guetteur vit les nefs qui couraient la rapine
Et fouilla la campagne, où rôdaient les pillards.
Sur son rocher hautain, étreint de ses remparts,
Le fief pleura souvent ses vergers en ruines,
Dans la haine et l'effroi des hordes assassines,
Hurlant l'assaut, quand leur chef lève l'étendard.
Mais le fief, aujourd'hui, semble comme un caprice,
Avec ses vieux canons, ses remparts et ses forts,
Ennuyé sur son roc, qu'isole un précipice.
Autour du temple éblouissant du Dieu de l'Or,
Sous le Burg, qui n'a plus à craindre aucune injure,
A jailli la cité de Jeux et de Luxure.
Jean CAPATTI.
UN CURAT DINTRE L'EMBARRAS
Un curat d'una gran paroquia era oubligat un jou de
ceremounia de respouondre à un discours en latin; ma couma
noun sabia aquela lenga, s'en pihet ensinda :
— Moussù, lu Apostolo parlavon touplen de lenga ;
venès de mi parlar en latin, e iéu vau vous respouondre en
francès.

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QUATRE-TÈMS

Noumbre d'or...
13
Mars
Epato (Grégori)
Il
Jun
Cicle soulari
17 Setèmbre
Endicioun roum
10 Desembre
Letra doumenicala
G F
LI QUATRE

8,
7,
20,
20,

10
9
22
22

e
e
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e

11
10
23
23

SESOUN

Lou printèms coumença lou 21 mars
L'estiéu
—
— 22 Jun
L'autoum
—
— 24 sept,
L'iver
—
— 22 dés.

à 6.55 m.
à 2.36 m.
à 5.18 m.
à 11.53 m.

dôu sera
dôu sera
dôu matin
dôu sera

FESTA MOUBILI

Septuagesima... 12 Fébrié
Cendre
21 Febrié
Pasca
7 Abrieu
Rougacioun 21, 22, 23, 24 Mai
Ascensioun
16 Mai

Pantecousta
Trinità
Festa de Diéu
1" Dimenegue de
Ie* Desémbre

26 Mai
11 Jun
15 Jun
l'Avènt

LU ESCLISS!

Souliu.

—

ij Abriéu. — Esclissi annulari e coumplet visible

à Paris, en America, en Europa et dintre lou N.-O. de l'Africa.
Coumençamen de l'esclissi à 10,01 dôu matin ; finisse à 1,08
dôu sera.
10 Otitoubre. — Esclissi coumplet invisible à Paris, visible
dintre l'America dôu Sud.
Luna. — 1" Abrièu. — Esclissi parciella visibla à Paris. Entrada de la luna dintre l'oumbra, 9.26 dôu sera; sourtida, 11.03
dôu sera.
26 Setèmbre. — Esclissi parciella, invisibla à Paris, visibla
dintre l'Océan Pacifique.

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�LU

VÉNT

Lu vènt que souflon à Niça, dintre lou cours de l'armada,
soun au nombre de 16. Vequi li siéu denouminacioun courènti,
pihadi, en general, dai loucalità dei quali parèisson vèni :
Sud
Miejon
Nord... Tramountana
S.-S.-O. Miejou Lebech
N.-O.-E. Grek Tramountana
S.-O
Lebech
N.-E... Grego
O.-S.-O Pounèut Lebech
E. N .E. Levant
Ouest. Pounènt
E.-N.-E. Levant
O.-N-O.V Pounènt Maistràu
E.-S.-E. Levant
N -O . Mastràu
S.-E.... Siroco, vènt marin
N..-N. OMaïstràu Tramount
S.-S.-E.. Miejou Siroc

6
15
25
14
31
24

VIGÍLIA — JEUNI
Abriè
(Pasca, 7 Abrièu).
Mai
(Ascensioun, 16 Mai).
Mai
(Pantecousta, 26 Mai).
Avoust
(Assoumpcioun, 15 Avoust).
Outoubre (Toui lu Sant, Ier Nouvembre).
Desembre (Calena, 25 Desembre).
L'AN NADA RELIGIOUSA

LI FESTA MOUBILI E LI FESTA FISSI
Janvt'è
jYlars
1 Circouncisioun.
1 e 2 Quatre Tèms.
6 Epifania (lu Rei).
3 Reminiscere.
13 Bateja de J.-C.
10
Oculi.
14 Sant Noum de Jesu.
17 Lœtare.
fébrié
24 Passioun.
2 Puriflcacioun.
29 Li 7 Doulou.
4 Setuagesima.
31 Lu Rampàu.
6 Festa de la Pr. de N. S.
11 Sexagesima.
Jîbriéu
13 Coum. de la Passioun.
5 Divendre Sant.
18 Quinquagesima.
7 Pasca.
21 Cendre.
14 Quasimodo.
25 Quadragesima.
28 Patrou. de San Joúsè.
28 Quatre-Tèms.

�Setembre
3 Inv. de la Santa Crous.
13, 14, 15, Rougacioun.
16 Ascensioun.
26 Pantecousta.
29-31 Quatre-Tèms.
1
2
6
9
21
24
29

Quatre-Tèms.
Trinità.
Festa de Diéu.
Festa dôu S. Sacramen.
Sacrat-Couor de'jesu.
Natività de S. jouan-Bat.
SS. Peire e Paul.

8 Natività de la Vierge.
14 Esaltacioun de la Crous.
15 N.-D. dei 7 Doulou.
15 San Noum de Maria.
18, 20, 21, Quatre-Tèms.
29 Dédie, de S. Miquèu.

Ôutoubre
6
13
20
27

Sant Rousari.
Maternità de la Sta Vierge.
Puretà de la Santa Vierge.
Patrounage de la S. Vierge.

J/ouvembre

Juliet
2 Visitacioun de la S. V.
7 Precious Sang.
16 N.-D. dôu Carme.

Jîvoust
6 Transfiguracioun.
15
18
25
25
29

Assoumpcioun.
S. Joachim.
S. Couor de la Vierge.
S. Louis.
Decolac. de S. Jouan-Bat.

1
2
3
21

Toui lu Sant.
Lu Mouort.
Santi Relíquia.
Present, de la Sta Vierge.

2&gt;esembre
1 Avent.
8 Imaculata Councepcioun.
18, 20, 21, Quatre-Tèms.
25 Calena.

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DÉCIMALISATION

DU

TEMPS ET DES

ANGLES

LA MONTRE DÉCIMALE
Par J. de REY-PAILHADE, président du Comité
pour la propagation des méthodes Décimales.
Le Club Nautique de Nice a offert plusieur fois en prix des
montres décimales aux régates'de 1909. Il était utile de décrire cet instrument, d'y joindre des tables pratiques et des
formules à l'usage des ingénieurs, des sportsmen, des médecins, etc. etc.
DÉCIMALISATION DES ANGLES •
Il est aujourd'hui démontré que la division décimale du
quart de cercle facilite tous les calculs.
Les nouvelles cartes géographiques sont graduées exclusivement dans ce système, devenu officiel en France et dans
d'autres pays. On possède toutes les tables pratiques nécessaires à son essai courant. Nous ne nous étendrons pas
davantage sur cette méthode aujourd'hui enseignée dans les
lycées et collèges.
Nous rappellerons seulement que M. l'amiral Germinet,
membre d'honneur du C. N. N., sous la direction duquel on
fit en 1899 et 1900 des essais de navigation avec un matériel
entièrement décimal, a émis un avis très favorable à la
réforme décimale.
DÉCIMALISATION DU TEMPS
La division décimale du jour décrétée le 4 frimaire an II
rendra aussi de grands services à la science et aux sports.
Principe. — On divise le jour entier en 100 parties égales
appelées cés ; le cé est subdivisé en décisés, ceniicès et millicés
Le cé vaut 14m 24s ou 1T4 d'heure environ ; le décicé est égal
lm 26s 4 ou lm Ij2 environ ; le millicé vaut 0S 864 ou 9T10 de
seconde environ.
Concordance des Temps. — On parvient assez vite à dire
instantanément l'heure à 1 ou 2 minutes près en regardant le
cadran d'une montre décimale. Il suffit d'apprendre par cœur
les concordances décimales de toutes les heures.
0,0
0
50,0

4,2
1
54,2

8,3
2
58,3

12,5
3
62,5

16,7
4
66,7

20,8
5
70,8

25,0
6
75,0

�25,0
6
75,0

29,2
7
79,2

33,3
8
83,3

37,5
9
87,5

41,7
10
91,7

45,8
11
95,8

50,0
12
100,0

Les heures sont au milieu, les concordances des heures
du matin en haut, celles du soir en bas. Ainsi 10 heures du
matin valent 41.7 cés (énoncer 41 cés 7 décicés) et 10 heures
du soir valent 91,7 cés.
Gomme 1 cé vaut presque lj4 d'heure et un décicé une mi •
nute 1]2 ; en partant des concordances du tableau, on dit
l'heure instantanément, ainsi 39,9 cés valent 9 h. 36 m. du
matin. Un ou deux jours suffisent pour atteindre ce résultat.

Description de la montre décimale ou cémètre. — Il y a 3
aiguilles centrales se mouvant sur un cercle divisé en 109
parties égales, numérotées de 0 à 9. Le 0 cé est en bas, c'est
l'origine des temps, car on suppose la Terre au centre du
Cadran.
L'aiguille dorée avec un soleil ne fait qu'un tour par jour ;
l'aiguille épaisse en acier bleu tourne 10 fois par jour, et la
trotteuse fine fait 1000 tours par jour.
L'aiguille-soleil montre la position de l'astre du jour par
rapport au méridien de Paris, qui va du centre au chiffre 5.

�10 —
Les quatre traits bleus indiquent les positions de cette aiguille
à minuit en bas sur 0 ; — à tì h. du matin au milieu entre 2
et 3 ; — à midi, en haut, sur le 5 ; — à 6 h. du soir, entre 7
et 8.
L'aiguille dorée du soleil indique le chiffre des dizaines
de cés, 2 sur le dessin ; l'aiguille épaisse donne d'abord le
chiffre des cés, 6 sur le dessin, et en comptant rapidement à
l'œil le rang de la division entre 6 et 7, on voit, que cette aiguille marque 3 décicés. Le temps du dessin est donc 26,3
cés correspondant à 6 h 20 m. du matin environ. L'aiguille
trotteuse donne les millicés 83. Le temps est donc 26,383
cés.
» Pour la vie courante, on n'a pas besoin d'aller au delà du
clécicé. On lit les milticés pour les applications scientifiques
et sportives.
Le temps en millicés lu sur le cêmèire facilite tous les calculs, car on n'a jamais de réductions à faire.
Examinons le problème des vitesses a l'heure : Les millicés multipliés par 0,00024 donne des heures et fraction décimale d'heure. Ainsi Ì2345 millicés valent 12,345 -f- 24 =
2 h. 9628.
Par conséquent si L est la longueur parcourue et M le
temps en millicés, la vitesse est

ou t

+ 4166,66...

Ces quelques exemples démontrent que la montre décimale simplifie tous les calculs sans exception.
Les rapports de MM. les délégués officiels aux essais de
la montre décimale faits à Nice, par le Club Nautique, le 26
février 1911, concluent unanimement à la supériorité de cet
instrument pour les usages scientifiques et sportifs.
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et Valeurs

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P.
P.
D.
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Q,
L.
Q.
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lu 8, à 7
lu 14, à H
lu 22, à 7
lu 30, à 10

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oura
oura
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L. 8 14' — C. 4 42'

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P. Q.
P. L.
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Dim. S. Lucien
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dil. S. Apoulinari
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dim. S. Pèire
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dim. S. Guiermo
10
dij S. Teodose
11
div. S. Arcada
12
dis. Sta Verònica
13
Dim. S. Ilari
14
dil. S. Maurici
15
dim. S. Ounourat
16
dim. S. Antoni
17
dij. Sta Angela
18
div. S. Sulpici
19
dis. S. Bastian
20
Dim. Sta Agnesa
21
dil. S. Vincènt
22
dim. S. Raymound
23
dim. Sta Jacinta
24
dij. Conv. de S. Pàu
25
div. S. Poulicarpa
26
dis. Sta Devota
27
Dim. Sta Paula
28
dil. S. Francès S.
29
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TRIMESÏRÍ;

Macari
Genevieva
Tita
Simeoun

dim. Sta Marfina
dim. S. Peire N.
En Janvié
Lou païsan n'a ren

lu 6, à 4 oura 28 s.
lu 13, à 11 oura 38 m.
lu 21, à 4 oura 44 ui.
- L. 7 49' - C. 5 30'

dij. S. Ignaci
div. La Candeliera
dis. S. Blasi
Dim. Setuagesima
dil. SS. Vinc.Oronte
dim Sta Agata
dim. Sta Dorotea
dij. S. Romuald
div. S. Jouan-Matha
dis. Sta Apoulounia
Dim. Sexagesima
dil. Sta Eulàlia
dim. S. Gregori
dim. Sta Eufrasia
dij. S. Onesime
div S. Dounat
dis. S. Simeoun
Dim. Quinquagesima
dil. S. Gabin
dim. Dimars-Gras
dim. Li Cendre
dij. S. Silvan
div. S. Maxime
dis. S. Pascase
Dim. Quadragesima
dil. S. Nestor
dim. S. Leandri
dim. Sta Nourina
dij. S. Nymphas

Plueia de febrié
A la terra vau fumiè.

ZDéSTU-S-bez

NICE

MARS
N. L.
P. Q.
P. L.
D. Q.
N. L.
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7

1 oura 31 m.
0 oura 02 m.
0 oura 59 m.
1 oura 26 m.
1 oura 38 s.
01' — C. 6 13

S. Eudoxia
S. Simplici
Reminisceri
Sta Cunegonda
S. Casimir
Sta Coleta
S. Jouan de D.
Qaatre-tèms
Sta Margarida C.
Ocali
S. Euloge
S. Gregori
Sta Eufrasia
Sta Matilda
S. Acepsima
Sta Gertruda
Lœtari
S. Apien
S. Jôusé
S. Joachin
S. Lea
S. Turibe
S. Armentari
La Passioun
Anounciada
S. Emanuèu
S. Jouan d'Egt,
S. Gountran
S. Eustase
S. Jouan C.
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Lou mes de mars
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27 dis.
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13, à
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21, à 7
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37 s.
31! s.
25 s.
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S. Franç. de P.
S. Richard
Dijàu Sant
Divèndre Sant
Dissata Sant
Pasca
S. Albert, ev.
S. Azada.
s. Isidoro
s. Leoun
s. Juli
s. Justin
Ouasimoi/ii
Sta Anastasia
S. Frutuous
S. Rodolfe
S. Maxime
S. Anselme
S. Teodoro
S. Adalbert
S. Fidèle
s. Jorgi
s. Marco
s. Clet
s. Antime
s. Aimé

s. Roubert
Sta Catarina d. S
SS. Philip. ,Jacq.

Pichouna plneia d'Abriéa
Bouona récolta pèr l'csliéu

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TRIMÍÎSTRÈ;

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lu 13, a 7 oura
lu 21, à 10 oura
lu 28, à 7 oura
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C. 7 29'

1 dim. SS. Félip. Jaq.
2 dij. S. Atanase
3 div. In.d.l. Sta Crous
4 dis. SS. Sindonis
5 Dim. S. Pio, papa
6 dil. S. Jouan D.
7&lt; dim. S. Peire
8 dim. s. Gregori N.
9 dij. s. Antounin
10 div. s. Isidoro
11 dis. s. Bounifaci
12 Dim. s. Jouan lou S.
13 dil. s. Pouon, m.
14 dim. s. Pacomo
15 dim. s. Sta Denisa
16 dij. Ascensioun
17 div. S. Pascaù
18 dis. S. Teodoto
19 Dim. s. Pèire C.
20 dil. s. Felis.
21 dim. s. Bernardini
22 dim. s. Julia
23 dij Rogaeioun
24 div. s. Vincen, d. L.
25 dis. S. Urbin
26 Dim. Pandecousta
27 dil. S. German
28 dim. S. Cirile
29 dim. Sta Petronïa
30 dij. S. Sylve
31 div. S. Justin
Au mes de mai
Longui semana

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lu 11,
lu 19,
lu 26,

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19 dim.
20 dij.
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22 dis.
23 Dim.
24 dil.
25 dim.
26 dim.
27 dij.
28 div.
29 dis.
30 Dim.

—

à 11 oura 4 s.
à 10 oura SI s.
à 9 oura 51 s.
a
2 oura 20 s.
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C. 8 1!"

S. Potin
Trinità.
S. Quirin
S. Francès C.
S. Lié
Festa de Dieu
S. Lié
Quatre-tèms
S. Optat
Sta Margarida
S. Barnabe
S. Antoui de P.
S. Basilio
S. J.-F. Régis
S. Moudeste
S. Lambert
Sta Olga
S. Gervai
Sta Juliena F.
S. Louis de G.
S. Paulin
Sta Maria d'O.
S. Jouan-B.
S. Prousper
S. Alban
S. Cresen
s. Iréné.
s. Pèire
s. Pàu
s. Tibàu

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dim.
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S. Thierry
Vierg.de li Gracia
S. Anatole
S. Pèire de L.
S. Sisoès
S. Elie
Sta Babeta
S. Efrein
Sta Felicita
S. Pio
S. Jouan G.
S. Gene
S. Jaque
Festa Naciounala
S. Enri
N.D.d.M. Carmel
Sta Marcelina
S. Frederic
S. Vincen de P.
Sta Margarida
S. Vi loiSta Maria-Mad.
S. Apoulinari
Sta Cristina
S. Jaque
Sta Anna
S. Pantaleoun
S. Samsoun
Sta Marta
Sta Giulieta
S. Gnaci de L.

Au mes de Juliet
Ni frema ni coulé.

TBIMËSTRÎ;

I1. Q. lu 2, a 0 oura 29 m.
P. L. lu 10, a 3 oura 58 m.
D. Q. l»i 17, a 1 oura 1.1 s.
N. L. lu 21, a 5 oura 14 m.
IV Q. lu 31, &amp; 5 oura 21 s.
souLÈu, —1.5 or -j&gt;. 8 or

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S. Pèire-aï LS. Alfonso
Inv. de S. Estève
S. Domenica
N. D. dei Nèu
Trausf. de J. C.
S. Gaétan
Sta Batilda
S. Camila d. L.
S. Là u ren
S. Septima
Sta Clara
Sta Filoumèna
S. Ousèbi
Asoumpcionn
S. Roc
S. Mamès
Sta Elena
S. Ipoulita
S. Bernar
Sta Chantai
S. Pio V
S. Filipe B.
S. Bartoumiéu
s. Louis, r. F.
s. Seg'oundo
s. Cesari
s. Goustin
s. Mederic
Sta Rosa
S. Fiacre

F.n . ivoast
Figa e moust

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SBTÈMBRE
P. !.. lu 8, a' 4 oura 57
D. Q. lu 15, a 6 oura î&gt;l
N. L. Ju 22, a 3 oura 37
P. Q. lu 30. a 0 oura 08
SOULÈU. - - 1. 5 47V— c.

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S. Gili
S. Estève R.
Sta Eufemia
Sta Rosalia
S. Làuren J.
S. Pambon
S. Grat
Natiu, di' la V.
S. Oumer
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S. Félis
S. Veran
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Es. (1. l.S. CtQUS
S. Nicomède
S. Conrneilla
S. Lanbert
S. Tournas V.
S. Janvié
S. Euslache
S. Matiéu
S. Maurici
Sta Tecla
S. Girar
S Firmen
S. Nil
S. iN'icandre
S. \\ inceslas
g. Miquèu
S. Jeromo

Lima setembrina
De mai clarina

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GRANDE MARQUE RECOMMANDÉE

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oura 46 m,
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TRIMESTRE

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D. Q. lu 43,
N. !.. lu 20,
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lu 29,

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8 oura 20
9 oura 49
2 oura 42
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1 dim. Rosari
1 div. Tout lu Sant
2 dim. S. ■ Léger
2 dis. Eu Mouorl
3 dij. S. Rosari
S. Ubert
4 div. s. Francès d'A. 43 Dim.
dil. S. Carlo B.
5 dis. s. Placido
5 dim. Sta Bertila
6 Dim. s. Bruno
6 dim S. Leounar
7 dil. s. Serge
dij. S. Nestou
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8 dim. Sta Reparada
8 div. Lu Quatre Incou.
9 dim. S. Denis
9 dis. S. Teodore
10 dij. s. Francès B. 10
Dim. S. Jacintou
11 div. s. Tarasco
11 dil. S. Martin
12 dis. s. Counrad
12 dim. S. René
13 Dim. s. Edouard
13 dim. s. Stanislas
14 dil. s. Calisio
14 dij. S. Pantena
15 dim. Sta Teresa
15 div. Sta Gertruda
16 dim. S. Ospici
16 dis. S. Edme
dij.
17
Sta Edvija
17 Dim. S. Gregori
18 div. S. Luc
18 dil. S. Alfè
19 dis. S. Pèi re
19 dim. Sta Babeta
20 Dim. S. Agrico)
20 dim. S. Edmon
21 dil. Sta Ursula
21 dij. Présent, de la V.
22 dim. S. Filip
22 div. Sta Cecilia
23 dim. S. Teodoret
23 dis. S. Clemen
24 dij. s. Mairloire
25 div. ss. Crespin-Cr. 24 Dim. Sta Flora
26 dis. s. Jouan de K. 25 dil Sta Catarina
26 dim. Sta Pel fina
27 Dim. s. Frumence
27 dim. S. Maxime
28 dil. s. Alfredo
28 dij. S. Sostène
29 dim. s. Narcisse
29 div. s. Saturnin
30 dim. s. Marcel
30 dis. s. Andrièu
31 dij. s. Siri
En ùuloubre
\loii ponorc goûta loti rùare

Tonssan ientra
St A n'driéu lou souorte

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lu 20,
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12 dij.
13 div.
14 dis.
15 Dim.
16 dil.
17 dim.
18 dim.
19 dij.
20 div.
21 dis.
22' Dim.
23 dil.
24 dim.
25 dim.
26 dij.
27 div.
28 dis.
29 Dim.
30 dil.
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S. Francès X.
Sta Barba
S. Bassi
S. Nicola
S. Anbrosi
Imac. Conception
Sta Leoucadia
Sta Eulàlia
S. Damase
Sta Rosélina
Sta Lucia
S, Niçoise
S.
S.
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Mesuiin
Adon
Olimpíada
Gatien
Ciprian
Filogone
Tournas

S. Onourat
Sta Vitòria
Cacha-fuec
Calèna
S. Estève
S. Jouan
SS. Inoucent
Sta Eleonora
S. Sabîn
S. Sàuvestre

Calena aufuec,
Pasca àu j'aèc.

sin -

GRANDE MARQUE RECOMMANDÉE

4 35

�- i6-

�- 17

-I

CROUNICA NIÇARDA
L'ABADÏA DE SAN POUON.— L'ABAT RANCE-BOURREY.
GLOFFREDO.

—

—

PÈIRE

A PREPAU DOU DIALETE NIÇART.

Ben qne pareissènt tardié, VArmanac Niçart s'empressa de
pourtà la siéu febla vous su tout cen que enteressa lou païs, sigue
au pounch de vista istoria loucala, pouesia, tradicioun, sigue
tamben su la taquinanta questioun dóu dialete niçart souvenri
fès pauvada e su la quala lu escritour mouderne soun luen d'estre
d'acordi.
Parlerai finda de M. l'Abat Rance-Bourrey, un beneditin qne
despi quauque an en ça mete à prouflt la siéu erudiciou n a nen
revelà de fach d'istoria inedieh. Se quauqu'un mérita d'estre
laudat es ben éu ; es en éu que VArmanac Niçart tressa la
pamoula de sapiença. En esprimant la nouostra recounouissença,
à l'Abat Rance-Bourrey, fen cen que touplen an denembrat,
vouoli dire de courounà lu siéu travail, frucha de ben de recerca,
dai quali obra sian fier d'avé prestat la prima ajuda. Pouden cità :
lou Discours sur le Monastère de Sainte-Claire de Nice, par Honoré
Pastorelli, publié d'après l'édition originale de Turin 1608, avec
une introduction et des notes ; — "Le Général J.-B.-M. D'Anselme" (Notices biographiques (1740-1792). E aquest'an
l'istorien nen douna — toujou de prima man — YExpulsion de
Mgr Valperga, evesque de Niça, au tèms de la Revoulucioun,
travail anoutat de peça curiouvi que sian urous de pouder metre
souta lu uès dei nouostre letour.
*
* *
Lou fach de l'annada, lou mai marcant, es estat aquéu de
l'Abadïa de San Pouon. Parlon de tout destruge pèr li basti an
siéu luec un espitau Pasteur... UArmanac Niçart es pas Penemic
dóu prougrès, ni men encara dei Bei-Art, ma si fa lou pious dever
de jougne lu siéu esfouors en aquelu dei siéu councitadin quo
l'istoria dóu passat passiouna, pèr que l'Abadïa de San Pouon
sigue counservada e classada couma mounumen istorique. En la
circonstança feliciti M. l'Abat Rance-Bourrey que mé rasoun s'e.s
demoustrat l'ardènt defensour autourisat que counouissen. La
siéu paràula es estada escoutada e lou Préfet de li Alpa-Maritima,
8

'

�— i8 M. de Joly — respetuous dei nouostri tradicioun — en ortie
avertit a proumès que l'Abadïa de San Pouon seria respetada e de
lèu si crusià pèr lou siéu classamen tra lu mounumen istorique.
Dóu resta vequi ce que l'Abat Rance Bourrey nen di su San
JPouon. Counsignen religiousamen li siéu paràula :
« L'Abbaye de Saint-Pons est le plus ancien monument relitgieux existant dans le Comté de Nice. Il y a dou^e cents ans que
sSiagrius y fonda un monastère. L'histoire de ce monastère est
jintimement liée à l'histoire religieuse, civile et économique de la
iville de Nice.
;
« Ce fut à Saint-Pons qu'en 1388 fut'signé l'acte réunissant
le Comté de Nice au Comté de Savoie. Les abbés de Saint Pons
ifurent pris dans les principales familles du Comté : les Badat, les
tLaugery, les Provana, les Lascaris, les Grimaldi, les Martelli, les
;Tournefort, etc. Plusieurs évêques de Nice furent abbés de Saint[Pons, en particulier Barthélémy Chuet (fin du xve siècle) et Jean
, Uriole, son successeur. Un autre abbé, Claude de Seyselle, fut
,évêque de Marseille, puis archevêque de Turin ; d'autres furent
cardinaux, tels Innocent Cibo, neveu d'Innocent VIII et de
f
;Léon X, et Paul Medeci de Cesis dont on voit encore l'inscription
(funéraire à Sainte-Marie-Majeure, à Rome.
:
« A la fin du xvir siècle, l'abbé de Saint-Pons était Pierre
•Gioffredo, le savant historien niçois. Enfin, un abbé de SaintiPons dont les Niçois n'ont pas encore perdu le souvenir, était
(l'abbé Spitalieri de Cessole qui a doté sa ville natale d'un établissement de bienfaisance si justement apprécié. La plupart des
pbbès de Saint-Pons et plusieurs évêques de Nice ont été enterrés
dans l'église ou sous le cloître et dorment aujourd'hui confondus
avec les moines leurs frères qui depuis dix siècles y sont enterrés.
« Les monuments funéraires ont disparu. Le temps a tout
(nivelé à Saint-Pons, singulièrement aidé cependant par la main
ides hommes. On connaît les dévastations commises par
Iroupes de François Ier et de Barberousse, plus tard par celles d
Catinat et par d'autres encore. Après chaque désastre, SaintPons a retrouvé une nouvelle vitalité et il y a à peine trois quarts
de siècle que Mgr Galvano y a fait d'importantes réparations.
;
« Saint-Pons n'est pas seulement une page de l'histoire de
notre pays, c'est un gros volume de cette histoire ; les Niçois
laisseront-ils dire qu'ils sont restés indifférents devant le danger
qui menace Saint-Pons ? Non, ils feront tous leurs efforts pour

�— 19 -

sauver de la destruction un monument qui doit leur être cher...
Je demande d'urgence le classement de l'Abbaye de Saint-Pons,
c'est-à-dire de l'Eglise et des bâtiments claustraux, comme monument historique. »
Lou councours de YArmanac Niçart es aquist. Emé fiertà e
au près de touplen de sacrifici faren respetà l'istoria dóu passat,
la lenga e lu escrich dei orne qu'an ilustrat lou nouostre bèu
pais.
*
* *
Despi quauque tèms, — maladia que reven per intermitença,
— la gran questioun de la grafia niçarda, de l'ourtougrafa, es
messa su lou tapis. De letra soun estadi publicadi, d'autri lou seran, e cresi qu'après ben de charra pèr dire pas gran cauva de
nóu, quasi dirii pèr predicà dintre lou Desert, noun restera
d'aquela discussioun, — Favén déjà coustatat, — pas gran cauva,
ren!... Cadun escrèu à la siéu moda seloun l'esprit dóu moumen,
e serii ben curious de counouisse aquéu que vendria nen dità
une metoda en nen dïen : « la mièu maniera d'escrièure lou
Niçart es la bouona». Discussioun scientifica que pòu passiounà
quauque lenguista, pas mai ; lou mihou es d'escrèure seloun li
letra ditadi pèr la prounouncia. Lou talènt pèr aquéu qu'escrèu
es de si laissà liège, de si faire acapi. Es qu'en en un entan que
frecuenta l'escola primària poudès li demandà autra cauva ?...
Perta de tèms que tout acò, vourria mai s'engenià à recercà lu
viei mot, espressioun, loucucioun courenti que la pous dóu tèms
a rabaïat, dounà au nouostre bèu dialete la coulou que dèu avè,
en respetant lu emprunt que pouden avè fach sigue à l'Italian, à
l'Espagnòu o à tout autre...
Un dialète noun dèu pas estre une lenga scientifica, encara
m en noun còu avè la pretencioun que sigue ouficiela, seria temerari ; lou dialete d'un païs dèu refletà lou caratere d'un'epoca que
lou tèms dèu respetà, enfin escrèure gramaticalamen, un noun
empedisse l'autre, e laissà à l'esprit, au goust lou coumplemen
d'un stile ouriginal, en de frasa councisi que flaton i'auriha.
Aquí fermi la discussioun, risqui de perdre la civada... l'an
que ven, se Diéu mi presta vida, v'en dirai d'autri e couma
d'usança que mi sigue permès de la vous souvetà : Bouona e
uroûva !
L'ARMANAC

NIÇART.

�20 —

LA CIGALA DOU BOUON DIEU
Una cigala dóu Bouon Dieu
Tout l'estiéu
E l'iver en la chambreta, —
L'aiguesias vista la lebreta ! —
Noun vivïa que d'amour
S'assetava su l'ounour;
La cigala cantarela,
Vau chanja de clientela,
Noun es courta d'amatour,
Que li viron tout au tour !
Ma l'ancien de la cigala,
De gros mot ven que s'embala ;
En l'auriha de la maire
Li ven tout aquéu bousin,
Que deja toui lu vesin
Sabon lou long de l'afaire
— Cenqu'as fach m'au tiéu tip ?
Di la maire enrabiada...
Bella Vierge encourounada !
Sera au mancou m'un bouon rie!!...
CH. CIAUDO

PROUVERBI, BOUOI MOT, COUNSÉU E DICH
Tèms d'iver noun ti fidar.
Lu màu dei enfan si garisson soulet.
Cau naisse pèr estre bèu, si maridar pèr estre rie, e mouri
pèr estre brave.
Per aver de raïn, eau caressar la souca.
Agnèu naissut
Vau un escut.
Dansa mihou ventre plen que rauba nova.
L'oumbra dou mèstre engraissa lou cavau.

�LOU MAGOT DE BERTOUMIÉU ISSUGA
O BEN

UNA RAISSADA DE MACAROUN
Conte menloanasqae trouvât dintre d'un armori
de ma nana e que /'Armanac Niçart es tirons de
transcrièure en niçart à Ventencioun dei sièu
fidèle lotour et lelrissa.

Bertoumiéu Issuga, mentounasque de viéia roca, abitava en
coumpagnia de sa mouhié, en carriera dóu Paumoulié. La siéu
frema, malurousamen, era sirnplaria e faia lou siéu desespoir.
Cada matin Bertoumiéu, avant de s'en anà au travail, li recoumandava de noun faire de bestialità. Cou vous dire que toui lu
dissata lou nouostre ome metia en un'armari pertuat dintre la
muraia lou gagne de la semana.
— Bertoumiéu ! pèr qu seria tout aquel argen, demandava
Marioun au siéu marit.
— Es pèr Madjou-long, castagnassa !
*
* *
Un jou Bertoumiéu partet pèr anar à la siéu campagna ;
devia même li restar doui ó très jou pèr souïnar e arousar lu
citrouniè. Marioun souleta matin e sera, s'assetava su lou banquet de la pouorta e faïa de bas... Un predinà veguet un ome
de statura mai que mejana, couma si di, un gran carcan. La
frema de Bertoumiéu lou fissa sensa parpelear, pi pihada d'un'
idea, li diguet :
— Moun bèu Moussu, sias bessai vous Madjou-long ?
Lou merlo pita e noun s'en laissa dire autre, léu li
respouonde :
— Noun vous troumpas pas, bella bruneta, sièu ièu Madjoulong !... Ma perqué mi faire tala demanda ?
Perqué ?... dou moumen que sias Madjou-long, intras su lou
cóu. Li a ja pas mau de tèms que moun marit a mes d'argen
amagat pèr vous...
E sensa mai de ceremounia li remeté lou mandiou dintre lou
quai lu sóu eron groupât. L'ome remercia e la s'esbigna lèu.
♦

* *

�Lou sera, Bertoumiéu arriva, la sièu mouhié li di.
— Sabes, ai vist ancuei Madjou-long !
E l'ome de cridar :
— Malurousa ! — m'en a fach encara una 1
Courre à l'armari, lou mandiou e Pargen, mouis !... Issuga
blastema pica dai pen, es décidât de si desiaire de la siéu frema
Lendeman, dóu téms qu'aissesta durmïa, li cuerbe lu uès emé de
pega de sabatié, pi la pihant pèr la man, la mena dapé dóu CapMartin. Arrivât aqui, Bertoumiéu fa mountar Marioun su d'un
nouguié el'abandouna. La paura, bòrnia, noun sabia doun si
trouvava, ni men encara ce que poudia faire.
En aquéu fra-tèms doui voulur venon s'assetar souta
l'aubre ; après aver abrat quauqui branca sequi pèr s'escaufar, pi
si meton à cuentar lou siéu argen.
La calou faguet delegar la pega que curbia Puès destre de
Marioun e aissesta de cridar :
— E d'un !
Lu voulur, d'estuc, s'isson d'emblée.
— Qu'es acó, diguet l'un.
— Un matagan, faguet l'autre.
La calou seguia á faire lou siéu efet pau à pau durbia Puei
senec.
— E de douî, diguet Marioun.
Dóu cou lu voulur escapon, laissant Pargen espantegat soubre
Perba.
Marioun coumença à li veire clar, cala da l'aubre e ramassa
Pargen, pi lèu s'en camina vers maïoun...
Lou sièu marit, pensierons, era assetat dapè dóu fuec, s'escaufant, fumant la sièu pipeta emé beatituda...
— Bertoumiéu !... o Bertoumiéu !... duerbe-mi, siéu iéu,
Marioun...
— Vai au diàu que ti pihe... ièu que cresii de m'en estre
despegouït...
Ma Marioun, toujou picava, un cóu noun asperava l'autre...
L'ome fenisse per li durbi...
— Ten ! regarda cen que ti pouorti.. . e Marioun pauva lou
sac su lou toulié. ..
Bertoumiéu, entartugat, cuenta Pargen e réfléchisse ; — Marioun es simplaria e deman la vila saupra Pistoria de la fouré . ..
Cóu que Bertoumiéu si dispegouïsse pèr empedi li marridi lenga
de bavar...

�— 23 —
Si mete la vesta, lou capèu e souorte fermant la pouorta i..
Faïa nuech dintre la carriera, ma sensa pena s'encamina
vers una boutiga e croumpa pèr mai de dès kilo de macaroun...
Ientra au sièu e di à la sièu mouhié de si metre au liech.
En tant que Marioun durmïa, Bertoumiéu fa bui lu macaroun, pi lu espantega su lu aubre dóu jardin... Lendeman de
matin la siéu frema, desveiada, si mete à la fenestra...
— O ! Bertoumiéu ! Bertoumiéu ! Vene un póu veire!... O
trest ! vè, a plougut de macaroun !...
— O vai fantauma !... n'as toujou una. .. Ten ! ten !... ma
es ver !...
*
* *

A quauque tèms en ça, Bertoumiéu l'avia previst, Marioun
countet à toui que lou siéu ome noun li picava plus, despi lou
jou qu'ela li avia pourtat de sac plen d'escut...
Lou juge aiguent audit parlar de l'afaire, mandet sounar
Bertoumiéu devant lou tribunal ; la siéu mouhié era estada
citada couma testemoni.
Lou juge. — Bertoumiéu, sias acusat d'aver gardât d'argen
que noun era vouostre.
— Iéu !... Ma moussu lou juge, lou negui ; sièu couma
sabès un travaiadou.. .
E Marioun de dire.
— Noun negar, Bertoumiéu, sabés ben qu'es ver ; es iéu en
persouna que t'ai pourtat la mouneda, qu'avii trouvât en la
fouré.. .
Lou juge. — Anas brave ome, noun negués.. .
— E quoura lou m'as pourtat ?... — Vous juri, Moussu lou
juge, que la miéu frema es fouola !...
— E lou sabes ben, Bertoumiéu, es lou jou que plouguet tant
de macaroun !
— Moussu lou juge aves jamai vist ploure de macaroun ?...
— Jamai ! moun beL amic respoundet lou juge que si tenia
lou ventre dóu rire — Amie, vèu que la vouostra frema es
fouola. .. sias aquitat !...
Bertoumiéu si retira emé Marioun... Noun aigueron plus
de disputa e vieugueron, pareisse urous e pèr longtèms !...
J. E.

�CANSOUN ANCIENNA

PÈR LOU

N'aurias pas vist la miêu fiha
Trin-trin
Lou galerin
A'aurias pas vist la miêu Jiha
Trois-wtrois
Le fils du roi
L'ai vista e l'ai baïada
Trin-trin
Lou Galerin
L'ai vista e l'ai baïda
Trois-trois
Le fils du roi.
Douna-mi la miêu fiha
Trin-trin
Lou galerin
Douna-mi la miêu fiha
Trois-trois
Le fils du roi.
Es aqnela la vouostra fiha
Trin-trin
Lou galerin
Es aqaela la vouostra fiha
Trois-trois
Le fils du roi.
La miêu fiha era pas lernia
Trin-trin
Lou galerin
La miêu fiha era pas lernia
Trois-trois
Le fils du roi
La miêu fiha era pas lua
Trin-trin
Lou galerin
La miêu fiha era pas lua
Trois trois
Le fils du roi.
N'es ni guercia ni poutinouva
Trin-trin
Lou galerin
N es ni guercia ni poutinouva
Trois-trois
Le fils du rois.

MAI

�La miéu fiha n'es pas borni a
Trin-trin
Lou galerin
La miêu fiha n'es pas bornia
Trois-trois
Le fils du roi.
Noun faïa pas belugueta
Trin-trin
Lou galerin;
Nonn faïa pas belugueta
Trois-trois
Le fils du roi.
La miêu fiha n'es pas emberrida
Trin-trin
Lou galerin
La miêu fiha n'es pas emberrida
Trois-trois
Le fils du roi.
La m iéu fiha n'es pas pigada
Trin-trin
Lou galerin
La miêu fiha n'es pas pigada
Trois- trois
Le fils du roi.
La miéu fiha noun es pas ranga
Trin-trin
Lou galerin
La miéu fiha noun es pas ranga
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha noun es pas louorla
Trin-trin
Lou galerin
La miéu fiha noun es pas touorta
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha n'es pas crouoada
Trin-trin
Lou galerin
La miéu fiha n'es pas croavada
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha n'es pas gibouva
Trin-trin
Lou galerin
La miéu fia n'es pas gibouva

�— 26 —
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha noun es foularana
Trin-trin
Lou galerin
La miéu fiha noun es foularana
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha n'es pas ingourda
Trin-trin
Lou galerin
La miéu fiha n'es pas ingourda
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha a pas lou peu de pi g nu
Trin trin
Lou galerin
La miéu fiha a pas lou peu de pig nu
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha noun es narvelouua
Trin- trin
Lou qalerin
La miéu ûha noun es narveloiwa
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha noun a la rougna
Trin-trin
Lou galerin
La miéu fiha noun a la rougna
Trois trois
Le fils du roi.
XXX.

PROUVERB1, BOUOI MOT, COUNSÈU E DICH
Qu duerme ben noun cregne li niera.
Qu vè pissar e noun pissa, crêpa de malícia.-'
Qu douna soun ben avan de mouri
Mérita de pati.
L'amour es lou paradis dei fouol.
L'amour es .la flou de la jouinessa.

�LA MOUORT DAU PAURE TOUNIN

Lou paure Tounin, malàut a setant'an, si presenta à l'espitàu
ma li respouondon que li a plus de plaça.
— Coumplet ! ! !
Quauqu'un li fa capi qu'em'un pau de proutecioun li pourria
intrar. Countrariat dei pas que cóu faire, Tounin vira lu taloun e
s'encamina vers la plaça Massena, piha lou tram, si rende da
Graugnard, à l'espitàu dei can, e li di :
— Moussu lou Veterinari, cresi d'estre un pau mai qu'un
can ?... En aquéu cas souîna-mi...
— Vous souînar aici, ma brav'ome perdés la testa. — Basta,
li di que n'a pas de liech pèrcourcar un crestian, que noun douna
de souin qu'ai bestia !...
Tounin, couma pensas, s'en souorte m'au couor gros e noun
sau plus à que sant si recoumandar. Era aqui au mitan dóu
camin, quoura en aquéu moumen arriba un landau, doun cala
una grossa dama, encapelada, aurias dich un ver foungi, segada
d'un varlet que pourtava religiousamen un can enfeloupat emé de
favour rosa au couol, tapat d'un tapis em'ai iniciala. En veèn
aquéu tablèu lou paure Tounin si lamenta, sangluta fouort.
— Qu'avès lou miéu brav'ome, li di la dama.
— Cen qu'ai Madama ?... trovi que lou vouostre can a mai
de chança que iéu. Li a cinquant-cinq an que travaii, pèr la premiera fès que siéu malàut, noun soulamen mi refuson à l'espitàu
dei estre uman, ma encara mi vèu picar la pouorta au nas èn
aquéu dai can.
— Quevoulès, lou miéu paur'ome, ai fach un vout de mimetre
à la Soucietà Proutetriça dei Animau, de pourtar touti li miéu
ecounoumia à la Caissa de secours pèr soulajar lou sort dei bestia.
Lou fau talamen ben, que vouguessi ben vous dounar un sóu
que pourii pas.
La dama li vira l'esquina e ientra couma un coupa-cisèu da
Graugnard. Tounin roumougna :
— Se ti veguessi en un cantoun ti dounerii mancou un gotou
d'aïga !... vièia sansuga !...
Tounin estrassinat, deble s'alonga un pau plus en là, su d'un
mouloun de peira. Quauqui oura après, couma soufrisia, n'ai-

�guènt ren en l'estomegue depi l'auba, coumençava d'aver lou
rangouioun, quoura passet un canipiè que li diguet :
— Que fès aquí, brav'ome ?
— Couma veès siéu aqui pèr tirar lu patoun. M'an refusat â
l'espitàu, même en aquéu dai can, noun mi resta que de mouri
su d'un mouioun de peira. — Avès un carnet su lou quai enregistras lu fach dóu jou, farias ben de li aloungar lou miéu testamen que poudès mentuar couma acô :
— « Bouon Diéu, se mi fes passar encara une fes sur la terra,
fe-mi naisse can au mancou, li aura une Soucietà Proutetriça dei
Animau que si crusira de iéu e pourrai estre amès en un espitau,
estre souïnat, faire bouona vida, menar une vida de can... »
ANT. ROLAND.

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VIGNE
A M. VALÉRE BERNARD.

Dans le ciel doux la Vigne ètreint les pals de buis.
Sous le pampre le merle alourdi des falernes
Tourne son col gris vair et ses paupières lemes
Qu'argenté la blancheur des immuables nuits.
O / fraîcheur, 6 beauté des Igs et des iris,
Que la Vierge éblouie avec les marjolaines
Cueille le soir venu aux vasques des fontaines
Pour colorer en fête, au crépuscule, l'Euis.
Narcisses, ébeniers, œillet et sensitive
Ah ! Versez en mon âme attiédie et pensive
L'orgueil qui souleva les clairs olympiens.
L'amour qui rafraîchit les Madones pieuses
Et qui vêt de clarté les snls athéniens
Et les ravissements des époques heureuses.
JEAN

PADOVANI.

Quauque souvèt :
Vous souveti la bouona annada.
Que siegue mihau que la passada.
Vous souveti la bouona annada acoumpagnada de touplcn
d'autri.

�Eglises et Chapelles de Nice
La vieille ville de Nice se trouvant sur la rive gauche du
Paillon, pour parler de ses églises, nous commencerons par son
église cathédrale, Sainte-Réparate, vierge et martyre, de celles du
canton Est, et en traversant la rive droite nous nous occuperons des paroisses du canton Ouest.
I. — L'Eglise Cathédrale du Diocèse de Nice est la paroisse
de Sainte Réparate, vierge et martyre, sous l'empereur Decius en
253. Sa fête est le 8 octobre. Cette église est au centre de la vieille
ville (8.500 âmes), Avant 1531 la Cathédrale était près du Donjon, plateau de Nice, et dénommée : Sancta Maria in platea,
dédiée à N. D. de l'Assomption. L'édifice actuel, dans son genre,
ressemble beaucoup à Saint Pierre de Rome, au Vatican. C'était
auparavant une simple église paroissiale
desservie par
les Bénédictins du Monastère de Saint-Pons, près Nice.
Dans son ressort se trouvent l'ancienne église de Saint
Jaume (Saint Jacques apôtre), jadis des P.P. Carmes, fermée
depuis 1903. Après le transfert du titre de paroisse à l'église de
Saint Juste, évèquc, au Gesu, elle fut placée sous la vocable de l'Annonciation de la Sainte Vierge, ainsi que la belle Eglise de la
Miséricorde, sur le Cours Saleya, jadis de Saint Gaétan, fondée
e
par les P.P. Theatins au XVIII siècle et cédée à la noble
confrérie des Pénitents Noirs.
La Cathédrale de Nice, paroisse Sainte-Réparate de nos jours,
fut comme l'ancienne au Donjon du Château {Sancta Maria in
platea), le théâtre de plusieurs f lits historiques mémorables dans
les annales de l'histoire de Nice.
II. — L'Eglise de Saint Jacques, an Gesû, dès son érection
en 1612, dédiée à Saint Juste, évêque. Sa fête est le 2 septembre.
En 1665 fut érigée en paroisse sous le titre de Saint Jacques le
Majeur, remplaçant la paroisse de Saint Jaume. On l'appelle
vulgairement le Gesù à cause qu'elle a été fondée et administrée
par les P.P. de la Compagnie de Jésus.
Appartiennent à cette paroisse les deux chapelles des confréries des Pénitents Blancs, la Sainte Croix, — confrérie la

�óo —
plus ancienne de Nice, — et des Pénitents Rouges, Saint Suaire
et de la Sainte Trinité ; l'Eglise du Couvent de là Visitation,
la chapelle de l'ancien séminaire, à la montée du Château, et
jadis l'Hospice franciscain avec chapelle de Saint Joseph des
P.P. Recollets de Cimiez, convertie en maison particulière.
L'Eglise du Gesù est d'ordre corinthien composite, cons truite sur le modèle de l'Eglise des Jésuites de Turin, dite
vulgairement les Saints Martyrs. ( 10.000 âmes).
A l'extrémité de la rue du Malonat, aux racines de l'ancien
château, on voit un oratoire à la Sainte Vierge Marie, sous le
titre de N. D. du Bon Secours. Les habitants de ce quartier érigèrent cet oratoire en l'honneur de la sainte Vierge, en reconnaissance du choléra en 1854.
III. — L'Eglise paroissiale de Saint Martin Evéque dite de
Saint-Augustin est la plus ancienne, elle fut bâtie sur l'emplacement de l'ancienne chapelle de Saint Martin (1205) et appelée
Saint-Augustin parce qu'elle était desservie par les Augustiniens
dont le couvent a été transformé en caserne. (Caserne Filley, près
l'ancienne chapelle Sincaire).
IV. — L'Eglise de Saint-Francois-de-Paule a été édifiée en
1736 d'après le plan de l'architecte
Guarini. En 1838
elle fut érigée en paroisse par décret de Mgr Galvano et appelée
aussi Saint-Dominique en souvenir de l'ancienne église paroissiale
de ce nom qui s'élevait sur la place Saint-Dominique aux lieux et
place de l'actuel Palais de Justice.
V*— L'Eglise du Port ou de l'Immaculée Conception. D'humble
origine. D'abord ce fut une fort modeste chapelle (1835), transformée agrandie par Mgr Galvano, et l'avocat théologue L. Mari
fut son premier curé..
VI. — L'Eglise Saint-Joseph nouvelle paroisse depuis 1911 la
première pierre fut posée le 19 mars 1911, bénie le 29 octobre et
ouverte au public le Ier novembre 1911 sous le patronage de Mgr
Chapon et dirigée par les soins de M. l'abbé Gabrielli.
A cette paroisse appartiennent la chapelle succursale de Saint
Joseph contigüe à l'Evêché, et la chapelle de Notre-Dame des
Anges sur l'ancienne route de Villefranche.
VIL — Saint-Roch. Cette église paroissiale dans la banlieue
de Nice fut érigée après la peste de r68r. Nice fut délivrée de ce
fléau par l'intercession de saint Roch, confesseur, né et mort à

�- Si Montpellier. La paroisse est divisée en deux quartiers, Roquebillière
inférieure et Roquebillière supérieure, jusqu'à la chapelle de NotreDame de Bon Voyage.
VIII. — Rive droite du Paillon, intra muros, se dresse Notre Dame du Vau, paroisse Saint-Jean-Baptiste, qui remplace l'an
cienne église du même nom devenue chapelle inférieure du Lycée.
Cette belle église, vœu delà ville de Nice en 1835, mt érigée en
1842 et terminée en 1852 par Mgr Galvano, évêque de Nice.
La façade ressemble à celle élevée à Turin en l'honneur du retour
du roi dans les états Sardes en 1814.
IX. — Saiiit-Pierre-d' Aréna remplace une chapelle située à la
Croix de Marbre. Elle fut érigée en paroisse en 1803 par Mgr
Colonna d'Istria. Elle doit son nom à ce fait, c'est que lors de sa
fondation elle se trouvait sur le rivage de la mer séparée par une
bordure de sable fin.
X. — Une ancienne chapelle de Sainte-Hélêne-l'Inspiratrice
existait dans ces parages. Elle fut remplacée en face la mer par
une église sous l'épiscopat de Mgr Recrosio (1727).
Six paroisses « extra muros » dépendent de la commune de
Nice.
Sainte-Marie Magdeleine, sise dans le vallon de Magnan, édifiée sur l'emplacement d'une chapelle de même nom, érigée en
1626 et dite vulgairement chapelle « dei cassaire » à cause du
grand nombre de chasseurs. Après le concordat de 1803 sous
l'épiscopat de Mgr Colonna d'Istria, ce quartier qui depuis 1771
dépendait pour le spirituel de la cathédrale fut érigé en paroisse.
Il existe encore aujourd'hui une chapelle de Notre-Dame du Bon
Conseil changée en demeure particulière . Bientôt le besoin de
la population augmentant, une église sera bâtie à la cité Robiony
par les soins du curé actuel de la Madeleine.
Plus à l'est de la ville, toujours dans le canton ouest ce
l'Arquet, se dresse la paroisse de l'Ariane dédiée primitivement à
saint Arnoux, évêque et à saint Pierre, apôtre. Elle fut érigée en
paroisse en 1809 sous l'épiscopat de Mgr Colonna d Istria. Dans
son ressort se trouve l'ancienne chapelle nécropole de l'Abbadie
fondée en 1635 en l'honneur de sainte Claire pour le besoin spirituel de 450 à 500 habitants qui appartiennent aux communes
de Nice, Cantaron Saint-André. Localité d'avenii et à laquelle
le chemin de fer Nice-Coni donnera une valeur stratégique.

�— 32 —
Gairaut avait au moyen-âge une chapelle de secours desservie
par les religieux chevaliers de l'ordre du temple au début, et par
la suite de Rhodes et de Malte. Sous l'épiscopat de Mgr François
Rosini de Martinengo la chapelle fut érigée en église paroissiale
sous le vocable de saint Sauveur o*u de la transfiguration du
Rédempteur.
Dès 1730 les P. Dominicains de Nice fondent à Saint Pancrace un sanatorium pour religieux martyrs avec chapelle en
l'honneur de Saint Pancrace martyr. Cette chapelle est érigée en
paroisse en 1848 par Mgr Galvano.
Sur le couchant de Saint-Pancrace on trouve la paroisse de
saint Roman . martyr ; l'ancienne chapelle fut érigée en paroisse
ainsi que celle de saint-Antoine de Ginestière en 1803 sous Mgr
Colonna d'Istria.
VALENT IN.

NOU VÉ
Tu Çatarina fai lou pan.
Mdumen de jota, d'alegressa,
Fes audi da toui lu couor :
Lu ange canton l'alegressa,
Fuges l'infer, Juges la mouorl.
Chntou !
L'aarika sabla, li a quaucaren aici vesin,
Sembla que senti li joia d'un festin ;
Audi lu tambourin de laen,
Lu Jlajoulet e li musela,
Lu pastre van à Bethelen
Laisson la cabana soaleta ;
Santo nuech, venes aléa nen ralegrà,
Pourtas à toui la pax et la tranquilità !
Tu Catarina fai lou pan,
Manda Lucrecia au safran,
Despende aléa lou lauvaniè,
Chapla la blea su lou taatié ;
Crala de froumai e roumpe d'iiu
E fai la iourta couma fou,
Ché n'aiguen toui en aboundança (bis)
Santa nuech, venes alèu nen ralegrà,
Pourtas à toui la pa.x e la tranquilità .'
En tant faguen etnb'au vesin
t ua santépér lou Bambin,
Toucan lou gotou de bouon vin,
Ernb'aa vesin pér lou Bambin
Ti-ri-tin-tin ! -tinTi-ri tin !

�— 3Î —

L'Expulsion de Mgr Valperga
fEN SEPTEMBRE

1792)

Le 12 octobre 1780 h population de Nice se pressait aux
abords de la porte Pairoliëre pour y recevoir en grandes pompes
le nouvel évêque Charles-Eugène Valperga di Maglione. Ce
prélat avait couché la veille selon l'usage antique à l'abbaye de
Saint-Pons et devait faire ce jour là son entrée solennelle dans
sa ville épiscopale.
Le cérémonial imposant avec lequel on avait reçu jusqu'alors
les évêques fut encore cette fois observé. L'accueil de la population entière fut des plus chaleureux au rapport de Pierre Scaliero
qui en fut témoin (1). Le nouvel évêque, qui remplaçait Monseigneur Astésan nommé archevêque d'Oristano en Sardaigne,
appartenait à une famille de vieille noblesse dont plusieurs membres avaient exercé, à Nice, des fonctions importantes (2). Il
(1) Voir aux Archives municipales le récit détaillé que ce chroniqueur en a laissé dans ses Mémoires. Pierre Scaliero mourut en 1805.
(2) Jacques Valperga, conseiller ducal, fut lieutenant du gouverneur de Nice en 1454 ; Thoma5 Valperga fut gouverneur du château de Nice en 1565 ; Jean Valperga fut également gouverneur de
Nice en 1596 ; Jérôme Valperga fut commandeur du château de
Nice en 1600 ; Pierre Valperga, frère de Jacques Valperga, était
chevalier de Malte (Arch. municipales, registre des gouverneurs,
commandants et chevaliers de Malte) ; Anne Valperga, fille dAmédée
Valperga, épousa, le commandeur de Malte Jean-Paul Lascaris.
(Voir son testament daté de 1683, arch. des Alpes-Maritimes,
registre B, 297.) Joseph Ignace de Valperga reçut de son oncle, Emmanuel Philibert Chiotera, mie partie du fief de Couaraze dont il fut
investi le 20 février 1753. Son fils, Vincent, céda ses droits à H. Novelli. Jérôme Valperga fut sénateur à Nice de 1761 à 1765, puis
ministre plénipotentiaire de Sardaigne à Gênes en 1780 ; plus tard
il fut ministre etsecrétaire d'Etat, ce dernier était le frère de l'évêque
de Nice et fils du comte François Valperga qui vivait encore en
1795Ees armoiries des Valperga étaient fascé d'or et de gueules, à
la plante de chanvre déracinée, d'argent et brochant. Le cimier
était un bouc naissant au naturel et la devise : « Ferme-toy ».
Nous reproduisons les armoiries de Monseigneur Valperga d'après celles qui se trouvent en tête du catéchisme édité par ses ordres
et dont nous devons le dessin à l'obligeance de M. Joseph Casai
(Extrait de 1' « Armoriai Artistique et Nrbiüaire », Ni.e, 1902.
3

�- 34était directeur du collège des Provinces à Turin, lorsque le roi
de Sardaigne le désigna, pour l'évêché de Nice. Il avait été sacré à
Rome où il avait fait ses études. Monseigneur Valperga se distingua immédiatement par sa vigilance et son activité : il releva
le niveau intellectuel et moral des prêtres de son diocèse et s'attacha à mettre en toutes choses la plus grande régularité. Dix-huit
mois après son installation, il publia un nouveau catéchisme
dont le plan avait été préparé par son prédécesseur ^i). Grâce à

ses relations cordiales avec la eour de Turin, il jouissait auprès
des autorités civiles de Nice d'une grande influence. Après douze
(1) Ce catéchisme en italien fut imprimé à Nice par la Société
Typographique. C'est un petit volume in-douze de 612 pages, portant
la date de 1783. En tête se trouve le mandement de Monseigneur
Valperga du 16 février 1782 qui approuve le travail terminé par
le prêtre auquel Monseigneur Astésan en avait confié le soin, ordonne
sa publication et règle l'organisation des catéchismes dans tout le
diocèse. Deux ans plus tard en 1785, Gabriel Floteront, imprima
un autre catéchisme rédigé en dialecte niçois, petit volume in-12
de 228 pages. Un exemplaire de ces deux ouvrages existe à la biblio
thèque de Nice. — Voir Villarey, Série Cronològica dei Vescovi
di Nizza. — Art. Valperga.

�-35 années de séjour dans cette dernière ville il s'était acquis l'estime
et le respect de tous.
*

• *

Lorsque le 28 septembre 1792 dans l'après-midi, les troupes
piémontaises évacuèrent Nice, il y eut dans cette ville une effroyable panique et des milliers d'habitants s'enfuirent dans la direction de Turin. Ce fut un désarroi et une désorganisation complète de toutes les autorités. iMonseigneur Valperga resta à son
poste et s'engagea à ne point quitter la ville. Le lendemain samedi
29 septembre, il accompagna le second consul Honoré Saissi et
quelques membres du Conseil qui se rendirent, vers les onze
heures du matin, à la villa Feraudi, au quartier St Hélène, pour
offrir les clefs de la cité au général d'Anselme qui venait d'y
arriver à la tête des troupes françaises. Le général fit à la délégation assez bon accueil, mais il s'étonna de trouver parmi ses membres, l'évêque dont la place déclara-t-il n était pas là. Du reste,
d'Anselme attacha si peu d'importance à la démarche îles magistrats niçois que dans aucune de ses dépêches officielles il n'en fit
mention.
Sur le soir du même jour, la petite armée française faisait son
entrée dans la ville et le général s'installait dans la maison du
consul de France à la place St Dominique. L'évêque de Nice qui
tenait à rester au milieu de ses diocésains se présenta de nouveau
vers les huit ou neuf heures du soir chez le général auquel il voulait recommander ses prêtres en lui demandant des respecter les
églises. Le général était entouré de tout son état-major, du consul
de France, Pierre Le Seurre, de Honoré Saissi, second consul, de
Féraudi, secrétaire général de la commune. Ces deux derniers
venus probablement pour appuyer les demandes de l'évêque.
L'accueil du général ne fut pas plus encourageant que la première fois ; il intima même avec insistance au prélat l'ordre de
quitter ta ville en ajoutant que le plus tôt serait le mieux et ce
fut sur ces dernières paroles que l'évêque se retira après avoir toutefois reçu du général la promesse que tout ce qu'il laisserait dans
son palais serait placé sous la sauvegarde de la Nation française.
Il n'y avait pas à tergiverser, l'ordre était formel et pressant, il
fallait partir. L'évêque prit ses dernières dispositious et délégua,
au curé de la cathédrale, le chanoine Honoré Navello, tous les
pouvoirs nécessaires pour administrer le diocèse en son absence.
Aux premières lueurs du jour, Valperga quitta son palais, et se

�— 36 dirigea à pied vers la porte Pairolière. Il avait été impossible de
trouver une voiture car tous les moyens de transport avaient été
réquisitionnés et utilisés le 28 septembre pour permettre l'exode
des habitants terrorisés. Il avait ordre de partir, mais cet ordre
n'ayant pas été donné par écrit, les volontaires marseillais, de garde
à la porte de Turin, refusèrent de le laisser passer, l'accablèrent
d'injures, le menacèrent même de le pendre et ne consentirent á
le lâcher que sur un ordre écrit, sollicité et obtenu du général,
grâce à l'intervention courageuse et au sang-froid d'un jeune
niçois, Joseph Castellinard. Monseigneur Valperga se retira à
Turin et y mourut en 1805 sans avoir jamais pu obtenir l'autorisation de rentrer.
*

* *

Il est établi par les documents officiels contemporains que
Monseigneur Valperga ne quitta son siège que sur les ordres arbitraires du général d'Anselme et ces mêmes documents nous
renseignent très exactement sur les incidents fâcheux qui se produisirent au départ de l'évêque. Du reste, on n'ignorait pas à Nice
comment les choses s'étaient passées et la population savait grê à
Valperga de son attitude et de sa fermeté. De son côté, Valperga
avait eu confiance dans la parole à lui donnée par le général au
nom de la Nation française et à plusieurs reprises il manifesta
son étonnement qu'elle n'ait pas été gardée, que ses biens aient
été confisqués, son mobilier vendu, son nom inscrit sur la liste
des émigrés alors qu'en partant il n'avait cédé qu'à la force.
Parmi les nombreux documents qui se trouvent soit aux archives de Nice, soit aux archives nationales il en est quelques-uns
dont la simple reproduction sera plus probante que tous les corn,
mentaires. Il_suffira de citer :
•i° La lettre du Directoire des Colons Marseillais en date du
25 février 1793, adressée aux citoyens Blanqui et Veillon, députés
extraordinaires de la ville de Nice à Paris, au sujet des réclamations présentées le 23 du même mois par Jean-Jacques Donny, au
nom de Mgr Valperga.
20 La réponse du même Directoire à J.-J. Donny, en date du
26 février 1793.
3„ L'arrêté du Département en date du 13 avril 1793.
40 La réclamation présentée au Directoire du département

�Valperga, aussitôt après son inscription sur la liste des émigrés de
la ville de Nice, dressée à la fin de juin 1793.
50 Les états de frais pour l'inventaire et la vente du mobilier
et effets de « l'émigré Valperga Maillone, citoyen évêque » approuvés par le département des Alpes-Maritimes, le 5 germinal an
III (25 mars 1795).
6° Les actes de notoriété dressés le Ier et 2me fructidor an III
(18 et 19 août 1795) par Gautier, juge de paix à Nice, à la requête de Pierre-Joseph Passeron, agissant en qualité de procureur
subrogé par Nicolas Giorni, procureur spécial et général de Mgr
Valperga, par acte de procuration reçu à Turin le 20 juillet 1795,
notaire Pierre-Joseph Bernochio.
70 La pétition adressée au district de Nice le 4 fructidor an III
(21 août 1795) par Pierre-Joseph Passeron, demandant la radiation du nom de Valperga sur la liste des émigrés.
8° L'avis du district de Nice en date du 5 vendémiaire an IV
(27 septembre 1795) déclarant que Mgr Valperga doit être rayé
de la liste des émigrés.
90 L'arrêté du département des Alpes-Maritimes, en date du
14 prairial an V (2 juin 1797) ordonnant la radiation provisoire
du nom de Valperga de la liste des émigrés.
io° L'acte de cautionnement dressé par le département le
11 fructidor an V (28 août 1797), à la requête de Pierre-Joseph
Passeron, procureur de Mgr Valperga en exécution d'une des
clauses de l'arrêté du 14 prairial an V (2 juin 1797).

�- 38 —

DOCUMENTS ET PIÈCES D'ARCHIVES

Pièce 1.

25 février 1793
Aux cit. Blanqui et Veillon
Une lettre du cit. Donny, associé du citoyen LeClerc, défunt président de l'ancienne administration
provisoire, dont vous avez ci-inclus l'extrait ( 1 ), nous
fait connaître que le cit. Valperga, évêque de Nice,
laissa avant son départ (ordonné à son retour par
Anselme) dans sa maison pour environ 34.000 livres,
argent monnayé, et environ pour 17.000 d'effets en
vaisselle, linge, batterie de cuisine etc.
Une portion de ces effets se trouvent encore dans
ladite maison, sous l'inventaire que nous en avons
fait dresser par les commissaires de l'une et l'autre
administration, lorsque nous avons été installés, mais
il s'en faut de beaucoup qu'elle puisse arriver à la
somme de 17.000 livres, pas même le tiers.
Quant à l'argent monnayé entré dans la caisse du
receveur de l'ancienne administration, nous n'y
voyons point la somme que ledit Evêque désigne
avoir laissé dans sa maison. Nous vous remettons cijoint un extrait de l'état des sommes' que le cit.
Bonnet a reçu en espèces, pendant toute sa gestion
de receveur et trouvées parmi les effets des émigrés
français et niçois.
Nous ne voulons rien préjuger sur l'assertion du
cit. Valperga, quoique nous ayons des indices frappants de vérité. Ce ne sera que lorsque nous aurons
pu les convertir en preuves par le témoignage de
quelques citoyens que nous nous procurerons, pour
pouvoir en demander la restitution et la poursuite
contre le pillage.
En attendant, noùs croyons devoir vous faire part
de cette découverte que nous allons communiquer au
Président de la Convention Nationale et au Ministre.
Arch. des A. M. Registre de la correspondance du
Directoire des Colons marseillais L. 5.
Cet extrait manque au registre ainsi que les autres pièces
énoncées dans celte lettre.

�-hLe 2érae février 1793.
Au citoyen Donny, négociant à Nice
Pièce 2.

Votre lettre du 23me de ce mois, citoyen, nous
demande des renseignements sur le temporel du
citoyen Valperga, Evêque de Nice. Nous allons vous
transmettre tous ceux qui sont à notre connaissance
L'administration provisoire en choisissant l'Evêché
pour le lieu de ses séances, vint s'y établir dans les
premiers jours d'octobre, et tout nous porte à croire
qu'elle ne fit aucun inventaire des effets qui s'y trouvaient, du moins nous n'en avons trouvé aucun dans
les papiers qu'elle nous a remis.
En succédant à cette administration provisoire,
uous avons cru que notre premier devoir était de faire
un inventaire de tout le mobilier renfermé dans la maison épiscopale. Nous y avons successivement procédé
en présence des administrateurs provisoires et à mesure qu'ils nous en remettaient les clefs. Tout le mobilier qui s'y trouvait, ne consistait guère qu'en
meubles meublants et ne nous paraît pas avoir la
valeur de 17 mille livres que l'Evêque lui donne.
Vous pourrez, si vous le jugez à propos, faire prendre
à notre secrétariat une copie de cet inventaire. Tout
ce. qui n'est point renfermé dans les appartements
que nous occupons au premier étage, a été laissé à la
garde de Jean Poma, ancien concierge de l'Evêque et
le nôtre.
Pour nous éclairer sur les 34.000 1. argent monnayé que l'Evêque doit avoir laissé en sa maison,
nous avons écrit au cit. Bonnet, receveur de l'administration provisoire, pour lui demander un état des
sommes en numéraires versées dans sa caisse, comme
ayant été saisies et trouvées parmi les effets des Emigrés français et niçois. L'état qu'il nous a remis ne
monte qu'à 74121. 16 s, et aucun article n'a du rapport
avec les réclamations du citoyen Valperga.
Quant à ce qui concerne personnellement le
citoyen, nous avons demandé au Ministre de l'Intérieur de vouloir bien nous dire la manière dont nous
devions l'envisager. Nous savons qu'un ordre arbi-

�— 40 —
traire de Danselme l'obligea de quitter Nice, le jour
de l'entrée des Français. Mais nous pensons aussi que
la proclamation des Commissaires de la Convention
nationale de France et le décret de celle de Nice,
concernant les Emigrés, étaient des motifs suffisants
pour le ramener à son poste et le rassurer sur les
suites de son retour. En persistant à prolonger son
absence, il s'expose à être traité comme émigré, à se
voir déclarer déchu de sa place et confisquer tous ses
biens. Telle est la disposition de la loi, et quoique
nous ayons consulté le ministre sur le cas particulier
de l'Evêque, nous prévoyons que sa réponse sera de
nous en tenir à la rigueur des lois, ainsi que plusieurs
instructions nous l'ont déjà annoncé.
Vous sentez, citoyens, que tout le mobilier de
l'Evêque doit rester séquestré jusqu'à son retour ou à
la décision du Ministre. Il peut être tranquille sur la
conservation de tout ce que nous avons trouvé en
entrant dans sa maison. Ce qui a pu en être enlevé
avant notre entrée en fonctions, est étranger à notre
gestion. Mais nous employerons tous les moyens qui
sont en notre pouvoir pour en trouver les traces, en
acquérir les preuves et en faire punir les coupables.
Les administrateurs, etc.
Archives des A.-M., Registre
suivants.

,L. 5,/°7i verso et

Lettre des commissaires de la Convention
Nationale et arrêté du Département des A. M.
Nice, le 9 Avril 1793, l'an 1 Ie de la Repu bublique Française.
« Vous voudrez bien, citoyens, en nous envoyant
les noms et prénoms de l'évêque de Nice, nous instruire officiellement d'après les "dispositions des lois,
s'il est censé démissionnaire et son siège vacant.
« Les Commissaires de la Convention Nationale
au département des A. M.
GRÉGOIRE, JAGOT (I)

(1)

Archives des A. M. L. 29 ancien. L

7

actuel.

�— 4i (i3 avril 1793)
Le Directoire ; vu la réquisition du citoyen Procureur Général sindic « Considérant que Charles Eugène Valperga, évêque de Nice, n'avait point quitté
son domicile lors de l'entrée des troupes de la République ; considérant qu'il a lui méme-accompagné les
consuls d'alors quand ils furent présenter les clefs
de la ville et inviter le général Anselme à venir en
prendre possession au nom de la République ; considérant que le général Anselme par ses ordres arbitraires et tiranniques, accompagnés même de menaces contre ses jours, l'ont forcé de s'éloigner ; arrête
qu'il ne peut le déclarer émigré, et qu'il sera répondu
aux Commissaires de la Convention nationale d'après
les principes ci-dessus.. »
Sign : PAUMÉ ; BARLI FABRI ; F. CASTKLIMARD ;
ANGLES ; BERNARDI, secrétaire général. (1)
pjj

ce

^

Aux citoyens composant le Directoire du
département des Alpes-Maritimes..
22 juillet 1793.
Citoyens,
Le citoyen Jean-Jacques Donny, soussigné, chargé
des intérêts du citoyen Valperga, évêque de Nice
absent, ayant été informé que par votre délibération
du 29 du mois passé, ledit citoyen Valperga avait été
déclaré émigré, vous représente avec tous les égards

(1) Archives des Alpes-Maritimes, Registre L,. 3, folio 101. L'Arrêté n'est pas signé par le procureur syndic Jean-François Tourre
ni par l'administrateur Jean-L,ouis de Villiers qui ne partageaient
point l'opinion de leurs collègues. A noter que Tourre était d'Antibes
et que de Viliers était un médecin français établi depuis longtemps
à Nice.
I/Arrêté fut pris malgré le réquisitoire de Tourre qui voulait
déclarer Monseigneur Valperga émigré et malgré un violent discours de Villiers soutenant la même thèse qui fut combattue par
Barli Fabri, par Castclinard et par Anglès. J'ai déjà publié in-extenso
cette délibération du 13 avril T793 au cours d'un article sur l'église
de Nice en 1792-1793 inséré dans Nice Historique du Ier avril 1903,
C'est pourquoi je reproduis ici simplement la lettre des
commissaires et l'arrêté du département.

�- 42 —
dûs au pouvoir dont l'exercice vous a été confié par
le peuple souverain que le citoyen Valperga ne peut
ni ne doit sous aucun rapport être considéré comme
émigré, par les motifs ci-après :
i° Qu'il est de notoriété publique qu'il n'a quitté
le pays que contre son gré et par ordre du général
Anselme :
2° Qu'il a constamment été disposé et a offert
de revenir dans son diocèse, moyennant qu'il ne fut
assujetti à prêter qu'un serment relatif au temporel et
non au spirituel.
3° Qu'enfin et par la raison que n'étant point
indigène, mais étranger, son séjour ici n'a été dé terminé que par sa nomination à l'épiscopat, événement casuel qui n'a jamais pu le soumettre à l'obligation de renoncer pour toujours à sa mère-patrie.
Tous ces motifs, soit qu'on les prenne collectivement ou séparément, démontrent suffisamment,
citoyens administrateurs, le droit incontestable, qu'a
le citoyen Valperga de demander et prétendre la
radiation de son nom du tableau des émigrés, et si
le ministre de l'Intérieur n'a fait aucune distinction
entre lui et les autres citoyens, c'est sans doute qu'il
a ignoré les circonstances qui vous sont exposées
ci-dessus, et notamment la dernière, car s'il les eût
toutes connues, il n'est nullement probable qu'il eût
décidé comme il l'a fait. Toute hypothèse contraire
serait une injure faite à ses sentiments et à ses lumières. Un homme tel que lui, dont les vertus civiques, le patriotisme et les talents l'ont appelé au
poste aussi honorable que pénible qu'il occupe, doit
ressembler autant que possible à la Nation pour
laquelle il agit et qui l'a honoré de sa confiance.
Cette nation est grande, généreuse, magnanime,
juste et bienfaisante.Elle ne peut qu'êtreextrêmement
jalouse de sa gloire, et l'un des principaux devoirs de
ses agents est d'éviter soigneusement d'en ternir
l'éclat.
Le refus qui serait fait de rayer de la liste des
Emigrés le nom du citoyen Valperga, refus qui entraînerait avec lui la confiscation des minces propriétés de ce citoyen, serait un acte qui imprimerait à

�-

43

-

jamais une tache ineffaçable à la gloire du nom français ; tache qui ne pourra manquer de frapper également les yeux des contemporains et ceux de la postérité ; tache enfin que les historiens ne manqueront
pas de faire ressortir par des couleurs enluminées, et
le bel effet qu'un pareil tableau produirait, citoyens
administrateurs, serait votre ouvrage.
Mais non, loin de nous, cette idée ! Vous êtes
républicains ! cela suffit. Les républicains sont vertueux. Ils aiment, chérissent, protègent, respectent
la vertu partout où elle se trouve. Et le citoyen Valperga aussi est un homme vertueux ! Qui en doute ?
Nul bon citoyen, nul honnête homme. Souvenezvous, citoyens administrateurs, que ce n'est que par
ses vertus qu'il a mérité l'amour et l'affection du
peuple Niçois et non par sa qualité d'évêque. Et plût
à Dieu que tous les ecclésiastiques lui eussent ressemblé ! La France n'eut point éprouvé d'aussi horribles secousses, pour asseoir, affermir et assurer sa
liberté.
La République a incontestablement le droit de
renvoyer hors de son sein tout individu qui ne lui
convient pas, mais en renvoyant ainsi un étranger
qui, d'ailleurs, n'a pas encouru la peine de la confiscation de ses biens, elle lui permet de les emporter ou
de les vendre et d'en emporter le produit. Tel est
précisément le cas du citoyen Valperga.
L'exposant demande en conséquence, citoyens
administrateurs, qu'il vous plaise prendre dans votre
sagesse une délibération tendante à rendre audit
citoyen Valperga sa qualité de citoyen français non
émigré, à lui accorder un délai compétent pour rentrer dans ce pays soit comme simple citoyen ou
comme fonctionnaire public et à lui assurer dans
tous les cas la restitution de ses propriétés par lui
laissées sous la sauvegarde de la loyauté française
dans la maison épiscopale, lors de sa retraite forcée,
ou la juste indemnité de leur valeur. Et sera justice.
Nice, le 22 juillet 1793, l'an second de la République française, une et indivisible.
Jean-Jacques DONNY.
l
ARCHIVES NATIONALESF/ 4.867 , dossier Valperga.

�- 44 Pièce 5.

Etat de frais de vente pour parvenir à l'inventaire
et vente des effets de l'émigré Valperga Maillone,
citoyen évêque :
5 germinal an III (25 mars 1795)
Pour une séance de trois commissaires dont un du
District et deux de la Commission municipale, fixée
à trois livres par séance par le Directoire du district
et approuvé par les Représentants du
Peuple
L.
9 »
Papier timbré tant de la minute que
des deux extraits
»12
Pour la copie desdits deux extraits . .
» 8
Droits d'enregistrement
13 10
31

2

Nous soussignés certifions le compte ci dessus véritable.
Signés : J.-B. Thomaty, comm. du dist. ; Savigny,
comm. munie. ; Mabil, comm. municip.
Frais de la vente :
Pour quatre séances de deux corn missaires dont un
du District, un de la Commis, mun. sans le membre
de l'administration fixées à trois livres par séance par
le Directoire du district et approuvé par les Représentants du Peuple .
L.
24 »
Au trompette pour publication de
quatre criées
5 »
Au crieur à la vente, quatre séances .
12 »
Aux portefaix qui ont travaillé au
transport des effets
40 »
Papier timbré tant de la minute que
de l'extrait
1 »
Bougie
3 »
Droits d'enregistrement
27 »
Papier timbré du petit état
» 4
A la femme qui a assisté à la vente
pour l'arrangement du linge
» 12
L.
Signés : J.-B. Thomaty, comm. du
district ; Savigny, comm. municip.

1

159 6

�Vu par nous, membres composant la Commission
Administrative du district et d'après l'arrêté du district, approuvé par les Représentants du Peuple et la
loi du il et 12 Mars, arrête l'état des frais ci-dessus
se montant à la somme de cent cinquante neuf livres
trente centimes, qui seront acquittés par le receveur
du droit d'Enregistrement lorsque le Département
aura vérifié ledit état.
Nice, le 29 ventôse an 3"" de la République française une et indivisible (19 mars 1795).
(Suivent les signatures).
Vu l'état des frais ci-dessus pour parvenir à l'inventaire et vente du mobilier de l'émigré Valperga
Maillone ci-devant évêque.
Vérifié et arrêté par le Directoire du district de
Nice, la Commission Administrative du département
des Alpes-Maritimes approuve ledit état et ordonne
au citoyen Maussier, receveur de l'enregistrement
cîudit district de payer aux citoyens J. B. Thomaty
et Savigny, comm. la somme de 159 livres et 30
centimes pour montant des frais pour inventaire et
vente des susdits effets de l'émigré, laquelle somme
lui sera allouée en compte.
Fait à Nice le 5 germinal an 3me républicain ( 25
mars 1795).
Etat des frais pour parvenir d la vente du mobilier de
l'émigré Charles Eugène Valperga Maillone, citoyen
évêque.
Pour trente-neuf séances de trois commissaires
dont un du District et deux de la Commission municipale, fixé à trois livres par séance par le Directoire
du district et approuvé par les Représentants du
peuple
L.
351 »
A deux portefaix, dix-neuf journées et
demi chaque fixées à cinq livres par jour.
195 »
Au trompette pour publication de
trente-neuf criées fixées à une livre cinq
sols chaque
48 r 5
Au crieur à la vente, trente-neuf séan
ces fixées á trois-livres par séance ....
117 »

711 1$

�- 4* Report
Papier timbré tant de la minute que
de l'expédition
Pour copie dudit extrait fixé à quatre
livres
Papier timbré du présent état ....
Bougie
Droit d'enregistrement
Plus deux autres journées de portefaix à cinq livres
Un paquet de plume
L.

148
4
6
421

»
4
»
»

20
5

»
»

1.182

7

Nous soussignés certifions le compte ci-dessus,
véritable.
Nice, le Ier ventôse an 3me de la République (19
février 1795).
Signés : J.-B. Thomaty, commissaire du district ;
Savigny, comm. ; Honoré Mabil, comm. municipal.
Vu par nous, membres composant la Commission Administrative, de ce District, et d'après la loi
du 11 et 12 Mars 1793 (v. s.) et l'arrêté de cette
Commission approuvé par les Représentants en date
1^ Fructidor, oui l'agent national, arrête l'état des
frais se montant à onze cent huitante deux livres et
trente cinq centimes qui seront acquittés par le
receveur de l'agence de l'enregistrement sur le produit de la vente desdits meubles, lorsque le Département aura vérifié ledit état.
Nice le 29 ventôse an 3me de la République
française une et indivisible (19 mars 1795).
(Suivent les signatures).
Vu l'état des frais ci-dessus pour parvenir à la
vente du mobilier de l'Emigré Valperga Maillone cydevant évêque.
Vérifié et arrêté par le Directoire du district de
Nice.
La Commission administrative du département
des Alpes-Maritimes, approuve ledit état et ordonne

�— if au citoyen Maussier, receveur de Penregistrement
dudit district de payer aux citoyens J.-B. Thomati,
Savigni et Honoré Mabil, commissaires, la somme de
mille cent quatre vingt deux livres trente cinq centimes pour montant des frais de la vente des susdits
effets de l'Emigré. Laquelle somme lui sera allouée
en compte.
Fait â Nice le 5 germinal an 3me républicain (25
mars 1795).
Arch. des A. M. L. 15 ancien p. 44-45 N° 34-35

Actes de Notoriété
Pièçe g

1-2-fructidor an III
18-19 août 1795
EGALITÉ, LIBERTÉ

AU NOM DE LA LOI
Ce jourd'hui, premier Fructidor, l'an troisième
(18 août 1795 de la République française, une et indivisible, à Nice, chef-lieu du département des AlpesMaritimes, par devant Nous, Antoine Gautier Juge de
paix de la Ier, 2m" et 3me section et officier de police,
est comparu le citoyen Pierre Joseph Passeron, natit
tic la commune de Contes et habitant en celle de Nice
depuis plusieurs années.
Lequel en sa qualité de procureur du citoyen
Charles Eugène Valperga de Maillone, évêque de Nice,
subrogé par le citoyen Nicolo Giorni, homme de loi,
procureur spécial et général établi (par acte reçu) par
le notaire Pierre Joseph de Bernochio, le 20 Juillet
dernier (v. s.) qu'il présente, légalisé par le résidant
de la République de Gênes auprès de la Cour de Turin, dont il résulte le pouvoir donné au citoyen Giorni, de subroger en son lieu et place, avec tous les
pouvoirs compris au dit acte, et il présente au surplus l'acte de sa dite subrogation faite par le même
citoyen Giorni, reçu en la ville de Gênes le premier

�- 48 du mois d'août dernier (v. s.) par le notaire Antoine
Baglietto, légalisée par le consul de la République
française.
Il expose que le vingt neuvième jour de septembre
de l'année 1792, l'armée de la République, étant arrivée en cette ville, commandée en chef par le citoyen
général d'Anselme, lorsque ce général, vers le soir,
fut arrivé et il eut pris son logement dans la maison
habitée par le ci-devant consul de la République Le
Seurre, ledit citoyen Evêque Charles Eugène Valperga de Maillone s'y étant présenté, ledit général d'Anselme, en présence de tout son Etat-Major, lui signifia
d'abord de devoir partir de cette ville. Sur quoi le
dit évêque ayant répondu qu'il avait cru de pouvoir
continuer sa résidence en cette ville et tellement l'avait cru, qu'il n'avait jamais pensé de distraire et en
faire partir le moindre de ses meubles et effets, qu'il
avait dans la maison d'habitation de l'tvêque et que
si absolument il lui ordonnait de partir, il le priait de
lui accorder la sauvegarde sur tous lesdits effets et
meubles. Le dit général d'Anselme lui répliqua qu'il
dut absolument partir de cette ville, en ajoutant que
le plus tôt en serait le mieux, et qu'à l'égard de ses
meubles et effets qu'il avait, il les mettait dès ce ino
ment sous la sauvegarde et loyauté de la Nation française et qu'il pouvait en être tranquille, après quoi ledit
évêque Valperga de Maillone, tout tremblant, ayant
dit qu'il allait se conformer dès le lendemain au matin à ses ordres, se retira ; ledit général d'Anselme
lui ayant encore répliqué : le plus tôt sera le mieux.
Et comme il importe audit citoyen évêque Valperga de Maillone de constater le fait ci-dessus expo"sé, suivi en présence de tout l'Etat-Major dudit général d'Anselme et de plusieurs citoyens de cette commune, l'exposant, en sa dite qualité vous présente les
citoyens Pierre Le Seurre, ci-dessus nommé, ci-devant
consul en cette ville de la République, le citoyen Honoré Saissi de cette commune qui pour lors était second consul de la même commune, le citoyen Philippe Emmanuel Féraudi qui pour lors était secrétaire de
Ìa même commune et le citoyen Ange Giraudi aussi

�- 49 de cette commune, pour recevoir leurs dépositions
sur ledit exposé et vous fait instance que de tout lui
soit concédé acte, ce que nous lui avons accordé, et a
signé.
PIERRE JOSEPH PASSERON.

Et de suite se sont présenté les susnommés
citoyen Le Seurre, natif de Craon, âgé de 75
ans, bourgeois, le citoyen Saissi, âgé de 70 ans,
négociant, Emmanuel Feraudi, âgé de 68 ans, notaire, Ange Giraudi, âgé de 63 ans, négociant,
natifs et domiciliés dans cette commune, auxquels
après avoir fait lecture dudit exposé fait par ledit citoyen Pierre Joseph Passeron, en sa dite qualité, les
avons interpellés sur serment que leur avons fait prêter, conformément à la loi, de nous dire en leur âme
et conscience si tous les faits énoncés dans le même
exposé sont de leur connaissance et tous les quatre ont
répondu et attesté tant uniment que séparément en
être pleinement informés, s'y étant trouvés présents,
et que le tout contient la vérité, toute la vérité et
rien que la vérité. En foi de quoi ils ont signé :
LE SEURRE, HOSORI'J
SAISSI, PHILIPPE EMMANUEL FÉRAUDI,
ANGE

GIRAUDI.

Et nous, juge de paix, vu les dépositions ci-dessus, avons de tout concédé acte au susnommé citoyen
Pierre Joseph Passeron en sa dite qualité, pour lui
servir et valoir dans tous les cas, à ce que de droit et
de raison. Fait à Nice, l'an et le jour que dessus.
GAUTIER, juge de paix.
BONIFACI, sec. greffier.
Vu par nous, membres du District de Nice, 3 vendémiaire an IV rép. 25 sep. 1795, TOSELLI, JN COPPON
fils, VÉRANI pr. syndic, SAYTOUR Martin.

�— 5o —
EGALITÉ, LIBERTÉ.

AU NOM DE LA LOI
Ce jourd'hui. second jour de Fructidor de l'an 3
août 1795) de la République française une et indivisible, à Nice, chef-lieu du département des AlpesMaritimes, par devant nous, Antoine Gautier, juge de
paix de la iere, 2M* et 3ME section et officier de police,
est comparu le citoyen Pierre Joseph Passeron : natif
de la commune de Contes et habitant en celle de Nice
depuis plusieurs années
Lequel en sa qualité de procureur du citoyen
Charles Eugène Valperga de Maillone, évêque de
Nice, subrogé par le citoyen Nicolo Giorni, homme
de loi, procureur spécial et général établi (par acte
reçu) par le notaire Pierre Joseph de Bernochio, le 20
Juillet dernier (v. s.) qu'il présente, légalisé par le résidant de la République de Gênes auprès de la Cour de
Turin, dont il résulte le pouvoir donné au citoyen
Giorni, de subroger en son lieu et place, avec tous les
pouvoirs compris audit acte, et il présente au surplus
l'acte de sa dite subrogation faite par le même citoyen
Giorni, reçu en la ville de Gênes le premier du mois
d'août dernier (v. s.) par le notaire Antoine Baglietto,
légalisée par le consul de la République française.
Expose : Primo, que le matin du trente septembre 1792, le citoyen Charles Eugène Valperga de
Maillone, évêque de Nice, en partant de cette ville
avec deux domestiques à sa suite, qui portaient un
paquet et quelques effets, fut arrêté à la porte qui conduit en Piémont, ci-devant nommée porte Victoire,
et conduit au vestibule de la maison presque attenante
à ladite porte, appartenant au citoyen Dominique
Castellinard, où se trouva le citoyen Joseph Castellinard, fils dudit Dominique, et malgré que ledit Evêque Valperga déclara aux soldats de la Garde de la
dite porte qui étaient des Marseillais, que c'était en
conséquence d'ordre qui lui avait été signifié par le
citoyen général d'Anselme qu'il partait de cette ville,
lesdits soldats commencèrent par le malmener et lui
(19

�signifier qu'ils voulaient le pendre et ayant ouvert
ledit paquet et y ayant trouvé entre autres effets, une
ceinture d'évêque, ils déterminèrent, à l'instant, de le
pendre avec ladite ceinture, et ayant essayé si la même
était assez forte pour le soutenir, en la préparant, elle
se fit en lambeaux, de façon qu'ils vérifièrent qu'elle
ne pouvait leur servir et demandèrent audit Joseph
Castellinard fils une corde, pour pendre ledit évêque,
à un grand anneau de fer qui était au plafond dudit
vestibule, servant â y passer une verge de fer pour
peser les marchandises, et ledit citoyen Castellinard
fils, leur ayant absolument refusé de leur donner de la
corde, en s'excusant qu'il n'en avait point, comme
dans tous ces entrefaits ledit évêque se trouve mal et
ne peut plus se soutenir, ledit Castellinard fils lui fit
apporter une chaise, par sa servante à qui quelques
uns de ces soldats donnèrent des coups de poing pour
avoir porté ladite chaise et le même Castellinard le
fit ensuite asseoir sur ladite chaise, en le soutenant,
parce qu'il ne pouvait se soutenir droit ; d'autant plus
qu'en attendant, lesdits soldats marseillais lui disaient mille exécrations, lui crachaient dessus et lui
donnaient des soufflets, et assurément ils l'auraient
fini, si dans cet intervalle un de ses domestiques
n'avait été dire au citoyen général d'Anselme ce qui
venait d'arriver, et ledit domestique étant venu avec
un billet dudit général d'Anselme qui ordonnait à la
garde de le laisser partir, puisque c'était de son ordre,
en conséquence de ce billet lesdits soldats marseillais
se bornèrent pour lors à lui dire et crier mille invectives et injures et le laissèrent partir, ce que ledit
évêque, malgré qu'il ne pût se remuer, à l'aide de ses
domestiques fit au mieux possible en tremblant, de
façon qu'il doit son existence au refus ferme et déterminé que ledit citoyen Castellinard fils leur fit de
leur donner une corde, sans quoi avant l'arrivée du
dit domestique portant l'Ordre du général d'Anselme, il aurait été pendu et étranglé.
Secondoque lefaitci-dessusfut d'abord public et notoire, de notoriété publique dans cette ville et encore
plui le lendemain premier octobre, puisque les autres

»

�— 52 —

soldats de la Phalange Marseillaise, arrivés sur le soir
dudit jour trente septembre, d'abord après leur arrivée
cherchèrent l'évêque qu'ils voulaient le lanterner et
mettre en pièces, comme ils s'expliquèrent hautement,
ce qui joint au fait arrivé dans ledit vestibule de la
maison Castellinard, étant devenu d'une notoriété publique donna l'épouvante à tous les gens honnêtes du
pays, qui disaient que le citoyen général d'Anselme en
ordonnant audit évêque de partir, en mettant sous la
sauvegarde de la Nation française ses meubles et ses
effets, avait voulu le sauver.
Et comme il importe audit citoyen Passeron, exposant en sa dite qualité, de constater par témoins le
fait ci-dessus exposé, il nous présente ledit citoyen
Joseph Castellinard fils de Dominique de cette commune, âgé de 21 ans, de profession, négociant, qui se
trouva présent au fait énoncé dans le Ier article de l'exposé ci-dessus, et au surplus informé de la notoriété
des faits énoncés au second et dernier chef, de ladite
exposition et il nous présente les citoyens Jean-Jacques Donny, natif de Neufchâtel en Suisse, âgé de 39
ans, de profession, négociant ; Joseph Poullan, natif
de Clavesana, en Piémont, âge de 48 ans, négociant ;
Jacques Gerbin, âgé de 60 ans, tailleur, Jean-Marie
Thaon, âgé de 56 ans, négociant, natifs et tous domiciliés en cette commune pour déposer sur ladite
notoriété énoncée dans ledit second fait exposé, pour
recevoir leurs dépositions, et nous fait instance que de
tout lui soit concédé acte, ce que nous lui avons accordé et a signé.
Pierre-Joseph PASSERON .
Et de suite se sont présentés les susnommés citoyens Joseph Castellinard, Jean-Jacques Donny, Joseph Poullan, Jacques Gerbin, et Jean-Marie Thaon,
ci-dessus qualifiés, auxquels après avoir fait lecture
dudit exposé fait par ledit citoyen Passeron, en sa
dite quálité, les avons interpellés sur serment, que
leur avons fait prêter, conformément à la loi, de nous
dire en leur âme et conscience, si tous les faits énoncés dans le même exposé sont de leur connaissance,

�- 53 et ledit citoyen Joseph Castellinard a répondu et
attesté en être pleinement informé pour avoir été
présent au fait exposé dans le i" article de ladite exposition, et pour avoir publiquement entendu dire les
faits énoncés dans le second chef qui était en cette
ville notoire de notoriété publique et lesdits citoyens
Jean-Jacques Donny, Joseph Poullan, Jacques Gerbin,
Jean-Marie Thaon, ont répondu et attesté tant uniment que séparément être pleinement informés de
l'énoncé dans le second chef de ladite exposition,
puisque les faits y énoncés étaient notoires, de notoriété publique en cette ville, et tous lesdits citoyens
ont respectivement attesté pour ce qui les concerne
que tout contient la vérité, toute la vérité et rien que
la vérité. En foi de quoi ils ont signé : Joseph Castellinard fils,Jean-Jacques Donny, Joseph Poullan, Jacques
Gerbin, Jean-Marie Thaon.
Et nous, Juge de paix, vu les dépositions ci-dessus,
avons de tout concédé acte au susnommé Pierre Joseph Passeron en sa dite qualité pour lui servir et valoir dans tous les cas, à ce que de droit et de raison.
Fait à Nice l'an et jour que dessus.
GAUTIER,
BONIFACI,

juge de paix.
sec. gref.

Vu par nous, membres Du district de Nice, le 3
vendémiaire anIV rep. (25 sept. 1795).
Jn. COPPON fils, VÉRANi, pr. syndic, TOSELLI, Saytour
MARTIN.

Arch. Nat. F

7

4867 *

�54 -

PÉTITION au DISTRICT de NICE
et AVIS de ce DISTRICT
ÉGALITÉ,

LIBERTÉ

5 vendémiaire
27 septembre 1795 an IV
AUX

CITOYENS ADMINISTRATEURS
DU DISTRICT DE NICE

Le citoyen Pierre Joseph Passeron, natif de la
commune de Contes, habitant en celle de Nice depuis plusieurs années.
Vous expose en qualité de procureur du citoyen
Charles-Eugène Valperga de Maillone, évêque de
Nice, subrogé par le citoyen Nicolo Giorni, homme
de loi, son procureur spécial et général fondé par acte
reçu dans la ville de Turin par le notaire PierreJoseph de Bernochio, le 20 juillet dernier (v. s) légalisée par le résident de la République de Gênes, près
la Cour de Turin, duquel il résulte le pouvoir donné
audit citoyen Giorni de subroger en son lieu et place
avec tous les pouvoirs compris dans le même acte,
qui se trouve copié mot pour mot dans celui de la
subrogation faite par le même citoyen Giorni, reçu
en la ville de Gênes le Ier du mois d'août dernier
(v. s* par le notaire Antoine Baglietto, légalisée par
le consul de la République française, le 13 Thermidor dernier (3 1 Juillet 1795), qu'il vous exhibe qu'étant arrivé dans cette ville le vingt-neuvième jour
du mois de septembre de l'année 1792, l'armée de la
République française, commandée par le citoyen général en chef d'Anselme lorsque celui-ci y fut arrivé
le soir et eut pris son logement dans la maison d'habitation du citoyen ci-devant consul de la République
Le Seurre, ledit évêque Charles-Eugène Valperga de
Maillone, s'étant présenté, le même général d'Anselme
lui signifia d'abord en présence de son Etat-Major de
partir de cette ville, sur quoi ledit évêque lui répondit qu'il avait cru pouvoir continuer sa demeure dans
cette ville et qu'à cet effet il n'avait jamais pensé de

Pièces 7 et 8

�- 55 distraire, ni faire partir le moindre de ses meubles et
effets qu'il avait dans la maison d'habitation de
l'évêque, que si absolument il lui ordonnait de partir,
il le priait de lui accorder la sauvegarde pour tous ses
dits effets et meubles, ledit général d'Anselme lui
répliqua : Le plus tôt sera le mieux, ce qui tout est
constaté par les attestations ci-jointes du premier et
second jour de fructidor dernier qu'il vous présente
également.
Qu'il résulte aussi par lesdites attestations, que
ledit évêque Valperga de Maillone fut forcé par ledit
général d'Anselme de partir de cette ville que tous
ses meubles et effets fussent mis sous la sauvegarde de
la Nation française et qu'étant parti le lendemain 30
dit septembre, il risqu'à d'être pendu ef étranglé paties soldats de la Phalange Marseillaise qui se trouvaient de garde à la porte ci-devant dite Victoire, ce
que tout fut d'abord notoire et de notoriété publique
dans cette ville.
Vous observe que ledit évêque Valperga est natif
du Piémont où il se retira et que s'il a résidé dans
cette ville, ce n'a été que pour raison de son ministère, que tout cela nonobstant il a été porté sur la liste
des émigrés, a été vendu la plus grande partie de ses
meubles et effets, et cela même nonobstant la préalable réclamation que le citoyen Jean-Jacques Donni,
chargé des intérêts dudit évêque avait fait à l'ancien
département par sa pétition du 22 juillet 1793 (v. s)
qui existe dans les Archives de ce district, résultant
ainsi que tout cela a été fait et opéré contre le droit des
gens et la sauvegarde de la loyauté française qui fut
promis audit évêque.
En conséquence, l'exposant demande en sa dite
qualité de procureur dudit citoyen évêque CharlesEugène Valperga de Maillone la radiation de son
nom de la liste des émigrés, la levée des scellés, la
restitution de ses propriétés et l'indemnité de celles
qui ont été distraites et vendues au nom de la Nation,
et sera justice.
(21 août 1795).

�- 56 Nice le 4me jour de Fructidor de l'an 3me de la
République française une et indivisible.
Signé : Pierre-Joseph PASSERON.
Vu la pétition ci-dessus du citoyen Pierre-Joseph
Passeron présentée au nom et comme procureur subs
titué du ci-devant évêque de Nice, Charles-Eugène
Valperga tendante à obtenir la radiation de son nom
de la liste des émigrés, la levée du séquestre et remission de ses effets restant ainsi que l'indemnité de
ceux qui ont été distraits ou vendus.
Vu une première pétition présentée à l'ancienne
administration du département par le citoyen JeanJacques Donni, au nom du citoyen Valperga en date
du 22 juillet 1793 tendante aux mêmes fins.
Vu la procuration en date du premier août 1793
(V. s.) faite à Gênes, par devant le notaire public Antoine Baglietti, légalisée par le Consul de la République française y résidant, ainsi que l'acte de procuration y inséré, en date du 20 Juillet 1795.
Vu l'attestation de quatre témoins faite avec serment par devant le juge de paix de la 1", 2"", 3me section de cette commune, en date du 1" Fructidor dernier '18 août 1795).
Vu autre attestation de cinq témoins faite par
devant le susdit Juge de paix, le 2 dit fructidor, aussi
sous serment.
Considérant que par la première des 2 attestations il est pleinement prouvé que le vingt-neuvième
septembre 1792, aussitôt après l'entrée de l'armée
française dans cette commune, le sus-nommé évêque
Valperga s'étant présenté au général d'Anselme qui
la commandait en chef, celui- ci lui ordonna d'abord
en présence desdits témoins et de tout l'Etat-Major.
u'il n'avait qu'à partir de la ville, et malgré que le
it évêque lui observa qu'il avait cru de pouvoir y
rester tranquillement et qu'à cet effet il n'avait fait
partir aucun de ses effets et meubles, le général lui
répliqua de partir absolument de la ville, en ajoutant
que le plus tôt serait le mieux, l'ayant assuré qu'à

a

�-5;l'égard de ses meubles et effets de sa maison, il les
mettait dès ce moment sous la sauvegarde et loyauté
de la Nation française et qu'il pouvait en être tranquille.
Considérant qu'il résulte par lesdites attestations,
et il est prouvé que l'évêque Valperga, d'après les
ordres précis et réitérés du général d'Anselme, partit
le lendemain 30 septembre de cette ville.
Considérant que par la susdite attestation du deux
Fructidor il résulte que l'évêque Valperga, au moment de son départ de cette commune, ayant été arrêté à la porte qui conduit au Piémont, par les soldats
qui y étaient de garde, lesquels tentèrent de le pendre,
il évita la mort par les soins du citoyen Joseph Castellinard, un des déposants, et il ne fut laissé libre que
d'après un billet du général d'Anselme, qui ordonnait à ladite garde de le laisser partir, puisqu'il s'en
allait de son ordre
Considérant que tous ces faits sont devenus de notoriété publique dans cette commune, dès le même
jour 30 septembre et Ier octobre suivant, ainsi que
quatre témoins l'ont attesté.
Considérant que le citoyen Valperga ne s'est absenté de cette commune et ci-devant Comté de Nice
que d'après les ordres du général d'Anselme auquel il
témoigna son regret.
Considérant que le départ du citoyen Valperga
ayant été forcé il ne peut pas être qualifié d'émigration.
Considérant que son intention de rester dans cette
commune est d'autant plus constatée, que le citoyen
Valperga a été le seul fonctionnaire public, il soit
resté à son poste, n'ayant soustrait aucun des meubles
et effets de sa maison, lesquels ont été ensuite distraits
et vendus par la Nation.
Considérant que le citoyen Valperga ne peut être
non plus considéré comme réfractaire aux lois de la
République, tandis qu'à l'époque de son départ de cette
commune, aucune loi de la République, surtout à
l'égard des ecclésiastiques, n'y avait été encore publiée
à laquelle eut pu contrevenir.

�— 58 —
Considérant que le citoyen Valperga ne pouvant
être considéré ni comme émigré, ni comme réfractaire, ne pouvait être privé de ses propriétés laissées
dans cette commune lors de son départ, sous la sauvegarde de la loi et de la Nation française qui lui fut
accordée par le général d'Anselme, et qui étant digne
de la loyauté de cette Nation, ne pouvait être violée
sans blesser le droit des gens.
Considérant au surplus, que le citoyen Valperga,
originaire piémontais, ne faisait sa résidence à Nice,
qu'à raison de son épiscopat, ce qui ne donne qu'une
résidence easuelle, et que sous tous les rapports, il
n'a cessé d'être étranger à l'égard du pays de Nice et
de la France.
Considérant que l'article 6, section deux, N° 2 de
la Loi du 25 Brumaire (15 novembre 1794) en déclarant émigrés les citoyens domiciliés dans le cidevant comté de Nice, qui sont sortis depuis le 27
septembre 1792, n'a point porté atteinte au droit des
gens dans la personne de l'étranger, qui se trouvait
dans ce même pays, où il n'aurait pas établi son vrai
domicile.
Considérant que le citoyen Valperga, qui avait été
forcé par le gouvernement de partir de Nice, n'a dû
plus y revenir dans le terme même prescrit par les
lois aux citoyens de la ci-devant Comté de Nice,
puisqu'il ne devait point imaginer qu'il fut compris
dans l'invitation, malgré qu'il ait été porté sur la
liste des émigrés.
Considérant que ce nonobstant, lorsqu'il sut qu'il
avait été porté sur la liste des émigrés de cette commune, s'est empressé de présenter sadite pétition
du 22 Juillet 1793 dans laquelle il demanda non seulement la radiation de son nom de ladite liste, mais
encore un délai convenable pour rentrer dans cette
commune, soit comme simple citoyen, ou comme
fonctionnaire public, ainsi que la restitution de ses
propriétés par lui laissées sous la sauvegarde de la
loyauté française dans la maison êpiscopale lors de sa
retraite forcée, ou une juste indemnité de leur valeur.

�- 59 Considérant finalement que,d'après toutes les circonstances sus-ênoncèes, aucune loi concernant les
émigrés ne peut être applicable au citoyen Valperga,
et que toutes celles qui pourraient le regarder relatives au séquestre des biens appartenant aux habitants
des pays en guerre avec la République française ont
été rapportées par le décret du 14 Ventôse dernier
(4 mars 1795). •
Le Directoire du district de Nice, oui le procureur syndic, est d'avis que le citoyen Charles-Eugène
Valperga ci-devant évêque de Nice ne doit point être
considéré émigré.
Qu'il doit être rayé de la liste des émigrés, que le
séquestre apposé sur ses propriétés doit être levé, qu'il
doit être réintégré dans la possession et jouissance
d'iceux, que tous receveurs ou dépositaires doivent
lui restituer les sommes qu'ils ont perçues, résultant
du produit desdites propriétés et qu'il doit recevoir
la juste indemnité des meubles et effets qui seraient
passés au profit de la Nation.
Fait à Nice, dans la salle des séances le 5me Vendémiaire an 4me républicain (27 sept. 1795). Signé
Saytour Martin. Verani,
procureur syndic, Angles v. prés.
Touzelly. Jn Coppon fils.
Enregistré au feuil. 20 registre des prévenus
d'émigration et signé BARRAIA, commis greffier.
Certifié conforme par nous Ve président et secrétaire du district Jn COPPON Fils V,-PRÉSIDENT
BARRAIA Cis greffier.
A rch. Nat. F 7 4867

2

�— 6o —

Pièce 9.

LIBERTÉ (vignette) ÉGALITÉ
BUREAU DES
ÉMIGRÉS

Extrait des registres des délibérations et arrêtés de
l'Administration Centrale du département des Alpes Maritimes.
(2

juin 1797)

Séance du quatorze Prairial an 5mf de
la République française une et indivisible.
Sur le rapport d-e la pétition présentée par le
citoyen Pierre Joseph Passeron, procureur fondé de
Monsieur Charles Valperga, ci-devant évêque de
Nice, dans laquelle il expose que ledit Charles Valperga n'a jamais dû être atteint des lois relatives à
l'émigration, soit qu'on le considère comme parti en
suite d'une force majeure, soit en sa qualité de piémontais et demande en conséquence la radiation de
son nom de la liste des Emigrés, sa réintégration
dans la possession et jouissance de ses propriétés et
une juste indemnité, des meubles et effets qui sont
passés au profit de la République.
L'Administration Centrale du département des
Alpes-Maritimes, considérant que M. Charles Valperga, comme piémontais, n'habitant Nice que pour
cause de son emploi, n'aurait jamais dû être porté
sur la liste des émigrés du département.
Que le seul motif qui a pu déterminer le général
d'Anselme à lui ordonner de partir de la ville de
Nice, ne peut avoir été que la susdite qualité de
piémontais.
Considérant enfin, que comme sujet du roi de
Sardaigne, il est dans le cas de jouir de l'article i,r
de la loi du quatorze nivôse an troisième, (} janvier
1795), ainsi que de l'article neuf de la loi du trente
Floréal an quatrième, (19 mai 1796).
Arrête, oui le commissaire du Directoire Exécutif
que le nom de Valperga, ci-devant évêque de Nice,
qui se trouve inscrit sur la liste des émigrés, sera

�— 6i —

provisoirement rayé ; que tout séquestre qui pourrait
avoir été mis sur ses biens sera levé, qu'il sera réintégré dans la possession et jouissance de ses propriétés,
et que toutes les sommes versées dans les caisses publiques, lui seront rendues, déduction faite des frais
faits conformément aux lois.
Fait et arrêté* en séance publique le jour, mois et
an que dessus.
Signé : Donny, président Payani, fils, Scudéry,
Oberti, Hancy (et en marge Gastaud commissaire
du Directoire Exécutif).
Certifié conforme à l'original par nous président
et secrétaire de l'Administration centrale du départemeni des Alpes-Maritimes.
DONNY, président
BELMONDI, sec. chef au bureau des émigrés.
Arch. Nat. F 7 4867 2

ACTE DE CAUTIONNEMENT
Pièce 10.

11 fructidor anV (2&amp; août 1797)
LIBERTÉ ÉGALITÉ
Ce jourdTiui 11 fructidor an 5 de la République
française une et indivisible (28 août 1797) par devant nous, membres composant l'Administration
centrale du département des Alpes-Maritimes, est
comparu le citoyen Joseph Passeron, natif de Contes,
chef-lieu de canton, domicilié dans cette commune,
procureur fondé de Monsieur Charles Valperga, cidevant évêque de Nice, en vertu d'acte de procuration du 20 juillet et premier août 1795 (v. s.) lequel
en sadite qualité, dépendamment à l'arrêté de cette
administration du quatorze prairial an cinq (2 juin
1797) portant que le nom de Valperga, ci-devant
évêque de Nice, sera provisoirement rayé de la liste
des émigrés, que tout séquestre qui pourrait avoir
été mis sur ses biens sera levé, qu'il sera réintégré
dans la possession et jouissance de ses propriétés, et

�— 62 —

que toutes les sommes versées dans les caisses publiques lui seront rendues, déduction faite des frais
faits, conformément aux lois, désirant de se conformer au porté par l'article 3 de la loi du 5 Brumaire
an 3 (26 octobre 1794) qui exprime que les prévenus
d'émigration seront tenus de donner caution solvable de la valeur mobilier, et ne pourront obtenir
leurs immeubles jusqu'à ce qu'il ait été définitivement statué sur leurs réclamations par qui de droit,
toujours en sa dite qualité a présenté pour caution le
citoyen François Grosson, marchand drapier de cette
commune, lequel ici prése.it et acceptant, s'oblige
conjointement et solidairement avec ledit Valperga
et pour celui-ci ledit Joseph Passeron, et sous l'hypothèque de tous leurs frens présents et à venir, à l'entière exécution de ce qui les concerne en la susdite
loi, et à la représention des mobiliers, effets et sommes à percevoir en dépôt que besoin sera, et quant
aux mobiliers invendus et en dépôt seront soumis
d'en représenter la valeur à laquelle seront estimés
par experts, préalable rémission.
Et nous, administrateurs susdits approuvant lesdits
cautionnement et acte de soumission, à la réquisition
dudit citoyen Joseph Passeron, avons dressé le présent acte que toutes les parties ont signé avec nous,
ayant au préalable fait renoncer audit François Grosson au droit de premier convenir.
Fait à Nice les jours, mois et an que dessus.
Joseph

PASSERON,

François GROSSON,
prés., PAYANY FILS,
MARUN-SAYTOUR, sec. en chef

HANCY, DONNY,
P.

Acte original sur timbre de 20 centime*.
Arch. Nat. F

7 4867^

�— 63 -

CONCLUSION

Il était avéré pour tous, dans la ville de Nice, que Mgr
Valperga était parti contre son gré et si la première Administration départementale, installée au mois de Mai 1793,
l'avait inscrit sur la liste des émigrés de Nice, c'était à la
suite d'une réponse faite par le ministre de l'Intérieur, Garât,
aux questions à lui posées par le Directoire des Colons Marseillais sur la conduite à tenir vis-à-vis de l'évêque.
Les questions avaient été envoyées à Paris, vers la fin
de Février 1793, et la réponse du ministre ne parvint à Nice
qu'au milieu de juin suivant, soit quelques jours avant la
publication de la liste des émigrés. Les réclamations de
l'évêque, retiré à Turin dans sa famille, furent présentées
le 22 juillet 1793 (1) ; mais comme beaucoup d'autres, elles
s'entassèrent dans les bureaux du Département, qui n'y
répondit même pas.
Cette réclamation fut présentée au nom de l'évêque par JeanJacques Donny au Département. lîlle figure en original au dossier
Valperga.
Voir ci-dessus.
Le registre des délibérations du département manque aux Archives pour les derniers mois de 1793, exactement du Ier mai au 10
Novembre, comme pour les six derniers mois de 1797 et l'année entière de 1798, exactement du 8 Messidor an V (26 Juin 1797) au 25
Pluviôse an VII (13 février 1799).
C'est-à-dire pour les deux périodes les plus troublées et cette
disparition est tout au moins étrange.
Elle doit être vraisemblablement attribuée à certains hommes
politiques désireux de laisser dans l'oubli leur conduite durant ces
deux époques.

�- 64 On était dans la période la plus aiguë et, en pleine
Terreur.
Après le 9 Thermidor et, surtout après la venue à Nice
du représentant Beffroy, au mois de Floréal, an III (Mai
I795)»
les esprits devinrent plus calmes, les administrations plus pondérées. C'est alors que, sur de nouvelles demandes présentées au District, et sur avis favbrable de
celui-ci, le département des Alpes-Maritimes accorda à Mgr
Valperga sa radiation provisoire, le 14 Prairial, an V (2 Juin
1797). Comme on le voit, l'affaire avait traîné en longueur.
Il semblait alors que rien ne s'opposait plus à la rentrée
de l'évêque : le 11 Fructidor, an V (28 Août 1797), le Département avait agréé la caution de François Grosson (1) ;
les biens de l'évêque allaient lui être rendus, et il pourrait
rentrer.
Mais huit jours après, le coup d'Etat du 18 Fructidor (4
septembre 1797) remettait le pouvoir aux mains des Jacobins, la guerre aux émigrés et aux ecclésiastiques, en particulier, reprit avec âpreté. Pe département des Alpes-Maritimes se vit accusé d'avoir préparé une rentrée triomphale à l'évêque, son arrêté du 14 Prairial resta sans effet
et, en vertu de la loi du 19 Fructidor (5 septembre), les
scellés furent de nouveau apposés sur les biens de Mgr Valperga par deux commissaires municipaux (2).
En vain, l'évêque de Nice, fit intervenir auprès du Directoire Balbi, l'ambassadeur du Roi de Sardaigne à Paris,
le dossier de sa demande en radiation fut examiné sans
aucune bienveillance.
(1) L/Acte original de ce cautionnement sur timbre est aux
Arch. des Alp.-Maritimes Q. 10.
(2) Mise de scellés sur les biens de Charles Eugène Valperga par
deux commissaires de la municipalité de Nice. Une scéance, 6 livres.
Dépense approuvée par le Département, en Germinal an VI (avril
1798). Arch. des A. M. Q. 11.
Mgr Valperga ne possédait à Nice aucun immeuble et il devait
rester fort peu de chose de son mobilier après la vente qui en avait
été faite en Ventôse an III. La bibliothèque de l'évêché avait été déclarée bien national et la caisse diocésaine avait disparue en octobre 1792
sans laisser de traces dans les pièces administratives. Le séquestre
a été apposé sur les biens de nombreux émigrés rayés provisoirement.
On peut en voir la liste aux Archives des A. M. Q. 10, où Valperga
figure sous le N° 65.

�- 65
Á la suite de la lettre de Balby datée de Paris le 7 février
1798, le ministre de la police demanda à ses Bureaux un
rapport sur l'affaire Valperga. Pe voici tel qu'il se trouve
en minute au dossier.
Attendu que rien ne tend à constater le prétendu ordre
de quitter Nice, d'où il suit qu'il faut en croire sur parole
l'émigré.
Qu'à raison de son domicile, il était tenu de rentrer sur
le territoire dans les délais voulus par les lois.
Qu'il est atteint par la déchéance et n'a réclamé que
l'an V.
Qu'il ne paraît pas y avoir lieu de violer la loi en faveur
de cet ex-évêque dont la rentrée prohibée par la Constitution serait d'une influence dangereuse.
J'estime qu'il y a lieu à proposer la maintenue sauf
à prendre des renseignements si toutefois on les trouve
indispensables.
CAIGNART,
Sous-chef (2e Bureau).
En tête de cette minute est écrit :
« Je pense qu'il y a lieu à instruction et à prendre
des renseignements près les Administrateurs du département_des Alpes-Maritimes. »
Signature illisible (1).
Ces renseignements furent-ils demandés ? C'est probable et cela explique que bien des pièces du dossier Valperga sont en double expédition. Plus d'une année s'écoula
encore, avant que fut prise une décision et finalement sur
un rapport défavorable de la Commission d'examen instituée près le Ministère de la police pour l'étude des demandes en radiation, le Directoire exécutif signa le 7 Floréal
an VII, (26 avril 1799) un arrêté qui maintenait définitivement, sur la liste des émigrés, Mgr Valperga et annulait
toutes les décisions rendues antérieurement, en sa faveur,
par les. autorités locales.
(1) Arch. Nation. F 7 4862 2 dossier Valperga. Rapport de la
3 me Division du Ministère de la police, sans date mais joint à la
lettre de Balbi.
»

�- 66 -

Varrêté du Directoire parvint à Nice les premiers
jours de Prairial an VII (Mai 99) et fut immédiatement
mis à exécution. (1).
*

* *

Ainsi donc Mgr Valperga expulsé ne put jamais obtenir
de rentrer, les lois sur l'émigration étaient tellement embrouillées et tyranniques qu'une fois inscrit sur une liste
d'émigrés, il était extrêmement difficile de s'en faire rayer
malgré toutes les démarches ; car on se heurtait sans cesse
à des questions de forme et de procédure ce qui permettait
à la malveillance de s'exercer tout à fait à l'aise sous le
couvert de la légalité.
A. J.

PvANCE-BOURREY.

(1) De 21 Floréal an VII (10 mai 1799), il fut communiqué
par le ministre de la police générale de la République aux diverses
administrations intéressées et aux Commissaire du Directoire exécutif
près le département des Alpes-Maritimes. Celui-ci par lettre du 3
prairial (22 mai 1799) demanda au Département de le transmettre
à la Municipalité de Nice, ce qui fut fait le même jour avec ordre
de le transcrire sur ses registres, de faire apposer les scellés ou séquestre sur tous les biens meubles et immeubles de l'évêque si ce
n'est déjà fait, et de mi notifier sans délai la décision prise à son égard.
Voir lettre du Département à la Municipalité, celle du Commissaire au Département, 3 Prairial an VII avec la réponse du Département 4 Prairial.
Arch.. des A. M. Q. 1 et 2 et Arch. Nationales, dossier Valperga,

�NIÇA LA BELLA
VERS DE /.

Giordan,

su

DE CARTA POUSTALA

Ai rai dôu nouostre bouon soulèu
Venon s'escaufar toui lu lùssi ;
Es un meravihous tablèu,
Ai rai dôu nouostre bouon soulèu,
Trouvas, dou Var fin au Castèu,
Anglés, Rouman, Danesi, Rùssi :
Ai rai dôu nouostre bouon soulèu
Venon s'escaufar toui lu lùssi.
Pèr tu, as touti li bèuta,
Terra de lus e d'alegria,
D'un ciel d'azur, as la clartà,
Pèr tu, as touti li bèuta.
De l'univers, en verità,
Siès la uechièma meravia ;
Pèr tu, as touti li bèutà,
Terra de lus e d'alegria.
Dintre lou tèmp, Semiramis
Faguet basti, à Babilouna,
Pu siéu jardin, vèr paradis !
Soubre Paioun, degun s'estouna
De vèire, ancuèi, lou paumoulié
Drissar au ciel la siéu coulouna
E lou galofre, e l'anemouna
Flouri emb'au pourtegalié.
De bouon matin, quitant maioun
Pèr la journada touta'ntiera,
S'en va lavar, dintre Paioun
Pa bugadiera.
D'un glourious passat es fiera
Perqué, d'un tèmp, sus lou bastioun
Au Turc, arranquèt la bandiera
Pa bugadiera.

�fet 68 —

Sau de fouora fa freï,
Que brima,
A Niça, sus lou Quèi,
Si rima.
Pescadou, fourestié,
De la mar bressarella,
Escouton voulountié
Pa doussa cantinella.
L'AVOUCAT

PATTA

L'estudi de l'avoucat Patta es en plen aria ; si tèn lou matin
couma lou predinà su la plaça dôu Palai. Es un ome pichounet,
touplen raplot, li pocha enfli de papiè de touta mers. En lu vièi
quartiè es proun counouissut e li capelada, « Bouonjou Moussu
l'Avoucat », noun li mancon. Es ben m'ai juge, proucuradou, etc.
Lu siéu ounourari soun bouon pati e n'a de preferença pèr
qu si sigue. Parla au premier maufatan vengut, couma se fousse
un agnèu que vén de naisse ; lou créancier o lou débiteur soun
tratat su lou même pen... basta que mouson...
L'avoucat Patta es de noutarietà reputat pèr un ome judicious, òunest — au noun si flata de l'estre au jou d'ancuei ; —
finda counouisse, es en relacioun d'afaire emê de gros persou nage que dintre la finança dôu siéu coumerce, soun quasi d'usurari. Sau menajar la cabra e lou caulè ; e pèr que la mouneda
noun li escapa si desbrouïa e si mete dôu cousta dôu manche...
d'aquéu que casca lou de mai...
Acò fa que toui lu matin que lou Bouon Diéu a fach, la siéu
doumestica mete toujou quaucaren au fuec. Lou dimeneghe, coum'un bouon crestian, — tartufaria que lou pauva, — va audi la
gran'messa à Santa Réparada, fa la siesta e à la calada dóu soulèu,
passeja su lou Cours, pastrouia, fa lu cent pas, noun parla que de
lei, proucès, citacioun, ensin alestisse lou travail dôu dilun...
Lendeman empastra ben d'afaire, mete facilamen en lou sac
Moussu Tout'Un emé Moussu Tout'Autre... En éu que li pòu
faire ?... lança dapertout lou broumech, tant pis pèr aquéu que si
laissa agantar. Quaranta sóu es lou près d'atac e vous pregui de
crèire que douna pas la siéu journada pèr doui o tres escut.
L'avoucat Patta counouisse l'usança dôu païs... s'avès touort,
vous rouïa, s'avès pi rasoun, v'espia... Que voulès aima manjar
lou pei, lou pei que noun aiguë d'espina...
JULI EYNAUDI.

�-«9VA

MAU ! !

Va màu, cresé-vous, que va màu 1
En l'orizoun lou voile negre
N'es qu'un gran camp cargat de pebre,
Qu'à pala lou jeten davan,
Avuglan finda lu cavau 1
Lu canoun soun su li frountièra,
Alignât couma de barriera,
N'esperon plus que lou signàu !
Lou soulèu, aquel animàu !
Stan, noun vòu levà la vela,
Si foundon couma des candela
Enb'aquèu coust dôu diàu !
Le Giacouuda à cóu de d/stràu
Li fan petà li sièu moulura...
Ah ! dèu faire bella figura
Se l'an foutuda en quauqua tràu
Lou pan crèise, finda la sàu,
Lou sucre dintre li boutiga
Mounta ben mai que de boufiga !
Van jusque crèise lou rampàu
E la pèu que fau lou tambau ;
Metran de drech su li nourriça,
Su lu chichi, su li saucissa,
Perqué pas soubre lu magàu ?
E lou Prussian, marrit bertàu,
Noun sabon fa que de babïa,
Per lou Maroc e l'Algèria,
Se faran mètre lou mourràu !
Li serreren toui lou pourtàu
E pi veiren touta la França
Davan la sieù grossa arougança
Se noun si sau garda li clàu !
Es de rima d'un manechàu,
Ma sien d'estiéu, vesin, vesina,
Li passeres en la resina
Avant que vegon l'espitau !
CHARLES CIAUDO

�Valère Bernard
Tout en heurtant le marteau contre la porte de M. Valère
Bernard je songeais. Je me suis complu dans le plus souriant
mépris des idoles. L'ironie a tremblé sur mes lèvres quand
la Provence a dans un ravissement de joie acclamé le poète de
Maillanne. Cette mascarade d'apothéose me répugnait.
Et maintenant la curiosité me fourvoyait dans le studio
d'un consciencieux artiste que les felibres couvraient de gloire.
Elève de Puvis de Chavannes M. Valère Bernard pasticha le
Maître. Mais vite il eût l'intuition qu'à se perdre dans les sentiers
battus il courrait risque de compromettre son crédit. Il dit
adieu à Paris et vint dans Marseille, l'opulente cité.
A cette époque vivait un exquis écrivain, J. Lombard. Il venait de publier deux œuvres d'une grandiose beauté, VAgonie et
Bysance. Dans un style étrangement tourmenté il contait les
luttes entre les factions d'Orient, illuminant son œuvre des
splendeurs bysantines.
Valère Bernard vit Jean Lombard, et du même coup les belles
au bois qui dormaient en son âme s'éveillèrent. Il délaissa les
études académiques, les pastiches sans vie, et d'ardentes couleurs
chargèrent ses toiles.
Voici le triomphe des rois Babyloniens. Sur les voûtes d'un
palais impérial passent des gardes étincelants dans la pourpre et
la soie. L'or envahit les hautes colonnes de jaspe bleu. Involontairement on pense aux fantastiques demeures hantées par des
fées émeraudes et des princesses aux perversités troublantes.
Et je m'imagine que le peintre était sous le charme de la
légende quand il a peint cette courtisanne qui sourit à son miroir tout en jouant négligeamment avec sa chevelure d'or. Et
puis passent Venise la rouge, Marseille enveloppé dans la poussière d'or du crépuscule, des motifs à la Watteau peints par un
bysantin, toute une apothéose.
Mais une idée m'obsède, tandis que dans la grise clarté d'un
soir automnal s'éteignent les fauves éclairs jaillis de ces radieuses
toiles. L'idéalisation du passé me paraît cruelle. Les générations
endormies dans la Mort ont eu leurs misères/leurs rancœurs, je
pense qu'il est absurde de s'écrier avec Musset « qu'aux temps
jadis tout était heureux jusqu'aux douleurs humaines. » En vain
l'apostat s'attriste-t-il sur les vieillards immortels de l'antique

�- 7i

—

lonie, â ses oreilles résonnent les paroles de l'Hiérophante : « La
Helladi que tu aimes n'a jamais existé ».
Mais M. Valère Bernard brise ma rêverie, et mes yeux se
portent.sur des portraits appendus au mur. Profils d'espagnol ou
d'américain mitigés d'espagnol, comme on en croise maintes fois
sur la Cannebière.
Homme universel ne puis-je m'empêcher de m'êcrier. M.
Valère Bernard sourit. Il siérait dit-il, à mi voix, de se développer en profondeur. Toutefois il est beau de se dire sur le
tard de sa vie que l'on a fait vibrer toute son âme. Ici le maître
rejoint Néron. Il m'aide à comprendre cet inquiétant empereur.
Mais encore faut-il que tout en étant l'homme universel on ne
sombre pas dans la banalité. De méchantes œuvres d'art peuvent
avoir leur prix.
Une idée se lève devant moi. Labruyère me petsuade que
l'honnête homme de Pascal propre à tout en définitive n'est propre à rien. La spécialisation inintelligente, mène à l'erreur, j'en
conviens, mais en fait elle est une loi générale.
Et ceci est pour me plaire, car j'abhorre dissiper mon énergie,
j'aime le repliement, la frissonnante pudeur qu'effarouche les
vaines ostentations. Je goûte les peintres du passé et malgré ma
philosophie j'adore les peuples disparus. Volontiers j'implorerai
avec la Cassandre de Schiller la cécité, l'exquise cécité. Le sou
venir a plus de puissance sur moi que l'espoir.
Et sous des deux gris, en des pays étrangers désolants de
médiocrité, il m'est arrivé de pleurer plus amèrement que ne
pleura Xerxès aux rives d'Abydos.
J. PADOVANI.
PROUVERB1, BOUOI MOT, COUNSÈU E DICH
Vèuva que si marida,
Dèu perdre la lus e l'audida.
Fiha madura,
Lou pouorta à la centura.
En cuntant su lu det :
Aquéu a fa l'óu ;
Aquéu l'es anat cercar,
Aquéu l'a fa cuèire,
Aquéu l'a manjat,
E lou pichoun n'a ren tastat !

�— 73 —
LE

DÉSESPOIR

Oui, j'ai la mort dans l'âme ; oui, je monte au calvaire ;
Mon horizon, hier si beau, s'est obscurci ;
Je hais tous les devoirs et tout ce qu'on révère :
Mieux vaut mourir que vivre ainsi !
Puisque je n'y puis rien ; que la raison humaine
Ne gagne plus un cœur où mon cœur est entré,
Je veux briser mes jours comme on brise une chaîne
Et m'enfuir en désespéré.
Qu'est-ce donc que la mort ? C'est la paix éternelle,
C'est un beau drap de fleurs sur mon sein endormi,
C'est la nature calme, auguste et solennelle
Qui nous prête un repos ami.
O nature de Dieu contemple ma détresse !
Ecoute tout mon sang dans mon cœur s'épancher
Et, puisque je n'ai plus le lit de ma maîtresse,
C'est au tien que je veux coucher ;
C'est toi la grande mère et la nourrice immense !
L'homme au sort le plus âpre et l'homme au sort plus beau
Retrouvent dans ton sein leur part de ta clémence :
L'un l'amour, l'autre le tombeau
Tu sais, toi qui vois tout, ce qu'ici bas je souffre,
Que je n'ai point béni l'instant de mon réveil
Et que j'ai regardé, toujours, du fond du gouffre,
Les bords ou brillait le soleil ;
Que je n'ai bu jamais que dans la coupe amère,
Que le seuil du bonheur me fut toujours fermé,
Que j'ai perdu mes fils, que j'ai perdu ma mère
Et tous les cœurs qui m'ont aimé !
Maintenant je m'en vais, battant du front, comme ivre,
En proie à ce grand deuil qui me courbe en vainqueur,
Et je veux déchirer ma vie, avec le livre
Des chastes sanglots de mon cœur ;
Et toi, rayon divin, génie, ardent délire,
Flambeau qui n'iras plus briller sur son autel,
Eternise du moins ces larmes de ma lyre
Et que mon cri soit immortel !
[EDGAR DE MASINI

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Noumbre d'or
Epato (Grégori)
Cicle soulari
Endicioun roum.......

Febrié
Mai
Setèmbre.,.
Desembre.

14
22
18
11

Letra doumenicala

12,
14,
17,
17,

14 e 15
16 e 17
19 e 20
19 e 20

E

Jî la Providence, 1{ue de la Préfecture /4, }}run, Sibraire

LI

QUATRE

SESOUN

Lou prmtèms coumença lou 21 mars
L'estiéu
—
— 22 Jun
L'autoum
—
— 23 sept,
L'iver
—
— 22 dés.
FESTA

Septuagesima
19 Janvié
Cendre
5 Febrié
Pasca
23 Mars
Rougacioun 28, 29, 30 Abriéu
Ascensioun
1er Mai

à 5.18 m.
à 1.10 m.
à 3.53 m.
à 10.35 m.

dôu
dôu
dôu
dôu

matin
matin
sera
matin

MOUBILI

Pantecousta
Trinità
Festa de Diéu
1" Diiuenegue de
30 Novembre

11 Mai
15 Mai
22 Mai
l'Avènt

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�LU

VÉNT

Lu vènt que souflon à Niça, dintre lou cours de l'annada,
soun au nombre de 16. Vequi li sièu denouminacioun courenti,
pihadi, en general, dai loucalità dei quali parèisson veni :
Nord ..
N.-O.-E.
N.-E. ..
E.-N.-E..
E. N. E.
E.-S.-E..
S.-E. ..
S.-S.-E-.

Tramountana
Grek Tramountana
Grego
Levant
Levant
Levant
Siroco, vènt marin
Mie jou Siroc

Sud.... Mie jou
S.-S.-O.. Miejou Lebech
S. O. .. Lebech
O.-S.-O. Pounènt Lebech
Ouest. . Pounènt
O.-N.-O.V. Pounènt Maistràu
N.-O. .. Maistrau
N.-N.-O. Maistrau Tramount

VIGÍLIA — JÈUNI
22
30
10
14
31
24

Mars
Abrièu
Mai
Avoust
Outoubre
Desembre

(Pasca, 23 Mars)
(Ascensioun, Ier Mai)
(Pantecousta, 11 Mai)
(Assoumpcioun, 15 Avoust)
(Toui lu Sant, Ier Nouvembre)
(Calena, 25 Desembre)

L'ANNADA RELIGIOUSA
LI FESTA MOUBILI E

LI FESTA FÏSSI

febrié

Janviê
1 Circouncisioun.
6 Epifania (lu Rei).
13 Batejà de J.-C.
14 Sant Noum de Jesù.
19 Setuagesima.
26 Sexagesima.

2
5
6
9
12
13

Purificacioun.
Cendre.
Festa de la Pr. de N. S.
Quadragesima.
14-15 Quatre-tèms.
Coum. de la Passioun.
16 Reminiscere.
23 Oculi.

�Jtfars
2 Lœtare.
9
16
21
23
29
30

Passioun.
Lu Rampàu.
Divendre Sant.
Pasca.
Li 7 Doulou.
Quasimodo.

j/îbriêu
28-29-30 Rougacioun.

jYtai
1 Ascensioun.
3 Inv. de la Santa Crous.
11 Pantecousta.
14-16 17 Quatre-tèms.
18 Trinità.
22 Festa de Dièu.

Jîvoust
6 Transfiguracioun.
15
18
25
26
29

Assoumpcioun.
S. Joachim.
S. Couor de la Vierge.
S. Louis.
Decolac. de S. Jouan-Bat.

8
14
15
15
17
29

Natività de la Vierge.
Esaltacioun de la Crous.
N. D. dei 7 Doulou.
San Noum de Maria.
Quatre-Tèms.
Dédie, de S. Miquéu.

6
13
20
27

Sant Rousari.
Maternità de la Sta Vierge.
Puretà de la Santa Vierge.
Patrounage de la S. Vierge.

1
2
3
21
30

Touï lu Sant.
Lu Mouort.
Santi Reliquia.
Present, de la Sta Vierge.
Avent.

Setembre

Ouioubre

jYouvembre

Jun
9
21
24
29

Festa dôu S. Sacramen.
Sacrât Couor de Jesù.
Natività de S. Jouan-Bat.
SS. Peire e Paul.

Juliet
2 Visitation de la S. V.
7 Precious Sang.
16 N.-D. dôu Carme.

2&gt;esembre
8 Imaculata Councepcioun
17, 19, 20, Quatre-Tems.
25 Calena.

LEÇOUN DE CATECHISME
Un prèire dôu Gesu enterougava un pichoun su lou siéu
catéchisme e li demandava :
— Doun es Diéu ?
— Vous respouonderai, li di l'enfant, quoura m'aurès
dich doun noun pôu estre.

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Attrib. — Estat-Civil. — Poumpa Funebri. — Cementeri.
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2
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22
34
04
16

m,
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24'

SOULÈU ,

dis. S. Ignaci
Dim. La Çandeliera
Blasi
dil. S.
l)i mars-Gras
dim
Li Cendre
dim
Dim
dij. Sta A gat a
dil.
div. Sta Dorotea
dim.
dis S. Romuald
dim.
dij
9 Dim. Quadragesima
10 div.
10 dil. Sta Apoulounia
11 dis.
11! dim. S. Severin
12 dim. Quatre-tèms
12 Dim.
13 dij. S. Gregori
13 dil.
14! div. Sta Eufrasia
14 dim.
15 dis. S. Onesime
15 dim.
16 dij.
16' Dim. Reminisceri
17 div.
17i dil. Sta Mariana
18 dis.
18 dim. Sta Attiqua
19 dim. S. Eucher
19 Dim. Setuagesima
20 dij.. Sta Vitalina
20 dil. S. Bastian
21 div. S. Severian
21 dim. Sta Agnesa
22 dis. S. Silvan
22 dim. S. Vincent
23 dij. S. Raymound
23 Dim. Oculi
24 div. Sta Jacinta
24 dil. S. Pascase
Conv.
de
S.
Pau
25 dis.
25 dim. S. Cesari
26 dim. S. Nestor
26 Dim. Sexagesima
27 dij: S. Leandri
27 dil. Sta Devota
28 div. Sta Nourina
28 dim. Sta Paula
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30 dij. Sta MaitiDa
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S. Jouan d'Egt
Gountraa
div. S.
dis. S. Hustase
Dim. Quasimodo
dil. Sta Balbina

Lu jou crèisson :
lou matin
î .o4 m.
lou sera
0.48 m.

VERMOUTH

�— 12 —

ABRIETJ
N. L. lu 6,
P. Q. lu 14,
P. L. lu 20,
D. Q
lu 28,
SOULÈU .

MAI

à 5 oura 49 s.
à S oura 40 m.
à 9 oura 35 s.
à 6 oura 09 m.

— L. 5 32'

C. 6 19'

dim. S.
dim. s.
dij. s.
3
4 div. s.
5 dis. s.
1
9

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30

Dim.
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dim.
dim.
dij.
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Dira.
dil.
dim.
dim.
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Dim.
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dim.
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dij.
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Dim.
dil.
dim.
dim.

Ugo
Franç. de P.
Richard
Isidoro
Juliena
s. Celestin
s. Hegesippe
s. Albert, ev.
s. Azada.
s. Isidoro
s. Leourj
s. Juli
s. Justin
s. Valerian
Sta Anastasia
S. Frutuous
s. Rodolfe
s. Maxime
s. Anselme
s. Tcodoro
s. Adalbert
s. Fidèle
s. Jorgi
s. Marco
s. Clet
s. Antime
s. Aimé
Iiouqacioun
Sta Catarina d. S
SS. Philip., Jacq.

La jou crèisson :
lou matin
59 m.
lou sera
... 44 m.

N.
P.
P.
D.

L.
Q.
L.
Q.

lu 6,
lu 13,
lu 20,
lu 28,

SOULÈU.

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17

JUN

8

oura 25 m.
H oura 45 m.
7 oura 18 m.
0 oura 04 m.
— L. 4 34' — C. 7 04'

N.
P.
P.
D.

i

Ascensioan
S. Atanase
In.d.l. Sta Crous
SS. Sindonis
S. Pio, papa
S. Jouan D.
S. Peire
S. Gregori N.
S. Antounin
S. Isidoro
Pandeconsta
S. Jouan lou S.
S. Pouon, m.
Quatre-tèms
S. Sta Dcnisa
S. Frutuous
S. Pascaù
Trin if à
S. Pèire C.
S. Felis.
S. Bernardini
Festa de Diéa
S. Didier
S. Vincen,d.L.
S. Urbin
S. Felipe
S. German
S. Cirile
Sta Petronïa
S. Sylve
S. Justin

Lu jou crèisson :
lou matin
4° mlou sera
41 m.

L.
Q.
L.
Q.

lu 4, â 7 oura 57 s.
lu 11, à 11 oura 4 s.
lu 18. à 5 oura 51 s.
lu 26, à 5 oura 41 s.

SOULÈU.

1 DIM.
2
dil.
3 dim.
4 dim.
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7 dis.
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dil.
dim.
dim.
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Dira.
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Dim.
dil.
dim.
dim.
dij.
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dis.
Dira.
dil.

- L. 3 55'

—

C. 7 43'

S. Potin
Sta Blandina
S. Quirin
S. Francès C.
S. Lié
Couor de Jesù
S.
S.
Sta
S.
S.
S.
S.
S.
S.
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S.
Sta
S.
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Sta
S.
S.
S.
S.
S.
S.
S.
S.

Medard
Optat
Margarida
Barnabé
Antoni de P.
Basilio
J.-F. Régis
Moudeste
Lambert
Olga
Gervai
Juliena F.
Louis de G.
Paulin
Maria d'O.
Jouan-B.
Prousper
Alban
Cresen
Iréné.
Pèire
Pàu
Tibàu

' Lu jou crèisson :
lou matin
2 m.
lou sera
i4 m.

VERMOUTH

�— 13 —

TROISIEME

AVOUST

JUL·IET
N.
P.
P.
D.

L'. lu Í, a
Q. lu 10, a
L. lu 18. à
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31

i

5 oura 07 m.
9 oura 38 m.
6 oura 0" m.
9 oura 59 m.
53' — C. 7 55'

dim. S. Thierry
dira Vierg.de li Gracia
dij. S. Anatole
div. S. Pèire de L.
dis. S. Sisoès
Dim. S. Elie
dil. Sta Bahela
dim. S. Efrem
dim. Sta Felicita
dij. S. Pio
div. S. Jouan G.
dis. S. Gene
Dim. S. Jaque
dil. Festa Naciounala
dim. S. Enri
dim. N.D.d.M.Carmel
dij. Sta Marcelina
div. S FVederic
dis. S. Vincen de P.
Dim. Sta Margarida
dil. S. Vitor
dim. Sta Maria-Mad.
dim. S. Apoulinari
dij. Sta Cristina
div. S. Jaque
dis. Sta Anna
Dim. S. Pantaleoun
dil. S. Samsoun
dim. Sta Marta
dim. Sta Giulieta
dij. S. Gnaci de L.

1

Lu jou bàisson :
lou matin
3i m.
lou sera
26 m.

TRIMíJSTRBÎ

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P
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L.
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SOULÈU.

1
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25,
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1.
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0 oura 58 s.
i oura 03 m.
8 oura 27 s.
0 oura 18 m.
8 oura 38 m.
23' - c. 7 28'

div. S. Pèire-aï Ldis. S. Alfonso
Dim Inv. de S. Estève
dil. S. Domenica
dim. N. D. dei Nèu
dim. Transf. de J. C.
dij. S. Gaétan
div. Sta Batilda
dis. S. Camilo d. L.
Dim. S. Làuren
dil. S. Septima
dim. Sta Clara
dim. Sta Filoumèna
dij. S. Ousèhi
div. Asonmpcioiin
dis. S. Roc
Dim. S. Jouachin
dil. Sta Elena
dim. S. Ipoulita
dim. S. Bernar
dij. Sta Chantai
div. S. Pio V
dis. S. Filipe B.
Dim. S. Bartoumiéu
dil. S. Louis, r. V.
dim. S. Segoundo
dim. S. Cesari
dij. S. Goustin
div. S. Mederic
dis. Sta Rosa
Dim. S. Fiacre

Lu fou bàisson :
lou matin
43 mlou sera
55 m.

SETEMBRE
P.
P.
D.
N.

Q. lu 7,
t. lu 15,
Q. lu 23,
I,. lu 30,

SOULÈU. —

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4

oura 06 s.
oura 46 s.
oura 30 s.
oura 57 m.

08' — c.

6 33'

1 dil. S. Gili
2 dim. S. Estève Pi.
3 dim. Sta Eufemia
4 dij. Sta Rosalia
5 div. S. Làuren J.
6 dis. S. Pambou
7 Dim. S. Grat
8 dil. Naiiv. de la V.
9 dim. S. Oumer
1U dim. S. Nicola
11 dij. S. Félis
12 div. S. Veran
13 dis. S. Amé
14 Dim. Es. d. l.S. Crous
15 dil. S. Nicomède
16 dim. S. Courneilla
17 dim.- Quatre-tèms
18 dij. S. Tournas V.
19 div. S. Janvié
20 dis. S. Eustache
21 Dim S. Matiéu
22 dil. S. Màurici
23 dim. Sta Tecla
24 dim. S. Girar
25 dij. S Firmen
26 div. S. Nil
27 dis. S. Nicandre
28 Dim. S. \\ inceslas
29 dil. g. Miquèu
30 dim. S. Jeromo
Lu jou bàisson :
lou matin
42 mlou sera
i.o3 m.

HâltlHI &amp; EdIIÏ

�- 14 QÜATRIÈ)MÍ:

OÜTOUBRE
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Lu jou bàissoii :
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(i oura 35 s.
" oura 12 s.
7 oura 57 m.
1 oura
m.

42

6 30' — c.

4 30'

Ì dis. Toui lu Sunt
2 Dim. Lu Mouort
3 dil. S. Ubert
4 dim. S. Carlo B.
5 dim Sta Bertila
6 dij. S. Leounar

dis. S. Francès d'A.
5 Dim. S. Rousari
6 dil. S. Bruno
7 dim. S. Serge
Í
8 dim. Sta Reparada
8
9 dij. S. Denis
9
10 div. S. Francès B.
10
11 dis. S. Tarasco
11
12 Dim. S. Counrad
12
13 dil. S. Edouard
13
14 dim. S. Calisto
14
15 dim. Sta Teresa
15
16 dij. S. Ospici
16
17 div. Sta Edvija
17
18 dis. S. Luc
18
19 Dim S. Pèire
19
20 dil. S. Agricol
20
dim.
21
Sta Ursula
21
22 dim. S. Filip
22
23 dij. S. Teodoret
23
24 div. S. Magloire
25 dis. SS. Crespin Cr. 24
25
26 Dim. S. Joaan de K. 26
27 dil S. Frumeuce
27
28 dim. S. Alf'redo
28
29 dim. S. Narcisse
29
dij.
30
S. Marcel
30
31 div S. Siri
i 4

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TRIÍ

div. S. Nestou
dis. Lu Quatre Incou.

Dim. S.
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S.
S.
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Jacintou
Martin
René
Stanislas
Pantena
Sta Gertruda

Dim. S.
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dij.
div.
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Edme
Gregori
Alfè
Sta Babeta
S. Edmon
Présent, de la V.
Sta Cecilia
S.
S.

Dim. S.

Clemen
Sta Flora
Sta Catarina
Sta Pelfina
S. Maxime
S. Sostène
S. Saturnin
Dim. A vent
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dim.
dim.
dij.
div.
dis.

Lu jou bàisson :
lou
lou sera

DESÈMBRE
P. Q.
P. L .
D. Q.
N. L-.

SOULÈU. —

1.

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dil. S. Eloi
dim. Sta Bibiana
dtm S. Francès X.
dij. Sta Barba
Bassi
div. S.
dis. S. Nicola

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S. Anbrosi
dil Imac. Conception^
dim. Sta Leoucadia
dim. Sta Eulàlia
S. Damase
div. Sta Roselina
dis. Sta Lucia

Dim. S.

Niçaise
dil. S. Mesmin
dïm. S. Adon
dim. Quatre-tèins
S. Gatien
div. S. Ciprian
dis. S. Filogone
Dim. S. Tournas
dil. S. Onourat
dim. Sta Vitòria
dim. Cacha-fuec
dij. Calèna
div. S. Estève
dis. S. Jouan

Dim. SS. Iuoucent
dil. Sta EleoDOra
dim. S. Sabin
dim S. Sàuvestre
Lu jou bàisson de a5 m.
lou matin
e crèisson de 5 m. lou sera

TEBMOUTü

ART INI &amp;

lu
S, a
lu 18, a
lu 20, a
lu 27, a

�- 15 —

Grand Théâtre de Monte-Carlo
Directeur: R. GUNSBOURG

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�- i; -

CROUNICA NIÇARDA
L/'Armanac Niçart a la pèu dura, persègue la siéu publicacioun maugrà lu escoumbuï de la vida. Mi côu vougar an
jou d'ancuei quasi soulet ; la miéu pichouna barca s'enroquerà pas. Tant que pouôdi mi teni au timoun, la mar es
pas toujou marrida e lou ciel à Niça es souventi fès seren.
Siéu urous d'aver assoustat, li a quauque an fa, de
coulabouratour que despi an fach lou siéu pichoun camin,
siéu fier encara d'aver pouscut publicar d'obra inedichi,
e se la gloriola de passage pousquesse estre de quauque
près, dirii finda que Y Armanac Niçart es estat lou premier
à dounar ai siéu letour de doucumènt istourique, pouesia
d'ilustracioun de prima man.

* *
Despi lou camin es dubert ; li codo, peira e peireta soun
levadi dôu mitan, toui si soun abrivat e lou miéu pichoun
couloumbié es despi l'oura abandounat, après d'aver servit
de nidou à touplen... Que mi resta d'aquela splendour
efemera ?. .. Ren o pas gran cauva de bouon : la nota de
l'emprimur à pagar !... e l'amistà de quauque amie lu quai,
côu lou recounouisse, m'an souventi-fès encourajat quoura
moudeste escrivan, ai publicat un'oubreta. Ma se noun
mi resta ren autre, ai pas men counservat la cuirassa e lu
côu que lu criticaire pouôdon mi pourtar s'aplatisson couma
se piquesson su d'un pan de burre. Ai fach d'esfouors, ai
cresut estre utile au miéu païs, se tanti fès n'ai pas réussit,
s'ai fach faussa routa, es pas la bouona voulountà que m'a
mancat.. ; es autra cauva !... que lu miéu detratour, —
marridi lenga, — vouogon ben recounouisse.
li'Armanac Niçart es toujou estat poulit, respetuous ;
aima plesentar, si piha garda de mancar quauqu'un, fa minga
persounalità e se parla una fès cad'an es pèr respouondre en
aquelu que dintre l'oumbra e lou mistèri l'atacon.
%

�i8 —
— Èen que n'aigui pas de dènt assè longui, mastègui
eouma pouôdi, mi resta encara doui bouoi caisselà, e lou
batarèu en remerciant Dièu debana qu'es un plesi... Se
grafigni quauquifès caressi quoura côu, ma que voulès siéu
sensible, crègni lou catigolo, noun mi laïssi trapiar, pi ben
que sigui de pichouna estatura — un verp de terra — mi
laissi pas metre lu pen su la couota.
La miéu draparïa es minça, transparènta, cadun pôu
liège à través cenque vouoli dire e maugrà que lou miéu
mantèu sigui de lustrina tantu n'an pas agut vergougna
de s'en curbi quauqu an fa'.
D'Académicien niçart n'ai counouissut mai que d'un ;
aurïon fach aloura una maladia se noun li aiguessi estampat
la siéu prosa o pouesia... D'autre, lou noum m'escapa, la
si soun esbignada... Ai encara souta lu uès una longa courespoundença que lou prova ; qu mi reclamava d'estre en
prima pagina, lou siéu noum que ressourtesse ; qu mi pregava de li metre « lou tout d'a-gangui « ; e passi souta silenci
touplen d'autre imourtal niçart que si dïon fier, urous, flatat,
de couloubourar à Y Armanac Niçart... A toui li calïa un
noumbre d'esemplari — à l'uèi va sensa dire, à titre d'encourajament — e lou jou de l'aparicioun, à lu audi charrar,
eron élu la pèira foundamentala, avïon tout fach despi
Y A fin au B... La gaseta parlava d'élu... e toui su lou bastion
de repetar : « Lou tau ?... escriéu su Y Armanac. —
Eri de moda !...
p
[•

*
*

*

D'aquéu fra-tèms Y Acadèmia Nissarda si founda, lou
Nice-Historique coumença à pihar voga, e lou regretat proufessour Enri Sappia que sabia cen qu'era la vaca enrabiada,
em'un zèle que recounouissi douna au sièu païs predilèt
tout cenqu'un pur niçart pôu dounar.
S'au jou d'ancuei lou Nice-Historique si felicita de la
siéu prougressioun noun côu pas que denembra l'orne que
mai que d'una fès a manjat de maigre moucèu... Es en aquel
orne que devès lou Nice-Historique vouostre enfan d'adoucioun ; se fouguesse estre sincère, li a de veiità que soun
toujou penibli à dire, sensa Sappia Y Acadèmia Nissarda
noun esisteria ; e se persegui en lou miéu amour de la verità,
devès la vouostra esistença o foundacioun à touplen d'autre.

�- ig —
t,'Armanac vous devîa ben acô... Lou souveni s'efaça tant
facilamen !...
Ma laissen aquela charra, noun m'aura ajudat qu'à
coumençar la miéu Crounica.

*
* *
UArmanac Niçart ientra couma pôu en la siéu nouvièma
annada d'esistença. Se trouvas qu'es abihat de mieja sesoun,
vous dirai que n'es pas à la paluègna que si counouisson li
cebeta... Ai tengut cônte dei bouoi counsèu e mi presenti
couma d'usança ai miéu letour e letrissa em'au sourire su
li labra pèr vous racontar de pichouni istourieta, vous rememourar quauque prouverbi, que liegerès emé plesî.
"L,'Armanac Niçart pôu estre lijut da toui, gran e pichoui,
divertisse l'un, enteressa tantu autre ; frisa jamai la groussieretà, basta e se n'aiguesse qu'una qualità, — de défaut
degun n'es esènt, — aquela qualità de counservar lou nouostre
franc-parlà, vouoli dire la lenga de la maire qu'un noun
pôu francamen denembrar, la cansoun dôu brès que nen
cantavon lu nouostre vièi, e que couste que couste voulen menteni.

*
* *

L'Armanac Niçart publica cad'an una paja d'istoria
loucala inedicha que lou dot e fidèle coulabouratour M.
l'Abat Rance-Bourrey escriéu espressi per lu miéu letour.
e que lu letrat, bibliofile niçart liejon toujou mé devoucioun. L'an passat nen dounet Y Expulsion de Mgr Valperga,
en septembre 1792 ; aquest'an l'istourien nen douna : L'Installation de Mgr Colonna-d'I^tria, evesque de Nice, en 1802.
Es un doucumènt d'istoria loucala requist qu'enriquissera
li nouostri coulecioun.

*
* *

Publiquèri de paja de Y Armoriai Nobiliaire et Historique de
l'Ancien Comté de Nice et des Alpes -Maritimes, de Jousè
Casai (1907) ai finda emprimat en coulabouracioun d'aquestou, un Catalogue Alphabétique du fonds de Nice que si
trouva à la Biblioutèca de Niça, ensinda qu'una reempressioun dôu Discours sur le Monastère de Sainte-Claire de
Nice, pèr Honoré Pastorelli, publicat d'après l'édicioun
originala de Turin en 1608, em'una entroducioun e de

�20 —
nota de l'abat Rance-Bourrey. Lu counouissur, en 1908,
lauderen aquesta reedlcioun.
*
Nicœa Civitas

L'Armanac Niçart felicita caudamen Y Acadèmia Nissarda d'aver fach pareisse la premiera partida dôu NicaaCivitas de Gioffredo, en francès. Aqui de bouon'obre.
Traducioun commençada per lôu proufessour Enri Sappia,
coumplimen à l'abat Rance-Bourrey que l'a menada à bouon
pouort.Grafigni ma caressi eY Armanac Niçart que despi regardas coum'un bastardoun sau recounouisse lou beu dôu mau.
Rabaian toujou ; siéu urous de faire lou miéu mouloun,
pu tardi un nen tirera proufit.
*
* *
Aiira, car letour e charmanti letrissa, que vous dirai
de mai, farai couma lou papagau e vous répéterai couma l'an
passat :
Bouon prencipi
E mihour fin !
L'ARMANAC NICART.
LOU JOUIN'OME E LOI) BOUON VIEI
De gracia, empara-mi couma si fa fourtuna,
Demanda au paigran un jouin'ome ambicious.
— Li a, di lou bouon vièi, un camin glourious :
Es de si rendre utile à la cauva coumuna,
Proudigà vouostre jou, vouostri veia, talènt
Au servici de la França !
— Ah ! bèn pénible n'es la soufrança.
Vouoli de talènt men brilènt
— Ni a de mai segur : l'intriga.— Es trôu vile
Sensa travail vous diéu, vourii m'enriquî. ..
— Eh ben ! sigues simple embecile
N'ai vist mai que d'un réussi...
J. Eynaudi
(D'après Florian).

�—

LOU

LIOUN E

21 —

LOU

MOUISSIOUN

« Va-t'en, mesquin insècte, escremen de la terra ! «
Es ensinda que lou Lioun
Parlet un jou au Mouissioun.
L'autre li declaret la guerra :
« Ti penses, li diguet, que lou tiéu titre de rèi
Mi fasse pôu e que m'enquieta,
Un bôu de tu s'en manja sièi,
Lou fau marchar à la bagueta. »
A pena fenit lou discours
Que d'éu même souona la carga,
Siguet troumbeta, vincitour.
Ma prudènt si ten à la larga ;
S'abriva, toumba su lou couol
Dôu Lioun que rende miech fouol ;
Deven quasi furious e l'uès de bila esala
Rugisse, toui s'escoundon, tremouolon à l'enviroun ;
Aquel'alarma universela
Es cap-d'obra dôu mouissioun,
Un avourtoun de mousca en cent luec lou sarcela,
Lou pougne su l'esquina e pi su lou nasèu
Un autre suça lou narvèu.
La rabia si retrova, au soum es ja mountada,
L'envisible nemic trioumfla regardant
Que ni grifa ni dènt de la bèstia irritada
Lou metènt tout en sang, lou siéu dever faran...
Lou malurous Lioun s'esgarra à pichoui tros
Fa boulegar la couva pèr gagnar de terren ;
Es desperat, poù plus ; lou Rei deven balos,
La fatiga l'abate, si ve qu'es su li dènt...
L'insècte dau coumbat si retira mé gloria,
Couma sounèt la carga, entona la Vitòria,
Va pertout l'announçar, ma rescountra pèr camin
Una aragna en embuscada...
Dôu Mouissioun siguet la fin.
Que poudès ben pensar, que leçoun ensegnada ?
Dei vouostre gros nemic, de crègne lu pichoui
Sensa troù de fracas vous trïon lu peouï...
Ma se d'un gran dangié an pouscut si soustraire
Perisson pèr la mendre afaire.
J. Eynaudi (d'après La Fontaine).

�— 22 —

ME LCART

(1)

L'argènt de la Betica e l'ôr de l'Atlantida
Agnènt recompensad lei trabalh de Melcart,
Pojè, fôra Gadès, sus l'Océan bastida,
Vers lo pas gigantesc qu'avié saupud traucar.
Mai la mar rebaté son argulhos sicard,
'Mé d'ôrre temporau e, vela rebotida,
Sai barca, quatre luna, errèron à cercar
Lo camin drechurier dau pôrt qu'èron partida.
Aiora, en Astartè, reina dai Bahalim,
Vengué, pèr abaucar lei ventegas malin,
Saunar d'ôme, au ribage onte Agèu s'espalanca,
E lei pastre ligor, monegasca Calanca,
De ton rocas sanglant veguèron piei partir
Do legendàri eros de la superba Tir.
Lois Funèu.

SIGUESSES UN ARMANAC
Un proufessour de coulège estudiava ordinariamen
quatre a cinq oura cada jou. Couma era restat dintre lou
siéu cabinet mai long-tèms que d'abituda, la siéu mouhié
venguet lou trouvar :
— Siés aqui ma mia, que diès de nôu que noun sabi ?
— Diéu, moussu que vourii ben estre libre.
— E perquè ma mia ?
— Perquè li avès toujou lou nas soubre... noun avès
d'uès que pèr elu, li siés toujou après.
— As rasoun, vourii ben n'en faire autre tant pèr tu,
basta que siguesses un Armanac.
— Un armanac ?. .. e perqué ?
—■ Perqué ?... Cad'an pourii ti chanjar.
Jouan l'Ae.
(i) Melcart sè nbla aver estad un rei de Tir, deî ficad à la lônga,
qu'aurié menad lei navigador fenician vers la Ponènt mieiterranene e que
lei Greg, rabattant la tradiçion dai Pelasge, 'n-aurien fach son Ercule,

�— 23 —

MELCANT
(Revirad en Catalan)
—X—
De Bètica l'argent, d'Atlantis l'or sens mida,
havent recompensat son treball herculià,
feu via desde Gades, damunt l'Occià bastida,
fins al pas geganti que hi sapiguè badà.
Prô'l mar rebat, furient, sa dèria ergullosida,
ab hòrrides tempestes. Les veles va plegà
sa flota y, quatre llunes, errà com desvanida
del dret camí que mena al port S'hon va merxà.
A l'Astarté llavors, dels Bahalim regina,
li prega que apaybagui la ventada felina
y, en la costa d'Agèl, li fa oblaciô d'humans ;
Après ; cales de Monach y pastors ligurians !
de les sagnantes roques, hi vegereu partir
l'hèroe llegendari de la superba Tir.
Barcelona, Agost de 1911.
Doctor J. Plana / Dorca.

xxxxxxxxxxxxx:::xxxxxxxxxxxxx
LA

FAVOIJR DOU JUGE

Petou Merlussa e Gioan Tripetou, doui chicanur en l'a"
nima avion la semana passada una af aire davant dôu juge de
pax. Pèr s'aquistar la favour d'aquestou un li avia regalat
un bariéu d'oli e l'autre dounat un pouorc.
Lou juge si prounouncet en favour de Gioan Tripetou
que li aviat dounat lou pouorc. Couma pensas Petou Merlussa
era pas soudisfach e anet dôu juge si plagne.
Lou Juge. — Que voulès es intrat dintre la miéu maioun
un pouorc que a rout lou bariéu d'oli, siéu estat ben countrariat e.. . maugrà ièu, cresé-lou, v'ai denembrat.
Patusso.

�— 24 -

VA N D A L E S
L/Ordre des Frères Prêcheurs fondé au commencement
du XIIIe siècle par Saint Dominique se répandit très rapidemnt, surtout dans le Languedoc et dans la Provence.
Dès 1243 un couvent de Dominicains fut créé à Nice,
sur un terrain donné par Jordan Richieri, et une vaste église
s'éleva bientôt à côté du couvent.
Des Dominicains, on le sait, étaient de grands bâtisseurs, et les églises qu'ils ont élevées, dans la Provence,
sont les plus beaux modèles de l'architecture gothique :
il convient de citer en première ligne la splendide église de
Saint Maximin (Var), celle de Sainte Madeleine à Aix-enProvence, celle de Saint-Canat à Marseille.
D'église du couvent de Nice était de fort belles proportions et comptait parmi les plus vastes et les plus intéressantes de la ville de Nice, au point de vue architectural ;
l'église des Cordeliers, dite de Saint-François-le-Grand, qui
date à peu près de la même époque pourrait lui être comparée.
Aujourd'hui, Saint-François-le-Grand existe encore, mais le
vieil édifice a été profané, vendu et sert de remise et de magasin à fourrage.
Quant à l'église de Saint-Dominique, son sort a été plus
lamentable encore. Enlevée aux religieux qui l'avaient construite, elle fut pendant quelques jours, en octobre 1792.. le
siège du Club des Jacobins ; puis l'autorité militaire s'en
empara et elle servit de magasin à la manutention.
Mais, ainsi transformée, elle subsistait encore et pouvait, grâce à d'intelligentes réparations, être rendue à l'admiration des artistes et des archéologues. Au lieu de cela,
une Municipalité mal inspirée l'a fait démolir de fond en
comble et, aujourd'hui, il n'en reste plus pierre sur pierre (1).

(1)

Les amateurs et les collectionneurs, qui espéraient trouver, sous les
ruines de la vieille église des Frères-Prêcheurs, des objets précieux pour
enrichir leurs collections, ont été absolument déçus, car on n'y a trouvé,
paraît-il, qu'une quantité d'ossements et une petite croix en cuivre que
M. Moris, archiviste du département, conserve sur son bureau.
Et pourtant, n'y aurait-il pas encore des hommes intelligents qui renverseraient, sans regret, des monuments vénérables dans la conviction
que cette démolition permettrait de découvrir des choses plus intéressantes.

��C.I.D.O.

BtZIERS

�- 25 Sur son emplacement on a élevé le Palais de Justice dont il
vaut mieux ne point parler car il n'y a rien de flatteur
à en dire.
La ville de Nice a été ainsi dépouillée d'un des rares
monuments qui représentait dans cette contrée l'architecture religieuse du XIIIe siècle. Et il ne faut pas dire que la
Municipalité ne fut point avertie de la faute qu'elle commettait, car on peut lire dans le Bulletin Monumental publié
par M. de Caumont, Paris 1862, in-8°, 3e série, tome VIII,
pages 272-274, une très intéressante notice que nous reproduisons in-extenso :
L'ANCIENNE

EGLISE SAINT - DOMINIQUE
A NICE (1)
—X—

« En examinant attentivement l'ensemble de l'antique
Eglise de Saint-Dominique ; en voyant, à la nef et à l'abside
rectangulaire qui la termine, des ogives à peine accusées,
on serait volontiers tenté de déclarer que cet édifice appartient à la période de transition entre l'architecture romane
et l'architecture ogivale, c'est-à-dire au XIIe siècle.
« Mais, ici, il faut se départir un peu de la rigueur des
règles archéologiques et se bien rappeler que les contrées
méridionales, comme le Comté de Nice, ont été, au point
de vue architectural, presque constamment en retard sur le
centre et le Nord de la France.
« En effet, le monument dont nous parlons a été bâti
dans la dernière moitié du XIIIe siècle.
« A cette époque, suivant Gioffredo (Nicaa Civitas),
p. 182) Meynfroid étant évêque de Nice, les Frères Prêcheurs
de Saint-Dominique vinrent s'établir dans ce pays et construisirent un couvent et une église sur un terrain à eux donné
par un certain Jordan Richieri (2).
(1) Aujourd'hui transformée en remise et manutention militaire, cptte
église doit-être prochainement démolie. Sur son emplacement l'édilité
niçoise a formé le projet de bâtir un Hôtel de Ville.
(2) L'acte de donation est daté du i4 Avril 1243 ; il nous apprend que
le terrain donné était de quatre sétérées et qu'il était situé dans le lieu
nommé Seleya, à côté d'une léproserie — l'église de Saint Dominique a été
élevée plusieurs années après eette donation, vers 1260.

�— 26 —

« Par conséquent l'ensemble de cette vieille église est
à peu près contemporain de 1 a Sinte Chapelle de Paris, et
cependant d'après les carelltctèreacchitectoniques, on mettrait
cinquante ans d'interrva ase ren es deux édifices.
« Quoi qu'il en soit, l'église de Saint-Dominique fournit
un excellent horizon pour fixer les idées sur l'état de l'architecture religieuse dans le Comté de Nice au XIIIe siècle.
« D'arc en tiers-point y domine dans les voûtes, tandis
qu'au contraire le plein cintre y règne dans les portes et les
fenêtres.
« D'édifice dont nous parlons n'a pas l'abside arrondie
des monuments religieux du XIIIe siècle ; il se termine par
une muraille plate qui devait être percée de plusieurs fenêtres. Cette disposition se rencontre aussi dans quelques autres églises de France (Cathédrale de Poitiers, de Dol, de Daon,
Eglises de Saint-Serge à Angers, de Saint-André à Grenoble etc.) et dans un grand nombre d'églises rurales.
« Des murs de notre monument sont construits en petites pierres taillées carrément en briques. Il ne possède qu'un
petit nombre de contreforts. Des pilastres qui supportent
les voûtes reposent sur des socles carrés ; les chapiteaux
sont ornés d'une espèce de cordon. Une fenêtre seulement
a conservé son ornementation primitive, qui consiste en des
têtes de clous bien caractéristiques du XIIIe siècle.
« Une porte latérale (qui s'ouvre sur la ruelle de Saint
Dominique) offre un linteau porté sur deux chapiteaux à
décoration végétale et un tympan à plein cintre.
« Des voûtes qui n'ont pas 40 centimètres d'épaisseur,
sont jetées d'un mur à l'autre, avec une hardiesse admirable ; elles sont faites en petites pierres mêlées avec beaucoup de mortier.
|fs « Des arceaux de ces voûtes ogivales sont croisés ;
quelques-uns, néanmoins, sont parallèles entre eux et traversent la nef en ligne droite, de manière à séparer les travées, qui sont en nombre de cinq. Da retombée des arceaux
se fait au-dessous des fenêtres. Malheureusement ces fenêtres ont été bouchées, par un maçon ignorant au XVIIIe
siècle.
« En même temps, la façade de Saint-Dominique a
été refaite dans ce style bâtard que l'on a flétrit de Pompadour. Nous ne la décrirons pas.

�— 27 « Avant de terminer, qu'il nous soit permis, au nom des
traditions historiques que ce vieux monument rappelle de
supplier le gouvernement de l'Empire, si éclairé, si généreux,
de vouloir bien consacrer, chaque année, une modique somme à la restauration de l'antique Eglise de Saint-Dominique.
« Confiée aux soins d'un habile
architecte, d'un
Viollet-le-Duc ou d'un Dulion, cet édifice deviendrait
bientôt le plus curieux et le plus remarquable de Nice. »
A. Paul Simian
Membre de la Société française d'Archéologie.

*

*

*

Ces pages écrites par un homme très compétent, nous
apprennent les efforts tentés pour conserver la vieille église ;
efforts qui se heurtèrent malheureusement à un parti-pris
irréductible.
Rien depuis n'est changé dans les habitudes administratives, et les discours prononcés à la Chambre des Députés
le 25 novembre 1912 par MM. Barrés, Sembat et Reinach
nous ont édifiés sur la mentalité de tant de maires et conseillers municipaux dédaigneux des « monuments possédant
un caractère soit artistique, soit historique ou ayant tenu
une place dans l'existence nationale ou dans la vie locale
des communes françaises a.
Le Bourguignon.
XXXXXXXXXXXXX:::XXXXXXX XXX XXX

-

MEMORANDUM
Noum dei fidelié que esistavon à Niça en l'annada 1758 :
Castelli Onourat
Verani Ludovic
Baudo Antoni
Baudo Andréa
Gautiero Gaétan
Bottino Pierre.

Doneudo Giacinto
Carlino Pierre
Ricciart Nicolas
Bottino Jousè
Daviga Anna-Maria

Toui naissut à Niça, cheto Ricciart natiéu de Touloun,
ma essent à Niça despi longa data.

�— 28 -

PEI VULGARI
Aguia
Aguïat
Alolonga
Amendola
Amploua
Anfossa
Ange
Anguila
Aragna
Arendoula
Argentin
Argentin dentat
Aurada
Aurin
Badona
Barbùo
Bardoulin
Baveca
Bavoua
Bavoua d'arga
Belugan
Besuga
Bissa
Bissa de mar
Blada
Blaviè
Botta
Boucarougia
Boudroi
Boni tou
Buga
Bugaravella
CaUgneiris
Capelan
Capoun
Capoun glaune
Cardaira
Cardouniera
Carmarina
Castagnola
Cat
Cavaluca
Cavàu
Cieucla
Clavelada
Coffre
Courpatà

DE LA MAR DE NIÇA

Cuorp
Daurada
Dorât
Dormigliana
Durgan
Emperator
Esperlin
Fanfre
Fanfre d'America
Fanfre negre
Fero
Ferrassa
Felat
Figon
Framo
Floussada
Fournie
Fumo
Galineta
Galina
Gastaudela
Garaman
Gatta
Gatta d'arga
Gerle
Gerle blaviè
Gerlessa
Gianeli
Girela
Girela turca
Giugarèu
Gobo
Gobo blanc
Gobo jaune
Gobo rouge
Gora
Granadié
Grana
Gros argentin
Grounc-manca
Grounc negre
Grugnau
Lambardà
Lambert
Lamea
Launo
Lamprua

Lampuga
Langanèu
Leccia
Lernia
Lico
Liccio
Lente
Loubas
Loubas negre
Lucco
Luccion de mar
Lussi
Claire d'amploua
M alarmat
Martèu
Masca dei amploua
Masca
Melantoun
Melet
Meleta
Merlan
Miraiet
Mipolo
Moissin
Mora
Moleto
Monge
Monge clavelat
Monge gris
Monge rous
Morena
Morena sensa espina
Mourre agut
Merou
Mostela
Mostela blanca
Mostela de font
Mostela de roca
Mostela negra
Mourmena
Mugio carida
Mugio daurin
Mugio flaveton
Mugio labru
Muola
Muôu
Nissola

�- 29 Nonat
Nonat negre
Ombrina
Orghe
Ouriôu
Padre
Padreto
Pagèu
Palamida
Palloun
Pampaloti
Pastinaiga
Pei can
Pei cuor
Pei mourre
Pei spada
Pei cafre
Pei fuorca
Pei d'America
Pei puorc
Pei ratou
Pei San Pèire
Perça
Perça de mar
Pintou roussou
Pissoua
Pintosso

Pouorc
Pourc-marin
Poutassôu
Poutassôu gros
Poutassôu rero
Poutura
Rasa
Rascassa
Rasouar
Ravela
Rombo
Rombo clavelat
Roucairôu
Rouchié
Rouget
Sardina
Sargo
Sargo rascas
Sarpanansa
Sarpa
Seropena
Seriola
Sera
Serran
Serro
Sola
Sola d'arga

Sola de font
Sola de roca
Soufio
Stocaûc
Streglia
Striglion
Sturion
Sublaire
Suc blanc
Suc cagnenc
Sussapega
Tenca
Ton
Tono
Tordo
Tordo blu
Tordo d'arga
Tremoulina
Trombeta
Truita
Troncio
Ugliassou
Vaca marina
Vacheta
Verdoun
Verrat

Lu moyen de pesca emplegat su la nouostra couosta
soun : la savegd, bresin, gangi, entremail, lou sourrin
(arrêt à maïa simpli ; diversi lounguessa), la màndraga,
tonnairà, la reclara, la mugeliera, lou palangre e la
ndssa.

xxxxxxxxxxxxx:::xxxxxxxxxxxxx
PROUVERBI, BOUOI MOT, COUNSÉU E DICH
Qu noun pâtisse
Noun coupmatisse.
La belessa es lou mirai dei fouol.
Qu noun a testa a camba.
A fouorça de courre un ri roumpe lou
Cada couinié a la siéu saussa.
Lou bouon vin a pas besoun d'ensigna.

mourre.

�- 30 —

COU QUE TITOUN FASSE..,
Bonifassi dintre lu siéu manuscrich douna una memòria
que avia retrovat dintre de viéi papié laissât pèr soun
paire. Es una paja que trova ben la siéu plaça dintre

l'Armanac Niçart. — Transcriví :
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Z4

1807 — 2 Mars. — Si Titon a fait ce qu'il suit :
A enté les coudonié et pommiers ?
Les fève sont seucladoi ?
A bêché les souches ?
A retiré les souches qu'elles ne touchent les orangers.
La rare Baudoin les souches sont en ligne ?
A ôté la souche de l'olivier du chemin.
Les souches en allant chez Toudon touchent-ils les
arbres orangers ?
Les figuiers en général sont-ils bien arrangés ?
La figuiere du pr camp qui touche l'olivier et celles
en allant vers Toudon sont bien arrangées ?
l/'asseti du garderobe est bien arrangé ?
L'asseti du Petoulin a bien arrangé la ftguiera ?
Les deux planton galofrié p. Bonet ?
A mis les prunières a l'asseti du jardin, et le fortifier, et le serrer bien en cannes ?
Lever au plutôt les giarres et y placer les orangers ?
La laupio de l'amandier est faite ?
S'il a arrosé avec l'eau des lartins le Paumolin ?
Combien li a encore des oliviers à arroser ?
Grande partie de l'eau du puits.
Ce qu'il a fait à l'enclos devant la cabane.
Qu'il arrose les violettes de cyprès et les bêcher.
Le rondeau de dessus l'asseti en face de la grande
porte qu'il la degerbe et l'arrose.
Les violettes de M. Guillonde les a prises ?
L'instruire pour escarassoner bien l'allée de la grande
porte.
Les escarasson et fourcoulo d'olivier a pin de Fabron
est allé a les prendre ?
Nettoyer bien le cal du bois et arranger bien les
pierres.

�- 3î 25 Les aloès et figues de turc son plantées à la ribe
de Toudon, au pas d'Erene et au portai ?
26 Si quelques prunière du rond du portai sont coupées toutes de la même hauteur ?
27 L'asseti proche de la cabane ?
28 Le plantier est-il commencé ?
29 Y a-t-il de fumier et de rame pour le plantier ?
30 A-t-il escarrassonné le plantier ?
31 Sont mesurées les sauloi justes du plantier jusqu'aux
prunières qui forment l'allée ?
32 Les galofrié sur l'aberge en gerbe chaque 5 a 6 pan
un planton et un pan et 3/i du bord de dessus ?
33 Les mourceaux du 3e camp qu'il couvre l'aberge
de terre pour que les olives ne se perdent pas
et lui aporter les pierres de l'entour ?
34 Netoyer la rare de la Veuve Mannel jusqu'à la cabane ?
35 Arranger les morceaux de baus de gif de dessous
M. Garidery, qu'il touche l'olivier ?
36 Quand aura bêché les olivier et fini de semer ?
37 Netoyer les pierres qui sont dessus M. Fighiera à
la taule neuve et lui mettre pour le moins
una baril et une grande corbe fermer chaque,
les 4 oliviers de la taule neuve ?
38 L'asseti en nicia au baus en face de lierre ?
39 L'asseti au baus de gip en face du levant ?
40 Les degrés de deux côtés de la taule de 3 oliviers
dessous M. Fighiera ?
41 La ribe d'Antoine Erena l'escarper un peu plus ?
42 Oter les passages d'Erena, ou il faut une petite berge
de 5 à 6 pans ?
43 Netoyer la ribo, et les pierres du clapié de devant
Erène pour ne pas perdre les olives ?
44 Défricher et mettre une canne au carrobié d'Erena.
45 Tirer la file à la ribo d'Erena, et aux lieux ou fait
de vuide lui mettre de gerbes des dessus dite
ribo, l'arranger au mieux possible ?
46 La rare des arbres sitronié sauvage le tirer d'un bout
à l'autre qu'elle fut planiero qu'il ne s'aperçoit
pas que dit terrain monte ce qu'il faut bien tirer
la fille bien tendue ?

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La grupio de la saumo est-elle arrangée ? L/encreno de la tourtoiro dou pourchié es facio ?
L/encaladat de davau lo pourquié es arangiat ?
Voir de transplanter les trois plantun aussipré ?
Voir de rebrondar les aussiprés de Toudon, au portai,
ceux dou noghié et ceux d'Ereno ?
Entreprendre au plus-tôt l'asseti en dedans au
baus de plâtre à la ribo d'Antoine Ereno ?
Une visite s'il a lié bien aux escarrasson a peo
les perieres, pruniervi et peseghié ?
S'il a coupé tous les arbres que passent aux planches.
S'il a accoummodé le dernier berge du camp ?

Cresi que lou paure Titoun em'aquela patardela noun
aiguë ren denembrat, lou manuscrich lou di pas, ma s'aco
fouguesse courïa lou coumpatî.
X. X. X.
XXXXXXXXXXXXX:::XXXXXXXXXXXXX

IN IZZA-LA-BEL LA
Ailleurs l'hiver sévit, et le ciel y déploie
Un voile d'ombre obscur sur les fronts soucieux ;
Ea Jeunesse elle-même, à la tristesse en proie,
Y semble renoncer à ses ébats joyeux :
Ici le printemps règne éternel, l'air flamboie,
Caressante, le mer y réfléchit les cieux,
Et la terre embaumée étale en pleine joie
Sa parure de fleurs pour le charme des yeux.
Mais combien jure avec ses hôtes,— qu'on envie ! —
Ce cadre de beauté, de lumière et de vie !
On dirait à les voir grelotter au soleil,
Qu'un dieu jaloux y pousse et chaque jour amène
Tous les produits de la décrépitude humaine,
Habitants pour demain de la nuit sans réveil !...

�A.-J. RANCE-BOURREY

INSTALLATION
DE

Monseigneur

Colonna-d'Istria

EVÊQUE DE NICE

25 Fructidor an X

Armana Niçar 1913

(12 Septembre 1802)

����Installation de MGR Colonnad'Istria
ÉVÊQUE DE NICE
25 Fructidor an X (12 Septembre

/802)

A la fin de septembre 1792, Mgr Charles-Eugène Valperga di Maglione, pour obéir aux ordres du général d'Anselme, commandant l'armée française qui venait d'occuper
Nice, quitta cette ville dans les conditions que j'ai racontées
précédemment (1).
Dix années plus tard presque jour pour jour, un nouvel
évêque était solennellement installé avec le concours de toutes les autorités civiles et militaires par un autre général,
préfet du département des Alpes-Maritimes, M. de Châteauneuf-Randon.
Fa Révolution avait passé ; la guerre religieuse avait
fait son temps et le peuple français réclamait le retour de
la religion longtemps proscrite.

*
* *
Fe 15 juillet 1801, le Premier Consul Bonaparte avait
conclu avec le Pape Pie VII une convention qui fut ratifiée
à Rome le 15 août suivant. Fe 10 septembre, les ratifications
furent échangées à Paris et le 4 octobre, arriva dans cette
capitale, le cardinal Caprara, légat a latere muni des pouvoirs
les plus étendus. Fe Premier Consul le mit immédiatement
en rapport avec Portalis, conseiller d'Etat, qui fut chargé
par un arrêté du 16 Vendémiaire an X (8 octobre 1801) dt
toutes les affaires concernant les cultes. Fa convention conclue

(1)

Voir VArmanac Niçart de 1912.

�VI

entre le Gouvernement français et le Pape fut transformée en
loi de l'Etat le 18 Germinal an X (8 avril 1802). Quelques jours
après, le Concordat fut publié solennellement dans l'Eglise
Notre-Dame de Paris (18 avril 1802), jour de Pâques.
Une proclamation du Premier Consul annonça aux Français ce nouveau bienfait qu'il avait voulu faire coïncider
avec la conclusion de la Paix générale. Fes préfets reçurent
l'ordre de promulguer chacun dans leur département, tout
à la fois, le Concordat et la Paix.
Châteauneuf-Randon le fit sans retard, et, par une circulaire du 9 Floréal (1) (29 avril) il prescrivit de donner à
cette publication toute la solennité possible. Ce fut dans le
département des Alpes-Maritimes, et spécialement à Nice,
une véritable explosion de joie, car ce département avait été
littéralement réduit aux abois par une guerre qui durait
depuis dix ans. Un témoin oculaire, l'abbé Joseph Bonifassi,
alors attaché au clergé de la Cathédrale, écrit dans ses Notes
sous la date du 2 mai 1802, n° 2640 : « Solenne Te Deum
« al Duomo coll' intervento di tutte le autorità Civili, Giudi« ziarie e Militari al suouo délie campane colla lettura délia
« legge orgànica e del Concordato seguito tra Pio VII e il
« i° Console.
N° 2641 « I buoni cittadini, di cui abbouda ancora il paese
« hanno provato una gran gioia a questo nuovo e tenero
« spettacolo. (2). »
Fe 26 Floréal an X (16 mai 1802) un Te Deum solennel
pour la paix fut chanté dans l'Eglise Saint-Augustin et les
autorités constituées y assistèrent escortées par la Garde
nationale qui,selon l'usage ancien, fit trois décharges de mousquetterie devant l'église. (3).
Deux mois après, on célébra la fête du 14 Juillet, et,
dans toutes les communes du département, par ordre du
(1) Arch. départent des A.-M. Circulaire du 9 Floréal (29 avril)
avec le programme de la journée du dimanche 12 Floréal (2 mai
1802).
(2) Archives Mxmicipales d.e Nice, Manuscrit de l'Abbé Joseph
Bonifassi, volume B : Sommario délie Notizie storiche di Nizza e suo
Contado dalli 28 Settembre 1792 sino al corrente 1820.
(3) Arch. Municip. Correspondance du maire, lettre au général
lîberlé commandant d'armeSj 25 Floréal an X (15 mai 1802).

�vn

Préfet (i), cette fête fut à la fois civile et religieuse. On
reprenait ainsi les vieilles traditions du pays qui associaient
toujours la religion aux réjouissances publiques.

*
* *
La solution des questions importantes et multiples
que soulevait l'organisation du régime concordataire demanda
beaucoup de temps et beaucoup de négociations. L'habileté
et l'esprit de conciliation de Portalis et de Caprara aplanirent
toutes les difficultés, et, à la fin de 1802 la nouvelle organisation de l'Eglise catholique en France fut heureusement
terminée. Par le Concordat, l'Eglise catholique avait
retrouvé une existence légale
rétablie sur de nouvelles bases. L'ancienne organisation des diocèses avait été
supprimée : tous les évêques devaient donner leur démission(2)
et le Gouvernement français devait présenter à l'institution
du Pape les nouveaux titulaires des évêchés rétablis d'un
commun accord. D'une manière générale, les divisions ecclésiastiques furent calquées sur les divisions civiles, et chaque
évêché nouveau comprenait un ou deux départements.
Le département des Alpes-Maritimes forma à lui seul
le diocèse de Nice alors que l'archevêché d'Aix dont il devint suffragant comprenait les deux départements des Bouches-du-Rhône et du Var.
Le nouveau diocèse englobait tout l'ancien Comté, de
Nice dont diverses parties étaient, avant 1792, comprises
dans les diocèses supprimés de Glandèves et de Vence, et
(1) Arch. départent. K 4. Arrêté très détaillé du 18 Messidor
(7 juillet) relatif à la célébration de la fête du 14 Juillet (25 Messidor)
f° 114.
(2) Elle leur fut demandée par un bref collectif du 15 août 1801
commençant par les mots Tarn multa. Ce bref fut envoyé à tous
les évêques par les soins de la Seçrétairerie d'Etat pontificale
et par ceux du Ministère des Affaires Étrangères de France. Je renvoie pour tout ce qui concerne le Concordat à la publication faite
sous les auspices de la Société d'Histoire diplomatique par M. le
Comte Boulay de la Meurthe : Documents sur la Négociation du Concordat, 5 volumes in.-8°, publication à laquelle j'ai collaboré. Voir
en particulier pour l'affaire des démissions le tome iv paru en 1895.

�VIII

dans celui de Vintimille (i). Il recevait donc de ce fait ur
très notable agrandissement.
Mgr Hachette des Portes, évêque de Glandèves était
mort en ex:l à Bologne en 1798.
I/évêque de Vence, Mgr Pisani de la Gaude, réfugié
en Italie, avait donné sa démission qui fut mentionnée au
Moniteur du 25 novembre 1801.
Le siège de Vintimille était vacant par la mort du dernier titulaire Mgr Dominique-Maria Clavarini, décédé en
cette ville le 1er octobre 1797. Le vicaire capitulaire Antoine
Truchi se démit le 14 juin 1802 de sa juridiction sur la partie
de ce diocèse qui fut incorporée au nouveau diocèse de
Nice (2).
De son côté l'évêque de Nice, Mgr Valperga, retiré à
Turin, dans sa famille, n'avait cessé d'administrer son diocèse par l'intermédiaire de délégués qui furent 'd'abord :
Honoré Navello, chanoine, curé de la Cathédrale, puis le
chanoine Joseph-Ignace Garidelli, du mois de décembre
1792 au mois de janvier 1800, et enfin, Jérôme Rossi qui,
au moment du Concordat, était investi légitimement des pouvoirs de pro-vicaire général.
Mgr Valperga eut assez tard communication officielle
du bref Tarn multa que le cardinal Caprara lui envoya de
(1) Voir Nicœa Civitas de Gioffredo. Prolégomènes chap. xvn,
villes et paroisses du Comté et du diocèse de Nice, et chap. xvin,
autres localités du Comté de Nice comprises dans des diocèses étrangers.
Voir aussi la Relation présentée au Pape Pie VII par Mgr Colonna
sur l'état de son diocèse après sa première visite sous la date du icr
août 1806 dans la Raccolta di decreti, moniti, pastorali, ecc. de Mgr
Colonna publiée par l'Abbé de Villa-Rey, Nice. 1831, tomel p. 75-98.
(2) La démission fut donnée par acte authentique du Chapitre
assemblé le lundi 14 juin 1802 : étaient présents les dignitaires :
Antoine Truchi, prévôt et vicaire capitulaire ; Philippe Viale archidiacre et pénitencier ; Antoine Guglielmi, primicier, et les autres
chanoines. Le bref Tarn multa n'était parvenu à Vintimille que le
8 juin et le Chapitre déféra sans retard au désir du Pape. Antoine
Truchi adressa le jour même la démission à Mgr di Pietro, secrétaire
de la Congrégation des Affaires de France à Rome, et en avisa le Préfe.
des Alpes-Maritimes. Arch. du Vatican et Arch. départ, des A.-Mt
V 18. Voir Rossi, Storia délia Cilta di Ventimiglia, un vol. in-8°,
Oneglia 1888, pages 317-318.

�IX

Paris le 30 novembre 1801 ; mais dès qu'il l'eut reçu, il s'empressa de donner la démission demandée (1) (13 décembre).
Le cardinal Caprara la communiqua à Portalis qui l'a fit
insérer au Moniteur du 3 janvier 1802.

*

* *

-

Par la démission des évêques les diocèses de France
risquaient de rester sans administration. On s'en préoccupa
à Rome, et il fut décidé d'abord que le Cardinal-Légat serait autorisé à maintenir les vicaires généraux en exercice
ou bien à en désigner de nouveaux en cas de besoin (2).
Caprara pensa qu'il valait mieux proroger les pouvoirs
ordinaires donnés par les évêques démissionnaires auxquels,
avec l'agrément du Pape, il conserva l'administration de leurs
diocèses jusqu'à la prise de possession par les évêques concordataires. C'était leur donner une marque de confiance
bien méritée et éviter en même temps de graves difficultés.
Chaque évêque démissionnaire reçut avec le bref pontifical de remercîment (3) une lettre particulière du Légat
l'informant de la mesure adoptée.
(1) La démission de Mgr Valperga est datée de Tur n, 13 décembre 1801. L'original écrit en latin se trouve aux Archives Vaticanes. On y voit que le bref Tarn multa ne fut envoyé à Mgr Valperga
de Paris que le 30 novembre 1801 par le Cardinal-Légat Caprara.
Celui-ci écrivit à Consalvi le 2 janv er 1802 une longue lettre citée
par Boulay de la Meurthe tome iv, pages 528-532 : au cours de cette
lettre le Légat annonce en particulier qu'il est informé authentiquement que les évêques de Meaux et de Châlons-sur-Marne ont envoyé
directement leur démission au Pape et qu'il en a averti le Gouvernement en lui remettant la démission de î'Evêque de Nice dont il envoie ce jour même l'original à Rome en expliquant que si cette démission est un peu tardive c'est que l'Evêque de Nice n'avait pasreçu
plus tôt le bref Tarn multa.
(2) Consalvi a Di Pietro, lettre du 4 octobre 1801. Arch. du
Vatican.
(3) Ce bref Novum et luculentum fut préparé à Rome et toutes
les phrases en furent soigneusement étudiées. Il port la date du 7
novembre 1801 et fut envoyé par Consalvi à Caprara le 11 II fut adressé
successivement à tous les évêques démissionnaires. Il a été très souvent reproduit. Voir Boulay de la Meurthe, op.
cit tome iv,
passim.

�X

Ive 13 décembre 1801, le Légat adressa à tous les vicaires généraux une circulaire pour les engager à conserver
leurs fonctions jusqu'à nouvel ordre (1).
En vertu de cette mesure générale, Jérôme Rossi continua à exercer les pouvoirs précédemment reçus de Mgr
Valperga ; mais sa juridiction ne s'étendait naturellement
que sur l'ancien diocèse de Nice.
Il était cependant nécessaire que les paroisses ajoutées
nouvellement eussent un supérieur ecclésiastique et le Premier
Consul avait posé en principe qu'aucun évêque dont le siège
était à l'étranger rie pouvait exercer sa juridiction sur une partie quelconque du territoire français.
En conséquence, les paroisses détachées du diocèse de
Vintimille durent passer sous la juridiction de Jérôme Rossi
qui se mit d'accord en juin 1802 avec le vicaire capitulaire
Antoine Truchi.
A cette date d'ailleurs, l'évêque concordataire de Nice
était déjà désigné et Rossi, qui était entré immédiatement
en relation avec lui, ne tarda guère à en recevoir les pouvoirs
de vicaire général, ce qui lui donna juridiction sur toute
l'étendue du nouveau diocèse. Une circulaire du préfet,
en date du 14 Thermidor (2 août) en informa officiellement
les sous-préfets et les maires (2) et, le 4 Fructidor suivant
(22 août), Rossi prêta solennellement entre les mains du
Préfet à la Cathédrale, le serment prescrit par les articles
18 et 25 de la loi du 18 Germinal (3).

* *
Les nouveaux évêques nommés par le Premier Consul
furent institués provisoirement par le Cardinal-Légat qui
avait reçu tous les pouvoirs nécessaires. Le Pape se réservait
de ratifier ultérieurement cette institution. Seul, parmi les
60 évêques de la nouvelle organisation, Mgr Colonna d'Istria
(1) Arch. Nationales A F IV 1894; Annales Philosophiques,
t. IV, p 259 et de nombreux ouvrages imprimés depuis.
(2) Arch. départ. M. 17. Circulaire du 14 Thermidor an X (2
août 1802) aux sous-préfets et aux maires.
f P (3) Voir l'arrêté du Préfet du 3 Fructidor an X (21 août 1802)-,
Arch. départem. K 4 f° p. 141.

�XI

qui avait été appelé à l'évêché de Nice par arrêté du Premier
Consul, en date du 19 Germinal an X (9 avril 1802), en même
temps que Mgr Sebastiani délia Porta, oncle du maréchal Sébastiani, était désigné pour l'évêché d'Aj acció (1), fut institué directement par le Souverain Pontife
et préconisé au Consistoire du 24 mai 1802. A cette époque,
Mgr Colonna se trouvait à Rome depuis plusieurs années.
Jean-Baptiste Colonna d'Istria, né à Béchisano, diocèse
d'Ajaccio, en 1758 appartenait à une noble famille de Corse,
apparentée, peut-être, à la famille Bonaparte. Après ses études classiques, il vint à Aix-en-Provence achever le cours de
ses études en théologie. Ce fut dans cette ville que, avec l'autorisation de son évêque, Mgr Benoît-André Doria, il fut
promu au sous-diaconat le 20 décembre 1783, puis au diaconat le 5 juin 1784. Enfin, il reçut l'ordre de la prêtrise au mois
de juin 1785.La même année, il se rendit à Pise où il séjourna
assez longuement, puis à Florence ; enfin au commencement
de 1798 au plus tard, il vint à Rome où il résida durant la
période agitée qui s'écoula depuis l'enlèvement de Pie VI
en juillet 1798 jusqu'à l'entrée dù Pape Pie VII dans cette
capitale au mois de juillet 1800. Il assista ainsi à l'essai,
d'ailleurs très malheureux, que le Directoire fit du régime
jacobin dans la capitale des Papes (2). Il s'y rencontra probablement avec son compatriote le général Cervoni dont
un oncle était alors recteur du Jésu, remplaçant les Jésuites.
Les prêtres corses étaient très nombreux à Rome et il semble
que les meilleurs rapports se soient établis entre eux et les
officiers du corps d'occupation français.
(1) Arch. Nationales A P IV 60. Quatre autres décrets des 8 et 9
avril avaient pourvu 45 évêchés.
Le maréchal Sébastiani (1772-1851) alors colonel de dragons
était en grande faveur auprès de Bonaparte depuis le 18 Brumaire
auquel il avait pris une part active. Il était originaire du village La
Porta d'Ampugnano près de Bastia, et était paraît-il parent de Bonaparte qui appréciait ses grandes aptitudes, car à la fin de 1802, il le
chargea d'une importante mission à la fois politique et militaire
à Constantinople. Mgr Louis Sébastiani délia Porta fut évêque d'Ajaccio jusqu'à sa mort arrivée le 5 mai 1833.
(2) Voir Dufourcq. Le Régime Jacobin en Italie. Etude sur la
République romaine (1798-1799). Paris, Perrin'et Cic 1900,"un vol.
in-8°.

�XII

Mgr Colonna dTstria n'avait occupé aucun poste important ; il était éloigné de la France depuis de longues années et n'y était point rentré, (i) On est amené naturellement
à se demander comment et pour quel motif le choix du Premier Consul se porta sur lui.
Portalis, qui était comme on le sait d'Aix-en-Provence,
avait-il connu et apprécié le jeune prêtre corse ? Fes généraux Cervoni et Sébastiani, ou Masséna l'avaient-ils recommandé ? Fesch, oncle de Bonaparte et Joseph, son frère
qui se disait quelques années après « l'ancien ami » de l'Evêque de Nice, auraient-ils proposé Mgr Colonna au choix
du Premier Consul qui peut-être du reste le connaissait
personnellement ? Autant de questions difficiles à résoudre.
Fes bulles de Mgr Colonna d'Istria furent expédiées
à Rome sans aucun frais (gratis etiam ŷro scripturâ) sous la
date des 24 et 25 mai 1802.Elles furent remises au nouvel
élu (2) qui peu après se rendit à Paris pour prendre les instructions du Cardinal-Légat et celles de Portalis.
Mgr Colonna reçut la consécration épiscopale le 11
juillet 1802, cinquième dimanche après la Pentecôte, dans
l'église des Carmes (actuellement 70, rue de Vaugirard) que
Mme de Soycourt avait rachetée avec le vieux couvent,
témoin des massacres de Septembre, pour y réunir une communauté de Carmélites. Le prélat consécrateur fut Mgr
Antoine-Xavier Maynaud de Pancemont, évêque de Vannes,
assisté de Mgrs Louis Sébastiani délia Porta, évêque d'Ajaccio, et Hilaire-François de Chevigné, évêque de Séez (3).
(1) Dans l'enquête de l'an IX, Arch. Nat. F 19 865, on trouve
une liste des prêtres recommandables envoyée à Chaptal, ministre
de l'Intérieur, par le préfet du Liamone et datée d'Ajaccio le 18
Fructidor an IX (5 septembre 1801 ) ; on y lit : Colonna dTstria,
40 ans, domicile Bechisano (Corse), prêtre qui a émigré pour ne pas
vouloir prêter le serment, il n'est pas encore radié, ni rentré dans le
département.
(2) J'ai vu ces bulles au nombre de 7 dont 5 sur parchemin
et 2 sur papier aux A rchives du Chapitre réunies sous une même bande
avec une copie du décret détachant Nice de la Métropole d'Embrun
et l'unissant à celle d'Aix. La bulle est datée du 3 des Calendes 29
novembre 1801) et le décret de Caprara, de décembre est du 9
avril 1802.
(3) D'après un certificat délivré par Mgr J.-B. du Belloy, arche
vêque de Paris, le 16 juillet 1802. Arch. du Chapitre de Nice.
s

�xm
Le ier Thermidor an X (20 juillet 1802) Portalis avisa
le Préfet des Alpes-Maritimes de la nomination de Mgr
Colonna à l'Evêchè de Nice, en le prévenant que le nouvel
Evêque arriverait bientôt.
CONSEIL D'ETAT
Paris, le Ier Thermidor, an 10 de la République
(20 Juillet 1802)

Le Conseiller d'Etat chargé de toutes les affaires concernant les Cultes,
Au Citoyen Préfet du Département des Alpes-Maritimes
à Nice.

« J'ai l'honneur, Citoyen Préfet, de vous annoncer que
« le Premier Consul a nommé à l'Evêchè de Nice le C.Colonna.
« Il se rendra bientôt dans son diocèse, je l'ai bien
« assuré qu'il recevra de vous le concours le plus efficace
« pour y parvenir à l'exécution de la loi bienfaisante du
« 18 Germinal dernier (8 avril 1802).
« J'ai l'honneur de vous saluer.
« PORTALIS (1) ».
Cette lettre parvint le 13 Thermidor (1er août) à Châteauneuf-Randon qui y répondit le même jour. Dès le lendemain il adressa aux sous-préfets et aux maires du département une circulaire pour les informer de la prochaine
arrivée de l'Evêque et de la désignation de Jérôme Rossi
comme Vicaire Général que tous les prêtres du diocèse devaient désormais reconnaître comme leur seul chef hiérarchique (2).
Le 10 Thermidor an X (29 juillet 1802) Mgr Colonna
avait écrit directement au Préfet :
(1) Arch. départem. série V, liasse 2. Voir Gallois-Montbrun.
Notice administrative sur Mgr Colonna dTstria, évêque de Nice.
Nice, Cauvin 1871, in-12 de 22 p.
(2) Arch. départem. M. 17. Circulaire du 14 Thermidor an X
(2 août 1802) dont la minute est entièrement de la main du Préfet.

�XIV

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Paris, io Thermidor an X.
(29 juillet 1802).
« Citoyen Préfet,
« J'ai appris par lettre du 19 Prairial (8 juin 1802)
du citoyen Rossi, Pro-Vicaire général du diocèse de Nice,
que vous aviez destiné l'ancien Evêché pour mon habitation et que vous alliez dans peu la meubler. J'espère,
en conséquence, le trouver tout prêt, au commencement
du mois prochain, et dès à présent je vous en témoigne
ma plus vive reconnaissance.
« Recevez-la, je vous prie, Citoyen Préfet, comme un
gage de l'amitié que je vous ai déjà vouée, et qui ne saurait
être trop intime pour le bien de la religion et de l'Etat ;
c'est de notre accord que dépend la tranquillité et le bonheur du département ; je le regarde comme un de mes devoirs les plus essentiels, aussi me prêterai-je de toutes mes
forces à tout ce qui peut y contribuer. Veuillons bien le
seconder, citoyen Préfet, cet esprit d'union et de paix,
et nous attirerons les bénédictions du ciel et de la terre.
En attendant je vous prie d'être persuadé de la sincérité
de ces sentiments, tandis que je suis avec la plus parfaite estime.
« Votre très humble et très obéissant serviteur.
« COLONNA D'ISTRIA,
« Evêque de Nice (1). »

Châteauneuf-Randon répondit de suite en assurant
l'évêque de son absolu concours. Cette lettre mérite d'être
citée en entier :
21 Thermidor an X.
(9 août 1802).
Au Citoyen Colonna d'Istria,
Evêque de Nice.
« Ce sera avec bien de l'empressement, Monsieur l'Evê« que, que je concourrai avec vous au bien de votre diocèze...
« il a besoin d'un chef aussi recommandable que vous pour
(1) Arch. départem. série V, liasse r. Cette lettre est entièrement
de la main de Mgr Colonna. Au dos est écrit : Au citoyen Préfet du
Département des Alpes-Maritimes à Nice. C'est la première lettre
échangée entre l'Evêque et le Préfet. Elle établit que Jérôme Rossi

�XV

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«
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«
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diriger vers le véritable but de la religion catholique l'immensse quantité de prêtres dont il est composé... à mon
arrivée ici la pluspart étaient fugitifs ou cachés ou sur des
listes d'émigrés. J'ai pensé qu'il valait mieux leur laisser
la liberté de se montrer et leur donner une surveillance...
Les mesures prises pour la tranquillité publique et l'exécute tion
des lois me répondent que quelque puissent être
« (l'éloignement biffé) la peur que les habitants de ce pays
« ont d'être et de se croire définitivement français elle ne
« sera pas troublée...
« J'ai lieu de compter beaucoup pour l'y maintenir sur
« l'influence véritable, (de la morale évangélique (biffé), je
« suis depuis longtemps convaincu de l'avantage que la motí raie évangélique produit sur les mœurs et les vertus poli« tiques et sociales. Si elle eut toujours été prêchée par ses
« premiers ministres où que les circonstances eussent permis
« qu'elle fut entendu, il y eut eu moins de malheurs depuis
« treize ans... nous sommes enfin parvenu, au milieu de
« tant de vagues et de flots à cet heureux équilibre dont
« les amis de la paix et de l'Etat n'ont jamais désespéré.
« Un grand homme leur manquait, il s'est fait connaître
« et il s'est acquis le droit de la confiance de diriger, de con« cevoir, d'exécuter et de réussir tout ce qui peut assurer
« le bonheur de l'humanité comme il en a l'amour et la véné« ration... Heureux tous les agents du Gouvernement
« d'avoir un tel chef pour modelle, heureux de même les
« chefs de l'Eglise qui sont choisis par lui pour l'exercice du
« culte catholique, c'est un sûr moyen d'être bien accueilli
« par l'opinion publique, car il connaît les hommes.
« Mille fois heureux encore si je méritais, citoyen Evê« que, d'avoir l'occasion de vous prouver mes sentiments
« d'amitié, d'attachement et d'amour intime.
« J'ai donné les ordres les plus précis pour que votre
« maison épiscopale fut préparée mais si vous arrivez dans
« le commencement du mois prochain comme vous me le
« mandez, je crains bien qu'elle ne le soit pas encore parce
t que les acquéreurs qui recèdent ne reçoivent pas plus que moi
était entré en relations avec le nouvel Evêque peu après sa nomination et son arrivée à Paris.

�XVI

« réponse des ministres des Finances et de l'Intérieur sur la
« solution de cette litige... En attendant j'aurai le plaisir
« et l'avantage de vous loger et de vous recevoir.
« Si vous avez la facilité de voir les ministres de l'Inté« rieur et des Finances, je vous invite à leur rappeller mes
« demandes à cet égard (i). »
Une question importante préoccupait ChâteauneufRandon : c'était celle du logement de l'Evêque et il prévoyait
déjà, qu'en raison des multiples difficultés soulevées par le
Directeur des Domaines, rien ne serait prêt à temps.
* *
Fa ville de Nice devenant le siège d'un Evêché concordataire, le Gouvernement ordonna sans retard d'y préparer
une Cathédrale et un logement pour l'Evêque. Ce fut l'objet
d'une lettre de Godin, ministre des Finances, en date du
22 Germinal an X (12 avril 1802) et d'une autre lettre de
Chaptal, ministre de l'Intérieur, en date du 24 du même
mois (14 avril) adressées toutes les deux au Préfet pour le
charger de prendre au plus tôt les dispositions nécessaires.
Fa question de la Cathédrale ne présentait aucune difficulté. F'Eglise Sainte-Réparate qui servait de Cathédrale
avant 1793 avait peu souffert durant la Révolution. Elle
n'avait été enlevée au Culte que du mois de juillet 1794
au mois d'avril 1795. Depuis lors, les catholiques niçois
y avaient fait d'importantes réparations (2). Elle se trouvait donc tout indiquée pour servir de Métropole.
Il y manquait cependant les cloches qui avaient disparu
pendant la tourmente révolutionnaire ; les grandes orgues
avaient été démontées, les vases sacrés les plus précieux
avaient été enlevés. Sur ces entrefaites, on découvrit fort à
propos des cloches et des vases cachés dans le couvent de
Cimiez et on se souvint que les tuyaux des grandes orgues
avaient été déposés chez Grinda, facteur d'orgues, à Nice.
(1) Arch. départem. Série V, liasse r. Je donne cette lettre d'après
la minute entièrement de la main de Châteauneuf-Randon, sur une
demi-feuille écrite des deux côtés avec beaucoup de ratures et de
surcharges qui en rendent la lecture assez difficile.
(2) Voir aux Arch. municip. Bonifassi, volume B.

�XVII

Le Préfet prit divers arrêtés (i) pour faire remonter au moins
une cloche dans la tour de Sainte-Réparate et restituer les vases
sacrés. Honoré Grinda reçut en même temps l'ordre de rapporter les tuyaux. Le Préfet prescrivit de préparer le trône
de l'Evêque dans le Sanctuaire de la Cathédrale et de disposer
vis-à-vis un emplacement pour le Préfet, le Général-Commandant le département et le Président du Tribunal criminel.
Le maire de Nice Défly fut chargé par*le Préfet de l'exécution de ces diverses mesures et le 23 Messidor (12 juillet),
le Commissaire de police Jean Dives reçut de lui le billet
suivant :
« Je vous fais passer ci-joint, citoyen commissaire,
« l'original d'un arrêté du Préfet du département en date
« du 21 du courant, relatif à des effets d'argenterie destinés
« à la Métropole, et à la descente d'une des cloches de Cimiés
« que je vous charge de mettre de suitte à exécution, et faire
« transporter le tout à Sainte-Réparate. Si vous le croyez
« nécessaire, vous pouvez réclamer la force armée, vous
« aurez soin de m'instruire du résultat de cette opération. «
Ce fut en vain que le Directeur des Domaines réclama
les vases sacrés trouvés à Cimiez pour les envoyer à la Monnaie de Paris. Châteauneuf-Randon trouva avec raison
que Mainssonnat était mal fondé dans ses exigences (2).
Les Administrateurs de l'Eglise métropolitaine, Pauliani et
Masseglia, prieurs de la Confrérie du Corpus Domini furent
engagés par le maire le 16 Fructidor (3 septembre), à donner
connaissance à Grinda de l'arrêté du Préfet du 11 de ce mois
(29 août) afin que le grand orgue de la Cathédrale fut réparé
au plus tôt (3).
(1) Arch. départent., registre K 4. Arrêté du 21 Messidor (10
juillet) soumis à l'approbation ministérielle par lettre du 2 Thermidor
an X (21 juillet 1802) qui en donne les raisons et expose les réclamations mal fondées de Mainssonnat. Voir l'arrêté du ri Fructidor
(29 août) même registre.
(2) Voir une lettre de Mainssonnat à Châteauneuf-Randon
26 Messidor an X (15 juillet 1802). Arch. départent. M 18.
Voir aussi une lettre du Maire à Jérôme Rossi 23 Messidor (12
juillet) l'invitant à prendre des mesures pour que la cloche soit installée dans la tour pour la fête du 14 Juillet.
(3) Arch. municipales. Registre de la Correspondance du Maire,
an X. Tettre du 16 Fructidor (3 septembre).
4

�xvin
Grinda, que l'Administration départementale avait
chargé de rassembler les tuyaux d'orgues des différentes
églises de Nice, les avaient enmagasinés chez lui ; mais
comme il n'avait point été payé de son travail, il refusa de
les rendre aux administrateurs de Sainte-Réparate avant
d'avoit été indemnisé de ses peines et obtenu le remboursement «des avances qu'il a faites pour le transportera garde»...
Il réclamait en conséquence 3.785 francs en assignats.
Châteauneuf-Randon fut obligé, 13 Frimaire an XI,
de lui intimer l'ordre formel de les restituer, en lui promettant
une juste indemnité. Fes tuyaux furent remis aux Administrateurs de la Cathédrale, mais il fut impossible, de réparer l'instrument dont les jeux se trouvèrent dépareillés.
Il fallut faire d'assez grands frais pour acquérir des orgues
nouvelles qui furent inaugurées seulement eu 1805. (1)
Fe trône de l'Evêque fut décoré sommairement ; quant
aux places réservées pour le Préfet, le Général et le Président
elles n'étaient pas encore entourées de la balustrade demandée
à la date du 6 Frimaire an XI (27 novembre 1802) d'après
une lettre du Préfet au Maire (2).
* *
Châteauneuf-Randon aurait voulu que toutes les mesures qu'il croyait devoir prescrire fussent exécutées avec célérité, mais d'une part le maire Défly, dont les dispositions
bienveillantes ne sont point douteuses, était sans cesse arrêté par le manque d'argent dans la caisse municipale ;
d'autre part on se heurta continuellement à l'obstruction
systématique du directeur des Domaines Mainssonnat, pro(1) Arch. départem. M 17. Lettre du Préfet aux Administrateurs
de Sainte-Réparate 2 Fructidor an X (20 août 1802) qui avaient réclamé les tuyaux déposés chez Grinda ; ibid. M 25 autre lettre du
Préfet aux mêmes 19 Frimaire an XI (10 décembre 1802) leur annonçant l'ordre donné à Grinda et lui demandant d'examiner le compte
présenté par lui ; ibid, M 23, lettre du Préfet à Grinda, 13 frimaire
an XI (4 décembre 1802) ; Relation présentée au Pape par Mgr Colonna le IER août 1806 après la première visite de son diocèse,
VIIJ.AREY, Raccolta di decreti, moniti; ecc. Nice 1831, tome 1 p. 77.
(2) Arch. municip. Lettre du Préfet au Maire, 6 Frimaire an XL
vclume 7.

�XIX

bablement un des membres de la Loge maçonnique (i)
établie depuis peu avec l'autorisation de l'ex-maire Pauliani
prédécesseur de Défly.
L'opposition de ce fonctionnaire méticuleux et formaliste
dont le préfet ne cesse de se plaindre dans sa correspondance
avec les ministres, se manifesta surtout à propos du logement de l'évêque. L'ancien Evêché, situé tout auprès de
l'église Sainte-Réparate, avait été occupé d'abord par les
deux administrations provisoires à partir des premiers
jours d'octobre 1792 puis par le département.
Vers le milieu de l'an IV (juin-juillet 1796) l'administration centrale du Département voulut s'installer avec
les autres autorités dans l'ancien palais du Gouvernement
(la Préfecture actuelle) alors transformé en Hôpital militaire. A la suite de cette décision, l'Evêchè devenant disponible fut mis en vente comme bien national, conformément
à la loi du 28 Ventôse an IV (18 Mars 1796). L'ensemble de
l'immeuble fut divisé en 3 lots, dont le principal, comprenant
les appartements de l'Evêque, fut soumissionné le 6 Messidor an IV (24 juin 1796) par Pierre Mages, négociant, origi(1) Il est un fait avéré, c'est que la plupart des Sociétés populaires n'étaient autre chose que des loges maçonniques démocratisées
et semblant opérer au grand jour. A la dissolution des Clubs, les loges
mises en sommeil se rouvrirent peu à peu sous le Directoire et le
Consulat. Les Jacobins non encore ralliés à Bonaparte s'y réunissaient.
Il en fut à Nice comme ailleurs et la Loge en 1802 comptait, paraît-il,
un assez grand nombre de membres quoi qu'il soit impossible
de rien préciser en raison du mystère dont s'entourent ces associations. Le général Pierre Garnier en était le Vénérable.
Voir TOSEIAI, Précis Historique de Nice, 2MC partie, tome IL
p. 366 et le Sommario de BONIFASSI aux Arch. municip.
Le Préfet Florens demanda au Maire Paulian des renseignements
sur la loge de Nice, le 19 Frimaire et le 10 Nivôse an X (10 et 31 décembre 1801) mais celui-ci semble n'avoir pas répondu. Arch. municip.
Correspondance du Préfet, volume VI. Après le départ de Florens,
Châteauneuf-Randon rencontra une opposition plus ou moins ouverte dans cette loge composée de fonctionnaires des Contributions
et des Domaines, ainsi qu'il l'écrivait à Coulomb, secrétaire général
du Ministère de l'Intérieur, le 12 Vendémiaire an XI (4 octobre 1802).
Arch. nationales Fie m.3 Alpes-Maritimes. Correspondance. Dans
les années qui suivirent le Préfet Du Bouchage réussit à annihiler
l'influence de cette loge dont l'opposition au Gouvenieme-it ne dura
pas longtemps.

�XX

naire d'Agde, fixé depuis longtemps à Nice où il était membre du Conseil municipal. Les experts, Pierre Caries, maîtremaçon, pour le soumissionnaire, et Pierre Camous pour le
département, évaluèrent ce lot à la somme de 13.500 fr.,
calculée d'après la loi, à 18 fois le revenu montant à 750 fr.
Le 25 Fructidor an IV (11 septembre 1796) le Département passa acte de vente de ce lot à Pierre Mages pour la
dite somme de 13.500 francs qui fut versée en mandats
territoriaux ou promesses de mandats. F'acquéreur paya
en outre un demi pour cent sur le principal de la vente, soit
67 fr. 50 ; les droits d'enregistrement de l'expertise, 8 francs
versés le 14 Fructidor (31 août) et ceux de la vente, 135 fr.
en numéraire et 405 francs en papier-monnaie versés le 2
vendémiaire an V (23 septembre 1796). Fe prix total s'élevait donc à 13.980 fr. 50 en papier-monnaie et 135 francs
en numéraire.
Pierre Mages jouissait du revenu de ce lot à dater du
21 Messidor an IV (9 juillet 1796) et le Département se réservait le droit d'occuper encore l'Evêchè moyennant paiement d'un loyer jusqu'au cours de l'an VI (1).
Fe deuxième et le troisième lot comprenant des boutiques et des appartements loués à divers particuliers : la veuve
Thaoïi, les frères Caisson et autres, avaient été soumissionnés le 27 Prairial (15 juin) l'un par Joseph Autheman, l'autre
par Joseph Payany, administrateur du Département.
Dans le mois qui suivit, Autheman et Payany cédèrent
leurs soumissions à André Gastaud, commissaire du Directoire exécutif près le département, par acte reçu Daydery,
notaire.
Fes deux lots furent évalués par les experts ci-dessus
désignés, le 30 Messidor an IV (18 Juillet 1796) ; à savoir
le 2me à 8.100 francs soit 18 fois son revenu estimé à 450 fr.;
le 3me à 6.300 francs soit 18 fois son revenu estimé à 350 fr.
Le 16 Thermidor (3 août), le Département passa acte
de vente à André Gastaud pour ces deux lots, au prix d'esti(1) Cet acte de vente est aux Arch. départent. Série Q, volume
79, f° 89 et suivants sous le n° 222. Il est signé par Pierre Mages et
par Hancy, Imberti, Mougius, Payany fils, Scudéri, administrateurs
du Département ; Gastaud, commissaire du Directoire exécutif, et
M. A. Rey, secrétaire.

�XXI

mation à charge de payer les frais et les droits d'enregistrement et un demi pour cent sur le principal du prix de la vente.
L'enregistrement fut payé le 16 Thermidor (3 août) : pour le
2me lot, 324 francs et pour le 3me lot, 252 francs.
André Gastaud devait entrer en jouissance à partir
du 15 Messidor (3 juillet) de ces deux lots dont le prix global
14.400 francs avait été versé en mandats territoriaux ou
promesses de' mandats, entre le 27 Prairial (15 juin) et le
8 Thermidor (26 juillet). En ajoutant les droits d'enregistrement, 576 francs, on arrive à la somme de 14.976 fr. (1).
Or, à l'époque de ces ventes, les mandats territoriaux
étaient absolument dépréciés : ils avaient perdu au moins
90 % de leur valeur nominale (2).
Il en résulte que le Ier lot vendu à Pierre Mages avait été
soldé par du papier représentant moins de 1.400 francs
en numéraire, et que les deux autres avaient été soldés par
Gastaud en papier représentant moins de 1.500 francs en
numéraire.
En l'an X, Amand Spréafico, négociant lyonnais,
venu depuis peu à Nice où il fut receveur du District, était
co-propriétaire de l'Evêchè ; soit qu'il eût acheté les lots
acquis par André Gastaud, soit que Pierre Mages lui eût
cédé une partie de son lot.
* *
De Préfet ne trouva dans la ville que deux maisons
pouvant servir au logement de l'Evêque. La première était
rue des Juifs, actuellement rue Benoît-Bunico, et je crois
que c'était le palais Lascaris dont la façade Ouest donne
dans cette rue ; mais ce local lui parut peu convenable,
sans doute, à cause du voisinage presque immédiat de la
synagogue.
(1) Ces deux actes de vente sont aux Arch. départem. Série Q
volume 75, fo in et suivants sous les nor 25 et 26. Ils sont signés
par l'acquéreur André Gastaud, par les Administrateurs et Secrétaire
du département et par Hancy qui était commissaire du Directoire
exécutif en remplacement.
(2) Consulter le Tableau de dépréciation du papier-monnaie
dressé par le département des Alpes-Maritimes le 18 Thermidor
an V (5 août 1797) dont un exemplaire imprimé se trouve aux Archives
du Palàis de Monaco.

�XXTI

La seconde était l'ancienne maison épiscopale aliénée
qui réunissait toutes les conditions désirables. ChâteauneufRandon chercha donc à rentrer en possession du vieil Evêché,
et comme il n'avait pas d'argent disponible, il fit proposer
à Mages et à Spréafico de l'échanger contre d'autres propriétés nationales de valeur équivalente et à leur choix. La
proposition fut bien accueillie et les acquéreurs désignèrent
un certain nombre de biens nationaux qu'ils désiraient en
échange. Parmi ces biens se trouvait une terre située au quartier de Riquier alors affermée à Etienne Gastaud et qui dépendait de la succession de Jean-Paul-Augustin Lascaris,
inscrit sur la liste des émigrés et non radié. Cette terre était
précisément celle où s'élevait le Monastère des Religieuses
Cisterciennes avant leur transfert dans l'enceinte de la ville
au XVe siècle. Elle avait depuis appartenu à la noble famille
des Riquiéri dont avait hérité les Lascaris, et, avant 1792,
cette terre payait un cens annuel au Chapitre de Nice.
Elle ne put être cédée à Pierre Mages car un arrêté
du Préfet en date du 25 Germinal an X (15 avril 1802) en
avait affecté une partie à l'établissement d'une pépinière
départementale (1).
Par un arrêté du 10 Floréal an X (30 avril 1802) le Préfet
décida que vSainte-Réparate serait Eglise métropolitaine et
que les propositions d'échange de Pierre Mages pour l'Evêchè
seraient acceptées en principe (2). Fe 14 Floréal (4 mai)
il avisa simultanément de sa détermination les Ministres
de l'Intérieur et des Finances, en priant ce dernier de l'autoriser à conclure l'échange (3).
(1) Arch. départem. K 4 f° 60. L'arrêté créant la pépinière ne
fut point exécuté de suite et le 27 Frimaire an XI (18 décembre 1802)
Châteauneuf-Randon en adressa une ampliatiou à Boulay conseiller
d'Etat (ayant le Département des Domaines nationaux) pour en
obtenir l'approbation, Ibid. M. 24:
Rien n'était fait encore plusieurs mois après, et le Préfet Du
Bouchage prit le 19 Fructidor an XI (6 septembre 1803) un arrêté
désignant un des jardins ^dépendant de l'école Centrale supprimée
pour établir cette pépinière. Le 20 Fructidor, le Préfet demandait
approbation de cet arrêté qui reproduisait les dispositions d'un arrêté précédent de Châteauneuf-Randon, sous la date du 13 Floréal
an XI (3 mai 1803). Ibid. M 24.
(2) Arch. départem. K 4 f° 54. Arrêté du 10 Floréal an X.
(3) .Arch.\départem. Série V, liasse 1. Lettres du 14 Floréal an X.

�XXIII

L'arrêté du 10 Floréal fut transmis de suite à Pierre
Mages et à Mainssonnat, directeur des Domaines, avec prière
de désigner des experts pour l'estimation de l'Evêchè et des
propriétés susceptibles d'être échangées.
Mainssonnat fit des difficultés et par deux fois les 19
et 20 Floréal, il représenta au Préfet qu'il n'y avait pas lieu
à nomination d'experts et que l'on ne pouvait actuellement
disposer des biens séquestrés de Jean-Paul-Augustin Fascaris.
Fe Préfet dut user de toute son autorité pour faire nommer
les experts (1). Finalement le 29 Prairial (18 juin) un rapport
estimatif de l'Evêchè et de divers biens nationaux proposés
en échange fut dressé par Scoffier et Caldelary, experts des
Domaines, et par Roux, expert de Pierre Mages.
F'Evêché était estimé 25.000 francs et la terre de Riquier provenant des Fascaris 36.000 ; elle ne pouvait donc
être l'objet d'un échange. Six autres parcelles indiquées
subsidiairement par Mages et Spréafico furent estimées en
totalité 25.000 francs ; ce furent elles que le Préfet proposa
par son arrêté du 1er Messidor (20 juin) (2) pour un échange
qui deviendrait définitif après avoir été approuvé, dans les
six mois, par les ministres de l'Intérieur et des Finances.
En attendant, l'Evêchè serait remis entre les mains du maire
qui en ferait dresser procès-verbal et inventaire, puis établirait le devis des réparations locatives qui serait soumis au
Préfet et exécuté sous la surveillance du maire « sur les
« fonds communaux, sauf décision ultérieure, sur la réparti« tion des dites dépenses au compte de la commune ou à
« celui du Département. » Si l'échange n'était pas encore
autorisé au bout de 3 ou de 6 mois, Mages et Spréafico rece(1) Arch. départem. M 14. Lettre du 10 Floréal an X à Pierre
Mages ; autre du même jour à Mainssonnat ; M 20. Lettre du 21
Floréal à Mainssonnat. Voir surtout deux lettres du 7 Prairial an X
(27 mai) aux Ministres de l'Intérieur et des Finances dans lesquelles
le Préfet se plaint vivement des agissements de Mainssonnat dont
il réclame de nouveau le changement. Série V, liasse 1.
Voir encore Arch. départem. M 20, la réponse de Chaptal 2 Messidor (21 juin) qui a transmis au Ministre des Finances les plaintes
du Préfet.
(2) Arck. départem. K 4, f° 103 Arrêté du ier Messidor an X
(20 juin 1802).

�XXIV

vraient sur la caisse communale comme indemnité de location le prix des baux des parcelles échangées.
Cet arrêté fut transmis aux Ministres et au Directeur
des Domaines. Le 14 Messidor (3 juillet) le Préfet le notifia
à Mages et à Spréafico en les invitant à se concerter avec
« le maire de Nice pour la prompte évacuation de la maison
« de l'Evêchè afin qu'on puisse procéder sur le champ aux
« réparations dont elle est susceptible. » (1).
Le même jour, cet arrêté fut communiqué au Maire
de Nice. « Je vous invite, écrivait le Préfet, à prendre surit le-champ les mesures convenables pour l'exécution des
« dispositions que j'ai ordonnées et à me tenir régulièrement
« informé du succès de vos démarches et du progrès des
« réparations. »
Defly en accusant réception de cet arrêté au Préfet
le 20 Messidor (9 juillet) lui représentait qu'il était de toute
impossibilité que la caisse communale fît les avances du montant des réparations, car elle était presque vide et il aurait
même peine à solder les dépenses du dernier trimestre de l'année courante. Il priait donc le Préfet de s'adresser au Conseil
Général qui, étant autorisé à procurer à l'Evêque un logement convenable, trouverait peut-être le moyen de couvrir
cette dépense (2). Néanmoins, dès le lendemain 21 Messidor
le Préfet prescrivit à Defly de faire faire un devis estimatif
des réparations et de les mettre en adjudication.
Le 28 Messidor (17 juillet) Défly demanda par lettre
à Mages et à Spréafico de vouloir bien prendre des mesures
pour que la maison proposée par eux en échange et acceptée
par le Préfet (arrêté du 1er Messidor) fut mise à sa disposition, afin qu'il put faire procéder à ce devis (3). Le 30 Messidor (19 juillet) Défly transmit au Préfet la réponse qu'il
(1) Arch. départem. M. 20. Lettres du 14 Messidor an X (3
juillet 1802) à Mages et Spréafico et au Maire de Nice. Cette dernière
se trouve également Arch. municip. Correspondance du Préfet an X
tome vi.
(2) Arch. municip. Correspondance du Maire, 20 Messidor (9
Juillet).
(3) Arch. municip. Correspondance du Maire an X. Lettre du
28 Messidor (17 juillet).

�XXV

avait reçue de Sasserno représentant Mages et Spreafico
absents (i).
Trois semaines se passèrent sans que ceux-ci dont l'absence devait durer seulement quelques jours eussent donné
une réponse ; aussi le maire ayant appris le retour de Mages
lui adressa-t-il, le 21 Thermidor (9 août) une lettre pressante
de rappel, afin d'obtenir la remise de l'Evêché pour qu'il
put se conformer aux instructions du Préfet (2).
Châteauneuf-Randon s'impatientait et ce jour (21
Thermidor) il demandait au maire, quel était le résultat de
ses démarches pour les réparations de l'Evêché et son ameublement. Défly lui répondit immédiatement qu'il venait de
renouveler ses démarches auprès de Mages et qu'il enverrait
la réponse trop longtemps attendue. En terminant sa lettre,
il ajoutait que malgré ses recherches il n'avait pu découvrir
aucun moyen pour se procurer les fonds nécessaires pour les
réparations et surtout pour l'ameublement (3).
Cette lettre du maire (21 Thermidor) contraria vivement le Préfet : il ne comprenait rien à tous ces retards,
aussi en y répondant le 25 Thermidor (13 août) s'en plaignitil amèrement, tout en exprimant l'espoir que la réponse
de Mages ne pouvait être contraire à la parole qu'il avait
solennellement donnée ; qu'elle serait enfin parvenue et que
le maire, ayant l'Evêché à sa disposition, lui apprendrait
incessamment le commencement des travaux pour les réparations et pour l'ameublement de la maison de l'Evêque
qui devait arriver vers le milieu du mois prochain. Defly le
savait déjà par la Circulaire préfectorale du 14 .Thermidor.
« Quant aux fonds, concluait le Préfet, je prends des moyens
« pour vous en procurer, et je n'attends pour les mettre
« à votre disposition que l'envoi du devis estimatif que je
« vous prie de m'adresser dans les 24 heures. » (4).
(1) Arch. municip. Correspondance du Maire. Lettre du 30 Mes
sidor an X (19 juillet 1802). La lettre de Sasserno manque.
(2) Arch.. municip. Correspondance du Maire. Lettre du 21 Thermidor (g août) à Mages et Spreafico.
(3) Arch. municip. Correspondance du Maire. Lettres du 21
Thermidor à Pierre Mages et au Préfet. Je n'ai pas trouvé les lettres
du Préfet au Maire du 21 Messidor et du 21 Thermidor.
(4) Lettre du Préfet au Maire 25 Thermidor (13 août) Arch,
dêpartem. M 20,

�XXVI

Le jour même où le Préfet écrivait cette lettre, Pierre
Mages rédigeait sa réponse qu'il data du 25 Thermidor,
mais qui ne fut remise au Maire que deux jours après, le
dimanche, 27 Thermidor (15 août). Klle était loin d'être ce
qu'avait pensé le Préfet. En effet, Mages, au lieu de consentir
à la remise immédiate de l'Evêché, atermoyait encore sous
prétexte que ses intérêts seraient compromis, au cas possible
que le Gouvernement refusât de ratifier l'échange proposé.
Défly envoya copie de cette étrange réponse au Préfet,
le 28 Thermidor (16 août), en lui demandant de nouvelles
instructions (1).
Mages n'obéissait-il pas aux suggestions de Mainssonnat toujours disposé à créer des embarras au Préfet et à
entraver son action ?
Quoi qu'il en soit, Châteauneuf-Randon, qui avait
reçu aussi de Pierre Mages une lettre du même jour et conçue
dans le même sens, lui répondit sous la date du 30 Thermidor
(18 août) en lui marquant son étonnement et son mécontentement de la défiance injustifiée qu'il semblait avoir,vis-à-vis
du Gouvernement et de son représentant (2).
Il prévint en même temps le Maire qu'il venait de répondre à Pierre Mages : « Je viens, dit-il, de lui faire sentir
« combien peu ses observations sont fondées et combien
« peu le Gouvernement devait s'attendre aux empêchements
« qu'il met à ce que le logement de l'Evêque soit prompte« ment assuré. J'aime à croire qu'il ne persistera pas dans
« ses délais et qu'il vous fera de suite la rémission de l'Evê« ché ; j'espère en recevoir promptement l'assurance de votre
« part. » (3).
Te 6 Eructidor (24 août) Défly en envoyant copie de
cette lettre à Pierre Mages lui écrivait : « Je vous invite
« à vouloir bien me faire part de votre dernière déterminait tion, pour que je puisse en référer à l'autoiité supérieure.» (4)
(1) Arch.. municip. Correspondance du maire. Lettre du 28
Thermidor au Préfet.
(2) Arch. départem. M 20 Lettre du 30 Thermidor entièrement
de la main de Châteauneuf-Randon.
(3) Arch. départem. M 20 et Arch. municip. Correspondance
du Préfet an X tome 6. Lettre du préfet au maire (30 Thermidor).
(4) Arch. municip. Correspondance du maire. Lettre à Pierre
Mages, 6 Fructidor.

�XXVII

■ Les instances du Maire et du Préfet ne réussirent point
à triompher des hésitations de Pierre Mages qui refusait
toujours de remettre l'Evêché avant que le Gouvernement
ou le Corps législatif n'eut approuvé l'arrêté du Ier Messidor.
Il eut fallu attendre longtemps encore, et tous les efforts pour
préparer un logement à l'Evêque eussent été rendus inutiles
par ces exigences intempestives : c'était le désir inavoué
de Mainssonnat que Châteauneuf-Randon connaissait bien.
Force fut donc de chercher une autre combinaison :
le Préfet résolut de traiter cette fois directement avec les
acquéreurs et à cette fin, par arrêté du 14 Fructidor
(ier septembre) il désigna deux commissaires, Tiranti et
Daidery, chargés de terminer la rétrocession de l'Evêché
déjà évacué par un des propriétaires et la plupart des locataires. (1) Les commissaires devaient faire valoir qu'il n'y avait
aucune raison de douter de l'approbation du Gouvernement ;
insister pour obtenir de suite une location, soit au nom de
la commune, soit à celui du Préfet, et enfin demander, moyennant une juste indemnité, le départ immédiat des petits
locataires qui occupaient encore une partie de l'immeuble.
Pierre Mages consentit finalement à louer provisoirement l'Evêché, non pas à la commune ni au Préfet comme
représentant de l'Etat, mais à Châteauneuf-Randon comme
simple particulier, jusqu'à ce que fut intervenue la décision
du Gouvernement. Telle fut la conclusion des négociations
entre Pierre Mages et les deux commissaires. ChâteauneufRandon pour en finir accepta ces conditions draconiennes
et se hâta de faire dresser en double original l'acte de bail
en son nom personnel ; puis en qualité de Préfet, il prit un
arrêté pour l'approuver. La location était pour un an, à dater
du 8 Vendémiaire an XI (30 septembre 1802), au prix exagéré
de douze cents francs en numéraire, et, pour entrer immédiadiatement en jouissance, le Préfet versa le jour même trois
cents francs (également en numéraire) à Pierre Mages qui
s'engagea,à faire évacuer promptement le local et à permettre
de commencer aussitôt les réparations locatives. Dès que le
gouvernement aurait donné son approbation à l'arrêté du
Messidor, l'échange devenant définitif, la location ces(2) Arch. départem.

K 4 f°

238.

Arrêté du 14 Fructidor.

�xxvrn
serait de plein droit, et Châteauneuf-Randon ne serait tenu
à payer que le temps écoulé jusqu'à l'entrée en jouissance
par Pierre Mages et Amand Spréafico des biens cédés en
échange (i).
Il fallut quelques jours encore pour faire évacuer l'évêché et le remettre au Préfet. C'était chose faite le 23 Fructidor (10 septembre). Ce jour-là, le Préfet en envoya les clefs
au maire et le pressa de s'occuper activement des réparations
et de l'ameublement. « Je vous ai donné, ajoutait-il, l'exem« pie de l'activité, du zèle et. même du sacrifice, j'aime à
« croire que vous justifierez l'opinion où je suis que vous
« me seconderez avec la plus grande promptitude. » (2).
Il était grand temps, en effet, de terminei cette affaire,
car Mgr Colonna était arrivé à Nice, et n'ayant point de logement à lui offrir, le Préfet lui avait donné l'hospitalité dans
son hôtel.
*
* *
Le samedi 4 septembre 1802 (17 Fructidor an X) Mgr
Colonna débarqua au port de Lympia venant de Marseille
sur une felouque. Le Préfet, qui seul avait été prévenu, envoya au-devant du prélat sa voiture et un détachement de
gendarmes. Deux prêtres, se promenant par hasard, dans
le voisinage, MM. Domihique Fianson et Honoré Faissola,
se présentèrent à l'Evêque et l'accompagnèrent jusqu'à la
Préfecture. Cette escorte de deux prêtres et de gendarmes
provoqua quelques plaisanteries, au témoignage de Bonifassi (3).
(1) Voir les deux arrêtés du Préfet en date du 14 Fructidor
er
an X (i septembre 1802) et la copie du bail enregistré à la suite.
Arch, départem. K 4 f° 239.
(2) Arch. départem. M 20, lettre du préfet au maire, 23 Fructidor.
(3) On lit dans ses manuscrits sous la date du 4 sept. 1802
N° 2712. Monsignor Colonna nuovo Vescovo, si e inaspettatamente
sbarcato al porto di Limpia, ed è stato incontrato dalla carrozza del
Prejetto, e da un distaccamento di gendarmi. mss.
N° 2713. I preti Fianson e Faissolla a caso trovandosi al porto
T
si sono presentati da M Voscovo e l'hanno accompagnato sino al pallazzo del Prefetto. mss. autent.
N° 2714. Questa comitiva dei preti coi gendarmi accompagnante
rl
il Vescovo ha forniio un poco a ridere ed a motteggiare. Osserv. pert .

�XXIX

Il est certain que cette arrivée ne rappelait que de trè
loin l'entrée solennelle que vingt-deux ans auparavant (12
octobre 1780), Mgr Valperga avait faite dans sa ville épiscopale ; niais les temps étaient changés.
Châteauneuf-Randon accueillit Mgr Colonna avec la
plus grande courtoisie et mit à sa disposition le second étage
de la maison Saint-Pierre, actuellement 8, rue Saint-François-de-Paule, qui servait alors de Préfecture (1). Le jour
même, (17 Fructidor) il prévint toutes les autorités et les
invita à venir faire visite au nouvel Evêque, l'intention du
Gouvernement étant que ces diverses autorités eussent
pour le Prélat les égards dus à la dignité dont il était revêtu.
Cette visite eut lieu le lendemain. 5 septembre. Le jour suivant (lundi 6), Mgr Colonna reçut le Clergé présenté par le
vicaire-général Rossi qui prononça une courte allocution (2).
Arch. municip. BONIFASSI, volume B fol. 86 verso.
TosEiJU dans son Précis Historique de Nice, 2me partie, tome 2,
p. 365, et l'abbé de VIIAAREY dans la Série Cronològica dei Vescovi
di Nizza (citée par Toselli) racontent l'arrivée de Mgr Colonna sans
ajouter aucun détail spécial.
TISSERAND, Histoire de la Révolution française dans les AlpesMaritimes, in-8° Nice. 1878, chap. VI, p. 318-319, raconte brièvement
l'installation de Mgr Colonna qu'il fixe à tort au 4 septembre qui est
seulement le jour de son arrivée.
(1) Le 30 Prairial an X (19 juin 1802) Châteauneuf-Randdu
avait loué d'Honoré Vincent Galli, administrateur de l'hoirie de feu
Paul de Saint-Pierre cette maison eu entier au prix annuel de 3.000
francs. Mainssonnat qui en occupait une partie pour le loyer annuel
de 1.000 francs se refusa à l'abandonner, ce dont le Préfet se montra
fort contrarié comme il ressort de ses lettres au Ministre de l'Intérieur, du 7 Thermidor (26 juillet) et du 17 Fructidor (4 septembre
1802).
Voir Arch. départem. M 20. Le Ministre de l'Intérieur au Préfet,
3™e Complémentaire an X (20 septembre) et M 24. Une autorisation
du Préfet sous la date du 3 Nivôse an XI (24 décembre 1802) pour
exiger de Mainssonnat deux trimestres de son loyer, soit 500 francs.
(2) Arch. départem. M 17. Lettres du Préfet aux autorités civiles, militaires,- judiciaires et administratives, 17 Fructidor an X
(4 septembre 1802).
Arch. municip. Notes de Bonifassi,volume B, f° 87 : 5 septembre
n° 2715. // Prejetto con tutte le autorita sono stati a far visita di cerimònia a Monsignor Vescovo. Ann".
6 septembre, n° 2717. Monsignor Colonna ha ricevulo la visita
del Clero, ed il Vicario lo ha complimentato con un bel discorsino.

�XXX

Les. dernières dispositions furent prises pour l'installation
solennelle de Mgr Colonna, fixée au 25 Fructidor (12 septembre 1802, jour de dimanche). Châteauneuf-Randon voulut
donner à cette cérémonie le plus grand éclat, sans doute
d'après les instructions du Gouvernement, et, l'arrêté préfectoral du 22 Fructidor (9 septembre) eu régla minutieusement tous les détails, sauf ce qui regardait la partie exclusivement religieuse. Cet arrêté fut imprimé, adressé à tous
les fonctionnaires, affiché et envoyé dans les communes du
département, comme avis de l'arrivée et de l'installation
de l'évêque concordataire. Il fut communiqué à Mgr Colonna
le 24 Fructidor (11 septembre) avec l'arrêté précédent du
11 (29 août), relatif « à l'embellissement du siège épiscopal
« et à la désignation de la place du Préfet dans le sanc« tuaire de Sainte-Réparate. (1) » Le Maire de Nice était
chargé, article XVII, de donner tous les ordres nécessai
res pour l'exécution de l'arrêté du 22 Fructidor et de se
concerter « avec les administrateurs des églises, le vicaire« général et les desservants des paroisses pour tout ce qui
« les concerne respectivement, tant pour le concours ad« ministratif qui peut être utile aux cérémonies religieuses
« ordonnées, que pour la sonnerie des cloches, la délivrance
« et l'emploi des poudres à la Garde Nationale et la disposi
«c tion de la Cathédrale et des places destinés aux diver
*c ses autoritées. »

(1) Voir deux lettres du Préfet à Mgr Colonna du 24 Fructidor
(11 septembre). Arch. départem. M 17. L'arrêté du 22 Fructidor

(9 septembre est au registre K 4 f° 161.

�XXXI

ARRÊTÉ RELATIF A L'INSTALLATION
DE L EVÊQUE DE NICE
::o::
Du 22 Fructidor an X
(9 sept. 1802).
Le Préfet du département des Alpes-Maritimes arrête les
dispositions suivantes :
Article Premier
Dimanche 25 Fructidor prochain, à six heures du
matin, la cloche de la Mairie annoncera l'installation
de l'Evêque de Nice.
Article 2
A huit heures, celles des paroisses et des succursales dans les faubourgs et campagnes de la ville commenceront à sonner en carillon.
Article 3
A la même heure, et aux premiers sons de la cloche
de la Mairie, tous les citoyens portés sur le rôle du service de,la Garde Nationale, se rendront armés ou non
armés au chef-lieu ordinaire de la réunion de leur bataillon, pour se placer à leur rang et compagnie.
Article 4
A huit heures et demie, les Chefs de bataillon,
sous la direction d'un adjoint, d'après les instructions
du Maire, formeront deux haies à droite et à gauche
des rues de..., depuis les bureaux de la Préfecture, logement actuel de l'Evêque, jusqu'à la Cathédrale.
Article 5
A neuf heures, les gardes d'honneur et différents
postes fournis pour la cérémonie par la troupe de ligne,
sur l'invitation particulière faite au Général commandant
se rendront à leur destination.

�xxx li
Article 6
A la même heure, aux premiers sons de la cloche
de la Mairie, toutes les autorités et administrations,
les Corps de fonctionnaires, commissions et employés
se rendront chacun chez leurs chefs respectifs, suivant
la hiérarchie et la nature de leurs fonctions.
Article 7
A neuf heures et demie, chacune de ces réunions
se rendra chez l'Evêque.
Article 8
A dix heures, au premier son de la cloche de la commune, le cortège défilera et les autorités et fonctionnaires seront appelés ainsi qu'il suit :
i° Les agents de police chargés de la direction de la
marche dans les rues et d'établir l'ordre et la décence ;
2° Un détachement de gendarmerie ;
3° Les tambours et moitié de la garde d'honneur du
cortège ;
4° Les administrations militaires de la Place ;
5° Le Conseil de Guerre ;
6° E'Etat-Major de la Place, les officiers de la garnison et des vétérans nationaux, chacun dans leur
ordre hiérarchique ;
7° Ee Corps des agents et courtiers de commerce ;
8° Ea Commission de commerce ;~
9° Celte de santé et salubrité publique ;
io° Celle d'Agriculture ;
ii° Celle d'embellissements et établissements publics ;
12° Celle du Var ;
130 E'Athénée des Sciences et Belles Lettres ;
140 Ees Notaires ;
i'5° Les Administrateurs des Hospices civils ;
i6° Les Professeurs de l'Ecole Centrale ;
iy° Les Membres du Jury d'instruction publique ;
i8° Les Chefs et Fonctionnaires des différentes Administrations de la Trésorerie, des Finances, des Contributions, des Domaines et des Postes ;

�XXXII!

19° La Musique Militaire ;
20° Le Commissaire et les Autorités de la Marine ;
2i° Les Inspecteurs aux revues et Commissaire des
guerres ;
22° Les Directeurs et Sous-Directeurs des fortifications, Commandant d'artillerie, et officiers du génie
et de l'artillerie ;
230 Le Corps des Avoués ;
240 Les Prud'hommes des Pêcheurs ;
250 Le Tribunal de Commerce ;
260 Les Juges de Paix ;
270 Le Tribunal Civil ;
280 Le Tribunal Spécial ;
290 Le Tribunal Crim'nel ;
300 Le Conseil Municipal ;
310 Le Maire, les Adjoints et le Commissaire de police
spécialement chargé de l'ordre de la marche et de
se transporter sur toute la ligne ;
320 Les Membres du Conseil d'Arrondissement ;
33° Les Membres du Conseil Général ;
34° Le Drapeau départemental (entre 4 gendarmes et
4 Gardes Nationales) ;
350 Le Conseil de Préfecture ;
36° Le Secrétaire Général ;
370 La Crosse de l'Evêque, entourée des Ecclésiastiques ;
380 Le Préfet, l'Evêque, le Général commandant les
troupes et le Président du Tribunal Criminel ;
390 Le Chef d'escadron, les Officiers de gendarmerie,
aides-de-camp, ingénieurs en chef et ordinaire des
Ponts et Chaussées ;
400 Les agents des Puissances étrangères ;
410 Les Officiers en congé, réformés ou retirés f
420 La Musique de la Garde Nationale ;
430 L'Etat-Major de la Garde Nationale ;
440 Les Employés de la Préfecture ;
450 L'autre moitié de la Garde d'honneur ;
460 Le reste de la gendarmerie fermant la marche
%

�XXXIV

Article 9
Ees Gardes d'honneur attribuées ou envoyées à
chaque autorité particulièrement en borderont la haie
et les fronts dans la marche générale.
Article

io

A l'entrée de l'église, chaque autorité et fonctionnaire prendra la place qui lui sera désignée, conformé
ment à la dernière fête, par les Maîtres des cérémonies
qui seront distingués par une écharpe tricolore au bras
Article

ii

A l'entrée de l'église Cathédrale, le Préfet en donnera les clefs à l'Evêque, le remettra entre les mains
de son clergé et ira prendre sa place accoutumée dans
le sanctuaire avec le Général Commandant les troupes
et le Président du Tribunal Criminel.
Article 12
E'Evêque doit s'avancer ensuite sous un dais, en
passant devant les autorités jusqu'à sa place où il sera
reçu par le Vicaire-Général Commissaire nommé par
l'Archevêque d'Aix.
Article 13
Ee procès-verbal d'installation dressé par le Vicaire
Général et signé par les Ecclésiastiques témoins, sera
signé aussi, en présence du cortège par le Préfet, les
Présidents des Tribunaux, le Général Commandant les
troupes, le Maire et les Juges de Paix.
Article 14
Après les cérémonies religieuses célébrées ou ordonnées par l'Evêque, le cortège retournera dans la
même forme par les rues de
et accompagnera
l'Evêque chez lui processionnellement uniquement
entouré du Clergé et de sa pompe religieuse.
Article 15
Ees rues par où retournera le cortège, seront bordées de même de deux haies de gardes nationaux.

�XXXV

Article 16
Pendant toute la marche et l'installation de l'Evêque les cloches des Paroisses et celles de la Commune
sonneront ; pendant les cérémonies religieuses ordonnées
par l'Evêque et jusqu'au retour du cortège, il sera fait
des salves d'artillerie et tiré des boëtes par la Garde
Nationale.
Article 17
Le Maire est chargé de donner tous les ordres nécessaires pour l'exécution du présent arrêté, et de se
concerter avec les Administrateurs des églises, le Vicaire Général et les desservants des Paroisses pour tout
ce qui les concerne respectivement, tant pour le concours administratif qui peut être utile aux cérémonies
ordonnées que pour la sonnerie des cloches, la délivrance et l'emploi des poudres à la Garde Nationale
et la disposition de la Cathédrale et des places destinées aux diverses autorités.
La
adressés
dans les
rivée et

Article 18
lettre et le présent arrêté seront imprimés
à tous les fonctionnaires, affichés et envoyés
communes du département comme avis de l'arde l'installation de l'Evêque.
CHATEAUNEUF-RANDON (1).
*
* *

Le général Eberlé, commandant la place de Nice, reçut
des instructions spéciales : Il devait envoyer à neuf heures
du matin devant la Préfecture la garde d'honneur attribuée
aux préfets dans les cérémonies publiques ; vingt hommes
au Tribunal Criminel, quinze au Tribunal Spécial, dix au
Tribunal Civil et dix à la Mairie pour escorter ces diverses
autorités ; plus une garde d'honneur de cent hommes dont
une moitié marchera en avant et l'autre en arrière du cortège;
enfin s'il voulait faire prendre les armes à toute la garnison^
(1) Arch. départem. Registre K, f° r6i. Je n'ai pas trouvé
jusqu'ici d'exemplaire imprimé de cet arrêté.

�XXXVI

elle pourrait former la haie sur le Cours tandis que la Garde
Nationale formerait la haie sur le reste du parcours (iK
Pour assurer la marche régulière du cortège et le bon
ordre dans l'église Cathédrale, Châteauneuf-Randon nomma
par arrêté du 24 Fructidor (11 septembre) cinq maîtres de
cérémonie : Roux, Caravel, chefs de bureau à la Préfecture ; Laurenti, Ricordi, secrétaires, et Cougnet fils. Ils
devaient porter une écharpe tricolore au bras droit et une
épée. Par le même arrêté, Fabry, chef de bataillon de la Garde
Nationale, commissaire de haute police, était désigné pour
porter le drapeau du Département encadré de quatre gendarmes et de quatre gardes nationaux (2).
*
* *
Le 12 septembre, au matin, toutes les cloches de la ville
sonnèrent de joyeux carillons. A 10 heures, le cortège partit
de la Préfecture dans l'ordre fixé, et se rendit à Sainte-Réparate, entre deux haies de soldats et de gardes nationaux,
derrière lesquels se pressait une foule considérable, sympathique et curieuse. L'Evêque, précédé du drapeau du Département et de la crosse épiscopale (3) entourée d'ecclésiastiques, s'avançait de front avec le Préfet Châteauneuf-Randon,
le général Partouneaux et le Président Trémois. Les membres
du Clergé convoqués la veille par le Vicaire Général Rossi
attendaient devant la grande porte de la Cathédrale (4).
Châteauneuf-Randon leur présenta Mgr Colonna auquel il
remit les clefs de l'Eglise. En temps ordinaire, cette remise
est faite par le Doyen du Chapitre ou son représentant ;
mais en 1802, le Chapitre de Nice n'existait plus ni en fait
ni en droit, et le Préfet voulait, sans doute, par cet acte,
(1) Voir lettre du Préfet au Général Eberlé (s. d.). Arch. département. M r8.
(2) Arch. départem. K 4, f° 168.
(3) Il s'agit probablement de « la crosse de vermeil donnée par
« l'Empereur à Mgr l'Evêque de Nice et qui doit être transmise à
« ses successeurs » mentionnée dans les inventaires de l'Evêché à
partir de 1805.
(4) Arch. municip. Bonifassi, volume B, f° 87, 11 septembre
1802. N° 2721. Il Clero e invitato dal Vic0 Rousc per domani trovarsi
sulla porta délia Chiesa a ricevere il Vescovo. Ann". Doc. N° 1080.

�XXXVt!

affirmer que le Gouvernement mettait, à la disposition de
l'Evêque, l'église Cathédrale devenue propriété de l'Etat
d'après les lois révolutionnaires. Ee prélat fut alors reçu
dans les formes prescrites par le Cérémonial. On lui offrit
l'eau bénite et l'encens, puis on le conduisit sous le dais
jusqu'au pied du maître-autel où il s'agenouilla, fit une coure
prière et revêtit les ornements pontificaux. Ee Préfet, le
Général et le Président avaient pris les places d'honneur
préparées dans le Sanctuaire et les autorités s'étaient rangées
dans la nef selon l'ordre déterminé. Ee vicaire-général Rossi,
commissaire délégué du Métropolitain, Mgr Champion de Cicé,
archevêque d'Aix, procéda alors à l'installation canonique.
On fit lecture de l'arrêté de nomination, des Bulles d'institution et du décret exécutorial du cardinal Caprara (9 avril
1802) érigeant les évêchés concordataires et rattachant
le nouvel Evêché de Nice à la Métropole d'Aix, (1), puis
Mgr Colonna monta au trône épiscopal.
. Dans un discours prononcé en latin selon l'usage
comme celui du Chanoine Provasso lors de la prise de possession de Mgr Valperga, le vicaire général Rossi exprima
la joie du peuple et du clergé privés depuis longtemps de
Pasteur et qui se félicitaient de l'heureux choix du Gouvernement et du Souverain Pontife. Il loua, en termes heureux'
les talents et les vertus du nouvel Evêque : son habileté
administrative, son application à l'étude, son zèle pour le
salut des âmes, sa modestie et sa piété profonde. Il sera,
sur le siège de Nice, le digne successeur d'une glorieuse
lignée d'évêques. Ees fidèles de ce diocèse, très attachés
à la religion catholique le reço'vent comme l'envoyé da
Dieu pour leur faire oublier les longues années d'épreuves
sur lesquelles il ne faut point insister aujourd'hui que la paix
et le bon ordre sont entièrement rétablis.
(1) Le décret du cardinal Caprara rendu en exécution d'une
bulle pontificale datée de Rome le 3 des calendes de décembre (28
novembre 8or) fut signé à Paris le 9 avril 802 et inséré au Bulletin
des lois N° 2 8 tome VI, 3 e série, 2 e semestre an X, avec un arrêté
du premier consul, daté du 29 germinal an X qui en ordonnait la
publication. Ce décret, après la suppression des anciennes divisions
ecclésiastiqi es, établissait, pour la France et les pays réunis, ) o
métropoles et 50 évêchés dont le tableau était annexé. La métropole
d'Aix avait pour suffragants : ajaccio, Avignon, Digne, Nice

�XXXVlII

Puis, par une allusion ingénieuse, au nom de Mgr
Colonna l'orateur déclara qu'il serait pour les prêtres, les
fidèles du diocèse, ce que fut, pour les Hébreux, la Colonne
miraculeuse qui guidait leur marche laborieuse et accidentée à travers le désert. Au nom de tous, il promit au nouvel évêque qu'il serait pour eux un père respecté, un chef
religieusement obéi dont ils s'efforceraient d'imiter les ex
emples et les vertus durant les longues années qu'ils demandaient à Dieu, de le conserver à leur tête (i).
Mgr Colonna prit alors la parole (2) : « Appelé à l'honte neur de l'Episcopat, après avoir reçu à Rome l'institution
« canonique et moyennant l'imposition des mains, la çonsé« cration à Paris : me voici, enfin au milieu de vous tel qu'un
« Ange de paix.,. »
Mgr Colonna déclara qu'il a compté sur les grâces particulières que le ciel accorde pour certains états, et non point
sur ses propres forces en acceptant une charge que la Révolution a rendu encore plus pénible et plus lourde. Il évoqua
rapidement les douloureux souvenirs des années qui venaient de s'écouler : prêtres persécutés, églisesp rofanées,
autels renversés, religion proscrite.
« Ne rouvrons pas des plaies qu saignent encore et
« qu'un sage Gouvernement tâche à cicatriser
« Que n'ai-je pas le zèle, les talens et l'espr't de ces
« dignes pasteurs : de ces saints pères des premiers siècles
« de l'Eglise, qui fleurissaient aux beaux jours du Christian« nisme ? De ces illustres prélats qui m'ont précédé dans ce
« siège épiscopal. Des Basses, des Siagres, des Valpergues
« et de tant d'autres, qui dès les temps les plus reculés ont
« porté la foi dans ce pays-ci, qui par la sainteté de leur vie,
« l'éclat des vertus, leur fermeté, leurs lumières, ont illustré
« et édifié cette Eglise, de mon dernier prédécesseur qui,
« par un généreux sacrifice a si bien mérité de la Religion
« et de la Patrie.
(r) Ce discours d'une excellente latinité est cité par VIIAAREY,
Raccolta di Decreti, moniti, pastorali, allocuzioni, ecc. Dell'Illmo e
Revmo Monsignor Vescovo di Nizza, dall'anno 1802 all'anno 1831.
Nice r83i, tome r, p. 1-4.
(2) Discours de possession prononcé par Mgr l'Evêque de Nice,
immédiatement après celui de M. le Vicaire Général dans la Cathédrale. VIIAAREY, Raccolta... tome 1, p. 5-ir.

�XXXIX

Du haut du ciel, les saints Evêques de Nice écouteront
« la prière de leur successeur et lui obtiendront de Dieu
« un esprit de sagesse et de modération si nécessaires à un
« évêque chargé de la conduite des âmes. »
Sa mission sera facilitée par le zèle des prêtres, ses coopé«ateurs et par l'attachement des fidèles à leur foi.
« Non, il n'est pas de ce peuple comme de tout autres
« peuples ; la Révolution n'a pas produit dans cette Pro« vince par rapport à la Religion les effets qu'elle a produit
« dans les autres, elle n'a pas déployé ici ce caractère qui
« la distinguait ailleurs ; les convulsions révolutionnaires
» n'ont guère atteint à la Religion ; elle a été conservée
« au milieu des agitations les plus violentes, s'il y a eu un
« instant, où ce Temple réparé, embelli dernièrement a été
« fermé, • ç'a été peut-être un trait des Divines miséricor« des ; la Providence a ménagé cet instant pour donner
« un nouvel essort au zèle du peuple qui peut-être s'était
« tant soit peu refroidi ; la privation a produit son effet :
« touché jusqu'aux larmes, il soupirait après le retour du
« Culte, la fin de la Révolution. Ses désirs furent accomplis,
« exaucés dans le temps, ils le sont encore davantage à préci sent. Il peut vaquer librement aux exercices de piété et
« de dévotion. Aussi le voyons-nous pénétré de respect,
« s'empresser à remplir les Eglises, embrasser les Autels,
« y déposer ses prières, cherchant un soulagement dans
« ses besoins et ses peines. »
L'Evêque fit ensuite un éloquent appel aux prêtres
qui devaient être animés « de ce zèle sage et discret qui
« respire la douceur et la charité ; de ce zèle généreux qui
« embrasse tout, se répand partout, ne connaît point de diffi« cuités qui tâche à ramener les esprits, réunir les cœurs,
&lt; concilier les intérêts divisés
»
Tous leurs actes, ajouta-t-il, doivent être inspirés par
une charité qui s'étendra à tous, amis ou ennemis comme
j Ôsus-Christ leur en a donné le précepte et l'exemple. La Chanté est l'âme de la Religion catholique « qui est une Religion
« d'amour et de bienfaisance
C'est cette vertu qui fait
« du genre humain de l'univers entier une seule famille,
« dont Dieu est le père et nous sommes les enfants attachés
« par les liens de la fraternité
»

�XL

Ees prêtres doivent dont apprendre à tous par la parole
et surtout par l'exemple que l'amour de Dieu est inséparable
de l'amour du prochain. La pratique courageuse de ce double
amour sera le moyen le plus efficace pour ramener à l'Eglise
ceux qui en sont éloignés.
« En attendant, conclut le Prélat, adressons au Ciel
« des prières pour tous ceux qui tiennent au Gouvernement,
« en particulier pour le Chef de l'Eglise, notre Saint Père
« le Pape. Eeur vie nous est trop chère, trop précieuse au
« bonheur public ; c'est par leurs soins qu'après une des
« plus rudes tempêtes, des temps des plus orageux nous
« jouissons du calme. Que cette paix dont nous goûtons
« ies doux fruits soit le garant de celle qui nous est préparée
« dans le Ciel, et que je vous souhaite. »
Ee procès-verbal de l'installation dressé par le Vicaire
Général fut signé par les ecclésiastiques témoins, le Préfet,
le Général commandant les troupes, les Présidents des Tribunaux, le Maire et les Juges de Paix.
*
* *
Après la messe célébrée pontificalement, la procession
se forma et l'Evêque fut accompagné, comme le prescrit le
Pontifical par tout le clergé qui chantait des hymnes et des
psaumes, jusqu'à la préfecture. Ea procession défila entre
les deux haies de soldats et de gardes nationaux et fut suivie
par le Préfet et toutes les autorités qui avaient assité à la
cérémonie. Au témoignage de Bonifassi, le discours de Mgr
Colonna fut touchant et bien adapté aux circonstances :
l'ensemble de la cérémonie fut émouvant et édifiant et il
ajoute, malicieusement, qu'on ne ce serait jamais attendu à
pareille chose de la part des Français.
Villarey rapporte de son côté (op. cit.) que l'attitude
recueillie de Mgr Colonna et son air modeste firent la meilleure impression sur tous les assistants ; ce qui n'empêcha
point quelques réflexions plus ou moins bienveillantes. Un
bon prêtre, raconte Bonifassi, au moment où Mgr Colonna
fut présenté au clergé par le Préfet, se tournant vers ses voisins, leur dit : « Cela va bien si Mgr Colonna se rend compte
« aujourd'hui que nous, nous étions ici et que c'est lui qui y
« vient. »

�A l'occasion de l'installation de l'évêque on répandit
dans le public quelques poésies en son honneur, louables
tout au moins pour l'intention de leurs auteurs. Louis Romey,
avoué près le Tribunal civil, membre du Jury d'Instruction,
qui devint maire peu d'années après, se révéla poète, lui
aussi, et publia une pièce de vers dans laquelle il vanta,
comme il était de mode alors, Bonaparte et la Corse, (i)
Mgr Colonna continua à occuper l'appartement que le
préfet avait mis à sa disposition jusqu'à l'aménagement
de l'Evêché. Il semble même que Châteauneuf-Randon
pour laisser toute liberté au prélat ait prolongé son séjour
à la campagne qu'il avait louée au quartier du Piol. En effet,
c'est dans cette campagne qu'il offrit, à l'occasion de la fête
du 18 Brumaire un grand dîner auquel il invita l'Evêque
avec les représentants des autorités civiles et militaires
et quelques anglais de distinction qui étaient, depuis la paix
d'Amiens, revenus hiverner à Nice. (2)
(1) Arch. municip. Bonifassi. Vol. B. f° 87, 12 septembre 1802 :
N° 2724. Solenne ingresso nella sua Cattedrale fatto da M1 Vescovo coll'accompagnamento di tutte le autorità. Mss. autent.
N° 2725. Il Clero si trovo présente sulla porta del Duomo, e dal
Prefetto, vennegli presentato MonsignT Colonna corne Vescovo di
Nizza. Mem. autent.
N° 2726. In quell'atto un buon Ecclesiastico volto a suoi più
vicini disse : Bene se Colonna in questo punto impara che noi eravano
qui, e che egli è quelli che viene. Osserv. partrI.
2727. M1 Vescovo pontifico, e recito un discorso tenero, e ben addattato, la fonzione riusci tenera moltó, ed edificante nel suo complesso.
mai più si aspettava per opera dei francesi un simil atto. Mem. part11
2728. Dopo la fonzione il Clero processionalmente cantando i
soliti inni accompagno il Vescovo al palazzo délia Prefettura ove avea
il suo alioggiamento, le autorita pure lo accompagnarono.~M.ss autetit
2729. In quest'occasione si distribuirono alcune poésie lodevoli
per la buona intanzione degli autori. Romey anche esso divenutto poeta
jece un Endecassillabo in cui corne di ragione venta il Bonaparte, e la
Corsica. Doc. N° 1077.
(2) De Préfet fit imprimer une Relation de cette fête et l'envoya
à Chaptal, Ministre de l'Intérieur, avec sa lettre du 20 Brumaire
au XI (11 novembre 1802). Elle est intitulée « I/anniversaire du
« dix-huit Brumaire, célébré chez le Général de Division, Châteauce neuf-Randon, préfet du département des Alpes-Maritimes, à Nice,
« le mardi même jour du mois, an onze de la République, ou le neuf
« novembre 1802 (vieux style). » 7 pages in-40 chez Cougnet père et
fils, imprimeurs-libraires à Nice, s. d. Arch. nationales V I ç nr. 3
Alpes-Maritimes, Correspondance.

�Châteauneuf-Randon avait communiqué à Mgr Colonna le 24 Fructidor (n septembre) (1) les divers arrêtés successivement pris par lui pour son logement et dans ses conversations particulières, il lui avait certainement expliqué
pourquoi, malgré toute sa bonne volonté, il n'avait pas encore réussi à réparer et à meubler l'ancien évêché. Il semble,
du reste, que les rapports les plus sympathiques et les plus
cordiaux s'établirent rapidement entre le préfet et le prélat (2). On en fit un crime à Châteauneuf-Randon, qui ne
s'en émut guère comme en témoigne sa correspondance.
Il écrivait le 24 Fructidor, an X (n septembre 1802)
au citoyen Colonna, évèque de Nice :
« J'ai l'honneur de vous adresser, Citoyen Evêque,
une copie de touts les arrêtés que j'ai pris successivement
pour assurer votre logement dans la maison qu'avaient
autrefois occupée vos prédécesseurs, ils sont à la date du
14 de ce mois, j'y joins une copie du bail que j'ai passé avec
les propriétaires de cette maison. J'en ai fait remettre les
clefs au Maire de la ville qui demeure chargé des réparations
et de l'ameublement. Je ne doute pas qu'il ne mette a s'en
bien acquiter le même zèle et la même activité que moi, et
que sous peu de jours, il ne me procure le plaisir de vous annoncer que le logement est enfin convenablement assorti
à votre usage et à votre caractère.
« Veuillez en attendant, croire au plaisir sincère que
j'éprouverai de vous avoir longtemps chez moi.
« Je me félicite, citoyen évêque, de ce qu'en me chargeant de vous choisir une maison, le gouvernement m'ait
(1) Voir deux lettres du Préfet à Mgr Colonna du 24 Fructidor
an XI. Arch. Départ. M. 17.
(2) Le préfet lui-même le raconte à Coulomb, secrétaire général
du Ministère de l'Intérieur, dans sa lettre du 12 Vendémiaire an XI
(4 octobre 1802). Après avoir parlé de l'hostilité des membres de la
loge maçonnique de Nice à son égard, il ajoute : « Ils osent se rabatre
« sur mon intimité avec l'eveque de Nice, homme vertueux, politie
« que et philosophe... » Arch. Nation. FI III 3. Alpes-Maritimes.
Correspondance.

�XUll

fourni une occasion de vous donner une preuve de nies sentiments d'estime et de considération.
« J'ai l'honneur de vous saluer. » (i).
*
* *
Le Maire de Nice, une fois en possession de l'Evêché
et sur les ordres réitérés du Préfet, fit dresser le devis estimatif
des réparations et l'adressa à Châteauneuf-Randon le 27
Fructidor (14 septembre) (2). Celui-ci après l'avoir examiné
le trouva trop élevé et le renvoya le lendemain à Défly avec
ordre de mettre ce travail en adjudication au rabais ; il lui
rappela en même temps qu'il fallait aussi s'occuper de l'ameublement et que la commune devait faire quelque chose
pour être agréable à l'Evêque. (3).
Le Maire fit immédiatement afficher l'adjudication :
il en informa le Préfet le 29 Fructidor (16 septembre) et le
pria « de désigner aux entrepreneurs de ces ouvrages le
« mode et les époques des payements qui devront leur être
« effectués pour leur travail. » (4).
Le Préfet approuva cette mesure le 3e Jour Complémentaire an X (20 septembre 1802) en invitant le Maire
« à faire faire d'abord les réparations les plus urgentes, telles
« sont celles de l'appartement de l'Evêque du salon et de
« l'escalier, afin que M. l'Evêque puisse occuper de suite
« son logement. »
Quant aux dépenses, concluait le Préfet, « Lorsque
« les réparations seront achevées et que vous aurez pour« vu à l'ameublement préalable ou de prêt, je vous indi« querai le moyen de couvrir cette dépense sur-le-champ.
« (5)(1) Minute corrigée en plusieurs endroits par le préfet. Arch.dép. M.17.
(2) Arch. municip. Correspondance, 27 Fructidor au X (14
septembre 1802).
(3) Arch. départent. M 17. L,e Préfet au Maire de Nice 28 Fructidor an X (15 septembre 1802).
(4) Arch. municip. Correspondance du Maire 29 Fructidor an X
'(16 septembre 1802).
(5) Arch. départem. M 17. I&lt;e Préfet au Maire de Nice 3e Jour
Complémentaire an X (20 septembre 1802).
Arch. municip. Correspondance du Préfet an X. Volume vi.

�XL1V

Les soumissions furent reçues le 2 Vendémiaire an Xé
(24 septembre 1802). Le devis montait à 1.314 francs ; Honore
Beu, maçon à Nice soumissionna seul pour la somme de
1.195 francs et le Maire en transmettant cet offre au Préfet
lui demanda « son approbation, pour adjuger définitivement
« ces réparations et faire mettre de suite la main à l'œuvre. »(1).
Le lendemain, de nouvelles soumissions l'une à 700 fr.
et l'autre à 650 francs (dont les auteurs ne sont pas nommési
et une autre par Laurent Levamis (dont le montant n'est
pas indiqué.) parvinrent au Maire qui les transmit au Préfet (2).
Châteauneuf-Randon donna son approbation et les réparations commencèrent .
Le premier devis était incomplet, il fallut en dresser
un nouveau qui fut également mis en adjudication et exécuté après approbation du Préfet en date du 22 Frimaire
an XI (13 décembre 1802).
Le montant total des réparations n'était pas très élevé,
1.200 francs environ, cependant ni le Maire, ni le Préfet n'avaient à leur disposition la somme nécessaire pour le solder. Le maire demandait donc le concours du département.
La loi du 18 Germ'nal, article 71, autorisait bien les Conseils
Généraux à accorder aux Archevêques et Fvêques un logement convenable, ce qui comprenait, sans doute, les réparations foncières et locaLives ; mais le Conseil Général des
Alpes-Maritimes n'était point en session. Il fallait cependant
ne pas faire attendre aux ouvriers le payement de leur travail ; c'est pourquoi le Préfet s'adressa aux Ministres des
Finances et de l'Intérieur pour solliciter un crédit extraordinaire le 27 Frimaire an XI (18 Décembre 1802) (3).
(1) Arch. municip. Correspondance du Maire 2 Vendémiaire
XI (24 septembre 1802).
(2) Arch. municip. Correspondance du Maire 3 Vendémiaire
an XI (25 septembre 1802).
(3) Arch. départem. M 22. Le Préfet aux Ministres de l'Intérieur
et des Finances. 27 Frimaire an XI (18 décembre 1802). Le 20 Ventôse au XI (n mars 1803)., le Préfet demandait au Maire de Nice
de lui faire passer sans délai « une copie des devis détaillés des répara« tions faites à la maison épiscopale, j'ai un besoin pressant de ces
« pièces qui doivent être adressées au Ministre de l'Intérieur. Arch.
Départent. M. 26.

an

�XI.V

Ee même jour, il avisait le maire de cette démarche,
en l'invitant néanmoins à payer provisoirement les ouvriers
« parce que les instructions du gouvernement portent que
« les réparations locatives de l'évèché seront à la charge des
« communes si elles peuvent les supporter ou à défaut du
« département, (i).
* *
A cette date, Mgr Colonna était déjà installé dans les
appartements de l'Evêché réparés sommairement et meublés
très modestement. En effet, il n'existait encore aucune règle
administrative déterminant la part respective de l'Etat,
du Département et de la Commune dans les frais relatifs
aux Evêchés (2). Il fut donc pourvu à l'ameublement dans
des conditions assez précaires et beaucoup d'objets furent
pris, ce semble, dans le mobilier séquestré de Jean-EouisAugustin Eascaris qui depuis plusieurs années dépérissait
dans les magasins de la Régie ou dans les appartements occupés par les locataires de cet émigré (3). Un inventaire de
l'ameublement de l'Evêché dressé en exécution du Décret
impérial daté du palais de Milan, 5 Prairial an XIII (25
Mai 1805) démontre qu'il n'était point luxueux (4). E'Evêque de Nice, du reste, était ennemi de tous fastes et se
contentait du strict nécessaire.
(1) Arch. départent. M. 23. De préfet au maire, 27 frimaire an XI
(18 décembre 1802).
(2) Un décret impérial du 5 Prairial an XIII accorda à chaque
Evêque une somme de 2.400 francs pour son ameublement, eu dehors de la contribution du département.
(3) Châteauneuf-Randon proposa plusieurs fois cette mesure
aux Ministres et au Maire de Nice. Il fut souvent aussi question de
la destination à donner au mobilier Dascaris, et il existe aux Archives
Départementales plusieurs lettres et arrêtés à ce sujet. Voir en particulier
celui du 17 Nivôse an X (7 janvier 1802) qui est en minute, liasse
M 20, dont les considérants sont à étudier.
Jean-Douis-Augustin Dascaris fut amnistié le 18 Primaire an XI
(9 décembre 1802) et le séquestre apposé sur ses biens à Nice et au
Castellar fut levé par arrêté du préfet en date du 22 Pluviôse an XI
(i 1 février 1803). Quatre tableaux religieux déposés dans les bureaux
de la Préfecture et provenant probablement de l'ancien Bvéché furent remis à Mgr Colonna par arrêté préfectoral du ier Ventôse an XI
(20 février 1803). Arch. départent. K 6.
(4) Voir Nice Historique, ier mars 1906, p. 70-73, cet inventaire
publié par M. Sappia.

�XÏ.VI

L'évêché fut mis à la disposition de Mgr Colonna
vers la fin d'octobre 1802, et il l'occupa probablement à
son retour de Marseille où il s'était rendu en qualité de délégué pour remettre le ỳalium à son métropolitain, l'archevêque d'Aix. Au témoignage de Bonifassi (op. cit. n° 2780)
il avait quitté Nice le 26 octobre et son absence fut de courte
durée.
Une lettre du préfet en date du 7 Brumaire an XI (29
octobre 1802) résume toutes les démarches faites pour assurer le logement de l'évèque :
«Au ministre de l'Intérieur, des Finances et des cultes.
7 Brumaire An XI (29 octobre 1802).
« Citoyen ministre,
« Vous m'avés prescrit de désigner une maison nationale convenable pour être affectée au logement de l'évèque
de Nice.
« Le défaut de maison nationale m'a forcé de recourir
aux moyens praticables pour reprendre l'ancienne maison
de l'évêché qui avait été aliénée. Je n'ai pu en trouver d'autres que celui de projetter la cession aux propriétaires de
cette maison des biens nationaux de même valeur.
« J'ai pris en conséquence le 1er Messidor an 10 un arrêté qui ordonne cet échange et j'ai soumis cet arrêté à l'approbation du gouvernement. J'ai eu l'honneur de vous en
adresser une ampliation le 14 du même mois.
« L'évêque de Nice étant arrivé dans l'intervalle, le
gouvernement n'ayant pas encore statué sur cet échange
et les propriétaires de l'évêché ne voulant s'en dessaisir
qu'autant que le gouvernement aurait approuvé mon arrêté,
je me suis trouvé dans un embarras extrême pour procurer
à l'évêque un logement convenable et décent. Mais comme je
ne doute pas que le gouvernement n'adopte les mesures que
je lui ai proposées et que dans tous les cas je compte infiniment sur sa justice, je me suis déterminé à traiter moimême personnellement avec les propriétaitres de l'évêché
pour la location de leur maison. C'est la seule mesure que les
propriétaires ont voulu adopter et j'ai dû donner cette marque de dévouement personnel au gouvernement dans cette
circonstance.

�xxvu
« J'ai passé avec eux un contrat dont j'ai l'honneur de
vous transmettre ci-joint une copie, ainsi que des arrêtés
que j'ai pris à cette occasion. J'ai fait faire sur le champ les
réparations les plus urgentes et j'ai remis la maison à la disposition de l'évêque.
« Pendant un mois que cette exécution a duré, j'ai eu
le plaisir de loger et avoir chez moi l'évêque.
« Tel est, citoyen ministre, le résultat des mesures que
j'ai du prendre en suite de vos ordres et de vos instructions.
Cet état de choses vous prouvera, sans doute, qu'il est urgent que le gouvernement statue sur mon arrêté du ier
Messidor. Je vous prie de remettre cet objet sous les yeux des
consuls.
« J'ai l'honneur de vous saluer. » (i).
L'opération proposée par l'arrêté préfectoral du ier Messidor an X était très avantageuse, tout à la fois pour Pierre
Mages qui avait payé l'évêché un prix presque dérisoire,
et pour l'état qui rentrait en possession, sans bourse déliée,
d'un immeuble confisqué, puis aliéné et dont il avait encaissé
le prix, par la cession de terres également confisquées et
jusqu'alors invendues.
Néanmoins, malgré les démarches que Mgr Colonna
fit probablement à Paris auprès des ministres intéressés et
malgré les nombreuses lettres de rappel écrites par Châteauneuf-Randon, l'approbation de cet arrêté restait en suspens.
Le ministre des finances, que cet objet concernait exclusivement puisqu'il s'agissait d'une cession de biens nationaux
ne prenait pas de décision. C'est que, après examen, il avait
été reconnu que le ministre n'avait point qualité pour autoriser l'échange en question et qu'il était besoin de l'approbation du Corps législatif. Beaucoup d'affaires similaires se
présentaient alors journellement et, comme pour toutes,
la difficulté était la même, le gouvernement se décida à proposer divers projets de lois pour les trancher définitivement.
Tel fut le but des lois des 2, 13, 17 Floréal an XI (24 avril,
3 et 7 mai 1803), 24 Pluviôse an XII (14 février 1804)
(1) Minute à laquelle le préfet a ajouté plusieurs passages et en
particulier celui relatif au séjour de l'évêque chez lui. Arch. départent,
M. 23.

�XÏ,VIII

16 Ventôse an XII (7 mars 1804), 29 Ventôse an XII (20
mars 1804), qui autorisent des aliénations, acquisitions,
concessions et ventes, échanges et impositions extraordinaires dont l'inspiration et les dispositions générales sont identiques.
Par un article de la loi du 29 Ventôse an XII, le préfet
du département des Alpes-Maritimes est autorisé à acquérir
par voie d'échange, des citoyens Mages etSpréafico le Palais
épiscopal de Nice.
Le département des Alpes-Maritimrs devenait propriétaire de l'ancien évêché et la somme de 25.000 francs,
valeur des biens nationaux cédés à Pierre Mages et Spréafico,
devait être remboursée au trésor public sur les centimes
additionnels destinés à pourvoir aux dépenses variables de
ce département. (1).
L'arrêté du 1er Messidor an X recevait son exécution intégrale et définitive, mais lorsque le décret de Bonaparte parvint à Nice, Châteauneuf-Randon avait été remplacé à la
Préfecture des Alpes-Maritimes par M. DuBouchage depuis
près d'une année.
On a beaucoup critiqué l'administration de ChâteauneufRandon. Il est cependant équitable de constater après
examen impartial des documents contemporains que Châteauneuf-Randon collabora loyalement avec Mgr Colonna
pour l'application des lois concordataires et qu'il fut dans
le département des Alpes-Maritimes l'exécuteur consciencieux des instructions bienveillantes et sages du gouvernement consulaire.
A.-J. RANCE-BOURREV.

(1) Voir Bulletin des lois de l'an XII, n° 356, loi du 29 Ventôse
an XII et aux Archives départent, un décret du Premier Consvl,
Germinal an XII, (30 Mars 1804). Série N, liasse 1.

�91
LU DO UI ARMANAC
Un armanac de l'an passat,
Essent su d'un burèu, couost'-à-eouosta plaçât
Dapè l'armanac de l'annada,
Ei dia : « Car vesin, noun sabi cenqu'ai fach
Qu'aigon tant bruscamen clianjat miéu destinada ?
Moun mèstre, cada jou, de iéu n'era distrach ;
Aura la miéu basana fanada,
A la poussiera, ai verp, es mai qu'abandounada g
En lou fra-tèms, lou capricious,
Noun a d'uès que pèr tu, siés tu lou plus urous ! «
E'autr' armanac, de fresc e bella tencha
Ei respoundet : « Moun paur'amic,
Siés gaire dôu tiéu tèms, siés tirat au lambic ;
Pensa, quoura lou paure s'endimencha,
Dôu sata marques lou repic ;
Noun t'en pihar qu'au milesime
Couma cadun as ben virat lou mai ;
Vendra moun tèms e lou miéu crime
Sera d'aver cuntat douze luna de mai ;
Ensin tout passa e chanja, lou mounde es tant fragile,
N'estre plus de soun tèms, siés un libre esgarrat,
Ben d'orne soun charmant, tant que li siés utile
Se lou siés plus, noun vées que d'ingrat.
Soutamete-vous en aqueli pensada :
Gen dôu passat, puissança devessada,
Viéi servitour, ancien tardoc,
Amant tradit, beutà passada,
Devantes toui viei armanac !
Juli Eynaudi (d'après Viennet).
PROüVERBI, BOÜOI MOT, COUNSÈTJ E DICH
Entra autour :
Su lou bastioun un marrit pouèta rescouontra un dei
siéu counfraire :
— Eu miéu vers mi couston gaire.
— Vous couston cenque valon.

�92

NOUM

DEI

FIGA —

LI

SIÉU

VARIETA

d'après M. lou D* E. SA UVAIGO
I. — FIGA BLANQUI O BEN VERDASTRI
I. — Al,OXJNGADI

Blancassa figa, figa blancastra.
Figa bovin o bouin.
Cabrioliana donqueiretta.
Caravouguin blanc.
Couol de dama.
Doumestica.
Donqueira blanca, figa d'autoum, verda, jaunastra.
Mussega-cougourdana, dôu genre tapa-cartin.
Tapa-cartin, Aubicou blanc.
Pissaluta (pittalussa, poussouluda).
La Toscana.
2. — FlGA GI(OBTJI(OUSI

Bellona blanca, resercada pèr lu pastissié.
Bernissôu blanc.
Daurada.
Figa de mèu.
Figa turca, tres decourativa.
Grossa beurdona, berdonda.
La Castagnola, figa castagna.
La gentila.
Marseillesa, figa d'Athèua.
Matarassa, figa de Grassa.
Pecoujuda.
Rondeletta.
Roubada blanca.
Seirola, figa Seyrola dapè Niça.
Sucrada.
Trompa cassaire.
Verdola.
n. — FIGA GRIHI O ROUGEASTRI
Figa calabresa.
Cotignana.
Coucourella, coucouletta, figa sensa grana.
Figa de San Francès.
Figa siciliana.
Fourassa, figa grossa.
Imperiala, imperiau.
Levensana.
Moresca.
Rolondina.
Roussana.

�33
ni. — PIGA NEGRI 0 BRUNI
I. — AI.OUNGADI
Abigou negre. ■
Bellona negra.
Briasca.
Clavèu.
Donqueira.
Figa amarauna.
Figa matelassa.
Figa negrau, negreita (figa d'autoum).
Figa sauvagia.
Mentonasca.
Pounchuda.
Saraina.
2. — Gr,OBUI,OÜSI
Bernissenca o coucoulenca (figa terdiera).
Bernissôu negre.
Caiana.
Catalana.
Cimeirenca.
Figa à merioun.
Figa d'orne.
Meirasca (figa d'autoun, ven de Levens).
Merengiaina.
Merlin ga.
Mouissonna.
Mourenao bagassa.
Neçretta.
Relona.
Roubada negra (figa tardiera).
Rondella negra.
Salada.

BOUONA RKSPOUOSTA
Bou pichoun Goustin s'era levât ben tardi. Soun paire,
pèr lou rendre plus matinié, li diguet :

— Lou miéu enfan, noun counouisses lou près e lu avantage d'estre matinié. — Escouta : un orne que s'era levât de
gran matin, trouvet su lou siéu camin una boursa plena de
peça de vint lira...
— Ma, paire, respoundet l'enfant, aquéu que l'avia
perduda s'era levât encara plus bouon'oura.
Lou paire restet nec... li a dequé. ..

�SA

LI TRES GOUTA

Alba, la bouona fada, que proutegia lu fiansat, passant
un matin dapè d'una rosa audia lou siéu noum prounounsat
da tres goûta tremoulanti.
Ela s'avesina e s'assetant dintre dôu couor de la flou,
demandet :
— Que mi voulès, brihanti goûta ?
— Venès, be l'Alba, résolve une questioun.
— Parlas.
— Sian très goûta venènt da diferenti sourça. Voulen
que nen digués la quala es la mai preciousa e la plus pura.
— Acheti, parlas, brihanti goûta.
Ea premiera goûta en tremoulant li diguet :
— Veni dai nebla auti, siéu fina dei gran' mar. Siéu naissuda dintre la gran océan, antic e poutènt. Après d'aver
bagnat li riba de touplen de pais, après estre estada sagatada da mile tempesta, la nebla m'a surbida. Siéu anada
fin soubre de li autessa doun brihon li estela, pi m'abisseri
au mitan dei uiàu e dôu tron dintre lu flot su lu quai mi repauvi. Representi la Mar.
— Toca à tu, brihanta goûta, diguet la fada à la segounda.
— Iéu siéu estada la rousada, que nourrisse lu lis, siéu
la souore dei clar de luna, fiha dei nebla que s'ausson quoura
la nuech pouorge lou siéu vêle soubre de touta la natura.
Representi lou crepuscul dôu matin.
— E vous, diguet Alba à la plus pichouna ?
— Iéu, ai minga de valour.
— Parlas, doun venès ?
■—■ Dai uès d'una fiansada. Siéu estada lou sourire, l'espoir, pi l'amour, aura siéu devenguda lagrima.
Ei autri, couma pensas, souta.capa riion de la pichouna
goûta. Ma Alba, durbènt lu bras, l'estregnet emé gran couor.
— Aquesta es la plus preciousa e la mai pura.
— Ma iéu, siéu estada la Mar !
— Iéu l'Atmosfera.
— Es ver, brihanti goûta, ma aquesta siguet lou couor,
e Alba s'envolet en l'azur embé l'umbla pichouna goûta.
d'après Rosalta Sandoval.

�95

MONACO ET MONTE - CARLO

Sur la mer scintillante où dardaient ses regards,
De la plus haute tour à frange sarrasine,
Le guetteur vit les nefs qui couraient la rapine
Et fouilla la campagne, où rôdaient les pillards.
Sur son rocher hautain, étreint de ses remparts,
Le fief pleura souvent ses vergers en ruines,
Dans la haine et l'effroi des hordes assassines,
Hurlant l'assaut, quand leur chef lève l'étendard.
Mais le fief, aujourd'hui, semble comme un caprice,
Avec ses vieux canons, ses remparts et ses forts,
Ennuyé sur son roc, qu'isole un précipice.
Autour du temple éblouissant du Dieu de l'Or,
Sous le Burg, qui n'a plus à craindre aucune injure,
A jailli la cité de Jeux et de Luxure.
Jean CAPATTI.
UN CURAT DINTRE L'EMBARRAS
Un curat d'una gran paroquia era oubligat un jou de
ceremounia de respouondre à un discours en latin; ma couma
noun sabia aquela lenga, s'en pihet ensinda :
— Moussù, lu Apostolo parlavon touplen de lenga ;
venès de mi parlar en latin, e iéu vau vous respouondre en
francès.

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QUATRE-TÈMS

Noumbre d'or...
13
Mars
Epato (Grégori)
Il
Jun
Cicle soulari
17 Setèmbre
Endicioun roum
10 Desembre
Letra doumenicala
G F
LI QUATRE

8,
7,
20,
20,

10
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22

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11
10
23
23

SESOUN

Lou printèms coumença lou 21 mars
L'estiéu
—
— 22 Jun
L'autoum
—
— 24 sept,
L'iver
—
— 22 dés.

à 6.55 m.
à 2.36 m.
à 5.18 m.
à 11.53 m.

dôu sera
dôu sera
dôu matin
dôu sera

FESTA MOUBILI

Septuagesima... 12 Fébrié
Cendre
21 Febrié
Pasca
7 Abrieu
Rougacioun 21, 22, 23, 24 Mai
Ascensioun
16 Mai

Pantecousta
Trinità
Festa de Diéu
1" Dimenegue de
Ie* Desémbre

26 Mai
11 Jun
15 Jun
l'Avènt

LU ESCLISS!

Souliu.

—

ij Abriéu. — Esclissi annulari e coumplet visible

à Paris, en America, en Europa et dintre lou N.-O. de l'Africa.
Coumençamen de l'esclissi à 10,01 dôu matin ; finisse à 1,08
dôu sera.
10 Otitoubre. — Esclissi coumplet invisible à Paris, visible
dintre l'America dôu Sud.
Luna. — 1" Abrièu. — Esclissi parciella visibla à Paris. Entrada de la luna dintre l'oumbra, 9.26 dôu sera; sourtida, 11.03
dôu sera.
26 Setèmbre. — Esclissi parciella, invisibla à Paris, visibla
dintre l'Océan Pacifique.

Jîla providence, %ue de la Préfecture /4, $run, Siàraire

�LU

VÉNT

Lu vènt que souflon à Niça, dintre lou cours de l'armada,
soun au nombre de 16. Vequi li siéu denouminacioun courènti,
pihadi, en general, dai loucalità dei quali parèisson vèni :
Sud
Miejon
Nord... Tramountana
S.-S.-O. Miejou Lebech
N.-O.-E. Grek Tramountana
S.-O
Lebech
N.-E... Grego
O.-S.-O Pounèut Lebech
E. N .E. Levant
Ouest. Pounènt
E.-N.-E. Levant
O.-N-O.V Pounènt Maistràu
E.-S.-E. Levant
N -O . Mastràu
S.-E.... Siroco, vènt marin
N..-N. OMaïstràu Tramount
S.-S.-E.. Miejou Siroc

6
15
25
14
31
24

VIGÍLIA — JEUNI
Abriè
(Pasca, 7 Abrièu).
Mai
(Ascensioun, 16 Mai).
Mai
(Pantecousta, 26 Mai).
Avoust
(Assoumpcioun, 15 Avoust).
Outoubre (Toui lu Sant, Ier Nouvembre).
Desembre (Calena, 25 Desembre).
L'AN NADA RELIGIOUSA

LI FESTA MOUBILI E LI FESTA FISSI
Janvt'è
jYlars
1 Circouncisioun.
1 e 2 Quatre Tèms.
6 Epifania (lu Rei).
3 Reminiscere.
13 Bateja de J.-C.
10
Oculi.
14 Sant Noum de Jesu.
17 Lœtare.
fébrié
24 Passioun.
2 Puriflcacioun.
29 Li 7 Doulou.
4 Setuagesima.
31 Lu Rampàu.
6 Festa de la Pr. de N. S.
11 Sexagesima.
Jîbriéu
13 Coum. de la Passioun.
5 Divendre Sant.
18 Quinquagesima.
7 Pasca.
21 Cendre.
14 Quasimodo.
25 Quadragesima.
28 Patrou. de San Joúsè.
28 Quatre-Tèms.

�Setembre
3 Inv. de la Santa Crous.
13, 14, 15, Rougacioun.
16 Ascensioun.
26 Pantecousta.
29-31 Quatre-Tèms.
1
2
6
9
21
24
29

Quatre-Tèms.
Trinità.
Festa de Diéu.
Festa dôu S. Sacramen.
Sacrat-Couor de'jesu.
Natività de S. jouan-Bat.
SS. Peire e Paul.

8 Natività de la Vierge.
14 Esaltacioun de la Crous.
15 N.-D. dei 7 Doulou.
15 San Noum de Maria.
18, 20, 21, Quatre-Tèms.
29 Dédie, de S. Miquèu.

Ôutoubre
6
13
20
27

Sant Rousari.
Maternità de la Sta Vierge.
Puretà de la Santa Vierge.
Patrounage de la S. Vierge.

J/ouvembre

Juliet
2 Visitacioun de la S. V.
7 Precious Sang.
16 N.-D. dôu Carme.

Jîvoust
6 Transfiguracioun.
15
18
25
25
29

Assoumpcioun.
S. Joachim.
S. Couor de la Vierge.
S. Louis.
Decolac. de S. Jouan-Bat.

1
2
3
21

Toui lu Sant.
Lu Mouort.
Santi Relíquia.
Present, de la Sta Vierge.

2&gt;esembre
1 Avent.
8 Imaculata Councepcioun.
18, 20, 21, Quatre-Tèms.
25 Calena.

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DÉCIMALISATION

DU

TEMPS ET DES

ANGLES

LA MONTRE DÉCIMALE
Par J. de REY-PAILHADE, président du Comité
pour la propagation des méthodes Décimales.
Le Club Nautique de Nice a offert plusieur fois en prix des
montres décimales aux régates'de 1909. Il était utile de décrire cet instrument, d'y joindre des tables pratiques et des
formules à l'usage des ingénieurs, des sportsmen, des médecins, etc. etc.
DÉCIMALISATION DES ANGLES •
Il est aujourd'hui démontré que la division décimale du
quart de cercle facilite tous les calculs.
Les nouvelles cartes géographiques sont graduées exclusivement dans ce système, devenu officiel en France et dans
d'autres pays. On possède toutes les tables pratiques nécessaires à son essai courant. Nous ne nous étendrons pas
davantage sur cette méthode aujourd'hui enseignée dans les
lycées et collèges.
Nous rappellerons seulement que M. l'amiral Germinet,
membre d'honneur du C. N. N., sous la direction duquel on
fit en 1899 et 1900 des essais de navigation avec un matériel
entièrement décimal, a émis un avis très favorable à la
réforme décimale.
DÉCIMALISATION DU TEMPS
La division décimale du jour décrétée le 4 frimaire an II
rendra aussi de grands services à la science et aux sports.
Principe. — On divise le jour entier en 100 parties égales
appelées cés ; le cé est subdivisé en décisés, ceniicès et millicés
Le cé vaut 14m 24s ou 1T4 d'heure environ ; le décicé est égal
lm 26s 4 ou lm Ij2 environ ; le millicé vaut 0S 864 ou 9T10 de
seconde environ.
Concordance des Temps. — On parvient assez vite à dire
instantanément l'heure à 1 ou 2 minutes près en regardant le
cadran d'une montre décimale. Il suffit d'apprendre par cœur
les concordances décimales de toutes les heures.
0,0
0
50,0

4,2
1
54,2

8,3
2
58,3

12,5
3
62,5

16,7
4
66,7

20,8
5
70,8

25,0
6
75,0

�25,0
6
75,0

29,2
7
79,2

33,3
8
83,3

37,5
9
87,5

41,7
10
91,7

45,8
11
95,8

50,0
12
100,0

Les heures sont au milieu, les concordances des heures
du matin en haut, celles du soir en bas. Ainsi 10 heures du
matin valent 41.7 cés (énoncer 41 cés 7 décicés) et 10 heures
du soir valent 91,7 cés.
Gomme 1 cé vaut presque lj4 d'heure et un décicé une mi •
nute 1]2 ; en partant des concordances du tableau, on dit
l'heure instantanément, ainsi 39,9 cés valent 9 h. 36 m. du
matin. Un ou deux jours suffisent pour atteindre ce résultat.

Description de la montre décimale ou cémètre. — Il y a 3
aiguilles centrales se mouvant sur un cercle divisé en 109
parties égales, numérotées de 0 à 9. Le 0 cé est en bas, c'est
l'origine des temps, car on suppose la Terre au centre du
Cadran.
L'aiguille dorée avec un soleil ne fait qu'un tour par jour ;
l'aiguille épaisse en acier bleu tourne 10 fois par jour, et la
trotteuse fine fait 1000 tours par jour.
L'aiguille-soleil montre la position de l'astre du jour par
rapport au méridien de Paris, qui va du centre au chiffre 5.

�10 —
Les quatre traits bleus indiquent les positions de cette aiguille
à minuit en bas sur 0 ; — à tì h. du matin au milieu entre 2
et 3 ; — à midi, en haut, sur le 5 ; — à 6 h. du soir, entre 7
et 8.
L'aiguille dorée du soleil indique le chiffre des dizaines
de cés, 2 sur le dessin ; l'aiguille épaisse donne d'abord le
chiffre des cés, 6 sur le dessin, et en comptant rapidement à
l'œil le rang de la division entre 6 et 7, on voit, que cette aiguille marque 3 décicés. Le temps du dessin est donc 26,3
cés correspondant à 6 h 20 m. du matin environ. L'aiguille
trotteuse donne les millicés 83. Le temps est donc 26,383
cés.
» Pour la vie courante, on n'a pas besoin d'aller au delà du
clécicé. On lit les milticés pour les applications scientifiques
et sportives.
Le temps en millicés lu sur le cêmèire facilite tous les calculs, car on n'a jamais de réductions à faire.
Examinons le problème des vitesses a l'heure : Les millicés multipliés par 0,00024 donne des heures et fraction décimale d'heure. Ainsi Ì2345 millicés valent 12,345 -f- 24 =
2 h. 9628.
Par conséquent si L est la longueur parcourue et M le
temps en millicés, la vitesse est

ou t

+ 4166,66...

Ces quelques exemples démontrent que la montre décimale simplifie tous les calculs sans exception.
Les rapports de MM. les délégués officiels aux essais de
la montre décimale faits à Nice, par le Club Nautique, le 26
février 1911, concluent unanimement à la supériorité de cet
instrument pour les usages scientifiques et sportifs.
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Q,
L.
Q.
L.

lu 8, à 7
lu 14, à H
lu 22, à 7
lu 30, à 10

SOULÈU.

1
2
3
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31

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Dim. S. Lucien
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dil. S. Apoulinari
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dim. S. Pèire
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dim. S. Guiermo
10
dij S. Teodose
11
div. S. Arcada
12
dis. Sta Verònica
13
Dim. S. Ilari
14
dil. S. Maurici
15
dim. S. Ounourat
16
dim. S. Antoni
17
dij. Sta Angela
18
div. S. Sulpici
19
dis. S. Bastian
20
Dim. Sta Agnesa
21
dil. S. Vincènt
22
dim. S. Raymound
23
dim. Sta Jacinta
24
dij. Conv. de S. Pàu
25
div. S. Poulicarpa
26
dis. Sta Devota
27
Dim. Sta Paula
28
dil. S. Francès S.
29
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TRIMESÏRÍ;

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Genevieva
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dim Sta Agata
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dij. S. Romuald
div. S. Jouan-Matha
dis. Sta Apoulounia
Dim. Sexagesima
dil. Sta Eulàlia
dim. S. Gregori
dim. Sta Eufrasia
dij. S. Onesime
div S. Dounat
dis. S. Simeoun
Dim. Quinquagesima
dil. S. Gabin
dim. Dimars-Gras
dim. Li Cendre
dij. S. Silvan
div. S. Maxime
dis. S. Pascase
Dim. Quadragesima
dil. S. Nestor
dim. S. Leandri
dim. Sta Nourina
dij. S. Nymphas

Plueia de febrié
A la terra vau fumiè.

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P. L.
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15 dil
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13, à
3
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—

oura
oura
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oura

L. 6 06'

—

55 in.
37 s.
31! s.
25 s.
C. 6 52'

S. Ugo
S. Franç. de P.
S. Richard
Dijàu Sant
Divèndre Sant
Dissata Sant
Pasca
S. Albert, ev.
S. Azada.
s. Isidoro
s. Leoun
s. Juli
s. Justin
Ouasimoi/ii
Sta Anastasia
S. Frutuous
S. Rodolfe
S. Maxime
S. Anselme
S. Teodoro
S. Adalbert
S. Fidèle
s. Jorgi
s. Marco
s. Clet
s. Antime
s. Aimé

s. Roubert
Sta Catarina d. S
SS. Philip. ,Jacq.

Pichouna plneia d'Abriéa
Bouona récolta pèr l'csliéu

Q.

p
P. L.
D . Q.
N. L.
SOULÈU.

TRIMÍÎSTRÈ;

MAI

JUN

à

lu 5,
2 oura
lu 13, a 7 oura
lu 21, à 10 oura
lu 28, à 7 oura
— L.

5 14'

—

14
10
23
24

s.
m.
m.
m.

C. 7 29'

1 dim. SS. Félip. Jaq.
2 dij. S. Atanase
3 div. In.d.l. Sta Crous
4 dis. SS. Sindonis
5 Dim. S. Pio, papa
6 dil. S. Jouan D.
7&lt; dim. S. Peire
8 dim. s. Gregori N.
9 dij. s. Antounin
10 div. s. Isidoro
11 dis. s. Bounifaci
12 Dim. s. Jouan lou S.
13 dil. s. Pouon, m.
14 dim. s. Pacomo
15 dim. s. Sta Denisa
16 dij. Ascensioun
17 div. S. Pascaù
18 dis. S. Teodoto
19 Dim. s. Pèire C.
20 dil. s. Felis.
21 dim. s. Bernardini
22 dim. s. Julia
23 dij Rogaeioun
24 div. s. Vincen, d. L.
25 dis. S. Urbin
26 Dim. Pandecousta
27 dil. S. German
28 dim. S. Cirile
29 dim. Sta Petronïa
30 dij. S. Sylve
31 div. S. Justin
Au mes de mai
Longui semana

p
P.
D.
N.

Q.
L.
Q.
L.

lu 3,
lu 11,
lu 19,
lu 26,

SOULÈU.

1
2
3
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6

dis.
Dim.
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dim.
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19 dim.
20 dij.
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23 Dim.
24 dil.
25 dim.
26 dim.
27 dij.
28 div.
29 dis.
30 Dim.

—

à 11 oura 4 s.
à 10 oura SI s.
à 9 oura 51 s.
a
2 oura 20 s.
L. * 34'

C. 8 1!"

S. Potin
Trinità.
S. Quirin
S. Francès C.
S. Lié
Festa de Dieu
S. Lié
Quatre-tèms
S. Optat
Sta Margarida
S. Barnabe
S. Antoui de P.
S. Basilio
S. J.-F. Régis
S. Moudeste
S. Lambert
Sta Olga
S. Gervai
Sta Juliena F.
S. Louis de G.
S. Paulin
Sta Maria d'O.
S. Jouan-B.
S. Prousper
S. Alban
S. Cresen
s. Iréné.
s. Pèire
s. Pàu
s. Tibàu

En Jun
De tres abit l'un

Dégustez tous le vrai

NICE

—

BLANQUI &amp; FRACCHIA
— Usine au Pont-Magnan

—

NICE

�— i4 —

TROISIÍ)MK

AVOUST

JULIE T
P.
P.
D.
N.

lu 3, a 10 mira 20 m.
lu 11, à 1 cura 53 s.
Il 19, a o oura 31 m.
lu 25, a 9 oura 12 s.
SDULÈU. - - L. 4 35' — C. 8 22'

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dim.
dim.
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Dim.
dil.
dim.
dim.
dij.
div.
dis.
Dim.
dil.
dim.
dim.

S. Thierry
Vierg.de li Gracia
S. Anatole
S. Pèire de L.
S. Sisoès
S. Elie
Sta Babeta
S. Efrein
Sta Felicita
S. Pio
S. Jouan G.
S. Gene
S. Jaque
Festa Naciounala
S. Enri
N.D.d.M. Carmel
Sta Marcelina
S. Frederic
S. Vincen de P.
Sta Margarida
S. Vi loiSta Maria-Mad.
S. Apoulinari
Sta Cristina
S. Jaque
Sta Anna
S. Pantaleoun
S. Samsoun
Sta Marta
Sta Giulieta
S. Gnaci de L.

Au mes de Juliet
Ni frema ni coulé.

TBIMËSTRÎ;

I1. Q. lu 2, a 0 oura 29 m.
P. L. lu 10, a 3 oura 58 m.
D. Q. l»i 17, a 1 oura 1.1 s.
N. L. lu 21, a 5 oura 14 m.
IV Q. lu 31, &amp; 5 oura 21 s.
souLÈu, —1.5 or -j&gt;. 8 or

dij.
div.
0 dis.
4 Dim.
5 dil.
6 dim.
7 dim
8' dij.
9 div.
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dim.
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dij.
div.
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Dim.
dil.
dim.
dim.
dij.
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dis.

S. Pèire-aï LS. Alfonso
Inv. de S. Estève
S. Domenica
N. D. dei Nèu
Trausf. de J. C.
S. Gaétan
Sta Batilda
S. Camila d. L.
S. Là u ren
S. Septima
Sta Clara
Sta Filoumèna
S. Ousèbi
Asoumpcionn
S. Roc
S. Mamès
Sta Elena
S. Ipoulita
S. Bernar
Sta Chantai
S. Pio V
S. Filipe B.
S. Bartoumiéu
s. Louis, r. F.
s. Seg'oundo
s. Cesari
s. Goustin
s. Mederic
Sta Rosa
S. Fiacre

F.n . ivoast
Figa e moust

wmmm mm

SBTÈMBRE
P. !.. lu 8, a' 4 oura 57
D. Q. lu 15, a 6 oura î&gt;l
N. L. Ju 22, a 3 oura 37
P. Q. lu 30. a 0 oura 08
SOULÈU. - - 1. 5 47V— c.

1
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Dim.
dil.
dim.
dim.
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div.
dis.
Dim.
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dim.
d'un.
dij.
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Dim.
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dim.
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dim.
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Dim.
dil.

S. Gili
S. Estève R.
Sta Eufemia
Sta Rosalia
S. Làuren J.
S. Pambon
S. Grat
Natiu, di' la V.
S. Oumer
S. Xicola
S. Félis
S. Veran
S. A nié
Es. (1. l.S. CtQUS
S. Nicomède
S. Conrneilla
S. Lanbert
S. Tournas V.
S. Janvié
S. Euslache
S. Matiéu
S. Maurici
Sta Tecla
S. Girar
S Firmen
S. Nil
S. iN'icandre
S. \\ inceslas
g. Miquèu
S. Jeromo

Lima setembrina
De mai clarina

MOT »

GRANDE MARQUE RECOMMANDÉE

s
:
s
s
7'02'

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OUTOUBRE
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lu 8,
lu 15,
lu 22,
lu 30,

SOULÈU, — 1.

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oura 46 m,
oura 09m;
oura
m.

ii

— c.

6 06*

TRIMESTRE

NOUVÈMBRE
P. L. lu
6,
D. Q. lu 43,
N. !.. lu 20,
Q.
lu 29,

r.

SOULÈU. - -

1.

a
a
a
a

4 oura 48
8 oura 20
9 oura 49
2 oura 42
14'

—

c.

5 03'

1 dim. Rosari
1 div. Tout lu Sant
2 dim. S. ■ Léger
2 dis. Eu Mouorl
3 dij. S. Rosari
S. Ubert
4 div. s. Francès d'A. 43 Dim.
dil. S. Carlo B.
5 dis. s. Placido
5 dim. Sta Bertila
6 Dim. s. Bruno
6 dim S. Leounar
7 dil. s. Serge
dij. S. Nestou
/
8 dim. Sta Reparada
8 div. Lu Quatre Incou.
9 dim. S. Denis
9 dis. S. Teodore
10 dij. s. Francès B. 10
Dim. S. Jacintou
11 div. s. Tarasco
11 dil. S. Martin
12 dis. s. Counrad
12 dim. S. René
13 Dim. s. Edouard
13 dim. s. Stanislas
14 dil. s. Calisio
14 dij. S. Pantena
15 dim. Sta Teresa
15 div. Sta Gertruda
16 dim. S. Ospici
16 dis. S. Edme
dij.
17
Sta Edvija
17 Dim. S. Gregori
18 div. S. Luc
18 dil. S. Alfè
19 dis. S. Pèi re
19 dim. Sta Babeta
20 Dim. S. Agrico)
20 dim. S. Edmon
21 dil. Sta Ursula
21 dij. Présent, de la V.
22 dim. S. Filip
22 div. Sta Cecilia
23 dim. S. Teodoret
23 dis. S. Clemen
24 dij. s. Mairloire
25 div. ss. Crespin-Cr. 24 Dim. Sta Flora
26 dis. s. Jouan de K. 25 dil Sta Catarina
26 dim. Sta Pel fina
27 Dim. s. Frumence
27 dim. S. Maxime
28 dil. s. Alfredo
28 dij. S. Sostène
29 dim. s. Narcisse
29 div. s. Saturnin
30 dim. s. Marcel
30 dis. s. Andrièu
31 dij. s. Siri
En ùuloubre
\loii ponorc goûta loti rùare

Tonssan ientra
St A n'driéu lou souorte

« wmmm

DESÈMBRE

s.
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JACK

P. L .
D. Q.
N. L.
P. Q.

lu 6,
lu 12,
lu 20,
lu 28,

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1
2
3
4
5
6

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Dim.
dil.
dim.
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dij.
div.
dis.

8 Dim.
9 dil.
10 dim.
11 dim.
12 dij.
13 div.
14 dis.
15 Dim.
16 dil.
17 dim.
18 dim.
19 dij.
20 div.
21 dis.
22' Dim.
23 dil.
24 dim.
25 dim.
26 dij.
27 div.
28 dis.
29 Dim.
30 dil.
31 dim.

1.

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3 oura
m.
6 oura 46 s.
4 our;i 40 s.
7 OUI;L 48 s.

7 54' — c.

A vent
Sta Bibiana
S. Francès X.
Sta Barba
S. Bassi
S. Nicola
S. Anbrosi
Imac. Conception
Sta Leoucadia
Sta Eulàlia
S. Damase
Sta Rosélina
Sta Lucia
S, Niçoise
S.
S.
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S.
S.
S.
S.

Mesuiin
Adon
Olimpíada
Gatien
Ciprian
Filogone
Tournas

S. Onourat
Sta Vitòria
Cacha-fuec
Calèna
S. Estève
S. Jouan
SS. Inoucent
Sta Eleonora
S. Sabîn
S. Sàuvestre

Calena aufuec,
Pasca àu j'aèc.

sin -

GRANDE MARQUE RECOMMANDÉE

4 35

�- i6-

�- 17

-I

CROUNICA NIÇARDA
L'ABADÏA DE SAN POUON.— L'ABAT RANCE-BOURREY.
GLOFFREDO.

—

—

PÈIRE

A PREPAU DOU DIALETE NIÇART.

Ben qne pareissènt tardié, VArmanac Niçart s'empressa de
pourtà la siéu febla vous su tout cen que enteressa lou païs, sigue
au pounch de vista istoria loucala, pouesia, tradicioun, sigue
tamben su la taquinanta questioun dóu dialete niçart souvenri
fès pauvada e su la quala lu escritour mouderne soun luen d'estre
d'acordi.
Parlerai finda de M. l'Abat Rance-Bourrey, un beneditin qne
despi quauque an en ça mete à prouflt la siéu erudiciou n a nen
revelà de fach d'istoria inedieh. Se quauqu'un mérita d'estre
laudat es ben éu ; es en éu que VArmanac Niçart tressa la
pamoula de sapiença. En esprimant la nouostra recounouissença,
à l'Abat Rance-Bourrey, fen cen que touplen an denembrat,
vouoli dire de courounà lu siéu travail, frucha de ben de recerca,
dai quali obra sian fier d'avé prestat la prima ajuda. Pouden cità :
lou Discours sur le Monastère de Sainte-Claire de Nice, par Honoré
Pastorelli, publié d'après l'édition originale de Turin 1608, avec
une introduction et des notes ; — "Le Général J.-B.-M. D'Anselme" (Notices biographiques (1740-1792). E aquest'an
l'istorien nen douna — toujou de prima man — YExpulsion de
Mgr Valperga, evesque de Niça, au tèms de la Revoulucioun,
travail anoutat de peça curiouvi que sian urous de pouder metre
souta lu uès dei nouostre letour.
*
* *
Lou fach de l'annada, lou mai marcant, es estat aquéu de
l'Abadïa de San Pouon. Parlon de tout destruge pèr li basti an
siéu luec un espitau Pasteur... UArmanac Niçart es pas Penemic
dóu prougrès, ni men encara dei Bei-Art, ma si fa lou pious dever
de jougne lu siéu esfouors en aquelu dei siéu councitadin quo
l'istoria dóu passat passiouna, pèr que l'Abadïa de San Pouon
sigue counservada e classada couma mounumen istorique. En la
circonstança feliciti M. l'Abat Rance-Bourrey que mé rasoun s'e.s
demoustrat l'ardènt defensour autourisat que counouissen. La
siéu paràula es estada escoutada e lou Préfet de li Alpa-Maritima,
8

'

�— i8 M. de Joly — respetuous dei nouostri tradicioun — en ortie
avertit a proumès que l'Abadïa de San Pouon seria respetada e de
lèu si crusià pèr lou siéu classamen tra lu mounumen istorique.
Dóu resta vequi ce que l'Abat Rance Bourrey nen di su San
JPouon. Counsignen religiousamen li siéu paràula :
« L'Abbaye de Saint-Pons est le plus ancien monument relitgieux existant dans le Comté de Nice. Il y a dou^e cents ans que
sSiagrius y fonda un monastère. L'histoire de ce monastère est
jintimement liée à l'histoire religieuse, civile et économique de la
iville de Nice.
;
« Ce fut à Saint-Pons qu'en 1388 fut'signé l'acte réunissant
le Comté de Nice au Comté de Savoie. Les abbés de Saint Pons
ifurent pris dans les principales familles du Comté : les Badat, les
tLaugery, les Provana, les Lascaris, les Grimaldi, les Martelli, les
;Tournefort, etc. Plusieurs évêques de Nice furent abbés de Saint[Pons, en particulier Barthélémy Chuet (fin du xve siècle) et Jean
, Uriole, son successeur. Un autre abbé, Claude de Seyselle, fut
,évêque de Marseille, puis archevêque de Turin ; d'autres furent
cardinaux, tels Innocent Cibo, neveu d'Innocent VIII et de
f
;Léon X, et Paul Medeci de Cesis dont on voit encore l'inscription
(funéraire à Sainte-Marie-Majeure, à Rome.
:
« A la fin du xvir siècle, l'abbé de Saint-Pons était Pierre
•Gioffredo, le savant historien niçois. Enfin, un abbé de SaintiPons dont les Niçois n'ont pas encore perdu le souvenir, était
(l'abbé Spitalieri de Cessole qui a doté sa ville natale d'un établissement de bienfaisance si justement apprécié. La plupart des
pbbès de Saint-Pons et plusieurs évêques de Nice ont été enterrés
dans l'église ou sous le cloître et dorment aujourd'hui confondus
avec les moines leurs frères qui depuis dix siècles y sont enterrés.
« Les monuments funéraires ont disparu. Le temps a tout
(nivelé à Saint-Pons, singulièrement aidé cependant par la main
ides hommes. On connaît les dévastations commises par
Iroupes de François Ier et de Barberousse, plus tard par celles d
Catinat et par d'autres encore. Après chaque désastre, SaintPons a retrouvé une nouvelle vitalité et il y a à peine trois quarts
de siècle que Mgr Galvano y a fait d'importantes réparations.
;
« Saint-Pons n'est pas seulement une page de l'histoire de
notre pays, c'est un gros volume de cette histoire ; les Niçois
laisseront-ils dire qu'ils sont restés indifférents devant le danger
qui menace Saint-Pons ? Non, ils feront tous leurs efforts pour

�— 19 -

sauver de la destruction un monument qui doit leur être cher...
Je demande d'urgence le classement de l'Abbaye de Saint-Pons,
c'est-à-dire de l'Eglise et des bâtiments claustraux, comme monument historique. »
Lou councours de YArmanac Niçart es aquist. Emé fiertà e
au près de touplen de sacrifici faren respetà l'istoria dóu passat,
la lenga e lu escrich dei orne qu'an ilustrat lou nouostre bèu
pais.
*
* *
Despi quauque tèms, — maladia que reven per intermitença,
— la gran questioun de la grafia niçarda, de l'ourtougrafa, es
messa su lou tapis. De letra soun estadi publicadi, d'autri lou seran, e cresi qu'après ben de charra pèr dire pas gran cauva de
nóu, quasi dirii pèr predicà dintre lou Desert, noun restera
d'aquela discussioun, — Favén déjà coustatat, — pas gran cauva,
ren!... Cadun escrèu à la siéu moda seloun l'esprit dóu moumen,
e serii ben curious de counouisse aquéu que vendria nen dità
une metoda en nen dïen : « la mièu maniera d'escrièure lou
Niçart es la bouona». Discussioun scientifica que pòu passiounà
quauque lenguista, pas mai ; lou mihou es d'escrèure seloun li
letra ditadi pèr la prounouncia. Lou talènt pèr aquéu qu'escrèu
es de si laissà liège, de si faire acapi. Es qu'en en un entan que
frecuenta l'escola primària poudès li demandà autra cauva ?...
Perta de tèms que tout acò, vourria mai s'engenià à recercà lu
viei mot, espressioun, loucucioun courenti que la pous dóu tèms
a rabaïat, dounà au nouostre bèu dialete la coulou que dèu avè,
en respetant lu emprunt que pouden avè fach sigue à l'Italian, à
l'Espagnòu o à tout autre...
Un dialète noun dèu pas estre une lenga scientifica, encara
m en noun còu avè la pretencioun que sigue ouficiela, seria temerari ; lou dialete d'un païs dèu refletà lou caratere d'un'epoca que
lou tèms dèu respetà, enfin escrèure gramaticalamen, un noun
empedisse l'autre, e laissà à l'esprit, au goust lou coumplemen
d'un stile ouriginal, en de frasa councisi que flaton i'auriha.
Aquí fermi la discussioun, risqui de perdre la civada... l'an
que ven, se Diéu mi presta vida, v'en dirai d'autri e couma
d'usança que mi sigue permès de la vous souvetà : Bouona e
uroûva !
L'ARMANAC

NIÇART.

�20 —

LA CIGALA DOU BOUON DIEU
Una cigala dóu Bouon Dieu
Tout l'estiéu
E l'iver en la chambreta, —
L'aiguesias vista la lebreta ! —
Noun vivïa que d'amour
S'assetava su l'ounour;
La cigala cantarela,
Vau chanja de clientela,
Noun es courta d'amatour,
Que li viron tout au tour !
Ma l'ancien de la cigala,
De gros mot ven que s'embala ;
En l'auriha de la maire
Li ven tout aquéu bousin,
Que deja toui lu vesin
Sabon lou long de l'afaire
— Cenqu'as fach m'au tiéu tip ?
Di la maire enrabiada...
Bella Vierge encourounada !
Sera au mancou m'un bouon rie!!...
CH. CIAUDO

PROUVERBI, BOUOI MOT, COUNSÉU E DICH
Tèms d'iver noun ti fidar.
Lu màu dei enfan si garisson soulet.
Cau naisse pèr estre bèu, si maridar pèr estre rie, e mouri
pèr estre brave.
Per aver de raïn, eau caressar la souca.
Agnèu naissut
Vau un escut.
Dansa mihou ventre plen que rauba nova.
L'oumbra dou mèstre engraissa lou cavau.

�LOU MAGOT DE BERTOUMIÉU ISSUGA
O BEN

UNA RAISSADA DE MACAROUN
Conte menloanasqae trouvât dintre d'un armori
de ma nana e que /'Armanac Niçart es tirons de
transcrièure en niçart à Ventencioun dei sièu
fidèle lotour et lelrissa.

Bertoumiéu Issuga, mentounasque de viéia roca, abitava en
coumpagnia de sa mouhié, en carriera dóu Paumoulié. La siéu
frema, malurousamen, era sirnplaria e faia lou siéu desespoir.
Cada matin Bertoumiéu, avant de s'en anà au travail, li recoumandava de noun faire de bestialità. Cou vous dire que toui lu
dissata lou nouostre ome metia en un'armari pertuat dintre la
muraia lou gagne de la semana.
— Bertoumiéu ! pèr qu seria tout aquel argen, demandava
Marioun au siéu marit.
— Es pèr Madjou-long, castagnassa !
*
* *
Un jou Bertoumiéu partet pèr anar à la siéu campagna ;
devia même li restar doui ó très jou pèr souïnar e arousar lu
citrouniè. Marioun souleta matin e sera, s'assetava su lou banquet de la pouorta e faïa de bas... Un predinà veguet un ome
de statura mai que mejana, couma si di, un gran carcan. La
frema de Bertoumiéu lou fissa sensa parpelear, pi pihada d'un'
idea, li diguet :
— Moun bèu Moussu, sias bessai vous Madjou-long ?
Lou merlo pita e noun s'en laissa dire autre, léu li
respouonde :
— Noun vous troumpas pas, bella bruneta, sièu ièu Madjoulong !... Ma perqué mi faire tala demanda ?
Perqué ?... dou moumen que sias Madjou-long, intras su lou
cóu. Li a ja pas mau de tèms que moun marit a mes d'argen
amagat pèr vous...
E sensa mai de ceremounia li remeté lou mandiou dintre lou
quai lu sóu eron groupât. L'ome remercia e la s'esbigna lèu.
♦

* *

�Lou sera, Bertoumiéu arriva, la sièu mouhié li di.
— Sabes, ai vist ancuei Madjou-long !
E l'ome de cridar :
— Malurousa ! — m'en a fach encara una 1
Courre à l'armari, lou mandiou e Pargen, mouis !... Issuga
blastema pica dai pen, es décidât de si desiaire de la siéu frema
Lendeman, dóu téms qu'aissesta durmïa, li cuerbe lu uès emé de
pega de sabatié, pi la pihant pèr la man, la mena dapé dóu CapMartin. Arrivât aqui, Bertoumiéu fa mountar Marioun su d'un
nouguié el'abandouna. La paura, bòrnia, noun sabia doun si
trouvava, ni men encara ce que poudia faire.
En aquéu fra-tèms doui voulur venon s'assetar souta
l'aubre ; après aver abrat quauqui branca sequi pèr s'escaufar, pi
si meton à cuentar lou siéu argen.
La calou faguet delegar la pega que curbia Puès destre de
Marioun e aissesta de cridar :
— E d'un !
Lu voulur, d'estuc, s'isson d'emblée.
— Qu'es acó, diguet l'un.
— Un matagan, faguet l'autre.
La calou seguia á faire lou siéu efet pau à pau durbia Puei
senec.
— E de douî, diguet Marioun.
Dóu cou lu voulur escapon, laissant Pargen espantegat soubre
Perba.
Marioun coumença à li veire clar, cala da l'aubre e ramassa
Pargen, pi lèu s'en camina vers maïoun...
Lou sièu marit, pensierons, era assetat dapè dóu fuec, s'escaufant, fumant la sièu pipeta emé beatituda...
— Bertoumiéu !... o Bertoumiéu !... duerbe-mi, siéu iéu,
Marioun...
— Vai au diàu que ti pihe... ièu que cresii de m'en estre
despegouït...
Ma Marioun, toujou picava, un cóu noun asperava l'autre...
L'ome fenisse per li durbi...
— Ten ! regarda cen que ti pouorti.. . e Marioun pauva lou
sac su lou toulié. ..
Bertoumiéu, entartugat, cuenta Pargen e réfléchisse ; — Marioun es simplaria e deman la vila saupra Pistoria de la fouré . ..
Cóu que Bertoumiéu si dispegouïsse pèr empedi li marridi lenga
de bavar...

�— 23 —
Si mete la vesta, lou capèu e souorte fermant la pouorta i..
Faïa nuech dintre la carriera, ma sensa pena s'encamina
vers una boutiga e croumpa pèr mai de dès kilo de macaroun...
Ientra au sièu e di à la sièu mouhié de si metre au liech.
En tant que Marioun durmïa, Bertoumiéu fa bui lu macaroun, pi lu espantega su lu aubre dóu jardin... Lendeman de
matin la siéu frema, desveiada, si mete à la fenestra...
— O ! Bertoumiéu ! Bertoumiéu ! Vene un póu veire!... O
trest ! vè, a plougut de macaroun !...
— O vai fantauma !... n'as toujou una. .. Ten ! ten !... ma
es ver !...
*
* *

A quauque tèms en ça, Bertoumiéu l'avia previst, Marioun
countet à toui que lou siéu ome noun li picava plus, despi lou
jou qu'ela li avia pourtat de sac plen d'escut...
Lou juge aiguent audit parlar de l'afaire, mandet sounar
Bertoumiéu devant lou tribunal ; la siéu mouhié era estada
citada couma testemoni.
Lou juge. — Bertoumiéu, sias acusat d'aver gardât d'argen
que noun era vouostre.
— Iéu !... Ma moussu lou juge, lou negui ; sièu couma
sabès un travaiadou.. .
E Marioun de dire.
— Noun negar, Bertoumiéu, sabés ben qu'es ver ; es iéu en
persouna que t'ai pourtat la mouneda, qu'avii trouvât en la
fouré.. .
Lou juge. — Anas brave ome, noun negués.. .
— E quoura lou m'as pourtat ?... — Vous juri, Moussu lou
juge, que la miéu frema es fouola !...
— E lou sabes ben, Bertoumiéu, es lou jou que plouguet tant
de macaroun !
— Moussu lou juge aves jamai vist ploure de macaroun ?...
— Jamai ! moun beL amic respoundet lou juge que si tenia
lou ventre dóu rire — Amie, vèu que la vouostra frema es
fouola. .. sias aquitat !...
Bertoumiéu si retira emé Marioun... Noun aigueron plus
de disputa e vieugueron, pareisse urous e pèr longtèms !...
J. E.

�CANSOUN ANCIENNA

PÈR LOU

N'aurias pas vist la miêu fiha
Trin-trin
Lou galerin
A'aurias pas vist la miêu Jiha
Trois-wtrois
Le fils du roi
L'ai vista e l'ai baïada
Trin-trin
Lou Galerin
L'ai vista e l'ai baïda
Trois-trois
Le fils du roi.
Douna-mi la miêu fiha
Trin-trin
Lou galerin
Douna-mi la miêu fiha
Trois-trois
Le fils du roi.
Es aqnela la vouostra fiha
Trin-trin
Lou galerin
Es aqaela la vouostra fiha
Trois-trois
Le fils du roi.
La miêu fiha era pas lernia
Trin-trin
Lou galerin
La miêu fiha era pas lernia
Trois-trois
Le fils du roi
La miêu fiha era pas lua
Trin-trin
Lou galerin
La miêu fiha era pas lua
Trois trois
Le fils du roi.
N'es ni guercia ni poutinouva
Trin-trin
Lou galerin
N es ni guercia ni poutinouva
Trois-trois
Le fils du rois.

MAI

�La miéu fiha n'es pas borni a
Trin-trin
Lou galerin
La miêu fiha n'es pas bornia
Trois-trois
Le fils du roi.
Noun faïa pas belugueta
Trin-trin
Lou galerin;
Nonn faïa pas belugueta
Trois-trois
Le fils du roi.
La miêu fiha n'es pas emberrida
Trin-trin
Lou galerin
La miêu fiha n'es pas emberrida
Trois-trois
Le fils du roi.
La m iéu fiha n'es pas pigada
Trin-trin
Lou galerin
La miêu fiha n'es pas pigada
Trois- trois
Le fils du roi.
La miéu fiha noun es pas ranga
Trin-trin
Lou galerin
La miéu fiha noun es pas ranga
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha noun es pas louorla
Trin-trin
Lou galerin
La miéu fiha noun es pas touorta
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha n'es pas crouoada
Trin-trin
Lou galerin
La miéu fiha n'es pas croavada
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha n'es pas gibouva
Trin-trin
Lou galerin
La miéu fia n'es pas gibouva

�— 26 —
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha noun es foularana
Trin-trin
Lou galerin
La miéu fiha noun es foularana
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha n'es pas ingourda
Trin-trin
Lou galerin
La miéu fiha n'es pas ingourda
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha a pas lou peu de pi g nu
Trin trin
Lou galerin
La miéu fiha a pas lou peu de pig nu
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha noun es narvelouua
Trin- trin
Lou qalerin
La miéu ûha noun es narveloiwa
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha noun a la rougna
Trin-trin
Lou galerin
La miéu fiha noun a la rougna
Trois trois
Le fils du roi.
XXX.

PROUVERB1, BOUOI MOT, COUNSÈU E DICH
Qu duerme ben noun cregne li niera.
Qu vè pissar e noun pissa, crêpa de malícia.-'
Qu douna soun ben avan de mouri
Mérita de pati.
L'amour es lou paradis dei fouol.
L'amour es .la flou de la jouinessa.

�LA MOUORT DAU PAURE TOUNIN

Lou paure Tounin, malàut a setant'an, si presenta à l'espitàu
ma li respouondon que li a plus de plaça.
— Coumplet ! ! !
Quauqu'un li fa capi qu'em'un pau de proutecioun li pourria
intrar. Countrariat dei pas que cóu faire, Tounin vira lu taloun e
s'encamina vers la plaça Massena, piha lou tram, si rende da
Graugnard, à l'espitàu dei can, e li di :
— Moussu lou Veterinari, cresi d'estre un pau mai qu'un
can ?... En aquéu cas souîna-mi...
— Vous souînar aici, ma brav'ome perdés la testa. — Basta,
li di que n'a pas de liech pèrcourcar un crestian, que noun douna
de souin qu'ai bestia !...
Tounin, couma pensas, s'en souorte m'au couor gros e noun
sau plus à que sant si recoumandar. Era aqui au mitan dóu
camin, quoura en aquéu moumen arriba un landau, doun cala
una grossa dama, encapelada, aurias dich un ver foungi, segada
d'un varlet que pourtava religiousamen un can enfeloupat emé de
favour rosa au couol, tapat d'un tapis em'ai iniciala. En veèn
aquéu tablèu lou paure Tounin si lamenta, sangluta fouort.
— Qu'avès lou miéu brav'ome, li di la dama.
— Cen qu'ai Madama ?... trovi que lou vouostre can a mai
de chança que iéu. Li a cinquant-cinq an que travaii, pèr la premiera fès que siéu malàut, noun soulamen mi refuson à l'espitàu
dei estre uman, ma encara mi vèu picar la pouorta au nas èn
aquéu dai can.
— Quevoulès, lou miéu paur'ome, ai fach un vout de mimetre
à la Soucietà Proutetriça dei Animau, de pourtar touti li miéu
ecounoumia à la Caissa de secours pèr soulajar lou sort dei bestia.
Lou fau talamen ben, que vouguessi ben vous dounar un sóu
que pourii pas.
La dama li vira l'esquina e ientra couma un coupa-cisèu da
Graugnard. Tounin roumougna :
— Se ti veguessi en un cantoun ti dounerii mancou un gotou
d'aïga !... vièia sansuga !...
Tounin estrassinat, deble s'alonga un pau plus en là, su d'un
mouloun de peira. Quauqui oura après, couma soufrisia, n'ai-

�guènt ren en l'estomegue depi l'auba, coumençava d'aver lou
rangouioun, quoura passet un canipiè que li diguet :
— Que fès aquí, brav'ome ?
— Couma veès siéu aqui pèr tirar lu patoun. M'an refusat â
l'espitàu, même en aquéu dai can, noun mi resta que de mouri
su d'un mouioun de peira. — Avès un carnet su lou quai enregistras lu fach dóu jou, farias ben de li aloungar lou miéu testamen que poudès mentuar couma acô :
— « Bouon Diéu, se mi fes passar encara une fes sur la terra,
fe-mi naisse can au mancou, li aura une Soucietà Proutetriça dei
Animau que si crusira de iéu e pourrai estre amès en un espitau,
estre souïnat, faire bouona vida, menar une vida de can... »
ANT. ROLAND.

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VIGNE
A M. VALÉRE BERNARD.

Dans le ciel doux la Vigne ètreint les pals de buis.
Sous le pampre le merle alourdi des falernes
Tourne son col gris vair et ses paupières lemes
Qu'argenté la blancheur des immuables nuits.
O / fraîcheur, 6 beauté des Igs et des iris,
Que la Vierge éblouie avec les marjolaines
Cueille le soir venu aux vasques des fontaines
Pour colorer en fête, au crépuscule, l'Euis.
Narcisses, ébeniers, œillet et sensitive
Ah ! Versez en mon âme attiédie et pensive
L'orgueil qui souleva les clairs olympiens.
L'amour qui rafraîchit les Madones pieuses
Et qui vêt de clarté les snls athéniens
Et les ravissements des époques heureuses.
JEAN

PADOVANI.

Quauque souvèt :
Vous souveti la bouona annada.
Que siegue mihau que la passada.
Vous souveti la bouona annada acoumpagnada de touplcn
d'autri.

�Eglises et Chapelles de Nice
La vieille ville de Nice se trouvant sur la rive gauche du
Paillon, pour parler de ses églises, nous commencerons par son
église cathédrale, Sainte-Réparate, vierge et martyre, de celles du
canton Est, et en traversant la rive droite nous nous occuperons des paroisses du canton Ouest.
I. — L'Eglise Cathédrale du Diocèse de Nice est la paroisse
de Sainte Réparate, vierge et martyre, sous l'empereur Decius en
253. Sa fête est le 8 octobre. Cette église est au centre de la vieille
ville (8.500 âmes), Avant 1531 la Cathédrale était près du Donjon, plateau de Nice, et dénommée : Sancta Maria in platea,
dédiée à N. D. de l'Assomption. L'édifice actuel, dans son genre,
ressemble beaucoup à Saint Pierre de Rome, au Vatican. C'était
auparavant une simple église paroissiale
desservie par
les Bénédictins du Monastère de Saint-Pons, près Nice.
Dans son ressort se trouvent l'ancienne église de Saint
Jaume (Saint Jacques apôtre), jadis des P.P. Carmes, fermée
depuis 1903. Après le transfert du titre de paroisse à l'église de
Saint Juste, évèquc, au Gesu, elle fut placée sous la vocable de l'Annonciation de la Sainte Vierge, ainsi que la belle Eglise de la
Miséricorde, sur le Cours Saleya, jadis de Saint Gaétan, fondée
e
par les P.P. Theatins au XVIII siècle et cédée à la noble
confrérie des Pénitents Noirs.
La Cathédrale de Nice, paroisse Sainte-Réparate de nos jours,
fut comme l'ancienne au Donjon du Château {Sancta Maria in
platea), le théâtre de plusieurs f lits historiques mémorables dans
les annales de l'histoire de Nice.
II. — L'Eglise de Saint Jacques, an Gesû, dès son érection
en 1612, dédiée à Saint Juste, évêque. Sa fête est le 2 septembre.
En 1665 fut érigée en paroisse sous le titre de Saint Jacques le
Majeur, remplaçant la paroisse de Saint Jaume. On l'appelle
vulgairement le Gesù à cause qu'elle a été fondée et administrée
par les P.P. de la Compagnie de Jésus.
Appartiennent à cette paroisse les deux chapelles des confréries des Pénitents Blancs, la Sainte Croix, — confrérie la

�óo —
plus ancienne de Nice, — et des Pénitents Rouges, Saint Suaire
et de la Sainte Trinité ; l'Eglise du Couvent de là Visitation,
la chapelle de l'ancien séminaire, à la montée du Château, et
jadis l'Hospice franciscain avec chapelle de Saint Joseph des
P.P. Recollets de Cimiez, convertie en maison particulière.
L'Eglise du Gesù est d'ordre corinthien composite, cons truite sur le modèle de l'Eglise des Jésuites de Turin, dite
vulgairement les Saints Martyrs. ( 10.000 âmes).
A l'extrémité de la rue du Malonat, aux racines de l'ancien
château, on voit un oratoire à la Sainte Vierge Marie, sous le
titre de N. D. du Bon Secours. Les habitants de ce quartier érigèrent cet oratoire en l'honneur de la sainte Vierge, en reconnaissance du choléra en 1854.
III. — L'Eglise paroissiale de Saint Martin Evéque dite de
Saint-Augustin est la plus ancienne, elle fut bâtie sur l'emplacement de l'ancienne chapelle de Saint Martin (1205) et appelée
Saint-Augustin parce qu'elle était desservie par les Augustiniens
dont le couvent a été transformé en caserne. (Caserne Filley, près
l'ancienne chapelle Sincaire).
IV. — L'Eglise de Saint-Francois-de-Paule a été édifiée en
1736 d'après le plan de l'architecte
Guarini. En 1838
elle fut érigée en paroisse par décret de Mgr Galvano et appelée
aussi Saint-Dominique en souvenir de l'ancienne église paroissiale
de ce nom qui s'élevait sur la place Saint-Dominique aux lieux et
place de l'actuel Palais de Justice.
V*— L'Eglise du Port ou de l'Immaculée Conception. D'humble
origine. D'abord ce fut une fort modeste chapelle (1835), transformée agrandie par Mgr Galvano, et l'avocat théologue L. Mari
fut son premier curé..
VI. — L'Eglise Saint-Joseph nouvelle paroisse depuis 1911 la
première pierre fut posée le 19 mars 1911, bénie le 29 octobre et
ouverte au public le Ier novembre 1911 sous le patronage de Mgr
Chapon et dirigée par les soins de M. l'abbé Gabrielli.
A cette paroisse appartiennent la chapelle succursale de Saint
Joseph contigüe à l'Evêché, et la chapelle de Notre-Dame des
Anges sur l'ancienne route de Villefranche.
VIL — Saint-Roch. Cette église paroissiale dans la banlieue
de Nice fut érigée après la peste de r68r. Nice fut délivrée de ce
fléau par l'intercession de saint Roch, confesseur, né et mort à

�- Si Montpellier. La paroisse est divisée en deux quartiers, Roquebillière
inférieure et Roquebillière supérieure, jusqu'à la chapelle de NotreDame de Bon Voyage.
VIII. — Rive droite du Paillon, intra muros, se dresse Notre Dame du Vau, paroisse Saint-Jean-Baptiste, qui remplace l'an
cienne église du même nom devenue chapelle inférieure du Lycée.
Cette belle église, vœu delà ville de Nice en 1835, mt érigée en
1842 et terminée en 1852 par Mgr Galvano, évêque de Nice.
La façade ressemble à celle élevée à Turin en l'honneur du retour
du roi dans les états Sardes en 1814.
IX. — Saiiit-Pierre-d' Aréna remplace une chapelle située à la
Croix de Marbre. Elle fut érigée en paroisse en 1803 par Mgr
Colonna d'Istria. Elle doit son nom à ce fait, c'est que lors de sa
fondation elle se trouvait sur le rivage de la mer séparée par une
bordure de sable fin.
X. — Une ancienne chapelle de Sainte-Hélêne-l'Inspiratrice
existait dans ces parages. Elle fut remplacée en face la mer par
une église sous l'épiscopat de Mgr Recrosio (1727).
Six paroisses « extra muros » dépendent de la commune de
Nice.
Sainte-Marie Magdeleine, sise dans le vallon de Magnan, édifiée sur l'emplacement d'une chapelle de même nom, érigée en
1626 et dite vulgairement chapelle « dei cassaire » à cause du
grand nombre de chasseurs. Après le concordat de 1803 sous
l'épiscopat de Mgr Colonna d'Istria, ce quartier qui depuis 1771
dépendait pour le spirituel de la cathédrale fut érigé en paroisse.
Il existe encore aujourd'hui une chapelle de Notre-Dame du Bon
Conseil changée en demeure particulière . Bientôt le besoin de
la population augmentant, une église sera bâtie à la cité Robiony
par les soins du curé actuel de la Madeleine.
Plus à l'est de la ville, toujours dans le canton ouest ce
l'Arquet, se dresse la paroisse de l'Ariane dédiée primitivement à
saint Arnoux, évêque et à saint Pierre, apôtre. Elle fut érigée en
paroisse en 1809 sous l'épiscopat de Mgr Colonna d Istria. Dans
son ressort se trouve l'ancienne chapelle nécropole de l'Abbadie
fondée en 1635 en l'honneur de sainte Claire pour le besoin spirituel de 450 à 500 habitants qui appartiennent aux communes
de Nice, Cantaron Saint-André. Localité d'avenii et à laquelle
le chemin de fer Nice-Coni donnera une valeur stratégique.

�— 32 —
Gairaut avait au moyen-âge une chapelle de secours desservie
par les religieux chevaliers de l'ordre du temple au début, et par
la suite de Rhodes et de Malte. Sous l'épiscopat de Mgr François
Rosini de Martinengo la chapelle fut érigée en église paroissiale
sous le vocable de saint Sauveur o*u de la transfiguration du
Rédempteur.
Dès 1730 les P. Dominicains de Nice fondent à Saint Pancrace un sanatorium pour religieux martyrs avec chapelle en
l'honneur de Saint Pancrace martyr. Cette chapelle est érigée en
paroisse en 1848 par Mgr Galvano.
Sur le couchant de Saint-Pancrace on trouve la paroisse de
saint Roman . martyr ; l'ancienne chapelle fut érigée en paroisse
ainsi que celle de saint-Antoine de Ginestière en 1803 sous Mgr
Colonna d'Istria.
VALENT IN.

NOU VÉ
Tu Çatarina fai lou pan.
Mdumen de jota, d'alegressa,
Fes audi da toui lu couor :
Lu ange canton l'alegressa,
Fuges l'infer, Juges la mouorl.
Chntou !
L'aarika sabla, li a quaucaren aici vesin,
Sembla que senti li joia d'un festin ;
Audi lu tambourin de laen,
Lu Jlajoulet e li musela,
Lu pastre van à Bethelen
Laisson la cabana soaleta ;
Santo nuech, venes aléa nen ralegrà,
Pourtas à toui la pax et la tranquilità !
Tu Catarina fai lou pan,
Manda Lucrecia au safran,
Despende aléa lou lauvaniè,
Chapla la blea su lou taatié ;
Crala de froumai e roumpe d'iiu
E fai la iourta couma fou,
Ché n'aiguen toui en aboundança (bis)
Santa nuech, venes alèu nen ralegrà,
Pourtas à toui la pa.x e la tranquilità .'
En tant faguen etnb'au vesin
t ua santépér lou Bambin,
Toucan lou gotou de bouon vin,
Ernb'aa vesin pér lou Bambin
Ti-ri-tin-tin ! -tinTi-ri tin !

�— 3Î —

L'Expulsion de Mgr Valperga
fEN SEPTEMBRE

1792)

Le 12 octobre 1780 h population de Nice se pressait aux
abords de la porte Pairoliëre pour y recevoir en grandes pompes
le nouvel évêque Charles-Eugène Valperga di Maglione. Ce
prélat avait couché la veille selon l'usage antique à l'abbaye de
Saint-Pons et devait faire ce jour là son entrée solennelle dans
sa ville épiscopale.
Le cérémonial imposant avec lequel on avait reçu jusqu'alors
les évêques fut encore cette fois observé. L'accueil de la population entière fut des plus chaleureux au rapport de Pierre Scaliero
qui en fut témoin (1). Le nouvel évêque, qui remplaçait Monseigneur Astésan nommé archevêque d'Oristano en Sardaigne,
appartenait à une famille de vieille noblesse dont plusieurs membres avaient exercé, à Nice, des fonctions importantes (2). Il
(1) Voir aux Archives municipales le récit détaillé que ce chroniqueur en a laissé dans ses Mémoires. Pierre Scaliero mourut en 1805.
(2) Jacques Valperga, conseiller ducal, fut lieutenant du gouverneur de Nice en 1454 ; Thoma5 Valperga fut gouverneur du château de Nice en 1565 ; Jean Valperga fut également gouverneur de
Nice en 1596 ; Jérôme Valperga fut commandeur du château de
Nice en 1600 ; Pierre Valperga, frère de Jacques Valperga, était
chevalier de Malte (Arch. municipales, registre des gouverneurs,
commandants et chevaliers de Malte) ; Anne Valperga, fille dAmédée
Valperga, épousa, le commandeur de Malte Jean-Paul Lascaris.
(Voir son testament daté de 1683, arch. des Alpes-Maritimes,
registre B, 297.) Joseph Ignace de Valperga reçut de son oncle, Emmanuel Philibert Chiotera, mie partie du fief de Couaraze dont il fut
investi le 20 février 1753. Son fils, Vincent, céda ses droits à H. Novelli. Jérôme Valperga fut sénateur à Nice de 1761 à 1765, puis
ministre plénipotentiaire de Sardaigne à Gênes en 1780 ; plus tard
il fut ministre etsecrétaire d'Etat, ce dernier était le frère de l'évêque
de Nice et fils du comte François Valperga qui vivait encore en
1795Ees armoiries des Valperga étaient fascé d'or et de gueules, à
la plante de chanvre déracinée, d'argent et brochant. Le cimier
était un bouc naissant au naturel et la devise : « Ferme-toy ».
Nous reproduisons les armoiries de Monseigneur Valperga d'après celles qui se trouvent en tête du catéchisme édité par ses ordres
et dont nous devons le dessin à l'obligeance de M. Joseph Casai
(Extrait de 1' « Armoriai Artistique et Nrbiüaire », Ni.e, 1902.
3

�- 34était directeur du collège des Provinces à Turin, lorsque le roi
de Sardaigne le désigna, pour l'évêché de Nice. Il avait été sacré à
Rome où il avait fait ses études. Monseigneur Valperga se distingua immédiatement par sa vigilance et son activité : il releva
le niveau intellectuel et moral des prêtres de son diocèse et s'attacha à mettre en toutes choses la plus grande régularité. Dix-huit
mois après son installation, il publia un nouveau catéchisme
dont le plan avait été préparé par son prédécesseur ^i). Grâce à

ses relations cordiales avec la eour de Turin, il jouissait auprès
des autorités civiles de Nice d'une grande influence. Après douze
(1) Ce catéchisme en italien fut imprimé à Nice par la Société
Typographique. C'est un petit volume in-douze de 612 pages, portant
la date de 1783. En tête se trouve le mandement de Monseigneur
Valperga du 16 février 1782 qui approuve le travail terminé par
le prêtre auquel Monseigneur Astésan en avait confié le soin, ordonne
sa publication et règle l'organisation des catéchismes dans tout le
diocèse. Deux ans plus tard en 1785, Gabriel Floteront, imprima
un autre catéchisme rédigé en dialecte niçois, petit volume in-12
de 228 pages. Un exemplaire de ces deux ouvrages existe à la biblio
thèque de Nice. — Voir Villarey, Série Cronològica dei Vescovi
di Nizza. — Art. Valperga.

�-35 années de séjour dans cette dernière ville il s'était acquis l'estime
et le respect de tous.
*

• *

Lorsque le 28 septembre 1792 dans l'après-midi, les troupes
piémontaises évacuèrent Nice, il y eut dans cette ville une effroyable panique et des milliers d'habitants s'enfuirent dans la direction de Turin. Ce fut un désarroi et une désorganisation complète de toutes les autorités. iMonseigneur Valperga resta à son
poste et s'engagea à ne point quitter la ville. Le lendemain samedi
29 septembre, il accompagna le second consul Honoré Saissi et
quelques membres du Conseil qui se rendirent, vers les onze
heures du matin, à la villa Feraudi, au quartier St Hélène, pour
offrir les clefs de la cité au général d'Anselme qui venait d'y
arriver à la tête des troupes françaises. Le général fit à la délégation assez bon accueil, mais il s'étonna de trouver parmi ses membres, l'évêque dont la place déclara-t-il n était pas là. Du reste,
d'Anselme attacha si peu d'importance à la démarche îles magistrats niçois que dans aucune de ses dépêches officielles il n'en fit
mention.
Sur le soir du même jour, la petite armée française faisait son
entrée dans la ville et le général s'installait dans la maison du
consul de France à la place St Dominique. L'évêque de Nice qui
tenait à rester au milieu de ses diocésains se présenta de nouveau
vers les huit ou neuf heures du soir chez le général auquel il voulait recommander ses prêtres en lui demandant des respecter les
églises. Le général était entouré de tout son état-major, du consul
de France, Pierre Le Seurre, de Honoré Saissi, second consul, de
Féraudi, secrétaire général de la commune. Ces deux derniers
venus probablement pour appuyer les demandes de l'évêque.
L'accueil du général ne fut pas plus encourageant que la première fois ; il intima même avec insistance au prélat l'ordre de
quitter ta ville en ajoutant que le plus tôt serait le mieux et ce
fut sur ces dernières paroles que l'évêque se retira après avoir toutefois reçu du général la promesse que tout ce qu'il laisserait dans
son palais serait placé sous la sauvegarde de la Nation française.
Il n'y avait pas à tergiverser, l'ordre était formel et pressant, il
fallait partir. L'évêque prit ses dernières dispositious et délégua,
au curé de la cathédrale, le chanoine Honoré Navello, tous les
pouvoirs nécessaires pour administrer le diocèse en son absence.
Aux premières lueurs du jour, Valperga quitta son palais, et se

�— 36 dirigea à pied vers la porte Pairolière. Il avait été impossible de
trouver une voiture car tous les moyens de transport avaient été
réquisitionnés et utilisés le 28 septembre pour permettre l'exode
des habitants terrorisés. Il avait ordre de partir, mais cet ordre
n'ayant pas été donné par écrit, les volontaires marseillais, de garde
à la porte de Turin, refusèrent de le laisser passer, l'accablèrent
d'injures, le menacèrent même de le pendre et ne consentirent á
le lâcher que sur un ordre écrit, sollicité et obtenu du général,
grâce à l'intervention courageuse et au sang-froid d'un jeune
niçois, Joseph Castellinard. Monseigneur Valperga se retira à
Turin et y mourut en 1805 sans avoir jamais pu obtenir l'autorisation de rentrer.
*

* *

Il est établi par les documents officiels contemporains que
Monseigneur Valperga ne quitta son siège que sur les ordres arbitraires du général d'Anselme et ces mêmes documents nous
renseignent très exactement sur les incidents fâcheux qui se produisirent au départ de l'évêque. Du reste, on n'ignorait pas à Nice
comment les choses s'étaient passées et la population savait grê à
Valperga de son attitude et de sa fermeté. De son côté, Valperga
avait eu confiance dans la parole à lui donnée par le général au
nom de la Nation française et à plusieurs reprises il manifesta
son étonnement qu'elle n'ait pas été gardée, que ses biens aient
été confisqués, son mobilier vendu, son nom inscrit sur la liste
des émigrés alors qu'en partant il n'avait cédé qu'à la force.
Parmi les nombreux documents qui se trouvent soit aux archives de Nice, soit aux archives nationales il en est quelques-uns
dont la simple reproduction sera plus probante que tous les corn,
mentaires. Il_suffira de citer :
•i° La lettre du Directoire des Colons Marseillais en date du
25 février 1793, adressée aux citoyens Blanqui et Veillon, députés
extraordinaires de la ville de Nice à Paris, au sujet des réclamations présentées le 23 du même mois par Jean-Jacques Donny, au
nom de Mgr Valperga.
20 La réponse du même Directoire à J.-J. Donny, en date du
26 février 1793.
3„ L'arrêté du Département en date du 13 avril 1793.
40 La réclamation présentée au Directoire du département

�Valperga, aussitôt après son inscription sur la liste des émigrés de
la ville de Nice, dressée à la fin de juin 1793.
50 Les états de frais pour l'inventaire et la vente du mobilier
et effets de « l'émigré Valperga Maillone, citoyen évêque » approuvés par le département des Alpes-Maritimes, le 5 germinal an
III (25 mars 1795).
6° Les actes de notoriété dressés le Ier et 2me fructidor an III
(18 et 19 août 1795) par Gautier, juge de paix à Nice, à la requête de Pierre-Joseph Passeron, agissant en qualité de procureur
subrogé par Nicolas Giorni, procureur spécial et général de Mgr
Valperga, par acte de procuration reçu à Turin le 20 juillet 1795,
notaire Pierre-Joseph Bernochio.
70 La pétition adressée au district de Nice le 4 fructidor an III
(21 août 1795) par Pierre-Joseph Passeron, demandant la radiation du nom de Valperga sur la liste des émigrés.
8° L'avis du district de Nice en date du 5 vendémiaire an IV
(27 septembre 1795) déclarant que Mgr Valperga doit être rayé
de la liste des émigrés.
90 L'arrêté du département des Alpes-Maritimes, en date du
14 prairial an V (2 juin 1797) ordonnant la radiation provisoire
du nom de Valperga de la liste des émigrés.
io° L'acte de cautionnement dressé par le département le
11 fructidor an V (28 août 1797), à la requête de Pierre-Joseph
Passeron, procureur de Mgr Valperga en exécution d'une des
clauses de l'arrêté du 14 prairial an V (2 juin 1797).

�- 38 —

DOCUMENTS ET PIÈCES D'ARCHIVES

Pièce 1.

25 février 1793
Aux cit. Blanqui et Veillon
Une lettre du cit. Donny, associé du citoyen LeClerc, défunt président de l'ancienne administration
provisoire, dont vous avez ci-inclus l'extrait ( 1 ), nous
fait connaître que le cit. Valperga, évêque de Nice,
laissa avant son départ (ordonné à son retour par
Anselme) dans sa maison pour environ 34.000 livres,
argent monnayé, et environ pour 17.000 d'effets en
vaisselle, linge, batterie de cuisine etc.
Une portion de ces effets se trouvent encore dans
ladite maison, sous l'inventaire que nous en avons
fait dresser par les commissaires de l'une et l'autre
administration, lorsque nous avons été installés, mais
il s'en faut de beaucoup qu'elle puisse arriver à la
somme de 17.000 livres, pas même le tiers.
Quant à l'argent monnayé entré dans la caisse du
receveur de l'ancienne administration, nous n'y
voyons point la somme que ledit Evêque désigne
avoir laissé dans sa maison. Nous vous remettons cijoint un extrait de l'état des sommes' que le cit.
Bonnet a reçu en espèces, pendant toute sa gestion
de receveur et trouvées parmi les effets des émigrés
français et niçois.
Nous ne voulons rien préjuger sur l'assertion du
cit. Valperga, quoique nous ayons des indices frappants de vérité. Ce ne sera que lorsque nous aurons
pu les convertir en preuves par le témoignage de
quelques citoyens que nous nous procurerons, pour
pouvoir en demander la restitution et la poursuite
contre le pillage.
En attendant, noùs croyons devoir vous faire part
de cette découverte que nous allons communiquer au
Président de la Convention Nationale et au Ministre.
Arch. des A. M. Registre de la correspondance du
Directoire des Colons marseillais L. 5.
Cet extrait manque au registre ainsi que les autres pièces
énoncées dans celte lettre.

�-hLe 2érae février 1793.
Au citoyen Donny, négociant à Nice
Pièce 2.

Votre lettre du 23me de ce mois, citoyen, nous
demande des renseignements sur le temporel du
citoyen Valperga, Evêque de Nice. Nous allons vous
transmettre tous ceux qui sont à notre connaissance
L'administration provisoire en choisissant l'Evêché
pour le lieu de ses séances, vint s'y établir dans les
premiers jours d'octobre, et tout nous porte à croire
qu'elle ne fit aucun inventaire des effets qui s'y trouvaient, du moins nous n'en avons trouvé aucun dans
les papiers qu'elle nous a remis.
En succédant à cette administration provisoire,
uous avons cru que notre premier devoir était de faire
un inventaire de tout le mobilier renfermé dans la maison épiscopale. Nous y avons successivement procédé
en présence des administrateurs provisoires et à mesure qu'ils nous en remettaient les clefs. Tout le mobilier qui s'y trouvait, ne consistait guère qu'en
meubles meublants et ne nous paraît pas avoir la
valeur de 17 mille livres que l'Evêque lui donne.
Vous pourrez, si vous le jugez à propos, faire prendre
à notre secrétariat une copie de cet inventaire. Tout
ce. qui n'est point renfermé dans les appartements
que nous occupons au premier étage, a été laissé à la
garde de Jean Poma, ancien concierge de l'Evêque et
le nôtre.
Pour nous éclairer sur les 34.000 1. argent monnayé que l'Evêque doit avoir laissé en sa maison,
nous avons écrit au cit. Bonnet, receveur de l'administration provisoire, pour lui demander un état des
sommes en numéraires versées dans sa caisse, comme
ayant été saisies et trouvées parmi les effets des Emigrés français et niçois. L'état qu'il nous a remis ne
monte qu'à 74121. 16 s, et aucun article n'a du rapport
avec les réclamations du citoyen Valperga.
Quant à ce qui concerne personnellement le
citoyen, nous avons demandé au Ministre de l'Intérieur de vouloir bien nous dire la manière dont nous
devions l'envisager. Nous savons qu'un ordre arbi-

�— 40 —
traire de Danselme l'obligea de quitter Nice, le jour
de l'entrée des Français. Mais nous pensons aussi que
la proclamation des Commissaires de la Convention
nationale de France et le décret de celle de Nice,
concernant les Emigrés, étaient des motifs suffisants
pour le ramener à son poste et le rassurer sur les
suites de son retour. En persistant à prolonger son
absence, il s'expose à être traité comme émigré, à se
voir déclarer déchu de sa place et confisquer tous ses
biens. Telle est la disposition de la loi, et quoique
nous ayons consulté le ministre sur le cas particulier
de l'Evêque, nous prévoyons que sa réponse sera de
nous en tenir à la rigueur des lois, ainsi que plusieurs
instructions nous l'ont déjà annoncé.
Vous sentez, citoyens, que tout le mobilier de
l'Evêque doit rester séquestré jusqu'à son retour ou à
la décision du Ministre. Il peut être tranquille sur la
conservation de tout ce que nous avons trouvé en
entrant dans sa maison. Ce qui a pu en être enlevé
avant notre entrée en fonctions, est étranger à notre
gestion. Mais nous employerons tous les moyens qui
sont en notre pouvoir pour en trouver les traces, en
acquérir les preuves et en faire punir les coupables.
Les administrateurs, etc.
Archives des A.-M., Registre
suivants.

,L. 5,/°7i verso et

Lettre des commissaires de la Convention
Nationale et arrêté du Département des A. M.
Nice, le 9 Avril 1793, l'an 1 Ie de la Repu bublique Française.
« Vous voudrez bien, citoyens, en nous envoyant
les noms et prénoms de l'évêque de Nice, nous instruire officiellement d'après les "dispositions des lois,
s'il est censé démissionnaire et son siège vacant.
« Les Commissaires de la Convention Nationale
au département des A. M.
GRÉGOIRE, JAGOT (I)

(1)

Archives des A. M. L. 29 ancien. L

7

actuel.

�— 4i (i3 avril 1793)
Le Directoire ; vu la réquisition du citoyen Procureur Général sindic « Considérant que Charles Eugène Valperga, évêque de Nice, n'avait point quitté
son domicile lors de l'entrée des troupes de la République ; considérant qu'il a lui méme-accompagné les
consuls d'alors quand ils furent présenter les clefs
de la ville et inviter le général Anselme à venir en
prendre possession au nom de la République ; considérant que le général Anselme par ses ordres arbitraires et tiranniques, accompagnés même de menaces contre ses jours, l'ont forcé de s'éloigner ; arrête
qu'il ne peut le déclarer émigré, et qu'il sera répondu
aux Commissaires de la Convention nationale d'après
les principes ci-dessus.. »
Sign : PAUMÉ ; BARLI FABRI ; F. CASTKLIMARD ;
ANGLES ; BERNARDI, secrétaire général. (1)
pjj

ce

^

Aux citoyens composant le Directoire du
département des Alpes-Maritimes..
22 juillet 1793.
Citoyens,
Le citoyen Jean-Jacques Donny, soussigné, chargé
des intérêts du citoyen Valperga, évêque de Nice
absent, ayant été informé que par votre délibération
du 29 du mois passé, ledit citoyen Valperga avait été
déclaré émigré, vous représente avec tous les égards

(1) Archives des Alpes-Maritimes, Registre L,. 3, folio 101. L'Arrêté n'est pas signé par le procureur syndic Jean-François Tourre
ni par l'administrateur Jean-L,ouis de Villiers qui ne partageaient
point l'opinion de leurs collègues. A noter que Tourre était d'Antibes
et que de Viliers était un médecin français établi depuis longtemps
à Nice.
I/Arrêté fut pris malgré le réquisitoire de Tourre qui voulait
déclarer Monseigneur Valperga émigré et malgré un violent discours de Villiers soutenant la même thèse qui fut combattue par
Barli Fabri, par Castclinard et par Anglès. J'ai déjà publié in-extenso
cette délibération du 13 avril T793 au cours d'un article sur l'église
de Nice en 1792-1793 inséré dans Nice Historique du Ier avril 1903,
C'est pourquoi je reproduis ici simplement la lettre des
commissaires et l'arrêté du département.

�- 42 —
dûs au pouvoir dont l'exercice vous a été confié par
le peuple souverain que le citoyen Valperga ne peut
ni ne doit sous aucun rapport être considéré comme
émigré, par les motifs ci-après :
i° Qu'il est de notoriété publique qu'il n'a quitté
le pays que contre son gré et par ordre du général
Anselme :
2° Qu'il a constamment été disposé et a offert
de revenir dans son diocèse, moyennant qu'il ne fut
assujetti à prêter qu'un serment relatif au temporel et
non au spirituel.
3° Qu'enfin et par la raison que n'étant point
indigène, mais étranger, son séjour ici n'a été dé terminé que par sa nomination à l'épiscopat, événement casuel qui n'a jamais pu le soumettre à l'obligation de renoncer pour toujours à sa mère-patrie.
Tous ces motifs, soit qu'on les prenne collectivement ou séparément, démontrent suffisamment,
citoyens administrateurs, le droit incontestable, qu'a
le citoyen Valperga de demander et prétendre la
radiation de son nom du tableau des émigrés, et si
le ministre de l'Intérieur n'a fait aucune distinction
entre lui et les autres citoyens, c'est sans doute qu'il
a ignoré les circonstances qui vous sont exposées
ci-dessus, et notamment la dernière, car s'il les eût
toutes connues, il n'est nullement probable qu'il eût
décidé comme il l'a fait. Toute hypothèse contraire
serait une injure faite à ses sentiments et à ses lumières. Un homme tel que lui, dont les vertus civiques, le patriotisme et les talents l'ont appelé au
poste aussi honorable que pénible qu'il occupe, doit
ressembler autant que possible à la Nation pour
laquelle il agit et qui l'a honoré de sa confiance.
Cette nation est grande, généreuse, magnanime,
juste et bienfaisante.Elle ne peut qu'êtreextrêmement
jalouse de sa gloire, et l'un des principaux devoirs de
ses agents est d'éviter soigneusement d'en ternir
l'éclat.
Le refus qui serait fait de rayer de la liste des
Emigrés le nom du citoyen Valperga, refus qui entraînerait avec lui la confiscation des minces propriétés de ce citoyen, serait un acte qui imprimerait à

�-

43

-

jamais une tache ineffaçable à la gloire du nom français ; tache qui ne pourra manquer de frapper également les yeux des contemporains et ceux de la postérité ; tache enfin que les historiens ne manqueront
pas de faire ressortir par des couleurs enluminées, et
le bel effet qu'un pareil tableau produirait, citoyens
administrateurs, serait votre ouvrage.
Mais non, loin de nous, cette idée ! Vous êtes
républicains ! cela suffit. Les républicains sont vertueux. Ils aiment, chérissent, protègent, respectent
la vertu partout où elle se trouve. Et le citoyen Valperga aussi est un homme vertueux ! Qui en doute ?
Nul bon citoyen, nul honnête homme. Souvenezvous, citoyens administrateurs, que ce n'est que par
ses vertus qu'il a mérité l'amour et l'affection du
peuple Niçois et non par sa qualité d'évêque. Et plût
à Dieu que tous les ecclésiastiques lui eussent ressemblé ! La France n'eut point éprouvé d'aussi horribles secousses, pour asseoir, affermir et assurer sa
liberté.
La République a incontestablement le droit de
renvoyer hors de son sein tout individu qui ne lui
convient pas, mais en renvoyant ainsi un étranger
qui, d'ailleurs, n'a pas encouru la peine de la confiscation de ses biens, elle lui permet de les emporter ou
de les vendre et d'en emporter le produit. Tel est
précisément le cas du citoyen Valperga.
L'exposant demande en conséquence, citoyens
administrateurs, qu'il vous plaise prendre dans votre
sagesse une délibération tendante à rendre audit
citoyen Valperga sa qualité de citoyen français non
émigré, à lui accorder un délai compétent pour rentrer dans ce pays soit comme simple citoyen ou
comme fonctionnaire public et à lui assurer dans
tous les cas la restitution de ses propriétés par lui
laissées sous la sauvegarde de la loyauté française
dans la maison épiscopale, lors de sa retraite forcée,
ou la juste indemnité de leur valeur. Et sera justice.
Nice, le 22 juillet 1793, l'an second de la République française, une et indivisible.
Jean-Jacques DONNY.
l
ARCHIVES NATIONALESF/ 4.867 , dossier Valperga.

�- 44 Pièce 5.

Etat de frais de vente pour parvenir à l'inventaire
et vente des effets de l'émigré Valperga Maillone,
citoyen évêque :
5 germinal an III (25 mars 1795)
Pour une séance de trois commissaires dont un du
District et deux de la Commission municipale, fixée
à trois livres par séance par le Directoire du district
et approuvé par les Représentants du
Peuple
L.
9 »
Papier timbré tant de la minute que
des deux extraits
»12
Pour la copie desdits deux extraits . .
» 8
Droits d'enregistrement
13 10
31

2

Nous soussignés certifions le compte ci dessus véritable.
Signés : J.-B. Thomaty, comm. du dist. ; Savigny,
comm. munie. ; Mabil, comm. municip.
Frais de la vente :
Pour quatre séances de deux corn missaires dont un
du District, un de la Commis, mun. sans le membre
de l'administration fixées à trois livres par séance par
le Directoire du district et approuvé par les Représentants du Peuple .
L.
24 »
Au trompette pour publication de
quatre criées
5 »
Au crieur à la vente, quatre séances .
12 »
Aux portefaix qui ont travaillé au
transport des effets
40 »
Papier timbré tant de la minute que
de l'extrait
1 »
Bougie
3 »
Droits d'enregistrement
27 »
Papier timbré du petit état
» 4
A la femme qui a assisté à la vente
pour l'arrangement du linge
» 12
L.
Signés : J.-B. Thomaty, comm. du
district ; Savigny, comm. municip.

1

159 6

�Vu par nous, membres composant la Commission
Administrative du district et d'après l'arrêté du district, approuvé par les Représentants du Peuple et la
loi du il et 12 Mars, arrête l'état des frais ci-dessus
se montant à la somme de cent cinquante neuf livres
trente centimes, qui seront acquittés par le receveur
du droit d'Enregistrement lorsque le Département
aura vérifié ledit état.
Nice, le 29 ventôse an 3"" de la République française une et indivisible (19 mars 1795).
(Suivent les signatures).
Vu l'état des frais ci-dessus pour parvenir à l'inventaire et vente du mobilier de l'émigré Valperga
Maillone ci-devant évêque.
Vérifié et arrêté par le Directoire du district de
Nice, la Commission Administrative du département
des Alpes-Maritimes approuve ledit état et ordonne
au citoyen Maussier, receveur de l'enregistrement
cîudit district de payer aux citoyens J. B. Thomaty
et Savigny, comm. la somme de 159 livres et 30
centimes pour montant des frais pour inventaire et
vente des susdits effets de l'émigré, laquelle somme
lui sera allouée en compte.
Fait à Nice le 5 germinal an 3me républicain ( 25
mars 1795).
Etat des frais pour parvenir d la vente du mobilier de
l'émigré Charles Eugène Valperga Maillone, citoyen
évêque.
Pour trente-neuf séances de trois commissaires
dont un du District et deux de la Commission municipale, fixé à trois livres par séance par le Directoire
du district et approuvé par les Représentants du
peuple
L.
351 »
A deux portefaix, dix-neuf journées et
demi chaque fixées à cinq livres par jour.
195 »
Au trompette pour publication de
trente-neuf criées fixées à une livre cinq
sols chaque
48 r 5
Au crieur à la vente, trente-neuf séan
ces fixées á trois-livres par séance ....
117 »

711 1$

�- 4* Report
Papier timbré tant de la minute que
de l'expédition
Pour copie dudit extrait fixé à quatre
livres
Papier timbré du présent état ....
Bougie
Droit d'enregistrement
Plus deux autres journées de portefaix à cinq livres
Un paquet de plume
L.

148
4
6
421

»
4
»
»

20
5

»
»

1.182

7

Nous soussignés certifions le compte ci-dessus,
véritable.
Nice, le Ier ventôse an 3me de la République (19
février 1795).
Signés : J.-B. Thomaty, commissaire du district ;
Savigny, comm. ; Honoré Mabil, comm. municipal.
Vu par nous, membres composant la Commission Administrative, de ce District, et d'après la loi
du 11 et 12 Mars 1793 (v. s.) et l'arrêté de cette
Commission approuvé par les Représentants en date
1^ Fructidor, oui l'agent national, arrête l'état des
frais se montant à onze cent huitante deux livres et
trente cinq centimes qui seront acquittés par le
receveur de l'agence de l'enregistrement sur le produit de la vente desdits meubles, lorsque le Département aura vérifié ledit état.
Nice le 29 ventôse an 3me de la République
française une et indivisible (19 mars 1795).
(Suivent les signatures).
Vu l'état des frais ci-dessus pour parvenir à la
vente du mobilier de l'Emigré Valperga Maillone cydevant évêque.
Vérifié et arrêté par le Directoire du district de
Nice.
La Commission administrative du département
des Alpes-Maritimes, approuve ledit état et ordonne

�— if au citoyen Maussier, receveur de Penregistrement
dudit district de payer aux citoyens J.-B. Thomati,
Savigni et Honoré Mabil, commissaires, la somme de
mille cent quatre vingt deux livres trente cinq centimes pour montant des frais de la vente des susdits
effets de l'Emigré. Laquelle somme lui sera allouée
en compte.
Fait â Nice le 5 germinal an 3me républicain (25
mars 1795).
Arch. des A. M. L. 15 ancien p. 44-45 N° 34-35

Actes de Notoriété
Pièçe g

1-2-fructidor an III
18-19 août 1795
EGALITÉ, LIBERTÉ

AU NOM DE LA LOI
Ce jourd'hui, premier Fructidor, l'an troisième
(18 août 1795 de la République française, une et indivisible, à Nice, chef-lieu du département des AlpesMaritimes, par devant Nous, Antoine Gautier Juge de
paix de la Ier, 2m" et 3me section et officier de police,
est comparu le citoyen Pierre Joseph Passeron, natit
tic la commune de Contes et habitant en celle de Nice
depuis plusieurs années.
Lequel en sa qualité de procureur du citoyen
Charles Eugène Valperga de Maillone, évêque de Nice,
subrogé par le citoyen Nicolo Giorni, homme de loi,
procureur spécial et général établi (par acte reçu) par
le notaire Pierre Joseph de Bernochio, le 20 Juillet
dernier (v. s.) qu'il présente, légalisé par le résidant
de la République de Gênes auprès de la Cour de Turin, dont il résulte le pouvoir donné au citoyen Giorni, de subroger en son lieu et place, avec tous les
pouvoirs compris au dit acte, et il présente au surplus l'acte de sa dite subrogation faite par le même
citoyen Giorni, reçu en la ville de Gênes le premier

�- 48 du mois d'août dernier (v. s.) par le notaire Antoine
Baglietto, légalisée par le consul de la République
française.
Il expose que le vingt neuvième jour de septembre
de l'année 1792, l'armée de la République, étant arrivée en cette ville, commandée en chef par le citoyen
général d'Anselme, lorsque ce général, vers le soir,
fut arrivé et il eut pris son logement dans la maison
habitée par le ci-devant consul de la République Le
Seurre, ledit citoyen Evêque Charles Eugène Valperga de Maillone s'y étant présenté, ledit général d'Anselme, en présence de tout son Etat-Major, lui signifia
d'abord de devoir partir de cette ville. Sur quoi le
dit évêque ayant répondu qu'il avait cru de pouvoir
continuer sa résidence en cette ville et tellement l'avait cru, qu'il n'avait jamais pensé de distraire et en
faire partir le moindre de ses meubles et effets, qu'il
avait dans la maison d'habitation de l'tvêque et que
si absolument il lui ordonnait de partir, il le priait de
lui accorder la sauvegarde sur tous lesdits effets et
meubles. Le dit général d'Anselme lui répliqua qu'il
dut absolument partir de cette ville, en ajoutant que
le plus tôt en serait le mieux, et qu'à l'égard de ses
meubles et effets qu'il avait, il les mettait dès ce ino
ment sous la sauvegarde et loyauté de la Nation française et qu'il pouvait en être tranquille, après quoi ledit
évêque Valperga de Maillone, tout tremblant, ayant
dit qu'il allait se conformer dès le lendemain au matin à ses ordres, se retira ; ledit général d'Anselme
lui ayant encore répliqué : le plus tôt sera le mieux.
Et comme il importe audit citoyen évêque Valperga de Maillone de constater le fait ci-dessus expo"sé, suivi en présence de tout l'Etat-Major dudit général d'Anselme et de plusieurs citoyens de cette commune, l'exposant, en sa dite qualité vous présente les
citoyens Pierre Le Seurre, ci-dessus nommé, ci-devant
consul en cette ville de la République, le citoyen Honoré Saissi de cette commune qui pour lors était second consul de la même commune, le citoyen Philippe Emmanuel Féraudi qui pour lors était secrétaire de
Ìa même commune et le citoyen Ange Giraudi aussi

�- 49 de cette commune, pour recevoir leurs dépositions
sur ledit exposé et vous fait instance que de tout lui
soit concédé acte, ce que nous lui avons accordé, et a
signé.
PIERRE JOSEPH PASSERON.

Et de suite se sont présenté les susnommés
citoyen Le Seurre, natif de Craon, âgé de 75
ans, bourgeois, le citoyen Saissi, âgé de 70 ans,
négociant, Emmanuel Feraudi, âgé de 68 ans, notaire, Ange Giraudi, âgé de 63 ans, négociant,
natifs et domiciliés dans cette commune, auxquels
après avoir fait lecture dudit exposé fait par ledit citoyen Pierre Joseph Passeron, en sa dite qualité, les
avons interpellés sur serment que leur avons fait prêter, conformément à la loi, de nous dire en leur âme
et conscience si tous les faits énoncés dans le même
exposé sont de leur connaissance et tous les quatre ont
répondu et attesté tant uniment que séparément en
être pleinement informés, s'y étant trouvés présents,
et que le tout contient la vérité, toute la vérité et
rien que la vérité. En foi de quoi ils ont signé :
LE SEURRE, HOSORI'J
SAISSI, PHILIPPE EMMANUEL FÉRAUDI,
ANGE

GIRAUDI.

Et nous, juge de paix, vu les dépositions ci-dessus, avons de tout concédé acte au susnommé citoyen
Pierre Joseph Passeron en sa dite qualité, pour lui
servir et valoir dans tous les cas, à ce que de droit et
de raison. Fait à Nice, l'an et le jour que dessus.
GAUTIER, juge de paix.
BONIFACI, sec. greffier.
Vu par nous, membres du District de Nice, 3 vendémiaire an IV rép. 25 sep. 1795, TOSELLI, JN COPPON
fils, VÉRANI pr. syndic, SAYTOUR Martin.

�— 5o —
EGALITÉ, LIBERTÉ.

AU NOM DE LA LOI
Ce jourd'hui. second jour de Fructidor de l'an 3
août 1795) de la République française une et indivisible, à Nice, chef-lieu du département des AlpesMaritimes, par devant nous, Antoine Gautier, juge de
paix de la iere, 2M* et 3ME section et officier de police,
est comparu le citoyen Pierre Joseph Passeron : natif
de la commune de Contes et habitant en celle de Nice
depuis plusieurs années
Lequel en sa qualité de procureur du citoyen
Charles Eugène Valperga de Maillone, évêque de
Nice, subrogé par le citoyen Nicolo Giorni, homme
de loi, procureur spécial et général établi (par acte
reçu) par le notaire Pierre Joseph de Bernochio, le 20
Juillet dernier (v. s.) qu'il présente, légalisé par le résidant de la République de Gênes auprès de la Cour de
Turin, dont il résulte le pouvoir donné au citoyen
Giorni, de subroger en son lieu et place, avec tous les
pouvoirs compris audit acte, et il présente au surplus
l'acte de sa dite subrogation faite par le même citoyen
Giorni, reçu en la ville de Gênes le premier du mois
d'août dernier (v. s.) par le notaire Antoine Baglietto,
légalisée par le consul de la République française.
Expose : Primo, que le matin du trente septembre 1792, le citoyen Charles Eugène Valperga de
Maillone, évêque de Nice, en partant de cette ville
avec deux domestiques à sa suite, qui portaient un
paquet et quelques effets, fut arrêté à la porte qui conduit en Piémont, ci-devant nommée porte Victoire,
et conduit au vestibule de la maison presque attenante
à ladite porte, appartenant au citoyen Dominique
Castellinard, où se trouva le citoyen Joseph Castellinard, fils dudit Dominique, et malgré que ledit Evêque Valperga déclara aux soldats de la Garde de la
dite porte qui étaient des Marseillais, que c'était en
conséquence d'ordre qui lui avait été signifié par le
citoyen général d'Anselme qu'il partait de cette ville,
lesdits soldats commencèrent par le malmener et lui
(19

�signifier qu'ils voulaient le pendre et ayant ouvert
ledit paquet et y ayant trouvé entre autres effets, une
ceinture d'évêque, ils déterminèrent, à l'instant, de le
pendre avec ladite ceinture, et ayant essayé si la même
était assez forte pour le soutenir, en la préparant, elle
se fit en lambeaux, de façon qu'ils vérifièrent qu'elle
ne pouvait leur servir et demandèrent audit Joseph
Castellinard fils une corde, pour pendre ledit évêque,
à un grand anneau de fer qui était au plafond dudit
vestibule, servant â y passer une verge de fer pour
peser les marchandises, et ledit citoyen Castellinard
fils, leur ayant absolument refusé de leur donner de la
corde, en s'excusant qu'il n'en avait point, comme
dans tous ces entrefaits ledit évêque se trouve mal et
ne peut plus se soutenir, ledit Castellinard fils lui fit
apporter une chaise, par sa servante à qui quelques
uns de ces soldats donnèrent des coups de poing pour
avoir porté ladite chaise et le même Castellinard le
fit ensuite asseoir sur ladite chaise, en le soutenant,
parce qu'il ne pouvait se soutenir droit ; d'autant plus
qu'en attendant, lesdits soldats marseillais lui disaient mille exécrations, lui crachaient dessus et lui
donnaient des soufflets, et assurément ils l'auraient
fini, si dans cet intervalle un de ses domestiques
n'avait été dire au citoyen général d'Anselme ce qui
venait d'arriver, et ledit domestique étant venu avec
un billet dudit général d'Anselme qui ordonnait à la
garde de le laisser partir, puisque c'était de son ordre,
en conséquence de ce billet lesdits soldats marseillais
se bornèrent pour lors à lui dire et crier mille invectives et injures et le laissèrent partir, ce que ledit
évêque, malgré qu'il ne pût se remuer, à l'aide de ses
domestiques fit au mieux possible en tremblant, de
façon qu'il doit son existence au refus ferme et déterminé que ledit citoyen Castellinard fils leur fit de
leur donner une corde, sans quoi avant l'arrivée du
dit domestique portant l'Ordre du général d'Anselme, il aurait été pendu et étranglé.
Secondoque lefaitci-dessusfut d'abord public et notoire, de notoriété publique dans cette ville et encore
plui le lendemain premier octobre, puisque les autres

»

�— 52 —

soldats de la Phalange Marseillaise, arrivés sur le soir
dudit jour trente septembre, d'abord après leur arrivée
cherchèrent l'évêque qu'ils voulaient le lanterner et
mettre en pièces, comme ils s'expliquèrent hautement,
ce qui joint au fait arrivé dans ledit vestibule de la
maison Castellinard, étant devenu d'une notoriété publique donna l'épouvante à tous les gens honnêtes du
pays, qui disaient que le citoyen général d'Anselme en
ordonnant audit évêque de partir, en mettant sous la
sauvegarde de la Nation française ses meubles et ses
effets, avait voulu le sauver.
Et comme il importe audit citoyen Passeron, exposant en sa dite qualité, de constater par témoins le
fait ci-dessus exposé, il nous présente ledit citoyen
Joseph Castellinard fils de Dominique de cette commune, âgé de 21 ans, de profession, négociant, qui se
trouva présent au fait énoncé dans le Ier article de l'exposé ci-dessus, et au surplus informé de la notoriété
des faits énoncés au second et dernier chef, de ladite
exposition et il nous présente les citoyens Jean-Jacques Donny, natif de Neufchâtel en Suisse, âgé de 39
ans, de profession, négociant ; Joseph Poullan, natif
de Clavesana, en Piémont, âge de 48 ans, négociant ;
Jacques Gerbin, âgé de 60 ans, tailleur, Jean-Marie
Thaon, âgé de 56 ans, négociant, natifs et tous domiciliés en cette commune pour déposer sur ladite
notoriété énoncée dans ledit second fait exposé, pour
recevoir leurs dépositions, et nous fait instance que de
tout lui soit concédé acte, ce que nous lui avons accordé et a signé.
Pierre-Joseph PASSERON .
Et de suite se sont présentés les susnommés citoyens Joseph Castellinard, Jean-Jacques Donny, Joseph Poullan, Jacques Gerbin, et Jean-Marie Thaon,
ci-dessus qualifiés, auxquels après avoir fait lecture
dudit exposé fait par ledit citoyen Passeron, en sa
dite quálité, les avons interpellés sur serment, que
leur avons fait prêter, conformément à la loi, de nous
dire en leur âme et conscience, si tous les faits énoncés dans le même exposé sont de leur connaissance,

�- 53 et ledit citoyen Joseph Castellinard a répondu et
attesté en être pleinement informé pour avoir été
présent au fait exposé dans le i" article de ladite exposition, et pour avoir publiquement entendu dire les
faits énoncés dans le second chef qui était en cette
ville notoire de notoriété publique et lesdits citoyens
Jean-Jacques Donny, Joseph Poullan, Jacques Gerbin,
Jean-Marie Thaon, ont répondu et attesté tant uniment que séparément être pleinement informés de
l'énoncé dans le second chef de ladite exposition,
puisque les faits y énoncés étaient notoires, de notoriété publique en cette ville, et tous lesdits citoyens
ont respectivement attesté pour ce qui les concerne
que tout contient la vérité, toute la vérité et rien que
la vérité. En foi de quoi ils ont signé : Joseph Castellinard fils,Jean-Jacques Donny, Joseph Poullan, Jacques
Gerbin, Jean-Marie Thaon.
Et nous, Juge de paix, vu les dépositions ci-dessus,
avons de tout concédé acte au susnommé Pierre Joseph Passeron en sa dite qualité pour lui servir et valoir dans tous les cas, à ce que de droit et de raison.
Fait à Nice l'an et jour que dessus.
GAUTIER,
BONIFACI,

juge de paix.
sec. gref.

Vu par nous, membres Du district de Nice, le 3
vendémiaire anIV rep. (25 sept. 1795).
Jn. COPPON fils, VÉRANi, pr. syndic, TOSELLI, Saytour
MARTIN.

Arch. Nat. F

7

4867 *

�54 -

PÉTITION au DISTRICT de NICE
et AVIS de ce DISTRICT
ÉGALITÉ,

LIBERTÉ

5 vendémiaire
27 septembre 1795 an IV
AUX

CITOYENS ADMINISTRATEURS
DU DISTRICT DE NICE

Le citoyen Pierre Joseph Passeron, natif de la
commune de Contes, habitant en celle de Nice depuis plusieurs années.
Vous expose en qualité de procureur du citoyen
Charles-Eugène Valperga de Maillone, évêque de
Nice, subrogé par le citoyen Nicolo Giorni, homme
de loi, son procureur spécial et général fondé par acte
reçu dans la ville de Turin par le notaire PierreJoseph de Bernochio, le 20 juillet dernier (v. s) légalisée par le résident de la République de Gênes, près
la Cour de Turin, duquel il résulte le pouvoir donné
audit citoyen Giorni de subroger en son lieu et place
avec tous les pouvoirs compris dans le même acte,
qui se trouve copié mot pour mot dans celui de la
subrogation faite par le même citoyen Giorni, reçu
en la ville de Gênes le Ier du mois d'août dernier
(v. s* par le notaire Antoine Baglietto, légalisée par
le consul de la République française, le 13 Thermidor dernier (3 1 Juillet 1795), qu'il vous exhibe qu'étant arrivé dans cette ville le vingt-neuvième jour
du mois de septembre de l'année 1792, l'armée de la
République française, commandée par le citoyen général en chef d'Anselme lorsque celui-ci y fut arrivé
le soir et eut pris son logement dans la maison d'habitation du citoyen ci-devant consul de la République
Le Seurre, ledit évêque Charles-Eugène Valperga de
Maillone, s'étant présenté, le même général d'Anselme
lui signifia d'abord en présence de son Etat-Major de
partir de cette ville, sur quoi ledit évêque lui répondit qu'il avait cru pouvoir continuer sa demeure dans
cette ville et qu'à cet effet il n'avait jamais pensé de

Pièces 7 et 8

�- 55 distraire, ni faire partir le moindre de ses meubles et
effets qu'il avait dans la maison d'habitation de
l'évêque, que si absolument il lui ordonnait de partir,
il le priait de lui accorder la sauvegarde pour tous ses
dits effets et meubles, ledit général d'Anselme lui
répliqua : Le plus tôt sera le mieux, ce qui tout est
constaté par les attestations ci-jointes du premier et
second jour de fructidor dernier qu'il vous présente
également.
Qu'il résulte aussi par lesdites attestations, que
ledit évêque Valperga de Maillone fut forcé par ledit
général d'Anselme de partir de cette ville que tous
ses meubles et effets fussent mis sous la sauvegarde de
la Nation française et qu'étant parti le lendemain 30
dit septembre, il risqu'à d'être pendu ef étranglé paties soldats de la Phalange Marseillaise qui se trouvaient de garde à la porte ci-devant dite Victoire, ce
que tout fut d'abord notoire et de notoriété publique
dans cette ville.
Vous observe que ledit évêque Valperga est natif
du Piémont où il se retira et que s'il a résidé dans
cette ville, ce n'a été que pour raison de son ministère, que tout cela nonobstant il a été porté sur la liste
des émigrés, a été vendu la plus grande partie de ses
meubles et effets, et cela même nonobstant la préalable réclamation que le citoyen Jean-Jacques Donni,
chargé des intérêts dudit évêque avait fait à l'ancien
département par sa pétition du 22 juillet 1793 (v. s)
qui existe dans les Archives de ce district, résultant
ainsi que tout cela a été fait et opéré contre le droit des
gens et la sauvegarde de la loyauté française qui fut
promis audit évêque.
En conséquence, l'exposant demande en sa dite
qualité de procureur dudit citoyen évêque CharlesEugène Valperga de Maillone la radiation de son
nom de la liste des émigrés, la levée des scellés, la
restitution de ses propriétés et l'indemnité de celles
qui ont été distraites et vendues au nom de la Nation,
et sera justice.
(21 août 1795).

�- 56 Nice le 4me jour de Fructidor de l'an 3me de la
République française une et indivisible.
Signé : Pierre-Joseph PASSERON.
Vu la pétition ci-dessus du citoyen Pierre-Joseph
Passeron présentée au nom et comme procureur subs
titué du ci-devant évêque de Nice, Charles-Eugène
Valperga tendante à obtenir la radiation de son nom
de la liste des émigrés, la levée du séquestre et remission de ses effets restant ainsi que l'indemnité de
ceux qui ont été distraits ou vendus.
Vu une première pétition présentée à l'ancienne
administration du département par le citoyen JeanJacques Donni, au nom du citoyen Valperga en date
du 22 juillet 1793 tendante aux mêmes fins.
Vu la procuration en date du premier août 1793
(V. s.) faite à Gênes, par devant le notaire public Antoine Baglietti, légalisée par le Consul de la République française y résidant, ainsi que l'acte de procuration y inséré, en date du 20 Juillet 1795.
Vu l'attestation de quatre témoins faite avec serment par devant le juge de paix de la 1", 2"", 3me section de cette commune, en date du 1" Fructidor dernier '18 août 1795).
Vu autre attestation de cinq témoins faite par
devant le susdit Juge de paix, le 2 dit fructidor, aussi
sous serment.
Considérant que par la première des 2 attestations il est pleinement prouvé que le vingt-neuvième
septembre 1792, aussitôt après l'entrée de l'armée
française dans cette commune, le sus-nommé évêque
Valperga s'étant présenté au général d'Anselme qui
la commandait en chef, celui- ci lui ordonna d'abord
en présence desdits témoins et de tout l'Etat-Major.
u'il n'avait qu'à partir de la ville, et malgré que le
it évêque lui observa qu'il avait cru de pouvoir y
rester tranquillement et qu'à cet effet il n'avait fait
partir aucun de ses effets et meubles, le général lui
répliqua de partir absolument de la ville, en ajoutant
que le plus tôt serait le mieux, l'ayant assuré qu'à

a

�-5;l'égard de ses meubles et effets de sa maison, il les
mettait dès ce moment sous la sauvegarde et loyauté
de la Nation française et qu'il pouvait en être tranquille.
Considérant qu'il résulte par lesdites attestations,
et il est prouvé que l'évêque Valperga, d'après les
ordres précis et réitérés du général d'Anselme, partit
le lendemain 30 septembre de cette ville.
Considérant que par la susdite attestation du deux
Fructidor il résulte que l'évêque Valperga, au moment de son départ de cette commune, ayant été arrêté à la porte qui conduit au Piémont, par les soldats
qui y étaient de garde, lesquels tentèrent de le pendre,
il évita la mort par les soins du citoyen Joseph Castellinard, un des déposants, et il ne fut laissé libre que
d'après un billet du général d'Anselme, qui ordonnait à ladite garde de le laisser partir, puisqu'il s'en
allait de son ordre
Considérant que tous ces faits sont devenus de notoriété publique dans cette commune, dès le même
jour 30 septembre et Ier octobre suivant, ainsi que
quatre témoins l'ont attesté.
Considérant que le citoyen Valperga ne s'est absenté de cette commune et ci-devant Comté de Nice
que d'après les ordres du général d'Anselme auquel il
témoigna son regret.
Considérant que le départ du citoyen Valperga
ayant été forcé il ne peut pas être qualifié d'émigration.
Considérant que son intention de rester dans cette
commune est d'autant plus constatée, que le citoyen
Valperga a été le seul fonctionnaire public, il soit
resté à son poste, n'ayant soustrait aucun des meubles
et effets de sa maison, lesquels ont été ensuite distraits
et vendus par la Nation.
Considérant que le citoyen Valperga ne peut être
non plus considéré comme réfractaire aux lois de la
République, tandis qu'à l'époque de son départ de cette
commune, aucune loi de la République, surtout à
l'égard des ecclésiastiques, n'y avait été encore publiée
à laquelle eut pu contrevenir.

�— 58 —
Considérant que le citoyen Valperga ne pouvant
être considéré ni comme émigré, ni comme réfractaire, ne pouvait être privé de ses propriétés laissées
dans cette commune lors de son départ, sous la sauvegarde de la loi et de la Nation française qui lui fut
accordée par le général d'Anselme, et qui étant digne
de la loyauté de cette Nation, ne pouvait être violée
sans blesser le droit des gens.
Considérant au surplus, que le citoyen Valperga,
originaire piémontais, ne faisait sa résidence à Nice,
qu'à raison de son épiscopat, ce qui ne donne qu'une
résidence easuelle, et que sous tous les rapports, il
n'a cessé d'être étranger à l'égard du pays de Nice et
de la France.
Considérant que l'article 6, section deux, N° 2 de
la Loi du 25 Brumaire (15 novembre 1794) en déclarant émigrés les citoyens domiciliés dans le cidevant comté de Nice, qui sont sortis depuis le 27
septembre 1792, n'a point porté atteinte au droit des
gens dans la personne de l'étranger, qui se trouvait
dans ce même pays, où il n'aurait pas établi son vrai
domicile.
Considérant que le citoyen Valperga, qui avait été
forcé par le gouvernement de partir de Nice, n'a dû
plus y revenir dans le terme même prescrit par les
lois aux citoyens de la ci-devant Comté de Nice,
puisqu'il ne devait point imaginer qu'il fut compris
dans l'invitation, malgré qu'il ait été porté sur la
liste des émigrés.
Considérant que ce nonobstant, lorsqu'il sut qu'il
avait été porté sur la liste des émigrés de cette commune, s'est empressé de présenter sadite pétition
du 22 Juillet 1793 dans laquelle il demanda non seulement la radiation de son nom de ladite liste, mais
encore un délai convenable pour rentrer dans cette
commune, soit comme simple citoyen, ou comme
fonctionnaire public, ainsi que la restitution de ses
propriétés par lui laissées sous la sauvegarde de la
loyauté française dans la maison êpiscopale lors de sa
retraite forcée, ou une juste indemnité de leur valeur.

�- 59 Considérant finalement que,d'après toutes les circonstances sus-ênoncèes, aucune loi concernant les
émigrés ne peut être applicable au citoyen Valperga,
et que toutes celles qui pourraient le regarder relatives au séquestre des biens appartenant aux habitants
des pays en guerre avec la République française ont
été rapportées par le décret du 14 Ventôse dernier
(4 mars 1795). •
Le Directoire du district de Nice, oui le procureur syndic, est d'avis que le citoyen Charles-Eugène
Valperga ci-devant évêque de Nice ne doit point être
considéré émigré.
Qu'il doit être rayé de la liste des émigrés, que le
séquestre apposé sur ses propriétés doit être levé, qu'il
doit être réintégré dans la possession et jouissance
d'iceux, que tous receveurs ou dépositaires doivent
lui restituer les sommes qu'ils ont perçues, résultant
du produit desdites propriétés et qu'il doit recevoir
la juste indemnité des meubles et effets qui seraient
passés au profit de la Nation.
Fait à Nice, dans la salle des séances le 5me Vendémiaire an 4me républicain (27 sept. 1795). Signé
Saytour Martin. Verani,
procureur syndic, Angles v. prés.
Touzelly. Jn Coppon fils.
Enregistré au feuil. 20 registre des prévenus
d'émigration et signé BARRAIA, commis greffier.
Certifié conforme par nous Ve président et secrétaire du district Jn COPPON Fils V,-PRÉSIDENT
BARRAIA Cis greffier.
A rch. Nat. F 7 4867

2

�— 6o —

Pièce 9.

LIBERTÉ (vignette) ÉGALITÉ
BUREAU DES
ÉMIGRÉS

Extrait des registres des délibérations et arrêtés de
l'Administration Centrale du département des Alpes Maritimes.
(2

juin 1797)

Séance du quatorze Prairial an 5mf de
la République française une et indivisible.
Sur le rapport d-e la pétition présentée par le
citoyen Pierre Joseph Passeron, procureur fondé de
Monsieur Charles Valperga, ci-devant évêque de
Nice, dans laquelle il expose que ledit Charles Valperga n'a jamais dû être atteint des lois relatives à
l'émigration, soit qu'on le considère comme parti en
suite d'une force majeure, soit en sa qualité de piémontais et demande en conséquence la radiation de
son nom de la liste des Emigrés, sa réintégration
dans la possession et jouissance de ses propriétés et
une juste indemnité, des meubles et effets qui sont
passés au profit de la République.
L'Administration Centrale du département des
Alpes-Maritimes, considérant que M. Charles Valperga, comme piémontais, n'habitant Nice que pour
cause de son emploi, n'aurait jamais dû être porté
sur la liste des émigrés du département.
Que le seul motif qui a pu déterminer le général
d'Anselme à lui ordonner de partir de la ville de
Nice, ne peut avoir été que la susdite qualité de
piémontais.
Considérant enfin, que comme sujet du roi de
Sardaigne, il est dans le cas de jouir de l'article i,r
de la loi du quatorze nivôse an troisième, (} janvier
1795), ainsi que de l'article neuf de la loi du trente
Floréal an quatrième, (19 mai 1796).
Arrête, oui le commissaire du Directoire Exécutif
que le nom de Valperga, ci-devant évêque de Nice,
qui se trouve inscrit sur la liste des émigrés, sera

�— 6i —

provisoirement rayé ; que tout séquestre qui pourrait
avoir été mis sur ses biens sera levé, qu'il sera réintégré dans la possession et jouissance de ses propriétés,
et que toutes les sommes versées dans les caisses publiques, lui seront rendues, déduction faite des frais
faits conformément aux lois.
Fait et arrêté* en séance publique le jour, mois et
an que dessus.
Signé : Donny, président Payani, fils, Scudéry,
Oberti, Hancy (et en marge Gastaud commissaire
du Directoire Exécutif).
Certifié conforme à l'original par nous président
et secrétaire de l'Administration centrale du départemeni des Alpes-Maritimes.
DONNY, président
BELMONDI, sec. chef au bureau des émigrés.
Arch. Nat. F 7 4867 2

ACTE DE CAUTIONNEMENT
Pièce 10.

11 fructidor anV (2&amp; août 1797)
LIBERTÉ ÉGALITÉ
Ce jourdTiui 11 fructidor an 5 de la République
française une et indivisible (28 août 1797) par devant nous, membres composant l'Administration
centrale du département des Alpes-Maritimes, est
comparu le citoyen Joseph Passeron, natif de Contes,
chef-lieu de canton, domicilié dans cette commune,
procureur fondé de Monsieur Charles Valperga, cidevant évêque de Nice, en vertu d'acte de procuration du 20 juillet et premier août 1795 (v. s.) lequel
en sadite qualité, dépendamment à l'arrêté de cette
administration du quatorze prairial an cinq (2 juin
1797) portant que le nom de Valperga, ci-devant
évêque de Nice, sera provisoirement rayé de la liste
des émigrés, que tout séquestre qui pourrait avoir
été mis sur ses biens sera levé, qu'il sera réintégré
dans la possession et jouissance de ses propriétés, et

�— 62 —

que toutes les sommes versées dans les caisses publiques lui seront rendues, déduction faite des frais
faits, conformément aux lois, désirant de se conformer au porté par l'article 3 de la loi du 5 Brumaire
an 3 (26 octobre 1794) qui exprime que les prévenus
d'émigration seront tenus de donner caution solvable de la valeur mobilier, et ne pourront obtenir
leurs immeubles jusqu'à ce qu'il ait été définitivement statué sur leurs réclamations par qui de droit,
toujours en sa dite qualité a présenté pour caution le
citoyen François Grosson, marchand drapier de cette
commune, lequel ici prése.it et acceptant, s'oblige
conjointement et solidairement avec ledit Valperga
et pour celui-ci ledit Joseph Passeron, et sous l'hypothèque de tous leurs frens présents et à venir, à l'entière exécution de ce qui les concerne en la susdite
loi, et à la représention des mobiliers, effets et sommes à percevoir en dépôt que besoin sera, et quant
aux mobiliers invendus et en dépôt seront soumis
d'en représenter la valeur à laquelle seront estimés
par experts, préalable rémission.
Et nous, administrateurs susdits approuvant lesdits
cautionnement et acte de soumission, à la réquisition
dudit citoyen Joseph Passeron, avons dressé le présent acte que toutes les parties ont signé avec nous,
ayant au préalable fait renoncer audit François Grosson au droit de premier convenir.
Fait à Nice les jours, mois et an que dessus.
Joseph

PASSERON,

François GROSSON,
prés., PAYANY FILS,
MARUN-SAYTOUR, sec. en chef

HANCY, DONNY,
P.

Acte original sur timbre de 20 centime*.
Arch. Nat. F

7 4867^

�— 63 -

CONCLUSION

Il était avéré pour tous, dans la ville de Nice, que Mgr
Valperga était parti contre son gré et si la première Administration départementale, installée au mois de Mai 1793,
l'avait inscrit sur la liste des émigrés de Nice, c'était à la
suite d'une réponse faite par le ministre de l'Intérieur, Garât,
aux questions à lui posées par le Directoire des Colons Marseillais sur la conduite à tenir vis-à-vis de l'évêque.
Les questions avaient été envoyées à Paris, vers la fin
de Février 1793, et la réponse du ministre ne parvint à Nice
qu'au milieu de juin suivant, soit quelques jours avant la
publication de la liste des émigrés. Les réclamations de
l'évêque, retiré à Turin dans sa famille, furent présentées
le 22 juillet 1793 (1) ; mais comme beaucoup d'autres, elles
s'entassèrent dans les bureaux du Département, qui n'y
répondit même pas.
Cette réclamation fut présentée au nom de l'évêque par JeanJacques Donny au Département. lîlle figure en original au dossier
Valperga.
Voir ci-dessus.
Le registre des délibérations du département manque aux Archives pour les derniers mois de 1793, exactement du Ier mai au 10
Novembre, comme pour les six derniers mois de 1797 et l'année entière de 1798, exactement du 8 Messidor an V (26 Juin 1797) au 25
Pluviôse an VII (13 février 1799).
C'est-à-dire pour les deux périodes les plus troublées et cette
disparition est tout au moins étrange.
Elle doit être vraisemblablement attribuée à certains hommes
politiques désireux de laisser dans l'oubli leur conduite durant ces
deux époques.

�- 64 On était dans la période la plus aiguë et, en pleine
Terreur.
Après le 9 Thermidor et, surtout après la venue à Nice
du représentant Beffroy, au mois de Floréal, an III (Mai
I795)»
les esprits devinrent plus calmes, les administrations plus pondérées. C'est alors que, sur de nouvelles demandes présentées au District, et sur avis favbrable de
celui-ci, le département des Alpes-Maritimes accorda à Mgr
Valperga sa radiation provisoire, le 14 Prairial, an V (2 Juin
1797). Comme on le voit, l'affaire avait traîné en longueur.
Il semblait alors que rien ne s'opposait plus à la rentrée
de l'évêque : le 11 Fructidor, an V (28 Août 1797), le Département avait agréé la caution de François Grosson (1) ;
les biens de l'évêque allaient lui être rendus, et il pourrait
rentrer.
Mais huit jours après, le coup d'Etat du 18 Fructidor (4
septembre 1797) remettait le pouvoir aux mains des Jacobins, la guerre aux émigrés et aux ecclésiastiques, en particulier, reprit avec âpreté. Pe département des Alpes-Maritimes se vit accusé d'avoir préparé une rentrée triomphale à l'évêque, son arrêté du 14 Prairial resta sans effet
et, en vertu de la loi du 19 Fructidor (5 septembre), les
scellés furent de nouveau apposés sur les biens de Mgr Valperga par deux commissaires municipaux (2).
En vain, l'évêque de Nice, fit intervenir auprès du Directoire Balbi, l'ambassadeur du Roi de Sardaigne à Paris,
le dossier de sa demande en radiation fut examiné sans
aucune bienveillance.
(1) L/Acte original de ce cautionnement sur timbre est aux
Arch. des Alp.-Maritimes Q. 10.
(2) Mise de scellés sur les biens de Charles Eugène Valperga par
deux commissaires de la municipalité de Nice. Une scéance, 6 livres.
Dépense approuvée par le Département, en Germinal an VI (avril
1798). Arch. des A. M. Q. 11.
Mgr Valperga ne possédait à Nice aucun immeuble et il devait
rester fort peu de chose de son mobilier après la vente qui en avait
été faite en Ventôse an III. La bibliothèque de l'évêché avait été déclarée bien national et la caisse diocésaine avait disparue en octobre 1792
sans laisser de traces dans les pièces administratives. Le séquestre
a été apposé sur les biens de nombreux émigrés rayés provisoirement.
On peut en voir la liste aux Archives des A. M. Q. 10, où Valperga
figure sous le N° 65.

�- 65
Á la suite de la lettre de Balby datée de Paris le 7 février
1798, le ministre de la police demanda à ses Bureaux un
rapport sur l'affaire Valperga. Pe voici tel qu'il se trouve
en minute au dossier.
Attendu que rien ne tend à constater le prétendu ordre
de quitter Nice, d'où il suit qu'il faut en croire sur parole
l'émigré.
Qu'à raison de son domicile, il était tenu de rentrer sur
le territoire dans les délais voulus par les lois.
Qu'il est atteint par la déchéance et n'a réclamé que
l'an V.
Qu'il ne paraît pas y avoir lieu de violer la loi en faveur
de cet ex-évêque dont la rentrée prohibée par la Constitution serait d'une influence dangereuse.
J'estime qu'il y a lieu à proposer la maintenue sauf
à prendre des renseignements si toutefois on les trouve
indispensables.
CAIGNART,
Sous-chef (2e Bureau).
En tête de cette minute est écrit :
« Je pense qu'il y a lieu à instruction et à prendre
des renseignements près les Administrateurs du département_des Alpes-Maritimes. »
Signature illisible (1).
Ces renseignements furent-ils demandés ? C'est probable et cela explique que bien des pièces du dossier Valperga sont en double expédition. Plus d'une année s'écoula
encore, avant que fut prise une décision et finalement sur
un rapport défavorable de la Commission d'examen instituée près le Ministère de la police pour l'étude des demandes en radiation, le Directoire exécutif signa le 7 Floréal
an VII, (26 avril 1799) un arrêté qui maintenait définitivement, sur la liste des émigrés, Mgr Valperga et annulait
toutes les décisions rendues antérieurement, en sa faveur,
par les. autorités locales.
(1) Arch. Nation. F 7 4862 2 dossier Valperga. Rapport de la
3 me Division du Ministère de la police, sans date mais joint à la
lettre de Balbi.
»

�- 66 -

Varrêté du Directoire parvint à Nice les premiers
jours de Prairial an VII (Mai 99) et fut immédiatement
mis à exécution. (1).
*

* *

Ainsi donc Mgr Valperga expulsé ne put jamais obtenir
de rentrer, les lois sur l'émigration étaient tellement embrouillées et tyranniques qu'une fois inscrit sur une liste
d'émigrés, il était extrêmement difficile de s'en faire rayer
malgré toutes les démarches ; car on se heurtait sans cesse
à des questions de forme et de procédure ce qui permettait
à la malveillance de s'exercer tout à fait à l'aise sous le
couvert de la légalité.
A. J.

PvANCE-BOURREY.

(1) De 21 Floréal an VII (10 mai 1799), il fut communiqué
par le ministre de la police générale de la République aux diverses
administrations intéressées et aux Commissaire du Directoire exécutif
près le département des Alpes-Maritimes. Celui-ci par lettre du 3
prairial (22 mai 1799) demanda au Département de le transmettre
à la Municipalité de Nice, ce qui fut fait le même jour avec ordre
de le transcrire sur ses registres, de faire apposer les scellés ou séquestre sur tous les biens meubles et immeubles de l'évêque si ce
n'est déjà fait, et de mi notifier sans délai la décision prise à son égard.
Voir lettre du Département à la Municipalité, celle du Commissaire au Département, 3 Prairial an VII avec la réponse du Département 4 Prairial.
Arch.. des A. M. Q. 1 et 2 et Arch. Nationales, dossier Valperga,

�NIÇA LA BELLA
VERS DE /.

Giordan,

su

DE CARTA POUSTALA

Ai rai dôu nouostre bouon soulèu
Venon s'escaufar toui lu lùssi ;
Es un meravihous tablèu,
Ai rai dôu nouostre bouon soulèu,
Trouvas, dou Var fin au Castèu,
Anglés, Rouman, Danesi, Rùssi :
Ai rai dôu nouostre bouon soulèu
Venon s'escaufar toui lu lùssi.
Pèr tu, as touti li bèuta,
Terra de lus e d'alegria,
D'un ciel d'azur, as la clartà,
Pèr tu, as touti li bèuta.
De l'univers, en verità,
Siès la uechièma meravia ;
Pèr tu, as touti li bèutà,
Terra de lus e d'alegria.
Dintre lou tèmp, Semiramis
Faguet basti, à Babilouna,
Pu siéu jardin, vèr paradis !
Soubre Paioun, degun s'estouna
De vèire, ancuèi, lou paumoulié
Drissar au ciel la siéu coulouna
E lou galofre, e l'anemouna
Flouri emb'au pourtegalié.
De bouon matin, quitant maioun
Pèr la journada touta'ntiera,
S'en va lavar, dintre Paioun
Pa bugadiera.
D'un glourious passat es fiera
Perqué, d'un tèmp, sus lou bastioun
Au Turc, arranquèt la bandiera
Pa bugadiera.

�fet 68 —

Sau de fouora fa freï,
Que brima,
A Niça, sus lou Quèi,
Si rima.
Pescadou, fourestié,
De la mar bressarella,
Escouton voulountié
Pa doussa cantinella.
L'AVOUCAT

PATTA

L'estudi de l'avoucat Patta es en plen aria ; si tèn lou matin
couma lou predinà su la plaça dôu Palai. Es un ome pichounet,
touplen raplot, li pocha enfli de papiè de touta mers. En lu vièi
quartiè es proun counouissut e li capelada, « Bouonjou Moussu
l'Avoucat », noun li mancon. Es ben m'ai juge, proucuradou, etc.
Lu siéu ounourari soun bouon pati e n'a de preferença pèr
qu si sigue. Parla au premier maufatan vengut, couma se fousse
un agnèu que vén de naisse ; lou créancier o lou débiteur soun
tratat su lou même pen... basta que mouson...
L'avoucat Patta es de noutarietà reputat pèr un ome judicious, òunest — au noun si flata de l'estre au jou d'ancuei ; —
finda counouisse, es en relacioun d'afaire emê de gros persou nage que dintre la finança dôu siéu coumerce, soun quasi d'usurari. Sau menajar la cabra e lou caulè ; e pèr que la mouneda
noun li escapa si desbrouïa e si mete dôu cousta dôu manche...
d'aquéu que casca lou de mai...
Acò fa que toui lu matin que lou Bouon Diéu a fach, la siéu
doumestica mete toujou quaucaren au fuec. Lou dimeneghe, coum'un bouon crestian, — tartufaria que lou pauva, — va audi la
gran'messa à Santa Réparada, fa la siesta e à la calada dóu soulèu,
passeja su lou Cours, pastrouia, fa lu cent pas, noun parla que de
lei, proucès, citacioun, ensin alestisse lou travail dôu dilun...
Lendeman empastra ben d'afaire, mete facilamen en lou sac
Moussu Tout'Un emé Moussu Tout'Autre... En éu que li pòu
faire ?... lança dapertout lou broumech, tant pis pèr aquéu que si
laissa agantar. Quaranta sóu es lou près d'atac e vous pregui de
crèire que douna pas la siéu journada pèr doui o tres escut.
L'avoucat Patta counouisse l'usança dôu païs... s'avès touort,
vous rouïa, s'avès pi rasoun, v'espia... Que voulès aima manjar
lou pei, lou pei que noun aiguë d'espina...
JULI EYNAUDI.

�-«9VA

MAU ! !

Va màu, cresé-vous, que va màu 1
En l'orizoun lou voile negre
N'es qu'un gran camp cargat de pebre,
Qu'à pala lou jeten davan,
Avuglan finda lu cavau 1
Lu canoun soun su li frountièra,
Alignât couma de barriera,
N'esperon plus que lou signàu !
Lou soulèu, aquel animàu !
Stan, noun vòu levà la vela,
Si foundon couma des candela
Enb'aquèu coust dôu diàu !
Le Giacouuda à cóu de d/stràu
Li fan petà li sièu moulura...
Ah ! dèu faire bella figura
Se l'an foutuda en quauqua tràu
Lou pan crèise, finda la sàu,
Lou sucre dintre li boutiga
Mounta ben mai que de boufiga !
Van jusque crèise lou rampàu
E la pèu que fau lou tambau ;
Metran de drech su li nourriça,
Su lu chichi, su li saucissa,
Perqué pas soubre lu magàu ?
E lou Prussian, marrit bertàu,
Noun sabon fa que de babïa,
Per lou Maroc e l'Algèria,
Se faran mètre lou mourràu !
Li serreren toui lou pourtàu
E pi veiren touta la França
Davan la sieù grossa arougança
Se noun si sau garda li clàu !
Es de rima d'un manechàu,
Ma sien d'estiéu, vesin, vesina,
Li passeres en la resina
Avant que vegon l'espitau !
CHARLES CIAUDO

�Valère Bernard
Tout en heurtant le marteau contre la porte de M. Valère
Bernard je songeais. Je me suis complu dans le plus souriant
mépris des idoles. L'ironie a tremblé sur mes lèvres quand
la Provence a dans un ravissement de joie acclamé le poète de
Maillanne. Cette mascarade d'apothéose me répugnait.
Et maintenant la curiosité me fourvoyait dans le studio
d'un consciencieux artiste que les felibres couvraient de gloire.
Elève de Puvis de Chavannes M. Valère Bernard pasticha le
Maître. Mais vite il eût l'intuition qu'à se perdre dans les sentiers
battus il courrait risque de compromettre son crédit. Il dit
adieu à Paris et vint dans Marseille, l'opulente cité.
A cette époque vivait un exquis écrivain, J. Lombard. Il venait de publier deux œuvres d'une grandiose beauté, VAgonie et
Bysance. Dans un style étrangement tourmenté il contait les
luttes entre les factions d'Orient, illuminant son œuvre des
splendeurs bysantines.
Valère Bernard vit Jean Lombard, et du même coup les belles
au bois qui dormaient en son âme s'éveillèrent. Il délaissa les
études académiques, les pastiches sans vie, et d'ardentes couleurs
chargèrent ses toiles.
Voici le triomphe des rois Babyloniens. Sur les voûtes d'un
palais impérial passent des gardes étincelants dans la pourpre et
la soie. L'or envahit les hautes colonnes de jaspe bleu. Involontairement on pense aux fantastiques demeures hantées par des
fées émeraudes et des princesses aux perversités troublantes.
Et je m'imagine que le peintre était sous le charme de la
légende quand il a peint cette courtisanne qui sourit à son miroir tout en jouant négligeamment avec sa chevelure d'or. Et
puis passent Venise la rouge, Marseille enveloppé dans la poussière d'or du crépuscule, des motifs à la Watteau peints par un
bysantin, toute une apothéose.
Mais une idée m'obsède, tandis que dans la grise clarté d'un
soir automnal s'éteignent les fauves éclairs jaillis de ces radieuses
toiles. L'idéalisation du passé me paraît cruelle. Les générations
endormies dans la Mort ont eu leurs misères/leurs rancœurs, je
pense qu'il est absurde de s'écrier avec Musset « qu'aux temps
jadis tout était heureux jusqu'aux douleurs humaines. » En vain
l'apostat s'attriste-t-il sur les vieillards immortels de l'antique

�- 7i

—

lonie, â ses oreilles résonnent les paroles de l'Hiérophante : « La
Helladi que tu aimes n'a jamais existé ».
Mais M. Valère Bernard brise ma rêverie, et mes yeux se
portent.sur des portraits appendus au mur. Profils d'espagnol ou
d'américain mitigés d'espagnol, comme on en croise maintes fois
sur la Cannebière.
Homme universel ne puis-je m'empêcher de m'êcrier. M.
Valère Bernard sourit. Il siérait dit-il, à mi voix, de se développer en profondeur. Toutefois il est beau de se dire sur le
tard de sa vie que l'on a fait vibrer toute son âme. Ici le maître
rejoint Néron. Il m'aide à comprendre cet inquiétant empereur.
Mais encore faut-il que tout en étant l'homme universel on ne
sombre pas dans la banalité. De méchantes œuvres d'art peuvent
avoir leur prix.
Une idée se lève devant moi. Labruyère me petsuade que
l'honnête homme de Pascal propre à tout en définitive n'est propre à rien. La spécialisation inintelligente, mène à l'erreur, j'en
conviens, mais en fait elle est une loi générale.
Et ceci est pour me plaire, car j'abhorre dissiper mon énergie,
j'aime le repliement, la frissonnante pudeur qu'effarouche les
vaines ostentations. Je goûte les peintres du passé et malgré ma
philosophie j'adore les peuples disparus. Volontiers j'implorerai
avec la Cassandre de Schiller la cécité, l'exquise cécité. Le sou
venir a plus de puissance sur moi que l'espoir.
Et sous des deux gris, en des pays étrangers désolants de
médiocrité, il m'est arrivé de pleurer plus amèrement que ne
pleura Xerxès aux rives d'Abydos.
J. PADOVANI.
PROUVERB1, BOUOI MOT, COUNSÈU E DICH
Vèuva que si marida,
Dèu perdre la lus e l'audida.
Fiha madura,
Lou pouorta à la centura.
En cuntant su lu det :
Aquéu a fa l'óu ;
Aquéu l'es anat cercar,
Aquéu l'a fa cuèire,
Aquéu l'a manjat,
E lou pichoun n'a ren tastat !

�— 73 —
LE

DÉSESPOIR

Oui, j'ai la mort dans l'âme ; oui, je monte au calvaire ;
Mon horizon, hier si beau, s'est obscurci ;
Je hais tous les devoirs et tout ce qu'on révère :
Mieux vaut mourir que vivre ainsi !
Puisque je n'y puis rien ; que la raison humaine
Ne gagne plus un cœur où mon cœur est entré,
Je veux briser mes jours comme on brise une chaîne
Et m'enfuir en désespéré.
Qu'est-ce donc que la mort ? C'est la paix éternelle,
C'est un beau drap de fleurs sur mon sein endormi,
C'est la nature calme, auguste et solennelle
Qui nous prête un repos ami.
O nature de Dieu contemple ma détresse !
Ecoute tout mon sang dans mon cœur s'épancher
Et, puisque je n'ai plus le lit de ma maîtresse,
C'est au tien que je veux coucher ;
C'est toi la grande mère et la nourrice immense !
L'homme au sort le plus âpre et l'homme au sort plus beau
Retrouvent dans ton sein leur part de ta clémence :
L'un l'amour, l'autre le tombeau
Tu sais, toi qui vois tout, ce qu'ici bas je souffre,
Que je n'ai point béni l'instant de mon réveil
Et que j'ai regardé, toujours, du fond du gouffre,
Les bords ou brillait le soleil ;
Que je n'ai bu jamais que dans la coupe amère,
Que le seuil du bonheur me fut toujours fermé,
Que j'ai perdu mes fils, que j'ai perdu ma mère
Et tous les cœurs qui m'ont aimé !
Maintenant je m'en vais, battant du front, comme ivre,
En proie à ce grand deuil qui me courbe en vainqueur,
Et je veux déchirer ma vie, avec le livre
Des chastes sanglots de mon cœur ;
Et toi, rayon divin, génie, ardent délire,
Flambeau qui n'iras plus briller sur son autel,
Eternise du moins ces larmes de ma lyre
Et que mon cri soit immortel !
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                  <text>D-

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�u Premier Mera de Niça
DESPÍ I/ANNESSIOUN
(25

Jun

1860)

M. FRANÇOIS MALAUSSENA

Mera de Niça
(27

Jun

I86O-I865)

�— 6 —

ARMANAC NIÇART 1913
QUATRE-TEMS

COUMPUT ECLESIAST1C0

Noumbre d'or
Epato (Grégori)
Cicle soulari
Endicioun roum.......

Febrié
Mai
Setèmbre.,.
Desembre.

14
22
18
11

Letra doumenicala

12,
14,
17,
17,

14 e 15
16 e 17
19 e 20
19 e 20

E

Jî la Providence, 1{ue de la Préfecture /4, }}run, Sibraire

LI

QUATRE

SESOUN

Lou prmtèms coumença lou 21 mars
L'estiéu
—
— 22 Jun
L'autoum
—
— 23 sept,
L'iver
—
— 22 dés.
FESTA

Septuagesima
19 Janvié
Cendre
5 Febrié
Pasca
23 Mars
Rougacioun 28, 29, 30 Abriéu
Ascensioun
1er Mai

à 5.18 m.
à 1.10 m.
à 3.53 m.
à 10.35 m.

dôu
dôu
dôu
dôu

matin
matin
sera
matin

MOUBILI

Pantecousta
Trinità
Festa de Diéu
1" Diiuenegue de
30 Novembre

11 Mai
15 Mai
22 Mai
l'Avènt

BANQUE GARLONE &amp; GIE
MAISON ÉTABLIE EN 18.1

Jfice

—

8, Jîvenue J/íasséna, 8
TÉLÉPHONE

■-AS

— Jfiçe

�LU

VÉNT

Lu vènt que souflon à Niça, dintre lou cours de l'annada,
soun au nombre de 16. Vequi li sièu denouminacioun courenti,
pihadi, en general, dai loucalità dei quali parèisson veni :
Nord ..
N.-O.-E.
N.-E. ..
E.-N.-E..
E. N. E.
E.-S.-E..
S.-E. ..
S.-S.-E-.

Tramountana
Grek Tramountana
Grego
Levant
Levant
Levant
Siroco, vènt marin
Mie jou Siroc

Sud.... Mie jou
S.-S.-O.. Miejou Lebech
S. O. .. Lebech
O.-S.-O. Pounènt Lebech
Ouest. . Pounènt
O.-N.-O.V. Pounènt Maistràu
N.-O. .. Maistrau
N.-N.-O. Maistrau Tramount

VIGÍLIA — JÈUNI
22
30
10
14
31
24

Mars
Abrièu
Mai
Avoust
Outoubre
Desembre

(Pasca, 23 Mars)
(Ascensioun, Ier Mai)
(Pantecousta, 11 Mai)
(Assoumpcioun, 15 Avoust)
(Toui lu Sant, Ier Nouvembre)
(Calena, 25 Desembre)

L'ANNADA RELIGIOUSA
LI FESTA MOUBILI E

LI FESTA FÏSSI

febrié

Janviê
1 Circouncisioun.
6 Epifania (lu Rei).
13 Batejà de J.-C.
14 Sant Noum de Jesù.
19 Setuagesima.
26 Sexagesima.

2
5
6
9
12
13

Purificacioun.
Cendre.
Festa de la Pr. de N. S.
Quadragesima.
14-15 Quatre-tèms.
Coum. de la Passioun.
16 Reminiscere.
23 Oculi.

�Jtfars
2 Lœtare.
9
16
21
23
29
30

Passioun.
Lu Rampàu.
Divendre Sant.
Pasca.
Li 7 Doulou.
Quasimodo.

j/îbriêu
28-29-30 Rougacioun.

jYtai
1 Ascensioun.
3 Inv. de la Santa Crous.
11 Pantecousta.
14-16 17 Quatre-tèms.
18 Trinità.
22 Festa de Dièu.

Jîvoust
6 Transfiguracioun.
15
18
25
26
29

Assoumpcioun.
S. Joachim.
S. Couor de la Vierge.
S. Louis.
Decolac. de S. Jouan-Bat.

8
14
15
15
17
29

Natività de la Vierge.
Esaltacioun de la Crous.
N. D. dei 7 Doulou.
San Noum de Maria.
Quatre-Tèms.
Dédie, de S. Miquéu.

6
13
20
27

Sant Rousari.
Maternità de la Sta Vierge.
Puretà de la Santa Vierge.
Patrounage de la S. Vierge.

1
2
3
21
30

Touï lu Sant.
Lu Mouort.
Santi Reliquia.
Present, de la Sta Vierge.
Avent.

Setembre

Ouioubre

jYouvembre

Jun
9
21
24
29

Festa dôu S. Sacramen.
Sacrât Couor de Jesù.
Natività de S. Jouan-Bat.
SS. Peire e Paul.

Juliet
2 Visitation de la S. V.
7 Precious Sang.
16 N.-D. dôu Carme.

2&gt;esembre
8 Imaculata Councepcioun
17, 19, 20, Quatre-Tems.
25 Calena.

LEÇOUN DE CATECHISME
Un prèire dôu Gesu enterougava un pichoun su lou siéu
catéchisme e li demandava :
— Doun es Diéu ?
— Vous respouonderai, li di l'enfant, quoura m'aurès
dich doun noun pôu estre.

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AMINISTRACIOUN MUNICIPALA
Mera : M. lou General Fr. Goiran
Ier MM. Bonnefuy-Sibour.
Ajount
Emile Muscat.
«.
Jousé Ventrue
«
3e
Jan Ricci.
«
4e
Juli Febvre
5e
Dr A. Bufîon.
6e
Dr J. Fighièra.
7e

Ier Ajount

M. Bonnefuy-Sibour
Encargat de l'ensemble de l'aministracioun sensa delegacioun speciala.
Recèu toui lu jou de io oura % à miejou.
2e Ajount

M. Emile Muscat
Recèu lou dilun, lou dimècre e lou dijôu de 5 a 6 dôu
sera.
Attrib. — Estrucioun publica (Escola, lycée, salla d'asile,
crècha). — Biblioutèca e Arquiva. — Countencious.

3e

Ajount

M. Jousé Ventre
Recèu lou dilun, lou dimècre e lou divendre de

11 y2 dôu matin.

10 à

Attrib. — Coumerce e Indústria. — Agricultura. — Tribunal e Chambra de Coumerce. — Elecioun e lista eletourali.
— Cadastre. — Countribucioun. — Prud'ome. — Soucietà

�— 10 —
de Secours Mutual. — Festa publiqui. — Autourisacioun de
bal o de festa privadi.
4e Ajount
M. Jan Ricci
Recèu lou dimars, lou dijôu e lou dissata de 10 à n
Attrib. — Dassi. — Abatoir e lu servici. — Coumtabilità
generala. — Pouliça dei camin. — Estalage. — Marchand
ambulant. — Permès de staciounamen. — Voitura, cavau
e taxis. — Fiera e Marcat. — Caissa d'Espargna. — Sapurpoumpier.
5e Ajount
M. Juli Febvre
Recèu lou dimars, lou dijôu e lou dissata de 4 à 5.
Attrib. — Travai public. — Voiria urbana e rurala.
Jardin e proumenada. — Aïga, gaz, eclerage. — Ramassage.
— Arquitetura. — Bastissa coumunali. — Bei-Art. — Escola
d'Art decouratif. — Musée dei Bei Art. — Musée d'Istoria
naturela. — Teatre. — Musica Municipala e autri.
6e Ajount
M. lou. Dr A. Buîîon
Recèu lou dimars e lou divendre de 4 % à 6.
Attrib. — Igiena e salubrità. —Loujamen insalubre.
— Establissamen dangeirous e incòmode. — Epidèmia. —
Pouliça dei meurs. — Assistença publica. — Viei, infirme
e incurable. — Retreta Ouvriera. — Enfant assistât. — Proutecioun dei enfan dôu premié âge. — Espitau. — Establissamen de carità o de beneficensa. — Fouol.
7e Ajount
M. lou.Dr Jousé Fighiera
Recèu lou dimars e lou dissata. de 10 à 11 y2.
Attrib. — Estat-Civil. — Poumpa Funebri. — Cementeri.
— Culte. — Afaire Militari. — Abihamen.

�— II

PR^MIÉ

TRIMESTRE:
MARS

FEBRIE

JAN VIE
lu 7, à 10 oura 29 m.
lu 15, à 4 oura 02 s.
lu
a 3 oura 40 s.
lu 28, à 7 oura 35 m.
— !.. 8 U' — C. 4 42
SOULÈU
N.
P.
P.
D.

—

L.
Q.
L.
Q.

N. L.
P. Q.

lu 6,
lu 14,
lu 21,
D. Q. lu 27,
L. 7
SOULÈU,

5
8
2
9

oura
oura
oura
oura

22
34
04
16

m,
m.
lu.
s.

P. Q.
1'. L.
D. Q.

24'

SOULÈU ,

dis. S. Ignaci
Dim. La Çandeliera
Blasi
dil. S.
l)i mars-Gras
dim
Li Cendre
dim
Dim
dij. Sta A gat a
dil.
div. Sta Dorotea
dim.
dis S. Romuald
dim.
dij
9 Dim. Quadragesima
10 div.
10 dil. Sta Apoulounia
11 dis.
11! dim. S. Severin
12 dim. Quatre-tèms
12 Dim.
13 dij. S. Gregori
13 dil.
14! div. Sta Eufrasia
14 dim.
15 dis. S. Onesime
15 dim.
16 dij.
16' Dim. Reminisceri
17 div.
17i dil. Sta Mariana
18 dis.
18 dim. Sta Attiqua
19 dim. S. Eucher
19 Dim. Setuagesima
20 dij.. Sta Vitalina
20 dil. S. Bastian
21 div. S. Severian
21 dim. Sta Agnesa
22 dis. S. Silvan
22 dim. S. Vincent
23 dij. S. Raymound
23 Dim. Oculi
24 div. Sta Jacinta
24 dil. S. Pascase
Conv.
de
S.
Pau
25 dis.
25 dim. S. Cesari
26 dim. S. Nestor
26 Dim. Sexagesima
27 dij: S. Leandri
27 dil. Sta Devota
28 div. Sta Nourina
28 dim. Sta Paula
29 dim. S. Francès S.
30 dij. Sta MaitiDa
31 div. S. Peire N.
Lu jou crèisson :
dim.
dij.
div
dis.

Jou de l'An
S. Macari
Sta Genevieva
S. Tita
S. Simeoun
Lu Rei
S. Lucien
S. Apoulinari
S. Pèire
S. Guillaume
S. Teodore
S. Arcada
Sta Verònica
S. Ilari
S. Maurici
S. Ounourat
S. Antoni
Sta Angela

Lu jou crèisson :
lou matin....... 22 m.
lou sera
12 m.

1

lou matin
lou sera

lu
lu
lu
lu

47
46

ln&gt;

m.

dis.
Dim.
dil.
dim.
dim.
dij
div.
dis.

Dim.
dil.
dim.
dim.
dij.
div.

dis.
Dim.
dil.
dim
dim.
dij.
div.
dis.
Dim.
dil.
dim.
dim.
dij.

8,
15,
22,
29,

à 0 oura 23
à 8 oura 58
à 11 oura 56
à 0 oura 58

m.
s.
m.
s.

L. 6 36' — C.5 32'

S. Eudoxii
Lœtari
S. Marin
Sta Cunegonda
S. Casimir
Sta Coleta
S Jouau de D.
Sta Félicia.
La Passionn
Lu 4" Marlir
S. Euloge
S. Gregori
Sta Eufrasia
Sta Matilda
S. Acepsima
Lu Rampàu
S. Patrici
S. Apien
s. Jôusé
Dijon San/
D i vendre Sani
Dissata Sant

Panca

StaCatarinadeS
Anounciada
S
Emanuèu
S. Jouan d'Egt
Gountraa
div. S.
dis. S. Hustase
Dim. Quasimodo
dil. Sta Balbina

Lu jou crèisson :
lou matin
î .o4 m.
lou sera
0.48 m.

VERMOUTH

�— 12 —

ABRIETJ
N. L. lu 6,
P. Q. lu 14,
P. L. lu 20,
D. Q
lu 28,
SOULÈU .

MAI

à 5 oura 49 s.
à S oura 40 m.
à 9 oura 35 s.
à 6 oura 09 m.

— L. 5 32'

C. 6 19'

dim. S.
dim. s.
dij. s.
3
4 div. s.
5 dis. s.
1
9

6
7
8
9
10
11
12
13
14
15
16
17
18
19
20
21
22
23
24
25
26
27
28
29
30

Dim.
dil.
dim.
dim.
dij.
div.
dis.

Dira.
dil.
dim.
dim.
dij.
div.
dis.
Dim.
dil
dim.
dim.
dij.
div.
dis.
Dim.
dil.
dim.
dim.

Ugo
Franç. de P.
Richard
Isidoro
Juliena
s. Celestin
s. Hegesippe
s. Albert, ev.
s. Azada.
s. Isidoro
s. Leourj
s. Juli
s. Justin
s. Valerian
Sta Anastasia
S. Frutuous
s. Rodolfe
s. Maxime
s. Anselme
s. Tcodoro
s. Adalbert
s. Fidèle
s. Jorgi
s. Marco
s. Clet
s. Antime
s. Aimé
Iiouqacioun
Sta Catarina d. S
SS. Philip., Jacq.

La jou crèisson :
lou matin
59 m.
lou sera
... 44 m.

N.
P.
P.
D.

L.
Q.
L.
Q.

lu 6,
lu 13,
lu 20,
lu 28,

SOULÈU.

18
19
20
21
22
23
24

dij.
div.
dis.
Dim.
dil.
dim.
dim.
dij.
div.
dis.
Dim.
dil.
dim.
dim.
dij.
div.
dis.
Dim.
dil.
dim.
dim.
dij
div.
dis.

25
26
27
28
29
30
31

Dim.
dil.
dim.
dim.
dij.
div.
dis.

1
2
3
4
5
6
7
8
9
10
11
12
13
14
15
16
17

JUN

8

oura 25 m.
H oura 45 m.
7 oura 18 m.
0 oura 04 m.
— L. 4 34' — C. 7 04'

N.
P.
P.
D.

i

Ascensioan
S. Atanase
In.d.l. Sta Crous
SS. Sindonis
S. Pio, papa
S. Jouan D.
S. Peire
S. Gregori N.
S. Antounin
S. Isidoro
Pandeconsta
S. Jouan lou S.
S. Pouon, m.
Quatre-tèms
S. Sta Dcnisa
S. Frutuous
S. Pascaù
Trin if à
S. Pèire C.
S. Felis.
S. Bernardini
Festa de Diéa
S. Didier
S. Vincen,d.L.
S. Urbin
S. Felipe
S. German
S. Cirile
Sta Petronïa
S. Sylve
S. Justin

Lu jou crèisson :
lou matin
4° mlou sera
41 m.

L.
Q.
L.
Q.

lu 4, â 7 oura 57 s.
lu 11, à 11 oura 4 s.
lu 18. à 5 oura 51 s.
lu 26, à 5 oura 41 s.

SOULÈU.

1 DIM.
2
dil.
3 dim.
4 dim.
dij.
5
6 div.
7 dis.
8
9
10
11
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30

Dira.
dil.
dim.
dim.
dij.
div.
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Dira.
dil.
dim.
dim.
dij.
div.
dis.
Dim.
dil.
dim.
dim.
dij.
div.
dis.
Dira.
dil.

- L. 3 55'

—

C. 7 43'

S. Potin
Sta Blandina
S. Quirin
S. Francès C.
S. Lié
Couor de Jesù
S.
S.
Sta
S.
S.
S.
S.
S.
S.
Sta
S.
Sta
S.
S.
Sta
S.
S.
S.
S.
S.
S.
S.
S.

Medard
Optat
Margarida
Barnabé
Antoni de P.
Basilio
J.-F. Régis
Moudeste
Lambert
Olga
Gervai
Juliena F.
Louis de G.
Paulin
Maria d'O.
Jouan-B.
Prousper
Alban
Cresen
Iréné.
Pèire
Pàu
Tibàu

' Lu jou crèisson :
lou matin
2 m.
lou sera
i4 m.

VERMOUTH

�— 13 —

TROISIEME

AVOUST

JUL·IET
N.
P.
P.
D.

L'. lu Í, a
Q. lu 10, a
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1
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26
27
28
29
30
31

i

5 oura 07 m.
9 oura 38 m.
6 oura 0" m.
9 oura 59 m.
53' — C. 7 55'

dim. S. Thierry
dira Vierg.de li Gracia
dij. S. Anatole
div. S. Pèire de L.
dis. S. Sisoès
Dim. S. Elie
dil. Sta Bahela
dim. S. Efrem
dim. Sta Felicita
dij. S. Pio
div. S. Jouan G.
dis. S. Gene
Dim. S. Jaque
dil. Festa Naciounala
dim. S. Enri
dim. N.D.d.M.Carmel
dij. Sta Marcelina
div. S FVederic
dis. S. Vincen de P.
Dim. Sta Margarida
dil. S. Vitor
dim. Sta Maria-Mad.
dim. S. Apoulinari
dij. Sta Cristina
div. S. Jaque
dis. Sta Anna
Dim. S. Pantaleoun
dil. S. Samsoun
dim. Sta Marta
dim. Sta Giulieta
dij. S. Gnaci de L.

1

Lu jou bàisson :
lou matin
3i m.
lou sera
26 m.

TRIMíJSTRBÎ

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P
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L.
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SOULÈU.

1
2
3
4
5
6
7
8
9
10
11
12
13
14
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26
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28
29
30
31

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25,
31,
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0 oura 58 s.
i oura 03 m.
8 oura 27 s.
0 oura 18 m.
8 oura 38 m.
23' - c. 7 28'

div. S. Pèire-aï Ldis. S. Alfonso
Dim Inv. de S. Estève
dil. S. Domenica
dim. N. D. dei Nèu
dim. Transf. de J. C.
dij. S. Gaétan
div. Sta Batilda
dis. S. Camilo d. L.
Dim. S. Làuren
dil. S. Septima
dim. Sta Clara
dim. Sta Filoumèna
dij. S. Ousèhi
div. Asonmpcioiin
dis. S. Roc
Dim. S. Jouachin
dil. Sta Elena
dim. S. Ipoulita
dim. S. Bernar
dij. Sta Chantai
div. S. Pio V
dis. S. Filipe B.
Dim. S. Bartoumiéu
dil. S. Louis, r. V.
dim. S. Segoundo
dim. S. Cesari
dij. S. Goustin
div. S. Mederic
dis. Sta Rosa
Dim. S. Fiacre

Lu fou bàisson :
lou matin
43 mlou sera
55 m.

SETEMBRE
P.
P.
D.
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Q. lu 7,
t. lu 15,
Q. lu 23,
I,. lu 30,

SOULÈU. —

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oura 06 s.
oura 46 s.
oura 30 s.
oura 57 m.

08' — c.

6 33'

1 dil. S. Gili
2 dim. S. Estève Pi.
3 dim. Sta Eufemia
4 dij. Sta Rosalia
5 div. S. Làuren J.
6 dis. S. Pambou
7 Dim. S. Grat
8 dil. Naiiv. de la V.
9 dim. S. Oumer
1U dim. S. Nicola
11 dij. S. Félis
12 div. S. Veran
13 dis. S. Amé
14 Dim. Es. d. l.S. Crous
15 dil. S. Nicomède
16 dim. S. Courneilla
17 dim.- Quatre-tèms
18 dij. S. Tournas V.
19 div. S. Janvié
20 dis. S. Eustache
21 Dim S. Matiéu
22 dil. S. Màurici
23 dim. Sta Tecla
24 dim. S. Girar
25 dij. S Firmen
26 div. S. Nil
27 dis. S. Nicandre
28 Dim. S. \\ inceslas
29 dil. g. Miquèu
30 dim. S. Jeromo
Lu jou bàisson :
lou matin
42 mlou sera
i.o3 m.

HâltlHI &amp; EdIIÏ

�- 14 QÜATRIÈ)MÍ:

OÜTOUBRE
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(i oura 35 s.
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7 oura 57 m.
1 oura
m.

42

6 30' — c.

4 30'

Ì dis. Toui lu Sunt
2 Dim. Lu Mouort
3 dil. S. Ubert
4 dim. S. Carlo B.
5 dim Sta Bertila
6 dij. S. Leounar

dis. S. Francès d'A.
5 Dim. S. Rousari
6 dil. S. Bruno
7 dim. S. Serge
Í
8 dim. Sta Reparada
8
9 dij. S. Denis
9
10 div. S. Francès B.
10
11 dis. S. Tarasco
11
12 Dim. S. Counrad
12
13 dil. S. Edouard
13
14 dim. S. Calisto
14
15 dim. Sta Teresa
15
16 dij. S. Ospici
16
17 div. Sta Edvija
17
18 dis. S. Luc
18
19 Dim S. Pèire
19
20 dil. S. Agricol
20
dim.
21
Sta Ursula
21
22 dim. S. Filip
22
23 dij. S. Teodoret
23
24 div. S. Magloire
25 dis. SS. Crespin Cr. 24
25
26 Dim. S. Joaan de K. 26
27 dil S. Frumeuce
27
28 dim. S. Alf'redo
28
29 dim. S. Narcisse
29
dij.
30
S. Marcel
30
31 div S. Siri
i 4

lot
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TRIÍ

div. S. Nestou
dis. Lu Quatre Incou.

Dim. S.
dil.
dim.
dim.
dij.
div.
dis.

Teodore

S.
S.
S.
S.
S.

Jacintou
Martin
René
Stanislas
Pantena
Sta Gertruda

Dim. S.
dil.
dim.
dim.
dij.
div.
dis.

Edme
Gregori
Alfè
Sta Babeta
S. Edmon
Présent, de la V.
Sta Cecilia
S.
S.

Dim. S.

Clemen
Sta Flora
Sta Catarina
Sta Pelfina
S. Maxime
S. Sostène
S. Saturnin
Dim. A vent
dil
dim.
dim.
dij.
div.
dis.

Lu jou bàisson :
lou
lou sera

DESÈMBRE
P. Q.
P. L .
D. Q.
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SOULÈU. —

1.

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s.
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s.
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dil. S. Eloi
dim. Sta Bibiana
dtm S. Francès X.
dij. Sta Barba
Bassi
div. S.
dis. S. Nicola

Dim

S. Anbrosi
dil Imac. Conception^
dim. Sta Leoucadia
dim. Sta Eulàlia
S. Damase
div. Sta Roselina
dis. Sta Lucia

Dim. S.

Niçaise
dil. S. Mesmin
dïm. S. Adon
dim. Quatre-tèins
S. Gatien
div. S. Ciprian
dis. S. Filogone
Dim. S. Tournas
dil. S. Onourat
dim. Sta Vitòria
dim. Cacha-fuec
dij. Calèna
div. S. Estève
dis. S. Jouan

Dim. SS. Iuoucent
dil. Sta EleoDOra
dim. S. Sabin
dim S. Sàuvestre
Lu jou bàisson de a5 m.
lou matin
e crèisson de 5 m. lou sera

TEBMOUTü

ART INI &amp;

lu
S, a
lu 18, a
lu 20, a
lu 27, a

�- 15 —

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�- i; -

CROUNICA NIÇARDA
L/'Armanac Niçart a la pèu dura, persègue la siéu publicacioun maugrà lu escoumbuï de la vida. Mi côu vougar an
jou d'ancuei quasi soulet ; la miéu pichouna barca s'enroquerà pas. Tant que pouôdi mi teni au timoun, la mar es
pas toujou marrida e lou ciel à Niça es souventi fès seren.
Siéu urous d'aver assoustat, li a quauque an fa, de
coulabouratour que despi an fach lou siéu pichoun camin,
siéu fier encara d'aver pouscut publicar d'obra inedichi,
e se la gloriola de passage pousquesse estre de quauque
près, dirii finda que Y Armanac Niçart es estat lou premier
à dounar ai siéu letour de doucumènt istourique, pouesia
d'ilustracioun de prima man.

* *
Despi lou camin es dubert ; li codo, peira e peireta soun
levadi dôu mitan, toui si soun abrivat e lou miéu pichoun
couloumbié es despi l'oura abandounat, après d'aver servit
de nidou à touplen... Que mi resta d'aquela splendour
efemera ?. .. Ren o pas gran cauva de bouon : la nota de
l'emprimur à pagar !... e l'amistà de quauque amie lu quai,
côu lou recounouisse, m'an souventi-fès encourajat quoura
moudeste escrivan, ai publicat un'oubreta. Ma se noun
mi resta ren autre, ai pas men counservat la cuirassa e lu
côu que lu criticaire pouôdon mi pourtar s'aplatisson couma
se piquesson su d'un pan de burre. Ai fach d'esfouors, ai
cresut estre utile au miéu païs, se tanti fès n'ai pas réussit,
s'ai fach faussa routa, es pas la bouona voulountà que m'a
mancat.. ; es autra cauva !... que lu miéu detratour, —
marridi lenga, — vouogon ben recounouisse.
li'Armanac Niçart es toujou estat poulit, respetuous ;
aima plesentar, si piha garda de mancar quauqu'un, fa minga
persounalità e se parla una fès cad'an es pèr respouondre en
aquelu que dintre l'oumbra e lou mistèri l'atacon.
%

�i8 —
— Èen que n'aigui pas de dènt assè longui, mastègui
eouma pouôdi, mi resta encara doui bouoi caisselà, e lou
batarèu en remerciant Dièu debana qu'es un plesi... Se
grafigni quauquifès caressi quoura côu, ma que voulès siéu
sensible, crègni lou catigolo, noun mi laïssi trapiar, pi ben
que sigui de pichouna estatura — un verp de terra — mi
laissi pas metre lu pen su la couota.
La miéu draparïa es minça, transparènta, cadun pôu
liège à través cenque vouoli dire e maugrà que lou miéu
mantèu sigui de lustrina tantu n'an pas agut vergougna
de s'en curbi quauqu an fa'.
D'Académicien niçart n'ai counouissut mai que d'un ;
aurïon fach aloura una maladia se noun li aiguessi estampat
la siéu prosa o pouesia... D'autre, lou noum m'escapa, la
si soun esbignada... Ai encara souta lu uès una longa courespoundença que lou prova ; qu mi reclamava d'estre en
prima pagina, lou siéu noum que ressourtesse ; qu mi pregava de li metre « lou tout d'a-gangui « ; e passi souta silenci
touplen d'autre imourtal niçart que si dïon fier, urous, flatat,
de couloubourar à Y Armanac Niçart... A toui li calïa un
noumbre d'esemplari — à l'uèi va sensa dire, à titre d'encourajament — e lou jou de l'aparicioun, à lu audi charrar,
eron élu la pèira foundamentala, avïon tout fach despi
Y A fin au B... La gaseta parlava d'élu... e toui su lou bastion
de repetar : « Lou tau ?... escriéu su Y Armanac. —
Eri de moda !...
p
[•

*
*

*

D'aquéu fra-tèms Y Acadèmia Nissarda si founda, lou
Nice-Historique coumença à pihar voga, e lou regretat proufessour Enri Sappia que sabia cen qu'era la vaca enrabiada,
em'un zèle que recounouissi douna au sièu païs predilèt
tout cenqu'un pur niçart pôu dounar.
S'au jou d'ancuei lou Nice-Historique si felicita de la
siéu prougressioun noun côu pas que denembra l'orne que
mai que d'una fès a manjat de maigre moucèu... Es en aquel
orne que devès lou Nice-Historique vouostre enfan d'adoucioun ; se fouguesse estre sincère, li a de veiità que soun
toujou penibli à dire, sensa Sappia Y Acadèmia Nissarda
noun esisteria ; e se persegui en lou miéu amour de la verità,
devès la vouostra esistença o foundacioun à touplen d'autre.

�- ig —
t,'Armanac vous devîa ben acô... Lou souveni s'efaça tant
facilamen !...
Ma laissen aquela charra, noun m'aura ajudat qu'à
coumençar la miéu Crounica.

*
* *
UArmanac Niçart ientra couma pôu en la siéu nouvièma
annada d'esistença. Se trouvas qu'es abihat de mieja sesoun,
vous dirai que n'es pas à la paluègna que si counouisson li
cebeta... Ai tengut cônte dei bouoi counsèu e mi presenti
couma d'usança ai miéu letour e letrissa em'au sourire su
li labra pèr vous racontar de pichouni istourieta, vous rememourar quauque prouverbi, que liegerès emé plesî.
"L,'Armanac Niçart pôu estre lijut da toui, gran e pichoui,
divertisse l'un, enteressa tantu autre ; frisa jamai la groussieretà, basta e se n'aiguesse qu'una qualità, — de défaut
degun n'es esènt, — aquela qualità de counservar lou nouostre
franc-parlà, vouoli dire la lenga de la maire qu'un noun
pôu francamen denembrar, la cansoun dôu brès que nen
cantavon lu nouostre vièi, e que couste que couste voulen menteni.

*
* *

L'Armanac Niçart publica cad'an una paja d'istoria
loucala inedicha que lou dot e fidèle coulabouratour M.
l'Abat Rance-Bourrey escriéu espressi per lu miéu letour.
e que lu letrat, bibliofile niçart liejon toujou mé devoucioun. L'an passat nen dounet Y Expulsion de Mgr Valperga,
en septembre 1792 ; aquest'an l'istourien nen douna : L'Installation de Mgr Colonna-d'I^tria, evesque de Nice, en 1802.
Es un doucumènt d'istoria loucala requist qu'enriquissera
li nouostri coulecioun.

*
* *

Publiquèri de paja de Y Armoriai Nobiliaire et Historique de
l'Ancien Comté de Nice et des Alpes -Maritimes, de Jousè
Casai (1907) ai finda emprimat en coulabouracioun d'aquestou, un Catalogue Alphabétique du fonds de Nice que si
trouva à la Biblioutèca de Niça, ensinda qu'una reempressioun dôu Discours sur le Monastère de Sainte-Claire de
Nice, pèr Honoré Pastorelli, publicat d'après l'édicioun
originala de Turin en 1608, em'una entroducioun e de

�20 —
nota de l'abat Rance-Bourrey. Lu counouissur, en 1908,
lauderen aquesta reedlcioun.
*
Nicœa Civitas

L'Armanac Niçart felicita caudamen Y Acadèmia Nissarda d'aver fach pareisse la premiera partida dôu NicaaCivitas de Gioffredo, en francès. Aqui de bouon'obre.
Traducioun commençada per lôu proufessour Enri Sappia,
coumplimen à l'abat Rance-Bourrey que l'a menada à bouon
pouort.Grafigni ma caressi eY Armanac Niçart que despi regardas coum'un bastardoun sau recounouisse lou beu dôu mau.
Rabaian toujou ; siéu urous de faire lou miéu mouloun,
pu tardi un nen tirera proufit.
*
* *
Aiira, car letour e charmanti letrissa, que vous dirai
de mai, farai couma lou papagau e vous répéterai couma l'an
passat :
Bouon prencipi
E mihour fin !
L'ARMANAC NICART.
LOU JOUIN'OME E LOI) BOUON VIEI
De gracia, empara-mi couma si fa fourtuna,
Demanda au paigran un jouin'ome ambicious.
— Li a, di lou bouon vièi, un camin glourious :
Es de si rendre utile à la cauva coumuna,
Proudigà vouostre jou, vouostri veia, talènt
Au servici de la França !
— Ah ! bèn pénible n'es la soufrança.
Vouoli de talènt men brilènt
— Ni a de mai segur : l'intriga.— Es trôu vile
Sensa travail vous diéu, vourii m'enriquî. ..
— Eh ben ! sigues simple embecile
N'ai vist mai que d'un réussi...
J. Eynaudi
(D'après Florian).

�—

LOU

LIOUN E

21 —

LOU

MOUISSIOUN

« Va-t'en, mesquin insècte, escremen de la terra ! «
Es ensinda que lou Lioun
Parlet un jou au Mouissioun.
L'autre li declaret la guerra :
« Ti penses, li diguet, que lou tiéu titre de rèi
Mi fasse pôu e que m'enquieta,
Un bôu de tu s'en manja sièi,
Lou fau marchar à la bagueta. »
A pena fenit lou discours
Que d'éu même souona la carga,
Siguet troumbeta, vincitour.
Ma prudènt si ten à la larga ;
S'abriva, toumba su lou couol
Dôu Lioun que rende miech fouol ;
Deven quasi furious e l'uès de bila esala
Rugisse, toui s'escoundon, tremouolon à l'enviroun ;
Aquel'alarma universela
Es cap-d'obra dôu mouissioun,
Un avourtoun de mousca en cent luec lou sarcela,
Lou pougne su l'esquina e pi su lou nasèu
Un autre suça lou narvèu.
La rabia si retrova, au soum es ja mountada,
L'envisible nemic trioumfla regardant
Que ni grifa ni dènt de la bèstia irritada
Lou metènt tout en sang, lou siéu dever faran...
Lou malurous Lioun s'esgarra à pichoui tros
Fa boulegar la couva pèr gagnar de terren ;
Es desperat, poù plus ; lou Rei deven balos,
La fatiga l'abate, si ve qu'es su li dènt...
L'insècte dau coumbat si retira mé gloria,
Couma sounèt la carga, entona la Vitòria,
Va pertout l'announçar, ma rescountra pèr camin
Una aragna en embuscada...
Dôu Mouissioun siguet la fin.
Que poudès ben pensar, que leçoun ensegnada ?
Dei vouostre gros nemic, de crègne lu pichoui
Sensa troù de fracas vous trïon lu peouï...
Ma se d'un gran dangié an pouscut si soustraire
Perisson pèr la mendre afaire.
J. Eynaudi (d'après La Fontaine).

�— 22 —

ME LCART

(1)

L'argènt de la Betica e l'ôr de l'Atlantida
Agnènt recompensad lei trabalh de Melcart,
Pojè, fôra Gadès, sus l'Océan bastida,
Vers lo pas gigantesc qu'avié saupud traucar.
Mai la mar rebaté son argulhos sicard,
'Mé d'ôrre temporau e, vela rebotida,
Sai barca, quatre luna, errèron à cercar
Lo camin drechurier dau pôrt qu'èron partida.
Aiora, en Astartè, reina dai Bahalim,
Vengué, pèr abaucar lei ventegas malin,
Saunar d'ôme, au ribage onte Agèu s'espalanca,
E lei pastre ligor, monegasca Calanca,
De ton rocas sanglant veguèron piei partir
Do legendàri eros de la superba Tir.
Lois Funèu.

SIGUESSES UN ARMANAC
Un proufessour de coulège estudiava ordinariamen
quatre a cinq oura cada jou. Couma era restat dintre lou
siéu cabinet mai long-tèms que d'abituda, la siéu mouhié
venguet lou trouvar :
— Siés aqui ma mia, que diès de nôu que noun sabi ?
— Diéu, moussu que vourii ben estre libre.
— E perquè ma mia ?
— Perquè li avès toujou lou nas soubre... noun avès
d'uès que pèr elu, li siés toujou après.
— As rasoun, vourii ben n'en faire autre tant pèr tu,
basta que siguesses un Armanac.
— Un armanac ?. .. e perqué ?
—■ Perqué ?... Cad'an pourii ti chanjar.
Jouan l'Ae.
(i) Melcart sè nbla aver estad un rei de Tir, deî ficad à la lônga,
qu'aurié menad lei navigador fenician vers la Ponènt mieiterranene e que
lei Greg, rabattant la tradiçion dai Pelasge, 'n-aurien fach son Ercule,

�— 23 —

MELCANT
(Revirad en Catalan)
—X—
De Bètica l'argent, d'Atlantis l'or sens mida,
havent recompensat son treball herculià,
feu via desde Gades, damunt l'Occià bastida,
fins al pas geganti que hi sapiguè badà.
Prô'l mar rebat, furient, sa dèria ergullosida,
ab hòrrides tempestes. Les veles va plegà
sa flota y, quatre llunes, errà com desvanida
del dret camí que mena al port S'hon va merxà.
A l'Astarté llavors, dels Bahalim regina,
li prega que apaybagui la ventada felina
y, en la costa d'Agèl, li fa oblaciô d'humans ;
Après ; cales de Monach y pastors ligurians !
de les sagnantes roques, hi vegereu partir
l'hèroe llegendari de la superba Tir.
Barcelona, Agost de 1911.
Doctor J. Plana / Dorca.

xxxxxxxxxxxxx:::xxxxxxxxxxxxx
LA

FAVOIJR DOU JUGE

Petou Merlussa e Gioan Tripetou, doui chicanur en l'a"
nima avion la semana passada una af aire davant dôu juge de
pax. Pèr s'aquistar la favour d'aquestou un li avia regalat
un bariéu d'oli e l'autre dounat un pouorc.
Lou juge si prounouncet en favour de Gioan Tripetou
que li aviat dounat lou pouorc. Couma pensas Petou Merlussa
era pas soudisfach e anet dôu juge si plagne.
Lou Juge. — Que voulès es intrat dintre la miéu maioun
un pouorc que a rout lou bariéu d'oli, siéu estat ben countrariat e.. . maugrà ièu, cresé-lou, v'ai denembrat.
Patusso.

�— 24 -

VA N D A L E S
L/Ordre des Frères Prêcheurs fondé au commencement
du XIIIe siècle par Saint Dominique se répandit très rapidemnt, surtout dans le Languedoc et dans la Provence.
Dès 1243 un couvent de Dominicains fut créé à Nice,
sur un terrain donné par Jordan Richieri, et une vaste église
s'éleva bientôt à côté du couvent.
Des Dominicains, on le sait, étaient de grands bâtisseurs, et les églises qu'ils ont élevées, dans la Provence,
sont les plus beaux modèles de l'architecture gothique :
il convient de citer en première ligne la splendide église de
Saint Maximin (Var), celle de Sainte Madeleine à Aix-enProvence, celle de Saint-Canat à Marseille.
D'église du couvent de Nice était de fort belles proportions et comptait parmi les plus vastes et les plus intéressantes de la ville de Nice, au point de vue architectural ;
l'église des Cordeliers, dite de Saint-François-le-Grand, qui
date à peu près de la même époque pourrait lui être comparée.
Aujourd'hui, Saint-François-le-Grand existe encore, mais le
vieil édifice a été profané, vendu et sert de remise et de magasin à fourrage.
Quant à l'église de Saint-Dominique, son sort a été plus
lamentable encore. Enlevée aux religieux qui l'avaient construite, elle fut pendant quelques jours, en octobre 1792.. le
siège du Club des Jacobins ; puis l'autorité militaire s'en
empara et elle servit de magasin à la manutention.
Mais, ainsi transformée, elle subsistait encore et pouvait, grâce à d'intelligentes réparations, être rendue à l'admiration des artistes et des archéologues. Au lieu de cela,
une Municipalité mal inspirée l'a fait démolir de fond en
comble et, aujourd'hui, il n'en reste plus pierre sur pierre (1).

(1)

Les amateurs et les collectionneurs, qui espéraient trouver, sous les
ruines de la vieille église des Frères-Prêcheurs, des objets précieux pour
enrichir leurs collections, ont été absolument déçus, car on n'y a trouvé,
paraît-il, qu'une quantité d'ossements et une petite croix en cuivre que
M. Moris, archiviste du département, conserve sur son bureau.
Et pourtant, n'y aurait-il pas encore des hommes intelligents qui renverseraient, sans regret, des monuments vénérables dans la conviction
que cette démolition permettrait de découvrir des choses plus intéressantes.

��C.I.D.O.

BtZIERS

�- 25 Sur son emplacement on a élevé le Palais de Justice dont il
vaut mieux ne point parler car il n'y a rien de flatteur
à en dire.
La ville de Nice a été ainsi dépouillée d'un des rares
monuments qui représentait dans cette contrée l'architecture religieuse du XIIIe siècle. Et il ne faut pas dire que la
Municipalité ne fut point avertie de la faute qu'elle commettait, car on peut lire dans le Bulletin Monumental publié
par M. de Caumont, Paris 1862, in-8°, 3e série, tome VIII,
pages 272-274, une très intéressante notice que nous reproduisons in-extenso :
L'ANCIENNE

EGLISE SAINT - DOMINIQUE
A NICE (1)
—X—

« En examinant attentivement l'ensemble de l'antique
Eglise de Saint-Dominique ; en voyant, à la nef et à l'abside
rectangulaire qui la termine, des ogives à peine accusées,
on serait volontiers tenté de déclarer que cet édifice appartient à la période de transition entre l'architecture romane
et l'architecture ogivale, c'est-à-dire au XIIe siècle.
« Mais, ici, il faut se départir un peu de la rigueur des
règles archéologiques et se bien rappeler que les contrées
méridionales, comme le Comté de Nice, ont été, au point
de vue architectural, presque constamment en retard sur le
centre et le Nord de la France.
« En effet, le monument dont nous parlons a été bâti
dans la dernière moitié du XIIIe siècle.
« A cette époque, suivant Gioffredo (Nicaa Civitas),
p. 182) Meynfroid étant évêque de Nice, les Frères Prêcheurs
de Saint-Dominique vinrent s'établir dans ce pays et construisirent un couvent et une église sur un terrain à eux donné
par un certain Jordan Richieri (2).
(1) Aujourd'hui transformée en remise et manutention militaire, cptte
église doit-être prochainement démolie. Sur son emplacement l'édilité
niçoise a formé le projet de bâtir un Hôtel de Ville.
(2) L'acte de donation est daté du i4 Avril 1243 ; il nous apprend que
le terrain donné était de quatre sétérées et qu'il était situé dans le lieu
nommé Seleya, à côté d'une léproserie — l'église de Saint Dominique a été
élevée plusieurs années après eette donation, vers 1260.

�— 26 —

« Par conséquent l'ensemble de cette vieille église est
à peu près contemporain de 1 a Sinte Chapelle de Paris, et
cependant d'après les carelltctèreacchitectoniques, on mettrait
cinquante ans d'interrva ase ren es deux édifices.
« Quoi qu'il en soit, l'église de Saint-Dominique fournit
un excellent horizon pour fixer les idées sur l'état de l'architecture religieuse dans le Comté de Nice au XIIIe siècle.
« D'arc en tiers-point y domine dans les voûtes, tandis
qu'au contraire le plein cintre y règne dans les portes et les
fenêtres.
« D'édifice dont nous parlons n'a pas l'abside arrondie
des monuments religieux du XIIIe siècle ; il se termine par
une muraille plate qui devait être percée de plusieurs fenêtres. Cette disposition se rencontre aussi dans quelques autres églises de France (Cathédrale de Poitiers, de Dol, de Daon,
Eglises de Saint-Serge à Angers, de Saint-André à Grenoble etc.) et dans un grand nombre d'églises rurales.
« Des murs de notre monument sont construits en petites pierres taillées carrément en briques. Il ne possède qu'un
petit nombre de contreforts. Des pilastres qui supportent
les voûtes reposent sur des socles carrés ; les chapiteaux
sont ornés d'une espèce de cordon. Une fenêtre seulement
a conservé son ornementation primitive, qui consiste en des
têtes de clous bien caractéristiques du XIIIe siècle.
« Une porte latérale (qui s'ouvre sur la ruelle de Saint
Dominique) offre un linteau porté sur deux chapiteaux à
décoration végétale et un tympan à plein cintre.
« Des voûtes qui n'ont pas 40 centimètres d'épaisseur,
sont jetées d'un mur à l'autre, avec une hardiesse admirable ; elles sont faites en petites pierres mêlées avec beaucoup de mortier.
|fs « Des arceaux de ces voûtes ogivales sont croisés ;
quelques-uns, néanmoins, sont parallèles entre eux et traversent la nef en ligne droite, de manière à séparer les travées, qui sont en nombre de cinq. Da retombée des arceaux
se fait au-dessous des fenêtres. Malheureusement ces fenêtres ont été bouchées, par un maçon ignorant au XVIIIe
siècle.
« En même temps, la façade de Saint-Dominique a
été refaite dans ce style bâtard que l'on a flétrit de Pompadour. Nous ne la décrirons pas.

�— 27 « Avant de terminer, qu'il nous soit permis, au nom des
traditions historiques que ce vieux monument rappelle de
supplier le gouvernement de l'Empire, si éclairé, si généreux,
de vouloir bien consacrer, chaque année, une modique somme à la restauration de l'antique Eglise de Saint-Dominique.
« Confiée aux soins d'un habile
architecte, d'un
Viollet-le-Duc ou d'un Dulion, cet édifice deviendrait
bientôt le plus curieux et le plus remarquable de Nice. »
A. Paul Simian
Membre de la Société française d'Archéologie.

*

*

*

Ces pages écrites par un homme très compétent, nous
apprennent les efforts tentés pour conserver la vieille église ;
efforts qui se heurtèrent malheureusement à un parti-pris
irréductible.
Rien depuis n'est changé dans les habitudes administratives, et les discours prononcés à la Chambre des Députés
le 25 novembre 1912 par MM. Barrés, Sembat et Reinach
nous ont édifiés sur la mentalité de tant de maires et conseillers municipaux dédaigneux des « monuments possédant
un caractère soit artistique, soit historique ou ayant tenu
une place dans l'existence nationale ou dans la vie locale
des communes françaises a.
Le Bourguignon.
XXXXXXXXXXXXX:::XXXXXXX XXX XXX

-

MEMORANDUM
Noum dei fidelié que esistavon à Niça en l'annada 1758 :
Castelli Onourat
Verani Ludovic
Baudo Antoni
Baudo Andréa
Gautiero Gaétan
Bottino Pierre.

Doneudo Giacinto
Carlino Pierre
Ricciart Nicolas
Bottino Jousè
Daviga Anna-Maria

Toui naissut à Niça, cheto Ricciart natiéu de Touloun,
ma essent à Niça despi longa data.

�— 28 -

PEI VULGARI
Aguia
Aguïat
Alolonga
Amendola
Amploua
Anfossa
Ange
Anguila
Aragna
Arendoula
Argentin
Argentin dentat
Aurada
Aurin
Badona
Barbùo
Bardoulin
Baveca
Bavoua
Bavoua d'arga
Belugan
Besuga
Bissa
Bissa de mar
Blada
Blaviè
Botta
Boucarougia
Boudroi
Boni tou
Buga
Bugaravella
CaUgneiris
Capelan
Capoun
Capoun glaune
Cardaira
Cardouniera
Carmarina
Castagnola
Cat
Cavaluca
Cavàu
Cieucla
Clavelada
Coffre
Courpatà

DE LA MAR DE NIÇA

Cuorp
Daurada
Dorât
Dormigliana
Durgan
Emperator
Esperlin
Fanfre
Fanfre d'America
Fanfre negre
Fero
Ferrassa
Felat
Figon
Framo
Floussada
Fournie
Fumo
Galineta
Galina
Gastaudela
Garaman
Gatta
Gatta d'arga
Gerle
Gerle blaviè
Gerlessa
Gianeli
Girela
Girela turca
Giugarèu
Gobo
Gobo blanc
Gobo jaune
Gobo rouge
Gora
Granadié
Grana
Gros argentin
Grounc-manca
Grounc negre
Grugnau
Lambardà
Lambert
Lamea
Launo
Lamprua

Lampuga
Langanèu
Leccia
Lernia
Lico
Liccio
Lente
Loubas
Loubas negre
Lucco
Luccion de mar
Lussi
Claire d'amploua
M alarmat
Martèu
Masca dei amploua
Masca
Melantoun
Melet
Meleta
Merlan
Miraiet
Mipolo
Moissin
Mora
Moleto
Monge
Monge clavelat
Monge gris
Monge rous
Morena
Morena sensa espina
Mourre agut
Merou
Mostela
Mostela blanca
Mostela de font
Mostela de roca
Mostela negra
Mourmena
Mugio carida
Mugio daurin
Mugio flaveton
Mugio labru
Muola
Muôu
Nissola

�- 29 Nonat
Nonat negre
Ombrina
Orghe
Ouriôu
Padre
Padreto
Pagèu
Palamida
Palloun
Pampaloti
Pastinaiga
Pei can
Pei cuor
Pei mourre
Pei spada
Pei cafre
Pei fuorca
Pei d'America
Pei puorc
Pei ratou
Pei San Pèire
Perça
Perça de mar
Pintou roussou
Pissoua
Pintosso

Pouorc
Pourc-marin
Poutassôu
Poutassôu gros
Poutassôu rero
Poutura
Rasa
Rascassa
Rasouar
Ravela
Rombo
Rombo clavelat
Roucairôu
Rouchié
Rouget
Sardina
Sargo
Sargo rascas
Sarpanansa
Sarpa
Seropena
Seriola
Sera
Serran
Serro
Sola
Sola d'arga

Sola de font
Sola de roca
Soufio
Stocaûc
Streglia
Striglion
Sturion
Sublaire
Suc blanc
Suc cagnenc
Sussapega
Tenca
Ton
Tono
Tordo
Tordo blu
Tordo d'arga
Tremoulina
Trombeta
Truita
Troncio
Ugliassou
Vaca marina
Vacheta
Verdoun
Verrat

Lu moyen de pesca emplegat su la nouostra couosta
soun : la savegd, bresin, gangi, entremail, lou sourrin
(arrêt à maïa simpli ; diversi lounguessa), la màndraga,
tonnairà, la reclara, la mugeliera, lou palangre e la
ndssa.

xxxxxxxxxxxxx:::xxxxxxxxxxxxx
PROUVERBI, BOUOI MOT, COUNSÉU E DICH
Qu noun pâtisse
Noun coupmatisse.
La belessa es lou mirai dei fouol.
Qu noun a testa a camba.
A fouorça de courre un ri roumpe lou
Cada couinié a la siéu saussa.
Lou bouon vin a pas besoun d'ensigna.

mourre.

�- 30 —

COU QUE TITOUN FASSE..,
Bonifassi dintre lu siéu manuscrich douna una memòria
que avia retrovat dintre de viéi papié laissât pèr soun
paire. Es una paja que trova ben la siéu plaça dintre

l'Armanac Niçart. — Transcriví :
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Z4

1807 — 2 Mars. — Si Titon a fait ce qu'il suit :
A enté les coudonié et pommiers ?
Les fève sont seucladoi ?
A bêché les souches ?
A retiré les souches qu'elles ne touchent les orangers.
La rare Baudoin les souches sont en ligne ?
A ôté la souche de l'olivier du chemin.
Les souches en allant chez Toudon touchent-ils les
arbres orangers ?
Les figuiers en général sont-ils bien arrangés ?
La figuiere du pr camp qui touche l'olivier et celles
en allant vers Toudon sont bien arrangées ?
l/'asseti du garderobe est bien arrangé ?
L'asseti du Petoulin a bien arrangé la ftguiera ?
Les deux planton galofrié p. Bonet ?
A mis les prunières a l'asseti du jardin, et le fortifier, et le serrer bien en cannes ?
Lever au plutôt les giarres et y placer les orangers ?
La laupio de l'amandier est faite ?
S'il a arrosé avec l'eau des lartins le Paumolin ?
Combien li a encore des oliviers à arroser ?
Grande partie de l'eau du puits.
Ce qu'il a fait à l'enclos devant la cabane.
Qu'il arrose les violettes de cyprès et les bêcher.
Le rondeau de dessus l'asseti en face de la grande
porte qu'il la degerbe et l'arrose.
Les violettes de M. Guillonde les a prises ?
L'instruire pour escarassoner bien l'allée de la grande
porte.
Les escarasson et fourcoulo d'olivier a pin de Fabron
est allé a les prendre ?
Nettoyer bien le cal du bois et arranger bien les
pierres.

�- 3î 25 Les aloès et figues de turc son plantées à la ribe
de Toudon, au pas d'Erene et au portai ?
26 Si quelques prunière du rond du portai sont coupées toutes de la même hauteur ?
27 L'asseti proche de la cabane ?
28 Le plantier est-il commencé ?
29 Y a-t-il de fumier et de rame pour le plantier ?
30 A-t-il escarrassonné le plantier ?
31 Sont mesurées les sauloi justes du plantier jusqu'aux
prunières qui forment l'allée ?
32 Les galofrié sur l'aberge en gerbe chaque 5 a 6 pan
un planton et un pan et 3/i du bord de dessus ?
33 Les mourceaux du 3e camp qu'il couvre l'aberge
de terre pour que les olives ne se perdent pas
et lui aporter les pierres de l'entour ?
34 Netoyer la rare de la Veuve Mannel jusqu'à la cabane ?
35 Arranger les morceaux de baus de gif de dessous
M. Garidery, qu'il touche l'olivier ?
36 Quand aura bêché les olivier et fini de semer ?
37 Netoyer les pierres qui sont dessus M. Fighiera à
la taule neuve et lui mettre pour le moins
una baril et une grande corbe fermer chaque,
les 4 oliviers de la taule neuve ?
38 L'asseti en nicia au baus en face de lierre ?
39 L'asseti au baus de gip en face du levant ?
40 Les degrés de deux côtés de la taule de 3 oliviers
dessous M. Fighiera ?
41 La ribe d'Antoine Erena l'escarper un peu plus ?
42 Oter les passages d'Erena, ou il faut une petite berge
de 5 à 6 pans ?
43 Netoyer la ribo, et les pierres du clapié de devant
Erène pour ne pas perdre les olives ?
44 Défricher et mettre une canne au carrobié d'Erena.
45 Tirer la file à la ribo d'Erena, et aux lieux ou fait
de vuide lui mettre de gerbes des dessus dite
ribo, l'arranger au mieux possible ?
46 La rare des arbres sitronié sauvage le tirer d'un bout
à l'autre qu'elle fut planiero qu'il ne s'aperçoit
pas que dit terrain monte ce qu'il faut bien tirer
la fille bien tendue ?

�47
48
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55

La grupio de la saumo est-elle arrangée ? L/encreno de la tourtoiro dou pourchié es facio ?
L/encaladat de davau lo pourquié es arangiat ?
Voir de transplanter les trois plantun aussipré ?
Voir de rebrondar les aussiprés de Toudon, au portai,
ceux dou noghié et ceux d'Ereno ?
Entreprendre au plus-tôt l'asseti en dedans au
baus de plâtre à la ribo d'Antoine Ereno ?
Une visite s'il a lié bien aux escarrasson a peo
les perieres, pruniervi et peseghié ?
S'il a coupé tous les arbres que passent aux planches.
S'il a accoummodé le dernier berge du camp ?

Cresi que lou paure Titoun em'aquela patardela noun
aiguë ren denembrat, lou manuscrich lou di pas, ma s'aco
fouguesse courïa lou coumpatî.
X. X. X.
XXXXXXXXXXXXX:::XXXXXXXXXXXXX

IN IZZA-LA-BEL LA
Ailleurs l'hiver sévit, et le ciel y déploie
Un voile d'ombre obscur sur les fronts soucieux ;
Ea Jeunesse elle-même, à la tristesse en proie,
Y semble renoncer à ses ébats joyeux :
Ici le printemps règne éternel, l'air flamboie,
Caressante, le mer y réfléchit les cieux,
Et la terre embaumée étale en pleine joie
Sa parure de fleurs pour le charme des yeux.
Mais combien jure avec ses hôtes,— qu'on envie ! —
Ce cadre de beauté, de lumière et de vie !
On dirait à les voir grelotter au soleil,
Qu'un dieu jaloux y pousse et chaque jour amène
Tous les produits de la décrépitude humaine,
Habitants pour demain de la nuit sans réveil !...

�A.-J. RANCE-BOURREY

INSTALLATION
DE

Monseigneur

Colonna-d'Istria

EVÊQUE DE NICE

25 Fructidor an X

Armana Niçar 1913

(12 Septembre 1802)

����Installation de MGR Colonnad'Istria
ÉVÊQUE DE NICE
25 Fructidor an X (12 Septembre

/802)

A la fin de septembre 1792, Mgr Charles-Eugène Valperga di Maglione, pour obéir aux ordres du général d'Anselme, commandant l'armée française qui venait d'occuper
Nice, quitta cette ville dans les conditions que j'ai racontées
précédemment (1).
Dix années plus tard presque jour pour jour, un nouvel
évêque était solennellement installé avec le concours de toutes les autorités civiles et militaires par un autre général,
préfet du département des Alpes-Maritimes, M. de Châteauneuf-Randon.
Fa Révolution avait passé ; la guerre religieuse avait
fait son temps et le peuple français réclamait le retour de
la religion longtemps proscrite.

*
* *
Fe 15 juillet 1801, le Premier Consul Bonaparte avait
conclu avec le Pape Pie VII une convention qui fut ratifiée
à Rome le 15 août suivant. Fe 10 septembre, les ratifications
furent échangées à Paris et le 4 octobre, arriva dans cette
capitale, le cardinal Caprara, légat a latere muni des pouvoirs
les plus étendus. Fe Premier Consul le mit immédiatement
en rapport avec Portalis, conseiller d'Etat, qui fut chargé
par un arrêté du 16 Vendémiaire an X (8 octobre 1801) dt
toutes les affaires concernant les cultes. Fa convention conclue

(1)

Voir VArmanac Niçart de 1912.

�VI

entre le Gouvernement français et le Pape fut transformée en
loi de l'Etat le 18 Germinal an X (8 avril 1802). Quelques jours
après, le Concordat fut publié solennellement dans l'Eglise
Notre-Dame de Paris (18 avril 1802), jour de Pâques.
Une proclamation du Premier Consul annonça aux Français ce nouveau bienfait qu'il avait voulu faire coïncider
avec la conclusion de la Paix générale. Fes préfets reçurent
l'ordre de promulguer chacun dans leur département, tout
à la fois, le Concordat et la Paix.
Châteauneuf-Randon le fit sans retard, et, par une circulaire du 9 Floréal (1) (29 avril) il prescrivit de donner à
cette publication toute la solennité possible. Ce fut dans le
département des Alpes-Maritimes, et spécialement à Nice,
une véritable explosion de joie, car ce département avait été
littéralement réduit aux abois par une guerre qui durait
depuis dix ans. Un témoin oculaire, l'abbé Joseph Bonifassi,
alors attaché au clergé de la Cathédrale, écrit dans ses Notes
sous la date du 2 mai 1802, n° 2640 : « Solenne Te Deum
« al Duomo coll' intervento di tutte le autorità Civili, Giudi« ziarie e Militari al suouo délie campane colla lettura délia
« legge orgànica e del Concordato seguito tra Pio VII e il
« i° Console.
N° 2641 « I buoni cittadini, di cui abbouda ancora il paese
« hanno provato una gran gioia a questo nuovo e tenero
« spettacolo. (2). »
Fe 26 Floréal an X (16 mai 1802) un Te Deum solennel
pour la paix fut chanté dans l'Eglise Saint-Augustin et les
autorités constituées y assistèrent escortées par la Garde
nationale qui,selon l'usage ancien, fit trois décharges de mousquetterie devant l'église. (3).
Deux mois après, on célébra la fête du 14 Juillet, et,
dans toutes les communes du département, par ordre du
(1) Arch. départent des A.-M. Circulaire du 9 Floréal (29 avril)
avec le programme de la journée du dimanche 12 Floréal (2 mai
1802).
(2) Archives Mxmicipales d.e Nice, Manuscrit de l'Abbé Joseph
Bonifassi, volume B : Sommario délie Notizie storiche di Nizza e suo
Contado dalli 28 Settembre 1792 sino al corrente 1820.
(3) Arch. Municip. Correspondance du maire, lettre au général
lîberlé commandant d'armeSj 25 Floréal an X (15 mai 1802).

�vn

Préfet (i), cette fête fut à la fois civile et religieuse. On
reprenait ainsi les vieilles traditions du pays qui associaient
toujours la religion aux réjouissances publiques.

*
* *
La solution des questions importantes et multiples
que soulevait l'organisation du régime concordataire demanda
beaucoup de temps et beaucoup de négociations. L'habileté
et l'esprit de conciliation de Portalis et de Caprara aplanirent
toutes les difficultés, et, à la fin de 1802 la nouvelle organisation de l'Eglise catholique en France fut heureusement
terminée. Par le Concordat, l'Eglise catholique avait
retrouvé une existence légale
rétablie sur de nouvelles bases. L'ancienne organisation des diocèses avait été
supprimée : tous les évêques devaient donner leur démission(2)
et le Gouvernement français devait présenter à l'institution
du Pape les nouveaux titulaires des évêchés rétablis d'un
commun accord. D'une manière générale, les divisions ecclésiastiques furent calquées sur les divisions civiles, et chaque
évêché nouveau comprenait un ou deux départements.
Le département des Alpes-Maritimes forma à lui seul
le diocèse de Nice alors que l'archevêché d'Aix dont il devint suffragant comprenait les deux départements des Bouches-du-Rhône et du Var.
Le nouveau diocèse englobait tout l'ancien Comté, de
Nice dont diverses parties étaient, avant 1792, comprises
dans les diocèses supprimés de Glandèves et de Vence, et
(1) Arch. départent. K 4. Arrêté très détaillé du 18 Messidor
(7 juillet) relatif à la célébration de la fête du 14 Juillet (25 Messidor)
f° 114.
(2) Elle leur fut demandée par un bref collectif du 15 août 1801
commençant par les mots Tarn multa. Ce bref fut envoyé à tous
les évêques par les soins de la Seçrétairerie d'Etat pontificale
et par ceux du Ministère des Affaires Étrangères de France. Je renvoie pour tout ce qui concerne le Concordat à la publication faite
sous les auspices de la Société d'Histoire diplomatique par M. le
Comte Boulay de la Meurthe : Documents sur la Négociation du Concordat, 5 volumes in.-8°, publication à laquelle j'ai collaboré. Voir
en particulier pour l'affaire des démissions le tome iv paru en 1895.

�VIII

dans celui de Vintimille (i). Il recevait donc de ce fait ur
très notable agrandissement.
Mgr Hachette des Portes, évêque de Glandèves était
mort en ex:l à Bologne en 1798.
I/évêque de Vence, Mgr Pisani de la Gaude, réfugié
en Italie, avait donné sa démission qui fut mentionnée au
Moniteur du 25 novembre 1801.
Le siège de Vintimille était vacant par la mort du dernier titulaire Mgr Dominique-Maria Clavarini, décédé en
cette ville le 1er octobre 1797. Le vicaire capitulaire Antoine
Truchi se démit le 14 juin 1802 de sa juridiction sur la partie
de ce diocèse qui fut incorporée au nouveau diocèse de
Nice (2).
De son côté l'évêque de Nice, Mgr Valperga, retiré à
Turin, dans sa famille, n'avait cessé d'administrer son diocèse par l'intermédiaire de délégués qui furent 'd'abord :
Honoré Navello, chanoine, curé de la Cathédrale, puis le
chanoine Joseph-Ignace Garidelli, du mois de décembre
1792 au mois de janvier 1800, et enfin, Jérôme Rossi qui,
au moment du Concordat, était investi légitimement des pouvoirs de pro-vicaire général.
Mgr Valperga eut assez tard communication officielle
du bref Tarn multa que le cardinal Caprara lui envoya de
(1) Voir Nicœa Civitas de Gioffredo. Prolégomènes chap. xvn,
villes et paroisses du Comté et du diocèse de Nice, et chap. xvin,
autres localités du Comté de Nice comprises dans des diocèses étrangers.
Voir aussi la Relation présentée au Pape Pie VII par Mgr Colonna
sur l'état de son diocèse après sa première visite sous la date du icr
août 1806 dans la Raccolta di decreti, moniti, pastorali, ecc. de Mgr
Colonna publiée par l'Abbé de Villa-Rey, Nice. 1831, tomel p. 75-98.
(2) La démission fut donnée par acte authentique du Chapitre
assemblé le lundi 14 juin 1802 : étaient présents les dignitaires :
Antoine Truchi, prévôt et vicaire capitulaire ; Philippe Viale archidiacre et pénitencier ; Antoine Guglielmi, primicier, et les autres
chanoines. Le bref Tarn multa n'était parvenu à Vintimille que le
8 juin et le Chapitre déféra sans retard au désir du Pape. Antoine
Truchi adressa le jour même la démission à Mgr di Pietro, secrétaire
de la Congrégation des Affaires de France à Rome, et en avisa le Préfe.
des Alpes-Maritimes. Arch. du Vatican et Arch. départ, des A.-Mt
V 18. Voir Rossi, Storia délia Cilta di Ventimiglia, un vol. in-8°,
Oneglia 1888, pages 317-318.

�IX

Paris le 30 novembre 1801 ; mais dès qu'il l'eut reçu, il s'empressa de donner la démission demandée (1) (13 décembre).
Le cardinal Caprara la communiqua à Portalis qui l'a fit
insérer au Moniteur du 3 janvier 1802.

*

* *

-

Par la démission des évêques les diocèses de France
risquaient de rester sans administration. On s'en préoccupa
à Rome, et il fut décidé d'abord que le Cardinal-Légat serait autorisé à maintenir les vicaires généraux en exercice
ou bien à en désigner de nouveaux en cas de besoin (2).
Caprara pensa qu'il valait mieux proroger les pouvoirs
ordinaires donnés par les évêques démissionnaires auxquels,
avec l'agrément du Pape, il conserva l'administration de leurs
diocèses jusqu'à la prise de possession par les évêques concordataires. C'était leur donner une marque de confiance
bien méritée et éviter en même temps de graves difficultés.
Chaque évêque démissionnaire reçut avec le bref pontifical de remercîment (3) une lettre particulière du Légat
l'informant de la mesure adoptée.
(1) La démission de Mgr Valperga est datée de Tur n, 13 décembre 1801. L'original écrit en latin se trouve aux Archives Vaticanes. On y voit que le bref Tarn multa ne fut envoyé à Mgr Valperga
de Paris que le 30 novembre 1801 par le Cardinal-Légat Caprara.
Celui-ci écrivit à Consalvi le 2 janv er 1802 une longue lettre citée
par Boulay de la Meurthe tome iv, pages 528-532 : au cours de cette
lettre le Légat annonce en particulier qu'il est informé authentiquement que les évêques de Meaux et de Châlons-sur-Marne ont envoyé
directement leur démission au Pape et qu'il en a averti le Gouvernement en lui remettant la démission de î'Evêque de Nice dont il envoie ce jour même l'original à Rome en expliquant que si cette démission est un peu tardive c'est que l'Evêque de Nice n'avait pasreçu
plus tôt le bref Tarn multa.
(2) Consalvi a Di Pietro, lettre du 4 octobre 1801. Arch. du
Vatican.
(3) Ce bref Novum et luculentum fut préparé à Rome et toutes
les phrases en furent soigneusement étudiées. Il port la date du 7
novembre 1801 et fut envoyé par Consalvi à Caprara le 11 II fut adressé
successivement à tous les évêques démissionnaires. Il a été très souvent reproduit. Voir Boulay de la Meurthe, op.
cit tome iv,
passim.

�X

Ive 13 décembre 1801, le Légat adressa à tous les vicaires généraux une circulaire pour les engager à conserver
leurs fonctions jusqu'à nouvel ordre (1).
En vertu de cette mesure générale, Jérôme Rossi continua à exercer les pouvoirs précédemment reçus de Mgr
Valperga ; mais sa juridiction ne s'étendait naturellement
que sur l'ancien diocèse de Nice.
Il était cependant nécessaire que les paroisses ajoutées
nouvellement eussent un supérieur ecclésiastique et le Premier
Consul avait posé en principe qu'aucun évêque dont le siège
était à l'étranger rie pouvait exercer sa juridiction sur une partie quelconque du territoire français.
En conséquence, les paroisses détachées du diocèse de
Vintimille durent passer sous la juridiction de Jérôme Rossi
qui se mit d'accord en juin 1802 avec le vicaire capitulaire
Antoine Truchi.
A cette date d'ailleurs, l'évêque concordataire de Nice
était déjà désigné et Rossi, qui était entré immédiatement
en relation avec lui, ne tarda guère à en recevoir les pouvoirs
de vicaire général, ce qui lui donna juridiction sur toute
l'étendue du nouveau diocèse. Une circulaire du préfet,
en date du 14 Thermidor (2 août) en informa officiellement
les sous-préfets et les maires (2) et, le 4 Fructidor suivant
(22 août), Rossi prêta solennellement entre les mains du
Préfet à la Cathédrale, le serment prescrit par les articles
18 et 25 de la loi du 18 Germinal (3).

* *
Les nouveaux évêques nommés par le Premier Consul
furent institués provisoirement par le Cardinal-Légat qui
avait reçu tous les pouvoirs nécessaires. Le Pape se réservait
de ratifier ultérieurement cette institution. Seul, parmi les
60 évêques de la nouvelle organisation, Mgr Colonna d'Istria
(1) Arch. Nationales A F IV 1894; Annales Philosophiques,
t. IV, p 259 et de nombreux ouvrages imprimés depuis.
(2) Arch. départ. M. 17. Circulaire du 14 Thermidor an X (2
août 1802) aux sous-préfets et aux maires.
f P (3) Voir l'arrêté du Préfet du 3 Fructidor an X (21 août 1802)-,
Arch. départem. K 4 f° p. 141.

�XI

qui avait été appelé à l'évêché de Nice par arrêté du Premier
Consul, en date du 19 Germinal an X (9 avril 1802), en même
temps que Mgr Sebastiani délia Porta, oncle du maréchal Sébastiani, était désigné pour l'évêché d'Aj acció (1), fut institué directement par le Souverain Pontife
et préconisé au Consistoire du 24 mai 1802. A cette époque,
Mgr Colonna se trouvait à Rome depuis plusieurs années.
Jean-Baptiste Colonna d'Istria, né à Béchisano, diocèse
d'Ajaccio, en 1758 appartenait à une noble famille de Corse,
apparentée, peut-être, à la famille Bonaparte. Après ses études classiques, il vint à Aix-en-Provence achever le cours de
ses études en théologie. Ce fut dans cette ville que, avec l'autorisation de son évêque, Mgr Benoît-André Doria, il fut
promu au sous-diaconat le 20 décembre 1783, puis au diaconat le 5 juin 1784. Enfin, il reçut l'ordre de la prêtrise au mois
de juin 1785.La même année, il se rendit à Pise où il séjourna
assez longuement, puis à Florence ; enfin au commencement
de 1798 au plus tard, il vint à Rome où il résida durant la
période agitée qui s'écoula depuis l'enlèvement de Pie VI
en juillet 1798 jusqu'à l'entrée dù Pape Pie VII dans cette
capitale au mois de juillet 1800. Il assista ainsi à l'essai,
d'ailleurs très malheureux, que le Directoire fit du régime
jacobin dans la capitale des Papes (2). Il s'y rencontra probablement avec son compatriote le général Cervoni dont
un oncle était alors recteur du Jésu, remplaçant les Jésuites.
Les prêtres corses étaient très nombreux à Rome et il semble
que les meilleurs rapports se soient établis entre eux et les
officiers du corps d'occupation français.
(1) Arch. Nationales A P IV 60. Quatre autres décrets des 8 et 9
avril avaient pourvu 45 évêchés.
Le maréchal Sébastiani (1772-1851) alors colonel de dragons
était en grande faveur auprès de Bonaparte depuis le 18 Brumaire
auquel il avait pris une part active. Il était originaire du village La
Porta d'Ampugnano près de Bastia, et était paraît-il parent de Bonaparte qui appréciait ses grandes aptitudes, car à la fin de 1802, il le
chargea d'une importante mission à la fois politique et militaire
à Constantinople. Mgr Louis Sébastiani délia Porta fut évêque d'Ajaccio jusqu'à sa mort arrivée le 5 mai 1833.
(2) Voir Dufourcq. Le Régime Jacobin en Italie. Etude sur la
République romaine (1798-1799). Paris, Perrin'et Cic 1900,"un vol.
in-8°.

�XII

Mgr Colonna dTstria n'avait occupé aucun poste important ; il était éloigné de la France depuis de longues années et n'y était point rentré, (i) On est amené naturellement
à se demander comment et pour quel motif le choix du Premier Consul se porta sur lui.
Portalis, qui était comme on le sait d'Aix-en-Provence,
avait-il connu et apprécié le jeune prêtre corse ? Fes généraux Cervoni et Sébastiani, ou Masséna l'avaient-ils recommandé ? Fesch, oncle de Bonaparte et Joseph, son frère
qui se disait quelques années après « l'ancien ami » de l'Evêque de Nice, auraient-ils proposé Mgr Colonna au choix
du Premier Consul qui peut-être du reste le connaissait
personnellement ? Autant de questions difficiles à résoudre.
Fes bulles de Mgr Colonna d'Istria furent expédiées
à Rome sans aucun frais (gratis etiam ŷro scripturâ) sous la
date des 24 et 25 mai 1802.Elles furent remises au nouvel
élu (2) qui peu après se rendit à Paris pour prendre les instructions du Cardinal-Légat et celles de Portalis.
Mgr Colonna reçut la consécration épiscopale le 11
juillet 1802, cinquième dimanche après la Pentecôte, dans
l'église des Carmes (actuellement 70, rue de Vaugirard) que
Mme de Soycourt avait rachetée avec le vieux couvent,
témoin des massacres de Septembre, pour y réunir une communauté de Carmélites. Le prélat consécrateur fut Mgr
Antoine-Xavier Maynaud de Pancemont, évêque de Vannes,
assisté de Mgrs Louis Sébastiani délia Porta, évêque d'Ajaccio, et Hilaire-François de Chevigné, évêque de Séez (3).
(1) Dans l'enquête de l'an IX, Arch. Nat. F 19 865, on trouve
une liste des prêtres recommandables envoyée à Chaptal, ministre
de l'Intérieur, par le préfet du Liamone et datée d'Ajaccio le 18
Fructidor an IX (5 septembre 1801 ) ; on y lit : Colonna dTstria,
40 ans, domicile Bechisano (Corse), prêtre qui a émigré pour ne pas
vouloir prêter le serment, il n'est pas encore radié, ni rentré dans le
département.
(2) J'ai vu ces bulles au nombre de 7 dont 5 sur parchemin
et 2 sur papier aux A rchives du Chapitre réunies sous une même bande
avec une copie du décret détachant Nice de la Métropole d'Embrun
et l'unissant à celle d'Aix. La bulle est datée du 3 des Calendes 29
novembre 1801) et le décret de Caprara, de décembre est du 9
avril 1802.
(3) D'après un certificat délivré par Mgr J.-B. du Belloy, arche
vêque de Paris, le 16 juillet 1802. Arch. du Chapitre de Nice.
s

�xm
Le ier Thermidor an X (20 juillet 1802) Portalis avisa
le Préfet des Alpes-Maritimes de la nomination de Mgr
Colonna à l'Evêchè de Nice, en le prévenant que le nouvel
Evêque arriverait bientôt.
CONSEIL D'ETAT
Paris, le Ier Thermidor, an 10 de la République
(20 Juillet 1802)

Le Conseiller d'Etat chargé de toutes les affaires concernant les Cultes,
Au Citoyen Préfet du Département des Alpes-Maritimes
à Nice.

« J'ai l'honneur, Citoyen Préfet, de vous annoncer que
« le Premier Consul a nommé à l'Evêchè de Nice le C.Colonna.
« Il se rendra bientôt dans son diocèse, je l'ai bien
« assuré qu'il recevra de vous le concours le plus efficace
« pour y parvenir à l'exécution de la loi bienfaisante du
« 18 Germinal dernier (8 avril 1802).
« J'ai l'honneur de vous saluer.
« PORTALIS (1) ».
Cette lettre parvint le 13 Thermidor (1er août) à Châteauneuf-Randon qui y répondit le même jour. Dès le lendemain il adressa aux sous-préfets et aux maires du département une circulaire pour les informer de la prochaine
arrivée de l'Evêque et de la désignation de Jérôme Rossi
comme Vicaire Général que tous les prêtres du diocèse devaient désormais reconnaître comme leur seul chef hiérarchique (2).
Le 10 Thermidor an X (29 juillet 1802) Mgr Colonna
avait écrit directement au Préfet :
(1) Arch. départem. série V, liasse 2. Voir Gallois-Montbrun.
Notice administrative sur Mgr Colonna dTstria, évêque de Nice.
Nice, Cauvin 1871, in-12 de 22 p.
(2) Arch. départem. M. 17. Circulaire du 14 Thermidor an X
(2 août 1802) dont la minute est entièrement de la main du Préfet.

�XIV

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Paris, io Thermidor an X.
(29 juillet 1802).
« Citoyen Préfet,
« J'ai appris par lettre du 19 Prairial (8 juin 1802)
du citoyen Rossi, Pro-Vicaire général du diocèse de Nice,
que vous aviez destiné l'ancien Evêché pour mon habitation et que vous alliez dans peu la meubler. J'espère,
en conséquence, le trouver tout prêt, au commencement
du mois prochain, et dès à présent je vous en témoigne
ma plus vive reconnaissance.
« Recevez-la, je vous prie, Citoyen Préfet, comme un
gage de l'amitié que je vous ai déjà vouée, et qui ne saurait
être trop intime pour le bien de la religion et de l'Etat ;
c'est de notre accord que dépend la tranquillité et le bonheur du département ; je le regarde comme un de mes devoirs les plus essentiels, aussi me prêterai-je de toutes mes
forces à tout ce qui peut y contribuer. Veuillons bien le
seconder, citoyen Préfet, cet esprit d'union et de paix,
et nous attirerons les bénédictions du ciel et de la terre.
En attendant je vous prie d'être persuadé de la sincérité
de ces sentiments, tandis que je suis avec la plus parfaite estime.
« Votre très humble et très obéissant serviteur.
« COLONNA D'ISTRIA,
« Evêque de Nice (1). »

Châteauneuf-Randon répondit de suite en assurant
l'évêque de son absolu concours. Cette lettre mérite d'être
citée en entier :
21 Thermidor an X.
(9 août 1802).
Au Citoyen Colonna d'Istria,
Evêque de Nice.
« Ce sera avec bien de l'empressement, Monsieur l'Evê« que, que je concourrai avec vous au bien de votre diocèze...
« il a besoin d'un chef aussi recommandable que vous pour
(1) Arch. départem. série V, liasse r. Cette lettre est entièrement
de la main de Mgr Colonna. Au dos est écrit : Au citoyen Préfet du
Département des Alpes-Maritimes à Nice. C'est la première lettre
échangée entre l'Evêque et le Préfet. Elle établit que Jérôme Rossi

�XV

«
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«
«
«
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diriger vers le véritable but de la religion catholique l'immensse quantité de prêtres dont il est composé... à mon
arrivée ici la pluspart étaient fugitifs ou cachés ou sur des
listes d'émigrés. J'ai pensé qu'il valait mieux leur laisser
la liberté de se montrer et leur donner une surveillance...
Les mesures prises pour la tranquillité publique et l'exécute tion
des lois me répondent que quelque puissent être
« (l'éloignement biffé) la peur que les habitants de ce pays
« ont d'être et de se croire définitivement français elle ne
« sera pas troublée...
« J'ai lieu de compter beaucoup pour l'y maintenir sur
« l'influence véritable, (de la morale évangélique (biffé), je
« suis depuis longtemps convaincu de l'avantage que la motí raie évangélique produit sur les mœurs et les vertus poli« tiques et sociales. Si elle eut toujours été prêchée par ses
« premiers ministres où que les circonstances eussent permis
« qu'elle fut entendu, il y eut eu moins de malheurs depuis
« treize ans... nous sommes enfin parvenu, au milieu de
« tant de vagues et de flots à cet heureux équilibre dont
« les amis de la paix et de l'Etat n'ont jamais désespéré.
« Un grand homme leur manquait, il s'est fait connaître
« et il s'est acquis le droit de la confiance de diriger, de con« cevoir, d'exécuter et de réussir tout ce qui peut assurer
« le bonheur de l'humanité comme il en a l'amour et la véné« ration... Heureux tous les agents du Gouvernement
« d'avoir un tel chef pour modelle, heureux de même les
« chefs de l'Eglise qui sont choisis par lui pour l'exercice du
« culte catholique, c'est un sûr moyen d'être bien accueilli
« par l'opinion publique, car il connaît les hommes.
« Mille fois heureux encore si je méritais, citoyen Evê« que, d'avoir l'occasion de vous prouver mes sentiments
« d'amitié, d'attachement et d'amour intime.
« J'ai donné les ordres les plus précis pour que votre
« maison épiscopale fut préparée mais si vous arrivez dans
« le commencement du mois prochain comme vous me le
« mandez, je crains bien qu'elle ne le soit pas encore parce
t que les acquéreurs qui recèdent ne reçoivent pas plus que moi
était entré en relations avec le nouvel Evêque peu après sa nomination et son arrivée à Paris.

�XVI

« réponse des ministres des Finances et de l'Intérieur sur la
« solution de cette litige... En attendant j'aurai le plaisir
« et l'avantage de vous loger et de vous recevoir.
« Si vous avez la facilité de voir les ministres de l'Inté« rieur et des Finances, je vous invite à leur rappeller mes
« demandes à cet égard (i). »
Une question importante préoccupait ChâteauneufRandon : c'était celle du logement de l'Evêque et il prévoyait
déjà, qu'en raison des multiples difficultés soulevées par le
Directeur des Domaines, rien ne serait prêt à temps.
* *
Fa ville de Nice devenant le siège d'un Evêché concordataire, le Gouvernement ordonna sans retard d'y préparer
une Cathédrale et un logement pour l'Evêque. Ce fut l'objet
d'une lettre de Godin, ministre des Finances, en date du
22 Germinal an X (12 avril 1802) et d'une autre lettre de
Chaptal, ministre de l'Intérieur, en date du 24 du même
mois (14 avril) adressées toutes les deux au Préfet pour le
charger de prendre au plus tôt les dispositions nécessaires.
Fa question de la Cathédrale ne présentait aucune difficulté. F'Eglise Sainte-Réparate qui servait de Cathédrale
avant 1793 avait peu souffert durant la Révolution. Elle
n'avait été enlevée au Culte que du mois de juillet 1794
au mois d'avril 1795. Depuis lors, les catholiques niçois
y avaient fait d'importantes réparations (2). Elle se trouvait donc tout indiquée pour servir de Métropole.
Il y manquait cependant les cloches qui avaient disparu
pendant la tourmente révolutionnaire ; les grandes orgues
avaient été démontées, les vases sacrés les plus précieux
avaient été enlevés. Sur ces entrefaites, on découvrit fort à
propos des cloches et des vases cachés dans le couvent de
Cimiez et on se souvint que les tuyaux des grandes orgues
avaient été déposés chez Grinda, facteur d'orgues, à Nice.
(1) Arch. départem. Série V, liasse r. Je donne cette lettre d'après
la minute entièrement de la main de Châteauneuf-Randon, sur une
demi-feuille écrite des deux côtés avec beaucoup de ratures et de
surcharges qui en rendent la lecture assez difficile.
(2) Voir aux Arch. municip. Bonifassi, volume B.

�XVII

Le Préfet prit divers arrêtés (i) pour faire remonter au moins
une cloche dans la tour de Sainte-Réparate et restituer les vases
sacrés. Honoré Grinda reçut en même temps l'ordre de rapporter les tuyaux. Le Préfet prescrivit de préparer le trône
de l'Evêque dans le Sanctuaire de la Cathédrale et de disposer
vis-à-vis un emplacement pour le Préfet, le Général-Commandant le département et le Président du Tribunal criminel.
Le maire de Nice Défly fut chargé par*le Préfet de l'exécution de ces diverses mesures et le 23 Messidor (12 juillet),
le Commissaire de police Jean Dives reçut de lui le billet
suivant :
« Je vous fais passer ci-joint, citoyen commissaire,
« l'original d'un arrêté du Préfet du département en date
« du 21 du courant, relatif à des effets d'argenterie destinés
« à la Métropole, et à la descente d'une des cloches de Cimiés
« que je vous charge de mettre de suitte à exécution, et faire
« transporter le tout à Sainte-Réparate. Si vous le croyez
« nécessaire, vous pouvez réclamer la force armée, vous
« aurez soin de m'instruire du résultat de cette opération. «
Ce fut en vain que le Directeur des Domaines réclama
les vases sacrés trouvés à Cimiez pour les envoyer à la Monnaie de Paris. Châteauneuf-Randon trouva avec raison
que Mainssonnat était mal fondé dans ses exigences (2).
Les Administrateurs de l'Eglise métropolitaine, Pauliani et
Masseglia, prieurs de la Confrérie du Corpus Domini furent
engagés par le maire le 16 Fructidor (3 septembre), à donner
connaissance à Grinda de l'arrêté du Préfet du 11 de ce mois
(29 août) afin que le grand orgue de la Cathédrale fut réparé
au plus tôt (3).
(1) Arch. départent., registre K 4. Arrêté du 21 Messidor (10
juillet) soumis à l'approbation ministérielle par lettre du 2 Thermidor
an X (21 juillet 1802) qui en donne les raisons et expose les réclamations mal fondées de Mainssonnat. Voir l'arrêté du ri Fructidor
(29 août) même registre.
(2) Voir une lettre de Mainssonnat à Châteauneuf-Randon
26 Messidor an X (15 juillet 1802). Arch. départent. M 18.
Voir aussi une lettre du Maire à Jérôme Rossi 23 Messidor (12
juillet) l'invitant à prendre des mesures pour que la cloche soit installée dans la tour pour la fête du 14 Juillet.
(3) Arch. municipales. Registre de la Correspondance du Maire,
an X. Tettre du 16 Fructidor (3 septembre).
4

�xvin
Grinda, que l'Administration départementale avait
chargé de rassembler les tuyaux d'orgues des différentes
églises de Nice, les avaient enmagasinés chez lui ; mais
comme il n'avait point été payé de son travail, il refusa de
les rendre aux administrateurs de Sainte-Réparate avant
d'avoit été indemnisé de ses peines et obtenu le remboursement «des avances qu'il a faites pour le transportera garde»...
Il réclamait en conséquence 3.785 francs en assignats.
Châteauneuf-Randon fut obligé, 13 Frimaire an XI,
de lui intimer l'ordre formel de les restituer, en lui promettant
une juste indemnité. Fes tuyaux furent remis aux Administrateurs de la Cathédrale, mais il fut impossible, de réparer l'instrument dont les jeux se trouvèrent dépareillés.
Il fallut faire d'assez grands frais pour acquérir des orgues
nouvelles qui furent inaugurées seulement eu 1805. (1)
Fe trône de l'Evêque fut décoré sommairement ; quant
aux places réservées pour le Préfet, le Général et le Président
elles n'étaient pas encore entourées de la balustrade demandée
à la date du 6 Frimaire an XI (27 novembre 1802) d'après
une lettre du Préfet au Maire (2).
* *
Châteauneuf-Randon aurait voulu que toutes les mesures qu'il croyait devoir prescrire fussent exécutées avec célérité, mais d'une part le maire Défly, dont les dispositions
bienveillantes ne sont point douteuses, était sans cesse arrêté par le manque d'argent dans la caisse municipale ;
d'autre part on se heurta continuellement à l'obstruction
systématique du directeur des Domaines Mainssonnat, pro(1) Arch. départem. M 17. Lettre du Préfet aux Administrateurs
de Sainte-Réparate 2 Fructidor an X (20 août 1802) qui avaient réclamé les tuyaux déposés chez Grinda ; ibid. M 25 autre lettre du
Préfet aux mêmes 19 Frimaire an XI (10 décembre 1802) leur annonçant l'ordre donné à Grinda et lui demandant d'examiner le compte
présenté par lui ; ibid, M 23, lettre du Préfet à Grinda, 13 frimaire
an XI (4 décembre 1802) ; Relation présentée au Pape par Mgr Colonna le IER août 1806 après la première visite de son diocèse,
VIIJ.AREY, Raccolta di decreti, moniti; ecc. Nice 1831, tome 1 p. 77.
(2) Arch. municip. Lettre du Préfet au Maire, 6 Frimaire an XL
vclume 7.

�XIX

bablement un des membres de la Loge maçonnique (i)
établie depuis peu avec l'autorisation de l'ex-maire Pauliani
prédécesseur de Défly.
L'opposition de ce fonctionnaire méticuleux et formaliste
dont le préfet ne cesse de se plaindre dans sa correspondance
avec les ministres, se manifesta surtout à propos du logement de l'évêque. L'ancien Evêché, situé tout auprès de
l'église Sainte-Réparate, avait été occupé d'abord par les
deux administrations provisoires à partir des premiers
jours d'octobre 1792 puis par le département.
Vers le milieu de l'an IV (juin-juillet 1796) l'administration centrale du Département voulut s'installer avec
les autres autorités dans l'ancien palais du Gouvernement
(la Préfecture actuelle) alors transformé en Hôpital militaire. A la suite de cette décision, l'Evêchè devenant disponible fut mis en vente comme bien national, conformément
à la loi du 28 Ventôse an IV (18 Mars 1796). L'ensemble de
l'immeuble fut divisé en 3 lots, dont le principal, comprenant
les appartements de l'Evêque, fut soumissionné le 6 Messidor an IV (24 juin 1796) par Pierre Mages, négociant, origi(1) Il est un fait avéré, c'est que la plupart des Sociétés populaires n'étaient autre chose que des loges maçonniques démocratisées
et semblant opérer au grand jour. A la dissolution des Clubs, les loges
mises en sommeil se rouvrirent peu à peu sous le Directoire et le
Consulat. Les Jacobins non encore ralliés à Bonaparte s'y réunissaient.
Il en fut à Nice comme ailleurs et la Loge en 1802 comptait, paraît-il,
un assez grand nombre de membres quoi qu'il soit impossible
de rien préciser en raison du mystère dont s'entourent ces associations. Le général Pierre Garnier en était le Vénérable.
Voir TOSEIAI, Précis Historique de Nice, 2MC partie, tome IL
p. 366 et le Sommario de BONIFASSI aux Arch. municip.
Le Préfet Florens demanda au Maire Paulian des renseignements
sur la loge de Nice, le 19 Frimaire et le 10 Nivôse an X (10 et 31 décembre 1801) mais celui-ci semble n'avoir pas répondu. Arch. municip.
Correspondance du Préfet, volume VI. Après le départ de Florens,
Châteauneuf-Randon rencontra une opposition plus ou moins ouverte dans cette loge composée de fonctionnaires des Contributions
et des Domaines, ainsi qu'il l'écrivait à Coulomb, secrétaire général
du Ministère de l'Intérieur, le 12 Vendémiaire an XI (4 octobre 1802).
Arch. nationales Fie m.3 Alpes-Maritimes. Correspondance. Dans
les années qui suivirent le Préfet Du Bouchage réussit à annihiler
l'influence de cette loge dont l'opposition au Gouvenieme-it ne dura
pas longtemps.

�XX

naire d'Agde, fixé depuis longtemps à Nice où il était membre du Conseil municipal. Les experts, Pierre Caries, maîtremaçon, pour le soumissionnaire, et Pierre Camous pour le
département, évaluèrent ce lot à la somme de 13.500 fr.,
calculée d'après la loi, à 18 fois le revenu montant à 750 fr.
Le 25 Fructidor an IV (11 septembre 1796) le Département passa acte de vente de ce lot à Pierre Mages pour la
dite somme de 13.500 francs qui fut versée en mandats
territoriaux ou promesses de mandats. F'acquéreur paya
en outre un demi pour cent sur le principal de la vente, soit
67 fr. 50 ; les droits d'enregistrement de l'expertise, 8 francs
versés le 14 Fructidor (31 août) et ceux de la vente, 135 fr.
en numéraire et 405 francs en papier-monnaie versés le 2
vendémiaire an V (23 septembre 1796). Fe prix total s'élevait donc à 13.980 fr. 50 en papier-monnaie et 135 francs
en numéraire.
Pierre Mages jouissait du revenu de ce lot à dater du
21 Messidor an IV (9 juillet 1796) et le Département se réservait le droit d'occuper encore l'Evêchè moyennant paiement d'un loyer jusqu'au cours de l'an VI (1).
Fe deuxième et le troisième lot comprenant des boutiques et des appartements loués à divers particuliers : la veuve
Thaoïi, les frères Caisson et autres, avaient été soumissionnés le 27 Prairial (15 juin) l'un par Joseph Autheman, l'autre
par Joseph Payany, administrateur du Département.
Dans le mois qui suivit, Autheman et Payany cédèrent
leurs soumissions à André Gastaud, commissaire du Directoire exécutif près le département, par acte reçu Daydery,
notaire.
Fes deux lots furent évalués par les experts ci-dessus
désignés, le 30 Messidor an IV (18 Juillet 1796) ; à savoir
le 2me à 8.100 francs soit 18 fois son revenu estimé à 450 fr.;
le 3me à 6.300 francs soit 18 fois son revenu estimé à 350 fr.
Le 16 Thermidor (3 août), le Département passa acte
de vente à André Gastaud pour ces deux lots, au prix d'esti(1) Cet acte de vente est aux Arch. départent. Série Q, volume
79, f° 89 et suivants sous le n° 222. Il est signé par Pierre Mages et
par Hancy, Imberti, Mougius, Payany fils, Scudéri, administrateurs
du Département ; Gastaud, commissaire du Directoire exécutif, et
M. A. Rey, secrétaire.

�XXI

mation à charge de payer les frais et les droits d'enregistrement et un demi pour cent sur le principal du prix de la vente.
L'enregistrement fut payé le 16 Thermidor (3 août) : pour le
2me lot, 324 francs et pour le 3me lot, 252 francs.
André Gastaud devait entrer en jouissance à partir
du 15 Messidor (3 juillet) de ces deux lots dont le prix global
14.400 francs avait été versé en mandats territoriaux ou
promesses de' mandats, entre le 27 Prairial (15 juin) et le
8 Thermidor (26 juillet). En ajoutant les droits d'enregistrement, 576 francs, on arrive à la somme de 14.976 fr. (1).
Or, à l'époque de ces ventes, les mandats territoriaux
étaient absolument dépréciés : ils avaient perdu au moins
90 % de leur valeur nominale (2).
Il en résulte que le Ier lot vendu à Pierre Mages avait été
soldé par du papier représentant moins de 1.400 francs
en numéraire, et que les deux autres avaient été soldés par
Gastaud en papier représentant moins de 1.500 francs en
numéraire.
En l'an X, Amand Spréafico, négociant lyonnais,
venu depuis peu à Nice où il fut receveur du District, était
co-propriétaire de l'Evêchè ; soit qu'il eût acheté les lots
acquis par André Gastaud, soit que Pierre Mages lui eût
cédé une partie de son lot.
* *
De Préfet ne trouva dans la ville que deux maisons
pouvant servir au logement de l'Evêque. La première était
rue des Juifs, actuellement rue Benoît-Bunico, et je crois
que c'était le palais Lascaris dont la façade Ouest donne
dans cette rue ; mais ce local lui parut peu convenable,
sans doute, à cause du voisinage presque immédiat de la
synagogue.
(1) Ces deux actes de vente sont aux Arch. départem. Série Q
volume 75, fo in et suivants sous les nor 25 et 26. Ils sont signés
par l'acquéreur André Gastaud, par les Administrateurs et Secrétaire
du département et par Hancy qui était commissaire du Directoire
exécutif en remplacement.
(2) Consulter le Tableau de dépréciation du papier-monnaie
dressé par le département des Alpes-Maritimes le 18 Thermidor
an V (5 août 1797) dont un exemplaire imprimé se trouve aux Archives
du Palàis de Monaco.

�XXTI

La seconde était l'ancienne maison épiscopale aliénée
qui réunissait toutes les conditions désirables. ChâteauneufRandon chercha donc à rentrer en possession du vieil Evêché,
et comme il n'avait pas d'argent disponible, il fit proposer
à Mages et à Spréafico de l'échanger contre d'autres propriétés nationales de valeur équivalente et à leur choix. La
proposition fut bien accueillie et les acquéreurs désignèrent
un certain nombre de biens nationaux qu'ils désiraient en
échange. Parmi ces biens se trouvait une terre située au quartier de Riquier alors affermée à Etienne Gastaud et qui dépendait de la succession de Jean-Paul-Augustin Lascaris,
inscrit sur la liste des émigrés et non radié. Cette terre était
précisément celle où s'élevait le Monastère des Religieuses
Cisterciennes avant leur transfert dans l'enceinte de la ville
au XVe siècle. Elle avait depuis appartenu à la noble famille
des Riquiéri dont avait hérité les Lascaris, et, avant 1792,
cette terre payait un cens annuel au Chapitre de Nice.
Elle ne put être cédée à Pierre Mages car un arrêté
du Préfet en date du 25 Germinal an X (15 avril 1802) en
avait affecté une partie à l'établissement d'une pépinière
départementale (1).
Par un arrêté du 10 Floréal an X (30 avril 1802) le Préfet
décida que vSainte-Réparate serait Eglise métropolitaine et
que les propositions d'échange de Pierre Mages pour l'Evêchè
seraient acceptées en principe (2). Fe 14 Floréal (4 mai)
il avisa simultanément de sa détermination les Ministres
de l'Intérieur et des Finances, en priant ce dernier de l'autoriser à conclure l'échange (3).
(1) Arch. départem. K 4 f° 60. L'arrêté créant la pépinière ne
fut point exécuté de suite et le 27 Frimaire an XI (18 décembre 1802)
Châteauneuf-Randon en adressa une ampliatiou à Boulay conseiller
d'Etat (ayant le Département des Domaines nationaux) pour en
obtenir l'approbation, Ibid. M. 24:
Rien n'était fait encore plusieurs mois après, et le Préfet Du
Bouchage prit le 19 Fructidor an XI (6 septembre 1803) un arrêté
désignant un des jardins ^dépendant de l'école Centrale supprimée
pour établir cette pépinière. Le 20 Fructidor, le Préfet demandait
approbation de cet arrêté qui reproduisait les dispositions d'un arrêté précédent de Châteauneuf-Randon, sous la date du 13 Floréal
an XI (3 mai 1803). Ibid. M 24.
(2) Arch. départem. K 4 f° 54. Arrêté du 10 Floréal an X.
(3) .Arch.\départem. Série V, liasse 1. Lettres du 14 Floréal an X.

�XXIII

L'arrêté du 10 Floréal fut transmis de suite à Pierre
Mages et à Mainssonnat, directeur des Domaines, avec prière
de désigner des experts pour l'estimation de l'Evêchè et des
propriétés susceptibles d'être échangées.
Mainssonnat fit des difficultés et par deux fois les 19
et 20 Floréal, il représenta au Préfet qu'il n'y avait pas lieu
à nomination d'experts et que l'on ne pouvait actuellement
disposer des biens séquestrés de Jean-Paul-Augustin Fascaris.
Fe Préfet dut user de toute son autorité pour faire nommer
les experts (1). Finalement le 29 Prairial (18 juin) un rapport
estimatif de l'Evêchè et de divers biens nationaux proposés
en échange fut dressé par Scoffier et Caldelary, experts des
Domaines, et par Roux, expert de Pierre Mages.
F'Evêché était estimé 25.000 francs et la terre de Riquier provenant des Fascaris 36.000 ; elle ne pouvait donc
être l'objet d'un échange. Six autres parcelles indiquées
subsidiairement par Mages et Spréafico furent estimées en
totalité 25.000 francs ; ce furent elles que le Préfet proposa
par son arrêté du 1er Messidor (20 juin) (2) pour un échange
qui deviendrait définitif après avoir été approuvé, dans les
six mois, par les ministres de l'Intérieur et des Finances.
En attendant, l'Evêchè serait remis entre les mains du maire
qui en ferait dresser procès-verbal et inventaire, puis établirait le devis des réparations locatives qui serait soumis au
Préfet et exécuté sous la surveillance du maire « sur les
« fonds communaux, sauf décision ultérieure, sur la réparti« tion des dites dépenses au compte de la commune ou à
« celui du Département. » Si l'échange n'était pas encore
autorisé au bout de 3 ou de 6 mois, Mages et Spréafico rece(1) Arch. départem. M 14. Lettre du 10 Floréal an X à Pierre
Mages ; autre du même jour à Mainssonnat ; M 20. Lettre du 21
Floréal à Mainssonnat. Voir surtout deux lettres du 7 Prairial an X
(27 mai) aux Ministres de l'Intérieur et des Finances dans lesquelles
le Préfet se plaint vivement des agissements de Mainssonnat dont
il réclame de nouveau le changement. Série V, liasse 1.
Voir encore Arch. départem. M 20, la réponse de Chaptal 2 Messidor (21 juin) qui a transmis au Ministre des Finances les plaintes
du Préfet.
(2) Arck. départem. K 4, f° 103 Arrêté du ier Messidor an X
(20 juin 1802).

�XXIV

vraient sur la caisse communale comme indemnité de location le prix des baux des parcelles échangées.
Cet arrêté fut transmis aux Ministres et au Directeur
des Domaines. Le 14 Messidor (3 juillet) le Préfet le notifia
à Mages et à Spréafico en les invitant à se concerter avec
« le maire de Nice pour la prompte évacuation de la maison
« de l'Evêchè afin qu'on puisse procéder sur le champ aux
« réparations dont elle est susceptible. » (1).
Le même jour, cet arrêté fut communiqué au Maire
de Nice. « Je vous invite, écrivait le Préfet, à prendre surit le-champ les mesures convenables pour l'exécution des
« dispositions que j'ai ordonnées et à me tenir régulièrement
« informé du succès de vos démarches et du progrès des
« réparations. »
Defly en accusant réception de cet arrêté au Préfet
le 20 Messidor (9 juillet) lui représentait qu'il était de toute
impossibilité que la caisse communale fît les avances du montant des réparations, car elle était presque vide et il aurait
même peine à solder les dépenses du dernier trimestre de l'année courante. Il priait donc le Préfet de s'adresser au Conseil
Général qui, étant autorisé à procurer à l'Evêque un logement convenable, trouverait peut-être le moyen de couvrir
cette dépense (2). Néanmoins, dès le lendemain 21 Messidor
le Préfet prescrivit à Defly de faire faire un devis estimatif
des réparations et de les mettre en adjudication.
Le 28 Messidor (17 juillet) Défly demanda par lettre
à Mages et à Spréafico de vouloir bien prendre des mesures
pour que la maison proposée par eux en échange et acceptée
par le Préfet (arrêté du 1er Messidor) fut mise à sa disposition, afin qu'il put faire procéder à ce devis (3). Le 30 Messidor (19 juillet) Défly transmit au Préfet la réponse qu'il
(1) Arch. départem. M. 20. Lettres du 14 Messidor an X (3
juillet 1802) à Mages et Spréafico et au Maire de Nice. Cette dernière
se trouve également Arch. municip. Correspondance du Préfet an X
tome vi.
(2) Arch. municip. Correspondance du Maire, 20 Messidor (9
Juillet).
(3) Arch. municip. Correspondance du Maire an X. Lettre du
28 Messidor (17 juillet).

�XXV

avait reçue de Sasserno représentant Mages et Spreafico
absents (i).
Trois semaines se passèrent sans que ceux-ci dont l'absence devait durer seulement quelques jours eussent donné
une réponse ; aussi le maire ayant appris le retour de Mages
lui adressa-t-il, le 21 Thermidor (9 août) une lettre pressante
de rappel, afin d'obtenir la remise de l'Evêché pour qu'il
put se conformer aux instructions du Préfet (2).
Châteauneuf-Randon s'impatientait et ce jour (21
Thermidor) il demandait au maire, quel était le résultat de
ses démarches pour les réparations de l'Evêché et son ameublement. Défly lui répondit immédiatement qu'il venait de
renouveler ses démarches auprès de Mages et qu'il enverrait
la réponse trop longtemps attendue. En terminant sa lettre,
il ajoutait que malgré ses recherches il n'avait pu découvrir
aucun moyen pour se procurer les fonds nécessaires pour les
réparations et surtout pour l'ameublement (3).
Cette lettre du maire (21 Thermidor) contraria vivement le Préfet : il ne comprenait rien à tous ces retards,
aussi en y répondant le 25 Thermidor (13 août) s'en plaignitil amèrement, tout en exprimant l'espoir que la réponse
de Mages ne pouvait être contraire à la parole qu'il avait
solennellement donnée ; qu'elle serait enfin parvenue et que
le maire, ayant l'Evêché à sa disposition, lui apprendrait
incessamment le commencement des travaux pour les réparations et pour l'ameublement de la maison de l'Evêque
qui devait arriver vers le milieu du mois prochain. Defly le
savait déjà par la Circulaire préfectorale du 14 .Thermidor.
« Quant aux fonds, concluait le Préfet, je prends des moyens
« pour vous en procurer, et je n'attends pour les mettre
« à votre disposition que l'envoi du devis estimatif que je
« vous prie de m'adresser dans les 24 heures. » (4).
(1) Arch. municip. Correspondance du Maire. Lettre du 30 Mes
sidor an X (19 juillet 1802). La lettre de Sasserno manque.
(2) Arch.. municip. Correspondance du Maire. Lettre du 21 Thermidor (g août) à Mages et Spreafico.
(3) Arch. municip. Correspondance du Maire. Lettres du 21
Thermidor à Pierre Mages et au Préfet. Je n'ai pas trouvé les lettres
du Préfet au Maire du 21 Messidor et du 21 Thermidor.
(4) Lettre du Préfet au Maire 25 Thermidor (13 août) Arch,
dêpartem. M 20,

�XXVI

Le jour même où le Préfet écrivait cette lettre, Pierre
Mages rédigeait sa réponse qu'il data du 25 Thermidor,
mais qui ne fut remise au Maire que deux jours après, le
dimanche, 27 Thermidor (15 août). Klle était loin d'être ce
qu'avait pensé le Préfet. En effet, Mages, au lieu de consentir
à la remise immédiate de l'Evêché, atermoyait encore sous
prétexte que ses intérêts seraient compromis, au cas possible
que le Gouvernement refusât de ratifier l'échange proposé.
Défly envoya copie de cette étrange réponse au Préfet,
le 28 Thermidor (16 août), en lui demandant de nouvelles
instructions (1).
Mages n'obéissait-il pas aux suggestions de Mainssonnat toujours disposé à créer des embarras au Préfet et à
entraver son action ?
Quoi qu'il en soit, Châteauneuf-Randon, qui avait
reçu aussi de Pierre Mages une lettre du même jour et conçue
dans le même sens, lui répondit sous la date du 30 Thermidor
(18 août) en lui marquant son étonnement et son mécontentement de la défiance injustifiée qu'il semblait avoir,vis-à-vis
du Gouvernement et de son représentant (2).
Il prévint en même temps le Maire qu'il venait de répondre à Pierre Mages : « Je viens, dit-il, de lui faire sentir
« combien peu ses observations sont fondées et combien
« peu le Gouvernement devait s'attendre aux empêchements
« qu'il met à ce que le logement de l'Evêque soit prompte« ment assuré. J'aime à croire qu'il ne persistera pas dans
« ses délais et qu'il vous fera de suite la rémission de l'Evê« ché ; j'espère en recevoir promptement l'assurance de votre
« part. » (3).
Te 6 Eructidor (24 août) Défly en envoyant copie de
cette lettre à Pierre Mages lui écrivait : « Je vous invite
« à vouloir bien me faire part de votre dernière déterminait tion, pour que je puisse en référer à l'autoiité supérieure.» (4)
(1) Arch.. municip. Correspondance du maire. Lettre du 28
Thermidor au Préfet.
(2) Arch. départem. M 20 Lettre du 30 Thermidor entièrement
de la main de Châteauneuf-Randon.
(3) Arch. départem. M 20 et Arch. municip. Correspondance
du Préfet an X tome 6. Lettre du préfet au maire (30 Thermidor).
(4) Arch. municip. Correspondance du maire. Lettre à Pierre
Mages, 6 Fructidor.

�XXVII

■ Les instances du Maire et du Préfet ne réussirent point
à triompher des hésitations de Pierre Mages qui refusait
toujours de remettre l'Evêché avant que le Gouvernement
ou le Corps législatif n'eut approuvé l'arrêté du Ier Messidor.
Il eut fallu attendre longtemps encore, et tous les efforts pour
préparer un logement à l'Evêque eussent été rendus inutiles
par ces exigences intempestives : c'était le désir inavoué
de Mainssonnat que Châteauneuf-Randon connaissait bien.
Force fut donc de chercher une autre combinaison :
le Préfet résolut de traiter cette fois directement avec les
acquéreurs et à cette fin, par arrêté du 14 Fructidor
(ier septembre) il désigna deux commissaires, Tiranti et
Daidery, chargés de terminer la rétrocession de l'Evêché
déjà évacué par un des propriétaires et la plupart des locataires. (1) Les commissaires devaient faire valoir qu'il n'y avait
aucune raison de douter de l'approbation du Gouvernement ;
insister pour obtenir de suite une location, soit au nom de
la commune, soit à celui du Préfet, et enfin demander, moyennant une juste indemnité, le départ immédiat des petits
locataires qui occupaient encore une partie de l'immeuble.
Pierre Mages consentit finalement à louer provisoirement l'Evêché, non pas à la commune ni au Préfet comme
représentant de l'Etat, mais à Châteauneuf-Randon comme
simple particulier, jusqu'à ce que fut intervenue la décision
du Gouvernement. Telle fut la conclusion des négociations
entre Pierre Mages et les deux commissaires. ChâteauneufRandon pour en finir accepta ces conditions draconiennes
et se hâta de faire dresser en double original l'acte de bail
en son nom personnel ; puis en qualité de Préfet, il prit un
arrêté pour l'approuver. La location était pour un an, à dater
du 8 Vendémiaire an XI (30 septembre 1802), au prix exagéré
de douze cents francs en numéraire, et, pour entrer immédiadiatement en jouissance, le Préfet versa le jour même trois
cents francs (également en numéraire) à Pierre Mages qui
s'engagea,à faire évacuer promptement le local et à permettre
de commencer aussitôt les réparations locatives. Dès que le
gouvernement aurait donné son approbation à l'arrêté du
Messidor, l'échange devenant définitif, la location ces(2) Arch. départem.

K 4 f°

238.

Arrêté du 14 Fructidor.

�xxvrn
serait de plein droit, et Châteauneuf-Randon ne serait tenu
à payer que le temps écoulé jusqu'à l'entrée en jouissance
par Pierre Mages et Amand Spréafico des biens cédés en
échange (i).
Il fallut quelques jours encore pour faire évacuer l'évêché et le remettre au Préfet. C'était chose faite le 23 Fructidor (10 septembre). Ce jour-là, le Préfet en envoya les clefs
au maire et le pressa de s'occuper activement des réparations
et de l'ameublement. « Je vous ai donné, ajoutait-il, l'exem« pie de l'activité, du zèle et. même du sacrifice, j'aime à
« croire que vous justifierez l'opinion où je suis que vous
« me seconderez avec la plus grande promptitude. » (2).
Il était grand temps, en effet, de terminei cette affaire,
car Mgr Colonna était arrivé à Nice, et n'ayant point de logement à lui offrir, le Préfet lui avait donné l'hospitalité dans
son hôtel.
*
* *
Le samedi 4 septembre 1802 (17 Fructidor an X) Mgr
Colonna débarqua au port de Lympia venant de Marseille
sur une felouque. Le Préfet, qui seul avait été prévenu, envoya au-devant du prélat sa voiture et un détachement de
gendarmes. Deux prêtres, se promenant par hasard, dans
le voisinage, MM. Domihique Fianson et Honoré Faissola,
se présentèrent à l'Evêque et l'accompagnèrent jusqu'à la
Préfecture. Cette escorte de deux prêtres et de gendarmes
provoqua quelques plaisanteries, au témoignage de Bonifassi (3).
(1) Voir les deux arrêtés du Préfet en date du 14 Fructidor
er
an X (i septembre 1802) et la copie du bail enregistré à la suite.
Arch, départem. K 4 f° 239.
(2) Arch. départem. M 20, lettre du préfet au maire, 23 Fructidor.
(3) On lit dans ses manuscrits sous la date du 4 sept. 1802
N° 2712. Monsignor Colonna nuovo Vescovo, si e inaspettatamente
sbarcato al porto di Limpia, ed è stato incontrato dalla carrozza del
Prejetto, e da un distaccamento di gendarmi. mss.
N° 2713. I preti Fianson e Faissolla a caso trovandosi al porto
T
si sono presentati da M Voscovo e l'hanno accompagnato sino al pallazzo del Prefetto. mss. autent.
N° 2714. Questa comitiva dei preti coi gendarmi accompagnante
rl
il Vescovo ha forniio un poco a ridere ed a motteggiare. Osserv. pert .

�XXIX

Il est certain que cette arrivée ne rappelait que de trè
loin l'entrée solennelle que vingt-deux ans auparavant (12
octobre 1780), Mgr Valperga avait faite dans sa ville épiscopale ; niais les temps étaient changés.
Châteauneuf-Randon accueillit Mgr Colonna avec la
plus grande courtoisie et mit à sa disposition le second étage
de la maison Saint-Pierre, actuellement 8, rue Saint-François-de-Paule, qui servait alors de Préfecture (1). Le jour
même, (17 Fructidor) il prévint toutes les autorités et les
invita à venir faire visite au nouvel Evêque, l'intention du
Gouvernement étant que ces diverses autorités eussent
pour le Prélat les égards dus à la dignité dont il était revêtu.
Cette visite eut lieu le lendemain. 5 septembre. Le jour suivant (lundi 6), Mgr Colonna reçut le Clergé présenté par le
vicaire-général Rossi qui prononça une courte allocution (2).
Arch. municip. BONIFASSI, volume B fol. 86 verso.
TosEiJU dans son Précis Historique de Nice, 2me partie, tome 2,
p. 365, et l'abbé de VIIAAREY dans la Série Cronològica dei Vescovi
di Nizza (citée par Toselli) racontent l'arrivée de Mgr Colonna sans
ajouter aucun détail spécial.
TISSERAND, Histoire de la Révolution française dans les AlpesMaritimes, in-8° Nice. 1878, chap. VI, p. 318-319, raconte brièvement
l'installation de Mgr Colonna qu'il fixe à tort au 4 septembre qui est
seulement le jour de son arrivée.
(1) Le 30 Prairial an X (19 juin 1802) Châteauneuf-Randdu
avait loué d'Honoré Vincent Galli, administrateur de l'hoirie de feu
Paul de Saint-Pierre cette maison eu entier au prix annuel de 3.000
francs. Mainssonnat qui en occupait une partie pour le loyer annuel
de 1.000 francs se refusa à l'abandonner, ce dont le Préfet se montra
fort contrarié comme il ressort de ses lettres au Ministre de l'Intérieur, du 7 Thermidor (26 juillet) et du 17 Fructidor (4 septembre
1802).
Voir Arch. départem. M 20. Le Ministre de l'Intérieur au Préfet,
3™e Complémentaire an X (20 septembre) et M 24. Une autorisation
du Préfet sous la date du 3 Nivôse an XI (24 décembre 1802) pour
exiger de Mainssonnat deux trimestres de son loyer, soit 500 francs.
(2) Arch. départem. M 17. Lettres du Préfet aux autorités civiles, militaires,- judiciaires et administratives, 17 Fructidor an X
(4 septembre 1802).
Arch. municip. Notes de Bonifassi,volume B, f° 87 : 5 septembre
n° 2715. // Prejetto con tutte le autorita sono stati a far visita di cerimònia a Monsignor Vescovo. Ann".
6 septembre, n° 2717. Monsignor Colonna ha ricevulo la visita
del Clero, ed il Vicario lo ha complimentato con un bel discorsino.

�XXX

Les. dernières dispositions furent prises pour l'installation
solennelle de Mgr Colonna, fixée au 25 Fructidor (12 septembre 1802, jour de dimanche). Châteauneuf-Randon voulut
donner à cette cérémonie le plus grand éclat, sans doute
d'après les instructions du Gouvernement, et, l'arrêté préfectoral du 22 Fructidor (9 septembre) eu régla minutieusement tous les détails, sauf ce qui regardait la partie exclusivement religieuse. Cet arrêté fut imprimé, adressé à tous
les fonctionnaires, affiché et envoyé dans les communes du
département, comme avis de l'arrivée et de l'installation
de l'évêque concordataire. Il fut communiqué à Mgr Colonna
le 24 Fructidor (11 septembre) avec l'arrêté précédent du
11 (29 août), relatif « à l'embellissement du siège épiscopal
« et à la désignation de la place du Préfet dans le sanc« tuaire de Sainte-Réparate. (1) » Le Maire de Nice était
chargé, article XVII, de donner tous les ordres nécessai
res pour l'exécution de l'arrêté du 22 Fructidor et de se
concerter « avec les administrateurs des églises, le vicaire« général et les desservants des paroisses pour tout ce qui
« les concerne respectivement, tant pour le concours ad« ministratif qui peut être utile aux cérémonies religieuses
« ordonnées, que pour la sonnerie des cloches, la délivrance
« et l'emploi des poudres à la Garde Nationale et la disposi
«c tion de la Cathédrale et des places destinés aux diver
*c ses autoritées. »

(1) Voir deux lettres du Préfet à Mgr Colonna du 24 Fructidor
(11 septembre). Arch. départem. M 17. L'arrêté du 22 Fructidor

(9 septembre est au registre K 4 f° 161.

�XXXI

ARRÊTÉ RELATIF A L'INSTALLATION
DE L EVÊQUE DE NICE
::o::
Du 22 Fructidor an X
(9 sept. 1802).
Le Préfet du département des Alpes-Maritimes arrête les
dispositions suivantes :
Article Premier
Dimanche 25 Fructidor prochain, à six heures du
matin, la cloche de la Mairie annoncera l'installation
de l'Evêque de Nice.
Article 2
A huit heures, celles des paroisses et des succursales dans les faubourgs et campagnes de la ville commenceront à sonner en carillon.
Article 3
A la même heure, et aux premiers sons de la cloche
de la Mairie, tous les citoyens portés sur le rôle du service de,la Garde Nationale, se rendront armés ou non
armés au chef-lieu ordinaire de la réunion de leur bataillon, pour se placer à leur rang et compagnie.
Article 4
A huit heures et demie, les Chefs de bataillon,
sous la direction d'un adjoint, d'après les instructions
du Maire, formeront deux haies à droite et à gauche
des rues de..., depuis les bureaux de la Préfecture, logement actuel de l'Evêque, jusqu'à la Cathédrale.
Article 5
A neuf heures, les gardes d'honneur et différents
postes fournis pour la cérémonie par la troupe de ligne,
sur l'invitation particulière faite au Général commandant
se rendront à leur destination.

�xxx li
Article 6
A la même heure, aux premiers sons de la cloche
de la Mairie, toutes les autorités et administrations,
les Corps de fonctionnaires, commissions et employés
se rendront chacun chez leurs chefs respectifs, suivant
la hiérarchie et la nature de leurs fonctions.
Article 7
A neuf heures et demie, chacune de ces réunions
se rendra chez l'Evêque.
Article 8
A dix heures, au premier son de la cloche de la commune, le cortège défilera et les autorités et fonctionnaires seront appelés ainsi qu'il suit :
i° Les agents de police chargés de la direction de la
marche dans les rues et d'établir l'ordre et la décence ;
2° Un détachement de gendarmerie ;
3° Les tambours et moitié de la garde d'honneur du
cortège ;
4° Les administrations militaires de la Place ;
5° Le Conseil de Guerre ;
6° E'Etat-Major de la Place, les officiers de la garnison et des vétérans nationaux, chacun dans leur
ordre hiérarchique ;
7° Ee Corps des agents et courtiers de commerce ;
8° Ea Commission de commerce ;~
9° Celte de santé et salubrité publique ;
io° Celle d'Agriculture ;
ii° Celle d'embellissements et établissements publics ;
12° Celle du Var ;
130 E'Athénée des Sciences et Belles Lettres ;
140 Ees Notaires ;
i'5° Les Administrateurs des Hospices civils ;
i6° Les Professeurs de l'Ecole Centrale ;
iy° Les Membres du Jury d'instruction publique ;
i8° Les Chefs et Fonctionnaires des différentes Administrations de la Trésorerie, des Finances, des Contributions, des Domaines et des Postes ;

�XXXII!

19° La Musique Militaire ;
20° Le Commissaire et les Autorités de la Marine ;
2i° Les Inspecteurs aux revues et Commissaire des
guerres ;
22° Les Directeurs et Sous-Directeurs des fortifications, Commandant d'artillerie, et officiers du génie
et de l'artillerie ;
230 Le Corps des Avoués ;
240 Les Prud'hommes des Pêcheurs ;
250 Le Tribunal de Commerce ;
260 Les Juges de Paix ;
270 Le Tribunal Civil ;
280 Le Tribunal Spécial ;
290 Le Tribunal Crim'nel ;
300 Le Conseil Municipal ;
310 Le Maire, les Adjoints et le Commissaire de police
spécialement chargé de l'ordre de la marche et de
se transporter sur toute la ligne ;
320 Les Membres du Conseil d'Arrondissement ;
33° Les Membres du Conseil Général ;
34° Le Drapeau départemental (entre 4 gendarmes et
4 Gardes Nationales) ;
350 Le Conseil de Préfecture ;
36° Le Secrétaire Général ;
370 La Crosse de l'Evêque, entourée des Ecclésiastiques ;
380 Le Préfet, l'Evêque, le Général commandant les
troupes et le Président du Tribunal Criminel ;
390 Le Chef d'escadron, les Officiers de gendarmerie,
aides-de-camp, ingénieurs en chef et ordinaire des
Ponts et Chaussées ;
400 Les agents des Puissances étrangères ;
410 Les Officiers en congé, réformés ou retirés f
420 La Musique de la Garde Nationale ;
430 L'Etat-Major de la Garde Nationale ;
440 Les Employés de la Préfecture ;
450 L'autre moitié de la Garde d'honneur ;
460 Le reste de la gendarmerie fermant la marche
%

�XXXIV

Article 9
Ees Gardes d'honneur attribuées ou envoyées à
chaque autorité particulièrement en borderont la haie
et les fronts dans la marche générale.
Article

io

A l'entrée de l'église, chaque autorité et fonctionnaire prendra la place qui lui sera désignée, conformé
ment à la dernière fête, par les Maîtres des cérémonies
qui seront distingués par une écharpe tricolore au bras
Article

ii

A l'entrée de l'église Cathédrale, le Préfet en donnera les clefs à l'Evêque, le remettra entre les mains
de son clergé et ira prendre sa place accoutumée dans
le sanctuaire avec le Général Commandant les troupes
et le Président du Tribunal Criminel.
Article 12
E'Evêque doit s'avancer ensuite sous un dais, en
passant devant les autorités jusqu'à sa place où il sera
reçu par le Vicaire-Général Commissaire nommé par
l'Archevêque d'Aix.
Article 13
Ee procès-verbal d'installation dressé par le Vicaire
Général et signé par les Ecclésiastiques témoins, sera
signé aussi, en présence du cortège par le Préfet, les
Présidents des Tribunaux, le Général Commandant les
troupes, le Maire et les Juges de Paix.
Article 14
Après les cérémonies religieuses célébrées ou ordonnées par l'Evêque, le cortège retournera dans la
même forme par les rues de
et accompagnera
l'Evêque chez lui processionnellement uniquement
entouré du Clergé et de sa pompe religieuse.
Article 15
Ees rues par où retournera le cortège, seront bordées de même de deux haies de gardes nationaux.

�XXXV

Article 16
Pendant toute la marche et l'installation de l'Evêque les cloches des Paroisses et celles de la Commune
sonneront ; pendant les cérémonies religieuses ordonnées
par l'Evêque et jusqu'au retour du cortège, il sera fait
des salves d'artillerie et tiré des boëtes par la Garde
Nationale.
Article 17
Le Maire est chargé de donner tous les ordres nécessaires pour l'exécution du présent arrêté, et de se
concerter avec les Administrateurs des églises, le Vicaire Général et les desservants des Paroisses pour tout
ce qui les concerne respectivement, tant pour le concours administratif qui peut être utile aux cérémonies
ordonnées que pour la sonnerie des cloches, la délivrance et l'emploi des poudres à la Garde Nationale
et la disposition de la Cathédrale et des places destinées aux diverses autorités.
La
adressés
dans les
rivée et

Article 18
lettre et le présent arrêté seront imprimés
à tous les fonctionnaires, affichés et envoyés
communes du département comme avis de l'arde l'installation de l'Evêque.
CHATEAUNEUF-RANDON (1).
*
* *

Le général Eberlé, commandant la place de Nice, reçut
des instructions spéciales : Il devait envoyer à neuf heures
du matin devant la Préfecture la garde d'honneur attribuée
aux préfets dans les cérémonies publiques ; vingt hommes
au Tribunal Criminel, quinze au Tribunal Spécial, dix au
Tribunal Civil et dix à la Mairie pour escorter ces diverses
autorités ; plus une garde d'honneur de cent hommes dont
une moitié marchera en avant et l'autre en arrière du cortège;
enfin s'il voulait faire prendre les armes à toute la garnison^
(1) Arch. départem. Registre K, f° r6i. Je n'ai pas trouvé
jusqu'ici d'exemplaire imprimé de cet arrêté.

�XXXVI

elle pourrait former la haie sur le Cours tandis que la Garde
Nationale formerait la haie sur le reste du parcours (iK
Pour assurer la marche régulière du cortège et le bon
ordre dans l'église Cathédrale, Châteauneuf-Randon nomma
par arrêté du 24 Fructidor (11 septembre) cinq maîtres de
cérémonie : Roux, Caravel, chefs de bureau à la Préfecture ; Laurenti, Ricordi, secrétaires, et Cougnet fils. Ils
devaient porter une écharpe tricolore au bras droit et une
épée. Par le même arrêté, Fabry, chef de bataillon de la Garde
Nationale, commissaire de haute police, était désigné pour
porter le drapeau du Département encadré de quatre gendarmes et de quatre gardes nationaux (2).
*
* *
Le 12 septembre, au matin, toutes les cloches de la ville
sonnèrent de joyeux carillons. A 10 heures, le cortège partit
de la Préfecture dans l'ordre fixé, et se rendit à Sainte-Réparate, entre deux haies de soldats et de gardes nationaux,
derrière lesquels se pressait une foule considérable, sympathique et curieuse. L'Evêque, précédé du drapeau du Département et de la crosse épiscopale (3) entourée d'ecclésiastiques, s'avançait de front avec le Préfet Châteauneuf-Randon,
le général Partouneaux et le Président Trémois. Les membres
du Clergé convoqués la veille par le Vicaire Général Rossi
attendaient devant la grande porte de la Cathédrale (4).
Châteauneuf-Randon leur présenta Mgr Colonna auquel il
remit les clefs de l'Eglise. En temps ordinaire, cette remise
est faite par le Doyen du Chapitre ou son représentant ;
mais en 1802, le Chapitre de Nice n'existait plus ni en fait
ni en droit, et le Préfet voulait, sans doute, par cet acte,
(1) Voir lettre du Préfet au Général Eberlé (s. d.). Arch. département. M r8.
(2) Arch. départem. K 4, f° 168.
(3) Il s'agit probablement de « la crosse de vermeil donnée par
« l'Empereur à Mgr l'Evêque de Nice et qui doit être transmise à
« ses successeurs » mentionnée dans les inventaires de l'Evêché à
partir de 1805.
(4) Arch. municip. Bonifassi, volume B, f° 87, 11 septembre
1802. N° 2721. Il Clero e invitato dal Vic0 Rousc per domani trovarsi
sulla porta délia Chiesa a ricevere il Vescovo. Ann". Doc. N° 1080.

�XXXVt!

affirmer que le Gouvernement mettait, à la disposition de
l'Evêque, l'église Cathédrale devenue propriété de l'Etat
d'après les lois révolutionnaires. Ee prélat fut alors reçu
dans les formes prescrites par le Cérémonial. On lui offrit
l'eau bénite et l'encens, puis on le conduisit sous le dais
jusqu'au pied du maître-autel où il s'agenouilla, fit une coure
prière et revêtit les ornements pontificaux. Ee Préfet, le
Général et le Président avaient pris les places d'honneur
préparées dans le Sanctuaire et les autorités s'étaient rangées
dans la nef selon l'ordre déterminé. Ee vicaire-général Rossi,
commissaire délégué du Métropolitain, Mgr Champion de Cicé,
archevêque d'Aix, procéda alors à l'installation canonique.
On fit lecture de l'arrêté de nomination, des Bulles d'institution et du décret exécutorial du cardinal Caprara (9 avril
1802) érigeant les évêchés concordataires et rattachant
le nouvel Evêché de Nice à la Métropole d'Aix, (1), puis
Mgr Colonna monta au trône épiscopal.
. Dans un discours prononcé en latin selon l'usage
comme celui du Chanoine Provasso lors de la prise de possession de Mgr Valperga, le vicaire général Rossi exprima
la joie du peuple et du clergé privés depuis longtemps de
Pasteur et qui se félicitaient de l'heureux choix du Gouvernement et du Souverain Pontife. Il loua, en termes heureux'
les talents et les vertus du nouvel Evêque : son habileté
administrative, son application à l'étude, son zèle pour le
salut des âmes, sa modestie et sa piété profonde. Il sera,
sur le siège de Nice, le digne successeur d'une glorieuse
lignée d'évêques. Ees fidèles de ce diocèse, très attachés
à la religion catholique le reço'vent comme l'envoyé da
Dieu pour leur faire oublier les longues années d'épreuves
sur lesquelles il ne faut point insister aujourd'hui que la paix
et le bon ordre sont entièrement rétablis.
(1) Le décret du cardinal Caprara rendu en exécution d'une
bulle pontificale datée de Rome le 3 des calendes de décembre (28
novembre 8or) fut signé à Paris le 9 avril 802 et inséré au Bulletin
des lois N° 2 8 tome VI, 3 e série, 2 e semestre an X, avec un arrêté
du premier consul, daté du 29 germinal an X qui en ordonnait la
publication. Ce décret, après la suppression des anciennes divisions
ecclésiastiqi es, établissait, pour la France et les pays réunis, ) o
métropoles et 50 évêchés dont le tableau était annexé. La métropole
d'Aix avait pour suffragants : ajaccio, Avignon, Digne, Nice

�XXXVlII

Puis, par une allusion ingénieuse, au nom de Mgr
Colonna l'orateur déclara qu'il serait pour les prêtres, les
fidèles du diocèse, ce que fut, pour les Hébreux, la Colonne
miraculeuse qui guidait leur marche laborieuse et accidentée à travers le désert. Au nom de tous, il promit au nouvel évêque qu'il serait pour eux un père respecté, un chef
religieusement obéi dont ils s'efforceraient d'imiter les ex
emples et les vertus durant les longues années qu'ils demandaient à Dieu, de le conserver à leur tête (i).
Mgr Colonna prit alors la parole (2) : « Appelé à l'honte neur de l'Episcopat, après avoir reçu à Rome l'institution
« canonique et moyennant l'imposition des mains, la çonsé« cration à Paris : me voici, enfin au milieu de vous tel qu'un
« Ange de paix.,. »
Mgr Colonna déclara qu'il a compté sur les grâces particulières que le ciel accorde pour certains états, et non point
sur ses propres forces en acceptant une charge que la Révolution a rendu encore plus pénible et plus lourde. Il évoqua
rapidement les douloureux souvenirs des années qui venaient de s'écouler : prêtres persécutés, églisesp rofanées,
autels renversés, religion proscrite.
« Ne rouvrons pas des plaies qu saignent encore et
« qu'un sage Gouvernement tâche à cicatriser
« Que n'ai-je pas le zèle, les talens et l'espr't de ces
« dignes pasteurs : de ces saints pères des premiers siècles
« de l'Eglise, qui fleurissaient aux beaux jours du Christian« nisme ? De ces illustres prélats qui m'ont précédé dans ce
« siège épiscopal. Des Basses, des Siagres, des Valpergues
« et de tant d'autres, qui dès les temps les plus reculés ont
« porté la foi dans ce pays-ci, qui par la sainteté de leur vie,
« l'éclat des vertus, leur fermeté, leurs lumières, ont illustré
« et édifié cette Eglise, de mon dernier prédécesseur qui,
« par un généreux sacrifice a si bien mérité de la Religion
« et de la Patrie.
(r) Ce discours d'une excellente latinité est cité par VIIAAREY,
Raccolta di Decreti, moniti, pastorali, allocuzioni, ecc. Dell'Illmo e
Revmo Monsignor Vescovo di Nizza, dall'anno 1802 all'anno 1831.
Nice r83i, tome r, p. 1-4.
(2) Discours de possession prononcé par Mgr l'Evêque de Nice,
immédiatement après celui de M. le Vicaire Général dans la Cathédrale. VIIAAREY, Raccolta... tome 1, p. 5-ir.

�XXXIX

Du haut du ciel, les saints Evêques de Nice écouteront
« la prière de leur successeur et lui obtiendront de Dieu
« un esprit de sagesse et de modération si nécessaires à un
« évêque chargé de la conduite des âmes. »
Sa mission sera facilitée par le zèle des prêtres, ses coopé«ateurs et par l'attachement des fidèles à leur foi.
« Non, il n'est pas de ce peuple comme de tout autres
« peuples ; la Révolution n'a pas produit dans cette Pro« vince par rapport à la Religion les effets qu'elle a produit
« dans les autres, elle n'a pas déployé ici ce caractère qui
« la distinguait ailleurs ; les convulsions révolutionnaires
» n'ont guère atteint à la Religion ; elle a été conservée
« au milieu des agitations les plus violentes, s'il y a eu un
« instant, où ce Temple réparé, embelli dernièrement a été
« fermé, • ç'a été peut-être un trait des Divines miséricor« des ; la Providence a ménagé cet instant pour donner
« un nouvel essort au zèle du peuple qui peut-être s'était
« tant soit peu refroidi ; la privation a produit son effet :
« touché jusqu'aux larmes, il soupirait après le retour du
« Culte, la fin de la Révolution. Ses désirs furent accomplis,
« exaucés dans le temps, ils le sont encore davantage à préci sent. Il peut vaquer librement aux exercices de piété et
« de dévotion. Aussi le voyons-nous pénétré de respect,
« s'empresser à remplir les Eglises, embrasser les Autels,
« y déposer ses prières, cherchant un soulagement dans
« ses besoins et ses peines. »
L'Evêque fit ensuite un éloquent appel aux prêtres
qui devaient être animés « de ce zèle sage et discret qui
« respire la douceur et la charité ; de ce zèle généreux qui
« embrasse tout, se répand partout, ne connaît point de diffi« cuités qui tâche à ramener les esprits, réunir les cœurs,
&lt; concilier les intérêts divisés
»
Tous leurs actes, ajouta-t-il, doivent être inspirés par
une charité qui s'étendra à tous, amis ou ennemis comme
j Ôsus-Christ leur en a donné le précepte et l'exemple. La Chanté est l'âme de la Religion catholique « qui est une Religion
« d'amour et de bienfaisance
C'est cette vertu qui fait
« du genre humain de l'univers entier une seule famille,
« dont Dieu est le père et nous sommes les enfants attachés
« par les liens de la fraternité
»

�XL

Ees prêtres doivent dont apprendre à tous par la parole
et surtout par l'exemple que l'amour de Dieu est inséparable
de l'amour du prochain. La pratique courageuse de ce double
amour sera le moyen le plus efficace pour ramener à l'Eglise
ceux qui en sont éloignés.
« En attendant, conclut le Prélat, adressons au Ciel
« des prières pour tous ceux qui tiennent au Gouvernement,
« en particulier pour le Chef de l'Eglise, notre Saint Père
« le Pape. Eeur vie nous est trop chère, trop précieuse au
« bonheur public ; c'est par leurs soins qu'après une des
« plus rudes tempêtes, des temps des plus orageux nous
« jouissons du calme. Que cette paix dont nous goûtons
« ies doux fruits soit le garant de celle qui nous est préparée
« dans le Ciel, et que je vous souhaite. »
Ee procès-verbal de l'installation dressé par le Vicaire
Général fut signé par les ecclésiastiques témoins, le Préfet,
le Général commandant les troupes, les Présidents des Tribunaux, le Maire et les Juges de Paix.
*
* *
Après la messe célébrée pontificalement, la procession
se forma et l'Evêque fut accompagné, comme le prescrit le
Pontifical par tout le clergé qui chantait des hymnes et des
psaumes, jusqu'à la préfecture. Ea procession défila entre
les deux haies de soldats et de gardes nationaux et fut suivie
par le Préfet et toutes les autorités qui avaient assité à la
cérémonie. Au témoignage de Bonifassi, le discours de Mgr
Colonna fut touchant et bien adapté aux circonstances :
l'ensemble de la cérémonie fut émouvant et édifiant et il
ajoute, malicieusement, qu'on ne ce serait jamais attendu à
pareille chose de la part des Français.
Villarey rapporte de son côté (op. cit.) que l'attitude
recueillie de Mgr Colonna et son air modeste firent la meilleure impression sur tous les assistants ; ce qui n'empêcha
point quelques réflexions plus ou moins bienveillantes. Un
bon prêtre, raconte Bonifassi, au moment où Mgr Colonna
fut présenté au clergé par le Préfet, se tournant vers ses voisins, leur dit : « Cela va bien si Mgr Colonna se rend compte
« aujourd'hui que nous, nous étions ici et que c'est lui qui y
« vient. »

�A l'occasion de l'installation de l'évêque on répandit
dans le public quelques poésies en son honneur, louables
tout au moins pour l'intention de leurs auteurs. Louis Romey,
avoué près le Tribunal civil, membre du Jury d'Instruction,
qui devint maire peu d'années après, se révéla poète, lui
aussi, et publia une pièce de vers dans laquelle il vanta,
comme il était de mode alors, Bonaparte et la Corse, (i)
Mgr Colonna continua à occuper l'appartement que le
préfet avait mis à sa disposition jusqu'à l'aménagement
de l'Evêché. Il semble même que Châteauneuf-Randon
pour laisser toute liberté au prélat ait prolongé son séjour
à la campagne qu'il avait louée au quartier du Piol. En effet,
c'est dans cette campagne qu'il offrit, à l'occasion de la fête
du 18 Brumaire un grand dîner auquel il invita l'Evêque
avec les représentants des autorités civiles et militaires
et quelques anglais de distinction qui étaient, depuis la paix
d'Amiens, revenus hiverner à Nice. (2)
(1) Arch. municip. Bonifassi. Vol. B. f° 87, 12 septembre 1802 :
N° 2724. Solenne ingresso nella sua Cattedrale fatto da M1 Vescovo coll'accompagnamento di tutte le autorità. Mss. autent.
N° 2725. Il Clero si trovo présente sulla porta del Duomo, e dal
Prefetto, vennegli presentato MonsignT Colonna corne Vescovo di
Nizza. Mem. autent.
N° 2726. In quell'atto un buon Ecclesiastico volto a suoi più
vicini disse : Bene se Colonna in questo punto impara che noi eravano
qui, e che egli è quelli che viene. Osserv. partrI.
2727. M1 Vescovo pontifico, e recito un discorso tenero, e ben addattato, la fonzione riusci tenera moltó, ed edificante nel suo complesso.
mai più si aspettava per opera dei francesi un simil atto. Mem. part11
2728. Dopo la fonzione il Clero processionalmente cantando i
soliti inni accompagno il Vescovo al palazzo délia Prefettura ove avea
il suo alioggiamento, le autorita pure lo accompagnarono.~M.ss autetit
2729. In quest'occasione si distribuirono alcune poésie lodevoli
per la buona intanzione degli autori. Romey anche esso divenutto poeta
jece un Endecassillabo in cui corne di ragione venta il Bonaparte, e la
Corsica. Doc. N° 1077.
(2) De Préfet fit imprimer une Relation de cette fête et l'envoya
à Chaptal, Ministre de l'Intérieur, avec sa lettre du 20 Brumaire
au XI (11 novembre 1802). Elle est intitulée « I/anniversaire du
« dix-huit Brumaire, célébré chez le Général de Division, Châteauce neuf-Randon, préfet du département des Alpes-Maritimes, à Nice,
« le mardi même jour du mois, an onze de la République, ou le neuf
« novembre 1802 (vieux style). » 7 pages in-40 chez Cougnet père et
fils, imprimeurs-libraires à Nice, s. d. Arch. nationales V I ç nr. 3
Alpes-Maritimes, Correspondance.

�Châteauneuf-Randon avait communiqué à Mgr Colonna le 24 Fructidor (n septembre) (1) les divers arrêtés successivement pris par lui pour son logement et dans ses conversations particulières, il lui avait certainement expliqué
pourquoi, malgré toute sa bonne volonté, il n'avait pas encore réussi à réparer et à meubler l'ancien évêché. Il semble,
du reste, que les rapports les plus sympathiques et les plus
cordiaux s'établirent rapidement entre le préfet et le prélat (2). On en fit un crime à Châteauneuf-Randon, qui ne
s'en émut guère comme en témoigne sa correspondance.
Il écrivait le 24 Fructidor, an X (n septembre 1802)
au citoyen Colonna, évèque de Nice :
« J'ai l'honneur de vous adresser, Citoyen Evêque,
une copie de touts les arrêtés que j'ai pris successivement
pour assurer votre logement dans la maison qu'avaient
autrefois occupée vos prédécesseurs, ils sont à la date du
14 de ce mois, j'y joins une copie du bail que j'ai passé avec
les propriétaires de cette maison. J'en ai fait remettre les
clefs au Maire de la ville qui demeure chargé des réparations
et de l'ameublement. Je ne doute pas qu'il ne mette a s'en
bien acquiter le même zèle et la même activité que moi, et
que sous peu de jours, il ne me procure le plaisir de vous annoncer que le logement est enfin convenablement assorti
à votre usage et à votre caractère.
« Veuillez en attendant, croire au plaisir sincère que
j'éprouverai de vous avoir longtemps chez moi.
« Je me félicite, citoyen évêque, de ce qu'en me chargeant de vous choisir une maison, le gouvernement m'ait
(1) Voir deux lettres du Préfet à Mgr Colonna du 24 Fructidor
an XI. Arch. Départ. M. 17.
(2) Le préfet lui-même le raconte à Coulomb, secrétaire général
du Ministère de l'Intérieur, dans sa lettre du 12 Vendémiaire an XI
(4 octobre 1802). Après avoir parlé de l'hostilité des membres de la
loge maçonnique de Nice à son égard, il ajoute : « Ils osent se rabatre
« sur mon intimité avec l'eveque de Nice, homme vertueux, politie
« que et philosophe... » Arch. Nation. FI III 3. Alpes-Maritimes.
Correspondance.

�XUll

fourni une occasion de vous donner une preuve de nies sentiments d'estime et de considération.
« J'ai l'honneur de vous saluer. » (i).
*
* *
Le Maire de Nice, une fois en possession de l'Evêché
et sur les ordres réitérés du Préfet, fit dresser le devis estimatif
des réparations et l'adressa à Châteauneuf-Randon le 27
Fructidor (14 septembre) (2). Celui-ci après l'avoir examiné
le trouva trop élevé et le renvoya le lendemain à Défly avec
ordre de mettre ce travail en adjudication au rabais ; il lui
rappela en même temps qu'il fallait aussi s'occuper de l'ameublement et que la commune devait faire quelque chose
pour être agréable à l'Evêque. (3).
Le Maire fit immédiatement afficher l'adjudication :
il en informa le Préfet le 29 Fructidor (16 septembre) et le
pria « de désigner aux entrepreneurs de ces ouvrages le
« mode et les époques des payements qui devront leur être
« effectués pour leur travail. » (4).
Le Préfet approuva cette mesure le 3e Jour Complémentaire an X (20 septembre 1802) en invitant le Maire
« à faire faire d'abord les réparations les plus urgentes, telles
« sont celles de l'appartement de l'Evêque du salon et de
« l'escalier, afin que M. l'Evêque puisse occuper de suite
« son logement. »
Quant aux dépenses, concluait le Préfet, « Lorsque
« les réparations seront achevées et que vous aurez pour« vu à l'ameublement préalable ou de prêt, je vous indi« querai le moyen de couvrir cette dépense sur-le-champ.
« (5)(1) Minute corrigée en plusieurs endroits par le préfet. Arch.dép. M.17.
(2) Arch. municip. Correspondance, 27 Fructidor au X (14
septembre 1802).
(3) Arch. départent. M 17. L,e Préfet au Maire de Nice 28 Fructidor an X (15 septembre 1802).
(4) Arch. municip. Correspondance du Maire 29 Fructidor an X
'(16 septembre 1802).
(5) Arch. départem. M 17. I&lt;e Préfet au Maire de Nice 3e Jour
Complémentaire an X (20 septembre 1802).
Arch. municip. Correspondance du Préfet an X. Volume vi.

�XL1V

Les soumissions furent reçues le 2 Vendémiaire an Xé
(24 septembre 1802). Le devis montait à 1.314 francs ; Honore
Beu, maçon à Nice soumissionna seul pour la somme de
1.195 francs et le Maire en transmettant cet offre au Préfet
lui demanda « son approbation, pour adjuger définitivement
« ces réparations et faire mettre de suite la main à l'œuvre. »(1).
Le lendemain, de nouvelles soumissions l'une à 700 fr.
et l'autre à 650 francs (dont les auteurs ne sont pas nommési
et une autre par Laurent Levamis (dont le montant n'est
pas indiqué.) parvinrent au Maire qui les transmit au Préfet (2).
Châteauneuf-Randon donna son approbation et les réparations commencèrent .
Le premier devis était incomplet, il fallut en dresser
un nouveau qui fut également mis en adjudication et exécuté après approbation du Préfet en date du 22 Frimaire
an XI (13 décembre 1802).
Le montant total des réparations n'était pas très élevé,
1.200 francs environ, cependant ni le Maire, ni le Préfet n'avaient à leur disposition la somme nécessaire pour le solder. Le maire demandait donc le concours du département.
La loi du 18 Germ'nal, article 71, autorisait bien les Conseils
Généraux à accorder aux Archevêques et Fvêques un logement convenable, ce qui comprenait, sans doute, les réparations foncières et locaLives ; mais le Conseil Général des
Alpes-Maritimes n'était point en session. Il fallait cependant
ne pas faire attendre aux ouvriers le payement de leur travail ; c'est pourquoi le Préfet s'adressa aux Ministres des
Finances et de l'Intérieur pour solliciter un crédit extraordinaire le 27 Frimaire an XI (18 Décembre 1802) (3).
(1) Arch. municip. Correspondance du Maire 2 Vendémiaire
XI (24 septembre 1802).
(2) Arch. municip. Correspondance du Maire 3 Vendémiaire
an XI (25 septembre 1802).
(3) Arch. départem. M 22. Le Préfet aux Ministres de l'Intérieur
et des Finances. 27 Frimaire an XI (18 décembre 1802). Le 20 Ventôse au XI (n mars 1803)., le Préfet demandait au Maire de Nice
de lui faire passer sans délai « une copie des devis détaillés des répara« tions faites à la maison épiscopale, j'ai un besoin pressant de ces
« pièces qui doivent être adressées au Ministre de l'Intérieur. Arch.
Départent. M. 26.

an

�XI.V

Ee même jour, il avisait le maire de cette démarche,
en l'invitant néanmoins à payer provisoirement les ouvriers
« parce que les instructions du gouvernement portent que
« les réparations locatives de l'évèché seront à la charge des
« communes si elles peuvent les supporter ou à défaut du
« département, (i).
* *
A cette date, Mgr Colonna était déjà installé dans les
appartements de l'Evêché réparés sommairement et meublés
très modestement. En effet, il n'existait encore aucune règle
administrative déterminant la part respective de l'Etat,
du Département et de la Commune dans les frais relatifs
aux Evêchés (2). Il fut donc pourvu à l'ameublement dans
des conditions assez précaires et beaucoup d'objets furent
pris, ce semble, dans le mobilier séquestré de Jean-EouisAugustin Eascaris qui depuis plusieurs années dépérissait
dans les magasins de la Régie ou dans les appartements occupés par les locataires de cet émigré (3). Un inventaire de
l'ameublement de l'Evêché dressé en exécution du Décret
impérial daté du palais de Milan, 5 Prairial an XIII (25
Mai 1805) démontre qu'il n'était point luxueux (4). E'Evêque de Nice, du reste, était ennemi de tous fastes et se
contentait du strict nécessaire.
(1) Arch. départent. M. 23. De préfet au maire, 27 frimaire an XI
(18 décembre 1802).
(2) Un décret impérial du 5 Prairial an XIII accorda à chaque
Evêque une somme de 2.400 francs pour son ameublement, eu dehors de la contribution du département.
(3) Châteauneuf-Randon proposa plusieurs fois cette mesure
aux Ministres et au Maire de Nice. Il fut souvent aussi question de
la destination à donner au mobilier Dascaris, et il existe aux Archives
Départementales plusieurs lettres et arrêtés à ce sujet. Voir en particulier
celui du 17 Nivôse an X (7 janvier 1802) qui est en minute, liasse
M 20, dont les considérants sont à étudier.
Jean-Douis-Augustin Dascaris fut amnistié le 18 Primaire an XI
(9 décembre 1802) et le séquestre apposé sur ses biens à Nice et au
Castellar fut levé par arrêté du préfet en date du 22 Pluviôse an XI
(i 1 février 1803). Quatre tableaux religieux déposés dans les bureaux
de la Préfecture et provenant probablement de l'ancien Bvéché furent remis à Mgr Colonna par arrêté préfectoral du ier Ventôse an XI
(20 février 1803). Arch. départent. K 6.
(4) Voir Nice Historique, ier mars 1906, p. 70-73, cet inventaire
publié par M. Sappia.

�XÏ.VI

L'évêché fut mis à la disposition de Mgr Colonna
vers la fin d'octobre 1802, et il l'occupa probablement à
son retour de Marseille où il s'était rendu en qualité de délégué pour remettre le ỳalium à son métropolitain, l'archevêque d'Aix. Au témoignage de Bonifassi (op. cit. n° 2780)
il avait quitté Nice le 26 octobre et son absence fut de courte
durée.
Une lettre du préfet en date du 7 Brumaire an XI (29
octobre 1802) résume toutes les démarches faites pour assurer le logement de l'évèque :
«Au ministre de l'Intérieur, des Finances et des cultes.
7 Brumaire An XI (29 octobre 1802).
« Citoyen ministre,
« Vous m'avés prescrit de désigner une maison nationale convenable pour être affectée au logement de l'évèque
de Nice.
« Le défaut de maison nationale m'a forcé de recourir
aux moyens praticables pour reprendre l'ancienne maison
de l'évêché qui avait été aliénée. Je n'ai pu en trouver d'autres que celui de projetter la cession aux propriétaires de
cette maison des biens nationaux de même valeur.
« J'ai pris en conséquence le 1er Messidor an 10 un arrêté qui ordonne cet échange et j'ai soumis cet arrêté à l'approbation du gouvernement. J'ai eu l'honneur de vous en
adresser une ampliation le 14 du même mois.
« L'évêque de Nice étant arrivé dans l'intervalle, le
gouvernement n'ayant pas encore statué sur cet échange
et les propriétaires de l'évêché ne voulant s'en dessaisir
qu'autant que le gouvernement aurait approuvé mon arrêté,
je me suis trouvé dans un embarras extrême pour procurer
à l'évêque un logement convenable et décent. Mais comme je
ne doute pas que le gouvernement n'adopte les mesures que
je lui ai proposées et que dans tous les cas je compte infiniment sur sa justice, je me suis déterminé à traiter moimême personnellement avec les propriétaitres de l'évêché
pour la location de leur maison. C'est la seule mesure que les
propriétaires ont voulu adopter et j'ai dû donner cette marque de dévouement personnel au gouvernement dans cette
circonstance.

�xxvu
« J'ai passé avec eux un contrat dont j'ai l'honneur de
vous transmettre ci-joint une copie, ainsi que des arrêtés
que j'ai pris à cette occasion. J'ai fait faire sur le champ les
réparations les plus urgentes et j'ai remis la maison à la disposition de l'évêque.
« Pendant un mois que cette exécution a duré, j'ai eu
le plaisir de loger et avoir chez moi l'évêque.
« Tel est, citoyen ministre, le résultat des mesures que
j'ai du prendre en suite de vos ordres et de vos instructions.
Cet état de choses vous prouvera, sans doute, qu'il est urgent que le gouvernement statue sur mon arrêté du ier
Messidor. Je vous prie de remettre cet objet sous les yeux des
consuls.
« J'ai l'honneur de vous saluer. » (i).
L'opération proposée par l'arrêté préfectoral du ier Messidor an X était très avantageuse, tout à la fois pour Pierre
Mages qui avait payé l'évêché un prix presque dérisoire,
et pour l'état qui rentrait en possession, sans bourse déliée,
d'un immeuble confisqué, puis aliéné et dont il avait encaissé
le prix, par la cession de terres également confisquées et
jusqu'alors invendues.
Néanmoins, malgré les démarches que Mgr Colonna
fit probablement à Paris auprès des ministres intéressés et
malgré les nombreuses lettres de rappel écrites par Châteauneuf-Randon, l'approbation de cet arrêté restait en suspens.
Le ministre des finances, que cet objet concernait exclusivement puisqu'il s'agissait d'une cession de biens nationaux
ne prenait pas de décision. C'est que, après examen, il avait
été reconnu que le ministre n'avait point qualité pour autoriser l'échange en question et qu'il était besoin de l'approbation du Corps législatif. Beaucoup d'affaires similaires se
présentaient alors journellement et, comme pour toutes,
la difficulté était la même, le gouvernement se décida à proposer divers projets de lois pour les trancher définitivement.
Tel fut le but des lois des 2, 13, 17 Floréal an XI (24 avril,
3 et 7 mai 1803), 24 Pluviôse an XII (14 février 1804)
(1) Minute à laquelle le préfet a ajouté plusieurs passages et en
particulier celui relatif au séjour de l'évêque chez lui. Arch. départent,
M. 23.

�XÏ,VIII

16 Ventôse an XII (7 mars 1804), 29 Ventôse an XII (20
mars 1804), qui autorisent des aliénations, acquisitions,
concessions et ventes, échanges et impositions extraordinaires dont l'inspiration et les dispositions générales sont identiques.
Par un article de la loi du 29 Ventôse an XII, le préfet
du département des Alpes-Maritimes est autorisé à acquérir
par voie d'échange, des citoyens Mages etSpréafico le Palais
épiscopal de Nice.
Le département des Alpes-Maritimrs devenait propriétaire de l'ancien évêché et la somme de 25.000 francs,
valeur des biens nationaux cédés à Pierre Mages et Spréafico,
devait être remboursée au trésor public sur les centimes
additionnels destinés à pourvoir aux dépenses variables de
ce département. (1).
L'arrêté du 1er Messidor an X recevait son exécution intégrale et définitive, mais lorsque le décret de Bonaparte parvint à Nice, Châteauneuf-Randon avait été remplacé à la
Préfecture des Alpes-Maritimes par M. DuBouchage depuis
près d'une année.
On a beaucoup critiqué l'administration de ChâteauneufRandon. Il est cependant équitable de constater après
examen impartial des documents contemporains que Châteauneuf-Randon collabora loyalement avec Mgr Colonna
pour l'application des lois concordataires et qu'il fut dans
le département des Alpes-Maritimes l'exécuteur consciencieux des instructions bienveillantes et sages du gouvernement consulaire.
A.-J. RANCE-BOURREV.

(1) Voir Bulletin des lois de l'an XII, n° 356, loi du 29 Ventôse
an XII et aux Archives départent, un décret du Premier Consvl,
Germinal an XII, (30 Mars 1804). Série N, liasse 1.

�91
LU DO UI ARMANAC
Un armanac de l'an passat,
Essent su d'un burèu, couost'-à-eouosta plaçât
Dapè l'armanac de l'annada,
Ei dia : « Car vesin, noun sabi cenqu'ai fach
Qu'aigon tant bruscamen clianjat miéu destinada ?
Moun mèstre, cada jou, de iéu n'era distrach ;
Aura la miéu basana fanada,
A la poussiera, ai verp, es mai qu'abandounada g
En lou fra-tèms, lou capricious,
Noun a d'uès que pèr tu, siés tu lou plus urous ! «
E'autr' armanac, de fresc e bella tencha
Ei respoundet : « Moun paur'amic,
Siés gaire dôu tiéu tèms, siés tirat au lambic ;
Pensa, quoura lou paure s'endimencha,
Dôu sata marques lou repic ;
Noun t'en pihar qu'au milesime
Couma cadun as ben virat lou mai ;
Vendra moun tèms e lou miéu crime
Sera d'aver cuntat douze luna de mai ;
Ensin tout passa e chanja, lou mounde es tant fragile,
N'estre plus de soun tèms, siés un libre esgarrat,
Ben d'orne soun charmant, tant que li siés utile
Se lou siés plus, noun vées que d'ingrat.
Soutamete-vous en aqueli pensada :
Gen dôu passat, puissança devessada,
Viéi servitour, ancien tardoc,
Amant tradit, beutà passada,
Devantes toui viei armanac !
Juli Eynaudi (d'après Viennet).
PROüVERBI, BOÜOI MOT, COUNSÈTJ E DICH
Entra autour :
Su lou bastioun un marrit pouèta rescouontra un dei
siéu counfraire :
— Eu miéu vers mi couston gaire.
— Vous couston cenque valon.

�92

NOUM

DEI

FIGA —

LI

SIÉU

VARIETA

d'après M. lou D* E. SA UVAIGO
I. — FIGA BLANQUI O BEN VERDASTRI
I. — Al,OXJNGADI

Blancassa figa, figa blancastra.
Figa bovin o bouin.
Cabrioliana donqueiretta.
Caravouguin blanc.
Couol de dama.
Doumestica.
Donqueira blanca, figa d'autoum, verda, jaunastra.
Mussega-cougourdana, dôu genre tapa-cartin.
Tapa-cartin, Aubicou blanc.
Pissaluta (pittalussa, poussouluda).
La Toscana.
2. — FlGA GI(OBTJI(OUSI

Bellona blanca, resercada pèr lu pastissié.
Bernissôu blanc.
Daurada.
Figa de mèu.
Figa turca, tres decourativa.
Grossa beurdona, berdonda.
La Castagnola, figa castagna.
La gentila.
Marseillesa, figa d'Athèua.
Matarassa, figa de Grassa.
Pecoujuda.
Rondeletta.
Roubada blanca.
Seirola, figa Seyrola dapè Niça.
Sucrada.
Trompa cassaire.
Verdola.
n. — FIGA GRIHI O ROUGEASTRI
Figa calabresa.
Cotignana.
Coucourella, coucouletta, figa sensa grana.
Figa de San Francès.
Figa siciliana.
Fourassa, figa grossa.
Imperiala, imperiau.
Levensana.
Moresca.
Rolondina.
Roussana.

�33
ni. — PIGA NEGRI 0 BRUNI
I. — AI.OUNGADI
Abigou negre. ■
Bellona negra.
Briasca.
Clavèu.
Donqueira.
Figa amarauna.
Figa matelassa.
Figa negrau, negreita (figa d'autoum).
Figa sauvagia.
Mentonasca.
Pounchuda.
Saraina.
2. — Gr,OBUI,OÜSI
Bernissenca o coucoulenca (figa terdiera).
Bernissôu negre.
Caiana.
Catalana.
Cimeirenca.
Figa à merioun.
Figa d'orne.
Meirasca (figa d'autoun, ven de Levens).
Merengiaina.
Merlin ga.
Mouissonna.
Mourenao bagassa.
Neçretta.
Relona.
Roubada negra (figa tardiera).
Rondella negra.
Salada.

BOUONA RKSPOUOSTA
Bou pichoun Goustin s'era levât ben tardi. Soun paire,
pèr lou rendre plus matinié, li diguet :

— Lou miéu enfan, noun counouisses lou près e lu avantage d'estre matinié. — Escouta : un orne que s'era levât de
gran matin, trouvet su lou siéu camin una boursa plena de
peça de vint lira...
— Ma, paire, respoundet l'enfant, aquéu que l'avia
perduda s'era levât encara plus bouon'oura.
Lou paire restet nec... li a dequé. ..

�SA

LI TRES GOUTA

Alba, la bouona fada, que proutegia lu fiansat, passant
un matin dapè d'una rosa audia lou siéu noum prounounsat
da tres goûta tremoulanti.
Ela s'avesina e s'assetant dintre dôu couor de la flou,
demandet :
— Que mi voulès, brihanti goûta ?
— Venès, be l'Alba, résolve une questioun.
— Parlas.
— Sian très goûta venènt da diferenti sourça. Voulen
que nen digués la quala es la mai preciousa e la plus pura.
— Acheti, parlas, brihanti goûta.
Ea premiera goûta en tremoulant li diguet :
— Veni dai nebla auti, siéu fina dei gran' mar. Siéu naissuda dintre la gran océan, antic e poutènt. Après d'aver
bagnat li riba de touplen de pais, après estre estada sagatada da mile tempesta, la nebla m'a surbida. Siéu anada
fin soubre de li autessa doun brihon li estela, pi m'abisseri
au mitan dei uiàu e dôu tron dintre lu flot su lu quai mi repauvi. Representi la Mar.
— Toca à tu, brihanta goûta, diguet la fada à la segounda.
— Iéu siéu estada la rousada, que nourrisse lu lis, siéu
la souore dei clar de luna, fiha dei nebla que s'ausson quoura
la nuech pouorge lou siéu vêle soubre de touta la natura.
Representi lou crepuscul dôu matin.
— E vous, diguet Alba à la plus pichouna ?
— Iéu, ai minga de valour.
— Parlas, doun venès ?
■—■ Dai uès d'una fiansada. Siéu estada lou sourire, l'espoir, pi l'amour, aura siéu devenguda lagrima.
Ei autri, couma pensas, souta.capa riion de la pichouna
goûta. Ma Alba, durbènt lu bras, l'estregnet emé gran couor.
— Aquesta es la plus preciousa e la mai pura.
— Ma iéu, siéu estada la Mar !
— Iéu l'Atmosfera.
— Es ver, brihanti goûta, ma aquesta siguet lou couor,
e Alba s'envolet en l'azur embé l'umbla pichouna goûta.
d'après Rosalta Sandoval.

�95

MONACO ET MONTE - CARLO

Sur la mer scintillante où dardaient ses regards,
De la plus haute tour à frange sarrasine,
Le guetteur vit les nefs qui couraient la rapine
Et fouilla la campagne, où rôdaient les pillards.
Sur son rocher hautain, étreint de ses remparts,
Le fief pleura souvent ses vergers en ruines,
Dans la haine et l'effroi des hordes assassines,
Hurlant l'assaut, quand leur chef lève l'étendard.
Mais le fief, aujourd'hui, semble comme un caprice,
Avec ses vieux canons, ses remparts et ses forts,
Ennuyé sur son roc, qu'isole un précipice.
Autour du temple éblouissant du Dieu de l'Or,
Sous le Burg, qui n'a plus à craindre aucune injure,
A jailli la cité de Jeux et de Luxure.
Jean CAPATTI.
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Un curat d'una gran paroquia era oubligat un jou de
ceremounia de respouondre à un discours en latin; ma couma
noun sabia aquela lenga, s'en pihet ensinda :
— Moussù, lu Apostolo parlavon touplen de lenga ;
venès de mi parlar en latin, e iéu vau vous respouondre en
francès.

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20,

10
9
22
22

e
e
e
e

11
10
23
23

SESOUN

Lou printèms coumença lou 21 mars
L'estiéu
—
— 22 Jun
L'autoum
—
— 24 sept,
L'iver
—
— 22 dés.

à 6.55 m.
à 2.36 m.
à 5.18 m.
à 11.53 m.

dôu sera
dôu sera
dôu matin
dôu sera

FESTA MOUBILI

Septuagesima... 12 Fébrié
Cendre
21 Febrié
Pasca
7 Abrieu
Rougacioun 21, 22, 23, 24 Mai
Ascensioun
16 Mai

Pantecousta
Trinità
Festa de Diéu
1" Dimenegue de
Ie* Desémbre

26 Mai
11 Jun
15 Jun
l'Avènt

LU ESCLISS!

Souliu.

—

ij Abriéu. — Esclissi annulari e coumplet visible

à Paris, en America, en Europa et dintre lou N.-O. de l'Africa.
Coumençamen de l'esclissi à 10,01 dôu matin ; finisse à 1,08
dôu sera.
10 Otitoubre. — Esclissi coumplet invisible à Paris, visible
dintre l'America dôu Sud.
Luna. — 1" Abrièu. — Esclissi parciella visibla à Paris. Entrada de la luna dintre l'oumbra, 9.26 dôu sera; sourtida, 11.03
dôu sera.
26 Setèmbre. — Esclissi parciella, invisibla à Paris, visibla
dintre l'Océan Pacifique.

Jîla providence, %ue de la Préfecture /4, $run, Siàraire

�LU

VÉNT

Lu vènt que souflon à Niça, dintre lou cours de l'armada,
soun au nombre de 16. Vequi li siéu denouminacioun courènti,
pihadi, en general, dai loucalità dei quali parèisson vèni :
Sud
Miejon
Nord... Tramountana
S.-S.-O. Miejou Lebech
N.-O.-E. Grek Tramountana
S.-O
Lebech
N.-E... Grego
O.-S.-O Pounèut Lebech
E. N .E. Levant
Ouest. Pounènt
E.-N.-E. Levant
O.-N-O.V Pounènt Maistràu
E.-S.-E. Levant
N -O . Mastràu
S.-E.... Siroco, vènt marin
N..-N. OMaïstràu Tramount
S.-S.-E.. Miejou Siroc

6
15
25
14
31
24

VIGÍLIA — JEUNI
Abriè
(Pasca, 7 Abrièu).
Mai
(Ascensioun, 16 Mai).
Mai
(Pantecousta, 26 Mai).
Avoust
(Assoumpcioun, 15 Avoust).
Outoubre (Toui lu Sant, Ier Nouvembre).
Desembre (Calena, 25 Desembre).
L'AN NADA RELIGIOUSA

LI FESTA MOUBILI E LI FESTA FISSI
Janvt'è
jYlars
1 Circouncisioun.
1 e 2 Quatre Tèms.
6 Epifania (lu Rei).
3 Reminiscere.
13 Bateja de J.-C.
10
Oculi.
14 Sant Noum de Jesu.
17 Lœtare.
fébrié
24 Passioun.
2 Puriflcacioun.
29 Li 7 Doulou.
4 Setuagesima.
31 Lu Rampàu.
6 Festa de la Pr. de N. S.
11 Sexagesima.
Jîbriéu
13 Coum. de la Passioun.
5 Divendre Sant.
18 Quinquagesima.
7 Pasca.
21 Cendre.
14 Quasimodo.
25 Quadragesima.
28 Patrou. de San Joúsè.
28 Quatre-Tèms.

�Setembre
3 Inv. de la Santa Crous.
13, 14, 15, Rougacioun.
16 Ascensioun.
26 Pantecousta.
29-31 Quatre-Tèms.
1
2
6
9
21
24
29

Quatre-Tèms.
Trinità.
Festa de Diéu.
Festa dôu S. Sacramen.
Sacrat-Couor de'jesu.
Natività de S. jouan-Bat.
SS. Peire e Paul.

8 Natività de la Vierge.
14 Esaltacioun de la Crous.
15 N.-D. dei 7 Doulou.
15 San Noum de Maria.
18, 20, 21, Quatre-Tèms.
29 Dédie, de S. Miquèu.

Ôutoubre
6
13
20
27

Sant Rousari.
Maternità de la Sta Vierge.
Puretà de la Santa Vierge.
Patrounage de la S. Vierge.

J/ouvembre

Juliet
2 Visitacioun de la S. V.
7 Precious Sang.
16 N.-D. dôu Carme.

Jîvoust
6 Transfiguracioun.
15
18
25
25
29

Assoumpcioun.
S. Joachim.
S. Couor de la Vierge.
S. Louis.
Decolac. de S. Jouan-Bat.

1
2
3
21

Toui lu Sant.
Lu Mouort.
Santi Relíquia.
Present, de la Sta Vierge.

2&gt;esembre
1 Avent.
8 Imaculata Councepcioun.
18, 20, 21, Quatre-Tèms.
25 Calena.

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MAISON ÉTABLIE EN 1811

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l-fi«

�LA

DÉCIMALISATION

DU

TEMPS ET DES

ANGLES

LA MONTRE DÉCIMALE
Par J. de REY-PAILHADE, président du Comité
pour la propagation des méthodes Décimales.
Le Club Nautique de Nice a offert plusieur fois en prix des
montres décimales aux régates'de 1909. Il était utile de décrire cet instrument, d'y joindre des tables pratiques et des
formules à l'usage des ingénieurs, des sportsmen, des médecins, etc. etc.
DÉCIMALISATION DES ANGLES •
Il est aujourd'hui démontré que la division décimale du
quart de cercle facilite tous les calculs.
Les nouvelles cartes géographiques sont graduées exclusivement dans ce système, devenu officiel en France et dans
d'autres pays. On possède toutes les tables pratiques nécessaires à son essai courant. Nous ne nous étendrons pas
davantage sur cette méthode aujourd'hui enseignée dans les
lycées et collèges.
Nous rappellerons seulement que M. l'amiral Germinet,
membre d'honneur du C. N. N., sous la direction duquel on
fit en 1899 et 1900 des essais de navigation avec un matériel
entièrement décimal, a émis un avis très favorable à la
réforme décimale.
DÉCIMALISATION DU TEMPS
La division décimale du jour décrétée le 4 frimaire an II
rendra aussi de grands services à la science et aux sports.
Principe. — On divise le jour entier en 100 parties égales
appelées cés ; le cé est subdivisé en décisés, ceniicès et millicés
Le cé vaut 14m 24s ou 1T4 d'heure environ ; le décicé est égal
lm 26s 4 ou lm Ij2 environ ; le millicé vaut 0S 864 ou 9T10 de
seconde environ.
Concordance des Temps. — On parvient assez vite à dire
instantanément l'heure à 1 ou 2 minutes près en regardant le
cadran d'une montre décimale. Il suffit d'apprendre par cœur
les concordances décimales de toutes les heures.
0,0
0
50,0

4,2
1
54,2

8,3
2
58,3

12,5
3
62,5

16,7
4
66,7

20,8
5
70,8

25,0
6
75,0

�25,0
6
75,0

29,2
7
79,2

33,3
8
83,3

37,5
9
87,5

41,7
10
91,7

45,8
11
95,8

50,0
12
100,0

Les heures sont au milieu, les concordances des heures
du matin en haut, celles du soir en bas. Ainsi 10 heures du
matin valent 41.7 cés (énoncer 41 cés 7 décicés) et 10 heures
du soir valent 91,7 cés.
Gomme 1 cé vaut presque lj4 d'heure et un décicé une mi •
nute 1]2 ; en partant des concordances du tableau, on dit
l'heure instantanément, ainsi 39,9 cés valent 9 h. 36 m. du
matin. Un ou deux jours suffisent pour atteindre ce résultat.

Description de la montre décimale ou cémètre. — Il y a 3
aiguilles centrales se mouvant sur un cercle divisé en 109
parties égales, numérotées de 0 à 9. Le 0 cé est en bas, c'est
l'origine des temps, car on suppose la Terre au centre du
Cadran.
L'aiguille dorée avec un soleil ne fait qu'un tour par jour ;
l'aiguille épaisse en acier bleu tourne 10 fois par jour, et la
trotteuse fine fait 1000 tours par jour.
L'aiguille-soleil montre la position de l'astre du jour par
rapport au méridien de Paris, qui va du centre au chiffre 5.

�10 —
Les quatre traits bleus indiquent les positions de cette aiguille
à minuit en bas sur 0 ; — à tì h. du matin au milieu entre 2
et 3 ; — à midi, en haut, sur le 5 ; — à 6 h. du soir, entre 7
et 8.
L'aiguille dorée du soleil indique le chiffre des dizaines
de cés, 2 sur le dessin ; l'aiguille épaisse donne d'abord le
chiffre des cés, 6 sur le dessin, et en comptant rapidement à
l'œil le rang de la division entre 6 et 7, on voit, que cette aiguille marque 3 décicés. Le temps du dessin est donc 26,3
cés correspondant à 6 h 20 m. du matin environ. L'aiguille
trotteuse donne les millicés 83. Le temps est donc 26,383
cés.
» Pour la vie courante, on n'a pas besoin d'aller au delà du
clécicé. On lit les milticés pour les applications scientifiques
et sportives.
Le temps en millicés lu sur le cêmèire facilite tous les calculs, car on n'a jamais de réductions à faire.
Examinons le problème des vitesses a l'heure : Les millicés multipliés par 0,00024 donne des heures et fraction décimale d'heure. Ainsi Ì2345 millicés valent 12,345 -f- 24 =
2 h. 9628.
Par conséquent si L est la longueur parcourue et M le
temps en millicés, la vitesse est

ou t

+ 4166,66...

Ces quelques exemples démontrent que la montre décimale simplifie tous les calculs sans exception.
Les rapports de MM. les délégués officiels aux essais de
la montre décimale faits à Nice, par le Club Nautique, le 26
février 1911, concluent unanimement à la supériorité de cet
instrument pour les usages scientifiques et sportifs.
M. Prim, astronome à l'Observatoire de Nice, représen
tait M. le \iinistre de l'Instruction publique.
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JANVIE
P.
P.
D.
N.

Q,
L.
Q.
L.

lu 8, à 7
lu 14, à H
lu 22, à 7
lu 30, à 10

SOULÈU.

1
2
3
4
5
6
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31

—

oura
oura
oura
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FE BRIE
20
26
21
45

m.
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L. 8 14' — C. 4 42'

dil. Jou de V An

P. Q.
P. L.
D. Q.
SOULÈU,

1
2
3
4
5
Lu Rei
6
Dim. S. Lucien
7
dil. S. Apoulinari
8
dim. S. Pèire
9
dim. S. Guiermo
10
dij S. Teodose
11
div. S. Arcada
12
dis. Sta Verònica
13
Dim. S. Ilari
14
dil. S. Maurici
15
dim. S. Ounourat
16
dim. S. Antoni
17
dij. Sta Angela
18
div. S. Sulpici
19
dis. S. Bastian
20
Dim. Sta Agnesa
21
dil. S. Vincènt
22
dim. S. Raymound
23
dim. Sta Jacinta
24
dij. Conv. de S. Pàu
25
div. S. Poulicarpa
26
dis. Sta Devota
27
Dim. Sta Paula
28
dil. S. Francès S.
29
dim.
dim.
dij.
div
dis.

S.
Sta
S.
S.

TRIMESÏRÍ;

Macari
Genevieva
Tita
Simeoun

dim. Sta Marfina
dim. S. Peire N.
En Janvié
Lou païsan n'a ren

lu 6, à 4 oura 28 s.
lu 13, à 11 oura 38 m.
lu 21, à 4 oura 44 ui.
- L. 7 49' - C. 5 30'

dij. S. Ignaci
div. La Candeliera
dis. S. Blasi
Dim. Setuagesima
dil. SS. Vinc.Oronte
dim Sta Agata
dim. Sta Dorotea
dij. S. Romuald
div. S. Jouan-Matha
dis. Sta Apoulounia
Dim. Sexagesima
dil. Sta Eulàlia
dim. S. Gregori
dim. Sta Eufrasia
dij. S. Onesime
div S. Dounat
dis. S. Simeoun
Dim. Quinquagesima
dil. S. Gabin
dim. Dimars-Gras
dim. Li Cendre
dij. S. Silvan
div. S. Maxime
dis. S. Pascase
Dim. Quadragesima
dil. S. Nestor
dim. S. Leandri
dim. Sta Nourina
dij. S. Nymphas

Plueia de febrié
A la terra vau fumiè.

ZDéSTU-S-bez

NICE

MARS
N. L.
P. Q.
P. L.
D. Q.
N. L.
SOULÈU

1
2
3
4
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lu 8,
lu 15,
lu 23,
lu 30,
— L.

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dim.
dim.
dij.
div.
dis.

Dim.

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L
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7

1 oura 31 m.
0 oura 02 m.
0 oura 59 m.
1 oura 26 m.
1 oura 38 s.
01' — C. 6 13

S. Eudoxia
S. Simplici
Reminisceri
Sta Cunegonda
S. Casimir
Sta Coleta
S. Jouan de D.
Qaatre-tèms
Sta Margarida C.
Ocali
S. Euloge
S. Gregori
Sta Eufrasia
Sta Matilda
S. Acepsima
Sta Gertruda
Lœtari
S. Apien
S. Jôusé
S. Joachin
S. Lea
S. Turibe
S. Armentari
La Passioun
Anounciada
S. Emanuèu
S. Jouan d'Egt,
S. Gountran
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Lu Rampàu

Lou mes de mars
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lu
lu
lu
lu

SOULÈU.

1 dil.
2 dim.
3 dim.
4 dij.
5 div.
6 dis.
7 Dim.
8 dil.
9 dim.
10 dim.
11 dij.
12 div.
13 dis.
14 Dim.
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16 dim.
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18 dij.
19 div.
20 dis.
21 Dim.
22 dil.
23 dim.
24 dim.
25 dij.
26 div.
27 dis.
28 Dim.
29 dil.
30 dim.

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13, à
3
21, à 7
28, à 11

—

oura
oura
oura
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L. 6 06'

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37 s.
31! s.
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S. Franç. de P.
S. Richard
Dijàu Sant
Divèndre Sant
Dissata Sant
Pasca
S. Albert, ev.
S. Azada.
s. Isidoro
s. Leoun
s. Juli
s. Justin
Ouasimoi/ii
Sta Anastasia
S. Frutuous
S. Rodolfe
S. Maxime
S. Anselme
S. Teodoro
S. Adalbert
S. Fidèle
s. Jorgi
s. Marco
s. Clet
s. Antime
s. Aimé

s. Roubert
Sta Catarina d. S
SS. Philip. ,Jacq.

Pichouna plneia d'Abriéa
Bouona récolta pèr l'csliéu

Q.

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P. L.
D . Q.
N. L.
SOULÈU.

TRIMÍÎSTRÈ;

MAI

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lu 5,
2 oura
lu 13, a 7 oura
lu 21, à 10 oura
lu 28, à 7 oura
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14
10
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m.
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C. 7 29'

1 dim. SS. Félip. Jaq.
2 dij. S. Atanase
3 div. In.d.l. Sta Crous
4 dis. SS. Sindonis
5 Dim. S. Pio, papa
6 dil. S. Jouan D.
7&lt; dim. S. Peire
8 dim. s. Gregori N.
9 dij. s. Antounin
10 div. s. Isidoro
11 dis. s. Bounifaci
12 Dim. s. Jouan lou S.
13 dil. s. Pouon, m.
14 dim. s. Pacomo
15 dim. s. Sta Denisa
16 dij. Ascensioun
17 div. S. Pascaù
18 dis. S. Teodoto
19 Dim. s. Pèire C.
20 dil. s. Felis.
21 dim. s. Bernardini
22 dim. s. Julia
23 dij Rogaeioun
24 div. s. Vincen, d. L.
25 dis. S. Urbin
26 Dim. Pandecousta
27 dil. S. German
28 dim. S. Cirile
29 dim. Sta Petronïa
30 dij. S. Sylve
31 div. S. Justin
Au mes de mai
Longui semana

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P.
D.
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Q.
L.
Q.
L.

lu 3,
lu 11,
lu 19,
lu 26,

SOULÈU.

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2
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9 Dim.
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11 dim.
12 dim.
13 dij.
14 div.
15 dis.
16 Dim.
17 dil.
18 dim.
19 dim.
20 dij.
21 div.
22 dis.
23 Dim.
24 dil.
25 dim.
26 dim.
27 dij.
28 div.
29 dis.
30 Dim.

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Sta Margarida
S. Barnabe
S. Antoui de P.
S. Basilio
S. J.-F. Régis
S. Moudeste
S. Lambert
Sta Olga
S. Gervai
Sta Juliena F.
S. Louis de G.
S. Paulin
Sta Maria d'O.
S. Jouan-B.
S. Prousper
S. Alban
S. Cresen
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s. Pèire
s. Pàu
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SDULÈU. - - L. 4 35' — C. 8 22'

1
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D. Q. l»i 17, a 1 oura 1.1 s.
N. L. lu 21, a 5 oura 14 m.
IV Q. lu 31, &amp; 5 oura 21 s.
souLÈu, —1.5 or -j&gt;. 8 or

dij.
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4 Dim.
5 dil.
6 dim.
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8' dij.
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Djm.
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S. Pèire-aï LS. Alfonso
Inv. de S. Estève
S. Domenica
N. D. dei Nèu
Trausf. de J. C.
S. Gaétan
Sta Batilda
S. Camila d. L.
S. Là u ren
S. Septima
Sta Clara
Sta Filoumèna
S. Ousèbi
Asoumpcionn
S. Roc
S. Mamès
Sta Elena
S. Ipoulita
S. Bernar
Sta Chantai
S. Pio V
S. Filipe B.
S. Bartoumiéu
s. Louis, r. F.
s. Seg'oundo
s. Cesari
s. Goustin
s. Mederic
Sta Rosa
S. Fiacre

F.n . ivoast
Figa e moust

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SBTÈMBRE
P. !.. lu 8, a' 4 oura 57
D. Q. lu 15, a 6 oura î&gt;l
N. L. Ju 22, a 3 oura 37
P. Q. lu 30. a 0 oura 08
SOULÈU. - - 1. 5 47V— c.

1
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dis.
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dil.

S. Gili
S. Estève R.
Sta Eufemia
Sta Rosalia
S. Làuren J.
S. Pambon
S. Grat
Natiu, di' la V.
S. Oumer
S. Xicola
S. Félis
S. Veran
S. A nié
Es. (1. l.S. CtQUS
S. Nicomède
S. Conrneilla
S. Lanbert
S. Tournas V.
S. Janvié
S. Euslache
S. Matiéu
S. Maurici
Sta Tecla
S. Girar
S Firmen
S. Nil
S. iN'icandre
S. \\ inceslas
g. Miquèu
S. Jeromo

Lima setembrina
De mai clarina

MOT »

GRANDE MARQUE RECOMMANDÉE

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Qüa.TRIÍJMí)
OUTOUBRE
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6 06*

TRIMESTRE

NOUVÈMBRE
P. L. lu
6,
D. Q. lu 43,
N. !.. lu 20,
Q.
lu 29,

r.

SOULÈU. - -

1.

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4 oura 48
8 oura 20
9 oura 49
2 oura 42
14'

—

c.

5 03'

1 dim. Rosari
1 div. Tout lu Sant
2 dim. S. ■ Léger
2 dis. Eu Mouorl
3 dij. S. Rosari
S. Ubert
4 div. s. Francès d'A. 43 Dim.
dil. S. Carlo B.
5 dis. s. Placido
5 dim. Sta Bertila
6 Dim. s. Bruno
6 dim S. Leounar
7 dil. s. Serge
dij. S. Nestou
/
8 dim. Sta Reparada
8 div. Lu Quatre Incou.
9 dim. S. Denis
9 dis. S. Teodore
10 dij. s. Francès B. 10
Dim. S. Jacintou
11 div. s. Tarasco
11 dil. S. Martin
12 dis. s. Counrad
12 dim. S. René
13 Dim. s. Edouard
13 dim. s. Stanislas
14 dil. s. Calisio
14 dij. S. Pantena
15 dim. Sta Teresa
15 div. Sta Gertruda
16 dim. S. Ospici
16 dis. S. Edme
dij.
17
Sta Edvija
17 Dim. S. Gregori
18 div. S. Luc
18 dil. S. Alfè
19 dis. S. Pèi re
19 dim. Sta Babeta
20 Dim. S. Agrico)
20 dim. S. Edmon
21 dil. Sta Ursula
21 dij. Présent, de la V.
22 dim. S. Filip
22 div. Sta Cecilia
23 dim. S. Teodoret
23 dis. S. Clemen
24 dij. s. Mairloire
25 div. ss. Crespin-Cr. 24 Dim. Sta Flora
26 dis. s. Jouan de K. 25 dil Sta Catarina
26 dim. Sta Pel fina
27 Dim. s. Frumence
27 dim. S. Maxime
28 dil. s. Alfredo
28 dij. S. Sostène
29 dim. s. Narcisse
29 div. s. Saturnin
30 dim. s. Marcel
30 dis. s. Andrièu
31 dij. s. Siri
En ùuloubre
\loii ponorc goûta loti rùare

Tonssan ientra
St A n'driéu lou souorte

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DESÈMBRE

s.
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P. L .
D. Q.
N. L.
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lu 12,
lu 20,
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1
2
3
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12 dij.
13 div.
14 dis.
15 Dim.
16 dil.
17 dim.
18 dim.
19 dij.
20 div.
21 dis.
22' Dim.
23 dil.
24 dim.
25 dim.
26 dij.
27 div.
28 dis.
29 Dim.
30 dil.
31 dim.

1.

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3 oura
m.
6 oura 46 s.
4 our;i 40 s.
7 OUI;L 48 s.

7 54' — c.

A vent
Sta Bibiana
S. Francès X.
Sta Barba
S. Bassi
S. Nicola
S. Anbrosi
Imac. Conception
Sta Leoucadia
Sta Eulàlia
S. Damase
Sta Rosélina
Sta Lucia
S, Niçoise
S.
S.
Sta
S.
S.
S.
S.

Mesuiin
Adon
Olimpíada
Gatien
Ciprian
Filogone
Tournas

S. Onourat
Sta Vitòria
Cacha-fuec
Calèna
S. Estève
S. Jouan
SS. Inoucent
Sta Eleonora
S. Sabîn
S. Sàuvestre

Calena aufuec,
Pasca àu j'aèc.

sin -

GRANDE MARQUE RECOMMANDÉE

4 35

�- i6-

�- 17

-I

CROUNICA NIÇARDA
L'ABADÏA DE SAN POUON.— L'ABAT RANCE-BOURREY.
GLOFFREDO.

—

—

PÈIRE

A PREPAU DOU DIALETE NIÇART.

Ben qne pareissènt tardié, VArmanac Niçart s'empressa de
pourtà la siéu febla vous su tout cen que enteressa lou païs, sigue
au pounch de vista istoria loucala, pouesia, tradicioun, sigue
tamben su la taquinanta questioun dóu dialete niçart souvenri
fès pauvada e su la quala lu escritour mouderne soun luen d'estre
d'acordi.
Parlerai finda de M. l'Abat Rance-Bourrey, un beneditin qne
despi quauque an en ça mete à prouflt la siéu erudiciou n a nen
revelà de fach d'istoria inedieh. Se quauqu'un mérita d'estre
laudat es ben éu ; es en éu que VArmanac Niçart tressa la
pamoula de sapiença. En esprimant la nouostra recounouissença,
à l'Abat Rance-Bourrey, fen cen que touplen an denembrat,
vouoli dire de courounà lu siéu travail, frucha de ben de recerca,
dai quali obra sian fier d'avé prestat la prima ajuda. Pouden cità :
lou Discours sur le Monastère de Sainte-Claire de Nice, par Honoré
Pastorelli, publié d'après l'édition originale de Turin 1608, avec
une introduction et des notes ; — "Le Général J.-B.-M. D'Anselme" (Notices biographiques (1740-1792). E aquest'an
l'istorien nen douna — toujou de prima man — YExpulsion de
Mgr Valperga, evesque de Niça, au tèms de la Revoulucioun,
travail anoutat de peça curiouvi que sian urous de pouder metre
souta lu uès dei nouostre letour.
*
* *
Lou fach de l'annada, lou mai marcant, es estat aquéu de
l'Abadïa de San Pouon. Parlon de tout destruge pèr li basti an
siéu luec un espitau Pasteur... UArmanac Niçart es pas Penemic
dóu prougrès, ni men encara dei Bei-Art, ma si fa lou pious dever
de jougne lu siéu esfouors en aquelu dei siéu councitadin quo
l'istoria dóu passat passiouna, pèr que l'Abadïa de San Pouon
sigue counservada e classada couma mounumen istorique. En la
circonstança feliciti M. l'Abat Rance-Bourrey que mé rasoun s'e.s
demoustrat l'ardènt defensour autourisat que counouissen. La
siéu paràula es estada escoutada e lou Préfet de li Alpa-Maritima,
8

'

�— i8 M. de Joly — respetuous dei nouostri tradicioun — en ortie
avertit a proumès que l'Abadïa de San Pouon seria respetada e de
lèu si crusià pèr lou siéu classamen tra lu mounumen istorique.
Dóu resta vequi ce que l'Abat Rance Bourrey nen di su San
JPouon. Counsignen religiousamen li siéu paràula :
« L'Abbaye de Saint-Pons est le plus ancien monument relitgieux existant dans le Comté de Nice. Il y a dou^e cents ans que
sSiagrius y fonda un monastère. L'histoire de ce monastère est
jintimement liée à l'histoire religieuse, civile et économique de la
iville de Nice.
;
« Ce fut à Saint-Pons qu'en 1388 fut'signé l'acte réunissant
le Comté de Nice au Comté de Savoie. Les abbés de Saint Pons
ifurent pris dans les principales familles du Comté : les Badat, les
tLaugery, les Provana, les Lascaris, les Grimaldi, les Martelli, les
;Tournefort, etc. Plusieurs évêques de Nice furent abbés de Saint[Pons, en particulier Barthélémy Chuet (fin du xve siècle) et Jean
, Uriole, son successeur. Un autre abbé, Claude de Seyselle, fut
,évêque de Marseille, puis archevêque de Turin ; d'autres furent
cardinaux, tels Innocent Cibo, neveu d'Innocent VIII et de
f
;Léon X, et Paul Medeci de Cesis dont on voit encore l'inscription
(funéraire à Sainte-Marie-Majeure, à Rome.
:
« A la fin du xvir siècle, l'abbé de Saint-Pons était Pierre
•Gioffredo, le savant historien niçois. Enfin, un abbé de SaintiPons dont les Niçois n'ont pas encore perdu le souvenir, était
(l'abbé Spitalieri de Cessole qui a doté sa ville natale d'un établissement de bienfaisance si justement apprécié. La plupart des
pbbès de Saint-Pons et plusieurs évêques de Nice ont été enterrés
dans l'église ou sous le cloître et dorment aujourd'hui confondus
avec les moines leurs frères qui depuis dix siècles y sont enterrés.
« Les monuments funéraires ont disparu. Le temps a tout
(nivelé à Saint-Pons, singulièrement aidé cependant par la main
ides hommes. On connaît les dévastations commises par
Iroupes de François Ier et de Barberousse, plus tard par celles d
Catinat et par d'autres encore. Après chaque désastre, SaintPons a retrouvé une nouvelle vitalité et il y a à peine trois quarts
de siècle que Mgr Galvano y a fait d'importantes réparations.
;
« Saint-Pons n'est pas seulement une page de l'histoire de
notre pays, c'est un gros volume de cette histoire ; les Niçois
laisseront-ils dire qu'ils sont restés indifférents devant le danger
qui menace Saint-Pons ? Non, ils feront tous leurs efforts pour

�— 19 -

sauver de la destruction un monument qui doit leur être cher...
Je demande d'urgence le classement de l'Abbaye de Saint-Pons,
c'est-à-dire de l'Eglise et des bâtiments claustraux, comme monument historique. »
Lou councours de YArmanac Niçart es aquist. Emé fiertà e
au près de touplen de sacrifici faren respetà l'istoria dóu passat,
la lenga e lu escrich dei orne qu'an ilustrat lou nouostre bèu
pais.
*
* *
Despi quauque tèms, — maladia que reven per intermitença,
— la gran questioun de la grafia niçarda, de l'ourtougrafa, es
messa su lou tapis. De letra soun estadi publicadi, d'autri lou seran, e cresi qu'après ben de charra pèr dire pas gran cauva de
nóu, quasi dirii pèr predicà dintre lou Desert, noun restera
d'aquela discussioun, — Favén déjà coustatat, — pas gran cauva,
ren!... Cadun escrèu à la siéu moda seloun l'esprit dóu moumen,
e serii ben curious de counouisse aquéu que vendria nen dità
une metoda en nen dïen : « la mièu maniera d'escrièure lou
Niçart es la bouona». Discussioun scientifica que pòu passiounà
quauque lenguista, pas mai ; lou mihou es d'escrèure seloun li
letra ditadi pèr la prounouncia. Lou talènt pèr aquéu qu'escrèu
es de si laissà liège, de si faire acapi. Es qu'en en un entan que
frecuenta l'escola primària poudès li demandà autra cauva ?...
Perta de tèms que tout acò, vourria mai s'engenià à recercà lu
viei mot, espressioun, loucucioun courenti que la pous dóu tèms
a rabaïat, dounà au nouostre bèu dialete la coulou que dèu avè,
en respetant lu emprunt que pouden avè fach sigue à l'Italian, à
l'Espagnòu o à tout autre...
Un dialète noun dèu pas estre une lenga scientifica, encara
m en noun còu avè la pretencioun que sigue ouficiela, seria temerari ; lou dialete d'un païs dèu refletà lou caratere d'un'epoca que
lou tèms dèu respetà, enfin escrèure gramaticalamen, un noun
empedisse l'autre, e laissà à l'esprit, au goust lou coumplemen
d'un stile ouriginal, en de frasa councisi que flaton i'auriha.
Aquí fermi la discussioun, risqui de perdre la civada... l'an
que ven, se Diéu mi presta vida, v'en dirai d'autri e couma
d'usança que mi sigue permès de la vous souvetà : Bouona e
uroûva !
L'ARMANAC

NIÇART.

�20 —

LA CIGALA DOU BOUON DIEU
Una cigala dóu Bouon Dieu
Tout l'estiéu
E l'iver en la chambreta, —
L'aiguesias vista la lebreta ! —
Noun vivïa que d'amour
S'assetava su l'ounour;
La cigala cantarela,
Vau chanja de clientela,
Noun es courta d'amatour,
Que li viron tout au tour !
Ma l'ancien de la cigala,
De gros mot ven que s'embala ;
En l'auriha de la maire
Li ven tout aquéu bousin,
Que deja toui lu vesin
Sabon lou long de l'afaire
— Cenqu'as fach m'au tiéu tip ?
Di la maire enrabiada...
Bella Vierge encourounada !
Sera au mancou m'un bouon rie!!...
CH. CIAUDO

PROUVERBI, BOUOI MOT, COUNSÉU E DICH
Tèms d'iver noun ti fidar.
Lu màu dei enfan si garisson soulet.
Cau naisse pèr estre bèu, si maridar pèr estre rie, e mouri
pèr estre brave.
Per aver de raïn, eau caressar la souca.
Agnèu naissut
Vau un escut.
Dansa mihou ventre plen que rauba nova.
L'oumbra dou mèstre engraissa lou cavau.

�LOU MAGOT DE BERTOUMIÉU ISSUGA
O BEN

UNA RAISSADA DE MACAROUN
Conte menloanasqae trouvât dintre d'un armori
de ma nana e que /'Armanac Niçart es tirons de
transcrièure en niçart à Ventencioun dei sièu
fidèle lotour et lelrissa.

Bertoumiéu Issuga, mentounasque de viéia roca, abitava en
coumpagnia de sa mouhié, en carriera dóu Paumoulié. La siéu
frema, malurousamen, era sirnplaria e faia lou siéu desespoir.
Cada matin Bertoumiéu, avant de s'en anà au travail, li recoumandava de noun faire de bestialità. Cou vous dire que toui lu
dissata lou nouostre ome metia en un'armari pertuat dintre la
muraia lou gagne de la semana.
— Bertoumiéu ! pèr qu seria tout aquel argen, demandava
Marioun au siéu marit.
— Es pèr Madjou-long, castagnassa !
*
* *
Un jou Bertoumiéu partet pèr anar à la siéu campagna ;
devia même li restar doui ó très jou pèr souïnar e arousar lu
citrouniè. Marioun souleta matin e sera, s'assetava su lou banquet de la pouorta e faïa de bas... Un predinà veguet un ome
de statura mai que mejana, couma si di, un gran carcan. La
frema de Bertoumiéu lou fissa sensa parpelear, pi pihada d'un'
idea, li diguet :
— Moun bèu Moussu, sias bessai vous Madjou-long ?
Lou merlo pita e noun s'en laissa dire autre, léu li
respouonde :
— Noun vous troumpas pas, bella bruneta, sièu ièu Madjoulong !... Ma perqué mi faire tala demanda ?
Perqué ?... dou moumen que sias Madjou-long, intras su lou
cóu. Li a ja pas mau de tèms que moun marit a mes d'argen
amagat pèr vous...
E sensa mai de ceremounia li remeté lou mandiou dintre lou
quai lu sóu eron groupât. L'ome remercia e la s'esbigna lèu.
♦

* *

�Lou sera, Bertoumiéu arriva, la sièu mouhié li di.
— Sabes, ai vist ancuei Madjou-long !
E l'ome de cridar :
— Malurousa ! — m'en a fach encara una 1
Courre à l'armari, lou mandiou e Pargen, mouis !... Issuga
blastema pica dai pen, es décidât de si desiaire de la siéu frema
Lendeman, dóu téms qu'aissesta durmïa, li cuerbe lu uès emé de
pega de sabatié, pi la pihant pèr la man, la mena dapé dóu CapMartin. Arrivât aqui, Bertoumiéu fa mountar Marioun su d'un
nouguié el'abandouna. La paura, bòrnia, noun sabia doun si
trouvava, ni men encara ce que poudia faire.
En aquéu fra-tèms doui voulur venon s'assetar souta
l'aubre ; après aver abrat quauqui branca sequi pèr s'escaufar, pi
si meton à cuentar lou siéu argen.
La calou faguet delegar la pega que curbia Puès destre de
Marioun e aissesta de cridar :
— E d'un !
Lu voulur, d'estuc, s'isson d'emblée.
— Qu'es acó, diguet l'un.
— Un matagan, faguet l'autre.
La calou seguia á faire lou siéu efet pau à pau durbia Puei
senec.
— E de douî, diguet Marioun.
Dóu cou lu voulur escapon, laissant Pargen espantegat soubre
Perba.
Marioun coumença à li veire clar, cala da l'aubre e ramassa
Pargen, pi lèu s'en camina vers maïoun...
Lou sièu marit, pensierons, era assetat dapè dóu fuec, s'escaufant, fumant la sièu pipeta emé beatituda...
— Bertoumiéu !... o Bertoumiéu !... duerbe-mi, siéu iéu,
Marioun...
— Vai au diàu que ti pihe... ièu que cresii de m'en estre
despegouït...
Ma Marioun, toujou picava, un cóu noun asperava l'autre...
L'ome fenisse per li durbi...
— Ten ! regarda cen que ti pouorti.. . e Marioun pauva lou
sac su lou toulié. ..
Bertoumiéu, entartugat, cuenta Pargen e réfléchisse ; — Marioun es simplaria e deman la vila saupra Pistoria de la fouré . ..
Cóu que Bertoumiéu si dispegouïsse pèr empedi li marridi lenga
de bavar...

�— 23 —
Si mete la vesta, lou capèu e souorte fermant la pouorta i..
Faïa nuech dintre la carriera, ma sensa pena s'encamina
vers una boutiga e croumpa pèr mai de dès kilo de macaroun...
Ientra au sièu e di à la sièu mouhié de si metre au liech.
En tant que Marioun durmïa, Bertoumiéu fa bui lu macaroun, pi lu espantega su lu aubre dóu jardin... Lendeman de
matin la siéu frema, desveiada, si mete à la fenestra...
— O ! Bertoumiéu ! Bertoumiéu ! Vene un póu veire!... O
trest ! vè, a plougut de macaroun !...
— O vai fantauma !... n'as toujou una. .. Ten ! ten !... ma
es ver !...
*
* *

A quauque tèms en ça, Bertoumiéu l'avia previst, Marioun
countet à toui que lou siéu ome noun li picava plus, despi lou
jou qu'ela li avia pourtat de sac plen d'escut...
Lou juge aiguent audit parlar de l'afaire, mandet sounar
Bertoumiéu devant lou tribunal ; la siéu mouhié era estada
citada couma testemoni.
Lou juge. — Bertoumiéu, sias acusat d'aver gardât d'argen
que noun era vouostre.
— Iéu !... Ma moussu lou juge, lou negui ; sièu couma
sabès un travaiadou.. .
E Marioun de dire.
— Noun negar, Bertoumiéu, sabés ben qu'es ver ; es iéu en
persouna que t'ai pourtat la mouneda, qu'avii trouvât en la
fouré.. .
Lou juge. — Anas brave ome, noun negués.. .
— E quoura lou m'as pourtat ?... — Vous juri, Moussu lou
juge, que la miéu frema es fouola !...
— E lou sabes ben, Bertoumiéu, es lou jou que plouguet tant
de macaroun !
— Moussu lou juge aves jamai vist ploure de macaroun ?...
— Jamai ! moun beL amic respoundet lou juge que si tenia
lou ventre dóu rire — Amie, vèu que la vouostra frema es
fouola. .. sias aquitat !...
Bertoumiéu si retira emé Marioun... Noun aigueron plus
de disputa e vieugueron, pareisse urous e pèr longtèms !...
J. E.

�CANSOUN ANCIENNA

PÈR LOU

N'aurias pas vist la miêu fiha
Trin-trin
Lou galerin
A'aurias pas vist la miêu Jiha
Trois-wtrois
Le fils du roi
L'ai vista e l'ai baïada
Trin-trin
Lou Galerin
L'ai vista e l'ai baïda
Trois-trois
Le fils du roi.
Douna-mi la miêu fiha
Trin-trin
Lou galerin
Douna-mi la miêu fiha
Trois-trois
Le fils du roi.
Es aqnela la vouostra fiha
Trin-trin
Lou galerin
Es aqaela la vouostra fiha
Trois-trois
Le fils du roi.
La miêu fiha era pas lernia
Trin-trin
Lou galerin
La miêu fiha era pas lernia
Trois-trois
Le fils du roi
La miêu fiha era pas lua
Trin-trin
Lou galerin
La miêu fiha era pas lua
Trois trois
Le fils du roi.
N'es ni guercia ni poutinouva
Trin-trin
Lou galerin
N es ni guercia ni poutinouva
Trois-trois
Le fils du rois.

MAI

�La miéu fiha n'es pas borni a
Trin-trin
Lou galerin
La miêu fiha n'es pas bornia
Trois-trois
Le fils du roi.
Noun faïa pas belugueta
Trin-trin
Lou galerin;
Nonn faïa pas belugueta
Trois-trois
Le fils du roi.
La miêu fiha n'es pas emberrida
Trin-trin
Lou galerin
La miêu fiha n'es pas emberrida
Trois-trois
Le fils du roi.
La m iéu fiha n'es pas pigada
Trin-trin
Lou galerin
La miêu fiha n'es pas pigada
Trois- trois
Le fils du roi.
La miéu fiha noun es pas ranga
Trin-trin
Lou galerin
La miéu fiha noun es pas ranga
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha noun es pas louorla
Trin-trin
Lou galerin
La miéu fiha noun es pas touorta
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha n'es pas crouoada
Trin-trin
Lou galerin
La miéu fiha n'es pas croavada
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha n'es pas gibouva
Trin-trin
Lou galerin
La miéu fia n'es pas gibouva

�— 26 —
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha noun es foularana
Trin-trin
Lou galerin
La miéu fiha noun es foularana
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha n'es pas ingourda
Trin-trin
Lou galerin
La miéu fiha n'es pas ingourda
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha a pas lou peu de pi g nu
Trin trin
Lou galerin
La miéu fiha a pas lou peu de pig nu
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha noun es narvelouua
Trin- trin
Lou qalerin
La miéu ûha noun es narveloiwa
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha noun a la rougna
Trin-trin
Lou galerin
La miéu fiha noun a la rougna
Trois trois
Le fils du roi.
XXX.

PROUVERB1, BOUOI MOT, COUNSÈU E DICH
Qu duerme ben noun cregne li niera.
Qu vè pissar e noun pissa, crêpa de malícia.-'
Qu douna soun ben avan de mouri
Mérita de pati.
L'amour es lou paradis dei fouol.
L'amour es .la flou de la jouinessa.

�LA MOUORT DAU PAURE TOUNIN

Lou paure Tounin, malàut a setant'an, si presenta à l'espitàu
ma li respouondon que li a plus de plaça.
— Coumplet ! ! !
Quauqu'un li fa capi qu'em'un pau de proutecioun li pourria
intrar. Countrariat dei pas que cóu faire, Tounin vira lu taloun e
s'encamina vers la plaça Massena, piha lou tram, si rende da
Graugnard, à l'espitàu dei can, e li di :
— Moussu lou Veterinari, cresi d'estre un pau mai qu'un
can ?... En aquéu cas souîna-mi...
— Vous souînar aici, ma brav'ome perdés la testa. — Basta,
li di que n'a pas de liech pèrcourcar un crestian, que noun douna
de souin qu'ai bestia !...
Tounin, couma pensas, s'en souorte m'au couor gros e noun
sau plus à que sant si recoumandar. Era aqui au mitan dóu
camin, quoura en aquéu moumen arriba un landau, doun cala
una grossa dama, encapelada, aurias dich un ver foungi, segada
d'un varlet que pourtava religiousamen un can enfeloupat emé de
favour rosa au couol, tapat d'un tapis em'ai iniciala. En veèn
aquéu tablèu lou paure Tounin si lamenta, sangluta fouort.
— Qu'avès lou miéu brav'ome, li di la dama.
— Cen qu'ai Madama ?... trovi que lou vouostre can a mai
de chança que iéu. Li a cinquant-cinq an que travaii, pèr la premiera fès que siéu malàut, noun soulamen mi refuson à l'espitàu
dei estre uman, ma encara mi vèu picar la pouorta au nas èn
aquéu dai can.
— Quevoulès, lou miéu paur'ome, ai fach un vout de mimetre
à la Soucietà Proutetriça dei Animau, de pourtar touti li miéu
ecounoumia à la Caissa de secours pèr soulajar lou sort dei bestia.
Lou fau talamen ben, que vouguessi ben vous dounar un sóu
que pourii pas.
La dama li vira l'esquina e ientra couma un coupa-cisèu da
Graugnard. Tounin roumougna :
— Se ti veguessi en un cantoun ti dounerii mancou un gotou
d'aïga !... vièia sansuga !...
Tounin estrassinat, deble s'alonga un pau plus en là, su d'un
mouloun de peira. Quauqui oura après, couma soufrisia, n'ai-

�guènt ren en l'estomegue depi l'auba, coumençava d'aver lou
rangouioun, quoura passet un canipiè que li diguet :
— Que fès aquí, brav'ome ?
— Couma veès siéu aqui pèr tirar lu patoun. M'an refusat â
l'espitàu, même en aquéu dai can, noun mi resta que de mouri
su d'un mouioun de peira. — Avès un carnet su lou quai enregistras lu fach dóu jou, farias ben de li aloungar lou miéu testamen que poudès mentuar couma acô :
— « Bouon Diéu, se mi fes passar encara une fes sur la terra,
fe-mi naisse can au mancou, li aura une Soucietà Proutetriça dei
Animau que si crusira de iéu e pourrai estre amès en un espitau,
estre souïnat, faire bouona vida, menar une vida de can... »
ANT. ROLAND.

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VIGNE
A M. VALÉRE BERNARD.

Dans le ciel doux la Vigne ètreint les pals de buis.
Sous le pampre le merle alourdi des falernes
Tourne son col gris vair et ses paupières lemes
Qu'argenté la blancheur des immuables nuits.
O / fraîcheur, 6 beauté des Igs et des iris,
Que la Vierge éblouie avec les marjolaines
Cueille le soir venu aux vasques des fontaines
Pour colorer en fête, au crépuscule, l'Euis.
Narcisses, ébeniers, œillet et sensitive
Ah ! Versez en mon âme attiédie et pensive
L'orgueil qui souleva les clairs olympiens.
L'amour qui rafraîchit les Madones pieuses
Et qui vêt de clarté les snls athéniens
Et les ravissements des époques heureuses.
JEAN

PADOVANI.

Quauque souvèt :
Vous souveti la bouona annada.
Que siegue mihau que la passada.
Vous souveti la bouona annada acoumpagnada de touplcn
d'autri.

�Eglises et Chapelles de Nice
La vieille ville de Nice se trouvant sur la rive gauche du
Paillon, pour parler de ses églises, nous commencerons par son
église cathédrale, Sainte-Réparate, vierge et martyre, de celles du
canton Est, et en traversant la rive droite nous nous occuperons des paroisses du canton Ouest.
I. — L'Eglise Cathédrale du Diocèse de Nice est la paroisse
de Sainte Réparate, vierge et martyre, sous l'empereur Decius en
253. Sa fête est le 8 octobre. Cette église est au centre de la vieille
ville (8.500 âmes), Avant 1531 la Cathédrale était près du Donjon, plateau de Nice, et dénommée : Sancta Maria in platea,
dédiée à N. D. de l'Assomption. L'édifice actuel, dans son genre,
ressemble beaucoup à Saint Pierre de Rome, au Vatican. C'était
auparavant une simple église paroissiale
desservie par
les Bénédictins du Monastère de Saint-Pons, près Nice.
Dans son ressort se trouvent l'ancienne église de Saint
Jaume (Saint Jacques apôtre), jadis des P.P. Carmes, fermée
depuis 1903. Après le transfert du titre de paroisse à l'église de
Saint Juste, évèquc, au Gesu, elle fut placée sous la vocable de l'Annonciation de la Sainte Vierge, ainsi que la belle Eglise de la
Miséricorde, sur le Cours Saleya, jadis de Saint Gaétan, fondée
e
par les P.P. Theatins au XVIII siècle et cédée à la noble
confrérie des Pénitents Noirs.
La Cathédrale de Nice, paroisse Sainte-Réparate de nos jours,
fut comme l'ancienne au Donjon du Château {Sancta Maria in
platea), le théâtre de plusieurs f lits historiques mémorables dans
les annales de l'histoire de Nice.
II. — L'Eglise de Saint Jacques, an Gesû, dès son érection
en 1612, dédiée à Saint Juste, évêque. Sa fête est le 2 septembre.
En 1665 fut érigée en paroisse sous le titre de Saint Jacques le
Majeur, remplaçant la paroisse de Saint Jaume. On l'appelle
vulgairement le Gesù à cause qu'elle a été fondée et administrée
par les P.P. de la Compagnie de Jésus.
Appartiennent à cette paroisse les deux chapelles des confréries des Pénitents Blancs, la Sainte Croix, — confrérie la

�óo —
plus ancienne de Nice, — et des Pénitents Rouges, Saint Suaire
et de la Sainte Trinité ; l'Eglise du Couvent de là Visitation,
la chapelle de l'ancien séminaire, à la montée du Château, et
jadis l'Hospice franciscain avec chapelle de Saint Joseph des
P.P. Recollets de Cimiez, convertie en maison particulière.
L'Eglise du Gesù est d'ordre corinthien composite, cons truite sur le modèle de l'Eglise des Jésuites de Turin, dite
vulgairement les Saints Martyrs. ( 10.000 âmes).
A l'extrémité de la rue du Malonat, aux racines de l'ancien
château, on voit un oratoire à la Sainte Vierge Marie, sous le
titre de N. D. du Bon Secours. Les habitants de ce quartier érigèrent cet oratoire en l'honneur de la sainte Vierge, en reconnaissance du choléra en 1854.
III. — L'Eglise paroissiale de Saint Martin Evéque dite de
Saint-Augustin est la plus ancienne, elle fut bâtie sur l'emplacement de l'ancienne chapelle de Saint Martin (1205) et appelée
Saint-Augustin parce qu'elle était desservie par les Augustiniens
dont le couvent a été transformé en caserne. (Caserne Filley, près
l'ancienne chapelle Sincaire).
IV. — L'Eglise de Saint-Francois-de-Paule a été édifiée en
1736 d'après le plan de l'architecte
Guarini. En 1838
elle fut érigée en paroisse par décret de Mgr Galvano et appelée
aussi Saint-Dominique en souvenir de l'ancienne église paroissiale
de ce nom qui s'élevait sur la place Saint-Dominique aux lieux et
place de l'actuel Palais de Justice.
V*— L'Eglise du Port ou de l'Immaculée Conception. D'humble
origine. D'abord ce fut une fort modeste chapelle (1835), transformée agrandie par Mgr Galvano, et l'avocat théologue L. Mari
fut son premier curé..
VI. — L'Eglise Saint-Joseph nouvelle paroisse depuis 1911 la
première pierre fut posée le 19 mars 1911, bénie le 29 octobre et
ouverte au public le Ier novembre 1911 sous le patronage de Mgr
Chapon et dirigée par les soins de M. l'abbé Gabrielli.
A cette paroisse appartiennent la chapelle succursale de Saint
Joseph contigüe à l'Evêché, et la chapelle de Notre-Dame des
Anges sur l'ancienne route de Villefranche.
VIL — Saint-Roch. Cette église paroissiale dans la banlieue
de Nice fut érigée après la peste de r68r. Nice fut délivrée de ce
fléau par l'intercession de saint Roch, confesseur, né et mort à

�- Si Montpellier. La paroisse est divisée en deux quartiers, Roquebillière
inférieure et Roquebillière supérieure, jusqu'à la chapelle de NotreDame de Bon Voyage.
VIII. — Rive droite du Paillon, intra muros, se dresse Notre Dame du Vau, paroisse Saint-Jean-Baptiste, qui remplace l'an
cienne église du même nom devenue chapelle inférieure du Lycée.
Cette belle église, vœu delà ville de Nice en 1835, mt érigée en
1842 et terminée en 1852 par Mgr Galvano, évêque de Nice.
La façade ressemble à celle élevée à Turin en l'honneur du retour
du roi dans les états Sardes en 1814.
IX. — Saiiit-Pierre-d' Aréna remplace une chapelle située à la
Croix de Marbre. Elle fut érigée en paroisse en 1803 par Mgr
Colonna d'Istria. Elle doit son nom à ce fait, c'est que lors de sa
fondation elle se trouvait sur le rivage de la mer séparée par une
bordure de sable fin.
X. — Une ancienne chapelle de Sainte-Hélêne-l'Inspiratrice
existait dans ces parages. Elle fut remplacée en face la mer par
une église sous l'épiscopat de Mgr Recrosio (1727).
Six paroisses « extra muros » dépendent de la commune de
Nice.
Sainte-Marie Magdeleine, sise dans le vallon de Magnan, édifiée sur l'emplacement d'une chapelle de même nom, érigée en
1626 et dite vulgairement chapelle « dei cassaire » à cause du
grand nombre de chasseurs. Après le concordat de 1803 sous
l'épiscopat de Mgr Colonna d'Istria, ce quartier qui depuis 1771
dépendait pour le spirituel de la cathédrale fut érigé en paroisse.
Il existe encore aujourd'hui une chapelle de Notre-Dame du Bon
Conseil changée en demeure particulière . Bientôt le besoin de
la population augmentant, une église sera bâtie à la cité Robiony
par les soins du curé actuel de la Madeleine.
Plus à l'est de la ville, toujours dans le canton ouest ce
l'Arquet, se dresse la paroisse de l'Ariane dédiée primitivement à
saint Arnoux, évêque et à saint Pierre, apôtre. Elle fut érigée en
paroisse en 1809 sous l'épiscopat de Mgr Colonna d Istria. Dans
son ressort se trouve l'ancienne chapelle nécropole de l'Abbadie
fondée en 1635 en l'honneur de sainte Claire pour le besoin spirituel de 450 à 500 habitants qui appartiennent aux communes
de Nice, Cantaron Saint-André. Localité d'avenii et à laquelle
le chemin de fer Nice-Coni donnera une valeur stratégique.

�— 32 —
Gairaut avait au moyen-âge une chapelle de secours desservie
par les religieux chevaliers de l'ordre du temple au début, et par
la suite de Rhodes et de Malte. Sous l'épiscopat de Mgr François
Rosini de Martinengo la chapelle fut érigée en église paroissiale
sous le vocable de saint Sauveur o*u de la transfiguration du
Rédempteur.
Dès 1730 les P. Dominicains de Nice fondent à Saint Pancrace un sanatorium pour religieux martyrs avec chapelle en
l'honneur de Saint Pancrace martyr. Cette chapelle est érigée en
paroisse en 1848 par Mgr Galvano.
Sur le couchant de Saint-Pancrace on trouve la paroisse de
saint Roman . martyr ; l'ancienne chapelle fut érigée en paroisse
ainsi que celle de saint-Antoine de Ginestière en 1803 sous Mgr
Colonna d'Istria.
VALENT IN.

NOU VÉ
Tu Çatarina fai lou pan.
Mdumen de jota, d'alegressa,
Fes audi da toui lu couor :
Lu ange canton l'alegressa,
Fuges l'infer, Juges la mouorl.
Chntou !
L'aarika sabla, li a quaucaren aici vesin,
Sembla que senti li joia d'un festin ;
Audi lu tambourin de laen,
Lu Jlajoulet e li musela,
Lu pastre van à Bethelen
Laisson la cabana soaleta ;
Santo nuech, venes aléa nen ralegrà,
Pourtas à toui la pax et la tranquilità !
Tu Catarina fai lou pan,
Manda Lucrecia au safran,
Despende aléa lou lauvaniè,
Chapla la blea su lou taatié ;
Crala de froumai e roumpe d'iiu
E fai la iourta couma fou,
Ché n'aiguen toui en aboundança (bis)
Santa nuech, venes alèu nen ralegrà,
Pourtas à toui la pa.x e la tranquilità .'
En tant faguen etnb'au vesin
t ua santépér lou Bambin,
Toucan lou gotou de bouon vin,
Ernb'aa vesin pér lou Bambin
Ti-ri-tin-tin ! -tinTi-ri tin !

�— 3Î —

L'Expulsion de Mgr Valperga
fEN SEPTEMBRE

1792)

Le 12 octobre 1780 h population de Nice se pressait aux
abords de la porte Pairoliëre pour y recevoir en grandes pompes
le nouvel évêque Charles-Eugène Valperga di Maglione. Ce
prélat avait couché la veille selon l'usage antique à l'abbaye de
Saint-Pons et devait faire ce jour là son entrée solennelle dans
sa ville épiscopale.
Le cérémonial imposant avec lequel on avait reçu jusqu'alors
les évêques fut encore cette fois observé. L'accueil de la population entière fut des plus chaleureux au rapport de Pierre Scaliero
qui en fut témoin (1). Le nouvel évêque, qui remplaçait Monseigneur Astésan nommé archevêque d'Oristano en Sardaigne,
appartenait à une famille de vieille noblesse dont plusieurs membres avaient exercé, à Nice, des fonctions importantes (2). Il
(1) Voir aux Archives municipales le récit détaillé que ce chroniqueur en a laissé dans ses Mémoires. Pierre Scaliero mourut en 1805.
(2) Jacques Valperga, conseiller ducal, fut lieutenant du gouverneur de Nice en 1454 ; Thoma5 Valperga fut gouverneur du château de Nice en 1565 ; Jean Valperga fut également gouverneur de
Nice en 1596 ; Jérôme Valperga fut commandeur du château de
Nice en 1600 ; Pierre Valperga, frère de Jacques Valperga, était
chevalier de Malte (Arch. municipales, registre des gouverneurs,
commandants et chevaliers de Malte) ; Anne Valperga, fille dAmédée
Valperga, épousa, le commandeur de Malte Jean-Paul Lascaris.
(Voir son testament daté de 1683, arch. des Alpes-Maritimes,
registre B, 297.) Joseph Ignace de Valperga reçut de son oncle, Emmanuel Philibert Chiotera, mie partie du fief de Couaraze dont il fut
investi le 20 février 1753. Son fils, Vincent, céda ses droits à H. Novelli. Jérôme Valperga fut sénateur à Nice de 1761 à 1765, puis
ministre plénipotentiaire de Sardaigne à Gênes en 1780 ; plus tard
il fut ministre etsecrétaire d'Etat, ce dernier était le frère de l'évêque
de Nice et fils du comte François Valperga qui vivait encore en
1795Ees armoiries des Valperga étaient fascé d'or et de gueules, à
la plante de chanvre déracinée, d'argent et brochant. Le cimier
était un bouc naissant au naturel et la devise : « Ferme-toy ».
Nous reproduisons les armoiries de Monseigneur Valperga d'après celles qui se trouvent en tête du catéchisme édité par ses ordres
et dont nous devons le dessin à l'obligeance de M. Joseph Casai
(Extrait de 1' « Armoriai Artistique et Nrbiüaire », Ni.e, 1902.
3

�- 34était directeur du collège des Provinces à Turin, lorsque le roi
de Sardaigne le désigna, pour l'évêché de Nice. Il avait été sacré à
Rome où il avait fait ses études. Monseigneur Valperga se distingua immédiatement par sa vigilance et son activité : il releva
le niveau intellectuel et moral des prêtres de son diocèse et s'attacha à mettre en toutes choses la plus grande régularité. Dix-huit
mois après son installation, il publia un nouveau catéchisme
dont le plan avait été préparé par son prédécesseur ^i). Grâce à

ses relations cordiales avec la eour de Turin, il jouissait auprès
des autorités civiles de Nice d'une grande influence. Après douze
(1) Ce catéchisme en italien fut imprimé à Nice par la Société
Typographique. C'est un petit volume in-douze de 612 pages, portant
la date de 1783. En tête se trouve le mandement de Monseigneur
Valperga du 16 février 1782 qui approuve le travail terminé par
le prêtre auquel Monseigneur Astésan en avait confié le soin, ordonne
sa publication et règle l'organisation des catéchismes dans tout le
diocèse. Deux ans plus tard en 1785, Gabriel Floteront, imprima
un autre catéchisme rédigé en dialecte niçois, petit volume in-12
de 228 pages. Un exemplaire de ces deux ouvrages existe à la biblio
thèque de Nice. — Voir Villarey, Série Cronològica dei Vescovi
di Nizza. — Art. Valperga.

�-35 années de séjour dans cette dernière ville il s'était acquis l'estime
et le respect de tous.
*

• *

Lorsque le 28 septembre 1792 dans l'après-midi, les troupes
piémontaises évacuèrent Nice, il y eut dans cette ville une effroyable panique et des milliers d'habitants s'enfuirent dans la direction de Turin. Ce fut un désarroi et une désorganisation complète de toutes les autorités. iMonseigneur Valperga resta à son
poste et s'engagea à ne point quitter la ville. Le lendemain samedi
29 septembre, il accompagna le second consul Honoré Saissi et
quelques membres du Conseil qui se rendirent, vers les onze
heures du matin, à la villa Feraudi, au quartier St Hélène, pour
offrir les clefs de la cité au général d'Anselme qui venait d'y
arriver à la tête des troupes françaises. Le général fit à la délégation assez bon accueil, mais il s'étonna de trouver parmi ses membres, l'évêque dont la place déclara-t-il n était pas là. Du reste,
d'Anselme attacha si peu d'importance à la démarche îles magistrats niçois que dans aucune de ses dépêches officielles il n'en fit
mention.
Sur le soir du même jour, la petite armée française faisait son
entrée dans la ville et le général s'installait dans la maison du
consul de France à la place St Dominique. L'évêque de Nice qui
tenait à rester au milieu de ses diocésains se présenta de nouveau
vers les huit ou neuf heures du soir chez le général auquel il voulait recommander ses prêtres en lui demandant des respecter les
églises. Le général était entouré de tout son état-major, du consul
de France, Pierre Le Seurre, de Honoré Saissi, second consul, de
Féraudi, secrétaire général de la commune. Ces deux derniers
venus probablement pour appuyer les demandes de l'évêque.
L'accueil du général ne fut pas plus encourageant que la première fois ; il intima même avec insistance au prélat l'ordre de
quitter ta ville en ajoutant que le plus tôt serait le mieux et ce
fut sur ces dernières paroles que l'évêque se retira après avoir toutefois reçu du général la promesse que tout ce qu'il laisserait dans
son palais serait placé sous la sauvegarde de la Nation française.
Il n'y avait pas à tergiverser, l'ordre était formel et pressant, il
fallait partir. L'évêque prit ses dernières dispositious et délégua,
au curé de la cathédrale, le chanoine Honoré Navello, tous les
pouvoirs nécessaires pour administrer le diocèse en son absence.
Aux premières lueurs du jour, Valperga quitta son palais, et se

�— 36 dirigea à pied vers la porte Pairolière. Il avait été impossible de
trouver une voiture car tous les moyens de transport avaient été
réquisitionnés et utilisés le 28 septembre pour permettre l'exode
des habitants terrorisés. Il avait ordre de partir, mais cet ordre
n'ayant pas été donné par écrit, les volontaires marseillais, de garde
à la porte de Turin, refusèrent de le laisser passer, l'accablèrent
d'injures, le menacèrent même de le pendre et ne consentirent á
le lâcher que sur un ordre écrit, sollicité et obtenu du général,
grâce à l'intervention courageuse et au sang-froid d'un jeune
niçois, Joseph Castellinard. Monseigneur Valperga se retira à
Turin et y mourut en 1805 sans avoir jamais pu obtenir l'autorisation de rentrer.
*

* *

Il est établi par les documents officiels contemporains que
Monseigneur Valperga ne quitta son siège que sur les ordres arbitraires du général d'Anselme et ces mêmes documents nous
renseignent très exactement sur les incidents fâcheux qui se produisirent au départ de l'évêque. Du reste, on n'ignorait pas à Nice
comment les choses s'étaient passées et la population savait grê à
Valperga de son attitude et de sa fermeté. De son côté, Valperga
avait eu confiance dans la parole à lui donnée par le général au
nom de la Nation française et à plusieurs reprises il manifesta
son étonnement qu'elle n'ait pas été gardée, que ses biens aient
été confisqués, son mobilier vendu, son nom inscrit sur la liste
des émigrés alors qu'en partant il n'avait cédé qu'à la force.
Parmi les nombreux documents qui se trouvent soit aux archives de Nice, soit aux archives nationales il en est quelques-uns
dont la simple reproduction sera plus probante que tous les corn,
mentaires. Il_suffira de citer :
•i° La lettre du Directoire des Colons Marseillais en date du
25 février 1793, adressée aux citoyens Blanqui et Veillon, députés
extraordinaires de la ville de Nice à Paris, au sujet des réclamations présentées le 23 du même mois par Jean-Jacques Donny, au
nom de Mgr Valperga.
20 La réponse du même Directoire à J.-J. Donny, en date du
26 février 1793.
3„ L'arrêté du Département en date du 13 avril 1793.
40 La réclamation présentée au Directoire du département

�Valperga, aussitôt après son inscription sur la liste des émigrés de
la ville de Nice, dressée à la fin de juin 1793.
50 Les états de frais pour l'inventaire et la vente du mobilier
et effets de « l'émigré Valperga Maillone, citoyen évêque » approuvés par le département des Alpes-Maritimes, le 5 germinal an
III (25 mars 1795).
6° Les actes de notoriété dressés le Ier et 2me fructidor an III
(18 et 19 août 1795) par Gautier, juge de paix à Nice, à la requête de Pierre-Joseph Passeron, agissant en qualité de procureur
subrogé par Nicolas Giorni, procureur spécial et général de Mgr
Valperga, par acte de procuration reçu à Turin le 20 juillet 1795,
notaire Pierre-Joseph Bernochio.
70 La pétition adressée au district de Nice le 4 fructidor an III
(21 août 1795) par Pierre-Joseph Passeron, demandant la radiation du nom de Valperga sur la liste des émigrés.
8° L'avis du district de Nice en date du 5 vendémiaire an IV
(27 septembre 1795) déclarant que Mgr Valperga doit être rayé
de la liste des émigrés.
90 L'arrêté du département des Alpes-Maritimes, en date du
14 prairial an V (2 juin 1797) ordonnant la radiation provisoire
du nom de Valperga de la liste des émigrés.
io° L'acte de cautionnement dressé par le département le
11 fructidor an V (28 août 1797), à la requête de Pierre-Joseph
Passeron, procureur de Mgr Valperga en exécution d'une des
clauses de l'arrêté du 14 prairial an V (2 juin 1797).

�- 38 —

DOCUMENTS ET PIÈCES D'ARCHIVES

Pièce 1.

25 février 1793
Aux cit. Blanqui et Veillon
Une lettre du cit. Donny, associé du citoyen LeClerc, défunt président de l'ancienne administration
provisoire, dont vous avez ci-inclus l'extrait ( 1 ), nous
fait connaître que le cit. Valperga, évêque de Nice,
laissa avant son départ (ordonné à son retour par
Anselme) dans sa maison pour environ 34.000 livres,
argent monnayé, et environ pour 17.000 d'effets en
vaisselle, linge, batterie de cuisine etc.
Une portion de ces effets se trouvent encore dans
ladite maison, sous l'inventaire que nous en avons
fait dresser par les commissaires de l'une et l'autre
administration, lorsque nous avons été installés, mais
il s'en faut de beaucoup qu'elle puisse arriver à la
somme de 17.000 livres, pas même le tiers.
Quant à l'argent monnayé entré dans la caisse du
receveur de l'ancienne administration, nous n'y
voyons point la somme que ledit Evêque désigne
avoir laissé dans sa maison. Nous vous remettons cijoint un extrait de l'état des sommes' que le cit.
Bonnet a reçu en espèces, pendant toute sa gestion
de receveur et trouvées parmi les effets des émigrés
français et niçois.
Nous ne voulons rien préjuger sur l'assertion du
cit. Valperga, quoique nous ayons des indices frappants de vérité. Ce ne sera que lorsque nous aurons
pu les convertir en preuves par le témoignage de
quelques citoyens que nous nous procurerons, pour
pouvoir en demander la restitution et la poursuite
contre le pillage.
En attendant, noùs croyons devoir vous faire part
de cette découverte que nous allons communiquer au
Président de la Convention Nationale et au Ministre.
Arch. des A. M. Registre de la correspondance du
Directoire des Colons marseillais L. 5.
Cet extrait manque au registre ainsi que les autres pièces
énoncées dans celte lettre.

�-hLe 2érae février 1793.
Au citoyen Donny, négociant à Nice
Pièce 2.

Votre lettre du 23me de ce mois, citoyen, nous
demande des renseignements sur le temporel du
citoyen Valperga, Evêque de Nice. Nous allons vous
transmettre tous ceux qui sont à notre connaissance
L'administration provisoire en choisissant l'Evêché
pour le lieu de ses séances, vint s'y établir dans les
premiers jours d'octobre, et tout nous porte à croire
qu'elle ne fit aucun inventaire des effets qui s'y trouvaient, du moins nous n'en avons trouvé aucun dans
les papiers qu'elle nous a remis.
En succédant à cette administration provisoire,
uous avons cru que notre premier devoir était de faire
un inventaire de tout le mobilier renfermé dans la maison épiscopale. Nous y avons successivement procédé
en présence des administrateurs provisoires et à mesure qu'ils nous en remettaient les clefs. Tout le mobilier qui s'y trouvait, ne consistait guère qu'en
meubles meublants et ne nous paraît pas avoir la
valeur de 17 mille livres que l'Evêque lui donne.
Vous pourrez, si vous le jugez à propos, faire prendre
à notre secrétariat une copie de cet inventaire. Tout
ce. qui n'est point renfermé dans les appartements
que nous occupons au premier étage, a été laissé à la
garde de Jean Poma, ancien concierge de l'Evêque et
le nôtre.
Pour nous éclairer sur les 34.000 1. argent monnayé que l'Evêque doit avoir laissé en sa maison,
nous avons écrit au cit. Bonnet, receveur de l'administration provisoire, pour lui demander un état des
sommes en numéraires versées dans sa caisse, comme
ayant été saisies et trouvées parmi les effets des Emigrés français et niçois. L'état qu'il nous a remis ne
monte qu'à 74121. 16 s, et aucun article n'a du rapport
avec les réclamations du citoyen Valperga.
Quant à ce qui concerne personnellement le
citoyen, nous avons demandé au Ministre de l'Intérieur de vouloir bien nous dire la manière dont nous
devions l'envisager. Nous savons qu'un ordre arbi-

�— 40 —
traire de Danselme l'obligea de quitter Nice, le jour
de l'entrée des Français. Mais nous pensons aussi que
la proclamation des Commissaires de la Convention
nationale de France et le décret de celle de Nice,
concernant les Emigrés, étaient des motifs suffisants
pour le ramener à son poste et le rassurer sur les
suites de son retour. En persistant à prolonger son
absence, il s'expose à être traité comme émigré, à se
voir déclarer déchu de sa place et confisquer tous ses
biens. Telle est la disposition de la loi, et quoique
nous ayons consulté le ministre sur le cas particulier
de l'Evêque, nous prévoyons que sa réponse sera de
nous en tenir à la rigueur des lois, ainsi que plusieurs
instructions nous l'ont déjà annoncé.
Vous sentez, citoyens, que tout le mobilier de
l'Evêque doit rester séquestré jusqu'à son retour ou à
la décision du Ministre. Il peut être tranquille sur la
conservation de tout ce que nous avons trouvé en
entrant dans sa maison. Ce qui a pu en être enlevé
avant notre entrée en fonctions, est étranger à notre
gestion. Mais nous employerons tous les moyens qui
sont en notre pouvoir pour en trouver les traces, en
acquérir les preuves et en faire punir les coupables.
Les administrateurs, etc.
Archives des A.-M., Registre
suivants.

,L. 5,/°7i verso et

Lettre des commissaires de la Convention
Nationale et arrêté du Département des A. M.
Nice, le 9 Avril 1793, l'an 1 Ie de la Repu bublique Française.
« Vous voudrez bien, citoyens, en nous envoyant
les noms et prénoms de l'évêque de Nice, nous instruire officiellement d'après les "dispositions des lois,
s'il est censé démissionnaire et son siège vacant.
« Les Commissaires de la Convention Nationale
au département des A. M.
GRÉGOIRE, JAGOT (I)

(1)

Archives des A. M. L. 29 ancien. L

7

actuel.

�— 4i (i3 avril 1793)
Le Directoire ; vu la réquisition du citoyen Procureur Général sindic « Considérant que Charles Eugène Valperga, évêque de Nice, n'avait point quitté
son domicile lors de l'entrée des troupes de la République ; considérant qu'il a lui méme-accompagné les
consuls d'alors quand ils furent présenter les clefs
de la ville et inviter le général Anselme à venir en
prendre possession au nom de la République ; considérant que le général Anselme par ses ordres arbitraires et tiranniques, accompagnés même de menaces contre ses jours, l'ont forcé de s'éloigner ; arrête
qu'il ne peut le déclarer émigré, et qu'il sera répondu
aux Commissaires de la Convention nationale d'après
les principes ci-dessus.. »
Sign : PAUMÉ ; BARLI FABRI ; F. CASTKLIMARD ;
ANGLES ; BERNARDI, secrétaire général. (1)
pjj

ce

^

Aux citoyens composant le Directoire du
département des Alpes-Maritimes..
22 juillet 1793.
Citoyens,
Le citoyen Jean-Jacques Donny, soussigné, chargé
des intérêts du citoyen Valperga, évêque de Nice
absent, ayant été informé que par votre délibération
du 29 du mois passé, ledit citoyen Valperga avait été
déclaré émigré, vous représente avec tous les égards

(1) Archives des Alpes-Maritimes, Registre L,. 3, folio 101. L'Arrêté n'est pas signé par le procureur syndic Jean-François Tourre
ni par l'administrateur Jean-L,ouis de Villiers qui ne partageaient
point l'opinion de leurs collègues. A noter que Tourre était d'Antibes
et que de Viliers était un médecin français établi depuis longtemps
à Nice.
I/Arrêté fut pris malgré le réquisitoire de Tourre qui voulait
déclarer Monseigneur Valperga émigré et malgré un violent discours de Villiers soutenant la même thèse qui fut combattue par
Barli Fabri, par Castclinard et par Anglès. J'ai déjà publié in-extenso
cette délibération du 13 avril T793 au cours d'un article sur l'église
de Nice en 1792-1793 inséré dans Nice Historique du Ier avril 1903,
C'est pourquoi je reproduis ici simplement la lettre des
commissaires et l'arrêté du département.

�- 42 —
dûs au pouvoir dont l'exercice vous a été confié par
le peuple souverain que le citoyen Valperga ne peut
ni ne doit sous aucun rapport être considéré comme
émigré, par les motifs ci-après :
i° Qu'il est de notoriété publique qu'il n'a quitté
le pays que contre son gré et par ordre du général
Anselme :
2° Qu'il a constamment été disposé et a offert
de revenir dans son diocèse, moyennant qu'il ne fut
assujetti à prêter qu'un serment relatif au temporel et
non au spirituel.
3° Qu'enfin et par la raison que n'étant point
indigène, mais étranger, son séjour ici n'a été dé terminé que par sa nomination à l'épiscopat, événement casuel qui n'a jamais pu le soumettre à l'obligation de renoncer pour toujours à sa mère-patrie.
Tous ces motifs, soit qu'on les prenne collectivement ou séparément, démontrent suffisamment,
citoyens administrateurs, le droit incontestable, qu'a
le citoyen Valperga de demander et prétendre la
radiation de son nom du tableau des émigrés, et si
le ministre de l'Intérieur n'a fait aucune distinction
entre lui et les autres citoyens, c'est sans doute qu'il
a ignoré les circonstances qui vous sont exposées
ci-dessus, et notamment la dernière, car s'il les eût
toutes connues, il n'est nullement probable qu'il eût
décidé comme il l'a fait. Toute hypothèse contraire
serait une injure faite à ses sentiments et à ses lumières. Un homme tel que lui, dont les vertus civiques, le patriotisme et les talents l'ont appelé au
poste aussi honorable que pénible qu'il occupe, doit
ressembler autant que possible à la Nation pour
laquelle il agit et qui l'a honoré de sa confiance.
Cette nation est grande, généreuse, magnanime,
juste et bienfaisante.Elle ne peut qu'êtreextrêmement
jalouse de sa gloire, et l'un des principaux devoirs de
ses agents est d'éviter soigneusement d'en ternir
l'éclat.
Le refus qui serait fait de rayer de la liste des
Emigrés le nom du citoyen Valperga, refus qui entraînerait avec lui la confiscation des minces propriétés de ce citoyen, serait un acte qui imprimerait à

�-

43

-

jamais une tache ineffaçable à la gloire du nom français ; tache qui ne pourra manquer de frapper également les yeux des contemporains et ceux de la postérité ; tache enfin que les historiens ne manqueront
pas de faire ressortir par des couleurs enluminées, et
le bel effet qu'un pareil tableau produirait, citoyens
administrateurs, serait votre ouvrage.
Mais non, loin de nous, cette idée ! Vous êtes
républicains ! cela suffit. Les républicains sont vertueux. Ils aiment, chérissent, protègent, respectent
la vertu partout où elle se trouve. Et le citoyen Valperga aussi est un homme vertueux ! Qui en doute ?
Nul bon citoyen, nul honnête homme. Souvenezvous, citoyens administrateurs, que ce n'est que par
ses vertus qu'il a mérité l'amour et l'affection du
peuple Niçois et non par sa qualité d'évêque. Et plût
à Dieu que tous les ecclésiastiques lui eussent ressemblé ! La France n'eut point éprouvé d'aussi horribles secousses, pour asseoir, affermir et assurer sa
liberté.
La République a incontestablement le droit de
renvoyer hors de son sein tout individu qui ne lui
convient pas, mais en renvoyant ainsi un étranger
qui, d'ailleurs, n'a pas encouru la peine de la confiscation de ses biens, elle lui permet de les emporter ou
de les vendre et d'en emporter le produit. Tel est
précisément le cas du citoyen Valperga.
L'exposant demande en conséquence, citoyens
administrateurs, qu'il vous plaise prendre dans votre
sagesse une délibération tendante à rendre audit
citoyen Valperga sa qualité de citoyen français non
émigré, à lui accorder un délai compétent pour rentrer dans ce pays soit comme simple citoyen ou
comme fonctionnaire public et à lui assurer dans
tous les cas la restitution de ses propriétés par lui
laissées sous la sauvegarde de la loyauté française
dans la maison épiscopale, lors de sa retraite forcée,
ou la juste indemnité de leur valeur. Et sera justice.
Nice, le 22 juillet 1793, l'an second de la République française, une et indivisible.
Jean-Jacques DONNY.
l
ARCHIVES NATIONALESF/ 4.867 , dossier Valperga.

�- 44 Pièce 5.

Etat de frais de vente pour parvenir à l'inventaire
et vente des effets de l'émigré Valperga Maillone,
citoyen évêque :
5 germinal an III (25 mars 1795)
Pour une séance de trois commissaires dont un du
District et deux de la Commission municipale, fixée
à trois livres par séance par le Directoire du district
et approuvé par les Représentants du
Peuple
L.
9 »
Papier timbré tant de la minute que
des deux extraits
»12
Pour la copie desdits deux extraits . .
» 8
Droits d'enregistrement
13 10
31

2

Nous soussignés certifions le compte ci dessus véritable.
Signés : J.-B. Thomaty, comm. du dist. ; Savigny,
comm. munie. ; Mabil, comm. municip.
Frais de la vente :
Pour quatre séances de deux corn missaires dont un
du District, un de la Commis, mun. sans le membre
de l'administration fixées à trois livres par séance par
le Directoire du district et approuvé par les Représentants du Peuple .
L.
24 »
Au trompette pour publication de
quatre criées
5 »
Au crieur à la vente, quatre séances .
12 »
Aux portefaix qui ont travaillé au
transport des effets
40 »
Papier timbré tant de la minute que
de l'extrait
1 »
Bougie
3 »
Droits d'enregistrement
27 »
Papier timbré du petit état
» 4
A la femme qui a assisté à la vente
pour l'arrangement du linge
» 12
L.
Signés : J.-B. Thomaty, comm. du
district ; Savigny, comm. municip.

1

159 6

�Vu par nous, membres composant la Commission
Administrative du district et d'après l'arrêté du district, approuvé par les Représentants du Peuple et la
loi du il et 12 Mars, arrête l'état des frais ci-dessus
se montant à la somme de cent cinquante neuf livres
trente centimes, qui seront acquittés par le receveur
du droit d'Enregistrement lorsque le Département
aura vérifié ledit état.
Nice, le 29 ventôse an 3"" de la République française une et indivisible (19 mars 1795).
(Suivent les signatures).
Vu l'état des frais ci-dessus pour parvenir à l'inventaire et vente du mobilier de l'émigré Valperga
Maillone ci-devant évêque.
Vérifié et arrêté par le Directoire du district de
Nice, la Commission Administrative du département
des Alpes-Maritimes approuve ledit état et ordonne
au citoyen Maussier, receveur de l'enregistrement
cîudit district de payer aux citoyens J. B. Thomaty
et Savigny, comm. la somme de 159 livres et 30
centimes pour montant des frais pour inventaire et
vente des susdits effets de l'émigré, laquelle somme
lui sera allouée en compte.
Fait à Nice le 5 germinal an 3me républicain ( 25
mars 1795).
Etat des frais pour parvenir d la vente du mobilier de
l'émigré Charles Eugène Valperga Maillone, citoyen
évêque.
Pour trente-neuf séances de trois commissaires
dont un du District et deux de la Commission municipale, fixé à trois livres par séance par le Directoire
du district et approuvé par les Représentants du
peuple
L.
351 »
A deux portefaix, dix-neuf journées et
demi chaque fixées à cinq livres par jour.
195 »
Au trompette pour publication de
trente-neuf criées fixées à une livre cinq
sols chaque
48 r 5
Au crieur à la vente, trente-neuf séan
ces fixées á trois-livres par séance ....
117 »

711 1$

�- 4* Report
Papier timbré tant de la minute que
de l'expédition
Pour copie dudit extrait fixé à quatre
livres
Papier timbré du présent état ....
Bougie
Droit d'enregistrement
Plus deux autres journées de portefaix à cinq livres
Un paquet de plume
L.

148
4
6
421

»
4
»
»

20
5

»
»

1.182

7

Nous soussignés certifions le compte ci-dessus,
véritable.
Nice, le Ier ventôse an 3me de la République (19
février 1795).
Signés : J.-B. Thomaty, commissaire du district ;
Savigny, comm. ; Honoré Mabil, comm. municipal.
Vu par nous, membres composant la Commission Administrative, de ce District, et d'après la loi
du 11 et 12 Mars 1793 (v. s.) et l'arrêté de cette
Commission approuvé par les Représentants en date
1^ Fructidor, oui l'agent national, arrête l'état des
frais se montant à onze cent huitante deux livres et
trente cinq centimes qui seront acquittés par le
receveur de l'agence de l'enregistrement sur le produit de la vente desdits meubles, lorsque le Département aura vérifié ledit état.
Nice le 29 ventôse an 3me de la République
française une et indivisible (19 mars 1795).
(Suivent les signatures).
Vu l'état des frais ci-dessus pour parvenir à la
vente du mobilier de l'Emigré Valperga Maillone cydevant évêque.
Vérifié et arrêté par le Directoire du district de
Nice.
La Commission administrative du département
des Alpes-Maritimes, approuve ledit état et ordonne

�— if au citoyen Maussier, receveur de Penregistrement
dudit district de payer aux citoyens J.-B. Thomati,
Savigni et Honoré Mabil, commissaires, la somme de
mille cent quatre vingt deux livres trente cinq centimes pour montant des frais de la vente des susdits
effets de l'Emigré. Laquelle somme lui sera allouée
en compte.
Fait â Nice le 5 germinal an 3me républicain (25
mars 1795).
Arch. des A. M. L. 15 ancien p. 44-45 N° 34-35

Actes de Notoriété
Pièçe g

1-2-fructidor an III
18-19 août 1795
EGALITÉ, LIBERTÉ

AU NOM DE LA LOI
Ce jourd'hui, premier Fructidor, l'an troisième
(18 août 1795 de la République française, une et indivisible, à Nice, chef-lieu du département des AlpesMaritimes, par devant Nous, Antoine Gautier Juge de
paix de la Ier, 2m" et 3me section et officier de police,
est comparu le citoyen Pierre Joseph Passeron, natit
tic la commune de Contes et habitant en celle de Nice
depuis plusieurs années.
Lequel en sa qualité de procureur du citoyen
Charles Eugène Valperga de Maillone, évêque de Nice,
subrogé par le citoyen Nicolo Giorni, homme de loi,
procureur spécial et général établi (par acte reçu) par
le notaire Pierre Joseph de Bernochio, le 20 Juillet
dernier (v. s.) qu'il présente, légalisé par le résidant
de la République de Gênes auprès de la Cour de Turin, dont il résulte le pouvoir donné au citoyen Giorni, de subroger en son lieu et place, avec tous les
pouvoirs compris au dit acte, et il présente au surplus l'acte de sa dite subrogation faite par le même
citoyen Giorni, reçu en la ville de Gênes le premier

�- 48 du mois d'août dernier (v. s.) par le notaire Antoine
Baglietto, légalisée par le consul de la République
française.
Il expose que le vingt neuvième jour de septembre
de l'année 1792, l'armée de la République, étant arrivée en cette ville, commandée en chef par le citoyen
général d'Anselme, lorsque ce général, vers le soir,
fut arrivé et il eut pris son logement dans la maison
habitée par le ci-devant consul de la République Le
Seurre, ledit citoyen Evêque Charles Eugène Valperga de Maillone s'y étant présenté, ledit général d'Anselme, en présence de tout son Etat-Major, lui signifia
d'abord de devoir partir de cette ville. Sur quoi le
dit évêque ayant répondu qu'il avait cru de pouvoir
continuer sa résidence en cette ville et tellement l'avait cru, qu'il n'avait jamais pensé de distraire et en
faire partir le moindre de ses meubles et effets, qu'il
avait dans la maison d'habitation de l'tvêque et que
si absolument il lui ordonnait de partir, il le priait de
lui accorder la sauvegarde sur tous lesdits effets et
meubles. Le dit général d'Anselme lui répliqua qu'il
dut absolument partir de cette ville, en ajoutant que
le plus tôt en serait le mieux, et qu'à l'égard de ses
meubles et effets qu'il avait, il les mettait dès ce ino
ment sous la sauvegarde et loyauté de la Nation française et qu'il pouvait en être tranquille, après quoi ledit
évêque Valperga de Maillone, tout tremblant, ayant
dit qu'il allait se conformer dès le lendemain au matin à ses ordres, se retira ; ledit général d'Anselme
lui ayant encore répliqué : le plus tôt sera le mieux.
Et comme il importe audit citoyen évêque Valperga de Maillone de constater le fait ci-dessus expo"sé, suivi en présence de tout l'Etat-Major dudit général d'Anselme et de plusieurs citoyens de cette commune, l'exposant, en sa dite qualité vous présente les
citoyens Pierre Le Seurre, ci-dessus nommé, ci-devant
consul en cette ville de la République, le citoyen Honoré Saissi de cette commune qui pour lors était second consul de la même commune, le citoyen Philippe Emmanuel Féraudi qui pour lors était secrétaire de
Ìa même commune et le citoyen Ange Giraudi aussi

�- 49 de cette commune, pour recevoir leurs dépositions
sur ledit exposé et vous fait instance que de tout lui
soit concédé acte, ce que nous lui avons accordé, et a
signé.
PIERRE JOSEPH PASSERON.

Et de suite se sont présenté les susnommés
citoyen Le Seurre, natif de Craon, âgé de 75
ans, bourgeois, le citoyen Saissi, âgé de 70 ans,
négociant, Emmanuel Feraudi, âgé de 68 ans, notaire, Ange Giraudi, âgé de 63 ans, négociant,
natifs et domiciliés dans cette commune, auxquels
après avoir fait lecture dudit exposé fait par ledit citoyen Pierre Joseph Passeron, en sa dite qualité, les
avons interpellés sur serment que leur avons fait prêter, conformément à la loi, de nous dire en leur âme
et conscience si tous les faits énoncés dans le même
exposé sont de leur connaissance et tous les quatre ont
répondu et attesté tant uniment que séparément en
être pleinement informés, s'y étant trouvés présents,
et que le tout contient la vérité, toute la vérité et
rien que la vérité. En foi de quoi ils ont signé :
LE SEURRE, HOSORI'J
SAISSI, PHILIPPE EMMANUEL FÉRAUDI,
ANGE

GIRAUDI.

Et nous, juge de paix, vu les dépositions ci-dessus, avons de tout concédé acte au susnommé citoyen
Pierre Joseph Passeron en sa dite qualité, pour lui
servir et valoir dans tous les cas, à ce que de droit et
de raison. Fait à Nice, l'an et le jour que dessus.
GAUTIER, juge de paix.
BONIFACI, sec. greffier.
Vu par nous, membres du District de Nice, 3 vendémiaire an IV rép. 25 sep. 1795, TOSELLI, JN COPPON
fils, VÉRANI pr. syndic, SAYTOUR Martin.

�— 5o —
EGALITÉ, LIBERTÉ.

AU NOM DE LA LOI
Ce jourd'hui. second jour de Fructidor de l'an 3
août 1795) de la République française une et indivisible, à Nice, chef-lieu du département des AlpesMaritimes, par devant nous, Antoine Gautier, juge de
paix de la iere, 2M* et 3ME section et officier de police,
est comparu le citoyen Pierre Joseph Passeron : natif
de la commune de Contes et habitant en celle de Nice
depuis plusieurs années
Lequel en sa qualité de procureur du citoyen
Charles Eugène Valperga de Maillone, évêque de
Nice, subrogé par le citoyen Nicolo Giorni, homme
de loi, procureur spécial et général établi (par acte
reçu) par le notaire Pierre Joseph de Bernochio, le 20
Juillet dernier (v. s.) qu'il présente, légalisé par le résidant de la République de Gênes auprès de la Cour de
Turin, dont il résulte le pouvoir donné au citoyen
Giorni, de subroger en son lieu et place, avec tous les
pouvoirs compris audit acte, et il présente au surplus
l'acte de sa dite subrogation faite par le même citoyen
Giorni, reçu en la ville de Gênes le premier du mois
d'août dernier (v. s.) par le notaire Antoine Baglietto,
légalisée par le consul de la République française.
Expose : Primo, que le matin du trente septembre 1792, le citoyen Charles Eugène Valperga de
Maillone, évêque de Nice, en partant de cette ville
avec deux domestiques à sa suite, qui portaient un
paquet et quelques effets, fut arrêté à la porte qui conduit en Piémont, ci-devant nommée porte Victoire,
et conduit au vestibule de la maison presque attenante
à ladite porte, appartenant au citoyen Dominique
Castellinard, où se trouva le citoyen Joseph Castellinard, fils dudit Dominique, et malgré que ledit Evêque Valperga déclara aux soldats de la Garde de la
dite porte qui étaient des Marseillais, que c'était en
conséquence d'ordre qui lui avait été signifié par le
citoyen général d'Anselme qu'il partait de cette ville,
lesdits soldats commencèrent par le malmener et lui
(19

�signifier qu'ils voulaient le pendre et ayant ouvert
ledit paquet et y ayant trouvé entre autres effets, une
ceinture d'évêque, ils déterminèrent, à l'instant, de le
pendre avec ladite ceinture, et ayant essayé si la même
était assez forte pour le soutenir, en la préparant, elle
se fit en lambeaux, de façon qu'ils vérifièrent qu'elle
ne pouvait leur servir et demandèrent audit Joseph
Castellinard fils une corde, pour pendre ledit évêque,
à un grand anneau de fer qui était au plafond dudit
vestibule, servant â y passer une verge de fer pour
peser les marchandises, et ledit citoyen Castellinard
fils, leur ayant absolument refusé de leur donner de la
corde, en s'excusant qu'il n'en avait point, comme
dans tous ces entrefaits ledit évêque se trouve mal et
ne peut plus se soutenir, ledit Castellinard fils lui fit
apporter une chaise, par sa servante à qui quelques
uns de ces soldats donnèrent des coups de poing pour
avoir porté ladite chaise et le même Castellinard le
fit ensuite asseoir sur ladite chaise, en le soutenant,
parce qu'il ne pouvait se soutenir droit ; d'autant plus
qu'en attendant, lesdits soldats marseillais lui disaient mille exécrations, lui crachaient dessus et lui
donnaient des soufflets, et assurément ils l'auraient
fini, si dans cet intervalle un de ses domestiques
n'avait été dire au citoyen général d'Anselme ce qui
venait d'arriver, et ledit domestique étant venu avec
un billet dudit général d'Anselme qui ordonnait à la
garde de le laisser partir, puisque c'était de son ordre,
en conséquence de ce billet lesdits soldats marseillais
se bornèrent pour lors à lui dire et crier mille invectives et injures et le laissèrent partir, ce que ledit
évêque, malgré qu'il ne pût se remuer, à l'aide de ses
domestiques fit au mieux possible en tremblant, de
façon qu'il doit son existence au refus ferme et déterminé que ledit citoyen Castellinard fils leur fit de
leur donner une corde, sans quoi avant l'arrivée du
dit domestique portant l'Ordre du général d'Anselme, il aurait été pendu et étranglé.
Secondoque lefaitci-dessusfut d'abord public et notoire, de notoriété publique dans cette ville et encore
plui le lendemain premier octobre, puisque les autres

»

�— 52 —

soldats de la Phalange Marseillaise, arrivés sur le soir
dudit jour trente septembre, d'abord après leur arrivée
cherchèrent l'évêque qu'ils voulaient le lanterner et
mettre en pièces, comme ils s'expliquèrent hautement,
ce qui joint au fait arrivé dans ledit vestibule de la
maison Castellinard, étant devenu d'une notoriété publique donna l'épouvante à tous les gens honnêtes du
pays, qui disaient que le citoyen général d'Anselme en
ordonnant audit évêque de partir, en mettant sous la
sauvegarde de la Nation française ses meubles et ses
effets, avait voulu le sauver.
Et comme il importe audit citoyen Passeron, exposant en sa dite qualité, de constater par témoins le
fait ci-dessus exposé, il nous présente ledit citoyen
Joseph Castellinard fils de Dominique de cette commune, âgé de 21 ans, de profession, négociant, qui se
trouva présent au fait énoncé dans le Ier article de l'exposé ci-dessus, et au surplus informé de la notoriété
des faits énoncés au second et dernier chef, de ladite
exposition et il nous présente les citoyens Jean-Jacques Donny, natif de Neufchâtel en Suisse, âgé de 39
ans, de profession, négociant ; Joseph Poullan, natif
de Clavesana, en Piémont, âge de 48 ans, négociant ;
Jacques Gerbin, âgé de 60 ans, tailleur, Jean-Marie
Thaon, âgé de 56 ans, négociant, natifs et tous domiciliés en cette commune pour déposer sur ladite
notoriété énoncée dans ledit second fait exposé, pour
recevoir leurs dépositions, et nous fait instance que de
tout lui soit concédé acte, ce que nous lui avons accordé et a signé.
Pierre-Joseph PASSERON .
Et de suite se sont présentés les susnommés citoyens Joseph Castellinard, Jean-Jacques Donny, Joseph Poullan, Jacques Gerbin, et Jean-Marie Thaon,
ci-dessus qualifiés, auxquels après avoir fait lecture
dudit exposé fait par ledit citoyen Passeron, en sa
dite quálité, les avons interpellés sur serment, que
leur avons fait prêter, conformément à la loi, de nous
dire en leur âme et conscience, si tous les faits énoncés dans le même exposé sont de leur connaissance,

�- 53 et ledit citoyen Joseph Castellinard a répondu et
attesté en être pleinement informé pour avoir été
présent au fait exposé dans le i" article de ladite exposition, et pour avoir publiquement entendu dire les
faits énoncés dans le second chef qui était en cette
ville notoire de notoriété publique et lesdits citoyens
Jean-Jacques Donny, Joseph Poullan, Jacques Gerbin,
Jean-Marie Thaon, ont répondu et attesté tant uniment que séparément être pleinement informés de
l'énoncé dans le second chef de ladite exposition,
puisque les faits y énoncés étaient notoires, de notoriété publique en cette ville, et tous lesdits citoyens
ont respectivement attesté pour ce qui les concerne
que tout contient la vérité, toute la vérité et rien que
la vérité. En foi de quoi ils ont signé : Joseph Castellinard fils,Jean-Jacques Donny, Joseph Poullan, Jacques
Gerbin, Jean-Marie Thaon.
Et nous, Juge de paix, vu les dépositions ci-dessus,
avons de tout concédé acte au susnommé Pierre Joseph Passeron en sa dite qualité pour lui servir et valoir dans tous les cas, à ce que de droit et de raison.
Fait à Nice l'an et jour que dessus.
GAUTIER,
BONIFACI,

juge de paix.
sec. gref.

Vu par nous, membres Du district de Nice, le 3
vendémiaire anIV rep. (25 sept. 1795).
Jn. COPPON fils, VÉRANi, pr. syndic, TOSELLI, Saytour
MARTIN.

Arch. Nat. F

7

4867 *

�54 -

PÉTITION au DISTRICT de NICE
et AVIS de ce DISTRICT
ÉGALITÉ,

LIBERTÉ

5 vendémiaire
27 septembre 1795 an IV
AUX

CITOYENS ADMINISTRATEURS
DU DISTRICT DE NICE

Le citoyen Pierre Joseph Passeron, natif de la
commune de Contes, habitant en celle de Nice depuis plusieurs années.
Vous expose en qualité de procureur du citoyen
Charles-Eugène Valperga de Maillone, évêque de
Nice, subrogé par le citoyen Nicolo Giorni, homme
de loi, son procureur spécial et général fondé par acte
reçu dans la ville de Turin par le notaire PierreJoseph de Bernochio, le 20 juillet dernier (v. s) légalisée par le résident de la République de Gênes, près
la Cour de Turin, duquel il résulte le pouvoir donné
audit citoyen Giorni de subroger en son lieu et place
avec tous les pouvoirs compris dans le même acte,
qui se trouve copié mot pour mot dans celui de la
subrogation faite par le même citoyen Giorni, reçu
en la ville de Gênes le Ier du mois d'août dernier
(v. s* par le notaire Antoine Baglietto, légalisée par
le consul de la République française, le 13 Thermidor dernier (3 1 Juillet 1795), qu'il vous exhibe qu'étant arrivé dans cette ville le vingt-neuvième jour
du mois de septembre de l'année 1792, l'armée de la
République française, commandée par le citoyen général en chef d'Anselme lorsque celui-ci y fut arrivé
le soir et eut pris son logement dans la maison d'habitation du citoyen ci-devant consul de la République
Le Seurre, ledit évêque Charles-Eugène Valperga de
Maillone, s'étant présenté, le même général d'Anselme
lui signifia d'abord en présence de son Etat-Major de
partir de cette ville, sur quoi ledit évêque lui répondit qu'il avait cru pouvoir continuer sa demeure dans
cette ville et qu'à cet effet il n'avait jamais pensé de

Pièces 7 et 8

�- 55 distraire, ni faire partir le moindre de ses meubles et
effets qu'il avait dans la maison d'habitation de
l'évêque, que si absolument il lui ordonnait de partir,
il le priait de lui accorder la sauvegarde pour tous ses
dits effets et meubles, ledit général d'Anselme lui
répliqua : Le plus tôt sera le mieux, ce qui tout est
constaté par les attestations ci-jointes du premier et
second jour de fructidor dernier qu'il vous présente
également.
Qu'il résulte aussi par lesdites attestations, que
ledit évêque Valperga de Maillone fut forcé par ledit
général d'Anselme de partir de cette ville que tous
ses meubles et effets fussent mis sous la sauvegarde de
la Nation française et qu'étant parti le lendemain 30
dit septembre, il risqu'à d'être pendu ef étranglé paties soldats de la Phalange Marseillaise qui se trouvaient de garde à la porte ci-devant dite Victoire, ce
que tout fut d'abord notoire et de notoriété publique
dans cette ville.
Vous observe que ledit évêque Valperga est natif
du Piémont où il se retira et que s'il a résidé dans
cette ville, ce n'a été que pour raison de son ministère, que tout cela nonobstant il a été porté sur la liste
des émigrés, a été vendu la plus grande partie de ses
meubles et effets, et cela même nonobstant la préalable réclamation que le citoyen Jean-Jacques Donni,
chargé des intérêts dudit évêque avait fait à l'ancien
département par sa pétition du 22 juillet 1793 (v. s)
qui existe dans les Archives de ce district, résultant
ainsi que tout cela a été fait et opéré contre le droit des
gens et la sauvegarde de la loyauté française qui fut
promis audit évêque.
En conséquence, l'exposant demande en sa dite
qualité de procureur dudit citoyen évêque CharlesEugène Valperga de Maillone la radiation de son
nom de la liste des émigrés, la levée des scellés, la
restitution de ses propriétés et l'indemnité de celles
qui ont été distraites et vendues au nom de la Nation,
et sera justice.
(21 août 1795).

�- 56 Nice le 4me jour de Fructidor de l'an 3me de la
République française une et indivisible.
Signé : Pierre-Joseph PASSERON.
Vu la pétition ci-dessus du citoyen Pierre-Joseph
Passeron présentée au nom et comme procureur subs
titué du ci-devant évêque de Nice, Charles-Eugène
Valperga tendante à obtenir la radiation de son nom
de la liste des émigrés, la levée du séquestre et remission de ses effets restant ainsi que l'indemnité de
ceux qui ont été distraits ou vendus.
Vu une première pétition présentée à l'ancienne
administration du département par le citoyen JeanJacques Donni, au nom du citoyen Valperga en date
du 22 juillet 1793 tendante aux mêmes fins.
Vu la procuration en date du premier août 1793
(V. s.) faite à Gênes, par devant le notaire public Antoine Baglietti, légalisée par le Consul de la République française y résidant, ainsi que l'acte de procuration y inséré, en date du 20 Juillet 1795.
Vu l'attestation de quatre témoins faite avec serment par devant le juge de paix de la 1", 2"", 3me section de cette commune, en date du 1" Fructidor dernier '18 août 1795).
Vu autre attestation de cinq témoins faite par
devant le susdit Juge de paix, le 2 dit fructidor, aussi
sous serment.
Considérant que par la première des 2 attestations il est pleinement prouvé que le vingt-neuvième
septembre 1792, aussitôt après l'entrée de l'armée
française dans cette commune, le sus-nommé évêque
Valperga s'étant présenté au général d'Anselme qui
la commandait en chef, celui- ci lui ordonna d'abord
en présence desdits témoins et de tout l'Etat-Major.
u'il n'avait qu'à partir de la ville, et malgré que le
it évêque lui observa qu'il avait cru de pouvoir y
rester tranquillement et qu'à cet effet il n'avait fait
partir aucun de ses effets et meubles, le général lui
répliqua de partir absolument de la ville, en ajoutant
que le plus tôt serait le mieux, l'ayant assuré qu'à

a

�-5;l'égard de ses meubles et effets de sa maison, il les
mettait dès ce moment sous la sauvegarde et loyauté
de la Nation française et qu'il pouvait en être tranquille.
Considérant qu'il résulte par lesdites attestations,
et il est prouvé que l'évêque Valperga, d'après les
ordres précis et réitérés du général d'Anselme, partit
le lendemain 30 septembre de cette ville.
Considérant que par la susdite attestation du deux
Fructidor il résulte que l'évêque Valperga, au moment de son départ de cette commune, ayant été arrêté à la porte qui conduit au Piémont, par les soldats
qui y étaient de garde, lesquels tentèrent de le pendre,
il évita la mort par les soins du citoyen Joseph Castellinard, un des déposants, et il ne fut laissé libre que
d'après un billet du général d'Anselme, qui ordonnait à ladite garde de le laisser partir, puisqu'il s'en
allait de son ordre
Considérant que tous ces faits sont devenus de notoriété publique dans cette commune, dès le même
jour 30 septembre et Ier octobre suivant, ainsi que
quatre témoins l'ont attesté.
Considérant que le citoyen Valperga ne s'est absenté de cette commune et ci-devant Comté de Nice
que d'après les ordres du général d'Anselme auquel il
témoigna son regret.
Considérant que le départ du citoyen Valperga
ayant été forcé il ne peut pas être qualifié d'émigration.
Considérant que son intention de rester dans cette
commune est d'autant plus constatée, que le citoyen
Valperga a été le seul fonctionnaire public, il soit
resté à son poste, n'ayant soustrait aucun des meubles
et effets de sa maison, lesquels ont été ensuite distraits
et vendus par la Nation.
Considérant que le citoyen Valperga ne peut être
non plus considéré comme réfractaire aux lois de la
République, tandis qu'à l'époque de son départ de cette
commune, aucune loi de la République, surtout à
l'égard des ecclésiastiques, n'y avait été encore publiée
à laquelle eut pu contrevenir.

�— 58 —
Considérant que le citoyen Valperga ne pouvant
être considéré ni comme émigré, ni comme réfractaire, ne pouvait être privé de ses propriétés laissées
dans cette commune lors de son départ, sous la sauvegarde de la loi et de la Nation française qui lui fut
accordée par le général d'Anselme, et qui étant digne
de la loyauté de cette Nation, ne pouvait être violée
sans blesser le droit des gens.
Considérant au surplus, que le citoyen Valperga,
originaire piémontais, ne faisait sa résidence à Nice,
qu'à raison de son épiscopat, ce qui ne donne qu'une
résidence easuelle, et que sous tous les rapports, il
n'a cessé d'être étranger à l'égard du pays de Nice et
de la France.
Considérant que l'article 6, section deux, N° 2 de
la Loi du 25 Brumaire (15 novembre 1794) en déclarant émigrés les citoyens domiciliés dans le cidevant comté de Nice, qui sont sortis depuis le 27
septembre 1792, n'a point porté atteinte au droit des
gens dans la personne de l'étranger, qui se trouvait
dans ce même pays, où il n'aurait pas établi son vrai
domicile.
Considérant que le citoyen Valperga, qui avait été
forcé par le gouvernement de partir de Nice, n'a dû
plus y revenir dans le terme même prescrit par les
lois aux citoyens de la ci-devant Comté de Nice,
puisqu'il ne devait point imaginer qu'il fut compris
dans l'invitation, malgré qu'il ait été porté sur la
liste des émigrés.
Considérant que ce nonobstant, lorsqu'il sut qu'il
avait été porté sur la liste des émigrés de cette commune, s'est empressé de présenter sadite pétition
du 22 Juillet 1793 dans laquelle il demanda non seulement la radiation de son nom de ladite liste, mais
encore un délai convenable pour rentrer dans cette
commune, soit comme simple citoyen, ou comme
fonctionnaire public, ainsi que la restitution de ses
propriétés par lui laissées sous la sauvegarde de la
loyauté française dans la maison êpiscopale lors de sa
retraite forcée, ou une juste indemnité de leur valeur.

�- 59 Considérant finalement que,d'après toutes les circonstances sus-ênoncèes, aucune loi concernant les
émigrés ne peut être applicable au citoyen Valperga,
et que toutes celles qui pourraient le regarder relatives au séquestre des biens appartenant aux habitants
des pays en guerre avec la République française ont
été rapportées par le décret du 14 Ventôse dernier
(4 mars 1795). •
Le Directoire du district de Nice, oui le procureur syndic, est d'avis que le citoyen Charles-Eugène
Valperga ci-devant évêque de Nice ne doit point être
considéré émigré.
Qu'il doit être rayé de la liste des émigrés, que le
séquestre apposé sur ses propriétés doit être levé, qu'il
doit être réintégré dans la possession et jouissance
d'iceux, que tous receveurs ou dépositaires doivent
lui restituer les sommes qu'ils ont perçues, résultant
du produit desdites propriétés et qu'il doit recevoir
la juste indemnité des meubles et effets qui seraient
passés au profit de la Nation.
Fait à Nice, dans la salle des séances le 5me Vendémiaire an 4me républicain (27 sept. 1795). Signé
Saytour Martin. Verani,
procureur syndic, Angles v. prés.
Touzelly. Jn Coppon fils.
Enregistré au feuil. 20 registre des prévenus
d'émigration et signé BARRAIA, commis greffier.
Certifié conforme par nous Ve président et secrétaire du district Jn COPPON Fils V,-PRÉSIDENT
BARRAIA Cis greffier.
A rch. Nat. F 7 4867

2

�— 6o —

Pièce 9.

LIBERTÉ (vignette) ÉGALITÉ
BUREAU DES
ÉMIGRÉS

Extrait des registres des délibérations et arrêtés de
l'Administration Centrale du département des Alpes Maritimes.
(2

juin 1797)

Séance du quatorze Prairial an 5mf de
la République française une et indivisible.
Sur le rapport d-e la pétition présentée par le
citoyen Pierre Joseph Passeron, procureur fondé de
Monsieur Charles Valperga, ci-devant évêque de
Nice, dans laquelle il expose que ledit Charles Valperga n'a jamais dû être atteint des lois relatives à
l'émigration, soit qu'on le considère comme parti en
suite d'une force majeure, soit en sa qualité de piémontais et demande en conséquence la radiation de
son nom de la liste des Emigrés, sa réintégration
dans la possession et jouissance de ses propriétés et
une juste indemnité, des meubles et effets qui sont
passés au profit de la République.
L'Administration Centrale du département des
Alpes-Maritimes, considérant que M. Charles Valperga, comme piémontais, n'habitant Nice que pour
cause de son emploi, n'aurait jamais dû être porté
sur la liste des émigrés du département.
Que le seul motif qui a pu déterminer le général
d'Anselme à lui ordonner de partir de la ville de
Nice, ne peut avoir été que la susdite qualité de
piémontais.
Considérant enfin, que comme sujet du roi de
Sardaigne, il est dans le cas de jouir de l'article i,r
de la loi du quatorze nivôse an troisième, (} janvier
1795), ainsi que de l'article neuf de la loi du trente
Floréal an quatrième, (19 mai 1796).
Arrête, oui le commissaire du Directoire Exécutif
que le nom de Valperga, ci-devant évêque de Nice,
qui se trouve inscrit sur la liste des émigrés, sera

�— 6i —

provisoirement rayé ; que tout séquestre qui pourrait
avoir été mis sur ses biens sera levé, qu'il sera réintégré dans la possession et jouissance de ses propriétés,
et que toutes les sommes versées dans les caisses publiques, lui seront rendues, déduction faite des frais
faits conformément aux lois.
Fait et arrêté* en séance publique le jour, mois et
an que dessus.
Signé : Donny, président Payani, fils, Scudéry,
Oberti, Hancy (et en marge Gastaud commissaire
du Directoire Exécutif).
Certifié conforme à l'original par nous président
et secrétaire de l'Administration centrale du départemeni des Alpes-Maritimes.
DONNY, président
BELMONDI, sec. chef au bureau des émigrés.
Arch. Nat. F 7 4867 2

ACTE DE CAUTIONNEMENT
Pièce 10.

11 fructidor anV (2&amp; août 1797)
LIBERTÉ ÉGALITÉ
Ce jourdTiui 11 fructidor an 5 de la République
française une et indivisible (28 août 1797) par devant nous, membres composant l'Administration
centrale du département des Alpes-Maritimes, est
comparu le citoyen Joseph Passeron, natif de Contes,
chef-lieu de canton, domicilié dans cette commune,
procureur fondé de Monsieur Charles Valperga, cidevant évêque de Nice, en vertu d'acte de procuration du 20 juillet et premier août 1795 (v. s.) lequel
en sadite qualité, dépendamment à l'arrêté de cette
administration du quatorze prairial an cinq (2 juin
1797) portant que le nom de Valperga, ci-devant
évêque de Nice, sera provisoirement rayé de la liste
des émigrés, que tout séquestre qui pourrait avoir
été mis sur ses biens sera levé, qu'il sera réintégré
dans la possession et jouissance de ses propriétés, et

�— 62 —

que toutes les sommes versées dans les caisses publiques lui seront rendues, déduction faite des frais
faits, conformément aux lois, désirant de se conformer au porté par l'article 3 de la loi du 5 Brumaire
an 3 (26 octobre 1794) qui exprime que les prévenus
d'émigration seront tenus de donner caution solvable de la valeur mobilier, et ne pourront obtenir
leurs immeubles jusqu'à ce qu'il ait été définitivement statué sur leurs réclamations par qui de droit,
toujours en sa dite qualité a présenté pour caution le
citoyen François Grosson, marchand drapier de cette
commune, lequel ici prése.it et acceptant, s'oblige
conjointement et solidairement avec ledit Valperga
et pour celui-ci ledit Joseph Passeron, et sous l'hypothèque de tous leurs frens présents et à venir, à l'entière exécution de ce qui les concerne en la susdite
loi, et à la représention des mobiliers, effets et sommes à percevoir en dépôt que besoin sera, et quant
aux mobiliers invendus et en dépôt seront soumis
d'en représenter la valeur à laquelle seront estimés
par experts, préalable rémission.
Et nous, administrateurs susdits approuvant lesdits
cautionnement et acte de soumission, à la réquisition
dudit citoyen Joseph Passeron, avons dressé le présent acte que toutes les parties ont signé avec nous,
ayant au préalable fait renoncer audit François Grosson au droit de premier convenir.
Fait à Nice les jours, mois et an que dessus.
Joseph

PASSERON,

François GROSSON,
prés., PAYANY FILS,
MARUN-SAYTOUR, sec. en chef

HANCY, DONNY,
P.

Acte original sur timbre de 20 centime*.
Arch. Nat. F

7 4867^

�— 63 -

CONCLUSION

Il était avéré pour tous, dans la ville de Nice, que Mgr
Valperga était parti contre son gré et si la première Administration départementale, installée au mois de Mai 1793,
l'avait inscrit sur la liste des émigrés de Nice, c'était à la
suite d'une réponse faite par le ministre de l'Intérieur, Garât,
aux questions à lui posées par le Directoire des Colons Marseillais sur la conduite à tenir vis-à-vis de l'évêque.
Les questions avaient été envoyées à Paris, vers la fin
de Février 1793, et la réponse du ministre ne parvint à Nice
qu'au milieu de juin suivant, soit quelques jours avant la
publication de la liste des émigrés. Les réclamations de
l'évêque, retiré à Turin dans sa famille, furent présentées
le 22 juillet 1793 (1) ; mais comme beaucoup d'autres, elles
s'entassèrent dans les bureaux du Département, qui n'y
répondit même pas.
Cette réclamation fut présentée au nom de l'évêque par JeanJacques Donny au Département. lîlle figure en original au dossier
Valperga.
Voir ci-dessus.
Le registre des délibérations du département manque aux Archives pour les derniers mois de 1793, exactement du Ier mai au 10
Novembre, comme pour les six derniers mois de 1797 et l'année entière de 1798, exactement du 8 Messidor an V (26 Juin 1797) au 25
Pluviôse an VII (13 février 1799).
C'est-à-dire pour les deux périodes les plus troublées et cette
disparition est tout au moins étrange.
Elle doit être vraisemblablement attribuée à certains hommes
politiques désireux de laisser dans l'oubli leur conduite durant ces
deux époques.

�- 64 On était dans la période la plus aiguë et, en pleine
Terreur.
Après le 9 Thermidor et, surtout après la venue à Nice
du représentant Beffroy, au mois de Floréal, an III (Mai
I795)»
les esprits devinrent plus calmes, les administrations plus pondérées. C'est alors que, sur de nouvelles demandes présentées au District, et sur avis favbrable de
celui-ci, le département des Alpes-Maritimes accorda à Mgr
Valperga sa radiation provisoire, le 14 Prairial, an V (2 Juin
1797). Comme on le voit, l'affaire avait traîné en longueur.
Il semblait alors que rien ne s'opposait plus à la rentrée
de l'évêque : le 11 Fructidor, an V (28 Août 1797), le Département avait agréé la caution de François Grosson (1) ;
les biens de l'évêque allaient lui être rendus, et il pourrait
rentrer.
Mais huit jours après, le coup d'Etat du 18 Fructidor (4
septembre 1797) remettait le pouvoir aux mains des Jacobins, la guerre aux émigrés et aux ecclésiastiques, en particulier, reprit avec âpreté. Pe département des Alpes-Maritimes se vit accusé d'avoir préparé une rentrée triomphale à l'évêque, son arrêté du 14 Prairial resta sans effet
et, en vertu de la loi du 19 Fructidor (5 septembre), les
scellés furent de nouveau apposés sur les biens de Mgr Valperga par deux commissaires municipaux (2).
En vain, l'évêque de Nice, fit intervenir auprès du Directoire Balbi, l'ambassadeur du Roi de Sardaigne à Paris,
le dossier de sa demande en radiation fut examiné sans
aucune bienveillance.
(1) L/Acte original de ce cautionnement sur timbre est aux
Arch. des Alp.-Maritimes Q. 10.
(2) Mise de scellés sur les biens de Charles Eugène Valperga par
deux commissaires de la municipalité de Nice. Une scéance, 6 livres.
Dépense approuvée par le Département, en Germinal an VI (avril
1798). Arch. des A. M. Q. 11.
Mgr Valperga ne possédait à Nice aucun immeuble et il devait
rester fort peu de chose de son mobilier après la vente qui en avait
été faite en Ventôse an III. La bibliothèque de l'évêché avait été déclarée bien national et la caisse diocésaine avait disparue en octobre 1792
sans laisser de traces dans les pièces administratives. Le séquestre
a été apposé sur les biens de nombreux émigrés rayés provisoirement.
On peut en voir la liste aux Archives des A. M. Q. 10, où Valperga
figure sous le N° 65.

�- 65
Á la suite de la lettre de Balby datée de Paris le 7 février
1798, le ministre de la police demanda à ses Bureaux un
rapport sur l'affaire Valperga. Pe voici tel qu'il se trouve
en minute au dossier.
Attendu que rien ne tend à constater le prétendu ordre
de quitter Nice, d'où il suit qu'il faut en croire sur parole
l'émigré.
Qu'à raison de son domicile, il était tenu de rentrer sur
le territoire dans les délais voulus par les lois.
Qu'il est atteint par la déchéance et n'a réclamé que
l'an V.
Qu'il ne paraît pas y avoir lieu de violer la loi en faveur
de cet ex-évêque dont la rentrée prohibée par la Constitution serait d'une influence dangereuse.
J'estime qu'il y a lieu à proposer la maintenue sauf
à prendre des renseignements si toutefois on les trouve
indispensables.
CAIGNART,
Sous-chef (2e Bureau).
En tête de cette minute est écrit :
« Je pense qu'il y a lieu à instruction et à prendre
des renseignements près les Administrateurs du département_des Alpes-Maritimes. »
Signature illisible (1).
Ces renseignements furent-ils demandés ? C'est probable et cela explique que bien des pièces du dossier Valperga sont en double expédition. Plus d'une année s'écoula
encore, avant que fut prise une décision et finalement sur
un rapport défavorable de la Commission d'examen instituée près le Ministère de la police pour l'étude des demandes en radiation, le Directoire exécutif signa le 7 Floréal
an VII, (26 avril 1799) un arrêté qui maintenait définitivement, sur la liste des émigrés, Mgr Valperga et annulait
toutes les décisions rendues antérieurement, en sa faveur,
par les. autorités locales.
(1) Arch. Nation. F 7 4862 2 dossier Valperga. Rapport de la
3 me Division du Ministère de la police, sans date mais joint à la
lettre de Balbi.
»

�- 66 -

Varrêté du Directoire parvint à Nice les premiers
jours de Prairial an VII (Mai 99) et fut immédiatement
mis à exécution. (1).
*

* *

Ainsi donc Mgr Valperga expulsé ne put jamais obtenir
de rentrer, les lois sur l'émigration étaient tellement embrouillées et tyranniques qu'une fois inscrit sur une liste
d'émigrés, il était extrêmement difficile de s'en faire rayer
malgré toutes les démarches ; car on se heurtait sans cesse
à des questions de forme et de procédure ce qui permettait
à la malveillance de s'exercer tout à fait à l'aise sous le
couvert de la légalité.
A. J.

PvANCE-BOURREY.

(1) De 21 Floréal an VII (10 mai 1799), il fut communiqué
par le ministre de la police générale de la République aux diverses
administrations intéressées et aux Commissaire du Directoire exécutif
près le département des Alpes-Maritimes. Celui-ci par lettre du 3
prairial (22 mai 1799) demanda au Département de le transmettre
à la Municipalité de Nice, ce qui fut fait le même jour avec ordre
de le transcrire sur ses registres, de faire apposer les scellés ou séquestre sur tous les biens meubles et immeubles de l'évêque si ce
n'est déjà fait, et de mi notifier sans délai la décision prise à son égard.
Voir lettre du Département à la Municipalité, celle du Commissaire au Département, 3 Prairial an VII avec la réponse du Département 4 Prairial.
Arch.. des A. M. Q. 1 et 2 et Arch. Nationales, dossier Valperga,

�NIÇA LA BELLA
VERS DE /.

Giordan,

su

DE CARTA POUSTALA

Ai rai dôu nouostre bouon soulèu
Venon s'escaufar toui lu lùssi ;
Es un meravihous tablèu,
Ai rai dôu nouostre bouon soulèu,
Trouvas, dou Var fin au Castèu,
Anglés, Rouman, Danesi, Rùssi :
Ai rai dôu nouostre bouon soulèu
Venon s'escaufar toui lu lùssi.
Pèr tu, as touti li bèuta,
Terra de lus e d'alegria,
D'un ciel d'azur, as la clartà,
Pèr tu, as touti li bèuta.
De l'univers, en verità,
Siès la uechièma meravia ;
Pèr tu, as touti li bèutà,
Terra de lus e d'alegria.
Dintre lou tèmp, Semiramis
Faguet basti, à Babilouna,
Pu siéu jardin, vèr paradis !
Soubre Paioun, degun s'estouna
De vèire, ancuèi, lou paumoulié
Drissar au ciel la siéu coulouna
E lou galofre, e l'anemouna
Flouri emb'au pourtegalié.
De bouon matin, quitant maioun
Pèr la journada touta'ntiera,
S'en va lavar, dintre Paioun
Pa bugadiera.
D'un glourious passat es fiera
Perqué, d'un tèmp, sus lou bastioun
Au Turc, arranquèt la bandiera
Pa bugadiera.

�fet 68 —

Sau de fouora fa freï,
Que brima,
A Niça, sus lou Quèi,
Si rima.
Pescadou, fourestié,
De la mar bressarella,
Escouton voulountié
Pa doussa cantinella.
L'AVOUCAT

PATTA

L'estudi de l'avoucat Patta es en plen aria ; si tèn lou matin
couma lou predinà su la plaça dôu Palai. Es un ome pichounet,
touplen raplot, li pocha enfli de papiè de touta mers. En lu vièi
quartiè es proun counouissut e li capelada, « Bouonjou Moussu
l'Avoucat », noun li mancon. Es ben m'ai juge, proucuradou, etc.
Lu siéu ounourari soun bouon pati e n'a de preferença pèr
qu si sigue. Parla au premier maufatan vengut, couma se fousse
un agnèu que vén de naisse ; lou créancier o lou débiteur soun
tratat su lou même pen... basta que mouson...
L'avoucat Patta es de noutarietà reputat pèr un ome judicious, òunest — au noun si flata de l'estre au jou d'ancuei ; —
finda counouisse, es en relacioun d'afaire emê de gros persou nage que dintre la finança dôu siéu coumerce, soun quasi d'usurari. Sau menajar la cabra e lou caulè ; e pèr que la mouneda
noun li escapa si desbrouïa e si mete dôu cousta dôu manche...
d'aquéu que casca lou de mai...
Acò fa que toui lu matin que lou Bouon Diéu a fach, la siéu
doumestica mete toujou quaucaren au fuec. Lou dimeneghe, coum'un bouon crestian, — tartufaria que lou pauva, — va audi la
gran'messa à Santa Réparada, fa la siesta e à la calada dóu soulèu,
passeja su lou Cours, pastrouia, fa lu cent pas, noun parla que de
lei, proucès, citacioun, ensin alestisse lou travail dôu dilun...
Lendeman empastra ben d'afaire, mete facilamen en lou sac
Moussu Tout'Un emé Moussu Tout'Autre... En éu que li pòu
faire ?... lança dapertout lou broumech, tant pis pèr aquéu que si
laissa agantar. Quaranta sóu es lou près d'atac e vous pregui de
crèire que douna pas la siéu journada pèr doui o tres escut.
L'avoucat Patta counouisse l'usança dôu païs... s'avès touort,
vous rouïa, s'avès pi rasoun, v'espia... Que voulès aima manjar
lou pei, lou pei que noun aiguë d'espina...
JULI EYNAUDI.

�-«9VA

MAU ! !

Va màu, cresé-vous, que va màu 1
En l'orizoun lou voile negre
N'es qu'un gran camp cargat de pebre,
Qu'à pala lou jeten davan,
Avuglan finda lu cavau 1
Lu canoun soun su li frountièra,
Alignât couma de barriera,
N'esperon plus que lou signàu !
Lou soulèu, aquel animàu !
Stan, noun vòu levà la vela,
Si foundon couma des candela
Enb'aquèu coust dôu diàu !
Le Giacouuda à cóu de d/stràu
Li fan petà li sièu moulura...
Ah ! dèu faire bella figura
Se l'an foutuda en quauqua tràu
Lou pan crèise, finda la sàu,
Lou sucre dintre li boutiga
Mounta ben mai que de boufiga !
Van jusque crèise lou rampàu
E la pèu que fau lou tambau ;
Metran de drech su li nourriça,
Su lu chichi, su li saucissa,
Perqué pas soubre lu magàu ?
E lou Prussian, marrit bertàu,
Noun sabon fa que de babïa,
Per lou Maroc e l'Algèria,
Se faran mètre lou mourràu !
Li serreren toui lou pourtàu
E pi veiren touta la França
Davan la sieù grossa arougança
Se noun si sau garda li clàu !
Es de rima d'un manechàu,
Ma sien d'estiéu, vesin, vesina,
Li passeres en la resina
Avant que vegon l'espitau !
CHARLES CIAUDO

�Valère Bernard
Tout en heurtant le marteau contre la porte de M. Valère
Bernard je songeais. Je me suis complu dans le plus souriant
mépris des idoles. L'ironie a tremblé sur mes lèvres quand
la Provence a dans un ravissement de joie acclamé le poète de
Maillanne. Cette mascarade d'apothéose me répugnait.
Et maintenant la curiosité me fourvoyait dans le studio
d'un consciencieux artiste que les felibres couvraient de gloire.
Elève de Puvis de Chavannes M. Valère Bernard pasticha le
Maître. Mais vite il eût l'intuition qu'à se perdre dans les sentiers
battus il courrait risque de compromettre son crédit. Il dit
adieu à Paris et vint dans Marseille, l'opulente cité.
A cette époque vivait un exquis écrivain, J. Lombard. Il venait de publier deux œuvres d'une grandiose beauté, VAgonie et
Bysance. Dans un style étrangement tourmenté il contait les
luttes entre les factions d'Orient, illuminant son œuvre des
splendeurs bysantines.
Valère Bernard vit Jean Lombard, et du même coup les belles
au bois qui dormaient en son âme s'éveillèrent. Il délaissa les
études académiques, les pastiches sans vie, et d'ardentes couleurs
chargèrent ses toiles.
Voici le triomphe des rois Babyloniens. Sur les voûtes d'un
palais impérial passent des gardes étincelants dans la pourpre et
la soie. L'or envahit les hautes colonnes de jaspe bleu. Involontairement on pense aux fantastiques demeures hantées par des
fées émeraudes et des princesses aux perversités troublantes.
Et je m'imagine que le peintre était sous le charme de la
légende quand il a peint cette courtisanne qui sourit à son miroir tout en jouant négligeamment avec sa chevelure d'or. Et
puis passent Venise la rouge, Marseille enveloppé dans la poussière d'or du crépuscule, des motifs à la Watteau peints par un
bysantin, toute une apothéose.
Mais une idée m'obsède, tandis que dans la grise clarté d'un
soir automnal s'éteignent les fauves éclairs jaillis de ces radieuses
toiles. L'idéalisation du passé me paraît cruelle. Les générations
endormies dans la Mort ont eu leurs misères/leurs rancœurs, je
pense qu'il est absurde de s'écrier avec Musset « qu'aux temps
jadis tout était heureux jusqu'aux douleurs humaines. » En vain
l'apostat s'attriste-t-il sur les vieillards immortels de l'antique

�- 7i

—

lonie, â ses oreilles résonnent les paroles de l'Hiérophante : « La
Helladi que tu aimes n'a jamais existé ».
Mais M. Valère Bernard brise ma rêverie, et mes yeux se
portent.sur des portraits appendus au mur. Profils d'espagnol ou
d'américain mitigés d'espagnol, comme on en croise maintes fois
sur la Cannebière.
Homme universel ne puis-je m'empêcher de m'êcrier. M.
Valère Bernard sourit. Il siérait dit-il, à mi voix, de se développer en profondeur. Toutefois il est beau de se dire sur le
tard de sa vie que l'on a fait vibrer toute son âme. Ici le maître
rejoint Néron. Il m'aide à comprendre cet inquiétant empereur.
Mais encore faut-il que tout en étant l'homme universel on ne
sombre pas dans la banalité. De méchantes œuvres d'art peuvent
avoir leur prix.
Une idée se lève devant moi. Labruyère me petsuade que
l'honnête homme de Pascal propre à tout en définitive n'est propre à rien. La spécialisation inintelligente, mène à l'erreur, j'en
conviens, mais en fait elle est une loi générale.
Et ceci est pour me plaire, car j'abhorre dissiper mon énergie,
j'aime le repliement, la frissonnante pudeur qu'effarouche les
vaines ostentations. Je goûte les peintres du passé et malgré ma
philosophie j'adore les peuples disparus. Volontiers j'implorerai
avec la Cassandre de Schiller la cécité, l'exquise cécité. Le sou
venir a plus de puissance sur moi que l'espoir.
Et sous des deux gris, en des pays étrangers désolants de
médiocrité, il m'est arrivé de pleurer plus amèrement que ne
pleura Xerxès aux rives d'Abydos.
J. PADOVANI.
PROUVERB1, BOUOI MOT, COUNSÈU E DICH
Vèuva que si marida,
Dèu perdre la lus e l'audida.
Fiha madura,
Lou pouorta à la centura.
En cuntant su lu det :
Aquéu a fa l'óu ;
Aquéu l'es anat cercar,
Aquéu l'a fa cuèire,
Aquéu l'a manjat,
E lou pichoun n'a ren tastat !

�— 73 —
LE

DÉSESPOIR

Oui, j'ai la mort dans l'âme ; oui, je monte au calvaire ;
Mon horizon, hier si beau, s'est obscurci ;
Je hais tous les devoirs et tout ce qu'on révère :
Mieux vaut mourir que vivre ainsi !
Puisque je n'y puis rien ; que la raison humaine
Ne gagne plus un cœur où mon cœur est entré,
Je veux briser mes jours comme on brise une chaîne
Et m'enfuir en désespéré.
Qu'est-ce donc que la mort ? C'est la paix éternelle,
C'est un beau drap de fleurs sur mon sein endormi,
C'est la nature calme, auguste et solennelle
Qui nous prête un repos ami.
O nature de Dieu contemple ma détresse !
Ecoute tout mon sang dans mon cœur s'épancher
Et, puisque je n'ai plus le lit de ma maîtresse,
C'est au tien que je veux coucher ;
C'est toi la grande mère et la nourrice immense !
L'homme au sort le plus âpre et l'homme au sort plus beau
Retrouvent dans ton sein leur part de ta clémence :
L'un l'amour, l'autre le tombeau
Tu sais, toi qui vois tout, ce qu'ici bas je souffre,
Que je n'ai point béni l'instant de mon réveil
Et que j'ai regardé, toujours, du fond du gouffre,
Les bords ou brillait le soleil ;
Que je n'ai bu jamais que dans la coupe amère,
Que le seuil du bonheur me fut toujours fermé,
Que j'ai perdu mes fils, que j'ai perdu ma mère
Et tous les cœurs qui m'ont aimé !
Maintenant je m'en vais, battant du front, comme ivre,
En proie à ce grand deuil qui me courbe en vainqueur,
Et je veux déchirer ma vie, avec le livre
Des chastes sanglots de mon cœur ;
Et toi, rayon divin, génie, ardent délire,
Flambeau qui n'iras plus briller sur son autel,
Eternise du moins ces larmes de ma lyre
Et que mon cri soit immortel !
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20,
20,

10
9
22
22

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11
10
23
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SESOUN

Lou printèms coumença lou 21 mars
L'estiéu
—
— 22 Jun
L'autoum
—
— 24 sept,
L'iver
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— 22 dés.

à 6.55 m.
à 2.36 m.
à 5.18 m.
à 11.53 m.

dôu sera
dôu sera
dôu matin
dôu sera

FESTA MOUBILI

Septuagesima... 12 Fébrié
Cendre
21 Febrié
Pasca
7 Abrieu
Rougacioun 21, 22, 23, 24 Mai
Ascensioun
16 Mai

Pantecousta
Trinità
Festa de Diéu
1" Dimenegue de
Ie* Desémbre

26 Mai
11 Jun
15 Jun
l'Avènt

LU ESCLISS!

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ij Abriéu. — Esclissi annulari e coumplet visible

à Paris, en America, en Europa et dintre lou N.-O. de l'Africa.
Coumençamen de l'esclissi à 10,01 dôu matin ; finisse à 1,08
dôu sera.
10 Otitoubre. — Esclissi coumplet invisible à Paris, visible
dintre l'America dôu Sud.
Luna. — 1" Abrièu. — Esclissi parciella visibla à Paris. Entrada de la luna dintre l'oumbra, 9.26 dôu sera; sourtida, 11.03
dôu sera.
26 Setèmbre. — Esclissi parciella, invisibla à Paris, visibla
dintre l'Océan Pacifique.

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Lu vènt que souflon à Niça, dintre lou cours de l'armada,
soun au nombre de 16. Vequi li siéu denouminacioun courènti,
pihadi, en general, dai loucalità dei quali parèisson vèni :
Sud
Miejon
Nord... Tramountana
S.-S.-O. Miejou Lebech
N.-O.-E. Grek Tramountana
S.-O
Lebech
N.-E... Grego
O.-S.-O Pounèut Lebech
E. N .E. Levant
Ouest. Pounènt
E.-N.-E. Levant
O.-N-O.V Pounènt Maistràu
E.-S.-E. Levant
N -O . Mastràu
S.-E.... Siroco, vènt marin
N..-N. OMaïstràu Tramount
S.-S.-E.. Miejou Siroc

6
15
25
14
31
24

VIGÍLIA — JEUNI
Abriè
(Pasca, 7 Abrièu).
Mai
(Ascensioun, 16 Mai).
Mai
(Pantecousta, 26 Mai).
Avoust
(Assoumpcioun, 15 Avoust).
Outoubre (Toui lu Sant, Ier Nouvembre).
Desembre (Calena, 25 Desembre).
L'AN NADA RELIGIOUSA

LI FESTA MOUBILI E LI FESTA FISSI
Janvt'è
jYlars
1 Circouncisioun.
1 e 2 Quatre Tèms.
6 Epifania (lu Rei).
3 Reminiscere.
13 Bateja de J.-C.
10
Oculi.
14 Sant Noum de Jesu.
17 Lœtare.
fébrié
24 Passioun.
2 Puriflcacioun.
29 Li 7 Doulou.
4 Setuagesima.
31 Lu Rampàu.
6 Festa de la Pr. de N. S.
11 Sexagesima.
Jîbriéu
13 Coum. de la Passioun.
5 Divendre Sant.
18 Quinquagesima.
7 Pasca.
21 Cendre.
14 Quasimodo.
25 Quadragesima.
28 Patrou. de San Joúsè.
28 Quatre-Tèms.

�Setembre
3 Inv. de la Santa Crous.
13, 14, 15, Rougacioun.
16 Ascensioun.
26 Pantecousta.
29-31 Quatre-Tèms.
1
2
6
9
21
24
29

Quatre-Tèms.
Trinità.
Festa de Diéu.
Festa dôu S. Sacramen.
Sacrat-Couor de'jesu.
Natività de S. jouan-Bat.
SS. Peire e Paul.

8 Natività de la Vierge.
14 Esaltacioun de la Crous.
15 N.-D. dei 7 Doulou.
15 San Noum de Maria.
18, 20, 21, Quatre-Tèms.
29 Dédie, de S. Miquèu.

Ôutoubre
6
13
20
27

Sant Rousari.
Maternità de la Sta Vierge.
Puretà de la Santa Vierge.
Patrounage de la S. Vierge.

J/ouvembre

Juliet
2 Visitacioun de la S. V.
7 Precious Sang.
16 N.-D. dôu Carme.

Jîvoust
6 Transfiguracioun.
15
18
25
25
29

Assoumpcioun.
S. Joachim.
S. Couor de la Vierge.
S. Louis.
Decolac. de S. Jouan-Bat.

1
2
3
21

Toui lu Sant.
Lu Mouort.
Santi Relíquia.
Present, de la Sta Vierge.

2&gt;esembre
1 Avent.
8 Imaculata Councepcioun.
18, 20, 21, Quatre-Tèms.
25 Calena.

BANQUE GARLONE &amp; GIE
MAISON ÉTABLIE EN 1811

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l-fi«

�LA

DÉCIMALISATION

DU

TEMPS ET DES

ANGLES

LA MONTRE DÉCIMALE
Par J. de REY-PAILHADE, président du Comité
pour la propagation des méthodes Décimales.
Le Club Nautique de Nice a offert plusieur fois en prix des
montres décimales aux régates'de 1909. Il était utile de décrire cet instrument, d'y joindre des tables pratiques et des
formules à l'usage des ingénieurs, des sportsmen, des médecins, etc. etc.
DÉCIMALISATION DES ANGLES •
Il est aujourd'hui démontré que la division décimale du
quart de cercle facilite tous les calculs.
Les nouvelles cartes géographiques sont graduées exclusivement dans ce système, devenu officiel en France et dans
d'autres pays. On possède toutes les tables pratiques nécessaires à son essai courant. Nous ne nous étendrons pas
davantage sur cette méthode aujourd'hui enseignée dans les
lycées et collèges.
Nous rappellerons seulement que M. l'amiral Germinet,
membre d'honneur du C. N. N., sous la direction duquel on
fit en 1899 et 1900 des essais de navigation avec un matériel
entièrement décimal, a émis un avis très favorable à la
réforme décimale.
DÉCIMALISATION DU TEMPS
La division décimale du jour décrétée le 4 frimaire an II
rendra aussi de grands services à la science et aux sports.
Principe. — On divise le jour entier en 100 parties égales
appelées cés ; le cé est subdivisé en décisés, ceniicès et millicés
Le cé vaut 14m 24s ou 1T4 d'heure environ ; le décicé est égal
lm 26s 4 ou lm Ij2 environ ; le millicé vaut 0S 864 ou 9T10 de
seconde environ.
Concordance des Temps. — On parvient assez vite à dire
instantanément l'heure à 1 ou 2 minutes près en regardant le
cadran d'une montre décimale. Il suffit d'apprendre par cœur
les concordances décimales de toutes les heures.
0,0
0
50,0

4,2
1
54,2

8,3
2
58,3

12,5
3
62,5

16,7
4
66,7

20,8
5
70,8

25,0
6
75,0

�25,0
6
75,0

29,2
7
79,2

33,3
8
83,3

37,5
9
87,5

41,7
10
91,7

45,8
11
95,8

50,0
12
100,0

Les heures sont au milieu, les concordances des heures
du matin en haut, celles du soir en bas. Ainsi 10 heures du
matin valent 41.7 cés (énoncer 41 cés 7 décicés) et 10 heures
du soir valent 91,7 cés.
Gomme 1 cé vaut presque lj4 d'heure et un décicé une mi •
nute 1]2 ; en partant des concordances du tableau, on dit
l'heure instantanément, ainsi 39,9 cés valent 9 h. 36 m. du
matin. Un ou deux jours suffisent pour atteindre ce résultat.

Description de la montre décimale ou cémètre. — Il y a 3
aiguilles centrales se mouvant sur un cercle divisé en 109
parties égales, numérotées de 0 à 9. Le 0 cé est en bas, c'est
l'origine des temps, car on suppose la Terre au centre du
Cadran.
L'aiguille dorée avec un soleil ne fait qu'un tour par jour ;
l'aiguille épaisse en acier bleu tourne 10 fois par jour, et la
trotteuse fine fait 1000 tours par jour.
L'aiguille-soleil montre la position de l'astre du jour par
rapport au méridien de Paris, qui va du centre au chiffre 5.

�10 —
Les quatre traits bleus indiquent les positions de cette aiguille
à minuit en bas sur 0 ; — à tì h. du matin au milieu entre 2
et 3 ; — à midi, en haut, sur le 5 ; — à 6 h. du soir, entre 7
et 8.
L'aiguille dorée du soleil indique le chiffre des dizaines
de cés, 2 sur le dessin ; l'aiguille épaisse donne d'abord le
chiffre des cés, 6 sur le dessin, et en comptant rapidement à
l'œil le rang de la division entre 6 et 7, on voit, que cette aiguille marque 3 décicés. Le temps du dessin est donc 26,3
cés correspondant à 6 h 20 m. du matin environ. L'aiguille
trotteuse donne les millicés 83. Le temps est donc 26,383
cés.
» Pour la vie courante, on n'a pas besoin d'aller au delà du
clécicé. On lit les milticés pour les applications scientifiques
et sportives.
Le temps en millicés lu sur le cêmèire facilite tous les calculs, car on n'a jamais de réductions à faire.
Examinons le problème des vitesses a l'heure : Les millicés multipliés par 0,00024 donne des heures et fraction décimale d'heure. Ainsi Ì2345 millicés valent 12,345 -f- 24 =
2 h. 9628.
Par conséquent si L est la longueur parcourue et M le
temps en millicés, la vitesse est

ou t

+ 4166,66...

Ces quelques exemples démontrent que la montre décimale simplifie tous les calculs sans exception.
Les rapports de MM. les délégués officiels aux essais de
la montre décimale faits à Nice, par le Club Nautique, le 26
février 1911, concluent unanimement à la supériorité de cet
instrument pour les usages scientifiques et sportifs.
M. Prim, astronome à l'Observatoire de Nice, représen
tait M. le \iinistre de l'Instruction publique.
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JANVIE
P.
P.
D.
N.

Q,
L.
Q.
L.

lu 8, à 7
lu 14, à H
lu 22, à 7
lu 30, à 10

SOULÈU.

1
2
3
4
5
6
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30
31

—

oura
oura
oura
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FE BRIE
20
26
21
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L. 8 14' — C. 4 42'

dil. Jou de V An

P. Q.
P. L.
D. Q.
SOULÈU,

1
2
3
4
5
Lu Rei
6
Dim. S. Lucien
7
dil. S. Apoulinari
8
dim. S. Pèire
9
dim. S. Guiermo
10
dij S. Teodose
11
div. S. Arcada
12
dis. Sta Verònica
13
Dim. S. Ilari
14
dil. S. Maurici
15
dim. S. Ounourat
16
dim. S. Antoni
17
dij. Sta Angela
18
div. S. Sulpici
19
dis. S. Bastian
20
Dim. Sta Agnesa
21
dil. S. Vincènt
22
dim. S. Raymound
23
dim. Sta Jacinta
24
dij. Conv. de S. Pàu
25
div. S. Poulicarpa
26
dis. Sta Devota
27
Dim. Sta Paula
28
dil. S. Francès S.
29
dim.
dim.
dij.
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dis.

S.
Sta
S.
S.

TRIMESÏRÍ;

Macari
Genevieva
Tita
Simeoun

dim. Sta Marfina
dim. S. Peire N.
En Janvié
Lou païsan n'a ren

lu 6, à 4 oura 28 s.
lu 13, à 11 oura 38 m.
lu 21, à 4 oura 44 ui.
- L. 7 49' - C. 5 30'

dij. S. Ignaci
div. La Candeliera
dis. S. Blasi
Dim. Setuagesima
dil. SS. Vinc.Oronte
dim Sta Agata
dim. Sta Dorotea
dij. S. Romuald
div. S. Jouan-Matha
dis. Sta Apoulounia
Dim. Sexagesima
dil. Sta Eulàlia
dim. S. Gregori
dim. Sta Eufrasia
dij. S. Onesime
div S. Dounat
dis. S. Simeoun
Dim. Quinquagesima
dil. S. Gabin
dim. Dimars-Gras
dim. Li Cendre
dij. S. Silvan
div. S. Maxime
dis. S. Pascase
Dim. Quadragesima
dil. S. Nestor
dim. S. Leandri
dim. Sta Nourina
dij. S. Nymphas

Plueia de febrié
A la terra vau fumiè.

ZDéSTU-S-bez

NICE

MARS
N. L.
P. Q.
P. L.
D. Q.
N. L.
SOULÈU

1
2
3
4
5
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il

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30
31

lu 1,
lu 8,
lu 15,
lu 23,
lu 30,
— L.

div.
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dim.
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dim.
dim.
dij.
div.
dis.

Dim.

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L
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7

1 oura 31 m.
0 oura 02 m.
0 oura 59 m.
1 oura 26 m.
1 oura 38 s.
01' — C. 6 13

S. Eudoxia
S. Simplici
Reminisceri
Sta Cunegonda
S. Casimir
Sta Coleta
S. Jouan de D.
Qaatre-tèms
Sta Margarida C.
Ocali
S. Euloge
S. Gregori
Sta Eufrasia
Sta Matilda
S. Acepsima
Sta Gertruda
Lœtari
S. Apien
S. Jôusé
S. Joachin
S. Lea
S. Turibe
S. Armentari
La Passioun
Anounciada
S. Emanuèu
S. Jouan d'Egt,
S. Gountran
S. Eustase
S. Jouan C.
Lu Rampàu

Lou mes de mars
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lu
lu
lu
lu

SOULÈU.

1 dil.
2 dim.
3 dim.
4 dij.
5 div.
6 dis.
7 Dim.
8 dil.
9 dim.
10 dim.
11 dij.
12 div.
13 dis.
14 Dim.
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16 dim.
17 dim.
18 dij.
19 div.
20 dis.
21 Dim.
22 dil.
23 dim.
24 dim.
25 dij.
26 div.
27 dis.
28 Dim.
29 dil.
30 dim.

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13, à
3
21, à 7
28, à 11

—

oura
oura
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L. 6 06'

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37 s.
31! s.
25 s.
C. 6 52'

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S. Franç. de P.
S. Richard
Dijàu Sant
Divèndre Sant
Dissata Sant
Pasca
S. Albert, ev.
S. Azada.
s. Isidoro
s. Leoun
s. Juli
s. Justin
Ouasimoi/ii
Sta Anastasia
S. Frutuous
S. Rodolfe
S. Maxime
S. Anselme
S. Teodoro
S. Adalbert
S. Fidèle
s. Jorgi
s. Marco
s. Clet
s. Antime
s. Aimé

s. Roubert
Sta Catarina d. S
SS. Philip. ,Jacq.

Pichouna plneia d'Abriéa
Bouona récolta pèr l'csliéu

Q.

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P. L.
D . Q.
N. L.
SOULÈU.

TRIMÍÎSTRÈ;

MAI

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lu 5,
2 oura
lu 13, a 7 oura
lu 21, à 10 oura
lu 28, à 7 oura
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C. 7 29'

1 dim. SS. Félip. Jaq.
2 dij. S. Atanase
3 div. In.d.l. Sta Crous
4 dis. SS. Sindonis
5 Dim. S. Pio, papa
6 dil. S. Jouan D.
7&lt; dim. S. Peire
8 dim. s. Gregori N.
9 dij. s. Antounin
10 div. s. Isidoro
11 dis. s. Bounifaci
12 Dim. s. Jouan lou S.
13 dil. s. Pouon, m.
14 dim. s. Pacomo
15 dim. s. Sta Denisa
16 dij. Ascensioun
17 div. S. Pascaù
18 dis. S. Teodoto
19 Dim. s. Pèire C.
20 dil. s. Felis.
21 dim. s. Bernardini
22 dim. s. Julia
23 dij Rogaeioun
24 div. s. Vincen, d. L.
25 dis. S. Urbin
26 Dim. Pandecousta
27 dil. S. German
28 dim. S. Cirile
29 dim. Sta Petronïa
30 dij. S. Sylve
31 div. S. Justin
Au mes de mai
Longui semana

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P.
D.
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L.
Q.
L.

lu 3,
lu 11,
lu 19,
lu 26,

SOULÈU.

1
2
3
4
5
6

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11 dim.
12 dim.
13 dij.
14 div.
15 dis.
16 Dim.
17 dil.
18 dim.
19 dim.
20 dij.
21 div.
22 dis.
23 Dim.
24 dil.
25 dim.
26 dim.
27 dij.
28 div.
29 dis.
30 Dim.

—

à 11 oura 4 s.
à 10 oura SI s.
à 9 oura 51 s.
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Sta Margarida
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S. Antoui de P.
S. Basilio
S. J.-F. Régis
S. Moudeste
S. Lambert
Sta Olga
S. Gervai
Sta Juliena F.
S. Louis de G.
S. Paulin
Sta Maria d'O.
S. Jouan-B.
S. Prousper
S. Alban
S. Cresen
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lu 11, à 1 cura 53 s.
Il 19, a o oura 31 m.
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SDULÈU. - - L. 4 35' — C. 8 22'

1
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Vierg.de li Gracia
S. Anatole
S. Pèire de L.
S. Sisoès
S. Elie
Sta Babeta
S. Efrein
Sta Felicita
S. Pio
S. Jouan G.
S. Gene
S. Jaque
Festa Naciounala
S. Enri
N.D.d.M. Carmel
Sta Marcelina
S. Frederic
S. Vincen de P.
Sta Margarida
S. Vi loiSta Maria-Mad.
S. Apoulinari
Sta Cristina
S. Jaque
Sta Anna
S. Pantaleoun
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Sta Marta
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Au mes de Juliet
Ni frema ni coulé.

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P. L. lu 10, a 3 oura 58 m.
D. Q. l»i 17, a 1 oura 1.1 s.
N. L. lu 21, a 5 oura 14 m.
IV Q. lu 31, &amp; 5 oura 21 s.
souLÈu, —1.5 or -j&gt;. 8 or

dij.
div.
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4 Dim.
5 dil.
6 dim.
7 dim
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9 div.
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Dim.
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Dim.
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dis.

S. Pèire-aï LS. Alfonso
Inv. de S. Estève
S. Domenica
N. D. dei Nèu
Trausf. de J. C.
S. Gaétan
Sta Batilda
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S. Là u ren
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SBTÈMBRE
P. !.. lu 8, a' 4 oura 57
D. Q. lu 15, a 6 oura î&gt;l
N. L. Ju 22, a 3 oura 37
P. Q. lu 30. a 0 oura 08
SOULÈU. - - 1. 5 47V— c.

1
2
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30

Dim.
dil.
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d'un.
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dim.
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Dim.
dil.

S. Gili
S. Estève R.
Sta Eufemia
Sta Rosalia
S. Làuren J.
S. Pambon
S. Grat
Natiu, di' la V.
S. Oumer
S. Xicola
S. Félis
S. Veran
S. A nié
Es. (1. l.S. CtQUS
S. Nicomède
S. Conrneilla
S. Lanbert
S. Tournas V.
S. Janvié
S. Euslache
S. Matiéu
S. Maurici
Sta Tecla
S. Girar
S Firmen
S. Nil
S. iN'icandre
S. \\ inceslas
g. Miquèu
S. Jeromo

Lima setembrina
De mai clarina

MOT »

GRANDE MARQUE RECOMMANDÉE

s
:
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7'02'

�- '5 -

Qüa.TRIÍJMí)
OUTOUBRE
P.
D.
N.
P.

L.
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lu 8,
lu 15,
lu 22,
lu 30,

SOULÈU, — 1.

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oura 46 m,
oura 09m;
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ii

— c.

6 06*

TRIMESTRE

NOUVÈMBRE
P. L. lu
6,
D. Q. lu 43,
N. !.. lu 20,
Q.
lu 29,

r.

SOULÈU. - -

1.

a
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a
a

4 oura 48
8 oura 20
9 oura 49
2 oura 42
14'

—

c.

5 03'

1 dim. Rosari
1 div. Tout lu Sant
2 dim. S. ■ Léger
2 dis. Eu Mouorl
3 dij. S. Rosari
S. Ubert
4 div. s. Francès d'A. 43 Dim.
dil. S. Carlo B.
5 dis. s. Placido
5 dim. Sta Bertila
6 Dim. s. Bruno
6 dim S. Leounar
7 dil. s. Serge
dij. S. Nestou
/
8 dim. Sta Reparada
8 div. Lu Quatre Incou.
9 dim. S. Denis
9 dis. S. Teodore
10 dij. s. Francès B. 10
Dim. S. Jacintou
11 div. s. Tarasco
11 dil. S. Martin
12 dis. s. Counrad
12 dim. S. René
13 Dim. s. Edouard
13 dim. s. Stanislas
14 dil. s. Calisio
14 dij. S. Pantena
15 dim. Sta Teresa
15 div. Sta Gertruda
16 dim. S. Ospici
16 dis. S. Edme
dij.
17
Sta Edvija
17 Dim. S. Gregori
18 div. S. Luc
18 dil. S. Alfè
19 dis. S. Pèi re
19 dim. Sta Babeta
20 Dim. S. Agrico)
20 dim. S. Edmon
21 dil. Sta Ursula
21 dij. Présent, de la V.
22 dim. S. Filip
22 div. Sta Cecilia
23 dim. S. Teodoret
23 dis. S. Clemen
24 dij. s. Mairloire
25 div. ss. Crespin-Cr. 24 Dim. Sta Flora
26 dis. s. Jouan de K. 25 dil Sta Catarina
26 dim. Sta Pel fina
27 Dim. s. Frumence
27 dim. S. Maxime
28 dil. s. Alfredo
28 dij. S. Sostène
29 dim. s. Narcisse
29 div. s. Saturnin
30 dim. s. Marcel
30 dis. s. Andrièu
31 dij. s. Siri
En ùuloubre
\loii ponorc goûta loti rùare

Tonssan ientra
St A n'driéu lou souorte

« wmmm

DESÈMBRE

s.
m.
s.
ru.

JACK

P. L .
D. Q.
N. L.
P. Q.

lu 6,
lu 12,
lu 20,
lu 28,

SOULÈU, -

1
2
3
4
5
6

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Dim.
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dim.
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8 Dim.
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10 dim.
11 dim.
12 dij.
13 div.
14 dis.
15 Dim.
16 dil.
17 dim.
18 dim.
19 dij.
20 div.
21 dis.
22' Dim.
23 dil.
24 dim.
25 dim.
26 dij.
27 div.
28 dis.
29 Dim.
30 dil.
31 dim.

1.

a
a
a
a

3 oura
m.
6 oura 46 s.
4 our;i 40 s.
7 OUI;L 48 s.

7 54' — c.

A vent
Sta Bibiana
S. Francès X.
Sta Barba
S. Bassi
S. Nicola
S. Anbrosi
Imac. Conception
Sta Leoucadia
Sta Eulàlia
S. Damase
Sta Rosélina
Sta Lucia
S, Niçoise
S.
S.
Sta
S.
S.
S.
S.

Mesuiin
Adon
Olimpíada
Gatien
Ciprian
Filogone
Tournas

S. Onourat
Sta Vitòria
Cacha-fuec
Calèna
S. Estève
S. Jouan
SS. Inoucent
Sta Eleonora
S. Sabîn
S. Sàuvestre

Calena aufuec,
Pasca àu j'aèc.

sin -

GRANDE MARQUE RECOMMANDÉE

4 35

�- i6-

�- 17

-I

CROUNICA NIÇARDA
L'ABADÏA DE SAN POUON.— L'ABAT RANCE-BOURREY.
GLOFFREDO.

—

—

PÈIRE

A PREPAU DOU DIALETE NIÇART.

Ben qne pareissènt tardié, VArmanac Niçart s'empressa de
pourtà la siéu febla vous su tout cen que enteressa lou païs, sigue
au pounch de vista istoria loucala, pouesia, tradicioun, sigue
tamben su la taquinanta questioun dóu dialete niçart souvenri
fès pauvada e su la quala lu escritour mouderne soun luen d'estre
d'acordi.
Parlerai finda de M. l'Abat Rance-Bourrey, un beneditin qne
despi quauque an en ça mete à prouflt la siéu erudiciou n a nen
revelà de fach d'istoria inedieh. Se quauqu'un mérita d'estre
laudat es ben éu ; es en éu que VArmanac Niçart tressa la
pamoula de sapiença. En esprimant la nouostra recounouissença,
à l'Abat Rance-Bourrey, fen cen que touplen an denembrat,
vouoli dire de courounà lu siéu travail, frucha de ben de recerca,
dai quali obra sian fier d'avé prestat la prima ajuda. Pouden cità :
lou Discours sur le Monastère de Sainte-Claire de Nice, par Honoré
Pastorelli, publié d'après l'édition originale de Turin 1608, avec
une introduction et des notes ; — "Le Général J.-B.-M. D'Anselme" (Notices biographiques (1740-1792). E aquest'an
l'istorien nen douna — toujou de prima man — YExpulsion de
Mgr Valperga, evesque de Niça, au tèms de la Revoulucioun,
travail anoutat de peça curiouvi que sian urous de pouder metre
souta lu uès dei nouostre letour.
*
* *
Lou fach de l'annada, lou mai marcant, es estat aquéu de
l'Abadïa de San Pouon. Parlon de tout destruge pèr li basti an
siéu luec un espitau Pasteur... UArmanac Niçart es pas Penemic
dóu prougrès, ni men encara dei Bei-Art, ma si fa lou pious dever
de jougne lu siéu esfouors en aquelu dei siéu councitadin quo
l'istoria dóu passat passiouna, pèr que l'Abadïa de San Pouon
sigue counservada e classada couma mounumen istorique. En la
circonstança feliciti M. l'Abat Rance-Bourrey que mé rasoun s'e.s
demoustrat l'ardènt defensour autourisat que counouissen. La
siéu paràula es estada escoutada e lou Préfet de li Alpa-Maritima,
8

'

�— i8 M. de Joly — respetuous dei nouostri tradicioun — en ortie
avertit a proumès que l'Abadïa de San Pouon seria respetada e de
lèu si crusià pèr lou siéu classamen tra lu mounumen istorique.
Dóu resta vequi ce que l'Abat Rance Bourrey nen di su San
JPouon. Counsignen religiousamen li siéu paràula :
« L'Abbaye de Saint-Pons est le plus ancien monument relitgieux existant dans le Comté de Nice. Il y a dou^e cents ans que
sSiagrius y fonda un monastère. L'histoire de ce monastère est
jintimement liée à l'histoire religieuse, civile et économique de la
iville de Nice.
;
« Ce fut à Saint-Pons qu'en 1388 fut'signé l'acte réunissant
le Comté de Nice au Comté de Savoie. Les abbés de Saint Pons
ifurent pris dans les principales familles du Comté : les Badat, les
tLaugery, les Provana, les Lascaris, les Grimaldi, les Martelli, les
;Tournefort, etc. Plusieurs évêques de Nice furent abbés de Saint[Pons, en particulier Barthélémy Chuet (fin du xve siècle) et Jean
, Uriole, son successeur. Un autre abbé, Claude de Seyselle, fut
,évêque de Marseille, puis archevêque de Turin ; d'autres furent
cardinaux, tels Innocent Cibo, neveu d'Innocent VIII et de
f
;Léon X, et Paul Medeci de Cesis dont on voit encore l'inscription
(funéraire à Sainte-Marie-Majeure, à Rome.
:
« A la fin du xvir siècle, l'abbé de Saint-Pons était Pierre
•Gioffredo, le savant historien niçois. Enfin, un abbé de SaintiPons dont les Niçois n'ont pas encore perdu le souvenir, était
(l'abbé Spitalieri de Cessole qui a doté sa ville natale d'un établissement de bienfaisance si justement apprécié. La plupart des
pbbès de Saint-Pons et plusieurs évêques de Nice ont été enterrés
dans l'église ou sous le cloître et dorment aujourd'hui confondus
avec les moines leurs frères qui depuis dix siècles y sont enterrés.
« Les monuments funéraires ont disparu. Le temps a tout
(nivelé à Saint-Pons, singulièrement aidé cependant par la main
ides hommes. On connaît les dévastations commises par
Iroupes de François Ier et de Barberousse, plus tard par celles d
Catinat et par d'autres encore. Après chaque désastre, SaintPons a retrouvé une nouvelle vitalité et il y a à peine trois quarts
de siècle que Mgr Galvano y a fait d'importantes réparations.
;
« Saint-Pons n'est pas seulement une page de l'histoire de
notre pays, c'est un gros volume de cette histoire ; les Niçois
laisseront-ils dire qu'ils sont restés indifférents devant le danger
qui menace Saint-Pons ? Non, ils feront tous leurs efforts pour

�— 19 -

sauver de la destruction un monument qui doit leur être cher...
Je demande d'urgence le classement de l'Abbaye de Saint-Pons,
c'est-à-dire de l'Eglise et des bâtiments claustraux, comme monument historique. »
Lou councours de YArmanac Niçart es aquist. Emé fiertà e
au près de touplen de sacrifici faren respetà l'istoria dóu passat,
la lenga e lu escrich dei orne qu'an ilustrat lou nouostre bèu
pais.
*
* *
Despi quauque tèms, — maladia que reven per intermitença,
— la gran questioun de la grafia niçarda, de l'ourtougrafa, es
messa su lou tapis. De letra soun estadi publicadi, d'autri lou seran, e cresi qu'après ben de charra pèr dire pas gran cauva de
nóu, quasi dirii pèr predicà dintre lou Desert, noun restera
d'aquela discussioun, — Favén déjà coustatat, — pas gran cauva,
ren!... Cadun escrèu à la siéu moda seloun l'esprit dóu moumen,
e serii ben curious de counouisse aquéu que vendria nen dità
une metoda en nen dïen : « la mièu maniera d'escrièure lou
Niçart es la bouona». Discussioun scientifica que pòu passiounà
quauque lenguista, pas mai ; lou mihou es d'escrèure seloun li
letra ditadi pèr la prounouncia. Lou talènt pèr aquéu qu'escrèu
es de si laissà liège, de si faire acapi. Es qu'en en un entan que
frecuenta l'escola primària poudès li demandà autra cauva ?...
Perta de tèms que tout acò, vourria mai s'engenià à recercà lu
viei mot, espressioun, loucucioun courenti que la pous dóu tèms
a rabaïat, dounà au nouostre bèu dialete la coulou que dèu avè,
en respetant lu emprunt que pouden avè fach sigue à l'Italian, à
l'Espagnòu o à tout autre...
Un dialète noun dèu pas estre une lenga scientifica, encara
m en noun còu avè la pretencioun que sigue ouficiela, seria temerari ; lou dialete d'un païs dèu refletà lou caratere d'un'epoca que
lou tèms dèu respetà, enfin escrèure gramaticalamen, un noun
empedisse l'autre, e laissà à l'esprit, au goust lou coumplemen
d'un stile ouriginal, en de frasa councisi que flaton i'auriha.
Aquí fermi la discussioun, risqui de perdre la civada... l'an
que ven, se Diéu mi presta vida, v'en dirai d'autri e couma
d'usança que mi sigue permès de la vous souvetà : Bouona e
uroûva !
L'ARMANAC

NIÇART.

�20 —

LA CIGALA DOU BOUON DIEU
Una cigala dóu Bouon Dieu
Tout l'estiéu
E l'iver en la chambreta, —
L'aiguesias vista la lebreta ! —
Noun vivïa que d'amour
S'assetava su l'ounour;
La cigala cantarela,
Vau chanja de clientela,
Noun es courta d'amatour,
Que li viron tout au tour !
Ma l'ancien de la cigala,
De gros mot ven que s'embala ;
En l'auriha de la maire
Li ven tout aquéu bousin,
Que deja toui lu vesin
Sabon lou long de l'afaire
— Cenqu'as fach m'au tiéu tip ?
Di la maire enrabiada...
Bella Vierge encourounada !
Sera au mancou m'un bouon rie!!...
CH. CIAUDO

PROUVERBI, BOUOI MOT, COUNSÉU E DICH
Tèms d'iver noun ti fidar.
Lu màu dei enfan si garisson soulet.
Cau naisse pèr estre bèu, si maridar pèr estre rie, e mouri
pèr estre brave.
Per aver de raïn, eau caressar la souca.
Agnèu naissut
Vau un escut.
Dansa mihou ventre plen que rauba nova.
L'oumbra dou mèstre engraissa lou cavau.

�LOU MAGOT DE BERTOUMIÉU ISSUGA
O BEN

UNA RAISSADA DE MACAROUN
Conte menloanasqae trouvât dintre d'un armori
de ma nana e que /'Armanac Niçart es tirons de
transcrièure en niçart à Ventencioun dei sièu
fidèle lotour et lelrissa.

Bertoumiéu Issuga, mentounasque de viéia roca, abitava en
coumpagnia de sa mouhié, en carriera dóu Paumoulié. La siéu
frema, malurousamen, era sirnplaria e faia lou siéu desespoir.
Cada matin Bertoumiéu, avant de s'en anà au travail, li recoumandava de noun faire de bestialità. Cou vous dire que toui lu
dissata lou nouostre ome metia en un'armari pertuat dintre la
muraia lou gagne de la semana.
— Bertoumiéu ! pèr qu seria tout aquel argen, demandava
Marioun au siéu marit.
— Es pèr Madjou-long, castagnassa !
*
* *
Un jou Bertoumiéu partet pèr anar à la siéu campagna ;
devia même li restar doui ó très jou pèr souïnar e arousar lu
citrouniè. Marioun souleta matin e sera, s'assetava su lou banquet de la pouorta e faïa de bas... Un predinà veguet un ome
de statura mai que mejana, couma si di, un gran carcan. La
frema de Bertoumiéu lou fissa sensa parpelear, pi pihada d'un'
idea, li diguet :
— Moun bèu Moussu, sias bessai vous Madjou-long ?
Lou merlo pita e noun s'en laissa dire autre, léu li
respouonde :
— Noun vous troumpas pas, bella bruneta, sièu ièu Madjoulong !... Ma perqué mi faire tala demanda ?
Perqué ?... dou moumen que sias Madjou-long, intras su lou
cóu. Li a ja pas mau de tèms que moun marit a mes d'argen
amagat pèr vous...
E sensa mai de ceremounia li remeté lou mandiou dintre lou
quai lu sóu eron groupât. L'ome remercia e la s'esbigna lèu.
♦

* *

�Lou sera, Bertoumiéu arriva, la sièu mouhié li di.
— Sabes, ai vist ancuei Madjou-long !
E l'ome de cridar :
— Malurousa ! — m'en a fach encara una 1
Courre à l'armari, lou mandiou e Pargen, mouis !... Issuga
blastema pica dai pen, es décidât de si desiaire de la siéu frema
Lendeman, dóu téms qu'aissesta durmïa, li cuerbe lu uès emé de
pega de sabatié, pi la pihant pèr la man, la mena dapé dóu CapMartin. Arrivât aqui, Bertoumiéu fa mountar Marioun su d'un
nouguié el'abandouna. La paura, bòrnia, noun sabia doun si
trouvava, ni men encara ce que poudia faire.
En aquéu fra-tèms doui voulur venon s'assetar souta
l'aubre ; après aver abrat quauqui branca sequi pèr s'escaufar, pi
si meton à cuentar lou siéu argen.
La calou faguet delegar la pega que curbia Puès destre de
Marioun e aissesta de cridar :
— E d'un !
Lu voulur, d'estuc, s'isson d'emblée.
— Qu'es acó, diguet l'un.
— Un matagan, faguet l'autre.
La calou seguia á faire lou siéu efet pau à pau durbia Puei
senec.
— E de douî, diguet Marioun.
Dóu cou lu voulur escapon, laissant Pargen espantegat soubre
Perba.
Marioun coumença à li veire clar, cala da l'aubre e ramassa
Pargen, pi lèu s'en camina vers maïoun...
Lou sièu marit, pensierons, era assetat dapè dóu fuec, s'escaufant, fumant la sièu pipeta emé beatituda...
— Bertoumiéu !... o Bertoumiéu !... duerbe-mi, siéu iéu,
Marioun...
— Vai au diàu que ti pihe... ièu que cresii de m'en estre
despegouït...
Ma Marioun, toujou picava, un cóu noun asperava l'autre...
L'ome fenisse per li durbi...
— Ten ! regarda cen que ti pouorti.. . e Marioun pauva lou
sac su lou toulié. ..
Bertoumiéu, entartugat, cuenta Pargen e réfléchisse ; — Marioun es simplaria e deman la vila saupra Pistoria de la fouré . ..
Cóu que Bertoumiéu si dispegouïsse pèr empedi li marridi lenga
de bavar...

�— 23 —
Si mete la vesta, lou capèu e souorte fermant la pouorta i..
Faïa nuech dintre la carriera, ma sensa pena s'encamina
vers una boutiga e croumpa pèr mai de dès kilo de macaroun...
Ientra au sièu e di à la sièu mouhié de si metre au liech.
En tant que Marioun durmïa, Bertoumiéu fa bui lu macaroun, pi lu espantega su lu aubre dóu jardin... Lendeman de
matin la siéu frema, desveiada, si mete à la fenestra...
— O ! Bertoumiéu ! Bertoumiéu ! Vene un póu veire!... O
trest ! vè, a plougut de macaroun !...
— O vai fantauma !... n'as toujou una. .. Ten ! ten !... ma
es ver !...
*
* *

A quauque tèms en ça, Bertoumiéu l'avia previst, Marioun
countet à toui que lou siéu ome noun li picava plus, despi lou
jou qu'ela li avia pourtat de sac plen d'escut...
Lou juge aiguent audit parlar de l'afaire, mandet sounar
Bertoumiéu devant lou tribunal ; la siéu mouhié era estada
citada couma testemoni.
Lou juge. — Bertoumiéu, sias acusat d'aver gardât d'argen
que noun era vouostre.
— Iéu !... Ma moussu lou juge, lou negui ; sièu couma
sabès un travaiadou.. .
E Marioun de dire.
— Noun negar, Bertoumiéu, sabés ben qu'es ver ; es iéu en
persouna que t'ai pourtat la mouneda, qu'avii trouvât en la
fouré.. .
Lou juge. — Anas brave ome, noun negués.. .
— E quoura lou m'as pourtat ?... — Vous juri, Moussu lou
juge, que la miéu frema es fouola !...
— E lou sabes ben, Bertoumiéu, es lou jou que plouguet tant
de macaroun !
— Moussu lou juge aves jamai vist ploure de macaroun ?...
— Jamai ! moun beL amic respoundet lou juge que si tenia
lou ventre dóu rire — Amie, vèu que la vouostra frema es
fouola. .. sias aquitat !...
Bertoumiéu si retira emé Marioun... Noun aigueron plus
de disputa e vieugueron, pareisse urous e pèr longtèms !...
J. E.

�CANSOUN ANCIENNA

PÈR LOU

N'aurias pas vist la miêu fiha
Trin-trin
Lou galerin
A'aurias pas vist la miêu Jiha
Trois-wtrois
Le fils du roi
L'ai vista e l'ai baïada
Trin-trin
Lou Galerin
L'ai vista e l'ai baïda
Trois-trois
Le fils du roi.
Douna-mi la miêu fiha
Trin-trin
Lou galerin
Douna-mi la miêu fiha
Trois-trois
Le fils du roi.
Es aqnela la vouostra fiha
Trin-trin
Lou galerin
Es aqaela la vouostra fiha
Trois-trois
Le fils du roi.
La miêu fiha era pas lernia
Trin-trin
Lou galerin
La miêu fiha era pas lernia
Trois-trois
Le fils du roi
La miêu fiha era pas lua
Trin-trin
Lou galerin
La miêu fiha era pas lua
Trois trois
Le fils du roi.
N'es ni guercia ni poutinouva
Trin-trin
Lou galerin
N es ni guercia ni poutinouva
Trois-trois
Le fils du rois.

MAI

�La miéu fiha n'es pas borni a
Trin-trin
Lou galerin
La miêu fiha n'es pas bornia
Trois-trois
Le fils du roi.
Noun faïa pas belugueta
Trin-trin
Lou galerin;
Nonn faïa pas belugueta
Trois-trois
Le fils du roi.
La miêu fiha n'es pas emberrida
Trin-trin
Lou galerin
La miêu fiha n'es pas emberrida
Trois-trois
Le fils du roi.
La m iéu fiha n'es pas pigada
Trin-trin
Lou galerin
La miêu fiha n'es pas pigada
Trois- trois
Le fils du roi.
La miéu fiha noun es pas ranga
Trin-trin
Lou galerin
La miéu fiha noun es pas ranga
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha noun es pas louorla
Trin-trin
Lou galerin
La miéu fiha noun es pas touorta
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha n'es pas crouoada
Trin-trin
Lou galerin
La miéu fiha n'es pas croavada
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha n'es pas gibouva
Trin-trin
Lou galerin
La miéu fia n'es pas gibouva

�— 26 —
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha noun es foularana
Trin-trin
Lou galerin
La miéu fiha noun es foularana
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha n'es pas ingourda
Trin-trin
Lou galerin
La miéu fiha n'es pas ingourda
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha a pas lou peu de pi g nu
Trin trin
Lou galerin
La miéu fiha a pas lou peu de pig nu
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha noun es narvelouua
Trin- trin
Lou qalerin
La miéu ûha noun es narveloiwa
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha noun a la rougna
Trin-trin
Lou galerin
La miéu fiha noun a la rougna
Trois trois
Le fils du roi.
XXX.

PROUVERB1, BOUOI MOT, COUNSÈU E DICH
Qu duerme ben noun cregne li niera.
Qu vè pissar e noun pissa, crêpa de malícia.-'
Qu douna soun ben avan de mouri
Mérita de pati.
L'amour es lou paradis dei fouol.
L'amour es .la flou de la jouinessa.

�LA MOUORT DAU PAURE TOUNIN

Lou paure Tounin, malàut a setant'an, si presenta à l'espitàu
ma li respouondon que li a plus de plaça.
— Coumplet ! ! !
Quauqu'un li fa capi qu'em'un pau de proutecioun li pourria
intrar. Countrariat dei pas que cóu faire, Tounin vira lu taloun e
s'encamina vers la plaça Massena, piha lou tram, si rende da
Graugnard, à l'espitàu dei can, e li di :
— Moussu lou Veterinari, cresi d'estre un pau mai qu'un
can ?... En aquéu cas souîna-mi...
— Vous souînar aici, ma brav'ome perdés la testa. — Basta,
li di que n'a pas de liech pèrcourcar un crestian, que noun douna
de souin qu'ai bestia !...
Tounin, couma pensas, s'en souorte m'au couor gros e noun
sau plus à que sant si recoumandar. Era aqui au mitan dóu
camin, quoura en aquéu moumen arriba un landau, doun cala
una grossa dama, encapelada, aurias dich un ver foungi, segada
d'un varlet que pourtava religiousamen un can enfeloupat emé de
favour rosa au couol, tapat d'un tapis em'ai iniciala. En veèn
aquéu tablèu lou paure Tounin si lamenta, sangluta fouort.
— Qu'avès lou miéu brav'ome, li di la dama.
— Cen qu'ai Madama ?... trovi que lou vouostre can a mai
de chança que iéu. Li a cinquant-cinq an que travaii, pèr la premiera fès que siéu malàut, noun soulamen mi refuson à l'espitàu
dei estre uman, ma encara mi vèu picar la pouorta au nas èn
aquéu dai can.
— Quevoulès, lou miéu paur'ome, ai fach un vout de mimetre
à la Soucietà Proutetriça dei Animau, de pourtar touti li miéu
ecounoumia à la Caissa de secours pèr soulajar lou sort dei bestia.
Lou fau talamen ben, que vouguessi ben vous dounar un sóu
que pourii pas.
La dama li vira l'esquina e ientra couma un coupa-cisèu da
Graugnard. Tounin roumougna :
— Se ti veguessi en un cantoun ti dounerii mancou un gotou
d'aïga !... vièia sansuga !...
Tounin estrassinat, deble s'alonga un pau plus en là, su d'un
mouloun de peira. Quauqui oura après, couma soufrisia, n'ai-

�guènt ren en l'estomegue depi l'auba, coumençava d'aver lou
rangouioun, quoura passet un canipiè que li diguet :
— Que fès aquí, brav'ome ?
— Couma veès siéu aqui pèr tirar lu patoun. M'an refusat â
l'espitàu, même en aquéu dai can, noun mi resta que de mouri
su d'un mouioun de peira. — Avès un carnet su lou quai enregistras lu fach dóu jou, farias ben de li aloungar lou miéu testamen que poudès mentuar couma acô :
— « Bouon Diéu, se mi fes passar encara une fes sur la terra,
fe-mi naisse can au mancou, li aura une Soucietà Proutetriça dei
Animau que si crusira de iéu e pourrai estre amès en un espitau,
estre souïnat, faire bouona vida, menar une vida de can... »
ANT. ROLAND.

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VIGNE
A M. VALÉRE BERNARD.

Dans le ciel doux la Vigne ètreint les pals de buis.
Sous le pampre le merle alourdi des falernes
Tourne son col gris vair et ses paupières lemes
Qu'argenté la blancheur des immuables nuits.
O / fraîcheur, 6 beauté des Igs et des iris,
Que la Vierge éblouie avec les marjolaines
Cueille le soir venu aux vasques des fontaines
Pour colorer en fête, au crépuscule, l'Euis.
Narcisses, ébeniers, œillet et sensitive
Ah ! Versez en mon âme attiédie et pensive
L'orgueil qui souleva les clairs olympiens.
L'amour qui rafraîchit les Madones pieuses
Et qui vêt de clarté les snls athéniens
Et les ravissements des époques heureuses.
JEAN

PADOVANI.

Quauque souvèt :
Vous souveti la bouona annada.
Que siegue mihau que la passada.
Vous souveti la bouona annada acoumpagnada de touplcn
d'autri.

�Eglises et Chapelles de Nice
La vieille ville de Nice se trouvant sur la rive gauche du
Paillon, pour parler de ses églises, nous commencerons par son
église cathédrale, Sainte-Réparate, vierge et martyre, de celles du
canton Est, et en traversant la rive droite nous nous occuperons des paroisses du canton Ouest.
I. — L'Eglise Cathédrale du Diocèse de Nice est la paroisse
de Sainte Réparate, vierge et martyre, sous l'empereur Decius en
253. Sa fête est le 8 octobre. Cette église est au centre de la vieille
ville (8.500 âmes), Avant 1531 la Cathédrale était près du Donjon, plateau de Nice, et dénommée : Sancta Maria in platea,
dédiée à N. D. de l'Assomption. L'édifice actuel, dans son genre,
ressemble beaucoup à Saint Pierre de Rome, au Vatican. C'était
auparavant une simple église paroissiale
desservie par
les Bénédictins du Monastère de Saint-Pons, près Nice.
Dans son ressort se trouvent l'ancienne église de Saint
Jaume (Saint Jacques apôtre), jadis des P.P. Carmes, fermée
depuis 1903. Après le transfert du titre de paroisse à l'église de
Saint Juste, évèquc, au Gesu, elle fut placée sous la vocable de l'Annonciation de la Sainte Vierge, ainsi que la belle Eglise de la
Miséricorde, sur le Cours Saleya, jadis de Saint Gaétan, fondée
e
par les P.P. Theatins au XVIII siècle et cédée à la noble
confrérie des Pénitents Noirs.
La Cathédrale de Nice, paroisse Sainte-Réparate de nos jours,
fut comme l'ancienne au Donjon du Château {Sancta Maria in
platea), le théâtre de plusieurs f lits historiques mémorables dans
les annales de l'histoire de Nice.
II. — L'Eglise de Saint Jacques, an Gesû, dès son érection
en 1612, dédiée à Saint Juste, évêque. Sa fête est le 2 septembre.
En 1665 fut érigée en paroisse sous le titre de Saint Jacques le
Majeur, remplaçant la paroisse de Saint Jaume. On l'appelle
vulgairement le Gesù à cause qu'elle a été fondée et administrée
par les P.P. de la Compagnie de Jésus.
Appartiennent à cette paroisse les deux chapelles des confréries des Pénitents Blancs, la Sainte Croix, — confrérie la

�óo —
plus ancienne de Nice, — et des Pénitents Rouges, Saint Suaire
et de la Sainte Trinité ; l'Eglise du Couvent de là Visitation,
la chapelle de l'ancien séminaire, à la montée du Château, et
jadis l'Hospice franciscain avec chapelle de Saint Joseph des
P.P. Recollets de Cimiez, convertie en maison particulière.
L'Eglise du Gesù est d'ordre corinthien composite, cons truite sur le modèle de l'Eglise des Jésuites de Turin, dite
vulgairement les Saints Martyrs. ( 10.000 âmes).
A l'extrémité de la rue du Malonat, aux racines de l'ancien
château, on voit un oratoire à la Sainte Vierge Marie, sous le
titre de N. D. du Bon Secours. Les habitants de ce quartier érigèrent cet oratoire en l'honneur de la sainte Vierge, en reconnaissance du choléra en 1854.
III. — L'Eglise paroissiale de Saint Martin Evéque dite de
Saint-Augustin est la plus ancienne, elle fut bâtie sur l'emplacement de l'ancienne chapelle de Saint Martin (1205) et appelée
Saint-Augustin parce qu'elle était desservie par les Augustiniens
dont le couvent a été transformé en caserne. (Caserne Filley, près
l'ancienne chapelle Sincaire).
IV. — L'Eglise de Saint-Francois-de-Paule a été édifiée en
1736 d'après le plan de l'architecte
Guarini. En 1838
elle fut érigée en paroisse par décret de Mgr Galvano et appelée
aussi Saint-Dominique en souvenir de l'ancienne église paroissiale
de ce nom qui s'élevait sur la place Saint-Dominique aux lieux et
place de l'actuel Palais de Justice.
V*— L'Eglise du Port ou de l'Immaculée Conception. D'humble
origine. D'abord ce fut une fort modeste chapelle (1835), transformée agrandie par Mgr Galvano, et l'avocat théologue L. Mari
fut son premier curé..
VI. — L'Eglise Saint-Joseph nouvelle paroisse depuis 1911 la
première pierre fut posée le 19 mars 1911, bénie le 29 octobre et
ouverte au public le Ier novembre 1911 sous le patronage de Mgr
Chapon et dirigée par les soins de M. l'abbé Gabrielli.
A cette paroisse appartiennent la chapelle succursale de Saint
Joseph contigüe à l'Evêché, et la chapelle de Notre-Dame des
Anges sur l'ancienne route de Villefranche.
VIL — Saint-Roch. Cette église paroissiale dans la banlieue
de Nice fut érigée après la peste de r68r. Nice fut délivrée de ce
fléau par l'intercession de saint Roch, confesseur, né et mort à

�- Si Montpellier. La paroisse est divisée en deux quartiers, Roquebillière
inférieure et Roquebillière supérieure, jusqu'à la chapelle de NotreDame de Bon Voyage.
VIII. — Rive droite du Paillon, intra muros, se dresse Notre Dame du Vau, paroisse Saint-Jean-Baptiste, qui remplace l'an
cienne église du même nom devenue chapelle inférieure du Lycée.
Cette belle église, vœu delà ville de Nice en 1835, mt érigée en
1842 et terminée en 1852 par Mgr Galvano, évêque de Nice.
La façade ressemble à celle élevée à Turin en l'honneur du retour
du roi dans les états Sardes en 1814.
IX. — Saiiit-Pierre-d' Aréna remplace une chapelle située à la
Croix de Marbre. Elle fut érigée en paroisse en 1803 par Mgr
Colonna d'Istria. Elle doit son nom à ce fait, c'est que lors de sa
fondation elle se trouvait sur le rivage de la mer séparée par une
bordure de sable fin.
X. — Une ancienne chapelle de Sainte-Hélêne-l'Inspiratrice
existait dans ces parages. Elle fut remplacée en face la mer par
une église sous l'épiscopat de Mgr Recrosio (1727).
Six paroisses « extra muros » dépendent de la commune de
Nice.
Sainte-Marie Magdeleine, sise dans le vallon de Magnan, édifiée sur l'emplacement d'une chapelle de même nom, érigée en
1626 et dite vulgairement chapelle « dei cassaire » à cause du
grand nombre de chasseurs. Après le concordat de 1803 sous
l'épiscopat de Mgr Colonna d'Istria, ce quartier qui depuis 1771
dépendait pour le spirituel de la cathédrale fut érigé en paroisse.
Il existe encore aujourd'hui une chapelle de Notre-Dame du Bon
Conseil changée en demeure particulière . Bientôt le besoin de
la population augmentant, une église sera bâtie à la cité Robiony
par les soins du curé actuel de la Madeleine.
Plus à l'est de la ville, toujours dans le canton ouest ce
l'Arquet, se dresse la paroisse de l'Ariane dédiée primitivement à
saint Arnoux, évêque et à saint Pierre, apôtre. Elle fut érigée en
paroisse en 1809 sous l'épiscopat de Mgr Colonna d Istria. Dans
son ressort se trouve l'ancienne chapelle nécropole de l'Abbadie
fondée en 1635 en l'honneur de sainte Claire pour le besoin spirituel de 450 à 500 habitants qui appartiennent aux communes
de Nice, Cantaron Saint-André. Localité d'avenii et à laquelle
le chemin de fer Nice-Coni donnera une valeur stratégique.

�— 32 —
Gairaut avait au moyen-âge une chapelle de secours desservie
par les religieux chevaliers de l'ordre du temple au début, et par
la suite de Rhodes et de Malte. Sous l'épiscopat de Mgr François
Rosini de Martinengo la chapelle fut érigée en église paroissiale
sous le vocable de saint Sauveur o*u de la transfiguration du
Rédempteur.
Dès 1730 les P. Dominicains de Nice fondent à Saint Pancrace un sanatorium pour religieux martyrs avec chapelle en
l'honneur de Saint Pancrace martyr. Cette chapelle est érigée en
paroisse en 1848 par Mgr Galvano.
Sur le couchant de Saint-Pancrace on trouve la paroisse de
saint Roman . martyr ; l'ancienne chapelle fut érigée en paroisse
ainsi que celle de saint-Antoine de Ginestière en 1803 sous Mgr
Colonna d'Istria.
VALENT IN.

NOU VÉ
Tu Çatarina fai lou pan.
Mdumen de jota, d'alegressa,
Fes audi da toui lu couor :
Lu ange canton l'alegressa,
Fuges l'infer, Juges la mouorl.
Chntou !
L'aarika sabla, li a quaucaren aici vesin,
Sembla que senti li joia d'un festin ;
Audi lu tambourin de laen,
Lu Jlajoulet e li musela,
Lu pastre van à Bethelen
Laisson la cabana soaleta ;
Santo nuech, venes aléa nen ralegrà,
Pourtas à toui la pax et la tranquilità !
Tu Catarina fai lou pan,
Manda Lucrecia au safran,
Despende aléa lou lauvaniè,
Chapla la blea su lou taatié ;
Crala de froumai e roumpe d'iiu
E fai la iourta couma fou,
Ché n'aiguen toui en aboundança (bis)
Santa nuech, venes alèu nen ralegrà,
Pourtas à toui la pa.x e la tranquilità .'
En tant faguen etnb'au vesin
t ua santépér lou Bambin,
Toucan lou gotou de bouon vin,
Ernb'aa vesin pér lou Bambin
Ti-ri-tin-tin ! -tinTi-ri tin !

�— 3Î —

L'Expulsion de Mgr Valperga
fEN SEPTEMBRE

1792)

Le 12 octobre 1780 h population de Nice se pressait aux
abords de la porte Pairoliëre pour y recevoir en grandes pompes
le nouvel évêque Charles-Eugène Valperga di Maglione. Ce
prélat avait couché la veille selon l'usage antique à l'abbaye de
Saint-Pons et devait faire ce jour là son entrée solennelle dans
sa ville épiscopale.
Le cérémonial imposant avec lequel on avait reçu jusqu'alors
les évêques fut encore cette fois observé. L'accueil de la population entière fut des plus chaleureux au rapport de Pierre Scaliero
qui en fut témoin (1). Le nouvel évêque, qui remplaçait Monseigneur Astésan nommé archevêque d'Oristano en Sardaigne,
appartenait à une famille de vieille noblesse dont plusieurs membres avaient exercé, à Nice, des fonctions importantes (2). Il
(1) Voir aux Archives municipales le récit détaillé que ce chroniqueur en a laissé dans ses Mémoires. Pierre Scaliero mourut en 1805.
(2) Jacques Valperga, conseiller ducal, fut lieutenant du gouverneur de Nice en 1454 ; Thoma5 Valperga fut gouverneur du château de Nice en 1565 ; Jean Valperga fut également gouverneur de
Nice en 1596 ; Jérôme Valperga fut commandeur du château de
Nice en 1600 ; Pierre Valperga, frère de Jacques Valperga, était
chevalier de Malte (Arch. municipales, registre des gouverneurs,
commandants et chevaliers de Malte) ; Anne Valperga, fille dAmédée
Valperga, épousa, le commandeur de Malte Jean-Paul Lascaris.
(Voir son testament daté de 1683, arch. des Alpes-Maritimes,
registre B, 297.) Joseph Ignace de Valperga reçut de son oncle, Emmanuel Philibert Chiotera, mie partie du fief de Couaraze dont il fut
investi le 20 février 1753. Son fils, Vincent, céda ses droits à H. Novelli. Jérôme Valperga fut sénateur à Nice de 1761 à 1765, puis
ministre plénipotentiaire de Sardaigne à Gênes en 1780 ; plus tard
il fut ministre etsecrétaire d'Etat, ce dernier était le frère de l'évêque
de Nice et fils du comte François Valperga qui vivait encore en
1795Ees armoiries des Valperga étaient fascé d'or et de gueules, à
la plante de chanvre déracinée, d'argent et brochant. Le cimier
était un bouc naissant au naturel et la devise : « Ferme-toy ».
Nous reproduisons les armoiries de Monseigneur Valperga d'après celles qui se trouvent en tête du catéchisme édité par ses ordres
et dont nous devons le dessin à l'obligeance de M. Joseph Casai
(Extrait de 1' « Armoriai Artistique et Nrbiüaire », Ni.e, 1902.
3

�- 34était directeur du collège des Provinces à Turin, lorsque le roi
de Sardaigne le désigna, pour l'évêché de Nice. Il avait été sacré à
Rome où il avait fait ses études. Monseigneur Valperga se distingua immédiatement par sa vigilance et son activité : il releva
le niveau intellectuel et moral des prêtres de son diocèse et s'attacha à mettre en toutes choses la plus grande régularité. Dix-huit
mois après son installation, il publia un nouveau catéchisme
dont le plan avait été préparé par son prédécesseur ^i). Grâce à

ses relations cordiales avec la eour de Turin, il jouissait auprès
des autorités civiles de Nice d'une grande influence. Après douze
(1) Ce catéchisme en italien fut imprimé à Nice par la Société
Typographique. C'est un petit volume in-douze de 612 pages, portant
la date de 1783. En tête se trouve le mandement de Monseigneur
Valperga du 16 février 1782 qui approuve le travail terminé par
le prêtre auquel Monseigneur Astésan en avait confié le soin, ordonne
sa publication et règle l'organisation des catéchismes dans tout le
diocèse. Deux ans plus tard en 1785, Gabriel Floteront, imprima
un autre catéchisme rédigé en dialecte niçois, petit volume in-12
de 228 pages. Un exemplaire de ces deux ouvrages existe à la biblio
thèque de Nice. — Voir Villarey, Série Cronològica dei Vescovi
di Nizza. — Art. Valperga.

�-35 années de séjour dans cette dernière ville il s'était acquis l'estime
et le respect de tous.
*

• *

Lorsque le 28 septembre 1792 dans l'après-midi, les troupes
piémontaises évacuèrent Nice, il y eut dans cette ville une effroyable panique et des milliers d'habitants s'enfuirent dans la direction de Turin. Ce fut un désarroi et une désorganisation complète de toutes les autorités. iMonseigneur Valperga resta à son
poste et s'engagea à ne point quitter la ville. Le lendemain samedi
29 septembre, il accompagna le second consul Honoré Saissi et
quelques membres du Conseil qui se rendirent, vers les onze
heures du matin, à la villa Feraudi, au quartier St Hélène, pour
offrir les clefs de la cité au général d'Anselme qui venait d'y
arriver à la tête des troupes françaises. Le général fit à la délégation assez bon accueil, mais il s'étonna de trouver parmi ses membres, l'évêque dont la place déclara-t-il n était pas là. Du reste,
d'Anselme attacha si peu d'importance à la démarche îles magistrats niçois que dans aucune de ses dépêches officielles il n'en fit
mention.
Sur le soir du même jour, la petite armée française faisait son
entrée dans la ville et le général s'installait dans la maison du
consul de France à la place St Dominique. L'évêque de Nice qui
tenait à rester au milieu de ses diocésains se présenta de nouveau
vers les huit ou neuf heures du soir chez le général auquel il voulait recommander ses prêtres en lui demandant des respecter les
églises. Le général était entouré de tout son état-major, du consul
de France, Pierre Le Seurre, de Honoré Saissi, second consul, de
Féraudi, secrétaire général de la commune. Ces deux derniers
venus probablement pour appuyer les demandes de l'évêque.
L'accueil du général ne fut pas plus encourageant que la première fois ; il intima même avec insistance au prélat l'ordre de
quitter ta ville en ajoutant que le plus tôt serait le mieux et ce
fut sur ces dernières paroles que l'évêque se retira après avoir toutefois reçu du général la promesse que tout ce qu'il laisserait dans
son palais serait placé sous la sauvegarde de la Nation française.
Il n'y avait pas à tergiverser, l'ordre était formel et pressant, il
fallait partir. L'évêque prit ses dernières dispositious et délégua,
au curé de la cathédrale, le chanoine Honoré Navello, tous les
pouvoirs nécessaires pour administrer le diocèse en son absence.
Aux premières lueurs du jour, Valperga quitta son palais, et se

�— 36 dirigea à pied vers la porte Pairolière. Il avait été impossible de
trouver une voiture car tous les moyens de transport avaient été
réquisitionnés et utilisés le 28 septembre pour permettre l'exode
des habitants terrorisés. Il avait ordre de partir, mais cet ordre
n'ayant pas été donné par écrit, les volontaires marseillais, de garde
à la porte de Turin, refusèrent de le laisser passer, l'accablèrent
d'injures, le menacèrent même de le pendre et ne consentirent á
le lâcher que sur un ordre écrit, sollicité et obtenu du général,
grâce à l'intervention courageuse et au sang-froid d'un jeune
niçois, Joseph Castellinard. Monseigneur Valperga se retira à
Turin et y mourut en 1805 sans avoir jamais pu obtenir l'autorisation de rentrer.
*

* *

Il est établi par les documents officiels contemporains que
Monseigneur Valperga ne quitta son siège que sur les ordres arbitraires du général d'Anselme et ces mêmes documents nous
renseignent très exactement sur les incidents fâcheux qui se produisirent au départ de l'évêque. Du reste, on n'ignorait pas à Nice
comment les choses s'étaient passées et la population savait grê à
Valperga de son attitude et de sa fermeté. De son côté, Valperga
avait eu confiance dans la parole à lui donnée par le général au
nom de la Nation française et à plusieurs reprises il manifesta
son étonnement qu'elle n'ait pas été gardée, que ses biens aient
été confisqués, son mobilier vendu, son nom inscrit sur la liste
des émigrés alors qu'en partant il n'avait cédé qu'à la force.
Parmi les nombreux documents qui se trouvent soit aux archives de Nice, soit aux archives nationales il en est quelques-uns
dont la simple reproduction sera plus probante que tous les corn,
mentaires. Il_suffira de citer :
•i° La lettre du Directoire des Colons Marseillais en date du
25 février 1793, adressée aux citoyens Blanqui et Veillon, députés
extraordinaires de la ville de Nice à Paris, au sujet des réclamations présentées le 23 du même mois par Jean-Jacques Donny, au
nom de Mgr Valperga.
20 La réponse du même Directoire à J.-J. Donny, en date du
26 février 1793.
3„ L'arrêté du Département en date du 13 avril 1793.
40 La réclamation présentée au Directoire du département

�Valperga, aussitôt après son inscription sur la liste des émigrés de
la ville de Nice, dressée à la fin de juin 1793.
50 Les états de frais pour l'inventaire et la vente du mobilier
et effets de « l'émigré Valperga Maillone, citoyen évêque » approuvés par le département des Alpes-Maritimes, le 5 germinal an
III (25 mars 1795).
6° Les actes de notoriété dressés le Ier et 2me fructidor an III
(18 et 19 août 1795) par Gautier, juge de paix à Nice, à la requête de Pierre-Joseph Passeron, agissant en qualité de procureur
subrogé par Nicolas Giorni, procureur spécial et général de Mgr
Valperga, par acte de procuration reçu à Turin le 20 juillet 1795,
notaire Pierre-Joseph Bernochio.
70 La pétition adressée au district de Nice le 4 fructidor an III
(21 août 1795) par Pierre-Joseph Passeron, demandant la radiation du nom de Valperga sur la liste des émigrés.
8° L'avis du district de Nice en date du 5 vendémiaire an IV
(27 septembre 1795) déclarant que Mgr Valperga doit être rayé
de la liste des émigrés.
90 L'arrêté du département des Alpes-Maritimes, en date du
14 prairial an V (2 juin 1797) ordonnant la radiation provisoire
du nom de Valperga de la liste des émigrés.
io° L'acte de cautionnement dressé par le département le
11 fructidor an V (28 août 1797), à la requête de Pierre-Joseph
Passeron, procureur de Mgr Valperga en exécution d'une des
clauses de l'arrêté du 14 prairial an V (2 juin 1797).

�- 38 —

DOCUMENTS ET PIÈCES D'ARCHIVES

Pièce 1.

25 février 1793
Aux cit. Blanqui et Veillon
Une lettre du cit. Donny, associé du citoyen LeClerc, défunt président de l'ancienne administration
provisoire, dont vous avez ci-inclus l'extrait ( 1 ), nous
fait connaître que le cit. Valperga, évêque de Nice,
laissa avant son départ (ordonné à son retour par
Anselme) dans sa maison pour environ 34.000 livres,
argent monnayé, et environ pour 17.000 d'effets en
vaisselle, linge, batterie de cuisine etc.
Une portion de ces effets se trouvent encore dans
ladite maison, sous l'inventaire que nous en avons
fait dresser par les commissaires de l'une et l'autre
administration, lorsque nous avons été installés, mais
il s'en faut de beaucoup qu'elle puisse arriver à la
somme de 17.000 livres, pas même le tiers.
Quant à l'argent monnayé entré dans la caisse du
receveur de l'ancienne administration, nous n'y
voyons point la somme que ledit Evêque désigne
avoir laissé dans sa maison. Nous vous remettons cijoint un extrait de l'état des sommes' que le cit.
Bonnet a reçu en espèces, pendant toute sa gestion
de receveur et trouvées parmi les effets des émigrés
français et niçois.
Nous ne voulons rien préjuger sur l'assertion du
cit. Valperga, quoique nous ayons des indices frappants de vérité. Ce ne sera que lorsque nous aurons
pu les convertir en preuves par le témoignage de
quelques citoyens que nous nous procurerons, pour
pouvoir en demander la restitution et la poursuite
contre le pillage.
En attendant, noùs croyons devoir vous faire part
de cette découverte que nous allons communiquer au
Président de la Convention Nationale et au Ministre.
Arch. des A. M. Registre de la correspondance du
Directoire des Colons marseillais L. 5.
Cet extrait manque au registre ainsi que les autres pièces
énoncées dans celte lettre.

�-hLe 2érae février 1793.
Au citoyen Donny, négociant à Nice
Pièce 2.

Votre lettre du 23me de ce mois, citoyen, nous
demande des renseignements sur le temporel du
citoyen Valperga, Evêque de Nice. Nous allons vous
transmettre tous ceux qui sont à notre connaissance
L'administration provisoire en choisissant l'Evêché
pour le lieu de ses séances, vint s'y établir dans les
premiers jours d'octobre, et tout nous porte à croire
qu'elle ne fit aucun inventaire des effets qui s'y trouvaient, du moins nous n'en avons trouvé aucun dans
les papiers qu'elle nous a remis.
En succédant à cette administration provisoire,
uous avons cru que notre premier devoir était de faire
un inventaire de tout le mobilier renfermé dans la maison épiscopale. Nous y avons successivement procédé
en présence des administrateurs provisoires et à mesure qu'ils nous en remettaient les clefs. Tout le mobilier qui s'y trouvait, ne consistait guère qu'en
meubles meublants et ne nous paraît pas avoir la
valeur de 17 mille livres que l'Evêque lui donne.
Vous pourrez, si vous le jugez à propos, faire prendre
à notre secrétariat une copie de cet inventaire. Tout
ce. qui n'est point renfermé dans les appartements
que nous occupons au premier étage, a été laissé à la
garde de Jean Poma, ancien concierge de l'Evêque et
le nôtre.
Pour nous éclairer sur les 34.000 1. argent monnayé que l'Evêque doit avoir laissé en sa maison,
nous avons écrit au cit. Bonnet, receveur de l'administration provisoire, pour lui demander un état des
sommes en numéraires versées dans sa caisse, comme
ayant été saisies et trouvées parmi les effets des Emigrés français et niçois. L'état qu'il nous a remis ne
monte qu'à 74121. 16 s, et aucun article n'a du rapport
avec les réclamations du citoyen Valperga.
Quant à ce qui concerne personnellement le
citoyen, nous avons demandé au Ministre de l'Intérieur de vouloir bien nous dire la manière dont nous
devions l'envisager. Nous savons qu'un ordre arbi-

�— 40 —
traire de Danselme l'obligea de quitter Nice, le jour
de l'entrée des Français. Mais nous pensons aussi que
la proclamation des Commissaires de la Convention
nationale de France et le décret de celle de Nice,
concernant les Emigrés, étaient des motifs suffisants
pour le ramener à son poste et le rassurer sur les
suites de son retour. En persistant à prolonger son
absence, il s'expose à être traité comme émigré, à se
voir déclarer déchu de sa place et confisquer tous ses
biens. Telle est la disposition de la loi, et quoique
nous ayons consulté le ministre sur le cas particulier
de l'Evêque, nous prévoyons que sa réponse sera de
nous en tenir à la rigueur des lois, ainsi que plusieurs
instructions nous l'ont déjà annoncé.
Vous sentez, citoyens, que tout le mobilier de
l'Evêque doit rester séquestré jusqu'à son retour ou à
la décision du Ministre. Il peut être tranquille sur la
conservation de tout ce que nous avons trouvé en
entrant dans sa maison. Ce qui a pu en être enlevé
avant notre entrée en fonctions, est étranger à notre
gestion. Mais nous employerons tous les moyens qui
sont en notre pouvoir pour en trouver les traces, en
acquérir les preuves et en faire punir les coupables.
Les administrateurs, etc.
Archives des A.-M., Registre
suivants.

,L. 5,/°7i verso et

Lettre des commissaires de la Convention
Nationale et arrêté du Département des A. M.
Nice, le 9 Avril 1793, l'an 1 Ie de la Repu bublique Française.
« Vous voudrez bien, citoyens, en nous envoyant
les noms et prénoms de l'évêque de Nice, nous instruire officiellement d'après les "dispositions des lois,
s'il est censé démissionnaire et son siège vacant.
« Les Commissaires de la Convention Nationale
au département des A. M.
GRÉGOIRE, JAGOT (I)

(1)

Archives des A. M. L. 29 ancien. L

7

actuel.

�— 4i (i3 avril 1793)
Le Directoire ; vu la réquisition du citoyen Procureur Général sindic « Considérant que Charles Eugène Valperga, évêque de Nice, n'avait point quitté
son domicile lors de l'entrée des troupes de la République ; considérant qu'il a lui méme-accompagné les
consuls d'alors quand ils furent présenter les clefs
de la ville et inviter le général Anselme à venir en
prendre possession au nom de la République ; considérant que le général Anselme par ses ordres arbitraires et tiranniques, accompagnés même de menaces contre ses jours, l'ont forcé de s'éloigner ; arrête
qu'il ne peut le déclarer émigré, et qu'il sera répondu
aux Commissaires de la Convention nationale d'après
les principes ci-dessus.. »
Sign : PAUMÉ ; BARLI FABRI ; F. CASTKLIMARD ;
ANGLES ; BERNARDI, secrétaire général. (1)
pjj

ce

^

Aux citoyens composant le Directoire du
département des Alpes-Maritimes..
22 juillet 1793.
Citoyens,
Le citoyen Jean-Jacques Donny, soussigné, chargé
des intérêts du citoyen Valperga, évêque de Nice
absent, ayant été informé que par votre délibération
du 29 du mois passé, ledit citoyen Valperga avait été
déclaré émigré, vous représente avec tous les égards

(1) Archives des Alpes-Maritimes, Registre L,. 3, folio 101. L'Arrêté n'est pas signé par le procureur syndic Jean-François Tourre
ni par l'administrateur Jean-L,ouis de Villiers qui ne partageaient
point l'opinion de leurs collègues. A noter que Tourre était d'Antibes
et que de Viliers était un médecin français établi depuis longtemps
à Nice.
I/Arrêté fut pris malgré le réquisitoire de Tourre qui voulait
déclarer Monseigneur Valperga émigré et malgré un violent discours de Villiers soutenant la même thèse qui fut combattue par
Barli Fabri, par Castclinard et par Anglès. J'ai déjà publié in-extenso
cette délibération du 13 avril T793 au cours d'un article sur l'église
de Nice en 1792-1793 inséré dans Nice Historique du Ier avril 1903,
C'est pourquoi je reproduis ici simplement la lettre des
commissaires et l'arrêté du département.

�- 42 —
dûs au pouvoir dont l'exercice vous a été confié par
le peuple souverain que le citoyen Valperga ne peut
ni ne doit sous aucun rapport être considéré comme
émigré, par les motifs ci-après :
i° Qu'il est de notoriété publique qu'il n'a quitté
le pays que contre son gré et par ordre du général
Anselme :
2° Qu'il a constamment été disposé et a offert
de revenir dans son diocèse, moyennant qu'il ne fut
assujetti à prêter qu'un serment relatif au temporel et
non au spirituel.
3° Qu'enfin et par la raison que n'étant point
indigène, mais étranger, son séjour ici n'a été dé terminé que par sa nomination à l'épiscopat, événement casuel qui n'a jamais pu le soumettre à l'obligation de renoncer pour toujours à sa mère-patrie.
Tous ces motifs, soit qu'on les prenne collectivement ou séparément, démontrent suffisamment,
citoyens administrateurs, le droit incontestable, qu'a
le citoyen Valperga de demander et prétendre la
radiation de son nom du tableau des émigrés, et si
le ministre de l'Intérieur n'a fait aucune distinction
entre lui et les autres citoyens, c'est sans doute qu'il
a ignoré les circonstances qui vous sont exposées
ci-dessus, et notamment la dernière, car s'il les eût
toutes connues, il n'est nullement probable qu'il eût
décidé comme il l'a fait. Toute hypothèse contraire
serait une injure faite à ses sentiments et à ses lumières. Un homme tel que lui, dont les vertus civiques, le patriotisme et les talents l'ont appelé au
poste aussi honorable que pénible qu'il occupe, doit
ressembler autant que possible à la Nation pour
laquelle il agit et qui l'a honoré de sa confiance.
Cette nation est grande, généreuse, magnanime,
juste et bienfaisante.Elle ne peut qu'êtreextrêmement
jalouse de sa gloire, et l'un des principaux devoirs de
ses agents est d'éviter soigneusement d'en ternir
l'éclat.
Le refus qui serait fait de rayer de la liste des
Emigrés le nom du citoyen Valperga, refus qui entraînerait avec lui la confiscation des minces propriétés de ce citoyen, serait un acte qui imprimerait à

�-

43

-

jamais une tache ineffaçable à la gloire du nom français ; tache qui ne pourra manquer de frapper également les yeux des contemporains et ceux de la postérité ; tache enfin que les historiens ne manqueront
pas de faire ressortir par des couleurs enluminées, et
le bel effet qu'un pareil tableau produirait, citoyens
administrateurs, serait votre ouvrage.
Mais non, loin de nous, cette idée ! Vous êtes
républicains ! cela suffit. Les républicains sont vertueux. Ils aiment, chérissent, protègent, respectent
la vertu partout où elle se trouve. Et le citoyen Valperga aussi est un homme vertueux ! Qui en doute ?
Nul bon citoyen, nul honnête homme. Souvenezvous, citoyens administrateurs, que ce n'est que par
ses vertus qu'il a mérité l'amour et l'affection du
peuple Niçois et non par sa qualité d'évêque. Et plût
à Dieu que tous les ecclésiastiques lui eussent ressemblé ! La France n'eut point éprouvé d'aussi horribles secousses, pour asseoir, affermir et assurer sa
liberté.
La République a incontestablement le droit de
renvoyer hors de son sein tout individu qui ne lui
convient pas, mais en renvoyant ainsi un étranger
qui, d'ailleurs, n'a pas encouru la peine de la confiscation de ses biens, elle lui permet de les emporter ou
de les vendre et d'en emporter le produit. Tel est
précisément le cas du citoyen Valperga.
L'exposant demande en conséquence, citoyens
administrateurs, qu'il vous plaise prendre dans votre
sagesse une délibération tendante à rendre audit
citoyen Valperga sa qualité de citoyen français non
émigré, à lui accorder un délai compétent pour rentrer dans ce pays soit comme simple citoyen ou
comme fonctionnaire public et à lui assurer dans
tous les cas la restitution de ses propriétés par lui
laissées sous la sauvegarde de la loyauté française
dans la maison épiscopale, lors de sa retraite forcée,
ou la juste indemnité de leur valeur. Et sera justice.
Nice, le 22 juillet 1793, l'an second de la République française, une et indivisible.
Jean-Jacques DONNY.
l
ARCHIVES NATIONALESF/ 4.867 , dossier Valperga.

�- 44 Pièce 5.

Etat de frais de vente pour parvenir à l'inventaire
et vente des effets de l'émigré Valperga Maillone,
citoyen évêque :
5 germinal an III (25 mars 1795)
Pour une séance de trois commissaires dont un du
District et deux de la Commission municipale, fixée
à trois livres par séance par le Directoire du district
et approuvé par les Représentants du
Peuple
L.
9 »
Papier timbré tant de la minute que
des deux extraits
»12
Pour la copie desdits deux extraits . .
» 8
Droits d'enregistrement
13 10
31

2

Nous soussignés certifions le compte ci dessus véritable.
Signés : J.-B. Thomaty, comm. du dist. ; Savigny,
comm. munie. ; Mabil, comm. municip.
Frais de la vente :
Pour quatre séances de deux corn missaires dont un
du District, un de la Commis, mun. sans le membre
de l'administration fixées à trois livres par séance par
le Directoire du district et approuvé par les Représentants du Peuple .
L.
24 »
Au trompette pour publication de
quatre criées
5 »
Au crieur à la vente, quatre séances .
12 »
Aux portefaix qui ont travaillé au
transport des effets
40 »
Papier timbré tant de la minute que
de l'extrait
1 »
Bougie
3 »
Droits d'enregistrement
27 »
Papier timbré du petit état
» 4
A la femme qui a assisté à la vente
pour l'arrangement du linge
» 12
L.
Signés : J.-B. Thomaty, comm. du
district ; Savigny, comm. municip.

1

159 6

�Vu par nous, membres composant la Commission
Administrative du district et d'après l'arrêté du district, approuvé par les Représentants du Peuple et la
loi du il et 12 Mars, arrête l'état des frais ci-dessus
se montant à la somme de cent cinquante neuf livres
trente centimes, qui seront acquittés par le receveur
du droit d'Enregistrement lorsque le Département
aura vérifié ledit état.
Nice, le 29 ventôse an 3"" de la République française une et indivisible (19 mars 1795).
(Suivent les signatures).
Vu l'état des frais ci-dessus pour parvenir à l'inventaire et vente du mobilier de l'émigré Valperga
Maillone ci-devant évêque.
Vérifié et arrêté par le Directoire du district de
Nice, la Commission Administrative du département
des Alpes-Maritimes approuve ledit état et ordonne
au citoyen Maussier, receveur de l'enregistrement
cîudit district de payer aux citoyens J. B. Thomaty
et Savigny, comm. la somme de 159 livres et 30
centimes pour montant des frais pour inventaire et
vente des susdits effets de l'émigré, laquelle somme
lui sera allouée en compte.
Fait à Nice le 5 germinal an 3me républicain ( 25
mars 1795).
Etat des frais pour parvenir d la vente du mobilier de
l'émigré Charles Eugène Valperga Maillone, citoyen
évêque.
Pour trente-neuf séances de trois commissaires
dont un du District et deux de la Commission municipale, fixé à trois livres par séance par le Directoire
du district et approuvé par les Représentants du
peuple
L.
351 »
A deux portefaix, dix-neuf journées et
demi chaque fixées à cinq livres par jour.
195 »
Au trompette pour publication de
trente-neuf criées fixées à une livre cinq
sols chaque
48 r 5
Au crieur à la vente, trente-neuf séan
ces fixées á trois-livres par séance ....
117 »

711 1$

�- 4* Report
Papier timbré tant de la minute que
de l'expédition
Pour copie dudit extrait fixé à quatre
livres
Papier timbré du présent état ....
Bougie
Droit d'enregistrement
Plus deux autres journées de portefaix à cinq livres
Un paquet de plume
L.

148
4
6
421

»
4
»
»

20
5

»
»

1.182

7

Nous soussignés certifions le compte ci-dessus,
véritable.
Nice, le Ier ventôse an 3me de la République (19
février 1795).
Signés : J.-B. Thomaty, commissaire du district ;
Savigny, comm. ; Honoré Mabil, comm. municipal.
Vu par nous, membres composant la Commission Administrative, de ce District, et d'après la loi
du 11 et 12 Mars 1793 (v. s.) et l'arrêté de cette
Commission approuvé par les Représentants en date
1^ Fructidor, oui l'agent national, arrête l'état des
frais se montant à onze cent huitante deux livres et
trente cinq centimes qui seront acquittés par le
receveur de l'agence de l'enregistrement sur le produit de la vente desdits meubles, lorsque le Département aura vérifié ledit état.
Nice le 29 ventôse an 3me de la République
française une et indivisible (19 mars 1795).
(Suivent les signatures).
Vu l'état des frais ci-dessus pour parvenir à la
vente du mobilier de l'Emigré Valperga Maillone cydevant évêque.
Vérifié et arrêté par le Directoire du district de
Nice.
La Commission administrative du département
des Alpes-Maritimes, approuve ledit état et ordonne

�— if au citoyen Maussier, receveur de Penregistrement
dudit district de payer aux citoyens J.-B. Thomati,
Savigni et Honoré Mabil, commissaires, la somme de
mille cent quatre vingt deux livres trente cinq centimes pour montant des frais de la vente des susdits
effets de l'Emigré. Laquelle somme lui sera allouée
en compte.
Fait â Nice le 5 germinal an 3me républicain (25
mars 1795).
Arch. des A. M. L. 15 ancien p. 44-45 N° 34-35

Actes de Notoriété
Pièçe g

1-2-fructidor an III
18-19 août 1795
EGALITÉ, LIBERTÉ

AU NOM DE LA LOI
Ce jourd'hui, premier Fructidor, l'an troisième
(18 août 1795 de la République française, une et indivisible, à Nice, chef-lieu du département des AlpesMaritimes, par devant Nous, Antoine Gautier Juge de
paix de la Ier, 2m" et 3me section et officier de police,
est comparu le citoyen Pierre Joseph Passeron, natit
tic la commune de Contes et habitant en celle de Nice
depuis plusieurs années.
Lequel en sa qualité de procureur du citoyen
Charles Eugène Valperga de Maillone, évêque de Nice,
subrogé par le citoyen Nicolo Giorni, homme de loi,
procureur spécial et général établi (par acte reçu) par
le notaire Pierre Joseph de Bernochio, le 20 Juillet
dernier (v. s.) qu'il présente, légalisé par le résidant
de la République de Gênes auprès de la Cour de Turin, dont il résulte le pouvoir donné au citoyen Giorni, de subroger en son lieu et place, avec tous les
pouvoirs compris au dit acte, et il présente au surplus l'acte de sa dite subrogation faite par le même
citoyen Giorni, reçu en la ville de Gênes le premier

�- 48 du mois d'août dernier (v. s.) par le notaire Antoine
Baglietto, légalisée par le consul de la République
française.
Il expose que le vingt neuvième jour de septembre
de l'année 1792, l'armée de la République, étant arrivée en cette ville, commandée en chef par le citoyen
général d'Anselme, lorsque ce général, vers le soir,
fut arrivé et il eut pris son logement dans la maison
habitée par le ci-devant consul de la République Le
Seurre, ledit citoyen Evêque Charles Eugène Valperga de Maillone s'y étant présenté, ledit général d'Anselme, en présence de tout son Etat-Major, lui signifia
d'abord de devoir partir de cette ville. Sur quoi le
dit évêque ayant répondu qu'il avait cru de pouvoir
continuer sa résidence en cette ville et tellement l'avait cru, qu'il n'avait jamais pensé de distraire et en
faire partir le moindre de ses meubles et effets, qu'il
avait dans la maison d'habitation de l'tvêque et que
si absolument il lui ordonnait de partir, il le priait de
lui accorder la sauvegarde sur tous lesdits effets et
meubles. Le dit général d'Anselme lui répliqua qu'il
dut absolument partir de cette ville, en ajoutant que
le plus tôt en serait le mieux, et qu'à l'égard de ses
meubles et effets qu'il avait, il les mettait dès ce ino
ment sous la sauvegarde et loyauté de la Nation française et qu'il pouvait en être tranquille, après quoi ledit
évêque Valperga de Maillone, tout tremblant, ayant
dit qu'il allait se conformer dès le lendemain au matin à ses ordres, se retira ; ledit général d'Anselme
lui ayant encore répliqué : le plus tôt sera le mieux.
Et comme il importe audit citoyen évêque Valperga de Maillone de constater le fait ci-dessus expo"sé, suivi en présence de tout l'Etat-Major dudit général d'Anselme et de plusieurs citoyens de cette commune, l'exposant, en sa dite qualité vous présente les
citoyens Pierre Le Seurre, ci-dessus nommé, ci-devant
consul en cette ville de la République, le citoyen Honoré Saissi de cette commune qui pour lors était second consul de la même commune, le citoyen Philippe Emmanuel Féraudi qui pour lors était secrétaire de
Ìa même commune et le citoyen Ange Giraudi aussi

�- 49 de cette commune, pour recevoir leurs dépositions
sur ledit exposé et vous fait instance que de tout lui
soit concédé acte, ce que nous lui avons accordé, et a
signé.
PIERRE JOSEPH PASSERON.

Et de suite se sont présenté les susnommés
citoyen Le Seurre, natif de Craon, âgé de 75
ans, bourgeois, le citoyen Saissi, âgé de 70 ans,
négociant, Emmanuel Feraudi, âgé de 68 ans, notaire, Ange Giraudi, âgé de 63 ans, négociant,
natifs et domiciliés dans cette commune, auxquels
après avoir fait lecture dudit exposé fait par ledit citoyen Pierre Joseph Passeron, en sa dite qualité, les
avons interpellés sur serment que leur avons fait prêter, conformément à la loi, de nous dire en leur âme
et conscience si tous les faits énoncés dans le même
exposé sont de leur connaissance et tous les quatre ont
répondu et attesté tant uniment que séparément en
être pleinement informés, s'y étant trouvés présents,
et que le tout contient la vérité, toute la vérité et
rien que la vérité. En foi de quoi ils ont signé :
LE SEURRE, HOSORI'J
SAISSI, PHILIPPE EMMANUEL FÉRAUDI,
ANGE

GIRAUDI.

Et nous, juge de paix, vu les dépositions ci-dessus, avons de tout concédé acte au susnommé citoyen
Pierre Joseph Passeron en sa dite qualité, pour lui
servir et valoir dans tous les cas, à ce que de droit et
de raison. Fait à Nice, l'an et le jour que dessus.
GAUTIER, juge de paix.
BONIFACI, sec. greffier.
Vu par nous, membres du District de Nice, 3 vendémiaire an IV rép. 25 sep. 1795, TOSELLI, JN COPPON
fils, VÉRANI pr. syndic, SAYTOUR Martin.

�— 5o —
EGALITÉ, LIBERTÉ.

AU NOM DE LA LOI
Ce jourd'hui. second jour de Fructidor de l'an 3
août 1795) de la République française une et indivisible, à Nice, chef-lieu du département des AlpesMaritimes, par devant nous, Antoine Gautier, juge de
paix de la iere, 2M* et 3ME section et officier de police,
est comparu le citoyen Pierre Joseph Passeron : natif
de la commune de Contes et habitant en celle de Nice
depuis plusieurs années
Lequel en sa qualité de procureur du citoyen
Charles Eugène Valperga de Maillone, évêque de
Nice, subrogé par le citoyen Nicolo Giorni, homme
de loi, procureur spécial et général établi (par acte
reçu) par le notaire Pierre Joseph de Bernochio, le 20
Juillet dernier (v. s.) qu'il présente, légalisé par le résidant de la République de Gênes auprès de la Cour de
Turin, dont il résulte le pouvoir donné au citoyen
Giorni, de subroger en son lieu et place, avec tous les
pouvoirs compris audit acte, et il présente au surplus
l'acte de sa dite subrogation faite par le même citoyen
Giorni, reçu en la ville de Gênes le premier du mois
d'août dernier (v. s.) par le notaire Antoine Baglietto,
légalisée par le consul de la République française.
Expose : Primo, que le matin du trente septembre 1792, le citoyen Charles Eugène Valperga de
Maillone, évêque de Nice, en partant de cette ville
avec deux domestiques à sa suite, qui portaient un
paquet et quelques effets, fut arrêté à la porte qui conduit en Piémont, ci-devant nommée porte Victoire,
et conduit au vestibule de la maison presque attenante
à ladite porte, appartenant au citoyen Dominique
Castellinard, où se trouva le citoyen Joseph Castellinard, fils dudit Dominique, et malgré que ledit Evêque Valperga déclara aux soldats de la Garde de la
dite porte qui étaient des Marseillais, que c'était en
conséquence d'ordre qui lui avait été signifié par le
citoyen général d'Anselme qu'il partait de cette ville,
lesdits soldats commencèrent par le malmener et lui
(19

�signifier qu'ils voulaient le pendre et ayant ouvert
ledit paquet et y ayant trouvé entre autres effets, une
ceinture d'évêque, ils déterminèrent, à l'instant, de le
pendre avec ladite ceinture, et ayant essayé si la même
était assez forte pour le soutenir, en la préparant, elle
se fit en lambeaux, de façon qu'ils vérifièrent qu'elle
ne pouvait leur servir et demandèrent audit Joseph
Castellinard fils une corde, pour pendre ledit évêque,
à un grand anneau de fer qui était au plafond dudit
vestibule, servant â y passer une verge de fer pour
peser les marchandises, et ledit citoyen Castellinard
fils, leur ayant absolument refusé de leur donner de la
corde, en s'excusant qu'il n'en avait point, comme
dans tous ces entrefaits ledit évêque se trouve mal et
ne peut plus se soutenir, ledit Castellinard fils lui fit
apporter une chaise, par sa servante à qui quelques
uns de ces soldats donnèrent des coups de poing pour
avoir porté ladite chaise et le même Castellinard le
fit ensuite asseoir sur ladite chaise, en le soutenant,
parce qu'il ne pouvait se soutenir droit ; d'autant plus
qu'en attendant, lesdits soldats marseillais lui disaient mille exécrations, lui crachaient dessus et lui
donnaient des soufflets, et assurément ils l'auraient
fini, si dans cet intervalle un de ses domestiques
n'avait été dire au citoyen général d'Anselme ce qui
venait d'arriver, et ledit domestique étant venu avec
un billet dudit général d'Anselme qui ordonnait à la
garde de le laisser partir, puisque c'était de son ordre,
en conséquence de ce billet lesdits soldats marseillais
se bornèrent pour lors à lui dire et crier mille invectives et injures et le laissèrent partir, ce que ledit
évêque, malgré qu'il ne pût se remuer, à l'aide de ses
domestiques fit au mieux possible en tremblant, de
façon qu'il doit son existence au refus ferme et déterminé que ledit citoyen Castellinard fils leur fit de
leur donner une corde, sans quoi avant l'arrivée du
dit domestique portant l'Ordre du général d'Anselme, il aurait été pendu et étranglé.
Secondoque lefaitci-dessusfut d'abord public et notoire, de notoriété publique dans cette ville et encore
plui le lendemain premier octobre, puisque les autres

»

�— 52 —

soldats de la Phalange Marseillaise, arrivés sur le soir
dudit jour trente septembre, d'abord après leur arrivée
cherchèrent l'évêque qu'ils voulaient le lanterner et
mettre en pièces, comme ils s'expliquèrent hautement,
ce qui joint au fait arrivé dans ledit vestibule de la
maison Castellinard, étant devenu d'une notoriété publique donna l'épouvante à tous les gens honnêtes du
pays, qui disaient que le citoyen général d'Anselme en
ordonnant audit évêque de partir, en mettant sous la
sauvegarde de la Nation française ses meubles et ses
effets, avait voulu le sauver.
Et comme il importe audit citoyen Passeron, exposant en sa dite qualité, de constater par témoins le
fait ci-dessus exposé, il nous présente ledit citoyen
Joseph Castellinard fils de Dominique de cette commune, âgé de 21 ans, de profession, négociant, qui se
trouva présent au fait énoncé dans le Ier article de l'exposé ci-dessus, et au surplus informé de la notoriété
des faits énoncés au second et dernier chef, de ladite
exposition et il nous présente les citoyens Jean-Jacques Donny, natif de Neufchâtel en Suisse, âgé de 39
ans, de profession, négociant ; Joseph Poullan, natif
de Clavesana, en Piémont, âge de 48 ans, négociant ;
Jacques Gerbin, âgé de 60 ans, tailleur, Jean-Marie
Thaon, âgé de 56 ans, négociant, natifs et tous domiciliés en cette commune pour déposer sur ladite
notoriété énoncée dans ledit second fait exposé, pour
recevoir leurs dépositions, et nous fait instance que de
tout lui soit concédé acte, ce que nous lui avons accordé et a signé.
Pierre-Joseph PASSERON .
Et de suite se sont présentés les susnommés citoyens Joseph Castellinard, Jean-Jacques Donny, Joseph Poullan, Jacques Gerbin, et Jean-Marie Thaon,
ci-dessus qualifiés, auxquels après avoir fait lecture
dudit exposé fait par ledit citoyen Passeron, en sa
dite quálité, les avons interpellés sur serment, que
leur avons fait prêter, conformément à la loi, de nous
dire en leur âme et conscience, si tous les faits énoncés dans le même exposé sont de leur connaissance,

�- 53 et ledit citoyen Joseph Castellinard a répondu et
attesté en être pleinement informé pour avoir été
présent au fait exposé dans le i" article de ladite exposition, et pour avoir publiquement entendu dire les
faits énoncés dans le second chef qui était en cette
ville notoire de notoriété publique et lesdits citoyens
Jean-Jacques Donny, Joseph Poullan, Jacques Gerbin,
Jean-Marie Thaon, ont répondu et attesté tant uniment que séparément être pleinement informés de
l'énoncé dans le second chef de ladite exposition,
puisque les faits y énoncés étaient notoires, de notoriété publique en cette ville, et tous lesdits citoyens
ont respectivement attesté pour ce qui les concerne
que tout contient la vérité, toute la vérité et rien que
la vérité. En foi de quoi ils ont signé : Joseph Castellinard fils,Jean-Jacques Donny, Joseph Poullan, Jacques
Gerbin, Jean-Marie Thaon.
Et nous, Juge de paix, vu les dépositions ci-dessus,
avons de tout concédé acte au susnommé Pierre Joseph Passeron en sa dite qualité pour lui servir et valoir dans tous les cas, à ce que de droit et de raison.
Fait à Nice l'an et jour que dessus.
GAUTIER,
BONIFACI,

juge de paix.
sec. gref.

Vu par nous, membres Du district de Nice, le 3
vendémiaire anIV rep. (25 sept. 1795).
Jn. COPPON fils, VÉRANi, pr. syndic, TOSELLI, Saytour
MARTIN.

Arch. Nat. F

7

4867 *

�54 -

PÉTITION au DISTRICT de NICE
et AVIS de ce DISTRICT
ÉGALITÉ,

LIBERTÉ

5 vendémiaire
27 septembre 1795 an IV
AUX

CITOYENS ADMINISTRATEURS
DU DISTRICT DE NICE

Le citoyen Pierre Joseph Passeron, natif de la
commune de Contes, habitant en celle de Nice depuis plusieurs années.
Vous expose en qualité de procureur du citoyen
Charles-Eugène Valperga de Maillone, évêque de
Nice, subrogé par le citoyen Nicolo Giorni, homme
de loi, son procureur spécial et général fondé par acte
reçu dans la ville de Turin par le notaire PierreJoseph de Bernochio, le 20 juillet dernier (v. s) légalisée par le résident de la République de Gênes, près
la Cour de Turin, duquel il résulte le pouvoir donné
audit citoyen Giorni de subroger en son lieu et place
avec tous les pouvoirs compris dans le même acte,
qui se trouve copié mot pour mot dans celui de la
subrogation faite par le même citoyen Giorni, reçu
en la ville de Gênes le Ier du mois d'août dernier
(v. s* par le notaire Antoine Baglietto, légalisée par
le consul de la République française, le 13 Thermidor dernier (3 1 Juillet 1795), qu'il vous exhibe qu'étant arrivé dans cette ville le vingt-neuvième jour
du mois de septembre de l'année 1792, l'armée de la
République française, commandée par le citoyen général en chef d'Anselme lorsque celui-ci y fut arrivé
le soir et eut pris son logement dans la maison d'habitation du citoyen ci-devant consul de la République
Le Seurre, ledit évêque Charles-Eugène Valperga de
Maillone, s'étant présenté, le même général d'Anselme
lui signifia d'abord en présence de son Etat-Major de
partir de cette ville, sur quoi ledit évêque lui répondit qu'il avait cru pouvoir continuer sa demeure dans
cette ville et qu'à cet effet il n'avait jamais pensé de

Pièces 7 et 8

�- 55 distraire, ni faire partir le moindre de ses meubles et
effets qu'il avait dans la maison d'habitation de
l'évêque, que si absolument il lui ordonnait de partir,
il le priait de lui accorder la sauvegarde pour tous ses
dits effets et meubles, ledit général d'Anselme lui
répliqua : Le plus tôt sera le mieux, ce qui tout est
constaté par les attestations ci-jointes du premier et
second jour de fructidor dernier qu'il vous présente
également.
Qu'il résulte aussi par lesdites attestations, que
ledit évêque Valperga de Maillone fut forcé par ledit
général d'Anselme de partir de cette ville que tous
ses meubles et effets fussent mis sous la sauvegarde de
la Nation française et qu'étant parti le lendemain 30
dit septembre, il risqu'à d'être pendu ef étranglé paties soldats de la Phalange Marseillaise qui se trouvaient de garde à la porte ci-devant dite Victoire, ce
que tout fut d'abord notoire et de notoriété publique
dans cette ville.
Vous observe que ledit évêque Valperga est natif
du Piémont où il se retira et que s'il a résidé dans
cette ville, ce n'a été que pour raison de son ministère, que tout cela nonobstant il a été porté sur la liste
des émigrés, a été vendu la plus grande partie de ses
meubles et effets, et cela même nonobstant la préalable réclamation que le citoyen Jean-Jacques Donni,
chargé des intérêts dudit évêque avait fait à l'ancien
département par sa pétition du 22 juillet 1793 (v. s)
qui existe dans les Archives de ce district, résultant
ainsi que tout cela a été fait et opéré contre le droit des
gens et la sauvegarde de la loyauté française qui fut
promis audit évêque.
En conséquence, l'exposant demande en sa dite
qualité de procureur dudit citoyen évêque CharlesEugène Valperga de Maillone la radiation de son
nom de la liste des émigrés, la levée des scellés, la
restitution de ses propriétés et l'indemnité de celles
qui ont été distraites et vendues au nom de la Nation,
et sera justice.
(21 août 1795).

�- 56 Nice le 4me jour de Fructidor de l'an 3me de la
République française une et indivisible.
Signé : Pierre-Joseph PASSERON.
Vu la pétition ci-dessus du citoyen Pierre-Joseph
Passeron présentée au nom et comme procureur subs
titué du ci-devant évêque de Nice, Charles-Eugène
Valperga tendante à obtenir la radiation de son nom
de la liste des émigrés, la levée du séquestre et remission de ses effets restant ainsi que l'indemnité de
ceux qui ont été distraits ou vendus.
Vu une première pétition présentée à l'ancienne
administration du département par le citoyen JeanJacques Donni, au nom du citoyen Valperga en date
du 22 juillet 1793 tendante aux mêmes fins.
Vu la procuration en date du premier août 1793
(V. s.) faite à Gênes, par devant le notaire public Antoine Baglietti, légalisée par le Consul de la République française y résidant, ainsi que l'acte de procuration y inséré, en date du 20 Juillet 1795.
Vu l'attestation de quatre témoins faite avec serment par devant le juge de paix de la 1", 2"", 3me section de cette commune, en date du 1" Fructidor dernier '18 août 1795).
Vu autre attestation de cinq témoins faite par
devant le susdit Juge de paix, le 2 dit fructidor, aussi
sous serment.
Considérant que par la première des 2 attestations il est pleinement prouvé que le vingt-neuvième
septembre 1792, aussitôt après l'entrée de l'armée
française dans cette commune, le sus-nommé évêque
Valperga s'étant présenté au général d'Anselme qui
la commandait en chef, celui- ci lui ordonna d'abord
en présence desdits témoins et de tout l'Etat-Major.
u'il n'avait qu'à partir de la ville, et malgré que le
it évêque lui observa qu'il avait cru de pouvoir y
rester tranquillement et qu'à cet effet il n'avait fait
partir aucun de ses effets et meubles, le général lui
répliqua de partir absolument de la ville, en ajoutant
que le plus tôt serait le mieux, l'ayant assuré qu'à

a

�-5;l'égard de ses meubles et effets de sa maison, il les
mettait dès ce moment sous la sauvegarde et loyauté
de la Nation française et qu'il pouvait en être tranquille.
Considérant qu'il résulte par lesdites attestations,
et il est prouvé que l'évêque Valperga, d'après les
ordres précis et réitérés du général d'Anselme, partit
le lendemain 30 septembre de cette ville.
Considérant que par la susdite attestation du deux
Fructidor il résulte que l'évêque Valperga, au moment de son départ de cette commune, ayant été arrêté à la porte qui conduit au Piémont, par les soldats
qui y étaient de garde, lesquels tentèrent de le pendre,
il évita la mort par les soins du citoyen Joseph Castellinard, un des déposants, et il ne fut laissé libre que
d'après un billet du général d'Anselme, qui ordonnait à ladite garde de le laisser partir, puisqu'il s'en
allait de son ordre
Considérant que tous ces faits sont devenus de notoriété publique dans cette commune, dès le même
jour 30 septembre et Ier octobre suivant, ainsi que
quatre témoins l'ont attesté.
Considérant que le citoyen Valperga ne s'est absenté de cette commune et ci-devant Comté de Nice
que d'après les ordres du général d'Anselme auquel il
témoigna son regret.
Considérant que le départ du citoyen Valperga
ayant été forcé il ne peut pas être qualifié d'émigration.
Considérant que son intention de rester dans cette
commune est d'autant plus constatée, que le citoyen
Valperga a été le seul fonctionnaire public, il soit
resté à son poste, n'ayant soustrait aucun des meubles
et effets de sa maison, lesquels ont été ensuite distraits
et vendus par la Nation.
Considérant que le citoyen Valperga ne peut être
non plus considéré comme réfractaire aux lois de la
République, tandis qu'à l'époque de son départ de cette
commune, aucune loi de la République, surtout à
l'égard des ecclésiastiques, n'y avait été encore publiée
à laquelle eut pu contrevenir.

�— 58 —
Considérant que le citoyen Valperga ne pouvant
être considéré ni comme émigré, ni comme réfractaire, ne pouvait être privé de ses propriétés laissées
dans cette commune lors de son départ, sous la sauvegarde de la loi et de la Nation française qui lui fut
accordée par le général d'Anselme, et qui étant digne
de la loyauté de cette Nation, ne pouvait être violée
sans blesser le droit des gens.
Considérant au surplus, que le citoyen Valperga,
originaire piémontais, ne faisait sa résidence à Nice,
qu'à raison de son épiscopat, ce qui ne donne qu'une
résidence easuelle, et que sous tous les rapports, il
n'a cessé d'être étranger à l'égard du pays de Nice et
de la France.
Considérant que l'article 6, section deux, N° 2 de
la Loi du 25 Brumaire (15 novembre 1794) en déclarant émigrés les citoyens domiciliés dans le cidevant comté de Nice, qui sont sortis depuis le 27
septembre 1792, n'a point porté atteinte au droit des
gens dans la personne de l'étranger, qui se trouvait
dans ce même pays, où il n'aurait pas établi son vrai
domicile.
Considérant que le citoyen Valperga, qui avait été
forcé par le gouvernement de partir de Nice, n'a dû
plus y revenir dans le terme même prescrit par les
lois aux citoyens de la ci-devant Comté de Nice,
puisqu'il ne devait point imaginer qu'il fut compris
dans l'invitation, malgré qu'il ait été porté sur la
liste des émigrés.
Considérant que ce nonobstant, lorsqu'il sut qu'il
avait été porté sur la liste des émigrés de cette commune, s'est empressé de présenter sadite pétition
du 22 Juillet 1793 dans laquelle il demanda non seulement la radiation de son nom de ladite liste, mais
encore un délai convenable pour rentrer dans cette
commune, soit comme simple citoyen, ou comme
fonctionnaire public, ainsi que la restitution de ses
propriétés par lui laissées sous la sauvegarde de la
loyauté française dans la maison êpiscopale lors de sa
retraite forcée, ou une juste indemnité de leur valeur.

�- 59 Considérant finalement que,d'après toutes les circonstances sus-ênoncèes, aucune loi concernant les
émigrés ne peut être applicable au citoyen Valperga,
et que toutes celles qui pourraient le regarder relatives au séquestre des biens appartenant aux habitants
des pays en guerre avec la République française ont
été rapportées par le décret du 14 Ventôse dernier
(4 mars 1795). •
Le Directoire du district de Nice, oui le procureur syndic, est d'avis que le citoyen Charles-Eugène
Valperga ci-devant évêque de Nice ne doit point être
considéré émigré.
Qu'il doit être rayé de la liste des émigrés, que le
séquestre apposé sur ses propriétés doit être levé, qu'il
doit être réintégré dans la possession et jouissance
d'iceux, que tous receveurs ou dépositaires doivent
lui restituer les sommes qu'ils ont perçues, résultant
du produit desdites propriétés et qu'il doit recevoir
la juste indemnité des meubles et effets qui seraient
passés au profit de la Nation.
Fait à Nice, dans la salle des séances le 5me Vendémiaire an 4me républicain (27 sept. 1795). Signé
Saytour Martin. Verani,
procureur syndic, Angles v. prés.
Touzelly. Jn Coppon fils.
Enregistré au feuil. 20 registre des prévenus
d'émigration et signé BARRAIA, commis greffier.
Certifié conforme par nous Ve président et secrétaire du district Jn COPPON Fils V,-PRÉSIDENT
BARRAIA Cis greffier.
A rch. Nat. F 7 4867

2

�— 6o —

Pièce 9.

LIBERTÉ (vignette) ÉGALITÉ
BUREAU DES
ÉMIGRÉS

Extrait des registres des délibérations et arrêtés de
l'Administration Centrale du département des Alpes Maritimes.
(2

juin 1797)

Séance du quatorze Prairial an 5mf de
la République française une et indivisible.
Sur le rapport d-e la pétition présentée par le
citoyen Pierre Joseph Passeron, procureur fondé de
Monsieur Charles Valperga, ci-devant évêque de
Nice, dans laquelle il expose que ledit Charles Valperga n'a jamais dû être atteint des lois relatives à
l'émigration, soit qu'on le considère comme parti en
suite d'une force majeure, soit en sa qualité de piémontais et demande en conséquence la radiation de
son nom de la liste des Emigrés, sa réintégration
dans la possession et jouissance de ses propriétés et
une juste indemnité, des meubles et effets qui sont
passés au profit de la République.
L'Administration Centrale du département des
Alpes-Maritimes, considérant que M. Charles Valperga, comme piémontais, n'habitant Nice que pour
cause de son emploi, n'aurait jamais dû être porté
sur la liste des émigrés du département.
Que le seul motif qui a pu déterminer le général
d'Anselme à lui ordonner de partir de la ville de
Nice, ne peut avoir été que la susdite qualité de
piémontais.
Considérant enfin, que comme sujet du roi de
Sardaigne, il est dans le cas de jouir de l'article i,r
de la loi du quatorze nivôse an troisième, (} janvier
1795), ainsi que de l'article neuf de la loi du trente
Floréal an quatrième, (19 mai 1796).
Arrête, oui le commissaire du Directoire Exécutif
que le nom de Valperga, ci-devant évêque de Nice,
qui se trouve inscrit sur la liste des émigrés, sera

�— 6i —

provisoirement rayé ; que tout séquestre qui pourrait
avoir été mis sur ses biens sera levé, qu'il sera réintégré dans la possession et jouissance de ses propriétés,
et que toutes les sommes versées dans les caisses publiques, lui seront rendues, déduction faite des frais
faits conformément aux lois.
Fait et arrêté* en séance publique le jour, mois et
an que dessus.
Signé : Donny, président Payani, fils, Scudéry,
Oberti, Hancy (et en marge Gastaud commissaire
du Directoire Exécutif).
Certifié conforme à l'original par nous président
et secrétaire de l'Administration centrale du départemeni des Alpes-Maritimes.
DONNY, président
BELMONDI, sec. chef au bureau des émigrés.
Arch. Nat. F 7 4867 2

ACTE DE CAUTIONNEMENT
Pièce 10.

11 fructidor anV (2&amp; août 1797)
LIBERTÉ ÉGALITÉ
Ce jourdTiui 11 fructidor an 5 de la République
française une et indivisible (28 août 1797) par devant nous, membres composant l'Administration
centrale du département des Alpes-Maritimes, est
comparu le citoyen Joseph Passeron, natif de Contes,
chef-lieu de canton, domicilié dans cette commune,
procureur fondé de Monsieur Charles Valperga, cidevant évêque de Nice, en vertu d'acte de procuration du 20 juillet et premier août 1795 (v. s.) lequel
en sadite qualité, dépendamment à l'arrêté de cette
administration du quatorze prairial an cinq (2 juin
1797) portant que le nom de Valperga, ci-devant
évêque de Nice, sera provisoirement rayé de la liste
des émigrés, que tout séquestre qui pourrait avoir
été mis sur ses biens sera levé, qu'il sera réintégré
dans la possession et jouissance de ses propriétés, et

�— 62 —

que toutes les sommes versées dans les caisses publiques lui seront rendues, déduction faite des frais
faits, conformément aux lois, désirant de se conformer au porté par l'article 3 de la loi du 5 Brumaire
an 3 (26 octobre 1794) qui exprime que les prévenus
d'émigration seront tenus de donner caution solvable de la valeur mobilier, et ne pourront obtenir
leurs immeubles jusqu'à ce qu'il ait été définitivement statué sur leurs réclamations par qui de droit,
toujours en sa dite qualité a présenté pour caution le
citoyen François Grosson, marchand drapier de cette
commune, lequel ici prése.it et acceptant, s'oblige
conjointement et solidairement avec ledit Valperga
et pour celui-ci ledit Joseph Passeron, et sous l'hypothèque de tous leurs frens présents et à venir, à l'entière exécution de ce qui les concerne en la susdite
loi, et à la représention des mobiliers, effets et sommes à percevoir en dépôt que besoin sera, et quant
aux mobiliers invendus et en dépôt seront soumis
d'en représenter la valeur à laquelle seront estimés
par experts, préalable rémission.
Et nous, administrateurs susdits approuvant lesdits
cautionnement et acte de soumission, à la réquisition
dudit citoyen Joseph Passeron, avons dressé le présent acte que toutes les parties ont signé avec nous,
ayant au préalable fait renoncer audit François Grosson au droit de premier convenir.
Fait à Nice les jours, mois et an que dessus.
Joseph

PASSERON,

François GROSSON,
prés., PAYANY FILS,
MARUN-SAYTOUR, sec. en chef

HANCY, DONNY,
P.

Acte original sur timbre de 20 centime*.
Arch. Nat. F

7 4867^

�— 63 -

CONCLUSION

Il était avéré pour tous, dans la ville de Nice, que Mgr
Valperga était parti contre son gré et si la première Administration départementale, installée au mois de Mai 1793,
l'avait inscrit sur la liste des émigrés de Nice, c'était à la
suite d'une réponse faite par le ministre de l'Intérieur, Garât,
aux questions à lui posées par le Directoire des Colons Marseillais sur la conduite à tenir vis-à-vis de l'évêque.
Les questions avaient été envoyées à Paris, vers la fin
de Février 1793, et la réponse du ministre ne parvint à Nice
qu'au milieu de juin suivant, soit quelques jours avant la
publication de la liste des émigrés. Les réclamations de
l'évêque, retiré à Turin dans sa famille, furent présentées
le 22 juillet 1793 (1) ; mais comme beaucoup d'autres, elles
s'entassèrent dans les bureaux du Département, qui n'y
répondit même pas.
Cette réclamation fut présentée au nom de l'évêque par JeanJacques Donny au Département. lîlle figure en original au dossier
Valperga.
Voir ci-dessus.
Le registre des délibérations du département manque aux Archives pour les derniers mois de 1793, exactement du Ier mai au 10
Novembre, comme pour les six derniers mois de 1797 et l'année entière de 1798, exactement du 8 Messidor an V (26 Juin 1797) au 25
Pluviôse an VII (13 février 1799).
C'est-à-dire pour les deux périodes les plus troublées et cette
disparition est tout au moins étrange.
Elle doit être vraisemblablement attribuée à certains hommes
politiques désireux de laisser dans l'oubli leur conduite durant ces
deux époques.

�- 64 On était dans la période la plus aiguë et, en pleine
Terreur.
Après le 9 Thermidor et, surtout après la venue à Nice
du représentant Beffroy, au mois de Floréal, an III (Mai
I795)»
les esprits devinrent plus calmes, les administrations plus pondérées. C'est alors que, sur de nouvelles demandes présentées au District, et sur avis favbrable de
celui-ci, le département des Alpes-Maritimes accorda à Mgr
Valperga sa radiation provisoire, le 14 Prairial, an V (2 Juin
1797). Comme on le voit, l'affaire avait traîné en longueur.
Il semblait alors que rien ne s'opposait plus à la rentrée
de l'évêque : le 11 Fructidor, an V (28 Août 1797), le Département avait agréé la caution de François Grosson (1) ;
les biens de l'évêque allaient lui être rendus, et il pourrait
rentrer.
Mais huit jours après, le coup d'Etat du 18 Fructidor (4
septembre 1797) remettait le pouvoir aux mains des Jacobins, la guerre aux émigrés et aux ecclésiastiques, en particulier, reprit avec âpreté. Pe département des Alpes-Maritimes se vit accusé d'avoir préparé une rentrée triomphale à l'évêque, son arrêté du 14 Prairial resta sans effet
et, en vertu de la loi du 19 Fructidor (5 septembre), les
scellés furent de nouveau apposés sur les biens de Mgr Valperga par deux commissaires municipaux (2).
En vain, l'évêque de Nice, fit intervenir auprès du Directoire Balbi, l'ambassadeur du Roi de Sardaigne à Paris,
le dossier de sa demande en radiation fut examiné sans
aucune bienveillance.
(1) L/Acte original de ce cautionnement sur timbre est aux
Arch. des Alp.-Maritimes Q. 10.
(2) Mise de scellés sur les biens de Charles Eugène Valperga par
deux commissaires de la municipalité de Nice. Une scéance, 6 livres.
Dépense approuvée par le Département, en Germinal an VI (avril
1798). Arch. des A. M. Q. 11.
Mgr Valperga ne possédait à Nice aucun immeuble et il devait
rester fort peu de chose de son mobilier après la vente qui en avait
été faite en Ventôse an III. La bibliothèque de l'évêché avait été déclarée bien national et la caisse diocésaine avait disparue en octobre 1792
sans laisser de traces dans les pièces administratives. Le séquestre
a été apposé sur les biens de nombreux émigrés rayés provisoirement.
On peut en voir la liste aux Archives des A. M. Q. 10, où Valperga
figure sous le N° 65.

�- 65
Á la suite de la lettre de Balby datée de Paris le 7 février
1798, le ministre de la police demanda à ses Bureaux un
rapport sur l'affaire Valperga. Pe voici tel qu'il se trouve
en minute au dossier.
Attendu que rien ne tend à constater le prétendu ordre
de quitter Nice, d'où il suit qu'il faut en croire sur parole
l'émigré.
Qu'à raison de son domicile, il était tenu de rentrer sur
le territoire dans les délais voulus par les lois.
Qu'il est atteint par la déchéance et n'a réclamé que
l'an V.
Qu'il ne paraît pas y avoir lieu de violer la loi en faveur
de cet ex-évêque dont la rentrée prohibée par la Constitution serait d'une influence dangereuse.
J'estime qu'il y a lieu à proposer la maintenue sauf
à prendre des renseignements si toutefois on les trouve
indispensables.
CAIGNART,
Sous-chef (2e Bureau).
En tête de cette minute est écrit :
« Je pense qu'il y a lieu à instruction et à prendre
des renseignements près les Administrateurs du département_des Alpes-Maritimes. »
Signature illisible (1).
Ces renseignements furent-ils demandés ? C'est probable et cela explique que bien des pièces du dossier Valperga sont en double expédition. Plus d'une année s'écoula
encore, avant que fut prise une décision et finalement sur
un rapport défavorable de la Commission d'examen instituée près le Ministère de la police pour l'étude des demandes en radiation, le Directoire exécutif signa le 7 Floréal
an VII, (26 avril 1799) un arrêté qui maintenait définitivement, sur la liste des émigrés, Mgr Valperga et annulait
toutes les décisions rendues antérieurement, en sa faveur,
par les. autorités locales.
(1) Arch. Nation. F 7 4862 2 dossier Valperga. Rapport de la
3 me Division du Ministère de la police, sans date mais joint à la
lettre de Balbi.
»

�- 66 -

Varrêté du Directoire parvint à Nice les premiers
jours de Prairial an VII (Mai 99) et fut immédiatement
mis à exécution. (1).
*

* *

Ainsi donc Mgr Valperga expulsé ne put jamais obtenir
de rentrer, les lois sur l'émigration étaient tellement embrouillées et tyranniques qu'une fois inscrit sur une liste
d'émigrés, il était extrêmement difficile de s'en faire rayer
malgré toutes les démarches ; car on se heurtait sans cesse
à des questions de forme et de procédure ce qui permettait
à la malveillance de s'exercer tout à fait à l'aise sous le
couvert de la légalité.
A. J.

PvANCE-BOURREY.

(1) De 21 Floréal an VII (10 mai 1799), il fut communiqué
par le ministre de la police générale de la République aux diverses
administrations intéressées et aux Commissaire du Directoire exécutif
près le département des Alpes-Maritimes. Celui-ci par lettre du 3
prairial (22 mai 1799) demanda au Département de le transmettre
à la Municipalité de Nice, ce qui fut fait le même jour avec ordre
de le transcrire sur ses registres, de faire apposer les scellés ou séquestre sur tous les biens meubles et immeubles de l'évêque si ce
n'est déjà fait, et de mi notifier sans délai la décision prise à son égard.
Voir lettre du Département à la Municipalité, celle du Commissaire au Département, 3 Prairial an VII avec la réponse du Département 4 Prairial.
Arch.. des A. M. Q. 1 et 2 et Arch. Nationales, dossier Valperga,

�NIÇA LA BELLA
VERS DE /.

Giordan,

su

DE CARTA POUSTALA

Ai rai dôu nouostre bouon soulèu
Venon s'escaufar toui lu lùssi ;
Es un meravihous tablèu,
Ai rai dôu nouostre bouon soulèu,
Trouvas, dou Var fin au Castèu,
Anglés, Rouman, Danesi, Rùssi :
Ai rai dôu nouostre bouon soulèu
Venon s'escaufar toui lu lùssi.
Pèr tu, as touti li bèuta,
Terra de lus e d'alegria,
D'un ciel d'azur, as la clartà,
Pèr tu, as touti li bèuta.
De l'univers, en verità,
Siès la uechièma meravia ;
Pèr tu, as touti li bèutà,
Terra de lus e d'alegria.
Dintre lou tèmp, Semiramis
Faguet basti, à Babilouna,
Pu siéu jardin, vèr paradis !
Soubre Paioun, degun s'estouna
De vèire, ancuèi, lou paumoulié
Drissar au ciel la siéu coulouna
E lou galofre, e l'anemouna
Flouri emb'au pourtegalié.
De bouon matin, quitant maioun
Pèr la journada touta'ntiera,
S'en va lavar, dintre Paioun
Pa bugadiera.
D'un glourious passat es fiera
Perqué, d'un tèmp, sus lou bastioun
Au Turc, arranquèt la bandiera
Pa bugadiera.

�fet 68 —

Sau de fouora fa freï,
Que brima,
A Niça, sus lou Quèi,
Si rima.
Pescadou, fourestié,
De la mar bressarella,
Escouton voulountié
Pa doussa cantinella.
L'AVOUCAT

PATTA

L'estudi de l'avoucat Patta es en plen aria ; si tèn lou matin
couma lou predinà su la plaça dôu Palai. Es un ome pichounet,
touplen raplot, li pocha enfli de papiè de touta mers. En lu vièi
quartiè es proun counouissut e li capelada, « Bouonjou Moussu
l'Avoucat », noun li mancon. Es ben m'ai juge, proucuradou, etc.
Lu siéu ounourari soun bouon pati e n'a de preferença pèr
qu si sigue. Parla au premier maufatan vengut, couma se fousse
un agnèu que vén de naisse ; lou créancier o lou débiteur soun
tratat su lou même pen... basta que mouson...
L'avoucat Patta es de noutarietà reputat pèr un ome judicious, òunest — au noun si flata de l'estre au jou d'ancuei ; —
finda counouisse, es en relacioun d'afaire emê de gros persou nage que dintre la finança dôu siéu coumerce, soun quasi d'usurari. Sau menajar la cabra e lou caulè ; e pèr que la mouneda
noun li escapa si desbrouïa e si mete dôu cousta dôu manche...
d'aquéu que casca lou de mai...
Acò fa que toui lu matin que lou Bouon Diéu a fach, la siéu
doumestica mete toujou quaucaren au fuec. Lou dimeneghe, coum'un bouon crestian, — tartufaria que lou pauva, — va audi la
gran'messa à Santa Réparada, fa la siesta e à la calada dóu soulèu,
passeja su lou Cours, pastrouia, fa lu cent pas, noun parla que de
lei, proucès, citacioun, ensin alestisse lou travail dôu dilun...
Lendeman empastra ben d'afaire, mete facilamen en lou sac
Moussu Tout'Un emé Moussu Tout'Autre... En éu que li pòu
faire ?... lança dapertout lou broumech, tant pis pèr aquéu que si
laissa agantar. Quaranta sóu es lou près d'atac e vous pregui de
crèire que douna pas la siéu journada pèr doui o tres escut.
L'avoucat Patta counouisse l'usança dôu païs... s'avès touort,
vous rouïa, s'avès pi rasoun, v'espia... Que voulès aima manjar
lou pei, lou pei que noun aiguë d'espina...
JULI EYNAUDI.

�-«9VA

MAU ! !

Va màu, cresé-vous, que va màu 1
En l'orizoun lou voile negre
N'es qu'un gran camp cargat de pebre,
Qu'à pala lou jeten davan,
Avuglan finda lu cavau 1
Lu canoun soun su li frountièra,
Alignât couma de barriera,
N'esperon plus que lou signàu !
Lou soulèu, aquel animàu !
Stan, noun vòu levà la vela,
Si foundon couma des candela
Enb'aquèu coust dôu diàu !
Le Giacouuda à cóu de d/stràu
Li fan petà li sièu moulura...
Ah ! dèu faire bella figura
Se l'an foutuda en quauqua tràu
Lou pan crèise, finda la sàu,
Lou sucre dintre li boutiga
Mounta ben mai que de boufiga !
Van jusque crèise lou rampàu
E la pèu que fau lou tambau ;
Metran de drech su li nourriça,
Su lu chichi, su li saucissa,
Perqué pas soubre lu magàu ?
E lou Prussian, marrit bertàu,
Noun sabon fa que de babïa,
Per lou Maroc e l'Algèria,
Se faran mètre lou mourràu !
Li serreren toui lou pourtàu
E pi veiren touta la França
Davan la sieù grossa arougança
Se noun si sau garda li clàu !
Es de rima d'un manechàu,
Ma sien d'estiéu, vesin, vesina,
Li passeres en la resina
Avant que vegon l'espitau !
CHARLES CIAUDO

�Valère Bernard
Tout en heurtant le marteau contre la porte de M. Valère
Bernard je songeais. Je me suis complu dans le plus souriant
mépris des idoles. L'ironie a tremblé sur mes lèvres quand
la Provence a dans un ravissement de joie acclamé le poète de
Maillanne. Cette mascarade d'apothéose me répugnait.
Et maintenant la curiosité me fourvoyait dans le studio
d'un consciencieux artiste que les felibres couvraient de gloire.
Elève de Puvis de Chavannes M. Valère Bernard pasticha le
Maître. Mais vite il eût l'intuition qu'à se perdre dans les sentiers
battus il courrait risque de compromettre son crédit. Il dit
adieu à Paris et vint dans Marseille, l'opulente cité.
A cette époque vivait un exquis écrivain, J. Lombard. Il venait de publier deux œuvres d'une grandiose beauté, VAgonie et
Bysance. Dans un style étrangement tourmenté il contait les
luttes entre les factions d'Orient, illuminant son œuvre des
splendeurs bysantines.
Valère Bernard vit Jean Lombard, et du même coup les belles
au bois qui dormaient en son âme s'éveillèrent. Il délaissa les
études académiques, les pastiches sans vie, et d'ardentes couleurs
chargèrent ses toiles.
Voici le triomphe des rois Babyloniens. Sur les voûtes d'un
palais impérial passent des gardes étincelants dans la pourpre et
la soie. L'or envahit les hautes colonnes de jaspe bleu. Involontairement on pense aux fantastiques demeures hantées par des
fées émeraudes et des princesses aux perversités troublantes.
Et je m'imagine que le peintre était sous le charme de la
légende quand il a peint cette courtisanne qui sourit à son miroir tout en jouant négligeamment avec sa chevelure d'or. Et
puis passent Venise la rouge, Marseille enveloppé dans la poussière d'or du crépuscule, des motifs à la Watteau peints par un
bysantin, toute une apothéose.
Mais une idée m'obsède, tandis que dans la grise clarté d'un
soir automnal s'éteignent les fauves éclairs jaillis de ces radieuses
toiles. L'idéalisation du passé me paraît cruelle. Les générations
endormies dans la Mort ont eu leurs misères/leurs rancœurs, je
pense qu'il est absurde de s'écrier avec Musset « qu'aux temps
jadis tout était heureux jusqu'aux douleurs humaines. » En vain
l'apostat s'attriste-t-il sur les vieillards immortels de l'antique

�- 7i

—

lonie, â ses oreilles résonnent les paroles de l'Hiérophante : « La
Helladi que tu aimes n'a jamais existé ».
Mais M. Valère Bernard brise ma rêverie, et mes yeux se
portent.sur des portraits appendus au mur. Profils d'espagnol ou
d'américain mitigés d'espagnol, comme on en croise maintes fois
sur la Cannebière.
Homme universel ne puis-je m'empêcher de m'êcrier. M.
Valère Bernard sourit. Il siérait dit-il, à mi voix, de se développer en profondeur. Toutefois il est beau de se dire sur le
tard de sa vie que l'on a fait vibrer toute son âme. Ici le maître
rejoint Néron. Il m'aide à comprendre cet inquiétant empereur.
Mais encore faut-il que tout en étant l'homme universel on ne
sombre pas dans la banalité. De méchantes œuvres d'art peuvent
avoir leur prix.
Une idée se lève devant moi. Labruyère me petsuade que
l'honnête homme de Pascal propre à tout en définitive n'est propre à rien. La spécialisation inintelligente, mène à l'erreur, j'en
conviens, mais en fait elle est une loi générale.
Et ceci est pour me plaire, car j'abhorre dissiper mon énergie,
j'aime le repliement, la frissonnante pudeur qu'effarouche les
vaines ostentations. Je goûte les peintres du passé et malgré ma
philosophie j'adore les peuples disparus. Volontiers j'implorerai
avec la Cassandre de Schiller la cécité, l'exquise cécité. Le sou
venir a plus de puissance sur moi que l'espoir.
Et sous des deux gris, en des pays étrangers désolants de
médiocrité, il m'est arrivé de pleurer plus amèrement que ne
pleura Xerxès aux rives d'Abydos.
J. PADOVANI.
PROUVERB1, BOUOI MOT, COUNSÈU E DICH
Vèuva que si marida,
Dèu perdre la lus e l'audida.
Fiha madura,
Lou pouorta à la centura.
En cuntant su lu det :
Aquéu a fa l'óu ;
Aquéu l'es anat cercar,
Aquéu l'a fa cuèire,
Aquéu l'a manjat,
E lou pichoun n'a ren tastat !

�— 73 —
LE

DÉSESPOIR

Oui, j'ai la mort dans l'âme ; oui, je monte au calvaire ;
Mon horizon, hier si beau, s'est obscurci ;
Je hais tous les devoirs et tout ce qu'on révère :
Mieux vaut mourir que vivre ainsi !
Puisque je n'y puis rien ; que la raison humaine
Ne gagne plus un cœur où mon cœur est entré,
Je veux briser mes jours comme on brise une chaîne
Et m'enfuir en désespéré.
Qu'est-ce donc que la mort ? C'est la paix éternelle,
C'est un beau drap de fleurs sur mon sein endormi,
C'est la nature calme, auguste et solennelle
Qui nous prête un repos ami.
O nature de Dieu contemple ma détresse !
Ecoute tout mon sang dans mon cœur s'épancher
Et, puisque je n'ai plus le lit de ma maîtresse,
C'est au tien que je veux coucher ;
C'est toi la grande mère et la nourrice immense !
L'homme au sort le plus âpre et l'homme au sort plus beau
Retrouvent dans ton sein leur part de ta clémence :
L'un l'amour, l'autre le tombeau
Tu sais, toi qui vois tout, ce qu'ici bas je souffre,
Que je n'ai point béni l'instant de mon réveil
Et que j'ai regardé, toujours, du fond du gouffre,
Les bords ou brillait le soleil ;
Que je n'ai bu jamais que dans la coupe amère,
Que le seuil du bonheur me fut toujours fermé,
Que j'ai perdu mes fils, que j'ai perdu ma mère
Et tous les cœurs qui m'ont aimé !
Maintenant je m'en vais, battant du front, comme ivre,
En proie à ce grand deuil qui me courbe en vainqueur,
Et je veux déchirer ma vie, avec le livre
Des chastes sanglots de mon cœur ;
Et toi, rayon divin, génie, ardent délire,
Flambeau qui n'iras plus briller sur son autel,
Eternise du moins ces larmes de ma lyre
Et que mon cri soit immortel !
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Letra doumenicala

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17,

14 e 15
16 e 17
19 e 20
19 e 20

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QUATRE

SESOUN

Lou prmtèms coumença lou 21 mars
L'estiéu
—
— 22 Jun
L'autoum
—
— 23 sept,
L'iver
—
— 22 dés.
FESTA

Septuagesima
19 Janvié
Cendre
5 Febrié
Pasca
23 Mars
Rougacioun 28, 29, 30 Abriéu
Ascensioun
1er Mai

à 5.18 m.
à 1.10 m.
à 3.53 m.
à 10.35 m.

dôu
dôu
dôu
dôu

matin
matin
sera
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MOUBILI

Pantecousta
Trinità
Festa de Diéu
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30 Novembre

11 Mai
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22 Mai
l'Avènt

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Lu vènt que souflon à Niça, dintre lou cours de l'annada,
soun au nombre de 16. Vequi li sièu denouminacioun courenti,
pihadi, en general, dai loucalità dei quali parèisson veni :
Nord ..
N.-O.-E.
N.-E. ..
E.-N.-E..
E. N. E.
E.-S.-E..
S.-E. ..
S.-S.-E-.

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Grego
Levant
Levant
Levant
Siroco, vènt marin
Mie jou Siroc

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S.-S.-O.. Miejou Lebech
S. O. .. Lebech
O.-S.-O. Pounènt Lebech
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O.-N.-O.V. Pounènt Maistràu
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VIGÍLIA — JÈUNI
22
30
10
14
31
24

Mars
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Mai
Avoust
Outoubre
Desembre

(Pasca, 23 Mars)
(Ascensioun, Ier Mai)
(Pantecousta, 11 Mai)
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(Toui lu Sant, Ier Nouvembre)
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L'ANNADA RELIGIOUSA
LI FESTA MOUBILI E

LI FESTA FÏSSI

febrié

Janviê
1 Circouncisioun.
6 Epifania (lu Rei).
13 Batejà de J.-C.
14 Sant Noum de Jesù.
19 Setuagesima.
26 Sexagesima.

2
5
6
9
12
13

Purificacioun.
Cendre.
Festa de la Pr. de N. S.
Quadragesima.
14-15 Quatre-tèms.
Coum. de la Passioun.
16 Reminiscere.
23 Oculi.

�Jtfars
2 Lœtare.
9
16
21
23
29
30

Passioun.
Lu Rampàu.
Divendre Sant.
Pasca.
Li 7 Doulou.
Quasimodo.

j/îbriêu
28-29-30 Rougacioun.

jYtai
1 Ascensioun.
3 Inv. de la Santa Crous.
11 Pantecousta.
14-16 17 Quatre-tèms.
18 Trinità.
22 Festa de Dièu.

Jîvoust
6 Transfiguracioun.
15
18
25
26
29

Assoumpcioun.
S. Joachim.
S. Couor de la Vierge.
S. Louis.
Decolac. de S. Jouan-Bat.

8
14
15
15
17
29

Natività de la Vierge.
Esaltacioun de la Crous.
N. D. dei 7 Doulou.
San Noum de Maria.
Quatre-Tèms.
Dédie, de S. Miquéu.

6
13
20
27

Sant Rousari.
Maternità de la Sta Vierge.
Puretà de la Santa Vierge.
Patrounage de la S. Vierge.

1
2
3
21
30

Touï lu Sant.
Lu Mouort.
Santi Reliquia.
Present, de la Sta Vierge.
Avent.

Setembre

Ouioubre

jYouvembre

Jun
9
21
24
29

Festa dôu S. Sacramen.
Sacrât Couor de Jesù.
Natività de S. Jouan-Bat.
SS. Peire e Paul.

Juliet
2 Visitation de la S. V.
7 Precious Sang.
16 N.-D. dôu Carme.

2&gt;esembre
8 Imaculata Councepcioun
17, 19, 20, Quatre-Tems.
25 Calena.

LEÇOUN DE CATECHISME
Un prèire dôu Gesu enterougava un pichoun su lou siéu
catéchisme e li demandava :
— Doun es Diéu ?
— Vous respouonderai, li di l'enfant, quoura m'aurès
dich doun noun pôu estre.

�xxxxxxxxxxxxx:::xxxxxxxxxxxxx
AMINISTRACIOUN MUNICIPALA
Mera : M. lou General Fr. Goiran
Ier MM. Bonnefuy-Sibour.
Ajount
Emile Muscat.
«.
Jousé Ventrue
«
3e
Jan Ricci.
«
4e
Juli Febvre
5e
Dr A. Bufîon.
6e
Dr J. Fighièra.
7e

Ier Ajount

M. Bonnefuy-Sibour
Encargat de l'ensemble de l'aministracioun sensa delegacioun speciala.
Recèu toui lu jou de io oura % à miejou.
2e Ajount

M. Emile Muscat
Recèu lou dilun, lou dimècre e lou dijôu de 5 a 6 dôu
sera.
Attrib. — Estrucioun publica (Escola, lycée, salla d'asile,
crècha). — Biblioutèca e Arquiva. — Countencious.

3e

Ajount

M. Jousé Ventre
Recèu lou dilun, lou dimècre e lou divendre de

11 y2 dôu matin.

10 à

Attrib. — Coumerce e Indústria. — Agricultura. — Tribunal e Chambra de Coumerce. — Elecioun e lista eletourali.
— Cadastre. — Countribucioun. — Prud'ome. — Soucietà

�— 10 —
de Secours Mutual. — Festa publiqui. — Autourisacioun de
bal o de festa privadi.
4e Ajount
M. Jan Ricci
Recèu lou dimars, lou dijôu e lou dissata de 10 à n
Attrib. — Dassi. — Abatoir e lu servici. — Coumtabilità
generala. — Pouliça dei camin. — Estalage. — Marchand
ambulant. — Permès de staciounamen. — Voitura, cavau
e taxis. — Fiera e Marcat. — Caissa d'Espargna. — Sapurpoumpier.
5e Ajount
M. Juli Febvre
Recèu lou dimars, lou dijôu e lou dissata de 4 à 5.
Attrib. — Travai public. — Voiria urbana e rurala.
Jardin e proumenada. — Aïga, gaz, eclerage. — Ramassage.
— Arquitetura. — Bastissa coumunali. — Bei-Art. — Escola
d'Art decouratif. — Musée dei Bei Art. — Musée d'Istoria
naturela. — Teatre. — Musica Municipala e autri.
6e Ajount
M. lou. Dr A. Buîîon
Recèu lou dimars e lou divendre de 4 % à 6.
Attrib. — Igiena e salubrità. —Loujamen insalubre.
— Establissamen dangeirous e incòmode. — Epidèmia. —
Pouliça dei meurs. — Assistença publica. — Viei, infirme
e incurable. — Retreta Ouvriera. — Enfant assistât. — Proutecioun dei enfan dôu premié âge. — Espitau. — Establissamen de carità o de beneficensa. — Fouol.
7e Ajount
M. lou.Dr Jousé Fighiera
Recèu lou dimars e lou dissata. de 10 à 11 y2.
Attrib. — Estat-Civil. — Poumpa Funebri. — Cementeri.
— Culte. — Afaire Militari. — Abihamen.

�— II

PR^MIÉ

TRIMESTRE:
MARS

FEBRIE

JAN VIE
lu 7, à 10 oura 29 m.
lu 15, à 4 oura 02 s.
lu
a 3 oura 40 s.
lu 28, à 7 oura 35 m.
— !.. 8 U' — C. 4 42
SOULÈU
N.
P.
P.
D.

—

L.
Q.
L.
Q.

N. L.
P. Q.

lu 6,
lu 14,
lu 21,
D. Q. lu 27,
L. 7
SOULÈU,

5
8
2
9

oura
oura
oura
oura

22
34
04
16

m,
m.
lu.
s.

P. Q.
1'. L.
D. Q.

24'

SOULÈU ,

dis. S. Ignaci
Dim. La Çandeliera
Blasi
dil. S.
l)i mars-Gras
dim
Li Cendre
dim
Dim
dij. Sta A gat a
dil.
div. Sta Dorotea
dim.
dis S. Romuald
dim.
dij
9 Dim. Quadragesima
10 div.
10 dil. Sta Apoulounia
11 dis.
11! dim. S. Severin
12 dim. Quatre-tèms
12 Dim.
13 dij. S. Gregori
13 dil.
14! div. Sta Eufrasia
14 dim.
15 dis. S. Onesime
15 dim.
16 dij.
16' Dim. Reminisceri
17 div.
17i dil. Sta Mariana
18 dis.
18 dim. Sta Attiqua
19 dim. S. Eucher
19 Dim. Setuagesima
20 dij.. Sta Vitalina
20 dil. S. Bastian
21 div. S. Severian
21 dim. Sta Agnesa
22 dis. S. Silvan
22 dim. S. Vincent
23 dij. S. Raymound
23 Dim. Oculi
24 div. Sta Jacinta
24 dil. S. Pascase
Conv.
de
S.
Pau
25 dis.
25 dim. S. Cesari
26 dim. S. Nestor
26 Dim. Sexagesima
27 dij: S. Leandri
27 dil. Sta Devota
28 div. Sta Nourina
28 dim. Sta Paula
29 dim. S. Francès S.
30 dij. Sta MaitiDa
31 div. S. Peire N.
Lu jou crèisson :
dim.
dij.
div
dis.

Jou de l'An
S. Macari
Sta Genevieva
S. Tita
S. Simeoun
Lu Rei
S. Lucien
S. Apoulinari
S. Pèire
S. Guillaume
S. Teodore
S. Arcada
Sta Verònica
S. Ilari
S. Maurici
S. Ounourat
S. Antoni
Sta Angela

Lu jou crèisson :
lou matin....... 22 m.
lou sera
12 m.

1

lou matin
lou sera

lu
lu
lu
lu

47
46

ln&gt;

m.

dis.
Dim.
dil.
dim.
dim.
dij
div.
dis.

Dim.
dil.
dim.
dim.
dij.
div.

dis.
Dim.
dil.
dim
dim.
dij.
div.
dis.
Dim.
dil.
dim.
dim.
dij.

8,
15,
22,
29,

à 0 oura 23
à 8 oura 58
à 11 oura 56
à 0 oura 58

m.
s.
m.
s.

L. 6 36' — C.5 32'

S. Eudoxii
Lœtari
S. Marin
Sta Cunegonda
S. Casimir
Sta Coleta
S Jouau de D.
Sta Félicia.
La Passionn
Lu 4" Marlir
S. Euloge
S. Gregori
Sta Eufrasia
Sta Matilda
S. Acepsima
Lu Rampàu
S. Patrici
S. Apien
s. Jôusé
Dijon San/
D i vendre Sani
Dissata Sant

Panca

StaCatarinadeS
Anounciada
S
Emanuèu
S. Jouan d'Egt
Gountraa
div. S.
dis. S. Hustase
Dim. Quasimodo
dil. Sta Balbina

Lu jou crèisson :
lou matin
î .o4 m.
lou sera
0.48 m.

VERMOUTH

�— 12 —

ABRIETJ
N. L. lu 6,
P. Q. lu 14,
P. L. lu 20,
D. Q
lu 28,
SOULÈU .

MAI

à 5 oura 49 s.
à S oura 40 m.
à 9 oura 35 s.
à 6 oura 09 m.

— L. 5 32'

C. 6 19'

dim. S.
dim. s.
dij. s.
3
4 div. s.
5 dis. s.
1
9

6
7
8
9
10
11
12
13
14
15
16
17
18
19
20
21
22
23
24
25
26
27
28
29
30

Dim.
dil.
dim.
dim.
dij.
div.
dis.

Dira.
dil.
dim.
dim.
dij.
div.
dis.
Dim.
dil
dim.
dim.
dij.
div.
dis.
Dim.
dil.
dim.
dim.

Ugo
Franç. de P.
Richard
Isidoro
Juliena
s. Celestin
s. Hegesippe
s. Albert, ev.
s. Azada.
s. Isidoro
s. Leourj
s. Juli
s. Justin
s. Valerian
Sta Anastasia
S. Frutuous
s. Rodolfe
s. Maxime
s. Anselme
s. Tcodoro
s. Adalbert
s. Fidèle
s. Jorgi
s. Marco
s. Clet
s. Antime
s. Aimé
Iiouqacioun
Sta Catarina d. S
SS. Philip., Jacq.

La jou crèisson :
lou matin
59 m.
lou sera
... 44 m.

N.
P.
P.
D.

L.
Q.
L.
Q.

lu 6,
lu 13,
lu 20,
lu 28,

SOULÈU.

18
19
20
21
22
23
24

dij.
div.
dis.
Dim.
dil.
dim.
dim.
dij.
div.
dis.
Dim.
dil.
dim.
dim.
dij.
div.
dis.
Dim.
dil.
dim.
dim.
dij
div.
dis.

25
26
27
28
29
30
31

Dim.
dil.
dim.
dim.
dij.
div.
dis.

1
2
3
4
5
6
7
8
9
10
11
12
13
14
15
16
17

JUN

8

oura 25 m.
H oura 45 m.
7 oura 18 m.
0 oura 04 m.
— L. 4 34' — C. 7 04'

N.
P.
P.
D.

i

Ascensioan
S. Atanase
In.d.l. Sta Crous
SS. Sindonis
S. Pio, papa
S. Jouan D.
S. Peire
S. Gregori N.
S. Antounin
S. Isidoro
Pandeconsta
S. Jouan lou S.
S. Pouon, m.
Quatre-tèms
S. Sta Dcnisa
S. Frutuous
S. Pascaù
Trin if à
S. Pèire C.
S. Felis.
S. Bernardini
Festa de Diéa
S. Didier
S. Vincen,d.L.
S. Urbin
S. Felipe
S. German
S. Cirile
Sta Petronïa
S. Sylve
S. Justin

Lu jou crèisson :
lou matin
4° mlou sera
41 m.

L.
Q.
L.
Q.

lu 4, â 7 oura 57 s.
lu 11, à 11 oura 4 s.
lu 18. à 5 oura 51 s.
lu 26, à 5 oura 41 s.

SOULÈU.

1 DIM.
2
dil.
3 dim.
4 dim.
dij.
5
6 div.
7 dis.
8
9
10
11
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19
20
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22
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26
27
28
29
30

Dira.
dil.
dim.
dim.
dij.
div.
dis.
Dira.
dil.
dim.
dim.
dij.
div.
dis.
Dim.
dil.
dim.
dim.
dij.
div.
dis.
Dira.
dil.

- L. 3 55'

—

C. 7 43'

S. Potin
Sta Blandina
S. Quirin
S. Francès C.
S. Lié
Couor de Jesù
S.
S.
Sta
S.
S.
S.
S.
S.
S.
Sta
S.
Sta
S.
S.
Sta
S.
S.
S.
S.
S.
S.
S.
S.

Medard
Optat
Margarida
Barnabé
Antoni de P.
Basilio
J.-F. Régis
Moudeste
Lambert
Olga
Gervai
Juliena F.
Louis de G.
Paulin
Maria d'O.
Jouan-B.
Prousper
Alban
Cresen
Iréné.
Pèire
Pàu
Tibàu

' Lu jou crèisson :
lou matin
2 m.
lou sera
i4 m.

VERMOUTH

�— 13 —

TROISIEME

AVOUST

JUL·IET
N.
P.
P.
D.

L'. lu Í, a
Q. lu 10, a
L. lu 18. à
0. lu 26j a
3
SOULÈU, - !..

1
2
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7
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9
10
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14
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18
19
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,21
22
23
24
25
26
27
28
29
30
31

i

5 oura 07 m.
9 oura 38 m.
6 oura 0" m.
9 oura 59 m.
53' — C. 7 55'

dim. S. Thierry
dira Vierg.de li Gracia
dij. S. Anatole
div. S. Pèire de L.
dis. S. Sisoès
Dim. S. Elie
dil. Sta Bahela
dim. S. Efrem
dim. Sta Felicita
dij. S. Pio
div. S. Jouan G.
dis. S. Gene
Dim. S. Jaque
dil. Festa Naciounala
dim. S. Enri
dim. N.D.d.M.Carmel
dij. Sta Marcelina
div. S FVederic
dis. S. Vincen de P.
Dim. Sta Margarida
dil. S. Vitor
dim. Sta Maria-Mad.
dim. S. Apoulinari
dij. Sta Cristina
div. S. Jaque
dis. Sta Anna
Dim. S. Pantaleoun
dil. S. Samsoun
dim. Sta Marta
dim. Sta Giulieta
dij. S. Gnaci de L.

1

Lu jou bàisson :
lou matin
3i m.
lou sera
26 m.

TRIMíJSTRBÎ

N
P
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D
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L.
Q.
L.
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SOULÈU.

1
2
3
4
5
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30
31

lu
1»
lu
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lu

2,
9,
10,
25,
31,
1.
-

a
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a
a
a
Í

0 oura 58 s.
i oura 03 m.
8 oura 27 s.
0 oura 18 m.
8 oura 38 m.
23' - c. 7 28'

div. S. Pèire-aï Ldis. S. Alfonso
Dim Inv. de S. Estève
dil. S. Domenica
dim. N. D. dei Nèu
dim. Transf. de J. C.
dij. S. Gaétan
div. Sta Batilda
dis. S. Camilo d. L.
Dim. S. Làuren
dil. S. Septima
dim. Sta Clara
dim. Sta Filoumèna
dij. S. Ousèhi
div. Asonmpcioiin
dis. S. Roc
Dim. S. Jouachin
dil. Sta Elena
dim. S. Ipoulita
dim. S. Bernar
dij. Sta Chantai
div. S. Pio V
dis. S. Filipe B.
Dim. S. Bartoumiéu
dil. S. Louis, r. V.
dim. S. Segoundo
dim. S. Cesari
dij. S. Goustin
div. S. Mederic
dis. Sta Rosa
Dim. S. Fiacre

Lu fou bàisson :
lou matin
43 mlou sera
55 m.

SETEMBRE
P.
P.
D.
N.

Q. lu 7,
t. lu 15,
Q. lu 23,
I,. lu 30,

SOULÈU. —

a
a
a
a

1.5

1
4
0
4

oura 06 s.
oura 46 s.
oura 30 s.
oura 57 m.

08' — c.

6 33'

1 dil. S. Gili
2 dim. S. Estève Pi.
3 dim. Sta Eufemia
4 dij. Sta Rosalia
5 div. S. Làuren J.
6 dis. S. Pambou
7 Dim. S. Grat
8 dil. Naiiv. de la V.
9 dim. S. Oumer
1U dim. S. Nicola
11 dij. S. Félis
12 div. S. Veran
13 dis. S. Amé
14 Dim. Es. d. l.S. Crous
15 dil. S. Nicomède
16 dim. S. Courneilla
17 dim.- Quatre-tèms
18 dij. S. Tournas V.
19 div. S. Janvié
20 dis. S. Eustache
21 Dim S. Matiéu
22 dil. S. Màurici
23 dim. Sta Tecla
24 dim. S. Girar
25 dij. S Firmen
26 div. S. Nil
27 dis. S. Nicandre
28 Dim. S. \\ inceslas
29 dil. g. Miquèu
30 dim. S. Jeromo
Lu jou bàisson :
lou matin
42 mlou sera
i.o3 m.

HâltlHI &amp; EdIIÏ

�- 14 QÜATRIÈ)MÍ:

OÜTOUBRE
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SOULÈU. - .

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oura
oura
oura
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NOUVÈMBRE
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5 30'

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Lu jou bàissoii :
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1, 21,
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2

SOULÈU, - -

1.

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(i oura 35 s.
" oura 12 s.
7 oura 57 m.
1 oura
m.

42

6 30' — c.

4 30'

Ì dis. Toui lu Sunt
2 Dim. Lu Mouort
3 dil. S. Ubert
4 dim. S. Carlo B.
5 dim Sta Bertila
6 dij. S. Leounar

dis. S. Francès d'A.
5 Dim. S. Rousari
6 dil. S. Bruno
7 dim. S. Serge
Í
8 dim. Sta Reparada
8
9 dij. S. Denis
9
10 div. S. Francès B.
10
11 dis. S. Tarasco
11
12 Dim. S. Counrad
12
13 dil. S. Edouard
13
14 dim. S. Calisto
14
15 dim. Sta Teresa
15
16 dij. S. Ospici
16
17 div. Sta Edvija
17
18 dis. S. Luc
18
19 Dim S. Pèire
19
20 dil. S. Agricol
20
dim.
21
Sta Ursula
21
22 dim. S. Filip
22
23 dij. S. Teodoret
23
24 div. S. Magloire
25 dis. SS. Crespin Cr. 24
25
26 Dim. S. Joaan de K. 26
27 dil S. Frumeuce
27
28 dim. S. Alf'redo
28
29 dim. S. Narcisse
29
dij.
30
S. Marcel
30
31 div S. Siri
i 4

lot
lOL

TRIÍ

div. S. Nestou
dis. Lu Quatre Incou.

Dim. S.
dil.
dim.
dim.
dij.
div.
dis.

Teodore

S.
S.
S.
S.
S.

Jacintou
Martin
René
Stanislas
Pantena
Sta Gertruda

Dim. S.
dil.
dim.
dim.
dij.
div.
dis.

Edme
Gregori
Alfè
Sta Babeta
S. Edmon
Présent, de la V.
Sta Cecilia
S.
S.

Dim. S.

Clemen
Sta Flora
Sta Catarina
Sta Pelfina
S. Maxime
S. Sostène
S. Saturnin
Dim. A vent
dil
dim.
dim.
dij.
div.
dis.

Lu jou bàisson :
lou
lou sera

DESÈMBRE
P. Q.
P. L .
D. Q.
N. L-.

SOULÈU. —

1.

2
3
4

oura
oura
oura
2 oura

.19
01
16
ti9

7 24' — c.

s.
».
s.
s.

3 55

dil. S. Eloi
dim. Sta Bibiana
dtm S. Francès X.
dij. Sta Barba
Bassi
div. S.
dis. S. Nicola

Dim

S. Anbrosi
dil Imac. Conception^
dim. Sta Leoucadia
dim. Sta Eulàlia
S. Damase
div. Sta Roselina
dis. Sta Lucia

Dim. S.

Niçaise
dil. S. Mesmin
dïm. S. Adon
dim. Quatre-tèins
S. Gatien
div. S. Ciprian
dis. S. Filogone
Dim. S. Tournas
dil. S. Onourat
dim. Sta Vitòria
dim. Cacha-fuec
dij. Calèna
div. S. Estève
dis. S. Jouan

Dim. SS. Iuoucent
dil. Sta EleoDOra
dim. S. Sabin
dim S. Sàuvestre
Lu jou bàisson de a5 m.
lou matin
e crèisson de 5 m. lou sera

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CROUNICA NIÇARDA
L/'Armanac Niçart a la pèu dura, persègue la siéu publicacioun maugrà lu escoumbuï de la vida. Mi côu vougar an
jou d'ancuei quasi soulet ; la miéu pichouna barca s'enroquerà pas. Tant que pouôdi mi teni au timoun, la mar es
pas toujou marrida e lou ciel à Niça es souventi fès seren.
Siéu urous d'aver assoustat, li a quauque an fa, de
coulabouratour que despi an fach lou siéu pichoun camin,
siéu fier encara d'aver pouscut publicar d'obra inedichi,
e se la gloriola de passage pousquesse estre de quauque
près, dirii finda que Y Armanac Niçart es estat lou premier
à dounar ai siéu letour de doucumènt istourique, pouesia
d'ilustracioun de prima man.

* *
Despi lou camin es dubert ; li codo, peira e peireta soun
levadi dôu mitan, toui si soun abrivat e lou miéu pichoun
couloumbié es despi l'oura abandounat, après d'aver servit
de nidou à touplen... Que mi resta d'aquela splendour
efemera ?. .. Ren o pas gran cauva de bouon : la nota de
l'emprimur à pagar !... e l'amistà de quauque amie lu quai,
côu lou recounouisse, m'an souventi-fès encourajat quoura
moudeste escrivan, ai publicat un'oubreta. Ma se noun
mi resta ren autre, ai pas men counservat la cuirassa e lu
côu que lu criticaire pouôdon mi pourtar s'aplatisson couma
se piquesson su d'un pan de burre. Ai fach d'esfouors, ai
cresut estre utile au miéu païs, se tanti fès n'ai pas réussit,
s'ai fach faussa routa, es pas la bouona voulountà que m'a
mancat.. ; es autra cauva !... que lu miéu detratour, —
marridi lenga, — vouogon ben recounouisse.
li'Armanac Niçart es toujou estat poulit, respetuous ;
aima plesentar, si piha garda de mancar quauqu'un, fa minga
persounalità e se parla una fès cad'an es pèr respouondre en
aquelu que dintre l'oumbra e lou mistèri l'atacon.
%

�i8 —
— Èen que n'aigui pas de dènt assè longui, mastègui
eouma pouôdi, mi resta encara doui bouoi caisselà, e lou
batarèu en remerciant Dièu debana qu'es un plesi... Se
grafigni quauquifès caressi quoura côu, ma que voulès siéu
sensible, crègni lou catigolo, noun mi laïssi trapiar, pi ben
que sigui de pichouna estatura — un verp de terra — mi
laissi pas metre lu pen su la couota.
La miéu draparïa es minça, transparènta, cadun pôu
liège à través cenque vouoli dire e maugrà que lou miéu
mantèu sigui de lustrina tantu n'an pas agut vergougna
de s'en curbi quauqu an fa'.
D'Académicien niçart n'ai counouissut mai que d'un ;
aurïon fach aloura una maladia se noun li aiguessi estampat
la siéu prosa o pouesia... D'autre, lou noum m'escapa, la
si soun esbignada... Ai encara souta lu uès una longa courespoundença que lou prova ; qu mi reclamava d'estre en
prima pagina, lou siéu noum que ressourtesse ; qu mi pregava de li metre « lou tout d'a-gangui « ; e passi souta silenci
touplen d'autre imourtal niçart que si dïon fier, urous, flatat,
de couloubourar à Y Armanac Niçart... A toui li calïa un
noumbre d'esemplari — à l'uèi va sensa dire, à titre d'encourajament — e lou jou de l'aparicioun, à lu audi charrar,
eron élu la pèira foundamentala, avïon tout fach despi
Y A fin au B... La gaseta parlava d'élu... e toui su lou bastion
de repetar : « Lou tau ?... escriéu su Y Armanac. —
Eri de moda !...
p
[•

*
*

*

D'aquéu fra-tèms Y Acadèmia Nissarda si founda, lou
Nice-Historique coumença à pihar voga, e lou regretat proufessour Enri Sappia que sabia cen qu'era la vaca enrabiada,
em'un zèle que recounouissi douna au sièu païs predilèt
tout cenqu'un pur niçart pôu dounar.
S'au jou d'ancuei lou Nice-Historique si felicita de la
siéu prougressioun noun côu pas que denembra l'orne que
mai que d'una fès a manjat de maigre moucèu... Es en aquel
orne que devès lou Nice-Historique vouostre enfan d'adoucioun ; se fouguesse estre sincère, li a de veiità que soun
toujou penibli à dire, sensa Sappia Y Acadèmia Nissarda
noun esisteria ; e se persegui en lou miéu amour de la verità,
devès la vouostra esistença o foundacioun à touplen d'autre.

�- ig —
t,'Armanac vous devîa ben acô... Lou souveni s'efaça tant
facilamen !...
Ma laissen aquela charra, noun m'aura ajudat qu'à
coumençar la miéu Crounica.

*
* *
UArmanac Niçart ientra couma pôu en la siéu nouvièma
annada d'esistença. Se trouvas qu'es abihat de mieja sesoun,
vous dirai que n'es pas à la paluègna que si counouisson li
cebeta... Ai tengut cônte dei bouoi counsèu e mi presenti
couma d'usança ai miéu letour e letrissa em'au sourire su
li labra pèr vous racontar de pichouni istourieta, vous rememourar quauque prouverbi, que liegerès emé plesî.
"L,'Armanac Niçart pôu estre lijut da toui, gran e pichoui,
divertisse l'un, enteressa tantu autre ; frisa jamai la groussieretà, basta e se n'aiguesse qu'una qualità, — de défaut
degun n'es esènt, — aquela qualità de counservar lou nouostre
franc-parlà, vouoli dire la lenga de la maire qu'un noun
pôu francamen denembrar, la cansoun dôu brès que nen
cantavon lu nouostre vièi, e que couste que couste voulen menteni.

*
* *

L'Armanac Niçart publica cad'an una paja d'istoria
loucala inedicha que lou dot e fidèle coulabouratour M.
l'Abat Rance-Bourrey escriéu espressi per lu miéu letour.
e que lu letrat, bibliofile niçart liejon toujou mé devoucioun. L'an passat nen dounet Y Expulsion de Mgr Valperga,
en septembre 1792 ; aquest'an l'istourien nen douna : L'Installation de Mgr Colonna-d'I^tria, evesque de Nice, en 1802.
Es un doucumènt d'istoria loucala requist qu'enriquissera
li nouostri coulecioun.

*
* *

Publiquèri de paja de Y Armoriai Nobiliaire et Historique de
l'Ancien Comté de Nice et des Alpes -Maritimes, de Jousè
Casai (1907) ai finda emprimat en coulabouracioun d'aquestou, un Catalogue Alphabétique du fonds de Nice que si
trouva à la Biblioutèca de Niça, ensinda qu'una reempressioun dôu Discours sur le Monastère de Sainte-Claire de
Nice, pèr Honoré Pastorelli, publicat d'après l'édicioun
originala de Turin en 1608, em'una entroducioun e de

�20 —
nota de l'abat Rance-Bourrey. Lu counouissur, en 1908,
lauderen aquesta reedlcioun.
*
Nicœa Civitas

L'Armanac Niçart felicita caudamen Y Acadèmia Nissarda d'aver fach pareisse la premiera partida dôu NicaaCivitas de Gioffredo, en francès. Aqui de bouon'obre.
Traducioun commençada per lôu proufessour Enri Sappia,
coumplimen à l'abat Rance-Bourrey que l'a menada à bouon
pouort.Grafigni ma caressi eY Armanac Niçart que despi regardas coum'un bastardoun sau recounouisse lou beu dôu mau.
Rabaian toujou ; siéu urous de faire lou miéu mouloun,
pu tardi un nen tirera proufit.
*
* *
Aiira, car letour e charmanti letrissa, que vous dirai
de mai, farai couma lou papagau e vous répéterai couma l'an
passat :
Bouon prencipi
E mihour fin !
L'ARMANAC NICART.
LOU JOUIN'OME E LOI) BOUON VIEI
De gracia, empara-mi couma si fa fourtuna,
Demanda au paigran un jouin'ome ambicious.
— Li a, di lou bouon vièi, un camin glourious :
Es de si rendre utile à la cauva coumuna,
Proudigà vouostre jou, vouostri veia, talènt
Au servici de la França !
— Ah ! bèn pénible n'es la soufrança.
Vouoli de talènt men brilènt
— Ni a de mai segur : l'intriga.— Es trôu vile
Sensa travail vous diéu, vourii m'enriquî. ..
— Eh ben ! sigues simple embecile
N'ai vist mai que d'un réussi...
J. Eynaudi
(D'après Florian).

�—

LOU

LIOUN E

21 —

LOU

MOUISSIOUN

« Va-t'en, mesquin insècte, escremen de la terra ! «
Es ensinda que lou Lioun
Parlet un jou au Mouissioun.
L'autre li declaret la guerra :
« Ti penses, li diguet, que lou tiéu titre de rèi
Mi fasse pôu e que m'enquieta,
Un bôu de tu s'en manja sièi,
Lou fau marchar à la bagueta. »
A pena fenit lou discours
Que d'éu même souona la carga,
Siguet troumbeta, vincitour.
Ma prudènt si ten à la larga ;
S'abriva, toumba su lou couol
Dôu Lioun que rende miech fouol ;
Deven quasi furious e l'uès de bila esala
Rugisse, toui s'escoundon, tremouolon à l'enviroun ;
Aquel'alarma universela
Es cap-d'obra dôu mouissioun,
Un avourtoun de mousca en cent luec lou sarcela,
Lou pougne su l'esquina e pi su lou nasèu
Un autre suça lou narvèu.
La rabia si retrova, au soum es ja mountada,
L'envisible nemic trioumfla regardant
Que ni grifa ni dènt de la bèstia irritada
Lou metènt tout en sang, lou siéu dever faran...
Lou malurous Lioun s'esgarra à pichoui tros
Fa boulegar la couva pèr gagnar de terren ;
Es desperat, poù plus ; lou Rei deven balos,
La fatiga l'abate, si ve qu'es su li dènt...
L'insècte dau coumbat si retira mé gloria,
Couma sounèt la carga, entona la Vitòria,
Va pertout l'announçar, ma rescountra pèr camin
Una aragna en embuscada...
Dôu Mouissioun siguet la fin.
Que poudès ben pensar, que leçoun ensegnada ?
Dei vouostre gros nemic, de crègne lu pichoui
Sensa troù de fracas vous trïon lu peouï...
Ma se d'un gran dangié an pouscut si soustraire
Perisson pèr la mendre afaire.
J. Eynaudi (d'après La Fontaine).

�— 22 —

ME LCART

(1)

L'argènt de la Betica e l'ôr de l'Atlantida
Agnènt recompensad lei trabalh de Melcart,
Pojè, fôra Gadès, sus l'Océan bastida,
Vers lo pas gigantesc qu'avié saupud traucar.
Mai la mar rebaté son argulhos sicard,
'Mé d'ôrre temporau e, vela rebotida,
Sai barca, quatre luna, errèron à cercar
Lo camin drechurier dau pôrt qu'èron partida.
Aiora, en Astartè, reina dai Bahalim,
Vengué, pèr abaucar lei ventegas malin,
Saunar d'ôme, au ribage onte Agèu s'espalanca,
E lei pastre ligor, monegasca Calanca,
De ton rocas sanglant veguèron piei partir
Do legendàri eros de la superba Tir.
Lois Funèu.

SIGUESSES UN ARMANAC
Un proufessour de coulège estudiava ordinariamen
quatre a cinq oura cada jou. Couma era restat dintre lou
siéu cabinet mai long-tèms que d'abituda, la siéu mouhié
venguet lou trouvar :
— Siés aqui ma mia, que diès de nôu que noun sabi ?
— Diéu, moussu que vourii ben estre libre.
— E perquè ma mia ?
— Perquè li avès toujou lou nas soubre... noun avès
d'uès que pèr elu, li siés toujou après.
— As rasoun, vourii ben n'en faire autre tant pèr tu,
basta que siguesses un Armanac.
— Un armanac ?. .. e perqué ?
—■ Perqué ?... Cad'an pourii ti chanjar.
Jouan l'Ae.
(i) Melcart sè nbla aver estad un rei de Tir, deî ficad à la lônga,
qu'aurié menad lei navigador fenician vers la Ponènt mieiterranene e que
lei Greg, rabattant la tradiçion dai Pelasge, 'n-aurien fach son Ercule,

�— 23 —

MELCANT
(Revirad en Catalan)
—X—
De Bètica l'argent, d'Atlantis l'or sens mida,
havent recompensat son treball herculià,
feu via desde Gades, damunt l'Occià bastida,
fins al pas geganti que hi sapiguè badà.
Prô'l mar rebat, furient, sa dèria ergullosida,
ab hòrrides tempestes. Les veles va plegà
sa flota y, quatre llunes, errà com desvanida
del dret camí que mena al port S'hon va merxà.
A l'Astarté llavors, dels Bahalim regina,
li prega que apaybagui la ventada felina
y, en la costa d'Agèl, li fa oblaciô d'humans ;
Après ; cales de Monach y pastors ligurians !
de les sagnantes roques, hi vegereu partir
l'hèroe llegendari de la superba Tir.
Barcelona, Agost de 1911.
Doctor J. Plana / Dorca.

xxxxxxxxxxxxx:::xxxxxxxxxxxxx
LA

FAVOIJR DOU JUGE

Petou Merlussa e Gioan Tripetou, doui chicanur en l'a"
nima avion la semana passada una af aire davant dôu juge de
pax. Pèr s'aquistar la favour d'aquestou un li avia regalat
un bariéu d'oli e l'autre dounat un pouorc.
Lou juge si prounouncet en favour de Gioan Tripetou
que li aviat dounat lou pouorc. Couma pensas Petou Merlussa
era pas soudisfach e anet dôu juge si plagne.
Lou Juge. — Que voulès es intrat dintre la miéu maioun
un pouorc que a rout lou bariéu d'oli, siéu estat ben countrariat e.. . maugrà ièu, cresé-lou, v'ai denembrat.
Patusso.

�— 24 -

VA N D A L E S
L/Ordre des Frères Prêcheurs fondé au commencement
du XIIIe siècle par Saint Dominique se répandit très rapidemnt, surtout dans le Languedoc et dans la Provence.
Dès 1243 un couvent de Dominicains fut créé à Nice,
sur un terrain donné par Jordan Richieri, et une vaste église
s'éleva bientôt à côté du couvent.
Des Dominicains, on le sait, étaient de grands bâtisseurs, et les églises qu'ils ont élevées, dans la Provence,
sont les plus beaux modèles de l'architecture gothique :
il convient de citer en première ligne la splendide église de
Saint Maximin (Var), celle de Sainte Madeleine à Aix-enProvence, celle de Saint-Canat à Marseille.
D'église du couvent de Nice était de fort belles proportions et comptait parmi les plus vastes et les plus intéressantes de la ville de Nice, au point de vue architectural ;
l'église des Cordeliers, dite de Saint-François-le-Grand, qui
date à peu près de la même époque pourrait lui être comparée.
Aujourd'hui, Saint-François-le-Grand existe encore, mais le
vieil édifice a été profané, vendu et sert de remise et de magasin à fourrage.
Quant à l'église de Saint-Dominique, son sort a été plus
lamentable encore. Enlevée aux religieux qui l'avaient construite, elle fut pendant quelques jours, en octobre 1792.. le
siège du Club des Jacobins ; puis l'autorité militaire s'en
empara et elle servit de magasin à la manutention.
Mais, ainsi transformée, elle subsistait encore et pouvait, grâce à d'intelligentes réparations, être rendue à l'admiration des artistes et des archéologues. Au lieu de cela,
une Municipalité mal inspirée l'a fait démolir de fond en
comble et, aujourd'hui, il n'en reste plus pierre sur pierre (1).

(1)

Les amateurs et les collectionneurs, qui espéraient trouver, sous les
ruines de la vieille église des Frères-Prêcheurs, des objets précieux pour
enrichir leurs collections, ont été absolument déçus, car on n'y a trouvé,
paraît-il, qu'une quantité d'ossements et une petite croix en cuivre que
M. Moris, archiviste du département, conserve sur son bureau.
Et pourtant, n'y aurait-il pas encore des hommes intelligents qui renverseraient, sans regret, des monuments vénérables dans la conviction
que cette démolition permettrait de découvrir des choses plus intéressantes.

��C.I.D.O.

BtZIERS

�- 25 Sur son emplacement on a élevé le Palais de Justice dont il
vaut mieux ne point parler car il n'y a rien de flatteur
à en dire.
La ville de Nice a été ainsi dépouillée d'un des rares
monuments qui représentait dans cette contrée l'architecture religieuse du XIIIe siècle. Et il ne faut pas dire que la
Municipalité ne fut point avertie de la faute qu'elle commettait, car on peut lire dans le Bulletin Monumental publié
par M. de Caumont, Paris 1862, in-8°, 3e série, tome VIII,
pages 272-274, une très intéressante notice que nous reproduisons in-extenso :
L'ANCIENNE

EGLISE SAINT - DOMINIQUE
A NICE (1)
—X—

« En examinant attentivement l'ensemble de l'antique
Eglise de Saint-Dominique ; en voyant, à la nef et à l'abside
rectangulaire qui la termine, des ogives à peine accusées,
on serait volontiers tenté de déclarer que cet édifice appartient à la période de transition entre l'architecture romane
et l'architecture ogivale, c'est-à-dire au XIIe siècle.
« Mais, ici, il faut se départir un peu de la rigueur des
règles archéologiques et se bien rappeler que les contrées
méridionales, comme le Comté de Nice, ont été, au point
de vue architectural, presque constamment en retard sur le
centre et le Nord de la France.
« En effet, le monument dont nous parlons a été bâti
dans la dernière moitié du XIIIe siècle.
« A cette époque, suivant Gioffredo (Nicaa Civitas),
p. 182) Meynfroid étant évêque de Nice, les Frères Prêcheurs
de Saint-Dominique vinrent s'établir dans ce pays et construisirent un couvent et une église sur un terrain à eux donné
par un certain Jordan Richieri (2).
(1) Aujourd'hui transformée en remise et manutention militaire, cptte
église doit-être prochainement démolie. Sur son emplacement l'édilité
niçoise a formé le projet de bâtir un Hôtel de Ville.
(2) L'acte de donation est daté du i4 Avril 1243 ; il nous apprend que
le terrain donné était de quatre sétérées et qu'il était situé dans le lieu
nommé Seleya, à côté d'une léproserie — l'église de Saint Dominique a été
élevée plusieurs années après eette donation, vers 1260.

�— 26 —

« Par conséquent l'ensemble de cette vieille église est
à peu près contemporain de 1 a Sinte Chapelle de Paris, et
cependant d'après les carelltctèreacchitectoniques, on mettrait
cinquante ans d'interrva ase ren es deux édifices.
« Quoi qu'il en soit, l'église de Saint-Dominique fournit
un excellent horizon pour fixer les idées sur l'état de l'architecture religieuse dans le Comté de Nice au XIIIe siècle.
« D'arc en tiers-point y domine dans les voûtes, tandis
qu'au contraire le plein cintre y règne dans les portes et les
fenêtres.
« D'édifice dont nous parlons n'a pas l'abside arrondie
des monuments religieux du XIIIe siècle ; il se termine par
une muraille plate qui devait être percée de plusieurs fenêtres. Cette disposition se rencontre aussi dans quelques autres églises de France (Cathédrale de Poitiers, de Dol, de Daon,
Eglises de Saint-Serge à Angers, de Saint-André à Grenoble etc.) et dans un grand nombre d'églises rurales.
« Des murs de notre monument sont construits en petites pierres taillées carrément en briques. Il ne possède qu'un
petit nombre de contreforts. Des pilastres qui supportent
les voûtes reposent sur des socles carrés ; les chapiteaux
sont ornés d'une espèce de cordon. Une fenêtre seulement
a conservé son ornementation primitive, qui consiste en des
têtes de clous bien caractéristiques du XIIIe siècle.
« Une porte latérale (qui s'ouvre sur la ruelle de Saint
Dominique) offre un linteau porté sur deux chapiteaux à
décoration végétale et un tympan à plein cintre.
« Des voûtes qui n'ont pas 40 centimètres d'épaisseur,
sont jetées d'un mur à l'autre, avec une hardiesse admirable ; elles sont faites en petites pierres mêlées avec beaucoup de mortier.
|fs « Des arceaux de ces voûtes ogivales sont croisés ;
quelques-uns, néanmoins, sont parallèles entre eux et traversent la nef en ligne droite, de manière à séparer les travées, qui sont en nombre de cinq. Da retombée des arceaux
se fait au-dessous des fenêtres. Malheureusement ces fenêtres ont été bouchées, par un maçon ignorant au XVIIIe
siècle.
« En même temps, la façade de Saint-Dominique a
été refaite dans ce style bâtard que l'on a flétrit de Pompadour. Nous ne la décrirons pas.

�— 27 « Avant de terminer, qu'il nous soit permis, au nom des
traditions historiques que ce vieux monument rappelle de
supplier le gouvernement de l'Empire, si éclairé, si généreux,
de vouloir bien consacrer, chaque année, une modique somme à la restauration de l'antique Eglise de Saint-Dominique.
« Confiée aux soins d'un habile
architecte, d'un
Viollet-le-Duc ou d'un Dulion, cet édifice deviendrait
bientôt le plus curieux et le plus remarquable de Nice. »
A. Paul Simian
Membre de la Société française d'Archéologie.

*

*

*

Ces pages écrites par un homme très compétent, nous
apprennent les efforts tentés pour conserver la vieille église ;
efforts qui se heurtèrent malheureusement à un parti-pris
irréductible.
Rien depuis n'est changé dans les habitudes administratives, et les discours prononcés à la Chambre des Députés
le 25 novembre 1912 par MM. Barrés, Sembat et Reinach
nous ont édifiés sur la mentalité de tant de maires et conseillers municipaux dédaigneux des « monuments possédant
un caractère soit artistique, soit historique ou ayant tenu
une place dans l'existence nationale ou dans la vie locale
des communes françaises a.
Le Bourguignon.
XXXXXXXXXXXXX:::XXXXXXX XXX XXX

-

MEMORANDUM
Noum dei fidelié que esistavon à Niça en l'annada 1758 :
Castelli Onourat
Verani Ludovic
Baudo Antoni
Baudo Andréa
Gautiero Gaétan
Bottino Pierre.

Doneudo Giacinto
Carlino Pierre
Ricciart Nicolas
Bottino Jousè
Daviga Anna-Maria

Toui naissut à Niça, cheto Ricciart natiéu de Touloun,
ma essent à Niça despi longa data.

�— 28 -

PEI VULGARI
Aguia
Aguïat
Alolonga
Amendola
Amploua
Anfossa
Ange
Anguila
Aragna
Arendoula
Argentin
Argentin dentat
Aurada
Aurin
Badona
Barbùo
Bardoulin
Baveca
Bavoua
Bavoua d'arga
Belugan
Besuga
Bissa
Bissa de mar
Blada
Blaviè
Botta
Boucarougia
Boudroi
Boni tou
Buga
Bugaravella
CaUgneiris
Capelan
Capoun
Capoun glaune
Cardaira
Cardouniera
Carmarina
Castagnola
Cat
Cavaluca
Cavàu
Cieucla
Clavelada
Coffre
Courpatà

DE LA MAR DE NIÇA

Cuorp
Daurada
Dorât
Dormigliana
Durgan
Emperator
Esperlin
Fanfre
Fanfre d'America
Fanfre negre
Fero
Ferrassa
Felat
Figon
Framo
Floussada
Fournie
Fumo
Galineta
Galina
Gastaudela
Garaman
Gatta
Gatta d'arga
Gerle
Gerle blaviè
Gerlessa
Gianeli
Girela
Girela turca
Giugarèu
Gobo
Gobo blanc
Gobo jaune
Gobo rouge
Gora
Granadié
Grana
Gros argentin
Grounc-manca
Grounc negre
Grugnau
Lambardà
Lambert
Lamea
Launo
Lamprua

Lampuga
Langanèu
Leccia
Lernia
Lico
Liccio
Lente
Loubas
Loubas negre
Lucco
Luccion de mar
Lussi
Claire d'amploua
M alarmat
Martèu
Masca dei amploua
Masca
Melantoun
Melet
Meleta
Merlan
Miraiet
Mipolo
Moissin
Mora
Moleto
Monge
Monge clavelat
Monge gris
Monge rous
Morena
Morena sensa espina
Mourre agut
Merou
Mostela
Mostela blanca
Mostela de font
Mostela de roca
Mostela negra
Mourmena
Mugio carida
Mugio daurin
Mugio flaveton
Mugio labru
Muola
Muôu
Nissola

�- 29 Nonat
Nonat negre
Ombrina
Orghe
Ouriôu
Padre
Padreto
Pagèu
Palamida
Palloun
Pampaloti
Pastinaiga
Pei can
Pei cuor
Pei mourre
Pei spada
Pei cafre
Pei fuorca
Pei d'America
Pei puorc
Pei ratou
Pei San Pèire
Perça
Perça de mar
Pintou roussou
Pissoua
Pintosso

Pouorc
Pourc-marin
Poutassôu
Poutassôu gros
Poutassôu rero
Poutura
Rasa
Rascassa
Rasouar
Ravela
Rombo
Rombo clavelat
Roucairôu
Rouchié
Rouget
Sardina
Sargo
Sargo rascas
Sarpanansa
Sarpa
Seropena
Seriola
Sera
Serran
Serro
Sola
Sola d'arga

Sola de font
Sola de roca
Soufio
Stocaûc
Streglia
Striglion
Sturion
Sublaire
Suc blanc
Suc cagnenc
Sussapega
Tenca
Ton
Tono
Tordo
Tordo blu
Tordo d'arga
Tremoulina
Trombeta
Truita
Troncio
Ugliassou
Vaca marina
Vacheta
Verdoun
Verrat

Lu moyen de pesca emplegat su la nouostra couosta
soun : la savegd, bresin, gangi, entremail, lou sourrin
(arrêt à maïa simpli ; diversi lounguessa), la màndraga,
tonnairà, la reclara, la mugeliera, lou palangre e la
ndssa.

xxxxxxxxxxxxx:::xxxxxxxxxxxxx
PROUVERBI, BOUOI MOT, COUNSÉU E DICH
Qu noun pâtisse
Noun coupmatisse.
La belessa es lou mirai dei fouol.
Qu noun a testa a camba.
A fouorça de courre un ri roumpe lou
Cada couinié a la siéu saussa.
Lou bouon vin a pas besoun d'ensigna.

mourre.

�- 30 —

COU QUE TITOUN FASSE..,
Bonifassi dintre lu siéu manuscrich douna una memòria
que avia retrovat dintre de viéi papié laissât pèr soun
paire. Es una paja que trova ben la siéu plaça dintre

l'Armanac Niçart. — Transcriví :
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Z4

1807 — 2 Mars. — Si Titon a fait ce qu'il suit :
A enté les coudonié et pommiers ?
Les fève sont seucladoi ?
A bêché les souches ?
A retiré les souches qu'elles ne touchent les orangers.
La rare Baudoin les souches sont en ligne ?
A ôté la souche de l'olivier du chemin.
Les souches en allant chez Toudon touchent-ils les
arbres orangers ?
Les figuiers en général sont-ils bien arrangés ?
La figuiere du pr camp qui touche l'olivier et celles
en allant vers Toudon sont bien arrangées ?
l/'asseti du garderobe est bien arrangé ?
L'asseti du Petoulin a bien arrangé la ftguiera ?
Les deux planton galofrié p. Bonet ?
A mis les prunières a l'asseti du jardin, et le fortifier, et le serrer bien en cannes ?
Lever au plutôt les giarres et y placer les orangers ?
La laupio de l'amandier est faite ?
S'il a arrosé avec l'eau des lartins le Paumolin ?
Combien li a encore des oliviers à arroser ?
Grande partie de l'eau du puits.
Ce qu'il a fait à l'enclos devant la cabane.
Qu'il arrose les violettes de cyprès et les bêcher.
Le rondeau de dessus l'asseti en face de la grande
porte qu'il la degerbe et l'arrose.
Les violettes de M. Guillonde les a prises ?
L'instruire pour escarassoner bien l'allée de la grande
porte.
Les escarasson et fourcoulo d'olivier a pin de Fabron
est allé a les prendre ?
Nettoyer bien le cal du bois et arranger bien les
pierres.

�- 3î 25 Les aloès et figues de turc son plantées à la ribe
de Toudon, au pas d'Erene et au portai ?
26 Si quelques prunière du rond du portai sont coupées toutes de la même hauteur ?
27 L'asseti proche de la cabane ?
28 Le plantier est-il commencé ?
29 Y a-t-il de fumier et de rame pour le plantier ?
30 A-t-il escarrassonné le plantier ?
31 Sont mesurées les sauloi justes du plantier jusqu'aux
prunières qui forment l'allée ?
32 Les galofrié sur l'aberge en gerbe chaque 5 a 6 pan
un planton et un pan et 3/i du bord de dessus ?
33 Les mourceaux du 3e camp qu'il couvre l'aberge
de terre pour que les olives ne se perdent pas
et lui aporter les pierres de l'entour ?
34 Netoyer la rare de la Veuve Mannel jusqu'à la cabane ?
35 Arranger les morceaux de baus de gif de dessous
M. Garidery, qu'il touche l'olivier ?
36 Quand aura bêché les olivier et fini de semer ?
37 Netoyer les pierres qui sont dessus M. Fighiera à
la taule neuve et lui mettre pour le moins
una baril et une grande corbe fermer chaque,
les 4 oliviers de la taule neuve ?
38 L'asseti en nicia au baus en face de lierre ?
39 L'asseti au baus de gip en face du levant ?
40 Les degrés de deux côtés de la taule de 3 oliviers
dessous M. Fighiera ?
41 La ribe d'Antoine Erena l'escarper un peu plus ?
42 Oter les passages d'Erena, ou il faut une petite berge
de 5 à 6 pans ?
43 Netoyer la ribo, et les pierres du clapié de devant
Erène pour ne pas perdre les olives ?
44 Défricher et mettre une canne au carrobié d'Erena.
45 Tirer la file à la ribo d'Erena, et aux lieux ou fait
de vuide lui mettre de gerbes des dessus dite
ribo, l'arranger au mieux possible ?
46 La rare des arbres sitronié sauvage le tirer d'un bout
à l'autre qu'elle fut planiero qu'il ne s'aperçoit
pas que dit terrain monte ce qu'il faut bien tirer
la fille bien tendue ?

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La grupio de la saumo est-elle arrangée ? L/encreno de la tourtoiro dou pourchié es facio ?
L/encaladat de davau lo pourquié es arangiat ?
Voir de transplanter les trois plantun aussipré ?
Voir de rebrondar les aussiprés de Toudon, au portai,
ceux dou noghié et ceux d'Ereno ?
Entreprendre au plus-tôt l'asseti en dedans au
baus de plâtre à la ribo d'Antoine Ereno ?
Une visite s'il a lié bien aux escarrasson a peo
les perieres, pruniervi et peseghié ?
S'il a coupé tous les arbres que passent aux planches.
S'il a accoummodé le dernier berge du camp ?

Cresi que lou paure Titoun em'aquela patardela noun
aiguë ren denembrat, lou manuscrich lou di pas, ma s'aco
fouguesse courïa lou coumpatî.
X. X. X.
XXXXXXXXXXXXX:::XXXXXXXXXXXXX

IN IZZA-LA-BEL LA
Ailleurs l'hiver sévit, et le ciel y déploie
Un voile d'ombre obscur sur les fronts soucieux ;
Ea Jeunesse elle-même, à la tristesse en proie,
Y semble renoncer à ses ébats joyeux :
Ici le printemps règne éternel, l'air flamboie,
Caressante, le mer y réfléchit les cieux,
Et la terre embaumée étale en pleine joie
Sa parure de fleurs pour le charme des yeux.
Mais combien jure avec ses hôtes,— qu'on envie ! —
Ce cadre de beauté, de lumière et de vie !
On dirait à les voir grelotter au soleil,
Qu'un dieu jaloux y pousse et chaque jour amène
Tous les produits de la décrépitude humaine,
Habitants pour demain de la nuit sans réveil !...

�A.-J. RANCE-BOURREY

INSTALLATION
DE

Monseigneur

Colonna-d'Istria

EVÊQUE DE NICE

25 Fructidor an X

Armana Niçar 1913

(12 Septembre 1802)

����Installation de MGR Colonnad'Istria
ÉVÊQUE DE NICE
25 Fructidor an X (12 Septembre

/802)

A la fin de septembre 1792, Mgr Charles-Eugène Valperga di Maglione, pour obéir aux ordres du général d'Anselme, commandant l'armée française qui venait d'occuper
Nice, quitta cette ville dans les conditions que j'ai racontées
précédemment (1).
Dix années plus tard presque jour pour jour, un nouvel
évêque était solennellement installé avec le concours de toutes les autorités civiles et militaires par un autre général,
préfet du département des Alpes-Maritimes, M. de Châteauneuf-Randon.
Fa Révolution avait passé ; la guerre religieuse avait
fait son temps et le peuple français réclamait le retour de
la religion longtemps proscrite.

*
* *
Fe 15 juillet 1801, le Premier Consul Bonaparte avait
conclu avec le Pape Pie VII une convention qui fut ratifiée
à Rome le 15 août suivant. Fe 10 septembre, les ratifications
furent échangées à Paris et le 4 octobre, arriva dans cette
capitale, le cardinal Caprara, légat a latere muni des pouvoirs
les plus étendus. Fe Premier Consul le mit immédiatement
en rapport avec Portalis, conseiller d'Etat, qui fut chargé
par un arrêté du 16 Vendémiaire an X (8 octobre 1801) dt
toutes les affaires concernant les cultes. Fa convention conclue

(1)

Voir VArmanac Niçart de 1912.

�VI

entre le Gouvernement français et le Pape fut transformée en
loi de l'Etat le 18 Germinal an X (8 avril 1802). Quelques jours
après, le Concordat fut publié solennellement dans l'Eglise
Notre-Dame de Paris (18 avril 1802), jour de Pâques.
Une proclamation du Premier Consul annonça aux Français ce nouveau bienfait qu'il avait voulu faire coïncider
avec la conclusion de la Paix générale. Fes préfets reçurent
l'ordre de promulguer chacun dans leur département, tout
à la fois, le Concordat et la Paix.
Châteauneuf-Randon le fit sans retard, et, par une circulaire du 9 Floréal (1) (29 avril) il prescrivit de donner à
cette publication toute la solennité possible. Ce fut dans le
département des Alpes-Maritimes, et spécialement à Nice,
une véritable explosion de joie, car ce département avait été
littéralement réduit aux abois par une guerre qui durait
depuis dix ans. Un témoin oculaire, l'abbé Joseph Bonifassi,
alors attaché au clergé de la Cathédrale, écrit dans ses Notes
sous la date du 2 mai 1802, n° 2640 : « Solenne Te Deum
« al Duomo coll' intervento di tutte le autorità Civili, Giudi« ziarie e Militari al suouo délie campane colla lettura délia
« legge orgànica e del Concordato seguito tra Pio VII e il
« i° Console.
N° 2641 « I buoni cittadini, di cui abbouda ancora il paese
« hanno provato una gran gioia a questo nuovo e tenero
« spettacolo. (2). »
Fe 26 Floréal an X (16 mai 1802) un Te Deum solennel
pour la paix fut chanté dans l'Eglise Saint-Augustin et les
autorités constituées y assistèrent escortées par la Garde
nationale qui,selon l'usage ancien, fit trois décharges de mousquetterie devant l'église. (3).
Deux mois après, on célébra la fête du 14 Juillet, et,
dans toutes les communes du département, par ordre du
(1) Arch. départent des A.-M. Circulaire du 9 Floréal (29 avril)
avec le programme de la journée du dimanche 12 Floréal (2 mai
1802).
(2) Archives Mxmicipales d.e Nice, Manuscrit de l'Abbé Joseph
Bonifassi, volume B : Sommario délie Notizie storiche di Nizza e suo
Contado dalli 28 Settembre 1792 sino al corrente 1820.
(3) Arch. Municip. Correspondance du maire, lettre au général
lîberlé commandant d'armeSj 25 Floréal an X (15 mai 1802).

�vn

Préfet (i), cette fête fut à la fois civile et religieuse. On
reprenait ainsi les vieilles traditions du pays qui associaient
toujours la religion aux réjouissances publiques.

*
* *
La solution des questions importantes et multiples
que soulevait l'organisation du régime concordataire demanda
beaucoup de temps et beaucoup de négociations. L'habileté
et l'esprit de conciliation de Portalis et de Caprara aplanirent
toutes les difficultés, et, à la fin de 1802 la nouvelle organisation de l'Eglise catholique en France fut heureusement
terminée. Par le Concordat, l'Eglise catholique avait
retrouvé une existence légale
rétablie sur de nouvelles bases. L'ancienne organisation des diocèses avait été
supprimée : tous les évêques devaient donner leur démission(2)
et le Gouvernement français devait présenter à l'institution
du Pape les nouveaux titulaires des évêchés rétablis d'un
commun accord. D'une manière générale, les divisions ecclésiastiques furent calquées sur les divisions civiles, et chaque
évêché nouveau comprenait un ou deux départements.
Le département des Alpes-Maritimes forma à lui seul
le diocèse de Nice alors que l'archevêché d'Aix dont il devint suffragant comprenait les deux départements des Bouches-du-Rhône et du Var.
Le nouveau diocèse englobait tout l'ancien Comté, de
Nice dont diverses parties étaient, avant 1792, comprises
dans les diocèses supprimés de Glandèves et de Vence, et
(1) Arch. départent. K 4. Arrêté très détaillé du 18 Messidor
(7 juillet) relatif à la célébration de la fête du 14 Juillet (25 Messidor)
f° 114.
(2) Elle leur fut demandée par un bref collectif du 15 août 1801
commençant par les mots Tarn multa. Ce bref fut envoyé à tous
les évêques par les soins de la Seçrétairerie d'Etat pontificale
et par ceux du Ministère des Affaires Étrangères de France. Je renvoie pour tout ce qui concerne le Concordat à la publication faite
sous les auspices de la Société d'Histoire diplomatique par M. le
Comte Boulay de la Meurthe : Documents sur la Négociation du Concordat, 5 volumes in.-8°, publication à laquelle j'ai collaboré. Voir
en particulier pour l'affaire des démissions le tome iv paru en 1895.

�VIII

dans celui de Vintimille (i). Il recevait donc de ce fait ur
très notable agrandissement.
Mgr Hachette des Portes, évêque de Glandèves était
mort en ex:l à Bologne en 1798.
I/évêque de Vence, Mgr Pisani de la Gaude, réfugié
en Italie, avait donné sa démission qui fut mentionnée au
Moniteur du 25 novembre 1801.
Le siège de Vintimille était vacant par la mort du dernier titulaire Mgr Dominique-Maria Clavarini, décédé en
cette ville le 1er octobre 1797. Le vicaire capitulaire Antoine
Truchi se démit le 14 juin 1802 de sa juridiction sur la partie
de ce diocèse qui fut incorporée au nouveau diocèse de
Nice (2).
De son côté l'évêque de Nice, Mgr Valperga, retiré à
Turin, dans sa famille, n'avait cessé d'administrer son diocèse par l'intermédiaire de délégués qui furent 'd'abord :
Honoré Navello, chanoine, curé de la Cathédrale, puis le
chanoine Joseph-Ignace Garidelli, du mois de décembre
1792 au mois de janvier 1800, et enfin, Jérôme Rossi qui,
au moment du Concordat, était investi légitimement des pouvoirs de pro-vicaire général.
Mgr Valperga eut assez tard communication officielle
du bref Tarn multa que le cardinal Caprara lui envoya de
(1) Voir Nicœa Civitas de Gioffredo. Prolégomènes chap. xvn,
villes et paroisses du Comté et du diocèse de Nice, et chap. xvin,
autres localités du Comté de Nice comprises dans des diocèses étrangers.
Voir aussi la Relation présentée au Pape Pie VII par Mgr Colonna
sur l'état de son diocèse après sa première visite sous la date du icr
août 1806 dans la Raccolta di decreti, moniti, pastorali, ecc. de Mgr
Colonna publiée par l'Abbé de Villa-Rey, Nice. 1831, tomel p. 75-98.
(2) La démission fut donnée par acte authentique du Chapitre
assemblé le lundi 14 juin 1802 : étaient présents les dignitaires :
Antoine Truchi, prévôt et vicaire capitulaire ; Philippe Viale archidiacre et pénitencier ; Antoine Guglielmi, primicier, et les autres
chanoines. Le bref Tarn multa n'était parvenu à Vintimille que le
8 juin et le Chapitre déféra sans retard au désir du Pape. Antoine
Truchi adressa le jour même la démission à Mgr di Pietro, secrétaire
de la Congrégation des Affaires de France à Rome, et en avisa le Préfe.
des Alpes-Maritimes. Arch. du Vatican et Arch. départ, des A.-Mt
V 18. Voir Rossi, Storia délia Cilta di Ventimiglia, un vol. in-8°,
Oneglia 1888, pages 317-318.

�IX

Paris le 30 novembre 1801 ; mais dès qu'il l'eut reçu, il s'empressa de donner la démission demandée (1) (13 décembre).
Le cardinal Caprara la communiqua à Portalis qui l'a fit
insérer au Moniteur du 3 janvier 1802.

*

* *

-

Par la démission des évêques les diocèses de France
risquaient de rester sans administration. On s'en préoccupa
à Rome, et il fut décidé d'abord que le Cardinal-Légat serait autorisé à maintenir les vicaires généraux en exercice
ou bien à en désigner de nouveaux en cas de besoin (2).
Caprara pensa qu'il valait mieux proroger les pouvoirs
ordinaires donnés par les évêques démissionnaires auxquels,
avec l'agrément du Pape, il conserva l'administration de leurs
diocèses jusqu'à la prise de possession par les évêques concordataires. C'était leur donner une marque de confiance
bien méritée et éviter en même temps de graves difficultés.
Chaque évêque démissionnaire reçut avec le bref pontifical de remercîment (3) une lettre particulière du Légat
l'informant de la mesure adoptée.
(1) La démission de Mgr Valperga est datée de Tur n, 13 décembre 1801. L'original écrit en latin se trouve aux Archives Vaticanes. On y voit que le bref Tarn multa ne fut envoyé à Mgr Valperga
de Paris que le 30 novembre 1801 par le Cardinal-Légat Caprara.
Celui-ci écrivit à Consalvi le 2 janv er 1802 une longue lettre citée
par Boulay de la Meurthe tome iv, pages 528-532 : au cours de cette
lettre le Légat annonce en particulier qu'il est informé authentiquement que les évêques de Meaux et de Châlons-sur-Marne ont envoyé
directement leur démission au Pape et qu'il en a averti le Gouvernement en lui remettant la démission de î'Evêque de Nice dont il envoie ce jour même l'original à Rome en expliquant que si cette démission est un peu tardive c'est que l'Evêque de Nice n'avait pasreçu
plus tôt le bref Tarn multa.
(2) Consalvi a Di Pietro, lettre du 4 octobre 1801. Arch. du
Vatican.
(3) Ce bref Novum et luculentum fut préparé à Rome et toutes
les phrases en furent soigneusement étudiées. Il port la date du 7
novembre 1801 et fut envoyé par Consalvi à Caprara le 11 II fut adressé
successivement à tous les évêques démissionnaires. Il a été très souvent reproduit. Voir Boulay de la Meurthe, op.
cit tome iv,
passim.

�X

Ive 13 décembre 1801, le Légat adressa à tous les vicaires généraux une circulaire pour les engager à conserver
leurs fonctions jusqu'à nouvel ordre (1).
En vertu de cette mesure générale, Jérôme Rossi continua à exercer les pouvoirs précédemment reçus de Mgr
Valperga ; mais sa juridiction ne s'étendait naturellement
que sur l'ancien diocèse de Nice.
Il était cependant nécessaire que les paroisses ajoutées
nouvellement eussent un supérieur ecclésiastique et le Premier
Consul avait posé en principe qu'aucun évêque dont le siège
était à l'étranger rie pouvait exercer sa juridiction sur une partie quelconque du territoire français.
En conséquence, les paroisses détachées du diocèse de
Vintimille durent passer sous la juridiction de Jérôme Rossi
qui se mit d'accord en juin 1802 avec le vicaire capitulaire
Antoine Truchi.
A cette date d'ailleurs, l'évêque concordataire de Nice
était déjà désigné et Rossi, qui était entré immédiatement
en relation avec lui, ne tarda guère à en recevoir les pouvoirs
de vicaire général, ce qui lui donna juridiction sur toute
l'étendue du nouveau diocèse. Une circulaire du préfet,
en date du 14 Thermidor (2 août) en informa officiellement
les sous-préfets et les maires (2) et, le 4 Fructidor suivant
(22 août), Rossi prêta solennellement entre les mains du
Préfet à la Cathédrale, le serment prescrit par les articles
18 et 25 de la loi du 18 Germinal (3).

* *
Les nouveaux évêques nommés par le Premier Consul
furent institués provisoirement par le Cardinal-Légat qui
avait reçu tous les pouvoirs nécessaires. Le Pape se réservait
de ratifier ultérieurement cette institution. Seul, parmi les
60 évêques de la nouvelle organisation, Mgr Colonna d'Istria
(1) Arch. Nationales A F IV 1894; Annales Philosophiques,
t. IV, p 259 et de nombreux ouvrages imprimés depuis.
(2) Arch. départ. M. 17. Circulaire du 14 Thermidor an X (2
août 1802) aux sous-préfets et aux maires.
f P (3) Voir l'arrêté du Préfet du 3 Fructidor an X (21 août 1802)-,
Arch. départem. K 4 f° p. 141.

�XI

qui avait été appelé à l'évêché de Nice par arrêté du Premier
Consul, en date du 19 Germinal an X (9 avril 1802), en même
temps que Mgr Sebastiani délia Porta, oncle du maréchal Sébastiani, était désigné pour l'évêché d'Aj acció (1), fut institué directement par le Souverain Pontife
et préconisé au Consistoire du 24 mai 1802. A cette époque,
Mgr Colonna se trouvait à Rome depuis plusieurs années.
Jean-Baptiste Colonna d'Istria, né à Béchisano, diocèse
d'Ajaccio, en 1758 appartenait à une noble famille de Corse,
apparentée, peut-être, à la famille Bonaparte. Après ses études classiques, il vint à Aix-en-Provence achever le cours de
ses études en théologie. Ce fut dans cette ville que, avec l'autorisation de son évêque, Mgr Benoît-André Doria, il fut
promu au sous-diaconat le 20 décembre 1783, puis au diaconat le 5 juin 1784. Enfin, il reçut l'ordre de la prêtrise au mois
de juin 1785.La même année, il se rendit à Pise où il séjourna
assez longuement, puis à Florence ; enfin au commencement
de 1798 au plus tard, il vint à Rome où il résida durant la
période agitée qui s'écoula depuis l'enlèvement de Pie VI
en juillet 1798 jusqu'à l'entrée dù Pape Pie VII dans cette
capitale au mois de juillet 1800. Il assista ainsi à l'essai,
d'ailleurs très malheureux, que le Directoire fit du régime
jacobin dans la capitale des Papes (2). Il s'y rencontra probablement avec son compatriote le général Cervoni dont
un oncle était alors recteur du Jésu, remplaçant les Jésuites.
Les prêtres corses étaient très nombreux à Rome et il semble
que les meilleurs rapports se soient établis entre eux et les
officiers du corps d'occupation français.
(1) Arch. Nationales A P IV 60. Quatre autres décrets des 8 et 9
avril avaient pourvu 45 évêchés.
Le maréchal Sébastiani (1772-1851) alors colonel de dragons
était en grande faveur auprès de Bonaparte depuis le 18 Brumaire
auquel il avait pris une part active. Il était originaire du village La
Porta d'Ampugnano près de Bastia, et était paraît-il parent de Bonaparte qui appréciait ses grandes aptitudes, car à la fin de 1802, il le
chargea d'une importante mission à la fois politique et militaire
à Constantinople. Mgr Louis Sébastiani délia Porta fut évêque d'Ajaccio jusqu'à sa mort arrivée le 5 mai 1833.
(2) Voir Dufourcq. Le Régime Jacobin en Italie. Etude sur la
République romaine (1798-1799). Paris, Perrin'et Cic 1900,"un vol.
in-8°.

�XII

Mgr Colonna dTstria n'avait occupé aucun poste important ; il était éloigné de la France depuis de longues années et n'y était point rentré, (i) On est amené naturellement
à se demander comment et pour quel motif le choix du Premier Consul se porta sur lui.
Portalis, qui était comme on le sait d'Aix-en-Provence,
avait-il connu et apprécié le jeune prêtre corse ? Fes généraux Cervoni et Sébastiani, ou Masséna l'avaient-ils recommandé ? Fesch, oncle de Bonaparte et Joseph, son frère
qui se disait quelques années après « l'ancien ami » de l'Evêque de Nice, auraient-ils proposé Mgr Colonna au choix
du Premier Consul qui peut-être du reste le connaissait
personnellement ? Autant de questions difficiles à résoudre.
Fes bulles de Mgr Colonna d'Istria furent expédiées
à Rome sans aucun frais (gratis etiam ŷro scripturâ) sous la
date des 24 et 25 mai 1802.Elles furent remises au nouvel
élu (2) qui peu après se rendit à Paris pour prendre les instructions du Cardinal-Légat et celles de Portalis.
Mgr Colonna reçut la consécration épiscopale le 11
juillet 1802, cinquième dimanche après la Pentecôte, dans
l'église des Carmes (actuellement 70, rue de Vaugirard) que
Mme de Soycourt avait rachetée avec le vieux couvent,
témoin des massacres de Septembre, pour y réunir une communauté de Carmélites. Le prélat consécrateur fut Mgr
Antoine-Xavier Maynaud de Pancemont, évêque de Vannes,
assisté de Mgrs Louis Sébastiani délia Porta, évêque d'Ajaccio, et Hilaire-François de Chevigné, évêque de Séez (3).
(1) Dans l'enquête de l'an IX, Arch. Nat. F 19 865, on trouve
une liste des prêtres recommandables envoyée à Chaptal, ministre
de l'Intérieur, par le préfet du Liamone et datée d'Ajaccio le 18
Fructidor an IX (5 septembre 1801 ) ; on y lit : Colonna dTstria,
40 ans, domicile Bechisano (Corse), prêtre qui a émigré pour ne pas
vouloir prêter le serment, il n'est pas encore radié, ni rentré dans le
département.
(2) J'ai vu ces bulles au nombre de 7 dont 5 sur parchemin
et 2 sur papier aux A rchives du Chapitre réunies sous une même bande
avec une copie du décret détachant Nice de la Métropole d'Embrun
et l'unissant à celle d'Aix. La bulle est datée du 3 des Calendes 29
novembre 1801) et le décret de Caprara, de décembre est du 9
avril 1802.
(3) D'après un certificat délivré par Mgr J.-B. du Belloy, arche
vêque de Paris, le 16 juillet 1802. Arch. du Chapitre de Nice.
s

�xm
Le ier Thermidor an X (20 juillet 1802) Portalis avisa
le Préfet des Alpes-Maritimes de la nomination de Mgr
Colonna à l'Evêchè de Nice, en le prévenant que le nouvel
Evêque arriverait bientôt.
CONSEIL D'ETAT
Paris, le Ier Thermidor, an 10 de la République
(20 Juillet 1802)

Le Conseiller d'Etat chargé de toutes les affaires concernant les Cultes,
Au Citoyen Préfet du Département des Alpes-Maritimes
à Nice.

« J'ai l'honneur, Citoyen Préfet, de vous annoncer que
« le Premier Consul a nommé à l'Evêchè de Nice le C.Colonna.
« Il se rendra bientôt dans son diocèse, je l'ai bien
« assuré qu'il recevra de vous le concours le plus efficace
« pour y parvenir à l'exécution de la loi bienfaisante du
« 18 Germinal dernier (8 avril 1802).
« J'ai l'honneur de vous saluer.
« PORTALIS (1) ».
Cette lettre parvint le 13 Thermidor (1er août) à Châteauneuf-Randon qui y répondit le même jour. Dès le lendemain il adressa aux sous-préfets et aux maires du département une circulaire pour les informer de la prochaine
arrivée de l'Evêque et de la désignation de Jérôme Rossi
comme Vicaire Général que tous les prêtres du diocèse devaient désormais reconnaître comme leur seul chef hiérarchique (2).
Le 10 Thermidor an X (29 juillet 1802) Mgr Colonna
avait écrit directement au Préfet :
(1) Arch. départem. série V, liasse 2. Voir Gallois-Montbrun.
Notice administrative sur Mgr Colonna dTstria, évêque de Nice.
Nice, Cauvin 1871, in-12 de 22 p.
(2) Arch. départem. M. 17. Circulaire du 14 Thermidor an X
(2 août 1802) dont la minute est entièrement de la main du Préfet.

�XIV

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Paris, io Thermidor an X.
(29 juillet 1802).
« Citoyen Préfet,
« J'ai appris par lettre du 19 Prairial (8 juin 1802)
du citoyen Rossi, Pro-Vicaire général du diocèse de Nice,
que vous aviez destiné l'ancien Evêché pour mon habitation et que vous alliez dans peu la meubler. J'espère,
en conséquence, le trouver tout prêt, au commencement
du mois prochain, et dès à présent je vous en témoigne
ma plus vive reconnaissance.
« Recevez-la, je vous prie, Citoyen Préfet, comme un
gage de l'amitié que je vous ai déjà vouée, et qui ne saurait
être trop intime pour le bien de la religion et de l'Etat ;
c'est de notre accord que dépend la tranquillité et le bonheur du département ; je le regarde comme un de mes devoirs les plus essentiels, aussi me prêterai-je de toutes mes
forces à tout ce qui peut y contribuer. Veuillons bien le
seconder, citoyen Préfet, cet esprit d'union et de paix,
et nous attirerons les bénédictions du ciel et de la terre.
En attendant je vous prie d'être persuadé de la sincérité
de ces sentiments, tandis que je suis avec la plus parfaite estime.
« Votre très humble et très obéissant serviteur.
« COLONNA D'ISTRIA,
« Evêque de Nice (1). »

Châteauneuf-Randon répondit de suite en assurant
l'évêque de son absolu concours. Cette lettre mérite d'être
citée en entier :
21 Thermidor an X.
(9 août 1802).
Au Citoyen Colonna d'Istria,
Evêque de Nice.
« Ce sera avec bien de l'empressement, Monsieur l'Evê« que, que je concourrai avec vous au bien de votre diocèze...
« il a besoin d'un chef aussi recommandable que vous pour
(1) Arch. départem. série V, liasse r. Cette lettre est entièrement
de la main de Mgr Colonna. Au dos est écrit : Au citoyen Préfet du
Département des Alpes-Maritimes à Nice. C'est la première lettre
échangée entre l'Evêque et le Préfet. Elle établit que Jérôme Rossi

�XV

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diriger vers le véritable but de la religion catholique l'immensse quantité de prêtres dont il est composé... à mon
arrivée ici la pluspart étaient fugitifs ou cachés ou sur des
listes d'émigrés. J'ai pensé qu'il valait mieux leur laisser
la liberté de se montrer et leur donner une surveillance...
Les mesures prises pour la tranquillité publique et l'exécute tion
des lois me répondent que quelque puissent être
« (l'éloignement biffé) la peur que les habitants de ce pays
« ont d'être et de se croire définitivement français elle ne
« sera pas troublée...
« J'ai lieu de compter beaucoup pour l'y maintenir sur
« l'influence véritable, (de la morale évangélique (biffé), je
« suis depuis longtemps convaincu de l'avantage que la motí raie évangélique produit sur les mœurs et les vertus poli« tiques et sociales. Si elle eut toujours été prêchée par ses
« premiers ministres où que les circonstances eussent permis
« qu'elle fut entendu, il y eut eu moins de malheurs depuis
« treize ans... nous sommes enfin parvenu, au milieu de
« tant de vagues et de flots à cet heureux équilibre dont
« les amis de la paix et de l'Etat n'ont jamais désespéré.
« Un grand homme leur manquait, il s'est fait connaître
« et il s'est acquis le droit de la confiance de diriger, de con« cevoir, d'exécuter et de réussir tout ce qui peut assurer
« le bonheur de l'humanité comme il en a l'amour et la véné« ration... Heureux tous les agents du Gouvernement
« d'avoir un tel chef pour modelle, heureux de même les
« chefs de l'Eglise qui sont choisis par lui pour l'exercice du
« culte catholique, c'est un sûr moyen d'être bien accueilli
« par l'opinion publique, car il connaît les hommes.
« Mille fois heureux encore si je méritais, citoyen Evê« que, d'avoir l'occasion de vous prouver mes sentiments
« d'amitié, d'attachement et d'amour intime.
« J'ai donné les ordres les plus précis pour que votre
« maison épiscopale fut préparée mais si vous arrivez dans
« le commencement du mois prochain comme vous me le
« mandez, je crains bien qu'elle ne le soit pas encore parce
t que les acquéreurs qui recèdent ne reçoivent pas plus que moi
était entré en relations avec le nouvel Evêque peu après sa nomination et son arrivée à Paris.

�XVI

« réponse des ministres des Finances et de l'Intérieur sur la
« solution de cette litige... En attendant j'aurai le plaisir
« et l'avantage de vous loger et de vous recevoir.
« Si vous avez la facilité de voir les ministres de l'Inté« rieur et des Finances, je vous invite à leur rappeller mes
« demandes à cet égard (i). »
Une question importante préoccupait ChâteauneufRandon : c'était celle du logement de l'Evêque et il prévoyait
déjà, qu'en raison des multiples difficultés soulevées par le
Directeur des Domaines, rien ne serait prêt à temps.
* *
Fa ville de Nice devenant le siège d'un Evêché concordataire, le Gouvernement ordonna sans retard d'y préparer
une Cathédrale et un logement pour l'Evêque. Ce fut l'objet
d'une lettre de Godin, ministre des Finances, en date du
22 Germinal an X (12 avril 1802) et d'une autre lettre de
Chaptal, ministre de l'Intérieur, en date du 24 du même
mois (14 avril) adressées toutes les deux au Préfet pour le
charger de prendre au plus tôt les dispositions nécessaires.
Fa question de la Cathédrale ne présentait aucune difficulté. F'Eglise Sainte-Réparate qui servait de Cathédrale
avant 1793 avait peu souffert durant la Révolution. Elle
n'avait été enlevée au Culte que du mois de juillet 1794
au mois d'avril 1795. Depuis lors, les catholiques niçois
y avaient fait d'importantes réparations (2). Elle se trouvait donc tout indiquée pour servir de Métropole.
Il y manquait cependant les cloches qui avaient disparu
pendant la tourmente révolutionnaire ; les grandes orgues
avaient été démontées, les vases sacrés les plus précieux
avaient été enlevés. Sur ces entrefaites, on découvrit fort à
propos des cloches et des vases cachés dans le couvent de
Cimiez et on se souvint que les tuyaux des grandes orgues
avaient été déposés chez Grinda, facteur d'orgues, à Nice.
(1) Arch. départem. Série V, liasse r. Je donne cette lettre d'après
la minute entièrement de la main de Châteauneuf-Randon, sur une
demi-feuille écrite des deux côtés avec beaucoup de ratures et de
surcharges qui en rendent la lecture assez difficile.
(2) Voir aux Arch. municip. Bonifassi, volume B.

�XVII

Le Préfet prit divers arrêtés (i) pour faire remonter au moins
une cloche dans la tour de Sainte-Réparate et restituer les vases
sacrés. Honoré Grinda reçut en même temps l'ordre de rapporter les tuyaux. Le Préfet prescrivit de préparer le trône
de l'Evêque dans le Sanctuaire de la Cathédrale et de disposer
vis-à-vis un emplacement pour le Préfet, le Général-Commandant le département et le Président du Tribunal criminel.
Le maire de Nice Défly fut chargé par*le Préfet de l'exécution de ces diverses mesures et le 23 Messidor (12 juillet),
le Commissaire de police Jean Dives reçut de lui le billet
suivant :
« Je vous fais passer ci-joint, citoyen commissaire,
« l'original d'un arrêté du Préfet du département en date
« du 21 du courant, relatif à des effets d'argenterie destinés
« à la Métropole, et à la descente d'une des cloches de Cimiés
« que je vous charge de mettre de suitte à exécution, et faire
« transporter le tout à Sainte-Réparate. Si vous le croyez
« nécessaire, vous pouvez réclamer la force armée, vous
« aurez soin de m'instruire du résultat de cette opération. «
Ce fut en vain que le Directeur des Domaines réclama
les vases sacrés trouvés à Cimiez pour les envoyer à la Monnaie de Paris. Châteauneuf-Randon trouva avec raison
que Mainssonnat était mal fondé dans ses exigences (2).
Les Administrateurs de l'Eglise métropolitaine, Pauliani et
Masseglia, prieurs de la Confrérie du Corpus Domini furent
engagés par le maire le 16 Fructidor (3 septembre), à donner
connaissance à Grinda de l'arrêté du Préfet du 11 de ce mois
(29 août) afin que le grand orgue de la Cathédrale fut réparé
au plus tôt (3).
(1) Arch. départent., registre K 4. Arrêté du 21 Messidor (10
juillet) soumis à l'approbation ministérielle par lettre du 2 Thermidor
an X (21 juillet 1802) qui en donne les raisons et expose les réclamations mal fondées de Mainssonnat. Voir l'arrêté du ri Fructidor
(29 août) même registre.
(2) Voir une lettre de Mainssonnat à Châteauneuf-Randon
26 Messidor an X (15 juillet 1802). Arch. départent. M 18.
Voir aussi une lettre du Maire à Jérôme Rossi 23 Messidor (12
juillet) l'invitant à prendre des mesures pour que la cloche soit installée dans la tour pour la fête du 14 Juillet.
(3) Arch. municipales. Registre de la Correspondance du Maire,
an X. Tettre du 16 Fructidor (3 septembre).
4

�xvin
Grinda, que l'Administration départementale avait
chargé de rassembler les tuyaux d'orgues des différentes
églises de Nice, les avaient enmagasinés chez lui ; mais
comme il n'avait point été payé de son travail, il refusa de
les rendre aux administrateurs de Sainte-Réparate avant
d'avoit été indemnisé de ses peines et obtenu le remboursement «des avances qu'il a faites pour le transportera garde»...
Il réclamait en conséquence 3.785 francs en assignats.
Châteauneuf-Randon fut obligé, 13 Frimaire an XI,
de lui intimer l'ordre formel de les restituer, en lui promettant
une juste indemnité. Fes tuyaux furent remis aux Administrateurs de la Cathédrale, mais il fut impossible, de réparer l'instrument dont les jeux se trouvèrent dépareillés.
Il fallut faire d'assez grands frais pour acquérir des orgues
nouvelles qui furent inaugurées seulement eu 1805. (1)
Fe trône de l'Evêque fut décoré sommairement ; quant
aux places réservées pour le Préfet, le Général et le Président
elles n'étaient pas encore entourées de la balustrade demandée
à la date du 6 Frimaire an XI (27 novembre 1802) d'après
une lettre du Préfet au Maire (2).
* *
Châteauneuf-Randon aurait voulu que toutes les mesures qu'il croyait devoir prescrire fussent exécutées avec célérité, mais d'une part le maire Défly, dont les dispositions
bienveillantes ne sont point douteuses, était sans cesse arrêté par le manque d'argent dans la caisse municipale ;
d'autre part on se heurta continuellement à l'obstruction
systématique du directeur des Domaines Mainssonnat, pro(1) Arch. départem. M 17. Lettre du Préfet aux Administrateurs
de Sainte-Réparate 2 Fructidor an X (20 août 1802) qui avaient réclamé les tuyaux déposés chez Grinda ; ibid. M 25 autre lettre du
Préfet aux mêmes 19 Frimaire an XI (10 décembre 1802) leur annonçant l'ordre donné à Grinda et lui demandant d'examiner le compte
présenté par lui ; ibid, M 23, lettre du Préfet à Grinda, 13 frimaire
an XI (4 décembre 1802) ; Relation présentée au Pape par Mgr Colonna le IER août 1806 après la première visite de son diocèse,
VIIJ.AREY, Raccolta di decreti, moniti; ecc. Nice 1831, tome 1 p. 77.
(2) Arch. municip. Lettre du Préfet au Maire, 6 Frimaire an XL
vclume 7.

�XIX

bablement un des membres de la Loge maçonnique (i)
établie depuis peu avec l'autorisation de l'ex-maire Pauliani
prédécesseur de Défly.
L'opposition de ce fonctionnaire méticuleux et formaliste
dont le préfet ne cesse de se plaindre dans sa correspondance
avec les ministres, se manifesta surtout à propos du logement de l'évêque. L'ancien Evêché, situé tout auprès de
l'église Sainte-Réparate, avait été occupé d'abord par les
deux administrations provisoires à partir des premiers
jours d'octobre 1792 puis par le département.
Vers le milieu de l'an IV (juin-juillet 1796) l'administration centrale du Département voulut s'installer avec
les autres autorités dans l'ancien palais du Gouvernement
(la Préfecture actuelle) alors transformé en Hôpital militaire. A la suite de cette décision, l'Evêchè devenant disponible fut mis en vente comme bien national, conformément
à la loi du 28 Ventôse an IV (18 Mars 1796). L'ensemble de
l'immeuble fut divisé en 3 lots, dont le principal, comprenant
les appartements de l'Evêque, fut soumissionné le 6 Messidor an IV (24 juin 1796) par Pierre Mages, négociant, origi(1) Il est un fait avéré, c'est que la plupart des Sociétés populaires n'étaient autre chose que des loges maçonniques démocratisées
et semblant opérer au grand jour. A la dissolution des Clubs, les loges
mises en sommeil se rouvrirent peu à peu sous le Directoire et le
Consulat. Les Jacobins non encore ralliés à Bonaparte s'y réunissaient.
Il en fut à Nice comme ailleurs et la Loge en 1802 comptait, paraît-il,
un assez grand nombre de membres quoi qu'il soit impossible
de rien préciser en raison du mystère dont s'entourent ces associations. Le général Pierre Garnier en était le Vénérable.
Voir TOSEIAI, Précis Historique de Nice, 2MC partie, tome IL
p. 366 et le Sommario de BONIFASSI aux Arch. municip.
Le Préfet Florens demanda au Maire Paulian des renseignements
sur la loge de Nice, le 19 Frimaire et le 10 Nivôse an X (10 et 31 décembre 1801) mais celui-ci semble n'avoir pas répondu. Arch. municip.
Correspondance du Préfet, volume VI. Après le départ de Florens,
Châteauneuf-Randon rencontra une opposition plus ou moins ouverte dans cette loge composée de fonctionnaires des Contributions
et des Domaines, ainsi qu'il l'écrivait à Coulomb, secrétaire général
du Ministère de l'Intérieur, le 12 Vendémiaire an XI (4 octobre 1802).
Arch. nationales Fie m.3 Alpes-Maritimes. Correspondance. Dans
les années qui suivirent le Préfet Du Bouchage réussit à annihiler
l'influence de cette loge dont l'opposition au Gouvenieme-it ne dura
pas longtemps.

�XX

naire d'Agde, fixé depuis longtemps à Nice où il était membre du Conseil municipal. Les experts, Pierre Caries, maîtremaçon, pour le soumissionnaire, et Pierre Camous pour le
département, évaluèrent ce lot à la somme de 13.500 fr.,
calculée d'après la loi, à 18 fois le revenu montant à 750 fr.
Le 25 Fructidor an IV (11 septembre 1796) le Département passa acte de vente de ce lot à Pierre Mages pour la
dite somme de 13.500 francs qui fut versée en mandats
territoriaux ou promesses de mandats. F'acquéreur paya
en outre un demi pour cent sur le principal de la vente, soit
67 fr. 50 ; les droits d'enregistrement de l'expertise, 8 francs
versés le 14 Fructidor (31 août) et ceux de la vente, 135 fr.
en numéraire et 405 francs en papier-monnaie versés le 2
vendémiaire an V (23 septembre 1796). Fe prix total s'élevait donc à 13.980 fr. 50 en papier-monnaie et 135 francs
en numéraire.
Pierre Mages jouissait du revenu de ce lot à dater du
21 Messidor an IV (9 juillet 1796) et le Département se réservait le droit d'occuper encore l'Evêchè moyennant paiement d'un loyer jusqu'au cours de l'an VI (1).
Fe deuxième et le troisième lot comprenant des boutiques et des appartements loués à divers particuliers : la veuve
Thaoïi, les frères Caisson et autres, avaient été soumissionnés le 27 Prairial (15 juin) l'un par Joseph Autheman, l'autre
par Joseph Payany, administrateur du Département.
Dans le mois qui suivit, Autheman et Payany cédèrent
leurs soumissions à André Gastaud, commissaire du Directoire exécutif près le département, par acte reçu Daydery,
notaire.
Fes deux lots furent évalués par les experts ci-dessus
désignés, le 30 Messidor an IV (18 Juillet 1796) ; à savoir
le 2me à 8.100 francs soit 18 fois son revenu estimé à 450 fr.;
le 3me à 6.300 francs soit 18 fois son revenu estimé à 350 fr.
Le 16 Thermidor (3 août), le Département passa acte
de vente à André Gastaud pour ces deux lots, au prix d'esti(1) Cet acte de vente est aux Arch. départent. Série Q, volume
79, f° 89 et suivants sous le n° 222. Il est signé par Pierre Mages et
par Hancy, Imberti, Mougius, Payany fils, Scudéri, administrateurs
du Département ; Gastaud, commissaire du Directoire exécutif, et
M. A. Rey, secrétaire.

�XXI

mation à charge de payer les frais et les droits d'enregistrement et un demi pour cent sur le principal du prix de la vente.
L'enregistrement fut payé le 16 Thermidor (3 août) : pour le
2me lot, 324 francs et pour le 3me lot, 252 francs.
André Gastaud devait entrer en jouissance à partir
du 15 Messidor (3 juillet) de ces deux lots dont le prix global
14.400 francs avait été versé en mandats territoriaux ou
promesses de' mandats, entre le 27 Prairial (15 juin) et le
8 Thermidor (26 juillet). En ajoutant les droits d'enregistrement, 576 francs, on arrive à la somme de 14.976 fr. (1).
Or, à l'époque de ces ventes, les mandats territoriaux
étaient absolument dépréciés : ils avaient perdu au moins
90 % de leur valeur nominale (2).
Il en résulte que le Ier lot vendu à Pierre Mages avait été
soldé par du papier représentant moins de 1.400 francs
en numéraire, et que les deux autres avaient été soldés par
Gastaud en papier représentant moins de 1.500 francs en
numéraire.
En l'an X, Amand Spréafico, négociant lyonnais,
venu depuis peu à Nice où il fut receveur du District, était
co-propriétaire de l'Evêchè ; soit qu'il eût acheté les lots
acquis par André Gastaud, soit que Pierre Mages lui eût
cédé une partie de son lot.
* *
De Préfet ne trouva dans la ville que deux maisons
pouvant servir au logement de l'Evêque. La première était
rue des Juifs, actuellement rue Benoît-Bunico, et je crois
que c'était le palais Lascaris dont la façade Ouest donne
dans cette rue ; mais ce local lui parut peu convenable,
sans doute, à cause du voisinage presque immédiat de la
synagogue.
(1) Ces deux actes de vente sont aux Arch. départem. Série Q
volume 75, fo in et suivants sous les nor 25 et 26. Ils sont signés
par l'acquéreur André Gastaud, par les Administrateurs et Secrétaire
du département et par Hancy qui était commissaire du Directoire
exécutif en remplacement.
(2) Consulter le Tableau de dépréciation du papier-monnaie
dressé par le département des Alpes-Maritimes le 18 Thermidor
an V (5 août 1797) dont un exemplaire imprimé se trouve aux Archives
du Palàis de Monaco.

�XXTI

La seconde était l'ancienne maison épiscopale aliénée
qui réunissait toutes les conditions désirables. ChâteauneufRandon chercha donc à rentrer en possession du vieil Evêché,
et comme il n'avait pas d'argent disponible, il fit proposer
à Mages et à Spréafico de l'échanger contre d'autres propriétés nationales de valeur équivalente et à leur choix. La
proposition fut bien accueillie et les acquéreurs désignèrent
un certain nombre de biens nationaux qu'ils désiraient en
échange. Parmi ces biens se trouvait une terre située au quartier de Riquier alors affermée à Etienne Gastaud et qui dépendait de la succession de Jean-Paul-Augustin Lascaris,
inscrit sur la liste des émigrés et non radié. Cette terre était
précisément celle où s'élevait le Monastère des Religieuses
Cisterciennes avant leur transfert dans l'enceinte de la ville
au XVe siècle. Elle avait depuis appartenu à la noble famille
des Riquiéri dont avait hérité les Lascaris, et, avant 1792,
cette terre payait un cens annuel au Chapitre de Nice.
Elle ne put être cédée à Pierre Mages car un arrêté
du Préfet en date du 25 Germinal an X (15 avril 1802) en
avait affecté une partie à l'établissement d'une pépinière
départementale (1).
Par un arrêté du 10 Floréal an X (30 avril 1802) le Préfet
décida que vSainte-Réparate serait Eglise métropolitaine et
que les propositions d'échange de Pierre Mages pour l'Evêchè
seraient acceptées en principe (2). Fe 14 Floréal (4 mai)
il avisa simultanément de sa détermination les Ministres
de l'Intérieur et des Finances, en priant ce dernier de l'autoriser à conclure l'échange (3).
(1) Arch. départem. K 4 f° 60. L'arrêté créant la pépinière ne
fut point exécuté de suite et le 27 Frimaire an XI (18 décembre 1802)
Châteauneuf-Randon en adressa une ampliatiou à Boulay conseiller
d'Etat (ayant le Département des Domaines nationaux) pour en
obtenir l'approbation, Ibid. M. 24:
Rien n'était fait encore plusieurs mois après, et le Préfet Du
Bouchage prit le 19 Fructidor an XI (6 septembre 1803) un arrêté
désignant un des jardins ^dépendant de l'école Centrale supprimée
pour établir cette pépinière. Le 20 Fructidor, le Préfet demandait
approbation de cet arrêté qui reproduisait les dispositions d'un arrêté précédent de Châteauneuf-Randon, sous la date du 13 Floréal
an XI (3 mai 1803). Ibid. M 24.
(2) Arch. départem. K 4 f° 54. Arrêté du 10 Floréal an X.
(3) .Arch.\départem. Série V, liasse 1. Lettres du 14 Floréal an X.

�XXIII

L'arrêté du 10 Floréal fut transmis de suite à Pierre
Mages et à Mainssonnat, directeur des Domaines, avec prière
de désigner des experts pour l'estimation de l'Evêchè et des
propriétés susceptibles d'être échangées.
Mainssonnat fit des difficultés et par deux fois les 19
et 20 Floréal, il représenta au Préfet qu'il n'y avait pas lieu
à nomination d'experts et que l'on ne pouvait actuellement
disposer des biens séquestrés de Jean-Paul-Augustin Fascaris.
Fe Préfet dut user de toute son autorité pour faire nommer
les experts (1). Finalement le 29 Prairial (18 juin) un rapport
estimatif de l'Evêchè et de divers biens nationaux proposés
en échange fut dressé par Scoffier et Caldelary, experts des
Domaines, et par Roux, expert de Pierre Mages.
F'Evêché était estimé 25.000 francs et la terre de Riquier provenant des Fascaris 36.000 ; elle ne pouvait donc
être l'objet d'un échange. Six autres parcelles indiquées
subsidiairement par Mages et Spréafico furent estimées en
totalité 25.000 francs ; ce furent elles que le Préfet proposa
par son arrêté du 1er Messidor (20 juin) (2) pour un échange
qui deviendrait définitif après avoir été approuvé, dans les
six mois, par les ministres de l'Intérieur et des Finances.
En attendant, l'Evêchè serait remis entre les mains du maire
qui en ferait dresser procès-verbal et inventaire, puis établirait le devis des réparations locatives qui serait soumis au
Préfet et exécuté sous la surveillance du maire « sur les
« fonds communaux, sauf décision ultérieure, sur la réparti« tion des dites dépenses au compte de la commune ou à
« celui du Département. » Si l'échange n'était pas encore
autorisé au bout de 3 ou de 6 mois, Mages et Spréafico rece(1) Arch. départem. M 14. Lettre du 10 Floréal an X à Pierre
Mages ; autre du même jour à Mainssonnat ; M 20. Lettre du 21
Floréal à Mainssonnat. Voir surtout deux lettres du 7 Prairial an X
(27 mai) aux Ministres de l'Intérieur et des Finances dans lesquelles
le Préfet se plaint vivement des agissements de Mainssonnat dont
il réclame de nouveau le changement. Série V, liasse 1.
Voir encore Arch. départem. M 20, la réponse de Chaptal 2 Messidor (21 juin) qui a transmis au Ministre des Finances les plaintes
du Préfet.
(2) Arck. départem. K 4, f° 103 Arrêté du ier Messidor an X
(20 juin 1802).

�XXIV

vraient sur la caisse communale comme indemnité de location le prix des baux des parcelles échangées.
Cet arrêté fut transmis aux Ministres et au Directeur
des Domaines. Le 14 Messidor (3 juillet) le Préfet le notifia
à Mages et à Spréafico en les invitant à se concerter avec
« le maire de Nice pour la prompte évacuation de la maison
« de l'Evêchè afin qu'on puisse procéder sur le champ aux
« réparations dont elle est susceptible. » (1).
Le même jour, cet arrêté fut communiqué au Maire
de Nice. « Je vous invite, écrivait le Préfet, à prendre surit le-champ les mesures convenables pour l'exécution des
« dispositions que j'ai ordonnées et à me tenir régulièrement
« informé du succès de vos démarches et du progrès des
« réparations. »
Defly en accusant réception de cet arrêté au Préfet
le 20 Messidor (9 juillet) lui représentait qu'il était de toute
impossibilité que la caisse communale fît les avances du montant des réparations, car elle était presque vide et il aurait
même peine à solder les dépenses du dernier trimestre de l'année courante. Il priait donc le Préfet de s'adresser au Conseil
Général qui, étant autorisé à procurer à l'Evêque un logement convenable, trouverait peut-être le moyen de couvrir
cette dépense (2). Néanmoins, dès le lendemain 21 Messidor
le Préfet prescrivit à Defly de faire faire un devis estimatif
des réparations et de les mettre en adjudication.
Le 28 Messidor (17 juillet) Défly demanda par lettre
à Mages et à Spréafico de vouloir bien prendre des mesures
pour que la maison proposée par eux en échange et acceptée
par le Préfet (arrêté du 1er Messidor) fut mise à sa disposition, afin qu'il put faire procéder à ce devis (3). Le 30 Messidor (19 juillet) Défly transmit au Préfet la réponse qu'il
(1) Arch. départem. M. 20. Lettres du 14 Messidor an X (3
juillet 1802) à Mages et Spréafico et au Maire de Nice. Cette dernière
se trouve également Arch. municip. Correspondance du Préfet an X
tome vi.
(2) Arch. municip. Correspondance du Maire, 20 Messidor (9
Juillet).
(3) Arch. municip. Correspondance du Maire an X. Lettre du
28 Messidor (17 juillet).

�XXV

avait reçue de Sasserno représentant Mages et Spreafico
absents (i).
Trois semaines se passèrent sans que ceux-ci dont l'absence devait durer seulement quelques jours eussent donné
une réponse ; aussi le maire ayant appris le retour de Mages
lui adressa-t-il, le 21 Thermidor (9 août) une lettre pressante
de rappel, afin d'obtenir la remise de l'Evêché pour qu'il
put se conformer aux instructions du Préfet (2).
Châteauneuf-Randon s'impatientait et ce jour (21
Thermidor) il demandait au maire, quel était le résultat de
ses démarches pour les réparations de l'Evêché et son ameublement. Défly lui répondit immédiatement qu'il venait de
renouveler ses démarches auprès de Mages et qu'il enverrait
la réponse trop longtemps attendue. En terminant sa lettre,
il ajoutait que malgré ses recherches il n'avait pu découvrir
aucun moyen pour se procurer les fonds nécessaires pour les
réparations et surtout pour l'ameublement (3).
Cette lettre du maire (21 Thermidor) contraria vivement le Préfet : il ne comprenait rien à tous ces retards,
aussi en y répondant le 25 Thermidor (13 août) s'en plaignitil amèrement, tout en exprimant l'espoir que la réponse
de Mages ne pouvait être contraire à la parole qu'il avait
solennellement donnée ; qu'elle serait enfin parvenue et que
le maire, ayant l'Evêché à sa disposition, lui apprendrait
incessamment le commencement des travaux pour les réparations et pour l'ameublement de la maison de l'Evêque
qui devait arriver vers le milieu du mois prochain. Defly le
savait déjà par la Circulaire préfectorale du 14 .Thermidor.
« Quant aux fonds, concluait le Préfet, je prends des moyens
« pour vous en procurer, et je n'attends pour les mettre
« à votre disposition que l'envoi du devis estimatif que je
« vous prie de m'adresser dans les 24 heures. » (4).
(1) Arch. municip. Correspondance du Maire. Lettre du 30 Mes
sidor an X (19 juillet 1802). La lettre de Sasserno manque.
(2) Arch.. municip. Correspondance du Maire. Lettre du 21 Thermidor (g août) à Mages et Spreafico.
(3) Arch. municip. Correspondance du Maire. Lettres du 21
Thermidor à Pierre Mages et au Préfet. Je n'ai pas trouvé les lettres
du Préfet au Maire du 21 Messidor et du 21 Thermidor.
(4) Lettre du Préfet au Maire 25 Thermidor (13 août) Arch,
dêpartem. M 20,

�XXVI

Le jour même où le Préfet écrivait cette lettre, Pierre
Mages rédigeait sa réponse qu'il data du 25 Thermidor,
mais qui ne fut remise au Maire que deux jours après, le
dimanche, 27 Thermidor (15 août). Klle était loin d'être ce
qu'avait pensé le Préfet. En effet, Mages, au lieu de consentir
à la remise immédiate de l'Evêché, atermoyait encore sous
prétexte que ses intérêts seraient compromis, au cas possible
que le Gouvernement refusât de ratifier l'échange proposé.
Défly envoya copie de cette étrange réponse au Préfet,
le 28 Thermidor (16 août), en lui demandant de nouvelles
instructions (1).
Mages n'obéissait-il pas aux suggestions de Mainssonnat toujours disposé à créer des embarras au Préfet et à
entraver son action ?
Quoi qu'il en soit, Châteauneuf-Randon, qui avait
reçu aussi de Pierre Mages une lettre du même jour et conçue
dans le même sens, lui répondit sous la date du 30 Thermidor
(18 août) en lui marquant son étonnement et son mécontentement de la défiance injustifiée qu'il semblait avoir,vis-à-vis
du Gouvernement et de son représentant (2).
Il prévint en même temps le Maire qu'il venait de répondre à Pierre Mages : « Je viens, dit-il, de lui faire sentir
« combien peu ses observations sont fondées et combien
« peu le Gouvernement devait s'attendre aux empêchements
« qu'il met à ce que le logement de l'Evêque soit prompte« ment assuré. J'aime à croire qu'il ne persistera pas dans
« ses délais et qu'il vous fera de suite la rémission de l'Evê« ché ; j'espère en recevoir promptement l'assurance de votre
« part. » (3).
Te 6 Eructidor (24 août) Défly en envoyant copie de
cette lettre à Pierre Mages lui écrivait : « Je vous invite
« à vouloir bien me faire part de votre dernière déterminait tion, pour que je puisse en référer à l'autoiité supérieure.» (4)
(1) Arch.. municip. Correspondance du maire. Lettre du 28
Thermidor au Préfet.
(2) Arch. départem. M 20 Lettre du 30 Thermidor entièrement
de la main de Châteauneuf-Randon.
(3) Arch. départem. M 20 et Arch. municip. Correspondance
du Préfet an X tome 6. Lettre du préfet au maire (30 Thermidor).
(4) Arch. municip. Correspondance du maire. Lettre à Pierre
Mages, 6 Fructidor.

�XXVII

■ Les instances du Maire et du Préfet ne réussirent point
à triompher des hésitations de Pierre Mages qui refusait
toujours de remettre l'Evêché avant que le Gouvernement
ou le Corps législatif n'eut approuvé l'arrêté du Ier Messidor.
Il eut fallu attendre longtemps encore, et tous les efforts pour
préparer un logement à l'Evêque eussent été rendus inutiles
par ces exigences intempestives : c'était le désir inavoué
de Mainssonnat que Châteauneuf-Randon connaissait bien.
Force fut donc de chercher une autre combinaison :
le Préfet résolut de traiter cette fois directement avec les
acquéreurs et à cette fin, par arrêté du 14 Fructidor
(ier septembre) il désigna deux commissaires, Tiranti et
Daidery, chargés de terminer la rétrocession de l'Evêché
déjà évacué par un des propriétaires et la plupart des locataires. (1) Les commissaires devaient faire valoir qu'il n'y avait
aucune raison de douter de l'approbation du Gouvernement ;
insister pour obtenir de suite une location, soit au nom de
la commune, soit à celui du Préfet, et enfin demander, moyennant une juste indemnité, le départ immédiat des petits
locataires qui occupaient encore une partie de l'immeuble.
Pierre Mages consentit finalement à louer provisoirement l'Evêché, non pas à la commune ni au Préfet comme
représentant de l'Etat, mais à Châteauneuf-Randon comme
simple particulier, jusqu'à ce que fut intervenue la décision
du Gouvernement. Telle fut la conclusion des négociations
entre Pierre Mages et les deux commissaires. ChâteauneufRandon pour en finir accepta ces conditions draconiennes
et se hâta de faire dresser en double original l'acte de bail
en son nom personnel ; puis en qualité de Préfet, il prit un
arrêté pour l'approuver. La location était pour un an, à dater
du 8 Vendémiaire an XI (30 septembre 1802), au prix exagéré
de douze cents francs en numéraire, et, pour entrer immédiadiatement en jouissance, le Préfet versa le jour même trois
cents francs (également en numéraire) à Pierre Mages qui
s'engagea,à faire évacuer promptement le local et à permettre
de commencer aussitôt les réparations locatives. Dès que le
gouvernement aurait donné son approbation à l'arrêté du
Messidor, l'échange devenant définitif, la location ces(2) Arch. départem.

K 4 f°

238.

Arrêté du 14 Fructidor.

�xxvrn
serait de plein droit, et Châteauneuf-Randon ne serait tenu
à payer que le temps écoulé jusqu'à l'entrée en jouissance
par Pierre Mages et Amand Spréafico des biens cédés en
échange (i).
Il fallut quelques jours encore pour faire évacuer l'évêché et le remettre au Préfet. C'était chose faite le 23 Fructidor (10 septembre). Ce jour-là, le Préfet en envoya les clefs
au maire et le pressa de s'occuper activement des réparations
et de l'ameublement. « Je vous ai donné, ajoutait-il, l'exem« pie de l'activité, du zèle et. même du sacrifice, j'aime à
« croire que vous justifierez l'opinion où je suis que vous
« me seconderez avec la plus grande promptitude. » (2).
Il était grand temps, en effet, de terminei cette affaire,
car Mgr Colonna était arrivé à Nice, et n'ayant point de logement à lui offrir, le Préfet lui avait donné l'hospitalité dans
son hôtel.
*
* *
Le samedi 4 septembre 1802 (17 Fructidor an X) Mgr
Colonna débarqua au port de Lympia venant de Marseille
sur une felouque. Le Préfet, qui seul avait été prévenu, envoya au-devant du prélat sa voiture et un détachement de
gendarmes. Deux prêtres, se promenant par hasard, dans
le voisinage, MM. Domihique Fianson et Honoré Faissola,
se présentèrent à l'Evêque et l'accompagnèrent jusqu'à la
Préfecture. Cette escorte de deux prêtres et de gendarmes
provoqua quelques plaisanteries, au témoignage de Bonifassi (3).
(1) Voir les deux arrêtés du Préfet en date du 14 Fructidor
er
an X (i septembre 1802) et la copie du bail enregistré à la suite.
Arch, départem. K 4 f° 239.
(2) Arch. départem. M 20, lettre du préfet au maire, 23 Fructidor.
(3) On lit dans ses manuscrits sous la date du 4 sept. 1802
N° 2712. Monsignor Colonna nuovo Vescovo, si e inaspettatamente
sbarcato al porto di Limpia, ed è stato incontrato dalla carrozza del
Prejetto, e da un distaccamento di gendarmi. mss.
N° 2713. I preti Fianson e Faissolla a caso trovandosi al porto
T
si sono presentati da M Voscovo e l'hanno accompagnato sino al pallazzo del Prefetto. mss. autent.
N° 2714. Questa comitiva dei preti coi gendarmi accompagnante
rl
il Vescovo ha forniio un poco a ridere ed a motteggiare. Osserv. pert .

�XXIX

Il est certain que cette arrivée ne rappelait que de trè
loin l'entrée solennelle que vingt-deux ans auparavant (12
octobre 1780), Mgr Valperga avait faite dans sa ville épiscopale ; niais les temps étaient changés.
Châteauneuf-Randon accueillit Mgr Colonna avec la
plus grande courtoisie et mit à sa disposition le second étage
de la maison Saint-Pierre, actuellement 8, rue Saint-François-de-Paule, qui servait alors de Préfecture (1). Le jour
même, (17 Fructidor) il prévint toutes les autorités et les
invita à venir faire visite au nouvel Evêque, l'intention du
Gouvernement étant que ces diverses autorités eussent
pour le Prélat les égards dus à la dignité dont il était revêtu.
Cette visite eut lieu le lendemain. 5 septembre. Le jour suivant (lundi 6), Mgr Colonna reçut le Clergé présenté par le
vicaire-général Rossi qui prononça une courte allocution (2).
Arch. municip. BONIFASSI, volume B fol. 86 verso.
TosEiJU dans son Précis Historique de Nice, 2me partie, tome 2,
p. 365, et l'abbé de VIIAAREY dans la Série Cronològica dei Vescovi
di Nizza (citée par Toselli) racontent l'arrivée de Mgr Colonna sans
ajouter aucun détail spécial.
TISSERAND, Histoire de la Révolution française dans les AlpesMaritimes, in-8° Nice. 1878, chap. VI, p. 318-319, raconte brièvement
l'installation de Mgr Colonna qu'il fixe à tort au 4 septembre qui est
seulement le jour de son arrivée.
(1) Le 30 Prairial an X (19 juin 1802) Châteauneuf-Randdu
avait loué d'Honoré Vincent Galli, administrateur de l'hoirie de feu
Paul de Saint-Pierre cette maison eu entier au prix annuel de 3.000
francs. Mainssonnat qui en occupait une partie pour le loyer annuel
de 1.000 francs se refusa à l'abandonner, ce dont le Préfet se montra
fort contrarié comme il ressort de ses lettres au Ministre de l'Intérieur, du 7 Thermidor (26 juillet) et du 17 Fructidor (4 septembre
1802).
Voir Arch. départem. M 20. Le Ministre de l'Intérieur au Préfet,
3™e Complémentaire an X (20 septembre) et M 24. Une autorisation
du Préfet sous la date du 3 Nivôse an XI (24 décembre 1802) pour
exiger de Mainssonnat deux trimestres de son loyer, soit 500 francs.
(2) Arch. départem. M 17. Lettres du Préfet aux autorités civiles, militaires,- judiciaires et administratives, 17 Fructidor an X
(4 septembre 1802).
Arch. municip. Notes de Bonifassi,volume B, f° 87 : 5 septembre
n° 2715. // Prejetto con tutte le autorita sono stati a far visita di cerimònia a Monsignor Vescovo. Ann".
6 septembre, n° 2717. Monsignor Colonna ha ricevulo la visita
del Clero, ed il Vicario lo ha complimentato con un bel discorsino.

�XXX

Les. dernières dispositions furent prises pour l'installation
solennelle de Mgr Colonna, fixée au 25 Fructidor (12 septembre 1802, jour de dimanche). Châteauneuf-Randon voulut
donner à cette cérémonie le plus grand éclat, sans doute
d'après les instructions du Gouvernement, et, l'arrêté préfectoral du 22 Fructidor (9 septembre) eu régla minutieusement tous les détails, sauf ce qui regardait la partie exclusivement religieuse. Cet arrêté fut imprimé, adressé à tous
les fonctionnaires, affiché et envoyé dans les communes du
département, comme avis de l'arrivée et de l'installation
de l'évêque concordataire. Il fut communiqué à Mgr Colonna
le 24 Fructidor (11 septembre) avec l'arrêté précédent du
11 (29 août), relatif « à l'embellissement du siège épiscopal
« et à la désignation de la place du Préfet dans le sanc« tuaire de Sainte-Réparate. (1) » Le Maire de Nice était
chargé, article XVII, de donner tous les ordres nécessai
res pour l'exécution de l'arrêté du 22 Fructidor et de se
concerter « avec les administrateurs des églises, le vicaire« général et les desservants des paroisses pour tout ce qui
« les concerne respectivement, tant pour le concours ad« ministratif qui peut être utile aux cérémonies religieuses
« ordonnées, que pour la sonnerie des cloches, la délivrance
« et l'emploi des poudres à la Garde Nationale et la disposi
«c tion de la Cathédrale et des places destinés aux diver
*c ses autoritées. »

(1) Voir deux lettres du Préfet à Mgr Colonna du 24 Fructidor
(11 septembre). Arch. départem. M 17. L'arrêté du 22 Fructidor

(9 septembre est au registre K 4 f° 161.

�XXXI

ARRÊTÉ RELATIF A L'INSTALLATION
DE L EVÊQUE DE NICE
::o::
Du 22 Fructidor an X
(9 sept. 1802).
Le Préfet du département des Alpes-Maritimes arrête les
dispositions suivantes :
Article Premier
Dimanche 25 Fructidor prochain, à six heures du
matin, la cloche de la Mairie annoncera l'installation
de l'Evêque de Nice.
Article 2
A huit heures, celles des paroisses et des succursales dans les faubourgs et campagnes de la ville commenceront à sonner en carillon.
Article 3
A la même heure, et aux premiers sons de la cloche
de la Mairie, tous les citoyens portés sur le rôle du service de,la Garde Nationale, se rendront armés ou non
armés au chef-lieu ordinaire de la réunion de leur bataillon, pour se placer à leur rang et compagnie.
Article 4
A huit heures et demie, les Chefs de bataillon,
sous la direction d'un adjoint, d'après les instructions
du Maire, formeront deux haies à droite et à gauche
des rues de..., depuis les bureaux de la Préfecture, logement actuel de l'Evêque, jusqu'à la Cathédrale.
Article 5
A neuf heures, les gardes d'honneur et différents
postes fournis pour la cérémonie par la troupe de ligne,
sur l'invitation particulière faite au Général commandant
se rendront à leur destination.

�xxx li
Article 6
A la même heure, aux premiers sons de la cloche
de la Mairie, toutes les autorités et administrations,
les Corps de fonctionnaires, commissions et employés
se rendront chacun chez leurs chefs respectifs, suivant
la hiérarchie et la nature de leurs fonctions.
Article 7
A neuf heures et demie, chacune de ces réunions
se rendra chez l'Evêque.
Article 8
A dix heures, au premier son de la cloche de la commune, le cortège défilera et les autorités et fonctionnaires seront appelés ainsi qu'il suit :
i° Les agents de police chargés de la direction de la
marche dans les rues et d'établir l'ordre et la décence ;
2° Un détachement de gendarmerie ;
3° Les tambours et moitié de la garde d'honneur du
cortège ;
4° Les administrations militaires de la Place ;
5° Le Conseil de Guerre ;
6° E'Etat-Major de la Place, les officiers de la garnison et des vétérans nationaux, chacun dans leur
ordre hiérarchique ;
7° Ee Corps des agents et courtiers de commerce ;
8° Ea Commission de commerce ;~
9° Celte de santé et salubrité publique ;
io° Celle d'Agriculture ;
ii° Celle d'embellissements et établissements publics ;
12° Celle du Var ;
130 E'Athénée des Sciences et Belles Lettres ;
140 Ees Notaires ;
i'5° Les Administrateurs des Hospices civils ;
i6° Les Professeurs de l'Ecole Centrale ;
iy° Les Membres du Jury d'instruction publique ;
i8° Les Chefs et Fonctionnaires des différentes Administrations de la Trésorerie, des Finances, des Contributions, des Domaines et des Postes ;

�XXXII!

19° La Musique Militaire ;
20° Le Commissaire et les Autorités de la Marine ;
2i° Les Inspecteurs aux revues et Commissaire des
guerres ;
22° Les Directeurs et Sous-Directeurs des fortifications, Commandant d'artillerie, et officiers du génie
et de l'artillerie ;
230 Le Corps des Avoués ;
240 Les Prud'hommes des Pêcheurs ;
250 Le Tribunal de Commerce ;
260 Les Juges de Paix ;
270 Le Tribunal Civil ;
280 Le Tribunal Spécial ;
290 Le Tribunal Crim'nel ;
300 Le Conseil Municipal ;
310 Le Maire, les Adjoints et le Commissaire de police
spécialement chargé de l'ordre de la marche et de
se transporter sur toute la ligne ;
320 Les Membres du Conseil d'Arrondissement ;
33° Les Membres du Conseil Général ;
34° Le Drapeau départemental (entre 4 gendarmes et
4 Gardes Nationales) ;
350 Le Conseil de Préfecture ;
36° Le Secrétaire Général ;
370 La Crosse de l'Evêque, entourée des Ecclésiastiques ;
380 Le Préfet, l'Evêque, le Général commandant les
troupes et le Président du Tribunal Criminel ;
390 Le Chef d'escadron, les Officiers de gendarmerie,
aides-de-camp, ingénieurs en chef et ordinaire des
Ponts et Chaussées ;
400 Les agents des Puissances étrangères ;
410 Les Officiers en congé, réformés ou retirés f
420 La Musique de la Garde Nationale ;
430 L'Etat-Major de la Garde Nationale ;
440 Les Employés de la Préfecture ;
450 L'autre moitié de la Garde d'honneur ;
460 Le reste de la gendarmerie fermant la marche
%

�XXXIV

Article 9
Ees Gardes d'honneur attribuées ou envoyées à
chaque autorité particulièrement en borderont la haie
et les fronts dans la marche générale.
Article

io

A l'entrée de l'église, chaque autorité et fonctionnaire prendra la place qui lui sera désignée, conformé
ment à la dernière fête, par les Maîtres des cérémonies
qui seront distingués par une écharpe tricolore au bras
Article

ii

A l'entrée de l'église Cathédrale, le Préfet en donnera les clefs à l'Evêque, le remettra entre les mains
de son clergé et ira prendre sa place accoutumée dans
le sanctuaire avec le Général Commandant les troupes
et le Président du Tribunal Criminel.
Article 12
E'Evêque doit s'avancer ensuite sous un dais, en
passant devant les autorités jusqu'à sa place où il sera
reçu par le Vicaire-Général Commissaire nommé par
l'Archevêque d'Aix.
Article 13
Ee procès-verbal d'installation dressé par le Vicaire
Général et signé par les Ecclésiastiques témoins, sera
signé aussi, en présence du cortège par le Préfet, les
Présidents des Tribunaux, le Général Commandant les
troupes, le Maire et les Juges de Paix.
Article 14
Après les cérémonies religieuses célébrées ou ordonnées par l'Evêque, le cortège retournera dans la
même forme par les rues de
et accompagnera
l'Evêque chez lui processionnellement uniquement
entouré du Clergé et de sa pompe religieuse.
Article 15
Ees rues par où retournera le cortège, seront bordées de même de deux haies de gardes nationaux.

�XXXV

Article 16
Pendant toute la marche et l'installation de l'Evêque les cloches des Paroisses et celles de la Commune
sonneront ; pendant les cérémonies religieuses ordonnées
par l'Evêque et jusqu'au retour du cortège, il sera fait
des salves d'artillerie et tiré des boëtes par la Garde
Nationale.
Article 17
Le Maire est chargé de donner tous les ordres nécessaires pour l'exécution du présent arrêté, et de se
concerter avec les Administrateurs des églises, le Vicaire Général et les desservants des Paroisses pour tout
ce qui les concerne respectivement, tant pour le concours administratif qui peut être utile aux cérémonies
ordonnées que pour la sonnerie des cloches, la délivrance et l'emploi des poudres à la Garde Nationale
et la disposition de la Cathédrale et des places destinées aux diverses autorités.
La
adressés
dans les
rivée et

Article 18
lettre et le présent arrêté seront imprimés
à tous les fonctionnaires, affichés et envoyés
communes du département comme avis de l'arde l'installation de l'Evêque.
CHATEAUNEUF-RANDON (1).
*
* *

Le général Eberlé, commandant la place de Nice, reçut
des instructions spéciales : Il devait envoyer à neuf heures
du matin devant la Préfecture la garde d'honneur attribuée
aux préfets dans les cérémonies publiques ; vingt hommes
au Tribunal Criminel, quinze au Tribunal Spécial, dix au
Tribunal Civil et dix à la Mairie pour escorter ces diverses
autorités ; plus une garde d'honneur de cent hommes dont
une moitié marchera en avant et l'autre en arrière du cortège;
enfin s'il voulait faire prendre les armes à toute la garnison^
(1) Arch. départem. Registre K, f° r6i. Je n'ai pas trouvé
jusqu'ici d'exemplaire imprimé de cet arrêté.

�XXXVI

elle pourrait former la haie sur le Cours tandis que la Garde
Nationale formerait la haie sur le reste du parcours (iK
Pour assurer la marche régulière du cortège et le bon
ordre dans l'église Cathédrale, Châteauneuf-Randon nomma
par arrêté du 24 Fructidor (11 septembre) cinq maîtres de
cérémonie : Roux, Caravel, chefs de bureau à la Préfecture ; Laurenti, Ricordi, secrétaires, et Cougnet fils. Ils
devaient porter une écharpe tricolore au bras droit et une
épée. Par le même arrêté, Fabry, chef de bataillon de la Garde
Nationale, commissaire de haute police, était désigné pour
porter le drapeau du Département encadré de quatre gendarmes et de quatre gardes nationaux (2).
*
* *
Le 12 septembre, au matin, toutes les cloches de la ville
sonnèrent de joyeux carillons. A 10 heures, le cortège partit
de la Préfecture dans l'ordre fixé, et se rendit à Sainte-Réparate, entre deux haies de soldats et de gardes nationaux,
derrière lesquels se pressait une foule considérable, sympathique et curieuse. L'Evêque, précédé du drapeau du Département et de la crosse épiscopale (3) entourée d'ecclésiastiques, s'avançait de front avec le Préfet Châteauneuf-Randon,
le général Partouneaux et le Président Trémois. Les membres
du Clergé convoqués la veille par le Vicaire Général Rossi
attendaient devant la grande porte de la Cathédrale (4).
Châteauneuf-Randon leur présenta Mgr Colonna auquel il
remit les clefs de l'Eglise. En temps ordinaire, cette remise
est faite par le Doyen du Chapitre ou son représentant ;
mais en 1802, le Chapitre de Nice n'existait plus ni en fait
ni en droit, et le Préfet voulait, sans doute, par cet acte,
(1) Voir lettre du Préfet au Général Eberlé (s. d.). Arch. département. M r8.
(2) Arch. départem. K 4, f° 168.
(3) Il s'agit probablement de « la crosse de vermeil donnée par
« l'Empereur à Mgr l'Evêque de Nice et qui doit être transmise à
« ses successeurs » mentionnée dans les inventaires de l'Evêché à
partir de 1805.
(4) Arch. municip. Bonifassi, volume B, f° 87, 11 septembre
1802. N° 2721. Il Clero e invitato dal Vic0 Rousc per domani trovarsi
sulla porta délia Chiesa a ricevere il Vescovo. Ann". Doc. N° 1080.

�XXXVt!

affirmer que le Gouvernement mettait, à la disposition de
l'Evêque, l'église Cathédrale devenue propriété de l'Etat
d'après les lois révolutionnaires. Ee prélat fut alors reçu
dans les formes prescrites par le Cérémonial. On lui offrit
l'eau bénite et l'encens, puis on le conduisit sous le dais
jusqu'au pied du maître-autel où il s'agenouilla, fit une coure
prière et revêtit les ornements pontificaux. Ee Préfet, le
Général et le Président avaient pris les places d'honneur
préparées dans le Sanctuaire et les autorités s'étaient rangées
dans la nef selon l'ordre déterminé. Ee vicaire-général Rossi,
commissaire délégué du Métropolitain, Mgr Champion de Cicé,
archevêque d'Aix, procéda alors à l'installation canonique.
On fit lecture de l'arrêté de nomination, des Bulles d'institution et du décret exécutorial du cardinal Caprara (9 avril
1802) érigeant les évêchés concordataires et rattachant
le nouvel Evêché de Nice à la Métropole d'Aix, (1), puis
Mgr Colonna monta au trône épiscopal.
. Dans un discours prononcé en latin selon l'usage
comme celui du Chanoine Provasso lors de la prise de possession de Mgr Valperga, le vicaire général Rossi exprima
la joie du peuple et du clergé privés depuis longtemps de
Pasteur et qui se félicitaient de l'heureux choix du Gouvernement et du Souverain Pontife. Il loua, en termes heureux'
les talents et les vertus du nouvel Evêque : son habileté
administrative, son application à l'étude, son zèle pour le
salut des âmes, sa modestie et sa piété profonde. Il sera,
sur le siège de Nice, le digne successeur d'une glorieuse
lignée d'évêques. Ees fidèles de ce diocèse, très attachés
à la religion catholique le reço'vent comme l'envoyé da
Dieu pour leur faire oublier les longues années d'épreuves
sur lesquelles il ne faut point insister aujourd'hui que la paix
et le bon ordre sont entièrement rétablis.
(1) Le décret du cardinal Caprara rendu en exécution d'une
bulle pontificale datée de Rome le 3 des calendes de décembre (28
novembre 8or) fut signé à Paris le 9 avril 802 et inséré au Bulletin
des lois N° 2 8 tome VI, 3 e série, 2 e semestre an X, avec un arrêté
du premier consul, daté du 29 germinal an X qui en ordonnait la
publication. Ce décret, après la suppression des anciennes divisions
ecclésiastiqi es, établissait, pour la France et les pays réunis, ) o
métropoles et 50 évêchés dont le tableau était annexé. La métropole
d'Aix avait pour suffragants : ajaccio, Avignon, Digne, Nice

�XXXVlII

Puis, par une allusion ingénieuse, au nom de Mgr
Colonna l'orateur déclara qu'il serait pour les prêtres, les
fidèles du diocèse, ce que fut, pour les Hébreux, la Colonne
miraculeuse qui guidait leur marche laborieuse et accidentée à travers le désert. Au nom de tous, il promit au nouvel évêque qu'il serait pour eux un père respecté, un chef
religieusement obéi dont ils s'efforceraient d'imiter les ex
emples et les vertus durant les longues années qu'ils demandaient à Dieu, de le conserver à leur tête (i).
Mgr Colonna prit alors la parole (2) : « Appelé à l'honte neur de l'Episcopat, après avoir reçu à Rome l'institution
« canonique et moyennant l'imposition des mains, la çonsé« cration à Paris : me voici, enfin au milieu de vous tel qu'un
« Ange de paix.,. »
Mgr Colonna déclara qu'il a compté sur les grâces particulières que le ciel accorde pour certains états, et non point
sur ses propres forces en acceptant une charge que la Révolution a rendu encore plus pénible et plus lourde. Il évoqua
rapidement les douloureux souvenirs des années qui venaient de s'écouler : prêtres persécutés, églisesp rofanées,
autels renversés, religion proscrite.
« Ne rouvrons pas des plaies qu saignent encore et
« qu'un sage Gouvernement tâche à cicatriser
« Que n'ai-je pas le zèle, les talens et l'espr't de ces
« dignes pasteurs : de ces saints pères des premiers siècles
« de l'Eglise, qui fleurissaient aux beaux jours du Christian« nisme ? De ces illustres prélats qui m'ont précédé dans ce
« siège épiscopal. Des Basses, des Siagres, des Valpergues
« et de tant d'autres, qui dès les temps les plus reculés ont
« porté la foi dans ce pays-ci, qui par la sainteté de leur vie,
« l'éclat des vertus, leur fermeté, leurs lumières, ont illustré
« et édifié cette Eglise, de mon dernier prédécesseur qui,
« par un généreux sacrifice a si bien mérité de la Religion
« et de la Patrie.
(r) Ce discours d'une excellente latinité est cité par VIIAAREY,
Raccolta di Decreti, moniti, pastorali, allocuzioni, ecc. Dell'Illmo e
Revmo Monsignor Vescovo di Nizza, dall'anno 1802 all'anno 1831.
Nice r83i, tome r, p. 1-4.
(2) Discours de possession prononcé par Mgr l'Evêque de Nice,
immédiatement après celui de M. le Vicaire Général dans la Cathédrale. VIIAAREY, Raccolta... tome 1, p. 5-ir.

�XXXIX

Du haut du ciel, les saints Evêques de Nice écouteront
« la prière de leur successeur et lui obtiendront de Dieu
« un esprit de sagesse et de modération si nécessaires à un
« évêque chargé de la conduite des âmes. »
Sa mission sera facilitée par le zèle des prêtres, ses coopé«ateurs et par l'attachement des fidèles à leur foi.
« Non, il n'est pas de ce peuple comme de tout autres
« peuples ; la Révolution n'a pas produit dans cette Pro« vince par rapport à la Religion les effets qu'elle a produit
« dans les autres, elle n'a pas déployé ici ce caractère qui
« la distinguait ailleurs ; les convulsions révolutionnaires
» n'ont guère atteint à la Religion ; elle a été conservée
« au milieu des agitations les plus violentes, s'il y a eu un
« instant, où ce Temple réparé, embelli dernièrement a été
« fermé, • ç'a été peut-être un trait des Divines miséricor« des ; la Providence a ménagé cet instant pour donner
« un nouvel essort au zèle du peuple qui peut-être s'était
« tant soit peu refroidi ; la privation a produit son effet :
« touché jusqu'aux larmes, il soupirait après le retour du
« Culte, la fin de la Révolution. Ses désirs furent accomplis,
« exaucés dans le temps, ils le sont encore davantage à préci sent. Il peut vaquer librement aux exercices de piété et
« de dévotion. Aussi le voyons-nous pénétré de respect,
« s'empresser à remplir les Eglises, embrasser les Autels,
« y déposer ses prières, cherchant un soulagement dans
« ses besoins et ses peines. »
L'Evêque fit ensuite un éloquent appel aux prêtres
qui devaient être animés « de ce zèle sage et discret qui
« respire la douceur et la charité ; de ce zèle généreux qui
« embrasse tout, se répand partout, ne connaît point de diffi« cuités qui tâche à ramener les esprits, réunir les cœurs,
&lt; concilier les intérêts divisés
»
Tous leurs actes, ajouta-t-il, doivent être inspirés par
une charité qui s'étendra à tous, amis ou ennemis comme
j Ôsus-Christ leur en a donné le précepte et l'exemple. La Chanté est l'âme de la Religion catholique « qui est une Religion
« d'amour et de bienfaisance
C'est cette vertu qui fait
« du genre humain de l'univers entier une seule famille,
« dont Dieu est le père et nous sommes les enfants attachés
« par les liens de la fraternité
»

�XL

Ees prêtres doivent dont apprendre à tous par la parole
et surtout par l'exemple que l'amour de Dieu est inséparable
de l'amour du prochain. La pratique courageuse de ce double
amour sera le moyen le plus efficace pour ramener à l'Eglise
ceux qui en sont éloignés.
« En attendant, conclut le Prélat, adressons au Ciel
« des prières pour tous ceux qui tiennent au Gouvernement,
« en particulier pour le Chef de l'Eglise, notre Saint Père
« le Pape. Eeur vie nous est trop chère, trop précieuse au
« bonheur public ; c'est par leurs soins qu'après une des
« plus rudes tempêtes, des temps des plus orageux nous
« jouissons du calme. Que cette paix dont nous goûtons
« ies doux fruits soit le garant de celle qui nous est préparée
« dans le Ciel, et que je vous souhaite. »
Ee procès-verbal de l'installation dressé par le Vicaire
Général fut signé par les ecclésiastiques témoins, le Préfet,
le Général commandant les troupes, les Présidents des Tribunaux, le Maire et les Juges de Paix.
*
* *
Après la messe célébrée pontificalement, la procession
se forma et l'Evêque fut accompagné, comme le prescrit le
Pontifical par tout le clergé qui chantait des hymnes et des
psaumes, jusqu'à la préfecture. Ea procession défila entre
les deux haies de soldats et de gardes nationaux et fut suivie
par le Préfet et toutes les autorités qui avaient assité à la
cérémonie. Au témoignage de Bonifassi, le discours de Mgr
Colonna fut touchant et bien adapté aux circonstances :
l'ensemble de la cérémonie fut émouvant et édifiant et il
ajoute, malicieusement, qu'on ne ce serait jamais attendu à
pareille chose de la part des Français.
Villarey rapporte de son côté (op. cit.) que l'attitude
recueillie de Mgr Colonna et son air modeste firent la meilleure impression sur tous les assistants ; ce qui n'empêcha
point quelques réflexions plus ou moins bienveillantes. Un
bon prêtre, raconte Bonifassi, au moment où Mgr Colonna
fut présenté au clergé par le Préfet, se tournant vers ses voisins, leur dit : « Cela va bien si Mgr Colonna se rend compte
« aujourd'hui que nous, nous étions ici et que c'est lui qui y
« vient. »

�A l'occasion de l'installation de l'évêque on répandit
dans le public quelques poésies en son honneur, louables
tout au moins pour l'intention de leurs auteurs. Louis Romey,
avoué près le Tribunal civil, membre du Jury d'Instruction,
qui devint maire peu d'années après, se révéla poète, lui
aussi, et publia une pièce de vers dans laquelle il vanta,
comme il était de mode alors, Bonaparte et la Corse, (i)
Mgr Colonna continua à occuper l'appartement que le
préfet avait mis à sa disposition jusqu'à l'aménagement
de l'Evêché. Il semble même que Châteauneuf-Randon
pour laisser toute liberté au prélat ait prolongé son séjour
à la campagne qu'il avait louée au quartier du Piol. En effet,
c'est dans cette campagne qu'il offrit, à l'occasion de la fête
du 18 Brumaire un grand dîner auquel il invita l'Evêque
avec les représentants des autorités civiles et militaires
et quelques anglais de distinction qui étaient, depuis la paix
d'Amiens, revenus hiverner à Nice. (2)
(1) Arch. municip. Bonifassi. Vol. B. f° 87, 12 septembre 1802 :
N° 2724. Solenne ingresso nella sua Cattedrale fatto da M1 Vescovo coll'accompagnamento di tutte le autorità. Mss. autent.
N° 2725. Il Clero si trovo présente sulla porta del Duomo, e dal
Prefetto, vennegli presentato MonsignT Colonna corne Vescovo di
Nizza. Mem. autent.
N° 2726. In quell'atto un buon Ecclesiastico volto a suoi più
vicini disse : Bene se Colonna in questo punto impara che noi eravano
qui, e che egli è quelli che viene. Osserv. partrI.
2727. M1 Vescovo pontifico, e recito un discorso tenero, e ben addattato, la fonzione riusci tenera moltó, ed edificante nel suo complesso.
mai più si aspettava per opera dei francesi un simil atto. Mem. part11
2728. Dopo la fonzione il Clero processionalmente cantando i
soliti inni accompagno il Vescovo al palazzo délia Prefettura ove avea
il suo alioggiamento, le autorita pure lo accompagnarono.~M.ss autetit
2729. In quest'occasione si distribuirono alcune poésie lodevoli
per la buona intanzione degli autori. Romey anche esso divenutto poeta
jece un Endecassillabo in cui corne di ragione venta il Bonaparte, e la
Corsica. Doc. N° 1077.
(2) De Préfet fit imprimer une Relation de cette fête et l'envoya
à Chaptal, Ministre de l'Intérieur, avec sa lettre du 20 Brumaire
au XI (11 novembre 1802). Elle est intitulée « I/anniversaire du
« dix-huit Brumaire, célébré chez le Général de Division, Châteauce neuf-Randon, préfet du département des Alpes-Maritimes, à Nice,
« le mardi même jour du mois, an onze de la République, ou le neuf
« novembre 1802 (vieux style). » 7 pages in-40 chez Cougnet père et
fils, imprimeurs-libraires à Nice, s. d. Arch. nationales V I ç nr. 3
Alpes-Maritimes, Correspondance.

�Châteauneuf-Randon avait communiqué à Mgr Colonna le 24 Fructidor (n septembre) (1) les divers arrêtés successivement pris par lui pour son logement et dans ses conversations particulières, il lui avait certainement expliqué
pourquoi, malgré toute sa bonne volonté, il n'avait pas encore réussi à réparer et à meubler l'ancien évêché. Il semble,
du reste, que les rapports les plus sympathiques et les plus
cordiaux s'établirent rapidement entre le préfet et le prélat (2). On en fit un crime à Châteauneuf-Randon, qui ne
s'en émut guère comme en témoigne sa correspondance.
Il écrivait le 24 Fructidor, an X (n septembre 1802)
au citoyen Colonna, évèque de Nice :
« J'ai l'honneur de vous adresser, Citoyen Evêque,
une copie de touts les arrêtés que j'ai pris successivement
pour assurer votre logement dans la maison qu'avaient
autrefois occupée vos prédécesseurs, ils sont à la date du
14 de ce mois, j'y joins une copie du bail que j'ai passé avec
les propriétaires de cette maison. J'en ai fait remettre les
clefs au Maire de la ville qui demeure chargé des réparations
et de l'ameublement. Je ne doute pas qu'il ne mette a s'en
bien acquiter le même zèle et la même activité que moi, et
que sous peu de jours, il ne me procure le plaisir de vous annoncer que le logement est enfin convenablement assorti
à votre usage et à votre caractère.
« Veuillez en attendant, croire au plaisir sincère que
j'éprouverai de vous avoir longtemps chez moi.
« Je me félicite, citoyen évêque, de ce qu'en me chargeant de vous choisir une maison, le gouvernement m'ait
(1) Voir deux lettres du Préfet à Mgr Colonna du 24 Fructidor
an XI. Arch. Départ. M. 17.
(2) Le préfet lui-même le raconte à Coulomb, secrétaire général
du Ministère de l'Intérieur, dans sa lettre du 12 Vendémiaire an XI
(4 octobre 1802). Après avoir parlé de l'hostilité des membres de la
loge maçonnique de Nice à son égard, il ajoute : « Ils osent se rabatre
« sur mon intimité avec l'eveque de Nice, homme vertueux, politie
« que et philosophe... » Arch. Nation. FI III 3. Alpes-Maritimes.
Correspondance.

�XUll

fourni une occasion de vous donner une preuve de nies sentiments d'estime et de considération.
« J'ai l'honneur de vous saluer. » (i).
*
* *
Le Maire de Nice, une fois en possession de l'Evêché
et sur les ordres réitérés du Préfet, fit dresser le devis estimatif
des réparations et l'adressa à Châteauneuf-Randon le 27
Fructidor (14 septembre) (2). Celui-ci après l'avoir examiné
le trouva trop élevé et le renvoya le lendemain à Défly avec
ordre de mettre ce travail en adjudication au rabais ; il lui
rappela en même temps qu'il fallait aussi s'occuper de l'ameublement et que la commune devait faire quelque chose
pour être agréable à l'Evêque. (3).
Le Maire fit immédiatement afficher l'adjudication :
il en informa le Préfet le 29 Fructidor (16 septembre) et le
pria « de désigner aux entrepreneurs de ces ouvrages le
« mode et les époques des payements qui devront leur être
« effectués pour leur travail. » (4).
Le Préfet approuva cette mesure le 3e Jour Complémentaire an X (20 septembre 1802) en invitant le Maire
« à faire faire d'abord les réparations les plus urgentes, telles
« sont celles de l'appartement de l'Evêque du salon et de
« l'escalier, afin que M. l'Evêque puisse occuper de suite
« son logement. »
Quant aux dépenses, concluait le Préfet, « Lorsque
« les réparations seront achevées et que vous aurez pour« vu à l'ameublement préalable ou de prêt, je vous indi« querai le moyen de couvrir cette dépense sur-le-champ.
« (5)(1) Minute corrigée en plusieurs endroits par le préfet. Arch.dép. M.17.
(2) Arch. municip. Correspondance, 27 Fructidor au X (14
septembre 1802).
(3) Arch. départent. M 17. L,e Préfet au Maire de Nice 28 Fructidor an X (15 septembre 1802).
(4) Arch. municip. Correspondance du Maire 29 Fructidor an X
'(16 septembre 1802).
(5) Arch. départem. M 17. I&lt;e Préfet au Maire de Nice 3e Jour
Complémentaire an X (20 septembre 1802).
Arch. municip. Correspondance du Préfet an X. Volume vi.

�XL1V

Les soumissions furent reçues le 2 Vendémiaire an Xé
(24 septembre 1802). Le devis montait à 1.314 francs ; Honore
Beu, maçon à Nice soumissionna seul pour la somme de
1.195 francs et le Maire en transmettant cet offre au Préfet
lui demanda « son approbation, pour adjuger définitivement
« ces réparations et faire mettre de suite la main à l'œuvre. »(1).
Le lendemain, de nouvelles soumissions l'une à 700 fr.
et l'autre à 650 francs (dont les auteurs ne sont pas nommési
et une autre par Laurent Levamis (dont le montant n'est
pas indiqué.) parvinrent au Maire qui les transmit au Préfet (2).
Châteauneuf-Randon donna son approbation et les réparations commencèrent .
Le premier devis était incomplet, il fallut en dresser
un nouveau qui fut également mis en adjudication et exécuté après approbation du Préfet en date du 22 Frimaire
an XI (13 décembre 1802).
Le montant total des réparations n'était pas très élevé,
1.200 francs environ, cependant ni le Maire, ni le Préfet n'avaient à leur disposition la somme nécessaire pour le solder. Le maire demandait donc le concours du département.
La loi du 18 Germ'nal, article 71, autorisait bien les Conseils
Généraux à accorder aux Archevêques et Fvêques un logement convenable, ce qui comprenait, sans doute, les réparations foncières et locaLives ; mais le Conseil Général des
Alpes-Maritimes n'était point en session. Il fallait cependant
ne pas faire attendre aux ouvriers le payement de leur travail ; c'est pourquoi le Préfet s'adressa aux Ministres des
Finances et de l'Intérieur pour solliciter un crédit extraordinaire le 27 Frimaire an XI (18 Décembre 1802) (3).
(1) Arch. municip. Correspondance du Maire 2 Vendémiaire
XI (24 septembre 1802).
(2) Arch. municip. Correspondance du Maire 3 Vendémiaire
an XI (25 septembre 1802).
(3) Arch. départem. M 22. Le Préfet aux Ministres de l'Intérieur
et des Finances. 27 Frimaire an XI (18 décembre 1802). Le 20 Ventôse au XI (n mars 1803)., le Préfet demandait au Maire de Nice
de lui faire passer sans délai « une copie des devis détaillés des répara« tions faites à la maison épiscopale, j'ai un besoin pressant de ces
« pièces qui doivent être adressées au Ministre de l'Intérieur. Arch.
Départent. M. 26.

an

�XI.V

Ee même jour, il avisait le maire de cette démarche,
en l'invitant néanmoins à payer provisoirement les ouvriers
« parce que les instructions du gouvernement portent que
« les réparations locatives de l'évèché seront à la charge des
« communes si elles peuvent les supporter ou à défaut du
« département, (i).
* *
A cette date, Mgr Colonna était déjà installé dans les
appartements de l'Evêché réparés sommairement et meublés
très modestement. En effet, il n'existait encore aucune règle
administrative déterminant la part respective de l'Etat,
du Département et de la Commune dans les frais relatifs
aux Evêchés (2). Il fut donc pourvu à l'ameublement dans
des conditions assez précaires et beaucoup d'objets furent
pris, ce semble, dans le mobilier séquestré de Jean-EouisAugustin Eascaris qui depuis plusieurs années dépérissait
dans les magasins de la Régie ou dans les appartements occupés par les locataires de cet émigré (3). Un inventaire de
l'ameublement de l'Evêché dressé en exécution du Décret
impérial daté du palais de Milan, 5 Prairial an XIII (25
Mai 1805) démontre qu'il n'était point luxueux (4). E'Evêque de Nice, du reste, était ennemi de tous fastes et se
contentait du strict nécessaire.
(1) Arch. départent. M. 23. De préfet au maire, 27 frimaire an XI
(18 décembre 1802).
(2) Un décret impérial du 5 Prairial an XIII accorda à chaque
Evêque une somme de 2.400 francs pour son ameublement, eu dehors de la contribution du département.
(3) Châteauneuf-Randon proposa plusieurs fois cette mesure
aux Ministres et au Maire de Nice. Il fut souvent aussi question de
la destination à donner au mobilier Dascaris, et il existe aux Archives
Départementales plusieurs lettres et arrêtés à ce sujet. Voir en particulier
celui du 17 Nivôse an X (7 janvier 1802) qui est en minute, liasse
M 20, dont les considérants sont à étudier.
Jean-Douis-Augustin Dascaris fut amnistié le 18 Primaire an XI
(9 décembre 1802) et le séquestre apposé sur ses biens à Nice et au
Castellar fut levé par arrêté du préfet en date du 22 Pluviôse an XI
(i 1 février 1803). Quatre tableaux religieux déposés dans les bureaux
de la Préfecture et provenant probablement de l'ancien Bvéché furent remis à Mgr Colonna par arrêté préfectoral du ier Ventôse an XI
(20 février 1803). Arch. départent. K 6.
(4) Voir Nice Historique, ier mars 1906, p. 70-73, cet inventaire
publié par M. Sappia.

�XÏ.VI

L'évêché fut mis à la disposition de Mgr Colonna
vers la fin d'octobre 1802, et il l'occupa probablement à
son retour de Marseille où il s'était rendu en qualité de délégué pour remettre le ỳalium à son métropolitain, l'archevêque d'Aix. Au témoignage de Bonifassi (op. cit. n° 2780)
il avait quitté Nice le 26 octobre et son absence fut de courte
durée.
Une lettre du préfet en date du 7 Brumaire an XI (29
octobre 1802) résume toutes les démarches faites pour assurer le logement de l'évèque :
«Au ministre de l'Intérieur, des Finances et des cultes.
7 Brumaire An XI (29 octobre 1802).
« Citoyen ministre,
« Vous m'avés prescrit de désigner une maison nationale convenable pour être affectée au logement de l'évèque
de Nice.
« Le défaut de maison nationale m'a forcé de recourir
aux moyens praticables pour reprendre l'ancienne maison
de l'évêché qui avait été aliénée. Je n'ai pu en trouver d'autres que celui de projetter la cession aux propriétaires de
cette maison des biens nationaux de même valeur.
« J'ai pris en conséquence le 1er Messidor an 10 un arrêté qui ordonne cet échange et j'ai soumis cet arrêté à l'approbation du gouvernement. J'ai eu l'honneur de vous en
adresser une ampliation le 14 du même mois.
« L'évêque de Nice étant arrivé dans l'intervalle, le
gouvernement n'ayant pas encore statué sur cet échange
et les propriétaires de l'évêché ne voulant s'en dessaisir
qu'autant que le gouvernement aurait approuvé mon arrêté,
je me suis trouvé dans un embarras extrême pour procurer
à l'évêque un logement convenable et décent. Mais comme je
ne doute pas que le gouvernement n'adopte les mesures que
je lui ai proposées et que dans tous les cas je compte infiniment sur sa justice, je me suis déterminé à traiter moimême personnellement avec les propriétaitres de l'évêché
pour la location de leur maison. C'est la seule mesure que les
propriétaires ont voulu adopter et j'ai dû donner cette marque de dévouement personnel au gouvernement dans cette
circonstance.

�xxvu
« J'ai passé avec eux un contrat dont j'ai l'honneur de
vous transmettre ci-joint une copie, ainsi que des arrêtés
que j'ai pris à cette occasion. J'ai fait faire sur le champ les
réparations les plus urgentes et j'ai remis la maison à la disposition de l'évêque.
« Pendant un mois que cette exécution a duré, j'ai eu
le plaisir de loger et avoir chez moi l'évêque.
« Tel est, citoyen ministre, le résultat des mesures que
j'ai du prendre en suite de vos ordres et de vos instructions.
Cet état de choses vous prouvera, sans doute, qu'il est urgent que le gouvernement statue sur mon arrêté du ier
Messidor. Je vous prie de remettre cet objet sous les yeux des
consuls.
« J'ai l'honneur de vous saluer. » (i).
L'opération proposée par l'arrêté préfectoral du ier Messidor an X était très avantageuse, tout à la fois pour Pierre
Mages qui avait payé l'évêché un prix presque dérisoire,
et pour l'état qui rentrait en possession, sans bourse déliée,
d'un immeuble confisqué, puis aliéné et dont il avait encaissé
le prix, par la cession de terres également confisquées et
jusqu'alors invendues.
Néanmoins, malgré les démarches que Mgr Colonna
fit probablement à Paris auprès des ministres intéressés et
malgré les nombreuses lettres de rappel écrites par Châteauneuf-Randon, l'approbation de cet arrêté restait en suspens.
Le ministre des finances, que cet objet concernait exclusivement puisqu'il s'agissait d'une cession de biens nationaux
ne prenait pas de décision. C'est que, après examen, il avait
été reconnu que le ministre n'avait point qualité pour autoriser l'échange en question et qu'il était besoin de l'approbation du Corps législatif. Beaucoup d'affaires similaires se
présentaient alors journellement et, comme pour toutes,
la difficulté était la même, le gouvernement se décida à proposer divers projets de lois pour les trancher définitivement.
Tel fut le but des lois des 2, 13, 17 Floréal an XI (24 avril,
3 et 7 mai 1803), 24 Pluviôse an XII (14 février 1804)
(1) Minute à laquelle le préfet a ajouté plusieurs passages et en
particulier celui relatif au séjour de l'évêque chez lui. Arch. départent,
M. 23.

�XÏ,VIII

16 Ventôse an XII (7 mars 1804), 29 Ventôse an XII (20
mars 1804), qui autorisent des aliénations, acquisitions,
concessions et ventes, échanges et impositions extraordinaires dont l'inspiration et les dispositions générales sont identiques.
Par un article de la loi du 29 Ventôse an XII, le préfet
du département des Alpes-Maritimes est autorisé à acquérir
par voie d'échange, des citoyens Mages etSpréafico le Palais
épiscopal de Nice.
Le département des Alpes-Maritimrs devenait propriétaire de l'ancien évêché et la somme de 25.000 francs,
valeur des biens nationaux cédés à Pierre Mages et Spréafico,
devait être remboursée au trésor public sur les centimes
additionnels destinés à pourvoir aux dépenses variables de
ce département. (1).
L'arrêté du 1er Messidor an X recevait son exécution intégrale et définitive, mais lorsque le décret de Bonaparte parvint à Nice, Châteauneuf-Randon avait été remplacé à la
Préfecture des Alpes-Maritimes par M. DuBouchage depuis
près d'une année.
On a beaucoup critiqué l'administration de ChâteauneufRandon. Il est cependant équitable de constater après
examen impartial des documents contemporains que Châteauneuf-Randon collabora loyalement avec Mgr Colonna
pour l'application des lois concordataires et qu'il fut dans
le département des Alpes-Maritimes l'exécuteur consciencieux des instructions bienveillantes et sages du gouvernement consulaire.
A.-J. RANCE-BOURREV.

(1) Voir Bulletin des lois de l'an XII, n° 356, loi du 29 Ventôse
an XII et aux Archives départent, un décret du Premier Consvl,
Germinal an XII, (30 Mars 1804). Série N, liasse 1.

�91
LU DO UI ARMANAC
Un armanac de l'an passat,
Essent su d'un burèu, couost'-à-eouosta plaçât
Dapè l'armanac de l'annada,
Ei dia : « Car vesin, noun sabi cenqu'ai fach
Qu'aigon tant bruscamen clianjat miéu destinada ?
Moun mèstre, cada jou, de iéu n'era distrach ;
Aura la miéu basana fanada,
A la poussiera, ai verp, es mai qu'abandounada g
En lou fra-tèms, lou capricious,
Noun a d'uès que pèr tu, siés tu lou plus urous ! «
E'autr' armanac, de fresc e bella tencha
Ei respoundet : « Moun paur'amic,
Siés gaire dôu tiéu tèms, siés tirat au lambic ;
Pensa, quoura lou paure s'endimencha,
Dôu sata marques lou repic ;
Noun t'en pihar qu'au milesime
Couma cadun as ben virat lou mai ;
Vendra moun tèms e lou miéu crime
Sera d'aver cuntat douze luna de mai ;
Ensin tout passa e chanja, lou mounde es tant fragile,
N'estre plus de soun tèms, siés un libre esgarrat,
Ben d'orne soun charmant, tant que li siés utile
Se lou siés plus, noun vées que d'ingrat.
Soutamete-vous en aqueli pensada :
Gen dôu passat, puissança devessada,
Viéi servitour, ancien tardoc,
Amant tradit, beutà passada,
Devantes toui viei armanac !
Juli Eynaudi (d'après Viennet).
PROüVERBI, BOÜOI MOT, COUNSÈTJ E DICH
Entra autour :
Su lou bastioun un marrit pouèta rescouontra un dei
siéu counfraire :
— Eu miéu vers mi couston gaire.
— Vous couston cenque valon.

�92

NOUM

DEI

FIGA —

LI

SIÉU

VARIETA

d'après M. lou D* E. SA UVAIGO
I. — FIGA BLANQUI O BEN VERDASTRI
I. — Al,OXJNGADI

Blancassa figa, figa blancastra.
Figa bovin o bouin.
Cabrioliana donqueiretta.
Caravouguin blanc.
Couol de dama.
Doumestica.
Donqueira blanca, figa d'autoum, verda, jaunastra.
Mussega-cougourdana, dôu genre tapa-cartin.
Tapa-cartin, Aubicou blanc.
Pissaluta (pittalussa, poussouluda).
La Toscana.
2. — FlGA GI(OBTJI(OUSI

Bellona blanca, resercada pèr lu pastissié.
Bernissôu blanc.
Daurada.
Figa de mèu.
Figa turca, tres decourativa.
Grossa beurdona, berdonda.
La Castagnola, figa castagna.
La gentila.
Marseillesa, figa d'Athèua.
Matarassa, figa de Grassa.
Pecoujuda.
Rondeletta.
Roubada blanca.
Seirola, figa Seyrola dapè Niça.
Sucrada.
Trompa cassaire.
Verdola.
n. — FIGA GRIHI O ROUGEASTRI
Figa calabresa.
Cotignana.
Coucourella, coucouletta, figa sensa grana.
Figa de San Francès.
Figa siciliana.
Fourassa, figa grossa.
Imperiala, imperiau.
Levensana.
Moresca.
Rolondina.
Roussana.

�33
ni. — PIGA NEGRI 0 BRUNI
I. — AI.OUNGADI
Abigou negre. ■
Bellona negra.
Briasca.
Clavèu.
Donqueira.
Figa amarauna.
Figa matelassa.
Figa negrau, negreita (figa d'autoum).
Figa sauvagia.
Mentonasca.
Pounchuda.
Saraina.
2. — Gr,OBUI,OÜSI
Bernissenca o coucoulenca (figa terdiera).
Bernissôu negre.
Caiana.
Catalana.
Cimeirenca.
Figa à merioun.
Figa d'orne.
Meirasca (figa d'autoun, ven de Levens).
Merengiaina.
Merlin ga.
Mouissonna.
Mourenao bagassa.
Neçretta.
Relona.
Roubada negra (figa tardiera).
Rondella negra.
Salada.

BOUONA RKSPOUOSTA
Bou pichoun Goustin s'era levât ben tardi. Soun paire,
pèr lou rendre plus matinié, li diguet :

— Lou miéu enfan, noun counouisses lou près e lu avantage d'estre matinié. — Escouta : un orne que s'era levât de
gran matin, trouvet su lou siéu camin una boursa plena de
peça de vint lira...
— Ma, paire, respoundet l'enfant, aquéu que l'avia
perduda s'era levât encara plus bouon'oura.
Lou paire restet nec... li a dequé. ..

�SA

LI TRES GOUTA

Alba, la bouona fada, que proutegia lu fiansat, passant
un matin dapè d'una rosa audia lou siéu noum prounounsat
da tres goûta tremoulanti.
Ela s'avesina e s'assetant dintre dôu couor de la flou,
demandet :
— Que mi voulès, brihanti goûta ?
— Venès, be l'Alba, résolve une questioun.
— Parlas.
— Sian très goûta venènt da diferenti sourça. Voulen
que nen digués la quala es la mai preciousa e la plus pura.
— Acheti, parlas, brihanti goûta.
Ea premiera goûta en tremoulant li diguet :
— Veni dai nebla auti, siéu fina dei gran' mar. Siéu naissuda dintre la gran océan, antic e poutènt. Après d'aver
bagnat li riba de touplen de pais, après estre estada sagatada da mile tempesta, la nebla m'a surbida. Siéu anada
fin soubre de li autessa doun brihon li estela, pi m'abisseri
au mitan dei uiàu e dôu tron dintre lu flot su lu quai mi repauvi. Representi la Mar.
— Toca à tu, brihanta goûta, diguet la fada à la segounda.
— Iéu siéu estada la rousada, que nourrisse lu lis, siéu
la souore dei clar de luna, fiha dei nebla que s'ausson quoura
la nuech pouorge lou siéu vêle soubre de touta la natura.
Representi lou crepuscul dôu matin.
— E vous, diguet Alba à la plus pichouna ?
— Iéu, ai minga de valour.
— Parlas, doun venès ?
■—■ Dai uès d'una fiansada. Siéu estada lou sourire, l'espoir, pi l'amour, aura siéu devenguda lagrima.
Ei autri, couma pensas, souta.capa riion de la pichouna
goûta. Ma Alba, durbènt lu bras, l'estregnet emé gran couor.
— Aquesta es la plus preciousa e la mai pura.
— Ma iéu, siéu estada la Mar !
— Iéu l'Atmosfera.
— Es ver, brihanti goûta, ma aquesta siguet lou couor,
e Alba s'envolet en l'azur embé l'umbla pichouna goûta.
d'après Rosalta Sandoval.

�95

MONACO ET MONTE - CARLO

Sur la mer scintillante où dardaient ses regards,
De la plus haute tour à frange sarrasine,
Le guetteur vit les nefs qui couraient la rapine
Et fouilla la campagne, où rôdaient les pillards.
Sur son rocher hautain, étreint de ses remparts,
Le fief pleura souvent ses vergers en ruines,
Dans la haine et l'effroi des hordes assassines,
Hurlant l'assaut, quand leur chef lève l'étendard.
Mais le fief, aujourd'hui, semble comme un caprice,
Avec ses vieux canons, ses remparts et ses forts,
Ennuyé sur son roc, qu'isole un précipice.
Autour du temple éblouissant du Dieu de l'Or,
Sous le Burg, qui n'a plus à craindre aucune injure,
A jailli la cité de Jeux et de Luxure.
Jean CAPATTI.
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ceremounia de respouondre à un discours en latin; ma couma
noun sabia aquela lenga, s'en pihet ensinda :
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venès de mi parlar en latin, e iéu vau vous respouondre en
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QUATRE-TÈMS

Noumbre d'or...
13
Mars
Epato (Grégori)
Il
Jun
Cicle soulari
17 Setèmbre
Endicioun roum
10 Desembre
Letra doumenicala
G F
LI QUATRE

8,
7,
20,
20,

10
9
22
22

e
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11
10
23
23

SESOUN

Lou printèms coumença lou 21 mars
L'estiéu
—
— 22 Jun
L'autoum
—
— 24 sept,
L'iver
—
— 22 dés.

à 6.55 m.
à 2.36 m.
à 5.18 m.
à 11.53 m.

dôu sera
dôu sera
dôu matin
dôu sera

FESTA MOUBILI

Septuagesima... 12 Fébrié
Cendre
21 Febrié
Pasca
7 Abrieu
Rougacioun 21, 22, 23, 24 Mai
Ascensioun
16 Mai

Pantecousta
Trinità
Festa de Diéu
1" Dimenegue de
Ie* Desémbre

26 Mai
11 Jun
15 Jun
l'Avènt

LU ESCLISS!

Souliu.

—

ij Abriéu. — Esclissi annulari e coumplet visible

à Paris, en America, en Europa et dintre lou N.-O. de l'Africa.
Coumençamen de l'esclissi à 10,01 dôu matin ; finisse à 1,08
dôu sera.
10 Otitoubre. — Esclissi coumplet invisible à Paris, visible
dintre l'America dôu Sud.
Luna. — 1" Abrièu. — Esclissi parciella visibla à Paris. Entrada de la luna dintre l'oumbra, 9.26 dôu sera; sourtida, 11.03
dôu sera.
26 Setèmbre. — Esclissi parciella, invisibla à Paris, visibla
dintre l'Océan Pacifique.

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�LU

VÉNT

Lu vènt que souflon à Niça, dintre lou cours de l'armada,
soun au nombre de 16. Vequi li siéu denouminacioun courènti,
pihadi, en general, dai loucalità dei quali parèisson vèni :
Sud
Miejon
Nord... Tramountana
S.-S.-O. Miejou Lebech
N.-O.-E. Grek Tramountana
S.-O
Lebech
N.-E... Grego
O.-S.-O Pounèut Lebech
E. N .E. Levant
Ouest. Pounènt
E.-N.-E. Levant
O.-N-O.V Pounènt Maistràu
E.-S.-E. Levant
N -O . Mastràu
S.-E.... Siroco, vènt marin
N..-N. OMaïstràu Tramount
S.-S.-E.. Miejou Siroc

6
15
25
14
31
24

VIGÍLIA — JEUNI
Abriè
(Pasca, 7 Abrièu).
Mai
(Ascensioun, 16 Mai).
Mai
(Pantecousta, 26 Mai).
Avoust
(Assoumpcioun, 15 Avoust).
Outoubre (Toui lu Sant, Ier Nouvembre).
Desembre (Calena, 25 Desembre).
L'AN NADA RELIGIOUSA

LI FESTA MOUBILI E LI FESTA FISSI
Janvt'è
jYlars
1 Circouncisioun.
1 e 2 Quatre Tèms.
6 Epifania (lu Rei).
3 Reminiscere.
13 Bateja de J.-C.
10
Oculi.
14 Sant Noum de Jesu.
17 Lœtare.
fébrié
24 Passioun.
2 Puriflcacioun.
29 Li 7 Doulou.
4 Setuagesima.
31 Lu Rampàu.
6 Festa de la Pr. de N. S.
11 Sexagesima.
Jîbriéu
13 Coum. de la Passioun.
5 Divendre Sant.
18 Quinquagesima.
7 Pasca.
21 Cendre.
14 Quasimodo.
25 Quadragesima.
28 Patrou. de San Joúsè.
28 Quatre-Tèms.

�Setembre
3 Inv. de la Santa Crous.
13, 14, 15, Rougacioun.
16 Ascensioun.
26 Pantecousta.
29-31 Quatre-Tèms.
1
2
6
9
21
24
29

Quatre-Tèms.
Trinità.
Festa de Diéu.
Festa dôu S. Sacramen.
Sacrat-Couor de'jesu.
Natività de S. jouan-Bat.
SS. Peire e Paul.

8 Natività de la Vierge.
14 Esaltacioun de la Crous.
15 N.-D. dei 7 Doulou.
15 San Noum de Maria.
18, 20, 21, Quatre-Tèms.
29 Dédie, de S. Miquèu.

Ôutoubre
6
13
20
27

Sant Rousari.
Maternità de la Sta Vierge.
Puretà de la Santa Vierge.
Patrounage de la S. Vierge.

J/ouvembre

Juliet
2 Visitacioun de la S. V.
7 Precious Sang.
16 N.-D. dôu Carme.

Jîvoust
6 Transfiguracioun.
15
18
25
25
29

Assoumpcioun.
S. Joachim.
S. Couor de la Vierge.
S. Louis.
Decolac. de S. Jouan-Bat.

1
2
3
21

Toui lu Sant.
Lu Mouort.
Santi Relíquia.
Present, de la Sta Vierge.

2&gt;esembre
1 Avent.
8 Imaculata Councepcioun.
18, 20, 21, Quatre-Tèms.
25 Calena.

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DÉCIMALISATION

DU

TEMPS ET DES

ANGLES

LA MONTRE DÉCIMALE
Par J. de REY-PAILHADE, président du Comité
pour la propagation des méthodes Décimales.
Le Club Nautique de Nice a offert plusieur fois en prix des
montres décimales aux régates'de 1909. Il était utile de décrire cet instrument, d'y joindre des tables pratiques et des
formules à l'usage des ingénieurs, des sportsmen, des médecins, etc. etc.
DÉCIMALISATION DES ANGLES •
Il est aujourd'hui démontré que la division décimale du
quart de cercle facilite tous les calculs.
Les nouvelles cartes géographiques sont graduées exclusivement dans ce système, devenu officiel en France et dans
d'autres pays. On possède toutes les tables pratiques nécessaires à son essai courant. Nous ne nous étendrons pas
davantage sur cette méthode aujourd'hui enseignée dans les
lycées et collèges.
Nous rappellerons seulement que M. l'amiral Germinet,
membre d'honneur du C. N. N., sous la direction duquel on
fit en 1899 et 1900 des essais de navigation avec un matériel
entièrement décimal, a émis un avis très favorable à la
réforme décimale.
DÉCIMALISATION DU TEMPS
La division décimale du jour décrétée le 4 frimaire an II
rendra aussi de grands services à la science et aux sports.
Principe. — On divise le jour entier en 100 parties égales
appelées cés ; le cé est subdivisé en décisés, ceniicès et millicés
Le cé vaut 14m 24s ou 1T4 d'heure environ ; le décicé est égal
lm 26s 4 ou lm Ij2 environ ; le millicé vaut 0S 864 ou 9T10 de
seconde environ.
Concordance des Temps. — On parvient assez vite à dire
instantanément l'heure à 1 ou 2 minutes près en regardant le
cadran d'une montre décimale. Il suffit d'apprendre par cœur
les concordances décimales de toutes les heures.
0,0
0
50,0

4,2
1
54,2

8,3
2
58,3

12,5
3
62,5

16,7
4
66,7

20,8
5
70,8

25,0
6
75,0

�25,0
6
75,0

29,2
7
79,2

33,3
8
83,3

37,5
9
87,5

41,7
10
91,7

45,8
11
95,8

50,0
12
100,0

Les heures sont au milieu, les concordances des heures
du matin en haut, celles du soir en bas. Ainsi 10 heures du
matin valent 41.7 cés (énoncer 41 cés 7 décicés) et 10 heures
du soir valent 91,7 cés.
Gomme 1 cé vaut presque lj4 d'heure et un décicé une mi •
nute 1]2 ; en partant des concordances du tableau, on dit
l'heure instantanément, ainsi 39,9 cés valent 9 h. 36 m. du
matin. Un ou deux jours suffisent pour atteindre ce résultat.

Description de la montre décimale ou cémètre. — Il y a 3
aiguilles centrales se mouvant sur un cercle divisé en 109
parties égales, numérotées de 0 à 9. Le 0 cé est en bas, c'est
l'origine des temps, car on suppose la Terre au centre du
Cadran.
L'aiguille dorée avec un soleil ne fait qu'un tour par jour ;
l'aiguille épaisse en acier bleu tourne 10 fois par jour, et la
trotteuse fine fait 1000 tours par jour.
L'aiguille-soleil montre la position de l'astre du jour par
rapport au méridien de Paris, qui va du centre au chiffre 5.

�10 —
Les quatre traits bleus indiquent les positions de cette aiguille
à minuit en bas sur 0 ; — à tì h. du matin au milieu entre 2
et 3 ; — à midi, en haut, sur le 5 ; — à 6 h. du soir, entre 7
et 8.
L'aiguille dorée du soleil indique le chiffre des dizaines
de cés, 2 sur le dessin ; l'aiguille épaisse donne d'abord le
chiffre des cés, 6 sur le dessin, et en comptant rapidement à
l'œil le rang de la division entre 6 et 7, on voit, que cette aiguille marque 3 décicés. Le temps du dessin est donc 26,3
cés correspondant à 6 h 20 m. du matin environ. L'aiguille
trotteuse donne les millicés 83. Le temps est donc 26,383
cés.
» Pour la vie courante, on n'a pas besoin d'aller au delà du
clécicé. On lit les milticés pour les applications scientifiques
et sportives.
Le temps en millicés lu sur le cêmèire facilite tous les calculs, car on n'a jamais de réductions à faire.
Examinons le problème des vitesses a l'heure : Les millicés multipliés par 0,00024 donne des heures et fraction décimale d'heure. Ainsi Ì2345 millicés valent 12,345 -f- 24 =
2 h. 9628.
Par conséquent si L est la longueur parcourue et M le
temps en millicés, la vitesse est

ou t

+ 4166,66...

Ces quelques exemples démontrent que la montre décimale simplifie tous les calculs sans exception.
Les rapports de MM. les délégués officiels aux essais de
la montre décimale faits à Nice, par le Club Nautique, le 26
février 1911, concluent unanimement à la supériorité de cet
instrument pour les usages scientifiques et sportifs.
M. Prim, astronome à l'Observatoire de Nice, représen
tait M. le \iinistre de l'Instruction publique.
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JANVIE
P.
P.
D.
N.

Q,
L.
Q.
L.

lu 8, à 7
lu 14, à H
lu 22, à 7
lu 30, à 10

SOULÈU.

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20
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L. 8 14' — C. 4 42'

dil. Jou de V An

P. Q.
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1
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dim. S. Pèire
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dim. S. Guiermo
10
dij S. Teodose
11
div. S. Arcada
12
dis. Sta Verònica
13
Dim. S. Ilari
14
dil. S. Maurici
15
dim. S. Ounourat
16
dim. S. Antoni
17
dij. Sta Angela
18
div. S. Sulpici
19
dis. S. Bastian
20
Dim. Sta Agnesa
21
dil. S. Vincènt
22
dim. S. Raymound
23
dim. Sta Jacinta
24
dij. Conv. de S. Pàu
25
div. S. Poulicarpa
26
dis. Sta Devota
27
Dim. Sta Paula
28
dil. S. Francès S.
29
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TRIMESÏRÍ;

Macari
Genevieva
Tita
Simeoun

dim. Sta Marfina
dim. S. Peire N.
En Janvié
Lou païsan n'a ren

lu 6, à 4 oura 28 s.
lu 13, à 11 oura 38 m.
lu 21, à 4 oura 44 ui.
- L. 7 49' - C. 5 30'

dij. S. Ignaci
div. La Candeliera
dis. S. Blasi
Dim. Setuagesima
dil. SS. Vinc.Oronte
dim Sta Agata
dim. Sta Dorotea
dij. S. Romuald
div. S. Jouan-Matha
dis. Sta Apoulounia
Dim. Sexagesima
dil. Sta Eulàlia
dim. S. Gregori
dim. Sta Eufrasia
dij. S. Onesime
div S. Dounat
dis. S. Simeoun
Dim. Quinquagesima
dil. S. Gabin
dim. Dimars-Gras
dim. Li Cendre
dij. S. Silvan
div. S. Maxime
dis. S. Pascase
Dim. Quadragesima
dil. S. Nestor
dim. S. Leandri
dim. Sta Nourina
dij. S. Nymphas

Plueia de febrié
A la terra vau fumiè.

ZDéSTU-S-bez

NICE

MARS
N. L.
P. Q.
P. L.
D. Q.
N. L.
SOULÈU

1
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lu 15,
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7

1 oura 31 m.
0 oura 02 m.
0 oura 59 m.
1 oura 26 m.
1 oura 38 s.
01' — C. 6 13

S. Eudoxia
S. Simplici
Reminisceri
Sta Cunegonda
S. Casimir
Sta Coleta
S. Jouan de D.
Qaatre-tèms
Sta Margarida C.
Ocali
S. Euloge
S. Gregori
Sta Eufrasia
Sta Matilda
S. Acepsima
Sta Gertruda
Lœtari
S. Apien
S. Jôusé
S. Joachin
S. Lea
S. Turibe
S. Armentari
La Passioun
Anounciada
S. Emanuèu
S. Jouan d'Egt,
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SOULÈU.

1 dil.
2 dim.
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13, à
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—

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L. 6 06'

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37 s.
31! s.
25 s.
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S. Ugo
S. Franç. de P.
S. Richard
Dijàu Sant
Divèndre Sant
Dissata Sant
Pasca
S. Albert, ev.
S. Azada.
s. Isidoro
s. Leoun
s. Juli
s. Justin
Ouasimoi/ii
Sta Anastasia
S. Frutuous
S. Rodolfe
S. Maxime
S. Anselme
S. Teodoro
S. Adalbert
S. Fidèle
s. Jorgi
s. Marco
s. Clet
s. Antime
s. Aimé

s. Roubert
Sta Catarina d. S
SS. Philip. ,Jacq.

Pichouna plneia d'Abriéa
Bouona récolta pèr l'csliéu

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SOULÈU.

TRIMÍÎSTRÈ;

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lu 13, a 7 oura
lu 21, à 10 oura
lu 28, à 7 oura
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C. 7 29'

1 dim. SS. Félip. Jaq.
2 dij. S. Atanase
3 div. In.d.l. Sta Crous
4 dis. SS. Sindonis
5 Dim. S. Pio, papa
6 dil. S. Jouan D.
7&lt; dim. S. Peire
8 dim. s. Gregori N.
9 dij. s. Antounin
10 div. s. Isidoro
11 dis. s. Bounifaci
12 Dim. s. Jouan lou S.
13 dil. s. Pouon, m.
14 dim. s. Pacomo
15 dim. s. Sta Denisa
16 dij. Ascensioun
17 div. S. Pascaù
18 dis. S. Teodoto
19 Dim. s. Pèire C.
20 dil. s. Felis.
21 dim. s. Bernardini
22 dim. s. Julia
23 dij Rogaeioun
24 div. s. Vincen, d. L.
25 dis. S. Urbin
26 Dim. Pandecousta
27 dil. S. German
28 dim. S. Cirile
29 dim. Sta Petronïa
30 dij. S. Sylve
31 div. S. Justin
Au mes de mai
Longui semana

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P.
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L.
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lu 3,
lu 11,
lu 19,
lu 26,

SOULÈU.

1
2
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19 dim.
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23 Dim.
24 dil.
25 dim.
26 dim.
27 dij.
28 div.
29 dis.
30 Dim.

—

à 11 oura 4 s.
à 10 oura SI s.
à 9 oura 51 s.
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2 oura 20 s.
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S. Potin
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Festa de Dieu
S. Lié
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Sta Margarida
S. Barnabe
S. Antoui de P.
S. Basilio
S. J.-F. Régis
S. Moudeste
S. Lambert
Sta Olga
S. Gervai
Sta Juliena F.
S. Louis de G.
S. Paulin
Sta Maria d'O.
S. Jouan-B.
S. Prousper
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S. Cresen
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dim.
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S. Thierry
Vierg.de li Gracia
S. Anatole
S. Pèire de L.
S. Sisoès
S. Elie
Sta Babeta
S. Efrein
Sta Felicita
S. Pio
S. Jouan G.
S. Gene
S. Jaque
Festa Naciounala
S. Enri
N.D.d.M. Carmel
Sta Marcelina
S. Frederic
S. Vincen de P.
Sta Margarida
S. Vi loiSta Maria-Mad.
S. Apoulinari
Sta Cristina
S. Jaque
Sta Anna
S. Pantaleoun
S. Samsoun
Sta Marta
Sta Giulieta
S. Gnaci de L.

Au mes de Juliet
Ni frema ni coulé.

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I1. Q. lu 2, a 0 oura 29 m.
P. L. lu 10, a 3 oura 58 m.
D. Q. l»i 17, a 1 oura 1.1 s.
N. L. lu 21, a 5 oura 14 m.
IV Q. lu 31, &amp; 5 oura 21 s.
souLÈu, —1.5 or -j&gt;. 8 or

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S. Pèire-aï LS. Alfonso
Inv. de S. Estève
S. Domenica
N. D. dei Nèu
Trausf. de J. C.
S. Gaétan
Sta Batilda
S. Camila d. L.
S. Là u ren
S. Septima
Sta Clara
Sta Filoumèna
S. Ousèbi
Asoumpcionn
S. Roc
S. Mamès
Sta Elena
S. Ipoulita
S. Bernar
Sta Chantai
S. Pio V
S. Filipe B.
S. Bartoumiéu
s. Louis, r. F.
s. Seg'oundo
s. Cesari
s. Goustin
s. Mederic
Sta Rosa
S. Fiacre

F.n . ivoast
Figa e moust

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D. Q. lu 15, a 6 oura î&gt;l
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P. Q. lu 30. a 0 oura 08
SOULÈU. - - 1. 5 47V— c.

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S. Gili
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S. Oumer
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S. Janvié
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S. Jeromo

Lima setembrina
De mai clarina

MOT »

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TRIMESTRE

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D. Q. lu 43,
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4 oura 48
8 oura 20
9 oura 49
2 oura 42
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1 dim. Rosari
1 div. Tout lu Sant
2 dim. S. ■ Léger
2 dis. Eu Mouorl
3 dij. S. Rosari
S. Ubert
4 div. s. Francès d'A. 43 Dim.
dil. S. Carlo B.
5 dis. s. Placido
5 dim. Sta Bertila
6 Dim. s. Bruno
6 dim S. Leounar
7 dil. s. Serge
dij. S. Nestou
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8 dim. Sta Reparada
8 div. Lu Quatre Incou.
9 dim. S. Denis
9 dis. S. Teodore
10 dij. s. Francès B. 10
Dim. S. Jacintou
11 div. s. Tarasco
11 dil. S. Martin
12 dis. s. Counrad
12 dim. S. René
13 Dim. s. Edouard
13 dim. s. Stanislas
14 dil. s. Calisio
14 dij. S. Pantena
15 dim. Sta Teresa
15 div. Sta Gertruda
16 dim. S. Ospici
16 dis. S. Edme
dij.
17
Sta Edvija
17 Dim. S. Gregori
18 div. S. Luc
18 dil. S. Alfè
19 dis. S. Pèi re
19 dim. Sta Babeta
20 Dim. S. Agrico)
20 dim. S. Edmon
21 dil. Sta Ursula
21 dij. Présent, de la V.
22 dim. S. Filip
22 div. Sta Cecilia
23 dim. S. Teodoret
23 dis. S. Clemen
24 dij. s. Mairloire
25 div. ss. Crespin-Cr. 24 Dim. Sta Flora
26 dis. s. Jouan de K. 25 dil Sta Catarina
26 dim. Sta Pel fina
27 Dim. s. Frumence
27 dim. S. Maxime
28 dil. s. Alfredo
28 dij. S. Sostène
29 dim. s. Narcisse
29 div. s. Saturnin
30 dim. s. Marcel
30 dis. s. Andrièu
31 dij. s. Siri
En ùuloubre
\loii ponorc goûta loti rùare

Tonssan ientra
St A n'driéu lou souorte

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DESÈMBRE

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9 dil.
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11 dim.
12 dij.
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14 dis.
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16 dil.
17 dim.
18 dim.
19 dij.
20 div.
21 dis.
22' Dim.
23 dil.
24 dim.
25 dim.
26 dij.
27 div.
28 dis.
29 Dim.
30 dil.
31 dim.

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6 oura 46 s.
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Sta Bibiana
S. Francès X.
Sta Barba
S. Bassi
S. Nicola
S. Anbrosi
Imac. Conception
Sta Leoucadia
Sta Eulàlia
S. Damase
Sta Rosélina
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S, Niçoise
S.
S.
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Mesuiin
Adon
Olimpíada
Gatien
Ciprian
Filogone
Tournas

S. Onourat
Sta Vitòria
Cacha-fuec
Calèna
S. Estève
S. Jouan
SS. Inoucent
Sta Eleonora
S. Sabîn
S. Sàuvestre

Calena aufuec,
Pasca àu j'aèc.

sin -

GRANDE MARQUE RECOMMANDÉE

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�- 17

-I

CROUNICA NIÇARDA
L'ABADÏA DE SAN POUON.— L'ABAT RANCE-BOURREY.
GLOFFREDO.

—

—

PÈIRE

A PREPAU DOU DIALETE NIÇART.

Ben qne pareissènt tardié, VArmanac Niçart s'empressa de
pourtà la siéu febla vous su tout cen que enteressa lou païs, sigue
au pounch de vista istoria loucala, pouesia, tradicioun, sigue
tamben su la taquinanta questioun dóu dialete niçart souvenri
fès pauvada e su la quala lu escritour mouderne soun luen d'estre
d'acordi.
Parlerai finda de M. l'Abat Rance-Bourrey, un beneditin qne
despi quauque an en ça mete à prouflt la siéu erudiciou n a nen
revelà de fach d'istoria inedieh. Se quauqu'un mérita d'estre
laudat es ben éu ; es en éu que VArmanac Niçart tressa la
pamoula de sapiença. En esprimant la nouostra recounouissença,
à l'Abat Rance-Bourrey, fen cen que touplen an denembrat,
vouoli dire de courounà lu siéu travail, frucha de ben de recerca,
dai quali obra sian fier d'avé prestat la prima ajuda. Pouden cità :
lou Discours sur le Monastère de Sainte-Claire de Nice, par Honoré
Pastorelli, publié d'après l'édition originale de Turin 1608, avec
une introduction et des notes ; — "Le Général J.-B.-M. D'Anselme" (Notices biographiques (1740-1792). E aquest'an
l'istorien nen douna — toujou de prima man — YExpulsion de
Mgr Valperga, evesque de Niça, au tèms de la Revoulucioun,
travail anoutat de peça curiouvi que sian urous de pouder metre
souta lu uès dei nouostre letour.
*
* *
Lou fach de l'annada, lou mai marcant, es estat aquéu de
l'Abadïa de San Pouon. Parlon de tout destruge pèr li basti an
siéu luec un espitau Pasteur... UArmanac Niçart es pas Penemic
dóu prougrès, ni men encara dei Bei-Art, ma si fa lou pious dever
de jougne lu siéu esfouors en aquelu dei siéu councitadin quo
l'istoria dóu passat passiouna, pèr que l'Abadïa de San Pouon
sigue counservada e classada couma mounumen istorique. En la
circonstança feliciti M. l'Abat Rance-Bourrey que mé rasoun s'e.s
demoustrat l'ardènt defensour autourisat que counouissen. La
siéu paràula es estada escoutada e lou Préfet de li Alpa-Maritima,
8

'

�— i8 M. de Joly — respetuous dei nouostri tradicioun — en ortie
avertit a proumès que l'Abadïa de San Pouon seria respetada e de
lèu si crusià pèr lou siéu classamen tra lu mounumen istorique.
Dóu resta vequi ce que l'Abat Rance Bourrey nen di su San
JPouon. Counsignen religiousamen li siéu paràula :
« L'Abbaye de Saint-Pons est le plus ancien monument relitgieux existant dans le Comté de Nice. Il y a dou^e cents ans que
sSiagrius y fonda un monastère. L'histoire de ce monastère est
jintimement liée à l'histoire religieuse, civile et économique de la
iville de Nice.
;
« Ce fut à Saint-Pons qu'en 1388 fut'signé l'acte réunissant
le Comté de Nice au Comté de Savoie. Les abbés de Saint Pons
ifurent pris dans les principales familles du Comté : les Badat, les
tLaugery, les Provana, les Lascaris, les Grimaldi, les Martelli, les
;Tournefort, etc. Plusieurs évêques de Nice furent abbés de Saint[Pons, en particulier Barthélémy Chuet (fin du xve siècle) et Jean
, Uriole, son successeur. Un autre abbé, Claude de Seyselle, fut
,évêque de Marseille, puis archevêque de Turin ; d'autres furent
cardinaux, tels Innocent Cibo, neveu d'Innocent VIII et de
f
;Léon X, et Paul Medeci de Cesis dont on voit encore l'inscription
(funéraire à Sainte-Marie-Majeure, à Rome.
:
« A la fin du xvir siècle, l'abbé de Saint-Pons était Pierre
•Gioffredo, le savant historien niçois. Enfin, un abbé de SaintiPons dont les Niçois n'ont pas encore perdu le souvenir, était
(l'abbé Spitalieri de Cessole qui a doté sa ville natale d'un établissement de bienfaisance si justement apprécié. La plupart des
pbbès de Saint-Pons et plusieurs évêques de Nice ont été enterrés
dans l'église ou sous le cloître et dorment aujourd'hui confondus
avec les moines leurs frères qui depuis dix siècles y sont enterrés.
« Les monuments funéraires ont disparu. Le temps a tout
(nivelé à Saint-Pons, singulièrement aidé cependant par la main
ides hommes. On connaît les dévastations commises par
Iroupes de François Ier et de Barberousse, plus tard par celles d
Catinat et par d'autres encore. Après chaque désastre, SaintPons a retrouvé une nouvelle vitalité et il y a à peine trois quarts
de siècle que Mgr Galvano y a fait d'importantes réparations.
;
« Saint-Pons n'est pas seulement une page de l'histoire de
notre pays, c'est un gros volume de cette histoire ; les Niçois
laisseront-ils dire qu'ils sont restés indifférents devant le danger
qui menace Saint-Pons ? Non, ils feront tous leurs efforts pour

�— 19 -

sauver de la destruction un monument qui doit leur être cher...
Je demande d'urgence le classement de l'Abbaye de Saint-Pons,
c'est-à-dire de l'Eglise et des bâtiments claustraux, comme monument historique. »
Lou councours de YArmanac Niçart es aquist. Emé fiertà e
au près de touplen de sacrifici faren respetà l'istoria dóu passat,
la lenga e lu escrich dei orne qu'an ilustrat lou nouostre bèu
pais.
*
* *
Despi quauque tèms, — maladia que reven per intermitença,
— la gran questioun de la grafia niçarda, de l'ourtougrafa, es
messa su lou tapis. De letra soun estadi publicadi, d'autri lou seran, e cresi qu'après ben de charra pèr dire pas gran cauva de
nóu, quasi dirii pèr predicà dintre lou Desert, noun restera
d'aquela discussioun, — Favén déjà coustatat, — pas gran cauva,
ren!... Cadun escrèu à la siéu moda seloun l'esprit dóu moumen,
e serii ben curious de counouisse aquéu que vendria nen dità
une metoda en nen dïen : « la mièu maniera d'escrièure lou
Niçart es la bouona». Discussioun scientifica que pòu passiounà
quauque lenguista, pas mai ; lou mihou es d'escrèure seloun li
letra ditadi pèr la prounouncia. Lou talènt pèr aquéu qu'escrèu
es de si laissà liège, de si faire acapi. Es qu'en en un entan que
frecuenta l'escola primària poudès li demandà autra cauva ?...
Perta de tèms que tout acò, vourria mai s'engenià à recercà lu
viei mot, espressioun, loucucioun courenti que la pous dóu tèms
a rabaïat, dounà au nouostre bèu dialete la coulou que dèu avè,
en respetant lu emprunt que pouden avè fach sigue à l'Italian, à
l'Espagnòu o à tout autre...
Un dialète noun dèu pas estre une lenga scientifica, encara
m en noun còu avè la pretencioun que sigue ouficiela, seria temerari ; lou dialete d'un païs dèu refletà lou caratere d'un'epoca que
lou tèms dèu respetà, enfin escrèure gramaticalamen, un noun
empedisse l'autre, e laissà à l'esprit, au goust lou coumplemen
d'un stile ouriginal, en de frasa councisi que flaton i'auriha.
Aquí fermi la discussioun, risqui de perdre la civada... l'an
que ven, se Diéu mi presta vida, v'en dirai d'autri e couma
d'usança que mi sigue permès de la vous souvetà : Bouona e
uroûva !
L'ARMANAC

NIÇART.

�20 —

LA CIGALA DOU BOUON DIEU
Una cigala dóu Bouon Dieu
Tout l'estiéu
E l'iver en la chambreta, —
L'aiguesias vista la lebreta ! —
Noun vivïa que d'amour
S'assetava su l'ounour;
La cigala cantarela,
Vau chanja de clientela,
Noun es courta d'amatour,
Que li viron tout au tour !
Ma l'ancien de la cigala,
De gros mot ven que s'embala ;
En l'auriha de la maire
Li ven tout aquéu bousin,
Que deja toui lu vesin
Sabon lou long de l'afaire
— Cenqu'as fach m'au tiéu tip ?
Di la maire enrabiada...
Bella Vierge encourounada !
Sera au mancou m'un bouon rie!!...
CH. CIAUDO

PROUVERBI, BOUOI MOT, COUNSÉU E DICH
Tèms d'iver noun ti fidar.
Lu màu dei enfan si garisson soulet.
Cau naisse pèr estre bèu, si maridar pèr estre rie, e mouri
pèr estre brave.
Per aver de raïn, eau caressar la souca.
Agnèu naissut
Vau un escut.
Dansa mihou ventre plen que rauba nova.
L'oumbra dou mèstre engraissa lou cavau.

�LOU MAGOT DE BERTOUMIÉU ISSUGA
O BEN

UNA RAISSADA DE MACAROUN
Conte menloanasqae trouvât dintre d'un armori
de ma nana e que /'Armanac Niçart es tirons de
transcrièure en niçart à Ventencioun dei sièu
fidèle lotour et lelrissa.

Bertoumiéu Issuga, mentounasque de viéia roca, abitava en
coumpagnia de sa mouhié, en carriera dóu Paumoulié. La siéu
frema, malurousamen, era sirnplaria e faia lou siéu desespoir.
Cada matin Bertoumiéu, avant de s'en anà au travail, li recoumandava de noun faire de bestialità. Cou vous dire que toui lu
dissata lou nouostre ome metia en un'armari pertuat dintre la
muraia lou gagne de la semana.
— Bertoumiéu ! pèr qu seria tout aquel argen, demandava
Marioun au siéu marit.
— Es pèr Madjou-long, castagnassa !
*
* *
Un jou Bertoumiéu partet pèr anar à la siéu campagna ;
devia même li restar doui ó très jou pèr souïnar e arousar lu
citrouniè. Marioun souleta matin e sera, s'assetava su lou banquet de la pouorta e faïa de bas... Un predinà veguet un ome
de statura mai que mejana, couma si di, un gran carcan. La
frema de Bertoumiéu lou fissa sensa parpelear, pi pihada d'un'
idea, li diguet :
— Moun bèu Moussu, sias bessai vous Madjou-long ?
Lou merlo pita e noun s'en laissa dire autre, léu li
respouonde :
— Noun vous troumpas pas, bella bruneta, sièu ièu Madjoulong !... Ma perqué mi faire tala demanda ?
Perqué ?... dou moumen que sias Madjou-long, intras su lou
cóu. Li a ja pas mau de tèms que moun marit a mes d'argen
amagat pèr vous...
E sensa mai de ceremounia li remeté lou mandiou dintre lou
quai lu sóu eron groupât. L'ome remercia e la s'esbigna lèu.
♦

* *

�Lou sera, Bertoumiéu arriva, la sièu mouhié li di.
— Sabes, ai vist ancuei Madjou-long !
E l'ome de cridar :
— Malurousa ! — m'en a fach encara una 1
Courre à l'armari, lou mandiou e Pargen, mouis !... Issuga
blastema pica dai pen, es décidât de si desiaire de la siéu frema
Lendeman, dóu téms qu'aissesta durmïa, li cuerbe lu uès emé de
pega de sabatié, pi la pihant pèr la man, la mena dapé dóu CapMartin. Arrivât aqui, Bertoumiéu fa mountar Marioun su d'un
nouguié el'abandouna. La paura, bòrnia, noun sabia doun si
trouvava, ni men encara ce que poudia faire.
En aquéu fra-tèms doui voulur venon s'assetar souta
l'aubre ; après aver abrat quauqui branca sequi pèr s'escaufar, pi
si meton à cuentar lou siéu argen.
La calou faguet delegar la pega que curbia Puès destre de
Marioun e aissesta de cridar :
— E d'un !
Lu voulur, d'estuc, s'isson d'emblée.
— Qu'es acó, diguet l'un.
— Un matagan, faguet l'autre.
La calou seguia á faire lou siéu efet pau à pau durbia Puei
senec.
— E de douî, diguet Marioun.
Dóu cou lu voulur escapon, laissant Pargen espantegat soubre
Perba.
Marioun coumença à li veire clar, cala da l'aubre e ramassa
Pargen, pi lèu s'en camina vers maïoun...
Lou sièu marit, pensierons, era assetat dapè dóu fuec, s'escaufant, fumant la sièu pipeta emé beatituda...
— Bertoumiéu !... o Bertoumiéu !... duerbe-mi, siéu iéu,
Marioun...
— Vai au diàu que ti pihe... ièu que cresii de m'en estre
despegouït...
Ma Marioun, toujou picava, un cóu noun asperava l'autre...
L'ome fenisse per li durbi...
— Ten ! regarda cen que ti pouorti.. . e Marioun pauva lou
sac su lou toulié. ..
Bertoumiéu, entartugat, cuenta Pargen e réfléchisse ; — Marioun es simplaria e deman la vila saupra Pistoria de la fouré . ..
Cóu que Bertoumiéu si dispegouïsse pèr empedi li marridi lenga
de bavar...

�— 23 —
Si mete la vesta, lou capèu e souorte fermant la pouorta i..
Faïa nuech dintre la carriera, ma sensa pena s'encamina
vers una boutiga e croumpa pèr mai de dès kilo de macaroun...
Ientra au sièu e di à la sièu mouhié de si metre au liech.
En tant que Marioun durmïa, Bertoumiéu fa bui lu macaroun, pi lu espantega su lu aubre dóu jardin... Lendeman de
matin la siéu frema, desveiada, si mete à la fenestra...
— O ! Bertoumiéu ! Bertoumiéu ! Vene un póu veire!... O
trest ! vè, a plougut de macaroun !...
— O vai fantauma !... n'as toujou una. .. Ten ! ten !... ma
es ver !...
*
* *

A quauque tèms en ça, Bertoumiéu l'avia previst, Marioun
countet à toui que lou siéu ome noun li picava plus, despi lou
jou qu'ela li avia pourtat de sac plen d'escut...
Lou juge aiguent audit parlar de l'afaire, mandet sounar
Bertoumiéu devant lou tribunal ; la siéu mouhié era estada
citada couma testemoni.
Lou juge. — Bertoumiéu, sias acusat d'aver gardât d'argen
que noun era vouostre.
— Iéu !... Ma moussu lou juge, lou negui ; sièu couma
sabès un travaiadou.. .
E Marioun de dire.
— Noun negar, Bertoumiéu, sabés ben qu'es ver ; es iéu en
persouna que t'ai pourtat la mouneda, qu'avii trouvât en la
fouré.. .
Lou juge. — Anas brave ome, noun negués.. .
— E quoura lou m'as pourtat ?... — Vous juri, Moussu lou
juge, que la miéu frema es fouola !...
— E lou sabes ben, Bertoumiéu, es lou jou que plouguet tant
de macaroun !
— Moussu lou juge aves jamai vist ploure de macaroun ?...
— Jamai ! moun beL amic respoundet lou juge que si tenia
lou ventre dóu rire — Amie, vèu que la vouostra frema es
fouola. .. sias aquitat !...
Bertoumiéu si retira emé Marioun... Noun aigueron plus
de disputa e vieugueron, pareisse urous e pèr longtèms !...
J. E.

�CANSOUN ANCIENNA

PÈR LOU

N'aurias pas vist la miêu fiha
Trin-trin
Lou galerin
A'aurias pas vist la miêu Jiha
Trois-wtrois
Le fils du roi
L'ai vista e l'ai baïada
Trin-trin
Lou Galerin
L'ai vista e l'ai baïda
Trois-trois
Le fils du roi.
Douna-mi la miêu fiha
Trin-trin
Lou galerin
Douna-mi la miêu fiha
Trois-trois
Le fils du roi.
Es aqnela la vouostra fiha
Trin-trin
Lou galerin
Es aqaela la vouostra fiha
Trois-trois
Le fils du roi.
La miêu fiha era pas lernia
Trin-trin
Lou galerin
La miêu fiha era pas lernia
Trois-trois
Le fils du roi
La miêu fiha era pas lua
Trin-trin
Lou galerin
La miêu fiha era pas lua
Trois trois
Le fils du roi.
N'es ni guercia ni poutinouva
Trin-trin
Lou galerin
N es ni guercia ni poutinouva
Trois-trois
Le fils du rois.

MAI

�La miéu fiha n'es pas borni a
Trin-trin
Lou galerin
La miêu fiha n'es pas bornia
Trois-trois
Le fils du roi.
Noun faïa pas belugueta
Trin-trin
Lou galerin;
Nonn faïa pas belugueta
Trois-trois
Le fils du roi.
La miêu fiha n'es pas emberrida
Trin-trin
Lou galerin
La miêu fiha n'es pas emberrida
Trois-trois
Le fils du roi.
La m iéu fiha n'es pas pigada
Trin-trin
Lou galerin
La miêu fiha n'es pas pigada
Trois- trois
Le fils du roi.
La miéu fiha noun es pas ranga
Trin-trin
Lou galerin
La miéu fiha noun es pas ranga
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha noun es pas louorla
Trin-trin
Lou galerin
La miéu fiha noun es pas touorta
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha n'es pas crouoada
Trin-trin
Lou galerin
La miéu fiha n'es pas croavada
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha n'es pas gibouva
Trin-trin
Lou galerin
La miéu fia n'es pas gibouva

�— 26 —
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha noun es foularana
Trin-trin
Lou galerin
La miéu fiha noun es foularana
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha n'es pas ingourda
Trin-trin
Lou galerin
La miéu fiha n'es pas ingourda
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha a pas lou peu de pi g nu
Trin trin
Lou galerin
La miéu fiha a pas lou peu de pig nu
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha noun es narvelouua
Trin- trin
Lou qalerin
La miéu ûha noun es narveloiwa
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha noun a la rougna
Trin-trin
Lou galerin
La miéu fiha noun a la rougna
Trois trois
Le fils du roi.
XXX.

PROUVERB1, BOUOI MOT, COUNSÈU E DICH
Qu duerme ben noun cregne li niera.
Qu vè pissar e noun pissa, crêpa de malícia.-'
Qu douna soun ben avan de mouri
Mérita de pati.
L'amour es lou paradis dei fouol.
L'amour es .la flou de la jouinessa.

�LA MOUORT DAU PAURE TOUNIN

Lou paure Tounin, malàut a setant'an, si presenta à l'espitàu
ma li respouondon que li a plus de plaça.
— Coumplet ! ! !
Quauqu'un li fa capi qu'em'un pau de proutecioun li pourria
intrar. Countrariat dei pas que cóu faire, Tounin vira lu taloun e
s'encamina vers la plaça Massena, piha lou tram, si rende da
Graugnard, à l'espitàu dei can, e li di :
— Moussu lou Veterinari, cresi d'estre un pau mai qu'un
can ?... En aquéu cas souîna-mi...
— Vous souînar aici, ma brav'ome perdés la testa. — Basta,
li di que n'a pas de liech pèrcourcar un crestian, que noun douna
de souin qu'ai bestia !...
Tounin, couma pensas, s'en souorte m'au couor gros e noun
sau plus à que sant si recoumandar. Era aqui au mitan dóu
camin, quoura en aquéu moumen arriba un landau, doun cala
una grossa dama, encapelada, aurias dich un ver foungi, segada
d'un varlet que pourtava religiousamen un can enfeloupat emé de
favour rosa au couol, tapat d'un tapis em'ai iniciala. En veèn
aquéu tablèu lou paure Tounin si lamenta, sangluta fouort.
— Qu'avès lou miéu brav'ome, li di la dama.
— Cen qu'ai Madama ?... trovi que lou vouostre can a mai
de chança que iéu. Li a cinquant-cinq an que travaii, pèr la premiera fès que siéu malàut, noun soulamen mi refuson à l'espitàu
dei estre uman, ma encara mi vèu picar la pouorta au nas èn
aquéu dai can.
— Quevoulès, lou miéu paur'ome, ai fach un vout de mimetre
à la Soucietà Proutetriça dei Animau, de pourtar touti li miéu
ecounoumia à la Caissa de secours pèr soulajar lou sort dei bestia.
Lou fau talamen ben, que vouguessi ben vous dounar un sóu
que pourii pas.
La dama li vira l'esquina e ientra couma un coupa-cisèu da
Graugnard. Tounin roumougna :
— Se ti veguessi en un cantoun ti dounerii mancou un gotou
d'aïga !... vièia sansuga !...
Tounin estrassinat, deble s'alonga un pau plus en là, su d'un
mouloun de peira. Quauqui oura après, couma soufrisia, n'ai-

�guènt ren en l'estomegue depi l'auba, coumençava d'aver lou
rangouioun, quoura passet un canipiè que li diguet :
— Que fès aquí, brav'ome ?
— Couma veès siéu aqui pèr tirar lu patoun. M'an refusat â
l'espitàu, même en aquéu dai can, noun mi resta que de mouri
su d'un mouioun de peira. — Avès un carnet su lou quai enregistras lu fach dóu jou, farias ben de li aloungar lou miéu testamen que poudès mentuar couma acô :
— « Bouon Diéu, se mi fes passar encara une fes sur la terra,
fe-mi naisse can au mancou, li aura une Soucietà Proutetriça dei
Animau que si crusira de iéu e pourrai estre amès en un espitau,
estre souïnat, faire bouona vida, menar une vida de can... »
ANT. ROLAND.

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VIGNE
A M. VALÉRE BERNARD.

Dans le ciel doux la Vigne ètreint les pals de buis.
Sous le pampre le merle alourdi des falernes
Tourne son col gris vair et ses paupières lemes
Qu'argenté la blancheur des immuables nuits.
O / fraîcheur, 6 beauté des Igs et des iris,
Que la Vierge éblouie avec les marjolaines
Cueille le soir venu aux vasques des fontaines
Pour colorer en fête, au crépuscule, l'Euis.
Narcisses, ébeniers, œillet et sensitive
Ah ! Versez en mon âme attiédie et pensive
L'orgueil qui souleva les clairs olympiens.
L'amour qui rafraîchit les Madones pieuses
Et qui vêt de clarté les snls athéniens
Et les ravissements des époques heureuses.
JEAN

PADOVANI.

Quauque souvèt :
Vous souveti la bouona annada.
Que siegue mihau que la passada.
Vous souveti la bouona annada acoumpagnada de touplcn
d'autri.

�Eglises et Chapelles de Nice
La vieille ville de Nice se trouvant sur la rive gauche du
Paillon, pour parler de ses églises, nous commencerons par son
église cathédrale, Sainte-Réparate, vierge et martyre, de celles du
canton Est, et en traversant la rive droite nous nous occuperons des paroisses du canton Ouest.
I. — L'Eglise Cathédrale du Diocèse de Nice est la paroisse
de Sainte Réparate, vierge et martyre, sous l'empereur Decius en
253. Sa fête est le 8 octobre. Cette église est au centre de la vieille
ville (8.500 âmes), Avant 1531 la Cathédrale était près du Donjon, plateau de Nice, et dénommée : Sancta Maria in platea,
dédiée à N. D. de l'Assomption. L'édifice actuel, dans son genre,
ressemble beaucoup à Saint Pierre de Rome, au Vatican. C'était
auparavant une simple église paroissiale
desservie par
les Bénédictins du Monastère de Saint-Pons, près Nice.
Dans son ressort se trouvent l'ancienne église de Saint
Jaume (Saint Jacques apôtre), jadis des P.P. Carmes, fermée
depuis 1903. Après le transfert du titre de paroisse à l'église de
Saint Juste, évèquc, au Gesu, elle fut placée sous la vocable de l'Annonciation de la Sainte Vierge, ainsi que la belle Eglise de la
Miséricorde, sur le Cours Saleya, jadis de Saint Gaétan, fondée
e
par les P.P. Theatins au XVIII siècle et cédée à la noble
confrérie des Pénitents Noirs.
La Cathédrale de Nice, paroisse Sainte-Réparate de nos jours,
fut comme l'ancienne au Donjon du Château {Sancta Maria in
platea), le théâtre de plusieurs f lits historiques mémorables dans
les annales de l'histoire de Nice.
II. — L'Eglise de Saint Jacques, an Gesû, dès son érection
en 1612, dédiée à Saint Juste, évêque. Sa fête est le 2 septembre.
En 1665 fut érigée en paroisse sous le titre de Saint Jacques le
Majeur, remplaçant la paroisse de Saint Jaume. On l'appelle
vulgairement le Gesù à cause qu'elle a été fondée et administrée
par les P.P. de la Compagnie de Jésus.
Appartiennent à cette paroisse les deux chapelles des confréries des Pénitents Blancs, la Sainte Croix, — confrérie la

�óo —
plus ancienne de Nice, — et des Pénitents Rouges, Saint Suaire
et de la Sainte Trinité ; l'Eglise du Couvent de là Visitation,
la chapelle de l'ancien séminaire, à la montée du Château, et
jadis l'Hospice franciscain avec chapelle de Saint Joseph des
P.P. Recollets de Cimiez, convertie en maison particulière.
L'Eglise du Gesù est d'ordre corinthien composite, cons truite sur le modèle de l'Eglise des Jésuites de Turin, dite
vulgairement les Saints Martyrs. ( 10.000 âmes).
A l'extrémité de la rue du Malonat, aux racines de l'ancien
château, on voit un oratoire à la Sainte Vierge Marie, sous le
titre de N. D. du Bon Secours. Les habitants de ce quartier érigèrent cet oratoire en l'honneur de la sainte Vierge, en reconnaissance du choléra en 1854.
III. — L'Eglise paroissiale de Saint Martin Evéque dite de
Saint-Augustin est la plus ancienne, elle fut bâtie sur l'emplacement de l'ancienne chapelle de Saint Martin (1205) et appelée
Saint-Augustin parce qu'elle était desservie par les Augustiniens
dont le couvent a été transformé en caserne. (Caserne Filley, près
l'ancienne chapelle Sincaire).
IV. — L'Eglise de Saint-Francois-de-Paule a été édifiée en
1736 d'après le plan de l'architecte
Guarini. En 1838
elle fut érigée en paroisse par décret de Mgr Galvano et appelée
aussi Saint-Dominique en souvenir de l'ancienne église paroissiale
de ce nom qui s'élevait sur la place Saint-Dominique aux lieux et
place de l'actuel Palais de Justice.
V*— L'Eglise du Port ou de l'Immaculée Conception. D'humble
origine. D'abord ce fut une fort modeste chapelle (1835), transformée agrandie par Mgr Galvano, et l'avocat théologue L. Mari
fut son premier curé..
VI. — L'Eglise Saint-Joseph nouvelle paroisse depuis 1911 la
première pierre fut posée le 19 mars 1911, bénie le 29 octobre et
ouverte au public le Ier novembre 1911 sous le patronage de Mgr
Chapon et dirigée par les soins de M. l'abbé Gabrielli.
A cette paroisse appartiennent la chapelle succursale de Saint
Joseph contigüe à l'Evêché, et la chapelle de Notre-Dame des
Anges sur l'ancienne route de Villefranche.
VIL — Saint-Roch. Cette église paroissiale dans la banlieue
de Nice fut érigée après la peste de r68r. Nice fut délivrée de ce
fléau par l'intercession de saint Roch, confesseur, né et mort à

�- Si Montpellier. La paroisse est divisée en deux quartiers, Roquebillière
inférieure et Roquebillière supérieure, jusqu'à la chapelle de NotreDame de Bon Voyage.
VIII. — Rive droite du Paillon, intra muros, se dresse Notre Dame du Vau, paroisse Saint-Jean-Baptiste, qui remplace l'an
cienne église du même nom devenue chapelle inférieure du Lycée.
Cette belle église, vœu delà ville de Nice en 1835, mt érigée en
1842 et terminée en 1852 par Mgr Galvano, évêque de Nice.
La façade ressemble à celle élevée à Turin en l'honneur du retour
du roi dans les états Sardes en 1814.
IX. — Saiiit-Pierre-d' Aréna remplace une chapelle située à la
Croix de Marbre. Elle fut érigée en paroisse en 1803 par Mgr
Colonna d'Istria. Elle doit son nom à ce fait, c'est que lors de sa
fondation elle se trouvait sur le rivage de la mer séparée par une
bordure de sable fin.
X. — Une ancienne chapelle de Sainte-Hélêne-l'Inspiratrice
existait dans ces parages. Elle fut remplacée en face la mer par
une église sous l'épiscopat de Mgr Recrosio (1727).
Six paroisses « extra muros » dépendent de la commune de
Nice.
Sainte-Marie Magdeleine, sise dans le vallon de Magnan, édifiée sur l'emplacement d'une chapelle de même nom, érigée en
1626 et dite vulgairement chapelle « dei cassaire » à cause du
grand nombre de chasseurs. Après le concordat de 1803 sous
l'épiscopat de Mgr Colonna d'Istria, ce quartier qui depuis 1771
dépendait pour le spirituel de la cathédrale fut érigé en paroisse.
Il existe encore aujourd'hui une chapelle de Notre-Dame du Bon
Conseil changée en demeure particulière . Bientôt le besoin de
la population augmentant, une église sera bâtie à la cité Robiony
par les soins du curé actuel de la Madeleine.
Plus à l'est de la ville, toujours dans le canton ouest ce
l'Arquet, se dresse la paroisse de l'Ariane dédiée primitivement à
saint Arnoux, évêque et à saint Pierre, apôtre. Elle fut érigée en
paroisse en 1809 sous l'épiscopat de Mgr Colonna d Istria. Dans
son ressort se trouve l'ancienne chapelle nécropole de l'Abbadie
fondée en 1635 en l'honneur de sainte Claire pour le besoin spirituel de 450 à 500 habitants qui appartiennent aux communes
de Nice, Cantaron Saint-André. Localité d'avenii et à laquelle
le chemin de fer Nice-Coni donnera une valeur stratégique.

�— 32 —
Gairaut avait au moyen-âge une chapelle de secours desservie
par les religieux chevaliers de l'ordre du temple au début, et par
la suite de Rhodes et de Malte. Sous l'épiscopat de Mgr François
Rosini de Martinengo la chapelle fut érigée en église paroissiale
sous le vocable de saint Sauveur o*u de la transfiguration du
Rédempteur.
Dès 1730 les P. Dominicains de Nice fondent à Saint Pancrace un sanatorium pour religieux martyrs avec chapelle en
l'honneur de Saint Pancrace martyr. Cette chapelle est érigée en
paroisse en 1848 par Mgr Galvano.
Sur le couchant de Saint-Pancrace on trouve la paroisse de
saint Roman . martyr ; l'ancienne chapelle fut érigée en paroisse
ainsi que celle de saint-Antoine de Ginestière en 1803 sous Mgr
Colonna d'Istria.
VALENT IN.

NOU VÉ
Tu Çatarina fai lou pan.
Mdumen de jota, d'alegressa,
Fes audi da toui lu couor :
Lu ange canton l'alegressa,
Fuges l'infer, Juges la mouorl.
Chntou !
L'aarika sabla, li a quaucaren aici vesin,
Sembla que senti li joia d'un festin ;
Audi lu tambourin de laen,
Lu Jlajoulet e li musela,
Lu pastre van à Bethelen
Laisson la cabana soaleta ;
Santo nuech, venes aléa nen ralegrà,
Pourtas à toui la pax et la tranquilità !
Tu Catarina fai lou pan,
Manda Lucrecia au safran,
Despende aléa lou lauvaniè,
Chapla la blea su lou taatié ;
Crala de froumai e roumpe d'iiu
E fai la iourta couma fou,
Ché n'aiguen toui en aboundança (bis)
Santa nuech, venes alèu nen ralegrà,
Pourtas à toui la pa.x e la tranquilità .'
En tant faguen etnb'au vesin
t ua santépér lou Bambin,
Toucan lou gotou de bouon vin,
Ernb'aa vesin pér lou Bambin
Ti-ri-tin-tin ! -tinTi-ri tin !

�— 3Î —

L'Expulsion de Mgr Valperga
fEN SEPTEMBRE

1792)

Le 12 octobre 1780 h population de Nice se pressait aux
abords de la porte Pairoliëre pour y recevoir en grandes pompes
le nouvel évêque Charles-Eugène Valperga di Maglione. Ce
prélat avait couché la veille selon l'usage antique à l'abbaye de
Saint-Pons et devait faire ce jour là son entrée solennelle dans
sa ville épiscopale.
Le cérémonial imposant avec lequel on avait reçu jusqu'alors
les évêques fut encore cette fois observé. L'accueil de la population entière fut des plus chaleureux au rapport de Pierre Scaliero
qui en fut témoin (1). Le nouvel évêque, qui remplaçait Monseigneur Astésan nommé archevêque d'Oristano en Sardaigne,
appartenait à une famille de vieille noblesse dont plusieurs membres avaient exercé, à Nice, des fonctions importantes (2). Il
(1) Voir aux Archives municipales le récit détaillé que ce chroniqueur en a laissé dans ses Mémoires. Pierre Scaliero mourut en 1805.
(2) Jacques Valperga, conseiller ducal, fut lieutenant du gouverneur de Nice en 1454 ; Thoma5 Valperga fut gouverneur du château de Nice en 1565 ; Jean Valperga fut également gouverneur de
Nice en 1596 ; Jérôme Valperga fut commandeur du château de
Nice en 1600 ; Pierre Valperga, frère de Jacques Valperga, était
chevalier de Malte (Arch. municipales, registre des gouverneurs,
commandants et chevaliers de Malte) ; Anne Valperga, fille dAmédée
Valperga, épousa, le commandeur de Malte Jean-Paul Lascaris.
(Voir son testament daté de 1683, arch. des Alpes-Maritimes,
registre B, 297.) Joseph Ignace de Valperga reçut de son oncle, Emmanuel Philibert Chiotera, mie partie du fief de Couaraze dont il fut
investi le 20 février 1753. Son fils, Vincent, céda ses droits à H. Novelli. Jérôme Valperga fut sénateur à Nice de 1761 à 1765, puis
ministre plénipotentiaire de Sardaigne à Gênes en 1780 ; plus tard
il fut ministre etsecrétaire d'Etat, ce dernier était le frère de l'évêque
de Nice et fils du comte François Valperga qui vivait encore en
1795Ees armoiries des Valperga étaient fascé d'or et de gueules, à
la plante de chanvre déracinée, d'argent et brochant. Le cimier
était un bouc naissant au naturel et la devise : « Ferme-toy ».
Nous reproduisons les armoiries de Monseigneur Valperga d'après celles qui se trouvent en tête du catéchisme édité par ses ordres
et dont nous devons le dessin à l'obligeance de M. Joseph Casai
(Extrait de 1' « Armoriai Artistique et Nrbiüaire », Ni.e, 1902.
3

�- 34était directeur du collège des Provinces à Turin, lorsque le roi
de Sardaigne le désigna, pour l'évêché de Nice. Il avait été sacré à
Rome où il avait fait ses études. Monseigneur Valperga se distingua immédiatement par sa vigilance et son activité : il releva
le niveau intellectuel et moral des prêtres de son diocèse et s'attacha à mettre en toutes choses la plus grande régularité. Dix-huit
mois après son installation, il publia un nouveau catéchisme
dont le plan avait été préparé par son prédécesseur ^i). Grâce à

ses relations cordiales avec la eour de Turin, il jouissait auprès
des autorités civiles de Nice d'une grande influence. Après douze
(1) Ce catéchisme en italien fut imprimé à Nice par la Société
Typographique. C'est un petit volume in-douze de 612 pages, portant
la date de 1783. En tête se trouve le mandement de Monseigneur
Valperga du 16 février 1782 qui approuve le travail terminé par
le prêtre auquel Monseigneur Astésan en avait confié le soin, ordonne
sa publication et règle l'organisation des catéchismes dans tout le
diocèse. Deux ans plus tard en 1785, Gabriel Floteront, imprima
un autre catéchisme rédigé en dialecte niçois, petit volume in-12
de 228 pages. Un exemplaire de ces deux ouvrages existe à la biblio
thèque de Nice. — Voir Villarey, Série Cronològica dei Vescovi
di Nizza. — Art. Valperga.

�-35 années de séjour dans cette dernière ville il s'était acquis l'estime
et le respect de tous.
*

• *

Lorsque le 28 septembre 1792 dans l'après-midi, les troupes
piémontaises évacuèrent Nice, il y eut dans cette ville une effroyable panique et des milliers d'habitants s'enfuirent dans la direction de Turin. Ce fut un désarroi et une désorganisation complète de toutes les autorités. iMonseigneur Valperga resta à son
poste et s'engagea à ne point quitter la ville. Le lendemain samedi
29 septembre, il accompagna le second consul Honoré Saissi et
quelques membres du Conseil qui se rendirent, vers les onze
heures du matin, à la villa Feraudi, au quartier St Hélène, pour
offrir les clefs de la cité au général d'Anselme qui venait d'y
arriver à la tête des troupes françaises. Le général fit à la délégation assez bon accueil, mais il s'étonna de trouver parmi ses membres, l'évêque dont la place déclara-t-il n était pas là. Du reste,
d'Anselme attacha si peu d'importance à la démarche îles magistrats niçois que dans aucune de ses dépêches officielles il n'en fit
mention.
Sur le soir du même jour, la petite armée française faisait son
entrée dans la ville et le général s'installait dans la maison du
consul de France à la place St Dominique. L'évêque de Nice qui
tenait à rester au milieu de ses diocésains se présenta de nouveau
vers les huit ou neuf heures du soir chez le général auquel il voulait recommander ses prêtres en lui demandant des respecter les
églises. Le général était entouré de tout son état-major, du consul
de France, Pierre Le Seurre, de Honoré Saissi, second consul, de
Féraudi, secrétaire général de la commune. Ces deux derniers
venus probablement pour appuyer les demandes de l'évêque.
L'accueil du général ne fut pas plus encourageant que la première fois ; il intima même avec insistance au prélat l'ordre de
quitter ta ville en ajoutant que le plus tôt serait le mieux et ce
fut sur ces dernières paroles que l'évêque se retira après avoir toutefois reçu du général la promesse que tout ce qu'il laisserait dans
son palais serait placé sous la sauvegarde de la Nation française.
Il n'y avait pas à tergiverser, l'ordre était formel et pressant, il
fallait partir. L'évêque prit ses dernières dispositious et délégua,
au curé de la cathédrale, le chanoine Honoré Navello, tous les
pouvoirs nécessaires pour administrer le diocèse en son absence.
Aux premières lueurs du jour, Valperga quitta son palais, et se

�— 36 dirigea à pied vers la porte Pairolière. Il avait été impossible de
trouver une voiture car tous les moyens de transport avaient été
réquisitionnés et utilisés le 28 septembre pour permettre l'exode
des habitants terrorisés. Il avait ordre de partir, mais cet ordre
n'ayant pas été donné par écrit, les volontaires marseillais, de garde
à la porte de Turin, refusèrent de le laisser passer, l'accablèrent
d'injures, le menacèrent même de le pendre et ne consentirent á
le lâcher que sur un ordre écrit, sollicité et obtenu du général,
grâce à l'intervention courageuse et au sang-froid d'un jeune
niçois, Joseph Castellinard. Monseigneur Valperga se retira à
Turin et y mourut en 1805 sans avoir jamais pu obtenir l'autorisation de rentrer.
*

* *

Il est établi par les documents officiels contemporains que
Monseigneur Valperga ne quitta son siège que sur les ordres arbitraires du général d'Anselme et ces mêmes documents nous
renseignent très exactement sur les incidents fâcheux qui se produisirent au départ de l'évêque. Du reste, on n'ignorait pas à Nice
comment les choses s'étaient passées et la population savait grê à
Valperga de son attitude et de sa fermeté. De son côté, Valperga
avait eu confiance dans la parole à lui donnée par le général au
nom de la Nation française et à plusieurs reprises il manifesta
son étonnement qu'elle n'ait pas été gardée, que ses biens aient
été confisqués, son mobilier vendu, son nom inscrit sur la liste
des émigrés alors qu'en partant il n'avait cédé qu'à la force.
Parmi les nombreux documents qui se trouvent soit aux archives de Nice, soit aux archives nationales il en est quelques-uns
dont la simple reproduction sera plus probante que tous les corn,
mentaires. Il_suffira de citer :
•i° La lettre du Directoire des Colons Marseillais en date du
25 février 1793, adressée aux citoyens Blanqui et Veillon, députés
extraordinaires de la ville de Nice à Paris, au sujet des réclamations présentées le 23 du même mois par Jean-Jacques Donny, au
nom de Mgr Valperga.
20 La réponse du même Directoire à J.-J. Donny, en date du
26 février 1793.
3„ L'arrêté du Département en date du 13 avril 1793.
40 La réclamation présentée au Directoire du département

�Valperga, aussitôt après son inscription sur la liste des émigrés de
la ville de Nice, dressée à la fin de juin 1793.
50 Les états de frais pour l'inventaire et la vente du mobilier
et effets de « l'émigré Valperga Maillone, citoyen évêque » approuvés par le département des Alpes-Maritimes, le 5 germinal an
III (25 mars 1795).
6° Les actes de notoriété dressés le Ier et 2me fructidor an III
(18 et 19 août 1795) par Gautier, juge de paix à Nice, à la requête de Pierre-Joseph Passeron, agissant en qualité de procureur
subrogé par Nicolas Giorni, procureur spécial et général de Mgr
Valperga, par acte de procuration reçu à Turin le 20 juillet 1795,
notaire Pierre-Joseph Bernochio.
70 La pétition adressée au district de Nice le 4 fructidor an III
(21 août 1795) par Pierre-Joseph Passeron, demandant la radiation du nom de Valperga sur la liste des émigrés.
8° L'avis du district de Nice en date du 5 vendémiaire an IV
(27 septembre 1795) déclarant que Mgr Valperga doit être rayé
de la liste des émigrés.
90 L'arrêté du département des Alpes-Maritimes, en date du
14 prairial an V (2 juin 1797) ordonnant la radiation provisoire
du nom de Valperga de la liste des émigrés.
io° L'acte de cautionnement dressé par le département le
11 fructidor an V (28 août 1797), à la requête de Pierre-Joseph
Passeron, procureur de Mgr Valperga en exécution d'une des
clauses de l'arrêté du 14 prairial an V (2 juin 1797).

�- 38 —

DOCUMENTS ET PIÈCES D'ARCHIVES

Pièce 1.

25 février 1793
Aux cit. Blanqui et Veillon
Une lettre du cit. Donny, associé du citoyen LeClerc, défunt président de l'ancienne administration
provisoire, dont vous avez ci-inclus l'extrait ( 1 ), nous
fait connaître que le cit. Valperga, évêque de Nice,
laissa avant son départ (ordonné à son retour par
Anselme) dans sa maison pour environ 34.000 livres,
argent monnayé, et environ pour 17.000 d'effets en
vaisselle, linge, batterie de cuisine etc.
Une portion de ces effets se trouvent encore dans
ladite maison, sous l'inventaire que nous en avons
fait dresser par les commissaires de l'une et l'autre
administration, lorsque nous avons été installés, mais
il s'en faut de beaucoup qu'elle puisse arriver à la
somme de 17.000 livres, pas même le tiers.
Quant à l'argent monnayé entré dans la caisse du
receveur de l'ancienne administration, nous n'y
voyons point la somme que ledit Evêque désigne
avoir laissé dans sa maison. Nous vous remettons cijoint un extrait de l'état des sommes' que le cit.
Bonnet a reçu en espèces, pendant toute sa gestion
de receveur et trouvées parmi les effets des émigrés
français et niçois.
Nous ne voulons rien préjuger sur l'assertion du
cit. Valperga, quoique nous ayons des indices frappants de vérité. Ce ne sera que lorsque nous aurons
pu les convertir en preuves par le témoignage de
quelques citoyens que nous nous procurerons, pour
pouvoir en demander la restitution et la poursuite
contre le pillage.
En attendant, noùs croyons devoir vous faire part
de cette découverte que nous allons communiquer au
Président de la Convention Nationale et au Ministre.
Arch. des A. M. Registre de la correspondance du
Directoire des Colons marseillais L. 5.
Cet extrait manque au registre ainsi que les autres pièces
énoncées dans celte lettre.

�-hLe 2érae février 1793.
Au citoyen Donny, négociant à Nice
Pièce 2.

Votre lettre du 23me de ce mois, citoyen, nous
demande des renseignements sur le temporel du
citoyen Valperga, Evêque de Nice. Nous allons vous
transmettre tous ceux qui sont à notre connaissance
L'administration provisoire en choisissant l'Evêché
pour le lieu de ses séances, vint s'y établir dans les
premiers jours d'octobre, et tout nous porte à croire
qu'elle ne fit aucun inventaire des effets qui s'y trouvaient, du moins nous n'en avons trouvé aucun dans
les papiers qu'elle nous a remis.
En succédant à cette administration provisoire,
uous avons cru que notre premier devoir était de faire
un inventaire de tout le mobilier renfermé dans la maison épiscopale. Nous y avons successivement procédé
en présence des administrateurs provisoires et à mesure qu'ils nous en remettaient les clefs. Tout le mobilier qui s'y trouvait, ne consistait guère qu'en
meubles meublants et ne nous paraît pas avoir la
valeur de 17 mille livres que l'Evêque lui donne.
Vous pourrez, si vous le jugez à propos, faire prendre
à notre secrétariat une copie de cet inventaire. Tout
ce. qui n'est point renfermé dans les appartements
que nous occupons au premier étage, a été laissé à la
garde de Jean Poma, ancien concierge de l'Evêque et
le nôtre.
Pour nous éclairer sur les 34.000 1. argent monnayé que l'Evêque doit avoir laissé en sa maison,
nous avons écrit au cit. Bonnet, receveur de l'administration provisoire, pour lui demander un état des
sommes en numéraires versées dans sa caisse, comme
ayant été saisies et trouvées parmi les effets des Emigrés français et niçois. L'état qu'il nous a remis ne
monte qu'à 74121. 16 s, et aucun article n'a du rapport
avec les réclamations du citoyen Valperga.
Quant à ce qui concerne personnellement le
citoyen, nous avons demandé au Ministre de l'Intérieur de vouloir bien nous dire la manière dont nous
devions l'envisager. Nous savons qu'un ordre arbi-

�— 40 —
traire de Danselme l'obligea de quitter Nice, le jour
de l'entrée des Français. Mais nous pensons aussi que
la proclamation des Commissaires de la Convention
nationale de France et le décret de celle de Nice,
concernant les Emigrés, étaient des motifs suffisants
pour le ramener à son poste et le rassurer sur les
suites de son retour. En persistant à prolonger son
absence, il s'expose à être traité comme émigré, à se
voir déclarer déchu de sa place et confisquer tous ses
biens. Telle est la disposition de la loi, et quoique
nous ayons consulté le ministre sur le cas particulier
de l'Evêque, nous prévoyons que sa réponse sera de
nous en tenir à la rigueur des lois, ainsi que plusieurs
instructions nous l'ont déjà annoncé.
Vous sentez, citoyens, que tout le mobilier de
l'Evêque doit rester séquestré jusqu'à son retour ou à
la décision du Ministre. Il peut être tranquille sur la
conservation de tout ce que nous avons trouvé en
entrant dans sa maison. Ce qui a pu en être enlevé
avant notre entrée en fonctions, est étranger à notre
gestion. Mais nous employerons tous les moyens qui
sont en notre pouvoir pour en trouver les traces, en
acquérir les preuves et en faire punir les coupables.
Les administrateurs, etc.
Archives des A.-M., Registre
suivants.

,L. 5,/°7i verso et

Lettre des commissaires de la Convention
Nationale et arrêté du Département des A. M.
Nice, le 9 Avril 1793, l'an 1 Ie de la Repu bublique Française.
« Vous voudrez bien, citoyens, en nous envoyant
les noms et prénoms de l'évêque de Nice, nous instruire officiellement d'après les "dispositions des lois,
s'il est censé démissionnaire et son siège vacant.
« Les Commissaires de la Convention Nationale
au département des A. M.
GRÉGOIRE, JAGOT (I)

(1)

Archives des A. M. L. 29 ancien. L

7

actuel.

�— 4i (i3 avril 1793)
Le Directoire ; vu la réquisition du citoyen Procureur Général sindic « Considérant que Charles Eugène Valperga, évêque de Nice, n'avait point quitté
son domicile lors de l'entrée des troupes de la République ; considérant qu'il a lui méme-accompagné les
consuls d'alors quand ils furent présenter les clefs
de la ville et inviter le général Anselme à venir en
prendre possession au nom de la République ; considérant que le général Anselme par ses ordres arbitraires et tiranniques, accompagnés même de menaces contre ses jours, l'ont forcé de s'éloigner ; arrête
qu'il ne peut le déclarer émigré, et qu'il sera répondu
aux Commissaires de la Convention nationale d'après
les principes ci-dessus.. »
Sign : PAUMÉ ; BARLI FABRI ; F. CASTKLIMARD ;
ANGLES ; BERNARDI, secrétaire général. (1)
pjj

ce

^

Aux citoyens composant le Directoire du
département des Alpes-Maritimes..
22 juillet 1793.
Citoyens,
Le citoyen Jean-Jacques Donny, soussigné, chargé
des intérêts du citoyen Valperga, évêque de Nice
absent, ayant été informé que par votre délibération
du 29 du mois passé, ledit citoyen Valperga avait été
déclaré émigré, vous représente avec tous les égards

(1) Archives des Alpes-Maritimes, Registre L,. 3, folio 101. L'Arrêté n'est pas signé par le procureur syndic Jean-François Tourre
ni par l'administrateur Jean-L,ouis de Villiers qui ne partageaient
point l'opinion de leurs collègues. A noter que Tourre était d'Antibes
et que de Viliers était un médecin français établi depuis longtemps
à Nice.
I/Arrêté fut pris malgré le réquisitoire de Tourre qui voulait
déclarer Monseigneur Valperga émigré et malgré un violent discours de Villiers soutenant la même thèse qui fut combattue par
Barli Fabri, par Castclinard et par Anglès. J'ai déjà publié in-extenso
cette délibération du 13 avril T793 au cours d'un article sur l'église
de Nice en 1792-1793 inséré dans Nice Historique du Ier avril 1903,
C'est pourquoi je reproduis ici simplement la lettre des
commissaires et l'arrêté du département.

�- 42 —
dûs au pouvoir dont l'exercice vous a été confié par
le peuple souverain que le citoyen Valperga ne peut
ni ne doit sous aucun rapport être considéré comme
émigré, par les motifs ci-après :
i° Qu'il est de notoriété publique qu'il n'a quitté
le pays que contre son gré et par ordre du général
Anselme :
2° Qu'il a constamment été disposé et a offert
de revenir dans son diocèse, moyennant qu'il ne fut
assujetti à prêter qu'un serment relatif au temporel et
non au spirituel.
3° Qu'enfin et par la raison que n'étant point
indigène, mais étranger, son séjour ici n'a été dé terminé que par sa nomination à l'épiscopat, événement casuel qui n'a jamais pu le soumettre à l'obligation de renoncer pour toujours à sa mère-patrie.
Tous ces motifs, soit qu'on les prenne collectivement ou séparément, démontrent suffisamment,
citoyens administrateurs, le droit incontestable, qu'a
le citoyen Valperga de demander et prétendre la
radiation de son nom du tableau des émigrés, et si
le ministre de l'Intérieur n'a fait aucune distinction
entre lui et les autres citoyens, c'est sans doute qu'il
a ignoré les circonstances qui vous sont exposées
ci-dessus, et notamment la dernière, car s'il les eût
toutes connues, il n'est nullement probable qu'il eût
décidé comme il l'a fait. Toute hypothèse contraire
serait une injure faite à ses sentiments et à ses lumières. Un homme tel que lui, dont les vertus civiques, le patriotisme et les talents l'ont appelé au
poste aussi honorable que pénible qu'il occupe, doit
ressembler autant que possible à la Nation pour
laquelle il agit et qui l'a honoré de sa confiance.
Cette nation est grande, généreuse, magnanime,
juste et bienfaisante.Elle ne peut qu'êtreextrêmement
jalouse de sa gloire, et l'un des principaux devoirs de
ses agents est d'éviter soigneusement d'en ternir
l'éclat.
Le refus qui serait fait de rayer de la liste des
Emigrés le nom du citoyen Valperga, refus qui entraînerait avec lui la confiscation des minces propriétés de ce citoyen, serait un acte qui imprimerait à

�-

43

-

jamais une tache ineffaçable à la gloire du nom français ; tache qui ne pourra manquer de frapper également les yeux des contemporains et ceux de la postérité ; tache enfin que les historiens ne manqueront
pas de faire ressortir par des couleurs enluminées, et
le bel effet qu'un pareil tableau produirait, citoyens
administrateurs, serait votre ouvrage.
Mais non, loin de nous, cette idée ! Vous êtes
républicains ! cela suffit. Les républicains sont vertueux. Ils aiment, chérissent, protègent, respectent
la vertu partout où elle se trouve. Et le citoyen Valperga aussi est un homme vertueux ! Qui en doute ?
Nul bon citoyen, nul honnête homme. Souvenezvous, citoyens administrateurs, que ce n'est que par
ses vertus qu'il a mérité l'amour et l'affection du
peuple Niçois et non par sa qualité d'évêque. Et plût
à Dieu que tous les ecclésiastiques lui eussent ressemblé ! La France n'eut point éprouvé d'aussi horribles secousses, pour asseoir, affermir et assurer sa
liberté.
La République a incontestablement le droit de
renvoyer hors de son sein tout individu qui ne lui
convient pas, mais en renvoyant ainsi un étranger
qui, d'ailleurs, n'a pas encouru la peine de la confiscation de ses biens, elle lui permet de les emporter ou
de les vendre et d'en emporter le produit. Tel est
précisément le cas du citoyen Valperga.
L'exposant demande en conséquence, citoyens
administrateurs, qu'il vous plaise prendre dans votre
sagesse une délibération tendante à rendre audit
citoyen Valperga sa qualité de citoyen français non
émigré, à lui accorder un délai compétent pour rentrer dans ce pays soit comme simple citoyen ou
comme fonctionnaire public et à lui assurer dans
tous les cas la restitution de ses propriétés par lui
laissées sous la sauvegarde de la loyauté française
dans la maison épiscopale, lors de sa retraite forcée,
ou la juste indemnité de leur valeur. Et sera justice.
Nice, le 22 juillet 1793, l'an second de la République française, une et indivisible.
Jean-Jacques DONNY.
l
ARCHIVES NATIONALESF/ 4.867 , dossier Valperga.

�- 44 Pièce 5.

Etat de frais de vente pour parvenir à l'inventaire
et vente des effets de l'émigré Valperga Maillone,
citoyen évêque :
5 germinal an III (25 mars 1795)
Pour une séance de trois commissaires dont un du
District et deux de la Commission municipale, fixée
à trois livres par séance par le Directoire du district
et approuvé par les Représentants du
Peuple
L.
9 »
Papier timbré tant de la minute que
des deux extraits
»12
Pour la copie desdits deux extraits . .
» 8
Droits d'enregistrement
13 10
31

2

Nous soussignés certifions le compte ci dessus véritable.
Signés : J.-B. Thomaty, comm. du dist. ; Savigny,
comm. munie. ; Mabil, comm. municip.
Frais de la vente :
Pour quatre séances de deux corn missaires dont un
du District, un de la Commis, mun. sans le membre
de l'administration fixées à trois livres par séance par
le Directoire du district et approuvé par les Représentants du Peuple .
L.
24 »
Au trompette pour publication de
quatre criées
5 »
Au crieur à la vente, quatre séances .
12 »
Aux portefaix qui ont travaillé au
transport des effets
40 »
Papier timbré tant de la minute que
de l'extrait
1 »
Bougie
3 »
Droits d'enregistrement
27 »
Papier timbré du petit état
» 4
A la femme qui a assisté à la vente
pour l'arrangement du linge
» 12
L.
Signés : J.-B. Thomaty, comm. du
district ; Savigny, comm. municip.

1

159 6

�Vu par nous, membres composant la Commission
Administrative du district et d'après l'arrêté du district, approuvé par les Représentants du Peuple et la
loi du il et 12 Mars, arrête l'état des frais ci-dessus
se montant à la somme de cent cinquante neuf livres
trente centimes, qui seront acquittés par le receveur
du droit d'Enregistrement lorsque le Département
aura vérifié ledit état.
Nice, le 29 ventôse an 3"" de la République française une et indivisible (19 mars 1795).
(Suivent les signatures).
Vu l'état des frais ci-dessus pour parvenir à l'inventaire et vente du mobilier de l'émigré Valperga
Maillone ci-devant évêque.
Vérifié et arrêté par le Directoire du district de
Nice, la Commission Administrative du département
des Alpes-Maritimes approuve ledit état et ordonne
au citoyen Maussier, receveur de l'enregistrement
cîudit district de payer aux citoyens J. B. Thomaty
et Savigny, comm. la somme de 159 livres et 30
centimes pour montant des frais pour inventaire et
vente des susdits effets de l'émigré, laquelle somme
lui sera allouée en compte.
Fait à Nice le 5 germinal an 3me républicain ( 25
mars 1795).
Etat des frais pour parvenir d la vente du mobilier de
l'émigré Charles Eugène Valperga Maillone, citoyen
évêque.
Pour trente-neuf séances de trois commissaires
dont un du District et deux de la Commission municipale, fixé à trois livres par séance par le Directoire
du district et approuvé par les Représentants du
peuple
L.
351 »
A deux portefaix, dix-neuf journées et
demi chaque fixées à cinq livres par jour.
195 »
Au trompette pour publication de
trente-neuf criées fixées à une livre cinq
sols chaque
48 r 5
Au crieur à la vente, trente-neuf séan
ces fixées á trois-livres par séance ....
117 »

711 1$

�- 4* Report
Papier timbré tant de la minute que
de l'expédition
Pour copie dudit extrait fixé à quatre
livres
Papier timbré du présent état ....
Bougie
Droit d'enregistrement
Plus deux autres journées de portefaix à cinq livres
Un paquet de plume
L.

148
4
6
421

»
4
»
»

20
5

»
»

1.182

7

Nous soussignés certifions le compte ci-dessus,
véritable.
Nice, le Ier ventôse an 3me de la République (19
février 1795).
Signés : J.-B. Thomaty, commissaire du district ;
Savigny, comm. ; Honoré Mabil, comm. municipal.
Vu par nous, membres composant la Commission Administrative, de ce District, et d'après la loi
du 11 et 12 Mars 1793 (v. s.) et l'arrêté de cette
Commission approuvé par les Représentants en date
1^ Fructidor, oui l'agent national, arrête l'état des
frais se montant à onze cent huitante deux livres et
trente cinq centimes qui seront acquittés par le
receveur de l'agence de l'enregistrement sur le produit de la vente desdits meubles, lorsque le Département aura vérifié ledit état.
Nice le 29 ventôse an 3me de la République
française une et indivisible (19 mars 1795).
(Suivent les signatures).
Vu l'état des frais ci-dessus pour parvenir à la
vente du mobilier de l'Emigré Valperga Maillone cydevant évêque.
Vérifié et arrêté par le Directoire du district de
Nice.
La Commission administrative du département
des Alpes-Maritimes, approuve ledit état et ordonne

�— if au citoyen Maussier, receveur de Penregistrement
dudit district de payer aux citoyens J.-B. Thomati,
Savigni et Honoré Mabil, commissaires, la somme de
mille cent quatre vingt deux livres trente cinq centimes pour montant des frais de la vente des susdits
effets de l'Emigré. Laquelle somme lui sera allouée
en compte.
Fait â Nice le 5 germinal an 3me républicain (25
mars 1795).
Arch. des A. M. L. 15 ancien p. 44-45 N° 34-35

Actes de Notoriété
Pièçe g

1-2-fructidor an III
18-19 août 1795
EGALITÉ, LIBERTÉ

AU NOM DE LA LOI
Ce jourd'hui, premier Fructidor, l'an troisième
(18 août 1795 de la République française, une et indivisible, à Nice, chef-lieu du département des AlpesMaritimes, par devant Nous, Antoine Gautier Juge de
paix de la Ier, 2m" et 3me section et officier de police,
est comparu le citoyen Pierre Joseph Passeron, natit
tic la commune de Contes et habitant en celle de Nice
depuis plusieurs années.
Lequel en sa qualité de procureur du citoyen
Charles Eugène Valperga de Maillone, évêque de Nice,
subrogé par le citoyen Nicolo Giorni, homme de loi,
procureur spécial et général établi (par acte reçu) par
le notaire Pierre Joseph de Bernochio, le 20 Juillet
dernier (v. s.) qu'il présente, légalisé par le résidant
de la République de Gênes auprès de la Cour de Turin, dont il résulte le pouvoir donné au citoyen Giorni, de subroger en son lieu et place, avec tous les
pouvoirs compris au dit acte, et il présente au surplus l'acte de sa dite subrogation faite par le même
citoyen Giorni, reçu en la ville de Gênes le premier

�- 48 du mois d'août dernier (v. s.) par le notaire Antoine
Baglietto, légalisée par le consul de la République
française.
Il expose que le vingt neuvième jour de septembre
de l'année 1792, l'armée de la République, étant arrivée en cette ville, commandée en chef par le citoyen
général d'Anselme, lorsque ce général, vers le soir,
fut arrivé et il eut pris son logement dans la maison
habitée par le ci-devant consul de la République Le
Seurre, ledit citoyen Evêque Charles Eugène Valperga de Maillone s'y étant présenté, ledit général d'Anselme, en présence de tout son Etat-Major, lui signifia
d'abord de devoir partir de cette ville. Sur quoi le
dit évêque ayant répondu qu'il avait cru de pouvoir
continuer sa résidence en cette ville et tellement l'avait cru, qu'il n'avait jamais pensé de distraire et en
faire partir le moindre de ses meubles et effets, qu'il
avait dans la maison d'habitation de l'tvêque et que
si absolument il lui ordonnait de partir, il le priait de
lui accorder la sauvegarde sur tous lesdits effets et
meubles. Le dit général d'Anselme lui répliqua qu'il
dut absolument partir de cette ville, en ajoutant que
le plus tôt en serait le mieux, et qu'à l'égard de ses
meubles et effets qu'il avait, il les mettait dès ce ino
ment sous la sauvegarde et loyauté de la Nation française et qu'il pouvait en être tranquille, après quoi ledit
évêque Valperga de Maillone, tout tremblant, ayant
dit qu'il allait se conformer dès le lendemain au matin à ses ordres, se retira ; ledit général d'Anselme
lui ayant encore répliqué : le plus tôt sera le mieux.
Et comme il importe audit citoyen évêque Valperga de Maillone de constater le fait ci-dessus expo"sé, suivi en présence de tout l'Etat-Major dudit général d'Anselme et de plusieurs citoyens de cette commune, l'exposant, en sa dite qualité vous présente les
citoyens Pierre Le Seurre, ci-dessus nommé, ci-devant
consul en cette ville de la République, le citoyen Honoré Saissi de cette commune qui pour lors était second consul de la même commune, le citoyen Philippe Emmanuel Féraudi qui pour lors était secrétaire de
Ìa même commune et le citoyen Ange Giraudi aussi

�- 49 de cette commune, pour recevoir leurs dépositions
sur ledit exposé et vous fait instance que de tout lui
soit concédé acte, ce que nous lui avons accordé, et a
signé.
PIERRE JOSEPH PASSERON.

Et de suite se sont présenté les susnommés
citoyen Le Seurre, natif de Craon, âgé de 75
ans, bourgeois, le citoyen Saissi, âgé de 70 ans,
négociant, Emmanuel Feraudi, âgé de 68 ans, notaire, Ange Giraudi, âgé de 63 ans, négociant,
natifs et domiciliés dans cette commune, auxquels
après avoir fait lecture dudit exposé fait par ledit citoyen Pierre Joseph Passeron, en sa dite qualité, les
avons interpellés sur serment que leur avons fait prêter, conformément à la loi, de nous dire en leur âme
et conscience si tous les faits énoncés dans le même
exposé sont de leur connaissance et tous les quatre ont
répondu et attesté tant uniment que séparément en
être pleinement informés, s'y étant trouvés présents,
et que le tout contient la vérité, toute la vérité et
rien que la vérité. En foi de quoi ils ont signé :
LE SEURRE, HOSORI'J
SAISSI, PHILIPPE EMMANUEL FÉRAUDI,
ANGE

GIRAUDI.

Et nous, juge de paix, vu les dépositions ci-dessus, avons de tout concédé acte au susnommé citoyen
Pierre Joseph Passeron en sa dite qualité, pour lui
servir et valoir dans tous les cas, à ce que de droit et
de raison. Fait à Nice, l'an et le jour que dessus.
GAUTIER, juge de paix.
BONIFACI, sec. greffier.
Vu par nous, membres du District de Nice, 3 vendémiaire an IV rép. 25 sep. 1795, TOSELLI, JN COPPON
fils, VÉRANI pr. syndic, SAYTOUR Martin.

�— 5o —
EGALITÉ, LIBERTÉ.

AU NOM DE LA LOI
Ce jourd'hui. second jour de Fructidor de l'an 3
août 1795) de la République française une et indivisible, à Nice, chef-lieu du département des AlpesMaritimes, par devant nous, Antoine Gautier, juge de
paix de la iere, 2M* et 3ME section et officier de police,
est comparu le citoyen Pierre Joseph Passeron : natif
de la commune de Contes et habitant en celle de Nice
depuis plusieurs années
Lequel en sa qualité de procureur du citoyen
Charles Eugène Valperga de Maillone, évêque de
Nice, subrogé par le citoyen Nicolo Giorni, homme
de loi, procureur spécial et général établi (par acte
reçu) par le notaire Pierre Joseph de Bernochio, le 20
Juillet dernier (v. s.) qu'il présente, légalisé par le résidant de la République de Gênes auprès de la Cour de
Turin, dont il résulte le pouvoir donné au citoyen
Giorni, de subroger en son lieu et place, avec tous les
pouvoirs compris audit acte, et il présente au surplus
l'acte de sa dite subrogation faite par le même citoyen
Giorni, reçu en la ville de Gênes le premier du mois
d'août dernier (v. s.) par le notaire Antoine Baglietto,
légalisée par le consul de la République française.
Expose : Primo, que le matin du trente septembre 1792, le citoyen Charles Eugène Valperga de
Maillone, évêque de Nice, en partant de cette ville
avec deux domestiques à sa suite, qui portaient un
paquet et quelques effets, fut arrêté à la porte qui conduit en Piémont, ci-devant nommée porte Victoire,
et conduit au vestibule de la maison presque attenante
à ladite porte, appartenant au citoyen Dominique
Castellinard, où se trouva le citoyen Joseph Castellinard, fils dudit Dominique, et malgré que ledit Evêque Valperga déclara aux soldats de la Garde de la
dite porte qui étaient des Marseillais, que c'était en
conséquence d'ordre qui lui avait été signifié par le
citoyen général d'Anselme qu'il partait de cette ville,
lesdits soldats commencèrent par le malmener et lui
(19

�signifier qu'ils voulaient le pendre et ayant ouvert
ledit paquet et y ayant trouvé entre autres effets, une
ceinture d'évêque, ils déterminèrent, à l'instant, de le
pendre avec ladite ceinture, et ayant essayé si la même
était assez forte pour le soutenir, en la préparant, elle
se fit en lambeaux, de façon qu'ils vérifièrent qu'elle
ne pouvait leur servir et demandèrent audit Joseph
Castellinard fils une corde, pour pendre ledit évêque,
à un grand anneau de fer qui était au plafond dudit
vestibule, servant â y passer une verge de fer pour
peser les marchandises, et ledit citoyen Castellinard
fils, leur ayant absolument refusé de leur donner de la
corde, en s'excusant qu'il n'en avait point, comme
dans tous ces entrefaits ledit évêque se trouve mal et
ne peut plus se soutenir, ledit Castellinard fils lui fit
apporter une chaise, par sa servante à qui quelques
uns de ces soldats donnèrent des coups de poing pour
avoir porté ladite chaise et le même Castellinard le
fit ensuite asseoir sur ladite chaise, en le soutenant,
parce qu'il ne pouvait se soutenir droit ; d'autant plus
qu'en attendant, lesdits soldats marseillais lui disaient mille exécrations, lui crachaient dessus et lui
donnaient des soufflets, et assurément ils l'auraient
fini, si dans cet intervalle un de ses domestiques
n'avait été dire au citoyen général d'Anselme ce qui
venait d'arriver, et ledit domestique étant venu avec
un billet dudit général d'Anselme qui ordonnait à la
garde de le laisser partir, puisque c'était de son ordre,
en conséquence de ce billet lesdits soldats marseillais
se bornèrent pour lors à lui dire et crier mille invectives et injures et le laissèrent partir, ce que ledit
évêque, malgré qu'il ne pût se remuer, à l'aide de ses
domestiques fit au mieux possible en tremblant, de
façon qu'il doit son existence au refus ferme et déterminé que ledit citoyen Castellinard fils leur fit de
leur donner une corde, sans quoi avant l'arrivée du
dit domestique portant l'Ordre du général d'Anselme, il aurait été pendu et étranglé.
Secondoque lefaitci-dessusfut d'abord public et notoire, de notoriété publique dans cette ville et encore
plui le lendemain premier octobre, puisque les autres

»

�— 52 —

soldats de la Phalange Marseillaise, arrivés sur le soir
dudit jour trente septembre, d'abord après leur arrivée
cherchèrent l'évêque qu'ils voulaient le lanterner et
mettre en pièces, comme ils s'expliquèrent hautement,
ce qui joint au fait arrivé dans ledit vestibule de la
maison Castellinard, étant devenu d'une notoriété publique donna l'épouvante à tous les gens honnêtes du
pays, qui disaient que le citoyen général d'Anselme en
ordonnant audit évêque de partir, en mettant sous la
sauvegarde de la Nation française ses meubles et ses
effets, avait voulu le sauver.
Et comme il importe audit citoyen Passeron, exposant en sa dite qualité, de constater par témoins le
fait ci-dessus exposé, il nous présente ledit citoyen
Joseph Castellinard fils de Dominique de cette commune, âgé de 21 ans, de profession, négociant, qui se
trouva présent au fait énoncé dans le Ier article de l'exposé ci-dessus, et au surplus informé de la notoriété
des faits énoncés au second et dernier chef, de ladite
exposition et il nous présente les citoyens Jean-Jacques Donny, natif de Neufchâtel en Suisse, âgé de 39
ans, de profession, négociant ; Joseph Poullan, natif
de Clavesana, en Piémont, âge de 48 ans, négociant ;
Jacques Gerbin, âgé de 60 ans, tailleur, Jean-Marie
Thaon, âgé de 56 ans, négociant, natifs et tous domiciliés en cette commune pour déposer sur ladite
notoriété énoncée dans ledit second fait exposé, pour
recevoir leurs dépositions, et nous fait instance que de
tout lui soit concédé acte, ce que nous lui avons accordé et a signé.
Pierre-Joseph PASSERON .
Et de suite se sont présentés les susnommés citoyens Joseph Castellinard, Jean-Jacques Donny, Joseph Poullan, Jacques Gerbin, et Jean-Marie Thaon,
ci-dessus qualifiés, auxquels après avoir fait lecture
dudit exposé fait par ledit citoyen Passeron, en sa
dite quálité, les avons interpellés sur serment, que
leur avons fait prêter, conformément à la loi, de nous
dire en leur âme et conscience, si tous les faits énoncés dans le même exposé sont de leur connaissance,

�- 53 et ledit citoyen Joseph Castellinard a répondu et
attesté en être pleinement informé pour avoir été
présent au fait exposé dans le i" article de ladite exposition, et pour avoir publiquement entendu dire les
faits énoncés dans le second chef qui était en cette
ville notoire de notoriété publique et lesdits citoyens
Jean-Jacques Donny, Joseph Poullan, Jacques Gerbin,
Jean-Marie Thaon, ont répondu et attesté tant uniment que séparément être pleinement informés de
l'énoncé dans le second chef de ladite exposition,
puisque les faits y énoncés étaient notoires, de notoriété publique en cette ville, et tous lesdits citoyens
ont respectivement attesté pour ce qui les concerne
que tout contient la vérité, toute la vérité et rien que
la vérité. En foi de quoi ils ont signé : Joseph Castellinard fils,Jean-Jacques Donny, Joseph Poullan, Jacques
Gerbin, Jean-Marie Thaon.
Et nous, Juge de paix, vu les dépositions ci-dessus,
avons de tout concédé acte au susnommé Pierre Joseph Passeron en sa dite qualité pour lui servir et valoir dans tous les cas, à ce que de droit et de raison.
Fait à Nice l'an et jour que dessus.
GAUTIER,
BONIFACI,

juge de paix.
sec. gref.

Vu par nous, membres Du district de Nice, le 3
vendémiaire anIV rep. (25 sept. 1795).
Jn. COPPON fils, VÉRANi, pr. syndic, TOSELLI, Saytour
MARTIN.

Arch. Nat. F

7

4867 *

�54 -

PÉTITION au DISTRICT de NICE
et AVIS de ce DISTRICT
ÉGALITÉ,

LIBERTÉ

5 vendémiaire
27 septembre 1795 an IV
AUX

CITOYENS ADMINISTRATEURS
DU DISTRICT DE NICE

Le citoyen Pierre Joseph Passeron, natif de la
commune de Contes, habitant en celle de Nice depuis plusieurs années.
Vous expose en qualité de procureur du citoyen
Charles-Eugène Valperga de Maillone, évêque de
Nice, subrogé par le citoyen Nicolo Giorni, homme
de loi, son procureur spécial et général fondé par acte
reçu dans la ville de Turin par le notaire PierreJoseph de Bernochio, le 20 juillet dernier (v. s) légalisée par le résident de la République de Gênes, près
la Cour de Turin, duquel il résulte le pouvoir donné
audit citoyen Giorni de subroger en son lieu et place
avec tous les pouvoirs compris dans le même acte,
qui se trouve copié mot pour mot dans celui de la
subrogation faite par le même citoyen Giorni, reçu
en la ville de Gênes le Ier du mois d'août dernier
(v. s* par le notaire Antoine Baglietto, légalisée par
le consul de la République française, le 13 Thermidor dernier (3 1 Juillet 1795), qu'il vous exhibe qu'étant arrivé dans cette ville le vingt-neuvième jour
du mois de septembre de l'année 1792, l'armée de la
République française, commandée par le citoyen général en chef d'Anselme lorsque celui-ci y fut arrivé
le soir et eut pris son logement dans la maison d'habitation du citoyen ci-devant consul de la République
Le Seurre, ledit évêque Charles-Eugène Valperga de
Maillone, s'étant présenté, le même général d'Anselme
lui signifia d'abord en présence de son Etat-Major de
partir de cette ville, sur quoi ledit évêque lui répondit qu'il avait cru pouvoir continuer sa demeure dans
cette ville et qu'à cet effet il n'avait jamais pensé de

Pièces 7 et 8

�- 55 distraire, ni faire partir le moindre de ses meubles et
effets qu'il avait dans la maison d'habitation de
l'évêque, que si absolument il lui ordonnait de partir,
il le priait de lui accorder la sauvegarde pour tous ses
dits effets et meubles, ledit général d'Anselme lui
répliqua : Le plus tôt sera le mieux, ce qui tout est
constaté par les attestations ci-jointes du premier et
second jour de fructidor dernier qu'il vous présente
également.
Qu'il résulte aussi par lesdites attestations, que
ledit évêque Valperga de Maillone fut forcé par ledit
général d'Anselme de partir de cette ville que tous
ses meubles et effets fussent mis sous la sauvegarde de
la Nation française et qu'étant parti le lendemain 30
dit septembre, il risqu'à d'être pendu ef étranglé paties soldats de la Phalange Marseillaise qui se trouvaient de garde à la porte ci-devant dite Victoire, ce
que tout fut d'abord notoire et de notoriété publique
dans cette ville.
Vous observe que ledit évêque Valperga est natif
du Piémont où il se retira et que s'il a résidé dans
cette ville, ce n'a été que pour raison de son ministère, que tout cela nonobstant il a été porté sur la liste
des émigrés, a été vendu la plus grande partie de ses
meubles et effets, et cela même nonobstant la préalable réclamation que le citoyen Jean-Jacques Donni,
chargé des intérêts dudit évêque avait fait à l'ancien
département par sa pétition du 22 juillet 1793 (v. s)
qui existe dans les Archives de ce district, résultant
ainsi que tout cela a été fait et opéré contre le droit des
gens et la sauvegarde de la loyauté française qui fut
promis audit évêque.
En conséquence, l'exposant demande en sa dite
qualité de procureur dudit citoyen évêque CharlesEugène Valperga de Maillone la radiation de son
nom de la liste des émigrés, la levée des scellés, la
restitution de ses propriétés et l'indemnité de celles
qui ont été distraites et vendues au nom de la Nation,
et sera justice.
(21 août 1795).

�- 56 Nice le 4me jour de Fructidor de l'an 3me de la
République française une et indivisible.
Signé : Pierre-Joseph PASSERON.
Vu la pétition ci-dessus du citoyen Pierre-Joseph
Passeron présentée au nom et comme procureur subs
titué du ci-devant évêque de Nice, Charles-Eugène
Valperga tendante à obtenir la radiation de son nom
de la liste des émigrés, la levée du séquestre et remission de ses effets restant ainsi que l'indemnité de
ceux qui ont été distraits ou vendus.
Vu une première pétition présentée à l'ancienne
administration du département par le citoyen JeanJacques Donni, au nom du citoyen Valperga en date
du 22 juillet 1793 tendante aux mêmes fins.
Vu la procuration en date du premier août 1793
(V. s.) faite à Gênes, par devant le notaire public Antoine Baglietti, légalisée par le Consul de la République française y résidant, ainsi que l'acte de procuration y inséré, en date du 20 Juillet 1795.
Vu l'attestation de quatre témoins faite avec serment par devant le juge de paix de la 1", 2"", 3me section de cette commune, en date du 1" Fructidor dernier '18 août 1795).
Vu autre attestation de cinq témoins faite par
devant le susdit Juge de paix, le 2 dit fructidor, aussi
sous serment.
Considérant que par la première des 2 attestations il est pleinement prouvé que le vingt-neuvième
septembre 1792, aussitôt après l'entrée de l'armée
française dans cette commune, le sus-nommé évêque
Valperga s'étant présenté au général d'Anselme qui
la commandait en chef, celui- ci lui ordonna d'abord
en présence desdits témoins et de tout l'Etat-Major.
u'il n'avait qu'à partir de la ville, et malgré que le
it évêque lui observa qu'il avait cru de pouvoir y
rester tranquillement et qu'à cet effet il n'avait fait
partir aucun de ses effets et meubles, le général lui
répliqua de partir absolument de la ville, en ajoutant
que le plus tôt serait le mieux, l'ayant assuré qu'à

a

�-5;l'égard de ses meubles et effets de sa maison, il les
mettait dès ce moment sous la sauvegarde et loyauté
de la Nation française et qu'il pouvait en être tranquille.
Considérant qu'il résulte par lesdites attestations,
et il est prouvé que l'évêque Valperga, d'après les
ordres précis et réitérés du général d'Anselme, partit
le lendemain 30 septembre de cette ville.
Considérant que par la susdite attestation du deux
Fructidor il résulte que l'évêque Valperga, au moment de son départ de cette commune, ayant été arrêté à la porte qui conduit au Piémont, par les soldats
qui y étaient de garde, lesquels tentèrent de le pendre,
il évita la mort par les soins du citoyen Joseph Castellinard, un des déposants, et il ne fut laissé libre que
d'après un billet du général d'Anselme, qui ordonnait à ladite garde de le laisser partir, puisqu'il s'en
allait de son ordre
Considérant que tous ces faits sont devenus de notoriété publique dans cette commune, dès le même
jour 30 septembre et Ier octobre suivant, ainsi que
quatre témoins l'ont attesté.
Considérant que le citoyen Valperga ne s'est absenté de cette commune et ci-devant Comté de Nice
que d'après les ordres du général d'Anselme auquel il
témoigna son regret.
Considérant que le départ du citoyen Valperga
ayant été forcé il ne peut pas être qualifié d'émigration.
Considérant que son intention de rester dans cette
commune est d'autant plus constatée, que le citoyen
Valperga a été le seul fonctionnaire public, il soit
resté à son poste, n'ayant soustrait aucun des meubles
et effets de sa maison, lesquels ont été ensuite distraits
et vendus par la Nation.
Considérant que le citoyen Valperga ne peut être
non plus considéré comme réfractaire aux lois de la
République, tandis qu'à l'époque de son départ de cette
commune, aucune loi de la République, surtout à
l'égard des ecclésiastiques, n'y avait été encore publiée
à laquelle eut pu contrevenir.

�— 58 —
Considérant que le citoyen Valperga ne pouvant
être considéré ni comme émigré, ni comme réfractaire, ne pouvait être privé de ses propriétés laissées
dans cette commune lors de son départ, sous la sauvegarde de la loi et de la Nation française qui lui fut
accordée par le général d'Anselme, et qui étant digne
de la loyauté de cette Nation, ne pouvait être violée
sans blesser le droit des gens.
Considérant au surplus, que le citoyen Valperga,
originaire piémontais, ne faisait sa résidence à Nice,
qu'à raison de son épiscopat, ce qui ne donne qu'une
résidence easuelle, et que sous tous les rapports, il
n'a cessé d'être étranger à l'égard du pays de Nice et
de la France.
Considérant que l'article 6, section deux, N° 2 de
la Loi du 25 Brumaire (15 novembre 1794) en déclarant émigrés les citoyens domiciliés dans le cidevant comté de Nice, qui sont sortis depuis le 27
septembre 1792, n'a point porté atteinte au droit des
gens dans la personne de l'étranger, qui se trouvait
dans ce même pays, où il n'aurait pas établi son vrai
domicile.
Considérant que le citoyen Valperga, qui avait été
forcé par le gouvernement de partir de Nice, n'a dû
plus y revenir dans le terme même prescrit par les
lois aux citoyens de la ci-devant Comté de Nice,
puisqu'il ne devait point imaginer qu'il fut compris
dans l'invitation, malgré qu'il ait été porté sur la
liste des émigrés.
Considérant que ce nonobstant, lorsqu'il sut qu'il
avait été porté sur la liste des émigrés de cette commune, s'est empressé de présenter sadite pétition
du 22 Juillet 1793 dans laquelle il demanda non seulement la radiation de son nom de ladite liste, mais
encore un délai convenable pour rentrer dans cette
commune, soit comme simple citoyen, ou comme
fonctionnaire public, ainsi que la restitution de ses
propriétés par lui laissées sous la sauvegarde de la
loyauté française dans la maison êpiscopale lors de sa
retraite forcée, ou une juste indemnité de leur valeur.

�- 59 Considérant finalement que,d'après toutes les circonstances sus-ênoncèes, aucune loi concernant les
émigrés ne peut être applicable au citoyen Valperga,
et que toutes celles qui pourraient le regarder relatives au séquestre des biens appartenant aux habitants
des pays en guerre avec la République française ont
été rapportées par le décret du 14 Ventôse dernier
(4 mars 1795). •
Le Directoire du district de Nice, oui le procureur syndic, est d'avis que le citoyen Charles-Eugène
Valperga ci-devant évêque de Nice ne doit point être
considéré émigré.
Qu'il doit être rayé de la liste des émigrés, que le
séquestre apposé sur ses propriétés doit être levé, qu'il
doit être réintégré dans la possession et jouissance
d'iceux, que tous receveurs ou dépositaires doivent
lui restituer les sommes qu'ils ont perçues, résultant
du produit desdites propriétés et qu'il doit recevoir
la juste indemnité des meubles et effets qui seraient
passés au profit de la Nation.
Fait à Nice, dans la salle des séances le 5me Vendémiaire an 4me républicain (27 sept. 1795). Signé
Saytour Martin. Verani,
procureur syndic, Angles v. prés.
Touzelly. Jn Coppon fils.
Enregistré au feuil. 20 registre des prévenus
d'émigration et signé BARRAIA, commis greffier.
Certifié conforme par nous Ve président et secrétaire du district Jn COPPON Fils V,-PRÉSIDENT
BARRAIA Cis greffier.
A rch. Nat. F 7 4867

2

�— 6o —

Pièce 9.

LIBERTÉ (vignette) ÉGALITÉ
BUREAU DES
ÉMIGRÉS

Extrait des registres des délibérations et arrêtés de
l'Administration Centrale du département des Alpes Maritimes.
(2

juin 1797)

Séance du quatorze Prairial an 5mf de
la République française une et indivisible.
Sur le rapport d-e la pétition présentée par le
citoyen Pierre Joseph Passeron, procureur fondé de
Monsieur Charles Valperga, ci-devant évêque de
Nice, dans laquelle il expose que ledit Charles Valperga n'a jamais dû être atteint des lois relatives à
l'émigration, soit qu'on le considère comme parti en
suite d'une force majeure, soit en sa qualité de piémontais et demande en conséquence la radiation de
son nom de la liste des Emigrés, sa réintégration
dans la possession et jouissance de ses propriétés et
une juste indemnité, des meubles et effets qui sont
passés au profit de la République.
L'Administration Centrale du département des
Alpes-Maritimes, considérant que M. Charles Valperga, comme piémontais, n'habitant Nice que pour
cause de son emploi, n'aurait jamais dû être porté
sur la liste des émigrés du département.
Que le seul motif qui a pu déterminer le général
d'Anselme à lui ordonner de partir de la ville de
Nice, ne peut avoir été que la susdite qualité de
piémontais.
Considérant enfin, que comme sujet du roi de
Sardaigne, il est dans le cas de jouir de l'article i,r
de la loi du quatorze nivôse an troisième, (} janvier
1795), ainsi que de l'article neuf de la loi du trente
Floréal an quatrième, (19 mai 1796).
Arrête, oui le commissaire du Directoire Exécutif
que le nom de Valperga, ci-devant évêque de Nice,
qui se trouve inscrit sur la liste des émigrés, sera

�— 6i —

provisoirement rayé ; que tout séquestre qui pourrait
avoir été mis sur ses biens sera levé, qu'il sera réintégré dans la possession et jouissance de ses propriétés,
et que toutes les sommes versées dans les caisses publiques, lui seront rendues, déduction faite des frais
faits conformément aux lois.
Fait et arrêté* en séance publique le jour, mois et
an que dessus.
Signé : Donny, président Payani, fils, Scudéry,
Oberti, Hancy (et en marge Gastaud commissaire
du Directoire Exécutif).
Certifié conforme à l'original par nous président
et secrétaire de l'Administration centrale du départemeni des Alpes-Maritimes.
DONNY, président
BELMONDI, sec. chef au bureau des émigrés.
Arch. Nat. F 7 4867 2

ACTE DE CAUTIONNEMENT
Pièce 10.

11 fructidor anV (2&amp; août 1797)
LIBERTÉ ÉGALITÉ
Ce jourdTiui 11 fructidor an 5 de la République
française une et indivisible (28 août 1797) par devant nous, membres composant l'Administration
centrale du département des Alpes-Maritimes, est
comparu le citoyen Joseph Passeron, natif de Contes,
chef-lieu de canton, domicilié dans cette commune,
procureur fondé de Monsieur Charles Valperga, cidevant évêque de Nice, en vertu d'acte de procuration du 20 juillet et premier août 1795 (v. s.) lequel
en sadite qualité, dépendamment à l'arrêté de cette
administration du quatorze prairial an cinq (2 juin
1797) portant que le nom de Valperga, ci-devant
évêque de Nice, sera provisoirement rayé de la liste
des émigrés, que tout séquestre qui pourrait avoir
été mis sur ses biens sera levé, qu'il sera réintégré
dans la possession et jouissance de ses propriétés, et

�— 62 —

que toutes les sommes versées dans les caisses publiques lui seront rendues, déduction faite des frais
faits, conformément aux lois, désirant de se conformer au porté par l'article 3 de la loi du 5 Brumaire
an 3 (26 octobre 1794) qui exprime que les prévenus
d'émigration seront tenus de donner caution solvable de la valeur mobilier, et ne pourront obtenir
leurs immeubles jusqu'à ce qu'il ait été définitivement statué sur leurs réclamations par qui de droit,
toujours en sa dite qualité a présenté pour caution le
citoyen François Grosson, marchand drapier de cette
commune, lequel ici prése.it et acceptant, s'oblige
conjointement et solidairement avec ledit Valperga
et pour celui-ci ledit Joseph Passeron, et sous l'hypothèque de tous leurs frens présents et à venir, à l'entière exécution de ce qui les concerne en la susdite
loi, et à la représention des mobiliers, effets et sommes à percevoir en dépôt que besoin sera, et quant
aux mobiliers invendus et en dépôt seront soumis
d'en représenter la valeur à laquelle seront estimés
par experts, préalable rémission.
Et nous, administrateurs susdits approuvant lesdits
cautionnement et acte de soumission, à la réquisition
dudit citoyen Joseph Passeron, avons dressé le présent acte que toutes les parties ont signé avec nous,
ayant au préalable fait renoncer audit François Grosson au droit de premier convenir.
Fait à Nice les jours, mois et an que dessus.
Joseph

PASSERON,

François GROSSON,
prés., PAYANY FILS,
MARUN-SAYTOUR, sec. en chef

HANCY, DONNY,
P.

Acte original sur timbre de 20 centime*.
Arch. Nat. F

7 4867^

�— 63 -

CONCLUSION

Il était avéré pour tous, dans la ville de Nice, que Mgr
Valperga était parti contre son gré et si la première Administration départementale, installée au mois de Mai 1793,
l'avait inscrit sur la liste des émigrés de Nice, c'était à la
suite d'une réponse faite par le ministre de l'Intérieur, Garât,
aux questions à lui posées par le Directoire des Colons Marseillais sur la conduite à tenir vis-à-vis de l'évêque.
Les questions avaient été envoyées à Paris, vers la fin
de Février 1793, et la réponse du ministre ne parvint à Nice
qu'au milieu de juin suivant, soit quelques jours avant la
publication de la liste des émigrés. Les réclamations de
l'évêque, retiré à Turin dans sa famille, furent présentées
le 22 juillet 1793 (1) ; mais comme beaucoup d'autres, elles
s'entassèrent dans les bureaux du Département, qui n'y
répondit même pas.
Cette réclamation fut présentée au nom de l'évêque par JeanJacques Donny au Département. lîlle figure en original au dossier
Valperga.
Voir ci-dessus.
Le registre des délibérations du département manque aux Archives pour les derniers mois de 1793, exactement du Ier mai au 10
Novembre, comme pour les six derniers mois de 1797 et l'année entière de 1798, exactement du 8 Messidor an V (26 Juin 1797) au 25
Pluviôse an VII (13 février 1799).
C'est-à-dire pour les deux périodes les plus troublées et cette
disparition est tout au moins étrange.
Elle doit être vraisemblablement attribuée à certains hommes
politiques désireux de laisser dans l'oubli leur conduite durant ces
deux époques.

�- 64 On était dans la période la plus aiguë et, en pleine
Terreur.
Après le 9 Thermidor et, surtout après la venue à Nice
du représentant Beffroy, au mois de Floréal, an III (Mai
I795)»
les esprits devinrent plus calmes, les administrations plus pondérées. C'est alors que, sur de nouvelles demandes présentées au District, et sur avis favbrable de
celui-ci, le département des Alpes-Maritimes accorda à Mgr
Valperga sa radiation provisoire, le 14 Prairial, an V (2 Juin
1797). Comme on le voit, l'affaire avait traîné en longueur.
Il semblait alors que rien ne s'opposait plus à la rentrée
de l'évêque : le 11 Fructidor, an V (28 Août 1797), le Département avait agréé la caution de François Grosson (1) ;
les biens de l'évêque allaient lui être rendus, et il pourrait
rentrer.
Mais huit jours après, le coup d'Etat du 18 Fructidor (4
septembre 1797) remettait le pouvoir aux mains des Jacobins, la guerre aux émigrés et aux ecclésiastiques, en particulier, reprit avec âpreté. Pe département des Alpes-Maritimes se vit accusé d'avoir préparé une rentrée triomphale à l'évêque, son arrêté du 14 Prairial resta sans effet
et, en vertu de la loi du 19 Fructidor (5 septembre), les
scellés furent de nouveau apposés sur les biens de Mgr Valperga par deux commissaires municipaux (2).
En vain, l'évêque de Nice, fit intervenir auprès du Directoire Balbi, l'ambassadeur du Roi de Sardaigne à Paris,
le dossier de sa demande en radiation fut examiné sans
aucune bienveillance.
(1) L/Acte original de ce cautionnement sur timbre est aux
Arch. des Alp.-Maritimes Q. 10.
(2) Mise de scellés sur les biens de Charles Eugène Valperga par
deux commissaires de la municipalité de Nice. Une scéance, 6 livres.
Dépense approuvée par le Département, en Germinal an VI (avril
1798). Arch. des A. M. Q. 11.
Mgr Valperga ne possédait à Nice aucun immeuble et il devait
rester fort peu de chose de son mobilier après la vente qui en avait
été faite en Ventôse an III. La bibliothèque de l'évêché avait été déclarée bien national et la caisse diocésaine avait disparue en octobre 1792
sans laisser de traces dans les pièces administratives. Le séquestre
a été apposé sur les biens de nombreux émigrés rayés provisoirement.
On peut en voir la liste aux Archives des A. M. Q. 10, où Valperga
figure sous le N° 65.

�- 65
Á la suite de la lettre de Balby datée de Paris le 7 février
1798, le ministre de la police demanda à ses Bureaux un
rapport sur l'affaire Valperga. Pe voici tel qu'il se trouve
en minute au dossier.
Attendu que rien ne tend à constater le prétendu ordre
de quitter Nice, d'où il suit qu'il faut en croire sur parole
l'émigré.
Qu'à raison de son domicile, il était tenu de rentrer sur
le territoire dans les délais voulus par les lois.
Qu'il est atteint par la déchéance et n'a réclamé que
l'an V.
Qu'il ne paraît pas y avoir lieu de violer la loi en faveur
de cet ex-évêque dont la rentrée prohibée par la Constitution serait d'une influence dangereuse.
J'estime qu'il y a lieu à proposer la maintenue sauf
à prendre des renseignements si toutefois on les trouve
indispensables.
CAIGNART,
Sous-chef (2e Bureau).
En tête de cette minute est écrit :
« Je pense qu'il y a lieu à instruction et à prendre
des renseignements près les Administrateurs du département_des Alpes-Maritimes. »
Signature illisible (1).
Ces renseignements furent-ils demandés ? C'est probable et cela explique que bien des pièces du dossier Valperga sont en double expédition. Plus d'une année s'écoula
encore, avant que fut prise une décision et finalement sur
un rapport défavorable de la Commission d'examen instituée près le Ministère de la police pour l'étude des demandes en radiation, le Directoire exécutif signa le 7 Floréal
an VII, (26 avril 1799) un arrêté qui maintenait définitivement, sur la liste des émigrés, Mgr Valperga et annulait
toutes les décisions rendues antérieurement, en sa faveur,
par les. autorités locales.
(1) Arch. Nation. F 7 4862 2 dossier Valperga. Rapport de la
3 me Division du Ministère de la police, sans date mais joint à la
lettre de Balbi.
»

�- 66 -

Varrêté du Directoire parvint à Nice les premiers
jours de Prairial an VII (Mai 99) et fut immédiatement
mis à exécution. (1).
*

* *

Ainsi donc Mgr Valperga expulsé ne put jamais obtenir
de rentrer, les lois sur l'émigration étaient tellement embrouillées et tyranniques qu'une fois inscrit sur une liste
d'émigrés, il était extrêmement difficile de s'en faire rayer
malgré toutes les démarches ; car on se heurtait sans cesse
à des questions de forme et de procédure ce qui permettait
à la malveillance de s'exercer tout à fait à l'aise sous le
couvert de la légalité.
A. J.

PvANCE-BOURREY.

(1) De 21 Floréal an VII (10 mai 1799), il fut communiqué
par le ministre de la police générale de la République aux diverses
administrations intéressées et aux Commissaire du Directoire exécutif
près le département des Alpes-Maritimes. Celui-ci par lettre du 3
prairial (22 mai 1799) demanda au Département de le transmettre
à la Municipalité de Nice, ce qui fut fait le même jour avec ordre
de le transcrire sur ses registres, de faire apposer les scellés ou séquestre sur tous les biens meubles et immeubles de l'évêque si ce
n'est déjà fait, et de mi notifier sans délai la décision prise à son égard.
Voir lettre du Département à la Municipalité, celle du Commissaire au Département, 3 Prairial an VII avec la réponse du Département 4 Prairial.
Arch.. des A. M. Q. 1 et 2 et Arch. Nationales, dossier Valperga,

�NIÇA LA BELLA
VERS DE /.

Giordan,

su

DE CARTA POUSTALA

Ai rai dôu nouostre bouon soulèu
Venon s'escaufar toui lu lùssi ;
Es un meravihous tablèu,
Ai rai dôu nouostre bouon soulèu,
Trouvas, dou Var fin au Castèu,
Anglés, Rouman, Danesi, Rùssi :
Ai rai dôu nouostre bouon soulèu
Venon s'escaufar toui lu lùssi.
Pèr tu, as touti li bèuta,
Terra de lus e d'alegria,
D'un ciel d'azur, as la clartà,
Pèr tu, as touti li bèuta.
De l'univers, en verità,
Siès la uechièma meravia ;
Pèr tu, as touti li bèutà,
Terra de lus e d'alegria.
Dintre lou tèmp, Semiramis
Faguet basti, à Babilouna,
Pu siéu jardin, vèr paradis !
Soubre Paioun, degun s'estouna
De vèire, ancuèi, lou paumoulié
Drissar au ciel la siéu coulouna
E lou galofre, e l'anemouna
Flouri emb'au pourtegalié.
De bouon matin, quitant maioun
Pèr la journada touta'ntiera,
S'en va lavar, dintre Paioun
Pa bugadiera.
D'un glourious passat es fiera
Perqué, d'un tèmp, sus lou bastioun
Au Turc, arranquèt la bandiera
Pa bugadiera.

�fet 68 —

Sau de fouora fa freï,
Que brima,
A Niça, sus lou Quèi,
Si rima.
Pescadou, fourestié,
De la mar bressarella,
Escouton voulountié
Pa doussa cantinella.
L'AVOUCAT

PATTA

L'estudi de l'avoucat Patta es en plen aria ; si tèn lou matin
couma lou predinà su la plaça dôu Palai. Es un ome pichounet,
touplen raplot, li pocha enfli de papiè de touta mers. En lu vièi
quartiè es proun counouissut e li capelada, « Bouonjou Moussu
l'Avoucat », noun li mancon. Es ben m'ai juge, proucuradou, etc.
Lu siéu ounourari soun bouon pati e n'a de preferença pèr
qu si sigue. Parla au premier maufatan vengut, couma se fousse
un agnèu que vén de naisse ; lou créancier o lou débiteur soun
tratat su lou même pen... basta que mouson...
L'avoucat Patta es de noutarietà reputat pèr un ome judicious, òunest — au noun si flata de l'estre au jou d'ancuei ; —
finda counouisse, es en relacioun d'afaire emê de gros persou nage que dintre la finança dôu siéu coumerce, soun quasi d'usurari. Sau menajar la cabra e lou caulè ; e pèr que la mouneda
noun li escapa si desbrouïa e si mete dôu cousta dôu manche...
d'aquéu que casca lou de mai...
Acò fa que toui lu matin que lou Bouon Diéu a fach, la siéu
doumestica mete toujou quaucaren au fuec. Lou dimeneghe, coum'un bouon crestian, — tartufaria que lou pauva, — va audi la
gran'messa à Santa Réparada, fa la siesta e à la calada dóu soulèu,
passeja su lou Cours, pastrouia, fa lu cent pas, noun parla que de
lei, proucès, citacioun, ensin alestisse lou travail dôu dilun...
Lendeman empastra ben d'afaire, mete facilamen en lou sac
Moussu Tout'Un emé Moussu Tout'Autre... En éu que li pòu
faire ?... lança dapertout lou broumech, tant pis pèr aquéu que si
laissa agantar. Quaranta sóu es lou près d'atac e vous pregui de
crèire que douna pas la siéu journada pèr doui o tres escut.
L'avoucat Patta counouisse l'usança dôu païs... s'avès touort,
vous rouïa, s'avès pi rasoun, v'espia... Que voulès aima manjar
lou pei, lou pei que noun aiguë d'espina...
JULI EYNAUDI.

�-«9VA

MAU ! !

Va màu, cresé-vous, que va màu 1
En l'orizoun lou voile negre
N'es qu'un gran camp cargat de pebre,
Qu'à pala lou jeten davan,
Avuglan finda lu cavau 1
Lu canoun soun su li frountièra,
Alignât couma de barriera,
N'esperon plus que lou signàu !
Lou soulèu, aquel animàu !
Stan, noun vòu levà la vela,
Si foundon couma des candela
Enb'aquèu coust dôu diàu !
Le Giacouuda à cóu de d/stràu
Li fan petà li sièu moulura...
Ah ! dèu faire bella figura
Se l'an foutuda en quauqua tràu
Lou pan crèise, finda la sàu,
Lou sucre dintre li boutiga
Mounta ben mai que de boufiga !
Van jusque crèise lou rampàu
E la pèu que fau lou tambau ;
Metran de drech su li nourriça,
Su lu chichi, su li saucissa,
Perqué pas soubre lu magàu ?
E lou Prussian, marrit bertàu,
Noun sabon fa que de babïa,
Per lou Maroc e l'Algèria,
Se faran mètre lou mourràu !
Li serreren toui lou pourtàu
E pi veiren touta la França
Davan la sieù grossa arougança
Se noun si sau garda li clàu !
Es de rima d'un manechàu,
Ma sien d'estiéu, vesin, vesina,
Li passeres en la resina
Avant que vegon l'espitau !
CHARLES CIAUDO

�Valère Bernard
Tout en heurtant le marteau contre la porte de M. Valère
Bernard je songeais. Je me suis complu dans le plus souriant
mépris des idoles. L'ironie a tremblé sur mes lèvres quand
la Provence a dans un ravissement de joie acclamé le poète de
Maillanne. Cette mascarade d'apothéose me répugnait.
Et maintenant la curiosité me fourvoyait dans le studio
d'un consciencieux artiste que les felibres couvraient de gloire.
Elève de Puvis de Chavannes M. Valère Bernard pasticha le
Maître. Mais vite il eût l'intuition qu'à se perdre dans les sentiers
battus il courrait risque de compromettre son crédit. Il dit
adieu à Paris et vint dans Marseille, l'opulente cité.
A cette époque vivait un exquis écrivain, J. Lombard. Il venait de publier deux œuvres d'une grandiose beauté, VAgonie et
Bysance. Dans un style étrangement tourmenté il contait les
luttes entre les factions d'Orient, illuminant son œuvre des
splendeurs bysantines.
Valère Bernard vit Jean Lombard, et du même coup les belles
au bois qui dormaient en son âme s'éveillèrent. Il délaissa les
études académiques, les pastiches sans vie, et d'ardentes couleurs
chargèrent ses toiles.
Voici le triomphe des rois Babyloniens. Sur les voûtes d'un
palais impérial passent des gardes étincelants dans la pourpre et
la soie. L'or envahit les hautes colonnes de jaspe bleu. Involontairement on pense aux fantastiques demeures hantées par des
fées émeraudes et des princesses aux perversités troublantes.
Et je m'imagine que le peintre était sous le charme de la
légende quand il a peint cette courtisanne qui sourit à son miroir tout en jouant négligeamment avec sa chevelure d'or. Et
puis passent Venise la rouge, Marseille enveloppé dans la poussière d'or du crépuscule, des motifs à la Watteau peints par un
bysantin, toute une apothéose.
Mais une idée m'obsède, tandis que dans la grise clarté d'un
soir automnal s'éteignent les fauves éclairs jaillis de ces radieuses
toiles. L'idéalisation du passé me paraît cruelle. Les générations
endormies dans la Mort ont eu leurs misères/leurs rancœurs, je
pense qu'il est absurde de s'écrier avec Musset « qu'aux temps
jadis tout était heureux jusqu'aux douleurs humaines. » En vain
l'apostat s'attriste-t-il sur les vieillards immortels de l'antique

�- 7i

—

lonie, â ses oreilles résonnent les paroles de l'Hiérophante : « La
Helladi que tu aimes n'a jamais existé ».
Mais M. Valère Bernard brise ma rêverie, et mes yeux se
portent.sur des portraits appendus au mur. Profils d'espagnol ou
d'américain mitigés d'espagnol, comme on en croise maintes fois
sur la Cannebière.
Homme universel ne puis-je m'empêcher de m'êcrier. M.
Valère Bernard sourit. Il siérait dit-il, à mi voix, de se développer en profondeur. Toutefois il est beau de se dire sur le
tard de sa vie que l'on a fait vibrer toute son âme. Ici le maître
rejoint Néron. Il m'aide à comprendre cet inquiétant empereur.
Mais encore faut-il que tout en étant l'homme universel on ne
sombre pas dans la banalité. De méchantes œuvres d'art peuvent
avoir leur prix.
Une idée se lève devant moi. Labruyère me petsuade que
l'honnête homme de Pascal propre à tout en définitive n'est propre à rien. La spécialisation inintelligente, mène à l'erreur, j'en
conviens, mais en fait elle est une loi générale.
Et ceci est pour me plaire, car j'abhorre dissiper mon énergie,
j'aime le repliement, la frissonnante pudeur qu'effarouche les
vaines ostentations. Je goûte les peintres du passé et malgré ma
philosophie j'adore les peuples disparus. Volontiers j'implorerai
avec la Cassandre de Schiller la cécité, l'exquise cécité. Le sou
venir a plus de puissance sur moi que l'espoir.
Et sous des deux gris, en des pays étrangers désolants de
médiocrité, il m'est arrivé de pleurer plus amèrement que ne
pleura Xerxès aux rives d'Abydos.
J. PADOVANI.
PROUVERB1, BOUOI MOT, COUNSÈU E DICH
Vèuva que si marida,
Dèu perdre la lus e l'audida.
Fiha madura,
Lou pouorta à la centura.
En cuntant su lu det :
Aquéu a fa l'óu ;
Aquéu l'es anat cercar,
Aquéu l'a fa cuèire,
Aquéu l'a manjat,
E lou pichoun n'a ren tastat !

�— 73 —
LE

DÉSESPOIR

Oui, j'ai la mort dans l'âme ; oui, je monte au calvaire ;
Mon horizon, hier si beau, s'est obscurci ;
Je hais tous les devoirs et tout ce qu'on révère :
Mieux vaut mourir que vivre ainsi !
Puisque je n'y puis rien ; que la raison humaine
Ne gagne plus un cœur où mon cœur est entré,
Je veux briser mes jours comme on brise une chaîne
Et m'enfuir en désespéré.
Qu'est-ce donc que la mort ? C'est la paix éternelle,
C'est un beau drap de fleurs sur mon sein endormi,
C'est la nature calme, auguste et solennelle
Qui nous prête un repos ami.
O nature de Dieu contemple ma détresse !
Ecoute tout mon sang dans mon cœur s'épancher
Et, puisque je n'ai plus le lit de ma maîtresse,
C'est au tien que je veux coucher ;
C'est toi la grande mère et la nourrice immense !
L'homme au sort le plus âpre et l'homme au sort plus beau
Retrouvent dans ton sein leur part de ta clémence :
L'un l'amour, l'autre le tombeau
Tu sais, toi qui vois tout, ce qu'ici bas je souffre,
Que je n'ai point béni l'instant de mon réveil
Et que j'ai regardé, toujours, du fond du gouffre,
Les bords ou brillait le soleil ;
Que je n'ai bu jamais que dans la coupe amère,
Que le seuil du bonheur me fut toujours fermé,
Que j'ai perdu mes fils, que j'ai perdu ma mère
Et tous les cœurs qui m'ont aimé !
Maintenant je m'en vais, battant du front, comme ivre,
En proie à ce grand deuil qui me courbe en vainqueur,
Et je veux déchirer ma vie, avec le livre
Des chastes sanglots de mon cœur ;
Et toi, rayon divin, génie, ardent délire,
Flambeau qui n'iras plus briller sur son autel,
Eternise du moins ces larmes de ma lyre
Et que mon cri soit immortel !
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Epato (Grégori)
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Endicioun roum.......

Febrié
Mai
Setèmbre.,.
Desembre.

14
22
18
11

Letra doumenicala

12,
14,
17,
17,

14 e 15
16 e 17
19 e 20
19 e 20

E

Jî la Providence, 1{ue de la Préfecture /4, }}run, Sibraire

LI

QUATRE

SESOUN

Lou prmtèms coumença lou 21 mars
L'estiéu
—
— 22 Jun
L'autoum
—
— 23 sept,
L'iver
—
— 22 dés.
FESTA

Septuagesima
19 Janvié
Cendre
5 Febrié
Pasca
23 Mars
Rougacioun 28, 29, 30 Abriéu
Ascensioun
1er Mai

à 5.18 m.
à 1.10 m.
à 3.53 m.
à 10.35 m.

dôu
dôu
dôu
dôu

matin
matin
sera
matin

MOUBILI

Pantecousta
Trinità
Festa de Diéu
1" Diiuenegue de
30 Novembre

11 Mai
15 Mai
22 Mai
l'Avènt

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VÉNT

Lu vènt que souflon à Niça, dintre lou cours de l'annada,
soun au nombre de 16. Vequi li sièu denouminacioun courenti,
pihadi, en general, dai loucalità dei quali parèisson veni :
Nord ..
N.-O.-E.
N.-E. ..
E.-N.-E..
E. N. E.
E.-S.-E..
S.-E. ..
S.-S.-E-.

Tramountana
Grek Tramountana
Grego
Levant
Levant
Levant
Siroco, vènt marin
Mie jou Siroc

Sud.... Mie jou
S.-S.-O.. Miejou Lebech
S. O. .. Lebech
O.-S.-O. Pounènt Lebech
Ouest. . Pounènt
O.-N.-O.V. Pounènt Maistràu
N.-O. .. Maistrau
N.-N.-O. Maistrau Tramount

VIGÍLIA — JÈUNI
22
30
10
14
31
24

Mars
Abrièu
Mai
Avoust
Outoubre
Desembre

(Pasca, 23 Mars)
(Ascensioun, Ier Mai)
(Pantecousta, 11 Mai)
(Assoumpcioun, 15 Avoust)
(Toui lu Sant, Ier Nouvembre)
(Calena, 25 Desembre)

L'ANNADA RELIGIOUSA
LI FESTA MOUBILI E

LI FESTA FÏSSI

febrié

Janviê
1 Circouncisioun.
6 Epifania (lu Rei).
13 Batejà de J.-C.
14 Sant Noum de Jesù.
19 Setuagesima.
26 Sexagesima.

2
5
6
9
12
13

Purificacioun.
Cendre.
Festa de la Pr. de N. S.
Quadragesima.
14-15 Quatre-tèms.
Coum. de la Passioun.
16 Reminiscere.
23 Oculi.

�Jtfars
2 Lœtare.
9
16
21
23
29
30

Passioun.
Lu Rampàu.
Divendre Sant.
Pasca.
Li 7 Doulou.
Quasimodo.

j/îbriêu
28-29-30 Rougacioun.

jYtai
1 Ascensioun.
3 Inv. de la Santa Crous.
11 Pantecousta.
14-16 17 Quatre-tèms.
18 Trinità.
22 Festa de Dièu.

Jîvoust
6 Transfiguracioun.
15
18
25
26
29

Assoumpcioun.
S. Joachim.
S. Couor de la Vierge.
S. Louis.
Decolac. de S. Jouan-Bat.

8
14
15
15
17
29

Natività de la Vierge.
Esaltacioun de la Crous.
N. D. dei 7 Doulou.
San Noum de Maria.
Quatre-Tèms.
Dédie, de S. Miquéu.

6
13
20
27

Sant Rousari.
Maternità de la Sta Vierge.
Puretà de la Santa Vierge.
Patrounage de la S. Vierge.

1
2
3
21
30

Touï lu Sant.
Lu Mouort.
Santi Reliquia.
Present, de la Sta Vierge.
Avent.

Setembre

Ouioubre

jYouvembre

Jun
9
21
24
29

Festa dôu S. Sacramen.
Sacrât Couor de Jesù.
Natività de S. Jouan-Bat.
SS. Peire e Paul.

Juliet
2 Visitation de la S. V.
7 Precious Sang.
16 N.-D. dôu Carme.

2&gt;esembre
8 Imaculata Councepcioun
17, 19, 20, Quatre-Tems.
25 Calena.

LEÇOUN DE CATECHISME
Un prèire dôu Gesu enterougava un pichoun su lou siéu
catéchisme e li demandava :
— Doun es Diéu ?
— Vous respouonderai, li di l'enfant, quoura m'aurès
dich doun noun pôu estre.

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MARS

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22
34
04
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20 dij.. Sta Vitalina
20 dil. S. Bastian
21 div. S. Severian
21 dim. Sta Agnesa
22 dis. S. Silvan
22 dim. S. Vincent
23 dij. S. Raymound
23 Dim. Oculi
24 div. Sta Jacinta
24 dil. S. Pascase
Conv.
de
S.
Pau
25 dis.
25 dim. S. Cesari
26 dim. S. Nestor
26 Dim. Sexagesima
27 dij: S. Leandri
27 dil. Sta Devota
28 div. Sta Nourina
28 dim. Sta Paula
29 dim. S. Francès S.
30 dij. Sta MaitiDa
31 div. S. Peire N.
Lu jou crèisson :
dim.
dij.
div
dis.

Jou de l'An
S. Macari
Sta Genevieva
S. Tita
S. Simeoun
Lu Rei
S. Lucien
S. Apoulinari
S. Pèire
S. Guillaume
S. Teodore
S. Arcada
Sta Verònica
S. Ilari
S. Maurici
S. Ounourat
S. Antoni
Sta Angela

Lu jou crèisson :
lou matin....... 22 m.
lou sera
12 m.

1

lou matin
lou sera

lu
lu
lu
lu

47
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m.

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dim.
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29,

à 0 oura 23
à 8 oura 58
à 11 oura 56
à 0 oura 58

m.
s.
m.
s.

L. 6 36' — C.5 32'

S. Eudoxii
Lœtari
S. Marin
Sta Cunegonda
S. Casimir
Sta Coleta
S Jouau de D.
Sta Félicia.
La Passionn
Lu 4" Marlir
S. Euloge
S. Gregori
Sta Eufrasia
Sta Matilda
S. Acepsima
Lu Rampàu
S. Patrici
S. Apien
s. Jôusé
Dijon San/
D i vendre Sani
Dissata Sant

Panca

StaCatarinadeS
Anounciada
S
Emanuèu
S. Jouan d'Egt
Gountraa
div. S.
dis. S. Hustase
Dim. Quasimodo
dil. Sta Balbina

Lu jou crèisson :
lou matin
î .o4 m.
lou sera
0.48 m.

VERMOUTH

�— 12 —

ABRIETJ
N. L. lu 6,
P. Q. lu 14,
P. L. lu 20,
D. Q
lu 28,
SOULÈU .

MAI

à 5 oura 49 s.
à S oura 40 m.
à 9 oura 35 s.
à 6 oura 09 m.

— L. 5 32'

C. 6 19'

dim. S.
dim. s.
dij. s.
3
4 div. s.
5 dis. s.
1
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Dira.
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dij.
div.
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Dim.
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dim.
dim.

Ugo
Franç. de P.
Richard
Isidoro
Juliena
s. Celestin
s. Hegesippe
s. Albert, ev.
s. Azada.
s. Isidoro
s. Leourj
s. Juli
s. Justin
s. Valerian
Sta Anastasia
S. Frutuous
s. Rodolfe
s. Maxime
s. Anselme
s. Tcodoro
s. Adalbert
s. Fidèle
s. Jorgi
s. Marco
s. Clet
s. Antime
s. Aimé
Iiouqacioun
Sta Catarina d. S
SS. Philip., Jacq.

La jou crèisson :
lou matin
59 m.
lou sera
... 44 m.

N.
P.
P.
D.

L.
Q.
L.
Q.

lu 6,
lu 13,
lu 20,
lu 28,

SOULÈU.

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17

JUN

8

oura 25 m.
H oura 45 m.
7 oura 18 m.
0 oura 04 m.
— L. 4 34' — C. 7 04'

N.
P.
P.
D.

i

Ascensioan
S. Atanase
In.d.l. Sta Crous
SS. Sindonis
S. Pio, papa
S. Jouan D.
S. Peire
S. Gregori N.
S. Antounin
S. Isidoro
Pandeconsta
S. Jouan lou S.
S. Pouon, m.
Quatre-tèms
S. Sta Dcnisa
S. Frutuous
S. Pascaù
Trin if à
S. Pèire C.
S. Felis.
S. Bernardini
Festa de Diéa
S. Didier
S. Vincen,d.L.
S. Urbin
S. Felipe
S. German
S. Cirile
Sta Petronïa
S. Sylve
S. Justin

Lu jou crèisson :
lou matin
4° mlou sera
41 m.

L.
Q.
L.
Q.

lu 4, â 7 oura 57 s.
lu 11, à 11 oura 4 s.
lu 18. à 5 oura 51 s.
lu 26, à 5 oura 41 s.

SOULÈU.

1 DIM.
2
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3 dim.
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Dira.
dil.
dim.
dim.
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Dira.
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dim.
dij.
div.
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Dim.
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dim.
dim.
dij.
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Dira.
dil.

- L. 3 55'

—

C. 7 43'

S. Potin
Sta Blandina
S. Quirin
S. Francès C.
S. Lié
Couor de Jesù
S.
S.
Sta
S.
S.
S.
S.
S.
S.
Sta
S.
Sta
S.
S.
Sta
S.
S.
S.
S.
S.
S.
S.
S.

Medard
Optat
Margarida
Barnabé
Antoni de P.
Basilio
J.-F. Régis
Moudeste
Lambert
Olga
Gervai
Juliena F.
Louis de G.
Paulin
Maria d'O.
Jouan-B.
Prousper
Alban
Cresen
Iréné.
Pèire
Pàu
Tibàu

' Lu jou crèisson :
lou matin
2 m.
lou sera
i4 m.

VERMOUTH

�— 13 —

TROISIEME

AVOUST

JUL·IET
N.
P.
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D.

L'. lu Í, a
Q. lu 10, a
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31

i

5 oura 07 m.
9 oura 38 m.
6 oura 0" m.
9 oura 59 m.
53' — C. 7 55'

dim. S. Thierry
dira Vierg.de li Gracia
dij. S. Anatole
div. S. Pèire de L.
dis. S. Sisoès
Dim. S. Elie
dil. Sta Bahela
dim. S. Efrem
dim. Sta Felicita
dij. S. Pio
div. S. Jouan G.
dis. S. Gene
Dim. S. Jaque
dil. Festa Naciounala
dim. S. Enri
dim. N.D.d.M.Carmel
dij. Sta Marcelina
div. S FVederic
dis. S. Vincen de P.
Dim. Sta Margarida
dil. S. Vitor
dim. Sta Maria-Mad.
dim. S. Apoulinari
dij. Sta Cristina
div. S. Jaque
dis. Sta Anna
Dim. S. Pantaleoun
dil. S. Samsoun
dim. Sta Marta
dim. Sta Giulieta
dij. S. Gnaci de L.

1

Lu jou bàisson :
lou matin
3i m.
lou sera
26 m.

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0 oura 58 s.
i oura 03 m.
8 oura 27 s.
0 oura 18 m.
8 oura 38 m.
23' - c. 7 28'

div. S. Pèire-aï Ldis. S. Alfonso
Dim Inv. de S. Estève
dil. S. Domenica
dim. N. D. dei Nèu
dim. Transf. de J. C.
dij. S. Gaétan
div. Sta Batilda
dis. S. Camilo d. L.
Dim. S. Làuren
dil. S. Septima
dim. Sta Clara
dim. Sta Filoumèna
dij. S. Ousèhi
div. Asonmpcioiin
dis. S. Roc
Dim. S. Jouachin
dil. Sta Elena
dim. S. Ipoulita
dim. S. Bernar
dij. Sta Chantai
div. S. Pio V
dis. S. Filipe B.
Dim. S. Bartoumiéu
dil. S. Louis, r. V.
dim. S. Segoundo
dim. S. Cesari
dij. S. Goustin
div. S. Mederic
dis. Sta Rosa
Dim. S. Fiacre

Lu fou bàisson :
lou matin
43 mlou sera
55 m.

SETEMBRE
P.
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SOULÈU. —

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oura 06 s.
oura 46 s.
oura 30 s.
oura 57 m.

08' — c.

6 33'

1 dil. S. Gili
2 dim. S. Estève Pi.
3 dim. Sta Eufemia
4 dij. Sta Rosalia
5 div. S. Làuren J.
6 dis. S. Pambou
7 Dim. S. Grat
8 dil. Naiiv. de la V.
9 dim. S. Oumer
1U dim. S. Nicola
11 dij. S. Félis
12 div. S. Veran
13 dis. S. Amé
14 Dim. Es. d. l.S. Crous
15 dil. S. Nicomède
16 dim. S. Courneilla
17 dim.- Quatre-tèms
18 dij. S. Tournas V.
19 div. S. Janvié
20 dis. S. Eustache
21 Dim S. Matiéu
22 dil. S. Màurici
23 dim. Sta Tecla
24 dim. S. Girar
25 dij. S Firmen
26 div. S. Nil
27 dis. S. Nicandre
28 Dim. S. \\ inceslas
29 dil. g. Miquèu
30 dim. S. Jeromo
Lu jou bàisson :
lou matin
42 mlou sera
i.o3 m.

HâltlHI &amp; EdIIÏ

�- 14 QÜATRIÈ)MÍ:

OÜTOUBRE
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" oura 12 s.
7 oura 57 m.
1 oura
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6 30' — c.

4 30'

Ì dis. Toui lu Sunt
2 Dim. Lu Mouort
3 dil. S. Ubert
4 dim. S. Carlo B.
5 dim Sta Bertila
6 dij. S. Leounar

dis. S. Francès d'A.
5 Dim. S. Rousari
6 dil. S. Bruno
7 dim. S. Serge
Í
8 dim. Sta Reparada
8
9 dij. S. Denis
9
10 div. S. Francès B.
10
11 dis. S. Tarasco
11
12 Dim. S. Counrad
12
13 dil. S. Edouard
13
14 dim. S. Calisto
14
15 dim. Sta Teresa
15
16 dij. S. Ospici
16
17 div. Sta Edvija
17
18 dis. S. Luc
18
19 Dim S. Pèire
19
20 dil. S. Agricol
20
dim.
21
Sta Ursula
21
22 dim. S. Filip
22
23 dij. S. Teodoret
23
24 div. S. Magloire
25 dis. SS. Crespin Cr. 24
25
26 Dim. S. Joaan de K. 26
27 dil S. Frumeuce
27
28 dim. S. Alf'redo
28
29 dim. S. Narcisse
29
dij.
30
S. Marcel
30
31 div S. Siri
i 4

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TRIÍ

div. S. Nestou
dis. Lu Quatre Incou.

Dim. S.
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dij.
div.
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Teodore

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S.
S.
S.

Jacintou
Martin
René
Stanislas
Pantena
Sta Gertruda

Dim. S.
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dij.
div.
dis.

Edme
Gregori
Alfè
Sta Babeta
S. Edmon
Présent, de la V.
Sta Cecilia
S.
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Dim. S.

Clemen
Sta Flora
Sta Catarina
Sta Pelfina
S. Maxime
S. Sostène
S. Saturnin
Dim. A vent
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dim.
dim.
dij.
div.
dis.

Lu jou bàisson :
lou
lou sera

DESÈMBRE
P. Q.
P. L .
D. Q.
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dil. S. Eloi
dim. Sta Bibiana
dtm S. Francès X.
dij. Sta Barba
Bassi
div. S.
dis. S. Nicola

Dim

S. Anbrosi
dil Imac. Conception^
dim. Sta Leoucadia
dim. Sta Eulàlia
S. Damase
div. Sta Roselina
dis. Sta Lucia

Dim. S.

Niçaise
dil. S. Mesmin
dïm. S. Adon
dim. Quatre-tèins
S. Gatien
div. S. Ciprian
dis. S. Filogone
Dim. S. Tournas
dil. S. Onourat
dim. Sta Vitòria
dim. Cacha-fuec
dij. Calèna
div. S. Estève
dis. S. Jouan

Dim. SS. Iuoucent
dil. Sta EleoDOra
dim. S. Sabin
dim S. Sàuvestre
Lu jou bàisson de a5 m.
lou matin
e crèisson de 5 m. lou sera

TEBMOUTü

ART INI &amp;

lu
S, a
lu 18, a
lu 20, a
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�- i; -

CROUNICA NIÇARDA
L/'Armanac Niçart a la pèu dura, persègue la siéu publicacioun maugrà lu escoumbuï de la vida. Mi côu vougar an
jou d'ancuei quasi soulet ; la miéu pichouna barca s'enroquerà pas. Tant que pouôdi mi teni au timoun, la mar es
pas toujou marrida e lou ciel à Niça es souventi fès seren.
Siéu urous d'aver assoustat, li a quauque an fa, de
coulabouratour que despi an fach lou siéu pichoun camin,
siéu fier encara d'aver pouscut publicar d'obra inedichi,
e se la gloriola de passage pousquesse estre de quauque
près, dirii finda que Y Armanac Niçart es estat lou premier
à dounar ai siéu letour de doucumènt istourique, pouesia
d'ilustracioun de prima man.

* *
Despi lou camin es dubert ; li codo, peira e peireta soun
levadi dôu mitan, toui si soun abrivat e lou miéu pichoun
couloumbié es despi l'oura abandounat, après d'aver servit
de nidou à touplen... Que mi resta d'aquela splendour
efemera ?. .. Ren o pas gran cauva de bouon : la nota de
l'emprimur à pagar !... e l'amistà de quauque amie lu quai,
côu lou recounouisse, m'an souventi-fès encourajat quoura
moudeste escrivan, ai publicat un'oubreta. Ma se noun
mi resta ren autre, ai pas men counservat la cuirassa e lu
côu que lu criticaire pouôdon mi pourtar s'aplatisson couma
se piquesson su d'un pan de burre. Ai fach d'esfouors, ai
cresut estre utile au miéu païs, se tanti fès n'ai pas réussit,
s'ai fach faussa routa, es pas la bouona voulountà que m'a
mancat.. ; es autra cauva !... que lu miéu detratour, —
marridi lenga, — vouogon ben recounouisse.
li'Armanac Niçart es toujou estat poulit, respetuous ;
aima plesentar, si piha garda de mancar quauqu'un, fa minga
persounalità e se parla una fès cad'an es pèr respouondre en
aquelu que dintre l'oumbra e lou mistèri l'atacon.
%

�i8 —
— Èen que n'aigui pas de dènt assè longui, mastègui
eouma pouôdi, mi resta encara doui bouoi caisselà, e lou
batarèu en remerciant Dièu debana qu'es un plesi... Se
grafigni quauquifès caressi quoura côu, ma que voulès siéu
sensible, crègni lou catigolo, noun mi laïssi trapiar, pi ben
que sigui de pichouna estatura — un verp de terra — mi
laissi pas metre lu pen su la couota.
La miéu draparïa es minça, transparènta, cadun pôu
liège à través cenque vouoli dire e maugrà que lou miéu
mantèu sigui de lustrina tantu n'an pas agut vergougna
de s'en curbi quauqu an fa'.
D'Académicien niçart n'ai counouissut mai que d'un ;
aurïon fach aloura una maladia se noun li aiguessi estampat
la siéu prosa o pouesia... D'autre, lou noum m'escapa, la
si soun esbignada... Ai encara souta lu uès una longa courespoundença que lou prova ; qu mi reclamava d'estre en
prima pagina, lou siéu noum que ressourtesse ; qu mi pregava de li metre « lou tout d'a-gangui « ; e passi souta silenci
touplen d'autre imourtal niçart que si dïon fier, urous, flatat,
de couloubourar à Y Armanac Niçart... A toui li calïa un
noumbre d'esemplari — à l'uèi va sensa dire, à titre d'encourajament — e lou jou de l'aparicioun, à lu audi charrar,
eron élu la pèira foundamentala, avïon tout fach despi
Y A fin au B... La gaseta parlava d'élu... e toui su lou bastion
de repetar : « Lou tau ?... escriéu su Y Armanac. —
Eri de moda !...
p
[•

*
*

*

D'aquéu fra-tèms Y Acadèmia Nissarda si founda, lou
Nice-Historique coumença à pihar voga, e lou regretat proufessour Enri Sappia que sabia cen qu'era la vaca enrabiada,
em'un zèle que recounouissi douna au sièu païs predilèt
tout cenqu'un pur niçart pôu dounar.
S'au jou d'ancuei lou Nice-Historique si felicita de la
siéu prougressioun noun côu pas que denembra l'orne que
mai que d'una fès a manjat de maigre moucèu... Es en aquel
orne que devès lou Nice-Historique vouostre enfan d'adoucioun ; se fouguesse estre sincère, li a de veiità que soun
toujou penibli à dire, sensa Sappia Y Acadèmia Nissarda
noun esisteria ; e se persegui en lou miéu amour de la verità,
devès la vouostra esistença o foundacioun à touplen d'autre.

�- ig —
t,'Armanac vous devîa ben acô... Lou souveni s'efaça tant
facilamen !...
Ma laissen aquela charra, noun m'aura ajudat qu'à
coumençar la miéu Crounica.

*
* *
UArmanac Niçart ientra couma pôu en la siéu nouvièma
annada d'esistença. Se trouvas qu'es abihat de mieja sesoun,
vous dirai que n'es pas à la paluègna que si counouisson li
cebeta... Ai tengut cônte dei bouoi counsèu e mi presenti
couma d'usança ai miéu letour e letrissa em'au sourire su
li labra pèr vous racontar de pichouni istourieta, vous rememourar quauque prouverbi, que liegerès emé plesî.
"L,'Armanac Niçart pôu estre lijut da toui, gran e pichoui,
divertisse l'un, enteressa tantu autre ; frisa jamai la groussieretà, basta e se n'aiguesse qu'una qualità, — de défaut
degun n'es esènt, — aquela qualità de counservar lou nouostre
franc-parlà, vouoli dire la lenga de la maire qu'un noun
pôu francamen denembrar, la cansoun dôu brès que nen
cantavon lu nouostre vièi, e que couste que couste voulen menteni.

*
* *

L'Armanac Niçart publica cad'an una paja d'istoria
loucala inedicha que lou dot e fidèle coulabouratour M.
l'Abat Rance-Bourrey escriéu espressi per lu miéu letour.
e que lu letrat, bibliofile niçart liejon toujou mé devoucioun. L'an passat nen dounet Y Expulsion de Mgr Valperga,
en septembre 1792 ; aquest'an l'istourien nen douna : L'Installation de Mgr Colonna-d'I^tria, evesque de Nice, en 1802.
Es un doucumènt d'istoria loucala requist qu'enriquissera
li nouostri coulecioun.

*
* *

Publiquèri de paja de Y Armoriai Nobiliaire et Historique de
l'Ancien Comté de Nice et des Alpes -Maritimes, de Jousè
Casai (1907) ai finda emprimat en coulabouracioun d'aquestou, un Catalogue Alphabétique du fonds de Nice que si
trouva à la Biblioutèca de Niça, ensinda qu'una reempressioun dôu Discours sur le Monastère de Sainte-Claire de
Nice, pèr Honoré Pastorelli, publicat d'après l'édicioun
originala de Turin en 1608, em'una entroducioun e de

�20 —
nota de l'abat Rance-Bourrey. Lu counouissur, en 1908,
lauderen aquesta reedlcioun.
*
Nicœa Civitas

L'Armanac Niçart felicita caudamen Y Acadèmia Nissarda d'aver fach pareisse la premiera partida dôu NicaaCivitas de Gioffredo, en francès. Aqui de bouon'obre.
Traducioun commençada per lôu proufessour Enri Sappia,
coumplimen à l'abat Rance-Bourrey que l'a menada à bouon
pouort.Grafigni ma caressi eY Armanac Niçart que despi regardas coum'un bastardoun sau recounouisse lou beu dôu mau.
Rabaian toujou ; siéu urous de faire lou miéu mouloun,
pu tardi un nen tirera proufit.
*
* *
Aiira, car letour e charmanti letrissa, que vous dirai
de mai, farai couma lou papagau e vous répéterai couma l'an
passat :
Bouon prencipi
E mihour fin !
L'ARMANAC NICART.
LOU JOUIN'OME E LOI) BOUON VIEI
De gracia, empara-mi couma si fa fourtuna,
Demanda au paigran un jouin'ome ambicious.
— Li a, di lou bouon vièi, un camin glourious :
Es de si rendre utile à la cauva coumuna,
Proudigà vouostre jou, vouostri veia, talènt
Au servici de la França !
— Ah ! bèn pénible n'es la soufrança.
Vouoli de talènt men brilènt
— Ni a de mai segur : l'intriga.— Es trôu vile
Sensa travail vous diéu, vourii m'enriquî. ..
— Eh ben ! sigues simple embecile
N'ai vist mai que d'un réussi...
J. Eynaudi
(D'après Florian).

�—

LOU

LIOUN E

21 —

LOU

MOUISSIOUN

« Va-t'en, mesquin insècte, escremen de la terra ! «
Es ensinda que lou Lioun
Parlet un jou au Mouissioun.
L'autre li declaret la guerra :
« Ti penses, li diguet, que lou tiéu titre de rèi
Mi fasse pôu e que m'enquieta,
Un bôu de tu s'en manja sièi,
Lou fau marchar à la bagueta. »
A pena fenit lou discours
Que d'éu même souona la carga,
Siguet troumbeta, vincitour.
Ma prudènt si ten à la larga ;
S'abriva, toumba su lou couol
Dôu Lioun que rende miech fouol ;
Deven quasi furious e l'uès de bila esala
Rugisse, toui s'escoundon, tremouolon à l'enviroun ;
Aquel'alarma universela
Es cap-d'obra dôu mouissioun,
Un avourtoun de mousca en cent luec lou sarcela,
Lou pougne su l'esquina e pi su lou nasèu
Un autre suça lou narvèu.
La rabia si retrova, au soum es ja mountada,
L'envisible nemic trioumfla regardant
Que ni grifa ni dènt de la bèstia irritada
Lou metènt tout en sang, lou siéu dever faran...
Lou malurous Lioun s'esgarra à pichoui tros
Fa boulegar la couva pèr gagnar de terren ;
Es desperat, poù plus ; lou Rei deven balos,
La fatiga l'abate, si ve qu'es su li dènt...
L'insècte dau coumbat si retira mé gloria,
Couma sounèt la carga, entona la Vitòria,
Va pertout l'announçar, ma rescountra pèr camin
Una aragna en embuscada...
Dôu Mouissioun siguet la fin.
Que poudès ben pensar, que leçoun ensegnada ?
Dei vouostre gros nemic, de crègne lu pichoui
Sensa troù de fracas vous trïon lu peouï...
Ma se d'un gran dangié an pouscut si soustraire
Perisson pèr la mendre afaire.
J. Eynaudi (d'après La Fontaine).

�— 22 —

ME LCART

(1)

L'argènt de la Betica e l'ôr de l'Atlantida
Agnènt recompensad lei trabalh de Melcart,
Pojè, fôra Gadès, sus l'Océan bastida,
Vers lo pas gigantesc qu'avié saupud traucar.
Mai la mar rebaté son argulhos sicard,
'Mé d'ôrre temporau e, vela rebotida,
Sai barca, quatre luna, errèron à cercar
Lo camin drechurier dau pôrt qu'èron partida.
Aiora, en Astartè, reina dai Bahalim,
Vengué, pèr abaucar lei ventegas malin,
Saunar d'ôme, au ribage onte Agèu s'espalanca,
E lei pastre ligor, monegasca Calanca,
De ton rocas sanglant veguèron piei partir
Do legendàri eros de la superba Tir.
Lois Funèu.

SIGUESSES UN ARMANAC
Un proufessour de coulège estudiava ordinariamen
quatre a cinq oura cada jou. Couma era restat dintre lou
siéu cabinet mai long-tèms que d'abituda, la siéu mouhié
venguet lou trouvar :
— Siés aqui ma mia, que diès de nôu que noun sabi ?
— Diéu, moussu que vourii ben estre libre.
— E perquè ma mia ?
— Perquè li avès toujou lou nas soubre... noun avès
d'uès que pèr elu, li siés toujou après.
— As rasoun, vourii ben n'en faire autre tant pèr tu,
basta que siguesses un Armanac.
— Un armanac ?. .. e perqué ?
—■ Perqué ?... Cad'an pourii ti chanjar.
Jouan l'Ae.
(i) Melcart sè nbla aver estad un rei de Tir, deî ficad à la lônga,
qu'aurié menad lei navigador fenician vers la Ponènt mieiterranene e que
lei Greg, rabattant la tradiçion dai Pelasge, 'n-aurien fach son Ercule,

�— 23 —

MELCANT
(Revirad en Catalan)
—X—
De Bètica l'argent, d'Atlantis l'or sens mida,
havent recompensat son treball herculià,
feu via desde Gades, damunt l'Occià bastida,
fins al pas geganti que hi sapiguè badà.
Prô'l mar rebat, furient, sa dèria ergullosida,
ab hòrrides tempestes. Les veles va plegà
sa flota y, quatre llunes, errà com desvanida
del dret camí que mena al port S'hon va merxà.
A l'Astarté llavors, dels Bahalim regina,
li prega que apaybagui la ventada felina
y, en la costa d'Agèl, li fa oblaciô d'humans ;
Après ; cales de Monach y pastors ligurians !
de les sagnantes roques, hi vegereu partir
l'hèroe llegendari de la superba Tir.
Barcelona, Agost de 1911.
Doctor J. Plana / Dorca.

xxxxxxxxxxxxx:::xxxxxxxxxxxxx
LA

FAVOIJR DOU JUGE

Petou Merlussa e Gioan Tripetou, doui chicanur en l'a"
nima avion la semana passada una af aire davant dôu juge de
pax. Pèr s'aquistar la favour d'aquestou un li avia regalat
un bariéu d'oli e l'autre dounat un pouorc.
Lou juge si prounouncet en favour de Gioan Tripetou
que li aviat dounat lou pouorc. Couma pensas Petou Merlussa
era pas soudisfach e anet dôu juge si plagne.
Lou Juge. — Que voulès es intrat dintre la miéu maioun
un pouorc que a rout lou bariéu d'oli, siéu estat ben countrariat e.. . maugrà ièu, cresé-lou, v'ai denembrat.
Patusso.

�— 24 -

VA N D A L E S
L/Ordre des Frères Prêcheurs fondé au commencement
du XIIIe siècle par Saint Dominique se répandit très rapidemnt, surtout dans le Languedoc et dans la Provence.
Dès 1243 un couvent de Dominicains fut créé à Nice,
sur un terrain donné par Jordan Richieri, et une vaste église
s'éleva bientôt à côté du couvent.
Des Dominicains, on le sait, étaient de grands bâtisseurs, et les églises qu'ils ont élevées, dans la Provence,
sont les plus beaux modèles de l'architecture gothique :
il convient de citer en première ligne la splendide église de
Saint Maximin (Var), celle de Sainte Madeleine à Aix-enProvence, celle de Saint-Canat à Marseille.
D'église du couvent de Nice était de fort belles proportions et comptait parmi les plus vastes et les plus intéressantes de la ville de Nice, au point de vue architectural ;
l'église des Cordeliers, dite de Saint-François-le-Grand, qui
date à peu près de la même époque pourrait lui être comparée.
Aujourd'hui, Saint-François-le-Grand existe encore, mais le
vieil édifice a été profané, vendu et sert de remise et de magasin à fourrage.
Quant à l'église de Saint-Dominique, son sort a été plus
lamentable encore. Enlevée aux religieux qui l'avaient construite, elle fut pendant quelques jours, en octobre 1792.. le
siège du Club des Jacobins ; puis l'autorité militaire s'en
empara et elle servit de magasin à la manutention.
Mais, ainsi transformée, elle subsistait encore et pouvait, grâce à d'intelligentes réparations, être rendue à l'admiration des artistes et des archéologues. Au lieu de cela,
une Municipalité mal inspirée l'a fait démolir de fond en
comble et, aujourd'hui, il n'en reste plus pierre sur pierre (1).

(1)

Les amateurs et les collectionneurs, qui espéraient trouver, sous les
ruines de la vieille église des Frères-Prêcheurs, des objets précieux pour
enrichir leurs collections, ont été absolument déçus, car on n'y a trouvé,
paraît-il, qu'une quantité d'ossements et une petite croix en cuivre que
M. Moris, archiviste du département, conserve sur son bureau.
Et pourtant, n'y aurait-il pas encore des hommes intelligents qui renverseraient, sans regret, des monuments vénérables dans la conviction
que cette démolition permettrait de découvrir des choses plus intéressantes.

��C.I.D.O.

BtZIERS

�- 25 Sur son emplacement on a élevé le Palais de Justice dont il
vaut mieux ne point parler car il n'y a rien de flatteur
à en dire.
La ville de Nice a été ainsi dépouillée d'un des rares
monuments qui représentait dans cette contrée l'architecture religieuse du XIIIe siècle. Et il ne faut pas dire que la
Municipalité ne fut point avertie de la faute qu'elle commettait, car on peut lire dans le Bulletin Monumental publié
par M. de Caumont, Paris 1862, in-8°, 3e série, tome VIII,
pages 272-274, une très intéressante notice que nous reproduisons in-extenso :
L'ANCIENNE

EGLISE SAINT - DOMINIQUE
A NICE (1)
—X—

« En examinant attentivement l'ensemble de l'antique
Eglise de Saint-Dominique ; en voyant, à la nef et à l'abside
rectangulaire qui la termine, des ogives à peine accusées,
on serait volontiers tenté de déclarer que cet édifice appartient à la période de transition entre l'architecture romane
et l'architecture ogivale, c'est-à-dire au XIIe siècle.
« Mais, ici, il faut se départir un peu de la rigueur des
règles archéologiques et se bien rappeler que les contrées
méridionales, comme le Comté de Nice, ont été, au point
de vue architectural, presque constamment en retard sur le
centre et le Nord de la France.
« En effet, le monument dont nous parlons a été bâti
dans la dernière moitié du XIIIe siècle.
« A cette époque, suivant Gioffredo (Nicaa Civitas),
p. 182) Meynfroid étant évêque de Nice, les Frères Prêcheurs
de Saint-Dominique vinrent s'établir dans ce pays et construisirent un couvent et une église sur un terrain à eux donné
par un certain Jordan Richieri (2).
(1) Aujourd'hui transformée en remise et manutention militaire, cptte
église doit-être prochainement démolie. Sur son emplacement l'édilité
niçoise a formé le projet de bâtir un Hôtel de Ville.
(2) L'acte de donation est daté du i4 Avril 1243 ; il nous apprend que
le terrain donné était de quatre sétérées et qu'il était situé dans le lieu
nommé Seleya, à côté d'une léproserie — l'église de Saint Dominique a été
élevée plusieurs années après eette donation, vers 1260.

�— 26 —

« Par conséquent l'ensemble de cette vieille église est
à peu près contemporain de 1 a Sinte Chapelle de Paris, et
cependant d'après les carelltctèreacchitectoniques, on mettrait
cinquante ans d'interrva ase ren es deux édifices.
« Quoi qu'il en soit, l'église de Saint-Dominique fournit
un excellent horizon pour fixer les idées sur l'état de l'architecture religieuse dans le Comté de Nice au XIIIe siècle.
« D'arc en tiers-point y domine dans les voûtes, tandis
qu'au contraire le plein cintre y règne dans les portes et les
fenêtres.
« D'édifice dont nous parlons n'a pas l'abside arrondie
des monuments religieux du XIIIe siècle ; il se termine par
une muraille plate qui devait être percée de plusieurs fenêtres. Cette disposition se rencontre aussi dans quelques autres églises de France (Cathédrale de Poitiers, de Dol, de Daon,
Eglises de Saint-Serge à Angers, de Saint-André à Grenoble etc.) et dans un grand nombre d'églises rurales.
« Des murs de notre monument sont construits en petites pierres taillées carrément en briques. Il ne possède qu'un
petit nombre de contreforts. Des pilastres qui supportent
les voûtes reposent sur des socles carrés ; les chapiteaux
sont ornés d'une espèce de cordon. Une fenêtre seulement
a conservé son ornementation primitive, qui consiste en des
têtes de clous bien caractéristiques du XIIIe siècle.
« Une porte latérale (qui s'ouvre sur la ruelle de Saint
Dominique) offre un linteau porté sur deux chapiteaux à
décoration végétale et un tympan à plein cintre.
« Des voûtes qui n'ont pas 40 centimètres d'épaisseur,
sont jetées d'un mur à l'autre, avec une hardiesse admirable ; elles sont faites en petites pierres mêlées avec beaucoup de mortier.
|fs « Des arceaux de ces voûtes ogivales sont croisés ;
quelques-uns, néanmoins, sont parallèles entre eux et traversent la nef en ligne droite, de manière à séparer les travées, qui sont en nombre de cinq. Da retombée des arceaux
se fait au-dessous des fenêtres. Malheureusement ces fenêtres ont été bouchées, par un maçon ignorant au XVIIIe
siècle.
« En même temps, la façade de Saint-Dominique a
été refaite dans ce style bâtard que l'on a flétrit de Pompadour. Nous ne la décrirons pas.

�— 27 « Avant de terminer, qu'il nous soit permis, au nom des
traditions historiques que ce vieux monument rappelle de
supplier le gouvernement de l'Empire, si éclairé, si généreux,
de vouloir bien consacrer, chaque année, une modique somme à la restauration de l'antique Eglise de Saint-Dominique.
« Confiée aux soins d'un habile
architecte, d'un
Viollet-le-Duc ou d'un Dulion, cet édifice deviendrait
bientôt le plus curieux et le plus remarquable de Nice. »
A. Paul Simian
Membre de la Société française d'Archéologie.

*

*

*

Ces pages écrites par un homme très compétent, nous
apprennent les efforts tentés pour conserver la vieille église ;
efforts qui se heurtèrent malheureusement à un parti-pris
irréductible.
Rien depuis n'est changé dans les habitudes administratives, et les discours prononcés à la Chambre des Députés
le 25 novembre 1912 par MM. Barrés, Sembat et Reinach
nous ont édifiés sur la mentalité de tant de maires et conseillers municipaux dédaigneux des « monuments possédant
un caractère soit artistique, soit historique ou ayant tenu
une place dans l'existence nationale ou dans la vie locale
des communes françaises a.
Le Bourguignon.
XXXXXXXXXXXXX:::XXXXXXX XXX XXX

-

MEMORANDUM
Noum dei fidelié que esistavon à Niça en l'annada 1758 :
Castelli Onourat
Verani Ludovic
Baudo Antoni
Baudo Andréa
Gautiero Gaétan
Bottino Pierre.

Doneudo Giacinto
Carlino Pierre
Ricciart Nicolas
Bottino Jousè
Daviga Anna-Maria

Toui naissut à Niça, cheto Ricciart natiéu de Touloun,
ma essent à Niça despi longa data.

�— 28 -

PEI VULGARI
Aguia
Aguïat
Alolonga
Amendola
Amploua
Anfossa
Ange
Anguila
Aragna
Arendoula
Argentin
Argentin dentat
Aurada
Aurin
Badona
Barbùo
Bardoulin
Baveca
Bavoua
Bavoua d'arga
Belugan
Besuga
Bissa
Bissa de mar
Blada
Blaviè
Botta
Boucarougia
Boudroi
Boni tou
Buga
Bugaravella
CaUgneiris
Capelan
Capoun
Capoun glaune
Cardaira
Cardouniera
Carmarina
Castagnola
Cat
Cavaluca
Cavàu
Cieucla
Clavelada
Coffre
Courpatà

DE LA MAR DE NIÇA

Cuorp
Daurada
Dorât
Dormigliana
Durgan
Emperator
Esperlin
Fanfre
Fanfre d'America
Fanfre negre
Fero
Ferrassa
Felat
Figon
Framo
Floussada
Fournie
Fumo
Galineta
Galina
Gastaudela
Garaman
Gatta
Gatta d'arga
Gerle
Gerle blaviè
Gerlessa
Gianeli
Girela
Girela turca
Giugarèu
Gobo
Gobo blanc
Gobo jaune
Gobo rouge
Gora
Granadié
Grana
Gros argentin
Grounc-manca
Grounc negre
Grugnau
Lambardà
Lambert
Lamea
Launo
Lamprua

Lampuga
Langanèu
Leccia
Lernia
Lico
Liccio
Lente
Loubas
Loubas negre
Lucco
Luccion de mar
Lussi
Claire d'amploua
M alarmat
Martèu
Masca dei amploua
Masca
Melantoun
Melet
Meleta
Merlan
Miraiet
Mipolo
Moissin
Mora
Moleto
Monge
Monge clavelat
Monge gris
Monge rous
Morena
Morena sensa espina
Mourre agut
Merou
Mostela
Mostela blanca
Mostela de font
Mostela de roca
Mostela negra
Mourmena
Mugio carida
Mugio daurin
Mugio flaveton
Mugio labru
Muola
Muôu
Nissola

�- 29 Nonat
Nonat negre
Ombrina
Orghe
Ouriôu
Padre
Padreto
Pagèu
Palamida
Palloun
Pampaloti
Pastinaiga
Pei can
Pei cuor
Pei mourre
Pei spada
Pei cafre
Pei fuorca
Pei d'America
Pei puorc
Pei ratou
Pei San Pèire
Perça
Perça de mar
Pintou roussou
Pissoua
Pintosso

Pouorc
Pourc-marin
Poutassôu
Poutassôu gros
Poutassôu rero
Poutura
Rasa
Rascassa
Rasouar
Ravela
Rombo
Rombo clavelat
Roucairôu
Rouchié
Rouget
Sardina
Sargo
Sargo rascas
Sarpanansa
Sarpa
Seropena
Seriola
Sera
Serran
Serro
Sola
Sola d'arga

Sola de font
Sola de roca
Soufio
Stocaûc
Streglia
Striglion
Sturion
Sublaire
Suc blanc
Suc cagnenc
Sussapega
Tenca
Ton
Tono
Tordo
Tordo blu
Tordo d'arga
Tremoulina
Trombeta
Truita
Troncio
Ugliassou
Vaca marina
Vacheta
Verdoun
Verrat

Lu moyen de pesca emplegat su la nouostra couosta
soun : la savegd, bresin, gangi, entremail, lou sourrin
(arrêt à maïa simpli ; diversi lounguessa), la màndraga,
tonnairà, la reclara, la mugeliera, lou palangre e la
ndssa.

xxxxxxxxxxxxx:::xxxxxxxxxxxxx
PROUVERBI, BOUOI MOT, COUNSÉU E DICH
Qu noun pâtisse
Noun coupmatisse.
La belessa es lou mirai dei fouol.
Qu noun a testa a camba.
A fouorça de courre un ri roumpe lou
Cada couinié a la siéu saussa.
Lou bouon vin a pas besoun d'ensigna.

mourre.

�- 30 —

COU QUE TITOUN FASSE..,
Bonifassi dintre lu siéu manuscrich douna una memòria
que avia retrovat dintre de viéi papié laissât pèr soun
paire. Es una paja que trova ben la siéu plaça dintre

l'Armanac Niçart. — Transcriví :
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Z4

1807 — 2 Mars. — Si Titon a fait ce qu'il suit :
A enté les coudonié et pommiers ?
Les fève sont seucladoi ?
A bêché les souches ?
A retiré les souches qu'elles ne touchent les orangers.
La rare Baudoin les souches sont en ligne ?
A ôté la souche de l'olivier du chemin.
Les souches en allant chez Toudon touchent-ils les
arbres orangers ?
Les figuiers en général sont-ils bien arrangés ?
La figuiere du pr camp qui touche l'olivier et celles
en allant vers Toudon sont bien arrangées ?
l/'asseti du garderobe est bien arrangé ?
L'asseti du Petoulin a bien arrangé la ftguiera ?
Les deux planton galofrié p. Bonet ?
A mis les prunières a l'asseti du jardin, et le fortifier, et le serrer bien en cannes ?
Lever au plutôt les giarres et y placer les orangers ?
La laupio de l'amandier est faite ?
S'il a arrosé avec l'eau des lartins le Paumolin ?
Combien li a encore des oliviers à arroser ?
Grande partie de l'eau du puits.
Ce qu'il a fait à l'enclos devant la cabane.
Qu'il arrose les violettes de cyprès et les bêcher.
Le rondeau de dessus l'asseti en face de la grande
porte qu'il la degerbe et l'arrose.
Les violettes de M. Guillonde les a prises ?
L'instruire pour escarassoner bien l'allée de la grande
porte.
Les escarasson et fourcoulo d'olivier a pin de Fabron
est allé a les prendre ?
Nettoyer bien le cal du bois et arranger bien les
pierres.

�- 3î 25 Les aloès et figues de turc son plantées à la ribe
de Toudon, au pas d'Erene et au portai ?
26 Si quelques prunière du rond du portai sont coupées toutes de la même hauteur ?
27 L'asseti proche de la cabane ?
28 Le plantier est-il commencé ?
29 Y a-t-il de fumier et de rame pour le plantier ?
30 A-t-il escarrassonné le plantier ?
31 Sont mesurées les sauloi justes du plantier jusqu'aux
prunières qui forment l'allée ?
32 Les galofrié sur l'aberge en gerbe chaque 5 a 6 pan
un planton et un pan et 3/i du bord de dessus ?
33 Les mourceaux du 3e camp qu'il couvre l'aberge
de terre pour que les olives ne se perdent pas
et lui aporter les pierres de l'entour ?
34 Netoyer la rare de la Veuve Mannel jusqu'à la cabane ?
35 Arranger les morceaux de baus de gif de dessous
M. Garidery, qu'il touche l'olivier ?
36 Quand aura bêché les olivier et fini de semer ?
37 Netoyer les pierres qui sont dessus M. Fighiera à
la taule neuve et lui mettre pour le moins
una baril et une grande corbe fermer chaque,
les 4 oliviers de la taule neuve ?
38 L'asseti en nicia au baus en face de lierre ?
39 L'asseti au baus de gip en face du levant ?
40 Les degrés de deux côtés de la taule de 3 oliviers
dessous M. Fighiera ?
41 La ribe d'Antoine Erena l'escarper un peu plus ?
42 Oter les passages d'Erena, ou il faut une petite berge
de 5 à 6 pans ?
43 Netoyer la ribo, et les pierres du clapié de devant
Erène pour ne pas perdre les olives ?
44 Défricher et mettre une canne au carrobié d'Erena.
45 Tirer la file à la ribo d'Erena, et aux lieux ou fait
de vuide lui mettre de gerbes des dessus dite
ribo, l'arranger au mieux possible ?
46 La rare des arbres sitronié sauvage le tirer d'un bout
à l'autre qu'elle fut planiero qu'il ne s'aperçoit
pas que dit terrain monte ce qu'il faut bien tirer
la fille bien tendue ?

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54
55

La grupio de la saumo est-elle arrangée ? L/encreno de la tourtoiro dou pourchié es facio ?
L/encaladat de davau lo pourquié es arangiat ?
Voir de transplanter les trois plantun aussipré ?
Voir de rebrondar les aussiprés de Toudon, au portai,
ceux dou noghié et ceux d'Ereno ?
Entreprendre au plus-tôt l'asseti en dedans au
baus de plâtre à la ribo d'Antoine Ereno ?
Une visite s'il a lié bien aux escarrasson a peo
les perieres, pruniervi et peseghié ?
S'il a coupé tous les arbres que passent aux planches.
S'il a accoummodé le dernier berge du camp ?

Cresi que lou paure Titoun em'aquela patardela noun
aiguë ren denembrat, lou manuscrich lou di pas, ma s'aco
fouguesse courïa lou coumpatî.
X. X. X.
XXXXXXXXXXXXX:::XXXXXXXXXXXXX

IN IZZA-LA-BEL LA
Ailleurs l'hiver sévit, et le ciel y déploie
Un voile d'ombre obscur sur les fronts soucieux ;
Ea Jeunesse elle-même, à la tristesse en proie,
Y semble renoncer à ses ébats joyeux :
Ici le printemps règne éternel, l'air flamboie,
Caressante, le mer y réfléchit les cieux,
Et la terre embaumée étale en pleine joie
Sa parure de fleurs pour le charme des yeux.
Mais combien jure avec ses hôtes,— qu'on envie ! —
Ce cadre de beauté, de lumière et de vie !
On dirait à les voir grelotter au soleil,
Qu'un dieu jaloux y pousse et chaque jour amène
Tous les produits de la décrépitude humaine,
Habitants pour demain de la nuit sans réveil !...

�A.-J. RANCE-BOURREY

INSTALLATION
DE

Monseigneur

Colonna-d'Istria

EVÊQUE DE NICE

25 Fructidor an X

Armana Niçar 1913

(12 Septembre 1802)

����Installation de MGR Colonnad'Istria
ÉVÊQUE DE NICE
25 Fructidor an X (12 Septembre

/802)

A la fin de septembre 1792, Mgr Charles-Eugène Valperga di Maglione, pour obéir aux ordres du général d'Anselme, commandant l'armée française qui venait d'occuper
Nice, quitta cette ville dans les conditions que j'ai racontées
précédemment (1).
Dix années plus tard presque jour pour jour, un nouvel
évêque était solennellement installé avec le concours de toutes les autorités civiles et militaires par un autre général,
préfet du département des Alpes-Maritimes, M. de Châteauneuf-Randon.
Fa Révolution avait passé ; la guerre religieuse avait
fait son temps et le peuple français réclamait le retour de
la religion longtemps proscrite.

*
* *
Fe 15 juillet 1801, le Premier Consul Bonaparte avait
conclu avec le Pape Pie VII une convention qui fut ratifiée
à Rome le 15 août suivant. Fe 10 septembre, les ratifications
furent échangées à Paris et le 4 octobre, arriva dans cette
capitale, le cardinal Caprara, légat a latere muni des pouvoirs
les plus étendus. Fe Premier Consul le mit immédiatement
en rapport avec Portalis, conseiller d'Etat, qui fut chargé
par un arrêté du 16 Vendémiaire an X (8 octobre 1801) dt
toutes les affaires concernant les cultes. Fa convention conclue

(1)

Voir VArmanac Niçart de 1912.

�VI

entre le Gouvernement français et le Pape fut transformée en
loi de l'Etat le 18 Germinal an X (8 avril 1802). Quelques jours
après, le Concordat fut publié solennellement dans l'Eglise
Notre-Dame de Paris (18 avril 1802), jour de Pâques.
Une proclamation du Premier Consul annonça aux Français ce nouveau bienfait qu'il avait voulu faire coïncider
avec la conclusion de la Paix générale. Fes préfets reçurent
l'ordre de promulguer chacun dans leur département, tout
à la fois, le Concordat et la Paix.
Châteauneuf-Randon le fit sans retard, et, par une circulaire du 9 Floréal (1) (29 avril) il prescrivit de donner à
cette publication toute la solennité possible. Ce fut dans le
département des Alpes-Maritimes, et spécialement à Nice,
une véritable explosion de joie, car ce département avait été
littéralement réduit aux abois par une guerre qui durait
depuis dix ans. Un témoin oculaire, l'abbé Joseph Bonifassi,
alors attaché au clergé de la Cathédrale, écrit dans ses Notes
sous la date du 2 mai 1802, n° 2640 : « Solenne Te Deum
« al Duomo coll' intervento di tutte le autorità Civili, Giudi« ziarie e Militari al suouo délie campane colla lettura délia
« legge orgànica e del Concordato seguito tra Pio VII e il
« i° Console.
N° 2641 « I buoni cittadini, di cui abbouda ancora il paese
« hanno provato una gran gioia a questo nuovo e tenero
« spettacolo. (2). »
Fe 26 Floréal an X (16 mai 1802) un Te Deum solennel
pour la paix fut chanté dans l'Eglise Saint-Augustin et les
autorités constituées y assistèrent escortées par la Garde
nationale qui,selon l'usage ancien, fit trois décharges de mousquetterie devant l'église. (3).
Deux mois après, on célébra la fête du 14 Juillet, et,
dans toutes les communes du département, par ordre du
(1) Arch. départent des A.-M. Circulaire du 9 Floréal (29 avril)
avec le programme de la journée du dimanche 12 Floréal (2 mai
1802).
(2) Archives Mxmicipales d.e Nice, Manuscrit de l'Abbé Joseph
Bonifassi, volume B : Sommario délie Notizie storiche di Nizza e suo
Contado dalli 28 Settembre 1792 sino al corrente 1820.
(3) Arch. Municip. Correspondance du maire, lettre au général
lîberlé commandant d'armeSj 25 Floréal an X (15 mai 1802).

�vn

Préfet (i), cette fête fut à la fois civile et religieuse. On
reprenait ainsi les vieilles traditions du pays qui associaient
toujours la religion aux réjouissances publiques.

*
* *
La solution des questions importantes et multiples
que soulevait l'organisation du régime concordataire demanda
beaucoup de temps et beaucoup de négociations. L'habileté
et l'esprit de conciliation de Portalis et de Caprara aplanirent
toutes les difficultés, et, à la fin de 1802 la nouvelle organisation de l'Eglise catholique en France fut heureusement
terminée. Par le Concordat, l'Eglise catholique avait
retrouvé une existence légale
rétablie sur de nouvelles bases. L'ancienne organisation des diocèses avait été
supprimée : tous les évêques devaient donner leur démission(2)
et le Gouvernement français devait présenter à l'institution
du Pape les nouveaux titulaires des évêchés rétablis d'un
commun accord. D'une manière générale, les divisions ecclésiastiques furent calquées sur les divisions civiles, et chaque
évêché nouveau comprenait un ou deux départements.
Le département des Alpes-Maritimes forma à lui seul
le diocèse de Nice alors que l'archevêché d'Aix dont il devint suffragant comprenait les deux départements des Bouches-du-Rhône et du Var.
Le nouveau diocèse englobait tout l'ancien Comté, de
Nice dont diverses parties étaient, avant 1792, comprises
dans les diocèses supprimés de Glandèves et de Vence, et
(1) Arch. départent. K 4. Arrêté très détaillé du 18 Messidor
(7 juillet) relatif à la célébration de la fête du 14 Juillet (25 Messidor)
f° 114.
(2) Elle leur fut demandée par un bref collectif du 15 août 1801
commençant par les mots Tarn multa. Ce bref fut envoyé à tous
les évêques par les soins de la Seçrétairerie d'Etat pontificale
et par ceux du Ministère des Affaires Étrangères de France. Je renvoie pour tout ce qui concerne le Concordat à la publication faite
sous les auspices de la Société d'Histoire diplomatique par M. le
Comte Boulay de la Meurthe : Documents sur la Négociation du Concordat, 5 volumes in.-8°, publication à laquelle j'ai collaboré. Voir
en particulier pour l'affaire des démissions le tome iv paru en 1895.

�VIII

dans celui de Vintimille (i). Il recevait donc de ce fait ur
très notable agrandissement.
Mgr Hachette des Portes, évêque de Glandèves était
mort en ex:l à Bologne en 1798.
I/évêque de Vence, Mgr Pisani de la Gaude, réfugié
en Italie, avait donné sa démission qui fut mentionnée au
Moniteur du 25 novembre 1801.
Le siège de Vintimille était vacant par la mort du dernier titulaire Mgr Dominique-Maria Clavarini, décédé en
cette ville le 1er octobre 1797. Le vicaire capitulaire Antoine
Truchi se démit le 14 juin 1802 de sa juridiction sur la partie
de ce diocèse qui fut incorporée au nouveau diocèse de
Nice (2).
De son côté l'évêque de Nice, Mgr Valperga, retiré à
Turin, dans sa famille, n'avait cessé d'administrer son diocèse par l'intermédiaire de délégués qui furent 'd'abord :
Honoré Navello, chanoine, curé de la Cathédrale, puis le
chanoine Joseph-Ignace Garidelli, du mois de décembre
1792 au mois de janvier 1800, et enfin, Jérôme Rossi qui,
au moment du Concordat, était investi légitimement des pouvoirs de pro-vicaire général.
Mgr Valperga eut assez tard communication officielle
du bref Tarn multa que le cardinal Caprara lui envoya de
(1) Voir Nicœa Civitas de Gioffredo. Prolégomènes chap. xvn,
villes et paroisses du Comté et du diocèse de Nice, et chap. xvin,
autres localités du Comté de Nice comprises dans des diocèses étrangers.
Voir aussi la Relation présentée au Pape Pie VII par Mgr Colonna
sur l'état de son diocèse après sa première visite sous la date du icr
août 1806 dans la Raccolta di decreti, moniti, pastorali, ecc. de Mgr
Colonna publiée par l'Abbé de Villa-Rey, Nice. 1831, tomel p. 75-98.
(2) La démission fut donnée par acte authentique du Chapitre
assemblé le lundi 14 juin 1802 : étaient présents les dignitaires :
Antoine Truchi, prévôt et vicaire capitulaire ; Philippe Viale archidiacre et pénitencier ; Antoine Guglielmi, primicier, et les autres
chanoines. Le bref Tarn multa n'était parvenu à Vintimille que le
8 juin et le Chapitre déféra sans retard au désir du Pape. Antoine
Truchi adressa le jour même la démission à Mgr di Pietro, secrétaire
de la Congrégation des Affaires de France à Rome, et en avisa le Préfe.
des Alpes-Maritimes. Arch. du Vatican et Arch. départ, des A.-Mt
V 18. Voir Rossi, Storia délia Cilta di Ventimiglia, un vol. in-8°,
Oneglia 1888, pages 317-318.

�IX

Paris le 30 novembre 1801 ; mais dès qu'il l'eut reçu, il s'empressa de donner la démission demandée (1) (13 décembre).
Le cardinal Caprara la communiqua à Portalis qui l'a fit
insérer au Moniteur du 3 janvier 1802.

*

* *

-

Par la démission des évêques les diocèses de France
risquaient de rester sans administration. On s'en préoccupa
à Rome, et il fut décidé d'abord que le Cardinal-Légat serait autorisé à maintenir les vicaires généraux en exercice
ou bien à en désigner de nouveaux en cas de besoin (2).
Caprara pensa qu'il valait mieux proroger les pouvoirs
ordinaires donnés par les évêques démissionnaires auxquels,
avec l'agrément du Pape, il conserva l'administration de leurs
diocèses jusqu'à la prise de possession par les évêques concordataires. C'était leur donner une marque de confiance
bien méritée et éviter en même temps de graves difficultés.
Chaque évêque démissionnaire reçut avec le bref pontifical de remercîment (3) une lettre particulière du Légat
l'informant de la mesure adoptée.
(1) La démission de Mgr Valperga est datée de Tur n, 13 décembre 1801. L'original écrit en latin se trouve aux Archives Vaticanes. On y voit que le bref Tarn multa ne fut envoyé à Mgr Valperga
de Paris que le 30 novembre 1801 par le Cardinal-Légat Caprara.
Celui-ci écrivit à Consalvi le 2 janv er 1802 une longue lettre citée
par Boulay de la Meurthe tome iv, pages 528-532 : au cours de cette
lettre le Légat annonce en particulier qu'il est informé authentiquement que les évêques de Meaux et de Châlons-sur-Marne ont envoyé
directement leur démission au Pape et qu'il en a averti le Gouvernement en lui remettant la démission de î'Evêque de Nice dont il envoie ce jour même l'original à Rome en expliquant que si cette démission est un peu tardive c'est que l'Evêque de Nice n'avait pasreçu
plus tôt le bref Tarn multa.
(2) Consalvi a Di Pietro, lettre du 4 octobre 1801. Arch. du
Vatican.
(3) Ce bref Novum et luculentum fut préparé à Rome et toutes
les phrases en furent soigneusement étudiées. Il port la date du 7
novembre 1801 et fut envoyé par Consalvi à Caprara le 11 II fut adressé
successivement à tous les évêques démissionnaires. Il a été très souvent reproduit. Voir Boulay de la Meurthe, op.
cit tome iv,
passim.

�X

Ive 13 décembre 1801, le Légat adressa à tous les vicaires généraux une circulaire pour les engager à conserver
leurs fonctions jusqu'à nouvel ordre (1).
En vertu de cette mesure générale, Jérôme Rossi continua à exercer les pouvoirs précédemment reçus de Mgr
Valperga ; mais sa juridiction ne s'étendait naturellement
que sur l'ancien diocèse de Nice.
Il était cependant nécessaire que les paroisses ajoutées
nouvellement eussent un supérieur ecclésiastique et le Premier
Consul avait posé en principe qu'aucun évêque dont le siège
était à l'étranger rie pouvait exercer sa juridiction sur une partie quelconque du territoire français.
En conséquence, les paroisses détachées du diocèse de
Vintimille durent passer sous la juridiction de Jérôme Rossi
qui se mit d'accord en juin 1802 avec le vicaire capitulaire
Antoine Truchi.
A cette date d'ailleurs, l'évêque concordataire de Nice
était déjà désigné et Rossi, qui était entré immédiatement
en relation avec lui, ne tarda guère à en recevoir les pouvoirs
de vicaire général, ce qui lui donna juridiction sur toute
l'étendue du nouveau diocèse. Une circulaire du préfet,
en date du 14 Thermidor (2 août) en informa officiellement
les sous-préfets et les maires (2) et, le 4 Fructidor suivant
(22 août), Rossi prêta solennellement entre les mains du
Préfet à la Cathédrale, le serment prescrit par les articles
18 et 25 de la loi du 18 Germinal (3).

* *
Les nouveaux évêques nommés par le Premier Consul
furent institués provisoirement par le Cardinal-Légat qui
avait reçu tous les pouvoirs nécessaires. Le Pape se réservait
de ratifier ultérieurement cette institution. Seul, parmi les
60 évêques de la nouvelle organisation, Mgr Colonna d'Istria
(1) Arch. Nationales A F IV 1894; Annales Philosophiques,
t. IV, p 259 et de nombreux ouvrages imprimés depuis.
(2) Arch. départ. M. 17. Circulaire du 14 Thermidor an X (2
août 1802) aux sous-préfets et aux maires.
f P (3) Voir l'arrêté du Préfet du 3 Fructidor an X (21 août 1802)-,
Arch. départem. K 4 f° p. 141.

�XI

qui avait été appelé à l'évêché de Nice par arrêté du Premier
Consul, en date du 19 Germinal an X (9 avril 1802), en même
temps que Mgr Sebastiani délia Porta, oncle du maréchal Sébastiani, était désigné pour l'évêché d'Aj acció (1), fut institué directement par le Souverain Pontife
et préconisé au Consistoire du 24 mai 1802. A cette époque,
Mgr Colonna se trouvait à Rome depuis plusieurs années.
Jean-Baptiste Colonna d'Istria, né à Béchisano, diocèse
d'Ajaccio, en 1758 appartenait à une noble famille de Corse,
apparentée, peut-être, à la famille Bonaparte. Après ses études classiques, il vint à Aix-en-Provence achever le cours de
ses études en théologie. Ce fut dans cette ville que, avec l'autorisation de son évêque, Mgr Benoît-André Doria, il fut
promu au sous-diaconat le 20 décembre 1783, puis au diaconat le 5 juin 1784. Enfin, il reçut l'ordre de la prêtrise au mois
de juin 1785.La même année, il se rendit à Pise où il séjourna
assez longuement, puis à Florence ; enfin au commencement
de 1798 au plus tard, il vint à Rome où il résida durant la
période agitée qui s'écoula depuis l'enlèvement de Pie VI
en juillet 1798 jusqu'à l'entrée dù Pape Pie VII dans cette
capitale au mois de juillet 1800. Il assista ainsi à l'essai,
d'ailleurs très malheureux, que le Directoire fit du régime
jacobin dans la capitale des Papes (2). Il s'y rencontra probablement avec son compatriote le général Cervoni dont
un oncle était alors recteur du Jésu, remplaçant les Jésuites.
Les prêtres corses étaient très nombreux à Rome et il semble
que les meilleurs rapports se soient établis entre eux et les
officiers du corps d'occupation français.
(1) Arch. Nationales A P IV 60. Quatre autres décrets des 8 et 9
avril avaient pourvu 45 évêchés.
Le maréchal Sébastiani (1772-1851) alors colonel de dragons
était en grande faveur auprès de Bonaparte depuis le 18 Brumaire
auquel il avait pris une part active. Il était originaire du village La
Porta d'Ampugnano près de Bastia, et était paraît-il parent de Bonaparte qui appréciait ses grandes aptitudes, car à la fin de 1802, il le
chargea d'une importante mission à la fois politique et militaire
à Constantinople. Mgr Louis Sébastiani délia Porta fut évêque d'Ajaccio jusqu'à sa mort arrivée le 5 mai 1833.
(2) Voir Dufourcq. Le Régime Jacobin en Italie. Etude sur la
République romaine (1798-1799). Paris, Perrin'et Cic 1900,"un vol.
in-8°.

�XII

Mgr Colonna dTstria n'avait occupé aucun poste important ; il était éloigné de la France depuis de longues années et n'y était point rentré, (i) On est amené naturellement
à se demander comment et pour quel motif le choix du Premier Consul se porta sur lui.
Portalis, qui était comme on le sait d'Aix-en-Provence,
avait-il connu et apprécié le jeune prêtre corse ? Fes généraux Cervoni et Sébastiani, ou Masséna l'avaient-ils recommandé ? Fesch, oncle de Bonaparte et Joseph, son frère
qui se disait quelques années après « l'ancien ami » de l'Evêque de Nice, auraient-ils proposé Mgr Colonna au choix
du Premier Consul qui peut-être du reste le connaissait
personnellement ? Autant de questions difficiles à résoudre.
Fes bulles de Mgr Colonna d'Istria furent expédiées
à Rome sans aucun frais (gratis etiam ŷro scripturâ) sous la
date des 24 et 25 mai 1802.Elles furent remises au nouvel
élu (2) qui peu après se rendit à Paris pour prendre les instructions du Cardinal-Légat et celles de Portalis.
Mgr Colonna reçut la consécration épiscopale le 11
juillet 1802, cinquième dimanche après la Pentecôte, dans
l'église des Carmes (actuellement 70, rue de Vaugirard) que
Mme de Soycourt avait rachetée avec le vieux couvent,
témoin des massacres de Septembre, pour y réunir une communauté de Carmélites. Le prélat consécrateur fut Mgr
Antoine-Xavier Maynaud de Pancemont, évêque de Vannes,
assisté de Mgrs Louis Sébastiani délia Porta, évêque d'Ajaccio, et Hilaire-François de Chevigné, évêque de Séez (3).
(1) Dans l'enquête de l'an IX, Arch. Nat. F 19 865, on trouve
une liste des prêtres recommandables envoyée à Chaptal, ministre
de l'Intérieur, par le préfet du Liamone et datée d'Ajaccio le 18
Fructidor an IX (5 septembre 1801 ) ; on y lit : Colonna dTstria,
40 ans, domicile Bechisano (Corse), prêtre qui a émigré pour ne pas
vouloir prêter le serment, il n'est pas encore radié, ni rentré dans le
département.
(2) J'ai vu ces bulles au nombre de 7 dont 5 sur parchemin
et 2 sur papier aux A rchives du Chapitre réunies sous une même bande
avec une copie du décret détachant Nice de la Métropole d'Embrun
et l'unissant à celle d'Aix. La bulle est datée du 3 des Calendes 29
novembre 1801) et le décret de Caprara, de décembre est du 9
avril 1802.
(3) D'après un certificat délivré par Mgr J.-B. du Belloy, arche
vêque de Paris, le 16 juillet 1802. Arch. du Chapitre de Nice.
s

�xm
Le ier Thermidor an X (20 juillet 1802) Portalis avisa
le Préfet des Alpes-Maritimes de la nomination de Mgr
Colonna à l'Evêchè de Nice, en le prévenant que le nouvel
Evêque arriverait bientôt.
CONSEIL D'ETAT
Paris, le Ier Thermidor, an 10 de la République
(20 Juillet 1802)

Le Conseiller d'Etat chargé de toutes les affaires concernant les Cultes,
Au Citoyen Préfet du Département des Alpes-Maritimes
à Nice.

« J'ai l'honneur, Citoyen Préfet, de vous annoncer que
« le Premier Consul a nommé à l'Evêchè de Nice le C.Colonna.
« Il se rendra bientôt dans son diocèse, je l'ai bien
« assuré qu'il recevra de vous le concours le plus efficace
« pour y parvenir à l'exécution de la loi bienfaisante du
« 18 Germinal dernier (8 avril 1802).
« J'ai l'honneur de vous saluer.
« PORTALIS (1) ».
Cette lettre parvint le 13 Thermidor (1er août) à Châteauneuf-Randon qui y répondit le même jour. Dès le lendemain il adressa aux sous-préfets et aux maires du département une circulaire pour les informer de la prochaine
arrivée de l'Evêque et de la désignation de Jérôme Rossi
comme Vicaire Général que tous les prêtres du diocèse devaient désormais reconnaître comme leur seul chef hiérarchique (2).
Le 10 Thermidor an X (29 juillet 1802) Mgr Colonna
avait écrit directement au Préfet :
(1) Arch. départem. série V, liasse 2. Voir Gallois-Montbrun.
Notice administrative sur Mgr Colonna dTstria, évêque de Nice.
Nice, Cauvin 1871, in-12 de 22 p.
(2) Arch. départem. M. 17. Circulaire du 14 Thermidor an X
(2 août 1802) dont la minute est entièrement de la main du Préfet.

�XIV

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Paris, io Thermidor an X.
(29 juillet 1802).
« Citoyen Préfet,
« J'ai appris par lettre du 19 Prairial (8 juin 1802)
du citoyen Rossi, Pro-Vicaire général du diocèse de Nice,
que vous aviez destiné l'ancien Evêché pour mon habitation et que vous alliez dans peu la meubler. J'espère,
en conséquence, le trouver tout prêt, au commencement
du mois prochain, et dès à présent je vous en témoigne
ma plus vive reconnaissance.
« Recevez-la, je vous prie, Citoyen Préfet, comme un
gage de l'amitié que je vous ai déjà vouée, et qui ne saurait
être trop intime pour le bien de la religion et de l'Etat ;
c'est de notre accord que dépend la tranquillité et le bonheur du département ; je le regarde comme un de mes devoirs les plus essentiels, aussi me prêterai-je de toutes mes
forces à tout ce qui peut y contribuer. Veuillons bien le
seconder, citoyen Préfet, cet esprit d'union et de paix,
et nous attirerons les bénédictions du ciel et de la terre.
En attendant je vous prie d'être persuadé de la sincérité
de ces sentiments, tandis que je suis avec la plus parfaite estime.
« Votre très humble et très obéissant serviteur.
« COLONNA D'ISTRIA,
« Evêque de Nice (1). »

Châteauneuf-Randon répondit de suite en assurant
l'évêque de son absolu concours. Cette lettre mérite d'être
citée en entier :
21 Thermidor an X.
(9 août 1802).
Au Citoyen Colonna d'Istria,
Evêque de Nice.
« Ce sera avec bien de l'empressement, Monsieur l'Evê« que, que je concourrai avec vous au bien de votre diocèze...
« il a besoin d'un chef aussi recommandable que vous pour
(1) Arch. départem. série V, liasse r. Cette lettre est entièrement
de la main de Mgr Colonna. Au dos est écrit : Au citoyen Préfet du
Département des Alpes-Maritimes à Nice. C'est la première lettre
échangée entre l'Evêque et le Préfet. Elle établit que Jérôme Rossi

�XV

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diriger vers le véritable but de la religion catholique l'immensse quantité de prêtres dont il est composé... à mon
arrivée ici la pluspart étaient fugitifs ou cachés ou sur des
listes d'émigrés. J'ai pensé qu'il valait mieux leur laisser
la liberté de se montrer et leur donner une surveillance...
Les mesures prises pour la tranquillité publique et l'exécute tion
des lois me répondent que quelque puissent être
« (l'éloignement biffé) la peur que les habitants de ce pays
« ont d'être et de se croire définitivement français elle ne
« sera pas troublée...
« J'ai lieu de compter beaucoup pour l'y maintenir sur
« l'influence véritable, (de la morale évangélique (biffé), je
« suis depuis longtemps convaincu de l'avantage que la motí raie évangélique produit sur les mœurs et les vertus poli« tiques et sociales. Si elle eut toujours été prêchée par ses
« premiers ministres où que les circonstances eussent permis
« qu'elle fut entendu, il y eut eu moins de malheurs depuis
« treize ans... nous sommes enfin parvenu, au milieu de
« tant de vagues et de flots à cet heureux équilibre dont
« les amis de la paix et de l'Etat n'ont jamais désespéré.
« Un grand homme leur manquait, il s'est fait connaître
« et il s'est acquis le droit de la confiance de diriger, de con« cevoir, d'exécuter et de réussir tout ce qui peut assurer
« le bonheur de l'humanité comme il en a l'amour et la véné« ration... Heureux tous les agents du Gouvernement
« d'avoir un tel chef pour modelle, heureux de même les
« chefs de l'Eglise qui sont choisis par lui pour l'exercice du
« culte catholique, c'est un sûr moyen d'être bien accueilli
« par l'opinion publique, car il connaît les hommes.
« Mille fois heureux encore si je méritais, citoyen Evê« que, d'avoir l'occasion de vous prouver mes sentiments
« d'amitié, d'attachement et d'amour intime.
« J'ai donné les ordres les plus précis pour que votre
« maison épiscopale fut préparée mais si vous arrivez dans
« le commencement du mois prochain comme vous me le
« mandez, je crains bien qu'elle ne le soit pas encore parce
t que les acquéreurs qui recèdent ne reçoivent pas plus que moi
était entré en relations avec le nouvel Evêque peu après sa nomination et son arrivée à Paris.

�XVI

« réponse des ministres des Finances et de l'Intérieur sur la
« solution de cette litige... En attendant j'aurai le plaisir
« et l'avantage de vous loger et de vous recevoir.
« Si vous avez la facilité de voir les ministres de l'Inté« rieur et des Finances, je vous invite à leur rappeller mes
« demandes à cet égard (i). »
Une question importante préoccupait ChâteauneufRandon : c'était celle du logement de l'Evêque et il prévoyait
déjà, qu'en raison des multiples difficultés soulevées par le
Directeur des Domaines, rien ne serait prêt à temps.
* *
Fa ville de Nice devenant le siège d'un Evêché concordataire, le Gouvernement ordonna sans retard d'y préparer
une Cathédrale et un logement pour l'Evêque. Ce fut l'objet
d'une lettre de Godin, ministre des Finances, en date du
22 Germinal an X (12 avril 1802) et d'une autre lettre de
Chaptal, ministre de l'Intérieur, en date du 24 du même
mois (14 avril) adressées toutes les deux au Préfet pour le
charger de prendre au plus tôt les dispositions nécessaires.
Fa question de la Cathédrale ne présentait aucune difficulté. F'Eglise Sainte-Réparate qui servait de Cathédrale
avant 1793 avait peu souffert durant la Révolution. Elle
n'avait été enlevée au Culte que du mois de juillet 1794
au mois d'avril 1795. Depuis lors, les catholiques niçois
y avaient fait d'importantes réparations (2). Elle se trouvait donc tout indiquée pour servir de Métropole.
Il y manquait cependant les cloches qui avaient disparu
pendant la tourmente révolutionnaire ; les grandes orgues
avaient été démontées, les vases sacrés les plus précieux
avaient été enlevés. Sur ces entrefaites, on découvrit fort à
propos des cloches et des vases cachés dans le couvent de
Cimiez et on se souvint que les tuyaux des grandes orgues
avaient été déposés chez Grinda, facteur d'orgues, à Nice.
(1) Arch. départem. Série V, liasse r. Je donne cette lettre d'après
la minute entièrement de la main de Châteauneuf-Randon, sur une
demi-feuille écrite des deux côtés avec beaucoup de ratures et de
surcharges qui en rendent la lecture assez difficile.
(2) Voir aux Arch. municip. Bonifassi, volume B.

�XVII

Le Préfet prit divers arrêtés (i) pour faire remonter au moins
une cloche dans la tour de Sainte-Réparate et restituer les vases
sacrés. Honoré Grinda reçut en même temps l'ordre de rapporter les tuyaux. Le Préfet prescrivit de préparer le trône
de l'Evêque dans le Sanctuaire de la Cathédrale et de disposer
vis-à-vis un emplacement pour le Préfet, le Général-Commandant le département et le Président du Tribunal criminel.
Le maire de Nice Défly fut chargé par*le Préfet de l'exécution de ces diverses mesures et le 23 Messidor (12 juillet),
le Commissaire de police Jean Dives reçut de lui le billet
suivant :
« Je vous fais passer ci-joint, citoyen commissaire,
« l'original d'un arrêté du Préfet du département en date
« du 21 du courant, relatif à des effets d'argenterie destinés
« à la Métropole, et à la descente d'une des cloches de Cimiés
« que je vous charge de mettre de suitte à exécution, et faire
« transporter le tout à Sainte-Réparate. Si vous le croyez
« nécessaire, vous pouvez réclamer la force armée, vous
« aurez soin de m'instruire du résultat de cette opération. «
Ce fut en vain que le Directeur des Domaines réclama
les vases sacrés trouvés à Cimiez pour les envoyer à la Monnaie de Paris. Châteauneuf-Randon trouva avec raison
que Mainssonnat était mal fondé dans ses exigences (2).
Les Administrateurs de l'Eglise métropolitaine, Pauliani et
Masseglia, prieurs de la Confrérie du Corpus Domini furent
engagés par le maire le 16 Fructidor (3 septembre), à donner
connaissance à Grinda de l'arrêté du Préfet du 11 de ce mois
(29 août) afin que le grand orgue de la Cathédrale fut réparé
au plus tôt (3).
(1) Arch. départent., registre K 4. Arrêté du 21 Messidor (10
juillet) soumis à l'approbation ministérielle par lettre du 2 Thermidor
an X (21 juillet 1802) qui en donne les raisons et expose les réclamations mal fondées de Mainssonnat. Voir l'arrêté du ri Fructidor
(29 août) même registre.
(2) Voir une lettre de Mainssonnat à Châteauneuf-Randon
26 Messidor an X (15 juillet 1802). Arch. départent. M 18.
Voir aussi une lettre du Maire à Jérôme Rossi 23 Messidor (12
juillet) l'invitant à prendre des mesures pour que la cloche soit installée dans la tour pour la fête du 14 Juillet.
(3) Arch. municipales. Registre de la Correspondance du Maire,
an X. Tettre du 16 Fructidor (3 septembre).
4

�xvin
Grinda, que l'Administration départementale avait
chargé de rassembler les tuyaux d'orgues des différentes
églises de Nice, les avaient enmagasinés chez lui ; mais
comme il n'avait point été payé de son travail, il refusa de
les rendre aux administrateurs de Sainte-Réparate avant
d'avoit été indemnisé de ses peines et obtenu le remboursement «des avances qu'il a faites pour le transportera garde»...
Il réclamait en conséquence 3.785 francs en assignats.
Châteauneuf-Randon fut obligé, 13 Frimaire an XI,
de lui intimer l'ordre formel de les restituer, en lui promettant
une juste indemnité. Fes tuyaux furent remis aux Administrateurs de la Cathédrale, mais il fut impossible, de réparer l'instrument dont les jeux se trouvèrent dépareillés.
Il fallut faire d'assez grands frais pour acquérir des orgues
nouvelles qui furent inaugurées seulement eu 1805. (1)
Fe trône de l'Evêque fut décoré sommairement ; quant
aux places réservées pour le Préfet, le Général et le Président
elles n'étaient pas encore entourées de la balustrade demandée
à la date du 6 Frimaire an XI (27 novembre 1802) d'après
une lettre du Préfet au Maire (2).
* *
Châteauneuf-Randon aurait voulu que toutes les mesures qu'il croyait devoir prescrire fussent exécutées avec célérité, mais d'une part le maire Défly, dont les dispositions
bienveillantes ne sont point douteuses, était sans cesse arrêté par le manque d'argent dans la caisse municipale ;
d'autre part on se heurta continuellement à l'obstruction
systématique du directeur des Domaines Mainssonnat, pro(1) Arch. départem. M 17. Lettre du Préfet aux Administrateurs
de Sainte-Réparate 2 Fructidor an X (20 août 1802) qui avaient réclamé les tuyaux déposés chez Grinda ; ibid. M 25 autre lettre du
Préfet aux mêmes 19 Frimaire an XI (10 décembre 1802) leur annonçant l'ordre donné à Grinda et lui demandant d'examiner le compte
présenté par lui ; ibid, M 23, lettre du Préfet à Grinda, 13 frimaire
an XI (4 décembre 1802) ; Relation présentée au Pape par Mgr Colonna le IER août 1806 après la première visite de son diocèse,
VIIJ.AREY, Raccolta di decreti, moniti; ecc. Nice 1831, tome 1 p. 77.
(2) Arch. municip. Lettre du Préfet au Maire, 6 Frimaire an XL
vclume 7.

�XIX

bablement un des membres de la Loge maçonnique (i)
établie depuis peu avec l'autorisation de l'ex-maire Pauliani
prédécesseur de Défly.
L'opposition de ce fonctionnaire méticuleux et formaliste
dont le préfet ne cesse de se plaindre dans sa correspondance
avec les ministres, se manifesta surtout à propos du logement de l'évêque. L'ancien Evêché, situé tout auprès de
l'église Sainte-Réparate, avait été occupé d'abord par les
deux administrations provisoires à partir des premiers
jours d'octobre 1792 puis par le département.
Vers le milieu de l'an IV (juin-juillet 1796) l'administration centrale du Département voulut s'installer avec
les autres autorités dans l'ancien palais du Gouvernement
(la Préfecture actuelle) alors transformé en Hôpital militaire. A la suite de cette décision, l'Evêchè devenant disponible fut mis en vente comme bien national, conformément
à la loi du 28 Ventôse an IV (18 Mars 1796). L'ensemble de
l'immeuble fut divisé en 3 lots, dont le principal, comprenant
les appartements de l'Evêque, fut soumissionné le 6 Messidor an IV (24 juin 1796) par Pierre Mages, négociant, origi(1) Il est un fait avéré, c'est que la plupart des Sociétés populaires n'étaient autre chose que des loges maçonniques démocratisées
et semblant opérer au grand jour. A la dissolution des Clubs, les loges
mises en sommeil se rouvrirent peu à peu sous le Directoire et le
Consulat. Les Jacobins non encore ralliés à Bonaparte s'y réunissaient.
Il en fut à Nice comme ailleurs et la Loge en 1802 comptait, paraît-il,
un assez grand nombre de membres quoi qu'il soit impossible
de rien préciser en raison du mystère dont s'entourent ces associations. Le général Pierre Garnier en était le Vénérable.
Voir TOSEIAI, Précis Historique de Nice, 2MC partie, tome IL
p. 366 et le Sommario de BONIFASSI aux Arch. municip.
Le Préfet Florens demanda au Maire Paulian des renseignements
sur la loge de Nice, le 19 Frimaire et le 10 Nivôse an X (10 et 31 décembre 1801) mais celui-ci semble n'avoir pas répondu. Arch. municip.
Correspondance du Préfet, volume VI. Après le départ de Florens,
Châteauneuf-Randon rencontra une opposition plus ou moins ouverte dans cette loge composée de fonctionnaires des Contributions
et des Domaines, ainsi qu'il l'écrivait à Coulomb, secrétaire général
du Ministère de l'Intérieur, le 12 Vendémiaire an XI (4 octobre 1802).
Arch. nationales Fie m.3 Alpes-Maritimes. Correspondance. Dans
les années qui suivirent le Préfet Du Bouchage réussit à annihiler
l'influence de cette loge dont l'opposition au Gouvenieme-it ne dura
pas longtemps.

�XX

naire d'Agde, fixé depuis longtemps à Nice où il était membre du Conseil municipal. Les experts, Pierre Caries, maîtremaçon, pour le soumissionnaire, et Pierre Camous pour le
département, évaluèrent ce lot à la somme de 13.500 fr.,
calculée d'après la loi, à 18 fois le revenu montant à 750 fr.
Le 25 Fructidor an IV (11 septembre 1796) le Département passa acte de vente de ce lot à Pierre Mages pour la
dite somme de 13.500 francs qui fut versée en mandats
territoriaux ou promesses de mandats. F'acquéreur paya
en outre un demi pour cent sur le principal de la vente, soit
67 fr. 50 ; les droits d'enregistrement de l'expertise, 8 francs
versés le 14 Fructidor (31 août) et ceux de la vente, 135 fr.
en numéraire et 405 francs en papier-monnaie versés le 2
vendémiaire an V (23 septembre 1796). Fe prix total s'élevait donc à 13.980 fr. 50 en papier-monnaie et 135 francs
en numéraire.
Pierre Mages jouissait du revenu de ce lot à dater du
21 Messidor an IV (9 juillet 1796) et le Département se réservait le droit d'occuper encore l'Evêchè moyennant paiement d'un loyer jusqu'au cours de l'an VI (1).
Fe deuxième et le troisième lot comprenant des boutiques et des appartements loués à divers particuliers : la veuve
Thaoïi, les frères Caisson et autres, avaient été soumissionnés le 27 Prairial (15 juin) l'un par Joseph Autheman, l'autre
par Joseph Payany, administrateur du Département.
Dans le mois qui suivit, Autheman et Payany cédèrent
leurs soumissions à André Gastaud, commissaire du Directoire exécutif près le département, par acte reçu Daydery,
notaire.
Fes deux lots furent évalués par les experts ci-dessus
désignés, le 30 Messidor an IV (18 Juillet 1796) ; à savoir
le 2me à 8.100 francs soit 18 fois son revenu estimé à 450 fr.;
le 3me à 6.300 francs soit 18 fois son revenu estimé à 350 fr.
Le 16 Thermidor (3 août), le Département passa acte
de vente à André Gastaud pour ces deux lots, au prix d'esti(1) Cet acte de vente est aux Arch. départent. Série Q, volume
79, f° 89 et suivants sous le n° 222. Il est signé par Pierre Mages et
par Hancy, Imberti, Mougius, Payany fils, Scudéri, administrateurs
du Département ; Gastaud, commissaire du Directoire exécutif, et
M. A. Rey, secrétaire.

�XXI

mation à charge de payer les frais et les droits d'enregistrement et un demi pour cent sur le principal du prix de la vente.
L'enregistrement fut payé le 16 Thermidor (3 août) : pour le
2me lot, 324 francs et pour le 3me lot, 252 francs.
André Gastaud devait entrer en jouissance à partir
du 15 Messidor (3 juillet) de ces deux lots dont le prix global
14.400 francs avait été versé en mandats territoriaux ou
promesses de' mandats, entre le 27 Prairial (15 juin) et le
8 Thermidor (26 juillet). En ajoutant les droits d'enregistrement, 576 francs, on arrive à la somme de 14.976 fr. (1).
Or, à l'époque de ces ventes, les mandats territoriaux
étaient absolument dépréciés : ils avaient perdu au moins
90 % de leur valeur nominale (2).
Il en résulte que le Ier lot vendu à Pierre Mages avait été
soldé par du papier représentant moins de 1.400 francs
en numéraire, et que les deux autres avaient été soldés par
Gastaud en papier représentant moins de 1.500 francs en
numéraire.
En l'an X, Amand Spréafico, négociant lyonnais,
venu depuis peu à Nice où il fut receveur du District, était
co-propriétaire de l'Evêchè ; soit qu'il eût acheté les lots
acquis par André Gastaud, soit que Pierre Mages lui eût
cédé une partie de son lot.
* *
De Préfet ne trouva dans la ville que deux maisons
pouvant servir au logement de l'Evêque. La première était
rue des Juifs, actuellement rue Benoît-Bunico, et je crois
que c'était le palais Lascaris dont la façade Ouest donne
dans cette rue ; mais ce local lui parut peu convenable,
sans doute, à cause du voisinage presque immédiat de la
synagogue.
(1) Ces deux actes de vente sont aux Arch. départem. Série Q
volume 75, fo in et suivants sous les nor 25 et 26. Ils sont signés
par l'acquéreur André Gastaud, par les Administrateurs et Secrétaire
du département et par Hancy qui était commissaire du Directoire
exécutif en remplacement.
(2) Consulter le Tableau de dépréciation du papier-monnaie
dressé par le département des Alpes-Maritimes le 18 Thermidor
an V (5 août 1797) dont un exemplaire imprimé se trouve aux Archives
du Palàis de Monaco.

�XXTI

La seconde était l'ancienne maison épiscopale aliénée
qui réunissait toutes les conditions désirables. ChâteauneufRandon chercha donc à rentrer en possession du vieil Evêché,
et comme il n'avait pas d'argent disponible, il fit proposer
à Mages et à Spréafico de l'échanger contre d'autres propriétés nationales de valeur équivalente et à leur choix. La
proposition fut bien accueillie et les acquéreurs désignèrent
un certain nombre de biens nationaux qu'ils désiraient en
échange. Parmi ces biens se trouvait une terre située au quartier de Riquier alors affermée à Etienne Gastaud et qui dépendait de la succession de Jean-Paul-Augustin Lascaris,
inscrit sur la liste des émigrés et non radié. Cette terre était
précisément celle où s'élevait le Monastère des Religieuses
Cisterciennes avant leur transfert dans l'enceinte de la ville
au XVe siècle. Elle avait depuis appartenu à la noble famille
des Riquiéri dont avait hérité les Lascaris, et, avant 1792,
cette terre payait un cens annuel au Chapitre de Nice.
Elle ne put être cédée à Pierre Mages car un arrêté
du Préfet en date du 25 Germinal an X (15 avril 1802) en
avait affecté une partie à l'établissement d'une pépinière
départementale (1).
Par un arrêté du 10 Floréal an X (30 avril 1802) le Préfet
décida que vSainte-Réparate serait Eglise métropolitaine et
que les propositions d'échange de Pierre Mages pour l'Evêchè
seraient acceptées en principe (2). Fe 14 Floréal (4 mai)
il avisa simultanément de sa détermination les Ministres
de l'Intérieur et des Finances, en priant ce dernier de l'autoriser à conclure l'échange (3).
(1) Arch. départem. K 4 f° 60. L'arrêté créant la pépinière ne
fut point exécuté de suite et le 27 Frimaire an XI (18 décembre 1802)
Châteauneuf-Randon en adressa une ampliatiou à Boulay conseiller
d'Etat (ayant le Département des Domaines nationaux) pour en
obtenir l'approbation, Ibid. M. 24:
Rien n'était fait encore plusieurs mois après, et le Préfet Du
Bouchage prit le 19 Fructidor an XI (6 septembre 1803) un arrêté
désignant un des jardins ^dépendant de l'école Centrale supprimée
pour établir cette pépinière. Le 20 Fructidor, le Préfet demandait
approbation de cet arrêté qui reproduisait les dispositions d'un arrêté précédent de Châteauneuf-Randon, sous la date du 13 Floréal
an XI (3 mai 1803). Ibid. M 24.
(2) Arch. départem. K 4 f° 54. Arrêté du 10 Floréal an X.
(3) .Arch.\départem. Série V, liasse 1. Lettres du 14 Floréal an X.

�XXIII

L'arrêté du 10 Floréal fut transmis de suite à Pierre
Mages et à Mainssonnat, directeur des Domaines, avec prière
de désigner des experts pour l'estimation de l'Evêchè et des
propriétés susceptibles d'être échangées.
Mainssonnat fit des difficultés et par deux fois les 19
et 20 Floréal, il représenta au Préfet qu'il n'y avait pas lieu
à nomination d'experts et que l'on ne pouvait actuellement
disposer des biens séquestrés de Jean-Paul-Augustin Fascaris.
Fe Préfet dut user de toute son autorité pour faire nommer
les experts (1). Finalement le 29 Prairial (18 juin) un rapport
estimatif de l'Evêchè et de divers biens nationaux proposés
en échange fut dressé par Scoffier et Caldelary, experts des
Domaines, et par Roux, expert de Pierre Mages.
F'Evêché était estimé 25.000 francs et la terre de Riquier provenant des Fascaris 36.000 ; elle ne pouvait donc
être l'objet d'un échange. Six autres parcelles indiquées
subsidiairement par Mages et Spréafico furent estimées en
totalité 25.000 francs ; ce furent elles que le Préfet proposa
par son arrêté du 1er Messidor (20 juin) (2) pour un échange
qui deviendrait définitif après avoir été approuvé, dans les
six mois, par les ministres de l'Intérieur et des Finances.
En attendant, l'Evêchè serait remis entre les mains du maire
qui en ferait dresser procès-verbal et inventaire, puis établirait le devis des réparations locatives qui serait soumis au
Préfet et exécuté sous la surveillance du maire « sur les
« fonds communaux, sauf décision ultérieure, sur la réparti« tion des dites dépenses au compte de la commune ou à
« celui du Département. » Si l'échange n'était pas encore
autorisé au bout de 3 ou de 6 mois, Mages et Spréafico rece(1) Arch. départem. M 14. Lettre du 10 Floréal an X à Pierre
Mages ; autre du même jour à Mainssonnat ; M 20. Lettre du 21
Floréal à Mainssonnat. Voir surtout deux lettres du 7 Prairial an X
(27 mai) aux Ministres de l'Intérieur et des Finances dans lesquelles
le Préfet se plaint vivement des agissements de Mainssonnat dont
il réclame de nouveau le changement. Série V, liasse 1.
Voir encore Arch. départem. M 20, la réponse de Chaptal 2 Messidor (21 juin) qui a transmis au Ministre des Finances les plaintes
du Préfet.
(2) Arck. départem. K 4, f° 103 Arrêté du ier Messidor an X
(20 juin 1802).

�XXIV

vraient sur la caisse communale comme indemnité de location le prix des baux des parcelles échangées.
Cet arrêté fut transmis aux Ministres et au Directeur
des Domaines. Le 14 Messidor (3 juillet) le Préfet le notifia
à Mages et à Spréafico en les invitant à se concerter avec
« le maire de Nice pour la prompte évacuation de la maison
« de l'Evêchè afin qu'on puisse procéder sur le champ aux
« réparations dont elle est susceptible. » (1).
Le même jour, cet arrêté fut communiqué au Maire
de Nice. « Je vous invite, écrivait le Préfet, à prendre surit le-champ les mesures convenables pour l'exécution des
« dispositions que j'ai ordonnées et à me tenir régulièrement
« informé du succès de vos démarches et du progrès des
« réparations. »
Defly en accusant réception de cet arrêté au Préfet
le 20 Messidor (9 juillet) lui représentait qu'il était de toute
impossibilité que la caisse communale fît les avances du montant des réparations, car elle était presque vide et il aurait
même peine à solder les dépenses du dernier trimestre de l'année courante. Il priait donc le Préfet de s'adresser au Conseil
Général qui, étant autorisé à procurer à l'Evêque un logement convenable, trouverait peut-être le moyen de couvrir
cette dépense (2). Néanmoins, dès le lendemain 21 Messidor
le Préfet prescrivit à Defly de faire faire un devis estimatif
des réparations et de les mettre en adjudication.
Le 28 Messidor (17 juillet) Défly demanda par lettre
à Mages et à Spréafico de vouloir bien prendre des mesures
pour que la maison proposée par eux en échange et acceptée
par le Préfet (arrêté du 1er Messidor) fut mise à sa disposition, afin qu'il put faire procéder à ce devis (3). Le 30 Messidor (19 juillet) Défly transmit au Préfet la réponse qu'il
(1) Arch. départem. M. 20. Lettres du 14 Messidor an X (3
juillet 1802) à Mages et Spréafico et au Maire de Nice. Cette dernière
se trouve également Arch. municip. Correspondance du Préfet an X
tome vi.
(2) Arch. municip. Correspondance du Maire, 20 Messidor (9
Juillet).
(3) Arch. municip. Correspondance du Maire an X. Lettre du
28 Messidor (17 juillet).

�XXV

avait reçue de Sasserno représentant Mages et Spreafico
absents (i).
Trois semaines se passèrent sans que ceux-ci dont l'absence devait durer seulement quelques jours eussent donné
une réponse ; aussi le maire ayant appris le retour de Mages
lui adressa-t-il, le 21 Thermidor (9 août) une lettre pressante
de rappel, afin d'obtenir la remise de l'Evêché pour qu'il
put se conformer aux instructions du Préfet (2).
Châteauneuf-Randon s'impatientait et ce jour (21
Thermidor) il demandait au maire, quel était le résultat de
ses démarches pour les réparations de l'Evêché et son ameublement. Défly lui répondit immédiatement qu'il venait de
renouveler ses démarches auprès de Mages et qu'il enverrait
la réponse trop longtemps attendue. En terminant sa lettre,
il ajoutait que malgré ses recherches il n'avait pu découvrir
aucun moyen pour se procurer les fonds nécessaires pour les
réparations et surtout pour l'ameublement (3).
Cette lettre du maire (21 Thermidor) contraria vivement le Préfet : il ne comprenait rien à tous ces retards,
aussi en y répondant le 25 Thermidor (13 août) s'en plaignitil amèrement, tout en exprimant l'espoir que la réponse
de Mages ne pouvait être contraire à la parole qu'il avait
solennellement donnée ; qu'elle serait enfin parvenue et que
le maire, ayant l'Evêché à sa disposition, lui apprendrait
incessamment le commencement des travaux pour les réparations et pour l'ameublement de la maison de l'Evêque
qui devait arriver vers le milieu du mois prochain. Defly le
savait déjà par la Circulaire préfectorale du 14 .Thermidor.
« Quant aux fonds, concluait le Préfet, je prends des moyens
« pour vous en procurer, et je n'attends pour les mettre
« à votre disposition que l'envoi du devis estimatif que je
« vous prie de m'adresser dans les 24 heures. » (4).
(1) Arch. municip. Correspondance du Maire. Lettre du 30 Mes
sidor an X (19 juillet 1802). La lettre de Sasserno manque.
(2) Arch.. municip. Correspondance du Maire. Lettre du 21 Thermidor (g août) à Mages et Spreafico.
(3) Arch. municip. Correspondance du Maire. Lettres du 21
Thermidor à Pierre Mages et au Préfet. Je n'ai pas trouvé les lettres
du Préfet au Maire du 21 Messidor et du 21 Thermidor.
(4) Lettre du Préfet au Maire 25 Thermidor (13 août) Arch,
dêpartem. M 20,

�XXVI

Le jour même où le Préfet écrivait cette lettre, Pierre
Mages rédigeait sa réponse qu'il data du 25 Thermidor,
mais qui ne fut remise au Maire que deux jours après, le
dimanche, 27 Thermidor (15 août). Klle était loin d'être ce
qu'avait pensé le Préfet. En effet, Mages, au lieu de consentir
à la remise immédiate de l'Evêché, atermoyait encore sous
prétexte que ses intérêts seraient compromis, au cas possible
que le Gouvernement refusât de ratifier l'échange proposé.
Défly envoya copie de cette étrange réponse au Préfet,
le 28 Thermidor (16 août), en lui demandant de nouvelles
instructions (1).
Mages n'obéissait-il pas aux suggestions de Mainssonnat toujours disposé à créer des embarras au Préfet et à
entraver son action ?
Quoi qu'il en soit, Châteauneuf-Randon, qui avait
reçu aussi de Pierre Mages une lettre du même jour et conçue
dans le même sens, lui répondit sous la date du 30 Thermidor
(18 août) en lui marquant son étonnement et son mécontentement de la défiance injustifiée qu'il semblait avoir,vis-à-vis
du Gouvernement et de son représentant (2).
Il prévint en même temps le Maire qu'il venait de répondre à Pierre Mages : « Je viens, dit-il, de lui faire sentir
« combien peu ses observations sont fondées et combien
« peu le Gouvernement devait s'attendre aux empêchements
« qu'il met à ce que le logement de l'Evêque soit prompte« ment assuré. J'aime à croire qu'il ne persistera pas dans
« ses délais et qu'il vous fera de suite la rémission de l'Evê« ché ; j'espère en recevoir promptement l'assurance de votre
« part. » (3).
Te 6 Eructidor (24 août) Défly en envoyant copie de
cette lettre à Pierre Mages lui écrivait : « Je vous invite
« à vouloir bien me faire part de votre dernière déterminait tion, pour que je puisse en référer à l'autoiité supérieure.» (4)
(1) Arch.. municip. Correspondance du maire. Lettre du 28
Thermidor au Préfet.
(2) Arch. départem. M 20 Lettre du 30 Thermidor entièrement
de la main de Châteauneuf-Randon.
(3) Arch. départem. M 20 et Arch. municip. Correspondance
du Préfet an X tome 6. Lettre du préfet au maire (30 Thermidor).
(4) Arch. municip. Correspondance du maire. Lettre à Pierre
Mages, 6 Fructidor.

�XXVII

■ Les instances du Maire et du Préfet ne réussirent point
à triompher des hésitations de Pierre Mages qui refusait
toujours de remettre l'Evêché avant que le Gouvernement
ou le Corps législatif n'eut approuvé l'arrêté du Ier Messidor.
Il eut fallu attendre longtemps encore, et tous les efforts pour
préparer un logement à l'Evêque eussent été rendus inutiles
par ces exigences intempestives : c'était le désir inavoué
de Mainssonnat que Châteauneuf-Randon connaissait bien.
Force fut donc de chercher une autre combinaison :
le Préfet résolut de traiter cette fois directement avec les
acquéreurs et à cette fin, par arrêté du 14 Fructidor
(ier septembre) il désigna deux commissaires, Tiranti et
Daidery, chargés de terminer la rétrocession de l'Evêché
déjà évacué par un des propriétaires et la plupart des locataires. (1) Les commissaires devaient faire valoir qu'il n'y avait
aucune raison de douter de l'approbation du Gouvernement ;
insister pour obtenir de suite une location, soit au nom de
la commune, soit à celui du Préfet, et enfin demander, moyennant une juste indemnité, le départ immédiat des petits
locataires qui occupaient encore une partie de l'immeuble.
Pierre Mages consentit finalement à louer provisoirement l'Evêché, non pas à la commune ni au Préfet comme
représentant de l'Etat, mais à Châteauneuf-Randon comme
simple particulier, jusqu'à ce que fut intervenue la décision
du Gouvernement. Telle fut la conclusion des négociations
entre Pierre Mages et les deux commissaires. ChâteauneufRandon pour en finir accepta ces conditions draconiennes
et se hâta de faire dresser en double original l'acte de bail
en son nom personnel ; puis en qualité de Préfet, il prit un
arrêté pour l'approuver. La location était pour un an, à dater
du 8 Vendémiaire an XI (30 septembre 1802), au prix exagéré
de douze cents francs en numéraire, et, pour entrer immédiadiatement en jouissance, le Préfet versa le jour même trois
cents francs (également en numéraire) à Pierre Mages qui
s'engagea,à faire évacuer promptement le local et à permettre
de commencer aussitôt les réparations locatives. Dès que le
gouvernement aurait donné son approbation à l'arrêté du
Messidor, l'échange devenant définitif, la location ces(2) Arch. départem.

K 4 f°

238.

Arrêté du 14 Fructidor.

�xxvrn
serait de plein droit, et Châteauneuf-Randon ne serait tenu
à payer que le temps écoulé jusqu'à l'entrée en jouissance
par Pierre Mages et Amand Spréafico des biens cédés en
échange (i).
Il fallut quelques jours encore pour faire évacuer l'évêché et le remettre au Préfet. C'était chose faite le 23 Fructidor (10 septembre). Ce jour-là, le Préfet en envoya les clefs
au maire et le pressa de s'occuper activement des réparations
et de l'ameublement. « Je vous ai donné, ajoutait-il, l'exem« pie de l'activité, du zèle et. même du sacrifice, j'aime à
« croire que vous justifierez l'opinion où je suis que vous
« me seconderez avec la plus grande promptitude. » (2).
Il était grand temps, en effet, de terminei cette affaire,
car Mgr Colonna était arrivé à Nice, et n'ayant point de logement à lui offrir, le Préfet lui avait donné l'hospitalité dans
son hôtel.
*
* *
Le samedi 4 septembre 1802 (17 Fructidor an X) Mgr
Colonna débarqua au port de Lympia venant de Marseille
sur une felouque. Le Préfet, qui seul avait été prévenu, envoya au-devant du prélat sa voiture et un détachement de
gendarmes. Deux prêtres, se promenant par hasard, dans
le voisinage, MM. Domihique Fianson et Honoré Faissola,
se présentèrent à l'Evêque et l'accompagnèrent jusqu'à la
Préfecture. Cette escorte de deux prêtres et de gendarmes
provoqua quelques plaisanteries, au témoignage de Bonifassi (3).
(1) Voir les deux arrêtés du Préfet en date du 14 Fructidor
er
an X (i septembre 1802) et la copie du bail enregistré à la suite.
Arch, départem. K 4 f° 239.
(2) Arch. départem. M 20, lettre du préfet au maire, 23 Fructidor.
(3) On lit dans ses manuscrits sous la date du 4 sept. 1802
N° 2712. Monsignor Colonna nuovo Vescovo, si e inaspettatamente
sbarcato al porto di Limpia, ed è stato incontrato dalla carrozza del
Prejetto, e da un distaccamento di gendarmi. mss.
N° 2713. I preti Fianson e Faissolla a caso trovandosi al porto
T
si sono presentati da M Voscovo e l'hanno accompagnato sino al pallazzo del Prefetto. mss. autent.
N° 2714. Questa comitiva dei preti coi gendarmi accompagnante
rl
il Vescovo ha forniio un poco a ridere ed a motteggiare. Osserv. pert .

�XXIX

Il est certain que cette arrivée ne rappelait que de trè
loin l'entrée solennelle que vingt-deux ans auparavant (12
octobre 1780), Mgr Valperga avait faite dans sa ville épiscopale ; niais les temps étaient changés.
Châteauneuf-Randon accueillit Mgr Colonna avec la
plus grande courtoisie et mit à sa disposition le second étage
de la maison Saint-Pierre, actuellement 8, rue Saint-François-de-Paule, qui servait alors de Préfecture (1). Le jour
même, (17 Fructidor) il prévint toutes les autorités et les
invita à venir faire visite au nouvel Evêque, l'intention du
Gouvernement étant que ces diverses autorités eussent
pour le Prélat les égards dus à la dignité dont il était revêtu.
Cette visite eut lieu le lendemain. 5 septembre. Le jour suivant (lundi 6), Mgr Colonna reçut le Clergé présenté par le
vicaire-général Rossi qui prononça une courte allocution (2).
Arch. municip. BONIFASSI, volume B fol. 86 verso.
TosEiJU dans son Précis Historique de Nice, 2me partie, tome 2,
p. 365, et l'abbé de VIIAAREY dans la Série Cronològica dei Vescovi
di Nizza (citée par Toselli) racontent l'arrivée de Mgr Colonna sans
ajouter aucun détail spécial.
TISSERAND, Histoire de la Révolution française dans les AlpesMaritimes, in-8° Nice. 1878, chap. VI, p. 318-319, raconte brièvement
l'installation de Mgr Colonna qu'il fixe à tort au 4 septembre qui est
seulement le jour de son arrivée.
(1) Le 30 Prairial an X (19 juin 1802) Châteauneuf-Randdu
avait loué d'Honoré Vincent Galli, administrateur de l'hoirie de feu
Paul de Saint-Pierre cette maison eu entier au prix annuel de 3.000
francs. Mainssonnat qui en occupait une partie pour le loyer annuel
de 1.000 francs se refusa à l'abandonner, ce dont le Préfet se montra
fort contrarié comme il ressort de ses lettres au Ministre de l'Intérieur, du 7 Thermidor (26 juillet) et du 17 Fructidor (4 septembre
1802).
Voir Arch. départem. M 20. Le Ministre de l'Intérieur au Préfet,
3™e Complémentaire an X (20 septembre) et M 24. Une autorisation
du Préfet sous la date du 3 Nivôse an XI (24 décembre 1802) pour
exiger de Mainssonnat deux trimestres de son loyer, soit 500 francs.
(2) Arch. départem. M 17. Lettres du Préfet aux autorités civiles, militaires,- judiciaires et administratives, 17 Fructidor an X
(4 septembre 1802).
Arch. municip. Notes de Bonifassi,volume B, f° 87 : 5 septembre
n° 2715. // Prejetto con tutte le autorita sono stati a far visita di cerimònia a Monsignor Vescovo. Ann".
6 septembre, n° 2717. Monsignor Colonna ha ricevulo la visita
del Clero, ed il Vicario lo ha complimentato con un bel discorsino.

�XXX

Les. dernières dispositions furent prises pour l'installation
solennelle de Mgr Colonna, fixée au 25 Fructidor (12 septembre 1802, jour de dimanche). Châteauneuf-Randon voulut
donner à cette cérémonie le plus grand éclat, sans doute
d'après les instructions du Gouvernement, et, l'arrêté préfectoral du 22 Fructidor (9 septembre) eu régla minutieusement tous les détails, sauf ce qui regardait la partie exclusivement religieuse. Cet arrêté fut imprimé, adressé à tous
les fonctionnaires, affiché et envoyé dans les communes du
département, comme avis de l'arrivée et de l'installation
de l'évêque concordataire. Il fut communiqué à Mgr Colonna
le 24 Fructidor (11 septembre) avec l'arrêté précédent du
11 (29 août), relatif « à l'embellissement du siège épiscopal
« et à la désignation de la place du Préfet dans le sanc« tuaire de Sainte-Réparate. (1) » Le Maire de Nice était
chargé, article XVII, de donner tous les ordres nécessai
res pour l'exécution de l'arrêté du 22 Fructidor et de se
concerter « avec les administrateurs des églises, le vicaire« général et les desservants des paroisses pour tout ce qui
« les concerne respectivement, tant pour le concours ad« ministratif qui peut être utile aux cérémonies religieuses
« ordonnées, que pour la sonnerie des cloches, la délivrance
« et l'emploi des poudres à la Garde Nationale et la disposi
«c tion de la Cathédrale et des places destinés aux diver
*c ses autoritées. »

(1) Voir deux lettres du Préfet à Mgr Colonna du 24 Fructidor
(11 septembre). Arch. départem. M 17. L'arrêté du 22 Fructidor

(9 septembre est au registre K 4 f° 161.

�XXXI

ARRÊTÉ RELATIF A L'INSTALLATION
DE L EVÊQUE DE NICE
::o::
Du 22 Fructidor an X
(9 sept. 1802).
Le Préfet du département des Alpes-Maritimes arrête les
dispositions suivantes :
Article Premier
Dimanche 25 Fructidor prochain, à six heures du
matin, la cloche de la Mairie annoncera l'installation
de l'Evêque de Nice.
Article 2
A huit heures, celles des paroisses et des succursales dans les faubourgs et campagnes de la ville commenceront à sonner en carillon.
Article 3
A la même heure, et aux premiers sons de la cloche
de la Mairie, tous les citoyens portés sur le rôle du service de,la Garde Nationale, se rendront armés ou non
armés au chef-lieu ordinaire de la réunion de leur bataillon, pour se placer à leur rang et compagnie.
Article 4
A huit heures et demie, les Chefs de bataillon,
sous la direction d'un adjoint, d'après les instructions
du Maire, formeront deux haies à droite et à gauche
des rues de..., depuis les bureaux de la Préfecture, logement actuel de l'Evêque, jusqu'à la Cathédrale.
Article 5
A neuf heures, les gardes d'honneur et différents
postes fournis pour la cérémonie par la troupe de ligne,
sur l'invitation particulière faite au Général commandant
se rendront à leur destination.

�xxx li
Article 6
A la même heure, aux premiers sons de la cloche
de la Mairie, toutes les autorités et administrations,
les Corps de fonctionnaires, commissions et employés
se rendront chacun chez leurs chefs respectifs, suivant
la hiérarchie et la nature de leurs fonctions.
Article 7
A neuf heures et demie, chacune de ces réunions
se rendra chez l'Evêque.
Article 8
A dix heures, au premier son de la cloche de la commune, le cortège défilera et les autorités et fonctionnaires seront appelés ainsi qu'il suit :
i° Les agents de police chargés de la direction de la
marche dans les rues et d'établir l'ordre et la décence ;
2° Un détachement de gendarmerie ;
3° Les tambours et moitié de la garde d'honneur du
cortège ;
4° Les administrations militaires de la Place ;
5° Le Conseil de Guerre ;
6° E'Etat-Major de la Place, les officiers de la garnison et des vétérans nationaux, chacun dans leur
ordre hiérarchique ;
7° Ee Corps des agents et courtiers de commerce ;
8° Ea Commission de commerce ;~
9° Celte de santé et salubrité publique ;
io° Celle d'Agriculture ;
ii° Celle d'embellissements et établissements publics ;
12° Celle du Var ;
130 E'Athénée des Sciences et Belles Lettres ;
140 Ees Notaires ;
i'5° Les Administrateurs des Hospices civils ;
i6° Les Professeurs de l'Ecole Centrale ;
iy° Les Membres du Jury d'instruction publique ;
i8° Les Chefs et Fonctionnaires des différentes Administrations de la Trésorerie, des Finances, des Contributions, des Domaines et des Postes ;

�XXXII!

19° La Musique Militaire ;
20° Le Commissaire et les Autorités de la Marine ;
2i° Les Inspecteurs aux revues et Commissaire des
guerres ;
22° Les Directeurs et Sous-Directeurs des fortifications, Commandant d'artillerie, et officiers du génie
et de l'artillerie ;
230 Le Corps des Avoués ;
240 Les Prud'hommes des Pêcheurs ;
250 Le Tribunal de Commerce ;
260 Les Juges de Paix ;
270 Le Tribunal Civil ;
280 Le Tribunal Spécial ;
290 Le Tribunal Crim'nel ;
300 Le Conseil Municipal ;
310 Le Maire, les Adjoints et le Commissaire de police
spécialement chargé de l'ordre de la marche et de
se transporter sur toute la ligne ;
320 Les Membres du Conseil d'Arrondissement ;
33° Les Membres du Conseil Général ;
34° Le Drapeau départemental (entre 4 gendarmes et
4 Gardes Nationales) ;
350 Le Conseil de Préfecture ;
36° Le Secrétaire Général ;
370 La Crosse de l'Evêque, entourée des Ecclésiastiques ;
380 Le Préfet, l'Evêque, le Général commandant les
troupes et le Président du Tribunal Criminel ;
390 Le Chef d'escadron, les Officiers de gendarmerie,
aides-de-camp, ingénieurs en chef et ordinaire des
Ponts et Chaussées ;
400 Les agents des Puissances étrangères ;
410 Les Officiers en congé, réformés ou retirés f
420 La Musique de la Garde Nationale ;
430 L'Etat-Major de la Garde Nationale ;
440 Les Employés de la Préfecture ;
450 L'autre moitié de la Garde d'honneur ;
460 Le reste de la gendarmerie fermant la marche
%

�XXXIV

Article 9
Ees Gardes d'honneur attribuées ou envoyées à
chaque autorité particulièrement en borderont la haie
et les fronts dans la marche générale.
Article

io

A l'entrée de l'église, chaque autorité et fonctionnaire prendra la place qui lui sera désignée, conformé
ment à la dernière fête, par les Maîtres des cérémonies
qui seront distingués par une écharpe tricolore au bras
Article

ii

A l'entrée de l'église Cathédrale, le Préfet en donnera les clefs à l'Evêque, le remettra entre les mains
de son clergé et ira prendre sa place accoutumée dans
le sanctuaire avec le Général Commandant les troupes
et le Président du Tribunal Criminel.
Article 12
E'Evêque doit s'avancer ensuite sous un dais, en
passant devant les autorités jusqu'à sa place où il sera
reçu par le Vicaire-Général Commissaire nommé par
l'Archevêque d'Aix.
Article 13
Ee procès-verbal d'installation dressé par le Vicaire
Général et signé par les Ecclésiastiques témoins, sera
signé aussi, en présence du cortège par le Préfet, les
Présidents des Tribunaux, le Général Commandant les
troupes, le Maire et les Juges de Paix.
Article 14
Après les cérémonies religieuses célébrées ou ordonnées par l'Evêque, le cortège retournera dans la
même forme par les rues de
et accompagnera
l'Evêque chez lui processionnellement uniquement
entouré du Clergé et de sa pompe religieuse.
Article 15
Ees rues par où retournera le cortège, seront bordées de même de deux haies de gardes nationaux.

�XXXV

Article 16
Pendant toute la marche et l'installation de l'Evêque les cloches des Paroisses et celles de la Commune
sonneront ; pendant les cérémonies religieuses ordonnées
par l'Evêque et jusqu'au retour du cortège, il sera fait
des salves d'artillerie et tiré des boëtes par la Garde
Nationale.
Article 17
Le Maire est chargé de donner tous les ordres nécessaires pour l'exécution du présent arrêté, et de se
concerter avec les Administrateurs des églises, le Vicaire Général et les desservants des Paroisses pour tout
ce qui les concerne respectivement, tant pour le concours administratif qui peut être utile aux cérémonies
ordonnées que pour la sonnerie des cloches, la délivrance et l'emploi des poudres à la Garde Nationale
et la disposition de la Cathédrale et des places destinées aux diverses autorités.
La
adressés
dans les
rivée et

Article 18
lettre et le présent arrêté seront imprimés
à tous les fonctionnaires, affichés et envoyés
communes du département comme avis de l'arde l'installation de l'Evêque.
CHATEAUNEUF-RANDON (1).
*
* *

Le général Eberlé, commandant la place de Nice, reçut
des instructions spéciales : Il devait envoyer à neuf heures
du matin devant la Préfecture la garde d'honneur attribuée
aux préfets dans les cérémonies publiques ; vingt hommes
au Tribunal Criminel, quinze au Tribunal Spécial, dix au
Tribunal Civil et dix à la Mairie pour escorter ces diverses
autorités ; plus une garde d'honneur de cent hommes dont
une moitié marchera en avant et l'autre en arrière du cortège;
enfin s'il voulait faire prendre les armes à toute la garnison^
(1) Arch. départem. Registre K, f° r6i. Je n'ai pas trouvé
jusqu'ici d'exemplaire imprimé de cet arrêté.

�XXXVI

elle pourrait former la haie sur le Cours tandis que la Garde
Nationale formerait la haie sur le reste du parcours (iK
Pour assurer la marche régulière du cortège et le bon
ordre dans l'église Cathédrale, Châteauneuf-Randon nomma
par arrêté du 24 Fructidor (11 septembre) cinq maîtres de
cérémonie : Roux, Caravel, chefs de bureau à la Préfecture ; Laurenti, Ricordi, secrétaires, et Cougnet fils. Ils
devaient porter une écharpe tricolore au bras droit et une
épée. Par le même arrêté, Fabry, chef de bataillon de la Garde
Nationale, commissaire de haute police, était désigné pour
porter le drapeau du Département encadré de quatre gendarmes et de quatre gardes nationaux (2).
*
* *
Le 12 septembre, au matin, toutes les cloches de la ville
sonnèrent de joyeux carillons. A 10 heures, le cortège partit
de la Préfecture dans l'ordre fixé, et se rendit à Sainte-Réparate, entre deux haies de soldats et de gardes nationaux,
derrière lesquels se pressait une foule considérable, sympathique et curieuse. L'Evêque, précédé du drapeau du Département et de la crosse épiscopale (3) entourée d'ecclésiastiques, s'avançait de front avec le Préfet Châteauneuf-Randon,
le général Partouneaux et le Président Trémois. Les membres
du Clergé convoqués la veille par le Vicaire Général Rossi
attendaient devant la grande porte de la Cathédrale (4).
Châteauneuf-Randon leur présenta Mgr Colonna auquel il
remit les clefs de l'Eglise. En temps ordinaire, cette remise
est faite par le Doyen du Chapitre ou son représentant ;
mais en 1802, le Chapitre de Nice n'existait plus ni en fait
ni en droit, et le Préfet voulait, sans doute, par cet acte,
(1) Voir lettre du Préfet au Général Eberlé (s. d.). Arch. département. M r8.
(2) Arch. départem. K 4, f° 168.
(3) Il s'agit probablement de « la crosse de vermeil donnée par
« l'Empereur à Mgr l'Evêque de Nice et qui doit être transmise à
« ses successeurs » mentionnée dans les inventaires de l'Evêché à
partir de 1805.
(4) Arch. municip. Bonifassi, volume B, f° 87, 11 septembre
1802. N° 2721. Il Clero e invitato dal Vic0 Rousc per domani trovarsi
sulla porta délia Chiesa a ricevere il Vescovo. Ann". Doc. N° 1080.

�XXXVt!

affirmer que le Gouvernement mettait, à la disposition de
l'Evêque, l'église Cathédrale devenue propriété de l'Etat
d'après les lois révolutionnaires. Ee prélat fut alors reçu
dans les formes prescrites par le Cérémonial. On lui offrit
l'eau bénite et l'encens, puis on le conduisit sous le dais
jusqu'au pied du maître-autel où il s'agenouilla, fit une coure
prière et revêtit les ornements pontificaux. Ee Préfet, le
Général et le Président avaient pris les places d'honneur
préparées dans le Sanctuaire et les autorités s'étaient rangées
dans la nef selon l'ordre déterminé. Ee vicaire-général Rossi,
commissaire délégué du Métropolitain, Mgr Champion de Cicé,
archevêque d'Aix, procéda alors à l'installation canonique.
On fit lecture de l'arrêté de nomination, des Bulles d'institution et du décret exécutorial du cardinal Caprara (9 avril
1802) érigeant les évêchés concordataires et rattachant
le nouvel Evêché de Nice à la Métropole d'Aix, (1), puis
Mgr Colonna monta au trône épiscopal.
. Dans un discours prononcé en latin selon l'usage
comme celui du Chanoine Provasso lors de la prise de possession de Mgr Valperga, le vicaire général Rossi exprima
la joie du peuple et du clergé privés depuis longtemps de
Pasteur et qui se félicitaient de l'heureux choix du Gouvernement et du Souverain Pontife. Il loua, en termes heureux'
les talents et les vertus du nouvel Evêque : son habileté
administrative, son application à l'étude, son zèle pour le
salut des âmes, sa modestie et sa piété profonde. Il sera,
sur le siège de Nice, le digne successeur d'une glorieuse
lignée d'évêques. Ees fidèles de ce diocèse, très attachés
à la religion catholique le reço'vent comme l'envoyé da
Dieu pour leur faire oublier les longues années d'épreuves
sur lesquelles il ne faut point insister aujourd'hui que la paix
et le bon ordre sont entièrement rétablis.
(1) Le décret du cardinal Caprara rendu en exécution d'une
bulle pontificale datée de Rome le 3 des calendes de décembre (28
novembre 8or) fut signé à Paris le 9 avril 802 et inséré au Bulletin
des lois N° 2 8 tome VI, 3 e série, 2 e semestre an X, avec un arrêté
du premier consul, daté du 29 germinal an X qui en ordonnait la
publication. Ce décret, après la suppression des anciennes divisions
ecclésiastiqi es, établissait, pour la France et les pays réunis, ) o
métropoles et 50 évêchés dont le tableau était annexé. La métropole
d'Aix avait pour suffragants : ajaccio, Avignon, Digne, Nice

�XXXVlII

Puis, par une allusion ingénieuse, au nom de Mgr
Colonna l'orateur déclara qu'il serait pour les prêtres, les
fidèles du diocèse, ce que fut, pour les Hébreux, la Colonne
miraculeuse qui guidait leur marche laborieuse et accidentée à travers le désert. Au nom de tous, il promit au nouvel évêque qu'il serait pour eux un père respecté, un chef
religieusement obéi dont ils s'efforceraient d'imiter les ex
emples et les vertus durant les longues années qu'ils demandaient à Dieu, de le conserver à leur tête (i).
Mgr Colonna prit alors la parole (2) : « Appelé à l'honte neur de l'Episcopat, après avoir reçu à Rome l'institution
« canonique et moyennant l'imposition des mains, la çonsé« cration à Paris : me voici, enfin au milieu de vous tel qu'un
« Ange de paix.,. »
Mgr Colonna déclara qu'il a compté sur les grâces particulières que le ciel accorde pour certains états, et non point
sur ses propres forces en acceptant une charge que la Révolution a rendu encore plus pénible et plus lourde. Il évoqua
rapidement les douloureux souvenirs des années qui venaient de s'écouler : prêtres persécutés, églisesp rofanées,
autels renversés, religion proscrite.
« Ne rouvrons pas des plaies qu saignent encore et
« qu'un sage Gouvernement tâche à cicatriser
« Que n'ai-je pas le zèle, les talens et l'espr't de ces
« dignes pasteurs : de ces saints pères des premiers siècles
« de l'Eglise, qui fleurissaient aux beaux jours du Christian« nisme ? De ces illustres prélats qui m'ont précédé dans ce
« siège épiscopal. Des Basses, des Siagres, des Valpergues
« et de tant d'autres, qui dès les temps les plus reculés ont
« porté la foi dans ce pays-ci, qui par la sainteté de leur vie,
« l'éclat des vertus, leur fermeté, leurs lumières, ont illustré
« et édifié cette Eglise, de mon dernier prédécesseur qui,
« par un généreux sacrifice a si bien mérité de la Religion
« et de la Patrie.
(r) Ce discours d'une excellente latinité est cité par VIIAAREY,
Raccolta di Decreti, moniti, pastorali, allocuzioni, ecc. Dell'Illmo e
Revmo Monsignor Vescovo di Nizza, dall'anno 1802 all'anno 1831.
Nice r83i, tome r, p. 1-4.
(2) Discours de possession prononcé par Mgr l'Evêque de Nice,
immédiatement après celui de M. le Vicaire Général dans la Cathédrale. VIIAAREY, Raccolta... tome 1, p. 5-ir.

�XXXIX

Du haut du ciel, les saints Evêques de Nice écouteront
« la prière de leur successeur et lui obtiendront de Dieu
« un esprit de sagesse et de modération si nécessaires à un
« évêque chargé de la conduite des âmes. »
Sa mission sera facilitée par le zèle des prêtres, ses coopé«ateurs et par l'attachement des fidèles à leur foi.
« Non, il n'est pas de ce peuple comme de tout autres
« peuples ; la Révolution n'a pas produit dans cette Pro« vince par rapport à la Religion les effets qu'elle a produit
« dans les autres, elle n'a pas déployé ici ce caractère qui
« la distinguait ailleurs ; les convulsions révolutionnaires
» n'ont guère atteint à la Religion ; elle a été conservée
« au milieu des agitations les plus violentes, s'il y a eu un
« instant, où ce Temple réparé, embelli dernièrement a été
« fermé, • ç'a été peut-être un trait des Divines miséricor« des ; la Providence a ménagé cet instant pour donner
« un nouvel essort au zèle du peuple qui peut-être s'était
« tant soit peu refroidi ; la privation a produit son effet :
« touché jusqu'aux larmes, il soupirait après le retour du
« Culte, la fin de la Révolution. Ses désirs furent accomplis,
« exaucés dans le temps, ils le sont encore davantage à préci sent. Il peut vaquer librement aux exercices de piété et
« de dévotion. Aussi le voyons-nous pénétré de respect,
« s'empresser à remplir les Eglises, embrasser les Autels,
« y déposer ses prières, cherchant un soulagement dans
« ses besoins et ses peines. »
L'Evêque fit ensuite un éloquent appel aux prêtres
qui devaient être animés « de ce zèle sage et discret qui
« respire la douceur et la charité ; de ce zèle généreux qui
« embrasse tout, se répand partout, ne connaît point de diffi« cuités qui tâche à ramener les esprits, réunir les cœurs,
&lt; concilier les intérêts divisés
»
Tous leurs actes, ajouta-t-il, doivent être inspirés par
une charité qui s'étendra à tous, amis ou ennemis comme
j Ôsus-Christ leur en a donné le précepte et l'exemple. La Chanté est l'âme de la Religion catholique « qui est une Religion
« d'amour et de bienfaisance
C'est cette vertu qui fait
« du genre humain de l'univers entier une seule famille,
« dont Dieu est le père et nous sommes les enfants attachés
« par les liens de la fraternité
»

�XL

Ees prêtres doivent dont apprendre à tous par la parole
et surtout par l'exemple que l'amour de Dieu est inséparable
de l'amour du prochain. La pratique courageuse de ce double
amour sera le moyen le plus efficace pour ramener à l'Eglise
ceux qui en sont éloignés.
« En attendant, conclut le Prélat, adressons au Ciel
« des prières pour tous ceux qui tiennent au Gouvernement,
« en particulier pour le Chef de l'Eglise, notre Saint Père
« le Pape. Eeur vie nous est trop chère, trop précieuse au
« bonheur public ; c'est par leurs soins qu'après une des
« plus rudes tempêtes, des temps des plus orageux nous
« jouissons du calme. Que cette paix dont nous goûtons
« ies doux fruits soit le garant de celle qui nous est préparée
« dans le Ciel, et que je vous souhaite. »
Ee procès-verbal de l'installation dressé par le Vicaire
Général fut signé par les ecclésiastiques témoins, le Préfet,
le Général commandant les troupes, les Présidents des Tribunaux, le Maire et les Juges de Paix.
*
* *
Après la messe célébrée pontificalement, la procession
se forma et l'Evêque fut accompagné, comme le prescrit le
Pontifical par tout le clergé qui chantait des hymnes et des
psaumes, jusqu'à la préfecture. Ea procession défila entre
les deux haies de soldats et de gardes nationaux et fut suivie
par le Préfet et toutes les autorités qui avaient assité à la
cérémonie. Au témoignage de Bonifassi, le discours de Mgr
Colonna fut touchant et bien adapté aux circonstances :
l'ensemble de la cérémonie fut émouvant et édifiant et il
ajoute, malicieusement, qu'on ne ce serait jamais attendu à
pareille chose de la part des Français.
Villarey rapporte de son côté (op. cit.) que l'attitude
recueillie de Mgr Colonna et son air modeste firent la meilleure impression sur tous les assistants ; ce qui n'empêcha
point quelques réflexions plus ou moins bienveillantes. Un
bon prêtre, raconte Bonifassi, au moment où Mgr Colonna
fut présenté au clergé par le Préfet, se tournant vers ses voisins, leur dit : « Cela va bien si Mgr Colonna se rend compte
« aujourd'hui que nous, nous étions ici et que c'est lui qui y
« vient. »

�A l'occasion de l'installation de l'évêque on répandit
dans le public quelques poésies en son honneur, louables
tout au moins pour l'intention de leurs auteurs. Louis Romey,
avoué près le Tribunal civil, membre du Jury d'Instruction,
qui devint maire peu d'années après, se révéla poète, lui
aussi, et publia une pièce de vers dans laquelle il vanta,
comme il était de mode alors, Bonaparte et la Corse, (i)
Mgr Colonna continua à occuper l'appartement que le
préfet avait mis à sa disposition jusqu'à l'aménagement
de l'Evêché. Il semble même que Châteauneuf-Randon
pour laisser toute liberté au prélat ait prolongé son séjour
à la campagne qu'il avait louée au quartier du Piol. En effet,
c'est dans cette campagne qu'il offrit, à l'occasion de la fête
du 18 Brumaire un grand dîner auquel il invita l'Evêque
avec les représentants des autorités civiles et militaires
et quelques anglais de distinction qui étaient, depuis la paix
d'Amiens, revenus hiverner à Nice. (2)
(1) Arch. municip. Bonifassi. Vol. B. f° 87, 12 septembre 1802 :
N° 2724. Solenne ingresso nella sua Cattedrale fatto da M1 Vescovo coll'accompagnamento di tutte le autorità. Mss. autent.
N° 2725. Il Clero si trovo présente sulla porta del Duomo, e dal
Prefetto, vennegli presentato MonsignT Colonna corne Vescovo di
Nizza. Mem. autent.
N° 2726. In quell'atto un buon Ecclesiastico volto a suoi più
vicini disse : Bene se Colonna in questo punto impara che noi eravano
qui, e che egli è quelli che viene. Osserv. partrI.
2727. M1 Vescovo pontifico, e recito un discorso tenero, e ben addattato, la fonzione riusci tenera moltó, ed edificante nel suo complesso.
mai più si aspettava per opera dei francesi un simil atto. Mem. part11
2728. Dopo la fonzione il Clero processionalmente cantando i
soliti inni accompagno il Vescovo al palazzo délia Prefettura ove avea
il suo alioggiamento, le autorita pure lo accompagnarono.~M.ss autetit
2729. In quest'occasione si distribuirono alcune poésie lodevoli
per la buona intanzione degli autori. Romey anche esso divenutto poeta
jece un Endecassillabo in cui corne di ragione venta il Bonaparte, e la
Corsica. Doc. N° 1077.
(2) De Préfet fit imprimer une Relation de cette fête et l'envoya
à Chaptal, Ministre de l'Intérieur, avec sa lettre du 20 Brumaire
au XI (11 novembre 1802). Elle est intitulée « I/anniversaire du
« dix-huit Brumaire, célébré chez le Général de Division, Châteauce neuf-Randon, préfet du département des Alpes-Maritimes, à Nice,
« le mardi même jour du mois, an onze de la République, ou le neuf
« novembre 1802 (vieux style). » 7 pages in-40 chez Cougnet père et
fils, imprimeurs-libraires à Nice, s. d. Arch. nationales V I ç nr. 3
Alpes-Maritimes, Correspondance.

�Châteauneuf-Randon avait communiqué à Mgr Colonna le 24 Fructidor (n septembre) (1) les divers arrêtés successivement pris par lui pour son logement et dans ses conversations particulières, il lui avait certainement expliqué
pourquoi, malgré toute sa bonne volonté, il n'avait pas encore réussi à réparer et à meubler l'ancien évêché. Il semble,
du reste, que les rapports les plus sympathiques et les plus
cordiaux s'établirent rapidement entre le préfet et le prélat (2). On en fit un crime à Châteauneuf-Randon, qui ne
s'en émut guère comme en témoigne sa correspondance.
Il écrivait le 24 Fructidor, an X (n septembre 1802)
au citoyen Colonna, évèque de Nice :
« J'ai l'honneur de vous adresser, Citoyen Evêque,
une copie de touts les arrêtés que j'ai pris successivement
pour assurer votre logement dans la maison qu'avaient
autrefois occupée vos prédécesseurs, ils sont à la date du
14 de ce mois, j'y joins une copie du bail que j'ai passé avec
les propriétaires de cette maison. J'en ai fait remettre les
clefs au Maire de la ville qui demeure chargé des réparations
et de l'ameublement. Je ne doute pas qu'il ne mette a s'en
bien acquiter le même zèle et la même activité que moi, et
que sous peu de jours, il ne me procure le plaisir de vous annoncer que le logement est enfin convenablement assorti
à votre usage et à votre caractère.
« Veuillez en attendant, croire au plaisir sincère que
j'éprouverai de vous avoir longtemps chez moi.
« Je me félicite, citoyen évêque, de ce qu'en me chargeant de vous choisir une maison, le gouvernement m'ait
(1) Voir deux lettres du Préfet à Mgr Colonna du 24 Fructidor
an XI. Arch. Départ. M. 17.
(2) Le préfet lui-même le raconte à Coulomb, secrétaire général
du Ministère de l'Intérieur, dans sa lettre du 12 Vendémiaire an XI
(4 octobre 1802). Après avoir parlé de l'hostilité des membres de la
loge maçonnique de Nice à son égard, il ajoute : « Ils osent se rabatre
« sur mon intimité avec l'eveque de Nice, homme vertueux, politie
« que et philosophe... » Arch. Nation. FI III 3. Alpes-Maritimes.
Correspondance.

�XUll

fourni une occasion de vous donner une preuve de nies sentiments d'estime et de considération.
« J'ai l'honneur de vous saluer. » (i).
*
* *
Le Maire de Nice, une fois en possession de l'Evêché
et sur les ordres réitérés du Préfet, fit dresser le devis estimatif
des réparations et l'adressa à Châteauneuf-Randon le 27
Fructidor (14 septembre) (2). Celui-ci après l'avoir examiné
le trouva trop élevé et le renvoya le lendemain à Défly avec
ordre de mettre ce travail en adjudication au rabais ; il lui
rappela en même temps qu'il fallait aussi s'occuper de l'ameublement et que la commune devait faire quelque chose
pour être agréable à l'Evêque. (3).
Le Maire fit immédiatement afficher l'adjudication :
il en informa le Préfet le 29 Fructidor (16 septembre) et le
pria « de désigner aux entrepreneurs de ces ouvrages le
« mode et les époques des payements qui devront leur être
« effectués pour leur travail. » (4).
Le Préfet approuva cette mesure le 3e Jour Complémentaire an X (20 septembre 1802) en invitant le Maire
« à faire faire d'abord les réparations les plus urgentes, telles
« sont celles de l'appartement de l'Evêque du salon et de
« l'escalier, afin que M. l'Evêque puisse occuper de suite
« son logement. »
Quant aux dépenses, concluait le Préfet, « Lorsque
« les réparations seront achevées et que vous aurez pour« vu à l'ameublement préalable ou de prêt, je vous indi« querai le moyen de couvrir cette dépense sur-le-champ.
« (5)(1) Minute corrigée en plusieurs endroits par le préfet. Arch.dép. M.17.
(2) Arch. municip. Correspondance, 27 Fructidor au X (14
septembre 1802).
(3) Arch. départent. M 17. L,e Préfet au Maire de Nice 28 Fructidor an X (15 septembre 1802).
(4) Arch. municip. Correspondance du Maire 29 Fructidor an X
'(16 septembre 1802).
(5) Arch. départem. M 17. I&lt;e Préfet au Maire de Nice 3e Jour
Complémentaire an X (20 septembre 1802).
Arch. municip. Correspondance du Préfet an X. Volume vi.

�XL1V

Les soumissions furent reçues le 2 Vendémiaire an Xé
(24 septembre 1802). Le devis montait à 1.314 francs ; Honore
Beu, maçon à Nice soumissionna seul pour la somme de
1.195 francs et le Maire en transmettant cet offre au Préfet
lui demanda « son approbation, pour adjuger définitivement
« ces réparations et faire mettre de suite la main à l'œuvre. »(1).
Le lendemain, de nouvelles soumissions l'une à 700 fr.
et l'autre à 650 francs (dont les auteurs ne sont pas nommési
et une autre par Laurent Levamis (dont le montant n'est
pas indiqué.) parvinrent au Maire qui les transmit au Préfet (2).
Châteauneuf-Randon donna son approbation et les réparations commencèrent .
Le premier devis était incomplet, il fallut en dresser
un nouveau qui fut également mis en adjudication et exécuté après approbation du Préfet en date du 22 Frimaire
an XI (13 décembre 1802).
Le montant total des réparations n'était pas très élevé,
1.200 francs environ, cependant ni le Maire, ni le Préfet n'avaient à leur disposition la somme nécessaire pour le solder. Le maire demandait donc le concours du département.
La loi du 18 Germ'nal, article 71, autorisait bien les Conseils
Généraux à accorder aux Archevêques et Fvêques un logement convenable, ce qui comprenait, sans doute, les réparations foncières et locaLives ; mais le Conseil Général des
Alpes-Maritimes n'était point en session. Il fallait cependant
ne pas faire attendre aux ouvriers le payement de leur travail ; c'est pourquoi le Préfet s'adressa aux Ministres des
Finances et de l'Intérieur pour solliciter un crédit extraordinaire le 27 Frimaire an XI (18 Décembre 1802) (3).
(1) Arch. municip. Correspondance du Maire 2 Vendémiaire
XI (24 septembre 1802).
(2) Arch. municip. Correspondance du Maire 3 Vendémiaire
an XI (25 septembre 1802).
(3) Arch. départem. M 22. Le Préfet aux Ministres de l'Intérieur
et des Finances. 27 Frimaire an XI (18 décembre 1802). Le 20 Ventôse au XI (n mars 1803)., le Préfet demandait au Maire de Nice
de lui faire passer sans délai « une copie des devis détaillés des répara« tions faites à la maison épiscopale, j'ai un besoin pressant de ces
« pièces qui doivent être adressées au Ministre de l'Intérieur. Arch.
Départent. M. 26.

an

�XI.V

Ee même jour, il avisait le maire de cette démarche,
en l'invitant néanmoins à payer provisoirement les ouvriers
« parce que les instructions du gouvernement portent que
« les réparations locatives de l'évèché seront à la charge des
« communes si elles peuvent les supporter ou à défaut du
« département, (i).
* *
A cette date, Mgr Colonna était déjà installé dans les
appartements de l'Evêché réparés sommairement et meublés
très modestement. En effet, il n'existait encore aucune règle
administrative déterminant la part respective de l'Etat,
du Département et de la Commune dans les frais relatifs
aux Evêchés (2). Il fut donc pourvu à l'ameublement dans
des conditions assez précaires et beaucoup d'objets furent
pris, ce semble, dans le mobilier séquestré de Jean-EouisAugustin Eascaris qui depuis plusieurs années dépérissait
dans les magasins de la Régie ou dans les appartements occupés par les locataires de cet émigré (3). Un inventaire de
l'ameublement de l'Evêché dressé en exécution du Décret
impérial daté du palais de Milan, 5 Prairial an XIII (25
Mai 1805) démontre qu'il n'était point luxueux (4). E'Evêque de Nice, du reste, était ennemi de tous fastes et se
contentait du strict nécessaire.
(1) Arch. départent. M. 23. De préfet au maire, 27 frimaire an XI
(18 décembre 1802).
(2) Un décret impérial du 5 Prairial an XIII accorda à chaque
Evêque une somme de 2.400 francs pour son ameublement, eu dehors de la contribution du département.
(3) Châteauneuf-Randon proposa plusieurs fois cette mesure
aux Ministres et au Maire de Nice. Il fut souvent aussi question de
la destination à donner au mobilier Dascaris, et il existe aux Archives
Départementales plusieurs lettres et arrêtés à ce sujet. Voir en particulier
celui du 17 Nivôse an X (7 janvier 1802) qui est en minute, liasse
M 20, dont les considérants sont à étudier.
Jean-Douis-Augustin Dascaris fut amnistié le 18 Primaire an XI
(9 décembre 1802) et le séquestre apposé sur ses biens à Nice et au
Castellar fut levé par arrêté du préfet en date du 22 Pluviôse an XI
(i 1 février 1803). Quatre tableaux religieux déposés dans les bureaux
de la Préfecture et provenant probablement de l'ancien Bvéché furent remis à Mgr Colonna par arrêté préfectoral du ier Ventôse an XI
(20 février 1803). Arch. départent. K 6.
(4) Voir Nice Historique, ier mars 1906, p. 70-73, cet inventaire
publié par M. Sappia.

�XÏ.VI

L'évêché fut mis à la disposition de Mgr Colonna
vers la fin d'octobre 1802, et il l'occupa probablement à
son retour de Marseille où il s'était rendu en qualité de délégué pour remettre le ỳalium à son métropolitain, l'archevêque d'Aix. Au témoignage de Bonifassi (op. cit. n° 2780)
il avait quitté Nice le 26 octobre et son absence fut de courte
durée.
Une lettre du préfet en date du 7 Brumaire an XI (29
octobre 1802) résume toutes les démarches faites pour assurer le logement de l'évèque :
«Au ministre de l'Intérieur, des Finances et des cultes.
7 Brumaire An XI (29 octobre 1802).
« Citoyen ministre,
« Vous m'avés prescrit de désigner une maison nationale convenable pour être affectée au logement de l'évèque
de Nice.
« Le défaut de maison nationale m'a forcé de recourir
aux moyens praticables pour reprendre l'ancienne maison
de l'évêché qui avait été aliénée. Je n'ai pu en trouver d'autres que celui de projetter la cession aux propriétaires de
cette maison des biens nationaux de même valeur.
« J'ai pris en conséquence le 1er Messidor an 10 un arrêté qui ordonne cet échange et j'ai soumis cet arrêté à l'approbation du gouvernement. J'ai eu l'honneur de vous en
adresser une ampliation le 14 du même mois.
« L'évêque de Nice étant arrivé dans l'intervalle, le
gouvernement n'ayant pas encore statué sur cet échange
et les propriétaires de l'évêché ne voulant s'en dessaisir
qu'autant que le gouvernement aurait approuvé mon arrêté,
je me suis trouvé dans un embarras extrême pour procurer
à l'évêque un logement convenable et décent. Mais comme je
ne doute pas que le gouvernement n'adopte les mesures que
je lui ai proposées et que dans tous les cas je compte infiniment sur sa justice, je me suis déterminé à traiter moimême personnellement avec les propriétaitres de l'évêché
pour la location de leur maison. C'est la seule mesure que les
propriétaires ont voulu adopter et j'ai dû donner cette marque de dévouement personnel au gouvernement dans cette
circonstance.

�xxvu
« J'ai passé avec eux un contrat dont j'ai l'honneur de
vous transmettre ci-joint une copie, ainsi que des arrêtés
que j'ai pris à cette occasion. J'ai fait faire sur le champ les
réparations les plus urgentes et j'ai remis la maison à la disposition de l'évêque.
« Pendant un mois que cette exécution a duré, j'ai eu
le plaisir de loger et avoir chez moi l'évêque.
« Tel est, citoyen ministre, le résultat des mesures que
j'ai du prendre en suite de vos ordres et de vos instructions.
Cet état de choses vous prouvera, sans doute, qu'il est urgent que le gouvernement statue sur mon arrêté du ier
Messidor. Je vous prie de remettre cet objet sous les yeux des
consuls.
« J'ai l'honneur de vous saluer. » (i).
L'opération proposée par l'arrêté préfectoral du ier Messidor an X était très avantageuse, tout à la fois pour Pierre
Mages qui avait payé l'évêché un prix presque dérisoire,
et pour l'état qui rentrait en possession, sans bourse déliée,
d'un immeuble confisqué, puis aliéné et dont il avait encaissé
le prix, par la cession de terres également confisquées et
jusqu'alors invendues.
Néanmoins, malgré les démarches que Mgr Colonna
fit probablement à Paris auprès des ministres intéressés et
malgré les nombreuses lettres de rappel écrites par Châteauneuf-Randon, l'approbation de cet arrêté restait en suspens.
Le ministre des finances, que cet objet concernait exclusivement puisqu'il s'agissait d'une cession de biens nationaux
ne prenait pas de décision. C'est que, après examen, il avait
été reconnu que le ministre n'avait point qualité pour autoriser l'échange en question et qu'il était besoin de l'approbation du Corps législatif. Beaucoup d'affaires similaires se
présentaient alors journellement et, comme pour toutes,
la difficulté était la même, le gouvernement se décida à proposer divers projets de lois pour les trancher définitivement.
Tel fut le but des lois des 2, 13, 17 Floréal an XI (24 avril,
3 et 7 mai 1803), 24 Pluviôse an XII (14 février 1804)
(1) Minute à laquelle le préfet a ajouté plusieurs passages et en
particulier celui relatif au séjour de l'évêque chez lui. Arch. départent,
M. 23.

�XÏ,VIII

16 Ventôse an XII (7 mars 1804), 29 Ventôse an XII (20
mars 1804), qui autorisent des aliénations, acquisitions,
concessions et ventes, échanges et impositions extraordinaires dont l'inspiration et les dispositions générales sont identiques.
Par un article de la loi du 29 Ventôse an XII, le préfet
du département des Alpes-Maritimes est autorisé à acquérir
par voie d'échange, des citoyens Mages etSpréafico le Palais
épiscopal de Nice.
Le département des Alpes-Maritimrs devenait propriétaire de l'ancien évêché et la somme de 25.000 francs,
valeur des biens nationaux cédés à Pierre Mages et Spréafico,
devait être remboursée au trésor public sur les centimes
additionnels destinés à pourvoir aux dépenses variables de
ce département. (1).
L'arrêté du 1er Messidor an X recevait son exécution intégrale et définitive, mais lorsque le décret de Bonaparte parvint à Nice, Châteauneuf-Randon avait été remplacé à la
Préfecture des Alpes-Maritimes par M. DuBouchage depuis
près d'une année.
On a beaucoup critiqué l'administration de ChâteauneufRandon. Il est cependant équitable de constater après
examen impartial des documents contemporains que Châteauneuf-Randon collabora loyalement avec Mgr Colonna
pour l'application des lois concordataires et qu'il fut dans
le département des Alpes-Maritimes l'exécuteur consciencieux des instructions bienveillantes et sages du gouvernement consulaire.
A.-J. RANCE-BOURREV.

(1) Voir Bulletin des lois de l'an XII, n° 356, loi du 29 Ventôse
an XII et aux Archives départent, un décret du Premier Consvl,
Germinal an XII, (30 Mars 1804). Série N, liasse 1.

�91
LU DO UI ARMANAC
Un armanac de l'an passat,
Essent su d'un burèu, couost'-à-eouosta plaçât
Dapè l'armanac de l'annada,
Ei dia : « Car vesin, noun sabi cenqu'ai fach
Qu'aigon tant bruscamen clianjat miéu destinada ?
Moun mèstre, cada jou, de iéu n'era distrach ;
Aura la miéu basana fanada,
A la poussiera, ai verp, es mai qu'abandounada g
En lou fra-tèms, lou capricious,
Noun a d'uès que pèr tu, siés tu lou plus urous ! «
E'autr' armanac, de fresc e bella tencha
Ei respoundet : « Moun paur'amic,
Siés gaire dôu tiéu tèms, siés tirat au lambic ;
Pensa, quoura lou paure s'endimencha,
Dôu sata marques lou repic ;
Noun t'en pihar qu'au milesime
Couma cadun as ben virat lou mai ;
Vendra moun tèms e lou miéu crime
Sera d'aver cuntat douze luna de mai ;
Ensin tout passa e chanja, lou mounde es tant fragile,
N'estre plus de soun tèms, siés un libre esgarrat,
Ben d'orne soun charmant, tant que li siés utile
Se lou siés plus, noun vées que d'ingrat.
Soutamete-vous en aqueli pensada :
Gen dôu passat, puissança devessada,
Viéi servitour, ancien tardoc,
Amant tradit, beutà passada,
Devantes toui viei armanac !
Juli Eynaudi (d'après Viennet).
PROüVERBI, BOÜOI MOT, COUNSÈTJ E DICH
Entra autour :
Su lou bastioun un marrit pouèta rescouontra un dei
siéu counfraire :
— Eu miéu vers mi couston gaire.
— Vous couston cenque valon.

�92

NOUM

DEI

FIGA —

LI

SIÉU

VARIETA

d'après M. lou D* E. SA UVAIGO
I. — FIGA BLANQUI O BEN VERDASTRI
I. — Al,OXJNGADI

Blancassa figa, figa blancastra.
Figa bovin o bouin.
Cabrioliana donqueiretta.
Caravouguin blanc.
Couol de dama.
Doumestica.
Donqueira blanca, figa d'autoum, verda, jaunastra.
Mussega-cougourdana, dôu genre tapa-cartin.
Tapa-cartin, Aubicou blanc.
Pissaluta (pittalussa, poussouluda).
La Toscana.
2. — FlGA GI(OBTJI(OUSI

Bellona blanca, resercada pèr lu pastissié.
Bernissôu blanc.
Daurada.
Figa de mèu.
Figa turca, tres decourativa.
Grossa beurdona, berdonda.
La Castagnola, figa castagna.
La gentila.
Marseillesa, figa d'Athèua.
Matarassa, figa de Grassa.
Pecoujuda.
Rondeletta.
Roubada blanca.
Seirola, figa Seyrola dapè Niça.
Sucrada.
Trompa cassaire.
Verdola.
n. — FIGA GRIHI O ROUGEASTRI
Figa calabresa.
Cotignana.
Coucourella, coucouletta, figa sensa grana.
Figa de San Francès.
Figa siciliana.
Fourassa, figa grossa.
Imperiala, imperiau.
Levensana.
Moresca.
Rolondina.
Roussana.

�33
ni. — PIGA NEGRI 0 BRUNI
I. — AI.OUNGADI
Abigou negre. ■
Bellona negra.
Briasca.
Clavèu.
Donqueira.
Figa amarauna.
Figa matelassa.
Figa negrau, negreita (figa d'autoum).
Figa sauvagia.
Mentonasca.
Pounchuda.
Saraina.
2. — Gr,OBUI,OÜSI
Bernissenca o coucoulenca (figa terdiera).
Bernissôu negre.
Caiana.
Catalana.
Cimeirenca.
Figa à merioun.
Figa d'orne.
Meirasca (figa d'autoun, ven de Levens).
Merengiaina.
Merlin ga.
Mouissonna.
Mourenao bagassa.
Neçretta.
Relona.
Roubada negra (figa tardiera).
Rondella negra.
Salada.

BOUONA RKSPOUOSTA
Bou pichoun Goustin s'era levât ben tardi. Soun paire,
pèr lou rendre plus matinié, li diguet :

— Lou miéu enfan, noun counouisses lou près e lu avantage d'estre matinié. — Escouta : un orne que s'era levât de
gran matin, trouvet su lou siéu camin una boursa plena de
peça de vint lira...
— Ma, paire, respoundet l'enfant, aquéu que l'avia
perduda s'era levât encara plus bouon'oura.
Lou paire restet nec... li a dequé. ..

�SA

LI TRES GOUTA

Alba, la bouona fada, que proutegia lu fiansat, passant
un matin dapè d'una rosa audia lou siéu noum prounounsat
da tres goûta tremoulanti.
Ela s'avesina e s'assetant dintre dôu couor de la flou,
demandet :
— Que mi voulès, brihanti goûta ?
— Venès, be l'Alba, résolve une questioun.
— Parlas.
— Sian très goûta venènt da diferenti sourça. Voulen
que nen digués la quala es la mai preciousa e la plus pura.
— Acheti, parlas, brihanti goûta.
Ea premiera goûta en tremoulant li diguet :
— Veni dai nebla auti, siéu fina dei gran' mar. Siéu naissuda dintre la gran océan, antic e poutènt. Après d'aver
bagnat li riba de touplen de pais, après estre estada sagatada da mile tempesta, la nebla m'a surbida. Siéu anada
fin soubre de li autessa doun brihon li estela, pi m'abisseri
au mitan dei uiàu e dôu tron dintre lu flot su lu quai mi repauvi. Representi la Mar.
— Toca à tu, brihanta goûta, diguet la fada à la segounda.
— Iéu siéu estada la rousada, que nourrisse lu lis, siéu
la souore dei clar de luna, fiha dei nebla que s'ausson quoura
la nuech pouorge lou siéu vêle soubre de touta la natura.
Representi lou crepuscul dôu matin.
— E vous, diguet Alba à la plus pichouna ?
— Iéu, ai minga de valour.
— Parlas, doun venès ?
■—■ Dai uès d'una fiansada. Siéu estada lou sourire, l'espoir, pi l'amour, aura siéu devenguda lagrima.
Ei autri, couma pensas, souta.capa riion de la pichouna
goûta. Ma Alba, durbènt lu bras, l'estregnet emé gran couor.
— Aquesta es la plus preciousa e la mai pura.
— Ma iéu, siéu estada la Mar !
— Iéu l'Atmosfera.
— Es ver, brihanti goûta, ma aquesta siguet lou couor,
e Alba s'envolet en l'azur embé l'umbla pichouna goûta.
d'après Rosalta Sandoval.

�95

MONACO ET MONTE - CARLO

Sur la mer scintillante où dardaient ses regards,
De la plus haute tour à frange sarrasine,
Le guetteur vit les nefs qui couraient la rapine
Et fouilla la campagne, où rôdaient les pillards.
Sur son rocher hautain, étreint de ses remparts,
Le fief pleura souvent ses vergers en ruines,
Dans la haine et l'effroi des hordes assassines,
Hurlant l'assaut, quand leur chef lève l'étendard.
Mais le fief, aujourd'hui, semble comme un caprice,
Avec ses vieux canons, ses remparts et ses forts,
Ennuyé sur son roc, qu'isole un précipice.
Autour du temple éblouissant du Dieu de l'Or,
Sous le Burg, qui n'a plus à craindre aucune injure,
A jailli la cité de Jeux et de Luxure.
Jean CAPATTI.
UN CURAT DINTRE L'EMBARRAS
Un curat d'una gran paroquia era oubligat un jou de
ceremounia de respouondre à un discours en latin; ma couma
noun sabia aquela lenga, s'en pihet ensinda :
— Moussù, lu Apostolo parlavon touplen de lenga ;
venès de mi parlar en latin, e iéu vau vous respouondre en
francès.

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Noumbre d'or...
13
Mars
Epato (Grégori)
Il
Jun
Cicle soulari
17 Setèmbre
Endicioun roum
10 Desembre
Letra doumenicala
G F
LI QUATRE

8,
7,
20,
20,

10
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22
22

e
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11
10
23
23

SESOUN

Lou printèms coumença lou 21 mars
L'estiéu
—
— 22 Jun
L'autoum
—
— 24 sept,
L'iver
—
— 22 dés.

à 6.55 m.
à 2.36 m.
à 5.18 m.
à 11.53 m.

dôu sera
dôu sera
dôu matin
dôu sera

FESTA MOUBILI

Septuagesima... 12 Fébrié
Cendre
21 Febrié
Pasca
7 Abrieu
Rougacioun 21, 22, 23, 24 Mai
Ascensioun
16 Mai

Pantecousta
Trinità
Festa de Diéu
1" Dimenegue de
Ie* Desémbre

26 Mai
11 Jun
15 Jun
l'Avènt

LU ESCLISS!

Souliu.

—

ij Abriéu. — Esclissi annulari e coumplet visible

à Paris, en America, en Europa et dintre lou N.-O. de l'Africa.
Coumençamen de l'esclissi à 10,01 dôu matin ; finisse à 1,08
dôu sera.
10 Otitoubre. — Esclissi coumplet invisible à Paris, visible
dintre l'America dôu Sud.
Luna. — 1" Abrièu. — Esclissi parciella visibla à Paris. Entrada de la luna dintre l'oumbra, 9.26 dôu sera; sourtida, 11.03
dôu sera.
26 Setèmbre. — Esclissi parciella, invisibla à Paris, visibla
dintre l'Océan Pacifique.

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VÉNT

Lu vènt que souflon à Niça, dintre lou cours de l'armada,
soun au nombre de 16. Vequi li siéu denouminacioun courènti,
pihadi, en general, dai loucalità dei quali parèisson vèni :
Sud
Miejon
Nord... Tramountana
S.-S.-O. Miejou Lebech
N.-O.-E. Grek Tramountana
S.-O
Lebech
N.-E... Grego
O.-S.-O Pounèut Lebech
E. N .E. Levant
Ouest. Pounènt
E.-N.-E. Levant
O.-N-O.V Pounènt Maistràu
E.-S.-E. Levant
N -O . Mastràu
S.-E.... Siroco, vènt marin
N..-N. OMaïstràu Tramount
S.-S.-E.. Miejou Siroc

6
15
25
14
31
24

VIGÍLIA — JEUNI
Abriè
(Pasca, 7 Abrièu).
Mai
(Ascensioun, 16 Mai).
Mai
(Pantecousta, 26 Mai).
Avoust
(Assoumpcioun, 15 Avoust).
Outoubre (Toui lu Sant, Ier Nouvembre).
Desembre (Calena, 25 Desembre).
L'AN NADA RELIGIOUSA

LI FESTA MOUBILI E LI FESTA FISSI
Janvt'è
jYlars
1 Circouncisioun.
1 e 2 Quatre Tèms.
6 Epifania (lu Rei).
3 Reminiscere.
13 Bateja de J.-C.
10
Oculi.
14 Sant Noum de Jesu.
17 Lœtare.
fébrié
24 Passioun.
2 Puriflcacioun.
29 Li 7 Doulou.
4 Setuagesima.
31 Lu Rampàu.
6 Festa de la Pr. de N. S.
11 Sexagesima.
Jîbriéu
13 Coum. de la Passioun.
5 Divendre Sant.
18 Quinquagesima.
7 Pasca.
21 Cendre.
14 Quasimodo.
25 Quadragesima.
28 Patrou. de San Joúsè.
28 Quatre-Tèms.

�Setembre
3 Inv. de la Santa Crous.
13, 14, 15, Rougacioun.
16 Ascensioun.
26 Pantecousta.
29-31 Quatre-Tèms.
1
2
6
9
21
24
29

Quatre-Tèms.
Trinità.
Festa de Diéu.
Festa dôu S. Sacramen.
Sacrat-Couor de'jesu.
Natività de S. jouan-Bat.
SS. Peire e Paul.

8 Natività de la Vierge.
14 Esaltacioun de la Crous.
15 N.-D. dei 7 Doulou.
15 San Noum de Maria.
18, 20, 21, Quatre-Tèms.
29 Dédie, de S. Miquèu.

Ôutoubre
6
13
20
27

Sant Rousari.
Maternità de la Sta Vierge.
Puretà de la Santa Vierge.
Patrounage de la S. Vierge.

J/ouvembre

Juliet
2 Visitacioun de la S. V.
7 Precious Sang.
16 N.-D. dôu Carme.

Jîvoust
6 Transfiguracioun.
15
18
25
25
29

Assoumpcioun.
S. Joachim.
S. Couor de la Vierge.
S. Louis.
Decolac. de S. Jouan-Bat.

1
2
3
21

Toui lu Sant.
Lu Mouort.
Santi Relíquia.
Present, de la Sta Vierge.

2&gt;esembre
1 Avent.
8 Imaculata Councepcioun.
18, 20, 21, Quatre-Tèms.
25 Calena.

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DÉCIMALISATION

DU

TEMPS ET DES

ANGLES

LA MONTRE DÉCIMALE
Par J. de REY-PAILHADE, président du Comité
pour la propagation des méthodes Décimales.
Le Club Nautique de Nice a offert plusieur fois en prix des
montres décimales aux régates'de 1909. Il était utile de décrire cet instrument, d'y joindre des tables pratiques et des
formules à l'usage des ingénieurs, des sportsmen, des médecins, etc. etc.
DÉCIMALISATION DES ANGLES •
Il est aujourd'hui démontré que la division décimale du
quart de cercle facilite tous les calculs.
Les nouvelles cartes géographiques sont graduées exclusivement dans ce système, devenu officiel en France et dans
d'autres pays. On possède toutes les tables pratiques nécessaires à son essai courant. Nous ne nous étendrons pas
davantage sur cette méthode aujourd'hui enseignée dans les
lycées et collèges.
Nous rappellerons seulement que M. l'amiral Germinet,
membre d'honneur du C. N. N., sous la direction duquel on
fit en 1899 et 1900 des essais de navigation avec un matériel
entièrement décimal, a émis un avis très favorable à la
réforme décimale.
DÉCIMALISATION DU TEMPS
La division décimale du jour décrétée le 4 frimaire an II
rendra aussi de grands services à la science et aux sports.
Principe. — On divise le jour entier en 100 parties égales
appelées cés ; le cé est subdivisé en décisés, ceniicès et millicés
Le cé vaut 14m 24s ou 1T4 d'heure environ ; le décicé est égal
lm 26s 4 ou lm Ij2 environ ; le millicé vaut 0S 864 ou 9T10 de
seconde environ.
Concordance des Temps. — On parvient assez vite à dire
instantanément l'heure à 1 ou 2 minutes près en regardant le
cadran d'une montre décimale. Il suffit d'apprendre par cœur
les concordances décimales de toutes les heures.
0,0
0
50,0

4,2
1
54,2

8,3
2
58,3

12,5
3
62,5

16,7
4
66,7

20,8
5
70,8

25,0
6
75,0

�25,0
6
75,0

29,2
7
79,2

33,3
8
83,3

37,5
9
87,5

41,7
10
91,7

45,8
11
95,8

50,0
12
100,0

Les heures sont au milieu, les concordances des heures
du matin en haut, celles du soir en bas. Ainsi 10 heures du
matin valent 41.7 cés (énoncer 41 cés 7 décicés) et 10 heures
du soir valent 91,7 cés.
Gomme 1 cé vaut presque lj4 d'heure et un décicé une mi •
nute 1]2 ; en partant des concordances du tableau, on dit
l'heure instantanément, ainsi 39,9 cés valent 9 h. 36 m. du
matin. Un ou deux jours suffisent pour atteindre ce résultat.

Description de la montre décimale ou cémètre. — Il y a 3
aiguilles centrales se mouvant sur un cercle divisé en 109
parties égales, numérotées de 0 à 9. Le 0 cé est en bas, c'est
l'origine des temps, car on suppose la Terre au centre du
Cadran.
L'aiguille dorée avec un soleil ne fait qu'un tour par jour ;
l'aiguille épaisse en acier bleu tourne 10 fois par jour, et la
trotteuse fine fait 1000 tours par jour.
L'aiguille-soleil montre la position de l'astre du jour par
rapport au méridien de Paris, qui va du centre au chiffre 5.

�10 —
Les quatre traits bleus indiquent les positions de cette aiguille
à minuit en bas sur 0 ; — à tì h. du matin au milieu entre 2
et 3 ; — à midi, en haut, sur le 5 ; — à 6 h. du soir, entre 7
et 8.
L'aiguille dorée du soleil indique le chiffre des dizaines
de cés, 2 sur le dessin ; l'aiguille épaisse donne d'abord le
chiffre des cés, 6 sur le dessin, et en comptant rapidement à
l'œil le rang de la division entre 6 et 7, on voit, que cette aiguille marque 3 décicés. Le temps du dessin est donc 26,3
cés correspondant à 6 h 20 m. du matin environ. L'aiguille
trotteuse donne les millicés 83. Le temps est donc 26,383
cés.
» Pour la vie courante, on n'a pas besoin d'aller au delà du
clécicé. On lit les milticés pour les applications scientifiques
et sportives.
Le temps en millicés lu sur le cêmèire facilite tous les calculs, car on n'a jamais de réductions à faire.
Examinons le problème des vitesses a l'heure : Les millicés multipliés par 0,00024 donne des heures et fraction décimale d'heure. Ainsi Ì2345 millicés valent 12,345 -f- 24 =
2 h. 9628.
Par conséquent si L est la longueur parcourue et M le
temps en millicés, la vitesse est

ou t

+ 4166,66...

Ces quelques exemples démontrent que la montre décimale simplifie tous les calculs sans exception.
Les rapports de MM. les délégués officiels aux essais de
la montre décimale faits à Nice, par le Club Nautique, le 26
février 1911, concluent unanimement à la supériorité de cet
instrument pour les usages scientifiques et sportifs.
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lu 14, à H
lu 22, à 7
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2
3
4
5
6
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31

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8
dim. S. Pèire
9
dim. S. Guiermo
10
dij S. Teodose
11
div. S. Arcada
12
dis. Sta Verònica
13
Dim. S. Ilari
14
dil. S. Maurici
15
dim. S. Ounourat
16
dim. S. Antoni
17
dij. Sta Angela
18
div. S. Sulpici
19
dis. S. Bastian
20
Dim. Sta Agnesa
21
dil. S. Vincènt
22
dim. S. Raymound
23
dim. Sta Jacinta
24
dij. Conv. de S. Pàu
25
div. S. Poulicarpa
26
dis. Sta Devota
27
Dim. Sta Paula
28
dil. S. Francès S.
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Dim. Sexagesima
dil. Sta Eulàlia
dim. S. Gregori
dim. Sta Eufrasia
dij. S. Onesime
div S. Dounat
dis. S. Simeoun
Dim. Quinquagesima
dil. S. Gabin
dim. Dimars-Gras
dim. Li Cendre
dij. S. Silvan
div. S. Maxime
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Dim. Quadragesima
dil. S. Nestor
dim. S. Leandri
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NICE

MARS
N. L.
P. Q.
P. L.
D. Q.
N. L.
SOULÈU

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lu 1,
lu 8,
lu 15,
lu 23,
lu 30,
— L.

div.
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Dim.
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Dim.
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Dim.
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Dim.
dil.
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dim.
dij.
div.
dis.

Dim.

i
L
i
i
i
7

1 oura 31 m.
0 oura 02 m.
0 oura 59 m.
1 oura 26 m.
1 oura 38 s.
01' — C. 6 13

S. Eudoxia
S. Simplici
Reminisceri
Sta Cunegonda
S. Casimir
Sta Coleta
S. Jouan de D.
Qaatre-tèms
Sta Margarida C.
Ocali
S. Euloge
S. Gregori
Sta Eufrasia
Sta Matilda
S. Acepsima
Sta Gertruda
Lœtari
S. Apien
S. Jôusé
S. Joachin
S. Lea
S. Turibe
S. Armentari
La Passioun
Anounciada
S. Emanuèu
S. Jouan d'Egt,
S. Gountran
S. Eustase
S. Jouan C.
Lu Rampàu

Lou mes de mars
Es amar.

tous le -vrai

BLANQUI &amp; FRACCHIA
— Usine au Pont-Magnan —

NICE

�- 13 S$&lt;30TJNL&gt;

ABRIÉU
P.
P.
D.
N.

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L.
Q.
L.

lu
lu
lu
lu

SOULÈU.

1 dil.
2 dim.
3 dim.
4 dij.
5 div.
6 dis.
7 Dim.
8 dil.
9 dim.
10 dim.
11 dij.
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18 dij.
19 div.
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23 dim.
24 dim.
25 dij.
26 div.
27 dis.
28 Dim.
29 dil.
30 dim.

6 , à 6
13, à
3
21, à 7
28, à 11

—

oura
oura
oura
oura

L. 6 06'

—

55 in.
37 s.
31! s.
25 s.
C. 6 52'

S. Ugo
S. Franç. de P.
S. Richard
Dijàu Sant
Divèndre Sant
Dissata Sant
Pasca
S. Albert, ev.
S. Azada.
s. Isidoro
s. Leoun
s. Juli
s. Justin
Ouasimoi/ii
Sta Anastasia
S. Frutuous
S. Rodolfe
S. Maxime
S. Anselme
S. Teodoro
S. Adalbert
S. Fidèle
s. Jorgi
s. Marco
s. Clet
s. Antime
s. Aimé

s. Roubert
Sta Catarina d. S
SS. Philip. ,Jacq.

Pichouna plneia d'Abriéa
Bouona récolta pèr l'csliéu

Q.

p
P. L.
D . Q.
N. L.
SOULÈU.

TRIMÍÎSTRÈ;

MAI

JUN

à

lu 5,
2 oura
lu 13, a 7 oura
lu 21, à 10 oura
lu 28, à 7 oura
— L.

5 14'

—

14
10
23
24

s.
m.
m.
m.

C. 7 29'

1 dim. SS. Félip. Jaq.
2 dij. S. Atanase
3 div. In.d.l. Sta Crous
4 dis. SS. Sindonis
5 Dim. S. Pio, papa
6 dil. S. Jouan D.
7&lt; dim. S. Peire
8 dim. s. Gregori N.
9 dij. s. Antounin
10 div. s. Isidoro
11 dis. s. Bounifaci
12 Dim. s. Jouan lou S.
13 dil. s. Pouon, m.
14 dim. s. Pacomo
15 dim. s. Sta Denisa
16 dij. Ascensioun
17 div. S. Pascaù
18 dis. S. Teodoto
19 Dim. s. Pèire C.
20 dil. s. Felis.
21 dim. s. Bernardini
22 dim. s. Julia
23 dij Rogaeioun
24 div. s. Vincen, d. L.
25 dis. S. Urbin
26 Dim. Pandecousta
27 dil. S. German
28 dim. S. Cirile
29 dim. Sta Petronïa
30 dij. S. Sylve
31 div. S. Justin
Au mes de mai
Longui semana

p
P.
D.
N.

Q.
L.
Q.
L.

lu 3,
lu 11,
lu 19,
lu 26,

SOULÈU.

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6

dis.
Dim.
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9 Dim.
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11 dim.
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18 dim.
19 dim.
20 dij.
21 div.
22 dis.
23 Dim.
24 dil.
25 dim.
26 dim.
27 dij.
28 div.
29 dis.
30 Dim.

—

à 11 oura 4 s.
à 10 oura SI s.
à 9 oura 51 s.
a
2 oura 20 s.
L. * 34'

C. 8 1!"

S. Potin
Trinità.
S. Quirin
S. Francès C.
S. Lié
Festa de Dieu
S. Lié
Quatre-tèms
S. Optat
Sta Margarida
S. Barnabe
S. Antoui de P.
S. Basilio
S. J.-F. Régis
S. Moudeste
S. Lambert
Sta Olga
S. Gervai
Sta Juliena F.
S. Louis de G.
S. Paulin
Sta Maria d'O.
S. Jouan-B.
S. Prousper
S. Alban
S. Cresen
s. Iréné.
s. Pèire
s. Pàu
s. Tibàu

En Jun
De tres abit l'un

Dégustez tous le vrai

NICE

—

BLANQUI &amp; FRACCHIA
— Usine au Pont-Magnan

—

NICE

�— i4 —

TROISIÍ)MK

AVOUST

JULIE T
P.
P.
D.
N.

lu 3, a 10 mira 20 m.
lu 11, à 1 cura 53 s.
Il 19, a o oura 31 m.
lu 25, a 9 oura 12 s.
SDULÈU. - - L. 4 35' — C. 8 22'

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dim.
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Dim.
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dim.
dim.
dij.
div.
dis.
Dim.
dil.
dim.
dim.

S. Thierry
Vierg.de li Gracia
S. Anatole
S. Pèire de L.
S. Sisoès
S. Elie
Sta Babeta
S. Efrein
Sta Felicita
S. Pio
S. Jouan G.
S. Gene
S. Jaque
Festa Naciounala
S. Enri
N.D.d.M. Carmel
Sta Marcelina
S. Frederic
S. Vincen de P.
Sta Margarida
S. Vi loiSta Maria-Mad.
S. Apoulinari
Sta Cristina
S. Jaque
Sta Anna
S. Pantaleoun
S. Samsoun
Sta Marta
Sta Giulieta
S. Gnaci de L.

Au mes de Juliet
Ni frema ni coulé.

TBIMËSTRÎ;

I1. Q. lu 2, a 0 oura 29 m.
P. L. lu 10, a 3 oura 58 m.
D. Q. l»i 17, a 1 oura 1.1 s.
N. L. lu 21, a 5 oura 14 m.
IV Q. lu 31, &amp; 5 oura 21 s.
souLÈu, —1.5 or -j&gt;. 8 or

dij.
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0 dis.
4 Dim.
5 dil.
6 dim.
7 dim
8' dij.
9 div.
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dim.
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div.
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Dim.
dil.
dim.
dim.
dij.
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S. Pèire-aï LS. Alfonso
Inv. de S. Estève
S. Domenica
N. D. dei Nèu
Trausf. de J. C.
S. Gaétan
Sta Batilda
S. Camila d. L.
S. Là u ren
S. Septima
Sta Clara
Sta Filoumèna
S. Ousèbi
Asoumpcionn
S. Roc
S. Mamès
Sta Elena
S. Ipoulita
S. Bernar
Sta Chantai
S. Pio V
S. Filipe B.
S. Bartoumiéu
s. Louis, r. F.
s. Seg'oundo
s. Cesari
s. Goustin
s. Mederic
Sta Rosa
S. Fiacre

F.n . ivoast
Figa e moust

wmmm mm

SBTÈMBRE
P. !.. lu 8, a' 4 oura 57
D. Q. lu 15, a 6 oura î&gt;l
N. L. Ju 22, a 3 oura 37
P. Q. lu 30. a 0 oura 08
SOULÈU. - - 1. 5 47V— c.

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dij.
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Dim
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dim.
dim.
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dis.
Dim.
dil.

S. Gili
S. Estève R.
Sta Eufemia
Sta Rosalia
S. Làuren J.
S. Pambon
S. Grat
Natiu, di' la V.
S. Oumer
S. Xicola
S. Félis
S. Veran
S. A nié
Es. (1. l.S. CtQUS
S. Nicomède
S. Conrneilla
S. Lanbert
S. Tournas V.
S. Janvié
S. Euslache
S. Matiéu
S. Maurici
Sta Tecla
S. Girar
S Firmen
S. Nil
S. iN'icandre
S. \\ inceslas
g. Miquèu
S. Jeromo

Lima setembrina
De mai clarina

MOT »

GRANDE MARQUE RECOMMANDÉE

s
:
s
s
7'02'

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OUTOUBRE
P.
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N.
P.

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L.
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lu 8,
lu 15,
lu 22,
lu 30,

SOULÈU, — 1.

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oura 46 m,
oura 09m;
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m.

ii

— c.

6 06*

TRIMESTRE

NOUVÈMBRE
P. L. lu
6,
D. Q. lu 43,
N. !.. lu 20,
Q.
lu 29,

r.

SOULÈU. - -

1.

a
a
a
a

4 oura 48
8 oura 20
9 oura 49
2 oura 42
14'

—

c.

5 03'

1 dim. Rosari
1 div. Tout lu Sant
2 dim. S. ■ Léger
2 dis. Eu Mouorl
3 dij. S. Rosari
S. Ubert
4 div. s. Francès d'A. 43 Dim.
dil. S. Carlo B.
5 dis. s. Placido
5 dim. Sta Bertila
6 Dim. s. Bruno
6 dim S. Leounar
7 dil. s. Serge
dij. S. Nestou
/
8 dim. Sta Reparada
8 div. Lu Quatre Incou.
9 dim. S. Denis
9 dis. S. Teodore
10 dij. s. Francès B. 10
Dim. S. Jacintou
11 div. s. Tarasco
11 dil. S. Martin
12 dis. s. Counrad
12 dim. S. René
13 Dim. s. Edouard
13 dim. s. Stanislas
14 dil. s. Calisio
14 dij. S. Pantena
15 dim. Sta Teresa
15 div. Sta Gertruda
16 dim. S. Ospici
16 dis. S. Edme
dij.
17
Sta Edvija
17 Dim. S. Gregori
18 div. S. Luc
18 dil. S. Alfè
19 dis. S. Pèi re
19 dim. Sta Babeta
20 Dim. S. Agrico)
20 dim. S. Edmon
21 dil. Sta Ursula
21 dij. Présent, de la V.
22 dim. S. Filip
22 div. Sta Cecilia
23 dim. S. Teodoret
23 dis. S. Clemen
24 dij. s. Mairloire
25 div. ss. Crespin-Cr. 24 Dim. Sta Flora
26 dis. s. Jouan de K. 25 dil Sta Catarina
26 dim. Sta Pel fina
27 Dim. s. Frumence
27 dim. S. Maxime
28 dil. s. Alfredo
28 dij. S. Sostène
29 dim. s. Narcisse
29 div. s. Saturnin
30 dim. s. Marcel
30 dis. s. Andrièu
31 dij. s. Siri
En ùuloubre
\loii ponorc goûta loti rùare

Tonssan ientra
St A n'driéu lou souorte

« wmmm

DESÈMBRE

s.
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P. L .
D. Q.
N. L.
P. Q.

lu 6,
lu 12,
lu 20,
lu 28,

SOULÈU, -

1
2
3
4
5
6

i*.

Dim.
dil.
dim.
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dij.
div.
dis.

8 Dim.
9 dil.
10 dim.
11 dim.
12 dij.
13 div.
14 dis.
15 Dim.
16 dil.
17 dim.
18 dim.
19 dij.
20 div.
21 dis.
22' Dim.
23 dil.
24 dim.
25 dim.
26 dij.
27 div.
28 dis.
29 Dim.
30 dil.
31 dim.

1.

a
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3 oura
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6 oura 46 s.
4 our;i 40 s.
7 OUI;L 48 s.

7 54' — c.

A vent
Sta Bibiana
S. Francès X.
Sta Barba
S. Bassi
S. Nicola
S. Anbrosi
Imac. Conception
Sta Leoucadia
Sta Eulàlia
S. Damase
Sta Rosélina
Sta Lucia
S, Niçoise
S.
S.
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S.
S.
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S.

Mesuiin
Adon
Olimpíada
Gatien
Ciprian
Filogone
Tournas

S. Onourat
Sta Vitòria
Cacha-fuec
Calèna
S. Estève
S. Jouan
SS. Inoucent
Sta Eleonora
S. Sabîn
S. Sàuvestre

Calena aufuec,
Pasca àu j'aèc.

sin -

GRANDE MARQUE RECOMMANDÉE

4 35

�- i6-

�- 17

-I

CROUNICA NIÇARDA
L'ABADÏA DE SAN POUON.— L'ABAT RANCE-BOURREY.
GLOFFREDO.

—

—

PÈIRE

A PREPAU DOU DIALETE NIÇART.

Ben qne pareissènt tardié, VArmanac Niçart s'empressa de
pourtà la siéu febla vous su tout cen que enteressa lou païs, sigue
au pounch de vista istoria loucala, pouesia, tradicioun, sigue
tamben su la taquinanta questioun dóu dialete niçart souvenri
fès pauvada e su la quala lu escritour mouderne soun luen d'estre
d'acordi.
Parlerai finda de M. l'Abat Rance-Bourrey, un beneditin qne
despi quauque an en ça mete à prouflt la siéu erudiciou n a nen
revelà de fach d'istoria inedieh. Se quauqu'un mérita d'estre
laudat es ben éu ; es en éu que VArmanac Niçart tressa la
pamoula de sapiença. En esprimant la nouostra recounouissença,
à l'Abat Rance-Bourrey, fen cen que touplen an denembrat,
vouoli dire de courounà lu siéu travail, frucha de ben de recerca,
dai quali obra sian fier d'avé prestat la prima ajuda. Pouden cità :
lou Discours sur le Monastère de Sainte-Claire de Nice, par Honoré
Pastorelli, publié d'après l'édition originale de Turin 1608, avec
une introduction et des notes ; — "Le Général J.-B.-M. D'Anselme" (Notices biographiques (1740-1792). E aquest'an
l'istorien nen douna — toujou de prima man — YExpulsion de
Mgr Valperga, evesque de Niça, au tèms de la Revoulucioun,
travail anoutat de peça curiouvi que sian urous de pouder metre
souta lu uès dei nouostre letour.
*
* *
Lou fach de l'annada, lou mai marcant, es estat aquéu de
l'Abadïa de San Pouon. Parlon de tout destruge pèr li basti an
siéu luec un espitau Pasteur... UArmanac Niçart es pas Penemic
dóu prougrès, ni men encara dei Bei-Art, ma si fa lou pious dever
de jougne lu siéu esfouors en aquelu dei siéu councitadin quo
l'istoria dóu passat passiouna, pèr que l'Abadïa de San Pouon
sigue counservada e classada couma mounumen istorique. En la
circonstança feliciti M. l'Abat Rance-Bourrey que mé rasoun s'e.s
demoustrat l'ardènt defensour autourisat que counouissen. La
siéu paràula es estada escoutada e lou Préfet de li Alpa-Maritima,
8

'

�— i8 M. de Joly — respetuous dei nouostri tradicioun — en ortie
avertit a proumès que l'Abadïa de San Pouon seria respetada e de
lèu si crusià pèr lou siéu classamen tra lu mounumen istorique.
Dóu resta vequi ce que l'Abat Rance Bourrey nen di su San
JPouon. Counsignen religiousamen li siéu paràula :
« L'Abbaye de Saint-Pons est le plus ancien monument relitgieux existant dans le Comté de Nice. Il y a dou^e cents ans que
sSiagrius y fonda un monastère. L'histoire de ce monastère est
jintimement liée à l'histoire religieuse, civile et économique de la
iville de Nice.
;
« Ce fut à Saint-Pons qu'en 1388 fut'signé l'acte réunissant
le Comté de Nice au Comté de Savoie. Les abbés de Saint Pons
ifurent pris dans les principales familles du Comté : les Badat, les
tLaugery, les Provana, les Lascaris, les Grimaldi, les Martelli, les
;Tournefort, etc. Plusieurs évêques de Nice furent abbés de Saint[Pons, en particulier Barthélémy Chuet (fin du xve siècle) et Jean
, Uriole, son successeur. Un autre abbé, Claude de Seyselle, fut
,évêque de Marseille, puis archevêque de Turin ; d'autres furent
cardinaux, tels Innocent Cibo, neveu d'Innocent VIII et de
f
;Léon X, et Paul Medeci de Cesis dont on voit encore l'inscription
(funéraire à Sainte-Marie-Majeure, à Rome.
:
« A la fin du xvir siècle, l'abbé de Saint-Pons était Pierre
•Gioffredo, le savant historien niçois. Enfin, un abbé de SaintiPons dont les Niçois n'ont pas encore perdu le souvenir, était
(l'abbé Spitalieri de Cessole qui a doté sa ville natale d'un établissement de bienfaisance si justement apprécié. La plupart des
pbbès de Saint-Pons et plusieurs évêques de Nice ont été enterrés
dans l'église ou sous le cloître et dorment aujourd'hui confondus
avec les moines leurs frères qui depuis dix siècles y sont enterrés.
« Les monuments funéraires ont disparu. Le temps a tout
(nivelé à Saint-Pons, singulièrement aidé cependant par la main
ides hommes. On connaît les dévastations commises par
Iroupes de François Ier et de Barberousse, plus tard par celles d
Catinat et par d'autres encore. Après chaque désastre, SaintPons a retrouvé une nouvelle vitalité et il y a à peine trois quarts
de siècle que Mgr Galvano y a fait d'importantes réparations.
;
« Saint-Pons n'est pas seulement une page de l'histoire de
notre pays, c'est un gros volume de cette histoire ; les Niçois
laisseront-ils dire qu'ils sont restés indifférents devant le danger
qui menace Saint-Pons ? Non, ils feront tous leurs efforts pour

�— 19 -

sauver de la destruction un monument qui doit leur être cher...
Je demande d'urgence le classement de l'Abbaye de Saint-Pons,
c'est-à-dire de l'Eglise et des bâtiments claustraux, comme monument historique. »
Lou councours de YArmanac Niçart es aquist. Emé fiertà e
au près de touplen de sacrifici faren respetà l'istoria dóu passat,
la lenga e lu escrich dei orne qu'an ilustrat lou nouostre bèu
pais.
*
* *
Despi quauque tèms, — maladia que reven per intermitença,
— la gran questioun de la grafia niçarda, de l'ourtougrafa, es
messa su lou tapis. De letra soun estadi publicadi, d'autri lou seran, e cresi qu'après ben de charra pèr dire pas gran cauva de
nóu, quasi dirii pèr predicà dintre lou Desert, noun restera
d'aquela discussioun, — Favén déjà coustatat, — pas gran cauva,
ren!... Cadun escrèu à la siéu moda seloun l'esprit dóu moumen,
e serii ben curious de counouisse aquéu que vendria nen dità
une metoda en nen dïen : « la mièu maniera d'escrièure lou
Niçart es la bouona». Discussioun scientifica que pòu passiounà
quauque lenguista, pas mai ; lou mihou es d'escrèure seloun li
letra ditadi pèr la prounouncia. Lou talènt pèr aquéu qu'escrèu
es de si laissà liège, de si faire acapi. Es qu'en en un entan que
frecuenta l'escola primària poudès li demandà autra cauva ?...
Perta de tèms que tout acò, vourria mai s'engenià à recercà lu
viei mot, espressioun, loucucioun courenti que la pous dóu tèms
a rabaïat, dounà au nouostre bèu dialete la coulou que dèu avè,
en respetant lu emprunt que pouden avè fach sigue à l'Italian, à
l'Espagnòu o à tout autre...
Un dialète noun dèu pas estre une lenga scientifica, encara
m en noun còu avè la pretencioun que sigue ouficiela, seria temerari ; lou dialete d'un païs dèu refletà lou caratere d'un'epoca que
lou tèms dèu respetà, enfin escrèure gramaticalamen, un noun
empedisse l'autre, e laissà à l'esprit, au goust lou coumplemen
d'un stile ouriginal, en de frasa councisi que flaton i'auriha.
Aquí fermi la discussioun, risqui de perdre la civada... l'an
que ven, se Diéu mi presta vida, v'en dirai d'autri e couma
d'usança que mi sigue permès de la vous souvetà : Bouona e
uroûva !
L'ARMANAC

NIÇART.

�20 —

LA CIGALA DOU BOUON DIEU
Una cigala dóu Bouon Dieu
Tout l'estiéu
E l'iver en la chambreta, —
L'aiguesias vista la lebreta ! —
Noun vivïa que d'amour
S'assetava su l'ounour;
La cigala cantarela,
Vau chanja de clientela,
Noun es courta d'amatour,
Que li viron tout au tour !
Ma l'ancien de la cigala,
De gros mot ven que s'embala ;
En l'auriha de la maire
Li ven tout aquéu bousin,
Que deja toui lu vesin
Sabon lou long de l'afaire
— Cenqu'as fach m'au tiéu tip ?
Di la maire enrabiada...
Bella Vierge encourounada !
Sera au mancou m'un bouon rie!!...
CH. CIAUDO

PROUVERBI, BOUOI MOT, COUNSÉU E DICH
Tèms d'iver noun ti fidar.
Lu màu dei enfan si garisson soulet.
Cau naisse pèr estre bèu, si maridar pèr estre rie, e mouri
pèr estre brave.
Per aver de raïn, eau caressar la souca.
Agnèu naissut
Vau un escut.
Dansa mihou ventre plen que rauba nova.
L'oumbra dou mèstre engraissa lou cavau.

�LOU MAGOT DE BERTOUMIÉU ISSUGA
O BEN

UNA RAISSADA DE MACAROUN
Conte menloanasqae trouvât dintre d'un armori
de ma nana e que /'Armanac Niçart es tirons de
transcrièure en niçart à Ventencioun dei sièu
fidèle lotour et lelrissa.

Bertoumiéu Issuga, mentounasque de viéia roca, abitava en
coumpagnia de sa mouhié, en carriera dóu Paumoulié. La siéu
frema, malurousamen, era sirnplaria e faia lou siéu desespoir.
Cada matin Bertoumiéu, avant de s'en anà au travail, li recoumandava de noun faire de bestialità. Cou vous dire que toui lu
dissata lou nouostre ome metia en un'armari pertuat dintre la
muraia lou gagne de la semana.
— Bertoumiéu ! pèr qu seria tout aquel argen, demandava
Marioun au siéu marit.
— Es pèr Madjou-long, castagnassa !
*
* *
Un jou Bertoumiéu partet pèr anar à la siéu campagna ;
devia même li restar doui ó très jou pèr souïnar e arousar lu
citrouniè. Marioun souleta matin e sera, s'assetava su lou banquet de la pouorta e faïa de bas... Un predinà veguet un ome
de statura mai que mejana, couma si di, un gran carcan. La
frema de Bertoumiéu lou fissa sensa parpelear, pi pihada d'un'
idea, li diguet :
— Moun bèu Moussu, sias bessai vous Madjou-long ?
Lou merlo pita e noun s'en laissa dire autre, léu li
respouonde :
— Noun vous troumpas pas, bella bruneta, sièu ièu Madjoulong !... Ma perqué mi faire tala demanda ?
Perqué ?... dou moumen que sias Madjou-long, intras su lou
cóu. Li a ja pas mau de tèms que moun marit a mes d'argen
amagat pèr vous...
E sensa mai de ceremounia li remeté lou mandiou dintre lou
quai lu sóu eron groupât. L'ome remercia e la s'esbigna lèu.
♦

* *

�Lou sera, Bertoumiéu arriva, la sièu mouhié li di.
— Sabes, ai vist ancuei Madjou-long !
E l'ome de cridar :
— Malurousa ! — m'en a fach encara una 1
Courre à l'armari, lou mandiou e Pargen, mouis !... Issuga
blastema pica dai pen, es décidât de si desiaire de la siéu frema
Lendeman, dóu téms qu'aissesta durmïa, li cuerbe lu uès emé de
pega de sabatié, pi la pihant pèr la man, la mena dapé dóu CapMartin. Arrivât aqui, Bertoumiéu fa mountar Marioun su d'un
nouguié el'abandouna. La paura, bòrnia, noun sabia doun si
trouvava, ni men encara ce que poudia faire.
En aquéu fra-tèms doui voulur venon s'assetar souta
l'aubre ; après aver abrat quauqui branca sequi pèr s'escaufar, pi
si meton à cuentar lou siéu argen.
La calou faguet delegar la pega que curbia Puès destre de
Marioun e aissesta de cridar :
— E d'un !
Lu voulur, d'estuc, s'isson d'emblée.
— Qu'es acó, diguet l'un.
— Un matagan, faguet l'autre.
La calou seguia á faire lou siéu efet pau à pau durbia Puei
senec.
— E de douî, diguet Marioun.
Dóu cou lu voulur escapon, laissant Pargen espantegat soubre
Perba.
Marioun coumença à li veire clar, cala da l'aubre e ramassa
Pargen, pi lèu s'en camina vers maïoun...
Lou sièu marit, pensierons, era assetat dapè dóu fuec, s'escaufant, fumant la sièu pipeta emé beatituda...
— Bertoumiéu !... o Bertoumiéu !... duerbe-mi, siéu iéu,
Marioun...
— Vai au diàu que ti pihe... ièu que cresii de m'en estre
despegouït...
Ma Marioun, toujou picava, un cóu noun asperava l'autre...
L'ome fenisse per li durbi...
— Ten ! regarda cen que ti pouorti.. . e Marioun pauva lou
sac su lou toulié. ..
Bertoumiéu, entartugat, cuenta Pargen e réfléchisse ; — Marioun es simplaria e deman la vila saupra Pistoria de la fouré . ..
Cóu que Bertoumiéu si dispegouïsse pèr empedi li marridi lenga
de bavar...

�— 23 —
Si mete la vesta, lou capèu e souorte fermant la pouorta i..
Faïa nuech dintre la carriera, ma sensa pena s'encamina
vers una boutiga e croumpa pèr mai de dès kilo de macaroun...
Ientra au sièu e di à la sièu mouhié de si metre au liech.
En tant que Marioun durmïa, Bertoumiéu fa bui lu macaroun, pi lu espantega su lu aubre dóu jardin... Lendeman de
matin la siéu frema, desveiada, si mete à la fenestra...
— O ! Bertoumiéu ! Bertoumiéu ! Vene un póu veire!... O
trest ! vè, a plougut de macaroun !...
— O vai fantauma !... n'as toujou una. .. Ten ! ten !... ma
es ver !...
*
* *

A quauque tèms en ça, Bertoumiéu l'avia previst, Marioun
countet à toui que lou siéu ome noun li picava plus, despi lou
jou qu'ela li avia pourtat de sac plen d'escut...
Lou juge aiguent audit parlar de l'afaire, mandet sounar
Bertoumiéu devant lou tribunal ; la siéu mouhié era estada
citada couma testemoni.
Lou juge. — Bertoumiéu, sias acusat d'aver gardât d'argen
que noun era vouostre.
— Iéu !... Ma moussu lou juge, lou negui ; sièu couma
sabès un travaiadou.. .
E Marioun de dire.
— Noun negar, Bertoumiéu, sabés ben qu'es ver ; es iéu en
persouna que t'ai pourtat la mouneda, qu'avii trouvât en la
fouré.. .
Lou juge. — Anas brave ome, noun negués.. .
— E quoura lou m'as pourtat ?... — Vous juri, Moussu lou
juge, que la miéu frema es fouola !...
— E lou sabes ben, Bertoumiéu, es lou jou que plouguet tant
de macaroun !
— Moussu lou juge aves jamai vist ploure de macaroun ?...
— Jamai ! moun beL amic respoundet lou juge que si tenia
lou ventre dóu rire — Amie, vèu que la vouostra frema es
fouola. .. sias aquitat !...
Bertoumiéu si retira emé Marioun... Noun aigueron plus
de disputa e vieugueron, pareisse urous e pèr longtèms !...
J. E.

�CANSOUN ANCIENNA

PÈR LOU

N'aurias pas vist la miêu fiha
Trin-trin
Lou galerin
A'aurias pas vist la miêu Jiha
Trois-wtrois
Le fils du roi
L'ai vista e l'ai baïada
Trin-trin
Lou Galerin
L'ai vista e l'ai baïda
Trois-trois
Le fils du roi.
Douna-mi la miêu fiha
Trin-trin
Lou galerin
Douna-mi la miêu fiha
Trois-trois
Le fils du roi.
Es aqnela la vouostra fiha
Trin-trin
Lou galerin
Es aqaela la vouostra fiha
Trois-trois
Le fils du roi.
La miêu fiha era pas lernia
Trin-trin
Lou galerin
La miêu fiha era pas lernia
Trois-trois
Le fils du roi
La miêu fiha era pas lua
Trin-trin
Lou galerin
La miêu fiha era pas lua
Trois trois
Le fils du roi.
N'es ni guercia ni poutinouva
Trin-trin
Lou galerin
N es ni guercia ni poutinouva
Trois-trois
Le fils du rois.

MAI

�La miéu fiha n'es pas borni a
Trin-trin
Lou galerin
La miêu fiha n'es pas bornia
Trois-trois
Le fils du roi.
Noun faïa pas belugueta
Trin-trin
Lou galerin;
Nonn faïa pas belugueta
Trois-trois
Le fils du roi.
La miêu fiha n'es pas emberrida
Trin-trin
Lou galerin
La miêu fiha n'es pas emberrida
Trois-trois
Le fils du roi.
La m iéu fiha n'es pas pigada
Trin-trin
Lou galerin
La miêu fiha n'es pas pigada
Trois- trois
Le fils du roi.
La miéu fiha noun es pas ranga
Trin-trin
Lou galerin
La miéu fiha noun es pas ranga
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha noun es pas louorla
Trin-trin
Lou galerin
La miéu fiha noun es pas touorta
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha n'es pas crouoada
Trin-trin
Lou galerin
La miéu fiha n'es pas croavada
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha n'es pas gibouva
Trin-trin
Lou galerin
La miéu fia n'es pas gibouva

�— 26 —
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha noun es foularana
Trin-trin
Lou galerin
La miéu fiha noun es foularana
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha n'es pas ingourda
Trin-trin
Lou galerin
La miéu fiha n'es pas ingourda
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha a pas lou peu de pi g nu
Trin trin
Lou galerin
La miéu fiha a pas lou peu de pig nu
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha noun es narvelouua
Trin- trin
Lou qalerin
La miéu ûha noun es narveloiwa
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha noun a la rougna
Trin-trin
Lou galerin
La miéu fiha noun a la rougna
Trois trois
Le fils du roi.
XXX.

PROUVERB1, BOUOI MOT, COUNSÈU E DICH
Qu duerme ben noun cregne li niera.
Qu vè pissar e noun pissa, crêpa de malícia.-'
Qu douna soun ben avan de mouri
Mérita de pati.
L'amour es lou paradis dei fouol.
L'amour es .la flou de la jouinessa.

�LA MOUORT DAU PAURE TOUNIN

Lou paure Tounin, malàut a setant'an, si presenta à l'espitàu
ma li respouondon que li a plus de plaça.
— Coumplet ! ! !
Quauqu'un li fa capi qu'em'un pau de proutecioun li pourria
intrar. Countrariat dei pas que cóu faire, Tounin vira lu taloun e
s'encamina vers la plaça Massena, piha lou tram, si rende da
Graugnard, à l'espitàu dei can, e li di :
— Moussu lou Veterinari, cresi d'estre un pau mai qu'un
can ?... En aquéu cas souîna-mi...
— Vous souînar aici, ma brav'ome perdés la testa. — Basta,
li di que n'a pas de liech pèrcourcar un crestian, que noun douna
de souin qu'ai bestia !...
Tounin, couma pensas, s'en souorte m'au couor gros e noun
sau plus à que sant si recoumandar. Era aqui au mitan dóu
camin, quoura en aquéu moumen arriba un landau, doun cala
una grossa dama, encapelada, aurias dich un ver foungi, segada
d'un varlet que pourtava religiousamen un can enfeloupat emé de
favour rosa au couol, tapat d'un tapis em'ai iniciala. En veèn
aquéu tablèu lou paure Tounin si lamenta, sangluta fouort.
— Qu'avès lou miéu brav'ome, li di la dama.
— Cen qu'ai Madama ?... trovi que lou vouostre can a mai
de chança que iéu. Li a cinquant-cinq an que travaii, pèr la premiera fès que siéu malàut, noun soulamen mi refuson à l'espitàu
dei estre uman, ma encara mi vèu picar la pouorta au nas èn
aquéu dai can.
— Quevoulès, lou miéu paur'ome, ai fach un vout de mimetre
à la Soucietà Proutetriça dei Animau, de pourtar touti li miéu
ecounoumia à la Caissa de secours pèr soulajar lou sort dei bestia.
Lou fau talamen ben, que vouguessi ben vous dounar un sóu
que pourii pas.
La dama li vira l'esquina e ientra couma un coupa-cisèu da
Graugnard. Tounin roumougna :
— Se ti veguessi en un cantoun ti dounerii mancou un gotou
d'aïga !... vièia sansuga !...
Tounin estrassinat, deble s'alonga un pau plus en là, su d'un
mouloun de peira. Quauqui oura après, couma soufrisia, n'ai-

�guènt ren en l'estomegue depi l'auba, coumençava d'aver lou
rangouioun, quoura passet un canipiè que li diguet :
— Que fès aquí, brav'ome ?
— Couma veès siéu aqui pèr tirar lu patoun. M'an refusat â
l'espitàu, même en aquéu dai can, noun mi resta que de mouri
su d'un mouioun de peira. — Avès un carnet su lou quai enregistras lu fach dóu jou, farias ben de li aloungar lou miéu testamen que poudès mentuar couma acô :
— « Bouon Diéu, se mi fes passar encara une fes sur la terra,
fe-mi naisse can au mancou, li aura une Soucietà Proutetriça dei
Animau que si crusira de iéu e pourrai estre amès en un espitau,
estre souïnat, faire bouona vida, menar une vida de can... »
ANT. ROLAND.

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VIGNE
A M. VALÉRE BERNARD.

Dans le ciel doux la Vigne ètreint les pals de buis.
Sous le pampre le merle alourdi des falernes
Tourne son col gris vair et ses paupières lemes
Qu'argenté la blancheur des immuables nuits.
O / fraîcheur, 6 beauté des Igs et des iris,
Que la Vierge éblouie avec les marjolaines
Cueille le soir venu aux vasques des fontaines
Pour colorer en fête, au crépuscule, l'Euis.
Narcisses, ébeniers, œillet et sensitive
Ah ! Versez en mon âme attiédie et pensive
L'orgueil qui souleva les clairs olympiens.
L'amour qui rafraîchit les Madones pieuses
Et qui vêt de clarté les snls athéniens
Et les ravissements des époques heureuses.
JEAN

PADOVANI.

Quauque souvèt :
Vous souveti la bouona annada.
Que siegue mihau que la passada.
Vous souveti la bouona annada acoumpagnada de touplcn
d'autri.

�Eglises et Chapelles de Nice
La vieille ville de Nice se trouvant sur la rive gauche du
Paillon, pour parler de ses églises, nous commencerons par son
église cathédrale, Sainte-Réparate, vierge et martyre, de celles du
canton Est, et en traversant la rive droite nous nous occuperons des paroisses du canton Ouest.
I. — L'Eglise Cathédrale du Diocèse de Nice est la paroisse
de Sainte Réparate, vierge et martyre, sous l'empereur Decius en
253. Sa fête est le 8 octobre. Cette église est au centre de la vieille
ville (8.500 âmes), Avant 1531 la Cathédrale était près du Donjon, plateau de Nice, et dénommée : Sancta Maria in platea,
dédiée à N. D. de l'Assomption. L'édifice actuel, dans son genre,
ressemble beaucoup à Saint Pierre de Rome, au Vatican. C'était
auparavant une simple église paroissiale
desservie par
les Bénédictins du Monastère de Saint-Pons, près Nice.
Dans son ressort se trouvent l'ancienne église de Saint
Jaume (Saint Jacques apôtre), jadis des P.P. Carmes, fermée
depuis 1903. Après le transfert du titre de paroisse à l'église de
Saint Juste, évèquc, au Gesu, elle fut placée sous la vocable de l'Annonciation de la Sainte Vierge, ainsi que la belle Eglise de la
Miséricorde, sur le Cours Saleya, jadis de Saint Gaétan, fondée
e
par les P.P. Theatins au XVIII siècle et cédée à la noble
confrérie des Pénitents Noirs.
La Cathédrale de Nice, paroisse Sainte-Réparate de nos jours,
fut comme l'ancienne au Donjon du Château {Sancta Maria in
platea), le théâtre de plusieurs f lits historiques mémorables dans
les annales de l'histoire de Nice.
II. — L'Eglise de Saint Jacques, an Gesû, dès son érection
en 1612, dédiée à Saint Juste, évêque. Sa fête est le 2 septembre.
En 1665 fut érigée en paroisse sous le titre de Saint Jacques le
Majeur, remplaçant la paroisse de Saint Jaume. On l'appelle
vulgairement le Gesù à cause qu'elle a été fondée et administrée
par les P.P. de la Compagnie de Jésus.
Appartiennent à cette paroisse les deux chapelles des confréries des Pénitents Blancs, la Sainte Croix, — confrérie la

�óo —
plus ancienne de Nice, — et des Pénitents Rouges, Saint Suaire
et de la Sainte Trinité ; l'Eglise du Couvent de là Visitation,
la chapelle de l'ancien séminaire, à la montée du Château, et
jadis l'Hospice franciscain avec chapelle de Saint Joseph des
P.P. Recollets de Cimiez, convertie en maison particulière.
L'Eglise du Gesù est d'ordre corinthien composite, cons truite sur le modèle de l'Eglise des Jésuites de Turin, dite
vulgairement les Saints Martyrs. ( 10.000 âmes).
A l'extrémité de la rue du Malonat, aux racines de l'ancien
château, on voit un oratoire à la Sainte Vierge Marie, sous le
titre de N. D. du Bon Secours. Les habitants de ce quartier érigèrent cet oratoire en l'honneur de la sainte Vierge, en reconnaissance du choléra en 1854.
III. — L'Eglise paroissiale de Saint Martin Evéque dite de
Saint-Augustin est la plus ancienne, elle fut bâtie sur l'emplacement de l'ancienne chapelle de Saint Martin (1205) et appelée
Saint-Augustin parce qu'elle était desservie par les Augustiniens
dont le couvent a été transformé en caserne. (Caserne Filley, près
l'ancienne chapelle Sincaire).
IV. — L'Eglise de Saint-Francois-de-Paule a été édifiée en
1736 d'après le plan de l'architecte
Guarini. En 1838
elle fut érigée en paroisse par décret de Mgr Galvano et appelée
aussi Saint-Dominique en souvenir de l'ancienne église paroissiale
de ce nom qui s'élevait sur la place Saint-Dominique aux lieux et
place de l'actuel Palais de Justice.
V*— L'Eglise du Port ou de l'Immaculée Conception. D'humble
origine. D'abord ce fut une fort modeste chapelle (1835), transformée agrandie par Mgr Galvano, et l'avocat théologue L. Mari
fut son premier curé..
VI. — L'Eglise Saint-Joseph nouvelle paroisse depuis 1911 la
première pierre fut posée le 19 mars 1911, bénie le 29 octobre et
ouverte au public le Ier novembre 1911 sous le patronage de Mgr
Chapon et dirigée par les soins de M. l'abbé Gabrielli.
A cette paroisse appartiennent la chapelle succursale de Saint
Joseph contigüe à l'Evêché, et la chapelle de Notre-Dame des
Anges sur l'ancienne route de Villefranche.
VIL — Saint-Roch. Cette église paroissiale dans la banlieue
de Nice fut érigée après la peste de r68r. Nice fut délivrée de ce
fléau par l'intercession de saint Roch, confesseur, né et mort à

�- Si Montpellier. La paroisse est divisée en deux quartiers, Roquebillière
inférieure et Roquebillière supérieure, jusqu'à la chapelle de NotreDame de Bon Voyage.
VIII. — Rive droite du Paillon, intra muros, se dresse Notre Dame du Vau, paroisse Saint-Jean-Baptiste, qui remplace l'an
cienne église du même nom devenue chapelle inférieure du Lycée.
Cette belle église, vœu delà ville de Nice en 1835, mt érigée en
1842 et terminée en 1852 par Mgr Galvano, évêque de Nice.
La façade ressemble à celle élevée à Turin en l'honneur du retour
du roi dans les états Sardes en 1814.
IX. — Saiiit-Pierre-d' Aréna remplace une chapelle située à la
Croix de Marbre. Elle fut érigée en paroisse en 1803 par Mgr
Colonna d'Istria. Elle doit son nom à ce fait, c'est que lors de sa
fondation elle se trouvait sur le rivage de la mer séparée par une
bordure de sable fin.
X. — Une ancienne chapelle de Sainte-Hélêne-l'Inspiratrice
existait dans ces parages. Elle fut remplacée en face la mer par
une église sous l'épiscopat de Mgr Recrosio (1727).
Six paroisses « extra muros » dépendent de la commune de
Nice.
Sainte-Marie Magdeleine, sise dans le vallon de Magnan, édifiée sur l'emplacement d'une chapelle de même nom, érigée en
1626 et dite vulgairement chapelle « dei cassaire » à cause du
grand nombre de chasseurs. Après le concordat de 1803 sous
l'épiscopat de Mgr Colonna d'Istria, ce quartier qui depuis 1771
dépendait pour le spirituel de la cathédrale fut érigé en paroisse.
Il existe encore aujourd'hui une chapelle de Notre-Dame du Bon
Conseil changée en demeure particulière . Bientôt le besoin de
la population augmentant, une église sera bâtie à la cité Robiony
par les soins du curé actuel de la Madeleine.
Plus à l'est de la ville, toujours dans le canton ouest ce
l'Arquet, se dresse la paroisse de l'Ariane dédiée primitivement à
saint Arnoux, évêque et à saint Pierre, apôtre. Elle fut érigée en
paroisse en 1809 sous l'épiscopat de Mgr Colonna d Istria. Dans
son ressort se trouve l'ancienne chapelle nécropole de l'Abbadie
fondée en 1635 en l'honneur de sainte Claire pour le besoin spirituel de 450 à 500 habitants qui appartiennent aux communes
de Nice, Cantaron Saint-André. Localité d'avenii et à laquelle
le chemin de fer Nice-Coni donnera une valeur stratégique.

�— 32 —
Gairaut avait au moyen-âge une chapelle de secours desservie
par les religieux chevaliers de l'ordre du temple au début, et par
la suite de Rhodes et de Malte. Sous l'épiscopat de Mgr François
Rosini de Martinengo la chapelle fut érigée en église paroissiale
sous le vocable de saint Sauveur o*u de la transfiguration du
Rédempteur.
Dès 1730 les P. Dominicains de Nice fondent à Saint Pancrace un sanatorium pour religieux martyrs avec chapelle en
l'honneur de Saint Pancrace martyr. Cette chapelle est érigée en
paroisse en 1848 par Mgr Galvano.
Sur le couchant de Saint-Pancrace on trouve la paroisse de
saint Roman . martyr ; l'ancienne chapelle fut érigée en paroisse
ainsi que celle de saint-Antoine de Ginestière en 1803 sous Mgr
Colonna d'Istria.
VALENT IN.

NOU VÉ
Tu Çatarina fai lou pan.
Mdumen de jota, d'alegressa,
Fes audi da toui lu couor :
Lu ange canton l'alegressa,
Fuges l'infer, Juges la mouorl.
Chntou !
L'aarika sabla, li a quaucaren aici vesin,
Sembla que senti li joia d'un festin ;
Audi lu tambourin de laen,
Lu Jlajoulet e li musela,
Lu pastre van à Bethelen
Laisson la cabana soaleta ;
Santo nuech, venes aléa nen ralegrà,
Pourtas à toui la pax et la tranquilità !
Tu Catarina fai lou pan,
Manda Lucrecia au safran,
Despende aléa lou lauvaniè,
Chapla la blea su lou taatié ;
Crala de froumai e roumpe d'iiu
E fai la iourta couma fou,
Ché n'aiguen toui en aboundança (bis)
Santa nuech, venes alèu nen ralegrà,
Pourtas à toui la pa.x e la tranquilità .'
En tant faguen etnb'au vesin
t ua santépér lou Bambin,
Toucan lou gotou de bouon vin,
Ernb'aa vesin pér lou Bambin
Ti-ri-tin-tin ! -tinTi-ri tin !

�— 3Î —

L'Expulsion de Mgr Valperga
fEN SEPTEMBRE

1792)

Le 12 octobre 1780 h population de Nice se pressait aux
abords de la porte Pairoliëre pour y recevoir en grandes pompes
le nouvel évêque Charles-Eugène Valperga di Maglione. Ce
prélat avait couché la veille selon l'usage antique à l'abbaye de
Saint-Pons et devait faire ce jour là son entrée solennelle dans
sa ville épiscopale.
Le cérémonial imposant avec lequel on avait reçu jusqu'alors
les évêques fut encore cette fois observé. L'accueil de la population entière fut des plus chaleureux au rapport de Pierre Scaliero
qui en fut témoin (1). Le nouvel évêque, qui remplaçait Monseigneur Astésan nommé archevêque d'Oristano en Sardaigne,
appartenait à une famille de vieille noblesse dont plusieurs membres avaient exercé, à Nice, des fonctions importantes (2). Il
(1) Voir aux Archives municipales le récit détaillé que ce chroniqueur en a laissé dans ses Mémoires. Pierre Scaliero mourut en 1805.
(2) Jacques Valperga, conseiller ducal, fut lieutenant du gouverneur de Nice en 1454 ; Thoma5 Valperga fut gouverneur du château de Nice en 1565 ; Jean Valperga fut également gouverneur de
Nice en 1596 ; Jérôme Valperga fut commandeur du château de
Nice en 1600 ; Pierre Valperga, frère de Jacques Valperga, était
chevalier de Malte (Arch. municipales, registre des gouverneurs,
commandants et chevaliers de Malte) ; Anne Valperga, fille dAmédée
Valperga, épousa, le commandeur de Malte Jean-Paul Lascaris.
(Voir son testament daté de 1683, arch. des Alpes-Maritimes,
registre B, 297.) Joseph Ignace de Valperga reçut de son oncle, Emmanuel Philibert Chiotera, mie partie du fief de Couaraze dont il fut
investi le 20 février 1753. Son fils, Vincent, céda ses droits à H. Novelli. Jérôme Valperga fut sénateur à Nice de 1761 à 1765, puis
ministre plénipotentiaire de Sardaigne à Gênes en 1780 ; plus tard
il fut ministre etsecrétaire d'Etat, ce dernier était le frère de l'évêque
de Nice et fils du comte François Valperga qui vivait encore en
1795Ees armoiries des Valperga étaient fascé d'or et de gueules, à
la plante de chanvre déracinée, d'argent et brochant. Le cimier
était un bouc naissant au naturel et la devise : « Ferme-toy ».
Nous reproduisons les armoiries de Monseigneur Valperga d'après celles qui se trouvent en tête du catéchisme édité par ses ordres
et dont nous devons le dessin à l'obligeance de M. Joseph Casai
(Extrait de 1' « Armoriai Artistique et Nrbiüaire », Ni.e, 1902.
3

�- 34était directeur du collège des Provinces à Turin, lorsque le roi
de Sardaigne le désigna, pour l'évêché de Nice. Il avait été sacré à
Rome où il avait fait ses études. Monseigneur Valperga se distingua immédiatement par sa vigilance et son activité : il releva
le niveau intellectuel et moral des prêtres de son diocèse et s'attacha à mettre en toutes choses la plus grande régularité. Dix-huit
mois après son installation, il publia un nouveau catéchisme
dont le plan avait été préparé par son prédécesseur ^i). Grâce à

ses relations cordiales avec la eour de Turin, il jouissait auprès
des autorités civiles de Nice d'une grande influence. Après douze
(1) Ce catéchisme en italien fut imprimé à Nice par la Société
Typographique. C'est un petit volume in-douze de 612 pages, portant
la date de 1783. En tête se trouve le mandement de Monseigneur
Valperga du 16 février 1782 qui approuve le travail terminé par
le prêtre auquel Monseigneur Astésan en avait confié le soin, ordonne
sa publication et règle l'organisation des catéchismes dans tout le
diocèse. Deux ans plus tard en 1785, Gabriel Floteront, imprima
un autre catéchisme rédigé en dialecte niçois, petit volume in-12
de 228 pages. Un exemplaire de ces deux ouvrages existe à la biblio
thèque de Nice. — Voir Villarey, Série Cronològica dei Vescovi
di Nizza. — Art. Valperga.

�-35 années de séjour dans cette dernière ville il s'était acquis l'estime
et le respect de tous.
*

• *

Lorsque le 28 septembre 1792 dans l'après-midi, les troupes
piémontaises évacuèrent Nice, il y eut dans cette ville une effroyable panique et des milliers d'habitants s'enfuirent dans la direction de Turin. Ce fut un désarroi et une désorganisation complète de toutes les autorités. iMonseigneur Valperga resta à son
poste et s'engagea à ne point quitter la ville. Le lendemain samedi
29 septembre, il accompagna le second consul Honoré Saissi et
quelques membres du Conseil qui se rendirent, vers les onze
heures du matin, à la villa Feraudi, au quartier St Hélène, pour
offrir les clefs de la cité au général d'Anselme qui venait d'y
arriver à la tête des troupes françaises. Le général fit à la délégation assez bon accueil, mais il s'étonna de trouver parmi ses membres, l'évêque dont la place déclara-t-il n était pas là. Du reste,
d'Anselme attacha si peu d'importance à la démarche îles magistrats niçois que dans aucune de ses dépêches officielles il n'en fit
mention.
Sur le soir du même jour, la petite armée française faisait son
entrée dans la ville et le général s'installait dans la maison du
consul de France à la place St Dominique. L'évêque de Nice qui
tenait à rester au milieu de ses diocésains se présenta de nouveau
vers les huit ou neuf heures du soir chez le général auquel il voulait recommander ses prêtres en lui demandant des respecter les
églises. Le général était entouré de tout son état-major, du consul
de France, Pierre Le Seurre, de Honoré Saissi, second consul, de
Féraudi, secrétaire général de la commune. Ces deux derniers
venus probablement pour appuyer les demandes de l'évêque.
L'accueil du général ne fut pas plus encourageant que la première fois ; il intima même avec insistance au prélat l'ordre de
quitter ta ville en ajoutant que le plus tôt serait le mieux et ce
fut sur ces dernières paroles que l'évêque se retira après avoir toutefois reçu du général la promesse que tout ce qu'il laisserait dans
son palais serait placé sous la sauvegarde de la Nation française.
Il n'y avait pas à tergiverser, l'ordre était formel et pressant, il
fallait partir. L'évêque prit ses dernières dispositious et délégua,
au curé de la cathédrale, le chanoine Honoré Navello, tous les
pouvoirs nécessaires pour administrer le diocèse en son absence.
Aux premières lueurs du jour, Valperga quitta son palais, et se

�— 36 dirigea à pied vers la porte Pairolière. Il avait été impossible de
trouver une voiture car tous les moyens de transport avaient été
réquisitionnés et utilisés le 28 septembre pour permettre l'exode
des habitants terrorisés. Il avait ordre de partir, mais cet ordre
n'ayant pas été donné par écrit, les volontaires marseillais, de garde
à la porte de Turin, refusèrent de le laisser passer, l'accablèrent
d'injures, le menacèrent même de le pendre et ne consentirent á
le lâcher que sur un ordre écrit, sollicité et obtenu du général,
grâce à l'intervention courageuse et au sang-froid d'un jeune
niçois, Joseph Castellinard. Monseigneur Valperga se retira à
Turin et y mourut en 1805 sans avoir jamais pu obtenir l'autorisation de rentrer.
*

* *

Il est établi par les documents officiels contemporains que
Monseigneur Valperga ne quitta son siège que sur les ordres arbitraires du général d'Anselme et ces mêmes documents nous
renseignent très exactement sur les incidents fâcheux qui se produisirent au départ de l'évêque. Du reste, on n'ignorait pas à Nice
comment les choses s'étaient passées et la population savait grê à
Valperga de son attitude et de sa fermeté. De son côté, Valperga
avait eu confiance dans la parole à lui donnée par le général au
nom de la Nation française et à plusieurs reprises il manifesta
son étonnement qu'elle n'ait pas été gardée, que ses biens aient
été confisqués, son mobilier vendu, son nom inscrit sur la liste
des émigrés alors qu'en partant il n'avait cédé qu'à la force.
Parmi les nombreux documents qui se trouvent soit aux archives de Nice, soit aux archives nationales il en est quelques-uns
dont la simple reproduction sera plus probante que tous les corn,
mentaires. Il_suffira de citer :
•i° La lettre du Directoire des Colons Marseillais en date du
25 février 1793, adressée aux citoyens Blanqui et Veillon, députés
extraordinaires de la ville de Nice à Paris, au sujet des réclamations présentées le 23 du même mois par Jean-Jacques Donny, au
nom de Mgr Valperga.
20 La réponse du même Directoire à J.-J. Donny, en date du
26 février 1793.
3„ L'arrêté du Département en date du 13 avril 1793.
40 La réclamation présentée au Directoire du département

�Valperga, aussitôt après son inscription sur la liste des émigrés de
la ville de Nice, dressée à la fin de juin 1793.
50 Les états de frais pour l'inventaire et la vente du mobilier
et effets de « l'émigré Valperga Maillone, citoyen évêque » approuvés par le département des Alpes-Maritimes, le 5 germinal an
III (25 mars 1795).
6° Les actes de notoriété dressés le Ier et 2me fructidor an III
(18 et 19 août 1795) par Gautier, juge de paix à Nice, à la requête de Pierre-Joseph Passeron, agissant en qualité de procureur
subrogé par Nicolas Giorni, procureur spécial et général de Mgr
Valperga, par acte de procuration reçu à Turin le 20 juillet 1795,
notaire Pierre-Joseph Bernochio.
70 La pétition adressée au district de Nice le 4 fructidor an III
(21 août 1795) par Pierre-Joseph Passeron, demandant la radiation du nom de Valperga sur la liste des émigrés.
8° L'avis du district de Nice en date du 5 vendémiaire an IV
(27 septembre 1795) déclarant que Mgr Valperga doit être rayé
de la liste des émigrés.
90 L'arrêté du département des Alpes-Maritimes, en date du
14 prairial an V (2 juin 1797) ordonnant la radiation provisoire
du nom de Valperga de la liste des émigrés.
io° L'acte de cautionnement dressé par le département le
11 fructidor an V (28 août 1797), à la requête de Pierre-Joseph
Passeron, procureur de Mgr Valperga en exécution d'une des
clauses de l'arrêté du 14 prairial an V (2 juin 1797).

�- 38 —

DOCUMENTS ET PIÈCES D'ARCHIVES

Pièce 1.

25 février 1793
Aux cit. Blanqui et Veillon
Une lettre du cit. Donny, associé du citoyen LeClerc, défunt président de l'ancienne administration
provisoire, dont vous avez ci-inclus l'extrait ( 1 ), nous
fait connaître que le cit. Valperga, évêque de Nice,
laissa avant son départ (ordonné à son retour par
Anselme) dans sa maison pour environ 34.000 livres,
argent monnayé, et environ pour 17.000 d'effets en
vaisselle, linge, batterie de cuisine etc.
Une portion de ces effets se trouvent encore dans
ladite maison, sous l'inventaire que nous en avons
fait dresser par les commissaires de l'une et l'autre
administration, lorsque nous avons été installés, mais
il s'en faut de beaucoup qu'elle puisse arriver à la
somme de 17.000 livres, pas même le tiers.
Quant à l'argent monnayé entré dans la caisse du
receveur de l'ancienne administration, nous n'y
voyons point la somme que ledit Evêque désigne
avoir laissé dans sa maison. Nous vous remettons cijoint un extrait de l'état des sommes' que le cit.
Bonnet a reçu en espèces, pendant toute sa gestion
de receveur et trouvées parmi les effets des émigrés
français et niçois.
Nous ne voulons rien préjuger sur l'assertion du
cit. Valperga, quoique nous ayons des indices frappants de vérité. Ce ne sera que lorsque nous aurons
pu les convertir en preuves par le témoignage de
quelques citoyens que nous nous procurerons, pour
pouvoir en demander la restitution et la poursuite
contre le pillage.
En attendant, noùs croyons devoir vous faire part
de cette découverte que nous allons communiquer au
Président de la Convention Nationale et au Ministre.
Arch. des A. M. Registre de la correspondance du
Directoire des Colons marseillais L. 5.
Cet extrait manque au registre ainsi que les autres pièces
énoncées dans celte lettre.

�-hLe 2érae février 1793.
Au citoyen Donny, négociant à Nice
Pièce 2.

Votre lettre du 23me de ce mois, citoyen, nous
demande des renseignements sur le temporel du
citoyen Valperga, Evêque de Nice. Nous allons vous
transmettre tous ceux qui sont à notre connaissance
L'administration provisoire en choisissant l'Evêché
pour le lieu de ses séances, vint s'y établir dans les
premiers jours d'octobre, et tout nous porte à croire
qu'elle ne fit aucun inventaire des effets qui s'y trouvaient, du moins nous n'en avons trouvé aucun dans
les papiers qu'elle nous a remis.
En succédant à cette administration provisoire,
uous avons cru que notre premier devoir était de faire
un inventaire de tout le mobilier renfermé dans la maison épiscopale. Nous y avons successivement procédé
en présence des administrateurs provisoires et à mesure qu'ils nous en remettaient les clefs. Tout le mobilier qui s'y trouvait, ne consistait guère qu'en
meubles meublants et ne nous paraît pas avoir la
valeur de 17 mille livres que l'Evêque lui donne.
Vous pourrez, si vous le jugez à propos, faire prendre
à notre secrétariat une copie de cet inventaire. Tout
ce. qui n'est point renfermé dans les appartements
que nous occupons au premier étage, a été laissé à la
garde de Jean Poma, ancien concierge de l'Evêque et
le nôtre.
Pour nous éclairer sur les 34.000 1. argent monnayé que l'Evêque doit avoir laissé en sa maison,
nous avons écrit au cit. Bonnet, receveur de l'administration provisoire, pour lui demander un état des
sommes en numéraires versées dans sa caisse, comme
ayant été saisies et trouvées parmi les effets des Emigrés français et niçois. L'état qu'il nous a remis ne
monte qu'à 74121. 16 s, et aucun article n'a du rapport
avec les réclamations du citoyen Valperga.
Quant à ce qui concerne personnellement le
citoyen, nous avons demandé au Ministre de l'Intérieur de vouloir bien nous dire la manière dont nous
devions l'envisager. Nous savons qu'un ordre arbi-

�— 40 —
traire de Danselme l'obligea de quitter Nice, le jour
de l'entrée des Français. Mais nous pensons aussi que
la proclamation des Commissaires de la Convention
nationale de France et le décret de celle de Nice,
concernant les Emigrés, étaient des motifs suffisants
pour le ramener à son poste et le rassurer sur les
suites de son retour. En persistant à prolonger son
absence, il s'expose à être traité comme émigré, à se
voir déclarer déchu de sa place et confisquer tous ses
biens. Telle est la disposition de la loi, et quoique
nous ayons consulté le ministre sur le cas particulier
de l'Evêque, nous prévoyons que sa réponse sera de
nous en tenir à la rigueur des lois, ainsi que plusieurs
instructions nous l'ont déjà annoncé.
Vous sentez, citoyens, que tout le mobilier de
l'Evêque doit rester séquestré jusqu'à son retour ou à
la décision du Ministre. Il peut être tranquille sur la
conservation de tout ce que nous avons trouvé en
entrant dans sa maison. Ce qui a pu en être enlevé
avant notre entrée en fonctions, est étranger à notre
gestion. Mais nous employerons tous les moyens qui
sont en notre pouvoir pour en trouver les traces, en
acquérir les preuves et en faire punir les coupables.
Les administrateurs, etc.
Archives des A.-M., Registre
suivants.

,L. 5,/°7i verso et

Lettre des commissaires de la Convention
Nationale et arrêté du Département des A. M.
Nice, le 9 Avril 1793, l'an 1 Ie de la Repu bublique Française.
« Vous voudrez bien, citoyens, en nous envoyant
les noms et prénoms de l'évêque de Nice, nous instruire officiellement d'après les "dispositions des lois,
s'il est censé démissionnaire et son siège vacant.
« Les Commissaires de la Convention Nationale
au département des A. M.
GRÉGOIRE, JAGOT (I)

(1)

Archives des A. M. L. 29 ancien. L

7

actuel.

�— 4i (i3 avril 1793)
Le Directoire ; vu la réquisition du citoyen Procureur Général sindic « Considérant que Charles Eugène Valperga, évêque de Nice, n'avait point quitté
son domicile lors de l'entrée des troupes de la République ; considérant qu'il a lui méme-accompagné les
consuls d'alors quand ils furent présenter les clefs
de la ville et inviter le général Anselme à venir en
prendre possession au nom de la République ; considérant que le général Anselme par ses ordres arbitraires et tiranniques, accompagnés même de menaces contre ses jours, l'ont forcé de s'éloigner ; arrête
qu'il ne peut le déclarer émigré, et qu'il sera répondu
aux Commissaires de la Convention nationale d'après
les principes ci-dessus.. »
Sign : PAUMÉ ; BARLI FABRI ; F. CASTKLIMARD ;
ANGLES ; BERNARDI, secrétaire général. (1)
pjj

ce

^

Aux citoyens composant le Directoire du
département des Alpes-Maritimes..
22 juillet 1793.
Citoyens,
Le citoyen Jean-Jacques Donny, soussigné, chargé
des intérêts du citoyen Valperga, évêque de Nice
absent, ayant été informé que par votre délibération
du 29 du mois passé, ledit citoyen Valperga avait été
déclaré émigré, vous représente avec tous les égards

(1) Archives des Alpes-Maritimes, Registre L,. 3, folio 101. L'Arrêté n'est pas signé par le procureur syndic Jean-François Tourre
ni par l'administrateur Jean-L,ouis de Villiers qui ne partageaient
point l'opinion de leurs collègues. A noter que Tourre était d'Antibes
et que de Viliers était un médecin français établi depuis longtemps
à Nice.
I/Arrêté fut pris malgré le réquisitoire de Tourre qui voulait
déclarer Monseigneur Valperga émigré et malgré un violent discours de Villiers soutenant la même thèse qui fut combattue par
Barli Fabri, par Castclinard et par Anglès. J'ai déjà publié in-extenso
cette délibération du 13 avril T793 au cours d'un article sur l'église
de Nice en 1792-1793 inséré dans Nice Historique du Ier avril 1903,
C'est pourquoi je reproduis ici simplement la lettre des
commissaires et l'arrêté du département.

�- 42 —
dûs au pouvoir dont l'exercice vous a été confié par
le peuple souverain que le citoyen Valperga ne peut
ni ne doit sous aucun rapport être considéré comme
émigré, par les motifs ci-après :
i° Qu'il est de notoriété publique qu'il n'a quitté
le pays que contre son gré et par ordre du général
Anselme :
2° Qu'il a constamment été disposé et a offert
de revenir dans son diocèse, moyennant qu'il ne fut
assujetti à prêter qu'un serment relatif au temporel et
non au spirituel.
3° Qu'enfin et par la raison que n'étant point
indigène, mais étranger, son séjour ici n'a été dé terminé que par sa nomination à l'épiscopat, événement casuel qui n'a jamais pu le soumettre à l'obligation de renoncer pour toujours à sa mère-patrie.
Tous ces motifs, soit qu'on les prenne collectivement ou séparément, démontrent suffisamment,
citoyens administrateurs, le droit incontestable, qu'a
le citoyen Valperga de demander et prétendre la
radiation de son nom du tableau des émigrés, et si
le ministre de l'Intérieur n'a fait aucune distinction
entre lui et les autres citoyens, c'est sans doute qu'il
a ignoré les circonstances qui vous sont exposées
ci-dessus, et notamment la dernière, car s'il les eût
toutes connues, il n'est nullement probable qu'il eût
décidé comme il l'a fait. Toute hypothèse contraire
serait une injure faite à ses sentiments et à ses lumières. Un homme tel que lui, dont les vertus civiques, le patriotisme et les talents l'ont appelé au
poste aussi honorable que pénible qu'il occupe, doit
ressembler autant que possible à la Nation pour
laquelle il agit et qui l'a honoré de sa confiance.
Cette nation est grande, généreuse, magnanime,
juste et bienfaisante.Elle ne peut qu'êtreextrêmement
jalouse de sa gloire, et l'un des principaux devoirs de
ses agents est d'éviter soigneusement d'en ternir
l'éclat.
Le refus qui serait fait de rayer de la liste des
Emigrés le nom du citoyen Valperga, refus qui entraînerait avec lui la confiscation des minces propriétés de ce citoyen, serait un acte qui imprimerait à

�-

43

-

jamais une tache ineffaçable à la gloire du nom français ; tache qui ne pourra manquer de frapper également les yeux des contemporains et ceux de la postérité ; tache enfin que les historiens ne manqueront
pas de faire ressortir par des couleurs enluminées, et
le bel effet qu'un pareil tableau produirait, citoyens
administrateurs, serait votre ouvrage.
Mais non, loin de nous, cette idée ! Vous êtes
républicains ! cela suffit. Les républicains sont vertueux. Ils aiment, chérissent, protègent, respectent
la vertu partout où elle se trouve. Et le citoyen Valperga aussi est un homme vertueux ! Qui en doute ?
Nul bon citoyen, nul honnête homme. Souvenezvous, citoyens administrateurs, que ce n'est que par
ses vertus qu'il a mérité l'amour et l'affection du
peuple Niçois et non par sa qualité d'évêque. Et plût
à Dieu que tous les ecclésiastiques lui eussent ressemblé ! La France n'eut point éprouvé d'aussi horribles secousses, pour asseoir, affermir et assurer sa
liberté.
La République a incontestablement le droit de
renvoyer hors de son sein tout individu qui ne lui
convient pas, mais en renvoyant ainsi un étranger
qui, d'ailleurs, n'a pas encouru la peine de la confiscation de ses biens, elle lui permet de les emporter ou
de les vendre et d'en emporter le produit. Tel est
précisément le cas du citoyen Valperga.
L'exposant demande en conséquence, citoyens
administrateurs, qu'il vous plaise prendre dans votre
sagesse une délibération tendante à rendre audit
citoyen Valperga sa qualité de citoyen français non
émigré, à lui accorder un délai compétent pour rentrer dans ce pays soit comme simple citoyen ou
comme fonctionnaire public et à lui assurer dans
tous les cas la restitution de ses propriétés par lui
laissées sous la sauvegarde de la loyauté française
dans la maison épiscopale, lors de sa retraite forcée,
ou la juste indemnité de leur valeur. Et sera justice.
Nice, le 22 juillet 1793, l'an second de la République française, une et indivisible.
Jean-Jacques DONNY.
l
ARCHIVES NATIONALESF/ 4.867 , dossier Valperga.

�- 44 Pièce 5.

Etat de frais de vente pour parvenir à l'inventaire
et vente des effets de l'émigré Valperga Maillone,
citoyen évêque :
5 germinal an III (25 mars 1795)
Pour une séance de trois commissaires dont un du
District et deux de la Commission municipale, fixée
à trois livres par séance par le Directoire du district
et approuvé par les Représentants du
Peuple
L.
9 »
Papier timbré tant de la minute que
des deux extraits
»12
Pour la copie desdits deux extraits . .
» 8
Droits d'enregistrement
13 10
31

2

Nous soussignés certifions le compte ci dessus véritable.
Signés : J.-B. Thomaty, comm. du dist. ; Savigny,
comm. munie. ; Mabil, comm. municip.
Frais de la vente :
Pour quatre séances de deux corn missaires dont un
du District, un de la Commis, mun. sans le membre
de l'administration fixées à trois livres par séance par
le Directoire du district et approuvé par les Représentants du Peuple .
L.
24 »
Au trompette pour publication de
quatre criées
5 »
Au crieur à la vente, quatre séances .
12 »
Aux portefaix qui ont travaillé au
transport des effets
40 »
Papier timbré tant de la minute que
de l'extrait
1 »
Bougie
3 »
Droits d'enregistrement
27 »
Papier timbré du petit état
» 4
A la femme qui a assisté à la vente
pour l'arrangement du linge
» 12
L.
Signés : J.-B. Thomaty, comm. du
district ; Savigny, comm. municip.

1

159 6

�Vu par nous, membres composant la Commission
Administrative du district et d'après l'arrêté du district, approuvé par les Représentants du Peuple et la
loi du il et 12 Mars, arrête l'état des frais ci-dessus
se montant à la somme de cent cinquante neuf livres
trente centimes, qui seront acquittés par le receveur
du droit d'Enregistrement lorsque le Département
aura vérifié ledit état.
Nice, le 29 ventôse an 3"" de la République française une et indivisible (19 mars 1795).
(Suivent les signatures).
Vu l'état des frais ci-dessus pour parvenir à l'inventaire et vente du mobilier de l'émigré Valperga
Maillone ci-devant évêque.
Vérifié et arrêté par le Directoire du district de
Nice, la Commission Administrative du département
des Alpes-Maritimes approuve ledit état et ordonne
au citoyen Maussier, receveur de l'enregistrement
cîudit district de payer aux citoyens J. B. Thomaty
et Savigny, comm. la somme de 159 livres et 30
centimes pour montant des frais pour inventaire et
vente des susdits effets de l'émigré, laquelle somme
lui sera allouée en compte.
Fait à Nice le 5 germinal an 3me républicain ( 25
mars 1795).
Etat des frais pour parvenir d la vente du mobilier de
l'émigré Charles Eugène Valperga Maillone, citoyen
évêque.
Pour trente-neuf séances de trois commissaires
dont un du District et deux de la Commission municipale, fixé à trois livres par séance par le Directoire
du district et approuvé par les Représentants du
peuple
L.
351 »
A deux portefaix, dix-neuf journées et
demi chaque fixées à cinq livres par jour.
195 »
Au trompette pour publication de
trente-neuf criées fixées à une livre cinq
sols chaque
48 r 5
Au crieur à la vente, trente-neuf séan
ces fixées á trois-livres par séance ....
117 »

711 1$

�- 4* Report
Papier timbré tant de la minute que
de l'expédition
Pour copie dudit extrait fixé à quatre
livres
Papier timbré du présent état ....
Bougie
Droit d'enregistrement
Plus deux autres journées de portefaix à cinq livres
Un paquet de plume
L.

148
4
6
421

»
4
»
»

20
5

»
»

1.182

7

Nous soussignés certifions le compte ci-dessus,
véritable.
Nice, le Ier ventôse an 3me de la République (19
février 1795).
Signés : J.-B. Thomaty, commissaire du district ;
Savigny, comm. ; Honoré Mabil, comm. municipal.
Vu par nous, membres composant la Commission Administrative, de ce District, et d'après la loi
du 11 et 12 Mars 1793 (v. s.) et l'arrêté de cette
Commission approuvé par les Représentants en date
1^ Fructidor, oui l'agent national, arrête l'état des
frais se montant à onze cent huitante deux livres et
trente cinq centimes qui seront acquittés par le
receveur de l'agence de l'enregistrement sur le produit de la vente desdits meubles, lorsque le Département aura vérifié ledit état.
Nice le 29 ventôse an 3me de la République
française une et indivisible (19 mars 1795).
(Suivent les signatures).
Vu l'état des frais ci-dessus pour parvenir à la
vente du mobilier de l'Emigré Valperga Maillone cydevant évêque.
Vérifié et arrêté par le Directoire du district de
Nice.
La Commission administrative du département
des Alpes-Maritimes, approuve ledit état et ordonne

�— if au citoyen Maussier, receveur de Penregistrement
dudit district de payer aux citoyens J.-B. Thomati,
Savigni et Honoré Mabil, commissaires, la somme de
mille cent quatre vingt deux livres trente cinq centimes pour montant des frais de la vente des susdits
effets de l'Emigré. Laquelle somme lui sera allouée
en compte.
Fait â Nice le 5 germinal an 3me républicain (25
mars 1795).
Arch. des A. M. L. 15 ancien p. 44-45 N° 34-35

Actes de Notoriété
Pièçe g

1-2-fructidor an III
18-19 août 1795
EGALITÉ, LIBERTÉ

AU NOM DE LA LOI
Ce jourd'hui, premier Fructidor, l'an troisième
(18 août 1795 de la République française, une et indivisible, à Nice, chef-lieu du département des AlpesMaritimes, par devant Nous, Antoine Gautier Juge de
paix de la Ier, 2m" et 3me section et officier de police,
est comparu le citoyen Pierre Joseph Passeron, natit
tic la commune de Contes et habitant en celle de Nice
depuis plusieurs années.
Lequel en sa qualité de procureur du citoyen
Charles Eugène Valperga de Maillone, évêque de Nice,
subrogé par le citoyen Nicolo Giorni, homme de loi,
procureur spécial et général établi (par acte reçu) par
le notaire Pierre Joseph de Bernochio, le 20 Juillet
dernier (v. s.) qu'il présente, légalisé par le résidant
de la République de Gênes auprès de la Cour de Turin, dont il résulte le pouvoir donné au citoyen Giorni, de subroger en son lieu et place, avec tous les
pouvoirs compris au dit acte, et il présente au surplus l'acte de sa dite subrogation faite par le même
citoyen Giorni, reçu en la ville de Gênes le premier

�- 48 du mois d'août dernier (v. s.) par le notaire Antoine
Baglietto, légalisée par le consul de la République
française.
Il expose que le vingt neuvième jour de septembre
de l'année 1792, l'armée de la République, étant arrivée en cette ville, commandée en chef par le citoyen
général d'Anselme, lorsque ce général, vers le soir,
fut arrivé et il eut pris son logement dans la maison
habitée par le ci-devant consul de la République Le
Seurre, ledit citoyen Evêque Charles Eugène Valperga de Maillone s'y étant présenté, ledit général d'Anselme, en présence de tout son Etat-Major, lui signifia
d'abord de devoir partir de cette ville. Sur quoi le
dit évêque ayant répondu qu'il avait cru de pouvoir
continuer sa résidence en cette ville et tellement l'avait cru, qu'il n'avait jamais pensé de distraire et en
faire partir le moindre de ses meubles et effets, qu'il
avait dans la maison d'habitation de l'tvêque et que
si absolument il lui ordonnait de partir, il le priait de
lui accorder la sauvegarde sur tous lesdits effets et
meubles. Le dit général d'Anselme lui répliqua qu'il
dut absolument partir de cette ville, en ajoutant que
le plus tôt en serait le mieux, et qu'à l'égard de ses
meubles et effets qu'il avait, il les mettait dès ce ino
ment sous la sauvegarde et loyauté de la Nation française et qu'il pouvait en être tranquille, après quoi ledit
évêque Valperga de Maillone, tout tremblant, ayant
dit qu'il allait se conformer dès le lendemain au matin à ses ordres, se retira ; ledit général d'Anselme
lui ayant encore répliqué : le plus tôt sera le mieux.
Et comme il importe audit citoyen évêque Valperga de Maillone de constater le fait ci-dessus expo"sé, suivi en présence de tout l'Etat-Major dudit général d'Anselme et de plusieurs citoyens de cette commune, l'exposant, en sa dite qualité vous présente les
citoyens Pierre Le Seurre, ci-dessus nommé, ci-devant
consul en cette ville de la République, le citoyen Honoré Saissi de cette commune qui pour lors était second consul de la même commune, le citoyen Philippe Emmanuel Féraudi qui pour lors était secrétaire de
Ìa même commune et le citoyen Ange Giraudi aussi

�- 49 de cette commune, pour recevoir leurs dépositions
sur ledit exposé et vous fait instance que de tout lui
soit concédé acte, ce que nous lui avons accordé, et a
signé.
PIERRE JOSEPH PASSERON.

Et de suite se sont présenté les susnommés
citoyen Le Seurre, natif de Craon, âgé de 75
ans, bourgeois, le citoyen Saissi, âgé de 70 ans,
négociant, Emmanuel Feraudi, âgé de 68 ans, notaire, Ange Giraudi, âgé de 63 ans, négociant,
natifs et domiciliés dans cette commune, auxquels
après avoir fait lecture dudit exposé fait par ledit citoyen Pierre Joseph Passeron, en sa dite qualité, les
avons interpellés sur serment que leur avons fait prêter, conformément à la loi, de nous dire en leur âme
et conscience si tous les faits énoncés dans le même
exposé sont de leur connaissance et tous les quatre ont
répondu et attesté tant uniment que séparément en
être pleinement informés, s'y étant trouvés présents,
et que le tout contient la vérité, toute la vérité et
rien que la vérité. En foi de quoi ils ont signé :
LE SEURRE, HOSORI'J
SAISSI, PHILIPPE EMMANUEL FÉRAUDI,
ANGE

GIRAUDI.

Et nous, juge de paix, vu les dépositions ci-dessus, avons de tout concédé acte au susnommé citoyen
Pierre Joseph Passeron en sa dite qualité, pour lui
servir et valoir dans tous les cas, à ce que de droit et
de raison. Fait à Nice, l'an et le jour que dessus.
GAUTIER, juge de paix.
BONIFACI, sec. greffier.
Vu par nous, membres du District de Nice, 3 vendémiaire an IV rép. 25 sep. 1795, TOSELLI, JN COPPON
fils, VÉRANI pr. syndic, SAYTOUR Martin.

�— 5o —
EGALITÉ, LIBERTÉ.

AU NOM DE LA LOI
Ce jourd'hui. second jour de Fructidor de l'an 3
août 1795) de la République française une et indivisible, à Nice, chef-lieu du département des AlpesMaritimes, par devant nous, Antoine Gautier, juge de
paix de la iere, 2M* et 3ME section et officier de police,
est comparu le citoyen Pierre Joseph Passeron : natif
de la commune de Contes et habitant en celle de Nice
depuis plusieurs années
Lequel en sa qualité de procureur du citoyen
Charles Eugène Valperga de Maillone, évêque de
Nice, subrogé par le citoyen Nicolo Giorni, homme
de loi, procureur spécial et général établi (par acte
reçu) par le notaire Pierre Joseph de Bernochio, le 20
Juillet dernier (v. s.) qu'il présente, légalisé par le résidant de la République de Gênes auprès de la Cour de
Turin, dont il résulte le pouvoir donné au citoyen
Giorni, de subroger en son lieu et place, avec tous les
pouvoirs compris audit acte, et il présente au surplus
l'acte de sa dite subrogation faite par le même citoyen
Giorni, reçu en la ville de Gênes le premier du mois
d'août dernier (v. s.) par le notaire Antoine Baglietto,
légalisée par le consul de la République française.
Expose : Primo, que le matin du trente septembre 1792, le citoyen Charles Eugène Valperga de
Maillone, évêque de Nice, en partant de cette ville
avec deux domestiques à sa suite, qui portaient un
paquet et quelques effets, fut arrêté à la porte qui conduit en Piémont, ci-devant nommée porte Victoire,
et conduit au vestibule de la maison presque attenante
à ladite porte, appartenant au citoyen Dominique
Castellinard, où se trouva le citoyen Joseph Castellinard, fils dudit Dominique, et malgré que ledit Evêque Valperga déclara aux soldats de la Garde de la
dite porte qui étaient des Marseillais, que c'était en
conséquence d'ordre qui lui avait été signifié par le
citoyen général d'Anselme qu'il partait de cette ville,
lesdits soldats commencèrent par le malmener et lui
(19

�signifier qu'ils voulaient le pendre et ayant ouvert
ledit paquet et y ayant trouvé entre autres effets, une
ceinture d'évêque, ils déterminèrent, à l'instant, de le
pendre avec ladite ceinture, et ayant essayé si la même
était assez forte pour le soutenir, en la préparant, elle
se fit en lambeaux, de façon qu'ils vérifièrent qu'elle
ne pouvait leur servir et demandèrent audit Joseph
Castellinard fils une corde, pour pendre ledit évêque,
à un grand anneau de fer qui était au plafond dudit
vestibule, servant â y passer une verge de fer pour
peser les marchandises, et ledit citoyen Castellinard
fils, leur ayant absolument refusé de leur donner de la
corde, en s'excusant qu'il n'en avait point, comme
dans tous ces entrefaits ledit évêque se trouve mal et
ne peut plus se soutenir, ledit Castellinard fils lui fit
apporter une chaise, par sa servante à qui quelques
uns de ces soldats donnèrent des coups de poing pour
avoir porté ladite chaise et le même Castellinard le
fit ensuite asseoir sur ladite chaise, en le soutenant,
parce qu'il ne pouvait se soutenir droit ; d'autant plus
qu'en attendant, lesdits soldats marseillais lui disaient mille exécrations, lui crachaient dessus et lui
donnaient des soufflets, et assurément ils l'auraient
fini, si dans cet intervalle un de ses domestiques
n'avait été dire au citoyen général d'Anselme ce qui
venait d'arriver, et ledit domestique étant venu avec
un billet dudit général d'Anselme qui ordonnait à la
garde de le laisser partir, puisque c'était de son ordre,
en conséquence de ce billet lesdits soldats marseillais
se bornèrent pour lors à lui dire et crier mille invectives et injures et le laissèrent partir, ce que ledit
évêque, malgré qu'il ne pût se remuer, à l'aide de ses
domestiques fit au mieux possible en tremblant, de
façon qu'il doit son existence au refus ferme et déterminé que ledit citoyen Castellinard fils leur fit de
leur donner une corde, sans quoi avant l'arrivée du
dit domestique portant l'Ordre du général d'Anselme, il aurait été pendu et étranglé.
Secondoque lefaitci-dessusfut d'abord public et notoire, de notoriété publique dans cette ville et encore
plui le lendemain premier octobre, puisque les autres

»

�— 52 —

soldats de la Phalange Marseillaise, arrivés sur le soir
dudit jour trente septembre, d'abord après leur arrivée
cherchèrent l'évêque qu'ils voulaient le lanterner et
mettre en pièces, comme ils s'expliquèrent hautement,
ce qui joint au fait arrivé dans ledit vestibule de la
maison Castellinard, étant devenu d'une notoriété publique donna l'épouvante à tous les gens honnêtes du
pays, qui disaient que le citoyen général d'Anselme en
ordonnant audit évêque de partir, en mettant sous la
sauvegarde de la Nation française ses meubles et ses
effets, avait voulu le sauver.
Et comme il importe audit citoyen Passeron, exposant en sa dite qualité, de constater par témoins le
fait ci-dessus exposé, il nous présente ledit citoyen
Joseph Castellinard fils de Dominique de cette commune, âgé de 21 ans, de profession, négociant, qui se
trouva présent au fait énoncé dans le Ier article de l'exposé ci-dessus, et au surplus informé de la notoriété
des faits énoncés au second et dernier chef, de ladite
exposition et il nous présente les citoyens Jean-Jacques Donny, natif de Neufchâtel en Suisse, âgé de 39
ans, de profession, négociant ; Joseph Poullan, natif
de Clavesana, en Piémont, âge de 48 ans, négociant ;
Jacques Gerbin, âgé de 60 ans, tailleur, Jean-Marie
Thaon, âgé de 56 ans, négociant, natifs et tous domiciliés en cette commune pour déposer sur ladite
notoriété énoncée dans ledit second fait exposé, pour
recevoir leurs dépositions, et nous fait instance que de
tout lui soit concédé acte, ce que nous lui avons accordé et a signé.
Pierre-Joseph PASSERON .
Et de suite se sont présentés les susnommés citoyens Joseph Castellinard, Jean-Jacques Donny, Joseph Poullan, Jacques Gerbin, et Jean-Marie Thaon,
ci-dessus qualifiés, auxquels après avoir fait lecture
dudit exposé fait par ledit citoyen Passeron, en sa
dite quálité, les avons interpellés sur serment, que
leur avons fait prêter, conformément à la loi, de nous
dire en leur âme et conscience, si tous les faits énoncés dans le même exposé sont de leur connaissance,

�- 53 et ledit citoyen Joseph Castellinard a répondu et
attesté en être pleinement informé pour avoir été
présent au fait exposé dans le i" article de ladite exposition, et pour avoir publiquement entendu dire les
faits énoncés dans le second chef qui était en cette
ville notoire de notoriété publique et lesdits citoyens
Jean-Jacques Donny, Joseph Poullan, Jacques Gerbin,
Jean-Marie Thaon, ont répondu et attesté tant uniment que séparément être pleinement informés de
l'énoncé dans le second chef de ladite exposition,
puisque les faits y énoncés étaient notoires, de notoriété publique en cette ville, et tous lesdits citoyens
ont respectivement attesté pour ce qui les concerne
que tout contient la vérité, toute la vérité et rien que
la vérité. En foi de quoi ils ont signé : Joseph Castellinard fils,Jean-Jacques Donny, Joseph Poullan, Jacques
Gerbin, Jean-Marie Thaon.
Et nous, Juge de paix, vu les dépositions ci-dessus,
avons de tout concédé acte au susnommé Pierre Joseph Passeron en sa dite qualité pour lui servir et valoir dans tous les cas, à ce que de droit et de raison.
Fait à Nice l'an et jour que dessus.
GAUTIER,
BONIFACI,

juge de paix.
sec. gref.

Vu par nous, membres Du district de Nice, le 3
vendémiaire anIV rep. (25 sept. 1795).
Jn. COPPON fils, VÉRANi, pr. syndic, TOSELLI, Saytour
MARTIN.

Arch. Nat. F

7

4867 *

�54 -

PÉTITION au DISTRICT de NICE
et AVIS de ce DISTRICT
ÉGALITÉ,

LIBERTÉ

5 vendémiaire
27 septembre 1795 an IV
AUX

CITOYENS ADMINISTRATEURS
DU DISTRICT DE NICE

Le citoyen Pierre Joseph Passeron, natif de la
commune de Contes, habitant en celle de Nice depuis plusieurs années.
Vous expose en qualité de procureur du citoyen
Charles-Eugène Valperga de Maillone, évêque de
Nice, subrogé par le citoyen Nicolo Giorni, homme
de loi, son procureur spécial et général fondé par acte
reçu dans la ville de Turin par le notaire PierreJoseph de Bernochio, le 20 juillet dernier (v. s) légalisée par le résident de la République de Gênes, près
la Cour de Turin, duquel il résulte le pouvoir donné
audit citoyen Giorni de subroger en son lieu et place
avec tous les pouvoirs compris dans le même acte,
qui se trouve copié mot pour mot dans celui de la
subrogation faite par le même citoyen Giorni, reçu
en la ville de Gênes le Ier du mois d'août dernier
(v. s* par le notaire Antoine Baglietto, légalisée par
le consul de la République française, le 13 Thermidor dernier (3 1 Juillet 1795), qu'il vous exhibe qu'étant arrivé dans cette ville le vingt-neuvième jour
du mois de septembre de l'année 1792, l'armée de la
République française, commandée par le citoyen général en chef d'Anselme lorsque celui-ci y fut arrivé
le soir et eut pris son logement dans la maison d'habitation du citoyen ci-devant consul de la République
Le Seurre, ledit évêque Charles-Eugène Valperga de
Maillone, s'étant présenté, le même général d'Anselme
lui signifia d'abord en présence de son Etat-Major de
partir de cette ville, sur quoi ledit évêque lui répondit qu'il avait cru pouvoir continuer sa demeure dans
cette ville et qu'à cet effet il n'avait jamais pensé de

Pièces 7 et 8

�- 55 distraire, ni faire partir le moindre de ses meubles et
effets qu'il avait dans la maison d'habitation de
l'évêque, que si absolument il lui ordonnait de partir,
il le priait de lui accorder la sauvegarde pour tous ses
dits effets et meubles, ledit général d'Anselme lui
répliqua : Le plus tôt sera le mieux, ce qui tout est
constaté par les attestations ci-jointes du premier et
second jour de fructidor dernier qu'il vous présente
également.
Qu'il résulte aussi par lesdites attestations, que
ledit évêque Valperga de Maillone fut forcé par ledit
général d'Anselme de partir de cette ville que tous
ses meubles et effets fussent mis sous la sauvegarde de
la Nation française et qu'étant parti le lendemain 30
dit septembre, il risqu'à d'être pendu ef étranglé paties soldats de la Phalange Marseillaise qui se trouvaient de garde à la porte ci-devant dite Victoire, ce
que tout fut d'abord notoire et de notoriété publique
dans cette ville.
Vous observe que ledit évêque Valperga est natif
du Piémont où il se retira et que s'il a résidé dans
cette ville, ce n'a été que pour raison de son ministère, que tout cela nonobstant il a été porté sur la liste
des émigrés, a été vendu la plus grande partie de ses
meubles et effets, et cela même nonobstant la préalable réclamation que le citoyen Jean-Jacques Donni,
chargé des intérêts dudit évêque avait fait à l'ancien
département par sa pétition du 22 juillet 1793 (v. s)
qui existe dans les Archives de ce district, résultant
ainsi que tout cela a été fait et opéré contre le droit des
gens et la sauvegarde de la loyauté française qui fut
promis audit évêque.
En conséquence, l'exposant demande en sa dite
qualité de procureur dudit citoyen évêque CharlesEugène Valperga de Maillone la radiation de son
nom de la liste des émigrés, la levée des scellés, la
restitution de ses propriétés et l'indemnité de celles
qui ont été distraites et vendues au nom de la Nation,
et sera justice.
(21 août 1795).

�- 56 Nice le 4me jour de Fructidor de l'an 3me de la
République française une et indivisible.
Signé : Pierre-Joseph PASSERON.
Vu la pétition ci-dessus du citoyen Pierre-Joseph
Passeron présentée au nom et comme procureur subs
titué du ci-devant évêque de Nice, Charles-Eugène
Valperga tendante à obtenir la radiation de son nom
de la liste des émigrés, la levée du séquestre et remission de ses effets restant ainsi que l'indemnité de
ceux qui ont été distraits ou vendus.
Vu une première pétition présentée à l'ancienne
administration du département par le citoyen JeanJacques Donni, au nom du citoyen Valperga en date
du 22 juillet 1793 tendante aux mêmes fins.
Vu la procuration en date du premier août 1793
(V. s.) faite à Gênes, par devant le notaire public Antoine Baglietti, légalisée par le Consul de la République française y résidant, ainsi que l'acte de procuration y inséré, en date du 20 Juillet 1795.
Vu l'attestation de quatre témoins faite avec serment par devant le juge de paix de la 1", 2"", 3me section de cette commune, en date du 1" Fructidor dernier '18 août 1795).
Vu autre attestation de cinq témoins faite par
devant le susdit Juge de paix, le 2 dit fructidor, aussi
sous serment.
Considérant que par la première des 2 attestations il est pleinement prouvé que le vingt-neuvième
septembre 1792, aussitôt après l'entrée de l'armée
française dans cette commune, le sus-nommé évêque
Valperga s'étant présenté au général d'Anselme qui
la commandait en chef, celui- ci lui ordonna d'abord
en présence desdits témoins et de tout l'Etat-Major.
u'il n'avait qu'à partir de la ville, et malgré que le
it évêque lui observa qu'il avait cru de pouvoir y
rester tranquillement et qu'à cet effet il n'avait fait
partir aucun de ses effets et meubles, le général lui
répliqua de partir absolument de la ville, en ajoutant
que le plus tôt serait le mieux, l'ayant assuré qu'à

a

�-5;l'égard de ses meubles et effets de sa maison, il les
mettait dès ce moment sous la sauvegarde et loyauté
de la Nation française et qu'il pouvait en être tranquille.
Considérant qu'il résulte par lesdites attestations,
et il est prouvé que l'évêque Valperga, d'après les
ordres précis et réitérés du général d'Anselme, partit
le lendemain 30 septembre de cette ville.
Considérant que par la susdite attestation du deux
Fructidor il résulte que l'évêque Valperga, au moment de son départ de cette commune, ayant été arrêté à la porte qui conduit au Piémont, par les soldats
qui y étaient de garde, lesquels tentèrent de le pendre,
il évita la mort par les soins du citoyen Joseph Castellinard, un des déposants, et il ne fut laissé libre que
d'après un billet du général d'Anselme, qui ordonnait à ladite garde de le laisser partir, puisqu'il s'en
allait de son ordre
Considérant que tous ces faits sont devenus de notoriété publique dans cette commune, dès le même
jour 30 septembre et Ier octobre suivant, ainsi que
quatre témoins l'ont attesté.
Considérant que le citoyen Valperga ne s'est absenté de cette commune et ci-devant Comté de Nice
que d'après les ordres du général d'Anselme auquel il
témoigna son regret.
Considérant que le départ du citoyen Valperga
ayant été forcé il ne peut pas être qualifié d'émigration.
Considérant que son intention de rester dans cette
commune est d'autant plus constatée, que le citoyen
Valperga a été le seul fonctionnaire public, il soit
resté à son poste, n'ayant soustrait aucun des meubles
et effets de sa maison, lesquels ont été ensuite distraits
et vendus par la Nation.
Considérant que le citoyen Valperga ne peut être
non plus considéré comme réfractaire aux lois de la
République, tandis qu'à l'époque de son départ de cette
commune, aucune loi de la République, surtout à
l'égard des ecclésiastiques, n'y avait été encore publiée
à laquelle eut pu contrevenir.

�— 58 —
Considérant que le citoyen Valperga ne pouvant
être considéré ni comme émigré, ni comme réfractaire, ne pouvait être privé de ses propriétés laissées
dans cette commune lors de son départ, sous la sauvegarde de la loi et de la Nation française qui lui fut
accordée par le général d'Anselme, et qui étant digne
de la loyauté de cette Nation, ne pouvait être violée
sans blesser le droit des gens.
Considérant au surplus, que le citoyen Valperga,
originaire piémontais, ne faisait sa résidence à Nice,
qu'à raison de son épiscopat, ce qui ne donne qu'une
résidence easuelle, et que sous tous les rapports, il
n'a cessé d'être étranger à l'égard du pays de Nice et
de la France.
Considérant que l'article 6, section deux, N° 2 de
la Loi du 25 Brumaire (15 novembre 1794) en déclarant émigrés les citoyens domiciliés dans le cidevant comté de Nice, qui sont sortis depuis le 27
septembre 1792, n'a point porté atteinte au droit des
gens dans la personne de l'étranger, qui se trouvait
dans ce même pays, où il n'aurait pas établi son vrai
domicile.
Considérant que le citoyen Valperga, qui avait été
forcé par le gouvernement de partir de Nice, n'a dû
plus y revenir dans le terme même prescrit par les
lois aux citoyens de la ci-devant Comté de Nice,
puisqu'il ne devait point imaginer qu'il fut compris
dans l'invitation, malgré qu'il ait été porté sur la
liste des émigrés.
Considérant que ce nonobstant, lorsqu'il sut qu'il
avait été porté sur la liste des émigrés de cette commune, s'est empressé de présenter sadite pétition
du 22 Juillet 1793 dans laquelle il demanda non seulement la radiation de son nom de ladite liste, mais
encore un délai convenable pour rentrer dans cette
commune, soit comme simple citoyen, ou comme
fonctionnaire public, ainsi que la restitution de ses
propriétés par lui laissées sous la sauvegarde de la
loyauté française dans la maison êpiscopale lors de sa
retraite forcée, ou une juste indemnité de leur valeur.

�- 59 Considérant finalement que,d'après toutes les circonstances sus-ênoncèes, aucune loi concernant les
émigrés ne peut être applicable au citoyen Valperga,
et que toutes celles qui pourraient le regarder relatives au séquestre des biens appartenant aux habitants
des pays en guerre avec la République française ont
été rapportées par le décret du 14 Ventôse dernier
(4 mars 1795). •
Le Directoire du district de Nice, oui le procureur syndic, est d'avis que le citoyen Charles-Eugène
Valperga ci-devant évêque de Nice ne doit point être
considéré émigré.
Qu'il doit être rayé de la liste des émigrés, que le
séquestre apposé sur ses propriétés doit être levé, qu'il
doit être réintégré dans la possession et jouissance
d'iceux, que tous receveurs ou dépositaires doivent
lui restituer les sommes qu'ils ont perçues, résultant
du produit desdites propriétés et qu'il doit recevoir
la juste indemnité des meubles et effets qui seraient
passés au profit de la Nation.
Fait à Nice, dans la salle des séances le 5me Vendémiaire an 4me républicain (27 sept. 1795). Signé
Saytour Martin. Verani,
procureur syndic, Angles v. prés.
Touzelly. Jn Coppon fils.
Enregistré au feuil. 20 registre des prévenus
d'émigration et signé BARRAIA, commis greffier.
Certifié conforme par nous Ve président et secrétaire du district Jn COPPON Fils V,-PRÉSIDENT
BARRAIA Cis greffier.
A rch. Nat. F 7 4867

2

�— 6o —

Pièce 9.

LIBERTÉ (vignette) ÉGALITÉ
BUREAU DES
ÉMIGRÉS

Extrait des registres des délibérations et arrêtés de
l'Administration Centrale du département des Alpes Maritimes.
(2

juin 1797)

Séance du quatorze Prairial an 5mf de
la République française une et indivisible.
Sur le rapport d-e la pétition présentée par le
citoyen Pierre Joseph Passeron, procureur fondé de
Monsieur Charles Valperga, ci-devant évêque de
Nice, dans laquelle il expose que ledit Charles Valperga n'a jamais dû être atteint des lois relatives à
l'émigration, soit qu'on le considère comme parti en
suite d'une force majeure, soit en sa qualité de piémontais et demande en conséquence la radiation de
son nom de la liste des Emigrés, sa réintégration
dans la possession et jouissance de ses propriétés et
une juste indemnité, des meubles et effets qui sont
passés au profit de la République.
L'Administration Centrale du département des
Alpes-Maritimes, considérant que M. Charles Valperga, comme piémontais, n'habitant Nice que pour
cause de son emploi, n'aurait jamais dû être porté
sur la liste des émigrés du département.
Que le seul motif qui a pu déterminer le général
d'Anselme à lui ordonner de partir de la ville de
Nice, ne peut avoir été que la susdite qualité de
piémontais.
Considérant enfin, que comme sujet du roi de
Sardaigne, il est dans le cas de jouir de l'article i,r
de la loi du quatorze nivôse an troisième, (} janvier
1795), ainsi que de l'article neuf de la loi du trente
Floréal an quatrième, (19 mai 1796).
Arrête, oui le commissaire du Directoire Exécutif
que le nom de Valperga, ci-devant évêque de Nice,
qui se trouve inscrit sur la liste des émigrés, sera

�— 6i —

provisoirement rayé ; que tout séquestre qui pourrait
avoir été mis sur ses biens sera levé, qu'il sera réintégré dans la possession et jouissance de ses propriétés,
et que toutes les sommes versées dans les caisses publiques, lui seront rendues, déduction faite des frais
faits conformément aux lois.
Fait et arrêté* en séance publique le jour, mois et
an que dessus.
Signé : Donny, président Payani, fils, Scudéry,
Oberti, Hancy (et en marge Gastaud commissaire
du Directoire Exécutif).
Certifié conforme à l'original par nous président
et secrétaire de l'Administration centrale du départemeni des Alpes-Maritimes.
DONNY, président
BELMONDI, sec. chef au bureau des émigrés.
Arch. Nat. F 7 4867 2

ACTE DE CAUTIONNEMENT
Pièce 10.

11 fructidor anV (2&amp; août 1797)
LIBERTÉ ÉGALITÉ
Ce jourdTiui 11 fructidor an 5 de la République
française une et indivisible (28 août 1797) par devant nous, membres composant l'Administration
centrale du département des Alpes-Maritimes, est
comparu le citoyen Joseph Passeron, natif de Contes,
chef-lieu de canton, domicilié dans cette commune,
procureur fondé de Monsieur Charles Valperga, cidevant évêque de Nice, en vertu d'acte de procuration du 20 juillet et premier août 1795 (v. s.) lequel
en sadite qualité, dépendamment à l'arrêté de cette
administration du quatorze prairial an cinq (2 juin
1797) portant que le nom de Valperga, ci-devant
évêque de Nice, sera provisoirement rayé de la liste
des émigrés, que tout séquestre qui pourrait avoir
été mis sur ses biens sera levé, qu'il sera réintégré
dans la possession et jouissance de ses propriétés, et

�— 62 —

que toutes les sommes versées dans les caisses publiques lui seront rendues, déduction faite des frais
faits, conformément aux lois, désirant de se conformer au porté par l'article 3 de la loi du 5 Brumaire
an 3 (26 octobre 1794) qui exprime que les prévenus
d'émigration seront tenus de donner caution solvable de la valeur mobilier, et ne pourront obtenir
leurs immeubles jusqu'à ce qu'il ait été définitivement statué sur leurs réclamations par qui de droit,
toujours en sa dite qualité a présenté pour caution le
citoyen François Grosson, marchand drapier de cette
commune, lequel ici prése.it et acceptant, s'oblige
conjointement et solidairement avec ledit Valperga
et pour celui-ci ledit Joseph Passeron, et sous l'hypothèque de tous leurs frens présents et à venir, à l'entière exécution de ce qui les concerne en la susdite
loi, et à la représention des mobiliers, effets et sommes à percevoir en dépôt que besoin sera, et quant
aux mobiliers invendus et en dépôt seront soumis
d'en représenter la valeur à laquelle seront estimés
par experts, préalable rémission.
Et nous, administrateurs susdits approuvant lesdits
cautionnement et acte de soumission, à la réquisition
dudit citoyen Joseph Passeron, avons dressé le présent acte que toutes les parties ont signé avec nous,
ayant au préalable fait renoncer audit François Grosson au droit de premier convenir.
Fait à Nice les jours, mois et an que dessus.
Joseph

PASSERON,

François GROSSON,
prés., PAYANY FILS,
MARUN-SAYTOUR, sec. en chef

HANCY, DONNY,
P.

Acte original sur timbre de 20 centime*.
Arch. Nat. F

7 4867^

�— 63 -

CONCLUSION

Il était avéré pour tous, dans la ville de Nice, que Mgr
Valperga était parti contre son gré et si la première Administration départementale, installée au mois de Mai 1793,
l'avait inscrit sur la liste des émigrés de Nice, c'était à la
suite d'une réponse faite par le ministre de l'Intérieur, Garât,
aux questions à lui posées par le Directoire des Colons Marseillais sur la conduite à tenir vis-à-vis de l'évêque.
Les questions avaient été envoyées à Paris, vers la fin
de Février 1793, et la réponse du ministre ne parvint à Nice
qu'au milieu de juin suivant, soit quelques jours avant la
publication de la liste des émigrés. Les réclamations de
l'évêque, retiré à Turin dans sa famille, furent présentées
le 22 juillet 1793 (1) ; mais comme beaucoup d'autres, elles
s'entassèrent dans les bureaux du Département, qui n'y
répondit même pas.
Cette réclamation fut présentée au nom de l'évêque par JeanJacques Donny au Département. lîlle figure en original au dossier
Valperga.
Voir ci-dessus.
Le registre des délibérations du département manque aux Archives pour les derniers mois de 1793, exactement du Ier mai au 10
Novembre, comme pour les six derniers mois de 1797 et l'année entière de 1798, exactement du 8 Messidor an V (26 Juin 1797) au 25
Pluviôse an VII (13 février 1799).
C'est-à-dire pour les deux périodes les plus troublées et cette
disparition est tout au moins étrange.
Elle doit être vraisemblablement attribuée à certains hommes
politiques désireux de laisser dans l'oubli leur conduite durant ces
deux époques.

�- 64 On était dans la période la plus aiguë et, en pleine
Terreur.
Après le 9 Thermidor et, surtout après la venue à Nice
du représentant Beffroy, au mois de Floréal, an III (Mai
I795)»
les esprits devinrent plus calmes, les administrations plus pondérées. C'est alors que, sur de nouvelles demandes présentées au District, et sur avis favbrable de
celui-ci, le département des Alpes-Maritimes accorda à Mgr
Valperga sa radiation provisoire, le 14 Prairial, an V (2 Juin
1797). Comme on le voit, l'affaire avait traîné en longueur.
Il semblait alors que rien ne s'opposait plus à la rentrée
de l'évêque : le 11 Fructidor, an V (28 Août 1797), le Département avait agréé la caution de François Grosson (1) ;
les biens de l'évêque allaient lui être rendus, et il pourrait
rentrer.
Mais huit jours après, le coup d'Etat du 18 Fructidor (4
septembre 1797) remettait le pouvoir aux mains des Jacobins, la guerre aux émigrés et aux ecclésiastiques, en particulier, reprit avec âpreté. Pe département des Alpes-Maritimes se vit accusé d'avoir préparé une rentrée triomphale à l'évêque, son arrêté du 14 Prairial resta sans effet
et, en vertu de la loi du 19 Fructidor (5 septembre), les
scellés furent de nouveau apposés sur les biens de Mgr Valperga par deux commissaires municipaux (2).
En vain, l'évêque de Nice, fit intervenir auprès du Directoire Balbi, l'ambassadeur du Roi de Sardaigne à Paris,
le dossier de sa demande en radiation fut examiné sans
aucune bienveillance.
(1) L/Acte original de ce cautionnement sur timbre est aux
Arch. des Alp.-Maritimes Q. 10.
(2) Mise de scellés sur les biens de Charles Eugène Valperga par
deux commissaires de la municipalité de Nice. Une scéance, 6 livres.
Dépense approuvée par le Département, en Germinal an VI (avril
1798). Arch. des A. M. Q. 11.
Mgr Valperga ne possédait à Nice aucun immeuble et il devait
rester fort peu de chose de son mobilier après la vente qui en avait
été faite en Ventôse an III. La bibliothèque de l'évêché avait été déclarée bien national et la caisse diocésaine avait disparue en octobre 1792
sans laisser de traces dans les pièces administratives. Le séquestre
a été apposé sur les biens de nombreux émigrés rayés provisoirement.
On peut en voir la liste aux Archives des A. M. Q. 10, où Valperga
figure sous le N° 65.

�- 65
Á la suite de la lettre de Balby datée de Paris le 7 février
1798, le ministre de la police demanda à ses Bureaux un
rapport sur l'affaire Valperga. Pe voici tel qu'il se trouve
en minute au dossier.
Attendu que rien ne tend à constater le prétendu ordre
de quitter Nice, d'où il suit qu'il faut en croire sur parole
l'émigré.
Qu'à raison de son domicile, il était tenu de rentrer sur
le territoire dans les délais voulus par les lois.
Qu'il est atteint par la déchéance et n'a réclamé que
l'an V.
Qu'il ne paraît pas y avoir lieu de violer la loi en faveur
de cet ex-évêque dont la rentrée prohibée par la Constitution serait d'une influence dangereuse.
J'estime qu'il y a lieu à proposer la maintenue sauf
à prendre des renseignements si toutefois on les trouve
indispensables.
CAIGNART,
Sous-chef (2e Bureau).
En tête de cette minute est écrit :
« Je pense qu'il y a lieu à instruction et à prendre
des renseignements près les Administrateurs du département_des Alpes-Maritimes. »
Signature illisible (1).
Ces renseignements furent-ils demandés ? C'est probable et cela explique que bien des pièces du dossier Valperga sont en double expédition. Plus d'une année s'écoula
encore, avant que fut prise une décision et finalement sur
un rapport défavorable de la Commission d'examen instituée près le Ministère de la police pour l'étude des demandes en radiation, le Directoire exécutif signa le 7 Floréal
an VII, (26 avril 1799) un arrêté qui maintenait définitivement, sur la liste des émigrés, Mgr Valperga et annulait
toutes les décisions rendues antérieurement, en sa faveur,
par les. autorités locales.
(1) Arch. Nation. F 7 4862 2 dossier Valperga. Rapport de la
3 me Division du Ministère de la police, sans date mais joint à la
lettre de Balbi.
»

�- 66 -

Varrêté du Directoire parvint à Nice les premiers
jours de Prairial an VII (Mai 99) et fut immédiatement
mis à exécution. (1).
*

* *

Ainsi donc Mgr Valperga expulsé ne put jamais obtenir
de rentrer, les lois sur l'émigration étaient tellement embrouillées et tyranniques qu'une fois inscrit sur une liste
d'émigrés, il était extrêmement difficile de s'en faire rayer
malgré toutes les démarches ; car on se heurtait sans cesse
à des questions de forme et de procédure ce qui permettait
à la malveillance de s'exercer tout à fait à l'aise sous le
couvert de la légalité.
A. J.

PvANCE-BOURREY.

(1) De 21 Floréal an VII (10 mai 1799), il fut communiqué
par le ministre de la police générale de la République aux diverses
administrations intéressées et aux Commissaire du Directoire exécutif
près le département des Alpes-Maritimes. Celui-ci par lettre du 3
prairial (22 mai 1799) demanda au Département de le transmettre
à la Municipalité de Nice, ce qui fut fait le même jour avec ordre
de le transcrire sur ses registres, de faire apposer les scellés ou séquestre sur tous les biens meubles et immeubles de l'évêque si ce
n'est déjà fait, et de mi notifier sans délai la décision prise à son égard.
Voir lettre du Département à la Municipalité, celle du Commissaire au Département, 3 Prairial an VII avec la réponse du Département 4 Prairial.
Arch.. des A. M. Q. 1 et 2 et Arch. Nationales, dossier Valperga,

�NIÇA LA BELLA
VERS DE /.

Giordan,

su

DE CARTA POUSTALA

Ai rai dôu nouostre bouon soulèu
Venon s'escaufar toui lu lùssi ;
Es un meravihous tablèu,
Ai rai dôu nouostre bouon soulèu,
Trouvas, dou Var fin au Castèu,
Anglés, Rouman, Danesi, Rùssi :
Ai rai dôu nouostre bouon soulèu
Venon s'escaufar toui lu lùssi.
Pèr tu, as touti li bèuta,
Terra de lus e d'alegria,
D'un ciel d'azur, as la clartà,
Pèr tu, as touti li bèuta.
De l'univers, en verità,
Siès la uechièma meravia ;
Pèr tu, as touti li bèutà,
Terra de lus e d'alegria.
Dintre lou tèmp, Semiramis
Faguet basti, à Babilouna,
Pu siéu jardin, vèr paradis !
Soubre Paioun, degun s'estouna
De vèire, ancuèi, lou paumoulié
Drissar au ciel la siéu coulouna
E lou galofre, e l'anemouna
Flouri emb'au pourtegalié.
De bouon matin, quitant maioun
Pèr la journada touta'ntiera,
S'en va lavar, dintre Paioun
Pa bugadiera.
D'un glourious passat es fiera
Perqué, d'un tèmp, sus lou bastioun
Au Turc, arranquèt la bandiera
Pa bugadiera.

�fet 68 —

Sau de fouora fa freï,
Que brima,
A Niça, sus lou Quèi,
Si rima.
Pescadou, fourestié,
De la mar bressarella,
Escouton voulountié
Pa doussa cantinella.
L'AVOUCAT

PATTA

L'estudi de l'avoucat Patta es en plen aria ; si tèn lou matin
couma lou predinà su la plaça dôu Palai. Es un ome pichounet,
touplen raplot, li pocha enfli de papiè de touta mers. En lu vièi
quartiè es proun counouissut e li capelada, « Bouonjou Moussu
l'Avoucat », noun li mancon. Es ben m'ai juge, proucuradou, etc.
Lu siéu ounourari soun bouon pati e n'a de preferença pèr
qu si sigue. Parla au premier maufatan vengut, couma se fousse
un agnèu que vén de naisse ; lou créancier o lou débiteur soun
tratat su lou même pen... basta que mouson...
L'avoucat Patta es de noutarietà reputat pèr un ome judicious, òunest — au noun si flata de l'estre au jou d'ancuei ; —
finda counouisse, es en relacioun d'afaire emê de gros persou nage que dintre la finança dôu siéu coumerce, soun quasi d'usurari. Sau menajar la cabra e lou caulè ; e pèr que la mouneda
noun li escapa si desbrouïa e si mete dôu cousta dôu manche...
d'aquéu que casca lou de mai...
Acò fa que toui lu matin que lou Bouon Diéu a fach, la siéu
doumestica mete toujou quaucaren au fuec. Lou dimeneghe, coum'un bouon crestian, — tartufaria que lou pauva, — va audi la
gran'messa à Santa Réparada, fa la siesta e à la calada dóu soulèu,
passeja su lou Cours, pastrouia, fa lu cent pas, noun parla que de
lei, proucès, citacioun, ensin alestisse lou travail dôu dilun...
Lendeman empastra ben d'afaire, mete facilamen en lou sac
Moussu Tout'Un emé Moussu Tout'Autre... En éu que li pòu
faire ?... lança dapertout lou broumech, tant pis pèr aquéu que si
laissa agantar. Quaranta sóu es lou près d'atac e vous pregui de
crèire que douna pas la siéu journada pèr doui o tres escut.
L'avoucat Patta counouisse l'usança dôu païs... s'avès touort,
vous rouïa, s'avès pi rasoun, v'espia... Que voulès aima manjar
lou pei, lou pei que noun aiguë d'espina...
JULI EYNAUDI.

�-«9VA

MAU ! !

Va màu, cresé-vous, que va màu 1
En l'orizoun lou voile negre
N'es qu'un gran camp cargat de pebre,
Qu'à pala lou jeten davan,
Avuglan finda lu cavau 1
Lu canoun soun su li frountièra,
Alignât couma de barriera,
N'esperon plus que lou signàu !
Lou soulèu, aquel animàu !
Stan, noun vòu levà la vela,
Si foundon couma des candela
Enb'aquèu coust dôu diàu !
Le Giacouuda à cóu de d/stràu
Li fan petà li sièu moulura...
Ah ! dèu faire bella figura
Se l'an foutuda en quauqua tràu
Lou pan crèise, finda la sàu,
Lou sucre dintre li boutiga
Mounta ben mai que de boufiga !
Van jusque crèise lou rampàu
E la pèu que fau lou tambau ;
Metran de drech su li nourriça,
Su lu chichi, su li saucissa,
Perqué pas soubre lu magàu ?
E lou Prussian, marrit bertàu,
Noun sabon fa que de babïa,
Per lou Maroc e l'Algèria,
Se faran mètre lou mourràu !
Li serreren toui lou pourtàu
E pi veiren touta la França
Davan la sieù grossa arougança
Se noun si sau garda li clàu !
Es de rima d'un manechàu,
Ma sien d'estiéu, vesin, vesina,
Li passeres en la resina
Avant que vegon l'espitau !
CHARLES CIAUDO

�Valère Bernard
Tout en heurtant le marteau contre la porte de M. Valère
Bernard je songeais. Je me suis complu dans le plus souriant
mépris des idoles. L'ironie a tremblé sur mes lèvres quand
la Provence a dans un ravissement de joie acclamé le poète de
Maillanne. Cette mascarade d'apothéose me répugnait.
Et maintenant la curiosité me fourvoyait dans le studio
d'un consciencieux artiste que les felibres couvraient de gloire.
Elève de Puvis de Chavannes M. Valère Bernard pasticha le
Maître. Mais vite il eût l'intuition qu'à se perdre dans les sentiers
battus il courrait risque de compromettre son crédit. Il dit
adieu à Paris et vint dans Marseille, l'opulente cité.
A cette époque vivait un exquis écrivain, J. Lombard. Il venait de publier deux œuvres d'une grandiose beauté, VAgonie et
Bysance. Dans un style étrangement tourmenté il contait les
luttes entre les factions d'Orient, illuminant son œuvre des
splendeurs bysantines.
Valère Bernard vit Jean Lombard, et du même coup les belles
au bois qui dormaient en son âme s'éveillèrent. Il délaissa les
études académiques, les pastiches sans vie, et d'ardentes couleurs
chargèrent ses toiles.
Voici le triomphe des rois Babyloniens. Sur les voûtes d'un
palais impérial passent des gardes étincelants dans la pourpre et
la soie. L'or envahit les hautes colonnes de jaspe bleu. Involontairement on pense aux fantastiques demeures hantées par des
fées émeraudes et des princesses aux perversités troublantes.
Et je m'imagine que le peintre était sous le charme de la
légende quand il a peint cette courtisanne qui sourit à son miroir tout en jouant négligeamment avec sa chevelure d'or. Et
puis passent Venise la rouge, Marseille enveloppé dans la poussière d'or du crépuscule, des motifs à la Watteau peints par un
bysantin, toute une apothéose.
Mais une idée m'obsède, tandis que dans la grise clarté d'un
soir automnal s'éteignent les fauves éclairs jaillis de ces radieuses
toiles. L'idéalisation du passé me paraît cruelle. Les générations
endormies dans la Mort ont eu leurs misères/leurs rancœurs, je
pense qu'il est absurde de s'écrier avec Musset « qu'aux temps
jadis tout était heureux jusqu'aux douleurs humaines. » En vain
l'apostat s'attriste-t-il sur les vieillards immortels de l'antique

�- 7i

—

lonie, â ses oreilles résonnent les paroles de l'Hiérophante : « La
Helladi que tu aimes n'a jamais existé ».
Mais M. Valère Bernard brise ma rêverie, et mes yeux se
portent.sur des portraits appendus au mur. Profils d'espagnol ou
d'américain mitigés d'espagnol, comme on en croise maintes fois
sur la Cannebière.
Homme universel ne puis-je m'empêcher de m'êcrier. M.
Valère Bernard sourit. Il siérait dit-il, à mi voix, de se développer en profondeur. Toutefois il est beau de se dire sur le
tard de sa vie que l'on a fait vibrer toute son âme. Ici le maître
rejoint Néron. Il m'aide à comprendre cet inquiétant empereur.
Mais encore faut-il que tout en étant l'homme universel on ne
sombre pas dans la banalité. De méchantes œuvres d'art peuvent
avoir leur prix.
Une idée se lève devant moi. Labruyère me petsuade que
l'honnête homme de Pascal propre à tout en définitive n'est propre à rien. La spécialisation inintelligente, mène à l'erreur, j'en
conviens, mais en fait elle est une loi générale.
Et ceci est pour me plaire, car j'abhorre dissiper mon énergie,
j'aime le repliement, la frissonnante pudeur qu'effarouche les
vaines ostentations. Je goûte les peintres du passé et malgré ma
philosophie j'adore les peuples disparus. Volontiers j'implorerai
avec la Cassandre de Schiller la cécité, l'exquise cécité. Le sou
venir a plus de puissance sur moi que l'espoir.
Et sous des deux gris, en des pays étrangers désolants de
médiocrité, il m'est arrivé de pleurer plus amèrement que ne
pleura Xerxès aux rives d'Abydos.
J. PADOVANI.
PROUVERB1, BOUOI MOT, COUNSÈU E DICH
Vèuva que si marida,
Dèu perdre la lus e l'audida.
Fiha madura,
Lou pouorta à la centura.
En cuntant su lu det :
Aquéu a fa l'óu ;
Aquéu l'es anat cercar,
Aquéu l'a fa cuèire,
Aquéu l'a manjat,
E lou pichoun n'a ren tastat !

�— 73 —
LE

DÉSESPOIR

Oui, j'ai la mort dans l'âme ; oui, je monte au calvaire ;
Mon horizon, hier si beau, s'est obscurci ;
Je hais tous les devoirs et tout ce qu'on révère :
Mieux vaut mourir que vivre ainsi !
Puisque je n'y puis rien ; que la raison humaine
Ne gagne plus un cœur où mon cœur est entré,
Je veux briser mes jours comme on brise une chaîne
Et m'enfuir en désespéré.
Qu'est-ce donc que la mort ? C'est la paix éternelle,
C'est un beau drap de fleurs sur mon sein endormi,
C'est la nature calme, auguste et solennelle
Qui nous prête un repos ami.
O nature de Dieu contemple ma détresse !
Ecoute tout mon sang dans mon cœur s'épancher
Et, puisque je n'ai plus le lit de ma maîtresse,
C'est au tien que je veux coucher ;
C'est toi la grande mère et la nourrice immense !
L'homme au sort le plus âpre et l'homme au sort plus beau
Retrouvent dans ton sein leur part de ta clémence :
L'un l'amour, l'autre le tombeau
Tu sais, toi qui vois tout, ce qu'ici bas je souffre,
Que je n'ai point béni l'instant de mon réveil
Et que j'ai regardé, toujours, du fond du gouffre,
Les bords ou brillait le soleil ;
Que je n'ai bu jamais que dans la coupe amère,
Que le seuil du bonheur me fut toujours fermé,
Que j'ai perdu mes fils, que j'ai perdu ma mère
Et tous les cœurs qui m'ont aimé !
Maintenant je m'en vais, battant du front, comme ivre,
En proie à ce grand deuil qui me courbe en vainqueur,
Et je veux déchirer ma vie, avec le livre
Des chastes sanglots de mon cœur ;
Et toi, rayon divin, génie, ardent délire,
Flambeau qui n'iras plus briller sur son autel,
Eternise du moins ces larmes de ma lyre
Et que mon cri soit immortel !
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L'annada religiousa. La Montre décimale

—

8

CalaDdrié 1912

—

12

Pierre Gioffredo (PlaDca)

—

16

Crounica Niçarda

—

17

La Cigala dou bouon Dièu (Ch. Ciaudo)

—

20

Lou magot de Bertoumièu Issuga (J. E.).

—

21

Cansoun ancienna pèr lou mai

—

24
27

La mouort dau paure Tounin (Ant. Roland)

—

La Vigne (J. Padovani)

—

28

Eglises et Chapelles de Nice (Valentin)

—

29

Nouvé

—

32

—

33

Expulsion de Mgr Valperga en septembre 1792 (Abbé RanceBourrey

•

Niça la Bella (J. Giordan)

■

—

67

—

68

Va Màu (Ch. Ciaudo)

—

69

Valère Bernard (J. Padovani)

—

70

Le Désespoir (Edgar de Masini)

—

72

L'Avoucat Patta (J. Eynaudi)

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�u Premier Mera de Niça
DESPÍ I/ANNESSIOUN
(25

Jun

1860)

M. FRANÇOIS MALAUSSENA

Mera de Niça
(27

Jun

I86O-I865)

�— 6 —

ARMANAC NIÇART 1913
QUATRE-TEMS

COUMPUT ECLESIAST1C0

Noumbre d'or
Epato (Grégori)
Cicle soulari
Endicioun roum.......

Febrié
Mai
Setèmbre.,.
Desembre.

14
22
18
11

Letra doumenicala

12,
14,
17,
17,

14 e 15
16 e 17
19 e 20
19 e 20

E

Jî la Providence, 1{ue de la Préfecture /4, }}run, Sibraire

LI

QUATRE

SESOUN

Lou prmtèms coumença lou 21 mars
L'estiéu
—
— 22 Jun
L'autoum
—
— 23 sept,
L'iver
—
— 22 dés.
FESTA

Septuagesima
19 Janvié
Cendre
5 Febrié
Pasca
23 Mars
Rougacioun 28, 29, 30 Abriéu
Ascensioun
1er Mai

à 5.18 m.
à 1.10 m.
à 3.53 m.
à 10.35 m.

dôu
dôu
dôu
dôu

matin
matin
sera
matin

MOUBILI

Pantecousta
Trinità
Festa de Diéu
1" Diiuenegue de
30 Novembre

11 Mai
15 Mai
22 Mai
l'Avènt

BANQUE GARLONE &amp; GIE
MAISON ÉTABLIE EN 18.1

Jfice

—

8, Jîvenue J/íasséna, 8
TÉLÉPHONE

■-AS

— Jfiçe

�LU

VÉNT

Lu vènt que souflon à Niça, dintre lou cours de l'annada,
soun au nombre de 16. Vequi li sièu denouminacioun courenti,
pihadi, en general, dai loucalità dei quali parèisson veni :
Nord ..
N.-O.-E.
N.-E. ..
E.-N.-E..
E. N. E.
E.-S.-E..
S.-E. ..
S.-S.-E-.

Tramountana
Grek Tramountana
Grego
Levant
Levant
Levant
Siroco, vènt marin
Mie jou Siroc

Sud.... Mie jou
S.-S.-O.. Miejou Lebech
S. O. .. Lebech
O.-S.-O. Pounènt Lebech
Ouest. . Pounènt
O.-N.-O.V. Pounènt Maistràu
N.-O. .. Maistrau
N.-N.-O. Maistrau Tramount

VIGÍLIA — JÈUNI
22
30
10
14
31
24

Mars
Abrièu
Mai
Avoust
Outoubre
Desembre

(Pasca, 23 Mars)
(Ascensioun, Ier Mai)
(Pantecousta, 11 Mai)
(Assoumpcioun, 15 Avoust)
(Toui lu Sant, Ier Nouvembre)
(Calena, 25 Desembre)

L'ANNADA RELIGIOUSA
LI FESTA MOUBILI E

LI FESTA FÏSSI

febrié

Janviê
1 Circouncisioun.
6 Epifania (lu Rei).
13 Batejà de J.-C.
14 Sant Noum de Jesù.
19 Setuagesima.
26 Sexagesima.

2
5
6
9
12
13

Purificacioun.
Cendre.
Festa de la Pr. de N. S.
Quadragesima.
14-15 Quatre-tèms.
Coum. de la Passioun.
16 Reminiscere.
23 Oculi.

�Jtfars
2 Lœtare.
9
16
21
23
29
30

Passioun.
Lu Rampàu.
Divendre Sant.
Pasca.
Li 7 Doulou.
Quasimodo.

j/îbriêu
28-29-30 Rougacioun.

jYtai
1 Ascensioun.
3 Inv. de la Santa Crous.
11 Pantecousta.
14-16 17 Quatre-tèms.
18 Trinità.
22 Festa de Dièu.

Jîvoust
6 Transfiguracioun.
15
18
25
26
29

Assoumpcioun.
S. Joachim.
S. Couor de la Vierge.
S. Louis.
Decolac. de S. Jouan-Bat.

8
14
15
15
17
29

Natività de la Vierge.
Esaltacioun de la Crous.
N. D. dei 7 Doulou.
San Noum de Maria.
Quatre-Tèms.
Dédie, de S. Miquéu.

6
13
20
27

Sant Rousari.
Maternità de la Sta Vierge.
Puretà de la Santa Vierge.
Patrounage de la S. Vierge.

1
2
3
21
30

Touï lu Sant.
Lu Mouort.
Santi Reliquia.
Present, de la Sta Vierge.
Avent.

Setembre

Ouioubre

jYouvembre

Jun
9
21
24
29

Festa dôu S. Sacramen.
Sacrât Couor de Jesù.
Natività de S. Jouan-Bat.
SS. Peire e Paul.

Juliet
2 Visitation de la S. V.
7 Precious Sang.
16 N.-D. dôu Carme.

2&gt;esembre
8 Imaculata Councepcioun
17, 19, 20, Quatre-Tems.
25 Calena.

LEÇOUN DE CATECHISME
Un prèire dôu Gesu enterougava un pichoun su lou siéu
catéchisme e li demandava :
— Doun es Diéu ?
— Vous respouonderai, li di l'enfant, quoura m'aurès
dich doun noun pôu estre.

�xxxxxxxxxxxxx:::xxxxxxxxxxxxx
AMINISTRACIOUN MUNICIPALA
Mera : M. lou General Fr. Goiran
Ier MM. Bonnefuy-Sibour.
Ajount
Emile Muscat.
«.
Jousé Ventrue
«
3e
Jan Ricci.
«
4e
Juli Febvre
5e
Dr A. Bufîon.
6e
Dr J. Fighièra.
7e

Ier Ajount

M. Bonnefuy-Sibour
Encargat de l'ensemble de l'aministracioun sensa delegacioun speciala.
Recèu toui lu jou de io oura % à miejou.
2e Ajount

M. Emile Muscat
Recèu lou dilun, lou dimècre e lou dijôu de 5 a 6 dôu
sera.
Attrib. — Estrucioun publica (Escola, lycée, salla d'asile,
crècha). — Biblioutèca e Arquiva. — Countencious.

3e

Ajount

M. Jousé Ventre
Recèu lou dilun, lou dimècre e lou divendre de

11 y2 dôu matin.

10 à

Attrib. — Coumerce e Indústria. — Agricultura. — Tribunal e Chambra de Coumerce. — Elecioun e lista eletourali.
— Cadastre. — Countribucioun. — Prud'ome. — Soucietà

�— 10 —
de Secours Mutual. — Festa publiqui. — Autourisacioun de
bal o de festa privadi.
4e Ajount
M. Jan Ricci
Recèu lou dimars, lou dijôu e lou dissata de 10 à n
Attrib. — Dassi. — Abatoir e lu servici. — Coumtabilità
generala. — Pouliça dei camin. — Estalage. — Marchand
ambulant. — Permès de staciounamen. — Voitura, cavau
e taxis. — Fiera e Marcat. — Caissa d'Espargna. — Sapurpoumpier.
5e Ajount
M. Juli Febvre
Recèu lou dimars, lou dijôu e lou dissata de 4 à 5.
Attrib. — Travai public. — Voiria urbana e rurala.
Jardin e proumenada. — Aïga, gaz, eclerage. — Ramassage.
— Arquitetura. — Bastissa coumunali. — Bei-Art. — Escola
d'Art decouratif. — Musée dei Bei Art. — Musée d'Istoria
naturela. — Teatre. — Musica Municipala e autri.
6e Ajount
M. lou. Dr A. Buîîon
Recèu lou dimars e lou divendre de 4 % à 6.
Attrib. — Igiena e salubrità. —Loujamen insalubre.
— Establissamen dangeirous e incòmode. — Epidèmia. —
Pouliça dei meurs. — Assistença publica. — Viei, infirme
e incurable. — Retreta Ouvriera. — Enfant assistât. — Proutecioun dei enfan dôu premié âge. — Espitau. — Establissamen de carità o de beneficensa. — Fouol.
7e Ajount
M. lou.Dr Jousé Fighiera
Recèu lou dimars e lou dissata. de 10 à 11 y2.
Attrib. — Estat-Civil. — Poumpa Funebri. — Cementeri.
— Culte. — Afaire Militari. — Abihamen.

�— II

PR^MIÉ

TRIMESTRE:
MARS

FEBRIE

JAN VIE
lu 7, à 10 oura 29 m.
lu 15, à 4 oura 02 s.
lu
a 3 oura 40 s.
lu 28, à 7 oura 35 m.
— !.. 8 U' — C. 4 42
SOULÈU
N.
P.
P.
D.

—

L.
Q.
L.
Q.

N. L.
P. Q.

lu 6,
lu 14,
lu 21,
D. Q. lu 27,
L. 7
SOULÈU,

5
8
2
9

oura
oura
oura
oura

22
34
04
16

m,
m.
lu.
s.

P. Q.
1'. L.
D. Q.

24'

SOULÈU ,

dis. S. Ignaci
Dim. La Çandeliera
Blasi
dil. S.
l)i mars-Gras
dim
Li Cendre
dim
Dim
dij. Sta A gat a
dil.
div. Sta Dorotea
dim.
dis S. Romuald
dim.
dij
9 Dim. Quadragesima
10 div.
10 dil. Sta Apoulounia
11 dis.
11! dim. S. Severin
12 dim. Quatre-tèms
12 Dim.
13 dij. S. Gregori
13 dil.
14! div. Sta Eufrasia
14 dim.
15 dis. S. Onesime
15 dim.
16 dij.
16' Dim. Reminisceri
17 div.
17i dil. Sta Mariana
18 dis.
18 dim. Sta Attiqua
19 dim. S. Eucher
19 Dim. Setuagesima
20 dij.. Sta Vitalina
20 dil. S. Bastian
21 div. S. Severian
21 dim. Sta Agnesa
22 dis. S. Silvan
22 dim. S. Vincent
23 dij. S. Raymound
23 Dim. Oculi
24 div. Sta Jacinta
24 dil. S. Pascase
Conv.
de
S.
Pau
25 dis.
25 dim. S. Cesari
26 dim. S. Nestor
26 Dim. Sexagesima
27 dij: S. Leandri
27 dil. Sta Devota
28 div. Sta Nourina
28 dim. Sta Paula
29 dim. S. Francès S.
30 dij. Sta MaitiDa
31 div. S. Peire N.
Lu jou crèisson :
dim.
dij.
div
dis.

Jou de l'An
S. Macari
Sta Genevieva
S. Tita
S. Simeoun
Lu Rei
S. Lucien
S. Apoulinari
S. Pèire
S. Guillaume
S. Teodore
S. Arcada
Sta Verònica
S. Ilari
S. Maurici
S. Ounourat
S. Antoni
Sta Angela

Lu jou crèisson :
lou matin....... 22 m.
lou sera
12 m.

1

lou matin
lou sera

lu
lu
lu
lu

47
46

ln&gt;

m.

dis.
Dim.
dil.
dim.
dim.
dij
div.
dis.

Dim.
dil.
dim.
dim.
dij.
div.

dis.
Dim.
dil.
dim
dim.
dij.
div.
dis.
Dim.
dil.
dim.
dim.
dij.

8,
15,
22,
29,

à 0 oura 23
à 8 oura 58
à 11 oura 56
à 0 oura 58

m.
s.
m.
s.

L. 6 36' — C.5 32'

S. Eudoxii
Lœtari
S. Marin
Sta Cunegonda
S. Casimir
Sta Coleta
S Jouau de D.
Sta Félicia.
La Passionn
Lu 4" Marlir
S. Euloge
S. Gregori
Sta Eufrasia
Sta Matilda
S. Acepsima
Lu Rampàu
S. Patrici
S. Apien
s. Jôusé
Dijon San/
D i vendre Sani
Dissata Sant

Panca

StaCatarinadeS
Anounciada
S
Emanuèu
S. Jouan d'Egt
Gountraa
div. S.
dis. S. Hustase
Dim. Quasimodo
dil. Sta Balbina

Lu jou crèisson :
lou matin
î .o4 m.
lou sera
0.48 m.

VERMOUTH

�— 12 —

ABRIETJ
N. L. lu 6,
P. Q. lu 14,
P. L. lu 20,
D. Q
lu 28,
SOULÈU .

MAI

à 5 oura 49 s.
à S oura 40 m.
à 9 oura 35 s.
à 6 oura 09 m.

— L. 5 32'

C. 6 19'

dim. S.
dim. s.
dij. s.
3
4 div. s.
5 dis. s.
1
9

6
7
8
9
10
11
12
13
14
15
16
17
18
19
20
21
22
23
24
25
26
27
28
29
30

Dim.
dil.
dim.
dim.
dij.
div.
dis.

Dira.
dil.
dim.
dim.
dij.
div.
dis.
Dim.
dil
dim.
dim.
dij.
div.
dis.
Dim.
dil.
dim.
dim.

Ugo
Franç. de P.
Richard
Isidoro
Juliena
s. Celestin
s. Hegesippe
s. Albert, ev.
s. Azada.
s. Isidoro
s. Leourj
s. Juli
s. Justin
s. Valerian
Sta Anastasia
S. Frutuous
s. Rodolfe
s. Maxime
s. Anselme
s. Tcodoro
s. Adalbert
s. Fidèle
s. Jorgi
s. Marco
s. Clet
s. Antime
s. Aimé
Iiouqacioun
Sta Catarina d. S
SS. Philip., Jacq.

La jou crèisson :
lou matin
59 m.
lou sera
... 44 m.

N.
P.
P.
D.

L.
Q.
L.
Q.

lu 6,
lu 13,
lu 20,
lu 28,

SOULÈU.

18
19
20
21
22
23
24

dij.
div.
dis.
Dim.
dil.
dim.
dim.
dij.
div.
dis.
Dim.
dil.
dim.
dim.
dij.
div.
dis.
Dim.
dil.
dim.
dim.
dij
div.
dis.

25
26
27
28
29
30
31

Dim.
dil.
dim.
dim.
dij.
div.
dis.

1
2
3
4
5
6
7
8
9
10
11
12
13
14
15
16
17

JUN

8

oura 25 m.
H oura 45 m.
7 oura 18 m.
0 oura 04 m.
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S. Pio, papa
S. Jouan D.
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S. Pouon, m.
Quatre-tèms
S. Sta Dcnisa
S. Frutuous
S. Pascaù
Trin if à
S. Pèire C.
S. Felis.
S. Bernardini
Festa de Diéa
S. Didier
S. Vincen,d.L.
S. Urbin
S. Felipe
S. German
S. Cirile
Sta Petronïa
S. Sylve
S. Justin

Lu jou crèisson :
lou matin
4° mlou sera
41 m.

L.
Q.
L.
Q.

lu 4, â 7 oura 57 s.
lu 11, à 11 oura 4 s.
lu 18. à 5 oura 51 s.
lu 26, à 5 oura 41 s.

SOULÈU.

1 DIM.
2
dil.
3 dim.
4 dim.
dij.
5
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7 dis.
8
9
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29
30

Dira.
dil.
dim.
dim.
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Dira.
dil.
dim.
dim.
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dis.
Dim.
dil.
dim.
dim.
dij.
div.
dis.
Dira.
dil.

- L. 3 55'

—

C. 7 43'

S. Potin
Sta Blandina
S. Quirin
S. Francès C.
S. Lié
Couor de Jesù
S.
S.
Sta
S.
S.
S.
S.
S.
S.
Sta
S.
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S.
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Sta
S.
S.
S.
S.
S.
S.
S.
S.

Medard
Optat
Margarida
Barnabé
Antoni de P.
Basilio
J.-F. Régis
Moudeste
Lambert
Olga
Gervai
Juliena F.
Louis de G.
Paulin
Maria d'O.
Jouan-B.
Prousper
Alban
Cresen
Iréné.
Pèire
Pàu
Tibàu

' Lu jou crèisson :
lou matin
2 m.
lou sera
i4 m.

VERMOUTH

�— 13 —

TROISIEME

AVOUST

JUL·IET
N.
P.
P.
D.

L'. lu Í, a
Q. lu 10, a
L. lu 18. à
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27
28
29
30
31

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5 oura 07 m.
9 oura 38 m.
6 oura 0" m.
9 oura 59 m.
53' — C. 7 55'

dim. S. Thierry
dira Vierg.de li Gracia
dij. S. Anatole
div. S. Pèire de L.
dis. S. Sisoès
Dim. S. Elie
dil. Sta Bahela
dim. S. Efrem
dim. Sta Felicita
dij. S. Pio
div. S. Jouan G.
dis. S. Gene
Dim. S. Jaque
dil. Festa Naciounala
dim. S. Enri
dim. N.D.d.M.Carmel
dij. Sta Marcelina
div. S FVederic
dis. S. Vincen de P.
Dim. Sta Margarida
dil. S. Vitor
dim. Sta Maria-Mad.
dim. S. Apoulinari
dij. Sta Cristina
div. S. Jaque
dis. Sta Anna
Dim. S. Pantaleoun
dil. S. Samsoun
dim. Sta Marta
dim. Sta Giulieta
dij. S. Gnaci de L.

1

Lu jou bàisson :
lou matin
3i m.
lou sera
26 m.

TRIMíJSTRBÎ

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Q.
L.
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SOULÈU.

1
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31

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0 oura 58 s.
i oura 03 m.
8 oura 27 s.
0 oura 18 m.
8 oura 38 m.
23' - c. 7 28'

div. S. Pèire-aï Ldis. S. Alfonso
Dim Inv. de S. Estève
dil. S. Domenica
dim. N. D. dei Nèu
dim. Transf. de J. C.
dij. S. Gaétan
div. Sta Batilda
dis. S. Camilo d. L.
Dim. S. Làuren
dil. S. Septima
dim. Sta Clara
dim. Sta Filoumèna
dij. S. Ousèhi
div. Asonmpcioiin
dis. S. Roc
Dim. S. Jouachin
dil. Sta Elena
dim. S. Ipoulita
dim. S. Bernar
dij. Sta Chantai
div. S. Pio V
dis. S. Filipe B.
Dim. S. Bartoumiéu
dil. S. Louis, r. V.
dim. S. Segoundo
dim. S. Cesari
dij. S. Goustin
div. S. Mederic
dis. Sta Rosa
Dim. S. Fiacre

Lu fou bàisson :
lou matin
43 mlou sera
55 m.

SETEMBRE
P.
P.
D.
N.

Q. lu 7,
t. lu 15,
Q. lu 23,
I,. lu 30,

SOULÈU. —

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1
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4

oura 06 s.
oura 46 s.
oura 30 s.
oura 57 m.

08' — c.

6 33'

1 dil. S. Gili
2 dim. S. Estève Pi.
3 dim. Sta Eufemia
4 dij. Sta Rosalia
5 div. S. Làuren J.
6 dis. S. Pambou
7 Dim. S. Grat
8 dil. Naiiv. de la V.
9 dim. S. Oumer
1U dim. S. Nicola
11 dij. S. Félis
12 div. S. Veran
13 dis. S. Amé
14 Dim. Es. d. l.S. Crous
15 dil. S. Nicomède
16 dim. S. Courneilla
17 dim.- Quatre-tèms
18 dij. S. Tournas V.
19 div. S. Janvié
20 dis. S. Eustache
21 Dim S. Matiéu
22 dil. S. Màurici
23 dim. Sta Tecla
24 dim. S. Girar
25 dij. S Firmen
26 div. S. Nil
27 dis. S. Nicandre
28 Dim. S. \\ inceslas
29 dil. g. Miquèu
30 dim. S. Jeromo
Lu jou bàisson :
lou matin
42 mlou sera
i.o3 m.

HâltlHI &amp; EdIIÏ

�- 14 QÜATRIÈ)MÍ:

OÜTOUBRE
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Léger
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Lu jou bàissoii :
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(i oura 35 s.
" oura 12 s.
7 oura 57 m.
1 oura
m.

42

6 30' — c.

4 30'

Ì dis. Toui lu Sunt
2 Dim. Lu Mouort
3 dil. S. Ubert
4 dim. S. Carlo B.
5 dim Sta Bertila
6 dij. S. Leounar

dis. S. Francès d'A.
5 Dim. S. Rousari
6 dil. S. Bruno
7 dim. S. Serge
Í
8 dim. Sta Reparada
8
9 dij. S. Denis
9
10 div. S. Francès B.
10
11 dis. S. Tarasco
11
12 Dim. S. Counrad
12
13 dil. S. Edouard
13
14 dim. S. Calisto
14
15 dim. Sta Teresa
15
16 dij. S. Ospici
16
17 div. Sta Edvija
17
18 dis. S. Luc
18
19 Dim S. Pèire
19
20 dil. S. Agricol
20
dim.
21
Sta Ursula
21
22 dim. S. Filip
22
23 dij. S. Teodoret
23
24 div. S. Magloire
25 dis. SS. Crespin Cr. 24
25
26 Dim. S. Joaan de K. 26
27 dil S. Frumeuce
27
28 dim. S. Alf'redo
28
29 dim. S. Narcisse
29
dij.
30
S. Marcel
30
31 div S. Siri
i 4

lot
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TRIÍ

div. S. Nestou
dis. Lu Quatre Incou.

Dim. S.
dil.
dim.
dim.
dij.
div.
dis.

Teodore

S.
S.
S.
S.
S.

Jacintou
Martin
René
Stanislas
Pantena
Sta Gertruda

Dim. S.
dil.
dim.
dim.
dij.
div.
dis.

Edme
Gregori
Alfè
Sta Babeta
S. Edmon
Présent, de la V.
Sta Cecilia
S.
S.

Dim. S.

Clemen
Sta Flora
Sta Catarina
Sta Pelfina
S. Maxime
S. Sostène
S. Saturnin
Dim. A vent
dil
dim.
dim.
dij.
div.
dis.

Lu jou bàisson :
lou
lou sera

DESÈMBRE
P. Q.
P. L .
D. Q.
N. L-.

SOULÈU. —

1.

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oura
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7 24' — c.

s.
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s.
s.

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dil. S. Eloi
dim. Sta Bibiana
dtm S. Francès X.
dij. Sta Barba
Bassi
div. S.
dis. S. Nicola

Dim

S. Anbrosi
dil Imac. Conception^
dim. Sta Leoucadia
dim. Sta Eulàlia
S. Damase
div. Sta Roselina
dis. Sta Lucia

Dim. S.

Niçaise
dil. S. Mesmin
dïm. S. Adon
dim. Quatre-tèins
S. Gatien
div. S. Ciprian
dis. S. Filogone
Dim. S. Tournas
dil. S. Onourat
dim. Sta Vitòria
dim. Cacha-fuec
dij. Calèna
div. S. Estève
dis. S. Jouan

Dim. SS. Iuoucent
dil. Sta EleoDOra
dim. S. Sabin
dim S. Sàuvestre
Lu jou bàisson de a5 m.
lou matin
e crèisson de 5 m. lou sera

TEBMOUTü

ART INI &amp;

lu
S, a
lu 18, a
lu 20, a
lu 27, a

�- 15 —

Grand Théâtre de Monte-Carlo
Directeur: R. GUNSBOURG

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�- i; -

CROUNICA NIÇARDA
L/'Armanac Niçart a la pèu dura, persègue la siéu publicacioun maugrà lu escoumbuï de la vida. Mi côu vougar an
jou d'ancuei quasi soulet ; la miéu pichouna barca s'enroquerà pas. Tant que pouôdi mi teni au timoun, la mar es
pas toujou marrida e lou ciel à Niça es souventi fès seren.
Siéu urous d'aver assoustat, li a quauque an fa, de
coulabouratour que despi an fach lou siéu pichoun camin,
siéu fier encara d'aver pouscut publicar d'obra inedichi,
e se la gloriola de passage pousquesse estre de quauque
près, dirii finda que Y Armanac Niçart es estat lou premier
à dounar ai siéu letour de doucumènt istourique, pouesia
d'ilustracioun de prima man.

* *
Despi lou camin es dubert ; li codo, peira e peireta soun
levadi dôu mitan, toui si soun abrivat e lou miéu pichoun
couloumbié es despi l'oura abandounat, après d'aver servit
de nidou à touplen... Que mi resta d'aquela splendour
efemera ?. .. Ren o pas gran cauva de bouon : la nota de
l'emprimur à pagar !... e l'amistà de quauque amie lu quai,
côu lou recounouisse, m'an souventi-fès encourajat quoura
moudeste escrivan, ai publicat un'oubreta. Ma se noun
mi resta ren autre, ai pas men counservat la cuirassa e lu
côu que lu criticaire pouôdon mi pourtar s'aplatisson couma
se piquesson su d'un pan de burre. Ai fach d'esfouors, ai
cresut estre utile au miéu païs, se tanti fès n'ai pas réussit,
s'ai fach faussa routa, es pas la bouona voulountà que m'a
mancat.. ; es autra cauva !... que lu miéu detratour, —
marridi lenga, — vouogon ben recounouisse.
li'Armanac Niçart es toujou estat poulit, respetuous ;
aima plesentar, si piha garda de mancar quauqu'un, fa minga
persounalità e se parla una fès cad'an es pèr respouondre en
aquelu que dintre l'oumbra e lou mistèri l'atacon.
%

�i8 —
— Èen que n'aigui pas de dènt assè longui, mastègui
eouma pouôdi, mi resta encara doui bouoi caisselà, e lou
batarèu en remerciant Dièu debana qu'es un plesi... Se
grafigni quauquifès caressi quoura côu, ma que voulès siéu
sensible, crègni lou catigolo, noun mi laïssi trapiar, pi ben
que sigui de pichouna estatura — un verp de terra — mi
laissi pas metre lu pen su la couota.
La miéu draparïa es minça, transparènta, cadun pôu
liège à través cenque vouoli dire e maugrà que lou miéu
mantèu sigui de lustrina tantu n'an pas agut vergougna
de s'en curbi quauqu an fa'.
D'Académicien niçart n'ai counouissut mai que d'un ;
aurïon fach aloura una maladia se noun li aiguessi estampat
la siéu prosa o pouesia... D'autre, lou noum m'escapa, la
si soun esbignada... Ai encara souta lu uès una longa courespoundença que lou prova ; qu mi reclamava d'estre en
prima pagina, lou siéu noum que ressourtesse ; qu mi pregava de li metre « lou tout d'a-gangui « ; e passi souta silenci
touplen d'autre imourtal niçart que si dïon fier, urous, flatat,
de couloubourar à Y Armanac Niçart... A toui li calïa un
noumbre d'esemplari — à l'uèi va sensa dire, à titre d'encourajament — e lou jou de l'aparicioun, à lu audi charrar,
eron élu la pèira foundamentala, avïon tout fach despi
Y A fin au B... La gaseta parlava d'élu... e toui su lou bastion
de repetar : « Lou tau ?... escriéu su Y Armanac. —
Eri de moda !...
p
[•

*
*

*

D'aquéu fra-tèms Y Acadèmia Nissarda si founda, lou
Nice-Historique coumença à pihar voga, e lou regretat proufessour Enri Sappia que sabia cen qu'era la vaca enrabiada,
em'un zèle que recounouissi douna au sièu païs predilèt
tout cenqu'un pur niçart pôu dounar.
S'au jou d'ancuei lou Nice-Historique si felicita de la
siéu prougressioun noun côu pas que denembra l'orne que
mai que d'una fès a manjat de maigre moucèu... Es en aquel
orne que devès lou Nice-Historique vouostre enfan d'adoucioun ; se fouguesse estre sincère, li a de veiità que soun
toujou penibli à dire, sensa Sappia Y Acadèmia Nissarda
noun esisteria ; e se persegui en lou miéu amour de la verità,
devès la vouostra esistença o foundacioun à touplen d'autre.

�- ig —
t,'Armanac vous devîa ben acô... Lou souveni s'efaça tant
facilamen !...
Ma laissen aquela charra, noun m'aura ajudat qu'à
coumençar la miéu Crounica.

*
* *
UArmanac Niçart ientra couma pôu en la siéu nouvièma
annada d'esistença. Se trouvas qu'es abihat de mieja sesoun,
vous dirai que n'es pas à la paluègna que si counouisson li
cebeta... Ai tengut cônte dei bouoi counsèu e mi presenti
couma d'usança ai miéu letour e letrissa em'au sourire su
li labra pèr vous racontar de pichouni istourieta, vous rememourar quauque prouverbi, que liegerès emé plesî.
"L,'Armanac Niçart pôu estre lijut da toui, gran e pichoui,
divertisse l'un, enteressa tantu autre ; frisa jamai la groussieretà, basta e se n'aiguesse qu'una qualità, — de défaut
degun n'es esènt, — aquela qualità de counservar lou nouostre
franc-parlà, vouoli dire la lenga de la maire qu'un noun
pôu francamen denembrar, la cansoun dôu brès que nen
cantavon lu nouostre vièi, e que couste que couste voulen menteni.

*
* *

L'Armanac Niçart publica cad'an una paja d'istoria
loucala inedicha que lou dot e fidèle coulabouratour M.
l'Abat Rance-Bourrey escriéu espressi per lu miéu letour.
e que lu letrat, bibliofile niçart liejon toujou mé devoucioun. L'an passat nen dounet Y Expulsion de Mgr Valperga,
en septembre 1792 ; aquest'an l'istourien nen douna : L'Installation de Mgr Colonna-d'I^tria, evesque de Nice, en 1802.
Es un doucumènt d'istoria loucala requist qu'enriquissera
li nouostri coulecioun.

*
* *

Publiquèri de paja de Y Armoriai Nobiliaire et Historique de
l'Ancien Comté de Nice et des Alpes -Maritimes, de Jousè
Casai (1907) ai finda emprimat en coulabouracioun d'aquestou, un Catalogue Alphabétique du fonds de Nice que si
trouva à la Biblioutèca de Niça, ensinda qu'una reempressioun dôu Discours sur le Monastère de Sainte-Claire de
Nice, pèr Honoré Pastorelli, publicat d'après l'édicioun
originala de Turin en 1608, em'una entroducioun e de

�20 —
nota de l'abat Rance-Bourrey. Lu counouissur, en 1908,
lauderen aquesta reedlcioun.
*
Nicœa Civitas

L'Armanac Niçart felicita caudamen Y Acadèmia Nissarda d'aver fach pareisse la premiera partida dôu NicaaCivitas de Gioffredo, en francès. Aqui de bouon'obre.
Traducioun commençada per lôu proufessour Enri Sappia,
coumplimen à l'abat Rance-Bourrey que l'a menada à bouon
pouort.Grafigni ma caressi eY Armanac Niçart que despi regardas coum'un bastardoun sau recounouisse lou beu dôu mau.
Rabaian toujou ; siéu urous de faire lou miéu mouloun,
pu tardi un nen tirera proufit.
*
* *
Aiira, car letour e charmanti letrissa, que vous dirai
de mai, farai couma lou papagau e vous répéterai couma l'an
passat :
Bouon prencipi
E mihour fin !
L'ARMANAC NICART.
LOU JOUIN'OME E LOI) BOUON VIEI
De gracia, empara-mi couma si fa fourtuna,
Demanda au paigran un jouin'ome ambicious.
— Li a, di lou bouon vièi, un camin glourious :
Es de si rendre utile à la cauva coumuna,
Proudigà vouostre jou, vouostri veia, talènt
Au servici de la França !
— Ah ! bèn pénible n'es la soufrança.
Vouoli de talènt men brilènt
— Ni a de mai segur : l'intriga.— Es trôu vile
Sensa travail vous diéu, vourii m'enriquî. ..
— Eh ben ! sigues simple embecile
N'ai vist mai que d'un réussi...
J. Eynaudi
(D'après Florian).

�—

LOU

LIOUN E

21 —

LOU

MOUISSIOUN

« Va-t'en, mesquin insècte, escremen de la terra ! «
Es ensinda que lou Lioun
Parlet un jou au Mouissioun.
L'autre li declaret la guerra :
« Ti penses, li diguet, que lou tiéu titre de rèi
Mi fasse pôu e que m'enquieta,
Un bôu de tu s'en manja sièi,
Lou fau marchar à la bagueta. »
A pena fenit lou discours
Que d'éu même souona la carga,
Siguet troumbeta, vincitour.
Ma prudènt si ten à la larga ;
S'abriva, toumba su lou couol
Dôu Lioun que rende miech fouol ;
Deven quasi furious e l'uès de bila esala
Rugisse, toui s'escoundon, tremouolon à l'enviroun ;
Aquel'alarma universela
Es cap-d'obra dôu mouissioun,
Un avourtoun de mousca en cent luec lou sarcela,
Lou pougne su l'esquina e pi su lou nasèu
Un autre suça lou narvèu.
La rabia si retrova, au soum es ja mountada,
L'envisible nemic trioumfla regardant
Que ni grifa ni dènt de la bèstia irritada
Lou metènt tout en sang, lou siéu dever faran...
Lou malurous Lioun s'esgarra à pichoui tros
Fa boulegar la couva pèr gagnar de terren ;
Es desperat, poù plus ; lou Rei deven balos,
La fatiga l'abate, si ve qu'es su li dènt...
L'insècte dau coumbat si retira mé gloria,
Couma sounèt la carga, entona la Vitòria,
Va pertout l'announçar, ma rescountra pèr camin
Una aragna en embuscada...
Dôu Mouissioun siguet la fin.
Que poudès ben pensar, que leçoun ensegnada ?
Dei vouostre gros nemic, de crègne lu pichoui
Sensa troù de fracas vous trïon lu peouï...
Ma se d'un gran dangié an pouscut si soustraire
Perisson pèr la mendre afaire.
J. Eynaudi (d'après La Fontaine).

�— 22 —

ME LCART

(1)

L'argènt de la Betica e l'ôr de l'Atlantida
Agnènt recompensad lei trabalh de Melcart,
Pojè, fôra Gadès, sus l'Océan bastida,
Vers lo pas gigantesc qu'avié saupud traucar.
Mai la mar rebaté son argulhos sicard,
'Mé d'ôrre temporau e, vela rebotida,
Sai barca, quatre luna, errèron à cercar
Lo camin drechurier dau pôrt qu'èron partida.
Aiora, en Astartè, reina dai Bahalim,
Vengué, pèr abaucar lei ventegas malin,
Saunar d'ôme, au ribage onte Agèu s'espalanca,
E lei pastre ligor, monegasca Calanca,
De ton rocas sanglant veguèron piei partir
Do legendàri eros de la superba Tir.
Lois Funèu.

SIGUESSES UN ARMANAC
Un proufessour de coulège estudiava ordinariamen
quatre a cinq oura cada jou. Couma era restat dintre lou
siéu cabinet mai long-tèms que d'abituda, la siéu mouhié
venguet lou trouvar :
— Siés aqui ma mia, que diès de nôu que noun sabi ?
— Diéu, moussu que vourii ben estre libre.
— E perquè ma mia ?
— Perquè li avès toujou lou nas soubre... noun avès
d'uès que pèr elu, li siés toujou après.
— As rasoun, vourii ben n'en faire autre tant pèr tu,
basta que siguesses un Armanac.
— Un armanac ?. .. e perqué ?
—■ Perqué ?... Cad'an pourii ti chanjar.
Jouan l'Ae.
(i) Melcart sè nbla aver estad un rei de Tir, deî ficad à la lônga,
qu'aurié menad lei navigador fenician vers la Ponènt mieiterranene e que
lei Greg, rabattant la tradiçion dai Pelasge, 'n-aurien fach son Ercule,

�— 23 —

MELCANT
(Revirad en Catalan)
—X—
De Bètica l'argent, d'Atlantis l'or sens mida,
havent recompensat son treball herculià,
feu via desde Gades, damunt l'Occià bastida,
fins al pas geganti que hi sapiguè badà.
Prô'l mar rebat, furient, sa dèria ergullosida,
ab hòrrides tempestes. Les veles va plegà
sa flota y, quatre llunes, errà com desvanida
del dret camí que mena al port S'hon va merxà.
A l'Astarté llavors, dels Bahalim regina,
li prega que apaybagui la ventada felina
y, en la costa d'Agèl, li fa oblaciô d'humans ;
Après ; cales de Monach y pastors ligurians !
de les sagnantes roques, hi vegereu partir
l'hèroe llegendari de la superba Tir.
Barcelona, Agost de 1911.
Doctor J. Plana / Dorca.

xxxxxxxxxxxxx:::xxxxxxxxxxxxx
LA

FAVOIJR DOU JUGE

Petou Merlussa e Gioan Tripetou, doui chicanur en l'a"
nima avion la semana passada una af aire davant dôu juge de
pax. Pèr s'aquistar la favour d'aquestou un li avia regalat
un bariéu d'oli e l'autre dounat un pouorc.
Lou juge si prounouncet en favour de Gioan Tripetou
que li aviat dounat lou pouorc. Couma pensas Petou Merlussa
era pas soudisfach e anet dôu juge si plagne.
Lou Juge. — Que voulès es intrat dintre la miéu maioun
un pouorc que a rout lou bariéu d'oli, siéu estat ben countrariat e.. . maugrà ièu, cresé-lou, v'ai denembrat.
Patusso.

�— 24 -

VA N D A L E S
L/Ordre des Frères Prêcheurs fondé au commencement
du XIIIe siècle par Saint Dominique se répandit très rapidemnt, surtout dans le Languedoc et dans la Provence.
Dès 1243 un couvent de Dominicains fut créé à Nice,
sur un terrain donné par Jordan Richieri, et une vaste église
s'éleva bientôt à côté du couvent.
Des Dominicains, on le sait, étaient de grands bâtisseurs, et les églises qu'ils ont élevées, dans la Provence,
sont les plus beaux modèles de l'architecture gothique :
il convient de citer en première ligne la splendide église de
Saint Maximin (Var), celle de Sainte Madeleine à Aix-enProvence, celle de Saint-Canat à Marseille.
D'église du couvent de Nice était de fort belles proportions et comptait parmi les plus vastes et les plus intéressantes de la ville de Nice, au point de vue architectural ;
l'église des Cordeliers, dite de Saint-François-le-Grand, qui
date à peu près de la même époque pourrait lui être comparée.
Aujourd'hui, Saint-François-le-Grand existe encore, mais le
vieil édifice a été profané, vendu et sert de remise et de magasin à fourrage.
Quant à l'église de Saint-Dominique, son sort a été plus
lamentable encore. Enlevée aux religieux qui l'avaient construite, elle fut pendant quelques jours, en octobre 1792.. le
siège du Club des Jacobins ; puis l'autorité militaire s'en
empara et elle servit de magasin à la manutention.
Mais, ainsi transformée, elle subsistait encore et pouvait, grâce à d'intelligentes réparations, être rendue à l'admiration des artistes et des archéologues. Au lieu de cela,
une Municipalité mal inspirée l'a fait démolir de fond en
comble et, aujourd'hui, il n'en reste plus pierre sur pierre (1).

(1)

Les amateurs et les collectionneurs, qui espéraient trouver, sous les
ruines de la vieille église des Frères-Prêcheurs, des objets précieux pour
enrichir leurs collections, ont été absolument déçus, car on n'y a trouvé,
paraît-il, qu'une quantité d'ossements et une petite croix en cuivre que
M. Moris, archiviste du département, conserve sur son bureau.
Et pourtant, n'y aurait-il pas encore des hommes intelligents qui renverseraient, sans regret, des monuments vénérables dans la conviction
que cette démolition permettrait de découvrir des choses plus intéressantes.

��C.I.D.O.

BtZIERS

�- 25 Sur son emplacement on a élevé le Palais de Justice dont il
vaut mieux ne point parler car il n'y a rien de flatteur
à en dire.
La ville de Nice a été ainsi dépouillée d'un des rares
monuments qui représentait dans cette contrée l'architecture religieuse du XIIIe siècle. Et il ne faut pas dire que la
Municipalité ne fut point avertie de la faute qu'elle commettait, car on peut lire dans le Bulletin Monumental publié
par M. de Caumont, Paris 1862, in-8°, 3e série, tome VIII,
pages 272-274, une très intéressante notice que nous reproduisons in-extenso :
L'ANCIENNE

EGLISE SAINT - DOMINIQUE
A NICE (1)
—X—

« En examinant attentivement l'ensemble de l'antique
Eglise de Saint-Dominique ; en voyant, à la nef et à l'abside
rectangulaire qui la termine, des ogives à peine accusées,
on serait volontiers tenté de déclarer que cet édifice appartient à la période de transition entre l'architecture romane
et l'architecture ogivale, c'est-à-dire au XIIe siècle.
« Mais, ici, il faut se départir un peu de la rigueur des
règles archéologiques et se bien rappeler que les contrées
méridionales, comme le Comté de Nice, ont été, au point
de vue architectural, presque constamment en retard sur le
centre et le Nord de la France.
« En effet, le monument dont nous parlons a été bâti
dans la dernière moitié du XIIIe siècle.
« A cette époque, suivant Gioffredo (Nicaa Civitas),
p. 182) Meynfroid étant évêque de Nice, les Frères Prêcheurs
de Saint-Dominique vinrent s'établir dans ce pays et construisirent un couvent et une église sur un terrain à eux donné
par un certain Jordan Richieri (2).
(1) Aujourd'hui transformée en remise et manutention militaire, cptte
église doit-être prochainement démolie. Sur son emplacement l'édilité
niçoise a formé le projet de bâtir un Hôtel de Ville.
(2) L'acte de donation est daté du i4 Avril 1243 ; il nous apprend que
le terrain donné était de quatre sétérées et qu'il était situé dans le lieu
nommé Seleya, à côté d'une léproserie — l'église de Saint Dominique a été
élevée plusieurs années après eette donation, vers 1260.

�— 26 —

« Par conséquent l'ensemble de cette vieille église est
à peu près contemporain de 1 a Sinte Chapelle de Paris, et
cependant d'après les carelltctèreacchitectoniques, on mettrait
cinquante ans d'interrva ase ren es deux édifices.
« Quoi qu'il en soit, l'église de Saint-Dominique fournit
un excellent horizon pour fixer les idées sur l'état de l'architecture religieuse dans le Comté de Nice au XIIIe siècle.
« D'arc en tiers-point y domine dans les voûtes, tandis
qu'au contraire le plein cintre y règne dans les portes et les
fenêtres.
« D'édifice dont nous parlons n'a pas l'abside arrondie
des monuments religieux du XIIIe siècle ; il se termine par
une muraille plate qui devait être percée de plusieurs fenêtres. Cette disposition se rencontre aussi dans quelques autres églises de France (Cathédrale de Poitiers, de Dol, de Daon,
Eglises de Saint-Serge à Angers, de Saint-André à Grenoble etc.) et dans un grand nombre d'églises rurales.
« Des murs de notre monument sont construits en petites pierres taillées carrément en briques. Il ne possède qu'un
petit nombre de contreforts. Des pilastres qui supportent
les voûtes reposent sur des socles carrés ; les chapiteaux
sont ornés d'une espèce de cordon. Une fenêtre seulement
a conservé son ornementation primitive, qui consiste en des
têtes de clous bien caractéristiques du XIIIe siècle.
« Une porte latérale (qui s'ouvre sur la ruelle de Saint
Dominique) offre un linteau porté sur deux chapiteaux à
décoration végétale et un tympan à plein cintre.
« Des voûtes qui n'ont pas 40 centimètres d'épaisseur,
sont jetées d'un mur à l'autre, avec une hardiesse admirable ; elles sont faites en petites pierres mêlées avec beaucoup de mortier.
|fs « Des arceaux de ces voûtes ogivales sont croisés ;
quelques-uns, néanmoins, sont parallèles entre eux et traversent la nef en ligne droite, de manière à séparer les travées, qui sont en nombre de cinq. Da retombée des arceaux
se fait au-dessous des fenêtres. Malheureusement ces fenêtres ont été bouchées, par un maçon ignorant au XVIIIe
siècle.
« En même temps, la façade de Saint-Dominique a
été refaite dans ce style bâtard que l'on a flétrit de Pompadour. Nous ne la décrirons pas.

�— 27 « Avant de terminer, qu'il nous soit permis, au nom des
traditions historiques que ce vieux monument rappelle de
supplier le gouvernement de l'Empire, si éclairé, si généreux,
de vouloir bien consacrer, chaque année, une modique somme à la restauration de l'antique Eglise de Saint-Dominique.
« Confiée aux soins d'un habile
architecte, d'un
Viollet-le-Duc ou d'un Dulion, cet édifice deviendrait
bientôt le plus curieux et le plus remarquable de Nice. »
A. Paul Simian
Membre de la Société française d'Archéologie.

*

*

*

Ces pages écrites par un homme très compétent, nous
apprennent les efforts tentés pour conserver la vieille église ;
efforts qui se heurtèrent malheureusement à un parti-pris
irréductible.
Rien depuis n'est changé dans les habitudes administratives, et les discours prononcés à la Chambre des Députés
le 25 novembre 1912 par MM. Barrés, Sembat et Reinach
nous ont édifiés sur la mentalité de tant de maires et conseillers municipaux dédaigneux des « monuments possédant
un caractère soit artistique, soit historique ou ayant tenu
une place dans l'existence nationale ou dans la vie locale
des communes françaises a.
Le Bourguignon.
XXXXXXXXXXXXX:::XXXXXXX XXX XXX

-

MEMORANDUM
Noum dei fidelié que esistavon à Niça en l'annada 1758 :
Castelli Onourat
Verani Ludovic
Baudo Antoni
Baudo Andréa
Gautiero Gaétan
Bottino Pierre.

Doneudo Giacinto
Carlino Pierre
Ricciart Nicolas
Bottino Jousè
Daviga Anna-Maria

Toui naissut à Niça, cheto Ricciart natiéu de Touloun,
ma essent à Niça despi longa data.

�— 28 -

PEI VULGARI
Aguia
Aguïat
Alolonga
Amendola
Amploua
Anfossa
Ange
Anguila
Aragna
Arendoula
Argentin
Argentin dentat
Aurada
Aurin
Badona
Barbùo
Bardoulin
Baveca
Bavoua
Bavoua d'arga
Belugan
Besuga
Bissa
Bissa de mar
Blada
Blaviè
Botta
Boucarougia
Boudroi
Boni tou
Buga
Bugaravella
CaUgneiris
Capelan
Capoun
Capoun glaune
Cardaira
Cardouniera
Carmarina
Castagnola
Cat
Cavaluca
Cavàu
Cieucla
Clavelada
Coffre
Courpatà

DE LA MAR DE NIÇA

Cuorp
Daurada
Dorât
Dormigliana
Durgan
Emperator
Esperlin
Fanfre
Fanfre d'America
Fanfre negre
Fero
Ferrassa
Felat
Figon
Framo
Floussada
Fournie
Fumo
Galineta
Galina
Gastaudela
Garaman
Gatta
Gatta d'arga
Gerle
Gerle blaviè
Gerlessa
Gianeli
Girela
Girela turca
Giugarèu
Gobo
Gobo blanc
Gobo jaune
Gobo rouge
Gora
Granadié
Grana
Gros argentin
Grounc-manca
Grounc negre
Grugnau
Lambardà
Lambert
Lamea
Launo
Lamprua

Lampuga
Langanèu
Leccia
Lernia
Lico
Liccio
Lente
Loubas
Loubas negre
Lucco
Luccion de mar
Lussi
Claire d'amploua
M alarmat
Martèu
Masca dei amploua
Masca
Melantoun
Melet
Meleta
Merlan
Miraiet
Mipolo
Moissin
Mora
Moleto
Monge
Monge clavelat
Monge gris
Monge rous
Morena
Morena sensa espina
Mourre agut
Merou
Mostela
Mostela blanca
Mostela de font
Mostela de roca
Mostela negra
Mourmena
Mugio carida
Mugio daurin
Mugio flaveton
Mugio labru
Muola
Muôu
Nissola

�- 29 Nonat
Nonat negre
Ombrina
Orghe
Ouriôu
Padre
Padreto
Pagèu
Palamida
Palloun
Pampaloti
Pastinaiga
Pei can
Pei cuor
Pei mourre
Pei spada
Pei cafre
Pei fuorca
Pei d'America
Pei puorc
Pei ratou
Pei San Pèire
Perça
Perça de mar
Pintou roussou
Pissoua
Pintosso

Pouorc
Pourc-marin
Poutassôu
Poutassôu gros
Poutassôu rero
Poutura
Rasa
Rascassa
Rasouar
Ravela
Rombo
Rombo clavelat
Roucairôu
Rouchié
Rouget
Sardina
Sargo
Sargo rascas
Sarpanansa
Sarpa
Seropena
Seriola
Sera
Serran
Serro
Sola
Sola d'arga

Sola de font
Sola de roca
Soufio
Stocaûc
Streglia
Striglion
Sturion
Sublaire
Suc blanc
Suc cagnenc
Sussapega
Tenca
Ton
Tono
Tordo
Tordo blu
Tordo d'arga
Tremoulina
Trombeta
Truita
Troncio
Ugliassou
Vaca marina
Vacheta
Verdoun
Verrat

Lu moyen de pesca emplegat su la nouostra couosta
soun : la savegd, bresin, gangi, entremail, lou sourrin
(arrêt à maïa simpli ; diversi lounguessa), la màndraga,
tonnairà, la reclara, la mugeliera, lou palangre e la
ndssa.

xxxxxxxxxxxxx:::xxxxxxxxxxxxx
PROUVERBI, BOUOI MOT, COUNSÉU E DICH
Qu noun pâtisse
Noun coupmatisse.
La belessa es lou mirai dei fouol.
Qu noun a testa a camba.
A fouorça de courre un ri roumpe lou
Cada couinié a la siéu saussa.
Lou bouon vin a pas besoun d'ensigna.

mourre.

�- 30 —

COU QUE TITOUN FASSE..,
Bonifassi dintre lu siéu manuscrich douna una memòria
que avia retrovat dintre de viéi papié laissât pèr soun
paire. Es una paja que trova ben la siéu plaça dintre

l'Armanac Niçart. — Transcriví :
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Z4

1807 — 2 Mars. — Si Titon a fait ce qu'il suit :
A enté les coudonié et pommiers ?
Les fève sont seucladoi ?
A bêché les souches ?
A retiré les souches qu'elles ne touchent les orangers.
La rare Baudoin les souches sont en ligne ?
A ôté la souche de l'olivier du chemin.
Les souches en allant chez Toudon touchent-ils les
arbres orangers ?
Les figuiers en général sont-ils bien arrangés ?
La figuiere du pr camp qui touche l'olivier et celles
en allant vers Toudon sont bien arrangées ?
l/'asseti du garderobe est bien arrangé ?
L'asseti du Petoulin a bien arrangé la ftguiera ?
Les deux planton galofrié p. Bonet ?
A mis les prunières a l'asseti du jardin, et le fortifier, et le serrer bien en cannes ?
Lever au plutôt les giarres et y placer les orangers ?
La laupio de l'amandier est faite ?
S'il a arrosé avec l'eau des lartins le Paumolin ?
Combien li a encore des oliviers à arroser ?
Grande partie de l'eau du puits.
Ce qu'il a fait à l'enclos devant la cabane.
Qu'il arrose les violettes de cyprès et les bêcher.
Le rondeau de dessus l'asseti en face de la grande
porte qu'il la degerbe et l'arrose.
Les violettes de M. Guillonde les a prises ?
L'instruire pour escarassoner bien l'allée de la grande
porte.
Les escarasson et fourcoulo d'olivier a pin de Fabron
est allé a les prendre ?
Nettoyer bien le cal du bois et arranger bien les
pierres.

�- 3î 25 Les aloès et figues de turc son plantées à la ribe
de Toudon, au pas d'Erene et au portai ?
26 Si quelques prunière du rond du portai sont coupées toutes de la même hauteur ?
27 L'asseti proche de la cabane ?
28 Le plantier est-il commencé ?
29 Y a-t-il de fumier et de rame pour le plantier ?
30 A-t-il escarrassonné le plantier ?
31 Sont mesurées les sauloi justes du plantier jusqu'aux
prunières qui forment l'allée ?
32 Les galofrié sur l'aberge en gerbe chaque 5 a 6 pan
un planton et un pan et 3/i du bord de dessus ?
33 Les mourceaux du 3e camp qu'il couvre l'aberge
de terre pour que les olives ne se perdent pas
et lui aporter les pierres de l'entour ?
34 Netoyer la rare de la Veuve Mannel jusqu'à la cabane ?
35 Arranger les morceaux de baus de gif de dessous
M. Garidery, qu'il touche l'olivier ?
36 Quand aura bêché les olivier et fini de semer ?
37 Netoyer les pierres qui sont dessus M. Fighiera à
la taule neuve et lui mettre pour le moins
una baril et une grande corbe fermer chaque,
les 4 oliviers de la taule neuve ?
38 L'asseti en nicia au baus en face de lierre ?
39 L'asseti au baus de gip en face du levant ?
40 Les degrés de deux côtés de la taule de 3 oliviers
dessous M. Fighiera ?
41 La ribe d'Antoine Erena l'escarper un peu plus ?
42 Oter les passages d'Erena, ou il faut une petite berge
de 5 à 6 pans ?
43 Netoyer la ribo, et les pierres du clapié de devant
Erène pour ne pas perdre les olives ?
44 Défricher et mettre une canne au carrobié d'Erena.
45 Tirer la file à la ribo d'Erena, et aux lieux ou fait
de vuide lui mettre de gerbes des dessus dite
ribo, l'arranger au mieux possible ?
46 La rare des arbres sitronié sauvage le tirer d'un bout
à l'autre qu'elle fut planiero qu'il ne s'aperçoit
pas que dit terrain monte ce qu'il faut bien tirer
la fille bien tendue ?

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La grupio de la saumo est-elle arrangée ? L/encreno de la tourtoiro dou pourchié es facio ?
L/encaladat de davau lo pourquié es arangiat ?
Voir de transplanter les trois plantun aussipré ?
Voir de rebrondar les aussiprés de Toudon, au portai,
ceux dou noghié et ceux d'Ereno ?
Entreprendre au plus-tôt l'asseti en dedans au
baus de plâtre à la ribo d'Antoine Ereno ?
Une visite s'il a lié bien aux escarrasson a peo
les perieres, pruniervi et peseghié ?
S'il a coupé tous les arbres que passent aux planches.
S'il a accoummodé le dernier berge du camp ?

Cresi que lou paure Titoun em'aquela patardela noun
aiguë ren denembrat, lou manuscrich lou di pas, ma s'aco
fouguesse courïa lou coumpatî.
X. X. X.
XXXXXXXXXXXXX:::XXXXXXXXXXXXX

IN IZZA-LA-BEL LA
Ailleurs l'hiver sévit, et le ciel y déploie
Un voile d'ombre obscur sur les fronts soucieux ;
Ea Jeunesse elle-même, à la tristesse en proie,
Y semble renoncer à ses ébats joyeux :
Ici le printemps règne éternel, l'air flamboie,
Caressante, le mer y réfléchit les cieux,
Et la terre embaumée étale en pleine joie
Sa parure de fleurs pour le charme des yeux.
Mais combien jure avec ses hôtes,— qu'on envie ! —
Ce cadre de beauté, de lumière et de vie !
On dirait à les voir grelotter au soleil,
Qu'un dieu jaloux y pousse et chaque jour amène
Tous les produits de la décrépitude humaine,
Habitants pour demain de la nuit sans réveil !...

�A.-J. RANCE-BOURREY

INSTALLATION
DE

Monseigneur

Colonna-d'Istria

EVÊQUE DE NICE

25 Fructidor an X

Armana Niçar 1913

(12 Septembre 1802)

����Installation de MGR Colonnad'Istria
ÉVÊQUE DE NICE
25 Fructidor an X (12 Septembre

/802)

A la fin de septembre 1792, Mgr Charles-Eugène Valperga di Maglione, pour obéir aux ordres du général d'Anselme, commandant l'armée française qui venait d'occuper
Nice, quitta cette ville dans les conditions que j'ai racontées
précédemment (1).
Dix années plus tard presque jour pour jour, un nouvel
évêque était solennellement installé avec le concours de toutes les autorités civiles et militaires par un autre général,
préfet du département des Alpes-Maritimes, M. de Châteauneuf-Randon.
Fa Révolution avait passé ; la guerre religieuse avait
fait son temps et le peuple français réclamait le retour de
la religion longtemps proscrite.

*
* *
Fe 15 juillet 1801, le Premier Consul Bonaparte avait
conclu avec le Pape Pie VII une convention qui fut ratifiée
à Rome le 15 août suivant. Fe 10 septembre, les ratifications
furent échangées à Paris et le 4 octobre, arriva dans cette
capitale, le cardinal Caprara, légat a latere muni des pouvoirs
les plus étendus. Fe Premier Consul le mit immédiatement
en rapport avec Portalis, conseiller d'Etat, qui fut chargé
par un arrêté du 16 Vendémiaire an X (8 octobre 1801) dt
toutes les affaires concernant les cultes. Fa convention conclue

(1)

Voir VArmanac Niçart de 1912.

�VI

entre le Gouvernement français et le Pape fut transformée en
loi de l'Etat le 18 Germinal an X (8 avril 1802). Quelques jours
après, le Concordat fut publié solennellement dans l'Eglise
Notre-Dame de Paris (18 avril 1802), jour de Pâques.
Une proclamation du Premier Consul annonça aux Français ce nouveau bienfait qu'il avait voulu faire coïncider
avec la conclusion de la Paix générale. Fes préfets reçurent
l'ordre de promulguer chacun dans leur département, tout
à la fois, le Concordat et la Paix.
Châteauneuf-Randon le fit sans retard, et, par une circulaire du 9 Floréal (1) (29 avril) il prescrivit de donner à
cette publication toute la solennité possible. Ce fut dans le
département des Alpes-Maritimes, et spécialement à Nice,
une véritable explosion de joie, car ce département avait été
littéralement réduit aux abois par une guerre qui durait
depuis dix ans. Un témoin oculaire, l'abbé Joseph Bonifassi,
alors attaché au clergé de la Cathédrale, écrit dans ses Notes
sous la date du 2 mai 1802, n° 2640 : « Solenne Te Deum
« al Duomo coll' intervento di tutte le autorità Civili, Giudi« ziarie e Militari al suouo délie campane colla lettura délia
« legge orgànica e del Concordato seguito tra Pio VII e il
« i° Console.
N° 2641 « I buoni cittadini, di cui abbouda ancora il paese
« hanno provato una gran gioia a questo nuovo e tenero
« spettacolo. (2). »
Fe 26 Floréal an X (16 mai 1802) un Te Deum solennel
pour la paix fut chanté dans l'Eglise Saint-Augustin et les
autorités constituées y assistèrent escortées par la Garde
nationale qui,selon l'usage ancien, fit trois décharges de mousquetterie devant l'église. (3).
Deux mois après, on célébra la fête du 14 Juillet, et,
dans toutes les communes du département, par ordre du
(1) Arch. départent des A.-M. Circulaire du 9 Floréal (29 avril)
avec le programme de la journée du dimanche 12 Floréal (2 mai
1802).
(2) Archives Mxmicipales d.e Nice, Manuscrit de l'Abbé Joseph
Bonifassi, volume B : Sommario délie Notizie storiche di Nizza e suo
Contado dalli 28 Settembre 1792 sino al corrente 1820.
(3) Arch. Municip. Correspondance du maire, lettre au général
lîberlé commandant d'armeSj 25 Floréal an X (15 mai 1802).

�vn

Préfet (i), cette fête fut à la fois civile et religieuse. On
reprenait ainsi les vieilles traditions du pays qui associaient
toujours la religion aux réjouissances publiques.

*
* *
La solution des questions importantes et multiples
que soulevait l'organisation du régime concordataire demanda
beaucoup de temps et beaucoup de négociations. L'habileté
et l'esprit de conciliation de Portalis et de Caprara aplanirent
toutes les difficultés, et, à la fin de 1802 la nouvelle organisation de l'Eglise catholique en France fut heureusement
terminée. Par le Concordat, l'Eglise catholique avait
retrouvé une existence légale
rétablie sur de nouvelles bases. L'ancienne organisation des diocèses avait été
supprimée : tous les évêques devaient donner leur démission(2)
et le Gouvernement français devait présenter à l'institution
du Pape les nouveaux titulaires des évêchés rétablis d'un
commun accord. D'une manière générale, les divisions ecclésiastiques furent calquées sur les divisions civiles, et chaque
évêché nouveau comprenait un ou deux départements.
Le département des Alpes-Maritimes forma à lui seul
le diocèse de Nice alors que l'archevêché d'Aix dont il devint suffragant comprenait les deux départements des Bouches-du-Rhône et du Var.
Le nouveau diocèse englobait tout l'ancien Comté, de
Nice dont diverses parties étaient, avant 1792, comprises
dans les diocèses supprimés de Glandèves et de Vence, et
(1) Arch. départent. K 4. Arrêté très détaillé du 18 Messidor
(7 juillet) relatif à la célébration de la fête du 14 Juillet (25 Messidor)
f° 114.
(2) Elle leur fut demandée par un bref collectif du 15 août 1801
commençant par les mots Tarn multa. Ce bref fut envoyé à tous
les évêques par les soins de la Seçrétairerie d'Etat pontificale
et par ceux du Ministère des Affaires Étrangères de France. Je renvoie pour tout ce qui concerne le Concordat à la publication faite
sous les auspices de la Société d'Histoire diplomatique par M. le
Comte Boulay de la Meurthe : Documents sur la Négociation du Concordat, 5 volumes in.-8°, publication à laquelle j'ai collaboré. Voir
en particulier pour l'affaire des démissions le tome iv paru en 1895.

�VIII

dans celui de Vintimille (i). Il recevait donc de ce fait ur
très notable agrandissement.
Mgr Hachette des Portes, évêque de Glandèves était
mort en ex:l à Bologne en 1798.
I/évêque de Vence, Mgr Pisani de la Gaude, réfugié
en Italie, avait donné sa démission qui fut mentionnée au
Moniteur du 25 novembre 1801.
Le siège de Vintimille était vacant par la mort du dernier titulaire Mgr Dominique-Maria Clavarini, décédé en
cette ville le 1er octobre 1797. Le vicaire capitulaire Antoine
Truchi se démit le 14 juin 1802 de sa juridiction sur la partie
de ce diocèse qui fut incorporée au nouveau diocèse de
Nice (2).
De son côté l'évêque de Nice, Mgr Valperga, retiré à
Turin, dans sa famille, n'avait cessé d'administrer son diocèse par l'intermédiaire de délégués qui furent 'd'abord :
Honoré Navello, chanoine, curé de la Cathédrale, puis le
chanoine Joseph-Ignace Garidelli, du mois de décembre
1792 au mois de janvier 1800, et enfin, Jérôme Rossi qui,
au moment du Concordat, était investi légitimement des pouvoirs de pro-vicaire général.
Mgr Valperga eut assez tard communication officielle
du bref Tarn multa que le cardinal Caprara lui envoya de
(1) Voir Nicœa Civitas de Gioffredo. Prolégomènes chap. xvn,
villes et paroisses du Comté et du diocèse de Nice, et chap. xvin,
autres localités du Comté de Nice comprises dans des diocèses étrangers.
Voir aussi la Relation présentée au Pape Pie VII par Mgr Colonna
sur l'état de son diocèse après sa première visite sous la date du icr
août 1806 dans la Raccolta di decreti, moniti, pastorali, ecc. de Mgr
Colonna publiée par l'Abbé de Villa-Rey, Nice. 1831, tomel p. 75-98.
(2) La démission fut donnée par acte authentique du Chapitre
assemblé le lundi 14 juin 1802 : étaient présents les dignitaires :
Antoine Truchi, prévôt et vicaire capitulaire ; Philippe Viale archidiacre et pénitencier ; Antoine Guglielmi, primicier, et les autres
chanoines. Le bref Tarn multa n'était parvenu à Vintimille que le
8 juin et le Chapitre déféra sans retard au désir du Pape. Antoine
Truchi adressa le jour même la démission à Mgr di Pietro, secrétaire
de la Congrégation des Affaires de France à Rome, et en avisa le Préfe.
des Alpes-Maritimes. Arch. du Vatican et Arch. départ, des A.-Mt
V 18. Voir Rossi, Storia délia Cilta di Ventimiglia, un vol. in-8°,
Oneglia 1888, pages 317-318.

�IX

Paris le 30 novembre 1801 ; mais dès qu'il l'eut reçu, il s'empressa de donner la démission demandée (1) (13 décembre).
Le cardinal Caprara la communiqua à Portalis qui l'a fit
insérer au Moniteur du 3 janvier 1802.

*

* *

-

Par la démission des évêques les diocèses de France
risquaient de rester sans administration. On s'en préoccupa
à Rome, et il fut décidé d'abord que le Cardinal-Légat serait autorisé à maintenir les vicaires généraux en exercice
ou bien à en désigner de nouveaux en cas de besoin (2).
Caprara pensa qu'il valait mieux proroger les pouvoirs
ordinaires donnés par les évêques démissionnaires auxquels,
avec l'agrément du Pape, il conserva l'administration de leurs
diocèses jusqu'à la prise de possession par les évêques concordataires. C'était leur donner une marque de confiance
bien méritée et éviter en même temps de graves difficultés.
Chaque évêque démissionnaire reçut avec le bref pontifical de remercîment (3) une lettre particulière du Légat
l'informant de la mesure adoptée.
(1) La démission de Mgr Valperga est datée de Tur n, 13 décembre 1801. L'original écrit en latin se trouve aux Archives Vaticanes. On y voit que le bref Tarn multa ne fut envoyé à Mgr Valperga
de Paris que le 30 novembre 1801 par le Cardinal-Légat Caprara.
Celui-ci écrivit à Consalvi le 2 janv er 1802 une longue lettre citée
par Boulay de la Meurthe tome iv, pages 528-532 : au cours de cette
lettre le Légat annonce en particulier qu'il est informé authentiquement que les évêques de Meaux et de Châlons-sur-Marne ont envoyé
directement leur démission au Pape et qu'il en a averti le Gouvernement en lui remettant la démission de î'Evêque de Nice dont il envoie ce jour même l'original à Rome en expliquant que si cette démission est un peu tardive c'est que l'Evêque de Nice n'avait pasreçu
plus tôt le bref Tarn multa.
(2) Consalvi a Di Pietro, lettre du 4 octobre 1801. Arch. du
Vatican.
(3) Ce bref Novum et luculentum fut préparé à Rome et toutes
les phrases en furent soigneusement étudiées. Il port la date du 7
novembre 1801 et fut envoyé par Consalvi à Caprara le 11 II fut adressé
successivement à tous les évêques démissionnaires. Il a été très souvent reproduit. Voir Boulay de la Meurthe, op.
cit tome iv,
passim.

�X

Ive 13 décembre 1801, le Légat adressa à tous les vicaires généraux une circulaire pour les engager à conserver
leurs fonctions jusqu'à nouvel ordre (1).
En vertu de cette mesure générale, Jérôme Rossi continua à exercer les pouvoirs précédemment reçus de Mgr
Valperga ; mais sa juridiction ne s'étendait naturellement
que sur l'ancien diocèse de Nice.
Il était cependant nécessaire que les paroisses ajoutées
nouvellement eussent un supérieur ecclésiastique et le Premier
Consul avait posé en principe qu'aucun évêque dont le siège
était à l'étranger rie pouvait exercer sa juridiction sur une partie quelconque du territoire français.
En conséquence, les paroisses détachées du diocèse de
Vintimille durent passer sous la juridiction de Jérôme Rossi
qui se mit d'accord en juin 1802 avec le vicaire capitulaire
Antoine Truchi.
A cette date d'ailleurs, l'évêque concordataire de Nice
était déjà désigné et Rossi, qui était entré immédiatement
en relation avec lui, ne tarda guère à en recevoir les pouvoirs
de vicaire général, ce qui lui donna juridiction sur toute
l'étendue du nouveau diocèse. Une circulaire du préfet,
en date du 14 Thermidor (2 août) en informa officiellement
les sous-préfets et les maires (2) et, le 4 Fructidor suivant
(22 août), Rossi prêta solennellement entre les mains du
Préfet à la Cathédrale, le serment prescrit par les articles
18 et 25 de la loi du 18 Germinal (3).

* *
Les nouveaux évêques nommés par le Premier Consul
furent institués provisoirement par le Cardinal-Légat qui
avait reçu tous les pouvoirs nécessaires. Le Pape se réservait
de ratifier ultérieurement cette institution. Seul, parmi les
60 évêques de la nouvelle organisation, Mgr Colonna d'Istria
(1) Arch. Nationales A F IV 1894; Annales Philosophiques,
t. IV, p 259 et de nombreux ouvrages imprimés depuis.
(2) Arch. départ. M. 17. Circulaire du 14 Thermidor an X (2
août 1802) aux sous-préfets et aux maires.
f P (3) Voir l'arrêté du Préfet du 3 Fructidor an X (21 août 1802)-,
Arch. départem. K 4 f° p. 141.

�XI

qui avait été appelé à l'évêché de Nice par arrêté du Premier
Consul, en date du 19 Germinal an X (9 avril 1802), en même
temps que Mgr Sebastiani délia Porta, oncle du maréchal Sébastiani, était désigné pour l'évêché d'Aj acció (1), fut institué directement par le Souverain Pontife
et préconisé au Consistoire du 24 mai 1802. A cette époque,
Mgr Colonna se trouvait à Rome depuis plusieurs années.
Jean-Baptiste Colonna d'Istria, né à Béchisano, diocèse
d'Ajaccio, en 1758 appartenait à une noble famille de Corse,
apparentée, peut-être, à la famille Bonaparte. Après ses études classiques, il vint à Aix-en-Provence achever le cours de
ses études en théologie. Ce fut dans cette ville que, avec l'autorisation de son évêque, Mgr Benoît-André Doria, il fut
promu au sous-diaconat le 20 décembre 1783, puis au diaconat le 5 juin 1784. Enfin, il reçut l'ordre de la prêtrise au mois
de juin 1785.La même année, il se rendit à Pise où il séjourna
assez longuement, puis à Florence ; enfin au commencement
de 1798 au plus tard, il vint à Rome où il résida durant la
période agitée qui s'écoula depuis l'enlèvement de Pie VI
en juillet 1798 jusqu'à l'entrée dù Pape Pie VII dans cette
capitale au mois de juillet 1800. Il assista ainsi à l'essai,
d'ailleurs très malheureux, que le Directoire fit du régime
jacobin dans la capitale des Papes (2). Il s'y rencontra probablement avec son compatriote le général Cervoni dont
un oncle était alors recteur du Jésu, remplaçant les Jésuites.
Les prêtres corses étaient très nombreux à Rome et il semble
que les meilleurs rapports se soient établis entre eux et les
officiers du corps d'occupation français.
(1) Arch. Nationales A P IV 60. Quatre autres décrets des 8 et 9
avril avaient pourvu 45 évêchés.
Le maréchal Sébastiani (1772-1851) alors colonel de dragons
était en grande faveur auprès de Bonaparte depuis le 18 Brumaire
auquel il avait pris une part active. Il était originaire du village La
Porta d'Ampugnano près de Bastia, et était paraît-il parent de Bonaparte qui appréciait ses grandes aptitudes, car à la fin de 1802, il le
chargea d'une importante mission à la fois politique et militaire
à Constantinople. Mgr Louis Sébastiani délia Porta fut évêque d'Ajaccio jusqu'à sa mort arrivée le 5 mai 1833.
(2) Voir Dufourcq. Le Régime Jacobin en Italie. Etude sur la
République romaine (1798-1799). Paris, Perrin'et Cic 1900,"un vol.
in-8°.

�XII

Mgr Colonna dTstria n'avait occupé aucun poste important ; il était éloigné de la France depuis de longues années et n'y était point rentré, (i) On est amené naturellement
à se demander comment et pour quel motif le choix du Premier Consul se porta sur lui.
Portalis, qui était comme on le sait d'Aix-en-Provence,
avait-il connu et apprécié le jeune prêtre corse ? Fes généraux Cervoni et Sébastiani, ou Masséna l'avaient-ils recommandé ? Fesch, oncle de Bonaparte et Joseph, son frère
qui se disait quelques années après « l'ancien ami » de l'Evêque de Nice, auraient-ils proposé Mgr Colonna au choix
du Premier Consul qui peut-être du reste le connaissait
personnellement ? Autant de questions difficiles à résoudre.
Fes bulles de Mgr Colonna d'Istria furent expédiées
à Rome sans aucun frais (gratis etiam ŷro scripturâ) sous la
date des 24 et 25 mai 1802.Elles furent remises au nouvel
élu (2) qui peu après se rendit à Paris pour prendre les instructions du Cardinal-Légat et celles de Portalis.
Mgr Colonna reçut la consécration épiscopale le 11
juillet 1802, cinquième dimanche après la Pentecôte, dans
l'église des Carmes (actuellement 70, rue de Vaugirard) que
Mme de Soycourt avait rachetée avec le vieux couvent,
témoin des massacres de Septembre, pour y réunir une communauté de Carmélites. Le prélat consécrateur fut Mgr
Antoine-Xavier Maynaud de Pancemont, évêque de Vannes,
assisté de Mgrs Louis Sébastiani délia Porta, évêque d'Ajaccio, et Hilaire-François de Chevigné, évêque de Séez (3).
(1) Dans l'enquête de l'an IX, Arch. Nat. F 19 865, on trouve
une liste des prêtres recommandables envoyée à Chaptal, ministre
de l'Intérieur, par le préfet du Liamone et datée d'Ajaccio le 18
Fructidor an IX (5 septembre 1801 ) ; on y lit : Colonna dTstria,
40 ans, domicile Bechisano (Corse), prêtre qui a émigré pour ne pas
vouloir prêter le serment, il n'est pas encore radié, ni rentré dans le
département.
(2) J'ai vu ces bulles au nombre de 7 dont 5 sur parchemin
et 2 sur papier aux A rchives du Chapitre réunies sous une même bande
avec une copie du décret détachant Nice de la Métropole d'Embrun
et l'unissant à celle d'Aix. La bulle est datée du 3 des Calendes 29
novembre 1801) et le décret de Caprara, de décembre est du 9
avril 1802.
(3) D'après un certificat délivré par Mgr J.-B. du Belloy, arche
vêque de Paris, le 16 juillet 1802. Arch. du Chapitre de Nice.
s

�xm
Le ier Thermidor an X (20 juillet 1802) Portalis avisa
le Préfet des Alpes-Maritimes de la nomination de Mgr
Colonna à l'Evêchè de Nice, en le prévenant que le nouvel
Evêque arriverait bientôt.
CONSEIL D'ETAT
Paris, le Ier Thermidor, an 10 de la République
(20 Juillet 1802)

Le Conseiller d'Etat chargé de toutes les affaires concernant les Cultes,
Au Citoyen Préfet du Département des Alpes-Maritimes
à Nice.

« J'ai l'honneur, Citoyen Préfet, de vous annoncer que
« le Premier Consul a nommé à l'Evêchè de Nice le C.Colonna.
« Il se rendra bientôt dans son diocèse, je l'ai bien
« assuré qu'il recevra de vous le concours le plus efficace
« pour y parvenir à l'exécution de la loi bienfaisante du
« 18 Germinal dernier (8 avril 1802).
« J'ai l'honneur de vous saluer.
« PORTALIS (1) ».
Cette lettre parvint le 13 Thermidor (1er août) à Châteauneuf-Randon qui y répondit le même jour. Dès le lendemain il adressa aux sous-préfets et aux maires du département une circulaire pour les informer de la prochaine
arrivée de l'Evêque et de la désignation de Jérôme Rossi
comme Vicaire Général que tous les prêtres du diocèse devaient désormais reconnaître comme leur seul chef hiérarchique (2).
Le 10 Thermidor an X (29 juillet 1802) Mgr Colonna
avait écrit directement au Préfet :
(1) Arch. départem. série V, liasse 2. Voir Gallois-Montbrun.
Notice administrative sur Mgr Colonna dTstria, évêque de Nice.
Nice, Cauvin 1871, in-12 de 22 p.
(2) Arch. départem. M. 17. Circulaire du 14 Thermidor an X
(2 août 1802) dont la minute est entièrement de la main du Préfet.

�XIV

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Paris, io Thermidor an X.
(29 juillet 1802).
« Citoyen Préfet,
« J'ai appris par lettre du 19 Prairial (8 juin 1802)
du citoyen Rossi, Pro-Vicaire général du diocèse de Nice,
que vous aviez destiné l'ancien Evêché pour mon habitation et que vous alliez dans peu la meubler. J'espère,
en conséquence, le trouver tout prêt, au commencement
du mois prochain, et dès à présent je vous en témoigne
ma plus vive reconnaissance.
« Recevez-la, je vous prie, Citoyen Préfet, comme un
gage de l'amitié que je vous ai déjà vouée, et qui ne saurait
être trop intime pour le bien de la religion et de l'Etat ;
c'est de notre accord que dépend la tranquillité et le bonheur du département ; je le regarde comme un de mes devoirs les plus essentiels, aussi me prêterai-je de toutes mes
forces à tout ce qui peut y contribuer. Veuillons bien le
seconder, citoyen Préfet, cet esprit d'union et de paix,
et nous attirerons les bénédictions du ciel et de la terre.
En attendant je vous prie d'être persuadé de la sincérité
de ces sentiments, tandis que je suis avec la plus parfaite estime.
« Votre très humble et très obéissant serviteur.
« COLONNA D'ISTRIA,
« Evêque de Nice (1). »

Châteauneuf-Randon répondit de suite en assurant
l'évêque de son absolu concours. Cette lettre mérite d'être
citée en entier :
21 Thermidor an X.
(9 août 1802).
Au Citoyen Colonna d'Istria,
Evêque de Nice.
« Ce sera avec bien de l'empressement, Monsieur l'Evê« que, que je concourrai avec vous au bien de votre diocèze...
« il a besoin d'un chef aussi recommandable que vous pour
(1) Arch. départem. série V, liasse r. Cette lettre est entièrement
de la main de Mgr Colonna. Au dos est écrit : Au citoyen Préfet du
Département des Alpes-Maritimes à Nice. C'est la première lettre
échangée entre l'Evêque et le Préfet. Elle établit que Jérôme Rossi

�XV

«
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«
«
«
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diriger vers le véritable but de la religion catholique l'immensse quantité de prêtres dont il est composé... à mon
arrivée ici la pluspart étaient fugitifs ou cachés ou sur des
listes d'émigrés. J'ai pensé qu'il valait mieux leur laisser
la liberté de se montrer et leur donner une surveillance...
Les mesures prises pour la tranquillité publique et l'exécute tion
des lois me répondent que quelque puissent être
« (l'éloignement biffé) la peur que les habitants de ce pays
« ont d'être et de se croire définitivement français elle ne
« sera pas troublée...
« J'ai lieu de compter beaucoup pour l'y maintenir sur
« l'influence véritable, (de la morale évangélique (biffé), je
« suis depuis longtemps convaincu de l'avantage que la motí raie évangélique produit sur les mœurs et les vertus poli« tiques et sociales. Si elle eut toujours été prêchée par ses
« premiers ministres où que les circonstances eussent permis
« qu'elle fut entendu, il y eut eu moins de malheurs depuis
« treize ans... nous sommes enfin parvenu, au milieu de
« tant de vagues et de flots à cet heureux équilibre dont
« les amis de la paix et de l'Etat n'ont jamais désespéré.
« Un grand homme leur manquait, il s'est fait connaître
« et il s'est acquis le droit de la confiance de diriger, de con« cevoir, d'exécuter et de réussir tout ce qui peut assurer
« le bonheur de l'humanité comme il en a l'amour et la véné« ration... Heureux tous les agents du Gouvernement
« d'avoir un tel chef pour modelle, heureux de même les
« chefs de l'Eglise qui sont choisis par lui pour l'exercice du
« culte catholique, c'est un sûr moyen d'être bien accueilli
« par l'opinion publique, car il connaît les hommes.
« Mille fois heureux encore si je méritais, citoyen Evê« que, d'avoir l'occasion de vous prouver mes sentiments
« d'amitié, d'attachement et d'amour intime.
« J'ai donné les ordres les plus précis pour que votre
« maison épiscopale fut préparée mais si vous arrivez dans
« le commencement du mois prochain comme vous me le
« mandez, je crains bien qu'elle ne le soit pas encore parce
t que les acquéreurs qui recèdent ne reçoivent pas plus que moi
était entré en relations avec le nouvel Evêque peu après sa nomination et son arrivée à Paris.

�XVI

« réponse des ministres des Finances et de l'Intérieur sur la
« solution de cette litige... En attendant j'aurai le plaisir
« et l'avantage de vous loger et de vous recevoir.
« Si vous avez la facilité de voir les ministres de l'Inté« rieur et des Finances, je vous invite à leur rappeller mes
« demandes à cet égard (i). »
Une question importante préoccupait ChâteauneufRandon : c'était celle du logement de l'Evêque et il prévoyait
déjà, qu'en raison des multiples difficultés soulevées par le
Directeur des Domaines, rien ne serait prêt à temps.
* *
Fa ville de Nice devenant le siège d'un Evêché concordataire, le Gouvernement ordonna sans retard d'y préparer
une Cathédrale et un logement pour l'Evêque. Ce fut l'objet
d'une lettre de Godin, ministre des Finances, en date du
22 Germinal an X (12 avril 1802) et d'une autre lettre de
Chaptal, ministre de l'Intérieur, en date du 24 du même
mois (14 avril) adressées toutes les deux au Préfet pour le
charger de prendre au plus tôt les dispositions nécessaires.
Fa question de la Cathédrale ne présentait aucune difficulté. F'Eglise Sainte-Réparate qui servait de Cathédrale
avant 1793 avait peu souffert durant la Révolution. Elle
n'avait été enlevée au Culte que du mois de juillet 1794
au mois d'avril 1795. Depuis lors, les catholiques niçois
y avaient fait d'importantes réparations (2). Elle se trouvait donc tout indiquée pour servir de Métropole.
Il y manquait cependant les cloches qui avaient disparu
pendant la tourmente révolutionnaire ; les grandes orgues
avaient été démontées, les vases sacrés les plus précieux
avaient été enlevés. Sur ces entrefaites, on découvrit fort à
propos des cloches et des vases cachés dans le couvent de
Cimiez et on se souvint que les tuyaux des grandes orgues
avaient été déposés chez Grinda, facteur d'orgues, à Nice.
(1) Arch. départem. Série V, liasse r. Je donne cette lettre d'après
la minute entièrement de la main de Châteauneuf-Randon, sur une
demi-feuille écrite des deux côtés avec beaucoup de ratures et de
surcharges qui en rendent la lecture assez difficile.
(2) Voir aux Arch. municip. Bonifassi, volume B.

�XVII

Le Préfet prit divers arrêtés (i) pour faire remonter au moins
une cloche dans la tour de Sainte-Réparate et restituer les vases
sacrés. Honoré Grinda reçut en même temps l'ordre de rapporter les tuyaux. Le Préfet prescrivit de préparer le trône
de l'Evêque dans le Sanctuaire de la Cathédrale et de disposer
vis-à-vis un emplacement pour le Préfet, le Général-Commandant le département et le Président du Tribunal criminel.
Le maire de Nice Défly fut chargé par*le Préfet de l'exécution de ces diverses mesures et le 23 Messidor (12 juillet),
le Commissaire de police Jean Dives reçut de lui le billet
suivant :
« Je vous fais passer ci-joint, citoyen commissaire,
« l'original d'un arrêté du Préfet du département en date
« du 21 du courant, relatif à des effets d'argenterie destinés
« à la Métropole, et à la descente d'une des cloches de Cimiés
« que je vous charge de mettre de suitte à exécution, et faire
« transporter le tout à Sainte-Réparate. Si vous le croyez
« nécessaire, vous pouvez réclamer la force armée, vous
« aurez soin de m'instruire du résultat de cette opération. «
Ce fut en vain que le Directeur des Domaines réclama
les vases sacrés trouvés à Cimiez pour les envoyer à la Monnaie de Paris. Châteauneuf-Randon trouva avec raison
que Mainssonnat était mal fondé dans ses exigences (2).
Les Administrateurs de l'Eglise métropolitaine, Pauliani et
Masseglia, prieurs de la Confrérie du Corpus Domini furent
engagés par le maire le 16 Fructidor (3 septembre), à donner
connaissance à Grinda de l'arrêté du Préfet du 11 de ce mois
(29 août) afin que le grand orgue de la Cathédrale fut réparé
au plus tôt (3).
(1) Arch. départent., registre K 4. Arrêté du 21 Messidor (10
juillet) soumis à l'approbation ministérielle par lettre du 2 Thermidor
an X (21 juillet 1802) qui en donne les raisons et expose les réclamations mal fondées de Mainssonnat. Voir l'arrêté du ri Fructidor
(29 août) même registre.
(2) Voir une lettre de Mainssonnat à Châteauneuf-Randon
26 Messidor an X (15 juillet 1802). Arch. départent. M 18.
Voir aussi une lettre du Maire à Jérôme Rossi 23 Messidor (12
juillet) l'invitant à prendre des mesures pour que la cloche soit installée dans la tour pour la fête du 14 Juillet.
(3) Arch. municipales. Registre de la Correspondance du Maire,
an X. Tettre du 16 Fructidor (3 septembre).
4

�xvin
Grinda, que l'Administration départementale avait
chargé de rassembler les tuyaux d'orgues des différentes
églises de Nice, les avaient enmagasinés chez lui ; mais
comme il n'avait point été payé de son travail, il refusa de
les rendre aux administrateurs de Sainte-Réparate avant
d'avoit été indemnisé de ses peines et obtenu le remboursement «des avances qu'il a faites pour le transportera garde»...
Il réclamait en conséquence 3.785 francs en assignats.
Châteauneuf-Randon fut obligé, 13 Frimaire an XI,
de lui intimer l'ordre formel de les restituer, en lui promettant
une juste indemnité. Fes tuyaux furent remis aux Administrateurs de la Cathédrale, mais il fut impossible, de réparer l'instrument dont les jeux se trouvèrent dépareillés.
Il fallut faire d'assez grands frais pour acquérir des orgues
nouvelles qui furent inaugurées seulement eu 1805. (1)
Fe trône de l'Evêque fut décoré sommairement ; quant
aux places réservées pour le Préfet, le Général et le Président
elles n'étaient pas encore entourées de la balustrade demandée
à la date du 6 Frimaire an XI (27 novembre 1802) d'après
une lettre du Préfet au Maire (2).
* *
Châteauneuf-Randon aurait voulu que toutes les mesures qu'il croyait devoir prescrire fussent exécutées avec célérité, mais d'une part le maire Défly, dont les dispositions
bienveillantes ne sont point douteuses, était sans cesse arrêté par le manque d'argent dans la caisse municipale ;
d'autre part on se heurta continuellement à l'obstruction
systématique du directeur des Domaines Mainssonnat, pro(1) Arch. départem. M 17. Lettre du Préfet aux Administrateurs
de Sainte-Réparate 2 Fructidor an X (20 août 1802) qui avaient réclamé les tuyaux déposés chez Grinda ; ibid. M 25 autre lettre du
Préfet aux mêmes 19 Frimaire an XI (10 décembre 1802) leur annonçant l'ordre donné à Grinda et lui demandant d'examiner le compte
présenté par lui ; ibid, M 23, lettre du Préfet à Grinda, 13 frimaire
an XI (4 décembre 1802) ; Relation présentée au Pape par Mgr Colonna le IER août 1806 après la première visite de son diocèse,
VIIJ.AREY, Raccolta di decreti, moniti; ecc. Nice 1831, tome 1 p. 77.
(2) Arch. municip. Lettre du Préfet au Maire, 6 Frimaire an XL
vclume 7.

�XIX

bablement un des membres de la Loge maçonnique (i)
établie depuis peu avec l'autorisation de l'ex-maire Pauliani
prédécesseur de Défly.
L'opposition de ce fonctionnaire méticuleux et formaliste
dont le préfet ne cesse de se plaindre dans sa correspondance
avec les ministres, se manifesta surtout à propos du logement de l'évêque. L'ancien Evêché, situé tout auprès de
l'église Sainte-Réparate, avait été occupé d'abord par les
deux administrations provisoires à partir des premiers
jours d'octobre 1792 puis par le département.
Vers le milieu de l'an IV (juin-juillet 1796) l'administration centrale du Département voulut s'installer avec
les autres autorités dans l'ancien palais du Gouvernement
(la Préfecture actuelle) alors transformé en Hôpital militaire. A la suite de cette décision, l'Evêchè devenant disponible fut mis en vente comme bien national, conformément
à la loi du 28 Ventôse an IV (18 Mars 1796). L'ensemble de
l'immeuble fut divisé en 3 lots, dont le principal, comprenant
les appartements de l'Evêque, fut soumissionné le 6 Messidor an IV (24 juin 1796) par Pierre Mages, négociant, origi(1) Il est un fait avéré, c'est que la plupart des Sociétés populaires n'étaient autre chose que des loges maçonniques démocratisées
et semblant opérer au grand jour. A la dissolution des Clubs, les loges
mises en sommeil se rouvrirent peu à peu sous le Directoire et le
Consulat. Les Jacobins non encore ralliés à Bonaparte s'y réunissaient.
Il en fut à Nice comme ailleurs et la Loge en 1802 comptait, paraît-il,
un assez grand nombre de membres quoi qu'il soit impossible
de rien préciser en raison du mystère dont s'entourent ces associations. Le général Pierre Garnier en était le Vénérable.
Voir TOSEIAI, Précis Historique de Nice, 2MC partie, tome IL
p. 366 et le Sommario de BONIFASSI aux Arch. municip.
Le Préfet Florens demanda au Maire Paulian des renseignements
sur la loge de Nice, le 19 Frimaire et le 10 Nivôse an X (10 et 31 décembre 1801) mais celui-ci semble n'avoir pas répondu. Arch. municip.
Correspondance du Préfet, volume VI. Après le départ de Florens,
Châteauneuf-Randon rencontra une opposition plus ou moins ouverte dans cette loge composée de fonctionnaires des Contributions
et des Domaines, ainsi qu'il l'écrivait à Coulomb, secrétaire général
du Ministère de l'Intérieur, le 12 Vendémiaire an XI (4 octobre 1802).
Arch. nationales Fie m.3 Alpes-Maritimes. Correspondance. Dans
les années qui suivirent le Préfet Du Bouchage réussit à annihiler
l'influence de cette loge dont l'opposition au Gouvenieme-it ne dura
pas longtemps.

�XX

naire d'Agde, fixé depuis longtemps à Nice où il était membre du Conseil municipal. Les experts, Pierre Caries, maîtremaçon, pour le soumissionnaire, et Pierre Camous pour le
département, évaluèrent ce lot à la somme de 13.500 fr.,
calculée d'après la loi, à 18 fois le revenu montant à 750 fr.
Le 25 Fructidor an IV (11 septembre 1796) le Département passa acte de vente de ce lot à Pierre Mages pour la
dite somme de 13.500 francs qui fut versée en mandats
territoriaux ou promesses de mandats. F'acquéreur paya
en outre un demi pour cent sur le principal de la vente, soit
67 fr. 50 ; les droits d'enregistrement de l'expertise, 8 francs
versés le 14 Fructidor (31 août) et ceux de la vente, 135 fr.
en numéraire et 405 francs en papier-monnaie versés le 2
vendémiaire an V (23 septembre 1796). Fe prix total s'élevait donc à 13.980 fr. 50 en papier-monnaie et 135 francs
en numéraire.
Pierre Mages jouissait du revenu de ce lot à dater du
21 Messidor an IV (9 juillet 1796) et le Département se réservait le droit d'occuper encore l'Evêchè moyennant paiement d'un loyer jusqu'au cours de l'an VI (1).
Fe deuxième et le troisième lot comprenant des boutiques et des appartements loués à divers particuliers : la veuve
Thaoïi, les frères Caisson et autres, avaient été soumissionnés le 27 Prairial (15 juin) l'un par Joseph Autheman, l'autre
par Joseph Payany, administrateur du Département.
Dans le mois qui suivit, Autheman et Payany cédèrent
leurs soumissions à André Gastaud, commissaire du Directoire exécutif près le département, par acte reçu Daydery,
notaire.
Fes deux lots furent évalués par les experts ci-dessus
désignés, le 30 Messidor an IV (18 Juillet 1796) ; à savoir
le 2me à 8.100 francs soit 18 fois son revenu estimé à 450 fr.;
le 3me à 6.300 francs soit 18 fois son revenu estimé à 350 fr.
Le 16 Thermidor (3 août), le Département passa acte
de vente à André Gastaud pour ces deux lots, au prix d'esti(1) Cet acte de vente est aux Arch. départent. Série Q, volume
79, f° 89 et suivants sous le n° 222. Il est signé par Pierre Mages et
par Hancy, Imberti, Mougius, Payany fils, Scudéri, administrateurs
du Département ; Gastaud, commissaire du Directoire exécutif, et
M. A. Rey, secrétaire.

�XXI

mation à charge de payer les frais et les droits d'enregistrement et un demi pour cent sur le principal du prix de la vente.
L'enregistrement fut payé le 16 Thermidor (3 août) : pour le
2me lot, 324 francs et pour le 3me lot, 252 francs.
André Gastaud devait entrer en jouissance à partir
du 15 Messidor (3 juillet) de ces deux lots dont le prix global
14.400 francs avait été versé en mandats territoriaux ou
promesses de' mandats, entre le 27 Prairial (15 juin) et le
8 Thermidor (26 juillet). En ajoutant les droits d'enregistrement, 576 francs, on arrive à la somme de 14.976 fr. (1).
Or, à l'époque de ces ventes, les mandats territoriaux
étaient absolument dépréciés : ils avaient perdu au moins
90 % de leur valeur nominale (2).
Il en résulte que le Ier lot vendu à Pierre Mages avait été
soldé par du papier représentant moins de 1.400 francs
en numéraire, et que les deux autres avaient été soldés par
Gastaud en papier représentant moins de 1.500 francs en
numéraire.
En l'an X, Amand Spréafico, négociant lyonnais,
venu depuis peu à Nice où il fut receveur du District, était
co-propriétaire de l'Evêchè ; soit qu'il eût acheté les lots
acquis par André Gastaud, soit que Pierre Mages lui eût
cédé une partie de son lot.
* *
De Préfet ne trouva dans la ville que deux maisons
pouvant servir au logement de l'Evêque. La première était
rue des Juifs, actuellement rue Benoît-Bunico, et je crois
que c'était le palais Lascaris dont la façade Ouest donne
dans cette rue ; mais ce local lui parut peu convenable,
sans doute, à cause du voisinage presque immédiat de la
synagogue.
(1) Ces deux actes de vente sont aux Arch. départem. Série Q
volume 75, fo in et suivants sous les nor 25 et 26. Ils sont signés
par l'acquéreur André Gastaud, par les Administrateurs et Secrétaire
du département et par Hancy qui était commissaire du Directoire
exécutif en remplacement.
(2) Consulter le Tableau de dépréciation du papier-monnaie
dressé par le département des Alpes-Maritimes le 18 Thermidor
an V (5 août 1797) dont un exemplaire imprimé se trouve aux Archives
du Palàis de Monaco.

�XXTI

La seconde était l'ancienne maison épiscopale aliénée
qui réunissait toutes les conditions désirables. ChâteauneufRandon chercha donc à rentrer en possession du vieil Evêché,
et comme il n'avait pas d'argent disponible, il fit proposer
à Mages et à Spréafico de l'échanger contre d'autres propriétés nationales de valeur équivalente et à leur choix. La
proposition fut bien accueillie et les acquéreurs désignèrent
un certain nombre de biens nationaux qu'ils désiraient en
échange. Parmi ces biens se trouvait une terre située au quartier de Riquier alors affermée à Etienne Gastaud et qui dépendait de la succession de Jean-Paul-Augustin Lascaris,
inscrit sur la liste des émigrés et non radié. Cette terre était
précisément celle où s'élevait le Monastère des Religieuses
Cisterciennes avant leur transfert dans l'enceinte de la ville
au XVe siècle. Elle avait depuis appartenu à la noble famille
des Riquiéri dont avait hérité les Lascaris, et, avant 1792,
cette terre payait un cens annuel au Chapitre de Nice.
Elle ne put être cédée à Pierre Mages car un arrêté
du Préfet en date du 25 Germinal an X (15 avril 1802) en
avait affecté une partie à l'établissement d'une pépinière
départementale (1).
Par un arrêté du 10 Floréal an X (30 avril 1802) le Préfet
décida que vSainte-Réparate serait Eglise métropolitaine et
que les propositions d'échange de Pierre Mages pour l'Evêchè
seraient acceptées en principe (2). Fe 14 Floréal (4 mai)
il avisa simultanément de sa détermination les Ministres
de l'Intérieur et des Finances, en priant ce dernier de l'autoriser à conclure l'échange (3).
(1) Arch. départem. K 4 f° 60. L'arrêté créant la pépinière ne
fut point exécuté de suite et le 27 Frimaire an XI (18 décembre 1802)
Châteauneuf-Randon en adressa une ampliatiou à Boulay conseiller
d'Etat (ayant le Département des Domaines nationaux) pour en
obtenir l'approbation, Ibid. M. 24:
Rien n'était fait encore plusieurs mois après, et le Préfet Du
Bouchage prit le 19 Fructidor an XI (6 septembre 1803) un arrêté
désignant un des jardins ^dépendant de l'école Centrale supprimée
pour établir cette pépinière. Le 20 Fructidor, le Préfet demandait
approbation de cet arrêté qui reproduisait les dispositions d'un arrêté précédent de Châteauneuf-Randon, sous la date du 13 Floréal
an XI (3 mai 1803). Ibid. M 24.
(2) Arch. départem. K 4 f° 54. Arrêté du 10 Floréal an X.
(3) .Arch.\départem. Série V, liasse 1. Lettres du 14 Floréal an X.

�XXIII

L'arrêté du 10 Floréal fut transmis de suite à Pierre
Mages et à Mainssonnat, directeur des Domaines, avec prière
de désigner des experts pour l'estimation de l'Evêchè et des
propriétés susceptibles d'être échangées.
Mainssonnat fit des difficultés et par deux fois les 19
et 20 Floréal, il représenta au Préfet qu'il n'y avait pas lieu
à nomination d'experts et que l'on ne pouvait actuellement
disposer des biens séquestrés de Jean-Paul-Augustin Fascaris.
Fe Préfet dut user de toute son autorité pour faire nommer
les experts (1). Finalement le 29 Prairial (18 juin) un rapport
estimatif de l'Evêchè et de divers biens nationaux proposés
en échange fut dressé par Scoffier et Caldelary, experts des
Domaines, et par Roux, expert de Pierre Mages.
F'Evêché était estimé 25.000 francs et la terre de Riquier provenant des Fascaris 36.000 ; elle ne pouvait donc
être l'objet d'un échange. Six autres parcelles indiquées
subsidiairement par Mages et Spréafico furent estimées en
totalité 25.000 francs ; ce furent elles que le Préfet proposa
par son arrêté du 1er Messidor (20 juin) (2) pour un échange
qui deviendrait définitif après avoir été approuvé, dans les
six mois, par les ministres de l'Intérieur et des Finances.
En attendant, l'Evêchè serait remis entre les mains du maire
qui en ferait dresser procès-verbal et inventaire, puis établirait le devis des réparations locatives qui serait soumis au
Préfet et exécuté sous la surveillance du maire « sur les
« fonds communaux, sauf décision ultérieure, sur la réparti« tion des dites dépenses au compte de la commune ou à
« celui du Département. » Si l'échange n'était pas encore
autorisé au bout de 3 ou de 6 mois, Mages et Spréafico rece(1) Arch. départem. M 14. Lettre du 10 Floréal an X à Pierre
Mages ; autre du même jour à Mainssonnat ; M 20. Lettre du 21
Floréal à Mainssonnat. Voir surtout deux lettres du 7 Prairial an X
(27 mai) aux Ministres de l'Intérieur et des Finances dans lesquelles
le Préfet se plaint vivement des agissements de Mainssonnat dont
il réclame de nouveau le changement. Série V, liasse 1.
Voir encore Arch. départem. M 20, la réponse de Chaptal 2 Messidor (21 juin) qui a transmis au Ministre des Finances les plaintes
du Préfet.
(2) Arck. départem. K 4, f° 103 Arrêté du ier Messidor an X
(20 juin 1802).

�XXIV

vraient sur la caisse communale comme indemnité de location le prix des baux des parcelles échangées.
Cet arrêté fut transmis aux Ministres et au Directeur
des Domaines. Le 14 Messidor (3 juillet) le Préfet le notifia
à Mages et à Spréafico en les invitant à se concerter avec
« le maire de Nice pour la prompte évacuation de la maison
« de l'Evêchè afin qu'on puisse procéder sur le champ aux
« réparations dont elle est susceptible. » (1).
Le même jour, cet arrêté fut communiqué au Maire
de Nice. « Je vous invite, écrivait le Préfet, à prendre surit le-champ les mesures convenables pour l'exécution des
« dispositions que j'ai ordonnées et à me tenir régulièrement
« informé du succès de vos démarches et du progrès des
« réparations. »
Defly en accusant réception de cet arrêté au Préfet
le 20 Messidor (9 juillet) lui représentait qu'il était de toute
impossibilité que la caisse communale fît les avances du montant des réparations, car elle était presque vide et il aurait
même peine à solder les dépenses du dernier trimestre de l'année courante. Il priait donc le Préfet de s'adresser au Conseil
Général qui, étant autorisé à procurer à l'Evêque un logement convenable, trouverait peut-être le moyen de couvrir
cette dépense (2). Néanmoins, dès le lendemain 21 Messidor
le Préfet prescrivit à Defly de faire faire un devis estimatif
des réparations et de les mettre en adjudication.
Le 28 Messidor (17 juillet) Défly demanda par lettre
à Mages et à Spréafico de vouloir bien prendre des mesures
pour que la maison proposée par eux en échange et acceptée
par le Préfet (arrêté du 1er Messidor) fut mise à sa disposition, afin qu'il put faire procéder à ce devis (3). Le 30 Messidor (19 juillet) Défly transmit au Préfet la réponse qu'il
(1) Arch. départem. M. 20. Lettres du 14 Messidor an X (3
juillet 1802) à Mages et Spréafico et au Maire de Nice. Cette dernière
se trouve également Arch. municip. Correspondance du Préfet an X
tome vi.
(2) Arch. municip. Correspondance du Maire, 20 Messidor (9
Juillet).
(3) Arch. municip. Correspondance du Maire an X. Lettre du
28 Messidor (17 juillet).

�XXV

avait reçue de Sasserno représentant Mages et Spreafico
absents (i).
Trois semaines se passèrent sans que ceux-ci dont l'absence devait durer seulement quelques jours eussent donné
une réponse ; aussi le maire ayant appris le retour de Mages
lui adressa-t-il, le 21 Thermidor (9 août) une lettre pressante
de rappel, afin d'obtenir la remise de l'Evêché pour qu'il
put se conformer aux instructions du Préfet (2).
Châteauneuf-Randon s'impatientait et ce jour (21
Thermidor) il demandait au maire, quel était le résultat de
ses démarches pour les réparations de l'Evêché et son ameublement. Défly lui répondit immédiatement qu'il venait de
renouveler ses démarches auprès de Mages et qu'il enverrait
la réponse trop longtemps attendue. En terminant sa lettre,
il ajoutait que malgré ses recherches il n'avait pu découvrir
aucun moyen pour se procurer les fonds nécessaires pour les
réparations et surtout pour l'ameublement (3).
Cette lettre du maire (21 Thermidor) contraria vivement le Préfet : il ne comprenait rien à tous ces retards,
aussi en y répondant le 25 Thermidor (13 août) s'en plaignitil amèrement, tout en exprimant l'espoir que la réponse
de Mages ne pouvait être contraire à la parole qu'il avait
solennellement donnée ; qu'elle serait enfin parvenue et que
le maire, ayant l'Evêché à sa disposition, lui apprendrait
incessamment le commencement des travaux pour les réparations et pour l'ameublement de la maison de l'Evêque
qui devait arriver vers le milieu du mois prochain. Defly le
savait déjà par la Circulaire préfectorale du 14 .Thermidor.
« Quant aux fonds, concluait le Préfet, je prends des moyens
« pour vous en procurer, et je n'attends pour les mettre
« à votre disposition que l'envoi du devis estimatif que je
« vous prie de m'adresser dans les 24 heures. » (4).
(1) Arch. municip. Correspondance du Maire. Lettre du 30 Mes
sidor an X (19 juillet 1802). La lettre de Sasserno manque.
(2) Arch.. municip. Correspondance du Maire. Lettre du 21 Thermidor (g août) à Mages et Spreafico.
(3) Arch. municip. Correspondance du Maire. Lettres du 21
Thermidor à Pierre Mages et au Préfet. Je n'ai pas trouvé les lettres
du Préfet au Maire du 21 Messidor et du 21 Thermidor.
(4) Lettre du Préfet au Maire 25 Thermidor (13 août) Arch,
dêpartem. M 20,

�XXVI

Le jour même où le Préfet écrivait cette lettre, Pierre
Mages rédigeait sa réponse qu'il data du 25 Thermidor,
mais qui ne fut remise au Maire que deux jours après, le
dimanche, 27 Thermidor (15 août). Klle était loin d'être ce
qu'avait pensé le Préfet. En effet, Mages, au lieu de consentir
à la remise immédiate de l'Evêché, atermoyait encore sous
prétexte que ses intérêts seraient compromis, au cas possible
que le Gouvernement refusât de ratifier l'échange proposé.
Défly envoya copie de cette étrange réponse au Préfet,
le 28 Thermidor (16 août), en lui demandant de nouvelles
instructions (1).
Mages n'obéissait-il pas aux suggestions de Mainssonnat toujours disposé à créer des embarras au Préfet et à
entraver son action ?
Quoi qu'il en soit, Châteauneuf-Randon, qui avait
reçu aussi de Pierre Mages une lettre du même jour et conçue
dans le même sens, lui répondit sous la date du 30 Thermidor
(18 août) en lui marquant son étonnement et son mécontentement de la défiance injustifiée qu'il semblait avoir,vis-à-vis
du Gouvernement et de son représentant (2).
Il prévint en même temps le Maire qu'il venait de répondre à Pierre Mages : « Je viens, dit-il, de lui faire sentir
« combien peu ses observations sont fondées et combien
« peu le Gouvernement devait s'attendre aux empêchements
« qu'il met à ce que le logement de l'Evêque soit prompte« ment assuré. J'aime à croire qu'il ne persistera pas dans
« ses délais et qu'il vous fera de suite la rémission de l'Evê« ché ; j'espère en recevoir promptement l'assurance de votre
« part. » (3).
Te 6 Eructidor (24 août) Défly en envoyant copie de
cette lettre à Pierre Mages lui écrivait : « Je vous invite
« à vouloir bien me faire part de votre dernière déterminait tion, pour que je puisse en référer à l'autoiité supérieure.» (4)
(1) Arch.. municip. Correspondance du maire. Lettre du 28
Thermidor au Préfet.
(2) Arch. départem. M 20 Lettre du 30 Thermidor entièrement
de la main de Châteauneuf-Randon.
(3) Arch. départem. M 20 et Arch. municip. Correspondance
du Préfet an X tome 6. Lettre du préfet au maire (30 Thermidor).
(4) Arch. municip. Correspondance du maire. Lettre à Pierre
Mages, 6 Fructidor.

�XXVII

■ Les instances du Maire et du Préfet ne réussirent point
à triompher des hésitations de Pierre Mages qui refusait
toujours de remettre l'Evêché avant que le Gouvernement
ou le Corps législatif n'eut approuvé l'arrêté du Ier Messidor.
Il eut fallu attendre longtemps encore, et tous les efforts pour
préparer un logement à l'Evêque eussent été rendus inutiles
par ces exigences intempestives : c'était le désir inavoué
de Mainssonnat que Châteauneuf-Randon connaissait bien.
Force fut donc de chercher une autre combinaison :
le Préfet résolut de traiter cette fois directement avec les
acquéreurs et à cette fin, par arrêté du 14 Fructidor
(ier septembre) il désigna deux commissaires, Tiranti et
Daidery, chargés de terminer la rétrocession de l'Evêché
déjà évacué par un des propriétaires et la plupart des locataires. (1) Les commissaires devaient faire valoir qu'il n'y avait
aucune raison de douter de l'approbation du Gouvernement ;
insister pour obtenir de suite une location, soit au nom de
la commune, soit à celui du Préfet, et enfin demander, moyennant une juste indemnité, le départ immédiat des petits
locataires qui occupaient encore une partie de l'immeuble.
Pierre Mages consentit finalement à louer provisoirement l'Evêché, non pas à la commune ni au Préfet comme
représentant de l'Etat, mais à Châteauneuf-Randon comme
simple particulier, jusqu'à ce que fut intervenue la décision
du Gouvernement. Telle fut la conclusion des négociations
entre Pierre Mages et les deux commissaires. ChâteauneufRandon pour en finir accepta ces conditions draconiennes
et se hâta de faire dresser en double original l'acte de bail
en son nom personnel ; puis en qualité de Préfet, il prit un
arrêté pour l'approuver. La location était pour un an, à dater
du 8 Vendémiaire an XI (30 septembre 1802), au prix exagéré
de douze cents francs en numéraire, et, pour entrer immédiadiatement en jouissance, le Préfet versa le jour même trois
cents francs (également en numéraire) à Pierre Mages qui
s'engagea,à faire évacuer promptement le local et à permettre
de commencer aussitôt les réparations locatives. Dès que le
gouvernement aurait donné son approbation à l'arrêté du
Messidor, l'échange devenant définitif, la location ces(2) Arch. départem.

K 4 f°

238.

Arrêté du 14 Fructidor.

�xxvrn
serait de plein droit, et Châteauneuf-Randon ne serait tenu
à payer que le temps écoulé jusqu'à l'entrée en jouissance
par Pierre Mages et Amand Spréafico des biens cédés en
échange (i).
Il fallut quelques jours encore pour faire évacuer l'évêché et le remettre au Préfet. C'était chose faite le 23 Fructidor (10 septembre). Ce jour-là, le Préfet en envoya les clefs
au maire et le pressa de s'occuper activement des réparations
et de l'ameublement. « Je vous ai donné, ajoutait-il, l'exem« pie de l'activité, du zèle et. même du sacrifice, j'aime à
« croire que vous justifierez l'opinion où je suis que vous
« me seconderez avec la plus grande promptitude. » (2).
Il était grand temps, en effet, de terminei cette affaire,
car Mgr Colonna était arrivé à Nice, et n'ayant point de logement à lui offrir, le Préfet lui avait donné l'hospitalité dans
son hôtel.
*
* *
Le samedi 4 septembre 1802 (17 Fructidor an X) Mgr
Colonna débarqua au port de Lympia venant de Marseille
sur une felouque. Le Préfet, qui seul avait été prévenu, envoya au-devant du prélat sa voiture et un détachement de
gendarmes. Deux prêtres, se promenant par hasard, dans
le voisinage, MM. Domihique Fianson et Honoré Faissola,
se présentèrent à l'Evêque et l'accompagnèrent jusqu'à la
Préfecture. Cette escorte de deux prêtres et de gendarmes
provoqua quelques plaisanteries, au témoignage de Bonifassi (3).
(1) Voir les deux arrêtés du Préfet en date du 14 Fructidor
er
an X (i septembre 1802) et la copie du bail enregistré à la suite.
Arch, départem. K 4 f° 239.
(2) Arch. départem. M 20, lettre du préfet au maire, 23 Fructidor.
(3) On lit dans ses manuscrits sous la date du 4 sept. 1802
N° 2712. Monsignor Colonna nuovo Vescovo, si e inaspettatamente
sbarcato al porto di Limpia, ed è stato incontrato dalla carrozza del
Prejetto, e da un distaccamento di gendarmi. mss.
N° 2713. I preti Fianson e Faissolla a caso trovandosi al porto
T
si sono presentati da M Voscovo e l'hanno accompagnato sino al pallazzo del Prefetto. mss. autent.
N° 2714. Questa comitiva dei preti coi gendarmi accompagnante
rl
il Vescovo ha forniio un poco a ridere ed a motteggiare. Osserv. pert .

�XXIX

Il est certain que cette arrivée ne rappelait que de trè
loin l'entrée solennelle que vingt-deux ans auparavant (12
octobre 1780), Mgr Valperga avait faite dans sa ville épiscopale ; niais les temps étaient changés.
Châteauneuf-Randon accueillit Mgr Colonna avec la
plus grande courtoisie et mit à sa disposition le second étage
de la maison Saint-Pierre, actuellement 8, rue Saint-François-de-Paule, qui servait alors de Préfecture (1). Le jour
même, (17 Fructidor) il prévint toutes les autorités et les
invita à venir faire visite au nouvel Evêque, l'intention du
Gouvernement étant que ces diverses autorités eussent
pour le Prélat les égards dus à la dignité dont il était revêtu.
Cette visite eut lieu le lendemain. 5 septembre. Le jour suivant (lundi 6), Mgr Colonna reçut le Clergé présenté par le
vicaire-général Rossi qui prononça une courte allocution (2).
Arch. municip. BONIFASSI, volume B fol. 86 verso.
TosEiJU dans son Précis Historique de Nice, 2me partie, tome 2,
p. 365, et l'abbé de VIIAAREY dans la Série Cronològica dei Vescovi
di Nizza (citée par Toselli) racontent l'arrivée de Mgr Colonna sans
ajouter aucun détail spécial.
TISSERAND, Histoire de la Révolution française dans les AlpesMaritimes, in-8° Nice. 1878, chap. VI, p. 318-319, raconte brièvement
l'installation de Mgr Colonna qu'il fixe à tort au 4 septembre qui est
seulement le jour de son arrivée.
(1) Le 30 Prairial an X (19 juin 1802) Châteauneuf-Randdu
avait loué d'Honoré Vincent Galli, administrateur de l'hoirie de feu
Paul de Saint-Pierre cette maison eu entier au prix annuel de 3.000
francs. Mainssonnat qui en occupait une partie pour le loyer annuel
de 1.000 francs se refusa à l'abandonner, ce dont le Préfet se montra
fort contrarié comme il ressort de ses lettres au Ministre de l'Intérieur, du 7 Thermidor (26 juillet) et du 17 Fructidor (4 septembre
1802).
Voir Arch. départem. M 20. Le Ministre de l'Intérieur au Préfet,
3™e Complémentaire an X (20 septembre) et M 24. Une autorisation
du Préfet sous la date du 3 Nivôse an XI (24 décembre 1802) pour
exiger de Mainssonnat deux trimestres de son loyer, soit 500 francs.
(2) Arch. départem. M 17. Lettres du Préfet aux autorités civiles, militaires,- judiciaires et administratives, 17 Fructidor an X
(4 septembre 1802).
Arch. municip. Notes de Bonifassi,volume B, f° 87 : 5 septembre
n° 2715. // Prejetto con tutte le autorita sono stati a far visita di cerimònia a Monsignor Vescovo. Ann".
6 septembre, n° 2717. Monsignor Colonna ha ricevulo la visita
del Clero, ed il Vicario lo ha complimentato con un bel discorsino.

�XXX

Les. dernières dispositions furent prises pour l'installation
solennelle de Mgr Colonna, fixée au 25 Fructidor (12 septembre 1802, jour de dimanche). Châteauneuf-Randon voulut
donner à cette cérémonie le plus grand éclat, sans doute
d'après les instructions du Gouvernement, et, l'arrêté préfectoral du 22 Fructidor (9 septembre) eu régla minutieusement tous les détails, sauf ce qui regardait la partie exclusivement religieuse. Cet arrêté fut imprimé, adressé à tous
les fonctionnaires, affiché et envoyé dans les communes du
département, comme avis de l'arrivée et de l'installation
de l'évêque concordataire. Il fut communiqué à Mgr Colonna
le 24 Fructidor (11 septembre) avec l'arrêté précédent du
11 (29 août), relatif « à l'embellissement du siège épiscopal
« et à la désignation de la place du Préfet dans le sanc« tuaire de Sainte-Réparate. (1) » Le Maire de Nice était
chargé, article XVII, de donner tous les ordres nécessai
res pour l'exécution de l'arrêté du 22 Fructidor et de se
concerter « avec les administrateurs des églises, le vicaire« général et les desservants des paroisses pour tout ce qui
« les concerne respectivement, tant pour le concours ad« ministratif qui peut être utile aux cérémonies religieuses
« ordonnées, que pour la sonnerie des cloches, la délivrance
« et l'emploi des poudres à la Garde Nationale et la disposi
«c tion de la Cathédrale et des places destinés aux diver
*c ses autoritées. »

(1) Voir deux lettres du Préfet à Mgr Colonna du 24 Fructidor
(11 septembre). Arch. départem. M 17. L'arrêté du 22 Fructidor

(9 septembre est au registre K 4 f° 161.

�XXXI

ARRÊTÉ RELATIF A L'INSTALLATION
DE L EVÊQUE DE NICE
::o::
Du 22 Fructidor an X
(9 sept. 1802).
Le Préfet du département des Alpes-Maritimes arrête les
dispositions suivantes :
Article Premier
Dimanche 25 Fructidor prochain, à six heures du
matin, la cloche de la Mairie annoncera l'installation
de l'Evêque de Nice.
Article 2
A huit heures, celles des paroisses et des succursales dans les faubourgs et campagnes de la ville commenceront à sonner en carillon.
Article 3
A la même heure, et aux premiers sons de la cloche
de la Mairie, tous les citoyens portés sur le rôle du service de,la Garde Nationale, se rendront armés ou non
armés au chef-lieu ordinaire de la réunion de leur bataillon, pour se placer à leur rang et compagnie.
Article 4
A huit heures et demie, les Chefs de bataillon,
sous la direction d'un adjoint, d'après les instructions
du Maire, formeront deux haies à droite et à gauche
des rues de..., depuis les bureaux de la Préfecture, logement actuel de l'Evêque, jusqu'à la Cathédrale.
Article 5
A neuf heures, les gardes d'honneur et différents
postes fournis pour la cérémonie par la troupe de ligne,
sur l'invitation particulière faite au Général commandant
se rendront à leur destination.

�xxx li
Article 6
A la même heure, aux premiers sons de la cloche
de la Mairie, toutes les autorités et administrations,
les Corps de fonctionnaires, commissions et employés
se rendront chacun chez leurs chefs respectifs, suivant
la hiérarchie et la nature de leurs fonctions.
Article 7
A neuf heures et demie, chacune de ces réunions
se rendra chez l'Evêque.
Article 8
A dix heures, au premier son de la cloche de la commune, le cortège défilera et les autorités et fonctionnaires seront appelés ainsi qu'il suit :
i° Les agents de police chargés de la direction de la
marche dans les rues et d'établir l'ordre et la décence ;
2° Un détachement de gendarmerie ;
3° Les tambours et moitié de la garde d'honneur du
cortège ;
4° Les administrations militaires de la Place ;
5° Le Conseil de Guerre ;
6° E'Etat-Major de la Place, les officiers de la garnison et des vétérans nationaux, chacun dans leur
ordre hiérarchique ;
7° Ee Corps des agents et courtiers de commerce ;
8° Ea Commission de commerce ;~
9° Celte de santé et salubrité publique ;
io° Celle d'Agriculture ;
ii° Celle d'embellissements et établissements publics ;
12° Celle du Var ;
130 E'Athénée des Sciences et Belles Lettres ;
140 Ees Notaires ;
i'5° Les Administrateurs des Hospices civils ;
i6° Les Professeurs de l'Ecole Centrale ;
iy° Les Membres du Jury d'instruction publique ;
i8° Les Chefs et Fonctionnaires des différentes Administrations de la Trésorerie, des Finances, des Contributions, des Domaines et des Postes ;

�XXXII!

19° La Musique Militaire ;
20° Le Commissaire et les Autorités de la Marine ;
2i° Les Inspecteurs aux revues et Commissaire des
guerres ;
22° Les Directeurs et Sous-Directeurs des fortifications, Commandant d'artillerie, et officiers du génie
et de l'artillerie ;
230 Le Corps des Avoués ;
240 Les Prud'hommes des Pêcheurs ;
250 Le Tribunal de Commerce ;
260 Les Juges de Paix ;
270 Le Tribunal Civil ;
280 Le Tribunal Spécial ;
290 Le Tribunal Crim'nel ;
300 Le Conseil Municipal ;
310 Le Maire, les Adjoints et le Commissaire de police
spécialement chargé de l'ordre de la marche et de
se transporter sur toute la ligne ;
320 Les Membres du Conseil d'Arrondissement ;
33° Les Membres du Conseil Général ;
34° Le Drapeau départemental (entre 4 gendarmes et
4 Gardes Nationales) ;
350 Le Conseil de Préfecture ;
36° Le Secrétaire Général ;
370 La Crosse de l'Evêque, entourée des Ecclésiastiques ;
380 Le Préfet, l'Evêque, le Général commandant les
troupes et le Président du Tribunal Criminel ;
390 Le Chef d'escadron, les Officiers de gendarmerie,
aides-de-camp, ingénieurs en chef et ordinaire des
Ponts et Chaussées ;
400 Les agents des Puissances étrangères ;
410 Les Officiers en congé, réformés ou retirés f
420 La Musique de la Garde Nationale ;
430 L'Etat-Major de la Garde Nationale ;
440 Les Employés de la Préfecture ;
450 L'autre moitié de la Garde d'honneur ;
460 Le reste de la gendarmerie fermant la marche
%

�XXXIV

Article 9
Ees Gardes d'honneur attribuées ou envoyées à
chaque autorité particulièrement en borderont la haie
et les fronts dans la marche générale.
Article

io

A l'entrée de l'église, chaque autorité et fonctionnaire prendra la place qui lui sera désignée, conformé
ment à la dernière fête, par les Maîtres des cérémonies
qui seront distingués par une écharpe tricolore au bras
Article

ii

A l'entrée de l'église Cathédrale, le Préfet en donnera les clefs à l'Evêque, le remettra entre les mains
de son clergé et ira prendre sa place accoutumée dans
le sanctuaire avec le Général Commandant les troupes
et le Président du Tribunal Criminel.
Article 12
E'Evêque doit s'avancer ensuite sous un dais, en
passant devant les autorités jusqu'à sa place où il sera
reçu par le Vicaire-Général Commissaire nommé par
l'Archevêque d'Aix.
Article 13
Ee procès-verbal d'installation dressé par le Vicaire
Général et signé par les Ecclésiastiques témoins, sera
signé aussi, en présence du cortège par le Préfet, les
Présidents des Tribunaux, le Général Commandant les
troupes, le Maire et les Juges de Paix.
Article 14
Après les cérémonies religieuses célébrées ou ordonnées par l'Evêque, le cortège retournera dans la
même forme par les rues de
et accompagnera
l'Evêque chez lui processionnellement uniquement
entouré du Clergé et de sa pompe religieuse.
Article 15
Ees rues par où retournera le cortège, seront bordées de même de deux haies de gardes nationaux.

�XXXV

Article 16
Pendant toute la marche et l'installation de l'Evêque les cloches des Paroisses et celles de la Commune
sonneront ; pendant les cérémonies religieuses ordonnées
par l'Evêque et jusqu'au retour du cortège, il sera fait
des salves d'artillerie et tiré des boëtes par la Garde
Nationale.
Article 17
Le Maire est chargé de donner tous les ordres nécessaires pour l'exécution du présent arrêté, et de se
concerter avec les Administrateurs des églises, le Vicaire Général et les desservants des Paroisses pour tout
ce qui les concerne respectivement, tant pour le concours administratif qui peut être utile aux cérémonies
ordonnées que pour la sonnerie des cloches, la délivrance et l'emploi des poudres à la Garde Nationale
et la disposition de la Cathédrale et des places destinées aux diverses autorités.
La
adressés
dans les
rivée et

Article 18
lettre et le présent arrêté seront imprimés
à tous les fonctionnaires, affichés et envoyés
communes du département comme avis de l'arde l'installation de l'Evêque.
CHATEAUNEUF-RANDON (1).
*
* *

Le général Eberlé, commandant la place de Nice, reçut
des instructions spéciales : Il devait envoyer à neuf heures
du matin devant la Préfecture la garde d'honneur attribuée
aux préfets dans les cérémonies publiques ; vingt hommes
au Tribunal Criminel, quinze au Tribunal Spécial, dix au
Tribunal Civil et dix à la Mairie pour escorter ces diverses
autorités ; plus une garde d'honneur de cent hommes dont
une moitié marchera en avant et l'autre en arrière du cortège;
enfin s'il voulait faire prendre les armes à toute la garnison^
(1) Arch. départem. Registre K, f° r6i. Je n'ai pas trouvé
jusqu'ici d'exemplaire imprimé de cet arrêté.

�XXXVI

elle pourrait former la haie sur le Cours tandis que la Garde
Nationale formerait la haie sur le reste du parcours (iK
Pour assurer la marche régulière du cortège et le bon
ordre dans l'église Cathédrale, Châteauneuf-Randon nomma
par arrêté du 24 Fructidor (11 septembre) cinq maîtres de
cérémonie : Roux, Caravel, chefs de bureau à la Préfecture ; Laurenti, Ricordi, secrétaires, et Cougnet fils. Ils
devaient porter une écharpe tricolore au bras droit et une
épée. Par le même arrêté, Fabry, chef de bataillon de la Garde
Nationale, commissaire de haute police, était désigné pour
porter le drapeau du Département encadré de quatre gendarmes et de quatre gardes nationaux (2).
*
* *
Le 12 septembre, au matin, toutes les cloches de la ville
sonnèrent de joyeux carillons. A 10 heures, le cortège partit
de la Préfecture dans l'ordre fixé, et se rendit à Sainte-Réparate, entre deux haies de soldats et de gardes nationaux,
derrière lesquels se pressait une foule considérable, sympathique et curieuse. L'Evêque, précédé du drapeau du Département et de la crosse épiscopale (3) entourée d'ecclésiastiques, s'avançait de front avec le Préfet Châteauneuf-Randon,
le général Partouneaux et le Président Trémois. Les membres
du Clergé convoqués la veille par le Vicaire Général Rossi
attendaient devant la grande porte de la Cathédrale (4).
Châteauneuf-Randon leur présenta Mgr Colonna auquel il
remit les clefs de l'Eglise. En temps ordinaire, cette remise
est faite par le Doyen du Chapitre ou son représentant ;
mais en 1802, le Chapitre de Nice n'existait plus ni en fait
ni en droit, et le Préfet voulait, sans doute, par cet acte,
(1) Voir lettre du Préfet au Général Eberlé (s. d.). Arch. département. M r8.
(2) Arch. départem. K 4, f° 168.
(3) Il s'agit probablement de « la crosse de vermeil donnée par
« l'Empereur à Mgr l'Evêque de Nice et qui doit être transmise à
« ses successeurs » mentionnée dans les inventaires de l'Evêché à
partir de 1805.
(4) Arch. municip. Bonifassi, volume B, f° 87, 11 septembre
1802. N° 2721. Il Clero e invitato dal Vic0 Rousc per domani trovarsi
sulla porta délia Chiesa a ricevere il Vescovo. Ann". Doc. N° 1080.

�XXXVt!

affirmer que le Gouvernement mettait, à la disposition de
l'Evêque, l'église Cathédrale devenue propriété de l'Etat
d'après les lois révolutionnaires. Ee prélat fut alors reçu
dans les formes prescrites par le Cérémonial. On lui offrit
l'eau bénite et l'encens, puis on le conduisit sous le dais
jusqu'au pied du maître-autel où il s'agenouilla, fit une coure
prière et revêtit les ornements pontificaux. Ee Préfet, le
Général et le Président avaient pris les places d'honneur
préparées dans le Sanctuaire et les autorités s'étaient rangées
dans la nef selon l'ordre déterminé. Ee vicaire-général Rossi,
commissaire délégué du Métropolitain, Mgr Champion de Cicé,
archevêque d'Aix, procéda alors à l'installation canonique.
On fit lecture de l'arrêté de nomination, des Bulles d'institution et du décret exécutorial du cardinal Caprara (9 avril
1802) érigeant les évêchés concordataires et rattachant
le nouvel Evêché de Nice à la Métropole d'Aix, (1), puis
Mgr Colonna monta au trône épiscopal.
. Dans un discours prononcé en latin selon l'usage
comme celui du Chanoine Provasso lors de la prise de possession de Mgr Valperga, le vicaire général Rossi exprima
la joie du peuple et du clergé privés depuis longtemps de
Pasteur et qui se félicitaient de l'heureux choix du Gouvernement et du Souverain Pontife. Il loua, en termes heureux'
les talents et les vertus du nouvel Evêque : son habileté
administrative, son application à l'étude, son zèle pour le
salut des âmes, sa modestie et sa piété profonde. Il sera,
sur le siège de Nice, le digne successeur d'une glorieuse
lignée d'évêques. Ees fidèles de ce diocèse, très attachés
à la religion catholique le reço'vent comme l'envoyé da
Dieu pour leur faire oublier les longues années d'épreuves
sur lesquelles il ne faut point insister aujourd'hui que la paix
et le bon ordre sont entièrement rétablis.
(1) Le décret du cardinal Caprara rendu en exécution d'une
bulle pontificale datée de Rome le 3 des calendes de décembre (28
novembre 8or) fut signé à Paris le 9 avril 802 et inséré au Bulletin
des lois N° 2 8 tome VI, 3 e série, 2 e semestre an X, avec un arrêté
du premier consul, daté du 29 germinal an X qui en ordonnait la
publication. Ce décret, après la suppression des anciennes divisions
ecclésiastiqi es, établissait, pour la France et les pays réunis, ) o
métropoles et 50 évêchés dont le tableau était annexé. La métropole
d'Aix avait pour suffragants : ajaccio, Avignon, Digne, Nice

�XXXVlII

Puis, par une allusion ingénieuse, au nom de Mgr
Colonna l'orateur déclara qu'il serait pour les prêtres, les
fidèles du diocèse, ce que fut, pour les Hébreux, la Colonne
miraculeuse qui guidait leur marche laborieuse et accidentée à travers le désert. Au nom de tous, il promit au nouvel évêque qu'il serait pour eux un père respecté, un chef
religieusement obéi dont ils s'efforceraient d'imiter les ex
emples et les vertus durant les longues années qu'ils demandaient à Dieu, de le conserver à leur tête (i).
Mgr Colonna prit alors la parole (2) : « Appelé à l'honte neur de l'Episcopat, après avoir reçu à Rome l'institution
« canonique et moyennant l'imposition des mains, la çonsé« cration à Paris : me voici, enfin au milieu de vous tel qu'un
« Ange de paix.,. »
Mgr Colonna déclara qu'il a compté sur les grâces particulières que le ciel accorde pour certains états, et non point
sur ses propres forces en acceptant une charge que la Révolution a rendu encore plus pénible et plus lourde. Il évoqua
rapidement les douloureux souvenirs des années qui venaient de s'écouler : prêtres persécutés, églisesp rofanées,
autels renversés, religion proscrite.
« Ne rouvrons pas des plaies qu saignent encore et
« qu'un sage Gouvernement tâche à cicatriser
« Que n'ai-je pas le zèle, les talens et l'espr't de ces
« dignes pasteurs : de ces saints pères des premiers siècles
« de l'Eglise, qui fleurissaient aux beaux jours du Christian« nisme ? De ces illustres prélats qui m'ont précédé dans ce
« siège épiscopal. Des Basses, des Siagres, des Valpergues
« et de tant d'autres, qui dès les temps les plus reculés ont
« porté la foi dans ce pays-ci, qui par la sainteté de leur vie,
« l'éclat des vertus, leur fermeté, leurs lumières, ont illustré
« et édifié cette Eglise, de mon dernier prédécesseur qui,
« par un généreux sacrifice a si bien mérité de la Religion
« et de la Patrie.
(r) Ce discours d'une excellente latinité est cité par VIIAAREY,
Raccolta di Decreti, moniti, pastorali, allocuzioni, ecc. Dell'Illmo e
Revmo Monsignor Vescovo di Nizza, dall'anno 1802 all'anno 1831.
Nice r83i, tome r, p. 1-4.
(2) Discours de possession prononcé par Mgr l'Evêque de Nice,
immédiatement après celui de M. le Vicaire Général dans la Cathédrale. VIIAAREY, Raccolta... tome 1, p. 5-ir.

�XXXIX

Du haut du ciel, les saints Evêques de Nice écouteront
« la prière de leur successeur et lui obtiendront de Dieu
« un esprit de sagesse et de modération si nécessaires à un
« évêque chargé de la conduite des âmes. »
Sa mission sera facilitée par le zèle des prêtres, ses coopé«ateurs et par l'attachement des fidèles à leur foi.
« Non, il n'est pas de ce peuple comme de tout autres
« peuples ; la Révolution n'a pas produit dans cette Pro« vince par rapport à la Religion les effets qu'elle a produit
« dans les autres, elle n'a pas déployé ici ce caractère qui
« la distinguait ailleurs ; les convulsions révolutionnaires
» n'ont guère atteint à la Religion ; elle a été conservée
« au milieu des agitations les plus violentes, s'il y a eu un
« instant, où ce Temple réparé, embelli dernièrement a été
« fermé, • ç'a été peut-être un trait des Divines miséricor« des ; la Providence a ménagé cet instant pour donner
« un nouvel essort au zèle du peuple qui peut-être s'était
« tant soit peu refroidi ; la privation a produit son effet :
« touché jusqu'aux larmes, il soupirait après le retour du
« Culte, la fin de la Révolution. Ses désirs furent accomplis,
« exaucés dans le temps, ils le sont encore davantage à préci sent. Il peut vaquer librement aux exercices de piété et
« de dévotion. Aussi le voyons-nous pénétré de respect,
« s'empresser à remplir les Eglises, embrasser les Autels,
« y déposer ses prières, cherchant un soulagement dans
« ses besoins et ses peines. »
L'Evêque fit ensuite un éloquent appel aux prêtres
qui devaient être animés « de ce zèle sage et discret qui
« respire la douceur et la charité ; de ce zèle généreux qui
« embrasse tout, se répand partout, ne connaît point de diffi« cuités qui tâche à ramener les esprits, réunir les cœurs,
&lt; concilier les intérêts divisés
»
Tous leurs actes, ajouta-t-il, doivent être inspirés par
une charité qui s'étendra à tous, amis ou ennemis comme
j Ôsus-Christ leur en a donné le précepte et l'exemple. La Chanté est l'âme de la Religion catholique « qui est une Religion
« d'amour et de bienfaisance
C'est cette vertu qui fait
« du genre humain de l'univers entier une seule famille,
« dont Dieu est le père et nous sommes les enfants attachés
« par les liens de la fraternité
»

�XL

Ees prêtres doivent dont apprendre à tous par la parole
et surtout par l'exemple que l'amour de Dieu est inséparable
de l'amour du prochain. La pratique courageuse de ce double
amour sera le moyen le plus efficace pour ramener à l'Eglise
ceux qui en sont éloignés.
« En attendant, conclut le Prélat, adressons au Ciel
« des prières pour tous ceux qui tiennent au Gouvernement,
« en particulier pour le Chef de l'Eglise, notre Saint Père
« le Pape. Eeur vie nous est trop chère, trop précieuse au
« bonheur public ; c'est par leurs soins qu'après une des
« plus rudes tempêtes, des temps des plus orageux nous
« jouissons du calme. Que cette paix dont nous goûtons
« ies doux fruits soit le garant de celle qui nous est préparée
« dans le Ciel, et que je vous souhaite. »
Ee procès-verbal de l'installation dressé par le Vicaire
Général fut signé par les ecclésiastiques témoins, le Préfet,
le Général commandant les troupes, les Présidents des Tribunaux, le Maire et les Juges de Paix.
*
* *
Après la messe célébrée pontificalement, la procession
se forma et l'Evêque fut accompagné, comme le prescrit le
Pontifical par tout le clergé qui chantait des hymnes et des
psaumes, jusqu'à la préfecture. Ea procession défila entre
les deux haies de soldats et de gardes nationaux et fut suivie
par le Préfet et toutes les autorités qui avaient assité à la
cérémonie. Au témoignage de Bonifassi, le discours de Mgr
Colonna fut touchant et bien adapté aux circonstances :
l'ensemble de la cérémonie fut émouvant et édifiant et il
ajoute, malicieusement, qu'on ne ce serait jamais attendu à
pareille chose de la part des Français.
Villarey rapporte de son côté (op. cit.) que l'attitude
recueillie de Mgr Colonna et son air modeste firent la meilleure impression sur tous les assistants ; ce qui n'empêcha
point quelques réflexions plus ou moins bienveillantes. Un
bon prêtre, raconte Bonifassi, au moment où Mgr Colonna
fut présenté au clergé par le Préfet, se tournant vers ses voisins, leur dit : « Cela va bien si Mgr Colonna se rend compte
« aujourd'hui que nous, nous étions ici et que c'est lui qui y
« vient. »

�A l'occasion de l'installation de l'évêque on répandit
dans le public quelques poésies en son honneur, louables
tout au moins pour l'intention de leurs auteurs. Louis Romey,
avoué près le Tribunal civil, membre du Jury d'Instruction,
qui devint maire peu d'années après, se révéla poète, lui
aussi, et publia une pièce de vers dans laquelle il vanta,
comme il était de mode alors, Bonaparte et la Corse, (i)
Mgr Colonna continua à occuper l'appartement que le
préfet avait mis à sa disposition jusqu'à l'aménagement
de l'Evêché. Il semble même que Châteauneuf-Randon
pour laisser toute liberté au prélat ait prolongé son séjour
à la campagne qu'il avait louée au quartier du Piol. En effet,
c'est dans cette campagne qu'il offrit, à l'occasion de la fête
du 18 Brumaire un grand dîner auquel il invita l'Evêque
avec les représentants des autorités civiles et militaires
et quelques anglais de distinction qui étaient, depuis la paix
d'Amiens, revenus hiverner à Nice. (2)
(1) Arch. municip. Bonifassi. Vol. B. f° 87, 12 septembre 1802 :
N° 2724. Solenne ingresso nella sua Cattedrale fatto da M1 Vescovo coll'accompagnamento di tutte le autorità. Mss. autent.
N° 2725. Il Clero si trovo présente sulla porta del Duomo, e dal
Prefetto, vennegli presentato MonsignT Colonna corne Vescovo di
Nizza. Mem. autent.
N° 2726. In quell'atto un buon Ecclesiastico volto a suoi più
vicini disse : Bene se Colonna in questo punto impara che noi eravano
qui, e che egli è quelli che viene. Osserv. partrI.
2727. M1 Vescovo pontifico, e recito un discorso tenero, e ben addattato, la fonzione riusci tenera moltó, ed edificante nel suo complesso.
mai più si aspettava per opera dei francesi un simil atto. Mem. part11
2728. Dopo la fonzione il Clero processionalmente cantando i
soliti inni accompagno il Vescovo al palazzo délia Prefettura ove avea
il suo alioggiamento, le autorita pure lo accompagnarono.~M.ss autetit
2729. In quest'occasione si distribuirono alcune poésie lodevoli
per la buona intanzione degli autori. Romey anche esso divenutto poeta
jece un Endecassillabo in cui corne di ragione venta il Bonaparte, e la
Corsica. Doc. N° 1077.
(2) De Préfet fit imprimer une Relation de cette fête et l'envoya
à Chaptal, Ministre de l'Intérieur, avec sa lettre du 20 Brumaire
au XI (11 novembre 1802). Elle est intitulée « I/anniversaire du
« dix-huit Brumaire, célébré chez le Général de Division, Châteauce neuf-Randon, préfet du département des Alpes-Maritimes, à Nice,
« le mardi même jour du mois, an onze de la République, ou le neuf
« novembre 1802 (vieux style). » 7 pages in-40 chez Cougnet père et
fils, imprimeurs-libraires à Nice, s. d. Arch. nationales V I ç nr. 3
Alpes-Maritimes, Correspondance.

�Châteauneuf-Randon avait communiqué à Mgr Colonna le 24 Fructidor (n septembre) (1) les divers arrêtés successivement pris par lui pour son logement et dans ses conversations particulières, il lui avait certainement expliqué
pourquoi, malgré toute sa bonne volonté, il n'avait pas encore réussi à réparer et à meubler l'ancien évêché. Il semble,
du reste, que les rapports les plus sympathiques et les plus
cordiaux s'établirent rapidement entre le préfet et le prélat (2). On en fit un crime à Châteauneuf-Randon, qui ne
s'en émut guère comme en témoigne sa correspondance.
Il écrivait le 24 Fructidor, an X (n septembre 1802)
au citoyen Colonna, évèque de Nice :
« J'ai l'honneur de vous adresser, Citoyen Evêque,
une copie de touts les arrêtés que j'ai pris successivement
pour assurer votre logement dans la maison qu'avaient
autrefois occupée vos prédécesseurs, ils sont à la date du
14 de ce mois, j'y joins une copie du bail que j'ai passé avec
les propriétaires de cette maison. J'en ai fait remettre les
clefs au Maire de la ville qui demeure chargé des réparations
et de l'ameublement. Je ne doute pas qu'il ne mette a s'en
bien acquiter le même zèle et la même activité que moi, et
que sous peu de jours, il ne me procure le plaisir de vous annoncer que le logement est enfin convenablement assorti
à votre usage et à votre caractère.
« Veuillez en attendant, croire au plaisir sincère que
j'éprouverai de vous avoir longtemps chez moi.
« Je me félicite, citoyen évêque, de ce qu'en me chargeant de vous choisir une maison, le gouvernement m'ait
(1) Voir deux lettres du Préfet à Mgr Colonna du 24 Fructidor
an XI. Arch. Départ. M. 17.
(2) Le préfet lui-même le raconte à Coulomb, secrétaire général
du Ministère de l'Intérieur, dans sa lettre du 12 Vendémiaire an XI
(4 octobre 1802). Après avoir parlé de l'hostilité des membres de la
loge maçonnique de Nice à son égard, il ajoute : « Ils osent se rabatre
« sur mon intimité avec l'eveque de Nice, homme vertueux, politie
« que et philosophe... » Arch. Nation. FI III 3. Alpes-Maritimes.
Correspondance.

�XUll

fourni une occasion de vous donner une preuve de nies sentiments d'estime et de considération.
« J'ai l'honneur de vous saluer. » (i).
*
* *
Le Maire de Nice, une fois en possession de l'Evêché
et sur les ordres réitérés du Préfet, fit dresser le devis estimatif
des réparations et l'adressa à Châteauneuf-Randon le 27
Fructidor (14 septembre) (2). Celui-ci après l'avoir examiné
le trouva trop élevé et le renvoya le lendemain à Défly avec
ordre de mettre ce travail en adjudication au rabais ; il lui
rappela en même temps qu'il fallait aussi s'occuper de l'ameublement et que la commune devait faire quelque chose
pour être agréable à l'Evêque. (3).
Le Maire fit immédiatement afficher l'adjudication :
il en informa le Préfet le 29 Fructidor (16 septembre) et le
pria « de désigner aux entrepreneurs de ces ouvrages le
« mode et les époques des payements qui devront leur être
« effectués pour leur travail. » (4).
Le Préfet approuva cette mesure le 3e Jour Complémentaire an X (20 septembre 1802) en invitant le Maire
« à faire faire d'abord les réparations les plus urgentes, telles
« sont celles de l'appartement de l'Evêque du salon et de
« l'escalier, afin que M. l'Evêque puisse occuper de suite
« son logement. »
Quant aux dépenses, concluait le Préfet, « Lorsque
« les réparations seront achevées et que vous aurez pour« vu à l'ameublement préalable ou de prêt, je vous indi« querai le moyen de couvrir cette dépense sur-le-champ.
« (5)(1) Minute corrigée en plusieurs endroits par le préfet. Arch.dép. M.17.
(2) Arch. municip. Correspondance, 27 Fructidor au X (14
septembre 1802).
(3) Arch. départent. M 17. L,e Préfet au Maire de Nice 28 Fructidor an X (15 septembre 1802).
(4) Arch. municip. Correspondance du Maire 29 Fructidor an X
'(16 septembre 1802).
(5) Arch. départem. M 17. I&lt;e Préfet au Maire de Nice 3e Jour
Complémentaire an X (20 septembre 1802).
Arch. municip. Correspondance du Préfet an X. Volume vi.

�XL1V

Les soumissions furent reçues le 2 Vendémiaire an Xé
(24 septembre 1802). Le devis montait à 1.314 francs ; Honore
Beu, maçon à Nice soumissionna seul pour la somme de
1.195 francs et le Maire en transmettant cet offre au Préfet
lui demanda « son approbation, pour adjuger définitivement
« ces réparations et faire mettre de suite la main à l'œuvre. »(1).
Le lendemain, de nouvelles soumissions l'une à 700 fr.
et l'autre à 650 francs (dont les auteurs ne sont pas nommési
et une autre par Laurent Levamis (dont le montant n'est
pas indiqué.) parvinrent au Maire qui les transmit au Préfet (2).
Châteauneuf-Randon donna son approbation et les réparations commencèrent .
Le premier devis était incomplet, il fallut en dresser
un nouveau qui fut également mis en adjudication et exécuté après approbation du Préfet en date du 22 Frimaire
an XI (13 décembre 1802).
Le montant total des réparations n'était pas très élevé,
1.200 francs environ, cependant ni le Maire, ni le Préfet n'avaient à leur disposition la somme nécessaire pour le solder. Le maire demandait donc le concours du département.
La loi du 18 Germ'nal, article 71, autorisait bien les Conseils
Généraux à accorder aux Archevêques et Fvêques un logement convenable, ce qui comprenait, sans doute, les réparations foncières et locaLives ; mais le Conseil Général des
Alpes-Maritimes n'était point en session. Il fallait cependant
ne pas faire attendre aux ouvriers le payement de leur travail ; c'est pourquoi le Préfet s'adressa aux Ministres des
Finances et de l'Intérieur pour solliciter un crédit extraordinaire le 27 Frimaire an XI (18 Décembre 1802) (3).
(1) Arch. municip. Correspondance du Maire 2 Vendémiaire
XI (24 septembre 1802).
(2) Arch. municip. Correspondance du Maire 3 Vendémiaire
an XI (25 septembre 1802).
(3) Arch. départem. M 22. Le Préfet aux Ministres de l'Intérieur
et des Finances. 27 Frimaire an XI (18 décembre 1802). Le 20 Ventôse au XI (n mars 1803)., le Préfet demandait au Maire de Nice
de lui faire passer sans délai « une copie des devis détaillés des répara« tions faites à la maison épiscopale, j'ai un besoin pressant de ces
« pièces qui doivent être adressées au Ministre de l'Intérieur. Arch.
Départent. M. 26.

an

�XI.V

Ee même jour, il avisait le maire de cette démarche,
en l'invitant néanmoins à payer provisoirement les ouvriers
« parce que les instructions du gouvernement portent que
« les réparations locatives de l'évèché seront à la charge des
« communes si elles peuvent les supporter ou à défaut du
« département, (i).
* *
A cette date, Mgr Colonna était déjà installé dans les
appartements de l'Evêché réparés sommairement et meublés
très modestement. En effet, il n'existait encore aucune règle
administrative déterminant la part respective de l'Etat,
du Département et de la Commune dans les frais relatifs
aux Evêchés (2). Il fut donc pourvu à l'ameublement dans
des conditions assez précaires et beaucoup d'objets furent
pris, ce semble, dans le mobilier séquestré de Jean-EouisAugustin Eascaris qui depuis plusieurs années dépérissait
dans les magasins de la Régie ou dans les appartements occupés par les locataires de cet émigré (3). Un inventaire de
l'ameublement de l'Evêché dressé en exécution du Décret
impérial daté du palais de Milan, 5 Prairial an XIII (25
Mai 1805) démontre qu'il n'était point luxueux (4). E'Evêque de Nice, du reste, était ennemi de tous fastes et se
contentait du strict nécessaire.
(1) Arch. départent. M. 23. De préfet au maire, 27 frimaire an XI
(18 décembre 1802).
(2) Un décret impérial du 5 Prairial an XIII accorda à chaque
Evêque une somme de 2.400 francs pour son ameublement, eu dehors de la contribution du département.
(3) Châteauneuf-Randon proposa plusieurs fois cette mesure
aux Ministres et au Maire de Nice. Il fut souvent aussi question de
la destination à donner au mobilier Dascaris, et il existe aux Archives
Départementales plusieurs lettres et arrêtés à ce sujet. Voir en particulier
celui du 17 Nivôse an X (7 janvier 1802) qui est en minute, liasse
M 20, dont les considérants sont à étudier.
Jean-Douis-Augustin Dascaris fut amnistié le 18 Primaire an XI
(9 décembre 1802) et le séquestre apposé sur ses biens à Nice et au
Castellar fut levé par arrêté du préfet en date du 22 Pluviôse an XI
(i 1 février 1803). Quatre tableaux religieux déposés dans les bureaux
de la Préfecture et provenant probablement de l'ancien Bvéché furent remis à Mgr Colonna par arrêté préfectoral du ier Ventôse an XI
(20 février 1803). Arch. départent. K 6.
(4) Voir Nice Historique, ier mars 1906, p. 70-73, cet inventaire
publié par M. Sappia.

�XÏ.VI

L'évêché fut mis à la disposition de Mgr Colonna
vers la fin d'octobre 1802, et il l'occupa probablement à
son retour de Marseille où il s'était rendu en qualité de délégué pour remettre le ỳalium à son métropolitain, l'archevêque d'Aix. Au témoignage de Bonifassi (op. cit. n° 2780)
il avait quitté Nice le 26 octobre et son absence fut de courte
durée.
Une lettre du préfet en date du 7 Brumaire an XI (29
octobre 1802) résume toutes les démarches faites pour assurer le logement de l'évèque :
«Au ministre de l'Intérieur, des Finances et des cultes.
7 Brumaire An XI (29 octobre 1802).
« Citoyen ministre,
« Vous m'avés prescrit de désigner une maison nationale convenable pour être affectée au logement de l'évèque
de Nice.
« Le défaut de maison nationale m'a forcé de recourir
aux moyens praticables pour reprendre l'ancienne maison
de l'évêché qui avait été aliénée. Je n'ai pu en trouver d'autres que celui de projetter la cession aux propriétaires de
cette maison des biens nationaux de même valeur.
« J'ai pris en conséquence le 1er Messidor an 10 un arrêté qui ordonne cet échange et j'ai soumis cet arrêté à l'approbation du gouvernement. J'ai eu l'honneur de vous en
adresser une ampliation le 14 du même mois.
« L'évêque de Nice étant arrivé dans l'intervalle, le
gouvernement n'ayant pas encore statué sur cet échange
et les propriétaires de l'évêché ne voulant s'en dessaisir
qu'autant que le gouvernement aurait approuvé mon arrêté,
je me suis trouvé dans un embarras extrême pour procurer
à l'évêque un logement convenable et décent. Mais comme je
ne doute pas que le gouvernement n'adopte les mesures que
je lui ai proposées et que dans tous les cas je compte infiniment sur sa justice, je me suis déterminé à traiter moimême personnellement avec les propriétaitres de l'évêché
pour la location de leur maison. C'est la seule mesure que les
propriétaires ont voulu adopter et j'ai dû donner cette marque de dévouement personnel au gouvernement dans cette
circonstance.

�xxvu
« J'ai passé avec eux un contrat dont j'ai l'honneur de
vous transmettre ci-joint une copie, ainsi que des arrêtés
que j'ai pris à cette occasion. J'ai fait faire sur le champ les
réparations les plus urgentes et j'ai remis la maison à la disposition de l'évêque.
« Pendant un mois que cette exécution a duré, j'ai eu
le plaisir de loger et avoir chez moi l'évêque.
« Tel est, citoyen ministre, le résultat des mesures que
j'ai du prendre en suite de vos ordres et de vos instructions.
Cet état de choses vous prouvera, sans doute, qu'il est urgent que le gouvernement statue sur mon arrêté du ier
Messidor. Je vous prie de remettre cet objet sous les yeux des
consuls.
« J'ai l'honneur de vous saluer. » (i).
L'opération proposée par l'arrêté préfectoral du ier Messidor an X était très avantageuse, tout à la fois pour Pierre
Mages qui avait payé l'évêché un prix presque dérisoire,
et pour l'état qui rentrait en possession, sans bourse déliée,
d'un immeuble confisqué, puis aliéné et dont il avait encaissé
le prix, par la cession de terres également confisquées et
jusqu'alors invendues.
Néanmoins, malgré les démarches que Mgr Colonna
fit probablement à Paris auprès des ministres intéressés et
malgré les nombreuses lettres de rappel écrites par Châteauneuf-Randon, l'approbation de cet arrêté restait en suspens.
Le ministre des finances, que cet objet concernait exclusivement puisqu'il s'agissait d'une cession de biens nationaux
ne prenait pas de décision. C'est que, après examen, il avait
été reconnu que le ministre n'avait point qualité pour autoriser l'échange en question et qu'il était besoin de l'approbation du Corps législatif. Beaucoup d'affaires similaires se
présentaient alors journellement et, comme pour toutes,
la difficulté était la même, le gouvernement se décida à proposer divers projets de lois pour les trancher définitivement.
Tel fut le but des lois des 2, 13, 17 Floréal an XI (24 avril,
3 et 7 mai 1803), 24 Pluviôse an XII (14 février 1804)
(1) Minute à laquelle le préfet a ajouté plusieurs passages et en
particulier celui relatif au séjour de l'évêque chez lui. Arch. départent,
M. 23.

�XÏ,VIII

16 Ventôse an XII (7 mars 1804), 29 Ventôse an XII (20
mars 1804), qui autorisent des aliénations, acquisitions,
concessions et ventes, échanges et impositions extraordinaires dont l'inspiration et les dispositions générales sont identiques.
Par un article de la loi du 29 Ventôse an XII, le préfet
du département des Alpes-Maritimes est autorisé à acquérir
par voie d'échange, des citoyens Mages etSpréafico le Palais
épiscopal de Nice.
Le département des Alpes-Maritimrs devenait propriétaire de l'ancien évêché et la somme de 25.000 francs,
valeur des biens nationaux cédés à Pierre Mages et Spréafico,
devait être remboursée au trésor public sur les centimes
additionnels destinés à pourvoir aux dépenses variables de
ce département. (1).
L'arrêté du 1er Messidor an X recevait son exécution intégrale et définitive, mais lorsque le décret de Bonaparte parvint à Nice, Châteauneuf-Randon avait été remplacé à la
Préfecture des Alpes-Maritimes par M. DuBouchage depuis
près d'une année.
On a beaucoup critiqué l'administration de ChâteauneufRandon. Il est cependant équitable de constater après
examen impartial des documents contemporains que Châteauneuf-Randon collabora loyalement avec Mgr Colonna
pour l'application des lois concordataires et qu'il fut dans
le département des Alpes-Maritimes l'exécuteur consciencieux des instructions bienveillantes et sages du gouvernement consulaire.
A.-J. RANCE-BOURREV.

(1) Voir Bulletin des lois de l'an XII, n° 356, loi du 29 Ventôse
an XII et aux Archives départent, un décret du Premier Consvl,
Germinal an XII, (30 Mars 1804). Série N, liasse 1.

�91
LU DO UI ARMANAC
Un armanac de l'an passat,
Essent su d'un burèu, couost'-à-eouosta plaçât
Dapè l'armanac de l'annada,
Ei dia : « Car vesin, noun sabi cenqu'ai fach
Qu'aigon tant bruscamen clianjat miéu destinada ?
Moun mèstre, cada jou, de iéu n'era distrach ;
Aura la miéu basana fanada,
A la poussiera, ai verp, es mai qu'abandounada g
En lou fra-tèms, lou capricious,
Noun a d'uès que pèr tu, siés tu lou plus urous ! «
E'autr' armanac, de fresc e bella tencha
Ei respoundet : « Moun paur'amic,
Siés gaire dôu tiéu tèms, siés tirat au lambic ;
Pensa, quoura lou paure s'endimencha,
Dôu sata marques lou repic ;
Noun t'en pihar qu'au milesime
Couma cadun as ben virat lou mai ;
Vendra moun tèms e lou miéu crime
Sera d'aver cuntat douze luna de mai ;
Ensin tout passa e chanja, lou mounde es tant fragile,
N'estre plus de soun tèms, siés un libre esgarrat,
Ben d'orne soun charmant, tant que li siés utile
Se lou siés plus, noun vées que d'ingrat.
Soutamete-vous en aqueli pensada :
Gen dôu passat, puissança devessada,
Viéi servitour, ancien tardoc,
Amant tradit, beutà passada,
Devantes toui viei armanac !
Juli Eynaudi (d'après Viennet).
PROüVERBI, BOÜOI MOT, COUNSÈTJ E DICH
Entra autour :
Su lou bastioun un marrit pouèta rescouontra un dei
siéu counfraire :
— Eu miéu vers mi couston gaire.
— Vous couston cenque valon.

�92

NOUM

DEI

FIGA —

LI

SIÉU

VARIETA

d'après M. lou D* E. SA UVAIGO
I. — FIGA BLANQUI O BEN VERDASTRI
I. — Al,OXJNGADI

Blancassa figa, figa blancastra.
Figa bovin o bouin.
Cabrioliana donqueiretta.
Caravouguin blanc.
Couol de dama.
Doumestica.
Donqueira blanca, figa d'autoum, verda, jaunastra.
Mussega-cougourdana, dôu genre tapa-cartin.
Tapa-cartin, Aubicou blanc.
Pissaluta (pittalussa, poussouluda).
La Toscana.
2. — FlGA GI(OBTJI(OUSI

Bellona blanca, resercada pèr lu pastissié.
Bernissôu blanc.
Daurada.
Figa de mèu.
Figa turca, tres decourativa.
Grossa beurdona, berdonda.
La Castagnola, figa castagna.
La gentila.
Marseillesa, figa d'Athèua.
Matarassa, figa de Grassa.
Pecoujuda.
Rondeletta.
Roubada blanca.
Seirola, figa Seyrola dapè Niça.
Sucrada.
Trompa cassaire.
Verdola.
n. — FIGA GRIHI O ROUGEASTRI
Figa calabresa.
Cotignana.
Coucourella, coucouletta, figa sensa grana.
Figa de San Francès.
Figa siciliana.
Fourassa, figa grossa.
Imperiala, imperiau.
Levensana.
Moresca.
Rolondina.
Roussana.

�33
ni. — PIGA NEGRI 0 BRUNI
I. — AI.OUNGADI
Abigou negre. ■
Bellona negra.
Briasca.
Clavèu.
Donqueira.
Figa amarauna.
Figa matelassa.
Figa negrau, negreita (figa d'autoum).
Figa sauvagia.
Mentonasca.
Pounchuda.
Saraina.
2. — Gr,OBUI,OÜSI
Bernissenca o coucoulenca (figa terdiera).
Bernissôu negre.
Caiana.
Catalana.
Cimeirenca.
Figa à merioun.
Figa d'orne.
Meirasca (figa d'autoun, ven de Levens).
Merengiaina.
Merlin ga.
Mouissonna.
Mourenao bagassa.
Neçretta.
Relona.
Roubada negra (figa tardiera).
Rondella negra.
Salada.

BOUONA RKSPOUOSTA
Bou pichoun Goustin s'era levât ben tardi. Soun paire,
pèr lou rendre plus matinié, li diguet :

— Lou miéu enfan, noun counouisses lou près e lu avantage d'estre matinié. — Escouta : un orne que s'era levât de
gran matin, trouvet su lou siéu camin una boursa plena de
peça de vint lira...
— Ma, paire, respoundet l'enfant, aquéu que l'avia
perduda s'era levât encara plus bouon'oura.
Lou paire restet nec... li a dequé. ..

�SA

LI TRES GOUTA

Alba, la bouona fada, que proutegia lu fiansat, passant
un matin dapè d'una rosa audia lou siéu noum prounounsat
da tres goûta tremoulanti.
Ela s'avesina e s'assetant dintre dôu couor de la flou,
demandet :
— Que mi voulès, brihanti goûta ?
— Venès, be l'Alba, résolve une questioun.
— Parlas.
— Sian très goûta venènt da diferenti sourça. Voulen
que nen digués la quala es la mai preciousa e la plus pura.
— Acheti, parlas, brihanti goûta.
Ea premiera goûta en tremoulant li diguet :
— Veni dai nebla auti, siéu fina dei gran' mar. Siéu naissuda dintre la gran océan, antic e poutènt. Après d'aver
bagnat li riba de touplen de pais, après estre estada sagatada da mile tempesta, la nebla m'a surbida. Siéu anada
fin soubre de li autessa doun brihon li estela, pi m'abisseri
au mitan dei uiàu e dôu tron dintre lu flot su lu quai mi repauvi. Representi la Mar.
— Toca à tu, brihanta goûta, diguet la fada à la segounda.
— Iéu siéu estada la rousada, que nourrisse lu lis, siéu
la souore dei clar de luna, fiha dei nebla que s'ausson quoura
la nuech pouorge lou siéu vêle soubre de touta la natura.
Representi lou crepuscul dôu matin.
— E vous, diguet Alba à la plus pichouna ?
— Iéu, ai minga de valour.
— Parlas, doun venès ?
■—■ Dai uès d'una fiansada. Siéu estada lou sourire, l'espoir, pi l'amour, aura siéu devenguda lagrima.
Ei autri, couma pensas, souta.capa riion de la pichouna
goûta. Ma Alba, durbènt lu bras, l'estregnet emé gran couor.
— Aquesta es la plus preciousa e la mai pura.
— Ma iéu, siéu estada la Mar !
— Iéu l'Atmosfera.
— Es ver, brihanti goûta, ma aquesta siguet lou couor,
e Alba s'envolet en l'azur embé l'umbla pichouna goûta.
d'après Rosalta Sandoval.

�95

MONACO ET MONTE - CARLO

Sur la mer scintillante où dardaient ses regards,
De la plus haute tour à frange sarrasine,
Le guetteur vit les nefs qui couraient la rapine
Et fouilla la campagne, où rôdaient les pillards.
Sur son rocher hautain, étreint de ses remparts,
Le fief pleura souvent ses vergers en ruines,
Dans la haine et l'effroi des hordes assassines,
Hurlant l'assaut, quand leur chef lève l'étendard.
Mais le fief, aujourd'hui, semble comme un caprice,
Avec ses vieux canons, ses remparts et ses forts,
Ennuyé sur son roc, qu'isole un précipice.
Autour du temple éblouissant du Dieu de l'Or,
Sous le Burg, qui n'a plus à craindre aucune injure,
A jailli la cité de Jeux et de Luxure.
Jean CAPATTI.
UN CURAT DINTRE L'EMBARRAS
Un curat d'una gran paroquia era oubligat un jou de
ceremounia de respouondre à un discours en latin; ma couma
noun sabia aquela lenga, s'en pihet ensinda :
— Moussù, lu Apostolo parlavon touplen de lenga ;
venès de mi parlar en latin, e iéu vau vous respouondre en
francès.

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Noumbre d'or...
13
Mars
Epato (Grégori)
Il
Jun
Cicle soulari
17 Setèmbre
Endicioun roum
10 Desembre
Letra doumenicala
G F
LI QUATRE

8,
7,
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10
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11
10
23
23

SESOUN

Lou printèms coumença lou 21 mars
L'estiéu
—
— 22 Jun
L'autoum
—
— 24 sept,
L'iver
—
— 22 dés.

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dôu sera
dôu matin
dôu sera

FESTA MOUBILI

Septuagesima... 12 Fébrié
Cendre
21 Febrié
Pasca
7 Abrieu
Rougacioun 21, 22, 23, 24 Mai
Ascensioun
16 Mai

Pantecousta
Trinità
Festa de Diéu
1" Dimenegue de
Ie* Desémbre

26 Mai
11 Jun
15 Jun
l'Avènt

LU ESCLISS!

Souliu.

—

ij Abriéu. — Esclissi annulari e coumplet visible

à Paris, en America, en Europa et dintre lou N.-O. de l'Africa.
Coumençamen de l'esclissi à 10,01 dôu matin ; finisse à 1,08
dôu sera.
10 Otitoubre. — Esclissi coumplet invisible à Paris, visible
dintre l'America dôu Sud.
Luna. — 1" Abrièu. — Esclissi parciella visibla à Paris. Entrada de la luna dintre l'oumbra, 9.26 dôu sera; sourtida, 11.03
dôu sera.
26 Setèmbre. — Esclissi parciella, invisibla à Paris, visibla
dintre l'Océan Pacifique.

Jîla providence, %ue de la Préfecture /4, $run, Siàraire

�LU

VÉNT

Lu vènt que souflon à Niça, dintre lou cours de l'armada,
soun au nombre de 16. Vequi li siéu denouminacioun courènti,
pihadi, en general, dai loucalità dei quali parèisson vèni :
Sud
Miejon
Nord... Tramountana
S.-S.-O. Miejou Lebech
N.-O.-E. Grek Tramountana
S.-O
Lebech
N.-E... Grego
O.-S.-O Pounèut Lebech
E. N .E. Levant
Ouest. Pounènt
E.-N.-E. Levant
O.-N-O.V Pounènt Maistràu
E.-S.-E. Levant
N -O . Mastràu
S.-E.... Siroco, vènt marin
N..-N. OMaïstràu Tramount
S.-S.-E.. Miejou Siroc

6
15
25
14
31
24

VIGÍLIA — JEUNI
Abriè
(Pasca, 7 Abrièu).
Mai
(Ascensioun, 16 Mai).
Mai
(Pantecousta, 26 Mai).
Avoust
(Assoumpcioun, 15 Avoust).
Outoubre (Toui lu Sant, Ier Nouvembre).
Desembre (Calena, 25 Desembre).
L'AN NADA RELIGIOUSA

LI FESTA MOUBILI E LI FESTA FISSI
Janvt'è
jYlars
1 Circouncisioun.
1 e 2 Quatre Tèms.
6 Epifania (lu Rei).
3 Reminiscere.
13 Bateja de J.-C.
10
Oculi.
14 Sant Noum de Jesu.
17 Lœtare.
fébrié
24 Passioun.
2 Puriflcacioun.
29 Li 7 Doulou.
4 Setuagesima.
31 Lu Rampàu.
6 Festa de la Pr. de N. S.
11 Sexagesima.
Jîbriéu
13 Coum. de la Passioun.
5 Divendre Sant.
18 Quinquagesima.
7 Pasca.
21 Cendre.
14 Quasimodo.
25 Quadragesima.
28 Patrou. de San Joúsè.
28 Quatre-Tèms.

�Setembre
3 Inv. de la Santa Crous.
13, 14, 15, Rougacioun.
16 Ascensioun.
26 Pantecousta.
29-31 Quatre-Tèms.
1
2
6
9
21
24
29

Quatre-Tèms.
Trinità.
Festa de Diéu.
Festa dôu S. Sacramen.
Sacrat-Couor de'jesu.
Natività de S. jouan-Bat.
SS. Peire e Paul.

8 Natività de la Vierge.
14 Esaltacioun de la Crous.
15 N.-D. dei 7 Doulou.
15 San Noum de Maria.
18, 20, 21, Quatre-Tèms.
29 Dédie, de S. Miquèu.

Ôutoubre
6
13
20
27

Sant Rousari.
Maternità de la Sta Vierge.
Puretà de la Santa Vierge.
Patrounage de la S. Vierge.

J/ouvembre

Juliet
2 Visitacioun de la S. V.
7 Precious Sang.
16 N.-D. dôu Carme.

Jîvoust
6 Transfiguracioun.
15
18
25
25
29

Assoumpcioun.
S. Joachim.
S. Couor de la Vierge.
S. Louis.
Decolac. de S. Jouan-Bat.

1
2
3
21

Toui lu Sant.
Lu Mouort.
Santi Relíquia.
Present, de la Sta Vierge.

2&gt;esembre
1 Avent.
8 Imaculata Councepcioun.
18, 20, 21, Quatre-Tèms.
25 Calena.

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DÉCIMALISATION

DU

TEMPS ET DES

ANGLES

LA MONTRE DÉCIMALE
Par J. de REY-PAILHADE, président du Comité
pour la propagation des méthodes Décimales.
Le Club Nautique de Nice a offert plusieur fois en prix des
montres décimales aux régates'de 1909. Il était utile de décrire cet instrument, d'y joindre des tables pratiques et des
formules à l'usage des ingénieurs, des sportsmen, des médecins, etc. etc.
DÉCIMALISATION DES ANGLES •
Il est aujourd'hui démontré que la division décimale du
quart de cercle facilite tous les calculs.
Les nouvelles cartes géographiques sont graduées exclusivement dans ce système, devenu officiel en France et dans
d'autres pays. On possède toutes les tables pratiques nécessaires à son essai courant. Nous ne nous étendrons pas
davantage sur cette méthode aujourd'hui enseignée dans les
lycées et collèges.
Nous rappellerons seulement que M. l'amiral Germinet,
membre d'honneur du C. N. N., sous la direction duquel on
fit en 1899 et 1900 des essais de navigation avec un matériel
entièrement décimal, a émis un avis très favorable à la
réforme décimale.
DÉCIMALISATION DU TEMPS
La division décimale du jour décrétée le 4 frimaire an II
rendra aussi de grands services à la science et aux sports.
Principe. — On divise le jour entier en 100 parties égales
appelées cés ; le cé est subdivisé en décisés, ceniicès et millicés
Le cé vaut 14m 24s ou 1T4 d'heure environ ; le décicé est égal
lm 26s 4 ou lm Ij2 environ ; le millicé vaut 0S 864 ou 9T10 de
seconde environ.
Concordance des Temps. — On parvient assez vite à dire
instantanément l'heure à 1 ou 2 minutes près en regardant le
cadran d'une montre décimale. Il suffit d'apprendre par cœur
les concordances décimales de toutes les heures.
0,0
0
50,0

4,2
1
54,2

8,3
2
58,3

12,5
3
62,5

16,7
4
66,7

20,8
5
70,8

25,0
6
75,0

�25,0
6
75,0

29,2
7
79,2

33,3
8
83,3

37,5
9
87,5

41,7
10
91,7

45,8
11
95,8

50,0
12
100,0

Les heures sont au milieu, les concordances des heures
du matin en haut, celles du soir en bas. Ainsi 10 heures du
matin valent 41.7 cés (énoncer 41 cés 7 décicés) et 10 heures
du soir valent 91,7 cés.
Gomme 1 cé vaut presque lj4 d'heure et un décicé une mi •
nute 1]2 ; en partant des concordances du tableau, on dit
l'heure instantanément, ainsi 39,9 cés valent 9 h. 36 m. du
matin. Un ou deux jours suffisent pour atteindre ce résultat.

Description de la montre décimale ou cémètre. — Il y a 3
aiguilles centrales se mouvant sur un cercle divisé en 109
parties égales, numérotées de 0 à 9. Le 0 cé est en bas, c'est
l'origine des temps, car on suppose la Terre au centre du
Cadran.
L'aiguille dorée avec un soleil ne fait qu'un tour par jour ;
l'aiguille épaisse en acier bleu tourne 10 fois par jour, et la
trotteuse fine fait 1000 tours par jour.
L'aiguille-soleil montre la position de l'astre du jour par
rapport au méridien de Paris, qui va du centre au chiffre 5.

�10 —
Les quatre traits bleus indiquent les positions de cette aiguille
à minuit en bas sur 0 ; — à tì h. du matin au milieu entre 2
et 3 ; — à midi, en haut, sur le 5 ; — à 6 h. du soir, entre 7
et 8.
L'aiguille dorée du soleil indique le chiffre des dizaines
de cés, 2 sur le dessin ; l'aiguille épaisse donne d'abord le
chiffre des cés, 6 sur le dessin, et en comptant rapidement à
l'œil le rang de la division entre 6 et 7, on voit, que cette aiguille marque 3 décicés. Le temps du dessin est donc 26,3
cés correspondant à 6 h 20 m. du matin environ. L'aiguille
trotteuse donne les millicés 83. Le temps est donc 26,383
cés.
» Pour la vie courante, on n'a pas besoin d'aller au delà du
clécicé. On lit les milticés pour les applications scientifiques
et sportives.
Le temps en millicés lu sur le cêmèire facilite tous les calculs, car on n'a jamais de réductions à faire.
Examinons le problème des vitesses a l'heure : Les millicés multipliés par 0,00024 donne des heures et fraction décimale d'heure. Ainsi Ì2345 millicés valent 12,345 -f- 24 =
2 h. 9628.
Par conséquent si L est la longueur parcourue et M le
temps en millicés, la vitesse est

ou t

+ 4166,66...

Ces quelques exemples démontrent que la montre décimale simplifie tous les calculs sans exception.
Les rapports de MM. les délégués officiels aux essais de
la montre décimale faits à Nice, par le Club Nautique, le 26
février 1911, concluent unanimement à la supériorité de cet
instrument pour les usages scientifiques et sportifs.
M. Prim, astronome à l'Observatoire de Nice, représen
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D.
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Q,
L.
Q.
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lu 8, à 7
lu 14, à H
lu 22, à 7
lu 30, à 10

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1
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6
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dil. S. Apoulinari
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dim. S. Pèire
9
dim. S. Guiermo
10
dij S. Teodose
11
div. S. Arcada
12
dis. Sta Verònica
13
Dim. S. Ilari
14
dil. S. Maurici
15
dim. S. Ounourat
16
dim. S. Antoni
17
dij. Sta Angela
18
div. S. Sulpici
19
dis. S. Bastian
20
Dim. Sta Agnesa
21
dil. S. Vincènt
22
dim. S. Raymound
23
dim. Sta Jacinta
24
dij. Conv. de S. Pàu
25
div. S. Poulicarpa
26
dis. Sta Devota
27
Dim. Sta Paula
28
dil. S. Francès S.
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Dim. Setuagesima
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dim Sta Agata
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dij. S. Romuald
div. S. Jouan-Matha
dis. Sta Apoulounia
Dim. Sexagesima
dil. Sta Eulàlia
dim. S. Gregori
dim. Sta Eufrasia
dij. S. Onesime
div S. Dounat
dis. S. Simeoun
Dim. Quinquagesima
dil. S. Gabin
dim. Dimars-Gras
dim. Li Cendre
dij. S. Silvan
div. S. Maxime
dis. S. Pascase
Dim. Quadragesima
dil. S. Nestor
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dim. Sta Nourina
dij. S. Nymphas

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A la terra vau fumiè.

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P. Q.
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S. Joachin
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lu 21, à 10 oura
lu 28, à 7 oura
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9 dij. s. Antounin
10 div. s. Isidoro
11 dis. s. Bounifaci
12 Dim. s. Jouan lou S.
13 dil. s. Pouon, m.
14 dim. s. Pacomo
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16 dij. Ascensioun
17 div. S. Pascaù
18 dis. S. Teodoto
19 Dim. s. Pèire C.
20 dil. s. Felis.
21 dim. s. Bernardini
22 dim. s. Julia
23 dij Rogaeioun
24 div. s. Vincen, d. L.
25 dis. S. Urbin
26 Dim. Pandecousta
27 dil. S. German
28 dim. S. Cirile
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30 dij. S. Sylve
31 div. S. Justin
Au mes de mai
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12 dim.
13 dij.
14 div.
15 dis.
16 Dim.
17 dil.
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19 dim.
20 dij.
21 div.
22 dis.
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25 dim.
26 dim.
27 dij.
28 div.
29 dis.
30 Dim.

—

à 11 oura 4 s.
à 10 oura SI s.
à 9 oura 51 s.
a
2 oura 20 s.
L. * 34'

C. 8 1!"

S. Potin
Trinità.
S. Quirin
S. Francès C.
S. Lié
Festa de Dieu
S. Lié
Quatre-tèms
S. Optat
Sta Margarida
S. Barnabe
S. Antoui de P.
S. Basilio
S. J.-F. Régis
S. Moudeste
S. Lambert
Sta Olga
S. Gervai
Sta Juliena F.
S. Louis de G.
S. Paulin
Sta Maria d'O.
S. Jouan-B.
S. Prousper
S. Alban
S. Cresen
s. Iréné.
s. Pèire
s. Pàu
s. Tibàu

En Jun
De tres abit l'un

Dégustez tous le vrai

NICE

—

BLANQUI &amp; FRACCHIA
— Usine au Pont-Magnan

—

NICE

�— i4 —

TROISIÍ)MK

AVOUST

JULIE T
P.
P.
D.
N.

lu 3, a 10 mira 20 m.
lu 11, à 1 cura 53 s.
Il 19, a o oura 31 m.
lu 25, a 9 oura 12 s.
SDULÈU. - - L. 4 35' — C. 8 22'

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L.

dil.
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dij.
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Dim.
dil.
dim.
dim.

S. Thierry
Vierg.de li Gracia
S. Anatole
S. Pèire de L.
S. Sisoès
S. Elie
Sta Babeta
S. Efrein
Sta Felicita
S. Pio
S. Jouan G.
S. Gene
S. Jaque
Festa Naciounala
S. Enri
N.D.d.M. Carmel
Sta Marcelina
S. Frederic
S. Vincen de P.
Sta Margarida
S. Vi loiSta Maria-Mad.
S. Apoulinari
Sta Cristina
S. Jaque
Sta Anna
S. Pantaleoun
S. Samsoun
Sta Marta
Sta Giulieta
S. Gnaci de L.

Au mes de Juliet
Ni frema ni coulé.

TBIMËSTRÎ;

I1. Q. lu 2, a 0 oura 29 m.
P. L. lu 10, a 3 oura 58 m.
D. Q. l»i 17, a 1 oura 1.1 s.
N. L. lu 21, a 5 oura 14 m.
IV Q. lu 31, &amp; 5 oura 21 s.
souLÈu, —1.5 or -j&gt;. 8 or

dij.
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0 dis.
4 Dim.
5 dil.
6 dim.
7 dim
8' dij.
9 div.
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dis.

S. Pèire-aï LS. Alfonso
Inv. de S. Estève
S. Domenica
N. D. dei Nèu
Trausf. de J. C.
S. Gaétan
Sta Batilda
S. Camila d. L.
S. Là u ren
S. Septima
Sta Clara
Sta Filoumèna
S. Ousèbi
Asoumpcionn
S. Roc
S. Mamès
Sta Elena
S. Ipoulita
S. Bernar
Sta Chantai
S. Pio V
S. Filipe B.
S. Bartoumiéu
s. Louis, r. F.
s. Seg'oundo
s. Cesari
s. Goustin
s. Mederic
Sta Rosa
S. Fiacre

F.n . ivoast
Figa e moust

wmmm mm

SBTÈMBRE
P. !.. lu 8, a' 4 oura 57
D. Q. lu 15, a 6 oura î&gt;l
N. L. Ju 22, a 3 oura 37
P. Q. lu 30. a 0 oura 08
SOULÈU. - - 1. 5 47V— c.

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Dim.
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Dim.
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dil.

S. Gili
S. Estève R.
Sta Eufemia
Sta Rosalia
S. Làuren J.
S. Pambon
S. Grat
Natiu, di' la V.
S. Oumer
S. Xicola
S. Félis
S. Veran
S. A nié
Es. (1. l.S. CtQUS
S. Nicomède
S. Conrneilla
S. Lanbert
S. Tournas V.
S. Janvié
S. Euslache
S. Matiéu
S. Maurici
Sta Tecla
S. Girar
S Firmen
S. Nil
S. iN'icandre
S. \\ inceslas
g. Miquèu
S. Jeromo

Lima setembrina
De mai clarina

MOT »

GRANDE MARQUE RECOMMANDÉE

s
:
s
s
7'02'

�- '5 -

Qüa.TRIÍJMí)
OUTOUBRE
P.
D.
N.
P.

L.
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L.
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lu 8,
lu 15,
lu 22,
lu 30,

SOULÈU, — 1.

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oura 46 m,
oura 09m;
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m.

ii

— c.

6 06*

TRIMESTRE

NOUVÈMBRE
P. L. lu
6,
D. Q. lu 43,
N. !.. lu 20,
Q.
lu 29,

r.

SOULÈU. - -

1.

a
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4 oura 48
8 oura 20
9 oura 49
2 oura 42
14'

—

c.

5 03'

1 dim. Rosari
1 div. Tout lu Sant
2 dim. S. ■ Léger
2 dis. Eu Mouorl
3 dij. S. Rosari
S. Ubert
4 div. s. Francès d'A. 43 Dim.
dil. S. Carlo B.
5 dis. s. Placido
5 dim. Sta Bertila
6 Dim. s. Bruno
6 dim S. Leounar
7 dil. s. Serge
dij. S. Nestou
/
8 dim. Sta Reparada
8 div. Lu Quatre Incou.
9 dim. S. Denis
9 dis. S. Teodore
10 dij. s. Francès B. 10
Dim. S. Jacintou
11 div. s. Tarasco
11 dil. S. Martin
12 dis. s. Counrad
12 dim. S. René
13 Dim. s. Edouard
13 dim. s. Stanislas
14 dil. s. Calisio
14 dij. S. Pantena
15 dim. Sta Teresa
15 div. Sta Gertruda
16 dim. S. Ospici
16 dis. S. Edme
dij.
17
Sta Edvija
17 Dim. S. Gregori
18 div. S. Luc
18 dil. S. Alfè
19 dis. S. Pèi re
19 dim. Sta Babeta
20 Dim. S. Agrico)
20 dim. S. Edmon
21 dil. Sta Ursula
21 dij. Présent, de la V.
22 dim. S. Filip
22 div. Sta Cecilia
23 dim. S. Teodoret
23 dis. S. Clemen
24 dij. s. Mairloire
25 div. ss. Crespin-Cr. 24 Dim. Sta Flora
26 dis. s. Jouan de K. 25 dil Sta Catarina
26 dim. Sta Pel fina
27 Dim. s. Frumence
27 dim. S. Maxime
28 dil. s. Alfredo
28 dij. S. Sostène
29 dim. s. Narcisse
29 div. s. Saturnin
30 dim. s. Marcel
30 dis. s. Andrièu
31 dij. s. Siri
En ùuloubre
\loii ponorc goûta loti rùare

Tonssan ientra
St A n'driéu lou souorte

« wmmm

DESÈMBRE

s.
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s.
ru.

JACK

P. L .
D. Q.
N. L.
P. Q.

lu 6,
lu 12,
lu 20,
lu 28,

SOULÈU, -

1
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11 dim.
12 dij.
13 div.
14 dis.
15 Dim.
16 dil.
17 dim.
18 dim.
19 dij.
20 div.
21 dis.
22' Dim.
23 dil.
24 dim.
25 dim.
26 dij.
27 div.
28 dis.
29 Dim.
30 dil.
31 dim.

1.

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3 oura
m.
6 oura 46 s.
4 our;i 40 s.
7 OUI;L 48 s.

7 54' — c.

A vent
Sta Bibiana
S. Francès X.
Sta Barba
S. Bassi
S. Nicola
S. Anbrosi
Imac. Conception
Sta Leoucadia
Sta Eulàlia
S. Damase
Sta Rosélina
Sta Lucia
S, Niçoise
S.
S.
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S.
S.
S.
S.

Mesuiin
Adon
Olimpíada
Gatien
Ciprian
Filogone
Tournas

S. Onourat
Sta Vitòria
Cacha-fuec
Calèna
S. Estève
S. Jouan
SS. Inoucent
Sta Eleonora
S. Sabîn
S. Sàuvestre

Calena aufuec,
Pasca àu j'aèc.

sin -

GRANDE MARQUE RECOMMANDÉE

4 35

�- i6-

�- 17

-I

CROUNICA NIÇARDA
L'ABADÏA DE SAN POUON.— L'ABAT RANCE-BOURREY.
GLOFFREDO.

—

—

PÈIRE

A PREPAU DOU DIALETE NIÇART.

Ben qne pareissènt tardié, VArmanac Niçart s'empressa de
pourtà la siéu febla vous su tout cen que enteressa lou païs, sigue
au pounch de vista istoria loucala, pouesia, tradicioun, sigue
tamben su la taquinanta questioun dóu dialete niçart souvenri
fès pauvada e su la quala lu escritour mouderne soun luen d'estre
d'acordi.
Parlerai finda de M. l'Abat Rance-Bourrey, un beneditin qne
despi quauque an en ça mete à prouflt la siéu erudiciou n a nen
revelà de fach d'istoria inedieh. Se quauqu'un mérita d'estre
laudat es ben éu ; es en éu que VArmanac Niçart tressa la
pamoula de sapiença. En esprimant la nouostra recounouissença,
à l'Abat Rance-Bourrey, fen cen que touplen an denembrat,
vouoli dire de courounà lu siéu travail, frucha de ben de recerca,
dai quali obra sian fier d'avé prestat la prima ajuda. Pouden cità :
lou Discours sur le Monastère de Sainte-Claire de Nice, par Honoré
Pastorelli, publié d'après l'édition originale de Turin 1608, avec
une introduction et des notes ; — "Le Général J.-B.-M. D'Anselme" (Notices biographiques (1740-1792). E aquest'an
l'istorien nen douna — toujou de prima man — YExpulsion de
Mgr Valperga, evesque de Niça, au tèms de la Revoulucioun,
travail anoutat de peça curiouvi que sian urous de pouder metre
souta lu uès dei nouostre letour.
*
* *
Lou fach de l'annada, lou mai marcant, es estat aquéu de
l'Abadïa de San Pouon. Parlon de tout destruge pèr li basti an
siéu luec un espitau Pasteur... UArmanac Niçart es pas Penemic
dóu prougrès, ni men encara dei Bei-Art, ma si fa lou pious dever
de jougne lu siéu esfouors en aquelu dei siéu councitadin quo
l'istoria dóu passat passiouna, pèr que l'Abadïa de San Pouon
sigue counservada e classada couma mounumen istorique. En la
circonstança feliciti M. l'Abat Rance-Bourrey que mé rasoun s'e.s
demoustrat l'ardènt defensour autourisat que counouissen. La
siéu paràula es estada escoutada e lou Préfet de li Alpa-Maritima,
8

'

�— i8 M. de Joly — respetuous dei nouostri tradicioun — en ortie
avertit a proumès que l'Abadïa de San Pouon seria respetada e de
lèu si crusià pèr lou siéu classamen tra lu mounumen istorique.
Dóu resta vequi ce que l'Abat Rance Bourrey nen di su San
JPouon. Counsignen religiousamen li siéu paràula :
« L'Abbaye de Saint-Pons est le plus ancien monument relitgieux existant dans le Comté de Nice. Il y a dou^e cents ans que
sSiagrius y fonda un monastère. L'histoire de ce monastère est
jintimement liée à l'histoire religieuse, civile et économique de la
iville de Nice.
;
« Ce fut à Saint-Pons qu'en 1388 fut'signé l'acte réunissant
le Comté de Nice au Comté de Savoie. Les abbés de Saint Pons
ifurent pris dans les principales familles du Comté : les Badat, les
tLaugery, les Provana, les Lascaris, les Grimaldi, les Martelli, les
;Tournefort, etc. Plusieurs évêques de Nice furent abbés de Saint[Pons, en particulier Barthélémy Chuet (fin du xve siècle) et Jean
, Uriole, son successeur. Un autre abbé, Claude de Seyselle, fut
,évêque de Marseille, puis archevêque de Turin ; d'autres furent
cardinaux, tels Innocent Cibo, neveu d'Innocent VIII et de
f
;Léon X, et Paul Medeci de Cesis dont on voit encore l'inscription
(funéraire à Sainte-Marie-Majeure, à Rome.
:
« A la fin du xvir siècle, l'abbé de Saint-Pons était Pierre
•Gioffredo, le savant historien niçois. Enfin, un abbé de SaintiPons dont les Niçois n'ont pas encore perdu le souvenir, était
(l'abbé Spitalieri de Cessole qui a doté sa ville natale d'un établissement de bienfaisance si justement apprécié. La plupart des
pbbès de Saint-Pons et plusieurs évêques de Nice ont été enterrés
dans l'église ou sous le cloître et dorment aujourd'hui confondus
avec les moines leurs frères qui depuis dix siècles y sont enterrés.
« Les monuments funéraires ont disparu. Le temps a tout
(nivelé à Saint-Pons, singulièrement aidé cependant par la main
ides hommes. On connaît les dévastations commises par
Iroupes de François Ier et de Barberousse, plus tard par celles d
Catinat et par d'autres encore. Après chaque désastre, SaintPons a retrouvé une nouvelle vitalité et il y a à peine trois quarts
de siècle que Mgr Galvano y a fait d'importantes réparations.
;
« Saint-Pons n'est pas seulement une page de l'histoire de
notre pays, c'est un gros volume de cette histoire ; les Niçois
laisseront-ils dire qu'ils sont restés indifférents devant le danger
qui menace Saint-Pons ? Non, ils feront tous leurs efforts pour

�— 19 -

sauver de la destruction un monument qui doit leur être cher...
Je demande d'urgence le classement de l'Abbaye de Saint-Pons,
c'est-à-dire de l'Eglise et des bâtiments claustraux, comme monument historique. »
Lou councours de YArmanac Niçart es aquist. Emé fiertà e
au près de touplen de sacrifici faren respetà l'istoria dóu passat,
la lenga e lu escrich dei orne qu'an ilustrat lou nouostre bèu
pais.
*
* *
Despi quauque tèms, — maladia que reven per intermitença,
— la gran questioun de la grafia niçarda, de l'ourtougrafa, es
messa su lou tapis. De letra soun estadi publicadi, d'autri lou seran, e cresi qu'après ben de charra pèr dire pas gran cauva de
nóu, quasi dirii pèr predicà dintre lou Desert, noun restera
d'aquela discussioun, — Favén déjà coustatat, — pas gran cauva,
ren!... Cadun escrèu à la siéu moda seloun l'esprit dóu moumen,
e serii ben curious de counouisse aquéu que vendria nen dità
une metoda en nen dïen : « la mièu maniera d'escrièure lou
Niçart es la bouona». Discussioun scientifica que pòu passiounà
quauque lenguista, pas mai ; lou mihou es d'escrèure seloun li
letra ditadi pèr la prounouncia. Lou talènt pèr aquéu qu'escrèu
es de si laissà liège, de si faire acapi. Es qu'en en un entan que
frecuenta l'escola primària poudès li demandà autra cauva ?...
Perta de tèms que tout acò, vourria mai s'engenià à recercà lu
viei mot, espressioun, loucucioun courenti que la pous dóu tèms
a rabaïat, dounà au nouostre bèu dialete la coulou que dèu avè,
en respetant lu emprunt que pouden avè fach sigue à l'Italian, à
l'Espagnòu o à tout autre...
Un dialète noun dèu pas estre une lenga scientifica, encara
m en noun còu avè la pretencioun que sigue ouficiela, seria temerari ; lou dialete d'un païs dèu refletà lou caratere d'un'epoca que
lou tèms dèu respetà, enfin escrèure gramaticalamen, un noun
empedisse l'autre, e laissà à l'esprit, au goust lou coumplemen
d'un stile ouriginal, en de frasa councisi que flaton i'auriha.
Aquí fermi la discussioun, risqui de perdre la civada... l'an
que ven, se Diéu mi presta vida, v'en dirai d'autri e couma
d'usança que mi sigue permès de la vous souvetà : Bouona e
uroûva !
L'ARMANAC

NIÇART.

�20 —

LA CIGALA DOU BOUON DIEU
Una cigala dóu Bouon Dieu
Tout l'estiéu
E l'iver en la chambreta, —
L'aiguesias vista la lebreta ! —
Noun vivïa que d'amour
S'assetava su l'ounour;
La cigala cantarela,
Vau chanja de clientela,
Noun es courta d'amatour,
Que li viron tout au tour !
Ma l'ancien de la cigala,
De gros mot ven que s'embala ;
En l'auriha de la maire
Li ven tout aquéu bousin,
Que deja toui lu vesin
Sabon lou long de l'afaire
— Cenqu'as fach m'au tiéu tip ?
Di la maire enrabiada...
Bella Vierge encourounada !
Sera au mancou m'un bouon rie!!...
CH. CIAUDO

PROUVERBI, BOUOI MOT, COUNSÉU E DICH
Tèms d'iver noun ti fidar.
Lu màu dei enfan si garisson soulet.
Cau naisse pèr estre bèu, si maridar pèr estre rie, e mouri
pèr estre brave.
Per aver de raïn, eau caressar la souca.
Agnèu naissut
Vau un escut.
Dansa mihou ventre plen que rauba nova.
L'oumbra dou mèstre engraissa lou cavau.

�LOU MAGOT DE BERTOUMIÉU ISSUGA
O BEN

UNA RAISSADA DE MACAROUN
Conte menloanasqae trouvât dintre d'un armori
de ma nana e que /'Armanac Niçart es tirons de
transcrièure en niçart à Ventencioun dei sièu
fidèle lotour et lelrissa.

Bertoumiéu Issuga, mentounasque de viéia roca, abitava en
coumpagnia de sa mouhié, en carriera dóu Paumoulié. La siéu
frema, malurousamen, era sirnplaria e faia lou siéu desespoir.
Cada matin Bertoumiéu, avant de s'en anà au travail, li recoumandava de noun faire de bestialità. Cou vous dire que toui lu
dissata lou nouostre ome metia en un'armari pertuat dintre la
muraia lou gagne de la semana.
— Bertoumiéu ! pèr qu seria tout aquel argen, demandava
Marioun au siéu marit.
— Es pèr Madjou-long, castagnassa !
*
* *
Un jou Bertoumiéu partet pèr anar à la siéu campagna ;
devia même li restar doui ó très jou pèr souïnar e arousar lu
citrouniè. Marioun souleta matin e sera, s'assetava su lou banquet de la pouorta e faïa de bas... Un predinà veguet un ome
de statura mai que mejana, couma si di, un gran carcan. La
frema de Bertoumiéu lou fissa sensa parpelear, pi pihada d'un'
idea, li diguet :
— Moun bèu Moussu, sias bessai vous Madjou-long ?
Lou merlo pita e noun s'en laissa dire autre, léu li
respouonde :
— Noun vous troumpas pas, bella bruneta, sièu ièu Madjoulong !... Ma perqué mi faire tala demanda ?
Perqué ?... dou moumen que sias Madjou-long, intras su lou
cóu. Li a ja pas mau de tèms que moun marit a mes d'argen
amagat pèr vous...
E sensa mai de ceremounia li remeté lou mandiou dintre lou
quai lu sóu eron groupât. L'ome remercia e la s'esbigna lèu.
♦

* *

�Lou sera, Bertoumiéu arriva, la sièu mouhié li di.
— Sabes, ai vist ancuei Madjou-long !
E l'ome de cridar :
— Malurousa ! — m'en a fach encara una 1
Courre à l'armari, lou mandiou e Pargen, mouis !... Issuga
blastema pica dai pen, es décidât de si desiaire de la siéu frema
Lendeman, dóu téms qu'aissesta durmïa, li cuerbe lu uès emé de
pega de sabatié, pi la pihant pèr la man, la mena dapé dóu CapMartin. Arrivât aqui, Bertoumiéu fa mountar Marioun su d'un
nouguié el'abandouna. La paura, bòrnia, noun sabia doun si
trouvava, ni men encara ce que poudia faire.
En aquéu fra-tèms doui voulur venon s'assetar souta
l'aubre ; après aver abrat quauqui branca sequi pèr s'escaufar, pi
si meton à cuentar lou siéu argen.
La calou faguet delegar la pega que curbia Puès destre de
Marioun e aissesta de cridar :
— E d'un !
Lu voulur, d'estuc, s'isson d'emblée.
— Qu'es acó, diguet l'un.
— Un matagan, faguet l'autre.
La calou seguia á faire lou siéu efet pau à pau durbia Puei
senec.
— E de douî, diguet Marioun.
Dóu cou lu voulur escapon, laissant Pargen espantegat soubre
Perba.
Marioun coumença à li veire clar, cala da l'aubre e ramassa
Pargen, pi lèu s'en camina vers maïoun...
Lou sièu marit, pensierons, era assetat dapè dóu fuec, s'escaufant, fumant la sièu pipeta emé beatituda...
— Bertoumiéu !... o Bertoumiéu !... duerbe-mi, siéu iéu,
Marioun...
— Vai au diàu que ti pihe... ièu que cresii de m'en estre
despegouït...
Ma Marioun, toujou picava, un cóu noun asperava l'autre...
L'ome fenisse per li durbi...
— Ten ! regarda cen que ti pouorti.. . e Marioun pauva lou
sac su lou toulié. ..
Bertoumiéu, entartugat, cuenta Pargen e réfléchisse ; — Marioun es simplaria e deman la vila saupra Pistoria de la fouré . ..
Cóu que Bertoumiéu si dispegouïsse pèr empedi li marridi lenga
de bavar...

�— 23 —
Si mete la vesta, lou capèu e souorte fermant la pouorta i..
Faïa nuech dintre la carriera, ma sensa pena s'encamina
vers una boutiga e croumpa pèr mai de dès kilo de macaroun...
Ientra au sièu e di à la sièu mouhié de si metre au liech.
En tant que Marioun durmïa, Bertoumiéu fa bui lu macaroun, pi lu espantega su lu aubre dóu jardin... Lendeman de
matin la siéu frema, desveiada, si mete à la fenestra...
— O ! Bertoumiéu ! Bertoumiéu ! Vene un póu veire!... O
trest ! vè, a plougut de macaroun !...
— O vai fantauma !... n'as toujou una. .. Ten ! ten !... ma
es ver !...
*
* *

A quauque tèms en ça, Bertoumiéu l'avia previst, Marioun
countet à toui que lou siéu ome noun li picava plus, despi lou
jou qu'ela li avia pourtat de sac plen d'escut...
Lou juge aiguent audit parlar de l'afaire, mandet sounar
Bertoumiéu devant lou tribunal ; la siéu mouhié era estada
citada couma testemoni.
Lou juge. — Bertoumiéu, sias acusat d'aver gardât d'argen
que noun era vouostre.
— Iéu !... Ma moussu lou juge, lou negui ; sièu couma
sabès un travaiadou.. .
E Marioun de dire.
— Noun negar, Bertoumiéu, sabés ben qu'es ver ; es iéu en
persouna que t'ai pourtat la mouneda, qu'avii trouvât en la
fouré.. .
Lou juge. — Anas brave ome, noun negués.. .
— E quoura lou m'as pourtat ?... — Vous juri, Moussu lou
juge, que la miéu frema es fouola !...
— E lou sabes ben, Bertoumiéu, es lou jou que plouguet tant
de macaroun !
— Moussu lou juge aves jamai vist ploure de macaroun ?...
— Jamai ! moun beL amic respoundet lou juge que si tenia
lou ventre dóu rire — Amie, vèu que la vouostra frema es
fouola. .. sias aquitat !...
Bertoumiéu si retira emé Marioun... Noun aigueron plus
de disputa e vieugueron, pareisse urous e pèr longtèms !...
J. E.

�CANSOUN ANCIENNA

PÈR LOU

N'aurias pas vist la miêu fiha
Trin-trin
Lou galerin
A'aurias pas vist la miêu Jiha
Trois-wtrois
Le fils du roi
L'ai vista e l'ai baïada
Trin-trin
Lou Galerin
L'ai vista e l'ai baïda
Trois-trois
Le fils du roi.
Douna-mi la miêu fiha
Trin-trin
Lou galerin
Douna-mi la miêu fiha
Trois-trois
Le fils du roi.
Es aqnela la vouostra fiha
Trin-trin
Lou galerin
Es aqaela la vouostra fiha
Trois-trois
Le fils du roi.
La miêu fiha era pas lernia
Trin-trin
Lou galerin
La miêu fiha era pas lernia
Trois-trois
Le fils du roi
La miêu fiha era pas lua
Trin-trin
Lou galerin
La miêu fiha era pas lua
Trois trois
Le fils du roi.
N'es ni guercia ni poutinouva
Trin-trin
Lou galerin
N es ni guercia ni poutinouva
Trois-trois
Le fils du rois.

MAI

�La miéu fiha n'es pas borni a
Trin-trin
Lou galerin
La miêu fiha n'es pas bornia
Trois-trois
Le fils du roi.
Noun faïa pas belugueta
Trin-trin
Lou galerin;
Nonn faïa pas belugueta
Trois-trois
Le fils du roi.
La miêu fiha n'es pas emberrida
Trin-trin
Lou galerin
La miêu fiha n'es pas emberrida
Trois-trois
Le fils du roi.
La m iéu fiha n'es pas pigada
Trin-trin
Lou galerin
La miêu fiha n'es pas pigada
Trois- trois
Le fils du roi.
La miéu fiha noun es pas ranga
Trin-trin
Lou galerin
La miéu fiha noun es pas ranga
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha noun es pas louorla
Trin-trin
Lou galerin
La miéu fiha noun es pas touorta
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha n'es pas crouoada
Trin-trin
Lou galerin
La miéu fiha n'es pas croavada
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha n'es pas gibouva
Trin-trin
Lou galerin
La miéu fia n'es pas gibouva

�— 26 —
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha noun es foularana
Trin-trin
Lou galerin
La miéu fiha noun es foularana
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha n'es pas ingourda
Trin-trin
Lou galerin
La miéu fiha n'es pas ingourda
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha a pas lou peu de pi g nu
Trin trin
Lou galerin
La miéu fiha a pas lou peu de pig nu
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha noun es narvelouua
Trin- trin
Lou qalerin
La miéu ûha noun es narveloiwa
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha noun a la rougna
Trin-trin
Lou galerin
La miéu fiha noun a la rougna
Trois trois
Le fils du roi.
XXX.

PROUVERB1, BOUOI MOT, COUNSÈU E DICH
Qu duerme ben noun cregne li niera.
Qu vè pissar e noun pissa, crêpa de malícia.-'
Qu douna soun ben avan de mouri
Mérita de pati.
L'amour es lou paradis dei fouol.
L'amour es .la flou de la jouinessa.

�LA MOUORT DAU PAURE TOUNIN

Lou paure Tounin, malàut a setant'an, si presenta à l'espitàu
ma li respouondon que li a plus de plaça.
— Coumplet ! ! !
Quauqu'un li fa capi qu'em'un pau de proutecioun li pourria
intrar. Countrariat dei pas que cóu faire, Tounin vira lu taloun e
s'encamina vers la plaça Massena, piha lou tram, si rende da
Graugnard, à l'espitàu dei can, e li di :
— Moussu lou Veterinari, cresi d'estre un pau mai qu'un
can ?... En aquéu cas souîna-mi...
— Vous souînar aici, ma brav'ome perdés la testa. — Basta,
li di que n'a pas de liech pèrcourcar un crestian, que noun douna
de souin qu'ai bestia !...
Tounin, couma pensas, s'en souorte m'au couor gros e noun
sau plus à que sant si recoumandar. Era aqui au mitan dóu
camin, quoura en aquéu moumen arriba un landau, doun cala
una grossa dama, encapelada, aurias dich un ver foungi, segada
d'un varlet que pourtava religiousamen un can enfeloupat emé de
favour rosa au couol, tapat d'un tapis em'ai iniciala. En veèn
aquéu tablèu lou paure Tounin si lamenta, sangluta fouort.
— Qu'avès lou miéu brav'ome, li di la dama.
— Cen qu'ai Madama ?... trovi que lou vouostre can a mai
de chança que iéu. Li a cinquant-cinq an que travaii, pèr la premiera fès que siéu malàut, noun soulamen mi refuson à l'espitàu
dei estre uman, ma encara mi vèu picar la pouorta au nas èn
aquéu dai can.
— Quevoulès, lou miéu paur'ome, ai fach un vout de mimetre
à la Soucietà Proutetriça dei Animau, de pourtar touti li miéu
ecounoumia à la Caissa de secours pèr soulajar lou sort dei bestia.
Lou fau talamen ben, que vouguessi ben vous dounar un sóu
que pourii pas.
La dama li vira l'esquina e ientra couma un coupa-cisèu da
Graugnard. Tounin roumougna :
— Se ti veguessi en un cantoun ti dounerii mancou un gotou
d'aïga !... vièia sansuga !...
Tounin estrassinat, deble s'alonga un pau plus en là, su d'un
mouloun de peira. Quauqui oura après, couma soufrisia, n'ai-

�guènt ren en l'estomegue depi l'auba, coumençava d'aver lou
rangouioun, quoura passet un canipiè que li diguet :
— Que fès aquí, brav'ome ?
— Couma veès siéu aqui pèr tirar lu patoun. M'an refusat â
l'espitàu, même en aquéu dai can, noun mi resta que de mouri
su d'un mouioun de peira. — Avès un carnet su lou quai enregistras lu fach dóu jou, farias ben de li aloungar lou miéu testamen que poudès mentuar couma acô :
— « Bouon Diéu, se mi fes passar encara une fes sur la terra,
fe-mi naisse can au mancou, li aura une Soucietà Proutetriça dei
Animau que si crusira de iéu e pourrai estre amès en un espitau,
estre souïnat, faire bouona vida, menar une vida de can... »
ANT. ROLAND.

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VIGNE
A M. VALÉRE BERNARD.

Dans le ciel doux la Vigne ètreint les pals de buis.
Sous le pampre le merle alourdi des falernes
Tourne son col gris vair et ses paupières lemes
Qu'argenté la blancheur des immuables nuits.
O / fraîcheur, 6 beauté des Igs et des iris,
Que la Vierge éblouie avec les marjolaines
Cueille le soir venu aux vasques des fontaines
Pour colorer en fête, au crépuscule, l'Euis.
Narcisses, ébeniers, œillet et sensitive
Ah ! Versez en mon âme attiédie et pensive
L'orgueil qui souleva les clairs olympiens.
L'amour qui rafraîchit les Madones pieuses
Et qui vêt de clarté les snls athéniens
Et les ravissements des époques heureuses.
JEAN

PADOVANI.

Quauque souvèt :
Vous souveti la bouona annada.
Que siegue mihau que la passada.
Vous souveti la bouona annada acoumpagnada de touplcn
d'autri.

�Eglises et Chapelles de Nice
La vieille ville de Nice se trouvant sur la rive gauche du
Paillon, pour parler de ses églises, nous commencerons par son
église cathédrale, Sainte-Réparate, vierge et martyre, de celles du
canton Est, et en traversant la rive droite nous nous occuperons des paroisses du canton Ouest.
I. — L'Eglise Cathédrale du Diocèse de Nice est la paroisse
de Sainte Réparate, vierge et martyre, sous l'empereur Decius en
253. Sa fête est le 8 octobre. Cette église est au centre de la vieille
ville (8.500 âmes), Avant 1531 la Cathédrale était près du Donjon, plateau de Nice, et dénommée : Sancta Maria in platea,
dédiée à N. D. de l'Assomption. L'édifice actuel, dans son genre,
ressemble beaucoup à Saint Pierre de Rome, au Vatican. C'était
auparavant une simple église paroissiale
desservie par
les Bénédictins du Monastère de Saint-Pons, près Nice.
Dans son ressort se trouvent l'ancienne église de Saint
Jaume (Saint Jacques apôtre), jadis des P.P. Carmes, fermée
depuis 1903. Après le transfert du titre de paroisse à l'église de
Saint Juste, évèquc, au Gesu, elle fut placée sous la vocable de l'Annonciation de la Sainte Vierge, ainsi que la belle Eglise de la
Miséricorde, sur le Cours Saleya, jadis de Saint Gaétan, fondée
e
par les P.P. Theatins au XVIII siècle et cédée à la noble
confrérie des Pénitents Noirs.
La Cathédrale de Nice, paroisse Sainte-Réparate de nos jours,
fut comme l'ancienne au Donjon du Château {Sancta Maria in
platea), le théâtre de plusieurs f lits historiques mémorables dans
les annales de l'histoire de Nice.
II. — L'Eglise de Saint Jacques, an Gesû, dès son érection
en 1612, dédiée à Saint Juste, évêque. Sa fête est le 2 septembre.
En 1665 fut érigée en paroisse sous le titre de Saint Jacques le
Majeur, remplaçant la paroisse de Saint Jaume. On l'appelle
vulgairement le Gesù à cause qu'elle a été fondée et administrée
par les P.P. de la Compagnie de Jésus.
Appartiennent à cette paroisse les deux chapelles des confréries des Pénitents Blancs, la Sainte Croix, — confrérie la

�óo —
plus ancienne de Nice, — et des Pénitents Rouges, Saint Suaire
et de la Sainte Trinité ; l'Eglise du Couvent de là Visitation,
la chapelle de l'ancien séminaire, à la montée du Château, et
jadis l'Hospice franciscain avec chapelle de Saint Joseph des
P.P. Recollets de Cimiez, convertie en maison particulière.
L'Eglise du Gesù est d'ordre corinthien composite, cons truite sur le modèle de l'Eglise des Jésuites de Turin, dite
vulgairement les Saints Martyrs. ( 10.000 âmes).
A l'extrémité de la rue du Malonat, aux racines de l'ancien
château, on voit un oratoire à la Sainte Vierge Marie, sous le
titre de N. D. du Bon Secours. Les habitants de ce quartier érigèrent cet oratoire en l'honneur de la sainte Vierge, en reconnaissance du choléra en 1854.
III. — L'Eglise paroissiale de Saint Martin Evéque dite de
Saint-Augustin est la plus ancienne, elle fut bâtie sur l'emplacement de l'ancienne chapelle de Saint Martin (1205) et appelée
Saint-Augustin parce qu'elle était desservie par les Augustiniens
dont le couvent a été transformé en caserne. (Caserne Filley, près
l'ancienne chapelle Sincaire).
IV. — L'Eglise de Saint-Francois-de-Paule a été édifiée en
1736 d'après le plan de l'architecte
Guarini. En 1838
elle fut érigée en paroisse par décret de Mgr Galvano et appelée
aussi Saint-Dominique en souvenir de l'ancienne église paroissiale
de ce nom qui s'élevait sur la place Saint-Dominique aux lieux et
place de l'actuel Palais de Justice.
V*— L'Eglise du Port ou de l'Immaculée Conception. D'humble
origine. D'abord ce fut une fort modeste chapelle (1835), transformée agrandie par Mgr Galvano, et l'avocat théologue L. Mari
fut son premier curé..
VI. — L'Eglise Saint-Joseph nouvelle paroisse depuis 1911 la
première pierre fut posée le 19 mars 1911, bénie le 29 octobre et
ouverte au public le Ier novembre 1911 sous le patronage de Mgr
Chapon et dirigée par les soins de M. l'abbé Gabrielli.
A cette paroisse appartiennent la chapelle succursale de Saint
Joseph contigüe à l'Evêché, et la chapelle de Notre-Dame des
Anges sur l'ancienne route de Villefranche.
VIL — Saint-Roch. Cette église paroissiale dans la banlieue
de Nice fut érigée après la peste de r68r. Nice fut délivrée de ce
fléau par l'intercession de saint Roch, confesseur, né et mort à

�- Si Montpellier. La paroisse est divisée en deux quartiers, Roquebillière
inférieure et Roquebillière supérieure, jusqu'à la chapelle de NotreDame de Bon Voyage.
VIII. — Rive droite du Paillon, intra muros, se dresse Notre Dame du Vau, paroisse Saint-Jean-Baptiste, qui remplace l'an
cienne église du même nom devenue chapelle inférieure du Lycée.
Cette belle église, vœu delà ville de Nice en 1835, mt érigée en
1842 et terminée en 1852 par Mgr Galvano, évêque de Nice.
La façade ressemble à celle élevée à Turin en l'honneur du retour
du roi dans les états Sardes en 1814.
IX. — Saiiit-Pierre-d' Aréna remplace une chapelle située à la
Croix de Marbre. Elle fut érigée en paroisse en 1803 par Mgr
Colonna d'Istria. Elle doit son nom à ce fait, c'est que lors de sa
fondation elle se trouvait sur le rivage de la mer séparée par une
bordure de sable fin.
X. — Une ancienne chapelle de Sainte-Hélêne-l'Inspiratrice
existait dans ces parages. Elle fut remplacée en face la mer par
une église sous l'épiscopat de Mgr Recrosio (1727).
Six paroisses « extra muros » dépendent de la commune de
Nice.
Sainte-Marie Magdeleine, sise dans le vallon de Magnan, édifiée sur l'emplacement d'une chapelle de même nom, érigée en
1626 et dite vulgairement chapelle « dei cassaire » à cause du
grand nombre de chasseurs. Après le concordat de 1803 sous
l'épiscopat de Mgr Colonna d'Istria, ce quartier qui depuis 1771
dépendait pour le spirituel de la cathédrale fut érigé en paroisse.
Il existe encore aujourd'hui une chapelle de Notre-Dame du Bon
Conseil changée en demeure particulière . Bientôt le besoin de
la population augmentant, une église sera bâtie à la cité Robiony
par les soins du curé actuel de la Madeleine.
Plus à l'est de la ville, toujours dans le canton ouest ce
l'Arquet, se dresse la paroisse de l'Ariane dédiée primitivement à
saint Arnoux, évêque et à saint Pierre, apôtre. Elle fut érigée en
paroisse en 1809 sous l'épiscopat de Mgr Colonna d Istria. Dans
son ressort se trouve l'ancienne chapelle nécropole de l'Abbadie
fondée en 1635 en l'honneur de sainte Claire pour le besoin spirituel de 450 à 500 habitants qui appartiennent aux communes
de Nice, Cantaron Saint-André. Localité d'avenii et à laquelle
le chemin de fer Nice-Coni donnera une valeur stratégique.

�— 32 —
Gairaut avait au moyen-âge une chapelle de secours desservie
par les religieux chevaliers de l'ordre du temple au début, et par
la suite de Rhodes et de Malte. Sous l'épiscopat de Mgr François
Rosini de Martinengo la chapelle fut érigée en église paroissiale
sous le vocable de saint Sauveur o*u de la transfiguration du
Rédempteur.
Dès 1730 les P. Dominicains de Nice fondent à Saint Pancrace un sanatorium pour religieux martyrs avec chapelle en
l'honneur de Saint Pancrace martyr. Cette chapelle est érigée en
paroisse en 1848 par Mgr Galvano.
Sur le couchant de Saint-Pancrace on trouve la paroisse de
saint Roman . martyr ; l'ancienne chapelle fut érigée en paroisse
ainsi que celle de saint-Antoine de Ginestière en 1803 sous Mgr
Colonna d'Istria.
VALENT IN.

NOU VÉ
Tu Çatarina fai lou pan.
Mdumen de jota, d'alegressa,
Fes audi da toui lu couor :
Lu ange canton l'alegressa,
Fuges l'infer, Juges la mouorl.
Chntou !
L'aarika sabla, li a quaucaren aici vesin,
Sembla que senti li joia d'un festin ;
Audi lu tambourin de laen,
Lu Jlajoulet e li musela,
Lu pastre van à Bethelen
Laisson la cabana soaleta ;
Santo nuech, venes aléa nen ralegrà,
Pourtas à toui la pax et la tranquilità !
Tu Catarina fai lou pan,
Manda Lucrecia au safran,
Despende aléa lou lauvaniè,
Chapla la blea su lou taatié ;
Crala de froumai e roumpe d'iiu
E fai la iourta couma fou,
Ché n'aiguen toui en aboundança (bis)
Santa nuech, venes alèu nen ralegrà,
Pourtas à toui la pa.x e la tranquilità .'
En tant faguen etnb'au vesin
t ua santépér lou Bambin,
Toucan lou gotou de bouon vin,
Ernb'aa vesin pér lou Bambin
Ti-ri-tin-tin ! -tinTi-ri tin !

�— 3Î —

L'Expulsion de Mgr Valperga
fEN SEPTEMBRE

1792)

Le 12 octobre 1780 h population de Nice se pressait aux
abords de la porte Pairoliëre pour y recevoir en grandes pompes
le nouvel évêque Charles-Eugène Valperga di Maglione. Ce
prélat avait couché la veille selon l'usage antique à l'abbaye de
Saint-Pons et devait faire ce jour là son entrée solennelle dans
sa ville épiscopale.
Le cérémonial imposant avec lequel on avait reçu jusqu'alors
les évêques fut encore cette fois observé. L'accueil de la population entière fut des plus chaleureux au rapport de Pierre Scaliero
qui en fut témoin (1). Le nouvel évêque, qui remplaçait Monseigneur Astésan nommé archevêque d'Oristano en Sardaigne,
appartenait à une famille de vieille noblesse dont plusieurs membres avaient exercé, à Nice, des fonctions importantes (2). Il
(1) Voir aux Archives municipales le récit détaillé que ce chroniqueur en a laissé dans ses Mémoires. Pierre Scaliero mourut en 1805.
(2) Jacques Valperga, conseiller ducal, fut lieutenant du gouverneur de Nice en 1454 ; Thoma5 Valperga fut gouverneur du château de Nice en 1565 ; Jean Valperga fut également gouverneur de
Nice en 1596 ; Jérôme Valperga fut commandeur du château de
Nice en 1600 ; Pierre Valperga, frère de Jacques Valperga, était
chevalier de Malte (Arch. municipales, registre des gouverneurs,
commandants et chevaliers de Malte) ; Anne Valperga, fille dAmédée
Valperga, épousa, le commandeur de Malte Jean-Paul Lascaris.
(Voir son testament daté de 1683, arch. des Alpes-Maritimes,
registre B, 297.) Joseph Ignace de Valperga reçut de son oncle, Emmanuel Philibert Chiotera, mie partie du fief de Couaraze dont il fut
investi le 20 février 1753. Son fils, Vincent, céda ses droits à H. Novelli. Jérôme Valperga fut sénateur à Nice de 1761 à 1765, puis
ministre plénipotentiaire de Sardaigne à Gênes en 1780 ; plus tard
il fut ministre etsecrétaire d'Etat, ce dernier était le frère de l'évêque
de Nice et fils du comte François Valperga qui vivait encore en
1795Ees armoiries des Valperga étaient fascé d'or et de gueules, à
la plante de chanvre déracinée, d'argent et brochant. Le cimier
était un bouc naissant au naturel et la devise : « Ferme-toy ».
Nous reproduisons les armoiries de Monseigneur Valperga d'après celles qui se trouvent en tête du catéchisme édité par ses ordres
et dont nous devons le dessin à l'obligeance de M. Joseph Casai
(Extrait de 1' « Armoriai Artistique et Nrbiüaire », Ni.e, 1902.
3

�- 34était directeur du collège des Provinces à Turin, lorsque le roi
de Sardaigne le désigna, pour l'évêché de Nice. Il avait été sacré à
Rome où il avait fait ses études. Monseigneur Valperga se distingua immédiatement par sa vigilance et son activité : il releva
le niveau intellectuel et moral des prêtres de son diocèse et s'attacha à mettre en toutes choses la plus grande régularité. Dix-huit
mois après son installation, il publia un nouveau catéchisme
dont le plan avait été préparé par son prédécesseur ^i). Grâce à

ses relations cordiales avec la eour de Turin, il jouissait auprès
des autorités civiles de Nice d'une grande influence. Après douze
(1) Ce catéchisme en italien fut imprimé à Nice par la Société
Typographique. C'est un petit volume in-douze de 612 pages, portant
la date de 1783. En tête se trouve le mandement de Monseigneur
Valperga du 16 février 1782 qui approuve le travail terminé par
le prêtre auquel Monseigneur Astésan en avait confié le soin, ordonne
sa publication et règle l'organisation des catéchismes dans tout le
diocèse. Deux ans plus tard en 1785, Gabriel Floteront, imprima
un autre catéchisme rédigé en dialecte niçois, petit volume in-12
de 228 pages. Un exemplaire de ces deux ouvrages existe à la biblio
thèque de Nice. — Voir Villarey, Série Cronològica dei Vescovi
di Nizza. — Art. Valperga.

�-35 années de séjour dans cette dernière ville il s'était acquis l'estime
et le respect de tous.
*

• *

Lorsque le 28 septembre 1792 dans l'après-midi, les troupes
piémontaises évacuèrent Nice, il y eut dans cette ville une effroyable panique et des milliers d'habitants s'enfuirent dans la direction de Turin. Ce fut un désarroi et une désorganisation complète de toutes les autorités. iMonseigneur Valperga resta à son
poste et s'engagea à ne point quitter la ville. Le lendemain samedi
29 septembre, il accompagna le second consul Honoré Saissi et
quelques membres du Conseil qui se rendirent, vers les onze
heures du matin, à la villa Feraudi, au quartier St Hélène, pour
offrir les clefs de la cité au général d'Anselme qui venait d'y
arriver à la tête des troupes françaises. Le général fit à la délégation assez bon accueil, mais il s'étonna de trouver parmi ses membres, l'évêque dont la place déclara-t-il n était pas là. Du reste,
d'Anselme attacha si peu d'importance à la démarche îles magistrats niçois que dans aucune de ses dépêches officielles il n'en fit
mention.
Sur le soir du même jour, la petite armée française faisait son
entrée dans la ville et le général s'installait dans la maison du
consul de France à la place St Dominique. L'évêque de Nice qui
tenait à rester au milieu de ses diocésains se présenta de nouveau
vers les huit ou neuf heures du soir chez le général auquel il voulait recommander ses prêtres en lui demandant des respecter les
églises. Le général était entouré de tout son état-major, du consul
de France, Pierre Le Seurre, de Honoré Saissi, second consul, de
Féraudi, secrétaire général de la commune. Ces deux derniers
venus probablement pour appuyer les demandes de l'évêque.
L'accueil du général ne fut pas plus encourageant que la première fois ; il intima même avec insistance au prélat l'ordre de
quitter ta ville en ajoutant que le plus tôt serait le mieux et ce
fut sur ces dernières paroles que l'évêque se retira après avoir toutefois reçu du général la promesse que tout ce qu'il laisserait dans
son palais serait placé sous la sauvegarde de la Nation française.
Il n'y avait pas à tergiverser, l'ordre était formel et pressant, il
fallait partir. L'évêque prit ses dernières dispositious et délégua,
au curé de la cathédrale, le chanoine Honoré Navello, tous les
pouvoirs nécessaires pour administrer le diocèse en son absence.
Aux premières lueurs du jour, Valperga quitta son palais, et se

�— 36 dirigea à pied vers la porte Pairolière. Il avait été impossible de
trouver une voiture car tous les moyens de transport avaient été
réquisitionnés et utilisés le 28 septembre pour permettre l'exode
des habitants terrorisés. Il avait ordre de partir, mais cet ordre
n'ayant pas été donné par écrit, les volontaires marseillais, de garde
à la porte de Turin, refusèrent de le laisser passer, l'accablèrent
d'injures, le menacèrent même de le pendre et ne consentirent á
le lâcher que sur un ordre écrit, sollicité et obtenu du général,
grâce à l'intervention courageuse et au sang-froid d'un jeune
niçois, Joseph Castellinard. Monseigneur Valperga se retira à
Turin et y mourut en 1805 sans avoir jamais pu obtenir l'autorisation de rentrer.
*

* *

Il est établi par les documents officiels contemporains que
Monseigneur Valperga ne quitta son siège que sur les ordres arbitraires du général d'Anselme et ces mêmes documents nous
renseignent très exactement sur les incidents fâcheux qui se produisirent au départ de l'évêque. Du reste, on n'ignorait pas à Nice
comment les choses s'étaient passées et la population savait grê à
Valperga de son attitude et de sa fermeté. De son côté, Valperga
avait eu confiance dans la parole à lui donnée par le général au
nom de la Nation française et à plusieurs reprises il manifesta
son étonnement qu'elle n'ait pas été gardée, que ses biens aient
été confisqués, son mobilier vendu, son nom inscrit sur la liste
des émigrés alors qu'en partant il n'avait cédé qu'à la force.
Parmi les nombreux documents qui se trouvent soit aux archives de Nice, soit aux archives nationales il en est quelques-uns
dont la simple reproduction sera plus probante que tous les corn,
mentaires. Il_suffira de citer :
•i° La lettre du Directoire des Colons Marseillais en date du
25 février 1793, adressée aux citoyens Blanqui et Veillon, députés
extraordinaires de la ville de Nice à Paris, au sujet des réclamations présentées le 23 du même mois par Jean-Jacques Donny, au
nom de Mgr Valperga.
20 La réponse du même Directoire à J.-J. Donny, en date du
26 février 1793.
3„ L'arrêté du Département en date du 13 avril 1793.
40 La réclamation présentée au Directoire du département

�Valperga, aussitôt après son inscription sur la liste des émigrés de
la ville de Nice, dressée à la fin de juin 1793.
50 Les états de frais pour l'inventaire et la vente du mobilier
et effets de « l'émigré Valperga Maillone, citoyen évêque » approuvés par le département des Alpes-Maritimes, le 5 germinal an
III (25 mars 1795).
6° Les actes de notoriété dressés le Ier et 2me fructidor an III
(18 et 19 août 1795) par Gautier, juge de paix à Nice, à la requête de Pierre-Joseph Passeron, agissant en qualité de procureur
subrogé par Nicolas Giorni, procureur spécial et général de Mgr
Valperga, par acte de procuration reçu à Turin le 20 juillet 1795,
notaire Pierre-Joseph Bernochio.
70 La pétition adressée au district de Nice le 4 fructidor an III
(21 août 1795) par Pierre-Joseph Passeron, demandant la radiation du nom de Valperga sur la liste des émigrés.
8° L'avis du district de Nice en date du 5 vendémiaire an IV
(27 septembre 1795) déclarant que Mgr Valperga doit être rayé
de la liste des émigrés.
90 L'arrêté du département des Alpes-Maritimes, en date du
14 prairial an V (2 juin 1797) ordonnant la radiation provisoire
du nom de Valperga de la liste des émigrés.
io° L'acte de cautionnement dressé par le département le
11 fructidor an V (28 août 1797), à la requête de Pierre-Joseph
Passeron, procureur de Mgr Valperga en exécution d'une des
clauses de l'arrêté du 14 prairial an V (2 juin 1797).

�- 38 —

DOCUMENTS ET PIÈCES D'ARCHIVES

Pièce 1.

25 février 1793
Aux cit. Blanqui et Veillon
Une lettre du cit. Donny, associé du citoyen LeClerc, défunt président de l'ancienne administration
provisoire, dont vous avez ci-inclus l'extrait ( 1 ), nous
fait connaître que le cit. Valperga, évêque de Nice,
laissa avant son départ (ordonné à son retour par
Anselme) dans sa maison pour environ 34.000 livres,
argent monnayé, et environ pour 17.000 d'effets en
vaisselle, linge, batterie de cuisine etc.
Une portion de ces effets se trouvent encore dans
ladite maison, sous l'inventaire que nous en avons
fait dresser par les commissaires de l'une et l'autre
administration, lorsque nous avons été installés, mais
il s'en faut de beaucoup qu'elle puisse arriver à la
somme de 17.000 livres, pas même le tiers.
Quant à l'argent monnayé entré dans la caisse du
receveur de l'ancienne administration, nous n'y
voyons point la somme que ledit Evêque désigne
avoir laissé dans sa maison. Nous vous remettons cijoint un extrait de l'état des sommes' que le cit.
Bonnet a reçu en espèces, pendant toute sa gestion
de receveur et trouvées parmi les effets des émigrés
français et niçois.
Nous ne voulons rien préjuger sur l'assertion du
cit. Valperga, quoique nous ayons des indices frappants de vérité. Ce ne sera que lorsque nous aurons
pu les convertir en preuves par le témoignage de
quelques citoyens que nous nous procurerons, pour
pouvoir en demander la restitution et la poursuite
contre le pillage.
En attendant, noùs croyons devoir vous faire part
de cette découverte que nous allons communiquer au
Président de la Convention Nationale et au Ministre.
Arch. des A. M. Registre de la correspondance du
Directoire des Colons marseillais L. 5.
Cet extrait manque au registre ainsi que les autres pièces
énoncées dans celte lettre.

�-hLe 2érae février 1793.
Au citoyen Donny, négociant à Nice
Pièce 2.

Votre lettre du 23me de ce mois, citoyen, nous
demande des renseignements sur le temporel du
citoyen Valperga, Evêque de Nice. Nous allons vous
transmettre tous ceux qui sont à notre connaissance
L'administration provisoire en choisissant l'Evêché
pour le lieu de ses séances, vint s'y établir dans les
premiers jours d'octobre, et tout nous porte à croire
qu'elle ne fit aucun inventaire des effets qui s'y trouvaient, du moins nous n'en avons trouvé aucun dans
les papiers qu'elle nous a remis.
En succédant à cette administration provisoire,
uous avons cru que notre premier devoir était de faire
un inventaire de tout le mobilier renfermé dans la maison épiscopale. Nous y avons successivement procédé
en présence des administrateurs provisoires et à mesure qu'ils nous en remettaient les clefs. Tout le mobilier qui s'y trouvait, ne consistait guère qu'en
meubles meublants et ne nous paraît pas avoir la
valeur de 17 mille livres que l'Evêque lui donne.
Vous pourrez, si vous le jugez à propos, faire prendre
à notre secrétariat une copie de cet inventaire. Tout
ce. qui n'est point renfermé dans les appartements
que nous occupons au premier étage, a été laissé à la
garde de Jean Poma, ancien concierge de l'Evêque et
le nôtre.
Pour nous éclairer sur les 34.000 1. argent monnayé que l'Evêque doit avoir laissé en sa maison,
nous avons écrit au cit. Bonnet, receveur de l'administration provisoire, pour lui demander un état des
sommes en numéraires versées dans sa caisse, comme
ayant été saisies et trouvées parmi les effets des Emigrés français et niçois. L'état qu'il nous a remis ne
monte qu'à 74121. 16 s, et aucun article n'a du rapport
avec les réclamations du citoyen Valperga.
Quant à ce qui concerne personnellement le
citoyen, nous avons demandé au Ministre de l'Intérieur de vouloir bien nous dire la manière dont nous
devions l'envisager. Nous savons qu'un ordre arbi-

�— 40 —
traire de Danselme l'obligea de quitter Nice, le jour
de l'entrée des Français. Mais nous pensons aussi que
la proclamation des Commissaires de la Convention
nationale de France et le décret de celle de Nice,
concernant les Emigrés, étaient des motifs suffisants
pour le ramener à son poste et le rassurer sur les
suites de son retour. En persistant à prolonger son
absence, il s'expose à être traité comme émigré, à se
voir déclarer déchu de sa place et confisquer tous ses
biens. Telle est la disposition de la loi, et quoique
nous ayons consulté le ministre sur le cas particulier
de l'Evêque, nous prévoyons que sa réponse sera de
nous en tenir à la rigueur des lois, ainsi que plusieurs
instructions nous l'ont déjà annoncé.
Vous sentez, citoyens, que tout le mobilier de
l'Evêque doit rester séquestré jusqu'à son retour ou à
la décision du Ministre. Il peut être tranquille sur la
conservation de tout ce que nous avons trouvé en
entrant dans sa maison. Ce qui a pu en être enlevé
avant notre entrée en fonctions, est étranger à notre
gestion. Mais nous employerons tous les moyens qui
sont en notre pouvoir pour en trouver les traces, en
acquérir les preuves et en faire punir les coupables.
Les administrateurs, etc.
Archives des A.-M., Registre
suivants.

,L. 5,/°7i verso et

Lettre des commissaires de la Convention
Nationale et arrêté du Département des A. M.
Nice, le 9 Avril 1793, l'an 1 Ie de la Repu bublique Française.
« Vous voudrez bien, citoyens, en nous envoyant
les noms et prénoms de l'évêque de Nice, nous instruire officiellement d'après les "dispositions des lois,
s'il est censé démissionnaire et son siège vacant.
« Les Commissaires de la Convention Nationale
au département des A. M.
GRÉGOIRE, JAGOT (I)

(1)

Archives des A. M. L. 29 ancien. L

7

actuel.

�— 4i (i3 avril 1793)
Le Directoire ; vu la réquisition du citoyen Procureur Général sindic « Considérant que Charles Eugène Valperga, évêque de Nice, n'avait point quitté
son domicile lors de l'entrée des troupes de la République ; considérant qu'il a lui méme-accompagné les
consuls d'alors quand ils furent présenter les clefs
de la ville et inviter le général Anselme à venir en
prendre possession au nom de la République ; considérant que le général Anselme par ses ordres arbitraires et tiranniques, accompagnés même de menaces contre ses jours, l'ont forcé de s'éloigner ; arrête
qu'il ne peut le déclarer émigré, et qu'il sera répondu
aux Commissaires de la Convention nationale d'après
les principes ci-dessus.. »
Sign : PAUMÉ ; BARLI FABRI ; F. CASTKLIMARD ;
ANGLES ; BERNARDI, secrétaire général. (1)
pjj

ce

^

Aux citoyens composant le Directoire du
département des Alpes-Maritimes..
22 juillet 1793.
Citoyens,
Le citoyen Jean-Jacques Donny, soussigné, chargé
des intérêts du citoyen Valperga, évêque de Nice
absent, ayant été informé que par votre délibération
du 29 du mois passé, ledit citoyen Valperga avait été
déclaré émigré, vous représente avec tous les égards

(1) Archives des Alpes-Maritimes, Registre L,. 3, folio 101. L'Arrêté n'est pas signé par le procureur syndic Jean-François Tourre
ni par l'administrateur Jean-L,ouis de Villiers qui ne partageaient
point l'opinion de leurs collègues. A noter que Tourre était d'Antibes
et que de Viliers était un médecin français établi depuis longtemps
à Nice.
I/Arrêté fut pris malgré le réquisitoire de Tourre qui voulait
déclarer Monseigneur Valperga émigré et malgré un violent discours de Villiers soutenant la même thèse qui fut combattue par
Barli Fabri, par Castclinard et par Anglès. J'ai déjà publié in-extenso
cette délibération du 13 avril T793 au cours d'un article sur l'église
de Nice en 1792-1793 inséré dans Nice Historique du Ier avril 1903,
C'est pourquoi je reproduis ici simplement la lettre des
commissaires et l'arrêté du département.

�- 42 —
dûs au pouvoir dont l'exercice vous a été confié par
le peuple souverain que le citoyen Valperga ne peut
ni ne doit sous aucun rapport être considéré comme
émigré, par les motifs ci-après :
i° Qu'il est de notoriété publique qu'il n'a quitté
le pays que contre son gré et par ordre du général
Anselme :
2° Qu'il a constamment été disposé et a offert
de revenir dans son diocèse, moyennant qu'il ne fut
assujetti à prêter qu'un serment relatif au temporel et
non au spirituel.
3° Qu'enfin et par la raison que n'étant point
indigène, mais étranger, son séjour ici n'a été dé terminé que par sa nomination à l'épiscopat, événement casuel qui n'a jamais pu le soumettre à l'obligation de renoncer pour toujours à sa mère-patrie.
Tous ces motifs, soit qu'on les prenne collectivement ou séparément, démontrent suffisamment,
citoyens administrateurs, le droit incontestable, qu'a
le citoyen Valperga de demander et prétendre la
radiation de son nom du tableau des émigrés, et si
le ministre de l'Intérieur n'a fait aucune distinction
entre lui et les autres citoyens, c'est sans doute qu'il
a ignoré les circonstances qui vous sont exposées
ci-dessus, et notamment la dernière, car s'il les eût
toutes connues, il n'est nullement probable qu'il eût
décidé comme il l'a fait. Toute hypothèse contraire
serait une injure faite à ses sentiments et à ses lumières. Un homme tel que lui, dont les vertus civiques, le patriotisme et les talents l'ont appelé au
poste aussi honorable que pénible qu'il occupe, doit
ressembler autant que possible à la Nation pour
laquelle il agit et qui l'a honoré de sa confiance.
Cette nation est grande, généreuse, magnanime,
juste et bienfaisante.Elle ne peut qu'êtreextrêmement
jalouse de sa gloire, et l'un des principaux devoirs de
ses agents est d'éviter soigneusement d'en ternir
l'éclat.
Le refus qui serait fait de rayer de la liste des
Emigrés le nom du citoyen Valperga, refus qui entraînerait avec lui la confiscation des minces propriétés de ce citoyen, serait un acte qui imprimerait à

�-

43

-

jamais une tache ineffaçable à la gloire du nom français ; tache qui ne pourra manquer de frapper également les yeux des contemporains et ceux de la postérité ; tache enfin que les historiens ne manqueront
pas de faire ressortir par des couleurs enluminées, et
le bel effet qu'un pareil tableau produirait, citoyens
administrateurs, serait votre ouvrage.
Mais non, loin de nous, cette idée ! Vous êtes
républicains ! cela suffit. Les républicains sont vertueux. Ils aiment, chérissent, protègent, respectent
la vertu partout où elle se trouve. Et le citoyen Valperga aussi est un homme vertueux ! Qui en doute ?
Nul bon citoyen, nul honnête homme. Souvenezvous, citoyens administrateurs, que ce n'est que par
ses vertus qu'il a mérité l'amour et l'affection du
peuple Niçois et non par sa qualité d'évêque. Et plût
à Dieu que tous les ecclésiastiques lui eussent ressemblé ! La France n'eut point éprouvé d'aussi horribles secousses, pour asseoir, affermir et assurer sa
liberté.
La République a incontestablement le droit de
renvoyer hors de son sein tout individu qui ne lui
convient pas, mais en renvoyant ainsi un étranger
qui, d'ailleurs, n'a pas encouru la peine de la confiscation de ses biens, elle lui permet de les emporter ou
de les vendre et d'en emporter le produit. Tel est
précisément le cas du citoyen Valperga.
L'exposant demande en conséquence, citoyens
administrateurs, qu'il vous plaise prendre dans votre
sagesse une délibération tendante à rendre audit
citoyen Valperga sa qualité de citoyen français non
émigré, à lui accorder un délai compétent pour rentrer dans ce pays soit comme simple citoyen ou
comme fonctionnaire public et à lui assurer dans
tous les cas la restitution de ses propriétés par lui
laissées sous la sauvegarde de la loyauté française
dans la maison épiscopale, lors de sa retraite forcée,
ou la juste indemnité de leur valeur. Et sera justice.
Nice, le 22 juillet 1793, l'an second de la République française, une et indivisible.
Jean-Jacques DONNY.
l
ARCHIVES NATIONALESF/ 4.867 , dossier Valperga.

�- 44 Pièce 5.

Etat de frais de vente pour parvenir à l'inventaire
et vente des effets de l'émigré Valperga Maillone,
citoyen évêque :
5 germinal an III (25 mars 1795)
Pour une séance de trois commissaires dont un du
District et deux de la Commission municipale, fixée
à trois livres par séance par le Directoire du district
et approuvé par les Représentants du
Peuple
L.
9 »
Papier timbré tant de la minute que
des deux extraits
»12
Pour la copie desdits deux extraits . .
» 8
Droits d'enregistrement
13 10
31

2

Nous soussignés certifions le compte ci dessus véritable.
Signés : J.-B. Thomaty, comm. du dist. ; Savigny,
comm. munie. ; Mabil, comm. municip.
Frais de la vente :
Pour quatre séances de deux corn missaires dont un
du District, un de la Commis, mun. sans le membre
de l'administration fixées à trois livres par séance par
le Directoire du district et approuvé par les Représentants du Peuple .
L.
24 »
Au trompette pour publication de
quatre criées
5 »
Au crieur à la vente, quatre séances .
12 »
Aux portefaix qui ont travaillé au
transport des effets
40 »
Papier timbré tant de la minute que
de l'extrait
1 »
Bougie
3 »
Droits d'enregistrement
27 »
Papier timbré du petit état
» 4
A la femme qui a assisté à la vente
pour l'arrangement du linge
» 12
L.
Signés : J.-B. Thomaty, comm. du
district ; Savigny, comm. municip.

1

159 6

�Vu par nous, membres composant la Commission
Administrative du district et d'après l'arrêté du district, approuvé par les Représentants du Peuple et la
loi du il et 12 Mars, arrête l'état des frais ci-dessus
se montant à la somme de cent cinquante neuf livres
trente centimes, qui seront acquittés par le receveur
du droit d'Enregistrement lorsque le Département
aura vérifié ledit état.
Nice, le 29 ventôse an 3"" de la République française une et indivisible (19 mars 1795).
(Suivent les signatures).
Vu l'état des frais ci-dessus pour parvenir à l'inventaire et vente du mobilier de l'émigré Valperga
Maillone ci-devant évêque.
Vérifié et arrêté par le Directoire du district de
Nice, la Commission Administrative du département
des Alpes-Maritimes approuve ledit état et ordonne
au citoyen Maussier, receveur de l'enregistrement
cîudit district de payer aux citoyens J. B. Thomaty
et Savigny, comm. la somme de 159 livres et 30
centimes pour montant des frais pour inventaire et
vente des susdits effets de l'émigré, laquelle somme
lui sera allouée en compte.
Fait à Nice le 5 germinal an 3me républicain ( 25
mars 1795).
Etat des frais pour parvenir d la vente du mobilier de
l'émigré Charles Eugène Valperga Maillone, citoyen
évêque.
Pour trente-neuf séances de trois commissaires
dont un du District et deux de la Commission municipale, fixé à trois livres par séance par le Directoire
du district et approuvé par les Représentants du
peuple
L.
351 »
A deux portefaix, dix-neuf journées et
demi chaque fixées à cinq livres par jour.
195 »
Au trompette pour publication de
trente-neuf criées fixées à une livre cinq
sols chaque
48 r 5
Au crieur à la vente, trente-neuf séan
ces fixées á trois-livres par séance ....
117 »

711 1$

�- 4* Report
Papier timbré tant de la minute que
de l'expédition
Pour copie dudit extrait fixé à quatre
livres
Papier timbré du présent état ....
Bougie
Droit d'enregistrement
Plus deux autres journées de portefaix à cinq livres
Un paquet de plume
L.

148
4
6
421

»
4
»
»

20
5

»
»

1.182

7

Nous soussignés certifions le compte ci-dessus,
véritable.
Nice, le Ier ventôse an 3me de la République (19
février 1795).
Signés : J.-B. Thomaty, commissaire du district ;
Savigny, comm. ; Honoré Mabil, comm. municipal.
Vu par nous, membres composant la Commission Administrative, de ce District, et d'après la loi
du 11 et 12 Mars 1793 (v. s.) et l'arrêté de cette
Commission approuvé par les Représentants en date
1^ Fructidor, oui l'agent national, arrête l'état des
frais se montant à onze cent huitante deux livres et
trente cinq centimes qui seront acquittés par le
receveur de l'agence de l'enregistrement sur le produit de la vente desdits meubles, lorsque le Département aura vérifié ledit état.
Nice le 29 ventôse an 3me de la République
française une et indivisible (19 mars 1795).
(Suivent les signatures).
Vu l'état des frais ci-dessus pour parvenir à la
vente du mobilier de l'Emigré Valperga Maillone cydevant évêque.
Vérifié et arrêté par le Directoire du district de
Nice.
La Commission administrative du département
des Alpes-Maritimes, approuve ledit état et ordonne

�— if au citoyen Maussier, receveur de Penregistrement
dudit district de payer aux citoyens J.-B. Thomati,
Savigni et Honoré Mabil, commissaires, la somme de
mille cent quatre vingt deux livres trente cinq centimes pour montant des frais de la vente des susdits
effets de l'Emigré. Laquelle somme lui sera allouée
en compte.
Fait â Nice le 5 germinal an 3me républicain (25
mars 1795).
Arch. des A. M. L. 15 ancien p. 44-45 N° 34-35

Actes de Notoriété
Pièçe g

1-2-fructidor an III
18-19 août 1795
EGALITÉ, LIBERTÉ

AU NOM DE LA LOI
Ce jourd'hui, premier Fructidor, l'an troisième
(18 août 1795 de la République française, une et indivisible, à Nice, chef-lieu du département des AlpesMaritimes, par devant Nous, Antoine Gautier Juge de
paix de la Ier, 2m" et 3me section et officier de police,
est comparu le citoyen Pierre Joseph Passeron, natit
tic la commune de Contes et habitant en celle de Nice
depuis plusieurs années.
Lequel en sa qualité de procureur du citoyen
Charles Eugène Valperga de Maillone, évêque de Nice,
subrogé par le citoyen Nicolo Giorni, homme de loi,
procureur spécial et général établi (par acte reçu) par
le notaire Pierre Joseph de Bernochio, le 20 Juillet
dernier (v. s.) qu'il présente, légalisé par le résidant
de la République de Gênes auprès de la Cour de Turin, dont il résulte le pouvoir donné au citoyen Giorni, de subroger en son lieu et place, avec tous les
pouvoirs compris au dit acte, et il présente au surplus l'acte de sa dite subrogation faite par le même
citoyen Giorni, reçu en la ville de Gênes le premier

�- 48 du mois d'août dernier (v. s.) par le notaire Antoine
Baglietto, légalisée par le consul de la République
française.
Il expose que le vingt neuvième jour de septembre
de l'année 1792, l'armée de la République, étant arrivée en cette ville, commandée en chef par le citoyen
général d'Anselme, lorsque ce général, vers le soir,
fut arrivé et il eut pris son logement dans la maison
habitée par le ci-devant consul de la République Le
Seurre, ledit citoyen Evêque Charles Eugène Valperga de Maillone s'y étant présenté, ledit général d'Anselme, en présence de tout son Etat-Major, lui signifia
d'abord de devoir partir de cette ville. Sur quoi le
dit évêque ayant répondu qu'il avait cru de pouvoir
continuer sa résidence en cette ville et tellement l'avait cru, qu'il n'avait jamais pensé de distraire et en
faire partir le moindre de ses meubles et effets, qu'il
avait dans la maison d'habitation de l'tvêque et que
si absolument il lui ordonnait de partir, il le priait de
lui accorder la sauvegarde sur tous lesdits effets et
meubles. Le dit général d'Anselme lui répliqua qu'il
dut absolument partir de cette ville, en ajoutant que
le plus tôt en serait le mieux, et qu'à l'égard de ses
meubles et effets qu'il avait, il les mettait dès ce ino
ment sous la sauvegarde et loyauté de la Nation française et qu'il pouvait en être tranquille, après quoi ledit
évêque Valperga de Maillone, tout tremblant, ayant
dit qu'il allait se conformer dès le lendemain au matin à ses ordres, se retira ; ledit général d'Anselme
lui ayant encore répliqué : le plus tôt sera le mieux.
Et comme il importe audit citoyen évêque Valperga de Maillone de constater le fait ci-dessus expo"sé, suivi en présence de tout l'Etat-Major dudit général d'Anselme et de plusieurs citoyens de cette commune, l'exposant, en sa dite qualité vous présente les
citoyens Pierre Le Seurre, ci-dessus nommé, ci-devant
consul en cette ville de la République, le citoyen Honoré Saissi de cette commune qui pour lors était second consul de la même commune, le citoyen Philippe Emmanuel Féraudi qui pour lors était secrétaire de
Ìa même commune et le citoyen Ange Giraudi aussi

�- 49 de cette commune, pour recevoir leurs dépositions
sur ledit exposé et vous fait instance que de tout lui
soit concédé acte, ce que nous lui avons accordé, et a
signé.
PIERRE JOSEPH PASSERON.

Et de suite se sont présenté les susnommés
citoyen Le Seurre, natif de Craon, âgé de 75
ans, bourgeois, le citoyen Saissi, âgé de 70 ans,
négociant, Emmanuel Feraudi, âgé de 68 ans, notaire, Ange Giraudi, âgé de 63 ans, négociant,
natifs et domiciliés dans cette commune, auxquels
après avoir fait lecture dudit exposé fait par ledit citoyen Pierre Joseph Passeron, en sa dite qualité, les
avons interpellés sur serment que leur avons fait prêter, conformément à la loi, de nous dire en leur âme
et conscience si tous les faits énoncés dans le même
exposé sont de leur connaissance et tous les quatre ont
répondu et attesté tant uniment que séparément en
être pleinement informés, s'y étant trouvés présents,
et que le tout contient la vérité, toute la vérité et
rien que la vérité. En foi de quoi ils ont signé :
LE SEURRE, HOSORI'J
SAISSI, PHILIPPE EMMANUEL FÉRAUDI,
ANGE

GIRAUDI.

Et nous, juge de paix, vu les dépositions ci-dessus, avons de tout concédé acte au susnommé citoyen
Pierre Joseph Passeron en sa dite qualité, pour lui
servir et valoir dans tous les cas, à ce que de droit et
de raison. Fait à Nice, l'an et le jour que dessus.
GAUTIER, juge de paix.
BONIFACI, sec. greffier.
Vu par nous, membres du District de Nice, 3 vendémiaire an IV rép. 25 sep. 1795, TOSELLI, JN COPPON
fils, VÉRANI pr. syndic, SAYTOUR Martin.

�— 5o —
EGALITÉ, LIBERTÉ.

AU NOM DE LA LOI
Ce jourd'hui. second jour de Fructidor de l'an 3
août 1795) de la République française une et indivisible, à Nice, chef-lieu du département des AlpesMaritimes, par devant nous, Antoine Gautier, juge de
paix de la iere, 2M* et 3ME section et officier de police,
est comparu le citoyen Pierre Joseph Passeron : natif
de la commune de Contes et habitant en celle de Nice
depuis plusieurs années
Lequel en sa qualité de procureur du citoyen
Charles Eugène Valperga de Maillone, évêque de
Nice, subrogé par le citoyen Nicolo Giorni, homme
de loi, procureur spécial et général établi (par acte
reçu) par le notaire Pierre Joseph de Bernochio, le 20
Juillet dernier (v. s.) qu'il présente, légalisé par le résidant de la République de Gênes auprès de la Cour de
Turin, dont il résulte le pouvoir donné au citoyen
Giorni, de subroger en son lieu et place, avec tous les
pouvoirs compris audit acte, et il présente au surplus
l'acte de sa dite subrogation faite par le même citoyen
Giorni, reçu en la ville de Gênes le premier du mois
d'août dernier (v. s.) par le notaire Antoine Baglietto,
légalisée par le consul de la République française.
Expose : Primo, que le matin du trente septembre 1792, le citoyen Charles Eugène Valperga de
Maillone, évêque de Nice, en partant de cette ville
avec deux domestiques à sa suite, qui portaient un
paquet et quelques effets, fut arrêté à la porte qui conduit en Piémont, ci-devant nommée porte Victoire,
et conduit au vestibule de la maison presque attenante
à ladite porte, appartenant au citoyen Dominique
Castellinard, où se trouva le citoyen Joseph Castellinard, fils dudit Dominique, et malgré que ledit Evêque Valperga déclara aux soldats de la Garde de la
dite porte qui étaient des Marseillais, que c'était en
conséquence d'ordre qui lui avait été signifié par le
citoyen général d'Anselme qu'il partait de cette ville,
lesdits soldats commencèrent par le malmener et lui
(19

�signifier qu'ils voulaient le pendre et ayant ouvert
ledit paquet et y ayant trouvé entre autres effets, une
ceinture d'évêque, ils déterminèrent, à l'instant, de le
pendre avec ladite ceinture, et ayant essayé si la même
était assez forte pour le soutenir, en la préparant, elle
se fit en lambeaux, de façon qu'ils vérifièrent qu'elle
ne pouvait leur servir et demandèrent audit Joseph
Castellinard fils une corde, pour pendre ledit évêque,
à un grand anneau de fer qui était au plafond dudit
vestibule, servant â y passer une verge de fer pour
peser les marchandises, et ledit citoyen Castellinard
fils, leur ayant absolument refusé de leur donner de la
corde, en s'excusant qu'il n'en avait point, comme
dans tous ces entrefaits ledit évêque se trouve mal et
ne peut plus se soutenir, ledit Castellinard fils lui fit
apporter une chaise, par sa servante à qui quelques
uns de ces soldats donnèrent des coups de poing pour
avoir porté ladite chaise et le même Castellinard le
fit ensuite asseoir sur ladite chaise, en le soutenant,
parce qu'il ne pouvait se soutenir droit ; d'autant plus
qu'en attendant, lesdits soldats marseillais lui disaient mille exécrations, lui crachaient dessus et lui
donnaient des soufflets, et assurément ils l'auraient
fini, si dans cet intervalle un de ses domestiques
n'avait été dire au citoyen général d'Anselme ce qui
venait d'arriver, et ledit domestique étant venu avec
un billet dudit général d'Anselme qui ordonnait à la
garde de le laisser partir, puisque c'était de son ordre,
en conséquence de ce billet lesdits soldats marseillais
se bornèrent pour lors à lui dire et crier mille invectives et injures et le laissèrent partir, ce que ledit
évêque, malgré qu'il ne pût se remuer, à l'aide de ses
domestiques fit au mieux possible en tremblant, de
façon qu'il doit son existence au refus ferme et déterminé que ledit citoyen Castellinard fils leur fit de
leur donner une corde, sans quoi avant l'arrivée du
dit domestique portant l'Ordre du général d'Anselme, il aurait été pendu et étranglé.
Secondoque lefaitci-dessusfut d'abord public et notoire, de notoriété publique dans cette ville et encore
plui le lendemain premier octobre, puisque les autres

»

�— 52 —

soldats de la Phalange Marseillaise, arrivés sur le soir
dudit jour trente septembre, d'abord après leur arrivée
cherchèrent l'évêque qu'ils voulaient le lanterner et
mettre en pièces, comme ils s'expliquèrent hautement,
ce qui joint au fait arrivé dans ledit vestibule de la
maison Castellinard, étant devenu d'une notoriété publique donna l'épouvante à tous les gens honnêtes du
pays, qui disaient que le citoyen général d'Anselme en
ordonnant audit évêque de partir, en mettant sous la
sauvegarde de la Nation française ses meubles et ses
effets, avait voulu le sauver.
Et comme il importe audit citoyen Passeron, exposant en sa dite qualité, de constater par témoins le
fait ci-dessus exposé, il nous présente ledit citoyen
Joseph Castellinard fils de Dominique de cette commune, âgé de 21 ans, de profession, négociant, qui se
trouva présent au fait énoncé dans le Ier article de l'exposé ci-dessus, et au surplus informé de la notoriété
des faits énoncés au second et dernier chef, de ladite
exposition et il nous présente les citoyens Jean-Jacques Donny, natif de Neufchâtel en Suisse, âgé de 39
ans, de profession, négociant ; Joseph Poullan, natif
de Clavesana, en Piémont, âge de 48 ans, négociant ;
Jacques Gerbin, âgé de 60 ans, tailleur, Jean-Marie
Thaon, âgé de 56 ans, négociant, natifs et tous domiciliés en cette commune pour déposer sur ladite
notoriété énoncée dans ledit second fait exposé, pour
recevoir leurs dépositions, et nous fait instance que de
tout lui soit concédé acte, ce que nous lui avons accordé et a signé.
Pierre-Joseph PASSERON .
Et de suite se sont présentés les susnommés citoyens Joseph Castellinard, Jean-Jacques Donny, Joseph Poullan, Jacques Gerbin, et Jean-Marie Thaon,
ci-dessus qualifiés, auxquels après avoir fait lecture
dudit exposé fait par ledit citoyen Passeron, en sa
dite quálité, les avons interpellés sur serment, que
leur avons fait prêter, conformément à la loi, de nous
dire en leur âme et conscience, si tous les faits énoncés dans le même exposé sont de leur connaissance,

�- 53 et ledit citoyen Joseph Castellinard a répondu et
attesté en être pleinement informé pour avoir été
présent au fait exposé dans le i" article de ladite exposition, et pour avoir publiquement entendu dire les
faits énoncés dans le second chef qui était en cette
ville notoire de notoriété publique et lesdits citoyens
Jean-Jacques Donny, Joseph Poullan, Jacques Gerbin,
Jean-Marie Thaon, ont répondu et attesté tant uniment que séparément être pleinement informés de
l'énoncé dans le second chef de ladite exposition,
puisque les faits y énoncés étaient notoires, de notoriété publique en cette ville, et tous lesdits citoyens
ont respectivement attesté pour ce qui les concerne
que tout contient la vérité, toute la vérité et rien que
la vérité. En foi de quoi ils ont signé : Joseph Castellinard fils,Jean-Jacques Donny, Joseph Poullan, Jacques
Gerbin, Jean-Marie Thaon.
Et nous, Juge de paix, vu les dépositions ci-dessus,
avons de tout concédé acte au susnommé Pierre Joseph Passeron en sa dite qualité pour lui servir et valoir dans tous les cas, à ce que de droit et de raison.
Fait à Nice l'an et jour que dessus.
GAUTIER,
BONIFACI,

juge de paix.
sec. gref.

Vu par nous, membres Du district de Nice, le 3
vendémiaire anIV rep. (25 sept. 1795).
Jn. COPPON fils, VÉRANi, pr. syndic, TOSELLI, Saytour
MARTIN.

Arch. Nat. F

7

4867 *

�54 -

PÉTITION au DISTRICT de NICE
et AVIS de ce DISTRICT
ÉGALITÉ,

LIBERTÉ

5 vendémiaire
27 septembre 1795 an IV
AUX

CITOYENS ADMINISTRATEURS
DU DISTRICT DE NICE

Le citoyen Pierre Joseph Passeron, natif de la
commune de Contes, habitant en celle de Nice depuis plusieurs années.
Vous expose en qualité de procureur du citoyen
Charles-Eugène Valperga de Maillone, évêque de
Nice, subrogé par le citoyen Nicolo Giorni, homme
de loi, son procureur spécial et général fondé par acte
reçu dans la ville de Turin par le notaire PierreJoseph de Bernochio, le 20 juillet dernier (v. s) légalisée par le résident de la République de Gênes, près
la Cour de Turin, duquel il résulte le pouvoir donné
audit citoyen Giorni de subroger en son lieu et place
avec tous les pouvoirs compris dans le même acte,
qui se trouve copié mot pour mot dans celui de la
subrogation faite par le même citoyen Giorni, reçu
en la ville de Gênes le Ier du mois d'août dernier
(v. s* par le notaire Antoine Baglietto, légalisée par
le consul de la République française, le 13 Thermidor dernier (3 1 Juillet 1795), qu'il vous exhibe qu'étant arrivé dans cette ville le vingt-neuvième jour
du mois de septembre de l'année 1792, l'armée de la
République française, commandée par le citoyen général en chef d'Anselme lorsque celui-ci y fut arrivé
le soir et eut pris son logement dans la maison d'habitation du citoyen ci-devant consul de la République
Le Seurre, ledit évêque Charles-Eugène Valperga de
Maillone, s'étant présenté, le même général d'Anselme
lui signifia d'abord en présence de son Etat-Major de
partir de cette ville, sur quoi ledit évêque lui répondit qu'il avait cru pouvoir continuer sa demeure dans
cette ville et qu'à cet effet il n'avait jamais pensé de

Pièces 7 et 8

�- 55 distraire, ni faire partir le moindre de ses meubles et
effets qu'il avait dans la maison d'habitation de
l'évêque, que si absolument il lui ordonnait de partir,
il le priait de lui accorder la sauvegarde pour tous ses
dits effets et meubles, ledit général d'Anselme lui
répliqua : Le plus tôt sera le mieux, ce qui tout est
constaté par les attestations ci-jointes du premier et
second jour de fructidor dernier qu'il vous présente
également.
Qu'il résulte aussi par lesdites attestations, que
ledit évêque Valperga de Maillone fut forcé par ledit
général d'Anselme de partir de cette ville que tous
ses meubles et effets fussent mis sous la sauvegarde de
la Nation française et qu'étant parti le lendemain 30
dit septembre, il risqu'à d'être pendu ef étranglé paties soldats de la Phalange Marseillaise qui se trouvaient de garde à la porte ci-devant dite Victoire, ce
que tout fut d'abord notoire et de notoriété publique
dans cette ville.
Vous observe que ledit évêque Valperga est natif
du Piémont où il se retira et que s'il a résidé dans
cette ville, ce n'a été que pour raison de son ministère, que tout cela nonobstant il a été porté sur la liste
des émigrés, a été vendu la plus grande partie de ses
meubles et effets, et cela même nonobstant la préalable réclamation que le citoyen Jean-Jacques Donni,
chargé des intérêts dudit évêque avait fait à l'ancien
département par sa pétition du 22 juillet 1793 (v. s)
qui existe dans les Archives de ce district, résultant
ainsi que tout cela a été fait et opéré contre le droit des
gens et la sauvegarde de la loyauté française qui fut
promis audit évêque.
En conséquence, l'exposant demande en sa dite
qualité de procureur dudit citoyen évêque CharlesEugène Valperga de Maillone la radiation de son
nom de la liste des émigrés, la levée des scellés, la
restitution de ses propriétés et l'indemnité de celles
qui ont été distraites et vendues au nom de la Nation,
et sera justice.
(21 août 1795).

�- 56 Nice le 4me jour de Fructidor de l'an 3me de la
République française une et indivisible.
Signé : Pierre-Joseph PASSERON.
Vu la pétition ci-dessus du citoyen Pierre-Joseph
Passeron présentée au nom et comme procureur subs
titué du ci-devant évêque de Nice, Charles-Eugène
Valperga tendante à obtenir la radiation de son nom
de la liste des émigrés, la levée du séquestre et remission de ses effets restant ainsi que l'indemnité de
ceux qui ont été distraits ou vendus.
Vu une première pétition présentée à l'ancienne
administration du département par le citoyen JeanJacques Donni, au nom du citoyen Valperga en date
du 22 juillet 1793 tendante aux mêmes fins.
Vu la procuration en date du premier août 1793
(V. s.) faite à Gênes, par devant le notaire public Antoine Baglietti, légalisée par le Consul de la République française y résidant, ainsi que l'acte de procuration y inséré, en date du 20 Juillet 1795.
Vu l'attestation de quatre témoins faite avec serment par devant le juge de paix de la 1", 2"", 3me section de cette commune, en date du 1" Fructidor dernier '18 août 1795).
Vu autre attestation de cinq témoins faite par
devant le susdit Juge de paix, le 2 dit fructidor, aussi
sous serment.
Considérant que par la première des 2 attestations il est pleinement prouvé que le vingt-neuvième
septembre 1792, aussitôt après l'entrée de l'armée
française dans cette commune, le sus-nommé évêque
Valperga s'étant présenté au général d'Anselme qui
la commandait en chef, celui- ci lui ordonna d'abord
en présence desdits témoins et de tout l'Etat-Major.
u'il n'avait qu'à partir de la ville, et malgré que le
it évêque lui observa qu'il avait cru de pouvoir y
rester tranquillement et qu'à cet effet il n'avait fait
partir aucun de ses effets et meubles, le général lui
répliqua de partir absolument de la ville, en ajoutant
que le plus tôt serait le mieux, l'ayant assuré qu'à

a

�-5;l'égard de ses meubles et effets de sa maison, il les
mettait dès ce moment sous la sauvegarde et loyauté
de la Nation française et qu'il pouvait en être tranquille.
Considérant qu'il résulte par lesdites attestations,
et il est prouvé que l'évêque Valperga, d'après les
ordres précis et réitérés du général d'Anselme, partit
le lendemain 30 septembre de cette ville.
Considérant que par la susdite attestation du deux
Fructidor il résulte que l'évêque Valperga, au moment de son départ de cette commune, ayant été arrêté à la porte qui conduit au Piémont, par les soldats
qui y étaient de garde, lesquels tentèrent de le pendre,
il évita la mort par les soins du citoyen Joseph Castellinard, un des déposants, et il ne fut laissé libre que
d'après un billet du général d'Anselme, qui ordonnait à ladite garde de le laisser partir, puisqu'il s'en
allait de son ordre
Considérant que tous ces faits sont devenus de notoriété publique dans cette commune, dès le même
jour 30 septembre et Ier octobre suivant, ainsi que
quatre témoins l'ont attesté.
Considérant que le citoyen Valperga ne s'est absenté de cette commune et ci-devant Comté de Nice
que d'après les ordres du général d'Anselme auquel il
témoigna son regret.
Considérant que le départ du citoyen Valperga
ayant été forcé il ne peut pas être qualifié d'émigration.
Considérant que son intention de rester dans cette
commune est d'autant plus constatée, que le citoyen
Valperga a été le seul fonctionnaire public, il soit
resté à son poste, n'ayant soustrait aucun des meubles
et effets de sa maison, lesquels ont été ensuite distraits
et vendus par la Nation.
Considérant que le citoyen Valperga ne peut être
non plus considéré comme réfractaire aux lois de la
République, tandis qu'à l'époque de son départ de cette
commune, aucune loi de la République, surtout à
l'égard des ecclésiastiques, n'y avait été encore publiée
à laquelle eut pu contrevenir.

�— 58 —
Considérant que le citoyen Valperga ne pouvant
être considéré ni comme émigré, ni comme réfractaire, ne pouvait être privé de ses propriétés laissées
dans cette commune lors de son départ, sous la sauvegarde de la loi et de la Nation française qui lui fut
accordée par le général d'Anselme, et qui étant digne
de la loyauté de cette Nation, ne pouvait être violée
sans blesser le droit des gens.
Considérant au surplus, que le citoyen Valperga,
originaire piémontais, ne faisait sa résidence à Nice,
qu'à raison de son épiscopat, ce qui ne donne qu'une
résidence easuelle, et que sous tous les rapports, il
n'a cessé d'être étranger à l'égard du pays de Nice et
de la France.
Considérant que l'article 6, section deux, N° 2 de
la Loi du 25 Brumaire (15 novembre 1794) en déclarant émigrés les citoyens domiciliés dans le cidevant comté de Nice, qui sont sortis depuis le 27
septembre 1792, n'a point porté atteinte au droit des
gens dans la personne de l'étranger, qui se trouvait
dans ce même pays, où il n'aurait pas établi son vrai
domicile.
Considérant que le citoyen Valperga, qui avait été
forcé par le gouvernement de partir de Nice, n'a dû
plus y revenir dans le terme même prescrit par les
lois aux citoyens de la ci-devant Comté de Nice,
puisqu'il ne devait point imaginer qu'il fut compris
dans l'invitation, malgré qu'il ait été porté sur la
liste des émigrés.
Considérant que ce nonobstant, lorsqu'il sut qu'il
avait été porté sur la liste des émigrés de cette commune, s'est empressé de présenter sadite pétition
du 22 Juillet 1793 dans laquelle il demanda non seulement la radiation de son nom de ladite liste, mais
encore un délai convenable pour rentrer dans cette
commune, soit comme simple citoyen, ou comme
fonctionnaire public, ainsi que la restitution de ses
propriétés par lui laissées sous la sauvegarde de la
loyauté française dans la maison êpiscopale lors de sa
retraite forcée, ou une juste indemnité de leur valeur.

�- 59 Considérant finalement que,d'après toutes les circonstances sus-ênoncèes, aucune loi concernant les
émigrés ne peut être applicable au citoyen Valperga,
et que toutes celles qui pourraient le regarder relatives au séquestre des biens appartenant aux habitants
des pays en guerre avec la République française ont
été rapportées par le décret du 14 Ventôse dernier
(4 mars 1795). •
Le Directoire du district de Nice, oui le procureur syndic, est d'avis que le citoyen Charles-Eugène
Valperga ci-devant évêque de Nice ne doit point être
considéré émigré.
Qu'il doit être rayé de la liste des émigrés, que le
séquestre apposé sur ses propriétés doit être levé, qu'il
doit être réintégré dans la possession et jouissance
d'iceux, que tous receveurs ou dépositaires doivent
lui restituer les sommes qu'ils ont perçues, résultant
du produit desdites propriétés et qu'il doit recevoir
la juste indemnité des meubles et effets qui seraient
passés au profit de la Nation.
Fait à Nice, dans la salle des séances le 5me Vendémiaire an 4me républicain (27 sept. 1795). Signé
Saytour Martin. Verani,
procureur syndic, Angles v. prés.
Touzelly. Jn Coppon fils.
Enregistré au feuil. 20 registre des prévenus
d'émigration et signé BARRAIA, commis greffier.
Certifié conforme par nous Ve président et secrétaire du district Jn COPPON Fils V,-PRÉSIDENT
BARRAIA Cis greffier.
A rch. Nat. F 7 4867

2

�— 6o —

Pièce 9.

LIBERTÉ (vignette) ÉGALITÉ
BUREAU DES
ÉMIGRÉS

Extrait des registres des délibérations et arrêtés de
l'Administration Centrale du département des Alpes Maritimes.
(2

juin 1797)

Séance du quatorze Prairial an 5mf de
la République française une et indivisible.
Sur le rapport d-e la pétition présentée par le
citoyen Pierre Joseph Passeron, procureur fondé de
Monsieur Charles Valperga, ci-devant évêque de
Nice, dans laquelle il expose que ledit Charles Valperga n'a jamais dû être atteint des lois relatives à
l'émigration, soit qu'on le considère comme parti en
suite d'une force majeure, soit en sa qualité de piémontais et demande en conséquence la radiation de
son nom de la liste des Emigrés, sa réintégration
dans la possession et jouissance de ses propriétés et
une juste indemnité, des meubles et effets qui sont
passés au profit de la République.
L'Administration Centrale du département des
Alpes-Maritimes, considérant que M. Charles Valperga, comme piémontais, n'habitant Nice que pour
cause de son emploi, n'aurait jamais dû être porté
sur la liste des émigrés du département.
Que le seul motif qui a pu déterminer le général
d'Anselme à lui ordonner de partir de la ville de
Nice, ne peut avoir été que la susdite qualité de
piémontais.
Considérant enfin, que comme sujet du roi de
Sardaigne, il est dans le cas de jouir de l'article i,r
de la loi du quatorze nivôse an troisième, (} janvier
1795), ainsi que de l'article neuf de la loi du trente
Floréal an quatrième, (19 mai 1796).
Arrête, oui le commissaire du Directoire Exécutif
que le nom de Valperga, ci-devant évêque de Nice,
qui se trouve inscrit sur la liste des émigrés, sera

�— 6i —

provisoirement rayé ; que tout séquestre qui pourrait
avoir été mis sur ses biens sera levé, qu'il sera réintégré dans la possession et jouissance de ses propriétés,
et que toutes les sommes versées dans les caisses publiques, lui seront rendues, déduction faite des frais
faits conformément aux lois.
Fait et arrêté* en séance publique le jour, mois et
an que dessus.
Signé : Donny, président Payani, fils, Scudéry,
Oberti, Hancy (et en marge Gastaud commissaire
du Directoire Exécutif).
Certifié conforme à l'original par nous président
et secrétaire de l'Administration centrale du départemeni des Alpes-Maritimes.
DONNY, président
BELMONDI, sec. chef au bureau des émigrés.
Arch. Nat. F 7 4867 2

ACTE DE CAUTIONNEMENT
Pièce 10.

11 fructidor anV (2&amp; août 1797)
LIBERTÉ ÉGALITÉ
Ce jourdTiui 11 fructidor an 5 de la République
française une et indivisible (28 août 1797) par devant nous, membres composant l'Administration
centrale du département des Alpes-Maritimes, est
comparu le citoyen Joseph Passeron, natif de Contes,
chef-lieu de canton, domicilié dans cette commune,
procureur fondé de Monsieur Charles Valperga, cidevant évêque de Nice, en vertu d'acte de procuration du 20 juillet et premier août 1795 (v. s.) lequel
en sadite qualité, dépendamment à l'arrêté de cette
administration du quatorze prairial an cinq (2 juin
1797) portant que le nom de Valperga, ci-devant
évêque de Nice, sera provisoirement rayé de la liste
des émigrés, que tout séquestre qui pourrait avoir
été mis sur ses biens sera levé, qu'il sera réintégré
dans la possession et jouissance de ses propriétés, et

�— 62 —

que toutes les sommes versées dans les caisses publiques lui seront rendues, déduction faite des frais
faits, conformément aux lois, désirant de se conformer au porté par l'article 3 de la loi du 5 Brumaire
an 3 (26 octobre 1794) qui exprime que les prévenus
d'émigration seront tenus de donner caution solvable de la valeur mobilier, et ne pourront obtenir
leurs immeubles jusqu'à ce qu'il ait été définitivement statué sur leurs réclamations par qui de droit,
toujours en sa dite qualité a présenté pour caution le
citoyen François Grosson, marchand drapier de cette
commune, lequel ici prése.it et acceptant, s'oblige
conjointement et solidairement avec ledit Valperga
et pour celui-ci ledit Joseph Passeron, et sous l'hypothèque de tous leurs frens présents et à venir, à l'entière exécution de ce qui les concerne en la susdite
loi, et à la représention des mobiliers, effets et sommes à percevoir en dépôt que besoin sera, et quant
aux mobiliers invendus et en dépôt seront soumis
d'en représenter la valeur à laquelle seront estimés
par experts, préalable rémission.
Et nous, administrateurs susdits approuvant lesdits
cautionnement et acte de soumission, à la réquisition
dudit citoyen Joseph Passeron, avons dressé le présent acte que toutes les parties ont signé avec nous,
ayant au préalable fait renoncer audit François Grosson au droit de premier convenir.
Fait à Nice les jours, mois et an que dessus.
Joseph

PASSERON,

François GROSSON,
prés., PAYANY FILS,
MARUN-SAYTOUR, sec. en chef

HANCY, DONNY,
P.

Acte original sur timbre de 20 centime*.
Arch. Nat. F

7 4867^

�— 63 -

CONCLUSION

Il était avéré pour tous, dans la ville de Nice, que Mgr
Valperga était parti contre son gré et si la première Administration départementale, installée au mois de Mai 1793,
l'avait inscrit sur la liste des émigrés de Nice, c'était à la
suite d'une réponse faite par le ministre de l'Intérieur, Garât,
aux questions à lui posées par le Directoire des Colons Marseillais sur la conduite à tenir vis-à-vis de l'évêque.
Les questions avaient été envoyées à Paris, vers la fin
de Février 1793, et la réponse du ministre ne parvint à Nice
qu'au milieu de juin suivant, soit quelques jours avant la
publication de la liste des émigrés. Les réclamations de
l'évêque, retiré à Turin dans sa famille, furent présentées
le 22 juillet 1793 (1) ; mais comme beaucoup d'autres, elles
s'entassèrent dans les bureaux du Département, qui n'y
répondit même pas.
Cette réclamation fut présentée au nom de l'évêque par JeanJacques Donny au Département. lîlle figure en original au dossier
Valperga.
Voir ci-dessus.
Le registre des délibérations du département manque aux Archives pour les derniers mois de 1793, exactement du Ier mai au 10
Novembre, comme pour les six derniers mois de 1797 et l'année entière de 1798, exactement du 8 Messidor an V (26 Juin 1797) au 25
Pluviôse an VII (13 février 1799).
C'est-à-dire pour les deux périodes les plus troublées et cette
disparition est tout au moins étrange.
Elle doit être vraisemblablement attribuée à certains hommes
politiques désireux de laisser dans l'oubli leur conduite durant ces
deux époques.

�- 64 On était dans la période la plus aiguë et, en pleine
Terreur.
Après le 9 Thermidor et, surtout après la venue à Nice
du représentant Beffroy, au mois de Floréal, an III (Mai
I795)»
les esprits devinrent plus calmes, les administrations plus pondérées. C'est alors que, sur de nouvelles demandes présentées au District, et sur avis favbrable de
celui-ci, le département des Alpes-Maritimes accorda à Mgr
Valperga sa radiation provisoire, le 14 Prairial, an V (2 Juin
1797). Comme on le voit, l'affaire avait traîné en longueur.
Il semblait alors que rien ne s'opposait plus à la rentrée
de l'évêque : le 11 Fructidor, an V (28 Août 1797), le Département avait agréé la caution de François Grosson (1) ;
les biens de l'évêque allaient lui être rendus, et il pourrait
rentrer.
Mais huit jours après, le coup d'Etat du 18 Fructidor (4
septembre 1797) remettait le pouvoir aux mains des Jacobins, la guerre aux émigrés et aux ecclésiastiques, en particulier, reprit avec âpreté. Pe département des Alpes-Maritimes se vit accusé d'avoir préparé une rentrée triomphale à l'évêque, son arrêté du 14 Prairial resta sans effet
et, en vertu de la loi du 19 Fructidor (5 septembre), les
scellés furent de nouveau apposés sur les biens de Mgr Valperga par deux commissaires municipaux (2).
En vain, l'évêque de Nice, fit intervenir auprès du Directoire Balbi, l'ambassadeur du Roi de Sardaigne à Paris,
le dossier de sa demande en radiation fut examiné sans
aucune bienveillance.
(1) L/Acte original de ce cautionnement sur timbre est aux
Arch. des Alp.-Maritimes Q. 10.
(2) Mise de scellés sur les biens de Charles Eugène Valperga par
deux commissaires de la municipalité de Nice. Une scéance, 6 livres.
Dépense approuvée par le Département, en Germinal an VI (avril
1798). Arch. des A. M. Q. 11.
Mgr Valperga ne possédait à Nice aucun immeuble et il devait
rester fort peu de chose de son mobilier après la vente qui en avait
été faite en Ventôse an III. La bibliothèque de l'évêché avait été déclarée bien national et la caisse diocésaine avait disparue en octobre 1792
sans laisser de traces dans les pièces administratives. Le séquestre
a été apposé sur les biens de nombreux émigrés rayés provisoirement.
On peut en voir la liste aux Archives des A. M. Q. 10, où Valperga
figure sous le N° 65.

�- 65
Á la suite de la lettre de Balby datée de Paris le 7 février
1798, le ministre de la police demanda à ses Bureaux un
rapport sur l'affaire Valperga. Pe voici tel qu'il se trouve
en minute au dossier.
Attendu que rien ne tend à constater le prétendu ordre
de quitter Nice, d'où il suit qu'il faut en croire sur parole
l'émigré.
Qu'à raison de son domicile, il était tenu de rentrer sur
le territoire dans les délais voulus par les lois.
Qu'il est atteint par la déchéance et n'a réclamé que
l'an V.
Qu'il ne paraît pas y avoir lieu de violer la loi en faveur
de cet ex-évêque dont la rentrée prohibée par la Constitution serait d'une influence dangereuse.
J'estime qu'il y a lieu à proposer la maintenue sauf
à prendre des renseignements si toutefois on les trouve
indispensables.
CAIGNART,
Sous-chef (2e Bureau).
En tête de cette minute est écrit :
« Je pense qu'il y a lieu à instruction et à prendre
des renseignements près les Administrateurs du département_des Alpes-Maritimes. »
Signature illisible (1).
Ces renseignements furent-ils demandés ? C'est probable et cela explique que bien des pièces du dossier Valperga sont en double expédition. Plus d'une année s'écoula
encore, avant que fut prise une décision et finalement sur
un rapport défavorable de la Commission d'examen instituée près le Ministère de la police pour l'étude des demandes en radiation, le Directoire exécutif signa le 7 Floréal
an VII, (26 avril 1799) un arrêté qui maintenait définitivement, sur la liste des émigrés, Mgr Valperga et annulait
toutes les décisions rendues antérieurement, en sa faveur,
par les. autorités locales.
(1) Arch. Nation. F 7 4862 2 dossier Valperga. Rapport de la
3 me Division du Ministère de la police, sans date mais joint à la
lettre de Balbi.
»

�- 66 -

Varrêté du Directoire parvint à Nice les premiers
jours de Prairial an VII (Mai 99) et fut immédiatement
mis à exécution. (1).
*

* *

Ainsi donc Mgr Valperga expulsé ne put jamais obtenir
de rentrer, les lois sur l'émigration étaient tellement embrouillées et tyranniques qu'une fois inscrit sur une liste
d'émigrés, il était extrêmement difficile de s'en faire rayer
malgré toutes les démarches ; car on se heurtait sans cesse
à des questions de forme et de procédure ce qui permettait
à la malveillance de s'exercer tout à fait à l'aise sous le
couvert de la légalité.
A. J.

PvANCE-BOURREY.

(1) De 21 Floréal an VII (10 mai 1799), il fut communiqué
par le ministre de la police générale de la République aux diverses
administrations intéressées et aux Commissaire du Directoire exécutif
près le département des Alpes-Maritimes. Celui-ci par lettre du 3
prairial (22 mai 1799) demanda au Département de le transmettre
à la Municipalité de Nice, ce qui fut fait le même jour avec ordre
de le transcrire sur ses registres, de faire apposer les scellés ou séquestre sur tous les biens meubles et immeubles de l'évêque si ce
n'est déjà fait, et de mi notifier sans délai la décision prise à son égard.
Voir lettre du Département à la Municipalité, celle du Commissaire au Département, 3 Prairial an VII avec la réponse du Département 4 Prairial.
Arch.. des A. M. Q. 1 et 2 et Arch. Nationales, dossier Valperga,

�NIÇA LA BELLA
VERS DE /.

Giordan,

su

DE CARTA POUSTALA

Ai rai dôu nouostre bouon soulèu
Venon s'escaufar toui lu lùssi ;
Es un meravihous tablèu,
Ai rai dôu nouostre bouon soulèu,
Trouvas, dou Var fin au Castèu,
Anglés, Rouman, Danesi, Rùssi :
Ai rai dôu nouostre bouon soulèu
Venon s'escaufar toui lu lùssi.
Pèr tu, as touti li bèuta,
Terra de lus e d'alegria,
D'un ciel d'azur, as la clartà,
Pèr tu, as touti li bèuta.
De l'univers, en verità,
Siès la uechièma meravia ;
Pèr tu, as touti li bèutà,
Terra de lus e d'alegria.
Dintre lou tèmp, Semiramis
Faguet basti, à Babilouna,
Pu siéu jardin, vèr paradis !
Soubre Paioun, degun s'estouna
De vèire, ancuèi, lou paumoulié
Drissar au ciel la siéu coulouna
E lou galofre, e l'anemouna
Flouri emb'au pourtegalié.
De bouon matin, quitant maioun
Pèr la journada touta'ntiera,
S'en va lavar, dintre Paioun
Pa bugadiera.
D'un glourious passat es fiera
Perqué, d'un tèmp, sus lou bastioun
Au Turc, arranquèt la bandiera
Pa bugadiera.

�fet 68 —

Sau de fouora fa freï,
Que brima,
A Niça, sus lou Quèi,
Si rima.
Pescadou, fourestié,
De la mar bressarella,
Escouton voulountié
Pa doussa cantinella.
L'AVOUCAT

PATTA

L'estudi de l'avoucat Patta es en plen aria ; si tèn lou matin
couma lou predinà su la plaça dôu Palai. Es un ome pichounet,
touplen raplot, li pocha enfli de papiè de touta mers. En lu vièi
quartiè es proun counouissut e li capelada, « Bouonjou Moussu
l'Avoucat », noun li mancon. Es ben m'ai juge, proucuradou, etc.
Lu siéu ounourari soun bouon pati e n'a de preferença pèr
qu si sigue. Parla au premier maufatan vengut, couma se fousse
un agnèu que vén de naisse ; lou créancier o lou débiteur soun
tratat su lou même pen... basta que mouson...
L'avoucat Patta es de noutarietà reputat pèr un ome judicious, òunest — au noun si flata de l'estre au jou d'ancuei ; —
finda counouisse, es en relacioun d'afaire emê de gros persou nage que dintre la finança dôu siéu coumerce, soun quasi d'usurari. Sau menajar la cabra e lou caulè ; e pèr que la mouneda
noun li escapa si desbrouïa e si mete dôu cousta dôu manche...
d'aquéu que casca lou de mai...
Acò fa que toui lu matin que lou Bouon Diéu a fach, la siéu
doumestica mete toujou quaucaren au fuec. Lou dimeneghe, coum'un bouon crestian, — tartufaria que lou pauva, — va audi la
gran'messa à Santa Réparada, fa la siesta e à la calada dóu soulèu,
passeja su lou Cours, pastrouia, fa lu cent pas, noun parla que de
lei, proucès, citacioun, ensin alestisse lou travail dôu dilun...
Lendeman empastra ben d'afaire, mete facilamen en lou sac
Moussu Tout'Un emé Moussu Tout'Autre... En éu que li pòu
faire ?... lança dapertout lou broumech, tant pis pèr aquéu que si
laissa agantar. Quaranta sóu es lou près d'atac e vous pregui de
crèire que douna pas la siéu journada pèr doui o tres escut.
L'avoucat Patta counouisse l'usança dôu païs... s'avès touort,
vous rouïa, s'avès pi rasoun, v'espia... Que voulès aima manjar
lou pei, lou pei que noun aiguë d'espina...
JULI EYNAUDI.

�-«9VA

MAU ! !

Va màu, cresé-vous, que va màu 1
En l'orizoun lou voile negre
N'es qu'un gran camp cargat de pebre,
Qu'à pala lou jeten davan,
Avuglan finda lu cavau 1
Lu canoun soun su li frountièra,
Alignât couma de barriera,
N'esperon plus que lou signàu !
Lou soulèu, aquel animàu !
Stan, noun vòu levà la vela,
Si foundon couma des candela
Enb'aquèu coust dôu diàu !
Le Giacouuda à cóu de d/stràu
Li fan petà li sièu moulura...
Ah ! dèu faire bella figura
Se l'an foutuda en quauqua tràu
Lou pan crèise, finda la sàu,
Lou sucre dintre li boutiga
Mounta ben mai que de boufiga !
Van jusque crèise lou rampàu
E la pèu que fau lou tambau ;
Metran de drech su li nourriça,
Su lu chichi, su li saucissa,
Perqué pas soubre lu magàu ?
E lou Prussian, marrit bertàu,
Noun sabon fa que de babïa,
Per lou Maroc e l'Algèria,
Se faran mètre lou mourràu !
Li serreren toui lou pourtàu
E pi veiren touta la França
Davan la sieù grossa arougança
Se noun si sau garda li clàu !
Es de rima d'un manechàu,
Ma sien d'estiéu, vesin, vesina,
Li passeres en la resina
Avant que vegon l'espitau !
CHARLES CIAUDO

�Valère Bernard
Tout en heurtant le marteau contre la porte de M. Valère
Bernard je songeais. Je me suis complu dans le plus souriant
mépris des idoles. L'ironie a tremblé sur mes lèvres quand
la Provence a dans un ravissement de joie acclamé le poète de
Maillanne. Cette mascarade d'apothéose me répugnait.
Et maintenant la curiosité me fourvoyait dans le studio
d'un consciencieux artiste que les felibres couvraient de gloire.
Elève de Puvis de Chavannes M. Valère Bernard pasticha le
Maître. Mais vite il eût l'intuition qu'à se perdre dans les sentiers
battus il courrait risque de compromettre son crédit. Il dit
adieu à Paris et vint dans Marseille, l'opulente cité.
A cette époque vivait un exquis écrivain, J. Lombard. Il venait de publier deux œuvres d'une grandiose beauté, VAgonie et
Bysance. Dans un style étrangement tourmenté il contait les
luttes entre les factions d'Orient, illuminant son œuvre des
splendeurs bysantines.
Valère Bernard vit Jean Lombard, et du même coup les belles
au bois qui dormaient en son âme s'éveillèrent. Il délaissa les
études académiques, les pastiches sans vie, et d'ardentes couleurs
chargèrent ses toiles.
Voici le triomphe des rois Babyloniens. Sur les voûtes d'un
palais impérial passent des gardes étincelants dans la pourpre et
la soie. L'or envahit les hautes colonnes de jaspe bleu. Involontairement on pense aux fantastiques demeures hantées par des
fées émeraudes et des princesses aux perversités troublantes.
Et je m'imagine que le peintre était sous le charme de la
légende quand il a peint cette courtisanne qui sourit à son miroir tout en jouant négligeamment avec sa chevelure d'or. Et
puis passent Venise la rouge, Marseille enveloppé dans la poussière d'or du crépuscule, des motifs à la Watteau peints par un
bysantin, toute une apothéose.
Mais une idée m'obsède, tandis que dans la grise clarté d'un
soir automnal s'éteignent les fauves éclairs jaillis de ces radieuses
toiles. L'idéalisation du passé me paraît cruelle. Les générations
endormies dans la Mort ont eu leurs misères/leurs rancœurs, je
pense qu'il est absurde de s'écrier avec Musset « qu'aux temps
jadis tout était heureux jusqu'aux douleurs humaines. » En vain
l'apostat s'attriste-t-il sur les vieillards immortels de l'antique

�- 7i

—

lonie, â ses oreilles résonnent les paroles de l'Hiérophante : « La
Helladi que tu aimes n'a jamais existé ».
Mais M. Valère Bernard brise ma rêverie, et mes yeux se
portent.sur des portraits appendus au mur. Profils d'espagnol ou
d'américain mitigés d'espagnol, comme on en croise maintes fois
sur la Cannebière.
Homme universel ne puis-je m'empêcher de m'êcrier. M.
Valère Bernard sourit. Il siérait dit-il, à mi voix, de se développer en profondeur. Toutefois il est beau de se dire sur le
tard de sa vie que l'on a fait vibrer toute son âme. Ici le maître
rejoint Néron. Il m'aide à comprendre cet inquiétant empereur.
Mais encore faut-il que tout en étant l'homme universel on ne
sombre pas dans la banalité. De méchantes œuvres d'art peuvent
avoir leur prix.
Une idée se lève devant moi. Labruyère me petsuade que
l'honnête homme de Pascal propre à tout en définitive n'est propre à rien. La spécialisation inintelligente, mène à l'erreur, j'en
conviens, mais en fait elle est une loi générale.
Et ceci est pour me plaire, car j'abhorre dissiper mon énergie,
j'aime le repliement, la frissonnante pudeur qu'effarouche les
vaines ostentations. Je goûte les peintres du passé et malgré ma
philosophie j'adore les peuples disparus. Volontiers j'implorerai
avec la Cassandre de Schiller la cécité, l'exquise cécité. Le sou
venir a plus de puissance sur moi que l'espoir.
Et sous des deux gris, en des pays étrangers désolants de
médiocrité, il m'est arrivé de pleurer plus amèrement que ne
pleura Xerxès aux rives d'Abydos.
J. PADOVANI.
PROUVERB1, BOUOI MOT, COUNSÈU E DICH
Vèuva que si marida,
Dèu perdre la lus e l'audida.
Fiha madura,
Lou pouorta à la centura.
En cuntant su lu det :
Aquéu a fa l'óu ;
Aquéu l'es anat cercar,
Aquéu l'a fa cuèire,
Aquéu l'a manjat,
E lou pichoun n'a ren tastat !

�— 73 —
LE

DÉSESPOIR

Oui, j'ai la mort dans l'âme ; oui, je monte au calvaire ;
Mon horizon, hier si beau, s'est obscurci ;
Je hais tous les devoirs et tout ce qu'on révère :
Mieux vaut mourir que vivre ainsi !
Puisque je n'y puis rien ; que la raison humaine
Ne gagne plus un cœur où mon cœur est entré,
Je veux briser mes jours comme on brise une chaîne
Et m'enfuir en désespéré.
Qu'est-ce donc que la mort ? C'est la paix éternelle,
C'est un beau drap de fleurs sur mon sein endormi,
C'est la nature calme, auguste et solennelle
Qui nous prête un repos ami.
O nature de Dieu contemple ma détresse !
Ecoute tout mon sang dans mon cœur s'épancher
Et, puisque je n'ai plus le lit de ma maîtresse,
C'est au tien que je veux coucher ;
C'est toi la grande mère et la nourrice immense !
L'homme au sort le plus âpre et l'homme au sort plus beau
Retrouvent dans ton sein leur part de ta clémence :
L'un l'amour, l'autre le tombeau
Tu sais, toi qui vois tout, ce qu'ici bas je souffre,
Que je n'ai point béni l'instant de mon réveil
Et que j'ai regardé, toujours, du fond du gouffre,
Les bords ou brillait le soleil ;
Que je n'ai bu jamais que dans la coupe amère,
Que le seuil du bonheur me fut toujours fermé,
Que j'ai perdu mes fils, que j'ai perdu ma mère
Et tous les cœurs qui m'ont aimé !
Maintenant je m'en vais, battant du front, comme ivre,
En proie à ce grand deuil qui me courbe en vainqueur,
Et je veux déchirer ma vie, avec le livre
Des chastes sanglots de mon cœur ;
Et toi, rayon divin, génie, ardent délire,
Flambeau qui n'iras plus briller sur son autel,
Eternise du moins ces larmes de ma lyre
Et que mon cri soit immortel !
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�u Premier Mera de Niça
DESPÍ I/ANNESSIOUN
(25

Jun

1860)

M. FRANÇOIS MALAUSSENA

Mera de Niça
(27

Jun

I86O-I865)

�— 6 —

ARMANAC NIÇART 1913
QUATRE-TEMS

COUMPUT ECLESIAST1C0

Noumbre d'or
Epato (Grégori)
Cicle soulari
Endicioun roum.......

Febrié
Mai
Setèmbre.,.
Desembre.

14
22
18
11

Letra doumenicala

12,
14,
17,
17,

14 e 15
16 e 17
19 e 20
19 e 20

E

Jî la Providence, 1{ue de la Préfecture /4, }}run, Sibraire

LI

QUATRE

SESOUN

Lou prmtèms coumença lou 21 mars
L'estiéu
—
— 22 Jun
L'autoum
—
— 23 sept,
L'iver
—
— 22 dés.
FESTA

Septuagesima
19 Janvié
Cendre
5 Febrié
Pasca
23 Mars
Rougacioun 28, 29, 30 Abriéu
Ascensioun
1er Mai

à 5.18 m.
à 1.10 m.
à 3.53 m.
à 10.35 m.

dôu
dôu
dôu
dôu

matin
matin
sera
matin

MOUBILI

Pantecousta
Trinità
Festa de Diéu
1" Diiuenegue de
30 Novembre

11 Mai
15 Mai
22 Mai
l'Avènt

BANQUE GARLONE &amp; GIE
MAISON ÉTABLIE EN 18.1

Jfice

—

8, Jîvenue J/íasséna, 8
TÉLÉPHONE

■-AS

— Jfiçe

�LU

VÉNT

Lu vènt que souflon à Niça, dintre lou cours de l'annada,
soun au nombre de 16. Vequi li sièu denouminacioun courenti,
pihadi, en general, dai loucalità dei quali parèisson veni :
Nord ..
N.-O.-E.
N.-E. ..
E.-N.-E..
E. N. E.
E.-S.-E..
S.-E. ..
S.-S.-E-.

Tramountana
Grek Tramountana
Grego
Levant
Levant
Levant
Siroco, vènt marin
Mie jou Siroc

Sud.... Mie jou
S.-S.-O.. Miejou Lebech
S. O. .. Lebech
O.-S.-O. Pounènt Lebech
Ouest. . Pounènt
O.-N.-O.V. Pounènt Maistràu
N.-O. .. Maistrau
N.-N.-O. Maistrau Tramount

VIGÍLIA — JÈUNI
22
30
10
14
31
24

Mars
Abrièu
Mai
Avoust
Outoubre
Desembre

(Pasca, 23 Mars)
(Ascensioun, Ier Mai)
(Pantecousta, 11 Mai)
(Assoumpcioun, 15 Avoust)
(Toui lu Sant, Ier Nouvembre)
(Calena, 25 Desembre)

L'ANNADA RELIGIOUSA
LI FESTA MOUBILI E

LI FESTA FÏSSI

febrié

Janviê
1 Circouncisioun.
6 Epifania (lu Rei).
13 Batejà de J.-C.
14 Sant Noum de Jesù.
19 Setuagesima.
26 Sexagesima.

2
5
6
9
12
13

Purificacioun.
Cendre.
Festa de la Pr. de N. S.
Quadragesima.
14-15 Quatre-tèms.
Coum. de la Passioun.
16 Reminiscere.
23 Oculi.

�Jtfars
2 Lœtare.
9
16
21
23
29
30

Passioun.
Lu Rampàu.
Divendre Sant.
Pasca.
Li 7 Doulou.
Quasimodo.

j/îbriêu
28-29-30 Rougacioun.

jYtai
1 Ascensioun.
3 Inv. de la Santa Crous.
11 Pantecousta.
14-16 17 Quatre-tèms.
18 Trinità.
22 Festa de Dièu.

Jîvoust
6 Transfiguracioun.
15
18
25
26
29

Assoumpcioun.
S. Joachim.
S. Couor de la Vierge.
S. Louis.
Decolac. de S. Jouan-Bat.

8
14
15
15
17
29

Natività de la Vierge.
Esaltacioun de la Crous.
N. D. dei 7 Doulou.
San Noum de Maria.
Quatre-Tèms.
Dédie, de S. Miquéu.

6
13
20
27

Sant Rousari.
Maternità de la Sta Vierge.
Puretà de la Santa Vierge.
Patrounage de la S. Vierge.

1
2
3
21
30

Touï lu Sant.
Lu Mouort.
Santi Reliquia.
Present, de la Sta Vierge.
Avent.

Setembre

Ouioubre

jYouvembre

Jun
9
21
24
29

Festa dôu S. Sacramen.
Sacrât Couor de Jesù.
Natività de S. Jouan-Bat.
SS. Peire e Paul.

Juliet
2 Visitation de la S. V.
7 Precious Sang.
16 N.-D. dôu Carme.

2&gt;esembre
8 Imaculata Councepcioun
17, 19, 20, Quatre-Tems.
25 Calena.

LEÇOUN DE CATECHISME
Un prèire dôu Gesu enterougava un pichoun su lou siéu
catéchisme e li demandava :
— Doun es Diéu ?
— Vous respouonderai, li di l'enfant, quoura m'aurès
dich doun noun pôu estre.

�xxxxxxxxxxxxx:::xxxxxxxxxxxxx
AMINISTRACIOUN MUNICIPALA
Mera : M. lou General Fr. Goiran
Ier MM. Bonnefuy-Sibour.
Ajount
Emile Muscat.
«.
Jousé Ventrue
«
3e
Jan Ricci.
«
4e
Juli Febvre
5e
Dr A. Bufîon.
6e
Dr J. Fighièra.
7e

Ier Ajount

M. Bonnefuy-Sibour
Encargat de l'ensemble de l'aministracioun sensa delegacioun speciala.
Recèu toui lu jou de io oura % à miejou.
2e Ajount

M. Emile Muscat
Recèu lou dilun, lou dimècre e lou dijôu de 5 a 6 dôu
sera.
Attrib. — Estrucioun publica (Escola, lycée, salla d'asile,
crècha). — Biblioutèca e Arquiva. — Countencious.

3e

Ajount

M. Jousé Ventre
Recèu lou dilun, lou dimècre e lou divendre de

11 y2 dôu matin.

10 à

Attrib. — Coumerce e Indústria. — Agricultura. — Tribunal e Chambra de Coumerce. — Elecioun e lista eletourali.
— Cadastre. — Countribucioun. — Prud'ome. — Soucietà

�— 10 —
de Secours Mutual. — Festa publiqui. — Autourisacioun de
bal o de festa privadi.
4e Ajount
M. Jan Ricci
Recèu lou dimars, lou dijôu e lou dissata de 10 à n
Attrib. — Dassi. — Abatoir e lu servici. — Coumtabilità
generala. — Pouliça dei camin. — Estalage. — Marchand
ambulant. — Permès de staciounamen. — Voitura, cavau
e taxis. — Fiera e Marcat. — Caissa d'Espargna. — Sapurpoumpier.
5e Ajount
M. Juli Febvre
Recèu lou dimars, lou dijôu e lou dissata de 4 à 5.
Attrib. — Travai public. — Voiria urbana e rurala.
Jardin e proumenada. — Aïga, gaz, eclerage. — Ramassage.
— Arquitetura. — Bastissa coumunali. — Bei-Art. — Escola
d'Art decouratif. — Musée dei Bei Art. — Musée d'Istoria
naturela. — Teatre. — Musica Municipala e autri.
6e Ajount
M. lou. Dr A. Buîîon
Recèu lou dimars e lou divendre de 4 % à 6.
Attrib. — Igiena e salubrità. —Loujamen insalubre.
— Establissamen dangeirous e incòmode. — Epidèmia. —
Pouliça dei meurs. — Assistença publica. — Viei, infirme
e incurable. — Retreta Ouvriera. — Enfant assistât. — Proutecioun dei enfan dôu premié âge. — Espitau. — Establissamen de carità o de beneficensa. — Fouol.
7e Ajount
M. lou.Dr Jousé Fighiera
Recèu lou dimars e lou dissata. de 10 à 11 y2.
Attrib. — Estat-Civil. — Poumpa Funebri. — Cementeri.
— Culte. — Afaire Militari. — Abihamen.

�— II

PR^MIÉ

TRIMESTRE:
MARS

FEBRIE

JAN VIE
lu 7, à 10 oura 29 m.
lu 15, à 4 oura 02 s.
lu
a 3 oura 40 s.
lu 28, à 7 oura 35 m.
— !.. 8 U' — C. 4 42
SOULÈU
N.
P.
P.
D.

—

L.
Q.
L.
Q.

N. L.
P. Q.

lu 6,
lu 14,
lu 21,
D. Q. lu 27,
L. 7
SOULÈU,

5
8
2
9

oura
oura
oura
oura

22
34
04
16

m,
m.
lu.
s.

P. Q.
1'. L.
D. Q.

24'

SOULÈU ,

dis. S. Ignaci
Dim. La Çandeliera
Blasi
dil. S.
l)i mars-Gras
dim
Li Cendre
dim
Dim
dij. Sta A gat a
dil.
div. Sta Dorotea
dim.
dis S. Romuald
dim.
dij
9 Dim. Quadragesima
10 div.
10 dil. Sta Apoulounia
11 dis.
11! dim. S. Severin
12 dim. Quatre-tèms
12 Dim.
13 dij. S. Gregori
13 dil.
14! div. Sta Eufrasia
14 dim.
15 dis. S. Onesime
15 dim.
16 dij.
16' Dim. Reminisceri
17 div.
17i dil. Sta Mariana
18 dis.
18 dim. Sta Attiqua
19 dim. S. Eucher
19 Dim. Setuagesima
20 dij.. Sta Vitalina
20 dil. S. Bastian
21 div. S. Severian
21 dim. Sta Agnesa
22 dis. S. Silvan
22 dim. S. Vincent
23 dij. S. Raymound
23 Dim. Oculi
24 div. Sta Jacinta
24 dil. S. Pascase
Conv.
de
S.
Pau
25 dis.
25 dim. S. Cesari
26 dim. S. Nestor
26 Dim. Sexagesima
27 dij: S. Leandri
27 dil. Sta Devota
28 div. Sta Nourina
28 dim. Sta Paula
29 dim. S. Francès S.
30 dij. Sta MaitiDa
31 div. S. Peire N.
Lu jou crèisson :
dim.
dij.
div
dis.

Jou de l'An
S. Macari
Sta Genevieva
S. Tita
S. Simeoun
Lu Rei
S. Lucien
S. Apoulinari
S. Pèire
S. Guillaume
S. Teodore
S. Arcada
Sta Verònica
S. Ilari
S. Maurici
S. Ounourat
S. Antoni
Sta Angela

Lu jou crèisson :
lou matin....... 22 m.
lou sera
12 m.

1

lou matin
lou sera

lu
lu
lu
lu

47
46

ln&gt;

m.

dis.
Dim.
dil.
dim.
dim.
dij
div.
dis.

Dim.
dil.
dim.
dim.
dij.
div.

dis.
Dim.
dil.
dim
dim.
dij.
div.
dis.
Dim.
dil.
dim.
dim.
dij.

8,
15,
22,
29,

à 0 oura 23
à 8 oura 58
à 11 oura 56
à 0 oura 58

m.
s.
m.
s.

L. 6 36' — C.5 32'

S. Eudoxii
Lœtari
S. Marin
Sta Cunegonda
S. Casimir
Sta Coleta
S Jouau de D.
Sta Félicia.
La Passionn
Lu 4" Marlir
S. Euloge
S. Gregori
Sta Eufrasia
Sta Matilda
S. Acepsima
Lu Rampàu
S. Patrici
S. Apien
s. Jôusé
Dijon San/
D i vendre Sani
Dissata Sant

Panca

StaCatarinadeS
Anounciada
S
Emanuèu
S. Jouan d'Egt
Gountraa
div. S.
dis. S. Hustase
Dim. Quasimodo
dil. Sta Balbina

Lu jou crèisson :
lou matin
î .o4 m.
lou sera
0.48 m.

VERMOUTH

�— 12 —

ABRIETJ
N. L. lu 6,
P. Q. lu 14,
P. L. lu 20,
D. Q
lu 28,
SOULÈU .

MAI

à 5 oura 49 s.
à S oura 40 m.
à 9 oura 35 s.
à 6 oura 09 m.

— L. 5 32'

C. 6 19'

dim. S.
dim. s.
dij. s.
3
4 div. s.
5 dis. s.
1
9

6
7
8
9
10
11
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17
18
19
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21
22
23
24
25
26
27
28
29
30

Dim.
dil.
dim.
dim.
dij.
div.
dis.

Dira.
dil.
dim.
dim.
dij.
div.
dis.
Dim.
dil
dim.
dim.
dij.
div.
dis.
Dim.
dil.
dim.
dim.

Ugo
Franç. de P.
Richard
Isidoro
Juliena
s. Celestin
s. Hegesippe
s. Albert, ev.
s. Azada.
s. Isidoro
s. Leourj
s. Juli
s. Justin
s. Valerian
Sta Anastasia
S. Frutuous
s. Rodolfe
s. Maxime
s. Anselme
s. Tcodoro
s. Adalbert
s. Fidèle
s. Jorgi
s. Marco
s. Clet
s. Antime
s. Aimé
Iiouqacioun
Sta Catarina d. S
SS. Philip., Jacq.

La jou crèisson :
lou matin
59 m.
lou sera
... 44 m.

N.
P.
P.
D.

L.
Q.
L.
Q.

lu 6,
lu 13,
lu 20,
lu 28,

SOULÈU.

18
19
20
21
22
23
24

dij.
div.
dis.
Dim.
dil.
dim.
dim.
dij.
div.
dis.
Dim.
dil.
dim.
dim.
dij.
div.
dis.
Dim.
dil.
dim.
dim.
dij
div.
dis.

25
26
27
28
29
30
31

Dim.
dil.
dim.
dim.
dij.
div.
dis.

1
2
3
4
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6
7
8
9
10
11
12
13
14
15
16
17

JUN

8

oura 25 m.
H oura 45 m.
7 oura 18 m.
0 oura 04 m.
— L. 4 34' — C. 7 04'

N.
P.
P.
D.

i

Ascensioan
S. Atanase
In.d.l. Sta Crous
SS. Sindonis
S. Pio, papa
S. Jouan D.
S. Peire
S. Gregori N.
S. Antounin
S. Isidoro
Pandeconsta
S. Jouan lou S.
S. Pouon, m.
Quatre-tèms
S. Sta Dcnisa
S. Frutuous
S. Pascaù
Trin if à
S. Pèire C.
S. Felis.
S. Bernardini
Festa de Diéa
S. Didier
S. Vincen,d.L.
S. Urbin
S. Felipe
S. German
S. Cirile
Sta Petronïa
S. Sylve
S. Justin

Lu jou crèisson :
lou matin
4° mlou sera
41 m.

L.
Q.
L.
Q.

lu 4, â 7 oura 57 s.
lu 11, à 11 oura 4 s.
lu 18. à 5 oura 51 s.
lu 26, à 5 oura 41 s.

SOULÈU.

1 DIM.
2
dil.
3 dim.
4 dim.
dij.
5
6 div.
7 dis.
8
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Dira.
dil.
dim.
dim.
dij.
div.
dis.
Dira.
dil.
dim.
dim.
dij.
div.
dis.
Dim.
dil.
dim.
dim.
dij.
div.
dis.
Dira.
dil.

- L. 3 55'

—

C. 7 43'

S. Potin
Sta Blandina
S. Quirin
S. Francès C.
S. Lié
Couor de Jesù
S.
S.
Sta
S.
S.
S.
S.
S.
S.
Sta
S.
Sta
S.
S.
Sta
S.
S.
S.
S.
S.
S.
S.
S.

Medard
Optat
Margarida
Barnabé
Antoni de P.
Basilio
J.-F. Régis
Moudeste
Lambert
Olga
Gervai
Juliena F.
Louis de G.
Paulin
Maria d'O.
Jouan-B.
Prousper
Alban
Cresen
Iréné.
Pèire
Pàu
Tibàu

' Lu jou crèisson :
lou matin
2 m.
lou sera
i4 m.

VERMOUTH

�— 13 —

TROISIEME

AVOUST

JUL·IET
N.
P.
P.
D.

L'. lu Í, a
Q. lu 10, a
L. lu 18. à
0. lu 26j a
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SOULÈU, - !..

1
2
3
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29
30
31

i

5 oura 07 m.
9 oura 38 m.
6 oura 0" m.
9 oura 59 m.
53' — C. 7 55'

dim. S. Thierry
dira Vierg.de li Gracia
dij. S. Anatole
div. S. Pèire de L.
dis. S. Sisoès
Dim. S. Elie
dil. Sta Bahela
dim. S. Efrem
dim. Sta Felicita
dij. S. Pio
div. S. Jouan G.
dis. S. Gene
Dim. S. Jaque
dil. Festa Naciounala
dim. S. Enri
dim. N.D.d.M.Carmel
dij. Sta Marcelina
div. S FVederic
dis. S. Vincen de P.
Dim. Sta Margarida
dil. S. Vitor
dim. Sta Maria-Mad.
dim. S. Apoulinari
dij. Sta Cristina
div. S. Jaque
dis. Sta Anna
Dim. S. Pantaleoun
dil. S. Samsoun
dim. Sta Marta
dim. Sta Giulieta
dij. S. Gnaci de L.

1

Lu jou bàisson :
lou matin
3i m.
lou sera
26 m.

TRIMíJSTRBÎ

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SOULÈU.

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2,
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25,
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0 oura 58 s.
i oura 03 m.
8 oura 27 s.
0 oura 18 m.
8 oura 38 m.
23' - c. 7 28'

div. S. Pèire-aï Ldis. S. Alfonso
Dim Inv. de S. Estève
dil. S. Domenica
dim. N. D. dei Nèu
dim. Transf. de J. C.
dij. S. Gaétan
div. Sta Batilda
dis. S. Camilo d. L.
Dim. S. Làuren
dil. S. Septima
dim. Sta Clara
dim. Sta Filoumèna
dij. S. Ousèhi
div. Asonmpcioiin
dis. S. Roc
Dim. S. Jouachin
dil. Sta Elena
dim. S. Ipoulita
dim. S. Bernar
dij. Sta Chantai
div. S. Pio V
dis. S. Filipe B.
Dim. S. Bartoumiéu
dil. S. Louis, r. V.
dim. S. Segoundo
dim. S. Cesari
dij. S. Goustin
div. S. Mederic
dis. Sta Rosa
Dim. S. Fiacre

Lu fou bàisson :
lou matin
43 mlou sera
55 m.

SETEMBRE
P.
P.
D.
N.

Q. lu 7,
t. lu 15,
Q. lu 23,
I,. lu 30,

SOULÈU. —

a
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a
a

1.5

1
4
0
4

oura 06 s.
oura 46 s.
oura 30 s.
oura 57 m.

08' — c.

6 33'

1 dil. S. Gili
2 dim. S. Estève Pi.
3 dim. Sta Eufemia
4 dij. Sta Rosalia
5 div. S. Làuren J.
6 dis. S. Pambou
7 Dim. S. Grat
8 dil. Naiiv. de la V.
9 dim. S. Oumer
1U dim. S. Nicola
11 dij. S. Félis
12 div. S. Veran
13 dis. S. Amé
14 Dim. Es. d. l.S. Crous
15 dil. S. Nicomède
16 dim. S. Courneilla
17 dim.- Quatre-tèms
18 dij. S. Tournas V.
19 div. S. Janvié
20 dis. S. Eustache
21 Dim S. Matiéu
22 dil. S. Màurici
23 dim. Sta Tecla
24 dim. S. Girar
25 dij. S Firmen
26 div. S. Nil
27 dis. S. Nicandre
28 Dim. S. \\ inceslas
29 dil. g. Miquèu
30 dim. S. Jeromo
Lu jou bàisson :
lou matin
42 mlou sera
i.o3 m.

HâltlHI &amp; EdIIÏ

�- 14 QÜATRIÈ)MÍ:

OÜTOUBRE
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Lu jou bàissoii :
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7 oura 57 m.
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6 30' — c.

4 30'

Ì dis. Toui lu Sunt
2 Dim. Lu Mouort
3 dil. S. Ubert
4 dim. S. Carlo B.
5 dim Sta Bertila
6 dij. S. Leounar

dis. S. Francès d'A.
5 Dim. S. Rousari
6 dil. S. Bruno
7 dim. S. Serge
Í
8 dim. Sta Reparada
8
9 dij. S. Denis
9
10 div. S. Francès B.
10
11 dis. S. Tarasco
11
12 Dim. S. Counrad
12
13 dil. S. Edouard
13
14 dim. S. Calisto
14
15 dim. Sta Teresa
15
16 dij. S. Ospici
16
17 div. Sta Edvija
17
18 dis. S. Luc
18
19 Dim S. Pèire
19
20 dil. S. Agricol
20
dim.
21
Sta Ursula
21
22 dim. S. Filip
22
23 dij. S. Teodoret
23
24 div. S. Magloire
25 dis. SS. Crespin Cr. 24
25
26 Dim. S. Joaan de K. 26
27 dil S. Frumeuce
27
28 dim. S. Alf'redo
28
29 dim. S. Narcisse
29
dij.
30
S. Marcel
30
31 div S. Siri
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TRIÍ

div. S. Nestou
dis. Lu Quatre Incou.

Dim. S.
dil.
dim.
dim.
dij.
div.
dis.

Teodore

S.
S.
S.
S.
S.

Jacintou
Martin
René
Stanislas
Pantena
Sta Gertruda

Dim. S.
dil.
dim.
dim.
dij.
div.
dis.

Edme
Gregori
Alfè
Sta Babeta
S. Edmon
Présent, de la V.
Sta Cecilia
S.
S.

Dim. S.

Clemen
Sta Flora
Sta Catarina
Sta Pelfina
S. Maxime
S. Sostène
S. Saturnin
Dim. A vent
dil
dim.
dim.
dij.
div.
dis.

Lu jou bàisson :
lou
lou sera

DESÈMBRE
P. Q.
P. L .
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SOULÈU. —

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dil. S. Eloi
dim. Sta Bibiana
dtm S. Francès X.
dij. Sta Barba
Bassi
div. S.
dis. S. Nicola

Dim

S. Anbrosi
dil Imac. Conception^
dim. Sta Leoucadia
dim. Sta Eulàlia
S. Damase
div. Sta Roselina
dis. Sta Lucia

Dim. S.

Niçaise
dil. S. Mesmin
dïm. S. Adon
dim. Quatre-tèins
S. Gatien
div. S. Ciprian
dis. S. Filogone
Dim. S. Tournas
dil. S. Onourat
dim. Sta Vitòria
dim. Cacha-fuec
dij. Calèna
div. S. Estève
dis. S. Jouan

Dim. SS. Iuoucent
dil. Sta EleoDOra
dim. S. Sabin
dim S. Sàuvestre
Lu jou bàisson de a5 m.
lou matin
e crèisson de 5 m. lou sera

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lu 18, a
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CROUNICA NIÇARDA
L/'Armanac Niçart a la pèu dura, persègue la siéu publicacioun maugrà lu escoumbuï de la vida. Mi côu vougar an
jou d'ancuei quasi soulet ; la miéu pichouna barca s'enroquerà pas. Tant que pouôdi mi teni au timoun, la mar es
pas toujou marrida e lou ciel à Niça es souventi fès seren.
Siéu urous d'aver assoustat, li a quauque an fa, de
coulabouratour que despi an fach lou siéu pichoun camin,
siéu fier encara d'aver pouscut publicar d'obra inedichi,
e se la gloriola de passage pousquesse estre de quauque
près, dirii finda que Y Armanac Niçart es estat lou premier
à dounar ai siéu letour de doucumènt istourique, pouesia
d'ilustracioun de prima man.

* *
Despi lou camin es dubert ; li codo, peira e peireta soun
levadi dôu mitan, toui si soun abrivat e lou miéu pichoun
couloumbié es despi l'oura abandounat, après d'aver servit
de nidou à touplen... Que mi resta d'aquela splendour
efemera ?. .. Ren o pas gran cauva de bouon : la nota de
l'emprimur à pagar !... e l'amistà de quauque amie lu quai,
côu lou recounouisse, m'an souventi-fès encourajat quoura
moudeste escrivan, ai publicat un'oubreta. Ma se noun
mi resta ren autre, ai pas men counservat la cuirassa e lu
côu que lu criticaire pouôdon mi pourtar s'aplatisson couma
se piquesson su d'un pan de burre. Ai fach d'esfouors, ai
cresut estre utile au miéu païs, se tanti fès n'ai pas réussit,
s'ai fach faussa routa, es pas la bouona voulountà que m'a
mancat.. ; es autra cauva !... que lu miéu detratour, —
marridi lenga, — vouogon ben recounouisse.
li'Armanac Niçart es toujou estat poulit, respetuous ;
aima plesentar, si piha garda de mancar quauqu'un, fa minga
persounalità e se parla una fès cad'an es pèr respouondre en
aquelu que dintre l'oumbra e lou mistèri l'atacon.
%

�i8 —
— Èen que n'aigui pas de dènt assè longui, mastègui
eouma pouôdi, mi resta encara doui bouoi caisselà, e lou
batarèu en remerciant Dièu debana qu'es un plesi... Se
grafigni quauquifès caressi quoura côu, ma que voulès siéu
sensible, crègni lou catigolo, noun mi laïssi trapiar, pi ben
que sigui de pichouna estatura — un verp de terra — mi
laissi pas metre lu pen su la couota.
La miéu draparïa es minça, transparènta, cadun pôu
liège à través cenque vouoli dire e maugrà que lou miéu
mantèu sigui de lustrina tantu n'an pas agut vergougna
de s'en curbi quauqu an fa'.
D'Académicien niçart n'ai counouissut mai que d'un ;
aurïon fach aloura una maladia se noun li aiguessi estampat
la siéu prosa o pouesia... D'autre, lou noum m'escapa, la
si soun esbignada... Ai encara souta lu uès una longa courespoundença que lou prova ; qu mi reclamava d'estre en
prima pagina, lou siéu noum que ressourtesse ; qu mi pregava de li metre « lou tout d'a-gangui « ; e passi souta silenci
touplen d'autre imourtal niçart que si dïon fier, urous, flatat,
de couloubourar à Y Armanac Niçart... A toui li calïa un
noumbre d'esemplari — à l'uèi va sensa dire, à titre d'encourajament — e lou jou de l'aparicioun, à lu audi charrar,
eron élu la pèira foundamentala, avïon tout fach despi
Y A fin au B... La gaseta parlava d'élu... e toui su lou bastion
de repetar : « Lou tau ?... escriéu su Y Armanac. —
Eri de moda !...
p
[•

*
*

*

D'aquéu fra-tèms Y Acadèmia Nissarda si founda, lou
Nice-Historique coumença à pihar voga, e lou regretat proufessour Enri Sappia que sabia cen qu'era la vaca enrabiada,
em'un zèle que recounouissi douna au sièu païs predilèt
tout cenqu'un pur niçart pôu dounar.
S'au jou d'ancuei lou Nice-Historique si felicita de la
siéu prougressioun noun côu pas que denembra l'orne que
mai que d'una fès a manjat de maigre moucèu... Es en aquel
orne que devès lou Nice-Historique vouostre enfan d'adoucioun ; se fouguesse estre sincère, li a de veiità que soun
toujou penibli à dire, sensa Sappia Y Acadèmia Nissarda
noun esisteria ; e se persegui en lou miéu amour de la verità,
devès la vouostra esistença o foundacioun à touplen d'autre.

�- ig —
t,'Armanac vous devîa ben acô... Lou souveni s'efaça tant
facilamen !...
Ma laissen aquela charra, noun m'aura ajudat qu'à
coumençar la miéu Crounica.

*
* *
UArmanac Niçart ientra couma pôu en la siéu nouvièma
annada d'esistença. Se trouvas qu'es abihat de mieja sesoun,
vous dirai que n'es pas à la paluègna que si counouisson li
cebeta... Ai tengut cônte dei bouoi counsèu e mi presenti
couma d'usança ai miéu letour e letrissa em'au sourire su
li labra pèr vous racontar de pichouni istourieta, vous rememourar quauque prouverbi, que liegerès emé plesî.
"L,'Armanac Niçart pôu estre lijut da toui, gran e pichoui,
divertisse l'un, enteressa tantu autre ; frisa jamai la groussieretà, basta e se n'aiguesse qu'una qualità, — de défaut
degun n'es esènt, — aquela qualità de counservar lou nouostre
franc-parlà, vouoli dire la lenga de la maire qu'un noun
pôu francamen denembrar, la cansoun dôu brès que nen
cantavon lu nouostre vièi, e que couste que couste voulen menteni.

*
* *

L'Armanac Niçart publica cad'an una paja d'istoria
loucala inedicha que lou dot e fidèle coulabouratour M.
l'Abat Rance-Bourrey escriéu espressi per lu miéu letour.
e que lu letrat, bibliofile niçart liejon toujou mé devoucioun. L'an passat nen dounet Y Expulsion de Mgr Valperga,
en septembre 1792 ; aquest'an l'istourien nen douna : L'Installation de Mgr Colonna-d'I^tria, evesque de Nice, en 1802.
Es un doucumènt d'istoria loucala requist qu'enriquissera
li nouostri coulecioun.

*
* *

Publiquèri de paja de Y Armoriai Nobiliaire et Historique de
l'Ancien Comté de Nice et des Alpes -Maritimes, de Jousè
Casai (1907) ai finda emprimat en coulabouracioun d'aquestou, un Catalogue Alphabétique du fonds de Nice que si
trouva à la Biblioutèca de Niça, ensinda qu'una reempressioun dôu Discours sur le Monastère de Sainte-Claire de
Nice, pèr Honoré Pastorelli, publicat d'après l'édicioun
originala de Turin en 1608, em'una entroducioun e de

�20 —
nota de l'abat Rance-Bourrey. Lu counouissur, en 1908,
lauderen aquesta reedlcioun.
*
Nicœa Civitas

L'Armanac Niçart felicita caudamen Y Acadèmia Nissarda d'aver fach pareisse la premiera partida dôu NicaaCivitas de Gioffredo, en francès. Aqui de bouon'obre.
Traducioun commençada per lôu proufessour Enri Sappia,
coumplimen à l'abat Rance-Bourrey que l'a menada à bouon
pouort.Grafigni ma caressi eY Armanac Niçart que despi regardas coum'un bastardoun sau recounouisse lou beu dôu mau.
Rabaian toujou ; siéu urous de faire lou miéu mouloun,
pu tardi un nen tirera proufit.
*
* *
Aiira, car letour e charmanti letrissa, que vous dirai
de mai, farai couma lou papagau e vous répéterai couma l'an
passat :
Bouon prencipi
E mihour fin !
L'ARMANAC NICART.
LOU JOUIN'OME E LOI) BOUON VIEI
De gracia, empara-mi couma si fa fourtuna,
Demanda au paigran un jouin'ome ambicious.
— Li a, di lou bouon vièi, un camin glourious :
Es de si rendre utile à la cauva coumuna,
Proudigà vouostre jou, vouostri veia, talènt
Au servici de la França !
— Ah ! bèn pénible n'es la soufrança.
Vouoli de talènt men brilènt
— Ni a de mai segur : l'intriga.— Es trôu vile
Sensa travail vous diéu, vourii m'enriquî. ..
— Eh ben ! sigues simple embecile
N'ai vist mai que d'un réussi...
J. Eynaudi
(D'après Florian).

�—

LOU

LIOUN E

21 —

LOU

MOUISSIOUN

« Va-t'en, mesquin insècte, escremen de la terra ! «
Es ensinda que lou Lioun
Parlet un jou au Mouissioun.
L'autre li declaret la guerra :
« Ti penses, li diguet, que lou tiéu titre de rèi
Mi fasse pôu e que m'enquieta,
Un bôu de tu s'en manja sièi,
Lou fau marchar à la bagueta. »
A pena fenit lou discours
Que d'éu même souona la carga,
Siguet troumbeta, vincitour.
Ma prudènt si ten à la larga ;
S'abriva, toumba su lou couol
Dôu Lioun que rende miech fouol ;
Deven quasi furious e l'uès de bila esala
Rugisse, toui s'escoundon, tremouolon à l'enviroun ;
Aquel'alarma universela
Es cap-d'obra dôu mouissioun,
Un avourtoun de mousca en cent luec lou sarcela,
Lou pougne su l'esquina e pi su lou nasèu
Un autre suça lou narvèu.
La rabia si retrova, au soum es ja mountada,
L'envisible nemic trioumfla regardant
Que ni grifa ni dènt de la bèstia irritada
Lou metènt tout en sang, lou siéu dever faran...
Lou malurous Lioun s'esgarra à pichoui tros
Fa boulegar la couva pèr gagnar de terren ;
Es desperat, poù plus ; lou Rei deven balos,
La fatiga l'abate, si ve qu'es su li dènt...
L'insècte dau coumbat si retira mé gloria,
Couma sounèt la carga, entona la Vitòria,
Va pertout l'announçar, ma rescountra pèr camin
Una aragna en embuscada...
Dôu Mouissioun siguet la fin.
Que poudès ben pensar, que leçoun ensegnada ?
Dei vouostre gros nemic, de crègne lu pichoui
Sensa troù de fracas vous trïon lu peouï...
Ma se d'un gran dangié an pouscut si soustraire
Perisson pèr la mendre afaire.
J. Eynaudi (d'après La Fontaine).

�— 22 —

ME LCART

(1)

L'argènt de la Betica e l'ôr de l'Atlantida
Agnènt recompensad lei trabalh de Melcart,
Pojè, fôra Gadès, sus l'Océan bastida,
Vers lo pas gigantesc qu'avié saupud traucar.
Mai la mar rebaté son argulhos sicard,
'Mé d'ôrre temporau e, vela rebotida,
Sai barca, quatre luna, errèron à cercar
Lo camin drechurier dau pôrt qu'èron partida.
Aiora, en Astartè, reina dai Bahalim,
Vengué, pèr abaucar lei ventegas malin,
Saunar d'ôme, au ribage onte Agèu s'espalanca,
E lei pastre ligor, monegasca Calanca,
De ton rocas sanglant veguèron piei partir
Do legendàri eros de la superba Tir.
Lois Funèu.

SIGUESSES UN ARMANAC
Un proufessour de coulège estudiava ordinariamen
quatre a cinq oura cada jou. Couma era restat dintre lou
siéu cabinet mai long-tèms que d'abituda, la siéu mouhié
venguet lou trouvar :
— Siés aqui ma mia, que diès de nôu que noun sabi ?
— Diéu, moussu que vourii ben estre libre.
— E perquè ma mia ?
— Perquè li avès toujou lou nas soubre... noun avès
d'uès que pèr elu, li siés toujou après.
— As rasoun, vourii ben n'en faire autre tant pèr tu,
basta que siguesses un Armanac.
— Un armanac ?. .. e perqué ?
—■ Perqué ?... Cad'an pourii ti chanjar.
Jouan l'Ae.
(i) Melcart sè nbla aver estad un rei de Tir, deî ficad à la lônga,
qu'aurié menad lei navigador fenician vers la Ponènt mieiterranene e que
lei Greg, rabattant la tradiçion dai Pelasge, 'n-aurien fach son Ercule,

�— 23 —

MELCANT
(Revirad en Catalan)
—X—
De Bètica l'argent, d'Atlantis l'or sens mida,
havent recompensat son treball herculià,
feu via desde Gades, damunt l'Occià bastida,
fins al pas geganti que hi sapiguè badà.
Prô'l mar rebat, furient, sa dèria ergullosida,
ab hòrrides tempestes. Les veles va plegà
sa flota y, quatre llunes, errà com desvanida
del dret camí que mena al port S'hon va merxà.
A l'Astarté llavors, dels Bahalim regina,
li prega que apaybagui la ventada felina
y, en la costa d'Agèl, li fa oblaciô d'humans ;
Après ; cales de Monach y pastors ligurians !
de les sagnantes roques, hi vegereu partir
l'hèroe llegendari de la superba Tir.
Barcelona, Agost de 1911.
Doctor J. Plana / Dorca.

xxxxxxxxxxxxx:::xxxxxxxxxxxxx
LA

FAVOIJR DOU JUGE

Petou Merlussa e Gioan Tripetou, doui chicanur en l'a"
nima avion la semana passada una af aire davant dôu juge de
pax. Pèr s'aquistar la favour d'aquestou un li avia regalat
un bariéu d'oli e l'autre dounat un pouorc.
Lou juge si prounouncet en favour de Gioan Tripetou
que li aviat dounat lou pouorc. Couma pensas Petou Merlussa
era pas soudisfach e anet dôu juge si plagne.
Lou Juge. — Que voulès es intrat dintre la miéu maioun
un pouorc que a rout lou bariéu d'oli, siéu estat ben countrariat e.. . maugrà ièu, cresé-lou, v'ai denembrat.
Patusso.

�— 24 -

VA N D A L E S
L/Ordre des Frères Prêcheurs fondé au commencement
du XIIIe siècle par Saint Dominique se répandit très rapidemnt, surtout dans le Languedoc et dans la Provence.
Dès 1243 un couvent de Dominicains fut créé à Nice,
sur un terrain donné par Jordan Richieri, et une vaste église
s'éleva bientôt à côté du couvent.
Des Dominicains, on le sait, étaient de grands bâtisseurs, et les églises qu'ils ont élevées, dans la Provence,
sont les plus beaux modèles de l'architecture gothique :
il convient de citer en première ligne la splendide église de
Saint Maximin (Var), celle de Sainte Madeleine à Aix-enProvence, celle de Saint-Canat à Marseille.
D'église du couvent de Nice était de fort belles proportions et comptait parmi les plus vastes et les plus intéressantes de la ville de Nice, au point de vue architectural ;
l'église des Cordeliers, dite de Saint-François-le-Grand, qui
date à peu près de la même époque pourrait lui être comparée.
Aujourd'hui, Saint-François-le-Grand existe encore, mais le
vieil édifice a été profané, vendu et sert de remise et de magasin à fourrage.
Quant à l'église de Saint-Dominique, son sort a été plus
lamentable encore. Enlevée aux religieux qui l'avaient construite, elle fut pendant quelques jours, en octobre 1792.. le
siège du Club des Jacobins ; puis l'autorité militaire s'en
empara et elle servit de magasin à la manutention.
Mais, ainsi transformée, elle subsistait encore et pouvait, grâce à d'intelligentes réparations, être rendue à l'admiration des artistes et des archéologues. Au lieu de cela,
une Municipalité mal inspirée l'a fait démolir de fond en
comble et, aujourd'hui, il n'en reste plus pierre sur pierre (1).

(1)

Les amateurs et les collectionneurs, qui espéraient trouver, sous les
ruines de la vieille église des Frères-Prêcheurs, des objets précieux pour
enrichir leurs collections, ont été absolument déçus, car on n'y a trouvé,
paraît-il, qu'une quantité d'ossements et une petite croix en cuivre que
M. Moris, archiviste du département, conserve sur son bureau.
Et pourtant, n'y aurait-il pas encore des hommes intelligents qui renverseraient, sans regret, des monuments vénérables dans la conviction
que cette démolition permettrait de découvrir des choses plus intéressantes.

��C.I.D.O.

BtZIERS

�- 25 Sur son emplacement on a élevé le Palais de Justice dont il
vaut mieux ne point parler car il n'y a rien de flatteur
à en dire.
La ville de Nice a été ainsi dépouillée d'un des rares
monuments qui représentait dans cette contrée l'architecture religieuse du XIIIe siècle. Et il ne faut pas dire que la
Municipalité ne fut point avertie de la faute qu'elle commettait, car on peut lire dans le Bulletin Monumental publié
par M. de Caumont, Paris 1862, in-8°, 3e série, tome VIII,
pages 272-274, une très intéressante notice que nous reproduisons in-extenso :
L'ANCIENNE

EGLISE SAINT - DOMINIQUE
A NICE (1)
—X—

« En examinant attentivement l'ensemble de l'antique
Eglise de Saint-Dominique ; en voyant, à la nef et à l'abside
rectangulaire qui la termine, des ogives à peine accusées,
on serait volontiers tenté de déclarer que cet édifice appartient à la période de transition entre l'architecture romane
et l'architecture ogivale, c'est-à-dire au XIIe siècle.
« Mais, ici, il faut se départir un peu de la rigueur des
règles archéologiques et se bien rappeler que les contrées
méridionales, comme le Comté de Nice, ont été, au point
de vue architectural, presque constamment en retard sur le
centre et le Nord de la France.
« En effet, le monument dont nous parlons a été bâti
dans la dernière moitié du XIIIe siècle.
« A cette époque, suivant Gioffredo (Nicaa Civitas),
p. 182) Meynfroid étant évêque de Nice, les Frères Prêcheurs
de Saint-Dominique vinrent s'établir dans ce pays et construisirent un couvent et une église sur un terrain à eux donné
par un certain Jordan Richieri (2).
(1) Aujourd'hui transformée en remise et manutention militaire, cptte
église doit-être prochainement démolie. Sur son emplacement l'édilité
niçoise a formé le projet de bâtir un Hôtel de Ville.
(2) L'acte de donation est daté du i4 Avril 1243 ; il nous apprend que
le terrain donné était de quatre sétérées et qu'il était situé dans le lieu
nommé Seleya, à côté d'une léproserie — l'église de Saint Dominique a été
élevée plusieurs années après eette donation, vers 1260.

�— 26 —

« Par conséquent l'ensemble de cette vieille église est
à peu près contemporain de 1 a Sinte Chapelle de Paris, et
cependant d'après les carelltctèreacchitectoniques, on mettrait
cinquante ans d'interrva ase ren es deux édifices.
« Quoi qu'il en soit, l'église de Saint-Dominique fournit
un excellent horizon pour fixer les idées sur l'état de l'architecture religieuse dans le Comté de Nice au XIIIe siècle.
« D'arc en tiers-point y domine dans les voûtes, tandis
qu'au contraire le plein cintre y règne dans les portes et les
fenêtres.
« D'édifice dont nous parlons n'a pas l'abside arrondie
des monuments religieux du XIIIe siècle ; il se termine par
une muraille plate qui devait être percée de plusieurs fenêtres. Cette disposition se rencontre aussi dans quelques autres églises de France (Cathédrale de Poitiers, de Dol, de Daon,
Eglises de Saint-Serge à Angers, de Saint-André à Grenoble etc.) et dans un grand nombre d'églises rurales.
« Des murs de notre monument sont construits en petites pierres taillées carrément en briques. Il ne possède qu'un
petit nombre de contreforts. Des pilastres qui supportent
les voûtes reposent sur des socles carrés ; les chapiteaux
sont ornés d'une espèce de cordon. Une fenêtre seulement
a conservé son ornementation primitive, qui consiste en des
têtes de clous bien caractéristiques du XIIIe siècle.
« Une porte latérale (qui s'ouvre sur la ruelle de Saint
Dominique) offre un linteau porté sur deux chapiteaux à
décoration végétale et un tympan à plein cintre.
« Des voûtes qui n'ont pas 40 centimètres d'épaisseur,
sont jetées d'un mur à l'autre, avec une hardiesse admirable ; elles sont faites en petites pierres mêlées avec beaucoup de mortier.
|fs « Des arceaux de ces voûtes ogivales sont croisés ;
quelques-uns, néanmoins, sont parallèles entre eux et traversent la nef en ligne droite, de manière à séparer les travées, qui sont en nombre de cinq. Da retombée des arceaux
se fait au-dessous des fenêtres. Malheureusement ces fenêtres ont été bouchées, par un maçon ignorant au XVIIIe
siècle.
« En même temps, la façade de Saint-Dominique a
été refaite dans ce style bâtard que l'on a flétrit de Pompadour. Nous ne la décrirons pas.

�— 27 « Avant de terminer, qu'il nous soit permis, au nom des
traditions historiques que ce vieux monument rappelle de
supplier le gouvernement de l'Empire, si éclairé, si généreux,
de vouloir bien consacrer, chaque année, une modique somme à la restauration de l'antique Eglise de Saint-Dominique.
« Confiée aux soins d'un habile
architecte, d'un
Viollet-le-Duc ou d'un Dulion, cet édifice deviendrait
bientôt le plus curieux et le plus remarquable de Nice. »
A. Paul Simian
Membre de la Société française d'Archéologie.

*

*

*

Ces pages écrites par un homme très compétent, nous
apprennent les efforts tentés pour conserver la vieille église ;
efforts qui se heurtèrent malheureusement à un parti-pris
irréductible.
Rien depuis n'est changé dans les habitudes administratives, et les discours prononcés à la Chambre des Députés
le 25 novembre 1912 par MM. Barrés, Sembat et Reinach
nous ont édifiés sur la mentalité de tant de maires et conseillers municipaux dédaigneux des « monuments possédant
un caractère soit artistique, soit historique ou ayant tenu
une place dans l'existence nationale ou dans la vie locale
des communes françaises a.
Le Bourguignon.
XXXXXXXXXXXXX:::XXXXXXX XXX XXX

-

MEMORANDUM
Noum dei fidelié que esistavon à Niça en l'annada 1758 :
Castelli Onourat
Verani Ludovic
Baudo Antoni
Baudo Andréa
Gautiero Gaétan
Bottino Pierre.

Doneudo Giacinto
Carlino Pierre
Ricciart Nicolas
Bottino Jousè
Daviga Anna-Maria

Toui naissut à Niça, cheto Ricciart natiéu de Touloun,
ma essent à Niça despi longa data.

�— 28 -

PEI VULGARI
Aguia
Aguïat
Alolonga
Amendola
Amploua
Anfossa
Ange
Anguila
Aragna
Arendoula
Argentin
Argentin dentat
Aurada
Aurin
Badona
Barbùo
Bardoulin
Baveca
Bavoua
Bavoua d'arga
Belugan
Besuga
Bissa
Bissa de mar
Blada
Blaviè
Botta
Boucarougia
Boudroi
Boni tou
Buga
Bugaravella
CaUgneiris
Capelan
Capoun
Capoun glaune
Cardaira
Cardouniera
Carmarina
Castagnola
Cat
Cavaluca
Cavàu
Cieucla
Clavelada
Coffre
Courpatà

DE LA MAR DE NIÇA

Cuorp
Daurada
Dorât
Dormigliana
Durgan
Emperator
Esperlin
Fanfre
Fanfre d'America
Fanfre negre
Fero
Ferrassa
Felat
Figon
Framo
Floussada
Fournie
Fumo
Galineta
Galina
Gastaudela
Garaman
Gatta
Gatta d'arga
Gerle
Gerle blaviè
Gerlessa
Gianeli
Girela
Girela turca
Giugarèu
Gobo
Gobo blanc
Gobo jaune
Gobo rouge
Gora
Granadié
Grana
Gros argentin
Grounc-manca
Grounc negre
Grugnau
Lambardà
Lambert
Lamea
Launo
Lamprua

Lampuga
Langanèu
Leccia
Lernia
Lico
Liccio
Lente
Loubas
Loubas negre
Lucco
Luccion de mar
Lussi
Claire d'amploua
M alarmat
Martèu
Masca dei amploua
Masca
Melantoun
Melet
Meleta
Merlan
Miraiet
Mipolo
Moissin
Mora
Moleto
Monge
Monge clavelat
Monge gris
Monge rous
Morena
Morena sensa espina
Mourre agut
Merou
Mostela
Mostela blanca
Mostela de font
Mostela de roca
Mostela negra
Mourmena
Mugio carida
Mugio daurin
Mugio flaveton
Mugio labru
Muola
Muôu
Nissola

�- 29 Nonat
Nonat negre
Ombrina
Orghe
Ouriôu
Padre
Padreto
Pagèu
Palamida
Palloun
Pampaloti
Pastinaiga
Pei can
Pei cuor
Pei mourre
Pei spada
Pei cafre
Pei fuorca
Pei d'America
Pei puorc
Pei ratou
Pei San Pèire
Perça
Perça de mar
Pintou roussou
Pissoua
Pintosso

Pouorc
Pourc-marin
Poutassôu
Poutassôu gros
Poutassôu rero
Poutura
Rasa
Rascassa
Rasouar
Ravela
Rombo
Rombo clavelat
Roucairôu
Rouchié
Rouget
Sardina
Sargo
Sargo rascas
Sarpanansa
Sarpa
Seropena
Seriola
Sera
Serran
Serro
Sola
Sola d'arga

Sola de font
Sola de roca
Soufio
Stocaûc
Streglia
Striglion
Sturion
Sublaire
Suc blanc
Suc cagnenc
Sussapega
Tenca
Ton
Tono
Tordo
Tordo blu
Tordo d'arga
Tremoulina
Trombeta
Truita
Troncio
Ugliassou
Vaca marina
Vacheta
Verdoun
Verrat

Lu moyen de pesca emplegat su la nouostra couosta
soun : la savegd, bresin, gangi, entremail, lou sourrin
(arrêt à maïa simpli ; diversi lounguessa), la màndraga,
tonnairà, la reclara, la mugeliera, lou palangre e la
ndssa.

xxxxxxxxxxxxx:::xxxxxxxxxxxxx
PROUVERBI, BOUOI MOT, COUNSÉU E DICH
Qu noun pâtisse
Noun coupmatisse.
La belessa es lou mirai dei fouol.
Qu noun a testa a camba.
A fouorça de courre un ri roumpe lou
Cada couinié a la siéu saussa.
Lou bouon vin a pas besoun d'ensigna.

mourre.

�- 30 —

COU QUE TITOUN FASSE..,
Bonifassi dintre lu siéu manuscrich douna una memòria
que avia retrovat dintre de viéi papié laissât pèr soun
paire. Es una paja que trova ben la siéu plaça dintre

l'Armanac Niçart. — Transcriví :
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Z4

1807 — 2 Mars. — Si Titon a fait ce qu'il suit :
A enté les coudonié et pommiers ?
Les fève sont seucladoi ?
A bêché les souches ?
A retiré les souches qu'elles ne touchent les orangers.
La rare Baudoin les souches sont en ligne ?
A ôté la souche de l'olivier du chemin.
Les souches en allant chez Toudon touchent-ils les
arbres orangers ?
Les figuiers en général sont-ils bien arrangés ?
La figuiere du pr camp qui touche l'olivier et celles
en allant vers Toudon sont bien arrangées ?
l/'asseti du garderobe est bien arrangé ?
L'asseti du Petoulin a bien arrangé la ftguiera ?
Les deux planton galofrié p. Bonet ?
A mis les prunières a l'asseti du jardin, et le fortifier, et le serrer bien en cannes ?
Lever au plutôt les giarres et y placer les orangers ?
La laupio de l'amandier est faite ?
S'il a arrosé avec l'eau des lartins le Paumolin ?
Combien li a encore des oliviers à arroser ?
Grande partie de l'eau du puits.
Ce qu'il a fait à l'enclos devant la cabane.
Qu'il arrose les violettes de cyprès et les bêcher.
Le rondeau de dessus l'asseti en face de la grande
porte qu'il la degerbe et l'arrose.
Les violettes de M. Guillonde les a prises ?
L'instruire pour escarassoner bien l'allée de la grande
porte.
Les escarasson et fourcoulo d'olivier a pin de Fabron
est allé a les prendre ?
Nettoyer bien le cal du bois et arranger bien les
pierres.

�- 3î 25 Les aloès et figues de turc son plantées à la ribe
de Toudon, au pas d'Erene et au portai ?
26 Si quelques prunière du rond du portai sont coupées toutes de la même hauteur ?
27 L'asseti proche de la cabane ?
28 Le plantier est-il commencé ?
29 Y a-t-il de fumier et de rame pour le plantier ?
30 A-t-il escarrassonné le plantier ?
31 Sont mesurées les sauloi justes du plantier jusqu'aux
prunières qui forment l'allée ?
32 Les galofrié sur l'aberge en gerbe chaque 5 a 6 pan
un planton et un pan et 3/i du bord de dessus ?
33 Les mourceaux du 3e camp qu'il couvre l'aberge
de terre pour que les olives ne se perdent pas
et lui aporter les pierres de l'entour ?
34 Netoyer la rare de la Veuve Mannel jusqu'à la cabane ?
35 Arranger les morceaux de baus de gif de dessous
M. Garidery, qu'il touche l'olivier ?
36 Quand aura bêché les olivier et fini de semer ?
37 Netoyer les pierres qui sont dessus M. Fighiera à
la taule neuve et lui mettre pour le moins
una baril et une grande corbe fermer chaque,
les 4 oliviers de la taule neuve ?
38 L'asseti en nicia au baus en face de lierre ?
39 L'asseti au baus de gip en face du levant ?
40 Les degrés de deux côtés de la taule de 3 oliviers
dessous M. Fighiera ?
41 La ribe d'Antoine Erena l'escarper un peu plus ?
42 Oter les passages d'Erena, ou il faut une petite berge
de 5 à 6 pans ?
43 Netoyer la ribo, et les pierres du clapié de devant
Erène pour ne pas perdre les olives ?
44 Défricher et mettre une canne au carrobié d'Erena.
45 Tirer la file à la ribo d'Erena, et aux lieux ou fait
de vuide lui mettre de gerbes des dessus dite
ribo, l'arranger au mieux possible ?
46 La rare des arbres sitronié sauvage le tirer d'un bout
à l'autre qu'elle fut planiero qu'il ne s'aperçoit
pas que dit terrain monte ce qu'il faut bien tirer
la fille bien tendue ?

�47
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54
55

La grupio de la saumo est-elle arrangée ? L/encreno de la tourtoiro dou pourchié es facio ?
L/encaladat de davau lo pourquié es arangiat ?
Voir de transplanter les trois plantun aussipré ?
Voir de rebrondar les aussiprés de Toudon, au portai,
ceux dou noghié et ceux d'Ereno ?
Entreprendre au plus-tôt l'asseti en dedans au
baus de plâtre à la ribo d'Antoine Ereno ?
Une visite s'il a lié bien aux escarrasson a peo
les perieres, pruniervi et peseghié ?
S'il a coupé tous les arbres que passent aux planches.
S'il a accoummodé le dernier berge du camp ?

Cresi que lou paure Titoun em'aquela patardela noun
aiguë ren denembrat, lou manuscrich lou di pas, ma s'aco
fouguesse courïa lou coumpatî.
X. X. X.
XXXXXXXXXXXXX:::XXXXXXXXXXXXX

IN IZZA-LA-BEL LA
Ailleurs l'hiver sévit, et le ciel y déploie
Un voile d'ombre obscur sur les fronts soucieux ;
Ea Jeunesse elle-même, à la tristesse en proie,
Y semble renoncer à ses ébats joyeux :
Ici le printemps règne éternel, l'air flamboie,
Caressante, le mer y réfléchit les cieux,
Et la terre embaumée étale en pleine joie
Sa parure de fleurs pour le charme des yeux.
Mais combien jure avec ses hôtes,— qu'on envie ! —
Ce cadre de beauté, de lumière et de vie !
On dirait à les voir grelotter au soleil,
Qu'un dieu jaloux y pousse et chaque jour amène
Tous les produits de la décrépitude humaine,
Habitants pour demain de la nuit sans réveil !...

�A.-J. RANCE-BOURREY

INSTALLATION
DE

Monseigneur

Colonna-d'Istria

EVÊQUE DE NICE

25 Fructidor an X

Armana Niçar 1913

(12 Septembre 1802)

����Installation de MGR Colonnad'Istria
ÉVÊQUE DE NICE
25 Fructidor an X (12 Septembre

/802)

A la fin de septembre 1792, Mgr Charles-Eugène Valperga di Maglione, pour obéir aux ordres du général d'Anselme, commandant l'armée française qui venait d'occuper
Nice, quitta cette ville dans les conditions que j'ai racontées
précédemment (1).
Dix années plus tard presque jour pour jour, un nouvel
évêque était solennellement installé avec le concours de toutes les autorités civiles et militaires par un autre général,
préfet du département des Alpes-Maritimes, M. de Châteauneuf-Randon.
Fa Révolution avait passé ; la guerre religieuse avait
fait son temps et le peuple français réclamait le retour de
la religion longtemps proscrite.

*
* *
Fe 15 juillet 1801, le Premier Consul Bonaparte avait
conclu avec le Pape Pie VII une convention qui fut ratifiée
à Rome le 15 août suivant. Fe 10 septembre, les ratifications
furent échangées à Paris et le 4 octobre, arriva dans cette
capitale, le cardinal Caprara, légat a latere muni des pouvoirs
les plus étendus. Fe Premier Consul le mit immédiatement
en rapport avec Portalis, conseiller d'Etat, qui fut chargé
par un arrêté du 16 Vendémiaire an X (8 octobre 1801) dt
toutes les affaires concernant les cultes. Fa convention conclue

(1)

Voir VArmanac Niçart de 1912.

�VI

entre le Gouvernement français et le Pape fut transformée en
loi de l'Etat le 18 Germinal an X (8 avril 1802). Quelques jours
après, le Concordat fut publié solennellement dans l'Eglise
Notre-Dame de Paris (18 avril 1802), jour de Pâques.
Une proclamation du Premier Consul annonça aux Français ce nouveau bienfait qu'il avait voulu faire coïncider
avec la conclusion de la Paix générale. Fes préfets reçurent
l'ordre de promulguer chacun dans leur département, tout
à la fois, le Concordat et la Paix.
Châteauneuf-Randon le fit sans retard, et, par une circulaire du 9 Floréal (1) (29 avril) il prescrivit de donner à
cette publication toute la solennité possible. Ce fut dans le
département des Alpes-Maritimes, et spécialement à Nice,
une véritable explosion de joie, car ce département avait été
littéralement réduit aux abois par une guerre qui durait
depuis dix ans. Un témoin oculaire, l'abbé Joseph Bonifassi,
alors attaché au clergé de la Cathédrale, écrit dans ses Notes
sous la date du 2 mai 1802, n° 2640 : « Solenne Te Deum
« al Duomo coll' intervento di tutte le autorità Civili, Giudi« ziarie e Militari al suouo délie campane colla lettura délia
« legge orgànica e del Concordato seguito tra Pio VII e il
« i° Console.
N° 2641 « I buoni cittadini, di cui abbouda ancora il paese
« hanno provato una gran gioia a questo nuovo e tenero
« spettacolo. (2). »
Fe 26 Floréal an X (16 mai 1802) un Te Deum solennel
pour la paix fut chanté dans l'Eglise Saint-Augustin et les
autorités constituées y assistèrent escortées par la Garde
nationale qui,selon l'usage ancien, fit trois décharges de mousquetterie devant l'église. (3).
Deux mois après, on célébra la fête du 14 Juillet, et,
dans toutes les communes du département, par ordre du
(1) Arch. départent des A.-M. Circulaire du 9 Floréal (29 avril)
avec le programme de la journée du dimanche 12 Floréal (2 mai
1802).
(2) Archives Mxmicipales d.e Nice, Manuscrit de l'Abbé Joseph
Bonifassi, volume B : Sommario délie Notizie storiche di Nizza e suo
Contado dalli 28 Settembre 1792 sino al corrente 1820.
(3) Arch. Municip. Correspondance du maire, lettre au général
lîberlé commandant d'armeSj 25 Floréal an X (15 mai 1802).

�vn

Préfet (i), cette fête fut à la fois civile et religieuse. On
reprenait ainsi les vieilles traditions du pays qui associaient
toujours la religion aux réjouissances publiques.

*
* *
La solution des questions importantes et multiples
que soulevait l'organisation du régime concordataire demanda
beaucoup de temps et beaucoup de négociations. L'habileté
et l'esprit de conciliation de Portalis et de Caprara aplanirent
toutes les difficultés, et, à la fin de 1802 la nouvelle organisation de l'Eglise catholique en France fut heureusement
terminée. Par le Concordat, l'Eglise catholique avait
retrouvé une existence légale
rétablie sur de nouvelles bases. L'ancienne organisation des diocèses avait été
supprimée : tous les évêques devaient donner leur démission(2)
et le Gouvernement français devait présenter à l'institution
du Pape les nouveaux titulaires des évêchés rétablis d'un
commun accord. D'une manière générale, les divisions ecclésiastiques furent calquées sur les divisions civiles, et chaque
évêché nouveau comprenait un ou deux départements.
Le département des Alpes-Maritimes forma à lui seul
le diocèse de Nice alors que l'archevêché d'Aix dont il devint suffragant comprenait les deux départements des Bouches-du-Rhône et du Var.
Le nouveau diocèse englobait tout l'ancien Comté, de
Nice dont diverses parties étaient, avant 1792, comprises
dans les diocèses supprimés de Glandèves et de Vence, et
(1) Arch. départent. K 4. Arrêté très détaillé du 18 Messidor
(7 juillet) relatif à la célébration de la fête du 14 Juillet (25 Messidor)
f° 114.
(2) Elle leur fut demandée par un bref collectif du 15 août 1801
commençant par les mots Tarn multa. Ce bref fut envoyé à tous
les évêques par les soins de la Seçrétairerie d'Etat pontificale
et par ceux du Ministère des Affaires Étrangères de France. Je renvoie pour tout ce qui concerne le Concordat à la publication faite
sous les auspices de la Société d'Histoire diplomatique par M. le
Comte Boulay de la Meurthe : Documents sur la Négociation du Concordat, 5 volumes in.-8°, publication à laquelle j'ai collaboré. Voir
en particulier pour l'affaire des démissions le tome iv paru en 1895.

�VIII

dans celui de Vintimille (i). Il recevait donc de ce fait ur
très notable agrandissement.
Mgr Hachette des Portes, évêque de Glandèves était
mort en ex:l à Bologne en 1798.
I/évêque de Vence, Mgr Pisani de la Gaude, réfugié
en Italie, avait donné sa démission qui fut mentionnée au
Moniteur du 25 novembre 1801.
Le siège de Vintimille était vacant par la mort du dernier titulaire Mgr Dominique-Maria Clavarini, décédé en
cette ville le 1er octobre 1797. Le vicaire capitulaire Antoine
Truchi se démit le 14 juin 1802 de sa juridiction sur la partie
de ce diocèse qui fut incorporée au nouveau diocèse de
Nice (2).
De son côté l'évêque de Nice, Mgr Valperga, retiré à
Turin, dans sa famille, n'avait cessé d'administrer son diocèse par l'intermédiaire de délégués qui furent 'd'abord :
Honoré Navello, chanoine, curé de la Cathédrale, puis le
chanoine Joseph-Ignace Garidelli, du mois de décembre
1792 au mois de janvier 1800, et enfin, Jérôme Rossi qui,
au moment du Concordat, était investi légitimement des pouvoirs de pro-vicaire général.
Mgr Valperga eut assez tard communication officielle
du bref Tarn multa que le cardinal Caprara lui envoya de
(1) Voir Nicœa Civitas de Gioffredo. Prolégomènes chap. xvn,
villes et paroisses du Comté et du diocèse de Nice, et chap. xvin,
autres localités du Comté de Nice comprises dans des diocèses étrangers.
Voir aussi la Relation présentée au Pape Pie VII par Mgr Colonna
sur l'état de son diocèse après sa première visite sous la date du icr
août 1806 dans la Raccolta di decreti, moniti, pastorali, ecc. de Mgr
Colonna publiée par l'Abbé de Villa-Rey, Nice. 1831, tomel p. 75-98.
(2) La démission fut donnée par acte authentique du Chapitre
assemblé le lundi 14 juin 1802 : étaient présents les dignitaires :
Antoine Truchi, prévôt et vicaire capitulaire ; Philippe Viale archidiacre et pénitencier ; Antoine Guglielmi, primicier, et les autres
chanoines. Le bref Tarn multa n'était parvenu à Vintimille que le
8 juin et le Chapitre déféra sans retard au désir du Pape. Antoine
Truchi adressa le jour même la démission à Mgr di Pietro, secrétaire
de la Congrégation des Affaires de France à Rome, et en avisa le Préfe.
des Alpes-Maritimes. Arch. du Vatican et Arch. départ, des A.-Mt
V 18. Voir Rossi, Storia délia Cilta di Ventimiglia, un vol. in-8°,
Oneglia 1888, pages 317-318.

�IX

Paris le 30 novembre 1801 ; mais dès qu'il l'eut reçu, il s'empressa de donner la démission demandée (1) (13 décembre).
Le cardinal Caprara la communiqua à Portalis qui l'a fit
insérer au Moniteur du 3 janvier 1802.

*

* *

-

Par la démission des évêques les diocèses de France
risquaient de rester sans administration. On s'en préoccupa
à Rome, et il fut décidé d'abord que le Cardinal-Légat serait autorisé à maintenir les vicaires généraux en exercice
ou bien à en désigner de nouveaux en cas de besoin (2).
Caprara pensa qu'il valait mieux proroger les pouvoirs
ordinaires donnés par les évêques démissionnaires auxquels,
avec l'agrément du Pape, il conserva l'administration de leurs
diocèses jusqu'à la prise de possession par les évêques concordataires. C'était leur donner une marque de confiance
bien méritée et éviter en même temps de graves difficultés.
Chaque évêque démissionnaire reçut avec le bref pontifical de remercîment (3) une lettre particulière du Légat
l'informant de la mesure adoptée.
(1) La démission de Mgr Valperga est datée de Tur n, 13 décembre 1801. L'original écrit en latin se trouve aux Archives Vaticanes. On y voit que le bref Tarn multa ne fut envoyé à Mgr Valperga
de Paris que le 30 novembre 1801 par le Cardinal-Légat Caprara.
Celui-ci écrivit à Consalvi le 2 janv er 1802 une longue lettre citée
par Boulay de la Meurthe tome iv, pages 528-532 : au cours de cette
lettre le Légat annonce en particulier qu'il est informé authentiquement que les évêques de Meaux et de Châlons-sur-Marne ont envoyé
directement leur démission au Pape et qu'il en a averti le Gouvernement en lui remettant la démission de î'Evêque de Nice dont il envoie ce jour même l'original à Rome en expliquant que si cette démission est un peu tardive c'est que l'Evêque de Nice n'avait pasreçu
plus tôt le bref Tarn multa.
(2) Consalvi a Di Pietro, lettre du 4 octobre 1801. Arch. du
Vatican.
(3) Ce bref Novum et luculentum fut préparé à Rome et toutes
les phrases en furent soigneusement étudiées. Il port la date du 7
novembre 1801 et fut envoyé par Consalvi à Caprara le 11 II fut adressé
successivement à tous les évêques démissionnaires. Il a été très souvent reproduit. Voir Boulay de la Meurthe, op.
cit tome iv,
passim.

�X

Ive 13 décembre 1801, le Légat adressa à tous les vicaires généraux une circulaire pour les engager à conserver
leurs fonctions jusqu'à nouvel ordre (1).
En vertu de cette mesure générale, Jérôme Rossi continua à exercer les pouvoirs précédemment reçus de Mgr
Valperga ; mais sa juridiction ne s'étendait naturellement
que sur l'ancien diocèse de Nice.
Il était cependant nécessaire que les paroisses ajoutées
nouvellement eussent un supérieur ecclésiastique et le Premier
Consul avait posé en principe qu'aucun évêque dont le siège
était à l'étranger rie pouvait exercer sa juridiction sur une partie quelconque du territoire français.
En conséquence, les paroisses détachées du diocèse de
Vintimille durent passer sous la juridiction de Jérôme Rossi
qui se mit d'accord en juin 1802 avec le vicaire capitulaire
Antoine Truchi.
A cette date d'ailleurs, l'évêque concordataire de Nice
était déjà désigné et Rossi, qui était entré immédiatement
en relation avec lui, ne tarda guère à en recevoir les pouvoirs
de vicaire général, ce qui lui donna juridiction sur toute
l'étendue du nouveau diocèse. Une circulaire du préfet,
en date du 14 Thermidor (2 août) en informa officiellement
les sous-préfets et les maires (2) et, le 4 Fructidor suivant
(22 août), Rossi prêta solennellement entre les mains du
Préfet à la Cathédrale, le serment prescrit par les articles
18 et 25 de la loi du 18 Germinal (3).

* *
Les nouveaux évêques nommés par le Premier Consul
furent institués provisoirement par le Cardinal-Légat qui
avait reçu tous les pouvoirs nécessaires. Le Pape se réservait
de ratifier ultérieurement cette institution. Seul, parmi les
60 évêques de la nouvelle organisation, Mgr Colonna d'Istria
(1) Arch. Nationales A F IV 1894; Annales Philosophiques,
t. IV, p 259 et de nombreux ouvrages imprimés depuis.
(2) Arch. départ. M. 17. Circulaire du 14 Thermidor an X (2
août 1802) aux sous-préfets et aux maires.
f P (3) Voir l'arrêté du Préfet du 3 Fructidor an X (21 août 1802)-,
Arch. départem. K 4 f° p. 141.

�XI

qui avait été appelé à l'évêché de Nice par arrêté du Premier
Consul, en date du 19 Germinal an X (9 avril 1802), en même
temps que Mgr Sebastiani délia Porta, oncle du maréchal Sébastiani, était désigné pour l'évêché d'Aj acció (1), fut institué directement par le Souverain Pontife
et préconisé au Consistoire du 24 mai 1802. A cette époque,
Mgr Colonna se trouvait à Rome depuis plusieurs années.
Jean-Baptiste Colonna d'Istria, né à Béchisano, diocèse
d'Ajaccio, en 1758 appartenait à une noble famille de Corse,
apparentée, peut-être, à la famille Bonaparte. Après ses études classiques, il vint à Aix-en-Provence achever le cours de
ses études en théologie. Ce fut dans cette ville que, avec l'autorisation de son évêque, Mgr Benoît-André Doria, il fut
promu au sous-diaconat le 20 décembre 1783, puis au diaconat le 5 juin 1784. Enfin, il reçut l'ordre de la prêtrise au mois
de juin 1785.La même année, il se rendit à Pise où il séjourna
assez longuement, puis à Florence ; enfin au commencement
de 1798 au plus tard, il vint à Rome où il résida durant la
période agitée qui s'écoula depuis l'enlèvement de Pie VI
en juillet 1798 jusqu'à l'entrée dù Pape Pie VII dans cette
capitale au mois de juillet 1800. Il assista ainsi à l'essai,
d'ailleurs très malheureux, que le Directoire fit du régime
jacobin dans la capitale des Papes (2). Il s'y rencontra probablement avec son compatriote le général Cervoni dont
un oncle était alors recteur du Jésu, remplaçant les Jésuites.
Les prêtres corses étaient très nombreux à Rome et il semble
que les meilleurs rapports se soient établis entre eux et les
officiers du corps d'occupation français.
(1) Arch. Nationales A P IV 60. Quatre autres décrets des 8 et 9
avril avaient pourvu 45 évêchés.
Le maréchal Sébastiani (1772-1851) alors colonel de dragons
était en grande faveur auprès de Bonaparte depuis le 18 Brumaire
auquel il avait pris une part active. Il était originaire du village La
Porta d'Ampugnano près de Bastia, et était paraît-il parent de Bonaparte qui appréciait ses grandes aptitudes, car à la fin de 1802, il le
chargea d'une importante mission à la fois politique et militaire
à Constantinople. Mgr Louis Sébastiani délia Porta fut évêque d'Ajaccio jusqu'à sa mort arrivée le 5 mai 1833.
(2) Voir Dufourcq. Le Régime Jacobin en Italie. Etude sur la
République romaine (1798-1799). Paris, Perrin'et Cic 1900,"un vol.
in-8°.

�XII

Mgr Colonna dTstria n'avait occupé aucun poste important ; il était éloigné de la France depuis de longues années et n'y était point rentré, (i) On est amené naturellement
à se demander comment et pour quel motif le choix du Premier Consul se porta sur lui.
Portalis, qui était comme on le sait d'Aix-en-Provence,
avait-il connu et apprécié le jeune prêtre corse ? Fes généraux Cervoni et Sébastiani, ou Masséna l'avaient-ils recommandé ? Fesch, oncle de Bonaparte et Joseph, son frère
qui se disait quelques années après « l'ancien ami » de l'Evêque de Nice, auraient-ils proposé Mgr Colonna au choix
du Premier Consul qui peut-être du reste le connaissait
personnellement ? Autant de questions difficiles à résoudre.
Fes bulles de Mgr Colonna d'Istria furent expédiées
à Rome sans aucun frais (gratis etiam ŷro scripturâ) sous la
date des 24 et 25 mai 1802.Elles furent remises au nouvel
élu (2) qui peu après se rendit à Paris pour prendre les instructions du Cardinal-Légat et celles de Portalis.
Mgr Colonna reçut la consécration épiscopale le 11
juillet 1802, cinquième dimanche après la Pentecôte, dans
l'église des Carmes (actuellement 70, rue de Vaugirard) que
Mme de Soycourt avait rachetée avec le vieux couvent,
témoin des massacres de Septembre, pour y réunir une communauté de Carmélites. Le prélat consécrateur fut Mgr
Antoine-Xavier Maynaud de Pancemont, évêque de Vannes,
assisté de Mgrs Louis Sébastiani délia Porta, évêque d'Ajaccio, et Hilaire-François de Chevigné, évêque de Séez (3).
(1) Dans l'enquête de l'an IX, Arch. Nat. F 19 865, on trouve
une liste des prêtres recommandables envoyée à Chaptal, ministre
de l'Intérieur, par le préfet du Liamone et datée d'Ajaccio le 18
Fructidor an IX (5 septembre 1801 ) ; on y lit : Colonna dTstria,
40 ans, domicile Bechisano (Corse), prêtre qui a émigré pour ne pas
vouloir prêter le serment, il n'est pas encore radié, ni rentré dans le
département.
(2) J'ai vu ces bulles au nombre de 7 dont 5 sur parchemin
et 2 sur papier aux A rchives du Chapitre réunies sous une même bande
avec une copie du décret détachant Nice de la Métropole d'Embrun
et l'unissant à celle d'Aix. La bulle est datée du 3 des Calendes 29
novembre 1801) et le décret de Caprara, de décembre est du 9
avril 1802.
(3) D'après un certificat délivré par Mgr J.-B. du Belloy, arche
vêque de Paris, le 16 juillet 1802. Arch. du Chapitre de Nice.
s

�xm
Le ier Thermidor an X (20 juillet 1802) Portalis avisa
le Préfet des Alpes-Maritimes de la nomination de Mgr
Colonna à l'Evêchè de Nice, en le prévenant que le nouvel
Evêque arriverait bientôt.
CONSEIL D'ETAT
Paris, le Ier Thermidor, an 10 de la République
(20 Juillet 1802)

Le Conseiller d'Etat chargé de toutes les affaires concernant les Cultes,
Au Citoyen Préfet du Département des Alpes-Maritimes
à Nice.

« J'ai l'honneur, Citoyen Préfet, de vous annoncer que
« le Premier Consul a nommé à l'Evêchè de Nice le C.Colonna.
« Il se rendra bientôt dans son diocèse, je l'ai bien
« assuré qu'il recevra de vous le concours le plus efficace
« pour y parvenir à l'exécution de la loi bienfaisante du
« 18 Germinal dernier (8 avril 1802).
« J'ai l'honneur de vous saluer.
« PORTALIS (1) ».
Cette lettre parvint le 13 Thermidor (1er août) à Châteauneuf-Randon qui y répondit le même jour. Dès le lendemain il adressa aux sous-préfets et aux maires du département une circulaire pour les informer de la prochaine
arrivée de l'Evêque et de la désignation de Jérôme Rossi
comme Vicaire Général que tous les prêtres du diocèse devaient désormais reconnaître comme leur seul chef hiérarchique (2).
Le 10 Thermidor an X (29 juillet 1802) Mgr Colonna
avait écrit directement au Préfet :
(1) Arch. départem. série V, liasse 2. Voir Gallois-Montbrun.
Notice administrative sur Mgr Colonna dTstria, évêque de Nice.
Nice, Cauvin 1871, in-12 de 22 p.
(2) Arch. départem. M. 17. Circulaire du 14 Thermidor an X
(2 août 1802) dont la minute est entièrement de la main du Préfet.

�XIV

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Paris, io Thermidor an X.
(29 juillet 1802).
« Citoyen Préfet,
« J'ai appris par lettre du 19 Prairial (8 juin 1802)
du citoyen Rossi, Pro-Vicaire général du diocèse de Nice,
que vous aviez destiné l'ancien Evêché pour mon habitation et que vous alliez dans peu la meubler. J'espère,
en conséquence, le trouver tout prêt, au commencement
du mois prochain, et dès à présent je vous en témoigne
ma plus vive reconnaissance.
« Recevez-la, je vous prie, Citoyen Préfet, comme un
gage de l'amitié que je vous ai déjà vouée, et qui ne saurait
être trop intime pour le bien de la religion et de l'Etat ;
c'est de notre accord que dépend la tranquillité et le bonheur du département ; je le regarde comme un de mes devoirs les plus essentiels, aussi me prêterai-je de toutes mes
forces à tout ce qui peut y contribuer. Veuillons bien le
seconder, citoyen Préfet, cet esprit d'union et de paix,
et nous attirerons les bénédictions du ciel et de la terre.
En attendant je vous prie d'être persuadé de la sincérité
de ces sentiments, tandis que je suis avec la plus parfaite estime.
« Votre très humble et très obéissant serviteur.
« COLONNA D'ISTRIA,
« Evêque de Nice (1). »

Châteauneuf-Randon répondit de suite en assurant
l'évêque de son absolu concours. Cette lettre mérite d'être
citée en entier :
21 Thermidor an X.
(9 août 1802).
Au Citoyen Colonna d'Istria,
Evêque de Nice.
« Ce sera avec bien de l'empressement, Monsieur l'Evê« que, que je concourrai avec vous au bien de votre diocèze...
« il a besoin d'un chef aussi recommandable que vous pour
(1) Arch. départem. série V, liasse r. Cette lettre est entièrement
de la main de Mgr Colonna. Au dos est écrit : Au citoyen Préfet du
Département des Alpes-Maritimes à Nice. C'est la première lettre
échangée entre l'Evêque et le Préfet. Elle établit que Jérôme Rossi

�XV

«
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«
«
«
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diriger vers le véritable but de la religion catholique l'immensse quantité de prêtres dont il est composé... à mon
arrivée ici la pluspart étaient fugitifs ou cachés ou sur des
listes d'émigrés. J'ai pensé qu'il valait mieux leur laisser
la liberté de se montrer et leur donner une surveillance...
Les mesures prises pour la tranquillité publique et l'exécute tion
des lois me répondent que quelque puissent être
« (l'éloignement biffé) la peur que les habitants de ce pays
« ont d'être et de se croire définitivement français elle ne
« sera pas troublée...
« J'ai lieu de compter beaucoup pour l'y maintenir sur
« l'influence véritable, (de la morale évangélique (biffé), je
« suis depuis longtemps convaincu de l'avantage que la motí raie évangélique produit sur les mœurs et les vertus poli« tiques et sociales. Si elle eut toujours été prêchée par ses
« premiers ministres où que les circonstances eussent permis
« qu'elle fut entendu, il y eut eu moins de malheurs depuis
« treize ans... nous sommes enfin parvenu, au milieu de
« tant de vagues et de flots à cet heureux équilibre dont
« les amis de la paix et de l'Etat n'ont jamais désespéré.
« Un grand homme leur manquait, il s'est fait connaître
« et il s'est acquis le droit de la confiance de diriger, de con« cevoir, d'exécuter et de réussir tout ce qui peut assurer
« le bonheur de l'humanité comme il en a l'amour et la véné« ration... Heureux tous les agents du Gouvernement
« d'avoir un tel chef pour modelle, heureux de même les
« chefs de l'Eglise qui sont choisis par lui pour l'exercice du
« culte catholique, c'est un sûr moyen d'être bien accueilli
« par l'opinion publique, car il connaît les hommes.
« Mille fois heureux encore si je méritais, citoyen Evê« que, d'avoir l'occasion de vous prouver mes sentiments
« d'amitié, d'attachement et d'amour intime.
« J'ai donné les ordres les plus précis pour que votre
« maison épiscopale fut préparée mais si vous arrivez dans
« le commencement du mois prochain comme vous me le
« mandez, je crains bien qu'elle ne le soit pas encore parce
t que les acquéreurs qui recèdent ne reçoivent pas plus que moi
était entré en relations avec le nouvel Evêque peu après sa nomination et son arrivée à Paris.

�XVI

« réponse des ministres des Finances et de l'Intérieur sur la
« solution de cette litige... En attendant j'aurai le plaisir
« et l'avantage de vous loger et de vous recevoir.
« Si vous avez la facilité de voir les ministres de l'Inté« rieur et des Finances, je vous invite à leur rappeller mes
« demandes à cet égard (i). »
Une question importante préoccupait ChâteauneufRandon : c'était celle du logement de l'Evêque et il prévoyait
déjà, qu'en raison des multiples difficultés soulevées par le
Directeur des Domaines, rien ne serait prêt à temps.
* *
Fa ville de Nice devenant le siège d'un Evêché concordataire, le Gouvernement ordonna sans retard d'y préparer
une Cathédrale et un logement pour l'Evêque. Ce fut l'objet
d'une lettre de Godin, ministre des Finances, en date du
22 Germinal an X (12 avril 1802) et d'une autre lettre de
Chaptal, ministre de l'Intérieur, en date du 24 du même
mois (14 avril) adressées toutes les deux au Préfet pour le
charger de prendre au plus tôt les dispositions nécessaires.
Fa question de la Cathédrale ne présentait aucune difficulté. F'Eglise Sainte-Réparate qui servait de Cathédrale
avant 1793 avait peu souffert durant la Révolution. Elle
n'avait été enlevée au Culte que du mois de juillet 1794
au mois d'avril 1795. Depuis lors, les catholiques niçois
y avaient fait d'importantes réparations (2). Elle se trouvait donc tout indiquée pour servir de Métropole.
Il y manquait cependant les cloches qui avaient disparu
pendant la tourmente révolutionnaire ; les grandes orgues
avaient été démontées, les vases sacrés les plus précieux
avaient été enlevés. Sur ces entrefaites, on découvrit fort à
propos des cloches et des vases cachés dans le couvent de
Cimiez et on se souvint que les tuyaux des grandes orgues
avaient été déposés chez Grinda, facteur d'orgues, à Nice.
(1) Arch. départem. Série V, liasse r. Je donne cette lettre d'après
la minute entièrement de la main de Châteauneuf-Randon, sur une
demi-feuille écrite des deux côtés avec beaucoup de ratures et de
surcharges qui en rendent la lecture assez difficile.
(2) Voir aux Arch. municip. Bonifassi, volume B.

�XVII

Le Préfet prit divers arrêtés (i) pour faire remonter au moins
une cloche dans la tour de Sainte-Réparate et restituer les vases
sacrés. Honoré Grinda reçut en même temps l'ordre de rapporter les tuyaux. Le Préfet prescrivit de préparer le trône
de l'Evêque dans le Sanctuaire de la Cathédrale et de disposer
vis-à-vis un emplacement pour le Préfet, le Général-Commandant le département et le Président du Tribunal criminel.
Le maire de Nice Défly fut chargé par*le Préfet de l'exécution de ces diverses mesures et le 23 Messidor (12 juillet),
le Commissaire de police Jean Dives reçut de lui le billet
suivant :
« Je vous fais passer ci-joint, citoyen commissaire,
« l'original d'un arrêté du Préfet du département en date
« du 21 du courant, relatif à des effets d'argenterie destinés
« à la Métropole, et à la descente d'une des cloches de Cimiés
« que je vous charge de mettre de suitte à exécution, et faire
« transporter le tout à Sainte-Réparate. Si vous le croyez
« nécessaire, vous pouvez réclamer la force armée, vous
« aurez soin de m'instruire du résultat de cette opération. «
Ce fut en vain que le Directeur des Domaines réclama
les vases sacrés trouvés à Cimiez pour les envoyer à la Monnaie de Paris. Châteauneuf-Randon trouva avec raison
que Mainssonnat était mal fondé dans ses exigences (2).
Les Administrateurs de l'Eglise métropolitaine, Pauliani et
Masseglia, prieurs de la Confrérie du Corpus Domini furent
engagés par le maire le 16 Fructidor (3 septembre), à donner
connaissance à Grinda de l'arrêté du Préfet du 11 de ce mois
(29 août) afin que le grand orgue de la Cathédrale fut réparé
au plus tôt (3).
(1) Arch. départent., registre K 4. Arrêté du 21 Messidor (10
juillet) soumis à l'approbation ministérielle par lettre du 2 Thermidor
an X (21 juillet 1802) qui en donne les raisons et expose les réclamations mal fondées de Mainssonnat. Voir l'arrêté du ri Fructidor
(29 août) même registre.
(2) Voir une lettre de Mainssonnat à Châteauneuf-Randon
26 Messidor an X (15 juillet 1802). Arch. départent. M 18.
Voir aussi une lettre du Maire à Jérôme Rossi 23 Messidor (12
juillet) l'invitant à prendre des mesures pour que la cloche soit installée dans la tour pour la fête du 14 Juillet.
(3) Arch. municipales. Registre de la Correspondance du Maire,
an X. Tettre du 16 Fructidor (3 septembre).
4

�xvin
Grinda, que l'Administration départementale avait
chargé de rassembler les tuyaux d'orgues des différentes
églises de Nice, les avaient enmagasinés chez lui ; mais
comme il n'avait point été payé de son travail, il refusa de
les rendre aux administrateurs de Sainte-Réparate avant
d'avoit été indemnisé de ses peines et obtenu le remboursement «des avances qu'il a faites pour le transportera garde»...
Il réclamait en conséquence 3.785 francs en assignats.
Châteauneuf-Randon fut obligé, 13 Frimaire an XI,
de lui intimer l'ordre formel de les restituer, en lui promettant
une juste indemnité. Fes tuyaux furent remis aux Administrateurs de la Cathédrale, mais il fut impossible, de réparer l'instrument dont les jeux se trouvèrent dépareillés.
Il fallut faire d'assez grands frais pour acquérir des orgues
nouvelles qui furent inaugurées seulement eu 1805. (1)
Fe trône de l'Evêque fut décoré sommairement ; quant
aux places réservées pour le Préfet, le Général et le Président
elles n'étaient pas encore entourées de la balustrade demandée
à la date du 6 Frimaire an XI (27 novembre 1802) d'après
une lettre du Préfet au Maire (2).
* *
Châteauneuf-Randon aurait voulu que toutes les mesures qu'il croyait devoir prescrire fussent exécutées avec célérité, mais d'une part le maire Défly, dont les dispositions
bienveillantes ne sont point douteuses, était sans cesse arrêté par le manque d'argent dans la caisse municipale ;
d'autre part on se heurta continuellement à l'obstruction
systématique du directeur des Domaines Mainssonnat, pro(1) Arch. départem. M 17. Lettre du Préfet aux Administrateurs
de Sainte-Réparate 2 Fructidor an X (20 août 1802) qui avaient réclamé les tuyaux déposés chez Grinda ; ibid. M 25 autre lettre du
Préfet aux mêmes 19 Frimaire an XI (10 décembre 1802) leur annonçant l'ordre donné à Grinda et lui demandant d'examiner le compte
présenté par lui ; ibid, M 23, lettre du Préfet à Grinda, 13 frimaire
an XI (4 décembre 1802) ; Relation présentée au Pape par Mgr Colonna le IER août 1806 après la première visite de son diocèse,
VIIJ.AREY, Raccolta di decreti, moniti; ecc. Nice 1831, tome 1 p. 77.
(2) Arch. municip. Lettre du Préfet au Maire, 6 Frimaire an XL
vclume 7.

�XIX

bablement un des membres de la Loge maçonnique (i)
établie depuis peu avec l'autorisation de l'ex-maire Pauliani
prédécesseur de Défly.
L'opposition de ce fonctionnaire méticuleux et formaliste
dont le préfet ne cesse de se plaindre dans sa correspondance
avec les ministres, se manifesta surtout à propos du logement de l'évêque. L'ancien Evêché, situé tout auprès de
l'église Sainte-Réparate, avait été occupé d'abord par les
deux administrations provisoires à partir des premiers
jours d'octobre 1792 puis par le département.
Vers le milieu de l'an IV (juin-juillet 1796) l'administration centrale du Département voulut s'installer avec
les autres autorités dans l'ancien palais du Gouvernement
(la Préfecture actuelle) alors transformé en Hôpital militaire. A la suite de cette décision, l'Evêchè devenant disponible fut mis en vente comme bien national, conformément
à la loi du 28 Ventôse an IV (18 Mars 1796). L'ensemble de
l'immeuble fut divisé en 3 lots, dont le principal, comprenant
les appartements de l'Evêque, fut soumissionné le 6 Messidor an IV (24 juin 1796) par Pierre Mages, négociant, origi(1) Il est un fait avéré, c'est que la plupart des Sociétés populaires n'étaient autre chose que des loges maçonniques démocratisées
et semblant opérer au grand jour. A la dissolution des Clubs, les loges
mises en sommeil se rouvrirent peu à peu sous le Directoire et le
Consulat. Les Jacobins non encore ralliés à Bonaparte s'y réunissaient.
Il en fut à Nice comme ailleurs et la Loge en 1802 comptait, paraît-il,
un assez grand nombre de membres quoi qu'il soit impossible
de rien préciser en raison du mystère dont s'entourent ces associations. Le général Pierre Garnier en était le Vénérable.
Voir TOSEIAI, Précis Historique de Nice, 2MC partie, tome IL
p. 366 et le Sommario de BONIFASSI aux Arch. municip.
Le Préfet Florens demanda au Maire Paulian des renseignements
sur la loge de Nice, le 19 Frimaire et le 10 Nivôse an X (10 et 31 décembre 1801) mais celui-ci semble n'avoir pas répondu. Arch. municip.
Correspondance du Préfet, volume VI. Après le départ de Florens,
Châteauneuf-Randon rencontra une opposition plus ou moins ouverte dans cette loge composée de fonctionnaires des Contributions
et des Domaines, ainsi qu'il l'écrivait à Coulomb, secrétaire général
du Ministère de l'Intérieur, le 12 Vendémiaire an XI (4 octobre 1802).
Arch. nationales Fie m.3 Alpes-Maritimes. Correspondance. Dans
les années qui suivirent le Préfet Du Bouchage réussit à annihiler
l'influence de cette loge dont l'opposition au Gouvenieme-it ne dura
pas longtemps.

�XX

naire d'Agde, fixé depuis longtemps à Nice où il était membre du Conseil municipal. Les experts, Pierre Caries, maîtremaçon, pour le soumissionnaire, et Pierre Camous pour le
département, évaluèrent ce lot à la somme de 13.500 fr.,
calculée d'après la loi, à 18 fois le revenu montant à 750 fr.
Le 25 Fructidor an IV (11 septembre 1796) le Département passa acte de vente de ce lot à Pierre Mages pour la
dite somme de 13.500 francs qui fut versée en mandats
territoriaux ou promesses de mandats. F'acquéreur paya
en outre un demi pour cent sur le principal de la vente, soit
67 fr. 50 ; les droits d'enregistrement de l'expertise, 8 francs
versés le 14 Fructidor (31 août) et ceux de la vente, 135 fr.
en numéraire et 405 francs en papier-monnaie versés le 2
vendémiaire an V (23 septembre 1796). Fe prix total s'élevait donc à 13.980 fr. 50 en papier-monnaie et 135 francs
en numéraire.
Pierre Mages jouissait du revenu de ce lot à dater du
21 Messidor an IV (9 juillet 1796) et le Département se réservait le droit d'occuper encore l'Evêchè moyennant paiement d'un loyer jusqu'au cours de l'an VI (1).
Fe deuxième et le troisième lot comprenant des boutiques et des appartements loués à divers particuliers : la veuve
Thaoïi, les frères Caisson et autres, avaient été soumissionnés le 27 Prairial (15 juin) l'un par Joseph Autheman, l'autre
par Joseph Payany, administrateur du Département.
Dans le mois qui suivit, Autheman et Payany cédèrent
leurs soumissions à André Gastaud, commissaire du Directoire exécutif près le département, par acte reçu Daydery,
notaire.
Fes deux lots furent évalués par les experts ci-dessus
désignés, le 30 Messidor an IV (18 Juillet 1796) ; à savoir
le 2me à 8.100 francs soit 18 fois son revenu estimé à 450 fr.;
le 3me à 6.300 francs soit 18 fois son revenu estimé à 350 fr.
Le 16 Thermidor (3 août), le Département passa acte
de vente à André Gastaud pour ces deux lots, au prix d'esti(1) Cet acte de vente est aux Arch. départent. Série Q, volume
79, f° 89 et suivants sous le n° 222. Il est signé par Pierre Mages et
par Hancy, Imberti, Mougius, Payany fils, Scudéri, administrateurs
du Département ; Gastaud, commissaire du Directoire exécutif, et
M. A. Rey, secrétaire.

�XXI

mation à charge de payer les frais et les droits d'enregistrement et un demi pour cent sur le principal du prix de la vente.
L'enregistrement fut payé le 16 Thermidor (3 août) : pour le
2me lot, 324 francs et pour le 3me lot, 252 francs.
André Gastaud devait entrer en jouissance à partir
du 15 Messidor (3 juillet) de ces deux lots dont le prix global
14.400 francs avait été versé en mandats territoriaux ou
promesses de' mandats, entre le 27 Prairial (15 juin) et le
8 Thermidor (26 juillet). En ajoutant les droits d'enregistrement, 576 francs, on arrive à la somme de 14.976 fr. (1).
Or, à l'époque de ces ventes, les mandats territoriaux
étaient absolument dépréciés : ils avaient perdu au moins
90 % de leur valeur nominale (2).
Il en résulte que le Ier lot vendu à Pierre Mages avait été
soldé par du papier représentant moins de 1.400 francs
en numéraire, et que les deux autres avaient été soldés par
Gastaud en papier représentant moins de 1.500 francs en
numéraire.
En l'an X, Amand Spréafico, négociant lyonnais,
venu depuis peu à Nice où il fut receveur du District, était
co-propriétaire de l'Evêchè ; soit qu'il eût acheté les lots
acquis par André Gastaud, soit que Pierre Mages lui eût
cédé une partie de son lot.
* *
De Préfet ne trouva dans la ville que deux maisons
pouvant servir au logement de l'Evêque. La première était
rue des Juifs, actuellement rue Benoît-Bunico, et je crois
que c'était le palais Lascaris dont la façade Ouest donne
dans cette rue ; mais ce local lui parut peu convenable,
sans doute, à cause du voisinage presque immédiat de la
synagogue.
(1) Ces deux actes de vente sont aux Arch. départem. Série Q
volume 75, fo in et suivants sous les nor 25 et 26. Ils sont signés
par l'acquéreur André Gastaud, par les Administrateurs et Secrétaire
du département et par Hancy qui était commissaire du Directoire
exécutif en remplacement.
(2) Consulter le Tableau de dépréciation du papier-monnaie
dressé par le département des Alpes-Maritimes le 18 Thermidor
an V (5 août 1797) dont un exemplaire imprimé se trouve aux Archives
du Palàis de Monaco.

�XXTI

La seconde était l'ancienne maison épiscopale aliénée
qui réunissait toutes les conditions désirables. ChâteauneufRandon chercha donc à rentrer en possession du vieil Evêché,
et comme il n'avait pas d'argent disponible, il fit proposer
à Mages et à Spréafico de l'échanger contre d'autres propriétés nationales de valeur équivalente et à leur choix. La
proposition fut bien accueillie et les acquéreurs désignèrent
un certain nombre de biens nationaux qu'ils désiraient en
échange. Parmi ces biens se trouvait une terre située au quartier de Riquier alors affermée à Etienne Gastaud et qui dépendait de la succession de Jean-Paul-Augustin Lascaris,
inscrit sur la liste des émigrés et non radié. Cette terre était
précisément celle où s'élevait le Monastère des Religieuses
Cisterciennes avant leur transfert dans l'enceinte de la ville
au XVe siècle. Elle avait depuis appartenu à la noble famille
des Riquiéri dont avait hérité les Lascaris, et, avant 1792,
cette terre payait un cens annuel au Chapitre de Nice.
Elle ne put être cédée à Pierre Mages car un arrêté
du Préfet en date du 25 Germinal an X (15 avril 1802) en
avait affecté une partie à l'établissement d'une pépinière
départementale (1).
Par un arrêté du 10 Floréal an X (30 avril 1802) le Préfet
décida que vSainte-Réparate serait Eglise métropolitaine et
que les propositions d'échange de Pierre Mages pour l'Evêchè
seraient acceptées en principe (2). Fe 14 Floréal (4 mai)
il avisa simultanément de sa détermination les Ministres
de l'Intérieur et des Finances, en priant ce dernier de l'autoriser à conclure l'échange (3).
(1) Arch. départem. K 4 f° 60. L'arrêté créant la pépinière ne
fut point exécuté de suite et le 27 Frimaire an XI (18 décembre 1802)
Châteauneuf-Randon en adressa une ampliatiou à Boulay conseiller
d'Etat (ayant le Département des Domaines nationaux) pour en
obtenir l'approbation, Ibid. M. 24:
Rien n'était fait encore plusieurs mois après, et le Préfet Du
Bouchage prit le 19 Fructidor an XI (6 septembre 1803) un arrêté
désignant un des jardins ^dépendant de l'école Centrale supprimée
pour établir cette pépinière. Le 20 Fructidor, le Préfet demandait
approbation de cet arrêté qui reproduisait les dispositions d'un arrêté précédent de Châteauneuf-Randon, sous la date du 13 Floréal
an XI (3 mai 1803). Ibid. M 24.
(2) Arch. départem. K 4 f° 54. Arrêté du 10 Floréal an X.
(3) .Arch.\départem. Série V, liasse 1. Lettres du 14 Floréal an X.

�XXIII

L'arrêté du 10 Floréal fut transmis de suite à Pierre
Mages et à Mainssonnat, directeur des Domaines, avec prière
de désigner des experts pour l'estimation de l'Evêchè et des
propriétés susceptibles d'être échangées.
Mainssonnat fit des difficultés et par deux fois les 19
et 20 Floréal, il représenta au Préfet qu'il n'y avait pas lieu
à nomination d'experts et que l'on ne pouvait actuellement
disposer des biens séquestrés de Jean-Paul-Augustin Fascaris.
Fe Préfet dut user de toute son autorité pour faire nommer
les experts (1). Finalement le 29 Prairial (18 juin) un rapport
estimatif de l'Evêchè et de divers biens nationaux proposés
en échange fut dressé par Scoffier et Caldelary, experts des
Domaines, et par Roux, expert de Pierre Mages.
F'Evêché était estimé 25.000 francs et la terre de Riquier provenant des Fascaris 36.000 ; elle ne pouvait donc
être l'objet d'un échange. Six autres parcelles indiquées
subsidiairement par Mages et Spréafico furent estimées en
totalité 25.000 francs ; ce furent elles que le Préfet proposa
par son arrêté du 1er Messidor (20 juin) (2) pour un échange
qui deviendrait définitif après avoir été approuvé, dans les
six mois, par les ministres de l'Intérieur et des Finances.
En attendant, l'Evêchè serait remis entre les mains du maire
qui en ferait dresser procès-verbal et inventaire, puis établirait le devis des réparations locatives qui serait soumis au
Préfet et exécuté sous la surveillance du maire « sur les
« fonds communaux, sauf décision ultérieure, sur la réparti« tion des dites dépenses au compte de la commune ou à
« celui du Département. » Si l'échange n'était pas encore
autorisé au bout de 3 ou de 6 mois, Mages et Spréafico rece(1) Arch. départem. M 14. Lettre du 10 Floréal an X à Pierre
Mages ; autre du même jour à Mainssonnat ; M 20. Lettre du 21
Floréal à Mainssonnat. Voir surtout deux lettres du 7 Prairial an X
(27 mai) aux Ministres de l'Intérieur et des Finances dans lesquelles
le Préfet se plaint vivement des agissements de Mainssonnat dont
il réclame de nouveau le changement. Série V, liasse 1.
Voir encore Arch. départem. M 20, la réponse de Chaptal 2 Messidor (21 juin) qui a transmis au Ministre des Finances les plaintes
du Préfet.
(2) Arck. départem. K 4, f° 103 Arrêté du ier Messidor an X
(20 juin 1802).

�XXIV

vraient sur la caisse communale comme indemnité de location le prix des baux des parcelles échangées.
Cet arrêté fut transmis aux Ministres et au Directeur
des Domaines. Le 14 Messidor (3 juillet) le Préfet le notifia
à Mages et à Spréafico en les invitant à se concerter avec
« le maire de Nice pour la prompte évacuation de la maison
« de l'Evêchè afin qu'on puisse procéder sur le champ aux
« réparations dont elle est susceptible. » (1).
Le même jour, cet arrêté fut communiqué au Maire
de Nice. « Je vous invite, écrivait le Préfet, à prendre surit le-champ les mesures convenables pour l'exécution des
« dispositions que j'ai ordonnées et à me tenir régulièrement
« informé du succès de vos démarches et du progrès des
« réparations. »
Defly en accusant réception de cet arrêté au Préfet
le 20 Messidor (9 juillet) lui représentait qu'il était de toute
impossibilité que la caisse communale fît les avances du montant des réparations, car elle était presque vide et il aurait
même peine à solder les dépenses du dernier trimestre de l'année courante. Il priait donc le Préfet de s'adresser au Conseil
Général qui, étant autorisé à procurer à l'Evêque un logement convenable, trouverait peut-être le moyen de couvrir
cette dépense (2). Néanmoins, dès le lendemain 21 Messidor
le Préfet prescrivit à Defly de faire faire un devis estimatif
des réparations et de les mettre en adjudication.
Le 28 Messidor (17 juillet) Défly demanda par lettre
à Mages et à Spréafico de vouloir bien prendre des mesures
pour que la maison proposée par eux en échange et acceptée
par le Préfet (arrêté du 1er Messidor) fut mise à sa disposition, afin qu'il put faire procéder à ce devis (3). Le 30 Messidor (19 juillet) Défly transmit au Préfet la réponse qu'il
(1) Arch. départem. M. 20. Lettres du 14 Messidor an X (3
juillet 1802) à Mages et Spréafico et au Maire de Nice. Cette dernière
se trouve également Arch. municip. Correspondance du Préfet an X
tome vi.
(2) Arch. municip. Correspondance du Maire, 20 Messidor (9
Juillet).
(3) Arch. municip. Correspondance du Maire an X. Lettre du
28 Messidor (17 juillet).

�XXV

avait reçue de Sasserno représentant Mages et Spreafico
absents (i).
Trois semaines se passèrent sans que ceux-ci dont l'absence devait durer seulement quelques jours eussent donné
une réponse ; aussi le maire ayant appris le retour de Mages
lui adressa-t-il, le 21 Thermidor (9 août) une lettre pressante
de rappel, afin d'obtenir la remise de l'Evêché pour qu'il
put se conformer aux instructions du Préfet (2).
Châteauneuf-Randon s'impatientait et ce jour (21
Thermidor) il demandait au maire, quel était le résultat de
ses démarches pour les réparations de l'Evêché et son ameublement. Défly lui répondit immédiatement qu'il venait de
renouveler ses démarches auprès de Mages et qu'il enverrait
la réponse trop longtemps attendue. En terminant sa lettre,
il ajoutait que malgré ses recherches il n'avait pu découvrir
aucun moyen pour se procurer les fonds nécessaires pour les
réparations et surtout pour l'ameublement (3).
Cette lettre du maire (21 Thermidor) contraria vivement le Préfet : il ne comprenait rien à tous ces retards,
aussi en y répondant le 25 Thermidor (13 août) s'en plaignitil amèrement, tout en exprimant l'espoir que la réponse
de Mages ne pouvait être contraire à la parole qu'il avait
solennellement donnée ; qu'elle serait enfin parvenue et que
le maire, ayant l'Evêché à sa disposition, lui apprendrait
incessamment le commencement des travaux pour les réparations et pour l'ameublement de la maison de l'Evêque
qui devait arriver vers le milieu du mois prochain. Defly le
savait déjà par la Circulaire préfectorale du 14 .Thermidor.
« Quant aux fonds, concluait le Préfet, je prends des moyens
« pour vous en procurer, et je n'attends pour les mettre
« à votre disposition que l'envoi du devis estimatif que je
« vous prie de m'adresser dans les 24 heures. » (4).
(1) Arch. municip. Correspondance du Maire. Lettre du 30 Mes
sidor an X (19 juillet 1802). La lettre de Sasserno manque.
(2) Arch.. municip. Correspondance du Maire. Lettre du 21 Thermidor (g août) à Mages et Spreafico.
(3) Arch. municip. Correspondance du Maire. Lettres du 21
Thermidor à Pierre Mages et au Préfet. Je n'ai pas trouvé les lettres
du Préfet au Maire du 21 Messidor et du 21 Thermidor.
(4) Lettre du Préfet au Maire 25 Thermidor (13 août) Arch,
dêpartem. M 20,

�XXVI

Le jour même où le Préfet écrivait cette lettre, Pierre
Mages rédigeait sa réponse qu'il data du 25 Thermidor,
mais qui ne fut remise au Maire que deux jours après, le
dimanche, 27 Thermidor (15 août). Klle était loin d'être ce
qu'avait pensé le Préfet. En effet, Mages, au lieu de consentir
à la remise immédiate de l'Evêché, atermoyait encore sous
prétexte que ses intérêts seraient compromis, au cas possible
que le Gouvernement refusât de ratifier l'échange proposé.
Défly envoya copie de cette étrange réponse au Préfet,
le 28 Thermidor (16 août), en lui demandant de nouvelles
instructions (1).
Mages n'obéissait-il pas aux suggestions de Mainssonnat toujours disposé à créer des embarras au Préfet et à
entraver son action ?
Quoi qu'il en soit, Châteauneuf-Randon, qui avait
reçu aussi de Pierre Mages une lettre du même jour et conçue
dans le même sens, lui répondit sous la date du 30 Thermidor
(18 août) en lui marquant son étonnement et son mécontentement de la défiance injustifiée qu'il semblait avoir,vis-à-vis
du Gouvernement et de son représentant (2).
Il prévint en même temps le Maire qu'il venait de répondre à Pierre Mages : « Je viens, dit-il, de lui faire sentir
« combien peu ses observations sont fondées et combien
« peu le Gouvernement devait s'attendre aux empêchements
« qu'il met à ce que le logement de l'Evêque soit prompte« ment assuré. J'aime à croire qu'il ne persistera pas dans
« ses délais et qu'il vous fera de suite la rémission de l'Evê« ché ; j'espère en recevoir promptement l'assurance de votre
« part. » (3).
Te 6 Eructidor (24 août) Défly en envoyant copie de
cette lettre à Pierre Mages lui écrivait : « Je vous invite
« à vouloir bien me faire part de votre dernière déterminait tion, pour que je puisse en référer à l'autoiité supérieure.» (4)
(1) Arch.. municip. Correspondance du maire. Lettre du 28
Thermidor au Préfet.
(2) Arch. départem. M 20 Lettre du 30 Thermidor entièrement
de la main de Châteauneuf-Randon.
(3) Arch. départem. M 20 et Arch. municip. Correspondance
du Préfet an X tome 6. Lettre du préfet au maire (30 Thermidor).
(4) Arch. municip. Correspondance du maire. Lettre à Pierre
Mages, 6 Fructidor.

�XXVII

■ Les instances du Maire et du Préfet ne réussirent point
à triompher des hésitations de Pierre Mages qui refusait
toujours de remettre l'Evêché avant que le Gouvernement
ou le Corps législatif n'eut approuvé l'arrêté du Ier Messidor.
Il eut fallu attendre longtemps encore, et tous les efforts pour
préparer un logement à l'Evêque eussent été rendus inutiles
par ces exigences intempestives : c'était le désir inavoué
de Mainssonnat que Châteauneuf-Randon connaissait bien.
Force fut donc de chercher une autre combinaison :
le Préfet résolut de traiter cette fois directement avec les
acquéreurs et à cette fin, par arrêté du 14 Fructidor
(ier septembre) il désigna deux commissaires, Tiranti et
Daidery, chargés de terminer la rétrocession de l'Evêché
déjà évacué par un des propriétaires et la plupart des locataires. (1) Les commissaires devaient faire valoir qu'il n'y avait
aucune raison de douter de l'approbation du Gouvernement ;
insister pour obtenir de suite une location, soit au nom de
la commune, soit à celui du Préfet, et enfin demander, moyennant une juste indemnité, le départ immédiat des petits
locataires qui occupaient encore une partie de l'immeuble.
Pierre Mages consentit finalement à louer provisoirement l'Evêché, non pas à la commune ni au Préfet comme
représentant de l'Etat, mais à Châteauneuf-Randon comme
simple particulier, jusqu'à ce que fut intervenue la décision
du Gouvernement. Telle fut la conclusion des négociations
entre Pierre Mages et les deux commissaires. ChâteauneufRandon pour en finir accepta ces conditions draconiennes
et se hâta de faire dresser en double original l'acte de bail
en son nom personnel ; puis en qualité de Préfet, il prit un
arrêté pour l'approuver. La location était pour un an, à dater
du 8 Vendémiaire an XI (30 septembre 1802), au prix exagéré
de douze cents francs en numéraire, et, pour entrer immédiadiatement en jouissance, le Préfet versa le jour même trois
cents francs (également en numéraire) à Pierre Mages qui
s'engagea,à faire évacuer promptement le local et à permettre
de commencer aussitôt les réparations locatives. Dès que le
gouvernement aurait donné son approbation à l'arrêté du
Messidor, l'échange devenant définitif, la location ces(2) Arch. départem.

K 4 f°

238.

Arrêté du 14 Fructidor.

�xxvrn
serait de plein droit, et Châteauneuf-Randon ne serait tenu
à payer que le temps écoulé jusqu'à l'entrée en jouissance
par Pierre Mages et Amand Spréafico des biens cédés en
échange (i).
Il fallut quelques jours encore pour faire évacuer l'évêché et le remettre au Préfet. C'était chose faite le 23 Fructidor (10 septembre). Ce jour-là, le Préfet en envoya les clefs
au maire et le pressa de s'occuper activement des réparations
et de l'ameublement. « Je vous ai donné, ajoutait-il, l'exem« pie de l'activité, du zèle et. même du sacrifice, j'aime à
« croire que vous justifierez l'opinion où je suis que vous
« me seconderez avec la plus grande promptitude. » (2).
Il était grand temps, en effet, de terminei cette affaire,
car Mgr Colonna était arrivé à Nice, et n'ayant point de logement à lui offrir, le Préfet lui avait donné l'hospitalité dans
son hôtel.
*
* *
Le samedi 4 septembre 1802 (17 Fructidor an X) Mgr
Colonna débarqua au port de Lympia venant de Marseille
sur une felouque. Le Préfet, qui seul avait été prévenu, envoya au-devant du prélat sa voiture et un détachement de
gendarmes. Deux prêtres, se promenant par hasard, dans
le voisinage, MM. Domihique Fianson et Honoré Faissola,
se présentèrent à l'Evêque et l'accompagnèrent jusqu'à la
Préfecture. Cette escorte de deux prêtres et de gendarmes
provoqua quelques plaisanteries, au témoignage de Bonifassi (3).
(1) Voir les deux arrêtés du Préfet en date du 14 Fructidor
er
an X (i septembre 1802) et la copie du bail enregistré à la suite.
Arch, départem. K 4 f° 239.
(2) Arch. départem. M 20, lettre du préfet au maire, 23 Fructidor.
(3) On lit dans ses manuscrits sous la date du 4 sept. 1802
N° 2712. Monsignor Colonna nuovo Vescovo, si e inaspettatamente
sbarcato al porto di Limpia, ed è stato incontrato dalla carrozza del
Prejetto, e da un distaccamento di gendarmi. mss.
N° 2713. I preti Fianson e Faissolla a caso trovandosi al porto
T
si sono presentati da M Voscovo e l'hanno accompagnato sino al pallazzo del Prefetto. mss. autent.
N° 2714. Questa comitiva dei preti coi gendarmi accompagnante
rl
il Vescovo ha forniio un poco a ridere ed a motteggiare. Osserv. pert .

�XXIX

Il est certain que cette arrivée ne rappelait que de trè
loin l'entrée solennelle que vingt-deux ans auparavant (12
octobre 1780), Mgr Valperga avait faite dans sa ville épiscopale ; niais les temps étaient changés.
Châteauneuf-Randon accueillit Mgr Colonna avec la
plus grande courtoisie et mit à sa disposition le second étage
de la maison Saint-Pierre, actuellement 8, rue Saint-François-de-Paule, qui servait alors de Préfecture (1). Le jour
même, (17 Fructidor) il prévint toutes les autorités et les
invita à venir faire visite au nouvel Evêque, l'intention du
Gouvernement étant que ces diverses autorités eussent
pour le Prélat les égards dus à la dignité dont il était revêtu.
Cette visite eut lieu le lendemain. 5 septembre. Le jour suivant (lundi 6), Mgr Colonna reçut le Clergé présenté par le
vicaire-général Rossi qui prononça une courte allocution (2).
Arch. municip. BONIFASSI, volume B fol. 86 verso.
TosEiJU dans son Précis Historique de Nice, 2me partie, tome 2,
p. 365, et l'abbé de VIIAAREY dans la Série Cronològica dei Vescovi
di Nizza (citée par Toselli) racontent l'arrivée de Mgr Colonna sans
ajouter aucun détail spécial.
TISSERAND, Histoire de la Révolution française dans les AlpesMaritimes, in-8° Nice. 1878, chap. VI, p. 318-319, raconte brièvement
l'installation de Mgr Colonna qu'il fixe à tort au 4 septembre qui est
seulement le jour de son arrivée.
(1) Le 30 Prairial an X (19 juin 1802) Châteauneuf-Randdu
avait loué d'Honoré Vincent Galli, administrateur de l'hoirie de feu
Paul de Saint-Pierre cette maison eu entier au prix annuel de 3.000
francs. Mainssonnat qui en occupait une partie pour le loyer annuel
de 1.000 francs se refusa à l'abandonner, ce dont le Préfet se montra
fort contrarié comme il ressort de ses lettres au Ministre de l'Intérieur, du 7 Thermidor (26 juillet) et du 17 Fructidor (4 septembre
1802).
Voir Arch. départem. M 20. Le Ministre de l'Intérieur au Préfet,
3™e Complémentaire an X (20 septembre) et M 24. Une autorisation
du Préfet sous la date du 3 Nivôse an XI (24 décembre 1802) pour
exiger de Mainssonnat deux trimestres de son loyer, soit 500 francs.
(2) Arch. départem. M 17. Lettres du Préfet aux autorités civiles, militaires,- judiciaires et administratives, 17 Fructidor an X
(4 septembre 1802).
Arch. municip. Notes de Bonifassi,volume B, f° 87 : 5 septembre
n° 2715. // Prejetto con tutte le autorita sono stati a far visita di cerimònia a Monsignor Vescovo. Ann".
6 septembre, n° 2717. Monsignor Colonna ha ricevulo la visita
del Clero, ed il Vicario lo ha complimentato con un bel discorsino.

�XXX

Les. dernières dispositions furent prises pour l'installation
solennelle de Mgr Colonna, fixée au 25 Fructidor (12 septembre 1802, jour de dimanche). Châteauneuf-Randon voulut
donner à cette cérémonie le plus grand éclat, sans doute
d'après les instructions du Gouvernement, et, l'arrêté préfectoral du 22 Fructidor (9 septembre) eu régla minutieusement tous les détails, sauf ce qui regardait la partie exclusivement religieuse. Cet arrêté fut imprimé, adressé à tous
les fonctionnaires, affiché et envoyé dans les communes du
département, comme avis de l'arrivée et de l'installation
de l'évêque concordataire. Il fut communiqué à Mgr Colonna
le 24 Fructidor (11 septembre) avec l'arrêté précédent du
11 (29 août), relatif « à l'embellissement du siège épiscopal
« et à la désignation de la place du Préfet dans le sanc« tuaire de Sainte-Réparate. (1) » Le Maire de Nice était
chargé, article XVII, de donner tous les ordres nécessai
res pour l'exécution de l'arrêté du 22 Fructidor et de se
concerter « avec les administrateurs des églises, le vicaire« général et les desservants des paroisses pour tout ce qui
« les concerne respectivement, tant pour le concours ad« ministratif qui peut être utile aux cérémonies religieuses
« ordonnées, que pour la sonnerie des cloches, la délivrance
« et l'emploi des poudres à la Garde Nationale et la disposi
«c tion de la Cathédrale et des places destinés aux diver
*c ses autoritées. »

(1) Voir deux lettres du Préfet à Mgr Colonna du 24 Fructidor
(11 septembre). Arch. départem. M 17. L'arrêté du 22 Fructidor

(9 septembre est au registre K 4 f° 161.

�XXXI

ARRÊTÉ RELATIF A L'INSTALLATION
DE L EVÊQUE DE NICE
::o::
Du 22 Fructidor an X
(9 sept. 1802).
Le Préfet du département des Alpes-Maritimes arrête les
dispositions suivantes :
Article Premier
Dimanche 25 Fructidor prochain, à six heures du
matin, la cloche de la Mairie annoncera l'installation
de l'Evêque de Nice.
Article 2
A huit heures, celles des paroisses et des succursales dans les faubourgs et campagnes de la ville commenceront à sonner en carillon.
Article 3
A la même heure, et aux premiers sons de la cloche
de la Mairie, tous les citoyens portés sur le rôle du service de,la Garde Nationale, se rendront armés ou non
armés au chef-lieu ordinaire de la réunion de leur bataillon, pour se placer à leur rang et compagnie.
Article 4
A huit heures et demie, les Chefs de bataillon,
sous la direction d'un adjoint, d'après les instructions
du Maire, formeront deux haies à droite et à gauche
des rues de..., depuis les bureaux de la Préfecture, logement actuel de l'Evêque, jusqu'à la Cathédrale.
Article 5
A neuf heures, les gardes d'honneur et différents
postes fournis pour la cérémonie par la troupe de ligne,
sur l'invitation particulière faite au Général commandant
se rendront à leur destination.

�xxx li
Article 6
A la même heure, aux premiers sons de la cloche
de la Mairie, toutes les autorités et administrations,
les Corps de fonctionnaires, commissions et employés
se rendront chacun chez leurs chefs respectifs, suivant
la hiérarchie et la nature de leurs fonctions.
Article 7
A neuf heures et demie, chacune de ces réunions
se rendra chez l'Evêque.
Article 8
A dix heures, au premier son de la cloche de la commune, le cortège défilera et les autorités et fonctionnaires seront appelés ainsi qu'il suit :
i° Les agents de police chargés de la direction de la
marche dans les rues et d'établir l'ordre et la décence ;
2° Un détachement de gendarmerie ;
3° Les tambours et moitié de la garde d'honneur du
cortège ;
4° Les administrations militaires de la Place ;
5° Le Conseil de Guerre ;
6° E'Etat-Major de la Place, les officiers de la garnison et des vétérans nationaux, chacun dans leur
ordre hiérarchique ;
7° Ee Corps des agents et courtiers de commerce ;
8° Ea Commission de commerce ;~
9° Celte de santé et salubrité publique ;
io° Celle d'Agriculture ;
ii° Celle d'embellissements et établissements publics ;
12° Celle du Var ;
130 E'Athénée des Sciences et Belles Lettres ;
140 Ees Notaires ;
i'5° Les Administrateurs des Hospices civils ;
i6° Les Professeurs de l'Ecole Centrale ;
iy° Les Membres du Jury d'instruction publique ;
i8° Les Chefs et Fonctionnaires des différentes Administrations de la Trésorerie, des Finances, des Contributions, des Domaines et des Postes ;

�XXXII!

19° La Musique Militaire ;
20° Le Commissaire et les Autorités de la Marine ;
2i° Les Inspecteurs aux revues et Commissaire des
guerres ;
22° Les Directeurs et Sous-Directeurs des fortifications, Commandant d'artillerie, et officiers du génie
et de l'artillerie ;
230 Le Corps des Avoués ;
240 Les Prud'hommes des Pêcheurs ;
250 Le Tribunal de Commerce ;
260 Les Juges de Paix ;
270 Le Tribunal Civil ;
280 Le Tribunal Spécial ;
290 Le Tribunal Crim'nel ;
300 Le Conseil Municipal ;
310 Le Maire, les Adjoints et le Commissaire de police
spécialement chargé de l'ordre de la marche et de
se transporter sur toute la ligne ;
320 Les Membres du Conseil d'Arrondissement ;
33° Les Membres du Conseil Général ;
34° Le Drapeau départemental (entre 4 gendarmes et
4 Gardes Nationales) ;
350 Le Conseil de Préfecture ;
36° Le Secrétaire Général ;
370 La Crosse de l'Evêque, entourée des Ecclésiastiques ;
380 Le Préfet, l'Evêque, le Général commandant les
troupes et le Président du Tribunal Criminel ;
390 Le Chef d'escadron, les Officiers de gendarmerie,
aides-de-camp, ingénieurs en chef et ordinaire des
Ponts et Chaussées ;
400 Les agents des Puissances étrangères ;
410 Les Officiers en congé, réformés ou retirés f
420 La Musique de la Garde Nationale ;
430 L'Etat-Major de la Garde Nationale ;
440 Les Employés de la Préfecture ;
450 L'autre moitié de la Garde d'honneur ;
460 Le reste de la gendarmerie fermant la marche
%

�XXXIV

Article 9
Ees Gardes d'honneur attribuées ou envoyées à
chaque autorité particulièrement en borderont la haie
et les fronts dans la marche générale.
Article

io

A l'entrée de l'église, chaque autorité et fonctionnaire prendra la place qui lui sera désignée, conformé
ment à la dernière fête, par les Maîtres des cérémonies
qui seront distingués par une écharpe tricolore au bras
Article

ii

A l'entrée de l'église Cathédrale, le Préfet en donnera les clefs à l'Evêque, le remettra entre les mains
de son clergé et ira prendre sa place accoutumée dans
le sanctuaire avec le Général Commandant les troupes
et le Président du Tribunal Criminel.
Article 12
E'Evêque doit s'avancer ensuite sous un dais, en
passant devant les autorités jusqu'à sa place où il sera
reçu par le Vicaire-Général Commissaire nommé par
l'Archevêque d'Aix.
Article 13
Ee procès-verbal d'installation dressé par le Vicaire
Général et signé par les Ecclésiastiques témoins, sera
signé aussi, en présence du cortège par le Préfet, les
Présidents des Tribunaux, le Général Commandant les
troupes, le Maire et les Juges de Paix.
Article 14
Après les cérémonies religieuses célébrées ou ordonnées par l'Evêque, le cortège retournera dans la
même forme par les rues de
et accompagnera
l'Evêque chez lui processionnellement uniquement
entouré du Clergé et de sa pompe religieuse.
Article 15
Ees rues par où retournera le cortège, seront bordées de même de deux haies de gardes nationaux.

�XXXV

Article 16
Pendant toute la marche et l'installation de l'Evêque les cloches des Paroisses et celles de la Commune
sonneront ; pendant les cérémonies religieuses ordonnées
par l'Evêque et jusqu'au retour du cortège, il sera fait
des salves d'artillerie et tiré des boëtes par la Garde
Nationale.
Article 17
Le Maire est chargé de donner tous les ordres nécessaires pour l'exécution du présent arrêté, et de se
concerter avec les Administrateurs des églises, le Vicaire Général et les desservants des Paroisses pour tout
ce qui les concerne respectivement, tant pour le concours administratif qui peut être utile aux cérémonies
ordonnées que pour la sonnerie des cloches, la délivrance et l'emploi des poudres à la Garde Nationale
et la disposition de la Cathédrale et des places destinées aux diverses autorités.
La
adressés
dans les
rivée et

Article 18
lettre et le présent arrêté seront imprimés
à tous les fonctionnaires, affichés et envoyés
communes du département comme avis de l'arde l'installation de l'Evêque.
CHATEAUNEUF-RANDON (1).
*
* *

Le général Eberlé, commandant la place de Nice, reçut
des instructions spéciales : Il devait envoyer à neuf heures
du matin devant la Préfecture la garde d'honneur attribuée
aux préfets dans les cérémonies publiques ; vingt hommes
au Tribunal Criminel, quinze au Tribunal Spécial, dix au
Tribunal Civil et dix à la Mairie pour escorter ces diverses
autorités ; plus une garde d'honneur de cent hommes dont
une moitié marchera en avant et l'autre en arrière du cortège;
enfin s'il voulait faire prendre les armes à toute la garnison^
(1) Arch. départem. Registre K, f° r6i. Je n'ai pas trouvé
jusqu'ici d'exemplaire imprimé de cet arrêté.

�XXXVI

elle pourrait former la haie sur le Cours tandis que la Garde
Nationale formerait la haie sur le reste du parcours (iK
Pour assurer la marche régulière du cortège et le bon
ordre dans l'église Cathédrale, Châteauneuf-Randon nomma
par arrêté du 24 Fructidor (11 septembre) cinq maîtres de
cérémonie : Roux, Caravel, chefs de bureau à la Préfecture ; Laurenti, Ricordi, secrétaires, et Cougnet fils. Ils
devaient porter une écharpe tricolore au bras droit et une
épée. Par le même arrêté, Fabry, chef de bataillon de la Garde
Nationale, commissaire de haute police, était désigné pour
porter le drapeau du Département encadré de quatre gendarmes et de quatre gardes nationaux (2).
*
* *
Le 12 septembre, au matin, toutes les cloches de la ville
sonnèrent de joyeux carillons. A 10 heures, le cortège partit
de la Préfecture dans l'ordre fixé, et se rendit à Sainte-Réparate, entre deux haies de soldats et de gardes nationaux,
derrière lesquels se pressait une foule considérable, sympathique et curieuse. L'Evêque, précédé du drapeau du Département et de la crosse épiscopale (3) entourée d'ecclésiastiques, s'avançait de front avec le Préfet Châteauneuf-Randon,
le général Partouneaux et le Président Trémois. Les membres
du Clergé convoqués la veille par le Vicaire Général Rossi
attendaient devant la grande porte de la Cathédrale (4).
Châteauneuf-Randon leur présenta Mgr Colonna auquel il
remit les clefs de l'Eglise. En temps ordinaire, cette remise
est faite par le Doyen du Chapitre ou son représentant ;
mais en 1802, le Chapitre de Nice n'existait plus ni en fait
ni en droit, et le Préfet voulait, sans doute, par cet acte,
(1) Voir lettre du Préfet au Général Eberlé (s. d.). Arch. département. M r8.
(2) Arch. départem. K 4, f° 168.
(3) Il s'agit probablement de « la crosse de vermeil donnée par
« l'Empereur à Mgr l'Evêque de Nice et qui doit être transmise à
« ses successeurs » mentionnée dans les inventaires de l'Evêché à
partir de 1805.
(4) Arch. municip. Bonifassi, volume B, f° 87, 11 septembre
1802. N° 2721. Il Clero e invitato dal Vic0 Rousc per domani trovarsi
sulla porta délia Chiesa a ricevere il Vescovo. Ann". Doc. N° 1080.

�XXXVt!

affirmer que le Gouvernement mettait, à la disposition de
l'Evêque, l'église Cathédrale devenue propriété de l'Etat
d'après les lois révolutionnaires. Ee prélat fut alors reçu
dans les formes prescrites par le Cérémonial. On lui offrit
l'eau bénite et l'encens, puis on le conduisit sous le dais
jusqu'au pied du maître-autel où il s'agenouilla, fit une coure
prière et revêtit les ornements pontificaux. Ee Préfet, le
Général et le Président avaient pris les places d'honneur
préparées dans le Sanctuaire et les autorités s'étaient rangées
dans la nef selon l'ordre déterminé. Ee vicaire-général Rossi,
commissaire délégué du Métropolitain, Mgr Champion de Cicé,
archevêque d'Aix, procéda alors à l'installation canonique.
On fit lecture de l'arrêté de nomination, des Bulles d'institution et du décret exécutorial du cardinal Caprara (9 avril
1802) érigeant les évêchés concordataires et rattachant
le nouvel Evêché de Nice à la Métropole d'Aix, (1), puis
Mgr Colonna monta au trône épiscopal.
. Dans un discours prononcé en latin selon l'usage
comme celui du Chanoine Provasso lors de la prise de possession de Mgr Valperga, le vicaire général Rossi exprima
la joie du peuple et du clergé privés depuis longtemps de
Pasteur et qui se félicitaient de l'heureux choix du Gouvernement et du Souverain Pontife. Il loua, en termes heureux'
les talents et les vertus du nouvel Evêque : son habileté
administrative, son application à l'étude, son zèle pour le
salut des âmes, sa modestie et sa piété profonde. Il sera,
sur le siège de Nice, le digne successeur d'une glorieuse
lignée d'évêques. Ees fidèles de ce diocèse, très attachés
à la religion catholique le reço'vent comme l'envoyé da
Dieu pour leur faire oublier les longues années d'épreuves
sur lesquelles il ne faut point insister aujourd'hui que la paix
et le bon ordre sont entièrement rétablis.
(1) Le décret du cardinal Caprara rendu en exécution d'une
bulle pontificale datée de Rome le 3 des calendes de décembre (28
novembre 8or) fut signé à Paris le 9 avril 802 et inséré au Bulletin
des lois N° 2 8 tome VI, 3 e série, 2 e semestre an X, avec un arrêté
du premier consul, daté du 29 germinal an X qui en ordonnait la
publication. Ce décret, après la suppression des anciennes divisions
ecclésiastiqi es, établissait, pour la France et les pays réunis, ) o
métropoles et 50 évêchés dont le tableau était annexé. La métropole
d'Aix avait pour suffragants : ajaccio, Avignon, Digne, Nice

�XXXVlII

Puis, par une allusion ingénieuse, au nom de Mgr
Colonna l'orateur déclara qu'il serait pour les prêtres, les
fidèles du diocèse, ce que fut, pour les Hébreux, la Colonne
miraculeuse qui guidait leur marche laborieuse et accidentée à travers le désert. Au nom de tous, il promit au nouvel évêque qu'il serait pour eux un père respecté, un chef
religieusement obéi dont ils s'efforceraient d'imiter les ex
emples et les vertus durant les longues années qu'ils demandaient à Dieu, de le conserver à leur tête (i).
Mgr Colonna prit alors la parole (2) : « Appelé à l'honte neur de l'Episcopat, après avoir reçu à Rome l'institution
« canonique et moyennant l'imposition des mains, la çonsé« cration à Paris : me voici, enfin au milieu de vous tel qu'un
« Ange de paix.,. »
Mgr Colonna déclara qu'il a compté sur les grâces particulières que le ciel accorde pour certains états, et non point
sur ses propres forces en acceptant une charge que la Révolution a rendu encore plus pénible et plus lourde. Il évoqua
rapidement les douloureux souvenirs des années qui venaient de s'écouler : prêtres persécutés, églisesp rofanées,
autels renversés, religion proscrite.
« Ne rouvrons pas des plaies qu saignent encore et
« qu'un sage Gouvernement tâche à cicatriser
« Que n'ai-je pas le zèle, les talens et l'espr't de ces
« dignes pasteurs : de ces saints pères des premiers siècles
« de l'Eglise, qui fleurissaient aux beaux jours du Christian« nisme ? De ces illustres prélats qui m'ont précédé dans ce
« siège épiscopal. Des Basses, des Siagres, des Valpergues
« et de tant d'autres, qui dès les temps les plus reculés ont
« porté la foi dans ce pays-ci, qui par la sainteté de leur vie,
« l'éclat des vertus, leur fermeté, leurs lumières, ont illustré
« et édifié cette Eglise, de mon dernier prédécesseur qui,
« par un généreux sacrifice a si bien mérité de la Religion
« et de la Patrie.
(r) Ce discours d'une excellente latinité est cité par VIIAAREY,
Raccolta di Decreti, moniti, pastorali, allocuzioni, ecc. Dell'Illmo e
Revmo Monsignor Vescovo di Nizza, dall'anno 1802 all'anno 1831.
Nice r83i, tome r, p. 1-4.
(2) Discours de possession prononcé par Mgr l'Evêque de Nice,
immédiatement après celui de M. le Vicaire Général dans la Cathédrale. VIIAAREY, Raccolta... tome 1, p. 5-ir.

�XXXIX

Du haut du ciel, les saints Evêques de Nice écouteront
« la prière de leur successeur et lui obtiendront de Dieu
« un esprit de sagesse et de modération si nécessaires à un
« évêque chargé de la conduite des âmes. »
Sa mission sera facilitée par le zèle des prêtres, ses coopé«ateurs et par l'attachement des fidèles à leur foi.
« Non, il n'est pas de ce peuple comme de tout autres
« peuples ; la Révolution n'a pas produit dans cette Pro« vince par rapport à la Religion les effets qu'elle a produit
« dans les autres, elle n'a pas déployé ici ce caractère qui
« la distinguait ailleurs ; les convulsions révolutionnaires
» n'ont guère atteint à la Religion ; elle a été conservée
« au milieu des agitations les plus violentes, s'il y a eu un
« instant, où ce Temple réparé, embelli dernièrement a été
« fermé, • ç'a été peut-être un trait des Divines miséricor« des ; la Providence a ménagé cet instant pour donner
« un nouvel essort au zèle du peuple qui peut-être s'était
« tant soit peu refroidi ; la privation a produit son effet :
« touché jusqu'aux larmes, il soupirait après le retour du
« Culte, la fin de la Révolution. Ses désirs furent accomplis,
« exaucés dans le temps, ils le sont encore davantage à préci sent. Il peut vaquer librement aux exercices de piété et
« de dévotion. Aussi le voyons-nous pénétré de respect,
« s'empresser à remplir les Eglises, embrasser les Autels,
« y déposer ses prières, cherchant un soulagement dans
« ses besoins et ses peines. »
L'Evêque fit ensuite un éloquent appel aux prêtres
qui devaient être animés « de ce zèle sage et discret qui
« respire la douceur et la charité ; de ce zèle généreux qui
« embrasse tout, se répand partout, ne connaît point de diffi« cuités qui tâche à ramener les esprits, réunir les cœurs,
&lt; concilier les intérêts divisés
»
Tous leurs actes, ajouta-t-il, doivent être inspirés par
une charité qui s'étendra à tous, amis ou ennemis comme
j Ôsus-Christ leur en a donné le précepte et l'exemple. La Chanté est l'âme de la Religion catholique « qui est une Religion
« d'amour et de bienfaisance
C'est cette vertu qui fait
« du genre humain de l'univers entier une seule famille,
« dont Dieu est le père et nous sommes les enfants attachés
« par les liens de la fraternité
»

�XL

Ees prêtres doivent dont apprendre à tous par la parole
et surtout par l'exemple que l'amour de Dieu est inséparable
de l'amour du prochain. La pratique courageuse de ce double
amour sera le moyen le plus efficace pour ramener à l'Eglise
ceux qui en sont éloignés.
« En attendant, conclut le Prélat, adressons au Ciel
« des prières pour tous ceux qui tiennent au Gouvernement,
« en particulier pour le Chef de l'Eglise, notre Saint Père
« le Pape. Eeur vie nous est trop chère, trop précieuse au
« bonheur public ; c'est par leurs soins qu'après une des
« plus rudes tempêtes, des temps des plus orageux nous
« jouissons du calme. Que cette paix dont nous goûtons
« ies doux fruits soit le garant de celle qui nous est préparée
« dans le Ciel, et que je vous souhaite. »
Ee procès-verbal de l'installation dressé par le Vicaire
Général fut signé par les ecclésiastiques témoins, le Préfet,
le Général commandant les troupes, les Présidents des Tribunaux, le Maire et les Juges de Paix.
*
* *
Après la messe célébrée pontificalement, la procession
se forma et l'Evêque fut accompagné, comme le prescrit le
Pontifical par tout le clergé qui chantait des hymnes et des
psaumes, jusqu'à la préfecture. Ea procession défila entre
les deux haies de soldats et de gardes nationaux et fut suivie
par le Préfet et toutes les autorités qui avaient assité à la
cérémonie. Au témoignage de Bonifassi, le discours de Mgr
Colonna fut touchant et bien adapté aux circonstances :
l'ensemble de la cérémonie fut émouvant et édifiant et il
ajoute, malicieusement, qu'on ne ce serait jamais attendu à
pareille chose de la part des Français.
Villarey rapporte de son côté (op. cit.) que l'attitude
recueillie de Mgr Colonna et son air modeste firent la meilleure impression sur tous les assistants ; ce qui n'empêcha
point quelques réflexions plus ou moins bienveillantes. Un
bon prêtre, raconte Bonifassi, au moment où Mgr Colonna
fut présenté au clergé par le Préfet, se tournant vers ses voisins, leur dit : « Cela va bien si Mgr Colonna se rend compte
« aujourd'hui que nous, nous étions ici et que c'est lui qui y
« vient. »

�A l'occasion de l'installation de l'évêque on répandit
dans le public quelques poésies en son honneur, louables
tout au moins pour l'intention de leurs auteurs. Louis Romey,
avoué près le Tribunal civil, membre du Jury d'Instruction,
qui devint maire peu d'années après, se révéla poète, lui
aussi, et publia une pièce de vers dans laquelle il vanta,
comme il était de mode alors, Bonaparte et la Corse, (i)
Mgr Colonna continua à occuper l'appartement que le
préfet avait mis à sa disposition jusqu'à l'aménagement
de l'Evêché. Il semble même que Châteauneuf-Randon
pour laisser toute liberté au prélat ait prolongé son séjour
à la campagne qu'il avait louée au quartier du Piol. En effet,
c'est dans cette campagne qu'il offrit, à l'occasion de la fête
du 18 Brumaire un grand dîner auquel il invita l'Evêque
avec les représentants des autorités civiles et militaires
et quelques anglais de distinction qui étaient, depuis la paix
d'Amiens, revenus hiverner à Nice. (2)
(1) Arch. municip. Bonifassi. Vol. B. f° 87, 12 septembre 1802 :
N° 2724. Solenne ingresso nella sua Cattedrale fatto da M1 Vescovo coll'accompagnamento di tutte le autorità. Mss. autent.
N° 2725. Il Clero si trovo présente sulla porta del Duomo, e dal
Prefetto, vennegli presentato MonsignT Colonna corne Vescovo di
Nizza. Mem. autent.
N° 2726. In quell'atto un buon Ecclesiastico volto a suoi più
vicini disse : Bene se Colonna in questo punto impara che noi eravano
qui, e che egli è quelli che viene. Osserv. partrI.
2727. M1 Vescovo pontifico, e recito un discorso tenero, e ben addattato, la fonzione riusci tenera moltó, ed edificante nel suo complesso.
mai più si aspettava per opera dei francesi un simil atto. Mem. part11
2728. Dopo la fonzione il Clero processionalmente cantando i
soliti inni accompagno il Vescovo al palazzo délia Prefettura ove avea
il suo alioggiamento, le autorita pure lo accompagnarono.~M.ss autetit
2729. In quest'occasione si distribuirono alcune poésie lodevoli
per la buona intanzione degli autori. Romey anche esso divenutto poeta
jece un Endecassillabo in cui corne di ragione venta il Bonaparte, e la
Corsica. Doc. N° 1077.
(2) De Préfet fit imprimer une Relation de cette fête et l'envoya
à Chaptal, Ministre de l'Intérieur, avec sa lettre du 20 Brumaire
au XI (11 novembre 1802). Elle est intitulée « I/anniversaire du
« dix-huit Brumaire, célébré chez le Général de Division, Châteauce neuf-Randon, préfet du département des Alpes-Maritimes, à Nice,
« le mardi même jour du mois, an onze de la République, ou le neuf
« novembre 1802 (vieux style). » 7 pages in-40 chez Cougnet père et
fils, imprimeurs-libraires à Nice, s. d. Arch. nationales V I ç nr. 3
Alpes-Maritimes, Correspondance.

�Châteauneuf-Randon avait communiqué à Mgr Colonna le 24 Fructidor (n septembre) (1) les divers arrêtés successivement pris par lui pour son logement et dans ses conversations particulières, il lui avait certainement expliqué
pourquoi, malgré toute sa bonne volonté, il n'avait pas encore réussi à réparer et à meubler l'ancien évêché. Il semble,
du reste, que les rapports les plus sympathiques et les plus
cordiaux s'établirent rapidement entre le préfet et le prélat (2). On en fit un crime à Châteauneuf-Randon, qui ne
s'en émut guère comme en témoigne sa correspondance.
Il écrivait le 24 Fructidor, an X (n septembre 1802)
au citoyen Colonna, évèque de Nice :
« J'ai l'honneur de vous adresser, Citoyen Evêque,
une copie de touts les arrêtés que j'ai pris successivement
pour assurer votre logement dans la maison qu'avaient
autrefois occupée vos prédécesseurs, ils sont à la date du
14 de ce mois, j'y joins une copie du bail que j'ai passé avec
les propriétaires de cette maison. J'en ai fait remettre les
clefs au Maire de la ville qui demeure chargé des réparations
et de l'ameublement. Je ne doute pas qu'il ne mette a s'en
bien acquiter le même zèle et la même activité que moi, et
que sous peu de jours, il ne me procure le plaisir de vous annoncer que le logement est enfin convenablement assorti
à votre usage et à votre caractère.
« Veuillez en attendant, croire au plaisir sincère que
j'éprouverai de vous avoir longtemps chez moi.
« Je me félicite, citoyen évêque, de ce qu'en me chargeant de vous choisir une maison, le gouvernement m'ait
(1) Voir deux lettres du Préfet à Mgr Colonna du 24 Fructidor
an XI. Arch. Départ. M. 17.
(2) Le préfet lui-même le raconte à Coulomb, secrétaire général
du Ministère de l'Intérieur, dans sa lettre du 12 Vendémiaire an XI
(4 octobre 1802). Après avoir parlé de l'hostilité des membres de la
loge maçonnique de Nice à son égard, il ajoute : « Ils osent se rabatre
« sur mon intimité avec l'eveque de Nice, homme vertueux, politie
« que et philosophe... » Arch. Nation. FI III 3. Alpes-Maritimes.
Correspondance.

�XUll

fourni une occasion de vous donner une preuve de nies sentiments d'estime et de considération.
« J'ai l'honneur de vous saluer. » (i).
*
* *
Le Maire de Nice, une fois en possession de l'Evêché
et sur les ordres réitérés du Préfet, fit dresser le devis estimatif
des réparations et l'adressa à Châteauneuf-Randon le 27
Fructidor (14 septembre) (2). Celui-ci après l'avoir examiné
le trouva trop élevé et le renvoya le lendemain à Défly avec
ordre de mettre ce travail en adjudication au rabais ; il lui
rappela en même temps qu'il fallait aussi s'occuper de l'ameublement et que la commune devait faire quelque chose
pour être agréable à l'Evêque. (3).
Le Maire fit immédiatement afficher l'adjudication :
il en informa le Préfet le 29 Fructidor (16 septembre) et le
pria « de désigner aux entrepreneurs de ces ouvrages le
« mode et les époques des payements qui devront leur être
« effectués pour leur travail. » (4).
Le Préfet approuva cette mesure le 3e Jour Complémentaire an X (20 septembre 1802) en invitant le Maire
« à faire faire d'abord les réparations les plus urgentes, telles
« sont celles de l'appartement de l'Evêque du salon et de
« l'escalier, afin que M. l'Evêque puisse occuper de suite
« son logement. »
Quant aux dépenses, concluait le Préfet, « Lorsque
« les réparations seront achevées et que vous aurez pour« vu à l'ameublement préalable ou de prêt, je vous indi« querai le moyen de couvrir cette dépense sur-le-champ.
« (5)(1) Minute corrigée en plusieurs endroits par le préfet. Arch.dép. M.17.
(2) Arch. municip. Correspondance, 27 Fructidor au X (14
septembre 1802).
(3) Arch. départent. M 17. L,e Préfet au Maire de Nice 28 Fructidor an X (15 septembre 1802).
(4) Arch. municip. Correspondance du Maire 29 Fructidor an X
'(16 septembre 1802).
(5) Arch. départem. M 17. I&lt;e Préfet au Maire de Nice 3e Jour
Complémentaire an X (20 septembre 1802).
Arch. municip. Correspondance du Préfet an X. Volume vi.

�XL1V

Les soumissions furent reçues le 2 Vendémiaire an Xé
(24 septembre 1802). Le devis montait à 1.314 francs ; Honore
Beu, maçon à Nice soumissionna seul pour la somme de
1.195 francs et le Maire en transmettant cet offre au Préfet
lui demanda « son approbation, pour adjuger définitivement
« ces réparations et faire mettre de suite la main à l'œuvre. »(1).
Le lendemain, de nouvelles soumissions l'une à 700 fr.
et l'autre à 650 francs (dont les auteurs ne sont pas nommési
et une autre par Laurent Levamis (dont le montant n'est
pas indiqué.) parvinrent au Maire qui les transmit au Préfet (2).
Châteauneuf-Randon donna son approbation et les réparations commencèrent .
Le premier devis était incomplet, il fallut en dresser
un nouveau qui fut également mis en adjudication et exécuté après approbation du Préfet en date du 22 Frimaire
an XI (13 décembre 1802).
Le montant total des réparations n'était pas très élevé,
1.200 francs environ, cependant ni le Maire, ni le Préfet n'avaient à leur disposition la somme nécessaire pour le solder. Le maire demandait donc le concours du département.
La loi du 18 Germ'nal, article 71, autorisait bien les Conseils
Généraux à accorder aux Archevêques et Fvêques un logement convenable, ce qui comprenait, sans doute, les réparations foncières et locaLives ; mais le Conseil Général des
Alpes-Maritimes n'était point en session. Il fallait cependant
ne pas faire attendre aux ouvriers le payement de leur travail ; c'est pourquoi le Préfet s'adressa aux Ministres des
Finances et de l'Intérieur pour solliciter un crédit extraordinaire le 27 Frimaire an XI (18 Décembre 1802) (3).
(1) Arch. municip. Correspondance du Maire 2 Vendémiaire
XI (24 septembre 1802).
(2) Arch. municip. Correspondance du Maire 3 Vendémiaire
an XI (25 septembre 1802).
(3) Arch. départem. M 22. Le Préfet aux Ministres de l'Intérieur
et des Finances. 27 Frimaire an XI (18 décembre 1802). Le 20 Ventôse au XI (n mars 1803)., le Préfet demandait au Maire de Nice
de lui faire passer sans délai « une copie des devis détaillés des répara« tions faites à la maison épiscopale, j'ai un besoin pressant de ces
« pièces qui doivent être adressées au Ministre de l'Intérieur. Arch.
Départent. M. 26.

an

�XI.V

Ee même jour, il avisait le maire de cette démarche,
en l'invitant néanmoins à payer provisoirement les ouvriers
« parce que les instructions du gouvernement portent que
« les réparations locatives de l'évèché seront à la charge des
« communes si elles peuvent les supporter ou à défaut du
« département, (i).
* *
A cette date, Mgr Colonna était déjà installé dans les
appartements de l'Evêché réparés sommairement et meublés
très modestement. En effet, il n'existait encore aucune règle
administrative déterminant la part respective de l'Etat,
du Département et de la Commune dans les frais relatifs
aux Evêchés (2). Il fut donc pourvu à l'ameublement dans
des conditions assez précaires et beaucoup d'objets furent
pris, ce semble, dans le mobilier séquestré de Jean-EouisAugustin Eascaris qui depuis plusieurs années dépérissait
dans les magasins de la Régie ou dans les appartements occupés par les locataires de cet émigré (3). Un inventaire de
l'ameublement de l'Evêché dressé en exécution du Décret
impérial daté du palais de Milan, 5 Prairial an XIII (25
Mai 1805) démontre qu'il n'était point luxueux (4). E'Evêque de Nice, du reste, était ennemi de tous fastes et se
contentait du strict nécessaire.
(1) Arch. départent. M. 23. De préfet au maire, 27 frimaire an XI
(18 décembre 1802).
(2) Un décret impérial du 5 Prairial an XIII accorda à chaque
Evêque une somme de 2.400 francs pour son ameublement, eu dehors de la contribution du département.
(3) Châteauneuf-Randon proposa plusieurs fois cette mesure
aux Ministres et au Maire de Nice. Il fut souvent aussi question de
la destination à donner au mobilier Dascaris, et il existe aux Archives
Départementales plusieurs lettres et arrêtés à ce sujet. Voir en particulier
celui du 17 Nivôse an X (7 janvier 1802) qui est en minute, liasse
M 20, dont les considérants sont à étudier.
Jean-Douis-Augustin Dascaris fut amnistié le 18 Primaire an XI
(9 décembre 1802) et le séquestre apposé sur ses biens à Nice et au
Castellar fut levé par arrêté du préfet en date du 22 Pluviôse an XI
(i 1 février 1803). Quatre tableaux religieux déposés dans les bureaux
de la Préfecture et provenant probablement de l'ancien Bvéché furent remis à Mgr Colonna par arrêté préfectoral du ier Ventôse an XI
(20 février 1803). Arch. départent. K 6.
(4) Voir Nice Historique, ier mars 1906, p. 70-73, cet inventaire
publié par M. Sappia.

�XÏ.VI

L'évêché fut mis à la disposition de Mgr Colonna
vers la fin d'octobre 1802, et il l'occupa probablement à
son retour de Marseille où il s'était rendu en qualité de délégué pour remettre le ỳalium à son métropolitain, l'archevêque d'Aix. Au témoignage de Bonifassi (op. cit. n° 2780)
il avait quitté Nice le 26 octobre et son absence fut de courte
durée.
Une lettre du préfet en date du 7 Brumaire an XI (29
octobre 1802) résume toutes les démarches faites pour assurer le logement de l'évèque :
«Au ministre de l'Intérieur, des Finances et des cultes.
7 Brumaire An XI (29 octobre 1802).
« Citoyen ministre,
« Vous m'avés prescrit de désigner une maison nationale convenable pour être affectée au logement de l'évèque
de Nice.
« Le défaut de maison nationale m'a forcé de recourir
aux moyens praticables pour reprendre l'ancienne maison
de l'évêché qui avait été aliénée. Je n'ai pu en trouver d'autres que celui de projetter la cession aux propriétaires de
cette maison des biens nationaux de même valeur.
« J'ai pris en conséquence le 1er Messidor an 10 un arrêté qui ordonne cet échange et j'ai soumis cet arrêté à l'approbation du gouvernement. J'ai eu l'honneur de vous en
adresser une ampliation le 14 du même mois.
« L'évêque de Nice étant arrivé dans l'intervalle, le
gouvernement n'ayant pas encore statué sur cet échange
et les propriétaires de l'évêché ne voulant s'en dessaisir
qu'autant que le gouvernement aurait approuvé mon arrêté,
je me suis trouvé dans un embarras extrême pour procurer
à l'évêque un logement convenable et décent. Mais comme je
ne doute pas que le gouvernement n'adopte les mesures que
je lui ai proposées et que dans tous les cas je compte infiniment sur sa justice, je me suis déterminé à traiter moimême personnellement avec les propriétaitres de l'évêché
pour la location de leur maison. C'est la seule mesure que les
propriétaires ont voulu adopter et j'ai dû donner cette marque de dévouement personnel au gouvernement dans cette
circonstance.

�xxvu
« J'ai passé avec eux un contrat dont j'ai l'honneur de
vous transmettre ci-joint une copie, ainsi que des arrêtés
que j'ai pris à cette occasion. J'ai fait faire sur le champ les
réparations les plus urgentes et j'ai remis la maison à la disposition de l'évêque.
« Pendant un mois que cette exécution a duré, j'ai eu
le plaisir de loger et avoir chez moi l'évêque.
« Tel est, citoyen ministre, le résultat des mesures que
j'ai du prendre en suite de vos ordres et de vos instructions.
Cet état de choses vous prouvera, sans doute, qu'il est urgent que le gouvernement statue sur mon arrêté du ier
Messidor. Je vous prie de remettre cet objet sous les yeux des
consuls.
« J'ai l'honneur de vous saluer. » (i).
L'opération proposée par l'arrêté préfectoral du ier Messidor an X était très avantageuse, tout à la fois pour Pierre
Mages qui avait payé l'évêché un prix presque dérisoire,
et pour l'état qui rentrait en possession, sans bourse déliée,
d'un immeuble confisqué, puis aliéné et dont il avait encaissé
le prix, par la cession de terres également confisquées et
jusqu'alors invendues.
Néanmoins, malgré les démarches que Mgr Colonna
fit probablement à Paris auprès des ministres intéressés et
malgré les nombreuses lettres de rappel écrites par Châteauneuf-Randon, l'approbation de cet arrêté restait en suspens.
Le ministre des finances, que cet objet concernait exclusivement puisqu'il s'agissait d'une cession de biens nationaux
ne prenait pas de décision. C'est que, après examen, il avait
été reconnu que le ministre n'avait point qualité pour autoriser l'échange en question et qu'il était besoin de l'approbation du Corps législatif. Beaucoup d'affaires similaires se
présentaient alors journellement et, comme pour toutes,
la difficulté était la même, le gouvernement se décida à proposer divers projets de lois pour les trancher définitivement.
Tel fut le but des lois des 2, 13, 17 Floréal an XI (24 avril,
3 et 7 mai 1803), 24 Pluviôse an XII (14 février 1804)
(1) Minute à laquelle le préfet a ajouté plusieurs passages et en
particulier celui relatif au séjour de l'évêque chez lui. Arch. départent,
M. 23.

�XÏ,VIII

16 Ventôse an XII (7 mars 1804), 29 Ventôse an XII (20
mars 1804), qui autorisent des aliénations, acquisitions,
concessions et ventes, échanges et impositions extraordinaires dont l'inspiration et les dispositions générales sont identiques.
Par un article de la loi du 29 Ventôse an XII, le préfet
du département des Alpes-Maritimes est autorisé à acquérir
par voie d'échange, des citoyens Mages etSpréafico le Palais
épiscopal de Nice.
Le département des Alpes-Maritimrs devenait propriétaire de l'ancien évêché et la somme de 25.000 francs,
valeur des biens nationaux cédés à Pierre Mages et Spréafico,
devait être remboursée au trésor public sur les centimes
additionnels destinés à pourvoir aux dépenses variables de
ce département. (1).
L'arrêté du 1er Messidor an X recevait son exécution intégrale et définitive, mais lorsque le décret de Bonaparte parvint à Nice, Châteauneuf-Randon avait été remplacé à la
Préfecture des Alpes-Maritimes par M. DuBouchage depuis
près d'une année.
On a beaucoup critiqué l'administration de ChâteauneufRandon. Il est cependant équitable de constater après
examen impartial des documents contemporains que Châteauneuf-Randon collabora loyalement avec Mgr Colonna
pour l'application des lois concordataires et qu'il fut dans
le département des Alpes-Maritimes l'exécuteur consciencieux des instructions bienveillantes et sages du gouvernement consulaire.
A.-J. RANCE-BOURREV.

(1) Voir Bulletin des lois de l'an XII, n° 356, loi du 29 Ventôse
an XII et aux Archives départent, un décret du Premier Consvl,
Germinal an XII, (30 Mars 1804). Série N, liasse 1.

�91
LU DO UI ARMANAC
Un armanac de l'an passat,
Essent su d'un burèu, couost'-à-eouosta plaçât
Dapè l'armanac de l'annada,
Ei dia : « Car vesin, noun sabi cenqu'ai fach
Qu'aigon tant bruscamen clianjat miéu destinada ?
Moun mèstre, cada jou, de iéu n'era distrach ;
Aura la miéu basana fanada,
A la poussiera, ai verp, es mai qu'abandounada g
En lou fra-tèms, lou capricious,
Noun a d'uès que pèr tu, siés tu lou plus urous ! «
E'autr' armanac, de fresc e bella tencha
Ei respoundet : « Moun paur'amic,
Siés gaire dôu tiéu tèms, siés tirat au lambic ;
Pensa, quoura lou paure s'endimencha,
Dôu sata marques lou repic ;
Noun t'en pihar qu'au milesime
Couma cadun as ben virat lou mai ;
Vendra moun tèms e lou miéu crime
Sera d'aver cuntat douze luna de mai ;
Ensin tout passa e chanja, lou mounde es tant fragile,
N'estre plus de soun tèms, siés un libre esgarrat,
Ben d'orne soun charmant, tant que li siés utile
Se lou siés plus, noun vées que d'ingrat.
Soutamete-vous en aqueli pensada :
Gen dôu passat, puissança devessada,
Viéi servitour, ancien tardoc,
Amant tradit, beutà passada,
Devantes toui viei armanac !
Juli Eynaudi (d'après Viennet).
PROüVERBI, BOÜOI MOT, COUNSÈTJ E DICH
Entra autour :
Su lou bastioun un marrit pouèta rescouontra un dei
siéu counfraire :
— Eu miéu vers mi couston gaire.
— Vous couston cenque valon.

�92

NOUM

DEI

FIGA —

LI

SIÉU

VARIETA

d'après M. lou D* E. SA UVAIGO
I. — FIGA BLANQUI O BEN VERDASTRI
I. — Al,OXJNGADI

Blancassa figa, figa blancastra.
Figa bovin o bouin.
Cabrioliana donqueiretta.
Caravouguin blanc.
Couol de dama.
Doumestica.
Donqueira blanca, figa d'autoum, verda, jaunastra.
Mussega-cougourdana, dôu genre tapa-cartin.
Tapa-cartin, Aubicou blanc.
Pissaluta (pittalussa, poussouluda).
La Toscana.
2. — FlGA GI(OBTJI(OUSI

Bellona blanca, resercada pèr lu pastissié.
Bernissôu blanc.
Daurada.
Figa de mèu.
Figa turca, tres decourativa.
Grossa beurdona, berdonda.
La Castagnola, figa castagna.
La gentila.
Marseillesa, figa d'Athèua.
Matarassa, figa de Grassa.
Pecoujuda.
Rondeletta.
Roubada blanca.
Seirola, figa Seyrola dapè Niça.
Sucrada.
Trompa cassaire.
Verdola.
n. — FIGA GRIHI O ROUGEASTRI
Figa calabresa.
Cotignana.
Coucourella, coucouletta, figa sensa grana.
Figa de San Francès.
Figa siciliana.
Fourassa, figa grossa.
Imperiala, imperiau.
Levensana.
Moresca.
Rolondina.
Roussana.

�33
ni. — PIGA NEGRI 0 BRUNI
I. — AI.OUNGADI
Abigou negre. ■
Bellona negra.
Briasca.
Clavèu.
Donqueira.
Figa amarauna.
Figa matelassa.
Figa negrau, negreita (figa d'autoum).
Figa sauvagia.
Mentonasca.
Pounchuda.
Saraina.
2. — Gr,OBUI,OÜSI
Bernissenca o coucoulenca (figa terdiera).
Bernissôu negre.
Caiana.
Catalana.
Cimeirenca.
Figa à merioun.
Figa d'orne.
Meirasca (figa d'autoun, ven de Levens).
Merengiaina.
Merlin ga.
Mouissonna.
Mourenao bagassa.
Neçretta.
Relona.
Roubada negra (figa tardiera).
Rondella negra.
Salada.

BOUONA RKSPOUOSTA
Bou pichoun Goustin s'era levât ben tardi. Soun paire,
pèr lou rendre plus matinié, li diguet :

— Lou miéu enfan, noun counouisses lou près e lu avantage d'estre matinié. — Escouta : un orne que s'era levât de
gran matin, trouvet su lou siéu camin una boursa plena de
peça de vint lira...
— Ma, paire, respoundet l'enfant, aquéu que l'avia
perduda s'era levât encara plus bouon'oura.
Lou paire restet nec... li a dequé. ..

�SA

LI TRES GOUTA

Alba, la bouona fada, que proutegia lu fiansat, passant
un matin dapè d'una rosa audia lou siéu noum prounounsat
da tres goûta tremoulanti.
Ela s'avesina e s'assetant dintre dôu couor de la flou,
demandet :
— Que mi voulès, brihanti goûta ?
— Venès, be l'Alba, résolve une questioun.
— Parlas.
— Sian très goûta venènt da diferenti sourça. Voulen
que nen digués la quala es la mai preciousa e la plus pura.
— Acheti, parlas, brihanti goûta.
Ea premiera goûta en tremoulant li diguet :
— Veni dai nebla auti, siéu fina dei gran' mar. Siéu naissuda dintre la gran océan, antic e poutènt. Après d'aver
bagnat li riba de touplen de pais, après estre estada sagatada da mile tempesta, la nebla m'a surbida. Siéu anada
fin soubre de li autessa doun brihon li estela, pi m'abisseri
au mitan dei uiàu e dôu tron dintre lu flot su lu quai mi repauvi. Representi la Mar.
— Toca à tu, brihanta goûta, diguet la fada à la segounda.
— Iéu siéu estada la rousada, que nourrisse lu lis, siéu
la souore dei clar de luna, fiha dei nebla que s'ausson quoura
la nuech pouorge lou siéu vêle soubre de touta la natura.
Representi lou crepuscul dôu matin.
— E vous, diguet Alba à la plus pichouna ?
— Iéu, ai minga de valour.
— Parlas, doun venès ?
■—■ Dai uès d'una fiansada. Siéu estada lou sourire, l'espoir, pi l'amour, aura siéu devenguda lagrima.
Ei autri, couma pensas, souta.capa riion de la pichouna
goûta. Ma Alba, durbènt lu bras, l'estregnet emé gran couor.
— Aquesta es la plus preciousa e la mai pura.
— Ma iéu, siéu estada la Mar !
— Iéu l'Atmosfera.
— Es ver, brihanti goûta, ma aquesta siguet lou couor,
e Alba s'envolet en l'azur embé l'umbla pichouna goûta.
d'après Rosalta Sandoval.

�95

MONACO ET MONTE - CARLO

Sur la mer scintillante où dardaient ses regards,
De la plus haute tour à frange sarrasine,
Le guetteur vit les nefs qui couraient la rapine
Et fouilla la campagne, où rôdaient les pillards.
Sur son rocher hautain, étreint de ses remparts,
Le fief pleura souvent ses vergers en ruines,
Dans la haine et l'effroi des hordes assassines,
Hurlant l'assaut, quand leur chef lève l'étendard.
Mais le fief, aujourd'hui, semble comme un caprice,
Avec ses vieux canons, ses remparts et ses forts,
Ennuyé sur son roc, qu'isole un précipice.
Autour du temple éblouissant du Dieu de l'Or,
Sous le Burg, qui n'a plus à craindre aucune injure,
A jailli la cité de Jeux et de Luxure.
Jean CAPATTI.
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Un curat d'una gran paroquia era oubligat un jou de
ceremounia de respouondre à un discours en latin; ma couma
noun sabia aquela lenga, s'en pihet ensinda :
— Moussù, lu Apostolo parlavon touplen de lenga ;
venès de mi parlar en latin, e iéu vau vous respouondre en
francès.

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Noumbre d'or...
13
Mars
Epato (Grégori)
Il
Jun
Cicle soulari
17 Setèmbre
Endicioun roum
10 Desembre
Letra doumenicala
G F
LI QUATRE

8,
7,
20,
20,

10
9
22
22

e
e
e
e

11
10
23
23

SESOUN

Lou printèms coumença lou 21 mars
L'estiéu
—
— 22 Jun
L'autoum
—
— 24 sept,
L'iver
—
— 22 dés.

à 6.55 m.
à 2.36 m.
à 5.18 m.
à 11.53 m.

dôu sera
dôu sera
dôu matin
dôu sera

FESTA MOUBILI

Septuagesima... 12 Fébrié
Cendre
21 Febrié
Pasca
7 Abrieu
Rougacioun 21, 22, 23, 24 Mai
Ascensioun
16 Mai

Pantecousta
Trinità
Festa de Diéu
1" Dimenegue de
Ie* Desémbre

26 Mai
11 Jun
15 Jun
l'Avènt

LU ESCLISS!

Souliu.

—

ij Abriéu. — Esclissi annulari e coumplet visible

à Paris, en America, en Europa et dintre lou N.-O. de l'Africa.
Coumençamen de l'esclissi à 10,01 dôu matin ; finisse à 1,08
dôu sera.
10 Otitoubre. — Esclissi coumplet invisible à Paris, visible
dintre l'America dôu Sud.
Luna. — 1" Abrièu. — Esclissi parciella visibla à Paris. Entrada de la luna dintre l'oumbra, 9.26 dôu sera; sourtida, 11.03
dôu sera.
26 Setèmbre. — Esclissi parciella, invisibla à Paris, visibla
dintre l'Océan Pacifique.

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�LU

VÉNT

Lu vènt que souflon à Niça, dintre lou cours de l'armada,
soun au nombre de 16. Vequi li siéu denouminacioun courènti,
pihadi, en general, dai loucalità dei quali parèisson vèni :
Sud
Miejon
Nord... Tramountana
S.-S.-O. Miejou Lebech
N.-O.-E. Grek Tramountana
S.-O
Lebech
N.-E... Grego
O.-S.-O Pounèut Lebech
E. N .E. Levant
Ouest. Pounènt
E.-N.-E. Levant
O.-N-O.V Pounènt Maistràu
E.-S.-E. Levant
N -O . Mastràu
S.-E.... Siroco, vènt marin
N..-N. OMaïstràu Tramount
S.-S.-E.. Miejou Siroc

6
15
25
14
31
24

VIGÍLIA — JEUNI
Abriè
(Pasca, 7 Abrièu).
Mai
(Ascensioun, 16 Mai).
Mai
(Pantecousta, 26 Mai).
Avoust
(Assoumpcioun, 15 Avoust).
Outoubre (Toui lu Sant, Ier Nouvembre).
Desembre (Calena, 25 Desembre).
L'AN NADA RELIGIOUSA

LI FESTA MOUBILI E LI FESTA FISSI
Janvt'è
jYlars
1 Circouncisioun.
1 e 2 Quatre Tèms.
6 Epifania (lu Rei).
3 Reminiscere.
13 Bateja de J.-C.
10
Oculi.
14 Sant Noum de Jesu.
17 Lœtare.
fébrié
24 Passioun.
2 Puriflcacioun.
29 Li 7 Doulou.
4 Setuagesima.
31 Lu Rampàu.
6 Festa de la Pr. de N. S.
11 Sexagesima.
Jîbriéu
13 Coum. de la Passioun.
5 Divendre Sant.
18 Quinquagesima.
7 Pasca.
21 Cendre.
14 Quasimodo.
25 Quadragesima.
28 Patrou. de San Joúsè.
28 Quatre-Tèms.

�Setembre
3 Inv. de la Santa Crous.
13, 14, 15, Rougacioun.
16 Ascensioun.
26 Pantecousta.
29-31 Quatre-Tèms.
1
2
6
9
21
24
29

Quatre-Tèms.
Trinità.
Festa de Diéu.
Festa dôu S. Sacramen.
Sacrat-Couor de'jesu.
Natività de S. jouan-Bat.
SS. Peire e Paul.

8 Natività de la Vierge.
14 Esaltacioun de la Crous.
15 N.-D. dei 7 Doulou.
15 San Noum de Maria.
18, 20, 21, Quatre-Tèms.
29 Dédie, de S. Miquèu.

Ôutoubre
6
13
20
27

Sant Rousari.
Maternità de la Sta Vierge.
Puretà de la Santa Vierge.
Patrounage de la S. Vierge.

J/ouvembre

Juliet
2 Visitacioun de la S. V.
7 Precious Sang.
16 N.-D. dôu Carme.

Jîvoust
6 Transfiguracioun.
15
18
25
25
29

Assoumpcioun.
S. Joachim.
S. Couor de la Vierge.
S. Louis.
Decolac. de S. Jouan-Bat.

1
2
3
21

Toui lu Sant.
Lu Mouort.
Santi Relíquia.
Present, de la Sta Vierge.

2&gt;esembre
1 Avent.
8 Imaculata Councepcioun.
18, 20, 21, Quatre-Tèms.
25 Calena.

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l-fi«

�LA

DÉCIMALISATION

DU

TEMPS ET DES

ANGLES

LA MONTRE DÉCIMALE
Par J. de REY-PAILHADE, président du Comité
pour la propagation des méthodes Décimales.
Le Club Nautique de Nice a offert plusieur fois en prix des
montres décimales aux régates'de 1909. Il était utile de décrire cet instrument, d'y joindre des tables pratiques et des
formules à l'usage des ingénieurs, des sportsmen, des médecins, etc. etc.
DÉCIMALISATION DES ANGLES •
Il est aujourd'hui démontré que la division décimale du
quart de cercle facilite tous les calculs.
Les nouvelles cartes géographiques sont graduées exclusivement dans ce système, devenu officiel en France et dans
d'autres pays. On possède toutes les tables pratiques nécessaires à son essai courant. Nous ne nous étendrons pas
davantage sur cette méthode aujourd'hui enseignée dans les
lycées et collèges.
Nous rappellerons seulement que M. l'amiral Germinet,
membre d'honneur du C. N. N., sous la direction duquel on
fit en 1899 et 1900 des essais de navigation avec un matériel
entièrement décimal, a émis un avis très favorable à la
réforme décimale.
DÉCIMALISATION DU TEMPS
La division décimale du jour décrétée le 4 frimaire an II
rendra aussi de grands services à la science et aux sports.
Principe. — On divise le jour entier en 100 parties égales
appelées cés ; le cé est subdivisé en décisés, ceniicès et millicés
Le cé vaut 14m 24s ou 1T4 d'heure environ ; le décicé est égal
lm 26s 4 ou lm Ij2 environ ; le millicé vaut 0S 864 ou 9T10 de
seconde environ.
Concordance des Temps. — On parvient assez vite à dire
instantanément l'heure à 1 ou 2 minutes près en regardant le
cadran d'une montre décimale. Il suffit d'apprendre par cœur
les concordances décimales de toutes les heures.
0,0
0
50,0

4,2
1
54,2

8,3
2
58,3

12,5
3
62,5

16,7
4
66,7

20,8
5
70,8

25,0
6
75,0

�25,0
6
75,0

29,2
7
79,2

33,3
8
83,3

37,5
9
87,5

41,7
10
91,7

45,8
11
95,8

50,0
12
100,0

Les heures sont au milieu, les concordances des heures
du matin en haut, celles du soir en bas. Ainsi 10 heures du
matin valent 41.7 cés (énoncer 41 cés 7 décicés) et 10 heures
du soir valent 91,7 cés.
Gomme 1 cé vaut presque lj4 d'heure et un décicé une mi •
nute 1]2 ; en partant des concordances du tableau, on dit
l'heure instantanément, ainsi 39,9 cés valent 9 h. 36 m. du
matin. Un ou deux jours suffisent pour atteindre ce résultat.

Description de la montre décimale ou cémètre. — Il y a 3
aiguilles centrales se mouvant sur un cercle divisé en 109
parties égales, numérotées de 0 à 9. Le 0 cé est en bas, c'est
l'origine des temps, car on suppose la Terre au centre du
Cadran.
L'aiguille dorée avec un soleil ne fait qu'un tour par jour ;
l'aiguille épaisse en acier bleu tourne 10 fois par jour, et la
trotteuse fine fait 1000 tours par jour.
L'aiguille-soleil montre la position de l'astre du jour par
rapport au méridien de Paris, qui va du centre au chiffre 5.

�10 —
Les quatre traits bleus indiquent les positions de cette aiguille
à minuit en bas sur 0 ; — à tì h. du matin au milieu entre 2
et 3 ; — à midi, en haut, sur le 5 ; — à 6 h. du soir, entre 7
et 8.
L'aiguille dorée du soleil indique le chiffre des dizaines
de cés, 2 sur le dessin ; l'aiguille épaisse donne d'abord le
chiffre des cés, 6 sur le dessin, et en comptant rapidement à
l'œil le rang de la division entre 6 et 7, on voit, que cette aiguille marque 3 décicés. Le temps du dessin est donc 26,3
cés correspondant à 6 h 20 m. du matin environ. L'aiguille
trotteuse donne les millicés 83. Le temps est donc 26,383
cés.
» Pour la vie courante, on n'a pas besoin d'aller au delà du
clécicé. On lit les milticés pour les applications scientifiques
et sportives.
Le temps en millicés lu sur le cêmèire facilite tous les calculs, car on n'a jamais de réductions à faire.
Examinons le problème des vitesses a l'heure : Les millicés multipliés par 0,00024 donne des heures et fraction décimale d'heure. Ainsi Ì2345 millicés valent 12,345 -f- 24 =
2 h. 9628.
Par conséquent si L est la longueur parcourue et M le
temps en millicés, la vitesse est

ou t

+ 4166,66...

Ces quelques exemples démontrent que la montre décimale simplifie tous les calculs sans exception.
Les rapports de MM. les délégués officiels aux essais de
la montre décimale faits à Nice, par le Club Nautique, le 26
février 1911, concluent unanimement à la supériorité de cet
instrument pour les usages scientifiques et sportifs.
M. Prim, astronome à l'Observatoire de Nice, représen
tait M. le \iinistre de l'Instruction publique.
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JANVIE
P.
P.
D.
N.

Q,
L.
Q.
L.

lu 8, à 7
lu 14, à H
lu 22, à 7
lu 30, à 10

SOULÈU.

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—

oura
oura
oura
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21
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L. 8 14' — C. 4 42'

dil. Jou de V An

P. Q.
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SOULÈU,

1
2
3
4
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Lu Rei
6
Dim. S. Lucien
7
dil. S. Apoulinari
8
dim. S. Pèire
9
dim. S. Guiermo
10
dij S. Teodose
11
div. S. Arcada
12
dis. Sta Verònica
13
Dim. S. Ilari
14
dil. S. Maurici
15
dim. S. Ounourat
16
dim. S. Antoni
17
dij. Sta Angela
18
div. S. Sulpici
19
dis. S. Bastian
20
Dim. Sta Agnesa
21
dil. S. Vincènt
22
dim. S. Raymound
23
dim. Sta Jacinta
24
dij. Conv. de S. Pàu
25
div. S. Poulicarpa
26
dis. Sta Devota
27
Dim. Sta Paula
28
dil. S. Francès S.
29
dim.
dim.
dij.
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dis.

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Sta
S.
S.

TRIMESÏRÍ;

Macari
Genevieva
Tita
Simeoun

dim. Sta Marfina
dim. S. Peire N.
En Janvié
Lou païsan n'a ren

lu 6, à 4 oura 28 s.
lu 13, à 11 oura 38 m.
lu 21, à 4 oura 44 ui.
- L. 7 49' - C. 5 30'

dij. S. Ignaci
div. La Candeliera
dis. S. Blasi
Dim. Setuagesima
dil. SS. Vinc.Oronte
dim Sta Agata
dim. Sta Dorotea
dij. S. Romuald
div. S. Jouan-Matha
dis. Sta Apoulounia
Dim. Sexagesima
dil. Sta Eulàlia
dim. S. Gregori
dim. Sta Eufrasia
dij. S. Onesime
div S. Dounat
dis. S. Simeoun
Dim. Quinquagesima
dil. S. Gabin
dim. Dimars-Gras
dim. Li Cendre
dij. S. Silvan
div. S. Maxime
dis. S. Pascase
Dim. Quadragesima
dil. S. Nestor
dim. S. Leandri
dim. Sta Nourina
dij. S. Nymphas

Plueia de febrié
A la terra vau fumiè.

ZDéSTU-S-bez

NICE

MARS
N. L.
P. Q.
P. L.
D. Q.
N. L.
SOULÈU

1
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lu 15,
lu 23,
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7

1 oura 31 m.
0 oura 02 m.
0 oura 59 m.
1 oura 26 m.
1 oura 38 s.
01' — C. 6 13

S. Eudoxia
S. Simplici
Reminisceri
Sta Cunegonda
S. Casimir
Sta Coleta
S. Jouan de D.
Qaatre-tèms
Sta Margarida C.
Ocali
S. Euloge
S. Gregori
Sta Eufrasia
Sta Matilda
S. Acepsima
Sta Gertruda
Lœtari
S. Apien
S. Jôusé
S. Joachin
S. Lea
S. Turibe
S. Armentari
La Passioun
Anounciada
S. Emanuèu
S. Jouan d'Egt,
S. Gountran
S. Eustase
S. Jouan C.
Lu Rampàu

Lou mes de mars
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lu
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SOULÈU.

1 dil.
2 dim.
3 dim.
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5 div.
6 dis.
7 Dim.
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9 dim.
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12 div.
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27 dis.
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13, à
3
21, à 7
28, à 11

—

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oura
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L. 6 06'

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55 in.
37 s.
31! s.
25 s.
C. 6 52'

S. Ugo
S. Franç. de P.
S. Richard
Dijàu Sant
Divèndre Sant
Dissata Sant
Pasca
S. Albert, ev.
S. Azada.
s. Isidoro
s. Leoun
s. Juli
s. Justin
Ouasimoi/ii
Sta Anastasia
S. Frutuous
S. Rodolfe
S. Maxime
S. Anselme
S. Teodoro
S. Adalbert
S. Fidèle
s. Jorgi
s. Marco
s. Clet
s. Antime
s. Aimé

s. Roubert
Sta Catarina d. S
SS. Philip. ,Jacq.

Pichouna plneia d'Abriéa
Bouona récolta pèr l'csliéu

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N. L.
SOULÈU.

TRIMÍÎSTRÈ;

MAI

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lu 5,
2 oura
lu 13, a 7 oura
lu 21, à 10 oura
lu 28, à 7 oura
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C. 7 29'

1 dim. SS. Félip. Jaq.
2 dij. S. Atanase
3 div. In.d.l. Sta Crous
4 dis. SS. Sindonis
5 Dim. S. Pio, papa
6 dil. S. Jouan D.
7&lt; dim. S. Peire
8 dim. s. Gregori N.
9 dij. s. Antounin
10 div. s. Isidoro
11 dis. s. Bounifaci
12 Dim. s. Jouan lou S.
13 dil. s. Pouon, m.
14 dim. s. Pacomo
15 dim. s. Sta Denisa
16 dij. Ascensioun
17 div. S. Pascaù
18 dis. S. Teodoto
19 Dim. s. Pèire C.
20 dil. s. Felis.
21 dim. s. Bernardini
22 dim. s. Julia
23 dij Rogaeioun
24 div. s. Vincen, d. L.
25 dis. S. Urbin
26 Dim. Pandecousta
27 dil. S. German
28 dim. S. Cirile
29 dim. Sta Petronïa
30 dij. S. Sylve
31 div. S. Justin
Au mes de mai
Longui semana

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P.
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L.
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lu 3,
lu 11,
lu 19,
lu 26,

SOULÈU.

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2
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19 dim.
20 dij.
21 div.
22 dis.
23 Dim.
24 dil.
25 dim.
26 dim.
27 dij.
28 div.
29 dis.
30 Dim.

—

à 11 oura 4 s.
à 10 oura SI s.
à 9 oura 51 s.
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2 oura 20 s.
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Trinità.
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Festa de Dieu
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Quatre-tèms
S. Optat
Sta Margarida
S. Barnabe
S. Antoui de P.
S. Basilio
S. J.-F. Régis
S. Moudeste
S. Lambert
Sta Olga
S. Gervai
Sta Juliena F.
S. Louis de G.
S. Paulin
Sta Maria d'O.
S. Jouan-B.
S. Prousper
S. Alban
S. Cresen
s. Iréné.
s. Pèire
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En Jun
De tres abit l'un

Dégustez tous le vrai

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lu 11, à 1 cura 53 s.
Il 19, a o oura 31 m.
lu 25, a 9 oura 12 s.
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dim.
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S. Thierry
Vierg.de li Gracia
S. Anatole
S. Pèire de L.
S. Sisoès
S. Elie
Sta Babeta
S. Efrein
Sta Felicita
S. Pio
S. Jouan G.
S. Gene
S. Jaque
Festa Naciounala
S. Enri
N.D.d.M. Carmel
Sta Marcelina
S. Frederic
S. Vincen de P.
Sta Margarida
S. Vi loiSta Maria-Mad.
S. Apoulinari
Sta Cristina
S. Jaque
Sta Anna
S. Pantaleoun
S. Samsoun
Sta Marta
Sta Giulieta
S. Gnaci de L.

Au mes de Juliet
Ni frema ni coulé.

TBIMËSTRÎ;

I1. Q. lu 2, a 0 oura 29 m.
P. L. lu 10, a 3 oura 58 m.
D. Q. l»i 17, a 1 oura 1.1 s.
N. L. lu 21, a 5 oura 14 m.
IV Q. lu 31, &amp; 5 oura 21 s.
souLÈu, —1.5 or -j&gt;. 8 or

dij.
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5 dil.
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S. Pèire-aï LS. Alfonso
Inv. de S. Estève
S. Domenica
N. D. dei Nèu
Trausf. de J. C.
S. Gaétan
Sta Batilda
S. Camila d. L.
S. Là u ren
S. Septima
Sta Clara
Sta Filoumèna
S. Ousèbi
Asoumpcionn
S. Roc
S. Mamès
Sta Elena
S. Ipoulita
S. Bernar
Sta Chantai
S. Pio V
S. Filipe B.
S. Bartoumiéu
s. Louis, r. F.
s. Seg'oundo
s. Cesari
s. Goustin
s. Mederic
Sta Rosa
S. Fiacre

F.n . ivoast
Figa e moust

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SBTÈMBRE
P. !.. lu 8, a' 4 oura 57
D. Q. lu 15, a 6 oura î&gt;l
N. L. Ju 22, a 3 oura 37
P. Q. lu 30. a 0 oura 08
SOULÈU. - - 1. 5 47V— c.

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dim.
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Dim.
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S. Gili
S. Estève R.
Sta Eufemia
Sta Rosalia
S. Làuren J.
S. Pambon
S. Grat
Natiu, di' la V.
S. Oumer
S. Xicola
S. Félis
S. Veran
S. A nié
Es. (1. l.S. CtQUS
S. Nicomède
S. Conrneilla
S. Lanbert
S. Tournas V.
S. Janvié
S. Euslache
S. Matiéu
S. Maurici
Sta Tecla
S. Girar
S Firmen
S. Nil
S. iN'icandre
S. \\ inceslas
g. Miquèu
S. Jeromo

Lima setembrina
De mai clarina

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GRANDE MARQUE RECOMMANDÉE

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lu 22,
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oura 09m;
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TRIMESTRE

NOUVÈMBRE
P. L. lu
6,
D. Q. lu 43,
N. !.. lu 20,
Q.
lu 29,

r.

SOULÈU. - -

1.

a
a
a
a

4 oura 48
8 oura 20
9 oura 49
2 oura 42
14'

—

c.

5 03'

1 dim. Rosari
1 div. Tout lu Sant
2 dim. S. ■ Léger
2 dis. Eu Mouorl
3 dij. S. Rosari
S. Ubert
4 div. s. Francès d'A. 43 Dim.
dil. S. Carlo B.
5 dis. s. Placido
5 dim. Sta Bertila
6 Dim. s. Bruno
6 dim S. Leounar
7 dil. s. Serge
dij. S. Nestou
/
8 dim. Sta Reparada
8 div. Lu Quatre Incou.
9 dim. S. Denis
9 dis. S. Teodore
10 dij. s. Francès B. 10
Dim. S. Jacintou
11 div. s. Tarasco
11 dil. S. Martin
12 dis. s. Counrad
12 dim. S. René
13 Dim. s. Edouard
13 dim. s. Stanislas
14 dil. s. Calisio
14 dij. S. Pantena
15 dim. Sta Teresa
15 div. Sta Gertruda
16 dim. S. Ospici
16 dis. S. Edme
dij.
17
Sta Edvija
17 Dim. S. Gregori
18 div. S. Luc
18 dil. S. Alfè
19 dis. S. Pèi re
19 dim. Sta Babeta
20 Dim. S. Agrico)
20 dim. S. Edmon
21 dil. Sta Ursula
21 dij. Présent, de la V.
22 dim. S. Filip
22 div. Sta Cecilia
23 dim. S. Teodoret
23 dis. S. Clemen
24 dij. s. Mairloire
25 div. ss. Crespin-Cr. 24 Dim. Sta Flora
26 dis. s. Jouan de K. 25 dil Sta Catarina
26 dim. Sta Pel fina
27 Dim. s. Frumence
27 dim. S. Maxime
28 dil. s. Alfredo
28 dij. S. Sostène
29 dim. s. Narcisse
29 div. s. Saturnin
30 dim. s. Marcel
30 dis. s. Andrièu
31 dij. s. Siri
En ùuloubre
\loii ponorc goûta loti rùare

Tonssan ientra
St A n'driéu lou souorte

« wmmm

DESÈMBRE

s.
m.
s.
ru.

JACK

P. L .
D. Q.
N. L.
P. Q.

lu 6,
lu 12,
lu 20,
lu 28,

SOULÈU, -

1
2
3
4
5
6

i*.

Dim.
dil.
dim.
dtm.
dij.
div.
dis.

8 Dim.
9 dil.
10 dim.
11 dim.
12 dij.
13 div.
14 dis.
15 Dim.
16 dil.
17 dim.
18 dim.
19 dij.
20 div.
21 dis.
22' Dim.
23 dil.
24 dim.
25 dim.
26 dij.
27 div.
28 dis.
29 Dim.
30 dil.
31 dim.

1.

a
a
a
a

3 oura
m.
6 oura 46 s.
4 our;i 40 s.
7 OUI;L 48 s.

7 54' — c.

A vent
Sta Bibiana
S. Francès X.
Sta Barba
S. Bassi
S. Nicola
S. Anbrosi
Imac. Conception
Sta Leoucadia
Sta Eulàlia
S. Damase
Sta Rosélina
Sta Lucia
S, Niçoise
S.
S.
Sta
S.
S.
S.
S.

Mesuiin
Adon
Olimpíada
Gatien
Ciprian
Filogone
Tournas

S. Onourat
Sta Vitòria
Cacha-fuec
Calèna
S. Estève
S. Jouan
SS. Inoucent
Sta Eleonora
S. Sabîn
S. Sàuvestre

Calena aufuec,
Pasca àu j'aèc.

sin -

GRANDE MARQUE RECOMMANDÉE

4 35

�- i6-

�- 17

-I

CROUNICA NIÇARDA
L'ABADÏA DE SAN POUON.— L'ABAT RANCE-BOURREY.
GLOFFREDO.

—

—

PÈIRE

A PREPAU DOU DIALETE NIÇART.

Ben qne pareissènt tardié, VArmanac Niçart s'empressa de
pourtà la siéu febla vous su tout cen que enteressa lou païs, sigue
au pounch de vista istoria loucala, pouesia, tradicioun, sigue
tamben su la taquinanta questioun dóu dialete niçart souvenri
fès pauvada e su la quala lu escritour mouderne soun luen d'estre
d'acordi.
Parlerai finda de M. l'Abat Rance-Bourrey, un beneditin qne
despi quauque an en ça mete à prouflt la siéu erudiciou n a nen
revelà de fach d'istoria inedieh. Se quauqu'un mérita d'estre
laudat es ben éu ; es en éu que VArmanac Niçart tressa la
pamoula de sapiença. En esprimant la nouostra recounouissença,
à l'Abat Rance-Bourrey, fen cen que touplen an denembrat,
vouoli dire de courounà lu siéu travail, frucha de ben de recerca,
dai quali obra sian fier d'avé prestat la prima ajuda. Pouden cità :
lou Discours sur le Monastère de Sainte-Claire de Nice, par Honoré
Pastorelli, publié d'après l'édition originale de Turin 1608, avec
une introduction et des notes ; — "Le Général J.-B.-M. D'Anselme" (Notices biographiques (1740-1792). E aquest'an
l'istorien nen douna — toujou de prima man — YExpulsion de
Mgr Valperga, evesque de Niça, au tèms de la Revoulucioun,
travail anoutat de peça curiouvi que sian urous de pouder metre
souta lu uès dei nouostre letour.
*
* *
Lou fach de l'annada, lou mai marcant, es estat aquéu de
l'Abadïa de San Pouon. Parlon de tout destruge pèr li basti an
siéu luec un espitau Pasteur... UArmanac Niçart es pas Penemic
dóu prougrès, ni men encara dei Bei-Art, ma si fa lou pious dever
de jougne lu siéu esfouors en aquelu dei siéu councitadin quo
l'istoria dóu passat passiouna, pèr que l'Abadïa de San Pouon
sigue counservada e classada couma mounumen istorique. En la
circonstança feliciti M. l'Abat Rance-Bourrey que mé rasoun s'e.s
demoustrat l'ardènt defensour autourisat que counouissen. La
siéu paràula es estada escoutada e lou Préfet de li Alpa-Maritima,
8

'

�— i8 M. de Joly — respetuous dei nouostri tradicioun — en ortie
avertit a proumès que l'Abadïa de San Pouon seria respetada e de
lèu si crusià pèr lou siéu classamen tra lu mounumen istorique.
Dóu resta vequi ce que l'Abat Rance Bourrey nen di su San
JPouon. Counsignen religiousamen li siéu paràula :
« L'Abbaye de Saint-Pons est le plus ancien monument relitgieux existant dans le Comté de Nice. Il y a dou^e cents ans que
sSiagrius y fonda un monastère. L'histoire de ce monastère est
jintimement liée à l'histoire religieuse, civile et économique de la
iville de Nice.
;
« Ce fut à Saint-Pons qu'en 1388 fut'signé l'acte réunissant
le Comté de Nice au Comté de Savoie. Les abbés de Saint Pons
ifurent pris dans les principales familles du Comté : les Badat, les
tLaugery, les Provana, les Lascaris, les Grimaldi, les Martelli, les
;Tournefort, etc. Plusieurs évêques de Nice furent abbés de Saint[Pons, en particulier Barthélémy Chuet (fin du xve siècle) et Jean
, Uriole, son successeur. Un autre abbé, Claude de Seyselle, fut
,évêque de Marseille, puis archevêque de Turin ; d'autres furent
cardinaux, tels Innocent Cibo, neveu d'Innocent VIII et de
f
;Léon X, et Paul Medeci de Cesis dont on voit encore l'inscription
(funéraire à Sainte-Marie-Majeure, à Rome.
:
« A la fin du xvir siècle, l'abbé de Saint-Pons était Pierre
•Gioffredo, le savant historien niçois. Enfin, un abbé de SaintiPons dont les Niçois n'ont pas encore perdu le souvenir, était
(l'abbé Spitalieri de Cessole qui a doté sa ville natale d'un établissement de bienfaisance si justement apprécié. La plupart des
pbbès de Saint-Pons et plusieurs évêques de Nice ont été enterrés
dans l'église ou sous le cloître et dorment aujourd'hui confondus
avec les moines leurs frères qui depuis dix siècles y sont enterrés.
« Les monuments funéraires ont disparu. Le temps a tout
(nivelé à Saint-Pons, singulièrement aidé cependant par la main
ides hommes. On connaît les dévastations commises par
Iroupes de François Ier et de Barberousse, plus tard par celles d
Catinat et par d'autres encore. Après chaque désastre, SaintPons a retrouvé une nouvelle vitalité et il y a à peine trois quarts
de siècle que Mgr Galvano y a fait d'importantes réparations.
;
« Saint-Pons n'est pas seulement une page de l'histoire de
notre pays, c'est un gros volume de cette histoire ; les Niçois
laisseront-ils dire qu'ils sont restés indifférents devant le danger
qui menace Saint-Pons ? Non, ils feront tous leurs efforts pour

�— 19 -

sauver de la destruction un monument qui doit leur être cher...
Je demande d'urgence le classement de l'Abbaye de Saint-Pons,
c'est-à-dire de l'Eglise et des bâtiments claustraux, comme monument historique. »
Lou councours de YArmanac Niçart es aquist. Emé fiertà e
au près de touplen de sacrifici faren respetà l'istoria dóu passat,
la lenga e lu escrich dei orne qu'an ilustrat lou nouostre bèu
pais.
*
* *
Despi quauque tèms, — maladia que reven per intermitença,
— la gran questioun de la grafia niçarda, de l'ourtougrafa, es
messa su lou tapis. De letra soun estadi publicadi, d'autri lou seran, e cresi qu'après ben de charra pèr dire pas gran cauva de
nóu, quasi dirii pèr predicà dintre lou Desert, noun restera
d'aquela discussioun, — Favén déjà coustatat, — pas gran cauva,
ren!... Cadun escrèu à la siéu moda seloun l'esprit dóu moumen,
e serii ben curious de counouisse aquéu que vendria nen dità
une metoda en nen dïen : « la mièu maniera d'escrièure lou
Niçart es la bouona». Discussioun scientifica que pòu passiounà
quauque lenguista, pas mai ; lou mihou es d'escrèure seloun li
letra ditadi pèr la prounouncia. Lou talènt pèr aquéu qu'escrèu
es de si laissà liège, de si faire acapi. Es qu'en en un entan que
frecuenta l'escola primària poudès li demandà autra cauva ?...
Perta de tèms que tout acò, vourria mai s'engenià à recercà lu
viei mot, espressioun, loucucioun courenti que la pous dóu tèms
a rabaïat, dounà au nouostre bèu dialete la coulou que dèu avè,
en respetant lu emprunt que pouden avè fach sigue à l'Italian, à
l'Espagnòu o à tout autre...
Un dialète noun dèu pas estre une lenga scientifica, encara
m en noun còu avè la pretencioun que sigue ouficiela, seria temerari ; lou dialete d'un païs dèu refletà lou caratere d'un'epoca que
lou tèms dèu respetà, enfin escrèure gramaticalamen, un noun
empedisse l'autre, e laissà à l'esprit, au goust lou coumplemen
d'un stile ouriginal, en de frasa councisi que flaton i'auriha.
Aquí fermi la discussioun, risqui de perdre la civada... l'an
que ven, se Diéu mi presta vida, v'en dirai d'autri e couma
d'usança que mi sigue permès de la vous souvetà : Bouona e
uroûva !
L'ARMANAC

NIÇART.

�20 —

LA CIGALA DOU BOUON DIEU
Una cigala dóu Bouon Dieu
Tout l'estiéu
E l'iver en la chambreta, —
L'aiguesias vista la lebreta ! —
Noun vivïa que d'amour
S'assetava su l'ounour;
La cigala cantarela,
Vau chanja de clientela,
Noun es courta d'amatour,
Que li viron tout au tour !
Ma l'ancien de la cigala,
De gros mot ven que s'embala ;
En l'auriha de la maire
Li ven tout aquéu bousin,
Que deja toui lu vesin
Sabon lou long de l'afaire
— Cenqu'as fach m'au tiéu tip ?
Di la maire enrabiada...
Bella Vierge encourounada !
Sera au mancou m'un bouon rie!!...
CH. CIAUDO

PROUVERBI, BOUOI MOT, COUNSÉU E DICH
Tèms d'iver noun ti fidar.
Lu màu dei enfan si garisson soulet.
Cau naisse pèr estre bèu, si maridar pèr estre rie, e mouri
pèr estre brave.
Per aver de raïn, eau caressar la souca.
Agnèu naissut
Vau un escut.
Dansa mihou ventre plen que rauba nova.
L'oumbra dou mèstre engraissa lou cavau.

�LOU MAGOT DE BERTOUMIÉU ISSUGA
O BEN

UNA RAISSADA DE MACAROUN
Conte menloanasqae trouvât dintre d'un armori
de ma nana e que /'Armanac Niçart es tirons de
transcrièure en niçart à Ventencioun dei sièu
fidèle lotour et lelrissa.

Bertoumiéu Issuga, mentounasque de viéia roca, abitava en
coumpagnia de sa mouhié, en carriera dóu Paumoulié. La siéu
frema, malurousamen, era sirnplaria e faia lou siéu desespoir.
Cada matin Bertoumiéu, avant de s'en anà au travail, li recoumandava de noun faire de bestialità. Cou vous dire que toui lu
dissata lou nouostre ome metia en un'armari pertuat dintre la
muraia lou gagne de la semana.
— Bertoumiéu ! pèr qu seria tout aquel argen, demandava
Marioun au siéu marit.
— Es pèr Madjou-long, castagnassa !
*
* *
Un jou Bertoumiéu partet pèr anar à la siéu campagna ;
devia même li restar doui ó très jou pèr souïnar e arousar lu
citrouniè. Marioun souleta matin e sera, s'assetava su lou banquet de la pouorta e faïa de bas... Un predinà veguet un ome
de statura mai que mejana, couma si di, un gran carcan. La
frema de Bertoumiéu lou fissa sensa parpelear, pi pihada d'un'
idea, li diguet :
— Moun bèu Moussu, sias bessai vous Madjou-long ?
Lou merlo pita e noun s'en laissa dire autre, léu li
respouonde :
— Noun vous troumpas pas, bella bruneta, sièu ièu Madjoulong !... Ma perqué mi faire tala demanda ?
Perqué ?... dou moumen que sias Madjou-long, intras su lou
cóu. Li a ja pas mau de tèms que moun marit a mes d'argen
amagat pèr vous...
E sensa mai de ceremounia li remeté lou mandiou dintre lou
quai lu sóu eron groupât. L'ome remercia e la s'esbigna lèu.
♦

* *

�Lou sera, Bertoumiéu arriva, la sièu mouhié li di.
— Sabes, ai vist ancuei Madjou-long !
E l'ome de cridar :
— Malurousa ! — m'en a fach encara una 1
Courre à l'armari, lou mandiou e Pargen, mouis !... Issuga
blastema pica dai pen, es décidât de si desiaire de la siéu frema
Lendeman, dóu téms qu'aissesta durmïa, li cuerbe lu uès emé de
pega de sabatié, pi la pihant pèr la man, la mena dapé dóu CapMartin. Arrivât aqui, Bertoumiéu fa mountar Marioun su d'un
nouguié el'abandouna. La paura, bòrnia, noun sabia doun si
trouvava, ni men encara ce que poudia faire.
En aquéu fra-tèms doui voulur venon s'assetar souta
l'aubre ; après aver abrat quauqui branca sequi pèr s'escaufar, pi
si meton à cuentar lou siéu argen.
La calou faguet delegar la pega que curbia Puès destre de
Marioun e aissesta de cridar :
— E d'un !
Lu voulur, d'estuc, s'isson d'emblée.
— Qu'es acó, diguet l'un.
— Un matagan, faguet l'autre.
La calou seguia á faire lou siéu efet pau à pau durbia Puei
senec.
— E de douî, diguet Marioun.
Dóu cou lu voulur escapon, laissant Pargen espantegat soubre
Perba.
Marioun coumença à li veire clar, cala da l'aubre e ramassa
Pargen, pi lèu s'en camina vers maïoun...
Lou sièu marit, pensierons, era assetat dapè dóu fuec, s'escaufant, fumant la sièu pipeta emé beatituda...
— Bertoumiéu !... o Bertoumiéu !... duerbe-mi, siéu iéu,
Marioun...
— Vai au diàu que ti pihe... ièu que cresii de m'en estre
despegouït...
Ma Marioun, toujou picava, un cóu noun asperava l'autre...
L'ome fenisse per li durbi...
— Ten ! regarda cen que ti pouorti.. . e Marioun pauva lou
sac su lou toulié. ..
Bertoumiéu, entartugat, cuenta Pargen e réfléchisse ; — Marioun es simplaria e deman la vila saupra Pistoria de la fouré . ..
Cóu que Bertoumiéu si dispegouïsse pèr empedi li marridi lenga
de bavar...

�— 23 —
Si mete la vesta, lou capèu e souorte fermant la pouorta i..
Faïa nuech dintre la carriera, ma sensa pena s'encamina
vers una boutiga e croumpa pèr mai de dès kilo de macaroun...
Ientra au sièu e di à la sièu mouhié de si metre au liech.
En tant que Marioun durmïa, Bertoumiéu fa bui lu macaroun, pi lu espantega su lu aubre dóu jardin... Lendeman de
matin la siéu frema, desveiada, si mete à la fenestra...
— O ! Bertoumiéu ! Bertoumiéu ! Vene un póu veire!... O
trest ! vè, a plougut de macaroun !...
— O vai fantauma !... n'as toujou una. .. Ten ! ten !... ma
es ver !...
*
* *

A quauque tèms en ça, Bertoumiéu l'avia previst, Marioun
countet à toui que lou siéu ome noun li picava plus, despi lou
jou qu'ela li avia pourtat de sac plen d'escut...
Lou juge aiguent audit parlar de l'afaire, mandet sounar
Bertoumiéu devant lou tribunal ; la siéu mouhié era estada
citada couma testemoni.
Lou juge. — Bertoumiéu, sias acusat d'aver gardât d'argen
que noun era vouostre.
— Iéu !... Ma moussu lou juge, lou negui ; sièu couma
sabès un travaiadou.. .
E Marioun de dire.
— Noun negar, Bertoumiéu, sabés ben qu'es ver ; es iéu en
persouna que t'ai pourtat la mouneda, qu'avii trouvât en la
fouré.. .
Lou juge. — Anas brave ome, noun negués.. .
— E quoura lou m'as pourtat ?... — Vous juri, Moussu lou
juge, que la miéu frema es fouola !...
— E lou sabes ben, Bertoumiéu, es lou jou que plouguet tant
de macaroun !
— Moussu lou juge aves jamai vist ploure de macaroun ?...
— Jamai ! moun beL amic respoundet lou juge que si tenia
lou ventre dóu rire — Amie, vèu que la vouostra frema es
fouola. .. sias aquitat !...
Bertoumiéu si retira emé Marioun... Noun aigueron plus
de disputa e vieugueron, pareisse urous e pèr longtèms !...
J. E.

�CANSOUN ANCIENNA

PÈR LOU

N'aurias pas vist la miêu fiha
Trin-trin
Lou galerin
A'aurias pas vist la miêu Jiha
Trois-wtrois
Le fils du roi
L'ai vista e l'ai baïada
Trin-trin
Lou Galerin
L'ai vista e l'ai baïda
Trois-trois
Le fils du roi.
Douna-mi la miêu fiha
Trin-trin
Lou galerin
Douna-mi la miêu fiha
Trois-trois
Le fils du roi.
Es aqnela la vouostra fiha
Trin-trin
Lou galerin
Es aqaela la vouostra fiha
Trois-trois
Le fils du roi.
La miêu fiha era pas lernia
Trin-trin
Lou galerin
La miêu fiha era pas lernia
Trois-trois
Le fils du roi
La miêu fiha era pas lua
Trin-trin
Lou galerin
La miêu fiha era pas lua
Trois trois
Le fils du roi.
N'es ni guercia ni poutinouva
Trin-trin
Lou galerin
N es ni guercia ni poutinouva
Trois-trois
Le fils du rois.

MAI

�La miéu fiha n'es pas borni a
Trin-trin
Lou galerin
La miêu fiha n'es pas bornia
Trois-trois
Le fils du roi.
Noun faïa pas belugueta
Trin-trin
Lou galerin;
Nonn faïa pas belugueta
Trois-trois
Le fils du roi.
La miêu fiha n'es pas emberrida
Trin-trin
Lou galerin
La miêu fiha n'es pas emberrida
Trois-trois
Le fils du roi.
La m iéu fiha n'es pas pigada
Trin-trin
Lou galerin
La miêu fiha n'es pas pigada
Trois- trois
Le fils du roi.
La miéu fiha noun es pas ranga
Trin-trin
Lou galerin
La miéu fiha noun es pas ranga
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha noun es pas louorla
Trin-trin
Lou galerin
La miéu fiha noun es pas touorta
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha n'es pas crouoada
Trin-trin
Lou galerin
La miéu fiha n'es pas croavada
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha n'es pas gibouva
Trin-trin
Lou galerin
La miéu fia n'es pas gibouva

�— 26 —
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha noun es foularana
Trin-trin
Lou galerin
La miéu fiha noun es foularana
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha n'es pas ingourda
Trin-trin
Lou galerin
La miéu fiha n'es pas ingourda
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha a pas lou peu de pi g nu
Trin trin
Lou galerin
La miéu fiha a pas lou peu de pig nu
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha noun es narvelouua
Trin- trin
Lou qalerin
La miéu ûha noun es narveloiwa
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha noun a la rougna
Trin-trin
Lou galerin
La miéu fiha noun a la rougna
Trois trois
Le fils du roi.
XXX.

PROUVERB1, BOUOI MOT, COUNSÈU E DICH
Qu duerme ben noun cregne li niera.
Qu vè pissar e noun pissa, crêpa de malícia.-'
Qu douna soun ben avan de mouri
Mérita de pati.
L'amour es lou paradis dei fouol.
L'amour es .la flou de la jouinessa.

�LA MOUORT DAU PAURE TOUNIN

Lou paure Tounin, malàut a setant'an, si presenta à l'espitàu
ma li respouondon que li a plus de plaça.
— Coumplet ! ! !
Quauqu'un li fa capi qu'em'un pau de proutecioun li pourria
intrar. Countrariat dei pas que cóu faire, Tounin vira lu taloun e
s'encamina vers la plaça Massena, piha lou tram, si rende da
Graugnard, à l'espitàu dei can, e li di :
— Moussu lou Veterinari, cresi d'estre un pau mai qu'un
can ?... En aquéu cas souîna-mi...
— Vous souînar aici, ma brav'ome perdés la testa. — Basta,
li di que n'a pas de liech pèrcourcar un crestian, que noun douna
de souin qu'ai bestia !...
Tounin, couma pensas, s'en souorte m'au couor gros e noun
sau plus à que sant si recoumandar. Era aqui au mitan dóu
camin, quoura en aquéu moumen arriba un landau, doun cala
una grossa dama, encapelada, aurias dich un ver foungi, segada
d'un varlet que pourtava religiousamen un can enfeloupat emé de
favour rosa au couol, tapat d'un tapis em'ai iniciala. En veèn
aquéu tablèu lou paure Tounin si lamenta, sangluta fouort.
— Qu'avès lou miéu brav'ome, li di la dama.
— Cen qu'ai Madama ?... trovi que lou vouostre can a mai
de chança que iéu. Li a cinquant-cinq an que travaii, pèr la premiera fès que siéu malàut, noun soulamen mi refuson à l'espitàu
dei estre uman, ma encara mi vèu picar la pouorta au nas èn
aquéu dai can.
— Quevoulès, lou miéu paur'ome, ai fach un vout de mimetre
à la Soucietà Proutetriça dei Animau, de pourtar touti li miéu
ecounoumia à la Caissa de secours pèr soulajar lou sort dei bestia.
Lou fau talamen ben, que vouguessi ben vous dounar un sóu
que pourii pas.
La dama li vira l'esquina e ientra couma un coupa-cisèu da
Graugnard. Tounin roumougna :
— Se ti veguessi en un cantoun ti dounerii mancou un gotou
d'aïga !... vièia sansuga !...
Tounin estrassinat, deble s'alonga un pau plus en là, su d'un
mouloun de peira. Quauqui oura après, couma soufrisia, n'ai-

�guènt ren en l'estomegue depi l'auba, coumençava d'aver lou
rangouioun, quoura passet un canipiè que li diguet :
— Que fès aquí, brav'ome ?
— Couma veès siéu aqui pèr tirar lu patoun. M'an refusat â
l'espitàu, même en aquéu dai can, noun mi resta que de mouri
su d'un mouioun de peira. — Avès un carnet su lou quai enregistras lu fach dóu jou, farias ben de li aloungar lou miéu testamen que poudès mentuar couma acô :
— « Bouon Diéu, se mi fes passar encara une fes sur la terra,
fe-mi naisse can au mancou, li aura une Soucietà Proutetriça dei
Animau que si crusira de iéu e pourrai estre amès en un espitau,
estre souïnat, faire bouona vida, menar une vida de can... »
ANT. ROLAND.

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VIGNE
A M. VALÉRE BERNARD.

Dans le ciel doux la Vigne ètreint les pals de buis.
Sous le pampre le merle alourdi des falernes
Tourne son col gris vair et ses paupières lemes
Qu'argenté la blancheur des immuables nuits.
O / fraîcheur, 6 beauté des Igs et des iris,
Que la Vierge éblouie avec les marjolaines
Cueille le soir venu aux vasques des fontaines
Pour colorer en fête, au crépuscule, l'Euis.
Narcisses, ébeniers, œillet et sensitive
Ah ! Versez en mon âme attiédie et pensive
L'orgueil qui souleva les clairs olympiens.
L'amour qui rafraîchit les Madones pieuses
Et qui vêt de clarté les snls athéniens
Et les ravissements des époques heureuses.
JEAN

PADOVANI.

Quauque souvèt :
Vous souveti la bouona annada.
Que siegue mihau que la passada.
Vous souveti la bouona annada acoumpagnada de touplcn
d'autri.

�Eglises et Chapelles de Nice
La vieille ville de Nice se trouvant sur la rive gauche du
Paillon, pour parler de ses églises, nous commencerons par son
église cathédrale, Sainte-Réparate, vierge et martyre, de celles du
canton Est, et en traversant la rive droite nous nous occuperons des paroisses du canton Ouest.
I. — L'Eglise Cathédrale du Diocèse de Nice est la paroisse
de Sainte Réparate, vierge et martyre, sous l'empereur Decius en
253. Sa fête est le 8 octobre. Cette église est au centre de la vieille
ville (8.500 âmes), Avant 1531 la Cathédrale était près du Donjon, plateau de Nice, et dénommée : Sancta Maria in platea,
dédiée à N. D. de l'Assomption. L'édifice actuel, dans son genre,
ressemble beaucoup à Saint Pierre de Rome, au Vatican. C'était
auparavant une simple église paroissiale
desservie par
les Bénédictins du Monastère de Saint-Pons, près Nice.
Dans son ressort se trouvent l'ancienne église de Saint
Jaume (Saint Jacques apôtre), jadis des P.P. Carmes, fermée
depuis 1903. Après le transfert du titre de paroisse à l'église de
Saint Juste, évèquc, au Gesu, elle fut placée sous la vocable de l'Annonciation de la Sainte Vierge, ainsi que la belle Eglise de la
Miséricorde, sur le Cours Saleya, jadis de Saint Gaétan, fondée
e
par les P.P. Theatins au XVIII siècle et cédée à la noble
confrérie des Pénitents Noirs.
La Cathédrale de Nice, paroisse Sainte-Réparate de nos jours,
fut comme l'ancienne au Donjon du Château {Sancta Maria in
platea), le théâtre de plusieurs f lits historiques mémorables dans
les annales de l'histoire de Nice.
II. — L'Eglise de Saint Jacques, an Gesû, dès son érection
en 1612, dédiée à Saint Juste, évêque. Sa fête est le 2 septembre.
En 1665 fut érigée en paroisse sous le titre de Saint Jacques le
Majeur, remplaçant la paroisse de Saint Jaume. On l'appelle
vulgairement le Gesù à cause qu'elle a été fondée et administrée
par les P.P. de la Compagnie de Jésus.
Appartiennent à cette paroisse les deux chapelles des confréries des Pénitents Blancs, la Sainte Croix, — confrérie la

�óo —
plus ancienne de Nice, — et des Pénitents Rouges, Saint Suaire
et de la Sainte Trinité ; l'Eglise du Couvent de là Visitation,
la chapelle de l'ancien séminaire, à la montée du Château, et
jadis l'Hospice franciscain avec chapelle de Saint Joseph des
P.P. Recollets de Cimiez, convertie en maison particulière.
L'Eglise du Gesù est d'ordre corinthien composite, cons truite sur le modèle de l'Eglise des Jésuites de Turin, dite
vulgairement les Saints Martyrs. ( 10.000 âmes).
A l'extrémité de la rue du Malonat, aux racines de l'ancien
château, on voit un oratoire à la Sainte Vierge Marie, sous le
titre de N. D. du Bon Secours. Les habitants de ce quartier érigèrent cet oratoire en l'honneur de la sainte Vierge, en reconnaissance du choléra en 1854.
III. — L'Eglise paroissiale de Saint Martin Evéque dite de
Saint-Augustin est la plus ancienne, elle fut bâtie sur l'emplacement de l'ancienne chapelle de Saint Martin (1205) et appelée
Saint-Augustin parce qu'elle était desservie par les Augustiniens
dont le couvent a été transformé en caserne. (Caserne Filley, près
l'ancienne chapelle Sincaire).
IV. — L'Eglise de Saint-Francois-de-Paule a été édifiée en
1736 d'après le plan de l'architecte
Guarini. En 1838
elle fut érigée en paroisse par décret de Mgr Galvano et appelée
aussi Saint-Dominique en souvenir de l'ancienne église paroissiale
de ce nom qui s'élevait sur la place Saint-Dominique aux lieux et
place de l'actuel Palais de Justice.
V*— L'Eglise du Port ou de l'Immaculée Conception. D'humble
origine. D'abord ce fut une fort modeste chapelle (1835), transformée agrandie par Mgr Galvano, et l'avocat théologue L. Mari
fut son premier curé..
VI. — L'Eglise Saint-Joseph nouvelle paroisse depuis 1911 la
première pierre fut posée le 19 mars 1911, bénie le 29 octobre et
ouverte au public le Ier novembre 1911 sous le patronage de Mgr
Chapon et dirigée par les soins de M. l'abbé Gabrielli.
A cette paroisse appartiennent la chapelle succursale de Saint
Joseph contigüe à l'Evêché, et la chapelle de Notre-Dame des
Anges sur l'ancienne route de Villefranche.
VIL — Saint-Roch. Cette église paroissiale dans la banlieue
de Nice fut érigée après la peste de r68r. Nice fut délivrée de ce
fléau par l'intercession de saint Roch, confesseur, né et mort à

�- Si Montpellier. La paroisse est divisée en deux quartiers, Roquebillière
inférieure et Roquebillière supérieure, jusqu'à la chapelle de NotreDame de Bon Voyage.
VIII. — Rive droite du Paillon, intra muros, se dresse Notre Dame du Vau, paroisse Saint-Jean-Baptiste, qui remplace l'an
cienne église du même nom devenue chapelle inférieure du Lycée.
Cette belle église, vœu delà ville de Nice en 1835, mt érigée en
1842 et terminée en 1852 par Mgr Galvano, évêque de Nice.
La façade ressemble à celle élevée à Turin en l'honneur du retour
du roi dans les états Sardes en 1814.
IX. — Saiiit-Pierre-d' Aréna remplace une chapelle située à la
Croix de Marbre. Elle fut érigée en paroisse en 1803 par Mgr
Colonna d'Istria. Elle doit son nom à ce fait, c'est que lors de sa
fondation elle se trouvait sur le rivage de la mer séparée par une
bordure de sable fin.
X. — Une ancienne chapelle de Sainte-Hélêne-l'Inspiratrice
existait dans ces parages. Elle fut remplacée en face la mer par
une église sous l'épiscopat de Mgr Recrosio (1727).
Six paroisses « extra muros » dépendent de la commune de
Nice.
Sainte-Marie Magdeleine, sise dans le vallon de Magnan, édifiée sur l'emplacement d'une chapelle de même nom, érigée en
1626 et dite vulgairement chapelle « dei cassaire » à cause du
grand nombre de chasseurs. Après le concordat de 1803 sous
l'épiscopat de Mgr Colonna d'Istria, ce quartier qui depuis 1771
dépendait pour le spirituel de la cathédrale fut érigé en paroisse.
Il existe encore aujourd'hui une chapelle de Notre-Dame du Bon
Conseil changée en demeure particulière . Bientôt le besoin de
la population augmentant, une église sera bâtie à la cité Robiony
par les soins du curé actuel de la Madeleine.
Plus à l'est de la ville, toujours dans le canton ouest ce
l'Arquet, se dresse la paroisse de l'Ariane dédiée primitivement à
saint Arnoux, évêque et à saint Pierre, apôtre. Elle fut érigée en
paroisse en 1809 sous l'épiscopat de Mgr Colonna d Istria. Dans
son ressort se trouve l'ancienne chapelle nécropole de l'Abbadie
fondée en 1635 en l'honneur de sainte Claire pour le besoin spirituel de 450 à 500 habitants qui appartiennent aux communes
de Nice, Cantaron Saint-André. Localité d'avenii et à laquelle
le chemin de fer Nice-Coni donnera une valeur stratégique.

�— 32 —
Gairaut avait au moyen-âge une chapelle de secours desservie
par les religieux chevaliers de l'ordre du temple au début, et par
la suite de Rhodes et de Malte. Sous l'épiscopat de Mgr François
Rosini de Martinengo la chapelle fut érigée en église paroissiale
sous le vocable de saint Sauveur o*u de la transfiguration du
Rédempteur.
Dès 1730 les P. Dominicains de Nice fondent à Saint Pancrace un sanatorium pour religieux martyrs avec chapelle en
l'honneur de Saint Pancrace martyr. Cette chapelle est érigée en
paroisse en 1848 par Mgr Galvano.
Sur le couchant de Saint-Pancrace on trouve la paroisse de
saint Roman . martyr ; l'ancienne chapelle fut érigée en paroisse
ainsi que celle de saint-Antoine de Ginestière en 1803 sous Mgr
Colonna d'Istria.
VALENT IN.

NOU VÉ
Tu Çatarina fai lou pan.
Mdumen de jota, d'alegressa,
Fes audi da toui lu couor :
Lu ange canton l'alegressa,
Fuges l'infer, Juges la mouorl.
Chntou !
L'aarika sabla, li a quaucaren aici vesin,
Sembla que senti li joia d'un festin ;
Audi lu tambourin de laen,
Lu Jlajoulet e li musela,
Lu pastre van à Bethelen
Laisson la cabana soaleta ;
Santo nuech, venes aléa nen ralegrà,
Pourtas à toui la pax et la tranquilità !
Tu Catarina fai lou pan,
Manda Lucrecia au safran,
Despende aléa lou lauvaniè,
Chapla la blea su lou taatié ;
Crala de froumai e roumpe d'iiu
E fai la iourta couma fou,
Ché n'aiguen toui en aboundança (bis)
Santa nuech, venes alèu nen ralegrà,
Pourtas à toui la pa.x e la tranquilità .'
En tant faguen etnb'au vesin
t ua santépér lou Bambin,
Toucan lou gotou de bouon vin,
Ernb'aa vesin pér lou Bambin
Ti-ri-tin-tin ! -tinTi-ri tin !

�— 3Î —

L'Expulsion de Mgr Valperga
fEN SEPTEMBRE

1792)

Le 12 octobre 1780 h population de Nice se pressait aux
abords de la porte Pairoliëre pour y recevoir en grandes pompes
le nouvel évêque Charles-Eugène Valperga di Maglione. Ce
prélat avait couché la veille selon l'usage antique à l'abbaye de
Saint-Pons et devait faire ce jour là son entrée solennelle dans
sa ville épiscopale.
Le cérémonial imposant avec lequel on avait reçu jusqu'alors
les évêques fut encore cette fois observé. L'accueil de la population entière fut des plus chaleureux au rapport de Pierre Scaliero
qui en fut témoin (1). Le nouvel évêque, qui remplaçait Monseigneur Astésan nommé archevêque d'Oristano en Sardaigne,
appartenait à une famille de vieille noblesse dont plusieurs membres avaient exercé, à Nice, des fonctions importantes (2). Il
(1) Voir aux Archives municipales le récit détaillé que ce chroniqueur en a laissé dans ses Mémoires. Pierre Scaliero mourut en 1805.
(2) Jacques Valperga, conseiller ducal, fut lieutenant du gouverneur de Nice en 1454 ; Thoma5 Valperga fut gouverneur du château de Nice en 1565 ; Jean Valperga fut également gouverneur de
Nice en 1596 ; Jérôme Valperga fut commandeur du château de
Nice en 1600 ; Pierre Valperga, frère de Jacques Valperga, était
chevalier de Malte (Arch. municipales, registre des gouverneurs,
commandants et chevaliers de Malte) ; Anne Valperga, fille dAmédée
Valperga, épousa, le commandeur de Malte Jean-Paul Lascaris.
(Voir son testament daté de 1683, arch. des Alpes-Maritimes,
registre B, 297.) Joseph Ignace de Valperga reçut de son oncle, Emmanuel Philibert Chiotera, mie partie du fief de Couaraze dont il fut
investi le 20 février 1753. Son fils, Vincent, céda ses droits à H. Novelli. Jérôme Valperga fut sénateur à Nice de 1761 à 1765, puis
ministre plénipotentiaire de Sardaigne à Gênes en 1780 ; plus tard
il fut ministre etsecrétaire d'Etat, ce dernier était le frère de l'évêque
de Nice et fils du comte François Valperga qui vivait encore en
1795Ees armoiries des Valperga étaient fascé d'or et de gueules, à
la plante de chanvre déracinée, d'argent et brochant. Le cimier
était un bouc naissant au naturel et la devise : « Ferme-toy ».
Nous reproduisons les armoiries de Monseigneur Valperga d'après celles qui se trouvent en tête du catéchisme édité par ses ordres
et dont nous devons le dessin à l'obligeance de M. Joseph Casai
(Extrait de 1' « Armoriai Artistique et Nrbiüaire », Ni.e, 1902.
3

�- 34était directeur du collège des Provinces à Turin, lorsque le roi
de Sardaigne le désigna, pour l'évêché de Nice. Il avait été sacré à
Rome où il avait fait ses études. Monseigneur Valperga se distingua immédiatement par sa vigilance et son activité : il releva
le niveau intellectuel et moral des prêtres de son diocèse et s'attacha à mettre en toutes choses la plus grande régularité. Dix-huit
mois après son installation, il publia un nouveau catéchisme
dont le plan avait été préparé par son prédécesseur ^i). Grâce à

ses relations cordiales avec la eour de Turin, il jouissait auprès
des autorités civiles de Nice d'une grande influence. Après douze
(1) Ce catéchisme en italien fut imprimé à Nice par la Société
Typographique. C'est un petit volume in-douze de 612 pages, portant
la date de 1783. En tête se trouve le mandement de Monseigneur
Valperga du 16 février 1782 qui approuve le travail terminé par
le prêtre auquel Monseigneur Astésan en avait confié le soin, ordonne
sa publication et règle l'organisation des catéchismes dans tout le
diocèse. Deux ans plus tard en 1785, Gabriel Floteront, imprima
un autre catéchisme rédigé en dialecte niçois, petit volume in-12
de 228 pages. Un exemplaire de ces deux ouvrages existe à la biblio
thèque de Nice. — Voir Villarey, Série Cronològica dei Vescovi
di Nizza. — Art. Valperga.

�-35 années de séjour dans cette dernière ville il s'était acquis l'estime
et le respect de tous.
*

• *

Lorsque le 28 septembre 1792 dans l'après-midi, les troupes
piémontaises évacuèrent Nice, il y eut dans cette ville une effroyable panique et des milliers d'habitants s'enfuirent dans la direction de Turin. Ce fut un désarroi et une désorganisation complète de toutes les autorités. iMonseigneur Valperga resta à son
poste et s'engagea à ne point quitter la ville. Le lendemain samedi
29 septembre, il accompagna le second consul Honoré Saissi et
quelques membres du Conseil qui se rendirent, vers les onze
heures du matin, à la villa Feraudi, au quartier St Hélène, pour
offrir les clefs de la cité au général d'Anselme qui venait d'y
arriver à la tête des troupes françaises. Le général fit à la délégation assez bon accueil, mais il s'étonna de trouver parmi ses membres, l'évêque dont la place déclara-t-il n était pas là. Du reste,
d'Anselme attacha si peu d'importance à la démarche îles magistrats niçois que dans aucune de ses dépêches officielles il n'en fit
mention.
Sur le soir du même jour, la petite armée française faisait son
entrée dans la ville et le général s'installait dans la maison du
consul de France à la place St Dominique. L'évêque de Nice qui
tenait à rester au milieu de ses diocésains se présenta de nouveau
vers les huit ou neuf heures du soir chez le général auquel il voulait recommander ses prêtres en lui demandant des respecter les
églises. Le général était entouré de tout son état-major, du consul
de France, Pierre Le Seurre, de Honoré Saissi, second consul, de
Féraudi, secrétaire général de la commune. Ces deux derniers
venus probablement pour appuyer les demandes de l'évêque.
L'accueil du général ne fut pas plus encourageant que la première fois ; il intima même avec insistance au prélat l'ordre de
quitter ta ville en ajoutant que le plus tôt serait le mieux et ce
fut sur ces dernières paroles que l'évêque se retira après avoir toutefois reçu du général la promesse que tout ce qu'il laisserait dans
son palais serait placé sous la sauvegarde de la Nation française.
Il n'y avait pas à tergiverser, l'ordre était formel et pressant, il
fallait partir. L'évêque prit ses dernières dispositious et délégua,
au curé de la cathédrale, le chanoine Honoré Navello, tous les
pouvoirs nécessaires pour administrer le diocèse en son absence.
Aux premières lueurs du jour, Valperga quitta son palais, et se

�— 36 dirigea à pied vers la porte Pairolière. Il avait été impossible de
trouver une voiture car tous les moyens de transport avaient été
réquisitionnés et utilisés le 28 septembre pour permettre l'exode
des habitants terrorisés. Il avait ordre de partir, mais cet ordre
n'ayant pas été donné par écrit, les volontaires marseillais, de garde
à la porte de Turin, refusèrent de le laisser passer, l'accablèrent
d'injures, le menacèrent même de le pendre et ne consentirent á
le lâcher que sur un ordre écrit, sollicité et obtenu du général,
grâce à l'intervention courageuse et au sang-froid d'un jeune
niçois, Joseph Castellinard. Monseigneur Valperga se retira à
Turin et y mourut en 1805 sans avoir jamais pu obtenir l'autorisation de rentrer.
*

* *

Il est établi par les documents officiels contemporains que
Monseigneur Valperga ne quitta son siège que sur les ordres arbitraires du général d'Anselme et ces mêmes documents nous
renseignent très exactement sur les incidents fâcheux qui se produisirent au départ de l'évêque. Du reste, on n'ignorait pas à Nice
comment les choses s'étaient passées et la population savait grê à
Valperga de son attitude et de sa fermeté. De son côté, Valperga
avait eu confiance dans la parole à lui donnée par le général au
nom de la Nation française et à plusieurs reprises il manifesta
son étonnement qu'elle n'ait pas été gardée, que ses biens aient
été confisqués, son mobilier vendu, son nom inscrit sur la liste
des émigrés alors qu'en partant il n'avait cédé qu'à la force.
Parmi les nombreux documents qui se trouvent soit aux archives de Nice, soit aux archives nationales il en est quelques-uns
dont la simple reproduction sera plus probante que tous les corn,
mentaires. Il_suffira de citer :
•i° La lettre du Directoire des Colons Marseillais en date du
25 février 1793, adressée aux citoyens Blanqui et Veillon, députés
extraordinaires de la ville de Nice à Paris, au sujet des réclamations présentées le 23 du même mois par Jean-Jacques Donny, au
nom de Mgr Valperga.
20 La réponse du même Directoire à J.-J. Donny, en date du
26 février 1793.
3„ L'arrêté du Département en date du 13 avril 1793.
40 La réclamation présentée au Directoire du département

�Valperga, aussitôt après son inscription sur la liste des émigrés de
la ville de Nice, dressée à la fin de juin 1793.
50 Les états de frais pour l'inventaire et la vente du mobilier
et effets de « l'émigré Valperga Maillone, citoyen évêque » approuvés par le département des Alpes-Maritimes, le 5 germinal an
III (25 mars 1795).
6° Les actes de notoriété dressés le Ier et 2me fructidor an III
(18 et 19 août 1795) par Gautier, juge de paix à Nice, à la requête de Pierre-Joseph Passeron, agissant en qualité de procureur
subrogé par Nicolas Giorni, procureur spécial et général de Mgr
Valperga, par acte de procuration reçu à Turin le 20 juillet 1795,
notaire Pierre-Joseph Bernochio.
70 La pétition adressée au district de Nice le 4 fructidor an III
(21 août 1795) par Pierre-Joseph Passeron, demandant la radiation du nom de Valperga sur la liste des émigrés.
8° L'avis du district de Nice en date du 5 vendémiaire an IV
(27 septembre 1795) déclarant que Mgr Valperga doit être rayé
de la liste des émigrés.
90 L'arrêté du département des Alpes-Maritimes, en date du
14 prairial an V (2 juin 1797) ordonnant la radiation provisoire
du nom de Valperga de la liste des émigrés.
io° L'acte de cautionnement dressé par le département le
11 fructidor an V (28 août 1797), à la requête de Pierre-Joseph
Passeron, procureur de Mgr Valperga en exécution d'une des
clauses de l'arrêté du 14 prairial an V (2 juin 1797).

�- 38 —

DOCUMENTS ET PIÈCES D'ARCHIVES

Pièce 1.

25 février 1793
Aux cit. Blanqui et Veillon
Une lettre du cit. Donny, associé du citoyen LeClerc, défunt président de l'ancienne administration
provisoire, dont vous avez ci-inclus l'extrait ( 1 ), nous
fait connaître que le cit. Valperga, évêque de Nice,
laissa avant son départ (ordonné à son retour par
Anselme) dans sa maison pour environ 34.000 livres,
argent monnayé, et environ pour 17.000 d'effets en
vaisselle, linge, batterie de cuisine etc.
Une portion de ces effets se trouvent encore dans
ladite maison, sous l'inventaire que nous en avons
fait dresser par les commissaires de l'une et l'autre
administration, lorsque nous avons été installés, mais
il s'en faut de beaucoup qu'elle puisse arriver à la
somme de 17.000 livres, pas même le tiers.
Quant à l'argent monnayé entré dans la caisse du
receveur de l'ancienne administration, nous n'y
voyons point la somme que ledit Evêque désigne
avoir laissé dans sa maison. Nous vous remettons cijoint un extrait de l'état des sommes' que le cit.
Bonnet a reçu en espèces, pendant toute sa gestion
de receveur et trouvées parmi les effets des émigrés
français et niçois.
Nous ne voulons rien préjuger sur l'assertion du
cit. Valperga, quoique nous ayons des indices frappants de vérité. Ce ne sera que lorsque nous aurons
pu les convertir en preuves par le témoignage de
quelques citoyens que nous nous procurerons, pour
pouvoir en demander la restitution et la poursuite
contre le pillage.
En attendant, noùs croyons devoir vous faire part
de cette découverte que nous allons communiquer au
Président de la Convention Nationale et au Ministre.
Arch. des A. M. Registre de la correspondance du
Directoire des Colons marseillais L. 5.
Cet extrait manque au registre ainsi que les autres pièces
énoncées dans celte lettre.

�-hLe 2érae février 1793.
Au citoyen Donny, négociant à Nice
Pièce 2.

Votre lettre du 23me de ce mois, citoyen, nous
demande des renseignements sur le temporel du
citoyen Valperga, Evêque de Nice. Nous allons vous
transmettre tous ceux qui sont à notre connaissance
L'administration provisoire en choisissant l'Evêché
pour le lieu de ses séances, vint s'y établir dans les
premiers jours d'octobre, et tout nous porte à croire
qu'elle ne fit aucun inventaire des effets qui s'y trouvaient, du moins nous n'en avons trouvé aucun dans
les papiers qu'elle nous a remis.
En succédant à cette administration provisoire,
uous avons cru que notre premier devoir était de faire
un inventaire de tout le mobilier renfermé dans la maison épiscopale. Nous y avons successivement procédé
en présence des administrateurs provisoires et à mesure qu'ils nous en remettaient les clefs. Tout le mobilier qui s'y trouvait, ne consistait guère qu'en
meubles meublants et ne nous paraît pas avoir la
valeur de 17 mille livres que l'Evêque lui donne.
Vous pourrez, si vous le jugez à propos, faire prendre
à notre secrétariat une copie de cet inventaire. Tout
ce. qui n'est point renfermé dans les appartements
que nous occupons au premier étage, a été laissé à la
garde de Jean Poma, ancien concierge de l'Evêque et
le nôtre.
Pour nous éclairer sur les 34.000 1. argent monnayé que l'Evêque doit avoir laissé en sa maison,
nous avons écrit au cit. Bonnet, receveur de l'administration provisoire, pour lui demander un état des
sommes en numéraires versées dans sa caisse, comme
ayant été saisies et trouvées parmi les effets des Emigrés français et niçois. L'état qu'il nous a remis ne
monte qu'à 74121. 16 s, et aucun article n'a du rapport
avec les réclamations du citoyen Valperga.
Quant à ce qui concerne personnellement le
citoyen, nous avons demandé au Ministre de l'Intérieur de vouloir bien nous dire la manière dont nous
devions l'envisager. Nous savons qu'un ordre arbi-

�— 40 —
traire de Danselme l'obligea de quitter Nice, le jour
de l'entrée des Français. Mais nous pensons aussi que
la proclamation des Commissaires de la Convention
nationale de France et le décret de celle de Nice,
concernant les Emigrés, étaient des motifs suffisants
pour le ramener à son poste et le rassurer sur les
suites de son retour. En persistant à prolonger son
absence, il s'expose à être traité comme émigré, à se
voir déclarer déchu de sa place et confisquer tous ses
biens. Telle est la disposition de la loi, et quoique
nous ayons consulté le ministre sur le cas particulier
de l'Evêque, nous prévoyons que sa réponse sera de
nous en tenir à la rigueur des lois, ainsi que plusieurs
instructions nous l'ont déjà annoncé.
Vous sentez, citoyens, que tout le mobilier de
l'Evêque doit rester séquestré jusqu'à son retour ou à
la décision du Ministre. Il peut être tranquille sur la
conservation de tout ce que nous avons trouvé en
entrant dans sa maison. Ce qui a pu en être enlevé
avant notre entrée en fonctions, est étranger à notre
gestion. Mais nous employerons tous les moyens qui
sont en notre pouvoir pour en trouver les traces, en
acquérir les preuves et en faire punir les coupables.
Les administrateurs, etc.
Archives des A.-M., Registre
suivants.

,L. 5,/°7i verso et

Lettre des commissaires de la Convention
Nationale et arrêté du Département des A. M.
Nice, le 9 Avril 1793, l'an 1 Ie de la Repu bublique Française.
« Vous voudrez bien, citoyens, en nous envoyant
les noms et prénoms de l'évêque de Nice, nous instruire officiellement d'après les "dispositions des lois,
s'il est censé démissionnaire et son siège vacant.
« Les Commissaires de la Convention Nationale
au département des A. M.
GRÉGOIRE, JAGOT (I)

(1)

Archives des A. M. L. 29 ancien. L

7

actuel.

�— 4i (i3 avril 1793)
Le Directoire ; vu la réquisition du citoyen Procureur Général sindic « Considérant que Charles Eugène Valperga, évêque de Nice, n'avait point quitté
son domicile lors de l'entrée des troupes de la République ; considérant qu'il a lui méme-accompagné les
consuls d'alors quand ils furent présenter les clefs
de la ville et inviter le général Anselme à venir en
prendre possession au nom de la République ; considérant que le général Anselme par ses ordres arbitraires et tiranniques, accompagnés même de menaces contre ses jours, l'ont forcé de s'éloigner ; arrête
qu'il ne peut le déclarer émigré, et qu'il sera répondu
aux Commissaires de la Convention nationale d'après
les principes ci-dessus.. »
Sign : PAUMÉ ; BARLI FABRI ; F. CASTKLIMARD ;
ANGLES ; BERNARDI, secrétaire général. (1)
pjj

ce

^

Aux citoyens composant le Directoire du
département des Alpes-Maritimes..
22 juillet 1793.
Citoyens,
Le citoyen Jean-Jacques Donny, soussigné, chargé
des intérêts du citoyen Valperga, évêque de Nice
absent, ayant été informé que par votre délibération
du 29 du mois passé, ledit citoyen Valperga avait été
déclaré émigré, vous représente avec tous les égards

(1) Archives des Alpes-Maritimes, Registre L,. 3, folio 101. L'Arrêté n'est pas signé par le procureur syndic Jean-François Tourre
ni par l'administrateur Jean-L,ouis de Villiers qui ne partageaient
point l'opinion de leurs collègues. A noter que Tourre était d'Antibes
et que de Viliers était un médecin français établi depuis longtemps
à Nice.
I/Arrêté fut pris malgré le réquisitoire de Tourre qui voulait
déclarer Monseigneur Valperga émigré et malgré un violent discours de Villiers soutenant la même thèse qui fut combattue par
Barli Fabri, par Castclinard et par Anglès. J'ai déjà publié in-extenso
cette délibération du 13 avril T793 au cours d'un article sur l'église
de Nice en 1792-1793 inséré dans Nice Historique du Ier avril 1903,
C'est pourquoi je reproduis ici simplement la lettre des
commissaires et l'arrêté du département.

�- 42 —
dûs au pouvoir dont l'exercice vous a été confié par
le peuple souverain que le citoyen Valperga ne peut
ni ne doit sous aucun rapport être considéré comme
émigré, par les motifs ci-après :
i° Qu'il est de notoriété publique qu'il n'a quitté
le pays que contre son gré et par ordre du général
Anselme :
2° Qu'il a constamment été disposé et a offert
de revenir dans son diocèse, moyennant qu'il ne fut
assujetti à prêter qu'un serment relatif au temporel et
non au spirituel.
3° Qu'enfin et par la raison que n'étant point
indigène, mais étranger, son séjour ici n'a été dé terminé que par sa nomination à l'épiscopat, événement casuel qui n'a jamais pu le soumettre à l'obligation de renoncer pour toujours à sa mère-patrie.
Tous ces motifs, soit qu'on les prenne collectivement ou séparément, démontrent suffisamment,
citoyens administrateurs, le droit incontestable, qu'a
le citoyen Valperga de demander et prétendre la
radiation de son nom du tableau des émigrés, et si
le ministre de l'Intérieur n'a fait aucune distinction
entre lui et les autres citoyens, c'est sans doute qu'il
a ignoré les circonstances qui vous sont exposées
ci-dessus, et notamment la dernière, car s'il les eût
toutes connues, il n'est nullement probable qu'il eût
décidé comme il l'a fait. Toute hypothèse contraire
serait une injure faite à ses sentiments et à ses lumières. Un homme tel que lui, dont les vertus civiques, le patriotisme et les talents l'ont appelé au
poste aussi honorable que pénible qu'il occupe, doit
ressembler autant que possible à la Nation pour
laquelle il agit et qui l'a honoré de sa confiance.
Cette nation est grande, généreuse, magnanime,
juste et bienfaisante.Elle ne peut qu'êtreextrêmement
jalouse de sa gloire, et l'un des principaux devoirs de
ses agents est d'éviter soigneusement d'en ternir
l'éclat.
Le refus qui serait fait de rayer de la liste des
Emigrés le nom du citoyen Valperga, refus qui entraînerait avec lui la confiscation des minces propriétés de ce citoyen, serait un acte qui imprimerait à

�-

43

-

jamais une tache ineffaçable à la gloire du nom français ; tache qui ne pourra manquer de frapper également les yeux des contemporains et ceux de la postérité ; tache enfin que les historiens ne manqueront
pas de faire ressortir par des couleurs enluminées, et
le bel effet qu'un pareil tableau produirait, citoyens
administrateurs, serait votre ouvrage.
Mais non, loin de nous, cette idée ! Vous êtes
républicains ! cela suffit. Les républicains sont vertueux. Ils aiment, chérissent, protègent, respectent
la vertu partout où elle se trouve. Et le citoyen Valperga aussi est un homme vertueux ! Qui en doute ?
Nul bon citoyen, nul honnête homme. Souvenezvous, citoyens administrateurs, que ce n'est que par
ses vertus qu'il a mérité l'amour et l'affection du
peuple Niçois et non par sa qualité d'évêque. Et plût
à Dieu que tous les ecclésiastiques lui eussent ressemblé ! La France n'eut point éprouvé d'aussi horribles secousses, pour asseoir, affermir et assurer sa
liberté.
La République a incontestablement le droit de
renvoyer hors de son sein tout individu qui ne lui
convient pas, mais en renvoyant ainsi un étranger
qui, d'ailleurs, n'a pas encouru la peine de la confiscation de ses biens, elle lui permet de les emporter ou
de les vendre et d'en emporter le produit. Tel est
précisément le cas du citoyen Valperga.
L'exposant demande en conséquence, citoyens
administrateurs, qu'il vous plaise prendre dans votre
sagesse une délibération tendante à rendre audit
citoyen Valperga sa qualité de citoyen français non
émigré, à lui accorder un délai compétent pour rentrer dans ce pays soit comme simple citoyen ou
comme fonctionnaire public et à lui assurer dans
tous les cas la restitution de ses propriétés par lui
laissées sous la sauvegarde de la loyauté française
dans la maison épiscopale, lors de sa retraite forcée,
ou la juste indemnité de leur valeur. Et sera justice.
Nice, le 22 juillet 1793, l'an second de la République française, une et indivisible.
Jean-Jacques DONNY.
l
ARCHIVES NATIONALESF/ 4.867 , dossier Valperga.

�- 44 Pièce 5.

Etat de frais de vente pour parvenir à l'inventaire
et vente des effets de l'émigré Valperga Maillone,
citoyen évêque :
5 germinal an III (25 mars 1795)
Pour une séance de trois commissaires dont un du
District et deux de la Commission municipale, fixée
à trois livres par séance par le Directoire du district
et approuvé par les Représentants du
Peuple
L.
9 »
Papier timbré tant de la minute que
des deux extraits
»12
Pour la copie desdits deux extraits . .
» 8
Droits d'enregistrement
13 10
31

2

Nous soussignés certifions le compte ci dessus véritable.
Signés : J.-B. Thomaty, comm. du dist. ; Savigny,
comm. munie. ; Mabil, comm. municip.
Frais de la vente :
Pour quatre séances de deux corn missaires dont un
du District, un de la Commis, mun. sans le membre
de l'administration fixées à trois livres par séance par
le Directoire du district et approuvé par les Représentants du Peuple .
L.
24 »
Au trompette pour publication de
quatre criées
5 »
Au crieur à la vente, quatre séances .
12 »
Aux portefaix qui ont travaillé au
transport des effets
40 »
Papier timbré tant de la minute que
de l'extrait
1 »
Bougie
3 »
Droits d'enregistrement
27 »
Papier timbré du petit état
» 4
A la femme qui a assisté à la vente
pour l'arrangement du linge
» 12
L.
Signés : J.-B. Thomaty, comm. du
district ; Savigny, comm. municip.

1

159 6

�Vu par nous, membres composant la Commission
Administrative du district et d'après l'arrêté du district, approuvé par les Représentants du Peuple et la
loi du il et 12 Mars, arrête l'état des frais ci-dessus
se montant à la somme de cent cinquante neuf livres
trente centimes, qui seront acquittés par le receveur
du droit d'Enregistrement lorsque le Département
aura vérifié ledit état.
Nice, le 29 ventôse an 3"" de la République française une et indivisible (19 mars 1795).
(Suivent les signatures).
Vu l'état des frais ci-dessus pour parvenir à l'inventaire et vente du mobilier de l'émigré Valperga
Maillone ci-devant évêque.
Vérifié et arrêté par le Directoire du district de
Nice, la Commission Administrative du département
des Alpes-Maritimes approuve ledit état et ordonne
au citoyen Maussier, receveur de l'enregistrement
cîudit district de payer aux citoyens J. B. Thomaty
et Savigny, comm. la somme de 159 livres et 30
centimes pour montant des frais pour inventaire et
vente des susdits effets de l'émigré, laquelle somme
lui sera allouée en compte.
Fait à Nice le 5 germinal an 3me républicain ( 25
mars 1795).
Etat des frais pour parvenir d la vente du mobilier de
l'émigré Charles Eugène Valperga Maillone, citoyen
évêque.
Pour trente-neuf séances de trois commissaires
dont un du District et deux de la Commission municipale, fixé à trois livres par séance par le Directoire
du district et approuvé par les Représentants du
peuple
L.
351 »
A deux portefaix, dix-neuf journées et
demi chaque fixées à cinq livres par jour.
195 »
Au trompette pour publication de
trente-neuf criées fixées à une livre cinq
sols chaque
48 r 5
Au crieur à la vente, trente-neuf séan
ces fixées á trois-livres par séance ....
117 »

711 1$

�- 4* Report
Papier timbré tant de la minute que
de l'expédition
Pour copie dudit extrait fixé à quatre
livres
Papier timbré du présent état ....
Bougie
Droit d'enregistrement
Plus deux autres journées de portefaix à cinq livres
Un paquet de plume
L.

148
4
6
421

»
4
»
»

20
5

»
»

1.182

7

Nous soussignés certifions le compte ci-dessus,
véritable.
Nice, le Ier ventôse an 3me de la République (19
février 1795).
Signés : J.-B. Thomaty, commissaire du district ;
Savigny, comm. ; Honoré Mabil, comm. municipal.
Vu par nous, membres composant la Commission Administrative, de ce District, et d'après la loi
du 11 et 12 Mars 1793 (v. s.) et l'arrêté de cette
Commission approuvé par les Représentants en date
1^ Fructidor, oui l'agent national, arrête l'état des
frais se montant à onze cent huitante deux livres et
trente cinq centimes qui seront acquittés par le
receveur de l'agence de l'enregistrement sur le produit de la vente desdits meubles, lorsque le Département aura vérifié ledit état.
Nice le 29 ventôse an 3me de la République
française une et indivisible (19 mars 1795).
(Suivent les signatures).
Vu l'état des frais ci-dessus pour parvenir à la
vente du mobilier de l'Emigré Valperga Maillone cydevant évêque.
Vérifié et arrêté par le Directoire du district de
Nice.
La Commission administrative du département
des Alpes-Maritimes, approuve ledit état et ordonne

�— if au citoyen Maussier, receveur de Penregistrement
dudit district de payer aux citoyens J.-B. Thomati,
Savigni et Honoré Mabil, commissaires, la somme de
mille cent quatre vingt deux livres trente cinq centimes pour montant des frais de la vente des susdits
effets de l'Emigré. Laquelle somme lui sera allouée
en compte.
Fait â Nice le 5 germinal an 3me républicain (25
mars 1795).
Arch. des A. M. L. 15 ancien p. 44-45 N° 34-35

Actes de Notoriété
Pièçe g

1-2-fructidor an III
18-19 août 1795
EGALITÉ, LIBERTÉ

AU NOM DE LA LOI
Ce jourd'hui, premier Fructidor, l'an troisième
(18 août 1795 de la République française, une et indivisible, à Nice, chef-lieu du département des AlpesMaritimes, par devant Nous, Antoine Gautier Juge de
paix de la Ier, 2m" et 3me section et officier de police,
est comparu le citoyen Pierre Joseph Passeron, natit
tic la commune de Contes et habitant en celle de Nice
depuis plusieurs années.
Lequel en sa qualité de procureur du citoyen
Charles Eugène Valperga de Maillone, évêque de Nice,
subrogé par le citoyen Nicolo Giorni, homme de loi,
procureur spécial et général établi (par acte reçu) par
le notaire Pierre Joseph de Bernochio, le 20 Juillet
dernier (v. s.) qu'il présente, légalisé par le résidant
de la République de Gênes auprès de la Cour de Turin, dont il résulte le pouvoir donné au citoyen Giorni, de subroger en son lieu et place, avec tous les
pouvoirs compris au dit acte, et il présente au surplus l'acte de sa dite subrogation faite par le même
citoyen Giorni, reçu en la ville de Gênes le premier

�- 48 du mois d'août dernier (v. s.) par le notaire Antoine
Baglietto, légalisée par le consul de la République
française.
Il expose que le vingt neuvième jour de septembre
de l'année 1792, l'armée de la République, étant arrivée en cette ville, commandée en chef par le citoyen
général d'Anselme, lorsque ce général, vers le soir,
fut arrivé et il eut pris son logement dans la maison
habitée par le ci-devant consul de la République Le
Seurre, ledit citoyen Evêque Charles Eugène Valperga de Maillone s'y étant présenté, ledit général d'Anselme, en présence de tout son Etat-Major, lui signifia
d'abord de devoir partir de cette ville. Sur quoi le
dit évêque ayant répondu qu'il avait cru de pouvoir
continuer sa résidence en cette ville et tellement l'avait cru, qu'il n'avait jamais pensé de distraire et en
faire partir le moindre de ses meubles et effets, qu'il
avait dans la maison d'habitation de l'tvêque et que
si absolument il lui ordonnait de partir, il le priait de
lui accorder la sauvegarde sur tous lesdits effets et
meubles. Le dit général d'Anselme lui répliqua qu'il
dut absolument partir de cette ville, en ajoutant que
le plus tôt en serait le mieux, et qu'à l'égard de ses
meubles et effets qu'il avait, il les mettait dès ce ino
ment sous la sauvegarde et loyauté de la Nation française et qu'il pouvait en être tranquille, après quoi ledit
évêque Valperga de Maillone, tout tremblant, ayant
dit qu'il allait se conformer dès le lendemain au matin à ses ordres, se retira ; ledit général d'Anselme
lui ayant encore répliqué : le plus tôt sera le mieux.
Et comme il importe audit citoyen évêque Valperga de Maillone de constater le fait ci-dessus expo"sé, suivi en présence de tout l'Etat-Major dudit général d'Anselme et de plusieurs citoyens de cette commune, l'exposant, en sa dite qualité vous présente les
citoyens Pierre Le Seurre, ci-dessus nommé, ci-devant
consul en cette ville de la République, le citoyen Honoré Saissi de cette commune qui pour lors était second consul de la même commune, le citoyen Philippe Emmanuel Féraudi qui pour lors était secrétaire de
Ìa même commune et le citoyen Ange Giraudi aussi

�- 49 de cette commune, pour recevoir leurs dépositions
sur ledit exposé et vous fait instance que de tout lui
soit concédé acte, ce que nous lui avons accordé, et a
signé.
PIERRE JOSEPH PASSERON.

Et de suite se sont présenté les susnommés
citoyen Le Seurre, natif de Craon, âgé de 75
ans, bourgeois, le citoyen Saissi, âgé de 70 ans,
négociant, Emmanuel Feraudi, âgé de 68 ans, notaire, Ange Giraudi, âgé de 63 ans, négociant,
natifs et domiciliés dans cette commune, auxquels
après avoir fait lecture dudit exposé fait par ledit citoyen Pierre Joseph Passeron, en sa dite qualité, les
avons interpellés sur serment que leur avons fait prêter, conformément à la loi, de nous dire en leur âme
et conscience si tous les faits énoncés dans le même
exposé sont de leur connaissance et tous les quatre ont
répondu et attesté tant uniment que séparément en
être pleinement informés, s'y étant trouvés présents,
et que le tout contient la vérité, toute la vérité et
rien que la vérité. En foi de quoi ils ont signé :
LE SEURRE, HOSORI'J
SAISSI, PHILIPPE EMMANUEL FÉRAUDI,
ANGE

GIRAUDI.

Et nous, juge de paix, vu les dépositions ci-dessus, avons de tout concédé acte au susnommé citoyen
Pierre Joseph Passeron en sa dite qualité, pour lui
servir et valoir dans tous les cas, à ce que de droit et
de raison. Fait à Nice, l'an et le jour que dessus.
GAUTIER, juge de paix.
BONIFACI, sec. greffier.
Vu par nous, membres du District de Nice, 3 vendémiaire an IV rép. 25 sep. 1795, TOSELLI, JN COPPON
fils, VÉRANI pr. syndic, SAYTOUR Martin.

�— 5o —
EGALITÉ, LIBERTÉ.

AU NOM DE LA LOI
Ce jourd'hui. second jour de Fructidor de l'an 3
août 1795) de la République française une et indivisible, à Nice, chef-lieu du département des AlpesMaritimes, par devant nous, Antoine Gautier, juge de
paix de la iere, 2M* et 3ME section et officier de police,
est comparu le citoyen Pierre Joseph Passeron : natif
de la commune de Contes et habitant en celle de Nice
depuis plusieurs années
Lequel en sa qualité de procureur du citoyen
Charles Eugène Valperga de Maillone, évêque de
Nice, subrogé par le citoyen Nicolo Giorni, homme
de loi, procureur spécial et général établi (par acte
reçu) par le notaire Pierre Joseph de Bernochio, le 20
Juillet dernier (v. s.) qu'il présente, légalisé par le résidant de la République de Gênes auprès de la Cour de
Turin, dont il résulte le pouvoir donné au citoyen
Giorni, de subroger en son lieu et place, avec tous les
pouvoirs compris audit acte, et il présente au surplus
l'acte de sa dite subrogation faite par le même citoyen
Giorni, reçu en la ville de Gênes le premier du mois
d'août dernier (v. s.) par le notaire Antoine Baglietto,
légalisée par le consul de la République française.
Expose : Primo, que le matin du trente septembre 1792, le citoyen Charles Eugène Valperga de
Maillone, évêque de Nice, en partant de cette ville
avec deux domestiques à sa suite, qui portaient un
paquet et quelques effets, fut arrêté à la porte qui conduit en Piémont, ci-devant nommée porte Victoire,
et conduit au vestibule de la maison presque attenante
à ladite porte, appartenant au citoyen Dominique
Castellinard, où se trouva le citoyen Joseph Castellinard, fils dudit Dominique, et malgré que ledit Evêque Valperga déclara aux soldats de la Garde de la
dite porte qui étaient des Marseillais, que c'était en
conséquence d'ordre qui lui avait été signifié par le
citoyen général d'Anselme qu'il partait de cette ville,
lesdits soldats commencèrent par le malmener et lui
(19

�signifier qu'ils voulaient le pendre et ayant ouvert
ledit paquet et y ayant trouvé entre autres effets, une
ceinture d'évêque, ils déterminèrent, à l'instant, de le
pendre avec ladite ceinture, et ayant essayé si la même
était assez forte pour le soutenir, en la préparant, elle
se fit en lambeaux, de façon qu'ils vérifièrent qu'elle
ne pouvait leur servir et demandèrent audit Joseph
Castellinard fils une corde, pour pendre ledit évêque,
à un grand anneau de fer qui était au plafond dudit
vestibule, servant â y passer une verge de fer pour
peser les marchandises, et ledit citoyen Castellinard
fils, leur ayant absolument refusé de leur donner de la
corde, en s'excusant qu'il n'en avait point, comme
dans tous ces entrefaits ledit évêque se trouve mal et
ne peut plus se soutenir, ledit Castellinard fils lui fit
apporter une chaise, par sa servante à qui quelques
uns de ces soldats donnèrent des coups de poing pour
avoir porté ladite chaise et le même Castellinard le
fit ensuite asseoir sur ladite chaise, en le soutenant,
parce qu'il ne pouvait se soutenir droit ; d'autant plus
qu'en attendant, lesdits soldats marseillais lui disaient mille exécrations, lui crachaient dessus et lui
donnaient des soufflets, et assurément ils l'auraient
fini, si dans cet intervalle un de ses domestiques
n'avait été dire au citoyen général d'Anselme ce qui
venait d'arriver, et ledit domestique étant venu avec
un billet dudit général d'Anselme qui ordonnait à la
garde de le laisser partir, puisque c'était de son ordre,
en conséquence de ce billet lesdits soldats marseillais
se bornèrent pour lors à lui dire et crier mille invectives et injures et le laissèrent partir, ce que ledit
évêque, malgré qu'il ne pût se remuer, à l'aide de ses
domestiques fit au mieux possible en tremblant, de
façon qu'il doit son existence au refus ferme et déterminé que ledit citoyen Castellinard fils leur fit de
leur donner une corde, sans quoi avant l'arrivée du
dit domestique portant l'Ordre du général d'Anselme, il aurait été pendu et étranglé.
Secondoque lefaitci-dessusfut d'abord public et notoire, de notoriété publique dans cette ville et encore
plui le lendemain premier octobre, puisque les autres

»

�— 52 —

soldats de la Phalange Marseillaise, arrivés sur le soir
dudit jour trente septembre, d'abord après leur arrivée
cherchèrent l'évêque qu'ils voulaient le lanterner et
mettre en pièces, comme ils s'expliquèrent hautement,
ce qui joint au fait arrivé dans ledit vestibule de la
maison Castellinard, étant devenu d'une notoriété publique donna l'épouvante à tous les gens honnêtes du
pays, qui disaient que le citoyen général d'Anselme en
ordonnant audit évêque de partir, en mettant sous la
sauvegarde de la Nation française ses meubles et ses
effets, avait voulu le sauver.
Et comme il importe audit citoyen Passeron, exposant en sa dite qualité, de constater par témoins le
fait ci-dessus exposé, il nous présente ledit citoyen
Joseph Castellinard fils de Dominique de cette commune, âgé de 21 ans, de profession, négociant, qui se
trouva présent au fait énoncé dans le Ier article de l'exposé ci-dessus, et au surplus informé de la notoriété
des faits énoncés au second et dernier chef, de ladite
exposition et il nous présente les citoyens Jean-Jacques Donny, natif de Neufchâtel en Suisse, âgé de 39
ans, de profession, négociant ; Joseph Poullan, natif
de Clavesana, en Piémont, âge de 48 ans, négociant ;
Jacques Gerbin, âgé de 60 ans, tailleur, Jean-Marie
Thaon, âgé de 56 ans, négociant, natifs et tous domiciliés en cette commune pour déposer sur ladite
notoriété énoncée dans ledit second fait exposé, pour
recevoir leurs dépositions, et nous fait instance que de
tout lui soit concédé acte, ce que nous lui avons accordé et a signé.
Pierre-Joseph PASSERON .
Et de suite se sont présentés les susnommés citoyens Joseph Castellinard, Jean-Jacques Donny, Joseph Poullan, Jacques Gerbin, et Jean-Marie Thaon,
ci-dessus qualifiés, auxquels après avoir fait lecture
dudit exposé fait par ledit citoyen Passeron, en sa
dite quálité, les avons interpellés sur serment, que
leur avons fait prêter, conformément à la loi, de nous
dire en leur âme et conscience, si tous les faits énoncés dans le même exposé sont de leur connaissance,

�- 53 et ledit citoyen Joseph Castellinard a répondu et
attesté en être pleinement informé pour avoir été
présent au fait exposé dans le i" article de ladite exposition, et pour avoir publiquement entendu dire les
faits énoncés dans le second chef qui était en cette
ville notoire de notoriété publique et lesdits citoyens
Jean-Jacques Donny, Joseph Poullan, Jacques Gerbin,
Jean-Marie Thaon, ont répondu et attesté tant uniment que séparément être pleinement informés de
l'énoncé dans le second chef de ladite exposition,
puisque les faits y énoncés étaient notoires, de notoriété publique en cette ville, et tous lesdits citoyens
ont respectivement attesté pour ce qui les concerne
que tout contient la vérité, toute la vérité et rien que
la vérité. En foi de quoi ils ont signé : Joseph Castellinard fils,Jean-Jacques Donny, Joseph Poullan, Jacques
Gerbin, Jean-Marie Thaon.
Et nous, Juge de paix, vu les dépositions ci-dessus,
avons de tout concédé acte au susnommé Pierre Joseph Passeron en sa dite qualité pour lui servir et valoir dans tous les cas, à ce que de droit et de raison.
Fait à Nice l'an et jour que dessus.
GAUTIER,
BONIFACI,

juge de paix.
sec. gref.

Vu par nous, membres Du district de Nice, le 3
vendémiaire anIV rep. (25 sept. 1795).
Jn. COPPON fils, VÉRANi, pr. syndic, TOSELLI, Saytour
MARTIN.

Arch. Nat. F

7

4867 *

�54 -

PÉTITION au DISTRICT de NICE
et AVIS de ce DISTRICT
ÉGALITÉ,

LIBERTÉ

5 vendémiaire
27 septembre 1795 an IV
AUX

CITOYENS ADMINISTRATEURS
DU DISTRICT DE NICE

Le citoyen Pierre Joseph Passeron, natif de la
commune de Contes, habitant en celle de Nice depuis plusieurs années.
Vous expose en qualité de procureur du citoyen
Charles-Eugène Valperga de Maillone, évêque de
Nice, subrogé par le citoyen Nicolo Giorni, homme
de loi, son procureur spécial et général fondé par acte
reçu dans la ville de Turin par le notaire PierreJoseph de Bernochio, le 20 juillet dernier (v. s) légalisée par le résident de la République de Gênes, près
la Cour de Turin, duquel il résulte le pouvoir donné
audit citoyen Giorni de subroger en son lieu et place
avec tous les pouvoirs compris dans le même acte,
qui se trouve copié mot pour mot dans celui de la
subrogation faite par le même citoyen Giorni, reçu
en la ville de Gênes le Ier du mois d'août dernier
(v. s* par le notaire Antoine Baglietto, légalisée par
le consul de la République française, le 13 Thermidor dernier (3 1 Juillet 1795), qu'il vous exhibe qu'étant arrivé dans cette ville le vingt-neuvième jour
du mois de septembre de l'année 1792, l'armée de la
République française, commandée par le citoyen général en chef d'Anselme lorsque celui-ci y fut arrivé
le soir et eut pris son logement dans la maison d'habitation du citoyen ci-devant consul de la République
Le Seurre, ledit évêque Charles-Eugène Valperga de
Maillone, s'étant présenté, le même général d'Anselme
lui signifia d'abord en présence de son Etat-Major de
partir de cette ville, sur quoi ledit évêque lui répondit qu'il avait cru pouvoir continuer sa demeure dans
cette ville et qu'à cet effet il n'avait jamais pensé de

Pièces 7 et 8

�- 55 distraire, ni faire partir le moindre de ses meubles et
effets qu'il avait dans la maison d'habitation de
l'évêque, que si absolument il lui ordonnait de partir,
il le priait de lui accorder la sauvegarde pour tous ses
dits effets et meubles, ledit général d'Anselme lui
répliqua : Le plus tôt sera le mieux, ce qui tout est
constaté par les attestations ci-jointes du premier et
second jour de fructidor dernier qu'il vous présente
également.
Qu'il résulte aussi par lesdites attestations, que
ledit évêque Valperga de Maillone fut forcé par ledit
général d'Anselme de partir de cette ville que tous
ses meubles et effets fussent mis sous la sauvegarde de
la Nation française et qu'étant parti le lendemain 30
dit septembre, il risqu'à d'être pendu ef étranglé paties soldats de la Phalange Marseillaise qui se trouvaient de garde à la porte ci-devant dite Victoire, ce
que tout fut d'abord notoire et de notoriété publique
dans cette ville.
Vous observe que ledit évêque Valperga est natif
du Piémont où il se retira et que s'il a résidé dans
cette ville, ce n'a été que pour raison de son ministère, que tout cela nonobstant il a été porté sur la liste
des émigrés, a été vendu la plus grande partie de ses
meubles et effets, et cela même nonobstant la préalable réclamation que le citoyen Jean-Jacques Donni,
chargé des intérêts dudit évêque avait fait à l'ancien
département par sa pétition du 22 juillet 1793 (v. s)
qui existe dans les Archives de ce district, résultant
ainsi que tout cela a été fait et opéré contre le droit des
gens et la sauvegarde de la loyauté française qui fut
promis audit évêque.
En conséquence, l'exposant demande en sa dite
qualité de procureur dudit citoyen évêque CharlesEugène Valperga de Maillone la radiation de son
nom de la liste des émigrés, la levée des scellés, la
restitution de ses propriétés et l'indemnité de celles
qui ont été distraites et vendues au nom de la Nation,
et sera justice.
(21 août 1795).

�- 56 Nice le 4me jour de Fructidor de l'an 3me de la
République française une et indivisible.
Signé : Pierre-Joseph PASSERON.
Vu la pétition ci-dessus du citoyen Pierre-Joseph
Passeron présentée au nom et comme procureur subs
titué du ci-devant évêque de Nice, Charles-Eugène
Valperga tendante à obtenir la radiation de son nom
de la liste des émigrés, la levée du séquestre et remission de ses effets restant ainsi que l'indemnité de
ceux qui ont été distraits ou vendus.
Vu une première pétition présentée à l'ancienne
administration du département par le citoyen JeanJacques Donni, au nom du citoyen Valperga en date
du 22 juillet 1793 tendante aux mêmes fins.
Vu la procuration en date du premier août 1793
(V. s.) faite à Gênes, par devant le notaire public Antoine Baglietti, légalisée par le Consul de la République française y résidant, ainsi que l'acte de procuration y inséré, en date du 20 Juillet 1795.
Vu l'attestation de quatre témoins faite avec serment par devant le juge de paix de la 1", 2"", 3me section de cette commune, en date du 1" Fructidor dernier '18 août 1795).
Vu autre attestation de cinq témoins faite par
devant le susdit Juge de paix, le 2 dit fructidor, aussi
sous serment.
Considérant que par la première des 2 attestations il est pleinement prouvé que le vingt-neuvième
septembre 1792, aussitôt après l'entrée de l'armée
française dans cette commune, le sus-nommé évêque
Valperga s'étant présenté au général d'Anselme qui
la commandait en chef, celui- ci lui ordonna d'abord
en présence desdits témoins et de tout l'Etat-Major.
u'il n'avait qu'à partir de la ville, et malgré que le
it évêque lui observa qu'il avait cru de pouvoir y
rester tranquillement et qu'à cet effet il n'avait fait
partir aucun de ses effets et meubles, le général lui
répliqua de partir absolument de la ville, en ajoutant
que le plus tôt serait le mieux, l'ayant assuré qu'à

a

�-5;l'égard de ses meubles et effets de sa maison, il les
mettait dès ce moment sous la sauvegarde et loyauté
de la Nation française et qu'il pouvait en être tranquille.
Considérant qu'il résulte par lesdites attestations,
et il est prouvé que l'évêque Valperga, d'après les
ordres précis et réitérés du général d'Anselme, partit
le lendemain 30 septembre de cette ville.
Considérant que par la susdite attestation du deux
Fructidor il résulte que l'évêque Valperga, au moment de son départ de cette commune, ayant été arrêté à la porte qui conduit au Piémont, par les soldats
qui y étaient de garde, lesquels tentèrent de le pendre,
il évita la mort par les soins du citoyen Joseph Castellinard, un des déposants, et il ne fut laissé libre que
d'après un billet du général d'Anselme, qui ordonnait à ladite garde de le laisser partir, puisqu'il s'en
allait de son ordre
Considérant que tous ces faits sont devenus de notoriété publique dans cette commune, dès le même
jour 30 septembre et Ier octobre suivant, ainsi que
quatre témoins l'ont attesté.
Considérant que le citoyen Valperga ne s'est absenté de cette commune et ci-devant Comté de Nice
que d'après les ordres du général d'Anselme auquel il
témoigna son regret.
Considérant que le départ du citoyen Valperga
ayant été forcé il ne peut pas être qualifié d'émigration.
Considérant que son intention de rester dans cette
commune est d'autant plus constatée, que le citoyen
Valperga a été le seul fonctionnaire public, il soit
resté à son poste, n'ayant soustrait aucun des meubles
et effets de sa maison, lesquels ont été ensuite distraits
et vendus par la Nation.
Considérant que le citoyen Valperga ne peut être
non plus considéré comme réfractaire aux lois de la
République, tandis qu'à l'époque de son départ de cette
commune, aucune loi de la République, surtout à
l'égard des ecclésiastiques, n'y avait été encore publiée
à laquelle eut pu contrevenir.

�— 58 —
Considérant que le citoyen Valperga ne pouvant
être considéré ni comme émigré, ni comme réfractaire, ne pouvait être privé de ses propriétés laissées
dans cette commune lors de son départ, sous la sauvegarde de la loi et de la Nation française qui lui fut
accordée par le général d'Anselme, et qui étant digne
de la loyauté de cette Nation, ne pouvait être violée
sans blesser le droit des gens.
Considérant au surplus, que le citoyen Valperga,
originaire piémontais, ne faisait sa résidence à Nice,
qu'à raison de son épiscopat, ce qui ne donne qu'une
résidence easuelle, et que sous tous les rapports, il
n'a cessé d'être étranger à l'égard du pays de Nice et
de la France.
Considérant que l'article 6, section deux, N° 2 de
la Loi du 25 Brumaire (15 novembre 1794) en déclarant émigrés les citoyens domiciliés dans le cidevant comté de Nice, qui sont sortis depuis le 27
septembre 1792, n'a point porté atteinte au droit des
gens dans la personne de l'étranger, qui se trouvait
dans ce même pays, où il n'aurait pas établi son vrai
domicile.
Considérant que le citoyen Valperga, qui avait été
forcé par le gouvernement de partir de Nice, n'a dû
plus y revenir dans le terme même prescrit par les
lois aux citoyens de la ci-devant Comté de Nice,
puisqu'il ne devait point imaginer qu'il fut compris
dans l'invitation, malgré qu'il ait été porté sur la
liste des émigrés.
Considérant que ce nonobstant, lorsqu'il sut qu'il
avait été porté sur la liste des émigrés de cette commune, s'est empressé de présenter sadite pétition
du 22 Juillet 1793 dans laquelle il demanda non seulement la radiation de son nom de ladite liste, mais
encore un délai convenable pour rentrer dans cette
commune, soit comme simple citoyen, ou comme
fonctionnaire public, ainsi que la restitution de ses
propriétés par lui laissées sous la sauvegarde de la
loyauté française dans la maison êpiscopale lors de sa
retraite forcée, ou une juste indemnité de leur valeur.

�- 59 Considérant finalement que,d'après toutes les circonstances sus-ênoncèes, aucune loi concernant les
émigrés ne peut être applicable au citoyen Valperga,
et que toutes celles qui pourraient le regarder relatives au séquestre des biens appartenant aux habitants
des pays en guerre avec la République française ont
été rapportées par le décret du 14 Ventôse dernier
(4 mars 1795). •
Le Directoire du district de Nice, oui le procureur syndic, est d'avis que le citoyen Charles-Eugène
Valperga ci-devant évêque de Nice ne doit point être
considéré émigré.
Qu'il doit être rayé de la liste des émigrés, que le
séquestre apposé sur ses propriétés doit être levé, qu'il
doit être réintégré dans la possession et jouissance
d'iceux, que tous receveurs ou dépositaires doivent
lui restituer les sommes qu'ils ont perçues, résultant
du produit desdites propriétés et qu'il doit recevoir
la juste indemnité des meubles et effets qui seraient
passés au profit de la Nation.
Fait à Nice, dans la salle des séances le 5me Vendémiaire an 4me républicain (27 sept. 1795). Signé
Saytour Martin. Verani,
procureur syndic, Angles v. prés.
Touzelly. Jn Coppon fils.
Enregistré au feuil. 20 registre des prévenus
d'émigration et signé BARRAIA, commis greffier.
Certifié conforme par nous Ve président et secrétaire du district Jn COPPON Fils V,-PRÉSIDENT
BARRAIA Cis greffier.
A rch. Nat. F 7 4867

2

�— 6o —

Pièce 9.

LIBERTÉ (vignette) ÉGALITÉ
BUREAU DES
ÉMIGRÉS

Extrait des registres des délibérations et arrêtés de
l'Administration Centrale du département des Alpes Maritimes.
(2

juin 1797)

Séance du quatorze Prairial an 5mf de
la République française une et indivisible.
Sur le rapport d-e la pétition présentée par le
citoyen Pierre Joseph Passeron, procureur fondé de
Monsieur Charles Valperga, ci-devant évêque de
Nice, dans laquelle il expose que ledit Charles Valperga n'a jamais dû être atteint des lois relatives à
l'émigration, soit qu'on le considère comme parti en
suite d'une force majeure, soit en sa qualité de piémontais et demande en conséquence la radiation de
son nom de la liste des Emigrés, sa réintégration
dans la possession et jouissance de ses propriétés et
une juste indemnité, des meubles et effets qui sont
passés au profit de la République.
L'Administration Centrale du département des
Alpes-Maritimes, considérant que M. Charles Valperga, comme piémontais, n'habitant Nice que pour
cause de son emploi, n'aurait jamais dû être porté
sur la liste des émigrés du département.
Que le seul motif qui a pu déterminer le général
d'Anselme à lui ordonner de partir de la ville de
Nice, ne peut avoir été que la susdite qualité de
piémontais.
Considérant enfin, que comme sujet du roi de
Sardaigne, il est dans le cas de jouir de l'article i,r
de la loi du quatorze nivôse an troisième, (} janvier
1795), ainsi que de l'article neuf de la loi du trente
Floréal an quatrième, (19 mai 1796).
Arrête, oui le commissaire du Directoire Exécutif
que le nom de Valperga, ci-devant évêque de Nice,
qui se trouve inscrit sur la liste des émigrés, sera

�— 6i —

provisoirement rayé ; que tout séquestre qui pourrait
avoir été mis sur ses biens sera levé, qu'il sera réintégré dans la possession et jouissance de ses propriétés,
et que toutes les sommes versées dans les caisses publiques, lui seront rendues, déduction faite des frais
faits conformément aux lois.
Fait et arrêté* en séance publique le jour, mois et
an que dessus.
Signé : Donny, président Payani, fils, Scudéry,
Oberti, Hancy (et en marge Gastaud commissaire
du Directoire Exécutif).
Certifié conforme à l'original par nous président
et secrétaire de l'Administration centrale du départemeni des Alpes-Maritimes.
DONNY, président
BELMONDI, sec. chef au bureau des émigrés.
Arch. Nat. F 7 4867 2

ACTE DE CAUTIONNEMENT
Pièce 10.

11 fructidor anV (2&amp; août 1797)
LIBERTÉ ÉGALITÉ
Ce jourdTiui 11 fructidor an 5 de la République
française une et indivisible (28 août 1797) par devant nous, membres composant l'Administration
centrale du département des Alpes-Maritimes, est
comparu le citoyen Joseph Passeron, natif de Contes,
chef-lieu de canton, domicilié dans cette commune,
procureur fondé de Monsieur Charles Valperga, cidevant évêque de Nice, en vertu d'acte de procuration du 20 juillet et premier août 1795 (v. s.) lequel
en sadite qualité, dépendamment à l'arrêté de cette
administration du quatorze prairial an cinq (2 juin
1797) portant que le nom de Valperga, ci-devant
évêque de Nice, sera provisoirement rayé de la liste
des émigrés, que tout séquestre qui pourrait avoir
été mis sur ses biens sera levé, qu'il sera réintégré
dans la possession et jouissance de ses propriétés, et

�— 62 —

que toutes les sommes versées dans les caisses publiques lui seront rendues, déduction faite des frais
faits, conformément aux lois, désirant de se conformer au porté par l'article 3 de la loi du 5 Brumaire
an 3 (26 octobre 1794) qui exprime que les prévenus
d'émigration seront tenus de donner caution solvable de la valeur mobilier, et ne pourront obtenir
leurs immeubles jusqu'à ce qu'il ait été définitivement statué sur leurs réclamations par qui de droit,
toujours en sa dite qualité a présenté pour caution le
citoyen François Grosson, marchand drapier de cette
commune, lequel ici prése.it et acceptant, s'oblige
conjointement et solidairement avec ledit Valperga
et pour celui-ci ledit Joseph Passeron, et sous l'hypothèque de tous leurs frens présents et à venir, à l'entière exécution de ce qui les concerne en la susdite
loi, et à la représention des mobiliers, effets et sommes à percevoir en dépôt que besoin sera, et quant
aux mobiliers invendus et en dépôt seront soumis
d'en représenter la valeur à laquelle seront estimés
par experts, préalable rémission.
Et nous, administrateurs susdits approuvant lesdits
cautionnement et acte de soumission, à la réquisition
dudit citoyen Joseph Passeron, avons dressé le présent acte que toutes les parties ont signé avec nous,
ayant au préalable fait renoncer audit François Grosson au droit de premier convenir.
Fait à Nice les jours, mois et an que dessus.
Joseph

PASSERON,

François GROSSON,
prés., PAYANY FILS,
MARUN-SAYTOUR, sec. en chef

HANCY, DONNY,
P.

Acte original sur timbre de 20 centime*.
Arch. Nat. F

7 4867^

�— 63 -

CONCLUSION

Il était avéré pour tous, dans la ville de Nice, que Mgr
Valperga était parti contre son gré et si la première Administration départementale, installée au mois de Mai 1793,
l'avait inscrit sur la liste des émigrés de Nice, c'était à la
suite d'une réponse faite par le ministre de l'Intérieur, Garât,
aux questions à lui posées par le Directoire des Colons Marseillais sur la conduite à tenir vis-à-vis de l'évêque.
Les questions avaient été envoyées à Paris, vers la fin
de Février 1793, et la réponse du ministre ne parvint à Nice
qu'au milieu de juin suivant, soit quelques jours avant la
publication de la liste des émigrés. Les réclamations de
l'évêque, retiré à Turin dans sa famille, furent présentées
le 22 juillet 1793 (1) ; mais comme beaucoup d'autres, elles
s'entassèrent dans les bureaux du Département, qui n'y
répondit même pas.
Cette réclamation fut présentée au nom de l'évêque par JeanJacques Donny au Département. lîlle figure en original au dossier
Valperga.
Voir ci-dessus.
Le registre des délibérations du département manque aux Archives pour les derniers mois de 1793, exactement du Ier mai au 10
Novembre, comme pour les six derniers mois de 1797 et l'année entière de 1798, exactement du 8 Messidor an V (26 Juin 1797) au 25
Pluviôse an VII (13 février 1799).
C'est-à-dire pour les deux périodes les plus troublées et cette
disparition est tout au moins étrange.
Elle doit être vraisemblablement attribuée à certains hommes
politiques désireux de laisser dans l'oubli leur conduite durant ces
deux époques.

�- 64 On était dans la période la plus aiguë et, en pleine
Terreur.
Après le 9 Thermidor et, surtout après la venue à Nice
du représentant Beffroy, au mois de Floréal, an III (Mai
I795)»
les esprits devinrent plus calmes, les administrations plus pondérées. C'est alors que, sur de nouvelles demandes présentées au District, et sur avis favbrable de
celui-ci, le département des Alpes-Maritimes accorda à Mgr
Valperga sa radiation provisoire, le 14 Prairial, an V (2 Juin
1797). Comme on le voit, l'affaire avait traîné en longueur.
Il semblait alors que rien ne s'opposait plus à la rentrée
de l'évêque : le 11 Fructidor, an V (28 Août 1797), le Département avait agréé la caution de François Grosson (1) ;
les biens de l'évêque allaient lui être rendus, et il pourrait
rentrer.
Mais huit jours après, le coup d'Etat du 18 Fructidor (4
septembre 1797) remettait le pouvoir aux mains des Jacobins, la guerre aux émigrés et aux ecclésiastiques, en particulier, reprit avec âpreté. Pe département des Alpes-Maritimes se vit accusé d'avoir préparé une rentrée triomphale à l'évêque, son arrêté du 14 Prairial resta sans effet
et, en vertu de la loi du 19 Fructidor (5 septembre), les
scellés furent de nouveau apposés sur les biens de Mgr Valperga par deux commissaires municipaux (2).
En vain, l'évêque de Nice, fit intervenir auprès du Directoire Balbi, l'ambassadeur du Roi de Sardaigne à Paris,
le dossier de sa demande en radiation fut examiné sans
aucune bienveillance.
(1) L/Acte original de ce cautionnement sur timbre est aux
Arch. des Alp.-Maritimes Q. 10.
(2) Mise de scellés sur les biens de Charles Eugène Valperga par
deux commissaires de la municipalité de Nice. Une scéance, 6 livres.
Dépense approuvée par le Département, en Germinal an VI (avril
1798). Arch. des A. M. Q. 11.
Mgr Valperga ne possédait à Nice aucun immeuble et il devait
rester fort peu de chose de son mobilier après la vente qui en avait
été faite en Ventôse an III. La bibliothèque de l'évêché avait été déclarée bien national et la caisse diocésaine avait disparue en octobre 1792
sans laisser de traces dans les pièces administratives. Le séquestre
a été apposé sur les biens de nombreux émigrés rayés provisoirement.
On peut en voir la liste aux Archives des A. M. Q. 10, où Valperga
figure sous le N° 65.

�- 65
Á la suite de la lettre de Balby datée de Paris le 7 février
1798, le ministre de la police demanda à ses Bureaux un
rapport sur l'affaire Valperga. Pe voici tel qu'il se trouve
en minute au dossier.
Attendu que rien ne tend à constater le prétendu ordre
de quitter Nice, d'où il suit qu'il faut en croire sur parole
l'émigré.
Qu'à raison de son domicile, il était tenu de rentrer sur
le territoire dans les délais voulus par les lois.
Qu'il est atteint par la déchéance et n'a réclamé que
l'an V.
Qu'il ne paraît pas y avoir lieu de violer la loi en faveur
de cet ex-évêque dont la rentrée prohibée par la Constitution serait d'une influence dangereuse.
J'estime qu'il y a lieu à proposer la maintenue sauf
à prendre des renseignements si toutefois on les trouve
indispensables.
CAIGNART,
Sous-chef (2e Bureau).
En tête de cette minute est écrit :
« Je pense qu'il y a lieu à instruction et à prendre
des renseignements près les Administrateurs du département_des Alpes-Maritimes. »
Signature illisible (1).
Ces renseignements furent-ils demandés ? C'est probable et cela explique que bien des pièces du dossier Valperga sont en double expédition. Plus d'une année s'écoula
encore, avant que fut prise une décision et finalement sur
un rapport défavorable de la Commission d'examen instituée près le Ministère de la police pour l'étude des demandes en radiation, le Directoire exécutif signa le 7 Floréal
an VII, (26 avril 1799) un arrêté qui maintenait définitivement, sur la liste des émigrés, Mgr Valperga et annulait
toutes les décisions rendues antérieurement, en sa faveur,
par les. autorités locales.
(1) Arch. Nation. F 7 4862 2 dossier Valperga. Rapport de la
3 me Division du Ministère de la police, sans date mais joint à la
lettre de Balbi.
»

�- 66 -

Varrêté du Directoire parvint à Nice les premiers
jours de Prairial an VII (Mai 99) et fut immédiatement
mis à exécution. (1).
*

* *

Ainsi donc Mgr Valperga expulsé ne put jamais obtenir
de rentrer, les lois sur l'émigration étaient tellement embrouillées et tyranniques qu'une fois inscrit sur une liste
d'émigrés, il était extrêmement difficile de s'en faire rayer
malgré toutes les démarches ; car on se heurtait sans cesse
à des questions de forme et de procédure ce qui permettait
à la malveillance de s'exercer tout à fait à l'aise sous le
couvert de la légalité.
A. J.

PvANCE-BOURREY.

(1) De 21 Floréal an VII (10 mai 1799), il fut communiqué
par le ministre de la police générale de la République aux diverses
administrations intéressées et aux Commissaire du Directoire exécutif
près le département des Alpes-Maritimes. Celui-ci par lettre du 3
prairial (22 mai 1799) demanda au Département de le transmettre
à la Municipalité de Nice, ce qui fut fait le même jour avec ordre
de le transcrire sur ses registres, de faire apposer les scellés ou séquestre sur tous les biens meubles et immeubles de l'évêque si ce
n'est déjà fait, et de mi notifier sans délai la décision prise à son égard.
Voir lettre du Département à la Municipalité, celle du Commissaire au Département, 3 Prairial an VII avec la réponse du Département 4 Prairial.
Arch.. des A. M. Q. 1 et 2 et Arch. Nationales, dossier Valperga,

�NIÇA LA BELLA
VERS DE /.

Giordan,

su

DE CARTA POUSTALA

Ai rai dôu nouostre bouon soulèu
Venon s'escaufar toui lu lùssi ;
Es un meravihous tablèu,
Ai rai dôu nouostre bouon soulèu,
Trouvas, dou Var fin au Castèu,
Anglés, Rouman, Danesi, Rùssi :
Ai rai dôu nouostre bouon soulèu
Venon s'escaufar toui lu lùssi.
Pèr tu, as touti li bèuta,
Terra de lus e d'alegria,
D'un ciel d'azur, as la clartà,
Pèr tu, as touti li bèuta.
De l'univers, en verità,
Siès la uechièma meravia ;
Pèr tu, as touti li bèutà,
Terra de lus e d'alegria.
Dintre lou tèmp, Semiramis
Faguet basti, à Babilouna,
Pu siéu jardin, vèr paradis !
Soubre Paioun, degun s'estouna
De vèire, ancuèi, lou paumoulié
Drissar au ciel la siéu coulouna
E lou galofre, e l'anemouna
Flouri emb'au pourtegalié.
De bouon matin, quitant maioun
Pèr la journada touta'ntiera,
S'en va lavar, dintre Paioun
Pa bugadiera.
D'un glourious passat es fiera
Perqué, d'un tèmp, sus lou bastioun
Au Turc, arranquèt la bandiera
Pa bugadiera.

�fet 68 —

Sau de fouora fa freï,
Que brima,
A Niça, sus lou Quèi,
Si rima.
Pescadou, fourestié,
De la mar bressarella,
Escouton voulountié
Pa doussa cantinella.
L'AVOUCAT

PATTA

L'estudi de l'avoucat Patta es en plen aria ; si tèn lou matin
couma lou predinà su la plaça dôu Palai. Es un ome pichounet,
touplen raplot, li pocha enfli de papiè de touta mers. En lu vièi
quartiè es proun counouissut e li capelada, « Bouonjou Moussu
l'Avoucat », noun li mancon. Es ben m'ai juge, proucuradou, etc.
Lu siéu ounourari soun bouon pati e n'a de preferença pèr
qu si sigue. Parla au premier maufatan vengut, couma se fousse
un agnèu que vén de naisse ; lou créancier o lou débiteur soun
tratat su lou même pen... basta que mouson...
L'avoucat Patta es de noutarietà reputat pèr un ome judicious, òunest — au noun si flata de l'estre au jou d'ancuei ; —
finda counouisse, es en relacioun d'afaire emê de gros persou nage que dintre la finança dôu siéu coumerce, soun quasi d'usurari. Sau menajar la cabra e lou caulè ; e pèr que la mouneda
noun li escapa si desbrouïa e si mete dôu cousta dôu manche...
d'aquéu que casca lou de mai...
Acò fa que toui lu matin que lou Bouon Diéu a fach, la siéu
doumestica mete toujou quaucaren au fuec. Lou dimeneghe, coum'un bouon crestian, — tartufaria que lou pauva, — va audi la
gran'messa à Santa Réparada, fa la siesta e à la calada dóu soulèu,
passeja su lou Cours, pastrouia, fa lu cent pas, noun parla que de
lei, proucès, citacioun, ensin alestisse lou travail dôu dilun...
Lendeman empastra ben d'afaire, mete facilamen en lou sac
Moussu Tout'Un emé Moussu Tout'Autre... En éu que li pòu
faire ?... lança dapertout lou broumech, tant pis pèr aquéu que si
laissa agantar. Quaranta sóu es lou près d'atac e vous pregui de
crèire que douna pas la siéu journada pèr doui o tres escut.
L'avoucat Patta counouisse l'usança dôu païs... s'avès touort,
vous rouïa, s'avès pi rasoun, v'espia... Que voulès aima manjar
lou pei, lou pei que noun aiguë d'espina...
JULI EYNAUDI.

�-«9VA

MAU ! !

Va màu, cresé-vous, que va màu 1
En l'orizoun lou voile negre
N'es qu'un gran camp cargat de pebre,
Qu'à pala lou jeten davan,
Avuglan finda lu cavau 1
Lu canoun soun su li frountièra,
Alignât couma de barriera,
N'esperon plus que lou signàu !
Lou soulèu, aquel animàu !
Stan, noun vòu levà la vela,
Si foundon couma des candela
Enb'aquèu coust dôu diàu !
Le Giacouuda à cóu de d/stràu
Li fan petà li sièu moulura...
Ah ! dèu faire bella figura
Se l'an foutuda en quauqua tràu
Lou pan crèise, finda la sàu,
Lou sucre dintre li boutiga
Mounta ben mai que de boufiga !
Van jusque crèise lou rampàu
E la pèu que fau lou tambau ;
Metran de drech su li nourriça,
Su lu chichi, su li saucissa,
Perqué pas soubre lu magàu ?
E lou Prussian, marrit bertàu,
Noun sabon fa que de babïa,
Per lou Maroc e l'Algèria,
Se faran mètre lou mourràu !
Li serreren toui lou pourtàu
E pi veiren touta la França
Davan la sieù grossa arougança
Se noun si sau garda li clàu !
Es de rima d'un manechàu,
Ma sien d'estiéu, vesin, vesina,
Li passeres en la resina
Avant que vegon l'espitau !
CHARLES CIAUDO

�Valère Bernard
Tout en heurtant le marteau contre la porte de M. Valère
Bernard je songeais. Je me suis complu dans le plus souriant
mépris des idoles. L'ironie a tremblé sur mes lèvres quand
la Provence a dans un ravissement de joie acclamé le poète de
Maillanne. Cette mascarade d'apothéose me répugnait.
Et maintenant la curiosité me fourvoyait dans le studio
d'un consciencieux artiste que les felibres couvraient de gloire.
Elève de Puvis de Chavannes M. Valère Bernard pasticha le
Maître. Mais vite il eût l'intuition qu'à se perdre dans les sentiers
battus il courrait risque de compromettre son crédit. Il dit
adieu à Paris et vint dans Marseille, l'opulente cité.
A cette époque vivait un exquis écrivain, J. Lombard. Il venait de publier deux œuvres d'une grandiose beauté, VAgonie et
Bysance. Dans un style étrangement tourmenté il contait les
luttes entre les factions d'Orient, illuminant son œuvre des
splendeurs bysantines.
Valère Bernard vit Jean Lombard, et du même coup les belles
au bois qui dormaient en son âme s'éveillèrent. Il délaissa les
études académiques, les pastiches sans vie, et d'ardentes couleurs
chargèrent ses toiles.
Voici le triomphe des rois Babyloniens. Sur les voûtes d'un
palais impérial passent des gardes étincelants dans la pourpre et
la soie. L'or envahit les hautes colonnes de jaspe bleu. Involontairement on pense aux fantastiques demeures hantées par des
fées émeraudes et des princesses aux perversités troublantes.
Et je m'imagine que le peintre était sous le charme de la
légende quand il a peint cette courtisanne qui sourit à son miroir tout en jouant négligeamment avec sa chevelure d'or. Et
puis passent Venise la rouge, Marseille enveloppé dans la poussière d'or du crépuscule, des motifs à la Watteau peints par un
bysantin, toute une apothéose.
Mais une idée m'obsède, tandis que dans la grise clarté d'un
soir automnal s'éteignent les fauves éclairs jaillis de ces radieuses
toiles. L'idéalisation du passé me paraît cruelle. Les générations
endormies dans la Mort ont eu leurs misères/leurs rancœurs, je
pense qu'il est absurde de s'écrier avec Musset « qu'aux temps
jadis tout était heureux jusqu'aux douleurs humaines. » En vain
l'apostat s'attriste-t-il sur les vieillards immortels de l'antique

�- 7i

—

lonie, â ses oreilles résonnent les paroles de l'Hiérophante : « La
Helladi que tu aimes n'a jamais existé ».
Mais M. Valère Bernard brise ma rêverie, et mes yeux se
portent.sur des portraits appendus au mur. Profils d'espagnol ou
d'américain mitigés d'espagnol, comme on en croise maintes fois
sur la Cannebière.
Homme universel ne puis-je m'empêcher de m'êcrier. M.
Valère Bernard sourit. Il siérait dit-il, à mi voix, de se développer en profondeur. Toutefois il est beau de se dire sur le
tard de sa vie que l'on a fait vibrer toute son âme. Ici le maître
rejoint Néron. Il m'aide à comprendre cet inquiétant empereur.
Mais encore faut-il que tout en étant l'homme universel on ne
sombre pas dans la banalité. De méchantes œuvres d'art peuvent
avoir leur prix.
Une idée se lève devant moi. Labruyère me petsuade que
l'honnête homme de Pascal propre à tout en définitive n'est propre à rien. La spécialisation inintelligente, mène à l'erreur, j'en
conviens, mais en fait elle est une loi générale.
Et ceci est pour me plaire, car j'abhorre dissiper mon énergie,
j'aime le repliement, la frissonnante pudeur qu'effarouche les
vaines ostentations. Je goûte les peintres du passé et malgré ma
philosophie j'adore les peuples disparus. Volontiers j'implorerai
avec la Cassandre de Schiller la cécité, l'exquise cécité. Le sou
venir a plus de puissance sur moi que l'espoir.
Et sous des deux gris, en des pays étrangers désolants de
médiocrité, il m'est arrivé de pleurer plus amèrement que ne
pleura Xerxès aux rives d'Abydos.
J. PADOVANI.
PROUVERB1, BOUOI MOT, COUNSÈU E DICH
Vèuva que si marida,
Dèu perdre la lus e l'audida.
Fiha madura,
Lou pouorta à la centura.
En cuntant su lu det :
Aquéu a fa l'óu ;
Aquéu l'es anat cercar,
Aquéu l'a fa cuèire,
Aquéu l'a manjat,
E lou pichoun n'a ren tastat !

�— 73 —
LE

DÉSESPOIR

Oui, j'ai la mort dans l'âme ; oui, je monte au calvaire ;
Mon horizon, hier si beau, s'est obscurci ;
Je hais tous les devoirs et tout ce qu'on révère :
Mieux vaut mourir que vivre ainsi !
Puisque je n'y puis rien ; que la raison humaine
Ne gagne plus un cœur où mon cœur est entré,
Je veux briser mes jours comme on brise une chaîne
Et m'enfuir en désespéré.
Qu'est-ce donc que la mort ? C'est la paix éternelle,
C'est un beau drap de fleurs sur mon sein endormi,
C'est la nature calme, auguste et solennelle
Qui nous prête un repos ami.
O nature de Dieu contemple ma détresse !
Ecoute tout mon sang dans mon cœur s'épancher
Et, puisque je n'ai plus le lit de ma maîtresse,
C'est au tien que je veux coucher ;
C'est toi la grande mère et la nourrice immense !
L'homme au sort le plus âpre et l'homme au sort plus beau
Retrouvent dans ton sein leur part de ta clémence :
L'un l'amour, l'autre le tombeau
Tu sais, toi qui vois tout, ce qu'ici bas je souffre,
Que je n'ai point béni l'instant de mon réveil
Et que j'ai regardé, toujours, du fond du gouffre,
Les bords ou brillait le soleil ;
Que je n'ai bu jamais que dans la coupe amère,
Que le seuil du bonheur me fut toujours fermé,
Que j'ai perdu mes fils, que j'ai perdu ma mère
Et tous les cœurs qui m'ont aimé !
Maintenant je m'en vais, battant du front, comme ivre,
En proie à ce grand deuil qui me courbe en vainqueur,
Et je veux déchirer ma vie, avec le livre
Des chastes sanglots de mon cœur ;
Et toi, rayon divin, génie, ardent délire,
Flambeau qui n'iras plus briller sur son autel,
Eternise du moins ces larmes de ma lyre
Et que mon cri soit immortel !
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Febrié
Mai
Setèmbre.,.
Desembre.

14
22
18
11

Letra doumenicala

12,
14,
17,
17,

14 e 15
16 e 17
19 e 20
19 e 20

E

Jî la Providence, 1{ue de la Préfecture /4, }}run, Sibraire

LI

QUATRE

SESOUN

Lou prmtèms coumença lou 21 mars
L'estiéu
—
— 22 Jun
L'autoum
—
— 23 sept,
L'iver
—
— 22 dés.
FESTA

Septuagesima
19 Janvié
Cendre
5 Febrié
Pasca
23 Mars
Rougacioun 28, 29, 30 Abriéu
Ascensioun
1er Mai

à 5.18 m.
à 1.10 m.
à 3.53 m.
à 10.35 m.

dôu
dôu
dôu
dôu

matin
matin
sera
matin

MOUBILI

Pantecousta
Trinità
Festa de Diéu
1" Diiuenegue de
30 Novembre

11 Mai
15 Mai
22 Mai
l'Avènt

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VÉNT

Lu vènt que souflon à Niça, dintre lou cours de l'annada,
soun au nombre de 16. Vequi li sièu denouminacioun courenti,
pihadi, en general, dai loucalità dei quali parèisson veni :
Nord ..
N.-O.-E.
N.-E. ..
E.-N.-E..
E. N. E.
E.-S.-E..
S.-E. ..
S.-S.-E-.

Tramountana
Grek Tramountana
Grego
Levant
Levant
Levant
Siroco, vènt marin
Mie jou Siroc

Sud.... Mie jou
S.-S.-O.. Miejou Lebech
S. O. .. Lebech
O.-S.-O. Pounènt Lebech
Ouest. . Pounènt
O.-N.-O.V. Pounènt Maistràu
N.-O. .. Maistrau
N.-N.-O. Maistrau Tramount

VIGÍLIA — JÈUNI
22
30
10
14
31
24

Mars
Abrièu
Mai
Avoust
Outoubre
Desembre

(Pasca, 23 Mars)
(Ascensioun, Ier Mai)
(Pantecousta, 11 Mai)
(Assoumpcioun, 15 Avoust)
(Toui lu Sant, Ier Nouvembre)
(Calena, 25 Desembre)

L'ANNADA RELIGIOUSA
LI FESTA MOUBILI E

LI FESTA FÏSSI

febrié

Janviê
1 Circouncisioun.
6 Epifania (lu Rei).
13 Batejà de J.-C.
14 Sant Noum de Jesù.
19 Setuagesima.
26 Sexagesima.

2
5
6
9
12
13

Purificacioun.
Cendre.
Festa de la Pr. de N. S.
Quadragesima.
14-15 Quatre-tèms.
Coum. de la Passioun.
16 Reminiscere.
23 Oculi.

�Jtfars
2 Lœtare.
9
16
21
23
29
30

Passioun.
Lu Rampàu.
Divendre Sant.
Pasca.
Li 7 Doulou.
Quasimodo.

j/îbriêu
28-29-30 Rougacioun.

jYtai
1 Ascensioun.
3 Inv. de la Santa Crous.
11 Pantecousta.
14-16 17 Quatre-tèms.
18 Trinità.
22 Festa de Dièu.

Jîvoust
6 Transfiguracioun.
15
18
25
26
29

Assoumpcioun.
S. Joachim.
S. Couor de la Vierge.
S. Louis.
Decolac. de S. Jouan-Bat.

8
14
15
15
17
29

Natività de la Vierge.
Esaltacioun de la Crous.
N. D. dei 7 Doulou.
San Noum de Maria.
Quatre-Tèms.
Dédie, de S. Miquéu.

6
13
20
27

Sant Rousari.
Maternità de la Sta Vierge.
Puretà de la Santa Vierge.
Patrounage de la S. Vierge.

1
2
3
21
30

Touï lu Sant.
Lu Mouort.
Santi Reliquia.
Present, de la Sta Vierge.
Avent.

Setembre

Ouioubre

jYouvembre

Jun
9
21
24
29

Festa dôu S. Sacramen.
Sacrât Couor de Jesù.
Natività de S. Jouan-Bat.
SS. Peire e Paul.

Juliet
2 Visitation de la S. V.
7 Precious Sang.
16 N.-D. dôu Carme.

2&gt;esembre
8 Imaculata Councepcioun
17, 19, 20, Quatre-Tems.
25 Calena.

LEÇOUN DE CATECHISME
Un prèire dôu Gesu enterougava un pichoun su lou siéu
catéchisme e li demandava :
— Doun es Diéu ?
— Vous respouonderai, li di l'enfant, quoura m'aurès
dich doun noun pôu estre.

�xxxxxxxxxxxxx:::xxxxxxxxxxxxx
AMINISTRACIOUN MUNICIPALA
Mera : M. lou General Fr. Goiran
Ier MM. Bonnefuy-Sibour.
Ajount
Emile Muscat.
«.
Jousé Ventrue
«
3e
Jan Ricci.
«
4e
Juli Febvre
5e
Dr A. Bufîon.
6e
Dr J. Fighièra.
7e

Ier Ajount

M. Bonnefuy-Sibour
Encargat de l'ensemble de l'aministracioun sensa delegacioun speciala.
Recèu toui lu jou de io oura % à miejou.
2e Ajount

M. Emile Muscat
Recèu lou dilun, lou dimècre e lou dijôu de 5 a 6 dôu
sera.
Attrib. — Estrucioun publica (Escola, lycée, salla d'asile,
crècha). — Biblioutèca e Arquiva. — Countencious.

3e

Ajount

M. Jousé Ventre
Recèu lou dilun, lou dimècre e lou divendre de

11 y2 dôu matin.

10 à

Attrib. — Coumerce e Indústria. — Agricultura. — Tribunal e Chambra de Coumerce. — Elecioun e lista eletourali.
— Cadastre. — Countribucioun. — Prud'ome. — Soucietà

�— 10 —
de Secours Mutual. — Festa publiqui. — Autourisacioun de
bal o de festa privadi.
4e Ajount
M. Jan Ricci
Recèu lou dimars, lou dijôu e lou dissata de 10 à n
Attrib. — Dassi. — Abatoir e lu servici. — Coumtabilità
generala. — Pouliça dei camin. — Estalage. — Marchand
ambulant. — Permès de staciounamen. — Voitura, cavau
e taxis. — Fiera e Marcat. — Caissa d'Espargna. — Sapurpoumpier.
5e Ajount
M. Juli Febvre
Recèu lou dimars, lou dijôu e lou dissata de 4 à 5.
Attrib. — Travai public. — Voiria urbana e rurala.
Jardin e proumenada. — Aïga, gaz, eclerage. — Ramassage.
— Arquitetura. — Bastissa coumunali. — Bei-Art. — Escola
d'Art decouratif. — Musée dei Bei Art. — Musée d'Istoria
naturela. — Teatre. — Musica Municipala e autri.
6e Ajount
M. lou. Dr A. Buîîon
Recèu lou dimars e lou divendre de 4 % à 6.
Attrib. — Igiena e salubrità. —Loujamen insalubre.
— Establissamen dangeirous e incòmode. — Epidèmia. —
Pouliça dei meurs. — Assistença publica. — Viei, infirme
e incurable. — Retreta Ouvriera. — Enfant assistât. — Proutecioun dei enfan dôu premié âge. — Espitau. — Establissamen de carità o de beneficensa. — Fouol.
7e Ajount
M. lou.Dr Jousé Fighiera
Recèu lou dimars e lou dissata. de 10 à 11 y2.
Attrib. — Estat-Civil. — Poumpa Funebri. — Cementeri.
— Culte. — Afaire Militari. — Abihamen.

�— II

PR^MIÉ

TRIMESTRE:
MARS

FEBRIE

JAN VIE
lu 7, à 10 oura 29 m.
lu 15, à 4 oura 02 s.
lu
a 3 oura 40 s.
lu 28, à 7 oura 35 m.
— !.. 8 U' — C. 4 42
SOULÈU
N.
P.
P.
D.

—

L.
Q.
L.
Q.

N. L.
P. Q.

lu 6,
lu 14,
lu 21,
D. Q. lu 27,
L. 7
SOULÈU,

5
8
2
9

oura
oura
oura
oura

22
34
04
16

m,
m.
lu.
s.

P. Q.
1'. L.
D. Q.

24'

SOULÈU ,

dis. S. Ignaci
Dim. La Çandeliera
Blasi
dil. S.
l)i mars-Gras
dim
Li Cendre
dim
Dim
dij. Sta A gat a
dil.
div. Sta Dorotea
dim.
dis S. Romuald
dim.
dij
9 Dim. Quadragesima
10 div.
10 dil. Sta Apoulounia
11 dis.
11! dim. S. Severin
12 dim. Quatre-tèms
12 Dim.
13 dij. S. Gregori
13 dil.
14! div. Sta Eufrasia
14 dim.
15 dis. S. Onesime
15 dim.
16 dij.
16' Dim. Reminisceri
17 div.
17i dil. Sta Mariana
18 dis.
18 dim. Sta Attiqua
19 dim. S. Eucher
19 Dim. Setuagesima
20 dij.. Sta Vitalina
20 dil. S. Bastian
21 div. S. Severian
21 dim. Sta Agnesa
22 dis. S. Silvan
22 dim. S. Vincent
23 dij. S. Raymound
23 Dim. Oculi
24 div. Sta Jacinta
24 dil. S. Pascase
Conv.
de
S.
Pau
25 dis.
25 dim. S. Cesari
26 dim. S. Nestor
26 Dim. Sexagesima
27 dij: S. Leandri
27 dil. Sta Devota
28 div. Sta Nourina
28 dim. Sta Paula
29 dim. S. Francès S.
30 dij. Sta MaitiDa
31 div. S. Peire N.
Lu jou crèisson :
dim.
dij.
div
dis.

Jou de l'An
S. Macari
Sta Genevieva
S. Tita
S. Simeoun
Lu Rei
S. Lucien
S. Apoulinari
S. Pèire
S. Guillaume
S. Teodore
S. Arcada
Sta Verònica
S. Ilari
S. Maurici
S. Ounourat
S. Antoni
Sta Angela

Lu jou crèisson :
lou matin....... 22 m.
lou sera
12 m.

1

lou matin
lou sera

lu
lu
lu
lu

47
46

ln&gt;

m.

dis.
Dim.
dil.
dim.
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div.
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Dim.
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dim.
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div.

dis.
Dim.
dil.
dim
dim.
dij.
div.
dis.
Dim.
dil.
dim.
dim.
dij.

8,
15,
22,
29,

à 0 oura 23
à 8 oura 58
à 11 oura 56
à 0 oura 58

m.
s.
m.
s.

L. 6 36' — C.5 32'

S. Eudoxii
Lœtari
S. Marin
Sta Cunegonda
S. Casimir
Sta Coleta
S Jouau de D.
Sta Félicia.
La Passionn
Lu 4" Marlir
S. Euloge
S. Gregori
Sta Eufrasia
Sta Matilda
S. Acepsima
Lu Rampàu
S. Patrici
S. Apien
s. Jôusé
Dijon San/
D i vendre Sani
Dissata Sant

Panca

StaCatarinadeS
Anounciada
S
Emanuèu
S. Jouan d'Egt
Gountraa
div. S.
dis. S. Hustase
Dim. Quasimodo
dil. Sta Balbina

Lu jou crèisson :
lou matin
î .o4 m.
lou sera
0.48 m.

VERMOUTH

�— 12 —

ABRIETJ
N. L. lu 6,
P. Q. lu 14,
P. L. lu 20,
D. Q
lu 28,
SOULÈU .

MAI

à 5 oura 49 s.
à S oura 40 m.
à 9 oura 35 s.
à 6 oura 09 m.

— L. 5 32'

C. 6 19'

dim. S.
dim. s.
dij. s.
3
4 div. s.
5 dis. s.
1
9

6
7
8
9
10
11
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21
22
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26
27
28
29
30

Dim.
dil.
dim.
dim.
dij.
div.
dis.

Dira.
dil.
dim.
dim.
dij.
div.
dis.
Dim.
dil
dim.
dim.
dij.
div.
dis.
Dim.
dil.
dim.
dim.

Ugo
Franç. de P.
Richard
Isidoro
Juliena
s. Celestin
s. Hegesippe
s. Albert, ev.
s. Azada.
s. Isidoro
s. Leourj
s. Juli
s. Justin
s. Valerian
Sta Anastasia
S. Frutuous
s. Rodolfe
s. Maxime
s. Anselme
s. Tcodoro
s. Adalbert
s. Fidèle
s. Jorgi
s. Marco
s. Clet
s. Antime
s. Aimé
Iiouqacioun
Sta Catarina d. S
SS. Philip., Jacq.

La jou crèisson :
lou matin
59 m.
lou sera
... 44 m.

N.
P.
P.
D.

L.
Q.
L.
Q.

lu 6,
lu 13,
lu 20,
lu 28,

SOULÈU.

18
19
20
21
22
23
24

dij.
div.
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Dim.
dil.
dim.
dim.
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dim.
dim.
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Dim.
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dim.
dim.
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dis.

25
26
27
28
29
30
31

Dim.
dil.
dim.
dim.
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div.
dis.

1
2
3
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8
9
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13
14
15
16
17

JUN

8

oura 25 m.
H oura 45 m.
7 oura 18 m.
0 oura 04 m.
— L. 4 34' — C. 7 04'

N.
P.
P.
D.

i

Ascensioan
S. Atanase
In.d.l. Sta Crous
SS. Sindonis
S. Pio, papa
S. Jouan D.
S. Peire
S. Gregori N.
S. Antounin
S. Isidoro
Pandeconsta
S. Jouan lou S.
S. Pouon, m.
Quatre-tèms
S. Sta Dcnisa
S. Frutuous
S. Pascaù
Trin if à
S. Pèire C.
S. Felis.
S. Bernardini
Festa de Diéa
S. Didier
S. Vincen,d.L.
S. Urbin
S. Felipe
S. German
S. Cirile
Sta Petronïa
S. Sylve
S. Justin

Lu jou crèisson :
lou matin
4° mlou sera
41 m.

L.
Q.
L.
Q.

lu 4, â 7 oura 57 s.
lu 11, à 11 oura 4 s.
lu 18. à 5 oura 51 s.
lu 26, à 5 oura 41 s.

SOULÈU.

1 DIM.
2
dil.
3 dim.
4 dim.
dij.
5
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7 dis.
8
9
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29
30

Dira.
dil.
dim.
dim.
dij.
div.
dis.
Dira.
dil.
dim.
dim.
dij.
div.
dis.
Dim.
dil.
dim.
dim.
dij.
div.
dis.
Dira.
dil.

- L. 3 55'

—

C. 7 43'

S. Potin
Sta Blandina
S. Quirin
S. Francès C.
S. Lié
Couor de Jesù
S.
S.
Sta
S.
S.
S.
S.
S.
S.
Sta
S.
Sta
S.
S.
Sta
S.
S.
S.
S.
S.
S.
S.
S.

Medard
Optat
Margarida
Barnabé
Antoni de P.
Basilio
J.-F. Régis
Moudeste
Lambert
Olga
Gervai
Juliena F.
Louis de G.
Paulin
Maria d'O.
Jouan-B.
Prousper
Alban
Cresen
Iréné.
Pèire
Pàu
Tibàu

' Lu jou crèisson :
lou matin
2 m.
lou sera
i4 m.

VERMOUTH

�— 13 —

TROISIEME

AVOUST

JUL·IET
N.
P.
P.
D.

L'. lu Í, a
Q. lu 10, a
L. lu 18. à
0. lu 26j a
3
SOULÈU, - !..

1
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,21
22
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26
27
28
29
30
31

i

5 oura 07 m.
9 oura 38 m.
6 oura 0" m.
9 oura 59 m.
53' — C. 7 55'

dim. S. Thierry
dira Vierg.de li Gracia
dij. S. Anatole
div. S. Pèire de L.
dis. S. Sisoès
Dim. S. Elie
dil. Sta Bahela
dim. S. Efrem
dim. Sta Felicita
dij. S. Pio
div. S. Jouan G.
dis. S. Gene
Dim. S. Jaque
dil. Festa Naciounala
dim. S. Enri
dim. N.D.d.M.Carmel
dij. Sta Marcelina
div. S FVederic
dis. S. Vincen de P.
Dim. Sta Margarida
dil. S. Vitor
dim. Sta Maria-Mad.
dim. S. Apoulinari
dij. Sta Cristina
div. S. Jaque
dis. Sta Anna
Dim. S. Pantaleoun
dil. S. Samsoun
dim. Sta Marta
dim. Sta Giulieta
dij. S. Gnaci de L.

1

Lu jou bàisson :
lou matin
3i m.
lou sera
26 m.

TRIMíJSTRBÎ

N
P
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L.
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SOULÈU.

1
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31

lu
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2,
9,
10,
25,
31,
1.
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a
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Í

0 oura 58 s.
i oura 03 m.
8 oura 27 s.
0 oura 18 m.
8 oura 38 m.
23' - c. 7 28'

div. S. Pèire-aï Ldis. S. Alfonso
Dim Inv. de S. Estève
dil. S. Domenica
dim. N. D. dei Nèu
dim. Transf. de J. C.
dij. S. Gaétan
div. Sta Batilda
dis. S. Camilo d. L.
Dim. S. Làuren
dil. S. Septima
dim. Sta Clara
dim. Sta Filoumèna
dij. S. Ousèhi
div. Asonmpcioiin
dis. S. Roc
Dim. S. Jouachin
dil. Sta Elena
dim. S. Ipoulita
dim. S. Bernar
dij. Sta Chantai
div. S. Pio V
dis. S. Filipe B.
Dim. S. Bartoumiéu
dil. S. Louis, r. V.
dim. S. Segoundo
dim. S. Cesari
dij. S. Goustin
div. S. Mederic
dis. Sta Rosa
Dim. S. Fiacre

Lu fou bàisson :
lou matin
43 mlou sera
55 m.

SETEMBRE
P.
P.
D.
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Q. lu 7,
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Q. lu 23,
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SOULÈU. —

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1.5

1
4
0
4

oura 06 s.
oura 46 s.
oura 30 s.
oura 57 m.

08' — c.

6 33'

1 dil. S. Gili
2 dim. S. Estève Pi.
3 dim. Sta Eufemia
4 dij. Sta Rosalia
5 div. S. Làuren J.
6 dis. S. Pambou
7 Dim. S. Grat
8 dil. Naiiv. de la V.
9 dim. S. Oumer
1U dim. S. Nicola
11 dij. S. Félis
12 div. S. Veran
13 dis. S. Amé
14 Dim. Es. d. l.S. Crous
15 dil. S. Nicomède
16 dim. S. Courneilla
17 dim.- Quatre-tèms
18 dij. S. Tournas V.
19 div. S. Janvié
20 dis. S. Eustache
21 Dim S. Matiéu
22 dil. S. Màurici
23 dim. Sta Tecla
24 dim. S. Girar
25 dij. S Firmen
26 div. S. Nil
27 dis. S. Nicandre
28 Dim. S. \\ inceslas
29 dil. g. Miquèu
30 dim. S. Jeromo
Lu jou bàisson :
lou matin
42 mlou sera
i.o3 m.

HâltlHI &amp; EdIIÏ

�- 14 QÜATRIÈ)MÍ:

OÜTOUBRE
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SOULÈU. - .

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oura
oura
oura
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NOUVÈMBRE
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5 30'

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Lu jou bàissoii :
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SOULÈU, - -

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(i oura 35 s.
" oura 12 s.
7 oura 57 m.
1 oura
m.

42

6 30' — c.

4 30'

Ì dis. Toui lu Sunt
2 Dim. Lu Mouort
3 dil. S. Ubert
4 dim. S. Carlo B.
5 dim Sta Bertila
6 dij. S. Leounar

dis. S. Francès d'A.
5 Dim. S. Rousari
6 dil. S. Bruno
7 dim. S. Serge
Í
8 dim. Sta Reparada
8
9 dij. S. Denis
9
10 div. S. Francès B.
10
11 dis. S. Tarasco
11
12 Dim. S. Counrad
12
13 dil. S. Edouard
13
14 dim. S. Calisto
14
15 dim. Sta Teresa
15
16 dij. S. Ospici
16
17 div. Sta Edvija
17
18 dis. S. Luc
18
19 Dim S. Pèire
19
20 dil. S. Agricol
20
dim.
21
Sta Ursula
21
22 dim. S. Filip
22
23 dij. S. Teodoret
23
24 div. S. Magloire
25 dis. SS. Crespin Cr. 24
25
26 Dim. S. Joaan de K. 26
27 dil S. Frumeuce
27
28 dim. S. Alf'redo
28
29 dim. S. Narcisse
29
dij.
30
S. Marcel
30
31 div S. Siri
i 4

lot
lOL

TRIÍ

div. S. Nestou
dis. Lu Quatre Incou.

Dim. S.
dil.
dim.
dim.
dij.
div.
dis.

Teodore

S.
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S.
S.
S.

Jacintou
Martin
René
Stanislas
Pantena
Sta Gertruda

Dim. S.
dil.
dim.
dim.
dij.
div.
dis.

Edme
Gregori
Alfè
Sta Babeta
S. Edmon
Présent, de la V.
Sta Cecilia
S.
S.

Dim. S.

Clemen
Sta Flora
Sta Catarina
Sta Pelfina
S. Maxime
S. Sostène
S. Saturnin
Dim. A vent
dil
dim.
dim.
dij.
div.
dis.

Lu jou bàisson :
lou
lou sera

DESÈMBRE
P. Q.
P. L .
D. Q.
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SOULÈU. —

1.

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7 24' — c.

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3 55

dil. S. Eloi
dim. Sta Bibiana
dtm S. Francès X.
dij. Sta Barba
Bassi
div. S.
dis. S. Nicola

Dim

S. Anbrosi
dil Imac. Conception^
dim. Sta Leoucadia
dim. Sta Eulàlia
S. Damase
div. Sta Roselina
dis. Sta Lucia

Dim. S.

Niçaise
dil. S. Mesmin
dïm. S. Adon
dim. Quatre-tèins
S. Gatien
div. S. Ciprian
dis. S. Filogone
Dim. S. Tournas
dil. S. Onourat
dim. Sta Vitòria
dim. Cacha-fuec
dij. Calèna
div. S. Estève
dis. S. Jouan

Dim. SS. Iuoucent
dil. Sta EleoDOra
dim. S. Sabin
dim S. Sàuvestre
Lu jou bàisson de a5 m.
lou matin
e crèisson de 5 m. lou sera

TEBMOUTü

ART INI &amp;

lu
S, a
lu 18, a
lu 20, a
lu 27, a

�- 15 —

Grand Théâtre de Monte-Carlo
Directeur: R. GUNSBOURG

�16

GRANDS VIA'S - SPIRITUEUX - LIÛEORS
Vins de Ménage et d'Office

P. VISCONTI
Ancienne Maison Hte PKCOUD Fondée en 1860
Bureaux et caves :
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CROUNICA NIÇARDA
L/'Armanac Niçart a la pèu dura, persègue la siéu publicacioun maugrà lu escoumbuï de la vida. Mi côu vougar an
jou d'ancuei quasi soulet ; la miéu pichouna barca s'enroquerà pas. Tant que pouôdi mi teni au timoun, la mar es
pas toujou marrida e lou ciel à Niça es souventi fès seren.
Siéu urous d'aver assoustat, li a quauque an fa, de
coulabouratour que despi an fach lou siéu pichoun camin,
siéu fier encara d'aver pouscut publicar d'obra inedichi,
e se la gloriola de passage pousquesse estre de quauque
près, dirii finda que Y Armanac Niçart es estat lou premier
à dounar ai siéu letour de doucumènt istourique, pouesia
d'ilustracioun de prima man.

* *
Despi lou camin es dubert ; li codo, peira e peireta soun
levadi dôu mitan, toui si soun abrivat e lou miéu pichoun
couloumbié es despi l'oura abandounat, après d'aver servit
de nidou à touplen... Que mi resta d'aquela splendour
efemera ?. .. Ren o pas gran cauva de bouon : la nota de
l'emprimur à pagar !... e l'amistà de quauque amie lu quai,
côu lou recounouisse, m'an souventi-fès encourajat quoura
moudeste escrivan, ai publicat un'oubreta. Ma se noun
mi resta ren autre, ai pas men counservat la cuirassa e lu
côu que lu criticaire pouôdon mi pourtar s'aplatisson couma
se piquesson su d'un pan de burre. Ai fach d'esfouors, ai
cresut estre utile au miéu païs, se tanti fès n'ai pas réussit,
s'ai fach faussa routa, es pas la bouona voulountà que m'a
mancat.. ; es autra cauva !... que lu miéu detratour, —
marridi lenga, — vouogon ben recounouisse.
li'Armanac Niçart es toujou estat poulit, respetuous ;
aima plesentar, si piha garda de mancar quauqu'un, fa minga
persounalità e se parla una fès cad'an es pèr respouondre en
aquelu que dintre l'oumbra e lou mistèri l'atacon.
%

�i8 —
— Èen que n'aigui pas de dènt assè longui, mastègui
eouma pouôdi, mi resta encara doui bouoi caisselà, e lou
batarèu en remerciant Dièu debana qu'es un plesi... Se
grafigni quauquifès caressi quoura côu, ma que voulès siéu
sensible, crègni lou catigolo, noun mi laïssi trapiar, pi ben
que sigui de pichouna estatura — un verp de terra — mi
laissi pas metre lu pen su la couota.
La miéu draparïa es minça, transparènta, cadun pôu
liège à través cenque vouoli dire e maugrà que lou miéu
mantèu sigui de lustrina tantu n'an pas agut vergougna
de s'en curbi quauqu an fa'.
D'Académicien niçart n'ai counouissut mai que d'un ;
aurïon fach aloura una maladia se noun li aiguessi estampat
la siéu prosa o pouesia... D'autre, lou noum m'escapa, la
si soun esbignada... Ai encara souta lu uès una longa courespoundença que lou prova ; qu mi reclamava d'estre en
prima pagina, lou siéu noum que ressourtesse ; qu mi pregava de li metre « lou tout d'a-gangui « ; e passi souta silenci
touplen d'autre imourtal niçart que si dïon fier, urous, flatat,
de couloubourar à Y Armanac Niçart... A toui li calïa un
noumbre d'esemplari — à l'uèi va sensa dire, à titre d'encourajament — e lou jou de l'aparicioun, à lu audi charrar,
eron élu la pèira foundamentala, avïon tout fach despi
Y A fin au B... La gaseta parlava d'élu... e toui su lou bastion
de repetar : « Lou tau ?... escriéu su Y Armanac. —
Eri de moda !...
p
[•

*
*

*

D'aquéu fra-tèms Y Acadèmia Nissarda si founda, lou
Nice-Historique coumença à pihar voga, e lou regretat proufessour Enri Sappia que sabia cen qu'era la vaca enrabiada,
em'un zèle que recounouissi douna au sièu païs predilèt
tout cenqu'un pur niçart pôu dounar.
S'au jou d'ancuei lou Nice-Historique si felicita de la
siéu prougressioun noun côu pas que denembra l'orne que
mai que d'una fès a manjat de maigre moucèu... Es en aquel
orne que devès lou Nice-Historique vouostre enfan d'adoucioun ; se fouguesse estre sincère, li a de veiità que soun
toujou penibli à dire, sensa Sappia Y Acadèmia Nissarda
noun esisteria ; e se persegui en lou miéu amour de la verità,
devès la vouostra esistença o foundacioun à touplen d'autre.

�- ig —
t,'Armanac vous devîa ben acô... Lou souveni s'efaça tant
facilamen !...
Ma laissen aquela charra, noun m'aura ajudat qu'à
coumençar la miéu Crounica.

*
* *
UArmanac Niçart ientra couma pôu en la siéu nouvièma
annada d'esistença. Se trouvas qu'es abihat de mieja sesoun,
vous dirai que n'es pas à la paluègna que si counouisson li
cebeta... Ai tengut cônte dei bouoi counsèu e mi presenti
couma d'usança ai miéu letour e letrissa em'au sourire su
li labra pèr vous racontar de pichouni istourieta, vous rememourar quauque prouverbi, que liegerès emé plesî.
"L,'Armanac Niçart pôu estre lijut da toui, gran e pichoui,
divertisse l'un, enteressa tantu autre ; frisa jamai la groussieretà, basta e se n'aiguesse qu'una qualità, — de défaut
degun n'es esènt, — aquela qualità de counservar lou nouostre
franc-parlà, vouoli dire la lenga de la maire qu'un noun
pôu francamen denembrar, la cansoun dôu brès que nen
cantavon lu nouostre vièi, e que couste que couste voulen menteni.

*
* *

L'Armanac Niçart publica cad'an una paja d'istoria
loucala inedicha que lou dot e fidèle coulabouratour M.
l'Abat Rance-Bourrey escriéu espressi per lu miéu letour.
e que lu letrat, bibliofile niçart liejon toujou mé devoucioun. L'an passat nen dounet Y Expulsion de Mgr Valperga,
en septembre 1792 ; aquest'an l'istourien nen douna : L'Installation de Mgr Colonna-d'I^tria, evesque de Nice, en 1802.
Es un doucumènt d'istoria loucala requist qu'enriquissera
li nouostri coulecioun.

*
* *

Publiquèri de paja de Y Armoriai Nobiliaire et Historique de
l'Ancien Comté de Nice et des Alpes -Maritimes, de Jousè
Casai (1907) ai finda emprimat en coulabouracioun d'aquestou, un Catalogue Alphabétique du fonds de Nice que si
trouva à la Biblioutèca de Niça, ensinda qu'una reempressioun dôu Discours sur le Monastère de Sainte-Claire de
Nice, pèr Honoré Pastorelli, publicat d'après l'édicioun
originala de Turin en 1608, em'una entroducioun e de

�20 —
nota de l'abat Rance-Bourrey. Lu counouissur, en 1908,
lauderen aquesta reedlcioun.
*
Nicœa Civitas

L'Armanac Niçart felicita caudamen Y Acadèmia Nissarda d'aver fach pareisse la premiera partida dôu NicaaCivitas de Gioffredo, en francès. Aqui de bouon'obre.
Traducioun commençada per lôu proufessour Enri Sappia,
coumplimen à l'abat Rance-Bourrey que l'a menada à bouon
pouort.Grafigni ma caressi eY Armanac Niçart que despi regardas coum'un bastardoun sau recounouisse lou beu dôu mau.
Rabaian toujou ; siéu urous de faire lou miéu mouloun,
pu tardi un nen tirera proufit.
*
* *
Aiira, car letour e charmanti letrissa, que vous dirai
de mai, farai couma lou papagau e vous répéterai couma l'an
passat :
Bouon prencipi
E mihour fin !
L'ARMANAC NICART.
LOU JOUIN'OME E LOI) BOUON VIEI
De gracia, empara-mi couma si fa fourtuna,
Demanda au paigran un jouin'ome ambicious.
— Li a, di lou bouon vièi, un camin glourious :
Es de si rendre utile à la cauva coumuna,
Proudigà vouostre jou, vouostri veia, talènt
Au servici de la França !
— Ah ! bèn pénible n'es la soufrança.
Vouoli de talènt men brilènt
— Ni a de mai segur : l'intriga.— Es trôu vile
Sensa travail vous diéu, vourii m'enriquî. ..
— Eh ben ! sigues simple embecile
N'ai vist mai que d'un réussi...
J. Eynaudi
(D'après Florian).

�—

LOU

LIOUN E

21 —

LOU

MOUISSIOUN

« Va-t'en, mesquin insècte, escremen de la terra ! «
Es ensinda que lou Lioun
Parlet un jou au Mouissioun.
L'autre li declaret la guerra :
« Ti penses, li diguet, que lou tiéu titre de rèi
Mi fasse pôu e que m'enquieta,
Un bôu de tu s'en manja sièi,
Lou fau marchar à la bagueta. »
A pena fenit lou discours
Que d'éu même souona la carga,
Siguet troumbeta, vincitour.
Ma prudènt si ten à la larga ;
S'abriva, toumba su lou couol
Dôu Lioun que rende miech fouol ;
Deven quasi furious e l'uès de bila esala
Rugisse, toui s'escoundon, tremouolon à l'enviroun ;
Aquel'alarma universela
Es cap-d'obra dôu mouissioun,
Un avourtoun de mousca en cent luec lou sarcela,
Lou pougne su l'esquina e pi su lou nasèu
Un autre suça lou narvèu.
La rabia si retrova, au soum es ja mountada,
L'envisible nemic trioumfla regardant
Que ni grifa ni dènt de la bèstia irritada
Lou metènt tout en sang, lou siéu dever faran...
Lou malurous Lioun s'esgarra à pichoui tros
Fa boulegar la couva pèr gagnar de terren ;
Es desperat, poù plus ; lou Rei deven balos,
La fatiga l'abate, si ve qu'es su li dènt...
L'insècte dau coumbat si retira mé gloria,
Couma sounèt la carga, entona la Vitòria,
Va pertout l'announçar, ma rescountra pèr camin
Una aragna en embuscada...
Dôu Mouissioun siguet la fin.
Que poudès ben pensar, que leçoun ensegnada ?
Dei vouostre gros nemic, de crègne lu pichoui
Sensa troù de fracas vous trïon lu peouï...
Ma se d'un gran dangié an pouscut si soustraire
Perisson pèr la mendre afaire.
J. Eynaudi (d'après La Fontaine).

�— 22 —

ME LCART

(1)

L'argènt de la Betica e l'ôr de l'Atlantida
Agnènt recompensad lei trabalh de Melcart,
Pojè, fôra Gadès, sus l'Océan bastida,
Vers lo pas gigantesc qu'avié saupud traucar.
Mai la mar rebaté son argulhos sicard,
'Mé d'ôrre temporau e, vela rebotida,
Sai barca, quatre luna, errèron à cercar
Lo camin drechurier dau pôrt qu'èron partida.
Aiora, en Astartè, reina dai Bahalim,
Vengué, pèr abaucar lei ventegas malin,
Saunar d'ôme, au ribage onte Agèu s'espalanca,
E lei pastre ligor, monegasca Calanca,
De ton rocas sanglant veguèron piei partir
Do legendàri eros de la superba Tir.
Lois Funèu.

SIGUESSES UN ARMANAC
Un proufessour de coulège estudiava ordinariamen
quatre a cinq oura cada jou. Couma era restat dintre lou
siéu cabinet mai long-tèms que d'abituda, la siéu mouhié
venguet lou trouvar :
— Siés aqui ma mia, que diès de nôu que noun sabi ?
— Diéu, moussu que vourii ben estre libre.
— E perquè ma mia ?
— Perquè li avès toujou lou nas soubre... noun avès
d'uès que pèr elu, li siés toujou après.
— As rasoun, vourii ben n'en faire autre tant pèr tu,
basta que siguesses un Armanac.
— Un armanac ?. .. e perqué ?
—■ Perqué ?... Cad'an pourii ti chanjar.
Jouan l'Ae.
(i) Melcart sè nbla aver estad un rei de Tir, deî ficad à la lônga,
qu'aurié menad lei navigador fenician vers la Ponènt mieiterranene e que
lei Greg, rabattant la tradiçion dai Pelasge, 'n-aurien fach son Ercule,

�— 23 —

MELCANT
(Revirad en Catalan)
—X—
De Bètica l'argent, d'Atlantis l'or sens mida,
havent recompensat son treball herculià,
feu via desde Gades, damunt l'Occià bastida,
fins al pas geganti que hi sapiguè badà.
Prô'l mar rebat, furient, sa dèria ergullosida,
ab hòrrides tempestes. Les veles va plegà
sa flota y, quatre llunes, errà com desvanida
del dret camí que mena al port S'hon va merxà.
A l'Astarté llavors, dels Bahalim regina,
li prega que apaybagui la ventada felina
y, en la costa d'Agèl, li fa oblaciô d'humans ;
Après ; cales de Monach y pastors ligurians !
de les sagnantes roques, hi vegereu partir
l'hèroe llegendari de la superba Tir.
Barcelona, Agost de 1911.
Doctor J. Plana / Dorca.

xxxxxxxxxxxxx:::xxxxxxxxxxxxx
LA

FAVOIJR DOU JUGE

Petou Merlussa e Gioan Tripetou, doui chicanur en l'a"
nima avion la semana passada una af aire davant dôu juge de
pax. Pèr s'aquistar la favour d'aquestou un li avia regalat
un bariéu d'oli e l'autre dounat un pouorc.
Lou juge si prounouncet en favour de Gioan Tripetou
que li aviat dounat lou pouorc. Couma pensas Petou Merlussa
era pas soudisfach e anet dôu juge si plagne.
Lou Juge. — Que voulès es intrat dintre la miéu maioun
un pouorc que a rout lou bariéu d'oli, siéu estat ben countrariat e.. . maugrà ièu, cresé-lou, v'ai denembrat.
Patusso.

�— 24 -

VA N D A L E S
L/Ordre des Frères Prêcheurs fondé au commencement
du XIIIe siècle par Saint Dominique se répandit très rapidemnt, surtout dans le Languedoc et dans la Provence.
Dès 1243 un couvent de Dominicains fut créé à Nice,
sur un terrain donné par Jordan Richieri, et une vaste église
s'éleva bientôt à côté du couvent.
Des Dominicains, on le sait, étaient de grands bâtisseurs, et les églises qu'ils ont élevées, dans la Provence,
sont les plus beaux modèles de l'architecture gothique :
il convient de citer en première ligne la splendide église de
Saint Maximin (Var), celle de Sainte Madeleine à Aix-enProvence, celle de Saint-Canat à Marseille.
D'église du couvent de Nice était de fort belles proportions et comptait parmi les plus vastes et les plus intéressantes de la ville de Nice, au point de vue architectural ;
l'église des Cordeliers, dite de Saint-François-le-Grand, qui
date à peu près de la même époque pourrait lui être comparée.
Aujourd'hui, Saint-François-le-Grand existe encore, mais le
vieil édifice a été profané, vendu et sert de remise et de magasin à fourrage.
Quant à l'église de Saint-Dominique, son sort a été plus
lamentable encore. Enlevée aux religieux qui l'avaient construite, elle fut pendant quelques jours, en octobre 1792.. le
siège du Club des Jacobins ; puis l'autorité militaire s'en
empara et elle servit de magasin à la manutention.
Mais, ainsi transformée, elle subsistait encore et pouvait, grâce à d'intelligentes réparations, être rendue à l'admiration des artistes et des archéologues. Au lieu de cela,
une Municipalité mal inspirée l'a fait démolir de fond en
comble et, aujourd'hui, il n'en reste plus pierre sur pierre (1).

(1)

Les amateurs et les collectionneurs, qui espéraient trouver, sous les
ruines de la vieille église des Frères-Prêcheurs, des objets précieux pour
enrichir leurs collections, ont été absolument déçus, car on n'y a trouvé,
paraît-il, qu'une quantité d'ossements et une petite croix en cuivre que
M. Moris, archiviste du département, conserve sur son bureau.
Et pourtant, n'y aurait-il pas encore des hommes intelligents qui renverseraient, sans regret, des monuments vénérables dans la conviction
que cette démolition permettrait de découvrir des choses plus intéressantes.

��C.I.D.O.

BtZIERS

�- 25 Sur son emplacement on a élevé le Palais de Justice dont il
vaut mieux ne point parler car il n'y a rien de flatteur
à en dire.
La ville de Nice a été ainsi dépouillée d'un des rares
monuments qui représentait dans cette contrée l'architecture religieuse du XIIIe siècle. Et il ne faut pas dire que la
Municipalité ne fut point avertie de la faute qu'elle commettait, car on peut lire dans le Bulletin Monumental publié
par M. de Caumont, Paris 1862, in-8°, 3e série, tome VIII,
pages 272-274, une très intéressante notice que nous reproduisons in-extenso :
L'ANCIENNE

EGLISE SAINT - DOMINIQUE
A NICE (1)
—X—

« En examinant attentivement l'ensemble de l'antique
Eglise de Saint-Dominique ; en voyant, à la nef et à l'abside
rectangulaire qui la termine, des ogives à peine accusées,
on serait volontiers tenté de déclarer que cet édifice appartient à la période de transition entre l'architecture romane
et l'architecture ogivale, c'est-à-dire au XIIe siècle.
« Mais, ici, il faut se départir un peu de la rigueur des
règles archéologiques et se bien rappeler que les contrées
méridionales, comme le Comté de Nice, ont été, au point
de vue architectural, presque constamment en retard sur le
centre et le Nord de la France.
« En effet, le monument dont nous parlons a été bâti
dans la dernière moitié du XIIIe siècle.
« A cette époque, suivant Gioffredo (Nicaa Civitas),
p. 182) Meynfroid étant évêque de Nice, les Frères Prêcheurs
de Saint-Dominique vinrent s'établir dans ce pays et construisirent un couvent et une église sur un terrain à eux donné
par un certain Jordan Richieri (2).
(1) Aujourd'hui transformée en remise et manutention militaire, cptte
église doit-être prochainement démolie. Sur son emplacement l'édilité
niçoise a formé le projet de bâtir un Hôtel de Ville.
(2) L'acte de donation est daté du i4 Avril 1243 ; il nous apprend que
le terrain donné était de quatre sétérées et qu'il était situé dans le lieu
nommé Seleya, à côté d'une léproserie — l'église de Saint Dominique a été
élevée plusieurs années après eette donation, vers 1260.

�— 26 —

« Par conséquent l'ensemble de cette vieille église est
à peu près contemporain de 1 a Sinte Chapelle de Paris, et
cependant d'après les carelltctèreacchitectoniques, on mettrait
cinquante ans d'interrva ase ren es deux édifices.
« Quoi qu'il en soit, l'église de Saint-Dominique fournit
un excellent horizon pour fixer les idées sur l'état de l'architecture religieuse dans le Comté de Nice au XIIIe siècle.
« D'arc en tiers-point y domine dans les voûtes, tandis
qu'au contraire le plein cintre y règne dans les portes et les
fenêtres.
« D'édifice dont nous parlons n'a pas l'abside arrondie
des monuments religieux du XIIIe siècle ; il se termine par
une muraille plate qui devait être percée de plusieurs fenêtres. Cette disposition se rencontre aussi dans quelques autres églises de France (Cathédrale de Poitiers, de Dol, de Daon,
Eglises de Saint-Serge à Angers, de Saint-André à Grenoble etc.) et dans un grand nombre d'églises rurales.
« Des murs de notre monument sont construits en petites pierres taillées carrément en briques. Il ne possède qu'un
petit nombre de contreforts. Des pilastres qui supportent
les voûtes reposent sur des socles carrés ; les chapiteaux
sont ornés d'une espèce de cordon. Une fenêtre seulement
a conservé son ornementation primitive, qui consiste en des
têtes de clous bien caractéristiques du XIIIe siècle.
« Une porte latérale (qui s'ouvre sur la ruelle de Saint
Dominique) offre un linteau porté sur deux chapiteaux à
décoration végétale et un tympan à plein cintre.
« Des voûtes qui n'ont pas 40 centimètres d'épaisseur,
sont jetées d'un mur à l'autre, avec une hardiesse admirable ; elles sont faites en petites pierres mêlées avec beaucoup de mortier.
|fs « Des arceaux de ces voûtes ogivales sont croisés ;
quelques-uns, néanmoins, sont parallèles entre eux et traversent la nef en ligne droite, de manière à séparer les travées, qui sont en nombre de cinq. Da retombée des arceaux
se fait au-dessous des fenêtres. Malheureusement ces fenêtres ont été bouchées, par un maçon ignorant au XVIIIe
siècle.
« En même temps, la façade de Saint-Dominique a
été refaite dans ce style bâtard que l'on a flétrit de Pompadour. Nous ne la décrirons pas.

�— 27 « Avant de terminer, qu'il nous soit permis, au nom des
traditions historiques que ce vieux monument rappelle de
supplier le gouvernement de l'Empire, si éclairé, si généreux,
de vouloir bien consacrer, chaque année, une modique somme à la restauration de l'antique Eglise de Saint-Dominique.
« Confiée aux soins d'un habile
architecte, d'un
Viollet-le-Duc ou d'un Dulion, cet édifice deviendrait
bientôt le plus curieux et le plus remarquable de Nice. »
A. Paul Simian
Membre de la Société française d'Archéologie.

*

*

*

Ces pages écrites par un homme très compétent, nous
apprennent les efforts tentés pour conserver la vieille église ;
efforts qui se heurtèrent malheureusement à un parti-pris
irréductible.
Rien depuis n'est changé dans les habitudes administratives, et les discours prononcés à la Chambre des Députés
le 25 novembre 1912 par MM. Barrés, Sembat et Reinach
nous ont édifiés sur la mentalité de tant de maires et conseillers municipaux dédaigneux des « monuments possédant
un caractère soit artistique, soit historique ou ayant tenu
une place dans l'existence nationale ou dans la vie locale
des communes françaises a.
Le Bourguignon.
XXXXXXXXXXXXX:::XXXXXXX XXX XXX

-

MEMORANDUM
Noum dei fidelié que esistavon à Niça en l'annada 1758 :
Castelli Onourat
Verani Ludovic
Baudo Antoni
Baudo Andréa
Gautiero Gaétan
Bottino Pierre.

Doneudo Giacinto
Carlino Pierre
Ricciart Nicolas
Bottino Jousè
Daviga Anna-Maria

Toui naissut à Niça, cheto Ricciart natiéu de Touloun,
ma essent à Niça despi longa data.

�— 28 -

PEI VULGARI
Aguia
Aguïat
Alolonga
Amendola
Amploua
Anfossa
Ange
Anguila
Aragna
Arendoula
Argentin
Argentin dentat
Aurada
Aurin
Badona
Barbùo
Bardoulin
Baveca
Bavoua
Bavoua d'arga
Belugan
Besuga
Bissa
Bissa de mar
Blada
Blaviè
Botta
Boucarougia
Boudroi
Boni tou
Buga
Bugaravella
CaUgneiris
Capelan
Capoun
Capoun glaune
Cardaira
Cardouniera
Carmarina
Castagnola
Cat
Cavaluca
Cavàu
Cieucla
Clavelada
Coffre
Courpatà

DE LA MAR DE NIÇA

Cuorp
Daurada
Dorât
Dormigliana
Durgan
Emperator
Esperlin
Fanfre
Fanfre d'America
Fanfre negre
Fero
Ferrassa
Felat
Figon
Framo
Floussada
Fournie
Fumo
Galineta
Galina
Gastaudela
Garaman
Gatta
Gatta d'arga
Gerle
Gerle blaviè
Gerlessa
Gianeli
Girela
Girela turca
Giugarèu
Gobo
Gobo blanc
Gobo jaune
Gobo rouge
Gora
Granadié
Grana
Gros argentin
Grounc-manca
Grounc negre
Grugnau
Lambardà
Lambert
Lamea
Launo
Lamprua

Lampuga
Langanèu
Leccia
Lernia
Lico
Liccio
Lente
Loubas
Loubas negre
Lucco
Luccion de mar
Lussi
Claire d'amploua
M alarmat
Martèu
Masca dei amploua
Masca
Melantoun
Melet
Meleta
Merlan
Miraiet
Mipolo
Moissin
Mora
Moleto
Monge
Monge clavelat
Monge gris
Monge rous
Morena
Morena sensa espina
Mourre agut
Merou
Mostela
Mostela blanca
Mostela de font
Mostela de roca
Mostela negra
Mourmena
Mugio carida
Mugio daurin
Mugio flaveton
Mugio labru
Muola
Muôu
Nissola

�- 29 Nonat
Nonat negre
Ombrina
Orghe
Ouriôu
Padre
Padreto
Pagèu
Palamida
Palloun
Pampaloti
Pastinaiga
Pei can
Pei cuor
Pei mourre
Pei spada
Pei cafre
Pei fuorca
Pei d'America
Pei puorc
Pei ratou
Pei San Pèire
Perça
Perça de mar
Pintou roussou
Pissoua
Pintosso

Pouorc
Pourc-marin
Poutassôu
Poutassôu gros
Poutassôu rero
Poutura
Rasa
Rascassa
Rasouar
Ravela
Rombo
Rombo clavelat
Roucairôu
Rouchié
Rouget
Sardina
Sargo
Sargo rascas
Sarpanansa
Sarpa
Seropena
Seriola
Sera
Serran
Serro
Sola
Sola d'arga

Sola de font
Sola de roca
Soufio
Stocaûc
Streglia
Striglion
Sturion
Sublaire
Suc blanc
Suc cagnenc
Sussapega
Tenca
Ton
Tono
Tordo
Tordo blu
Tordo d'arga
Tremoulina
Trombeta
Truita
Troncio
Ugliassou
Vaca marina
Vacheta
Verdoun
Verrat

Lu moyen de pesca emplegat su la nouostra couosta
soun : la savegd, bresin, gangi, entremail, lou sourrin
(arrêt à maïa simpli ; diversi lounguessa), la màndraga,
tonnairà, la reclara, la mugeliera, lou palangre e la
ndssa.

xxxxxxxxxxxxx:::xxxxxxxxxxxxx
PROUVERBI, BOUOI MOT, COUNSÉU E DICH
Qu noun pâtisse
Noun coupmatisse.
La belessa es lou mirai dei fouol.
Qu noun a testa a camba.
A fouorça de courre un ri roumpe lou
Cada couinié a la siéu saussa.
Lou bouon vin a pas besoun d'ensigna.

mourre.

�- 30 —

COU QUE TITOUN FASSE..,
Bonifassi dintre lu siéu manuscrich douna una memòria
que avia retrovat dintre de viéi papié laissât pèr soun
paire. Es una paja que trova ben la siéu plaça dintre

l'Armanac Niçart. — Transcriví :
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Z4

1807 — 2 Mars. — Si Titon a fait ce qu'il suit :
A enté les coudonié et pommiers ?
Les fève sont seucladoi ?
A bêché les souches ?
A retiré les souches qu'elles ne touchent les orangers.
La rare Baudoin les souches sont en ligne ?
A ôté la souche de l'olivier du chemin.
Les souches en allant chez Toudon touchent-ils les
arbres orangers ?
Les figuiers en général sont-ils bien arrangés ?
La figuiere du pr camp qui touche l'olivier et celles
en allant vers Toudon sont bien arrangées ?
l/'asseti du garderobe est bien arrangé ?
L'asseti du Petoulin a bien arrangé la ftguiera ?
Les deux planton galofrié p. Bonet ?
A mis les prunières a l'asseti du jardin, et le fortifier, et le serrer bien en cannes ?
Lever au plutôt les giarres et y placer les orangers ?
La laupio de l'amandier est faite ?
S'il a arrosé avec l'eau des lartins le Paumolin ?
Combien li a encore des oliviers à arroser ?
Grande partie de l'eau du puits.
Ce qu'il a fait à l'enclos devant la cabane.
Qu'il arrose les violettes de cyprès et les bêcher.
Le rondeau de dessus l'asseti en face de la grande
porte qu'il la degerbe et l'arrose.
Les violettes de M. Guillonde les a prises ?
L'instruire pour escarassoner bien l'allée de la grande
porte.
Les escarasson et fourcoulo d'olivier a pin de Fabron
est allé a les prendre ?
Nettoyer bien le cal du bois et arranger bien les
pierres.

�- 3î 25 Les aloès et figues de turc son plantées à la ribe
de Toudon, au pas d'Erene et au portai ?
26 Si quelques prunière du rond du portai sont coupées toutes de la même hauteur ?
27 L'asseti proche de la cabane ?
28 Le plantier est-il commencé ?
29 Y a-t-il de fumier et de rame pour le plantier ?
30 A-t-il escarrassonné le plantier ?
31 Sont mesurées les sauloi justes du plantier jusqu'aux
prunières qui forment l'allée ?
32 Les galofrié sur l'aberge en gerbe chaque 5 a 6 pan
un planton et un pan et 3/i du bord de dessus ?
33 Les mourceaux du 3e camp qu'il couvre l'aberge
de terre pour que les olives ne se perdent pas
et lui aporter les pierres de l'entour ?
34 Netoyer la rare de la Veuve Mannel jusqu'à la cabane ?
35 Arranger les morceaux de baus de gif de dessous
M. Garidery, qu'il touche l'olivier ?
36 Quand aura bêché les olivier et fini de semer ?
37 Netoyer les pierres qui sont dessus M. Fighiera à
la taule neuve et lui mettre pour le moins
una baril et une grande corbe fermer chaque,
les 4 oliviers de la taule neuve ?
38 L'asseti en nicia au baus en face de lierre ?
39 L'asseti au baus de gip en face du levant ?
40 Les degrés de deux côtés de la taule de 3 oliviers
dessous M. Fighiera ?
41 La ribe d'Antoine Erena l'escarper un peu plus ?
42 Oter les passages d'Erena, ou il faut une petite berge
de 5 à 6 pans ?
43 Netoyer la ribo, et les pierres du clapié de devant
Erène pour ne pas perdre les olives ?
44 Défricher et mettre une canne au carrobié d'Erena.
45 Tirer la file à la ribo d'Erena, et aux lieux ou fait
de vuide lui mettre de gerbes des dessus dite
ribo, l'arranger au mieux possible ?
46 La rare des arbres sitronié sauvage le tirer d'un bout
à l'autre qu'elle fut planiero qu'il ne s'aperçoit
pas que dit terrain monte ce qu'il faut bien tirer
la fille bien tendue ?

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La grupio de la saumo est-elle arrangée ? L/encreno de la tourtoiro dou pourchié es facio ?
L/encaladat de davau lo pourquié es arangiat ?
Voir de transplanter les trois plantun aussipré ?
Voir de rebrondar les aussiprés de Toudon, au portai,
ceux dou noghié et ceux d'Ereno ?
Entreprendre au plus-tôt l'asseti en dedans au
baus de plâtre à la ribo d'Antoine Ereno ?
Une visite s'il a lié bien aux escarrasson a peo
les perieres, pruniervi et peseghié ?
S'il a coupé tous les arbres que passent aux planches.
S'il a accoummodé le dernier berge du camp ?

Cresi que lou paure Titoun em'aquela patardela noun
aiguë ren denembrat, lou manuscrich lou di pas, ma s'aco
fouguesse courïa lou coumpatî.
X. X. X.
XXXXXXXXXXXXX:::XXXXXXXXXXXXX

IN IZZA-LA-BEL LA
Ailleurs l'hiver sévit, et le ciel y déploie
Un voile d'ombre obscur sur les fronts soucieux ;
Ea Jeunesse elle-même, à la tristesse en proie,
Y semble renoncer à ses ébats joyeux :
Ici le printemps règne éternel, l'air flamboie,
Caressante, le mer y réfléchit les cieux,
Et la terre embaumée étale en pleine joie
Sa parure de fleurs pour le charme des yeux.
Mais combien jure avec ses hôtes,— qu'on envie ! —
Ce cadre de beauté, de lumière et de vie !
On dirait à les voir grelotter au soleil,
Qu'un dieu jaloux y pousse et chaque jour amène
Tous les produits de la décrépitude humaine,
Habitants pour demain de la nuit sans réveil !...

�A.-J. RANCE-BOURREY

INSTALLATION
DE

Monseigneur

Colonna-d'Istria

EVÊQUE DE NICE

25 Fructidor an X

Armana Niçar 1913

(12 Septembre 1802)

����Installation de MGR Colonnad'Istria
ÉVÊQUE DE NICE
25 Fructidor an X (12 Septembre

/802)

A la fin de septembre 1792, Mgr Charles-Eugène Valperga di Maglione, pour obéir aux ordres du général d'Anselme, commandant l'armée française qui venait d'occuper
Nice, quitta cette ville dans les conditions que j'ai racontées
précédemment (1).
Dix années plus tard presque jour pour jour, un nouvel
évêque était solennellement installé avec le concours de toutes les autorités civiles et militaires par un autre général,
préfet du département des Alpes-Maritimes, M. de Châteauneuf-Randon.
Fa Révolution avait passé ; la guerre religieuse avait
fait son temps et le peuple français réclamait le retour de
la religion longtemps proscrite.

*
* *
Fe 15 juillet 1801, le Premier Consul Bonaparte avait
conclu avec le Pape Pie VII une convention qui fut ratifiée
à Rome le 15 août suivant. Fe 10 septembre, les ratifications
furent échangées à Paris et le 4 octobre, arriva dans cette
capitale, le cardinal Caprara, légat a latere muni des pouvoirs
les plus étendus. Fe Premier Consul le mit immédiatement
en rapport avec Portalis, conseiller d'Etat, qui fut chargé
par un arrêté du 16 Vendémiaire an X (8 octobre 1801) dt
toutes les affaires concernant les cultes. Fa convention conclue

(1)

Voir VArmanac Niçart de 1912.

�VI

entre le Gouvernement français et le Pape fut transformée en
loi de l'Etat le 18 Germinal an X (8 avril 1802). Quelques jours
après, le Concordat fut publié solennellement dans l'Eglise
Notre-Dame de Paris (18 avril 1802), jour de Pâques.
Une proclamation du Premier Consul annonça aux Français ce nouveau bienfait qu'il avait voulu faire coïncider
avec la conclusion de la Paix générale. Fes préfets reçurent
l'ordre de promulguer chacun dans leur département, tout
à la fois, le Concordat et la Paix.
Châteauneuf-Randon le fit sans retard, et, par une circulaire du 9 Floréal (1) (29 avril) il prescrivit de donner à
cette publication toute la solennité possible. Ce fut dans le
département des Alpes-Maritimes, et spécialement à Nice,
une véritable explosion de joie, car ce département avait été
littéralement réduit aux abois par une guerre qui durait
depuis dix ans. Un témoin oculaire, l'abbé Joseph Bonifassi,
alors attaché au clergé de la Cathédrale, écrit dans ses Notes
sous la date du 2 mai 1802, n° 2640 : « Solenne Te Deum
« al Duomo coll' intervento di tutte le autorità Civili, Giudi« ziarie e Militari al suouo délie campane colla lettura délia
« legge orgànica e del Concordato seguito tra Pio VII e il
« i° Console.
N° 2641 « I buoni cittadini, di cui abbouda ancora il paese
« hanno provato una gran gioia a questo nuovo e tenero
« spettacolo. (2). »
Fe 26 Floréal an X (16 mai 1802) un Te Deum solennel
pour la paix fut chanté dans l'Eglise Saint-Augustin et les
autorités constituées y assistèrent escortées par la Garde
nationale qui,selon l'usage ancien, fit trois décharges de mousquetterie devant l'église. (3).
Deux mois après, on célébra la fête du 14 Juillet, et,
dans toutes les communes du département, par ordre du
(1) Arch. départent des A.-M. Circulaire du 9 Floréal (29 avril)
avec le programme de la journée du dimanche 12 Floréal (2 mai
1802).
(2) Archives Mxmicipales d.e Nice, Manuscrit de l'Abbé Joseph
Bonifassi, volume B : Sommario délie Notizie storiche di Nizza e suo
Contado dalli 28 Settembre 1792 sino al corrente 1820.
(3) Arch. Municip. Correspondance du maire, lettre au général
lîberlé commandant d'armeSj 25 Floréal an X (15 mai 1802).

�vn

Préfet (i), cette fête fut à la fois civile et religieuse. On
reprenait ainsi les vieilles traditions du pays qui associaient
toujours la religion aux réjouissances publiques.

*
* *
La solution des questions importantes et multiples
que soulevait l'organisation du régime concordataire demanda
beaucoup de temps et beaucoup de négociations. L'habileté
et l'esprit de conciliation de Portalis et de Caprara aplanirent
toutes les difficultés, et, à la fin de 1802 la nouvelle organisation de l'Eglise catholique en France fut heureusement
terminée. Par le Concordat, l'Eglise catholique avait
retrouvé une existence légale
rétablie sur de nouvelles bases. L'ancienne organisation des diocèses avait été
supprimée : tous les évêques devaient donner leur démission(2)
et le Gouvernement français devait présenter à l'institution
du Pape les nouveaux titulaires des évêchés rétablis d'un
commun accord. D'une manière générale, les divisions ecclésiastiques furent calquées sur les divisions civiles, et chaque
évêché nouveau comprenait un ou deux départements.
Le département des Alpes-Maritimes forma à lui seul
le diocèse de Nice alors que l'archevêché d'Aix dont il devint suffragant comprenait les deux départements des Bouches-du-Rhône et du Var.
Le nouveau diocèse englobait tout l'ancien Comté, de
Nice dont diverses parties étaient, avant 1792, comprises
dans les diocèses supprimés de Glandèves et de Vence, et
(1) Arch. départent. K 4. Arrêté très détaillé du 18 Messidor
(7 juillet) relatif à la célébration de la fête du 14 Juillet (25 Messidor)
f° 114.
(2) Elle leur fut demandée par un bref collectif du 15 août 1801
commençant par les mots Tarn multa. Ce bref fut envoyé à tous
les évêques par les soins de la Seçrétairerie d'Etat pontificale
et par ceux du Ministère des Affaires Étrangères de France. Je renvoie pour tout ce qui concerne le Concordat à la publication faite
sous les auspices de la Société d'Histoire diplomatique par M. le
Comte Boulay de la Meurthe : Documents sur la Négociation du Concordat, 5 volumes in.-8°, publication à laquelle j'ai collaboré. Voir
en particulier pour l'affaire des démissions le tome iv paru en 1895.

�VIII

dans celui de Vintimille (i). Il recevait donc de ce fait ur
très notable agrandissement.
Mgr Hachette des Portes, évêque de Glandèves était
mort en ex:l à Bologne en 1798.
I/évêque de Vence, Mgr Pisani de la Gaude, réfugié
en Italie, avait donné sa démission qui fut mentionnée au
Moniteur du 25 novembre 1801.
Le siège de Vintimille était vacant par la mort du dernier titulaire Mgr Dominique-Maria Clavarini, décédé en
cette ville le 1er octobre 1797. Le vicaire capitulaire Antoine
Truchi se démit le 14 juin 1802 de sa juridiction sur la partie
de ce diocèse qui fut incorporée au nouveau diocèse de
Nice (2).
De son côté l'évêque de Nice, Mgr Valperga, retiré à
Turin, dans sa famille, n'avait cessé d'administrer son diocèse par l'intermédiaire de délégués qui furent 'd'abord :
Honoré Navello, chanoine, curé de la Cathédrale, puis le
chanoine Joseph-Ignace Garidelli, du mois de décembre
1792 au mois de janvier 1800, et enfin, Jérôme Rossi qui,
au moment du Concordat, était investi légitimement des pouvoirs de pro-vicaire général.
Mgr Valperga eut assez tard communication officielle
du bref Tarn multa que le cardinal Caprara lui envoya de
(1) Voir Nicœa Civitas de Gioffredo. Prolégomènes chap. xvn,
villes et paroisses du Comté et du diocèse de Nice, et chap. xvin,
autres localités du Comté de Nice comprises dans des diocèses étrangers.
Voir aussi la Relation présentée au Pape Pie VII par Mgr Colonna
sur l'état de son diocèse après sa première visite sous la date du icr
août 1806 dans la Raccolta di decreti, moniti, pastorali, ecc. de Mgr
Colonna publiée par l'Abbé de Villa-Rey, Nice. 1831, tomel p. 75-98.
(2) La démission fut donnée par acte authentique du Chapitre
assemblé le lundi 14 juin 1802 : étaient présents les dignitaires :
Antoine Truchi, prévôt et vicaire capitulaire ; Philippe Viale archidiacre et pénitencier ; Antoine Guglielmi, primicier, et les autres
chanoines. Le bref Tarn multa n'était parvenu à Vintimille que le
8 juin et le Chapitre déféra sans retard au désir du Pape. Antoine
Truchi adressa le jour même la démission à Mgr di Pietro, secrétaire
de la Congrégation des Affaires de France à Rome, et en avisa le Préfe.
des Alpes-Maritimes. Arch. du Vatican et Arch. départ, des A.-Mt
V 18. Voir Rossi, Storia délia Cilta di Ventimiglia, un vol. in-8°,
Oneglia 1888, pages 317-318.

�IX

Paris le 30 novembre 1801 ; mais dès qu'il l'eut reçu, il s'empressa de donner la démission demandée (1) (13 décembre).
Le cardinal Caprara la communiqua à Portalis qui l'a fit
insérer au Moniteur du 3 janvier 1802.

*

* *

-

Par la démission des évêques les diocèses de France
risquaient de rester sans administration. On s'en préoccupa
à Rome, et il fut décidé d'abord que le Cardinal-Légat serait autorisé à maintenir les vicaires généraux en exercice
ou bien à en désigner de nouveaux en cas de besoin (2).
Caprara pensa qu'il valait mieux proroger les pouvoirs
ordinaires donnés par les évêques démissionnaires auxquels,
avec l'agrément du Pape, il conserva l'administration de leurs
diocèses jusqu'à la prise de possession par les évêques concordataires. C'était leur donner une marque de confiance
bien méritée et éviter en même temps de graves difficultés.
Chaque évêque démissionnaire reçut avec le bref pontifical de remercîment (3) une lettre particulière du Légat
l'informant de la mesure adoptée.
(1) La démission de Mgr Valperga est datée de Tur n, 13 décembre 1801. L'original écrit en latin se trouve aux Archives Vaticanes. On y voit que le bref Tarn multa ne fut envoyé à Mgr Valperga
de Paris que le 30 novembre 1801 par le Cardinal-Légat Caprara.
Celui-ci écrivit à Consalvi le 2 janv er 1802 une longue lettre citée
par Boulay de la Meurthe tome iv, pages 528-532 : au cours de cette
lettre le Légat annonce en particulier qu'il est informé authentiquement que les évêques de Meaux et de Châlons-sur-Marne ont envoyé
directement leur démission au Pape et qu'il en a averti le Gouvernement en lui remettant la démission de î'Evêque de Nice dont il envoie ce jour même l'original à Rome en expliquant que si cette démission est un peu tardive c'est que l'Evêque de Nice n'avait pasreçu
plus tôt le bref Tarn multa.
(2) Consalvi a Di Pietro, lettre du 4 octobre 1801. Arch. du
Vatican.
(3) Ce bref Novum et luculentum fut préparé à Rome et toutes
les phrases en furent soigneusement étudiées. Il port la date du 7
novembre 1801 et fut envoyé par Consalvi à Caprara le 11 II fut adressé
successivement à tous les évêques démissionnaires. Il a été très souvent reproduit. Voir Boulay de la Meurthe, op.
cit tome iv,
passim.

�X

Ive 13 décembre 1801, le Légat adressa à tous les vicaires généraux une circulaire pour les engager à conserver
leurs fonctions jusqu'à nouvel ordre (1).
En vertu de cette mesure générale, Jérôme Rossi continua à exercer les pouvoirs précédemment reçus de Mgr
Valperga ; mais sa juridiction ne s'étendait naturellement
que sur l'ancien diocèse de Nice.
Il était cependant nécessaire que les paroisses ajoutées
nouvellement eussent un supérieur ecclésiastique et le Premier
Consul avait posé en principe qu'aucun évêque dont le siège
était à l'étranger rie pouvait exercer sa juridiction sur une partie quelconque du territoire français.
En conséquence, les paroisses détachées du diocèse de
Vintimille durent passer sous la juridiction de Jérôme Rossi
qui se mit d'accord en juin 1802 avec le vicaire capitulaire
Antoine Truchi.
A cette date d'ailleurs, l'évêque concordataire de Nice
était déjà désigné et Rossi, qui était entré immédiatement
en relation avec lui, ne tarda guère à en recevoir les pouvoirs
de vicaire général, ce qui lui donna juridiction sur toute
l'étendue du nouveau diocèse. Une circulaire du préfet,
en date du 14 Thermidor (2 août) en informa officiellement
les sous-préfets et les maires (2) et, le 4 Fructidor suivant
(22 août), Rossi prêta solennellement entre les mains du
Préfet à la Cathédrale, le serment prescrit par les articles
18 et 25 de la loi du 18 Germinal (3).

* *
Les nouveaux évêques nommés par le Premier Consul
furent institués provisoirement par le Cardinal-Légat qui
avait reçu tous les pouvoirs nécessaires. Le Pape se réservait
de ratifier ultérieurement cette institution. Seul, parmi les
60 évêques de la nouvelle organisation, Mgr Colonna d'Istria
(1) Arch. Nationales A F IV 1894; Annales Philosophiques,
t. IV, p 259 et de nombreux ouvrages imprimés depuis.
(2) Arch. départ. M. 17. Circulaire du 14 Thermidor an X (2
août 1802) aux sous-préfets et aux maires.
f P (3) Voir l'arrêté du Préfet du 3 Fructidor an X (21 août 1802)-,
Arch. départem. K 4 f° p. 141.

�XI

qui avait été appelé à l'évêché de Nice par arrêté du Premier
Consul, en date du 19 Germinal an X (9 avril 1802), en même
temps que Mgr Sebastiani délia Porta, oncle du maréchal Sébastiani, était désigné pour l'évêché d'Aj acció (1), fut institué directement par le Souverain Pontife
et préconisé au Consistoire du 24 mai 1802. A cette époque,
Mgr Colonna se trouvait à Rome depuis plusieurs années.
Jean-Baptiste Colonna d'Istria, né à Béchisano, diocèse
d'Ajaccio, en 1758 appartenait à une noble famille de Corse,
apparentée, peut-être, à la famille Bonaparte. Après ses études classiques, il vint à Aix-en-Provence achever le cours de
ses études en théologie. Ce fut dans cette ville que, avec l'autorisation de son évêque, Mgr Benoît-André Doria, il fut
promu au sous-diaconat le 20 décembre 1783, puis au diaconat le 5 juin 1784. Enfin, il reçut l'ordre de la prêtrise au mois
de juin 1785.La même année, il se rendit à Pise où il séjourna
assez longuement, puis à Florence ; enfin au commencement
de 1798 au plus tard, il vint à Rome où il résida durant la
période agitée qui s'écoula depuis l'enlèvement de Pie VI
en juillet 1798 jusqu'à l'entrée dù Pape Pie VII dans cette
capitale au mois de juillet 1800. Il assista ainsi à l'essai,
d'ailleurs très malheureux, que le Directoire fit du régime
jacobin dans la capitale des Papes (2). Il s'y rencontra probablement avec son compatriote le général Cervoni dont
un oncle était alors recteur du Jésu, remplaçant les Jésuites.
Les prêtres corses étaient très nombreux à Rome et il semble
que les meilleurs rapports se soient établis entre eux et les
officiers du corps d'occupation français.
(1) Arch. Nationales A P IV 60. Quatre autres décrets des 8 et 9
avril avaient pourvu 45 évêchés.
Le maréchal Sébastiani (1772-1851) alors colonel de dragons
était en grande faveur auprès de Bonaparte depuis le 18 Brumaire
auquel il avait pris une part active. Il était originaire du village La
Porta d'Ampugnano près de Bastia, et était paraît-il parent de Bonaparte qui appréciait ses grandes aptitudes, car à la fin de 1802, il le
chargea d'une importante mission à la fois politique et militaire
à Constantinople. Mgr Louis Sébastiani délia Porta fut évêque d'Ajaccio jusqu'à sa mort arrivée le 5 mai 1833.
(2) Voir Dufourcq. Le Régime Jacobin en Italie. Etude sur la
République romaine (1798-1799). Paris, Perrin'et Cic 1900,"un vol.
in-8°.

�XII

Mgr Colonna dTstria n'avait occupé aucun poste important ; il était éloigné de la France depuis de longues années et n'y était point rentré, (i) On est amené naturellement
à se demander comment et pour quel motif le choix du Premier Consul se porta sur lui.
Portalis, qui était comme on le sait d'Aix-en-Provence,
avait-il connu et apprécié le jeune prêtre corse ? Fes généraux Cervoni et Sébastiani, ou Masséna l'avaient-ils recommandé ? Fesch, oncle de Bonaparte et Joseph, son frère
qui se disait quelques années après « l'ancien ami » de l'Evêque de Nice, auraient-ils proposé Mgr Colonna au choix
du Premier Consul qui peut-être du reste le connaissait
personnellement ? Autant de questions difficiles à résoudre.
Fes bulles de Mgr Colonna d'Istria furent expédiées
à Rome sans aucun frais (gratis etiam ŷro scripturâ) sous la
date des 24 et 25 mai 1802.Elles furent remises au nouvel
élu (2) qui peu après se rendit à Paris pour prendre les instructions du Cardinal-Légat et celles de Portalis.
Mgr Colonna reçut la consécration épiscopale le 11
juillet 1802, cinquième dimanche après la Pentecôte, dans
l'église des Carmes (actuellement 70, rue de Vaugirard) que
Mme de Soycourt avait rachetée avec le vieux couvent,
témoin des massacres de Septembre, pour y réunir une communauté de Carmélites. Le prélat consécrateur fut Mgr
Antoine-Xavier Maynaud de Pancemont, évêque de Vannes,
assisté de Mgrs Louis Sébastiani délia Porta, évêque d'Ajaccio, et Hilaire-François de Chevigné, évêque de Séez (3).
(1) Dans l'enquête de l'an IX, Arch. Nat. F 19 865, on trouve
une liste des prêtres recommandables envoyée à Chaptal, ministre
de l'Intérieur, par le préfet du Liamone et datée d'Ajaccio le 18
Fructidor an IX (5 septembre 1801 ) ; on y lit : Colonna dTstria,
40 ans, domicile Bechisano (Corse), prêtre qui a émigré pour ne pas
vouloir prêter le serment, il n'est pas encore radié, ni rentré dans le
département.
(2) J'ai vu ces bulles au nombre de 7 dont 5 sur parchemin
et 2 sur papier aux A rchives du Chapitre réunies sous une même bande
avec une copie du décret détachant Nice de la Métropole d'Embrun
et l'unissant à celle d'Aix. La bulle est datée du 3 des Calendes 29
novembre 1801) et le décret de Caprara, de décembre est du 9
avril 1802.
(3) D'après un certificat délivré par Mgr J.-B. du Belloy, arche
vêque de Paris, le 16 juillet 1802. Arch. du Chapitre de Nice.
s

�xm
Le ier Thermidor an X (20 juillet 1802) Portalis avisa
le Préfet des Alpes-Maritimes de la nomination de Mgr
Colonna à l'Evêchè de Nice, en le prévenant que le nouvel
Evêque arriverait bientôt.
CONSEIL D'ETAT
Paris, le Ier Thermidor, an 10 de la République
(20 Juillet 1802)

Le Conseiller d'Etat chargé de toutes les affaires concernant les Cultes,
Au Citoyen Préfet du Département des Alpes-Maritimes
à Nice.

« J'ai l'honneur, Citoyen Préfet, de vous annoncer que
« le Premier Consul a nommé à l'Evêchè de Nice le C.Colonna.
« Il se rendra bientôt dans son diocèse, je l'ai bien
« assuré qu'il recevra de vous le concours le plus efficace
« pour y parvenir à l'exécution de la loi bienfaisante du
« 18 Germinal dernier (8 avril 1802).
« J'ai l'honneur de vous saluer.
« PORTALIS (1) ».
Cette lettre parvint le 13 Thermidor (1er août) à Châteauneuf-Randon qui y répondit le même jour. Dès le lendemain il adressa aux sous-préfets et aux maires du département une circulaire pour les informer de la prochaine
arrivée de l'Evêque et de la désignation de Jérôme Rossi
comme Vicaire Général que tous les prêtres du diocèse devaient désormais reconnaître comme leur seul chef hiérarchique (2).
Le 10 Thermidor an X (29 juillet 1802) Mgr Colonna
avait écrit directement au Préfet :
(1) Arch. départem. série V, liasse 2. Voir Gallois-Montbrun.
Notice administrative sur Mgr Colonna dTstria, évêque de Nice.
Nice, Cauvin 1871, in-12 de 22 p.
(2) Arch. départem. M. 17. Circulaire du 14 Thermidor an X
(2 août 1802) dont la minute est entièrement de la main du Préfet.

�XIV

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Paris, io Thermidor an X.
(29 juillet 1802).
« Citoyen Préfet,
« J'ai appris par lettre du 19 Prairial (8 juin 1802)
du citoyen Rossi, Pro-Vicaire général du diocèse de Nice,
que vous aviez destiné l'ancien Evêché pour mon habitation et que vous alliez dans peu la meubler. J'espère,
en conséquence, le trouver tout prêt, au commencement
du mois prochain, et dès à présent je vous en témoigne
ma plus vive reconnaissance.
« Recevez-la, je vous prie, Citoyen Préfet, comme un
gage de l'amitié que je vous ai déjà vouée, et qui ne saurait
être trop intime pour le bien de la religion et de l'Etat ;
c'est de notre accord que dépend la tranquillité et le bonheur du département ; je le regarde comme un de mes devoirs les plus essentiels, aussi me prêterai-je de toutes mes
forces à tout ce qui peut y contribuer. Veuillons bien le
seconder, citoyen Préfet, cet esprit d'union et de paix,
et nous attirerons les bénédictions du ciel et de la terre.
En attendant je vous prie d'être persuadé de la sincérité
de ces sentiments, tandis que je suis avec la plus parfaite estime.
« Votre très humble et très obéissant serviteur.
« COLONNA D'ISTRIA,
« Evêque de Nice (1). »

Châteauneuf-Randon répondit de suite en assurant
l'évêque de son absolu concours. Cette lettre mérite d'être
citée en entier :
21 Thermidor an X.
(9 août 1802).
Au Citoyen Colonna d'Istria,
Evêque de Nice.
« Ce sera avec bien de l'empressement, Monsieur l'Evê« que, que je concourrai avec vous au bien de votre diocèze...
« il a besoin d'un chef aussi recommandable que vous pour
(1) Arch. départem. série V, liasse r. Cette lettre est entièrement
de la main de Mgr Colonna. Au dos est écrit : Au citoyen Préfet du
Département des Alpes-Maritimes à Nice. C'est la première lettre
échangée entre l'Evêque et le Préfet. Elle établit que Jérôme Rossi

�XV

«
«
«
«
«
«

diriger vers le véritable but de la religion catholique l'immensse quantité de prêtres dont il est composé... à mon
arrivée ici la pluspart étaient fugitifs ou cachés ou sur des
listes d'émigrés. J'ai pensé qu'il valait mieux leur laisser
la liberté de se montrer et leur donner une surveillance...
Les mesures prises pour la tranquillité publique et l'exécute tion
des lois me répondent que quelque puissent être
« (l'éloignement biffé) la peur que les habitants de ce pays
« ont d'être et de se croire définitivement français elle ne
« sera pas troublée...
« J'ai lieu de compter beaucoup pour l'y maintenir sur
« l'influence véritable, (de la morale évangélique (biffé), je
« suis depuis longtemps convaincu de l'avantage que la motí raie évangélique produit sur les mœurs et les vertus poli« tiques et sociales. Si elle eut toujours été prêchée par ses
« premiers ministres où que les circonstances eussent permis
« qu'elle fut entendu, il y eut eu moins de malheurs depuis
« treize ans... nous sommes enfin parvenu, au milieu de
« tant de vagues et de flots à cet heureux équilibre dont
« les amis de la paix et de l'Etat n'ont jamais désespéré.
« Un grand homme leur manquait, il s'est fait connaître
« et il s'est acquis le droit de la confiance de diriger, de con« cevoir, d'exécuter et de réussir tout ce qui peut assurer
« le bonheur de l'humanité comme il en a l'amour et la véné« ration... Heureux tous les agents du Gouvernement
« d'avoir un tel chef pour modelle, heureux de même les
« chefs de l'Eglise qui sont choisis par lui pour l'exercice du
« culte catholique, c'est un sûr moyen d'être bien accueilli
« par l'opinion publique, car il connaît les hommes.
« Mille fois heureux encore si je méritais, citoyen Evê« que, d'avoir l'occasion de vous prouver mes sentiments
« d'amitié, d'attachement et d'amour intime.
« J'ai donné les ordres les plus précis pour que votre
« maison épiscopale fut préparée mais si vous arrivez dans
« le commencement du mois prochain comme vous me le
« mandez, je crains bien qu'elle ne le soit pas encore parce
t que les acquéreurs qui recèdent ne reçoivent pas plus que moi
était entré en relations avec le nouvel Evêque peu après sa nomination et son arrivée à Paris.

�XVI

« réponse des ministres des Finances et de l'Intérieur sur la
« solution de cette litige... En attendant j'aurai le plaisir
« et l'avantage de vous loger et de vous recevoir.
« Si vous avez la facilité de voir les ministres de l'Inté« rieur et des Finances, je vous invite à leur rappeller mes
« demandes à cet égard (i). »
Une question importante préoccupait ChâteauneufRandon : c'était celle du logement de l'Evêque et il prévoyait
déjà, qu'en raison des multiples difficultés soulevées par le
Directeur des Domaines, rien ne serait prêt à temps.
* *
Fa ville de Nice devenant le siège d'un Evêché concordataire, le Gouvernement ordonna sans retard d'y préparer
une Cathédrale et un logement pour l'Evêque. Ce fut l'objet
d'une lettre de Godin, ministre des Finances, en date du
22 Germinal an X (12 avril 1802) et d'une autre lettre de
Chaptal, ministre de l'Intérieur, en date du 24 du même
mois (14 avril) adressées toutes les deux au Préfet pour le
charger de prendre au plus tôt les dispositions nécessaires.
Fa question de la Cathédrale ne présentait aucune difficulté. F'Eglise Sainte-Réparate qui servait de Cathédrale
avant 1793 avait peu souffert durant la Révolution. Elle
n'avait été enlevée au Culte que du mois de juillet 1794
au mois d'avril 1795. Depuis lors, les catholiques niçois
y avaient fait d'importantes réparations (2). Elle se trouvait donc tout indiquée pour servir de Métropole.
Il y manquait cependant les cloches qui avaient disparu
pendant la tourmente révolutionnaire ; les grandes orgues
avaient été démontées, les vases sacrés les plus précieux
avaient été enlevés. Sur ces entrefaites, on découvrit fort à
propos des cloches et des vases cachés dans le couvent de
Cimiez et on se souvint que les tuyaux des grandes orgues
avaient été déposés chez Grinda, facteur d'orgues, à Nice.
(1) Arch. départem. Série V, liasse r. Je donne cette lettre d'après
la minute entièrement de la main de Châteauneuf-Randon, sur une
demi-feuille écrite des deux côtés avec beaucoup de ratures et de
surcharges qui en rendent la lecture assez difficile.
(2) Voir aux Arch. municip. Bonifassi, volume B.

�XVII

Le Préfet prit divers arrêtés (i) pour faire remonter au moins
une cloche dans la tour de Sainte-Réparate et restituer les vases
sacrés. Honoré Grinda reçut en même temps l'ordre de rapporter les tuyaux. Le Préfet prescrivit de préparer le trône
de l'Evêque dans le Sanctuaire de la Cathédrale et de disposer
vis-à-vis un emplacement pour le Préfet, le Général-Commandant le département et le Président du Tribunal criminel.
Le maire de Nice Défly fut chargé par*le Préfet de l'exécution de ces diverses mesures et le 23 Messidor (12 juillet),
le Commissaire de police Jean Dives reçut de lui le billet
suivant :
« Je vous fais passer ci-joint, citoyen commissaire,
« l'original d'un arrêté du Préfet du département en date
« du 21 du courant, relatif à des effets d'argenterie destinés
« à la Métropole, et à la descente d'une des cloches de Cimiés
« que je vous charge de mettre de suitte à exécution, et faire
« transporter le tout à Sainte-Réparate. Si vous le croyez
« nécessaire, vous pouvez réclamer la force armée, vous
« aurez soin de m'instruire du résultat de cette opération. «
Ce fut en vain que le Directeur des Domaines réclama
les vases sacrés trouvés à Cimiez pour les envoyer à la Monnaie de Paris. Châteauneuf-Randon trouva avec raison
que Mainssonnat était mal fondé dans ses exigences (2).
Les Administrateurs de l'Eglise métropolitaine, Pauliani et
Masseglia, prieurs de la Confrérie du Corpus Domini furent
engagés par le maire le 16 Fructidor (3 septembre), à donner
connaissance à Grinda de l'arrêté du Préfet du 11 de ce mois
(29 août) afin que le grand orgue de la Cathédrale fut réparé
au plus tôt (3).
(1) Arch. départent., registre K 4. Arrêté du 21 Messidor (10
juillet) soumis à l'approbation ministérielle par lettre du 2 Thermidor
an X (21 juillet 1802) qui en donne les raisons et expose les réclamations mal fondées de Mainssonnat. Voir l'arrêté du ri Fructidor
(29 août) même registre.
(2) Voir une lettre de Mainssonnat à Châteauneuf-Randon
26 Messidor an X (15 juillet 1802). Arch. départent. M 18.
Voir aussi une lettre du Maire à Jérôme Rossi 23 Messidor (12
juillet) l'invitant à prendre des mesures pour que la cloche soit installée dans la tour pour la fête du 14 Juillet.
(3) Arch. municipales. Registre de la Correspondance du Maire,
an X. Tettre du 16 Fructidor (3 septembre).
4

�xvin
Grinda, que l'Administration départementale avait
chargé de rassembler les tuyaux d'orgues des différentes
églises de Nice, les avaient enmagasinés chez lui ; mais
comme il n'avait point été payé de son travail, il refusa de
les rendre aux administrateurs de Sainte-Réparate avant
d'avoit été indemnisé de ses peines et obtenu le remboursement «des avances qu'il a faites pour le transportera garde»...
Il réclamait en conséquence 3.785 francs en assignats.
Châteauneuf-Randon fut obligé, 13 Frimaire an XI,
de lui intimer l'ordre formel de les restituer, en lui promettant
une juste indemnité. Fes tuyaux furent remis aux Administrateurs de la Cathédrale, mais il fut impossible, de réparer l'instrument dont les jeux se trouvèrent dépareillés.
Il fallut faire d'assez grands frais pour acquérir des orgues
nouvelles qui furent inaugurées seulement eu 1805. (1)
Fe trône de l'Evêque fut décoré sommairement ; quant
aux places réservées pour le Préfet, le Général et le Président
elles n'étaient pas encore entourées de la balustrade demandée
à la date du 6 Frimaire an XI (27 novembre 1802) d'après
une lettre du Préfet au Maire (2).
* *
Châteauneuf-Randon aurait voulu que toutes les mesures qu'il croyait devoir prescrire fussent exécutées avec célérité, mais d'une part le maire Défly, dont les dispositions
bienveillantes ne sont point douteuses, était sans cesse arrêté par le manque d'argent dans la caisse municipale ;
d'autre part on se heurta continuellement à l'obstruction
systématique du directeur des Domaines Mainssonnat, pro(1) Arch. départem. M 17. Lettre du Préfet aux Administrateurs
de Sainte-Réparate 2 Fructidor an X (20 août 1802) qui avaient réclamé les tuyaux déposés chez Grinda ; ibid. M 25 autre lettre du
Préfet aux mêmes 19 Frimaire an XI (10 décembre 1802) leur annonçant l'ordre donné à Grinda et lui demandant d'examiner le compte
présenté par lui ; ibid, M 23, lettre du Préfet à Grinda, 13 frimaire
an XI (4 décembre 1802) ; Relation présentée au Pape par Mgr Colonna le IER août 1806 après la première visite de son diocèse,
VIIJ.AREY, Raccolta di decreti, moniti; ecc. Nice 1831, tome 1 p. 77.
(2) Arch. municip. Lettre du Préfet au Maire, 6 Frimaire an XL
vclume 7.

�XIX

bablement un des membres de la Loge maçonnique (i)
établie depuis peu avec l'autorisation de l'ex-maire Pauliani
prédécesseur de Défly.
L'opposition de ce fonctionnaire méticuleux et formaliste
dont le préfet ne cesse de se plaindre dans sa correspondance
avec les ministres, se manifesta surtout à propos du logement de l'évêque. L'ancien Evêché, situé tout auprès de
l'église Sainte-Réparate, avait été occupé d'abord par les
deux administrations provisoires à partir des premiers
jours d'octobre 1792 puis par le département.
Vers le milieu de l'an IV (juin-juillet 1796) l'administration centrale du Département voulut s'installer avec
les autres autorités dans l'ancien palais du Gouvernement
(la Préfecture actuelle) alors transformé en Hôpital militaire. A la suite de cette décision, l'Evêchè devenant disponible fut mis en vente comme bien national, conformément
à la loi du 28 Ventôse an IV (18 Mars 1796). L'ensemble de
l'immeuble fut divisé en 3 lots, dont le principal, comprenant
les appartements de l'Evêque, fut soumissionné le 6 Messidor an IV (24 juin 1796) par Pierre Mages, négociant, origi(1) Il est un fait avéré, c'est que la plupart des Sociétés populaires n'étaient autre chose que des loges maçonniques démocratisées
et semblant opérer au grand jour. A la dissolution des Clubs, les loges
mises en sommeil se rouvrirent peu à peu sous le Directoire et le
Consulat. Les Jacobins non encore ralliés à Bonaparte s'y réunissaient.
Il en fut à Nice comme ailleurs et la Loge en 1802 comptait, paraît-il,
un assez grand nombre de membres quoi qu'il soit impossible
de rien préciser en raison du mystère dont s'entourent ces associations. Le général Pierre Garnier en était le Vénérable.
Voir TOSEIAI, Précis Historique de Nice, 2MC partie, tome IL
p. 366 et le Sommario de BONIFASSI aux Arch. municip.
Le Préfet Florens demanda au Maire Paulian des renseignements
sur la loge de Nice, le 19 Frimaire et le 10 Nivôse an X (10 et 31 décembre 1801) mais celui-ci semble n'avoir pas répondu. Arch. municip.
Correspondance du Préfet, volume VI. Après le départ de Florens,
Châteauneuf-Randon rencontra une opposition plus ou moins ouverte dans cette loge composée de fonctionnaires des Contributions
et des Domaines, ainsi qu'il l'écrivait à Coulomb, secrétaire général
du Ministère de l'Intérieur, le 12 Vendémiaire an XI (4 octobre 1802).
Arch. nationales Fie m.3 Alpes-Maritimes. Correspondance. Dans
les années qui suivirent le Préfet Du Bouchage réussit à annihiler
l'influence de cette loge dont l'opposition au Gouvenieme-it ne dura
pas longtemps.

�XX

naire d'Agde, fixé depuis longtemps à Nice où il était membre du Conseil municipal. Les experts, Pierre Caries, maîtremaçon, pour le soumissionnaire, et Pierre Camous pour le
département, évaluèrent ce lot à la somme de 13.500 fr.,
calculée d'après la loi, à 18 fois le revenu montant à 750 fr.
Le 25 Fructidor an IV (11 septembre 1796) le Département passa acte de vente de ce lot à Pierre Mages pour la
dite somme de 13.500 francs qui fut versée en mandats
territoriaux ou promesses de mandats. F'acquéreur paya
en outre un demi pour cent sur le principal de la vente, soit
67 fr. 50 ; les droits d'enregistrement de l'expertise, 8 francs
versés le 14 Fructidor (31 août) et ceux de la vente, 135 fr.
en numéraire et 405 francs en papier-monnaie versés le 2
vendémiaire an V (23 septembre 1796). Fe prix total s'élevait donc à 13.980 fr. 50 en papier-monnaie et 135 francs
en numéraire.
Pierre Mages jouissait du revenu de ce lot à dater du
21 Messidor an IV (9 juillet 1796) et le Département se réservait le droit d'occuper encore l'Evêchè moyennant paiement d'un loyer jusqu'au cours de l'an VI (1).
Fe deuxième et le troisième lot comprenant des boutiques et des appartements loués à divers particuliers : la veuve
Thaoïi, les frères Caisson et autres, avaient été soumissionnés le 27 Prairial (15 juin) l'un par Joseph Autheman, l'autre
par Joseph Payany, administrateur du Département.
Dans le mois qui suivit, Autheman et Payany cédèrent
leurs soumissions à André Gastaud, commissaire du Directoire exécutif près le département, par acte reçu Daydery,
notaire.
Fes deux lots furent évalués par les experts ci-dessus
désignés, le 30 Messidor an IV (18 Juillet 1796) ; à savoir
le 2me à 8.100 francs soit 18 fois son revenu estimé à 450 fr.;
le 3me à 6.300 francs soit 18 fois son revenu estimé à 350 fr.
Le 16 Thermidor (3 août), le Département passa acte
de vente à André Gastaud pour ces deux lots, au prix d'esti(1) Cet acte de vente est aux Arch. départent. Série Q, volume
79, f° 89 et suivants sous le n° 222. Il est signé par Pierre Mages et
par Hancy, Imberti, Mougius, Payany fils, Scudéri, administrateurs
du Département ; Gastaud, commissaire du Directoire exécutif, et
M. A. Rey, secrétaire.

�XXI

mation à charge de payer les frais et les droits d'enregistrement et un demi pour cent sur le principal du prix de la vente.
L'enregistrement fut payé le 16 Thermidor (3 août) : pour le
2me lot, 324 francs et pour le 3me lot, 252 francs.
André Gastaud devait entrer en jouissance à partir
du 15 Messidor (3 juillet) de ces deux lots dont le prix global
14.400 francs avait été versé en mandats territoriaux ou
promesses de' mandats, entre le 27 Prairial (15 juin) et le
8 Thermidor (26 juillet). En ajoutant les droits d'enregistrement, 576 francs, on arrive à la somme de 14.976 fr. (1).
Or, à l'époque de ces ventes, les mandats territoriaux
étaient absolument dépréciés : ils avaient perdu au moins
90 % de leur valeur nominale (2).
Il en résulte que le Ier lot vendu à Pierre Mages avait été
soldé par du papier représentant moins de 1.400 francs
en numéraire, et que les deux autres avaient été soldés par
Gastaud en papier représentant moins de 1.500 francs en
numéraire.
En l'an X, Amand Spréafico, négociant lyonnais,
venu depuis peu à Nice où il fut receveur du District, était
co-propriétaire de l'Evêchè ; soit qu'il eût acheté les lots
acquis par André Gastaud, soit que Pierre Mages lui eût
cédé une partie de son lot.
* *
De Préfet ne trouva dans la ville que deux maisons
pouvant servir au logement de l'Evêque. La première était
rue des Juifs, actuellement rue Benoît-Bunico, et je crois
que c'était le palais Lascaris dont la façade Ouest donne
dans cette rue ; mais ce local lui parut peu convenable,
sans doute, à cause du voisinage presque immédiat de la
synagogue.
(1) Ces deux actes de vente sont aux Arch. départem. Série Q
volume 75, fo in et suivants sous les nor 25 et 26. Ils sont signés
par l'acquéreur André Gastaud, par les Administrateurs et Secrétaire
du département et par Hancy qui était commissaire du Directoire
exécutif en remplacement.
(2) Consulter le Tableau de dépréciation du papier-monnaie
dressé par le département des Alpes-Maritimes le 18 Thermidor
an V (5 août 1797) dont un exemplaire imprimé se trouve aux Archives
du Palàis de Monaco.

�XXTI

La seconde était l'ancienne maison épiscopale aliénée
qui réunissait toutes les conditions désirables. ChâteauneufRandon chercha donc à rentrer en possession du vieil Evêché,
et comme il n'avait pas d'argent disponible, il fit proposer
à Mages et à Spréafico de l'échanger contre d'autres propriétés nationales de valeur équivalente et à leur choix. La
proposition fut bien accueillie et les acquéreurs désignèrent
un certain nombre de biens nationaux qu'ils désiraient en
échange. Parmi ces biens se trouvait une terre située au quartier de Riquier alors affermée à Etienne Gastaud et qui dépendait de la succession de Jean-Paul-Augustin Lascaris,
inscrit sur la liste des émigrés et non radié. Cette terre était
précisément celle où s'élevait le Monastère des Religieuses
Cisterciennes avant leur transfert dans l'enceinte de la ville
au XVe siècle. Elle avait depuis appartenu à la noble famille
des Riquiéri dont avait hérité les Lascaris, et, avant 1792,
cette terre payait un cens annuel au Chapitre de Nice.
Elle ne put être cédée à Pierre Mages car un arrêté
du Préfet en date du 25 Germinal an X (15 avril 1802) en
avait affecté une partie à l'établissement d'une pépinière
départementale (1).
Par un arrêté du 10 Floréal an X (30 avril 1802) le Préfet
décida que vSainte-Réparate serait Eglise métropolitaine et
que les propositions d'échange de Pierre Mages pour l'Evêchè
seraient acceptées en principe (2). Fe 14 Floréal (4 mai)
il avisa simultanément de sa détermination les Ministres
de l'Intérieur et des Finances, en priant ce dernier de l'autoriser à conclure l'échange (3).
(1) Arch. départem. K 4 f° 60. L'arrêté créant la pépinière ne
fut point exécuté de suite et le 27 Frimaire an XI (18 décembre 1802)
Châteauneuf-Randon en adressa une ampliatiou à Boulay conseiller
d'Etat (ayant le Département des Domaines nationaux) pour en
obtenir l'approbation, Ibid. M. 24:
Rien n'était fait encore plusieurs mois après, et le Préfet Du
Bouchage prit le 19 Fructidor an XI (6 septembre 1803) un arrêté
désignant un des jardins ^dépendant de l'école Centrale supprimée
pour établir cette pépinière. Le 20 Fructidor, le Préfet demandait
approbation de cet arrêté qui reproduisait les dispositions d'un arrêté précédent de Châteauneuf-Randon, sous la date du 13 Floréal
an XI (3 mai 1803). Ibid. M 24.
(2) Arch. départem. K 4 f° 54. Arrêté du 10 Floréal an X.
(3) .Arch.\départem. Série V, liasse 1. Lettres du 14 Floréal an X.

�XXIII

L'arrêté du 10 Floréal fut transmis de suite à Pierre
Mages et à Mainssonnat, directeur des Domaines, avec prière
de désigner des experts pour l'estimation de l'Evêchè et des
propriétés susceptibles d'être échangées.
Mainssonnat fit des difficultés et par deux fois les 19
et 20 Floréal, il représenta au Préfet qu'il n'y avait pas lieu
à nomination d'experts et que l'on ne pouvait actuellement
disposer des biens séquestrés de Jean-Paul-Augustin Fascaris.
Fe Préfet dut user de toute son autorité pour faire nommer
les experts (1). Finalement le 29 Prairial (18 juin) un rapport
estimatif de l'Evêchè et de divers biens nationaux proposés
en échange fut dressé par Scoffier et Caldelary, experts des
Domaines, et par Roux, expert de Pierre Mages.
F'Evêché était estimé 25.000 francs et la terre de Riquier provenant des Fascaris 36.000 ; elle ne pouvait donc
être l'objet d'un échange. Six autres parcelles indiquées
subsidiairement par Mages et Spréafico furent estimées en
totalité 25.000 francs ; ce furent elles que le Préfet proposa
par son arrêté du 1er Messidor (20 juin) (2) pour un échange
qui deviendrait définitif après avoir été approuvé, dans les
six mois, par les ministres de l'Intérieur et des Finances.
En attendant, l'Evêchè serait remis entre les mains du maire
qui en ferait dresser procès-verbal et inventaire, puis établirait le devis des réparations locatives qui serait soumis au
Préfet et exécuté sous la surveillance du maire « sur les
« fonds communaux, sauf décision ultérieure, sur la réparti« tion des dites dépenses au compte de la commune ou à
« celui du Département. » Si l'échange n'était pas encore
autorisé au bout de 3 ou de 6 mois, Mages et Spréafico rece(1) Arch. départem. M 14. Lettre du 10 Floréal an X à Pierre
Mages ; autre du même jour à Mainssonnat ; M 20. Lettre du 21
Floréal à Mainssonnat. Voir surtout deux lettres du 7 Prairial an X
(27 mai) aux Ministres de l'Intérieur et des Finances dans lesquelles
le Préfet se plaint vivement des agissements de Mainssonnat dont
il réclame de nouveau le changement. Série V, liasse 1.
Voir encore Arch. départem. M 20, la réponse de Chaptal 2 Messidor (21 juin) qui a transmis au Ministre des Finances les plaintes
du Préfet.
(2) Arck. départem. K 4, f° 103 Arrêté du ier Messidor an X
(20 juin 1802).

�XXIV

vraient sur la caisse communale comme indemnité de location le prix des baux des parcelles échangées.
Cet arrêté fut transmis aux Ministres et au Directeur
des Domaines. Le 14 Messidor (3 juillet) le Préfet le notifia
à Mages et à Spréafico en les invitant à se concerter avec
« le maire de Nice pour la prompte évacuation de la maison
« de l'Evêchè afin qu'on puisse procéder sur le champ aux
« réparations dont elle est susceptible. » (1).
Le même jour, cet arrêté fut communiqué au Maire
de Nice. « Je vous invite, écrivait le Préfet, à prendre surit le-champ les mesures convenables pour l'exécution des
« dispositions que j'ai ordonnées et à me tenir régulièrement
« informé du succès de vos démarches et du progrès des
« réparations. »
Defly en accusant réception de cet arrêté au Préfet
le 20 Messidor (9 juillet) lui représentait qu'il était de toute
impossibilité que la caisse communale fît les avances du montant des réparations, car elle était presque vide et il aurait
même peine à solder les dépenses du dernier trimestre de l'année courante. Il priait donc le Préfet de s'adresser au Conseil
Général qui, étant autorisé à procurer à l'Evêque un logement convenable, trouverait peut-être le moyen de couvrir
cette dépense (2). Néanmoins, dès le lendemain 21 Messidor
le Préfet prescrivit à Defly de faire faire un devis estimatif
des réparations et de les mettre en adjudication.
Le 28 Messidor (17 juillet) Défly demanda par lettre
à Mages et à Spréafico de vouloir bien prendre des mesures
pour que la maison proposée par eux en échange et acceptée
par le Préfet (arrêté du 1er Messidor) fut mise à sa disposition, afin qu'il put faire procéder à ce devis (3). Le 30 Messidor (19 juillet) Défly transmit au Préfet la réponse qu'il
(1) Arch. départem. M. 20. Lettres du 14 Messidor an X (3
juillet 1802) à Mages et Spréafico et au Maire de Nice. Cette dernière
se trouve également Arch. municip. Correspondance du Préfet an X
tome vi.
(2) Arch. municip. Correspondance du Maire, 20 Messidor (9
Juillet).
(3) Arch. municip. Correspondance du Maire an X. Lettre du
28 Messidor (17 juillet).

�XXV

avait reçue de Sasserno représentant Mages et Spreafico
absents (i).
Trois semaines se passèrent sans que ceux-ci dont l'absence devait durer seulement quelques jours eussent donné
une réponse ; aussi le maire ayant appris le retour de Mages
lui adressa-t-il, le 21 Thermidor (9 août) une lettre pressante
de rappel, afin d'obtenir la remise de l'Evêché pour qu'il
put se conformer aux instructions du Préfet (2).
Châteauneuf-Randon s'impatientait et ce jour (21
Thermidor) il demandait au maire, quel était le résultat de
ses démarches pour les réparations de l'Evêché et son ameublement. Défly lui répondit immédiatement qu'il venait de
renouveler ses démarches auprès de Mages et qu'il enverrait
la réponse trop longtemps attendue. En terminant sa lettre,
il ajoutait que malgré ses recherches il n'avait pu découvrir
aucun moyen pour se procurer les fonds nécessaires pour les
réparations et surtout pour l'ameublement (3).
Cette lettre du maire (21 Thermidor) contraria vivement le Préfet : il ne comprenait rien à tous ces retards,
aussi en y répondant le 25 Thermidor (13 août) s'en plaignitil amèrement, tout en exprimant l'espoir que la réponse
de Mages ne pouvait être contraire à la parole qu'il avait
solennellement donnée ; qu'elle serait enfin parvenue et que
le maire, ayant l'Evêché à sa disposition, lui apprendrait
incessamment le commencement des travaux pour les réparations et pour l'ameublement de la maison de l'Evêque
qui devait arriver vers le milieu du mois prochain. Defly le
savait déjà par la Circulaire préfectorale du 14 .Thermidor.
« Quant aux fonds, concluait le Préfet, je prends des moyens
« pour vous en procurer, et je n'attends pour les mettre
« à votre disposition que l'envoi du devis estimatif que je
« vous prie de m'adresser dans les 24 heures. » (4).
(1) Arch. municip. Correspondance du Maire. Lettre du 30 Mes
sidor an X (19 juillet 1802). La lettre de Sasserno manque.
(2) Arch.. municip. Correspondance du Maire. Lettre du 21 Thermidor (g août) à Mages et Spreafico.
(3) Arch. municip. Correspondance du Maire. Lettres du 21
Thermidor à Pierre Mages et au Préfet. Je n'ai pas trouvé les lettres
du Préfet au Maire du 21 Messidor et du 21 Thermidor.
(4) Lettre du Préfet au Maire 25 Thermidor (13 août) Arch,
dêpartem. M 20,

�XXVI

Le jour même où le Préfet écrivait cette lettre, Pierre
Mages rédigeait sa réponse qu'il data du 25 Thermidor,
mais qui ne fut remise au Maire que deux jours après, le
dimanche, 27 Thermidor (15 août). Klle était loin d'être ce
qu'avait pensé le Préfet. En effet, Mages, au lieu de consentir
à la remise immédiate de l'Evêché, atermoyait encore sous
prétexte que ses intérêts seraient compromis, au cas possible
que le Gouvernement refusât de ratifier l'échange proposé.
Défly envoya copie de cette étrange réponse au Préfet,
le 28 Thermidor (16 août), en lui demandant de nouvelles
instructions (1).
Mages n'obéissait-il pas aux suggestions de Mainssonnat toujours disposé à créer des embarras au Préfet et à
entraver son action ?
Quoi qu'il en soit, Châteauneuf-Randon, qui avait
reçu aussi de Pierre Mages une lettre du même jour et conçue
dans le même sens, lui répondit sous la date du 30 Thermidor
(18 août) en lui marquant son étonnement et son mécontentement de la défiance injustifiée qu'il semblait avoir,vis-à-vis
du Gouvernement et de son représentant (2).
Il prévint en même temps le Maire qu'il venait de répondre à Pierre Mages : « Je viens, dit-il, de lui faire sentir
« combien peu ses observations sont fondées et combien
« peu le Gouvernement devait s'attendre aux empêchements
« qu'il met à ce que le logement de l'Evêque soit prompte« ment assuré. J'aime à croire qu'il ne persistera pas dans
« ses délais et qu'il vous fera de suite la rémission de l'Evê« ché ; j'espère en recevoir promptement l'assurance de votre
« part. » (3).
Te 6 Eructidor (24 août) Défly en envoyant copie de
cette lettre à Pierre Mages lui écrivait : « Je vous invite
« à vouloir bien me faire part de votre dernière déterminait tion, pour que je puisse en référer à l'autoiité supérieure.» (4)
(1) Arch.. municip. Correspondance du maire. Lettre du 28
Thermidor au Préfet.
(2) Arch. départem. M 20 Lettre du 30 Thermidor entièrement
de la main de Châteauneuf-Randon.
(3) Arch. départem. M 20 et Arch. municip. Correspondance
du Préfet an X tome 6. Lettre du préfet au maire (30 Thermidor).
(4) Arch. municip. Correspondance du maire. Lettre à Pierre
Mages, 6 Fructidor.

�XXVII

■ Les instances du Maire et du Préfet ne réussirent point
à triompher des hésitations de Pierre Mages qui refusait
toujours de remettre l'Evêché avant que le Gouvernement
ou le Corps législatif n'eut approuvé l'arrêté du Ier Messidor.
Il eut fallu attendre longtemps encore, et tous les efforts pour
préparer un logement à l'Evêque eussent été rendus inutiles
par ces exigences intempestives : c'était le désir inavoué
de Mainssonnat que Châteauneuf-Randon connaissait bien.
Force fut donc de chercher une autre combinaison :
le Préfet résolut de traiter cette fois directement avec les
acquéreurs et à cette fin, par arrêté du 14 Fructidor
(ier septembre) il désigna deux commissaires, Tiranti et
Daidery, chargés de terminer la rétrocession de l'Evêché
déjà évacué par un des propriétaires et la plupart des locataires. (1) Les commissaires devaient faire valoir qu'il n'y avait
aucune raison de douter de l'approbation du Gouvernement ;
insister pour obtenir de suite une location, soit au nom de
la commune, soit à celui du Préfet, et enfin demander, moyennant une juste indemnité, le départ immédiat des petits
locataires qui occupaient encore une partie de l'immeuble.
Pierre Mages consentit finalement à louer provisoirement l'Evêché, non pas à la commune ni au Préfet comme
représentant de l'Etat, mais à Châteauneuf-Randon comme
simple particulier, jusqu'à ce que fut intervenue la décision
du Gouvernement. Telle fut la conclusion des négociations
entre Pierre Mages et les deux commissaires. ChâteauneufRandon pour en finir accepta ces conditions draconiennes
et se hâta de faire dresser en double original l'acte de bail
en son nom personnel ; puis en qualité de Préfet, il prit un
arrêté pour l'approuver. La location était pour un an, à dater
du 8 Vendémiaire an XI (30 septembre 1802), au prix exagéré
de douze cents francs en numéraire, et, pour entrer immédiadiatement en jouissance, le Préfet versa le jour même trois
cents francs (également en numéraire) à Pierre Mages qui
s'engagea,à faire évacuer promptement le local et à permettre
de commencer aussitôt les réparations locatives. Dès que le
gouvernement aurait donné son approbation à l'arrêté du
Messidor, l'échange devenant définitif, la location ces(2) Arch. départem.

K 4 f°

238.

Arrêté du 14 Fructidor.

�xxvrn
serait de plein droit, et Châteauneuf-Randon ne serait tenu
à payer que le temps écoulé jusqu'à l'entrée en jouissance
par Pierre Mages et Amand Spréafico des biens cédés en
échange (i).
Il fallut quelques jours encore pour faire évacuer l'évêché et le remettre au Préfet. C'était chose faite le 23 Fructidor (10 septembre). Ce jour-là, le Préfet en envoya les clefs
au maire et le pressa de s'occuper activement des réparations
et de l'ameublement. « Je vous ai donné, ajoutait-il, l'exem« pie de l'activité, du zèle et. même du sacrifice, j'aime à
« croire que vous justifierez l'opinion où je suis que vous
« me seconderez avec la plus grande promptitude. » (2).
Il était grand temps, en effet, de terminei cette affaire,
car Mgr Colonna était arrivé à Nice, et n'ayant point de logement à lui offrir, le Préfet lui avait donné l'hospitalité dans
son hôtel.
*
* *
Le samedi 4 septembre 1802 (17 Fructidor an X) Mgr
Colonna débarqua au port de Lympia venant de Marseille
sur une felouque. Le Préfet, qui seul avait été prévenu, envoya au-devant du prélat sa voiture et un détachement de
gendarmes. Deux prêtres, se promenant par hasard, dans
le voisinage, MM. Domihique Fianson et Honoré Faissola,
se présentèrent à l'Evêque et l'accompagnèrent jusqu'à la
Préfecture. Cette escorte de deux prêtres et de gendarmes
provoqua quelques plaisanteries, au témoignage de Bonifassi (3).
(1) Voir les deux arrêtés du Préfet en date du 14 Fructidor
er
an X (i septembre 1802) et la copie du bail enregistré à la suite.
Arch, départem. K 4 f° 239.
(2) Arch. départem. M 20, lettre du préfet au maire, 23 Fructidor.
(3) On lit dans ses manuscrits sous la date du 4 sept. 1802
N° 2712. Monsignor Colonna nuovo Vescovo, si e inaspettatamente
sbarcato al porto di Limpia, ed è stato incontrato dalla carrozza del
Prejetto, e da un distaccamento di gendarmi. mss.
N° 2713. I preti Fianson e Faissolla a caso trovandosi al porto
T
si sono presentati da M Voscovo e l'hanno accompagnato sino al pallazzo del Prefetto. mss. autent.
N° 2714. Questa comitiva dei preti coi gendarmi accompagnante
rl
il Vescovo ha forniio un poco a ridere ed a motteggiare. Osserv. pert .

�XXIX

Il est certain que cette arrivée ne rappelait que de trè
loin l'entrée solennelle que vingt-deux ans auparavant (12
octobre 1780), Mgr Valperga avait faite dans sa ville épiscopale ; niais les temps étaient changés.
Châteauneuf-Randon accueillit Mgr Colonna avec la
plus grande courtoisie et mit à sa disposition le second étage
de la maison Saint-Pierre, actuellement 8, rue Saint-François-de-Paule, qui servait alors de Préfecture (1). Le jour
même, (17 Fructidor) il prévint toutes les autorités et les
invita à venir faire visite au nouvel Evêque, l'intention du
Gouvernement étant que ces diverses autorités eussent
pour le Prélat les égards dus à la dignité dont il était revêtu.
Cette visite eut lieu le lendemain. 5 septembre. Le jour suivant (lundi 6), Mgr Colonna reçut le Clergé présenté par le
vicaire-général Rossi qui prononça une courte allocution (2).
Arch. municip. BONIFASSI, volume B fol. 86 verso.
TosEiJU dans son Précis Historique de Nice, 2me partie, tome 2,
p. 365, et l'abbé de VIIAAREY dans la Série Cronològica dei Vescovi
di Nizza (citée par Toselli) racontent l'arrivée de Mgr Colonna sans
ajouter aucun détail spécial.
TISSERAND, Histoire de la Révolution française dans les AlpesMaritimes, in-8° Nice. 1878, chap. VI, p. 318-319, raconte brièvement
l'installation de Mgr Colonna qu'il fixe à tort au 4 septembre qui est
seulement le jour de son arrivée.
(1) Le 30 Prairial an X (19 juin 1802) Châteauneuf-Randdu
avait loué d'Honoré Vincent Galli, administrateur de l'hoirie de feu
Paul de Saint-Pierre cette maison eu entier au prix annuel de 3.000
francs. Mainssonnat qui en occupait une partie pour le loyer annuel
de 1.000 francs se refusa à l'abandonner, ce dont le Préfet se montra
fort contrarié comme il ressort de ses lettres au Ministre de l'Intérieur, du 7 Thermidor (26 juillet) et du 17 Fructidor (4 septembre
1802).
Voir Arch. départem. M 20. Le Ministre de l'Intérieur au Préfet,
3™e Complémentaire an X (20 septembre) et M 24. Une autorisation
du Préfet sous la date du 3 Nivôse an XI (24 décembre 1802) pour
exiger de Mainssonnat deux trimestres de son loyer, soit 500 francs.
(2) Arch. départem. M 17. Lettres du Préfet aux autorités civiles, militaires,- judiciaires et administratives, 17 Fructidor an X
(4 septembre 1802).
Arch. municip. Notes de Bonifassi,volume B, f° 87 : 5 septembre
n° 2715. // Prejetto con tutte le autorita sono stati a far visita di cerimònia a Monsignor Vescovo. Ann".
6 septembre, n° 2717. Monsignor Colonna ha ricevulo la visita
del Clero, ed il Vicario lo ha complimentato con un bel discorsino.

�XXX

Les. dernières dispositions furent prises pour l'installation
solennelle de Mgr Colonna, fixée au 25 Fructidor (12 septembre 1802, jour de dimanche). Châteauneuf-Randon voulut
donner à cette cérémonie le plus grand éclat, sans doute
d'après les instructions du Gouvernement, et, l'arrêté préfectoral du 22 Fructidor (9 septembre) eu régla minutieusement tous les détails, sauf ce qui regardait la partie exclusivement religieuse. Cet arrêté fut imprimé, adressé à tous
les fonctionnaires, affiché et envoyé dans les communes du
département, comme avis de l'arrivée et de l'installation
de l'évêque concordataire. Il fut communiqué à Mgr Colonna
le 24 Fructidor (11 septembre) avec l'arrêté précédent du
11 (29 août), relatif « à l'embellissement du siège épiscopal
« et à la désignation de la place du Préfet dans le sanc« tuaire de Sainte-Réparate. (1) » Le Maire de Nice était
chargé, article XVII, de donner tous les ordres nécessai
res pour l'exécution de l'arrêté du 22 Fructidor et de se
concerter « avec les administrateurs des églises, le vicaire« général et les desservants des paroisses pour tout ce qui
« les concerne respectivement, tant pour le concours ad« ministratif qui peut être utile aux cérémonies religieuses
« ordonnées, que pour la sonnerie des cloches, la délivrance
« et l'emploi des poudres à la Garde Nationale et la disposi
«c tion de la Cathédrale et des places destinés aux diver
*c ses autoritées. »

(1) Voir deux lettres du Préfet à Mgr Colonna du 24 Fructidor
(11 septembre). Arch. départem. M 17. L'arrêté du 22 Fructidor

(9 septembre est au registre K 4 f° 161.

�XXXI

ARRÊTÉ RELATIF A L'INSTALLATION
DE L EVÊQUE DE NICE
::o::
Du 22 Fructidor an X
(9 sept. 1802).
Le Préfet du département des Alpes-Maritimes arrête les
dispositions suivantes :
Article Premier
Dimanche 25 Fructidor prochain, à six heures du
matin, la cloche de la Mairie annoncera l'installation
de l'Evêque de Nice.
Article 2
A huit heures, celles des paroisses et des succursales dans les faubourgs et campagnes de la ville commenceront à sonner en carillon.
Article 3
A la même heure, et aux premiers sons de la cloche
de la Mairie, tous les citoyens portés sur le rôle du service de,la Garde Nationale, se rendront armés ou non
armés au chef-lieu ordinaire de la réunion de leur bataillon, pour se placer à leur rang et compagnie.
Article 4
A huit heures et demie, les Chefs de bataillon,
sous la direction d'un adjoint, d'après les instructions
du Maire, formeront deux haies à droite et à gauche
des rues de..., depuis les bureaux de la Préfecture, logement actuel de l'Evêque, jusqu'à la Cathédrale.
Article 5
A neuf heures, les gardes d'honneur et différents
postes fournis pour la cérémonie par la troupe de ligne,
sur l'invitation particulière faite au Général commandant
se rendront à leur destination.

�xxx li
Article 6
A la même heure, aux premiers sons de la cloche
de la Mairie, toutes les autorités et administrations,
les Corps de fonctionnaires, commissions et employés
se rendront chacun chez leurs chefs respectifs, suivant
la hiérarchie et la nature de leurs fonctions.
Article 7
A neuf heures et demie, chacune de ces réunions
se rendra chez l'Evêque.
Article 8
A dix heures, au premier son de la cloche de la commune, le cortège défilera et les autorités et fonctionnaires seront appelés ainsi qu'il suit :
i° Les agents de police chargés de la direction de la
marche dans les rues et d'établir l'ordre et la décence ;
2° Un détachement de gendarmerie ;
3° Les tambours et moitié de la garde d'honneur du
cortège ;
4° Les administrations militaires de la Place ;
5° Le Conseil de Guerre ;
6° E'Etat-Major de la Place, les officiers de la garnison et des vétérans nationaux, chacun dans leur
ordre hiérarchique ;
7° Ee Corps des agents et courtiers de commerce ;
8° Ea Commission de commerce ;~
9° Celte de santé et salubrité publique ;
io° Celle d'Agriculture ;
ii° Celle d'embellissements et établissements publics ;
12° Celle du Var ;
130 E'Athénée des Sciences et Belles Lettres ;
140 Ees Notaires ;
i'5° Les Administrateurs des Hospices civils ;
i6° Les Professeurs de l'Ecole Centrale ;
iy° Les Membres du Jury d'instruction publique ;
i8° Les Chefs et Fonctionnaires des différentes Administrations de la Trésorerie, des Finances, des Contributions, des Domaines et des Postes ;

�XXXII!

19° La Musique Militaire ;
20° Le Commissaire et les Autorités de la Marine ;
2i° Les Inspecteurs aux revues et Commissaire des
guerres ;
22° Les Directeurs et Sous-Directeurs des fortifications, Commandant d'artillerie, et officiers du génie
et de l'artillerie ;
230 Le Corps des Avoués ;
240 Les Prud'hommes des Pêcheurs ;
250 Le Tribunal de Commerce ;
260 Les Juges de Paix ;
270 Le Tribunal Civil ;
280 Le Tribunal Spécial ;
290 Le Tribunal Crim'nel ;
300 Le Conseil Municipal ;
310 Le Maire, les Adjoints et le Commissaire de police
spécialement chargé de l'ordre de la marche et de
se transporter sur toute la ligne ;
320 Les Membres du Conseil d'Arrondissement ;
33° Les Membres du Conseil Général ;
34° Le Drapeau départemental (entre 4 gendarmes et
4 Gardes Nationales) ;
350 Le Conseil de Préfecture ;
36° Le Secrétaire Général ;
370 La Crosse de l'Evêque, entourée des Ecclésiastiques ;
380 Le Préfet, l'Evêque, le Général commandant les
troupes et le Président du Tribunal Criminel ;
390 Le Chef d'escadron, les Officiers de gendarmerie,
aides-de-camp, ingénieurs en chef et ordinaire des
Ponts et Chaussées ;
400 Les agents des Puissances étrangères ;
410 Les Officiers en congé, réformés ou retirés f
420 La Musique de la Garde Nationale ;
430 L'Etat-Major de la Garde Nationale ;
440 Les Employés de la Préfecture ;
450 L'autre moitié de la Garde d'honneur ;
460 Le reste de la gendarmerie fermant la marche
%

�XXXIV

Article 9
Ees Gardes d'honneur attribuées ou envoyées à
chaque autorité particulièrement en borderont la haie
et les fronts dans la marche générale.
Article

io

A l'entrée de l'église, chaque autorité et fonctionnaire prendra la place qui lui sera désignée, conformé
ment à la dernière fête, par les Maîtres des cérémonies
qui seront distingués par une écharpe tricolore au bras
Article

ii

A l'entrée de l'église Cathédrale, le Préfet en donnera les clefs à l'Evêque, le remettra entre les mains
de son clergé et ira prendre sa place accoutumée dans
le sanctuaire avec le Général Commandant les troupes
et le Président du Tribunal Criminel.
Article 12
E'Evêque doit s'avancer ensuite sous un dais, en
passant devant les autorités jusqu'à sa place où il sera
reçu par le Vicaire-Général Commissaire nommé par
l'Archevêque d'Aix.
Article 13
Ee procès-verbal d'installation dressé par le Vicaire
Général et signé par les Ecclésiastiques témoins, sera
signé aussi, en présence du cortège par le Préfet, les
Présidents des Tribunaux, le Général Commandant les
troupes, le Maire et les Juges de Paix.
Article 14
Après les cérémonies religieuses célébrées ou ordonnées par l'Evêque, le cortège retournera dans la
même forme par les rues de
et accompagnera
l'Evêque chez lui processionnellement uniquement
entouré du Clergé et de sa pompe religieuse.
Article 15
Ees rues par où retournera le cortège, seront bordées de même de deux haies de gardes nationaux.

�XXXV

Article 16
Pendant toute la marche et l'installation de l'Evêque les cloches des Paroisses et celles de la Commune
sonneront ; pendant les cérémonies religieuses ordonnées
par l'Evêque et jusqu'au retour du cortège, il sera fait
des salves d'artillerie et tiré des boëtes par la Garde
Nationale.
Article 17
Le Maire est chargé de donner tous les ordres nécessaires pour l'exécution du présent arrêté, et de se
concerter avec les Administrateurs des églises, le Vicaire Général et les desservants des Paroisses pour tout
ce qui les concerne respectivement, tant pour le concours administratif qui peut être utile aux cérémonies
ordonnées que pour la sonnerie des cloches, la délivrance et l'emploi des poudres à la Garde Nationale
et la disposition de la Cathédrale et des places destinées aux diverses autorités.
La
adressés
dans les
rivée et

Article 18
lettre et le présent arrêté seront imprimés
à tous les fonctionnaires, affichés et envoyés
communes du département comme avis de l'arde l'installation de l'Evêque.
CHATEAUNEUF-RANDON (1).
*
* *

Le général Eberlé, commandant la place de Nice, reçut
des instructions spéciales : Il devait envoyer à neuf heures
du matin devant la Préfecture la garde d'honneur attribuée
aux préfets dans les cérémonies publiques ; vingt hommes
au Tribunal Criminel, quinze au Tribunal Spécial, dix au
Tribunal Civil et dix à la Mairie pour escorter ces diverses
autorités ; plus une garde d'honneur de cent hommes dont
une moitié marchera en avant et l'autre en arrière du cortège;
enfin s'il voulait faire prendre les armes à toute la garnison^
(1) Arch. départem. Registre K, f° r6i. Je n'ai pas trouvé
jusqu'ici d'exemplaire imprimé de cet arrêté.

�XXXVI

elle pourrait former la haie sur le Cours tandis que la Garde
Nationale formerait la haie sur le reste du parcours (iK
Pour assurer la marche régulière du cortège et le bon
ordre dans l'église Cathédrale, Châteauneuf-Randon nomma
par arrêté du 24 Fructidor (11 septembre) cinq maîtres de
cérémonie : Roux, Caravel, chefs de bureau à la Préfecture ; Laurenti, Ricordi, secrétaires, et Cougnet fils. Ils
devaient porter une écharpe tricolore au bras droit et une
épée. Par le même arrêté, Fabry, chef de bataillon de la Garde
Nationale, commissaire de haute police, était désigné pour
porter le drapeau du Département encadré de quatre gendarmes et de quatre gardes nationaux (2).
*
* *
Le 12 septembre, au matin, toutes les cloches de la ville
sonnèrent de joyeux carillons. A 10 heures, le cortège partit
de la Préfecture dans l'ordre fixé, et se rendit à Sainte-Réparate, entre deux haies de soldats et de gardes nationaux,
derrière lesquels se pressait une foule considérable, sympathique et curieuse. L'Evêque, précédé du drapeau du Département et de la crosse épiscopale (3) entourée d'ecclésiastiques, s'avançait de front avec le Préfet Châteauneuf-Randon,
le général Partouneaux et le Président Trémois. Les membres
du Clergé convoqués la veille par le Vicaire Général Rossi
attendaient devant la grande porte de la Cathédrale (4).
Châteauneuf-Randon leur présenta Mgr Colonna auquel il
remit les clefs de l'Eglise. En temps ordinaire, cette remise
est faite par le Doyen du Chapitre ou son représentant ;
mais en 1802, le Chapitre de Nice n'existait plus ni en fait
ni en droit, et le Préfet voulait, sans doute, par cet acte,
(1) Voir lettre du Préfet au Général Eberlé (s. d.). Arch. département. M r8.
(2) Arch. départem. K 4, f° 168.
(3) Il s'agit probablement de « la crosse de vermeil donnée par
« l'Empereur à Mgr l'Evêque de Nice et qui doit être transmise à
« ses successeurs » mentionnée dans les inventaires de l'Evêché à
partir de 1805.
(4) Arch. municip. Bonifassi, volume B, f° 87, 11 septembre
1802. N° 2721. Il Clero e invitato dal Vic0 Rousc per domani trovarsi
sulla porta délia Chiesa a ricevere il Vescovo. Ann". Doc. N° 1080.

�XXXVt!

affirmer que le Gouvernement mettait, à la disposition de
l'Evêque, l'église Cathédrale devenue propriété de l'Etat
d'après les lois révolutionnaires. Ee prélat fut alors reçu
dans les formes prescrites par le Cérémonial. On lui offrit
l'eau bénite et l'encens, puis on le conduisit sous le dais
jusqu'au pied du maître-autel où il s'agenouilla, fit une coure
prière et revêtit les ornements pontificaux. Ee Préfet, le
Général et le Président avaient pris les places d'honneur
préparées dans le Sanctuaire et les autorités s'étaient rangées
dans la nef selon l'ordre déterminé. Ee vicaire-général Rossi,
commissaire délégué du Métropolitain, Mgr Champion de Cicé,
archevêque d'Aix, procéda alors à l'installation canonique.
On fit lecture de l'arrêté de nomination, des Bulles d'institution et du décret exécutorial du cardinal Caprara (9 avril
1802) érigeant les évêchés concordataires et rattachant
le nouvel Evêché de Nice à la Métropole d'Aix, (1), puis
Mgr Colonna monta au trône épiscopal.
. Dans un discours prononcé en latin selon l'usage
comme celui du Chanoine Provasso lors de la prise de possession de Mgr Valperga, le vicaire général Rossi exprima
la joie du peuple et du clergé privés depuis longtemps de
Pasteur et qui se félicitaient de l'heureux choix du Gouvernement et du Souverain Pontife. Il loua, en termes heureux'
les talents et les vertus du nouvel Evêque : son habileté
administrative, son application à l'étude, son zèle pour le
salut des âmes, sa modestie et sa piété profonde. Il sera,
sur le siège de Nice, le digne successeur d'une glorieuse
lignée d'évêques. Ees fidèles de ce diocèse, très attachés
à la religion catholique le reço'vent comme l'envoyé da
Dieu pour leur faire oublier les longues années d'épreuves
sur lesquelles il ne faut point insister aujourd'hui que la paix
et le bon ordre sont entièrement rétablis.
(1) Le décret du cardinal Caprara rendu en exécution d'une
bulle pontificale datée de Rome le 3 des calendes de décembre (28
novembre 8or) fut signé à Paris le 9 avril 802 et inséré au Bulletin
des lois N° 2 8 tome VI, 3 e série, 2 e semestre an X, avec un arrêté
du premier consul, daté du 29 germinal an X qui en ordonnait la
publication. Ce décret, après la suppression des anciennes divisions
ecclésiastiqi es, établissait, pour la France et les pays réunis, ) o
métropoles et 50 évêchés dont le tableau était annexé. La métropole
d'Aix avait pour suffragants : ajaccio, Avignon, Digne, Nice

�XXXVlII

Puis, par une allusion ingénieuse, au nom de Mgr
Colonna l'orateur déclara qu'il serait pour les prêtres, les
fidèles du diocèse, ce que fut, pour les Hébreux, la Colonne
miraculeuse qui guidait leur marche laborieuse et accidentée à travers le désert. Au nom de tous, il promit au nouvel évêque qu'il serait pour eux un père respecté, un chef
religieusement obéi dont ils s'efforceraient d'imiter les ex
emples et les vertus durant les longues années qu'ils demandaient à Dieu, de le conserver à leur tête (i).
Mgr Colonna prit alors la parole (2) : « Appelé à l'honte neur de l'Episcopat, après avoir reçu à Rome l'institution
« canonique et moyennant l'imposition des mains, la çonsé« cration à Paris : me voici, enfin au milieu de vous tel qu'un
« Ange de paix.,. »
Mgr Colonna déclara qu'il a compté sur les grâces particulières que le ciel accorde pour certains états, et non point
sur ses propres forces en acceptant une charge que la Révolution a rendu encore plus pénible et plus lourde. Il évoqua
rapidement les douloureux souvenirs des années qui venaient de s'écouler : prêtres persécutés, églisesp rofanées,
autels renversés, religion proscrite.
« Ne rouvrons pas des plaies qu saignent encore et
« qu'un sage Gouvernement tâche à cicatriser
« Que n'ai-je pas le zèle, les talens et l'espr't de ces
« dignes pasteurs : de ces saints pères des premiers siècles
« de l'Eglise, qui fleurissaient aux beaux jours du Christian« nisme ? De ces illustres prélats qui m'ont précédé dans ce
« siège épiscopal. Des Basses, des Siagres, des Valpergues
« et de tant d'autres, qui dès les temps les plus reculés ont
« porté la foi dans ce pays-ci, qui par la sainteté de leur vie,
« l'éclat des vertus, leur fermeté, leurs lumières, ont illustré
« et édifié cette Eglise, de mon dernier prédécesseur qui,
« par un généreux sacrifice a si bien mérité de la Religion
« et de la Patrie.
(r) Ce discours d'une excellente latinité est cité par VIIAAREY,
Raccolta di Decreti, moniti, pastorali, allocuzioni, ecc. Dell'Illmo e
Revmo Monsignor Vescovo di Nizza, dall'anno 1802 all'anno 1831.
Nice r83i, tome r, p. 1-4.
(2) Discours de possession prononcé par Mgr l'Evêque de Nice,
immédiatement après celui de M. le Vicaire Général dans la Cathédrale. VIIAAREY, Raccolta... tome 1, p. 5-ir.

�XXXIX

Du haut du ciel, les saints Evêques de Nice écouteront
« la prière de leur successeur et lui obtiendront de Dieu
« un esprit de sagesse et de modération si nécessaires à un
« évêque chargé de la conduite des âmes. »
Sa mission sera facilitée par le zèle des prêtres, ses coopé«ateurs et par l'attachement des fidèles à leur foi.
« Non, il n'est pas de ce peuple comme de tout autres
« peuples ; la Révolution n'a pas produit dans cette Pro« vince par rapport à la Religion les effets qu'elle a produit
« dans les autres, elle n'a pas déployé ici ce caractère qui
« la distinguait ailleurs ; les convulsions révolutionnaires
» n'ont guère atteint à la Religion ; elle a été conservée
« au milieu des agitations les plus violentes, s'il y a eu un
« instant, où ce Temple réparé, embelli dernièrement a été
« fermé, • ç'a été peut-être un trait des Divines miséricor« des ; la Providence a ménagé cet instant pour donner
« un nouvel essort au zèle du peuple qui peut-être s'était
« tant soit peu refroidi ; la privation a produit son effet :
« touché jusqu'aux larmes, il soupirait après le retour du
« Culte, la fin de la Révolution. Ses désirs furent accomplis,
« exaucés dans le temps, ils le sont encore davantage à préci sent. Il peut vaquer librement aux exercices de piété et
« de dévotion. Aussi le voyons-nous pénétré de respect,
« s'empresser à remplir les Eglises, embrasser les Autels,
« y déposer ses prières, cherchant un soulagement dans
« ses besoins et ses peines. »
L'Evêque fit ensuite un éloquent appel aux prêtres
qui devaient être animés « de ce zèle sage et discret qui
« respire la douceur et la charité ; de ce zèle généreux qui
« embrasse tout, se répand partout, ne connaît point de diffi« cuités qui tâche à ramener les esprits, réunir les cœurs,
&lt; concilier les intérêts divisés
»
Tous leurs actes, ajouta-t-il, doivent être inspirés par
une charité qui s'étendra à tous, amis ou ennemis comme
j Ôsus-Christ leur en a donné le précepte et l'exemple. La Chanté est l'âme de la Religion catholique « qui est une Religion
« d'amour et de bienfaisance
C'est cette vertu qui fait
« du genre humain de l'univers entier une seule famille,
« dont Dieu est le père et nous sommes les enfants attachés
« par les liens de la fraternité
»

�XL

Ees prêtres doivent dont apprendre à tous par la parole
et surtout par l'exemple que l'amour de Dieu est inséparable
de l'amour du prochain. La pratique courageuse de ce double
amour sera le moyen le plus efficace pour ramener à l'Eglise
ceux qui en sont éloignés.
« En attendant, conclut le Prélat, adressons au Ciel
« des prières pour tous ceux qui tiennent au Gouvernement,
« en particulier pour le Chef de l'Eglise, notre Saint Père
« le Pape. Eeur vie nous est trop chère, trop précieuse au
« bonheur public ; c'est par leurs soins qu'après une des
« plus rudes tempêtes, des temps des plus orageux nous
« jouissons du calme. Que cette paix dont nous goûtons
« ies doux fruits soit le garant de celle qui nous est préparée
« dans le Ciel, et que je vous souhaite. »
Ee procès-verbal de l'installation dressé par le Vicaire
Général fut signé par les ecclésiastiques témoins, le Préfet,
le Général commandant les troupes, les Présidents des Tribunaux, le Maire et les Juges de Paix.
*
* *
Après la messe célébrée pontificalement, la procession
se forma et l'Evêque fut accompagné, comme le prescrit le
Pontifical par tout le clergé qui chantait des hymnes et des
psaumes, jusqu'à la préfecture. Ea procession défila entre
les deux haies de soldats et de gardes nationaux et fut suivie
par le Préfet et toutes les autorités qui avaient assité à la
cérémonie. Au témoignage de Bonifassi, le discours de Mgr
Colonna fut touchant et bien adapté aux circonstances :
l'ensemble de la cérémonie fut émouvant et édifiant et il
ajoute, malicieusement, qu'on ne ce serait jamais attendu à
pareille chose de la part des Français.
Villarey rapporte de son côté (op. cit.) que l'attitude
recueillie de Mgr Colonna et son air modeste firent la meilleure impression sur tous les assistants ; ce qui n'empêcha
point quelques réflexions plus ou moins bienveillantes. Un
bon prêtre, raconte Bonifassi, au moment où Mgr Colonna
fut présenté au clergé par le Préfet, se tournant vers ses voisins, leur dit : « Cela va bien si Mgr Colonna se rend compte
« aujourd'hui que nous, nous étions ici et que c'est lui qui y
« vient. »

�A l'occasion de l'installation de l'évêque on répandit
dans le public quelques poésies en son honneur, louables
tout au moins pour l'intention de leurs auteurs. Louis Romey,
avoué près le Tribunal civil, membre du Jury d'Instruction,
qui devint maire peu d'années après, se révéla poète, lui
aussi, et publia une pièce de vers dans laquelle il vanta,
comme il était de mode alors, Bonaparte et la Corse, (i)
Mgr Colonna continua à occuper l'appartement que le
préfet avait mis à sa disposition jusqu'à l'aménagement
de l'Evêché. Il semble même que Châteauneuf-Randon
pour laisser toute liberté au prélat ait prolongé son séjour
à la campagne qu'il avait louée au quartier du Piol. En effet,
c'est dans cette campagne qu'il offrit, à l'occasion de la fête
du 18 Brumaire un grand dîner auquel il invita l'Evêque
avec les représentants des autorités civiles et militaires
et quelques anglais de distinction qui étaient, depuis la paix
d'Amiens, revenus hiverner à Nice. (2)
(1) Arch. municip. Bonifassi. Vol. B. f° 87, 12 septembre 1802 :
N° 2724. Solenne ingresso nella sua Cattedrale fatto da M1 Vescovo coll'accompagnamento di tutte le autorità. Mss. autent.
N° 2725. Il Clero si trovo présente sulla porta del Duomo, e dal
Prefetto, vennegli presentato MonsignT Colonna corne Vescovo di
Nizza. Mem. autent.
N° 2726. In quell'atto un buon Ecclesiastico volto a suoi più
vicini disse : Bene se Colonna in questo punto impara che noi eravano
qui, e che egli è quelli che viene. Osserv. partrI.
2727. M1 Vescovo pontifico, e recito un discorso tenero, e ben addattato, la fonzione riusci tenera moltó, ed edificante nel suo complesso.
mai più si aspettava per opera dei francesi un simil atto. Mem. part11
2728. Dopo la fonzione il Clero processionalmente cantando i
soliti inni accompagno il Vescovo al palazzo délia Prefettura ove avea
il suo alioggiamento, le autorita pure lo accompagnarono.~M.ss autetit
2729. In quest'occasione si distribuirono alcune poésie lodevoli
per la buona intanzione degli autori. Romey anche esso divenutto poeta
jece un Endecassillabo in cui corne di ragione venta il Bonaparte, e la
Corsica. Doc. N° 1077.
(2) De Préfet fit imprimer une Relation de cette fête et l'envoya
à Chaptal, Ministre de l'Intérieur, avec sa lettre du 20 Brumaire
au XI (11 novembre 1802). Elle est intitulée « I/anniversaire du
« dix-huit Brumaire, célébré chez le Général de Division, Châteauce neuf-Randon, préfet du département des Alpes-Maritimes, à Nice,
« le mardi même jour du mois, an onze de la République, ou le neuf
« novembre 1802 (vieux style). » 7 pages in-40 chez Cougnet père et
fils, imprimeurs-libraires à Nice, s. d. Arch. nationales V I ç nr. 3
Alpes-Maritimes, Correspondance.

�Châteauneuf-Randon avait communiqué à Mgr Colonna le 24 Fructidor (n septembre) (1) les divers arrêtés successivement pris par lui pour son logement et dans ses conversations particulières, il lui avait certainement expliqué
pourquoi, malgré toute sa bonne volonté, il n'avait pas encore réussi à réparer et à meubler l'ancien évêché. Il semble,
du reste, que les rapports les plus sympathiques et les plus
cordiaux s'établirent rapidement entre le préfet et le prélat (2). On en fit un crime à Châteauneuf-Randon, qui ne
s'en émut guère comme en témoigne sa correspondance.
Il écrivait le 24 Fructidor, an X (n septembre 1802)
au citoyen Colonna, évèque de Nice :
« J'ai l'honneur de vous adresser, Citoyen Evêque,
une copie de touts les arrêtés que j'ai pris successivement
pour assurer votre logement dans la maison qu'avaient
autrefois occupée vos prédécesseurs, ils sont à la date du
14 de ce mois, j'y joins une copie du bail que j'ai passé avec
les propriétaires de cette maison. J'en ai fait remettre les
clefs au Maire de la ville qui demeure chargé des réparations
et de l'ameublement. Je ne doute pas qu'il ne mette a s'en
bien acquiter le même zèle et la même activité que moi, et
que sous peu de jours, il ne me procure le plaisir de vous annoncer que le logement est enfin convenablement assorti
à votre usage et à votre caractère.
« Veuillez en attendant, croire au plaisir sincère que
j'éprouverai de vous avoir longtemps chez moi.
« Je me félicite, citoyen évêque, de ce qu'en me chargeant de vous choisir une maison, le gouvernement m'ait
(1) Voir deux lettres du Préfet à Mgr Colonna du 24 Fructidor
an XI. Arch. Départ. M. 17.
(2) Le préfet lui-même le raconte à Coulomb, secrétaire général
du Ministère de l'Intérieur, dans sa lettre du 12 Vendémiaire an XI
(4 octobre 1802). Après avoir parlé de l'hostilité des membres de la
loge maçonnique de Nice à son égard, il ajoute : « Ils osent se rabatre
« sur mon intimité avec l'eveque de Nice, homme vertueux, politie
« que et philosophe... » Arch. Nation. FI III 3. Alpes-Maritimes.
Correspondance.

�XUll

fourni une occasion de vous donner une preuve de nies sentiments d'estime et de considération.
« J'ai l'honneur de vous saluer. » (i).
*
* *
Le Maire de Nice, une fois en possession de l'Evêché
et sur les ordres réitérés du Préfet, fit dresser le devis estimatif
des réparations et l'adressa à Châteauneuf-Randon le 27
Fructidor (14 septembre) (2). Celui-ci après l'avoir examiné
le trouva trop élevé et le renvoya le lendemain à Défly avec
ordre de mettre ce travail en adjudication au rabais ; il lui
rappela en même temps qu'il fallait aussi s'occuper de l'ameublement et que la commune devait faire quelque chose
pour être agréable à l'Evêque. (3).
Le Maire fit immédiatement afficher l'adjudication :
il en informa le Préfet le 29 Fructidor (16 septembre) et le
pria « de désigner aux entrepreneurs de ces ouvrages le
« mode et les époques des payements qui devront leur être
« effectués pour leur travail. » (4).
Le Préfet approuva cette mesure le 3e Jour Complémentaire an X (20 septembre 1802) en invitant le Maire
« à faire faire d'abord les réparations les plus urgentes, telles
« sont celles de l'appartement de l'Evêque du salon et de
« l'escalier, afin que M. l'Evêque puisse occuper de suite
« son logement. »
Quant aux dépenses, concluait le Préfet, « Lorsque
« les réparations seront achevées et que vous aurez pour« vu à l'ameublement préalable ou de prêt, je vous indi« querai le moyen de couvrir cette dépense sur-le-champ.
« (5)(1) Minute corrigée en plusieurs endroits par le préfet. Arch.dép. M.17.
(2) Arch. municip. Correspondance, 27 Fructidor au X (14
septembre 1802).
(3) Arch. départent. M 17. L,e Préfet au Maire de Nice 28 Fructidor an X (15 septembre 1802).
(4) Arch. municip. Correspondance du Maire 29 Fructidor an X
'(16 septembre 1802).
(5) Arch. départem. M 17. I&lt;e Préfet au Maire de Nice 3e Jour
Complémentaire an X (20 septembre 1802).
Arch. municip. Correspondance du Préfet an X. Volume vi.

�XL1V

Les soumissions furent reçues le 2 Vendémiaire an Xé
(24 septembre 1802). Le devis montait à 1.314 francs ; Honore
Beu, maçon à Nice soumissionna seul pour la somme de
1.195 francs et le Maire en transmettant cet offre au Préfet
lui demanda « son approbation, pour adjuger définitivement
« ces réparations et faire mettre de suite la main à l'œuvre. »(1).
Le lendemain, de nouvelles soumissions l'une à 700 fr.
et l'autre à 650 francs (dont les auteurs ne sont pas nommési
et une autre par Laurent Levamis (dont le montant n'est
pas indiqué.) parvinrent au Maire qui les transmit au Préfet (2).
Châteauneuf-Randon donna son approbation et les réparations commencèrent .
Le premier devis était incomplet, il fallut en dresser
un nouveau qui fut également mis en adjudication et exécuté après approbation du Préfet en date du 22 Frimaire
an XI (13 décembre 1802).
Le montant total des réparations n'était pas très élevé,
1.200 francs environ, cependant ni le Maire, ni le Préfet n'avaient à leur disposition la somme nécessaire pour le solder. Le maire demandait donc le concours du département.
La loi du 18 Germ'nal, article 71, autorisait bien les Conseils
Généraux à accorder aux Archevêques et Fvêques un logement convenable, ce qui comprenait, sans doute, les réparations foncières et locaLives ; mais le Conseil Général des
Alpes-Maritimes n'était point en session. Il fallait cependant
ne pas faire attendre aux ouvriers le payement de leur travail ; c'est pourquoi le Préfet s'adressa aux Ministres des
Finances et de l'Intérieur pour solliciter un crédit extraordinaire le 27 Frimaire an XI (18 Décembre 1802) (3).
(1) Arch. municip. Correspondance du Maire 2 Vendémiaire
XI (24 septembre 1802).
(2) Arch. municip. Correspondance du Maire 3 Vendémiaire
an XI (25 septembre 1802).
(3) Arch. départem. M 22. Le Préfet aux Ministres de l'Intérieur
et des Finances. 27 Frimaire an XI (18 décembre 1802). Le 20 Ventôse au XI (n mars 1803)., le Préfet demandait au Maire de Nice
de lui faire passer sans délai « une copie des devis détaillés des répara« tions faites à la maison épiscopale, j'ai un besoin pressant de ces
« pièces qui doivent être adressées au Ministre de l'Intérieur. Arch.
Départent. M. 26.

an

�XI.V

Ee même jour, il avisait le maire de cette démarche,
en l'invitant néanmoins à payer provisoirement les ouvriers
« parce que les instructions du gouvernement portent que
« les réparations locatives de l'évèché seront à la charge des
« communes si elles peuvent les supporter ou à défaut du
« département, (i).
* *
A cette date, Mgr Colonna était déjà installé dans les
appartements de l'Evêché réparés sommairement et meublés
très modestement. En effet, il n'existait encore aucune règle
administrative déterminant la part respective de l'Etat,
du Département et de la Commune dans les frais relatifs
aux Evêchés (2). Il fut donc pourvu à l'ameublement dans
des conditions assez précaires et beaucoup d'objets furent
pris, ce semble, dans le mobilier séquestré de Jean-EouisAugustin Eascaris qui depuis plusieurs années dépérissait
dans les magasins de la Régie ou dans les appartements occupés par les locataires de cet émigré (3). Un inventaire de
l'ameublement de l'Evêché dressé en exécution du Décret
impérial daté du palais de Milan, 5 Prairial an XIII (25
Mai 1805) démontre qu'il n'était point luxueux (4). E'Evêque de Nice, du reste, était ennemi de tous fastes et se
contentait du strict nécessaire.
(1) Arch. départent. M. 23. De préfet au maire, 27 frimaire an XI
(18 décembre 1802).
(2) Un décret impérial du 5 Prairial an XIII accorda à chaque
Evêque une somme de 2.400 francs pour son ameublement, eu dehors de la contribution du département.
(3) Châteauneuf-Randon proposa plusieurs fois cette mesure
aux Ministres et au Maire de Nice. Il fut souvent aussi question de
la destination à donner au mobilier Dascaris, et il existe aux Archives
Départementales plusieurs lettres et arrêtés à ce sujet. Voir en particulier
celui du 17 Nivôse an X (7 janvier 1802) qui est en minute, liasse
M 20, dont les considérants sont à étudier.
Jean-Douis-Augustin Dascaris fut amnistié le 18 Primaire an XI
(9 décembre 1802) et le séquestre apposé sur ses biens à Nice et au
Castellar fut levé par arrêté du préfet en date du 22 Pluviôse an XI
(i 1 février 1803). Quatre tableaux religieux déposés dans les bureaux
de la Préfecture et provenant probablement de l'ancien Bvéché furent remis à Mgr Colonna par arrêté préfectoral du ier Ventôse an XI
(20 février 1803). Arch. départent. K 6.
(4) Voir Nice Historique, ier mars 1906, p. 70-73, cet inventaire
publié par M. Sappia.

�XÏ.VI

L'évêché fut mis à la disposition de Mgr Colonna
vers la fin d'octobre 1802, et il l'occupa probablement à
son retour de Marseille où il s'était rendu en qualité de délégué pour remettre le ỳalium à son métropolitain, l'archevêque d'Aix. Au témoignage de Bonifassi (op. cit. n° 2780)
il avait quitté Nice le 26 octobre et son absence fut de courte
durée.
Une lettre du préfet en date du 7 Brumaire an XI (29
octobre 1802) résume toutes les démarches faites pour assurer le logement de l'évèque :
«Au ministre de l'Intérieur, des Finances et des cultes.
7 Brumaire An XI (29 octobre 1802).
« Citoyen ministre,
« Vous m'avés prescrit de désigner une maison nationale convenable pour être affectée au logement de l'évèque
de Nice.
« Le défaut de maison nationale m'a forcé de recourir
aux moyens praticables pour reprendre l'ancienne maison
de l'évêché qui avait été aliénée. Je n'ai pu en trouver d'autres que celui de projetter la cession aux propriétaires de
cette maison des biens nationaux de même valeur.
« J'ai pris en conséquence le 1er Messidor an 10 un arrêté qui ordonne cet échange et j'ai soumis cet arrêté à l'approbation du gouvernement. J'ai eu l'honneur de vous en
adresser une ampliation le 14 du même mois.
« L'évêque de Nice étant arrivé dans l'intervalle, le
gouvernement n'ayant pas encore statué sur cet échange
et les propriétaires de l'évêché ne voulant s'en dessaisir
qu'autant que le gouvernement aurait approuvé mon arrêté,
je me suis trouvé dans un embarras extrême pour procurer
à l'évêque un logement convenable et décent. Mais comme je
ne doute pas que le gouvernement n'adopte les mesures que
je lui ai proposées et que dans tous les cas je compte infiniment sur sa justice, je me suis déterminé à traiter moimême personnellement avec les propriétaitres de l'évêché
pour la location de leur maison. C'est la seule mesure que les
propriétaires ont voulu adopter et j'ai dû donner cette marque de dévouement personnel au gouvernement dans cette
circonstance.

�xxvu
« J'ai passé avec eux un contrat dont j'ai l'honneur de
vous transmettre ci-joint une copie, ainsi que des arrêtés
que j'ai pris à cette occasion. J'ai fait faire sur le champ les
réparations les plus urgentes et j'ai remis la maison à la disposition de l'évêque.
« Pendant un mois que cette exécution a duré, j'ai eu
le plaisir de loger et avoir chez moi l'évêque.
« Tel est, citoyen ministre, le résultat des mesures que
j'ai du prendre en suite de vos ordres et de vos instructions.
Cet état de choses vous prouvera, sans doute, qu'il est urgent que le gouvernement statue sur mon arrêté du ier
Messidor. Je vous prie de remettre cet objet sous les yeux des
consuls.
« J'ai l'honneur de vous saluer. » (i).
L'opération proposée par l'arrêté préfectoral du ier Messidor an X était très avantageuse, tout à la fois pour Pierre
Mages qui avait payé l'évêché un prix presque dérisoire,
et pour l'état qui rentrait en possession, sans bourse déliée,
d'un immeuble confisqué, puis aliéné et dont il avait encaissé
le prix, par la cession de terres également confisquées et
jusqu'alors invendues.
Néanmoins, malgré les démarches que Mgr Colonna
fit probablement à Paris auprès des ministres intéressés et
malgré les nombreuses lettres de rappel écrites par Châteauneuf-Randon, l'approbation de cet arrêté restait en suspens.
Le ministre des finances, que cet objet concernait exclusivement puisqu'il s'agissait d'une cession de biens nationaux
ne prenait pas de décision. C'est que, après examen, il avait
été reconnu que le ministre n'avait point qualité pour autoriser l'échange en question et qu'il était besoin de l'approbation du Corps législatif. Beaucoup d'affaires similaires se
présentaient alors journellement et, comme pour toutes,
la difficulté était la même, le gouvernement se décida à proposer divers projets de lois pour les trancher définitivement.
Tel fut le but des lois des 2, 13, 17 Floréal an XI (24 avril,
3 et 7 mai 1803), 24 Pluviôse an XII (14 février 1804)
(1) Minute à laquelle le préfet a ajouté plusieurs passages et en
particulier celui relatif au séjour de l'évêque chez lui. Arch. départent,
M. 23.

�XÏ,VIII

16 Ventôse an XII (7 mars 1804), 29 Ventôse an XII (20
mars 1804), qui autorisent des aliénations, acquisitions,
concessions et ventes, échanges et impositions extraordinaires dont l'inspiration et les dispositions générales sont identiques.
Par un article de la loi du 29 Ventôse an XII, le préfet
du département des Alpes-Maritimes est autorisé à acquérir
par voie d'échange, des citoyens Mages etSpréafico le Palais
épiscopal de Nice.
Le département des Alpes-Maritimrs devenait propriétaire de l'ancien évêché et la somme de 25.000 francs,
valeur des biens nationaux cédés à Pierre Mages et Spréafico,
devait être remboursée au trésor public sur les centimes
additionnels destinés à pourvoir aux dépenses variables de
ce département. (1).
L'arrêté du 1er Messidor an X recevait son exécution intégrale et définitive, mais lorsque le décret de Bonaparte parvint à Nice, Châteauneuf-Randon avait été remplacé à la
Préfecture des Alpes-Maritimes par M. DuBouchage depuis
près d'une année.
On a beaucoup critiqué l'administration de ChâteauneufRandon. Il est cependant équitable de constater après
examen impartial des documents contemporains que Châteauneuf-Randon collabora loyalement avec Mgr Colonna
pour l'application des lois concordataires et qu'il fut dans
le département des Alpes-Maritimes l'exécuteur consciencieux des instructions bienveillantes et sages du gouvernement consulaire.
A.-J. RANCE-BOURREV.

(1) Voir Bulletin des lois de l'an XII, n° 356, loi du 29 Ventôse
an XII et aux Archives départent, un décret du Premier Consvl,
Germinal an XII, (30 Mars 1804). Série N, liasse 1.

�91
LU DO UI ARMANAC
Un armanac de l'an passat,
Essent su d'un burèu, couost'-à-eouosta plaçât
Dapè l'armanac de l'annada,
Ei dia : « Car vesin, noun sabi cenqu'ai fach
Qu'aigon tant bruscamen clianjat miéu destinada ?
Moun mèstre, cada jou, de iéu n'era distrach ;
Aura la miéu basana fanada,
A la poussiera, ai verp, es mai qu'abandounada g
En lou fra-tèms, lou capricious,
Noun a d'uès que pèr tu, siés tu lou plus urous ! «
E'autr' armanac, de fresc e bella tencha
Ei respoundet : « Moun paur'amic,
Siés gaire dôu tiéu tèms, siés tirat au lambic ;
Pensa, quoura lou paure s'endimencha,
Dôu sata marques lou repic ;
Noun t'en pihar qu'au milesime
Couma cadun as ben virat lou mai ;
Vendra moun tèms e lou miéu crime
Sera d'aver cuntat douze luna de mai ;
Ensin tout passa e chanja, lou mounde es tant fragile,
N'estre plus de soun tèms, siés un libre esgarrat,
Ben d'orne soun charmant, tant que li siés utile
Se lou siés plus, noun vées que d'ingrat.
Soutamete-vous en aqueli pensada :
Gen dôu passat, puissança devessada,
Viéi servitour, ancien tardoc,
Amant tradit, beutà passada,
Devantes toui viei armanac !
Juli Eynaudi (d'après Viennet).
PROüVERBI, BOÜOI MOT, COUNSÈTJ E DICH
Entra autour :
Su lou bastioun un marrit pouèta rescouontra un dei
siéu counfraire :
— Eu miéu vers mi couston gaire.
— Vous couston cenque valon.

�92

NOUM

DEI

FIGA —

LI

SIÉU

VARIETA

d'après M. lou D* E. SA UVAIGO
I. — FIGA BLANQUI O BEN VERDASTRI
I. — Al,OXJNGADI

Blancassa figa, figa blancastra.
Figa bovin o bouin.
Cabrioliana donqueiretta.
Caravouguin blanc.
Couol de dama.
Doumestica.
Donqueira blanca, figa d'autoum, verda, jaunastra.
Mussega-cougourdana, dôu genre tapa-cartin.
Tapa-cartin, Aubicou blanc.
Pissaluta (pittalussa, poussouluda).
La Toscana.
2. — FlGA GI(OBTJI(OUSI

Bellona blanca, resercada pèr lu pastissié.
Bernissôu blanc.
Daurada.
Figa de mèu.
Figa turca, tres decourativa.
Grossa beurdona, berdonda.
La Castagnola, figa castagna.
La gentila.
Marseillesa, figa d'Athèua.
Matarassa, figa de Grassa.
Pecoujuda.
Rondeletta.
Roubada blanca.
Seirola, figa Seyrola dapè Niça.
Sucrada.
Trompa cassaire.
Verdola.
n. — FIGA GRIHI O ROUGEASTRI
Figa calabresa.
Cotignana.
Coucourella, coucouletta, figa sensa grana.
Figa de San Francès.
Figa siciliana.
Fourassa, figa grossa.
Imperiala, imperiau.
Levensana.
Moresca.
Rolondina.
Roussana.

�33
ni. — PIGA NEGRI 0 BRUNI
I. — AI.OUNGADI
Abigou negre. ■
Bellona negra.
Briasca.
Clavèu.
Donqueira.
Figa amarauna.
Figa matelassa.
Figa negrau, negreita (figa d'autoum).
Figa sauvagia.
Mentonasca.
Pounchuda.
Saraina.
2. — Gr,OBUI,OÜSI
Bernissenca o coucoulenca (figa terdiera).
Bernissôu negre.
Caiana.
Catalana.
Cimeirenca.
Figa à merioun.
Figa d'orne.
Meirasca (figa d'autoun, ven de Levens).
Merengiaina.
Merlin ga.
Mouissonna.
Mourenao bagassa.
Neçretta.
Relona.
Roubada negra (figa tardiera).
Rondella negra.
Salada.

BOUONA RKSPOUOSTA
Bou pichoun Goustin s'era levât ben tardi. Soun paire,
pèr lou rendre plus matinié, li diguet :

— Lou miéu enfan, noun counouisses lou près e lu avantage d'estre matinié. — Escouta : un orne que s'era levât de
gran matin, trouvet su lou siéu camin una boursa plena de
peça de vint lira...
— Ma, paire, respoundet l'enfant, aquéu que l'avia
perduda s'era levât encara plus bouon'oura.
Lou paire restet nec... li a dequé. ..

�SA

LI TRES GOUTA

Alba, la bouona fada, que proutegia lu fiansat, passant
un matin dapè d'una rosa audia lou siéu noum prounounsat
da tres goûta tremoulanti.
Ela s'avesina e s'assetant dintre dôu couor de la flou,
demandet :
— Que mi voulès, brihanti goûta ?
— Venès, be l'Alba, résolve une questioun.
— Parlas.
— Sian très goûta venènt da diferenti sourça. Voulen
que nen digués la quala es la mai preciousa e la plus pura.
— Acheti, parlas, brihanti goûta.
Ea premiera goûta en tremoulant li diguet :
— Veni dai nebla auti, siéu fina dei gran' mar. Siéu naissuda dintre la gran océan, antic e poutènt. Après d'aver
bagnat li riba de touplen de pais, après estre estada sagatada da mile tempesta, la nebla m'a surbida. Siéu anada
fin soubre de li autessa doun brihon li estela, pi m'abisseri
au mitan dei uiàu e dôu tron dintre lu flot su lu quai mi repauvi. Representi la Mar.
— Toca à tu, brihanta goûta, diguet la fada à la segounda.
— Iéu siéu estada la rousada, que nourrisse lu lis, siéu
la souore dei clar de luna, fiha dei nebla que s'ausson quoura
la nuech pouorge lou siéu vêle soubre de touta la natura.
Representi lou crepuscul dôu matin.
— E vous, diguet Alba à la plus pichouna ?
— Iéu, ai minga de valour.
— Parlas, doun venès ?
■—■ Dai uès d'una fiansada. Siéu estada lou sourire, l'espoir, pi l'amour, aura siéu devenguda lagrima.
Ei autri, couma pensas, souta.capa riion de la pichouna
goûta. Ma Alba, durbènt lu bras, l'estregnet emé gran couor.
— Aquesta es la plus preciousa e la mai pura.
— Ma iéu, siéu estada la Mar !
— Iéu l'Atmosfera.
— Es ver, brihanti goûta, ma aquesta siguet lou couor,
e Alba s'envolet en l'azur embé l'umbla pichouna goûta.
d'après Rosalta Sandoval.

�95

MONACO ET MONTE - CARLO

Sur la mer scintillante où dardaient ses regards,
De la plus haute tour à frange sarrasine,
Le guetteur vit les nefs qui couraient la rapine
Et fouilla la campagne, où rôdaient les pillards.
Sur son rocher hautain, étreint de ses remparts,
Le fief pleura souvent ses vergers en ruines,
Dans la haine et l'effroi des hordes assassines,
Hurlant l'assaut, quand leur chef lève l'étendard.
Mais le fief, aujourd'hui, semble comme un caprice,
Avec ses vieux canons, ses remparts et ses forts,
Ennuyé sur son roc, qu'isole un précipice.
Autour du temple éblouissant du Dieu de l'Or,
Sous le Burg, qui n'a plus à craindre aucune injure,
A jailli la cité de Jeux et de Luxure.
Jean CAPATTI.
UN CURAT DINTRE L'EMBARRAS
Un curat d'una gran paroquia era oubligat un jou de
ceremounia de respouondre à un discours en latin; ma couma
noun sabia aquela lenga, s'en pihet ensinda :
— Moussù, lu Apostolo parlavon touplen de lenga ;
venès de mi parlar en latin, e iéu vau vous respouondre en
francès.

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Noumbre d'or...
13
Mars
Epato (Grégori)
Il
Jun
Cicle soulari
17 Setèmbre
Endicioun roum
10 Desembre
Letra doumenicala
G F
LI QUATRE

8,
7,
20,
20,

10
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22

e
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11
10
23
23

SESOUN

Lou printèms coumença lou 21 mars
L'estiéu
—
— 22 Jun
L'autoum
—
— 24 sept,
L'iver
—
— 22 dés.

à 6.55 m.
à 2.36 m.
à 5.18 m.
à 11.53 m.

dôu sera
dôu sera
dôu matin
dôu sera

FESTA MOUBILI

Septuagesima... 12 Fébrié
Cendre
21 Febrié
Pasca
7 Abrieu
Rougacioun 21, 22, 23, 24 Mai
Ascensioun
16 Mai

Pantecousta
Trinità
Festa de Diéu
1" Dimenegue de
Ie* Desémbre

26 Mai
11 Jun
15 Jun
l'Avènt

LU ESCLISS!

Souliu.

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ij Abriéu. — Esclissi annulari e coumplet visible

à Paris, en America, en Europa et dintre lou N.-O. de l'Africa.
Coumençamen de l'esclissi à 10,01 dôu matin ; finisse à 1,08
dôu sera.
10 Otitoubre. — Esclissi coumplet invisible à Paris, visible
dintre l'America dôu Sud.
Luna. — 1" Abrièu. — Esclissi parciella visibla à Paris. Entrada de la luna dintre l'oumbra, 9.26 dôu sera; sourtida, 11.03
dôu sera.
26 Setèmbre. — Esclissi parciella, invisibla à Paris, visibla
dintre l'Océan Pacifique.

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VÉNT

Lu vènt que souflon à Niça, dintre lou cours de l'armada,
soun au nombre de 16. Vequi li siéu denouminacioun courènti,
pihadi, en general, dai loucalità dei quali parèisson vèni :
Sud
Miejon
Nord... Tramountana
S.-S.-O. Miejou Lebech
N.-O.-E. Grek Tramountana
S.-O
Lebech
N.-E... Grego
O.-S.-O Pounèut Lebech
E. N .E. Levant
Ouest. Pounènt
E.-N.-E. Levant
O.-N-O.V Pounènt Maistràu
E.-S.-E. Levant
N -O . Mastràu
S.-E.... Siroco, vènt marin
N..-N. OMaïstràu Tramount
S.-S.-E.. Miejou Siroc

6
15
25
14
31
24

VIGÍLIA — JEUNI
Abriè
(Pasca, 7 Abrièu).
Mai
(Ascensioun, 16 Mai).
Mai
(Pantecousta, 26 Mai).
Avoust
(Assoumpcioun, 15 Avoust).
Outoubre (Toui lu Sant, Ier Nouvembre).
Desembre (Calena, 25 Desembre).
L'AN NADA RELIGIOUSA

LI FESTA MOUBILI E LI FESTA FISSI
Janvt'è
jYlars
1 Circouncisioun.
1 e 2 Quatre Tèms.
6 Epifania (lu Rei).
3 Reminiscere.
13 Bateja de J.-C.
10
Oculi.
14 Sant Noum de Jesu.
17 Lœtare.
fébrié
24 Passioun.
2 Puriflcacioun.
29 Li 7 Doulou.
4 Setuagesima.
31 Lu Rampàu.
6 Festa de la Pr. de N. S.
11 Sexagesima.
Jîbriéu
13 Coum. de la Passioun.
5 Divendre Sant.
18 Quinquagesima.
7 Pasca.
21 Cendre.
14 Quasimodo.
25 Quadragesima.
28 Patrou. de San Joúsè.
28 Quatre-Tèms.

�Setembre
3 Inv. de la Santa Crous.
13, 14, 15, Rougacioun.
16 Ascensioun.
26 Pantecousta.
29-31 Quatre-Tèms.
1
2
6
9
21
24
29

Quatre-Tèms.
Trinità.
Festa de Diéu.
Festa dôu S. Sacramen.
Sacrat-Couor de'jesu.
Natività de S. jouan-Bat.
SS. Peire e Paul.

8 Natività de la Vierge.
14 Esaltacioun de la Crous.
15 N.-D. dei 7 Doulou.
15 San Noum de Maria.
18, 20, 21, Quatre-Tèms.
29 Dédie, de S. Miquèu.

Ôutoubre
6
13
20
27

Sant Rousari.
Maternità de la Sta Vierge.
Puretà de la Santa Vierge.
Patrounage de la S. Vierge.

J/ouvembre

Juliet
2 Visitacioun de la S. V.
7 Precious Sang.
16 N.-D. dôu Carme.

Jîvoust
6 Transfiguracioun.
15
18
25
25
29

Assoumpcioun.
S. Joachim.
S. Couor de la Vierge.
S. Louis.
Decolac. de S. Jouan-Bat.

1
2
3
21

Toui lu Sant.
Lu Mouort.
Santi Relíquia.
Present, de la Sta Vierge.

2&gt;esembre
1 Avent.
8 Imaculata Councepcioun.
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25 Calena.

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DÉCIMALISATION

DU

TEMPS ET DES

ANGLES

LA MONTRE DÉCIMALE
Par J. de REY-PAILHADE, président du Comité
pour la propagation des méthodes Décimales.
Le Club Nautique de Nice a offert plusieur fois en prix des
montres décimales aux régates'de 1909. Il était utile de décrire cet instrument, d'y joindre des tables pratiques et des
formules à l'usage des ingénieurs, des sportsmen, des médecins, etc. etc.
DÉCIMALISATION DES ANGLES •
Il est aujourd'hui démontré que la division décimale du
quart de cercle facilite tous les calculs.
Les nouvelles cartes géographiques sont graduées exclusivement dans ce système, devenu officiel en France et dans
d'autres pays. On possède toutes les tables pratiques nécessaires à son essai courant. Nous ne nous étendrons pas
davantage sur cette méthode aujourd'hui enseignée dans les
lycées et collèges.
Nous rappellerons seulement que M. l'amiral Germinet,
membre d'honneur du C. N. N., sous la direction duquel on
fit en 1899 et 1900 des essais de navigation avec un matériel
entièrement décimal, a émis un avis très favorable à la
réforme décimale.
DÉCIMALISATION DU TEMPS
La division décimale du jour décrétée le 4 frimaire an II
rendra aussi de grands services à la science et aux sports.
Principe. — On divise le jour entier en 100 parties égales
appelées cés ; le cé est subdivisé en décisés, ceniicès et millicés
Le cé vaut 14m 24s ou 1T4 d'heure environ ; le décicé est égal
lm 26s 4 ou lm Ij2 environ ; le millicé vaut 0S 864 ou 9T10 de
seconde environ.
Concordance des Temps. — On parvient assez vite à dire
instantanément l'heure à 1 ou 2 minutes près en regardant le
cadran d'une montre décimale. Il suffit d'apprendre par cœur
les concordances décimales de toutes les heures.
0,0
0
50,0

4,2
1
54,2

8,3
2
58,3

12,5
3
62,5

16,7
4
66,7

20,8
5
70,8

25,0
6
75,0

�25,0
6
75,0

29,2
7
79,2

33,3
8
83,3

37,5
9
87,5

41,7
10
91,7

45,8
11
95,8

50,0
12
100,0

Les heures sont au milieu, les concordances des heures
du matin en haut, celles du soir en bas. Ainsi 10 heures du
matin valent 41.7 cés (énoncer 41 cés 7 décicés) et 10 heures
du soir valent 91,7 cés.
Gomme 1 cé vaut presque lj4 d'heure et un décicé une mi •
nute 1]2 ; en partant des concordances du tableau, on dit
l'heure instantanément, ainsi 39,9 cés valent 9 h. 36 m. du
matin. Un ou deux jours suffisent pour atteindre ce résultat.

Description de la montre décimale ou cémètre. — Il y a 3
aiguilles centrales se mouvant sur un cercle divisé en 109
parties égales, numérotées de 0 à 9. Le 0 cé est en bas, c'est
l'origine des temps, car on suppose la Terre au centre du
Cadran.
L'aiguille dorée avec un soleil ne fait qu'un tour par jour ;
l'aiguille épaisse en acier bleu tourne 10 fois par jour, et la
trotteuse fine fait 1000 tours par jour.
L'aiguille-soleil montre la position de l'astre du jour par
rapport au méridien de Paris, qui va du centre au chiffre 5.

�10 —
Les quatre traits bleus indiquent les positions de cette aiguille
à minuit en bas sur 0 ; — à tì h. du matin au milieu entre 2
et 3 ; — à midi, en haut, sur le 5 ; — à 6 h. du soir, entre 7
et 8.
L'aiguille dorée du soleil indique le chiffre des dizaines
de cés, 2 sur le dessin ; l'aiguille épaisse donne d'abord le
chiffre des cés, 6 sur le dessin, et en comptant rapidement à
l'œil le rang de la division entre 6 et 7, on voit, que cette aiguille marque 3 décicés. Le temps du dessin est donc 26,3
cés correspondant à 6 h 20 m. du matin environ. L'aiguille
trotteuse donne les millicés 83. Le temps est donc 26,383
cés.
» Pour la vie courante, on n'a pas besoin d'aller au delà du
clécicé. On lit les milticés pour les applications scientifiques
et sportives.
Le temps en millicés lu sur le cêmèire facilite tous les calculs, car on n'a jamais de réductions à faire.
Examinons le problème des vitesses a l'heure : Les millicés multipliés par 0,00024 donne des heures et fraction décimale d'heure. Ainsi Ì2345 millicés valent 12,345 -f- 24 =
2 h. 9628.
Par conséquent si L est la longueur parcourue et M le
temps en millicés, la vitesse est

ou t

+ 4166,66...

Ces quelques exemples démontrent que la montre décimale simplifie tous les calculs sans exception.
Les rapports de MM. les délégués officiels aux essais de
la montre décimale faits à Nice, par le Club Nautique, le 26
février 1911, concluent unanimement à la supériorité de cet
instrument pour les usages scientifiques et sportifs.
M. Prim, astronome à l'Observatoire de Nice, représen
tait M. le \iinistre de l'Instruction publique.
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JANVIE
P.
P.
D.
N.

Q,
L.
Q.
L.

lu 8, à 7
lu 14, à H
lu 22, à 7
lu 30, à 10

SOULÈU.

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oura
oura
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L. 8 14' — C. 4 42'

dil. Jou de V An

P. Q.
P. L.
D. Q.
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1
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4
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Lu Rei
6
Dim. S. Lucien
7
dil. S. Apoulinari
8
dim. S. Pèire
9
dim. S. Guiermo
10
dij S. Teodose
11
div. S. Arcada
12
dis. Sta Verònica
13
Dim. S. Ilari
14
dil. S. Maurici
15
dim. S. Ounourat
16
dim. S. Antoni
17
dij. Sta Angela
18
div. S. Sulpici
19
dis. S. Bastian
20
Dim. Sta Agnesa
21
dil. S. Vincènt
22
dim. S. Raymound
23
dim. Sta Jacinta
24
dij. Conv. de S. Pàu
25
div. S. Poulicarpa
26
dis. Sta Devota
27
Dim. Sta Paula
28
dil. S. Francès S.
29
dim.
dim.
dij.
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dis.

S.
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S.
S.

TRIMESÏRÍ;

Macari
Genevieva
Tita
Simeoun

dim. Sta Marfina
dim. S. Peire N.
En Janvié
Lou païsan n'a ren

lu 6, à 4 oura 28 s.
lu 13, à 11 oura 38 m.
lu 21, à 4 oura 44 ui.
- L. 7 49' - C. 5 30'

dij. S. Ignaci
div. La Candeliera
dis. S. Blasi
Dim. Setuagesima
dil. SS. Vinc.Oronte
dim Sta Agata
dim. Sta Dorotea
dij. S. Romuald
div. S. Jouan-Matha
dis. Sta Apoulounia
Dim. Sexagesima
dil. Sta Eulàlia
dim. S. Gregori
dim. Sta Eufrasia
dij. S. Onesime
div S. Dounat
dis. S. Simeoun
Dim. Quinquagesima
dil. S. Gabin
dim. Dimars-Gras
dim. Li Cendre
dij. S. Silvan
div. S. Maxime
dis. S. Pascase
Dim. Quadragesima
dil. S. Nestor
dim. S. Leandri
dim. Sta Nourina
dij. S. Nymphas

Plueia de febrié
A la terra vau fumiè.

ZDéSTU-S-bez

NICE

MARS
N. L.
P. Q.
P. L.
D. Q.
N. L.
SOULÈU

1
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lu 8,
lu 15,
lu 23,
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7

1 oura 31 m.
0 oura 02 m.
0 oura 59 m.
1 oura 26 m.
1 oura 38 s.
01' — C. 6 13

S. Eudoxia
S. Simplici
Reminisceri
Sta Cunegonda
S. Casimir
Sta Coleta
S. Jouan de D.
Qaatre-tèms
Sta Margarida C.
Ocali
S. Euloge
S. Gregori
Sta Eufrasia
Sta Matilda
S. Acepsima
Sta Gertruda
Lœtari
S. Apien
S. Jôusé
S. Joachin
S. Lea
S. Turibe
S. Armentari
La Passioun
Anounciada
S. Emanuèu
S. Jouan d'Egt,
S. Gountran
S. Eustase
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lu
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SOULÈU.

1 dil.
2 dim.
3 dim.
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6 dis.
7 Dim.
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9 dim.
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23 dim.
24 dim.
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27 dis.
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13, à
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21, à 7
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—

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oura
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L. 6 06'

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37 s.
31! s.
25 s.
C. 6 52'

S. Ugo
S. Franç. de P.
S. Richard
Dijàu Sant
Divèndre Sant
Dissata Sant
Pasca
S. Albert, ev.
S. Azada.
s. Isidoro
s. Leoun
s. Juli
s. Justin
Ouasimoi/ii
Sta Anastasia
S. Frutuous
S. Rodolfe
S. Maxime
S. Anselme
S. Teodoro
S. Adalbert
S. Fidèle
s. Jorgi
s. Marco
s. Clet
s. Antime
s. Aimé

s. Roubert
Sta Catarina d. S
SS. Philip. ,Jacq.

Pichouna plneia d'Abriéa
Bouona récolta pèr l'csliéu

Q.

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P. L.
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N. L.
SOULÈU.

TRIMÍÎSTRÈ;

MAI

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lu 5,
2 oura
lu 13, a 7 oura
lu 21, à 10 oura
lu 28, à 7 oura
— L.

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—

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C. 7 29'

1 dim. SS. Félip. Jaq.
2 dij. S. Atanase
3 div. In.d.l. Sta Crous
4 dis. SS. Sindonis
5 Dim. S. Pio, papa
6 dil. S. Jouan D.
7&lt; dim. S. Peire
8 dim. s. Gregori N.
9 dij. s. Antounin
10 div. s. Isidoro
11 dis. s. Bounifaci
12 Dim. s. Jouan lou S.
13 dil. s. Pouon, m.
14 dim. s. Pacomo
15 dim. s. Sta Denisa
16 dij. Ascensioun
17 div. S. Pascaù
18 dis. S. Teodoto
19 Dim. s. Pèire C.
20 dil. s. Felis.
21 dim. s. Bernardini
22 dim. s. Julia
23 dij Rogaeioun
24 div. s. Vincen, d. L.
25 dis. S. Urbin
26 Dim. Pandecousta
27 dil. S. German
28 dim. S. Cirile
29 dim. Sta Petronïa
30 dij. S. Sylve
31 div. S. Justin
Au mes de mai
Longui semana

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P.
D.
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Q.
L.
Q.
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lu 3,
lu 11,
lu 19,
lu 26,

SOULÈU.

1
2
3
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5
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13 dij.
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17 dil.
18 dim.
19 dim.
20 dij.
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22 dis.
23 Dim.
24 dil.
25 dim.
26 dim.
27 dij.
28 div.
29 dis.
30 Dim.

—

à 11 oura 4 s.
à 10 oura SI s.
à 9 oura 51 s.
a
2 oura 20 s.
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S. Potin
Trinità.
S. Quirin
S. Francès C.
S. Lié
Festa de Dieu
S. Lié
Quatre-tèms
S. Optat
Sta Margarida
S. Barnabe
S. Antoui de P.
S. Basilio
S. J.-F. Régis
S. Moudeste
S. Lambert
Sta Olga
S. Gervai
Sta Juliena F.
S. Louis de G.
S. Paulin
Sta Maria d'O.
S. Jouan-B.
S. Prousper
S. Alban
S. Cresen
s. Iréné.
s. Pèire
s. Pàu
s. Tibàu

En Jun
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dim.
dim.
dij.
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Dim.
dil.
dim.
dim.

S. Thierry
Vierg.de li Gracia
S. Anatole
S. Pèire de L.
S. Sisoès
S. Elie
Sta Babeta
S. Efrein
Sta Felicita
S. Pio
S. Jouan G.
S. Gene
S. Jaque
Festa Naciounala
S. Enri
N.D.d.M. Carmel
Sta Marcelina
S. Frederic
S. Vincen de P.
Sta Margarida
S. Vi loiSta Maria-Mad.
S. Apoulinari
Sta Cristina
S. Jaque
Sta Anna
S. Pantaleoun
S. Samsoun
Sta Marta
Sta Giulieta
S. Gnaci de L.

Au mes de Juliet
Ni frema ni coulé.

TBIMËSTRÎ;

I1. Q. lu 2, a 0 oura 29 m.
P. L. lu 10, a 3 oura 58 m.
D. Q. l»i 17, a 1 oura 1.1 s.
N. L. lu 21, a 5 oura 14 m.
IV Q. lu 31, &amp; 5 oura 21 s.
souLÈu, —1.5 or -j&gt;. 8 or

dij.
div.
0 dis.
4 Dim.
5 dil.
6 dim.
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dim.
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S. Pèire-aï LS. Alfonso
Inv. de S. Estève
S. Domenica
N. D. dei Nèu
Trausf. de J. C.
S. Gaétan
Sta Batilda
S. Camila d. L.
S. Là u ren
S. Septima
Sta Clara
Sta Filoumèna
S. Ousèbi
Asoumpcionn
S. Roc
S. Mamès
Sta Elena
S. Ipoulita
S. Bernar
Sta Chantai
S. Pio V
S. Filipe B.
S. Bartoumiéu
s. Louis, r. F.
s. Seg'oundo
s. Cesari
s. Goustin
s. Mederic
Sta Rosa
S. Fiacre

F.n . ivoast
Figa e moust

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P. !.. lu 8, a' 4 oura 57
D. Q. lu 15, a 6 oura î&gt;l
N. L. Ju 22, a 3 oura 37
P. Q. lu 30. a 0 oura 08
SOULÈU. - - 1. 5 47V— c.

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S. Gili
S. Estève R.
Sta Eufemia
Sta Rosalia
S. Làuren J.
S. Pambon
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Natiu, di' la V.
S. Oumer
S. Xicola
S. Félis
S. Veran
S. A nié
Es. (1. l.S. CtQUS
S. Nicomède
S. Conrneilla
S. Lanbert
S. Tournas V.
S. Janvié
S. Euslache
S. Matiéu
S. Maurici
Sta Tecla
S. Girar
S Firmen
S. Nil
S. iN'icandre
S. \\ inceslas
g. Miquèu
S. Jeromo

Lima setembrina
De mai clarina

MOT »

GRANDE MARQUE RECOMMANDÉE

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oura 46 m,
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TRIMESTRE

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D. Q. lu 43,
N. !.. lu 20,
Q.
lu 29,

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8 oura 20
9 oura 49
2 oura 42
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1 dim. Rosari
1 div. Tout lu Sant
2 dim. S. ■ Léger
2 dis. Eu Mouorl
3 dij. S. Rosari
S. Ubert
4 div. s. Francès d'A. 43 Dim.
dil. S. Carlo B.
5 dis. s. Placido
5 dim. Sta Bertila
6 Dim. s. Bruno
6 dim S. Leounar
7 dil. s. Serge
dij. S. Nestou
/
8 dim. Sta Reparada
8 div. Lu Quatre Incou.
9 dim. S. Denis
9 dis. S. Teodore
10 dij. s. Francès B. 10
Dim. S. Jacintou
11 div. s. Tarasco
11 dil. S. Martin
12 dis. s. Counrad
12 dim. S. René
13 Dim. s. Edouard
13 dim. s. Stanislas
14 dil. s. Calisio
14 dij. S. Pantena
15 dim. Sta Teresa
15 div. Sta Gertruda
16 dim. S. Ospici
16 dis. S. Edme
dij.
17
Sta Edvija
17 Dim. S. Gregori
18 div. S. Luc
18 dil. S. Alfè
19 dis. S. Pèi re
19 dim. Sta Babeta
20 Dim. S. Agrico)
20 dim. S. Edmon
21 dil. Sta Ursula
21 dij. Présent, de la V.
22 dim. S. Filip
22 div. Sta Cecilia
23 dim. S. Teodoret
23 dis. S. Clemen
24 dij. s. Mairloire
25 div. ss. Crespin-Cr. 24 Dim. Sta Flora
26 dis. s. Jouan de K. 25 dil Sta Catarina
26 dim. Sta Pel fina
27 Dim. s. Frumence
27 dim. S. Maxime
28 dil. s. Alfredo
28 dij. S. Sostène
29 dim. s. Narcisse
29 div. s. Saturnin
30 dim. s. Marcel
30 dis. s. Andrièu
31 dij. s. Siri
En ùuloubre
\loii ponorc goûta loti rùare

Tonssan ientra
St A n'driéu lou souorte

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DESÈMBRE

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9 dil.
10 dim.
11 dim.
12 dij.
13 div.
14 dis.
15 Dim.
16 dil.
17 dim.
18 dim.
19 dij.
20 div.
21 dis.
22' Dim.
23 dil.
24 dim.
25 dim.
26 dij.
27 div.
28 dis.
29 Dim.
30 dil.
31 dim.

1.

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3 oura
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6 oura 46 s.
4 our;i 40 s.
7 OUI;L 48 s.

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Sta Bibiana
S. Francès X.
Sta Barba
S. Bassi
S. Nicola
S. Anbrosi
Imac. Conception
Sta Leoucadia
Sta Eulàlia
S. Damase
Sta Rosélina
Sta Lucia
S, Niçoise
S.
S.
Sta
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S.
S.
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Mesuiin
Adon
Olimpíada
Gatien
Ciprian
Filogone
Tournas

S. Onourat
Sta Vitòria
Cacha-fuec
Calèna
S. Estève
S. Jouan
SS. Inoucent
Sta Eleonora
S. Sabîn
S. Sàuvestre

Calena aufuec,
Pasca àu j'aèc.

sin -

GRANDE MARQUE RECOMMANDÉE

4 35

�- i6-

�- 17

-I

CROUNICA NIÇARDA
L'ABADÏA DE SAN POUON.— L'ABAT RANCE-BOURREY.
GLOFFREDO.

—

—

PÈIRE

A PREPAU DOU DIALETE NIÇART.

Ben qne pareissènt tardié, VArmanac Niçart s'empressa de
pourtà la siéu febla vous su tout cen que enteressa lou païs, sigue
au pounch de vista istoria loucala, pouesia, tradicioun, sigue
tamben su la taquinanta questioun dóu dialete niçart souvenri
fès pauvada e su la quala lu escritour mouderne soun luen d'estre
d'acordi.
Parlerai finda de M. l'Abat Rance-Bourrey, un beneditin qne
despi quauque an en ça mete à prouflt la siéu erudiciou n a nen
revelà de fach d'istoria inedieh. Se quauqu'un mérita d'estre
laudat es ben éu ; es en éu que VArmanac Niçart tressa la
pamoula de sapiença. En esprimant la nouostra recounouissença,
à l'Abat Rance-Bourrey, fen cen que touplen an denembrat,
vouoli dire de courounà lu siéu travail, frucha de ben de recerca,
dai quali obra sian fier d'avé prestat la prima ajuda. Pouden cità :
lou Discours sur le Monastère de Sainte-Claire de Nice, par Honoré
Pastorelli, publié d'après l'édition originale de Turin 1608, avec
une introduction et des notes ; — "Le Général J.-B.-M. D'Anselme" (Notices biographiques (1740-1792). E aquest'an
l'istorien nen douna — toujou de prima man — YExpulsion de
Mgr Valperga, evesque de Niça, au tèms de la Revoulucioun,
travail anoutat de peça curiouvi que sian urous de pouder metre
souta lu uès dei nouostre letour.
*
* *
Lou fach de l'annada, lou mai marcant, es estat aquéu de
l'Abadïa de San Pouon. Parlon de tout destruge pèr li basti an
siéu luec un espitau Pasteur... UArmanac Niçart es pas Penemic
dóu prougrès, ni men encara dei Bei-Art, ma si fa lou pious dever
de jougne lu siéu esfouors en aquelu dei siéu councitadin quo
l'istoria dóu passat passiouna, pèr que l'Abadïa de San Pouon
sigue counservada e classada couma mounumen istorique. En la
circonstança feliciti M. l'Abat Rance-Bourrey que mé rasoun s'e.s
demoustrat l'ardènt defensour autourisat que counouissen. La
siéu paràula es estada escoutada e lou Préfet de li Alpa-Maritima,
8

'

�— i8 M. de Joly — respetuous dei nouostri tradicioun — en ortie
avertit a proumès que l'Abadïa de San Pouon seria respetada e de
lèu si crusià pèr lou siéu classamen tra lu mounumen istorique.
Dóu resta vequi ce que l'Abat Rance Bourrey nen di su San
JPouon. Counsignen religiousamen li siéu paràula :
« L'Abbaye de Saint-Pons est le plus ancien monument relitgieux existant dans le Comté de Nice. Il y a dou^e cents ans que
sSiagrius y fonda un monastère. L'histoire de ce monastère est
jintimement liée à l'histoire religieuse, civile et économique de la
iville de Nice.
;
« Ce fut à Saint-Pons qu'en 1388 fut'signé l'acte réunissant
le Comté de Nice au Comté de Savoie. Les abbés de Saint Pons
ifurent pris dans les principales familles du Comté : les Badat, les
tLaugery, les Provana, les Lascaris, les Grimaldi, les Martelli, les
;Tournefort, etc. Plusieurs évêques de Nice furent abbés de Saint[Pons, en particulier Barthélémy Chuet (fin du xve siècle) et Jean
, Uriole, son successeur. Un autre abbé, Claude de Seyselle, fut
,évêque de Marseille, puis archevêque de Turin ; d'autres furent
cardinaux, tels Innocent Cibo, neveu d'Innocent VIII et de
f
;Léon X, et Paul Medeci de Cesis dont on voit encore l'inscription
(funéraire à Sainte-Marie-Majeure, à Rome.
:
« A la fin du xvir siècle, l'abbé de Saint-Pons était Pierre
•Gioffredo, le savant historien niçois. Enfin, un abbé de SaintiPons dont les Niçois n'ont pas encore perdu le souvenir, était
(l'abbé Spitalieri de Cessole qui a doté sa ville natale d'un établissement de bienfaisance si justement apprécié. La plupart des
pbbès de Saint-Pons et plusieurs évêques de Nice ont été enterrés
dans l'église ou sous le cloître et dorment aujourd'hui confondus
avec les moines leurs frères qui depuis dix siècles y sont enterrés.
« Les monuments funéraires ont disparu. Le temps a tout
(nivelé à Saint-Pons, singulièrement aidé cependant par la main
ides hommes. On connaît les dévastations commises par
Iroupes de François Ier et de Barberousse, plus tard par celles d
Catinat et par d'autres encore. Après chaque désastre, SaintPons a retrouvé une nouvelle vitalité et il y a à peine trois quarts
de siècle que Mgr Galvano y a fait d'importantes réparations.
;
« Saint-Pons n'est pas seulement une page de l'histoire de
notre pays, c'est un gros volume de cette histoire ; les Niçois
laisseront-ils dire qu'ils sont restés indifférents devant le danger
qui menace Saint-Pons ? Non, ils feront tous leurs efforts pour

�— 19 -

sauver de la destruction un monument qui doit leur être cher...
Je demande d'urgence le classement de l'Abbaye de Saint-Pons,
c'est-à-dire de l'Eglise et des bâtiments claustraux, comme monument historique. »
Lou councours de YArmanac Niçart es aquist. Emé fiertà e
au près de touplen de sacrifici faren respetà l'istoria dóu passat,
la lenga e lu escrich dei orne qu'an ilustrat lou nouostre bèu
pais.
*
* *
Despi quauque tèms, — maladia que reven per intermitença,
— la gran questioun de la grafia niçarda, de l'ourtougrafa, es
messa su lou tapis. De letra soun estadi publicadi, d'autri lou seran, e cresi qu'après ben de charra pèr dire pas gran cauva de
nóu, quasi dirii pèr predicà dintre lou Desert, noun restera
d'aquela discussioun, — Favén déjà coustatat, — pas gran cauva,
ren!... Cadun escrèu à la siéu moda seloun l'esprit dóu moumen,
e serii ben curious de counouisse aquéu que vendria nen dità
une metoda en nen dïen : « la mièu maniera d'escrièure lou
Niçart es la bouona». Discussioun scientifica que pòu passiounà
quauque lenguista, pas mai ; lou mihou es d'escrèure seloun li
letra ditadi pèr la prounouncia. Lou talènt pèr aquéu qu'escrèu
es de si laissà liège, de si faire acapi. Es qu'en en un entan que
frecuenta l'escola primària poudès li demandà autra cauva ?...
Perta de tèms que tout acò, vourria mai s'engenià à recercà lu
viei mot, espressioun, loucucioun courenti que la pous dóu tèms
a rabaïat, dounà au nouostre bèu dialete la coulou que dèu avè,
en respetant lu emprunt que pouden avè fach sigue à l'Italian, à
l'Espagnòu o à tout autre...
Un dialète noun dèu pas estre une lenga scientifica, encara
m en noun còu avè la pretencioun que sigue ouficiela, seria temerari ; lou dialete d'un païs dèu refletà lou caratere d'un'epoca que
lou tèms dèu respetà, enfin escrèure gramaticalamen, un noun
empedisse l'autre, e laissà à l'esprit, au goust lou coumplemen
d'un stile ouriginal, en de frasa councisi que flaton i'auriha.
Aquí fermi la discussioun, risqui de perdre la civada... l'an
que ven, se Diéu mi presta vida, v'en dirai d'autri e couma
d'usança que mi sigue permès de la vous souvetà : Bouona e
uroûva !
L'ARMANAC

NIÇART.

�20 —

LA CIGALA DOU BOUON DIEU
Una cigala dóu Bouon Dieu
Tout l'estiéu
E l'iver en la chambreta, —
L'aiguesias vista la lebreta ! —
Noun vivïa que d'amour
S'assetava su l'ounour;
La cigala cantarela,
Vau chanja de clientela,
Noun es courta d'amatour,
Que li viron tout au tour !
Ma l'ancien de la cigala,
De gros mot ven que s'embala ;
En l'auriha de la maire
Li ven tout aquéu bousin,
Que deja toui lu vesin
Sabon lou long de l'afaire
— Cenqu'as fach m'au tiéu tip ?
Di la maire enrabiada...
Bella Vierge encourounada !
Sera au mancou m'un bouon rie!!...
CH. CIAUDO

PROUVERBI, BOUOI MOT, COUNSÉU E DICH
Tèms d'iver noun ti fidar.
Lu màu dei enfan si garisson soulet.
Cau naisse pèr estre bèu, si maridar pèr estre rie, e mouri
pèr estre brave.
Per aver de raïn, eau caressar la souca.
Agnèu naissut
Vau un escut.
Dansa mihou ventre plen que rauba nova.
L'oumbra dou mèstre engraissa lou cavau.

�LOU MAGOT DE BERTOUMIÉU ISSUGA
O BEN

UNA RAISSADA DE MACAROUN
Conte menloanasqae trouvât dintre d'un armori
de ma nana e que /'Armanac Niçart es tirons de
transcrièure en niçart à Ventencioun dei sièu
fidèle lotour et lelrissa.

Bertoumiéu Issuga, mentounasque de viéia roca, abitava en
coumpagnia de sa mouhié, en carriera dóu Paumoulié. La siéu
frema, malurousamen, era sirnplaria e faia lou siéu desespoir.
Cada matin Bertoumiéu, avant de s'en anà au travail, li recoumandava de noun faire de bestialità. Cou vous dire que toui lu
dissata lou nouostre ome metia en un'armari pertuat dintre la
muraia lou gagne de la semana.
— Bertoumiéu ! pèr qu seria tout aquel argen, demandava
Marioun au siéu marit.
— Es pèr Madjou-long, castagnassa !
*
* *
Un jou Bertoumiéu partet pèr anar à la siéu campagna ;
devia même li restar doui ó très jou pèr souïnar e arousar lu
citrouniè. Marioun souleta matin e sera, s'assetava su lou banquet de la pouorta e faïa de bas... Un predinà veguet un ome
de statura mai que mejana, couma si di, un gran carcan. La
frema de Bertoumiéu lou fissa sensa parpelear, pi pihada d'un'
idea, li diguet :
— Moun bèu Moussu, sias bessai vous Madjou-long ?
Lou merlo pita e noun s'en laissa dire autre, léu li
respouonde :
— Noun vous troumpas pas, bella bruneta, sièu ièu Madjoulong !... Ma perqué mi faire tala demanda ?
Perqué ?... dou moumen que sias Madjou-long, intras su lou
cóu. Li a ja pas mau de tèms que moun marit a mes d'argen
amagat pèr vous...
E sensa mai de ceremounia li remeté lou mandiou dintre lou
quai lu sóu eron groupât. L'ome remercia e la s'esbigna lèu.
♦

* *

�Lou sera, Bertoumiéu arriva, la sièu mouhié li di.
— Sabes, ai vist ancuei Madjou-long !
E l'ome de cridar :
— Malurousa ! — m'en a fach encara una 1
Courre à l'armari, lou mandiou e Pargen, mouis !... Issuga
blastema pica dai pen, es décidât de si desiaire de la siéu frema
Lendeman, dóu téms qu'aissesta durmïa, li cuerbe lu uès emé de
pega de sabatié, pi la pihant pèr la man, la mena dapé dóu CapMartin. Arrivât aqui, Bertoumiéu fa mountar Marioun su d'un
nouguié el'abandouna. La paura, bòrnia, noun sabia doun si
trouvava, ni men encara ce que poudia faire.
En aquéu fra-tèms doui voulur venon s'assetar souta
l'aubre ; après aver abrat quauqui branca sequi pèr s'escaufar, pi
si meton à cuentar lou siéu argen.
La calou faguet delegar la pega que curbia Puès destre de
Marioun e aissesta de cridar :
— E d'un !
Lu voulur, d'estuc, s'isson d'emblée.
— Qu'es acó, diguet l'un.
— Un matagan, faguet l'autre.
La calou seguia á faire lou siéu efet pau à pau durbia Puei
senec.
— E de douî, diguet Marioun.
Dóu cou lu voulur escapon, laissant Pargen espantegat soubre
Perba.
Marioun coumença à li veire clar, cala da l'aubre e ramassa
Pargen, pi lèu s'en camina vers maïoun...
Lou sièu marit, pensierons, era assetat dapè dóu fuec, s'escaufant, fumant la sièu pipeta emé beatituda...
— Bertoumiéu !... o Bertoumiéu !... duerbe-mi, siéu iéu,
Marioun...
— Vai au diàu que ti pihe... ièu que cresii de m'en estre
despegouït...
Ma Marioun, toujou picava, un cóu noun asperava l'autre...
L'ome fenisse per li durbi...
— Ten ! regarda cen que ti pouorti.. . e Marioun pauva lou
sac su lou toulié. ..
Bertoumiéu, entartugat, cuenta Pargen e réfléchisse ; — Marioun es simplaria e deman la vila saupra Pistoria de la fouré . ..
Cóu que Bertoumiéu si dispegouïsse pèr empedi li marridi lenga
de bavar...

�— 23 —
Si mete la vesta, lou capèu e souorte fermant la pouorta i..
Faïa nuech dintre la carriera, ma sensa pena s'encamina
vers una boutiga e croumpa pèr mai de dès kilo de macaroun...
Ientra au sièu e di à la sièu mouhié de si metre au liech.
En tant que Marioun durmïa, Bertoumiéu fa bui lu macaroun, pi lu espantega su lu aubre dóu jardin... Lendeman de
matin la siéu frema, desveiada, si mete à la fenestra...
— O ! Bertoumiéu ! Bertoumiéu ! Vene un póu veire!... O
trest ! vè, a plougut de macaroun !...
— O vai fantauma !... n'as toujou una. .. Ten ! ten !... ma
es ver !...
*
* *

A quauque tèms en ça, Bertoumiéu l'avia previst, Marioun
countet à toui que lou siéu ome noun li picava plus, despi lou
jou qu'ela li avia pourtat de sac plen d'escut...
Lou juge aiguent audit parlar de l'afaire, mandet sounar
Bertoumiéu devant lou tribunal ; la siéu mouhié era estada
citada couma testemoni.
Lou juge. — Bertoumiéu, sias acusat d'aver gardât d'argen
que noun era vouostre.
— Iéu !... Ma moussu lou juge, lou negui ; sièu couma
sabès un travaiadou.. .
E Marioun de dire.
— Noun negar, Bertoumiéu, sabés ben qu'es ver ; es iéu en
persouna que t'ai pourtat la mouneda, qu'avii trouvât en la
fouré.. .
Lou juge. — Anas brave ome, noun negués.. .
— E quoura lou m'as pourtat ?... — Vous juri, Moussu lou
juge, que la miéu frema es fouola !...
— E lou sabes ben, Bertoumiéu, es lou jou que plouguet tant
de macaroun !
— Moussu lou juge aves jamai vist ploure de macaroun ?...
— Jamai ! moun beL amic respoundet lou juge que si tenia
lou ventre dóu rire — Amie, vèu que la vouostra frema es
fouola. .. sias aquitat !...
Bertoumiéu si retira emé Marioun... Noun aigueron plus
de disputa e vieugueron, pareisse urous e pèr longtèms !...
J. E.

�CANSOUN ANCIENNA

PÈR LOU

N'aurias pas vist la miêu fiha
Trin-trin
Lou galerin
A'aurias pas vist la miêu Jiha
Trois-wtrois
Le fils du roi
L'ai vista e l'ai baïada
Trin-trin
Lou Galerin
L'ai vista e l'ai baïda
Trois-trois
Le fils du roi.
Douna-mi la miêu fiha
Trin-trin
Lou galerin
Douna-mi la miêu fiha
Trois-trois
Le fils du roi.
Es aqnela la vouostra fiha
Trin-trin
Lou galerin
Es aqaela la vouostra fiha
Trois-trois
Le fils du roi.
La miêu fiha era pas lernia
Trin-trin
Lou galerin
La miêu fiha era pas lernia
Trois-trois
Le fils du roi
La miêu fiha era pas lua
Trin-trin
Lou galerin
La miêu fiha era pas lua
Trois trois
Le fils du roi.
N'es ni guercia ni poutinouva
Trin-trin
Lou galerin
N es ni guercia ni poutinouva
Trois-trois
Le fils du rois.

MAI

�La miéu fiha n'es pas borni a
Trin-trin
Lou galerin
La miêu fiha n'es pas bornia
Trois-trois
Le fils du roi.
Noun faïa pas belugueta
Trin-trin
Lou galerin;
Nonn faïa pas belugueta
Trois-trois
Le fils du roi.
La miêu fiha n'es pas emberrida
Trin-trin
Lou galerin
La miêu fiha n'es pas emberrida
Trois-trois
Le fils du roi.
La m iéu fiha n'es pas pigada
Trin-trin
Lou galerin
La miêu fiha n'es pas pigada
Trois- trois
Le fils du roi.
La miéu fiha noun es pas ranga
Trin-trin
Lou galerin
La miéu fiha noun es pas ranga
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha noun es pas louorla
Trin-trin
Lou galerin
La miéu fiha noun es pas touorta
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha n'es pas crouoada
Trin-trin
Lou galerin
La miéu fiha n'es pas croavada
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha n'es pas gibouva
Trin-trin
Lou galerin
La miéu fia n'es pas gibouva

�— 26 —
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha noun es foularana
Trin-trin
Lou galerin
La miéu fiha noun es foularana
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha n'es pas ingourda
Trin-trin
Lou galerin
La miéu fiha n'es pas ingourda
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha a pas lou peu de pi g nu
Trin trin
Lou galerin
La miéu fiha a pas lou peu de pig nu
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha noun es narvelouua
Trin- trin
Lou qalerin
La miéu ûha noun es narveloiwa
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha noun a la rougna
Trin-trin
Lou galerin
La miéu fiha noun a la rougna
Trois trois
Le fils du roi.
XXX.

PROUVERB1, BOUOI MOT, COUNSÈU E DICH
Qu duerme ben noun cregne li niera.
Qu vè pissar e noun pissa, crêpa de malícia.-'
Qu douna soun ben avan de mouri
Mérita de pati.
L'amour es lou paradis dei fouol.
L'amour es .la flou de la jouinessa.

�LA MOUORT DAU PAURE TOUNIN

Lou paure Tounin, malàut a setant'an, si presenta à l'espitàu
ma li respouondon que li a plus de plaça.
— Coumplet ! ! !
Quauqu'un li fa capi qu'em'un pau de proutecioun li pourria
intrar. Countrariat dei pas que cóu faire, Tounin vira lu taloun e
s'encamina vers la plaça Massena, piha lou tram, si rende da
Graugnard, à l'espitàu dei can, e li di :
— Moussu lou Veterinari, cresi d'estre un pau mai qu'un
can ?... En aquéu cas souîna-mi...
— Vous souînar aici, ma brav'ome perdés la testa. — Basta,
li di que n'a pas de liech pèrcourcar un crestian, que noun douna
de souin qu'ai bestia !...
Tounin, couma pensas, s'en souorte m'au couor gros e noun
sau plus à que sant si recoumandar. Era aqui au mitan dóu
camin, quoura en aquéu moumen arriba un landau, doun cala
una grossa dama, encapelada, aurias dich un ver foungi, segada
d'un varlet que pourtava religiousamen un can enfeloupat emé de
favour rosa au couol, tapat d'un tapis em'ai iniciala. En veèn
aquéu tablèu lou paure Tounin si lamenta, sangluta fouort.
— Qu'avès lou miéu brav'ome, li di la dama.
— Cen qu'ai Madama ?... trovi que lou vouostre can a mai
de chança que iéu. Li a cinquant-cinq an que travaii, pèr la premiera fès que siéu malàut, noun soulamen mi refuson à l'espitàu
dei estre uman, ma encara mi vèu picar la pouorta au nas èn
aquéu dai can.
— Quevoulès, lou miéu paur'ome, ai fach un vout de mimetre
à la Soucietà Proutetriça dei Animau, de pourtar touti li miéu
ecounoumia à la Caissa de secours pèr soulajar lou sort dei bestia.
Lou fau talamen ben, que vouguessi ben vous dounar un sóu
que pourii pas.
La dama li vira l'esquina e ientra couma un coupa-cisèu da
Graugnard. Tounin roumougna :
— Se ti veguessi en un cantoun ti dounerii mancou un gotou
d'aïga !... vièia sansuga !...
Tounin estrassinat, deble s'alonga un pau plus en là, su d'un
mouloun de peira. Quauqui oura après, couma soufrisia, n'ai-

�guènt ren en l'estomegue depi l'auba, coumençava d'aver lou
rangouioun, quoura passet un canipiè que li diguet :
— Que fès aquí, brav'ome ?
— Couma veès siéu aqui pèr tirar lu patoun. M'an refusat â
l'espitàu, même en aquéu dai can, noun mi resta que de mouri
su d'un mouioun de peira. — Avès un carnet su lou quai enregistras lu fach dóu jou, farias ben de li aloungar lou miéu testamen que poudès mentuar couma acô :
— « Bouon Diéu, se mi fes passar encara une fes sur la terra,
fe-mi naisse can au mancou, li aura une Soucietà Proutetriça dei
Animau que si crusira de iéu e pourrai estre amès en un espitau,
estre souïnat, faire bouona vida, menar une vida de can... »
ANT. ROLAND.

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VIGNE
A M. VALÉRE BERNARD.

Dans le ciel doux la Vigne ètreint les pals de buis.
Sous le pampre le merle alourdi des falernes
Tourne son col gris vair et ses paupières lemes
Qu'argenté la blancheur des immuables nuits.
O / fraîcheur, 6 beauté des Igs et des iris,
Que la Vierge éblouie avec les marjolaines
Cueille le soir venu aux vasques des fontaines
Pour colorer en fête, au crépuscule, l'Euis.
Narcisses, ébeniers, œillet et sensitive
Ah ! Versez en mon âme attiédie et pensive
L'orgueil qui souleva les clairs olympiens.
L'amour qui rafraîchit les Madones pieuses
Et qui vêt de clarté les snls athéniens
Et les ravissements des époques heureuses.
JEAN

PADOVANI.

Quauque souvèt :
Vous souveti la bouona annada.
Que siegue mihau que la passada.
Vous souveti la bouona annada acoumpagnada de touplcn
d'autri.

�Eglises et Chapelles de Nice
La vieille ville de Nice se trouvant sur la rive gauche du
Paillon, pour parler de ses églises, nous commencerons par son
église cathédrale, Sainte-Réparate, vierge et martyre, de celles du
canton Est, et en traversant la rive droite nous nous occuperons des paroisses du canton Ouest.
I. — L'Eglise Cathédrale du Diocèse de Nice est la paroisse
de Sainte Réparate, vierge et martyre, sous l'empereur Decius en
253. Sa fête est le 8 octobre. Cette église est au centre de la vieille
ville (8.500 âmes), Avant 1531 la Cathédrale était près du Donjon, plateau de Nice, et dénommée : Sancta Maria in platea,
dédiée à N. D. de l'Assomption. L'édifice actuel, dans son genre,
ressemble beaucoup à Saint Pierre de Rome, au Vatican. C'était
auparavant une simple église paroissiale
desservie par
les Bénédictins du Monastère de Saint-Pons, près Nice.
Dans son ressort se trouvent l'ancienne église de Saint
Jaume (Saint Jacques apôtre), jadis des P.P. Carmes, fermée
depuis 1903. Après le transfert du titre de paroisse à l'église de
Saint Juste, évèquc, au Gesu, elle fut placée sous la vocable de l'Annonciation de la Sainte Vierge, ainsi que la belle Eglise de la
Miséricorde, sur le Cours Saleya, jadis de Saint Gaétan, fondée
e
par les P.P. Theatins au XVIII siècle et cédée à la noble
confrérie des Pénitents Noirs.
La Cathédrale de Nice, paroisse Sainte-Réparate de nos jours,
fut comme l'ancienne au Donjon du Château {Sancta Maria in
platea), le théâtre de plusieurs f lits historiques mémorables dans
les annales de l'histoire de Nice.
II. — L'Eglise de Saint Jacques, an Gesû, dès son érection
en 1612, dédiée à Saint Juste, évêque. Sa fête est le 2 septembre.
En 1665 fut érigée en paroisse sous le titre de Saint Jacques le
Majeur, remplaçant la paroisse de Saint Jaume. On l'appelle
vulgairement le Gesù à cause qu'elle a été fondée et administrée
par les P.P. de la Compagnie de Jésus.
Appartiennent à cette paroisse les deux chapelles des confréries des Pénitents Blancs, la Sainte Croix, — confrérie la

�óo —
plus ancienne de Nice, — et des Pénitents Rouges, Saint Suaire
et de la Sainte Trinité ; l'Eglise du Couvent de là Visitation,
la chapelle de l'ancien séminaire, à la montée du Château, et
jadis l'Hospice franciscain avec chapelle de Saint Joseph des
P.P. Recollets de Cimiez, convertie en maison particulière.
L'Eglise du Gesù est d'ordre corinthien composite, cons truite sur le modèle de l'Eglise des Jésuites de Turin, dite
vulgairement les Saints Martyrs. ( 10.000 âmes).
A l'extrémité de la rue du Malonat, aux racines de l'ancien
château, on voit un oratoire à la Sainte Vierge Marie, sous le
titre de N. D. du Bon Secours. Les habitants de ce quartier érigèrent cet oratoire en l'honneur de la sainte Vierge, en reconnaissance du choléra en 1854.
III. — L'Eglise paroissiale de Saint Martin Evéque dite de
Saint-Augustin est la plus ancienne, elle fut bâtie sur l'emplacement de l'ancienne chapelle de Saint Martin (1205) et appelée
Saint-Augustin parce qu'elle était desservie par les Augustiniens
dont le couvent a été transformé en caserne. (Caserne Filley, près
l'ancienne chapelle Sincaire).
IV. — L'Eglise de Saint-Francois-de-Paule a été édifiée en
1736 d'après le plan de l'architecte
Guarini. En 1838
elle fut érigée en paroisse par décret de Mgr Galvano et appelée
aussi Saint-Dominique en souvenir de l'ancienne église paroissiale
de ce nom qui s'élevait sur la place Saint-Dominique aux lieux et
place de l'actuel Palais de Justice.
V*— L'Eglise du Port ou de l'Immaculée Conception. D'humble
origine. D'abord ce fut une fort modeste chapelle (1835), transformée agrandie par Mgr Galvano, et l'avocat théologue L. Mari
fut son premier curé..
VI. — L'Eglise Saint-Joseph nouvelle paroisse depuis 1911 la
première pierre fut posée le 19 mars 1911, bénie le 29 octobre et
ouverte au public le Ier novembre 1911 sous le patronage de Mgr
Chapon et dirigée par les soins de M. l'abbé Gabrielli.
A cette paroisse appartiennent la chapelle succursale de Saint
Joseph contigüe à l'Evêché, et la chapelle de Notre-Dame des
Anges sur l'ancienne route de Villefranche.
VIL — Saint-Roch. Cette église paroissiale dans la banlieue
de Nice fut érigée après la peste de r68r. Nice fut délivrée de ce
fléau par l'intercession de saint Roch, confesseur, né et mort à

�- Si Montpellier. La paroisse est divisée en deux quartiers, Roquebillière
inférieure et Roquebillière supérieure, jusqu'à la chapelle de NotreDame de Bon Voyage.
VIII. — Rive droite du Paillon, intra muros, se dresse Notre Dame du Vau, paroisse Saint-Jean-Baptiste, qui remplace l'an
cienne église du même nom devenue chapelle inférieure du Lycée.
Cette belle église, vœu delà ville de Nice en 1835, mt érigée en
1842 et terminée en 1852 par Mgr Galvano, évêque de Nice.
La façade ressemble à celle élevée à Turin en l'honneur du retour
du roi dans les états Sardes en 1814.
IX. — Saiiit-Pierre-d' Aréna remplace une chapelle située à la
Croix de Marbre. Elle fut érigée en paroisse en 1803 par Mgr
Colonna d'Istria. Elle doit son nom à ce fait, c'est que lors de sa
fondation elle se trouvait sur le rivage de la mer séparée par une
bordure de sable fin.
X. — Une ancienne chapelle de Sainte-Hélêne-l'Inspiratrice
existait dans ces parages. Elle fut remplacée en face la mer par
une église sous l'épiscopat de Mgr Recrosio (1727).
Six paroisses « extra muros » dépendent de la commune de
Nice.
Sainte-Marie Magdeleine, sise dans le vallon de Magnan, édifiée sur l'emplacement d'une chapelle de même nom, érigée en
1626 et dite vulgairement chapelle « dei cassaire » à cause du
grand nombre de chasseurs. Après le concordat de 1803 sous
l'épiscopat de Mgr Colonna d'Istria, ce quartier qui depuis 1771
dépendait pour le spirituel de la cathédrale fut érigé en paroisse.
Il existe encore aujourd'hui une chapelle de Notre-Dame du Bon
Conseil changée en demeure particulière . Bientôt le besoin de
la population augmentant, une église sera bâtie à la cité Robiony
par les soins du curé actuel de la Madeleine.
Plus à l'est de la ville, toujours dans le canton ouest ce
l'Arquet, se dresse la paroisse de l'Ariane dédiée primitivement à
saint Arnoux, évêque et à saint Pierre, apôtre. Elle fut érigée en
paroisse en 1809 sous l'épiscopat de Mgr Colonna d Istria. Dans
son ressort se trouve l'ancienne chapelle nécropole de l'Abbadie
fondée en 1635 en l'honneur de sainte Claire pour le besoin spirituel de 450 à 500 habitants qui appartiennent aux communes
de Nice, Cantaron Saint-André. Localité d'avenii et à laquelle
le chemin de fer Nice-Coni donnera une valeur stratégique.

�— 32 —
Gairaut avait au moyen-âge une chapelle de secours desservie
par les religieux chevaliers de l'ordre du temple au début, et par
la suite de Rhodes et de Malte. Sous l'épiscopat de Mgr François
Rosini de Martinengo la chapelle fut érigée en église paroissiale
sous le vocable de saint Sauveur o*u de la transfiguration du
Rédempteur.
Dès 1730 les P. Dominicains de Nice fondent à Saint Pancrace un sanatorium pour religieux martyrs avec chapelle en
l'honneur de Saint Pancrace martyr. Cette chapelle est érigée en
paroisse en 1848 par Mgr Galvano.
Sur le couchant de Saint-Pancrace on trouve la paroisse de
saint Roman . martyr ; l'ancienne chapelle fut érigée en paroisse
ainsi que celle de saint-Antoine de Ginestière en 1803 sous Mgr
Colonna d'Istria.
VALENT IN.

NOU VÉ
Tu Çatarina fai lou pan.
Mdumen de jota, d'alegressa,
Fes audi da toui lu couor :
Lu ange canton l'alegressa,
Fuges l'infer, Juges la mouorl.
Chntou !
L'aarika sabla, li a quaucaren aici vesin,
Sembla que senti li joia d'un festin ;
Audi lu tambourin de laen,
Lu Jlajoulet e li musela,
Lu pastre van à Bethelen
Laisson la cabana soaleta ;
Santo nuech, venes aléa nen ralegrà,
Pourtas à toui la pax et la tranquilità !
Tu Catarina fai lou pan,
Manda Lucrecia au safran,
Despende aléa lou lauvaniè,
Chapla la blea su lou taatié ;
Crala de froumai e roumpe d'iiu
E fai la iourta couma fou,
Ché n'aiguen toui en aboundança (bis)
Santa nuech, venes alèu nen ralegrà,
Pourtas à toui la pa.x e la tranquilità .'
En tant faguen etnb'au vesin
t ua santépér lou Bambin,
Toucan lou gotou de bouon vin,
Ernb'aa vesin pér lou Bambin
Ti-ri-tin-tin ! -tinTi-ri tin !

�— 3Î —

L'Expulsion de Mgr Valperga
fEN SEPTEMBRE

1792)

Le 12 octobre 1780 h population de Nice se pressait aux
abords de la porte Pairoliëre pour y recevoir en grandes pompes
le nouvel évêque Charles-Eugène Valperga di Maglione. Ce
prélat avait couché la veille selon l'usage antique à l'abbaye de
Saint-Pons et devait faire ce jour là son entrée solennelle dans
sa ville épiscopale.
Le cérémonial imposant avec lequel on avait reçu jusqu'alors
les évêques fut encore cette fois observé. L'accueil de la population entière fut des plus chaleureux au rapport de Pierre Scaliero
qui en fut témoin (1). Le nouvel évêque, qui remplaçait Monseigneur Astésan nommé archevêque d'Oristano en Sardaigne,
appartenait à une famille de vieille noblesse dont plusieurs membres avaient exercé, à Nice, des fonctions importantes (2). Il
(1) Voir aux Archives municipales le récit détaillé que ce chroniqueur en a laissé dans ses Mémoires. Pierre Scaliero mourut en 1805.
(2) Jacques Valperga, conseiller ducal, fut lieutenant du gouverneur de Nice en 1454 ; Thoma5 Valperga fut gouverneur du château de Nice en 1565 ; Jean Valperga fut également gouverneur de
Nice en 1596 ; Jérôme Valperga fut commandeur du château de
Nice en 1600 ; Pierre Valperga, frère de Jacques Valperga, était
chevalier de Malte (Arch. municipales, registre des gouverneurs,
commandants et chevaliers de Malte) ; Anne Valperga, fille dAmédée
Valperga, épousa, le commandeur de Malte Jean-Paul Lascaris.
(Voir son testament daté de 1683, arch. des Alpes-Maritimes,
registre B, 297.) Joseph Ignace de Valperga reçut de son oncle, Emmanuel Philibert Chiotera, mie partie du fief de Couaraze dont il fut
investi le 20 février 1753. Son fils, Vincent, céda ses droits à H. Novelli. Jérôme Valperga fut sénateur à Nice de 1761 à 1765, puis
ministre plénipotentiaire de Sardaigne à Gênes en 1780 ; plus tard
il fut ministre etsecrétaire d'Etat, ce dernier était le frère de l'évêque
de Nice et fils du comte François Valperga qui vivait encore en
1795Ees armoiries des Valperga étaient fascé d'or et de gueules, à
la plante de chanvre déracinée, d'argent et brochant. Le cimier
était un bouc naissant au naturel et la devise : « Ferme-toy ».
Nous reproduisons les armoiries de Monseigneur Valperga d'après celles qui se trouvent en tête du catéchisme édité par ses ordres
et dont nous devons le dessin à l'obligeance de M. Joseph Casai
(Extrait de 1' « Armoriai Artistique et Nrbiüaire », Ni.e, 1902.
3

�- 34était directeur du collège des Provinces à Turin, lorsque le roi
de Sardaigne le désigna, pour l'évêché de Nice. Il avait été sacré à
Rome où il avait fait ses études. Monseigneur Valperga se distingua immédiatement par sa vigilance et son activité : il releva
le niveau intellectuel et moral des prêtres de son diocèse et s'attacha à mettre en toutes choses la plus grande régularité. Dix-huit
mois après son installation, il publia un nouveau catéchisme
dont le plan avait été préparé par son prédécesseur ^i). Grâce à

ses relations cordiales avec la eour de Turin, il jouissait auprès
des autorités civiles de Nice d'une grande influence. Après douze
(1) Ce catéchisme en italien fut imprimé à Nice par la Société
Typographique. C'est un petit volume in-douze de 612 pages, portant
la date de 1783. En tête se trouve le mandement de Monseigneur
Valperga du 16 février 1782 qui approuve le travail terminé par
le prêtre auquel Monseigneur Astésan en avait confié le soin, ordonne
sa publication et règle l'organisation des catéchismes dans tout le
diocèse. Deux ans plus tard en 1785, Gabriel Floteront, imprima
un autre catéchisme rédigé en dialecte niçois, petit volume in-12
de 228 pages. Un exemplaire de ces deux ouvrages existe à la biblio
thèque de Nice. — Voir Villarey, Série Cronològica dei Vescovi
di Nizza. — Art. Valperga.

�-35 années de séjour dans cette dernière ville il s'était acquis l'estime
et le respect de tous.
*

• *

Lorsque le 28 septembre 1792 dans l'après-midi, les troupes
piémontaises évacuèrent Nice, il y eut dans cette ville une effroyable panique et des milliers d'habitants s'enfuirent dans la direction de Turin. Ce fut un désarroi et une désorganisation complète de toutes les autorités. iMonseigneur Valperga resta à son
poste et s'engagea à ne point quitter la ville. Le lendemain samedi
29 septembre, il accompagna le second consul Honoré Saissi et
quelques membres du Conseil qui se rendirent, vers les onze
heures du matin, à la villa Feraudi, au quartier St Hélène, pour
offrir les clefs de la cité au général d'Anselme qui venait d'y
arriver à la tête des troupes françaises. Le général fit à la délégation assez bon accueil, mais il s'étonna de trouver parmi ses membres, l'évêque dont la place déclara-t-il n était pas là. Du reste,
d'Anselme attacha si peu d'importance à la démarche îles magistrats niçois que dans aucune de ses dépêches officielles il n'en fit
mention.
Sur le soir du même jour, la petite armée française faisait son
entrée dans la ville et le général s'installait dans la maison du
consul de France à la place St Dominique. L'évêque de Nice qui
tenait à rester au milieu de ses diocésains se présenta de nouveau
vers les huit ou neuf heures du soir chez le général auquel il voulait recommander ses prêtres en lui demandant des respecter les
églises. Le général était entouré de tout son état-major, du consul
de France, Pierre Le Seurre, de Honoré Saissi, second consul, de
Féraudi, secrétaire général de la commune. Ces deux derniers
venus probablement pour appuyer les demandes de l'évêque.
L'accueil du général ne fut pas plus encourageant que la première fois ; il intima même avec insistance au prélat l'ordre de
quitter ta ville en ajoutant que le plus tôt serait le mieux et ce
fut sur ces dernières paroles que l'évêque se retira après avoir toutefois reçu du général la promesse que tout ce qu'il laisserait dans
son palais serait placé sous la sauvegarde de la Nation française.
Il n'y avait pas à tergiverser, l'ordre était formel et pressant, il
fallait partir. L'évêque prit ses dernières dispositious et délégua,
au curé de la cathédrale, le chanoine Honoré Navello, tous les
pouvoirs nécessaires pour administrer le diocèse en son absence.
Aux premières lueurs du jour, Valperga quitta son palais, et se

�— 36 dirigea à pied vers la porte Pairolière. Il avait été impossible de
trouver une voiture car tous les moyens de transport avaient été
réquisitionnés et utilisés le 28 septembre pour permettre l'exode
des habitants terrorisés. Il avait ordre de partir, mais cet ordre
n'ayant pas été donné par écrit, les volontaires marseillais, de garde
à la porte de Turin, refusèrent de le laisser passer, l'accablèrent
d'injures, le menacèrent même de le pendre et ne consentirent á
le lâcher que sur un ordre écrit, sollicité et obtenu du général,
grâce à l'intervention courageuse et au sang-froid d'un jeune
niçois, Joseph Castellinard. Monseigneur Valperga se retira à
Turin et y mourut en 1805 sans avoir jamais pu obtenir l'autorisation de rentrer.
*

* *

Il est établi par les documents officiels contemporains que
Monseigneur Valperga ne quitta son siège que sur les ordres arbitraires du général d'Anselme et ces mêmes documents nous
renseignent très exactement sur les incidents fâcheux qui se produisirent au départ de l'évêque. Du reste, on n'ignorait pas à Nice
comment les choses s'étaient passées et la population savait grê à
Valperga de son attitude et de sa fermeté. De son côté, Valperga
avait eu confiance dans la parole à lui donnée par le général au
nom de la Nation française et à plusieurs reprises il manifesta
son étonnement qu'elle n'ait pas été gardée, que ses biens aient
été confisqués, son mobilier vendu, son nom inscrit sur la liste
des émigrés alors qu'en partant il n'avait cédé qu'à la force.
Parmi les nombreux documents qui se trouvent soit aux archives de Nice, soit aux archives nationales il en est quelques-uns
dont la simple reproduction sera plus probante que tous les corn,
mentaires. Il_suffira de citer :
•i° La lettre du Directoire des Colons Marseillais en date du
25 février 1793, adressée aux citoyens Blanqui et Veillon, députés
extraordinaires de la ville de Nice à Paris, au sujet des réclamations présentées le 23 du même mois par Jean-Jacques Donny, au
nom de Mgr Valperga.
20 La réponse du même Directoire à J.-J. Donny, en date du
26 février 1793.
3„ L'arrêté du Département en date du 13 avril 1793.
40 La réclamation présentée au Directoire du département

�Valperga, aussitôt après son inscription sur la liste des émigrés de
la ville de Nice, dressée à la fin de juin 1793.
50 Les états de frais pour l'inventaire et la vente du mobilier
et effets de « l'émigré Valperga Maillone, citoyen évêque » approuvés par le département des Alpes-Maritimes, le 5 germinal an
III (25 mars 1795).
6° Les actes de notoriété dressés le Ier et 2me fructidor an III
(18 et 19 août 1795) par Gautier, juge de paix à Nice, à la requête de Pierre-Joseph Passeron, agissant en qualité de procureur
subrogé par Nicolas Giorni, procureur spécial et général de Mgr
Valperga, par acte de procuration reçu à Turin le 20 juillet 1795,
notaire Pierre-Joseph Bernochio.
70 La pétition adressée au district de Nice le 4 fructidor an III
(21 août 1795) par Pierre-Joseph Passeron, demandant la radiation du nom de Valperga sur la liste des émigrés.
8° L'avis du district de Nice en date du 5 vendémiaire an IV
(27 septembre 1795) déclarant que Mgr Valperga doit être rayé
de la liste des émigrés.
90 L'arrêté du département des Alpes-Maritimes, en date du
14 prairial an V (2 juin 1797) ordonnant la radiation provisoire
du nom de Valperga de la liste des émigrés.
io° L'acte de cautionnement dressé par le département le
11 fructidor an V (28 août 1797), à la requête de Pierre-Joseph
Passeron, procureur de Mgr Valperga en exécution d'une des
clauses de l'arrêté du 14 prairial an V (2 juin 1797).

�- 38 —

DOCUMENTS ET PIÈCES D'ARCHIVES

Pièce 1.

25 février 1793
Aux cit. Blanqui et Veillon
Une lettre du cit. Donny, associé du citoyen LeClerc, défunt président de l'ancienne administration
provisoire, dont vous avez ci-inclus l'extrait ( 1 ), nous
fait connaître que le cit. Valperga, évêque de Nice,
laissa avant son départ (ordonné à son retour par
Anselme) dans sa maison pour environ 34.000 livres,
argent monnayé, et environ pour 17.000 d'effets en
vaisselle, linge, batterie de cuisine etc.
Une portion de ces effets se trouvent encore dans
ladite maison, sous l'inventaire que nous en avons
fait dresser par les commissaires de l'une et l'autre
administration, lorsque nous avons été installés, mais
il s'en faut de beaucoup qu'elle puisse arriver à la
somme de 17.000 livres, pas même le tiers.
Quant à l'argent monnayé entré dans la caisse du
receveur de l'ancienne administration, nous n'y
voyons point la somme que ledit Evêque désigne
avoir laissé dans sa maison. Nous vous remettons cijoint un extrait de l'état des sommes' que le cit.
Bonnet a reçu en espèces, pendant toute sa gestion
de receveur et trouvées parmi les effets des émigrés
français et niçois.
Nous ne voulons rien préjuger sur l'assertion du
cit. Valperga, quoique nous ayons des indices frappants de vérité. Ce ne sera que lorsque nous aurons
pu les convertir en preuves par le témoignage de
quelques citoyens que nous nous procurerons, pour
pouvoir en demander la restitution et la poursuite
contre le pillage.
En attendant, noùs croyons devoir vous faire part
de cette découverte que nous allons communiquer au
Président de la Convention Nationale et au Ministre.
Arch. des A. M. Registre de la correspondance du
Directoire des Colons marseillais L. 5.
Cet extrait manque au registre ainsi que les autres pièces
énoncées dans celte lettre.

�-hLe 2érae février 1793.
Au citoyen Donny, négociant à Nice
Pièce 2.

Votre lettre du 23me de ce mois, citoyen, nous
demande des renseignements sur le temporel du
citoyen Valperga, Evêque de Nice. Nous allons vous
transmettre tous ceux qui sont à notre connaissance
L'administration provisoire en choisissant l'Evêché
pour le lieu de ses séances, vint s'y établir dans les
premiers jours d'octobre, et tout nous porte à croire
qu'elle ne fit aucun inventaire des effets qui s'y trouvaient, du moins nous n'en avons trouvé aucun dans
les papiers qu'elle nous a remis.
En succédant à cette administration provisoire,
uous avons cru que notre premier devoir était de faire
un inventaire de tout le mobilier renfermé dans la maison épiscopale. Nous y avons successivement procédé
en présence des administrateurs provisoires et à mesure qu'ils nous en remettaient les clefs. Tout le mobilier qui s'y trouvait, ne consistait guère qu'en
meubles meublants et ne nous paraît pas avoir la
valeur de 17 mille livres que l'Evêque lui donne.
Vous pourrez, si vous le jugez à propos, faire prendre
à notre secrétariat une copie de cet inventaire. Tout
ce. qui n'est point renfermé dans les appartements
que nous occupons au premier étage, a été laissé à la
garde de Jean Poma, ancien concierge de l'Evêque et
le nôtre.
Pour nous éclairer sur les 34.000 1. argent monnayé que l'Evêque doit avoir laissé en sa maison,
nous avons écrit au cit. Bonnet, receveur de l'administration provisoire, pour lui demander un état des
sommes en numéraires versées dans sa caisse, comme
ayant été saisies et trouvées parmi les effets des Emigrés français et niçois. L'état qu'il nous a remis ne
monte qu'à 74121. 16 s, et aucun article n'a du rapport
avec les réclamations du citoyen Valperga.
Quant à ce qui concerne personnellement le
citoyen, nous avons demandé au Ministre de l'Intérieur de vouloir bien nous dire la manière dont nous
devions l'envisager. Nous savons qu'un ordre arbi-

�— 40 —
traire de Danselme l'obligea de quitter Nice, le jour
de l'entrée des Français. Mais nous pensons aussi que
la proclamation des Commissaires de la Convention
nationale de France et le décret de celle de Nice,
concernant les Emigrés, étaient des motifs suffisants
pour le ramener à son poste et le rassurer sur les
suites de son retour. En persistant à prolonger son
absence, il s'expose à être traité comme émigré, à se
voir déclarer déchu de sa place et confisquer tous ses
biens. Telle est la disposition de la loi, et quoique
nous ayons consulté le ministre sur le cas particulier
de l'Evêque, nous prévoyons que sa réponse sera de
nous en tenir à la rigueur des lois, ainsi que plusieurs
instructions nous l'ont déjà annoncé.
Vous sentez, citoyens, que tout le mobilier de
l'Evêque doit rester séquestré jusqu'à son retour ou à
la décision du Ministre. Il peut être tranquille sur la
conservation de tout ce que nous avons trouvé en
entrant dans sa maison. Ce qui a pu en être enlevé
avant notre entrée en fonctions, est étranger à notre
gestion. Mais nous employerons tous les moyens qui
sont en notre pouvoir pour en trouver les traces, en
acquérir les preuves et en faire punir les coupables.
Les administrateurs, etc.
Archives des A.-M., Registre
suivants.

,L. 5,/°7i verso et

Lettre des commissaires de la Convention
Nationale et arrêté du Département des A. M.
Nice, le 9 Avril 1793, l'an 1 Ie de la Repu bublique Française.
« Vous voudrez bien, citoyens, en nous envoyant
les noms et prénoms de l'évêque de Nice, nous instruire officiellement d'après les "dispositions des lois,
s'il est censé démissionnaire et son siège vacant.
« Les Commissaires de la Convention Nationale
au département des A. M.
GRÉGOIRE, JAGOT (I)

(1)

Archives des A. M. L. 29 ancien. L

7

actuel.

�— 4i (i3 avril 1793)
Le Directoire ; vu la réquisition du citoyen Procureur Général sindic « Considérant que Charles Eugène Valperga, évêque de Nice, n'avait point quitté
son domicile lors de l'entrée des troupes de la République ; considérant qu'il a lui méme-accompagné les
consuls d'alors quand ils furent présenter les clefs
de la ville et inviter le général Anselme à venir en
prendre possession au nom de la République ; considérant que le général Anselme par ses ordres arbitraires et tiranniques, accompagnés même de menaces contre ses jours, l'ont forcé de s'éloigner ; arrête
qu'il ne peut le déclarer émigré, et qu'il sera répondu
aux Commissaires de la Convention nationale d'après
les principes ci-dessus.. »
Sign : PAUMÉ ; BARLI FABRI ; F. CASTKLIMARD ;
ANGLES ; BERNARDI, secrétaire général. (1)
pjj

ce

^

Aux citoyens composant le Directoire du
département des Alpes-Maritimes..
22 juillet 1793.
Citoyens,
Le citoyen Jean-Jacques Donny, soussigné, chargé
des intérêts du citoyen Valperga, évêque de Nice
absent, ayant été informé que par votre délibération
du 29 du mois passé, ledit citoyen Valperga avait été
déclaré émigré, vous représente avec tous les égards

(1) Archives des Alpes-Maritimes, Registre L,. 3, folio 101. L'Arrêté n'est pas signé par le procureur syndic Jean-François Tourre
ni par l'administrateur Jean-L,ouis de Villiers qui ne partageaient
point l'opinion de leurs collègues. A noter que Tourre était d'Antibes
et que de Viliers était un médecin français établi depuis longtemps
à Nice.
I/Arrêté fut pris malgré le réquisitoire de Tourre qui voulait
déclarer Monseigneur Valperga émigré et malgré un violent discours de Villiers soutenant la même thèse qui fut combattue par
Barli Fabri, par Castclinard et par Anglès. J'ai déjà publié in-extenso
cette délibération du 13 avril T793 au cours d'un article sur l'église
de Nice en 1792-1793 inséré dans Nice Historique du Ier avril 1903,
C'est pourquoi je reproduis ici simplement la lettre des
commissaires et l'arrêté du département.

�- 42 —
dûs au pouvoir dont l'exercice vous a été confié par
le peuple souverain que le citoyen Valperga ne peut
ni ne doit sous aucun rapport être considéré comme
émigré, par les motifs ci-après :
i° Qu'il est de notoriété publique qu'il n'a quitté
le pays que contre son gré et par ordre du général
Anselme :
2° Qu'il a constamment été disposé et a offert
de revenir dans son diocèse, moyennant qu'il ne fut
assujetti à prêter qu'un serment relatif au temporel et
non au spirituel.
3° Qu'enfin et par la raison que n'étant point
indigène, mais étranger, son séjour ici n'a été dé terminé que par sa nomination à l'épiscopat, événement casuel qui n'a jamais pu le soumettre à l'obligation de renoncer pour toujours à sa mère-patrie.
Tous ces motifs, soit qu'on les prenne collectivement ou séparément, démontrent suffisamment,
citoyens administrateurs, le droit incontestable, qu'a
le citoyen Valperga de demander et prétendre la
radiation de son nom du tableau des émigrés, et si
le ministre de l'Intérieur n'a fait aucune distinction
entre lui et les autres citoyens, c'est sans doute qu'il
a ignoré les circonstances qui vous sont exposées
ci-dessus, et notamment la dernière, car s'il les eût
toutes connues, il n'est nullement probable qu'il eût
décidé comme il l'a fait. Toute hypothèse contraire
serait une injure faite à ses sentiments et à ses lumières. Un homme tel que lui, dont les vertus civiques, le patriotisme et les talents l'ont appelé au
poste aussi honorable que pénible qu'il occupe, doit
ressembler autant que possible à la Nation pour
laquelle il agit et qui l'a honoré de sa confiance.
Cette nation est grande, généreuse, magnanime,
juste et bienfaisante.Elle ne peut qu'êtreextrêmement
jalouse de sa gloire, et l'un des principaux devoirs de
ses agents est d'éviter soigneusement d'en ternir
l'éclat.
Le refus qui serait fait de rayer de la liste des
Emigrés le nom du citoyen Valperga, refus qui entraînerait avec lui la confiscation des minces propriétés de ce citoyen, serait un acte qui imprimerait à

�-

43

-

jamais une tache ineffaçable à la gloire du nom français ; tache qui ne pourra manquer de frapper également les yeux des contemporains et ceux de la postérité ; tache enfin que les historiens ne manqueront
pas de faire ressortir par des couleurs enluminées, et
le bel effet qu'un pareil tableau produirait, citoyens
administrateurs, serait votre ouvrage.
Mais non, loin de nous, cette idée ! Vous êtes
républicains ! cela suffit. Les républicains sont vertueux. Ils aiment, chérissent, protègent, respectent
la vertu partout où elle se trouve. Et le citoyen Valperga aussi est un homme vertueux ! Qui en doute ?
Nul bon citoyen, nul honnête homme. Souvenezvous, citoyens administrateurs, que ce n'est que par
ses vertus qu'il a mérité l'amour et l'affection du
peuple Niçois et non par sa qualité d'évêque. Et plût
à Dieu que tous les ecclésiastiques lui eussent ressemblé ! La France n'eut point éprouvé d'aussi horribles secousses, pour asseoir, affermir et assurer sa
liberté.
La République a incontestablement le droit de
renvoyer hors de son sein tout individu qui ne lui
convient pas, mais en renvoyant ainsi un étranger
qui, d'ailleurs, n'a pas encouru la peine de la confiscation de ses biens, elle lui permet de les emporter ou
de les vendre et d'en emporter le produit. Tel est
précisément le cas du citoyen Valperga.
L'exposant demande en conséquence, citoyens
administrateurs, qu'il vous plaise prendre dans votre
sagesse une délibération tendante à rendre audit
citoyen Valperga sa qualité de citoyen français non
émigré, à lui accorder un délai compétent pour rentrer dans ce pays soit comme simple citoyen ou
comme fonctionnaire public et à lui assurer dans
tous les cas la restitution de ses propriétés par lui
laissées sous la sauvegarde de la loyauté française
dans la maison épiscopale, lors de sa retraite forcée,
ou la juste indemnité de leur valeur. Et sera justice.
Nice, le 22 juillet 1793, l'an second de la République française, une et indivisible.
Jean-Jacques DONNY.
l
ARCHIVES NATIONALESF/ 4.867 , dossier Valperga.

�- 44 Pièce 5.

Etat de frais de vente pour parvenir à l'inventaire
et vente des effets de l'émigré Valperga Maillone,
citoyen évêque :
5 germinal an III (25 mars 1795)
Pour une séance de trois commissaires dont un du
District et deux de la Commission municipale, fixée
à trois livres par séance par le Directoire du district
et approuvé par les Représentants du
Peuple
L.
9 »
Papier timbré tant de la minute que
des deux extraits
»12
Pour la copie desdits deux extraits . .
» 8
Droits d'enregistrement
13 10
31

2

Nous soussignés certifions le compte ci dessus véritable.
Signés : J.-B. Thomaty, comm. du dist. ; Savigny,
comm. munie. ; Mabil, comm. municip.
Frais de la vente :
Pour quatre séances de deux corn missaires dont un
du District, un de la Commis, mun. sans le membre
de l'administration fixées à trois livres par séance par
le Directoire du district et approuvé par les Représentants du Peuple .
L.
24 »
Au trompette pour publication de
quatre criées
5 »
Au crieur à la vente, quatre séances .
12 »
Aux portefaix qui ont travaillé au
transport des effets
40 »
Papier timbré tant de la minute que
de l'extrait
1 »
Bougie
3 »
Droits d'enregistrement
27 »
Papier timbré du petit état
» 4
A la femme qui a assisté à la vente
pour l'arrangement du linge
» 12
L.
Signés : J.-B. Thomaty, comm. du
district ; Savigny, comm. municip.

1

159 6

�Vu par nous, membres composant la Commission
Administrative du district et d'après l'arrêté du district, approuvé par les Représentants du Peuple et la
loi du il et 12 Mars, arrête l'état des frais ci-dessus
se montant à la somme de cent cinquante neuf livres
trente centimes, qui seront acquittés par le receveur
du droit d'Enregistrement lorsque le Département
aura vérifié ledit état.
Nice, le 29 ventôse an 3"" de la République française une et indivisible (19 mars 1795).
(Suivent les signatures).
Vu l'état des frais ci-dessus pour parvenir à l'inventaire et vente du mobilier de l'émigré Valperga
Maillone ci-devant évêque.
Vérifié et arrêté par le Directoire du district de
Nice, la Commission Administrative du département
des Alpes-Maritimes approuve ledit état et ordonne
au citoyen Maussier, receveur de l'enregistrement
cîudit district de payer aux citoyens J. B. Thomaty
et Savigny, comm. la somme de 159 livres et 30
centimes pour montant des frais pour inventaire et
vente des susdits effets de l'émigré, laquelle somme
lui sera allouée en compte.
Fait à Nice le 5 germinal an 3me républicain ( 25
mars 1795).
Etat des frais pour parvenir d la vente du mobilier de
l'émigré Charles Eugène Valperga Maillone, citoyen
évêque.
Pour trente-neuf séances de trois commissaires
dont un du District et deux de la Commission municipale, fixé à trois livres par séance par le Directoire
du district et approuvé par les Représentants du
peuple
L.
351 »
A deux portefaix, dix-neuf journées et
demi chaque fixées à cinq livres par jour.
195 »
Au trompette pour publication de
trente-neuf criées fixées à une livre cinq
sols chaque
48 r 5
Au crieur à la vente, trente-neuf séan
ces fixées á trois-livres par séance ....
117 »

711 1$

�- 4* Report
Papier timbré tant de la minute que
de l'expédition
Pour copie dudit extrait fixé à quatre
livres
Papier timbré du présent état ....
Bougie
Droit d'enregistrement
Plus deux autres journées de portefaix à cinq livres
Un paquet de plume
L.

148
4
6
421

»
4
»
»

20
5

»
»

1.182

7

Nous soussignés certifions le compte ci-dessus,
véritable.
Nice, le Ier ventôse an 3me de la République (19
février 1795).
Signés : J.-B. Thomaty, commissaire du district ;
Savigny, comm. ; Honoré Mabil, comm. municipal.
Vu par nous, membres composant la Commission Administrative, de ce District, et d'après la loi
du 11 et 12 Mars 1793 (v. s.) et l'arrêté de cette
Commission approuvé par les Représentants en date
1^ Fructidor, oui l'agent national, arrête l'état des
frais se montant à onze cent huitante deux livres et
trente cinq centimes qui seront acquittés par le
receveur de l'agence de l'enregistrement sur le produit de la vente desdits meubles, lorsque le Département aura vérifié ledit état.
Nice le 29 ventôse an 3me de la République
française une et indivisible (19 mars 1795).
(Suivent les signatures).
Vu l'état des frais ci-dessus pour parvenir à la
vente du mobilier de l'Emigré Valperga Maillone cydevant évêque.
Vérifié et arrêté par le Directoire du district de
Nice.
La Commission administrative du département
des Alpes-Maritimes, approuve ledit état et ordonne

�— if au citoyen Maussier, receveur de Penregistrement
dudit district de payer aux citoyens J.-B. Thomati,
Savigni et Honoré Mabil, commissaires, la somme de
mille cent quatre vingt deux livres trente cinq centimes pour montant des frais de la vente des susdits
effets de l'Emigré. Laquelle somme lui sera allouée
en compte.
Fait â Nice le 5 germinal an 3me républicain (25
mars 1795).
Arch. des A. M. L. 15 ancien p. 44-45 N° 34-35

Actes de Notoriété
Pièçe g

1-2-fructidor an III
18-19 août 1795
EGALITÉ, LIBERTÉ

AU NOM DE LA LOI
Ce jourd'hui, premier Fructidor, l'an troisième
(18 août 1795 de la République française, une et indivisible, à Nice, chef-lieu du département des AlpesMaritimes, par devant Nous, Antoine Gautier Juge de
paix de la Ier, 2m" et 3me section et officier de police,
est comparu le citoyen Pierre Joseph Passeron, natit
tic la commune de Contes et habitant en celle de Nice
depuis plusieurs années.
Lequel en sa qualité de procureur du citoyen
Charles Eugène Valperga de Maillone, évêque de Nice,
subrogé par le citoyen Nicolo Giorni, homme de loi,
procureur spécial et général établi (par acte reçu) par
le notaire Pierre Joseph de Bernochio, le 20 Juillet
dernier (v. s.) qu'il présente, légalisé par le résidant
de la République de Gênes auprès de la Cour de Turin, dont il résulte le pouvoir donné au citoyen Giorni, de subroger en son lieu et place, avec tous les
pouvoirs compris au dit acte, et il présente au surplus l'acte de sa dite subrogation faite par le même
citoyen Giorni, reçu en la ville de Gênes le premier

�- 48 du mois d'août dernier (v. s.) par le notaire Antoine
Baglietto, légalisée par le consul de la République
française.
Il expose que le vingt neuvième jour de septembre
de l'année 1792, l'armée de la République, étant arrivée en cette ville, commandée en chef par le citoyen
général d'Anselme, lorsque ce général, vers le soir,
fut arrivé et il eut pris son logement dans la maison
habitée par le ci-devant consul de la République Le
Seurre, ledit citoyen Evêque Charles Eugène Valperga de Maillone s'y étant présenté, ledit général d'Anselme, en présence de tout son Etat-Major, lui signifia
d'abord de devoir partir de cette ville. Sur quoi le
dit évêque ayant répondu qu'il avait cru de pouvoir
continuer sa résidence en cette ville et tellement l'avait cru, qu'il n'avait jamais pensé de distraire et en
faire partir le moindre de ses meubles et effets, qu'il
avait dans la maison d'habitation de l'tvêque et que
si absolument il lui ordonnait de partir, il le priait de
lui accorder la sauvegarde sur tous lesdits effets et
meubles. Le dit général d'Anselme lui répliqua qu'il
dut absolument partir de cette ville, en ajoutant que
le plus tôt en serait le mieux, et qu'à l'égard de ses
meubles et effets qu'il avait, il les mettait dès ce ino
ment sous la sauvegarde et loyauté de la Nation française et qu'il pouvait en être tranquille, après quoi ledit
évêque Valperga de Maillone, tout tremblant, ayant
dit qu'il allait se conformer dès le lendemain au matin à ses ordres, se retira ; ledit général d'Anselme
lui ayant encore répliqué : le plus tôt sera le mieux.
Et comme il importe audit citoyen évêque Valperga de Maillone de constater le fait ci-dessus expo"sé, suivi en présence de tout l'Etat-Major dudit général d'Anselme et de plusieurs citoyens de cette commune, l'exposant, en sa dite qualité vous présente les
citoyens Pierre Le Seurre, ci-dessus nommé, ci-devant
consul en cette ville de la République, le citoyen Honoré Saissi de cette commune qui pour lors était second consul de la même commune, le citoyen Philippe Emmanuel Féraudi qui pour lors était secrétaire de
Ìa même commune et le citoyen Ange Giraudi aussi

�- 49 de cette commune, pour recevoir leurs dépositions
sur ledit exposé et vous fait instance que de tout lui
soit concédé acte, ce que nous lui avons accordé, et a
signé.
PIERRE JOSEPH PASSERON.

Et de suite se sont présenté les susnommés
citoyen Le Seurre, natif de Craon, âgé de 75
ans, bourgeois, le citoyen Saissi, âgé de 70 ans,
négociant, Emmanuel Feraudi, âgé de 68 ans, notaire, Ange Giraudi, âgé de 63 ans, négociant,
natifs et domiciliés dans cette commune, auxquels
après avoir fait lecture dudit exposé fait par ledit citoyen Pierre Joseph Passeron, en sa dite qualité, les
avons interpellés sur serment que leur avons fait prêter, conformément à la loi, de nous dire en leur âme
et conscience si tous les faits énoncés dans le même
exposé sont de leur connaissance et tous les quatre ont
répondu et attesté tant uniment que séparément en
être pleinement informés, s'y étant trouvés présents,
et que le tout contient la vérité, toute la vérité et
rien que la vérité. En foi de quoi ils ont signé :
LE SEURRE, HOSORI'J
SAISSI, PHILIPPE EMMANUEL FÉRAUDI,
ANGE

GIRAUDI.

Et nous, juge de paix, vu les dépositions ci-dessus, avons de tout concédé acte au susnommé citoyen
Pierre Joseph Passeron en sa dite qualité, pour lui
servir et valoir dans tous les cas, à ce que de droit et
de raison. Fait à Nice, l'an et le jour que dessus.
GAUTIER, juge de paix.
BONIFACI, sec. greffier.
Vu par nous, membres du District de Nice, 3 vendémiaire an IV rép. 25 sep. 1795, TOSELLI, JN COPPON
fils, VÉRANI pr. syndic, SAYTOUR Martin.

�— 5o —
EGALITÉ, LIBERTÉ.

AU NOM DE LA LOI
Ce jourd'hui. second jour de Fructidor de l'an 3
août 1795) de la République française une et indivisible, à Nice, chef-lieu du département des AlpesMaritimes, par devant nous, Antoine Gautier, juge de
paix de la iere, 2M* et 3ME section et officier de police,
est comparu le citoyen Pierre Joseph Passeron : natif
de la commune de Contes et habitant en celle de Nice
depuis plusieurs années
Lequel en sa qualité de procureur du citoyen
Charles Eugène Valperga de Maillone, évêque de
Nice, subrogé par le citoyen Nicolo Giorni, homme
de loi, procureur spécial et général établi (par acte
reçu) par le notaire Pierre Joseph de Bernochio, le 20
Juillet dernier (v. s.) qu'il présente, légalisé par le résidant de la République de Gênes auprès de la Cour de
Turin, dont il résulte le pouvoir donné au citoyen
Giorni, de subroger en son lieu et place, avec tous les
pouvoirs compris audit acte, et il présente au surplus
l'acte de sa dite subrogation faite par le même citoyen
Giorni, reçu en la ville de Gênes le premier du mois
d'août dernier (v. s.) par le notaire Antoine Baglietto,
légalisée par le consul de la République française.
Expose : Primo, que le matin du trente septembre 1792, le citoyen Charles Eugène Valperga de
Maillone, évêque de Nice, en partant de cette ville
avec deux domestiques à sa suite, qui portaient un
paquet et quelques effets, fut arrêté à la porte qui conduit en Piémont, ci-devant nommée porte Victoire,
et conduit au vestibule de la maison presque attenante
à ladite porte, appartenant au citoyen Dominique
Castellinard, où se trouva le citoyen Joseph Castellinard, fils dudit Dominique, et malgré que ledit Evêque Valperga déclara aux soldats de la Garde de la
dite porte qui étaient des Marseillais, que c'était en
conséquence d'ordre qui lui avait été signifié par le
citoyen général d'Anselme qu'il partait de cette ville,
lesdits soldats commencèrent par le malmener et lui
(19

�signifier qu'ils voulaient le pendre et ayant ouvert
ledit paquet et y ayant trouvé entre autres effets, une
ceinture d'évêque, ils déterminèrent, à l'instant, de le
pendre avec ladite ceinture, et ayant essayé si la même
était assez forte pour le soutenir, en la préparant, elle
se fit en lambeaux, de façon qu'ils vérifièrent qu'elle
ne pouvait leur servir et demandèrent audit Joseph
Castellinard fils une corde, pour pendre ledit évêque,
à un grand anneau de fer qui était au plafond dudit
vestibule, servant â y passer une verge de fer pour
peser les marchandises, et ledit citoyen Castellinard
fils, leur ayant absolument refusé de leur donner de la
corde, en s'excusant qu'il n'en avait point, comme
dans tous ces entrefaits ledit évêque se trouve mal et
ne peut plus se soutenir, ledit Castellinard fils lui fit
apporter une chaise, par sa servante à qui quelques
uns de ces soldats donnèrent des coups de poing pour
avoir porté ladite chaise et le même Castellinard le
fit ensuite asseoir sur ladite chaise, en le soutenant,
parce qu'il ne pouvait se soutenir droit ; d'autant plus
qu'en attendant, lesdits soldats marseillais lui disaient mille exécrations, lui crachaient dessus et lui
donnaient des soufflets, et assurément ils l'auraient
fini, si dans cet intervalle un de ses domestiques
n'avait été dire au citoyen général d'Anselme ce qui
venait d'arriver, et ledit domestique étant venu avec
un billet dudit général d'Anselme qui ordonnait à la
garde de le laisser partir, puisque c'était de son ordre,
en conséquence de ce billet lesdits soldats marseillais
se bornèrent pour lors à lui dire et crier mille invectives et injures et le laissèrent partir, ce que ledit
évêque, malgré qu'il ne pût se remuer, à l'aide de ses
domestiques fit au mieux possible en tremblant, de
façon qu'il doit son existence au refus ferme et déterminé que ledit citoyen Castellinard fils leur fit de
leur donner une corde, sans quoi avant l'arrivée du
dit domestique portant l'Ordre du général d'Anselme, il aurait été pendu et étranglé.
Secondoque lefaitci-dessusfut d'abord public et notoire, de notoriété publique dans cette ville et encore
plui le lendemain premier octobre, puisque les autres

»

�— 52 —

soldats de la Phalange Marseillaise, arrivés sur le soir
dudit jour trente septembre, d'abord après leur arrivée
cherchèrent l'évêque qu'ils voulaient le lanterner et
mettre en pièces, comme ils s'expliquèrent hautement,
ce qui joint au fait arrivé dans ledit vestibule de la
maison Castellinard, étant devenu d'une notoriété publique donna l'épouvante à tous les gens honnêtes du
pays, qui disaient que le citoyen général d'Anselme en
ordonnant audit évêque de partir, en mettant sous la
sauvegarde de la Nation française ses meubles et ses
effets, avait voulu le sauver.
Et comme il importe audit citoyen Passeron, exposant en sa dite qualité, de constater par témoins le
fait ci-dessus exposé, il nous présente ledit citoyen
Joseph Castellinard fils de Dominique de cette commune, âgé de 21 ans, de profession, négociant, qui se
trouva présent au fait énoncé dans le Ier article de l'exposé ci-dessus, et au surplus informé de la notoriété
des faits énoncés au second et dernier chef, de ladite
exposition et il nous présente les citoyens Jean-Jacques Donny, natif de Neufchâtel en Suisse, âgé de 39
ans, de profession, négociant ; Joseph Poullan, natif
de Clavesana, en Piémont, âge de 48 ans, négociant ;
Jacques Gerbin, âgé de 60 ans, tailleur, Jean-Marie
Thaon, âgé de 56 ans, négociant, natifs et tous domiciliés en cette commune pour déposer sur ladite
notoriété énoncée dans ledit second fait exposé, pour
recevoir leurs dépositions, et nous fait instance que de
tout lui soit concédé acte, ce que nous lui avons accordé et a signé.
Pierre-Joseph PASSERON .
Et de suite se sont présentés les susnommés citoyens Joseph Castellinard, Jean-Jacques Donny, Joseph Poullan, Jacques Gerbin, et Jean-Marie Thaon,
ci-dessus qualifiés, auxquels après avoir fait lecture
dudit exposé fait par ledit citoyen Passeron, en sa
dite quálité, les avons interpellés sur serment, que
leur avons fait prêter, conformément à la loi, de nous
dire en leur âme et conscience, si tous les faits énoncés dans le même exposé sont de leur connaissance,

�- 53 et ledit citoyen Joseph Castellinard a répondu et
attesté en être pleinement informé pour avoir été
présent au fait exposé dans le i" article de ladite exposition, et pour avoir publiquement entendu dire les
faits énoncés dans le second chef qui était en cette
ville notoire de notoriété publique et lesdits citoyens
Jean-Jacques Donny, Joseph Poullan, Jacques Gerbin,
Jean-Marie Thaon, ont répondu et attesté tant uniment que séparément être pleinement informés de
l'énoncé dans le second chef de ladite exposition,
puisque les faits y énoncés étaient notoires, de notoriété publique en cette ville, et tous lesdits citoyens
ont respectivement attesté pour ce qui les concerne
que tout contient la vérité, toute la vérité et rien que
la vérité. En foi de quoi ils ont signé : Joseph Castellinard fils,Jean-Jacques Donny, Joseph Poullan, Jacques
Gerbin, Jean-Marie Thaon.
Et nous, Juge de paix, vu les dépositions ci-dessus,
avons de tout concédé acte au susnommé Pierre Joseph Passeron en sa dite qualité pour lui servir et valoir dans tous les cas, à ce que de droit et de raison.
Fait à Nice l'an et jour que dessus.
GAUTIER,
BONIFACI,

juge de paix.
sec. gref.

Vu par nous, membres Du district de Nice, le 3
vendémiaire anIV rep. (25 sept. 1795).
Jn. COPPON fils, VÉRANi, pr. syndic, TOSELLI, Saytour
MARTIN.

Arch. Nat. F

7

4867 *

�54 -

PÉTITION au DISTRICT de NICE
et AVIS de ce DISTRICT
ÉGALITÉ,

LIBERTÉ

5 vendémiaire
27 septembre 1795 an IV
AUX

CITOYENS ADMINISTRATEURS
DU DISTRICT DE NICE

Le citoyen Pierre Joseph Passeron, natif de la
commune de Contes, habitant en celle de Nice depuis plusieurs années.
Vous expose en qualité de procureur du citoyen
Charles-Eugène Valperga de Maillone, évêque de
Nice, subrogé par le citoyen Nicolo Giorni, homme
de loi, son procureur spécial et général fondé par acte
reçu dans la ville de Turin par le notaire PierreJoseph de Bernochio, le 20 juillet dernier (v. s) légalisée par le résident de la République de Gênes, près
la Cour de Turin, duquel il résulte le pouvoir donné
audit citoyen Giorni de subroger en son lieu et place
avec tous les pouvoirs compris dans le même acte,
qui se trouve copié mot pour mot dans celui de la
subrogation faite par le même citoyen Giorni, reçu
en la ville de Gênes le Ier du mois d'août dernier
(v. s* par le notaire Antoine Baglietto, légalisée par
le consul de la République française, le 13 Thermidor dernier (3 1 Juillet 1795), qu'il vous exhibe qu'étant arrivé dans cette ville le vingt-neuvième jour
du mois de septembre de l'année 1792, l'armée de la
République française, commandée par le citoyen général en chef d'Anselme lorsque celui-ci y fut arrivé
le soir et eut pris son logement dans la maison d'habitation du citoyen ci-devant consul de la République
Le Seurre, ledit évêque Charles-Eugène Valperga de
Maillone, s'étant présenté, le même général d'Anselme
lui signifia d'abord en présence de son Etat-Major de
partir de cette ville, sur quoi ledit évêque lui répondit qu'il avait cru pouvoir continuer sa demeure dans
cette ville et qu'à cet effet il n'avait jamais pensé de

Pièces 7 et 8

�- 55 distraire, ni faire partir le moindre de ses meubles et
effets qu'il avait dans la maison d'habitation de
l'évêque, que si absolument il lui ordonnait de partir,
il le priait de lui accorder la sauvegarde pour tous ses
dits effets et meubles, ledit général d'Anselme lui
répliqua : Le plus tôt sera le mieux, ce qui tout est
constaté par les attestations ci-jointes du premier et
second jour de fructidor dernier qu'il vous présente
également.
Qu'il résulte aussi par lesdites attestations, que
ledit évêque Valperga de Maillone fut forcé par ledit
général d'Anselme de partir de cette ville que tous
ses meubles et effets fussent mis sous la sauvegarde de
la Nation française et qu'étant parti le lendemain 30
dit septembre, il risqu'à d'être pendu ef étranglé paties soldats de la Phalange Marseillaise qui se trouvaient de garde à la porte ci-devant dite Victoire, ce
que tout fut d'abord notoire et de notoriété publique
dans cette ville.
Vous observe que ledit évêque Valperga est natif
du Piémont où il se retira et que s'il a résidé dans
cette ville, ce n'a été que pour raison de son ministère, que tout cela nonobstant il a été porté sur la liste
des émigrés, a été vendu la plus grande partie de ses
meubles et effets, et cela même nonobstant la préalable réclamation que le citoyen Jean-Jacques Donni,
chargé des intérêts dudit évêque avait fait à l'ancien
département par sa pétition du 22 juillet 1793 (v. s)
qui existe dans les Archives de ce district, résultant
ainsi que tout cela a été fait et opéré contre le droit des
gens et la sauvegarde de la loyauté française qui fut
promis audit évêque.
En conséquence, l'exposant demande en sa dite
qualité de procureur dudit citoyen évêque CharlesEugène Valperga de Maillone la radiation de son
nom de la liste des émigrés, la levée des scellés, la
restitution de ses propriétés et l'indemnité de celles
qui ont été distraites et vendues au nom de la Nation,
et sera justice.
(21 août 1795).

�- 56 Nice le 4me jour de Fructidor de l'an 3me de la
République française une et indivisible.
Signé : Pierre-Joseph PASSERON.
Vu la pétition ci-dessus du citoyen Pierre-Joseph
Passeron présentée au nom et comme procureur subs
titué du ci-devant évêque de Nice, Charles-Eugène
Valperga tendante à obtenir la radiation de son nom
de la liste des émigrés, la levée du séquestre et remission de ses effets restant ainsi que l'indemnité de
ceux qui ont été distraits ou vendus.
Vu une première pétition présentée à l'ancienne
administration du département par le citoyen JeanJacques Donni, au nom du citoyen Valperga en date
du 22 juillet 1793 tendante aux mêmes fins.
Vu la procuration en date du premier août 1793
(V. s.) faite à Gênes, par devant le notaire public Antoine Baglietti, légalisée par le Consul de la République française y résidant, ainsi que l'acte de procuration y inséré, en date du 20 Juillet 1795.
Vu l'attestation de quatre témoins faite avec serment par devant le juge de paix de la 1", 2"", 3me section de cette commune, en date du 1" Fructidor dernier '18 août 1795).
Vu autre attestation de cinq témoins faite par
devant le susdit Juge de paix, le 2 dit fructidor, aussi
sous serment.
Considérant que par la première des 2 attestations il est pleinement prouvé que le vingt-neuvième
septembre 1792, aussitôt après l'entrée de l'armée
française dans cette commune, le sus-nommé évêque
Valperga s'étant présenté au général d'Anselme qui
la commandait en chef, celui- ci lui ordonna d'abord
en présence desdits témoins et de tout l'Etat-Major.
u'il n'avait qu'à partir de la ville, et malgré que le
it évêque lui observa qu'il avait cru de pouvoir y
rester tranquillement et qu'à cet effet il n'avait fait
partir aucun de ses effets et meubles, le général lui
répliqua de partir absolument de la ville, en ajoutant
que le plus tôt serait le mieux, l'ayant assuré qu'à

a

�-5;l'égard de ses meubles et effets de sa maison, il les
mettait dès ce moment sous la sauvegarde et loyauté
de la Nation française et qu'il pouvait en être tranquille.
Considérant qu'il résulte par lesdites attestations,
et il est prouvé que l'évêque Valperga, d'après les
ordres précis et réitérés du général d'Anselme, partit
le lendemain 30 septembre de cette ville.
Considérant que par la susdite attestation du deux
Fructidor il résulte que l'évêque Valperga, au moment de son départ de cette commune, ayant été arrêté à la porte qui conduit au Piémont, par les soldats
qui y étaient de garde, lesquels tentèrent de le pendre,
il évita la mort par les soins du citoyen Joseph Castellinard, un des déposants, et il ne fut laissé libre que
d'après un billet du général d'Anselme, qui ordonnait à ladite garde de le laisser partir, puisqu'il s'en
allait de son ordre
Considérant que tous ces faits sont devenus de notoriété publique dans cette commune, dès le même
jour 30 septembre et Ier octobre suivant, ainsi que
quatre témoins l'ont attesté.
Considérant que le citoyen Valperga ne s'est absenté de cette commune et ci-devant Comté de Nice
que d'après les ordres du général d'Anselme auquel il
témoigna son regret.
Considérant que le départ du citoyen Valperga
ayant été forcé il ne peut pas être qualifié d'émigration.
Considérant que son intention de rester dans cette
commune est d'autant plus constatée, que le citoyen
Valperga a été le seul fonctionnaire public, il soit
resté à son poste, n'ayant soustrait aucun des meubles
et effets de sa maison, lesquels ont été ensuite distraits
et vendus par la Nation.
Considérant que le citoyen Valperga ne peut être
non plus considéré comme réfractaire aux lois de la
République, tandis qu'à l'époque de son départ de cette
commune, aucune loi de la République, surtout à
l'égard des ecclésiastiques, n'y avait été encore publiée
à laquelle eut pu contrevenir.

�— 58 —
Considérant que le citoyen Valperga ne pouvant
être considéré ni comme émigré, ni comme réfractaire, ne pouvait être privé de ses propriétés laissées
dans cette commune lors de son départ, sous la sauvegarde de la loi et de la Nation française qui lui fut
accordée par le général d'Anselme, et qui étant digne
de la loyauté de cette Nation, ne pouvait être violée
sans blesser le droit des gens.
Considérant au surplus, que le citoyen Valperga,
originaire piémontais, ne faisait sa résidence à Nice,
qu'à raison de son épiscopat, ce qui ne donne qu'une
résidence easuelle, et que sous tous les rapports, il
n'a cessé d'être étranger à l'égard du pays de Nice et
de la France.
Considérant que l'article 6, section deux, N° 2 de
la Loi du 25 Brumaire (15 novembre 1794) en déclarant émigrés les citoyens domiciliés dans le cidevant comté de Nice, qui sont sortis depuis le 27
septembre 1792, n'a point porté atteinte au droit des
gens dans la personne de l'étranger, qui se trouvait
dans ce même pays, où il n'aurait pas établi son vrai
domicile.
Considérant que le citoyen Valperga, qui avait été
forcé par le gouvernement de partir de Nice, n'a dû
plus y revenir dans le terme même prescrit par les
lois aux citoyens de la ci-devant Comté de Nice,
puisqu'il ne devait point imaginer qu'il fut compris
dans l'invitation, malgré qu'il ait été porté sur la
liste des émigrés.
Considérant que ce nonobstant, lorsqu'il sut qu'il
avait été porté sur la liste des émigrés de cette commune, s'est empressé de présenter sadite pétition
du 22 Juillet 1793 dans laquelle il demanda non seulement la radiation de son nom de ladite liste, mais
encore un délai convenable pour rentrer dans cette
commune, soit comme simple citoyen, ou comme
fonctionnaire public, ainsi que la restitution de ses
propriétés par lui laissées sous la sauvegarde de la
loyauté française dans la maison êpiscopale lors de sa
retraite forcée, ou une juste indemnité de leur valeur.

�- 59 Considérant finalement que,d'après toutes les circonstances sus-ênoncèes, aucune loi concernant les
émigrés ne peut être applicable au citoyen Valperga,
et que toutes celles qui pourraient le regarder relatives au séquestre des biens appartenant aux habitants
des pays en guerre avec la République française ont
été rapportées par le décret du 14 Ventôse dernier
(4 mars 1795). •
Le Directoire du district de Nice, oui le procureur syndic, est d'avis que le citoyen Charles-Eugène
Valperga ci-devant évêque de Nice ne doit point être
considéré émigré.
Qu'il doit être rayé de la liste des émigrés, que le
séquestre apposé sur ses propriétés doit être levé, qu'il
doit être réintégré dans la possession et jouissance
d'iceux, que tous receveurs ou dépositaires doivent
lui restituer les sommes qu'ils ont perçues, résultant
du produit desdites propriétés et qu'il doit recevoir
la juste indemnité des meubles et effets qui seraient
passés au profit de la Nation.
Fait à Nice, dans la salle des séances le 5me Vendémiaire an 4me républicain (27 sept. 1795). Signé
Saytour Martin. Verani,
procureur syndic, Angles v. prés.
Touzelly. Jn Coppon fils.
Enregistré au feuil. 20 registre des prévenus
d'émigration et signé BARRAIA, commis greffier.
Certifié conforme par nous Ve président et secrétaire du district Jn COPPON Fils V,-PRÉSIDENT
BARRAIA Cis greffier.
A rch. Nat. F 7 4867

2

�— 6o —

Pièce 9.

LIBERTÉ (vignette) ÉGALITÉ
BUREAU DES
ÉMIGRÉS

Extrait des registres des délibérations et arrêtés de
l'Administration Centrale du département des Alpes Maritimes.
(2

juin 1797)

Séance du quatorze Prairial an 5mf de
la République française une et indivisible.
Sur le rapport d-e la pétition présentée par le
citoyen Pierre Joseph Passeron, procureur fondé de
Monsieur Charles Valperga, ci-devant évêque de
Nice, dans laquelle il expose que ledit Charles Valperga n'a jamais dû être atteint des lois relatives à
l'émigration, soit qu'on le considère comme parti en
suite d'une force majeure, soit en sa qualité de piémontais et demande en conséquence la radiation de
son nom de la liste des Emigrés, sa réintégration
dans la possession et jouissance de ses propriétés et
une juste indemnité, des meubles et effets qui sont
passés au profit de la République.
L'Administration Centrale du département des
Alpes-Maritimes, considérant que M. Charles Valperga, comme piémontais, n'habitant Nice que pour
cause de son emploi, n'aurait jamais dû être porté
sur la liste des émigrés du département.
Que le seul motif qui a pu déterminer le général
d'Anselme à lui ordonner de partir de la ville de
Nice, ne peut avoir été que la susdite qualité de
piémontais.
Considérant enfin, que comme sujet du roi de
Sardaigne, il est dans le cas de jouir de l'article i,r
de la loi du quatorze nivôse an troisième, (} janvier
1795), ainsi que de l'article neuf de la loi du trente
Floréal an quatrième, (19 mai 1796).
Arrête, oui le commissaire du Directoire Exécutif
que le nom de Valperga, ci-devant évêque de Nice,
qui se trouve inscrit sur la liste des émigrés, sera

�— 6i —

provisoirement rayé ; que tout séquestre qui pourrait
avoir été mis sur ses biens sera levé, qu'il sera réintégré dans la possession et jouissance de ses propriétés,
et que toutes les sommes versées dans les caisses publiques, lui seront rendues, déduction faite des frais
faits conformément aux lois.
Fait et arrêté* en séance publique le jour, mois et
an que dessus.
Signé : Donny, président Payani, fils, Scudéry,
Oberti, Hancy (et en marge Gastaud commissaire
du Directoire Exécutif).
Certifié conforme à l'original par nous président
et secrétaire de l'Administration centrale du départemeni des Alpes-Maritimes.
DONNY, président
BELMONDI, sec. chef au bureau des émigrés.
Arch. Nat. F 7 4867 2

ACTE DE CAUTIONNEMENT
Pièce 10.

11 fructidor anV (2&amp; août 1797)
LIBERTÉ ÉGALITÉ
Ce jourdTiui 11 fructidor an 5 de la République
française une et indivisible (28 août 1797) par devant nous, membres composant l'Administration
centrale du département des Alpes-Maritimes, est
comparu le citoyen Joseph Passeron, natif de Contes,
chef-lieu de canton, domicilié dans cette commune,
procureur fondé de Monsieur Charles Valperga, cidevant évêque de Nice, en vertu d'acte de procuration du 20 juillet et premier août 1795 (v. s.) lequel
en sadite qualité, dépendamment à l'arrêté de cette
administration du quatorze prairial an cinq (2 juin
1797) portant que le nom de Valperga, ci-devant
évêque de Nice, sera provisoirement rayé de la liste
des émigrés, que tout séquestre qui pourrait avoir
été mis sur ses biens sera levé, qu'il sera réintégré
dans la possession et jouissance de ses propriétés, et

�— 62 —

que toutes les sommes versées dans les caisses publiques lui seront rendues, déduction faite des frais
faits, conformément aux lois, désirant de se conformer au porté par l'article 3 de la loi du 5 Brumaire
an 3 (26 octobre 1794) qui exprime que les prévenus
d'émigration seront tenus de donner caution solvable de la valeur mobilier, et ne pourront obtenir
leurs immeubles jusqu'à ce qu'il ait été définitivement statué sur leurs réclamations par qui de droit,
toujours en sa dite qualité a présenté pour caution le
citoyen François Grosson, marchand drapier de cette
commune, lequel ici prése.it et acceptant, s'oblige
conjointement et solidairement avec ledit Valperga
et pour celui-ci ledit Joseph Passeron, et sous l'hypothèque de tous leurs frens présents et à venir, à l'entière exécution de ce qui les concerne en la susdite
loi, et à la représention des mobiliers, effets et sommes à percevoir en dépôt que besoin sera, et quant
aux mobiliers invendus et en dépôt seront soumis
d'en représenter la valeur à laquelle seront estimés
par experts, préalable rémission.
Et nous, administrateurs susdits approuvant lesdits
cautionnement et acte de soumission, à la réquisition
dudit citoyen Joseph Passeron, avons dressé le présent acte que toutes les parties ont signé avec nous,
ayant au préalable fait renoncer audit François Grosson au droit de premier convenir.
Fait à Nice les jours, mois et an que dessus.
Joseph

PASSERON,

François GROSSON,
prés., PAYANY FILS,
MARUN-SAYTOUR, sec. en chef

HANCY, DONNY,
P.

Acte original sur timbre de 20 centime*.
Arch. Nat. F

7 4867^

�— 63 -

CONCLUSION

Il était avéré pour tous, dans la ville de Nice, que Mgr
Valperga était parti contre son gré et si la première Administration départementale, installée au mois de Mai 1793,
l'avait inscrit sur la liste des émigrés de Nice, c'était à la
suite d'une réponse faite par le ministre de l'Intérieur, Garât,
aux questions à lui posées par le Directoire des Colons Marseillais sur la conduite à tenir vis-à-vis de l'évêque.
Les questions avaient été envoyées à Paris, vers la fin
de Février 1793, et la réponse du ministre ne parvint à Nice
qu'au milieu de juin suivant, soit quelques jours avant la
publication de la liste des émigrés. Les réclamations de
l'évêque, retiré à Turin dans sa famille, furent présentées
le 22 juillet 1793 (1) ; mais comme beaucoup d'autres, elles
s'entassèrent dans les bureaux du Département, qui n'y
répondit même pas.
Cette réclamation fut présentée au nom de l'évêque par JeanJacques Donny au Département. lîlle figure en original au dossier
Valperga.
Voir ci-dessus.
Le registre des délibérations du département manque aux Archives pour les derniers mois de 1793, exactement du Ier mai au 10
Novembre, comme pour les six derniers mois de 1797 et l'année entière de 1798, exactement du 8 Messidor an V (26 Juin 1797) au 25
Pluviôse an VII (13 février 1799).
C'est-à-dire pour les deux périodes les plus troublées et cette
disparition est tout au moins étrange.
Elle doit être vraisemblablement attribuée à certains hommes
politiques désireux de laisser dans l'oubli leur conduite durant ces
deux époques.

�- 64 On était dans la période la plus aiguë et, en pleine
Terreur.
Après le 9 Thermidor et, surtout après la venue à Nice
du représentant Beffroy, au mois de Floréal, an III (Mai
I795)»
les esprits devinrent plus calmes, les administrations plus pondérées. C'est alors que, sur de nouvelles demandes présentées au District, et sur avis favbrable de
celui-ci, le département des Alpes-Maritimes accorda à Mgr
Valperga sa radiation provisoire, le 14 Prairial, an V (2 Juin
1797). Comme on le voit, l'affaire avait traîné en longueur.
Il semblait alors que rien ne s'opposait plus à la rentrée
de l'évêque : le 11 Fructidor, an V (28 Août 1797), le Département avait agréé la caution de François Grosson (1) ;
les biens de l'évêque allaient lui être rendus, et il pourrait
rentrer.
Mais huit jours après, le coup d'Etat du 18 Fructidor (4
septembre 1797) remettait le pouvoir aux mains des Jacobins, la guerre aux émigrés et aux ecclésiastiques, en particulier, reprit avec âpreté. Pe département des Alpes-Maritimes se vit accusé d'avoir préparé une rentrée triomphale à l'évêque, son arrêté du 14 Prairial resta sans effet
et, en vertu de la loi du 19 Fructidor (5 septembre), les
scellés furent de nouveau apposés sur les biens de Mgr Valperga par deux commissaires municipaux (2).
En vain, l'évêque de Nice, fit intervenir auprès du Directoire Balbi, l'ambassadeur du Roi de Sardaigne à Paris,
le dossier de sa demande en radiation fut examiné sans
aucune bienveillance.
(1) L/Acte original de ce cautionnement sur timbre est aux
Arch. des Alp.-Maritimes Q. 10.
(2) Mise de scellés sur les biens de Charles Eugène Valperga par
deux commissaires de la municipalité de Nice. Une scéance, 6 livres.
Dépense approuvée par le Département, en Germinal an VI (avril
1798). Arch. des A. M. Q. 11.
Mgr Valperga ne possédait à Nice aucun immeuble et il devait
rester fort peu de chose de son mobilier après la vente qui en avait
été faite en Ventôse an III. La bibliothèque de l'évêché avait été déclarée bien national et la caisse diocésaine avait disparue en octobre 1792
sans laisser de traces dans les pièces administratives. Le séquestre
a été apposé sur les biens de nombreux émigrés rayés provisoirement.
On peut en voir la liste aux Archives des A. M. Q. 10, où Valperga
figure sous le N° 65.

�- 65
Á la suite de la lettre de Balby datée de Paris le 7 février
1798, le ministre de la police demanda à ses Bureaux un
rapport sur l'affaire Valperga. Pe voici tel qu'il se trouve
en minute au dossier.
Attendu que rien ne tend à constater le prétendu ordre
de quitter Nice, d'où il suit qu'il faut en croire sur parole
l'émigré.
Qu'à raison de son domicile, il était tenu de rentrer sur
le territoire dans les délais voulus par les lois.
Qu'il est atteint par la déchéance et n'a réclamé que
l'an V.
Qu'il ne paraît pas y avoir lieu de violer la loi en faveur
de cet ex-évêque dont la rentrée prohibée par la Constitution serait d'une influence dangereuse.
J'estime qu'il y a lieu à proposer la maintenue sauf
à prendre des renseignements si toutefois on les trouve
indispensables.
CAIGNART,
Sous-chef (2e Bureau).
En tête de cette minute est écrit :
« Je pense qu'il y a lieu à instruction et à prendre
des renseignements près les Administrateurs du département_des Alpes-Maritimes. »
Signature illisible (1).
Ces renseignements furent-ils demandés ? C'est probable et cela explique que bien des pièces du dossier Valperga sont en double expédition. Plus d'une année s'écoula
encore, avant que fut prise une décision et finalement sur
un rapport défavorable de la Commission d'examen instituée près le Ministère de la police pour l'étude des demandes en radiation, le Directoire exécutif signa le 7 Floréal
an VII, (26 avril 1799) un arrêté qui maintenait définitivement, sur la liste des émigrés, Mgr Valperga et annulait
toutes les décisions rendues antérieurement, en sa faveur,
par les. autorités locales.
(1) Arch. Nation. F 7 4862 2 dossier Valperga. Rapport de la
3 me Division du Ministère de la police, sans date mais joint à la
lettre de Balbi.
»

�- 66 -

Varrêté du Directoire parvint à Nice les premiers
jours de Prairial an VII (Mai 99) et fut immédiatement
mis à exécution. (1).
*

* *

Ainsi donc Mgr Valperga expulsé ne put jamais obtenir
de rentrer, les lois sur l'émigration étaient tellement embrouillées et tyranniques qu'une fois inscrit sur une liste
d'émigrés, il était extrêmement difficile de s'en faire rayer
malgré toutes les démarches ; car on se heurtait sans cesse
à des questions de forme et de procédure ce qui permettait
à la malveillance de s'exercer tout à fait à l'aise sous le
couvert de la légalité.
A. J.

PvANCE-BOURREY.

(1) De 21 Floréal an VII (10 mai 1799), il fut communiqué
par le ministre de la police générale de la République aux diverses
administrations intéressées et aux Commissaire du Directoire exécutif
près le département des Alpes-Maritimes. Celui-ci par lettre du 3
prairial (22 mai 1799) demanda au Département de le transmettre
à la Municipalité de Nice, ce qui fut fait le même jour avec ordre
de le transcrire sur ses registres, de faire apposer les scellés ou séquestre sur tous les biens meubles et immeubles de l'évêque si ce
n'est déjà fait, et de mi notifier sans délai la décision prise à son égard.
Voir lettre du Département à la Municipalité, celle du Commissaire au Département, 3 Prairial an VII avec la réponse du Département 4 Prairial.
Arch.. des A. M. Q. 1 et 2 et Arch. Nationales, dossier Valperga,

�NIÇA LA BELLA
VERS DE /.

Giordan,

su

DE CARTA POUSTALA

Ai rai dôu nouostre bouon soulèu
Venon s'escaufar toui lu lùssi ;
Es un meravihous tablèu,
Ai rai dôu nouostre bouon soulèu,
Trouvas, dou Var fin au Castèu,
Anglés, Rouman, Danesi, Rùssi :
Ai rai dôu nouostre bouon soulèu
Venon s'escaufar toui lu lùssi.
Pèr tu, as touti li bèuta,
Terra de lus e d'alegria,
D'un ciel d'azur, as la clartà,
Pèr tu, as touti li bèuta.
De l'univers, en verità,
Siès la uechièma meravia ;
Pèr tu, as touti li bèutà,
Terra de lus e d'alegria.
Dintre lou tèmp, Semiramis
Faguet basti, à Babilouna,
Pu siéu jardin, vèr paradis !
Soubre Paioun, degun s'estouna
De vèire, ancuèi, lou paumoulié
Drissar au ciel la siéu coulouna
E lou galofre, e l'anemouna
Flouri emb'au pourtegalié.
De bouon matin, quitant maioun
Pèr la journada touta'ntiera,
S'en va lavar, dintre Paioun
Pa bugadiera.
D'un glourious passat es fiera
Perqué, d'un tèmp, sus lou bastioun
Au Turc, arranquèt la bandiera
Pa bugadiera.

�fet 68 —

Sau de fouora fa freï,
Que brima,
A Niça, sus lou Quèi,
Si rima.
Pescadou, fourestié,
De la mar bressarella,
Escouton voulountié
Pa doussa cantinella.
L'AVOUCAT

PATTA

L'estudi de l'avoucat Patta es en plen aria ; si tèn lou matin
couma lou predinà su la plaça dôu Palai. Es un ome pichounet,
touplen raplot, li pocha enfli de papiè de touta mers. En lu vièi
quartiè es proun counouissut e li capelada, « Bouonjou Moussu
l'Avoucat », noun li mancon. Es ben m'ai juge, proucuradou, etc.
Lu siéu ounourari soun bouon pati e n'a de preferença pèr
qu si sigue. Parla au premier maufatan vengut, couma se fousse
un agnèu que vén de naisse ; lou créancier o lou débiteur soun
tratat su lou même pen... basta que mouson...
L'avoucat Patta es de noutarietà reputat pèr un ome judicious, òunest — au noun si flata de l'estre au jou d'ancuei ; —
finda counouisse, es en relacioun d'afaire emê de gros persou nage que dintre la finança dôu siéu coumerce, soun quasi d'usurari. Sau menajar la cabra e lou caulè ; e pèr que la mouneda
noun li escapa si desbrouïa e si mete dôu cousta dôu manche...
d'aquéu que casca lou de mai...
Acò fa que toui lu matin que lou Bouon Diéu a fach, la siéu
doumestica mete toujou quaucaren au fuec. Lou dimeneghe, coum'un bouon crestian, — tartufaria que lou pauva, — va audi la
gran'messa à Santa Réparada, fa la siesta e à la calada dóu soulèu,
passeja su lou Cours, pastrouia, fa lu cent pas, noun parla que de
lei, proucès, citacioun, ensin alestisse lou travail dôu dilun...
Lendeman empastra ben d'afaire, mete facilamen en lou sac
Moussu Tout'Un emé Moussu Tout'Autre... En éu que li pòu
faire ?... lança dapertout lou broumech, tant pis pèr aquéu que si
laissa agantar. Quaranta sóu es lou près d'atac e vous pregui de
crèire que douna pas la siéu journada pèr doui o tres escut.
L'avoucat Patta counouisse l'usança dôu païs... s'avès touort,
vous rouïa, s'avès pi rasoun, v'espia... Que voulès aima manjar
lou pei, lou pei que noun aiguë d'espina...
JULI EYNAUDI.

�-«9VA

MAU ! !

Va màu, cresé-vous, que va màu 1
En l'orizoun lou voile negre
N'es qu'un gran camp cargat de pebre,
Qu'à pala lou jeten davan,
Avuglan finda lu cavau 1
Lu canoun soun su li frountièra,
Alignât couma de barriera,
N'esperon plus que lou signàu !
Lou soulèu, aquel animàu !
Stan, noun vòu levà la vela,
Si foundon couma des candela
Enb'aquèu coust dôu diàu !
Le Giacouuda à cóu de d/stràu
Li fan petà li sièu moulura...
Ah ! dèu faire bella figura
Se l'an foutuda en quauqua tràu
Lou pan crèise, finda la sàu,
Lou sucre dintre li boutiga
Mounta ben mai que de boufiga !
Van jusque crèise lou rampàu
E la pèu que fau lou tambau ;
Metran de drech su li nourriça,
Su lu chichi, su li saucissa,
Perqué pas soubre lu magàu ?
E lou Prussian, marrit bertàu,
Noun sabon fa que de babïa,
Per lou Maroc e l'Algèria,
Se faran mètre lou mourràu !
Li serreren toui lou pourtàu
E pi veiren touta la França
Davan la sieù grossa arougança
Se noun si sau garda li clàu !
Es de rima d'un manechàu,
Ma sien d'estiéu, vesin, vesina,
Li passeres en la resina
Avant que vegon l'espitau !
CHARLES CIAUDO

�Valère Bernard
Tout en heurtant le marteau contre la porte de M. Valère
Bernard je songeais. Je me suis complu dans le plus souriant
mépris des idoles. L'ironie a tremblé sur mes lèvres quand
la Provence a dans un ravissement de joie acclamé le poète de
Maillanne. Cette mascarade d'apothéose me répugnait.
Et maintenant la curiosité me fourvoyait dans le studio
d'un consciencieux artiste que les felibres couvraient de gloire.
Elève de Puvis de Chavannes M. Valère Bernard pasticha le
Maître. Mais vite il eût l'intuition qu'à se perdre dans les sentiers
battus il courrait risque de compromettre son crédit. Il dit
adieu à Paris et vint dans Marseille, l'opulente cité.
A cette époque vivait un exquis écrivain, J. Lombard. Il venait de publier deux œuvres d'une grandiose beauté, VAgonie et
Bysance. Dans un style étrangement tourmenté il contait les
luttes entre les factions d'Orient, illuminant son œuvre des
splendeurs bysantines.
Valère Bernard vit Jean Lombard, et du même coup les belles
au bois qui dormaient en son âme s'éveillèrent. Il délaissa les
études académiques, les pastiches sans vie, et d'ardentes couleurs
chargèrent ses toiles.
Voici le triomphe des rois Babyloniens. Sur les voûtes d'un
palais impérial passent des gardes étincelants dans la pourpre et
la soie. L'or envahit les hautes colonnes de jaspe bleu. Involontairement on pense aux fantastiques demeures hantées par des
fées émeraudes et des princesses aux perversités troublantes.
Et je m'imagine que le peintre était sous le charme de la
légende quand il a peint cette courtisanne qui sourit à son miroir tout en jouant négligeamment avec sa chevelure d'or. Et
puis passent Venise la rouge, Marseille enveloppé dans la poussière d'or du crépuscule, des motifs à la Watteau peints par un
bysantin, toute une apothéose.
Mais une idée m'obsède, tandis que dans la grise clarté d'un
soir automnal s'éteignent les fauves éclairs jaillis de ces radieuses
toiles. L'idéalisation du passé me paraît cruelle. Les générations
endormies dans la Mort ont eu leurs misères/leurs rancœurs, je
pense qu'il est absurde de s'écrier avec Musset « qu'aux temps
jadis tout était heureux jusqu'aux douleurs humaines. » En vain
l'apostat s'attriste-t-il sur les vieillards immortels de l'antique

�- 7i

—

lonie, â ses oreilles résonnent les paroles de l'Hiérophante : « La
Helladi que tu aimes n'a jamais existé ».
Mais M. Valère Bernard brise ma rêverie, et mes yeux se
portent.sur des portraits appendus au mur. Profils d'espagnol ou
d'américain mitigés d'espagnol, comme on en croise maintes fois
sur la Cannebière.
Homme universel ne puis-je m'empêcher de m'êcrier. M.
Valère Bernard sourit. Il siérait dit-il, à mi voix, de se développer en profondeur. Toutefois il est beau de se dire sur le
tard de sa vie que l'on a fait vibrer toute son âme. Ici le maître
rejoint Néron. Il m'aide à comprendre cet inquiétant empereur.
Mais encore faut-il que tout en étant l'homme universel on ne
sombre pas dans la banalité. De méchantes œuvres d'art peuvent
avoir leur prix.
Une idée se lève devant moi. Labruyère me petsuade que
l'honnête homme de Pascal propre à tout en définitive n'est propre à rien. La spécialisation inintelligente, mène à l'erreur, j'en
conviens, mais en fait elle est une loi générale.
Et ceci est pour me plaire, car j'abhorre dissiper mon énergie,
j'aime le repliement, la frissonnante pudeur qu'effarouche les
vaines ostentations. Je goûte les peintres du passé et malgré ma
philosophie j'adore les peuples disparus. Volontiers j'implorerai
avec la Cassandre de Schiller la cécité, l'exquise cécité. Le sou
venir a plus de puissance sur moi que l'espoir.
Et sous des deux gris, en des pays étrangers désolants de
médiocrité, il m'est arrivé de pleurer plus amèrement que ne
pleura Xerxès aux rives d'Abydos.
J. PADOVANI.
PROUVERB1, BOUOI MOT, COUNSÈU E DICH
Vèuva que si marida,
Dèu perdre la lus e l'audida.
Fiha madura,
Lou pouorta à la centura.
En cuntant su lu det :
Aquéu a fa l'óu ;
Aquéu l'es anat cercar,
Aquéu l'a fa cuèire,
Aquéu l'a manjat,
E lou pichoun n'a ren tastat !

�— 73 —
LE

DÉSESPOIR

Oui, j'ai la mort dans l'âme ; oui, je monte au calvaire ;
Mon horizon, hier si beau, s'est obscurci ;
Je hais tous les devoirs et tout ce qu'on révère :
Mieux vaut mourir que vivre ainsi !
Puisque je n'y puis rien ; que la raison humaine
Ne gagne plus un cœur où mon cœur est entré,
Je veux briser mes jours comme on brise une chaîne
Et m'enfuir en désespéré.
Qu'est-ce donc que la mort ? C'est la paix éternelle,
C'est un beau drap de fleurs sur mon sein endormi,
C'est la nature calme, auguste et solennelle
Qui nous prête un repos ami.
O nature de Dieu contemple ma détresse !
Ecoute tout mon sang dans mon cœur s'épancher
Et, puisque je n'ai plus le lit de ma maîtresse,
C'est au tien que je veux coucher ;
C'est toi la grande mère et la nourrice immense !
L'homme au sort le plus âpre et l'homme au sort plus beau
Retrouvent dans ton sein leur part de ta clémence :
L'un l'amour, l'autre le tombeau
Tu sais, toi qui vois tout, ce qu'ici bas je souffre,
Que je n'ai point béni l'instant de mon réveil
Et que j'ai regardé, toujours, du fond du gouffre,
Les bords ou brillait le soleil ;
Que je n'ai bu jamais que dans la coupe amère,
Que le seuil du bonheur me fut toujours fermé,
Que j'ai perdu mes fils, que j'ai perdu ma mère
Et tous les cœurs qui m'ont aimé !
Maintenant je m'en vais, battant du front, comme ivre,
En proie à ce grand deuil qui me courbe en vainqueur,
Et je veux déchirer ma vie, avec le livre
Des chastes sanglots de mon cœur ;
Et toi, rayon divin, génie, ardent délire,
Flambeau qui n'iras plus briller sur son autel,
Eternise du moins ces larmes de ma lyre
Et que mon cri soit immortel !
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QUATRE-TÈMS

Noumbre d'or...
13
Mars
Epato (Grégori)
Il
Jun
Cicle soulari
17 Setèmbre
Endicioun roum
10 Desembre
Letra doumenicala
G F
LI QUATRE

8,
7,
20,
20,

10
9
22
22

e
e
e
e

11
10
23
23

SESOUN

Lou printèms coumença lou 21 mars
L'estiéu
—
— 22 Jun
L'autoum
—
— 24 sept,
L'iver
—
— 22 dés.

à 6.55 m.
à 2.36 m.
à 5.18 m.
à 11.53 m.

dôu sera
dôu sera
dôu matin
dôu sera

FESTA MOUBILI

Septuagesima... 12 Fébrié
Cendre
21 Febrié
Pasca
7 Abrieu
Rougacioun 21, 22, 23, 24 Mai
Ascensioun
16 Mai

Pantecousta
Trinità
Festa de Diéu
1" Dimenegue de
Ie* Desémbre

26 Mai
11 Jun
15 Jun
l'Avènt

LU ESCLISS!

Souliu.

—

ij Abriéu. — Esclissi annulari e coumplet visible

à Paris, en America, en Europa et dintre lou N.-O. de l'Africa.
Coumençamen de l'esclissi à 10,01 dôu matin ; finisse à 1,08
dôu sera.
10 Otitoubre. — Esclissi coumplet invisible à Paris, visible
dintre l'America dôu Sud.
Luna. — 1" Abrièu. — Esclissi parciella visibla à Paris. Entrada de la luna dintre l'oumbra, 9.26 dôu sera; sourtida, 11.03
dôu sera.
26 Setèmbre. — Esclissi parciella, invisibla à Paris, visibla
dintre l'Océan Pacifique.

Jîla providence, %ue de la Préfecture /4, $run, Siàraire

�LU

VÉNT

Lu vènt que souflon à Niça, dintre lou cours de l'armada,
soun au nombre de 16. Vequi li siéu denouminacioun courènti,
pihadi, en general, dai loucalità dei quali parèisson vèni :
Sud
Miejon
Nord... Tramountana
S.-S.-O. Miejou Lebech
N.-O.-E. Grek Tramountana
S.-O
Lebech
N.-E... Grego
O.-S.-O Pounèut Lebech
E. N .E. Levant
Ouest. Pounènt
E.-N.-E. Levant
O.-N-O.V Pounènt Maistràu
E.-S.-E. Levant
N -O . Mastràu
S.-E.... Siroco, vènt marin
N..-N. OMaïstràu Tramount
S.-S.-E.. Miejou Siroc

6
15
25
14
31
24

VIGÍLIA — JEUNI
Abriè
(Pasca, 7 Abrièu).
Mai
(Ascensioun, 16 Mai).
Mai
(Pantecousta, 26 Mai).
Avoust
(Assoumpcioun, 15 Avoust).
Outoubre (Toui lu Sant, Ier Nouvembre).
Desembre (Calena, 25 Desembre).
L'AN NADA RELIGIOUSA

LI FESTA MOUBILI E LI FESTA FISSI
Janvt'è
jYlars
1 Circouncisioun.
1 e 2 Quatre Tèms.
6 Epifania (lu Rei).
3 Reminiscere.
13 Bateja de J.-C.
10
Oculi.
14 Sant Noum de Jesu.
17 Lœtare.
fébrié
24 Passioun.
2 Puriflcacioun.
29 Li 7 Doulou.
4 Setuagesima.
31 Lu Rampàu.
6 Festa de la Pr. de N. S.
11 Sexagesima.
Jîbriéu
13 Coum. de la Passioun.
5 Divendre Sant.
18 Quinquagesima.
7 Pasca.
21 Cendre.
14 Quasimodo.
25 Quadragesima.
28 Patrou. de San Joúsè.
28 Quatre-Tèms.

�Setembre
3 Inv. de la Santa Crous.
13, 14, 15, Rougacioun.
16 Ascensioun.
26 Pantecousta.
29-31 Quatre-Tèms.
1
2
6
9
21
24
29

Quatre-Tèms.
Trinità.
Festa de Diéu.
Festa dôu S. Sacramen.
Sacrat-Couor de'jesu.
Natività de S. jouan-Bat.
SS. Peire e Paul.

8 Natività de la Vierge.
14 Esaltacioun de la Crous.
15 N.-D. dei 7 Doulou.
15 San Noum de Maria.
18, 20, 21, Quatre-Tèms.
29 Dédie, de S. Miquèu.

Ôutoubre
6
13
20
27

Sant Rousari.
Maternità de la Sta Vierge.
Puretà de la Santa Vierge.
Patrounage de la S. Vierge.

J/ouvembre

Juliet
2 Visitacioun de la S. V.
7 Precious Sang.
16 N.-D. dôu Carme.

Jîvoust
6 Transfiguracioun.
15
18
25
25
29

Assoumpcioun.
S. Joachim.
S. Couor de la Vierge.
S. Louis.
Decolac. de S. Jouan-Bat.

1
2
3
21

Toui lu Sant.
Lu Mouort.
Santi Relíquia.
Present, de la Sta Vierge.

2&gt;esembre
1 Avent.
8 Imaculata Councepcioun.
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25 Calena.

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DÉCIMALISATION

DU

TEMPS ET DES

ANGLES

LA MONTRE DÉCIMALE
Par J. de REY-PAILHADE, président du Comité
pour la propagation des méthodes Décimales.
Le Club Nautique de Nice a offert plusieur fois en prix des
montres décimales aux régates'de 1909. Il était utile de décrire cet instrument, d'y joindre des tables pratiques et des
formules à l'usage des ingénieurs, des sportsmen, des médecins, etc. etc.
DÉCIMALISATION DES ANGLES •
Il est aujourd'hui démontré que la division décimale du
quart de cercle facilite tous les calculs.
Les nouvelles cartes géographiques sont graduées exclusivement dans ce système, devenu officiel en France et dans
d'autres pays. On possède toutes les tables pratiques nécessaires à son essai courant. Nous ne nous étendrons pas
davantage sur cette méthode aujourd'hui enseignée dans les
lycées et collèges.
Nous rappellerons seulement que M. l'amiral Germinet,
membre d'honneur du C. N. N., sous la direction duquel on
fit en 1899 et 1900 des essais de navigation avec un matériel
entièrement décimal, a émis un avis très favorable à la
réforme décimale.
DÉCIMALISATION DU TEMPS
La division décimale du jour décrétée le 4 frimaire an II
rendra aussi de grands services à la science et aux sports.
Principe. — On divise le jour entier en 100 parties égales
appelées cés ; le cé est subdivisé en décisés, ceniicès et millicés
Le cé vaut 14m 24s ou 1T4 d'heure environ ; le décicé est égal
lm 26s 4 ou lm Ij2 environ ; le millicé vaut 0S 864 ou 9T10 de
seconde environ.
Concordance des Temps. — On parvient assez vite à dire
instantanément l'heure à 1 ou 2 minutes près en regardant le
cadran d'une montre décimale. Il suffit d'apprendre par cœur
les concordances décimales de toutes les heures.
0,0
0
50,0

4,2
1
54,2

8,3
2
58,3

12,5
3
62,5

16,7
4
66,7

20,8
5
70,8

25,0
6
75,0

�25,0
6
75,0

29,2
7
79,2

33,3
8
83,3

37,5
9
87,5

41,7
10
91,7

45,8
11
95,8

50,0
12
100,0

Les heures sont au milieu, les concordances des heures
du matin en haut, celles du soir en bas. Ainsi 10 heures du
matin valent 41.7 cés (énoncer 41 cés 7 décicés) et 10 heures
du soir valent 91,7 cés.
Gomme 1 cé vaut presque lj4 d'heure et un décicé une mi •
nute 1]2 ; en partant des concordances du tableau, on dit
l'heure instantanément, ainsi 39,9 cés valent 9 h. 36 m. du
matin. Un ou deux jours suffisent pour atteindre ce résultat.

Description de la montre décimale ou cémètre. — Il y a 3
aiguilles centrales se mouvant sur un cercle divisé en 109
parties égales, numérotées de 0 à 9. Le 0 cé est en bas, c'est
l'origine des temps, car on suppose la Terre au centre du
Cadran.
L'aiguille dorée avec un soleil ne fait qu'un tour par jour ;
l'aiguille épaisse en acier bleu tourne 10 fois par jour, et la
trotteuse fine fait 1000 tours par jour.
L'aiguille-soleil montre la position de l'astre du jour par
rapport au méridien de Paris, qui va du centre au chiffre 5.

�10 —
Les quatre traits bleus indiquent les positions de cette aiguille
à minuit en bas sur 0 ; — à tì h. du matin au milieu entre 2
et 3 ; — à midi, en haut, sur le 5 ; — à 6 h. du soir, entre 7
et 8.
L'aiguille dorée du soleil indique le chiffre des dizaines
de cés, 2 sur le dessin ; l'aiguille épaisse donne d'abord le
chiffre des cés, 6 sur le dessin, et en comptant rapidement à
l'œil le rang de la division entre 6 et 7, on voit, que cette aiguille marque 3 décicés. Le temps du dessin est donc 26,3
cés correspondant à 6 h 20 m. du matin environ. L'aiguille
trotteuse donne les millicés 83. Le temps est donc 26,383
cés.
» Pour la vie courante, on n'a pas besoin d'aller au delà du
clécicé. On lit les milticés pour les applications scientifiques
et sportives.
Le temps en millicés lu sur le cêmèire facilite tous les calculs, car on n'a jamais de réductions à faire.
Examinons le problème des vitesses a l'heure : Les millicés multipliés par 0,00024 donne des heures et fraction décimale d'heure. Ainsi Ì2345 millicés valent 12,345 -f- 24 =
2 h. 9628.
Par conséquent si L est la longueur parcourue et M le
temps en millicés, la vitesse est

ou t

+ 4166,66...

Ces quelques exemples démontrent que la montre décimale simplifie tous les calculs sans exception.
Les rapports de MM. les délégués officiels aux essais de
la montre décimale faits à Nice, par le Club Nautique, le 26
février 1911, concluent unanimement à la supériorité de cet
instrument pour les usages scientifiques et sportifs.
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La Foncière - 0'° Lyonnaise Réunie

LA PRESERVATRICE
Compagnie d'Assurances
contre les Accidents

Assurances Maritimes, Terrestres
et Valeurs

ASSURANCES GENERALES DE TRIESTE ET VENISE
Branches Transports
LE LLOYD

NEERLANDAIS
Assurances contre le Vol

LLOYD'S
AGENCY
EXPERTISES MARITIMES, COMMISSARIAT D'AVARIES
Agences à Monaco, Cannes et Grasse

�— ta —

PREMIÏ)

JANVIE
P.
P.
D.
N.

Q,
L.
Q.
L.

lu 8, à 7
lu 14, à H
lu 22, à 7
lu 30, à 10

SOULÈU.

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oura
oura
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FE BRIE
20
26
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m.
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L. 8 14' — C. 4 42'

dil. Jou de V An

P. Q.
P. L.
D. Q.
SOULÈU,

1
2
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Lu Rei
6
Dim. S. Lucien
7
dil. S. Apoulinari
8
dim. S. Pèire
9
dim. S. Guiermo
10
dij S. Teodose
11
div. S. Arcada
12
dis. Sta Verònica
13
Dim. S. Ilari
14
dil. S. Maurici
15
dim. S. Ounourat
16
dim. S. Antoni
17
dij. Sta Angela
18
div. S. Sulpici
19
dis. S. Bastian
20
Dim. Sta Agnesa
21
dil. S. Vincènt
22
dim. S. Raymound
23
dim. Sta Jacinta
24
dij. Conv. de S. Pàu
25
div. S. Poulicarpa
26
dis. Sta Devota
27
Dim. Sta Paula
28
dil. S. Francès S.
29
dim.
dim.
dij.
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S.
Sta
S.
S.

TRIMESÏRÍ;

Macari
Genevieva
Tita
Simeoun

dim. Sta Marfina
dim. S. Peire N.
En Janvié
Lou païsan n'a ren

lu 6, à 4 oura 28 s.
lu 13, à 11 oura 38 m.
lu 21, à 4 oura 44 ui.
- L. 7 49' - C. 5 30'

dij. S. Ignaci
div. La Candeliera
dis. S. Blasi
Dim. Setuagesima
dil. SS. Vinc.Oronte
dim Sta Agata
dim. Sta Dorotea
dij. S. Romuald
div. S. Jouan-Matha
dis. Sta Apoulounia
Dim. Sexagesima
dil. Sta Eulàlia
dim. S. Gregori
dim. Sta Eufrasia
dij. S. Onesime
div S. Dounat
dis. S. Simeoun
Dim. Quinquagesima
dil. S. Gabin
dim. Dimars-Gras
dim. Li Cendre
dij. S. Silvan
div. S. Maxime
dis. S. Pascase
Dim. Quadragesima
dil. S. Nestor
dim. S. Leandri
dim. Sta Nourina
dij. S. Nymphas

Plueia de febrié
A la terra vau fumiè.

ZDéSTU-S-bez

NICE

MARS
N. L.
P. Q.
P. L.
D. Q.
N. L.
SOULÈU

1
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lu 8,
lu 15,
lu 23,
lu 30,
— L.

div.
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dij.
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dis.

Dim.

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7

1 oura 31 m.
0 oura 02 m.
0 oura 59 m.
1 oura 26 m.
1 oura 38 s.
01' — C. 6 13

S. Eudoxia
S. Simplici
Reminisceri
Sta Cunegonda
S. Casimir
Sta Coleta
S. Jouan de D.
Qaatre-tèms
Sta Margarida C.
Ocali
S. Euloge
S. Gregori
Sta Eufrasia
Sta Matilda
S. Acepsima
Sta Gertruda
Lœtari
S. Apien
S. Jôusé
S. Joachin
S. Lea
S. Turibe
S. Armentari
La Passioun
Anounciada
S. Emanuèu
S. Jouan d'Egt,
S. Gountran
S. Eustase
S. Jouan C.
Lu Rampàu

Lou mes de mars
Es amar.

tous le -vrai

BLANQUI &amp; FRACCHIA
— Usine au Pont-Magnan —

NICE

�- 13 S$&lt;30TJNL&gt;

ABRIÉU
P.
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1 dil.
2 dim.
3 dim.
4 dij.
5 div.
6 dis.
7 Dim.
8 dil.
9 dim.
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11 dij.
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23 dim.
24 dim.
25 dij.
26 div.
27 dis.
28 Dim.
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30 dim.

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13, à
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21, à 7
28, à 11

—

oura
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L. 6 06'

—

55 in.
37 s.
31! s.
25 s.
C. 6 52'

S. Ugo
S. Franç. de P.
S. Richard
Dijàu Sant
Divèndre Sant
Dissata Sant
Pasca
S. Albert, ev.
S. Azada.
s. Isidoro
s. Leoun
s. Juli
s. Justin
Ouasimoi/ii
Sta Anastasia
S. Frutuous
S. Rodolfe
S. Maxime
S. Anselme
S. Teodoro
S. Adalbert
S. Fidèle
s. Jorgi
s. Marco
s. Clet
s. Antime
s. Aimé

s. Roubert
Sta Catarina d. S
SS. Philip. ,Jacq.

Pichouna plneia d'Abriéa
Bouona récolta pèr l'csliéu

Q.

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P. L.
D . Q.
N. L.
SOULÈU.

TRIMÍÎSTRÈ;

MAI

JUN

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lu 5,
2 oura
lu 13, a 7 oura
lu 21, à 10 oura
lu 28, à 7 oura
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5 14'

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23
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m.
m.
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C. 7 29'

1 dim. SS. Félip. Jaq.
2 dij. S. Atanase
3 div. In.d.l. Sta Crous
4 dis. SS. Sindonis
5 Dim. S. Pio, papa
6 dil. S. Jouan D.
7&lt; dim. S. Peire
8 dim. s. Gregori N.
9 dij. s. Antounin
10 div. s. Isidoro
11 dis. s. Bounifaci
12 Dim. s. Jouan lou S.
13 dil. s. Pouon, m.
14 dim. s. Pacomo
15 dim. s. Sta Denisa
16 dij. Ascensioun
17 div. S. Pascaù
18 dis. S. Teodoto
19 Dim. s. Pèire C.
20 dil. s. Felis.
21 dim. s. Bernardini
22 dim. s. Julia
23 dij Rogaeioun
24 div. s. Vincen, d. L.
25 dis. S. Urbin
26 Dim. Pandecousta
27 dil. S. German
28 dim. S. Cirile
29 dim. Sta Petronïa
30 dij. S. Sylve
31 div. S. Justin
Au mes de mai
Longui semana

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P.
D.
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Q.
L.
Q.
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lu 3,
lu 11,
lu 19,
lu 26,

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2
3
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5
6

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dim.
dim.
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9 Dim.
10 dil.
11 dim.
12 dim.
13 dij.
14 div.
15 dis.
16 Dim.
17 dil.
18 dim.
19 dim.
20 dij.
21 div.
22 dis.
23 Dim.
24 dil.
25 dim.
26 dim.
27 dij.
28 div.
29 dis.
30 Dim.

—

à 11 oura 4 s.
à 10 oura SI s.
à 9 oura 51 s.
a
2 oura 20 s.
L. * 34'

C. 8 1!"

S. Potin
Trinità.
S. Quirin
S. Francès C.
S. Lié
Festa de Dieu
S. Lié
Quatre-tèms
S. Optat
Sta Margarida
S. Barnabe
S. Antoui de P.
S. Basilio
S. J.-F. Régis
S. Moudeste
S. Lambert
Sta Olga
S. Gervai
Sta Juliena F.
S. Louis de G.
S. Paulin
Sta Maria d'O.
S. Jouan-B.
S. Prousper
S. Alban
S. Cresen
s. Iréné.
s. Pèire
s. Pàu
s. Tibàu

En Jun
De tres abit l'un

Dégustez tous le vrai

NICE

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BLANQUI &amp; FRACCHIA
— Usine au Pont-Magnan

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NICE

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TROISIÍ)MK

AVOUST

JULIE T
P.
P.
D.
N.

lu 3, a 10 mira 20 m.
lu 11, à 1 cura 53 s.
Il 19, a o oura 31 m.
lu 25, a 9 oura 12 s.
SDULÈU. - - L. 4 35' — C. 8 22'

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Dim.
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dim.
dim.
dij.
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Dim.
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dim.
dim.

S. Thierry
Vierg.de li Gracia
S. Anatole
S. Pèire de L.
S. Sisoès
S. Elie
Sta Babeta
S. Efrein
Sta Felicita
S. Pio
S. Jouan G.
S. Gene
S. Jaque
Festa Naciounala
S. Enri
N.D.d.M. Carmel
Sta Marcelina
S. Frederic
S. Vincen de P.
Sta Margarida
S. Vi loiSta Maria-Mad.
S. Apoulinari
Sta Cristina
S. Jaque
Sta Anna
S. Pantaleoun
S. Samsoun
Sta Marta
Sta Giulieta
S. Gnaci de L.

Au mes de Juliet
Ni frema ni coulé.

TBIMËSTRÎ;

I1. Q. lu 2, a 0 oura 29 m.
P. L. lu 10, a 3 oura 58 m.
D. Q. l»i 17, a 1 oura 1.1 s.
N. L. lu 21, a 5 oura 14 m.
IV Q. lu 31, &amp; 5 oura 21 s.
souLÈu, —1.5 or -j&gt;. 8 or

dij.
div.
0 dis.
4 Dim.
5 dil.
6 dim.
7 dim
8' dij.
9 div.
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dim.
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S. Pèire-aï LS. Alfonso
Inv. de S. Estève
S. Domenica
N. D. dei Nèu
Trausf. de J. C.
S. Gaétan
Sta Batilda
S. Camila d. L.
S. Là u ren
S. Septima
Sta Clara
Sta Filoumèna
S. Ousèbi
Asoumpcionn
S. Roc
S. Mamès
Sta Elena
S. Ipoulita
S. Bernar
Sta Chantai
S. Pio V
S. Filipe B.
S. Bartoumiéu
s. Louis, r. F.
s. Seg'oundo
s. Cesari
s. Goustin
s. Mederic
Sta Rosa
S. Fiacre

F.n . ivoast
Figa e moust

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SBTÈMBRE
P. !.. lu 8, a' 4 oura 57
D. Q. lu 15, a 6 oura î&gt;l
N. L. Ju 22, a 3 oura 37
P. Q. lu 30. a 0 oura 08
SOULÈU. - - 1. 5 47V— c.

1
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S. Gili
S. Estève R.
Sta Eufemia
Sta Rosalia
S. Làuren J.
S. Pambon
S. Grat
Natiu, di' la V.
S. Oumer
S. Xicola
S. Félis
S. Veran
S. A nié
Es. (1. l.S. CtQUS
S. Nicomède
S. Conrneilla
S. Lanbert
S. Tournas V.
S. Janvié
S. Euslache
S. Matiéu
S. Maurici
Sta Tecla
S. Girar
S Firmen
S. Nil
S. iN'icandre
S. \\ inceslas
g. Miquèu
S. Jeromo

Lima setembrina
De mai clarina

MOT »

GRANDE MARQUE RECOMMANDÉE

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oura 46 m,
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6 06*

TRIMESTRE

NOUVÈMBRE
P. L. lu
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D. Q. lu 43,
N. !.. lu 20,
Q.
lu 29,

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SOULÈU. - -

1.

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4 oura 48
8 oura 20
9 oura 49
2 oura 42
14'

—

c.

5 03'

1 dim. Rosari
1 div. Tout lu Sant
2 dim. S. ■ Léger
2 dis. Eu Mouorl
3 dij. S. Rosari
S. Ubert
4 div. s. Francès d'A. 43 Dim.
dil. S. Carlo B.
5 dis. s. Placido
5 dim. Sta Bertila
6 Dim. s. Bruno
6 dim S. Leounar
7 dil. s. Serge
dij. S. Nestou
/
8 dim. Sta Reparada
8 div. Lu Quatre Incou.
9 dim. S. Denis
9 dis. S. Teodore
10 dij. s. Francès B. 10
Dim. S. Jacintou
11 div. s. Tarasco
11 dil. S. Martin
12 dis. s. Counrad
12 dim. S. René
13 Dim. s. Edouard
13 dim. s. Stanislas
14 dil. s. Calisio
14 dij. S. Pantena
15 dim. Sta Teresa
15 div. Sta Gertruda
16 dim. S. Ospici
16 dis. S. Edme
dij.
17
Sta Edvija
17 Dim. S. Gregori
18 div. S. Luc
18 dil. S. Alfè
19 dis. S. Pèi re
19 dim. Sta Babeta
20 Dim. S. Agrico)
20 dim. S. Edmon
21 dil. Sta Ursula
21 dij. Présent, de la V.
22 dim. S. Filip
22 div. Sta Cecilia
23 dim. S. Teodoret
23 dis. S. Clemen
24 dij. s. Mairloire
25 div. ss. Crespin-Cr. 24 Dim. Sta Flora
26 dis. s. Jouan de K. 25 dil Sta Catarina
26 dim. Sta Pel fina
27 Dim. s. Frumence
27 dim. S. Maxime
28 dil. s. Alfredo
28 dij. S. Sostène
29 dim. s. Narcisse
29 div. s. Saturnin
30 dim. s. Marcel
30 dis. s. Andrièu
31 dij. s. Siri
En ùuloubre
\loii ponorc goûta loti rùare

Tonssan ientra
St A n'driéu lou souorte

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DESÈMBRE

s.
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P. L .
D. Q.
N. L.
P. Q.

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lu 12,
lu 20,
lu 28,

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2
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4
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dim.
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9 dil.
10 dim.
11 dim.
12 dij.
13 div.
14 dis.
15 Dim.
16 dil.
17 dim.
18 dim.
19 dij.
20 div.
21 dis.
22' Dim.
23 dil.
24 dim.
25 dim.
26 dij.
27 div.
28 dis.
29 Dim.
30 dil.
31 dim.

1.

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m.
6 oura 46 s.
4 our;i 40 s.
7 OUI;L 48 s.

7 54' — c.

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Sta Bibiana
S. Francès X.
Sta Barba
S. Bassi
S. Nicola
S. Anbrosi
Imac. Conception
Sta Leoucadia
Sta Eulàlia
S. Damase
Sta Rosélina
Sta Lucia
S, Niçoise
S.
S.
Sta
S.
S.
S.
S.

Mesuiin
Adon
Olimpíada
Gatien
Ciprian
Filogone
Tournas

S. Onourat
Sta Vitòria
Cacha-fuec
Calèna
S. Estève
S. Jouan
SS. Inoucent
Sta Eleonora
S. Sabîn
S. Sàuvestre

Calena aufuec,
Pasca àu j'aèc.

sin -

GRANDE MARQUE RECOMMANDÉE

4 35

�- i6-

�- 17

-I

CROUNICA NIÇARDA
L'ABADÏA DE SAN POUON.— L'ABAT RANCE-BOURREY.
GLOFFREDO.

—

—

PÈIRE

A PREPAU DOU DIALETE NIÇART.

Ben qne pareissènt tardié, VArmanac Niçart s'empressa de
pourtà la siéu febla vous su tout cen que enteressa lou païs, sigue
au pounch de vista istoria loucala, pouesia, tradicioun, sigue
tamben su la taquinanta questioun dóu dialete niçart souvenri
fès pauvada e su la quala lu escritour mouderne soun luen d'estre
d'acordi.
Parlerai finda de M. l'Abat Rance-Bourrey, un beneditin qne
despi quauque an en ça mete à prouflt la siéu erudiciou n a nen
revelà de fach d'istoria inedieh. Se quauqu'un mérita d'estre
laudat es ben éu ; es en éu que VArmanac Niçart tressa la
pamoula de sapiença. En esprimant la nouostra recounouissença,
à l'Abat Rance-Bourrey, fen cen que touplen an denembrat,
vouoli dire de courounà lu siéu travail, frucha de ben de recerca,
dai quali obra sian fier d'avé prestat la prima ajuda. Pouden cità :
lou Discours sur le Monastère de Sainte-Claire de Nice, par Honoré
Pastorelli, publié d'après l'édition originale de Turin 1608, avec
une introduction et des notes ; — "Le Général J.-B.-M. D'Anselme" (Notices biographiques (1740-1792). E aquest'an
l'istorien nen douna — toujou de prima man — YExpulsion de
Mgr Valperga, evesque de Niça, au tèms de la Revoulucioun,
travail anoutat de peça curiouvi que sian urous de pouder metre
souta lu uès dei nouostre letour.
*
* *
Lou fach de l'annada, lou mai marcant, es estat aquéu de
l'Abadïa de San Pouon. Parlon de tout destruge pèr li basti an
siéu luec un espitau Pasteur... UArmanac Niçart es pas Penemic
dóu prougrès, ni men encara dei Bei-Art, ma si fa lou pious dever
de jougne lu siéu esfouors en aquelu dei siéu councitadin quo
l'istoria dóu passat passiouna, pèr que l'Abadïa de San Pouon
sigue counservada e classada couma mounumen istorique. En la
circonstança feliciti M. l'Abat Rance-Bourrey que mé rasoun s'e.s
demoustrat l'ardènt defensour autourisat que counouissen. La
siéu paràula es estada escoutada e lou Préfet de li Alpa-Maritima,
8

'

�— i8 M. de Joly — respetuous dei nouostri tradicioun — en ortie
avertit a proumès que l'Abadïa de San Pouon seria respetada e de
lèu si crusià pèr lou siéu classamen tra lu mounumen istorique.
Dóu resta vequi ce que l'Abat Rance Bourrey nen di su San
JPouon. Counsignen religiousamen li siéu paràula :
« L'Abbaye de Saint-Pons est le plus ancien monument relitgieux existant dans le Comté de Nice. Il y a dou^e cents ans que
sSiagrius y fonda un monastère. L'histoire de ce monastère est
jintimement liée à l'histoire religieuse, civile et économique de la
iville de Nice.
;
« Ce fut à Saint-Pons qu'en 1388 fut'signé l'acte réunissant
le Comté de Nice au Comté de Savoie. Les abbés de Saint Pons
ifurent pris dans les principales familles du Comté : les Badat, les
tLaugery, les Provana, les Lascaris, les Grimaldi, les Martelli, les
;Tournefort, etc. Plusieurs évêques de Nice furent abbés de Saint[Pons, en particulier Barthélémy Chuet (fin du xve siècle) et Jean
, Uriole, son successeur. Un autre abbé, Claude de Seyselle, fut
,évêque de Marseille, puis archevêque de Turin ; d'autres furent
cardinaux, tels Innocent Cibo, neveu d'Innocent VIII et de
f
;Léon X, et Paul Medeci de Cesis dont on voit encore l'inscription
(funéraire à Sainte-Marie-Majeure, à Rome.
:
« A la fin du xvir siècle, l'abbé de Saint-Pons était Pierre
•Gioffredo, le savant historien niçois. Enfin, un abbé de SaintiPons dont les Niçois n'ont pas encore perdu le souvenir, était
(l'abbé Spitalieri de Cessole qui a doté sa ville natale d'un établissement de bienfaisance si justement apprécié. La plupart des
pbbès de Saint-Pons et plusieurs évêques de Nice ont été enterrés
dans l'église ou sous le cloître et dorment aujourd'hui confondus
avec les moines leurs frères qui depuis dix siècles y sont enterrés.
« Les monuments funéraires ont disparu. Le temps a tout
(nivelé à Saint-Pons, singulièrement aidé cependant par la main
ides hommes. On connaît les dévastations commises par
Iroupes de François Ier et de Barberousse, plus tard par celles d
Catinat et par d'autres encore. Après chaque désastre, SaintPons a retrouvé une nouvelle vitalité et il y a à peine trois quarts
de siècle que Mgr Galvano y a fait d'importantes réparations.
;
« Saint-Pons n'est pas seulement une page de l'histoire de
notre pays, c'est un gros volume de cette histoire ; les Niçois
laisseront-ils dire qu'ils sont restés indifférents devant le danger
qui menace Saint-Pons ? Non, ils feront tous leurs efforts pour

�— 19 -

sauver de la destruction un monument qui doit leur être cher...
Je demande d'urgence le classement de l'Abbaye de Saint-Pons,
c'est-à-dire de l'Eglise et des bâtiments claustraux, comme monument historique. »
Lou councours de YArmanac Niçart es aquist. Emé fiertà e
au près de touplen de sacrifici faren respetà l'istoria dóu passat,
la lenga e lu escrich dei orne qu'an ilustrat lou nouostre bèu
pais.
*
* *
Despi quauque tèms, — maladia que reven per intermitença,
— la gran questioun de la grafia niçarda, de l'ourtougrafa, es
messa su lou tapis. De letra soun estadi publicadi, d'autri lou seran, e cresi qu'après ben de charra pèr dire pas gran cauva de
nóu, quasi dirii pèr predicà dintre lou Desert, noun restera
d'aquela discussioun, — Favén déjà coustatat, — pas gran cauva,
ren!... Cadun escrèu à la siéu moda seloun l'esprit dóu moumen,
e serii ben curious de counouisse aquéu que vendria nen dità
une metoda en nen dïen : « la mièu maniera d'escrièure lou
Niçart es la bouona». Discussioun scientifica que pòu passiounà
quauque lenguista, pas mai ; lou mihou es d'escrèure seloun li
letra ditadi pèr la prounouncia. Lou talènt pèr aquéu qu'escrèu
es de si laissà liège, de si faire acapi. Es qu'en en un entan que
frecuenta l'escola primària poudès li demandà autra cauva ?...
Perta de tèms que tout acò, vourria mai s'engenià à recercà lu
viei mot, espressioun, loucucioun courenti que la pous dóu tèms
a rabaïat, dounà au nouostre bèu dialete la coulou que dèu avè,
en respetant lu emprunt que pouden avè fach sigue à l'Italian, à
l'Espagnòu o à tout autre...
Un dialète noun dèu pas estre une lenga scientifica, encara
m en noun còu avè la pretencioun que sigue ouficiela, seria temerari ; lou dialete d'un païs dèu refletà lou caratere d'un'epoca que
lou tèms dèu respetà, enfin escrèure gramaticalamen, un noun
empedisse l'autre, e laissà à l'esprit, au goust lou coumplemen
d'un stile ouriginal, en de frasa councisi que flaton i'auriha.
Aquí fermi la discussioun, risqui de perdre la civada... l'an
que ven, se Diéu mi presta vida, v'en dirai d'autri e couma
d'usança que mi sigue permès de la vous souvetà : Bouona e
uroûva !
L'ARMANAC

NIÇART.

�20 —

LA CIGALA DOU BOUON DIEU
Una cigala dóu Bouon Dieu
Tout l'estiéu
E l'iver en la chambreta, —
L'aiguesias vista la lebreta ! —
Noun vivïa que d'amour
S'assetava su l'ounour;
La cigala cantarela,
Vau chanja de clientela,
Noun es courta d'amatour,
Que li viron tout au tour !
Ma l'ancien de la cigala,
De gros mot ven que s'embala ;
En l'auriha de la maire
Li ven tout aquéu bousin,
Que deja toui lu vesin
Sabon lou long de l'afaire
— Cenqu'as fach m'au tiéu tip ?
Di la maire enrabiada...
Bella Vierge encourounada !
Sera au mancou m'un bouon rie!!...
CH. CIAUDO

PROUVERBI, BOUOI MOT, COUNSÉU E DICH
Tèms d'iver noun ti fidar.
Lu màu dei enfan si garisson soulet.
Cau naisse pèr estre bèu, si maridar pèr estre rie, e mouri
pèr estre brave.
Per aver de raïn, eau caressar la souca.
Agnèu naissut
Vau un escut.
Dansa mihou ventre plen que rauba nova.
L'oumbra dou mèstre engraissa lou cavau.

�LOU MAGOT DE BERTOUMIÉU ISSUGA
O BEN

UNA RAISSADA DE MACAROUN
Conte menloanasqae trouvât dintre d'un armori
de ma nana e que /'Armanac Niçart es tirons de
transcrièure en niçart à Ventencioun dei sièu
fidèle lotour et lelrissa.

Bertoumiéu Issuga, mentounasque de viéia roca, abitava en
coumpagnia de sa mouhié, en carriera dóu Paumoulié. La siéu
frema, malurousamen, era sirnplaria e faia lou siéu desespoir.
Cada matin Bertoumiéu, avant de s'en anà au travail, li recoumandava de noun faire de bestialità. Cou vous dire que toui lu
dissata lou nouostre ome metia en un'armari pertuat dintre la
muraia lou gagne de la semana.
— Bertoumiéu ! pèr qu seria tout aquel argen, demandava
Marioun au siéu marit.
— Es pèr Madjou-long, castagnassa !
*
* *
Un jou Bertoumiéu partet pèr anar à la siéu campagna ;
devia même li restar doui ó très jou pèr souïnar e arousar lu
citrouniè. Marioun souleta matin e sera, s'assetava su lou banquet de la pouorta e faïa de bas... Un predinà veguet un ome
de statura mai que mejana, couma si di, un gran carcan. La
frema de Bertoumiéu lou fissa sensa parpelear, pi pihada d'un'
idea, li diguet :
— Moun bèu Moussu, sias bessai vous Madjou-long ?
Lou merlo pita e noun s'en laissa dire autre, léu li
respouonde :
— Noun vous troumpas pas, bella bruneta, sièu ièu Madjoulong !... Ma perqué mi faire tala demanda ?
Perqué ?... dou moumen que sias Madjou-long, intras su lou
cóu. Li a ja pas mau de tèms que moun marit a mes d'argen
amagat pèr vous...
E sensa mai de ceremounia li remeté lou mandiou dintre lou
quai lu sóu eron groupât. L'ome remercia e la s'esbigna lèu.
♦

* *

�Lou sera, Bertoumiéu arriva, la sièu mouhié li di.
— Sabes, ai vist ancuei Madjou-long !
E l'ome de cridar :
— Malurousa ! — m'en a fach encara una 1
Courre à l'armari, lou mandiou e Pargen, mouis !... Issuga
blastema pica dai pen, es décidât de si desiaire de la siéu frema
Lendeman, dóu téms qu'aissesta durmïa, li cuerbe lu uès emé de
pega de sabatié, pi la pihant pèr la man, la mena dapé dóu CapMartin. Arrivât aqui, Bertoumiéu fa mountar Marioun su d'un
nouguié el'abandouna. La paura, bòrnia, noun sabia doun si
trouvava, ni men encara ce que poudia faire.
En aquéu fra-tèms doui voulur venon s'assetar souta
l'aubre ; après aver abrat quauqui branca sequi pèr s'escaufar, pi
si meton à cuentar lou siéu argen.
La calou faguet delegar la pega que curbia Puès destre de
Marioun e aissesta de cridar :
— E d'un !
Lu voulur, d'estuc, s'isson d'emblée.
— Qu'es acó, diguet l'un.
— Un matagan, faguet l'autre.
La calou seguia á faire lou siéu efet pau à pau durbia Puei
senec.
— E de douî, diguet Marioun.
Dóu cou lu voulur escapon, laissant Pargen espantegat soubre
Perba.
Marioun coumença à li veire clar, cala da l'aubre e ramassa
Pargen, pi lèu s'en camina vers maïoun...
Lou sièu marit, pensierons, era assetat dapè dóu fuec, s'escaufant, fumant la sièu pipeta emé beatituda...
— Bertoumiéu !... o Bertoumiéu !... duerbe-mi, siéu iéu,
Marioun...
— Vai au diàu que ti pihe... ièu que cresii de m'en estre
despegouït...
Ma Marioun, toujou picava, un cóu noun asperava l'autre...
L'ome fenisse per li durbi...
— Ten ! regarda cen que ti pouorti.. . e Marioun pauva lou
sac su lou toulié. ..
Bertoumiéu, entartugat, cuenta Pargen e réfléchisse ; — Marioun es simplaria e deman la vila saupra Pistoria de la fouré . ..
Cóu que Bertoumiéu si dispegouïsse pèr empedi li marridi lenga
de bavar...

�— 23 —
Si mete la vesta, lou capèu e souorte fermant la pouorta i..
Faïa nuech dintre la carriera, ma sensa pena s'encamina
vers una boutiga e croumpa pèr mai de dès kilo de macaroun...
Ientra au sièu e di à la sièu mouhié de si metre au liech.
En tant que Marioun durmïa, Bertoumiéu fa bui lu macaroun, pi lu espantega su lu aubre dóu jardin... Lendeman de
matin la siéu frema, desveiada, si mete à la fenestra...
— O ! Bertoumiéu ! Bertoumiéu ! Vene un póu veire!... O
trest ! vè, a plougut de macaroun !...
— O vai fantauma !... n'as toujou una. .. Ten ! ten !... ma
es ver !...
*
* *

A quauque tèms en ça, Bertoumiéu l'avia previst, Marioun
countet à toui que lou siéu ome noun li picava plus, despi lou
jou qu'ela li avia pourtat de sac plen d'escut...
Lou juge aiguent audit parlar de l'afaire, mandet sounar
Bertoumiéu devant lou tribunal ; la siéu mouhié era estada
citada couma testemoni.
Lou juge. — Bertoumiéu, sias acusat d'aver gardât d'argen
que noun era vouostre.
— Iéu !... Ma moussu lou juge, lou negui ; sièu couma
sabès un travaiadou.. .
E Marioun de dire.
— Noun negar, Bertoumiéu, sabés ben qu'es ver ; es iéu en
persouna que t'ai pourtat la mouneda, qu'avii trouvât en la
fouré.. .
Lou juge. — Anas brave ome, noun negués.. .
— E quoura lou m'as pourtat ?... — Vous juri, Moussu lou
juge, que la miéu frema es fouola !...
— E lou sabes ben, Bertoumiéu, es lou jou que plouguet tant
de macaroun !
— Moussu lou juge aves jamai vist ploure de macaroun ?...
— Jamai ! moun beL amic respoundet lou juge que si tenia
lou ventre dóu rire — Amie, vèu que la vouostra frema es
fouola. .. sias aquitat !...
Bertoumiéu si retira emé Marioun... Noun aigueron plus
de disputa e vieugueron, pareisse urous e pèr longtèms !...
J. E.

�CANSOUN ANCIENNA

PÈR LOU

N'aurias pas vist la miêu fiha
Trin-trin
Lou galerin
A'aurias pas vist la miêu Jiha
Trois-wtrois
Le fils du roi
L'ai vista e l'ai baïada
Trin-trin
Lou Galerin
L'ai vista e l'ai baïda
Trois-trois
Le fils du roi.
Douna-mi la miêu fiha
Trin-trin
Lou galerin
Douna-mi la miêu fiha
Trois-trois
Le fils du roi.
Es aqnela la vouostra fiha
Trin-trin
Lou galerin
Es aqaela la vouostra fiha
Trois-trois
Le fils du roi.
La miêu fiha era pas lernia
Trin-trin
Lou galerin
La miêu fiha era pas lernia
Trois-trois
Le fils du roi
La miêu fiha era pas lua
Trin-trin
Lou galerin
La miêu fiha era pas lua
Trois trois
Le fils du roi.
N'es ni guercia ni poutinouva
Trin-trin
Lou galerin
N es ni guercia ni poutinouva
Trois-trois
Le fils du rois.

MAI

�La miéu fiha n'es pas borni a
Trin-trin
Lou galerin
La miêu fiha n'es pas bornia
Trois-trois
Le fils du roi.
Noun faïa pas belugueta
Trin-trin
Lou galerin;
Nonn faïa pas belugueta
Trois-trois
Le fils du roi.
La miêu fiha n'es pas emberrida
Trin-trin
Lou galerin
La miêu fiha n'es pas emberrida
Trois-trois
Le fils du roi.
La m iéu fiha n'es pas pigada
Trin-trin
Lou galerin
La miêu fiha n'es pas pigada
Trois- trois
Le fils du roi.
La miéu fiha noun es pas ranga
Trin-trin
Lou galerin
La miéu fiha noun es pas ranga
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha noun es pas louorla
Trin-trin
Lou galerin
La miéu fiha noun es pas touorta
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha n'es pas crouoada
Trin-trin
Lou galerin
La miéu fiha n'es pas croavada
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha n'es pas gibouva
Trin-trin
Lou galerin
La miéu fia n'es pas gibouva

�— 26 —
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha noun es foularana
Trin-trin
Lou galerin
La miéu fiha noun es foularana
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha n'es pas ingourda
Trin-trin
Lou galerin
La miéu fiha n'es pas ingourda
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha a pas lou peu de pi g nu
Trin trin
Lou galerin
La miéu fiha a pas lou peu de pig nu
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha noun es narvelouua
Trin- trin
Lou qalerin
La miéu ûha noun es narveloiwa
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha noun a la rougna
Trin-trin
Lou galerin
La miéu fiha noun a la rougna
Trois trois
Le fils du roi.
XXX.

PROUVERB1, BOUOI MOT, COUNSÈU E DICH
Qu duerme ben noun cregne li niera.
Qu vè pissar e noun pissa, crêpa de malícia.-'
Qu douna soun ben avan de mouri
Mérita de pati.
L'amour es lou paradis dei fouol.
L'amour es .la flou de la jouinessa.

�LA MOUORT DAU PAURE TOUNIN

Lou paure Tounin, malàut a setant'an, si presenta à l'espitàu
ma li respouondon que li a plus de plaça.
— Coumplet ! ! !
Quauqu'un li fa capi qu'em'un pau de proutecioun li pourria
intrar. Countrariat dei pas que cóu faire, Tounin vira lu taloun e
s'encamina vers la plaça Massena, piha lou tram, si rende da
Graugnard, à l'espitàu dei can, e li di :
— Moussu lou Veterinari, cresi d'estre un pau mai qu'un
can ?... En aquéu cas souîna-mi...
— Vous souînar aici, ma brav'ome perdés la testa. — Basta,
li di que n'a pas de liech pèrcourcar un crestian, que noun douna
de souin qu'ai bestia !...
Tounin, couma pensas, s'en souorte m'au couor gros e noun
sau plus à que sant si recoumandar. Era aqui au mitan dóu
camin, quoura en aquéu moumen arriba un landau, doun cala
una grossa dama, encapelada, aurias dich un ver foungi, segada
d'un varlet que pourtava religiousamen un can enfeloupat emé de
favour rosa au couol, tapat d'un tapis em'ai iniciala. En veèn
aquéu tablèu lou paure Tounin si lamenta, sangluta fouort.
— Qu'avès lou miéu brav'ome, li di la dama.
— Cen qu'ai Madama ?... trovi que lou vouostre can a mai
de chança que iéu. Li a cinquant-cinq an que travaii, pèr la premiera fès que siéu malàut, noun soulamen mi refuson à l'espitàu
dei estre uman, ma encara mi vèu picar la pouorta au nas èn
aquéu dai can.
— Quevoulès, lou miéu paur'ome, ai fach un vout de mimetre
à la Soucietà Proutetriça dei Animau, de pourtar touti li miéu
ecounoumia à la Caissa de secours pèr soulajar lou sort dei bestia.
Lou fau talamen ben, que vouguessi ben vous dounar un sóu
que pourii pas.
La dama li vira l'esquina e ientra couma un coupa-cisèu da
Graugnard. Tounin roumougna :
— Se ti veguessi en un cantoun ti dounerii mancou un gotou
d'aïga !... vièia sansuga !...
Tounin estrassinat, deble s'alonga un pau plus en là, su d'un
mouloun de peira. Quauqui oura après, couma soufrisia, n'ai-

�guènt ren en l'estomegue depi l'auba, coumençava d'aver lou
rangouioun, quoura passet un canipiè que li diguet :
— Que fès aquí, brav'ome ?
— Couma veès siéu aqui pèr tirar lu patoun. M'an refusat â
l'espitàu, même en aquéu dai can, noun mi resta que de mouri
su d'un mouioun de peira. — Avès un carnet su lou quai enregistras lu fach dóu jou, farias ben de li aloungar lou miéu testamen que poudès mentuar couma acô :
— « Bouon Diéu, se mi fes passar encara une fes sur la terra,
fe-mi naisse can au mancou, li aura une Soucietà Proutetriça dei
Animau que si crusira de iéu e pourrai estre amès en un espitau,
estre souïnat, faire bouona vida, menar une vida de can... »
ANT. ROLAND.

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VIGNE
A M. VALÉRE BERNARD.

Dans le ciel doux la Vigne ètreint les pals de buis.
Sous le pampre le merle alourdi des falernes
Tourne son col gris vair et ses paupières lemes
Qu'argenté la blancheur des immuables nuits.
O / fraîcheur, 6 beauté des Igs et des iris,
Que la Vierge éblouie avec les marjolaines
Cueille le soir venu aux vasques des fontaines
Pour colorer en fête, au crépuscule, l'Euis.
Narcisses, ébeniers, œillet et sensitive
Ah ! Versez en mon âme attiédie et pensive
L'orgueil qui souleva les clairs olympiens.
L'amour qui rafraîchit les Madones pieuses
Et qui vêt de clarté les snls athéniens
Et les ravissements des époques heureuses.
JEAN

PADOVANI.

Quauque souvèt :
Vous souveti la bouona annada.
Que siegue mihau que la passada.
Vous souveti la bouona annada acoumpagnada de touplcn
d'autri.

�Eglises et Chapelles de Nice
La vieille ville de Nice se trouvant sur la rive gauche du
Paillon, pour parler de ses églises, nous commencerons par son
église cathédrale, Sainte-Réparate, vierge et martyre, de celles du
canton Est, et en traversant la rive droite nous nous occuperons des paroisses du canton Ouest.
I. — L'Eglise Cathédrale du Diocèse de Nice est la paroisse
de Sainte Réparate, vierge et martyre, sous l'empereur Decius en
253. Sa fête est le 8 octobre. Cette église est au centre de la vieille
ville (8.500 âmes), Avant 1531 la Cathédrale était près du Donjon, plateau de Nice, et dénommée : Sancta Maria in platea,
dédiée à N. D. de l'Assomption. L'édifice actuel, dans son genre,
ressemble beaucoup à Saint Pierre de Rome, au Vatican. C'était
auparavant une simple église paroissiale
desservie par
les Bénédictins du Monastère de Saint-Pons, près Nice.
Dans son ressort se trouvent l'ancienne église de Saint
Jaume (Saint Jacques apôtre), jadis des P.P. Carmes, fermée
depuis 1903. Après le transfert du titre de paroisse à l'église de
Saint Juste, évèquc, au Gesu, elle fut placée sous la vocable de l'Annonciation de la Sainte Vierge, ainsi que la belle Eglise de la
Miséricorde, sur le Cours Saleya, jadis de Saint Gaétan, fondée
e
par les P.P. Theatins au XVIII siècle et cédée à la noble
confrérie des Pénitents Noirs.
La Cathédrale de Nice, paroisse Sainte-Réparate de nos jours,
fut comme l'ancienne au Donjon du Château {Sancta Maria in
platea), le théâtre de plusieurs f lits historiques mémorables dans
les annales de l'histoire de Nice.
II. — L'Eglise de Saint Jacques, an Gesû, dès son érection
en 1612, dédiée à Saint Juste, évêque. Sa fête est le 2 septembre.
En 1665 fut érigée en paroisse sous le titre de Saint Jacques le
Majeur, remplaçant la paroisse de Saint Jaume. On l'appelle
vulgairement le Gesù à cause qu'elle a été fondée et administrée
par les P.P. de la Compagnie de Jésus.
Appartiennent à cette paroisse les deux chapelles des confréries des Pénitents Blancs, la Sainte Croix, — confrérie la

�óo —
plus ancienne de Nice, — et des Pénitents Rouges, Saint Suaire
et de la Sainte Trinité ; l'Eglise du Couvent de là Visitation,
la chapelle de l'ancien séminaire, à la montée du Château, et
jadis l'Hospice franciscain avec chapelle de Saint Joseph des
P.P. Recollets de Cimiez, convertie en maison particulière.
L'Eglise du Gesù est d'ordre corinthien composite, cons truite sur le modèle de l'Eglise des Jésuites de Turin, dite
vulgairement les Saints Martyrs. ( 10.000 âmes).
A l'extrémité de la rue du Malonat, aux racines de l'ancien
château, on voit un oratoire à la Sainte Vierge Marie, sous le
titre de N. D. du Bon Secours. Les habitants de ce quartier érigèrent cet oratoire en l'honneur de la sainte Vierge, en reconnaissance du choléra en 1854.
III. — L'Eglise paroissiale de Saint Martin Evéque dite de
Saint-Augustin est la plus ancienne, elle fut bâtie sur l'emplacement de l'ancienne chapelle de Saint Martin (1205) et appelée
Saint-Augustin parce qu'elle était desservie par les Augustiniens
dont le couvent a été transformé en caserne. (Caserne Filley, près
l'ancienne chapelle Sincaire).
IV. — L'Eglise de Saint-Francois-de-Paule a été édifiée en
1736 d'après le plan de l'architecte
Guarini. En 1838
elle fut érigée en paroisse par décret de Mgr Galvano et appelée
aussi Saint-Dominique en souvenir de l'ancienne église paroissiale
de ce nom qui s'élevait sur la place Saint-Dominique aux lieux et
place de l'actuel Palais de Justice.
V*— L'Eglise du Port ou de l'Immaculée Conception. D'humble
origine. D'abord ce fut une fort modeste chapelle (1835), transformée agrandie par Mgr Galvano, et l'avocat théologue L. Mari
fut son premier curé..
VI. — L'Eglise Saint-Joseph nouvelle paroisse depuis 1911 la
première pierre fut posée le 19 mars 1911, bénie le 29 octobre et
ouverte au public le Ier novembre 1911 sous le patronage de Mgr
Chapon et dirigée par les soins de M. l'abbé Gabrielli.
A cette paroisse appartiennent la chapelle succursale de Saint
Joseph contigüe à l'Evêché, et la chapelle de Notre-Dame des
Anges sur l'ancienne route de Villefranche.
VIL — Saint-Roch. Cette église paroissiale dans la banlieue
de Nice fut érigée après la peste de r68r. Nice fut délivrée de ce
fléau par l'intercession de saint Roch, confesseur, né et mort à

�- Si Montpellier. La paroisse est divisée en deux quartiers, Roquebillière
inférieure et Roquebillière supérieure, jusqu'à la chapelle de NotreDame de Bon Voyage.
VIII. — Rive droite du Paillon, intra muros, se dresse Notre Dame du Vau, paroisse Saint-Jean-Baptiste, qui remplace l'an
cienne église du même nom devenue chapelle inférieure du Lycée.
Cette belle église, vœu delà ville de Nice en 1835, mt érigée en
1842 et terminée en 1852 par Mgr Galvano, évêque de Nice.
La façade ressemble à celle élevée à Turin en l'honneur du retour
du roi dans les états Sardes en 1814.
IX. — Saiiit-Pierre-d' Aréna remplace une chapelle située à la
Croix de Marbre. Elle fut érigée en paroisse en 1803 par Mgr
Colonna d'Istria. Elle doit son nom à ce fait, c'est que lors de sa
fondation elle se trouvait sur le rivage de la mer séparée par une
bordure de sable fin.
X. — Une ancienne chapelle de Sainte-Hélêne-l'Inspiratrice
existait dans ces parages. Elle fut remplacée en face la mer par
une église sous l'épiscopat de Mgr Recrosio (1727).
Six paroisses « extra muros » dépendent de la commune de
Nice.
Sainte-Marie Magdeleine, sise dans le vallon de Magnan, édifiée sur l'emplacement d'une chapelle de même nom, érigée en
1626 et dite vulgairement chapelle « dei cassaire » à cause du
grand nombre de chasseurs. Après le concordat de 1803 sous
l'épiscopat de Mgr Colonna d'Istria, ce quartier qui depuis 1771
dépendait pour le spirituel de la cathédrale fut érigé en paroisse.
Il existe encore aujourd'hui une chapelle de Notre-Dame du Bon
Conseil changée en demeure particulière . Bientôt le besoin de
la population augmentant, une église sera bâtie à la cité Robiony
par les soins du curé actuel de la Madeleine.
Plus à l'est de la ville, toujours dans le canton ouest ce
l'Arquet, se dresse la paroisse de l'Ariane dédiée primitivement à
saint Arnoux, évêque et à saint Pierre, apôtre. Elle fut érigée en
paroisse en 1809 sous l'épiscopat de Mgr Colonna d Istria. Dans
son ressort se trouve l'ancienne chapelle nécropole de l'Abbadie
fondée en 1635 en l'honneur de sainte Claire pour le besoin spirituel de 450 à 500 habitants qui appartiennent aux communes
de Nice, Cantaron Saint-André. Localité d'avenii et à laquelle
le chemin de fer Nice-Coni donnera une valeur stratégique.

�— 32 —
Gairaut avait au moyen-âge une chapelle de secours desservie
par les religieux chevaliers de l'ordre du temple au début, et par
la suite de Rhodes et de Malte. Sous l'épiscopat de Mgr François
Rosini de Martinengo la chapelle fut érigée en église paroissiale
sous le vocable de saint Sauveur o*u de la transfiguration du
Rédempteur.
Dès 1730 les P. Dominicains de Nice fondent à Saint Pancrace un sanatorium pour religieux martyrs avec chapelle en
l'honneur de Saint Pancrace martyr. Cette chapelle est érigée en
paroisse en 1848 par Mgr Galvano.
Sur le couchant de Saint-Pancrace on trouve la paroisse de
saint Roman . martyr ; l'ancienne chapelle fut érigée en paroisse
ainsi que celle de saint-Antoine de Ginestière en 1803 sous Mgr
Colonna d'Istria.
VALENT IN.

NOU VÉ
Tu Çatarina fai lou pan.
Mdumen de jota, d'alegressa,
Fes audi da toui lu couor :
Lu ange canton l'alegressa,
Fuges l'infer, Juges la mouorl.
Chntou !
L'aarika sabla, li a quaucaren aici vesin,
Sembla que senti li joia d'un festin ;
Audi lu tambourin de laen,
Lu Jlajoulet e li musela,
Lu pastre van à Bethelen
Laisson la cabana soaleta ;
Santo nuech, venes aléa nen ralegrà,
Pourtas à toui la pax et la tranquilità !
Tu Catarina fai lou pan,
Manda Lucrecia au safran,
Despende aléa lou lauvaniè,
Chapla la blea su lou taatié ;
Crala de froumai e roumpe d'iiu
E fai la iourta couma fou,
Ché n'aiguen toui en aboundança (bis)
Santa nuech, venes alèu nen ralegrà,
Pourtas à toui la pa.x e la tranquilità .'
En tant faguen etnb'au vesin
t ua santépér lou Bambin,
Toucan lou gotou de bouon vin,
Ernb'aa vesin pér lou Bambin
Ti-ri-tin-tin ! -tinTi-ri tin !

�— 3Î —

L'Expulsion de Mgr Valperga
fEN SEPTEMBRE

1792)

Le 12 octobre 1780 h population de Nice se pressait aux
abords de la porte Pairoliëre pour y recevoir en grandes pompes
le nouvel évêque Charles-Eugène Valperga di Maglione. Ce
prélat avait couché la veille selon l'usage antique à l'abbaye de
Saint-Pons et devait faire ce jour là son entrée solennelle dans
sa ville épiscopale.
Le cérémonial imposant avec lequel on avait reçu jusqu'alors
les évêques fut encore cette fois observé. L'accueil de la population entière fut des plus chaleureux au rapport de Pierre Scaliero
qui en fut témoin (1). Le nouvel évêque, qui remplaçait Monseigneur Astésan nommé archevêque d'Oristano en Sardaigne,
appartenait à une famille de vieille noblesse dont plusieurs membres avaient exercé, à Nice, des fonctions importantes (2). Il
(1) Voir aux Archives municipales le récit détaillé que ce chroniqueur en a laissé dans ses Mémoires. Pierre Scaliero mourut en 1805.
(2) Jacques Valperga, conseiller ducal, fut lieutenant du gouverneur de Nice en 1454 ; Thoma5 Valperga fut gouverneur du château de Nice en 1565 ; Jean Valperga fut également gouverneur de
Nice en 1596 ; Jérôme Valperga fut commandeur du château de
Nice en 1600 ; Pierre Valperga, frère de Jacques Valperga, était
chevalier de Malte (Arch. municipales, registre des gouverneurs,
commandants et chevaliers de Malte) ; Anne Valperga, fille dAmédée
Valperga, épousa, le commandeur de Malte Jean-Paul Lascaris.
(Voir son testament daté de 1683, arch. des Alpes-Maritimes,
registre B, 297.) Joseph Ignace de Valperga reçut de son oncle, Emmanuel Philibert Chiotera, mie partie du fief de Couaraze dont il fut
investi le 20 février 1753. Son fils, Vincent, céda ses droits à H. Novelli. Jérôme Valperga fut sénateur à Nice de 1761 à 1765, puis
ministre plénipotentiaire de Sardaigne à Gênes en 1780 ; plus tard
il fut ministre etsecrétaire d'Etat, ce dernier était le frère de l'évêque
de Nice et fils du comte François Valperga qui vivait encore en
1795Ees armoiries des Valperga étaient fascé d'or et de gueules, à
la plante de chanvre déracinée, d'argent et brochant. Le cimier
était un bouc naissant au naturel et la devise : « Ferme-toy ».
Nous reproduisons les armoiries de Monseigneur Valperga d'après celles qui se trouvent en tête du catéchisme édité par ses ordres
et dont nous devons le dessin à l'obligeance de M. Joseph Casai
(Extrait de 1' « Armoriai Artistique et Nrbiüaire », Ni.e, 1902.
3

�- 34était directeur du collège des Provinces à Turin, lorsque le roi
de Sardaigne le désigna, pour l'évêché de Nice. Il avait été sacré à
Rome où il avait fait ses études. Monseigneur Valperga se distingua immédiatement par sa vigilance et son activité : il releva
le niveau intellectuel et moral des prêtres de son diocèse et s'attacha à mettre en toutes choses la plus grande régularité. Dix-huit
mois après son installation, il publia un nouveau catéchisme
dont le plan avait été préparé par son prédécesseur ^i). Grâce à

ses relations cordiales avec la eour de Turin, il jouissait auprès
des autorités civiles de Nice d'une grande influence. Après douze
(1) Ce catéchisme en italien fut imprimé à Nice par la Société
Typographique. C'est un petit volume in-douze de 612 pages, portant
la date de 1783. En tête se trouve le mandement de Monseigneur
Valperga du 16 février 1782 qui approuve le travail terminé par
le prêtre auquel Monseigneur Astésan en avait confié le soin, ordonne
sa publication et règle l'organisation des catéchismes dans tout le
diocèse. Deux ans plus tard en 1785, Gabriel Floteront, imprima
un autre catéchisme rédigé en dialecte niçois, petit volume in-12
de 228 pages. Un exemplaire de ces deux ouvrages existe à la biblio
thèque de Nice. — Voir Villarey, Série Cronològica dei Vescovi
di Nizza. — Art. Valperga.

�-35 années de séjour dans cette dernière ville il s'était acquis l'estime
et le respect de tous.
*

• *

Lorsque le 28 septembre 1792 dans l'après-midi, les troupes
piémontaises évacuèrent Nice, il y eut dans cette ville une effroyable panique et des milliers d'habitants s'enfuirent dans la direction de Turin. Ce fut un désarroi et une désorganisation complète de toutes les autorités. iMonseigneur Valperga resta à son
poste et s'engagea à ne point quitter la ville. Le lendemain samedi
29 septembre, il accompagna le second consul Honoré Saissi et
quelques membres du Conseil qui se rendirent, vers les onze
heures du matin, à la villa Feraudi, au quartier St Hélène, pour
offrir les clefs de la cité au général d'Anselme qui venait d'y
arriver à la tête des troupes françaises. Le général fit à la délégation assez bon accueil, mais il s'étonna de trouver parmi ses membres, l'évêque dont la place déclara-t-il n était pas là. Du reste,
d'Anselme attacha si peu d'importance à la démarche îles magistrats niçois que dans aucune de ses dépêches officielles il n'en fit
mention.
Sur le soir du même jour, la petite armée française faisait son
entrée dans la ville et le général s'installait dans la maison du
consul de France à la place St Dominique. L'évêque de Nice qui
tenait à rester au milieu de ses diocésains se présenta de nouveau
vers les huit ou neuf heures du soir chez le général auquel il voulait recommander ses prêtres en lui demandant des respecter les
églises. Le général était entouré de tout son état-major, du consul
de France, Pierre Le Seurre, de Honoré Saissi, second consul, de
Féraudi, secrétaire général de la commune. Ces deux derniers
venus probablement pour appuyer les demandes de l'évêque.
L'accueil du général ne fut pas plus encourageant que la première fois ; il intima même avec insistance au prélat l'ordre de
quitter ta ville en ajoutant que le plus tôt serait le mieux et ce
fut sur ces dernières paroles que l'évêque se retira après avoir toutefois reçu du général la promesse que tout ce qu'il laisserait dans
son palais serait placé sous la sauvegarde de la Nation française.
Il n'y avait pas à tergiverser, l'ordre était formel et pressant, il
fallait partir. L'évêque prit ses dernières dispositious et délégua,
au curé de la cathédrale, le chanoine Honoré Navello, tous les
pouvoirs nécessaires pour administrer le diocèse en son absence.
Aux premières lueurs du jour, Valperga quitta son palais, et se

�— 36 dirigea à pied vers la porte Pairolière. Il avait été impossible de
trouver une voiture car tous les moyens de transport avaient été
réquisitionnés et utilisés le 28 septembre pour permettre l'exode
des habitants terrorisés. Il avait ordre de partir, mais cet ordre
n'ayant pas été donné par écrit, les volontaires marseillais, de garde
à la porte de Turin, refusèrent de le laisser passer, l'accablèrent
d'injures, le menacèrent même de le pendre et ne consentirent á
le lâcher que sur un ordre écrit, sollicité et obtenu du général,
grâce à l'intervention courageuse et au sang-froid d'un jeune
niçois, Joseph Castellinard. Monseigneur Valperga se retira à
Turin et y mourut en 1805 sans avoir jamais pu obtenir l'autorisation de rentrer.
*

* *

Il est établi par les documents officiels contemporains que
Monseigneur Valperga ne quitta son siège que sur les ordres arbitraires du général d'Anselme et ces mêmes documents nous
renseignent très exactement sur les incidents fâcheux qui se produisirent au départ de l'évêque. Du reste, on n'ignorait pas à Nice
comment les choses s'étaient passées et la population savait grê à
Valperga de son attitude et de sa fermeté. De son côté, Valperga
avait eu confiance dans la parole à lui donnée par le général au
nom de la Nation française et à plusieurs reprises il manifesta
son étonnement qu'elle n'ait pas été gardée, que ses biens aient
été confisqués, son mobilier vendu, son nom inscrit sur la liste
des émigrés alors qu'en partant il n'avait cédé qu'à la force.
Parmi les nombreux documents qui se trouvent soit aux archives de Nice, soit aux archives nationales il en est quelques-uns
dont la simple reproduction sera plus probante que tous les corn,
mentaires. Il_suffira de citer :
•i° La lettre du Directoire des Colons Marseillais en date du
25 février 1793, adressée aux citoyens Blanqui et Veillon, députés
extraordinaires de la ville de Nice à Paris, au sujet des réclamations présentées le 23 du même mois par Jean-Jacques Donny, au
nom de Mgr Valperga.
20 La réponse du même Directoire à J.-J. Donny, en date du
26 février 1793.
3„ L'arrêté du Département en date du 13 avril 1793.
40 La réclamation présentée au Directoire du département

�Valperga, aussitôt après son inscription sur la liste des émigrés de
la ville de Nice, dressée à la fin de juin 1793.
50 Les états de frais pour l'inventaire et la vente du mobilier
et effets de « l'émigré Valperga Maillone, citoyen évêque » approuvés par le département des Alpes-Maritimes, le 5 germinal an
III (25 mars 1795).
6° Les actes de notoriété dressés le Ier et 2me fructidor an III
(18 et 19 août 1795) par Gautier, juge de paix à Nice, à la requête de Pierre-Joseph Passeron, agissant en qualité de procureur
subrogé par Nicolas Giorni, procureur spécial et général de Mgr
Valperga, par acte de procuration reçu à Turin le 20 juillet 1795,
notaire Pierre-Joseph Bernochio.
70 La pétition adressée au district de Nice le 4 fructidor an III
(21 août 1795) par Pierre-Joseph Passeron, demandant la radiation du nom de Valperga sur la liste des émigrés.
8° L'avis du district de Nice en date du 5 vendémiaire an IV
(27 septembre 1795) déclarant que Mgr Valperga doit être rayé
de la liste des émigrés.
90 L'arrêté du département des Alpes-Maritimes, en date du
14 prairial an V (2 juin 1797) ordonnant la radiation provisoire
du nom de Valperga de la liste des émigrés.
io° L'acte de cautionnement dressé par le département le
11 fructidor an V (28 août 1797), à la requête de Pierre-Joseph
Passeron, procureur de Mgr Valperga en exécution d'une des
clauses de l'arrêté du 14 prairial an V (2 juin 1797).

�- 38 —

DOCUMENTS ET PIÈCES D'ARCHIVES

Pièce 1.

25 février 1793
Aux cit. Blanqui et Veillon
Une lettre du cit. Donny, associé du citoyen LeClerc, défunt président de l'ancienne administration
provisoire, dont vous avez ci-inclus l'extrait ( 1 ), nous
fait connaître que le cit. Valperga, évêque de Nice,
laissa avant son départ (ordonné à son retour par
Anselme) dans sa maison pour environ 34.000 livres,
argent monnayé, et environ pour 17.000 d'effets en
vaisselle, linge, batterie de cuisine etc.
Une portion de ces effets se trouvent encore dans
ladite maison, sous l'inventaire que nous en avons
fait dresser par les commissaires de l'une et l'autre
administration, lorsque nous avons été installés, mais
il s'en faut de beaucoup qu'elle puisse arriver à la
somme de 17.000 livres, pas même le tiers.
Quant à l'argent monnayé entré dans la caisse du
receveur de l'ancienne administration, nous n'y
voyons point la somme que ledit Evêque désigne
avoir laissé dans sa maison. Nous vous remettons cijoint un extrait de l'état des sommes' que le cit.
Bonnet a reçu en espèces, pendant toute sa gestion
de receveur et trouvées parmi les effets des émigrés
français et niçois.
Nous ne voulons rien préjuger sur l'assertion du
cit. Valperga, quoique nous ayons des indices frappants de vérité. Ce ne sera que lorsque nous aurons
pu les convertir en preuves par le témoignage de
quelques citoyens que nous nous procurerons, pour
pouvoir en demander la restitution et la poursuite
contre le pillage.
En attendant, noùs croyons devoir vous faire part
de cette découverte que nous allons communiquer au
Président de la Convention Nationale et au Ministre.
Arch. des A. M. Registre de la correspondance du
Directoire des Colons marseillais L. 5.
Cet extrait manque au registre ainsi que les autres pièces
énoncées dans celte lettre.

�-hLe 2érae février 1793.
Au citoyen Donny, négociant à Nice
Pièce 2.

Votre lettre du 23me de ce mois, citoyen, nous
demande des renseignements sur le temporel du
citoyen Valperga, Evêque de Nice. Nous allons vous
transmettre tous ceux qui sont à notre connaissance
L'administration provisoire en choisissant l'Evêché
pour le lieu de ses séances, vint s'y établir dans les
premiers jours d'octobre, et tout nous porte à croire
qu'elle ne fit aucun inventaire des effets qui s'y trouvaient, du moins nous n'en avons trouvé aucun dans
les papiers qu'elle nous a remis.
En succédant à cette administration provisoire,
uous avons cru que notre premier devoir était de faire
un inventaire de tout le mobilier renfermé dans la maison épiscopale. Nous y avons successivement procédé
en présence des administrateurs provisoires et à mesure qu'ils nous en remettaient les clefs. Tout le mobilier qui s'y trouvait, ne consistait guère qu'en
meubles meublants et ne nous paraît pas avoir la
valeur de 17 mille livres que l'Evêque lui donne.
Vous pourrez, si vous le jugez à propos, faire prendre
à notre secrétariat une copie de cet inventaire. Tout
ce. qui n'est point renfermé dans les appartements
que nous occupons au premier étage, a été laissé à la
garde de Jean Poma, ancien concierge de l'Evêque et
le nôtre.
Pour nous éclairer sur les 34.000 1. argent monnayé que l'Evêque doit avoir laissé en sa maison,
nous avons écrit au cit. Bonnet, receveur de l'administration provisoire, pour lui demander un état des
sommes en numéraires versées dans sa caisse, comme
ayant été saisies et trouvées parmi les effets des Emigrés français et niçois. L'état qu'il nous a remis ne
monte qu'à 74121. 16 s, et aucun article n'a du rapport
avec les réclamations du citoyen Valperga.
Quant à ce qui concerne personnellement le
citoyen, nous avons demandé au Ministre de l'Intérieur de vouloir bien nous dire la manière dont nous
devions l'envisager. Nous savons qu'un ordre arbi-

�— 40 —
traire de Danselme l'obligea de quitter Nice, le jour
de l'entrée des Français. Mais nous pensons aussi que
la proclamation des Commissaires de la Convention
nationale de France et le décret de celle de Nice,
concernant les Emigrés, étaient des motifs suffisants
pour le ramener à son poste et le rassurer sur les
suites de son retour. En persistant à prolonger son
absence, il s'expose à être traité comme émigré, à se
voir déclarer déchu de sa place et confisquer tous ses
biens. Telle est la disposition de la loi, et quoique
nous ayons consulté le ministre sur le cas particulier
de l'Evêque, nous prévoyons que sa réponse sera de
nous en tenir à la rigueur des lois, ainsi que plusieurs
instructions nous l'ont déjà annoncé.
Vous sentez, citoyens, que tout le mobilier de
l'Evêque doit rester séquestré jusqu'à son retour ou à
la décision du Ministre. Il peut être tranquille sur la
conservation de tout ce que nous avons trouvé en
entrant dans sa maison. Ce qui a pu en être enlevé
avant notre entrée en fonctions, est étranger à notre
gestion. Mais nous employerons tous les moyens qui
sont en notre pouvoir pour en trouver les traces, en
acquérir les preuves et en faire punir les coupables.
Les administrateurs, etc.
Archives des A.-M., Registre
suivants.

,L. 5,/°7i verso et

Lettre des commissaires de la Convention
Nationale et arrêté du Département des A. M.
Nice, le 9 Avril 1793, l'an 1 Ie de la Repu bublique Française.
« Vous voudrez bien, citoyens, en nous envoyant
les noms et prénoms de l'évêque de Nice, nous instruire officiellement d'après les "dispositions des lois,
s'il est censé démissionnaire et son siège vacant.
« Les Commissaires de la Convention Nationale
au département des A. M.
GRÉGOIRE, JAGOT (I)

(1)

Archives des A. M. L. 29 ancien. L

7

actuel.

�— 4i (i3 avril 1793)
Le Directoire ; vu la réquisition du citoyen Procureur Général sindic « Considérant que Charles Eugène Valperga, évêque de Nice, n'avait point quitté
son domicile lors de l'entrée des troupes de la République ; considérant qu'il a lui méme-accompagné les
consuls d'alors quand ils furent présenter les clefs
de la ville et inviter le général Anselme à venir en
prendre possession au nom de la République ; considérant que le général Anselme par ses ordres arbitraires et tiranniques, accompagnés même de menaces contre ses jours, l'ont forcé de s'éloigner ; arrête
qu'il ne peut le déclarer émigré, et qu'il sera répondu
aux Commissaires de la Convention nationale d'après
les principes ci-dessus.. »
Sign : PAUMÉ ; BARLI FABRI ; F. CASTKLIMARD ;
ANGLES ; BERNARDI, secrétaire général. (1)
pjj

ce

^

Aux citoyens composant le Directoire du
département des Alpes-Maritimes..
22 juillet 1793.
Citoyens,
Le citoyen Jean-Jacques Donny, soussigné, chargé
des intérêts du citoyen Valperga, évêque de Nice
absent, ayant été informé que par votre délibération
du 29 du mois passé, ledit citoyen Valperga avait été
déclaré émigré, vous représente avec tous les égards

(1) Archives des Alpes-Maritimes, Registre L,. 3, folio 101. L'Arrêté n'est pas signé par le procureur syndic Jean-François Tourre
ni par l'administrateur Jean-L,ouis de Villiers qui ne partageaient
point l'opinion de leurs collègues. A noter que Tourre était d'Antibes
et que de Viliers était un médecin français établi depuis longtemps
à Nice.
I/Arrêté fut pris malgré le réquisitoire de Tourre qui voulait
déclarer Monseigneur Valperga émigré et malgré un violent discours de Villiers soutenant la même thèse qui fut combattue par
Barli Fabri, par Castclinard et par Anglès. J'ai déjà publié in-extenso
cette délibération du 13 avril T793 au cours d'un article sur l'église
de Nice en 1792-1793 inséré dans Nice Historique du Ier avril 1903,
C'est pourquoi je reproduis ici simplement la lettre des
commissaires et l'arrêté du département.

�- 42 —
dûs au pouvoir dont l'exercice vous a été confié par
le peuple souverain que le citoyen Valperga ne peut
ni ne doit sous aucun rapport être considéré comme
émigré, par les motifs ci-après :
i° Qu'il est de notoriété publique qu'il n'a quitté
le pays que contre son gré et par ordre du général
Anselme :
2° Qu'il a constamment été disposé et a offert
de revenir dans son diocèse, moyennant qu'il ne fut
assujetti à prêter qu'un serment relatif au temporel et
non au spirituel.
3° Qu'enfin et par la raison que n'étant point
indigène, mais étranger, son séjour ici n'a été dé terminé que par sa nomination à l'épiscopat, événement casuel qui n'a jamais pu le soumettre à l'obligation de renoncer pour toujours à sa mère-patrie.
Tous ces motifs, soit qu'on les prenne collectivement ou séparément, démontrent suffisamment,
citoyens administrateurs, le droit incontestable, qu'a
le citoyen Valperga de demander et prétendre la
radiation de son nom du tableau des émigrés, et si
le ministre de l'Intérieur n'a fait aucune distinction
entre lui et les autres citoyens, c'est sans doute qu'il
a ignoré les circonstances qui vous sont exposées
ci-dessus, et notamment la dernière, car s'il les eût
toutes connues, il n'est nullement probable qu'il eût
décidé comme il l'a fait. Toute hypothèse contraire
serait une injure faite à ses sentiments et à ses lumières. Un homme tel que lui, dont les vertus civiques, le patriotisme et les talents l'ont appelé au
poste aussi honorable que pénible qu'il occupe, doit
ressembler autant que possible à la Nation pour
laquelle il agit et qui l'a honoré de sa confiance.
Cette nation est grande, généreuse, magnanime,
juste et bienfaisante.Elle ne peut qu'êtreextrêmement
jalouse de sa gloire, et l'un des principaux devoirs de
ses agents est d'éviter soigneusement d'en ternir
l'éclat.
Le refus qui serait fait de rayer de la liste des
Emigrés le nom du citoyen Valperga, refus qui entraînerait avec lui la confiscation des minces propriétés de ce citoyen, serait un acte qui imprimerait à

�-

43

-

jamais une tache ineffaçable à la gloire du nom français ; tache qui ne pourra manquer de frapper également les yeux des contemporains et ceux de la postérité ; tache enfin que les historiens ne manqueront
pas de faire ressortir par des couleurs enluminées, et
le bel effet qu'un pareil tableau produirait, citoyens
administrateurs, serait votre ouvrage.
Mais non, loin de nous, cette idée ! Vous êtes
républicains ! cela suffit. Les républicains sont vertueux. Ils aiment, chérissent, protègent, respectent
la vertu partout où elle se trouve. Et le citoyen Valperga aussi est un homme vertueux ! Qui en doute ?
Nul bon citoyen, nul honnête homme. Souvenezvous, citoyens administrateurs, que ce n'est que par
ses vertus qu'il a mérité l'amour et l'affection du
peuple Niçois et non par sa qualité d'évêque. Et plût
à Dieu que tous les ecclésiastiques lui eussent ressemblé ! La France n'eut point éprouvé d'aussi horribles secousses, pour asseoir, affermir et assurer sa
liberté.
La République a incontestablement le droit de
renvoyer hors de son sein tout individu qui ne lui
convient pas, mais en renvoyant ainsi un étranger
qui, d'ailleurs, n'a pas encouru la peine de la confiscation de ses biens, elle lui permet de les emporter ou
de les vendre et d'en emporter le produit. Tel est
précisément le cas du citoyen Valperga.
L'exposant demande en conséquence, citoyens
administrateurs, qu'il vous plaise prendre dans votre
sagesse une délibération tendante à rendre audit
citoyen Valperga sa qualité de citoyen français non
émigré, à lui accorder un délai compétent pour rentrer dans ce pays soit comme simple citoyen ou
comme fonctionnaire public et à lui assurer dans
tous les cas la restitution de ses propriétés par lui
laissées sous la sauvegarde de la loyauté française
dans la maison épiscopale, lors de sa retraite forcée,
ou la juste indemnité de leur valeur. Et sera justice.
Nice, le 22 juillet 1793, l'an second de la République française, une et indivisible.
Jean-Jacques DONNY.
l
ARCHIVES NATIONALESF/ 4.867 , dossier Valperga.

�- 44 Pièce 5.

Etat de frais de vente pour parvenir à l'inventaire
et vente des effets de l'émigré Valperga Maillone,
citoyen évêque :
5 germinal an III (25 mars 1795)
Pour une séance de trois commissaires dont un du
District et deux de la Commission municipale, fixée
à trois livres par séance par le Directoire du district
et approuvé par les Représentants du
Peuple
L.
9 »
Papier timbré tant de la minute que
des deux extraits
»12
Pour la copie desdits deux extraits . .
» 8
Droits d'enregistrement
13 10
31

2

Nous soussignés certifions le compte ci dessus véritable.
Signés : J.-B. Thomaty, comm. du dist. ; Savigny,
comm. munie. ; Mabil, comm. municip.
Frais de la vente :
Pour quatre séances de deux corn missaires dont un
du District, un de la Commis, mun. sans le membre
de l'administration fixées à trois livres par séance par
le Directoire du district et approuvé par les Représentants du Peuple .
L.
24 »
Au trompette pour publication de
quatre criées
5 »
Au crieur à la vente, quatre séances .
12 »
Aux portefaix qui ont travaillé au
transport des effets
40 »
Papier timbré tant de la minute que
de l'extrait
1 »
Bougie
3 »
Droits d'enregistrement
27 »
Papier timbré du petit état
» 4
A la femme qui a assisté à la vente
pour l'arrangement du linge
» 12
L.
Signés : J.-B. Thomaty, comm. du
district ; Savigny, comm. municip.

1

159 6

�Vu par nous, membres composant la Commission
Administrative du district et d'après l'arrêté du district, approuvé par les Représentants du Peuple et la
loi du il et 12 Mars, arrête l'état des frais ci-dessus
se montant à la somme de cent cinquante neuf livres
trente centimes, qui seront acquittés par le receveur
du droit d'Enregistrement lorsque le Département
aura vérifié ledit état.
Nice, le 29 ventôse an 3"" de la République française une et indivisible (19 mars 1795).
(Suivent les signatures).
Vu l'état des frais ci-dessus pour parvenir à l'inventaire et vente du mobilier de l'émigré Valperga
Maillone ci-devant évêque.
Vérifié et arrêté par le Directoire du district de
Nice, la Commission Administrative du département
des Alpes-Maritimes approuve ledit état et ordonne
au citoyen Maussier, receveur de l'enregistrement
cîudit district de payer aux citoyens J. B. Thomaty
et Savigny, comm. la somme de 159 livres et 30
centimes pour montant des frais pour inventaire et
vente des susdits effets de l'émigré, laquelle somme
lui sera allouée en compte.
Fait à Nice le 5 germinal an 3me républicain ( 25
mars 1795).
Etat des frais pour parvenir d la vente du mobilier de
l'émigré Charles Eugène Valperga Maillone, citoyen
évêque.
Pour trente-neuf séances de trois commissaires
dont un du District et deux de la Commission municipale, fixé à trois livres par séance par le Directoire
du district et approuvé par les Représentants du
peuple
L.
351 »
A deux portefaix, dix-neuf journées et
demi chaque fixées à cinq livres par jour.
195 »
Au trompette pour publication de
trente-neuf criées fixées à une livre cinq
sols chaque
48 r 5
Au crieur à la vente, trente-neuf séan
ces fixées á trois-livres par séance ....
117 »

711 1$

�- 4* Report
Papier timbré tant de la minute que
de l'expédition
Pour copie dudit extrait fixé à quatre
livres
Papier timbré du présent état ....
Bougie
Droit d'enregistrement
Plus deux autres journées de portefaix à cinq livres
Un paquet de plume
L.

148
4
6
421

»
4
»
»

20
5

»
»

1.182

7

Nous soussignés certifions le compte ci-dessus,
véritable.
Nice, le Ier ventôse an 3me de la République (19
février 1795).
Signés : J.-B. Thomaty, commissaire du district ;
Savigny, comm. ; Honoré Mabil, comm. municipal.
Vu par nous, membres composant la Commission Administrative, de ce District, et d'après la loi
du 11 et 12 Mars 1793 (v. s.) et l'arrêté de cette
Commission approuvé par les Représentants en date
1^ Fructidor, oui l'agent national, arrête l'état des
frais se montant à onze cent huitante deux livres et
trente cinq centimes qui seront acquittés par le
receveur de l'agence de l'enregistrement sur le produit de la vente desdits meubles, lorsque le Département aura vérifié ledit état.
Nice le 29 ventôse an 3me de la République
française une et indivisible (19 mars 1795).
(Suivent les signatures).
Vu l'état des frais ci-dessus pour parvenir à la
vente du mobilier de l'Emigré Valperga Maillone cydevant évêque.
Vérifié et arrêté par le Directoire du district de
Nice.
La Commission administrative du département
des Alpes-Maritimes, approuve ledit état et ordonne

�— if au citoyen Maussier, receveur de Penregistrement
dudit district de payer aux citoyens J.-B. Thomati,
Savigni et Honoré Mabil, commissaires, la somme de
mille cent quatre vingt deux livres trente cinq centimes pour montant des frais de la vente des susdits
effets de l'Emigré. Laquelle somme lui sera allouée
en compte.
Fait â Nice le 5 germinal an 3me républicain (25
mars 1795).
Arch. des A. M. L. 15 ancien p. 44-45 N° 34-35

Actes de Notoriété
Pièçe g

1-2-fructidor an III
18-19 août 1795
EGALITÉ, LIBERTÉ

AU NOM DE LA LOI
Ce jourd'hui, premier Fructidor, l'an troisième
(18 août 1795 de la République française, une et indivisible, à Nice, chef-lieu du département des AlpesMaritimes, par devant Nous, Antoine Gautier Juge de
paix de la Ier, 2m" et 3me section et officier de police,
est comparu le citoyen Pierre Joseph Passeron, natit
tic la commune de Contes et habitant en celle de Nice
depuis plusieurs années.
Lequel en sa qualité de procureur du citoyen
Charles Eugène Valperga de Maillone, évêque de Nice,
subrogé par le citoyen Nicolo Giorni, homme de loi,
procureur spécial et général établi (par acte reçu) par
le notaire Pierre Joseph de Bernochio, le 20 Juillet
dernier (v. s.) qu'il présente, légalisé par le résidant
de la République de Gênes auprès de la Cour de Turin, dont il résulte le pouvoir donné au citoyen Giorni, de subroger en son lieu et place, avec tous les
pouvoirs compris au dit acte, et il présente au surplus l'acte de sa dite subrogation faite par le même
citoyen Giorni, reçu en la ville de Gênes le premier

�- 48 du mois d'août dernier (v. s.) par le notaire Antoine
Baglietto, légalisée par le consul de la République
française.
Il expose que le vingt neuvième jour de septembre
de l'année 1792, l'armée de la République, étant arrivée en cette ville, commandée en chef par le citoyen
général d'Anselme, lorsque ce général, vers le soir,
fut arrivé et il eut pris son logement dans la maison
habitée par le ci-devant consul de la République Le
Seurre, ledit citoyen Evêque Charles Eugène Valperga de Maillone s'y étant présenté, ledit général d'Anselme, en présence de tout son Etat-Major, lui signifia
d'abord de devoir partir de cette ville. Sur quoi le
dit évêque ayant répondu qu'il avait cru de pouvoir
continuer sa résidence en cette ville et tellement l'avait cru, qu'il n'avait jamais pensé de distraire et en
faire partir le moindre de ses meubles et effets, qu'il
avait dans la maison d'habitation de l'tvêque et que
si absolument il lui ordonnait de partir, il le priait de
lui accorder la sauvegarde sur tous lesdits effets et
meubles. Le dit général d'Anselme lui répliqua qu'il
dut absolument partir de cette ville, en ajoutant que
le plus tôt en serait le mieux, et qu'à l'égard de ses
meubles et effets qu'il avait, il les mettait dès ce ino
ment sous la sauvegarde et loyauté de la Nation française et qu'il pouvait en être tranquille, après quoi ledit
évêque Valperga de Maillone, tout tremblant, ayant
dit qu'il allait se conformer dès le lendemain au matin à ses ordres, se retira ; ledit général d'Anselme
lui ayant encore répliqué : le plus tôt sera le mieux.
Et comme il importe audit citoyen évêque Valperga de Maillone de constater le fait ci-dessus expo"sé, suivi en présence de tout l'Etat-Major dudit général d'Anselme et de plusieurs citoyens de cette commune, l'exposant, en sa dite qualité vous présente les
citoyens Pierre Le Seurre, ci-dessus nommé, ci-devant
consul en cette ville de la République, le citoyen Honoré Saissi de cette commune qui pour lors était second consul de la même commune, le citoyen Philippe Emmanuel Féraudi qui pour lors était secrétaire de
Ìa même commune et le citoyen Ange Giraudi aussi

�- 49 de cette commune, pour recevoir leurs dépositions
sur ledit exposé et vous fait instance que de tout lui
soit concédé acte, ce que nous lui avons accordé, et a
signé.
PIERRE JOSEPH PASSERON.

Et de suite se sont présenté les susnommés
citoyen Le Seurre, natif de Craon, âgé de 75
ans, bourgeois, le citoyen Saissi, âgé de 70 ans,
négociant, Emmanuel Feraudi, âgé de 68 ans, notaire, Ange Giraudi, âgé de 63 ans, négociant,
natifs et domiciliés dans cette commune, auxquels
après avoir fait lecture dudit exposé fait par ledit citoyen Pierre Joseph Passeron, en sa dite qualité, les
avons interpellés sur serment que leur avons fait prêter, conformément à la loi, de nous dire en leur âme
et conscience si tous les faits énoncés dans le même
exposé sont de leur connaissance et tous les quatre ont
répondu et attesté tant uniment que séparément en
être pleinement informés, s'y étant trouvés présents,
et que le tout contient la vérité, toute la vérité et
rien que la vérité. En foi de quoi ils ont signé :
LE SEURRE, HOSORI'J
SAISSI, PHILIPPE EMMANUEL FÉRAUDI,
ANGE

GIRAUDI.

Et nous, juge de paix, vu les dépositions ci-dessus, avons de tout concédé acte au susnommé citoyen
Pierre Joseph Passeron en sa dite qualité, pour lui
servir et valoir dans tous les cas, à ce que de droit et
de raison. Fait à Nice, l'an et le jour que dessus.
GAUTIER, juge de paix.
BONIFACI, sec. greffier.
Vu par nous, membres du District de Nice, 3 vendémiaire an IV rép. 25 sep. 1795, TOSELLI, JN COPPON
fils, VÉRANI pr. syndic, SAYTOUR Martin.

�— 5o —
EGALITÉ, LIBERTÉ.

AU NOM DE LA LOI
Ce jourd'hui. second jour de Fructidor de l'an 3
août 1795) de la République française une et indivisible, à Nice, chef-lieu du département des AlpesMaritimes, par devant nous, Antoine Gautier, juge de
paix de la iere, 2M* et 3ME section et officier de police,
est comparu le citoyen Pierre Joseph Passeron : natif
de la commune de Contes et habitant en celle de Nice
depuis plusieurs années
Lequel en sa qualité de procureur du citoyen
Charles Eugène Valperga de Maillone, évêque de
Nice, subrogé par le citoyen Nicolo Giorni, homme
de loi, procureur spécial et général établi (par acte
reçu) par le notaire Pierre Joseph de Bernochio, le 20
Juillet dernier (v. s.) qu'il présente, légalisé par le résidant de la République de Gênes auprès de la Cour de
Turin, dont il résulte le pouvoir donné au citoyen
Giorni, de subroger en son lieu et place, avec tous les
pouvoirs compris audit acte, et il présente au surplus
l'acte de sa dite subrogation faite par le même citoyen
Giorni, reçu en la ville de Gênes le premier du mois
d'août dernier (v. s.) par le notaire Antoine Baglietto,
légalisée par le consul de la République française.
Expose : Primo, que le matin du trente septembre 1792, le citoyen Charles Eugène Valperga de
Maillone, évêque de Nice, en partant de cette ville
avec deux domestiques à sa suite, qui portaient un
paquet et quelques effets, fut arrêté à la porte qui conduit en Piémont, ci-devant nommée porte Victoire,
et conduit au vestibule de la maison presque attenante
à ladite porte, appartenant au citoyen Dominique
Castellinard, où se trouva le citoyen Joseph Castellinard, fils dudit Dominique, et malgré que ledit Evêque Valperga déclara aux soldats de la Garde de la
dite porte qui étaient des Marseillais, que c'était en
conséquence d'ordre qui lui avait été signifié par le
citoyen général d'Anselme qu'il partait de cette ville,
lesdits soldats commencèrent par le malmener et lui
(19

�signifier qu'ils voulaient le pendre et ayant ouvert
ledit paquet et y ayant trouvé entre autres effets, une
ceinture d'évêque, ils déterminèrent, à l'instant, de le
pendre avec ladite ceinture, et ayant essayé si la même
était assez forte pour le soutenir, en la préparant, elle
se fit en lambeaux, de façon qu'ils vérifièrent qu'elle
ne pouvait leur servir et demandèrent audit Joseph
Castellinard fils une corde, pour pendre ledit évêque,
à un grand anneau de fer qui était au plafond dudit
vestibule, servant â y passer une verge de fer pour
peser les marchandises, et ledit citoyen Castellinard
fils, leur ayant absolument refusé de leur donner de la
corde, en s'excusant qu'il n'en avait point, comme
dans tous ces entrefaits ledit évêque se trouve mal et
ne peut plus se soutenir, ledit Castellinard fils lui fit
apporter une chaise, par sa servante à qui quelques
uns de ces soldats donnèrent des coups de poing pour
avoir porté ladite chaise et le même Castellinard le
fit ensuite asseoir sur ladite chaise, en le soutenant,
parce qu'il ne pouvait se soutenir droit ; d'autant plus
qu'en attendant, lesdits soldats marseillais lui disaient mille exécrations, lui crachaient dessus et lui
donnaient des soufflets, et assurément ils l'auraient
fini, si dans cet intervalle un de ses domestiques
n'avait été dire au citoyen général d'Anselme ce qui
venait d'arriver, et ledit domestique étant venu avec
un billet dudit général d'Anselme qui ordonnait à la
garde de le laisser partir, puisque c'était de son ordre,
en conséquence de ce billet lesdits soldats marseillais
se bornèrent pour lors à lui dire et crier mille invectives et injures et le laissèrent partir, ce que ledit
évêque, malgré qu'il ne pût se remuer, à l'aide de ses
domestiques fit au mieux possible en tremblant, de
façon qu'il doit son existence au refus ferme et déterminé que ledit citoyen Castellinard fils leur fit de
leur donner une corde, sans quoi avant l'arrivée du
dit domestique portant l'Ordre du général d'Anselme, il aurait été pendu et étranglé.
Secondoque lefaitci-dessusfut d'abord public et notoire, de notoriété publique dans cette ville et encore
plui le lendemain premier octobre, puisque les autres

»

�— 52 —

soldats de la Phalange Marseillaise, arrivés sur le soir
dudit jour trente septembre, d'abord après leur arrivée
cherchèrent l'évêque qu'ils voulaient le lanterner et
mettre en pièces, comme ils s'expliquèrent hautement,
ce qui joint au fait arrivé dans ledit vestibule de la
maison Castellinard, étant devenu d'une notoriété publique donna l'épouvante à tous les gens honnêtes du
pays, qui disaient que le citoyen général d'Anselme en
ordonnant audit évêque de partir, en mettant sous la
sauvegarde de la Nation française ses meubles et ses
effets, avait voulu le sauver.
Et comme il importe audit citoyen Passeron, exposant en sa dite qualité, de constater par témoins le
fait ci-dessus exposé, il nous présente ledit citoyen
Joseph Castellinard fils de Dominique de cette commune, âgé de 21 ans, de profession, négociant, qui se
trouva présent au fait énoncé dans le Ier article de l'exposé ci-dessus, et au surplus informé de la notoriété
des faits énoncés au second et dernier chef, de ladite
exposition et il nous présente les citoyens Jean-Jacques Donny, natif de Neufchâtel en Suisse, âgé de 39
ans, de profession, négociant ; Joseph Poullan, natif
de Clavesana, en Piémont, âge de 48 ans, négociant ;
Jacques Gerbin, âgé de 60 ans, tailleur, Jean-Marie
Thaon, âgé de 56 ans, négociant, natifs et tous domiciliés en cette commune pour déposer sur ladite
notoriété énoncée dans ledit second fait exposé, pour
recevoir leurs dépositions, et nous fait instance que de
tout lui soit concédé acte, ce que nous lui avons accordé et a signé.
Pierre-Joseph PASSERON .
Et de suite se sont présentés les susnommés citoyens Joseph Castellinard, Jean-Jacques Donny, Joseph Poullan, Jacques Gerbin, et Jean-Marie Thaon,
ci-dessus qualifiés, auxquels après avoir fait lecture
dudit exposé fait par ledit citoyen Passeron, en sa
dite quálité, les avons interpellés sur serment, que
leur avons fait prêter, conformément à la loi, de nous
dire en leur âme et conscience, si tous les faits énoncés dans le même exposé sont de leur connaissance,

�- 53 et ledit citoyen Joseph Castellinard a répondu et
attesté en être pleinement informé pour avoir été
présent au fait exposé dans le i" article de ladite exposition, et pour avoir publiquement entendu dire les
faits énoncés dans le second chef qui était en cette
ville notoire de notoriété publique et lesdits citoyens
Jean-Jacques Donny, Joseph Poullan, Jacques Gerbin,
Jean-Marie Thaon, ont répondu et attesté tant uniment que séparément être pleinement informés de
l'énoncé dans le second chef de ladite exposition,
puisque les faits y énoncés étaient notoires, de notoriété publique en cette ville, et tous lesdits citoyens
ont respectivement attesté pour ce qui les concerne
que tout contient la vérité, toute la vérité et rien que
la vérité. En foi de quoi ils ont signé : Joseph Castellinard fils,Jean-Jacques Donny, Joseph Poullan, Jacques
Gerbin, Jean-Marie Thaon.
Et nous, Juge de paix, vu les dépositions ci-dessus,
avons de tout concédé acte au susnommé Pierre Joseph Passeron en sa dite qualité pour lui servir et valoir dans tous les cas, à ce que de droit et de raison.
Fait à Nice l'an et jour que dessus.
GAUTIER,
BONIFACI,

juge de paix.
sec. gref.

Vu par nous, membres Du district de Nice, le 3
vendémiaire anIV rep. (25 sept. 1795).
Jn. COPPON fils, VÉRANi, pr. syndic, TOSELLI, Saytour
MARTIN.

Arch. Nat. F

7

4867 *

�54 -

PÉTITION au DISTRICT de NICE
et AVIS de ce DISTRICT
ÉGALITÉ,

LIBERTÉ

5 vendémiaire
27 septembre 1795 an IV
AUX

CITOYENS ADMINISTRATEURS
DU DISTRICT DE NICE

Le citoyen Pierre Joseph Passeron, natif de la
commune de Contes, habitant en celle de Nice depuis plusieurs années.
Vous expose en qualité de procureur du citoyen
Charles-Eugène Valperga de Maillone, évêque de
Nice, subrogé par le citoyen Nicolo Giorni, homme
de loi, son procureur spécial et général fondé par acte
reçu dans la ville de Turin par le notaire PierreJoseph de Bernochio, le 20 juillet dernier (v. s) légalisée par le résident de la République de Gênes, près
la Cour de Turin, duquel il résulte le pouvoir donné
audit citoyen Giorni de subroger en son lieu et place
avec tous les pouvoirs compris dans le même acte,
qui se trouve copié mot pour mot dans celui de la
subrogation faite par le même citoyen Giorni, reçu
en la ville de Gênes le Ier du mois d'août dernier
(v. s* par le notaire Antoine Baglietto, légalisée par
le consul de la République française, le 13 Thermidor dernier (3 1 Juillet 1795), qu'il vous exhibe qu'étant arrivé dans cette ville le vingt-neuvième jour
du mois de septembre de l'année 1792, l'armée de la
République française, commandée par le citoyen général en chef d'Anselme lorsque celui-ci y fut arrivé
le soir et eut pris son logement dans la maison d'habitation du citoyen ci-devant consul de la République
Le Seurre, ledit évêque Charles-Eugène Valperga de
Maillone, s'étant présenté, le même général d'Anselme
lui signifia d'abord en présence de son Etat-Major de
partir de cette ville, sur quoi ledit évêque lui répondit qu'il avait cru pouvoir continuer sa demeure dans
cette ville et qu'à cet effet il n'avait jamais pensé de

Pièces 7 et 8

�- 55 distraire, ni faire partir le moindre de ses meubles et
effets qu'il avait dans la maison d'habitation de
l'évêque, que si absolument il lui ordonnait de partir,
il le priait de lui accorder la sauvegarde pour tous ses
dits effets et meubles, ledit général d'Anselme lui
répliqua : Le plus tôt sera le mieux, ce qui tout est
constaté par les attestations ci-jointes du premier et
second jour de fructidor dernier qu'il vous présente
également.
Qu'il résulte aussi par lesdites attestations, que
ledit évêque Valperga de Maillone fut forcé par ledit
général d'Anselme de partir de cette ville que tous
ses meubles et effets fussent mis sous la sauvegarde de
la Nation française et qu'étant parti le lendemain 30
dit septembre, il risqu'à d'être pendu ef étranglé paties soldats de la Phalange Marseillaise qui se trouvaient de garde à la porte ci-devant dite Victoire, ce
que tout fut d'abord notoire et de notoriété publique
dans cette ville.
Vous observe que ledit évêque Valperga est natif
du Piémont où il se retira et que s'il a résidé dans
cette ville, ce n'a été que pour raison de son ministère, que tout cela nonobstant il a été porté sur la liste
des émigrés, a été vendu la plus grande partie de ses
meubles et effets, et cela même nonobstant la préalable réclamation que le citoyen Jean-Jacques Donni,
chargé des intérêts dudit évêque avait fait à l'ancien
département par sa pétition du 22 juillet 1793 (v. s)
qui existe dans les Archives de ce district, résultant
ainsi que tout cela a été fait et opéré contre le droit des
gens et la sauvegarde de la loyauté française qui fut
promis audit évêque.
En conséquence, l'exposant demande en sa dite
qualité de procureur dudit citoyen évêque CharlesEugène Valperga de Maillone la radiation de son
nom de la liste des émigrés, la levée des scellés, la
restitution de ses propriétés et l'indemnité de celles
qui ont été distraites et vendues au nom de la Nation,
et sera justice.
(21 août 1795).

�- 56 Nice le 4me jour de Fructidor de l'an 3me de la
République française une et indivisible.
Signé : Pierre-Joseph PASSERON.
Vu la pétition ci-dessus du citoyen Pierre-Joseph
Passeron présentée au nom et comme procureur subs
titué du ci-devant évêque de Nice, Charles-Eugène
Valperga tendante à obtenir la radiation de son nom
de la liste des émigrés, la levée du séquestre et remission de ses effets restant ainsi que l'indemnité de
ceux qui ont été distraits ou vendus.
Vu une première pétition présentée à l'ancienne
administration du département par le citoyen JeanJacques Donni, au nom du citoyen Valperga en date
du 22 juillet 1793 tendante aux mêmes fins.
Vu la procuration en date du premier août 1793
(V. s.) faite à Gênes, par devant le notaire public Antoine Baglietti, légalisée par le Consul de la République française y résidant, ainsi que l'acte de procuration y inséré, en date du 20 Juillet 1795.
Vu l'attestation de quatre témoins faite avec serment par devant le juge de paix de la 1", 2"", 3me section de cette commune, en date du 1" Fructidor dernier '18 août 1795).
Vu autre attestation de cinq témoins faite par
devant le susdit Juge de paix, le 2 dit fructidor, aussi
sous serment.
Considérant que par la première des 2 attestations il est pleinement prouvé que le vingt-neuvième
septembre 1792, aussitôt après l'entrée de l'armée
française dans cette commune, le sus-nommé évêque
Valperga s'étant présenté au général d'Anselme qui
la commandait en chef, celui- ci lui ordonna d'abord
en présence desdits témoins et de tout l'Etat-Major.
u'il n'avait qu'à partir de la ville, et malgré que le
it évêque lui observa qu'il avait cru de pouvoir y
rester tranquillement et qu'à cet effet il n'avait fait
partir aucun de ses effets et meubles, le général lui
répliqua de partir absolument de la ville, en ajoutant
que le plus tôt serait le mieux, l'ayant assuré qu'à

a

�-5;l'égard de ses meubles et effets de sa maison, il les
mettait dès ce moment sous la sauvegarde et loyauté
de la Nation française et qu'il pouvait en être tranquille.
Considérant qu'il résulte par lesdites attestations,
et il est prouvé que l'évêque Valperga, d'après les
ordres précis et réitérés du général d'Anselme, partit
le lendemain 30 septembre de cette ville.
Considérant que par la susdite attestation du deux
Fructidor il résulte que l'évêque Valperga, au moment de son départ de cette commune, ayant été arrêté à la porte qui conduit au Piémont, par les soldats
qui y étaient de garde, lesquels tentèrent de le pendre,
il évita la mort par les soins du citoyen Joseph Castellinard, un des déposants, et il ne fut laissé libre que
d'après un billet du général d'Anselme, qui ordonnait à ladite garde de le laisser partir, puisqu'il s'en
allait de son ordre
Considérant que tous ces faits sont devenus de notoriété publique dans cette commune, dès le même
jour 30 septembre et Ier octobre suivant, ainsi que
quatre témoins l'ont attesté.
Considérant que le citoyen Valperga ne s'est absenté de cette commune et ci-devant Comté de Nice
que d'après les ordres du général d'Anselme auquel il
témoigna son regret.
Considérant que le départ du citoyen Valperga
ayant été forcé il ne peut pas être qualifié d'émigration.
Considérant que son intention de rester dans cette
commune est d'autant plus constatée, que le citoyen
Valperga a été le seul fonctionnaire public, il soit
resté à son poste, n'ayant soustrait aucun des meubles
et effets de sa maison, lesquels ont été ensuite distraits
et vendus par la Nation.
Considérant que le citoyen Valperga ne peut être
non plus considéré comme réfractaire aux lois de la
République, tandis qu'à l'époque de son départ de cette
commune, aucune loi de la République, surtout à
l'égard des ecclésiastiques, n'y avait été encore publiée
à laquelle eut pu contrevenir.

�— 58 —
Considérant que le citoyen Valperga ne pouvant
être considéré ni comme émigré, ni comme réfractaire, ne pouvait être privé de ses propriétés laissées
dans cette commune lors de son départ, sous la sauvegarde de la loi et de la Nation française qui lui fut
accordée par le général d'Anselme, et qui étant digne
de la loyauté de cette Nation, ne pouvait être violée
sans blesser le droit des gens.
Considérant au surplus, que le citoyen Valperga,
originaire piémontais, ne faisait sa résidence à Nice,
qu'à raison de son épiscopat, ce qui ne donne qu'une
résidence easuelle, et que sous tous les rapports, il
n'a cessé d'être étranger à l'égard du pays de Nice et
de la France.
Considérant que l'article 6, section deux, N° 2 de
la Loi du 25 Brumaire (15 novembre 1794) en déclarant émigrés les citoyens domiciliés dans le cidevant comté de Nice, qui sont sortis depuis le 27
septembre 1792, n'a point porté atteinte au droit des
gens dans la personne de l'étranger, qui se trouvait
dans ce même pays, où il n'aurait pas établi son vrai
domicile.
Considérant que le citoyen Valperga, qui avait été
forcé par le gouvernement de partir de Nice, n'a dû
plus y revenir dans le terme même prescrit par les
lois aux citoyens de la ci-devant Comté de Nice,
puisqu'il ne devait point imaginer qu'il fut compris
dans l'invitation, malgré qu'il ait été porté sur la
liste des émigrés.
Considérant que ce nonobstant, lorsqu'il sut qu'il
avait été porté sur la liste des émigrés de cette commune, s'est empressé de présenter sadite pétition
du 22 Juillet 1793 dans laquelle il demanda non seulement la radiation de son nom de ladite liste, mais
encore un délai convenable pour rentrer dans cette
commune, soit comme simple citoyen, ou comme
fonctionnaire public, ainsi que la restitution de ses
propriétés par lui laissées sous la sauvegarde de la
loyauté française dans la maison êpiscopale lors de sa
retraite forcée, ou une juste indemnité de leur valeur.

�- 59 Considérant finalement que,d'après toutes les circonstances sus-ênoncèes, aucune loi concernant les
émigrés ne peut être applicable au citoyen Valperga,
et que toutes celles qui pourraient le regarder relatives au séquestre des biens appartenant aux habitants
des pays en guerre avec la République française ont
été rapportées par le décret du 14 Ventôse dernier
(4 mars 1795). •
Le Directoire du district de Nice, oui le procureur syndic, est d'avis que le citoyen Charles-Eugène
Valperga ci-devant évêque de Nice ne doit point être
considéré émigré.
Qu'il doit être rayé de la liste des émigrés, que le
séquestre apposé sur ses propriétés doit être levé, qu'il
doit être réintégré dans la possession et jouissance
d'iceux, que tous receveurs ou dépositaires doivent
lui restituer les sommes qu'ils ont perçues, résultant
du produit desdites propriétés et qu'il doit recevoir
la juste indemnité des meubles et effets qui seraient
passés au profit de la Nation.
Fait à Nice, dans la salle des séances le 5me Vendémiaire an 4me républicain (27 sept. 1795). Signé
Saytour Martin. Verani,
procureur syndic, Angles v. prés.
Touzelly. Jn Coppon fils.
Enregistré au feuil. 20 registre des prévenus
d'émigration et signé BARRAIA, commis greffier.
Certifié conforme par nous Ve président et secrétaire du district Jn COPPON Fils V,-PRÉSIDENT
BARRAIA Cis greffier.
A rch. Nat. F 7 4867

2

�— 6o —

Pièce 9.

LIBERTÉ (vignette) ÉGALITÉ
BUREAU DES
ÉMIGRÉS

Extrait des registres des délibérations et arrêtés de
l'Administration Centrale du département des Alpes Maritimes.
(2

juin 1797)

Séance du quatorze Prairial an 5mf de
la République française une et indivisible.
Sur le rapport d-e la pétition présentée par le
citoyen Pierre Joseph Passeron, procureur fondé de
Monsieur Charles Valperga, ci-devant évêque de
Nice, dans laquelle il expose que ledit Charles Valperga n'a jamais dû être atteint des lois relatives à
l'émigration, soit qu'on le considère comme parti en
suite d'une force majeure, soit en sa qualité de piémontais et demande en conséquence la radiation de
son nom de la liste des Emigrés, sa réintégration
dans la possession et jouissance de ses propriétés et
une juste indemnité, des meubles et effets qui sont
passés au profit de la République.
L'Administration Centrale du département des
Alpes-Maritimes, considérant que M. Charles Valperga, comme piémontais, n'habitant Nice que pour
cause de son emploi, n'aurait jamais dû être porté
sur la liste des émigrés du département.
Que le seul motif qui a pu déterminer le général
d'Anselme à lui ordonner de partir de la ville de
Nice, ne peut avoir été que la susdite qualité de
piémontais.
Considérant enfin, que comme sujet du roi de
Sardaigne, il est dans le cas de jouir de l'article i,r
de la loi du quatorze nivôse an troisième, (} janvier
1795), ainsi que de l'article neuf de la loi du trente
Floréal an quatrième, (19 mai 1796).
Arrête, oui le commissaire du Directoire Exécutif
que le nom de Valperga, ci-devant évêque de Nice,
qui se trouve inscrit sur la liste des émigrés, sera

�— 6i —

provisoirement rayé ; que tout séquestre qui pourrait
avoir été mis sur ses biens sera levé, qu'il sera réintégré dans la possession et jouissance de ses propriétés,
et que toutes les sommes versées dans les caisses publiques, lui seront rendues, déduction faite des frais
faits conformément aux lois.
Fait et arrêté* en séance publique le jour, mois et
an que dessus.
Signé : Donny, président Payani, fils, Scudéry,
Oberti, Hancy (et en marge Gastaud commissaire
du Directoire Exécutif).
Certifié conforme à l'original par nous président
et secrétaire de l'Administration centrale du départemeni des Alpes-Maritimes.
DONNY, président
BELMONDI, sec. chef au bureau des émigrés.
Arch. Nat. F 7 4867 2

ACTE DE CAUTIONNEMENT
Pièce 10.

11 fructidor anV (2&amp; août 1797)
LIBERTÉ ÉGALITÉ
Ce jourdTiui 11 fructidor an 5 de la République
française une et indivisible (28 août 1797) par devant nous, membres composant l'Administration
centrale du département des Alpes-Maritimes, est
comparu le citoyen Joseph Passeron, natif de Contes,
chef-lieu de canton, domicilié dans cette commune,
procureur fondé de Monsieur Charles Valperga, cidevant évêque de Nice, en vertu d'acte de procuration du 20 juillet et premier août 1795 (v. s.) lequel
en sadite qualité, dépendamment à l'arrêté de cette
administration du quatorze prairial an cinq (2 juin
1797) portant que le nom de Valperga, ci-devant
évêque de Nice, sera provisoirement rayé de la liste
des émigrés, que tout séquestre qui pourrait avoir
été mis sur ses biens sera levé, qu'il sera réintégré
dans la possession et jouissance de ses propriétés, et

�— 62 —

que toutes les sommes versées dans les caisses publiques lui seront rendues, déduction faite des frais
faits, conformément aux lois, désirant de se conformer au porté par l'article 3 de la loi du 5 Brumaire
an 3 (26 octobre 1794) qui exprime que les prévenus
d'émigration seront tenus de donner caution solvable de la valeur mobilier, et ne pourront obtenir
leurs immeubles jusqu'à ce qu'il ait été définitivement statué sur leurs réclamations par qui de droit,
toujours en sa dite qualité a présenté pour caution le
citoyen François Grosson, marchand drapier de cette
commune, lequel ici prése.it et acceptant, s'oblige
conjointement et solidairement avec ledit Valperga
et pour celui-ci ledit Joseph Passeron, et sous l'hypothèque de tous leurs frens présents et à venir, à l'entière exécution de ce qui les concerne en la susdite
loi, et à la représention des mobiliers, effets et sommes à percevoir en dépôt que besoin sera, et quant
aux mobiliers invendus et en dépôt seront soumis
d'en représenter la valeur à laquelle seront estimés
par experts, préalable rémission.
Et nous, administrateurs susdits approuvant lesdits
cautionnement et acte de soumission, à la réquisition
dudit citoyen Joseph Passeron, avons dressé le présent acte que toutes les parties ont signé avec nous,
ayant au préalable fait renoncer audit François Grosson au droit de premier convenir.
Fait à Nice les jours, mois et an que dessus.
Joseph

PASSERON,

François GROSSON,
prés., PAYANY FILS,
MARUN-SAYTOUR, sec. en chef

HANCY, DONNY,
P.

Acte original sur timbre de 20 centime*.
Arch. Nat. F

7 4867^

�— 63 -

CONCLUSION

Il était avéré pour tous, dans la ville de Nice, que Mgr
Valperga était parti contre son gré et si la première Administration départementale, installée au mois de Mai 1793,
l'avait inscrit sur la liste des émigrés de Nice, c'était à la
suite d'une réponse faite par le ministre de l'Intérieur, Garât,
aux questions à lui posées par le Directoire des Colons Marseillais sur la conduite à tenir vis-à-vis de l'évêque.
Les questions avaient été envoyées à Paris, vers la fin
de Février 1793, et la réponse du ministre ne parvint à Nice
qu'au milieu de juin suivant, soit quelques jours avant la
publication de la liste des émigrés. Les réclamations de
l'évêque, retiré à Turin dans sa famille, furent présentées
le 22 juillet 1793 (1) ; mais comme beaucoup d'autres, elles
s'entassèrent dans les bureaux du Département, qui n'y
répondit même pas.
Cette réclamation fut présentée au nom de l'évêque par JeanJacques Donny au Département. lîlle figure en original au dossier
Valperga.
Voir ci-dessus.
Le registre des délibérations du département manque aux Archives pour les derniers mois de 1793, exactement du Ier mai au 10
Novembre, comme pour les six derniers mois de 1797 et l'année entière de 1798, exactement du 8 Messidor an V (26 Juin 1797) au 25
Pluviôse an VII (13 février 1799).
C'est-à-dire pour les deux périodes les plus troublées et cette
disparition est tout au moins étrange.
Elle doit être vraisemblablement attribuée à certains hommes
politiques désireux de laisser dans l'oubli leur conduite durant ces
deux époques.

�- 64 On était dans la période la plus aiguë et, en pleine
Terreur.
Après le 9 Thermidor et, surtout après la venue à Nice
du représentant Beffroy, au mois de Floréal, an III (Mai
I795)»
les esprits devinrent plus calmes, les administrations plus pondérées. C'est alors que, sur de nouvelles demandes présentées au District, et sur avis favbrable de
celui-ci, le département des Alpes-Maritimes accorda à Mgr
Valperga sa radiation provisoire, le 14 Prairial, an V (2 Juin
1797). Comme on le voit, l'affaire avait traîné en longueur.
Il semblait alors que rien ne s'opposait plus à la rentrée
de l'évêque : le 11 Fructidor, an V (28 Août 1797), le Département avait agréé la caution de François Grosson (1) ;
les biens de l'évêque allaient lui être rendus, et il pourrait
rentrer.
Mais huit jours après, le coup d'Etat du 18 Fructidor (4
septembre 1797) remettait le pouvoir aux mains des Jacobins, la guerre aux émigrés et aux ecclésiastiques, en particulier, reprit avec âpreté. Pe département des Alpes-Maritimes se vit accusé d'avoir préparé une rentrée triomphale à l'évêque, son arrêté du 14 Prairial resta sans effet
et, en vertu de la loi du 19 Fructidor (5 septembre), les
scellés furent de nouveau apposés sur les biens de Mgr Valperga par deux commissaires municipaux (2).
En vain, l'évêque de Nice, fit intervenir auprès du Directoire Balbi, l'ambassadeur du Roi de Sardaigne à Paris,
le dossier de sa demande en radiation fut examiné sans
aucune bienveillance.
(1) L/Acte original de ce cautionnement sur timbre est aux
Arch. des Alp.-Maritimes Q. 10.
(2) Mise de scellés sur les biens de Charles Eugène Valperga par
deux commissaires de la municipalité de Nice. Une scéance, 6 livres.
Dépense approuvée par le Département, en Germinal an VI (avril
1798). Arch. des A. M. Q. 11.
Mgr Valperga ne possédait à Nice aucun immeuble et il devait
rester fort peu de chose de son mobilier après la vente qui en avait
été faite en Ventôse an III. La bibliothèque de l'évêché avait été déclarée bien national et la caisse diocésaine avait disparue en octobre 1792
sans laisser de traces dans les pièces administratives. Le séquestre
a été apposé sur les biens de nombreux émigrés rayés provisoirement.
On peut en voir la liste aux Archives des A. M. Q. 10, où Valperga
figure sous le N° 65.

�- 65
Á la suite de la lettre de Balby datée de Paris le 7 février
1798, le ministre de la police demanda à ses Bureaux un
rapport sur l'affaire Valperga. Pe voici tel qu'il se trouve
en minute au dossier.
Attendu que rien ne tend à constater le prétendu ordre
de quitter Nice, d'où il suit qu'il faut en croire sur parole
l'émigré.
Qu'à raison de son domicile, il était tenu de rentrer sur
le territoire dans les délais voulus par les lois.
Qu'il est atteint par la déchéance et n'a réclamé que
l'an V.
Qu'il ne paraît pas y avoir lieu de violer la loi en faveur
de cet ex-évêque dont la rentrée prohibée par la Constitution serait d'une influence dangereuse.
J'estime qu'il y a lieu à proposer la maintenue sauf
à prendre des renseignements si toutefois on les trouve
indispensables.
CAIGNART,
Sous-chef (2e Bureau).
En tête de cette minute est écrit :
« Je pense qu'il y a lieu à instruction et à prendre
des renseignements près les Administrateurs du département_des Alpes-Maritimes. »
Signature illisible (1).
Ces renseignements furent-ils demandés ? C'est probable et cela explique que bien des pièces du dossier Valperga sont en double expédition. Plus d'une année s'écoula
encore, avant que fut prise une décision et finalement sur
un rapport défavorable de la Commission d'examen instituée près le Ministère de la police pour l'étude des demandes en radiation, le Directoire exécutif signa le 7 Floréal
an VII, (26 avril 1799) un arrêté qui maintenait définitivement, sur la liste des émigrés, Mgr Valperga et annulait
toutes les décisions rendues antérieurement, en sa faveur,
par les. autorités locales.
(1) Arch. Nation. F 7 4862 2 dossier Valperga. Rapport de la
3 me Division du Ministère de la police, sans date mais joint à la
lettre de Balbi.
»

�- 66 -

Varrêté du Directoire parvint à Nice les premiers
jours de Prairial an VII (Mai 99) et fut immédiatement
mis à exécution. (1).
*

* *

Ainsi donc Mgr Valperga expulsé ne put jamais obtenir
de rentrer, les lois sur l'émigration étaient tellement embrouillées et tyranniques qu'une fois inscrit sur une liste
d'émigrés, il était extrêmement difficile de s'en faire rayer
malgré toutes les démarches ; car on se heurtait sans cesse
à des questions de forme et de procédure ce qui permettait
à la malveillance de s'exercer tout à fait à l'aise sous le
couvert de la légalité.
A. J.

PvANCE-BOURREY.

(1) De 21 Floréal an VII (10 mai 1799), il fut communiqué
par le ministre de la police générale de la République aux diverses
administrations intéressées et aux Commissaire du Directoire exécutif
près le département des Alpes-Maritimes. Celui-ci par lettre du 3
prairial (22 mai 1799) demanda au Département de le transmettre
à la Municipalité de Nice, ce qui fut fait le même jour avec ordre
de le transcrire sur ses registres, de faire apposer les scellés ou séquestre sur tous les biens meubles et immeubles de l'évêque si ce
n'est déjà fait, et de mi notifier sans délai la décision prise à son égard.
Voir lettre du Département à la Municipalité, celle du Commissaire au Département, 3 Prairial an VII avec la réponse du Département 4 Prairial.
Arch.. des A. M. Q. 1 et 2 et Arch. Nationales, dossier Valperga,

�NIÇA LA BELLA
VERS DE /.

Giordan,

su

DE CARTA POUSTALA

Ai rai dôu nouostre bouon soulèu
Venon s'escaufar toui lu lùssi ;
Es un meravihous tablèu,
Ai rai dôu nouostre bouon soulèu,
Trouvas, dou Var fin au Castèu,
Anglés, Rouman, Danesi, Rùssi :
Ai rai dôu nouostre bouon soulèu
Venon s'escaufar toui lu lùssi.
Pèr tu, as touti li bèuta,
Terra de lus e d'alegria,
D'un ciel d'azur, as la clartà,
Pèr tu, as touti li bèuta.
De l'univers, en verità,
Siès la uechièma meravia ;
Pèr tu, as touti li bèutà,
Terra de lus e d'alegria.
Dintre lou tèmp, Semiramis
Faguet basti, à Babilouna,
Pu siéu jardin, vèr paradis !
Soubre Paioun, degun s'estouna
De vèire, ancuèi, lou paumoulié
Drissar au ciel la siéu coulouna
E lou galofre, e l'anemouna
Flouri emb'au pourtegalié.
De bouon matin, quitant maioun
Pèr la journada touta'ntiera,
S'en va lavar, dintre Paioun
Pa bugadiera.
D'un glourious passat es fiera
Perqué, d'un tèmp, sus lou bastioun
Au Turc, arranquèt la bandiera
Pa bugadiera.

�fet 68 —

Sau de fouora fa freï,
Que brima,
A Niça, sus lou Quèi,
Si rima.
Pescadou, fourestié,
De la mar bressarella,
Escouton voulountié
Pa doussa cantinella.
L'AVOUCAT

PATTA

L'estudi de l'avoucat Patta es en plen aria ; si tèn lou matin
couma lou predinà su la plaça dôu Palai. Es un ome pichounet,
touplen raplot, li pocha enfli de papiè de touta mers. En lu vièi
quartiè es proun counouissut e li capelada, « Bouonjou Moussu
l'Avoucat », noun li mancon. Es ben m'ai juge, proucuradou, etc.
Lu siéu ounourari soun bouon pati e n'a de preferença pèr
qu si sigue. Parla au premier maufatan vengut, couma se fousse
un agnèu que vén de naisse ; lou créancier o lou débiteur soun
tratat su lou même pen... basta que mouson...
L'avoucat Patta es de noutarietà reputat pèr un ome judicious, òunest — au noun si flata de l'estre au jou d'ancuei ; —
finda counouisse, es en relacioun d'afaire emê de gros persou nage que dintre la finança dôu siéu coumerce, soun quasi d'usurari. Sau menajar la cabra e lou caulè ; e pèr que la mouneda
noun li escapa si desbrouïa e si mete dôu cousta dôu manche...
d'aquéu que casca lou de mai...
Acò fa que toui lu matin que lou Bouon Diéu a fach, la siéu
doumestica mete toujou quaucaren au fuec. Lou dimeneghe, coum'un bouon crestian, — tartufaria que lou pauva, — va audi la
gran'messa à Santa Réparada, fa la siesta e à la calada dóu soulèu,
passeja su lou Cours, pastrouia, fa lu cent pas, noun parla que de
lei, proucès, citacioun, ensin alestisse lou travail dôu dilun...
Lendeman empastra ben d'afaire, mete facilamen en lou sac
Moussu Tout'Un emé Moussu Tout'Autre... En éu que li pòu
faire ?... lança dapertout lou broumech, tant pis pèr aquéu que si
laissa agantar. Quaranta sóu es lou près d'atac e vous pregui de
crèire que douna pas la siéu journada pèr doui o tres escut.
L'avoucat Patta counouisse l'usança dôu païs... s'avès touort,
vous rouïa, s'avès pi rasoun, v'espia... Que voulès aima manjar
lou pei, lou pei que noun aiguë d'espina...
JULI EYNAUDI.

�-«9VA

MAU ! !

Va màu, cresé-vous, que va màu 1
En l'orizoun lou voile negre
N'es qu'un gran camp cargat de pebre,
Qu'à pala lou jeten davan,
Avuglan finda lu cavau 1
Lu canoun soun su li frountièra,
Alignât couma de barriera,
N'esperon plus que lou signàu !
Lou soulèu, aquel animàu !
Stan, noun vòu levà la vela,
Si foundon couma des candela
Enb'aquèu coust dôu diàu !
Le Giacouuda à cóu de d/stràu
Li fan petà li sièu moulura...
Ah ! dèu faire bella figura
Se l'an foutuda en quauqua tràu
Lou pan crèise, finda la sàu,
Lou sucre dintre li boutiga
Mounta ben mai que de boufiga !
Van jusque crèise lou rampàu
E la pèu que fau lou tambau ;
Metran de drech su li nourriça,
Su lu chichi, su li saucissa,
Perqué pas soubre lu magàu ?
E lou Prussian, marrit bertàu,
Noun sabon fa que de babïa,
Per lou Maroc e l'Algèria,
Se faran mètre lou mourràu !
Li serreren toui lou pourtàu
E pi veiren touta la França
Davan la sieù grossa arougança
Se noun si sau garda li clàu !
Es de rima d'un manechàu,
Ma sien d'estiéu, vesin, vesina,
Li passeres en la resina
Avant que vegon l'espitau !
CHARLES CIAUDO

�Valère Bernard
Tout en heurtant le marteau contre la porte de M. Valère
Bernard je songeais. Je me suis complu dans le plus souriant
mépris des idoles. L'ironie a tremblé sur mes lèvres quand
la Provence a dans un ravissement de joie acclamé le poète de
Maillanne. Cette mascarade d'apothéose me répugnait.
Et maintenant la curiosité me fourvoyait dans le studio
d'un consciencieux artiste que les felibres couvraient de gloire.
Elève de Puvis de Chavannes M. Valère Bernard pasticha le
Maître. Mais vite il eût l'intuition qu'à se perdre dans les sentiers
battus il courrait risque de compromettre son crédit. Il dit
adieu à Paris et vint dans Marseille, l'opulente cité.
A cette époque vivait un exquis écrivain, J. Lombard. Il venait de publier deux œuvres d'une grandiose beauté, VAgonie et
Bysance. Dans un style étrangement tourmenté il contait les
luttes entre les factions d'Orient, illuminant son œuvre des
splendeurs bysantines.
Valère Bernard vit Jean Lombard, et du même coup les belles
au bois qui dormaient en son âme s'éveillèrent. Il délaissa les
études académiques, les pastiches sans vie, et d'ardentes couleurs
chargèrent ses toiles.
Voici le triomphe des rois Babyloniens. Sur les voûtes d'un
palais impérial passent des gardes étincelants dans la pourpre et
la soie. L'or envahit les hautes colonnes de jaspe bleu. Involontairement on pense aux fantastiques demeures hantées par des
fées émeraudes et des princesses aux perversités troublantes.
Et je m'imagine que le peintre était sous le charme de la
légende quand il a peint cette courtisanne qui sourit à son miroir tout en jouant négligeamment avec sa chevelure d'or. Et
puis passent Venise la rouge, Marseille enveloppé dans la poussière d'or du crépuscule, des motifs à la Watteau peints par un
bysantin, toute une apothéose.
Mais une idée m'obsède, tandis que dans la grise clarté d'un
soir automnal s'éteignent les fauves éclairs jaillis de ces radieuses
toiles. L'idéalisation du passé me paraît cruelle. Les générations
endormies dans la Mort ont eu leurs misères/leurs rancœurs, je
pense qu'il est absurde de s'écrier avec Musset « qu'aux temps
jadis tout était heureux jusqu'aux douleurs humaines. » En vain
l'apostat s'attriste-t-il sur les vieillards immortels de l'antique

�- 7i

—

lonie, â ses oreilles résonnent les paroles de l'Hiérophante : « La
Helladi que tu aimes n'a jamais existé ».
Mais M. Valère Bernard brise ma rêverie, et mes yeux se
portent.sur des portraits appendus au mur. Profils d'espagnol ou
d'américain mitigés d'espagnol, comme on en croise maintes fois
sur la Cannebière.
Homme universel ne puis-je m'empêcher de m'êcrier. M.
Valère Bernard sourit. Il siérait dit-il, à mi voix, de se développer en profondeur. Toutefois il est beau de se dire sur le
tard de sa vie que l'on a fait vibrer toute son âme. Ici le maître
rejoint Néron. Il m'aide à comprendre cet inquiétant empereur.
Mais encore faut-il que tout en étant l'homme universel on ne
sombre pas dans la banalité. De méchantes œuvres d'art peuvent
avoir leur prix.
Une idée se lève devant moi. Labruyère me petsuade que
l'honnête homme de Pascal propre à tout en définitive n'est propre à rien. La spécialisation inintelligente, mène à l'erreur, j'en
conviens, mais en fait elle est une loi générale.
Et ceci est pour me plaire, car j'abhorre dissiper mon énergie,
j'aime le repliement, la frissonnante pudeur qu'effarouche les
vaines ostentations. Je goûte les peintres du passé et malgré ma
philosophie j'adore les peuples disparus. Volontiers j'implorerai
avec la Cassandre de Schiller la cécité, l'exquise cécité. Le sou
venir a plus de puissance sur moi que l'espoir.
Et sous des deux gris, en des pays étrangers désolants de
médiocrité, il m'est arrivé de pleurer plus amèrement que ne
pleura Xerxès aux rives d'Abydos.
J. PADOVANI.
PROUVERB1, BOUOI MOT, COUNSÈU E DICH
Vèuva que si marida,
Dèu perdre la lus e l'audida.
Fiha madura,
Lou pouorta à la centura.
En cuntant su lu det :
Aquéu a fa l'óu ;
Aquéu l'es anat cercar,
Aquéu l'a fa cuèire,
Aquéu l'a manjat,
E lou pichoun n'a ren tastat !

�— 73 —
LE

DÉSESPOIR

Oui, j'ai la mort dans l'âme ; oui, je monte au calvaire ;
Mon horizon, hier si beau, s'est obscurci ;
Je hais tous les devoirs et tout ce qu'on révère :
Mieux vaut mourir que vivre ainsi !
Puisque je n'y puis rien ; que la raison humaine
Ne gagne plus un cœur où mon cœur est entré,
Je veux briser mes jours comme on brise une chaîne
Et m'enfuir en désespéré.
Qu'est-ce donc que la mort ? C'est la paix éternelle,
C'est un beau drap de fleurs sur mon sein endormi,
C'est la nature calme, auguste et solennelle
Qui nous prête un repos ami.
O nature de Dieu contemple ma détresse !
Ecoute tout mon sang dans mon cœur s'épancher
Et, puisque je n'ai plus le lit de ma maîtresse,
C'est au tien que je veux coucher ;
C'est toi la grande mère et la nourrice immense !
L'homme au sort le plus âpre et l'homme au sort plus beau
Retrouvent dans ton sein leur part de ta clémence :
L'un l'amour, l'autre le tombeau
Tu sais, toi qui vois tout, ce qu'ici bas je souffre,
Que je n'ai point béni l'instant de mon réveil
Et que j'ai regardé, toujours, du fond du gouffre,
Les bords ou brillait le soleil ;
Que je n'ai bu jamais que dans la coupe amère,
Que le seuil du bonheur me fut toujours fermé,
Que j'ai perdu mes fils, que j'ai perdu ma mère
Et tous les cœurs qui m'ont aimé !
Maintenant je m'en vais, battant du front, comme ivre,
En proie à ce grand deuil qui me courbe en vainqueur,
Et je veux déchirer ma vie, avec le livre
Des chastes sanglots de mon cœur ;
Et toi, rayon divin, génie, ardent délire,
Flambeau qui n'iras plus briller sur son autel,
Eternise du moins ces larmes de ma lyre
Et que mon cri soit immortel !
[EDGAR DE MASINI

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La mouort dau paure Tounin (Ant. Roland)

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La Vigne (J. Padovani)

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Eglises et Chapelles de Nice (Valentin)

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Nouvé

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Noumbre d'or...
13
Mars
Epato (Grégori)
Il
Jun
Cicle soulari
17 Setèmbre
Endicioun roum
10 Desembre
Letra doumenicala
G F
LI QUATRE

8,
7,
20,
20,

10
9
22
22

e
e
e
e

11
10
23
23

SESOUN

Lou printèms coumença lou 21 mars
L'estiéu
—
— 22 Jun
L'autoum
—
— 24 sept,
L'iver
—
— 22 dés.

à 6.55 m.
à 2.36 m.
à 5.18 m.
à 11.53 m.

dôu sera
dôu sera
dôu matin
dôu sera

FESTA MOUBILI

Septuagesima... 12 Fébrié
Cendre
21 Febrié
Pasca
7 Abrieu
Rougacioun 21, 22, 23, 24 Mai
Ascensioun
16 Mai

Pantecousta
Trinità
Festa de Diéu
1" Dimenegue de
Ie* Desémbre

26 Mai
11 Jun
15 Jun
l'Avènt

LU ESCLISS!

Souliu.

—

ij Abriéu. — Esclissi annulari e coumplet visible

à Paris, en America, en Europa et dintre lou N.-O. de l'Africa.
Coumençamen de l'esclissi à 10,01 dôu matin ; finisse à 1,08
dôu sera.
10 Otitoubre. — Esclissi coumplet invisible à Paris, visible
dintre l'America dôu Sud.
Luna. — 1" Abrièu. — Esclissi parciella visibla à Paris. Entrada de la luna dintre l'oumbra, 9.26 dôu sera; sourtida, 11.03
dôu sera.
26 Setèmbre. — Esclissi parciella, invisibla à Paris, visibla
dintre l'Océan Pacifique.

Jîla providence, %ue de la Préfecture /4, $run, Siàraire

�LU

VÉNT

Lu vènt que souflon à Niça, dintre lou cours de l'armada,
soun au nombre de 16. Vequi li siéu denouminacioun courènti,
pihadi, en general, dai loucalità dei quali parèisson vèni :
Sud
Miejon
Nord... Tramountana
S.-S.-O. Miejou Lebech
N.-O.-E. Grek Tramountana
S.-O
Lebech
N.-E... Grego
O.-S.-O Pounèut Lebech
E. N .E. Levant
Ouest. Pounènt
E.-N.-E. Levant
O.-N-O.V Pounènt Maistràu
E.-S.-E. Levant
N -O . Mastràu
S.-E.... Siroco, vènt marin
N..-N. OMaïstràu Tramount
S.-S.-E.. Miejou Siroc

6
15
25
14
31
24

VIGÍLIA — JEUNI
Abriè
(Pasca, 7 Abrièu).
Mai
(Ascensioun, 16 Mai).
Mai
(Pantecousta, 26 Mai).
Avoust
(Assoumpcioun, 15 Avoust).
Outoubre (Toui lu Sant, Ier Nouvembre).
Desembre (Calena, 25 Desembre).
L'AN NADA RELIGIOUSA

LI FESTA MOUBILI E LI FESTA FISSI
Janvt'è
jYlars
1 Circouncisioun.
1 e 2 Quatre Tèms.
6 Epifania (lu Rei).
3 Reminiscere.
13 Bateja de J.-C.
10
Oculi.
14 Sant Noum de Jesu.
17 Lœtare.
fébrié
24 Passioun.
2 Puriflcacioun.
29 Li 7 Doulou.
4 Setuagesima.
31 Lu Rampàu.
6 Festa de la Pr. de N. S.
11 Sexagesima.
Jîbriéu
13 Coum. de la Passioun.
5 Divendre Sant.
18 Quinquagesima.
7 Pasca.
21 Cendre.
14 Quasimodo.
25 Quadragesima.
28 Patrou. de San Joúsè.
28 Quatre-Tèms.

�Setembre
3 Inv. de la Santa Crous.
13, 14, 15, Rougacioun.
16 Ascensioun.
26 Pantecousta.
29-31 Quatre-Tèms.
1
2
6
9
21
24
29

Quatre-Tèms.
Trinità.
Festa de Diéu.
Festa dôu S. Sacramen.
Sacrat-Couor de'jesu.
Natività de S. jouan-Bat.
SS. Peire e Paul.

8 Natività de la Vierge.
14 Esaltacioun de la Crous.
15 N.-D. dei 7 Doulou.
15 San Noum de Maria.
18, 20, 21, Quatre-Tèms.
29 Dédie, de S. Miquèu.

Ôutoubre
6
13
20
27

Sant Rousari.
Maternità de la Sta Vierge.
Puretà de la Santa Vierge.
Patrounage de la S. Vierge.

J/ouvembre

Juliet
2 Visitacioun de la S. V.
7 Precious Sang.
16 N.-D. dôu Carme.

Jîvoust
6 Transfiguracioun.
15
18
25
25
29

Assoumpcioun.
S. Joachim.
S. Couor de la Vierge.
S. Louis.
Decolac. de S. Jouan-Bat.

1
2
3
21

Toui lu Sant.
Lu Mouort.
Santi Relíquia.
Present, de la Sta Vierge.

2&gt;esembre
1 Avent.
8 Imaculata Councepcioun.
18, 20, 21, Quatre-Tèms.
25 Calena.

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DÉCIMALISATION

DU

TEMPS ET DES

ANGLES

LA MONTRE DÉCIMALE
Par J. de REY-PAILHADE, président du Comité
pour la propagation des méthodes Décimales.
Le Club Nautique de Nice a offert plusieur fois en prix des
montres décimales aux régates'de 1909. Il était utile de décrire cet instrument, d'y joindre des tables pratiques et des
formules à l'usage des ingénieurs, des sportsmen, des médecins, etc. etc.
DÉCIMALISATION DES ANGLES •
Il est aujourd'hui démontré que la division décimale du
quart de cercle facilite tous les calculs.
Les nouvelles cartes géographiques sont graduées exclusivement dans ce système, devenu officiel en France et dans
d'autres pays. On possède toutes les tables pratiques nécessaires à son essai courant. Nous ne nous étendrons pas
davantage sur cette méthode aujourd'hui enseignée dans les
lycées et collèges.
Nous rappellerons seulement que M. l'amiral Germinet,
membre d'honneur du C. N. N., sous la direction duquel on
fit en 1899 et 1900 des essais de navigation avec un matériel
entièrement décimal, a émis un avis très favorable à la
réforme décimale.
DÉCIMALISATION DU TEMPS
La division décimale du jour décrétée le 4 frimaire an II
rendra aussi de grands services à la science et aux sports.
Principe. — On divise le jour entier en 100 parties égales
appelées cés ; le cé est subdivisé en décisés, ceniicès et millicés
Le cé vaut 14m 24s ou 1T4 d'heure environ ; le décicé est égal
lm 26s 4 ou lm Ij2 environ ; le millicé vaut 0S 864 ou 9T10 de
seconde environ.
Concordance des Temps. — On parvient assez vite à dire
instantanément l'heure à 1 ou 2 minutes près en regardant le
cadran d'une montre décimale. Il suffit d'apprendre par cœur
les concordances décimales de toutes les heures.
0,0
0
50,0

4,2
1
54,2

8,3
2
58,3

12,5
3
62,5

16,7
4
66,7

20,8
5
70,8

25,0
6
75,0

�25,0
6
75,0

29,2
7
79,2

33,3
8
83,3

37,5
9
87,5

41,7
10
91,7

45,8
11
95,8

50,0
12
100,0

Les heures sont au milieu, les concordances des heures
du matin en haut, celles du soir en bas. Ainsi 10 heures du
matin valent 41.7 cés (énoncer 41 cés 7 décicés) et 10 heures
du soir valent 91,7 cés.
Gomme 1 cé vaut presque lj4 d'heure et un décicé une mi •
nute 1]2 ; en partant des concordances du tableau, on dit
l'heure instantanément, ainsi 39,9 cés valent 9 h. 36 m. du
matin. Un ou deux jours suffisent pour atteindre ce résultat.

Description de la montre décimale ou cémètre. — Il y a 3
aiguilles centrales se mouvant sur un cercle divisé en 109
parties égales, numérotées de 0 à 9. Le 0 cé est en bas, c'est
l'origine des temps, car on suppose la Terre au centre du
Cadran.
L'aiguille dorée avec un soleil ne fait qu'un tour par jour ;
l'aiguille épaisse en acier bleu tourne 10 fois par jour, et la
trotteuse fine fait 1000 tours par jour.
L'aiguille-soleil montre la position de l'astre du jour par
rapport au méridien de Paris, qui va du centre au chiffre 5.

�10 —
Les quatre traits bleus indiquent les positions de cette aiguille
à minuit en bas sur 0 ; — à tì h. du matin au milieu entre 2
et 3 ; — à midi, en haut, sur le 5 ; — à 6 h. du soir, entre 7
et 8.
L'aiguille dorée du soleil indique le chiffre des dizaines
de cés, 2 sur le dessin ; l'aiguille épaisse donne d'abord le
chiffre des cés, 6 sur le dessin, et en comptant rapidement à
l'œil le rang de la division entre 6 et 7, on voit, que cette aiguille marque 3 décicés. Le temps du dessin est donc 26,3
cés correspondant à 6 h 20 m. du matin environ. L'aiguille
trotteuse donne les millicés 83. Le temps est donc 26,383
cés.
» Pour la vie courante, on n'a pas besoin d'aller au delà du
clécicé. On lit les milticés pour les applications scientifiques
et sportives.
Le temps en millicés lu sur le cêmèire facilite tous les calculs, car on n'a jamais de réductions à faire.
Examinons le problème des vitesses a l'heure : Les millicés multipliés par 0,00024 donne des heures et fraction décimale d'heure. Ainsi Ì2345 millicés valent 12,345 -f- 24 =
2 h. 9628.
Par conséquent si L est la longueur parcourue et M le
temps en millicés, la vitesse est

ou t

+ 4166,66...

Ces quelques exemples démontrent que la montre décimale simplifie tous les calculs sans exception.
Les rapports de MM. les délégués officiels aux essais de
la montre décimale faits à Nice, par le Club Nautique, le 26
février 1911, concluent unanimement à la supériorité de cet
instrument pour les usages scientifiques et sportifs.
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dil. S. Maurici
15
dim. S. Ounourat
16
dim. S. Antoni
17
dij. Sta Angela
18
div. S. Sulpici
19
dis. S. Bastian
20
Dim. Sta Agnesa
21
dil. S. Vincènt
22
dim. S. Raymound
23
dim. Sta Jacinta
24
dij. Conv. de S. Pàu
25
div. S. Poulicarpa
26
dis. Sta Devota
27
Dim. Sta Paula
28
dil. S. Francès S.
29
dim.
dim.
dij.
div
dis.

S.
Sta
S.
S.

TRIMESÏRÍ;

Macari
Genevieva
Tita
Simeoun

dim. Sta Marfina
dim. S. Peire N.
En Janvié
Lou païsan n'a ren

lu 6, à 4 oura 28 s.
lu 13, à 11 oura 38 m.
lu 21, à 4 oura 44 ui.
- L. 7 49' - C. 5 30'

dij. S. Ignaci
div. La Candeliera
dis. S. Blasi
Dim. Setuagesima
dil. SS. Vinc.Oronte
dim Sta Agata
dim. Sta Dorotea
dij. S. Romuald
div. S. Jouan-Matha
dis. Sta Apoulounia
Dim. Sexagesima
dil. Sta Eulàlia
dim. S. Gregori
dim. Sta Eufrasia
dij. S. Onesime
div S. Dounat
dis. S. Simeoun
Dim. Quinquagesima
dil. S. Gabin
dim. Dimars-Gras
dim. Li Cendre
dij. S. Silvan
div. S. Maxime
dis. S. Pascase
Dim. Quadragesima
dil. S. Nestor
dim. S. Leandri
dim. Sta Nourina
dij. S. Nymphas

Plueia de febrié
A la terra vau fumiè.

ZDéSTU-S-bez

NICE

MARS
N. L.
P. Q.
P. L.
D. Q.
N. L.
SOULÈU

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lu 1,
lu 8,
lu 15,
lu 23,
lu 30,
— L.

div.
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Dim.
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dim.
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Dim.

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L
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7

1 oura 31 m.
0 oura 02 m.
0 oura 59 m.
1 oura 26 m.
1 oura 38 s.
01' — C. 6 13

S. Eudoxia
S. Simplici
Reminisceri
Sta Cunegonda
S. Casimir
Sta Coleta
S. Jouan de D.
Qaatre-tèms
Sta Margarida C.
Ocali
S. Euloge
S. Gregori
Sta Eufrasia
Sta Matilda
S. Acepsima
Sta Gertruda
Lœtari
S. Apien
S. Jôusé
S. Joachin
S. Lea
S. Turibe
S. Armentari
La Passioun
Anounciada
S. Emanuèu
S. Jouan d'Egt,
S. Gountran
S. Eustase
S. Jouan C.
Lu Rampàu

Lou mes de mars
Es amar.

tous le -vrai

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NICE

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ABRIÉU
P.
P.
D.
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L.
Q.
L.

lu
lu
lu
lu

SOULÈU.

1 dil.
2 dim.
3 dim.
4 dij.
5 div.
6 dis.
7 Dim.
8 dil.
9 dim.
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13, à
3
21, à 7
28, à 11

—

oura
oura
oura
oura

L. 6 06'

—

55 in.
37 s.
31! s.
25 s.
C. 6 52'

S. Ugo
S. Franç. de P.
S. Richard
Dijàu Sant
Divèndre Sant
Dissata Sant
Pasca
S. Albert, ev.
S. Azada.
s. Isidoro
s. Leoun
s. Juli
s. Justin
Ouasimoi/ii
Sta Anastasia
S. Frutuous
S. Rodolfe
S. Maxime
S. Anselme
S. Teodoro
S. Adalbert
S. Fidèle
s. Jorgi
s. Marco
s. Clet
s. Antime
s. Aimé

s. Roubert
Sta Catarina d. S
SS. Philip. ,Jacq.

Pichouna plneia d'Abriéa
Bouona récolta pèr l'csliéu

Q.

p
P. L.
D . Q.
N. L.
SOULÈU.

TRIMÍÎSTRÈ;

MAI

JUN

à

lu 5,
2 oura
lu 13, a 7 oura
lu 21, à 10 oura
lu 28, à 7 oura
— L.

5 14'

—

14
10
23
24

s.
m.
m.
m.

C. 7 29'

1 dim. SS. Félip. Jaq.
2 dij. S. Atanase
3 div. In.d.l. Sta Crous
4 dis. SS. Sindonis
5 Dim. S. Pio, papa
6 dil. S. Jouan D.
7&lt; dim. S. Peire
8 dim. s. Gregori N.
9 dij. s. Antounin
10 div. s. Isidoro
11 dis. s. Bounifaci
12 Dim. s. Jouan lou S.
13 dil. s. Pouon, m.
14 dim. s. Pacomo
15 dim. s. Sta Denisa
16 dij. Ascensioun
17 div. S. Pascaù
18 dis. S. Teodoto
19 Dim. s. Pèire C.
20 dil. s. Felis.
21 dim. s. Bernardini
22 dim. s. Julia
23 dij Rogaeioun
24 div. s. Vincen, d. L.
25 dis. S. Urbin
26 Dim. Pandecousta
27 dil. S. German
28 dim. S. Cirile
29 dim. Sta Petronïa
30 dij. S. Sylve
31 div. S. Justin
Au mes de mai
Longui semana

p
P.
D.
N.

Q.
L.
Q.
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lu 3,
lu 11,
lu 19,
lu 26,

SOULÈU.

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dis.
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9 Dim.
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12 dim.
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18 dim.
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20 dij.
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23 Dim.
24 dil.
25 dim.
26 dim.
27 dij.
28 div.
29 dis.
30 Dim.

—

à 11 oura 4 s.
à 10 oura SI s.
à 9 oura 51 s.
a
2 oura 20 s.
L. * 34'

C. 8 1!"

S. Potin
Trinità.
S. Quirin
S. Francès C.
S. Lié
Festa de Dieu
S. Lié
Quatre-tèms
S. Optat
Sta Margarida
S. Barnabe
S. Antoui de P.
S. Basilio
S. J.-F. Régis
S. Moudeste
S. Lambert
Sta Olga
S. Gervai
Sta Juliena F.
S. Louis de G.
S. Paulin
Sta Maria d'O.
S. Jouan-B.
S. Prousper
S. Alban
S. Cresen
s. Iréné.
s. Pèire
s. Pàu
s. Tibàu

En Jun
De tres abit l'un

Dégustez tous le vrai

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lu 25, a 9 oura 12 s.
SDULÈU. - - L. 4 35' — C. 8 22'

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dim.
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Dim.
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dim.
dim.
dij.
div.
dis.
Dim.
dil.
dim.
dim.

S. Thierry
Vierg.de li Gracia
S. Anatole
S. Pèire de L.
S. Sisoès
S. Elie
Sta Babeta
S. Efrein
Sta Felicita
S. Pio
S. Jouan G.
S. Gene
S. Jaque
Festa Naciounala
S. Enri
N.D.d.M. Carmel
Sta Marcelina
S. Frederic
S. Vincen de P.
Sta Margarida
S. Vi loiSta Maria-Mad.
S. Apoulinari
Sta Cristina
S. Jaque
Sta Anna
S. Pantaleoun
S. Samsoun
Sta Marta
Sta Giulieta
S. Gnaci de L.

Au mes de Juliet
Ni frema ni coulé.

TBIMËSTRÎ;

I1. Q. lu 2, a 0 oura 29 m.
P. L. lu 10, a 3 oura 58 m.
D. Q. l»i 17, a 1 oura 1.1 s.
N. L. lu 21, a 5 oura 14 m.
IV Q. lu 31, &amp; 5 oura 21 s.
souLÈu, —1.5 or -j&gt;. 8 or

dij.
div.
0 dis.
4 Dim.
5 dil.
6 dim.
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8' dij.
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div.
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Dim.
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dim.
dim.
dij.
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S. Pèire-aï LS. Alfonso
Inv. de S. Estève
S. Domenica
N. D. dei Nèu
Trausf. de J. C.
S. Gaétan
Sta Batilda
S. Camila d. L.
S. Là u ren
S. Septima
Sta Clara
Sta Filoumèna
S. Ousèbi
Asoumpcionn
S. Roc
S. Mamès
Sta Elena
S. Ipoulita
S. Bernar
Sta Chantai
S. Pio V
S. Filipe B.
S. Bartoumiéu
s. Louis, r. F.
s. Seg'oundo
s. Cesari
s. Goustin
s. Mederic
Sta Rosa
S. Fiacre

F.n . ivoast
Figa e moust

wmmm mm

SBTÈMBRE
P. !.. lu 8, a' 4 oura 57
D. Q. lu 15, a 6 oura î&gt;l
N. L. Ju 22, a 3 oura 37
P. Q. lu 30. a 0 oura 08
SOULÈU. - - 1. 5 47V— c.

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Dim.
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dim.
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Dim
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dim.
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dis.
Dim.
dil.

S. Gili
S. Estève R.
Sta Eufemia
Sta Rosalia
S. Làuren J.
S. Pambon
S. Grat
Natiu, di' la V.
S. Oumer
S. Xicola
S. Félis
S. Veran
S. A nié
Es. (1. l.S. CtQUS
S. Nicomède
S. Conrneilla
S. Lanbert
S. Tournas V.
S. Janvié
S. Euslache
S. Matiéu
S. Maurici
Sta Tecla
S. Girar
S Firmen
S. Nil
S. iN'icandre
S. \\ inceslas
g. Miquèu
S. Jeromo

Lima setembrina
De mai clarina

MOT »

GRANDE MARQUE RECOMMANDÉE

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s
s
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OUTOUBRE
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lu 15,
lu 22,
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oura 46 m,
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m.

ii

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6 06*

TRIMESTRE

NOUVÈMBRE
P. L. lu
6,
D. Q. lu 43,
N. !.. lu 20,
Q.
lu 29,

r.

SOULÈU. - -

1.

a
a
a
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4 oura 48
8 oura 20
9 oura 49
2 oura 42
14'

—

c.

5 03'

1 dim. Rosari
1 div. Tout lu Sant
2 dim. S. ■ Léger
2 dis. Eu Mouorl
3 dij. S. Rosari
S. Ubert
4 div. s. Francès d'A. 43 Dim.
dil. S. Carlo B.
5 dis. s. Placido
5 dim. Sta Bertila
6 Dim. s. Bruno
6 dim S. Leounar
7 dil. s. Serge
dij. S. Nestou
/
8 dim. Sta Reparada
8 div. Lu Quatre Incou.
9 dim. S. Denis
9 dis. S. Teodore
10 dij. s. Francès B. 10
Dim. S. Jacintou
11 div. s. Tarasco
11 dil. S. Martin
12 dis. s. Counrad
12 dim. S. René
13 Dim. s. Edouard
13 dim. s. Stanislas
14 dil. s. Calisio
14 dij. S. Pantena
15 dim. Sta Teresa
15 div. Sta Gertruda
16 dim. S. Ospici
16 dis. S. Edme
dij.
17
Sta Edvija
17 Dim. S. Gregori
18 div. S. Luc
18 dil. S. Alfè
19 dis. S. Pèi re
19 dim. Sta Babeta
20 Dim. S. Agrico)
20 dim. S. Edmon
21 dil. Sta Ursula
21 dij. Présent, de la V.
22 dim. S. Filip
22 div. Sta Cecilia
23 dim. S. Teodoret
23 dis. S. Clemen
24 dij. s. Mairloire
25 div. ss. Crespin-Cr. 24 Dim. Sta Flora
26 dis. s. Jouan de K. 25 dil Sta Catarina
26 dim. Sta Pel fina
27 Dim. s. Frumence
27 dim. S. Maxime
28 dil. s. Alfredo
28 dij. S. Sostène
29 dim. s. Narcisse
29 div. s. Saturnin
30 dim. s. Marcel
30 dis. s. Andrièu
31 dij. s. Siri
En ùuloubre
\loii ponorc goûta loti rùare

Tonssan ientra
St A n'driéu lou souorte

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DESÈMBRE

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lu 12,
lu 20,
lu 28,

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Dim.
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dim.
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dis.

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9 dil.
10 dim.
11 dim.
12 dij.
13 div.
14 dis.
15 Dim.
16 dil.
17 dim.
18 dim.
19 dij.
20 div.
21 dis.
22' Dim.
23 dil.
24 dim.
25 dim.
26 dij.
27 div.
28 dis.
29 Dim.
30 dil.
31 dim.

1.

a
a
a
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3 oura
m.
6 oura 46 s.
4 our;i 40 s.
7 OUI;L 48 s.

7 54' — c.

A vent
Sta Bibiana
S. Francès X.
Sta Barba
S. Bassi
S. Nicola
S. Anbrosi
Imac. Conception
Sta Leoucadia
Sta Eulàlia
S. Damase
Sta Rosélina
Sta Lucia
S, Niçoise
S.
S.
Sta
S.
S.
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S.

Mesuiin
Adon
Olimpíada
Gatien
Ciprian
Filogone
Tournas

S. Onourat
Sta Vitòria
Cacha-fuec
Calèna
S. Estève
S. Jouan
SS. Inoucent
Sta Eleonora
S. Sabîn
S. Sàuvestre

Calena aufuec,
Pasca àu j'aèc.

sin -

GRANDE MARQUE RECOMMANDÉE

4 35

�- i6-

�- 17

-I

CROUNICA NIÇARDA
L'ABADÏA DE SAN POUON.— L'ABAT RANCE-BOURREY.
GLOFFREDO.

—

—

PÈIRE

A PREPAU DOU DIALETE NIÇART.

Ben qne pareissènt tardié, VArmanac Niçart s'empressa de
pourtà la siéu febla vous su tout cen que enteressa lou païs, sigue
au pounch de vista istoria loucala, pouesia, tradicioun, sigue
tamben su la taquinanta questioun dóu dialete niçart souvenri
fès pauvada e su la quala lu escritour mouderne soun luen d'estre
d'acordi.
Parlerai finda de M. l'Abat Rance-Bourrey, un beneditin qne
despi quauque an en ça mete à prouflt la siéu erudiciou n a nen
revelà de fach d'istoria inedieh. Se quauqu'un mérita d'estre
laudat es ben éu ; es en éu que VArmanac Niçart tressa la
pamoula de sapiença. En esprimant la nouostra recounouissença,
à l'Abat Rance-Bourrey, fen cen que touplen an denembrat,
vouoli dire de courounà lu siéu travail, frucha de ben de recerca,
dai quali obra sian fier d'avé prestat la prima ajuda. Pouden cità :
lou Discours sur le Monastère de Sainte-Claire de Nice, par Honoré
Pastorelli, publié d'après l'édition originale de Turin 1608, avec
une introduction et des notes ; — "Le Général J.-B.-M. D'Anselme" (Notices biographiques (1740-1792). E aquest'an
l'istorien nen douna — toujou de prima man — YExpulsion de
Mgr Valperga, evesque de Niça, au tèms de la Revoulucioun,
travail anoutat de peça curiouvi que sian urous de pouder metre
souta lu uès dei nouostre letour.
*
* *
Lou fach de l'annada, lou mai marcant, es estat aquéu de
l'Abadïa de San Pouon. Parlon de tout destruge pèr li basti an
siéu luec un espitau Pasteur... UArmanac Niçart es pas Penemic
dóu prougrès, ni men encara dei Bei-Art, ma si fa lou pious dever
de jougne lu siéu esfouors en aquelu dei siéu councitadin quo
l'istoria dóu passat passiouna, pèr que l'Abadïa de San Pouon
sigue counservada e classada couma mounumen istorique. En la
circonstança feliciti M. l'Abat Rance-Bourrey que mé rasoun s'e.s
demoustrat l'ardènt defensour autourisat que counouissen. La
siéu paràula es estada escoutada e lou Préfet de li Alpa-Maritima,
8

'

�— i8 M. de Joly — respetuous dei nouostri tradicioun — en ortie
avertit a proumès que l'Abadïa de San Pouon seria respetada e de
lèu si crusià pèr lou siéu classamen tra lu mounumen istorique.
Dóu resta vequi ce que l'Abat Rance Bourrey nen di su San
JPouon. Counsignen religiousamen li siéu paràula :
« L'Abbaye de Saint-Pons est le plus ancien monument relitgieux existant dans le Comté de Nice. Il y a dou^e cents ans que
sSiagrius y fonda un monastère. L'histoire de ce monastère est
jintimement liée à l'histoire religieuse, civile et économique de la
iville de Nice.
;
« Ce fut à Saint-Pons qu'en 1388 fut'signé l'acte réunissant
le Comté de Nice au Comté de Savoie. Les abbés de Saint Pons
ifurent pris dans les principales familles du Comté : les Badat, les
tLaugery, les Provana, les Lascaris, les Grimaldi, les Martelli, les
;Tournefort, etc. Plusieurs évêques de Nice furent abbés de Saint[Pons, en particulier Barthélémy Chuet (fin du xve siècle) et Jean
, Uriole, son successeur. Un autre abbé, Claude de Seyselle, fut
,évêque de Marseille, puis archevêque de Turin ; d'autres furent
cardinaux, tels Innocent Cibo, neveu d'Innocent VIII et de
f
;Léon X, et Paul Medeci de Cesis dont on voit encore l'inscription
(funéraire à Sainte-Marie-Majeure, à Rome.
:
« A la fin du xvir siècle, l'abbé de Saint-Pons était Pierre
•Gioffredo, le savant historien niçois. Enfin, un abbé de SaintiPons dont les Niçois n'ont pas encore perdu le souvenir, était
(l'abbé Spitalieri de Cessole qui a doté sa ville natale d'un établissement de bienfaisance si justement apprécié. La plupart des
pbbès de Saint-Pons et plusieurs évêques de Nice ont été enterrés
dans l'église ou sous le cloître et dorment aujourd'hui confondus
avec les moines leurs frères qui depuis dix siècles y sont enterrés.
« Les monuments funéraires ont disparu. Le temps a tout
(nivelé à Saint-Pons, singulièrement aidé cependant par la main
ides hommes. On connaît les dévastations commises par
Iroupes de François Ier et de Barberousse, plus tard par celles d
Catinat et par d'autres encore. Après chaque désastre, SaintPons a retrouvé une nouvelle vitalité et il y a à peine trois quarts
de siècle que Mgr Galvano y a fait d'importantes réparations.
;
« Saint-Pons n'est pas seulement une page de l'histoire de
notre pays, c'est un gros volume de cette histoire ; les Niçois
laisseront-ils dire qu'ils sont restés indifférents devant le danger
qui menace Saint-Pons ? Non, ils feront tous leurs efforts pour

�— 19 -

sauver de la destruction un monument qui doit leur être cher...
Je demande d'urgence le classement de l'Abbaye de Saint-Pons,
c'est-à-dire de l'Eglise et des bâtiments claustraux, comme monument historique. »
Lou councours de YArmanac Niçart es aquist. Emé fiertà e
au près de touplen de sacrifici faren respetà l'istoria dóu passat,
la lenga e lu escrich dei orne qu'an ilustrat lou nouostre bèu
pais.
*
* *
Despi quauque tèms, — maladia que reven per intermitença,
— la gran questioun de la grafia niçarda, de l'ourtougrafa, es
messa su lou tapis. De letra soun estadi publicadi, d'autri lou seran, e cresi qu'après ben de charra pèr dire pas gran cauva de
nóu, quasi dirii pèr predicà dintre lou Desert, noun restera
d'aquela discussioun, — Favén déjà coustatat, — pas gran cauva,
ren!... Cadun escrèu à la siéu moda seloun l'esprit dóu moumen,
e serii ben curious de counouisse aquéu que vendria nen dità
une metoda en nen dïen : « la mièu maniera d'escrièure lou
Niçart es la bouona». Discussioun scientifica que pòu passiounà
quauque lenguista, pas mai ; lou mihou es d'escrèure seloun li
letra ditadi pèr la prounouncia. Lou talènt pèr aquéu qu'escrèu
es de si laissà liège, de si faire acapi. Es qu'en en un entan que
frecuenta l'escola primària poudès li demandà autra cauva ?...
Perta de tèms que tout acò, vourria mai s'engenià à recercà lu
viei mot, espressioun, loucucioun courenti que la pous dóu tèms
a rabaïat, dounà au nouostre bèu dialete la coulou que dèu avè,
en respetant lu emprunt que pouden avè fach sigue à l'Italian, à
l'Espagnòu o à tout autre...
Un dialète noun dèu pas estre une lenga scientifica, encara
m en noun còu avè la pretencioun que sigue ouficiela, seria temerari ; lou dialete d'un païs dèu refletà lou caratere d'un'epoca que
lou tèms dèu respetà, enfin escrèure gramaticalamen, un noun
empedisse l'autre, e laissà à l'esprit, au goust lou coumplemen
d'un stile ouriginal, en de frasa councisi que flaton i'auriha.
Aquí fermi la discussioun, risqui de perdre la civada... l'an
que ven, se Diéu mi presta vida, v'en dirai d'autri e couma
d'usança que mi sigue permès de la vous souvetà : Bouona e
uroûva !
L'ARMANAC

NIÇART.

�20 —

LA CIGALA DOU BOUON DIEU
Una cigala dóu Bouon Dieu
Tout l'estiéu
E l'iver en la chambreta, —
L'aiguesias vista la lebreta ! —
Noun vivïa que d'amour
S'assetava su l'ounour;
La cigala cantarela,
Vau chanja de clientela,
Noun es courta d'amatour,
Que li viron tout au tour !
Ma l'ancien de la cigala,
De gros mot ven que s'embala ;
En l'auriha de la maire
Li ven tout aquéu bousin,
Que deja toui lu vesin
Sabon lou long de l'afaire
— Cenqu'as fach m'au tiéu tip ?
Di la maire enrabiada...
Bella Vierge encourounada !
Sera au mancou m'un bouon rie!!...
CH. CIAUDO

PROUVERBI, BOUOI MOT, COUNSÉU E DICH
Tèms d'iver noun ti fidar.
Lu màu dei enfan si garisson soulet.
Cau naisse pèr estre bèu, si maridar pèr estre rie, e mouri
pèr estre brave.
Per aver de raïn, eau caressar la souca.
Agnèu naissut
Vau un escut.
Dansa mihou ventre plen que rauba nova.
L'oumbra dou mèstre engraissa lou cavau.

�LOU MAGOT DE BERTOUMIÉU ISSUGA
O BEN

UNA RAISSADA DE MACAROUN
Conte menloanasqae trouvât dintre d'un armori
de ma nana e que /'Armanac Niçart es tirons de
transcrièure en niçart à Ventencioun dei sièu
fidèle lotour et lelrissa.

Bertoumiéu Issuga, mentounasque de viéia roca, abitava en
coumpagnia de sa mouhié, en carriera dóu Paumoulié. La siéu
frema, malurousamen, era sirnplaria e faia lou siéu desespoir.
Cada matin Bertoumiéu, avant de s'en anà au travail, li recoumandava de noun faire de bestialità. Cou vous dire que toui lu
dissata lou nouostre ome metia en un'armari pertuat dintre la
muraia lou gagne de la semana.
— Bertoumiéu ! pèr qu seria tout aquel argen, demandava
Marioun au siéu marit.
— Es pèr Madjou-long, castagnassa !
*
* *
Un jou Bertoumiéu partet pèr anar à la siéu campagna ;
devia même li restar doui ó très jou pèr souïnar e arousar lu
citrouniè. Marioun souleta matin e sera, s'assetava su lou banquet de la pouorta e faïa de bas... Un predinà veguet un ome
de statura mai que mejana, couma si di, un gran carcan. La
frema de Bertoumiéu lou fissa sensa parpelear, pi pihada d'un'
idea, li diguet :
— Moun bèu Moussu, sias bessai vous Madjou-long ?
Lou merlo pita e noun s'en laissa dire autre, léu li
respouonde :
— Noun vous troumpas pas, bella bruneta, sièu ièu Madjoulong !... Ma perqué mi faire tala demanda ?
Perqué ?... dou moumen que sias Madjou-long, intras su lou
cóu. Li a ja pas mau de tèms que moun marit a mes d'argen
amagat pèr vous...
E sensa mai de ceremounia li remeté lou mandiou dintre lou
quai lu sóu eron groupât. L'ome remercia e la s'esbigna lèu.
♦

* *

�Lou sera, Bertoumiéu arriva, la sièu mouhié li di.
— Sabes, ai vist ancuei Madjou-long !
E l'ome de cridar :
— Malurousa ! — m'en a fach encara una 1
Courre à l'armari, lou mandiou e Pargen, mouis !... Issuga
blastema pica dai pen, es décidât de si desiaire de la siéu frema
Lendeman, dóu téms qu'aissesta durmïa, li cuerbe lu uès emé de
pega de sabatié, pi la pihant pèr la man, la mena dapé dóu CapMartin. Arrivât aqui, Bertoumiéu fa mountar Marioun su d'un
nouguié el'abandouna. La paura, bòrnia, noun sabia doun si
trouvava, ni men encara ce que poudia faire.
En aquéu fra-tèms doui voulur venon s'assetar souta
l'aubre ; après aver abrat quauqui branca sequi pèr s'escaufar, pi
si meton à cuentar lou siéu argen.
La calou faguet delegar la pega que curbia Puès destre de
Marioun e aissesta de cridar :
— E d'un !
Lu voulur, d'estuc, s'isson d'emblée.
— Qu'es acó, diguet l'un.
— Un matagan, faguet l'autre.
La calou seguia á faire lou siéu efet pau à pau durbia Puei
senec.
— E de douî, diguet Marioun.
Dóu cou lu voulur escapon, laissant Pargen espantegat soubre
Perba.
Marioun coumença à li veire clar, cala da l'aubre e ramassa
Pargen, pi lèu s'en camina vers maïoun...
Lou sièu marit, pensierons, era assetat dapè dóu fuec, s'escaufant, fumant la sièu pipeta emé beatituda...
— Bertoumiéu !... o Bertoumiéu !... duerbe-mi, siéu iéu,
Marioun...
— Vai au diàu que ti pihe... ièu que cresii de m'en estre
despegouït...
Ma Marioun, toujou picava, un cóu noun asperava l'autre...
L'ome fenisse per li durbi...
— Ten ! regarda cen que ti pouorti.. . e Marioun pauva lou
sac su lou toulié. ..
Bertoumiéu, entartugat, cuenta Pargen e réfléchisse ; — Marioun es simplaria e deman la vila saupra Pistoria de la fouré . ..
Cóu que Bertoumiéu si dispegouïsse pèr empedi li marridi lenga
de bavar...

�— 23 —
Si mete la vesta, lou capèu e souorte fermant la pouorta i..
Faïa nuech dintre la carriera, ma sensa pena s'encamina
vers una boutiga e croumpa pèr mai de dès kilo de macaroun...
Ientra au sièu e di à la sièu mouhié de si metre au liech.
En tant que Marioun durmïa, Bertoumiéu fa bui lu macaroun, pi lu espantega su lu aubre dóu jardin... Lendeman de
matin la siéu frema, desveiada, si mete à la fenestra...
— O ! Bertoumiéu ! Bertoumiéu ! Vene un póu veire!... O
trest ! vè, a plougut de macaroun !...
— O vai fantauma !... n'as toujou una. .. Ten ! ten !... ma
es ver !...
*
* *

A quauque tèms en ça, Bertoumiéu l'avia previst, Marioun
countet à toui que lou siéu ome noun li picava plus, despi lou
jou qu'ela li avia pourtat de sac plen d'escut...
Lou juge aiguent audit parlar de l'afaire, mandet sounar
Bertoumiéu devant lou tribunal ; la siéu mouhié era estada
citada couma testemoni.
Lou juge. — Bertoumiéu, sias acusat d'aver gardât d'argen
que noun era vouostre.
— Iéu !... Ma moussu lou juge, lou negui ; sièu couma
sabès un travaiadou.. .
E Marioun de dire.
— Noun negar, Bertoumiéu, sabés ben qu'es ver ; es iéu en
persouna que t'ai pourtat la mouneda, qu'avii trouvât en la
fouré.. .
Lou juge. — Anas brave ome, noun negués.. .
— E quoura lou m'as pourtat ?... — Vous juri, Moussu lou
juge, que la miéu frema es fouola !...
— E lou sabes ben, Bertoumiéu, es lou jou que plouguet tant
de macaroun !
— Moussu lou juge aves jamai vist ploure de macaroun ?...
— Jamai ! moun beL amic respoundet lou juge que si tenia
lou ventre dóu rire — Amie, vèu que la vouostra frema es
fouola. .. sias aquitat !...
Bertoumiéu si retira emé Marioun... Noun aigueron plus
de disputa e vieugueron, pareisse urous e pèr longtèms !...
J. E.

�CANSOUN ANCIENNA

PÈR LOU

N'aurias pas vist la miêu fiha
Trin-trin
Lou galerin
A'aurias pas vist la miêu Jiha
Trois-wtrois
Le fils du roi
L'ai vista e l'ai baïada
Trin-trin
Lou Galerin
L'ai vista e l'ai baïda
Trois-trois
Le fils du roi.
Douna-mi la miêu fiha
Trin-trin
Lou galerin
Douna-mi la miêu fiha
Trois-trois
Le fils du roi.
Es aqnela la vouostra fiha
Trin-trin
Lou galerin
Es aqaela la vouostra fiha
Trois-trois
Le fils du roi.
La miêu fiha era pas lernia
Trin-trin
Lou galerin
La miêu fiha era pas lernia
Trois-trois
Le fils du roi
La miêu fiha era pas lua
Trin-trin
Lou galerin
La miêu fiha era pas lua
Trois trois
Le fils du roi.
N'es ni guercia ni poutinouva
Trin-trin
Lou galerin
N es ni guercia ni poutinouva
Trois-trois
Le fils du rois.

MAI

�La miéu fiha n'es pas borni a
Trin-trin
Lou galerin
La miêu fiha n'es pas bornia
Trois-trois
Le fils du roi.
Noun faïa pas belugueta
Trin-trin
Lou galerin;
Nonn faïa pas belugueta
Trois-trois
Le fils du roi.
La miêu fiha n'es pas emberrida
Trin-trin
Lou galerin
La miêu fiha n'es pas emberrida
Trois-trois
Le fils du roi.
La m iéu fiha n'es pas pigada
Trin-trin
Lou galerin
La miêu fiha n'es pas pigada
Trois- trois
Le fils du roi.
La miéu fiha noun es pas ranga
Trin-trin
Lou galerin
La miéu fiha noun es pas ranga
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha noun es pas louorla
Trin-trin
Lou galerin
La miéu fiha noun es pas touorta
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha n'es pas crouoada
Trin-trin
Lou galerin
La miéu fiha n'es pas croavada
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha n'es pas gibouva
Trin-trin
Lou galerin
La miéu fia n'es pas gibouva

�— 26 —
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha noun es foularana
Trin-trin
Lou galerin
La miéu fiha noun es foularana
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha n'es pas ingourda
Trin-trin
Lou galerin
La miéu fiha n'es pas ingourda
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha a pas lou peu de pi g nu
Trin trin
Lou galerin
La miéu fiha a pas lou peu de pig nu
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha noun es narvelouua
Trin- trin
Lou qalerin
La miéu ûha noun es narveloiwa
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha noun a la rougna
Trin-trin
Lou galerin
La miéu fiha noun a la rougna
Trois trois
Le fils du roi.
XXX.

PROUVERB1, BOUOI MOT, COUNSÈU E DICH
Qu duerme ben noun cregne li niera.
Qu vè pissar e noun pissa, crêpa de malícia.-'
Qu douna soun ben avan de mouri
Mérita de pati.
L'amour es lou paradis dei fouol.
L'amour es .la flou de la jouinessa.

�LA MOUORT DAU PAURE TOUNIN

Lou paure Tounin, malàut a setant'an, si presenta à l'espitàu
ma li respouondon que li a plus de plaça.
— Coumplet ! ! !
Quauqu'un li fa capi qu'em'un pau de proutecioun li pourria
intrar. Countrariat dei pas que cóu faire, Tounin vira lu taloun e
s'encamina vers la plaça Massena, piha lou tram, si rende da
Graugnard, à l'espitàu dei can, e li di :
— Moussu lou Veterinari, cresi d'estre un pau mai qu'un
can ?... En aquéu cas souîna-mi...
— Vous souînar aici, ma brav'ome perdés la testa. — Basta,
li di que n'a pas de liech pèrcourcar un crestian, que noun douna
de souin qu'ai bestia !...
Tounin, couma pensas, s'en souorte m'au couor gros e noun
sau plus à que sant si recoumandar. Era aqui au mitan dóu
camin, quoura en aquéu moumen arriba un landau, doun cala
una grossa dama, encapelada, aurias dich un ver foungi, segada
d'un varlet que pourtava religiousamen un can enfeloupat emé de
favour rosa au couol, tapat d'un tapis em'ai iniciala. En veèn
aquéu tablèu lou paure Tounin si lamenta, sangluta fouort.
— Qu'avès lou miéu brav'ome, li di la dama.
— Cen qu'ai Madama ?... trovi que lou vouostre can a mai
de chança que iéu. Li a cinquant-cinq an que travaii, pèr la premiera fès que siéu malàut, noun soulamen mi refuson à l'espitàu
dei estre uman, ma encara mi vèu picar la pouorta au nas èn
aquéu dai can.
— Quevoulès, lou miéu paur'ome, ai fach un vout de mimetre
à la Soucietà Proutetriça dei Animau, de pourtar touti li miéu
ecounoumia à la Caissa de secours pèr soulajar lou sort dei bestia.
Lou fau talamen ben, que vouguessi ben vous dounar un sóu
que pourii pas.
La dama li vira l'esquina e ientra couma un coupa-cisèu da
Graugnard. Tounin roumougna :
— Se ti veguessi en un cantoun ti dounerii mancou un gotou
d'aïga !... vièia sansuga !...
Tounin estrassinat, deble s'alonga un pau plus en là, su d'un
mouloun de peira. Quauqui oura après, couma soufrisia, n'ai-

�guènt ren en l'estomegue depi l'auba, coumençava d'aver lou
rangouioun, quoura passet un canipiè que li diguet :
— Que fès aquí, brav'ome ?
— Couma veès siéu aqui pèr tirar lu patoun. M'an refusat â
l'espitàu, même en aquéu dai can, noun mi resta que de mouri
su d'un mouioun de peira. — Avès un carnet su lou quai enregistras lu fach dóu jou, farias ben de li aloungar lou miéu testamen que poudès mentuar couma acô :
— « Bouon Diéu, se mi fes passar encara une fes sur la terra,
fe-mi naisse can au mancou, li aura une Soucietà Proutetriça dei
Animau que si crusira de iéu e pourrai estre amès en un espitau,
estre souïnat, faire bouona vida, menar une vida de can... »
ANT. ROLAND.

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VIGNE
A M. VALÉRE BERNARD.

Dans le ciel doux la Vigne ètreint les pals de buis.
Sous le pampre le merle alourdi des falernes
Tourne son col gris vair et ses paupières lemes
Qu'argenté la blancheur des immuables nuits.
O / fraîcheur, 6 beauté des Igs et des iris,
Que la Vierge éblouie avec les marjolaines
Cueille le soir venu aux vasques des fontaines
Pour colorer en fête, au crépuscule, l'Euis.
Narcisses, ébeniers, œillet et sensitive
Ah ! Versez en mon âme attiédie et pensive
L'orgueil qui souleva les clairs olympiens.
L'amour qui rafraîchit les Madones pieuses
Et qui vêt de clarté les snls athéniens
Et les ravissements des époques heureuses.
JEAN

PADOVANI.

Quauque souvèt :
Vous souveti la bouona annada.
Que siegue mihau que la passada.
Vous souveti la bouona annada acoumpagnada de touplcn
d'autri.

�Eglises et Chapelles de Nice
La vieille ville de Nice se trouvant sur la rive gauche du
Paillon, pour parler de ses églises, nous commencerons par son
église cathédrale, Sainte-Réparate, vierge et martyre, de celles du
canton Est, et en traversant la rive droite nous nous occuperons des paroisses du canton Ouest.
I. — L'Eglise Cathédrale du Diocèse de Nice est la paroisse
de Sainte Réparate, vierge et martyre, sous l'empereur Decius en
253. Sa fête est le 8 octobre. Cette église est au centre de la vieille
ville (8.500 âmes), Avant 1531 la Cathédrale était près du Donjon, plateau de Nice, et dénommée : Sancta Maria in platea,
dédiée à N. D. de l'Assomption. L'édifice actuel, dans son genre,
ressemble beaucoup à Saint Pierre de Rome, au Vatican. C'était
auparavant une simple église paroissiale
desservie par
les Bénédictins du Monastère de Saint-Pons, près Nice.
Dans son ressort se trouvent l'ancienne église de Saint
Jaume (Saint Jacques apôtre), jadis des P.P. Carmes, fermée
depuis 1903. Après le transfert du titre de paroisse à l'église de
Saint Juste, évèquc, au Gesu, elle fut placée sous la vocable de l'Annonciation de la Sainte Vierge, ainsi que la belle Eglise de la
Miséricorde, sur le Cours Saleya, jadis de Saint Gaétan, fondée
e
par les P.P. Theatins au XVIII siècle et cédée à la noble
confrérie des Pénitents Noirs.
La Cathédrale de Nice, paroisse Sainte-Réparate de nos jours,
fut comme l'ancienne au Donjon du Château {Sancta Maria in
platea), le théâtre de plusieurs f lits historiques mémorables dans
les annales de l'histoire de Nice.
II. — L'Eglise de Saint Jacques, an Gesû, dès son érection
en 1612, dédiée à Saint Juste, évêque. Sa fête est le 2 septembre.
En 1665 fut érigée en paroisse sous le titre de Saint Jacques le
Majeur, remplaçant la paroisse de Saint Jaume. On l'appelle
vulgairement le Gesù à cause qu'elle a été fondée et administrée
par les P.P. de la Compagnie de Jésus.
Appartiennent à cette paroisse les deux chapelles des confréries des Pénitents Blancs, la Sainte Croix, — confrérie la

�óo —
plus ancienne de Nice, — et des Pénitents Rouges, Saint Suaire
et de la Sainte Trinité ; l'Eglise du Couvent de là Visitation,
la chapelle de l'ancien séminaire, à la montée du Château, et
jadis l'Hospice franciscain avec chapelle de Saint Joseph des
P.P. Recollets de Cimiez, convertie en maison particulière.
L'Eglise du Gesù est d'ordre corinthien composite, cons truite sur le modèle de l'Eglise des Jésuites de Turin, dite
vulgairement les Saints Martyrs. ( 10.000 âmes).
A l'extrémité de la rue du Malonat, aux racines de l'ancien
château, on voit un oratoire à la Sainte Vierge Marie, sous le
titre de N. D. du Bon Secours. Les habitants de ce quartier érigèrent cet oratoire en l'honneur de la sainte Vierge, en reconnaissance du choléra en 1854.
III. — L'Eglise paroissiale de Saint Martin Evéque dite de
Saint-Augustin est la plus ancienne, elle fut bâtie sur l'emplacement de l'ancienne chapelle de Saint Martin (1205) et appelée
Saint-Augustin parce qu'elle était desservie par les Augustiniens
dont le couvent a été transformé en caserne. (Caserne Filley, près
l'ancienne chapelle Sincaire).
IV. — L'Eglise de Saint-Francois-de-Paule a été édifiée en
1736 d'après le plan de l'architecte
Guarini. En 1838
elle fut érigée en paroisse par décret de Mgr Galvano et appelée
aussi Saint-Dominique en souvenir de l'ancienne église paroissiale
de ce nom qui s'élevait sur la place Saint-Dominique aux lieux et
place de l'actuel Palais de Justice.
V*— L'Eglise du Port ou de l'Immaculée Conception. D'humble
origine. D'abord ce fut une fort modeste chapelle (1835), transformée agrandie par Mgr Galvano, et l'avocat théologue L. Mari
fut son premier curé..
VI. — L'Eglise Saint-Joseph nouvelle paroisse depuis 1911 la
première pierre fut posée le 19 mars 1911, bénie le 29 octobre et
ouverte au public le Ier novembre 1911 sous le patronage de Mgr
Chapon et dirigée par les soins de M. l'abbé Gabrielli.
A cette paroisse appartiennent la chapelle succursale de Saint
Joseph contigüe à l'Evêché, et la chapelle de Notre-Dame des
Anges sur l'ancienne route de Villefranche.
VIL — Saint-Roch. Cette église paroissiale dans la banlieue
de Nice fut érigée après la peste de r68r. Nice fut délivrée de ce
fléau par l'intercession de saint Roch, confesseur, né et mort à

�- Si Montpellier. La paroisse est divisée en deux quartiers, Roquebillière
inférieure et Roquebillière supérieure, jusqu'à la chapelle de NotreDame de Bon Voyage.
VIII. — Rive droite du Paillon, intra muros, se dresse Notre Dame du Vau, paroisse Saint-Jean-Baptiste, qui remplace l'an
cienne église du même nom devenue chapelle inférieure du Lycée.
Cette belle église, vœu delà ville de Nice en 1835, mt érigée en
1842 et terminée en 1852 par Mgr Galvano, évêque de Nice.
La façade ressemble à celle élevée à Turin en l'honneur du retour
du roi dans les états Sardes en 1814.
IX. — Saiiit-Pierre-d' Aréna remplace une chapelle située à la
Croix de Marbre. Elle fut érigée en paroisse en 1803 par Mgr
Colonna d'Istria. Elle doit son nom à ce fait, c'est que lors de sa
fondation elle se trouvait sur le rivage de la mer séparée par une
bordure de sable fin.
X. — Une ancienne chapelle de Sainte-Hélêne-l'Inspiratrice
existait dans ces parages. Elle fut remplacée en face la mer par
une église sous l'épiscopat de Mgr Recrosio (1727).
Six paroisses « extra muros » dépendent de la commune de
Nice.
Sainte-Marie Magdeleine, sise dans le vallon de Magnan, édifiée sur l'emplacement d'une chapelle de même nom, érigée en
1626 et dite vulgairement chapelle « dei cassaire » à cause du
grand nombre de chasseurs. Après le concordat de 1803 sous
l'épiscopat de Mgr Colonna d'Istria, ce quartier qui depuis 1771
dépendait pour le spirituel de la cathédrale fut érigé en paroisse.
Il existe encore aujourd'hui une chapelle de Notre-Dame du Bon
Conseil changée en demeure particulière . Bientôt le besoin de
la population augmentant, une église sera bâtie à la cité Robiony
par les soins du curé actuel de la Madeleine.
Plus à l'est de la ville, toujours dans le canton ouest ce
l'Arquet, se dresse la paroisse de l'Ariane dédiée primitivement à
saint Arnoux, évêque et à saint Pierre, apôtre. Elle fut érigée en
paroisse en 1809 sous l'épiscopat de Mgr Colonna d Istria. Dans
son ressort se trouve l'ancienne chapelle nécropole de l'Abbadie
fondée en 1635 en l'honneur de sainte Claire pour le besoin spirituel de 450 à 500 habitants qui appartiennent aux communes
de Nice, Cantaron Saint-André. Localité d'avenii et à laquelle
le chemin de fer Nice-Coni donnera une valeur stratégique.

�— 32 —
Gairaut avait au moyen-âge une chapelle de secours desservie
par les religieux chevaliers de l'ordre du temple au début, et par
la suite de Rhodes et de Malte. Sous l'épiscopat de Mgr François
Rosini de Martinengo la chapelle fut érigée en église paroissiale
sous le vocable de saint Sauveur o*u de la transfiguration du
Rédempteur.
Dès 1730 les P. Dominicains de Nice fondent à Saint Pancrace un sanatorium pour religieux martyrs avec chapelle en
l'honneur de Saint Pancrace martyr. Cette chapelle est érigée en
paroisse en 1848 par Mgr Galvano.
Sur le couchant de Saint-Pancrace on trouve la paroisse de
saint Roman . martyr ; l'ancienne chapelle fut érigée en paroisse
ainsi que celle de saint-Antoine de Ginestière en 1803 sous Mgr
Colonna d'Istria.
VALENT IN.

NOU VÉ
Tu Çatarina fai lou pan.
Mdumen de jota, d'alegressa,
Fes audi da toui lu couor :
Lu ange canton l'alegressa,
Fuges l'infer, Juges la mouorl.
Chntou !
L'aarika sabla, li a quaucaren aici vesin,
Sembla que senti li joia d'un festin ;
Audi lu tambourin de laen,
Lu Jlajoulet e li musela,
Lu pastre van à Bethelen
Laisson la cabana soaleta ;
Santo nuech, venes aléa nen ralegrà,
Pourtas à toui la pax et la tranquilità !
Tu Catarina fai lou pan,
Manda Lucrecia au safran,
Despende aléa lou lauvaniè,
Chapla la blea su lou taatié ;
Crala de froumai e roumpe d'iiu
E fai la iourta couma fou,
Ché n'aiguen toui en aboundança (bis)
Santa nuech, venes alèu nen ralegrà,
Pourtas à toui la pa.x e la tranquilità .'
En tant faguen etnb'au vesin
t ua santépér lou Bambin,
Toucan lou gotou de bouon vin,
Ernb'aa vesin pér lou Bambin
Ti-ri-tin-tin ! -tinTi-ri tin !

�— 3Î —

L'Expulsion de Mgr Valperga
fEN SEPTEMBRE

1792)

Le 12 octobre 1780 h population de Nice se pressait aux
abords de la porte Pairoliëre pour y recevoir en grandes pompes
le nouvel évêque Charles-Eugène Valperga di Maglione. Ce
prélat avait couché la veille selon l'usage antique à l'abbaye de
Saint-Pons et devait faire ce jour là son entrée solennelle dans
sa ville épiscopale.
Le cérémonial imposant avec lequel on avait reçu jusqu'alors
les évêques fut encore cette fois observé. L'accueil de la population entière fut des plus chaleureux au rapport de Pierre Scaliero
qui en fut témoin (1). Le nouvel évêque, qui remplaçait Monseigneur Astésan nommé archevêque d'Oristano en Sardaigne,
appartenait à une famille de vieille noblesse dont plusieurs membres avaient exercé, à Nice, des fonctions importantes (2). Il
(1) Voir aux Archives municipales le récit détaillé que ce chroniqueur en a laissé dans ses Mémoires. Pierre Scaliero mourut en 1805.
(2) Jacques Valperga, conseiller ducal, fut lieutenant du gouverneur de Nice en 1454 ; Thoma5 Valperga fut gouverneur du château de Nice en 1565 ; Jean Valperga fut également gouverneur de
Nice en 1596 ; Jérôme Valperga fut commandeur du château de
Nice en 1600 ; Pierre Valperga, frère de Jacques Valperga, était
chevalier de Malte (Arch. municipales, registre des gouverneurs,
commandants et chevaliers de Malte) ; Anne Valperga, fille dAmédée
Valperga, épousa, le commandeur de Malte Jean-Paul Lascaris.
(Voir son testament daté de 1683, arch. des Alpes-Maritimes,
registre B, 297.) Joseph Ignace de Valperga reçut de son oncle, Emmanuel Philibert Chiotera, mie partie du fief de Couaraze dont il fut
investi le 20 février 1753. Son fils, Vincent, céda ses droits à H. Novelli. Jérôme Valperga fut sénateur à Nice de 1761 à 1765, puis
ministre plénipotentiaire de Sardaigne à Gênes en 1780 ; plus tard
il fut ministre etsecrétaire d'Etat, ce dernier était le frère de l'évêque
de Nice et fils du comte François Valperga qui vivait encore en
1795Ees armoiries des Valperga étaient fascé d'or et de gueules, à
la plante de chanvre déracinée, d'argent et brochant. Le cimier
était un bouc naissant au naturel et la devise : « Ferme-toy ».
Nous reproduisons les armoiries de Monseigneur Valperga d'après celles qui se trouvent en tête du catéchisme édité par ses ordres
et dont nous devons le dessin à l'obligeance de M. Joseph Casai
(Extrait de 1' « Armoriai Artistique et Nrbiüaire », Ni.e, 1902.
3

�- 34était directeur du collège des Provinces à Turin, lorsque le roi
de Sardaigne le désigna, pour l'évêché de Nice. Il avait été sacré à
Rome où il avait fait ses études. Monseigneur Valperga se distingua immédiatement par sa vigilance et son activité : il releva
le niveau intellectuel et moral des prêtres de son diocèse et s'attacha à mettre en toutes choses la plus grande régularité. Dix-huit
mois après son installation, il publia un nouveau catéchisme
dont le plan avait été préparé par son prédécesseur ^i). Grâce à

ses relations cordiales avec la eour de Turin, il jouissait auprès
des autorités civiles de Nice d'une grande influence. Après douze
(1) Ce catéchisme en italien fut imprimé à Nice par la Société
Typographique. C'est un petit volume in-douze de 612 pages, portant
la date de 1783. En tête se trouve le mandement de Monseigneur
Valperga du 16 février 1782 qui approuve le travail terminé par
le prêtre auquel Monseigneur Astésan en avait confié le soin, ordonne
sa publication et règle l'organisation des catéchismes dans tout le
diocèse. Deux ans plus tard en 1785, Gabriel Floteront, imprima
un autre catéchisme rédigé en dialecte niçois, petit volume in-12
de 228 pages. Un exemplaire de ces deux ouvrages existe à la biblio
thèque de Nice. — Voir Villarey, Série Cronològica dei Vescovi
di Nizza. — Art. Valperga.

�-35 années de séjour dans cette dernière ville il s'était acquis l'estime
et le respect de tous.
*

• *

Lorsque le 28 septembre 1792 dans l'après-midi, les troupes
piémontaises évacuèrent Nice, il y eut dans cette ville une effroyable panique et des milliers d'habitants s'enfuirent dans la direction de Turin. Ce fut un désarroi et une désorganisation complète de toutes les autorités. iMonseigneur Valperga resta à son
poste et s'engagea à ne point quitter la ville. Le lendemain samedi
29 septembre, il accompagna le second consul Honoré Saissi et
quelques membres du Conseil qui se rendirent, vers les onze
heures du matin, à la villa Feraudi, au quartier St Hélène, pour
offrir les clefs de la cité au général d'Anselme qui venait d'y
arriver à la tête des troupes françaises. Le général fit à la délégation assez bon accueil, mais il s'étonna de trouver parmi ses membres, l'évêque dont la place déclara-t-il n était pas là. Du reste,
d'Anselme attacha si peu d'importance à la démarche îles magistrats niçois que dans aucune de ses dépêches officielles il n'en fit
mention.
Sur le soir du même jour, la petite armée française faisait son
entrée dans la ville et le général s'installait dans la maison du
consul de France à la place St Dominique. L'évêque de Nice qui
tenait à rester au milieu de ses diocésains se présenta de nouveau
vers les huit ou neuf heures du soir chez le général auquel il voulait recommander ses prêtres en lui demandant des respecter les
églises. Le général était entouré de tout son état-major, du consul
de France, Pierre Le Seurre, de Honoré Saissi, second consul, de
Féraudi, secrétaire général de la commune. Ces deux derniers
venus probablement pour appuyer les demandes de l'évêque.
L'accueil du général ne fut pas plus encourageant que la première fois ; il intima même avec insistance au prélat l'ordre de
quitter ta ville en ajoutant que le plus tôt serait le mieux et ce
fut sur ces dernières paroles que l'évêque se retira après avoir toutefois reçu du général la promesse que tout ce qu'il laisserait dans
son palais serait placé sous la sauvegarde de la Nation française.
Il n'y avait pas à tergiverser, l'ordre était formel et pressant, il
fallait partir. L'évêque prit ses dernières dispositious et délégua,
au curé de la cathédrale, le chanoine Honoré Navello, tous les
pouvoirs nécessaires pour administrer le diocèse en son absence.
Aux premières lueurs du jour, Valperga quitta son palais, et se

�— 36 dirigea à pied vers la porte Pairolière. Il avait été impossible de
trouver une voiture car tous les moyens de transport avaient été
réquisitionnés et utilisés le 28 septembre pour permettre l'exode
des habitants terrorisés. Il avait ordre de partir, mais cet ordre
n'ayant pas été donné par écrit, les volontaires marseillais, de garde
à la porte de Turin, refusèrent de le laisser passer, l'accablèrent
d'injures, le menacèrent même de le pendre et ne consentirent á
le lâcher que sur un ordre écrit, sollicité et obtenu du général,
grâce à l'intervention courageuse et au sang-froid d'un jeune
niçois, Joseph Castellinard. Monseigneur Valperga se retira à
Turin et y mourut en 1805 sans avoir jamais pu obtenir l'autorisation de rentrer.
*

* *

Il est établi par les documents officiels contemporains que
Monseigneur Valperga ne quitta son siège que sur les ordres arbitraires du général d'Anselme et ces mêmes documents nous
renseignent très exactement sur les incidents fâcheux qui se produisirent au départ de l'évêque. Du reste, on n'ignorait pas à Nice
comment les choses s'étaient passées et la population savait grê à
Valperga de son attitude et de sa fermeté. De son côté, Valperga
avait eu confiance dans la parole à lui donnée par le général au
nom de la Nation française et à plusieurs reprises il manifesta
son étonnement qu'elle n'ait pas été gardée, que ses biens aient
été confisqués, son mobilier vendu, son nom inscrit sur la liste
des émigrés alors qu'en partant il n'avait cédé qu'à la force.
Parmi les nombreux documents qui se trouvent soit aux archives de Nice, soit aux archives nationales il en est quelques-uns
dont la simple reproduction sera plus probante que tous les corn,
mentaires. Il_suffira de citer :
•i° La lettre du Directoire des Colons Marseillais en date du
25 février 1793, adressée aux citoyens Blanqui et Veillon, députés
extraordinaires de la ville de Nice à Paris, au sujet des réclamations présentées le 23 du même mois par Jean-Jacques Donny, au
nom de Mgr Valperga.
20 La réponse du même Directoire à J.-J. Donny, en date du
26 février 1793.
3„ L'arrêté du Département en date du 13 avril 1793.
40 La réclamation présentée au Directoire du département

�Valperga, aussitôt après son inscription sur la liste des émigrés de
la ville de Nice, dressée à la fin de juin 1793.
50 Les états de frais pour l'inventaire et la vente du mobilier
et effets de « l'émigré Valperga Maillone, citoyen évêque » approuvés par le département des Alpes-Maritimes, le 5 germinal an
III (25 mars 1795).
6° Les actes de notoriété dressés le Ier et 2me fructidor an III
(18 et 19 août 1795) par Gautier, juge de paix à Nice, à la requête de Pierre-Joseph Passeron, agissant en qualité de procureur
subrogé par Nicolas Giorni, procureur spécial et général de Mgr
Valperga, par acte de procuration reçu à Turin le 20 juillet 1795,
notaire Pierre-Joseph Bernochio.
70 La pétition adressée au district de Nice le 4 fructidor an III
(21 août 1795) par Pierre-Joseph Passeron, demandant la radiation du nom de Valperga sur la liste des émigrés.
8° L'avis du district de Nice en date du 5 vendémiaire an IV
(27 septembre 1795) déclarant que Mgr Valperga doit être rayé
de la liste des émigrés.
90 L'arrêté du département des Alpes-Maritimes, en date du
14 prairial an V (2 juin 1797) ordonnant la radiation provisoire
du nom de Valperga de la liste des émigrés.
io° L'acte de cautionnement dressé par le département le
11 fructidor an V (28 août 1797), à la requête de Pierre-Joseph
Passeron, procureur de Mgr Valperga en exécution d'une des
clauses de l'arrêté du 14 prairial an V (2 juin 1797).

�- 38 —

DOCUMENTS ET PIÈCES D'ARCHIVES

Pièce 1.

25 février 1793
Aux cit. Blanqui et Veillon
Une lettre du cit. Donny, associé du citoyen LeClerc, défunt président de l'ancienne administration
provisoire, dont vous avez ci-inclus l'extrait ( 1 ), nous
fait connaître que le cit. Valperga, évêque de Nice,
laissa avant son départ (ordonné à son retour par
Anselme) dans sa maison pour environ 34.000 livres,
argent monnayé, et environ pour 17.000 d'effets en
vaisselle, linge, batterie de cuisine etc.
Une portion de ces effets se trouvent encore dans
ladite maison, sous l'inventaire que nous en avons
fait dresser par les commissaires de l'une et l'autre
administration, lorsque nous avons été installés, mais
il s'en faut de beaucoup qu'elle puisse arriver à la
somme de 17.000 livres, pas même le tiers.
Quant à l'argent monnayé entré dans la caisse du
receveur de l'ancienne administration, nous n'y
voyons point la somme que ledit Evêque désigne
avoir laissé dans sa maison. Nous vous remettons cijoint un extrait de l'état des sommes' que le cit.
Bonnet a reçu en espèces, pendant toute sa gestion
de receveur et trouvées parmi les effets des émigrés
français et niçois.
Nous ne voulons rien préjuger sur l'assertion du
cit. Valperga, quoique nous ayons des indices frappants de vérité. Ce ne sera que lorsque nous aurons
pu les convertir en preuves par le témoignage de
quelques citoyens que nous nous procurerons, pour
pouvoir en demander la restitution et la poursuite
contre le pillage.
En attendant, noùs croyons devoir vous faire part
de cette découverte que nous allons communiquer au
Président de la Convention Nationale et au Ministre.
Arch. des A. M. Registre de la correspondance du
Directoire des Colons marseillais L. 5.
Cet extrait manque au registre ainsi que les autres pièces
énoncées dans celte lettre.

�-hLe 2érae février 1793.
Au citoyen Donny, négociant à Nice
Pièce 2.

Votre lettre du 23me de ce mois, citoyen, nous
demande des renseignements sur le temporel du
citoyen Valperga, Evêque de Nice. Nous allons vous
transmettre tous ceux qui sont à notre connaissance
L'administration provisoire en choisissant l'Evêché
pour le lieu de ses séances, vint s'y établir dans les
premiers jours d'octobre, et tout nous porte à croire
qu'elle ne fit aucun inventaire des effets qui s'y trouvaient, du moins nous n'en avons trouvé aucun dans
les papiers qu'elle nous a remis.
En succédant à cette administration provisoire,
uous avons cru que notre premier devoir était de faire
un inventaire de tout le mobilier renfermé dans la maison épiscopale. Nous y avons successivement procédé
en présence des administrateurs provisoires et à mesure qu'ils nous en remettaient les clefs. Tout le mobilier qui s'y trouvait, ne consistait guère qu'en
meubles meublants et ne nous paraît pas avoir la
valeur de 17 mille livres que l'Evêque lui donne.
Vous pourrez, si vous le jugez à propos, faire prendre
à notre secrétariat une copie de cet inventaire. Tout
ce. qui n'est point renfermé dans les appartements
que nous occupons au premier étage, a été laissé à la
garde de Jean Poma, ancien concierge de l'Evêque et
le nôtre.
Pour nous éclairer sur les 34.000 1. argent monnayé que l'Evêque doit avoir laissé en sa maison,
nous avons écrit au cit. Bonnet, receveur de l'administration provisoire, pour lui demander un état des
sommes en numéraires versées dans sa caisse, comme
ayant été saisies et trouvées parmi les effets des Emigrés français et niçois. L'état qu'il nous a remis ne
monte qu'à 74121. 16 s, et aucun article n'a du rapport
avec les réclamations du citoyen Valperga.
Quant à ce qui concerne personnellement le
citoyen, nous avons demandé au Ministre de l'Intérieur de vouloir bien nous dire la manière dont nous
devions l'envisager. Nous savons qu'un ordre arbi-

�— 40 —
traire de Danselme l'obligea de quitter Nice, le jour
de l'entrée des Français. Mais nous pensons aussi que
la proclamation des Commissaires de la Convention
nationale de France et le décret de celle de Nice,
concernant les Emigrés, étaient des motifs suffisants
pour le ramener à son poste et le rassurer sur les
suites de son retour. En persistant à prolonger son
absence, il s'expose à être traité comme émigré, à se
voir déclarer déchu de sa place et confisquer tous ses
biens. Telle est la disposition de la loi, et quoique
nous ayons consulté le ministre sur le cas particulier
de l'Evêque, nous prévoyons que sa réponse sera de
nous en tenir à la rigueur des lois, ainsi que plusieurs
instructions nous l'ont déjà annoncé.
Vous sentez, citoyens, que tout le mobilier de
l'Evêque doit rester séquestré jusqu'à son retour ou à
la décision du Ministre. Il peut être tranquille sur la
conservation de tout ce que nous avons trouvé en
entrant dans sa maison. Ce qui a pu en être enlevé
avant notre entrée en fonctions, est étranger à notre
gestion. Mais nous employerons tous les moyens qui
sont en notre pouvoir pour en trouver les traces, en
acquérir les preuves et en faire punir les coupables.
Les administrateurs, etc.
Archives des A.-M., Registre
suivants.

,L. 5,/°7i verso et

Lettre des commissaires de la Convention
Nationale et arrêté du Département des A. M.
Nice, le 9 Avril 1793, l'an 1 Ie de la Repu bublique Française.
« Vous voudrez bien, citoyens, en nous envoyant
les noms et prénoms de l'évêque de Nice, nous instruire officiellement d'après les "dispositions des lois,
s'il est censé démissionnaire et son siège vacant.
« Les Commissaires de la Convention Nationale
au département des A. M.
GRÉGOIRE, JAGOT (I)

(1)

Archives des A. M. L. 29 ancien. L

7

actuel.

�— 4i (i3 avril 1793)
Le Directoire ; vu la réquisition du citoyen Procureur Général sindic « Considérant que Charles Eugène Valperga, évêque de Nice, n'avait point quitté
son domicile lors de l'entrée des troupes de la République ; considérant qu'il a lui méme-accompagné les
consuls d'alors quand ils furent présenter les clefs
de la ville et inviter le général Anselme à venir en
prendre possession au nom de la République ; considérant que le général Anselme par ses ordres arbitraires et tiranniques, accompagnés même de menaces contre ses jours, l'ont forcé de s'éloigner ; arrête
qu'il ne peut le déclarer émigré, et qu'il sera répondu
aux Commissaires de la Convention nationale d'après
les principes ci-dessus.. »
Sign : PAUMÉ ; BARLI FABRI ; F. CASTKLIMARD ;
ANGLES ; BERNARDI, secrétaire général. (1)
pjj

ce

^

Aux citoyens composant le Directoire du
département des Alpes-Maritimes..
22 juillet 1793.
Citoyens,
Le citoyen Jean-Jacques Donny, soussigné, chargé
des intérêts du citoyen Valperga, évêque de Nice
absent, ayant été informé que par votre délibération
du 29 du mois passé, ledit citoyen Valperga avait été
déclaré émigré, vous représente avec tous les égards

(1) Archives des Alpes-Maritimes, Registre L,. 3, folio 101. L'Arrêté n'est pas signé par le procureur syndic Jean-François Tourre
ni par l'administrateur Jean-L,ouis de Villiers qui ne partageaient
point l'opinion de leurs collègues. A noter que Tourre était d'Antibes
et que de Viliers était un médecin français établi depuis longtemps
à Nice.
I/Arrêté fut pris malgré le réquisitoire de Tourre qui voulait
déclarer Monseigneur Valperga émigré et malgré un violent discours de Villiers soutenant la même thèse qui fut combattue par
Barli Fabri, par Castclinard et par Anglès. J'ai déjà publié in-extenso
cette délibération du 13 avril T793 au cours d'un article sur l'église
de Nice en 1792-1793 inséré dans Nice Historique du Ier avril 1903,
C'est pourquoi je reproduis ici simplement la lettre des
commissaires et l'arrêté du département.

�- 42 —
dûs au pouvoir dont l'exercice vous a été confié par
le peuple souverain que le citoyen Valperga ne peut
ni ne doit sous aucun rapport être considéré comme
émigré, par les motifs ci-après :
i° Qu'il est de notoriété publique qu'il n'a quitté
le pays que contre son gré et par ordre du général
Anselme :
2° Qu'il a constamment été disposé et a offert
de revenir dans son diocèse, moyennant qu'il ne fut
assujetti à prêter qu'un serment relatif au temporel et
non au spirituel.
3° Qu'enfin et par la raison que n'étant point
indigène, mais étranger, son séjour ici n'a été dé terminé que par sa nomination à l'épiscopat, événement casuel qui n'a jamais pu le soumettre à l'obligation de renoncer pour toujours à sa mère-patrie.
Tous ces motifs, soit qu'on les prenne collectivement ou séparément, démontrent suffisamment,
citoyens administrateurs, le droit incontestable, qu'a
le citoyen Valperga de demander et prétendre la
radiation de son nom du tableau des émigrés, et si
le ministre de l'Intérieur n'a fait aucune distinction
entre lui et les autres citoyens, c'est sans doute qu'il
a ignoré les circonstances qui vous sont exposées
ci-dessus, et notamment la dernière, car s'il les eût
toutes connues, il n'est nullement probable qu'il eût
décidé comme il l'a fait. Toute hypothèse contraire
serait une injure faite à ses sentiments et à ses lumières. Un homme tel que lui, dont les vertus civiques, le patriotisme et les talents l'ont appelé au
poste aussi honorable que pénible qu'il occupe, doit
ressembler autant que possible à la Nation pour
laquelle il agit et qui l'a honoré de sa confiance.
Cette nation est grande, généreuse, magnanime,
juste et bienfaisante.Elle ne peut qu'êtreextrêmement
jalouse de sa gloire, et l'un des principaux devoirs de
ses agents est d'éviter soigneusement d'en ternir
l'éclat.
Le refus qui serait fait de rayer de la liste des
Emigrés le nom du citoyen Valperga, refus qui entraînerait avec lui la confiscation des minces propriétés de ce citoyen, serait un acte qui imprimerait à

�-

43

-

jamais une tache ineffaçable à la gloire du nom français ; tache qui ne pourra manquer de frapper également les yeux des contemporains et ceux de la postérité ; tache enfin que les historiens ne manqueront
pas de faire ressortir par des couleurs enluminées, et
le bel effet qu'un pareil tableau produirait, citoyens
administrateurs, serait votre ouvrage.
Mais non, loin de nous, cette idée ! Vous êtes
républicains ! cela suffit. Les républicains sont vertueux. Ils aiment, chérissent, protègent, respectent
la vertu partout où elle se trouve. Et le citoyen Valperga aussi est un homme vertueux ! Qui en doute ?
Nul bon citoyen, nul honnête homme. Souvenezvous, citoyens administrateurs, que ce n'est que par
ses vertus qu'il a mérité l'amour et l'affection du
peuple Niçois et non par sa qualité d'évêque. Et plût
à Dieu que tous les ecclésiastiques lui eussent ressemblé ! La France n'eut point éprouvé d'aussi horribles secousses, pour asseoir, affermir et assurer sa
liberté.
La République a incontestablement le droit de
renvoyer hors de son sein tout individu qui ne lui
convient pas, mais en renvoyant ainsi un étranger
qui, d'ailleurs, n'a pas encouru la peine de la confiscation de ses biens, elle lui permet de les emporter ou
de les vendre et d'en emporter le produit. Tel est
précisément le cas du citoyen Valperga.
L'exposant demande en conséquence, citoyens
administrateurs, qu'il vous plaise prendre dans votre
sagesse une délibération tendante à rendre audit
citoyen Valperga sa qualité de citoyen français non
émigré, à lui accorder un délai compétent pour rentrer dans ce pays soit comme simple citoyen ou
comme fonctionnaire public et à lui assurer dans
tous les cas la restitution de ses propriétés par lui
laissées sous la sauvegarde de la loyauté française
dans la maison épiscopale, lors de sa retraite forcée,
ou la juste indemnité de leur valeur. Et sera justice.
Nice, le 22 juillet 1793, l'an second de la République française, une et indivisible.
Jean-Jacques DONNY.
l
ARCHIVES NATIONALESF/ 4.867 , dossier Valperga.

�- 44 Pièce 5.

Etat de frais de vente pour parvenir à l'inventaire
et vente des effets de l'émigré Valperga Maillone,
citoyen évêque :
5 germinal an III (25 mars 1795)
Pour une séance de trois commissaires dont un du
District et deux de la Commission municipale, fixée
à trois livres par séance par le Directoire du district
et approuvé par les Représentants du
Peuple
L.
9 »
Papier timbré tant de la minute que
des deux extraits
»12
Pour la copie desdits deux extraits . .
» 8
Droits d'enregistrement
13 10
31

2

Nous soussignés certifions le compte ci dessus véritable.
Signés : J.-B. Thomaty, comm. du dist. ; Savigny,
comm. munie. ; Mabil, comm. municip.
Frais de la vente :
Pour quatre séances de deux corn missaires dont un
du District, un de la Commis, mun. sans le membre
de l'administration fixées à trois livres par séance par
le Directoire du district et approuvé par les Représentants du Peuple .
L.
24 »
Au trompette pour publication de
quatre criées
5 »
Au crieur à la vente, quatre séances .
12 »
Aux portefaix qui ont travaillé au
transport des effets
40 »
Papier timbré tant de la minute que
de l'extrait
1 »
Bougie
3 »
Droits d'enregistrement
27 »
Papier timbré du petit état
» 4
A la femme qui a assisté à la vente
pour l'arrangement du linge
» 12
L.
Signés : J.-B. Thomaty, comm. du
district ; Savigny, comm. municip.

1

159 6

�Vu par nous, membres composant la Commission
Administrative du district et d'après l'arrêté du district, approuvé par les Représentants du Peuple et la
loi du il et 12 Mars, arrête l'état des frais ci-dessus
se montant à la somme de cent cinquante neuf livres
trente centimes, qui seront acquittés par le receveur
du droit d'Enregistrement lorsque le Département
aura vérifié ledit état.
Nice, le 29 ventôse an 3"" de la République française une et indivisible (19 mars 1795).
(Suivent les signatures).
Vu l'état des frais ci-dessus pour parvenir à l'inventaire et vente du mobilier de l'émigré Valperga
Maillone ci-devant évêque.
Vérifié et arrêté par le Directoire du district de
Nice, la Commission Administrative du département
des Alpes-Maritimes approuve ledit état et ordonne
au citoyen Maussier, receveur de l'enregistrement
cîudit district de payer aux citoyens J. B. Thomaty
et Savigny, comm. la somme de 159 livres et 30
centimes pour montant des frais pour inventaire et
vente des susdits effets de l'émigré, laquelle somme
lui sera allouée en compte.
Fait à Nice le 5 germinal an 3me républicain ( 25
mars 1795).
Etat des frais pour parvenir d la vente du mobilier de
l'émigré Charles Eugène Valperga Maillone, citoyen
évêque.
Pour trente-neuf séances de trois commissaires
dont un du District et deux de la Commission municipale, fixé à trois livres par séance par le Directoire
du district et approuvé par les Représentants du
peuple
L.
351 »
A deux portefaix, dix-neuf journées et
demi chaque fixées à cinq livres par jour.
195 »
Au trompette pour publication de
trente-neuf criées fixées à une livre cinq
sols chaque
48 r 5
Au crieur à la vente, trente-neuf séan
ces fixées á trois-livres par séance ....
117 »

711 1$

�- 4* Report
Papier timbré tant de la minute que
de l'expédition
Pour copie dudit extrait fixé à quatre
livres
Papier timbré du présent état ....
Bougie
Droit d'enregistrement
Plus deux autres journées de portefaix à cinq livres
Un paquet de plume
L.

148
4
6
421

»
4
»
»

20
5

»
»

1.182

7

Nous soussignés certifions le compte ci-dessus,
véritable.
Nice, le Ier ventôse an 3me de la République (19
février 1795).
Signés : J.-B. Thomaty, commissaire du district ;
Savigny, comm. ; Honoré Mabil, comm. municipal.
Vu par nous, membres composant la Commission Administrative, de ce District, et d'après la loi
du 11 et 12 Mars 1793 (v. s.) et l'arrêté de cette
Commission approuvé par les Représentants en date
1^ Fructidor, oui l'agent national, arrête l'état des
frais se montant à onze cent huitante deux livres et
trente cinq centimes qui seront acquittés par le
receveur de l'agence de l'enregistrement sur le produit de la vente desdits meubles, lorsque le Département aura vérifié ledit état.
Nice le 29 ventôse an 3me de la République
française une et indivisible (19 mars 1795).
(Suivent les signatures).
Vu l'état des frais ci-dessus pour parvenir à la
vente du mobilier de l'Emigré Valperga Maillone cydevant évêque.
Vérifié et arrêté par le Directoire du district de
Nice.
La Commission administrative du département
des Alpes-Maritimes, approuve ledit état et ordonne

�— if au citoyen Maussier, receveur de Penregistrement
dudit district de payer aux citoyens J.-B. Thomati,
Savigni et Honoré Mabil, commissaires, la somme de
mille cent quatre vingt deux livres trente cinq centimes pour montant des frais de la vente des susdits
effets de l'Emigré. Laquelle somme lui sera allouée
en compte.
Fait â Nice le 5 germinal an 3me républicain (25
mars 1795).
Arch. des A. M. L. 15 ancien p. 44-45 N° 34-35

Actes de Notoriété
Pièçe g

1-2-fructidor an III
18-19 août 1795
EGALITÉ, LIBERTÉ

AU NOM DE LA LOI
Ce jourd'hui, premier Fructidor, l'an troisième
(18 août 1795 de la République française, une et indivisible, à Nice, chef-lieu du département des AlpesMaritimes, par devant Nous, Antoine Gautier Juge de
paix de la Ier, 2m" et 3me section et officier de police,
est comparu le citoyen Pierre Joseph Passeron, natit
tic la commune de Contes et habitant en celle de Nice
depuis plusieurs années.
Lequel en sa qualité de procureur du citoyen
Charles Eugène Valperga de Maillone, évêque de Nice,
subrogé par le citoyen Nicolo Giorni, homme de loi,
procureur spécial et général établi (par acte reçu) par
le notaire Pierre Joseph de Bernochio, le 20 Juillet
dernier (v. s.) qu'il présente, légalisé par le résidant
de la République de Gênes auprès de la Cour de Turin, dont il résulte le pouvoir donné au citoyen Giorni, de subroger en son lieu et place, avec tous les
pouvoirs compris au dit acte, et il présente au surplus l'acte de sa dite subrogation faite par le même
citoyen Giorni, reçu en la ville de Gênes le premier

�- 48 du mois d'août dernier (v. s.) par le notaire Antoine
Baglietto, légalisée par le consul de la République
française.
Il expose que le vingt neuvième jour de septembre
de l'année 1792, l'armée de la République, étant arrivée en cette ville, commandée en chef par le citoyen
général d'Anselme, lorsque ce général, vers le soir,
fut arrivé et il eut pris son logement dans la maison
habitée par le ci-devant consul de la République Le
Seurre, ledit citoyen Evêque Charles Eugène Valperga de Maillone s'y étant présenté, ledit général d'Anselme, en présence de tout son Etat-Major, lui signifia
d'abord de devoir partir de cette ville. Sur quoi le
dit évêque ayant répondu qu'il avait cru de pouvoir
continuer sa résidence en cette ville et tellement l'avait cru, qu'il n'avait jamais pensé de distraire et en
faire partir le moindre de ses meubles et effets, qu'il
avait dans la maison d'habitation de l'tvêque et que
si absolument il lui ordonnait de partir, il le priait de
lui accorder la sauvegarde sur tous lesdits effets et
meubles. Le dit général d'Anselme lui répliqua qu'il
dut absolument partir de cette ville, en ajoutant que
le plus tôt en serait le mieux, et qu'à l'égard de ses
meubles et effets qu'il avait, il les mettait dès ce ino
ment sous la sauvegarde et loyauté de la Nation française et qu'il pouvait en être tranquille, après quoi ledit
évêque Valperga de Maillone, tout tremblant, ayant
dit qu'il allait se conformer dès le lendemain au matin à ses ordres, se retira ; ledit général d'Anselme
lui ayant encore répliqué : le plus tôt sera le mieux.
Et comme il importe audit citoyen évêque Valperga de Maillone de constater le fait ci-dessus expo"sé, suivi en présence de tout l'Etat-Major dudit général d'Anselme et de plusieurs citoyens de cette commune, l'exposant, en sa dite qualité vous présente les
citoyens Pierre Le Seurre, ci-dessus nommé, ci-devant
consul en cette ville de la République, le citoyen Honoré Saissi de cette commune qui pour lors était second consul de la même commune, le citoyen Philippe Emmanuel Féraudi qui pour lors était secrétaire de
Ìa même commune et le citoyen Ange Giraudi aussi

�- 49 de cette commune, pour recevoir leurs dépositions
sur ledit exposé et vous fait instance que de tout lui
soit concédé acte, ce que nous lui avons accordé, et a
signé.
PIERRE JOSEPH PASSERON.

Et de suite se sont présenté les susnommés
citoyen Le Seurre, natif de Craon, âgé de 75
ans, bourgeois, le citoyen Saissi, âgé de 70 ans,
négociant, Emmanuel Feraudi, âgé de 68 ans, notaire, Ange Giraudi, âgé de 63 ans, négociant,
natifs et domiciliés dans cette commune, auxquels
après avoir fait lecture dudit exposé fait par ledit citoyen Pierre Joseph Passeron, en sa dite qualité, les
avons interpellés sur serment que leur avons fait prêter, conformément à la loi, de nous dire en leur âme
et conscience si tous les faits énoncés dans le même
exposé sont de leur connaissance et tous les quatre ont
répondu et attesté tant uniment que séparément en
être pleinement informés, s'y étant trouvés présents,
et que le tout contient la vérité, toute la vérité et
rien que la vérité. En foi de quoi ils ont signé :
LE SEURRE, HOSORI'J
SAISSI, PHILIPPE EMMANUEL FÉRAUDI,
ANGE

GIRAUDI.

Et nous, juge de paix, vu les dépositions ci-dessus, avons de tout concédé acte au susnommé citoyen
Pierre Joseph Passeron en sa dite qualité, pour lui
servir et valoir dans tous les cas, à ce que de droit et
de raison. Fait à Nice, l'an et le jour que dessus.
GAUTIER, juge de paix.
BONIFACI, sec. greffier.
Vu par nous, membres du District de Nice, 3 vendémiaire an IV rép. 25 sep. 1795, TOSELLI, JN COPPON
fils, VÉRANI pr. syndic, SAYTOUR Martin.

�— 5o —
EGALITÉ, LIBERTÉ.

AU NOM DE LA LOI
Ce jourd'hui. second jour de Fructidor de l'an 3
août 1795) de la République française une et indivisible, à Nice, chef-lieu du département des AlpesMaritimes, par devant nous, Antoine Gautier, juge de
paix de la iere, 2M* et 3ME section et officier de police,
est comparu le citoyen Pierre Joseph Passeron : natif
de la commune de Contes et habitant en celle de Nice
depuis plusieurs années
Lequel en sa qualité de procureur du citoyen
Charles Eugène Valperga de Maillone, évêque de
Nice, subrogé par le citoyen Nicolo Giorni, homme
de loi, procureur spécial et général établi (par acte
reçu) par le notaire Pierre Joseph de Bernochio, le 20
Juillet dernier (v. s.) qu'il présente, légalisé par le résidant de la République de Gênes auprès de la Cour de
Turin, dont il résulte le pouvoir donné au citoyen
Giorni, de subroger en son lieu et place, avec tous les
pouvoirs compris audit acte, et il présente au surplus
l'acte de sa dite subrogation faite par le même citoyen
Giorni, reçu en la ville de Gênes le premier du mois
d'août dernier (v. s.) par le notaire Antoine Baglietto,
légalisée par le consul de la République française.
Expose : Primo, que le matin du trente septembre 1792, le citoyen Charles Eugène Valperga de
Maillone, évêque de Nice, en partant de cette ville
avec deux domestiques à sa suite, qui portaient un
paquet et quelques effets, fut arrêté à la porte qui conduit en Piémont, ci-devant nommée porte Victoire,
et conduit au vestibule de la maison presque attenante
à ladite porte, appartenant au citoyen Dominique
Castellinard, où se trouva le citoyen Joseph Castellinard, fils dudit Dominique, et malgré que ledit Evêque Valperga déclara aux soldats de la Garde de la
dite porte qui étaient des Marseillais, que c'était en
conséquence d'ordre qui lui avait été signifié par le
citoyen général d'Anselme qu'il partait de cette ville,
lesdits soldats commencèrent par le malmener et lui
(19

�signifier qu'ils voulaient le pendre et ayant ouvert
ledit paquet et y ayant trouvé entre autres effets, une
ceinture d'évêque, ils déterminèrent, à l'instant, de le
pendre avec ladite ceinture, et ayant essayé si la même
était assez forte pour le soutenir, en la préparant, elle
se fit en lambeaux, de façon qu'ils vérifièrent qu'elle
ne pouvait leur servir et demandèrent audit Joseph
Castellinard fils une corde, pour pendre ledit évêque,
à un grand anneau de fer qui était au plafond dudit
vestibule, servant â y passer une verge de fer pour
peser les marchandises, et ledit citoyen Castellinard
fils, leur ayant absolument refusé de leur donner de la
corde, en s'excusant qu'il n'en avait point, comme
dans tous ces entrefaits ledit évêque se trouve mal et
ne peut plus se soutenir, ledit Castellinard fils lui fit
apporter une chaise, par sa servante à qui quelques
uns de ces soldats donnèrent des coups de poing pour
avoir porté ladite chaise et le même Castellinard le
fit ensuite asseoir sur ladite chaise, en le soutenant,
parce qu'il ne pouvait se soutenir droit ; d'autant plus
qu'en attendant, lesdits soldats marseillais lui disaient mille exécrations, lui crachaient dessus et lui
donnaient des soufflets, et assurément ils l'auraient
fini, si dans cet intervalle un de ses domestiques
n'avait été dire au citoyen général d'Anselme ce qui
venait d'arriver, et ledit domestique étant venu avec
un billet dudit général d'Anselme qui ordonnait à la
garde de le laisser partir, puisque c'était de son ordre,
en conséquence de ce billet lesdits soldats marseillais
se bornèrent pour lors à lui dire et crier mille invectives et injures et le laissèrent partir, ce que ledit
évêque, malgré qu'il ne pût se remuer, à l'aide de ses
domestiques fit au mieux possible en tremblant, de
façon qu'il doit son existence au refus ferme et déterminé que ledit citoyen Castellinard fils leur fit de
leur donner une corde, sans quoi avant l'arrivée du
dit domestique portant l'Ordre du général d'Anselme, il aurait été pendu et étranglé.
Secondoque lefaitci-dessusfut d'abord public et notoire, de notoriété publique dans cette ville et encore
plui le lendemain premier octobre, puisque les autres

»

�— 52 —

soldats de la Phalange Marseillaise, arrivés sur le soir
dudit jour trente septembre, d'abord après leur arrivée
cherchèrent l'évêque qu'ils voulaient le lanterner et
mettre en pièces, comme ils s'expliquèrent hautement,
ce qui joint au fait arrivé dans ledit vestibule de la
maison Castellinard, étant devenu d'une notoriété publique donna l'épouvante à tous les gens honnêtes du
pays, qui disaient que le citoyen général d'Anselme en
ordonnant audit évêque de partir, en mettant sous la
sauvegarde de la Nation française ses meubles et ses
effets, avait voulu le sauver.
Et comme il importe audit citoyen Passeron, exposant en sa dite qualité, de constater par témoins le
fait ci-dessus exposé, il nous présente ledit citoyen
Joseph Castellinard fils de Dominique de cette commune, âgé de 21 ans, de profession, négociant, qui se
trouva présent au fait énoncé dans le Ier article de l'exposé ci-dessus, et au surplus informé de la notoriété
des faits énoncés au second et dernier chef, de ladite
exposition et il nous présente les citoyens Jean-Jacques Donny, natif de Neufchâtel en Suisse, âgé de 39
ans, de profession, négociant ; Joseph Poullan, natif
de Clavesana, en Piémont, âge de 48 ans, négociant ;
Jacques Gerbin, âgé de 60 ans, tailleur, Jean-Marie
Thaon, âgé de 56 ans, négociant, natifs et tous domiciliés en cette commune pour déposer sur ladite
notoriété énoncée dans ledit second fait exposé, pour
recevoir leurs dépositions, et nous fait instance que de
tout lui soit concédé acte, ce que nous lui avons accordé et a signé.
Pierre-Joseph PASSERON .
Et de suite se sont présentés les susnommés citoyens Joseph Castellinard, Jean-Jacques Donny, Joseph Poullan, Jacques Gerbin, et Jean-Marie Thaon,
ci-dessus qualifiés, auxquels après avoir fait lecture
dudit exposé fait par ledit citoyen Passeron, en sa
dite quálité, les avons interpellés sur serment, que
leur avons fait prêter, conformément à la loi, de nous
dire en leur âme et conscience, si tous les faits énoncés dans le même exposé sont de leur connaissance,

�- 53 et ledit citoyen Joseph Castellinard a répondu et
attesté en être pleinement informé pour avoir été
présent au fait exposé dans le i" article de ladite exposition, et pour avoir publiquement entendu dire les
faits énoncés dans le second chef qui était en cette
ville notoire de notoriété publique et lesdits citoyens
Jean-Jacques Donny, Joseph Poullan, Jacques Gerbin,
Jean-Marie Thaon, ont répondu et attesté tant uniment que séparément être pleinement informés de
l'énoncé dans le second chef de ladite exposition,
puisque les faits y énoncés étaient notoires, de notoriété publique en cette ville, et tous lesdits citoyens
ont respectivement attesté pour ce qui les concerne
que tout contient la vérité, toute la vérité et rien que
la vérité. En foi de quoi ils ont signé : Joseph Castellinard fils,Jean-Jacques Donny, Joseph Poullan, Jacques
Gerbin, Jean-Marie Thaon.
Et nous, Juge de paix, vu les dépositions ci-dessus,
avons de tout concédé acte au susnommé Pierre Joseph Passeron en sa dite qualité pour lui servir et valoir dans tous les cas, à ce que de droit et de raison.
Fait à Nice l'an et jour que dessus.
GAUTIER,
BONIFACI,

juge de paix.
sec. gref.

Vu par nous, membres Du district de Nice, le 3
vendémiaire anIV rep. (25 sept. 1795).
Jn. COPPON fils, VÉRANi, pr. syndic, TOSELLI, Saytour
MARTIN.

Arch. Nat. F

7

4867 *

�54 -

PÉTITION au DISTRICT de NICE
et AVIS de ce DISTRICT
ÉGALITÉ,

LIBERTÉ

5 vendémiaire
27 septembre 1795 an IV
AUX

CITOYENS ADMINISTRATEURS
DU DISTRICT DE NICE

Le citoyen Pierre Joseph Passeron, natif de la
commune de Contes, habitant en celle de Nice depuis plusieurs années.
Vous expose en qualité de procureur du citoyen
Charles-Eugène Valperga de Maillone, évêque de
Nice, subrogé par le citoyen Nicolo Giorni, homme
de loi, son procureur spécial et général fondé par acte
reçu dans la ville de Turin par le notaire PierreJoseph de Bernochio, le 20 juillet dernier (v. s) légalisée par le résident de la République de Gênes, près
la Cour de Turin, duquel il résulte le pouvoir donné
audit citoyen Giorni de subroger en son lieu et place
avec tous les pouvoirs compris dans le même acte,
qui se trouve copié mot pour mot dans celui de la
subrogation faite par le même citoyen Giorni, reçu
en la ville de Gênes le Ier du mois d'août dernier
(v. s* par le notaire Antoine Baglietto, légalisée par
le consul de la République française, le 13 Thermidor dernier (3 1 Juillet 1795), qu'il vous exhibe qu'étant arrivé dans cette ville le vingt-neuvième jour
du mois de septembre de l'année 1792, l'armée de la
République française, commandée par le citoyen général en chef d'Anselme lorsque celui-ci y fut arrivé
le soir et eut pris son logement dans la maison d'habitation du citoyen ci-devant consul de la République
Le Seurre, ledit évêque Charles-Eugène Valperga de
Maillone, s'étant présenté, le même général d'Anselme
lui signifia d'abord en présence de son Etat-Major de
partir de cette ville, sur quoi ledit évêque lui répondit qu'il avait cru pouvoir continuer sa demeure dans
cette ville et qu'à cet effet il n'avait jamais pensé de

Pièces 7 et 8

�- 55 distraire, ni faire partir le moindre de ses meubles et
effets qu'il avait dans la maison d'habitation de
l'évêque, que si absolument il lui ordonnait de partir,
il le priait de lui accorder la sauvegarde pour tous ses
dits effets et meubles, ledit général d'Anselme lui
répliqua : Le plus tôt sera le mieux, ce qui tout est
constaté par les attestations ci-jointes du premier et
second jour de fructidor dernier qu'il vous présente
également.
Qu'il résulte aussi par lesdites attestations, que
ledit évêque Valperga de Maillone fut forcé par ledit
général d'Anselme de partir de cette ville que tous
ses meubles et effets fussent mis sous la sauvegarde de
la Nation française et qu'étant parti le lendemain 30
dit septembre, il risqu'à d'être pendu ef étranglé paties soldats de la Phalange Marseillaise qui se trouvaient de garde à la porte ci-devant dite Victoire, ce
que tout fut d'abord notoire et de notoriété publique
dans cette ville.
Vous observe que ledit évêque Valperga est natif
du Piémont où il se retira et que s'il a résidé dans
cette ville, ce n'a été que pour raison de son ministère, que tout cela nonobstant il a été porté sur la liste
des émigrés, a été vendu la plus grande partie de ses
meubles et effets, et cela même nonobstant la préalable réclamation que le citoyen Jean-Jacques Donni,
chargé des intérêts dudit évêque avait fait à l'ancien
département par sa pétition du 22 juillet 1793 (v. s)
qui existe dans les Archives de ce district, résultant
ainsi que tout cela a été fait et opéré contre le droit des
gens et la sauvegarde de la loyauté française qui fut
promis audit évêque.
En conséquence, l'exposant demande en sa dite
qualité de procureur dudit citoyen évêque CharlesEugène Valperga de Maillone la radiation de son
nom de la liste des émigrés, la levée des scellés, la
restitution de ses propriétés et l'indemnité de celles
qui ont été distraites et vendues au nom de la Nation,
et sera justice.
(21 août 1795).

�- 56 Nice le 4me jour de Fructidor de l'an 3me de la
République française une et indivisible.
Signé : Pierre-Joseph PASSERON.
Vu la pétition ci-dessus du citoyen Pierre-Joseph
Passeron présentée au nom et comme procureur subs
titué du ci-devant évêque de Nice, Charles-Eugène
Valperga tendante à obtenir la radiation de son nom
de la liste des émigrés, la levée du séquestre et remission de ses effets restant ainsi que l'indemnité de
ceux qui ont été distraits ou vendus.
Vu une première pétition présentée à l'ancienne
administration du département par le citoyen JeanJacques Donni, au nom du citoyen Valperga en date
du 22 juillet 1793 tendante aux mêmes fins.
Vu la procuration en date du premier août 1793
(V. s.) faite à Gênes, par devant le notaire public Antoine Baglietti, légalisée par le Consul de la République française y résidant, ainsi que l'acte de procuration y inséré, en date du 20 Juillet 1795.
Vu l'attestation de quatre témoins faite avec serment par devant le juge de paix de la 1", 2"", 3me section de cette commune, en date du 1" Fructidor dernier '18 août 1795).
Vu autre attestation de cinq témoins faite par
devant le susdit Juge de paix, le 2 dit fructidor, aussi
sous serment.
Considérant que par la première des 2 attestations il est pleinement prouvé que le vingt-neuvième
septembre 1792, aussitôt après l'entrée de l'armée
française dans cette commune, le sus-nommé évêque
Valperga s'étant présenté au général d'Anselme qui
la commandait en chef, celui- ci lui ordonna d'abord
en présence desdits témoins et de tout l'Etat-Major.
u'il n'avait qu'à partir de la ville, et malgré que le
it évêque lui observa qu'il avait cru de pouvoir y
rester tranquillement et qu'à cet effet il n'avait fait
partir aucun de ses effets et meubles, le général lui
répliqua de partir absolument de la ville, en ajoutant
que le plus tôt serait le mieux, l'ayant assuré qu'à

a

�-5;l'égard de ses meubles et effets de sa maison, il les
mettait dès ce moment sous la sauvegarde et loyauté
de la Nation française et qu'il pouvait en être tranquille.
Considérant qu'il résulte par lesdites attestations,
et il est prouvé que l'évêque Valperga, d'après les
ordres précis et réitérés du général d'Anselme, partit
le lendemain 30 septembre de cette ville.
Considérant que par la susdite attestation du deux
Fructidor il résulte que l'évêque Valperga, au moment de son départ de cette commune, ayant été arrêté à la porte qui conduit au Piémont, par les soldats
qui y étaient de garde, lesquels tentèrent de le pendre,
il évita la mort par les soins du citoyen Joseph Castellinard, un des déposants, et il ne fut laissé libre que
d'après un billet du général d'Anselme, qui ordonnait à ladite garde de le laisser partir, puisqu'il s'en
allait de son ordre
Considérant que tous ces faits sont devenus de notoriété publique dans cette commune, dès le même
jour 30 septembre et Ier octobre suivant, ainsi que
quatre témoins l'ont attesté.
Considérant que le citoyen Valperga ne s'est absenté de cette commune et ci-devant Comté de Nice
que d'après les ordres du général d'Anselme auquel il
témoigna son regret.
Considérant que le départ du citoyen Valperga
ayant été forcé il ne peut pas être qualifié d'émigration.
Considérant que son intention de rester dans cette
commune est d'autant plus constatée, que le citoyen
Valperga a été le seul fonctionnaire public, il soit
resté à son poste, n'ayant soustrait aucun des meubles
et effets de sa maison, lesquels ont été ensuite distraits
et vendus par la Nation.
Considérant que le citoyen Valperga ne peut être
non plus considéré comme réfractaire aux lois de la
République, tandis qu'à l'époque de son départ de cette
commune, aucune loi de la République, surtout à
l'égard des ecclésiastiques, n'y avait été encore publiée
à laquelle eut pu contrevenir.

�— 58 —
Considérant que le citoyen Valperga ne pouvant
être considéré ni comme émigré, ni comme réfractaire, ne pouvait être privé de ses propriétés laissées
dans cette commune lors de son départ, sous la sauvegarde de la loi et de la Nation française qui lui fut
accordée par le général d'Anselme, et qui étant digne
de la loyauté de cette Nation, ne pouvait être violée
sans blesser le droit des gens.
Considérant au surplus, que le citoyen Valperga,
originaire piémontais, ne faisait sa résidence à Nice,
qu'à raison de son épiscopat, ce qui ne donne qu'une
résidence easuelle, et que sous tous les rapports, il
n'a cessé d'être étranger à l'égard du pays de Nice et
de la France.
Considérant que l'article 6, section deux, N° 2 de
la Loi du 25 Brumaire (15 novembre 1794) en déclarant émigrés les citoyens domiciliés dans le cidevant comté de Nice, qui sont sortis depuis le 27
septembre 1792, n'a point porté atteinte au droit des
gens dans la personne de l'étranger, qui se trouvait
dans ce même pays, où il n'aurait pas établi son vrai
domicile.
Considérant que le citoyen Valperga, qui avait été
forcé par le gouvernement de partir de Nice, n'a dû
plus y revenir dans le terme même prescrit par les
lois aux citoyens de la ci-devant Comté de Nice,
puisqu'il ne devait point imaginer qu'il fut compris
dans l'invitation, malgré qu'il ait été porté sur la
liste des émigrés.
Considérant que ce nonobstant, lorsqu'il sut qu'il
avait été porté sur la liste des émigrés de cette commune, s'est empressé de présenter sadite pétition
du 22 Juillet 1793 dans laquelle il demanda non seulement la radiation de son nom de ladite liste, mais
encore un délai convenable pour rentrer dans cette
commune, soit comme simple citoyen, ou comme
fonctionnaire public, ainsi que la restitution de ses
propriétés par lui laissées sous la sauvegarde de la
loyauté française dans la maison êpiscopale lors de sa
retraite forcée, ou une juste indemnité de leur valeur.

�- 59 Considérant finalement que,d'après toutes les circonstances sus-ênoncèes, aucune loi concernant les
émigrés ne peut être applicable au citoyen Valperga,
et que toutes celles qui pourraient le regarder relatives au séquestre des biens appartenant aux habitants
des pays en guerre avec la République française ont
été rapportées par le décret du 14 Ventôse dernier
(4 mars 1795). •
Le Directoire du district de Nice, oui le procureur syndic, est d'avis que le citoyen Charles-Eugène
Valperga ci-devant évêque de Nice ne doit point être
considéré émigré.
Qu'il doit être rayé de la liste des émigrés, que le
séquestre apposé sur ses propriétés doit être levé, qu'il
doit être réintégré dans la possession et jouissance
d'iceux, que tous receveurs ou dépositaires doivent
lui restituer les sommes qu'ils ont perçues, résultant
du produit desdites propriétés et qu'il doit recevoir
la juste indemnité des meubles et effets qui seraient
passés au profit de la Nation.
Fait à Nice, dans la salle des séances le 5me Vendémiaire an 4me républicain (27 sept. 1795). Signé
Saytour Martin. Verani,
procureur syndic, Angles v. prés.
Touzelly. Jn Coppon fils.
Enregistré au feuil. 20 registre des prévenus
d'émigration et signé BARRAIA, commis greffier.
Certifié conforme par nous Ve président et secrétaire du district Jn COPPON Fils V,-PRÉSIDENT
BARRAIA Cis greffier.
A rch. Nat. F 7 4867

2

�— 6o —

Pièce 9.

LIBERTÉ (vignette) ÉGALITÉ
BUREAU DES
ÉMIGRÉS

Extrait des registres des délibérations et arrêtés de
l'Administration Centrale du département des Alpes Maritimes.
(2

juin 1797)

Séance du quatorze Prairial an 5mf de
la République française une et indivisible.
Sur le rapport d-e la pétition présentée par le
citoyen Pierre Joseph Passeron, procureur fondé de
Monsieur Charles Valperga, ci-devant évêque de
Nice, dans laquelle il expose que ledit Charles Valperga n'a jamais dû être atteint des lois relatives à
l'émigration, soit qu'on le considère comme parti en
suite d'une force majeure, soit en sa qualité de piémontais et demande en conséquence la radiation de
son nom de la liste des Emigrés, sa réintégration
dans la possession et jouissance de ses propriétés et
une juste indemnité, des meubles et effets qui sont
passés au profit de la République.
L'Administration Centrale du département des
Alpes-Maritimes, considérant que M. Charles Valperga, comme piémontais, n'habitant Nice que pour
cause de son emploi, n'aurait jamais dû être porté
sur la liste des émigrés du département.
Que le seul motif qui a pu déterminer le général
d'Anselme à lui ordonner de partir de la ville de
Nice, ne peut avoir été que la susdite qualité de
piémontais.
Considérant enfin, que comme sujet du roi de
Sardaigne, il est dans le cas de jouir de l'article i,r
de la loi du quatorze nivôse an troisième, (} janvier
1795), ainsi que de l'article neuf de la loi du trente
Floréal an quatrième, (19 mai 1796).
Arrête, oui le commissaire du Directoire Exécutif
que le nom de Valperga, ci-devant évêque de Nice,
qui se trouve inscrit sur la liste des émigrés, sera

�— 6i —

provisoirement rayé ; que tout séquestre qui pourrait
avoir été mis sur ses biens sera levé, qu'il sera réintégré dans la possession et jouissance de ses propriétés,
et que toutes les sommes versées dans les caisses publiques, lui seront rendues, déduction faite des frais
faits conformément aux lois.
Fait et arrêté* en séance publique le jour, mois et
an que dessus.
Signé : Donny, président Payani, fils, Scudéry,
Oberti, Hancy (et en marge Gastaud commissaire
du Directoire Exécutif).
Certifié conforme à l'original par nous président
et secrétaire de l'Administration centrale du départemeni des Alpes-Maritimes.
DONNY, président
BELMONDI, sec. chef au bureau des émigrés.
Arch. Nat. F 7 4867 2

ACTE DE CAUTIONNEMENT
Pièce 10.

11 fructidor anV (2&amp; août 1797)
LIBERTÉ ÉGALITÉ
Ce jourdTiui 11 fructidor an 5 de la République
française une et indivisible (28 août 1797) par devant nous, membres composant l'Administration
centrale du département des Alpes-Maritimes, est
comparu le citoyen Joseph Passeron, natif de Contes,
chef-lieu de canton, domicilié dans cette commune,
procureur fondé de Monsieur Charles Valperga, cidevant évêque de Nice, en vertu d'acte de procuration du 20 juillet et premier août 1795 (v. s.) lequel
en sadite qualité, dépendamment à l'arrêté de cette
administration du quatorze prairial an cinq (2 juin
1797) portant que le nom de Valperga, ci-devant
évêque de Nice, sera provisoirement rayé de la liste
des émigrés, que tout séquestre qui pourrait avoir
été mis sur ses biens sera levé, qu'il sera réintégré
dans la possession et jouissance de ses propriétés, et

�— 62 —

que toutes les sommes versées dans les caisses publiques lui seront rendues, déduction faite des frais
faits, conformément aux lois, désirant de se conformer au porté par l'article 3 de la loi du 5 Brumaire
an 3 (26 octobre 1794) qui exprime que les prévenus
d'émigration seront tenus de donner caution solvable de la valeur mobilier, et ne pourront obtenir
leurs immeubles jusqu'à ce qu'il ait été définitivement statué sur leurs réclamations par qui de droit,
toujours en sa dite qualité a présenté pour caution le
citoyen François Grosson, marchand drapier de cette
commune, lequel ici prése.it et acceptant, s'oblige
conjointement et solidairement avec ledit Valperga
et pour celui-ci ledit Joseph Passeron, et sous l'hypothèque de tous leurs frens présents et à venir, à l'entière exécution de ce qui les concerne en la susdite
loi, et à la représention des mobiliers, effets et sommes à percevoir en dépôt que besoin sera, et quant
aux mobiliers invendus et en dépôt seront soumis
d'en représenter la valeur à laquelle seront estimés
par experts, préalable rémission.
Et nous, administrateurs susdits approuvant lesdits
cautionnement et acte de soumission, à la réquisition
dudit citoyen Joseph Passeron, avons dressé le présent acte que toutes les parties ont signé avec nous,
ayant au préalable fait renoncer audit François Grosson au droit de premier convenir.
Fait à Nice les jours, mois et an que dessus.
Joseph

PASSERON,

François GROSSON,
prés., PAYANY FILS,
MARUN-SAYTOUR, sec. en chef

HANCY, DONNY,
P.

Acte original sur timbre de 20 centime*.
Arch. Nat. F

7 4867^

�— 63 -

CONCLUSION

Il était avéré pour tous, dans la ville de Nice, que Mgr
Valperga était parti contre son gré et si la première Administration départementale, installée au mois de Mai 1793,
l'avait inscrit sur la liste des émigrés de Nice, c'était à la
suite d'une réponse faite par le ministre de l'Intérieur, Garât,
aux questions à lui posées par le Directoire des Colons Marseillais sur la conduite à tenir vis-à-vis de l'évêque.
Les questions avaient été envoyées à Paris, vers la fin
de Février 1793, et la réponse du ministre ne parvint à Nice
qu'au milieu de juin suivant, soit quelques jours avant la
publication de la liste des émigrés. Les réclamations de
l'évêque, retiré à Turin dans sa famille, furent présentées
le 22 juillet 1793 (1) ; mais comme beaucoup d'autres, elles
s'entassèrent dans les bureaux du Département, qui n'y
répondit même pas.
Cette réclamation fut présentée au nom de l'évêque par JeanJacques Donny au Département. lîlle figure en original au dossier
Valperga.
Voir ci-dessus.
Le registre des délibérations du département manque aux Archives pour les derniers mois de 1793, exactement du Ier mai au 10
Novembre, comme pour les six derniers mois de 1797 et l'année entière de 1798, exactement du 8 Messidor an V (26 Juin 1797) au 25
Pluviôse an VII (13 février 1799).
C'est-à-dire pour les deux périodes les plus troublées et cette
disparition est tout au moins étrange.
Elle doit être vraisemblablement attribuée à certains hommes
politiques désireux de laisser dans l'oubli leur conduite durant ces
deux époques.

�- 64 On était dans la période la plus aiguë et, en pleine
Terreur.
Après le 9 Thermidor et, surtout après la venue à Nice
du représentant Beffroy, au mois de Floréal, an III (Mai
I795)»
les esprits devinrent plus calmes, les administrations plus pondérées. C'est alors que, sur de nouvelles demandes présentées au District, et sur avis favbrable de
celui-ci, le département des Alpes-Maritimes accorda à Mgr
Valperga sa radiation provisoire, le 14 Prairial, an V (2 Juin
1797). Comme on le voit, l'affaire avait traîné en longueur.
Il semblait alors que rien ne s'opposait plus à la rentrée
de l'évêque : le 11 Fructidor, an V (28 Août 1797), le Département avait agréé la caution de François Grosson (1) ;
les biens de l'évêque allaient lui être rendus, et il pourrait
rentrer.
Mais huit jours après, le coup d'Etat du 18 Fructidor (4
septembre 1797) remettait le pouvoir aux mains des Jacobins, la guerre aux émigrés et aux ecclésiastiques, en particulier, reprit avec âpreté. Pe département des Alpes-Maritimes se vit accusé d'avoir préparé une rentrée triomphale à l'évêque, son arrêté du 14 Prairial resta sans effet
et, en vertu de la loi du 19 Fructidor (5 septembre), les
scellés furent de nouveau apposés sur les biens de Mgr Valperga par deux commissaires municipaux (2).
En vain, l'évêque de Nice, fit intervenir auprès du Directoire Balbi, l'ambassadeur du Roi de Sardaigne à Paris,
le dossier de sa demande en radiation fut examiné sans
aucune bienveillance.
(1) L/Acte original de ce cautionnement sur timbre est aux
Arch. des Alp.-Maritimes Q. 10.
(2) Mise de scellés sur les biens de Charles Eugène Valperga par
deux commissaires de la municipalité de Nice. Une scéance, 6 livres.
Dépense approuvée par le Département, en Germinal an VI (avril
1798). Arch. des A. M. Q. 11.
Mgr Valperga ne possédait à Nice aucun immeuble et il devait
rester fort peu de chose de son mobilier après la vente qui en avait
été faite en Ventôse an III. La bibliothèque de l'évêché avait été déclarée bien national et la caisse diocésaine avait disparue en octobre 1792
sans laisser de traces dans les pièces administratives. Le séquestre
a été apposé sur les biens de nombreux émigrés rayés provisoirement.
On peut en voir la liste aux Archives des A. M. Q. 10, où Valperga
figure sous le N° 65.

�- 65
Á la suite de la lettre de Balby datée de Paris le 7 février
1798, le ministre de la police demanda à ses Bureaux un
rapport sur l'affaire Valperga. Pe voici tel qu'il se trouve
en minute au dossier.
Attendu que rien ne tend à constater le prétendu ordre
de quitter Nice, d'où il suit qu'il faut en croire sur parole
l'émigré.
Qu'à raison de son domicile, il était tenu de rentrer sur
le territoire dans les délais voulus par les lois.
Qu'il est atteint par la déchéance et n'a réclamé que
l'an V.
Qu'il ne paraît pas y avoir lieu de violer la loi en faveur
de cet ex-évêque dont la rentrée prohibée par la Constitution serait d'une influence dangereuse.
J'estime qu'il y a lieu à proposer la maintenue sauf
à prendre des renseignements si toutefois on les trouve
indispensables.
CAIGNART,
Sous-chef (2e Bureau).
En tête de cette minute est écrit :
« Je pense qu'il y a lieu à instruction et à prendre
des renseignements près les Administrateurs du département_des Alpes-Maritimes. »
Signature illisible (1).
Ces renseignements furent-ils demandés ? C'est probable et cela explique que bien des pièces du dossier Valperga sont en double expédition. Plus d'une année s'écoula
encore, avant que fut prise une décision et finalement sur
un rapport défavorable de la Commission d'examen instituée près le Ministère de la police pour l'étude des demandes en radiation, le Directoire exécutif signa le 7 Floréal
an VII, (26 avril 1799) un arrêté qui maintenait définitivement, sur la liste des émigrés, Mgr Valperga et annulait
toutes les décisions rendues antérieurement, en sa faveur,
par les. autorités locales.
(1) Arch. Nation. F 7 4862 2 dossier Valperga. Rapport de la
3 me Division du Ministère de la police, sans date mais joint à la
lettre de Balbi.
»

�- 66 -

Varrêté du Directoire parvint à Nice les premiers
jours de Prairial an VII (Mai 99) et fut immédiatement
mis à exécution. (1).
*

* *

Ainsi donc Mgr Valperga expulsé ne put jamais obtenir
de rentrer, les lois sur l'émigration étaient tellement embrouillées et tyranniques qu'une fois inscrit sur une liste
d'émigrés, il était extrêmement difficile de s'en faire rayer
malgré toutes les démarches ; car on se heurtait sans cesse
à des questions de forme et de procédure ce qui permettait
à la malveillance de s'exercer tout à fait à l'aise sous le
couvert de la légalité.
A. J.

PvANCE-BOURREY.

(1) De 21 Floréal an VII (10 mai 1799), il fut communiqué
par le ministre de la police générale de la République aux diverses
administrations intéressées et aux Commissaire du Directoire exécutif
près le département des Alpes-Maritimes. Celui-ci par lettre du 3
prairial (22 mai 1799) demanda au Département de le transmettre
à la Municipalité de Nice, ce qui fut fait le même jour avec ordre
de le transcrire sur ses registres, de faire apposer les scellés ou séquestre sur tous les biens meubles et immeubles de l'évêque si ce
n'est déjà fait, et de mi notifier sans délai la décision prise à son égard.
Voir lettre du Département à la Municipalité, celle du Commissaire au Département, 3 Prairial an VII avec la réponse du Département 4 Prairial.
Arch.. des A. M. Q. 1 et 2 et Arch. Nationales, dossier Valperga,

�NIÇA LA BELLA
VERS DE /.

Giordan,

su

DE CARTA POUSTALA

Ai rai dôu nouostre bouon soulèu
Venon s'escaufar toui lu lùssi ;
Es un meravihous tablèu,
Ai rai dôu nouostre bouon soulèu,
Trouvas, dou Var fin au Castèu,
Anglés, Rouman, Danesi, Rùssi :
Ai rai dôu nouostre bouon soulèu
Venon s'escaufar toui lu lùssi.
Pèr tu, as touti li bèuta,
Terra de lus e d'alegria,
D'un ciel d'azur, as la clartà,
Pèr tu, as touti li bèuta.
De l'univers, en verità,
Siès la uechièma meravia ;
Pèr tu, as touti li bèutà,
Terra de lus e d'alegria.
Dintre lou tèmp, Semiramis
Faguet basti, à Babilouna,
Pu siéu jardin, vèr paradis !
Soubre Paioun, degun s'estouna
De vèire, ancuèi, lou paumoulié
Drissar au ciel la siéu coulouna
E lou galofre, e l'anemouna
Flouri emb'au pourtegalié.
De bouon matin, quitant maioun
Pèr la journada touta'ntiera,
S'en va lavar, dintre Paioun
Pa bugadiera.
D'un glourious passat es fiera
Perqué, d'un tèmp, sus lou bastioun
Au Turc, arranquèt la bandiera
Pa bugadiera.

�fet 68 —

Sau de fouora fa freï,
Que brima,
A Niça, sus lou Quèi,
Si rima.
Pescadou, fourestié,
De la mar bressarella,
Escouton voulountié
Pa doussa cantinella.
L'AVOUCAT

PATTA

L'estudi de l'avoucat Patta es en plen aria ; si tèn lou matin
couma lou predinà su la plaça dôu Palai. Es un ome pichounet,
touplen raplot, li pocha enfli de papiè de touta mers. En lu vièi
quartiè es proun counouissut e li capelada, « Bouonjou Moussu
l'Avoucat », noun li mancon. Es ben m'ai juge, proucuradou, etc.
Lu siéu ounourari soun bouon pati e n'a de preferença pèr
qu si sigue. Parla au premier maufatan vengut, couma se fousse
un agnèu que vén de naisse ; lou créancier o lou débiteur soun
tratat su lou même pen... basta que mouson...
L'avoucat Patta es de noutarietà reputat pèr un ome judicious, òunest — au noun si flata de l'estre au jou d'ancuei ; —
finda counouisse, es en relacioun d'afaire emê de gros persou nage que dintre la finança dôu siéu coumerce, soun quasi d'usurari. Sau menajar la cabra e lou caulè ; e pèr que la mouneda
noun li escapa si desbrouïa e si mete dôu cousta dôu manche...
d'aquéu que casca lou de mai...
Acò fa que toui lu matin que lou Bouon Diéu a fach, la siéu
doumestica mete toujou quaucaren au fuec. Lou dimeneghe, coum'un bouon crestian, — tartufaria que lou pauva, — va audi la
gran'messa à Santa Réparada, fa la siesta e à la calada dóu soulèu,
passeja su lou Cours, pastrouia, fa lu cent pas, noun parla que de
lei, proucès, citacioun, ensin alestisse lou travail dôu dilun...
Lendeman empastra ben d'afaire, mete facilamen en lou sac
Moussu Tout'Un emé Moussu Tout'Autre... En éu que li pòu
faire ?... lança dapertout lou broumech, tant pis pèr aquéu que si
laissa agantar. Quaranta sóu es lou près d'atac e vous pregui de
crèire que douna pas la siéu journada pèr doui o tres escut.
L'avoucat Patta counouisse l'usança dôu païs... s'avès touort,
vous rouïa, s'avès pi rasoun, v'espia... Que voulès aima manjar
lou pei, lou pei que noun aiguë d'espina...
JULI EYNAUDI.

�-«9VA

MAU ! !

Va màu, cresé-vous, que va màu 1
En l'orizoun lou voile negre
N'es qu'un gran camp cargat de pebre,
Qu'à pala lou jeten davan,
Avuglan finda lu cavau 1
Lu canoun soun su li frountièra,
Alignât couma de barriera,
N'esperon plus que lou signàu !
Lou soulèu, aquel animàu !
Stan, noun vòu levà la vela,
Si foundon couma des candela
Enb'aquèu coust dôu diàu !
Le Giacouuda à cóu de d/stràu
Li fan petà li sièu moulura...
Ah ! dèu faire bella figura
Se l'an foutuda en quauqua tràu
Lou pan crèise, finda la sàu,
Lou sucre dintre li boutiga
Mounta ben mai que de boufiga !
Van jusque crèise lou rampàu
E la pèu que fau lou tambau ;
Metran de drech su li nourriça,
Su lu chichi, su li saucissa,
Perqué pas soubre lu magàu ?
E lou Prussian, marrit bertàu,
Noun sabon fa que de babïa,
Per lou Maroc e l'Algèria,
Se faran mètre lou mourràu !
Li serreren toui lou pourtàu
E pi veiren touta la França
Davan la sieù grossa arougança
Se noun si sau garda li clàu !
Es de rima d'un manechàu,
Ma sien d'estiéu, vesin, vesina,
Li passeres en la resina
Avant que vegon l'espitau !
CHARLES CIAUDO

�Valère Bernard
Tout en heurtant le marteau contre la porte de M. Valère
Bernard je songeais. Je me suis complu dans le plus souriant
mépris des idoles. L'ironie a tremblé sur mes lèvres quand
la Provence a dans un ravissement de joie acclamé le poète de
Maillanne. Cette mascarade d'apothéose me répugnait.
Et maintenant la curiosité me fourvoyait dans le studio
d'un consciencieux artiste que les felibres couvraient de gloire.
Elève de Puvis de Chavannes M. Valère Bernard pasticha le
Maître. Mais vite il eût l'intuition qu'à se perdre dans les sentiers
battus il courrait risque de compromettre son crédit. Il dit
adieu à Paris et vint dans Marseille, l'opulente cité.
A cette époque vivait un exquis écrivain, J. Lombard. Il venait de publier deux œuvres d'une grandiose beauté, VAgonie et
Bysance. Dans un style étrangement tourmenté il contait les
luttes entre les factions d'Orient, illuminant son œuvre des
splendeurs bysantines.
Valère Bernard vit Jean Lombard, et du même coup les belles
au bois qui dormaient en son âme s'éveillèrent. Il délaissa les
études académiques, les pastiches sans vie, et d'ardentes couleurs
chargèrent ses toiles.
Voici le triomphe des rois Babyloniens. Sur les voûtes d'un
palais impérial passent des gardes étincelants dans la pourpre et
la soie. L'or envahit les hautes colonnes de jaspe bleu. Involontairement on pense aux fantastiques demeures hantées par des
fées émeraudes et des princesses aux perversités troublantes.
Et je m'imagine que le peintre était sous le charme de la
légende quand il a peint cette courtisanne qui sourit à son miroir tout en jouant négligeamment avec sa chevelure d'or. Et
puis passent Venise la rouge, Marseille enveloppé dans la poussière d'or du crépuscule, des motifs à la Watteau peints par un
bysantin, toute une apothéose.
Mais une idée m'obsède, tandis que dans la grise clarté d'un
soir automnal s'éteignent les fauves éclairs jaillis de ces radieuses
toiles. L'idéalisation du passé me paraît cruelle. Les générations
endormies dans la Mort ont eu leurs misères/leurs rancœurs, je
pense qu'il est absurde de s'écrier avec Musset « qu'aux temps
jadis tout était heureux jusqu'aux douleurs humaines. » En vain
l'apostat s'attriste-t-il sur les vieillards immortels de l'antique

�- 7i

—

lonie, â ses oreilles résonnent les paroles de l'Hiérophante : « La
Helladi que tu aimes n'a jamais existé ».
Mais M. Valère Bernard brise ma rêverie, et mes yeux se
portent.sur des portraits appendus au mur. Profils d'espagnol ou
d'américain mitigés d'espagnol, comme on en croise maintes fois
sur la Cannebière.
Homme universel ne puis-je m'empêcher de m'êcrier. M.
Valère Bernard sourit. Il siérait dit-il, à mi voix, de se développer en profondeur. Toutefois il est beau de se dire sur le
tard de sa vie que l'on a fait vibrer toute son âme. Ici le maître
rejoint Néron. Il m'aide à comprendre cet inquiétant empereur.
Mais encore faut-il que tout en étant l'homme universel on ne
sombre pas dans la banalité. De méchantes œuvres d'art peuvent
avoir leur prix.
Une idée se lève devant moi. Labruyère me petsuade que
l'honnête homme de Pascal propre à tout en définitive n'est propre à rien. La spécialisation inintelligente, mène à l'erreur, j'en
conviens, mais en fait elle est une loi générale.
Et ceci est pour me plaire, car j'abhorre dissiper mon énergie,
j'aime le repliement, la frissonnante pudeur qu'effarouche les
vaines ostentations. Je goûte les peintres du passé et malgré ma
philosophie j'adore les peuples disparus. Volontiers j'implorerai
avec la Cassandre de Schiller la cécité, l'exquise cécité. Le sou
venir a plus de puissance sur moi que l'espoir.
Et sous des deux gris, en des pays étrangers désolants de
médiocrité, il m'est arrivé de pleurer plus amèrement que ne
pleura Xerxès aux rives d'Abydos.
J. PADOVANI.
PROUVERB1, BOUOI MOT, COUNSÈU E DICH
Vèuva que si marida,
Dèu perdre la lus e l'audida.
Fiha madura,
Lou pouorta à la centura.
En cuntant su lu det :
Aquéu a fa l'óu ;
Aquéu l'es anat cercar,
Aquéu l'a fa cuèire,
Aquéu l'a manjat,
E lou pichoun n'a ren tastat !

�— 73 —
LE

DÉSESPOIR

Oui, j'ai la mort dans l'âme ; oui, je monte au calvaire ;
Mon horizon, hier si beau, s'est obscurci ;
Je hais tous les devoirs et tout ce qu'on révère :
Mieux vaut mourir que vivre ainsi !
Puisque je n'y puis rien ; que la raison humaine
Ne gagne plus un cœur où mon cœur est entré,
Je veux briser mes jours comme on brise une chaîne
Et m'enfuir en désespéré.
Qu'est-ce donc que la mort ? C'est la paix éternelle,
C'est un beau drap de fleurs sur mon sein endormi,
C'est la nature calme, auguste et solennelle
Qui nous prête un repos ami.
O nature de Dieu contemple ma détresse !
Ecoute tout mon sang dans mon cœur s'épancher
Et, puisque je n'ai plus le lit de ma maîtresse,
C'est au tien que je veux coucher ;
C'est toi la grande mère et la nourrice immense !
L'homme au sort le plus âpre et l'homme au sort plus beau
Retrouvent dans ton sein leur part de ta clémence :
L'un l'amour, l'autre le tombeau
Tu sais, toi qui vois tout, ce qu'ici bas je souffre,
Que je n'ai point béni l'instant de mon réveil
Et que j'ai regardé, toujours, du fond du gouffre,
Les bords ou brillait le soleil ;
Que je n'ai bu jamais que dans la coupe amère,
Que le seuil du bonheur me fut toujours fermé,
Que j'ai perdu mes fils, que j'ai perdu ma mère
Et tous les cœurs qui m'ont aimé !
Maintenant je m'en vais, battant du front, comme ivre,
En proie à ce grand deuil qui me courbe en vainqueur,
Et je veux déchirer ma vie, avec le livre
Des chastes sanglots de mon cœur ;
Et toi, rayon divin, génie, ardent délire,
Flambeau qui n'iras plus briller sur son autel,
Eternise du moins ces larmes de ma lyre
Et que mon cri soit immortel !
[EDGAR DE MASINI

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Lou magot de Bertoumièu Issuga (J. E.).

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24
27

La mouort dau paure Tounin (Ant. Roland)

—

La Vigne (J. Padovani)

—

28

Eglises et Chapelles de Nice (Valentin)

—

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Nouvé

—

32

—

33

Expulsion de Mgr Valperga en septembre 1792 (Abbé RanceBourrey

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Niça la Bella (J. Giordan)

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—

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—

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Va Màu (Ch. Ciaudo)

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Valère Bernard (J. Padovani)

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QUATRE-TÈMS

Noumbre d'or...
13
Mars
Epato (Grégori)
Il
Jun
Cicle soulari
17 Setèmbre
Endicioun roum
10 Desembre
Letra doumenicala
G F
LI QUATRE

8,
7,
20,
20,

10
9
22
22

e
e
e
e

11
10
23
23

SESOUN

Lou printèms coumença lou 21 mars
L'estiéu
—
— 22 Jun
L'autoum
—
— 24 sept,
L'iver
—
— 22 dés.

à 6.55 m.
à 2.36 m.
à 5.18 m.
à 11.53 m.

dôu sera
dôu sera
dôu matin
dôu sera

FESTA MOUBILI

Septuagesima... 12 Fébrié
Cendre
21 Febrié
Pasca
7 Abrieu
Rougacioun 21, 22, 23, 24 Mai
Ascensioun
16 Mai

Pantecousta
Trinità
Festa de Diéu
1" Dimenegue de
Ie* Desémbre

26 Mai
11 Jun
15 Jun
l'Avènt

LU ESCLISS!

Souliu.

—

ij Abriéu. — Esclissi annulari e coumplet visible

à Paris, en America, en Europa et dintre lou N.-O. de l'Africa.
Coumençamen de l'esclissi à 10,01 dôu matin ; finisse à 1,08
dôu sera.
10 Otitoubre. — Esclissi coumplet invisible à Paris, visible
dintre l'America dôu Sud.
Luna. — 1" Abrièu. — Esclissi parciella visibla à Paris. Entrada de la luna dintre l'oumbra, 9.26 dôu sera; sourtida, 11.03
dôu sera.
26 Setèmbre. — Esclissi parciella, invisibla à Paris, visibla
dintre l'Océan Pacifique.

Jîla providence, %ue de la Préfecture /4, $run, Siàraire

�LU

VÉNT

Lu vènt que souflon à Niça, dintre lou cours de l'armada,
soun au nombre de 16. Vequi li siéu denouminacioun courènti,
pihadi, en general, dai loucalità dei quali parèisson vèni :
Sud
Miejon
Nord... Tramountana
S.-S.-O. Miejou Lebech
N.-O.-E. Grek Tramountana
S.-O
Lebech
N.-E... Grego
O.-S.-O Pounèut Lebech
E. N .E. Levant
Ouest. Pounènt
E.-N.-E. Levant
O.-N-O.V Pounènt Maistràu
E.-S.-E. Levant
N -O . Mastràu
S.-E.... Siroco, vènt marin
N..-N. OMaïstràu Tramount
S.-S.-E.. Miejou Siroc

6
15
25
14
31
24

VIGÍLIA — JEUNI
Abriè
(Pasca, 7 Abrièu).
Mai
(Ascensioun, 16 Mai).
Mai
(Pantecousta, 26 Mai).
Avoust
(Assoumpcioun, 15 Avoust).
Outoubre (Toui lu Sant, Ier Nouvembre).
Desembre (Calena, 25 Desembre).
L'AN NADA RELIGIOUSA

LI FESTA MOUBILI E LI FESTA FISSI
Janvt'è
jYlars
1 Circouncisioun.
1 e 2 Quatre Tèms.
6 Epifania (lu Rei).
3 Reminiscere.
13 Bateja de J.-C.
10
Oculi.
14 Sant Noum de Jesu.
17 Lœtare.
fébrié
24 Passioun.
2 Puriflcacioun.
29 Li 7 Doulou.
4 Setuagesima.
31 Lu Rampàu.
6 Festa de la Pr. de N. S.
11 Sexagesima.
Jîbriéu
13 Coum. de la Passioun.
5 Divendre Sant.
18 Quinquagesima.
7 Pasca.
21 Cendre.
14 Quasimodo.
25 Quadragesima.
28 Patrou. de San Joúsè.
28 Quatre-Tèms.

�Setembre
3 Inv. de la Santa Crous.
13, 14, 15, Rougacioun.
16 Ascensioun.
26 Pantecousta.
29-31 Quatre-Tèms.
1
2
6
9
21
24
29

Quatre-Tèms.
Trinità.
Festa de Diéu.
Festa dôu S. Sacramen.
Sacrat-Couor de'jesu.
Natività de S. jouan-Bat.
SS. Peire e Paul.

8 Natività de la Vierge.
14 Esaltacioun de la Crous.
15 N.-D. dei 7 Doulou.
15 San Noum de Maria.
18, 20, 21, Quatre-Tèms.
29 Dédie, de S. Miquèu.

Ôutoubre
6
13
20
27

Sant Rousari.
Maternità de la Sta Vierge.
Puretà de la Santa Vierge.
Patrounage de la S. Vierge.

J/ouvembre

Juliet
2 Visitacioun de la S. V.
7 Precious Sang.
16 N.-D. dôu Carme.

Jîvoust
6 Transfiguracioun.
15
18
25
25
29

Assoumpcioun.
S. Joachim.
S. Couor de la Vierge.
S. Louis.
Decolac. de S. Jouan-Bat.

1
2
3
21

Toui lu Sant.
Lu Mouort.
Santi Relíquia.
Present, de la Sta Vierge.

2&gt;esembre
1 Avent.
8 Imaculata Councepcioun.
18, 20, 21, Quatre-Tèms.
25 Calena.

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DÉCIMALISATION

DU

TEMPS ET DES

ANGLES

LA MONTRE DÉCIMALE
Par J. de REY-PAILHADE, président du Comité
pour la propagation des méthodes Décimales.
Le Club Nautique de Nice a offert plusieur fois en prix des
montres décimales aux régates'de 1909. Il était utile de décrire cet instrument, d'y joindre des tables pratiques et des
formules à l'usage des ingénieurs, des sportsmen, des médecins, etc. etc.
DÉCIMALISATION DES ANGLES •
Il est aujourd'hui démontré que la division décimale du
quart de cercle facilite tous les calculs.
Les nouvelles cartes géographiques sont graduées exclusivement dans ce système, devenu officiel en France et dans
d'autres pays. On possède toutes les tables pratiques nécessaires à son essai courant. Nous ne nous étendrons pas
davantage sur cette méthode aujourd'hui enseignée dans les
lycées et collèges.
Nous rappellerons seulement que M. l'amiral Germinet,
membre d'honneur du C. N. N., sous la direction duquel on
fit en 1899 et 1900 des essais de navigation avec un matériel
entièrement décimal, a émis un avis très favorable à la
réforme décimale.
DÉCIMALISATION DU TEMPS
La division décimale du jour décrétée le 4 frimaire an II
rendra aussi de grands services à la science et aux sports.
Principe. — On divise le jour entier en 100 parties égales
appelées cés ; le cé est subdivisé en décisés, ceniicès et millicés
Le cé vaut 14m 24s ou 1T4 d'heure environ ; le décicé est égal
lm 26s 4 ou lm Ij2 environ ; le millicé vaut 0S 864 ou 9T10 de
seconde environ.
Concordance des Temps. — On parvient assez vite à dire
instantanément l'heure à 1 ou 2 minutes près en regardant le
cadran d'une montre décimale. Il suffit d'apprendre par cœur
les concordances décimales de toutes les heures.
0,0
0
50,0

4,2
1
54,2

8,3
2
58,3

12,5
3
62,5

16,7
4
66,7

20,8
5
70,8

25,0
6
75,0

�25,0
6
75,0

29,2
7
79,2

33,3
8
83,3

37,5
9
87,5

41,7
10
91,7

45,8
11
95,8

50,0
12
100,0

Les heures sont au milieu, les concordances des heures
du matin en haut, celles du soir en bas. Ainsi 10 heures du
matin valent 41.7 cés (énoncer 41 cés 7 décicés) et 10 heures
du soir valent 91,7 cés.
Gomme 1 cé vaut presque lj4 d'heure et un décicé une mi •
nute 1]2 ; en partant des concordances du tableau, on dit
l'heure instantanément, ainsi 39,9 cés valent 9 h. 36 m. du
matin. Un ou deux jours suffisent pour atteindre ce résultat.

Description de la montre décimale ou cémètre. — Il y a 3
aiguilles centrales se mouvant sur un cercle divisé en 109
parties égales, numérotées de 0 à 9. Le 0 cé est en bas, c'est
l'origine des temps, car on suppose la Terre au centre du
Cadran.
L'aiguille dorée avec un soleil ne fait qu'un tour par jour ;
l'aiguille épaisse en acier bleu tourne 10 fois par jour, et la
trotteuse fine fait 1000 tours par jour.
L'aiguille-soleil montre la position de l'astre du jour par
rapport au méridien de Paris, qui va du centre au chiffre 5.

�10 —
Les quatre traits bleus indiquent les positions de cette aiguille
à minuit en bas sur 0 ; — à tì h. du matin au milieu entre 2
et 3 ; — à midi, en haut, sur le 5 ; — à 6 h. du soir, entre 7
et 8.
L'aiguille dorée du soleil indique le chiffre des dizaines
de cés, 2 sur le dessin ; l'aiguille épaisse donne d'abord le
chiffre des cés, 6 sur le dessin, et en comptant rapidement à
l'œil le rang de la division entre 6 et 7, on voit, que cette aiguille marque 3 décicés. Le temps du dessin est donc 26,3
cés correspondant à 6 h 20 m. du matin environ. L'aiguille
trotteuse donne les millicés 83. Le temps est donc 26,383
cés.
» Pour la vie courante, on n'a pas besoin d'aller au delà du
clécicé. On lit les milticés pour les applications scientifiques
et sportives.
Le temps en millicés lu sur le cêmèire facilite tous les calculs, car on n'a jamais de réductions à faire.
Examinons le problème des vitesses a l'heure : Les millicés multipliés par 0,00024 donne des heures et fraction décimale d'heure. Ainsi Ì2345 millicés valent 12,345 -f- 24 =
2 h. 9628.
Par conséquent si L est la longueur parcourue et M le
temps en millicés, la vitesse est

ou t

+ 4166,66...

Ces quelques exemples démontrent que la montre décimale simplifie tous les calculs sans exception.
Les rapports de MM. les délégués officiels aux essais de
la montre décimale faits à Nice, par le Club Nautique, le 26
février 1911, concluent unanimement à la supériorité de cet
instrument pour les usages scientifiques et sportifs.
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7
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30
31

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26
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7
dil. S. Apoulinari
8
dim. S. Pèire
9
dim. S. Guiermo
10
dij S. Teodose
11
div. S. Arcada
12
dis. Sta Verònica
13
Dim. S. Ilari
14
dil. S. Maurici
15
dim. S. Ounourat
16
dim. S. Antoni
17
dij. Sta Angela
18
div. S. Sulpici
19
dis. S. Bastian
20
Dim. Sta Agnesa
21
dil. S. Vincènt
22
dim. S. Raymound
23
dim. Sta Jacinta
24
dij. Conv. de S. Pàu
25
div. S. Poulicarpa
26
dis. Sta Devota
27
Dim. Sta Paula
28
dil. S. Francès S.
29
dim.
dim.
dij.
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dis.

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Sta
S.
S.

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dim. S. Peire N.
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- L. 7 49' - C. 5 30'

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Dim. Setuagesima
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dij. S. Romuald
div. S. Jouan-Matha
dis. Sta Apoulounia
Dim. Sexagesima
dil. Sta Eulàlia
dim. S. Gregori
dim. Sta Eufrasia
dij. S. Onesime
div S. Dounat
dis. S. Simeoun
Dim. Quinquagesima
dil. S. Gabin
dim. Dimars-Gras
dim. Li Cendre
dij. S. Silvan
div. S. Maxime
dis. S. Pascase
Dim. Quadragesima
dil. S. Nestor
dim. S. Leandri
dim. Sta Nourina
dij. S. Nymphas

Plueia de febrié
A la terra vau fumiè.

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NICE

MARS
N. L.
P. Q.
P. L.
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N. L.
SOULÈU

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lu 1,
lu 8,
lu 15,
lu 23,
lu 30,
— L.

div.
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Dim.
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Dim.
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Dim.

i
L
i
i
i
7

1 oura 31 m.
0 oura 02 m.
0 oura 59 m.
1 oura 26 m.
1 oura 38 s.
01' — C. 6 13

S. Eudoxia
S. Simplici
Reminisceri
Sta Cunegonda
S. Casimir
Sta Coleta
S. Jouan de D.
Qaatre-tèms
Sta Margarida C.
Ocali
S. Euloge
S. Gregori
Sta Eufrasia
Sta Matilda
S. Acepsima
Sta Gertruda
Lœtari
S. Apien
S. Jôusé
S. Joachin
S. Lea
S. Turibe
S. Armentari
La Passioun
Anounciada
S. Emanuèu
S. Jouan d'Egt,
S. Gountran
S. Eustase
S. Jouan C.
Lu Rampàu

Lou mes de mars
Es amar.

tous le -vrai

BLANQUI &amp; FRACCHIA
— Usine au Pont-Magnan —

NICE

�- 13 S$&lt;30TJNL&gt;

ABRIÉU
P.
P.
D.
N.

0.
L.
Q.
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lu
lu
lu
lu

SOULÈU.

1 dil.
2 dim.
3 dim.
4 dij.
5 div.
6 dis.
7 Dim.
8 dil.
9 dim.
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25 dij.
26 div.
27 dis.
28 Dim.
29 dil.
30 dim.

6 , à 6
13, à
3
21, à 7
28, à 11

—

oura
oura
oura
oura

L. 6 06'

—

55 in.
37 s.
31! s.
25 s.
C. 6 52'

S. Ugo
S. Franç. de P.
S. Richard
Dijàu Sant
Divèndre Sant
Dissata Sant
Pasca
S. Albert, ev.
S. Azada.
s. Isidoro
s. Leoun
s. Juli
s. Justin
Ouasimoi/ii
Sta Anastasia
S. Frutuous
S. Rodolfe
S. Maxime
S. Anselme
S. Teodoro
S. Adalbert
S. Fidèle
s. Jorgi
s. Marco
s. Clet
s. Antime
s. Aimé

s. Roubert
Sta Catarina d. S
SS. Philip. ,Jacq.

Pichouna plneia d'Abriéa
Bouona récolta pèr l'csliéu

Q.

p
P. L.
D . Q.
N. L.
SOULÈU.

TRIMÍÎSTRÈ;

MAI

JUN

à

lu 5,
2 oura
lu 13, a 7 oura
lu 21, à 10 oura
lu 28, à 7 oura
— L.

5 14'

—

14
10
23
24

s.
m.
m.
m.

C. 7 29'

1 dim. SS. Félip. Jaq.
2 dij. S. Atanase
3 div. In.d.l. Sta Crous
4 dis. SS. Sindonis
5 Dim. S. Pio, papa
6 dil. S. Jouan D.
7&lt; dim. S. Peire
8 dim. s. Gregori N.
9 dij. s. Antounin
10 div. s. Isidoro
11 dis. s. Bounifaci
12 Dim. s. Jouan lou S.
13 dil. s. Pouon, m.
14 dim. s. Pacomo
15 dim. s. Sta Denisa
16 dij. Ascensioun
17 div. S. Pascaù
18 dis. S. Teodoto
19 Dim. s. Pèire C.
20 dil. s. Felis.
21 dim. s. Bernardini
22 dim. s. Julia
23 dij Rogaeioun
24 div. s. Vincen, d. L.
25 dis. S. Urbin
26 Dim. Pandecousta
27 dil. S. German
28 dim. S. Cirile
29 dim. Sta Petronïa
30 dij. S. Sylve
31 div. S. Justin
Au mes de mai
Longui semana

p
P.
D.
N.

Q.
L.
Q.
L.

lu 3,
lu 11,
lu 19,
lu 26,

SOULÈU.

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dis.
Dim.
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9 Dim.
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19 dim.
20 dij.
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23 Dim.
24 dil.
25 dim.
26 dim.
27 dij.
28 div.
29 dis.
30 Dim.

—

à 11 oura 4 s.
à 10 oura SI s.
à 9 oura 51 s.
a
2 oura 20 s.
L. * 34'

C. 8 1!"

S. Potin
Trinità.
S. Quirin
S. Francès C.
S. Lié
Festa de Dieu
S. Lié
Quatre-tèms
S. Optat
Sta Margarida
S. Barnabe
S. Antoui de P.
S. Basilio
S. J.-F. Régis
S. Moudeste
S. Lambert
Sta Olga
S. Gervai
Sta Juliena F.
S. Louis de G.
S. Paulin
Sta Maria d'O.
S. Jouan-B.
S. Prousper
S. Alban
S. Cresen
s. Iréné.
s. Pèire
s. Pàu
s. Tibàu

En Jun
De tres abit l'un

Dégustez tous le vrai

NICE

—

BLANQUI &amp; FRACCHIA
— Usine au Pont-Magnan

—

NICE

�— i4 —

TROISIÍ)MK

AVOUST

JULIE T
P.
P.
D.
N.

lu 3, a 10 mira 20 m.
lu 11, à 1 cura 53 s.
Il 19, a o oura 31 m.
lu 25, a 9 oura 12 s.
SDULÈU. - - L. 4 35' — C. 8 22'

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Dim.
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dim.
dim.
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dis.
Dim.
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dim.
dim.

S. Thierry
Vierg.de li Gracia
S. Anatole
S. Pèire de L.
S. Sisoès
S. Elie
Sta Babeta
S. Efrein
Sta Felicita
S. Pio
S. Jouan G.
S. Gene
S. Jaque
Festa Naciounala
S. Enri
N.D.d.M. Carmel
Sta Marcelina
S. Frederic
S. Vincen de P.
Sta Margarida
S. Vi loiSta Maria-Mad.
S. Apoulinari
Sta Cristina
S. Jaque
Sta Anna
S. Pantaleoun
S. Samsoun
Sta Marta
Sta Giulieta
S. Gnaci de L.

Au mes de Juliet
Ni frema ni coulé.

TBIMËSTRÎ;

I1. Q. lu 2, a 0 oura 29 m.
P. L. lu 10, a 3 oura 58 m.
D. Q. l»i 17, a 1 oura 1.1 s.
N. L. lu 21, a 5 oura 14 m.
IV Q. lu 31, &amp; 5 oura 21 s.
souLÈu, —1.5 or -j&gt;. 8 or

dij.
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0 dis.
4 Dim.
5 dil.
6 dim.
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8' dij.
9 div.
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dim.
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div.
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Dim.
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dim.
dim.
dij.
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S. Pèire-aï LS. Alfonso
Inv. de S. Estève
S. Domenica
N. D. dei Nèu
Trausf. de J. C.
S. Gaétan
Sta Batilda
S. Camila d. L.
S. Là u ren
S. Septima
Sta Clara
Sta Filoumèna
S. Ousèbi
Asoumpcionn
S. Roc
S. Mamès
Sta Elena
S. Ipoulita
S. Bernar
Sta Chantai
S. Pio V
S. Filipe B.
S. Bartoumiéu
s. Louis, r. F.
s. Seg'oundo
s. Cesari
s. Goustin
s. Mederic
Sta Rosa
S. Fiacre

F.n . ivoast
Figa e moust

wmmm mm

SBTÈMBRE
P. !.. lu 8, a' 4 oura 57
D. Q. lu 15, a 6 oura î&gt;l
N. L. Ju 22, a 3 oura 37
P. Q. lu 30. a 0 oura 08
SOULÈU. - - 1. 5 47V— c.

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Dim
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Dim.
dil.

S. Gili
S. Estève R.
Sta Eufemia
Sta Rosalia
S. Làuren J.
S. Pambon
S. Grat
Natiu, di' la V.
S. Oumer
S. Xicola
S. Félis
S. Veran
S. A nié
Es. (1. l.S. CtQUS
S. Nicomède
S. Conrneilla
S. Lanbert
S. Tournas V.
S. Janvié
S. Euslache
S. Matiéu
S. Maurici
Sta Tecla
S. Girar
S Firmen
S. Nil
S. iN'icandre
S. \\ inceslas
g. Miquèu
S. Jeromo

Lima setembrina
De mai clarina

MOT »

GRANDE MARQUE RECOMMANDÉE

s
:
s
s
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OUTOUBRE
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N.
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lu 8,
lu 15,
lu 22,
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oura 46 m,
oura 09m;
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m.

ii

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6 06*

TRIMESTRE

NOUVÈMBRE
P. L. lu
6,
D. Q. lu 43,
N. !.. lu 20,
Q.
lu 29,

r.

SOULÈU. - -

1.

a
a
a
a

4 oura 48
8 oura 20
9 oura 49
2 oura 42
14'

—

c.

5 03'

1 dim. Rosari
1 div. Tout lu Sant
2 dim. S. ■ Léger
2 dis. Eu Mouorl
3 dij. S. Rosari
S. Ubert
4 div. s. Francès d'A. 43 Dim.
dil. S. Carlo B.
5 dis. s. Placido
5 dim. Sta Bertila
6 Dim. s. Bruno
6 dim S. Leounar
7 dil. s. Serge
dij. S. Nestou
/
8 dim. Sta Reparada
8 div. Lu Quatre Incou.
9 dim. S. Denis
9 dis. S. Teodore
10 dij. s. Francès B. 10
Dim. S. Jacintou
11 div. s. Tarasco
11 dil. S. Martin
12 dis. s. Counrad
12 dim. S. René
13 Dim. s. Edouard
13 dim. s. Stanislas
14 dil. s. Calisio
14 dij. S. Pantena
15 dim. Sta Teresa
15 div. Sta Gertruda
16 dim. S. Ospici
16 dis. S. Edme
dij.
17
Sta Edvija
17 Dim. S. Gregori
18 div. S. Luc
18 dil. S. Alfè
19 dis. S. Pèi re
19 dim. Sta Babeta
20 Dim. S. Agrico)
20 dim. S. Edmon
21 dil. Sta Ursula
21 dij. Présent, de la V.
22 dim. S. Filip
22 div. Sta Cecilia
23 dim. S. Teodoret
23 dis. S. Clemen
24 dij. s. Mairloire
25 div. ss. Crespin-Cr. 24 Dim. Sta Flora
26 dis. s. Jouan de K. 25 dil Sta Catarina
26 dim. Sta Pel fina
27 Dim. s. Frumence
27 dim. S. Maxime
28 dil. s. Alfredo
28 dij. S. Sostène
29 dim. s. Narcisse
29 div. s. Saturnin
30 dim. s. Marcel
30 dis. s. Andrièu
31 dij. s. Siri
En ùuloubre
\loii ponorc goûta loti rùare

Tonssan ientra
St A n'driéu lou souorte

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DESÈMBRE

s.
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P. L .
D. Q.
N. L.
P. Q.

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lu 12,
lu 20,
lu 28,

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1
2
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4
5
6

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Dim.
dil.
dim.
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div.
dis.

8 Dim.
9 dil.
10 dim.
11 dim.
12 dij.
13 div.
14 dis.
15 Dim.
16 dil.
17 dim.
18 dim.
19 dij.
20 div.
21 dis.
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23 dil.
24 dim.
25 dim.
26 dij.
27 div.
28 dis.
29 Dim.
30 dil.
31 dim.

1.

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6 oura 46 s.
4 our;i 40 s.
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A vent
Sta Bibiana
S. Francès X.
Sta Barba
S. Bassi
S. Nicola
S. Anbrosi
Imac. Conception
Sta Leoucadia
Sta Eulàlia
S. Damase
Sta Rosélina
Sta Lucia
S, Niçoise
S.
S.
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S.
S.
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S.

Mesuiin
Adon
Olimpíada
Gatien
Ciprian
Filogone
Tournas

S. Onourat
Sta Vitòria
Cacha-fuec
Calèna
S. Estève
S. Jouan
SS. Inoucent
Sta Eleonora
S. Sabîn
S. Sàuvestre

Calena aufuec,
Pasca àu j'aèc.

sin -

GRANDE MARQUE RECOMMANDÉE

4 35

�- i6-

�- 17

-I

CROUNICA NIÇARDA
L'ABADÏA DE SAN POUON.— L'ABAT RANCE-BOURREY.
GLOFFREDO.

—

—

PÈIRE

A PREPAU DOU DIALETE NIÇART.

Ben qne pareissènt tardié, VArmanac Niçart s'empressa de
pourtà la siéu febla vous su tout cen que enteressa lou païs, sigue
au pounch de vista istoria loucala, pouesia, tradicioun, sigue
tamben su la taquinanta questioun dóu dialete niçart souvenri
fès pauvada e su la quala lu escritour mouderne soun luen d'estre
d'acordi.
Parlerai finda de M. l'Abat Rance-Bourrey, un beneditin qne
despi quauque an en ça mete à prouflt la siéu erudiciou n a nen
revelà de fach d'istoria inedieh. Se quauqu'un mérita d'estre
laudat es ben éu ; es en éu que VArmanac Niçart tressa la
pamoula de sapiença. En esprimant la nouostra recounouissença,
à l'Abat Rance-Bourrey, fen cen que touplen an denembrat,
vouoli dire de courounà lu siéu travail, frucha de ben de recerca,
dai quali obra sian fier d'avé prestat la prima ajuda. Pouden cità :
lou Discours sur le Monastère de Sainte-Claire de Nice, par Honoré
Pastorelli, publié d'après l'édition originale de Turin 1608, avec
une introduction et des notes ; — "Le Général J.-B.-M. D'Anselme" (Notices biographiques (1740-1792). E aquest'an
l'istorien nen douna — toujou de prima man — YExpulsion de
Mgr Valperga, evesque de Niça, au tèms de la Revoulucioun,
travail anoutat de peça curiouvi que sian urous de pouder metre
souta lu uès dei nouostre letour.
*
* *
Lou fach de l'annada, lou mai marcant, es estat aquéu de
l'Abadïa de San Pouon. Parlon de tout destruge pèr li basti an
siéu luec un espitau Pasteur... UArmanac Niçart es pas Penemic
dóu prougrès, ni men encara dei Bei-Art, ma si fa lou pious dever
de jougne lu siéu esfouors en aquelu dei siéu councitadin quo
l'istoria dóu passat passiouna, pèr que l'Abadïa de San Pouon
sigue counservada e classada couma mounumen istorique. En la
circonstança feliciti M. l'Abat Rance-Bourrey que mé rasoun s'e.s
demoustrat l'ardènt defensour autourisat que counouissen. La
siéu paràula es estada escoutada e lou Préfet de li Alpa-Maritima,
8

'

�— i8 M. de Joly — respetuous dei nouostri tradicioun — en ortie
avertit a proumès que l'Abadïa de San Pouon seria respetada e de
lèu si crusià pèr lou siéu classamen tra lu mounumen istorique.
Dóu resta vequi ce que l'Abat Rance Bourrey nen di su San
JPouon. Counsignen religiousamen li siéu paràula :
« L'Abbaye de Saint-Pons est le plus ancien monument relitgieux existant dans le Comté de Nice. Il y a dou^e cents ans que
sSiagrius y fonda un monastère. L'histoire de ce monastère est
jintimement liée à l'histoire religieuse, civile et économique de la
iville de Nice.
;
« Ce fut à Saint-Pons qu'en 1388 fut'signé l'acte réunissant
le Comté de Nice au Comté de Savoie. Les abbés de Saint Pons
ifurent pris dans les principales familles du Comté : les Badat, les
tLaugery, les Provana, les Lascaris, les Grimaldi, les Martelli, les
;Tournefort, etc. Plusieurs évêques de Nice furent abbés de Saint[Pons, en particulier Barthélémy Chuet (fin du xve siècle) et Jean
, Uriole, son successeur. Un autre abbé, Claude de Seyselle, fut
,évêque de Marseille, puis archevêque de Turin ; d'autres furent
cardinaux, tels Innocent Cibo, neveu d'Innocent VIII et de
f
;Léon X, et Paul Medeci de Cesis dont on voit encore l'inscription
(funéraire à Sainte-Marie-Majeure, à Rome.
:
« A la fin du xvir siècle, l'abbé de Saint-Pons était Pierre
•Gioffredo, le savant historien niçois. Enfin, un abbé de SaintiPons dont les Niçois n'ont pas encore perdu le souvenir, était
(l'abbé Spitalieri de Cessole qui a doté sa ville natale d'un établissement de bienfaisance si justement apprécié. La plupart des
pbbès de Saint-Pons et plusieurs évêques de Nice ont été enterrés
dans l'église ou sous le cloître et dorment aujourd'hui confondus
avec les moines leurs frères qui depuis dix siècles y sont enterrés.
« Les monuments funéraires ont disparu. Le temps a tout
(nivelé à Saint-Pons, singulièrement aidé cependant par la main
ides hommes. On connaît les dévastations commises par
Iroupes de François Ier et de Barberousse, plus tard par celles d
Catinat et par d'autres encore. Après chaque désastre, SaintPons a retrouvé une nouvelle vitalité et il y a à peine trois quarts
de siècle que Mgr Galvano y a fait d'importantes réparations.
;
« Saint-Pons n'est pas seulement une page de l'histoire de
notre pays, c'est un gros volume de cette histoire ; les Niçois
laisseront-ils dire qu'ils sont restés indifférents devant le danger
qui menace Saint-Pons ? Non, ils feront tous leurs efforts pour

�— 19 -

sauver de la destruction un monument qui doit leur être cher...
Je demande d'urgence le classement de l'Abbaye de Saint-Pons,
c'est-à-dire de l'Eglise et des bâtiments claustraux, comme monument historique. »
Lou councours de YArmanac Niçart es aquist. Emé fiertà e
au près de touplen de sacrifici faren respetà l'istoria dóu passat,
la lenga e lu escrich dei orne qu'an ilustrat lou nouostre bèu
pais.
*
* *
Despi quauque tèms, — maladia que reven per intermitença,
— la gran questioun de la grafia niçarda, de l'ourtougrafa, es
messa su lou tapis. De letra soun estadi publicadi, d'autri lou seran, e cresi qu'après ben de charra pèr dire pas gran cauva de
nóu, quasi dirii pèr predicà dintre lou Desert, noun restera
d'aquela discussioun, — Favén déjà coustatat, — pas gran cauva,
ren!... Cadun escrèu à la siéu moda seloun l'esprit dóu moumen,
e serii ben curious de counouisse aquéu que vendria nen dità
une metoda en nen dïen : « la mièu maniera d'escrièure lou
Niçart es la bouona». Discussioun scientifica que pòu passiounà
quauque lenguista, pas mai ; lou mihou es d'escrèure seloun li
letra ditadi pèr la prounouncia. Lou talènt pèr aquéu qu'escrèu
es de si laissà liège, de si faire acapi. Es qu'en en un entan que
frecuenta l'escola primària poudès li demandà autra cauva ?...
Perta de tèms que tout acò, vourria mai s'engenià à recercà lu
viei mot, espressioun, loucucioun courenti que la pous dóu tèms
a rabaïat, dounà au nouostre bèu dialete la coulou que dèu avè,
en respetant lu emprunt que pouden avè fach sigue à l'Italian, à
l'Espagnòu o à tout autre...
Un dialète noun dèu pas estre une lenga scientifica, encara
m en noun còu avè la pretencioun que sigue ouficiela, seria temerari ; lou dialete d'un païs dèu refletà lou caratere d'un'epoca que
lou tèms dèu respetà, enfin escrèure gramaticalamen, un noun
empedisse l'autre, e laissà à l'esprit, au goust lou coumplemen
d'un stile ouriginal, en de frasa councisi que flaton i'auriha.
Aquí fermi la discussioun, risqui de perdre la civada... l'an
que ven, se Diéu mi presta vida, v'en dirai d'autri e couma
d'usança que mi sigue permès de la vous souvetà : Bouona e
uroûva !
L'ARMANAC

NIÇART.

�20 —

LA CIGALA DOU BOUON DIEU
Una cigala dóu Bouon Dieu
Tout l'estiéu
E l'iver en la chambreta, —
L'aiguesias vista la lebreta ! —
Noun vivïa que d'amour
S'assetava su l'ounour;
La cigala cantarela,
Vau chanja de clientela,
Noun es courta d'amatour,
Que li viron tout au tour !
Ma l'ancien de la cigala,
De gros mot ven que s'embala ;
En l'auriha de la maire
Li ven tout aquéu bousin,
Que deja toui lu vesin
Sabon lou long de l'afaire
— Cenqu'as fach m'au tiéu tip ?
Di la maire enrabiada...
Bella Vierge encourounada !
Sera au mancou m'un bouon rie!!...
CH. CIAUDO

PROUVERBI, BOUOI MOT, COUNSÉU E DICH
Tèms d'iver noun ti fidar.
Lu màu dei enfan si garisson soulet.
Cau naisse pèr estre bèu, si maridar pèr estre rie, e mouri
pèr estre brave.
Per aver de raïn, eau caressar la souca.
Agnèu naissut
Vau un escut.
Dansa mihou ventre plen que rauba nova.
L'oumbra dou mèstre engraissa lou cavau.

�LOU MAGOT DE BERTOUMIÉU ISSUGA
O BEN

UNA RAISSADA DE MACAROUN
Conte menloanasqae trouvât dintre d'un armori
de ma nana e que /'Armanac Niçart es tirons de
transcrièure en niçart à Ventencioun dei sièu
fidèle lotour et lelrissa.

Bertoumiéu Issuga, mentounasque de viéia roca, abitava en
coumpagnia de sa mouhié, en carriera dóu Paumoulié. La siéu
frema, malurousamen, era sirnplaria e faia lou siéu desespoir.
Cada matin Bertoumiéu, avant de s'en anà au travail, li recoumandava de noun faire de bestialità. Cou vous dire que toui lu
dissata lou nouostre ome metia en un'armari pertuat dintre la
muraia lou gagne de la semana.
— Bertoumiéu ! pèr qu seria tout aquel argen, demandava
Marioun au siéu marit.
— Es pèr Madjou-long, castagnassa !
*
* *
Un jou Bertoumiéu partet pèr anar à la siéu campagna ;
devia même li restar doui ó très jou pèr souïnar e arousar lu
citrouniè. Marioun souleta matin e sera, s'assetava su lou banquet de la pouorta e faïa de bas... Un predinà veguet un ome
de statura mai que mejana, couma si di, un gran carcan. La
frema de Bertoumiéu lou fissa sensa parpelear, pi pihada d'un'
idea, li diguet :
— Moun bèu Moussu, sias bessai vous Madjou-long ?
Lou merlo pita e noun s'en laissa dire autre, léu li
respouonde :
— Noun vous troumpas pas, bella bruneta, sièu ièu Madjoulong !... Ma perqué mi faire tala demanda ?
Perqué ?... dou moumen que sias Madjou-long, intras su lou
cóu. Li a ja pas mau de tèms que moun marit a mes d'argen
amagat pèr vous...
E sensa mai de ceremounia li remeté lou mandiou dintre lou
quai lu sóu eron groupât. L'ome remercia e la s'esbigna lèu.
♦

* *

�Lou sera, Bertoumiéu arriva, la sièu mouhié li di.
— Sabes, ai vist ancuei Madjou-long !
E l'ome de cridar :
— Malurousa ! — m'en a fach encara una 1
Courre à l'armari, lou mandiou e Pargen, mouis !... Issuga
blastema pica dai pen, es décidât de si desiaire de la siéu frema
Lendeman, dóu téms qu'aissesta durmïa, li cuerbe lu uès emé de
pega de sabatié, pi la pihant pèr la man, la mena dapé dóu CapMartin. Arrivât aqui, Bertoumiéu fa mountar Marioun su d'un
nouguié el'abandouna. La paura, bòrnia, noun sabia doun si
trouvava, ni men encara ce que poudia faire.
En aquéu fra-tèms doui voulur venon s'assetar souta
l'aubre ; après aver abrat quauqui branca sequi pèr s'escaufar, pi
si meton à cuentar lou siéu argen.
La calou faguet delegar la pega que curbia Puès destre de
Marioun e aissesta de cridar :
— E d'un !
Lu voulur, d'estuc, s'isson d'emblée.
— Qu'es acó, diguet l'un.
— Un matagan, faguet l'autre.
La calou seguia á faire lou siéu efet pau à pau durbia Puei
senec.
— E de douî, diguet Marioun.
Dóu cou lu voulur escapon, laissant Pargen espantegat soubre
Perba.
Marioun coumença à li veire clar, cala da l'aubre e ramassa
Pargen, pi lèu s'en camina vers maïoun...
Lou sièu marit, pensierons, era assetat dapè dóu fuec, s'escaufant, fumant la sièu pipeta emé beatituda...
— Bertoumiéu !... o Bertoumiéu !... duerbe-mi, siéu iéu,
Marioun...
— Vai au diàu que ti pihe... ièu que cresii de m'en estre
despegouït...
Ma Marioun, toujou picava, un cóu noun asperava l'autre...
L'ome fenisse per li durbi...
— Ten ! regarda cen que ti pouorti.. . e Marioun pauva lou
sac su lou toulié. ..
Bertoumiéu, entartugat, cuenta Pargen e réfléchisse ; — Marioun es simplaria e deman la vila saupra Pistoria de la fouré . ..
Cóu que Bertoumiéu si dispegouïsse pèr empedi li marridi lenga
de bavar...

�— 23 —
Si mete la vesta, lou capèu e souorte fermant la pouorta i..
Faïa nuech dintre la carriera, ma sensa pena s'encamina
vers una boutiga e croumpa pèr mai de dès kilo de macaroun...
Ientra au sièu e di à la sièu mouhié de si metre au liech.
En tant que Marioun durmïa, Bertoumiéu fa bui lu macaroun, pi lu espantega su lu aubre dóu jardin... Lendeman de
matin la siéu frema, desveiada, si mete à la fenestra...
— O ! Bertoumiéu ! Bertoumiéu ! Vene un póu veire!... O
trest ! vè, a plougut de macaroun !...
— O vai fantauma !... n'as toujou una. .. Ten ! ten !... ma
es ver !...
*
* *

A quauque tèms en ça, Bertoumiéu l'avia previst, Marioun
countet à toui que lou siéu ome noun li picava plus, despi lou
jou qu'ela li avia pourtat de sac plen d'escut...
Lou juge aiguent audit parlar de l'afaire, mandet sounar
Bertoumiéu devant lou tribunal ; la siéu mouhié era estada
citada couma testemoni.
Lou juge. — Bertoumiéu, sias acusat d'aver gardât d'argen
que noun era vouostre.
— Iéu !... Ma moussu lou juge, lou negui ; sièu couma
sabès un travaiadou.. .
E Marioun de dire.
— Noun negar, Bertoumiéu, sabés ben qu'es ver ; es iéu en
persouna que t'ai pourtat la mouneda, qu'avii trouvât en la
fouré.. .
Lou juge. — Anas brave ome, noun negués.. .
— E quoura lou m'as pourtat ?... — Vous juri, Moussu lou
juge, que la miéu frema es fouola !...
— E lou sabes ben, Bertoumiéu, es lou jou que plouguet tant
de macaroun !
— Moussu lou juge aves jamai vist ploure de macaroun ?...
— Jamai ! moun beL amic respoundet lou juge que si tenia
lou ventre dóu rire — Amie, vèu que la vouostra frema es
fouola. .. sias aquitat !...
Bertoumiéu si retira emé Marioun... Noun aigueron plus
de disputa e vieugueron, pareisse urous e pèr longtèms !...
J. E.

�CANSOUN ANCIENNA

PÈR LOU

N'aurias pas vist la miêu fiha
Trin-trin
Lou galerin
A'aurias pas vist la miêu Jiha
Trois-wtrois
Le fils du roi
L'ai vista e l'ai baïada
Trin-trin
Lou Galerin
L'ai vista e l'ai baïda
Trois-trois
Le fils du roi.
Douna-mi la miêu fiha
Trin-trin
Lou galerin
Douna-mi la miêu fiha
Trois-trois
Le fils du roi.
Es aqnela la vouostra fiha
Trin-trin
Lou galerin
Es aqaela la vouostra fiha
Trois-trois
Le fils du roi.
La miêu fiha era pas lernia
Trin-trin
Lou galerin
La miêu fiha era pas lernia
Trois-trois
Le fils du roi
La miêu fiha era pas lua
Trin-trin
Lou galerin
La miêu fiha era pas lua
Trois trois
Le fils du roi.
N'es ni guercia ni poutinouva
Trin-trin
Lou galerin
N es ni guercia ni poutinouva
Trois-trois
Le fils du rois.

MAI

�La miéu fiha n'es pas borni a
Trin-trin
Lou galerin
La miêu fiha n'es pas bornia
Trois-trois
Le fils du roi.
Noun faïa pas belugueta
Trin-trin
Lou galerin;
Nonn faïa pas belugueta
Trois-trois
Le fils du roi.
La miêu fiha n'es pas emberrida
Trin-trin
Lou galerin
La miêu fiha n'es pas emberrida
Trois-trois
Le fils du roi.
La m iéu fiha n'es pas pigada
Trin-trin
Lou galerin
La miêu fiha n'es pas pigada
Trois- trois
Le fils du roi.
La miéu fiha noun es pas ranga
Trin-trin
Lou galerin
La miéu fiha noun es pas ranga
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha noun es pas louorla
Trin-trin
Lou galerin
La miéu fiha noun es pas touorta
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha n'es pas crouoada
Trin-trin
Lou galerin
La miéu fiha n'es pas croavada
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha n'es pas gibouva
Trin-trin
Lou galerin
La miéu fia n'es pas gibouva

�— 26 —
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha noun es foularana
Trin-trin
Lou galerin
La miéu fiha noun es foularana
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha n'es pas ingourda
Trin-trin
Lou galerin
La miéu fiha n'es pas ingourda
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha a pas lou peu de pi g nu
Trin trin
Lou galerin
La miéu fiha a pas lou peu de pig nu
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha noun es narvelouua
Trin- trin
Lou qalerin
La miéu ûha noun es narveloiwa
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha noun a la rougna
Trin-trin
Lou galerin
La miéu fiha noun a la rougna
Trois trois
Le fils du roi.
XXX.

PROUVERB1, BOUOI MOT, COUNSÈU E DICH
Qu duerme ben noun cregne li niera.
Qu vè pissar e noun pissa, crêpa de malícia.-'
Qu douna soun ben avan de mouri
Mérita de pati.
L'amour es lou paradis dei fouol.
L'amour es .la flou de la jouinessa.

�LA MOUORT DAU PAURE TOUNIN

Lou paure Tounin, malàut a setant'an, si presenta à l'espitàu
ma li respouondon que li a plus de plaça.
— Coumplet ! ! !
Quauqu'un li fa capi qu'em'un pau de proutecioun li pourria
intrar. Countrariat dei pas que cóu faire, Tounin vira lu taloun e
s'encamina vers la plaça Massena, piha lou tram, si rende da
Graugnard, à l'espitàu dei can, e li di :
— Moussu lou Veterinari, cresi d'estre un pau mai qu'un
can ?... En aquéu cas souîna-mi...
— Vous souînar aici, ma brav'ome perdés la testa. — Basta,
li di que n'a pas de liech pèrcourcar un crestian, que noun douna
de souin qu'ai bestia !...
Tounin, couma pensas, s'en souorte m'au couor gros e noun
sau plus à que sant si recoumandar. Era aqui au mitan dóu
camin, quoura en aquéu moumen arriba un landau, doun cala
una grossa dama, encapelada, aurias dich un ver foungi, segada
d'un varlet que pourtava religiousamen un can enfeloupat emé de
favour rosa au couol, tapat d'un tapis em'ai iniciala. En veèn
aquéu tablèu lou paure Tounin si lamenta, sangluta fouort.
— Qu'avès lou miéu brav'ome, li di la dama.
— Cen qu'ai Madama ?... trovi que lou vouostre can a mai
de chança que iéu. Li a cinquant-cinq an que travaii, pèr la premiera fès que siéu malàut, noun soulamen mi refuson à l'espitàu
dei estre uman, ma encara mi vèu picar la pouorta au nas èn
aquéu dai can.
— Quevoulès, lou miéu paur'ome, ai fach un vout de mimetre
à la Soucietà Proutetriça dei Animau, de pourtar touti li miéu
ecounoumia à la Caissa de secours pèr soulajar lou sort dei bestia.
Lou fau talamen ben, que vouguessi ben vous dounar un sóu
que pourii pas.
La dama li vira l'esquina e ientra couma un coupa-cisèu da
Graugnard. Tounin roumougna :
— Se ti veguessi en un cantoun ti dounerii mancou un gotou
d'aïga !... vièia sansuga !...
Tounin estrassinat, deble s'alonga un pau plus en là, su d'un
mouloun de peira. Quauqui oura après, couma soufrisia, n'ai-

�guènt ren en l'estomegue depi l'auba, coumençava d'aver lou
rangouioun, quoura passet un canipiè que li diguet :
— Que fès aquí, brav'ome ?
— Couma veès siéu aqui pèr tirar lu patoun. M'an refusat â
l'espitàu, même en aquéu dai can, noun mi resta que de mouri
su d'un mouioun de peira. — Avès un carnet su lou quai enregistras lu fach dóu jou, farias ben de li aloungar lou miéu testamen que poudès mentuar couma acô :
— « Bouon Diéu, se mi fes passar encara une fes sur la terra,
fe-mi naisse can au mancou, li aura une Soucietà Proutetriça dei
Animau que si crusira de iéu e pourrai estre amès en un espitau,
estre souïnat, faire bouona vida, menar une vida de can... »
ANT. ROLAND.

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VIGNE
A M. VALÉRE BERNARD.

Dans le ciel doux la Vigne ètreint les pals de buis.
Sous le pampre le merle alourdi des falernes
Tourne son col gris vair et ses paupières lemes
Qu'argenté la blancheur des immuables nuits.
O / fraîcheur, 6 beauté des Igs et des iris,
Que la Vierge éblouie avec les marjolaines
Cueille le soir venu aux vasques des fontaines
Pour colorer en fête, au crépuscule, l'Euis.
Narcisses, ébeniers, œillet et sensitive
Ah ! Versez en mon âme attiédie et pensive
L'orgueil qui souleva les clairs olympiens.
L'amour qui rafraîchit les Madones pieuses
Et qui vêt de clarté les snls athéniens
Et les ravissements des époques heureuses.
JEAN

PADOVANI.

Quauque souvèt :
Vous souveti la bouona annada.
Que siegue mihau que la passada.
Vous souveti la bouona annada acoumpagnada de touplcn
d'autri.

�Eglises et Chapelles de Nice
La vieille ville de Nice se trouvant sur la rive gauche du
Paillon, pour parler de ses églises, nous commencerons par son
église cathédrale, Sainte-Réparate, vierge et martyre, de celles du
canton Est, et en traversant la rive droite nous nous occuperons des paroisses du canton Ouest.
I. — L'Eglise Cathédrale du Diocèse de Nice est la paroisse
de Sainte Réparate, vierge et martyre, sous l'empereur Decius en
253. Sa fête est le 8 octobre. Cette église est au centre de la vieille
ville (8.500 âmes), Avant 1531 la Cathédrale était près du Donjon, plateau de Nice, et dénommée : Sancta Maria in platea,
dédiée à N. D. de l'Assomption. L'édifice actuel, dans son genre,
ressemble beaucoup à Saint Pierre de Rome, au Vatican. C'était
auparavant une simple église paroissiale
desservie par
les Bénédictins du Monastère de Saint-Pons, près Nice.
Dans son ressort se trouvent l'ancienne église de Saint
Jaume (Saint Jacques apôtre), jadis des P.P. Carmes, fermée
depuis 1903. Après le transfert du titre de paroisse à l'église de
Saint Juste, évèquc, au Gesu, elle fut placée sous la vocable de l'Annonciation de la Sainte Vierge, ainsi que la belle Eglise de la
Miséricorde, sur le Cours Saleya, jadis de Saint Gaétan, fondée
e
par les P.P. Theatins au XVIII siècle et cédée à la noble
confrérie des Pénitents Noirs.
La Cathédrale de Nice, paroisse Sainte-Réparate de nos jours,
fut comme l'ancienne au Donjon du Château {Sancta Maria in
platea), le théâtre de plusieurs f lits historiques mémorables dans
les annales de l'histoire de Nice.
II. — L'Eglise de Saint Jacques, an Gesû, dès son érection
en 1612, dédiée à Saint Juste, évêque. Sa fête est le 2 septembre.
En 1665 fut érigée en paroisse sous le titre de Saint Jacques le
Majeur, remplaçant la paroisse de Saint Jaume. On l'appelle
vulgairement le Gesù à cause qu'elle a été fondée et administrée
par les P.P. de la Compagnie de Jésus.
Appartiennent à cette paroisse les deux chapelles des confréries des Pénitents Blancs, la Sainte Croix, — confrérie la

�óo —
plus ancienne de Nice, — et des Pénitents Rouges, Saint Suaire
et de la Sainte Trinité ; l'Eglise du Couvent de là Visitation,
la chapelle de l'ancien séminaire, à la montée du Château, et
jadis l'Hospice franciscain avec chapelle de Saint Joseph des
P.P. Recollets de Cimiez, convertie en maison particulière.
L'Eglise du Gesù est d'ordre corinthien composite, cons truite sur le modèle de l'Eglise des Jésuites de Turin, dite
vulgairement les Saints Martyrs. ( 10.000 âmes).
A l'extrémité de la rue du Malonat, aux racines de l'ancien
château, on voit un oratoire à la Sainte Vierge Marie, sous le
titre de N. D. du Bon Secours. Les habitants de ce quartier érigèrent cet oratoire en l'honneur de la sainte Vierge, en reconnaissance du choléra en 1854.
III. — L'Eglise paroissiale de Saint Martin Evéque dite de
Saint-Augustin est la plus ancienne, elle fut bâtie sur l'emplacement de l'ancienne chapelle de Saint Martin (1205) et appelée
Saint-Augustin parce qu'elle était desservie par les Augustiniens
dont le couvent a été transformé en caserne. (Caserne Filley, près
l'ancienne chapelle Sincaire).
IV. — L'Eglise de Saint-Francois-de-Paule a été édifiée en
1736 d'après le plan de l'architecte
Guarini. En 1838
elle fut érigée en paroisse par décret de Mgr Galvano et appelée
aussi Saint-Dominique en souvenir de l'ancienne église paroissiale
de ce nom qui s'élevait sur la place Saint-Dominique aux lieux et
place de l'actuel Palais de Justice.
V*— L'Eglise du Port ou de l'Immaculée Conception. D'humble
origine. D'abord ce fut une fort modeste chapelle (1835), transformée agrandie par Mgr Galvano, et l'avocat théologue L. Mari
fut son premier curé..
VI. — L'Eglise Saint-Joseph nouvelle paroisse depuis 1911 la
première pierre fut posée le 19 mars 1911, bénie le 29 octobre et
ouverte au public le Ier novembre 1911 sous le patronage de Mgr
Chapon et dirigée par les soins de M. l'abbé Gabrielli.
A cette paroisse appartiennent la chapelle succursale de Saint
Joseph contigüe à l'Evêché, et la chapelle de Notre-Dame des
Anges sur l'ancienne route de Villefranche.
VIL — Saint-Roch. Cette église paroissiale dans la banlieue
de Nice fut érigée après la peste de r68r. Nice fut délivrée de ce
fléau par l'intercession de saint Roch, confesseur, né et mort à

�- Si Montpellier. La paroisse est divisée en deux quartiers, Roquebillière
inférieure et Roquebillière supérieure, jusqu'à la chapelle de NotreDame de Bon Voyage.
VIII. — Rive droite du Paillon, intra muros, se dresse Notre Dame du Vau, paroisse Saint-Jean-Baptiste, qui remplace l'an
cienne église du même nom devenue chapelle inférieure du Lycée.
Cette belle église, vœu delà ville de Nice en 1835, mt érigée en
1842 et terminée en 1852 par Mgr Galvano, évêque de Nice.
La façade ressemble à celle élevée à Turin en l'honneur du retour
du roi dans les états Sardes en 1814.
IX. — Saiiit-Pierre-d' Aréna remplace une chapelle située à la
Croix de Marbre. Elle fut érigée en paroisse en 1803 par Mgr
Colonna d'Istria. Elle doit son nom à ce fait, c'est que lors de sa
fondation elle se trouvait sur le rivage de la mer séparée par une
bordure de sable fin.
X. — Une ancienne chapelle de Sainte-Hélêne-l'Inspiratrice
existait dans ces parages. Elle fut remplacée en face la mer par
une église sous l'épiscopat de Mgr Recrosio (1727).
Six paroisses « extra muros » dépendent de la commune de
Nice.
Sainte-Marie Magdeleine, sise dans le vallon de Magnan, édifiée sur l'emplacement d'une chapelle de même nom, érigée en
1626 et dite vulgairement chapelle « dei cassaire » à cause du
grand nombre de chasseurs. Après le concordat de 1803 sous
l'épiscopat de Mgr Colonna d'Istria, ce quartier qui depuis 1771
dépendait pour le spirituel de la cathédrale fut érigé en paroisse.
Il existe encore aujourd'hui une chapelle de Notre-Dame du Bon
Conseil changée en demeure particulière . Bientôt le besoin de
la population augmentant, une église sera bâtie à la cité Robiony
par les soins du curé actuel de la Madeleine.
Plus à l'est de la ville, toujours dans le canton ouest ce
l'Arquet, se dresse la paroisse de l'Ariane dédiée primitivement à
saint Arnoux, évêque et à saint Pierre, apôtre. Elle fut érigée en
paroisse en 1809 sous l'épiscopat de Mgr Colonna d Istria. Dans
son ressort se trouve l'ancienne chapelle nécropole de l'Abbadie
fondée en 1635 en l'honneur de sainte Claire pour le besoin spirituel de 450 à 500 habitants qui appartiennent aux communes
de Nice, Cantaron Saint-André. Localité d'avenii et à laquelle
le chemin de fer Nice-Coni donnera une valeur stratégique.

�— 32 —
Gairaut avait au moyen-âge une chapelle de secours desservie
par les religieux chevaliers de l'ordre du temple au début, et par
la suite de Rhodes et de Malte. Sous l'épiscopat de Mgr François
Rosini de Martinengo la chapelle fut érigée en église paroissiale
sous le vocable de saint Sauveur o*u de la transfiguration du
Rédempteur.
Dès 1730 les P. Dominicains de Nice fondent à Saint Pancrace un sanatorium pour religieux martyrs avec chapelle en
l'honneur de Saint Pancrace martyr. Cette chapelle est érigée en
paroisse en 1848 par Mgr Galvano.
Sur le couchant de Saint-Pancrace on trouve la paroisse de
saint Roman . martyr ; l'ancienne chapelle fut érigée en paroisse
ainsi que celle de saint-Antoine de Ginestière en 1803 sous Mgr
Colonna d'Istria.
VALENT IN.

NOU VÉ
Tu Çatarina fai lou pan.
Mdumen de jota, d'alegressa,
Fes audi da toui lu couor :
Lu ange canton l'alegressa,
Fuges l'infer, Juges la mouorl.
Chntou !
L'aarika sabla, li a quaucaren aici vesin,
Sembla que senti li joia d'un festin ;
Audi lu tambourin de laen,
Lu Jlajoulet e li musela,
Lu pastre van à Bethelen
Laisson la cabana soaleta ;
Santo nuech, venes aléa nen ralegrà,
Pourtas à toui la pax et la tranquilità !
Tu Catarina fai lou pan,
Manda Lucrecia au safran,
Despende aléa lou lauvaniè,
Chapla la blea su lou taatié ;
Crala de froumai e roumpe d'iiu
E fai la iourta couma fou,
Ché n'aiguen toui en aboundança (bis)
Santa nuech, venes alèu nen ralegrà,
Pourtas à toui la pa.x e la tranquilità .'
En tant faguen etnb'au vesin
t ua santépér lou Bambin,
Toucan lou gotou de bouon vin,
Ernb'aa vesin pér lou Bambin
Ti-ri-tin-tin ! -tinTi-ri tin !

�— 3Î —

L'Expulsion de Mgr Valperga
fEN SEPTEMBRE

1792)

Le 12 octobre 1780 h population de Nice se pressait aux
abords de la porte Pairoliëre pour y recevoir en grandes pompes
le nouvel évêque Charles-Eugène Valperga di Maglione. Ce
prélat avait couché la veille selon l'usage antique à l'abbaye de
Saint-Pons et devait faire ce jour là son entrée solennelle dans
sa ville épiscopale.
Le cérémonial imposant avec lequel on avait reçu jusqu'alors
les évêques fut encore cette fois observé. L'accueil de la population entière fut des plus chaleureux au rapport de Pierre Scaliero
qui en fut témoin (1). Le nouvel évêque, qui remplaçait Monseigneur Astésan nommé archevêque d'Oristano en Sardaigne,
appartenait à une famille de vieille noblesse dont plusieurs membres avaient exercé, à Nice, des fonctions importantes (2). Il
(1) Voir aux Archives municipales le récit détaillé que ce chroniqueur en a laissé dans ses Mémoires. Pierre Scaliero mourut en 1805.
(2) Jacques Valperga, conseiller ducal, fut lieutenant du gouverneur de Nice en 1454 ; Thoma5 Valperga fut gouverneur du château de Nice en 1565 ; Jean Valperga fut également gouverneur de
Nice en 1596 ; Jérôme Valperga fut commandeur du château de
Nice en 1600 ; Pierre Valperga, frère de Jacques Valperga, était
chevalier de Malte (Arch. municipales, registre des gouverneurs,
commandants et chevaliers de Malte) ; Anne Valperga, fille dAmédée
Valperga, épousa, le commandeur de Malte Jean-Paul Lascaris.
(Voir son testament daté de 1683, arch. des Alpes-Maritimes,
registre B, 297.) Joseph Ignace de Valperga reçut de son oncle, Emmanuel Philibert Chiotera, mie partie du fief de Couaraze dont il fut
investi le 20 février 1753. Son fils, Vincent, céda ses droits à H. Novelli. Jérôme Valperga fut sénateur à Nice de 1761 à 1765, puis
ministre plénipotentiaire de Sardaigne à Gênes en 1780 ; plus tard
il fut ministre etsecrétaire d'Etat, ce dernier était le frère de l'évêque
de Nice et fils du comte François Valperga qui vivait encore en
1795Ees armoiries des Valperga étaient fascé d'or et de gueules, à
la plante de chanvre déracinée, d'argent et brochant. Le cimier
était un bouc naissant au naturel et la devise : « Ferme-toy ».
Nous reproduisons les armoiries de Monseigneur Valperga d'après celles qui se trouvent en tête du catéchisme édité par ses ordres
et dont nous devons le dessin à l'obligeance de M. Joseph Casai
(Extrait de 1' « Armoriai Artistique et Nrbiüaire », Ni.e, 1902.
3

�- 34était directeur du collège des Provinces à Turin, lorsque le roi
de Sardaigne le désigna, pour l'évêché de Nice. Il avait été sacré à
Rome où il avait fait ses études. Monseigneur Valperga se distingua immédiatement par sa vigilance et son activité : il releva
le niveau intellectuel et moral des prêtres de son diocèse et s'attacha à mettre en toutes choses la plus grande régularité. Dix-huit
mois après son installation, il publia un nouveau catéchisme
dont le plan avait été préparé par son prédécesseur ^i). Grâce à

ses relations cordiales avec la eour de Turin, il jouissait auprès
des autorités civiles de Nice d'une grande influence. Après douze
(1) Ce catéchisme en italien fut imprimé à Nice par la Société
Typographique. C'est un petit volume in-douze de 612 pages, portant
la date de 1783. En tête se trouve le mandement de Monseigneur
Valperga du 16 février 1782 qui approuve le travail terminé par
le prêtre auquel Monseigneur Astésan en avait confié le soin, ordonne
sa publication et règle l'organisation des catéchismes dans tout le
diocèse. Deux ans plus tard en 1785, Gabriel Floteront, imprima
un autre catéchisme rédigé en dialecte niçois, petit volume in-12
de 228 pages. Un exemplaire de ces deux ouvrages existe à la biblio
thèque de Nice. — Voir Villarey, Série Cronològica dei Vescovi
di Nizza. — Art. Valperga.

�-35 années de séjour dans cette dernière ville il s'était acquis l'estime
et le respect de tous.
*

• *

Lorsque le 28 septembre 1792 dans l'après-midi, les troupes
piémontaises évacuèrent Nice, il y eut dans cette ville une effroyable panique et des milliers d'habitants s'enfuirent dans la direction de Turin. Ce fut un désarroi et une désorganisation complète de toutes les autorités. iMonseigneur Valperga resta à son
poste et s'engagea à ne point quitter la ville. Le lendemain samedi
29 septembre, il accompagna le second consul Honoré Saissi et
quelques membres du Conseil qui se rendirent, vers les onze
heures du matin, à la villa Feraudi, au quartier St Hélène, pour
offrir les clefs de la cité au général d'Anselme qui venait d'y
arriver à la tête des troupes françaises. Le général fit à la délégation assez bon accueil, mais il s'étonna de trouver parmi ses membres, l'évêque dont la place déclara-t-il n était pas là. Du reste,
d'Anselme attacha si peu d'importance à la démarche îles magistrats niçois que dans aucune de ses dépêches officielles il n'en fit
mention.
Sur le soir du même jour, la petite armée française faisait son
entrée dans la ville et le général s'installait dans la maison du
consul de France à la place St Dominique. L'évêque de Nice qui
tenait à rester au milieu de ses diocésains se présenta de nouveau
vers les huit ou neuf heures du soir chez le général auquel il voulait recommander ses prêtres en lui demandant des respecter les
églises. Le général était entouré de tout son état-major, du consul
de France, Pierre Le Seurre, de Honoré Saissi, second consul, de
Féraudi, secrétaire général de la commune. Ces deux derniers
venus probablement pour appuyer les demandes de l'évêque.
L'accueil du général ne fut pas plus encourageant que la première fois ; il intima même avec insistance au prélat l'ordre de
quitter ta ville en ajoutant que le plus tôt serait le mieux et ce
fut sur ces dernières paroles que l'évêque se retira après avoir toutefois reçu du général la promesse que tout ce qu'il laisserait dans
son palais serait placé sous la sauvegarde de la Nation française.
Il n'y avait pas à tergiverser, l'ordre était formel et pressant, il
fallait partir. L'évêque prit ses dernières dispositious et délégua,
au curé de la cathédrale, le chanoine Honoré Navello, tous les
pouvoirs nécessaires pour administrer le diocèse en son absence.
Aux premières lueurs du jour, Valperga quitta son palais, et se

�— 36 dirigea à pied vers la porte Pairolière. Il avait été impossible de
trouver une voiture car tous les moyens de transport avaient été
réquisitionnés et utilisés le 28 septembre pour permettre l'exode
des habitants terrorisés. Il avait ordre de partir, mais cet ordre
n'ayant pas été donné par écrit, les volontaires marseillais, de garde
à la porte de Turin, refusèrent de le laisser passer, l'accablèrent
d'injures, le menacèrent même de le pendre et ne consentirent á
le lâcher que sur un ordre écrit, sollicité et obtenu du général,
grâce à l'intervention courageuse et au sang-froid d'un jeune
niçois, Joseph Castellinard. Monseigneur Valperga se retira à
Turin et y mourut en 1805 sans avoir jamais pu obtenir l'autorisation de rentrer.
*

* *

Il est établi par les documents officiels contemporains que
Monseigneur Valperga ne quitta son siège que sur les ordres arbitraires du général d'Anselme et ces mêmes documents nous
renseignent très exactement sur les incidents fâcheux qui se produisirent au départ de l'évêque. Du reste, on n'ignorait pas à Nice
comment les choses s'étaient passées et la population savait grê à
Valperga de son attitude et de sa fermeté. De son côté, Valperga
avait eu confiance dans la parole à lui donnée par le général au
nom de la Nation française et à plusieurs reprises il manifesta
son étonnement qu'elle n'ait pas été gardée, que ses biens aient
été confisqués, son mobilier vendu, son nom inscrit sur la liste
des émigrés alors qu'en partant il n'avait cédé qu'à la force.
Parmi les nombreux documents qui se trouvent soit aux archives de Nice, soit aux archives nationales il en est quelques-uns
dont la simple reproduction sera plus probante que tous les corn,
mentaires. Il_suffira de citer :
•i° La lettre du Directoire des Colons Marseillais en date du
25 février 1793, adressée aux citoyens Blanqui et Veillon, députés
extraordinaires de la ville de Nice à Paris, au sujet des réclamations présentées le 23 du même mois par Jean-Jacques Donny, au
nom de Mgr Valperga.
20 La réponse du même Directoire à J.-J. Donny, en date du
26 février 1793.
3„ L'arrêté du Département en date du 13 avril 1793.
40 La réclamation présentée au Directoire du département

�Valperga, aussitôt après son inscription sur la liste des émigrés de
la ville de Nice, dressée à la fin de juin 1793.
50 Les états de frais pour l'inventaire et la vente du mobilier
et effets de « l'émigré Valperga Maillone, citoyen évêque » approuvés par le département des Alpes-Maritimes, le 5 germinal an
III (25 mars 1795).
6° Les actes de notoriété dressés le Ier et 2me fructidor an III
(18 et 19 août 1795) par Gautier, juge de paix à Nice, à la requête de Pierre-Joseph Passeron, agissant en qualité de procureur
subrogé par Nicolas Giorni, procureur spécial et général de Mgr
Valperga, par acte de procuration reçu à Turin le 20 juillet 1795,
notaire Pierre-Joseph Bernochio.
70 La pétition adressée au district de Nice le 4 fructidor an III
(21 août 1795) par Pierre-Joseph Passeron, demandant la radiation du nom de Valperga sur la liste des émigrés.
8° L'avis du district de Nice en date du 5 vendémiaire an IV
(27 septembre 1795) déclarant que Mgr Valperga doit être rayé
de la liste des émigrés.
90 L'arrêté du département des Alpes-Maritimes, en date du
14 prairial an V (2 juin 1797) ordonnant la radiation provisoire
du nom de Valperga de la liste des émigrés.
io° L'acte de cautionnement dressé par le département le
11 fructidor an V (28 août 1797), à la requête de Pierre-Joseph
Passeron, procureur de Mgr Valperga en exécution d'une des
clauses de l'arrêté du 14 prairial an V (2 juin 1797).

�- 38 —

DOCUMENTS ET PIÈCES D'ARCHIVES

Pièce 1.

25 février 1793
Aux cit. Blanqui et Veillon
Une lettre du cit. Donny, associé du citoyen LeClerc, défunt président de l'ancienne administration
provisoire, dont vous avez ci-inclus l'extrait ( 1 ), nous
fait connaître que le cit. Valperga, évêque de Nice,
laissa avant son départ (ordonné à son retour par
Anselme) dans sa maison pour environ 34.000 livres,
argent monnayé, et environ pour 17.000 d'effets en
vaisselle, linge, batterie de cuisine etc.
Une portion de ces effets se trouvent encore dans
ladite maison, sous l'inventaire que nous en avons
fait dresser par les commissaires de l'une et l'autre
administration, lorsque nous avons été installés, mais
il s'en faut de beaucoup qu'elle puisse arriver à la
somme de 17.000 livres, pas même le tiers.
Quant à l'argent monnayé entré dans la caisse du
receveur de l'ancienne administration, nous n'y
voyons point la somme que ledit Evêque désigne
avoir laissé dans sa maison. Nous vous remettons cijoint un extrait de l'état des sommes' que le cit.
Bonnet a reçu en espèces, pendant toute sa gestion
de receveur et trouvées parmi les effets des émigrés
français et niçois.
Nous ne voulons rien préjuger sur l'assertion du
cit. Valperga, quoique nous ayons des indices frappants de vérité. Ce ne sera que lorsque nous aurons
pu les convertir en preuves par le témoignage de
quelques citoyens que nous nous procurerons, pour
pouvoir en demander la restitution et la poursuite
contre le pillage.
En attendant, noùs croyons devoir vous faire part
de cette découverte que nous allons communiquer au
Président de la Convention Nationale et au Ministre.
Arch. des A. M. Registre de la correspondance du
Directoire des Colons marseillais L. 5.
Cet extrait manque au registre ainsi que les autres pièces
énoncées dans celte lettre.

�-hLe 2érae février 1793.
Au citoyen Donny, négociant à Nice
Pièce 2.

Votre lettre du 23me de ce mois, citoyen, nous
demande des renseignements sur le temporel du
citoyen Valperga, Evêque de Nice. Nous allons vous
transmettre tous ceux qui sont à notre connaissance
L'administration provisoire en choisissant l'Evêché
pour le lieu de ses séances, vint s'y établir dans les
premiers jours d'octobre, et tout nous porte à croire
qu'elle ne fit aucun inventaire des effets qui s'y trouvaient, du moins nous n'en avons trouvé aucun dans
les papiers qu'elle nous a remis.
En succédant à cette administration provisoire,
uous avons cru que notre premier devoir était de faire
un inventaire de tout le mobilier renfermé dans la maison épiscopale. Nous y avons successivement procédé
en présence des administrateurs provisoires et à mesure qu'ils nous en remettaient les clefs. Tout le mobilier qui s'y trouvait, ne consistait guère qu'en
meubles meublants et ne nous paraît pas avoir la
valeur de 17 mille livres que l'Evêque lui donne.
Vous pourrez, si vous le jugez à propos, faire prendre
à notre secrétariat une copie de cet inventaire. Tout
ce. qui n'est point renfermé dans les appartements
que nous occupons au premier étage, a été laissé à la
garde de Jean Poma, ancien concierge de l'Evêque et
le nôtre.
Pour nous éclairer sur les 34.000 1. argent monnayé que l'Evêque doit avoir laissé en sa maison,
nous avons écrit au cit. Bonnet, receveur de l'administration provisoire, pour lui demander un état des
sommes en numéraires versées dans sa caisse, comme
ayant été saisies et trouvées parmi les effets des Emigrés français et niçois. L'état qu'il nous a remis ne
monte qu'à 74121. 16 s, et aucun article n'a du rapport
avec les réclamations du citoyen Valperga.
Quant à ce qui concerne personnellement le
citoyen, nous avons demandé au Ministre de l'Intérieur de vouloir bien nous dire la manière dont nous
devions l'envisager. Nous savons qu'un ordre arbi-

�— 40 —
traire de Danselme l'obligea de quitter Nice, le jour
de l'entrée des Français. Mais nous pensons aussi que
la proclamation des Commissaires de la Convention
nationale de France et le décret de celle de Nice,
concernant les Emigrés, étaient des motifs suffisants
pour le ramener à son poste et le rassurer sur les
suites de son retour. En persistant à prolonger son
absence, il s'expose à être traité comme émigré, à se
voir déclarer déchu de sa place et confisquer tous ses
biens. Telle est la disposition de la loi, et quoique
nous ayons consulté le ministre sur le cas particulier
de l'Evêque, nous prévoyons que sa réponse sera de
nous en tenir à la rigueur des lois, ainsi que plusieurs
instructions nous l'ont déjà annoncé.
Vous sentez, citoyens, que tout le mobilier de
l'Evêque doit rester séquestré jusqu'à son retour ou à
la décision du Ministre. Il peut être tranquille sur la
conservation de tout ce que nous avons trouvé en
entrant dans sa maison. Ce qui a pu en être enlevé
avant notre entrée en fonctions, est étranger à notre
gestion. Mais nous employerons tous les moyens qui
sont en notre pouvoir pour en trouver les traces, en
acquérir les preuves et en faire punir les coupables.
Les administrateurs, etc.
Archives des A.-M., Registre
suivants.

,L. 5,/°7i verso et

Lettre des commissaires de la Convention
Nationale et arrêté du Département des A. M.
Nice, le 9 Avril 1793, l'an 1 Ie de la Repu bublique Française.
« Vous voudrez bien, citoyens, en nous envoyant
les noms et prénoms de l'évêque de Nice, nous instruire officiellement d'après les "dispositions des lois,
s'il est censé démissionnaire et son siège vacant.
« Les Commissaires de la Convention Nationale
au département des A. M.
GRÉGOIRE, JAGOT (I)

(1)

Archives des A. M. L. 29 ancien. L

7

actuel.

�— 4i (i3 avril 1793)
Le Directoire ; vu la réquisition du citoyen Procureur Général sindic « Considérant que Charles Eugène Valperga, évêque de Nice, n'avait point quitté
son domicile lors de l'entrée des troupes de la République ; considérant qu'il a lui méme-accompagné les
consuls d'alors quand ils furent présenter les clefs
de la ville et inviter le général Anselme à venir en
prendre possession au nom de la République ; considérant que le général Anselme par ses ordres arbitraires et tiranniques, accompagnés même de menaces contre ses jours, l'ont forcé de s'éloigner ; arrête
qu'il ne peut le déclarer émigré, et qu'il sera répondu
aux Commissaires de la Convention nationale d'après
les principes ci-dessus.. »
Sign : PAUMÉ ; BARLI FABRI ; F. CASTKLIMARD ;
ANGLES ; BERNARDI, secrétaire général. (1)
pjj

ce

^

Aux citoyens composant le Directoire du
département des Alpes-Maritimes..
22 juillet 1793.
Citoyens,
Le citoyen Jean-Jacques Donny, soussigné, chargé
des intérêts du citoyen Valperga, évêque de Nice
absent, ayant été informé que par votre délibération
du 29 du mois passé, ledit citoyen Valperga avait été
déclaré émigré, vous représente avec tous les égards

(1) Archives des Alpes-Maritimes, Registre L,. 3, folio 101. L'Arrêté n'est pas signé par le procureur syndic Jean-François Tourre
ni par l'administrateur Jean-L,ouis de Villiers qui ne partageaient
point l'opinion de leurs collègues. A noter que Tourre était d'Antibes
et que de Viliers était un médecin français établi depuis longtemps
à Nice.
I/Arrêté fut pris malgré le réquisitoire de Tourre qui voulait
déclarer Monseigneur Valperga émigré et malgré un violent discours de Villiers soutenant la même thèse qui fut combattue par
Barli Fabri, par Castclinard et par Anglès. J'ai déjà publié in-extenso
cette délibération du 13 avril T793 au cours d'un article sur l'église
de Nice en 1792-1793 inséré dans Nice Historique du Ier avril 1903,
C'est pourquoi je reproduis ici simplement la lettre des
commissaires et l'arrêté du département.

�- 42 —
dûs au pouvoir dont l'exercice vous a été confié par
le peuple souverain que le citoyen Valperga ne peut
ni ne doit sous aucun rapport être considéré comme
émigré, par les motifs ci-après :
i° Qu'il est de notoriété publique qu'il n'a quitté
le pays que contre son gré et par ordre du général
Anselme :
2° Qu'il a constamment été disposé et a offert
de revenir dans son diocèse, moyennant qu'il ne fut
assujetti à prêter qu'un serment relatif au temporel et
non au spirituel.
3° Qu'enfin et par la raison que n'étant point
indigène, mais étranger, son séjour ici n'a été dé terminé que par sa nomination à l'épiscopat, événement casuel qui n'a jamais pu le soumettre à l'obligation de renoncer pour toujours à sa mère-patrie.
Tous ces motifs, soit qu'on les prenne collectivement ou séparément, démontrent suffisamment,
citoyens administrateurs, le droit incontestable, qu'a
le citoyen Valperga de demander et prétendre la
radiation de son nom du tableau des émigrés, et si
le ministre de l'Intérieur n'a fait aucune distinction
entre lui et les autres citoyens, c'est sans doute qu'il
a ignoré les circonstances qui vous sont exposées
ci-dessus, et notamment la dernière, car s'il les eût
toutes connues, il n'est nullement probable qu'il eût
décidé comme il l'a fait. Toute hypothèse contraire
serait une injure faite à ses sentiments et à ses lumières. Un homme tel que lui, dont les vertus civiques, le patriotisme et les talents l'ont appelé au
poste aussi honorable que pénible qu'il occupe, doit
ressembler autant que possible à la Nation pour
laquelle il agit et qui l'a honoré de sa confiance.
Cette nation est grande, généreuse, magnanime,
juste et bienfaisante.Elle ne peut qu'êtreextrêmement
jalouse de sa gloire, et l'un des principaux devoirs de
ses agents est d'éviter soigneusement d'en ternir
l'éclat.
Le refus qui serait fait de rayer de la liste des
Emigrés le nom du citoyen Valperga, refus qui entraînerait avec lui la confiscation des minces propriétés de ce citoyen, serait un acte qui imprimerait à

�-

43

-

jamais une tache ineffaçable à la gloire du nom français ; tache qui ne pourra manquer de frapper également les yeux des contemporains et ceux de la postérité ; tache enfin que les historiens ne manqueront
pas de faire ressortir par des couleurs enluminées, et
le bel effet qu'un pareil tableau produirait, citoyens
administrateurs, serait votre ouvrage.
Mais non, loin de nous, cette idée ! Vous êtes
républicains ! cela suffit. Les républicains sont vertueux. Ils aiment, chérissent, protègent, respectent
la vertu partout où elle se trouve. Et le citoyen Valperga aussi est un homme vertueux ! Qui en doute ?
Nul bon citoyen, nul honnête homme. Souvenezvous, citoyens administrateurs, que ce n'est que par
ses vertus qu'il a mérité l'amour et l'affection du
peuple Niçois et non par sa qualité d'évêque. Et plût
à Dieu que tous les ecclésiastiques lui eussent ressemblé ! La France n'eut point éprouvé d'aussi horribles secousses, pour asseoir, affermir et assurer sa
liberté.
La République a incontestablement le droit de
renvoyer hors de son sein tout individu qui ne lui
convient pas, mais en renvoyant ainsi un étranger
qui, d'ailleurs, n'a pas encouru la peine de la confiscation de ses biens, elle lui permet de les emporter ou
de les vendre et d'en emporter le produit. Tel est
précisément le cas du citoyen Valperga.
L'exposant demande en conséquence, citoyens
administrateurs, qu'il vous plaise prendre dans votre
sagesse une délibération tendante à rendre audit
citoyen Valperga sa qualité de citoyen français non
émigré, à lui accorder un délai compétent pour rentrer dans ce pays soit comme simple citoyen ou
comme fonctionnaire public et à lui assurer dans
tous les cas la restitution de ses propriétés par lui
laissées sous la sauvegarde de la loyauté française
dans la maison épiscopale, lors de sa retraite forcée,
ou la juste indemnité de leur valeur. Et sera justice.
Nice, le 22 juillet 1793, l'an second de la République française, une et indivisible.
Jean-Jacques DONNY.
l
ARCHIVES NATIONALESF/ 4.867 , dossier Valperga.

�- 44 Pièce 5.

Etat de frais de vente pour parvenir à l'inventaire
et vente des effets de l'émigré Valperga Maillone,
citoyen évêque :
5 germinal an III (25 mars 1795)
Pour une séance de trois commissaires dont un du
District et deux de la Commission municipale, fixée
à trois livres par séance par le Directoire du district
et approuvé par les Représentants du
Peuple
L.
9 »
Papier timbré tant de la minute que
des deux extraits
»12
Pour la copie desdits deux extraits . .
» 8
Droits d'enregistrement
13 10
31

2

Nous soussignés certifions le compte ci dessus véritable.
Signés : J.-B. Thomaty, comm. du dist. ; Savigny,
comm. munie. ; Mabil, comm. municip.
Frais de la vente :
Pour quatre séances de deux corn missaires dont un
du District, un de la Commis, mun. sans le membre
de l'administration fixées à trois livres par séance par
le Directoire du district et approuvé par les Représentants du Peuple .
L.
24 »
Au trompette pour publication de
quatre criées
5 »
Au crieur à la vente, quatre séances .
12 »
Aux portefaix qui ont travaillé au
transport des effets
40 »
Papier timbré tant de la minute que
de l'extrait
1 »
Bougie
3 »
Droits d'enregistrement
27 »
Papier timbré du petit état
» 4
A la femme qui a assisté à la vente
pour l'arrangement du linge
» 12
L.
Signés : J.-B. Thomaty, comm. du
district ; Savigny, comm. municip.

1

159 6

�Vu par nous, membres composant la Commission
Administrative du district et d'après l'arrêté du district, approuvé par les Représentants du Peuple et la
loi du il et 12 Mars, arrête l'état des frais ci-dessus
se montant à la somme de cent cinquante neuf livres
trente centimes, qui seront acquittés par le receveur
du droit d'Enregistrement lorsque le Département
aura vérifié ledit état.
Nice, le 29 ventôse an 3"" de la République française une et indivisible (19 mars 1795).
(Suivent les signatures).
Vu l'état des frais ci-dessus pour parvenir à l'inventaire et vente du mobilier de l'émigré Valperga
Maillone ci-devant évêque.
Vérifié et arrêté par le Directoire du district de
Nice, la Commission Administrative du département
des Alpes-Maritimes approuve ledit état et ordonne
au citoyen Maussier, receveur de l'enregistrement
cîudit district de payer aux citoyens J. B. Thomaty
et Savigny, comm. la somme de 159 livres et 30
centimes pour montant des frais pour inventaire et
vente des susdits effets de l'émigré, laquelle somme
lui sera allouée en compte.
Fait à Nice le 5 germinal an 3me républicain ( 25
mars 1795).
Etat des frais pour parvenir d la vente du mobilier de
l'émigré Charles Eugène Valperga Maillone, citoyen
évêque.
Pour trente-neuf séances de trois commissaires
dont un du District et deux de la Commission municipale, fixé à trois livres par séance par le Directoire
du district et approuvé par les Représentants du
peuple
L.
351 »
A deux portefaix, dix-neuf journées et
demi chaque fixées à cinq livres par jour.
195 »
Au trompette pour publication de
trente-neuf criées fixées à une livre cinq
sols chaque
48 r 5
Au crieur à la vente, trente-neuf séan
ces fixées á trois-livres par séance ....
117 »

711 1$

�- 4* Report
Papier timbré tant de la minute que
de l'expédition
Pour copie dudit extrait fixé à quatre
livres
Papier timbré du présent état ....
Bougie
Droit d'enregistrement
Plus deux autres journées de portefaix à cinq livres
Un paquet de plume
L.

148
4
6
421

»
4
»
»

20
5

»
»

1.182

7

Nous soussignés certifions le compte ci-dessus,
véritable.
Nice, le Ier ventôse an 3me de la République (19
février 1795).
Signés : J.-B. Thomaty, commissaire du district ;
Savigny, comm. ; Honoré Mabil, comm. municipal.
Vu par nous, membres composant la Commission Administrative, de ce District, et d'après la loi
du 11 et 12 Mars 1793 (v. s.) et l'arrêté de cette
Commission approuvé par les Représentants en date
1^ Fructidor, oui l'agent national, arrête l'état des
frais se montant à onze cent huitante deux livres et
trente cinq centimes qui seront acquittés par le
receveur de l'agence de l'enregistrement sur le produit de la vente desdits meubles, lorsque le Département aura vérifié ledit état.
Nice le 29 ventôse an 3me de la République
française une et indivisible (19 mars 1795).
(Suivent les signatures).
Vu l'état des frais ci-dessus pour parvenir à la
vente du mobilier de l'Emigré Valperga Maillone cydevant évêque.
Vérifié et arrêté par le Directoire du district de
Nice.
La Commission administrative du département
des Alpes-Maritimes, approuve ledit état et ordonne

�— if au citoyen Maussier, receveur de Penregistrement
dudit district de payer aux citoyens J.-B. Thomati,
Savigni et Honoré Mabil, commissaires, la somme de
mille cent quatre vingt deux livres trente cinq centimes pour montant des frais de la vente des susdits
effets de l'Emigré. Laquelle somme lui sera allouée
en compte.
Fait â Nice le 5 germinal an 3me républicain (25
mars 1795).
Arch. des A. M. L. 15 ancien p. 44-45 N° 34-35

Actes de Notoriété
Pièçe g

1-2-fructidor an III
18-19 août 1795
EGALITÉ, LIBERTÉ

AU NOM DE LA LOI
Ce jourd'hui, premier Fructidor, l'an troisième
(18 août 1795 de la République française, une et indivisible, à Nice, chef-lieu du département des AlpesMaritimes, par devant Nous, Antoine Gautier Juge de
paix de la Ier, 2m" et 3me section et officier de police,
est comparu le citoyen Pierre Joseph Passeron, natit
tic la commune de Contes et habitant en celle de Nice
depuis plusieurs années.
Lequel en sa qualité de procureur du citoyen
Charles Eugène Valperga de Maillone, évêque de Nice,
subrogé par le citoyen Nicolo Giorni, homme de loi,
procureur spécial et général établi (par acte reçu) par
le notaire Pierre Joseph de Bernochio, le 20 Juillet
dernier (v. s.) qu'il présente, légalisé par le résidant
de la République de Gênes auprès de la Cour de Turin, dont il résulte le pouvoir donné au citoyen Giorni, de subroger en son lieu et place, avec tous les
pouvoirs compris au dit acte, et il présente au surplus l'acte de sa dite subrogation faite par le même
citoyen Giorni, reçu en la ville de Gênes le premier

�- 48 du mois d'août dernier (v. s.) par le notaire Antoine
Baglietto, légalisée par le consul de la République
française.
Il expose que le vingt neuvième jour de septembre
de l'année 1792, l'armée de la République, étant arrivée en cette ville, commandée en chef par le citoyen
général d'Anselme, lorsque ce général, vers le soir,
fut arrivé et il eut pris son logement dans la maison
habitée par le ci-devant consul de la République Le
Seurre, ledit citoyen Evêque Charles Eugène Valperga de Maillone s'y étant présenté, ledit général d'Anselme, en présence de tout son Etat-Major, lui signifia
d'abord de devoir partir de cette ville. Sur quoi le
dit évêque ayant répondu qu'il avait cru de pouvoir
continuer sa résidence en cette ville et tellement l'avait cru, qu'il n'avait jamais pensé de distraire et en
faire partir le moindre de ses meubles et effets, qu'il
avait dans la maison d'habitation de l'tvêque et que
si absolument il lui ordonnait de partir, il le priait de
lui accorder la sauvegarde sur tous lesdits effets et
meubles. Le dit général d'Anselme lui répliqua qu'il
dut absolument partir de cette ville, en ajoutant que
le plus tôt en serait le mieux, et qu'à l'égard de ses
meubles et effets qu'il avait, il les mettait dès ce ino
ment sous la sauvegarde et loyauté de la Nation française et qu'il pouvait en être tranquille, après quoi ledit
évêque Valperga de Maillone, tout tremblant, ayant
dit qu'il allait se conformer dès le lendemain au matin à ses ordres, se retira ; ledit général d'Anselme
lui ayant encore répliqué : le plus tôt sera le mieux.
Et comme il importe audit citoyen évêque Valperga de Maillone de constater le fait ci-dessus expo"sé, suivi en présence de tout l'Etat-Major dudit général d'Anselme et de plusieurs citoyens de cette commune, l'exposant, en sa dite qualité vous présente les
citoyens Pierre Le Seurre, ci-dessus nommé, ci-devant
consul en cette ville de la République, le citoyen Honoré Saissi de cette commune qui pour lors était second consul de la même commune, le citoyen Philippe Emmanuel Féraudi qui pour lors était secrétaire de
Ìa même commune et le citoyen Ange Giraudi aussi

�- 49 de cette commune, pour recevoir leurs dépositions
sur ledit exposé et vous fait instance que de tout lui
soit concédé acte, ce que nous lui avons accordé, et a
signé.
PIERRE JOSEPH PASSERON.

Et de suite se sont présenté les susnommés
citoyen Le Seurre, natif de Craon, âgé de 75
ans, bourgeois, le citoyen Saissi, âgé de 70 ans,
négociant, Emmanuel Feraudi, âgé de 68 ans, notaire, Ange Giraudi, âgé de 63 ans, négociant,
natifs et domiciliés dans cette commune, auxquels
après avoir fait lecture dudit exposé fait par ledit citoyen Pierre Joseph Passeron, en sa dite qualité, les
avons interpellés sur serment que leur avons fait prêter, conformément à la loi, de nous dire en leur âme
et conscience si tous les faits énoncés dans le même
exposé sont de leur connaissance et tous les quatre ont
répondu et attesté tant uniment que séparément en
être pleinement informés, s'y étant trouvés présents,
et que le tout contient la vérité, toute la vérité et
rien que la vérité. En foi de quoi ils ont signé :
LE SEURRE, HOSORI'J
SAISSI, PHILIPPE EMMANUEL FÉRAUDI,
ANGE

GIRAUDI.

Et nous, juge de paix, vu les dépositions ci-dessus, avons de tout concédé acte au susnommé citoyen
Pierre Joseph Passeron en sa dite qualité, pour lui
servir et valoir dans tous les cas, à ce que de droit et
de raison. Fait à Nice, l'an et le jour que dessus.
GAUTIER, juge de paix.
BONIFACI, sec. greffier.
Vu par nous, membres du District de Nice, 3 vendémiaire an IV rép. 25 sep. 1795, TOSELLI, JN COPPON
fils, VÉRANI pr. syndic, SAYTOUR Martin.

�— 5o —
EGALITÉ, LIBERTÉ.

AU NOM DE LA LOI
Ce jourd'hui. second jour de Fructidor de l'an 3
août 1795) de la République française une et indivisible, à Nice, chef-lieu du département des AlpesMaritimes, par devant nous, Antoine Gautier, juge de
paix de la iere, 2M* et 3ME section et officier de police,
est comparu le citoyen Pierre Joseph Passeron : natif
de la commune de Contes et habitant en celle de Nice
depuis plusieurs années
Lequel en sa qualité de procureur du citoyen
Charles Eugène Valperga de Maillone, évêque de
Nice, subrogé par le citoyen Nicolo Giorni, homme
de loi, procureur spécial et général établi (par acte
reçu) par le notaire Pierre Joseph de Bernochio, le 20
Juillet dernier (v. s.) qu'il présente, légalisé par le résidant de la République de Gênes auprès de la Cour de
Turin, dont il résulte le pouvoir donné au citoyen
Giorni, de subroger en son lieu et place, avec tous les
pouvoirs compris audit acte, et il présente au surplus
l'acte de sa dite subrogation faite par le même citoyen
Giorni, reçu en la ville de Gênes le premier du mois
d'août dernier (v. s.) par le notaire Antoine Baglietto,
légalisée par le consul de la République française.
Expose : Primo, que le matin du trente septembre 1792, le citoyen Charles Eugène Valperga de
Maillone, évêque de Nice, en partant de cette ville
avec deux domestiques à sa suite, qui portaient un
paquet et quelques effets, fut arrêté à la porte qui conduit en Piémont, ci-devant nommée porte Victoire,
et conduit au vestibule de la maison presque attenante
à ladite porte, appartenant au citoyen Dominique
Castellinard, où se trouva le citoyen Joseph Castellinard, fils dudit Dominique, et malgré que ledit Evêque Valperga déclara aux soldats de la Garde de la
dite porte qui étaient des Marseillais, que c'était en
conséquence d'ordre qui lui avait été signifié par le
citoyen général d'Anselme qu'il partait de cette ville,
lesdits soldats commencèrent par le malmener et lui
(19

�signifier qu'ils voulaient le pendre et ayant ouvert
ledit paquet et y ayant trouvé entre autres effets, une
ceinture d'évêque, ils déterminèrent, à l'instant, de le
pendre avec ladite ceinture, et ayant essayé si la même
était assez forte pour le soutenir, en la préparant, elle
se fit en lambeaux, de façon qu'ils vérifièrent qu'elle
ne pouvait leur servir et demandèrent audit Joseph
Castellinard fils une corde, pour pendre ledit évêque,
à un grand anneau de fer qui était au plafond dudit
vestibule, servant â y passer une verge de fer pour
peser les marchandises, et ledit citoyen Castellinard
fils, leur ayant absolument refusé de leur donner de la
corde, en s'excusant qu'il n'en avait point, comme
dans tous ces entrefaits ledit évêque se trouve mal et
ne peut plus se soutenir, ledit Castellinard fils lui fit
apporter une chaise, par sa servante à qui quelques
uns de ces soldats donnèrent des coups de poing pour
avoir porté ladite chaise et le même Castellinard le
fit ensuite asseoir sur ladite chaise, en le soutenant,
parce qu'il ne pouvait se soutenir droit ; d'autant plus
qu'en attendant, lesdits soldats marseillais lui disaient mille exécrations, lui crachaient dessus et lui
donnaient des soufflets, et assurément ils l'auraient
fini, si dans cet intervalle un de ses domestiques
n'avait été dire au citoyen général d'Anselme ce qui
venait d'arriver, et ledit domestique étant venu avec
un billet dudit général d'Anselme qui ordonnait à la
garde de le laisser partir, puisque c'était de son ordre,
en conséquence de ce billet lesdits soldats marseillais
se bornèrent pour lors à lui dire et crier mille invectives et injures et le laissèrent partir, ce que ledit
évêque, malgré qu'il ne pût se remuer, à l'aide de ses
domestiques fit au mieux possible en tremblant, de
façon qu'il doit son existence au refus ferme et déterminé que ledit citoyen Castellinard fils leur fit de
leur donner une corde, sans quoi avant l'arrivée du
dit domestique portant l'Ordre du général d'Anselme, il aurait été pendu et étranglé.
Secondoque lefaitci-dessusfut d'abord public et notoire, de notoriété publique dans cette ville et encore
plui le lendemain premier octobre, puisque les autres

»

�— 52 —

soldats de la Phalange Marseillaise, arrivés sur le soir
dudit jour trente septembre, d'abord après leur arrivée
cherchèrent l'évêque qu'ils voulaient le lanterner et
mettre en pièces, comme ils s'expliquèrent hautement,
ce qui joint au fait arrivé dans ledit vestibule de la
maison Castellinard, étant devenu d'une notoriété publique donna l'épouvante à tous les gens honnêtes du
pays, qui disaient que le citoyen général d'Anselme en
ordonnant audit évêque de partir, en mettant sous la
sauvegarde de la Nation française ses meubles et ses
effets, avait voulu le sauver.
Et comme il importe audit citoyen Passeron, exposant en sa dite qualité, de constater par témoins le
fait ci-dessus exposé, il nous présente ledit citoyen
Joseph Castellinard fils de Dominique de cette commune, âgé de 21 ans, de profession, négociant, qui se
trouva présent au fait énoncé dans le Ier article de l'exposé ci-dessus, et au surplus informé de la notoriété
des faits énoncés au second et dernier chef, de ladite
exposition et il nous présente les citoyens Jean-Jacques Donny, natif de Neufchâtel en Suisse, âgé de 39
ans, de profession, négociant ; Joseph Poullan, natif
de Clavesana, en Piémont, âge de 48 ans, négociant ;
Jacques Gerbin, âgé de 60 ans, tailleur, Jean-Marie
Thaon, âgé de 56 ans, négociant, natifs et tous domiciliés en cette commune pour déposer sur ladite
notoriété énoncée dans ledit second fait exposé, pour
recevoir leurs dépositions, et nous fait instance que de
tout lui soit concédé acte, ce que nous lui avons accordé et a signé.
Pierre-Joseph PASSERON .
Et de suite se sont présentés les susnommés citoyens Joseph Castellinard, Jean-Jacques Donny, Joseph Poullan, Jacques Gerbin, et Jean-Marie Thaon,
ci-dessus qualifiés, auxquels après avoir fait lecture
dudit exposé fait par ledit citoyen Passeron, en sa
dite quálité, les avons interpellés sur serment, que
leur avons fait prêter, conformément à la loi, de nous
dire en leur âme et conscience, si tous les faits énoncés dans le même exposé sont de leur connaissance,

�- 53 et ledit citoyen Joseph Castellinard a répondu et
attesté en être pleinement informé pour avoir été
présent au fait exposé dans le i" article de ladite exposition, et pour avoir publiquement entendu dire les
faits énoncés dans le second chef qui était en cette
ville notoire de notoriété publique et lesdits citoyens
Jean-Jacques Donny, Joseph Poullan, Jacques Gerbin,
Jean-Marie Thaon, ont répondu et attesté tant uniment que séparément être pleinement informés de
l'énoncé dans le second chef de ladite exposition,
puisque les faits y énoncés étaient notoires, de notoriété publique en cette ville, et tous lesdits citoyens
ont respectivement attesté pour ce qui les concerne
que tout contient la vérité, toute la vérité et rien que
la vérité. En foi de quoi ils ont signé : Joseph Castellinard fils,Jean-Jacques Donny, Joseph Poullan, Jacques
Gerbin, Jean-Marie Thaon.
Et nous, Juge de paix, vu les dépositions ci-dessus,
avons de tout concédé acte au susnommé Pierre Joseph Passeron en sa dite qualité pour lui servir et valoir dans tous les cas, à ce que de droit et de raison.
Fait à Nice l'an et jour que dessus.
GAUTIER,
BONIFACI,

juge de paix.
sec. gref.

Vu par nous, membres Du district de Nice, le 3
vendémiaire anIV rep. (25 sept. 1795).
Jn. COPPON fils, VÉRANi, pr. syndic, TOSELLI, Saytour
MARTIN.

Arch. Nat. F

7

4867 *

�54 -

PÉTITION au DISTRICT de NICE
et AVIS de ce DISTRICT
ÉGALITÉ,

LIBERTÉ

5 vendémiaire
27 septembre 1795 an IV
AUX

CITOYENS ADMINISTRATEURS
DU DISTRICT DE NICE

Le citoyen Pierre Joseph Passeron, natif de la
commune de Contes, habitant en celle de Nice depuis plusieurs années.
Vous expose en qualité de procureur du citoyen
Charles-Eugène Valperga de Maillone, évêque de
Nice, subrogé par le citoyen Nicolo Giorni, homme
de loi, son procureur spécial et général fondé par acte
reçu dans la ville de Turin par le notaire PierreJoseph de Bernochio, le 20 juillet dernier (v. s) légalisée par le résident de la République de Gênes, près
la Cour de Turin, duquel il résulte le pouvoir donné
audit citoyen Giorni de subroger en son lieu et place
avec tous les pouvoirs compris dans le même acte,
qui se trouve copié mot pour mot dans celui de la
subrogation faite par le même citoyen Giorni, reçu
en la ville de Gênes le Ier du mois d'août dernier
(v. s* par le notaire Antoine Baglietto, légalisée par
le consul de la République française, le 13 Thermidor dernier (3 1 Juillet 1795), qu'il vous exhibe qu'étant arrivé dans cette ville le vingt-neuvième jour
du mois de septembre de l'année 1792, l'armée de la
République française, commandée par le citoyen général en chef d'Anselme lorsque celui-ci y fut arrivé
le soir et eut pris son logement dans la maison d'habitation du citoyen ci-devant consul de la République
Le Seurre, ledit évêque Charles-Eugène Valperga de
Maillone, s'étant présenté, le même général d'Anselme
lui signifia d'abord en présence de son Etat-Major de
partir de cette ville, sur quoi ledit évêque lui répondit qu'il avait cru pouvoir continuer sa demeure dans
cette ville et qu'à cet effet il n'avait jamais pensé de

Pièces 7 et 8

�- 55 distraire, ni faire partir le moindre de ses meubles et
effets qu'il avait dans la maison d'habitation de
l'évêque, que si absolument il lui ordonnait de partir,
il le priait de lui accorder la sauvegarde pour tous ses
dits effets et meubles, ledit général d'Anselme lui
répliqua : Le plus tôt sera le mieux, ce qui tout est
constaté par les attestations ci-jointes du premier et
second jour de fructidor dernier qu'il vous présente
également.
Qu'il résulte aussi par lesdites attestations, que
ledit évêque Valperga de Maillone fut forcé par ledit
général d'Anselme de partir de cette ville que tous
ses meubles et effets fussent mis sous la sauvegarde de
la Nation française et qu'étant parti le lendemain 30
dit septembre, il risqu'à d'être pendu ef étranglé paties soldats de la Phalange Marseillaise qui se trouvaient de garde à la porte ci-devant dite Victoire, ce
que tout fut d'abord notoire et de notoriété publique
dans cette ville.
Vous observe que ledit évêque Valperga est natif
du Piémont où il se retira et que s'il a résidé dans
cette ville, ce n'a été que pour raison de son ministère, que tout cela nonobstant il a été porté sur la liste
des émigrés, a été vendu la plus grande partie de ses
meubles et effets, et cela même nonobstant la préalable réclamation que le citoyen Jean-Jacques Donni,
chargé des intérêts dudit évêque avait fait à l'ancien
département par sa pétition du 22 juillet 1793 (v. s)
qui existe dans les Archives de ce district, résultant
ainsi que tout cela a été fait et opéré contre le droit des
gens et la sauvegarde de la loyauté française qui fut
promis audit évêque.
En conséquence, l'exposant demande en sa dite
qualité de procureur dudit citoyen évêque CharlesEugène Valperga de Maillone la radiation de son
nom de la liste des émigrés, la levée des scellés, la
restitution de ses propriétés et l'indemnité de celles
qui ont été distraites et vendues au nom de la Nation,
et sera justice.
(21 août 1795).

�- 56 Nice le 4me jour de Fructidor de l'an 3me de la
République française une et indivisible.
Signé : Pierre-Joseph PASSERON.
Vu la pétition ci-dessus du citoyen Pierre-Joseph
Passeron présentée au nom et comme procureur subs
titué du ci-devant évêque de Nice, Charles-Eugène
Valperga tendante à obtenir la radiation de son nom
de la liste des émigrés, la levée du séquestre et remission de ses effets restant ainsi que l'indemnité de
ceux qui ont été distraits ou vendus.
Vu une première pétition présentée à l'ancienne
administration du département par le citoyen JeanJacques Donni, au nom du citoyen Valperga en date
du 22 juillet 1793 tendante aux mêmes fins.
Vu la procuration en date du premier août 1793
(V. s.) faite à Gênes, par devant le notaire public Antoine Baglietti, légalisée par le Consul de la République française y résidant, ainsi que l'acte de procuration y inséré, en date du 20 Juillet 1795.
Vu l'attestation de quatre témoins faite avec serment par devant le juge de paix de la 1", 2"", 3me section de cette commune, en date du 1" Fructidor dernier '18 août 1795).
Vu autre attestation de cinq témoins faite par
devant le susdit Juge de paix, le 2 dit fructidor, aussi
sous serment.
Considérant que par la première des 2 attestations il est pleinement prouvé que le vingt-neuvième
septembre 1792, aussitôt après l'entrée de l'armée
française dans cette commune, le sus-nommé évêque
Valperga s'étant présenté au général d'Anselme qui
la commandait en chef, celui- ci lui ordonna d'abord
en présence desdits témoins et de tout l'Etat-Major.
u'il n'avait qu'à partir de la ville, et malgré que le
it évêque lui observa qu'il avait cru de pouvoir y
rester tranquillement et qu'à cet effet il n'avait fait
partir aucun de ses effets et meubles, le général lui
répliqua de partir absolument de la ville, en ajoutant
que le plus tôt serait le mieux, l'ayant assuré qu'à

a

�-5;l'égard de ses meubles et effets de sa maison, il les
mettait dès ce moment sous la sauvegarde et loyauté
de la Nation française et qu'il pouvait en être tranquille.
Considérant qu'il résulte par lesdites attestations,
et il est prouvé que l'évêque Valperga, d'après les
ordres précis et réitérés du général d'Anselme, partit
le lendemain 30 septembre de cette ville.
Considérant que par la susdite attestation du deux
Fructidor il résulte que l'évêque Valperga, au moment de son départ de cette commune, ayant été arrêté à la porte qui conduit au Piémont, par les soldats
qui y étaient de garde, lesquels tentèrent de le pendre,
il évita la mort par les soins du citoyen Joseph Castellinard, un des déposants, et il ne fut laissé libre que
d'après un billet du général d'Anselme, qui ordonnait à ladite garde de le laisser partir, puisqu'il s'en
allait de son ordre
Considérant que tous ces faits sont devenus de notoriété publique dans cette commune, dès le même
jour 30 septembre et Ier octobre suivant, ainsi que
quatre témoins l'ont attesté.
Considérant que le citoyen Valperga ne s'est absenté de cette commune et ci-devant Comté de Nice
que d'après les ordres du général d'Anselme auquel il
témoigna son regret.
Considérant que le départ du citoyen Valperga
ayant été forcé il ne peut pas être qualifié d'émigration.
Considérant que son intention de rester dans cette
commune est d'autant plus constatée, que le citoyen
Valperga a été le seul fonctionnaire public, il soit
resté à son poste, n'ayant soustrait aucun des meubles
et effets de sa maison, lesquels ont été ensuite distraits
et vendus par la Nation.
Considérant que le citoyen Valperga ne peut être
non plus considéré comme réfractaire aux lois de la
République, tandis qu'à l'époque de son départ de cette
commune, aucune loi de la République, surtout à
l'égard des ecclésiastiques, n'y avait été encore publiée
à laquelle eut pu contrevenir.

�— 58 —
Considérant que le citoyen Valperga ne pouvant
être considéré ni comme émigré, ni comme réfractaire, ne pouvait être privé de ses propriétés laissées
dans cette commune lors de son départ, sous la sauvegarde de la loi et de la Nation française qui lui fut
accordée par le général d'Anselme, et qui étant digne
de la loyauté de cette Nation, ne pouvait être violée
sans blesser le droit des gens.
Considérant au surplus, que le citoyen Valperga,
originaire piémontais, ne faisait sa résidence à Nice,
qu'à raison de son épiscopat, ce qui ne donne qu'une
résidence easuelle, et que sous tous les rapports, il
n'a cessé d'être étranger à l'égard du pays de Nice et
de la France.
Considérant que l'article 6, section deux, N° 2 de
la Loi du 25 Brumaire (15 novembre 1794) en déclarant émigrés les citoyens domiciliés dans le cidevant comté de Nice, qui sont sortis depuis le 27
septembre 1792, n'a point porté atteinte au droit des
gens dans la personne de l'étranger, qui se trouvait
dans ce même pays, où il n'aurait pas établi son vrai
domicile.
Considérant que le citoyen Valperga, qui avait été
forcé par le gouvernement de partir de Nice, n'a dû
plus y revenir dans le terme même prescrit par les
lois aux citoyens de la ci-devant Comté de Nice,
puisqu'il ne devait point imaginer qu'il fut compris
dans l'invitation, malgré qu'il ait été porté sur la
liste des émigrés.
Considérant que ce nonobstant, lorsqu'il sut qu'il
avait été porté sur la liste des émigrés de cette commune, s'est empressé de présenter sadite pétition
du 22 Juillet 1793 dans laquelle il demanda non seulement la radiation de son nom de ladite liste, mais
encore un délai convenable pour rentrer dans cette
commune, soit comme simple citoyen, ou comme
fonctionnaire public, ainsi que la restitution de ses
propriétés par lui laissées sous la sauvegarde de la
loyauté française dans la maison êpiscopale lors de sa
retraite forcée, ou une juste indemnité de leur valeur.

�- 59 Considérant finalement que,d'après toutes les circonstances sus-ênoncèes, aucune loi concernant les
émigrés ne peut être applicable au citoyen Valperga,
et que toutes celles qui pourraient le regarder relatives au séquestre des biens appartenant aux habitants
des pays en guerre avec la République française ont
été rapportées par le décret du 14 Ventôse dernier
(4 mars 1795). •
Le Directoire du district de Nice, oui le procureur syndic, est d'avis que le citoyen Charles-Eugène
Valperga ci-devant évêque de Nice ne doit point être
considéré émigré.
Qu'il doit être rayé de la liste des émigrés, que le
séquestre apposé sur ses propriétés doit être levé, qu'il
doit être réintégré dans la possession et jouissance
d'iceux, que tous receveurs ou dépositaires doivent
lui restituer les sommes qu'ils ont perçues, résultant
du produit desdites propriétés et qu'il doit recevoir
la juste indemnité des meubles et effets qui seraient
passés au profit de la Nation.
Fait à Nice, dans la salle des séances le 5me Vendémiaire an 4me républicain (27 sept. 1795). Signé
Saytour Martin. Verani,
procureur syndic, Angles v. prés.
Touzelly. Jn Coppon fils.
Enregistré au feuil. 20 registre des prévenus
d'émigration et signé BARRAIA, commis greffier.
Certifié conforme par nous Ve président et secrétaire du district Jn COPPON Fils V,-PRÉSIDENT
BARRAIA Cis greffier.
A rch. Nat. F 7 4867

2

�— 6o —

Pièce 9.

LIBERTÉ (vignette) ÉGALITÉ
BUREAU DES
ÉMIGRÉS

Extrait des registres des délibérations et arrêtés de
l'Administration Centrale du département des Alpes Maritimes.
(2

juin 1797)

Séance du quatorze Prairial an 5mf de
la République française une et indivisible.
Sur le rapport d-e la pétition présentée par le
citoyen Pierre Joseph Passeron, procureur fondé de
Monsieur Charles Valperga, ci-devant évêque de
Nice, dans laquelle il expose que ledit Charles Valperga n'a jamais dû être atteint des lois relatives à
l'émigration, soit qu'on le considère comme parti en
suite d'une force majeure, soit en sa qualité de piémontais et demande en conséquence la radiation de
son nom de la liste des Emigrés, sa réintégration
dans la possession et jouissance de ses propriétés et
une juste indemnité, des meubles et effets qui sont
passés au profit de la République.
L'Administration Centrale du département des
Alpes-Maritimes, considérant que M. Charles Valperga, comme piémontais, n'habitant Nice que pour
cause de son emploi, n'aurait jamais dû être porté
sur la liste des émigrés du département.
Que le seul motif qui a pu déterminer le général
d'Anselme à lui ordonner de partir de la ville de
Nice, ne peut avoir été que la susdite qualité de
piémontais.
Considérant enfin, que comme sujet du roi de
Sardaigne, il est dans le cas de jouir de l'article i,r
de la loi du quatorze nivôse an troisième, (} janvier
1795), ainsi que de l'article neuf de la loi du trente
Floréal an quatrième, (19 mai 1796).
Arrête, oui le commissaire du Directoire Exécutif
que le nom de Valperga, ci-devant évêque de Nice,
qui se trouve inscrit sur la liste des émigrés, sera

�— 6i —

provisoirement rayé ; que tout séquestre qui pourrait
avoir été mis sur ses biens sera levé, qu'il sera réintégré dans la possession et jouissance de ses propriétés,
et que toutes les sommes versées dans les caisses publiques, lui seront rendues, déduction faite des frais
faits conformément aux lois.
Fait et arrêté* en séance publique le jour, mois et
an que dessus.
Signé : Donny, président Payani, fils, Scudéry,
Oberti, Hancy (et en marge Gastaud commissaire
du Directoire Exécutif).
Certifié conforme à l'original par nous président
et secrétaire de l'Administration centrale du départemeni des Alpes-Maritimes.
DONNY, président
BELMONDI, sec. chef au bureau des émigrés.
Arch. Nat. F 7 4867 2

ACTE DE CAUTIONNEMENT
Pièce 10.

11 fructidor anV (2&amp; août 1797)
LIBERTÉ ÉGALITÉ
Ce jourdTiui 11 fructidor an 5 de la République
française une et indivisible (28 août 1797) par devant nous, membres composant l'Administration
centrale du département des Alpes-Maritimes, est
comparu le citoyen Joseph Passeron, natif de Contes,
chef-lieu de canton, domicilié dans cette commune,
procureur fondé de Monsieur Charles Valperga, cidevant évêque de Nice, en vertu d'acte de procuration du 20 juillet et premier août 1795 (v. s.) lequel
en sadite qualité, dépendamment à l'arrêté de cette
administration du quatorze prairial an cinq (2 juin
1797) portant que le nom de Valperga, ci-devant
évêque de Nice, sera provisoirement rayé de la liste
des émigrés, que tout séquestre qui pourrait avoir
été mis sur ses biens sera levé, qu'il sera réintégré
dans la possession et jouissance de ses propriétés, et

�— 62 —

que toutes les sommes versées dans les caisses publiques lui seront rendues, déduction faite des frais
faits, conformément aux lois, désirant de se conformer au porté par l'article 3 de la loi du 5 Brumaire
an 3 (26 octobre 1794) qui exprime que les prévenus
d'émigration seront tenus de donner caution solvable de la valeur mobilier, et ne pourront obtenir
leurs immeubles jusqu'à ce qu'il ait été définitivement statué sur leurs réclamations par qui de droit,
toujours en sa dite qualité a présenté pour caution le
citoyen François Grosson, marchand drapier de cette
commune, lequel ici prése.it et acceptant, s'oblige
conjointement et solidairement avec ledit Valperga
et pour celui-ci ledit Joseph Passeron, et sous l'hypothèque de tous leurs frens présents et à venir, à l'entière exécution de ce qui les concerne en la susdite
loi, et à la représention des mobiliers, effets et sommes à percevoir en dépôt que besoin sera, et quant
aux mobiliers invendus et en dépôt seront soumis
d'en représenter la valeur à laquelle seront estimés
par experts, préalable rémission.
Et nous, administrateurs susdits approuvant lesdits
cautionnement et acte de soumission, à la réquisition
dudit citoyen Joseph Passeron, avons dressé le présent acte que toutes les parties ont signé avec nous,
ayant au préalable fait renoncer audit François Grosson au droit de premier convenir.
Fait à Nice les jours, mois et an que dessus.
Joseph

PASSERON,

François GROSSON,
prés., PAYANY FILS,
MARUN-SAYTOUR, sec. en chef

HANCY, DONNY,
P.

Acte original sur timbre de 20 centime*.
Arch. Nat. F

7 4867^

�— 63 -

CONCLUSION

Il était avéré pour tous, dans la ville de Nice, que Mgr
Valperga était parti contre son gré et si la première Administration départementale, installée au mois de Mai 1793,
l'avait inscrit sur la liste des émigrés de Nice, c'était à la
suite d'une réponse faite par le ministre de l'Intérieur, Garât,
aux questions à lui posées par le Directoire des Colons Marseillais sur la conduite à tenir vis-à-vis de l'évêque.
Les questions avaient été envoyées à Paris, vers la fin
de Février 1793, et la réponse du ministre ne parvint à Nice
qu'au milieu de juin suivant, soit quelques jours avant la
publication de la liste des émigrés. Les réclamations de
l'évêque, retiré à Turin dans sa famille, furent présentées
le 22 juillet 1793 (1) ; mais comme beaucoup d'autres, elles
s'entassèrent dans les bureaux du Département, qui n'y
répondit même pas.
Cette réclamation fut présentée au nom de l'évêque par JeanJacques Donny au Département. lîlle figure en original au dossier
Valperga.
Voir ci-dessus.
Le registre des délibérations du département manque aux Archives pour les derniers mois de 1793, exactement du Ier mai au 10
Novembre, comme pour les six derniers mois de 1797 et l'année entière de 1798, exactement du 8 Messidor an V (26 Juin 1797) au 25
Pluviôse an VII (13 février 1799).
C'est-à-dire pour les deux périodes les plus troublées et cette
disparition est tout au moins étrange.
Elle doit être vraisemblablement attribuée à certains hommes
politiques désireux de laisser dans l'oubli leur conduite durant ces
deux époques.

�- 64 On était dans la période la plus aiguë et, en pleine
Terreur.
Après le 9 Thermidor et, surtout après la venue à Nice
du représentant Beffroy, au mois de Floréal, an III (Mai
I795)»
les esprits devinrent plus calmes, les administrations plus pondérées. C'est alors que, sur de nouvelles demandes présentées au District, et sur avis favbrable de
celui-ci, le département des Alpes-Maritimes accorda à Mgr
Valperga sa radiation provisoire, le 14 Prairial, an V (2 Juin
1797). Comme on le voit, l'affaire avait traîné en longueur.
Il semblait alors que rien ne s'opposait plus à la rentrée
de l'évêque : le 11 Fructidor, an V (28 Août 1797), le Département avait agréé la caution de François Grosson (1) ;
les biens de l'évêque allaient lui être rendus, et il pourrait
rentrer.
Mais huit jours après, le coup d'Etat du 18 Fructidor (4
septembre 1797) remettait le pouvoir aux mains des Jacobins, la guerre aux émigrés et aux ecclésiastiques, en particulier, reprit avec âpreté. Pe département des Alpes-Maritimes se vit accusé d'avoir préparé une rentrée triomphale à l'évêque, son arrêté du 14 Prairial resta sans effet
et, en vertu de la loi du 19 Fructidor (5 septembre), les
scellés furent de nouveau apposés sur les biens de Mgr Valperga par deux commissaires municipaux (2).
En vain, l'évêque de Nice, fit intervenir auprès du Directoire Balbi, l'ambassadeur du Roi de Sardaigne à Paris,
le dossier de sa demande en radiation fut examiné sans
aucune bienveillance.
(1) L/Acte original de ce cautionnement sur timbre est aux
Arch. des Alp.-Maritimes Q. 10.
(2) Mise de scellés sur les biens de Charles Eugène Valperga par
deux commissaires de la municipalité de Nice. Une scéance, 6 livres.
Dépense approuvée par le Département, en Germinal an VI (avril
1798). Arch. des A. M. Q. 11.
Mgr Valperga ne possédait à Nice aucun immeuble et il devait
rester fort peu de chose de son mobilier après la vente qui en avait
été faite en Ventôse an III. La bibliothèque de l'évêché avait été déclarée bien national et la caisse diocésaine avait disparue en octobre 1792
sans laisser de traces dans les pièces administratives. Le séquestre
a été apposé sur les biens de nombreux émigrés rayés provisoirement.
On peut en voir la liste aux Archives des A. M. Q. 10, où Valperga
figure sous le N° 65.

�- 65
Á la suite de la lettre de Balby datée de Paris le 7 février
1798, le ministre de la police demanda à ses Bureaux un
rapport sur l'affaire Valperga. Pe voici tel qu'il se trouve
en minute au dossier.
Attendu que rien ne tend à constater le prétendu ordre
de quitter Nice, d'où il suit qu'il faut en croire sur parole
l'émigré.
Qu'à raison de son domicile, il était tenu de rentrer sur
le territoire dans les délais voulus par les lois.
Qu'il est atteint par la déchéance et n'a réclamé que
l'an V.
Qu'il ne paraît pas y avoir lieu de violer la loi en faveur
de cet ex-évêque dont la rentrée prohibée par la Constitution serait d'une influence dangereuse.
J'estime qu'il y a lieu à proposer la maintenue sauf
à prendre des renseignements si toutefois on les trouve
indispensables.
CAIGNART,
Sous-chef (2e Bureau).
En tête de cette minute est écrit :
« Je pense qu'il y a lieu à instruction et à prendre
des renseignements près les Administrateurs du département_des Alpes-Maritimes. »
Signature illisible (1).
Ces renseignements furent-ils demandés ? C'est probable et cela explique que bien des pièces du dossier Valperga sont en double expédition. Plus d'une année s'écoula
encore, avant que fut prise une décision et finalement sur
un rapport défavorable de la Commission d'examen instituée près le Ministère de la police pour l'étude des demandes en radiation, le Directoire exécutif signa le 7 Floréal
an VII, (26 avril 1799) un arrêté qui maintenait définitivement, sur la liste des émigrés, Mgr Valperga et annulait
toutes les décisions rendues antérieurement, en sa faveur,
par les. autorités locales.
(1) Arch. Nation. F 7 4862 2 dossier Valperga. Rapport de la
3 me Division du Ministère de la police, sans date mais joint à la
lettre de Balbi.
»

�- 66 -

Varrêté du Directoire parvint à Nice les premiers
jours de Prairial an VII (Mai 99) et fut immédiatement
mis à exécution. (1).
*

* *

Ainsi donc Mgr Valperga expulsé ne put jamais obtenir
de rentrer, les lois sur l'émigration étaient tellement embrouillées et tyranniques qu'une fois inscrit sur une liste
d'émigrés, il était extrêmement difficile de s'en faire rayer
malgré toutes les démarches ; car on se heurtait sans cesse
à des questions de forme et de procédure ce qui permettait
à la malveillance de s'exercer tout à fait à l'aise sous le
couvert de la légalité.
A. J.

PvANCE-BOURREY.

(1) De 21 Floréal an VII (10 mai 1799), il fut communiqué
par le ministre de la police générale de la République aux diverses
administrations intéressées et aux Commissaire du Directoire exécutif
près le département des Alpes-Maritimes. Celui-ci par lettre du 3
prairial (22 mai 1799) demanda au Département de le transmettre
à la Municipalité de Nice, ce qui fut fait le même jour avec ordre
de le transcrire sur ses registres, de faire apposer les scellés ou séquestre sur tous les biens meubles et immeubles de l'évêque si ce
n'est déjà fait, et de mi notifier sans délai la décision prise à son égard.
Voir lettre du Département à la Municipalité, celle du Commissaire au Département, 3 Prairial an VII avec la réponse du Département 4 Prairial.
Arch.. des A. M. Q. 1 et 2 et Arch. Nationales, dossier Valperga,

�NIÇA LA BELLA
VERS DE /.

Giordan,

su

DE CARTA POUSTALA

Ai rai dôu nouostre bouon soulèu
Venon s'escaufar toui lu lùssi ;
Es un meravihous tablèu,
Ai rai dôu nouostre bouon soulèu,
Trouvas, dou Var fin au Castèu,
Anglés, Rouman, Danesi, Rùssi :
Ai rai dôu nouostre bouon soulèu
Venon s'escaufar toui lu lùssi.
Pèr tu, as touti li bèuta,
Terra de lus e d'alegria,
D'un ciel d'azur, as la clartà,
Pèr tu, as touti li bèuta.
De l'univers, en verità,
Siès la uechièma meravia ;
Pèr tu, as touti li bèutà,
Terra de lus e d'alegria.
Dintre lou tèmp, Semiramis
Faguet basti, à Babilouna,
Pu siéu jardin, vèr paradis !
Soubre Paioun, degun s'estouna
De vèire, ancuèi, lou paumoulié
Drissar au ciel la siéu coulouna
E lou galofre, e l'anemouna
Flouri emb'au pourtegalié.
De bouon matin, quitant maioun
Pèr la journada touta'ntiera,
S'en va lavar, dintre Paioun
Pa bugadiera.
D'un glourious passat es fiera
Perqué, d'un tèmp, sus lou bastioun
Au Turc, arranquèt la bandiera
Pa bugadiera.

�fet 68 —

Sau de fouora fa freï,
Que brima,
A Niça, sus lou Quèi,
Si rima.
Pescadou, fourestié,
De la mar bressarella,
Escouton voulountié
Pa doussa cantinella.
L'AVOUCAT

PATTA

L'estudi de l'avoucat Patta es en plen aria ; si tèn lou matin
couma lou predinà su la plaça dôu Palai. Es un ome pichounet,
touplen raplot, li pocha enfli de papiè de touta mers. En lu vièi
quartiè es proun counouissut e li capelada, « Bouonjou Moussu
l'Avoucat », noun li mancon. Es ben m'ai juge, proucuradou, etc.
Lu siéu ounourari soun bouon pati e n'a de preferença pèr
qu si sigue. Parla au premier maufatan vengut, couma se fousse
un agnèu que vén de naisse ; lou créancier o lou débiteur soun
tratat su lou même pen... basta que mouson...
L'avoucat Patta es de noutarietà reputat pèr un ome judicious, òunest — au noun si flata de l'estre au jou d'ancuei ; —
finda counouisse, es en relacioun d'afaire emê de gros persou nage que dintre la finança dôu siéu coumerce, soun quasi d'usurari. Sau menajar la cabra e lou caulè ; e pèr que la mouneda
noun li escapa si desbrouïa e si mete dôu cousta dôu manche...
d'aquéu que casca lou de mai...
Acò fa que toui lu matin que lou Bouon Diéu a fach, la siéu
doumestica mete toujou quaucaren au fuec. Lou dimeneghe, coum'un bouon crestian, — tartufaria que lou pauva, — va audi la
gran'messa à Santa Réparada, fa la siesta e à la calada dóu soulèu,
passeja su lou Cours, pastrouia, fa lu cent pas, noun parla que de
lei, proucès, citacioun, ensin alestisse lou travail dôu dilun...
Lendeman empastra ben d'afaire, mete facilamen en lou sac
Moussu Tout'Un emé Moussu Tout'Autre... En éu que li pòu
faire ?... lança dapertout lou broumech, tant pis pèr aquéu que si
laissa agantar. Quaranta sóu es lou près d'atac e vous pregui de
crèire que douna pas la siéu journada pèr doui o tres escut.
L'avoucat Patta counouisse l'usança dôu païs... s'avès touort,
vous rouïa, s'avès pi rasoun, v'espia... Que voulès aima manjar
lou pei, lou pei que noun aiguë d'espina...
JULI EYNAUDI.

�-«9VA

MAU ! !

Va màu, cresé-vous, que va màu 1
En l'orizoun lou voile negre
N'es qu'un gran camp cargat de pebre,
Qu'à pala lou jeten davan,
Avuglan finda lu cavau 1
Lu canoun soun su li frountièra,
Alignât couma de barriera,
N'esperon plus que lou signàu !
Lou soulèu, aquel animàu !
Stan, noun vòu levà la vela,
Si foundon couma des candela
Enb'aquèu coust dôu diàu !
Le Giacouuda à cóu de d/stràu
Li fan petà li sièu moulura...
Ah ! dèu faire bella figura
Se l'an foutuda en quauqua tràu
Lou pan crèise, finda la sàu,
Lou sucre dintre li boutiga
Mounta ben mai que de boufiga !
Van jusque crèise lou rampàu
E la pèu que fau lou tambau ;
Metran de drech su li nourriça,
Su lu chichi, su li saucissa,
Perqué pas soubre lu magàu ?
E lou Prussian, marrit bertàu,
Noun sabon fa que de babïa,
Per lou Maroc e l'Algèria,
Se faran mètre lou mourràu !
Li serreren toui lou pourtàu
E pi veiren touta la França
Davan la sieù grossa arougança
Se noun si sau garda li clàu !
Es de rima d'un manechàu,
Ma sien d'estiéu, vesin, vesina,
Li passeres en la resina
Avant que vegon l'espitau !
CHARLES CIAUDO

�Valère Bernard
Tout en heurtant le marteau contre la porte de M. Valère
Bernard je songeais. Je me suis complu dans le plus souriant
mépris des idoles. L'ironie a tremblé sur mes lèvres quand
la Provence a dans un ravissement de joie acclamé le poète de
Maillanne. Cette mascarade d'apothéose me répugnait.
Et maintenant la curiosité me fourvoyait dans le studio
d'un consciencieux artiste que les felibres couvraient de gloire.
Elève de Puvis de Chavannes M. Valère Bernard pasticha le
Maître. Mais vite il eût l'intuition qu'à se perdre dans les sentiers
battus il courrait risque de compromettre son crédit. Il dit
adieu à Paris et vint dans Marseille, l'opulente cité.
A cette époque vivait un exquis écrivain, J. Lombard. Il venait de publier deux œuvres d'une grandiose beauté, VAgonie et
Bysance. Dans un style étrangement tourmenté il contait les
luttes entre les factions d'Orient, illuminant son œuvre des
splendeurs bysantines.
Valère Bernard vit Jean Lombard, et du même coup les belles
au bois qui dormaient en son âme s'éveillèrent. Il délaissa les
études académiques, les pastiches sans vie, et d'ardentes couleurs
chargèrent ses toiles.
Voici le triomphe des rois Babyloniens. Sur les voûtes d'un
palais impérial passent des gardes étincelants dans la pourpre et
la soie. L'or envahit les hautes colonnes de jaspe bleu. Involontairement on pense aux fantastiques demeures hantées par des
fées émeraudes et des princesses aux perversités troublantes.
Et je m'imagine que le peintre était sous le charme de la
légende quand il a peint cette courtisanne qui sourit à son miroir tout en jouant négligeamment avec sa chevelure d'or. Et
puis passent Venise la rouge, Marseille enveloppé dans la poussière d'or du crépuscule, des motifs à la Watteau peints par un
bysantin, toute une apothéose.
Mais une idée m'obsède, tandis que dans la grise clarté d'un
soir automnal s'éteignent les fauves éclairs jaillis de ces radieuses
toiles. L'idéalisation du passé me paraît cruelle. Les générations
endormies dans la Mort ont eu leurs misères/leurs rancœurs, je
pense qu'il est absurde de s'écrier avec Musset « qu'aux temps
jadis tout était heureux jusqu'aux douleurs humaines. » En vain
l'apostat s'attriste-t-il sur les vieillards immortels de l'antique

�- 7i

—

lonie, â ses oreilles résonnent les paroles de l'Hiérophante : « La
Helladi que tu aimes n'a jamais existé ».
Mais M. Valère Bernard brise ma rêverie, et mes yeux se
portent.sur des portraits appendus au mur. Profils d'espagnol ou
d'américain mitigés d'espagnol, comme on en croise maintes fois
sur la Cannebière.
Homme universel ne puis-je m'empêcher de m'êcrier. M.
Valère Bernard sourit. Il siérait dit-il, à mi voix, de se développer en profondeur. Toutefois il est beau de se dire sur le
tard de sa vie que l'on a fait vibrer toute son âme. Ici le maître
rejoint Néron. Il m'aide à comprendre cet inquiétant empereur.
Mais encore faut-il que tout en étant l'homme universel on ne
sombre pas dans la banalité. De méchantes œuvres d'art peuvent
avoir leur prix.
Une idée se lève devant moi. Labruyère me petsuade que
l'honnête homme de Pascal propre à tout en définitive n'est propre à rien. La spécialisation inintelligente, mène à l'erreur, j'en
conviens, mais en fait elle est une loi générale.
Et ceci est pour me plaire, car j'abhorre dissiper mon énergie,
j'aime le repliement, la frissonnante pudeur qu'effarouche les
vaines ostentations. Je goûte les peintres du passé et malgré ma
philosophie j'adore les peuples disparus. Volontiers j'implorerai
avec la Cassandre de Schiller la cécité, l'exquise cécité. Le sou
venir a plus de puissance sur moi que l'espoir.
Et sous des deux gris, en des pays étrangers désolants de
médiocrité, il m'est arrivé de pleurer plus amèrement que ne
pleura Xerxès aux rives d'Abydos.
J. PADOVANI.
PROUVERB1, BOUOI MOT, COUNSÈU E DICH
Vèuva que si marida,
Dèu perdre la lus e l'audida.
Fiha madura,
Lou pouorta à la centura.
En cuntant su lu det :
Aquéu a fa l'óu ;
Aquéu l'es anat cercar,
Aquéu l'a fa cuèire,
Aquéu l'a manjat,
E lou pichoun n'a ren tastat !

�— 73 —
LE

DÉSESPOIR

Oui, j'ai la mort dans l'âme ; oui, je monte au calvaire ;
Mon horizon, hier si beau, s'est obscurci ;
Je hais tous les devoirs et tout ce qu'on révère :
Mieux vaut mourir que vivre ainsi !
Puisque je n'y puis rien ; que la raison humaine
Ne gagne plus un cœur où mon cœur est entré,
Je veux briser mes jours comme on brise une chaîne
Et m'enfuir en désespéré.
Qu'est-ce donc que la mort ? C'est la paix éternelle,
C'est un beau drap de fleurs sur mon sein endormi,
C'est la nature calme, auguste et solennelle
Qui nous prête un repos ami.
O nature de Dieu contemple ma détresse !
Ecoute tout mon sang dans mon cœur s'épancher
Et, puisque je n'ai plus le lit de ma maîtresse,
C'est au tien que je veux coucher ;
C'est toi la grande mère et la nourrice immense !
L'homme au sort le plus âpre et l'homme au sort plus beau
Retrouvent dans ton sein leur part de ta clémence :
L'un l'amour, l'autre le tombeau
Tu sais, toi qui vois tout, ce qu'ici bas je souffre,
Que je n'ai point béni l'instant de mon réveil
Et que j'ai regardé, toujours, du fond du gouffre,
Les bords ou brillait le soleil ;
Que je n'ai bu jamais que dans la coupe amère,
Que le seuil du bonheur me fut toujours fermé,
Que j'ai perdu mes fils, que j'ai perdu ma mère
Et tous les cœurs qui m'ont aimé !
Maintenant je m'en vais, battant du front, comme ivre,
En proie à ce grand deuil qui me courbe en vainqueur,
Et je veux déchirer ma vie, avec le livre
Des chastes sanglots de mon cœur ;
Et toi, rayon divin, génie, ardent délire,
Flambeau qui n'iras plus briller sur son autel,
Eternise du moins ces larmes de ma lyre
Et que mon cri soit immortel !
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8

CalaDdrié 1912

—

12

Pierre Gioffredo (PlaDca)

—

16

Crounica Niçarda

—

17

La Cigala dou bouon Dièu (Ch. Ciaudo)

—

20

Lou magot de Bertoumièu Issuga (J. E.).

—

21

Cansoun ancienna pèr lou mai

—

24
27

La mouort dau paure Tounin (Ant. Roland)

—

La Vigne (J. Padovani)

—

28

Eglises et Chapelles de Nice (Valentin)

—

29

Nouvé

—

32

—

33

Expulsion de Mgr Valperga en septembre 1792 (Abbé RanceBourrey

•

Niça la Bella (J. Giordan)

■

—

67

—

68

Va Màu (Ch. Ciaudo)

—

69

Valère Bernard (J. Padovani)

—

70

Le Désespoir (Edgar de Masini)

—

72

L'Avoucat Patta (J. Eynaudi)

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1912

QUATRE-TÈMS

Noumbre d'or...
13
Mars
Epato (Grégori)
Il
Jun
Cicle soulari
17 Setèmbre
Endicioun roum
10 Desembre
Letra doumenicala
G F
LI QUATRE

8,
7,
20,
20,

10
9
22
22

e
e
e
e

11
10
23
23

SESOUN

Lou printèms coumença lou 21 mars
L'estiéu
—
— 22 Jun
L'autoum
—
— 24 sept,
L'iver
—
— 22 dés.

à 6.55 m.
à 2.36 m.
à 5.18 m.
à 11.53 m.

dôu sera
dôu sera
dôu matin
dôu sera

FESTA MOUBILI

Septuagesima... 12 Fébrié
Cendre
21 Febrié
Pasca
7 Abrieu
Rougacioun 21, 22, 23, 24 Mai
Ascensioun
16 Mai

Pantecousta
Trinità
Festa de Diéu
1" Dimenegue de
Ie* Desémbre

26 Mai
11 Jun
15 Jun
l'Avènt

LU ESCLISS!

Souliu.

—

ij Abriéu. — Esclissi annulari e coumplet visible

à Paris, en America, en Europa et dintre lou N.-O. de l'Africa.
Coumençamen de l'esclissi à 10,01 dôu matin ; finisse à 1,08
dôu sera.
10 Otitoubre. — Esclissi coumplet invisible à Paris, visible
dintre l'America dôu Sud.
Luna. — 1" Abrièu. — Esclissi parciella visibla à Paris. Entrada de la luna dintre l'oumbra, 9.26 dôu sera; sourtida, 11.03
dôu sera.
26 Setèmbre. — Esclissi parciella, invisibla à Paris, visibla
dintre l'Océan Pacifique.

Jîla providence, %ue de la Préfecture /4, $run, Siàraire

�LU

VÉNT

Lu vènt que souflon à Niça, dintre lou cours de l'armada,
soun au nombre de 16. Vequi li siéu denouminacioun courènti,
pihadi, en general, dai loucalità dei quali parèisson vèni :
Sud
Miejon
Nord... Tramountana
S.-S.-O. Miejou Lebech
N.-O.-E. Grek Tramountana
S.-O
Lebech
N.-E... Grego
O.-S.-O Pounèut Lebech
E. N .E. Levant
Ouest. Pounènt
E.-N.-E. Levant
O.-N-O.V Pounènt Maistràu
E.-S.-E. Levant
N -O . Mastràu
S.-E.... Siroco, vènt marin
N..-N. OMaïstràu Tramount
S.-S.-E.. Miejou Siroc

6
15
25
14
31
24

VIGÍLIA — JEUNI
Abriè
(Pasca, 7 Abrièu).
Mai
(Ascensioun, 16 Mai).
Mai
(Pantecousta, 26 Mai).
Avoust
(Assoumpcioun, 15 Avoust).
Outoubre (Toui lu Sant, Ier Nouvembre).
Desembre (Calena, 25 Desembre).
L'AN NADA RELIGIOUSA

LI FESTA MOUBILI E LI FESTA FISSI
Janvt'è
jYlars
1 Circouncisioun.
1 e 2 Quatre Tèms.
6 Epifania (lu Rei).
3 Reminiscere.
13 Bateja de J.-C.
10
Oculi.
14 Sant Noum de Jesu.
17 Lœtare.
fébrié
24 Passioun.
2 Puriflcacioun.
29 Li 7 Doulou.
4 Setuagesima.
31 Lu Rampàu.
6 Festa de la Pr. de N. S.
11 Sexagesima.
Jîbriéu
13 Coum. de la Passioun.
5 Divendre Sant.
18 Quinquagesima.
7 Pasca.
21 Cendre.
14 Quasimodo.
25 Quadragesima.
28 Patrou. de San Joúsè.
28 Quatre-Tèms.

�Setembre
3 Inv. de la Santa Crous.
13, 14, 15, Rougacioun.
16 Ascensioun.
26 Pantecousta.
29-31 Quatre-Tèms.
1
2
6
9
21
24
29

Quatre-Tèms.
Trinità.
Festa de Diéu.
Festa dôu S. Sacramen.
Sacrat-Couor de'jesu.
Natività de S. jouan-Bat.
SS. Peire e Paul.

8 Natività de la Vierge.
14 Esaltacioun de la Crous.
15 N.-D. dei 7 Doulou.
15 San Noum de Maria.
18, 20, 21, Quatre-Tèms.
29 Dédie, de S. Miquèu.

Ôutoubre
6
13
20
27

Sant Rousari.
Maternità de la Sta Vierge.
Puretà de la Santa Vierge.
Patrounage de la S. Vierge.

J/ouvembre

Juliet
2 Visitacioun de la S. V.
7 Precious Sang.
16 N.-D. dôu Carme.

Jîvoust
6 Transfiguracioun.
15
18
25
25
29

Assoumpcioun.
S. Joachim.
S. Couor de la Vierge.
S. Louis.
Decolac. de S. Jouan-Bat.

1
2
3
21

Toui lu Sant.
Lu Mouort.
Santi Relíquia.
Present, de la Sta Vierge.

2&gt;esembre
1 Avent.
8 Imaculata Councepcioun.
18, 20, 21, Quatre-Tèms.
25 Calena.

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�LA

DÉCIMALISATION

DU

TEMPS ET DES

ANGLES

LA MONTRE DÉCIMALE
Par J. de REY-PAILHADE, président du Comité
pour la propagation des méthodes Décimales.
Le Club Nautique de Nice a offert plusieur fois en prix des
montres décimales aux régates'de 1909. Il était utile de décrire cet instrument, d'y joindre des tables pratiques et des
formules à l'usage des ingénieurs, des sportsmen, des médecins, etc. etc.
DÉCIMALISATION DES ANGLES •
Il est aujourd'hui démontré que la division décimale du
quart de cercle facilite tous les calculs.
Les nouvelles cartes géographiques sont graduées exclusivement dans ce système, devenu officiel en France et dans
d'autres pays. On possède toutes les tables pratiques nécessaires à son essai courant. Nous ne nous étendrons pas
davantage sur cette méthode aujourd'hui enseignée dans les
lycées et collèges.
Nous rappellerons seulement que M. l'amiral Germinet,
membre d'honneur du C. N. N., sous la direction duquel on
fit en 1899 et 1900 des essais de navigation avec un matériel
entièrement décimal, a émis un avis très favorable à la
réforme décimale.
DÉCIMALISATION DU TEMPS
La division décimale du jour décrétée le 4 frimaire an II
rendra aussi de grands services à la science et aux sports.
Principe. — On divise le jour entier en 100 parties égales
appelées cés ; le cé est subdivisé en décisés, ceniicès et millicés
Le cé vaut 14m 24s ou 1T4 d'heure environ ; le décicé est égal
lm 26s 4 ou lm Ij2 environ ; le millicé vaut 0S 864 ou 9T10 de
seconde environ.
Concordance des Temps. — On parvient assez vite à dire
instantanément l'heure à 1 ou 2 minutes près en regardant le
cadran d'une montre décimale. Il suffit d'apprendre par cœur
les concordances décimales de toutes les heures.
0,0
0
50,0

4,2
1
54,2

8,3
2
58,3

12,5
3
62,5

16,7
4
66,7

20,8
5
70,8

25,0
6
75,0

�25,0
6
75,0

29,2
7
79,2

33,3
8
83,3

37,5
9
87,5

41,7
10
91,7

45,8
11
95,8

50,0
12
100,0

Les heures sont au milieu, les concordances des heures
du matin en haut, celles du soir en bas. Ainsi 10 heures du
matin valent 41.7 cés (énoncer 41 cés 7 décicés) et 10 heures
du soir valent 91,7 cés.
Gomme 1 cé vaut presque lj4 d'heure et un décicé une mi •
nute 1]2 ; en partant des concordances du tableau, on dit
l'heure instantanément, ainsi 39,9 cés valent 9 h. 36 m. du
matin. Un ou deux jours suffisent pour atteindre ce résultat.

Description de la montre décimale ou cémètre. — Il y a 3
aiguilles centrales se mouvant sur un cercle divisé en 109
parties égales, numérotées de 0 à 9. Le 0 cé est en bas, c'est
l'origine des temps, car on suppose la Terre au centre du
Cadran.
L'aiguille dorée avec un soleil ne fait qu'un tour par jour ;
l'aiguille épaisse en acier bleu tourne 10 fois par jour, et la
trotteuse fine fait 1000 tours par jour.
L'aiguille-soleil montre la position de l'astre du jour par
rapport au méridien de Paris, qui va du centre au chiffre 5.

�10 —
Les quatre traits bleus indiquent les positions de cette aiguille
à minuit en bas sur 0 ; — à tì h. du matin au milieu entre 2
et 3 ; — à midi, en haut, sur le 5 ; — à 6 h. du soir, entre 7
et 8.
L'aiguille dorée du soleil indique le chiffre des dizaines
de cés, 2 sur le dessin ; l'aiguille épaisse donne d'abord le
chiffre des cés, 6 sur le dessin, et en comptant rapidement à
l'œil le rang de la division entre 6 et 7, on voit, que cette aiguille marque 3 décicés. Le temps du dessin est donc 26,3
cés correspondant à 6 h 20 m. du matin environ. L'aiguille
trotteuse donne les millicés 83. Le temps est donc 26,383
cés.
» Pour la vie courante, on n'a pas besoin d'aller au delà du
clécicé. On lit les milticés pour les applications scientifiques
et sportives.
Le temps en millicés lu sur le cêmèire facilite tous les calculs, car on n'a jamais de réductions à faire.
Examinons le problème des vitesses a l'heure : Les millicés multipliés par 0,00024 donne des heures et fraction décimale d'heure. Ainsi Ì2345 millicés valent 12,345 -f- 24 =
2 h. 9628.
Par conséquent si L est la longueur parcourue et M le
temps en millicés, la vitesse est

ou t

+ 4166,66...

Ces quelques exemples démontrent que la montre décimale simplifie tous les calculs sans exception.
Les rapports de MM. les délégués officiels aux essais de
la montre décimale faits à Nice, par le Club Nautique, le 26
février 1911, concluent unanimement à la supériorité de cet
instrument pour les usages scientifiques et sportifs.
M. Prim, astronome à l'Observatoire de Nice, représen
tait M. le \iinistre de l'Instruction publique.
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L.
Q.
L.

lu 8, à 7
lu 14, à H
lu 22, à 7
lu 30, à 10

SOULÈU.

1
2
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4
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31

—

oura
oura
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20
26
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s.
m.
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SOULÈU,

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2
3
4
5
Lu Rei
6
Dim. S. Lucien
7
dil. S. Apoulinari
8
dim. S. Pèire
9
dim. S. Guiermo
10
dij S. Teodose
11
div. S. Arcada
12
dis. Sta Verònica
13
Dim. S. Ilari
14
dil. S. Maurici
15
dim. S. Ounourat
16
dim. S. Antoni
17
dij. Sta Angela
18
div. S. Sulpici
19
dis. S. Bastian
20
Dim. Sta Agnesa
21
dil. S. Vincènt
22
dim. S. Raymound
23
dim. Sta Jacinta
24
dij. Conv. de S. Pàu
25
div. S. Poulicarpa
26
dis. Sta Devota
27
Dim. Sta Paula
28
dil. S. Francès S.
29
dim.
dim.
dij.
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S.
S.

TRIMESÏRÍ;

Macari
Genevieva
Tita
Simeoun

dim. Sta Marfina
dim. S. Peire N.
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lu 21, à 4 oura 44 ui.
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dij. S. Ignaci
div. La Candeliera
dis. S. Blasi
Dim. Setuagesima
dil. SS. Vinc.Oronte
dim Sta Agata
dim. Sta Dorotea
dij. S. Romuald
div. S. Jouan-Matha
dis. Sta Apoulounia
Dim. Sexagesima
dil. Sta Eulàlia
dim. S. Gregori
dim. Sta Eufrasia
dij. S. Onesime
div S. Dounat
dis. S. Simeoun
Dim. Quinquagesima
dil. S. Gabin
dim. Dimars-Gras
dim. Li Cendre
dij. S. Silvan
div. S. Maxime
dis. S. Pascase
Dim. Quadragesima
dil. S. Nestor
dim. S. Leandri
dim. Sta Nourina
dij. S. Nymphas

Plueia de febrié
A la terra vau fumiè.

ZDéSTU-S-bez

NICE

MARS
N. L.
P. Q.
P. L.
D. Q.
N. L.
SOULÈU

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lu 1,
lu 8,
lu 15,
lu 23,
lu 30,
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Sta Eufrasia
Sta Matilda
S. Acepsima
Sta Gertruda
Lœtari
S. Apien
S. Jôusé
S. Joachin
S. Lea
S. Turibe
S. Armentari
La Passioun
Anounciada
S. Emanuèu
S. Jouan d'Egt,
S. Gountran
S. Eustase
S. Jouan C.
Lu Rampàu

Lou mes de mars
Es amar.

tous le -vrai

BLANQUI &amp; FRACCHIA
— Usine au Pont-Magnan —

NICE

�- 13 S$&lt;30TJNL&gt;

ABRIÉU
P.
P.
D.
N.

0.
L.
Q.
L.

lu
lu
lu
lu

SOULÈU.

1 dil.
2 dim.
3 dim.
4 dij.
5 div.
6 dis.
7 Dim.
8 dil.
9 dim.
10 dim.
11 dij.
12 div.
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21 Dim.
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25 dij.
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28 Dim.
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13, à
3
21, à 7
28, à 11

—

oura
oura
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L. 6 06'

—

55 in.
37 s.
31! s.
25 s.
C. 6 52'

S. Ugo
S. Franç. de P.
S. Richard
Dijàu Sant
Divèndre Sant
Dissata Sant
Pasca
S. Albert, ev.
S. Azada.
s. Isidoro
s. Leoun
s. Juli
s. Justin
Ouasimoi/ii
Sta Anastasia
S. Frutuous
S. Rodolfe
S. Maxime
S. Anselme
S. Teodoro
S. Adalbert
S. Fidèle
s. Jorgi
s. Marco
s. Clet
s. Antime
s. Aimé

s. Roubert
Sta Catarina d. S
SS. Philip. ,Jacq.

Pichouna plneia d'Abriéa
Bouona récolta pèr l'csliéu

Q.

p
P. L.
D . Q.
N. L.
SOULÈU.

TRIMÍÎSTRÈ;

MAI

JUN

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lu 5,
2 oura
lu 13, a 7 oura
lu 21, à 10 oura
lu 28, à 7 oura
— L.

5 14'

—

14
10
23
24

s.
m.
m.
m.

C. 7 29'

1 dim. SS. Félip. Jaq.
2 dij. S. Atanase
3 div. In.d.l. Sta Crous
4 dis. SS. Sindonis
5 Dim. S. Pio, papa
6 dil. S. Jouan D.
7&lt; dim. S. Peire
8 dim. s. Gregori N.
9 dij. s. Antounin
10 div. s. Isidoro
11 dis. s. Bounifaci
12 Dim. s. Jouan lou S.
13 dil. s. Pouon, m.
14 dim. s. Pacomo
15 dim. s. Sta Denisa
16 dij. Ascensioun
17 div. S. Pascaù
18 dis. S. Teodoto
19 Dim. s. Pèire C.
20 dil. s. Felis.
21 dim. s. Bernardini
22 dim. s. Julia
23 dij Rogaeioun
24 div. s. Vincen, d. L.
25 dis. S. Urbin
26 Dim. Pandecousta
27 dil. S. German
28 dim. S. Cirile
29 dim. Sta Petronïa
30 dij. S. Sylve
31 div. S. Justin
Au mes de mai
Longui semana

p
P.
D.
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Q.
L.
Q.
L.

lu 3,
lu 11,
lu 19,
lu 26,

SOULÈU.

1
2
3
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6

dis.
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dil.
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9 Dim.
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11 dim.
12 dim.
13 dij.
14 div.
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16 Dim.
17 dil.
18 dim.
19 dim.
20 dij.
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22 dis.
23 Dim.
24 dil.
25 dim.
26 dim.
27 dij.
28 div.
29 dis.
30 Dim.

—

à 11 oura 4 s.
à 10 oura SI s.
à 9 oura 51 s.
a
2 oura 20 s.
L. * 34'

C. 8 1!"

S. Potin
Trinità.
S. Quirin
S. Francès C.
S. Lié
Festa de Dieu
S. Lié
Quatre-tèms
S. Optat
Sta Margarida
S. Barnabe
S. Antoui de P.
S. Basilio
S. J.-F. Régis
S. Moudeste
S. Lambert
Sta Olga
S. Gervai
Sta Juliena F.
S. Louis de G.
S. Paulin
Sta Maria d'O.
S. Jouan-B.
S. Prousper
S. Alban
S. Cresen
s. Iréné.
s. Pèire
s. Pàu
s. Tibàu

En Jun
De tres abit l'un

Dégustez tous le vrai

NICE

—

BLANQUI &amp; FRACCHIA
— Usine au Pont-Magnan

—

NICE

�— i4 —

TROISIÍ)MK

AVOUST

JULIE T
P.
P.
D.
N.

lu 3, a 10 mira 20 m.
lu 11, à 1 cura 53 s.
Il 19, a o oura 31 m.
lu 25, a 9 oura 12 s.
SDULÈU. - - L. 4 35' — C. 8 22'

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Dim.
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dim.
dim.
dij.
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Dim.
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dim.
dim.

S. Thierry
Vierg.de li Gracia
S. Anatole
S. Pèire de L.
S. Sisoès
S. Elie
Sta Babeta
S. Efrein
Sta Felicita
S. Pio
S. Jouan G.
S. Gene
S. Jaque
Festa Naciounala
S. Enri
N.D.d.M. Carmel
Sta Marcelina
S. Frederic
S. Vincen de P.
Sta Margarida
S. Vi loiSta Maria-Mad.
S. Apoulinari
Sta Cristina
S. Jaque
Sta Anna
S. Pantaleoun
S. Samsoun
Sta Marta
Sta Giulieta
S. Gnaci de L.

Au mes de Juliet
Ni frema ni coulé.

TBIMËSTRÎ;

I1. Q. lu 2, a 0 oura 29 m.
P. L. lu 10, a 3 oura 58 m.
D. Q. l»i 17, a 1 oura 1.1 s.
N. L. lu 21, a 5 oura 14 m.
IV Q. lu 31, &amp; 5 oura 21 s.
souLÈu, —1.5 or -j&gt;. 8 or

dij.
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4 Dim.
5 dil.
6 dim.
7 dim
8' dij.
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dim.
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S. Pèire-aï LS. Alfonso
Inv. de S. Estève
S. Domenica
N. D. dei Nèu
Trausf. de J. C.
S. Gaétan
Sta Batilda
S. Camila d. L.
S. Là u ren
S. Septima
Sta Clara
Sta Filoumèna
S. Ousèbi
Asoumpcionn
S. Roc
S. Mamès
Sta Elena
S. Ipoulita
S. Bernar
Sta Chantai
S. Pio V
S. Filipe B.
S. Bartoumiéu
s. Louis, r. F.
s. Seg'oundo
s. Cesari
s. Goustin
s. Mederic
Sta Rosa
S. Fiacre

F.n . ivoast
Figa e moust

wmmm mm

SBTÈMBRE
P. !.. lu 8, a' 4 oura 57
D. Q. lu 15, a 6 oura î&gt;l
N. L. Ju 22, a 3 oura 37
P. Q. lu 30. a 0 oura 08
SOULÈU. - - 1. 5 47V— c.

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Dim.
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S. Gili
S. Estève R.
Sta Eufemia
Sta Rosalia
S. Làuren J.
S. Pambon
S. Grat
Natiu, di' la V.
S. Oumer
S. Xicola
S. Félis
S. Veran
S. A nié
Es. (1. l.S. CtQUS
S. Nicomède
S. Conrneilla
S. Lanbert
S. Tournas V.
S. Janvié
S. Euslache
S. Matiéu
S. Maurici
Sta Tecla
S. Girar
S Firmen
S. Nil
S. iN'icandre
S. \\ inceslas
g. Miquèu
S. Jeromo

Lima setembrina
De mai clarina

MOT »

GRANDE MARQUE RECOMMANDÉE

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:
s
s
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OUTOUBRE
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lu 15,
lu 22,
lu 30,

SOULÈU, — 1.

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oura 46 m,
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6 06*

TRIMESTRE

NOUVÈMBRE
P. L. lu
6,
D. Q. lu 43,
N. !.. lu 20,
Q.
lu 29,

r.

SOULÈU. - -

1.

a
a
a
a

4 oura 48
8 oura 20
9 oura 49
2 oura 42
14'

—

c.

5 03'

1 dim. Rosari
1 div. Tout lu Sant
2 dim. S. ■ Léger
2 dis. Eu Mouorl
3 dij. S. Rosari
S. Ubert
4 div. s. Francès d'A. 43 Dim.
dil. S. Carlo B.
5 dis. s. Placido
5 dim. Sta Bertila
6 Dim. s. Bruno
6 dim S. Leounar
7 dil. s. Serge
dij. S. Nestou
/
8 dim. Sta Reparada
8 div. Lu Quatre Incou.
9 dim. S. Denis
9 dis. S. Teodore
10 dij. s. Francès B. 10
Dim. S. Jacintou
11 div. s. Tarasco
11 dil. S. Martin
12 dis. s. Counrad
12 dim. S. René
13 Dim. s. Edouard
13 dim. s. Stanislas
14 dil. s. Calisio
14 dij. S. Pantena
15 dim. Sta Teresa
15 div. Sta Gertruda
16 dim. S. Ospici
16 dis. S. Edme
dij.
17
Sta Edvija
17 Dim. S. Gregori
18 div. S. Luc
18 dil. S. Alfè
19 dis. S. Pèi re
19 dim. Sta Babeta
20 Dim. S. Agrico)
20 dim. S. Edmon
21 dil. Sta Ursula
21 dij. Présent, de la V.
22 dim. S. Filip
22 div. Sta Cecilia
23 dim. S. Teodoret
23 dis. S. Clemen
24 dij. s. Mairloire
25 div. ss. Crespin-Cr. 24 Dim. Sta Flora
26 dis. s. Jouan de K. 25 dil Sta Catarina
26 dim. Sta Pel fina
27 Dim. s. Frumence
27 dim. S. Maxime
28 dil. s. Alfredo
28 dij. S. Sostène
29 dim. s. Narcisse
29 div. s. Saturnin
30 dim. s. Marcel
30 dis. s. Andrièu
31 dij. s. Siri
En ùuloubre
\loii ponorc goûta loti rùare

Tonssan ientra
St A n'driéu lou souorte

« wmmm

DESÈMBRE

s.
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P. L .
D. Q.
N. L.
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lu 12,
lu 20,
lu 28,

SOULÈU, -

1
2
3
4
5
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Dim.
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dim.
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dis.

8 Dim.
9 dil.
10 dim.
11 dim.
12 dij.
13 div.
14 dis.
15 Dim.
16 dil.
17 dim.
18 dim.
19 dij.
20 div.
21 dis.
22' Dim.
23 dil.
24 dim.
25 dim.
26 dij.
27 div.
28 dis.
29 Dim.
30 dil.
31 dim.

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6 oura 46 s.
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Sta Bibiana
S. Francès X.
Sta Barba
S. Bassi
S. Nicola
S. Anbrosi
Imac. Conception
Sta Leoucadia
Sta Eulàlia
S. Damase
Sta Rosélina
Sta Lucia
S, Niçoise
S.
S.
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Mesuiin
Adon
Olimpíada
Gatien
Ciprian
Filogone
Tournas

S. Onourat
Sta Vitòria
Cacha-fuec
Calèna
S. Estève
S. Jouan
SS. Inoucent
Sta Eleonora
S. Sabîn
S. Sàuvestre

Calena aufuec,
Pasca àu j'aèc.

sin -

GRANDE MARQUE RECOMMANDÉE

4 35

�- i6-

�- 17

-I

CROUNICA NIÇARDA
L'ABADÏA DE SAN POUON.— L'ABAT RANCE-BOURREY.
GLOFFREDO.

—

—

PÈIRE

A PREPAU DOU DIALETE NIÇART.

Ben qne pareissènt tardié, VArmanac Niçart s'empressa de
pourtà la siéu febla vous su tout cen que enteressa lou païs, sigue
au pounch de vista istoria loucala, pouesia, tradicioun, sigue
tamben su la taquinanta questioun dóu dialete niçart souvenri
fès pauvada e su la quala lu escritour mouderne soun luen d'estre
d'acordi.
Parlerai finda de M. l'Abat Rance-Bourrey, un beneditin qne
despi quauque an en ça mete à prouflt la siéu erudiciou n a nen
revelà de fach d'istoria inedieh. Se quauqu'un mérita d'estre
laudat es ben éu ; es en éu que VArmanac Niçart tressa la
pamoula de sapiença. En esprimant la nouostra recounouissença,
à l'Abat Rance-Bourrey, fen cen que touplen an denembrat,
vouoli dire de courounà lu siéu travail, frucha de ben de recerca,
dai quali obra sian fier d'avé prestat la prima ajuda. Pouden cità :
lou Discours sur le Monastère de Sainte-Claire de Nice, par Honoré
Pastorelli, publié d'après l'édition originale de Turin 1608, avec
une introduction et des notes ; — "Le Général J.-B.-M. D'Anselme" (Notices biographiques (1740-1792). E aquest'an
l'istorien nen douna — toujou de prima man — YExpulsion de
Mgr Valperga, evesque de Niça, au tèms de la Revoulucioun,
travail anoutat de peça curiouvi que sian urous de pouder metre
souta lu uès dei nouostre letour.
*
* *
Lou fach de l'annada, lou mai marcant, es estat aquéu de
l'Abadïa de San Pouon. Parlon de tout destruge pèr li basti an
siéu luec un espitau Pasteur... UArmanac Niçart es pas Penemic
dóu prougrès, ni men encara dei Bei-Art, ma si fa lou pious dever
de jougne lu siéu esfouors en aquelu dei siéu councitadin quo
l'istoria dóu passat passiouna, pèr que l'Abadïa de San Pouon
sigue counservada e classada couma mounumen istorique. En la
circonstança feliciti M. l'Abat Rance-Bourrey que mé rasoun s'e.s
demoustrat l'ardènt defensour autourisat que counouissen. La
siéu paràula es estada escoutada e lou Préfet de li Alpa-Maritima,
8

'

�— i8 M. de Joly — respetuous dei nouostri tradicioun — en ortie
avertit a proumès que l'Abadïa de San Pouon seria respetada e de
lèu si crusià pèr lou siéu classamen tra lu mounumen istorique.
Dóu resta vequi ce que l'Abat Rance Bourrey nen di su San
JPouon. Counsignen religiousamen li siéu paràula :
« L'Abbaye de Saint-Pons est le plus ancien monument relitgieux existant dans le Comté de Nice. Il y a dou^e cents ans que
sSiagrius y fonda un monastère. L'histoire de ce monastère est
jintimement liée à l'histoire religieuse, civile et économique de la
iville de Nice.
;
« Ce fut à Saint-Pons qu'en 1388 fut'signé l'acte réunissant
le Comté de Nice au Comté de Savoie. Les abbés de Saint Pons
ifurent pris dans les principales familles du Comté : les Badat, les
tLaugery, les Provana, les Lascaris, les Grimaldi, les Martelli, les
;Tournefort, etc. Plusieurs évêques de Nice furent abbés de Saint[Pons, en particulier Barthélémy Chuet (fin du xve siècle) et Jean
, Uriole, son successeur. Un autre abbé, Claude de Seyselle, fut
,évêque de Marseille, puis archevêque de Turin ; d'autres furent
cardinaux, tels Innocent Cibo, neveu d'Innocent VIII et de
f
;Léon X, et Paul Medeci de Cesis dont on voit encore l'inscription
(funéraire à Sainte-Marie-Majeure, à Rome.
:
« A la fin du xvir siècle, l'abbé de Saint-Pons était Pierre
•Gioffredo, le savant historien niçois. Enfin, un abbé de SaintiPons dont les Niçois n'ont pas encore perdu le souvenir, était
(l'abbé Spitalieri de Cessole qui a doté sa ville natale d'un établissement de bienfaisance si justement apprécié. La plupart des
pbbès de Saint-Pons et plusieurs évêques de Nice ont été enterrés
dans l'église ou sous le cloître et dorment aujourd'hui confondus
avec les moines leurs frères qui depuis dix siècles y sont enterrés.
« Les monuments funéraires ont disparu. Le temps a tout
(nivelé à Saint-Pons, singulièrement aidé cependant par la main
ides hommes. On connaît les dévastations commises par
Iroupes de François Ier et de Barberousse, plus tard par celles d
Catinat et par d'autres encore. Après chaque désastre, SaintPons a retrouvé une nouvelle vitalité et il y a à peine trois quarts
de siècle que Mgr Galvano y a fait d'importantes réparations.
;
« Saint-Pons n'est pas seulement une page de l'histoire de
notre pays, c'est un gros volume de cette histoire ; les Niçois
laisseront-ils dire qu'ils sont restés indifférents devant le danger
qui menace Saint-Pons ? Non, ils feront tous leurs efforts pour

�— 19 -

sauver de la destruction un monument qui doit leur être cher...
Je demande d'urgence le classement de l'Abbaye de Saint-Pons,
c'est-à-dire de l'Eglise et des bâtiments claustraux, comme monument historique. »
Lou councours de YArmanac Niçart es aquist. Emé fiertà e
au près de touplen de sacrifici faren respetà l'istoria dóu passat,
la lenga e lu escrich dei orne qu'an ilustrat lou nouostre bèu
pais.
*
* *
Despi quauque tèms, — maladia que reven per intermitença,
— la gran questioun de la grafia niçarda, de l'ourtougrafa, es
messa su lou tapis. De letra soun estadi publicadi, d'autri lou seran, e cresi qu'après ben de charra pèr dire pas gran cauva de
nóu, quasi dirii pèr predicà dintre lou Desert, noun restera
d'aquela discussioun, — Favén déjà coustatat, — pas gran cauva,
ren!... Cadun escrèu à la siéu moda seloun l'esprit dóu moumen,
e serii ben curious de counouisse aquéu que vendria nen dità
une metoda en nen dïen : « la mièu maniera d'escrièure lou
Niçart es la bouona». Discussioun scientifica que pòu passiounà
quauque lenguista, pas mai ; lou mihou es d'escrèure seloun li
letra ditadi pèr la prounouncia. Lou talènt pèr aquéu qu'escrèu
es de si laissà liège, de si faire acapi. Es qu'en en un entan que
frecuenta l'escola primària poudès li demandà autra cauva ?...
Perta de tèms que tout acò, vourria mai s'engenià à recercà lu
viei mot, espressioun, loucucioun courenti que la pous dóu tèms
a rabaïat, dounà au nouostre bèu dialete la coulou que dèu avè,
en respetant lu emprunt que pouden avè fach sigue à l'Italian, à
l'Espagnòu o à tout autre...
Un dialète noun dèu pas estre une lenga scientifica, encara
m en noun còu avè la pretencioun que sigue ouficiela, seria temerari ; lou dialete d'un païs dèu refletà lou caratere d'un'epoca que
lou tèms dèu respetà, enfin escrèure gramaticalamen, un noun
empedisse l'autre, e laissà à l'esprit, au goust lou coumplemen
d'un stile ouriginal, en de frasa councisi que flaton i'auriha.
Aquí fermi la discussioun, risqui de perdre la civada... l'an
que ven, se Diéu mi presta vida, v'en dirai d'autri e couma
d'usança que mi sigue permès de la vous souvetà : Bouona e
uroûva !
L'ARMANAC

NIÇART.

�20 —

LA CIGALA DOU BOUON DIEU
Una cigala dóu Bouon Dieu
Tout l'estiéu
E l'iver en la chambreta, —
L'aiguesias vista la lebreta ! —
Noun vivïa que d'amour
S'assetava su l'ounour;
La cigala cantarela,
Vau chanja de clientela,
Noun es courta d'amatour,
Que li viron tout au tour !
Ma l'ancien de la cigala,
De gros mot ven que s'embala ;
En l'auriha de la maire
Li ven tout aquéu bousin,
Que deja toui lu vesin
Sabon lou long de l'afaire
— Cenqu'as fach m'au tiéu tip ?
Di la maire enrabiada...
Bella Vierge encourounada !
Sera au mancou m'un bouon rie!!...
CH. CIAUDO

PROUVERBI, BOUOI MOT, COUNSÉU E DICH
Tèms d'iver noun ti fidar.
Lu màu dei enfan si garisson soulet.
Cau naisse pèr estre bèu, si maridar pèr estre rie, e mouri
pèr estre brave.
Per aver de raïn, eau caressar la souca.
Agnèu naissut
Vau un escut.
Dansa mihou ventre plen que rauba nova.
L'oumbra dou mèstre engraissa lou cavau.

�LOU MAGOT DE BERTOUMIÉU ISSUGA
O BEN

UNA RAISSADA DE MACAROUN
Conte menloanasqae trouvât dintre d'un armori
de ma nana e que /'Armanac Niçart es tirons de
transcrièure en niçart à Ventencioun dei sièu
fidèle lotour et lelrissa.

Bertoumiéu Issuga, mentounasque de viéia roca, abitava en
coumpagnia de sa mouhié, en carriera dóu Paumoulié. La siéu
frema, malurousamen, era sirnplaria e faia lou siéu desespoir.
Cada matin Bertoumiéu, avant de s'en anà au travail, li recoumandava de noun faire de bestialità. Cou vous dire que toui lu
dissata lou nouostre ome metia en un'armari pertuat dintre la
muraia lou gagne de la semana.
— Bertoumiéu ! pèr qu seria tout aquel argen, demandava
Marioun au siéu marit.
— Es pèr Madjou-long, castagnassa !
*
* *
Un jou Bertoumiéu partet pèr anar à la siéu campagna ;
devia même li restar doui ó très jou pèr souïnar e arousar lu
citrouniè. Marioun souleta matin e sera, s'assetava su lou banquet de la pouorta e faïa de bas... Un predinà veguet un ome
de statura mai que mejana, couma si di, un gran carcan. La
frema de Bertoumiéu lou fissa sensa parpelear, pi pihada d'un'
idea, li diguet :
— Moun bèu Moussu, sias bessai vous Madjou-long ?
Lou merlo pita e noun s'en laissa dire autre, léu li
respouonde :
— Noun vous troumpas pas, bella bruneta, sièu ièu Madjoulong !... Ma perqué mi faire tala demanda ?
Perqué ?... dou moumen que sias Madjou-long, intras su lou
cóu. Li a ja pas mau de tèms que moun marit a mes d'argen
amagat pèr vous...
E sensa mai de ceremounia li remeté lou mandiou dintre lou
quai lu sóu eron groupât. L'ome remercia e la s'esbigna lèu.
♦

* *

�Lou sera, Bertoumiéu arriva, la sièu mouhié li di.
— Sabes, ai vist ancuei Madjou-long !
E l'ome de cridar :
— Malurousa ! — m'en a fach encara una 1
Courre à l'armari, lou mandiou e Pargen, mouis !... Issuga
blastema pica dai pen, es décidât de si desiaire de la siéu frema
Lendeman, dóu téms qu'aissesta durmïa, li cuerbe lu uès emé de
pega de sabatié, pi la pihant pèr la man, la mena dapé dóu CapMartin. Arrivât aqui, Bertoumiéu fa mountar Marioun su d'un
nouguié el'abandouna. La paura, bòrnia, noun sabia doun si
trouvava, ni men encara ce que poudia faire.
En aquéu fra-tèms doui voulur venon s'assetar souta
l'aubre ; après aver abrat quauqui branca sequi pèr s'escaufar, pi
si meton à cuentar lou siéu argen.
La calou faguet delegar la pega que curbia Puès destre de
Marioun e aissesta de cridar :
— E d'un !
Lu voulur, d'estuc, s'isson d'emblée.
— Qu'es acó, diguet l'un.
— Un matagan, faguet l'autre.
La calou seguia á faire lou siéu efet pau à pau durbia Puei
senec.
— E de douî, diguet Marioun.
Dóu cou lu voulur escapon, laissant Pargen espantegat soubre
Perba.
Marioun coumença à li veire clar, cala da l'aubre e ramassa
Pargen, pi lèu s'en camina vers maïoun...
Lou sièu marit, pensierons, era assetat dapè dóu fuec, s'escaufant, fumant la sièu pipeta emé beatituda...
— Bertoumiéu !... o Bertoumiéu !... duerbe-mi, siéu iéu,
Marioun...
— Vai au diàu que ti pihe... ièu que cresii de m'en estre
despegouït...
Ma Marioun, toujou picava, un cóu noun asperava l'autre...
L'ome fenisse per li durbi...
— Ten ! regarda cen que ti pouorti.. . e Marioun pauva lou
sac su lou toulié. ..
Bertoumiéu, entartugat, cuenta Pargen e réfléchisse ; — Marioun es simplaria e deman la vila saupra Pistoria de la fouré . ..
Cóu que Bertoumiéu si dispegouïsse pèr empedi li marridi lenga
de bavar...

�— 23 —
Si mete la vesta, lou capèu e souorte fermant la pouorta i..
Faïa nuech dintre la carriera, ma sensa pena s'encamina
vers una boutiga e croumpa pèr mai de dès kilo de macaroun...
Ientra au sièu e di à la sièu mouhié de si metre au liech.
En tant que Marioun durmïa, Bertoumiéu fa bui lu macaroun, pi lu espantega su lu aubre dóu jardin... Lendeman de
matin la siéu frema, desveiada, si mete à la fenestra...
— O ! Bertoumiéu ! Bertoumiéu ! Vene un póu veire!... O
trest ! vè, a plougut de macaroun !...
— O vai fantauma !... n'as toujou una. .. Ten ! ten !... ma
es ver !...
*
* *

A quauque tèms en ça, Bertoumiéu l'avia previst, Marioun
countet à toui que lou siéu ome noun li picava plus, despi lou
jou qu'ela li avia pourtat de sac plen d'escut...
Lou juge aiguent audit parlar de l'afaire, mandet sounar
Bertoumiéu devant lou tribunal ; la siéu mouhié era estada
citada couma testemoni.
Lou juge. — Bertoumiéu, sias acusat d'aver gardât d'argen
que noun era vouostre.
— Iéu !... Ma moussu lou juge, lou negui ; sièu couma
sabès un travaiadou.. .
E Marioun de dire.
— Noun negar, Bertoumiéu, sabés ben qu'es ver ; es iéu en
persouna que t'ai pourtat la mouneda, qu'avii trouvât en la
fouré.. .
Lou juge. — Anas brave ome, noun negués.. .
— E quoura lou m'as pourtat ?... — Vous juri, Moussu lou
juge, que la miéu frema es fouola !...
— E lou sabes ben, Bertoumiéu, es lou jou que plouguet tant
de macaroun !
— Moussu lou juge aves jamai vist ploure de macaroun ?...
— Jamai ! moun beL amic respoundet lou juge que si tenia
lou ventre dóu rire — Amie, vèu que la vouostra frema es
fouola. .. sias aquitat !...
Bertoumiéu si retira emé Marioun... Noun aigueron plus
de disputa e vieugueron, pareisse urous e pèr longtèms !...
J. E.

�CANSOUN ANCIENNA

PÈR LOU

N'aurias pas vist la miêu fiha
Trin-trin
Lou galerin
A'aurias pas vist la miêu Jiha
Trois-wtrois
Le fils du roi
L'ai vista e l'ai baïada
Trin-trin
Lou Galerin
L'ai vista e l'ai baïda
Trois-trois
Le fils du roi.
Douna-mi la miêu fiha
Trin-trin
Lou galerin
Douna-mi la miêu fiha
Trois-trois
Le fils du roi.
Es aqnela la vouostra fiha
Trin-trin
Lou galerin
Es aqaela la vouostra fiha
Trois-trois
Le fils du roi.
La miêu fiha era pas lernia
Trin-trin
Lou galerin
La miêu fiha era pas lernia
Trois-trois
Le fils du roi
La miêu fiha era pas lua
Trin-trin
Lou galerin
La miêu fiha era pas lua
Trois trois
Le fils du roi.
N'es ni guercia ni poutinouva
Trin-trin
Lou galerin
N es ni guercia ni poutinouva
Trois-trois
Le fils du rois.

MAI

�La miéu fiha n'es pas borni a
Trin-trin
Lou galerin
La miêu fiha n'es pas bornia
Trois-trois
Le fils du roi.
Noun faïa pas belugueta
Trin-trin
Lou galerin;
Nonn faïa pas belugueta
Trois-trois
Le fils du roi.
La miêu fiha n'es pas emberrida
Trin-trin
Lou galerin
La miêu fiha n'es pas emberrida
Trois-trois
Le fils du roi.
La m iéu fiha n'es pas pigada
Trin-trin
Lou galerin
La miêu fiha n'es pas pigada
Trois- trois
Le fils du roi.
La miéu fiha noun es pas ranga
Trin-trin
Lou galerin
La miéu fiha noun es pas ranga
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha noun es pas louorla
Trin-trin
Lou galerin
La miéu fiha noun es pas touorta
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha n'es pas crouoada
Trin-trin
Lou galerin
La miéu fiha n'es pas croavada
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha n'es pas gibouva
Trin-trin
Lou galerin
La miéu fia n'es pas gibouva

�— 26 —
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha noun es foularana
Trin-trin
Lou galerin
La miéu fiha noun es foularana
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha n'es pas ingourda
Trin-trin
Lou galerin
La miéu fiha n'es pas ingourda
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha a pas lou peu de pi g nu
Trin trin
Lou galerin
La miéu fiha a pas lou peu de pig nu
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha noun es narvelouua
Trin- trin
Lou qalerin
La miéu ûha noun es narveloiwa
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha noun a la rougna
Trin-trin
Lou galerin
La miéu fiha noun a la rougna
Trois trois
Le fils du roi.
XXX.

PROUVERB1, BOUOI MOT, COUNSÈU E DICH
Qu duerme ben noun cregne li niera.
Qu vè pissar e noun pissa, crêpa de malícia.-'
Qu douna soun ben avan de mouri
Mérita de pati.
L'amour es lou paradis dei fouol.
L'amour es .la flou de la jouinessa.

�LA MOUORT DAU PAURE TOUNIN

Lou paure Tounin, malàut a setant'an, si presenta à l'espitàu
ma li respouondon que li a plus de plaça.
— Coumplet ! ! !
Quauqu'un li fa capi qu'em'un pau de proutecioun li pourria
intrar. Countrariat dei pas que cóu faire, Tounin vira lu taloun e
s'encamina vers la plaça Massena, piha lou tram, si rende da
Graugnard, à l'espitàu dei can, e li di :
— Moussu lou Veterinari, cresi d'estre un pau mai qu'un
can ?... En aquéu cas souîna-mi...
— Vous souînar aici, ma brav'ome perdés la testa. — Basta,
li di que n'a pas de liech pèrcourcar un crestian, que noun douna
de souin qu'ai bestia !...
Tounin, couma pensas, s'en souorte m'au couor gros e noun
sau plus à que sant si recoumandar. Era aqui au mitan dóu
camin, quoura en aquéu moumen arriba un landau, doun cala
una grossa dama, encapelada, aurias dich un ver foungi, segada
d'un varlet que pourtava religiousamen un can enfeloupat emé de
favour rosa au couol, tapat d'un tapis em'ai iniciala. En veèn
aquéu tablèu lou paure Tounin si lamenta, sangluta fouort.
— Qu'avès lou miéu brav'ome, li di la dama.
— Cen qu'ai Madama ?... trovi que lou vouostre can a mai
de chança que iéu. Li a cinquant-cinq an que travaii, pèr la premiera fès que siéu malàut, noun soulamen mi refuson à l'espitàu
dei estre uman, ma encara mi vèu picar la pouorta au nas èn
aquéu dai can.
— Quevoulès, lou miéu paur'ome, ai fach un vout de mimetre
à la Soucietà Proutetriça dei Animau, de pourtar touti li miéu
ecounoumia à la Caissa de secours pèr soulajar lou sort dei bestia.
Lou fau talamen ben, que vouguessi ben vous dounar un sóu
que pourii pas.
La dama li vira l'esquina e ientra couma un coupa-cisèu da
Graugnard. Tounin roumougna :
— Se ti veguessi en un cantoun ti dounerii mancou un gotou
d'aïga !... vièia sansuga !...
Tounin estrassinat, deble s'alonga un pau plus en là, su d'un
mouloun de peira. Quauqui oura après, couma soufrisia, n'ai-

�guènt ren en l'estomegue depi l'auba, coumençava d'aver lou
rangouioun, quoura passet un canipiè que li diguet :
— Que fès aquí, brav'ome ?
— Couma veès siéu aqui pèr tirar lu patoun. M'an refusat â
l'espitàu, même en aquéu dai can, noun mi resta que de mouri
su d'un mouioun de peira. — Avès un carnet su lou quai enregistras lu fach dóu jou, farias ben de li aloungar lou miéu testamen que poudès mentuar couma acô :
— « Bouon Diéu, se mi fes passar encara une fes sur la terra,
fe-mi naisse can au mancou, li aura une Soucietà Proutetriça dei
Animau que si crusira de iéu e pourrai estre amès en un espitau,
estre souïnat, faire bouona vida, menar une vida de can... »
ANT. ROLAND.

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VIGNE
A M. VALÉRE BERNARD.

Dans le ciel doux la Vigne ètreint les pals de buis.
Sous le pampre le merle alourdi des falernes
Tourne son col gris vair et ses paupières lemes
Qu'argenté la blancheur des immuables nuits.
O / fraîcheur, 6 beauté des Igs et des iris,
Que la Vierge éblouie avec les marjolaines
Cueille le soir venu aux vasques des fontaines
Pour colorer en fête, au crépuscule, l'Euis.
Narcisses, ébeniers, œillet et sensitive
Ah ! Versez en mon âme attiédie et pensive
L'orgueil qui souleva les clairs olympiens.
L'amour qui rafraîchit les Madones pieuses
Et qui vêt de clarté les snls athéniens
Et les ravissements des époques heureuses.
JEAN

PADOVANI.

Quauque souvèt :
Vous souveti la bouona annada.
Que siegue mihau que la passada.
Vous souveti la bouona annada acoumpagnada de touplcn
d'autri.

�Eglises et Chapelles de Nice
La vieille ville de Nice se trouvant sur la rive gauche du
Paillon, pour parler de ses églises, nous commencerons par son
église cathédrale, Sainte-Réparate, vierge et martyre, de celles du
canton Est, et en traversant la rive droite nous nous occuperons des paroisses du canton Ouest.
I. — L'Eglise Cathédrale du Diocèse de Nice est la paroisse
de Sainte Réparate, vierge et martyre, sous l'empereur Decius en
253. Sa fête est le 8 octobre. Cette église est au centre de la vieille
ville (8.500 âmes), Avant 1531 la Cathédrale était près du Donjon, plateau de Nice, et dénommée : Sancta Maria in platea,
dédiée à N. D. de l'Assomption. L'édifice actuel, dans son genre,
ressemble beaucoup à Saint Pierre de Rome, au Vatican. C'était
auparavant une simple église paroissiale
desservie par
les Bénédictins du Monastère de Saint-Pons, près Nice.
Dans son ressort se trouvent l'ancienne église de Saint
Jaume (Saint Jacques apôtre), jadis des P.P. Carmes, fermée
depuis 1903. Après le transfert du titre de paroisse à l'église de
Saint Juste, évèquc, au Gesu, elle fut placée sous la vocable de l'Annonciation de la Sainte Vierge, ainsi que la belle Eglise de la
Miséricorde, sur le Cours Saleya, jadis de Saint Gaétan, fondée
e
par les P.P. Theatins au XVIII siècle et cédée à la noble
confrérie des Pénitents Noirs.
La Cathédrale de Nice, paroisse Sainte-Réparate de nos jours,
fut comme l'ancienne au Donjon du Château {Sancta Maria in
platea), le théâtre de plusieurs f lits historiques mémorables dans
les annales de l'histoire de Nice.
II. — L'Eglise de Saint Jacques, an Gesû, dès son érection
en 1612, dédiée à Saint Juste, évêque. Sa fête est le 2 septembre.
En 1665 fut érigée en paroisse sous le titre de Saint Jacques le
Majeur, remplaçant la paroisse de Saint Jaume. On l'appelle
vulgairement le Gesù à cause qu'elle a été fondée et administrée
par les P.P. de la Compagnie de Jésus.
Appartiennent à cette paroisse les deux chapelles des confréries des Pénitents Blancs, la Sainte Croix, — confrérie la

�óo —
plus ancienne de Nice, — et des Pénitents Rouges, Saint Suaire
et de la Sainte Trinité ; l'Eglise du Couvent de là Visitation,
la chapelle de l'ancien séminaire, à la montée du Château, et
jadis l'Hospice franciscain avec chapelle de Saint Joseph des
P.P. Recollets de Cimiez, convertie en maison particulière.
L'Eglise du Gesù est d'ordre corinthien composite, cons truite sur le modèle de l'Eglise des Jésuites de Turin, dite
vulgairement les Saints Martyrs. ( 10.000 âmes).
A l'extrémité de la rue du Malonat, aux racines de l'ancien
château, on voit un oratoire à la Sainte Vierge Marie, sous le
titre de N. D. du Bon Secours. Les habitants de ce quartier érigèrent cet oratoire en l'honneur de la sainte Vierge, en reconnaissance du choléra en 1854.
III. — L'Eglise paroissiale de Saint Martin Evéque dite de
Saint-Augustin est la plus ancienne, elle fut bâtie sur l'emplacement de l'ancienne chapelle de Saint Martin (1205) et appelée
Saint-Augustin parce qu'elle était desservie par les Augustiniens
dont le couvent a été transformé en caserne. (Caserne Filley, près
l'ancienne chapelle Sincaire).
IV. — L'Eglise de Saint-Francois-de-Paule a été édifiée en
1736 d'après le plan de l'architecte
Guarini. En 1838
elle fut érigée en paroisse par décret de Mgr Galvano et appelée
aussi Saint-Dominique en souvenir de l'ancienne église paroissiale
de ce nom qui s'élevait sur la place Saint-Dominique aux lieux et
place de l'actuel Palais de Justice.
V*— L'Eglise du Port ou de l'Immaculée Conception. D'humble
origine. D'abord ce fut une fort modeste chapelle (1835), transformée agrandie par Mgr Galvano, et l'avocat théologue L. Mari
fut son premier curé..
VI. — L'Eglise Saint-Joseph nouvelle paroisse depuis 1911 la
première pierre fut posée le 19 mars 1911, bénie le 29 octobre et
ouverte au public le Ier novembre 1911 sous le patronage de Mgr
Chapon et dirigée par les soins de M. l'abbé Gabrielli.
A cette paroisse appartiennent la chapelle succursale de Saint
Joseph contigüe à l'Evêché, et la chapelle de Notre-Dame des
Anges sur l'ancienne route de Villefranche.
VIL — Saint-Roch. Cette église paroissiale dans la banlieue
de Nice fut érigée après la peste de r68r. Nice fut délivrée de ce
fléau par l'intercession de saint Roch, confesseur, né et mort à

�- Si Montpellier. La paroisse est divisée en deux quartiers, Roquebillière
inférieure et Roquebillière supérieure, jusqu'à la chapelle de NotreDame de Bon Voyage.
VIII. — Rive droite du Paillon, intra muros, se dresse Notre Dame du Vau, paroisse Saint-Jean-Baptiste, qui remplace l'an
cienne église du même nom devenue chapelle inférieure du Lycée.
Cette belle église, vœu delà ville de Nice en 1835, mt érigée en
1842 et terminée en 1852 par Mgr Galvano, évêque de Nice.
La façade ressemble à celle élevée à Turin en l'honneur du retour
du roi dans les états Sardes en 1814.
IX. — Saiiit-Pierre-d' Aréna remplace une chapelle située à la
Croix de Marbre. Elle fut érigée en paroisse en 1803 par Mgr
Colonna d'Istria. Elle doit son nom à ce fait, c'est que lors de sa
fondation elle se trouvait sur le rivage de la mer séparée par une
bordure de sable fin.
X. — Une ancienne chapelle de Sainte-Hélêne-l'Inspiratrice
existait dans ces parages. Elle fut remplacée en face la mer par
une église sous l'épiscopat de Mgr Recrosio (1727).
Six paroisses « extra muros » dépendent de la commune de
Nice.
Sainte-Marie Magdeleine, sise dans le vallon de Magnan, édifiée sur l'emplacement d'une chapelle de même nom, érigée en
1626 et dite vulgairement chapelle « dei cassaire » à cause du
grand nombre de chasseurs. Après le concordat de 1803 sous
l'épiscopat de Mgr Colonna d'Istria, ce quartier qui depuis 1771
dépendait pour le spirituel de la cathédrale fut érigé en paroisse.
Il existe encore aujourd'hui une chapelle de Notre-Dame du Bon
Conseil changée en demeure particulière . Bientôt le besoin de
la population augmentant, une église sera bâtie à la cité Robiony
par les soins du curé actuel de la Madeleine.
Plus à l'est de la ville, toujours dans le canton ouest ce
l'Arquet, se dresse la paroisse de l'Ariane dédiée primitivement à
saint Arnoux, évêque et à saint Pierre, apôtre. Elle fut érigée en
paroisse en 1809 sous l'épiscopat de Mgr Colonna d Istria. Dans
son ressort se trouve l'ancienne chapelle nécropole de l'Abbadie
fondée en 1635 en l'honneur de sainte Claire pour le besoin spirituel de 450 à 500 habitants qui appartiennent aux communes
de Nice, Cantaron Saint-André. Localité d'avenii et à laquelle
le chemin de fer Nice-Coni donnera une valeur stratégique.

�— 32 —
Gairaut avait au moyen-âge une chapelle de secours desservie
par les religieux chevaliers de l'ordre du temple au début, et par
la suite de Rhodes et de Malte. Sous l'épiscopat de Mgr François
Rosini de Martinengo la chapelle fut érigée en église paroissiale
sous le vocable de saint Sauveur o*u de la transfiguration du
Rédempteur.
Dès 1730 les P. Dominicains de Nice fondent à Saint Pancrace un sanatorium pour religieux martyrs avec chapelle en
l'honneur de Saint Pancrace martyr. Cette chapelle est érigée en
paroisse en 1848 par Mgr Galvano.
Sur le couchant de Saint-Pancrace on trouve la paroisse de
saint Roman . martyr ; l'ancienne chapelle fut érigée en paroisse
ainsi que celle de saint-Antoine de Ginestière en 1803 sous Mgr
Colonna d'Istria.
VALENT IN.

NOU VÉ
Tu Çatarina fai lou pan.
Mdumen de jota, d'alegressa,
Fes audi da toui lu couor :
Lu ange canton l'alegressa,
Fuges l'infer, Juges la mouorl.
Chntou !
L'aarika sabla, li a quaucaren aici vesin,
Sembla que senti li joia d'un festin ;
Audi lu tambourin de laen,
Lu Jlajoulet e li musela,
Lu pastre van à Bethelen
Laisson la cabana soaleta ;
Santo nuech, venes aléa nen ralegrà,
Pourtas à toui la pax et la tranquilità !
Tu Catarina fai lou pan,
Manda Lucrecia au safran,
Despende aléa lou lauvaniè,
Chapla la blea su lou taatié ;
Crala de froumai e roumpe d'iiu
E fai la iourta couma fou,
Ché n'aiguen toui en aboundança (bis)
Santa nuech, venes alèu nen ralegrà,
Pourtas à toui la pa.x e la tranquilità .'
En tant faguen etnb'au vesin
t ua santépér lou Bambin,
Toucan lou gotou de bouon vin,
Ernb'aa vesin pér lou Bambin
Ti-ri-tin-tin ! -tinTi-ri tin !

�— 3Î —

L'Expulsion de Mgr Valperga
fEN SEPTEMBRE

1792)

Le 12 octobre 1780 h population de Nice se pressait aux
abords de la porte Pairoliëre pour y recevoir en grandes pompes
le nouvel évêque Charles-Eugène Valperga di Maglione. Ce
prélat avait couché la veille selon l'usage antique à l'abbaye de
Saint-Pons et devait faire ce jour là son entrée solennelle dans
sa ville épiscopale.
Le cérémonial imposant avec lequel on avait reçu jusqu'alors
les évêques fut encore cette fois observé. L'accueil de la population entière fut des plus chaleureux au rapport de Pierre Scaliero
qui en fut témoin (1). Le nouvel évêque, qui remplaçait Monseigneur Astésan nommé archevêque d'Oristano en Sardaigne,
appartenait à une famille de vieille noblesse dont plusieurs membres avaient exercé, à Nice, des fonctions importantes (2). Il
(1) Voir aux Archives municipales le récit détaillé que ce chroniqueur en a laissé dans ses Mémoires. Pierre Scaliero mourut en 1805.
(2) Jacques Valperga, conseiller ducal, fut lieutenant du gouverneur de Nice en 1454 ; Thoma5 Valperga fut gouverneur du château de Nice en 1565 ; Jean Valperga fut également gouverneur de
Nice en 1596 ; Jérôme Valperga fut commandeur du château de
Nice en 1600 ; Pierre Valperga, frère de Jacques Valperga, était
chevalier de Malte (Arch. municipales, registre des gouverneurs,
commandants et chevaliers de Malte) ; Anne Valperga, fille dAmédée
Valperga, épousa, le commandeur de Malte Jean-Paul Lascaris.
(Voir son testament daté de 1683, arch. des Alpes-Maritimes,
registre B, 297.) Joseph Ignace de Valperga reçut de son oncle, Emmanuel Philibert Chiotera, mie partie du fief de Couaraze dont il fut
investi le 20 février 1753. Son fils, Vincent, céda ses droits à H. Novelli. Jérôme Valperga fut sénateur à Nice de 1761 à 1765, puis
ministre plénipotentiaire de Sardaigne à Gênes en 1780 ; plus tard
il fut ministre etsecrétaire d'Etat, ce dernier était le frère de l'évêque
de Nice et fils du comte François Valperga qui vivait encore en
1795Ees armoiries des Valperga étaient fascé d'or et de gueules, à
la plante de chanvre déracinée, d'argent et brochant. Le cimier
était un bouc naissant au naturel et la devise : « Ferme-toy ».
Nous reproduisons les armoiries de Monseigneur Valperga d'après celles qui se trouvent en tête du catéchisme édité par ses ordres
et dont nous devons le dessin à l'obligeance de M. Joseph Casai
(Extrait de 1' « Armoriai Artistique et Nrbiüaire », Ni.e, 1902.
3

�- 34était directeur du collège des Provinces à Turin, lorsque le roi
de Sardaigne le désigna, pour l'évêché de Nice. Il avait été sacré à
Rome où il avait fait ses études. Monseigneur Valperga se distingua immédiatement par sa vigilance et son activité : il releva
le niveau intellectuel et moral des prêtres de son diocèse et s'attacha à mettre en toutes choses la plus grande régularité. Dix-huit
mois après son installation, il publia un nouveau catéchisme
dont le plan avait été préparé par son prédécesseur ^i). Grâce à

ses relations cordiales avec la eour de Turin, il jouissait auprès
des autorités civiles de Nice d'une grande influence. Après douze
(1) Ce catéchisme en italien fut imprimé à Nice par la Société
Typographique. C'est un petit volume in-douze de 612 pages, portant
la date de 1783. En tête se trouve le mandement de Monseigneur
Valperga du 16 février 1782 qui approuve le travail terminé par
le prêtre auquel Monseigneur Astésan en avait confié le soin, ordonne
sa publication et règle l'organisation des catéchismes dans tout le
diocèse. Deux ans plus tard en 1785, Gabriel Floteront, imprima
un autre catéchisme rédigé en dialecte niçois, petit volume in-12
de 228 pages. Un exemplaire de ces deux ouvrages existe à la biblio
thèque de Nice. — Voir Villarey, Série Cronològica dei Vescovi
di Nizza. — Art. Valperga.

�-35 années de séjour dans cette dernière ville il s'était acquis l'estime
et le respect de tous.
*

• *

Lorsque le 28 septembre 1792 dans l'après-midi, les troupes
piémontaises évacuèrent Nice, il y eut dans cette ville une effroyable panique et des milliers d'habitants s'enfuirent dans la direction de Turin. Ce fut un désarroi et une désorganisation complète de toutes les autorités. iMonseigneur Valperga resta à son
poste et s'engagea à ne point quitter la ville. Le lendemain samedi
29 septembre, il accompagna le second consul Honoré Saissi et
quelques membres du Conseil qui se rendirent, vers les onze
heures du matin, à la villa Feraudi, au quartier St Hélène, pour
offrir les clefs de la cité au général d'Anselme qui venait d'y
arriver à la tête des troupes françaises. Le général fit à la délégation assez bon accueil, mais il s'étonna de trouver parmi ses membres, l'évêque dont la place déclara-t-il n était pas là. Du reste,
d'Anselme attacha si peu d'importance à la démarche îles magistrats niçois que dans aucune de ses dépêches officielles il n'en fit
mention.
Sur le soir du même jour, la petite armée française faisait son
entrée dans la ville et le général s'installait dans la maison du
consul de France à la place St Dominique. L'évêque de Nice qui
tenait à rester au milieu de ses diocésains se présenta de nouveau
vers les huit ou neuf heures du soir chez le général auquel il voulait recommander ses prêtres en lui demandant des respecter les
églises. Le général était entouré de tout son état-major, du consul
de France, Pierre Le Seurre, de Honoré Saissi, second consul, de
Féraudi, secrétaire général de la commune. Ces deux derniers
venus probablement pour appuyer les demandes de l'évêque.
L'accueil du général ne fut pas plus encourageant que la première fois ; il intima même avec insistance au prélat l'ordre de
quitter ta ville en ajoutant que le plus tôt serait le mieux et ce
fut sur ces dernières paroles que l'évêque se retira après avoir toutefois reçu du général la promesse que tout ce qu'il laisserait dans
son palais serait placé sous la sauvegarde de la Nation française.
Il n'y avait pas à tergiverser, l'ordre était formel et pressant, il
fallait partir. L'évêque prit ses dernières dispositious et délégua,
au curé de la cathédrale, le chanoine Honoré Navello, tous les
pouvoirs nécessaires pour administrer le diocèse en son absence.
Aux premières lueurs du jour, Valperga quitta son palais, et se

�— 36 dirigea à pied vers la porte Pairolière. Il avait été impossible de
trouver une voiture car tous les moyens de transport avaient été
réquisitionnés et utilisés le 28 septembre pour permettre l'exode
des habitants terrorisés. Il avait ordre de partir, mais cet ordre
n'ayant pas été donné par écrit, les volontaires marseillais, de garde
à la porte de Turin, refusèrent de le laisser passer, l'accablèrent
d'injures, le menacèrent même de le pendre et ne consentirent á
le lâcher que sur un ordre écrit, sollicité et obtenu du général,
grâce à l'intervention courageuse et au sang-froid d'un jeune
niçois, Joseph Castellinard. Monseigneur Valperga se retira à
Turin et y mourut en 1805 sans avoir jamais pu obtenir l'autorisation de rentrer.
*

* *

Il est établi par les documents officiels contemporains que
Monseigneur Valperga ne quitta son siège que sur les ordres arbitraires du général d'Anselme et ces mêmes documents nous
renseignent très exactement sur les incidents fâcheux qui se produisirent au départ de l'évêque. Du reste, on n'ignorait pas à Nice
comment les choses s'étaient passées et la population savait grê à
Valperga de son attitude et de sa fermeté. De son côté, Valperga
avait eu confiance dans la parole à lui donnée par le général au
nom de la Nation française et à plusieurs reprises il manifesta
son étonnement qu'elle n'ait pas été gardée, que ses biens aient
été confisqués, son mobilier vendu, son nom inscrit sur la liste
des émigrés alors qu'en partant il n'avait cédé qu'à la force.
Parmi les nombreux documents qui se trouvent soit aux archives de Nice, soit aux archives nationales il en est quelques-uns
dont la simple reproduction sera plus probante que tous les corn,
mentaires. Il_suffira de citer :
•i° La lettre du Directoire des Colons Marseillais en date du
25 février 1793, adressée aux citoyens Blanqui et Veillon, députés
extraordinaires de la ville de Nice à Paris, au sujet des réclamations présentées le 23 du même mois par Jean-Jacques Donny, au
nom de Mgr Valperga.
20 La réponse du même Directoire à J.-J. Donny, en date du
26 février 1793.
3„ L'arrêté du Département en date du 13 avril 1793.
40 La réclamation présentée au Directoire du département

�Valperga, aussitôt après son inscription sur la liste des émigrés de
la ville de Nice, dressée à la fin de juin 1793.
50 Les états de frais pour l'inventaire et la vente du mobilier
et effets de « l'émigré Valperga Maillone, citoyen évêque » approuvés par le département des Alpes-Maritimes, le 5 germinal an
III (25 mars 1795).
6° Les actes de notoriété dressés le Ier et 2me fructidor an III
(18 et 19 août 1795) par Gautier, juge de paix à Nice, à la requête de Pierre-Joseph Passeron, agissant en qualité de procureur
subrogé par Nicolas Giorni, procureur spécial et général de Mgr
Valperga, par acte de procuration reçu à Turin le 20 juillet 1795,
notaire Pierre-Joseph Bernochio.
70 La pétition adressée au district de Nice le 4 fructidor an III
(21 août 1795) par Pierre-Joseph Passeron, demandant la radiation du nom de Valperga sur la liste des émigrés.
8° L'avis du district de Nice en date du 5 vendémiaire an IV
(27 septembre 1795) déclarant que Mgr Valperga doit être rayé
de la liste des émigrés.
90 L'arrêté du département des Alpes-Maritimes, en date du
14 prairial an V (2 juin 1797) ordonnant la radiation provisoire
du nom de Valperga de la liste des émigrés.
io° L'acte de cautionnement dressé par le département le
11 fructidor an V (28 août 1797), à la requête de Pierre-Joseph
Passeron, procureur de Mgr Valperga en exécution d'une des
clauses de l'arrêté du 14 prairial an V (2 juin 1797).

�- 38 —

DOCUMENTS ET PIÈCES D'ARCHIVES

Pièce 1.

25 février 1793
Aux cit. Blanqui et Veillon
Une lettre du cit. Donny, associé du citoyen LeClerc, défunt président de l'ancienne administration
provisoire, dont vous avez ci-inclus l'extrait ( 1 ), nous
fait connaître que le cit. Valperga, évêque de Nice,
laissa avant son départ (ordonné à son retour par
Anselme) dans sa maison pour environ 34.000 livres,
argent monnayé, et environ pour 17.000 d'effets en
vaisselle, linge, batterie de cuisine etc.
Une portion de ces effets se trouvent encore dans
ladite maison, sous l'inventaire que nous en avons
fait dresser par les commissaires de l'une et l'autre
administration, lorsque nous avons été installés, mais
il s'en faut de beaucoup qu'elle puisse arriver à la
somme de 17.000 livres, pas même le tiers.
Quant à l'argent monnayé entré dans la caisse du
receveur de l'ancienne administration, nous n'y
voyons point la somme que ledit Evêque désigne
avoir laissé dans sa maison. Nous vous remettons cijoint un extrait de l'état des sommes' que le cit.
Bonnet a reçu en espèces, pendant toute sa gestion
de receveur et trouvées parmi les effets des émigrés
français et niçois.
Nous ne voulons rien préjuger sur l'assertion du
cit. Valperga, quoique nous ayons des indices frappants de vérité. Ce ne sera que lorsque nous aurons
pu les convertir en preuves par le témoignage de
quelques citoyens que nous nous procurerons, pour
pouvoir en demander la restitution et la poursuite
contre le pillage.
En attendant, noùs croyons devoir vous faire part
de cette découverte que nous allons communiquer au
Président de la Convention Nationale et au Ministre.
Arch. des A. M. Registre de la correspondance du
Directoire des Colons marseillais L. 5.
Cet extrait manque au registre ainsi que les autres pièces
énoncées dans celte lettre.

�-hLe 2érae février 1793.
Au citoyen Donny, négociant à Nice
Pièce 2.

Votre lettre du 23me de ce mois, citoyen, nous
demande des renseignements sur le temporel du
citoyen Valperga, Evêque de Nice. Nous allons vous
transmettre tous ceux qui sont à notre connaissance
L'administration provisoire en choisissant l'Evêché
pour le lieu de ses séances, vint s'y établir dans les
premiers jours d'octobre, et tout nous porte à croire
qu'elle ne fit aucun inventaire des effets qui s'y trouvaient, du moins nous n'en avons trouvé aucun dans
les papiers qu'elle nous a remis.
En succédant à cette administration provisoire,
uous avons cru que notre premier devoir était de faire
un inventaire de tout le mobilier renfermé dans la maison épiscopale. Nous y avons successivement procédé
en présence des administrateurs provisoires et à mesure qu'ils nous en remettaient les clefs. Tout le mobilier qui s'y trouvait, ne consistait guère qu'en
meubles meublants et ne nous paraît pas avoir la
valeur de 17 mille livres que l'Evêque lui donne.
Vous pourrez, si vous le jugez à propos, faire prendre
à notre secrétariat une copie de cet inventaire. Tout
ce. qui n'est point renfermé dans les appartements
que nous occupons au premier étage, a été laissé à la
garde de Jean Poma, ancien concierge de l'Evêque et
le nôtre.
Pour nous éclairer sur les 34.000 1. argent monnayé que l'Evêque doit avoir laissé en sa maison,
nous avons écrit au cit. Bonnet, receveur de l'administration provisoire, pour lui demander un état des
sommes en numéraires versées dans sa caisse, comme
ayant été saisies et trouvées parmi les effets des Emigrés français et niçois. L'état qu'il nous a remis ne
monte qu'à 74121. 16 s, et aucun article n'a du rapport
avec les réclamations du citoyen Valperga.
Quant à ce qui concerne personnellement le
citoyen, nous avons demandé au Ministre de l'Intérieur de vouloir bien nous dire la manière dont nous
devions l'envisager. Nous savons qu'un ordre arbi-

�— 40 —
traire de Danselme l'obligea de quitter Nice, le jour
de l'entrée des Français. Mais nous pensons aussi que
la proclamation des Commissaires de la Convention
nationale de France et le décret de celle de Nice,
concernant les Emigrés, étaient des motifs suffisants
pour le ramener à son poste et le rassurer sur les
suites de son retour. En persistant à prolonger son
absence, il s'expose à être traité comme émigré, à se
voir déclarer déchu de sa place et confisquer tous ses
biens. Telle est la disposition de la loi, et quoique
nous ayons consulté le ministre sur le cas particulier
de l'Evêque, nous prévoyons que sa réponse sera de
nous en tenir à la rigueur des lois, ainsi que plusieurs
instructions nous l'ont déjà annoncé.
Vous sentez, citoyens, que tout le mobilier de
l'Evêque doit rester séquestré jusqu'à son retour ou à
la décision du Ministre. Il peut être tranquille sur la
conservation de tout ce que nous avons trouvé en
entrant dans sa maison. Ce qui a pu en être enlevé
avant notre entrée en fonctions, est étranger à notre
gestion. Mais nous employerons tous les moyens qui
sont en notre pouvoir pour en trouver les traces, en
acquérir les preuves et en faire punir les coupables.
Les administrateurs, etc.
Archives des A.-M., Registre
suivants.

,L. 5,/°7i verso et

Lettre des commissaires de la Convention
Nationale et arrêté du Département des A. M.
Nice, le 9 Avril 1793, l'an 1 Ie de la Repu bublique Française.
« Vous voudrez bien, citoyens, en nous envoyant
les noms et prénoms de l'évêque de Nice, nous instruire officiellement d'après les "dispositions des lois,
s'il est censé démissionnaire et son siège vacant.
« Les Commissaires de la Convention Nationale
au département des A. M.
GRÉGOIRE, JAGOT (I)

(1)

Archives des A. M. L. 29 ancien. L

7

actuel.

�— 4i (i3 avril 1793)
Le Directoire ; vu la réquisition du citoyen Procureur Général sindic « Considérant que Charles Eugène Valperga, évêque de Nice, n'avait point quitté
son domicile lors de l'entrée des troupes de la République ; considérant qu'il a lui méme-accompagné les
consuls d'alors quand ils furent présenter les clefs
de la ville et inviter le général Anselme à venir en
prendre possession au nom de la République ; considérant que le général Anselme par ses ordres arbitraires et tiranniques, accompagnés même de menaces contre ses jours, l'ont forcé de s'éloigner ; arrête
qu'il ne peut le déclarer émigré, et qu'il sera répondu
aux Commissaires de la Convention nationale d'après
les principes ci-dessus.. »
Sign : PAUMÉ ; BARLI FABRI ; F. CASTKLIMARD ;
ANGLES ; BERNARDI, secrétaire général. (1)
pjj

ce

^

Aux citoyens composant le Directoire du
département des Alpes-Maritimes..
22 juillet 1793.
Citoyens,
Le citoyen Jean-Jacques Donny, soussigné, chargé
des intérêts du citoyen Valperga, évêque de Nice
absent, ayant été informé que par votre délibération
du 29 du mois passé, ledit citoyen Valperga avait été
déclaré émigré, vous représente avec tous les égards

(1) Archives des Alpes-Maritimes, Registre L,. 3, folio 101. L'Arrêté n'est pas signé par le procureur syndic Jean-François Tourre
ni par l'administrateur Jean-L,ouis de Villiers qui ne partageaient
point l'opinion de leurs collègues. A noter que Tourre était d'Antibes
et que de Viliers était un médecin français établi depuis longtemps
à Nice.
I/Arrêté fut pris malgré le réquisitoire de Tourre qui voulait
déclarer Monseigneur Valperga émigré et malgré un violent discours de Villiers soutenant la même thèse qui fut combattue par
Barli Fabri, par Castclinard et par Anglès. J'ai déjà publié in-extenso
cette délibération du 13 avril T793 au cours d'un article sur l'église
de Nice en 1792-1793 inséré dans Nice Historique du Ier avril 1903,
C'est pourquoi je reproduis ici simplement la lettre des
commissaires et l'arrêté du département.

�- 42 —
dûs au pouvoir dont l'exercice vous a été confié par
le peuple souverain que le citoyen Valperga ne peut
ni ne doit sous aucun rapport être considéré comme
émigré, par les motifs ci-après :
i° Qu'il est de notoriété publique qu'il n'a quitté
le pays que contre son gré et par ordre du général
Anselme :
2° Qu'il a constamment été disposé et a offert
de revenir dans son diocèse, moyennant qu'il ne fut
assujetti à prêter qu'un serment relatif au temporel et
non au spirituel.
3° Qu'enfin et par la raison que n'étant point
indigène, mais étranger, son séjour ici n'a été dé terminé que par sa nomination à l'épiscopat, événement casuel qui n'a jamais pu le soumettre à l'obligation de renoncer pour toujours à sa mère-patrie.
Tous ces motifs, soit qu'on les prenne collectivement ou séparément, démontrent suffisamment,
citoyens administrateurs, le droit incontestable, qu'a
le citoyen Valperga de demander et prétendre la
radiation de son nom du tableau des émigrés, et si
le ministre de l'Intérieur n'a fait aucune distinction
entre lui et les autres citoyens, c'est sans doute qu'il
a ignoré les circonstances qui vous sont exposées
ci-dessus, et notamment la dernière, car s'il les eût
toutes connues, il n'est nullement probable qu'il eût
décidé comme il l'a fait. Toute hypothèse contraire
serait une injure faite à ses sentiments et à ses lumières. Un homme tel que lui, dont les vertus civiques, le patriotisme et les talents l'ont appelé au
poste aussi honorable que pénible qu'il occupe, doit
ressembler autant que possible à la Nation pour
laquelle il agit et qui l'a honoré de sa confiance.
Cette nation est grande, généreuse, magnanime,
juste et bienfaisante.Elle ne peut qu'êtreextrêmement
jalouse de sa gloire, et l'un des principaux devoirs de
ses agents est d'éviter soigneusement d'en ternir
l'éclat.
Le refus qui serait fait de rayer de la liste des
Emigrés le nom du citoyen Valperga, refus qui entraînerait avec lui la confiscation des minces propriétés de ce citoyen, serait un acte qui imprimerait à

�-

43

-

jamais une tache ineffaçable à la gloire du nom français ; tache qui ne pourra manquer de frapper également les yeux des contemporains et ceux de la postérité ; tache enfin que les historiens ne manqueront
pas de faire ressortir par des couleurs enluminées, et
le bel effet qu'un pareil tableau produirait, citoyens
administrateurs, serait votre ouvrage.
Mais non, loin de nous, cette idée ! Vous êtes
républicains ! cela suffit. Les républicains sont vertueux. Ils aiment, chérissent, protègent, respectent
la vertu partout où elle se trouve. Et le citoyen Valperga aussi est un homme vertueux ! Qui en doute ?
Nul bon citoyen, nul honnête homme. Souvenezvous, citoyens administrateurs, que ce n'est que par
ses vertus qu'il a mérité l'amour et l'affection du
peuple Niçois et non par sa qualité d'évêque. Et plût
à Dieu que tous les ecclésiastiques lui eussent ressemblé ! La France n'eut point éprouvé d'aussi horribles secousses, pour asseoir, affermir et assurer sa
liberté.
La République a incontestablement le droit de
renvoyer hors de son sein tout individu qui ne lui
convient pas, mais en renvoyant ainsi un étranger
qui, d'ailleurs, n'a pas encouru la peine de la confiscation de ses biens, elle lui permet de les emporter ou
de les vendre et d'en emporter le produit. Tel est
précisément le cas du citoyen Valperga.
L'exposant demande en conséquence, citoyens
administrateurs, qu'il vous plaise prendre dans votre
sagesse une délibération tendante à rendre audit
citoyen Valperga sa qualité de citoyen français non
émigré, à lui accorder un délai compétent pour rentrer dans ce pays soit comme simple citoyen ou
comme fonctionnaire public et à lui assurer dans
tous les cas la restitution de ses propriétés par lui
laissées sous la sauvegarde de la loyauté française
dans la maison épiscopale, lors de sa retraite forcée,
ou la juste indemnité de leur valeur. Et sera justice.
Nice, le 22 juillet 1793, l'an second de la République française, une et indivisible.
Jean-Jacques DONNY.
l
ARCHIVES NATIONALESF/ 4.867 , dossier Valperga.

�- 44 Pièce 5.

Etat de frais de vente pour parvenir à l'inventaire
et vente des effets de l'émigré Valperga Maillone,
citoyen évêque :
5 germinal an III (25 mars 1795)
Pour une séance de trois commissaires dont un du
District et deux de la Commission municipale, fixée
à trois livres par séance par le Directoire du district
et approuvé par les Représentants du
Peuple
L.
9 »
Papier timbré tant de la minute que
des deux extraits
»12
Pour la copie desdits deux extraits . .
» 8
Droits d'enregistrement
13 10
31

2

Nous soussignés certifions le compte ci dessus véritable.
Signés : J.-B. Thomaty, comm. du dist. ; Savigny,
comm. munie. ; Mabil, comm. municip.
Frais de la vente :
Pour quatre séances de deux corn missaires dont un
du District, un de la Commis, mun. sans le membre
de l'administration fixées à trois livres par séance par
le Directoire du district et approuvé par les Représentants du Peuple .
L.
24 »
Au trompette pour publication de
quatre criées
5 »
Au crieur à la vente, quatre séances .
12 »
Aux portefaix qui ont travaillé au
transport des effets
40 »
Papier timbré tant de la minute que
de l'extrait
1 »
Bougie
3 »
Droits d'enregistrement
27 »
Papier timbré du petit état
» 4
A la femme qui a assisté à la vente
pour l'arrangement du linge
» 12
L.
Signés : J.-B. Thomaty, comm. du
district ; Savigny, comm. municip.

1

159 6

�Vu par nous, membres composant la Commission
Administrative du district et d'après l'arrêté du district, approuvé par les Représentants du Peuple et la
loi du il et 12 Mars, arrête l'état des frais ci-dessus
se montant à la somme de cent cinquante neuf livres
trente centimes, qui seront acquittés par le receveur
du droit d'Enregistrement lorsque le Département
aura vérifié ledit état.
Nice, le 29 ventôse an 3"" de la République française une et indivisible (19 mars 1795).
(Suivent les signatures).
Vu l'état des frais ci-dessus pour parvenir à l'inventaire et vente du mobilier de l'émigré Valperga
Maillone ci-devant évêque.
Vérifié et arrêté par le Directoire du district de
Nice, la Commission Administrative du département
des Alpes-Maritimes approuve ledit état et ordonne
au citoyen Maussier, receveur de l'enregistrement
cîudit district de payer aux citoyens J. B. Thomaty
et Savigny, comm. la somme de 159 livres et 30
centimes pour montant des frais pour inventaire et
vente des susdits effets de l'émigré, laquelle somme
lui sera allouée en compte.
Fait à Nice le 5 germinal an 3me républicain ( 25
mars 1795).
Etat des frais pour parvenir d la vente du mobilier de
l'émigré Charles Eugène Valperga Maillone, citoyen
évêque.
Pour trente-neuf séances de trois commissaires
dont un du District et deux de la Commission municipale, fixé à trois livres par séance par le Directoire
du district et approuvé par les Représentants du
peuple
L.
351 »
A deux portefaix, dix-neuf journées et
demi chaque fixées à cinq livres par jour.
195 »
Au trompette pour publication de
trente-neuf criées fixées à une livre cinq
sols chaque
48 r 5
Au crieur à la vente, trente-neuf séan
ces fixées á trois-livres par séance ....
117 »

711 1$

�- 4* Report
Papier timbré tant de la minute que
de l'expédition
Pour copie dudit extrait fixé à quatre
livres
Papier timbré du présent état ....
Bougie
Droit d'enregistrement
Plus deux autres journées de portefaix à cinq livres
Un paquet de plume
L.

148
4
6
421

»
4
»
»

20
5

»
»

1.182

7

Nous soussignés certifions le compte ci-dessus,
véritable.
Nice, le Ier ventôse an 3me de la République (19
février 1795).
Signés : J.-B. Thomaty, commissaire du district ;
Savigny, comm. ; Honoré Mabil, comm. municipal.
Vu par nous, membres composant la Commission Administrative, de ce District, et d'après la loi
du 11 et 12 Mars 1793 (v. s.) et l'arrêté de cette
Commission approuvé par les Représentants en date
1^ Fructidor, oui l'agent national, arrête l'état des
frais se montant à onze cent huitante deux livres et
trente cinq centimes qui seront acquittés par le
receveur de l'agence de l'enregistrement sur le produit de la vente desdits meubles, lorsque le Département aura vérifié ledit état.
Nice le 29 ventôse an 3me de la République
française une et indivisible (19 mars 1795).
(Suivent les signatures).
Vu l'état des frais ci-dessus pour parvenir à la
vente du mobilier de l'Emigré Valperga Maillone cydevant évêque.
Vérifié et arrêté par le Directoire du district de
Nice.
La Commission administrative du département
des Alpes-Maritimes, approuve ledit état et ordonne

�— if au citoyen Maussier, receveur de Penregistrement
dudit district de payer aux citoyens J.-B. Thomati,
Savigni et Honoré Mabil, commissaires, la somme de
mille cent quatre vingt deux livres trente cinq centimes pour montant des frais de la vente des susdits
effets de l'Emigré. Laquelle somme lui sera allouée
en compte.
Fait â Nice le 5 germinal an 3me républicain (25
mars 1795).
Arch. des A. M. L. 15 ancien p. 44-45 N° 34-35

Actes de Notoriété
Pièçe g

1-2-fructidor an III
18-19 août 1795
EGALITÉ, LIBERTÉ

AU NOM DE LA LOI
Ce jourd'hui, premier Fructidor, l'an troisième
(18 août 1795 de la République française, une et indivisible, à Nice, chef-lieu du département des AlpesMaritimes, par devant Nous, Antoine Gautier Juge de
paix de la Ier, 2m" et 3me section et officier de police,
est comparu le citoyen Pierre Joseph Passeron, natit
tic la commune de Contes et habitant en celle de Nice
depuis plusieurs années.
Lequel en sa qualité de procureur du citoyen
Charles Eugène Valperga de Maillone, évêque de Nice,
subrogé par le citoyen Nicolo Giorni, homme de loi,
procureur spécial et général établi (par acte reçu) par
le notaire Pierre Joseph de Bernochio, le 20 Juillet
dernier (v. s.) qu'il présente, légalisé par le résidant
de la République de Gênes auprès de la Cour de Turin, dont il résulte le pouvoir donné au citoyen Giorni, de subroger en son lieu et place, avec tous les
pouvoirs compris au dit acte, et il présente au surplus l'acte de sa dite subrogation faite par le même
citoyen Giorni, reçu en la ville de Gênes le premier

�- 48 du mois d'août dernier (v. s.) par le notaire Antoine
Baglietto, légalisée par le consul de la République
française.
Il expose que le vingt neuvième jour de septembre
de l'année 1792, l'armée de la République, étant arrivée en cette ville, commandée en chef par le citoyen
général d'Anselme, lorsque ce général, vers le soir,
fut arrivé et il eut pris son logement dans la maison
habitée par le ci-devant consul de la République Le
Seurre, ledit citoyen Evêque Charles Eugène Valperga de Maillone s'y étant présenté, ledit général d'Anselme, en présence de tout son Etat-Major, lui signifia
d'abord de devoir partir de cette ville. Sur quoi le
dit évêque ayant répondu qu'il avait cru de pouvoir
continuer sa résidence en cette ville et tellement l'avait cru, qu'il n'avait jamais pensé de distraire et en
faire partir le moindre de ses meubles et effets, qu'il
avait dans la maison d'habitation de l'tvêque et que
si absolument il lui ordonnait de partir, il le priait de
lui accorder la sauvegarde sur tous lesdits effets et
meubles. Le dit général d'Anselme lui répliqua qu'il
dut absolument partir de cette ville, en ajoutant que
le plus tôt en serait le mieux, et qu'à l'égard de ses
meubles et effets qu'il avait, il les mettait dès ce ino
ment sous la sauvegarde et loyauté de la Nation française et qu'il pouvait en être tranquille, après quoi ledit
évêque Valperga de Maillone, tout tremblant, ayant
dit qu'il allait se conformer dès le lendemain au matin à ses ordres, se retira ; ledit général d'Anselme
lui ayant encore répliqué : le plus tôt sera le mieux.
Et comme il importe audit citoyen évêque Valperga de Maillone de constater le fait ci-dessus expo"sé, suivi en présence de tout l'Etat-Major dudit général d'Anselme et de plusieurs citoyens de cette commune, l'exposant, en sa dite qualité vous présente les
citoyens Pierre Le Seurre, ci-dessus nommé, ci-devant
consul en cette ville de la République, le citoyen Honoré Saissi de cette commune qui pour lors était second consul de la même commune, le citoyen Philippe Emmanuel Féraudi qui pour lors était secrétaire de
Ìa même commune et le citoyen Ange Giraudi aussi

�- 49 de cette commune, pour recevoir leurs dépositions
sur ledit exposé et vous fait instance que de tout lui
soit concédé acte, ce que nous lui avons accordé, et a
signé.
PIERRE JOSEPH PASSERON.

Et de suite se sont présenté les susnommés
citoyen Le Seurre, natif de Craon, âgé de 75
ans, bourgeois, le citoyen Saissi, âgé de 70 ans,
négociant, Emmanuel Feraudi, âgé de 68 ans, notaire, Ange Giraudi, âgé de 63 ans, négociant,
natifs et domiciliés dans cette commune, auxquels
après avoir fait lecture dudit exposé fait par ledit citoyen Pierre Joseph Passeron, en sa dite qualité, les
avons interpellés sur serment que leur avons fait prêter, conformément à la loi, de nous dire en leur âme
et conscience si tous les faits énoncés dans le même
exposé sont de leur connaissance et tous les quatre ont
répondu et attesté tant uniment que séparément en
être pleinement informés, s'y étant trouvés présents,
et que le tout contient la vérité, toute la vérité et
rien que la vérité. En foi de quoi ils ont signé :
LE SEURRE, HOSORI'J
SAISSI, PHILIPPE EMMANUEL FÉRAUDI,
ANGE

GIRAUDI.

Et nous, juge de paix, vu les dépositions ci-dessus, avons de tout concédé acte au susnommé citoyen
Pierre Joseph Passeron en sa dite qualité, pour lui
servir et valoir dans tous les cas, à ce que de droit et
de raison. Fait à Nice, l'an et le jour que dessus.
GAUTIER, juge de paix.
BONIFACI, sec. greffier.
Vu par nous, membres du District de Nice, 3 vendémiaire an IV rép. 25 sep. 1795, TOSELLI, JN COPPON
fils, VÉRANI pr. syndic, SAYTOUR Martin.

�— 5o —
EGALITÉ, LIBERTÉ.

AU NOM DE LA LOI
Ce jourd'hui. second jour de Fructidor de l'an 3
août 1795) de la République française une et indivisible, à Nice, chef-lieu du département des AlpesMaritimes, par devant nous, Antoine Gautier, juge de
paix de la iere, 2M* et 3ME section et officier de police,
est comparu le citoyen Pierre Joseph Passeron : natif
de la commune de Contes et habitant en celle de Nice
depuis plusieurs années
Lequel en sa qualité de procureur du citoyen
Charles Eugène Valperga de Maillone, évêque de
Nice, subrogé par le citoyen Nicolo Giorni, homme
de loi, procureur spécial et général établi (par acte
reçu) par le notaire Pierre Joseph de Bernochio, le 20
Juillet dernier (v. s.) qu'il présente, légalisé par le résidant de la République de Gênes auprès de la Cour de
Turin, dont il résulte le pouvoir donné au citoyen
Giorni, de subroger en son lieu et place, avec tous les
pouvoirs compris audit acte, et il présente au surplus
l'acte de sa dite subrogation faite par le même citoyen
Giorni, reçu en la ville de Gênes le premier du mois
d'août dernier (v. s.) par le notaire Antoine Baglietto,
légalisée par le consul de la République française.
Expose : Primo, que le matin du trente septembre 1792, le citoyen Charles Eugène Valperga de
Maillone, évêque de Nice, en partant de cette ville
avec deux domestiques à sa suite, qui portaient un
paquet et quelques effets, fut arrêté à la porte qui conduit en Piémont, ci-devant nommée porte Victoire,
et conduit au vestibule de la maison presque attenante
à ladite porte, appartenant au citoyen Dominique
Castellinard, où se trouva le citoyen Joseph Castellinard, fils dudit Dominique, et malgré que ledit Evêque Valperga déclara aux soldats de la Garde de la
dite porte qui étaient des Marseillais, que c'était en
conséquence d'ordre qui lui avait été signifié par le
citoyen général d'Anselme qu'il partait de cette ville,
lesdits soldats commencèrent par le malmener et lui
(19

�signifier qu'ils voulaient le pendre et ayant ouvert
ledit paquet et y ayant trouvé entre autres effets, une
ceinture d'évêque, ils déterminèrent, à l'instant, de le
pendre avec ladite ceinture, et ayant essayé si la même
était assez forte pour le soutenir, en la préparant, elle
se fit en lambeaux, de façon qu'ils vérifièrent qu'elle
ne pouvait leur servir et demandèrent audit Joseph
Castellinard fils une corde, pour pendre ledit évêque,
à un grand anneau de fer qui était au plafond dudit
vestibule, servant â y passer une verge de fer pour
peser les marchandises, et ledit citoyen Castellinard
fils, leur ayant absolument refusé de leur donner de la
corde, en s'excusant qu'il n'en avait point, comme
dans tous ces entrefaits ledit évêque se trouve mal et
ne peut plus se soutenir, ledit Castellinard fils lui fit
apporter une chaise, par sa servante à qui quelques
uns de ces soldats donnèrent des coups de poing pour
avoir porté ladite chaise et le même Castellinard le
fit ensuite asseoir sur ladite chaise, en le soutenant,
parce qu'il ne pouvait se soutenir droit ; d'autant plus
qu'en attendant, lesdits soldats marseillais lui disaient mille exécrations, lui crachaient dessus et lui
donnaient des soufflets, et assurément ils l'auraient
fini, si dans cet intervalle un de ses domestiques
n'avait été dire au citoyen général d'Anselme ce qui
venait d'arriver, et ledit domestique étant venu avec
un billet dudit général d'Anselme qui ordonnait à la
garde de le laisser partir, puisque c'était de son ordre,
en conséquence de ce billet lesdits soldats marseillais
se bornèrent pour lors à lui dire et crier mille invectives et injures et le laissèrent partir, ce que ledit
évêque, malgré qu'il ne pût se remuer, à l'aide de ses
domestiques fit au mieux possible en tremblant, de
façon qu'il doit son existence au refus ferme et déterminé que ledit citoyen Castellinard fils leur fit de
leur donner une corde, sans quoi avant l'arrivée du
dit domestique portant l'Ordre du général d'Anselme, il aurait été pendu et étranglé.
Secondoque lefaitci-dessusfut d'abord public et notoire, de notoriété publique dans cette ville et encore
plui le lendemain premier octobre, puisque les autres

»

�— 52 —

soldats de la Phalange Marseillaise, arrivés sur le soir
dudit jour trente septembre, d'abord après leur arrivée
cherchèrent l'évêque qu'ils voulaient le lanterner et
mettre en pièces, comme ils s'expliquèrent hautement,
ce qui joint au fait arrivé dans ledit vestibule de la
maison Castellinard, étant devenu d'une notoriété publique donna l'épouvante à tous les gens honnêtes du
pays, qui disaient que le citoyen général d'Anselme en
ordonnant audit évêque de partir, en mettant sous la
sauvegarde de la Nation française ses meubles et ses
effets, avait voulu le sauver.
Et comme il importe audit citoyen Passeron, exposant en sa dite qualité, de constater par témoins le
fait ci-dessus exposé, il nous présente ledit citoyen
Joseph Castellinard fils de Dominique de cette commune, âgé de 21 ans, de profession, négociant, qui se
trouva présent au fait énoncé dans le Ier article de l'exposé ci-dessus, et au surplus informé de la notoriété
des faits énoncés au second et dernier chef, de ladite
exposition et il nous présente les citoyens Jean-Jacques Donny, natif de Neufchâtel en Suisse, âgé de 39
ans, de profession, négociant ; Joseph Poullan, natif
de Clavesana, en Piémont, âge de 48 ans, négociant ;
Jacques Gerbin, âgé de 60 ans, tailleur, Jean-Marie
Thaon, âgé de 56 ans, négociant, natifs et tous domiciliés en cette commune pour déposer sur ladite
notoriété énoncée dans ledit second fait exposé, pour
recevoir leurs dépositions, et nous fait instance que de
tout lui soit concédé acte, ce que nous lui avons accordé et a signé.
Pierre-Joseph PASSERON .
Et de suite se sont présentés les susnommés citoyens Joseph Castellinard, Jean-Jacques Donny, Joseph Poullan, Jacques Gerbin, et Jean-Marie Thaon,
ci-dessus qualifiés, auxquels après avoir fait lecture
dudit exposé fait par ledit citoyen Passeron, en sa
dite quálité, les avons interpellés sur serment, que
leur avons fait prêter, conformément à la loi, de nous
dire en leur âme et conscience, si tous les faits énoncés dans le même exposé sont de leur connaissance,

�- 53 et ledit citoyen Joseph Castellinard a répondu et
attesté en être pleinement informé pour avoir été
présent au fait exposé dans le i" article de ladite exposition, et pour avoir publiquement entendu dire les
faits énoncés dans le second chef qui était en cette
ville notoire de notoriété publique et lesdits citoyens
Jean-Jacques Donny, Joseph Poullan, Jacques Gerbin,
Jean-Marie Thaon, ont répondu et attesté tant uniment que séparément être pleinement informés de
l'énoncé dans le second chef de ladite exposition,
puisque les faits y énoncés étaient notoires, de notoriété publique en cette ville, et tous lesdits citoyens
ont respectivement attesté pour ce qui les concerne
que tout contient la vérité, toute la vérité et rien que
la vérité. En foi de quoi ils ont signé : Joseph Castellinard fils,Jean-Jacques Donny, Joseph Poullan, Jacques
Gerbin, Jean-Marie Thaon.
Et nous, Juge de paix, vu les dépositions ci-dessus,
avons de tout concédé acte au susnommé Pierre Joseph Passeron en sa dite qualité pour lui servir et valoir dans tous les cas, à ce que de droit et de raison.
Fait à Nice l'an et jour que dessus.
GAUTIER,
BONIFACI,

juge de paix.
sec. gref.

Vu par nous, membres Du district de Nice, le 3
vendémiaire anIV rep. (25 sept. 1795).
Jn. COPPON fils, VÉRANi, pr. syndic, TOSELLI, Saytour
MARTIN.

Arch. Nat. F

7

4867 *

�54 -

PÉTITION au DISTRICT de NICE
et AVIS de ce DISTRICT
ÉGALITÉ,

LIBERTÉ

5 vendémiaire
27 septembre 1795 an IV
AUX

CITOYENS ADMINISTRATEURS
DU DISTRICT DE NICE

Le citoyen Pierre Joseph Passeron, natif de la
commune de Contes, habitant en celle de Nice depuis plusieurs années.
Vous expose en qualité de procureur du citoyen
Charles-Eugène Valperga de Maillone, évêque de
Nice, subrogé par le citoyen Nicolo Giorni, homme
de loi, son procureur spécial et général fondé par acte
reçu dans la ville de Turin par le notaire PierreJoseph de Bernochio, le 20 juillet dernier (v. s) légalisée par le résident de la République de Gênes, près
la Cour de Turin, duquel il résulte le pouvoir donné
audit citoyen Giorni de subroger en son lieu et place
avec tous les pouvoirs compris dans le même acte,
qui se trouve copié mot pour mot dans celui de la
subrogation faite par le même citoyen Giorni, reçu
en la ville de Gênes le Ier du mois d'août dernier
(v. s* par le notaire Antoine Baglietto, légalisée par
le consul de la République française, le 13 Thermidor dernier (3 1 Juillet 1795), qu'il vous exhibe qu'étant arrivé dans cette ville le vingt-neuvième jour
du mois de septembre de l'année 1792, l'armée de la
République française, commandée par le citoyen général en chef d'Anselme lorsque celui-ci y fut arrivé
le soir et eut pris son logement dans la maison d'habitation du citoyen ci-devant consul de la République
Le Seurre, ledit évêque Charles-Eugène Valperga de
Maillone, s'étant présenté, le même général d'Anselme
lui signifia d'abord en présence de son Etat-Major de
partir de cette ville, sur quoi ledit évêque lui répondit qu'il avait cru pouvoir continuer sa demeure dans
cette ville et qu'à cet effet il n'avait jamais pensé de

Pièces 7 et 8

�- 55 distraire, ni faire partir le moindre de ses meubles et
effets qu'il avait dans la maison d'habitation de
l'évêque, que si absolument il lui ordonnait de partir,
il le priait de lui accorder la sauvegarde pour tous ses
dits effets et meubles, ledit général d'Anselme lui
répliqua : Le plus tôt sera le mieux, ce qui tout est
constaté par les attestations ci-jointes du premier et
second jour de fructidor dernier qu'il vous présente
également.
Qu'il résulte aussi par lesdites attestations, que
ledit évêque Valperga de Maillone fut forcé par ledit
général d'Anselme de partir de cette ville que tous
ses meubles et effets fussent mis sous la sauvegarde de
la Nation française et qu'étant parti le lendemain 30
dit septembre, il risqu'à d'être pendu ef étranglé paties soldats de la Phalange Marseillaise qui se trouvaient de garde à la porte ci-devant dite Victoire, ce
que tout fut d'abord notoire et de notoriété publique
dans cette ville.
Vous observe que ledit évêque Valperga est natif
du Piémont où il se retira et que s'il a résidé dans
cette ville, ce n'a été que pour raison de son ministère, que tout cela nonobstant il a été porté sur la liste
des émigrés, a été vendu la plus grande partie de ses
meubles et effets, et cela même nonobstant la préalable réclamation que le citoyen Jean-Jacques Donni,
chargé des intérêts dudit évêque avait fait à l'ancien
département par sa pétition du 22 juillet 1793 (v. s)
qui existe dans les Archives de ce district, résultant
ainsi que tout cela a été fait et opéré contre le droit des
gens et la sauvegarde de la loyauté française qui fut
promis audit évêque.
En conséquence, l'exposant demande en sa dite
qualité de procureur dudit citoyen évêque CharlesEugène Valperga de Maillone la radiation de son
nom de la liste des émigrés, la levée des scellés, la
restitution de ses propriétés et l'indemnité de celles
qui ont été distraites et vendues au nom de la Nation,
et sera justice.
(21 août 1795).

�- 56 Nice le 4me jour de Fructidor de l'an 3me de la
République française une et indivisible.
Signé : Pierre-Joseph PASSERON.
Vu la pétition ci-dessus du citoyen Pierre-Joseph
Passeron présentée au nom et comme procureur subs
titué du ci-devant évêque de Nice, Charles-Eugène
Valperga tendante à obtenir la radiation de son nom
de la liste des émigrés, la levée du séquestre et remission de ses effets restant ainsi que l'indemnité de
ceux qui ont été distraits ou vendus.
Vu une première pétition présentée à l'ancienne
administration du département par le citoyen JeanJacques Donni, au nom du citoyen Valperga en date
du 22 juillet 1793 tendante aux mêmes fins.
Vu la procuration en date du premier août 1793
(V. s.) faite à Gênes, par devant le notaire public Antoine Baglietti, légalisée par le Consul de la République française y résidant, ainsi que l'acte de procuration y inséré, en date du 20 Juillet 1795.
Vu l'attestation de quatre témoins faite avec serment par devant le juge de paix de la 1", 2"", 3me section de cette commune, en date du 1" Fructidor dernier '18 août 1795).
Vu autre attestation de cinq témoins faite par
devant le susdit Juge de paix, le 2 dit fructidor, aussi
sous serment.
Considérant que par la première des 2 attestations il est pleinement prouvé que le vingt-neuvième
septembre 1792, aussitôt après l'entrée de l'armée
française dans cette commune, le sus-nommé évêque
Valperga s'étant présenté au général d'Anselme qui
la commandait en chef, celui- ci lui ordonna d'abord
en présence desdits témoins et de tout l'Etat-Major.
u'il n'avait qu'à partir de la ville, et malgré que le
it évêque lui observa qu'il avait cru de pouvoir y
rester tranquillement et qu'à cet effet il n'avait fait
partir aucun de ses effets et meubles, le général lui
répliqua de partir absolument de la ville, en ajoutant
que le plus tôt serait le mieux, l'ayant assuré qu'à

a

�-5;l'égard de ses meubles et effets de sa maison, il les
mettait dès ce moment sous la sauvegarde et loyauté
de la Nation française et qu'il pouvait en être tranquille.
Considérant qu'il résulte par lesdites attestations,
et il est prouvé que l'évêque Valperga, d'après les
ordres précis et réitérés du général d'Anselme, partit
le lendemain 30 septembre de cette ville.
Considérant que par la susdite attestation du deux
Fructidor il résulte que l'évêque Valperga, au moment de son départ de cette commune, ayant été arrêté à la porte qui conduit au Piémont, par les soldats
qui y étaient de garde, lesquels tentèrent de le pendre,
il évita la mort par les soins du citoyen Joseph Castellinard, un des déposants, et il ne fut laissé libre que
d'après un billet du général d'Anselme, qui ordonnait à ladite garde de le laisser partir, puisqu'il s'en
allait de son ordre
Considérant que tous ces faits sont devenus de notoriété publique dans cette commune, dès le même
jour 30 septembre et Ier octobre suivant, ainsi que
quatre témoins l'ont attesté.
Considérant que le citoyen Valperga ne s'est absenté de cette commune et ci-devant Comté de Nice
que d'après les ordres du général d'Anselme auquel il
témoigna son regret.
Considérant que le départ du citoyen Valperga
ayant été forcé il ne peut pas être qualifié d'émigration.
Considérant que son intention de rester dans cette
commune est d'autant plus constatée, que le citoyen
Valperga a été le seul fonctionnaire public, il soit
resté à son poste, n'ayant soustrait aucun des meubles
et effets de sa maison, lesquels ont été ensuite distraits
et vendus par la Nation.
Considérant que le citoyen Valperga ne peut être
non plus considéré comme réfractaire aux lois de la
République, tandis qu'à l'époque de son départ de cette
commune, aucune loi de la République, surtout à
l'égard des ecclésiastiques, n'y avait été encore publiée
à laquelle eut pu contrevenir.

�— 58 —
Considérant que le citoyen Valperga ne pouvant
être considéré ni comme émigré, ni comme réfractaire, ne pouvait être privé de ses propriétés laissées
dans cette commune lors de son départ, sous la sauvegarde de la loi et de la Nation française qui lui fut
accordée par le général d'Anselme, et qui étant digne
de la loyauté de cette Nation, ne pouvait être violée
sans blesser le droit des gens.
Considérant au surplus, que le citoyen Valperga,
originaire piémontais, ne faisait sa résidence à Nice,
qu'à raison de son épiscopat, ce qui ne donne qu'une
résidence easuelle, et que sous tous les rapports, il
n'a cessé d'être étranger à l'égard du pays de Nice et
de la France.
Considérant que l'article 6, section deux, N° 2 de
la Loi du 25 Brumaire (15 novembre 1794) en déclarant émigrés les citoyens domiciliés dans le cidevant comté de Nice, qui sont sortis depuis le 27
septembre 1792, n'a point porté atteinte au droit des
gens dans la personne de l'étranger, qui se trouvait
dans ce même pays, où il n'aurait pas établi son vrai
domicile.
Considérant que le citoyen Valperga, qui avait été
forcé par le gouvernement de partir de Nice, n'a dû
plus y revenir dans le terme même prescrit par les
lois aux citoyens de la ci-devant Comté de Nice,
puisqu'il ne devait point imaginer qu'il fut compris
dans l'invitation, malgré qu'il ait été porté sur la
liste des émigrés.
Considérant que ce nonobstant, lorsqu'il sut qu'il
avait été porté sur la liste des émigrés de cette commune, s'est empressé de présenter sadite pétition
du 22 Juillet 1793 dans laquelle il demanda non seulement la radiation de son nom de ladite liste, mais
encore un délai convenable pour rentrer dans cette
commune, soit comme simple citoyen, ou comme
fonctionnaire public, ainsi que la restitution de ses
propriétés par lui laissées sous la sauvegarde de la
loyauté française dans la maison êpiscopale lors de sa
retraite forcée, ou une juste indemnité de leur valeur.

�- 59 Considérant finalement que,d'après toutes les circonstances sus-ênoncèes, aucune loi concernant les
émigrés ne peut être applicable au citoyen Valperga,
et que toutes celles qui pourraient le regarder relatives au séquestre des biens appartenant aux habitants
des pays en guerre avec la République française ont
été rapportées par le décret du 14 Ventôse dernier
(4 mars 1795). •
Le Directoire du district de Nice, oui le procureur syndic, est d'avis que le citoyen Charles-Eugène
Valperga ci-devant évêque de Nice ne doit point être
considéré émigré.
Qu'il doit être rayé de la liste des émigrés, que le
séquestre apposé sur ses propriétés doit être levé, qu'il
doit être réintégré dans la possession et jouissance
d'iceux, que tous receveurs ou dépositaires doivent
lui restituer les sommes qu'ils ont perçues, résultant
du produit desdites propriétés et qu'il doit recevoir
la juste indemnité des meubles et effets qui seraient
passés au profit de la Nation.
Fait à Nice, dans la salle des séances le 5me Vendémiaire an 4me républicain (27 sept. 1795). Signé
Saytour Martin. Verani,
procureur syndic, Angles v. prés.
Touzelly. Jn Coppon fils.
Enregistré au feuil. 20 registre des prévenus
d'émigration et signé BARRAIA, commis greffier.
Certifié conforme par nous Ve président et secrétaire du district Jn COPPON Fils V,-PRÉSIDENT
BARRAIA Cis greffier.
A rch. Nat. F 7 4867

2

�— 6o —

Pièce 9.

LIBERTÉ (vignette) ÉGALITÉ
BUREAU DES
ÉMIGRÉS

Extrait des registres des délibérations et arrêtés de
l'Administration Centrale du département des Alpes Maritimes.
(2

juin 1797)

Séance du quatorze Prairial an 5mf de
la République française une et indivisible.
Sur le rapport d-e la pétition présentée par le
citoyen Pierre Joseph Passeron, procureur fondé de
Monsieur Charles Valperga, ci-devant évêque de
Nice, dans laquelle il expose que ledit Charles Valperga n'a jamais dû être atteint des lois relatives à
l'émigration, soit qu'on le considère comme parti en
suite d'une force majeure, soit en sa qualité de piémontais et demande en conséquence la radiation de
son nom de la liste des Emigrés, sa réintégration
dans la possession et jouissance de ses propriétés et
une juste indemnité, des meubles et effets qui sont
passés au profit de la République.
L'Administration Centrale du département des
Alpes-Maritimes, considérant que M. Charles Valperga, comme piémontais, n'habitant Nice que pour
cause de son emploi, n'aurait jamais dû être porté
sur la liste des émigrés du département.
Que le seul motif qui a pu déterminer le général
d'Anselme à lui ordonner de partir de la ville de
Nice, ne peut avoir été que la susdite qualité de
piémontais.
Considérant enfin, que comme sujet du roi de
Sardaigne, il est dans le cas de jouir de l'article i,r
de la loi du quatorze nivôse an troisième, (} janvier
1795), ainsi que de l'article neuf de la loi du trente
Floréal an quatrième, (19 mai 1796).
Arrête, oui le commissaire du Directoire Exécutif
que le nom de Valperga, ci-devant évêque de Nice,
qui se trouve inscrit sur la liste des émigrés, sera

�— 6i —

provisoirement rayé ; que tout séquestre qui pourrait
avoir été mis sur ses biens sera levé, qu'il sera réintégré dans la possession et jouissance de ses propriétés,
et que toutes les sommes versées dans les caisses publiques, lui seront rendues, déduction faite des frais
faits conformément aux lois.
Fait et arrêté* en séance publique le jour, mois et
an que dessus.
Signé : Donny, président Payani, fils, Scudéry,
Oberti, Hancy (et en marge Gastaud commissaire
du Directoire Exécutif).
Certifié conforme à l'original par nous président
et secrétaire de l'Administration centrale du départemeni des Alpes-Maritimes.
DONNY, président
BELMONDI, sec. chef au bureau des émigrés.
Arch. Nat. F 7 4867 2

ACTE DE CAUTIONNEMENT
Pièce 10.

11 fructidor anV (2&amp; août 1797)
LIBERTÉ ÉGALITÉ
Ce jourdTiui 11 fructidor an 5 de la République
française une et indivisible (28 août 1797) par devant nous, membres composant l'Administration
centrale du département des Alpes-Maritimes, est
comparu le citoyen Joseph Passeron, natif de Contes,
chef-lieu de canton, domicilié dans cette commune,
procureur fondé de Monsieur Charles Valperga, cidevant évêque de Nice, en vertu d'acte de procuration du 20 juillet et premier août 1795 (v. s.) lequel
en sadite qualité, dépendamment à l'arrêté de cette
administration du quatorze prairial an cinq (2 juin
1797) portant que le nom de Valperga, ci-devant
évêque de Nice, sera provisoirement rayé de la liste
des émigrés, que tout séquestre qui pourrait avoir
été mis sur ses biens sera levé, qu'il sera réintégré
dans la possession et jouissance de ses propriétés, et

�— 62 —

que toutes les sommes versées dans les caisses publiques lui seront rendues, déduction faite des frais
faits, conformément aux lois, désirant de se conformer au porté par l'article 3 de la loi du 5 Brumaire
an 3 (26 octobre 1794) qui exprime que les prévenus
d'émigration seront tenus de donner caution solvable de la valeur mobilier, et ne pourront obtenir
leurs immeubles jusqu'à ce qu'il ait été définitivement statué sur leurs réclamations par qui de droit,
toujours en sa dite qualité a présenté pour caution le
citoyen François Grosson, marchand drapier de cette
commune, lequel ici prése.it et acceptant, s'oblige
conjointement et solidairement avec ledit Valperga
et pour celui-ci ledit Joseph Passeron, et sous l'hypothèque de tous leurs frens présents et à venir, à l'entière exécution de ce qui les concerne en la susdite
loi, et à la représention des mobiliers, effets et sommes à percevoir en dépôt que besoin sera, et quant
aux mobiliers invendus et en dépôt seront soumis
d'en représenter la valeur à laquelle seront estimés
par experts, préalable rémission.
Et nous, administrateurs susdits approuvant lesdits
cautionnement et acte de soumission, à la réquisition
dudit citoyen Joseph Passeron, avons dressé le présent acte que toutes les parties ont signé avec nous,
ayant au préalable fait renoncer audit François Grosson au droit de premier convenir.
Fait à Nice les jours, mois et an que dessus.
Joseph

PASSERON,

François GROSSON,
prés., PAYANY FILS,
MARUN-SAYTOUR, sec. en chef

HANCY, DONNY,
P.

Acte original sur timbre de 20 centime*.
Arch. Nat. F

7 4867^

�— 63 -

CONCLUSION

Il était avéré pour tous, dans la ville de Nice, que Mgr
Valperga était parti contre son gré et si la première Administration départementale, installée au mois de Mai 1793,
l'avait inscrit sur la liste des émigrés de Nice, c'était à la
suite d'une réponse faite par le ministre de l'Intérieur, Garât,
aux questions à lui posées par le Directoire des Colons Marseillais sur la conduite à tenir vis-à-vis de l'évêque.
Les questions avaient été envoyées à Paris, vers la fin
de Février 1793, et la réponse du ministre ne parvint à Nice
qu'au milieu de juin suivant, soit quelques jours avant la
publication de la liste des émigrés. Les réclamations de
l'évêque, retiré à Turin dans sa famille, furent présentées
le 22 juillet 1793 (1) ; mais comme beaucoup d'autres, elles
s'entassèrent dans les bureaux du Département, qui n'y
répondit même pas.
Cette réclamation fut présentée au nom de l'évêque par JeanJacques Donny au Département. lîlle figure en original au dossier
Valperga.
Voir ci-dessus.
Le registre des délibérations du département manque aux Archives pour les derniers mois de 1793, exactement du Ier mai au 10
Novembre, comme pour les six derniers mois de 1797 et l'année entière de 1798, exactement du 8 Messidor an V (26 Juin 1797) au 25
Pluviôse an VII (13 février 1799).
C'est-à-dire pour les deux périodes les plus troublées et cette
disparition est tout au moins étrange.
Elle doit être vraisemblablement attribuée à certains hommes
politiques désireux de laisser dans l'oubli leur conduite durant ces
deux époques.

�- 64 On était dans la période la plus aiguë et, en pleine
Terreur.
Après le 9 Thermidor et, surtout après la venue à Nice
du représentant Beffroy, au mois de Floréal, an III (Mai
I795)»
les esprits devinrent plus calmes, les administrations plus pondérées. C'est alors que, sur de nouvelles demandes présentées au District, et sur avis favbrable de
celui-ci, le département des Alpes-Maritimes accorda à Mgr
Valperga sa radiation provisoire, le 14 Prairial, an V (2 Juin
1797). Comme on le voit, l'affaire avait traîné en longueur.
Il semblait alors que rien ne s'opposait plus à la rentrée
de l'évêque : le 11 Fructidor, an V (28 Août 1797), le Département avait agréé la caution de François Grosson (1) ;
les biens de l'évêque allaient lui être rendus, et il pourrait
rentrer.
Mais huit jours après, le coup d'Etat du 18 Fructidor (4
septembre 1797) remettait le pouvoir aux mains des Jacobins, la guerre aux émigrés et aux ecclésiastiques, en particulier, reprit avec âpreté. Pe département des Alpes-Maritimes se vit accusé d'avoir préparé une rentrée triomphale à l'évêque, son arrêté du 14 Prairial resta sans effet
et, en vertu de la loi du 19 Fructidor (5 septembre), les
scellés furent de nouveau apposés sur les biens de Mgr Valperga par deux commissaires municipaux (2).
En vain, l'évêque de Nice, fit intervenir auprès du Directoire Balbi, l'ambassadeur du Roi de Sardaigne à Paris,
le dossier de sa demande en radiation fut examiné sans
aucune bienveillance.
(1) L/Acte original de ce cautionnement sur timbre est aux
Arch. des Alp.-Maritimes Q. 10.
(2) Mise de scellés sur les biens de Charles Eugène Valperga par
deux commissaires de la municipalité de Nice. Une scéance, 6 livres.
Dépense approuvée par le Département, en Germinal an VI (avril
1798). Arch. des A. M. Q. 11.
Mgr Valperga ne possédait à Nice aucun immeuble et il devait
rester fort peu de chose de son mobilier après la vente qui en avait
été faite en Ventôse an III. La bibliothèque de l'évêché avait été déclarée bien national et la caisse diocésaine avait disparue en octobre 1792
sans laisser de traces dans les pièces administratives. Le séquestre
a été apposé sur les biens de nombreux émigrés rayés provisoirement.
On peut en voir la liste aux Archives des A. M. Q. 10, où Valperga
figure sous le N° 65.

�- 65
Á la suite de la lettre de Balby datée de Paris le 7 février
1798, le ministre de la police demanda à ses Bureaux un
rapport sur l'affaire Valperga. Pe voici tel qu'il se trouve
en minute au dossier.
Attendu que rien ne tend à constater le prétendu ordre
de quitter Nice, d'où il suit qu'il faut en croire sur parole
l'émigré.
Qu'à raison de son domicile, il était tenu de rentrer sur
le territoire dans les délais voulus par les lois.
Qu'il est atteint par la déchéance et n'a réclamé que
l'an V.
Qu'il ne paraît pas y avoir lieu de violer la loi en faveur
de cet ex-évêque dont la rentrée prohibée par la Constitution serait d'une influence dangereuse.
J'estime qu'il y a lieu à proposer la maintenue sauf
à prendre des renseignements si toutefois on les trouve
indispensables.
CAIGNART,
Sous-chef (2e Bureau).
En tête de cette minute est écrit :
« Je pense qu'il y a lieu à instruction et à prendre
des renseignements près les Administrateurs du département_des Alpes-Maritimes. »
Signature illisible (1).
Ces renseignements furent-ils demandés ? C'est probable et cela explique que bien des pièces du dossier Valperga sont en double expédition. Plus d'une année s'écoula
encore, avant que fut prise une décision et finalement sur
un rapport défavorable de la Commission d'examen instituée près le Ministère de la police pour l'étude des demandes en radiation, le Directoire exécutif signa le 7 Floréal
an VII, (26 avril 1799) un arrêté qui maintenait définitivement, sur la liste des émigrés, Mgr Valperga et annulait
toutes les décisions rendues antérieurement, en sa faveur,
par les. autorités locales.
(1) Arch. Nation. F 7 4862 2 dossier Valperga. Rapport de la
3 me Division du Ministère de la police, sans date mais joint à la
lettre de Balbi.
»

�- 66 -

Varrêté du Directoire parvint à Nice les premiers
jours de Prairial an VII (Mai 99) et fut immédiatement
mis à exécution. (1).
*

* *

Ainsi donc Mgr Valperga expulsé ne put jamais obtenir
de rentrer, les lois sur l'émigration étaient tellement embrouillées et tyranniques qu'une fois inscrit sur une liste
d'émigrés, il était extrêmement difficile de s'en faire rayer
malgré toutes les démarches ; car on se heurtait sans cesse
à des questions de forme et de procédure ce qui permettait
à la malveillance de s'exercer tout à fait à l'aise sous le
couvert de la légalité.
A. J.

PvANCE-BOURREY.

(1) De 21 Floréal an VII (10 mai 1799), il fut communiqué
par le ministre de la police générale de la République aux diverses
administrations intéressées et aux Commissaire du Directoire exécutif
près le département des Alpes-Maritimes. Celui-ci par lettre du 3
prairial (22 mai 1799) demanda au Département de le transmettre
à la Municipalité de Nice, ce qui fut fait le même jour avec ordre
de le transcrire sur ses registres, de faire apposer les scellés ou séquestre sur tous les biens meubles et immeubles de l'évêque si ce
n'est déjà fait, et de mi notifier sans délai la décision prise à son égard.
Voir lettre du Département à la Municipalité, celle du Commissaire au Département, 3 Prairial an VII avec la réponse du Département 4 Prairial.
Arch.. des A. M. Q. 1 et 2 et Arch. Nationales, dossier Valperga,

�NIÇA LA BELLA
VERS DE /.

Giordan,

su

DE CARTA POUSTALA

Ai rai dôu nouostre bouon soulèu
Venon s'escaufar toui lu lùssi ;
Es un meravihous tablèu,
Ai rai dôu nouostre bouon soulèu,
Trouvas, dou Var fin au Castèu,
Anglés, Rouman, Danesi, Rùssi :
Ai rai dôu nouostre bouon soulèu
Venon s'escaufar toui lu lùssi.
Pèr tu, as touti li bèuta,
Terra de lus e d'alegria,
D'un ciel d'azur, as la clartà,
Pèr tu, as touti li bèuta.
De l'univers, en verità,
Siès la uechièma meravia ;
Pèr tu, as touti li bèutà,
Terra de lus e d'alegria.
Dintre lou tèmp, Semiramis
Faguet basti, à Babilouna,
Pu siéu jardin, vèr paradis !
Soubre Paioun, degun s'estouna
De vèire, ancuèi, lou paumoulié
Drissar au ciel la siéu coulouna
E lou galofre, e l'anemouna
Flouri emb'au pourtegalié.
De bouon matin, quitant maioun
Pèr la journada touta'ntiera,
S'en va lavar, dintre Paioun
Pa bugadiera.
D'un glourious passat es fiera
Perqué, d'un tèmp, sus lou bastioun
Au Turc, arranquèt la bandiera
Pa bugadiera.

�fet 68 —

Sau de fouora fa freï,
Que brima,
A Niça, sus lou Quèi,
Si rima.
Pescadou, fourestié,
De la mar bressarella,
Escouton voulountié
Pa doussa cantinella.
L'AVOUCAT

PATTA

L'estudi de l'avoucat Patta es en plen aria ; si tèn lou matin
couma lou predinà su la plaça dôu Palai. Es un ome pichounet,
touplen raplot, li pocha enfli de papiè de touta mers. En lu vièi
quartiè es proun counouissut e li capelada, « Bouonjou Moussu
l'Avoucat », noun li mancon. Es ben m'ai juge, proucuradou, etc.
Lu siéu ounourari soun bouon pati e n'a de preferença pèr
qu si sigue. Parla au premier maufatan vengut, couma se fousse
un agnèu que vén de naisse ; lou créancier o lou débiteur soun
tratat su lou même pen... basta que mouson...
L'avoucat Patta es de noutarietà reputat pèr un ome judicious, òunest — au noun si flata de l'estre au jou d'ancuei ; —
finda counouisse, es en relacioun d'afaire emê de gros persou nage que dintre la finança dôu siéu coumerce, soun quasi d'usurari. Sau menajar la cabra e lou caulè ; e pèr que la mouneda
noun li escapa si desbrouïa e si mete dôu cousta dôu manche...
d'aquéu que casca lou de mai...
Acò fa que toui lu matin que lou Bouon Diéu a fach, la siéu
doumestica mete toujou quaucaren au fuec. Lou dimeneghe, coum'un bouon crestian, — tartufaria que lou pauva, — va audi la
gran'messa à Santa Réparada, fa la siesta e à la calada dóu soulèu,
passeja su lou Cours, pastrouia, fa lu cent pas, noun parla que de
lei, proucès, citacioun, ensin alestisse lou travail dôu dilun...
Lendeman empastra ben d'afaire, mete facilamen en lou sac
Moussu Tout'Un emé Moussu Tout'Autre... En éu que li pòu
faire ?... lança dapertout lou broumech, tant pis pèr aquéu que si
laissa agantar. Quaranta sóu es lou près d'atac e vous pregui de
crèire que douna pas la siéu journada pèr doui o tres escut.
L'avoucat Patta counouisse l'usança dôu païs... s'avès touort,
vous rouïa, s'avès pi rasoun, v'espia... Que voulès aima manjar
lou pei, lou pei que noun aiguë d'espina...
JULI EYNAUDI.

�-«9VA

MAU ! !

Va màu, cresé-vous, que va màu 1
En l'orizoun lou voile negre
N'es qu'un gran camp cargat de pebre,
Qu'à pala lou jeten davan,
Avuglan finda lu cavau 1
Lu canoun soun su li frountièra,
Alignât couma de barriera,
N'esperon plus que lou signàu !
Lou soulèu, aquel animàu !
Stan, noun vòu levà la vela,
Si foundon couma des candela
Enb'aquèu coust dôu diàu !
Le Giacouuda à cóu de d/stràu
Li fan petà li sièu moulura...
Ah ! dèu faire bella figura
Se l'an foutuda en quauqua tràu
Lou pan crèise, finda la sàu,
Lou sucre dintre li boutiga
Mounta ben mai que de boufiga !
Van jusque crèise lou rampàu
E la pèu que fau lou tambau ;
Metran de drech su li nourriça,
Su lu chichi, su li saucissa,
Perqué pas soubre lu magàu ?
E lou Prussian, marrit bertàu,
Noun sabon fa que de babïa,
Per lou Maroc e l'Algèria,
Se faran mètre lou mourràu !
Li serreren toui lou pourtàu
E pi veiren touta la França
Davan la sieù grossa arougança
Se noun si sau garda li clàu !
Es de rima d'un manechàu,
Ma sien d'estiéu, vesin, vesina,
Li passeres en la resina
Avant que vegon l'espitau !
CHARLES CIAUDO

�Valère Bernard
Tout en heurtant le marteau contre la porte de M. Valère
Bernard je songeais. Je me suis complu dans le plus souriant
mépris des idoles. L'ironie a tremblé sur mes lèvres quand
la Provence a dans un ravissement de joie acclamé le poète de
Maillanne. Cette mascarade d'apothéose me répugnait.
Et maintenant la curiosité me fourvoyait dans le studio
d'un consciencieux artiste que les felibres couvraient de gloire.
Elève de Puvis de Chavannes M. Valère Bernard pasticha le
Maître. Mais vite il eût l'intuition qu'à se perdre dans les sentiers
battus il courrait risque de compromettre son crédit. Il dit
adieu à Paris et vint dans Marseille, l'opulente cité.
A cette époque vivait un exquis écrivain, J. Lombard. Il venait de publier deux œuvres d'une grandiose beauté, VAgonie et
Bysance. Dans un style étrangement tourmenté il contait les
luttes entre les factions d'Orient, illuminant son œuvre des
splendeurs bysantines.
Valère Bernard vit Jean Lombard, et du même coup les belles
au bois qui dormaient en son âme s'éveillèrent. Il délaissa les
études académiques, les pastiches sans vie, et d'ardentes couleurs
chargèrent ses toiles.
Voici le triomphe des rois Babyloniens. Sur les voûtes d'un
palais impérial passent des gardes étincelants dans la pourpre et
la soie. L'or envahit les hautes colonnes de jaspe bleu. Involontairement on pense aux fantastiques demeures hantées par des
fées émeraudes et des princesses aux perversités troublantes.
Et je m'imagine que le peintre était sous le charme de la
légende quand il a peint cette courtisanne qui sourit à son miroir tout en jouant négligeamment avec sa chevelure d'or. Et
puis passent Venise la rouge, Marseille enveloppé dans la poussière d'or du crépuscule, des motifs à la Watteau peints par un
bysantin, toute une apothéose.
Mais une idée m'obsède, tandis que dans la grise clarté d'un
soir automnal s'éteignent les fauves éclairs jaillis de ces radieuses
toiles. L'idéalisation du passé me paraît cruelle. Les générations
endormies dans la Mort ont eu leurs misères/leurs rancœurs, je
pense qu'il est absurde de s'écrier avec Musset « qu'aux temps
jadis tout était heureux jusqu'aux douleurs humaines. » En vain
l'apostat s'attriste-t-il sur les vieillards immortels de l'antique

�- 7i

—

lonie, â ses oreilles résonnent les paroles de l'Hiérophante : « La
Helladi que tu aimes n'a jamais existé ».
Mais M. Valère Bernard brise ma rêverie, et mes yeux se
portent.sur des portraits appendus au mur. Profils d'espagnol ou
d'américain mitigés d'espagnol, comme on en croise maintes fois
sur la Cannebière.
Homme universel ne puis-je m'empêcher de m'êcrier. M.
Valère Bernard sourit. Il siérait dit-il, à mi voix, de se développer en profondeur. Toutefois il est beau de se dire sur le
tard de sa vie que l'on a fait vibrer toute son âme. Ici le maître
rejoint Néron. Il m'aide à comprendre cet inquiétant empereur.
Mais encore faut-il que tout en étant l'homme universel on ne
sombre pas dans la banalité. De méchantes œuvres d'art peuvent
avoir leur prix.
Une idée se lève devant moi. Labruyère me petsuade que
l'honnête homme de Pascal propre à tout en définitive n'est propre à rien. La spécialisation inintelligente, mène à l'erreur, j'en
conviens, mais en fait elle est une loi générale.
Et ceci est pour me plaire, car j'abhorre dissiper mon énergie,
j'aime le repliement, la frissonnante pudeur qu'effarouche les
vaines ostentations. Je goûte les peintres du passé et malgré ma
philosophie j'adore les peuples disparus. Volontiers j'implorerai
avec la Cassandre de Schiller la cécité, l'exquise cécité. Le sou
venir a plus de puissance sur moi que l'espoir.
Et sous des deux gris, en des pays étrangers désolants de
médiocrité, il m'est arrivé de pleurer plus amèrement que ne
pleura Xerxès aux rives d'Abydos.
J. PADOVANI.
PROUVERB1, BOUOI MOT, COUNSÈU E DICH
Vèuva que si marida,
Dèu perdre la lus e l'audida.
Fiha madura,
Lou pouorta à la centura.
En cuntant su lu det :
Aquéu a fa l'óu ;
Aquéu l'es anat cercar,
Aquéu l'a fa cuèire,
Aquéu l'a manjat,
E lou pichoun n'a ren tastat !

�— 73 —
LE

DÉSESPOIR

Oui, j'ai la mort dans l'âme ; oui, je monte au calvaire ;
Mon horizon, hier si beau, s'est obscurci ;
Je hais tous les devoirs et tout ce qu'on révère :
Mieux vaut mourir que vivre ainsi !
Puisque je n'y puis rien ; que la raison humaine
Ne gagne plus un cœur où mon cœur est entré,
Je veux briser mes jours comme on brise une chaîne
Et m'enfuir en désespéré.
Qu'est-ce donc que la mort ? C'est la paix éternelle,
C'est un beau drap de fleurs sur mon sein endormi,
C'est la nature calme, auguste et solennelle
Qui nous prête un repos ami.
O nature de Dieu contemple ma détresse !
Ecoute tout mon sang dans mon cœur s'épancher
Et, puisque je n'ai plus le lit de ma maîtresse,
C'est au tien que je veux coucher ;
C'est toi la grande mère et la nourrice immense !
L'homme au sort le plus âpre et l'homme au sort plus beau
Retrouvent dans ton sein leur part de ta clémence :
L'un l'amour, l'autre le tombeau
Tu sais, toi qui vois tout, ce qu'ici bas je souffre,
Que je n'ai point béni l'instant de mon réveil
Et que j'ai regardé, toujours, du fond du gouffre,
Les bords ou brillait le soleil ;
Que je n'ai bu jamais que dans la coupe amère,
Que le seuil du bonheur me fut toujours fermé,
Que j'ai perdu mes fils, que j'ai perdu ma mère
Et tous les cœurs qui m'ont aimé !
Maintenant je m'en vais, battant du front, comme ivre,
En proie à ce grand deuil qui me courbe en vainqueur,
Et je veux déchirer ma vie, avec le livre
Des chastes sanglots de mon cœur ;
Et toi, rayon divin, génie, ardent délire,
Flambeau qui n'iras plus briller sur son autel,
Eternise du moins ces larmes de ma lyre
Et que mon cri soit immortel !
[EDGAR DE MASINI

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QUATRE-TÈMS

Noumbre d'or...
13
Mars
Epato (Grégori)
Il
Jun
Cicle soulari
17 Setèmbre
Endicioun roum
10 Desembre
Letra doumenicala
G F
LI QUATRE

8,
7,
20,
20,

10
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22
22

e
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11
10
23
23

SESOUN

Lou printèms coumença lou 21 mars
L'estiéu
—
— 22 Jun
L'autoum
—
— 24 sept,
L'iver
—
— 22 dés.

à 6.55 m.
à 2.36 m.
à 5.18 m.
à 11.53 m.

dôu sera
dôu sera
dôu matin
dôu sera

FESTA MOUBILI

Septuagesima... 12 Fébrié
Cendre
21 Febrié
Pasca
7 Abrieu
Rougacioun 21, 22, 23, 24 Mai
Ascensioun
16 Mai

Pantecousta
Trinità
Festa de Diéu
1" Dimenegue de
Ie* Desémbre

26 Mai
11 Jun
15 Jun
l'Avènt

LU ESCLISS!

Souliu.

—

ij Abriéu. — Esclissi annulari e coumplet visible

à Paris, en America, en Europa et dintre lou N.-O. de l'Africa.
Coumençamen de l'esclissi à 10,01 dôu matin ; finisse à 1,08
dôu sera.
10 Otitoubre. — Esclissi coumplet invisible à Paris, visible
dintre l'America dôu Sud.
Luna. — 1" Abrièu. — Esclissi parciella visibla à Paris. Entrada de la luna dintre l'oumbra, 9.26 dôu sera; sourtida, 11.03
dôu sera.
26 Setèmbre. — Esclissi parciella, invisibla à Paris, visibla
dintre l'Océan Pacifique.

Jîla providence, %ue de la Préfecture /4, $run, Siàraire

�LU

VÉNT

Lu vènt que souflon à Niça, dintre lou cours de l'armada,
soun au nombre de 16. Vequi li siéu denouminacioun courènti,
pihadi, en general, dai loucalità dei quali parèisson vèni :
Sud
Miejon
Nord... Tramountana
S.-S.-O. Miejou Lebech
N.-O.-E. Grek Tramountana
S.-O
Lebech
N.-E... Grego
O.-S.-O Pounèut Lebech
E. N .E. Levant
Ouest. Pounènt
E.-N.-E. Levant
O.-N-O.V Pounènt Maistràu
E.-S.-E. Levant
N -O . Mastràu
S.-E.... Siroco, vènt marin
N..-N. OMaïstràu Tramount
S.-S.-E.. Miejou Siroc

6
15
25
14
31
24

VIGÍLIA — JEUNI
Abriè
(Pasca, 7 Abrièu).
Mai
(Ascensioun, 16 Mai).
Mai
(Pantecousta, 26 Mai).
Avoust
(Assoumpcioun, 15 Avoust).
Outoubre (Toui lu Sant, Ier Nouvembre).
Desembre (Calena, 25 Desembre).
L'AN NADA RELIGIOUSA

LI FESTA MOUBILI E LI FESTA FISSI
Janvt'è
jYlars
1 Circouncisioun.
1 e 2 Quatre Tèms.
6 Epifania (lu Rei).
3 Reminiscere.
13 Bateja de J.-C.
10
Oculi.
14 Sant Noum de Jesu.
17 Lœtare.
fébrié
24 Passioun.
2 Puriflcacioun.
29 Li 7 Doulou.
4 Setuagesima.
31 Lu Rampàu.
6 Festa de la Pr. de N. S.
11 Sexagesima.
Jîbriéu
13 Coum. de la Passioun.
5 Divendre Sant.
18 Quinquagesima.
7 Pasca.
21 Cendre.
14 Quasimodo.
25 Quadragesima.
28 Patrou. de San Joúsè.
28 Quatre-Tèms.

�Setembre
3 Inv. de la Santa Crous.
13, 14, 15, Rougacioun.
16 Ascensioun.
26 Pantecousta.
29-31 Quatre-Tèms.
1
2
6
9
21
24
29

Quatre-Tèms.
Trinità.
Festa de Diéu.
Festa dôu S. Sacramen.
Sacrat-Couor de'jesu.
Natività de S. jouan-Bat.
SS. Peire e Paul.

8 Natività de la Vierge.
14 Esaltacioun de la Crous.
15 N.-D. dei 7 Doulou.
15 San Noum de Maria.
18, 20, 21, Quatre-Tèms.
29 Dédie, de S. Miquèu.

Ôutoubre
6
13
20
27

Sant Rousari.
Maternità de la Sta Vierge.
Puretà de la Santa Vierge.
Patrounage de la S. Vierge.

J/ouvembre

Juliet
2 Visitacioun de la S. V.
7 Precious Sang.
16 N.-D. dôu Carme.

Jîvoust
6 Transfiguracioun.
15
18
25
25
29

Assoumpcioun.
S. Joachim.
S. Couor de la Vierge.
S. Louis.
Decolac. de S. Jouan-Bat.

1
2
3
21

Toui lu Sant.
Lu Mouort.
Santi Relíquia.
Present, de la Sta Vierge.

2&gt;esembre
1 Avent.
8 Imaculata Councepcioun.
18, 20, 21, Quatre-Tèms.
25 Calena.

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DÉCIMALISATION

DU

TEMPS ET DES

ANGLES

LA MONTRE DÉCIMALE
Par J. de REY-PAILHADE, président du Comité
pour la propagation des méthodes Décimales.
Le Club Nautique de Nice a offert plusieur fois en prix des
montres décimales aux régates'de 1909. Il était utile de décrire cet instrument, d'y joindre des tables pratiques et des
formules à l'usage des ingénieurs, des sportsmen, des médecins, etc. etc.
DÉCIMALISATION DES ANGLES •
Il est aujourd'hui démontré que la division décimale du
quart de cercle facilite tous les calculs.
Les nouvelles cartes géographiques sont graduées exclusivement dans ce système, devenu officiel en France et dans
d'autres pays. On possède toutes les tables pratiques nécessaires à son essai courant. Nous ne nous étendrons pas
davantage sur cette méthode aujourd'hui enseignée dans les
lycées et collèges.
Nous rappellerons seulement que M. l'amiral Germinet,
membre d'honneur du C. N. N., sous la direction duquel on
fit en 1899 et 1900 des essais de navigation avec un matériel
entièrement décimal, a émis un avis très favorable à la
réforme décimale.
DÉCIMALISATION DU TEMPS
La division décimale du jour décrétée le 4 frimaire an II
rendra aussi de grands services à la science et aux sports.
Principe. — On divise le jour entier en 100 parties égales
appelées cés ; le cé est subdivisé en décisés, ceniicès et millicés
Le cé vaut 14m 24s ou 1T4 d'heure environ ; le décicé est égal
lm 26s 4 ou lm Ij2 environ ; le millicé vaut 0S 864 ou 9T10 de
seconde environ.
Concordance des Temps. — On parvient assez vite à dire
instantanément l'heure à 1 ou 2 minutes près en regardant le
cadran d'une montre décimale. Il suffit d'apprendre par cœur
les concordances décimales de toutes les heures.
0,0
0
50,0

4,2
1
54,2

8,3
2
58,3

12,5
3
62,5

16,7
4
66,7

20,8
5
70,8

25,0
6
75,0

�25,0
6
75,0

29,2
7
79,2

33,3
8
83,3

37,5
9
87,5

41,7
10
91,7

45,8
11
95,8

50,0
12
100,0

Les heures sont au milieu, les concordances des heures
du matin en haut, celles du soir en bas. Ainsi 10 heures du
matin valent 41.7 cés (énoncer 41 cés 7 décicés) et 10 heures
du soir valent 91,7 cés.
Gomme 1 cé vaut presque lj4 d'heure et un décicé une mi •
nute 1]2 ; en partant des concordances du tableau, on dit
l'heure instantanément, ainsi 39,9 cés valent 9 h. 36 m. du
matin. Un ou deux jours suffisent pour atteindre ce résultat.

Description de la montre décimale ou cémètre. — Il y a 3
aiguilles centrales se mouvant sur un cercle divisé en 109
parties égales, numérotées de 0 à 9. Le 0 cé est en bas, c'est
l'origine des temps, car on suppose la Terre au centre du
Cadran.
L'aiguille dorée avec un soleil ne fait qu'un tour par jour ;
l'aiguille épaisse en acier bleu tourne 10 fois par jour, et la
trotteuse fine fait 1000 tours par jour.
L'aiguille-soleil montre la position de l'astre du jour par
rapport au méridien de Paris, qui va du centre au chiffre 5.

�10 —
Les quatre traits bleus indiquent les positions de cette aiguille
à minuit en bas sur 0 ; — à tì h. du matin au milieu entre 2
et 3 ; — à midi, en haut, sur le 5 ; — à 6 h. du soir, entre 7
et 8.
L'aiguille dorée du soleil indique le chiffre des dizaines
de cés, 2 sur le dessin ; l'aiguille épaisse donne d'abord le
chiffre des cés, 6 sur le dessin, et en comptant rapidement à
l'œil le rang de la division entre 6 et 7, on voit, que cette aiguille marque 3 décicés. Le temps du dessin est donc 26,3
cés correspondant à 6 h 20 m. du matin environ. L'aiguille
trotteuse donne les millicés 83. Le temps est donc 26,383
cés.
» Pour la vie courante, on n'a pas besoin d'aller au delà du
clécicé. On lit les milticés pour les applications scientifiques
et sportives.
Le temps en millicés lu sur le cêmèire facilite tous les calculs, car on n'a jamais de réductions à faire.
Examinons le problème des vitesses a l'heure : Les millicés multipliés par 0,00024 donne des heures et fraction décimale d'heure. Ainsi Ì2345 millicés valent 12,345 -f- 24 =
2 h. 9628.
Par conséquent si L est la longueur parcourue et M le
temps en millicés, la vitesse est

ou t

+ 4166,66...

Ces quelques exemples démontrent que la montre décimale simplifie tous les calculs sans exception.
Les rapports de MM. les délégués officiels aux essais de
la montre décimale faits à Nice, par le Club Nautique, le 26
février 1911, concluent unanimement à la supériorité de cet
instrument pour les usages scientifiques et sportifs.
M. Prim, astronome à l'Observatoire de Nice, représen
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D.
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Q,
L.
Q.
L.

lu 8, à 7
lu 14, à H
lu 22, à 7
lu 30, à 10

SOULÈU.

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Lu Rei
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Dim. S. Lucien
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dil. S. Apoulinari
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dim. S. Pèire
9
dim. S. Guiermo
10
dij S. Teodose
11
div. S. Arcada
12
dis. Sta Verònica
13
Dim. S. Ilari
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dil. S. Maurici
15
dim. S. Ounourat
16
dim. S. Antoni
17
dij. Sta Angela
18
div. S. Sulpici
19
dis. S. Bastian
20
Dim. Sta Agnesa
21
dil. S. Vincènt
22
dim. S. Raymound
23
dim. Sta Jacinta
24
dij. Conv. de S. Pàu
25
div. S. Poulicarpa
26
dis. Sta Devota
27
Dim. Sta Paula
28
dil. S. Francès S.
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TRIMESÏRÍ;

Macari
Genevieva
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dij. S. Ignaci
div. La Candeliera
dis. S. Blasi
Dim. Setuagesima
dil. SS. Vinc.Oronte
dim Sta Agata
dim. Sta Dorotea
dij. S. Romuald
div. S. Jouan-Matha
dis. Sta Apoulounia
Dim. Sexagesima
dil. Sta Eulàlia
dim. S. Gregori
dim. Sta Eufrasia
dij. S. Onesime
div S. Dounat
dis. S. Simeoun
Dim. Quinquagesima
dil. S. Gabin
dim. Dimars-Gras
dim. Li Cendre
dij. S. Silvan
div. S. Maxime
dis. S. Pascase
Dim. Quadragesima
dil. S. Nestor
dim. S. Leandri
dim. Sta Nourina
dij. S. Nymphas

Plueia de febrié
A la terra vau fumiè.

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NICE

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16 dim.
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18 dij.
19 div.
20 dis.
21 Dim.
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23 dim.
24 dim.
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s. Juli
s. Justin
Ouasimoi/ii
Sta Anastasia
S. Frutuous
S. Rodolfe
S. Maxime
S. Anselme
S. Teodoro
S. Adalbert
S. Fidèle
s. Jorgi
s. Marco
s. Clet
s. Antime
s. Aimé

s. Roubert
Sta Catarina d. S
SS. Philip. ,Jacq.

Pichouna plneia d'Abriéa
Bouona récolta pèr l'csliéu

Q.

p
P. L.
D . Q.
N. L.
SOULÈU.

TRIMÍÎSTRÈ;

MAI

JUN

à

lu 5,
2 oura
lu 13, a 7 oura
lu 21, à 10 oura
lu 28, à 7 oura
— L.

5 14'

—

14
10
23
24

s.
m.
m.
m.

C. 7 29'

1 dim. SS. Félip. Jaq.
2 dij. S. Atanase
3 div. In.d.l. Sta Crous
4 dis. SS. Sindonis
5 Dim. S. Pio, papa
6 dil. S. Jouan D.
7&lt; dim. S. Peire
8 dim. s. Gregori N.
9 dij. s. Antounin
10 div. s. Isidoro
11 dis. s. Bounifaci
12 Dim. s. Jouan lou S.
13 dil. s. Pouon, m.
14 dim. s. Pacomo
15 dim. s. Sta Denisa
16 dij. Ascensioun
17 div. S. Pascaù
18 dis. S. Teodoto
19 Dim. s. Pèire C.
20 dil. s. Felis.
21 dim. s. Bernardini
22 dim. s. Julia
23 dij Rogaeioun
24 div. s. Vincen, d. L.
25 dis. S. Urbin
26 Dim. Pandecousta
27 dil. S. German
28 dim. S. Cirile
29 dim. Sta Petronïa
30 dij. S. Sylve
31 div. S. Justin
Au mes de mai
Longui semana

p
P.
D.
N.

Q.
L.
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L.

lu 3,
lu 11,
lu 19,
lu 26,

SOULÈU.

1
2
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6

dis.
Dim.
dil.
dim.
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12 dim.
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20 dij.
21 div.
22 dis.
23 Dim.
24 dil.
25 dim.
26 dim.
27 dij.
28 div.
29 dis.
30 Dim.

—

à 11 oura 4 s.
à 10 oura SI s.
à 9 oura 51 s.
a
2 oura 20 s.
L. * 34'

C. 8 1!"

S. Potin
Trinità.
S. Quirin
S. Francès C.
S. Lié
Festa de Dieu
S. Lié
Quatre-tèms
S. Optat
Sta Margarida
S. Barnabe
S. Antoui de P.
S. Basilio
S. J.-F. Régis
S. Moudeste
S. Lambert
Sta Olga
S. Gervai
Sta Juliena F.
S. Louis de G.
S. Paulin
Sta Maria d'O.
S. Jouan-B.
S. Prousper
S. Alban
S. Cresen
s. Iréné.
s. Pèire
s. Pàu
s. Tibàu

En Jun
De tres abit l'un

Dégustez tous le vrai

NICE

—

BLANQUI &amp; FRACCHIA
— Usine au Pont-Magnan

—

NICE

�— i4 —

TROISIÍ)MK

AVOUST

JULIE T
P.
P.
D.
N.

lu 3, a 10 mira 20 m.
lu 11, à 1 cura 53 s.
Il 19, a o oura 31 m.
lu 25, a 9 oura 12 s.
SDULÈU. - - L. 4 35' — C. 8 22'

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Dim.
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dim.
dim.
dij.
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Dim.
dil.
dim.
dim.

S. Thierry
Vierg.de li Gracia
S. Anatole
S. Pèire de L.
S. Sisoès
S. Elie
Sta Babeta
S. Efrein
Sta Felicita
S. Pio
S. Jouan G.
S. Gene
S. Jaque
Festa Naciounala
S. Enri
N.D.d.M. Carmel
Sta Marcelina
S. Frederic
S. Vincen de P.
Sta Margarida
S. Vi loiSta Maria-Mad.
S. Apoulinari
Sta Cristina
S. Jaque
Sta Anna
S. Pantaleoun
S. Samsoun
Sta Marta
Sta Giulieta
S. Gnaci de L.

Au mes de Juliet
Ni frema ni coulé.

TBIMËSTRÎ;

I1. Q. lu 2, a 0 oura 29 m.
P. L. lu 10, a 3 oura 58 m.
D. Q. l»i 17, a 1 oura 1.1 s.
N. L. lu 21, a 5 oura 14 m.
IV Q. lu 31, &amp; 5 oura 21 s.
souLÈu, —1.5 or -j&gt;. 8 or

dij.
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0 dis.
4 Dim.
5 dil.
6 dim.
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8' dij.
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dim.
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dim.
dim.
dij.
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S. Pèire-aï LS. Alfonso
Inv. de S. Estève
S. Domenica
N. D. dei Nèu
Trausf. de J. C.
S. Gaétan
Sta Batilda
S. Camila d. L.
S. Là u ren
S. Septima
Sta Clara
Sta Filoumèna
S. Ousèbi
Asoumpcionn
S. Roc
S. Mamès
Sta Elena
S. Ipoulita
S. Bernar
Sta Chantai
S. Pio V
S. Filipe B.
S. Bartoumiéu
s. Louis, r. F.
s. Seg'oundo
s. Cesari
s. Goustin
s. Mederic
Sta Rosa
S. Fiacre

F.n . ivoast
Figa e moust

wmmm mm

SBTÈMBRE
P. !.. lu 8, a' 4 oura 57
D. Q. lu 15, a 6 oura î&gt;l
N. L. Ju 22, a 3 oura 37
P. Q. lu 30. a 0 oura 08
SOULÈU. - - 1. 5 47V— c.

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Dim.
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S. Gili
S. Estève R.
Sta Eufemia
Sta Rosalia
S. Làuren J.
S. Pambon
S. Grat
Natiu, di' la V.
S. Oumer
S. Xicola
S. Félis
S. Veran
S. A nié
Es. (1. l.S. CtQUS
S. Nicomède
S. Conrneilla
S. Lanbert
S. Tournas V.
S. Janvié
S. Euslache
S. Matiéu
S. Maurici
Sta Tecla
S. Girar
S Firmen
S. Nil
S. iN'icandre
S. \\ inceslas
g. Miquèu
S. Jeromo

Lima setembrina
De mai clarina

MOT »

GRANDE MARQUE RECOMMANDÉE

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:
s
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7'02'

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Qüa.TRIÍJMí)
OUTOUBRE
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lu 8,
lu 15,
lu 22,
lu 30,

SOULÈU, — 1.

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oura 46 m,
oura 09m;
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— c.

6 06*

TRIMESTRE

NOUVÈMBRE
P. L. lu
6,
D. Q. lu 43,
N. !.. lu 20,
Q.
lu 29,

r.

SOULÈU. - -

1.

a
a
a
a

4 oura 48
8 oura 20
9 oura 49
2 oura 42
14'

—

c.

5 03'

1 dim. Rosari
1 div. Tout lu Sant
2 dim. S. ■ Léger
2 dis. Eu Mouorl
3 dij. S. Rosari
S. Ubert
4 div. s. Francès d'A. 43 Dim.
dil. S. Carlo B.
5 dis. s. Placido
5 dim. Sta Bertila
6 Dim. s. Bruno
6 dim S. Leounar
7 dil. s. Serge
dij. S. Nestou
/
8 dim. Sta Reparada
8 div. Lu Quatre Incou.
9 dim. S. Denis
9 dis. S. Teodore
10 dij. s. Francès B. 10
Dim. S. Jacintou
11 div. s. Tarasco
11 dil. S. Martin
12 dis. s. Counrad
12 dim. S. René
13 Dim. s. Edouard
13 dim. s. Stanislas
14 dil. s. Calisio
14 dij. S. Pantena
15 dim. Sta Teresa
15 div. Sta Gertruda
16 dim. S. Ospici
16 dis. S. Edme
dij.
17
Sta Edvija
17 Dim. S. Gregori
18 div. S. Luc
18 dil. S. Alfè
19 dis. S. Pèi re
19 dim. Sta Babeta
20 Dim. S. Agrico)
20 dim. S. Edmon
21 dil. Sta Ursula
21 dij. Présent, de la V.
22 dim. S. Filip
22 div. Sta Cecilia
23 dim. S. Teodoret
23 dis. S. Clemen
24 dij. s. Mairloire
25 div. ss. Crespin-Cr. 24 Dim. Sta Flora
26 dis. s. Jouan de K. 25 dil Sta Catarina
26 dim. Sta Pel fina
27 Dim. s. Frumence
27 dim. S. Maxime
28 dil. s. Alfredo
28 dij. S. Sostène
29 dim. s. Narcisse
29 div. s. Saturnin
30 dim. s. Marcel
30 dis. s. Andrièu
31 dij. s. Siri
En ùuloubre
\loii ponorc goûta loti rùare

Tonssan ientra
St A n'driéu lou souorte

« wmmm

DESÈMBRE

s.
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P. L .
D. Q.
N. L.
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lu 6,
lu 12,
lu 20,
lu 28,

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1
2
3
4
5
6

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Dim.
dil.
dim.
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dis.

8 Dim.
9 dil.
10 dim.
11 dim.
12 dij.
13 div.
14 dis.
15 Dim.
16 dil.
17 dim.
18 dim.
19 dij.
20 div.
21 dis.
22' Dim.
23 dil.
24 dim.
25 dim.
26 dij.
27 div.
28 dis.
29 Dim.
30 dil.
31 dim.

1.

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6 oura 46 s.
4 our;i 40 s.
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A vent
Sta Bibiana
S. Francès X.
Sta Barba
S. Bassi
S. Nicola
S. Anbrosi
Imac. Conception
Sta Leoucadia
Sta Eulàlia
S. Damase
Sta Rosélina
Sta Lucia
S, Niçoise
S.
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Mesuiin
Adon
Olimpíada
Gatien
Ciprian
Filogone
Tournas

S. Onourat
Sta Vitòria
Cacha-fuec
Calèna
S. Estève
S. Jouan
SS. Inoucent
Sta Eleonora
S. Sabîn
S. Sàuvestre

Calena aufuec,
Pasca àu j'aèc.

sin -

GRANDE MARQUE RECOMMANDÉE

4 35

�- i6-

�- 17

-I

CROUNICA NIÇARDA
L'ABADÏA DE SAN POUON.— L'ABAT RANCE-BOURREY.
GLOFFREDO.

—

—

PÈIRE

A PREPAU DOU DIALETE NIÇART.

Ben qne pareissènt tardié, VArmanac Niçart s'empressa de
pourtà la siéu febla vous su tout cen que enteressa lou païs, sigue
au pounch de vista istoria loucala, pouesia, tradicioun, sigue
tamben su la taquinanta questioun dóu dialete niçart souvenri
fès pauvada e su la quala lu escritour mouderne soun luen d'estre
d'acordi.
Parlerai finda de M. l'Abat Rance-Bourrey, un beneditin qne
despi quauque an en ça mete à prouflt la siéu erudiciou n a nen
revelà de fach d'istoria inedieh. Se quauqu'un mérita d'estre
laudat es ben éu ; es en éu que VArmanac Niçart tressa la
pamoula de sapiença. En esprimant la nouostra recounouissença,
à l'Abat Rance-Bourrey, fen cen que touplen an denembrat,
vouoli dire de courounà lu siéu travail, frucha de ben de recerca,
dai quali obra sian fier d'avé prestat la prima ajuda. Pouden cità :
lou Discours sur le Monastère de Sainte-Claire de Nice, par Honoré
Pastorelli, publié d'après l'édition originale de Turin 1608, avec
une introduction et des notes ; — "Le Général J.-B.-M. D'Anselme" (Notices biographiques (1740-1792). E aquest'an
l'istorien nen douna — toujou de prima man — YExpulsion de
Mgr Valperga, evesque de Niça, au tèms de la Revoulucioun,
travail anoutat de peça curiouvi que sian urous de pouder metre
souta lu uès dei nouostre letour.
*
* *
Lou fach de l'annada, lou mai marcant, es estat aquéu de
l'Abadïa de San Pouon. Parlon de tout destruge pèr li basti an
siéu luec un espitau Pasteur... UArmanac Niçart es pas Penemic
dóu prougrès, ni men encara dei Bei-Art, ma si fa lou pious dever
de jougne lu siéu esfouors en aquelu dei siéu councitadin quo
l'istoria dóu passat passiouna, pèr que l'Abadïa de San Pouon
sigue counservada e classada couma mounumen istorique. En la
circonstança feliciti M. l'Abat Rance-Bourrey que mé rasoun s'e.s
demoustrat l'ardènt defensour autourisat que counouissen. La
siéu paràula es estada escoutada e lou Préfet de li Alpa-Maritima,
8

'

�— i8 M. de Joly — respetuous dei nouostri tradicioun — en ortie
avertit a proumès que l'Abadïa de San Pouon seria respetada e de
lèu si crusià pèr lou siéu classamen tra lu mounumen istorique.
Dóu resta vequi ce que l'Abat Rance Bourrey nen di su San
JPouon. Counsignen religiousamen li siéu paràula :
« L'Abbaye de Saint-Pons est le plus ancien monument relitgieux existant dans le Comté de Nice. Il y a dou^e cents ans que
sSiagrius y fonda un monastère. L'histoire de ce monastère est
jintimement liée à l'histoire religieuse, civile et économique de la
iville de Nice.
;
« Ce fut à Saint-Pons qu'en 1388 fut'signé l'acte réunissant
le Comté de Nice au Comté de Savoie. Les abbés de Saint Pons
ifurent pris dans les principales familles du Comté : les Badat, les
tLaugery, les Provana, les Lascaris, les Grimaldi, les Martelli, les
;Tournefort, etc. Plusieurs évêques de Nice furent abbés de Saint[Pons, en particulier Barthélémy Chuet (fin du xve siècle) et Jean
, Uriole, son successeur. Un autre abbé, Claude de Seyselle, fut
,évêque de Marseille, puis archevêque de Turin ; d'autres furent
cardinaux, tels Innocent Cibo, neveu d'Innocent VIII et de
f
;Léon X, et Paul Medeci de Cesis dont on voit encore l'inscription
(funéraire à Sainte-Marie-Majeure, à Rome.
:
« A la fin du xvir siècle, l'abbé de Saint-Pons était Pierre
•Gioffredo, le savant historien niçois. Enfin, un abbé de SaintiPons dont les Niçois n'ont pas encore perdu le souvenir, était
(l'abbé Spitalieri de Cessole qui a doté sa ville natale d'un établissement de bienfaisance si justement apprécié. La plupart des
pbbès de Saint-Pons et plusieurs évêques de Nice ont été enterrés
dans l'église ou sous le cloître et dorment aujourd'hui confondus
avec les moines leurs frères qui depuis dix siècles y sont enterrés.
« Les monuments funéraires ont disparu. Le temps a tout
(nivelé à Saint-Pons, singulièrement aidé cependant par la main
ides hommes. On connaît les dévastations commises par
Iroupes de François Ier et de Barberousse, plus tard par celles d
Catinat et par d'autres encore. Après chaque désastre, SaintPons a retrouvé une nouvelle vitalité et il y a à peine trois quarts
de siècle que Mgr Galvano y a fait d'importantes réparations.
;
« Saint-Pons n'est pas seulement une page de l'histoire de
notre pays, c'est un gros volume de cette histoire ; les Niçois
laisseront-ils dire qu'ils sont restés indifférents devant le danger
qui menace Saint-Pons ? Non, ils feront tous leurs efforts pour

�— 19 -

sauver de la destruction un monument qui doit leur être cher...
Je demande d'urgence le classement de l'Abbaye de Saint-Pons,
c'est-à-dire de l'Eglise et des bâtiments claustraux, comme monument historique. »
Lou councours de YArmanac Niçart es aquist. Emé fiertà e
au près de touplen de sacrifici faren respetà l'istoria dóu passat,
la lenga e lu escrich dei orne qu'an ilustrat lou nouostre bèu
pais.
*
* *
Despi quauque tèms, — maladia que reven per intermitença,
— la gran questioun de la grafia niçarda, de l'ourtougrafa, es
messa su lou tapis. De letra soun estadi publicadi, d'autri lou seran, e cresi qu'après ben de charra pèr dire pas gran cauva de
nóu, quasi dirii pèr predicà dintre lou Desert, noun restera
d'aquela discussioun, — Favén déjà coustatat, — pas gran cauva,
ren!... Cadun escrèu à la siéu moda seloun l'esprit dóu moumen,
e serii ben curious de counouisse aquéu que vendria nen dità
une metoda en nen dïen : « la mièu maniera d'escrièure lou
Niçart es la bouona». Discussioun scientifica que pòu passiounà
quauque lenguista, pas mai ; lou mihou es d'escrèure seloun li
letra ditadi pèr la prounouncia. Lou talènt pèr aquéu qu'escrèu
es de si laissà liège, de si faire acapi. Es qu'en en un entan que
frecuenta l'escola primària poudès li demandà autra cauva ?...
Perta de tèms que tout acò, vourria mai s'engenià à recercà lu
viei mot, espressioun, loucucioun courenti que la pous dóu tèms
a rabaïat, dounà au nouostre bèu dialete la coulou que dèu avè,
en respetant lu emprunt que pouden avè fach sigue à l'Italian, à
l'Espagnòu o à tout autre...
Un dialète noun dèu pas estre une lenga scientifica, encara
m en noun còu avè la pretencioun que sigue ouficiela, seria temerari ; lou dialete d'un païs dèu refletà lou caratere d'un'epoca que
lou tèms dèu respetà, enfin escrèure gramaticalamen, un noun
empedisse l'autre, e laissà à l'esprit, au goust lou coumplemen
d'un stile ouriginal, en de frasa councisi que flaton i'auriha.
Aquí fermi la discussioun, risqui de perdre la civada... l'an
que ven, se Diéu mi presta vida, v'en dirai d'autri e couma
d'usança que mi sigue permès de la vous souvetà : Bouona e
uroûva !
L'ARMANAC

NIÇART.

�20 —

LA CIGALA DOU BOUON DIEU
Una cigala dóu Bouon Dieu
Tout l'estiéu
E l'iver en la chambreta, —
L'aiguesias vista la lebreta ! —
Noun vivïa que d'amour
S'assetava su l'ounour;
La cigala cantarela,
Vau chanja de clientela,
Noun es courta d'amatour,
Que li viron tout au tour !
Ma l'ancien de la cigala,
De gros mot ven que s'embala ;
En l'auriha de la maire
Li ven tout aquéu bousin,
Que deja toui lu vesin
Sabon lou long de l'afaire
— Cenqu'as fach m'au tiéu tip ?
Di la maire enrabiada...
Bella Vierge encourounada !
Sera au mancou m'un bouon rie!!...
CH. CIAUDO

PROUVERBI, BOUOI MOT, COUNSÉU E DICH
Tèms d'iver noun ti fidar.
Lu màu dei enfan si garisson soulet.
Cau naisse pèr estre bèu, si maridar pèr estre rie, e mouri
pèr estre brave.
Per aver de raïn, eau caressar la souca.
Agnèu naissut
Vau un escut.
Dansa mihou ventre plen que rauba nova.
L'oumbra dou mèstre engraissa lou cavau.

�LOU MAGOT DE BERTOUMIÉU ISSUGA
O BEN

UNA RAISSADA DE MACAROUN
Conte menloanasqae trouvât dintre d'un armori
de ma nana e que /'Armanac Niçart es tirons de
transcrièure en niçart à Ventencioun dei sièu
fidèle lotour et lelrissa.

Bertoumiéu Issuga, mentounasque de viéia roca, abitava en
coumpagnia de sa mouhié, en carriera dóu Paumoulié. La siéu
frema, malurousamen, era sirnplaria e faia lou siéu desespoir.
Cada matin Bertoumiéu, avant de s'en anà au travail, li recoumandava de noun faire de bestialità. Cou vous dire que toui lu
dissata lou nouostre ome metia en un'armari pertuat dintre la
muraia lou gagne de la semana.
— Bertoumiéu ! pèr qu seria tout aquel argen, demandava
Marioun au siéu marit.
— Es pèr Madjou-long, castagnassa !
*
* *
Un jou Bertoumiéu partet pèr anar à la siéu campagna ;
devia même li restar doui ó très jou pèr souïnar e arousar lu
citrouniè. Marioun souleta matin e sera, s'assetava su lou banquet de la pouorta e faïa de bas... Un predinà veguet un ome
de statura mai que mejana, couma si di, un gran carcan. La
frema de Bertoumiéu lou fissa sensa parpelear, pi pihada d'un'
idea, li diguet :
— Moun bèu Moussu, sias bessai vous Madjou-long ?
Lou merlo pita e noun s'en laissa dire autre, léu li
respouonde :
— Noun vous troumpas pas, bella bruneta, sièu ièu Madjoulong !... Ma perqué mi faire tala demanda ?
Perqué ?... dou moumen que sias Madjou-long, intras su lou
cóu. Li a ja pas mau de tèms que moun marit a mes d'argen
amagat pèr vous...
E sensa mai de ceremounia li remeté lou mandiou dintre lou
quai lu sóu eron groupât. L'ome remercia e la s'esbigna lèu.
♦

* *

�Lou sera, Bertoumiéu arriva, la sièu mouhié li di.
— Sabes, ai vist ancuei Madjou-long !
E l'ome de cridar :
— Malurousa ! — m'en a fach encara una 1
Courre à l'armari, lou mandiou e Pargen, mouis !... Issuga
blastema pica dai pen, es décidât de si desiaire de la siéu frema
Lendeman, dóu téms qu'aissesta durmïa, li cuerbe lu uès emé de
pega de sabatié, pi la pihant pèr la man, la mena dapé dóu CapMartin. Arrivât aqui, Bertoumiéu fa mountar Marioun su d'un
nouguié el'abandouna. La paura, bòrnia, noun sabia doun si
trouvava, ni men encara ce que poudia faire.
En aquéu fra-tèms doui voulur venon s'assetar souta
l'aubre ; après aver abrat quauqui branca sequi pèr s'escaufar, pi
si meton à cuentar lou siéu argen.
La calou faguet delegar la pega que curbia Puès destre de
Marioun e aissesta de cridar :
— E d'un !
Lu voulur, d'estuc, s'isson d'emblée.
— Qu'es acó, diguet l'un.
— Un matagan, faguet l'autre.
La calou seguia á faire lou siéu efet pau à pau durbia Puei
senec.
— E de douî, diguet Marioun.
Dóu cou lu voulur escapon, laissant Pargen espantegat soubre
Perba.
Marioun coumença à li veire clar, cala da l'aubre e ramassa
Pargen, pi lèu s'en camina vers maïoun...
Lou sièu marit, pensierons, era assetat dapè dóu fuec, s'escaufant, fumant la sièu pipeta emé beatituda...
— Bertoumiéu !... o Bertoumiéu !... duerbe-mi, siéu iéu,
Marioun...
— Vai au diàu que ti pihe... ièu que cresii de m'en estre
despegouït...
Ma Marioun, toujou picava, un cóu noun asperava l'autre...
L'ome fenisse per li durbi...
— Ten ! regarda cen que ti pouorti.. . e Marioun pauva lou
sac su lou toulié. ..
Bertoumiéu, entartugat, cuenta Pargen e réfléchisse ; — Marioun es simplaria e deman la vila saupra Pistoria de la fouré . ..
Cóu que Bertoumiéu si dispegouïsse pèr empedi li marridi lenga
de bavar...

�— 23 —
Si mete la vesta, lou capèu e souorte fermant la pouorta i..
Faïa nuech dintre la carriera, ma sensa pena s'encamina
vers una boutiga e croumpa pèr mai de dès kilo de macaroun...
Ientra au sièu e di à la sièu mouhié de si metre au liech.
En tant que Marioun durmïa, Bertoumiéu fa bui lu macaroun, pi lu espantega su lu aubre dóu jardin... Lendeman de
matin la siéu frema, desveiada, si mete à la fenestra...
— O ! Bertoumiéu ! Bertoumiéu ! Vene un póu veire!... O
trest ! vè, a plougut de macaroun !...
— O vai fantauma !... n'as toujou una. .. Ten ! ten !... ma
es ver !...
*
* *

A quauque tèms en ça, Bertoumiéu l'avia previst, Marioun
countet à toui que lou siéu ome noun li picava plus, despi lou
jou qu'ela li avia pourtat de sac plen d'escut...
Lou juge aiguent audit parlar de l'afaire, mandet sounar
Bertoumiéu devant lou tribunal ; la siéu mouhié era estada
citada couma testemoni.
Lou juge. — Bertoumiéu, sias acusat d'aver gardât d'argen
que noun era vouostre.
— Iéu !... Ma moussu lou juge, lou negui ; sièu couma
sabès un travaiadou.. .
E Marioun de dire.
— Noun negar, Bertoumiéu, sabés ben qu'es ver ; es iéu en
persouna que t'ai pourtat la mouneda, qu'avii trouvât en la
fouré.. .
Lou juge. — Anas brave ome, noun negués.. .
— E quoura lou m'as pourtat ?... — Vous juri, Moussu lou
juge, que la miéu frema es fouola !...
— E lou sabes ben, Bertoumiéu, es lou jou que plouguet tant
de macaroun !
— Moussu lou juge aves jamai vist ploure de macaroun ?...
— Jamai ! moun beL amic respoundet lou juge que si tenia
lou ventre dóu rire — Amie, vèu que la vouostra frema es
fouola. .. sias aquitat !...
Bertoumiéu si retira emé Marioun... Noun aigueron plus
de disputa e vieugueron, pareisse urous e pèr longtèms !...
J. E.

�CANSOUN ANCIENNA

PÈR LOU

N'aurias pas vist la miêu fiha
Trin-trin
Lou galerin
A'aurias pas vist la miêu Jiha
Trois-wtrois
Le fils du roi
L'ai vista e l'ai baïada
Trin-trin
Lou Galerin
L'ai vista e l'ai baïda
Trois-trois
Le fils du roi.
Douna-mi la miêu fiha
Trin-trin
Lou galerin
Douna-mi la miêu fiha
Trois-trois
Le fils du roi.
Es aqnela la vouostra fiha
Trin-trin
Lou galerin
Es aqaela la vouostra fiha
Trois-trois
Le fils du roi.
La miêu fiha era pas lernia
Trin-trin
Lou galerin
La miêu fiha era pas lernia
Trois-trois
Le fils du roi
La miêu fiha era pas lua
Trin-trin
Lou galerin
La miêu fiha era pas lua
Trois trois
Le fils du roi.
N'es ni guercia ni poutinouva
Trin-trin
Lou galerin
N es ni guercia ni poutinouva
Trois-trois
Le fils du rois.

MAI

�La miéu fiha n'es pas borni a
Trin-trin
Lou galerin
La miêu fiha n'es pas bornia
Trois-trois
Le fils du roi.
Noun faïa pas belugueta
Trin-trin
Lou galerin;
Nonn faïa pas belugueta
Trois-trois
Le fils du roi.
La miêu fiha n'es pas emberrida
Trin-trin
Lou galerin
La miêu fiha n'es pas emberrida
Trois-trois
Le fils du roi.
La m iéu fiha n'es pas pigada
Trin-trin
Lou galerin
La miêu fiha n'es pas pigada
Trois- trois
Le fils du roi.
La miéu fiha noun es pas ranga
Trin-trin
Lou galerin
La miéu fiha noun es pas ranga
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha noun es pas louorla
Trin-trin
Lou galerin
La miéu fiha noun es pas touorta
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha n'es pas crouoada
Trin-trin
Lou galerin
La miéu fiha n'es pas croavada
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha n'es pas gibouva
Trin-trin
Lou galerin
La miéu fia n'es pas gibouva

�— 26 —
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha noun es foularana
Trin-trin
Lou galerin
La miéu fiha noun es foularana
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha n'es pas ingourda
Trin-trin
Lou galerin
La miéu fiha n'es pas ingourda
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha a pas lou peu de pi g nu
Trin trin
Lou galerin
La miéu fiha a pas lou peu de pig nu
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha noun es narvelouua
Trin- trin
Lou qalerin
La miéu ûha noun es narveloiwa
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha noun a la rougna
Trin-trin
Lou galerin
La miéu fiha noun a la rougna
Trois trois
Le fils du roi.
XXX.

PROUVERB1, BOUOI MOT, COUNSÈU E DICH
Qu duerme ben noun cregne li niera.
Qu vè pissar e noun pissa, crêpa de malícia.-'
Qu douna soun ben avan de mouri
Mérita de pati.
L'amour es lou paradis dei fouol.
L'amour es .la flou de la jouinessa.

�LA MOUORT DAU PAURE TOUNIN

Lou paure Tounin, malàut a setant'an, si presenta à l'espitàu
ma li respouondon que li a plus de plaça.
— Coumplet ! ! !
Quauqu'un li fa capi qu'em'un pau de proutecioun li pourria
intrar. Countrariat dei pas que cóu faire, Tounin vira lu taloun e
s'encamina vers la plaça Massena, piha lou tram, si rende da
Graugnard, à l'espitàu dei can, e li di :
— Moussu lou Veterinari, cresi d'estre un pau mai qu'un
can ?... En aquéu cas souîna-mi...
— Vous souînar aici, ma brav'ome perdés la testa. — Basta,
li di que n'a pas de liech pèrcourcar un crestian, que noun douna
de souin qu'ai bestia !...
Tounin, couma pensas, s'en souorte m'au couor gros e noun
sau plus à que sant si recoumandar. Era aqui au mitan dóu
camin, quoura en aquéu moumen arriba un landau, doun cala
una grossa dama, encapelada, aurias dich un ver foungi, segada
d'un varlet que pourtava religiousamen un can enfeloupat emé de
favour rosa au couol, tapat d'un tapis em'ai iniciala. En veèn
aquéu tablèu lou paure Tounin si lamenta, sangluta fouort.
— Qu'avès lou miéu brav'ome, li di la dama.
— Cen qu'ai Madama ?... trovi que lou vouostre can a mai
de chança que iéu. Li a cinquant-cinq an que travaii, pèr la premiera fès que siéu malàut, noun soulamen mi refuson à l'espitàu
dei estre uman, ma encara mi vèu picar la pouorta au nas èn
aquéu dai can.
— Quevoulès, lou miéu paur'ome, ai fach un vout de mimetre
à la Soucietà Proutetriça dei Animau, de pourtar touti li miéu
ecounoumia à la Caissa de secours pèr soulajar lou sort dei bestia.
Lou fau talamen ben, que vouguessi ben vous dounar un sóu
que pourii pas.
La dama li vira l'esquina e ientra couma un coupa-cisèu da
Graugnard. Tounin roumougna :
— Se ti veguessi en un cantoun ti dounerii mancou un gotou
d'aïga !... vièia sansuga !...
Tounin estrassinat, deble s'alonga un pau plus en là, su d'un
mouloun de peira. Quauqui oura après, couma soufrisia, n'ai-

�guènt ren en l'estomegue depi l'auba, coumençava d'aver lou
rangouioun, quoura passet un canipiè que li diguet :
— Que fès aquí, brav'ome ?
— Couma veès siéu aqui pèr tirar lu patoun. M'an refusat â
l'espitàu, même en aquéu dai can, noun mi resta que de mouri
su d'un mouioun de peira. — Avès un carnet su lou quai enregistras lu fach dóu jou, farias ben de li aloungar lou miéu testamen que poudès mentuar couma acô :
— « Bouon Diéu, se mi fes passar encara une fes sur la terra,
fe-mi naisse can au mancou, li aura une Soucietà Proutetriça dei
Animau que si crusira de iéu e pourrai estre amès en un espitau,
estre souïnat, faire bouona vida, menar une vida de can... »
ANT. ROLAND.

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VIGNE
A M. VALÉRE BERNARD.

Dans le ciel doux la Vigne ètreint les pals de buis.
Sous le pampre le merle alourdi des falernes
Tourne son col gris vair et ses paupières lemes
Qu'argenté la blancheur des immuables nuits.
O / fraîcheur, 6 beauté des Igs et des iris,
Que la Vierge éblouie avec les marjolaines
Cueille le soir venu aux vasques des fontaines
Pour colorer en fête, au crépuscule, l'Euis.
Narcisses, ébeniers, œillet et sensitive
Ah ! Versez en mon âme attiédie et pensive
L'orgueil qui souleva les clairs olympiens.
L'amour qui rafraîchit les Madones pieuses
Et qui vêt de clarté les snls athéniens
Et les ravissements des époques heureuses.
JEAN

PADOVANI.

Quauque souvèt :
Vous souveti la bouona annada.
Que siegue mihau que la passada.
Vous souveti la bouona annada acoumpagnada de touplcn
d'autri.

�Eglises et Chapelles de Nice
La vieille ville de Nice se trouvant sur la rive gauche du
Paillon, pour parler de ses églises, nous commencerons par son
église cathédrale, Sainte-Réparate, vierge et martyre, de celles du
canton Est, et en traversant la rive droite nous nous occuperons des paroisses du canton Ouest.
I. — L'Eglise Cathédrale du Diocèse de Nice est la paroisse
de Sainte Réparate, vierge et martyre, sous l'empereur Decius en
253. Sa fête est le 8 octobre. Cette église est au centre de la vieille
ville (8.500 âmes), Avant 1531 la Cathédrale était près du Donjon, plateau de Nice, et dénommée : Sancta Maria in platea,
dédiée à N. D. de l'Assomption. L'édifice actuel, dans son genre,
ressemble beaucoup à Saint Pierre de Rome, au Vatican. C'était
auparavant une simple église paroissiale
desservie par
les Bénédictins du Monastère de Saint-Pons, près Nice.
Dans son ressort se trouvent l'ancienne église de Saint
Jaume (Saint Jacques apôtre), jadis des P.P. Carmes, fermée
depuis 1903. Après le transfert du titre de paroisse à l'église de
Saint Juste, évèquc, au Gesu, elle fut placée sous la vocable de l'Annonciation de la Sainte Vierge, ainsi que la belle Eglise de la
Miséricorde, sur le Cours Saleya, jadis de Saint Gaétan, fondée
e
par les P.P. Theatins au XVIII siècle et cédée à la noble
confrérie des Pénitents Noirs.
La Cathédrale de Nice, paroisse Sainte-Réparate de nos jours,
fut comme l'ancienne au Donjon du Château {Sancta Maria in
platea), le théâtre de plusieurs f lits historiques mémorables dans
les annales de l'histoire de Nice.
II. — L'Eglise de Saint Jacques, an Gesû, dès son érection
en 1612, dédiée à Saint Juste, évêque. Sa fête est le 2 septembre.
En 1665 fut érigée en paroisse sous le titre de Saint Jacques le
Majeur, remplaçant la paroisse de Saint Jaume. On l'appelle
vulgairement le Gesù à cause qu'elle a été fondée et administrée
par les P.P. de la Compagnie de Jésus.
Appartiennent à cette paroisse les deux chapelles des confréries des Pénitents Blancs, la Sainte Croix, — confrérie la

�óo —
plus ancienne de Nice, — et des Pénitents Rouges, Saint Suaire
et de la Sainte Trinité ; l'Eglise du Couvent de là Visitation,
la chapelle de l'ancien séminaire, à la montée du Château, et
jadis l'Hospice franciscain avec chapelle de Saint Joseph des
P.P. Recollets de Cimiez, convertie en maison particulière.
L'Eglise du Gesù est d'ordre corinthien composite, cons truite sur le modèle de l'Eglise des Jésuites de Turin, dite
vulgairement les Saints Martyrs. ( 10.000 âmes).
A l'extrémité de la rue du Malonat, aux racines de l'ancien
château, on voit un oratoire à la Sainte Vierge Marie, sous le
titre de N. D. du Bon Secours. Les habitants de ce quartier érigèrent cet oratoire en l'honneur de la sainte Vierge, en reconnaissance du choléra en 1854.
III. — L'Eglise paroissiale de Saint Martin Evéque dite de
Saint-Augustin est la plus ancienne, elle fut bâtie sur l'emplacement de l'ancienne chapelle de Saint Martin (1205) et appelée
Saint-Augustin parce qu'elle était desservie par les Augustiniens
dont le couvent a été transformé en caserne. (Caserne Filley, près
l'ancienne chapelle Sincaire).
IV. — L'Eglise de Saint-Francois-de-Paule a été édifiée en
1736 d'après le plan de l'architecte
Guarini. En 1838
elle fut érigée en paroisse par décret de Mgr Galvano et appelée
aussi Saint-Dominique en souvenir de l'ancienne église paroissiale
de ce nom qui s'élevait sur la place Saint-Dominique aux lieux et
place de l'actuel Palais de Justice.
V*— L'Eglise du Port ou de l'Immaculée Conception. D'humble
origine. D'abord ce fut une fort modeste chapelle (1835), transformée agrandie par Mgr Galvano, et l'avocat théologue L. Mari
fut son premier curé..
VI. — L'Eglise Saint-Joseph nouvelle paroisse depuis 1911 la
première pierre fut posée le 19 mars 1911, bénie le 29 octobre et
ouverte au public le Ier novembre 1911 sous le patronage de Mgr
Chapon et dirigée par les soins de M. l'abbé Gabrielli.
A cette paroisse appartiennent la chapelle succursale de Saint
Joseph contigüe à l'Evêché, et la chapelle de Notre-Dame des
Anges sur l'ancienne route de Villefranche.
VIL — Saint-Roch. Cette église paroissiale dans la banlieue
de Nice fut érigée après la peste de r68r. Nice fut délivrée de ce
fléau par l'intercession de saint Roch, confesseur, né et mort à

�- Si Montpellier. La paroisse est divisée en deux quartiers, Roquebillière
inférieure et Roquebillière supérieure, jusqu'à la chapelle de NotreDame de Bon Voyage.
VIII. — Rive droite du Paillon, intra muros, se dresse Notre Dame du Vau, paroisse Saint-Jean-Baptiste, qui remplace l'an
cienne église du même nom devenue chapelle inférieure du Lycée.
Cette belle église, vœu delà ville de Nice en 1835, mt érigée en
1842 et terminée en 1852 par Mgr Galvano, évêque de Nice.
La façade ressemble à celle élevée à Turin en l'honneur du retour
du roi dans les états Sardes en 1814.
IX. — Saiiit-Pierre-d' Aréna remplace une chapelle située à la
Croix de Marbre. Elle fut érigée en paroisse en 1803 par Mgr
Colonna d'Istria. Elle doit son nom à ce fait, c'est que lors de sa
fondation elle se trouvait sur le rivage de la mer séparée par une
bordure de sable fin.
X. — Une ancienne chapelle de Sainte-Hélêne-l'Inspiratrice
existait dans ces parages. Elle fut remplacée en face la mer par
une église sous l'épiscopat de Mgr Recrosio (1727).
Six paroisses « extra muros » dépendent de la commune de
Nice.
Sainte-Marie Magdeleine, sise dans le vallon de Magnan, édifiée sur l'emplacement d'une chapelle de même nom, érigée en
1626 et dite vulgairement chapelle « dei cassaire » à cause du
grand nombre de chasseurs. Après le concordat de 1803 sous
l'épiscopat de Mgr Colonna d'Istria, ce quartier qui depuis 1771
dépendait pour le spirituel de la cathédrale fut érigé en paroisse.
Il existe encore aujourd'hui une chapelle de Notre-Dame du Bon
Conseil changée en demeure particulière . Bientôt le besoin de
la population augmentant, une église sera bâtie à la cité Robiony
par les soins du curé actuel de la Madeleine.
Plus à l'est de la ville, toujours dans le canton ouest ce
l'Arquet, se dresse la paroisse de l'Ariane dédiée primitivement à
saint Arnoux, évêque et à saint Pierre, apôtre. Elle fut érigée en
paroisse en 1809 sous l'épiscopat de Mgr Colonna d Istria. Dans
son ressort se trouve l'ancienne chapelle nécropole de l'Abbadie
fondée en 1635 en l'honneur de sainte Claire pour le besoin spirituel de 450 à 500 habitants qui appartiennent aux communes
de Nice, Cantaron Saint-André. Localité d'avenii et à laquelle
le chemin de fer Nice-Coni donnera une valeur stratégique.

�— 32 —
Gairaut avait au moyen-âge une chapelle de secours desservie
par les religieux chevaliers de l'ordre du temple au début, et par
la suite de Rhodes et de Malte. Sous l'épiscopat de Mgr François
Rosini de Martinengo la chapelle fut érigée en église paroissiale
sous le vocable de saint Sauveur o*u de la transfiguration du
Rédempteur.
Dès 1730 les P. Dominicains de Nice fondent à Saint Pancrace un sanatorium pour religieux martyrs avec chapelle en
l'honneur de Saint Pancrace martyr. Cette chapelle est érigée en
paroisse en 1848 par Mgr Galvano.
Sur le couchant de Saint-Pancrace on trouve la paroisse de
saint Roman . martyr ; l'ancienne chapelle fut érigée en paroisse
ainsi que celle de saint-Antoine de Ginestière en 1803 sous Mgr
Colonna d'Istria.
VALENT IN.

NOU VÉ
Tu Çatarina fai lou pan.
Mdumen de jota, d'alegressa,
Fes audi da toui lu couor :
Lu ange canton l'alegressa,
Fuges l'infer, Juges la mouorl.
Chntou !
L'aarika sabla, li a quaucaren aici vesin,
Sembla que senti li joia d'un festin ;
Audi lu tambourin de laen,
Lu Jlajoulet e li musela,
Lu pastre van à Bethelen
Laisson la cabana soaleta ;
Santo nuech, venes aléa nen ralegrà,
Pourtas à toui la pax et la tranquilità !
Tu Catarina fai lou pan,
Manda Lucrecia au safran,
Despende aléa lou lauvaniè,
Chapla la blea su lou taatié ;
Crala de froumai e roumpe d'iiu
E fai la iourta couma fou,
Ché n'aiguen toui en aboundança (bis)
Santa nuech, venes alèu nen ralegrà,
Pourtas à toui la pa.x e la tranquilità .'
En tant faguen etnb'au vesin
t ua santépér lou Bambin,
Toucan lou gotou de bouon vin,
Ernb'aa vesin pér lou Bambin
Ti-ri-tin-tin ! -tinTi-ri tin !

�— 3Î —

L'Expulsion de Mgr Valperga
fEN SEPTEMBRE

1792)

Le 12 octobre 1780 h population de Nice se pressait aux
abords de la porte Pairoliëre pour y recevoir en grandes pompes
le nouvel évêque Charles-Eugène Valperga di Maglione. Ce
prélat avait couché la veille selon l'usage antique à l'abbaye de
Saint-Pons et devait faire ce jour là son entrée solennelle dans
sa ville épiscopale.
Le cérémonial imposant avec lequel on avait reçu jusqu'alors
les évêques fut encore cette fois observé. L'accueil de la population entière fut des plus chaleureux au rapport de Pierre Scaliero
qui en fut témoin (1). Le nouvel évêque, qui remplaçait Monseigneur Astésan nommé archevêque d'Oristano en Sardaigne,
appartenait à une famille de vieille noblesse dont plusieurs membres avaient exercé, à Nice, des fonctions importantes (2). Il
(1) Voir aux Archives municipales le récit détaillé que ce chroniqueur en a laissé dans ses Mémoires. Pierre Scaliero mourut en 1805.
(2) Jacques Valperga, conseiller ducal, fut lieutenant du gouverneur de Nice en 1454 ; Thoma5 Valperga fut gouverneur du château de Nice en 1565 ; Jean Valperga fut également gouverneur de
Nice en 1596 ; Jérôme Valperga fut commandeur du château de
Nice en 1600 ; Pierre Valperga, frère de Jacques Valperga, était
chevalier de Malte (Arch. municipales, registre des gouverneurs,
commandants et chevaliers de Malte) ; Anne Valperga, fille dAmédée
Valperga, épousa, le commandeur de Malte Jean-Paul Lascaris.
(Voir son testament daté de 1683, arch. des Alpes-Maritimes,
registre B, 297.) Joseph Ignace de Valperga reçut de son oncle, Emmanuel Philibert Chiotera, mie partie du fief de Couaraze dont il fut
investi le 20 février 1753. Son fils, Vincent, céda ses droits à H. Novelli. Jérôme Valperga fut sénateur à Nice de 1761 à 1765, puis
ministre plénipotentiaire de Sardaigne à Gênes en 1780 ; plus tard
il fut ministre etsecrétaire d'Etat, ce dernier était le frère de l'évêque
de Nice et fils du comte François Valperga qui vivait encore en
1795Ees armoiries des Valperga étaient fascé d'or et de gueules, à
la plante de chanvre déracinée, d'argent et brochant. Le cimier
était un bouc naissant au naturel et la devise : « Ferme-toy ».
Nous reproduisons les armoiries de Monseigneur Valperga d'après celles qui se trouvent en tête du catéchisme édité par ses ordres
et dont nous devons le dessin à l'obligeance de M. Joseph Casai
(Extrait de 1' « Armoriai Artistique et Nrbiüaire », Ni.e, 1902.
3

�- 34était directeur du collège des Provinces à Turin, lorsque le roi
de Sardaigne le désigna, pour l'évêché de Nice. Il avait été sacré à
Rome où il avait fait ses études. Monseigneur Valperga se distingua immédiatement par sa vigilance et son activité : il releva
le niveau intellectuel et moral des prêtres de son diocèse et s'attacha à mettre en toutes choses la plus grande régularité. Dix-huit
mois après son installation, il publia un nouveau catéchisme
dont le plan avait été préparé par son prédécesseur ^i). Grâce à

ses relations cordiales avec la eour de Turin, il jouissait auprès
des autorités civiles de Nice d'une grande influence. Après douze
(1) Ce catéchisme en italien fut imprimé à Nice par la Société
Typographique. C'est un petit volume in-douze de 612 pages, portant
la date de 1783. En tête se trouve le mandement de Monseigneur
Valperga du 16 février 1782 qui approuve le travail terminé par
le prêtre auquel Monseigneur Astésan en avait confié le soin, ordonne
sa publication et règle l'organisation des catéchismes dans tout le
diocèse. Deux ans plus tard en 1785, Gabriel Floteront, imprima
un autre catéchisme rédigé en dialecte niçois, petit volume in-12
de 228 pages. Un exemplaire de ces deux ouvrages existe à la biblio
thèque de Nice. — Voir Villarey, Série Cronològica dei Vescovi
di Nizza. — Art. Valperga.

�-35 années de séjour dans cette dernière ville il s'était acquis l'estime
et le respect de tous.
*

• *

Lorsque le 28 septembre 1792 dans l'après-midi, les troupes
piémontaises évacuèrent Nice, il y eut dans cette ville une effroyable panique et des milliers d'habitants s'enfuirent dans la direction de Turin. Ce fut un désarroi et une désorganisation complète de toutes les autorités. iMonseigneur Valperga resta à son
poste et s'engagea à ne point quitter la ville. Le lendemain samedi
29 septembre, il accompagna le second consul Honoré Saissi et
quelques membres du Conseil qui se rendirent, vers les onze
heures du matin, à la villa Feraudi, au quartier St Hélène, pour
offrir les clefs de la cité au général d'Anselme qui venait d'y
arriver à la tête des troupes françaises. Le général fit à la délégation assez bon accueil, mais il s'étonna de trouver parmi ses membres, l'évêque dont la place déclara-t-il n était pas là. Du reste,
d'Anselme attacha si peu d'importance à la démarche îles magistrats niçois que dans aucune de ses dépêches officielles il n'en fit
mention.
Sur le soir du même jour, la petite armée française faisait son
entrée dans la ville et le général s'installait dans la maison du
consul de France à la place St Dominique. L'évêque de Nice qui
tenait à rester au milieu de ses diocésains se présenta de nouveau
vers les huit ou neuf heures du soir chez le général auquel il voulait recommander ses prêtres en lui demandant des respecter les
églises. Le général était entouré de tout son état-major, du consul
de France, Pierre Le Seurre, de Honoré Saissi, second consul, de
Féraudi, secrétaire général de la commune. Ces deux derniers
venus probablement pour appuyer les demandes de l'évêque.
L'accueil du général ne fut pas plus encourageant que la première fois ; il intima même avec insistance au prélat l'ordre de
quitter ta ville en ajoutant que le plus tôt serait le mieux et ce
fut sur ces dernières paroles que l'évêque se retira après avoir toutefois reçu du général la promesse que tout ce qu'il laisserait dans
son palais serait placé sous la sauvegarde de la Nation française.
Il n'y avait pas à tergiverser, l'ordre était formel et pressant, il
fallait partir. L'évêque prit ses dernières dispositious et délégua,
au curé de la cathédrale, le chanoine Honoré Navello, tous les
pouvoirs nécessaires pour administrer le diocèse en son absence.
Aux premières lueurs du jour, Valperga quitta son palais, et se

�— 36 dirigea à pied vers la porte Pairolière. Il avait été impossible de
trouver une voiture car tous les moyens de transport avaient été
réquisitionnés et utilisés le 28 septembre pour permettre l'exode
des habitants terrorisés. Il avait ordre de partir, mais cet ordre
n'ayant pas été donné par écrit, les volontaires marseillais, de garde
à la porte de Turin, refusèrent de le laisser passer, l'accablèrent
d'injures, le menacèrent même de le pendre et ne consentirent á
le lâcher que sur un ordre écrit, sollicité et obtenu du général,
grâce à l'intervention courageuse et au sang-froid d'un jeune
niçois, Joseph Castellinard. Monseigneur Valperga se retira à
Turin et y mourut en 1805 sans avoir jamais pu obtenir l'autorisation de rentrer.
*

* *

Il est établi par les documents officiels contemporains que
Monseigneur Valperga ne quitta son siège que sur les ordres arbitraires du général d'Anselme et ces mêmes documents nous
renseignent très exactement sur les incidents fâcheux qui se produisirent au départ de l'évêque. Du reste, on n'ignorait pas à Nice
comment les choses s'étaient passées et la population savait grê à
Valperga de son attitude et de sa fermeté. De son côté, Valperga
avait eu confiance dans la parole à lui donnée par le général au
nom de la Nation française et à plusieurs reprises il manifesta
son étonnement qu'elle n'ait pas été gardée, que ses biens aient
été confisqués, son mobilier vendu, son nom inscrit sur la liste
des émigrés alors qu'en partant il n'avait cédé qu'à la force.
Parmi les nombreux documents qui se trouvent soit aux archives de Nice, soit aux archives nationales il en est quelques-uns
dont la simple reproduction sera plus probante que tous les corn,
mentaires. Il_suffira de citer :
•i° La lettre du Directoire des Colons Marseillais en date du
25 février 1793, adressée aux citoyens Blanqui et Veillon, députés
extraordinaires de la ville de Nice à Paris, au sujet des réclamations présentées le 23 du même mois par Jean-Jacques Donny, au
nom de Mgr Valperga.
20 La réponse du même Directoire à J.-J. Donny, en date du
26 février 1793.
3„ L'arrêté du Département en date du 13 avril 1793.
40 La réclamation présentée au Directoire du département

�Valperga, aussitôt après son inscription sur la liste des émigrés de
la ville de Nice, dressée à la fin de juin 1793.
50 Les états de frais pour l'inventaire et la vente du mobilier
et effets de « l'émigré Valperga Maillone, citoyen évêque » approuvés par le département des Alpes-Maritimes, le 5 germinal an
III (25 mars 1795).
6° Les actes de notoriété dressés le Ier et 2me fructidor an III
(18 et 19 août 1795) par Gautier, juge de paix à Nice, à la requête de Pierre-Joseph Passeron, agissant en qualité de procureur
subrogé par Nicolas Giorni, procureur spécial et général de Mgr
Valperga, par acte de procuration reçu à Turin le 20 juillet 1795,
notaire Pierre-Joseph Bernochio.
70 La pétition adressée au district de Nice le 4 fructidor an III
(21 août 1795) par Pierre-Joseph Passeron, demandant la radiation du nom de Valperga sur la liste des émigrés.
8° L'avis du district de Nice en date du 5 vendémiaire an IV
(27 septembre 1795) déclarant que Mgr Valperga doit être rayé
de la liste des émigrés.
90 L'arrêté du département des Alpes-Maritimes, en date du
14 prairial an V (2 juin 1797) ordonnant la radiation provisoire
du nom de Valperga de la liste des émigrés.
io° L'acte de cautionnement dressé par le département le
11 fructidor an V (28 août 1797), à la requête de Pierre-Joseph
Passeron, procureur de Mgr Valperga en exécution d'une des
clauses de l'arrêté du 14 prairial an V (2 juin 1797).

�- 38 —

DOCUMENTS ET PIÈCES D'ARCHIVES

Pièce 1.

25 février 1793
Aux cit. Blanqui et Veillon
Une lettre du cit. Donny, associé du citoyen LeClerc, défunt président de l'ancienne administration
provisoire, dont vous avez ci-inclus l'extrait ( 1 ), nous
fait connaître que le cit. Valperga, évêque de Nice,
laissa avant son départ (ordonné à son retour par
Anselme) dans sa maison pour environ 34.000 livres,
argent monnayé, et environ pour 17.000 d'effets en
vaisselle, linge, batterie de cuisine etc.
Une portion de ces effets se trouvent encore dans
ladite maison, sous l'inventaire que nous en avons
fait dresser par les commissaires de l'une et l'autre
administration, lorsque nous avons été installés, mais
il s'en faut de beaucoup qu'elle puisse arriver à la
somme de 17.000 livres, pas même le tiers.
Quant à l'argent monnayé entré dans la caisse du
receveur de l'ancienne administration, nous n'y
voyons point la somme que ledit Evêque désigne
avoir laissé dans sa maison. Nous vous remettons cijoint un extrait de l'état des sommes' que le cit.
Bonnet a reçu en espèces, pendant toute sa gestion
de receveur et trouvées parmi les effets des émigrés
français et niçois.
Nous ne voulons rien préjuger sur l'assertion du
cit. Valperga, quoique nous ayons des indices frappants de vérité. Ce ne sera que lorsque nous aurons
pu les convertir en preuves par le témoignage de
quelques citoyens que nous nous procurerons, pour
pouvoir en demander la restitution et la poursuite
contre le pillage.
En attendant, noùs croyons devoir vous faire part
de cette découverte que nous allons communiquer au
Président de la Convention Nationale et au Ministre.
Arch. des A. M. Registre de la correspondance du
Directoire des Colons marseillais L. 5.
Cet extrait manque au registre ainsi que les autres pièces
énoncées dans celte lettre.

�-hLe 2érae février 1793.
Au citoyen Donny, négociant à Nice
Pièce 2.

Votre lettre du 23me de ce mois, citoyen, nous
demande des renseignements sur le temporel du
citoyen Valperga, Evêque de Nice. Nous allons vous
transmettre tous ceux qui sont à notre connaissance
L'administration provisoire en choisissant l'Evêché
pour le lieu de ses séances, vint s'y établir dans les
premiers jours d'octobre, et tout nous porte à croire
qu'elle ne fit aucun inventaire des effets qui s'y trouvaient, du moins nous n'en avons trouvé aucun dans
les papiers qu'elle nous a remis.
En succédant à cette administration provisoire,
uous avons cru que notre premier devoir était de faire
un inventaire de tout le mobilier renfermé dans la maison épiscopale. Nous y avons successivement procédé
en présence des administrateurs provisoires et à mesure qu'ils nous en remettaient les clefs. Tout le mobilier qui s'y trouvait, ne consistait guère qu'en
meubles meublants et ne nous paraît pas avoir la
valeur de 17 mille livres que l'Evêque lui donne.
Vous pourrez, si vous le jugez à propos, faire prendre
à notre secrétariat une copie de cet inventaire. Tout
ce. qui n'est point renfermé dans les appartements
que nous occupons au premier étage, a été laissé à la
garde de Jean Poma, ancien concierge de l'Evêque et
le nôtre.
Pour nous éclairer sur les 34.000 1. argent monnayé que l'Evêque doit avoir laissé en sa maison,
nous avons écrit au cit. Bonnet, receveur de l'administration provisoire, pour lui demander un état des
sommes en numéraires versées dans sa caisse, comme
ayant été saisies et trouvées parmi les effets des Emigrés français et niçois. L'état qu'il nous a remis ne
monte qu'à 74121. 16 s, et aucun article n'a du rapport
avec les réclamations du citoyen Valperga.
Quant à ce qui concerne personnellement le
citoyen, nous avons demandé au Ministre de l'Intérieur de vouloir bien nous dire la manière dont nous
devions l'envisager. Nous savons qu'un ordre arbi-

�— 40 —
traire de Danselme l'obligea de quitter Nice, le jour
de l'entrée des Français. Mais nous pensons aussi que
la proclamation des Commissaires de la Convention
nationale de France et le décret de celle de Nice,
concernant les Emigrés, étaient des motifs suffisants
pour le ramener à son poste et le rassurer sur les
suites de son retour. En persistant à prolonger son
absence, il s'expose à être traité comme émigré, à se
voir déclarer déchu de sa place et confisquer tous ses
biens. Telle est la disposition de la loi, et quoique
nous ayons consulté le ministre sur le cas particulier
de l'Evêque, nous prévoyons que sa réponse sera de
nous en tenir à la rigueur des lois, ainsi que plusieurs
instructions nous l'ont déjà annoncé.
Vous sentez, citoyens, que tout le mobilier de
l'Evêque doit rester séquestré jusqu'à son retour ou à
la décision du Ministre. Il peut être tranquille sur la
conservation de tout ce que nous avons trouvé en
entrant dans sa maison. Ce qui a pu en être enlevé
avant notre entrée en fonctions, est étranger à notre
gestion. Mais nous employerons tous les moyens qui
sont en notre pouvoir pour en trouver les traces, en
acquérir les preuves et en faire punir les coupables.
Les administrateurs, etc.
Archives des A.-M., Registre
suivants.

,L. 5,/°7i verso et

Lettre des commissaires de la Convention
Nationale et arrêté du Département des A. M.
Nice, le 9 Avril 1793, l'an 1 Ie de la Repu bublique Française.
« Vous voudrez bien, citoyens, en nous envoyant
les noms et prénoms de l'évêque de Nice, nous instruire officiellement d'après les "dispositions des lois,
s'il est censé démissionnaire et son siège vacant.
« Les Commissaires de la Convention Nationale
au département des A. M.
GRÉGOIRE, JAGOT (I)

(1)

Archives des A. M. L. 29 ancien. L

7

actuel.

�— 4i (i3 avril 1793)
Le Directoire ; vu la réquisition du citoyen Procureur Général sindic « Considérant que Charles Eugène Valperga, évêque de Nice, n'avait point quitté
son domicile lors de l'entrée des troupes de la République ; considérant qu'il a lui méme-accompagné les
consuls d'alors quand ils furent présenter les clefs
de la ville et inviter le général Anselme à venir en
prendre possession au nom de la République ; considérant que le général Anselme par ses ordres arbitraires et tiranniques, accompagnés même de menaces contre ses jours, l'ont forcé de s'éloigner ; arrête
qu'il ne peut le déclarer émigré, et qu'il sera répondu
aux Commissaires de la Convention nationale d'après
les principes ci-dessus.. »
Sign : PAUMÉ ; BARLI FABRI ; F. CASTKLIMARD ;
ANGLES ; BERNARDI, secrétaire général. (1)
pjj

ce

^

Aux citoyens composant le Directoire du
département des Alpes-Maritimes..
22 juillet 1793.
Citoyens,
Le citoyen Jean-Jacques Donny, soussigné, chargé
des intérêts du citoyen Valperga, évêque de Nice
absent, ayant été informé que par votre délibération
du 29 du mois passé, ledit citoyen Valperga avait été
déclaré émigré, vous représente avec tous les égards

(1) Archives des Alpes-Maritimes, Registre L,. 3, folio 101. L'Arrêté n'est pas signé par le procureur syndic Jean-François Tourre
ni par l'administrateur Jean-L,ouis de Villiers qui ne partageaient
point l'opinion de leurs collègues. A noter que Tourre était d'Antibes
et que de Viliers était un médecin français établi depuis longtemps
à Nice.
I/Arrêté fut pris malgré le réquisitoire de Tourre qui voulait
déclarer Monseigneur Valperga émigré et malgré un violent discours de Villiers soutenant la même thèse qui fut combattue par
Barli Fabri, par Castclinard et par Anglès. J'ai déjà publié in-extenso
cette délibération du 13 avril T793 au cours d'un article sur l'église
de Nice en 1792-1793 inséré dans Nice Historique du Ier avril 1903,
C'est pourquoi je reproduis ici simplement la lettre des
commissaires et l'arrêté du département.

�- 42 —
dûs au pouvoir dont l'exercice vous a été confié par
le peuple souverain que le citoyen Valperga ne peut
ni ne doit sous aucun rapport être considéré comme
émigré, par les motifs ci-après :
i° Qu'il est de notoriété publique qu'il n'a quitté
le pays que contre son gré et par ordre du général
Anselme :
2° Qu'il a constamment été disposé et a offert
de revenir dans son diocèse, moyennant qu'il ne fut
assujetti à prêter qu'un serment relatif au temporel et
non au spirituel.
3° Qu'enfin et par la raison que n'étant point
indigène, mais étranger, son séjour ici n'a été dé terminé que par sa nomination à l'épiscopat, événement casuel qui n'a jamais pu le soumettre à l'obligation de renoncer pour toujours à sa mère-patrie.
Tous ces motifs, soit qu'on les prenne collectivement ou séparément, démontrent suffisamment,
citoyens administrateurs, le droit incontestable, qu'a
le citoyen Valperga de demander et prétendre la
radiation de son nom du tableau des émigrés, et si
le ministre de l'Intérieur n'a fait aucune distinction
entre lui et les autres citoyens, c'est sans doute qu'il
a ignoré les circonstances qui vous sont exposées
ci-dessus, et notamment la dernière, car s'il les eût
toutes connues, il n'est nullement probable qu'il eût
décidé comme il l'a fait. Toute hypothèse contraire
serait une injure faite à ses sentiments et à ses lumières. Un homme tel que lui, dont les vertus civiques, le patriotisme et les talents l'ont appelé au
poste aussi honorable que pénible qu'il occupe, doit
ressembler autant que possible à la Nation pour
laquelle il agit et qui l'a honoré de sa confiance.
Cette nation est grande, généreuse, magnanime,
juste et bienfaisante.Elle ne peut qu'êtreextrêmement
jalouse de sa gloire, et l'un des principaux devoirs de
ses agents est d'éviter soigneusement d'en ternir
l'éclat.
Le refus qui serait fait de rayer de la liste des
Emigrés le nom du citoyen Valperga, refus qui entraînerait avec lui la confiscation des minces propriétés de ce citoyen, serait un acte qui imprimerait à

�-

43

-

jamais une tache ineffaçable à la gloire du nom français ; tache qui ne pourra manquer de frapper également les yeux des contemporains et ceux de la postérité ; tache enfin que les historiens ne manqueront
pas de faire ressortir par des couleurs enluminées, et
le bel effet qu'un pareil tableau produirait, citoyens
administrateurs, serait votre ouvrage.
Mais non, loin de nous, cette idée ! Vous êtes
républicains ! cela suffit. Les républicains sont vertueux. Ils aiment, chérissent, protègent, respectent
la vertu partout où elle se trouve. Et le citoyen Valperga aussi est un homme vertueux ! Qui en doute ?
Nul bon citoyen, nul honnête homme. Souvenezvous, citoyens administrateurs, que ce n'est que par
ses vertus qu'il a mérité l'amour et l'affection du
peuple Niçois et non par sa qualité d'évêque. Et plût
à Dieu que tous les ecclésiastiques lui eussent ressemblé ! La France n'eut point éprouvé d'aussi horribles secousses, pour asseoir, affermir et assurer sa
liberté.
La République a incontestablement le droit de
renvoyer hors de son sein tout individu qui ne lui
convient pas, mais en renvoyant ainsi un étranger
qui, d'ailleurs, n'a pas encouru la peine de la confiscation de ses biens, elle lui permet de les emporter ou
de les vendre et d'en emporter le produit. Tel est
précisément le cas du citoyen Valperga.
L'exposant demande en conséquence, citoyens
administrateurs, qu'il vous plaise prendre dans votre
sagesse une délibération tendante à rendre audit
citoyen Valperga sa qualité de citoyen français non
émigré, à lui accorder un délai compétent pour rentrer dans ce pays soit comme simple citoyen ou
comme fonctionnaire public et à lui assurer dans
tous les cas la restitution de ses propriétés par lui
laissées sous la sauvegarde de la loyauté française
dans la maison épiscopale, lors de sa retraite forcée,
ou la juste indemnité de leur valeur. Et sera justice.
Nice, le 22 juillet 1793, l'an second de la République française, une et indivisible.
Jean-Jacques DONNY.
l
ARCHIVES NATIONALESF/ 4.867 , dossier Valperga.

�- 44 Pièce 5.

Etat de frais de vente pour parvenir à l'inventaire
et vente des effets de l'émigré Valperga Maillone,
citoyen évêque :
5 germinal an III (25 mars 1795)
Pour une séance de trois commissaires dont un du
District et deux de la Commission municipale, fixée
à trois livres par séance par le Directoire du district
et approuvé par les Représentants du
Peuple
L.
9 »
Papier timbré tant de la minute que
des deux extraits
»12
Pour la copie desdits deux extraits . .
» 8
Droits d'enregistrement
13 10
31

2

Nous soussignés certifions le compte ci dessus véritable.
Signés : J.-B. Thomaty, comm. du dist. ; Savigny,
comm. munie. ; Mabil, comm. municip.
Frais de la vente :
Pour quatre séances de deux corn missaires dont un
du District, un de la Commis, mun. sans le membre
de l'administration fixées à trois livres par séance par
le Directoire du district et approuvé par les Représentants du Peuple .
L.
24 »
Au trompette pour publication de
quatre criées
5 »
Au crieur à la vente, quatre séances .
12 »
Aux portefaix qui ont travaillé au
transport des effets
40 »
Papier timbré tant de la minute que
de l'extrait
1 »
Bougie
3 »
Droits d'enregistrement
27 »
Papier timbré du petit état
» 4
A la femme qui a assisté à la vente
pour l'arrangement du linge
» 12
L.
Signés : J.-B. Thomaty, comm. du
district ; Savigny, comm. municip.

1

159 6

�Vu par nous, membres composant la Commission
Administrative du district et d'après l'arrêté du district, approuvé par les Représentants du Peuple et la
loi du il et 12 Mars, arrête l'état des frais ci-dessus
se montant à la somme de cent cinquante neuf livres
trente centimes, qui seront acquittés par le receveur
du droit d'Enregistrement lorsque le Département
aura vérifié ledit état.
Nice, le 29 ventôse an 3"" de la République française une et indivisible (19 mars 1795).
(Suivent les signatures).
Vu l'état des frais ci-dessus pour parvenir à l'inventaire et vente du mobilier de l'émigré Valperga
Maillone ci-devant évêque.
Vérifié et arrêté par le Directoire du district de
Nice, la Commission Administrative du département
des Alpes-Maritimes approuve ledit état et ordonne
au citoyen Maussier, receveur de l'enregistrement
cîudit district de payer aux citoyens J. B. Thomaty
et Savigny, comm. la somme de 159 livres et 30
centimes pour montant des frais pour inventaire et
vente des susdits effets de l'émigré, laquelle somme
lui sera allouée en compte.
Fait à Nice le 5 germinal an 3me républicain ( 25
mars 1795).
Etat des frais pour parvenir d la vente du mobilier de
l'émigré Charles Eugène Valperga Maillone, citoyen
évêque.
Pour trente-neuf séances de trois commissaires
dont un du District et deux de la Commission municipale, fixé à trois livres par séance par le Directoire
du district et approuvé par les Représentants du
peuple
L.
351 »
A deux portefaix, dix-neuf journées et
demi chaque fixées à cinq livres par jour.
195 »
Au trompette pour publication de
trente-neuf criées fixées à une livre cinq
sols chaque
48 r 5
Au crieur à la vente, trente-neuf séan
ces fixées á trois-livres par séance ....
117 »

711 1$

�- 4* Report
Papier timbré tant de la minute que
de l'expédition
Pour copie dudit extrait fixé à quatre
livres
Papier timbré du présent état ....
Bougie
Droit d'enregistrement
Plus deux autres journées de portefaix à cinq livres
Un paquet de plume
L.

148
4
6
421

»
4
»
»

20
5

»
»

1.182

7

Nous soussignés certifions le compte ci-dessus,
véritable.
Nice, le Ier ventôse an 3me de la République (19
février 1795).
Signés : J.-B. Thomaty, commissaire du district ;
Savigny, comm. ; Honoré Mabil, comm. municipal.
Vu par nous, membres composant la Commission Administrative, de ce District, et d'après la loi
du 11 et 12 Mars 1793 (v. s.) et l'arrêté de cette
Commission approuvé par les Représentants en date
1^ Fructidor, oui l'agent national, arrête l'état des
frais se montant à onze cent huitante deux livres et
trente cinq centimes qui seront acquittés par le
receveur de l'agence de l'enregistrement sur le produit de la vente desdits meubles, lorsque le Département aura vérifié ledit état.
Nice le 29 ventôse an 3me de la République
française une et indivisible (19 mars 1795).
(Suivent les signatures).
Vu l'état des frais ci-dessus pour parvenir à la
vente du mobilier de l'Emigré Valperga Maillone cydevant évêque.
Vérifié et arrêté par le Directoire du district de
Nice.
La Commission administrative du département
des Alpes-Maritimes, approuve ledit état et ordonne

�— if au citoyen Maussier, receveur de Penregistrement
dudit district de payer aux citoyens J.-B. Thomati,
Savigni et Honoré Mabil, commissaires, la somme de
mille cent quatre vingt deux livres trente cinq centimes pour montant des frais de la vente des susdits
effets de l'Emigré. Laquelle somme lui sera allouée
en compte.
Fait â Nice le 5 germinal an 3me républicain (25
mars 1795).
Arch. des A. M. L. 15 ancien p. 44-45 N° 34-35

Actes de Notoriété
Pièçe g

1-2-fructidor an III
18-19 août 1795
EGALITÉ, LIBERTÉ

AU NOM DE LA LOI
Ce jourd'hui, premier Fructidor, l'an troisième
(18 août 1795 de la République française, une et indivisible, à Nice, chef-lieu du département des AlpesMaritimes, par devant Nous, Antoine Gautier Juge de
paix de la Ier, 2m" et 3me section et officier de police,
est comparu le citoyen Pierre Joseph Passeron, natit
tic la commune de Contes et habitant en celle de Nice
depuis plusieurs années.
Lequel en sa qualité de procureur du citoyen
Charles Eugène Valperga de Maillone, évêque de Nice,
subrogé par le citoyen Nicolo Giorni, homme de loi,
procureur spécial et général établi (par acte reçu) par
le notaire Pierre Joseph de Bernochio, le 20 Juillet
dernier (v. s.) qu'il présente, légalisé par le résidant
de la République de Gênes auprès de la Cour de Turin, dont il résulte le pouvoir donné au citoyen Giorni, de subroger en son lieu et place, avec tous les
pouvoirs compris au dit acte, et il présente au surplus l'acte de sa dite subrogation faite par le même
citoyen Giorni, reçu en la ville de Gênes le premier

�- 48 du mois d'août dernier (v. s.) par le notaire Antoine
Baglietto, légalisée par le consul de la République
française.
Il expose que le vingt neuvième jour de septembre
de l'année 1792, l'armée de la République, étant arrivée en cette ville, commandée en chef par le citoyen
général d'Anselme, lorsque ce général, vers le soir,
fut arrivé et il eut pris son logement dans la maison
habitée par le ci-devant consul de la République Le
Seurre, ledit citoyen Evêque Charles Eugène Valperga de Maillone s'y étant présenté, ledit général d'Anselme, en présence de tout son Etat-Major, lui signifia
d'abord de devoir partir de cette ville. Sur quoi le
dit évêque ayant répondu qu'il avait cru de pouvoir
continuer sa résidence en cette ville et tellement l'avait cru, qu'il n'avait jamais pensé de distraire et en
faire partir le moindre de ses meubles et effets, qu'il
avait dans la maison d'habitation de l'tvêque et que
si absolument il lui ordonnait de partir, il le priait de
lui accorder la sauvegarde sur tous lesdits effets et
meubles. Le dit général d'Anselme lui répliqua qu'il
dut absolument partir de cette ville, en ajoutant que
le plus tôt en serait le mieux, et qu'à l'égard de ses
meubles et effets qu'il avait, il les mettait dès ce ino
ment sous la sauvegarde et loyauté de la Nation française et qu'il pouvait en être tranquille, après quoi ledit
évêque Valperga de Maillone, tout tremblant, ayant
dit qu'il allait se conformer dès le lendemain au matin à ses ordres, se retira ; ledit général d'Anselme
lui ayant encore répliqué : le plus tôt sera le mieux.
Et comme il importe audit citoyen évêque Valperga de Maillone de constater le fait ci-dessus expo"sé, suivi en présence de tout l'Etat-Major dudit général d'Anselme et de plusieurs citoyens de cette commune, l'exposant, en sa dite qualité vous présente les
citoyens Pierre Le Seurre, ci-dessus nommé, ci-devant
consul en cette ville de la République, le citoyen Honoré Saissi de cette commune qui pour lors était second consul de la même commune, le citoyen Philippe Emmanuel Féraudi qui pour lors était secrétaire de
Ìa même commune et le citoyen Ange Giraudi aussi

�- 49 de cette commune, pour recevoir leurs dépositions
sur ledit exposé et vous fait instance que de tout lui
soit concédé acte, ce que nous lui avons accordé, et a
signé.
PIERRE JOSEPH PASSERON.

Et de suite se sont présenté les susnommés
citoyen Le Seurre, natif de Craon, âgé de 75
ans, bourgeois, le citoyen Saissi, âgé de 70 ans,
négociant, Emmanuel Feraudi, âgé de 68 ans, notaire, Ange Giraudi, âgé de 63 ans, négociant,
natifs et domiciliés dans cette commune, auxquels
après avoir fait lecture dudit exposé fait par ledit citoyen Pierre Joseph Passeron, en sa dite qualité, les
avons interpellés sur serment que leur avons fait prêter, conformément à la loi, de nous dire en leur âme
et conscience si tous les faits énoncés dans le même
exposé sont de leur connaissance et tous les quatre ont
répondu et attesté tant uniment que séparément en
être pleinement informés, s'y étant trouvés présents,
et que le tout contient la vérité, toute la vérité et
rien que la vérité. En foi de quoi ils ont signé :
LE SEURRE, HOSORI'J
SAISSI, PHILIPPE EMMANUEL FÉRAUDI,
ANGE

GIRAUDI.

Et nous, juge de paix, vu les dépositions ci-dessus, avons de tout concédé acte au susnommé citoyen
Pierre Joseph Passeron en sa dite qualité, pour lui
servir et valoir dans tous les cas, à ce que de droit et
de raison. Fait à Nice, l'an et le jour que dessus.
GAUTIER, juge de paix.
BONIFACI, sec. greffier.
Vu par nous, membres du District de Nice, 3 vendémiaire an IV rép. 25 sep. 1795, TOSELLI, JN COPPON
fils, VÉRANI pr. syndic, SAYTOUR Martin.

�— 5o —
EGALITÉ, LIBERTÉ.

AU NOM DE LA LOI
Ce jourd'hui. second jour de Fructidor de l'an 3
août 1795) de la République française une et indivisible, à Nice, chef-lieu du département des AlpesMaritimes, par devant nous, Antoine Gautier, juge de
paix de la iere, 2M* et 3ME section et officier de police,
est comparu le citoyen Pierre Joseph Passeron : natif
de la commune de Contes et habitant en celle de Nice
depuis plusieurs années
Lequel en sa qualité de procureur du citoyen
Charles Eugène Valperga de Maillone, évêque de
Nice, subrogé par le citoyen Nicolo Giorni, homme
de loi, procureur spécial et général établi (par acte
reçu) par le notaire Pierre Joseph de Bernochio, le 20
Juillet dernier (v. s.) qu'il présente, légalisé par le résidant de la République de Gênes auprès de la Cour de
Turin, dont il résulte le pouvoir donné au citoyen
Giorni, de subroger en son lieu et place, avec tous les
pouvoirs compris audit acte, et il présente au surplus
l'acte de sa dite subrogation faite par le même citoyen
Giorni, reçu en la ville de Gênes le premier du mois
d'août dernier (v. s.) par le notaire Antoine Baglietto,
légalisée par le consul de la République française.
Expose : Primo, que le matin du trente septembre 1792, le citoyen Charles Eugène Valperga de
Maillone, évêque de Nice, en partant de cette ville
avec deux domestiques à sa suite, qui portaient un
paquet et quelques effets, fut arrêté à la porte qui conduit en Piémont, ci-devant nommée porte Victoire,
et conduit au vestibule de la maison presque attenante
à ladite porte, appartenant au citoyen Dominique
Castellinard, où se trouva le citoyen Joseph Castellinard, fils dudit Dominique, et malgré que ledit Evêque Valperga déclara aux soldats de la Garde de la
dite porte qui étaient des Marseillais, que c'était en
conséquence d'ordre qui lui avait été signifié par le
citoyen général d'Anselme qu'il partait de cette ville,
lesdits soldats commencèrent par le malmener et lui
(19

�signifier qu'ils voulaient le pendre et ayant ouvert
ledit paquet et y ayant trouvé entre autres effets, une
ceinture d'évêque, ils déterminèrent, à l'instant, de le
pendre avec ladite ceinture, et ayant essayé si la même
était assez forte pour le soutenir, en la préparant, elle
se fit en lambeaux, de façon qu'ils vérifièrent qu'elle
ne pouvait leur servir et demandèrent audit Joseph
Castellinard fils une corde, pour pendre ledit évêque,
à un grand anneau de fer qui était au plafond dudit
vestibule, servant â y passer une verge de fer pour
peser les marchandises, et ledit citoyen Castellinard
fils, leur ayant absolument refusé de leur donner de la
corde, en s'excusant qu'il n'en avait point, comme
dans tous ces entrefaits ledit évêque se trouve mal et
ne peut plus se soutenir, ledit Castellinard fils lui fit
apporter une chaise, par sa servante à qui quelques
uns de ces soldats donnèrent des coups de poing pour
avoir porté ladite chaise et le même Castellinard le
fit ensuite asseoir sur ladite chaise, en le soutenant,
parce qu'il ne pouvait se soutenir droit ; d'autant plus
qu'en attendant, lesdits soldats marseillais lui disaient mille exécrations, lui crachaient dessus et lui
donnaient des soufflets, et assurément ils l'auraient
fini, si dans cet intervalle un de ses domestiques
n'avait été dire au citoyen général d'Anselme ce qui
venait d'arriver, et ledit domestique étant venu avec
un billet dudit général d'Anselme qui ordonnait à la
garde de le laisser partir, puisque c'était de son ordre,
en conséquence de ce billet lesdits soldats marseillais
se bornèrent pour lors à lui dire et crier mille invectives et injures et le laissèrent partir, ce que ledit
évêque, malgré qu'il ne pût se remuer, à l'aide de ses
domestiques fit au mieux possible en tremblant, de
façon qu'il doit son existence au refus ferme et déterminé que ledit citoyen Castellinard fils leur fit de
leur donner une corde, sans quoi avant l'arrivée du
dit domestique portant l'Ordre du général d'Anselme, il aurait été pendu et étranglé.
Secondoque lefaitci-dessusfut d'abord public et notoire, de notoriété publique dans cette ville et encore
plui le lendemain premier octobre, puisque les autres

»

�— 52 —

soldats de la Phalange Marseillaise, arrivés sur le soir
dudit jour trente septembre, d'abord après leur arrivée
cherchèrent l'évêque qu'ils voulaient le lanterner et
mettre en pièces, comme ils s'expliquèrent hautement,
ce qui joint au fait arrivé dans ledit vestibule de la
maison Castellinard, étant devenu d'une notoriété publique donna l'épouvante à tous les gens honnêtes du
pays, qui disaient que le citoyen général d'Anselme en
ordonnant audit évêque de partir, en mettant sous la
sauvegarde de la Nation française ses meubles et ses
effets, avait voulu le sauver.
Et comme il importe audit citoyen Passeron, exposant en sa dite qualité, de constater par témoins le
fait ci-dessus exposé, il nous présente ledit citoyen
Joseph Castellinard fils de Dominique de cette commune, âgé de 21 ans, de profession, négociant, qui se
trouva présent au fait énoncé dans le Ier article de l'exposé ci-dessus, et au surplus informé de la notoriété
des faits énoncés au second et dernier chef, de ladite
exposition et il nous présente les citoyens Jean-Jacques Donny, natif de Neufchâtel en Suisse, âgé de 39
ans, de profession, négociant ; Joseph Poullan, natif
de Clavesana, en Piémont, âge de 48 ans, négociant ;
Jacques Gerbin, âgé de 60 ans, tailleur, Jean-Marie
Thaon, âgé de 56 ans, négociant, natifs et tous domiciliés en cette commune pour déposer sur ladite
notoriété énoncée dans ledit second fait exposé, pour
recevoir leurs dépositions, et nous fait instance que de
tout lui soit concédé acte, ce que nous lui avons accordé et a signé.
Pierre-Joseph PASSERON .
Et de suite se sont présentés les susnommés citoyens Joseph Castellinard, Jean-Jacques Donny, Joseph Poullan, Jacques Gerbin, et Jean-Marie Thaon,
ci-dessus qualifiés, auxquels après avoir fait lecture
dudit exposé fait par ledit citoyen Passeron, en sa
dite quálité, les avons interpellés sur serment, que
leur avons fait prêter, conformément à la loi, de nous
dire en leur âme et conscience, si tous les faits énoncés dans le même exposé sont de leur connaissance,

�- 53 et ledit citoyen Joseph Castellinard a répondu et
attesté en être pleinement informé pour avoir été
présent au fait exposé dans le i" article de ladite exposition, et pour avoir publiquement entendu dire les
faits énoncés dans le second chef qui était en cette
ville notoire de notoriété publique et lesdits citoyens
Jean-Jacques Donny, Joseph Poullan, Jacques Gerbin,
Jean-Marie Thaon, ont répondu et attesté tant uniment que séparément être pleinement informés de
l'énoncé dans le second chef de ladite exposition,
puisque les faits y énoncés étaient notoires, de notoriété publique en cette ville, et tous lesdits citoyens
ont respectivement attesté pour ce qui les concerne
que tout contient la vérité, toute la vérité et rien que
la vérité. En foi de quoi ils ont signé : Joseph Castellinard fils,Jean-Jacques Donny, Joseph Poullan, Jacques
Gerbin, Jean-Marie Thaon.
Et nous, Juge de paix, vu les dépositions ci-dessus,
avons de tout concédé acte au susnommé Pierre Joseph Passeron en sa dite qualité pour lui servir et valoir dans tous les cas, à ce que de droit et de raison.
Fait à Nice l'an et jour que dessus.
GAUTIER,
BONIFACI,

juge de paix.
sec. gref.

Vu par nous, membres Du district de Nice, le 3
vendémiaire anIV rep. (25 sept. 1795).
Jn. COPPON fils, VÉRANi, pr. syndic, TOSELLI, Saytour
MARTIN.

Arch. Nat. F

7

4867 *

�54 -

PÉTITION au DISTRICT de NICE
et AVIS de ce DISTRICT
ÉGALITÉ,

LIBERTÉ

5 vendémiaire
27 septembre 1795 an IV
AUX

CITOYENS ADMINISTRATEURS
DU DISTRICT DE NICE

Le citoyen Pierre Joseph Passeron, natif de la
commune de Contes, habitant en celle de Nice depuis plusieurs années.
Vous expose en qualité de procureur du citoyen
Charles-Eugène Valperga de Maillone, évêque de
Nice, subrogé par le citoyen Nicolo Giorni, homme
de loi, son procureur spécial et général fondé par acte
reçu dans la ville de Turin par le notaire PierreJoseph de Bernochio, le 20 juillet dernier (v. s) légalisée par le résident de la République de Gênes, près
la Cour de Turin, duquel il résulte le pouvoir donné
audit citoyen Giorni de subroger en son lieu et place
avec tous les pouvoirs compris dans le même acte,
qui se trouve copié mot pour mot dans celui de la
subrogation faite par le même citoyen Giorni, reçu
en la ville de Gênes le Ier du mois d'août dernier
(v. s* par le notaire Antoine Baglietto, légalisée par
le consul de la République française, le 13 Thermidor dernier (3 1 Juillet 1795), qu'il vous exhibe qu'étant arrivé dans cette ville le vingt-neuvième jour
du mois de septembre de l'année 1792, l'armée de la
République française, commandée par le citoyen général en chef d'Anselme lorsque celui-ci y fut arrivé
le soir et eut pris son logement dans la maison d'habitation du citoyen ci-devant consul de la République
Le Seurre, ledit évêque Charles-Eugène Valperga de
Maillone, s'étant présenté, le même général d'Anselme
lui signifia d'abord en présence de son Etat-Major de
partir de cette ville, sur quoi ledit évêque lui répondit qu'il avait cru pouvoir continuer sa demeure dans
cette ville et qu'à cet effet il n'avait jamais pensé de

Pièces 7 et 8

�- 55 distraire, ni faire partir le moindre de ses meubles et
effets qu'il avait dans la maison d'habitation de
l'évêque, que si absolument il lui ordonnait de partir,
il le priait de lui accorder la sauvegarde pour tous ses
dits effets et meubles, ledit général d'Anselme lui
répliqua : Le plus tôt sera le mieux, ce qui tout est
constaté par les attestations ci-jointes du premier et
second jour de fructidor dernier qu'il vous présente
également.
Qu'il résulte aussi par lesdites attestations, que
ledit évêque Valperga de Maillone fut forcé par ledit
général d'Anselme de partir de cette ville que tous
ses meubles et effets fussent mis sous la sauvegarde de
la Nation française et qu'étant parti le lendemain 30
dit septembre, il risqu'à d'être pendu ef étranglé paties soldats de la Phalange Marseillaise qui se trouvaient de garde à la porte ci-devant dite Victoire, ce
que tout fut d'abord notoire et de notoriété publique
dans cette ville.
Vous observe que ledit évêque Valperga est natif
du Piémont où il se retira et que s'il a résidé dans
cette ville, ce n'a été que pour raison de son ministère, que tout cela nonobstant il a été porté sur la liste
des émigrés, a été vendu la plus grande partie de ses
meubles et effets, et cela même nonobstant la préalable réclamation que le citoyen Jean-Jacques Donni,
chargé des intérêts dudit évêque avait fait à l'ancien
département par sa pétition du 22 juillet 1793 (v. s)
qui existe dans les Archives de ce district, résultant
ainsi que tout cela a été fait et opéré contre le droit des
gens et la sauvegarde de la loyauté française qui fut
promis audit évêque.
En conséquence, l'exposant demande en sa dite
qualité de procureur dudit citoyen évêque CharlesEugène Valperga de Maillone la radiation de son
nom de la liste des émigrés, la levée des scellés, la
restitution de ses propriétés et l'indemnité de celles
qui ont été distraites et vendues au nom de la Nation,
et sera justice.
(21 août 1795).

�- 56 Nice le 4me jour de Fructidor de l'an 3me de la
République française une et indivisible.
Signé : Pierre-Joseph PASSERON.
Vu la pétition ci-dessus du citoyen Pierre-Joseph
Passeron présentée au nom et comme procureur subs
titué du ci-devant évêque de Nice, Charles-Eugène
Valperga tendante à obtenir la radiation de son nom
de la liste des émigrés, la levée du séquestre et remission de ses effets restant ainsi que l'indemnité de
ceux qui ont été distraits ou vendus.
Vu une première pétition présentée à l'ancienne
administration du département par le citoyen JeanJacques Donni, au nom du citoyen Valperga en date
du 22 juillet 1793 tendante aux mêmes fins.
Vu la procuration en date du premier août 1793
(V. s.) faite à Gênes, par devant le notaire public Antoine Baglietti, légalisée par le Consul de la République française y résidant, ainsi que l'acte de procuration y inséré, en date du 20 Juillet 1795.
Vu l'attestation de quatre témoins faite avec serment par devant le juge de paix de la 1", 2"", 3me section de cette commune, en date du 1" Fructidor dernier '18 août 1795).
Vu autre attestation de cinq témoins faite par
devant le susdit Juge de paix, le 2 dit fructidor, aussi
sous serment.
Considérant que par la première des 2 attestations il est pleinement prouvé que le vingt-neuvième
septembre 1792, aussitôt après l'entrée de l'armée
française dans cette commune, le sus-nommé évêque
Valperga s'étant présenté au général d'Anselme qui
la commandait en chef, celui- ci lui ordonna d'abord
en présence desdits témoins et de tout l'Etat-Major.
u'il n'avait qu'à partir de la ville, et malgré que le
it évêque lui observa qu'il avait cru de pouvoir y
rester tranquillement et qu'à cet effet il n'avait fait
partir aucun de ses effets et meubles, le général lui
répliqua de partir absolument de la ville, en ajoutant
que le plus tôt serait le mieux, l'ayant assuré qu'à

a

�-5;l'égard de ses meubles et effets de sa maison, il les
mettait dès ce moment sous la sauvegarde et loyauté
de la Nation française et qu'il pouvait en être tranquille.
Considérant qu'il résulte par lesdites attestations,
et il est prouvé que l'évêque Valperga, d'après les
ordres précis et réitérés du général d'Anselme, partit
le lendemain 30 septembre de cette ville.
Considérant que par la susdite attestation du deux
Fructidor il résulte que l'évêque Valperga, au moment de son départ de cette commune, ayant été arrêté à la porte qui conduit au Piémont, par les soldats
qui y étaient de garde, lesquels tentèrent de le pendre,
il évita la mort par les soins du citoyen Joseph Castellinard, un des déposants, et il ne fut laissé libre que
d'après un billet du général d'Anselme, qui ordonnait à ladite garde de le laisser partir, puisqu'il s'en
allait de son ordre
Considérant que tous ces faits sont devenus de notoriété publique dans cette commune, dès le même
jour 30 septembre et Ier octobre suivant, ainsi que
quatre témoins l'ont attesté.
Considérant que le citoyen Valperga ne s'est absenté de cette commune et ci-devant Comté de Nice
que d'après les ordres du général d'Anselme auquel il
témoigna son regret.
Considérant que le départ du citoyen Valperga
ayant été forcé il ne peut pas être qualifié d'émigration.
Considérant que son intention de rester dans cette
commune est d'autant plus constatée, que le citoyen
Valperga a été le seul fonctionnaire public, il soit
resté à son poste, n'ayant soustrait aucun des meubles
et effets de sa maison, lesquels ont été ensuite distraits
et vendus par la Nation.
Considérant que le citoyen Valperga ne peut être
non plus considéré comme réfractaire aux lois de la
République, tandis qu'à l'époque de son départ de cette
commune, aucune loi de la République, surtout à
l'égard des ecclésiastiques, n'y avait été encore publiée
à laquelle eut pu contrevenir.

�— 58 —
Considérant que le citoyen Valperga ne pouvant
être considéré ni comme émigré, ni comme réfractaire, ne pouvait être privé de ses propriétés laissées
dans cette commune lors de son départ, sous la sauvegarde de la loi et de la Nation française qui lui fut
accordée par le général d'Anselme, et qui étant digne
de la loyauté de cette Nation, ne pouvait être violée
sans blesser le droit des gens.
Considérant au surplus, que le citoyen Valperga,
originaire piémontais, ne faisait sa résidence à Nice,
qu'à raison de son épiscopat, ce qui ne donne qu'une
résidence easuelle, et que sous tous les rapports, il
n'a cessé d'être étranger à l'égard du pays de Nice et
de la France.
Considérant que l'article 6, section deux, N° 2 de
la Loi du 25 Brumaire (15 novembre 1794) en déclarant émigrés les citoyens domiciliés dans le cidevant comté de Nice, qui sont sortis depuis le 27
septembre 1792, n'a point porté atteinte au droit des
gens dans la personne de l'étranger, qui se trouvait
dans ce même pays, où il n'aurait pas établi son vrai
domicile.
Considérant que le citoyen Valperga, qui avait été
forcé par le gouvernement de partir de Nice, n'a dû
plus y revenir dans le terme même prescrit par les
lois aux citoyens de la ci-devant Comté de Nice,
puisqu'il ne devait point imaginer qu'il fut compris
dans l'invitation, malgré qu'il ait été porté sur la
liste des émigrés.
Considérant que ce nonobstant, lorsqu'il sut qu'il
avait été porté sur la liste des émigrés de cette commune, s'est empressé de présenter sadite pétition
du 22 Juillet 1793 dans laquelle il demanda non seulement la radiation de son nom de ladite liste, mais
encore un délai convenable pour rentrer dans cette
commune, soit comme simple citoyen, ou comme
fonctionnaire public, ainsi que la restitution de ses
propriétés par lui laissées sous la sauvegarde de la
loyauté française dans la maison êpiscopale lors de sa
retraite forcée, ou une juste indemnité de leur valeur.

�- 59 Considérant finalement que,d'après toutes les circonstances sus-ênoncèes, aucune loi concernant les
émigrés ne peut être applicable au citoyen Valperga,
et que toutes celles qui pourraient le regarder relatives au séquestre des biens appartenant aux habitants
des pays en guerre avec la République française ont
été rapportées par le décret du 14 Ventôse dernier
(4 mars 1795). •
Le Directoire du district de Nice, oui le procureur syndic, est d'avis que le citoyen Charles-Eugène
Valperga ci-devant évêque de Nice ne doit point être
considéré émigré.
Qu'il doit être rayé de la liste des émigrés, que le
séquestre apposé sur ses propriétés doit être levé, qu'il
doit être réintégré dans la possession et jouissance
d'iceux, que tous receveurs ou dépositaires doivent
lui restituer les sommes qu'ils ont perçues, résultant
du produit desdites propriétés et qu'il doit recevoir
la juste indemnité des meubles et effets qui seraient
passés au profit de la Nation.
Fait à Nice, dans la salle des séances le 5me Vendémiaire an 4me républicain (27 sept. 1795). Signé
Saytour Martin. Verani,
procureur syndic, Angles v. prés.
Touzelly. Jn Coppon fils.
Enregistré au feuil. 20 registre des prévenus
d'émigration et signé BARRAIA, commis greffier.
Certifié conforme par nous Ve président et secrétaire du district Jn COPPON Fils V,-PRÉSIDENT
BARRAIA Cis greffier.
A rch. Nat. F 7 4867

2

�— 6o —

Pièce 9.

LIBERTÉ (vignette) ÉGALITÉ
BUREAU DES
ÉMIGRÉS

Extrait des registres des délibérations et arrêtés de
l'Administration Centrale du département des Alpes Maritimes.
(2

juin 1797)

Séance du quatorze Prairial an 5mf de
la République française une et indivisible.
Sur le rapport d-e la pétition présentée par le
citoyen Pierre Joseph Passeron, procureur fondé de
Monsieur Charles Valperga, ci-devant évêque de
Nice, dans laquelle il expose que ledit Charles Valperga n'a jamais dû être atteint des lois relatives à
l'émigration, soit qu'on le considère comme parti en
suite d'une force majeure, soit en sa qualité de piémontais et demande en conséquence la radiation de
son nom de la liste des Emigrés, sa réintégration
dans la possession et jouissance de ses propriétés et
une juste indemnité, des meubles et effets qui sont
passés au profit de la République.
L'Administration Centrale du département des
Alpes-Maritimes, considérant que M. Charles Valperga, comme piémontais, n'habitant Nice que pour
cause de son emploi, n'aurait jamais dû être porté
sur la liste des émigrés du département.
Que le seul motif qui a pu déterminer le général
d'Anselme à lui ordonner de partir de la ville de
Nice, ne peut avoir été que la susdite qualité de
piémontais.
Considérant enfin, que comme sujet du roi de
Sardaigne, il est dans le cas de jouir de l'article i,r
de la loi du quatorze nivôse an troisième, (} janvier
1795), ainsi que de l'article neuf de la loi du trente
Floréal an quatrième, (19 mai 1796).
Arrête, oui le commissaire du Directoire Exécutif
que le nom de Valperga, ci-devant évêque de Nice,
qui se trouve inscrit sur la liste des émigrés, sera

�— 6i —

provisoirement rayé ; que tout séquestre qui pourrait
avoir été mis sur ses biens sera levé, qu'il sera réintégré dans la possession et jouissance de ses propriétés,
et que toutes les sommes versées dans les caisses publiques, lui seront rendues, déduction faite des frais
faits conformément aux lois.
Fait et arrêté* en séance publique le jour, mois et
an que dessus.
Signé : Donny, président Payani, fils, Scudéry,
Oberti, Hancy (et en marge Gastaud commissaire
du Directoire Exécutif).
Certifié conforme à l'original par nous président
et secrétaire de l'Administration centrale du départemeni des Alpes-Maritimes.
DONNY, président
BELMONDI, sec. chef au bureau des émigrés.
Arch. Nat. F 7 4867 2

ACTE DE CAUTIONNEMENT
Pièce 10.

11 fructidor anV (2&amp; août 1797)
LIBERTÉ ÉGALITÉ
Ce jourdTiui 11 fructidor an 5 de la République
française une et indivisible (28 août 1797) par devant nous, membres composant l'Administration
centrale du département des Alpes-Maritimes, est
comparu le citoyen Joseph Passeron, natif de Contes,
chef-lieu de canton, domicilié dans cette commune,
procureur fondé de Monsieur Charles Valperga, cidevant évêque de Nice, en vertu d'acte de procuration du 20 juillet et premier août 1795 (v. s.) lequel
en sadite qualité, dépendamment à l'arrêté de cette
administration du quatorze prairial an cinq (2 juin
1797) portant que le nom de Valperga, ci-devant
évêque de Nice, sera provisoirement rayé de la liste
des émigrés, que tout séquestre qui pourrait avoir
été mis sur ses biens sera levé, qu'il sera réintégré
dans la possession et jouissance de ses propriétés, et

�— 62 —

que toutes les sommes versées dans les caisses publiques lui seront rendues, déduction faite des frais
faits, conformément aux lois, désirant de se conformer au porté par l'article 3 de la loi du 5 Brumaire
an 3 (26 octobre 1794) qui exprime que les prévenus
d'émigration seront tenus de donner caution solvable de la valeur mobilier, et ne pourront obtenir
leurs immeubles jusqu'à ce qu'il ait été définitivement statué sur leurs réclamations par qui de droit,
toujours en sa dite qualité a présenté pour caution le
citoyen François Grosson, marchand drapier de cette
commune, lequel ici prése.it et acceptant, s'oblige
conjointement et solidairement avec ledit Valperga
et pour celui-ci ledit Joseph Passeron, et sous l'hypothèque de tous leurs frens présents et à venir, à l'entière exécution de ce qui les concerne en la susdite
loi, et à la représention des mobiliers, effets et sommes à percevoir en dépôt que besoin sera, et quant
aux mobiliers invendus et en dépôt seront soumis
d'en représenter la valeur à laquelle seront estimés
par experts, préalable rémission.
Et nous, administrateurs susdits approuvant lesdits
cautionnement et acte de soumission, à la réquisition
dudit citoyen Joseph Passeron, avons dressé le présent acte que toutes les parties ont signé avec nous,
ayant au préalable fait renoncer audit François Grosson au droit de premier convenir.
Fait à Nice les jours, mois et an que dessus.
Joseph

PASSERON,

François GROSSON,
prés., PAYANY FILS,
MARUN-SAYTOUR, sec. en chef

HANCY, DONNY,
P.

Acte original sur timbre de 20 centime*.
Arch. Nat. F

7 4867^

�— 63 -

CONCLUSION

Il était avéré pour tous, dans la ville de Nice, que Mgr
Valperga était parti contre son gré et si la première Administration départementale, installée au mois de Mai 1793,
l'avait inscrit sur la liste des émigrés de Nice, c'était à la
suite d'une réponse faite par le ministre de l'Intérieur, Garât,
aux questions à lui posées par le Directoire des Colons Marseillais sur la conduite à tenir vis-à-vis de l'évêque.
Les questions avaient été envoyées à Paris, vers la fin
de Février 1793, et la réponse du ministre ne parvint à Nice
qu'au milieu de juin suivant, soit quelques jours avant la
publication de la liste des émigrés. Les réclamations de
l'évêque, retiré à Turin dans sa famille, furent présentées
le 22 juillet 1793 (1) ; mais comme beaucoup d'autres, elles
s'entassèrent dans les bureaux du Département, qui n'y
répondit même pas.
Cette réclamation fut présentée au nom de l'évêque par JeanJacques Donny au Département. lîlle figure en original au dossier
Valperga.
Voir ci-dessus.
Le registre des délibérations du département manque aux Archives pour les derniers mois de 1793, exactement du Ier mai au 10
Novembre, comme pour les six derniers mois de 1797 et l'année entière de 1798, exactement du 8 Messidor an V (26 Juin 1797) au 25
Pluviôse an VII (13 février 1799).
C'est-à-dire pour les deux périodes les plus troublées et cette
disparition est tout au moins étrange.
Elle doit être vraisemblablement attribuée à certains hommes
politiques désireux de laisser dans l'oubli leur conduite durant ces
deux époques.

�- 64 On était dans la période la plus aiguë et, en pleine
Terreur.
Après le 9 Thermidor et, surtout après la venue à Nice
du représentant Beffroy, au mois de Floréal, an III (Mai
I795)»
les esprits devinrent plus calmes, les administrations plus pondérées. C'est alors que, sur de nouvelles demandes présentées au District, et sur avis favbrable de
celui-ci, le département des Alpes-Maritimes accorda à Mgr
Valperga sa radiation provisoire, le 14 Prairial, an V (2 Juin
1797). Comme on le voit, l'affaire avait traîné en longueur.
Il semblait alors que rien ne s'opposait plus à la rentrée
de l'évêque : le 11 Fructidor, an V (28 Août 1797), le Département avait agréé la caution de François Grosson (1) ;
les biens de l'évêque allaient lui être rendus, et il pourrait
rentrer.
Mais huit jours après, le coup d'Etat du 18 Fructidor (4
septembre 1797) remettait le pouvoir aux mains des Jacobins, la guerre aux émigrés et aux ecclésiastiques, en particulier, reprit avec âpreté. Pe département des Alpes-Maritimes se vit accusé d'avoir préparé une rentrée triomphale à l'évêque, son arrêté du 14 Prairial resta sans effet
et, en vertu de la loi du 19 Fructidor (5 septembre), les
scellés furent de nouveau apposés sur les biens de Mgr Valperga par deux commissaires municipaux (2).
En vain, l'évêque de Nice, fit intervenir auprès du Directoire Balbi, l'ambassadeur du Roi de Sardaigne à Paris,
le dossier de sa demande en radiation fut examiné sans
aucune bienveillance.
(1) L/Acte original de ce cautionnement sur timbre est aux
Arch. des Alp.-Maritimes Q. 10.
(2) Mise de scellés sur les biens de Charles Eugène Valperga par
deux commissaires de la municipalité de Nice. Une scéance, 6 livres.
Dépense approuvée par le Département, en Germinal an VI (avril
1798). Arch. des A. M. Q. 11.
Mgr Valperga ne possédait à Nice aucun immeuble et il devait
rester fort peu de chose de son mobilier après la vente qui en avait
été faite en Ventôse an III. La bibliothèque de l'évêché avait été déclarée bien national et la caisse diocésaine avait disparue en octobre 1792
sans laisser de traces dans les pièces administratives. Le séquestre
a été apposé sur les biens de nombreux émigrés rayés provisoirement.
On peut en voir la liste aux Archives des A. M. Q. 10, où Valperga
figure sous le N° 65.

�- 65
Á la suite de la lettre de Balby datée de Paris le 7 février
1798, le ministre de la police demanda à ses Bureaux un
rapport sur l'affaire Valperga. Pe voici tel qu'il se trouve
en minute au dossier.
Attendu que rien ne tend à constater le prétendu ordre
de quitter Nice, d'où il suit qu'il faut en croire sur parole
l'émigré.
Qu'à raison de son domicile, il était tenu de rentrer sur
le territoire dans les délais voulus par les lois.
Qu'il est atteint par la déchéance et n'a réclamé que
l'an V.
Qu'il ne paraît pas y avoir lieu de violer la loi en faveur
de cet ex-évêque dont la rentrée prohibée par la Constitution serait d'une influence dangereuse.
J'estime qu'il y a lieu à proposer la maintenue sauf
à prendre des renseignements si toutefois on les trouve
indispensables.
CAIGNART,
Sous-chef (2e Bureau).
En tête de cette minute est écrit :
« Je pense qu'il y a lieu à instruction et à prendre
des renseignements près les Administrateurs du département_des Alpes-Maritimes. »
Signature illisible (1).
Ces renseignements furent-ils demandés ? C'est probable et cela explique que bien des pièces du dossier Valperga sont en double expédition. Plus d'une année s'écoula
encore, avant que fut prise une décision et finalement sur
un rapport défavorable de la Commission d'examen instituée près le Ministère de la police pour l'étude des demandes en radiation, le Directoire exécutif signa le 7 Floréal
an VII, (26 avril 1799) un arrêté qui maintenait définitivement, sur la liste des émigrés, Mgr Valperga et annulait
toutes les décisions rendues antérieurement, en sa faveur,
par les. autorités locales.
(1) Arch. Nation. F 7 4862 2 dossier Valperga. Rapport de la
3 me Division du Ministère de la police, sans date mais joint à la
lettre de Balbi.
»

�- 66 -

Varrêté du Directoire parvint à Nice les premiers
jours de Prairial an VII (Mai 99) et fut immédiatement
mis à exécution. (1).
*

* *

Ainsi donc Mgr Valperga expulsé ne put jamais obtenir
de rentrer, les lois sur l'émigration étaient tellement embrouillées et tyranniques qu'une fois inscrit sur une liste
d'émigrés, il était extrêmement difficile de s'en faire rayer
malgré toutes les démarches ; car on se heurtait sans cesse
à des questions de forme et de procédure ce qui permettait
à la malveillance de s'exercer tout à fait à l'aise sous le
couvert de la légalité.
A. J.

PvANCE-BOURREY.

(1) De 21 Floréal an VII (10 mai 1799), il fut communiqué
par le ministre de la police générale de la République aux diverses
administrations intéressées et aux Commissaire du Directoire exécutif
près le département des Alpes-Maritimes. Celui-ci par lettre du 3
prairial (22 mai 1799) demanda au Département de le transmettre
à la Municipalité de Nice, ce qui fut fait le même jour avec ordre
de le transcrire sur ses registres, de faire apposer les scellés ou séquestre sur tous les biens meubles et immeubles de l'évêque si ce
n'est déjà fait, et de mi notifier sans délai la décision prise à son égard.
Voir lettre du Département à la Municipalité, celle du Commissaire au Département, 3 Prairial an VII avec la réponse du Département 4 Prairial.
Arch.. des A. M. Q. 1 et 2 et Arch. Nationales, dossier Valperga,

�NIÇA LA BELLA
VERS DE /.

Giordan,

su

DE CARTA POUSTALA

Ai rai dôu nouostre bouon soulèu
Venon s'escaufar toui lu lùssi ;
Es un meravihous tablèu,
Ai rai dôu nouostre bouon soulèu,
Trouvas, dou Var fin au Castèu,
Anglés, Rouman, Danesi, Rùssi :
Ai rai dôu nouostre bouon soulèu
Venon s'escaufar toui lu lùssi.
Pèr tu, as touti li bèuta,
Terra de lus e d'alegria,
D'un ciel d'azur, as la clartà,
Pèr tu, as touti li bèuta.
De l'univers, en verità,
Siès la uechièma meravia ;
Pèr tu, as touti li bèutà,
Terra de lus e d'alegria.
Dintre lou tèmp, Semiramis
Faguet basti, à Babilouna,
Pu siéu jardin, vèr paradis !
Soubre Paioun, degun s'estouna
De vèire, ancuèi, lou paumoulié
Drissar au ciel la siéu coulouna
E lou galofre, e l'anemouna
Flouri emb'au pourtegalié.
De bouon matin, quitant maioun
Pèr la journada touta'ntiera,
S'en va lavar, dintre Paioun
Pa bugadiera.
D'un glourious passat es fiera
Perqué, d'un tèmp, sus lou bastioun
Au Turc, arranquèt la bandiera
Pa bugadiera.

�fet 68 —

Sau de fouora fa freï,
Que brima,
A Niça, sus lou Quèi,
Si rima.
Pescadou, fourestié,
De la mar bressarella,
Escouton voulountié
Pa doussa cantinella.
L'AVOUCAT

PATTA

L'estudi de l'avoucat Patta es en plen aria ; si tèn lou matin
couma lou predinà su la plaça dôu Palai. Es un ome pichounet,
touplen raplot, li pocha enfli de papiè de touta mers. En lu vièi
quartiè es proun counouissut e li capelada, « Bouonjou Moussu
l'Avoucat », noun li mancon. Es ben m'ai juge, proucuradou, etc.
Lu siéu ounourari soun bouon pati e n'a de preferença pèr
qu si sigue. Parla au premier maufatan vengut, couma se fousse
un agnèu que vén de naisse ; lou créancier o lou débiteur soun
tratat su lou même pen... basta que mouson...
L'avoucat Patta es de noutarietà reputat pèr un ome judicious, òunest — au noun si flata de l'estre au jou d'ancuei ; —
finda counouisse, es en relacioun d'afaire emê de gros persou nage que dintre la finança dôu siéu coumerce, soun quasi d'usurari. Sau menajar la cabra e lou caulè ; e pèr que la mouneda
noun li escapa si desbrouïa e si mete dôu cousta dôu manche...
d'aquéu que casca lou de mai...
Acò fa que toui lu matin que lou Bouon Diéu a fach, la siéu
doumestica mete toujou quaucaren au fuec. Lou dimeneghe, coum'un bouon crestian, — tartufaria que lou pauva, — va audi la
gran'messa à Santa Réparada, fa la siesta e à la calada dóu soulèu,
passeja su lou Cours, pastrouia, fa lu cent pas, noun parla que de
lei, proucès, citacioun, ensin alestisse lou travail dôu dilun...
Lendeman empastra ben d'afaire, mete facilamen en lou sac
Moussu Tout'Un emé Moussu Tout'Autre... En éu que li pòu
faire ?... lança dapertout lou broumech, tant pis pèr aquéu que si
laissa agantar. Quaranta sóu es lou près d'atac e vous pregui de
crèire que douna pas la siéu journada pèr doui o tres escut.
L'avoucat Patta counouisse l'usança dôu païs... s'avès touort,
vous rouïa, s'avès pi rasoun, v'espia... Que voulès aima manjar
lou pei, lou pei que noun aiguë d'espina...
JULI EYNAUDI.

�-«9VA

MAU ! !

Va màu, cresé-vous, que va màu 1
En l'orizoun lou voile negre
N'es qu'un gran camp cargat de pebre,
Qu'à pala lou jeten davan,
Avuglan finda lu cavau 1
Lu canoun soun su li frountièra,
Alignât couma de barriera,
N'esperon plus que lou signàu !
Lou soulèu, aquel animàu !
Stan, noun vòu levà la vela,
Si foundon couma des candela
Enb'aquèu coust dôu diàu !
Le Giacouuda à cóu de d/stràu
Li fan petà li sièu moulura...
Ah ! dèu faire bella figura
Se l'an foutuda en quauqua tràu
Lou pan crèise, finda la sàu,
Lou sucre dintre li boutiga
Mounta ben mai que de boufiga !
Van jusque crèise lou rampàu
E la pèu que fau lou tambau ;
Metran de drech su li nourriça,
Su lu chichi, su li saucissa,
Perqué pas soubre lu magàu ?
E lou Prussian, marrit bertàu,
Noun sabon fa que de babïa,
Per lou Maroc e l'Algèria,
Se faran mètre lou mourràu !
Li serreren toui lou pourtàu
E pi veiren touta la França
Davan la sieù grossa arougança
Se noun si sau garda li clàu !
Es de rima d'un manechàu,
Ma sien d'estiéu, vesin, vesina,
Li passeres en la resina
Avant que vegon l'espitau !
CHARLES CIAUDO

�Valère Bernard
Tout en heurtant le marteau contre la porte de M. Valère
Bernard je songeais. Je me suis complu dans le plus souriant
mépris des idoles. L'ironie a tremblé sur mes lèvres quand
la Provence a dans un ravissement de joie acclamé le poète de
Maillanne. Cette mascarade d'apothéose me répugnait.
Et maintenant la curiosité me fourvoyait dans le studio
d'un consciencieux artiste que les felibres couvraient de gloire.
Elève de Puvis de Chavannes M. Valère Bernard pasticha le
Maître. Mais vite il eût l'intuition qu'à se perdre dans les sentiers
battus il courrait risque de compromettre son crédit. Il dit
adieu à Paris et vint dans Marseille, l'opulente cité.
A cette époque vivait un exquis écrivain, J. Lombard. Il venait de publier deux œuvres d'une grandiose beauté, VAgonie et
Bysance. Dans un style étrangement tourmenté il contait les
luttes entre les factions d'Orient, illuminant son œuvre des
splendeurs bysantines.
Valère Bernard vit Jean Lombard, et du même coup les belles
au bois qui dormaient en son âme s'éveillèrent. Il délaissa les
études académiques, les pastiches sans vie, et d'ardentes couleurs
chargèrent ses toiles.
Voici le triomphe des rois Babyloniens. Sur les voûtes d'un
palais impérial passent des gardes étincelants dans la pourpre et
la soie. L'or envahit les hautes colonnes de jaspe bleu. Involontairement on pense aux fantastiques demeures hantées par des
fées émeraudes et des princesses aux perversités troublantes.
Et je m'imagine que le peintre était sous le charme de la
légende quand il a peint cette courtisanne qui sourit à son miroir tout en jouant négligeamment avec sa chevelure d'or. Et
puis passent Venise la rouge, Marseille enveloppé dans la poussière d'or du crépuscule, des motifs à la Watteau peints par un
bysantin, toute une apothéose.
Mais une idée m'obsède, tandis que dans la grise clarté d'un
soir automnal s'éteignent les fauves éclairs jaillis de ces radieuses
toiles. L'idéalisation du passé me paraît cruelle. Les générations
endormies dans la Mort ont eu leurs misères/leurs rancœurs, je
pense qu'il est absurde de s'écrier avec Musset « qu'aux temps
jadis tout était heureux jusqu'aux douleurs humaines. » En vain
l'apostat s'attriste-t-il sur les vieillards immortels de l'antique

�- 7i

—

lonie, â ses oreilles résonnent les paroles de l'Hiérophante : « La
Helladi que tu aimes n'a jamais existé ».
Mais M. Valère Bernard brise ma rêverie, et mes yeux se
portent.sur des portraits appendus au mur. Profils d'espagnol ou
d'américain mitigés d'espagnol, comme on en croise maintes fois
sur la Cannebière.
Homme universel ne puis-je m'empêcher de m'êcrier. M.
Valère Bernard sourit. Il siérait dit-il, à mi voix, de se développer en profondeur. Toutefois il est beau de se dire sur le
tard de sa vie que l'on a fait vibrer toute son âme. Ici le maître
rejoint Néron. Il m'aide à comprendre cet inquiétant empereur.
Mais encore faut-il que tout en étant l'homme universel on ne
sombre pas dans la banalité. De méchantes œuvres d'art peuvent
avoir leur prix.
Une idée se lève devant moi. Labruyère me petsuade que
l'honnête homme de Pascal propre à tout en définitive n'est propre à rien. La spécialisation inintelligente, mène à l'erreur, j'en
conviens, mais en fait elle est une loi générale.
Et ceci est pour me plaire, car j'abhorre dissiper mon énergie,
j'aime le repliement, la frissonnante pudeur qu'effarouche les
vaines ostentations. Je goûte les peintres du passé et malgré ma
philosophie j'adore les peuples disparus. Volontiers j'implorerai
avec la Cassandre de Schiller la cécité, l'exquise cécité. Le sou
venir a plus de puissance sur moi que l'espoir.
Et sous des deux gris, en des pays étrangers désolants de
médiocrité, il m'est arrivé de pleurer plus amèrement que ne
pleura Xerxès aux rives d'Abydos.
J. PADOVANI.
PROUVERB1, BOUOI MOT, COUNSÈU E DICH
Vèuva que si marida,
Dèu perdre la lus e l'audida.
Fiha madura,
Lou pouorta à la centura.
En cuntant su lu det :
Aquéu a fa l'óu ;
Aquéu l'es anat cercar,
Aquéu l'a fa cuèire,
Aquéu l'a manjat,
E lou pichoun n'a ren tastat !

�— 73 —
LE

DÉSESPOIR

Oui, j'ai la mort dans l'âme ; oui, je monte au calvaire ;
Mon horizon, hier si beau, s'est obscurci ;
Je hais tous les devoirs et tout ce qu'on révère :
Mieux vaut mourir que vivre ainsi !
Puisque je n'y puis rien ; que la raison humaine
Ne gagne plus un cœur où mon cœur est entré,
Je veux briser mes jours comme on brise une chaîne
Et m'enfuir en désespéré.
Qu'est-ce donc que la mort ? C'est la paix éternelle,
C'est un beau drap de fleurs sur mon sein endormi,
C'est la nature calme, auguste et solennelle
Qui nous prête un repos ami.
O nature de Dieu contemple ma détresse !
Ecoute tout mon sang dans mon cœur s'épancher
Et, puisque je n'ai plus le lit de ma maîtresse,
C'est au tien que je veux coucher ;
C'est toi la grande mère et la nourrice immense !
L'homme au sort le plus âpre et l'homme au sort plus beau
Retrouvent dans ton sein leur part de ta clémence :
L'un l'amour, l'autre le tombeau
Tu sais, toi qui vois tout, ce qu'ici bas je souffre,
Que je n'ai point béni l'instant de mon réveil
Et que j'ai regardé, toujours, du fond du gouffre,
Les bords ou brillait le soleil ;
Que je n'ai bu jamais que dans la coupe amère,
Que le seuil du bonheur me fut toujours fermé,
Que j'ai perdu mes fils, que j'ai perdu ma mère
Et tous les cœurs qui m'ont aimé !
Maintenant je m'en vais, battant du front, comme ivre,
En proie à ce grand deuil qui me courbe en vainqueur,
Et je veux déchirer ma vie, avec le livre
Des chastes sanglots de mon cœur ;
Et toi, rayon divin, génie, ardent délire,
Flambeau qui n'iras plus briller sur son autel,
Eternise du moins ces larmes de ma lyre
Et que mon cri soit immortel !
[EDGAR DE MASINI

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QUATRE-TÈMS

Noumbre d'or...
13
Mars
Epato (Grégori)
Il
Jun
Cicle soulari
17 Setèmbre
Endicioun roum
10 Desembre
Letra doumenicala
G F
LI QUATRE

8,
7,
20,
20,

10
9
22
22

e
e
e
e

11
10
23
23

SESOUN

Lou printèms coumença lou 21 mars
L'estiéu
—
— 22 Jun
L'autoum
—
— 24 sept,
L'iver
—
— 22 dés.

à 6.55 m.
à 2.36 m.
à 5.18 m.
à 11.53 m.

dôu sera
dôu sera
dôu matin
dôu sera

FESTA MOUBILI

Septuagesima... 12 Fébrié
Cendre
21 Febrié
Pasca
7 Abrieu
Rougacioun 21, 22, 23, 24 Mai
Ascensioun
16 Mai

Pantecousta
Trinità
Festa de Diéu
1" Dimenegue de
Ie* Desémbre

26 Mai
11 Jun
15 Jun
l'Avènt

LU ESCLISS!

Souliu.

—

ij Abriéu. — Esclissi annulari e coumplet visible

à Paris, en America, en Europa et dintre lou N.-O. de l'Africa.
Coumençamen de l'esclissi à 10,01 dôu matin ; finisse à 1,08
dôu sera.
10 Otitoubre. — Esclissi coumplet invisible à Paris, visible
dintre l'America dôu Sud.
Luna. — 1" Abrièu. — Esclissi parciella visibla à Paris. Entrada de la luna dintre l'oumbra, 9.26 dôu sera; sourtida, 11.03
dôu sera.
26 Setèmbre. — Esclissi parciella, invisibla à Paris, visibla
dintre l'Océan Pacifique.

Jîla providence, %ue de la Préfecture /4, $run, Siàraire

�LU

VÉNT

Lu vènt que souflon à Niça, dintre lou cours de l'armada,
soun au nombre de 16. Vequi li siéu denouminacioun courènti,
pihadi, en general, dai loucalità dei quali parèisson vèni :
Sud
Miejon
Nord... Tramountana
S.-S.-O. Miejou Lebech
N.-O.-E. Grek Tramountana
S.-O
Lebech
N.-E... Grego
O.-S.-O Pounèut Lebech
E. N .E. Levant
Ouest. Pounènt
E.-N.-E. Levant
O.-N-O.V Pounènt Maistràu
E.-S.-E. Levant
N -O . Mastràu
S.-E.... Siroco, vènt marin
N..-N. OMaïstràu Tramount
S.-S.-E.. Miejou Siroc

6
15
25
14
31
24

VIGÍLIA — JEUNI
Abriè
(Pasca, 7 Abrièu).
Mai
(Ascensioun, 16 Mai).
Mai
(Pantecousta, 26 Mai).
Avoust
(Assoumpcioun, 15 Avoust).
Outoubre (Toui lu Sant, Ier Nouvembre).
Desembre (Calena, 25 Desembre).
L'AN NADA RELIGIOUSA

LI FESTA MOUBILI E LI FESTA FISSI
Janvt'è
jYlars
1 Circouncisioun.
1 e 2 Quatre Tèms.
6 Epifania (lu Rei).
3 Reminiscere.
13 Bateja de J.-C.
10
Oculi.
14 Sant Noum de Jesu.
17 Lœtare.
fébrié
24 Passioun.
2 Puriflcacioun.
29 Li 7 Doulou.
4 Setuagesima.
31 Lu Rampàu.
6 Festa de la Pr. de N. S.
11 Sexagesima.
Jîbriéu
13 Coum. de la Passioun.
5 Divendre Sant.
18 Quinquagesima.
7 Pasca.
21 Cendre.
14 Quasimodo.
25 Quadragesima.
28 Patrou. de San Joúsè.
28 Quatre-Tèms.

�Setembre
3 Inv. de la Santa Crous.
13, 14, 15, Rougacioun.
16 Ascensioun.
26 Pantecousta.
29-31 Quatre-Tèms.
1
2
6
9
21
24
29

Quatre-Tèms.
Trinità.
Festa de Diéu.
Festa dôu S. Sacramen.
Sacrat-Couor de'jesu.
Natività de S. jouan-Bat.
SS. Peire e Paul.

8 Natività de la Vierge.
14 Esaltacioun de la Crous.
15 N.-D. dei 7 Doulou.
15 San Noum de Maria.
18, 20, 21, Quatre-Tèms.
29 Dédie, de S. Miquèu.

Ôutoubre
6
13
20
27

Sant Rousari.
Maternità de la Sta Vierge.
Puretà de la Santa Vierge.
Patrounage de la S. Vierge.

J/ouvembre

Juliet
2 Visitacioun de la S. V.
7 Precious Sang.
16 N.-D. dôu Carme.

Jîvoust
6 Transfiguracioun.
15
18
25
25
29

Assoumpcioun.
S. Joachim.
S. Couor de la Vierge.
S. Louis.
Decolac. de S. Jouan-Bat.

1
2
3
21

Toui lu Sant.
Lu Mouort.
Santi Relíquia.
Present, de la Sta Vierge.

2&gt;esembre
1 Avent.
8 Imaculata Councepcioun.
18, 20, 21, Quatre-Tèms.
25 Calena.

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DÉCIMALISATION

DU

TEMPS ET DES

ANGLES

LA MONTRE DÉCIMALE
Par J. de REY-PAILHADE, président du Comité
pour la propagation des méthodes Décimales.
Le Club Nautique de Nice a offert plusieur fois en prix des
montres décimales aux régates'de 1909. Il était utile de décrire cet instrument, d'y joindre des tables pratiques et des
formules à l'usage des ingénieurs, des sportsmen, des médecins, etc. etc.
DÉCIMALISATION DES ANGLES •
Il est aujourd'hui démontré que la division décimale du
quart de cercle facilite tous les calculs.
Les nouvelles cartes géographiques sont graduées exclusivement dans ce système, devenu officiel en France et dans
d'autres pays. On possède toutes les tables pratiques nécessaires à son essai courant. Nous ne nous étendrons pas
davantage sur cette méthode aujourd'hui enseignée dans les
lycées et collèges.
Nous rappellerons seulement que M. l'amiral Germinet,
membre d'honneur du C. N. N., sous la direction duquel on
fit en 1899 et 1900 des essais de navigation avec un matériel
entièrement décimal, a émis un avis très favorable à la
réforme décimale.
DÉCIMALISATION DU TEMPS
La division décimale du jour décrétée le 4 frimaire an II
rendra aussi de grands services à la science et aux sports.
Principe. — On divise le jour entier en 100 parties égales
appelées cés ; le cé est subdivisé en décisés, ceniicès et millicés
Le cé vaut 14m 24s ou 1T4 d'heure environ ; le décicé est égal
lm 26s 4 ou lm Ij2 environ ; le millicé vaut 0S 864 ou 9T10 de
seconde environ.
Concordance des Temps. — On parvient assez vite à dire
instantanément l'heure à 1 ou 2 minutes près en regardant le
cadran d'une montre décimale. Il suffit d'apprendre par cœur
les concordances décimales de toutes les heures.
0,0
0
50,0

4,2
1
54,2

8,3
2
58,3

12,5
3
62,5

16,7
4
66,7

20,8
5
70,8

25,0
6
75,0

�25,0
6
75,0

29,2
7
79,2

33,3
8
83,3

37,5
9
87,5

41,7
10
91,7

45,8
11
95,8

50,0
12
100,0

Les heures sont au milieu, les concordances des heures
du matin en haut, celles du soir en bas. Ainsi 10 heures du
matin valent 41.7 cés (énoncer 41 cés 7 décicés) et 10 heures
du soir valent 91,7 cés.
Gomme 1 cé vaut presque lj4 d'heure et un décicé une mi •
nute 1]2 ; en partant des concordances du tableau, on dit
l'heure instantanément, ainsi 39,9 cés valent 9 h. 36 m. du
matin. Un ou deux jours suffisent pour atteindre ce résultat.

Description de la montre décimale ou cémètre. — Il y a 3
aiguilles centrales se mouvant sur un cercle divisé en 109
parties égales, numérotées de 0 à 9. Le 0 cé est en bas, c'est
l'origine des temps, car on suppose la Terre au centre du
Cadran.
L'aiguille dorée avec un soleil ne fait qu'un tour par jour ;
l'aiguille épaisse en acier bleu tourne 10 fois par jour, et la
trotteuse fine fait 1000 tours par jour.
L'aiguille-soleil montre la position de l'astre du jour par
rapport au méridien de Paris, qui va du centre au chiffre 5.

�10 —
Les quatre traits bleus indiquent les positions de cette aiguille
à minuit en bas sur 0 ; — à tì h. du matin au milieu entre 2
et 3 ; — à midi, en haut, sur le 5 ; — à 6 h. du soir, entre 7
et 8.
L'aiguille dorée du soleil indique le chiffre des dizaines
de cés, 2 sur le dessin ; l'aiguille épaisse donne d'abord le
chiffre des cés, 6 sur le dessin, et en comptant rapidement à
l'œil le rang de la division entre 6 et 7, on voit, que cette aiguille marque 3 décicés. Le temps du dessin est donc 26,3
cés correspondant à 6 h 20 m. du matin environ. L'aiguille
trotteuse donne les millicés 83. Le temps est donc 26,383
cés.
» Pour la vie courante, on n'a pas besoin d'aller au delà du
clécicé. On lit les milticés pour les applications scientifiques
et sportives.
Le temps en millicés lu sur le cêmèire facilite tous les calculs, car on n'a jamais de réductions à faire.
Examinons le problème des vitesses a l'heure : Les millicés multipliés par 0,00024 donne des heures et fraction décimale d'heure. Ainsi Ì2345 millicés valent 12,345 -f- 24 =
2 h. 9628.
Par conséquent si L est la longueur parcourue et M le
temps en millicés, la vitesse est

ou t

+ 4166,66...

Ces quelques exemples démontrent que la montre décimale simplifie tous les calculs sans exception.
Les rapports de MM. les délégués officiels aux essais de
la montre décimale faits à Nice, par le Club Nautique, le 26
février 1911, concluent unanimement à la supériorité de cet
instrument pour les usages scientifiques et sportifs.
M. Prim, astronome à l'Observatoire de Nice, représen
tait M. le \iinistre de l'Instruction publique.
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P.
D.
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Q,
L.
Q.
L.

lu 8, à 7
lu 14, à H
lu 22, à 7
lu 30, à 10

SOULÈU.

1
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3
4
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6
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31

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dil. Jou de V An

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Lu Rei
6
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dil. S. Apoulinari
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dim. S. Pèire
9
dim. S. Guiermo
10
dij S. Teodose
11
div. S. Arcada
12
dis. Sta Verònica
13
Dim. S. Ilari
14
dil. S. Maurici
15
dim. S. Ounourat
16
dim. S. Antoni
17
dij. Sta Angela
18
div. S. Sulpici
19
dis. S. Bastian
20
Dim. Sta Agnesa
21
dil. S. Vincènt
22
dim. S. Raymound
23
dim. Sta Jacinta
24
dij. Conv. de S. Pàu
25
div. S. Poulicarpa
26
dis. Sta Devota
27
Dim. Sta Paula
28
dil. S. Francès S.
29
dim.
dim.
dij.
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S.
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S.

TRIMESÏRÍ;

Macari
Genevieva
Tita
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dim. Sta Marfina
dim. S. Peire N.
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lu 13, à 11 oura 38 m.
lu 21, à 4 oura 44 ui.
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dij. S. Ignaci
div. La Candeliera
dis. S. Blasi
Dim. Setuagesima
dil. SS. Vinc.Oronte
dim Sta Agata
dim. Sta Dorotea
dij. S. Romuald
div. S. Jouan-Matha
dis. Sta Apoulounia
Dim. Sexagesima
dil. Sta Eulàlia
dim. S. Gregori
dim. Sta Eufrasia
dij. S. Onesime
div S. Dounat
dis. S. Simeoun
Dim. Quinquagesima
dil. S. Gabin
dim. Dimars-Gras
dim. Li Cendre
dij. S. Silvan
div. S. Maxime
dis. S. Pascase
Dim. Quadragesima
dil. S. Nestor
dim. S. Leandri
dim. Sta Nourina
dij. S. Nymphas

Plueia de febrié
A la terra vau fumiè.

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NICE

MARS
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P. Q.
P. L.
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7 Dim.
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11 dij.
12 div.
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14 Dim.
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16 dim.
17 dim.
18 dij.
19 div.
20 dis.
21 Dim.
22 dil.
23 dim.
24 dim.
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26 div.
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28 Dim.
29 dil.
30 dim.

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lu 21, à 10 oura
lu 28, à 7 oura
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2 dij. S. Atanase
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12 Dim. s. Jouan lou S.
13 dil. s. Pouon, m.
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20 dil. s. Felis.
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22 dim. s. Julia
23 dij Rogaeioun
24 div. s. Vincen, d. L.
25 dis. S. Urbin
26 Dim. Pandecousta
27 dil. S. German
28 dim. S. Cirile
29 dim. Sta Petronïa
30 dij. S. Sylve
31 div. S. Justin
Au mes de mai
Longui semana

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P.
D.
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L.
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lu 3,
lu 11,
lu 19,
lu 26,

SOULÈU.

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dis.
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29 dis.
30 Dim.

—

à 11 oura 4 s.
à 10 oura SI s.
à 9 oura 51 s.
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2 oura 20 s.
L. * 34'

C. 8 1!"

S. Potin
Trinità.
S. Quirin
S. Francès C.
S. Lié
Festa de Dieu
S. Lié
Quatre-tèms
S. Optat
Sta Margarida
S. Barnabe
S. Antoui de P.
S. Basilio
S. J.-F. Régis
S. Moudeste
S. Lambert
Sta Olga
S. Gervai
Sta Juliena F.
S. Louis de G.
S. Paulin
Sta Maria d'O.
S. Jouan-B.
S. Prousper
S. Alban
S. Cresen
s. Iréné.
s. Pèire
s. Pàu
s. Tibàu

En Jun
De tres abit l'un

Dégustez tous le vrai

NICE

—

BLANQUI &amp; FRACCHIA
— Usine au Pont-Magnan

—

NICE

�— i4 —

TROISIÍ)MK

AVOUST

JULIE T
P.
P.
D.
N.

lu 3, a 10 mira 20 m.
lu 11, à 1 cura 53 s.
Il 19, a o oura 31 m.
lu 25, a 9 oura 12 s.
SDULÈU. - - L. 4 35' — C. 8 22'

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dim.
dim.

S. Thierry
Vierg.de li Gracia
S. Anatole
S. Pèire de L.
S. Sisoès
S. Elie
Sta Babeta
S. Efrein
Sta Felicita
S. Pio
S. Jouan G.
S. Gene
S. Jaque
Festa Naciounala
S. Enri
N.D.d.M. Carmel
Sta Marcelina
S. Frederic
S. Vincen de P.
Sta Margarida
S. Vi loiSta Maria-Mad.
S. Apoulinari
Sta Cristina
S. Jaque
Sta Anna
S. Pantaleoun
S. Samsoun
Sta Marta
Sta Giulieta
S. Gnaci de L.

Au mes de Juliet
Ni frema ni coulé.

TBIMËSTRÎ;

I1. Q. lu 2, a 0 oura 29 m.
P. L. lu 10, a 3 oura 58 m.
D. Q. l»i 17, a 1 oura 1.1 s.
N. L. lu 21, a 5 oura 14 m.
IV Q. lu 31, &amp; 5 oura 21 s.
souLÈu, —1.5 or -j&gt;. 8 or

dij.
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0 dis.
4 Dim.
5 dil.
6 dim.
7 dim
8' dij.
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S. Pèire-aï LS. Alfonso
Inv. de S. Estève
S. Domenica
N. D. dei Nèu
Trausf. de J. C.
S. Gaétan
Sta Batilda
S. Camila d. L.
S. Là u ren
S. Septima
Sta Clara
Sta Filoumèna
S. Ousèbi
Asoumpcionn
S. Roc
S. Mamès
Sta Elena
S. Ipoulita
S. Bernar
Sta Chantai
S. Pio V
S. Filipe B.
S. Bartoumiéu
s. Louis, r. F.
s. Seg'oundo
s. Cesari
s. Goustin
s. Mederic
Sta Rosa
S. Fiacre

F.n . ivoast
Figa e moust

wmmm mm

SBTÈMBRE
P. !.. lu 8, a' 4 oura 57
D. Q. lu 15, a 6 oura î&gt;l
N. L. Ju 22, a 3 oura 37
P. Q. lu 30. a 0 oura 08
SOULÈU. - - 1. 5 47V— c.

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S. Gili
S. Estève R.
Sta Eufemia
Sta Rosalia
S. Làuren J.
S. Pambon
S. Grat
Natiu, di' la V.
S. Oumer
S. Xicola
S. Félis
S. Veran
S. A nié
Es. (1. l.S. CtQUS
S. Nicomède
S. Conrneilla
S. Lanbert
S. Tournas V.
S. Janvié
S. Euslache
S. Matiéu
S. Maurici
Sta Tecla
S. Girar
S Firmen
S. Nil
S. iN'icandre
S. \\ inceslas
g. Miquèu
S. Jeromo

Lima setembrina
De mai clarina

MOT »

GRANDE MARQUE RECOMMANDÉE

s
:
s
s
7'02'

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Qüa.TRIÍJMí)
OUTOUBRE
P.
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N.
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lu 8,
lu 15,
lu 22,
lu 30,

SOULÈU, — 1.

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oura 46 m,
oura 09m;
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— c.

6 06*

TRIMESTRE

NOUVÈMBRE
P. L. lu
6,
D. Q. lu 43,
N. !.. lu 20,
Q.
lu 29,

r.

SOULÈU. - -

1.

a
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4 oura 48
8 oura 20
9 oura 49
2 oura 42
14'

—

c.

5 03'

1 dim. Rosari
1 div. Tout lu Sant
2 dim. S. ■ Léger
2 dis. Eu Mouorl
3 dij. S. Rosari
S. Ubert
4 div. s. Francès d'A. 43 Dim.
dil. S. Carlo B.
5 dis. s. Placido
5 dim. Sta Bertila
6 Dim. s. Bruno
6 dim S. Leounar
7 dil. s. Serge
dij. S. Nestou
/
8 dim. Sta Reparada
8 div. Lu Quatre Incou.
9 dim. S. Denis
9 dis. S. Teodore
10 dij. s. Francès B. 10
Dim. S. Jacintou
11 div. s. Tarasco
11 dil. S. Martin
12 dis. s. Counrad
12 dim. S. René
13 Dim. s. Edouard
13 dim. s. Stanislas
14 dil. s. Calisio
14 dij. S. Pantena
15 dim. Sta Teresa
15 div. Sta Gertruda
16 dim. S. Ospici
16 dis. S. Edme
dij.
17
Sta Edvija
17 Dim. S. Gregori
18 div. S. Luc
18 dil. S. Alfè
19 dis. S. Pèi re
19 dim. Sta Babeta
20 Dim. S. Agrico)
20 dim. S. Edmon
21 dil. Sta Ursula
21 dij. Présent, de la V.
22 dim. S. Filip
22 div. Sta Cecilia
23 dim. S. Teodoret
23 dis. S. Clemen
24 dij. s. Mairloire
25 div. ss. Crespin-Cr. 24 Dim. Sta Flora
26 dis. s. Jouan de K. 25 dil Sta Catarina
26 dim. Sta Pel fina
27 Dim. s. Frumence
27 dim. S. Maxime
28 dil. s. Alfredo
28 dij. S. Sostène
29 dim. s. Narcisse
29 div. s. Saturnin
30 dim. s. Marcel
30 dis. s. Andrièu
31 dij. s. Siri
En ùuloubre
\loii ponorc goûta loti rùare

Tonssan ientra
St A n'driéu lou souorte

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DESÈMBRE

s.
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s.
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JACK

P. L .
D. Q.
N. L.
P. Q.

lu 6,
lu 12,
lu 20,
lu 28,

SOULÈU, -

1
2
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5
6

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Dim.
dil.
dim.
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div.
dis.

8 Dim.
9 dil.
10 dim.
11 dim.
12 dij.
13 div.
14 dis.
15 Dim.
16 dil.
17 dim.
18 dim.
19 dij.
20 div.
21 dis.
22' Dim.
23 dil.
24 dim.
25 dim.
26 dij.
27 div.
28 dis.
29 Dim.
30 dil.
31 dim.

1.

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3 oura
m.
6 oura 46 s.
4 our;i 40 s.
7 OUI;L 48 s.

7 54' — c.

A vent
Sta Bibiana
S. Francès X.
Sta Barba
S. Bassi
S. Nicola
S. Anbrosi
Imac. Conception
Sta Leoucadia
Sta Eulàlia
S. Damase
Sta Rosélina
Sta Lucia
S, Niçoise
S.
S.
Sta
S.
S.
S.
S.

Mesuiin
Adon
Olimpíada
Gatien
Ciprian
Filogone
Tournas

S. Onourat
Sta Vitòria
Cacha-fuec
Calèna
S. Estève
S. Jouan
SS. Inoucent
Sta Eleonora
S. Sabîn
S. Sàuvestre

Calena aufuec,
Pasca àu j'aèc.

sin -

GRANDE MARQUE RECOMMANDÉE

4 35

�- i6-

�- 17

-I

CROUNICA NIÇARDA
L'ABADÏA DE SAN POUON.— L'ABAT RANCE-BOURREY.
GLOFFREDO.

—

—

PÈIRE

A PREPAU DOU DIALETE NIÇART.

Ben qne pareissènt tardié, VArmanac Niçart s'empressa de
pourtà la siéu febla vous su tout cen que enteressa lou païs, sigue
au pounch de vista istoria loucala, pouesia, tradicioun, sigue
tamben su la taquinanta questioun dóu dialete niçart souvenri
fès pauvada e su la quala lu escritour mouderne soun luen d'estre
d'acordi.
Parlerai finda de M. l'Abat Rance-Bourrey, un beneditin qne
despi quauque an en ça mete à prouflt la siéu erudiciou n a nen
revelà de fach d'istoria inedieh. Se quauqu'un mérita d'estre
laudat es ben éu ; es en éu que VArmanac Niçart tressa la
pamoula de sapiença. En esprimant la nouostra recounouissença,
à l'Abat Rance-Bourrey, fen cen que touplen an denembrat,
vouoli dire de courounà lu siéu travail, frucha de ben de recerca,
dai quali obra sian fier d'avé prestat la prima ajuda. Pouden cità :
lou Discours sur le Monastère de Sainte-Claire de Nice, par Honoré
Pastorelli, publié d'après l'édition originale de Turin 1608, avec
une introduction et des notes ; — "Le Général J.-B.-M. D'Anselme" (Notices biographiques (1740-1792). E aquest'an
l'istorien nen douna — toujou de prima man — YExpulsion de
Mgr Valperga, evesque de Niça, au tèms de la Revoulucioun,
travail anoutat de peça curiouvi que sian urous de pouder metre
souta lu uès dei nouostre letour.
*
* *
Lou fach de l'annada, lou mai marcant, es estat aquéu de
l'Abadïa de San Pouon. Parlon de tout destruge pèr li basti an
siéu luec un espitau Pasteur... UArmanac Niçart es pas Penemic
dóu prougrès, ni men encara dei Bei-Art, ma si fa lou pious dever
de jougne lu siéu esfouors en aquelu dei siéu councitadin quo
l'istoria dóu passat passiouna, pèr que l'Abadïa de San Pouon
sigue counservada e classada couma mounumen istorique. En la
circonstança feliciti M. l'Abat Rance-Bourrey que mé rasoun s'e.s
demoustrat l'ardènt defensour autourisat que counouissen. La
siéu paràula es estada escoutada e lou Préfet de li Alpa-Maritima,
8

'

�— i8 M. de Joly — respetuous dei nouostri tradicioun — en ortie
avertit a proumès que l'Abadïa de San Pouon seria respetada e de
lèu si crusià pèr lou siéu classamen tra lu mounumen istorique.
Dóu resta vequi ce que l'Abat Rance Bourrey nen di su San
JPouon. Counsignen religiousamen li siéu paràula :
« L'Abbaye de Saint-Pons est le plus ancien monument relitgieux existant dans le Comté de Nice. Il y a dou^e cents ans que
sSiagrius y fonda un monastère. L'histoire de ce monastère est
jintimement liée à l'histoire religieuse, civile et économique de la
iville de Nice.
;
« Ce fut à Saint-Pons qu'en 1388 fut'signé l'acte réunissant
le Comté de Nice au Comté de Savoie. Les abbés de Saint Pons
ifurent pris dans les principales familles du Comté : les Badat, les
tLaugery, les Provana, les Lascaris, les Grimaldi, les Martelli, les
;Tournefort, etc. Plusieurs évêques de Nice furent abbés de Saint[Pons, en particulier Barthélémy Chuet (fin du xve siècle) et Jean
, Uriole, son successeur. Un autre abbé, Claude de Seyselle, fut
,évêque de Marseille, puis archevêque de Turin ; d'autres furent
cardinaux, tels Innocent Cibo, neveu d'Innocent VIII et de
f
;Léon X, et Paul Medeci de Cesis dont on voit encore l'inscription
(funéraire à Sainte-Marie-Majeure, à Rome.
:
« A la fin du xvir siècle, l'abbé de Saint-Pons était Pierre
•Gioffredo, le savant historien niçois. Enfin, un abbé de SaintiPons dont les Niçois n'ont pas encore perdu le souvenir, était
(l'abbé Spitalieri de Cessole qui a doté sa ville natale d'un établissement de bienfaisance si justement apprécié. La plupart des
pbbès de Saint-Pons et plusieurs évêques de Nice ont été enterrés
dans l'église ou sous le cloître et dorment aujourd'hui confondus
avec les moines leurs frères qui depuis dix siècles y sont enterrés.
« Les monuments funéraires ont disparu. Le temps a tout
(nivelé à Saint-Pons, singulièrement aidé cependant par la main
ides hommes. On connaît les dévastations commises par
Iroupes de François Ier et de Barberousse, plus tard par celles d
Catinat et par d'autres encore. Après chaque désastre, SaintPons a retrouvé une nouvelle vitalité et il y a à peine trois quarts
de siècle que Mgr Galvano y a fait d'importantes réparations.
;
« Saint-Pons n'est pas seulement une page de l'histoire de
notre pays, c'est un gros volume de cette histoire ; les Niçois
laisseront-ils dire qu'ils sont restés indifférents devant le danger
qui menace Saint-Pons ? Non, ils feront tous leurs efforts pour

�— 19 -

sauver de la destruction un monument qui doit leur être cher...
Je demande d'urgence le classement de l'Abbaye de Saint-Pons,
c'est-à-dire de l'Eglise et des bâtiments claustraux, comme monument historique. »
Lou councours de YArmanac Niçart es aquist. Emé fiertà e
au près de touplen de sacrifici faren respetà l'istoria dóu passat,
la lenga e lu escrich dei orne qu'an ilustrat lou nouostre bèu
pais.
*
* *
Despi quauque tèms, — maladia que reven per intermitença,
— la gran questioun de la grafia niçarda, de l'ourtougrafa, es
messa su lou tapis. De letra soun estadi publicadi, d'autri lou seran, e cresi qu'après ben de charra pèr dire pas gran cauva de
nóu, quasi dirii pèr predicà dintre lou Desert, noun restera
d'aquela discussioun, — Favén déjà coustatat, — pas gran cauva,
ren!... Cadun escrèu à la siéu moda seloun l'esprit dóu moumen,
e serii ben curious de counouisse aquéu que vendria nen dità
une metoda en nen dïen : « la mièu maniera d'escrièure lou
Niçart es la bouona». Discussioun scientifica que pòu passiounà
quauque lenguista, pas mai ; lou mihou es d'escrèure seloun li
letra ditadi pèr la prounouncia. Lou talènt pèr aquéu qu'escrèu
es de si laissà liège, de si faire acapi. Es qu'en en un entan que
frecuenta l'escola primària poudès li demandà autra cauva ?...
Perta de tèms que tout acò, vourria mai s'engenià à recercà lu
viei mot, espressioun, loucucioun courenti que la pous dóu tèms
a rabaïat, dounà au nouostre bèu dialete la coulou que dèu avè,
en respetant lu emprunt que pouden avè fach sigue à l'Italian, à
l'Espagnòu o à tout autre...
Un dialète noun dèu pas estre une lenga scientifica, encara
m en noun còu avè la pretencioun que sigue ouficiela, seria temerari ; lou dialete d'un païs dèu refletà lou caratere d'un'epoca que
lou tèms dèu respetà, enfin escrèure gramaticalamen, un noun
empedisse l'autre, e laissà à l'esprit, au goust lou coumplemen
d'un stile ouriginal, en de frasa councisi que flaton i'auriha.
Aquí fermi la discussioun, risqui de perdre la civada... l'an
que ven, se Diéu mi presta vida, v'en dirai d'autri e couma
d'usança que mi sigue permès de la vous souvetà : Bouona e
uroûva !
L'ARMANAC

NIÇART.

�20 —

LA CIGALA DOU BOUON DIEU
Una cigala dóu Bouon Dieu
Tout l'estiéu
E l'iver en la chambreta, —
L'aiguesias vista la lebreta ! —
Noun vivïa que d'amour
S'assetava su l'ounour;
La cigala cantarela,
Vau chanja de clientela,
Noun es courta d'amatour,
Que li viron tout au tour !
Ma l'ancien de la cigala,
De gros mot ven que s'embala ;
En l'auriha de la maire
Li ven tout aquéu bousin,
Que deja toui lu vesin
Sabon lou long de l'afaire
— Cenqu'as fach m'au tiéu tip ?
Di la maire enrabiada...
Bella Vierge encourounada !
Sera au mancou m'un bouon rie!!...
CH. CIAUDO

PROUVERBI, BOUOI MOT, COUNSÉU E DICH
Tèms d'iver noun ti fidar.
Lu màu dei enfan si garisson soulet.
Cau naisse pèr estre bèu, si maridar pèr estre rie, e mouri
pèr estre brave.
Per aver de raïn, eau caressar la souca.
Agnèu naissut
Vau un escut.
Dansa mihou ventre plen que rauba nova.
L'oumbra dou mèstre engraissa lou cavau.

�LOU MAGOT DE BERTOUMIÉU ISSUGA
O BEN

UNA RAISSADA DE MACAROUN
Conte menloanasqae trouvât dintre d'un armori
de ma nana e que /'Armanac Niçart es tirons de
transcrièure en niçart à Ventencioun dei sièu
fidèle lotour et lelrissa.

Bertoumiéu Issuga, mentounasque de viéia roca, abitava en
coumpagnia de sa mouhié, en carriera dóu Paumoulié. La siéu
frema, malurousamen, era sirnplaria e faia lou siéu desespoir.
Cada matin Bertoumiéu, avant de s'en anà au travail, li recoumandava de noun faire de bestialità. Cou vous dire que toui lu
dissata lou nouostre ome metia en un'armari pertuat dintre la
muraia lou gagne de la semana.
— Bertoumiéu ! pèr qu seria tout aquel argen, demandava
Marioun au siéu marit.
— Es pèr Madjou-long, castagnassa !
*
* *
Un jou Bertoumiéu partet pèr anar à la siéu campagna ;
devia même li restar doui ó très jou pèr souïnar e arousar lu
citrouniè. Marioun souleta matin e sera, s'assetava su lou banquet de la pouorta e faïa de bas... Un predinà veguet un ome
de statura mai que mejana, couma si di, un gran carcan. La
frema de Bertoumiéu lou fissa sensa parpelear, pi pihada d'un'
idea, li diguet :
— Moun bèu Moussu, sias bessai vous Madjou-long ?
Lou merlo pita e noun s'en laissa dire autre, léu li
respouonde :
— Noun vous troumpas pas, bella bruneta, sièu ièu Madjoulong !... Ma perqué mi faire tala demanda ?
Perqué ?... dou moumen que sias Madjou-long, intras su lou
cóu. Li a ja pas mau de tèms que moun marit a mes d'argen
amagat pèr vous...
E sensa mai de ceremounia li remeté lou mandiou dintre lou
quai lu sóu eron groupât. L'ome remercia e la s'esbigna lèu.
♦

* *

�Lou sera, Bertoumiéu arriva, la sièu mouhié li di.
— Sabes, ai vist ancuei Madjou-long !
E l'ome de cridar :
— Malurousa ! — m'en a fach encara una 1
Courre à l'armari, lou mandiou e Pargen, mouis !... Issuga
blastema pica dai pen, es décidât de si desiaire de la siéu frema
Lendeman, dóu téms qu'aissesta durmïa, li cuerbe lu uès emé de
pega de sabatié, pi la pihant pèr la man, la mena dapé dóu CapMartin. Arrivât aqui, Bertoumiéu fa mountar Marioun su d'un
nouguié el'abandouna. La paura, bòrnia, noun sabia doun si
trouvava, ni men encara ce que poudia faire.
En aquéu fra-tèms doui voulur venon s'assetar souta
l'aubre ; après aver abrat quauqui branca sequi pèr s'escaufar, pi
si meton à cuentar lou siéu argen.
La calou faguet delegar la pega que curbia Puès destre de
Marioun e aissesta de cridar :
— E d'un !
Lu voulur, d'estuc, s'isson d'emblée.
— Qu'es acó, diguet l'un.
— Un matagan, faguet l'autre.
La calou seguia á faire lou siéu efet pau à pau durbia Puei
senec.
— E de douî, diguet Marioun.
Dóu cou lu voulur escapon, laissant Pargen espantegat soubre
Perba.
Marioun coumença à li veire clar, cala da l'aubre e ramassa
Pargen, pi lèu s'en camina vers maïoun...
Lou sièu marit, pensierons, era assetat dapè dóu fuec, s'escaufant, fumant la sièu pipeta emé beatituda...
— Bertoumiéu !... o Bertoumiéu !... duerbe-mi, siéu iéu,
Marioun...
— Vai au diàu que ti pihe... ièu que cresii de m'en estre
despegouït...
Ma Marioun, toujou picava, un cóu noun asperava l'autre...
L'ome fenisse per li durbi...
— Ten ! regarda cen que ti pouorti.. . e Marioun pauva lou
sac su lou toulié. ..
Bertoumiéu, entartugat, cuenta Pargen e réfléchisse ; — Marioun es simplaria e deman la vila saupra Pistoria de la fouré . ..
Cóu que Bertoumiéu si dispegouïsse pèr empedi li marridi lenga
de bavar...

�— 23 —
Si mete la vesta, lou capèu e souorte fermant la pouorta i..
Faïa nuech dintre la carriera, ma sensa pena s'encamina
vers una boutiga e croumpa pèr mai de dès kilo de macaroun...
Ientra au sièu e di à la sièu mouhié de si metre au liech.
En tant que Marioun durmïa, Bertoumiéu fa bui lu macaroun, pi lu espantega su lu aubre dóu jardin... Lendeman de
matin la siéu frema, desveiada, si mete à la fenestra...
— O ! Bertoumiéu ! Bertoumiéu ! Vene un póu veire!... O
trest ! vè, a plougut de macaroun !...
— O vai fantauma !... n'as toujou una. .. Ten ! ten !... ma
es ver !...
*
* *

A quauque tèms en ça, Bertoumiéu l'avia previst, Marioun
countet à toui que lou siéu ome noun li picava plus, despi lou
jou qu'ela li avia pourtat de sac plen d'escut...
Lou juge aiguent audit parlar de l'afaire, mandet sounar
Bertoumiéu devant lou tribunal ; la siéu mouhié era estada
citada couma testemoni.
Lou juge. — Bertoumiéu, sias acusat d'aver gardât d'argen
que noun era vouostre.
— Iéu !... Ma moussu lou juge, lou negui ; sièu couma
sabès un travaiadou.. .
E Marioun de dire.
— Noun negar, Bertoumiéu, sabés ben qu'es ver ; es iéu en
persouna que t'ai pourtat la mouneda, qu'avii trouvât en la
fouré.. .
Lou juge. — Anas brave ome, noun negués.. .
— E quoura lou m'as pourtat ?... — Vous juri, Moussu lou
juge, que la miéu frema es fouola !...
— E lou sabes ben, Bertoumiéu, es lou jou que plouguet tant
de macaroun !
— Moussu lou juge aves jamai vist ploure de macaroun ?...
— Jamai ! moun beL amic respoundet lou juge que si tenia
lou ventre dóu rire — Amie, vèu que la vouostra frema es
fouola. .. sias aquitat !...
Bertoumiéu si retira emé Marioun... Noun aigueron plus
de disputa e vieugueron, pareisse urous e pèr longtèms !...
J. E.

�CANSOUN ANCIENNA

PÈR LOU

N'aurias pas vist la miêu fiha
Trin-trin
Lou galerin
A'aurias pas vist la miêu Jiha
Trois-wtrois
Le fils du roi
L'ai vista e l'ai baïada
Trin-trin
Lou Galerin
L'ai vista e l'ai baïda
Trois-trois
Le fils du roi.
Douna-mi la miêu fiha
Trin-trin
Lou galerin
Douna-mi la miêu fiha
Trois-trois
Le fils du roi.
Es aqnela la vouostra fiha
Trin-trin
Lou galerin
Es aqaela la vouostra fiha
Trois-trois
Le fils du roi.
La miêu fiha era pas lernia
Trin-trin
Lou galerin
La miêu fiha era pas lernia
Trois-trois
Le fils du roi
La miêu fiha era pas lua
Trin-trin
Lou galerin
La miêu fiha era pas lua
Trois trois
Le fils du roi.
N'es ni guercia ni poutinouva
Trin-trin
Lou galerin
N es ni guercia ni poutinouva
Trois-trois
Le fils du rois.

MAI

�La miéu fiha n'es pas borni a
Trin-trin
Lou galerin
La miêu fiha n'es pas bornia
Trois-trois
Le fils du roi.
Noun faïa pas belugueta
Trin-trin
Lou galerin;
Nonn faïa pas belugueta
Trois-trois
Le fils du roi.
La miêu fiha n'es pas emberrida
Trin-trin
Lou galerin
La miêu fiha n'es pas emberrida
Trois-trois
Le fils du roi.
La m iéu fiha n'es pas pigada
Trin-trin
Lou galerin
La miêu fiha n'es pas pigada
Trois- trois
Le fils du roi.
La miéu fiha noun es pas ranga
Trin-trin
Lou galerin
La miéu fiha noun es pas ranga
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha noun es pas louorla
Trin-trin
Lou galerin
La miéu fiha noun es pas touorta
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha n'es pas crouoada
Trin-trin
Lou galerin
La miéu fiha n'es pas croavada
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha n'es pas gibouva
Trin-trin
Lou galerin
La miéu fia n'es pas gibouva

�— 26 —
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha noun es foularana
Trin-trin
Lou galerin
La miéu fiha noun es foularana
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha n'es pas ingourda
Trin-trin
Lou galerin
La miéu fiha n'es pas ingourda
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha a pas lou peu de pi g nu
Trin trin
Lou galerin
La miéu fiha a pas lou peu de pig nu
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha noun es narvelouua
Trin- trin
Lou qalerin
La miéu ûha noun es narveloiwa
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha noun a la rougna
Trin-trin
Lou galerin
La miéu fiha noun a la rougna
Trois trois
Le fils du roi.
XXX.

PROUVERB1, BOUOI MOT, COUNSÈU E DICH
Qu duerme ben noun cregne li niera.
Qu vè pissar e noun pissa, crêpa de malícia.-'
Qu douna soun ben avan de mouri
Mérita de pati.
L'amour es lou paradis dei fouol.
L'amour es .la flou de la jouinessa.

�LA MOUORT DAU PAURE TOUNIN

Lou paure Tounin, malàut a setant'an, si presenta à l'espitàu
ma li respouondon que li a plus de plaça.
— Coumplet ! ! !
Quauqu'un li fa capi qu'em'un pau de proutecioun li pourria
intrar. Countrariat dei pas que cóu faire, Tounin vira lu taloun e
s'encamina vers la plaça Massena, piha lou tram, si rende da
Graugnard, à l'espitàu dei can, e li di :
— Moussu lou Veterinari, cresi d'estre un pau mai qu'un
can ?... En aquéu cas souîna-mi...
— Vous souînar aici, ma brav'ome perdés la testa. — Basta,
li di que n'a pas de liech pèrcourcar un crestian, que noun douna
de souin qu'ai bestia !...
Tounin, couma pensas, s'en souorte m'au couor gros e noun
sau plus à que sant si recoumandar. Era aqui au mitan dóu
camin, quoura en aquéu moumen arriba un landau, doun cala
una grossa dama, encapelada, aurias dich un ver foungi, segada
d'un varlet que pourtava religiousamen un can enfeloupat emé de
favour rosa au couol, tapat d'un tapis em'ai iniciala. En veèn
aquéu tablèu lou paure Tounin si lamenta, sangluta fouort.
— Qu'avès lou miéu brav'ome, li di la dama.
— Cen qu'ai Madama ?... trovi que lou vouostre can a mai
de chança que iéu. Li a cinquant-cinq an que travaii, pèr la premiera fès que siéu malàut, noun soulamen mi refuson à l'espitàu
dei estre uman, ma encara mi vèu picar la pouorta au nas èn
aquéu dai can.
— Quevoulès, lou miéu paur'ome, ai fach un vout de mimetre
à la Soucietà Proutetriça dei Animau, de pourtar touti li miéu
ecounoumia à la Caissa de secours pèr soulajar lou sort dei bestia.
Lou fau talamen ben, que vouguessi ben vous dounar un sóu
que pourii pas.
La dama li vira l'esquina e ientra couma un coupa-cisèu da
Graugnard. Tounin roumougna :
— Se ti veguessi en un cantoun ti dounerii mancou un gotou
d'aïga !... vièia sansuga !...
Tounin estrassinat, deble s'alonga un pau plus en là, su d'un
mouloun de peira. Quauqui oura après, couma soufrisia, n'ai-

�guènt ren en l'estomegue depi l'auba, coumençava d'aver lou
rangouioun, quoura passet un canipiè que li diguet :
— Que fès aquí, brav'ome ?
— Couma veès siéu aqui pèr tirar lu patoun. M'an refusat â
l'espitàu, même en aquéu dai can, noun mi resta que de mouri
su d'un mouioun de peira. — Avès un carnet su lou quai enregistras lu fach dóu jou, farias ben de li aloungar lou miéu testamen que poudès mentuar couma acô :
— « Bouon Diéu, se mi fes passar encara une fes sur la terra,
fe-mi naisse can au mancou, li aura une Soucietà Proutetriça dei
Animau que si crusira de iéu e pourrai estre amès en un espitau,
estre souïnat, faire bouona vida, menar une vida de can... »
ANT. ROLAND.

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VIGNE
A M. VALÉRE BERNARD.

Dans le ciel doux la Vigne ètreint les pals de buis.
Sous le pampre le merle alourdi des falernes
Tourne son col gris vair et ses paupières lemes
Qu'argenté la blancheur des immuables nuits.
O / fraîcheur, 6 beauté des Igs et des iris,
Que la Vierge éblouie avec les marjolaines
Cueille le soir venu aux vasques des fontaines
Pour colorer en fête, au crépuscule, l'Euis.
Narcisses, ébeniers, œillet et sensitive
Ah ! Versez en mon âme attiédie et pensive
L'orgueil qui souleva les clairs olympiens.
L'amour qui rafraîchit les Madones pieuses
Et qui vêt de clarté les snls athéniens
Et les ravissements des époques heureuses.
JEAN

PADOVANI.

Quauque souvèt :
Vous souveti la bouona annada.
Que siegue mihau que la passada.
Vous souveti la bouona annada acoumpagnada de touplcn
d'autri.

�Eglises et Chapelles de Nice
La vieille ville de Nice se trouvant sur la rive gauche du
Paillon, pour parler de ses églises, nous commencerons par son
église cathédrale, Sainte-Réparate, vierge et martyre, de celles du
canton Est, et en traversant la rive droite nous nous occuperons des paroisses du canton Ouest.
I. — L'Eglise Cathédrale du Diocèse de Nice est la paroisse
de Sainte Réparate, vierge et martyre, sous l'empereur Decius en
253. Sa fête est le 8 octobre. Cette église est au centre de la vieille
ville (8.500 âmes), Avant 1531 la Cathédrale était près du Donjon, plateau de Nice, et dénommée : Sancta Maria in platea,
dédiée à N. D. de l'Assomption. L'édifice actuel, dans son genre,
ressemble beaucoup à Saint Pierre de Rome, au Vatican. C'était
auparavant une simple église paroissiale
desservie par
les Bénédictins du Monastère de Saint-Pons, près Nice.
Dans son ressort se trouvent l'ancienne église de Saint
Jaume (Saint Jacques apôtre), jadis des P.P. Carmes, fermée
depuis 1903. Après le transfert du titre de paroisse à l'église de
Saint Juste, évèquc, au Gesu, elle fut placée sous la vocable de l'Annonciation de la Sainte Vierge, ainsi que la belle Eglise de la
Miséricorde, sur le Cours Saleya, jadis de Saint Gaétan, fondée
e
par les P.P. Theatins au XVIII siècle et cédée à la noble
confrérie des Pénitents Noirs.
La Cathédrale de Nice, paroisse Sainte-Réparate de nos jours,
fut comme l'ancienne au Donjon du Château {Sancta Maria in
platea), le théâtre de plusieurs f lits historiques mémorables dans
les annales de l'histoire de Nice.
II. — L'Eglise de Saint Jacques, an Gesû, dès son érection
en 1612, dédiée à Saint Juste, évêque. Sa fête est le 2 septembre.
En 1665 fut érigée en paroisse sous le titre de Saint Jacques le
Majeur, remplaçant la paroisse de Saint Jaume. On l'appelle
vulgairement le Gesù à cause qu'elle a été fondée et administrée
par les P.P. de la Compagnie de Jésus.
Appartiennent à cette paroisse les deux chapelles des confréries des Pénitents Blancs, la Sainte Croix, — confrérie la

�óo —
plus ancienne de Nice, — et des Pénitents Rouges, Saint Suaire
et de la Sainte Trinité ; l'Eglise du Couvent de là Visitation,
la chapelle de l'ancien séminaire, à la montée du Château, et
jadis l'Hospice franciscain avec chapelle de Saint Joseph des
P.P. Recollets de Cimiez, convertie en maison particulière.
L'Eglise du Gesù est d'ordre corinthien composite, cons truite sur le modèle de l'Eglise des Jésuites de Turin, dite
vulgairement les Saints Martyrs. ( 10.000 âmes).
A l'extrémité de la rue du Malonat, aux racines de l'ancien
château, on voit un oratoire à la Sainte Vierge Marie, sous le
titre de N. D. du Bon Secours. Les habitants de ce quartier érigèrent cet oratoire en l'honneur de la sainte Vierge, en reconnaissance du choléra en 1854.
III. — L'Eglise paroissiale de Saint Martin Evéque dite de
Saint-Augustin est la plus ancienne, elle fut bâtie sur l'emplacement de l'ancienne chapelle de Saint Martin (1205) et appelée
Saint-Augustin parce qu'elle était desservie par les Augustiniens
dont le couvent a été transformé en caserne. (Caserne Filley, près
l'ancienne chapelle Sincaire).
IV. — L'Eglise de Saint-Francois-de-Paule a été édifiée en
1736 d'après le plan de l'architecte
Guarini. En 1838
elle fut érigée en paroisse par décret de Mgr Galvano et appelée
aussi Saint-Dominique en souvenir de l'ancienne église paroissiale
de ce nom qui s'élevait sur la place Saint-Dominique aux lieux et
place de l'actuel Palais de Justice.
V*— L'Eglise du Port ou de l'Immaculée Conception. D'humble
origine. D'abord ce fut une fort modeste chapelle (1835), transformée agrandie par Mgr Galvano, et l'avocat théologue L. Mari
fut son premier curé..
VI. — L'Eglise Saint-Joseph nouvelle paroisse depuis 1911 la
première pierre fut posée le 19 mars 1911, bénie le 29 octobre et
ouverte au public le Ier novembre 1911 sous le patronage de Mgr
Chapon et dirigée par les soins de M. l'abbé Gabrielli.
A cette paroisse appartiennent la chapelle succursale de Saint
Joseph contigüe à l'Evêché, et la chapelle de Notre-Dame des
Anges sur l'ancienne route de Villefranche.
VIL — Saint-Roch. Cette église paroissiale dans la banlieue
de Nice fut érigée après la peste de r68r. Nice fut délivrée de ce
fléau par l'intercession de saint Roch, confesseur, né et mort à

�- Si Montpellier. La paroisse est divisée en deux quartiers, Roquebillière
inférieure et Roquebillière supérieure, jusqu'à la chapelle de NotreDame de Bon Voyage.
VIII. — Rive droite du Paillon, intra muros, se dresse Notre Dame du Vau, paroisse Saint-Jean-Baptiste, qui remplace l'an
cienne église du même nom devenue chapelle inférieure du Lycée.
Cette belle église, vœu delà ville de Nice en 1835, mt érigée en
1842 et terminée en 1852 par Mgr Galvano, évêque de Nice.
La façade ressemble à celle élevée à Turin en l'honneur du retour
du roi dans les états Sardes en 1814.
IX. — Saiiit-Pierre-d' Aréna remplace une chapelle située à la
Croix de Marbre. Elle fut érigée en paroisse en 1803 par Mgr
Colonna d'Istria. Elle doit son nom à ce fait, c'est que lors de sa
fondation elle se trouvait sur le rivage de la mer séparée par une
bordure de sable fin.
X. — Une ancienne chapelle de Sainte-Hélêne-l'Inspiratrice
existait dans ces parages. Elle fut remplacée en face la mer par
une église sous l'épiscopat de Mgr Recrosio (1727).
Six paroisses « extra muros » dépendent de la commune de
Nice.
Sainte-Marie Magdeleine, sise dans le vallon de Magnan, édifiée sur l'emplacement d'une chapelle de même nom, érigée en
1626 et dite vulgairement chapelle « dei cassaire » à cause du
grand nombre de chasseurs. Après le concordat de 1803 sous
l'épiscopat de Mgr Colonna d'Istria, ce quartier qui depuis 1771
dépendait pour le spirituel de la cathédrale fut érigé en paroisse.
Il existe encore aujourd'hui une chapelle de Notre-Dame du Bon
Conseil changée en demeure particulière . Bientôt le besoin de
la population augmentant, une église sera bâtie à la cité Robiony
par les soins du curé actuel de la Madeleine.
Plus à l'est de la ville, toujours dans le canton ouest ce
l'Arquet, se dresse la paroisse de l'Ariane dédiée primitivement à
saint Arnoux, évêque et à saint Pierre, apôtre. Elle fut érigée en
paroisse en 1809 sous l'épiscopat de Mgr Colonna d Istria. Dans
son ressort se trouve l'ancienne chapelle nécropole de l'Abbadie
fondée en 1635 en l'honneur de sainte Claire pour le besoin spirituel de 450 à 500 habitants qui appartiennent aux communes
de Nice, Cantaron Saint-André. Localité d'avenii et à laquelle
le chemin de fer Nice-Coni donnera une valeur stratégique.

�— 32 —
Gairaut avait au moyen-âge une chapelle de secours desservie
par les religieux chevaliers de l'ordre du temple au début, et par
la suite de Rhodes et de Malte. Sous l'épiscopat de Mgr François
Rosini de Martinengo la chapelle fut érigée en église paroissiale
sous le vocable de saint Sauveur o*u de la transfiguration du
Rédempteur.
Dès 1730 les P. Dominicains de Nice fondent à Saint Pancrace un sanatorium pour religieux martyrs avec chapelle en
l'honneur de Saint Pancrace martyr. Cette chapelle est érigée en
paroisse en 1848 par Mgr Galvano.
Sur le couchant de Saint-Pancrace on trouve la paroisse de
saint Roman . martyr ; l'ancienne chapelle fut érigée en paroisse
ainsi que celle de saint-Antoine de Ginestière en 1803 sous Mgr
Colonna d'Istria.
VALENT IN.

NOU VÉ
Tu Çatarina fai lou pan.
Mdumen de jota, d'alegressa,
Fes audi da toui lu couor :
Lu ange canton l'alegressa,
Fuges l'infer, Juges la mouorl.
Chntou !
L'aarika sabla, li a quaucaren aici vesin,
Sembla que senti li joia d'un festin ;
Audi lu tambourin de laen,
Lu Jlajoulet e li musela,
Lu pastre van à Bethelen
Laisson la cabana soaleta ;
Santo nuech, venes aléa nen ralegrà,
Pourtas à toui la pax et la tranquilità !
Tu Catarina fai lou pan,
Manda Lucrecia au safran,
Despende aléa lou lauvaniè,
Chapla la blea su lou taatié ;
Crala de froumai e roumpe d'iiu
E fai la iourta couma fou,
Ché n'aiguen toui en aboundança (bis)
Santa nuech, venes alèu nen ralegrà,
Pourtas à toui la pa.x e la tranquilità .'
En tant faguen etnb'au vesin
t ua santépér lou Bambin,
Toucan lou gotou de bouon vin,
Ernb'aa vesin pér lou Bambin
Ti-ri-tin-tin ! -tinTi-ri tin !

�— 3Î —

L'Expulsion de Mgr Valperga
fEN SEPTEMBRE

1792)

Le 12 octobre 1780 h population de Nice se pressait aux
abords de la porte Pairoliëre pour y recevoir en grandes pompes
le nouvel évêque Charles-Eugène Valperga di Maglione. Ce
prélat avait couché la veille selon l'usage antique à l'abbaye de
Saint-Pons et devait faire ce jour là son entrée solennelle dans
sa ville épiscopale.
Le cérémonial imposant avec lequel on avait reçu jusqu'alors
les évêques fut encore cette fois observé. L'accueil de la population entière fut des plus chaleureux au rapport de Pierre Scaliero
qui en fut témoin (1). Le nouvel évêque, qui remplaçait Monseigneur Astésan nommé archevêque d'Oristano en Sardaigne,
appartenait à une famille de vieille noblesse dont plusieurs membres avaient exercé, à Nice, des fonctions importantes (2). Il
(1) Voir aux Archives municipales le récit détaillé que ce chroniqueur en a laissé dans ses Mémoires. Pierre Scaliero mourut en 1805.
(2) Jacques Valperga, conseiller ducal, fut lieutenant du gouverneur de Nice en 1454 ; Thoma5 Valperga fut gouverneur du château de Nice en 1565 ; Jean Valperga fut également gouverneur de
Nice en 1596 ; Jérôme Valperga fut commandeur du château de
Nice en 1600 ; Pierre Valperga, frère de Jacques Valperga, était
chevalier de Malte (Arch. municipales, registre des gouverneurs,
commandants et chevaliers de Malte) ; Anne Valperga, fille dAmédée
Valperga, épousa, le commandeur de Malte Jean-Paul Lascaris.
(Voir son testament daté de 1683, arch. des Alpes-Maritimes,
registre B, 297.) Joseph Ignace de Valperga reçut de son oncle, Emmanuel Philibert Chiotera, mie partie du fief de Couaraze dont il fut
investi le 20 février 1753. Son fils, Vincent, céda ses droits à H. Novelli. Jérôme Valperga fut sénateur à Nice de 1761 à 1765, puis
ministre plénipotentiaire de Sardaigne à Gênes en 1780 ; plus tard
il fut ministre etsecrétaire d'Etat, ce dernier était le frère de l'évêque
de Nice et fils du comte François Valperga qui vivait encore en
1795Ees armoiries des Valperga étaient fascé d'or et de gueules, à
la plante de chanvre déracinée, d'argent et brochant. Le cimier
était un bouc naissant au naturel et la devise : « Ferme-toy ».
Nous reproduisons les armoiries de Monseigneur Valperga d'après celles qui se trouvent en tête du catéchisme édité par ses ordres
et dont nous devons le dessin à l'obligeance de M. Joseph Casai
(Extrait de 1' « Armoriai Artistique et Nrbiüaire », Ni.e, 1902.
3

�- 34était directeur du collège des Provinces à Turin, lorsque le roi
de Sardaigne le désigna, pour l'évêché de Nice. Il avait été sacré à
Rome où il avait fait ses études. Monseigneur Valperga se distingua immédiatement par sa vigilance et son activité : il releva
le niveau intellectuel et moral des prêtres de son diocèse et s'attacha à mettre en toutes choses la plus grande régularité. Dix-huit
mois après son installation, il publia un nouveau catéchisme
dont le plan avait été préparé par son prédécesseur ^i). Grâce à

ses relations cordiales avec la eour de Turin, il jouissait auprès
des autorités civiles de Nice d'une grande influence. Après douze
(1) Ce catéchisme en italien fut imprimé à Nice par la Société
Typographique. C'est un petit volume in-douze de 612 pages, portant
la date de 1783. En tête se trouve le mandement de Monseigneur
Valperga du 16 février 1782 qui approuve le travail terminé par
le prêtre auquel Monseigneur Astésan en avait confié le soin, ordonne
sa publication et règle l'organisation des catéchismes dans tout le
diocèse. Deux ans plus tard en 1785, Gabriel Floteront, imprima
un autre catéchisme rédigé en dialecte niçois, petit volume in-12
de 228 pages. Un exemplaire de ces deux ouvrages existe à la biblio
thèque de Nice. — Voir Villarey, Série Cronològica dei Vescovi
di Nizza. — Art. Valperga.

�-35 années de séjour dans cette dernière ville il s'était acquis l'estime
et le respect de tous.
*

• *

Lorsque le 28 septembre 1792 dans l'après-midi, les troupes
piémontaises évacuèrent Nice, il y eut dans cette ville une effroyable panique et des milliers d'habitants s'enfuirent dans la direction de Turin. Ce fut un désarroi et une désorganisation complète de toutes les autorités. iMonseigneur Valperga resta à son
poste et s'engagea à ne point quitter la ville. Le lendemain samedi
29 septembre, il accompagna le second consul Honoré Saissi et
quelques membres du Conseil qui se rendirent, vers les onze
heures du matin, à la villa Feraudi, au quartier St Hélène, pour
offrir les clefs de la cité au général d'Anselme qui venait d'y
arriver à la tête des troupes françaises. Le général fit à la délégation assez bon accueil, mais il s'étonna de trouver parmi ses membres, l'évêque dont la place déclara-t-il n était pas là. Du reste,
d'Anselme attacha si peu d'importance à la démarche îles magistrats niçois que dans aucune de ses dépêches officielles il n'en fit
mention.
Sur le soir du même jour, la petite armée française faisait son
entrée dans la ville et le général s'installait dans la maison du
consul de France à la place St Dominique. L'évêque de Nice qui
tenait à rester au milieu de ses diocésains se présenta de nouveau
vers les huit ou neuf heures du soir chez le général auquel il voulait recommander ses prêtres en lui demandant des respecter les
églises. Le général était entouré de tout son état-major, du consul
de France, Pierre Le Seurre, de Honoré Saissi, second consul, de
Féraudi, secrétaire général de la commune. Ces deux derniers
venus probablement pour appuyer les demandes de l'évêque.
L'accueil du général ne fut pas plus encourageant que la première fois ; il intima même avec insistance au prélat l'ordre de
quitter ta ville en ajoutant que le plus tôt serait le mieux et ce
fut sur ces dernières paroles que l'évêque se retira après avoir toutefois reçu du général la promesse que tout ce qu'il laisserait dans
son palais serait placé sous la sauvegarde de la Nation française.
Il n'y avait pas à tergiverser, l'ordre était formel et pressant, il
fallait partir. L'évêque prit ses dernières dispositious et délégua,
au curé de la cathédrale, le chanoine Honoré Navello, tous les
pouvoirs nécessaires pour administrer le diocèse en son absence.
Aux premières lueurs du jour, Valperga quitta son palais, et se

�— 36 dirigea à pied vers la porte Pairolière. Il avait été impossible de
trouver une voiture car tous les moyens de transport avaient été
réquisitionnés et utilisés le 28 septembre pour permettre l'exode
des habitants terrorisés. Il avait ordre de partir, mais cet ordre
n'ayant pas été donné par écrit, les volontaires marseillais, de garde
à la porte de Turin, refusèrent de le laisser passer, l'accablèrent
d'injures, le menacèrent même de le pendre et ne consentirent á
le lâcher que sur un ordre écrit, sollicité et obtenu du général,
grâce à l'intervention courageuse et au sang-froid d'un jeune
niçois, Joseph Castellinard. Monseigneur Valperga se retira à
Turin et y mourut en 1805 sans avoir jamais pu obtenir l'autorisation de rentrer.
*

* *

Il est établi par les documents officiels contemporains que
Monseigneur Valperga ne quitta son siège que sur les ordres arbitraires du général d'Anselme et ces mêmes documents nous
renseignent très exactement sur les incidents fâcheux qui se produisirent au départ de l'évêque. Du reste, on n'ignorait pas à Nice
comment les choses s'étaient passées et la population savait grê à
Valperga de son attitude et de sa fermeté. De son côté, Valperga
avait eu confiance dans la parole à lui donnée par le général au
nom de la Nation française et à plusieurs reprises il manifesta
son étonnement qu'elle n'ait pas été gardée, que ses biens aient
été confisqués, son mobilier vendu, son nom inscrit sur la liste
des émigrés alors qu'en partant il n'avait cédé qu'à la force.
Parmi les nombreux documents qui se trouvent soit aux archives de Nice, soit aux archives nationales il en est quelques-uns
dont la simple reproduction sera plus probante que tous les corn,
mentaires. Il_suffira de citer :
•i° La lettre du Directoire des Colons Marseillais en date du
25 février 1793, adressée aux citoyens Blanqui et Veillon, députés
extraordinaires de la ville de Nice à Paris, au sujet des réclamations présentées le 23 du même mois par Jean-Jacques Donny, au
nom de Mgr Valperga.
20 La réponse du même Directoire à J.-J. Donny, en date du
26 février 1793.
3„ L'arrêté du Département en date du 13 avril 1793.
40 La réclamation présentée au Directoire du département

�Valperga, aussitôt après son inscription sur la liste des émigrés de
la ville de Nice, dressée à la fin de juin 1793.
50 Les états de frais pour l'inventaire et la vente du mobilier
et effets de « l'émigré Valperga Maillone, citoyen évêque » approuvés par le département des Alpes-Maritimes, le 5 germinal an
III (25 mars 1795).
6° Les actes de notoriété dressés le Ier et 2me fructidor an III
(18 et 19 août 1795) par Gautier, juge de paix à Nice, à la requête de Pierre-Joseph Passeron, agissant en qualité de procureur
subrogé par Nicolas Giorni, procureur spécial et général de Mgr
Valperga, par acte de procuration reçu à Turin le 20 juillet 1795,
notaire Pierre-Joseph Bernochio.
70 La pétition adressée au district de Nice le 4 fructidor an III
(21 août 1795) par Pierre-Joseph Passeron, demandant la radiation du nom de Valperga sur la liste des émigrés.
8° L'avis du district de Nice en date du 5 vendémiaire an IV
(27 septembre 1795) déclarant que Mgr Valperga doit être rayé
de la liste des émigrés.
90 L'arrêté du département des Alpes-Maritimes, en date du
14 prairial an V (2 juin 1797) ordonnant la radiation provisoire
du nom de Valperga de la liste des émigrés.
io° L'acte de cautionnement dressé par le département le
11 fructidor an V (28 août 1797), à la requête de Pierre-Joseph
Passeron, procureur de Mgr Valperga en exécution d'une des
clauses de l'arrêté du 14 prairial an V (2 juin 1797).

�- 38 —

DOCUMENTS ET PIÈCES D'ARCHIVES

Pièce 1.

25 février 1793
Aux cit. Blanqui et Veillon
Une lettre du cit. Donny, associé du citoyen LeClerc, défunt président de l'ancienne administration
provisoire, dont vous avez ci-inclus l'extrait ( 1 ), nous
fait connaître que le cit. Valperga, évêque de Nice,
laissa avant son départ (ordonné à son retour par
Anselme) dans sa maison pour environ 34.000 livres,
argent monnayé, et environ pour 17.000 d'effets en
vaisselle, linge, batterie de cuisine etc.
Une portion de ces effets se trouvent encore dans
ladite maison, sous l'inventaire que nous en avons
fait dresser par les commissaires de l'une et l'autre
administration, lorsque nous avons été installés, mais
il s'en faut de beaucoup qu'elle puisse arriver à la
somme de 17.000 livres, pas même le tiers.
Quant à l'argent monnayé entré dans la caisse du
receveur de l'ancienne administration, nous n'y
voyons point la somme que ledit Evêque désigne
avoir laissé dans sa maison. Nous vous remettons cijoint un extrait de l'état des sommes' que le cit.
Bonnet a reçu en espèces, pendant toute sa gestion
de receveur et trouvées parmi les effets des émigrés
français et niçois.
Nous ne voulons rien préjuger sur l'assertion du
cit. Valperga, quoique nous ayons des indices frappants de vérité. Ce ne sera que lorsque nous aurons
pu les convertir en preuves par le témoignage de
quelques citoyens que nous nous procurerons, pour
pouvoir en demander la restitution et la poursuite
contre le pillage.
En attendant, noùs croyons devoir vous faire part
de cette découverte que nous allons communiquer au
Président de la Convention Nationale et au Ministre.
Arch. des A. M. Registre de la correspondance du
Directoire des Colons marseillais L. 5.
Cet extrait manque au registre ainsi que les autres pièces
énoncées dans celte lettre.

�-hLe 2érae février 1793.
Au citoyen Donny, négociant à Nice
Pièce 2.

Votre lettre du 23me de ce mois, citoyen, nous
demande des renseignements sur le temporel du
citoyen Valperga, Evêque de Nice. Nous allons vous
transmettre tous ceux qui sont à notre connaissance
L'administration provisoire en choisissant l'Evêché
pour le lieu de ses séances, vint s'y établir dans les
premiers jours d'octobre, et tout nous porte à croire
qu'elle ne fit aucun inventaire des effets qui s'y trouvaient, du moins nous n'en avons trouvé aucun dans
les papiers qu'elle nous a remis.
En succédant à cette administration provisoire,
uous avons cru que notre premier devoir était de faire
un inventaire de tout le mobilier renfermé dans la maison épiscopale. Nous y avons successivement procédé
en présence des administrateurs provisoires et à mesure qu'ils nous en remettaient les clefs. Tout le mobilier qui s'y trouvait, ne consistait guère qu'en
meubles meublants et ne nous paraît pas avoir la
valeur de 17 mille livres que l'Evêque lui donne.
Vous pourrez, si vous le jugez à propos, faire prendre
à notre secrétariat une copie de cet inventaire. Tout
ce. qui n'est point renfermé dans les appartements
que nous occupons au premier étage, a été laissé à la
garde de Jean Poma, ancien concierge de l'Evêque et
le nôtre.
Pour nous éclairer sur les 34.000 1. argent monnayé que l'Evêque doit avoir laissé en sa maison,
nous avons écrit au cit. Bonnet, receveur de l'administration provisoire, pour lui demander un état des
sommes en numéraires versées dans sa caisse, comme
ayant été saisies et trouvées parmi les effets des Emigrés français et niçois. L'état qu'il nous a remis ne
monte qu'à 74121. 16 s, et aucun article n'a du rapport
avec les réclamations du citoyen Valperga.
Quant à ce qui concerne personnellement le
citoyen, nous avons demandé au Ministre de l'Intérieur de vouloir bien nous dire la manière dont nous
devions l'envisager. Nous savons qu'un ordre arbi-

�— 40 —
traire de Danselme l'obligea de quitter Nice, le jour
de l'entrée des Français. Mais nous pensons aussi que
la proclamation des Commissaires de la Convention
nationale de France et le décret de celle de Nice,
concernant les Emigrés, étaient des motifs suffisants
pour le ramener à son poste et le rassurer sur les
suites de son retour. En persistant à prolonger son
absence, il s'expose à être traité comme émigré, à se
voir déclarer déchu de sa place et confisquer tous ses
biens. Telle est la disposition de la loi, et quoique
nous ayons consulté le ministre sur le cas particulier
de l'Evêque, nous prévoyons que sa réponse sera de
nous en tenir à la rigueur des lois, ainsi que plusieurs
instructions nous l'ont déjà annoncé.
Vous sentez, citoyens, que tout le mobilier de
l'Evêque doit rester séquestré jusqu'à son retour ou à
la décision du Ministre. Il peut être tranquille sur la
conservation de tout ce que nous avons trouvé en
entrant dans sa maison. Ce qui a pu en être enlevé
avant notre entrée en fonctions, est étranger à notre
gestion. Mais nous employerons tous les moyens qui
sont en notre pouvoir pour en trouver les traces, en
acquérir les preuves et en faire punir les coupables.
Les administrateurs, etc.
Archives des A.-M., Registre
suivants.

,L. 5,/°7i verso et

Lettre des commissaires de la Convention
Nationale et arrêté du Département des A. M.
Nice, le 9 Avril 1793, l'an 1 Ie de la Repu bublique Française.
« Vous voudrez bien, citoyens, en nous envoyant
les noms et prénoms de l'évêque de Nice, nous instruire officiellement d'après les "dispositions des lois,
s'il est censé démissionnaire et son siège vacant.
« Les Commissaires de la Convention Nationale
au département des A. M.
GRÉGOIRE, JAGOT (I)

(1)

Archives des A. M. L. 29 ancien. L

7

actuel.

�— 4i (i3 avril 1793)
Le Directoire ; vu la réquisition du citoyen Procureur Général sindic « Considérant que Charles Eugène Valperga, évêque de Nice, n'avait point quitté
son domicile lors de l'entrée des troupes de la République ; considérant qu'il a lui méme-accompagné les
consuls d'alors quand ils furent présenter les clefs
de la ville et inviter le général Anselme à venir en
prendre possession au nom de la République ; considérant que le général Anselme par ses ordres arbitraires et tiranniques, accompagnés même de menaces contre ses jours, l'ont forcé de s'éloigner ; arrête
qu'il ne peut le déclarer émigré, et qu'il sera répondu
aux Commissaires de la Convention nationale d'après
les principes ci-dessus.. »
Sign : PAUMÉ ; BARLI FABRI ; F. CASTKLIMARD ;
ANGLES ; BERNARDI, secrétaire général. (1)
pjj

ce

^

Aux citoyens composant le Directoire du
département des Alpes-Maritimes..
22 juillet 1793.
Citoyens,
Le citoyen Jean-Jacques Donny, soussigné, chargé
des intérêts du citoyen Valperga, évêque de Nice
absent, ayant été informé que par votre délibération
du 29 du mois passé, ledit citoyen Valperga avait été
déclaré émigré, vous représente avec tous les égards

(1) Archives des Alpes-Maritimes, Registre L,. 3, folio 101. L'Arrêté n'est pas signé par le procureur syndic Jean-François Tourre
ni par l'administrateur Jean-L,ouis de Villiers qui ne partageaient
point l'opinion de leurs collègues. A noter que Tourre était d'Antibes
et que de Viliers était un médecin français établi depuis longtemps
à Nice.
I/Arrêté fut pris malgré le réquisitoire de Tourre qui voulait
déclarer Monseigneur Valperga émigré et malgré un violent discours de Villiers soutenant la même thèse qui fut combattue par
Barli Fabri, par Castclinard et par Anglès. J'ai déjà publié in-extenso
cette délibération du 13 avril T793 au cours d'un article sur l'église
de Nice en 1792-1793 inséré dans Nice Historique du Ier avril 1903,
C'est pourquoi je reproduis ici simplement la lettre des
commissaires et l'arrêté du département.

�- 42 —
dûs au pouvoir dont l'exercice vous a été confié par
le peuple souverain que le citoyen Valperga ne peut
ni ne doit sous aucun rapport être considéré comme
émigré, par les motifs ci-après :
i° Qu'il est de notoriété publique qu'il n'a quitté
le pays que contre son gré et par ordre du général
Anselme :
2° Qu'il a constamment été disposé et a offert
de revenir dans son diocèse, moyennant qu'il ne fut
assujetti à prêter qu'un serment relatif au temporel et
non au spirituel.
3° Qu'enfin et par la raison que n'étant point
indigène, mais étranger, son séjour ici n'a été dé terminé que par sa nomination à l'épiscopat, événement casuel qui n'a jamais pu le soumettre à l'obligation de renoncer pour toujours à sa mère-patrie.
Tous ces motifs, soit qu'on les prenne collectivement ou séparément, démontrent suffisamment,
citoyens administrateurs, le droit incontestable, qu'a
le citoyen Valperga de demander et prétendre la
radiation de son nom du tableau des émigrés, et si
le ministre de l'Intérieur n'a fait aucune distinction
entre lui et les autres citoyens, c'est sans doute qu'il
a ignoré les circonstances qui vous sont exposées
ci-dessus, et notamment la dernière, car s'il les eût
toutes connues, il n'est nullement probable qu'il eût
décidé comme il l'a fait. Toute hypothèse contraire
serait une injure faite à ses sentiments et à ses lumières. Un homme tel que lui, dont les vertus civiques, le patriotisme et les talents l'ont appelé au
poste aussi honorable que pénible qu'il occupe, doit
ressembler autant que possible à la Nation pour
laquelle il agit et qui l'a honoré de sa confiance.
Cette nation est grande, généreuse, magnanime,
juste et bienfaisante.Elle ne peut qu'êtreextrêmement
jalouse de sa gloire, et l'un des principaux devoirs de
ses agents est d'éviter soigneusement d'en ternir
l'éclat.
Le refus qui serait fait de rayer de la liste des
Emigrés le nom du citoyen Valperga, refus qui entraînerait avec lui la confiscation des minces propriétés de ce citoyen, serait un acte qui imprimerait à

�-

43

-

jamais une tache ineffaçable à la gloire du nom français ; tache qui ne pourra manquer de frapper également les yeux des contemporains et ceux de la postérité ; tache enfin que les historiens ne manqueront
pas de faire ressortir par des couleurs enluminées, et
le bel effet qu'un pareil tableau produirait, citoyens
administrateurs, serait votre ouvrage.
Mais non, loin de nous, cette idée ! Vous êtes
républicains ! cela suffit. Les républicains sont vertueux. Ils aiment, chérissent, protègent, respectent
la vertu partout où elle se trouve. Et le citoyen Valperga aussi est un homme vertueux ! Qui en doute ?
Nul bon citoyen, nul honnête homme. Souvenezvous, citoyens administrateurs, que ce n'est que par
ses vertus qu'il a mérité l'amour et l'affection du
peuple Niçois et non par sa qualité d'évêque. Et plût
à Dieu que tous les ecclésiastiques lui eussent ressemblé ! La France n'eut point éprouvé d'aussi horribles secousses, pour asseoir, affermir et assurer sa
liberté.
La République a incontestablement le droit de
renvoyer hors de son sein tout individu qui ne lui
convient pas, mais en renvoyant ainsi un étranger
qui, d'ailleurs, n'a pas encouru la peine de la confiscation de ses biens, elle lui permet de les emporter ou
de les vendre et d'en emporter le produit. Tel est
précisément le cas du citoyen Valperga.
L'exposant demande en conséquence, citoyens
administrateurs, qu'il vous plaise prendre dans votre
sagesse une délibération tendante à rendre audit
citoyen Valperga sa qualité de citoyen français non
émigré, à lui accorder un délai compétent pour rentrer dans ce pays soit comme simple citoyen ou
comme fonctionnaire public et à lui assurer dans
tous les cas la restitution de ses propriétés par lui
laissées sous la sauvegarde de la loyauté française
dans la maison épiscopale, lors de sa retraite forcée,
ou la juste indemnité de leur valeur. Et sera justice.
Nice, le 22 juillet 1793, l'an second de la République française, une et indivisible.
Jean-Jacques DONNY.
l
ARCHIVES NATIONALESF/ 4.867 , dossier Valperga.

�- 44 Pièce 5.

Etat de frais de vente pour parvenir à l'inventaire
et vente des effets de l'émigré Valperga Maillone,
citoyen évêque :
5 germinal an III (25 mars 1795)
Pour une séance de trois commissaires dont un du
District et deux de la Commission municipale, fixée
à trois livres par séance par le Directoire du district
et approuvé par les Représentants du
Peuple
L.
9 »
Papier timbré tant de la minute que
des deux extraits
»12
Pour la copie desdits deux extraits . .
» 8
Droits d'enregistrement
13 10
31

2

Nous soussignés certifions le compte ci dessus véritable.
Signés : J.-B. Thomaty, comm. du dist. ; Savigny,
comm. munie. ; Mabil, comm. municip.
Frais de la vente :
Pour quatre séances de deux corn missaires dont un
du District, un de la Commis, mun. sans le membre
de l'administration fixées à trois livres par séance par
le Directoire du district et approuvé par les Représentants du Peuple .
L.
24 »
Au trompette pour publication de
quatre criées
5 »
Au crieur à la vente, quatre séances .
12 »
Aux portefaix qui ont travaillé au
transport des effets
40 »
Papier timbré tant de la minute que
de l'extrait
1 »
Bougie
3 »
Droits d'enregistrement
27 »
Papier timbré du petit état
» 4
A la femme qui a assisté à la vente
pour l'arrangement du linge
» 12
L.
Signés : J.-B. Thomaty, comm. du
district ; Savigny, comm. municip.

1

159 6

�Vu par nous, membres composant la Commission
Administrative du district et d'après l'arrêté du district, approuvé par les Représentants du Peuple et la
loi du il et 12 Mars, arrête l'état des frais ci-dessus
se montant à la somme de cent cinquante neuf livres
trente centimes, qui seront acquittés par le receveur
du droit d'Enregistrement lorsque le Département
aura vérifié ledit état.
Nice, le 29 ventôse an 3"" de la République française une et indivisible (19 mars 1795).
(Suivent les signatures).
Vu l'état des frais ci-dessus pour parvenir à l'inventaire et vente du mobilier de l'émigré Valperga
Maillone ci-devant évêque.
Vérifié et arrêté par le Directoire du district de
Nice, la Commission Administrative du département
des Alpes-Maritimes approuve ledit état et ordonne
au citoyen Maussier, receveur de l'enregistrement
cîudit district de payer aux citoyens J. B. Thomaty
et Savigny, comm. la somme de 159 livres et 30
centimes pour montant des frais pour inventaire et
vente des susdits effets de l'émigré, laquelle somme
lui sera allouée en compte.
Fait à Nice le 5 germinal an 3me républicain ( 25
mars 1795).
Etat des frais pour parvenir d la vente du mobilier de
l'émigré Charles Eugène Valperga Maillone, citoyen
évêque.
Pour trente-neuf séances de trois commissaires
dont un du District et deux de la Commission municipale, fixé à trois livres par séance par le Directoire
du district et approuvé par les Représentants du
peuple
L.
351 »
A deux portefaix, dix-neuf journées et
demi chaque fixées à cinq livres par jour.
195 »
Au trompette pour publication de
trente-neuf criées fixées à une livre cinq
sols chaque
48 r 5
Au crieur à la vente, trente-neuf séan
ces fixées á trois-livres par séance ....
117 »

711 1$

�- 4* Report
Papier timbré tant de la minute que
de l'expédition
Pour copie dudit extrait fixé à quatre
livres
Papier timbré du présent état ....
Bougie
Droit d'enregistrement
Plus deux autres journées de portefaix à cinq livres
Un paquet de plume
L.

148
4
6
421

»
4
»
»

20
5

»
»

1.182

7

Nous soussignés certifions le compte ci-dessus,
véritable.
Nice, le Ier ventôse an 3me de la République (19
février 1795).
Signés : J.-B. Thomaty, commissaire du district ;
Savigny, comm. ; Honoré Mabil, comm. municipal.
Vu par nous, membres composant la Commission Administrative, de ce District, et d'après la loi
du 11 et 12 Mars 1793 (v. s.) et l'arrêté de cette
Commission approuvé par les Représentants en date
1^ Fructidor, oui l'agent national, arrête l'état des
frais se montant à onze cent huitante deux livres et
trente cinq centimes qui seront acquittés par le
receveur de l'agence de l'enregistrement sur le produit de la vente desdits meubles, lorsque le Département aura vérifié ledit état.
Nice le 29 ventôse an 3me de la République
française une et indivisible (19 mars 1795).
(Suivent les signatures).
Vu l'état des frais ci-dessus pour parvenir à la
vente du mobilier de l'Emigré Valperga Maillone cydevant évêque.
Vérifié et arrêté par le Directoire du district de
Nice.
La Commission administrative du département
des Alpes-Maritimes, approuve ledit état et ordonne

�— if au citoyen Maussier, receveur de Penregistrement
dudit district de payer aux citoyens J.-B. Thomati,
Savigni et Honoré Mabil, commissaires, la somme de
mille cent quatre vingt deux livres trente cinq centimes pour montant des frais de la vente des susdits
effets de l'Emigré. Laquelle somme lui sera allouée
en compte.
Fait â Nice le 5 germinal an 3me républicain (25
mars 1795).
Arch. des A. M. L. 15 ancien p. 44-45 N° 34-35

Actes de Notoriété
Pièçe g

1-2-fructidor an III
18-19 août 1795
EGALITÉ, LIBERTÉ

AU NOM DE LA LOI
Ce jourd'hui, premier Fructidor, l'an troisième
(18 août 1795 de la République française, une et indivisible, à Nice, chef-lieu du département des AlpesMaritimes, par devant Nous, Antoine Gautier Juge de
paix de la Ier, 2m" et 3me section et officier de police,
est comparu le citoyen Pierre Joseph Passeron, natit
tic la commune de Contes et habitant en celle de Nice
depuis plusieurs années.
Lequel en sa qualité de procureur du citoyen
Charles Eugène Valperga de Maillone, évêque de Nice,
subrogé par le citoyen Nicolo Giorni, homme de loi,
procureur spécial et général établi (par acte reçu) par
le notaire Pierre Joseph de Bernochio, le 20 Juillet
dernier (v. s.) qu'il présente, légalisé par le résidant
de la République de Gênes auprès de la Cour de Turin, dont il résulte le pouvoir donné au citoyen Giorni, de subroger en son lieu et place, avec tous les
pouvoirs compris au dit acte, et il présente au surplus l'acte de sa dite subrogation faite par le même
citoyen Giorni, reçu en la ville de Gênes le premier

�- 48 du mois d'août dernier (v. s.) par le notaire Antoine
Baglietto, légalisée par le consul de la République
française.
Il expose que le vingt neuvième jour de septembre
de l'année 1792, l'armée de la République, étant arrivée en cette ville, commandée en chef par le citoyen
général d'Anselme, lorsque ce général, vers le soir,
fut arrivé et il eut pris son logement dans la maison
habitée par le ci-devant consul de la République Le
Seurre, ledit citoyen Evêque Charles Eugène Valperga de Maillone s'y étant présenté, ledit général d'Anselme, en présence de tout son Etat-Major, lui signifia
d'abord de devoir partir de cette ville. Sur quoi le
dit évêque ayant répondu qu'il avait cru de pouvoir
continuer sa résidence en cette ville et tellement l'avait cru, qu'il n'avait jamais pensé de distraire et en
faire partir le moindre de ses meubles et effets, qu'il
avait dans la maison d'habitation de l'tvêque et que
si absolument il lui ordonnait de partir, il le priait de
lui accorder la sauvegarde sur tous lesdits effets et
meubles. Le dit général d'Anselme lui répliqua qu'il
dut absolument partir de cette ville, en ajoutant que
le plus tôt en serait le mieux, et qu'à l'égard de ses
meubles et effets qu'il avait, il les mettait dès ce ino
ment sous la sauvegarde et loyauté de la Nation française et qu'il pouvait en être tranquille, après quoi ledit
évêque Valperga de Maillone, tout tremblant, ayant
dit qu'il allait se conformer dès le lendemain au matin à ses ordres, se retira ; ledit général d'Anselme
lui ayant encore répliqué : le plus tôt sera le mieux.
Et comme il importe audit citoyen évêque Valperga de Maillone de constater le fait ci-dessus expo"sé, suivi en présence de tout l'Etat-Major dudit général d'Anselme et de plusieurs citoyens de cette commune, l'exposant, en sa dite qualité vous présente les
citoyens Pierre Le Seurre, ci-dessus nommé, ci-devant
consul en cette ville de la République, le citoyen Honoré Saissi de cette commune qui pour lors était second consul de la même commune, le citoyen Philippe Emmanuel Féraudi qui pour lors était secrétaire de
Ìa même commune et le citoyen Ange Giraudi aussi

�- 49 de cette commune, pour recevoir leurs dépositions
sur ledit exposé et vous fait instance que de tout lui
soit concédé acte, ce que nous lui avons accordé, et a
signé.
PIERRE JOSEPH PASSERON.

Et de suite se sont présenté les susnommés
citoyen Le Seurre, natif de Craon, âgé de 75
ans, bourgeois, le citoyen Saissi, âgé de 70 ans,
négociant, Emmanuel Feraudi, âgé de 68 ans, notaire, Ange Giraudi, âgé de 63 ans, négociant,
natifs et domiciliés dans cette commune, auxquels
après avoir fait lecture dudit exposé fait par ledit citoyen Pierre Joseph Passeron, en sa dite qualité, les
avons interpellés sur serment que leur avons fait prêter, conformément à la loi, de nous dire en leur âme
et conscience si tous les faits énoncés dans le même
exposé sont de leur connaissance et tous les quatre ont
répondu et attesté tant uniment que séparément en
être pleinement informés, s'y étant trouvés présents,
et que le tout contient la vérité, toute la vérité et
rien que la vérité. En foi de quoi ils ont signé :
LE SEURRE, HOSORI'J
SAISSI, PHILIPPE EMMANUEL FÉRAUDI,
ANGE

GIRAUDI.

Et nous, juge de paix, vu les dépositions ci-dessus, avons de tout concédé acte au susnommé citoyen
Pierre Joseph Passeron en sa dite qualité, pour lui
servir et valoir dans tous les cas, à ce que de droit et
de raison. Fait à Nice, l'an et le jour que dessus.
GAUTIER, juge de paix.
BONIFACI, sec. greffier.
Vu par nous, membres du District de Nice, 3 vendémiaire an IV rép. 25 sep. 1795, TOSELLI, JN COPPON
fils, VÉRANI pr. syndic, SAYTOUR Martin.

�— 5o —
EGALITÉ, LIBERTÉ.

AU NOM DE LA LOI
Ce jourd'hui. second jour de Fructidor de l'an 3
août 1795) de la République française une et indivisible, à Nice, chef-lieu du département des AlpesMaritimes, par devant nous, Antoine Gautier, juge de
paix de la iere, 2M* et 3ME section et officier de police,
est comparu le citoyen Pierre Joseph Passeron : natif
de la commune de Contes et habitant en celle de Nice
depuis plusieurs années
Lequel en sa qualité de procureur du citoyen
Charles Eugène Valperga de Maillone, évêque de
Nice, subrogé par le citoyen Nicolo Giorni, homme
de loi, procureur spécial et général établi (par acte
reçu) par le notaire Pierre Joseph de Bernochio, le 20
Juillet dernier (v. s.) qu'il présente, légalisé par le résidant de la République de Gênes auprès de la Cour de
Turin, dont il résulte le pouvoir donné au citoyen
Giorni, de subroger en son lieu et place, avec tous les
pouvoirs compris audit acte, et il présente au surplus
l'acte de sa dite subrogation faite par le même citoyen
Giorni, reçu en la ville de Gênes le premier du mois
d'août dernier (v. s.) par le notaire Antoine Baglietto,
légalisée par le consul de la République française.
Expose : Primo, que le matin du trente septembre 1792, le citoyen Charles Eugène Valperga de
Maillone, évêque de Nice, en partant de cette ville
avec deux domestiques à sa suite, qui portaient un
paquet et quelques effets, fut arrêté à la porte qui conduit en Piémont, ci-devant nommée porte Victoire,
et conduit au vestibule de la maison presque attenante
à ladite porte, appartenant au citoyen Dominique
Castellinard, où se trouva le citoyen Joseph Castellinard, fils dudit Dominique, et malgré que ledit Evêque Valperga déclara aux soldats de la Garde de la
dite porte qui étaient des Marseillais, que c'était en
conséquence d'ordre qui lui avait été signifié par le
citoyen général d'Anselme qu'il partait de cette ville,
lesdits soldats commencèrent par le malmener et lui
(19

�signifier qu'ils voulaient le pendre et ayant ouvert
ledit paquet et y ayant trouvé entre autres effets, une
ceinture d'évêque, ils déterminèrent, à l'instant, de le
pendre avec ladite ceinture, et ayant essayé si la même
était assez forte pour le soutenir, en la préparant, elle
se fit en lambeaux, de façon qu'ils vérifièrent qu'elle
ne pouvait leur servir et demandèrent audit Joseph
Castellinard fils une corde, pour pendre ledit évêque,
à un grand anneau de fer qui était au plafond dudit
vestibule, servant â y passer une verge de fer pour
peser les marchandises, et ledit citoyen Castellinard
fils, leur ayant absolument refusé de leur donner de la
corde, en s'excusant qu'il n'en avait point, comme
dans tous ces entrefaits ledit évêque se trouve mal et
ne peut plus se soutenir, ledit Castellinard fils lui fit
apporter une chaise, par sa servante à qui quelques
uns de ces soldats donnèrent des coups de poing pour
avoir porté ladite chaise et le même Castellinard le
fit ensuite asseoir sur ladite chaise, en le soutenant,
parce qu'il ne pouvait se soutenir droit ; d'autant plus
qu'en attendant, lesdits soldats marseillais lui disaient mille exécrations, lui crachaient dessus et lui
donnaient des soufflets, et assurément ils l'auraient
fini, si dans cet intervalle un de ses domestiques
n'avait été dire au citoyen général d'Anselme ce qui
venait d'arriver, et ledit domestique étant venu avec
un billet dudit général d'Anselme qui ordonnait à la
garde de le laisser partir, puisque c'était de son ordre,
en conséquence de ce billet lesdits soldats marseillais
se bornèrent pour lors à lui dire et crier mille invectives et injures et le laissèrent partir, ce que ledit
évêque, malgré qu'il ne pût se remuer, à l'aide de ses
domestiques fit au mieux possible en tremblant, de
façon qu'il doit son existence au refus ferme et déterminé que ledit citoyen Castellinard fils leur fit de
leur donner une corde, sans quoi avant l'arrivée du
dit domestique portant l'Ordre du général d'Anselme, il aurait été pendu et étranglé.
Secondoque lefaitci-dessusfut d'abord public et notoire, de notoriété publique dans cette ville et encore
plui le lendemain premier octobre, puisque les autres

»

�— 52 —

soldats de la Phalange Marseillaise, arrivés sur le soir
dudit jour trente septembre, d'abord après leur arrivée
cherchèrent l'évêque qu'ils voulaient le lanterner et
mettre en pièces, comme ils s'expliquèrent hautement,
ce qui joint au fait arrivé dans ledit vestibule de la
maison Castellinard, étant devenu d'une notoriété publique donna l'épouvante à tous les gens honnêtes du
pays, qui disaient que le citoyen général d'Anselme en
ordonnant audit évêque de partir, en mettant sous la
sauvegarde de la Nation française ses meubles et ses
effets, avait voulu le sauver.
Et comme il importe audit citoyen Passeron, exposant en sa dite qualité, de constater par témoins le
fait ci-dessus exposé, il nous présente ledit citoyen
Joseph Castellinard fils de Dominique de cette commune, âgé de 21 ans, de profession, négociant, qui se
trouva présent au fait énoncé dans le Ier article de l'exposé ci-dessus, et au surplus informé de la notoriété
des faits énoncés au second et dernier chef, de ladite
exposition et il nous présente les citoyens Jean-Jacques Donny, natif de Neufchâtel en Suisse, âgé de 39
ans, de profession, négociant ; Joseph Poullan, natif
de Clavesana, en Piémont, âge de 48 ans, négociant ;
Jacques Gerbin, âgé de 60 ans, tailleur, Jean-Marie
Thaon, âgé de 56 ans, négociant, natifs et tous domiciliés en cette commune pour déposer sur ladite
notoriété énoncée dans ledit second fait exposé, pour
recevoir leurs dépositions, et nous fait instance que de
tout lui soit concédé acte, ce que nous lui avons accordé et a signé.
Pierre-Joseph PASSERON .
Et de suite se sont présentés les susnommés citoyens Joseph Castellinard, Jean-Jacques Donny, Joseph Poullan, Jacques Gerbin, et Jean-Marie Thaon,
ci-dessus qualifiés, auxquels après avoir fait lecture
dudit exposé fait par ledit citoyen Passeron, en sa
dite quálité, les avons interpellés sur serment, que
leur avons fait prêter, conformément à la loi, de nous
dire en leur âme et conscience, si tous les faits énoncés dans le même exposé sont de leur connaissance,

�- 53 et ledit citoyen Joseph Castellinard a répondu et
attesté en être pleinement informé pour avoir été
présent au fait exposé dans le i" article de ladite exposition, et pour avoir publiquement entendu dire les
faits énoncés dans le second chef qui était en cette
ville notoire de notoriété publique et lesdits citoyens
Jean-Jacques Donny, Joseph Poullan, Jacques Gerbin,
Jean-Marie Thaon, ont répondu et attesté tant uniment que séparément être pleinement informés de
l'énoncé dans le second chef de ladite exposition,
puisque les faits y énoncés étaient notoires, de notoriété publique en cette ville, et tous lesdits citoyens
ont respectivement attesté pour ce qui les concerne
que tout contient la vérité, toute la vérité et rien que
la vérité. En foi de quoi ils ont signé : Joseph Castellinard fils,Jean-Jacques Donny, Joseph Poullan, Jacques
Gerbin, Jean-Marie Thaon.
Et nous, Juge de paix, vu les dépositions ci-dessus,
avons de tout concédé acte au susnommé Pierre Joseph Passeron en sa dite qualité pour lui servir et valoir dans tous les cas, à ce que de droit et de raison.
Fait à Nice l'an et jour que dessus.
GAUTIER,
BONIFACI,

juge de paix.
sec. gref.

Vu par nous, membres Du district de Nice, le 3
vendémiaire anIV rep. (25 sept. 1795).
Jn. COPPON fils, VÉRANi, pr. syndic, TOSELLI, Saytour
MARTIN.

Arch. Nat. F

7

4867 *

�54 -

PÉTITION au DISTRICT de NICE
et AVIS de ce DISTRICT
ÉGALITÉ,

LIBERTÉ

5 vendémiaire
27 septembre 1795 an IV
AUX

CITOYENS ADMINISTRATEURS
DU DISTRICT DE NICE

Le citoyen Pierre Joseph Passeron, natif de la
commune de Contes, habitant en celle de Nice depuis plusieurs années.
Vous expose en qualité de procureur du citoyen
Charles-Eugène Valperga de Maillone, évêque de
Nice, subrogé par le citoyen Nicolo Giorni, homme
de loi, son procureur spécial et général fondé par acte
reçu dans la ville de Turin par le notaire PierreJoseph de Bernochio, le 20 juillet dernier (v. s) légalisée par le résident de la République de Gênes, près
la Cour de Turin, duquel il résulte le pouvoir donné
audit citoyen Giorni de subroger en son lieu et place
avec tous les pouvoirs compris dans le même acte,
qui se trouve copié mot pour mot dans celui de la
subrogation faite par le même citoyen Giorni, reçu
en la ville de Gênes le Ier du mois d'août dernier
(v. s* par le notaire Antoine Baglietto, légalisée par
le consul de la République française, le 13 Thermidor dernier (3 1 Juillet 1795), qu'il vous exhibe qu'étant arrivé dans cette ville le vingt-neuvième jour
du mois de septembre de l'année 1792, l'armée de la
République française, commandée par le citoyen général en chef d'Anselme lorsque celui-ci y fut arrivé
le soir et eut pris son logement dans la maison d'habitation du citoyen ci-devant consul de la République
Le Seurre, ledit évêque Charles-Eugène Valperga de
Maillone, s'étant présenté, le même général d'Anselme
lui signifia d'abord en présence de son Etat-Major de
partir de cette ville, sur quoi ledit évêque lui répondit qu'il avait cru pouvoir continuer sa demeure dans
cette ville et qu'à cet effet il n'avait jamais pensé de

Pièces 7 et 8

�- 55 distraire, ni faire partir le moindre de ses meubles et
effets qu'il avait dans la maison d'habitation de
l'évêque, que si absolument il lui ordonnait de partir,
il le priait de lui accorder la sauvegarde pour tous ses
dits effets et meubles, ledit général d'Anselme lui
répliqua : Le plus tôt sera le mieux, ce qui tout est
constaté par les attestations ci-jointes du premier et
second jour de fructidor dernier qu'il vous présente
également.
Qu'il résulte aussi par lesdites attestations, que
ledit évêque Valperga de Maillone fut forcé par ledit
général d'Anselme de partir de cette ville que tous
ses meubles et effets fussent mis sous la sauvegarde de
la Nation française et qu'étant parti le lendemain 30
dit septembre, il risqu'à d'être pendu ef étranglé paties soldats de la Phalange Marseillaise qui se trouvaient de garde à la porte ci-devant dite Victoire, ce
que tout fut d'abord notoire et de notoriété publique
dans cette ville.
Vous observe que ledit évêque Valperga est natif
du Piémont où il se retira et que s'il a résidé dans
cette ville, ce n'a été que pour raison de son ministère, que tout cela nonobstant il a été porté sur la liste
des émigrés, a été vendu la plus grande partie de ses
meubles et effets, et cela même nonobstant la préalable réclamation que le citoyen Jean-Jacques Donni,
chargé des intérêts dudit évêque avait fait à l'ancien
département par sa pétition du 22 juillet 1793 (v. s)
qui existe dans les Archives de ce district, résultant
ainsi que tout cela a été fait et opéré contre le droit des
gens et la sauvegarde de la loyauté française qui fut
promis audit évêque.
En conséquence, l'exposant demande en sa dite
qualité de procureur dudit citoyen évêque CharlesEugène Valperga de Maillone la radiation de son
nom de la liste des émigrés, la levée des scellés, la
restitution de ses propriétés et l'indemnité de celles
qui ont été distraites et vendues au nom de la Nation,
et sera justice.
(21 août 1795).

�- 56 Nice le 4me jour de Fructidor de l'an 3me de la
République française une et indivisible.
Signé : Pierre-Joseph PASSERON.
Vu la pétition ci-dessus du citoyen Pierre-Joseph
Passeron présentée au nom et comme procureur subs
titué du ci-devant évêque de Nice, Charles-Eugène
Valperga tendante à obtenir la radiation de son nom
de la liste des émigrés, la levée du séquestre et remission de ses effets restant ainsi que l'indemnité de
ceux qui ont été distraits ou vendus.
Vu une première pétition présentée à l'ancienne
administration du département par le citoyen JeanJacques Donni, au nom du citoyen Valperga en date
du 22 juillet 1793 tendante aux mêmes fins.
Vu la procuration en date du premier août 1793
(V. s.) faite à Gênes, par devant le notaire public Antoine Baglietti, légalisée par le Consul de la République française y résidant, ainsi que l'acte de procuration y inséré, en date du 20 Juillet 1795.
Vu l'attestation de quatre témoins faite avec serment par devant le juge de paix de la 1", 2"", 3me section de cette commune, en date du 1" Fructidor dernier '18 août 1795).
Vu autre attestation de cinq témoins faite par
devant le susdit Juge de paix, le 2 dit fructidor, aussi
sous serment.
Considérant que par la première des 2 attestations il est pleinement prouvé que le vingt-neuvième
septembre 1792, aussitôt après l'entrée de l'armée
française dans cette commune, le sus-nommé évêque
Valperga s'étant présenté au général d'Anselme qui
la commandait en chef, celui- ci lui ordonna d'abord
en présence desdits témoins et de tout l'Etat-Major.
u'il n'avait qu'à partir de la ville, et malgré que le
it évêque lui observa qu'il avait cru de pouvoir y
rester tranquillement et qu'à cet effet il n'avait fait
partir aucun de ses effets et meubles, le général lui
répliqua de partir absolument de la ville, en ajoutant
que le plus tôt serait le mieux, l'ayant assuré qu'à

a

�-5;l'égard de ses meubles et effets de sa maison, il les
mettait dès ce moment sous la sauvegarde et loyauté
de la Nation française et qu'il pouvait en être tranquille.
Considérant qu'il résulte par lesdites attestations,
et il est prouvé que l'évêque Valperga, d'après les
ordres précis et réitérés du général d'Anselme, partit
le lendemain 30 septembre de cette ville.
Considérant que par la susdite attestation du deux
Fructidor il résulte que l'évêque Valperga, au moment de son départ de cette commune, ayant été arrêté à la porte qui conduit au Piémont, par les soldats
qui y étaient de garde, lesquels tentèrent de le pendre,
il évita la mort par les soins du citoyen Joseph Castellinard, un des déposants, et il ne fut laissé libre que
d'après un billet du général d'Anselme, qui ordonnait à ladite garde de le laisser partir, puisqu'il s'en
allait de son ordre
Considérant que tous ces faits sont devenus de notoriété publique dans cette commune, dès le même
jour 30 septembre et Ier octobre suivant, ainsi que
quatre témoins l'ont attesté.
Considérant que le citoyen Valperga ne s'est absenté de cette commune et ci-devant Comté de Nice
que d'après les ordres du général d'Anselme auquel il
témoigna son regret.
Considérant que le départ du citoyen Valperga
ayant été forcé il ne peut pas être qualifié d'émigration.
Considérant que son intention de rester dans cette
commune est d'autant plus constatée, que le citoyen
Valperga a été le seul fonctionnaire public, il soit
resté à son poste, n'ayant soustrait aucun des meubles
et effets de sa maison, lesquels ont été ensuite distraits
et vendus par la Nation.
Considérant que le citoyen Valperga ne peut être
non plus considéré comme réfractaire aux lois de la
République, tandis qu'à l'époque de son départ de cette
commune, aucune loi de la République, surtout à
l'égard des ecclésiastiques, n'y avait été encore publiée
à laquelle eut pu contrevenir.

�— 58 —
Considérant que le citoyen Valperga ne pouvant
être considéré ni comme émigré, ni comme réfractaire, ne pouvait être privé de ses propriétés laissées
dans cette commune lors de son départ, sous la sauvegarde de la loi et de la Nation française qui lui fut
accordée par le général d'Anselme, et qui étant digne
de la loyauté de cette Nation, ne pouvait être violée
sans blesser le droit des gens.
Considérant au surplus, que le citoyen Valperga,
originaire piémontais, ne faisait sa résidence à Nice,
qu'à raison de son épiscopat, ce qui ne donne qu'une
résidence easuelle, et que sous tous les rapports, il
n'a cessé d'être étranger à l'égard du pays de Nice et
de la France.
Considérant que l'article 6, section deux, N° 2 de
la Loi du 25 Brumaire (15 novembre 1794) en déclarant émigrés les citoyens domiciliés dans le cidevant comté de Nice, qui sont sortis depuis le 27
septembre 1792, n'a point porté atteinte au droit des
gens dans la personne de l'étranger, qui se trouvait
dans ce même pays, où il n'aurait pas établi son vrai
domicile.
Considérant que le citoyen Valperga, qui avait été
forcé par le gouvernement de partir de Nice, n'a dû
plus y revenir dans le terme même prescrit par les
lois aux citoyens de la ci-devant Comté de Nice,
puisqu'il ne devait point imaginer qu'il fut compris
dans l'invitation, malgré qu'il ait été porté sur la
liste des émigrés.
Considérant que ce nonobstant, lorsqu'il sut qu'il
avait été porté sur la liste des émigrés de cette commune, s'est empressé de présenter sadite pétition
du 22 Juillet 1793 dans laquelle il demanda non seulement la radiation de son nom de ladite liste, mais
encore un délai convenable pour rentrer dans cette
commune, soit comme simple citoyen, ou comme
fonctionnaire public, ainsi que la restitution de ses
propriétés par lui laissées sous la sauvegarde de la
loyauté française dans la maison êpiscopale lors de sa
retraite forcée, ou une juste indemnité de leur valeur.

�- 59 Considérant finalement que,d'après toutes les circonstances sus-ênoncèes, aucune loi concernant les
émigrés ne peut être applicable au citoyen Valperga,
et que toutes celles qui pourraient le regarder relatives au séquestre des biens appartenant aux habitants
des pays en guerre avec la République française ont
été rapportées par le décret du 14 Ventôse dernier
(4 mars 1795). •
Le Directoire du district de Nice, oui le procureur syndic, est d'avis que le citoyen Charles-Eugène
Valperga ci-devant évêque de Nice ne doit point être
considéré émigré.
Qu'il doit être rayé de la liste des émigrés, que le
séquestre apposé sur ses propriétés doit être levé, qu'il
doit être réintégré dans la possession et jouissance
d'iceux, que tous receveurs ou dépositaires doivent
lui restituer les sommes qu'ils ont perçues, résultant
du produit desdites propriétés et qu'il doit recevoir
la juste indemnité des meubles et effets qui seraient
passés au profit de la Nation.
Fait à Nice, dans la salle des séances le 5me Vendémiaire an 4me républicain (27 sept. 1795). Signé
Saytour Martin. Verani,
procureur syndic, Angles v. prés.
Touzelly. Jn Coppon fils.
Enregistré au feuil. 20 registre des prévenus
d'émigration et signé BARRAIA, commis greffier.
Certifié conforme par nous Ve président et secrétaire du district Jn COPPON Fils V,-PRÉSIDENT
BARRAIA Cis greffier.
A rch. Nat. F 7 4867

2

�— 6o —

Pièce 9.

LIBERTÉ (vignette) ÉGALITÉ
BUREAU DES
ÉMIGRÉS

Extrait des registres des délibérations et arrêtés de
l'Administration Centrale du département des Alpes Maritimes.
(2

juin 1797)

Séance du quatorze Prairial an 5mf de
la République française une et indivisible.
Sur le rapport d-e la pétition présentée par le
citoyen Pierre Joseph Passeron, procureur fondé de
Monsieur Charles Valperga, ci-devant évêque de
Nice, dans laquelle il expose que ledit Charles Valperga n'a jamais dû être atteint des lois relatives à
l'émigration, soit qu'on le considère comme parti en
suite d'une force majeure, soit en sa qualité de piémontais et demande en conséquence la radiation de
son nom de la liste des Emigrés, sa réintégration
dans la possession et jouissance de ses propriétés et
une juste indemnité, des meubles et effets qui sont
passés au profit de la République.
L'Administration Centrale du département des
Alpes-Maritimes, considérant que M. Charles Valperga, comme piémontais, n'habitant Nice que pour
cause de son emploi, n'aurait jamais dû être porté
sur la liste des émigrés du département.
Que le seul motif qui a pu déterminer le général
d'Anselme à lui ordonner de partir de la ville de
Nice, ne peut avoir été que la susdite qualité de
piémontais.
Considérant enfin, que comme sujet du roi de
Sardaigne, il est dans le cas de jouir de l'article i,r
de la loi du quatorze nivôse an troisième, (} janvier
1795), ainsi que de l'article neuf de la loi du trente
Floréal an quatrième, (19 mai 1796).
Arrête, oui le commissaire du Directoire Exécutif
que le nom de Valperga, ci-devant évêque de Nice,
qui se trouve inscrit sur la liste des émigrés, sera

�— 6i —

provisoirement rayé ; que tout séquestre qui pourrait
avoir été mis sur ses biens sera levé, qu'il sera réintégré dans la possession et jouissance de ses propriétés,
et que toutes les sommes versées dans les caisses publiques, lui seront rendues, déduction faite des frais
faits conformément aux lois.
Fait et arrêté* en séance publique le jour, mois et
an que dessus.
Signé : Donny, président Payani, fils, Scudéry,
Oberti, Hancy (et en marge Gastaud commissaire
du Directoire Exécutif).
Certifié conforme à l'original par nous président
et secrétaire de l'Administration centrale du départemeni des Alpes-Maritimes.
DONNY, président
BELMONDI, sec. chef au bureau des émigrés.
Arch. Nat. F 7 4867 2

ACTE DE CAUTIONNEMENT
Pièce 10.

11 fructidor anV (2&amp; août 1797)
LIBERTÉ ÉGALITÉ
Ce jourdTiui 11 fructidor an 5 de la République
française une et indivisible (28 août 1797) par devant nous, membres composant l'Administration
centrale du département des Alpes-Maritimes, est
comparu le citoyen Joseph Passeron, natif de Contes,
chef-lieu de canton, domicilié dans cette commune,
procureur fondé de Monsieur Charles Valperga, cidevant évêque de Nice, en vertu d'acte de procuration du 20 juillet et premier août 1795 (v. s.) lequel
en sadite qualité, dépendamment à l'arrêté de cette
administration du quatorze prairial an cinq (2 juin
1797) portant que le nom de Valperga, ci-devant
évêque de Nice, sera provisoirement rayé de la liste
des émigrés, que tout séquestre qui pourrait avoir
été mis sur ses biens sera levé, qu'il sera réintégré
dans la possession et jouissance de ses propriétés, et

�— 62 —

que toutes les sommes versées dans les caisses publiques lui seront rendues, déduction faite des frais
faits, conformément aux lois, désirant de se conformer au porté par l'article 3 de la loi du 5 Brumaire
an 3 (26 octobre 1794) qui exprime que les prévenus
d'émigration seront tenus de donner caution solvable de la valeur mobilier, et ne pourront obtenir
leurs immeubles jusqu'à ce qu'il ait été définitivement statué sur leurs réclamations par qui de droit,
toujours en sa dite qualité a présenté pour caution le
citoyen François Grosson, marchand drapier de cette
commune, lequel ici prése.it et acceptant, s'oblige
conjointement et solidairement avec ledit Valperga
et pour celui-ci ledit Joseph Passeron, et sous l'hypothèque de tous leurs frens présents et à venir, à l'entière exécution de ce qui les concerne en la susdite
loi, et à la représention des mobiliers, effets et sommes à percevoir en dépôt que besoin sera, et quant
aux mobiliers invendus et en dépôt seront soumis
d'en représenter la valeur à laquelle seront estimés
par experts, préalable rémission.
Et nous, administrateurs susdits approuvant lesdits
cautionnement et acte de soumission, à la réquisition
dudit citoyen Joseph Passeron, avons dressé le présent acte que toutes les parties ont signé avec nous,
ayant au préalable fait renoncer audit François Grosson au droit de premier convenir.
Fait à Nice les jours, mois et an que dessus.
Joseph

PASSERON,

François GROSSON,
prés., PAYANY FILS,
MARUN-SAYTOUR, sec. en chef

HANCY, DONNY,
P.

Acte original sur timbre de 20 centime*.
Arch. Nat. F

7 4867^

�— 63 -

CONCLUSION

Il était avéré pour tous, dans la ville de Nice, que Mgr
Valperga était parti contre son gré et si la première Administration départementale, installée au mois de Mai 1793,
l'avait inscrit sur la liste des émigrés de Nice, c'était à la
suite d'une réponse faite par le ministre de l'Intérieur, Garât,
aux questions à lui posées par le Directoire des Colons Marseillais sur la conduite à tenir vis-à-vis de l'évêque.
Les questions avaient été envoyées à Paris, vers la fin
de Février 1793, et la réponse du ministre ne parvint à Nice
qu'au milieu de juin suivant, soit quelques jours avant la
publication de la liste des émigrés. Les réclamations de
l'évêque, retiré à Turin dans sa famille, furent présentées
le 22 juillet 1793 (1) ; mais comme beaucoup d'autres, elles
s'entassèrent dans les bureaux du Département, qui n'y
répondit même pas.
Cette réclamation fut présentée au nom de l'évêque par JeanJacques Donny au Département. lîlle figure en original au dossier
Valperga.
Voir ci-dessus.
Le registre des délibérations du département manque aux Archives pour les derniers mois de 1793, exactement du Ier mai au 10
Novembre, comme pour les six derniers mois de 1797 et l'année entière de 1798, exactement du 8 Messidor an V (26 Juin 1797) au 25
Pluviôse an VII (13 février 1799).
C'est-à-dire pour les deux périodes les plus troublées et cette
disparition est tout au moins étrange.
Elle doit être vraisemblablement attribuée à certains hommes
politiques désireux de laisser dans l'oubli leur conduite durant ces
deux époques.

�- 64 On était dans la période la plus aiguë et, en pleine
Terreur.
Après le 9 Thermidor et, surtout après la venue à Nice
du représentant Beffroy, au mois de Floréal, an III (Mai
I795)»
les esprits devinrent plus calmes, les administrations plus pondérées. C'est alors que, sur de nouvelles demandes présentées au District, et sur avis favbrable de
celui-ci, le département des Alpes-Maritimes accorda à Mgr
Valperga sa radiation provisoire, le 14 Prairial, an V (2 Juin
1797). Comme on le voit, l'affaire avait traîné en longueur.
Il semblait alors que rien ne s'opposait plus à la rentrée
de l'évêque : le 11 Fructidor, an V (28 Août 1797), le Département avait agréé la caution de François Grosson (1) ;
les biens de l'évêque allaient lui être rendus, et il pourrait
rentrer.
Mais huit jours après, le coup d'Etat du 18 Fructidor (4
septembre 1797) remettait le pouvoir aux mains des Jacobins, la guerre aux émigrés et aux ecclésiastiques, en particulier, reprit avec âpreté. Pe département des Alpes-Maritimes se vit accusé d'avoir préparé une rentrée triomphale à l'évêque, son arrêté du 14 Prairial resta sans effet
et, en vertu de la loi du 19 Fructidor (5 septembre), les
scellés furent de nouveau apposés sur les biens de Mgr Valperga par deux commissaires municipaux (2).
En vain, l'évêque de Nice, fit intervenir auprès du Directoire Balbi, l'ambassadeur du Roi de Sardaigne à Paris,
le dossier de sa demande en radiation fut examiné sans
aucune bienveillance.
(1) L/Acte original de ce cautionnement sur timbre est aux
Arch. des Alp.-Maritimes Q. 10.
(2) Mise de scellés sur les biens de Charles Eugène Valperga par
deux commissaires de la municipalité de Nice. Une scéance, 6 livres.
Dépense approuvée par le Département, en Germinal an VI (avril
1798). Arch. des A. M. Q. 11.
Mgr Valperga ne possédait à Nice aucun immeuble et il devait
rester fort peu de chose de son mobilier après la vente qui en avait
été faite en Ventôse an III. La bibliothèque de l'évêché avait été déclarée bien national et la caisse diocésaine avait disparue en octobre 1792
sans laisser de traces dans les pièces administratives. Le séquestre
a été apposé sur les biens de nombreux émigrés rayés provisoirement.
On peut en voir la liste aux Archives des A. M. Q. 10, où Valperga
figure sous le N° 65.

�- 65
Á la suite de la lettre de Balby datée de Paris le 7 février
1798, le ministre de la police demanda à ses Bureaux un
rapport sur l'affaire Valperga. Pe voici tel qu'il se trouve
en minute au dossier.
Attendu que rien ne tend à constater le prétendu ordre
de quitter Nice, d'où il suit qu'il faut en croire sur parole
l'émigré.
Qu'à raison de son domicile, il était tenu de rentrer sur
le territoire dans les délais voulus par les lois.
Qu'il est atteint par la déchéance et n'a réclamé que
l'an V.
Qu'il ne paraît pas y avoir lieu de violer la loi en faveur
de cet ex-évêque dont la rentrée prohibée par la Constitution serait d'une influence dangereuse.
J'estime qu'il y a lieu à proposer la maintenue sauf
à prendre des renseignements si toutefois on les trouve
indispensables.
CAIGNART,
Sous-chef (2e Bureau).
En tête de cette minute est écrit :
« Je pense qu'il y a lieu à instruction et à prendre
des renseignements près les Administrateurs du département_des Alpes-Maritimes. »
Signature illisible (1).
Ces renseignements furent-ils demandés ? C'est probable et cela explique que bien des pièces du dossier Valperga sont en double expédition. Plus d'une année s'écoula
encore, avant que fut prise une décision et finalement sur
un rapport défavorable de la Commission d'examen instituée près le Ministère de la police pour l'étude des demandes en radiation, le Directoire exécutif signa le 7 Floréal
an VII, (26 avril 1799) un arrêté qui maintenait définitivement, sur la liste des émigrés, Mgr Valperga et annulait
toutes les décisions rendues antérieurement, en sa faveur,
par les. autorités locales.
(1) Arch. Nation. F 7 4862 2 dossier Valperga. Rapport de la
3 me Division du Ministère de la police, sans date mais joint à la
lettre de Balbi.
»

�- 66 -

Varrêté du Directoire parvint à Nice les premiers
jours de Prairial an VII (Mai 99) et fut immédiatement
mis à exécution. (1).
*

* *

Ainsi donc Mgr Valperga expulsé ne put jamais obtenir
de rentrer, les lois sur l'émigration étaient tellement embrouillées et tyranniques qu'une fois inscrit sur une liste
d'émigrés, il était extrêmement difficile de s'en faire rayer
malgré toutes les démarches ; car on se heurtait sans cesse
à des questions de forme et de procédure ce qui permettait
à la malveillance de s'exercer tout à fait à l'aise sous le
couvert de la légalité.
A. J.

PvANCE-BOURREY.

(1) De 21 Floréal an VII (10 mai 1799), il fut communiqué
par le ministre de la police générale de la République aux diverses
administrations intéressées et aux Commissaire du Directoire exécutif
près le département des Alpes-Maritimes. Celui-ci par lettre du 3
prairial (22 mai 1799) demanda au Département de le transmettre
à la Municipalité de Nice, ce qui fut fait le même jour avec ordre
de le transcrire sur ses registres, de faire apposer les scellés ou séquestre sur tous les biens meubles et immeubles de l'évêque si ce
n'est déjà fait, et de mi notifier sans délai la décision prise à son égard.
Voir lettre du Département à la Municipalité, celle du Commissaire au Département, 3 Prairial an VII avec la réponse du Département 4 Prairial.
Arch.. des A. M. Q. 1 et 2 et Arch. Nationales, dossier Valperga,

�NIÇA LA BELLA
VERS DE /.

Giordan,

su

DE CARTA POUSTALA

Ai rai dôu nouostre bouon soulèu
Venon s'escaufar toui lu lùssi ;
Es un meravihous tablèu,
Ai rai dôu nouostre bouon soulèu,
Trouvas, dou Var fin au Castèu,
Anglés, Rouman, Danesi, Rùssi :
Ai rai dôu nouostre bouon soulèu
Venon s'escaufar toui lu lùssi.
Pèr tu, as touti li bèuta,
Terra de lus e d'alegria,
D'un ciel d'azur, as la clartà,
Pèr tu, as touti li bèuta.
De l'univers, en verità,
Siès la uechièma meravia ;
Pèr tu, as touti li bèutà,
Terra de lus e d'alegria.
Dintre lou tèmp, Semiramis
Faguet basti, à Babilouna,
Pu siéu jardin, vèr paradis !
Soubre Paioun, degun s'estouna
De vèire, ancuèi, lou paumoulié
Drissar au ciel la siéu coulouna
E lou galofre, e l'anemouna
Flouri emb'au pourtegalié.
De bouon matin, quitant maioun
Pèr la journada touta'ntiera,
S'en va lavar, dintre Paioun
Pa bugadiera.
D'un glourious passat es fiera
Perqué, d'un tèmp, sus lou bastioun
Au Turc, arranquèt la bandiera
Pa bugadiera.

�fet 68 —

Sau de fouora fa freï,
Que brima,
A Niça, sus lou Quèi,
Si rima.
Pescadou, fourestié,
De la mar bressarella,
Escouton voulountié
Pa doussa cantinella.
L'AVOUCAT

PATTA

L'estudi de l'avoucat Patta es en plen aria ; si tèn lou matin
couma lou predinà su la plaça dôu Palai. Es un ome pichounet,
touplen raplot, li pocha enfli de papiè de touta mers. En lu vièi
quartiè es proun counouissut e li capelada, « Bouonjou Moussu
l'Avoucat », noun li mancon. Es ben m'ai juge, proucuradou, etc.
Lu siéu ounourari soun bouon pati e n'a de preferença pèr
qu si sigue. Parla au premier maufatan vengut, couma se fousse
un agnèu que vén de naisse ; lou créancier o lou débiteur soun
tratat su lou même pen... basta que mouson...
L'avoucat Patta es de noutarietà reputat pèr un ome judicious, òunest — au noun si flata de l'estre au jou d'ancuei ; —
finda counouisse, es en relacioun d'afaire emê de gros persou nage que dintre la finança dôu siéu coumerce, soun quasi d'usurari. Sau menajar la cabra e lou caulè ; e pèr que la mouneda
noun li escapa si desbrouïa e si mete dôu cousta dôu manche...
d'aquéu que casca lou de mai...
Acò fa que toui lu matin que lou Bouon Diéu a fach, la siéu
doumestica mete toujou quaucaren au fuec. Lou dimeneghe, coum'un bouon crestian, — tartufaria que lou pauva, — va audi la
gran'messa à Santa Réparada, fa la siesta e à la calada dóu soulèu,
passeja su lou Cours, pastrouia, fa lu cent pas, noun parla que de
lei, proucès, citacioun, ensin alestisse lou travail dôu dilun...
Lendeman empastra ben d'afaire, mete facilamen en lou sac
Moussu Tout'Un emé Moussu Tout'Autre... En éu que li pòu
faire ?... lança dapertout lou broumech, tant pis pèr aquéu que si
laissa agantar. Quaranta sóu es lou près d'atac e vous pregui de
crèire que douna pas la siéu journada pèr doui o tres escut.
L'avoucat Patta counouisse l'usança dôu païs... s'avès touort,
vous rouïa, s'avès pi rasoun, v'espia... Que voulès aima manjar
lou pei, lou pei que noun aiguë d'espina...
JULI EYNAUDI.

�-«9VA

MAU ! !

Va màu, cresé-vous, que va màu 1
En l'orizoun lou voile negre
N'es qu'un gran camp cargat de pebre,
Qu'à pala lou jeten davan,
Avuglan finda lu cavau 1
Lu canoun soun su li frountièra,
Alignât couma de barriera,
N'esperon plus que lou signàu !
Lou soulèu, aquel animàu !
Stan, noun vòu levà la vela,
Si foundon couma des candela
Enb'aquèu coust dôu diàu !
Le Giacouuda à cóu de d/stràu
Li fan petà li sièu moulura...
Ah ! dèu faire bella figura
Se l'an foutuda en quauqua tràu
Lou pan crèise, finda la sàu,
Lou sucre dintre li boutiga
Mounta ben mai que de boufiga !
Van jusque crèise lou rampàu
E la pèu que fau lou tambau ;
Metran de drech su li nourriça,
Su lu chichi, su li saucissa,
Perqué pas soubre lu magàu ?
E lou Prussian, marrit bertàu,
Noun sabon fa que de babïa,
Per lou Maroc e l'Algèria,
Se faran mètre lou mourràu !
Li serreren toui lou pourtàu
E pi veiren touta la França
Davan la sieù grossa arougança
Se noun si sau garda li clàu !
Es de rima d'un manechàu,
Ma sien d'estiéu, vesin, vesina,
Li passeres en la resina
Avant que vegon l'espitau !
CHARLES CIAUDO

�Valère Bernard
Tout en heurtant le marteau contre la porte de M. Valère
Bernard je songeais. Je me suis complu dans le plus souriant
mépris des idoles. L'ironie a tremblé sur mes lèvres quand
la Provence a dans un ravissement de joie acclamé le poète de
Maillanne. Cette mascarade d'apothéose me répugnait.
Et maintenant la curiosité me fourvoyait dans le studio
d'un consciencieux artiste que les felibres couvraient de gloire.
Elève de Puvis de Chavannes M. Valère Bernard pasticha le
Maître. Mais vite il eût l'intuition qu'à se perdre dans les sentiers
battus il courrait risque de compromettre son crédit. Il dit
adieu à Paris et vint dans Marseille, l'opulente cité.
A cette époque vivait un exquis écrivain, J. Lombard. Il venait de publier deux œuvres d'une grandiose beauté, VAgonie et
Bysance. Dans un style étrangement tourmenté il contait les
luttes entre les factions d'Orient, illuminant son œuvre des
splendeurs bysantines.
Valère Bernard vit Jean Lombard, et du même coup les belles
au bois qui dormaient en son âme s'éveillèrent. Il délaissa les
études académiques, les pastiches sans vie, et d'ardentes couleurs
chargèrent ses toiles.
Voici le triomphe des rois Babyloniens. Sur les voûtes d'un
palais impérial passent des gardes étincelants dans la pourpre et
la soie. L'or envahit les hautes colonnes de jaspe bleu. Involontairement on pense aux fantastiques demeures hantées par des
fées émeraudes et des princesses aux perversités troublantes.
Et je m'imagine que le peintre était sous le charme de la
légende quand il a peint cette courtisanne qui sourit à son miroir tout en jouant négligeamment avec sa chevelure d'or. Et
puis passent Venise la rouge, Marseille enveloppé dans la poussière d'or du crépuscule, des motifs à la Watteau peints par un
bysantin, toute une apothéose.
Mais une idée m'obsède, tandis que dans la grise clarté d'un
soir automnal s'éteignent les fauves éclairs jaillis de ces radieuses
toiles. L'idéalisation du passé me paraît cruelle. Les générations
endormies dans la Mort ont eu leurs misères/leurs rancœurs, je
pense qu'il est absurde de s'écrier avec Musset « qu'aux temps
jadis tout était heureux jusqu'aux douleurs humaines. » En vain
l'apostat s'attriste-t-il sur les vieillards immortels de l'antique

�- 7i

—

lonie, â ses oreilles résonnent les paroles de l'Hiérophante : « La
Helladi que tu aimes n'a jamais existé ».
Mais M. Valère Bernard brise ma rêverie, et mes yeux se
portent.sur des portraits appendus au mur. Profils d'espagnol ou
d'américain mitigés d'espagnol, comme on en croise maintes fois
sur la Cannebière.
Homme universel ne puis-je m'empêcher de m'êcrier. M.
Valère Bernard sourit. Il siérait dit-il, à mi voix, de se développer en profondeur. Toutefois il est beau de se dire sur le
tard de sa vie que l'on a fait vibrer toute son âme. Ici le maître
rejoint Néron. Il m'aide à comprendre cet inquiétant empereur.
Mais encore faut-il que tout en étant l'homme universel on ne
sombre pas dans la banalité. De méchantes œuvres d'art peuvent
avoir leur prix.
Une idée se lève devant moi. Labruyère me petsuade que
l'honnête homme de Pascal propre à tout en définitive n'est propre à rien. La spécialisation inintelligente, mène à l'erreur, j'en
conviens, mais en fait elle est une loi générale.
Et ceci est pour me plaire, car j'abhorre dissiper mon énergie,
j'aime le repliement, la frissonnante pudeur qu'effarouche les
vaines ostentations. Je goûte les peintres du passé et malgré ma
philosophie j'adore les peuples disparus. Volontiers j'implorerai
avec la Cassandre de Schiller la cécité, l'exquise cécité. Le sou
venir a plus de puissance sur moi que l'espoir.
Et sous des deux gris, en des pays étrangers désolants de
médiocrité, il m'est arrivé de pleurer plus amèrement que ne
pleura Xerxès aux rives d'Abydos.
J. PADOVANI.
PROUVERB1, BOUOI MOT, COUNSÈU E DICH
Vèuva que si marida,
Dèu perdre la lus e l'audida.
Fiha madura,
Lou pouorta à la centura.
En cuntant su lu det :
Aquéu a fa l'óu ;
Aquéu l'es anat cercar,
Aquéu l'a fa cuèire,
Aquéu l'a manjat,
E lou pichoun n'a ren tastat !

�— 73 —
LE

DÉSESPOIR

Oui, j'ai la mort dans l'âme ; oui, je monte au calvaire ;
Mon horizon, hier si beau, s'est obscurci ;
Je hais tous les devoirs et tout ce qu'on révère :
Mieux vaut mourir que vivre ainsi !
Puisque je n'y puis rien ; que la raison humaine
Ne gagne plus un cœur où mon cœur est entré,
Je veux briser mes jours comme on brise une chaîne
Et m'enfuir en désespéré.
Qu'est-ce donc que la mort ? C'est la paix éternelle,
C'est un beau drap de fleurs sur mon sein endormi,
C'est la nature calme, auguste et solennelle
Qui nous prête un repos ami.
O nature de Dieu contemple ma détresse !
Ecoute tout mon sang dans mon cœur s'épancher
Et, puisque je n'ai plus le lit de ma maîtresse,
C'est au tien que je veux coucher ;
C'est toi la grande mère et la nourrice immense !
L'homme au sort le plus âpre et l'homme au sort plus beau
Retrouvent dans ton sein leur part de ta clémence :
L'un l'amour, l'autre le tombeau
Tu sais, toi qui vois tout, ce qu'ici bas je souffre,
Que je n'ai point béni l'instant de mon réveil
Et que j'ai regardé, toujours, du fond du gouffre,
Les bords ou brillait le soleil ;
Que je n'ai bu jamais que dans la coupe amère,
Que le seuil du bonheur me fut toujours fermé,
Que j'ai perdu mes fils, que j'ai perdu ma mère
Et tous les cœurs qui m'ont aimé !
Maintenant je m'en vais, battant du front, comme ivre,
En proie à ce grand deuil qui me courbe en vainqueur,
Et je veux déchirer ma vie, avec le livre
Des chastes sanglots de mon cœur ;
Et toi, rayon divin, génie, ardent délire,
Flambeau qui n'iras plus briller sur son autel,
Eternise du moins ces larmes de ma lyre
Et que mon cri soit immortel !
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QUATRE-TÈMS

Noumbre d'or...
13
Mars
Epato (Grégori)
Il
Jun
Cicle soulari
17 Setèmbre
Endicioun roum
10 Desembre
Letra doumenicala
G F
LI QUATRE

8,
7,
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11
10
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23

SESOUN

Lou printèms coumença lou 21 mars
L'estiéu
—
— 22 Jun
L'autoum
—
— 24 sept,
L'iver
—
— 22 dés.

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dôu sera
dôu sera
dôu matin
dôu sera

FESTA MOUBILI

Septuagesima... 12 Fébrié
Cendre
21 Febrié
Pasca
7 Abrieu
Rougacioun 21, 22, 23, 24 Mai
Ascensioun
16 Mai

Pantecousta
Trinità
Festa de Diéu
1" Dimenegue de
Ie* Desémbre

26 Mai
11 Jun
15 Jun
l'Avènt

LU ESCLISS!

Souliu.

—

ij Abriéu. — Esclissi annulari e coumplet visible

à Paris, en America, en Europa et dintre lou N.-O. de l'Africa.
Coumençamen de l'esclissi à 10,01 dôu matin ; finisse à 1,08
dôu sera.
10 Otitoubre. — Esclissi coumplet invisible à Paris, visible
dintre l'America dôu Sud.
Luna. — 1" Abrièu. — Esclissi parciella visibla à Paris. Entrada de la luna dintre l'oumbra, 9.26 dôu sera; sourtida, 11.03
dôu sera.
26 Setèmbre. — Esclissi parciella, invisibla à Paris, visibla
dintre l'Océan Pacifique.

Jîla providence, %ue de la Préfecture /4, $run, Siàraire

�LU

VÉNT

Lu vènt que souflon à Niça, dintre lou cours de l'armada,
soun au nombre de 16. Vequi li siéu denouminacioun courènti,
pihadi, en general, dai loucalità dei quali parèisson vèni :
Sud
Miejon
Nord... Tramountana
S.-S.-O. Miejou Lebech
N.-O.-E. Grek Tramountana
S.-O
Lebech
N.-E... Grego
O.-S.-O Pounèut Lebech
E. N .E. Levant
Ouest. Pounènt
E.-N.-E. Levant
O.-N-O.V Pounènt Maistràu
E.-S.-E. Levant
N -O . Mastràu
S.-E.... Siroco, vènt marin
N..-N. OMaïstràu Tramount
S.-S.-E.. Miejou Siroc

6
15
25
14
31
24

VIGÍLIA — JEUNI
Abriè
(Pasca, 7 Abrièu).
Mai
(Ascensioun, 16 Mai).
Mai
(Pantecousta, 26 Mai).
Avoust
(Assoumpcioun, 15 Avoust).
Outoubre (Toui lu Sant, Ier Nouvembre).
Desembre (Calena, 25 Desembre).
L'AN NADA RELIGIOUSA

LI FESTA MOUBILI E LI FESTA FISSI
Janvt'è
jYlars
1 Circouncisioun.
1 e 2 Quatre Tèms.
6 Epifania (lu Rei).
3 Reminiscere.
13 Bateja de J.-C.
10
Oculi.
14 Sant Noum de Jesu.
17 Lœtare.
fébrié
24 Passioun.
2 Puriflcacioun.
29 Li 7 Doulou.
4 Setuagesima.
31 Lu Rampàu.
6 Festa de la Pr. de N. S.
11 Sexagesima.
Jîbriéu
13 Coum. de la Passioun.
5 Divendre Sant.
18 Quinquagesima.
7 Pasca.
21 Cendre.
14 Quasimodo.
25 Quadragesima.
28 Patrou. de San Joúsè.
28 Quatre-Tèms.

�Setembre
3 Inv. de la Santa Crous.
13, 14, 15, Rougacioun.
16 Ascensioun.
26 Pantecousta.
29-31 Quatre-Tèms.
1
2
6
9
21
24
29

Quatre-Tèms.
Trinità.
Festa de Diéu.
Festa dôu S. Sacramen.
Sacrat-Couor de'jesu.
Natività de S. jouan-Bat.
SS. Peire e Paul.

8 Natività de la Vierge.
14 Esaltacioun de la Crous.
15 N.-D. dei 7 Doulou.
15 San Noum de Maria.
18, 20, 21, Quatre-Tèms.
29 Dédie, de S. Miquèu.

Ôutoubre
6
13
20
27

Sant Rousari.
Maternità de la Sta Vierge.
Puretà de la Santa Vierge.
Patrounage de la S. Vierge.

J/ouvembre

Juliet
2 Visitacioun de la S. V.
7 Precious Sang.
16 N.-D. dôu Carme.

Jîvoust
6 Transfiguracioun.
15
18
25
25
29

Assoumpcioun.
S. Joachim.
S. Couor de la Vierge.
S. Louis.
Decolac. de S. Jouan-Bat.

1
2
3
21

Toui lu Sant.
Lu Mouort.
Santi Relíquia.
Present, de la Sta Vierge.

2&gt;esembre
1 Avent.
8 Imaculata Councepcioun.
18, 20, 21, Quatre-Tèms.
25 Calena.

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DÉCIMALISATION

DU

TEMPS ET DES

ANGLES

LA MONTRE DÉCIMALE
Par J. de REY-PAILHADE, président du Comité
pour la propagation des méthodes Décimales.
Le Club Nautique de Nice a offert plusieur fois en prix des
montres décimales aux régates'de 1909. Il était utile de décrire cet instrument, d'y joindre des tables pratiques et des
formules à l'usage des ingénieurs, des sportsmen, des médecins, etc. etc.
DÉCIMALISATION DES ANGLES •
Il est aujourd'hui démontré que la division décimale du
quart de cercle facilite tous les calculs.
Les nouvelles cartes géographiques sont graduées exclusivement dans ce système, devenu officiel en France et dans
d'autres pays. On possède toutes les tables pratiques nécessaires à son essai courant. Nous ne nous étendrons pas
davantage sur cette méthode aujourd'hui enseignée dans les
lycées et collèges.
Nous rappellerons seulement que M. l'amiral Germinet,
membre d'honneur du C. N. N., sous la direction duquel on
fit en 1899 et 1900 des essais de navigation avec un matériel
entièrement décimal, a émis un avis très favorable à la
réforme décimale.
DÉCIMALISATION DU TEMPS
La division décimale du jour décrétée le 4 frimaire an II
rendra aussi de grands services à la science et aux sports.
Principe. — On divise le jour entier en 100 parties égales
appelées cés ; le cé est subdivisé en décisés, ceniicès et millicés
Le cé vaut 14m 24s ou 1T4 d'heure environ ; le décicé est égal
lm 26s 4 ou lm Ij2 environ ; le millicé vaut 0S 864 ou 9T10 de
seconde environ.
Concordance des Temps. — On parvient assez vite à dire
instantanément l'heure à 1 ou 2 minutes près en regardant le
cadran d'une montre décimale. Il suffit d'apprendre par cœur
les concordances décimales de toutes les heures.
0,0
0
50,0

4,2
1
54,2

8,3
2
58,3

12,5
3
62,5

16,7
4
66,7

20,8
5
70,8

25,0
6
75,0

�25,0
6
75,0

29,2
7
79,2

33,3
8
83,3

37,5
9
87,5

41,7
10
91,7

45,8
11
95,8

50,0
12
100,0

Les heures sont au milieu, les concordances des heures
du matin en haut, celles du soir en bas. Ainsi 10 heures du
matin valent 41.7 cés (énoncer 41 cés 7 décicés) et 10 heures
du soir valent 91,7 cés.
Gomme 1 cé vaut presque lj4 d'heure et un décicé une mi •
nute 1]2 ; en partant des concordances du tableau, on dit
l'heure instantanément, ainsi 39,9 cés valent 9 h. 36 m. du
matin. Un ou deux jours suffisent pour atteindre ce résultat.

Description de la montre décimale ou cémètre. — Il y a 3
aiguilles centrales se mouvant sur un cercle divisé en 109
parties égales, numérotées de 0 à 9. Le 0 cé est en bas, c'est
l'origine des temps, car on suppose la Terre au centre du
Cadran.
L'aiguille dorée avec un soleil ne fait qu'un tour par jour ;
l'aiguille épaisse en acier bleu tourne 10 fois par jour, et la
trotteuse fine fait 1000 tours par jour.
L'aiguille-soleil montre la position de l'astre du jour par
rapport au méridien de Paris, qui va du centre au chiffre 5.

�10 —
Les quatre traits bleus indiquent les positions de cette aiguille
à minuit en bas sur 0 ; — à tì h. du matin au milieu entre 2
et 3 ; — à midi, en haut, sur le 5 ; — à 6 h. du soir, entre 7
et 8.
L'aiguille dorée du soleil indique le chiffre des dizaines
de cés, 2 sur le dessin ; l'aiguille épaisse donne d'abord le
chiffre des cés, 6 sur le dessin, et en comptant rapidement à
l'œil le rang de la division entre 6 et 7, on voit, que cette aiguille marque 3 décicés. Le temps du dessin est donc 26,3
cés correspondant à 6 h 20 m. du matin environ. L'aiguille
trotteuse donne les millicés 83. Le temps est donc 26,383
cés.
» Pour la vie courante, on n'a pas besoin d'aller au delà du
clécicé. On lit les milticés pour les applications scientifiques
et sportives.
Le temps en millicés lu sur le cêmèire facilite tous les calculs, car on n'a jamais de réductions à faire.
Examinons le problème des vitesses a l'heure : Les millicés multipliés par 0,00024 donne des heures et fraction décimale d'heure. Ainsi Ì2345 millicés valent 12,345 -f- 24 =
2 h. 9628.
Par conséquent si L est la longueur parcourue et M le
temps en millicés, la vitesse est

ou t

+ 4166,66...

Ces quelques exemples démontrent que la montre décimale simplifie tous les calculs sans exception.
Les rapports de MM. les délégués officiels aux essais de
la montre décimale faits à Nice, par le Club Nautique, le 26
février 1911, concluent unanimement à la supériorité de cet
instrument pour les usages scientifiques et sportifs.
M. Prim, astronome à l'Observatoire de Nice, représen
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P.
D.
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Q,
L.
Q.
L.

lu 8, à 7
lu 14, à H
lu 22, à 7
lu 30, à 10

SOULÈU.

1
2
3
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6
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dil. S. Apoulinari
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dim. S. Pèire
9
dim. S. Guiermo
10
dij S. Teodose
11
div. S. Arcada
12
dis. Sta Verònica
13
Dim. S. Ilari
14
dil. S. Maurici
15
dim. S. Ounourat
16
dim. S. Antoni
17
dij. Sta Angela
18
div. S. Sulpici
19
dis. S. Bastian
20
Dim. Sta Agnesa
21
dil. S. Vincènt
22
dim. S. Raymound
23
dim. Sta Jacinta
24
dij. Conv. de S. Pàu
25
div. S. Poulicarpa
26
dis. Sta Devota
27
Dim. Sta Paula
28
dil. S. Francès S.
29
dim.
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Dim. Setuagesima
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dim Sta Agata
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dij. S. Romuald
div. S. Jouan-Matha
dis. Sta Apoulounia
Dim. Sexagesima
dil. Sta Eulàlia
dim. S. Gregori
dim. Sta Eufrasia
dij. S. Onesime
div S. Dounat
dis. S. Simeoun
Dim. Quinquagesima
dil. S. Gabin
dim. Dimars-Gras
dim. Li Cendre
dij. S. Silvan
div. S. Maxime
dis. S. Pascase
Dim. Quadragesima
dil. S. Nestor
dim. S. Leandri
dim. Sta Nourina
dij. S. Nymphas

Plueia de febrié
A la terra vau fumiè.

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NICE

MARS
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P. Q.
P. L.
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9 dim.
10 dim.
11 dij.
12 div.
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14 Dim.
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16 dim.
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18 dij.
19 div.
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S. Franç. de P.
S. Richard
Dijàu Sant
Divèndre Sant
Dissata Sant
Pasca
S. Albert, ev.
S. Azada.
s. Isidoro
s. Leoun
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Sta Anastasia
S. Frutuous
S. Rodolfe
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S. Anselme
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SS. Philip. ,Jacq.

Pichouna plneia d'Abriéa
Bouona récolta pèr l'csliéu

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lu 21, à 10 oura
lu 28, à 7 oura
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2 dij. S. Atanase
3 div. In.d.l. Sta Crous
4 dis. SS. Sindonis
5 Dim. S. Pio, papa
6 dil. S. Jouan D.
7&lt; dim. S. Peire
8 dim. s. Gregori N.
9 dij. s. Antounin
10 div. s. Isidoro
11 dis. s. Bounifaci
12 Dim. s. Jouan lou S.
13 dil. s. Pouon, m.
14 dim. s. Pacomo
15 dim. s. Sta Denisa
16 dij. Ascensioun
17 div. S. Pascaù
18 dis. S. Teodoto
19 Dim. s. Pèire C.
20 dil. s. Felis.
21 dim. s. Bernardini
22 dim. s. Julia
23 dij Rogaeioun
24 div. s. Vincen, d. L.
25 dis. S. Urbin
26 Dim. Pandecousta
27 dil. S. German
28 dim. S. Cirile
29 dim. Sta Petronïa
30 dij. S. Sylve
31 div. S. Justin
Au mes de mai
Longui semana

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lu 19,
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11 dim.
12 dim.
13 dij.
14 div.
15 dis.
16 Dim.
17 dil.
18 dim.
19 dim.
20 dij.
21 div.
22 dis.
23 Dim.
24 dil.
25 dim.
26 dim.
27 dij.
28 div.
29 dis.
30 Dim.

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S. Louis de G.
S. Paulin
Sta Maria d'O.
S. Jouan-B.
S. Prousper
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s. Iréné.
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En Jun
De tres abit l'un

Dégustez tous le vrai

NICE

—

BLANQUI &amp; FRACCHIA
— Usine au Pont-Magnan

—

NICE

�— i4 —

TROISIÍ)MK

AVOUST

JULIE T
P.
P.
D.
N.

lu 3, a 10 mira 20 m.
lu 11, à 1 cura 53 s.
Il 19, a o oura 31 m.
lu 25, a 9 oura 12 s.
SDULÈU. - - L. 4 35' — C. 8 22'

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S. Thierry
Vierg.de li Gracia
S. Anatole
S. Pèire de L.
S. Sisoès
S. Elie
Sta Babeta
S. Efrein
Sta Felicita
S. Pio
S. Jouan G.
S. Gene
S. Jaque
Festa Naciounala
S. Enri
N.D.d.M. Carmel
Sta Marcelina
S. Frederic
S. Vincen de P.
Sta Margarida
S. Vi loiSta Maria-Mad.
S. Apoulinari
Sta Cristina
S. Jaque
Sta Anna
S. Pantaleoun
S. Samsoun
Sta Marta
Sta Giulieta
S. Gnaci de L.

Au mes de Juliet
Ni frema ni coulé.

TBIMËSTRÎ;

I1. Q. lu 2, a 0 oura 29 m.
P. L. lu 10, a 3 oura 58 m.
D. Q. l»i 17, a 1 oura 1.1 s.
N. L. lu 21, a 5 oura 14 m.
IV Q. lu 31, &amp; 5 oura 21 s.
souLÈu, —1.5 or -j&gt;. 8 or

dij.
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6 dim.
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S. Pèire-aï LS. Alfonso
Inv. de S. Estève
S. Domenica
N. D. dei Nèu
Trausf. de J. C.
S. Gaétan
Sta Batilda
S. Camila d. L.
S. Là u ren
S. Septima
Sta Clara
Sta Filoumèna
S. Ousèbi
Asoumpcionn
S. Roc
S. Mamès
Sta Elena
S. Ipoulita
S. Bernar
Sta Chantai
S. Pio V
S. Filipe B.
S. Bartoumiéu
s. Louis, r. F.
s. Seg'oundo
s. Cesari
s. Goustin
s. Mederic
Sta Rosa
S. Fiacre

F.n . ivoast
Figa e moust

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SBTÈMBRE
P. !.. lu 8, a' 4 oura 57
D. Q. lu 15, a 6 oura î&gt;l
N. L. Ju 22, a 3 oura 37
P. Q. lu 30. a 0 oura 08
SOULÈU. - - 1. 5 47V— c.

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S. Gili
S. Estève R.
Sta Eufemia
Sta Rosalia
S. Làuren J.
S. Pambon
S. Grat
Natiu, di' la V.
S. Oumer
S. Xicola
S. Félis
S. Veran
S. A nié
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S. Nicomède
S. Conrneilla
S. Lanbert
S. Tournas V.
S. Janvié
S. Euslache
S. Matiéu
S. Maurici
Sta Tecla
S. Girar
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S. Nil
S. iN'icandre
S. \\ inceslas
g. Miquèu
S. Jeromo

Lima setembrina
De mai clarina

MOT »

GRANDE MARQUE RECOMMANDÉE

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OUTOUBRE
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TRIMESTRE

NOUVÈMBRE
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D. Q. lu 43,
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SOULÈU. - -

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4 oura 48
8 oura 20
9 oura 49
2 oura 42
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5 03'

1 dim. Rosari
1 div. Tout lu Sant
2 dim. S. ■ Léger
2 dis. Eu Mouorl
3 dij. S. Rosari
S. Ubert
4 div. s. Francès d'A. 43 Dim.
dil. S. Carlo B.
5 dis. s. Placido
5 dim. Sta Bertila
6 Dim. s. Bruno
6 dim S. Leounar
7 dil. s. Serge
dij. S. Nestou
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8 dim. Sta Reparada
8 div. Lu Quatre Incou.
9 dim. S. Denis
9 dis. S. Teodore
10 dij. s. Francès B. 10
Dim. S. Jacintou
11 div. s. Tarasco
11 dil. S. Martin
12 dis. s. Counrad
12 dim. S. René
13 Dim. s. Edouard
13 dim. s. Stanislas
14 dil. s. Calisio
14 dij. S. Pantena
15 dim. Sta Teresa
15 div. Sta Gertruda
16 dim. S. Ospici
16 dis. S. Edme
dij.
17
Sta Edvija
17 Dim. S. Gregori
18 div. S. Luc
18 dil. S. Alfè
19 dis. S. Pèi re
19 dim. Sta Babeta
20 Dim. S. Agrico)
20 dim. S. Edmon
21 dil. Sta Ursula
21 dij. Présent, de la V.
22 dim. S. Filip
22 div. Sta Cecilia
23 dim. S. Teodoret
23 dis. S. Clemen
24 dij. s. Mairloire
25 div. ss. Crespin-Cr. 24 Dim. Sta Flora
26 dis. s. Jouan de K. 25 dil Sta Catarina
26 dim. Sta Pel fina
27 Dim. s. Frumence
27 dim. S. Maxime
28 dil. s. Alfredo
28 dij. S. Sostène
29 dim. s. Narcisse
29 div. s. Saturnin
30 dim. s. Marcel
30 dis. s. Andrièu
31 dij. s. Siri
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\loii ponorc goûta loti rùare

Tonssan ientra
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DESÈMBRE

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6 oura 46 s.
4 our;i 40 s.
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S. Francès X.
Sta Barba
S. Bassi
S. Nicola
S. Anbrosi
Imac. Conception
Sta Leoucadia
Sta Eulàlia
S. Damase
Sta Rosélina
Sta Lucia
S, Niçoise
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Mesuiin
Adon
Olimpíada
Gatien
Ciprian
Filogone
Tournas

S. Onourat
Sta Vitòria
Cacha-fuec
Calèna
S. Estève
S. Jouan
SS. Inoucent
Sta Eleonora
S. Sabîn
S. Sàuvestre

Calena aufuec,
Pasca àu j'aèc.

sin -

GRANDE MARQUE RECOMMANDÉE

4 35

�- i6-

�- 17

-I

CROUNICA NIÇARDA
L'ABADÏA DE SAN POUON.— L'ABAT RANCE-BOURREY.
GLOFFREDO.

—

—

PÈIRE

A PREPAU DOU DIALETE NIÇART.

Ben qne pareissènt tardié, VArmanac Niçart s'empressa de
pourtà la siéu febla vous su tout cen que enteressa lou païs, sigue
au pounch de vista istoria loucala, pouesia, tradicioun, sigue
tamben su la taquinanta questioun dóu dialete niçart souvenri
fès pauvada e su la quala lu escritour mouderne soun luen d'estre
d'acordi.
Parlerai finda de M. l'Abat Rance-Bourrey, un beneditin qne
despi quauque an en ça mete à prouflt la siéu erudiciou n a nen
revelà de fach d'istoria inedieh. Se quauqu'un mérita d'estre
laudat es ben éu ; es en éu que VArmanac Niçart tressa la
pamoula de sapiença. En esprimant la nouostra recounouissença,
à l'Abat Rance-Bourrey, fen cen que touplen an denembrat,
vouoli dire de courounà lu siéu travail, frucha de ben de recerca,
dai quali obra sian fier d'avé prestat la prima ajuda. Pouden cità :
lou Discours sur le Monastère de Sainte-Claire de Nice, par Honoré
Pastorelli, publié d'après l'édition originale de Turin 1608, avec
une introduction et des notes ; — "Le Général J.-B.-M. D'Anselme" (Notices biographiques (1740-1792). E aquest'an
l'istorien nen douna — toujou de prima man — YExpulsion de
Mgr Valperga, evesque de Niça, au tèms de la Revoulucioun,
travail anoutat de peça curiouvi que sian urous de pouder metre
souta lu uès dei nouostre letour.
*
* *
Lou fach de l'annada, lou mai marcant, es estat aquéu de
l'Abadïa de San Pouon. Parlon de tout destruge pèr li basti an
siéu luec un espitau Pasteur... UArmanac Niçart es pas Penemic
dóu prougrès, ni men encara dei Bei-Art, ma si fa lou pious dever
de jougne lu siéu esfouors en aquelu dei siéu councitadin quo
l'istoria dóu passat passiouna, pèr que l'Abadïa de San Pouon
sigue counservada e classada couma mounumen istorique. En la
circonstança feliciti M. l'Abat Rance-Bourrey que mé rasoun s'e.s
demoustrat l'ardènt defensour autourisat que counouissen. La
siéu paràula es estada escoutada e lou Préfet de li Alpa-Maritima,
8

'

�— i8 M. de Joly — respetuous dei nouostri tradicioun — en ortie
avertit a proumès que l'Abadïa de San Pouon seria respetada e de
lèu si crusià pèr lou siéu classamen tra lu mounumen istorique.
Dóu resta vequi ce que l'Abat Rance Bourrey nen di su San
JPouon. Counsignen religiousamen li siéu paràula :
« L'Abbaye de Saint-Pons est le plus ancien monument relitgieux existant dans le Comté de Nice. Il y a dou^e cents ans que
sSiagrius y fonda un monastère. L'histoire de ce monastère est
jintimement liée à l'histoire religieuse, civile et économique de la
iville de Nice.
;
« Ce fut à Saint-Pons qu'en 1388 fut'signé l'acte réunissant
le Comté de Nice au Comté de Savoie. Les abbés de Saint Pons
ifurent pris dans les principales familles du Comté : les Badat, les
tLaugery, les Provana, les Lascaris, les Grimaldi, les Martelli, les
;Tournefort, etc. Plusieurs évêques de Nice furent abbés de Saint[Pons, en particulier Barthélémy Chuet (fin du xve siècle) et Jean
, Uriole, son successeur. Un autre abbé, Claude de Seyselle, fut
,évêque de Marseille, puis archevêque de Turin ; d'autres furent
cardinaux, tels Innocent Cibo, neveu d'Innocent VIII et de
f
;Léon X, et Paul Medeci de Cesis dont on voit encore l'inscription
(funéraire à Sainte-Marie-Majeure, à Rome.
:
« A la fin du xvir siècle, l'abbé de Saint-Pons était Pierre
•Gioffredo, le savant historien niçois. Enfin, un abbé de SaintiPons dont les Niçois n'ont pas encore perdu le souvenir, était
(l'abbé Spitalieri de Cessole qui a doté sa ville natale d'un établissement de bienfaisance si justement apprécié. La plupart des
pbbès de Saint-Pons et plusieurs évêques de Nice ont été enterrés
dans l'église ou sous le cloître et dorment aujourd'hui confondus
avec les moines leurs frères qui depuis dix siècles y sont enterrés.
« Les monuments funéraires ont disparu. Le temps a tout
(nivelé à Saint-Pons, singulièrement aidé cependant par la main
ides hommes. On connaît les dévastations commises par
Iroupes de François Ier et de Barberousse, plus tard par celles d
Catinat et par d'autres encore. Après chaque désastre, SaintPons a retrouvé une nouvelle vitalité et il y a à peine trois quarts
de siècle que Mgr Galvano y a fait d'importantes réparations.
;
« Saint-Pons n'est pas seulement une page de l'histoire de
notre pays, c'est un gros volume de cette histoire ; les Niçois
laisseront-ils dire qu'ils sont restés indifférents devant le danger
qui menace Saint-Pons ? Non, ils feront tous leurs efforts pour

�— 19 -

sauver de la destruction un monument qui doit leur être cher...
Je demande d'urgence le classement de l'Abbaye de Saint-Pons,
c'est-à-dire de l'Eglise et des bâtiments claustraux, comme monument historique. »
Lou councours de YArmanac Niçart es aquist. Emé fiertà e
au près de touplen de sacrifici faren respetà l'istoria dóu passat,
la lenga e lu escrich dei orne qu'an ilustrat lou nouostre bèu
pais.
*
* *
Despi quauque tèms, — maladia que reven per intermitença,
— la gran questioun de la grafia niçarda, de l'ourtougrafa, es
messa su lou tapis. De letra soun estadi publicadi, d'autri lou seran, e cresi qu'après ben de charra pèr dire pas gran cauva de
nóu, quasi dirii pèr predicà dintre lou Desert, noun restera
d'aquela discussioun, — Favén déjà coustatat, — pas gran cauva,
ren!... Cadun escrèu à la siéu moda seloun l'esprit dóu moumen,
e serii ben curious de counouisse aquéu que vendria nen dità
une metoda en nen dïen : « la mièu maniera d'escrièure lou
Niçart es la bouona». Discussioun scientifica que pòu passiounà
quauque lenguista, pas mai ; lou mihou es d'escrèure seloun li
letra ditadi pèr la prounouncia. Lou talènt pèr aquéu qu'escrèu
es de si laissà liège, de si faire acapi. Es qu'en en un entan que
frecuenta l'escola primària poudès li demandà autra cauva ?...
Perta de tèms que tout acò, vourria mai s'engenià à recercà lu
viei mot, espressioun, loucucioun courenti que la pous dóu tèms
a rabaïat, dounà au nouostre bèu dialete la coulou que dèu avè,
en respetant lu emprunt que pouden avè fach sigue à l'Italian, à
l'Espagnòu o à tout autre...
Un dialète noun dèu pas estre une lenga scientifica, encara
m en noun còu avè la pretencioun que sigue ouficiela, seria temerari ; lou dialete d'un païs dèu refletà lou caratere d'un'epoca que
lou tèms dèu respetà, enfin escrèure gramaticalamen, un noun
empedisse l'autre, e laissà à l'esprit, au goust lou coumplemen
d'un stile ouriginal, en de frasa councisi que flaton i'auriha.
Aquí fermi la discussioun, risqui de perdre la civada... l'an
que ven, se Diéu mi presta vida, v'en dirai d'autri e couma
d'usança que mi sigue permès de la vous souvetà : Bouona e
uroûva !
L'ARMANAC

NIÇART.

�20 —

LA CIGALA DOU BOUON DIEU
Una cigala dóu Bouon Dieu
Tout l'estiéu
E l'iver en la chambreta, —
L'aiguesias vista la lebreta ! —
Noun vivïa que d'amour
S'assetava su l'ounour;
La cigala cantarela,
Vau chanja de clientela,
Noun es courta d'amatour,
Que li viron tout au tour !
Ma l'ancien de la cigala,
De gros mot ven que s'embala ;
En l'auriha de la maire
Li ven tout aquéu bousin,
Que deja toui lu vesin
Sabon lou long de l'afaire
— Cenqu'as fach m'au tiéu tip ?
Di la maire enrabiada...
Bella Vierge encourounada !
Sera au mancou m'un bouon rie!!...
CH. CIAUDO

PROUVERBI, BOUOI MOT, COUNSÉU E DICH
Tèms d'iver noun ti fidar.
Lu màu dei enfan si garisson soulet.
Cau naisse pèr estre bèu, si maridar pèr estre rie, e mouri
pèr estre brave.
Per aver de raïn, eau caressar la souca.
Agnèu naissut
Vau un escut.
Dansa mihou ventre plen que rauba nova.
L'oumbra dou mèstre engraissa lou cavau.

�LOU MAGOT DE BERTOUMIÉU ISSUGA
O BEN

UNA RAISSADA DE MACAROUN
Conte menloanasqae trouvât dintre d'un armori
de ma nana e que /'Armanac Niçart es tirons de
transcrièure en niçart à Ventencioun dei sièu
fidèle lotour et lelrissa.

Bertoumiéu Issuga, mentounasque de viéia roca, abitava en
coumpagnia de sa mouhié, en carriera dóu Paumoulié. La siéu
frema, malurousamen, era sirnplaria e faia lou siéu desespoir.
Cada matin Bertoumiéu, avant de s'en anà au travail, li recoumandava de noun faire de bestialità. Cou vous dire que toui lu
dissata lou nouostre ome metia en un'armari pertuat dintre la
muraia lou gagne de la semana.
— Bertoumiéu ! pèr qu seria tout aquel argen, demandava
Marioun au siéu marit.
— Es pèr Madjou-long, castagnassa !
*
* *
Un jou Bertoumiéu partet pèr anar à la siéu campagna ;
devia même li restar doui ó très jou pèr souïnar e arousar lu
citrouniè. Marioun souleta matin e sera, s'assetava su lou banquet de la pouorta e faïa de bas... Un predinà veguet un ome
de statura mai que mejana, couma si di, un gran carcan. La
frema de Bertoumiéu lou fissa sensa parpelear, pi pihada d'un'
idea, li diguet :
— Moun bèu Moussu, sias bessai vous Madjou-long ?
Lou merlo pita e noun s'en laissa dire autre, léu li
respouonde :
— Noun vous troumpas pas, bella bruneta, sièu ièu Madjoulong !... Ma perqué mi faire tala demanda ?
Perqué ?... dou moumen que sias Madjou-long, intras su lou
cóu. Li a ja pas mau de tèms que moun marit a mes d'argen
amagat pèr vous...
E sensa mai de ceremounia li remeté lou mandiou dintre lou
quai lu sóu eron groupât. L'ome remercia e la s'esbigna lèu.
♦

* *

�Lou sera, Bertoumiéu arriva, la sièu mouhié li di.
— Sabes, ai vist ancuei Madjou-long !
E l'ome de cridar :
— Malurousa ! — m'en a fach encara una 1
Courre à l'armari, lou mandiou e Pargen, mouis !... Issuga
blastema pica dai pen, es décidât de si desiaire de la siéu frema
Lendeman, dóu téms qu'aissesta durmïa, li cuerbe lu uès emé de
pega de sabatié, pi la pihant pèr la man, la mena dapé dóu CapMartin. Arrivât aqui, Bertoumiéu fa mountar Marioun su d'un
nouguié el'abandouna. La paura, bòrnia, noun sabia doun si
trouvava, ni men encara ce que poudia faire.
En aquéu fra-tèms doui voulur venon s'assetar souta
l'aubre ; après aver abrat quauqui branca sequi pèr s'escaufar, pi
si meton à cuentar lou siéu argen.
La calou faguet delegar la pega que curbia Puès destre de
Marioun e aissesta de cridar :
— E d'un !
Lu voulur, d'estuc, s'isson d'emblée.
— Qu'es acó, diguet l'un.
— Un matagan, faguet l'autre.
La calou seguia á faire lou siéu efet pau à pau durbia Puei
senec.
— E de douî, diguet Marioun.
Dóu cou lu voulur escapon, laissant Pargen espantegat soubre
Perba.
Marioun coumença à li veire clar, cala da l'aubre e ramassa
Pargen, pi lèu s'en camina vers maïoun...
Lou sièu marit, pensierons, era assetat dapè dóu fuec, s'escaufant, fumant la sièu pipeta emé beatituda...
— Bertoumiéu !... o Bertoumiéu !... duerbe-mi, siéu iéu,
Marioun...
— Vai au diàu que ti pihe... ièu que cresii de m'en estre
despegouït...
Ma Marioun, toujou picava, un cóu noun asperava l'autre...
L'ome fenisse per li durbi...
— Ten ! regarda cen que ti pouorti.. . e Marioun pauva lou
sac su lou toulié. ..
Bertoumiéu, entartugat, cuenta Pargen e réfléchisse ; — Marioun es simplaria e deman la vila saupra Pistoria de la fouré . ..
Cóu que Bertoumiéu si dispegouïsse pèr empedi li marridi lenga
de bavar...

�— 23 —
Si mete la vesta, lou capèu e souorte fermant la pouorta i..
Faïa nuech dintre la carriera, ma sensa pena s'encamina
vers una boutiga e croumpa pèr mai de dès kilo de macaroun...
Ientra au sièu e di à la sièu mouhié de si metre au liech.
En tant que Marioun durmïa, Bertoumiéu fa bui lu macaroun, pi lu espantega su lu aubre dóu jardin... Lendeman de
matin la siéu frema, desveiada, si mete à la fenestra...
— O ! Bertoumiéu ! Bertoumiéu ! Vene un póu veire!... O
trest ! vè, a plougut de macaroun !...
— O vai fantauma !... n'as toujou una. .. Ten ! ten !... ma
es ver !...
*
* *

A quauque tèms en ça, Bertoumiéu l'avia previst, Marioun
countet à toui que lou siéu ome noun li picava plus, despi lou
jou qu'ela li avia pourtat de sac plen d'escut...
Lou juge aiguent audit parlar de l'afaire, mandet sounar
Bertoumiéu devant lou tribunal ; la siéu mouhié era estada
citada couma testemoni.
Lou juge. — Bertoumiéu, sias acusat d'aver gardât d'argen
que noun era vouostre.
— Iéu !... Ma moussu lou juge, lou negui ; sièu couma
sabès un travaiadou.. .
E Marioun de dire.
— Noun negar, Bertoumiéu, sabés ben qu'es ver ; es iéu en
persouna que t'ai pourtat la mouneda, qu'avii trouvât en la
fouré.. .
Lou juge. — Anas brave ome, noun negués.. .
— E quoura lou m'as pourtat ?... — Vous juri, Moussu lou
juge, que la miéu frema es fouola !...
— E lou sabes ben, Bertoumiéu, es lou jou que plouguet tant
de macaroun !
— Moussu lou juge aves jamai vist ploure de macaroun ?...
— Jamai ! moun beL amic respoundet lou juge que si tenia
lou ventre dóu rire — Amie, vèu que la vouostra frema es
fouola. .. sias aquitat !...
Bertoumiéu si retira emé Marioun... Noun aigueron plus
de disputa e vieugueron, pareisse urous e pèr longtèms !...
J. E.

�CANSOUN ANCIENNA

PÈR LOU

N'aurias pas vist la miêu fiha
Trin-trin
Lou galerin
A'aurias pas vist la miêu Jiha
Trois-wtrois
Le fils du roi
L'ai vista e l'ai baïada
Trin-trin
Lou Galerin
L'ai vista e l'ai baïda
Trois-trois
Le fils du roi.
Douna-mi la miêu fiha
Trin-trin
Lou galerin
Douna-mi la miêu fiha
Trois-trois
Le fils du roi.
Es aqnela la vouostra fiha
Trin-trin
Lou galerin
Es aqaela la vouostra fiha
Trois-trois
Le fils du roi.
La miêu fiha era pas lernia
Trin-trin
Lou galerin
La miêu fiha era pas lernia
Trois-trois
Le fils du roi
La miêu fiha era pas lua
Trin-trin
Lou galerin
La miêu fiha era pas lua
Trois trois
Le fils du roi.
N'es ni guercia ni poutinouva
Trin-trin
Lou galerin
N es ni guercia ni poutinouva
Trois-trois
Le fils du rois.

MAI

�La miéu fiha n'es pas borni a
Trin-trin
Lou galerin
La miêu fiha n'es pas bornia
Trois-trois
Le fils du roi.
Noun faïa pas belugueta
Trin-trin
Lou galerin;
Nonn faïa pas belugueta
Trois-trois
Le fils du roi.
La miêu fiha n'es pas emberrida
Trin-trin
Lou galerin
La miêu fiha n'es pas emberrida
Trois-trois
Le fils du roi.
La m iéu fiha n'es pas pigada
Trin-trin
Lou galerin
La miêu fiha n'es pas pigada
Trois- trois
Le fils du roi.
La miéu fiha noun es pas ranga
Trin-trin
Lou galerin
La miéu fiha noun es pas ranga
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha noun es pas louorla
Trin-trin
Lou galerin
La miéu fiha noun es pas touorta
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha n'es pas crouoada
Trin-trin
Lou galerin
La miéu fiha n'es pas croavada
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha n'es pas gibouva
Trin-trin
Lou galerin
La miéu fia n'es pas gibouva

�— 26 —
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha noun es foularana
Trin-trin
Lou galerin
La miéu fiha noun es foularana
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha n'es pas ingourda
Trin-trin
Lou galerin
La miéu fiha n'es pas ingourda
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha a pas lou peu de pi g nu
Trin trin
Lou galerin
La miéu fiha a pas lou peu de pig nu
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha noun es narvelouua
Trin- trin
Lou qalerin
La miéu ûha noun es narveloiwa
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha noun a la rougna
Trin-trin
Lou galerin
La miéu fiha noun a la rougna
Trois trois
Le fils du roi.
XXX.

PROUVERB1, BOUOI MOT, COUNSÈU E DICH
Qu duerme ben noun cregne li niera.
Qu vè pissar e noun pissa, crêpa de malícia.-'
Qu douna soun ben avan de mouri
Mérita de pati.
L'amour es lou paradis dei fouol.
L'amour es .la flou de la jouinessa.

�LA MOUORT DAU PAURE TOUNIN

Lou paure Tounin, malàut a setant'an, si presenta à l'espitàu
ma li respouondon que li a plus de plaça.
— Coumplet ! ! !
Quauqu'un li fa capi qu'em'un pau de proutecioun li pourria
intrar. Countrariat dei pas que cóu faire, Tounin vira lu taloun e
s'encamina vers la plaça Massena, piha lou tram, si rende da
Graugnard, à l'espitàu dei can, e li di :
— Moussu lou Veterinari, cresi d'estre un pau mai qu'un
can ?... En aquéu cas souîna-mi...
— Vous souînar aici, ma brav'ome perdés la testa. — Basta,
li di que n'a pas de liech pèrcourcar un crestian, que noun douna
de souin qu'ai bestia !...
Tounin, couma pensas, s'en souorte m'au couor gros e noun
sau plus à que sant si recoumandar. Era aqui au mitan dóu
camin, quoura en aquéu moumen arriba un landau, doun cala
una grossa dama, encapelada, aurias dich un ver foungi, segada
d'un varlet que pourtava religiousamen un can enfeloupat emé de
favour rosa au couol, tapat d'un tapis em'ai iniciala. En veèn
aquéu tablèu lou paure Tounin si lamenta, sangluta fouort.
— Qu'avès lou miéu brav'ome, li di la dama.
— Cen qu'ai Madama ?... trovi que lou vouostre can a mai
de chança que iéu. Li a cinquant-cinq an que travaii, pèr la premiera fès que siéu malàut, noun soulamen mi refuson à l'espitàu
dei estre uman, ma encara mi vèu picar la pouorta au nas èn
aquéu dai can.
— Quevoulès, lou miéu paur'ome, ai fach un vout de mimetre
à la Soucietà Proutetriça dei Animau, de pourtar touti li miéu
ecounoumia à la Caissa de secours pèr soulajar lou sort dei bestia.
Lou fau talamen ben, que vouguessi ben vous dounar un sóu
que pourii pas.
La dama li vira l'esquina e ientra couma un coupa-cisèu da
Graugnard. Tounin roumougna :
— Se ti veguessi en un cantoun ti dounerii mancou un gotou
d'aïga !... vièia sansuga !...
Tounin estrassinat, deble s'alonga un pau plus en là, su d'un
mouloun de peira. Quauqui oura après, couma soufrisia, n'ai-

�guènt ren en l'estomegue depi l'auba, coumençava d'aver lou
rangouioun, quoura passet un canipiè que li diguet :
— Que fès aquí, brav'ome ?
— Couma veès siéu aqui pèr tirar lu patoun. M'an refusat â
l'espitàu, même en aquéu dai can, noun mi resta que de mouri
su d'un mouioun de peira. — Avès un carnet su lou quai enregistras lu fach dóu jou, farias ben de li aloungar lou miéu testamen que poudès mentuar couma acô :
— « Bouon Diéu, se mi fes passar encara une fes sur la terra,
fe-mi naisse can au mancou, li aura une Soucietà Proutetriça dei
Animau que si crusira de iéu e pourrai estre amès en un espitau,
estre souïnat, faire bouona vida, menar une vida de can... »
ANT. ROLAND.

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VIGNE
A M. VALÉRE BERNARD.

Dans le ciel doux la Vigne ètreint les pals de buis.
Sous le pampre le merle alourdi des falernes
Tourne son col gris vair et ses paupières lemes
Qu'argenté la blancheur des immuables nuits.
O / fraîcheur, 6 beauté des Igs et des iris,
Que la Vierge éblouie avec les marjolaines
Cueille le soir venu aux vasques des fontaines
Pour colorer en fête, au crépuscule, l'Euis.
Narcisses, ébeniers, œillet et sensitive
Ah ! Versez en mon âme attiédie et pensive
L'orgueil qui souleva les clairs olympiens.
L'amour qui rafraîchit les Madones pieuses
Et qui vêt de clarté les snls athéniens
Et les ravissements des époques heureuses.
JEAN

PADOVANI.

Quauque souvèt :
Vous souveti la bouona annada.
Que siegue mihau que la passada.
Vous souveti la bouona annada acoumpagnada de touplcn
d'autri.

�Eglises et Chapelles de Nice
La vieille ville de Nice se trouvant sur la rive gauche du
Paillon, pour parler de ses églises, nous commencerons par son
église cathédrale, Sainte-Réparate, vierge et martyre, de celles du
canton Est, et en traversant la rive droite nous nous occuperons des paroisses du canton Ouest.
I. — L'Eglise Cathédrale du Diocèse de Nice est la paroisse
de Sainte Réparate, vierge et martyre, sous l'empereur Decius en
253. Sa fête est le 8 octobre. Cette église est au centre de la vieille
ville (8.500 âmes), Avant 1531 la Cathédrale était près du Donjon, plateau de Nice, et dénommée : Sancta Maria in platea,
dédiée à N. D. de l'Assomption. L'édifice actuel, dans son genre,
ressemble beaucoup à Saint Pierre de Rome, au Vatican. C'était
auparavant une simple église paroissiale
desservie par
les Bénédictins du Monastère de Saint-Pons, près Nice.
Dans son ressort se trouvent l'ancienne église de Saint
Jaume (Saint Jacques apôtre), jadis des P.P. Carmes, fermée
depuis 1903. Après le transfert du titre de paroisse à l'église de
Saint Juste, évèquc, au Gesu, elle fut placée sous la vocable de l'Annonciation de la Sainte Vierge, ainsi que la belle Eglise de la
Miséricorde, sur le Cours Saleya, jadis de Saint Gaétan, fondée
e
par les P.P. Theatins au XVIII siècle et cédée à la noble
confrérie des Pénitents Noirs.
La Cathédrale de Nice, paroisse Sainte-Réparate de nos jours,
fut comme l'ancienne au Donjon du Château {Sancta Maria in
platea), le théâtre de plusieurs f lits historiques mémorables dans
les annales de l'histoire de Nice.
II. — L'Eglise de Saint Jacques, an Gesû, dès son érection
en 1612, dédiée à Saint Juste, évêque. Sa fête est le 2 septembre.
En 1665 fut érigée en paroisse sous le titre de Saint Jacques le
Majeur, remplaçant la paroisse de Saint Jaume. On l'appelle
vulgairement le Gesù à cause qu'elle a été fondée et administrée
par les P.P. de la Compagnie de Jésus.
Appartiennent à cette paroisse les deux chapelles des confréries des Pénitents Blancs, la Sainte Croix, — confrérie la

�óo —
plus ancienne de Nice, — et des Pénitents Rouges, Saint Suaire
et de la Sainte Trinité ; l'Eglise du Couvent de là Visitation,
la chapelle de l'ancien séminaire, à la montée du Château, et
jadis l'Hospice franciscain avec chapelle de Saint Joseph des
P.P. Recollets de Cimiez, convertie en maison particulière.
L'Eglise du Gesù est d'ordre corinthien composite, cons truite sur le modèle de l'Eglise des Jésuites de Turin, dite
vulgairement les Saints Martyrs. ( 10.000 âmes).
A l'extrémité de la rue du Malonat, aux racines de l'ancien
château, on voit un oratoire à la Sainte Vierge Marie, sous le
titre de N. D. du Bon Secours. Les habitants de ce quartier érigèrent cet oratoire en l'honneur de la sainte Vierge, en reconnaissance du choléra en 1854.
III. — L'Eglise paroissiale de Saint Martin Evéque dite de
Saint-Augustin est la plus ancienne, elle fut bâtie sur l'emplacement de l'ancienne chapelle de Saint Martin (1205) et appelée
Saint-Augustin parce qu'elle était desservie par les Augustiniens
dont le couvent a été transformé en caserne. (Caserne Filley, près
l'ancienne chapelle Sincaire).
IV. — L'Eglise de Saint-Francois-de-Paule a été édifiée en
1736 d'après le plan de l'architecte
Guarini. En 1838
elle fut érigée en paroisse par décret de Mgr Galvano et appelée
aussi Saint-Dominique en souvenir de l'ancienne église paroissiale
de ce nom qui s'élevait sur la place Saint-Dominique aux lieux et
place de l'actuel Palais de Justice.
V*— L'Eglise du Port ou de l'Immaculée Conception. D'humble
origine. D'abord ce fut une fort modeste chapelle (1835), transformée agrandie par Mgr Galvano, et l'avocat théologue L. Mari
fut son premier curé..
VI. — L'Eglise Saint-Joseph nouvelle paroisse depuis 1911 la
première pierre fut posée le 19 mars 1911, bénie le 29 octobre et
ouverte au public le Ier novembre 1911 sous le patronage de Mgr
Chapon et dirigée par les soins de M. l'abbé Gabrielli.
A cette paroisse appartiennent la chapelle succursale de Saint
Joseph contigüe à l'Evêché, et la chapelle de Notre-Dame des
Anges sur l'ancienne route de Villefranche.
VIL — Saint-Roch. Cette église paroissiale dans la banlieue
de Nice fut érigée après la peste de r68r. Nice fut délivrée de ce
fléau par l'intercession de saint Roch, confesseur, né et mort à

�- Si Montpellier. La paroisse est divisée en deux quartiers, Roquebillière
inférieure et Roquebillière supérieure, jusqu'à la chapelle de NotreDame de Bon Voyage.
VIII. — Rive droite du Paillon, intra muros, se dresse Notre Dame du Vau, paroisse Saint-Jean-Baptiste, qui remplace l'an
cienne église du même nom devenue chapelle inférieure du Lycée.
Cette belle église, vœu delà ville de Nice en 1835, mt érigée en
1842 et terminée en 1852 par Mgr Galvano, évêque de Nice.
La façade ressemble à celle élevée à Turin en l'honneur du retour
du roi dans les états Sardes en 1814.
IX. — Saiiit-Pierre-d' Aréna remplace une chapelle située à la
Croix de Marbre. Elle fut érigée en paroisse en 1803 par Mgr
Colonna d'Istria. Elle doit son nom à ce fait, c'est que lors de sa
fondation elle se trouvait sur le rivage de la mer séparée par une
bordure de sable fin.
X. — Une ancienne chapelle de Sainte-Hélêne-l'Inspiratrice
existait dans ces parages. Elle fut remplacée en face la mer par
une église sous l'épiscopat de Mgr Recrosio (1727).
Six paroisses « extra muros » dépendent de la commune de
Nice.
Sainte-Marie Magdeleine, sise dans le vallon de Magnan, édifiée sur l'emplacement d'une chapelle de même nom, érigée en
1626 et dite vulgairement chapelle « dei cassaire » à cause du
grand nombre de chasseurs. Après le concordat de 1803 sous
l'épiscopat de Mgr Colonna d'Istria, ce quartier qui depuis 1771
dépendait pour le spirituel de la cathédrale fut érigé en paroisse.
Il existe encore aujourd'hui une chapelle de Notre-Dame du Bon
Conseil changée en demeure particulière . Bientôt le besoin de
la population augmentant, une église sera bâtie à la cité Robiony
par les soins du curé actuel de la Madeleine.
Plus à l'est de la ville, toujours dans le canton ouest ce
l'Arquet, se dresse la paroisse de l'Ariane dédiée primitivement à
saint Arnoux, évêque et à saint Pierre, apôtre. Elle fut érigée en
paroisse en 1809 sous l'épiscopat de Mgr Colonna d Istria. Dans
son ressort se trouve l'ancienne chapelle nécropole de l'Abbadie
fondée en 1635 en l'honneur de sainte Claire pour le besoin spirituel de 450 à 500 habitants qui appartiennent aux communes
de Nice, Cantaron Saint-André. Localité d'avenii et à laquelle
le chemin de fer Nice-Coni donnera une valeur stratégique.

�— 32 —
Gairaut avait au moyen-âge une chapelle de secours desservie
par les religieux chevaliers de l'ordre du temple au début, et par
la suite de Rhodes et de Malte. Sous l'épiscopat de Mgr François
Rosini de Martinengo la chapelle fut érigée en église paroissiale
sous le vocable de saint Sauveur o*u de la transfiguration du
Rédempteur.
Dès 1730 les P. Dominicains de Nice fondent à Saint Pancrace un sanatorium pour religieux martyrs avec chapelle en
l'honneur de Saint Pancrace martyr. Cette chapelle est érigée en
paroisse en 1848 par Mgr Galvano.
Sur le couchant de Saint-Pancrace on trouve la paroisse de
saint Roman . martyr ; l'ancienne chapelle fut érigée en paroisse
ainsi que celle de saint-Antoine de Ginestière en 1803 sous Mgr
Colonna d'Istria.
VALENT IN.

NOU VÉ
Tu Çatarina fai lou pan.
Mdumen de jota, d'alegressa,
Fes audi da toui lu couor :
Lu ange canton l'alegressa,
Fuges l'infer, Juges la mouorl.
Chntou !
L'aarika sabla, li a quaucaren aici vesin,
Sembla que senti li joia d'un festin ;
Audi lu tambourin de laen,
Lu Jlajoulet e li musela,
Lu pastre van à Bethelen
Laisson la cabana soaleta ;
Santo nuech, venes aléa nen ralegrà,
Pourtas à toui la pax et la tranquilità !
Tu Catarina fai lou pan,
Manda Lucrecia au safran,
Despende aléa lou lauvaniè,
Chapla la blea su lou taatié ;
Crala de froumai e roumpe d'iiu
E fai la iourta couma fou,
Ché n'aiguen toui en aboundança (bis)
Santa nuech, venes alèu nen ralegrà,
Pourtas à toui la pa.x e la tranquilità .'
En tant faguen etnb'au vesin
t ua santépér lou Bambin,
Toucan lou gotou de bouon vin,
Ernb'aa vesin pér lou Bambin
Ti-ri-tin-tin ! -tinTi-ri tin !

�— 3Î —

L'Expulsion de Mgr Valperga
fEN SEPTEMBRE

1792)

Le 12 octobre 1780 h population de Nice se pressait aux
abords de la porte Pairoliëre pour y recevoir en grandes pompes
le nouvel évêque Charles-Eugène Valperga di Maglione. Ce
prélat avait couché la veille selon l'usage antique à l'abbaye de
Saint-Pons et devait faire ce jour là son entrée solennelle dans
sa ville épiscopale.
Le cérémonial imposant avec lequel on avait reçu jusqu'alors
les évêques fut encore cette fois observé. L'accueil de la population entière fut des plus chaleureux au rapport de Pierre Scaliero
qui en fut témoin (1). Le nouvel évêque, qui remplaçait Monseigneur Astésan nommé archevêque d'Oristano en Sardaigne,
appartenait à une famille de vieille noblesse dont plusieurs membres avaient exercé, à Nice, des fonctions importantes (2). Il
(1) Voir aux Archives municipales le récit détaillé que ce chroniqueur en a laissé dans ses Mémoires. Pierre Scaliero mourut en 1805.
(2) Jacques Valperga, conseiller ducal, fut lieutenant du gouverneur de Nice en 1454 ; Thoma5 Valperga fut gouverneur du château de Nice en 1565 ; Jean Valperga fut également gouverneur de
Nice en 1596 ; Jérôme Valperga fut commandeur du château de
Nice en 1600 ; Pierre Valperga, frère de Jacques Valperga, était
chevalier de Malte (Arch. municipales, registre des gouverneurs,
commandants et chevaliers de Malte) ; Anne Valperga, fille dAmédée
Valperga, épousa, le commandeur de Malte Jean-Paul Lascaris.
(Voir son testament daté de 1683, arch. des Alpes-Maritimes,
registre B, 297.) Joseph Ignace de Valperga reçut de son oncle, Emmanuel Philibert Chiotera, mie partie du fief de Couaraze dont il fut
investi le 20 février 1753. Son fils, Vincent, céda ses droits à H. Novelli. Jérôme Valperga fut sénateur à Nice de 1761 à 1765, puis
ministre plénipotentiaire de Sardaigne à Gênes en 1780 ; plus tard
il fut ministre etsecrétaire d'Etat, ce dernier était le frère de l'évêque
de Nice et fils du comte François Valperga qui vivait encore en
1795Ees armoiries des Valperga étaient fascé d'or et de gueules, à
la plante de chanvre déracinée, d'argent et brochant. Le cimier
était un bouc naissant au naturel et la devise : « Ferme-toy ».
Nous reproduisons les armoiries de Monseigneur Valperga d'après celles qui se trouvent en tête du catéchisme édité par ses ordres
et dont nous devons le dessin à l'obligeance de M. Joseph Casai
(Extrait de 1' « Armoriai Artistique et Nrbiüaire », Ni.e, 1902.
3

�- 34était directeur du collège des Provinces à Turin, lorsque le roi
de Sardaigne le désigna, pour l'évêché de Nice. Il avait été sacré à
Rome où il avait fait ses études. Monseigneur Valperga se distingua immédiatement par sa vigilance et son activité : il releva
le niveau intellectuel et moral des prêtres de son diocèse et s'attacha à mettre en toutes choses la plus grande régularité. Dix-huit
mois après son installation, il publia un nouveau catéchisme
dont le plan avait été préparé par son prédécesseur ^i). Grâce à

ses relations cordiales avec la eour de Turin, il jouissait auprès
des autorités civiles de Nice d'une grande influence. Après douze
(1) Ce catéchisme en italien fut imprimé à Nice par la Société
Typographique. C'est un petit volume in-douze de 612 pages, portant
la date de 1783. En tête se trouve le mandement de Monseigneur
Valperga du 16 février 1782 qui approuve le travail terminé par
le prêtre auquel Monseigneur Astésan en avait confié le soin, ordonne
sa publication et règle l'organisation des catéchismes dans tout le
diocèse. Deux ans plus tard en 1785, Gabriel Floteront, imprima
un autre catéchisme rédigé en dialecte niçois, petit volume in-12
de 228 pages. Un exemplaire de ces deux ouvrages existe à la biblio
thèque de Nice. — Voir Villarey, Série Cronològica dei Vescovi
di Nizza. — Art. Valperga.

�-35 années de séjour dans cette dernière ville il s'était acquis l'estime
et le respect de tous.
*

• *

Lorsque le 28 septembre 1792 dans l'après-midi, les troupes
piémontaises évacuèrent Nice, il y eut dans cette ville une effroyable panique et des milliers d'habitants s'enfuirent dans la direction de Turin. Ce fut un désarroi et une désorganisation complète de toutes les autorités. iMonseigneur Valperga resta à son
poste et s'engagea à ne point quitter la ville. Le lendemain samedi
29 septembre, il accompagna le second consul Honoré Saissi et
quelques membres du Conseil qui se rendirent, vers les onze
heures du matin, à la villa Feraudi, au quartier St Hélène, pour
offrir les clefs de la cité au général d'Anselme qui venait d'y
arriver à la tête des troupes françaises. Le général fit à la délégation assez bon accueil, mais il s'étonna de trouver parmi ses membres, l'évêque dont la place déclara-t-il n était pas là. Du reste,
d'Anselme attacha si peu d'importance à la démarche îles magistrats niçois que dans aucune de ses dépêches officielles il n'en fit
mention.
Sur le soir du même jour, la petite armée française faisait son
entrée dans la ville et le général s'installait dans la maison du
consul de France à la place St Dominique. L'évêque de Nice qui
tenait à rester au milieu de ses diocésains se présenta de nouveau
vers les huit ou neuf heures du soir chez le général auquel il voulait recommander ses prêtres en lui demandant des respecter les
églises. Le général était entouré de tout son état-major, du consul
de France, Pierre Le Seurre, de Honoré Saissi, second consul, de
Féraudi, secrétaire général de la commune. Ces deux derniers
venus probablement pour appuyer les demandes de l'évêque.
L'accueil du général ne fut pas plus encourageant que la première fois ; il intima même avec insistance au prélat l'ordre de
quitter ta ville en ajoutant que le plus tôt serait le mieux et ce
fut sur ces dernières paroles que l'évêque se retira après avoir toutefois reçu du général la promesse que tout ce qu'il laisserait dans
son palais serait placé sous la sauvegarde de la Nation française.
Il n'y avait pas à tergiverser, l'ordre était formel et pressant, il
fallait partir. L'évêque prit ses dernières dispositious et délégua,
au curé de la cathédrale, le chanoine Honoré Navello, tous les
pouvoirs nécessaires pour administrer le diocèse en son absence.
Aux premières lueurs du jour, Valperga quitta son palais, et se

�— 36 dirigea à pied vers la porte Pairolière. Il avait été impossible de
trouver une voiture car tous les moyens de transport avaient été
réquisitionnés et utilisés le 28 septembre pour permettre l'exode
des habitants terrorisés. Il avait ordre de partir, mais cet ordre
n'ayant pas été donné par écrit, les volontaires marseillais, de garde
à la porte de Turin, refusèrent de le laisser passer, l'accablèrent
d'injures, le menacèrent même de le pendre et ne consentirent á
le lâcher que sur un ordre écrit, sollicité et obtenu du général,
grâce à l'intervention courageuse et au sang-froid d'un jeune
niçois, Joseph Castellinard. Monseigneur Valperga se retira à
Turin et y mourut en 1805 sans avoir jamais pu obtenir l'autorisation de rentrer.
*

* *

Il est établi par les documents officiels contemporains que
Monseigneur Valperga ne quitta son siège que sur les ordres arbitraires du général d'Anselme et ces mêmes documents nous
renseignent très exactement sur les incidents fâcheux qui se produisirent au départ de l'évêque. Du reste, on n'ignorait pas à Nice
comment les choses s'étaient passées et la population savait grê à
Valperga de son attitude et de sa fermeté. De son côté, Valperga
avait eu confiance dans la parole à lui donnée par le général au
nom de la Nation française et à plusieurs reprises il manifesta
son étonnement qu'elle n'ait pas été gardée, que ses biens aient
été confisqués, son mobilier vendu, son nom inscrit sur la liste
des émigrés alors qu'en partant il n'avait cédé qu'à la force.
Parmi les nombreux documents qui se trouvent soit aux archives de Nice, soit aux archives nationales il en est quelques-uns
dont la simple reproduction sera plus probante que tous les corn,
mentaires. Il_suffira de citer :
•i° La lettre du Directoire des Colons Marseillais en date du
25 février 1793, adressée aux citoyens Blanqui et Veillon, députés
extraordinaires de la ville de Nice à Paris, au sujet des réclamations présentées le 23 du même mois par Jean-Jacques Donny, au
nom de Mgr Valperga.
20 La réponse du même Directoire à J.-J. Donny, en date du
26 février 1793.
3„ L'arrêté du Département en date du 13 avril 1793.
40 La réclamation présentée au Directoire du département

�Valperga, aussitôt après son inscription sur la liste des émigrés de
la ville de Nice, dressée à la fin de juin 1793.
50 Les états de frais pour l'inventaire et la vente du mobilier
et effets de « l'émigré Valperga Maillone, citoyen évêque » approuvés par le département des Alpes-Maritimes, le 5 germinal an
III (25 mars 1795).
6° Les actes de notoriété dressés le Ier et 2me fructidor an III
(18 et 19 août 1795) par Gautier, juge de paix à Nice, à la requête de Pierre-Joseph Passeron, agissant en qualité de procureur
subrogé par Nicolas Giorni, procureur spécial et général de Mgr
Valperga, par acte de procuration reçu à Turin le 20 juillet 1795,
notaire Pierre-Joseph Bernochio.
70 La pétition adressée au district de Nice le 4 fructidor an III
(21 août 1795) par Pierre-Joseph Passeron, demandant la radiation du nom de Valperga sur la liste des émigrés.
8° L'avis du district de Nice en date du 5 vendémiaire an IV
(27 septembre 1795) déclarant que Mgr Valperga doit être rayé
de la liste des émigrés.
90 L'arrêté du département des Alpes-Maritimes, en date du
14 prairial an V (2 juin 1797) ordonnant la radiation provisoire
du nom de Valperga de la liste des émigrés.
io° L'acte de cautionnement dressé par le département le
11 fructidor an V (28 août 1797), à la requête de Pierre-Joseph
Passeron, procureur de Mgr Valperga en exécution d'une des
clauses de l'arrêté du 14 prairial an V (2 juin 1797).

�- 38 —

DOCUMENTS ET PIÈCES D'ARCHIVES

Pièce 1.

25 février 1793
Aux cit. Blanqui et Veillon
Une lettre du cit. Donny, associé du citoyen LeClerc, défunt président de l'ancienne administration
provisoire, dont vous avez ci-inclus l'extrait ( 1 ), nous
fait connaître que le cit. Valperga, évêque de Nice,
laissa avant son départ (ordonné à son retour par
Anselme) dans sa maison pour environ 34.000 livres,
argent monnayé, et environ pour 17.000 d'effets en
vaisselle, linge, batterie de cuisine etc.
Une portion de ces effets se trouvent encore dans
ladite maison, sous l'inventaire que nous en avons
fait dresser par les commissaires de l'une et l'autre
administration, lorsque nous avons été installés, mais
il s'en faut de beaucoup qu'elle puisse arriver à la
somme de 17.000 livres, pas même le tiers.
Quant à l'argent monnayé entré dans la caisse du
receveur de l'ancienne administration, nous n'y
voyons point la somme que ledit Evêque désigne
avoir laissé dans sa maison. Nous vous remettons cijoint un extrait de l'état des sommes' que le cit.
Bonnet a reçu en espèces, pendant toute sa gestion
de receveur et trouvées parmi les effets des émigrés
français et niçois.
Nous ne voulons rien préjuger sur l'assertion du
cit. Valperga, quoique nous ayons des indices frappants de vérité. Ce ne sera que lorsque nous aurons
pu les convertir en preuves par le témoignage de
quelques citoyens que nous nous procurerons, pour
pouvoir en demander la restitution et la poursuite
contre le pillage.
En attendant, noùs croyons devoir vous faire part
de cette découverte que nous allons communiquer au
Président de la Convention Nationale et au Ministre.
Arch. des A. M. Registre de la correspondance du
Directoire des Colons marseillais L. 5.
Cet extrait manque au registre ainsi que les autres pièces
énoncées dans celte lettre.

�-hLe 2érae février 1793.
Au citoyen Donny, négociant à Nice
Pièce 2.

Votre lettre du 23me de ce mois, citoyen, nous
demande des renseignements sur le temporel du
citoyen Valperga, Evêque de Nice. Nous allons vous
transmettre tous ceux qui sont à notre connaissance
L'administration provisoire en choisissant l'Evêché
pour le lieu de ses séances, vint s'y établir dans les
premiers jours d'octobre, et tout nous porte à croire
qu'elle ne fit aucun inventaire des effets qui s'y trouvaient, du moins nous n'en avons trouvé aucun dans
les papiers qu'elle nous a remis.
En succédant à cette administration provisoire,
uous avons cru que notre premier devoir était de faire
un inventaire de tout le mobilier renfermé dans la maison épiscopale. Nous y avons successivement procédé
en présence des administrateurs provisoires et à mesure qu'ils nous en remettaient les clefs. Tout le mobilier qui s'y trouvait, ne consistait guère qu'en
meubles meublants et ne nous paraît pas avoir la
valeur de 17 mille livres que l'Evêque lui donne.
Vous pourrez, si vous le jugez à propos, faire prendre
à notre secrétariat une copie de cet inventaire. Tout
ce. qui n'est point renfermé dans les appartements
que nous occupons au premier étage, a été laissé à la
garde de Jean Poma, ancien concierge de l'Evêque et
le nôtre.
Pour nous éclairer sur les 34.000 1. argent monnayé que l'Evêque doit avoir laissé en sa maison,
nous avons écrit au cit. Bonnet, receveur de l'administration provisoire, pour lui demander un état des
sommes en numéraires versées dans sa caisse, comme
ayant été saisies et trouvées parmi les effets des Emigrés français et niçois. L'état qu'il nous a remis ne
monte qu'à 74121. 16 s, et aucun article n'a du rapport
avec les réclamations du citoyen Valperga.
Quant à ce qui concerne personnellement le
citoyen, nous avons demandé au Ministre de l'Intérieur de vouloir bien nous dire la manière dont nous
devions l'envisager. Nous savons qu'un ordre arbi-

�— 40 —
traire de Danselme l'obligea de quitter Nice, le jour
de l'entrée des Français. Mais nous pensons aussi que
la proclamation des Commissaires de la Convention
nationale de France et le décret de celle de Nice,
concernant les Emigrés, étaient des motifs suffisants
pour le ramener à son poste et le rassurer sur les
suites de son retour. En persistant à prolonger son
absence, il s'expose à être traité comme émigré, à se
voir déclarer déchu de sa place et confisquer tous ses
biens. Telle est la disposition de la loi, et quoique
nous ayons consulté le ministre sur le cas particulier
de l'Evêque, nous prévoyons que sa réponse sera de
nous en tenir à la rigueur des lois, ainsi que plusieurs
instructions nous l'ont déjà annoncé.
Vous sentez, citoyens, que tout le mobilier de
l'Evêque doit rester séquestré jusqu'à son retour ou à
la décision du Ministre. Il peut être tranquille sur la
conservation de tout ce que nous avons trouvé en
entrant dans sa maison. Ce qui a pu en être enlevé
avant notre entrée en fonctions, est étranger à notre
gestion. Mais nous employerons tous les moyens qui
sont en notre pouvoir pour en trouver les traces, en
acquérir les preuves et en faire punir les coupables.
Les administrateurs, etc.
Archives des A.-M., Registre
suivants.

,L. 5,/°7i verso et

Lettre des commissaires de la Convention
Nationale et arrêté du Département des A. M.
Nice, le 9 Avril 1793, l'an 1 Ie de la Repu bublique Française.
« Vous voudrez bien, citoyens, en nous envoyant
les noms et prénoms de l'évêque de Nice, nous instruire officiellement d'après les "dispositions des lois,
s'il est censé démissionnaire et son siège vacant.
« Les Commissaires de la Convention Nationale
au département des A. M.
GRÉGOIRE, JAGOT (I)

(1)

Archives des A. M. L. 29 ancien. L

7

actuel.

�— 4i (i3 avril 1793)
Le Directoire ; vu la réquisition du citoyen Procureur Général sindic « Considérant que Charles Eugène Valperga, évêque de Nice, n'avait point quitté
son domicile lors de l'entrée des troupes de la République ; considérant qu'il a lui méme-accompagné les
consuls d'alors quand ils furent présenter les clefs
de la ville et inviter le général Anselme à venir en
prendre possession au nom de la République ; considérant que le général Anselme par ses ordres arbitraires et tiranniques, accompagnés même de menaces contre ses jours, l'ont forcé de s'éloigner ; arrête
qu'il ne peut le déclarer émigré, et qu'il sera répondu
aux Commissaires de la Convention nationale d'après
les principes ci-dessus.. »
Sign : PAUMÉ ; BARLI FABRI ; F. CASTKLIMARD ;
ANGLES ; BERNARDI, secrétaire général. (1)
pjj

ce

^

Aux citoyens composant le Directoire du
département des Alpes-Maritimes..
22 juillet 1793.
Citoyens,
Le citoyen Jean-Jacques Donny, soussigné, chargé
des intérêts du citoyen Valperga, évêque de Nice
absent, ayant été informé que par votre délibération
du 29 du mois passé, ledit citoyen Valperga avait été
déclaré émigré, vous représente avec tous les égards

(1) Archives des Alpes-Maritimes, Registre L,. 3, folio 101. L'Arrêté n'est pas signé par le procureur syndic Jean-François Tourre
ni par l'administrateur Jean-L,ouis de Villiers qui ne partageaient
point l'opinion de leurs collègues. A noter que Tourre était d'Antibes
et que de Viliers était un médecin français établi depuis longtemps
à Nice.
I/Arrêté fut pris malgré le réquisitoire de Tourre qui voulait
déclarer Monseigneur Valperga émigré et malgré un violent discours de Villiers soutenant la même thèse qui fut combattue par
Barli Fabri, par Castclinard et par Anglès. J'ai déjà publié in-extenso
cette délibération du 13 avril T793 au cours d'un article sur l'église
de Nice en 1792-1793 inséré dans Nice Historique du Ier avril 1903,
C'est pourquoi je reproduis ici simplement la lettre des
commissaires et l'arrêté du département.

�- 42 —
dûs au pouvoir dont l'exercice vous a été confié par
le peuple souverain que le citoyen Valperga ne peut
ni ne doit sous aucun rapport être considéré comme
émigré, par les motifs ci-après :
i° Qu'il est de notoriété publique qu'il n'a quitté
le pays que contre son gré et par ordre du général
Anselme :
2° Qu'il a constamment été disposé et a offert
de revenir dans son diocèse, moyennant qu'il ne fut
assujetti à prêter qu'un serment relatif au temporel et
non au spirituel.
3° Qu'enfin et par la raison que n'étant point
indigène, mais étranger, son séjour ici n'a été dé terminé que par sa nomination à l'épiscopat, événement casuel qui n'a jamais pu le soumettre à l'obligation de renoncer pour toujours à sa mère-patrie.
Tous ces motifs, soit qu'on les prenne collectivement ou séparément, démontrent suffisamment,
citoyens administrateurs, le droit incontestable, qu'a
le citoyen Valperga de demander et prétendre la
radiation de son nom du tableau des émigrés, et si
le ministre de l'Intérieur n'a fait aucune distinction
entre lui et les autres citoyens, c'est sans doute qu'il
a ignoré les circonstances qui vous sont exposées
ci-dessus, et notamment la dernière, car s'il les eût
toutes connues, il n'est nullement probable qu'il eût
décidé comme il l'a fait. Toute hypothèse contraire
serait une injure faite à ses sentiments et à ses lumières. Un homme tel que lui, dont les vertus civiques, le patriotisme et les talents l'ont appelé au
poste aussi honorable que pénible qu'il occupe, doit
ressembler autant que possible à la Nation pour
laquelle il agit et qui l'a honoré de sa confiance.
Cette nation est grande, généreuse, magnanime,
juste et bienfaisante.Elle ne peut qu'êtreextrêmement
jalouse de sa gloire, et l'un des principaux devoirs de
ses agents est d'éviter soigneusement d'en ternir
l'éclat.
Le refus qui serait fait de rayer de la liste des
Emigrés le nom du citoyen Valperga, refus qui entraînerait avec lui la confiscation des minces propriétés de ce citoyen, serait un acte qui imprimerait à

�-

43

-

jamais une tache ineffaçable à la gloire du nom français ; tache qui ne pourra manquer de frapper également les yeux des contemporains et ceux de la postérité ; tache enfin que les historiens ne manqueront
pas de faire ressortir par des couleurs enluminées, et
le bel effet qu'un pareil tableau produirait, citoyens
administrateurs, serait votre ouvrage.
Mais non, loin de nous, cette idée ! Vous êtes
républicains ! cela suffit. Les républicains sont vertueux. Ils aiment, chérissent, protègent, respectent
la vertu partout où elle se trouve. Et le citoyen Valperga aussi est un homme vertueux ! Qui en doute ?
Nul bon citoyen, nul honnête homme. Souvenezvous, citoyens administrateurs, que ce n'est que par
ses vertus qu'il a mérité l'amour et l'affection du
peuple Niçois et non par sa qualité d'évêque. Et plût
à Dieu que tous les ecclésiastiques lui eussent ressemblé ! La France n'eut point éprouvé d'aussi horribles secousses, pour asseoir, affermir et assurer sa
liberté.
La République a incontestablement le droit de
renvoyer hors de son sein tout individu qui ne lui
convient pas, mais en renvoyant ainsi un étranger
qui, d'ailleurs, n'a pas encouru la peine de la confiscation de ses biens, elle lui permet de les emporter ou
de les vendre et d'en emporter le produit. Tel est
précisément le cas du citoyen Valperga.
L'exposant demande en conséquence, citoyens
administrateurs, qu'il vous plaise prendre dans votre
sagesse une délibération tendante à rendre audit
citoyen Valperga sa qualité de citoyen français non
émigré, à lui accorder un délai compétent pour rentrer dans ce pays soit comme simple citoyen ou
comme fonctionnaire public et à lui assurer dans
tous les cas la restitution de ses propriétés par lui
laissées sous la sauvegarde de la loyauté française
dans la maison épiscopale, lors de sa retraite forcée,
ou la juste indemnité de leur valeur. Et sera justice.
Nice, le 22 juillet 1793, l'an second de la République française, une et indivisible.
Jean-Jacques DONNY.
l
ARCHIVES NATIONALESF/ 4.867 , dossier Valperga.

�- 44 Pièce 5.

Etat de frais de vente pour parvenir à l'inventaire
et vente des effets de l'émigré Valperga Maillone,
citoyen évêque :
5 germinal an III (25 mars 1795)
Pour une séance de trois commissaires dont un du
District et deux de la Commission municipale, fixée
à trois livres par séance par le Directoire du district
et approuvé par les Représentants du
Peuple
L.
9 »
Papier timbré tant de la minute que
des deux extraits
»12
Pour la copie desdits deux extraits . .
» 8
Droits d'enregistrement
13 10
31

2

Nous soussignés certifions le compte ci dessus véritable.
Signés : J.-B. Thomaty, comm. du dist. ; Savigny,
comm. munie. ; Mabil, comm. municip.
Frais de la vente :
Pour quatre séances de deux corn missaires dont un
du District, un de la Commis, mun. sans le membre
de l'administration fixées à trois livres par séance par
le Directoire du district et approuvé par les Représentants du Peuple .
L.
24 »
Au trompette pour publication de
quatre criées
5 »
Au crieur à la vente, quatre séances .
12 »
Aux portefaix qui ont travaillé au
transport des effets
40 »
Papier timbré tant de la minute que
de l'extrait
1 »
Bougie
3 »
Droits d'enregistrement
27 »
Papier timbré du petit état
» 4
A la femme qui a assisté à la vente
pour l'arrangement du linge
» 12
L.
Signés : J.-B. Thomaty, comm. du
district ; Savigny, comm. municip.

1

159 6

�Vu par nous, membres composant la Commission
Administrative du district et d'après l'arrêté du district, approuvé par les Représentants du Peuple et la
loi du il et 12 Mars, arrête l'état des frais ci-dessus
se montant à la somme de cent cinquante neuf livres
trente centimes, qui seront acquittés par le receveur
du droit d'Enregistrement lorsque le Département
aura vérifié ledit état.
Nice, le 29 ventôse an 3"" de la République française une et indivisible (19 mars 1795).
(Suivent les signatures).
Vu l'état des frais ci-dessus pour parvenir à l'inventaire et vente du mobilier de l'émigré Valperga
Maillone ci-devant évêque.
Vérifié et arrêté par le Directoire du district de
Nice, la Commission Administrative du département
des Alpes-Maritimes approuve ledit état et ordonne
au citoyen Maussier, receveur de l'enregistrement
cîudit district de payer aux citoyens J. B. Thomaty
et Savigny, comm. la somme de 159 livres et 30
centimes pour montant des frais pour inventaire et
vente des susdits effets de l'émigré, laquelle somme
lui sera allouée en compte.
Fait à Nice le 5 germinal an 3me républicain ( 25
mars 1795).
Etat des frais pour parvenir d la vente du mobilier de
l'émigré Charles Eugène Valperga Maillone, citoyen
évêque.
Pour trente-neuf séances de trois commissaires
dont un du District et deux de la Commission municipale, fixé à trois livres par séance par le Directoire
du district et approuvé par les Représentants du
peuple
L.
351 »
A deux portefaix, dix-neuf journées et
demi chaque fixées à cinq livres par jour.
195 »
Au trompette pour publication de
trente-neuf criées fixées à une livre cinq
sols chaque
48 r 5
Au crieur à la vente, trente-neuf séan
ces fixées á trois-livres par séance ....
117 »

711 1$

�- 4* Report
Papier timbré tant de la minute que
de l'expédition
Pour copie dudit extrait fixé à quatre
livres
Papier timbré du présent état ....
Bougie
Droit d'enregistrement
Plus deux autres journées de portefaix à cinq livres
Un paquet de plume
L.

148
4
6
421

»
4
»
»

20
5

»
»

1.182

7

Nous soussignés certifions le compte ci-dessus,
véritable.
Nice, le Ier ventôse an 3me de la République (19
février 1795).
Signés : J.-B. Thomaty, commissaire du district ;
Savigny, comm. ; Honoré Mabil, comm. municipal.
Vu par nous, membres composant la Commission Administrative, de ce District, et d'après la loi
du 11 et 12 Mars 1793 (v. s.) et l'arrêté de cette
Commission approuvé par les Représentants en date
1^ Fructidor, oui l'agent national, arrête l'état des
frais se montant à onze cent huitante deux livres et
trente cinq centimes qui seront acquittés par le
receveur de l'agence de l'enregistrement sur le produit de la vente desdits meubles, lorsque le Département aura vérifié ledit état.
Nice le 29 ventôse an 3me de la République
française une et indivisible (19 mars 1795).
(Suivent les signatures).
Vu l'état des frais ci-dessus pour parvenir à la
vente du mobilier de l'Emigré Valperga Maillone cydevant évêque.
Vérifié et arrêté par le Directoire du district de
Nice.
La Commission administrative du département
des Alpes-Maritimes, approuve ledit état et ordonne

�— if au citoyen Maussier, receveur de Penregistrement
dudit district de payer aux citoyens J.-B. Thomati,
Savigni et Honoré Mabil, commissaires, la somme de
mille cent quatre vingt deux livres trente cinq centimes pour montant des frais de la vente des susdits
effets de l'Emigré. Laquelle somme lui sera allouée
en compte.
Fait â Nice le 5 germinal an 3me républicain (25
mars 1795).
Arch. des A. M. L. 15 ancien p. 44-45 N° 34-35

Actes de Notoriété
Pièçe g

1-2-fructidor an III
18-19 août 1795
EGALITÉ, LIBERTÉ

AU NOM DE LA LOI
Ce jourd'hui, premier Fructidor, l'an troisième
(18 août 1795 de la République française, une et indivisible, à Nice, chef-lieu du département des AlpesMaritimes, par devant Nous, Antoine Gautier Juge de
paix de la Ier, 2m" et 3me section et officier de police,
est comparu le citoyen Pierre Joseph Passeron, natit
tic la commune de Contes et habitant en celle de Nice
depuis plusieurs années.
Lequel en sa qualité de procureur du citoyen
Charles Eugène Valperga de Maillone, évêque de Nice,
subrogé par le citoyen Nicolo Giorni, homme de loi,
procureur spécial et général établi (par acte reçu) par
le notaire Pierre Joseph de Bernochio, le 20 Juillet
dernier (v. s.) qu'il présente, légalisé par le résidant
de la République de Gênes auprès de la Cour de Turin, dont il résulte le pouvoir donné au citoyen Giorni, de subroger en son lieu et place, avec tous les
pouvoirs compris au dit acte, et il présente au surplus l'acte de sa dite subrogation faite par le même
citoyen Giorni, reçu en la ville de Gênes le premier

�- 48 du mois d'août dernier (v. s.) par le notaire Antoine
Baglietto, légalisée par le consul de la République
française.
Il expose que le vingt neuvième jour de septembre
de l'année 1792, l'armée de la République, étant arrivée en cette ville, commandée en chef par le citoyen
général d'Anselme, lorsque ce général, vers le soir,
fut arrivé et il eut pris son logement dans la maison
habitée par le ci-devant consul de la République Le
Seurre, ledit citoyen Evêque Charles Eugène Valperga de Maillone s'y étant présenté, ledit général d'Anselme, en présence de tout son Etat-Major, lui signifia
d'abord de devoir partir de cette ville. Sur quoi le
dit évêque ayant répondu qu'il avait cru de pouvoir
continuer sa résidence en cette ville et tellement l'avait cru, qu'il n'avait jamais pensé de distraire et en
faire partir le moindre de ses meubles et effets, qu'il
avait dans la maison d'habitation de l'tvêque et que
si absolument il lui ordonnait de partir, il le priait de
lui accorder la sauvegarde sur tous lesdits effets et
meubles. Le dit général d'Anselme lui répliqua qu'il
dut absolument partir de cette ville, en ajoutant que
le plus tôt en serait le mieux, et qu'à l'égard de ses
meubles et effets qu'il avait, il les mettait dès ce ino
ment sous la sauvegarde et loyauté de la Nation française et qu'il pouvait en être tranquille, après quoi ledit
évêque Valperga de Maillone, tout tremblant, ayant
dit qu'il allait se conformer dès le lendemain au matin à ses ordres, se retira ; ledit général d'Anselme
lui ayant encore répliqué : le plus tôt sera le mieux.
Et comme il importe audit citoyen évêque Valperga de Maillone de constater le fait ci-dessus expo"sé, suivi en présence de tout l'Etat-Major dudit général d'Anselme et de plusieurs citoyens de cette commune, l'exposant, en sa dite qualité vous présente les
citoyens Pierre Le Seurre, ci-dessus nommé, ci-devant
consul en cette ville de la République, le citoyen Honoré Saissi de cette commune qui pour lors était second consul de la même commune, le citoyen Philippe Emmanuel Féraudi qui pour lors était secrétaire de
Ìa même commune et le citoyen Ange Giraudi aussi

�- 49 de cette commune, pour recevoir leurs dépositions
sur ledit exposé et vous fait instance que de tout lui
soit concédé acte, ce que nous lui avons accordé, et a
signé.
PIERRE JOSEPH PASSERON.

Et de suite se sont présenté les susnommés
citoyen Le Seurre, natif de Craon, âgé de 75
ans, bourgeois, le citoyen Saissi, âgé de 70 ans,
négociant, Emmanuel Feraudi, âgé de 68 ans, notaire, Ange Giraudi, âgé de 63 ans, négociant,
natifs et domiciliés dans cette commune, auxquels
après avoir fait lecture dudit exposé fait par ledit citoyen Pierre Joseph Passeron, en sa dite qualité, les
avons interpellés sur serment que leur avons fait prêter, conformément à la loi, de nous dire en leur âme
et conscience si tous les faits énoncés dans le même
exposé sont de leur connaissance et tous les quatre ont
répondu et attesté tant uniment que séparément en
être pleinement informés, s'y étant trouvés présents,
et que le tout contient la vérité, toute la vérité et
rien que la vérité. En foi de quoi ils ont signé :
LE SEURRE, HOSORI'J
SAISSI, PHILIPPE EMMANUEL FÉRAUDI,
ANGE

GIRAUDI.

Et nous, juge de paix, vu les dépositions ci-dessus, avons de tout concédé acte au susnommé citoyen
Pierre Joseph Passeron en sa dite qualité, pour lui
servir et valoir dans tous les cas, à ce que de droit et
de raison. Fait à Nice, l'an et le jour que dessus.
GAUTIER, juge de paix.
BONIFACI, sec. greffier.
Vu par nous, membres du District de Nice, 3 vendémiaire an IV rép. 25 sep. 1795, TOSELLI, JN COPPON
fils, VÉRANI pr. syndic, SAYTOUR Martin.

�— 5o —
EGALITÉ, LIBERTÉ.

AU NOM DE LA LOI
Ce jourd'hui. second jour de Fructidor de l'an 3
août 1795) de la République française une et indivisible, à Nice, chef-lieu du département des AlpesMaritimes, par devant nous, Antoine Gautier, juge de
paix de la iere, 2M* et 3ME section et officier de police,
est comparu le citoyen Pierre Joseph Passeron : natif
de la commune de Contes et habitant en celle de Nice
depuis plusieurs années
Lequel en sa qualité de procureur du citoyen
Charles Eugène Valperga de Maillone, évêque de
Nice, subrogé par le citoyen Nicolo Giorni, homme
de loi, procureur spécial et général établi (par acte
reçu) par le notaire Pierre Joseph de Bernochio, le 20
Juillet dernier (v. s.) qu'il présente, légalisé par le résidant de la République de Gênes auprès de la Cour de
Turin, dont il résulte le pouvoir donné au citoyen
Giorni, de subroger en son lieu et place, avec tous les
pouvoirs compris audit acte, et il présente au surplus
l'acte de sa dite subrogation faite par le même citoyen
Giorni, reçu en la ville de Gênes le premier du mois
d'août dernier (v. s.) par le notaire Antoine Baglietto,
légalisée par le consul de la République française.
Expose : Primo, que le matin du trente septembre 1792, le citoyen Charles Eugène Valperga de
Maillone, évêque de Nice, en partant de cette ville
avec deux domestiques à sa suite, qui portaient un
paquet et quelques effets, fut arrêté à la porte qui conduit en Piémont, ci-devant nommée porte Victoire,
et conduit au vestibule de la maison presque attenante
à ladite porte, appartenant au citoyen Dominique
Castellinard, où se trouva le citoyen Joseph Castellinard, fils dudit Dominique, et malgré que ledit Evêque Valperga déclara aux soldats de la Garde de la
dite porte qui étaient des Marseillais, que c'était en
conséquence d'ordre qui lui avait été signifié par le
citoyen général d'Anselme qu'il partait de cette ville,
lesdits soldats commencèrent par le malmener et lui
(19

�signifier qu'ils voulaient le pendre et ayant ouvert
ledit paquet et y ayant trouvé entre autres effets, une
ceinture d'évêque, ils déterminèrent, à l'instant, de le
pendre avec ladite ceinture, et ayant essayé si la même
était assez forte pour le soutenir, en la préparant, elle
se fit en lambeaux, de façon qu'ils vérifièrent qu'elle
ne pouvait leur servir et demandèrent audit Joseph
Castellinard fils une corde, pour pendre ledit évêque,
à un grand anneau de fer qui était au plafond dudit
vestibule, servant â y passer une verge de fer pour
peser les marchandises, et ledit citoyen Castellinard
fils, leur ayant absolument refusé de leur donner de la
corde, en s'excusant qu'il n'en avait point, comme
dans tous ces entrefaits ledit évêque se trouve mal et
ne peut plus se soutenir, ledit Castellinard fils lui fit
apporter une chaise, par sa servante à qui quelques
uns de ces soldats donnèrent des coups de poing pour
avoir porté ladite chaise et le même Castellinard le
fit ensuite asseoir sur ladite chaise, en le soutenant,
parce qu'il ne pouvait se soutenir droit ; d'autant plus
qu'en attendant, lesdits soldats marseillais lui disaient mille exécrations, lui crachaient dessus et lui
donnaient des soufflets, et assurément ils l'auraient
fini, si dans cet intervalle un de ses domestiques
n'avait été dire au citoyen général d'Anselme ce qui
venait d'arriver, et ledit domestique étant venu avec
un billet dudit général d'Anselme qui ordonnait à la
garde de le laisser partir, puisque c'était de son ordre,
en conséquence de ce billet lesdits soldats marseillais
se bornèrent pour lors à lui dire et crier mille invectives et injures et le laissèrent partir, ce que ledit
évêque, malgré qu'il ne pût se remuer, à l'aide de ses
domestiques fit au mieux possible en tremblant, de
façon qu'il doit son existence au refus ferme et déterminé que ledit citoyen Castellinard fils leur fit de
leur donner une corde, sans quoi avant l'arrivée du
dit domestique portant l'Ordre du général d'Anselme, il aurait été pendu et étranglé.
Secondoque lefaitci-dessusfut d'abord public et notoire, de notoriété publique dans cette ville et encore
plui le lendemain premier octobre, puisque les autres

»

�— 52 —

soldats de la Phalange Marseillaise, arrivés sur le soir
dudit jour trente septembre, d'abord après leur arrivée
cherchèrent l'évêque qu'ils voulaient le lanterner et
mettre en pièces, comme ils s'expliquèrent hautement,
ce qui joint au fait arrivé dans ledit vestibule de la
maison Castellinard, étant devenu d'une notoriété publique donna l'épouvante à tous les gens honnêtes du
pays, qui disaient que le citoyen général d'Anselme en
ordonnant audit évêque de partir, en mettant sous la
sauvegarde de la Nation française ses meubles et ses
effets, avait voulu le sauver.
Et comme il importe audit citoyen Passeron, exposant en sa dite qualité, de constater par témoins le
fait ci-dessus exposé, il nous présente ledit citoyen
Joseph Castellinard fils de Dominique de cette commune, âgé de 21 ans, de profession, négociant, qui se
trouva présent au fait énoncé dans le Ier article de l'exposé ci-dessus, et au surplus informé de la notoriété
des faits énoncés au second et dernier chef, de ladite
exposition et il nous présente les citoyens Jean-Jacques Donny, natif de Neufchâtel en Suisse, âgé de 39
ans, de profession, négociant ; Joseph Poullan, natif
de Clavesana, en Piémont, âge de 48 ans, négociant ;
Jacques Gerbin, âgé de 60 ans, tailleur, Jean-Marie
Thaon, âgé de 56 ans, négociant, natifs et tous domiciliés en cette commune pour déposer sur ladite
notoriété énoncée dans ledit second fait exposé, pour
recevoir leurs dépositions, et nous fait instance que de
tout lui soit concédé acte, ce que nous lui avons accordé et a signé.
Pierre-Joseph PASSERON .
Et de suite se sont présentés les susnommés citoyens Joseph Castellinard, Jean-Jacques Donny, Joseph Poullan, Jacques Gerbin, et Jean-Marie Thaon,
ci-dessus qualifiés, auxquels après avoir fait lecture
dudit exposé fait par ledit citoyen Passeron, en sa
dite quálité, les avons interpellés sur serment, que
leur avons fait prêter, conformément à la loi, de nous
dire en leur âme et conscience, si tous les faits énoncés dans le même exposé sont de leur connaissance,

�- 53 et ledit citoyen Joseph Castellinard a répondu et
attesté en être pleinement informé pour avoir été
présent au fait exposé dans le i" article de ladite exposition, et pour avoir publiquement entendu dire les
faits énoncés dans le second chef qui était en cette
ville notoire de notoriété publique et lesdits citoyens
Jean-Jacques Donny, Joseph Poullan, Jacques Gerbin,
Jean-Marie Thaon, ont répondu et attesté tant uniment que séparément être pleinement informés de
l'énoncé dans le second chef de ladite exposition,
puisque les faits y énoncés étaient notoires, de notoriété publique en cette ville, et tous lesdits citoyens
ont respectivement attesté pour ce qui les concerne
que tout contient la vérité, toute la vérité et rien que
la vérité. En foi de quoi ils ont signé : Joseph Castellinard fils,Jean-Jacques Donny, Joseph Poullan, Jacques
Gerbin, Jean-Marie Thaon.
Et nous, Juge de paix, vu les dépositions ci-dessus,
avons de tout concédé acte au susnommé Pierre Joseph Passeron en sa dite qualité pour lui servir et valoir dans tous les cas, à ce que de droit et de raison.
Fait à Nice l'an et jour que dessus.
GAUTIER,
BONIFACI,

juge de paix.
sec. gref.

Vu par nous, membres Du district de Nice, le 3
vendémiaire anIV rep. (25 sept. 1795).
Jn. COPPON fils, VÉRANi, pr. syndic, TOSELLI, Saytour
MARTIN.

Arch. Nat. F

7

4867 *

�54 -

PÉTITION au DISTRICT de NICE
et AVIS de ce DISTRICT
ÉGALITÉ,

LIBERTÉ

5 vendémiaire
27 septembre 1795 an IV
AUX

CITOYENS ADMINISTRATEURS
DU DISTRICT DE NICE

Le citoyen Pierre Joseph Passeron, natif de la
commune de Contes, habitant en celle de Nice depuis plusieurs années.
Vous expose en qualité de procureur du citoyen
Charles-Eugène Valperga de Maillone, évêque de
Nice, subrogé par le citoyen Nicolo Giorni, homme
de loi, son procureur spécial et général fondé par acte
reçu dans la ville de Turin par le notaire PierreJoseph de Bernochio, le 20 juillet dernier (v. s) légalisée par le résident de la République de Gênes, près
la Cour de Turin, duquel il résulte le pouvoir donné
audit citoyen Giorni de subroger en son lieu et place
avec tous les pouvoirs compris dans le même acte,
qui se trouve copié mot pour mot dans celui de la
subrogation faite par le même citoyen Giorni, reçu
en la ville de Gênes le Ier du mois d'août dernier
(v. s* par le notaire Antoine Baglietto, légalisée par
le consul de la République française, le 13 Thermidor dernier (3 1 Juillet 1795), qu'il vous exhibe qu'étant arrivé dans cette ville le vingt-neuvième jour
du mois de septembre de l'année 1792, l'armée de la
République française, commandée par le citoyen général en chef d'Anselme lorsque celui-ci y fut arrivé
le soir et eut pris son logement dans la maison d'habitation du citoyen ci-devant consul de la République
Le Seurre, ledit évêque Charles-Eugène Valperga de
Maillone, s'étant présenté, le même général d'Anselme
lui signifia d'abord en présence de son Etat-Major de
partir de cette ville, sur quoi ledit évêque lui répondit qu'il avait cru pouvoir continuer sa demeure dans
cette ville et qu'à cet effet il n'avait jamais pensé de

Pièces 7 et 8

�- 55 distraire, ni faire partir le moindre de ses meubles et
effets qu'il avait dans la maison d'habitation de
l'évêque, que si absolument il lui ordonnait de partir,
il le priait de lui accorder la sauvegarde pour tous ses
dits effets et meubles, ledit général d'Anselme lui
répliqua : Le plus tôt sera le mieux, ce qui tout est
constaté par les attestations ci-jointes du premier et
second jour de fructidor dernier qu'il vous présente
également.
Qu'il résulte aussi par lesdites attestations, que
ledit évêque Valperga de Maillone fut forcé par ledit
général d'Anselme de partir de cette ville que tous
ses meubles et effets fussent mis sous la sauvegarde de
la Nation française et qu'étant parti le lendemain 30
dit septembre, il risqu'à d'être pendu ef étranglé paties soldats de la Phalange Marseillaise qui se trouvaient de garde à la porte ci-devant dite Victoire, ce
que tout fut d'abord notoire et de notoriété publique
dans cette ville.
Vous observe que ledit évêque Valperga est natif
du Piémont où il se retira et que s'il a résidé dans
cette ville, ce n'a été que pour raison de son ministère, que tout cela nonobstant il a été porté sur la liste
des émigrés, a été vendu la plus grande partie de ses
meubles et effets, et cela même nonobstant la préalable réclamation que le citoyen Jean-Jacques Donni,
chargé des intérêts dudit évêque avait fait à l'ancien
département par sa pétition du 22 juillet 1793 (v. s)
qui existe dans les Archives de ce district, résultant
ainsi que tout cela a été fait et opéré contre le droit des
gens et la sauvegarde de la loyauté française qui fut
promis audit évêque.
En conséquence, l'exposant demande en sa dite
qualité de procureur dudit citoyen évêque CharlesEugène Valperga de Maillone la radiation de son
nom de la liste des émigrés, la levée des scellés, la
restitution de ses propriétés et l'indemnité de celles
qui ont été distraites et vendues au nom de la Nation,
et sera justice.
(21 août 1795).

�- 56 Nice le 4me jour de Fructidor de l'an 3me de la
République française une et indivisible.
Signé : Pierre-Joseph PASSERON.
Vu la pétition ci-dessus du citoyen Pierre-Joseph
Passeron présentée au nom et comme procureur subs
titué du ci-devant évêque de Nice, Charles-Eugène
Valperga tendante à obtenir la radiation de son nom
de la liste des émigrés, la levée du séquestre et remission de ses effets restant ainsi que l'indemnité de
ceux qui ont été distraits ou vendus.
Vu une première pétition présentée à l'ancienne
administration du département par le citoyen JeanJacques Donni, au nom du citoyen Valperga en date
du 22 juillet 1793 tendante aux mêmes fins.
Vu la procuration en date du premier août 1793
(V. s.) faite à Gênes, par devant le notaire public Antoine Baglietti, légalisée par le Consul de la République française y résidant, ainsi que l'acte de procuration y inséré, en date du 20 Juillet 1795.
Vu l'attestation de quatre témoins faite avec serment par devant le juge de paix de la 1", 2"", 3me section de cette commune, en date du 1" Fructidor dernier '18 août 1795).
Vu autre attestation de cinq témoins faite par
devant le susdit Juge de paix, le 2 dit fructidor, aussi
sous serment.
Considérant que par la première des 2 attestations il est pleinement prouvé que le vingt-neuvième
septembre 1792, aussitôt après l'entrée de l'armée
française dans cette commune, le sus-nommé évêque
Valperga s'étant présenté au général d'Anselme qui
la commandait en chef, celui- ci lui ordonna d'abord
en présence desdits témoins et de tout l'Etat-Major.
u'il n'avait qu'à partir de la ville, et malgré que le
it évêque lui observa qu'il avait cru de pouvoir y
rester tranquillement et qu'à cet effet il n'avait fait
partir aucun de ses effets et meubles, le général lui
répliqua de partir absolument de la ville, en ajoutant
que le plus tôt serait le mieux, l'ayant assuré qu'à

a

�-5;l'égard de ses meubles et effets de sa maison, il les
mettait dès ce moment sous la sauvegarde et loyauté
de la Nation française et qu'il pouvait en être tranquille.
Considérant qu'il résulte par lesdites attestations,
et il est prouvé que l'évêque Valperga, d'après les
ordres précis et réitérés du général d'Anselme, partit
le lendemain 30 septembre de cette ville.
Considérant que par la susdite attestation du deux
Fructidor il résulte que l'évêque Valperga, au moment de son départ de cette commune, ayant été arrêté à la porte qui conduit au Piémont, par les soldats
qui y étaient de garde, lesquels tentèrent de le pendre,
il évita la mort par les soins du citoyen Joseph Castellinard, un des déposants, et il ne fut laissé libre que
d'après un billet du général d'Anselme, qui ordonnait à ladite garde de le laisser partir, puisqu'il s'en
allait de son ordre
Considérant que tous ces faits sont devenus de notoriété publique dans cette commune, dès le même
jour 30 septembre et Ier octobre suivant, ainsi que
quatre témoins l'ont attesté.
Considérant que le citoyen Valperga ne s'est absenté de cette commune et ci-devant Comté de Nice
que d'après les ordres du général d'Anselme auquel il
témoigna son regret.
Considérant que le départ du citoyen Valperga
ayant été forcé il ne peut pas être qualifié d'émigration.
Considérant que son intention de rester dans cette
commune est d'autant plus constatée, que le citoyen
Valperga a été le seul fonctionnaire public, il soit
resté à son poste, n'ayant soustrait aucun des meubles
et effets de sa maison, lesquels ont été ensuite distraits
et vendus par la Nation.
Considérant que le citoyen Valperga ne peut être
non plus considéré comme réfractaire aux lois de la
République, tandis qu'à l'époque de son départ de cette
commune, aucune loi de la République, surtout à
l'égard des ecclésiastiques, n'y avait été encore publiée
à laquelle eut pu contrevenir.

�— 58 —
Considérant que le citoyen Valperga ne pouvant
être considéré ni comme émigré, ni comme réfractaire, ne pouvait être privé de ses propriétés laissées
dans cette commune lors de son départ, sous la sauvegarde de la loi et de la Nation française qui lui fut
accordée par le général d'Anselme, et qui étant digne
de la loyauté de cette Nation, ne pouvait être violée
sans blesser le droit des gens.
Considérant au surplus, que le citoyen Valperga,
originaire piémontais, ne faisait sa résidence à Nice,
qu'à raison de son épiscopat, ce qui ne donne qu'une
résidence easuelle, et que sous tous les rapports, il
n'a cessé d'être étranger à l'égard du pays de Nice et
de la France.
Considérant que l'article 6, section deux, N° 2 de
la Loi du 25 Brumaire (15 novembre 1794) en déclarant émigrés les citoyens domiciliés dans le cidevant comté de Nice, qui sont sortis depuis le 27
septembre 1792, n'a point porté atteinte au droit des
gens dans la personne de l'étranger, qui se trouvait
dans ce même pays, où il n'aurait pas établi son vrai
domicile.
Considérant que le citoyen Valperga, qui avait été
forcé par le gouvernement de partir de Nice, n'a dû
plus y revenir dans le terme même prescrit par les
lois aux citoyens de la ci-devant Comté de Nice,
puisqu'il ne devait point imaginer qu'il fut compris
dans l'invitation, malgré qu'il ait été porté sur la
liste des émigrés.
Considérant que ce nonobstant, lorsqu'il sut qu'il
avait été porté sur la liste des émigrés de cette commune, s'est empressé de présenter sadite pétition
du 22 Juillet 1793 dans laquelle il demanda non seulement la radiation de son nom de ladite liste, mais
encore un délai convenable pour rentrer dans cette
commune, soit comme simple citoyen, ou comme
fonctionnaire public, ainsi que la restitution de ses
propriétés par lui laissées sous la sauvegarde de la
loyauté française dans la maison êpiscopale lors de sa
retraite forcée, ou une juste indemnité de leur valeur.

�- 59 Considérant finalement que,d'après toutes les circonstances sus-ênoncèes, aucune loi concernant les
émigrés ne peut être applicable au citoyen Valperga,
et que toutes celles qui pourraient le regarder relatives au séquestre des biens appartenant aux habitants
des pays en guerre avec la République française ont
été rapportées par le décret du 14 Ventôse dernier
(4 mars 1795). •
Le Directoire du district de Nice, oui le procureur syndic, est d'avis que le citoyen Charles-Eugène
Valperga ci-devant évêque de Nice ne doit point être
considéré émigré.
Qu'il doit être rayé de la liste des émigrés, que le
séquestre apposé sur ses propriétés doit être levé, qu'il
doit être réintégré dans la possession et jouissance
d'iceux, que tous receveurs ou dépositaires doivent
lui restituer les sommes qu'ils ont perçues, résultant
du produit desdites propriétés et qu'il doit recevoir
la juste indemnité des meubles et effets qui seraient
passés au profit de la Nation.
Fait à Nice, dans la salle des séances le 5me Vendémiaire an 4me républicain (27 sept. 1795). Signé
Saytour Martin. Verani,
procureur syndic, Angles v. prés.
Touzelly. Jn Coppon fils.
Enregistré au feuil. 20 registre des prévenus
d'émigration et signé BARRAIA, commis greffier.
Certifié conforme par nous Ve président et secrétaire du district Jn COPPON Fils V,-PRÉSIDENT
BARRAIA Cis greffier.
A rch. Nat. F 7 4867

2

�— 6o —

Pièce 9.

LIBERTÉ (vignette) ÉGALITÉ
BUREAU DES
ÉMIGRÉS

Extrait des registres des délibérations et arrêtés de
l'Administration Centrale du département des Alpes Maritimes.
(2

juin 1797)

Séance du quatorze Prairial an 5mf de
la République française une et indivisible.
Sur le rapport d-e la pétition présentée par le
citoyen Pierre Joseph Passeron, procureur fondé de
Monsieur Charles Valperga, ci-devant évêque de
Nice, dans laquelle il expose que ledit Charles Valperga n'a jamais dû être atteint des lois relatives à
l'émigration, soit qu'on le considère comme parti en
suite d'une force majeure, soit en sa qualité de piémontais et demande en conséquence la radiation de
son nom de la liste des Emigrés, sa réintégration
dans la possession et jouissance de ses propriétés et
une juste indemnité, des meubles et effets qui sont
passés au profit de la République.
L'Administration Centrale du département des
Alpes-Maritimes, considérant que M. Charles Valperga, comme piémontais, n'habitant Nice que pour
cause de son emploi, n'aurait jamais dû être porté
sur la liste des émigrés du département.
Que le seul motif qui a pu déterminer le général
d'Anselme à lui ordonner de partir de la ville de
Nice, ne peut avoir été que la susdite qualité de
piémontais.
Considérant enfin, que comme sujet du roi de
Sardaigne, il est dans le cas de jouir de l'article i,r
de la loi du quatorze nivôse an troisième, (} janvier
1795), ainsi que de l'article neuf de la loi du trente
Floréal an quatrième, (19 mai 1796).
Arrête, oui le commissaire du Directoire Exécutif
que le nom de Valperga, ci-devant évêque de Nice,
qui se trouve inscrit sur la liste des émigrés, sera

�— 6i —

provisoirement rayé ; que tout séquestre qui pourrait
avoir été mis sur ses biens sera levé, qu'il sera réintégré dans la possession et jouissance de ses propriétés,
et que toutes les sommes versées dans les caisses publiques, lui seront rendues, déduction faite des frais
faits conformément aux lois.
Fait et arrêté* en séance publique le jour, mois et
an que dessus.
Signé : Donny, président Payani, fils, Scudéry,
Oberti, Hancy (et en marge Gastaud commissaire
du Directoire Exécutif).
Certifié conforme à l'original par nous président
et secrétaire de l'Administration centrale du départemeni des Alpes-Maritimes.
DONNY, président
BELMONDI, sec. chef au bureau des émigrés.
Arch. Nat. F 7 4867 2

ACTE DE CAUTIONNEMENT
Pièce 10.

11 fructidor anV (2&amp; août 1797)
LIBERTÉ ÉGALITÉ
Ce jourdTiui 11 fructidor an 5 de la République
française une et indivisible (28 août 1797) par devant nous, membres composant l'Administration
centrale du département des Alpes-Maritimes, est
comparu le citoyen Joseph Passeron, natif de Contes,
chef-lieu de canton, domicilié dans cette commune,
procureur fondé de Monsieur Charles Valperga, cidevant évêque de Nice, en vertu d'acte de procuration du 20 juillet et premier août 1795 (v. s.) lequel
en sadite qualité, dépendamment à l'arrêté de cette
administration du quatorze prairial an cinq (2 juin
1797) portant que le nom de Valperga, ci-devant
évêque de Nice, sera provisoirement rayé de la liste
des émigrés, que tout séquestre qui pourrait avoir
été mis sur ses biens sera levé, qu'il sera réintégré
dans la possession et jouissance de ses propriétés, et

�— 62 —

que toutes les sommes versées dans les caisses publiques lui seront rendues, déduction faite des frais
faits, conformément aux lois, désirant de se conformer au porté par l'article 3 de la loi du 5 Brumaire
an 3 (26 octobre 1794) qui exprime que les prévenus
d'émigration seront tenus de donner caution solvable de la valeur mobilier, et ne pourront obtenir
leurs immeubles jusqu'à ce qu'il ait été définitivement statué sur leurs réclamations par qui de droit,
toujours en sa dite qualité a présenté pour caution le
citoyen François Grosson, marchand drapier de cette
commune, lequel ici prése.it et acceptant, s'oblige
conjointement et solidairement avec ledit Valperga
et pour celui-ci ledit Joseph Passeron, et sous l'hypothèque de tous leurs frens présents et à venir, à l'entière exécution de ce qui les concerne en la susdite
loi, et à la représention des mobiliers, effets et sommes à percevoir en dépôt que besoin sera, et quant
aux mobiliers invendus et en dépôt seront soumis
d'en représenter la valeur à laquelle seront estimés
par experts, préalable rémission.
Et nous, administrateurs susdits approuvant lesdits
cautionnement et acte de soumission, à la réquisition
dudit citoyen Joseph Passeron, avons dressé le présent acte que toutes les parties ont signé avec nous,
ayant au préalable fait renoncer audit François Grosson au droit de premier convenir.
Fait à Nice les jours, mois et an que dessus.
Joseph

PASSERON,

François GROSSON,
prés., PAYANY FILS,
MARUN-SAYTOUR, sec. en chef

HANCY, DONNY,
P.

Acte original sur timbre de 20 centime*.
Arch. Nat. F

7 4867^

�— 63 -

CONCLUSION

Il était avéré pour tous, dans la ville de Nice, que Mgr
Valperga était parti contre son gré et si la première Administration départementale, installée au mois de Mai 1793,
l'avait inscrit sur la liste des émigrés de Nice, c'était à la
suite d'une réponse faite par le ministre de l'Intérieur, Garât,
aux questions à lui posées par le Directoire des Colons Marseillais sur la conduite à tenir vis-à-vis de l'évêque.
Les questions avaient été envoyées à Paris, vers la fin
de Février 1793, et la réponse du ministre ne parvint à Nice
qu'au milieu de juin suivant, soit quelques jours avant la
publication de la liste des émigrés. Les réclamations de
l'évêque, retiré à Turin dans sa famille, furent présentées
le 22 juillet 1793 (1) ; mais comme beaucoup d'autres, elles
s'entassèrent dans les bureaux du Département, qui n'y
répondit même pas.
Cette réclamation fut présentée au nom de l'évêque par JeanJacques Donny au Département. lîlle figure en original au dossier
Valperga.
Voir ci-dessus.
Le registre des délibérations du département manque aux Archives pour les derniers mois de 1793, exactement du Ier mai au 10
Novembre, comme pour les six derniers mois de 1797 et l'année entière de 1798, exactement du 8 Messidor an V (26 Juin 1797) au 25
Pluviôse an VII (13 février 1799).
C'est-à-dire pour les deux périodes les plus troublées et cette
disparition est tout au moins étrange.
Elle doit être vraisemblablement attribuée à certains hommes
politiques désireux de laisser dans l'oubli leur conduite durant ces
deux époques.

�- 64 On était dans la période la plus aiguë et, en pleine
Terreur.
Après le 9 Thermidor et, surtout après la venue à Nice
du représentant Beffroy, au mois de Floréal, an III (Mai
I795)»
les esprits devinrent plus calmes, les administrations plus pondérées. C'est alors que, sur de nouvelles demandes présentées au District, et sur avis favbrable de
celui-ci, le département des Alpes-Maritimes accorda à Mgr
Valperga sa radiation provisoire, le 14 Prairial, an V (2 Juin
1797). Comme on le voit, l'affaire avait traîné en longueur.
Il semblait alors que rien ne s'opposait plus à la rentrée
de l'évêque : le 11 Fructidor, an V (28 Août 1797), le Département avait agréé la caution de François Grosson (1) ;
les biens de l'évêque allaient lui être rendus, et il pourrait
rentrer.
Mais huit jours après, le coup d'Etat du 18 Fructidor (4
septembre 1797) remettait le pouvoir aux mains des Jacobins, la guerre aux émigrés et aux ecclésiastiques, en particulier, reprit avec âpreté. Pe département des Alpes-Maritimes se vit accusé d'avoir préparé une rentrée triomphale à l'évêque, son arrêté du 14 Prairial resta sans effet
et, en vertu de la loi du 19 Fructidor (5 septembre), les
scellés furent de nouveau apposés sur les biens de Mgr Valperga par deux commissaires municipaux (2).
En vain, l'évêque de Nice, fit intervenir auprès du Directoire Balbi, l'ambassadeur du Roi de Sardaigne à Paris,
le dossier de sa demande en radiation fut examiné sans
aucune bienveillance.
(1) L/Acte original de ce cautionnement sur timbre est aux
Arch. des Alp.-Maritimes Q. 10.
(2) Mise de scellés sur les biens de Charles Eugène Valperga par
deux commissaires de la municipalité de Nice. Une scéance, 6 livres.
Dépense approuvée par le Département, en Germinal an VI (avril
1798). Arch. des A. M. Q. 11.
Mgr Valperga ne possédait à Nice aucun immeuble et il devait
rester fort peu de chose de son mobilier après la vente qui en avait
été faite en Ventôse an III. La bibliothèque de l'évêché avait été déclarée bien national et la caisse diocésaine avait disparue en octobre 1792
sans laisser de traces dans les pièces administratives. Le séquestre
a été apposé sur les biens de nombreux émigrés rayés provisoirement.
On peut en voir la liste aux Archives des A. M. Q. 10, où Valperga
figure sous le N° 65.

�- 65
Á la suite de la lettre de Balby datée de Paris le 7 février
1798, le ministre de la police demanda à ses Bureaux un
rapport sur l'affaire Valperga. Pe voici tel qu'il se trouve
en minute au dossier.
Attendu que rien ne tend à constater le prétendu ordre
de quitter Nice, d'où il suit qu'il faut en croire sur parole
l'émigré.
Qu'à raison de son domicile, il était tenu de rentrer sur
le territoire dans les délais voulus par les lois.
Qu'il est atteint par la déchéance et n'a réclamé que
l'an V.
Qu'il ne paraît pas y avoir lieu de violer la loi en faveur
de cet ex-évêque dont la rentrée prohibée par la Constitution serait d'une influence dangereuse.
J'estime qu'il y a lieu à proposer la maintenue sauf
à prendre des renseignements si toutefois on les trouve
indispensables.
CAIGNART,
Sous-chef (2e Bureau).
En tête de cette minute est écrit :
« Je pense qu'il y a lieu à instruction et à prendre
des renseignements près les Administrateurs du département_des Alpes-Maritimes. »
Signature illisible (1).
Ces renseignements furent-ils demandés ? C'est probable et cela explique que bien des pièces du dossier Valperga sont en double expédition. Plus d'une année s'écoula
encore, avant que fut prise une décision et finalement sur
un rapport défavorable de la Commission d'examen instituée près le Ministère de la police pour l'étude des demandes en radiation, le Directoire exécutif signa le 7 Floréal
an VII, (26 avril 1799) un arrêté qui maintenait définitivement, sur la liste des émigrés, Mgr Valperga et annulait
toutes les décisions rendues antérieurement, en sa faveur,
par les. autorités locales.
(1) Arch. Nation. F 7 4862 2 dossier Valperga. Rapport de la
3 me Division du Ministère de la police, sans date mais joint à la
lettre de Balbi.
»

�- 66 -

Varrêté du Directoire parvint à Nice les premiers
jours de Prairial an VII (Mai 99) et fut immédiatement
mis à exécution. (1).
*

* *

Ainsi donc Mgr Valperga expulsé ne put jamais obtenir
de rentrer, les lois sur l'émigration étaient tellement embrouillées et tyranniques qu'une fois inscrit sur une liste
d'émigrés, il était extrêmement difficile de s'en faire rayer
malgré toutes les démarches ; car on se heurtait sans cesse
à des questions de forme et de procédure ce qui permettait
à la malveillance de s'exercer tout à fait à l'aise sous le
couvert de la légalité.
A. J.

PvANCE-BOURREY.

(1) De 21 Floréal an VII (10 mai 1799), il fut communiqué
par le ministre de la police générale de la République aux diverses
administrations intéressées et aux Commissaire du Directoire exécutif
près le département des Alpes-Maritimes. Celui-ci par lettre du 3
prairial (22 mai 1799) demanda au Département de le transmettre
à la Municipalité de Nice, ce qui fut fait le même jour avec ordre
de le transcrire sur ses registres, de faire apposer les scellés ou séquestre sur tous les biens meubles et immeubles de l'évêque si ce
n'est déjà fait, et de mi notifier sans délai la décision prise à son égard.
Voir lettre du Département à la Municipalité, celle du Commissaire au Département, 3 Prairial an VII avec la réponse du Département 4 Prairial.
Arch.. des A. M. Q. 1 et 2 et Arch. Nationales, dossier Valperga,

�NIÇA LA BELLA
VERS DE /.

Giordan,

su

DE CARTA POUSTALA

Ai rai dôu nouostre bouon soulèu
Venon s'escaufar toui lu lùssi ;
Es un meravihous tablèu,
Ai rai dôu nouostre bouon soulèu,
Trouvas, dou Var fin au Castèu,
Anglés, Rouman, Danesi, Rùssi :
Ai rai dôu nouostre bouon soulèu
Venon s'escaufar toui lu lùssi.
Pèr tu, as touti li bèuta,
Terra de lus e d'alegria,
D'un ciel d'azur, as la clartà,
Pèr tu, as touti li bèuta.
De l'univers, en verità,
Siès la uechièma meravia ;
Pèr tu, as touti li bèutà,
Terra de lus e d'alegria.
Dintre lou tèmp, Semiramis
Faguet basti, à Babilouna,
Pu siéu jardin, vèr paradis !
Soubre Paioun, degun s'estouna
De vèire, ancuèi, lou paumoulié
Drissar au ciel la siéu coulouna
E lou galofre, e l'anemouna
Flouri emb'au pourtegalié.
De bouon matin, quitant maioun
Pèr la journada touta'ntiera,
S'en va lavar, dintre Paioun
Pa bugadiera.
D'un glourious passat es fiera
Perqué, d'un tèmp, sus lou bastioun
Au Turc, arranquèt la bandiera
Pa bugadiera.

�fet 68 —

Sau de fouora fa freï,
Que brima,
A Niça, sus lou Quèi,
Si rima.
Pescadou, fourestié,
De la mar bressarella,
Escouton voulountié
Pa doussa cantinella.
L'AVOUCAT

PATTA

L'estudi de l'avoucat Patta es en plen aria ; si tèn lou matin
couma lou predinà su la plaça dôu Palai. Es un ome pichounet,
touplen raplot, li pocha enfli de papiè de touta mers. En lu vièi
quartiè es proun counouissut e li capelada, « Bouonjou Moussu
l'Avoucat », noun li mancon. Es ben m'ai juge, proucuradou, etc.
Lu siéu ounourari soun bouon pati e n'a de preferença pèr
qu si sigue. Parla au premier maufatan vengut, couma se fousse
un agnèu que vén de naisse ; lou créancier o lou débiteur soun
tratat su lou même pen... basta que mouson...
L'avoucat Patta es de noutarietà reputat pèr un ome judicious, òunest — au noun si flata de l'estre au jou d'ancuei ; —
finda counouisse, es en relacioun d'afaire emê de gros persou nage que dintre la finança dôu siéu coumerce, soun quasi d'usurari. Sau menajar la cabra e lou caulè ; e pèr que la mouneda
noun li escapa si desbrouïa e si mete dôu cousta dôu manche...
d'aquéu que casca lou de mai...
Acò fa que toui lu matin que lou Bouon Diéu a fach, la siéu
doumestica mete toujou quaucaren au fuec. Lou dimeneghe, coum'un bouon crestian, — tartufaria que lou pauva, — va audi la
gran'messa à Santa Réparada, fa la siesta e à la calada dóu soulèu,
passeja su lou Cours, pastrouia, fa lu cent pas, noun parla que de
lei, proucès, citacioun, ensin alestisse lou travail dôu dilun...
Lendeman empastra ben d'afaire, mete facilamen en lou sac
Moussu Tout'Un emé Moussu Tout'Autre... En éu que li pòu
faire ?... lança dapertout lou broumech, tant pis pèr aquéu que si
laissa agantar. Quaranta sóu es lou près d'atac e vous pregui de
crèire que douna pas la siéu journada pèr doui o tres escut.
L'avoucat Patta counouisse l'usança dôu païs... s'avès touort,
vous rouïa, s'avès pi rasoun, v'espia... Que voulès aima manjar
lou pei, lou pei que noun aiguë d'espina...
JULI EYNAUDI.

�-«9VA

MAU ! !

Va màu, cresé-vous, que va màu 1
En l'orizoun lou voile negre
N'es qu'un gran camp cargat de pebre,
Qu'à pala lou jeten davan,
Avuglan finda lu cavau 1
Lu canoun soun su li frountièra,
Alignât couma de barriera,
N'esperon plus que lou signàu !
Lou soulèu, aquel animàu !
Stan, noun vòu levà la vela,
Si foundon couma des candela
Enb'aquèu coust dôu diàu !
Le Giacouuda à cóu de d/stràu
Li fan petà li sièu moulura...
Ah ! dèu faire bella figura
Se l'an foutuda en quauqua tràu
Lou pan crèise, finda la sàu,
Lou sucre dintre li boutiga
Mounta ben mai que de boufiga !
Van jusque crèise lou rampàu
E la pèu que fau lou tambau ;
Metran de drech su li nourriça,
Su lu chichi, su li saucissa,
Perqué pas soubre lu magàu ?
E lou Prussian, marrit bertàu,
Noun sabon fa que de babïa,
Per lou Maroc e l'Algèria,
Se faran mètre lou mourràu !
Li serreren toui lou pourtàu
E pi veiren touta la França
Davan la sieù grossa arougança
Se noun si sau garda li clàu !
Es de rima d'un manechàu,
Ma sien d'estiéu, vesin, vesina,
Li passeres en la resina
Avant que vegon l'espitau !
CHARLES CIAUDO

�Valère Bernard
Tout en heurtant le marteau contre la porte de M. Valère
Bernard je songeais. Je me suis complu dans le plus souriant
mépris des idoles. L'ironie a tremblé sur mes lèvres quand
la Provence a dans un ravissement de joie acclamé le poète de
Maillanne. Cette mascarade d'apothéose me répugnait.
Et maintenant la curiosité me fourvoyait dans le studio
d'un consciencieux artiste que les felibres couvraient de gloire.
Elève de Puvis de Chavannes M. Valère Bernard pasticha le
Maître. Mais vite il eût l'intuition qu'à se perdre dans les sentiers
battus il courrait risque de compromettre son crédit. Il dit
adieu à Paris et vint dans Marseille, l'opulente cité.
A cette époque vivait un exquis écrivain, J. Lombard. Il venait de publier deux œuvres d'une grandiose beauté, VAgonie et
Bysance. Dans un style étrangement tourmenté il contait les
luttes entre les factions d'Orient, illuminant son œuvre des
splendeurs bysantines.
Valère Bernard vit Jean Lombard, et du même coup les belles
au bois qui dormaient en son âme s'éveillèrent. Il délaissa les
études académiques, les pastiches sans vie, et d'ardentes couleurs
chargèrent ses toiles.
Voici le triomphe des rois Babyloniens. Sur les voûtes d'un
palais impérial passent des gardes étincelants dans la pourpre et
la soie. L'or envahit les hautes colonnes de jaspe bleu. Involontairement on pense aux fantastiques demeures hantées par des
fées émeraudes et des princesses aux perversités troublantes.
Et je m'imagine que le peintre était sous le charme de la
légende quand il a peint cette courtisanne qui sourit à son miroir tout en jouant négligeamment avec sa chevelure d'or. Et
puis passent Venise la rouge, Marseille enveloppé dans la poussière d'or du crépuscule, des motifs à la Watteau peints par un
bysantin, toute une apothéose.
Mais une idée m'obsède, tandis que dans la grise clarté d'un
soir automnal s'éteignent les fauves éclairs jaillis de ces radieuses
toiles. L'idéalisation du passé me paraît cruelle. Les générations
endormies dans la Mort ont eu leurs misères/leurs rancœurs, je
pense qu'il est absurde de s'écrier avec Musset « qu'aux temps
jadis tout était heureux jusqu'aux douleurs humaines. » En vain
l'apostat s'attriste-t-il sur les vieillards immortels de l'antique

�- 7i

—

lonie, â ses oreilles résonnent les paroles de l'Hiérophante : « La
Helladi que tu aimes n'a jamais existé ».
Mais M. Valère Bernard brise ma rêverie, et mes yeux se
portent.sur des portraits appendus au mur. Profils d'espagnol ou
d'américain mitigés d'espagnol, comme on en croise maintes fois
sur la Cannebière.
Homme universel ne puis-je m'empêcher de m'êcrier. M.
Valère Bernard sourit. Il siérait dit-il, à mi voix, de se développer en profondeur. Toutefois il est beau de se dire sur le
tard de sa vie que l'on a fait vibrer toute son âme. Ici le maître
rejoint Néron. Il m'aide à comprendre cet inquiétant empereur.
Mais encore faut-il que tout en étant l'homme universel on ne
sombre pas dans la banalité. De méchantes œuvres d'art peuvent
avoir leur prix.
Une idée se lève devant moi. Labruyère me petsuade que
l'honnête homme de Pascal propre à tout en définitive n'est propre à rien. La spécialisation inintelligente, mène à l'erreur, j'en
conviens, mais en fait elle est une loi générale.
Et ceci est pour me plaire, car j'abhorre dissiper mon énergie,
j'aime le repliement, la frissonnante pudeur qu'effarouche les
vaines ostentations. Je goûte les peintres du passé et malgré ma
philosophie j'adore les peuples disparus. Volontiers j'implorerai
avec la Cassandre de Schiller la cécité, l'exquise cécité. Le sou
venir a plus de puissance sur moi que l'espoir.
Et sous des deux gris, en des pays étrangers désolants de
médiocrité, il m'est arrivé de pleurer plus amèrement que ne
pleura Xerxès aux rives d'Abydos.
J. PADOVANI.
PROUVERB1, BOUOI MOT, COUNSÈU E DICH
Vèuva que si marida,
Dèu perdre la lus e l'audida.
Fiha madura,
Lou pouorta à la centura.
En cuntant su lu det :
Aquéu a fa l'óu ;
Aquéu l'es anat cercar,
Aquéu l'a fa cuèire,
Aquéu l'a manjat,
E lou pichoun n'a ren tastat !

�— 73 —
LE

DÉSESPOIR

Oui, j'ai la mort dans l'âme ; oui, je monte au calvaire ;
Mon horizon, hier si beau, s'est obscurci ;
Je hais tous les devoirs et tout ce qu'on révère :
Mieux vaut mourir que vivre ainsi !
Puisque je n'y puis rien ; que la raison humaine
Ne gagne plus un cœur où mon cœur est entré,
Je veux briser mes jours comme on brise une chaîne
Et m'enfuir en désespéré.
Qu'est-ce donc que la mort ? C'est la paix éternelle,
C'est un beau drap de fleurs sur mon sein endormi,
C'est la nature calme, auguste et solennelle
Qui nous prête un repos ami.
O nature de Dieu contemple ma détresse !
Ecoute tout mon sang dans mon cœur s'épancher
Et, puisque je n'ai plus le lit de ma maîtresse,
C'est au tien que je veux coucher ;
C'est toi la grande mère et la nourrice immense !
L'homme au sort le plus âpre et l'homme au sort plus beau
Retrouvent dans ton sein leur part de ta clémence :
L'un l'amour, l'autre le tombeau
Tu sais, toi qui vois tout, ce qu'ici bas je souffre,
Que je n'ai point béni l'instant de mon réveil
Et que j'ai regardé, toujours, du fond du gouffre,
Les bords ou brillait le soleil ;
Que je n'ai bu jamais que dans la coupe amère,
Que le seuil du bonheur me fut toujours fermé,
Que j'ai perdu mes fils, que j'ai perdu ma mère
Et tous les cœurs qui m'ont aimé !
Maintenant je m'en vais, battant du front, comme ivre,
En proie à ce grand deuil qui me courbe en vainqueur,
Et je veux déchirer ma vie, avec le livre
Des chastes sanglots de mon cœur ;
Et toi, rayon divin, génie, ardent délire,
Flambeau qui n'iras plus briller sur son autel,
Eternise du moins ces larmes de ma lyre
Et que mon cri soit immortel !
[EDGAR DE MASINI

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1912

QUATRE-TÈMS

Noumbre d'or...
13
Mars
Epato (Grégori)
Il
Jun
Cicle soulari
17 Setèmbre
Endicioun roum
10 Desembre
Letra doumenicala
G F
LI QUATRE

8,
7,
20,
20,

10
9
22
22

e
e
e
e

11
10
23
23

SESOUN

Lou printèms coumença lou 21 mars
L'estiéu
—
— 22 Jun
L'autoum
—
— 24 sept,
L'iver
—
— 22 dés.

à 6.55 m.
à 2.36 m.
à 5.18 m.
à 11.53 m.

dôu sera
dôu sera
dôu matin
dôu sera

FESTA MOUBILI

Septuagesima... 12 Fébrié
Cendre
21 Febrié
Pasca
7 Abrieu
Rougacioun 21, 22, 23, 24 Mai
Ascensioun
16 Mai

Pantecousta
Trinità
Festa de Diéu
1" Dimenegue de
Ie* Desémbre

26 Mai
11 Jun
15 Jun
l'Avènt

LU ESCLISS!

Souliu.

—

ij Abriéu. — Esclissi annulari e coumplet visible

à Paris, en America, en Europa et dintre lou N.-O. de l'Africa.
Coumençamen de l'esclissi à 10,01 dôu matin ; finisse à 1,08
dôu sera.
10 Otitoubre. — Esclissi coumplet invisible à Paris, visible
dintre l'America dôu Sud.
Luna. — 1" Abrièu. — Esclissi parciella visibla à Paris. Entrada de la luna dintre l'oumbra, 9.26 dôu sera; sourtida, 11.03
dôu sera.
26 Setèmbre. — Esclissi parciella, invisibla à Paris, visibla
dintre l'Océan Pacifique.

Jîla providence, %ue de la Préfecture /4, $run, Siàraire

�LU

VÉNT

Lu vènt que souflon à Niça, dintre lou cours de l'armada,
soun au nombre de 16. Vequi li siéu denouminacioun courènti,
pihadi, en general, dai loucalità dei quali parèisson vèni :
Sud
Miejon
Nord... Tramountana
S.-S.-O. Miejou Lebech
N.-O.-E. Grek Tramountana
S.-O
Lebech
N.-E... Grego
O.-S.-O Pounèut Lebech
E. N .E. Levant
Ouest. Pounènt
E.-N.-E. Levant
O.-N-O.V Pounènt Maistràu
E.-S.-E. Levant
N -O . Mastràu
S.-E.... Siroco, vènt marin
N..-N. OMaïstràu Tramount
S.-S.-E.. Miejou Siroc

6
15
25
14
31
24

VIGÍLIA — JEUNI
Abriè
(Pasca, 7 Abrièu).
Mai
(Ascensioun, 16 Mai).
Mai
(Pantecousta, 26 Mai).
Avoust
(Assoumpcioun, 15 Avoust).
Outoubre (Toui lu Sant, Ier Nouvembre).
Desembre (Calena, 25 Desembre).
L'AN NADA RELIGIOUSA

LI FESTA MOUBILI E LI FESTA FISSI
Janvt'è
jYlars
1 Circouncisioun.
1 e 2 Quatre Tèms.
6 Epifania (lu Rei).
3 Reminiscere.
13 Bateja de J.-C.
10
Oculi.
14 Sant Noum de Jesu.
17 Lœtare.
fébrié
24 Passioun.
2 Puriflcacioun.
29 Li 7 Doulou.
4 Setuagesima.
31 Lu Rampàu.
6 Festa de la Pr. de N. S.
11 Sexagesima.
Jîbriéu
13 Coum. de la Passioun.
5 Divendre Sant.
18 Quinquagesima.
7 Pasca.
21 Cendre.
14 Quasimodo.
25 Quadragesima.
28 Patrou. de San Joúsè.
28 Quatre-Tèms.

�Setembre
3 Inv. de la Santa Crous.
13, 14, 15, Rougacioun.
16 Ascensioun.
26 Pantecousta.
29-31 Quatre-Tèms.
1
2
6
9
21
24
29

Quatre-Tèms.
Trinità.
Festa de Diéu.
Festa dôu S. Sacramen.
Sacrat-Couor de'jesu.
Natività de S. jouan-Bat.
SS. Peire e Paul.

8 Natività de la Vierge.
14 Esaltacioun de la Crous.
15 N.-D. dei 7 Doulou.
15 San Noum de Maria.
18, 20, 21, Quatre-Tèms.
29 Dédie, de S. Miquèu.

Ôutoubre
6
13
20
27

Sant Rousari.
Maternità de la Sta Vierge.
Puretà de la Santa Vierge.
Patrounage de la S. Vierge.

J/ouvembre

Juliet
2 Visitacioun de la S. V.
7 Precious Sang.
16 N.-D. dôu Carme.

Jîvoust
6 Transfiguracioun.
15
18
25
25
29

Assoumpcioun.
S. Joachim.
S. Couor de la Vierge.
S. Louis.
Decolac. de S. Jouan-Bat.

1
2
3
21

Toui lu Sant.
Lu Mouort.
Santi Relíquia.
Present, de la Sta Vierge.

2&gt;esembre
1 Avent.
8 Imaculata Councepcioun.
18, 20, 21, Quatre-Tèms.
25 Calena.

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�LA

DÉCIMALISATION

DU

TEMPS ET DES

ANGLES

LA MONTRE DÉCIMALE
Par J. de REY-PAILHADE, président du Comité
pour la propagation des méthodes Décimales.
Le Club Nautique de Nice a offert plusieur fois en prix des
montres décimales aux régates'de 1909. Il était utile de décrire cet instrument, d'y joindre des tables pratiques et des
formules à l'usage des ingénieurs, des sportsmen, des médecins, etc. etc.
DÉCIMALISATION DES ANGLES •
Il est aujourd'hui démontré que la division décimale du
quart de cercle facilite tous les calculs.
Les nouvelles cartes géographiques sont graduées exclusivement dans ce système, devenu officiel en France et dans
d'autres pays. On possède toutes les tables pratiques nécessaires à son essai courant. Nous ne nous étendrons pas
davantage sur cette méthode aujourd'hui enseignée dans les
lycées et collèges.
Nous rappellerons seulement que M. l'amiral Germinet,
membre d'honneur du C. N. N., sous la direction duquel on
fit en 1899 et 1900 des essais de navigation avec un matériel
entièrement décimal, a émis un avis très favorable à la
réforme décimale.
DÉCIMALISATION DU TEMPS
La division décimale du jour décrétée le 4 frimaire an II
rendra aussi de grands services à la science et aux sports.
Principe. — On divise le jour entier en 100 parties égales
appelées cés ; le cé est subdivisé en décisés, ceniicès et millicés
Le cé vaut 14m 24s ou 1T4 d'heure environ ; le décicé est égal
lm 26s 4 ou lm Ij2 environ ; le millicé vaut 0S 864 ou 9T10 de
seconde environ.
Concordance des Temps. — On parvient assez vite à dire
instantanément l'heure à 1 ou 2 minutes près en regardant le
cadran d'une montre décimale. Il suffit d'apprendre par cœur
les concordances décimales de toutes les heures.
0,0
0
50,0

4,2
1
54,2

8,3
2
58,3

12,5
3
62,5

16,7
4
66,7

20,8
5
70,8

25,0
6
75,0

�25,0
6
75,0

29,2
7
79,2

33,3
8
83,3

37,5
9
87,5

41,7
10
91,7

45,8
11
95,8

50,0
12
100,0

Les heures sont au milieu, les concordances des heures
du matin en haut, celles du soir en bas. Ainsi 10 heures du
matin valent 41.7 cés (énoncer 41 cés 7 décicés) et 10 heures
du soir valent 91,7 cés.
Gomme 1 cé vaut presque lj4 d'heure et un décicé une mi •
nute 1]2 ; en partant des concordances du tableau, on dit
l'heure instantanément, ainsi 39,9 cés valent 9 h. 36 m. du
matin. Un ou deux jours suffisent pour atteindre ce résultat.

Description de la montre décimale ou cémètre. — Il y a 3
aiguilles centrales se mouvant sur un cercle divisé en 109
parties égales, numérotées de 0 à 9. Le 0 cé est en bas, c'est
l'origine des temps, car on suppose la Terre au centre du
Cadran.
L'aiguille dorée avec un soleil ne fait qu'un tour par jour ;
l'aiguille épaisse en acier bleu tourne 10 fois par jour, et la
trotteuse fine fait 1000 tours par jour.
L'aiguille-soleil montre la position de l'astre du jour par
rapport au méridien de Paris, qui va du centre au chiffre 5.

�10 —
Les quatre traits bleus indiquent les positions de cette aiguille
à minuit en bas sur 0 ; — à tì h. du matin au milieu entre 2
et 3 ; — à midi, en haut, sur le 5 ; — à 6 h. du soir, entre 7
et 8.
L'aiguille dorée du soleil indique le chiffre des dizaines
de cés, 2 sur le dessin ; l'aiguille épaisse donne d'abord le
chiffre des cés, 6 sur le dessin, et en comptant rapidement à
l'œil le rang de la division entre 6 et 7, on voit, que cette aiguille marque 3 décicés. Le temps du dessin est donc 26,3
cés correspondant à 6 h 20 m. du matin environ. L'aiguille
trotteuse donne les millicés 83. Le temps est donc 26,383
cés.
» Pour la vie courante, on n'a pas besoin d'aller au delà du
clécicé. On lit les milticés pour les applications scientifiques
et sportives.
Le temps en millicés lu sur le cêmèire facilite tous les calculs, car on n'a jamais de réductions à faire.
Examinons le problème des vitesses a l'heure : Les millicés multipliés par 0,00024 donne des heures et fraction décimale d'heure. Ainsi Ì2345 millicés valent 12,345 -f- 24 =
2 h. 9628.
Par conséquent si L est la longueur parcourue et M le
temps en millicés, la vitesse est

ou t

+ 4166,66...

Ces quelques exemples démontrent que la montre décimale simplifie tous les calculs sans exception.
Les rapports de MM. les délégués officiels aux essais de
la montre décimale faits à Nice, par le Club Nautique, le 26
février 1911, concluent unanimement à la supériorité de cet
instrument pour les usages scientifiques et sportifs.
M. Prim, astronome à l'Observatoire de Nice, représen
tait M. le \iinistre de l'Instruction publique.
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P.
D.
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Q,
L.
Q.
L.

lu 8, à 7
lu 14, à H
lu 22, à 7
lu 30, à 10

SOULÈU.

1
2
3
4
5
6
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—

oura
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FE BRIE
20
26
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m.
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P. Q.
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1
2
3
4
5
Lu Rei
6
Dim. S. Lucien
7
dil. S. Apoulinari
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dim. S. Pèire
9
dim. S. Guiermo
10
dij S. Teodose
11
div. S. Arcada
12
dis. Sta Verònica
13
Dim. S. Ilari
14
dil. S. Maurici
15
dim. S. Ounourat
16
dim. S. Antoni
17
dij. Sta Angela
18
div. S. Sulpici
19
dis. S. Bastian
20
Dim. Sta Agnesa
21
dil. S. Vincènt
22
dim. S. Raymound
23
dim. Sta Jacinta
24
dij. Conv. de S. Pàu
25
div. S. Poulicarpa
26
dis. Sta Devota
27
Dim. Sta Paula
28
dil. S. Francès S.
29
dim.
dim.
dij.
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dis.

S.
Sta
S.
S.

TRIMESÏRÍ;

Macari
Genevieva
Tita
Simeoun

dim. Sta Marfina
dim. S. Peire N.
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lu 13, à 11 oura 38 m.
lu 21, à 4 oura 44 ui.
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dij. S. Ignaci
div. La Candeliera
dis. S. Blasi
Dim. Setuagesima
dil. SS. Vinc.Oronte
dim Sta Agata
dim. Sta Dorotea
dij. S. Romuald
div. S. Jouan-Matha
dis. Sta Apoulounia
Dim. Sexagesima
dil. Sta Eulàlia
dim. S. Gregori
dim. Sta Eufrasia
dij. S. Onesime
div S. Dounat
dis. S. Simeoun
Dim. Quinquagesima
dil. S. Gabin
dim. Dimars-Gras
dim. Li Cendre
dij. S. Silvan
div. S. Maxime
dis. S. Pascase
Dim. Quadragesima
dil. S. Nestor
dim. S. Leandri
dim. Sta Nourina
dij. S. Nymphas

Plueia de febrié
A la terra vau fumiè.

ZDéSTU-S-bez

NICE

MARS
N. L.
P. Q.
P. L.
D. Q.
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0 oura 02 m.
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Sta Cunegonda
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1 dil.
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7 Dim.
8 dil.
9 dim.
10 dim.
11 dij.
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14 Dim.
15 dil
16 dim.
17 dim.
18 dij.
19 div.
20 dis.
21 Dim.
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30 dim.

6 , à 6
13, à
3
21, à 7
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—

oura
oura
oura
oura

L. 6 06'

—

55 in.
37 s.
31! s.
25 s.
C. 6 52'

S. Ugo
S. Franç. de P.
S. Richard
Dijàu Sant
Divèndre Sant
Dissata Sant
Pasca
S. Albert, ev.
S. Azada.
s. Isidoro
s. Leoun
s. Juli
s. Justin
Ouasimoi/ii
Sta Anastasia
S. Frutuous
S. Rodolfe
S. Maxime
S. Anselme
S. Teodoro
S. Adalbert
S. Fidèle
s. Jorgi
s. Marco
s. Clet
s. Antime
s. Aimé

s. Roubert
Sta Catarina d. S
SS. Philip. ,Jacq.

Pichouna plneia d'Abriéa
Bouona récolta pèr l'csliéu

Q.

p
P. L.
D . Q.
N. L.
SOULÈU.

TRIMÍÎSTRÈ;

MAI

JUN

à

lu 5,
2 oura
lu 13, a 7 oura
lu 21, à 10 oura
lu 28, à 7 oura
— L.

5 14'

—

14
10
23
24

s.
m.
m.
m.

C. 7 29'

1 dim. SS. Félip. Jaq.
2 dij. S. Atanase
3 div. In.d.l. Sta Crous
4 dis. SS. Sindonis
5 Dim. S. Pio, papa
6 dil. S. Jouan D.
7&lt; dim. S. Peire
8 dim. s. Gregori N.
9 dij. s. Antounin
10 div. s. Isidoro
11 dis. s. Bounifaci
12 Dim. s. Jouan lou S.
13 dil. s. Pouon, m.
14 dim. s. Pacomo
15 dim. s. Sta Denisa
16 dij. Ascensioun
17 div. S. Pascaù
18 dis. S. Teodoto
19 Dim. s. Pèire C.
20 dil. s. Felis.
21 dim. s. Bernardini
22 dim. s. Julia
23 dij Rogaeioun
24 div. s. Vincen, d. L.
25 dis. S. Urbin
26 Dim. Pandecousta
27 dil. S. German
28 dim. S. Cirile
29 dim. Sta Petronïa
30 dij. S. Sylve
31 div. S. Justin
Au mes de mai
Longui semana

p
P.
D.
N.

Q.
L.
Q.
L.

lu 3,
lu 11,
lu 19,
lu 26,

SOULÈU.

1
2
3
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5
6

dis.
Dim.
dil.
dim.
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19 dim.
20 dij.
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22 dis.
23 Dim.
24 dil.
25 dim.
26 dim.
27 dij.
28 div.
29 dis.
30 Dim.

—

à 11 oura 4 s.
à 10 oura SI s.
à 9 oura 51 s.
a
2 oura 20 s.
L. * 34'

C. 8 1!"

S. Potin
Trinità.
S. Quirin
S. Francès C.
S. Lié
Festa de Dieu
S. Lié
Quatre-tèms
S. Optat
Sta Margarida
S. Barnabe
S. Antoui de P.
S. Basilio
S. J.-F. Régis
S. Moudeste
S. Lambert
Sta Olga
S. Gervai
Sta Juliena F.
S. Louis de G.
S. Paulin
Sta Maria d'O.
S. Jouan-B.
S. Prousper
S. Alban
S. Cresen
s. Iréné.
s. Pèire
s. Pàu
s. Tibàu

En Jun
De tres abit l'un

Dégustez tous le vrai

NICE

—

BLANQUI &amp; FRACCHIA
— Usine au Pont-Magnan

—

NICE

�— i4 —

TROISIÍ)MK

AVOUST

JULIE T
P.
P.
D.
N.

lu 3, a 10 mira 20 m.
lu 11, à 1 cura 53 s.
Il 19, a o oura 31 m.
lu 25, a 9 oura 12 s.
SDULÈU. - - L. 4 35' — C. 8 22'

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dim.
dim.
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Dim.
dil.
dim.
dim.
dij.
div.
dis.
Dim.
dil.
dim.
dim.

S. Thierry
Vierg.de li Gracia
S. Anatole
S. Pèire de L.
S. Sisoès
S. Elie
Sta Babeta
S. Efrein
Sta Felicita
S. Pio
S. Jouan G.
S. Gene
S. Jaque
Festa Naciounala
S. Enri
N.D.d.M. Carmel
Sta Marcelina
S. Frederic
S. Vincen de P.
Sta Margarida
S. Vi loiSta Maria-Mad.
S. Apoulinari
Sta Cristina
S. Jaque
Sta Anna
S. Pantaleoun
S. Samsoun
Sta Marta
Sta Giulieta
S. Gnaci de L.

Au mes de Juliet
Ni frema ni coulé.

TBIMËSTRÎ;

I1. Q. lu 2, a 0 oura 29 m.
P. L. lu 10, a 3 oura 58 m.
D. Q. l»i 17, a 1 oura 1.1 s.
N. L. lu 21, a 5 oura 14 m.
IV Q. lu 31, &amp; 5 oura 21 s.
souLÈu, —1.5 or -j&gt;. 8 or

dij.
div.
0 dis.
4 Dim.
5 dil.
6 dim.
7 dim
8' dij.
9 div.
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dil.
dim.
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dij.
div.
dis.
Dim.
dil.
dim.
dim.
dij.
div.
dis.

S. Pèire-aï LS. Alfonso
Inv. de S. Estève
S. Domenica
N. D. dei Nèu
Trausf. de J. C.
S. Gaétan
Sta Batilda
S. Camila d. L.
S. Là u ren
S. Septima
Sta Clara
Sta Filoumèna
S. Ousèbi
Asoumpcionn
S. Roc
S. Mamès
Sta Elena
S. Ipoulita
S. Bernar
Sta Chantai
S. Pio V
S. Filipe B.
S. Bartoumiéu
s. Louis, r. F.
s. Seg'oundo
s. Cesari
s. Goustin
s. Mederic
Sta Rosa
S. Fiacre

F.n . ivoast
Figa e moust

wmmm mm

SBTÈMBRE
P. !.. lu 8, a' 4 oura 57
D. Q. lu 15, a 6 oura î&gt;l
N. L. Ju 22, a 3 oura 37
P. Q. lu 30. a 0 oura 08
SOULÈU. - - 1. 5 47V— c.

1
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Dim.
dil.
dim.
dim.
dij.
div.
dis.
Dim.
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dim.
d'un.
dij.
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Dim.
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dim.
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dim.
dim.
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dis.
Dim.
dil.

S. Gili
S. Estève R.
Sta Eufemia
Sta Rosalia
S. Làuren J.
S. Pambon
S. Grat
Natiu, di' la V.
S. Oumer
S. Xicola
S. Félis
S. Veran
S. A nié
Es. (1. l.S. CtQUS
S. Nicomède
S. Conrneilla
S. Lanbert
S. Tournas V.
S. Janvié
S. Euslache
S. Matiéu
S. Maurici
Sta Tecla
S. Girar
S Firmen
S. Nil
S. iN'icandre
S. \\ inceslas
g. Miquèu
S. Jeromo

Lima setembrina
De mai clarina

MOT »

GRANDE MARQUE RECOMMANDÉE

s
:
s
s
7'02'

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Qüa.TRIÍJMí)
OUTOUBRE
P.
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N.
P.

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Q.
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lu 8,
lu 15,
lu 22,
lu 30,

SOULÈU, — 1.

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oura 46 m,
oura 09m;
oura
m.

ii

— c.

6 06*

TRIMESTRE

NOUVÈMBRE
P. L. lu
6,
D. Q. lu 43,
N. !.. lu 20,
Q.
lu 29,

r.

SOULÈU. - -

1.

a
a
a
a

4 oura 48
8 oura 20
9 oura 49
2 oura 42
14'

—

c.

5 03'

1 dim. Rosari
1 div. Tout lu Sant
2 dim. S. ■ Léger
2 dis. Eu Mouorl
3 dij. S. Rosari
S. Ubert
4 div. s. Francès d'A. 43 Dim.
dil. S. Carlo B.
5 dis. s. Placido
5 dim. Sta Bertila
6 Dim. s. Bruno
6 dim S. Leounar
7 dil. s. Serge
dij. S. Nestou
/
8 dim. Sta Reparada
8 div. Lu Quatre Incou.
9 dim. S. Denis
9 dis. S. Teodore
10 dij. s. Francès B. 10
Dim. S. Jacintou
11 div. s. Tarasco
11 dil. S. Martin
12 dis. s. Counrad
12 dim. S. René
13 Dim. s. Edouard
13 dim. s. Stanislas
14 dil. s. Calisio
14 dij. S. Pantena
15 dim. Sta Teresa
15 div. Sta Gertruda
16 dim. S. Ospici
16 dis. S. Edme
dij.
17
Sta Edvija
17 Dim. S. Gregori
18 div. S. Luc
18 dil. S. Alfè
19 dis. S. Pèi re
19 dim. Sta Babeta
20 Dim. S. Agrico)
20 dim. S. Edmon
21 dil. Sta Ursula
21 dij. Présent, de la V.
22 dim. S. Filip
22 div. Sta Cecilia
23 dim. S. Teodoret
23 dis. S. Clemen
24 dij. s. Mairloire
25 div. ss. Crespin-Cr. 24 Dim. Sta Flora
26 dis. s. Jouan de K. 25 dil Sta Catarina
26 dim. Sta Pel fina
27 Dim. s. Frumence
27 dim. S. Maxime
28 dil. s. Alfredo
28 dij. S. Sostène
29 dim. s. Narcisse
29 div. s. Saturnin
30 dim. s. Marcel
30 dis. s. Andrièu
31 dij. s. Siri
En ùuloubre
\loii ponorc goûta loti rùare

Tonssan ientra
St A n'driéu lou souorte

« wmmm

DESÈMBRE

s.
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s.
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JACK

P. L .
D. Q.
N. L.
P. Q.

lu 6,
lu 12,
lu 20,
lu 28,

SOULÈU, -

1
2
3
4
5
6

i*.

Dim.
dil.
dim.
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dij.
div.
dis.

8 Dim.
9 dil.
10 dim.
11 dim.
12 dij.
13 div.
14 dis.
15 Dim.
16 dil.
17 dim.
18 dim.
19 dij.
20 div.
21 dis.
22' Dim.
23 dil.
24 dim.
25 dim.
26 dij.
27 div.
28 dis.
29 Dim.
30 dil.
31 dim.

1.

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3 oura
m.
6 oura 46 s.
4 our;i 40 s.
7 OUI;L 48 s.

7 54' — c.

A vent
Sta Bibiana
S. Francès X.
Sta Barba
S. Bassi
S. Nicola
S. Anbrosi
Imac. Conception
Sta Leoucadia
Sta Eulàlia
S. Damase
Sta Rosélina
Sta Lucia
S, Niçoise
S.
S.
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S.
S.
S.
S.

Mesuiin
Adon
Olimpíada
Gatien
Ciprian
Filogone
Tournas

S. Onourat
Sta Vitòria
Cacha-fuec
Calèna
S. Estève
S. Jouan
SS. Inoucent
Sta Eleonora
S. Sabîn
S. Sàuvestre

Calena aufuec,
Pasca àu j'aèc.

sin -

GRANDE MARQUE RECOMMANDÉE

4 35

�- i6-

�- 17

-I

CROUNICA NIÇARDA
L'ABADÏA DE SAN POUON.— L'ABAT RANCE-BOURREY.
GLOFFREDO.

—

—

PÈIRE

A PREPAU DOU DIALETE NIÇART.

Ben qne pareissènt tardié, VArmanac Niçart s'empressa de
pourtà la siéu febla vous su tout cen que enteressa lou païs, sigue
au pounch de vista istoria loucala, pouesia, tradicioun, sigue
tamben su la taquinanta questioun dóu dialete niçart souvenri
fès pauvada e su la quala lu escritour mouderne soun luen d'estre
d'acordi.
Parlerai finda de M. l'Abat Rance-Bourrey, un beneditin qne
despi quauque an en ça mete à prouflt la siéu erudiciou n a nen
revelà de fach d'istoria inedieh. Se quauqu'un mérita d'estre
laudat es ben éu ; es en éu que VArmanac Niçart tressa la
pamoula de sapiença. En esprimant la nouostra recounouissença,
à l'Abat Rance-Bourrey, fen cen que touplen an denembrat,
vouoli dire de courounà lu siéu travail, frucha de ben de recerca,
dai quali obra sian fier d'avé prestat la prima ajuda. Pouden cità :
lou Discours sur le Monastère de Sainte-Claire de Nice, par Honoré
Pastorelli, publié d'après l'édition originale de Turin 1608, avec
une introduction et des notes ; — "Le Général J.-B.-M. D'Anselme" (Notices biographiques (1740-1792). E aquest'an
l'istorien nen douna — toujou de prima man — YExpulsion de
Mgr Valperga, evesque de Niça, au tèms de la Revoulucioun,
travail anoutat de peça curiouvi que sian urous de pouder metre
souta lu uès dei nouostre letour.
*
* *
Lou fach de l'annada, lou mai marcant, es estat aquéu de
l'Abadïa de San Pouon. Parlon de tout destruge pèr li basti an
siéu luec un espitau Pasteur... UArmanac Niçart es pas Penemic
dóu prougrès, ni men encara dei Bei-Art, ma si fa lou pious dever
de jougne lu siéu esfouors en aquelu dei siéu councitadin quo
l'istoria dóu passat passiouna, pèr que l'Abadïa de San Pouon
sigue counservada e classada couma mounumen istorique. En la
circonstança feliciti M. l'Abat Rance-Bourrey que mé rasoun s'e.s
demoustrat l'ardènt defensour autourisat que counouissen. La
siéu paràula es estada escoutada e lou Préfet de li Alpa-Maritima,
8

'

�— i8 M. de Joly — respetuous dei nouostri tradicioun — en ortie
avertit a proumès que l'Abadïa de San Pouon seria respetada e de
lèu si crusià pèr lou siéu classamen tra lu mounumen istorique.
Dóu resta vequi ce que l'Abat Rance Bourrey nen di su San
JPouon. Counsignen religiousamen li siéu paràula :
« L'Abbaye de Saint-Pons est le plus ancien monument relitgieux existant dans le Comté de Nice. Il y a dou^e cents ans que
sSiagrius y fonda un monastère. L'histoire de ce monastère est
jintimement liée à l'histoire religieuse, civile et économique de la
iville de Nice.
;
« Ce fut à Saint-Pons qu'en 1388 fut'signé l'acte réunissant
le Comté de Nice au Comté de Savoie. Les abbés de Saint Pons
ifurent pris dans les principales familles du Comté : les Badat, les
tLaugery, les Provana, les Lascaris, les Grimaldi, les Martelli, les
;Tournefort, etc. Plusieurs évêques de Nice furent abbés de Saint[Pons, en particulier Barthélémy Chuet (fin du xve siècle) et Jean
, Uriole, son successeur. Un autre abbé, Claude de Seyselle, fut
,évêque de Marseille, puis archevêque de Turin ; d'autres furent
cardinaux, tels Innocent Cibo, neveu d'Innocent VIII et de
f
;Léon X, et Paul Medeci de Cesis dont on voit encore l'inscription
(funéraire à Sainte-Marie-Majeure, à Rome.
:
« A la fin du xvir siècle, l'abbé de Saint-Pons était Pierre
•Gioffredo, le savant historien niçois. Enfin, un abbé de SaintiPons dont les Niçois n'ont pas encore perdu le souvenir, était
(l'abbé Spitalieri de Cessole qui a doté sa ville natale d'un établissement de bienfaisance si justement apprécié. La plupart des
pbbès de Saint-Pons et plusieurs évêques de Nice ont été enterrés
dans l'église ou sous le cloître et dorment aujourd'hui confondus
avec les moines leurs frères qui depuis dix siècles y sont enterrés.
« Les monuments funéraires ont disparu. Le temps a tout
(nivelé à Saint-Pons, singulièrement aidé cependant par la main
ides hommes. On connaît les dévastations commises par
Iroupes de François Ier et de Barberousse, plus tard par celles d
Catinat et par d'autres encore. Après chaque désastre, SaintPons a retrouvé une nouvelle vitalité et il y a à peine trois quarts
de siècle que Mgr Galvano y a fait d'importantes réparations.
;
« Saint-Pons n'est pas seulement une page de l'histoire de
notre pays, c'est un gros volume de cette histoire ; les Niçois
laisseront-ils dire qu'ils sont restés indifférents devant le danger
qui menace Saint-Pons ? Non, ils feront tous leurs efforts pour

�— 19 -

sauver de la destruction un monument qui doit leur être cher...
Je demande d'urgence le classement de l'Abbaye de Saint-Pons,
c'est-à-dire de l'Eglise et des bâtiments claustraux, comme monument historique. »
Lou councours de YArmanac Niçart es aquist. Emé fiertà e
au près de touplen de sacrifici faren respetà l'istoria dóu passat,
la lenga e lu escrich dei orne qu'an ilustrat lou nouostre bèu
pais.
*
* *
Despi quauque tèms, — maladia que reven per intermitença,
— la gran questioun de la grafia niçarda, de l'ourtougrafa, es
messa su lou tapis. De letra soun estadi publicadi, d'autri lou seran, e cresi qu'après ben de charra pèr dire pas gran cauva de
nóu, quasi dirii pèr predicà dintre lou Desert, noun restera
d'aquela discussioun, — Favén déjà coustatat, — pas gran cauva,
ren!... Cadun escrèu à la siéu moda seloun l'esprit dóu moumen,
e serii ben curious de counouisse aquéu que vendria nen dità
une metoda en nen dïen : « la mièu maniera d'escrièure lou
Niçart es la bouona». Discussioun scientifica que pòu passiounà
quauque lenguista, pas mai ; lou mihou es d'escrèure seloun li
letra ditadi pèr la prounouncia. Lou talènt pèr aquéu qu'escrèu
es de si laissà liège, de si faire acapi. Es qu'en en un entan que
frecuenta l'escola primària poudès li demandà autra cauva ?...
Perta de tèms que tout acò, vourria mai s'engenià à recercà lu
viei mot, espressioun, loucucioun courenti que la pous dóu tèms
a rabaïat, dounà au nouostre bèu dialete la coulou que dèu avè,
en respetant lu emprunt que pouden avè fach sigue à l'Italian, à
l'Espagnòu o à tout autre...
Un dialète noun dèu pas estre une lenga scientifica, encara
m en noun còu avè la pretencioun que sigue ouficiela, seria temerari ; lou dialete d'un païs dèu refletà lou caratere d'un'epoca que
lou tèms dèu respetà, enfin escrèure gramaticalamen, un noun
empedisse l'autre, e laissà à l'esprit, au goust lou coumplemen
d'un stile ouriginal, en de frasa councisi que flaton i'auriha.
Aquí fermi la discussioun, risqui de perdre la civada... l'an
que ven, se Diéu mi presta vida, v'en dirai d'autri e couma
d'usança que mi sigue permès de la vous souvetà : Bouona e
uroûva !
L'ARMANAC

NIÇART.

�20 —

LA CIGALA DOU BOUON DIEU
Una cigala dóu Bouon Dieu
Tout l'estiéu
E l'iver en la chambreta, —
L'aiguesias vista la lebreta ! —
Noun vivïa que d'amour
S'assetava su l'ounour;
La cigala cantarela,
Vau chanja de clientela,
Noun es courta d'amatour,
Que li viron tout au tour !
Ma l'ancien de la cigala,
De gros mot ven que s'embala ;
En l'auriha de la maire
Li ven tout aquéu bousin,
Que deja toui lu vesin
Sabon lou long de l'afaire
— Cenqu'as fach m'au tiéu tip ?
Di la maire enrabiada...
Bella Vierge encourounada !
Sera au mancou m'un bouon rie!!...
CH. CIAUDO

PROUVERBI, BOUOI MOT, COUNSÉU E DICH
Tèms d'iver noun ti fidar.
Lu màu dei enfan si garisson soulet.
Cau naisse pèr estre bèu, si maridar pèr estre rie, e mouri
pèr estre brave.
Per aver de raïn, eau caressar la souca.
Agnèu naissut
Vau un escut.
Dansa mihou ventre plen que rauba nova.
L'oumbra dou mèstre engraissa lou cavau.

�LOU MAGOT DE BERTOUMIÉU ISSUGA
O BEN

UNA RAISSADA DE MACAROUN
Conte menloanasqae trouvât dintre d'un armori
de ma nana e que /'Armanac Niçart es tirons de
transcrièure en niçart à Ventencioun dei sièu
fidèle lotour et lelrissa.

Bertoumiéu Issuga, mentounasque de viéia roca, abitava en
coumpagnia de sa mouhié, en carriera dóu Paumoulié. La siéu
frema, malurousamen, era sirnplaria e faia lou siéu desespoir.
Cada matin Bertoumiéu, avant de s'en anà au travail, li recoumandava de noun faire de bestialità. Cou vous dire que toui lu
dissata lou nouostre ome metia en un'armari pertuat dintre la
muraia lou gagne de la semana.
— Bertoumiéu ! pèr qu seria tout aquel argen, demandava
Marioun au siéu marit.
— Es pèr Madjou-long, castagnassa !
*
* *
Un jou Bertoumiéu partet pèr anar à la siéu campagna ;
devia même li restar doui ó très jou pèr souïnar e arousar lu
citrouniè. Marioun souleta matin e sera, s'assetava su lou banquet de la pouorta e faïa de bas... Un predinà veguet un ome
de statura mai que mejana, couma si di, un gran carcan. La
frema de Bertoumiéu lou fissa sensa parpelear, pi pihada d'un'
idea, li diguet :
— Moun bèu Moussu, sias bessai vous Madjou-long ?
Lou merlo pita e noun s'en laissa dire autre, léu li
respouonde :
— Noun vous troumpas pas, bella bruneta, sièu ièu Madjoulong !... Ma perqué mi faire tala demanda ?
Perqué ?... dou moumen que sias Madjou-long, intras su lou
cóu. Li a ja pas mau de tèms que moun marit a mes d'argen
amagat pèr vous...
E sensa mai de ceremounia li remeté lou mandiou dintre lou
quai lu sóu eron groupât. L'ome remercia e la s'esbigna lèu.
♦

* *

�Lou sera, Bertoumiéu arriva, la sièu mouhié li di.
— Sabes, ai vist ancuei Madjou-long !
E l'ome de cridar :
— Malurousa ! — m'en a fach encara una 1
Courre à l'armari, lou mandiou e Pargen, mouis !... Issuga
blastema pica dai pen, es décidât de si desiaire de la siéu frema
Lendeman, dóu téms qu'aissesta durmïa, li cuerbe lu uès emé de
pega de sabatié, pi la pihant pèr la man, la mena dapé dóu CapMartin. Arrivât aqui, Bertoumiéu fa mountar Marioun su d'un
nouguié el'abandouna. La paura, bòrnia, noun sabia doun si
trouvava, ni men encara ce que poudia faire.
En aquéu fra-tèms doui voulur venon s'assetar souta
l'aubre ; après aver abrat quauqui branca sequi pèr s'escaufar, pi
si meton à cuentar lou siéu argen.
La calou faguet delegar la pega que curbia Puès destre de
Marioun e aissesta de cridar :
— E d'un !
Lu voulur, d'estuc, s'isson d'emblée.
— Qu'es acó, diguet l'un.
— Un matagan, faguet l'autre.
La calou seguia á faire lou siéu efet pau à pau durbia Puei
senec.
— E de douî, diguet Marioun.
Dóu cou lu voulur escapon, laissant Pargen espantegat soubre
Perba.
Marioun coumença à li veire clar, cala da l'aubre e ramassa
Pargen, pi lèu s'en camina vers maïoun...
Lou sièu marit, pensierons, era assetat dapè dóu fuec, s'escaufant, fumant la sièu pipeta emé beatituda...
— Bertoumiéu !... o Bertoumiéu !... duerbe-mi, siéu iéu,
Marioun...
— Vai au diàu que ti pihe... ièu que cresii de m'en estre
despegouït...
Ma Marioun, toujou picava, un cóu noun asperava l'autre...
L'ome fenisse per li durbi...
— Ten ! regarda cen que ti pouorti.. . e Marioun pauva lou
sac su lou toulié. ..
Bertoumiéu, entartugat, cuenta Pargen e réfléchisse ; — Marioun es simplaria e deman la vila saupra Pistoria de la fouré . ..
Cóu que Bertoumiéu si dispegouïsse pèr empedi li marridi lenga
de bavar...

�— 23 —
Si mete la vesta, lou capèu e souorte fermant la pouorta i..
Faïa nuech dintre la carriera, ma sensa pena s'encamina
vers una boutiga e croumpa pèr mai de dès kilo de macaroun...
Ientra au sièu e di à la sièu mouhié de si metre au liech.
En tant que Marioun durmïa, Bertoumiéu fa bui lu macaroun, pi lu espantega su lu aubre dóu jardin... Lendeman de
matin la siéu frema, desveiada, si mete à la fenestra...
— O ! Bertoumiéu ! Bertoumiéu ! Vene un póu veire!... O
trest ! vè, a plougut de macaroun !...
— O vai fantauma !... n'as toujou una. .. Ten ! ten !... ma
es ver !...
*
* *

A quauque tèms en ça, Bertoumiéu l'avia previst, Marioun
countet à toui que lou siéu ome noun li picava plus, despi lou
jou qu'ela li avia pourtat de sac plen d'escut...
Lou juge aiguent audit parlar de l'afaire, mandet sounar
Bertoumiéu devant lou tribunal ; la siéu mouhié era estada
citada couma testemoni.
Lou juge. — Bertoumiéu, sias acusat d'aver gardât d'argen
que noun era vouostre.
— Iéu !... Ma moussu lou juge, lou negui ; sièu couma
sabès un travaiadou.. .
E Marioun de dire.
— Noun negar, Bertoumiéu, sabés ben qu'es ver ; es iéu en
persouna que t'ai pourtat la mouneda, qu'avii trouvât en la
fouré.. .
Lou juge. — Anas brave ome, noun negués.. .
— E quoura lou m'as pourtat ?... — Vous juri, Moussu lou
juge, que la miéu frema es fouola !...
— E lou sabes ben, Bertoumiéu, es lou jou que plouguet tant
de macaroun !
— Moussu lou juge aves jamai vist ploure de macaroun ?...
— Jamai ! moun beL amic respoundet lou juge que si tenia
lou ventre dóu rire — Amie, vèu que la vouostra frema es
fouola. .. sias aquitat !...
Bertoumiéu si retira emé Marioun... Noun aigueron plus
de disputa e vieugueron, pareisse urous e pèr longtèms !...
J. E.

�CANSOUN ANCIENNA

PÈR LOU

N'aurias pas vist la miêu fiha
Trin-trin
Lou galerin
A'aurias pas vist la miêu Jiha
Trois-wtrois
Le fils du roi
L'ai vista e l'ai baïada
Trin-trin
Lou Galerin
L'ai vista e l'ai baïda
Trois-trois
Le fils du roi.
Douna-mi la miêu fiha
Trin-trin
Lou galerin
Douna-mi la miêu fiha
Trois-trois
Le fils du roi.
Es aqnela la vouostra fiha
Trin-trin
Lou galerin
Es aqaela la vouostra fiha
Trois-trois
Le fils du roi.
La miêu fiha era pas lernia
Trin-trin
Lou galerin
La miêu fiha era pas lernia
Trois-trois
Le fils du roi
La miêu fiha era pas lua
Trin-trin
Lou galerin
La miêu fiha era pas lua
Trois trois
Le fils du roi.
N'es ni guercia ni poutinouva
Trin-trin
Lou galerin
N es ni guercia ni poutinouva
Trois-trois
Le fils du rois.

MAI

�La miéu fiha n'es pas borni a
Trin-trin
Lou galerin
La miêu fiha n'es pas bornia
Trois-trois
Le fils du roi.
Noun faïa pas belugueta
Trin-trin
Lou galerin;
Nonn faïa pas belugueta
Trois-trois
Le fils du roi.
La miêu fiha n'es pas emberrida
Trin-trin
Lou galerin
La miêu fiha n'es pas emberrida
Trois-trois
Le fils du roi.
La m iéu fiha n'es pas pigada
Trin-trin
Lou galerin
La miêu fiha n'es pas pigada
Trois- trois
Le fils du roi.
La miéu fiha noun es pas ranga
Trin-trin
Lou galerin
La miéu fiha noun es pas ranga
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha noun es pas louorla
Trin-trin
Lou galerin
La miéu fiha noun es pas touorta
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha n'es pas crouoada
Trin-trin
Lou galerin
La miéu fiha n'es pas croavada
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha n'es pas gibouva
Trin-trin
Lou galerin
La miéu fia n'es pas gibouva

�— 26 —
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha noun es foularana
Trin-trin
Lou galerin
La miéu fiha noun es foularana
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha n'es pas ingourda
Trin-trin
Lou galerin
La miéu fiha n'es pas ingourda
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha a pas lou peu de pi g nu
Trin trin
Lou galerin
La miéu fiha a pas lou peu de pig nu
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha noun es narvelouua
Trin- trin
Lou qalerin
La miéu ûha noun es narveloiwa
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha noun a la rougna
Trin-trin
Lou galerin
La miéu fiha noun a la rougna
Trois trois
Le fils du roi.
XXX.

PROUVERB1, BOUOI MOT, COUNSÈU E DICH
Qu duerme ben noun cregne li niera.
Qu vè pissar e noun pissa, crêpa de malícia.-'
Qu douna soun ben avan de mouri
Mérita de pati.
L'amour es lou paradis dei fouol.
L'amour es .la flou de la jouinessa.

�LA MOUORT DAU PAURE TOUNIN

Lou paure Tounin, malàut a setant'an, si presenta à l'espitàu
ma li respouondon que li a plus de plaça.
— Coumplet ! ! !
Quauqu'un li fa capi qu'em'un pau de proutecioun li pourria
intrar. Countrariat dei pas que cóu faire, Tounin vira lu taloun e
s'encamina vers la plaça Massena, piha lou tram, si rende da
Graugnard, à l'espitàu dei can, e li di :
— Moussu lou Veterinari, cresi d'estre un pau mai qu'un
can ?... En aquéu cas souîna-mi...
— Vous souînar aici, ma brav'ome perdés la testa. — Basta,
li di que n'a pas de liech pèrcourcar un crestian, que noun douna
de souin qu'ai bestia !...
Tounin, couma pensas, s'en souorte m'au couor gros e noun
sau plus à que sant si recoumandar. Era aqui au mitan dóu
camin, quoura en aquéu moumen arriba un landau, doun cala
una grossa dama, encapelada, aurias dich un ver foungi, segada
d'un varlet que pourtava religiousamen un can enfeloupat emé de
favour rosa au couol, tapat d'un tapis em'ai iniciala. En veèn
aquéu tablèu lou paure Tounin si lamenta, sangluta fouort.
— Qu'avès lou miéu brav'ome, li di la dama.
— Cen qu'ai Madama ?... trovi que lou vouostre can a mai
de chança que iéu. Li a cinquant-cinq an que travaii, pèr la premiera fès que siéu malàut, noun soulamen mi refuson à l'espitàu
dei estre uman, ma encara mi vèu picar la pouorta au nas èn
aquéu dai can.
— Quevoulès, lou miéu paur'ome, ai fach un vout de mimetre
à la Soucietà Proutetriça dei Animau, de pourtar touti li miéu
ecounoumia à la Caissa de secours pèr soulajar lou sort dei bestia.
Lou fau talamen ben, que vouguessi ben vous dounar un sóu
que pourii pas.
La dama li vira l'esquina e ientra couma un coupa-cisèu da
Graugnard. Tounin roumougna :
— Se ti veguessi en un cantoun ti dounerii mancou un gotou
d'aïga !... vièia sansuga !...
Tounin estrassinat, deble s'alonga un pau plus en là, su d'un
mouloun de peira. Quauqui oura après, couma soufrisia, n'ai-

�guènt ren en l'estomegue depi l'auba, coumençava d'aver lou
rangouioun, quoura passet un canipiè que li diguet :
— Que fès aquí, brav'ome ?
— Couma veès siéu aqui pèr tirar lu patoun. M'an refusat â
l'espitàu, même en aquéu dai can, noun mi resta que de mouri
su d'un mouioun de peira. — Avès un carnet su lou quai enregistras lu fach dóu jou, farias ben de li aloungar lou miéu testamen que poudès mentuar couma acô :
— « Bouon Diéu, se mi fes passar encara une fes sur la terra,
fe-mi naisse can au mancou, li aura une Soucietà Proutetriça dei
Animau que si crusira de iéu e pourrai estre amès en un espitau,
estre souïnat, faire bouona vida, menar une vida de can... »
ANT. ROLAND.

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VIGNE
A M. VALÉRE BERNARD.

Dans le ciel doux la Vigne ètreint les pals de buis.
Sous le pampre le merle alourdi des falernes
Tourne son col gris vair et ses paupières lemes
Qu'argenté la blancheur des immuables nuits.
O / fraîcheur, 6 beauté des Igs et des iris,
Que la Vierge éblouie avec les marjolaines
Cueille le soir venu aux vasques des fontaines
Pour colorer en fête, au crépuscule, l'Euis.
Narcisses, ébeniers, œillet et sensitive
Ah ! Versez en mon âme attiédie et pensive
L'orgueil qui souleva les clairs olympiens.
L'amour qui rafraîchit les Madones pieuses
Et qui vêt de clarté les snls athéniens
Et les ravissements des époques heureuses.
JEAN

PADOVANI.

Quauque souvèt :
Vous souveti la bouona annada.
Que siegue mihau que la passada.
Vous souveti la bouona annada acoumpagnada de touplcn
d'autri.

�Eglises et Chapelles de Nice
La vieille ville de Nice se trouvant sur la rive gauche du
Paillon, pour parler de ses églises, nous commencerons par son
église cathédrale, Sainte-Réparate, vierge et martyre, de celles du
canton Est, et en traversant la rive droite nous nous occuperons des paroisses du canton Ouest.
I. — L'Eglise Cathédrale du Diocèse de Nice est la paroisse
de Sainte Réparate, vierge et martyre, sous l'empereur Decius en
253. Sa fête est le 8 octobre. Cette église est au centre de la vieille
ville (8.500 âmes), Avant 1531 la Cathédrale était près du Donjon, plateau de Nice, et dénommée : Sancta Maria in platea,
dédiée à N. D. de l'Assomption. L'édifice actuel, dans son genre,
ressemble beaucoup à Saint Pierre de Rome, au Vatican. C'était
auparavant une simple église paroissiale
desservie par
les Bénédictins du Monastère de Saint-Pons, près Nice.
Dans son ressort se trouvent l'ancienne église de Saint
Jaume (Saint Jacques apôtre), jadis des P.P. Carmes, fermée
depuis 1903. Après le transfert du titre de paroisse à l'église de
Saint Juste, évèquc, au Gesu, elle fut placée sous la vocable de l'Annonciation de la Sainte Vierge, ainsi que la belle Eglise de la
Miséricorde, sur le Cours Saleya, jadis de Saint Gaétan, fondée
e
par les P.P. Theatins au XVIII siècle et cédée à la noble
confrérie des Pénitents Noirs.
La Cathédrale de Nice, paroisse Sainte-Réparate de nos jours,
fut comme l'ancienne au Donjon du Château {Sancta Maria in
platea), le théâtre de plusieurs f lits historiques mémorables dans
les annales de l'histoire de Nice.
II. — L'Eglise de Saint Jacques, an Gesû, dès son érection
en 1612, dédiée à Saint Juste, évêque. Sa fête est le 2 septembre.
En 1665 fut érigée en paroisse sous le titre de Saint Jacques le
Majeur, remplaçant la paroisse de Saint Jaume. On l'appelle
vulgairement le Gesù à cause qu'elle a été fondée et administrée
par les P.P. de la Compagnie de Jésus.
Appartiennent à cette paroisse les deux chapelles des confréries des Pénitents Blancs, la Sainte Croix, — confrérie la

�óo —
plus ancienne de Nice, — et des Pénitents Rouges, Saint Suaire
et de la Sainte Trinité ; l'Eglise du Couvent de là Visitation,
la chapelle de l'ancien séminaire, à la montée du Château, et
jadis l'Hospice franciscain avec chapelle de Saint Joseph des
P.P. Recollets de Cimiez, convertie en maison particulière.
L'Eglise du Gesù est d'ordre corinthien composite, cons truite sur le modèle de l'Eglise des Jésuites de Turin, dite
vulgairement les Saints Martyrs. ( 10.000 âmes).
A l'extrémité de la rue du Malonat, aux racines de l'ancien
château, on voit un oratoire à la Sainte Vierge Marie, sous le
titre de N. D. du Bon Secours. Les habitants de ce quartier érigèrent cet oratoire en l'honneur de la sainte Vierge, en reconnaissance du choléra en 1854.
III. — L'Eglise paroissiale de Saint Martin Evéque dite de
Saint-Augustin est la plus ancienne, elle fut bâtie sur l'emplacement de l'ancienne chapelle de Saint Martin (1205) et appelée
Saint-Augustin parce qu'elle était desservie par les Augustiniens
dont le couvent a été transformé en caserne. (Caserne Filley, près
l'ancienne chapelle Sincaire).
IV. — L'Eglise de Saint-Francois-de-Paule a été édifiée en
1736 d'après le plan de l'architecte
Guarini. En 1838
elle fut érigée en paroisse par décret de Mgr Galvano et appelée
aussi Saint-Dominique en souvenir de l'ancienne église paroissiale
de ce nom qui s'élevait sur la place Saint-Dominique aux lieux et
place de l'actuel Palais de Justice.
V*— L'Eglise du Port ou de l'Immaculée Conception. D'humble
origine. D'abord ce fut une fort modeste chapelle (1835), transformée agrandie par Mgr Galvano, et l'avocat théologue L. Mari
fut son premier curé..
VI. — L'Eglise Saint-Joseph nouvelle paroisse depuis 1911 la
première pierre fut posée le 19 mars 1911, bénie le 29 octobre et
ouverte au public le Ier novembre 1911 sous le patronage de Mgr
Chapon et dirigée par les soins de M. l'abbé Gabrielli.
A cette paroisse appartiennent la chapelle succursale de Saint
Joseph contigüe à l'Evêché, et la chapelle de Notre-Dame des
Anges sur l'ancienne route de Villefranche.
VIL — Saint-Roch. Cette église paroissiale dans la banlieue
de Nice fut érigée après la peste de r68r. Nice fut délivrée de ce
fléau par l'intercession de saint Roch, confesseur, né et mort à

�- Si Montpellier. La paroisse est divisée en deux quartiers, Roquebillière
inférieure et Roquebillière supérieure, jusqu'à la chapelle de NotreDame de Bon Voyage.
VIII. — Rive droite du Paillon, intra muros, se dresse Notre Dame du Vau, paroisse Saint-Jean-Baptiste, qui remplace l'an
cienne église du même nom devenue chapelle inférieure du Lycée.
Cette belle église, vœu delà ville de Nice en 1835, mt érigée en
1842 et terminée en 1852 par Mgr Galvano, évêque de Nice.
La façade ressemble à celle élevée à Turin en l'honneur du retour
du roi dans les états Sardes en 1814.
IX. — Saiiit-Pierre-d' Aréna remplace une chapelle située à la
Croix de Marbre. Elle fut érigée en paroisse en 1803 par Mgr
Colonna d'Istria. Elle doit son nom à ce fait, c'est que lors de sa
fondation elle se trouvait sur le rivage de la mer séparée par une
bordure de sable fin.
X. — Une ancienne chapelle de Sainte-Hélêne-l'Inspiratrice
existait dans ces parages. Elle fut remplacée en face la mer par
une église sous l'épiscopat de Mgr Recrosio (1727).
Six paroisses « extra muros » dépendent de la commune de
Nice.
Sainte-Marie Magdeleine, sise dans le vallon de Magnan, édifiée sur l'emplacement d'une chapelle de même nom, érigée en
1626 et dite vulgairement chapelle « dei cassaire » à cause du
grand nombre de chasseurs. Après le concordat de 1803 sous
l'épiscopat de Mgr Colonna d'Istria, ce quartier qui depuis 1771
dépendait pour le spirituel de la cathédrale fut érigé en paroisse.
Il existe encore aujourd'hui une chapelle de Notre-Dame du Bon
Conseil changée en demeure particulière . Bientôt le besoin de
la population augmentant, une église sera bâtie à la cité Robiony
par les soins du curé actuel de la Madeleine.
Plus à l'est de la ville, toujours dans le canton ouest ce
l'Arquet, se dresse la paroisse de l'Ariane dédiée primitivement à
saint Arnoux, évêque et à saint Pierre, apôtre. Elle fut érigée en
paroisse en 1809 sous l'épiscopat de Mgr Colonna d Istria. Dans
son ressort se trouve l'ancienne chapelle nécropole de l'Abbadie
fondée en 1635 en l'honneur de sainte Claire pour le besoin spirituel de 450 à 500 habitants qui appartiennent aux communes
de Nice, Cantaron Saint-André. Localité d'avenii et à laquelle
le chemin de fer Nice-Coni donnera une valeur stratégique.

�— 32 —
Gairaut avait au moyen-âge une chapelle de secours desservie
par les religieux chevaliers de l'ordre du temple au début, et par
la suite de Rhodes et de Malte. Sous l'épiscopat de Mgr François
Rosini de Martinengo la chapelle fut érigée en église paroissiale
sous le vocable de saint Sauveur o*u de la transfiguration du
Rédempteur.
Dès 1730 les P. Dominicains de Nice fondent à Saint Pancrace un sanatorium pour religieux martyrs avec chapelle en
l'honneur de Saint Pancrace martyr. Cette chapelle est érigée en
paroisse en 1848 par Mgr Galvano.
Sur le couchant de Saint-Pancrace on trouve la paroisse de
saint Roman . martyr ; l'ancienne chapelle fut érigée en paroisse
ainsi que celle de saint-Antoine de Ginestière en 1803 sous Mgr
Colonna d'Istria.
VALENT IN.

NOU VÉ
Tu Çatarina fai lou pan.
Mdumen de jota, d'alegressa,
Fes audi da toui lu couor :
Lu ange canton l'alegressa,
Fuges l'infer, Juges la mouorl.
Chntou !
L'aarika sabla, li a quaucaren aici vesin,
Sembla que senti li joia d'un festin ;
Audi lu tambourin de laen,
Lu Jlajoulet e li musela,
Lu pastre van à Bethelen
Laisson la cabana soaleta ;
Santo nuech, venes aléa nen ralegrà,
Pourtas à toui la pax et la tranquilità !
Tu Catarina fai lou pan,
Manda Lucrecia au safran,
Despende aléa lou lauvaniè,
Chapla la blea su lou taatié ;
Crala de froumai e roumpe d'iiu
E fai la iourta couma fou,
Ché n'aiguen toui en aboundança (bis)
Santa nuech, venes alèu nen ralegrà,
Pourtas à toui la pa.x e la tranquilità .'
En tant faguen etnb'au vesin
t ua santépér lou Bambin,
Toucan lou gotou de bouon vin,
Ernb'aa vesin pér lou Bambin
Ti-ri-tin-tin ! -tinTi-ri tin !

�— 3Î —

L'Expulsion de Mgr Valperga
fEN SEPTEMBRE

1792)

Le 12 octobre 1780 h population de Nice se pressait aux
abords de la porte Pairoliëre pour y recevoir en grandes pompes
le nouvel évêque Charles-Eugène Valperga di Maglione. Ce
prélat avait couché la veille selon l'usage antique à l'abbaye de
Saint-Pons et devait faire ce jour là son entrée solennelle dans
sa ville épiscopale.
Le cérémonial imposant avec lequel on avait reçu jusqu'alors
les évêques fut encore cette fois observé. L'accueil de la population entière fut des plus chaleureux au rapport de Pierre Scaliero
qui en fut témoin (1). Le nouvel évêque, qui remplaçait Monseigneur Astésan nommé archevêque d'Oristano en Sardaigne,
appartenait à une famille de vieille noblesse dont plusieurs membres avaient exercé, à Nice, des fonctions importantes (2). Il
(1) Voir aux Archives municipales le récit détaillé que ce chroniqueur en a laissé dans ses Mémoires. Pierre Scaliero mourut en 1805.
(2) Jacques Valperga, conseiller ducal, fut lieutenant du gouverneur de Nice en 1454 ; Thoma5 Valperga fut gouverneur du château de Nice en 1565 ; Jean Valperga fut également gouverneur de
Nice en 1596 ; Jérôme Valperga fut commandeur du château de
Nice en 1600 ; Pierre Valperga, frère de Jacques Valperga, était
chevalier de Malte (Arch. municipales, registre des gouverneurs,
commandants et chevaliers de Malte) ; Anne Valperga, fille dAmédée
Valperga, épousa, le commandeur de Malte Jean-Paul Lascaris.
(Voir son testament daté de 1683, arch. des Alpes-Maritimes,
registre B, 297.) Joseph Ignace de Valperga reçut de son oncle, Emmanuel Philibert Chiotera, mie partie du fief de Couaraze dont il fut
investi le 20 février 1753. Son fils, Vincent, céda ses droits à H. Novelli. Jérôme Valperga fut sénateur à Nice de 1761 à 1765, puis
ministre plénipotentiaire de Sardaigne à Gênes en 1780 ; plus tard
il fut ministre etsecrétaire d'Etat, ce dernier était le frère de l'évêque
de Nice et fils du comte François Valperga qui vivait encore en
1795Ees armoiries des Valperga étaient fascé d'or et de gueules, à
la plante de chanvre déracinée, d'argent et brochant. Le cimier
était un bouc naissant au naturel et la devise : « Ferme-toy ».
Nous reproduisons les armoiries de Monseigneur Valperga d'après celles qui se trouvent en tête du catéchisme édité par ses ordres
et dont nous devons le dessin à l'obligeance de M. Joseph Casai
(Extrait de 1' « Armoriai Artistique et Nrbiüaire », Ni.e, 1902.
3

�- 34était directeur du collège des Provinces à Turin, lorsque le roi
de Sardaigne le désigna, pour l'évêché de Nice. Il avait été sacré à
Rome où il avait fait ses études. Monseigneur Valperga se distingua immédiatement par sa vigilance et son activité : il releva
le niveau intellectuel et moral des prêtres de son diocèse et s'attacha à mettre en toutes choses la plus grande régularité. Dix-huit
mois après son installation, il publia un nouveau catéchisme
dont le plan avait été préparé par son prédécesseur ^i). Grâce à

ses relations cordiales avec la eour de Turin, il jouissait auprès
des autorités civiles de Nice d'une grande influence. Après douze
(1) Ce catéchisme en italien fut imprimé à Nice par la Société
Typographique. C'est un petit volume in-douze de 612 pages, portant
la date de 1783. En tête se trouve le mandement de Monseigneur
Valperga du 16 février 1782 qui approuve le travail terminé par
le prêtre auquel Monseigneur Astésan en avait confié le soin, ordonne
sa publication et règle l'organisation des catéchismes dans tout le
diocèse. Deux ans plus tard en 1785, Gabriel Floteront, imprima
un autre catéchisme rédigé en dialecte niçois, petit volume in-12
de 228 pages. Un exemplaire de ces deux ouvrages existe à la biblio
thèque de Nice. — Voir Villarey, Série Cronològica dei Vescovi
di Nizza. — Art. Valperga.

�-35 années de séjour dans cette dernière ville il s'était acquis l'estime
et le respect de tous.
*

• *

Lorsque le 28 septembre 1792 dans l'après-midi, les troupes
piémontaises évacuèrent Nice, il y eut dans cette ville une effroyable panique et des milliers d'habitants s'enfuirent dans la direction de Turin. Ce fut un désarroi et une désorganisation complète de toutes les autorités. iMonseigneur Valperga resta à son
poste et s'engagea à ne point quitter la ville. Le lendemain samedi
29 septembre, il accompagna le second consul Honoré Saissi et
quelques membres du Conseil qui se rendirent, vers les onze
heures du matin, à la villa Feraudi, au quartier St Hélène, pour
offrir les clefs de la cité au général d'Anselme qui venait d'y
arriver à la tête des troupes françaises. Le général fit à la délégation assez bon accueil, mais il s'étonna de trouver parmi ses membres, l'évêque dont la place déclara-t-il n était pas là. Du reste,
d'Anselme attacha si peu d'importance à la démarche îles magistrats niçois que dans aucune de ses dépêches officielles il n'en fit
mention.
Sur le soir du même jour, la petite armée française faisait son
entrée dans la ville et le général s'installait dans la maison du
consul de France à la place St Dominique. L'évêque de Nice qui
tenait à rester au milieu de ses diocésains se présenta de nouveau
vers les huit ou neuf heures du soir chez le général auquel il voulait recommander ses prêtres en lui demandant des respecter les
églises. Le général était entouré de tout son état-major, du consul
de France, Pierre Le Seurre, de Honoré Saissi, second consul, de
Féraudi, secrétaire général de la commune. Ces deux derniers
venus probablement pour appuyer les demandes de l'évêque.
L'accueil du général ne fut pas plus encourageant que la première fois ; il intima même avec insistance au prélat l'ordre de
quitter ta ville en ajoutant que le plus tôt serait le mieux et ce
fut sur ces dernières paroles que l'évêque se retira après avoir toutefois reçu du général la promesse que tout ce qu'il laisserait dans
son palais serait placé sous la sauvegarde de la Nation française.
Il n'y avait pas à tergiverser, l'ordre était formel et pressant, il
fallait partir. L'évêque prit ses dernières dispositious et délégua,
au curé de la cathédrale, le chanoine Honoré Navello, tous les
pouvoirs nécessaires pour administrer le diocèse en son absence.
Aux premières lueurs du jour, Valperga quitta son palais, et se

�— 36 dirigea à pied vers la porte Pairolière. Il avait été impossible de
trouver une voiture car tous les moyens de transport avaient été
réquisitionnés et utilisés le 28 septembre pour permettre l'exode
des habitants terrorisés. Il avait ordre de partir, mais cet ordre
n'ayant pas été donné par écrit, les volontaires marseillais, de garde
à la porte de Turin, refusèrent de le laisser passer, l'accablèrent
d'injures, le menacèrent même de le pendre et ne consentirent á
le lâcher que sur un ordre écrit, sollicité et obtenu du général,
grâce à l'intervention courageuse et au sang-froid d'un jeune
niçois, Joseph Castellinard. Monseigneur Valperga se retira à
Turin et y mourut en 1805 sans avoir jamais pu obtenir l'autorisation de rentrer.
*

* *

Il est établi par les documents officiels contemporains que
Monseigneur Valperga ne quitta son siège que sur les ordres arbitraires du général d'Anselme et ces mêmes documents nous
renseignent très exactement sur les incidents fâcheux qui se produisirent au départ de l'évêque. Du reste, on n'ignorait pas à Nice
comment les choses s'étaient passées et la population savait grê à
Valperga de son attitude et de sa fermeté. De son côté, Valperga
avait eu confiance dans la parole à lui donnée par le général au
nom de la Nation française et à plusieurs reprises il manifesta
son étonnement qu'elle n'ait pas été gardée, que ses biens aient
été confisqués, son mobilier vendu, son nom inscrit sur la liste
des émigrés alors qu'en partant il n'avait cédé qu'à la force.
Parmi les nombreux documents qui se trouvent soit aux archives de Nice, soit aux archives nationales il en est quelques-uns
dont la simple reproduction sera plus probante que tous les corn,
mentaires. Il_suffira de citer :
•i° La lettre du Directoire des Colons Marseillais en date du
25 février 1793, adressée aux citoyens Blanqui et Veillon, députés
extraordinaires de la ville de Nice à Paris, au sujet des réclamations présentées le 23 du même mois par Jean-Jacques Donny, au
nom de Mgr Valperga.
20 La réponse du même Directoire à J.-J. Donny, en date du
26 février 1793.
3„ L'arrêté du Département en date du 13 avril 1793.
40 La réclamation présentée au Directoire du département

�Valperga, aussitôt après son inscription sur la liste des émigrés de
la ville de Nice, dressée à la fin de juin 1793.
50 Les états de frais pour l'inventaire et la vente du mobilier
et effets de « l'émigré Valperga Maillone, citoyen évêque » approuvés par le département des Alpes-Maritimes, le 5 germinal an
III (25 mars 1795).
6° Les actes de notoriété dressés le Ier et 2me fructidor an III
(18 et 19 août 1795) par Gautier, juge de paix à Nice, à la requête de Pierre-Joseph Passeron, agissant en qualité de procureur
subrogé par Nicolas Giorni, procureur spécial et général de Mgr
Valperga, par acte de procuration reçu à Turin le 20 juillet 1795,
notaire Pierre-Joseph Bernochio.
70 La pétition adressée au district de Nice le 4 fructidor an III
(21 août 1795) par Pierre-Joseph Passeron, demandant la radiation du nom de Valperga sur la liste des émigrés.
8° L'avis du district de Nice en date du 5 vendémiaire an IV
(27 septembre 1795) déclarant que Mgr Valperga doit être rayé
de la liste des émigrés.
90 L'arrêté du département des Alpes-Maritimes, en date du
14 prairial an V (2 juin 1797) ordonnant la radiation provisoire
du nom de Valperga de la liste des émigrés.
io° L'acte de cautionnement dressé par le département le
11 fructidor an V (28 août 1797), à la requête de Pierre-Joseph
Passeron, procureur de Mgr Valperga en exécution d'une des
clauses de l'arrêté du 14 prairial an V (2 juin 1797).

�- 38 —

DOCUMENTS ET PIÈCES D'ARCHIVES

Pièce 1.

25 février 1793
Aux cit. Blanqui et Veillon
Une lettre du cit. Donny, associé du citoyen LeClerc, défunt président de l'ancienne administration
provisoire, dont vous avez ci-inclus l'extrait ( 1 ), nous
fait connaître que le cit. Valperga, évêque de Nice,
laissa avant son départ (ordonné à son retour par
Anselme) dans sa maison pour environ 34.000 livres,
argent monnayé, et environ pour 17.000 d'effets en
vaisselle, linge, batterie de cuisine etc.
Une portion de ces effets se trouvent encore dans
ladite maison, sous l'inventaire que nous en avons
fait dresser par les commissaires de l'une et l'autre
administration, lorsque nous avons été installés, mais
il s'en faut de beaucoup qu'elle puisse arriver à la
somme de 17.000 livres, pas même le tiers.
Quant à l'argent monnayé entré dans la caisse du
receveur de l'ancienne administration, nous n'y
voyons point la somme que ledit Evêque désigne
avoir laissé dans sa maison. Nous vous remettons cijoint un extrait de l'état des sommes' que le cit.
Bonnet a reçu en espèces, pendant toute sa gestion
de receveur et trouvées parmi les effets des émigrés
français et niçois.
Nous ne voulons rien préjuger sur l'assertion du
cit. Valperga, quoique nous ayons des indices frappants de vérité. Ce ne sera que lorsque nous aurons
pu les convertir en preuves par le témoignage de
quelques citoyens que nous nous procurerons, pour
pouvoir en demander la restitution et la poursuite
contre le pillage.
En attendant, noùs croyons devoir vous faire part
de cette découverte que nous allons communiquer au
Président de la Convention Nationale et au Ministre.
Arch. des A. M. Registre de la correspondance du
Directoire des Colons marseillais L. 5.
Cet extrait manque au registre ainsi que les autres pièces
énoncées dans celte lettre.

�-hLe 2érae février 1793.
Au citoyen Donny, négociant à Nice
Pièce 2.

Votre lettre du 23me de ce mois, citoyen, nous
demande des renseignements sur le temporel du
citoyen Valperga, Evêque de Nice. Nous allons vous
transmettre tous ceux qui sont à notre connaissance
L'administration provisoire en choisissant l'Evêché
pour le lieu de ses séances, vint s'y établir dans les
premiers jours d'octobre, et tout nous porte à croire
qu'elle ne fit aucun inventaire des effets qui s'y trouvaient, du moins nous n'en avons trouvé aucun dans
les papiers qu'elle nous a remis.
En succédant à cette administration provisoire,
uous avons cru que notre premier devoir était de faire
un inventaire de tout le mobilier renfermé dans la maison épiscopale. Nous y avons successivement procédé
en présence des administrateurs provisoires et à mesure qu'ils nous en remettaient les clefs. Tout le mobilier qui s'y trouvait, ne consistait guère qu'en
meubles meublants et ne nous paraît pas avoir la
valeur de 17 mille livres que l'Evêque lui donne.
Vous pourrez, si vous le jugez à propos, faire prendre
à notre secrétariat une copie de cet inventaire. Tout
ce. qui n'est point renfermé dans les appartements
que nous occupons au premier étage, a été laissé à la
garde de Jean Poma, ancien concierge de l'Evêque et
le nôtre.
Pour nous éclairer sur les 34.000 1. argent monnayé que l'Evêque doit avoir laissé en sa maison,
nous avons écrit au cit. Bonnet, receveur de l'administration provisoire, pour lui demander un état des
sommes en numéraires versées dans sa caisse, comme
ayant été saisies et trouvées parmi les effets des Emigrés français et niçois. L'état qu'il nous a remis ne
monte qu'à 74121. 16 s, et aucun article n'a du rapport
avec les réclamations du citoyen Valperga.
Quant à ce qui concerne personnellement le
citoyen, nous avons demandé au Ministre de l'Intérieur de vouloir bien nous dire la manière dont nous
devions l'envisager. Nous savons qu'un ordre arbi-

�— 40 —
traire de Danselme l'obligea de quitter Nice, le jour
de l'entrée des Français. Mais nous pensons aussi que
la proclamation des Commissaires de la Convention
nationale de France et le décret de celle de Nice,
concernant les Emigrés, étaient des motifs suffisants
pour le ramener à son poste et le rassurer sur les
suites de son retour. En persistant à prolonger son
absence, il s'expose à être traité comme émigré, à se
voir déclarer déchu de sa place et confisquer tous ses
biens. Telle est la disposition de la loi, et quoique
nous ayons consulté le ministre sur le cas particulier
de l'Evêque, nous prévoyons que sa réponse sera de
nous en tenir à la rigueur des lois, ainsi que plusieurs
instructions nous l'ont déjà annoncé.
Vous sentez, citoyens, que tout le mobilier de
l'Evêque doit rester séquestré jusqu'à son retour ou à
la décision du Ministre. Il peut être tranquille sur la
conservation de tout ce que nous avons trouvé en
entrant dans sa maison. Ce qui a pu en être enlevé
avant notre entrée en fonctions, est étranger à notre
gestion. Mais nous employerons tous les moyens qui
sont en notre pouvoir pour en trouver les traces, en
acquérir les preuves et en faire punir les coupables.
Les administrateurs, etc.
Archives des A.-M., Registre
suivants.

,L. 5,/°7i verso et

Lettre des commissaires de la Convention
Nationale et arrêté du Département des A. M.
Nice, le 9 Avril 1793, l'an 1 Ie de la Repu bublique Française.
« Vous voudrez bien, citoyens, en nous envoyant
les noms et prénoms de l'évêque de Nice, nous instruire officiellement d'après les "dispositions des lois,
s'il est censé démissionnaire et son siège vacant.
« Les Commissaires de la Convention Nationale
au département des A. M.
GRÉGOIRE, JAGOT (I)

(1)

Archives des A. M. L. 29 ancien. L

7

actuel.

�— 4i (i3 avril 1793)
Le Directoire ; vu la réquisition du citoyen Procureur Général sindic « Considérant que Charles Eugène Valperga, évêque de Nice, n'avait point quitté
son domicile lors de l'entrée des troupes de la République ; considérant qu'il a lui méme-accompagné les
consuls d'alors quand ils furent présenter les clefs
de la ville et inviter le général Anselme à venir en
prendre possession au nom de la République ; considérant que le général Anselme par ses ordres arbitraires et tiranniques, accompagnés même de menaces contre ses jours, l'ont forcé de s'éloigner ; arrête
qu'il ne peut le déclarer émigré, et qu'il sera répondu
aux Commissaires de la Convention nationale d'après
les principes ci-dessus.. »
Sign : PAUMÉ ; BARLI FABRI ; F. CASTKLIMARD ;
ANGLES ; BERNARDI, secrétaire général. (1)
pjj

ce

^

Aux citoyens composant le Directoire du
département des Alpes-Maritimes..
22 juillet 1793.
Citoyens,
Le citoyen Jean-Jacques Donny, soussigné, chargé
des intérêts du citoyen Valperga, évêque de Nice
absent, ayant été informé que par votre délibération
du 29 du mois passé, ledit citoyen Valperga avait été
déclaré émigré, vous représente avec tous les égards

(1) Archives des Alpes-Maritimes, Registre L,. 3, folio 101. L'Arrêté n'est pas signé par le procureur syndic Jean-François Tourre
ni par l'administrateur Jean-L,ouis de Villiers qui ne partageaient
point l'opinion de leurs collègues. A noter que Tourre était d'Antibes
et que de Viliers était un médecin français établi depuis longtemps
à Nice.
I/Arrêté fut pris malgré le réquisitoire de Tourre qui voulait
déclarer Monseigneur Valperga émigré et malgré un violent discours de Villiers soutenant la même thèse qui fut combattue par
Barli Fabri, par Castclinard et par Anglès. J'ai déjà publié in-extenso
cette délibération du 13 avril T793 au cours d'un article sur l'église
de Nice en 1792-1793 inséré dans Nice Historique du Ier avril 1903,
C'est pourquoi je reproduis ici simplement la lettre des
commissaires et l'arrêté du département.

�- 42 —
dûs au pouvoir dont l'exercice vous a été confié par
le peuple souverain que le citoyen Valperga ne peut
ni ne doit sous aucun rapport être considéré comme
émigré, par les motifs ci-après :
i° Qu'il est de notoriété publique qu'il n'a quitté
le pays que contre son gré et par ordre du général
Anselme :
2° Qu'il a constamment été disposé et a offert
de revenir dans son diocèse, moyennant qu'il ne fut
assujetti à prêter qu'un serment relatif au temporel et
non au spirituel.
3° Qu'enfin et par la raison que n'étant point
indigène, mais étranger, son séjour ici n'a été dé terminé que par sa nomination à l'épiscopat, événement casuel qui n'a jamais pu le soumettre à l'obligation de renoncer pour toujours à sa mère-patrie.
Tous ces motifs, soit qu'on les prenne collectivement ou séparément, démontrent suffisamment,
citoyens administrateurs, le droit incontestable, qu'a
le citoyen Valperga de demander et prétendre la
radiation de son nom du tableau des émigrés, et si
le ministre de l'Intérieur n'a fait aucune distinction
entre lui et les autres citoyens, c'est sans doute qu'il
a ignoré les circonstances qui vous sont exposées
ci-dessus, et notamment la dernière, car s'il les eût
toutes connues, il n'est nullement probable qu'il eût
décidé comme il l'a fait. Toute hypothèse contraire
serait une injure faite à ses sentiments et à ses lumières. Un homme tel que lui, dont les vertus civiques, le patriotisme et les talents l'ont appelé au
poste aussi honorable que pénible qu'il occupe, doit
ressembler autant que possible à la Nation pour
laquelle il agit et qui l'a honoré de sa confiance.
Cette nation est grande, généreuse, magnanime,
juste et bienfaisante.Elle ne peut qu'êtreextrêmement
jalouse de sa gloire, et l'un des principaux devoirs de
ses agents est d'éviter soigneusement d'en ternir
l'éclat.
Le refus qui serait fait de rayer de la liste des
Emigrés le nom du citoyen Valperga, refus qui entraînerait avec lui la confiscation des minces propriétés de ce citoyen, serait un acte qui imprimerait à

�-

43

-

jamais une tache ineffaçable à la gloire du nom français ; tache qui ne pourra manquer de frapper également les yeux des contemporains et ceux de la postérité ; tache enfin que les historiens ne manqueront
pas de faire ressortir par des couleurs enluminées, et
le bel effet qu'un pareil tableau produirait, citoyens
administrateurs, serait votre ouvrage.
Mais non, loin de nous, cette idée ! Vous êtes
républicains ! cela suffit. Les républicains sont vertueux. Ils aiment, chérissent, protègent, respectent
la vertu partout où elle se trouve. Et le citoyen Valperga aussi est un homme vertueux ! Qui en doute ?
Nul bon citoyen, nul honnête homme. Souvenezvous, citoyens administrateurs, que ce n'est que par
ses vertus qu'il a mérité l'amour et l'affection du
peuple Niçois et non par sa qualité d'évêque. Et plût
à Dieu que tous les ecclésiastiques lui eussent ressemblé ! La France n'eut point éprouvé d'aussi horribles secousses, pour asseoir, affermir et assurer sa
liberté.
La République a incontestablement le droit de
renvoyer hors de son sein tout individu qui ne lui
convient pas, mais en renvoyant ainsi un étranger
qui, d'ailleurs, n'a pas encouru la peine de la confiscation de ses biens, elle lui permet de les emporter ou
de les vendre et d'en emporter le produit. Tel est
précisément le cas du citoyen Valperga.
L'exposant demande en conséquence, citoyens
administrateurs, qu'il vous plaise prendre dans votre
sagesse une délibération tendante à rendre audit
citoyen Valperga sa qualité de citoyen français non
émigré, à lui accorder un délai compétent pour rentrer dans ce pays soit comme simple citoyen ou
comme fonctionnaire public et à lui assurer dans
tous les cas la restitution de ses propriétés par lui
laissées sous la sauvegarde de la loyauté française
dans la maison épiscopale, lors de sa retraite forcée,
ou la juste indemnité de leur valeur. Et sera justice.
Nice, le 22 juillet 1793, l'an second de la République française, une et indivisible.
Jean-Jacques DONNY.
l
ARCHIVES NATIONALESF/ 4.867 , dossier Valperga.

�- 44 Pièce 5.

Etat de frais de vente pour parvenir à l'inventaire
et vente des effets de l'émigré Valperga Maillone,
citoyen évêque :
5 germinal an III (25 mars 1795)
Pour une séance de trois commissaires dont un du
District et deux de la Commission municipale, fixée
à trois livres par séance par le Directoire du district
et approuvé par les Représentants du
Peuple
L.
9 »
Papier timbré tant de la minute que
des deux extraits
»12
Pour la copie desdits deux extraits . .
» 8
Droits d'enregistrement
13 10
31

2

Nous soussignés certifions le compte ci dessus véritable.
Signés : J.-B. Thomaty, comm. du dist. ; Savigny,
comm. munie. ; Mabil, comm. municip.
Frais de la vente :
Pour quatre séances de deux corn missaires dont un
du District, un de la Commis, mun. sans le membre
de l'administration fixées à trois livres par séance par
le Directoire du district et approuvé par les Représentants du Peuple .
L.
24 »
Au trompette pour publication de
quatre criées
5 »
Au crieur à la vente, quatre séances .
12 »
Aux portefaix qui ont travaillé au
transport des effets
40 »
Papier timbré tant de la minute que
de l'extrait
1 »
Bougie
3 »
Droits d'enregistrement
27 »
Papier timbré du petit état
» 4
A la femme qui a assisté à la vente
pour l'arrangement du linge
» 12
L.
Signés : J.-B. Thomaty, comm. du
district ; Savigny, comm. municip.

1

159 6

�Vu par nous, membres composant la Commission
Administrative du district et d'après l'arrêté du district, approuvé par les Représentants du Peuple et la
loi du il et 12 Mars, arrête l'état des frais ci-dessus
se montant à la somme de cent cinquante neuf livres
trente centimes, qui seront acquittés par le receveur
du droit d'Enregistrement lorsque le Département
aura vérifié ledit état.
Nice, le 29 ventôse an 3"" de la République française une et indivisible (19 mars 1795).
(Suivent les signatures).
Vu l'état des frais ci-dessus pour parvenir à l'inventaire et vente du mobilier de l'émigré Valperga
Maillone ci-devant évêque.
Vérifié et arrêté par le Directoire du district de
Nice, la Commission Administrative du département
des Alpes-Maritimes approuve ledit état et ordonne
au citoyen Maussier, receveur de l'enregistrement
cîudit district de payer aux citoyens J. B. Thomaty
et Savigny, comm. la somme de 159 livres et 30
centimes pour montant des frais pour inventaire et
vente des susdits effets de l'émigré, laquelle somme
lui sera allouée en compte.
Fait à Nice le 5 germinal an 3me républicain ( 25
mars 1795).
Etat des frais pour parvenir d la vente du mobilier de
l'émigré Charles Eugène Valperga Maillone, citoyen
évêque.
Pour trente-neuf séances de trois commissaires
dont un du District et deux de la Commission municipale, fixé à trois livres par séance par le Directoire
du district et approuvé par les Représentants du
peuple
L.
351 »
A deux portefaix, dix-neuf journées et
demi chaque fixées à cinq livres par jour.
195 »
Au trompette pour publication de
trente-neuf criées fixées à une livre cinq
sols chaque
48 r 5
Au crieur à la vente, trente-neuf séan
ces fixées á trois-livres par séance ....
117 »

711 1$

�- 4* Report
Papier timbré tant de la minute que
de l'expédition
Pour copie dudit extrait fixé à quatre
livres
Papier timbré du présent état ....
Bougie
Droit d'enregistrement
Plus deux autres journées de portefaix à cinq livres
Un paquet de plume
L.

148
4
6
421

»
4
»
»

20
5

»
»

1.182

7

Nous soussignés certifions le compte ci-dessus,
véritable.
Nice, le Ier ventôse an 3me de la République (19
février 1795).
Signés : J.-B. Thomaty, commissaire du district ;
Savigny, comm. ; Honoré Mabil, comm. municipal.
Vu par nous, membres composant la Commission Administrative, de ce District, et d'après la loi
du 11 et 12 Mars 1793 (v. s.) et l'arrêté de cette
Commission approuvé par les Représentants en date
1^ Fructidor, oui l'agent national, arrête l'état des
frais se montant à onze cent huitante deux livres et
trente cinq centimes qui seront acquittés par le
receveur de l'agence de l'enregistrement sur le produit de la vente desdits meubles, lorsque le Département aura vérifié ledit état.
Nice le 29 ventôse an 3me de la République
française une et indivisible (19 mars 1795).
(Suivent les signatures).
Vu l'état des frais ci-dessus pour parvenir à la
vente du mobilier de l'Emigré Valperga Maillone cydevant évêque.
Vérifié et arrêté par le Directoire du district de
Nice.
La Commission administrative du département
des Alpes-Maritimes, approuve ledit état et ordonne

�— if au citoyen Maussier, receveur de Penregistrement
dudit district de payer aux citoyens J.-B. Thomati,
Savigni et Honoré Mabil, commissaires, la somme de
mille cent quatre vingt deux livres trente cinq centimes pour montant des frais de la vente des susdits
effets de l'Emigré. Laquelle somme lui sera allouée
en compte.
Fait â Nice le 5 germinal an 3me républicain (25
mars 1795).
Arch. des A. M. L. 15 ancien p. 44-45 N° 34-35

Actes de Notoriété
Pièçe g

1-2-fructidor an III
18-19 août 1795
EGALITÉ, LIBERTÉ

AU NOM DE LA LOI
Ce jourd'hui, premier Fructidor, l'an troisième
(18 août 1795 de la République française, une et indivisible, à Nice, chef-lieu du département des AlpesMaritimes, par devant Nous, Antoine Gautier Juge de
paix de la Ier, 2m" et 3me section et officier de police,
est comparu le citoyen Pierre Joseph Passeron, natit
tic la commune de Contes et habitant en celle de Nice
depuis plusieurs années.
Lequel en sa qualité de procureur du citoyen
Charles Eugène Valperga de Maillone, évêque de Nice,
subrogé par le citoyen Nicolo Giorni, homme de loi,
procureur spécial et général établi (par acte reçu) par
le notaire Pierre Joseph de Bernochio, le 20 Juillet
dernier (v. s.) qu'il présente, légalisé par le résidant
de la République de Gênes auprès de la Cour de Turin, dont il résulte le pouvoir donné au citoyen Giorni, de subroger en son lieu et place, avec tous les
pouvoirs compris au dit acte, et il présente au surplus l'acte de sa dite subrogation faite par le même
citoyen Giorni, reçu en la ville de Gênes le premier

�- 48 du mois d'août dernier (v. s.) par le notaire Antoine
Baglietto, légalisée par le consul de la République
française.
Il expose que le vingt neuvième jour de septembre
de l'année 1792, l'armée de la République, étant arrivée en cette ville, commandée en chef par le citoyen
général d'Anselme, lorsque ce général, vers le soir,
fut arrivé et il eut pris son logement dans la maison
habitée par le ci-devant consul de la République Le
Seurre, ledit citoyen Evêque Charles Eugène Valperga de Maillone s'y étant présenté, ledit général d'Anselme, en présence de tout son Etat-Major, lui signifia
d'abord de devoir partir de cette ville. Sur quoi le
dit évêque ayant répondu qu'il avait cru de pouvoir
continuer sa résidence en cette ville et tellement l'avait cru, qu'il n'avait jamais pensé de distraire et en
faire partir le moindre de ses meubles et effets, qu'il
avait dans la maison d'habitation de l'tvêque et que
si absolument il lui ordonnait de partir, il le priait de
lui accorder la sauvegarde sur tous lesdits effets et
meubles. Le dit général d'Anselme lui répliqua qu'il
dut absolument partir de cette ville, en ajoutant que
le plus tôt en serait le mieux, et qu'à l'égard de ses
meubles et effets qu'il avait, il les mettait dès ce ino
ment sous la sauvegarde et loyauté de la Nation française et qu'il pouvait en être tranquille, après quoi ledit
évêque Valperga de Maillone, tout tremblant, ayant
dit qu'il allait se conformer dès le lendemain au matin à ses ordres, se retira ; ledit général d'Anselme
lui ayant encore répliqué : le plus tôt sera le mieux.
Et comme il importe audit citoyen évêque Valperga de Maillone de constater le fait ci-dessus expo"sé, suivi en présence de tout l'Etat-Major dudit général d'Anselme et de plusieurs citoyens de cette commune, l'exposant, en sa dite qualité vous présente les
citoyens Pierre Le Seurre, ci-dessus nommé, ci-devant
consul en cette ville de la République, le citoyen Honoré Saissi de cette commune qui pour lors était second consul de la même commune, le citoyen Philippe Emmanuel Féraudi qui pour lors était secrétaire de
Ìa même commune et le citoyen Ange Giraudi aussi

�- 49 de cette commune, pour recevoir leurs dépositions
sur ledit exposé et vous fait instance que de tout lui
soit concédé acte, ce que nous lui avons accordé, et a
signé.
PIERRE JOSEPH PASSERON.

Et de suite se sont présenté les susnommés
citoyen Le Seurre, natif de Craon, âgé de 75
ans, bourgeois, le citoyen Saissi, âgé de 70 ans,
négociant, Emmanuel Feraudi, âgé de 68 ans, notaire, Ange Giraudi, âgé de 63 ans, négociant,
natifs et domiciliés dans cette commune, auxquels
après avoir fait lecture dudit exposé fait par ledit citoyen Pierre Joseph Passeron, en sa dite qualité, les
avons interpellés sur serment que leur avons fait prêter, conformément à la loi, de nous dire en leur âme
et conscience si tous les faits énoncés dans le même
exposé sont de leur connaissance et tous les quatre ont
répondu et attesté tant uniment que séparément en
être pleinement informés, s'y étant trouvés présents,
et que le tout contient la vérité, toute la vérité et
rien que la vérité. En foi de quoi ils ont signé :
LE SEURRE, HOSORI'J
SAISSI, PHILIPPE EMMANUEL FÉRAUDI,
ANGE

GIRAUDI.

Et nous, juge de paix, vu les dépositions ci-dessus, avons de tout concédé acte au susnommé citoyen
Pierre Joseph Passeron en sa dite qualité, pour lui
servir et valoir dans tous les cas, à ce que de droit et
de raison. Fait à Nice, l'an et le jour que dessus.
GAUTIER, juge de paix.
BONIFACI, sec. greffier.
Vu par nous, membres du District de Nice, 3 vendémiaire an IV rép. 25 sep. 1795, TOSELLI, JN COPPON
fils, VÉRANI pr. syndic, SAYTOUR Martin.

�— 5o —
EGALITÉ, LIBERTÉ.

AU NOM DE LA LOI
Ce jourd'hui. second jour de Fructidor de l'an 3
août 1795) de la République française une et indivisible, à Nice, chef-lieu du département des AlpesMaritimes, par devant nous, Antoine Gautier, juge de
paix de la iere, 2M* et 3ME section et officier de police,
est comparu le citoyen Pierre Joseph Passeron : natif
de la commune de Contes et habitant en celle de Nice
depuis plusieurs années
Lequel en sa qualité de procureur du citoyen
Charles Eugène Valperga de Maillone, évêque de
Nice, subrogé par le citoyen Nicolo Giorni, homme
de loi, procureur spécial et général établi (par acte
reçu) par le notaire Pierre Joseph de Bernochio, le 20
Juillet dernier (v. s.) qu'il présente, légalisé par le résidant de la République de Gênes auprès de la Cour de
Turin, dont il résulte le pouvoir donné au citoyen
Giorni, de subroger en son lieu et place, avec tous les
pouvoirs compris audit acte, et il présente au surplus
l'acte de sa dite subrogation faite par le même citoyen
Giorni, reçu en la ville de Gênes le premier du mois
d'août dernier (v. s.) par le notaire Antoine Baglietto,
légalisée par le consul de la République française.
Expose : Primo, que le matin du trente septembre 1792, le citoyen Charles Eugène Valperga de
Maillone, évêque de Nice, en partant de cette ville
avec deux domestiques à sa suite, qui portaient un
paquet et quelques effets, fut arrêté à la porte qui conduit en Piémont, ci-devant nommée porte Victoire,
et conduit au vestibule de la maison presque attenante
à ladite porte, appartenant au citoyen Dominique
Castellinard, où se trouva le citoyen Joseph Castellinard, fils dudit Dominique, et malgré que ledit Evêque Valperga déclara aux soldats de la Garde de la
dite porte qui étaient des Marseillais, que c'était en
conséquence d'ordre qui lui avait été signifié par le
citoyen général d'Anselme qu'il partait de cette ville,
lesdits soldats commencèrent par le malmener et lui
(19

�signifier qu'ils voulaient le pendre et ayant ouvert
ledit paquet et y ayant trouvé entre autres effets, une
ceinture d'évêque, ils déterminèrent, à l'instant, de le
pendre avec ladite ceinture, et ayant essayé si la même
était assez forte pour le soutenir, en la préparant, elle
se fit en lambeaux, de façon qu'ils vérifièrent qu'elle
ne pouvait leur servir et demandèrent audit Joseph
Castellinard fils une corde, pour pendre ledit évêque,
à un grand anneau de fer qui était au plafond dudit
vestibule, servant â y passer une verge de fer pour
peser les marchandises, et ledit citoyen Castellinard
fils, leur ayant absolument refusé de leur donner de la
corde, en s'excusant qu'il n'en avait point, comme
dans tous ces entrefaits ledit évêque se trouve mal et
ne peut plus se soutenir, ledit Castellinard fils lui fit
apporter une chaise, par sa servante à qui quelques
uns de ces soldats donnèrent des coups de poing pour
avoir porté ladite chaise et le même Castellinard le
fit ensuite asseoir sur ladite chaise, en le soutenant,
parce qu'il ne pouvait se soutenir droit ; d'autant plus
qu'en attendant, lesdits soldats marseillais lui disaient mille exécrations, lui crachaient dessus et lui
donnaient des soufflets, et assurément ils l'auraient
fini, si dans cet intervalle un de ses domestiques
n'avait été dire au citoyen général d'Anselme ce qui
venait d'arriver, et ledit domestique étant venu avec
un billet dudit général d'Anselme qui ordonnait à la
garde de le laisser partir, puisque c'était de son ordre,
en conséquence de ce billet lesdits soldats marseillais
se bornèrent pour lors à lui dire et crier mille invectives et injures et le laissèrent partir, ce que ledit
évêque, malgré qu'il ne pût se remuer, à l'aide de ses
domestiques fit au mieux possible en tremblant, de
façon qu'il doit son existence au refus ferme et déterminé que ledit citoyen Castellinard fils leur fit de
leur donner une corde, sans quoi avant l'arrivée du
dit domestique portant l'Ordre du général d'Anselme, il aurait été pendu et étranglé.
Secondoque lefaitci-dessusfut d'abord public et notoire, de notoriété publique dans cette ville et encore
plui le lendemain premier octobre, puisque les autres

»

�— 52 —

soldats de la Phalange Marseillaise, arrivés sur le soir
dudit jour trente septembre, d'abord après leur arrivée
cherchèrent l'évêque qu'ils voulaient le lanterner et
mettre en pièces, comme ils s'expliquèrent hautement,
ce qui joint au fait arrivé dans ledit vestibule de la
maison Castellinard, étant devenu d'une notoriété publique donna l'épouvante à tous les gens honnêtes du
pays, qui disaient que le citoyen général d'Anselme en
ordonnant audit évêque de partir, en mettant sous la
sauvegarde de la Nation française ses meubles et ses
effets, avait voulu le sauver.
Et comme il importe audit citoyen Passeron, exposant en sa dite qualité, de constater par témoins le
fait ci-dessus exposé, il nous présente ledit citoyen
Joseph Castellinard fils de Dominique de cette commune, âgé de 21 ans, de profession, négociant, qui se
trouva présent au fait énoncé dans le Ier article de l'exposé ci-dessus, et au surplus informé de la notoriété
des faits énoncés au second et dernier chef, de ladite
exposition et il nous présente les citoyens Jean-Jacques Donny, natif de Neufchâtel en Suisse, âgé de 39
ans, de profession, négociant ; Joseph Poullan, natif
de Clavesana, en Piémont, âge de 48 ans, négociant ;
Jacques Gerbin, âgé de 60 ans, tailleur, Jean-Marie
Thaon, âgé de 56 ans, négociant, natifs et tous domiciliés en cette commune pour déposer sur ladite
notoriété énoncée dans ledit second fait exposé, pour
recevoir leurs dépositions, et nous fait instance que de
tout lui soit concédé acte, ce que nous lui avons accordé et a signé.
Pierre-Joseph PASSERON .
Et de suite se sont présentés les susnommés citoyens Joseph Castellinard, Jean-Jacques Donny, Joseph Poullan, Jacques Gerbin, et Jean-Marie Thaon,
ci-dessus qualifiés, auxquels après avoir fait lecture
dudit exposé fait par ledit citoyen Passeron, en sa
dite quálité, les avons interpellés sur serment, que
leur avons fait prêter, conformément à la loi, de nous
dire en leur âme et conscience, si tous les faits énoncés dans le même exposé sont de leur connaissance,

�- 53 et ledit citoyen Joseph Castellinard a répondu et
attesté en être pleinement informé pour avoir été
présent au fait exposé dans le i" article de ladite exposition, et pour avoir publiquement entendu dire les
faits énoncés dans le second chef qui était en cette
ville notoire de notoriété publique et lesdits citoyens
Jean-Jacques Donny, Joseph Poullan, Jacques Gerbin,
Jean-Marie Thaon, ont répondu et attesté tant uniment que séparément être pleinement informés de
l'énoncé dans le second chef de ladite exposition,
puisque les faits y énoncés étaient notoires, de notoriété publique en cette ville, et tous lesdits citoyens
ont respectivement attesté pour ce qui les concerne
que tout contient la vérité, toute la vérité et rien que
la vérité. En foi de quoi ils ont signé : Joseph Castellinard fils,Jean-Jacques Donny, Joseph Poullan, Jacques
Gerbin, Jean-Marie Thaon.
Et nous, Juge de paix, vu les dépositions ci-dessus,
avons de tout concédé acte au susnommé Pierre Joseph Passeron en sa dite qualité pour lui servir et valoir dans tous les cas, à ce que de droit et de raison.
Fait à Nice l'an et jour que dessus.
GAUTIER,
BONIFACI,

juge de paix.
sec. gref.

Vu par nous, membres Du district de Nice, le 3
vendémiaire anIV rep. (25 sept. 1795).
Jn. COPPON fils, VÉRANi, pr. syndic, TOSELLI, Saytour
MARTIN.

Arch. Nat. F

7

4867 *

�54 -

PÉTITION au DISTRICT de NICE
et AVIS de ce DISTRICT
ÉGALITÉ,

LIBERTÉ

5 vendémiaire
27 septembre 1795 an IV
AUX

CITOYENS ADMINISTRATEURS
DU DISTRICT DE NICE

Le citoyen Pierre Joseph Passeron, natif de la
commune de Contes, habitant en celle de Nice depuis plusieurs années.
Vous expose en qualité de procureur du citoyen
Charles-Eugène Valperga de Maillone, évêque de
Nice, subrogé par le citoyen Nicolo Giorni, homme
de loi, son procureur spécial et général fondé par acte
reçu dans la ville de Turin par le notaire PierreJoseph de Bernochio, le 20 juillet dernier (v. s) légalisée par le résident de la République de Gênes, près
la Cour de Turin, duquel il résulte le pouvoir donné
audit citoyen Giorni de subroger en son lieu et place
avec tous les pouvoirs compris dans le même acte,
qui se trouve copié mot pour mot dans celui de la
subrogation faite par le même citoyen Giorni, reçu
en la ville de Gênes le Ier du mois d'août dernier
(v. s* par le notaire Antoine Baglietto, légalisée par
le consul de la République française, le 13 Thermidor dernier (3 1 Juillet 1795), qu'il vous exhibe qu'étant arrivé dans cette ville le vingt-neuvième jour
du mois de septembre de l'année 1792, l'armée de la
République française, commandée par le citoyen général en chef d'Anselme lorsque celui-ci y fut arrivé
le soir et eut pris son logement dans la maison d'habitation du citoyen ci-devant consul de la République
Le Seurre, ledit évêque Charles-Eugène Valperga de
Maillone, s'étant présenté, le même général d'Anselme
lui signifia d'abord en présence de son Etat-Major de
partir de cette ville, sur quoi ledit évêque lui répondit qu'il avait cru pouvoir continuer sa demeure dans
cette ville et qu'à cet effet il n'avait jamais pensé de

Pièces 7 et 8

�- 55 distraire, ni faire partir le moindre de ses meubles et
effets qu'il avait dans la maison d'habitation de
l'évêque, que si absolument il lui ordonnait de partir,
il le priait de lui accorder la sauvegarde pour tous ses
dits effets et meubles, ledit général d'Anselme lui
répliqua : Le plus tôt sera le mieux, ce qui tout est
constaté par les attestations ci-jointes du premier et
second jour de fructidor dernier qu'il vous présente
également.
Qu'il résulte aussi par lesdites attestations, que
ledit évêque Valperga de Maillone fut forcé par ledit
général d'Anselme de partir de cette ville que tous
ses meubles et effets fussent mis sous la sauvegarde de
la Nation française et qu'étant parti le lendemain 30
dit septembre, il risqu'à d'être pendu ef étranglé paties soldats de la Phalange Marseillaise qui se trouvaient de garde à la porte ci-devant dite Victoire, ce
que tout fut d'abord notoire et de notoriété publique
dans cette ville.
Vous observe que ledit évêque Valperga est natif
du Piémont où il se retira et que s'il a résidé dans
cette ville, ce n'a été que pour raison de son ministère, que tout cela nonobstant il a été porté sur la liste
des émigrés, a été vendu la plus grande partie de ses
meubles et effets, et cela même nonobstant la préalable réclamation que le citoyen Jean-Jacques Donni,
chargé des intérêts dudit évêque avait fait à l'ancien
département par sa pétition du 22 juillet 1793 (v. s)
qui existe dans les Archives de ce district, résultant
ainsi que tout cela a été fait et opéré contre le droit des
gens et la sauvegarde de la loyauté française qui fut
promis audit évêque.
En conséquence, l'exposant demande en sa dite
qualité de procureur dudit citoyen évêque CharlesEugène Valperga de Maillone la radiation de son
nom de la liste des émigrés, la levée des scellés, la
restitution de ses propriétés et l'indemnité de celles
qui ont été distraites et vendues au nom de la Nation,
et sera justice.
(21 août 1795).

�- 56 Nice le 4me jour de Fructidor de l'an 3me de la
République française une et indivisible.
Signé : Pierre-Joseph PASSERON.
Vu la pétition ci-dessus du citoyen Pierre-Joseph
Passeron présentée au nom et comme procureur subs
titué du ci-devant évêque de Nice, Charles-Eugène
Valperga tendante à obtenir la radiation de son nom
de la liste des émigrés, la levée du séquestre et remission de ses effets restant ainsi que l'indemnité de
ceux qui ont été distraits ou vendus.
Vu une première pétition présentée à l'ancienne
administration du département par le citoyen JeanJacques Donni, au nom du citoyen Valperga en date
du 22 juillet 1793 tendante aux mêmes fins.
Vu la procuration en date du premier août 1793
(V. s.) faite à Gênes, par devant le notaire public Antoine Baglietti, légalisée par le Consul de la République française y résidant, ainsi que l'acte de procuration y inséré, en date du 20 Juillet 1795.
Vu l'attestation de quatre témoins faite avec serment par devant le juge de paix de la 1", 2"", 3me section de cette commune, en date du 1" Fructidor dernier '18 août 1795).
Vu autre attestation de cinq témoins faite par
devant le susdit Juge de paix, le 2 dit fructidor, aussi
sous serment.
Considérant que par la première des 2 attestations il est pleinement prouvé que le vingt-neuvième
septembre 1792, aussitôt après l'entrée de l'armée
française dans cette commune, le sus-nommé évêque
Valperga s'étant présenté au général d'Anselme qui
la commandait en chef, celui- ci lui ordonna d'abord
en présence desdits témoins et de tout l'Etat-Major.
u'il n'avait qu'à partir de la ville, et malgré que le
it évêque lui observa qu'il avait cru de pouvoir y
rester tranquillement et qu'à cet effet il n'avait fait
partir aucun de ses effets et meubles, le général lui
répliqua de partir absolument de la ville, en ajoutant
que le plus tôt serait le mieux, l'ayant assuré qu'à

a

�-5;l'égard de ses meubles et effets de sa maison, il les
mettait dès ce moment sous la sauvegarde et loyauté
de la Nation française et qu'il pouvait en être tranquille.
Considérant qu'il résulte par lesdites attestations,
et il est prouvé que l'évêque Valperga, d'après les
ordres précis et réitérés du général d'Anselme, partit
le lendemain 30 septembre de cette ville.
Considérant que par la susdite attestation du deux
Fructidor il résulte que l'évêque Valperga, au moment de son départ de cette commune, ayant été arrêté à la porte qui conduit au Piémont, par les soldats
qui y étaient de garde, lesquels tentèrent de le pendre,
il évita la mort par les soins du citoyen Joseph Castellinard, un des déposants, et il ne fut laissé libre que
d'après un billet du général d'Anselme, qui ordonnait à ladite garde de le laisser partir, puisqu'il s'en
allait de son ordre
Considérant que tous ces faits sont devenus de notoriété publique dans cette commune, dès le même
jour 30 septembre et Ier octobre suivant, ainsi que
quatre témoins l'ont attesté.
Considérant que le citoyen Valperga ne s'est absenté de cette commune et ci-devant Comté de Nice
que d'après les ordres du général d'Anselme auquel il
témoigna son regret.
Considérant que le départ du citoyen Valperga
ayant été forcé il ne peut pas être qualifié d'émigration.
Considérant que son intention de rester dans cette
commune est d'autant plus constatée, que le citoyen
Valperga a été le seul fonctionnaire public, il soit
resté à son poste, n'ayant soustrait aucun des meubles
et effets de sa maison, lesquels ont été ensuite distraits
et vendus par la Nation.
Considérant que le citoyen Valperga ne peut être
non plus considéré comme réfractaire aux lois de la
République, tandis qu'à l'époque de son départ de cette
commune, aucune loi de la République, surtout à
l'égard des ecclésiastiques, n'y avait été encore publiée
à laquelle eut pu contrevenir.

�— 58 —
Considérant que le citoyen Valperga ne pouvant
être considéré ni comme émigré, ni comme réfractaire, ne pouvait être privé de ses propriétés laissées
dans cette commune lors de son départ, sous la sauvegarde de la loi et de la Nation française qui lui fut
accordée par le général d'Anselme, et qui étant digne
de la loyauté de cette Nation, ne pouvait être violée
sans blesser le droit des gens.
Considérant au surplus, que le citoyen Valperga,
originaire piémontais, ne faisait sa résidence à Nice,
qu'à raison de son épiscopat, ce qui ne donne qu'une
résidence easuelle, et que sous tous les rapports, il
n'a cessé d'être étranger à l'égard du pays de Nice et
de la France.
Considérant que l'article 6, section deux, N° 2 de
la Loi du 25 Brumaire (15 novembre 1794) en déclarant émigrés les citoyens domiciliés dans le cidevant comté de Nice, qui sont sortis depuis le 27
septembre 1792, n'a point porté atteinte au droit des
gens dans la personne de l'étranger, qui se trouvait
dans ce même pays, où il n'aurait pas établi son vrai
domicile.
Considérant que le citoyen Valperga, qui avait été
forcé par le gouvernement de partir de Nice, n'a dû
plus y revenir dans le terme même prescrit par les
lois aux citoyens de la ci-devant Comté de Nice,
puisqu'il ne devait point imaginer qu'il fut compris
dans l'invitation, malgré qu'il ait été porté sur la
liste des émigrés.
Considérant que ce nonobstant, lorsqu'il sut qu'il
avait été porté sur la liste des émigrés de cette commune, s'est empressé de présenter sadite pétition
du 22 Juillet 1793 dans laquelle il demanda non seulement la radiation de son nom de ladite liste, mais
encore un délai convenable pour rentrer dans cette
commune, soit comme simple citoyen, ou comme
fonctionnaire public, ainsi que la restitution de ses
propriétés par lui laissées sous la sauvegarde de la
loyauté française dans la maison êpiscopale lors de sa
retraite forcée, ou une juste indemnité de leur valeur.

�- 59 Considérant finalement que,d'après toutes les circonstances sus-ênoncèes, aucune loi concernant les
émigrés ne peut être applicable au citoyen Valperga,
et que toutes celles qui pourraient le regarder relatives au séquestre des biens appartenant aux habitants
des pays en guerre avec la République française ont
été rapportées par le décret du 14 Ventôse dernier
(4 mars 1795). •
Le Directoire du district de Nice, oui le procureur syndic, est d'avis que le citoyen Charles-Eugène
Valperga ci-devant évêque de Nice ne doit point être
considéré émigré.
Qu'il doit être rayé de la liste des émigrés, que le
séquestre apposé sur ses propriétés doit être levé, qu'il
doit être réintégré dans la possession et jouissance
d'iceux, que tous receveurs ou dépositaires doivent
lui restituer les sommes qu'ils ont perçues, résultant
du produit desdites propriétés et qu'il doit recevoir
la juste indemnité des meubles et effets qui seraient
passés au profit de la Nation.
Fait à Nice, dans la salle des séances le 5me Vendémiaire an 4me républicain (27 sept. 1795). Signé
Saytour Martin. Verani,
procureur syndic, Angles v. prés.
Touzelly. Jn Coppon fils.
Enregistré au feuil. 20 registre des prévenus
d'émigration et signé BARRAIA, commis greffier.
Certifié conforme par nous Ve président et secrétaire du district Jn COPPON Fils V,-PRÉSIDENT
BARRAIA Cis greffier.
A rch. Nat. F 7 4867

2

�— 6o —

Pièce 9.

LIBERTÉ (vignette) ÉGALITÉ
BUREAU DES
ÉMIGRÉS

Extrait des registres des délibérations et arrêtés de
l'Administration Centrale du département des Alpes Maritimes.
(2

juin 1797)

Séance du quatorze Prairial an 5mf de
la République française une et indivisible.
Sur le rapport d-e la pétition présentée par le
citoyen Pierre Joseph Passeron, procureur fondé de
Monsieur Charles Valperga, ci-devant évêque de
Nice, dans laquelle il expose que ledit Charles Valperga n'a jamais dû être atteint des lois relatives à
l'émigration, soit qu'on le considère comme parti en
suite d'une force majeure, soit en sa qualité de piémontais et demande en conséquence la radiation de
son nom de la liste des Emigrés, sa réintégration
dans la possession et jouissance de ses propriétés et
une juste indemnité, des meubles et effets qui sont
passés au profit de la République.
L'Administration Centrale du département des
Alpes-Maritimes, considérant que M. Charles Valperga, comme piémontais, n'habitant Nice que pour
cause de son emploi, n'aurait jamais dû être porté
sur la liste des émigrés du département.
Que le seul motif qui a pu déterminer le général
d'Anselme à lui ordonner de partir de la ville de
Nice, ne peut avoir été que la susdite qualité de
piémontais.
Considérant enfin, que comme sujet du roi de
Sardaigne, il est dans le cas de jouir de l'article i,r
de la loi du quatorze nivôse an troisième, (} janvier
1795), ainsi que de l'article neuf de la loi du trente
Floréal an quatrième, (19 mai 1796).
Arrête, oui le commissaire du Directoire Exécutif
que le nom de Valperga, ci-devant évêque de Nice,
qui se trouve inscrit sur la liste des émigrés, sera

�— 6i —

provisoirement rayé ; que tout séquestre qui pourrait
avoir été mis sur ses biens sera levé, qu'il sera réintégré dans la possession et jouissance de ses propriétés,
et que toutes les sommes versées dans les caisses publiques, lui seront rendues, déduction faite des frais
faits conformément aux lois.
Fait et arrêté* en séance publique le jour, mois et
an que dessus.
Signé : Donny, président Payani, fils, Scudéry,
Oberti, Hancy (et en marge Gastaud commissaire
du Directoire Exécutif).
Certifié conforme à l'original par nous président
et secrétaire de l'Administration centrale du départemeni des Alpes-Maritimes.
DONNY, président
BELMONDI, sec. chef au bureau des émigrés.
Arch. Nat. F 7 4867 2

ACTE DE CAUTIONNEMENT
Pièce 10.

11 fructidor anV (2&amp; août 1797)
LIBERTÉ ÉGALITÉ
Ce jourdTiui 11 fructidor an 5 de la République
française une et indivisible (28 août 1797) par devant nous, membres composant l'Administration
centrale du département des Alpes-Maritimes, est
comparu le citoyen Joseph Passeron, natif de Contes,
chef-lieu de canton, domicilié dans cette commune,
procureur fondé de Monsieur Charles Valperga, cidevant évêque de Nice, en vertu d'acte de procuration du 20 juillet et premier août 1795 (v. s.) lequel
en sadite qualité, dépendamment à l'arrêté de cette
administration du quatorze prairial an cinq (2 juin
1797) portant que le nom de Valperga, ci-devant
évêque de Nice, sera provisoirement rayé de la liste
des émigrés, que tout séquestre qui pourrait avoir
été mis sur ses biens sera levé, qu'il sera réintégré
dans la possession et jouissance de ses propriétés, et

�— 62 —

que toutes les sommes versées dans les caisses publiques lui seront rendues, déduction faite des frais
faits, conformément aux lois, désirant de se conformer au porté par l'article 3 de la loi du 5 Brumaire
an 3 (26 octobre 1794) qui exprime que les prévenus
d'émigration seront tenus de donner caution solvable de la valeur mobilier, et ne pourront obtenir
leurs immeubles jusqu'à ce qu'il ait été définitivement statué sur leurs réclamations par qui de droit,
toujours en sa dite qualité a présenté pour caution le
citoyen François Grosson, marchand drapier de cette
commune, lequel ici prése.it et acceptant, s'oblige
conjointement et solidairement avec ledit Valperga
et pour celui-ci ledit Joseph Passeron, et sous l'hypothèque de tous leurs frens présents et à venir, à l'entière exécution de ce qui les concerne en la susdite
loi, et à la représention des mobiliers, effets et sommes à percevoir en dépôt que besoin sera, et quant
aux mobiliers invendus et en dépôt seront soumis
d'en représenter la valeur à laquelle seront estimés
par experts, préalable rémission.
Et nous, administrateurs susdits approuvant lesdits
cautionnement et acte de soumission, à la réquisition
dudit citoyen Joseph Passeron, avons dressé le présent acte que toutes les parties ont signé avec nous,
ayant au préalable fait renoncer audit François Grosson au droit de premier convenir.
Fait à Nice les jours, mois et an que dessus.
Joseph

PASSERON,

François GROSSON,
prés., PAYANY FILS,
MARUN-SAYTOUR, sec. en chef

HANCY, DONNY,
P.

Acte original sur timbre de 20 centime*.
Arch. Nat. F

7 4867^

�— 63 -

CONCLUSION

Il était avéré pour tous, dans la ville de Nice, que Mgr
Valperga était parti contre son gré et si la première Administration départementale, installée au mois de Mai 1793,
l'avait inscrit sur la liste des émigrés de Nice, c'était à la
suite d'une réponse faite par le ministre de l'Intérieur, Garât,
aux questions à lui posées par le Directoire des Colons Marseillais sur la conduite à tenir vis-à-vis de l'évêque.
Les questions avaient été envoyées à Paris, vers la fin
de Février 1793, et la réponse du ministre ne parvint à Nice
qu'au milieu de juin suivant, soit quelques jours avant la
publication de la liste des émigrés. Les réclamations de
l'évêque, retiré à Turin dans sa famille, furent présentées
le 22 juillet 1793 (1) ; mais comme beaucoup d'autres, elles
s'entassèrent dans les bureaux du Département, qui n'y
répondit même pas.
Cette réclamation fut présentée au nom de l'évêque par JeanJacques Donny au Département. lîlle figure en original au dossier
Valperga.
Voir ci-dessus.
Le registre des délibérations du département manque aux Archives pour les derniers mois de 1793, exactement du Ier mai au 10
Novembre, comme pour les six derniers mois de 1797 et l'année entière de 1798, exactement du 8 Messidor an V (26 Juin 1797) au 25
Pluviôse an VII (13 février 1799).
C'est-à-dire pour les deux périodes les plus troublées et cette
disparition est tout au moins étrange.
Elle doit être vraisemblablement attribuée à certains hommes
politiques désireux de laisser dans l'oubli leur conduite durant ces
deux époques.

�- 64 On était dans la période la plus aiguë et, en pleine
Terreur.
Après le 9 Thermidor et, surtout après la venue à Nice
du représentant Beffroy, au mois de Floréal, an III (Mai
I795)»
les esprits devinrent plus calmes, les administrations plus pondérées. C'est alors que, sur de nouvelles demandes présentées au District, et sur avis favbrable de
celui-ci, le département des Alpes-Maritimes accorda à Mgr
Valperga sa radiation provisoire, le 14 Prairial, an V (2 Juin
1797). Comme on le voit, l'affaire avait traîné en longueur.
Il semblait alors que rien ne s'opposait plus à la rentrée
de l'évêque : le 11 Fructidor, an V (28 Août 1797), le Département avait agréé la caution de François Grosson (1) ;
les biens de l'évêque allaient lui être rendus, et il pourrait
rentrer.
Mais huit jours après, le coup d'Etat du 18 Fructidor (4
septembre 1797) remettait le pouvoir aux mains des Jacobins, la guerre aux émigrés et aux ecclésiastiques, en particulier, reprit avec âpreté. Pe département des Alpes-Maritimes se vit accusé d'avoir préparé une rentrée triomphale à l'évêque, son arrêté du 14 Prairial resta sans effet
et, en vertu de la loi du 19 Fructidor (5 septembre), les
scellés furent de nouveau apposés sur les biens de Mgr Valperga par deux commissaires municipaux (2).
En vain, l'évêque de Nice, fit intervenir auprès du Directoire Balbi, l'ambassadeur du Roi de Sardaigne à Paris,
le dossier de sa demande en radiation fut examiné sans
aucune bienveillance.
(1) L/Acte original de ce cautionnement sur timbre est aux
Arch. des Alp.-Maritimes Q. 10.
(2) Mise de scellés sur les biens de Charles Eugène Valperga par
deux commissaires de la municipalité de Nice. Une scéance, 6 livres.
Dépense approuvée par le Département, en Germinal an VI (avril
1798). Arch. des A. M. Q. 11.
Mgr Valperga ne possédait à Nice aucun immeuble et il devait
rester fort peu de chose de son mobilier après la vente qui en avait
été faite en Ventôse an III. La bibliothèque de l'évêché avait été déclarée bien national et la caisse diocésaine avait disparue en octobre 1792
sans laisser de traces dans les pièces administratives. Le séquestre
a été apposé sur les biens de nombreux émigrés rayés provisoirement.
On peut en voir la liste aux Archives des A. M. Q. 10, où Valperga
figure sous le N° 65.

�- 65
Á la suite de la lettre de Balby datée de Paris le 7 février
1798, le ministre de la police demanda à ses Bureaux un
rapport sur l'affaire Valperga. Pe voici tel qu'il se trouve
en minute au dossier.
Attendu que rien ne tend à constater le prétendu ordre
de quitter Nice, d'où il suit qu'il faut en croire sur parole
l'émigré.
Qu'à raison de son domicile, il était tenu de rentrer sur
le territoire dans les délais voulus par les lois.
Qu'il est atteint par la déchéance et n'a réclamé que
l'an V.
Qu'il ne paraît pas y avoir lieu de violer la loi en faveur
de cet ex-évêque dont la rentrée prohibée par la Constitution serait d'une influence dangereuse.
J'estime qu'il y a lieu à proposer la maintenue sauf
à prendre des renseignements si toutefois on les trouve
indispensables.
CAIGNART,
Sous-chef (2e Bureau).
En tête de cette minute est écrit :
« Je pense qu'il y a lieu à instruction et à prendre
des renseignements près les Administrateurs du département_des Alpes-Maritimes. »
Signature illisible (1).
Ces renseignements furent-ils demandés ? C'est probable et cela explique que bien des pièces du dossier Valperga sont en double expédition. Plus d'une année s'écoula
encore, avant que fut prise une décision et finalement sur
un rapport défavorable de la Commission d'examen instituée près le Ministère de la police pour l'étude des demandes en radiation, le Directoire exécutif signa le 7 Floréal
an VII, (26 avril 1799) un arrêté qui maintenait définitivement, sur la liste des émigrés, Mgr Valperga et annulait
toutes les décisions rendues antérieurement, en sa faveur,
par les. autorités locales.
(1) Arch. Nation. F 7 4862 2 dossier Valperga. Rapport de la
3 me Division du Ministère de la police, sans date mais joint à la
lettre de Balbi.
»

�- 66 -

Varrêté du Directoire parvint à Nice les premiers
jours de Prairial an VII (Mai 99) et fut immédiatement
mis à exécution. (1).
*

* *

Ainsi donc Mgr Valperga expulsé ne put jamais obtenir
de rentrer, les lois sur l'émigration étaient tellement embrouillées et tyranniques qu'une fois inscrit sur une liste
d'émigrés, il était extrêmement difficile de s'en faire rayer
malgré toutes les démarches ; car on se heurtait sans cesse
à des questions de forme et de procédure ce qui permettait
à la malveillance de s'exercer tout à fait à l'aise sous le
couvert de la légalité.
A. J.

PvANCE-BOURREY.

(1) De 21 Floréal an VII (10 mai 1799), il fut communiqué
par le ministre de la police générale de la République aux diverses
administrations intéressées et aux Commissaire du Directoire exécutif
près le département des Alpes-Maritimes. Celui-ci par lettre du 3
prairial (22 mai 1799) demanda au Département de le transmettre
à la Municipalité de Nice, ce qui fut fait le même jour avec ordre
de le transcrire sur ses registres, de faire apposer les scellés ou séquestre sur tous les biens meubles et immeubles de l'évêque si ce
n'est déjà fait, et de mi notifier sans délai la décision prise à son égard.
Voir lettre du Département à la Municipalité, celle du Commissaire au Département, 3 Prairial an VII avec la réponse du Département 4 Prairial.
Arch.. des A. M. Q. 1 et 2 et Arch. Nationales, dossier Valperga,

�NIÇA LA BELLA
VERS DE /.

Giordan,

su

DE CARTA POUSTALA

Ai rai dôu nouostre bouon soulèu
Venon s'escaufar toui lu lùssi ;
Es un meravihous tablèu,
Ai rai dôu nouostre bouon soulèu,
Trouvas, dou Var fin au Castèu,
Anglés, Rouman, Danesi, Rùssi :
Ai rai dôu nouostre bouon soulèu
Venon s'escaufar toui lu lùssi.
Pèr tu, as touti li bèuta,
Terra de lus e d'alegria,
D'un ciel d'azur, as la clartà,
Pèr tu, as touti li bèuta.
De l'univers, en verità,
Siès la uechièma meravia ;
Pèr tu, as touti li bèutà,
Terra de lus e d'alegria.
Dintre lou tèmp, Semiramis
Faguet basti, à Babilouna,
Pu siéu jardin, vèr paradis !
Soubre Paioun, degun s'estouna
De vèire, ancuèi, lou paumoulié
Drissar au ciel la siéu coulouna
E lou galofre, e l'anemouna
Flouri emb'au pourtegalié.
De bouon matin, quitant maioun
Pèr la journada touta'ntiera,
S'en va lavar, dintre Paioun
Pa bugadiera.
D'un glourious passat es fiera
Perqué, d'un tèmp, sus lou bastioun
Au Turc, arranquèt la bandiera
Pa bugadiera.

�fet 68 —

Sau de fouora fa freï,
Que brima,
A Niça, sus lou Quèi,
Si rima.
Pescadou, fourestié,
De la mar bressarella,
Escouton voulountié
Pa doussa cantinella.
L'AVOUCAT

PATTA

L'estudi de l'avoucat Patta es en plen aria ; si tèn lou matin
couma lou predinà su la plaça dôu Palai. Es un ome pichounet,
touplen raplot, li pocha enfli de papiè de touta mers. En lu vièi
quartiè es proun counouissut e li capelada, « Bouonjou Moussu
l'Avoucat », noun li mancon. Es ben m'ai juge, proucuradou, etc.
Lu siéu ounourari soun bouon pati e n'a de preferença pèr
qu si sigue. Parla au premier maufatan vengut, couma se fousse
un agnèu que vén de naisse ; lou créancier o lou débiteur soun
tratat su lou même pen... basta que mouson...
L'avoucat Patta es de noutarietà reputat pèr un ome judicious, òunest — au noun si flata de l'estre au jou d'ancuei ; —
finda counouisse, es en relacioun d'afaire emê de gros persou nage que dintre la finança dôu siéu coumerce, soun quasi d'usurari. Sau menajar la cabra e lou caulè ; e pèr que la mouneda
noun li escapa si desbrouïa e si mete dôu cousta dôu manche...
d'aquéu que casca lou de mai...
Acò fa que toui lu matin que lou Bouon Diéu a fach, la siéu
doumestica mete toujou quaucaren au fuec. Lou dimeneghe, coum'un bouon crestian, — tartufaria que lou pauva, — va audi la
gran'messa à Santa Réparada, fa la siesta e à la calada dóu soulèu,
passeja su lou Cours, pastrouia, fa lu cent pas, noun parla que de
lei, proucès, citacioun, ensin alestisse lou travail dôu dilun...
Lendeman empastra ben d'afaire, mete facilamen en lou sac
Moussu Tout'Un emé Moussu Tout'Autre... En éu que li pòu
faire ?... lança dapertout lou broumech, tant pis pèr aquéu que si
laissa agantar. Quaranta sóu es lou près d'atac e vous pregui de
crèire que douna pas la siéu journada pèr doui o tres escut.
L'avoucat Patta counouisse l'usança dôu païs... s'avès touort,
vous rouïa, s'avès pi rasoun, v'espia... Que voulès aima manjar
lou pei, lou pei que noun aiguë d'espina...
JULI EYNAUDI.

�-«9VA

MAU ! !

Va màu, cresé-vous, que va màu 1
En l'orizoun lou voile negre
N'es qu'un gran camp cargat de pebre,
Qu'à pala lou jeten davan,
Avuglan finda lu cavau 1
Lu canoun soun su li frountièra,
Alignât couma de barriera,
N'esperon plus que lou signàu !
Lou soulèu, aquel animàu !
Stan, noun vòu levà la vela,
Si foundon couma des candela
Enb'aquèu coust dôu diàu !
Le Giacouuda à cóu de d/stràu
Li fan petà li sièu moulura...
Ah ! dèu faire bella figura
Se l'an foutuda en quauqua tràu
Lou pan crèise, finda la sàu,
Lou sucre dintre li boutiga
Mounta ben mai que de boufiga !
Van jusque crèise lou rampàu
E la pèu que fau lou tambau ;
Metran de drech su li nourriça,
Su lu chichi, su li saucissa,
Perqué pas soubre lu magàu ?
E lou Prussian, marrit bertàu,
Noun sabon fa que de babïa,
Per lou Maroc e l'Algèria,
Se faran mètre lou mourràu !
Li serreren toui lou pourtàu
E pi veiren touta la França
Davan la sieù grossa arougança
Se noun si sau garda li clàu !
Es de rima d'un manechàu,
Ma sien d'estiéu, vesin, vesina,
Li passeres en la resina
Avant que vegon l'espitau !
CHARLES CIAUDO

�Valère Bernard
Tout en heurtant le marteau contre la porte de M. Valère
Bernard je songeais. Je me suis complu dans le plus souriant
mépris des idoles. L'ironie a tremblé sur mes lèvres quand
la Provence a dans un ravissement de joie acclamé le poète de
Maillanne. Cette mascarade d'apothéose me répugnait.
Et maintenant la curiosité me fourvoyait dans le studio
d'un consciencieux artiste que les felibres couvraient de gloire.
Elève de Puvis de Chavannes M. Valère Bernard pasticha le
Maître. Mais vite il eût l'intuition qu'à se perdre dans les sentiers
battus il courrait risque de compromettre son crédit. Il dit
adieu à Paris et vint dans Marseille, l'opulente cité.
A cette époque vivait un exquis écrivain, J. Lombard. Il venait de publier deux œuvres d'une grandiose beauté, VAgonie et
Bysance. Dans un style étrangement tourmenté il contait les
luttes entre les factions d'Orient, illuminant son œuvre des
splendeurs bysantines.
Valère Bernard vit Jean Lombard, et du même coup les belles
au bois qui dormaient en son âme s'éveillèrent. Il délaissa les
études académiques, les pastiches sans vie, et d'ardentes couleurs
chargèrent ses toiles.
Voici le triomphe des rois Babyloniens. Sur les voûtes d'un
palais impérial passent des gardes étincelants dans la pourpre et
la soie. L'or envahit les hautes colonnes de jaspe bleu. Involontairement on pense aux fantastiques demeures hantées par des
fées émeraudes et des princesses aux perversités troublantes.
Et je m'imagine que le peintre était sous le charme de la
légende quand il a peint cette courtisanne qui sourit à son miroir tout en jouant négligeamment avec sa chevelure d'or. Et
puis passent Venise la rouge, Marseille enveloppé dans la poussière d'or du crépuscule, des motifs à la Watteau peints par un
bysantin, toute une apothéose.
Mais une idée m'obsède, tandis que dans la grise clarté d'un
soir automnal s'éteignent les fauves éclairs jaillis de ces radieuses
toiles. L'idéalisation du passé me paraît cruelle. Les générations
endormies dans la Mort ont eu leurs misères/leurs rancœurs, je
pense qu'il est absurde de s'écrier avec Musset « qu'aux temps
jadis tout était heureux jusqu'aux douleurs humaines. » En vain
l'apostat s'attriste-t-il sur les vieillards immortels de l'antique

�- 7i

—

lonie, â ses oreilles résonnent les paroles de l'Hiérophante : « La
Helladi que tu aimes n'a jamais existé ».
Mais M. Valère Bernard brise ma rêverie, et mes yeux se
portent.sur des portraits appendus au mur. Profils d'espagnol ou
d'américain mitigés d'espagnol, comme on en croise maintes fois
sur la Cannebière.
Homme universel ne puis-je m'empêcher de m'êcrier. M.
Valère Bernard sourit. Il siérait dit-il, à mi voix, de se développer en profondeur. Toutefois il est beau de se dire sur le
tard de sa vie que l'on a fait vibrer toute son âme. Ici le maître
rejoint Néron. Il m'aide à comprendre cet inquiétant empereur.
Mais encore faut-il que tout en étant l'homme universel on ne
sombre pas dans la banalité. De méchantes œuvres d'art peuvent
avoir leur prix.
Une idée se lève devant moi. Labruyère me petsuade que
l'honnête homme de Pascal propre à tout en définitive n'est propre à rien. La spécialisation inintelligente, mène à l'erreur, j'en
conviens, mais en fait elle est une loi générale.
Et ceci est pour me plaire, car j'abhorre dissiper mon énergie,
j'aime le repliement, la frissonnante pudeur qu'effarouche les
vaines ostentations. Je goûte les peintres du passé et malgré ma
philosophie j'adore les peuples disparus. Volontiers j'implorerai
avec la Cassandre de Schiller la cécité, l'exquise cécité. Le sou
venir a plus de puissance sur moi que l'espoir.
Et sous des deux gris, en des pays étrangers désolants de
médiocrité, il m'est arrivé de pleurer plus amèrement que ne
pleura Xerxès aux rives d'Abydos.
J. PADOVANI.
PROUVERB1, BOUOI MOT, COUNSÈU E DICH
Vèuva que si marida,
Dèu perdre la lus e l'audida.
Fiha madura,
Lou pouorta à la centura.
En cuntant su lu det :
Aquéu a fa l'óu ;
Aquéu l'es anat cercar,
Aquéu l'a fa cuèire,
Aquéu l'a manjat,
E lou pichoun n'a ren tastat !

�— 73 —
LE

DÉSESPOIR

Oui, j'ai la mort dans l'âme ; oui, je monte au calvaire ;
Mon horizon, hier si beau, s'est obscurci ;
Je hais tous les devoirs et tout ce qu'on révère :
Mieux vaut mourir que vivre ainsi !
Puisque je n'y puis rien ; que la raison humaine
Ne gagne plus un cœur où mon cœur est entré,
Je veux briser mes jours comme on brise une chaîne
Et m'enfuir en désespéré.
Qu'est-ce donc que la mort ? C'est la paix éternelle,
C'est un beau drap de fleurs sur mon sein endormi,
C'est la nature calme, auguste et solennelle
Qui nous prête un repos ami.
O nature de Dieu contemple ma détresse !
Ecoute tout mon sang dans mon cœur s'épancher
Et, puisque je n'ai plus le lit de ma maîtresse,
C'est au tien que je veux coucher ;
C'est toi la grande mère et la nourrice immense !
L'homme au sort le plus âpre et l'homme au sort plus beau
Retrouvent dans ton sein leur part de ta clémence :
L'un l'amour, l'autre le tombeau
Tu sais, toi qui vois tout, ce qu'ici bas je souffre,
Que je n'ai point béni l'instant de mon réveil
Et que j'ai regardé, toujours, du fond du gouffre,
Les bords ou brillait le soleil ;
Que je n'ai bu jamais que dans la coupe amère,
Que le seuil du bonheur me fut toujours fermé,
Que j'ai perdu mes fils, que j'ai perdu ma mère
Et tous les cœurs qui m'ont aimé !
Maintenant je m'en vais, battant du front, comme ivre,
En proie à ce grand deuil qui me courbe en vainqueur,
Et je veux déchirer ma vie, avec le livre
Des chastes sanglots de mon cœur ;
Et toi, rayon divin, génie, ardent délire,
Flambeau qui n'iras plus briller sur son autel,
Eternise du moins ces larmes de ma lyre
Et que mon cri soit immortel !
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1912

QUATRE-TÈMS

Noumbre d'or...
13
Mars
Epato (Grégori)
Il
Jun
Cicle soulari
17 Setèmbre
Endicioun roum
10 Desembre
Letra doumenicala
G F
LI QUATRE

8,
7,
20,
20,

10
9
22
22

e
e
e
e

11
10
23
23

SESOUN

Lou printèms coumença lou 21 mars
L'estiéu
—
— 22 Jun
L'autoum
—
— 24 sept,
L'iver
—
— 22 dés.

à 6.55 m.
à 2.36 m.
à 5.18 m.
à 11.53 m.

dôu sera
dôu sera
dôu matin
dôu sera

FESTA MOUBILI

Septuagesima... 12 Fébrié
Cendre
21 Febrié
Pasca
7 Abrieu
Rougacioun 21, 22, 23, 24 Mai
Ascensioun
16 Mai

Pantecousta
Trinità
Festa de Diéu
1" Dimenegue de
Ie* Desémbre

26 Mai
11 Jun
15 Jun
l'Avènt

LU ESCLISS!

Souliu.

—

ij Abriéu. — Esclissi annulari e coumplet visible

à Paris, en America, en Europa et dintre lou N.-O. de l'Africa.
Coumençamen de l'esclissi à 10,01 dôu matin ; finisse à 1,08
dôu sera.
10 Otitoubre. — Esclissi coumplet invisible à Paris, visible
dintre l'America dôu Sud.
Luna. — 1" Abrièu. — Esclissi parciella visibla à Paris. Entrada de la luna dintre l'oumbra, 9.26 dôu sera; sourtida, 11.03
dôu sera.
26 Setèmbre. — Esclissi parciella, invisibla à Paris, visibla
dintre l'Océan Pacifique.

Jîla providence, %ue de la Préfecture /4, $run, Siàraire

�LU

VÉNT

Lu vènt que souflon à Niça, dintre lou cours de l'armada,
soun au nombre de 16. Vequi li siéu denouminacioun courènti,
pihadi, en general, dai loucalità dei quali parèisson vèni :
Sud
Miejon
Nord... Tramountana
S.-S.-O. Miejou Lebech
N.-O.-E. Grek Tramountana
S.-O
Lebech
N.-E... Grego
O.-S.-O Pounèut Lebech
E. N .E. Levant
Ouest. Pounènt
E.-N.-E. Levant
O.-N-O.V Pounènt Maistràu
E.-S.-E. Levant
N -O . Mastràu
S.-E.... Siroco, vènt marin
N..-N. OMaïstràu Tramount
S.-S.-E.. Miejou Siroc

6
15
25
14
31
24

VIGÍLIA — JEUNI
Abriè
(Pasca, 7 Abrièu).
Mai
(Ascensioun, 16 Mai).
Mai
(Pantecousta, 26 Mai).
Avoust
(Assoumpcioun, 15 Avoust).
Outoubre (Toui lu Sant, Ier Nouvembre).
Desembre (Calena, 25 Desembre).
L'AN NADA RELIGIOUSA

LI FESTA MOUBILI E LI FESTA FISSI
Janvt'è
jYlars
1 Circouncisioun.
1 e 2 Quatre Tèms.
6 Epifania (lu Rei).
3 Reminiscere.
13 Bateja de J.-C.
10
Oculi.
14 Sant Noum de Jesu.
17 Lœtare.
fébrié
24 Passioun.
2 Puriflcacioun.
29 Li 7 Doulou.
4 Setuagesima.
31 Lu Rampàu.
6 Festa de la Pr. de N. S.
11 Sexagesima.
Jîbriéu
13 Coum. de la Passioun.
5 Divendre Sant.
18 Quinquagesima.
7 Pasca.
21 Cendre.
14 Quasimodo.
25 Quadragesima.
28 Patrou. de San Joúsè.
28 Quatre-Tèms.

�Setembre
3 Inv. de la Santa Crous.
13, 14, 15, Rougacioun.
16 Ascensioun.
26 Pantecousta.
29-31 Quatre-Tèms.
1
2
6
9
21
24
29

Quatre-Tèms.
Trinità.
Festa de Diéu.
Festa dôu S. Sacramen.
Sacrat-Couor de'jesu.
Natività de S. jouan-Bat.
SS. Peire e Paul.

8 Natività de la Vierge.
14 Esaltacioun de la Crous.
15 N.-D. dei 7 Doulou.
15 San Noum de Maria.
18, 20, 21, Quatre-Tèms.
29 Dédie, de S. Miquèu.

Ôutoubre
6
13
20
27

Sant Rousari.
Maternità de la Sta Vierge.
Puretà de la Santa Vierge.
Patrounage de la S. Vierge.

J/ouvembre

Juliet
2 Visitacioun de la S. V.
7 Precious Sang.
16 N.-D. dôu Carme.

Jîvoust
6 Transfiguracioun.
15
18
25
25
29

Assoumpcioun.
S. Joachim.
S. Couor de la Vierge.
S. Louis.
Decolac. de S. Jouan-Bat.

1
2
3
21

Toui lu Sant.
Lu Mouort.
Santi Relíquia.
Present, de la Sta Vierge.

2&gt;esembre
1 Avent.
8 Imaculata Councepcioun.
18, 20, 21, Quatre-Tèms.
25 Calena.

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�LA

DÉCIMALISATION

DU

TEMPS ET DES

ANGLES

LA MONTRE DÉCIMALE
Par J. de REY-PAILHADE, président du Comité
pour la propagation des méthodes Décimales.
Le Club Nautique de Nice a offert plusieur fois en prix des
montres décimales aux régates'de 1909. Il était utile de décrire cet instrument, d'y joindre des tables pratiques et des
formules à l'usage des ingénieurs, des sportsmen, des médecins, etc. etc.
DÉCIMALISATION DES ANGLES •
Il est aujourd'hui démontré que la division décimale du
quart de cercle facilite tous les calculs.
Les nouvelles cartes géographiques sont graduées exclusivement dans ce système, devenu officiel en France et dans
d'autres pays. On possède toutes les tables pratiques nécessaires à son essai courant. Nous ne nous étendrons pas
davantage sur cette méthode aujourd'hui enseignée dans les
lycées et collèges.
Nous rappellerons seulement que M. l'amiral Germinet,
membre d'honneur du C. N. N., sous la direction duquel on
fit en 1899 et 1900 des essais de navigation avec un matériel
entièrement décimal, a émis un avis très favorable à la
réforme décimale.
DÉCIMALISATION DU TEMPS
La division décimale du jour décrétée le 4 frimaire an II
rendra aussi de grands services à la science et aux sports.
Principe. — On divise le jour entier en 100 parties égales
appelées cés ; le cé est subdivisé en décisés, ceniicès et millicés
Le cé vaut 14m 24s ou 1T4 d'heure environ ; le décicé est égal
lm 26s 4 ou lm Ij2 environ ; le millicé vaut 0S 864 ou 9T10 de
seconde environ.
Concordance des Temps. — On parvient assez vite à dire
instantanément l'heure à 1 ou 2 minutes près en regardant le
cadran d'une montre décimale. Il suffit d'apprendre par cœur
les concordances décimales de toutes les heures.
0,0
0
50,0

4,2
1
54,2

8,3
2
58,3

12,5
3
62,5

16,7
4
66,7

20,8
5
70,8

25,0
6
75,0

�25,0
6
75,0

29,2
7
79,2

33,3
8
83,3

37,5
9
87,5

41,7
10
91,7

45,8
11
95,8

50,0
12
100,0

Les heures sont au milieu, les concordances des heures
du matin en haut, celles du soir en bas. Ainsi 10 heures du
matin valent 41.7 cés (énoncer 41 cés 7 décicés) et 10 heures
du soir valent 91,7 cés.
Gomme 1 cé vaut presque lj4 d'heure et un décicé une mi •
nute 1]2 ; en partant des concordances du tableau, on dit
l'heure instantanément, ainsi 39,9 cés valent 9 h. 36 m. du
matin. Un ou deux jours suffisent pour atteindre ce résultat.

Description de la montre décimale ou cémètre. — Il y a 3
aiguilles centrales se mouvant sur un cercle divisé en 109
parties égales, numérotées de 0 à 9. Le 0 cé est en bas, c'est
l'origine des temps, car on suppose la Terre au centre du
Cadran.
L'aiguille dorée avec un soleil ne fait qu'un tour par jour ;
l'aiguille épaisse en acier bleu tourne 10 fois par jour, et la
trotteuse fine fait 1000 tours par jour.
L'aiguille-soleil montre la position de l'astre du jour par
rapport au méridien de Paris, qui va du centre au chiffre 5.

�10 —
Les quatre traits bleus indiquent les positions de cette aiguille
à minuit en bas sur 0 ; — à tì h. du matin au milieu entre 2
et 3 ; — à midi, en haut, sur le 5 ; — à 6 h. du soir, entre 7
et 8.
L'aiguille dorée du soleil indique le chiffre des dizaines
de cés, 2 sur le dessin ; l'aiguille épaisse donne d'abord le
chiffre des cés, 6 sur le dessin, et en comptant rapidement à
l'œil le rang de la division entre 6 et 7, on voit, que cette aiguille marque 3 décicés. Le temps du dessin est donc 26,3
cés correspondant à 6 h 20 m. du matin environ. L'aiguille
trotteuse donne les millicés 83. Le temps est donc 26,383
cés.
» Pour la vie courante, on n'a pas besoin d'aller au delà du
clécicé. On lit les milticés pour les applications scientifiques
et sportives.
Le temps en millicés lu sur le cêmèire facilite tous les calculs, car on n'a jamais de réductions à faire.
Examinons le problème des vitesses a l'heure : Les millicés multipliés par 0,00024 donne des heures et fraction décimale d'heure. Ainsi Ì2345 millicés valent 12,345 -f- 24 =
2 h. 9628.
Par conséquent si L est la longueur parcourue et M le
temps en millicés, la vitesse est

ou t

+ 4166,66...

Ces quelques exemples démontrent que la montre décimale simplifie tous les calculs sans exception.
Les rapports de MM. les délégués officiels aux essais de
la montre décimale faits à Nice, par le Club Nautique, le 26
février 1911, concluent unanimement à la supériorité de cet
instrument pour les usages scientifiques et sportifs.
M. Prim, astronome à l'Observatoire de Nice, représen
tait M. le \iinistre de l'Instruction publique.
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P.
P.
D.
N.

Q,
L.
Q.
L.

lu 8, à 7
lu 14, à H
lu 22, à 7
lu 30, à 10

SOULÈU.

1
2
3
4
5
6
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dil. Jou de V An

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2
3
4
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Lu Rei
6
Dim. S. Lucien
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dil. S. Apoulinari
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dim. S. Pèire
9
dim. S. Guiermo
10
dij S. Teodose
11
div. S. Arcada
12
dis. Sta Verònica
13
Dim. S. Ilari
14
dil. S. Maurici
15
dim. S. Ounourat
16
dim. S. Antoni
17
dij. Sta Angela
18
div. S. Sulpici
19
dis. S. Bastian
20
Dim. Sta Agnesa
21
dil. S. Vincènt
22
dim. S. Raymound
23
dim. Sta Jacinta
24
dij. Conv. de S. Pàu
25
div. S. Poulicarpa
26
dis. Sta Devota
27
Dim. Sta Paula
28
dil. S. Francès S.
29
dim.
dim.
dij.
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S.
Sta
S.
S.

TRIMESÏRÍ;

Macari
Genevieva
Tita
Simeoun

dim. Sta Marfina
dim. S. Peire N.
En Janvié
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lu 13, à 11 oura 38 m.
lu 21, à 4 oura 44 ui.
- L. 7 49' - C. 5 30'

dij. S. Ignaci
div. La Candeliera
dis. S. Blasi
Dim. Setuagesima
dil. SS. Vinc.Oronte
dim Sta Agata
dim. Sta Dorotea
dij. S. Romuald
div. S. Jouan-Matha
dis. Sta Apoulounia
Dim. Sexagesima
dil. Sta Eulàlia
dim. S. Gregori
dim. Sta Eufrasia
dij. S. Onesime
div S. Dounat
dis. S. Simeoun
Dim. Quinquagesima
dil. S. Gabin
dim. Dimars-Gras
dim. Li Cendre
dij. S. Silvan
div. S. Maxime
dis. S. Pascase
Dim. Quadragesima
dil. S. Nestor
dim. S. Leandri
dim. Sta Nourina
dij. S. Nymphas

Plueia de febrié
A la terra vau fumiè.

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NICE

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P. Q.
P. L.
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14 Dim.
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16 dim.
17 dim.
18 dij.
19 div.
20 dis.
21 Dim.
22 dil.
23 dim.
24 dim.
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26 div.
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28 Dim.
29 dil.
30 dim.

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8 dim. s. Gregori N.
9 dij. s. Antounin
10 div. s. Isidoro
11 dis. s. Bounifaci
12 Dim. s. Jouan lou S.
13 dil. s. Pouon, m.
14 dim. s. Pacomo
15 dim. s. Sta Denisa
16 dij. Ascensioun
17 div. S. Pascaù
18 dis. S. Teodoto
19 Dim. s. Pèire C.
20 dil. s. Felis.
21 dim. s. Bernardini
22 dim. s. Julia
23 dij Rogaeioun
24 div. s. Vincen, d. L.
25 dis. S. Urbin
26 Dim. Pandecousta
27 dil. S. German
28 dim. S. Cirile
29 dim. Sta Petronïa
30 dij. S. Sylve
31 div. S. Justin
Au mes de mai
Longui semana

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P.
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lu 3,
lu 11,
lu 19,
lu 26,

SOULÈU.

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—

à 11 oura 4 s.
à 10 oura SI s.
à 9 oura 51 s.
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2 oura 20 s.
L. * 34'

C. 8 1!"

S. Potin
Trinità.
S. Quirin
S. Francès C.
S. Lié
Festa de Dieu
S. Lié
Quatre-tèms
S. Optat
Sta Margarida
S. Barnabe
S. Antoui de P.
S. Basilio
S. J.-F. Régis
S. Moudeste
S. Lambert
Sta Olga
S. Gervai
Sta Juliena F.
S. Louis de G.
S. Paulin
Sta Maria d'O.
S. Jouan-B.
S. Prousper
S. Alban
S. Cresen
s. Iréné.
s. Pèire
s. Pàu
s. Tibàu

En Jun
De tres abit l'un

Dégustez tous le vrai

NICE

—

BLANQUI &amp; FRACCHIA
— Usine au Pont-Magnan

—

NICE

�— i4 —

TROISIÍ)MK

AVOUST

JULIE T
P.
P.
D.
N.

lu 3, a 10 mira 20 m.
lu 11, à 1 cura 53 s.
Il 19, a o oura 31 m.
lu 25, a 9 oura 12 s.
SDULÈU. - - L. 4 35' — C. 8 22'

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S. Thierry
Vierg.de li Gracia
S. Anatole
S. Pèire de L.
S. Sisoès
S. Elie
Sta Babeta
S. Efrein
Sta Felicita
S. Pio
S. Jouan G.
S. Gene
S. Jaque
Festa Naciounala
S. Enri
N.D.d.M. Carmel
Sta Marcelina
S. Frederic
S. Vincen de P.
Sta Margarida
S. Vi loiSta Maria-Mad.
S. Apoulinari
Sta Cristina
S. Jaque
Sta Anna
S. Pantaleoun
S. Samsoun
Sta Marta
Sta Giulieta
S. Gnaci de L.

Au mes de Juliet
Ni frema ni coulé.

TBIMËSTRÎ;

I1. Q. lu 2, a 0 oura 29 m.
P. L. lu 10, a 3 oura 58 m.
D. Q. l»i 17, a 1 oura 1.1 s.
N. L. lu 21, a 5 oura 14 m.
IV Q. lu 31, &amp; 5 oura 21 s.
souLÈu, —1.5 or -j&gt;. 8 or

dij.
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S. Pèire-aï LS. Alfonso
Inv. de S. Estève
S. Domenica
N. D. dei Nèu
Trausf. de J. C.
S. Gaétan
Sta Batilda
S. Camila d. L.
S. Là u ren
S. Septima
Sta Clara
Sta Filoumèna
S. Ousèbi
Asoumpcionn
S. Roc
S. Mamès
Sta Elena
S. Ipoulita
S. Bernar
Sta Chantai
S. Pio V
S. Filipe B.
S. Bartoumiéu
s. Louis, r. F.
s. Seg'oundo
s. Cesari
s. Goustin
s. Mederic
Sta Rosa
S. Fiacre

F.n . ivoast
Figa e moust

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SBTÈMBRE
P. !.. lu 8, a' 4 oura 57
D. Q. lu 15, a 6 oura î&gt;l
N. L. Ju 22, a 3 oura 37
P. Q. lu 30. a 0 oura 08
SOULÈU. - - 1. 5 47V— c.

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S. Gili
S. Estève R.
Sta Eufemia
Sta Rosalia
S. Làuren J.
S. Pambon
S. Grat
Natiu, di' la V.
S. Oumer
S. Xicola
S. Félis
S. Veran
S. A nié
Es. (1. l.S. CtQUS
S. Nicomède
S. Conrneilla
S. Lanbert
S. Tournas V.
S. Janvié
S. Euslache
S. Matiéu
S. Maurici
Sta Tecla
S. Girar
S Firmen
S. Nil
S. iN'icandre
S. \\ inceslas
g. Miquèu
S. Jeromo

Lima setembrina
De mai clarina

MOT »

GRANDE MARQUE RECOMMANDÉE

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OUTOUBRE
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lu 22,
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6 06*

TRIMESTRE

NOUVÈMBRE
P. L. lu
6,
D. Q. lu 43,
N. !.. lu 20,
Q.
lu 29,

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SOULÈU. - -

1.

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4 oura 48
8 oura 20
9 oura 49
2 oura 42
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—

c.

5 03'

1 dim. Rosari
1 div. Tout lu Sant
2 dim. S. ■ Léger
2 dis. Eu Mouorl
3 dij. S. Rosari
S. Ubert
4 div. s. Francès d'A. 43 Dim.
dil. S. Carlo B.
5 dis. s. Placido
5 dim. Sta Bertila
6 Dim. s. Bruno
6 dim S. Leounar
7 dil. s. Serge
dij. S. Nestou
/
8 dim. Sta Reparada
8 div. Lu Quatre Incou.
9 dim. S. Denis
9 dis. S. Teodore
10 dij. s. Francès B. 10
Dim. S. Jacintou
11 div. s. Tarasco
11 dil. S. Martin
12 dis. s. Counrad
12 dim. S. René
13 Dim. s. Edouard
13 dim. s. Stanislas
14 dil. s. Calisio
14 dij. S. Pantena
15 dim. Sta Teresa
15 div. Sta Gertruda
16 dim. S. Ospici
16 dis. S. Edme
dij.
17
Sta Edvija
17 Dim. S. Gregori
18 div. S. Luc
18 dil. S. Alfè
19 dis. S. Pèi re
19 dim. Sta Babeta
20 Dim. S. Agrico)
20 dim. S. Edmon
21 dil. Sta Ursula
21 dij. Présent, de la V.
22 dim. S. Filip
22 div. Sta Cecilia
23 dim. S. Teodoret
23 dis. S. Clemen
24 dij. s. Mairloire
25 div. ss. Crespin-Cr. 24 Dim. Sta Flora
26 dis. s. Jouan de K. 25 dil Sta Catarina
26 dim. Sta Pel fina
27 Dim. s. Frumence
27 dim. S. Maxime
28 dil. s. Alfredo
28 dij. S. Sostène
29 dim. s. Narcisse
29 div. s. Saturnin
30 dim. s. Marcel
30 dis. s. Andrièu
31 dij. s. Siri
En ùuloubre
\loii ponorc goûta loti rùare

Tonssan ientra
St A n'driéu lou souorte

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DESÈMBRE

s.
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lu 12,
lu 20,
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5
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8 Dim.
9 dil.
10 dim.
11 dim.
12 dij.
13 div.
14 dis.
15 Dim.
16 dil.
17 dim.
18 dim.
19 dij.
20 div.
21 dis.
22' Dim.
23 dil.
24 dim.
25 dim.
26 dij.
27 div.
28 dis.
29 Dim.
30 dil.
31 dim.

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6 oura 46 s.
4 our;i 40 s.
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Sta Bibiana
S. Francès X.
Sta Barba
S. Bassi
S. Nicola
S. Anbrosi
Imac. Conception
Sta Leoucadia
Sta Eulàlia
S. Damase
Sta Rosélina
Sta Lucia
S, Niçoise
S.
S.
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S.
S.
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S.

Mesuiin
Adon
Olimpíada
Gatien
Ciprian
Filogone
Tournas

S. Onourat
Sta Vitòria
Cacha-fuec
Calèna
S. Estève
S. Jouan
SS. Inoucent
Sta Eleonora
S. Sabîn
S. Sàuvestre

Calena aufuec,
Pasca àu j'aèc.

sin -

GRANDE MARQUE RECOMMANDÉE

4 35

�- i6-

�- 17

-I

CROUNICA NIÇARDA
L'ABADÏA DE SAN POUON.— L'ABAT RANCE-BOURREY.
GLOFFREDO.

—

—

PÈIRE

A PREPAU DOU DIALETE NIÇART.

Ben qne pareissènt tardié, VArmanac Niçart s'empressa de
pourtà la siéu febla vous su tout cen que enteressa lou païs, sigue
au pounch de vista istoria loucala, pouesia, tradicioun, sigue
tamben su la taquinanta questioun dóu dialete niçart souvenri
fès pauvada e su la quala lu escritour mouderne soun luen d'estre
d'acordi.
Parlerai finda de M. l'Abat Rance-Bourrey, un beneditin qne
despi quauque an en ça mete à prouflt la siéu erudiciou n a nen
revelà de fach d'istoria inedieh. Se quauqu'un mérita d'estre
laudat es ben éu ; es en éu que VArmanac Niçart tressa la
pamoula de sapiença. En esprimant la nouostra recounouissença,
à l'Abat Rance-Bourrey, fen cen que touplen an denembrat,
vouoli dire de courounà lu siéu travail, frucha de ben de recerca,
dai quali obra sian fier d'avé prestat la prima ajuda. Pouden cità :
lou Discours sur le Monastère de Sainte-Claire de Nice, par Honoré
Pastorelli, publié d'après l'édition originale de Turin 1608, avec
une introduction et des notes ; — "Le Général J.-B.-M. D'Anselme" (Notices biographiques (1740-1792). E aquest'an
l'istorien nen douna — toujou de prima man — YExpulsion de
Mgr Valperga, evesque de Niça, au tèms de la Revoulucioun,
travail anoutat de peça curiouvi que sian urous de pouder metre
souta lu uès dei nouostre letour.
*
* *
Lou fach de l'annada, lou mai marcant, es estat aquéu de
l'Abadïa de San Pouon. Parlon de tout destruge pèr li basti an
siéu luec un espitau Pasteur... UArmanac Niçart es pas Penemic
dóu prougrès, ni men encara dei Bei-Art, ma si fa lou pious dever
de jougne lu siéu esfouors en aquelu dei siéu councitadin quo
l'istoria dóu passat passiouna, pèr que l'Abadïa de San Pouon
sigue counservada e classada couma mounumen istorique. En la
circonstança feliciti M. l'Abat Rance-Bourrey que mé rasoun s'e.s
demoustrat l'ardènt defensour autourisat que counouissen. La
siéu paràula es estada escoutada e lou Préfet de li Alpa-Maritima,
8

'

�— i8 M. de Joly — respetuous dei nouostri tradicioun — en ortie
avertit a proumès que l'Abadïa de San Pouon seria respetada e de
lèu si crusià pèr lou siéu classamen tra lu mounumen istorique.
Dóu resta vequi ce que l'Abat Rance Bourrey nen di su San
JPouon. Counsignen religiousamen li siéu paràula :
« L'Abbaye de Saint-Pons est le plus ancien monument relitgieux existant dans le Comté de Nice. Il y a dou^e cents ans que
sSiagrius y fonda un monastère. L'histoire de ce monastère est
jintimement liée à l'histoire religieuse, civile et économique de la
iville de Nice.
;
« Ce fut à Saint-Pons qu'en 1388 fut'signé l'acte réunissant
le Comté de Nice au Comté de Savoie. Les abbés de Saint Pons
ifurent pris dans les principales familles du Comté : les Badat, les
tLaugery, les Provana, les Lascaris, les Grimaldi, les Martelli, les
;Tournefort, etc. Plusieurs évêques de Nice furent abbés de Saint[Pons, en particulier Barthélémy Chuet (fin du xve siècle) et Jean
, Uriole, son successeur. Un autre abbé, Claude de Seyselle, fut
,évêque de Marseille, puis archevêque de Turin ; d'autres furent
cardinaux, tels Innocent Cibo, neveu d'Innocent VIII et de
f
;Léon X, et Paul Medeci de Cesis dont on voit encore l'inscription
(funéraire à Sainte-Marie-Majeure, à Rome.
:
« A la fin du xvir siècle, l'abbé de Saint-Pons était Pierre
•Gioffredo, le savant historien niçois. Enfin, un abbé de SaintiPons dont les Niçois n'ont pas encore perdu le souvenir, était
(l'abbé Spitalieri de Cessole qui a doté sa ville natale d'un établissement de bienfaisance si justement apprécié. La plupart des
pbbès de Saint-Pons et plusieurs évêques de Nice ont été enterrés
dans l'église ou sous le cloître et dorment aujourd'hui confondus
avec les moines leurs frères qui depuis dix siècles y sont enterrés.
« Les monuments funéraires ont disparu. Le temps a tout
(nivelé à Saint-Pons, singulièrement aidé cependant par la main
ides hommes. On connaît les dévastations commises par
Iroupes de François Ier et de Barberousse, plus tard par celles d
Catinat et par d'autres encore. Après chaque désastre, SaintPons a retrouvé une nouvelle vitalité et il y a à peine trois quarts
de siècle que Mgr Galvano y a fait d'importantes réparations.
;
« Saint-Pons n'est pas seulement une page de l'histoire de
notre pays, c'est un gros volume de cette histoire ; les Niçois
laisseront-ils dire qu'ils sont restés indifférents devant le danger
qui menace Saint-Pons ? Non, ils feront tous leurs efforts pour

�— 19 -

sauver de la destruction un monument qui doit leur être cher...
Je demande d'urgence le classement de l'Abbaye de Saint-Pons,
c'est-à-dire de l'Eglise et des bâtiments claustraux, comme monument historique. »
Lou councours de YArmanac Niçart es aquist. Emé fiertà e
au près de touplen de sacrifici faren respetà l'istoria dóu passat,
la lenga e lu escrich dei orne qu'an ilustrat lou nouostre bèu
pais.
*
* *
Despi quauque tèms, — maladia que reven per intermitença,
— la gran questioun de la grafia niçarda, de l'ourtougrafa, es
messa su lou tapis. De letra soun estadi publicadi, d'autri lou seran, e cresi qu'après ben de charra pèr dire pas gran cauva de
nóu, quasi dirii pèr predicà dintre lou Desert, noun restera
d'aquela discussioun, — Favén déjà coustatat, — pas gran cauva,
ren!... Cadun escrèu à la siéu moda seloun l'esprit dóu moumen,
e serii ben curious de counouisse aquéu que vendria nen dità
une metoda en nen dïen : « la mièu maniera d'escrièure lou
Niçart es la bouona». Discussioun scientifica que pòu passiounà
quauque lenguista, pas mai ; lou mihou es d'escrèure seloun li
letra ditadi pèr la prounouncia. Lou talènt pèr aquéu qu'escrèu
es de si laissà liège, de si faire acapi. Es qu'en en un entan que
frecuenta l'escola primària poudès li demandà autra cauva ?...
Perta de tèms que tout acò, vourria mai s'engenià à recercà lu
viei mot, espressioun, loucucioun courenti que la pous dóu tèms
a rabaïat, dounà au nouostre bèu dialete la coulou que dèu avè,
en respetant lu emprunt que pouden avè fach sigue à l'Italian, à
l'Espagnòu o à tout autre...
Un dialète noun dèu pas estre une lenga scientifica, encara
m en noun còu avè la pretencioun que sigue ouficiela, seria temerari ; lou dialete d'un païs dèu refletà lou caratere d'un'epoca que
lou tèms dèu respetà, enfin escrèure gramaticalamen, un noun
empedisse l'autre, e laissà à l'esprit, au goust lou coumplemen
d'un stile ouriginal, en de frasa councisi que flaton i'auriha.
Aquí fermi la discussioun, risqui de perdre la civada... l'an
que ven, se Diéu mi presta vida, v'en dirai d'autri e couma
d'usança que mi sigue permès de la vous souvetà : Bouona e
uroûva !
L'ARMANAC

NIÇART.

�20 —

LA CIGALA DOU BOUON DIEU
Una cigala dóu Bouon Dieu
Tout l'estiéu
E l'iver en la chambreta, —
L'aiguesias vista la lebreta ! —
Noun vivïa que d'amour
S'assetava su l'ounour;
La cigala cantarela,
Vau chanja de clientela,
Noun es courta d'amatour,
Que li viron tout au tour !
Ma l'ancien de la cigala,
De gros mot ven que s'embala ;
En l'auriha de la maire
Li ven tout aquéu bousin,
Que deja toui lu vesin
Sabon lou long de l'afaire
— Cenqu'as fach m'au tiéu tip ?
Di la maire enrabiada...
Bella Vierge encourounada !
Sera au mancou m'un bouon rie!!...
CH. CIAUDO

PROUVERBI, BOUOI MOT, COUNSÉU E DICH
Tèms d'iver noun ti fidar.
Lu màu dei enfan si garisson soulet.
Cau naisse pèr estre bèu, si maridar pèr estre rie, e mouri
pèr estre brave.
Per aver de raïn, eau caressar la souca.
Agnèu naissut
Vau un escut.
Dansa mihou ventre plen que rauba nova.
L'oumbra dou mèstre engraissa lou cavau.

�LOU MAGOT DE BERTOUMIÉU ISSUGA
O BEN

UNA RAISSADA DE MACAROUN
Conte menloanasqae trouvât dintre d'un armori
de ma nana e que /'Armanac Niçart es tirons de
transcrièure en niçart à Ventencioun dei sièu
fidèle lotour et lelrissa.

Bertoumiéu Issuga, mentounasque de viéia roca, abitava en
coumpagnia de sa mouhié, en carriera dóu Paumoulié. La siéu
frema, malurousamen, era sirnplaria e faia lou siéu desespoir.
Cada matin Bertoumiéu, avant de s'en anà au travail, li recoumandava de noun faire de bestialità. Cou vous dire que toui lu
dissata lou nouostre ome metia en un'armari pertuat dintre la
muraia lou gagne de la semana.
— Bertoumiéu ! pèr qu seria tout aquel argen, demandava
Marioun au siéu marit.
— Es pèr Madjou-long, castagnassa !
*
* *
Un jou Bertoumiéu partet pèr anar à la siéu campagna ;
devia même li restar doui ó très jou pèr souïnar e arousar lu
citrouniè. Marioun souleta matin e sera, s'assetava su lou banquet de la pouorta e faïa de bas... Un predinà veguet un ome
de statura mai que mejana, couma si di, un gran carcan. La
frema de Bertoumiéu lou fissa sensa parpelear, pi pihada d'un'
idea, li diguet :
— Moun bèu Moussu, sias bessai vous Madjou-long ?
Lou merlo pita e noun s'en laissa dire autre, léu li
respouonde :
— Noun vous troumpas pas, bella bruneta, sièu ièu Madjoulong !... Ma perqué mi faire tala demanda ?
Perqué ?... dou moumen que sias Madjou-long, intras su lou
cóu. Li a ja pas mau de tèms que moun marit a mes d'argen
amagat pèr vous...
E sensa mai de ceremounia li remeté lou mandiou dintre lou
quai lu sóu eron groupât. L'ome remercia e la s'esbigna lèu.
♦

* *

�Lou sera, Bertoumiéu arriva, la sièu mouhié li di.
— Sabes, ai vist ancuei Madjou-long !
E l'ome de cridar :
— Malurousa ! — m'en a fach encara una 1
Courre à l'armari, lou mandiou e Pargen, mouis !... Issuga
blastema pica dai pen, es décidât de si desiaire de la siéu frema
Lendeman, dóu téms qu'aissesta durmïa, li cuerbe lu uès emé de
pega de sabatié, pi la pihant pèr la man, la mena dapé dóu CapMartin. Arrivât aqui, Bertoumiéu fa mountar Marioun su d'un
nouguié el'abandouna. La paura, bòrnia, noun sabia doun si
trouvava, ni men encara ce que poudia faire.
En aquéu fra-tèms doui voulur venon s'assetar souta
l'aubre ; après aver abrat quauqui branca sequi pèr s'escaufar, pi
si meton à cuentar lou siéu argen.
La calou faguet delegar la pega que curbia Puès destre de
Marioun e aissesta de cridar :
— E d'un !
Lu voulur, d'estuc, s'isson d'emblée.
— Qu'es acó, diguet l'un.
— Un matagan, faguet l'autre.
La calou seguia á faire lou siéu efet pau à pau durbia Puei
senec.
— E de douî, diguet Marioun.
Dóu cou lu voulur escapon, laissant Pargen espantegat soubre
Perba.
Marioun coumença à li veire clar, cala da l'aubre e ramassa
Pargen, pi lèu s'en camina vers maïoun...
Lou sièu marit, pensierons, era assetat dapè dóu fuec, s'escaufant, fumant la sièu pipeta emé beatituda...
— Bertoumiéu !... o Bertoumiéu !... duerbe-mi, siéu iéu,
Marioun...
— Vai au diàu que ti pihe... ièu que cresii de m'en estre
despegouït...
Ma Marioun, toujou picava, un cóu noun asperava l'autre...
L'ome fenisse per li durbi...
— Ten ! regarda cen que ti pouorti.. . e Marioun pauva lou
sac su lou toulié. ..
Bertoumiéu, entartugat, cuenta Pargen e réfléchisse ; — Marioun es simplaria e deman la vila saupra Pistoria de la fouré . ..
Cóu que Bertoumiéu si dispegouïsse pèr empedi li marridi lenga
de bavar...

�— 23 —
Si mete la vesta, lou capèu e souorte fermant la pouorta i..
Faïa nuech dintre la carriera, ma sensa pena s'encamina
vers una boutiga e croumpa pèr mai de dès kilo de macaroun...
Ientra au sièu e di à la sièu mouhié de si metre au liech.
En tant que Marioun durmïa, Bertoumiéu fa bui lu macaroun, pi lu espantega su lu aubre dóu jardin... Lendeman de
matin la siéu frema, desveiada, si mete à la fenestra...
— O ! Bertoumiéu ! Bertoumiéu ! Vene un póu veire!... O
trest ! vè, a plougut de macaroun !...
— O vai fantauma !... n'as toujou una. .. Ten ! ten !... ma
es ver !...
*
* *

A quauque tèms en ça, Bertoumiéu l'avia previst, Marioun
countet à toui que lou siéu ome noun li picava plus, despi lou
jou qu'ela li avia pourtat de sac plen d'escut...
Lou juge aiguent audit parlar de l'afaire, mandet sounar
Bertoumiéu devant lou tribunal ; la siéu mouhié era estada
citada couma testemoni.
Lou juge. — Bertoumiéu, sias acusat d'aver gardât d'argen
que noun era vouostre.
— Iéu !... Ma moussu lou juge, lou negui ; sièu couma
sabès un travaiadou.. .
E Marioun de dire.
— Noun negar, Bertoumiéu, sabés ben qu'es ver ; es iéu en
persouna que t'ai pourtat la mouneda, qu'avii trouvât en la
fouré.. .
Lou juge. — Anas brave ome, noun negués.. .
— E quoura lou m'as pourtat ?... — Vous juri, Moussu lou
juge, que la miéu frema es fouola !...
— E lou sabes ben, Bertoumiéu, es lou jou que plouguet tant
de macaroun !
— Moussu lou juge aves jamai vist ploure de macaroun ?...
— Jamai ! moun beL amic respoundet lou juge que si tenia
lou ventre dóu rire — Amie, vèu que la vouostra frema es
fouola. .. sias aquitat !...
Bertoumiéu si retira emé Marioun... Noun aigueron plus
de disputa e vieugueron, pareisse urous e pèr longtèms !...
J. E.

�CANSOUN ANCIENNA

PÈR LOU

N'aurias pas vist la miêu fiha
Trin-trin
Lou galerin
A'aurias pas vist la miêu Jiha
Trois-wtrois
Le fils du roi
L'ai vista e l'ai baïada
Trin-trin
Lou Galerin
L'ai vista e l'ai baïda
Trois-trois
Le fils du roi.
Douna-mi la miêu fiha
Trin-trin
Lou galerin
Douna-mi la miêu fiha
Trois-trois
Le fils du roi.
Es aqnela la vouostra fiha
Trin-trin
Lou galerin
Es aqaela la vouostra fiha
Trois-trois
Le fils du roi.
La miêu fiha era pas lernia
Trin-trin
Lou galerin
La miêu fiha era pas lernia
Trois-trois
Le fils du roi
La miêu fiha era pas lua
Trin-trin
Lou galerin
La miêu fiha era pas lua
Trois trois
Le fils du roi.
N'es ni guercia ni poutinouva
Trin-trin
Lou galerin
N es ni guercia ni poutinouva
Trois-trois
Le fils du rois.

MAI

�La miéu fiha n'es pas borni a
Trin-trin
Lou galerin
La miêu fiha n'es pas bornia
Trois-trois
Le fils du roi.
Noun faïa pas belugueta
Trin-trin
Lou galerin;
Nonn faïa pas belugueta
Trois-trois
Le fils du roi.
La miêu fiha n'es pas emberrida
Trin-trin
Lou galerin
La miêu fiha n'es pas emberrida
Trois-trois
Le fils du roi.
La m iéu fiha n'es pas pigada
Trin-trin
Lou galerin
La miêu fiha n'es pas pigada
Trois- trois
Le fils du roi.
La miéu fiha noun es pas ranga
Trin-trin
Lou galerin
La miéu fiha noun es pas ranga
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha noun es pas louorla
Trin-trin
Lou galerin
La miéu fiha noun es pas touorta
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha n'es pas crouoada
Trin-trin
Lou galerin
La miéu fiha n'es pas croavada
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha n'es pas gibouva
Trin-trin
Lou galerin
La miéu fia n'es pas gibouva

�— 26 —
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha noun es foularana
Trin-trin
Lou galerin
La miéu fiha noun es foularana
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha n'es pas ingourda
Trin-trin
Lou galerin
La miéu fiha n'es pas ingourda
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha a pas lou peu de pi g nu
Trin trin
Lou galerin
La miéu fiha a pas lou peu de pig nu
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha noun es narvelouua
Trin- trin
Lou qalerin
La miéu ûha noun es narveloiwa
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha noun a la rougna
Trin-trin
Lou galerin
La miéu fiha noun a la rougna
Trois trois
Le fils du roi.
XXX.

PROUVERB1, BOUOI MOT, COUNSÈU E DICH
Qu duerme ben noun cregne li niera.
Qu vè pissar e noun pissa, crêpa de malícia.-'
Qu douna soun ben avan de mouri
Mérita de pati.
L'amour es lou paradis dei fouol.
L'amour es .la flou de la jouinessa.

�LA MOUORT DAU PAURE TOUNIN

Lou paure Tounin, malàut a setant'an, si presenta à l'espitàu
ma li respouondon que li a plus de plaça.
— Coumplet ! ! !
Quauqu'un li fa capi qu'em'un pau de proutecioun li pourria
intrar. Countrariat dei pas que cóu faire, Tounin vira lu taloun e
s'encamina vers la plaça Massena, piha lou tram, si rende da
Graugnard, à l'espitàu dei can, e li di :
— Moussu lou Veterinari, cresi d'estre un pau mai qu'un
can ?... En aquéu cas souîna-mi...
— Vous souînar aici, ma brav'ome perdés la testa. — Basta,
li di que n'a pas de liech pèrcourcar un crestian, que noun douna
de souin qu'ai bestia !...
Tounin, couma pensas, s'en souorte m'au couor gros e noun
sau plus à que sant si recoumandar. Era aqui au mitan dóu
camin, quoura en aquéu moumen arriba un landau, doun cala
una grossa dama, encapelada, aurias dich un ver foungi, segada
d'un varlet que pourtava religiousamen un can enfeloupat emé de
favour rosa au couol, tapat d'un tapis em'ai iniciala. En veèn
aquéu tablèu lou paure Tounin si lamenta, sangluta fouort.
— Qu'avès lou miéu brav'ome, li di la dama.
— Cen qu'ai Madama ?... trovi que lou vouostre can a mai
de chança que iéu. Li a cinquant-cinq an que travaii, pèr la premiera fès que siéu malàut, noun soulamen mi refuson à l'espitàu
dei estre uman, ma encara mi vèu picar la pouorta au nas èn
aquéu dai can.
— Quevoulès, lou miéu paur'ome, ai fach un vout de mimetre
à la Soucietà Proutetriça dei Animau, de pourtar touti li miéu
ecounoumia à la Caissa de secours pèr soulajar lou sort dei bestia.
Lou fau talamen ben, que vouguessi ben vous dounar un sóu
que pourii pas.
La dama li vira l'esquina e ientra couma un coupa-cisèu da
Graugnard. Tounin roumougna :
— Se ti veguessi en un cantoun ti dounerii mancou un gotou
d'aïga !... vièia sansuga !...
Tounin estrassinat, deble s'alonga un pau plus en là, su d'un
mouloun de peira. Quauqui oura après, couma soufrisia, n'ai-

�guènt ren en l'estomegue depi l'auba, coumençava d'aver lou
rangouioun, quoura passet un canipiè que li diguet :
— Que fès aquí, brav'ome ?
— Couma veès siéu aqui pèr tirar lu patoun. M'an refusat â
l'espitàu, même en aquéu dai can, noun mi resta que de mouri
su d'un mouioun de peira. — Avès un carnet su lou quai enregistras lu fach dóu jou, farias ben de li aloungar lou miéu testamen que poudès mentuar couma acô :
— « Bouon Diéu, se mi fes passar encara une fes sur la terra,
fe-mi naisse can au mancou, li aura une Soucietà Proutetriça dei
Animau que si crusira de iéu e pourrai estre amès en un espitau,
estre souïnat, faire bouona vida, menar une vida de can... »
ANT. ROLAND.

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VIGNE
A M. VALÉRE BERNARD.

Dans le ciel doux la Vigne ètreint les pals de buis.
Sous le pampre le merle alourdi des falernes
Tourne son col gris vair et ses paupières lemes
Qu'argenté la blancheur des immuables nuits.
O / fraîcheur, 6 beauté des Igs et des iris,
Que la Vierge éblouie avec les marjolaines
Cueille le soir venu aux vasques des fontaines
Pour colorer en fête, au crépuscule, l'Euis.
Narcisses, ébeniers, œillet et sensitive
Ah ! Versez en mon âme attiédie et pensive
L'orgueil qui souleva les clairs olympiens.
L'amour qui rafraîchit les Madones pieuses
Et qui vêt de clarté les snls athéniens
Et les ravissements des époques heureuses.
JEAN

PADOVANI.

Quauque souvèt :
Vous souveti la bouona annada.
Que siegue mihau que la passada.
Vous souveti la bouona annada acoumpagnada de touplcn
d'autri.

�Eglises et Chapelles de Nice
La vieille ville de Nice se trouvant sur la rive gauche du
Paillon, pour parler de ses églises, nous commencerons par son
église cathédrale, Sainte-Réparate, vierge et martyre, de celles du
canton Est, et en traversant la rive droite nous nous occuperons des paroisses du canton Ouest.
I. — L'Eglise Cathédrale du Diocèse de Nice est la paroisse
de Sainte Réparate, vierge et martyre, sous l'empereur Decius en
253. Sa fête est le 8 octobre. Cette église est au centre de la vieille
ville (8.500 âmes), Avant 1531 la Cathédrale était près du Donjon, plateau de Nice, et dénommée : Sancta Maria in platea,
dédiée à N. D. de l'Assomption. L'édifice actuel, dans son genre,
ressemble beaucoup à Saint Pierre de Rome, au Vatican. C'était
auparavant une simple église paroissiale
desservie par
les Bénédictins du Monastère de Saint-Pons, près Nice.
Dans son ressort se trouvent l'ancienne église de Saint
Jaume (Saint Jacques apôtre), jadis des P.P. Carmes, fermée
depuis 1903. Après le transfert du titre de paroisse à l'église de
Saint Juste, évèquc, au Gesu, elle fut placée sous la vocable de l'Annonciation de la Sainte Vierge, ainsi que la belle Eglise de la
Miséricorde, sur le Cours Saleya, jadis de Saint Gaétan, fondée
e
par les P.P. Theatins au XVIII siècle et cédée à la noble
confrérie des Pénitents Noirs.
La Cathédrale de Nice, paroisse Sainte-Réparate de nos jours,
fut comme l'ancienne au Donjon du Château {Sancta Maria in
platea), le théâtre de plusieurs f lits historiques mémorables dans
les annales de l'histoire de Nice.
II. — L'Eglise de Saint Jacques, an Gesû, dès son érection
en 1612, dédiée à Saint Juste, évêque. Sa fête est le 2 septembre.
En 1665 fut érigée en paroisse sous le titre de Saint Jacques le
Majeur, remplaçant la paroisse de Saint Jaume. On l'appelle
vulgairement le Gesù à cause qu'elle a été fondée et administrée
par les P.P. de la Compagnie de Jésus.
Appartiennent à cette paroisse les deux chapelles des confréries des Pénitents Blancs, la Sainte Croix, — confrérie la

�óo —
plus ancienne de Nice, — et des Pénitents Rouges, Saint Suaire
et de la Sainte Trinité ; l'Eglise du Couvent de là Visitation,
la chapelle de l'ancien séminaire, à la montée du Château, et
jadis l'Hospice franciscain avec chapelle de Saint Joseph des
P.P. Recollets de Cimiez, convertie en maison particulière.
L'Eglise du Gesù est d'ordre corinthien composite, cons truite sur le modèle de l'Eglise des Jésuites de Turin, dite
vulgairement les Saints Martyrs. ( 10.000 âmes).
A l'extrémité de la rue du Malonat, aux racines de l'ancien
château, on voit un oratoire à la Sainte Vierge Marie, sous le
titre de N. D. du Bon Secours. Les habitants de ce quartier érigèrent cet oratoire en l'honneur de la sainte Vierge, en reconnaissance du choléra en 1854.
III. — L'Eglise paroissiale de Saint Martin Evéque dite de
Saint-Augustin est la plus ancienne, elle fut bâtie sur l'emplacement de l'ancienne chapelle de Saint Martin (1205) et appelée
Saint-Augustin parce qu'elle était desservie par les Augustiniens
dont le couvent a été transformé en caserne. (Caserne Filley, près
l'ancienne chapelle Sincaire).
IV. — L'Eglise de Saint-Francois-de-Paule a été édifiée en
1736 d'après le plan de l'architecte
Guarini. En 1838
elle fut érigée en paroisse par décret de Mgr Galvano et appelée
aussi Saint-Dominique en souvenir de l'ancienne église paroissiale
de ce nom qui s'élevait sur la place Saint-Dominique aux lieux et
place de l'actuel Palais de Justice.
V*— L'Eglise du Port ou de l'Immaculée Conception. D'humble
origine. D'abord ce fut une fort modeste chapelle (1835), transformée agrandie par Mgr Galvano, et l'avocat théologue L. Mari
fut son premier curé..
VI. — L'Eglise Saint-Joseph nouvelle paroisse depuis 1911 la
première pierre fut posée le 19 mars 1911, bénie le 29 octobre et
ouverte au public le Ier novembre 1911 sous le patronage de Mgr
Chapon et dirigée par les soins de M. l'abbé Gabrielli.
A cette paroisse appartiennent la chapelle succursale de Saint
Joseph contigüe à l'Evêché, et la chapelle de Notre-Dame des
Anges sur l'ancienne route de Villefranche.
VIL — Saint-Roch. Cette église paroissiale dans la banlieue
de Nice fut érigée après la peste de r68r. Nice fut délivrée de ce
fléau par l'intercession de saint Roch, confesseur, né et mort à

�- Si Montpellier. La paroisse est divisée en deux quartiers, Roquebillière
inférieure et Roquebillière supérieure, jusqu'à la chapelle de NotreDame de Bon Voyage.
VIII. — Rive droite du Paillon, intra muros, se dresse Notre Dame du Vau, paroisse Saint-Jean-Baptiste, qui remplace l'an
cienne église du même nom devenue chapelle inférieure du Lycée.
Cette belle église, vœu delà ville de Nice en 1835, mt érigée en
1842 et terminée en 1852 par Mgr Galvano, évêque de Nice.
La façade ressemble à celle élevée à Turin en l'honneur du retour
du roi dans les états Sardes en 1814.
IX. — Saiiit-Pierre-d' Aréna remplace une chapelle située à la
Croix de Marbre. Elle fut érigée en paroisse en 1803 par Mgr
Colonna d'Istria. Elle doit son nom à ce fait, c'est que lors de sa
fondation elle se trouvait sur le rivage de la mer séparée par une
bordure de sable fin.
X. — Une ancienne chapelle de Sainte-Hélêne-l'Inspiratrice
existait dans ces parages. Elle fut remplacée en face la mer par
une église sous l'épiscopat de Mgr Recrosio (1727).
Six paroisses « extra muros » dépendent de la commune de
Nice.
Sainte-Marie Magdeleine, sise dans le vallon de Magnan, édifiée sur l'emplacement d'une chapelle de même nom, érigée en
1626 et dite vulgairement chapelle « dei cassaire » à cause du
grand nombre de chasseurs. Après le concordat de 1803 sous
l'épiscopat de Mgr Colonna d'Istria, ce quartier qui depuis 1771
dépendait pour le spirituel de la cathédrale fut érigé en paroisse.
Il existe encore aujourd'hui une chapelle de Notre-Dame du Bon
Conseil changée en demeure particulière . Bientôt le besoin de
la population augmentant, une église sera bâtie à la cité Robiony
par les soins du curé actuel de la Madeleine.
Plus à l'est de la ville, toujours dans le canton ouest ce
l'Arquet, se dresse la paroisse de l'Ariane dédiée primitivement à
saint Arnoux, évêque et à saint Pierre, apôtre. Elle fut érigée en
paroisse en 1809 sous l'épiscopat de Mgr Colonna d Istria. Dans
son ressort se trouve l'ancienne chapelle nécropole de l'Abbadie
fondée en 1635 en l'honneur de sainte Claire pour le besoin spirituel de 450 à 500 habitants qui appartiennent aux communes
de Nice, Cantaron Saint-André. Localité d'avenii et à laquelle
le chemin de fer Nice-Coni donnera une valeur stratégique.

�— 32 —
Gairaut avait au moyen-âge une chapelle de secours desservie
par les religieux chevaliers de l'ordre du temple au début, et par
la suite de Rhodes et de Malte. Sous l'épiscopat de Mgr François
Rosini de Martinengo la chapelle fut érigée en église paroissiale
sous le vocable de saint Sauveur o*u de la transfiguration du
Rédempteur.
Dès 1730 les P. Dominicains de Nice fondent à Saint Pancrace un sanatorium pour religieux martyrs avec chapelle en
l'honneur de Saint Pancrace martyr. Cette chapelle est érigée en
paroisse en 1848 par Mgr Galvano.
Sur le couchant de Saint-Pancrace on trouve la paroisse de
saint Roman . martyr ; l'ancienne chapelle fut érigée en paroisse
ainsi que celle de saint-Antoine de Ginestière en 1803 sous Mgr
Colonna d'Istria.
VALENT IN.

NOU VÉ
Tu Çatarina fai lou pan.
Mdumen de jota, d'alegressa,
Fes audi da toui lu couor :
Lu ange canton l'alegressa,
Fuges l'infer, Juges la mouorl.
Chntou !
L'aarika sabla, li a quaucaren aici vesin,
Sembla que senti li joia d'un festin ;
Audi lu tambourin de laen,
Lu Jlajoulet e li musela,
Lu pastre van à Bethelen
Laisson la cabana soaleta ;
Santo nuech, venes aléa nen ralegrà,
Pourtas à toui la pax et la tranquilità !
Tu Catarina fai lou pan,
Manda Lucrecia au safran,
Despende aléa lou lauvaniè,
Chapla la blea su lou taatié ;
Crala de froumai e roumpe d'iiu
E fai la iourta couma fou,
Ché n'aiguen toui en aboundança (bis)
Santa nuech, venes alèu nen ralegrà,
Pourtas à toui la pa.x e la tranquilità .'
En tant faguen etnb'au vesin
t ua santépér lou Bambin,
Toucan lou gotou de bouon vin,
Ernb'aa vesin pér lou Bambin
Ti-ri-tin-tin ! -tinTi-ri tin !

�— 3Î —

L'Expulsion de Mgr Valperga
fEN SEPTEMBRE

1792)

Le 12 octobre 1780 h population de Nice se pressait aux
abords de la porte Pairoliëre pour y recevoir en grandes pompes
le nouvel évêque Charles-Eugène Valperga di Maglione. Ce
prélat avait couché la veille selon l'usage antique à l'abbaye de
Saint-Pons et devait faire ce jour là son entrée solennelle dans
sa ville épiscopale.
Le cérémonial imposant avec lequel on avait reçu jusqu'alors
les évêques fut encore cette fois observé. L'accueil de la population entière fut des plus chaleureux au rapport de Pierre Scaliero
qui en fut témoin (1). Le nouvel évêque, qui remplaçait Monseigneur Astésan nommé archevêque d'Oristano en Sardaigne,
appartenait à une famille de vieille noblesse dont plusieurs membres avaient exercé, à Nice, des fonctions importantes (2). Il
(1) Voir aux Archives municipales le récit détaillé que ce chroniqueur en a laissé dans ses Mémoires. Pierre Scaliero mourut en 1805.
(2) Jacques Valperga, conseiller ducal, fut lieutenant du gouverneur de Nice en 1454 ; Thoma5 Valperga fut gouverneur du château de Nice en 1565 ; Jean Valperga fut également gouverneur de
Nice en 1596 ; Jérôme Valperga fut commandeur du château de
Nice en 1600 ; Pierre Valperga, frère de Jacques Valperga, était
chevalier de Malte (Arch. municipales, registre des gouverneurs,
commandants et chevaliers de Malte) ; Anne Valperga, fille dAmédée
Valperga, épousa, le commandeur de Malte Jean-Paul Lascaris.
(Voir son testament daté de 1683, arch. des Alpes-Maritimes,
registre B, 297.) Joseph Ignace de Valperga reçut de son oncle, Emmanuel Philibert Chiotera, mie partie du fief de Couaraze dont il fut
investi le 20 février 1753. Son fils, Vincent, céda ses droits à H. Novelli. Jérôme Valperga fut sénateur à Nice de 1761 à 1765, puis
ministre plénipotentiaire de Sardaigne à Gênes en 1780 ; plus tard
il fut ministre etsecrétaire d'Etat, ce dernier était le frère de l'évêque
de Nice et fils du comte François Valperga qui vivait encore en
1795Ees armoiries des Valperga étaient fascé d'or et de gueules, à
la plante de chanvre déracinée, d'argent et brochant. Le cimier
était un bouc naissant au naturel et la devise : « Ferme-toy ».
Nous reproduisons les armoiries de Monseigneur Valperga d'après celles qui se trouvent en tête du catéchisme édité par ses ordres
et dont nous devons le dessin à l'obligeance de M. Joseph Casai
(Extrait de 1' « Armoriai Artistique et Nrbiüaire », Ni.e, 1902.
3

�- 34était directeur du collège des Provinces à Turin, lorsque le roi
de Sardaigne le désigna, pour l'évêché de Nice. Il avait été sacré à
Rome où il avait fait ses études. Monseigneur Valperga se distingua immédiatement par sa vigilance et son activité : il releva
le niveau intellectuel et moral des prêtres de son diocèse et s'attacha à mettre en toutes choses la plus grande régularité. Dix-huit
mois après son installation, il publia un nouveau catéchisme
dont le plan avait été préparé par son prédécesseur ^i). Grâce à

ses relations cordiales avec la eour de Turin, il jouissait auprès
des autorités civiles de Nice d'une grande influence. Après douze
(1) Ce catéchisme en italien fut imprimé à Nice par la Société
Typographique. C'est un petit volume in-douze de 612 pages, portant
la date de 1783. En tête se trouve le mandement de Monseigneur
Valperga du 16 février 1782 qui approuve le travail terminé par
le prêtre auquel Monseigneur Astésan en avait confié le soin, ordonne
sa publication et règle l'organisation des catéchismes dans tout le
diocèse. Deux ans plus tard en 1785, Gabriel Floteront, imprima
un autre catéchisme rédigé en dialecte niçois, petit volume in-12
de 228 pages. Un exemplaire de ces deux ouvrages existe à la biblio
thèque de Nice. — Voir Villarey, Série Cronològica dei Vescovi
di Nizza. — Art. Valperga.

�-35 années de séjour dans cette dernière ville il s'était acquis l'estime
et le respect de tous.
*

• *

Lorsque le 28 septembre 1792 dans l'après-midi, les troupes
piémontaises évacuèrent Nice, il y eut dans cette ville une effroyable panique et des milliers d'habitants s'enfuirent dans la direction de Turin. Ce fut un désarroi et une désorganisation complète de toutes les autorités. iMonseigneur Valperga resta à son
poste et s'engagea à ne point quitter la ville. Le lendemain samedi
29 septembre, il accompagna le second consul Honoré Saissi et
quelques membres du Conseil qui se rendirent, vers les onze
heures du matin, à la villa Feraudi, au quartier St Hélène, pour
offrir les clefs de la cité au général d'Anselme qui venait d'y
arriver à la tête des troupes françaises. Le général fit à la délégation assez bon accueil, mais il s'étonna de trouver parmi ses membres, l'évêque dont la place déclara-t-il n était pas là. Du reste,
d'Anselme attacha si peu d'importance à la démarche îles magistrats niçois que dans aucune de ses dépêches officielles il n'en fit
mention.
Sur le soir du même jour, la petite armée française faisait son
entrée dans la ville et le général s'installait dans la maison du
consul de France à la place St Dominique. L'évêque de Nice qui
tenait à rester au milieu de ses diocésains se présenta de nouveau
vers les huit ou neuf heures du soir chez le général auquel il voulait recommander ses prêtres en lui demandant des respecter les
églises. Le général était entouré de tout son état-major, du consul
de France, Pierre Le Seurre, de Honoré Saissi, second consul, de
Féraudi, secrétaire général de la commune. Ces deux derniers
venus probablement pour appuyer les demandes de l'évêque.
L'accueil du général ne fut pas plus encourageant que la première fois ; il intima même avec insistance au prélat l'ordre de
quitter ta ville en ajoutant que le plus tôt serait le mieux et ce
fut sur ces dernières paroles que l'évêque se retira après avoir toutefois reçu du général la promesse que tout ce qu'il laisserait dans
son palais serait placé sous la sauvegarde de la Nation française.
Il n'y avait pas à tergiverser, l'ordre était formel et pressant, il
fallait partir. L'évêque prit ses dernières dispositious et délégua,
au curé de la cathédrale, le chanoine Honoré Navello, tous les
pouvoirs nécessaires pour administrer le diocèse en son absence.
Aux premières lueurs du jour, Valperga quitta son palais, et se

�— 36 dirigea à pied vers la porte Pairolière. Il avait été impossible de
trouver une voiture car tous les moyens de transport avaient été
réquisitionnés et utilisés le 28 septembre pour permettre l'exode
des habitants terrorisés. Il avait ordre de partir, mais cet ordre
n'ayant pas été donné par écrit, les volontaires marseillais, de garde
à la porte de Turin, refusèrent de le laisser passer, l'accablèrent
d'injures, le menacèrent même de le pendre et ne consentirent á
le lâcher que sur un ordre écrit, sollicité et obtenu du général,
grâce à l'intervention courageuse et au sang-froid d'un jeune
niçois, Joseph Castellinard. Monseigneur Valperga se retira à
Turin et y mourut en 1805 sans avoir jamais pu obtenir l'autorisation de rentrer.
*

* *

Il est établi par les documents officiels contemporains que
Monseigneur Valperga ne quitta son siège que sur les ordres arbitraires du général d'Anselme et ces mêmes documents nous
renseignent très exactement sur les incidents fâcheux qui se produisirent au départ de l'évêque. Du reste, on n'ignorait pas à Nice
comment les choses s'étaient passées et la population savait grê à
Valperga de son attitude et de sa fermeté. De son côté, Valperga
avait eu confiance dans la parole à lui donnée par le général au
nom de la Nation française et à plusieurs reprises il manifesta
son étonnement qu'elle n'ait pas été gardée, que ses biens aient
été confisqués, son mobilier vendu, son nom inscrit sur la liste
des émigrés alors qu'en partant il n'avait cédé qu'à la force.
Parmi les nombreux documents qui se trouvent soit aux archives de Nice, soit aux archives nationales il en est quelques-uns
dont la simple reproduction sera plus probante que tous les corn,
mentaires. Il_suffira de citer :
•i° La lettre du Directoire des Colons Marseillais en date du
25 février 1793, adressée aux citoyens Blanqui et Veillon, députés
extraordinaires de la ville de Nice à Paris, au sujet des réclamations présentées le 23 du même mois par Jean-Jacques Donny, au
nom de Mgr Valperga.
20 La réponse du même Directoire à J.-J. Donny, en date du
26 février 1793.
3„ L'arrêté du Département en date du 13 avril 1793.
40 La réclamation présentée au Directoire du département

�Valperga, aussitôt après son inscription sur la liste des émigrés de
la ville de Nice, dressée à la fin de juin 1793.
50 Les états de frais pour l'inventaire et la vente du mobilier
et effets de « l'émigré Valperga Maillone, citoyen évêque » approuvés par le département des Alpes-Maritimes, le 5 germinal an
III (25 mars 1795).
6° Les actes de notoriété dressés le Ier et 2me fructidor an III
(18 et 19 août 1795) par Gautier, juge de paix à Nice, à la requête de Pierre-Joseph Passeron, agissant en qualité de procureur
subrogé par Nicolas Giorni, procureur spécial et général de Mgr
Valperga, par acte de procuration reçu à Turin le 20 juillet 1795,
notaire Pierre-Joseph Bernochio.
70 La pétition adressée au district de Nice le 4 fructidor an III
(21 août 1795) par Pierre-Joseph Passeron, demandant la radiation du nom de Valperga sur la liste des émigrés.
8° L'avis du district de Nice en date du 5 vendémiaire an IV
(27 septembre 1795) déclarant que Mgr Valperga doit être rayé
de la liste des émigrés.
90 L'arrêté du département des Alpes-Maritimes, en date du
14 prairial an V (2 juin 1797) ordonnant la radiation provisoire
du nom de Valperga de la liste des émigrés.
io° L'acte de cautionnement dressé par le département le
11 fructidor an V (28 août 1797), à la requête de Pierre-Joseph
Passeron, procureur de Mgr Valperga en exécution d'une des
clauses de l'arrêté du 14 prairial an V (2 juin 1797).

�- 38 —

DOCUMENTS ET PIÈCES D'ARCHIVES

Pièce 1.

25 février 1793
Aux cit. Blanqui et Veillon
Une lettre du cit. Donny, associé du citoyen LeClerc, défunt président de l'ancienne administration
provisoire, dont vous avez ci-inclus l'extrait ( 1 ), nous
fait connaître que le cit. Valperga, évêque de Nice,
laissa avant son départ (ordonné à son retour par
Anselme) dans sa maison pour environ 34.000 livres,
argent monnayé, et environ pour 17.000 d'effets en
vaisselle, linge, batterie de cuisine etc.
Une portion de ces effets se trouvent encore dans
ladite maison, sous l'inventaire que nous en avons
fait dresser par les commissaires de l'une et l'autre
administration, lorsque nous avons été installés, mais
il s'en faut de beaucoup qu'elle puisse arriver à la
somme de 17.000 livres, pas même le tiers.
Quant à l'argent monnayé entré dans la caisse du
receveur de l'ancienne administration, nous n'y
voyons point la somme que ledit Evêque désigne
avoir laissé dans sa maison. Nous vous remettons cijoint un extrait de l'état des sommes' que le cit.
Bonnet a reçu en espèces, pendant toute sa gestion
de receveur et trouvées parmi les effets des émigrés
français et niçois.
Nous ne voulons rien préjuger sur l'assertion du
cit. Valperga, quoique nous ayons des indices frappants de vérité. Ce ne sera que lorsque nous aurons
pu les convertir en preuves par le témoignage de
quelques citoyens que nous nous procurerons, pour
pouvoir en demander la restitution et la poursuite
contre le pillage.
En attendant, noùs croyons devoir vous faire part
de cette découverte que nous allons communiquer au
Président de la Convention Nationale et au Ministre.
Arch. des A. M. Registre de la correspondance du
Directoire des Colons marseillais L. 5.
Cet extrait manque au registre ainsi que les autres pièces
énoncées dans celte lettre.

�-hLe 2érae février 1793.
Au citoyen Donny, négociant à Nice
Pièce 2.

Votre lettre du 23me de ce mois, citoyen, nous
demande des renseignements sur le temporel du
citoyen Valperga, Evêque de Nice. Nous allons vous
transmettre tous ceux qui sont à notre connaissance
L'administration provisoire en choisissant l'Evêché
pour le lieu de ses séances, vint s'y établir dans les
premiers jours d'octobre, et tout nous porte à croire
qu'elle ne fit aucun inventaire des effets qui s'y trouvaient, du moins nous n'en avons trouvé aucun dans
les papiers qu'elle nous a remis.
En succédant à cette administration provisoire,
uous avons cru que notre premier devoir était de faire
un inventaire de tout le mobilier renfermé dans la maison épiscopale. Nous y avons successivement procédé
en présence des administrateurs provisoires et à mesure qu'ils nous en remettaient les clefs. Tout le mobilier qui s'y trouvait, ne consistait guère qu'en
meubles meublants et ne nous paraît pas avoir la
valeur de 17 mille livres que l'Evêque lui donne.
Vous pourrez, si vous le jugez à propos, faire prendre
à notre secrétariat une copie de cet inventaire. Tout
ce. qui n'est point renfermé dans les appartements
que nous occupons au premier étage, a été laissé à la
garde de Jean Poma, ancien concierge de l'Evêque et
le nôtre.
Pour nous éclairer sur les 34.000 1. argent monnayé que l'Evêque doit avoir laissé en sa maison,
nous avons écrit au cit. Bonnet, receveur de l'administration provisoire, pour lui demander un état des
sommes en numéraires versées dans sa caisse, comme
ayant été saisies et trouvées parmi les effets des Emigrés français et niçois. L'état qu'il nous a remis ne
monte qu'à 74121. 16 s, et aucun article n'a du rapport
avec les réclamations du citoyen Valperga.
Quant à ce qui concerne personnellement le
citoyen, nous avons demandé au Ministre de l'Intérieur de vouloir bien nous dire la manière dont nous
devions l'envisager. Nous savons qu'un ordre arbi-

�— 40 —
traire de Danselme l'obligea de quitter Nice, le jour
de l'entrée des Français. Mais nous pensons aussi que
la proclamation des Commissaires de la Convention
nationale de France et le décret de celle de Nice,
concernant les Emigrés, étaient des motifs suffisants
pour le ramener à son poste et le rassurer sur les
suites de son retour. En persistant à prolonger son
absence, il s'expose à être traité comme émigré, à se
voir déclarer déchu de sa place et confisquer tous ses
biens. Telle est la disposition de la loi, et quoique
nous ayons consulté le ministre sur le cas particulier
de l'Evêque, nous prévoyons que sa réponse sera de
nous en tenir à la rigueur des lois, ainsi que plusieurs
instructions nous l'ont déjà annoncé.
Vous sentez, citoyens, que tout le mobilier de
l'Evêque doit rester séquestré jusqu'à son retour ou à
la décision du Ministre. Il peut être tranquille sur la
conservation de tout ce que nous avons trouvé en
entrant dans sa maison. Ce qui a pu en être enlevé
avant notre entrée en fonctions, est étranger à notre
gestion. Mais nous employerons tous les moyens qui
sont en notre pouvoir pour en trouver les traces, en
acquérir les preuves et en faire punir les coupables.
Les administrateurs, etc.
Archives des A.-M., Registre
suivants.

,L. 5,/°7i verso et

Lettre des commissaires de la Convention
Nationale et arrêté du Département des A. M.
Nice, le 9 Avril 1793, l'an 1 Ie de la Repu bublique Française.
« Vous voudrez bien, citoyens, en nous envoyant
les noms et prénoms de l'évêque de Nice, nous instruire officiellement d'après les "dispositions des lois,
s'il est censé démissionnaire et son siège vacant.
« Les Commissaires de la Convention Nationale
au département des A. M.
GRÉGOIRE, JAGOT (I)

(1)

Archives des A. M. L. 29 ancien. L

7

actuel.

�— 4i (i3 avril 1793)
Le Directoire ; vu la réquisition du citoyen Procureur Général sindic « Considérant que Charles Eugène Valperga, évêque de Nice, n'avait point quitté
son domicile lors de l'entrée des troupes de la République ; considérant qu'il a lui méme-accompagné les
consuls d'alors quand ils furent présenter les clefs
de la ville et inviter le général Anselme à venir en
prendre possession au nom de la République ; considérant que le général Anselme par ses ordres arbitraires et tiranniques, accompagnés même de menaces contre ses jours, l'ont forcé de s'éloigner ; arrête
qu'il ne peut le déclarer émigré, et qu'il sera répondu
aux Commissaires de la Convention nationale d'après
les principes ci-dessus.. »
Sign : PAUMÉ ; BARLI FABRI ; F. CASTKLIMARD ;
ANGLES ; BERNARDI, secrétaire général. (1)
pjj

ce

^

Aux citoyens composant le Directoire du
département des Alpes-Maritimes..
22 juillet 1793.
Citoyens,
Le citoyen Jean-Jacques Donny, soussigné, chargé
des intérêts du citoyen Valperga, évêque de Nice
absent, ayant été informé que par votre délibération
du 29 du mois passé, ledit citoyen Valperga avait été
déclaré émigré, vous représente avec tous les égards

(1) Archives des Alpes-Maritimes, Registre L,. 3, folio 101. L'Arrêté n'est pas signé par le procureur syndic Jean-François Tourre
ni par l'administrateur Jean-L,ouis de Villiers qui ne partageaient
point l'opinion de leurs collègues. A noter que Tourre était d'Antibes
et que de Viliers était un médecin français établi depuis longtemps
à Nice.
I/Arrêté fut pris malgré le réquisitoire de Tourre qui voulait
déclarer Monseigneur Valperga émigré et malgré un violent discours de Villiers soutenant la même thèse qui fut combattue par
Barli Fabri, par Castclinard et par Anglès. J'ai déjà publié in-extenso
cette délibération du 13 avril T793 au cours d'un article sur l'église
de Nice en 1792-1793 inséré dans Nice Historique du Ier avril 1903,
C'est pourquoi je reproduis ici simplement la lettre des
commissaires et l'arrêté du département.

�- 42 —
dûs au pouvoir dont l'exercice vous a été confié par
le peuple souverain que le citoyen Valperga ne peut
ni ne doit sous aucun rapport être considéré comme
émigré, par les motifs ci-après :
i° Qu'il est de notoriété publique qu'il n'a quitté
le pays que contre son gré et par ordre du général
Anselme :
2° Qu'il a constamment été disposé et a offert
de revenir dans son diocèse, moyennant qu'il ne fut
assujetti à prêter qu'un serment relatif au temporel et
non au spirituel.
3° Qu'enfin et par la raison que n'étant point
indigène, mais étranger, son séjour ici n'a été dé terminé que par sa nomination à l'épiscopat, événement casuel qui n'a jamais pu le soumettre à l'obligation de renoncer pour toujours à sa mère-patrie.
Tous ces motifs, soit qu'on les prenne collectivement ou séparément, démontrent suffisamment,
citoyens administrateurs, le droit incontestable, qu'a
le citoyen Valperga de demander et prétendre la
radiation de son nom du tableau des émigrés, et si
le ministre de l'Intérieur n'a fait aucune distinction
entre lui et les autres citoyens, c'est sans doute qu'il
a ignoré les circonstances qui vous sont exposées
ci-dessus, et notamment la dernière, car s'il les eût
toutes connues, il n'est nullement probable qu'il eût
décidé comme il l'a fait. Toute hypothèse contraire
serait une injure faite à ses sentiments et à ses lumières. Un homme tel que lui, dont les vertus civiques, le patriotisme et les talents l'ont appelé au
poste aussi honorable que pénible qu'il occupe, doit
ressembler autant que possible à la Nation pour
laquelle il agit et qui l'a honoré de sa confiance.
Cette nation est grande, généreuse, magnanime,
juste et bienfaisante.Elle ne peut qu'êtreextrêmement
jalouse de sa gloire, et l'un des principaux devoirs de
ses agents est d'éviter soigneusement d'en ternir
l'éclat.
Le refus qui serait fait de rayer de la liste des
Emigrés le nom du citoyen Valperga, refus qui entraînerait avec lui la confiscation des minces propriétés de ce citoyen, serait un acte qui imprimerait à

�-

43

-

jamais une tache ineffaçable à la gloire du nom français ; tache qui ne pourra manquer de frapper également les yeux des contemporains et ceux de la postérité ; tache enfin que les historiens ne manqueront
pas de faire ressortir par des couleurs enluminées, et
le bel effet qu'un pareil tableau produirait, citoyens
administrateurs, serait votre ouvrage.
Mais non, loin de nous, cette idée ! Vous êtes
républicains ! cela suffit. Les républicains sont vertueux. Ils aiment, chérissent, protègent, respectent
la vertu partout où elle se trouve. Et le citoyen Valperga aussi est un homme vertueux ! Qui en doute ?
Nul bon citoyen, nul honnête homme. Souvenezvous, citoyens administrateurs, que ce n'est que par
ses vertus qu'il a mérité l'amour et l'affection du
peuple Niçois et non par sa qualité d'évêque. Et plût
à Dieu que tous les ecclésiastiques lui eussent ressemblé ! La France n'eut point éprouvé d'aussi horribles secousses, pour asseoir, affermir et assurer sa
liberté.
La République a incontestablement le droit de
renvoyer hors de son sein tout individu qui ne lui
convient pas, mais en renvoyant ainsi un étranger
qui, d'ailleurs, n'a pas encouru la peine de la confiscation de ses biens, elle lui permet de les emporter ou
de les vendre et d'en emporter le produit. Tel est
précisément le cas du citoyen Valperga.
L'exposant demande en conséquence, citoyens
administrateurs, qu'il vous plaise prendre dans votre
sagesse une délibération tendante à rendre audit
citoyen Valperga sa qualité de citoyen français non
émigré, à lui accorder un délai compétent pour rentrer dans ce pays soit comme simple citoyen ou
comme fonctionnaire public et à lui assurer dans
tous les cas la restitution de ses propriétés par lui
laissées sous la sauvegarde de la loyauté française
dans la maison épiscopale, lors de sa retraite forcée,
ou la juste indemnité de leur valeur. Et sera justice.
Nice, le 22 juillet 1793, l'an second de la République française, une et indivisible.
Jean-Jacques DONNY.
l
ARCHIVES NATIONALESF/ 4.867 , dossier Valperga.

�- 44 Pièce 5.

Etat de frais de vente pour parvenir à l'inventaire
et vente des effets de l'émigré Valperga Maillone,
citoyen évêque :
5 germinal an III (25 mars 1795)
Pour une séance de trois commissaires dont un du
District et deux de la Commission municipale, fixée
à trois livres par séance par le Directoire du district
et approuvé par les Représentants du
Peuple
L.
9 »
Papier timbré tant de la minute que
des deux extraits
»12
Pour la copie desdits deux extraits . .
» 8
Droits d'enregistrement
13 10
31

2

Nous soussignés certifions le compte ci dessus véritable.
Signés : J.-B. Thomaty, comm. du dist. ; Savigny,
comm. munie. ; Mabil, comm. municip.
Frais de la vente :
Pour quatre séances de deux corn missaires dont un
du District, un de la Commis, mun. sans le membre
de l'administration fixées à trois livres par séance par
le Directoire du district et approuvé par les Représentants du Peuple .
L.
24 »
Au trompette pour publication de
quatre criées
5 »
Au crieur à la vente, quatre séances .
12 »
Aux portefaix qui ont travaillé au
transport des effets
40 »
Papier timbré tant de la minute que
de l'extrait
1 »
Bougie
3 »
Droits d'enregistrement
27 »
Papier timbré du petit état
» 4
A la femme qui a assisté à la vente
pour l'arrangement du linge
» 12
L.
Signés : J.-B. Thomaty, comm. du
district ; Savigny, comm. municip.

1

159 6

�Vu par nous, membres composant la Commission
Administrative du district et d'après l'arrêté du district, approuvé par les Représentants du Peuple et la
loi du il et 12 Mars, arrête l'état des frais ci-dessus
se montant à la somme de cent cinquante neuf livres
trente centimes, qui seront acquittés par le receveur
du droit d'Enregistrement lorsque le Département
aura vérifié ledit état.
Nice, le 29 ventôse an 3"" de la République française une et indivisible (19 mars 1795).
(Suivent les signatures).
Vu l'état des frais ci-dessus pour parvenir à l'inventaire et vente du mobilier de l'émigré Valperga
Maillone ci-devant évêque.
Vérifié et arrêté par le Directoire du district de
Nice, la Commission Administrative du département
des Alpes-Maritimes approuve ledit état et ordonne
au citoyen Maussier, receveur de l'enregistrement
cîudit district de payer aux citoyens J. B. Thomaty
et Savigny, comm. la somme de 159 livres et 30
centimes pour montant des frais pour inventaire et
vente des susdits effets de l'émigré, laquelle somme
lui sera allouée en compte.
Fait à Nice le 5 germinal an 3me républicain ( 25
mars 1795).
Etat des frais pour parvenir d la vente du mobilier de
l'émigré Charles Eugène Valperga Maillone, citoyen
évêque.
Pour trente-neuf séances de trois commissaires
dont un du District et deux de la Commission municipale, fixé à trois livres par séance par le Directoire
du district et approuvé par les Représentants du
peuple
L.
351 »
A deux portefaix, dix-neuf journées et
demi chaque fixées à cinq livres par jour.
195 »
Au trompette pour publication de
trente-neuf criées fixées à une livre cinq
sols chaque
48 r 5
Au crieur à la vente, trente-neuf séan
ces fixées á trois-livres par séance ....
117 »

711 1$

�- 4* Report
Papier timbré tant de la minute que
de l'expédition
Pour copie dudit extrait fixé à quatre
livres
Papier timbré du présent état ....
Bougie
Droit d'enregistrement
Plus deux autres journées de portefaix à cinq livres
Un paquet de plume
L.

148
4
6
421

»
4
»
»

20
5

»
»

1.182

7

Nous soussignés certifions le compte ci-dessus,
véritable.
Nice, le Ier ventôse an 3me de la République (19
février 1795).
Signés : J.-B. Thomaty, commissaire du district ;
Savigny, comm. ; Honoré Mabil, comm. municipal.
Vu par nous, membres composant la Commission Administrative, de ce District, et d'après la loi
du 11 et 12 Mars 1793 (v. s.) et l'arrêté de cette
Commission approuvé par les Représentants en date
1^ Fructidor, oui l'agent national, arrête l'état des
frais se montant à onze cent huitante deux livres et
trente cinq centimes qui seront acquittés par le
receveur de l'agence de l'enregistrement sur le produit de la vente desdits meubles, lorsque le Département aura vérifié ledit état.
Nice le 29 ventôse an 3me de la République
française une et indivisible (19 mars 1795).
(Suivent les signatures).
Vu l'état des frais ci-dessus pour parvenir à la
vente du mobilier de l'Emigré Valperga Maillone cydevant évêque.
Vérifié et arrêté par le Directoire du district de
Nice.
La Commission administrative du département
des Alpes-Maritimes, approuve ledit état et ordonne

�— if au citoyen Maussier, receveur de Penregistrement
dudit district de payer aux citoyens J.-B. Thomati,
Savigni et Honoré Mabil, commissaires, la somme de
mille cent quatre vingt deux livres trente cinq centimes pour montant des frais de la vente des susdits
effets de l'Emigré. Laquelle somme lui sera allouée
en compte.
Fait â Nice le 5 germinal an 3me républicain (25
mars 1795).
Arch. des A. M. L. 15 ancien p. 44-45 N° 34-35

Actes de Notoriété
Pièçe g

1-2-fructidor an III
18-19 août 1795
EGALITÉ, LIBERTÉ

AU NOM DE LA LOI
Ce jourd'hui, premier Fructidor, l'an troisième
(18 août 1795 de la République française, une et indivisible, à Nice, chef-lieu du département des AlpesMaritimes, par devant Nous, Antoine Gautier Juge de
paix de la Ier, 2m" et 3me section et officier de police,
est comparu le citoyen Pierre Joseph Passeron, natit
tic la commune de Contes et habitant en celle de Nice
depuis plusieurs années.
Lequel en sa qualité de procureur du citoyen
Charles Eugène Valperga de Maillone, évêque de Nice,
subrogé par le citoyen Nicolo Giorni, homme de loi,
procureur spécial et général établi (par acte reçu) par
le notaire Pierre Joseph de Bernochio, le 20 Juillet
dernier (v. s.) qu'il présente, légalisé par le résidant
de la République de Gênes auprès de la Cour de Turin, dont il résulte le pouvoir donné au citoyen Giorni, de subroger en son lieu et place, avec tous les
pouvoirs compris au dit acte, et il présente au surplus l'acte de sa dite subrogation faite par le même
citoyen Giorni, reçu en la ville de Gênes le premier

�- 48 du mois d'août dernier (v. s.) par le notaire Antoine
Baglietto, légalisée par le consul de la République
française.
Il expose que le vingt neuvième jour de septembre
de l'année 1792, l'armée de la République, étant arrivée en cette ville, commandée en chef par le citoyen
général d'Anselme, lorsque ce général, vers le soir,
fut arrivé et il eut pris son logement dans la maison
habitée par le ci-devant consul de la République Le
Seurre, ledit citoyen Evêque Charles Eugène Valperga de Maillone s'y étant présenté, ledit général d'Anselme, en présence de tout son Etat-Major, lui signifia
d'abord de devoir partir de cette ville. Sur quoi le
dit évêque ayant répondu qu'il avait cru de pouvoir
continuer sa résidence en cette ville et tellement l'avait cru, qu'il n'avait jamais pensé de distraire et en
faire partir le moindre de ses meubles et effets, qu'il
avait dans la maison d'habitation de l'tvêque et que
si absolument il lui ordonnait de partir, il le priait de
lui accorder la sauvegarde sur tous lesdits effets et
meubles. Le dit général d'Anselme lui répliqua qu'il
dut absolument partir de cette ville, en ajoutant que
le plus tôt en serait le mieux, et qu'à l'égard de ses
meubles et effets qu'il avait, il les mettait dès ce ino
ment sous la sauvegarde et loyauté de la Nation française et qu'il pouvait en être tranquille, après quoi ledit
évêque Valperga de Maillone, tout tremblant, ayant
dit qu'il allait se conformer dès le lendemain au matin à ses ordres, se retira ; ledit général d'Anselme
lui ayant encore répliqué : le plus tôt sera le mieux.
Et comme il importe audit citoyen évêque Valperga de Maillone de constater le fait ci-dessus expo"sé, suivi en présence de tout l'Etat-Major dudit général d'Anselme et de plusieurs citoyens de cette commune, l'exposant, en sa dite qualité vous présente les
citoyens Pierre Le Seurre, ci-dessus nommé, ci-devant
consul en cette ville de la République, le citoyen Honoré Saissi de cette commune qui pour lors était second consul de la même commune, le citoyen Philippe Emmanuel Féraudi qui pour lors était secrétaire de
Ìa même commune et le citoyen Ange Giraudi aussi

�- 49 de cette commune, pour recevoir leurs dépositions
sur ledit exposé et vous fait instance que de tout lui
soit concédé acte, ce que nous lui avons accordé, et a
signé.
PIERRE JOSEPH PASSERON.

Et de suite se sont présenté les susnommés
citoyen Le Seurre, natif de Craon, âgé de 75
ans, bourgeois, le citoyen Saissi, âgé de 70 ans,
négociant, Emmanuel Feraudi, âgé de 68 ans, notaire, Ange Giraudi, âgé de 63 ans, négociant,
natifs et domiciliés dans cette commune, auxquels
après avoir fait lecture dudit exposé fait par ledit citoyen Pierre Joseph Passeron, en sa dite qualité, les
avons interpellés sur serment que leur avons fait prêter, conformément à la loi, de nous dire en leur âme
et conscience si tous les faits énoncés dans le même
exposé sont de leur connaissance et tous les quatre ont
répondu et attesté tant uniment que séparément en
être pleinement informés, s'y étant trouvés présents,
et que le tout contient la vérité, toute la vérité et
rien que la vérité. En foi de quoi ils ont signé :
LE SEURRE, HOSORI'J
SAISSI, PHILIPPE EMMANUEL FÉRAUDI,
ANGE

GIRAUDI.

Et nous, juge de paix, vu les dépositions ci-dessus, avons de tout concédé acte au susnommé citoyen
Pierre Joseph Passeron en sa dite qualité, pour lui
servir et valoir dans tous les cas, à ce que de droit et
de raison. Fait à Nice, l'an et le jour que dessus.
GAUTIER, juge de paix.
BONIFACI, sec. greffier.
Vu par nous, membres du District de Nice, 3 vendémiaire an IV rép. 25 sep. 1795, TOSELLI, JN COPPON
fils, VÉRANI pr. syndic, SAYTOUR Martin.

�— 5o —
EGALITÉ, LIBERTÉ.

AU NOM DE LA LOI
Ce jourd'hui. second jour de Fructidor de l'an 3
août 1795) de la République française une et indivisible, à Nice, chef-lieu du département des AlpesMaritimes, par devant nous, Antoine Gautier, juge de
paix de la iere, 2M* et 3ME section et officier de police,
est comparu le citoyen Pierre Joseph Passeron : natif
de la commune de Contes et habitant en celle de Nice
depuis plusieurs années
Lequel en sa qualité de procureur du citoyen
Charles Eugène Valperga de Maillone, évêque de
Nice, subrogé par le citoyen Nicolo Giorni, homme
de loi, procureur spécial et général établi (par acte
reçu) par le notaire Pierre Joseph de Bernochio, le 20
Juillet dernier (v. s.) qu'il présente, légalisé par le résidant de la République de Gênes auprès de la Cour de
Turin, dont il résulte le pouvoir donné au citoyen
Giorni, de subroger en son lieu et place, avec tous les
pouvoirs compris audit acte, et il présente au surplus
l'acte de sa dite subrogation faite par le même citoyen
Giorni, reçu en la ville de Gênes le premier du mois
d'août dernier (v. s.) par le notaire Antoine Baglietto,
légalisée par le consul de la République française.
Expose : Primo, que le matin du trente septembre 1792, le citoyen Charles Eugène Valperga de
Maillone, évêque de Nice, en partant de cette ville
avec deux domestiques à sa suite, qui portaient un
paquet et quelques effets, fut arrêté à la porte qui conduit en Piémont, ci-devant nommée porte Victoire,
et conduit au vestibule de la maison presque attenante
à ladite porte, appartenant au citoyen Dominique
Castellinard, où se trouva le citoyen Joseph Castellinard, fils dudit Dominique, et malgré que ledit Evêque Valperga déclara aux soldats de la Garde de la
dite porte qui étaient des Marseillais, que c'était en
conséquence d'ordre qui lui avait été signifié par le
citoyen général d'Anselme qu'il partait de cette ville,
lesdits soldats commencèrent par le malmener et lui
(19

�signifier qu'ils voulaient le pendre et ayant ouvert
ledit paquet et y ayant trouvé entre autres effets, une
ceinture d'évêque, ils déterminèrent, à l'instant, de le
pendre avec ladite ceinture, et ayant essayé si la même
était assez forte pour le soutenir, en la préparant, elle
se fit en lambeaux, de façon qu'ils vérifièrent qu'elle
ne pouvait leur servir et demandèrent audit Joseph
Castellinard fils une corde, pour pendre ledit évêque,
à un grand anneau de fer qui était au plafond dudit
vestibule, servant â y passer une verge de fer pour
peser les marchandises, et ledit citoyen Castellinard
fils, leur ayant absolument refusé de leur donner de la
corde, en s'excusant qu'il n'en avait point, comme
dans tous ces entrefaits ledit évêque se trouve mal et
ne peut plus se soutenir, ledit Castellinard fils lui fit
apporter une chaise, par sa servante à qui quelques
uns de ces soldats donnèrent des coups de poing pour
avoir porté ladite chaise et le même Castellinard le
fit ensuite asseoir sur ladite chaise, en le soutenant,
parce qu'il ne pouvait se soutenir droit ; d'autant plus
qu'en attendant, lesdits soldats marseillais lui disaient mille exécrations, lui crachaient dessus et lui
donnaient des soufflets, et assurément ils l'auraient
fini, si dans cet intervalle un de ses domestiques
n'avait été dire au citoyen général d'Anselme ce qui
venait d'arriver, et ledit domestique étant venu avec
un billet dudit général d'Anselme qui ordonnait à la
garde de le laisser partir, puisque c'était de son ordre,
en conséquence de ce billet lesdits soldats marseillais
se bornèrent pour lors à lui dire et crier mille invectives et injures et le laissèrent partir, ce que ledit
évêque, malgré qu'il ne pût se remuer, à l'aide de ses
domestiques fit au mieux possible en tremblant, de
façon qu'il doit son existence au refus ferme et déterminé que ledit citoyen Castellinard fils leur fit de
leur donner une corde, sans quoi avant l'arrivée du
dit domestique portant l'Ordre du général d'Anselme, il aurait été pendu et étranglé.
Secondoque lefaitci-dessusfut d'abord public et notoire, de notoriété publique dans cette ville et encore
plui le lendemain premier octobre, puisque les autres

»

�— 52 —

soldats de la Phalange Marseillaise, arrivés sur le soir
dudit jour trente septembre, d'abord après leur arrivée
cherchèrent l'évêque qu'ils voulaient le lanterner et
mettre en pièces, comme ils s'expliquèrent hautement,
ce qui joint au fait arrivé dans ledit vestibule de la
maison Castellinard, étant devenu d'une notoriété publique donna l'épouvante à tous les gens honnêtes du
pays, qui disaient que le citoyen général d'Anselme en
ordonnant audit évêque de partir, en mettant sous la
sauvegarde de la Nation française ses meubles et ses
effets, avait voulu le sauver.
Et comme il importe audit citoyen Passeron, exposant en sa dite qualité, de constater par témoins le
fait ci-dessus exposé, il nous présente ledit citoyen
Joseph Castellinard fils de Dominique de cette commune, âgé de 21 ans, de profession, négociant, qui se
trouva présent au fait énoncé dans le Ier article de l'exposé ci-dessus, et au surplus informé de la notoriété
des faits énoncés au second et dernier chef, de ladite
exposition et il nous présente les citoyens Jean-Jacques Donny, natif de Neufchâtel en Suisse, âgé de 39
ans, de profession, négociant ; Joseph Poullan, natif
de Clavesana, en Piémont, âge de 48 ans, négociant ;
Jacques Gerbin, âgé de 60 ans, tailleur, Jean-Marie
Thaon, âgé de 56 ans, négociant, natifs et tous domiciliés en cette commune pour déposer sur ladite
notoriété énoncée dans ledit second fait exposé, pour
recevoir leurs dépositions, et nous fait instance que de
tout lui soit concédé acte, ce que nous lui avons accordé et a signé.
Pierre-Joseph PASSERON .
Et de suite se sont présentés les susnommés citoyens Joseph Castellinard, Jean-Jacques Donny, Joseph Poullan, Jacques Gerbin, et Jean-Marie Thaon,
ci-dessus qualifiés, auxquels après avoir fait lecture
dudit exposé fait par ledit citoyen Passeron, en sa
dite quálité, les avons interpellés sur serment, que
leur avons fait prêter, conformément à la loi, de nous
dire en leur âme et conscience, si tous les faits énoncés dans le même exposé sont de leur connaissance,

�- 53 et ledit citoyen Joseph Castellinard a répondu et
attesté en être pleinement informé pour avoir été
présent au fait exposé dans le i" article de ladite exposition, et pour avoir publiquement entendu dire les
faits énoncés dans le second chef qui était en cette
ville notoire de notoriété publique et lesdits citoyens
Jean-Jacques Donny, Joseph Poullan, Jacques Gerbin,
Jean-Marie Thaon, ont répondu et attesté tant uniment que séparément être pleinement informés de
l'énoncé dans le second chef de ladite exposition,
puisque les faits y énoncés étaient notoires, de notoriété publique en cette ville, et tous lesdits citoyens
ont respectivement attesté pour ce qui les concerne
que tout contient la vérité, toute la vérité et rien que
la vérité. En foi de quoi ils ont signé : Joseph Castellinard fils,Jean-Jacques Donny, Joseph Poullan, Jacques
Gerbin, Jean-Marie Thaon.
Et nous, Juge de paix, vu les dépositions ci-dessus,
avons de tout concédé acte au susnommé Pierre Joseph Passeron en sa dite qualité pour lui servir et valoir dans tous les cas, à ce que de droit et de raison.
Fait à Nice l'an et jour que dessus.
GAUTIER,
BONIFACI,

juge de paix.
sec. gref.

Vu par nous, membres Du district de Nice, le 3
vendémiaire anIV rep. (25 sept. 1795).
Jn. COPPON fils, VÉRANi, pr. syndic, TOSELLI, Saytour
MARTIN.

Arch. Nat. F

7

4867 *

�54 -

PÉTITION au DISTRICT de NICE
et AVIS de ce DISTRICT
ÉGALITÉ,

LIBERTÉ

5 vendémiaire
27 septembre 1795 an IV
AUX

CITOYENS ADMINISTRATEURS
DU DISTRICT DE NICE

Le citoyen Pierre Joseph Passeron, natif de la
commune de Contes, habitant en celle de Nice depuis plusieurs années.
Vous expose en qualité de procureur du citoyen
Charles-Eugène Valperga de Maillone, évêque de
Nice, subrogé par le citoyen Nicolo Giorni, homme
de loi, son procureur spécial et général fondé par acte
reçu dans la ville de Turin par le notaire PierreJoseph de Bernochio, le 20 juillet dernier (v. s) légalisée par le résident de la République de Gênes, près
la Cour de Turin, duquel il résulte le pouvoir donné
audit citoyen Giorni de subroger en son lieu et place
avec tous les pouvoirs compris dans le même acte,
qui se trouve copié mot pour mot dans celui de la
subrogation faite par le même citoyen Giorni, reçu
en la ville de Gênes le Ier du mois d'août dernier
(v. s* par le notaire Antoine Baglietto, légalisée par
le consul de la République française, le 13 Thermidor dernier (3 1 Juillet 1795), qu'il vous exhibe qu'étant arrivé dans cette ville le vingt-neuvième jour
du mois de septembre de l'année 1792, l'armée de la
République française, commandée par le citoyen général en chef d'Anselme lorsque celui-ci y fut arrivé
le soir et eut pris son logement dans la maison d'habitation du citoyen ci-devant consul de la République
Le Seurre, ledit évêque Charles-Eugène Valperga de
Maillone, s'étant présenté, le même général d'Anselme
lui signifia d'abord en présence de son Etat-Major de
partir de cette ville, sur quoi ledit évêque lui répondit qu'il avait cru pouvoir continuer sa demeure dans
cette ville et qu'à cet effet il n'avait jamais pensé de

Pièces 7 et 8

�- 55 distraire, ni faire partir le moindre de ses meubles et
effets qu'il avait dans la maison d'habitation de
l'évêque, que si absolument il lui ordonnait de partir,
il le priait de lui accorder la sauvegarde pour tous ses
dits effets et meubles, ledit général d'Anselme lui
répliqua : Le plus tôt sera le mieux, ce qui tout est
constaté par les attestations ci-jointes du premier et
second jour de fructidor dernier qu'il vous présente
également.
Qu'il résulte aussi par lesdites attestations, que
ledit évêque Valperga de Maillone fut forcé par ledit
général d'Anselme de partir de cette ville que tous
ses meubles et effets fussent mis sous la sauvegarde de
la Nation française et qu'étant parti le lendemain 30
dit septembre, il risqu'à d'être pendu ef étranglé paties soldats de la Phalange Marseillaise qui se trouvaient de garde à la porte ci-devant dite Victoire, ce
que tout fut d'abord notoire et de notoriété publique
dans cette ville.
Vous observe que ledit évêque Valperga est natif
du Piémont où il se retira et que s'il a résidé dans
cette ville, ce n'a été que pour raison de son ministère, que tout cela nonobstant il a été porté sur la liste
des émigrés, a été vendu la plus grande partie de ses
meubles et effets, et cela même nonobstant la préalable réclamation que le citoyen Jean-Jacques Donni,
chargé des intérêts dudit évêque avait fait à l'ancien
département par sa pétition du 22 juillet 1793 (v. s)
qui existe dans les Archives de ce district, résultant
ainsi que tout cela a été fait et opéré contre le droit des
gens et la sauvegarde de la loyauté française qui fut
promis audit évêque.
En conséquence, l'exposant demande en sa dite
qualité de procureur dudit citoyen évêque CharlesEugène Valperga de Maillone la radiation de son
nom de la liste des émigrés, la levée des scellés, la
restitution de ses propriétés et l'indemnité de celles
qui ont été distraites et vendues au nom de la Nation,
et sera justice.
(21 août 1795).

�- 56 Nice le 4me jour de Fructidor de l'an 3me de la
République française une et indivisible.
Signé : Pierre-Joseph PASSERON.
Vu la pétition ci-dessus du citoyen Pierre-Joseph
Passeron présentée au nom et comme procureur subs
titué du ci-devant évêque de Nice, Charles-Eugène
Valperga tendante à obtenir la radiation de son nom
de la liste des émigrés, la levée du séquestre et remission de ses effets restant ainsi que l'indemnité de
ceux qui ont été distraits ou vendus.
Vu une première pétition présentée à l'ancienne
administration du département par le citoyen JeanJacques Donni, au nom du citoyen Valperga en date
du 22 juillet 1793 tendante aux mêmes fins.
Vu la procuration en date du premier août 1793
(V. s.) faite à Gênes, par devant le notaire public Antoine Baglietti, légalisée par le Consul de la République française y résidant, ainsi que l'acte de procuration y inséré, en date du 20 Juillet 1795.
Vu l'attestation de quatre témoins faite avec serment par devant le juge de paix de la 1", 2"", 3me section de cette commune, en date du 1" Fructidor dernier '18 août 1795).
Vu autre attestation de cinq témoins faite par
devant le susdit Juge de paix, le 2 dit fructidor, aussi
sous serment.
Considérant que par la première des 2 attestations il est pleinement prouvé que le vingt-neuvième
septembre 1792, aussitôt après l'entrée de l'armée
française dans cette commune, le sus-nommé évêque
Valperga s'étant présenté au général d'Anselme qui
la commandait en chef, celui- ci lui ordonna d'abord
en présence desdits témoins et de tout l'Etat-Major.
u'il n'avait qu'à partir de la ville, et malgré que le
it évêque lui observa qu'il avait cru de pouvoir y
rester tranquillement et qu'à cet effet il n'avait fait
partir aucun de ses effets et meubles, le général lui
répliqua de partir absolument de la ville, en ajoutant
que le plus tôt serait le mieux, l'ayant assuré qu'à

a

�-5;l'égard de ses meubles et effets de sa maison, il les
mettait dès ce moment sous la sauvegarde et loyauté
de la Nation française et qu'il pouvait en être tranquille.
Considérant qu'il résulte par lesdites attestations,
et il est prouvé que l'évêque Valperga, d'après les
ordres précis et réitérés du général d'Anselme, partit
le lendemain 30 septembre de cette ville.
Considérant que par la susdite attestation du deux
Fructidor il résulte que l'évêque Valperga, au moment de son départ de cette commune, ayant été arrêté à la porte qui conduit au Piémont, par les soldats
qui y étaient de garde, lesquels tentèrent de le pendre,
il évita la mort par les soins du citoyen Joseph Castellinard, un des déposants, et il ne fut laissé libre que
d'après un billet du général d'Anselme, qui ordonnait à ladite garde de le laisser partir, puisqu'il s'en
allait de son ordre
Considérant que tous ces faits sont devenus de notoriété publique dans cette commune, dès le même
jour 30 septembre et Ier octobre suivant, ainsi que
quatre témoins l'ont attesté.
Considérant que le citoyen Valperga ne s'est absenté de cette commune et ci-devant Comté de Nice
que d'après les ordres du général d'Anselme auquel il
témoigna son regret.
Considérant que le départ du citoyen Valperga
ayant été forcé il ne peut pas être qualifié d'émigration.
Considérant que son intention de rester dans cette
commune est d'autant plus constatée, que le citoyen
Valperga a été le seul fonctionnaire public, il soit
resté à son poste, n'ayant soustrait aucun des meubles
et effets de sa maison, lesquels ont été ensuite distraits
et vendus par la Nation.
Considérant que le citoyen Valperga ne peut être
non plus considéré comme réfractaire aux lois de la
République, tandis qu'à l'époque de son départ de cette
commune, aucune loi de la République, surtout à
l'égard des ecclésiastiques, n'y avait été encore publiée
à laquelle eut pu contrevenir.

�— 58 —
Considérant que le citoyen Valperga ne pouvant
être considéré ni comme émigré, ni comme réfractaire, ne pouvait être privé de ses propriétés laissées
dans cette commune lors de son départ, sous la sauvegarde de la loi et de la Nation française qui lui fut
accordée par le général d'Anselme, et qui étant digne
de la loyauté de cette Nation, ne pouvait être violée
sans blesser le droit des gens.
Considérant au surplus, que le citoyen Valperga,
originaire piémontais, ne faisait sa résidence à Nice,
qu'à raison de son épiscopat, ce qui ne donne qu'une
résidence easuelle, et que sous tous les rapports, il
n'a cessé d'être étranger à l'égard du pays de Nice et
de la France.
Considérant que l'article 6, section deux, N° 2 de
la Loi du 25 Brumaire (15 novembre 1794) en déclarant émigrés les citoyens domiciliés dans le cidevant comté de Nice, qui sont sortis depuis le 27
septembre 1792, n'a point porté atteinte au droit des
gens dans la personne de l'étranger, qui se trouvait
dans ce même pays, où il n'aurait pas établi son vrai
domicile.
Considérant que le citoyen Valperga, qui avait été
forcé par le gouvernement de partir de Nice, n'a dû
plus y revenir dans le terme même prescrit par les
lois aux citoyens de la ci-devant Comté de Nice,
puisqu'il ne devait point imaginer qu'il fut compris
dans l'invitation, malgré qu'il ait été porté sur la
liste des émigrés.
Considérant que ce nonobstant, lorsqu'il sut qu'il
avait été porté sur la liste des émigrés de cette commune, s'est empressé de présenter sadite pétition
du 22 Juillet 1793 dans laquelle il demanda non seulement la radiation de son nom de ladite liste, mais
encore un délai convenable pour rentrer dans cette
commune, soit comme simple citoyen, ou comme
fonctionnaire public, ainsi que la restitution de ses
propriétés par lui laissées sous la sauvegarde de la
loyauté française dans la maison êpiscopale lors de sa
retraite forcée, ou une juste indemnité de leur valeur.

�- 59 Considérant finalement que,d'après toutes les circonstances sus-ênoncèes, aucune loi concernant les
émigrés ne peut être applicable au citoyen Valperga,
et que toutes celles qui pourraient le regarder relatives au séquestre des biens appartenant aux habitants
des pays en guerre avec la République française ont
été rapportées par le décret du 14 Ventôse dernier
(4 mars 1795). •
Le Directoire du district de Nice, oui le procureur syndic, est d'avis que le citoyen Charles-Eugène
Valperga ci-devant évêque de Nice ne doit point être
considéré émigré.
Qu'il doit être rayé de la liste des émigrés, que le
séquestre apposé sur ses propriétés doit être levé, qu'il
doit être réintégré dans la possession et jouissance
d'iceux, que tous receveurs ou dépositaires doivent
lui restituer les sommes qu'ils ont perçues, résultant
du produit desdites propriétés et qu'il doit recevoir
la juste indemnité des meubles et effets qui seraient
passés au profit de la Nation.
Fait à Nice, dans la salle des séances le 5me Vendémiaire an 4me républicain (27 sept. 1795). Signé
Saytour Martin. Verani,
procureur syndic, Angles v. prés.
Touzelly. Jn Coppon fils.
Enregistré au feuil. 20 registre des prévenus
d'émigration et signé BARRAIA, commis greffier.
Certifié conforme par nous Ve président et secrétaire du district Jn COPPON Fils V,-PRÉSIDENT
BARRAIA Cis greffier.
A rch. Nat. F 7 4867

2

�— 6o —

Pièce 9.

LIBERTÉ (vignette) ÉGALITÉ
BUREAU DES
ÉMIGRÉS

Extrait des registres des délibérations et arrêtés de
l'Administration Centrale du département des Alpes Maritimes.
(2

juin 1797)

Séance du quatorze Prairial an 5mf de
la République française une et indivisible.
Sur le rapport d-e la pétition présentée par le
citoyen Pierre Joseph Passeron, procureur fondé de
Monsieur Charles Valperga, ci-devant évêque de
Nice, dans laquelle il expose que ledit Charles Valperga n'a jamais dû être atteint des lois relatives à
l'émigration, soit qu'on le considère comme parti en
suite d'une force majeure, soit en sa qualité de piémontais et demande en conséquence la radiation de
son nom de la liste des Emigrés, sa réintégration
dans la possession et jouissance de ses propriétés et
une juste indemnité, des meubles et effets qui sont
passés au profit de la République.
L'Administration Centrale du département des
Alpes-Maritimes, considérant que M. Charles Valperga, comme piémontais, n'habitant Nice que pour
cause de son emploi, n'aurait jamais dû être porté
sur la liste des émigrés du département.
Que le seul motif qui a pu déterminer le général
d'Anselme à lui ordonner de partir de la ville de
Nice, ne peut avoir été que la susdite qualité de
piémontais.
Considérant enfin, que comme sujet du roi de
Sardaigne, il est dans le cas de jouir de l'article i,r
de la loi du quatorze nivôse an troisième, (} janvier
1795), ainsi que de l'article neuf de la loi du trente
Floréal an quatrième, (19 mai 1796).
Arrête, oui le commissaire du Directoire Exécutif
que le nom de Valperga, ci-devant évêque de Nice,
qui se trouve inscrit sur la liste des émigrés, sera

�— 6i —

provisoirement rayé ; que tout séquestre qui pourrait
avoir été mis sur ses biens sera levé, qu'il sera réintégré dans la possession et jouissance de ses propriétés,
et que toutes les sommes versées dans les caisses publiques, lui seront rendues, déduction faite des frais
faits conformément aux lois.
Fait et arrêté* en séance publique le jour, mois et
an que dessus.
Signé : Donny, président Payani, fils, Scudéry,
Oberti, Hancy (et en marge Gastaud commissaire
du Directoire Exécutif).
Certifié conforme à l'original par nous président
et secrétaire de l'Administration centrale du départemeni des Alpes-Maritimes.
DONNY, président
BELMONDI, sec. chef au bureau des émigrés.
Arch. Nat. F 7 4867 2

ACTE DE CAUTIONNEMENT
Pièce 10.

11 fructidor anV (2&amp; août 1797)
LIBERTÉ ÉGALITÉ
Ce jourdTiui 11 fructidor an 5 de la République
française une et indivisible (28 août 1797) par devant nous, membres composant l'Administration
centrale du département des Alpes-Maritimes, est
comparu le citoyen Joseph Passeron, natif de Contes,
chef-lieu de canton, domicilié dans cette commune,
procureur fondé de Monsieur Charles Valperga, cidevant évêque de Nice, en vertu d'acte de procuration du 20 juillet et premier août 1795 (v. s.) lequel
en sadite qualité, dépendamment à l'arrêté de cette
administration du quatorze prairial an cinq (2 juin
1797) portant que le nom de Valperga, ci-devant
évêque de Nice, sera provisoirement rayé de la liste
des émigrés, que tout séquestre qui pourrait avoir
été mis sur ses biens sera levé, qu'il sera réintégré
dans la possession et jouissance de ses propriétés, et

�— 62 —

que toutes les sommes versées dans les caisses publiques lui seront rendues, déduction faite des frais
faits, conformément aux lois, désirant de se conformer au porté par l'article 3 de la loi du 5 Brumaire
an 3 (26 octobre 1794) qui exprime que les prévenus
d'émigration seront tenus de donner caution solvable de la valeur mobilier, et ne pourront obtenir
leurs immeubles jusqu'à ce qu'il ait été définitivement statué sur leurs réclamations par qui de droit,
toujours en sa dite qualité a présenté pour caution le
citoyen François Grosson, marchand drapier de cette
commune, lequel ici prése.it et acceptant, s'oblige
conjointement et solidairement avec ledit Valperga
et pour celui-ci ledit Joseph Passeron, et sous l'hypothèque de tous leurs frens présents et à venir, à l'entière exécution de ce qui les concerne en la susdite
loi, et à la représention des mobiliers, effets et sommes à percevoir en dépôt que besoin sera, et quant
aux mobiliers invendus et en dépôt seront soumis
d'en représenter la valeur à laquelle seront estimés
par experts, préalable rémission.
Et nous, administrateurs susdits approuvant lesdits
cautionnement et acte de soumission, à la réquisition
dudit citoyen Joseph Passeron, avons dressé le présent acte que toutes les parties ont signé avec nous,
ayant au préalable fait renoncer audit François Grosson au droit de premier convenir.
Fait à Nice les jours, mois et an que dessus.
Joseph

PASSERON,

François GROSSON,
prés., PAYANY FILS,
MARUN-SAYTOUR, sec. en chef

HANCY, DONNY,
P.

Acte original sur timbre de 20 centime*.
Arch. Nat. F

7 4867^

�— 63 -

CONCLUSION

Il était avéré pour tous, dans la ville de Nice, que Mgr
Valperga était parti contre son gré et si la première Administration départementale, installée au mois de Mai 1793,
l'avait inscrit sur la liste des émigrés de Nice, c'était à la
suite d'une réponse faite par le ministre de l'Intérieur, Garât,
aux questions à lui posées par le Directoire des Colons Marseillais sur la conduite à tenir vis-à-vis de l'évêque.
Les questions avaient été envoyées à Paris, vers la fin
de Février 1793, et la réponse du ministre ne parvint à Nice
qu'au milieu de juin suivant, soit quelques jours avant la
publication de la liste des émigrés. Les réclamations de
l'évêque, retiré à Turin dans sa famille, furent présentées
le 22 juillet 1793 (1) ; mais comme beaucoup d'autres, elles
s'entassèrent dans les bureaux du Département, qui n'y
répondit même pas.
Cette réclamation fut présentée au nom de l'évêque par JeanJacques Donny au Département. lîlle figure en original au dossier
Valperga.
Voir ci-dessus.
Le registre des délibérations du département manque aux Archives pour les derniers mois de 1793, exactement du Ier mai au 10
Novembre, comme pour les six derniers mois de 1797 et l'année entière de 1798, exactement du 8 Messidor an V (26 Juin 1797) au 25
Pluviôse an VII (13 février 1799).
C'est-à-dire pour les deux périodes les plus troublées et cette
disparition est tout au moins étrange.
Elle doit être vraisemblablement attribuée à certains hommes
politiques désireux de laisser dans l'oubli leur conduite durant ces
deux époques.

�- 64 On était dans la période la plus aiguë et, en pleine
Terreur.
Après le 9 Thermidor et, surtout après la venue à Nice
du représentant Beffroy, au mois de Floréal, an III (Mai
I795)»
les esprits devinrent plus calmes, les administrations plus pondérées. C'est alors que, sur de nouvelles demandes présentées au District, et sur avis favbrable de
celui-ci, le département des Alpes-Maritimes accorda à Mgr
Valperga sa radiation provisoire, le 14 Prairial, an V (2 Juin
1797). Comme on le voit, l'affaire avait traîné en longueur.
Il semblait alors que rien ne s'opposait plus à la rentrée
de l'évêque : le 11 Fructidor, an V (28 Août 1797), le Département avait agréé la caution de François Grosson (1) ;
les biens de l'évêque allaient lui être rendus, et il pourrait
rentrer.
Mais huit jours après, le coup d'Etat du 18 Fructidor (4
septembre 1797) remettait le pouvoir aux mains des Jacobins, la guerre aux émigrés et aux ecclésiastiques, en particulier, reprit avec âpreté. Pe département des Alpes-Maritimes se vit accusé d'avoir préparé une rentrée triomphale à l'évêque, son arrêté du 14 Prairial resta sans effet
et, en vertu de la loi du 19 Fructidor (5 septembre), les
scellés furent de nouveau apposés sur les biens de Mgr Valperga par deux commissaires municipaux (2).
En vain, l'évêque de Nice, fit intervenir auprès du Directoire Balbi, l'ambassadeur du Roi de Sardaigne à Paris,
le dossier de sa demande en radiation fut examiné sans
aucune bienveillance.
(1) L/Acte original de ce cautionnement sur timbre est aux
Arch. des Alp.-Maritimes Q. 10.
(2) Mise de scellés sur les biens de Charles Eugène Valperga par
deux commissaires de la municipalité de Nice. Une scéance, 6 livres.
Dépense approuvée par le Département, en Germinal an VI (avril
1798). Arch. des A. M. Q. 11.
Mgr Valperga ne possédait à Nice aucun immeuble et il devait
rester fort peu de chose de son mobilier après la vente qui en avait
été faite en Ventôse an III. La bibliothèque de l'évêché avait été déclarée bien national et la caisse diocésaine avait disparue en octobre 1792
sans laisser de traces dans les pièces administratives. Le séquestre
a été apposé sur les biens de nombreux émigrés rayés provisoirement.
On peut en voir la liste aux Archives des A. M. Q. 10, où Valperga
figure sous le N° 65.

�- 65
Á la suite de la lettre de Balby datée de Paris le 7 février
1798, le ministre de la police demanda à ses Bureaux un
rapport sur l'affaire Valperga. Pe voici tel qu'il se trouve
en minute au dossier.
Attendu que rien ne tend à constater le prétendu ordre
de quitter Nice, d'où il suit qu'il faut en croire sur parole
l'émigré.
Qu'à raison de son domicile, il était tenu de rentrer sur
le territoire dans les délais voulus par les lois.
Qu'il est atteint par la déchéance et n'a réclamé que
l'an V.
Qu'il ne paraît pas y avoir lieu de violer la loi en faveur
de cet ex-évêque dont la rentrée prohibée par la Constitution serait d'une influence dangereuse.
J'estime qu'il y a lieu à proposer la maintenue sauf
à prendre des renseignements si toutefois on les trouve
indispensables.
CAIGNART,
Sous-chef (2e Bureau).
En tête de cette minute est écrit :
« Je pense qu'il y a lieu à instruction et à prendre
des renseignements près les Administrateurs du département_des Alpes-Maritimes. »
Signature illisible (1).
Ces renseignements furent-ils demandés ? C'est probable et cela explique que bien des pièces du dossier Valperga sont en double expédition. Plus d'une année s'écoula
encore, avant que fut prise une décision et finalement sur
un rapport défavorable de la Commission d'examen instituée près le Ministère de la police pour l'étude des demandes en radiation, le Directoire exécutif signa le 7 Floréal
an VII, (26 avril 1799) un arrêté qui maintenait définitivement, sur la liste des émigrés, Mgr Valperga et annulait
toutes les décisions rendues antérieurement, en sa faveur,
par les. autorités locales.
(1) Arch. Nation. F 7 4862 2 dossier Valperga. Rapport de la
3 me Division du Ministère de la police, sans date mais joint à la
lettre de Balbi.
»

�- 66 -

Varrêté du Directoire parvint à Nice les premiers
jours de Prairial an VII (Mai 99) et fut immédiatement
mis à exécution. (1).
*

* *

Ainsi donc Mgr Valperga expulsé ne put jamais obtenir
de rentrer, les lois sur l'émigration étaient tellement embrouillées et tyranniques qu'une fois inscrit sur une liste
d'émigrés, il était extrêmement difficile de s'en faire rayer
malgré toutes les démarches ; car on se heurtait sans cesse
à des questions de forme et de procédure ce qui permettait
à la malveillance de s'exercer tout à fait à l'aise sous le
couvert de la légalité.
A. J.

PvANCE-BOURREY.

(1) De 21 Floréal an VII (10 mai 1799), il fut communiqué
par le ministre de la police générale de la République aux diverses
administrations intéressées et aux Commissaire du Directoire exécutif
près le département des Alpes-Maritimes. Celui-ci par lettre du 3
prairial (22 mai 1799) demanda au Département de le transmettre
à la Municipalité de Nice, ce qui fut fait le même jour avec ordre
de le transcrire sur ses registres, de faire apposer les scellés ou séquestre sur tous les biens meubles et immeubles de l'évêque si ce
n'est déjà fait, et de mi notifier sans délai la décision prise à son égard.
Voir lettre du Département à la Municipalité, celle du Commissaire au Département, 3 Prairial an VII avec la réponse du Département 4 Prairial.
Arch.. des A. M. Q. 1 et 2 et Arch. Nationales, dossier Valperga,

�NIÇA LA BELLA
VERS DE /.

Giordan,

su

DE CARTA POUSTALA

Ai rai dôu nouostre bouon soulèu
Venon s'escaufar toui lu lùssi ;
Es un meravihous tablèu,
Ai rai dôu nouostre bouon soulèu,
Trouvas, dou Var fin au Castèu,
Anglés, Rouman, Danesi, Rùssi :
Ai rai dôu nouostre bouon soulèu
Venon s'escaufar toui lu lùssi.
Pèr tu, as touti li bèuta,
Terra de lus e d'alegria,
D'un ciel d'azur, as la clartà,
Pèr tu, as touti li bèuta.
De l'univers, en verità,
Siès la uechièma meravia ;
Pèr tu, as touti li bèutà,
Terra de lus e d'alegria.
Dintre lou tèmp, Semiramis
Faguet basti, à Babilouna,
Pu siéu jardin, vèr paradis !
Soubre Paioun, degun s'estouna
De vèire, ancuèi, lou paumoulié
Drissar au ciel la siéu coulouna
E lou galofre, e l'anemouna
Flouri emb'au pourtegalié.
De bouon matin, quitant maioun
Pèr la journada touta'ntiera,
S'en va lavar, dintre Paioun
Pa bugadiera.
D'un glourious passat es fiera
Perqué, d'un tèmp, sus lou bastioun
Au Turc, arranquèt la bandiera
Pa bugadiera.

�fet 68 —

Sau de fouora fa freï,
Que brima,
A Niça, sus lou Quèi,
Si rima.
Pescadou, fourestié,
De la mar bressarella,
Escouton voulountié
Pa doussa cantinella.
L'AVOUCAT

PATTA

L'estudi de l'avoucat Patta es en plen aria ; si tèn lou matin
couma lou predinà su la plaça dôu Palai. Es un ome pichounet,
touplen raplot, li pocha enfli de papiè de touta mers. En lu vièi
quartiè es proun counouissut e li capelada, « Bouonjou Moussu
l'Avoucat », noun li mancon. Es ben m'ai juge, proucuradou, etc.
Lu siéu ounourari soun bouon pati e n'a de preferença pèr
qu si sigue. Parla au premier maufatan vengut, couma se fousse
un agnèu que vén de naisse ; lou créancier o lou débiteur soun
tratat su lou même pen... basta que mouson...
L'avoucat Patta es de noutarietà reputat pèr un ome judicious, òunest — au noun si flata de l'estre au jou d'ancuei ; —
finda counouisse, es en relacioun d'afaire emê de gros persou nage que dintre la finança dôu siéu coumerce, soun quasi d'usurari. Sau menajar la cabra e lou caulè ; e pèr que la mouneda
noun li escapa si desbrouïa e si mete dôu cousta dôu manche...
d'aquéu que casca lou de mai...
Acò fa que toui lu matin que lou Bouon Diéu a fach, la siéu
doumestica mete toujou quaucaren au fuec. Lou dimeneghe, coum'un bouon crestian, — tartufaria que lou pauva, — va audi la
gran'messa à Santa Réparada, fa la siesta e à la calada dóu soulèu,
passeja su lou Cours, pastrouia, fa lu cent pas, noun parla que de
lei, proucès, citacioun, ensin alestisse lou travail dôu dilun...
Lendeman empastra ben d'afaire, mete facilamen en lou sac
Moussu Tout'Un emé Moussu Tout'Autre... En éu que li pòu
faire ?... lança dapertout lou broumech, tant pis pèr aquéu que si
laissa agantar. Quaranta sóu es lou près d'atac e vous pregui de
crèire que douna pas la siéu journada pèr doui o tres escut.
L'avoucat Patta counouisse l'usança dôu païs... s'avès touort,
vous rouïa, s'avès pi rasoun, v'espia... Que voulès aima manjar
lou pei, lou pei que noun aiguë d'espina...
JULI EYNAUDI.

�-«9VA

MAU ! !

Va màu, cresé-vous, que va màu 1
En l'orizoun lou voile negre
N'es qu'un gran camp cargat de pebre,
Qu'à pala lou jeten davan,
Avuglan finda lu cavau 1
Lu canoun soun su li frountièra,
Alignât couma de barriera,
N'esperon plus que lou signàu !
Lou soulèu, aquel animàu !
Stan, noun vòu levà la vela,
Si foundon couma des candela
Enb'aquèu coust dôu diàu !
Le Giacouuda à cóu de d/stràu
Li fan petà li sièu moulura...
Ah ! dèu faire bella figura
Se l'an foutuda en quauqua tràu
Lou pan crèise, finda la sàu,
Lou sucre dintre li boutiga
Mounta ben mai que de boufiga !
Van jusque crèise lou rampàu
E la pèu que fau lou tambau ;
Metran de drech su li nourriça,
Su lu chichi, su li saucissa,
Perqué pas soubre lu magàu ?
E lou Prussian, marrit bertàu,
Noun sabon fa que de babïa,
Per lou Maroc e l'Algèria,
Se faran mètre lou mourràu !
Li serreren toui lou pourtàu
E pi veiren touta la França
Davan la sieù grossa arougança
Se noun si sau garda li clàu !
Es de rima d'un manechàu,
Ma sien d'estiéu, vesin, vesina,
Li passeres en la resina
Avant que vegon l'espitau !
CHARLES CIAUDO

�Valère Bernard
Tout en heurtant le marteau contre la porte de M. Valère
Bernard je songeais. Je me suis complu dans le plus souriant
mépris des idoles. L'ironie a tremblé sur mes lèvres quand
la Provence a dans un ravissement de joie acclamé le poète de
Maillanne. Cette mascarade d'apothéose me répugnait.
Et maintenant la curiosité me fourvoyait dans le studio
d'un consciencieux artiste que les felibres couvraient de gloire.
Elève de Puvis de Chavannes M. Valère Bernard pasticha le
Maître. Mais vite il eût l'intuition qu'à se perdre dans les sentiers
battus il courrait risque de compromettre son crédit. Il dit
adieu à Paris et vint dans Marseille, l'opulente cité.
A cette époque vivait un exquis écrivain, J. Lombard. Il venait de publier deux œuvres d'une grandiose beauté, VAgonie et
Bysance. Dans un style étrangement tourmenté il contait les
luttes entre les factions d'Orient, illuminant son œuvre des
splendeurs bysantines.
Valère Bernard vit Jean Lombard, et du même coup les belles
au bois qui dormaient en son âme s'éveillèrent. Il délaissa les
études académiques, les pastiches sans vie, et d'ardentes couleurs
chargèrent ses toiles.
Voici le triomphe des rois Babyloniens. Sur les voûtes d'un
palais impérial passent des gardes étincelants dans la pourpre et
la soie. L'or envahit les hautes colonnes de jaspe bleu. Involontairement on pense aux fantastiques demeures hantées par des
fées émeraudes et des princesses aux perversités troublantes.
Et je m'imagine que le peintre était sous le charme de la
légende quand il a peint cette courtisanne qui sourit à son miroir tout en jouant négligeamment avec sa chevelure d'or. Et
puis passent Venise la rouge, Marseille enveloppé dans la poussière d'or du crépuscule, des motifs à la Watteau peints par un
bysantin, toute une apothéose.
Mais une idée m'obsède, tandis que dans la grise clarté d'un
soir automnal s'éteignent les fauves éclairs jaillis de ces radieuses
toiles. L'idéalisation du passé me paraît cruelle. Les générations
endormies dans la Mort ont eu leurs misères/leurs rancœurs, je
pense qu'il est absurde de s'écrier avec Musset « qu'aux temps
jadis tout était heureux jusqu'aux douleurs humaines. » En vain
l'apostat s'attriste-t-il sur les vieillards immortels de l'antique

�- 7i

—

lonie, â ses oreilles résonnent les paroles de l'Hiérophante : « La
Helladi que tu aimes n'a jamais existé ».
Mais M. Valère Bernard brise ma rêverie, et mes yeux se
portent.sur des portraits appendus au mur. Profils d'espagnol ou
d'américain mitigés d'espagnol, comme on en croise maintes fois
sur la Cannebière.
Homme universel ne puis-je m'empêcher de m'êcrier. M.
Valère Bernard sourit. Il siérait dit-il, à mi voix, de se développer en profondeur. Toutefois il est beau de se dire sur le
tard de sa vie que l'on a fait vibrer toute son âme. Ici le maître
rejoint Néron. Il m'aide à comprendre cet inquiétant empereur.
Mais encore faut-il que tout en étant l'homme universel on ne
sombre pas dans la banalité. De méchantes œuvres d'art peuvent
avoir leur prix.
Une idée se lève devant moi. Labruyère me petsuade que
l'honnête homme de Pascal propre à tout en définitive n'est propre à rien. La spécialisation inintelligente, mène à l'erreur, j'en
conviens, mais en fait elle est une loi générale.
Et ceci est pour me plaire, car j'abhorre dissiper mon énergie,
j'aime le repliement, la frissonnante pudeur qu'effarouche les
vaines ostentations. Je goûte les peintres du passé et malgré ma
philosophie j'adore les peuples disparus. Volontiers j'implorerai
avec la Cassandre de Schiller la cécité, l'exquise cécité. Le sou
venir a plus de puissance sur moi que l'espoir.
Et sous des deux gris, en des pays étrangers désolants de
médiocrité, il m'est arrivé de pleurer plus amèrement que ne
pleura Xerxès aux rives d'Abydos.
J. PADOVANI.
PROUVERB1, BOUOI MOT, COUNSÈU E DICH
Vèuva que si marida,
Dèu perdre la lus e l'audida.
Fiha madura,
Lou pouorta à la centura.
En cuntant su lu det :
Aquéu a fa l'óu ;
Aquéu l'es anat cercar,
Aquéu l'a fa cuèire,
Aquéu l'a manjat,
E lou pichoun n'a ren tastat !

�— 73 —
LE

DÉSESPOIR

Oui, j'ai la mort dans l'âme ; oui, je monte au calvaire ;
Mon horizon, hier si beau, s'est obscurci ;
Je hais tous les devoirs et tout ce qu'on révère :
Mieux vaut mourir que vivre ainsi !
Puisque je n'y puis rien ; que la raison humaine
Ne gagne plus un cœur où mon cœur est entré,
Je veux briser mes jours comme on brise une chaîne
Et m'enfuir en désespéré.
Qu'est-ce donc que la mort ? C'est la paix éternelle,
C'est un beau drap de fleurs sur mon sein endormi,
C'est la nature calme, auguste et solennelle
Qui nous prête un repos ami.
O nature de Dieu contemple ma détresse !
Ecoute tout mon sang dans mon cœur s'épancher
Et, puisque je n'ai plus le lit de ma maîtresse,
C'est au tien que je veux coucher ;
C'est toi la grande mère et la nourrice immense !
L'homme au sort le plus âpre et l'homme au sort plus beau
Retrouvent dans ton sein leur part de ta clémence :
L'un l'amour, l'autre le tombeau
Tu sais, toi qui vois tout, ce qu'ici bas je souffre,
Que je n'ai point béni l'instant de mon réveil
Et que j'ai regardé, toujours, du fond du gouffre,
Les bords ou brillait le soleil ;
Que je n'ai bu jamais que dans la coupe amère,
Que le seuil du bonheur me fut toujours fermé,
Que j'ai perdu mes fils, que j'ai perdu ma mère
Et tous les cœurs qui m'ont aimé !
Maintenant je m'en vais, battant du front, comme ivre,
En proie à ce grand deuil qui me courbe en vainqueur,
Et je veux déchirer ma vie, avec le livre
Des chastes sanglots de mon cœur ;
Et toi, rayon divin, génie, ardent délire,
Flambeau qui n'iras plus briller sur son autel,
Eternise du moins ces larmes de ma lyre
Et que mon cri soit immortel !
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Noumbre d'or...
13
Mars
Epato (Grégori)
Il
Jun
Cicle soulari
17 Setèmbre
Endicioun roum
10 Desembre
Letra doumenicala
G F
LI QUATRE

8,
7,
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10
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11
10
23
23

SESOUN

Lou printèms coumença lou 21 mars
L'estiéu
—
— 22 Jun
L'autoum
—
— 24 sept,
L'iver
—
— 22 dés.

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dôu sera
dôu sera
dôu matin
dôu sera

FESTA MOUBILI

Septuagesima... 12 Fébrié
Cendre
21 Febrié
Pasca
7 Abrieu
Rougacioun 21, 22, 23, 24 Mai
Ascensioun
16 Mai

Pantecousta
Trinità
Festa de Diéu
1" Dimenegue de
Ie* Desémbre

26 Mai
11 Jun
15 Jun
l'Avènt

LU ESCLISS!

Souliu.

—

ij Abriéu. — Esclissi annulari e coumplet visible

à Paris, en America, en Europa et dintre lou N.-O. de l'Africa.
Coumençamen de l'esclissi à 10,01 dôu matin ; finisse à 1,08
dôu sera.
10 Otitoubre. — Esclissi coumplet invisible à Paris, visible
dintre l'America dôu Sud.
Luna. — 1" Abrièu. — Esclissi parciella visibla à Paris. Entrada de la luna dintre l'oumbra, 9.26 dôu sera; sourtida, 11.03
dôu sera.
26 Setèmbre. — Esclissi parciella, invisibla à Paris, visibla
dintre l'Océan Pacifique.

Jîla providence, %ue de la Préfecture /4, $run, Siàraire

�LU

VÉNT

Lu vènt que souflon à Niça, dintre lou cours de l'armada,
soun au nombre de 16. Vequi li siéu denouminacioun courènti,
pihadi, en general, dai loucalità dei quali parèisson vèni :
Sud
Miejon
Nord... Tramountana
S.-S.-O. Miejou Lebech
N.-O.-E. Grek Tramountana
S.-O
Lebech
N.-E... Grego
O.-S.-O Pounèut Lebech
E. N .E. Levant
Ouest. Pounènt
E.-N.-E. Levant
O.-N-O.V Pounènt Maistràu
E.-S.-E. Levant
N -O . Mastràu
S.-E.... Siroco, vènt marin
N..-N. OMaïstràu Tramount
S.-S.-E.. Miejou Siroc

6
15
25
14
31
24

VIGÍLIA — JEUNI
Abriè
(Pasca, 7 Abrièu).
Mai
(Ascensioun, 16 Mai).
Mai
(Pantecousta, 26 Mai).
Avoust
(Assoumpcioun, 15 Avoust).
Outoubre (Toui lu Sant, Ier Nouvembre).
Desembre (Calena, 25 Desembre).
L'AN NADA RELIGIOUSA

LI FESTA MOUBILI E LI FESTA FISSI
Janvt'è
jYlars
1 Circouncisioun.
1 e 2 Quatre Tèms.
6 Epifania (lu Rei).
3 Reminiscere.
13 Bateja de J.-C.
10
Oculi.
14 Sant Noum de Jesu.
17 Lœtare.
fébrié
24 Passioun.
2 Puriflcacioun.
29 Li 7 Doulou.
4 Setuagesima.
31 Lu Rampàu.
6 Festa de la Pr. de N. S.
11 Sexagesima.
Jîbriéu
13 Coum. de la Passioun.
5 Divendre Sant.
18 Quinquagesima.
7 Pasca.
21 Cendre.
14 Quasimodo.
25 Quadragesima.
28 Patrou. de San Joúsè.
28 Quatre-Tèms.

�Setembre
3 Inv. de la Santa Crous.
13, 14, 15, Rougacioun.
16 Ascensioun.
26 Pantecousta.
29-31 Quatre-Tèms.
1
2
6
9
21
24
29

Quatre-Tèms.
Trinità.
Festa de Diéu.
Festa dôu S. Sacramen.
Sacrat-Couor de'jesu.
Natività de S. jouan-Bat.
SS. Peire e Paul.

8 Natività de la Vierge.
14 Esaltacioun de la Crous.
15 N.-D. dei 7 Doulou.
15 San Noum de Maria.
18, 20, 21, Quatre-Tèms.
29 Dédie, de S. Miquèu.

Ôutoubre
6
13
20
27

Sant Rousari.
Maternità de la Sta Vierge.
Puretà de la Santa Vierge.
Patrounage de la S. Vierge.

J/ouvembre

Juliet
2 Visitacioun de la S. V.
7 Precious Sang.
16 N.-D. dôu Carme.

Jîvoust
6 Transfiguracioun.
15
18
25
25
29

Assoumpcioun.
S. Joachim.
S. Couor de la Vierge.
S. Louis.
Decolac. de S. Jouan-Bat.

1
2
3
21

Toui lu Sant.
Lu Mouort.
Santi Relíquia.
Present, de la Sta Vierge.

2&gt;esembre
1 Avent.
8 Imaculata Councepcioun.
18, 20, 21, Quatre-Tèms.
25 Calena.

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DÉCIMALISATION

DU

TEMPS ET DES

ANGLES

LA MONTRE DÉCIMALE
Par J. de REY-PAILHADE, président du Comité
pour la propagation des méthodes Décimales.
Le Club Nautique de Nice a offert plusieur fois en prix des
montres décimales aux régates'de 1909. Il était utile de décrire cet instrument, d'y joindre des tables pratiques et des
formules à l'usage des ingénieurs, des sportsmen, des médecins, etc. etc.
DÉCIMALISATION DES ANGLES •
Il est aujourd'hui démontré que la division décimale du
quart de cercle facilite tous les calculs.
Les nouvelles cartes géographiques sont graduées exclusivement dans ce système, devenu officiel en France et dans
d'autres pays. On possède toutes les tables pratiques nécessaires à son essai courant. Nous ne nous étendrons pas
davantage sur cette méthode aujourd'hui enseignée dans les
lycées et collèges.
Nous rappellerons seulement que M. l'amiral Germinet,
membre d'honneur du C. N. N., sous la direction duquel on
fit en 1899 et 1900 des essais de navigation avec un matériel
entièrement décimal, a émis un avis très favorable à la
réforme décimale.
DÉCIMALISATION DU TEMPS
La division décimale du jour décrétée le 4 frimaire an II
rendra aussi de grands services à la science et aux sports.
Principe. — On divise le jour entier en 100 parties égales
appelées cés ; le cé est subdivisé en décisés, ceniicès et millicés
Le cé vaut 14m 24s ou 1T4 d'heure environ ; le décicé est égal
lm 26s 4 ou lm Ij2 environ ; le millicé vaut 0S 864 ou 9T10 de
seconde environ.
Concordance des Temps. — On parvient assez vite à dire
instantanément l'heure à 1 ou 2 minutes près en regardant le
cadran d'une montre décimale. Il suffit d'apprendre par cœur
les concordances décimales de toutes les heures.
0,0
0
50,0

4,2
1
54,2

8,3
2
58,3

12,5
3
62,5

16,7
4
66,7

20,8
5
70,8

25,0
6
75,0

�25,0
6
75,0

29,2
7
79,2

33,3
8
83,3

37,5
9
87,5

41,7
10
91,7

45,8
11
95,8

50,0
12
100,0

Les heures sont au milieu, les concordances des heures
du matin en haut, celles du soir en bas. Ainsi 10 heures du
matin valent 41.7 cés (énoncer 41 cés 7 décicés) et 10 heures
du soir valent 91,7 cés.
Gomme 1 cé vaut presque lj4 d'heure et un décicé une mi •
nute 1]2 ; en partant des concordances du tableau, on dit
l'heure instantanément, ainsi 39,9 cés valent 9 h. 36 m. du
matin. Un ou deux jours suffisent pour atteindre ce résultat.

Description de la montre décimale ou cémètre. — Il y a 3
aiguilles centrales se mouvant sur un cercle divisé en 109
parties égales, numérotées de 0 à 9. Le 0 cé est en bas, c'est
l'origine des temps, car on suppose la Terre au centre du
Cadran.
L'aiguille dorée avec un soleil ne fait qu'un tour par jour ;
l'aiguille épaisse en acier bleu tourne 10 fois par jour, et la
trotteuse fine fait 1000 tours par jour.
L'aiguille-soleil montre la position de l'astre du jour par
rapport au méridien de Paris, qui va du centre au chiffre 5.

�10 —
Les quatre traits bleus indiquent les positions de cette aiguille
à minuit en bas sur 0 ; — à tì h. du matin au milieu entre 2
et 3 ; — à midi, en haut, sur le 5 ; — à 6 h. du soir, entre 7
et 8.
L'aiguille dorée du soleil indique le chiffre des dizaines
de cés, 2 sur le dessin ; l'aiguille épaisse donne d'abord le
chiffre des cés, 6 sur le dessin, et en comptant rapidement à
l'œil le rang de la division entre 6 et 7, on voit, que cette aiguille marque 3 décicés. Le temps du dessin est donc 26,3
cés correspondant à 6 h 20 m. du matin environ. L'aiguille
trotteuse donne les millicés 83. Le temps est donc 26,383
cés.
» Pour la vie courante, on n'a pas besoin d'aller au delà du
clécicé. On lit les milticés pour les applications scientifiques
et sportives.
Le temps en millicés lu sur le cêmèire facilite tous les calculs, car on n'a jamais de réductions à faire.
Examinons le problème des vitesses a l'heure : Les millicés multipliés par 0,00024 donne des heures et fraction décimale d'heure. Ainsi Ì2345 millicés valent 12,345 -f- 24 =
2 h. 9628.
Par conséquent si L est la longueur parcourue et M le
temps en millicés, la vitesse est

ou t

+ 4166,66...

Ces quelques exemples démontrent que la montre décimale simplifie tous les calculs sans exception.
Les rapports de MM. les délégués officiels aux essais de
la montre décimale faits à Nice, par le Club Nautique, le 26
février 1911, concluent unanimement à la supériorité de cet
instrument pour les usages scientifiques et sportifs.
M. Prim, astronome à l'Observatoire de Nice, représen
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D.
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Q,
L.
Q.
L.

lu 8, à 7
lu 14, à H
lu 22, à 7
lu 30, à 10

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1
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6
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dil. S. Apoulinari
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dim. S. Pèire
9
dim. S. Guiermo
10
dij S. Teodose
11
div. S. Arcada
12
dis. Sta Verònica
13
Dim. S. Ilari
14
dil. S. Maurici
15
dim. S. Ounourat
16
dim. S. Antoni
17
dij. Sta Angela
18
div. S. Sulpici
19
dis. S. Bastian
20
Dim. Sta Agnesa
21
dil. S. Vincènt
22
dim. S. Raymound
23
dim. Sta Jacinta
24
dij. Conv. de S. Pàu
25
div. S. Poulicarpa
26
dis. Sta Devota
27
Dim. Sta Paula
28
dil. S. Francès S.
29
dim.
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dim Sta Agata
dim. Sta Dorotea
dij. S. Romuald
div. S. Jouan-Matha
dis. Sta Apoulounia
Dim. Sexagesima
dil. Sta Eulàlia
dim. S. Gregori
dim. Sta Eufrasia
dij. S. Onesime
div S. Dounat
dis. S. Simeoun
Dim. Quinquagesima
dil. S. Gabin
dim. Dimars-Gras
dim. Li Cendre
dij. S. Silvan
div. S. Maxime
dis. S. Pascase
Dim. Quadragesima
dil. S. Nestor
dim. S. Leandri
dim. Sta Nourina
dij. S. Nymphas

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A la terra vau fumiè.

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P. Q.
P. L.
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12 div.
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18 dij.
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23 dim.
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lu 13, a 7 oura
lu 21, à 10 oura
lu 28, à 7 oura
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9 dij. s. Antounin
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11 dis. s. Bounifaci
12 Dim. s. Jouan lou S.
13 dil. s. Pouon, m.
14 dim. s. Pacomo
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16 dij. Ascensioun
17 div. S. Pascaù
18 dis. S. Teodoto
19 Dim. s. Pèire C.
20 dil. s. Felis.
21 dim. s. Bernardini
22 dim. s. Julia
23 dij Rogaeioun
24 div. s. Vincen, d. L.
25 dis. S. Urbin
26 Dim. Pandecousta
27 dil. S. German
28 dim. S. Cirile
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30 dij. S. Sylve
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12 dim.
13 dij.
14 div.
15 dis.
16 Dim.
17 dil.
18 dim.
19 dim.
20 dij.
21 div.
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24 dil.
25 dim.
26 dim.
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2 oura 20 s.
L. * 34'

C. 8 1!"

S. Potin
Trinità.
S. Quirin
S. Francès C.
S. Lié
Festa de Dieu
S. Lié
Quatre-tèms
S. Optat
Sta Margarida
S. Barnabe
S. Antoui de P.
S. Basilio
S. J.-F. Régis
S. Moudeste
S. Lambert
Sta Olga
S. Gervai
Sta Juliena F.
S. Louis de G.
S. Paulin
Sta Maria d'O.
S. Jouan-B.
S. Prousper
S. Alban
S. Cresen
s. Iréné.
s. Pèire
s. Pàu
s. Tibàu

En Jun
De tres abit l'un

Dégustez tous le vrai

NICE

—

BLANQUI &amp; FRACCHIA
— Usine au Pont-Magnan

—

NICE

�— i4 —

TROISIÍ)MK

AVOUST

JULIE T
P.
P.
D.
N.

lu 3, a 10 mira 20 m.
lu 11, à 1 cura 53 s.
Il 19, a o oura 31 m.
lu 25, a 9 oura 12 s.
SDULÈU. - - L. 4 35' — C. 8 22'

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Dim.
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Dim.
dil.
dim.
dim.

S. Thierry
Vierg.de li Gracia
S. Anatole
S. Pèire de L.
S. Sisoès
S. Elie
Sta Babeta
S. Efrein
Sta Felicita
S. Pio
S. Jouan G.
S. Gene
S. Jaque
Festa Naciounala
S. Enri
N.D.d.M. Carmel
Sta Marcelina
S. Frederic
S. Vincen de P.
Sta Margarida
S. Vi loiSta Maria-Mad.
S. Apoulinari
Sta Cristina
S. Jaque
Sta Anna
S. Pantaleoun
S. Samsoun
Sta Marta
Sta Giulieta
S. Gnaci de L.

Au mes de Juliet
Ni frema ni coulé.

TBIMËSTRÎ;

I1. Q. lu 2, a 0 oura 29 m.
P. L. lu 10, a 3 oura 58 m.
D. Q. l»i 17, a 1 oura 1.1 s.
N. L. lu 21, a 5 oura 14 m.
IV Q. lu 31, &amp; 5 oura 21 s.
souLÈu, —1.5 or -j&gt;. 8 or

dij.
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0 dis.
4 Dim.
5 dil.
6 dim.
7 dim
8' dij.
9 div.
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S. Pèire-aï LS. Alfonso
Inv. de S. Estève
S. Domenica
N. D. dei Nèu
Trausf. de J. C.
S. Gaétan
Sta Batilda
S. Camila d. L.
S. Là u ren
S. Septima
Sta Clara
Sta Filoumèna
S. Ousèbi
Asoumpcionn
S. Roc
S. Mamès
Sta Elena
S. Ipoulita
S. Bernar
Sta Chantai
S. Pio V
S. Filipe B.
S. Bartoumiéu
s. Louis, r. F.
s. Seg'oundo
s. Cesari
s. Goustin
s. Mederic
Sta Rosa
S. Fiacre

F.n . ivoast
Figa e moust

wmmm mm

SBTÈMBRE
P. !.. lu 8, a' 4 oura 57
D. Q. lu 15, a 6 oura î&gt;l
N. L. Ju 22, a 3 oura 37
P. Q. lu 30. a 0 oura 08
SOULÈU. - - 1. 5 47V— c.

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S. Gili
S. Estève R.
Sta Eufemia
Sta Rosalia
S. Làuren J.
S. Pambon
S. Grat
Natiu, di' la V.
S. Oumer
S. Xicola
S. Félis
S. Veran
S. A nié
Es. (1. l.S. CtQUS
S. Nicomède
S. Conrneilla
S. Lanbert
S. Tournas V.
S. Janvié
S. Euslache
S. Matiéu
S. Maurici
Sta Tecla
S. Girar
S Firmen
S. Nil
S. iN'icandre
S. \\ inceslas
g. Miquèu
S. Jeromo

Lima setembrina
De mai clarina

MOT »

GRANDE MARQUE RECOMMANDÉE

s
:
s
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7'02'

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Qüa.TRIÍJMí)
OUTOUBRE
P.
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N.
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lu 8,
lu 15,
lu 22,
lu 30,

SOULÈU, — 1.

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oura 46 m,
oura 09m;
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— c.

6 06*

TRIMESTRE

NOUVÈMBRE
P. L. lu
6,
D. Q. lu 43,
N. !.. lu 20,
Q.
lu 29,

r.

SOULÈU. - -

1.

a
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4 oura 48
8 oura 20
9 oura 49
2 oura 42
14'

—

c.

5 03'

1 dim. Rosari
1 div. Tout lu Sant
2 dim. S. ■ Léger
2 dis. Eu Mouorl
3 dij. S. Rosari
S. Ubert
4 div. s. Francès d'A. 43 Dim.
dil. S. Carlo B.
5 dis. s. Placido
5 dim. Sta Bertila
6 Dim. s. Bruno
6 dim S. Leounar
7 dil. s. Serge
dij. S. Nestou
/
8 dim. Sta Reparada
8 div. Lu Quatre Incou.
9 dim. S. Denis
9 dis. S. Teodore
10 dij. s. Francès B. 10
Dim. S. Jacintou
11 div. s. Tarasco
11 dil. S. Martin
12 dis. s. Counrad
12 dim. S. René
13 Dim. s. Edouard
13 dim. s. Stanislas
14 dil. s. Calisio
14 dij. S. Pantena
15 dim. Sta Teresa
15 div. Sta Gertruda
16 dim. S. Ospici
16 dis. S. Edme
dij.
17
Sta Edvija
17 Dim. S. Gregori
18 div. S. Luc
18 dil. S. Alfè
19 dis. S. Pèi re
19 dim. Sta Babeta
20 Dim. S. Agrico)
20 dim. S. Edmon
21 dil. Sta Ursula
21 dij. Présent, de la V.
22 dim. S. Filip
22 div. Sta Cecilia
23 dim. S. Teodoret
23 dis. S. Clemen
24 dij. s. Mairloire
25 div. ss. Crespin-Cr. 24 Dim. Sta Flora
26 dis. s. Jouan de K. 25 dil Sta Catarina
26 dim. Sta Pel fina
27 Dim. s. Frumence
27 dim. S. Maxime
28 dil. s. Alfredo
28 dij. S. Sostène
29 dim. s. Narcisse
29 div. s. Saturnin
30 dim. s. Marcel
30 dis. s. Andrièu
31 dij. s. Siri
En ùuloubre
\loii ponorc goûta loti rùare

Tonssan ientra
St A n'driéu lou souorte

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DESÈMBRE

s.
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s.
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JACK

P. L .
D. Q.
N. L.
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lu 12,
lu 20,
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SOULÈU, -

1
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12 dij.
13 div.
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16 dil.
17 dim.
18 dim.
19 dij.
20 div.
21 dis.
22' Dim.
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24 dim.
25 dim.
26 dij.
27 div.
28 dis.
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31 dim.

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3 oura
m.
6 oura 46 s.
4 our;i 40 s.
7 OUI;L 48 s.

7 54' — c.

A vent
Sta Bibiana
S. Francès X.
Sta Barba
S. Bassi
S. Nicola
S. Anbrosi
Imac. Conception
Sta Leoucadia
Sta Eulàlia
S. Damase
Sta Rosélina
Sta Lucia
S, Niçoise
S.
S.
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S.
S.
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S.

Mesuiin
Adon
Olimpíada
Gatien
Ciprian
Filogone
Tournas

S. Onourat
Sta Vitòria
Cacha-fuec
Calèna
S. Estève
S. Jouan
SS. Inoucent
Sta Eleonora
S. Sabîn
S. Sàuvestre

Calena aufuec,
Pasca àu j'aèc.

sin -

GRANDE MARQUE RECOMMANDÉE

4 35

�- i6-

�- 17

-I

CROUNICA NIÇARDA
L'ABADÏA DE SAN POUON.— L'ABAT RANCE-BOURREY.
GLOFFREDO.

—

—

PÈIRE

A PREPAU DOU DIALETE NIÇART.

Ben qne pareissènt tardié, VArmanac Niçart s'empressa de
pourtà la siéu febla vous su tout cen que enteressa lou païs, sigue
au pounch de vista istoria loucala, pouesia, tradicioun, sigue
tamben su la taquinanta questioun dóu dialete niçart souvenri
fès pauvada e su la quala lu escritour mouderne soun luen d'estre
d'acordi.
Parlerai finda de M. l'Abat Rance-Bourrey, un beneditin qne
despi quauque an en ça mete à prouflt la siéu erudiciou n a nen
revelà de fach d'istoria inedieh. Se quauqu'un mérita d'estre
laudat es ben éu ; es en éu que VArmanac Niçart tressa la
pamoula de sapiença. En esprimant la nouostra recounouissença,
à l'Abat Rance-Bourrey, fen cen que touplen an denembrat,
vouoli dire de courounà lu siéu travail, frucha de ben de recerca,
dai quali obra sian fier d'avé prestat la prima ajuda. Pouden cità :
lou Discours sur le Monastère de Sainte-Claire de Nice, par Honoré
Pastorelli, publié d'après l'édition originale de Turin 1608, avec
une introduction et des notes ; — "Le Général J.-B.-M. D'Anselme" (Notices biographiques (1740-1792). E aquest'an
l'istorien nen douna — toujou de prima man — YExpulsion de
Mgr Valperga, evesque de Niça, au tèms de la Revoulucioun,
travail anoutat de peça curiouvi que sian urous de pouder metre
souta lu uès dei nouostre letour.
*
* *
Lou fach de l'annada, lou mai marcant, es estat aquéu de
l'Abadïa de San Pouon. Parlon de tout destruge pèr li basti an
siéu luec un espitau Pasteur... UArmanac Niçart es pas Penemic
dóu prougrès, ni men encara dei Bei-Art, ma si fa lou pious dever
de jougne lu siéu esfouors en aquelu dei siéu councitadin quo
l'istoria dóu passat passiouna, pèr que l'Abadïa de San Pouon
sigue counservada e classada couma mounumen istorique. En la
circonstança feliciti M. l'Abat Rance-Bourrey que mé rasoun s'e.s
demoustrat l'ardènt defensour autourisat que counouissen. La
siéu paràula es estada escoutada e lou Préfet de li Alpa-Maritima,
8

'

�— i8 M. de Joly — respetuous dei nouostri tradicioun — en ortie
avertit a proumès que l'Abadïa de San Pouon seria respetada e de
lèu si crusià pèr lou siéu classamen tra lu mounumen istorique.
Dóu resta vequi ce que l'Abat Rance Bourrey nen di su San
JPouon. Counsignen religiousamen li siéu paràula :
« L'Abbaye de Saint-Pons est le plus ancien monument relitgieux existant dans le Comté de Nice. Il y a dou^e cents ans que
sSiagrius y fonda un monastère. L'histoire de ce monastère est
jintimement liée à l'histoire religieuse, civile et économique de la
iville de Nice.
;
« Ce fut à Saint-Pons qu'en 1388 fut'signé l'acte réunissant
le Comté de Nice au Comté de Savoie. Les abbés de Saint Pons
ifurent pris dans les principales familles du Comté : les Badat, les
tLaugery, les Provana, les Lascaris, les Grimaldi, les Martelli, les
;Tournefort, etc. Plusieurs évêques de Nice furent abbés de Saint[Pons, en particulier Barthélémy Chuet (fin du xve siècle) et Jean
, Uriole, son successeur. Un autre abbé, Claude de Seyselle, fut
,évêque de Marseille, puis archevêque de Turin ; d'autres furent
cardinaux, tels Innocent Cibo, neveu d'Innocent VIII et de
f
;Léon X, et Paul Medeci de Cesis dont on voit encore l'inscription
(funéraire à Sainte-Marie-Majeure, à Rome.
:
« A la fin du xvir siècle, l'abbé de Saint-Pons était Pierre
•Gioffredo, le savant historien niçois. Enfin, un abbé de SaintiPons dont les Niçois n'ont pas encore perdu le souvenir, était
(l'abbé Spitalieri de Cessole qui a doté sa ville natale d'un établissement de bienfaisance si justement apprécié. La plupart des
pbbès de Saint-Pons et plusieurs évêques de Nice ont été enterrés
dans l'église ou sous le cloître et dorment aujourd'hui confondus
avec les moines leurs frères qui depuis dix siècles y sont enterrés.
« Les monuments funéraires ont disparu. Le temps a tout
(nivelé à Saint-Pons, singulièrement aidé cependant par la main
ides hommes. On connaît les dévastations commises par
Iroupes de François Ier et de Barberousse, plus tard par celles d
Catinat et par d'autres encore. Après chaque désastre, SaintPons a retrouvé une nouvelle vitalité et il y a à peine trois quarts
de siècle que Mgr Galvano y a fait d'importantes réparations.
;
« Saint-Pons n'est pas seulement une page de l'histoire de
notre pays, c'est un gros volume de cette histoire ; les Niçois
laisseront-ils dire qu'ils sont restés indifférents devant le danger
qui menace Saint-Pons ? Non, ils feront tous leurs efforts pour

�— 19 -

sauver de la destruction un monument qui doit leur être cher...
Je demande d'urgence le classement de l'Abbaye de Saint-Pons,
c'est-à-dire de l'Eglise et des bâtiments claustraux, comme monument historique. »
Lou councours de YArmanac Niçart es aquist. Emé fiertà e
au près de touplen de sacrifici faren respetà l'istoria dóu passat,
la lenga e lu escrich dei orne qu'an ilustrat lou nouostre bèu
pais.
*
* *
Despi quauque tèms, — maladia que reven per intermitença,
— la gran questioun de la grafia niçarda, de l'ourtougrafa, es
messa su lou tapis. De letra soun estadi publicadi, d'autri lou seran, e cresi qu'après ben de charra pèr dire pas gran cauva de
nóu, quasi dirii pèr predicà dintre lou Desert, noun restera
d'aquela discussioun, — Favén déjà coustatat, — pas gran cauva,
ren!... Cadun escrèu à la siéu moda seloun l'esprit dóu moumen,
e serii ben curious de counouisse aquéu que vendria nen dità
une metoda en nen dïen : « la mièu maniera d'escrièure lou
Niçart es la bouona». Discussioun scientifica que pòu passiounà
quauque lenguista, pas mai ; lou mihou es d'escrèure seloun li
letra ditadi pèr la prounouncia. Lou talènt pèr aquéu qu'escrèu
es de si laissà liège, de si faire acapi. Es qu'en en un entan que
frecuenta l'escola primària poudès li demandà autra cauva ?...
Perta de tèms que tout acò, vourria mai s'engenià à recercà lu
viei mot, espressioun, loucucioun courenti que la pous dóu tèms
a rabaïat, dounà au nouostre bèu dialete la coulou que dèu avè,
en respetant lu emprunt que pouden avè fach sigue à l'Italian, à
l'Espagnòu o à tout autre...
Un dialète noun dèu pas estre une lenga scientifica, encara
m en noun còu avè la pretencioun que sigue ouficiela, seria temerari ; lou dialete d'un païs dèu refletà lou caratere d'un'epoca que
lou tèms dèu respetà, enfin escrèure gramaticalamen, un noun
empedisse l'autre, e laissà à l'esprit, au goust lou coumplemen
d'un stile ouriginal, en de frasa councisi que flaton i'auriha.
Aquí fermi la discussioun, risqui de perdre la civada... l'an
que ven, se Diéu mi presta vida, v'en dirai d'autri e couma
d'usança que mi sigue permès de la vous souvetà : Bouona e
uroûva !
L'ARMANAC

NIÇART.

�20 —

LA CIGALA DOU BOUON DIEU
Una cigala dóu Bouon Dieu
Tout l'estiéu
E l'iver en la chambreta, —
L'aiguesias vista la lebreta ! —
Noun vivïa que d'amour
S'assetava su l'ounour;
La cigala cantarela,
Vau chanja de clientela,
Noun es courta d'amatour,
Que li viron tout au tour !
Ma l'ancien de la cigala,
De gros mot ven que s'embala ;
En l'auriha de la maire
Li ven tout aquéu bousin,
Que deja toui lu vesin
Sabon lou long de l'afaire
— Cenqu'as fach m'au tiéu tip ?
Di la maire enrabiada...
Bella Vierge encourounada !
Sera au mancou m'un bouon rie!!...
CH. CIAUDO

PROUVERBI, BOUOI MOT, COUNSÉU E DICH
Tèms d'iver noun ti fidar.
Lu màu dei enfan si garisson soulet.
Cau naisse pèr estre bèu, si maridar pèr estre rie, e mouri
pèr estre brave.
Per aver de raïn, eau caressar la souca.
Agnèu naissut
Vau un escut.
Dansa mihou ventre plen que rauba nova.
L'oumbra dou mèstre engraissa lou cavau.

�LOU MAGOT DE BERTOUMIÉU ISSUGA
O BEN

UNA RAISSADA DE MACAROUN
Conte menloanasqae trouvât dintre d'un armori
de ma nana e que /'Armanac Niçart es tirons de
transcrièure en niçart à Ventencioun dei sièu
fidèle lotour et lelrissa.

Bertoumiéu Issuga, mentounasque de viéia roca, abitava en
coumpagnia de sa mouhié, en carriera dóu Paumoulié. La siéu
frema, malurousamen, era sirnplaria e faia lou siéu desespoir.
Cada matin Bertoumiéu, avant de s'en anà au travail, li recoumandava de noun faire de bestialità. Cou vous dire que toui lu
dissata lou nouostre ome metia en un'armari pertuat dintre la
muraia lou gagne de la semana.
— Bertoumiéu ! pèr qu seria tout aquel argen, demandava
Marioun au siéu marit.
— Es pèr Madjou-long, castagnassa !
*
* *
Un jou Bertoumiéu partet pèr anar à la siéu campagna ;
devia même li restar doui ó très jou pèr souïnar e arousar lu
citrouniè. Marioun souleta matin e sera, s'assetava su lou banquet de la pouorta e faïa de bas... Un predinà veguet un ome
de statura mai que mejana, couma si di, un gran carcan. La
frema de Bertoumiéu lou fissa sensa parpelear, pi pihada d'un'
idea, li diguet :
— Moun bèu Moussu, sias bessai vous Madjou-long ?
Lou merlo pita e noun s'en laissa dire autre, léu li
respouonde :
— Noun vous troumpas pas, bella bruneta, sièu ièu Madjoulong !... Ma perqué mi faire tala demanda ?
Perqué ?... dou moumen que sias Madjou-long, intras su lou
cóu. Li a ja pas mau de tèms que moun marit a mes d'argen
amagat pèr vous...
E sensa mai de ceremounia li remeté lou mandiou dintre lou
quai lu sóu eron groupât. L'ome remercia e la s'esbigna lèu.
♦

* *

�Lou sera, Bertoumiéu arriva, la sièu mouhié li di.
— Sabes, ai vist ancuei Madjou-long !
E l'ome de cridar :
— Malurousa ! — m'en a fach encara una 1
Courre à l'armari, lou mandiou e Pargen, mouis !... Issuga
blastema pica dai pen, es décidât de si desiaire de la siéu frema
Lendeman, dóu téms qu'aissesta durmïa, li cuerbe lu uès emé de
pega de sabatié, pi la pihant pèr la man, la mena dapé dóu CapMartin. Arrivât aqui, Bertoumiéu fa mountar Marioun su d'un
nouguié el'abandouna. La paura, bòrnia, noun sabia doun si
trouvava, ni men encara ce que poudia faire.
En aquéu fra-tèms doui voulur venon s'assetar souta
l'aubre ; après aver abrat quauqui branca sequi pèr s'escaufar, pi
si meton à cuentar lou siéu argen.
La calou faguet delegar la pega que curbia Puès destre de
Marioun e aissesta de cridar :
— E d'un !
Lu voulur, d'estuc, s'isson d'emblée.
— Qu'es acó, diguet l'un.
— Un matagan, faguet l'autre.
La calou seguia á faire lou siéu efet pau à pau durbia Puei
senec.
— E de douî, diguet Marioun.
Dóu cou lu voulur escapon, laissant Pargen espantegat soubre
Perba.
Marioun coumença à li veire clar, cala da l'aubre e ramassa
Pargen, pi lèu s'en camina vers maïoun...
Lou sièu marit, pensierons, era assetat dapè dóu fuec, s'escaufant, fumant la sièu pipeta emé beatituda...
— Bertoumiéu !... o Bertoumiéu !... duerbe-mi, siéu iéu,
Marioun...
— Vai au diàu que ti pihe... ièu que cresii de m'en estre
despegouït...
Ma Marioun, toujou picava, un cóu noun asperava l'autre...
L'ome fenisse per li durbi...
— Ten ! regarda cen que ti pouorti.. . e Marioun pauva lou
sac su lou toulié. ..
Bertoumiéu, entartugat, cuenta Pargen e réfléchisse ; — Marioun es simplaria e deman la vila saupra Pistoria de la fouré . ..
Cóu que Bertoumiéu si dispegouïsse pèr empedi li marridi lenga
de bavar...

�— 23 —
Si mete la vesta, lou capèu e souorte fermant la pouorta i..
Faïa nuech dintre la carriera, ma sensa pena s'encamina
vers una boutiga e croumpa pèr mai de dès kilo de macaroun...
Ientra au sièu e di à la sièu mouhié de si metre au liech.
En tant que Marioun durmïa, Bertoumiéu fa bui lu macaroun, pi lu espantega su lu aubre dóu jardin... Lendeman de
matin la siéu frema, desveiada, si mete à la fenestra...
— O ! Bertoumiéu ! Bertoumiéu ! Vene un póu veire!... O
trest ! vè, a plougut de macaroun !...
— O vai fantauma !... n'as toujou una. .. Ten ! ten !... ma
es ver !...
*
* *

A quauque tèms en ça, Bertoumiéu l'avia previst, Marioun
countet à toui que lou siéu ome noun li picava plus, despi lou
jou qu'ela li avia pourtat de sac plen d'escut...
Lou juge aiguent audit parlar de l'afaire, mandet sounar
Bertoumiéu devant lou tribunal ; la siéu mouhié era estada
citada couma testemoni.
Lou juge. — Bertoumiéu, sias acusat d'aver gardât d'argen
que noun era vouostre.
— Iéu !... Ma moussu lou juge, lou negui ; sièu couma
sabès un travaiadou.. .
E Marioun de dire.
— Noun negar, Bertoumiéu, sabés ben qu'es ver ; es iéu en
persouna que t'ai pourtat la mouneda, qu'avii trouvât en la
fouré.. .
Lou juge. — Anas brave ome, noun negués.. .
— E quoura lou m'as pourtat ?... — Vous juri, Moussu lou
juge, que la miéu frema es fouola !...
— E lou sabes ben, Bertoumiéu, es lou jou que plouguet tant
de macaroun !
— Moussu lou juge aves jamai vist ploure de macaroun ?...
— Jamai ! moun beL amic respoundet lou juge que si tenia
lou ventre dóu rire — Amie, vèu que la vouostra frema es
fouola. .. sias aquitat !...
Bertoumiéu si retira emé Marioun... Noun aigueron plus
de disputa e vieugueron, pareisse urous e pèr longtèms !...
J. E.

�CANSOUN ANCIENNA

PÈR LOU

N'aurias pas vist la miêu fiha
Trin-trin
Lou galerin
A'aurias pas vist la miêu Jiha
Trois-wtrois
Le fils du roi
L'ai vista e l'ai baïada
Trin-trin
Lou Galerin
L'ai vista e l'ai baïda
Trois-trois
Le fils du roi.
Douna-mi la miêu fiha
Trin-trin
Lou galerin
Douna-mi la miêu fiha
Trois-trois
Le fils du roi.
Es aqnela la vouostra fiha
Trin-trin
Lou galerin
Es aqaela la vouostra fiha
Trois-trois
Le fils du roi.
La miêu fiha era pas lernia
Trin-trin
Lou galerin
La miêu fiha era pas lernia
Trois-trois
Le fils du roi
La miêu fiha era pas lua
Trin-trin
Lou galerin
La miêu fiha era pas lua
Trois trois
Le fils du roi.
N'es ni guercia ni poutinouva
Trin-trin
Lou galerin
N es ni guercia ni poutinouva
Trois-trois
Le fils du rois.

MAI

�La miéu fiha n'es pas borni a
Trin-trin
Lou galerin
La miêu fiha n'es pas bornia
Trois-trois
Le fils du roi.
Noun faïa pas belugueta
Trin-trin
Lou galerin;
Nonn faïa pas belugueta
Trois-trois
Le fils du roi.
La miêu fiha n'es pas emberrida
Trin-trin
Lou galerin
La miêu fiha n'es pas emberrida
Trois-trois
Le fils du roi.
La m iéu fiha n'es pas pigada
Trin-trin
Lou galerin
La miêu fiha n'es pas pigada
Trois- trois
Le fils du roi.
La miéu fiha noun es pas ranga
Trin-trin
Lou galerin
La miéu fiha noun es pas ranga
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha noun es pas louorla
Trin-trin
Lou galerin
La miéu fiha noun es pas touorta
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha n'es pas crouoada
Trin-trin
Lou galerin
La miéu fiha n'es pas croavada
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha n'es pas gibouva
Trin-trin
Lou galerin
La miéu fia n'es pas gibouva

�— 26 —
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha noun es foularana
Trin-trin
Lou galerin
La miéu fiha noun es foularana
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha n'es pas ingourda
Trin-trin
Lou galerin
La miéu fiha n'es pas ingourda
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha a pas lou peu de pi g nu
Trin trin
Lou galerin
La miéu fiha a pas lou peu de pig nu
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha noun es narvelouua
Trin- trin
Lou qalerin
La miéu ûha noun es narveloiwa
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha noun a la rougna
Trin-trin
Lou galerin
La miéu fiha noun a la rougna
Trois trois
Le fils du roi.
XXX.

PROUVERB1, BOUOI MOT, COUNSÈU E DICH
Qu duerme ben noun cregne li niera.
Qu vè pissar e noun pissa, crêpa de malícia.-'
Qu douna soun ben avan de mouri
Mérita de pati.
L'amour es lou paradis dei fouol.
L'amour es .la flou de la jouinessa.

�LA MOUORT DAU PAURE TOUNIN

Lou paure Tounin, malàut a setant'an, si presenta à l'espitàu
ma li respouondon que li a plus de plaça.
— Coumplet ! ! !
Quauqu'un li fa capi qu'em'un pau de proutecioun li pourria
intrar. Countrariat dei pas que cóu faire, Tounin vira lu taloun e
s'encamina vers la plaça Massena, piha lou tram, si rende da
Graugnard, à l'espitàu dei can, e li di :
— Moussu lou Veterinari, cresi d'estre un pau mai qu'un
can ?... En aquéu cas souîna-mi...
— Vous souînar aici, ma brav'ome perdés la testa. — Basta,
li di que n'a pas de liech pèrcourcar un crestian, que noun douna
de souin qu'ai bestia !...
Tounin, couma pensas, s'en souorte m'au couor gros e noun
sau plus à que sant si recoumandar. Era aqui au mitan dóu
camin, quoura en aquéu moumen arriba un landau, doun cala
una grossa dama, encapelada, aurias dich un ver foungi, segada
d'un varlet que pourtava religiousamen un can enfeloupat emé de
favour rosa au couol, tapat d'un tapis em'ai iniciala. En veèn
aquéu tablèu lou paure Tounin si lamenta, sangluta fouort.
— Qu'avès lou miéu brav'ome, li di la dama.
— Cen qu'ai Madama ?... trovi que lou vouostre can a mai
de chança que iéu. Li a cinquant-cinq an que travaii, pèr la premiera fès que siéu malàut, noun soulamen mi refuson à l'espitàu
dei estre uman, ma encara mi vèu picar la pouorta au nas èn
aquéu dai can.
— Quevoulès, lou miéu paur'ome, ai fach un vout de mimetre
à la Soucietà Proutetriça dei Animau, de pourtar touti li miéu
ecounoumia à la Caissa de secours pèr soulajar lou sort dei bestia.
Lou fau talamen ben, que vouguessi ben vous dounar un sóu
que pourii pas.
La dama li vira l'esquina e ientra couma un coupa-cisèu da
Graugnard. Tounin roumougna :
— Se ti veguessi en un cantoun ti dounerii mancou un gotou
d'aïga !... vièia sansuga !...
Tounin estrassinat, deble s'alonga un pau plus en là, su d'un
mouloun de peira. Quauqui oura après, couma soufrisia, n'ai-

�guènt ren en l'estomegue depi l'auba, coumençava d'aver lou
rangouioun, quoura passet un canipiè que li diguet :
— Que fès aquí, brav'ome ?
— Couma veès siéu aqui pèr tirar lu patoun. M'an refusat â
l'espitàu, même en aquéu dai can, noun mi resta que de mouri
su d'un mouioun de peira. — Avès un carnet su lou quai enregistras lu fach dóu jou, farias ben de li aloungar lou miéu testamen que poudès mentuar couma acô :
— « Bouon Diéu, se mi fes passar encara une fes sur la terra,
fe-mi naisse can au mancou, li aura une Soucietà Proutetriça dei
Animau que si crusira de iéu e pourrai estre amès en un espitau,
estre souïnat, faire bouona vida, menar une vida de can... »
ANT. ROLAND.

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VIGNE
A M. VALÉRE BERNARD.

Dans le ciel doux la Vigne ètreint les pals de buis.
Sous le pampre le merle alourdi des falernes
Tourne son col gris vair et ses paupières lemes
Qu'argenté la blancheur des immuables nuits.
O / fraîcheur, 6 beauté des Igs et des iris,
Que la Vierge éblouie avec les marjolaines
Cueille le soir venu aux vasques des fontaines
Pour colorer en fête, au crépuscule, l'Euis.
Narcisses, ébeniers, œillet et sensitive
Ah ! Versez en mon âme attiédie et pensive
L'orgueil qui souleva les clairs olympiens.
L'amour qui rafraîchit les Madones pieuses
Et qui vêt de clarté les snls athéniens
Et les ravissements des époques heureuses.
JEAN

PADOVANI.

Quauque souvèt :
Vous souveti la bouona annada.
Que siegue mihau que la passada.
Vous souveti la bouona annada acoumpagnada de touplcn
d'autri.

�Eglises et Chapelles de Nice
La vieille ville de Nice se trouvant sur la rive gauche du
Paillon, pour parler de ses églises, nous commencerons par son
église cathédrale, Sainte-Réparate, vierge et martyre, de celles du
canton Est, et en traversant la rive droite nous nous occuperons des paroisses du canton Ouest.
I. — L'Eglise Cathédrale du Diocèse de Nice est la paroisse
de Sainte Réparate, vierge et martyre, sous l'empereur Decius en
253. Sa fête est le 8 octobre. Cette église est au centre de la vieille
ville (8.500 âmes), Avant 1531 la Cathédrale était près du Donjon, plateau de Nice, et dénommée : Sancta Maria in platea,
dédiée à N. D. de l'Assomption. L'édifice actuel, dans son genre,
ressemble beaucoup à Saint Pierre de Rome, au Vatican. C'était
auparavant une simple église paroissiale
desservie par
les Bénédictins du Monastère de Saint-Pons, près Nice.
Dans son ressort se trouvent l'ancienne église de Saint
Jaume (Saint Jacques apôtre), jadis des P.P. Carmes, fermée
depuis 1903. Après le transfert du titre de paroisse à l'église de
Saint Juste, évèquc, au Gesu, elle fut placée sous la vocable de l'Annonciation de la Sainte Vierge, ainsi que la belle Eglise de la
Miséricorde, sur le Cours Saleya, jadis de Saint Gaétan, fondée
e
par les P.P. Theatins au XVIII siècle et cédée à la noble
confrérie des Pénitents Noirs.
La Cathédrale de Nice, paroisse Sainte-Réparate de nos jours,
fut comme l'ancienne au Donjon du Château {Sancta Maria in
platea), le théâtre de plusieurs f lits historiques mémorables dans
les annales de l'histoire de Nice.
II. — L'Eglise de Saint Jacques, an Gesû, dès son érection
en 1612, dédiée à Saint Juste, évêque. Sa fête est le 2 septembre.
En 1665 fut érigée en paroisse sous le titre de Saint Jacques le
Majeur, remplaçant la paroisse de Saint Jaume. On l'appelle
vulgairement le Gesù à cause qu'elle a été fondée et administrée
par les P.P. de la Compagnie de Jésus.
Appartiennent à cette paroisse les deux chapelles des confréries des Pénitents Blancs, la Sainte Croix, — confrérie la

�óo —
plus ancienne de Nice, — et des Pénitents Rouges, Saint Suaire
et de la Sainte Trinité ; l'Eglise du Couvent de là Visitation,
la chapelle de l'ancien séminaire, à la montée du Château, et
jadis l'Hospice franciscain avec chapelle de Saint Joseph des
P.P. Recollets de Cimiez, convertie en maison particulière.
L'Eglise du Gesù est d'ordre corinthien composite, cons truite sur le modèle de l'Eglise des Jésuites de Turin, dite
vulgairement les Saints Martyrs. ( 10.000 âmes).
A l'extrémité de la rue du Malonat, aux racines de l'ancien
château, on voit un oratoire à la Sainte Vierge Marie, sous le
titre de N. D. du Bon Secours. Les habitants de ce quartier érigèrent cet oratoire en l'honneur de la sainte Vierge, en reconnaissance du choléra en 1854.
III. — L'Eglise paroissiale de Saint Martin Evéque dite de
Saint-Augustin est la plus ancienne, elle fut bâtie sur l'emplacement de l'ancienne chapelle de Saint Martin (1205) et appelée
Saint-Augustin parce qu'elle était desservie par les Augustiniens
dont le couvent a été transformé en caserne. (Caserne Filley, près
l'ancienne chapelle Sincaire).
IV. — L'Eglise de Saint-Francois-de-Paule a été édifiée en
1736 d'après le plan de l'architecte
Guarini. En 1838
elle fut érigée en paroisse par décret de Mgr Galvano et appelée
aussi Saint-Dominique en souvenir de l'ancienne église paroissiale
de ce nom qui s'élevait sur la place Saint-Dominique aux lieux et
place de l'actuel Palais de Justice.
V*— L'Eglise du Port ou de l'Immaculée Conception. D'humble
origine. D'abord ce fut une fort modeste chapelle (1835), transformée agrandie par Mgr Galvano, et l'avocat théologue L. Mari
fut son premier curé..
VI. — L'Eglise Saint-Joseph nouvelle paroisse depuis 1911 la
première pierre fut posée le 19 mars 1911, bénie le 29 octobre et
ouverte au public le Ier novembre 1911 sous le patronage de Mgr
Chapon et dirigée par les soins de M. l'abbé Gabrielli.
A cette paroisse appartiennent la chapelle succursale de Saint
Joseph contigüe à l'Evêché, et la chapelle de Notre-Dame des
Anges sur l'ancienne route de Villefranche.
VIL — Saint-Roch. Cette église paroissiale dans la banlieue
de Nice fut érigée après la peste de r68r. Nice fut délivrée de ce
fléau par l'intercession de saint Roch, confesseur, né et mort à

�- Si Montpellier. La paroisse est divisée en deux quartiers, Roquebillière
inférieure et Roquebillière supérieure, jusqu'à la chapelle de NotreDame de Bon Voyage.
VIII. — Rive droite du Paillon, intra muros, se dresse Notre Dame du Vau, paroisse Saint-Jean-Baptiste, qui remplace l'an
cienne église du même nom devenue chapelle inférieure du Lycée.
Cette belle église, vœu delà ville de Nice en 1835, mt érigée en
1842 et terminée en 1852 par Mgr Galvano, évêque de Nice.
La façade ressemble à celle élevée à Turin en l'honneur du retour
du roi dans les états Sardes en 1814.
IX. — Saiiit-Pierre-d' Aréna remplace une chapelle située à la
Croix de Marbre. Elle fut érigée en paroisse en 1803 par Mgr
Colonna d'Istria. Elle doit son nom à ce fait, c'est que lors de sa
fondation elle se trouvait sur le rivage de la mer séparée par une
bordure de sable fin.
X. — Une ancienne chapelle de Sainte-Hélêne-l'Inspiratrice
existait dans ces parages. Elle fut remplacée en face la mer par
une église sous l'épiscopat de Mgr Recrosio (1727).
Six paroisses « extra muros » dépendent de la commune de
Nice.
Sainte-Marie Magdeleine, sise dans le vallon de Magnan, édifiée sur l'emplacement d'une chapelle de même nom, érigée en
1626 et dite vulgairement chapelle « dei cassaire » à cause du
grand nombre de chasseurs. Après le concordat de 1803 sous
l'épiscopat de Mgr Colonna d'Istria, ce quartier qui depuis 1771
dépendait pour le spirituel de la cathédrale fut érigé en paroisse.
Il existe encore aujourd'hui une chapelle de Notre-Dame du Bon
Conseil changée en demeure particulière . Bientôt le besoin de
la population augmentant, une église sera bâtie à la cité Robiony
par les soins du curé actuel de la Madeleine.
Plus à l'est de la ville, toujours dans le canton ouest ce
l'Arquet, se dresse la paroisse de l'Ariane dédiée primitivement à
saint Arnoux, évêque et à saint Pierre, apôtre. Elle fut érigée en
paroisse en 1809 sous l'épiscopat de Mgr Colonna d Istria. Dans
son ressort se trouve l'ancienne chapelle nécropole de l'Abbadie
fondée en 1635 en l'honneur de sainte Claire pour le besoin spirituel de 450 à 500 habitants qui appartiennent aux communes
de Nice, Cantaron Saint-André. Localité d'avenii et à laquelle
le chemin de fer Nice-Coni donnera une valeur stratégique.

�— 32 —
Gairaut avait au moyen-âge une chapelle de secours desservie
par les religieux chevaliers de l'ordre du temple au début, et par
la suite de Rhodes et de Malte. Sous l'épiscopat de Mgr François
Rosini de Martinengo la chapelle fut érigée en église paroissiale
sous le vocable de saint Sauveur o*u de la transfiguration du
Rédempteur.
Dès 1730 les P. Dominicains de Nice fondent à Saint Pancrace un sanatorium pour religieux martyrs avec chapelle en
l'honneur de Saint Pancrace martyr. Cette chapelle est érigée en
paroisse en 1848 par Mgr Galvano.
Sur le couchant de Saint-Pancrace on trouve la paroisse de
saint Roman . martyr ; l'ancienne chapelle fut érigée en paroisse
ainsi que celle de saint-Antoine de Ginestière en 1803 sous Mgr
Colonna d'Istria.
VALENT IN.

NOU VÉ
Tu Çatarina fai lou pan.
Mdumen de jota, d'alegressa,
Fes audi da toui lu couor :
Lu ange canton l'alegressa,
Fuges l'infer, Juges la mouorl.
Chntou !
L'aarika sabla, li a quaucaren aici vesin,
Sembla que senti li joia d'un festin ;
Audi lu tambourin de laen,
Lu Jlajoulet e li musela,
Lu pastre van à Bethelen
Laisson la cabana soaleta ;
Santo nuech, venes aléa nen ralegrà,
Pourtas à toui la pax et la tranquilità !
Tu Catarina fai lou pan,
Manda Lucrecia au safran,
Despende aléa lou lauvaniè,
Chapla la blea su lou taatié ;
Crala de froumai e roumpe d'iiu
E fai la iourta couma fou,
Ché n'aiguen toui en aboundança (bis)
Santa nuech, venes alèu nen ralegrà,
Pourtas à toui la pa.x e la tranquilità .'
En tant faguen etnb'au vesin
t ua santépér lou Bambin,
Toucan lou gotou de bouon vin,
Ernb'aa vesin pér lou Bambin
Ti-ri-tin-tin ! -tinTi-ri tin !

�— 3Î —

L'Expulsion de Mgr Valperga
fEN SEPTEMBRE

1792)

Le 12 octobre 1780 h population de Nice se pressait aux
abords de la porte Pairoliëre pour y recevoir en grandes pompes
le nouvel évêque Charles-Eugène Valperga di Maglione. Ce
prélat avait couché la veille selon l'usage antique à l'abbaye de
Saint-Pons et devait faire ce jour là son entrée solennelle dans
sa ville épiscopale.
Le cérémonial imposant avec lequel on avait reçu jusqu'alors
les évêques fut encore cette fois observé. L'accueil de la population entière fut des plus chaleureux au rapport de Pierre Scaliero
qui en fut témoin (1). Le nouvel évêque, qui remplaçait Monseigneur Astésan nommé archevêque d'Oristano en Sardaigne,
appartenait à une famille de vieille noblesse dont plusieurs membres avaient exercé, à Nice, des fonctions importantes (2). Il
(1) Voir aux Archives municipales le récit détaillé que ce chroniqueur en a laissé dans ses Mémoires. Pierre Scaliero mourut en 1805.
(2) Jacques Valperga, conseiller ducal, fut lieutenant du gouverneur de Nice en 1454 ; Thoma5 Valperga fut gouverneur du château de Nice en 1565 ; Jean Valperga fut également gouverneur de
Nice en 1596 ; Jérôme Valperga fut commandeur du château de
Nice en 1600 ; Pierre Valperga, frère de Jacques Valperga, était
chevalier de Malte (Arch. municipales, registre des gouverneurs,
commandants et chevaliers de Malte) ; Anne Valperga, fille dAmédée
Valperga, épousa, le commandeur de Malte Jean-Paul Lascaris.
(Voir son testament daté de 1683, arch. des Alpes-Maritimes,
registre B, 297.) Joseph Ignace de Valperga reçut de son oncle, Emmanuel Philibert Chiotera, mie partie du fief de Couaraze dont il fut
investi le 20 février 1753. Son fils, Vincent, céda ses droits à H. Novelli. Jérôme Valperga fut sénateur à Nice de 1761 à 1765, puis
ministre plénipotentiaire de Sardaigne à Gênes en 1780 ; plus tard
il fut ministre etsecrétaire d'Etat, ce dernier était le frère de l'évêque
de Nice et fils du comte François Valperga qui vivait encore en
1795Ees armoiries des Valperga étaient fascé d'or et de gueules, à
la plante de chanvre déracinée, d'argent et brochant. Le cimier
était un bouc naissant au naturel et la devise : « Ferme-toy ».
Nous reproduisons les armoiries de Monseigneur Valperga d'après celles qui se trouvent en tête du catéchisme édité par ses ordres
et dont nous devons le dessin à l'obligeance de M. Joseph Casai
(Extrait de 1' « Armoriai Artistique et Nrbiüaire », Ni.e, 1902.
3

�- 34était directeur du collège des Provinces à Turin, lorsque le roi
de Sardaigne le désigna, pour l'évêché de Nice. Il avait été sacré à
Rome où il avait fait ses études. Monseigneur Valperga se distingua immédiatement par sa vigilance et son activité : il releva
le niveau intellectuel et moral des prêtres de son diocèse et s'attacha à mettre en toutes choses la plus grande régularité. Dix-huit
mois après son installation, il publia un nouveau catéchisme
dont le plan avait été préparé par son prédécesseur ^i). Grâce à

ses relations cordiales avec la eour de Turin, il jouissait auprès
des autorités civiles de Nice d'une grande influence. Après douze
(1) Ce catéchisme en italien fut imprimé à Nice par la Société
Typographique. C'est un petit volume in-douze de 612 pages, portant
la date de 1783. En tête se trouve le mandement de Monseigneur
Valperga du 16 février 1782 qui approuve le travail terminé par
le prêtre auquel Monseigneur Astésan en avait confié le soin, ordonne
sa publication et règle l'organisation des catéchismes dans tout le
diocèse. Deux ans plus tard en 1785, Gabriel Floteront, imprima
un autre catéchisme rédigé en dialecte niçois, petit volume in-12
de 228 pages. Un exemplaire de ces deux ouvrages existe à la biblio
thèque de Nice. — Voir Villarey, Série Cronològica dei Vescovi
di Nizza. — Art. Valperga.

�-35 années de séjour dans cette dernière ville il s'était acquis l'estime
et le respect de tous.
*

• *

Lorsque le 28 septembre 1792 dans l'après-midi, les troupes
piémontaises évacuèrent Nice, il y eut dans cette ville une effroyable panique et des milliers d'habitants s'enfuirent dans la direction de Turin. Ce fut un désarroi et une désorganisation complète de toutes les autorités. iMonseigneur Valperga resta à son
poste et s'engagea à ne point quitter la ville. Le lendemain samedi
29 septembre, il accompagna le second consul Honoré Saissi et
quelques membres du Conseil qui se rendirent, vers les onze
heures du matin, à la villa Feraudi, au quartier St Hélène, pour
offrir les clefs de la cité au général d'Anselme qui venait d'y
arriver à la tête des troupes françaises. Le général fit à la délégation assez bon accueil, mais il s'étonna de trouver parmi ses membres, l'évêque dont la place déclara-t-il n était pas là. Du reste,
d'Anselme attacha si peu d'importance à la démarche îles magistrats niçois que dans aucune de ses dépêches officielles il n'en fit
mention.
Sur le soir du même jour, la petite armée française faisait son
entrée dans la ville et le général s'installait dans la maison du
consul de France à la place St Dominique. L'évêque de Nice qui
tenait à rester au milieu de ses diocésains se présenta de nouveau
vers les huit ou neuf heures du soir chez le général auquel il voulait recommander ses prêtres en lui demandant des respecter les
églises. Le général était entouré de tout son état-major, du consul
de France, Pierre Le Seurre, de Honoré Saissi, second consul, de
Féraudi, secrétaire général de la commune. Ces deux derniers
venus probablement pour appuyer les demandes de l'évêque.
L'accueil du général ne fut pas plus encourageant que la première fois ; il intima même avec insistance au prélat l'ordre de
quitter ta ville en ajoutant que le plus tôt serait le mieux et ce
fut sur ces dernières paroles que l'évêque se retira après avoir toutefois reçu du général la promesse que tout ce qu'il laisserait dans
son palais serait placé sous la sauvegarde de la Nation française.
Il n'y avait pas à tergiverser, l'ordre était formel et pressant, il
fallait partir. L'évêque prit ses dernières dispositious et délégua,
au curé de la cathédrale, le chanoine Honoré Navello, tous les
pouvoirs nécessaires pour administrer le diocèse en son absence.
Aux premières lueurs du jour, Valperga quitta son palais, et se

�— 36 dirigea à pied vers la porte Pairolière. Il avait été impossible de
trouver une voiture car tous les moyens de transport avaient été
réquisitionnés et utilisés le 28 septembre pour permettre l'exode
des habitants terrorisés. Il avait ordre de partir, mais cet ordre
n'ayant pas été donné par écrit, les volontaires marseillais, de garde
à la porte de Turin, refusèrent de le laisser passer, l'accablèrent
d'injures, le menacèrent même de le pendre et ne consentirent á
le lâcher que sur un ordre écrit, sollicité et obtenu du général,
grâce à l'intervention courageuse et au sang-froid d'un jeune
niçois, Joseph Castellinard. Monseigneur Valperga se retira à
Turin et y mourut en 1805 sans avoir jamais pu obtenir l'autorisation de rentrer.
*

* *

Il est établi par les documents officiels contemporains que
Monseigneur Valperga ne quitta son siège que sur les ordres arbitraires du général d'Anselme et ces mêmes documents nous
renseignent très exactement sur les incidents fâcheux qui se produisirent au départ de l'évêque. Du reste, on n'ignorait pas à Nice
comment les choses s'étaient passées et la population savait grê à
Valperga de son attitude et de sa fermeté. De son côté, Valperga
avait eu confiance dans la parole à lui donnée par le général au
nom de la Nation française et à plusieurs reprises il manifesta
son étonnement qu'elle n'ait pas été gardée, que ses biens aient
été confisqués, son mobilier vendu, son nom inscrit sur la liste
des émigrés alors qu'en partant il n'avait cédé qu'à la force.
Parmi les nombreux documents qui se trouvent soit aux archives de Nice, soit aux archives nationales il en est quelques-uns
dont la simple reproduction sera plus probante que tous les corn,
mentaires. Il_suffira de citer :
•i° La lettre du Directoire des Colons Marseillais en date du
25 février 1793, adressée aux citoyens Blanqui et Veillon, députés
extraordinaires de la ville de Nice à Paris, au sujet des réclamations présentées le 23 du même mois par Jean-Jacques Donny, au
nom de Mgr Valperga.
20 La réponse du même Directoire à J.-J. Donny, en date du
26 février 1793.
3„ L'arrêté du Département en date du 13 avril 1793.
40 La réclamation présentée au Directoire du département

�Valperga, aussitôt après son inscription sur la liste des émigrés de
la ville de Nice, dressée à la fin de juin 1793.
50 Les états de frais pour l'inventaire et la vente du mobilier
et effets de « l'émigré Valperga Maillone, citoyen évêque » approuvés par le département des Alpes-Maritimes, le 5 germinal an
III (25 mars 1795).
6° Les actes de notoriété dressés le Ier et 2me fructidor an III
(18 et 19 août 1795) par Gautier, juge de paix à Nice, à la requête de Pierre-Joseph Passeron, agissant en qualité de procureur
subrogé par Nicolas Giorni, procureur spécial et général de Mgr
Valperga, par acte de procuration reçu à Turin le 20 juillet 1795,
notaire Pierre-Joseph Bernochio.
70 La pétition adressée au district de Nice le 4 fructidor an III
(21 août 1795) par Pierre-Joseph Passeron, demandant la radiation du nom de Valperga sur la liste des émigrés.
8° L'avis du district de Nice en date du 5 vendémiaire an IV
(27 septembre 1795) déclarant que Mgr Valperga doit être rayé
de la liste des émigrés.
90 L'arrêté du département des Alpes-Maritimes, en date du
14 prairial an V (2 juin 1797) ordonnant la radiation provisoire
du nom de Valperga de la liste des émigrés.
io° L'acte de cautionnement dressé par le département le
11 fructidor an V (28 août 1797), à la requête de Pierre-Joseph
Passeron, procureur de Mgr Valperga en exécution d'une des
clauses de l'arrêté du 14 prairial an V (2 juin 1797).

�- 38 —

DOCUMENTS ET PIÈCES D'ARCHIVES

Pièce 1.

25 février 1793
Aux cit. Blanqui et Veillon
Une lettre du cit. Donny, associé du citoyen LeClerc, défunt président de l'ancienne administration
provisoire, dont vous avez ci-inclus l'extrait ( 1 ), nous
fait connaître que le cit. Valperga, évêque de Nice,
laissa avant son départ (ordonné à son retour par
Anselme) dans sa maison pour environ 34.000 livres,
argent monnayé, et environ pour 17.000 d'effets en
vaisselle, linge, batterie de cuisine etc.
Une portion de ces effets se trouvent encore dans
ladite maison, sous l'inventaire que nous en avons
fait dresser par les commissaires de l'une et l'autre
administration, lorsque nous avons été installés, mais
il s'en faut de beaucoup qu'elle puisse arriver à la
somme de 17.000 livres, pas même le tiers.
Quant à l'argent monnayé entré dans la caisse du
receveur de l'ancienne administration, nous n'y
voyons point la somme que ledit Evêque désigne
avoir laissé dans sa maison. Nous vous remettons cijoint un extrait de l'état des sommes' que le cit.
Bonnet a reçu en espèces, pendant toute sa gestion
de receveur et trouvées parmi les effets des émigrés
français et niçois.
Nous ne voulons rien préjuger sur l'assertion du
cit. Valperga, quoique nous ayons des indices frappants de vérité. Ce ne sera que lorsque nous aurons
pu les convertir en preuves par le témoignage de
quelques citoyens que nous nous procurerons, pour
pouvoir en demander la restitution et la poursuite
contre le pillage.
En attendant, noùs croyons devoir vous faire part
de cette découverte que nous allons communiquer au
Président de la Convention Nationale et au Ministre.
Arch. des A. M. Registre de la correspondance du
Directoire des Colons marseillais L. 5.
Cet extrait manque au registre ainsi que les autres pièces
énoncées dans celte lettre.

�-hLe 2érae février 1793.
Au citoyen Donny, négociant à Nice
Pièce 2.

Votre lettre du 23me de ce mois, citoyen, nous
demande des renseignements sur le temporel du
citoyen Valperga, Evêque de Nice. Nous allons vous
transmettre tous ceux qui sont à notre connaissance
L'administration provisoire en choisissant l'Evêché
pour le lieu de ses séances, vint s'y établir dans les
premiers jours d'octobre, et tout nous porte à croire
qu'elle ne fit aucun inventaire des effets qui s'y trouvaient, du moins nous n'en avons trouvé aucun dans
les papiers qu'elle nous a remis.
En succédant à cette administration provisoire,
uous avons cru que notre premier devoir était de faire
un inventaire de tout le mobilier renfermé dans la maison épiscopale. Nous y avons successivement procédé
en présence des administrateurs provisoires et à mesure qu'ils nous en remettaient les clefs. Tout le mobilier qui s'y trouvait, ne consistait guère qu'en
meubles meublants et ne nous paraît pas avoir la
valeur de 17 mille livres que l'Evêque lui donne.
Vous pourrez, si vous le jugez à propos, faire prendre
à notre secrétariat une copie de cet inventaire. Tout
ce. qui n'est point renfermé dans les appartements
que nous occupons au premier étage, a été laissé à la
garde de Jean Poma, ancien concierge de l'Evêque et
le nôtre.
Pour nous éclairer sur les 34.000 1. argent monnayé que l'Evêque doit avoir laissé en sa maison,
nous avons écrit au cit. Bonnet, receveur de l'administration provisoire, pour lui demander un état des
sommes en numéraires versées dans sa caisse, comme
ayant été saisies et trouvées parmi les effets des Emigrés français et niçois. L'état qu'il nous a remis ne
monte qu'à 74121. 16 s, et aucun article n'a du rapport
avec les réclamations du citoyen Valperga.
Quant à ce qui concerne personnellement le
citoyen, nous avons demandé au Ministre de l'Intérieur de vouloir bien nous dire la manière dont nous
devions l'envisager. Nous savons qu'un ordre arbi-

�— 40 —
traire de Danselme l'obligea de quitter Nice, le jour
de l'entrée des Français. Mais nous pensons aussi que
la proclamation des Commissaires de la Convention
nationale de France et le décret de celle de Nice,
concernant les Emigrés, étaient des motifs suffisants
pour le ramener à son poste et le rassurer sur les
suites de son retour. En persistant à prolonger son
absence, il s'expose à être traité comme émigré, à se
voir déclarer déchu de sa place et confisquer tous ses
biens. Telle est la disposition de la loi, et quoique
nous ayons consulté le ministre sur le cas particulier
de l'Evêque, nous prévoyons que sa réponse sera de
nous en tenir à la rigueur des lois, ainsi que plusieurs
instructions nous l'ont déjà annoncé.
Vous sentez, citoyens, que tout le mobilier de
l'Evêque doit rester séquestré jusqu'à son retour ou à
la décision du Ministre. Il peut être tranquille sur la
conservation de tout ce que nous avons trouvé en
entrant dans sa maison. Ce qui a pu en être enlevé
avant notre entrée en fonctions, est étranger à notre
gestion. Mais nous employerons tous les moyens qui
sont en notre pouvoir pour en trouver les traces, en
acquérir les preuves et en faire punir les coupables.
Les administrateurs, etc.
Archives des A.-M., Registre
suivants.

,L. 5,/°7i verso et

Lettre des commissaires de la Convention
Nationale et arrêté du Département des A. M.
Nice, le 9 Avril 1793, l'an 1 Ie de la Repu bublique Française.
« Vous voudrez bien, citoyens, en nous envoyant
les noms et prénoms de l'évêque de Nice, nous instruire officiellement d'après les "dispositions des lois,
s'il est censé démissionnaire et son siège vacant.
« Les Commissaires de la Convention Nationale
au département des A. M.
GRÉGOIRE, JAGOT (I)

(1)

Archives des A. M. L. 29 ancien. L

7

actuel.

�— 4i (i3 avril 1793)
Le Directoire ; vu la réquisition du citoyen Procureur Général sindic « Considérant que Charles Eugène Valperga, évêque de Nice, n'avait point quitté
son domicile lors de l'entrée des troupes de la République ; considérant qu'il a lui méme-accompagné les
consuls d'alors quand ils furent présenter les clefs
de la ville et inviter le général Anselme à venir en
prendre possession au nom de la République ; considérant que le général Anselme par ses ordres arbitraires et tiranniques, accompagnés même de menaces contre ses jours, l'ont forcé de s'éloigner ; arrête
qu'il ne peut le déclarer émigré, et qu'il sera répondu
aux Commissaires de la Convention nationale d'après
les principes ci-dessus.. »
Sign : PAUMÉ ; BARLI FABRI ; F. CASTKLIMARD ;
ANGLES ; BERNARDI, secrétaire général. (1)
pjj

ce

^

Aux citoyens composant le Directoire du
département des Alpes-Maritimes..
22 juillet 1793.
Citoyens,
Le citoyen Jean-Jacques Donny, soussigné, chargé
des intérêts du citoyen Valperga, évêque de Nice
absent, ayant été informé que par votre délibération
du 29 du mois passé, ledit citoyen Valperga avait été
déclaré émigré, vous représente avec tous les égards

(1) Archives des Alpes-Maritimes, Registre L,. 3, folio 101. L'Arrêté n'est pas signé par le procureur syndic Jean-François Tourre
ni par l'administrateur Jean-L,ouis de Villiers qui ne partageaient
point l'opinion de leurs collègues. A noter que Tourre était d'Antibes
et que de Viliers était un médecin français établi depuis longtemps
à Nice.
I/Arrêté fut pris malgré le réquisitoire de Tourre qui voulait
déclarer Monseigneur Valperga émigré et malgré un violent discours de Villiers soutenant la même thèse qui fut combattue par
Barli Fabri, par Castclinard et par Anglès. J'ai déjà publié in-extenso
cette délibération du 13 avril T793 au cours d'un article sur l'église
de Nice en 1792-1793 inséré dans Nice Historique du Ier avril 1903,
C'est pourquoi je reproduis ici simplement la lettre des
commissaires et l'arrêté du département.

�- 42 —
dûs au pouvoir dont l'exercice vous a été confié par
le peuple souverain que le citoyen Valperga ne peut
ni ne doit sous aucun rapport être considéré comme
émigré, par les motifs ci-après :
i° Qu'il est de notoriété publique qu'il n'a quitté
le pays que contre son gré et par ordre du général
Anselme :
2° Qu'il a constamment été disposé et a offert
de revenir dans son diocèse, moyennant qu'il ne fut
assujetti à prêter qu'un serment relatif au temporel et
non au spirituel.
3° Qu'enfin et par la raison que n'étant point
indigène, mais étranger, son séjour ici n'a été dé terminé que par sa nomination à l'épiscopat, événement casuel qui n'a jamais pu le soumettre à l'obligation de renoncer pour toujours à sa mère-patrie.
Tous ces motifs, soit qu'on les prenne collectivement ou séparément, démontrent suffisamment,
citoyens administrateurs, le droit incontestable, qu'a
le citoyen Valperga de demander et prétendre la
radiation de son nom du tableau des émigrés, et si
le ministre de l'Intérieur n'a fait aucune distinction
entre lui et les autres citoyens, c'est sans doute qu'il
a ignoré les circonstances qui vous sont exposées
ci-dessus, et notamment la dernière, car s'il les eût
toutes connues, il n'est nullement probable qu'il eût
décidé comme il l'a fait. Toute hypothèse contraire
serait une injure faite à ses sentiments et à ses lumières. Un homme tel que lui, dont les vertus civiques, le patriotisme et les talents l'ont appelé au
poste aussi honorable que pénible qu'il occupe, doit
ressembler autant que possible à la Nation pour
laquelle il agit et qui l'a honoré de sa confiance.
Cette nation est grande, généreuse, magnanime,
juste et bienfaisante.Elle ne peut qu'êtreextrêmement
jalouse de sa gloire, et l'un des principaux devoirs de
ses agents est d'éviter soigneusement d'en ternir
l'éclat.
Le refus qui serait fait de rayer de la liste des
Emigrés le nom du citoyen Valperga, refus qui entraînerait avec lui la confiscation des minces propriétés de ce citoyen, serait un acte qui imprimerait à

�-

43

-

jamais une tache ineffaçable à la gloire du nom français ; tache qui ne pourra manquer de frapper également les yeux des contemporains et ceux de la postérité ; tache enfin que les historiens ne manqueront
pas de faire ressortir par des couleurs enluminées, et
le bel effet qu'un pareil tableau produirait, citoyens
administrateurs, serait votre ouvrage.
Mais non, loin de nous, cette idée ! Vous êtes
républicains ! cela suffit. Les républicains sont vertueux. Ils aiment, chérissent, protègent, respectent
la vertu partout où elle se trouve. Et le citoyen Valperga aussi est un homme vertueux ! Qui en doute ?
Nul bon citoyen, nul honnête homme. Souvenezvous, citoyens administrateurs, que ce n'est que par
ses vertus qu'il a mérité l'amour et l'affection du
peuple Niçois et non par sa qualité d'évêque. Et plût
à Dieu que tous les ecclésiastiques lui eussent ressemblé ! La France n'eut point éprouvé d'aussi horribles secousses, pour asseoir, affermir et assurer sa
liberté.
La République a incontestablement le droit de
renvoyer hors de son sein tout individu qui ne lui
convient pas, mais en renvoyant ainsi un étranger
qui, d'ailleurs, n'a pas encouru la peine de la confiscation de ses biens, elle lui permet de les emporter ou
de les vendre et d'en emporter le produit. Tel est
précisément le cas du citoyen Valperga.
L'exposant demande en conséquence, citoyens
administrateurs, qu'il vous plaise prendre dans votre
sagesse une délibération tendante à rendre audit
citoyen Valperga sa qualité de citoyen français non
émigré, à lui accorder un délai compétent pour rentrer dans ce pays soit comme simple citoyen ou
comme fonctionnaire public et à lui assurer dans
tous les cas la restitution de ses propriétés par lui
laissées sous la sauvegarde de la loyauté française
dans la maison épiscopale, lors de sa retraite forcée,
ou la juste indemnité de leur valeur. Et sera justice.
Nice, le 22 juillet 1793, l'an second de la République française, une et indivisible.
Jean-Jacques DONNY.
l
ARCHIVES NATIONALESF/ 4.867 , dossier Valperga.

�- 44 Pièce 5.

Etat de frais de vente pour parvenir à l'inventaire
et vente des effets de l'émigré Valperga Maillone,
citoyen évêque :
5 germinal an III (25 mars 1795)
Pour une séance de trois commissaires dont un du
District et deux de la Commission municipale, fixée
à trois livres par séance par le Directoire du district
et approuvé par les Représentants du
Peuple
L.
9 »
Papier timbré tant de la minute que
des deux extraits
»12
Pour la copie desdits deux extraits . .
» 8
Droits d'enregistrement
13 10
31

2

Nous soussignés certifions le compte ci dessus véritable.
Signés : J.-B. Thomaty, comm. du dist. ; Savigny,
comm. munie. ; Mabil, comm. municip.
Frais de la vente :
Pour quatre séances de deux corn missaires dont un
du District, un de la Commis, mun. sans le membre
de l'administration fixées à trois livres par séance par
le Directoire du district et approuvé par les Représentants du Peuple .
L.
24 »
Au trompette pour publication de
quatre criées
5 »
Au crieur à la vente, quatre séances .
12 »
Aux portefaix qui ont travaillé au
transport des effets
40 »
Papier timbré tant de la minute que
de l'extrait
1 »
Bougie
3 »
Droits d'enregistrement
27 »
Papier timbré du petit état
» 4
A la femme qui a assisté à la vente
pour l'arrangement du linge
» 12
L.
Signés : J.-B. Thomaty, comm. du
district ; Savigny, comm. municip.

1

159 6

�Vu par nous, membres composant la Commission
Administrative du district et d'après l'arrêté du district, approuvé par les Représentants du Peuple et la
loi du il et 12 Mars, arrête l'état des frais ci-dessus
se montant à la somme de cent cinquante neuf livres
trente centimes, qui seront acquittés par le receveur
du droit d'Enregistrement lorsque le Département
aura vérifié ledit état.
Nice, le 29 ventôse an 3"" de la République française une et indivisible (19 mars 1795).
(Suivent les signatures).
Vu l'état des frais ci-dessus pour parvenir à l'inventaire et vente du mobilier de l'émigré Valperga
Maillone ci-devant évêque.
Vérifié et arrêté par le Directoire du district de
Nice, la Commission Administrative du département
des Alpes-Maritimes approuve ledit état et ordonne
au citoyen Maussier, receveur de l'enregistrement
cîudit district de payer aux citoyens J. B. Thomaty
et Savigny, comm. la somme de 159 livres et 30
centimes pour montant des frais pour inventaire et
vente des susdits effets de l'émigré, laquelle somme
lui sera allouée en compte.
Fait à Nice le 5 germinal an 3me républicain ( 25
mars 1795).
Etat des frais pour parvenir d la vente du mobilier de
l'émigré Charles Eugène Valperga Maillone, citoyen
évêque.
Pour trente-neuf séances de trois commissaires
dont un du District et deux de la Commission municipale, fixé à trois livres par séance par le Directoire
du district et approuvé par les Représentants du
peuple
L.
351 »
A deux portefaix, dix-neuf journées et
demi chaque fixées à cinq livres par jour.
195 »
Au trompette pour publication de
trente-neuf criées fixées à une livre cinq
sols chaque
48 r 5
Au crieur à la vente, trente-neuf séan
ces fixées á trois-livres par séance ....
117 »

711 1$

�- 4* Report
Papier timbré tant de la minute que
de l'expédition
Pour copie dudit extrait fixé à quatre
livres
Papier timbré du présent état ....
Bougie
Droit d'enregistrement
Plus deux autres journées de portefaix à cinq livres
Un paquet de plume
L.

148
4
6
421

»
4
»
»

20
5

»
»

1.182

7

Nous soussignés certifions le compte ci-dessus,
véritable.
Nice, le Ier ventôse an 3me de la République (19
février 1795).
Signés : J.-B. Thomaty, commissaire du district ;
Savigny, comm. ; Honoré Mabil, comm. municipal.
Vu par nous, membres composant la Commission Administrative, de ce District, et d'après la loi
du 11 et 12 Mars 1793 (v. s.) et l'arrêté de cette
Commission approuvé par les Représentants en date
1^ Fructidor, oui l'agent national, arrête l'état des
frais se montant à onze cent huitante deux livres et
trente cinq centimes qui seront acquittés par le
receveur de l'agence de l'enregistrement sur le produit de la vente desdits meubles, lorsque le Département aura vérifié ledit état.
Nice le 29 ventôse an 3me de la République
française une et indivisible (19 mars 1795).
(Suivent les signatures).
Vu l'état des frais ci-dessus pour parvenir à la
vente du mobilier de l'Emigré Valperga Maillone cydevant évêque.
Vérifié et arrêté par le Directoire du district de
Nice.
La Commission administrative du département
des Alpes-Maritimes, approuve ledit état et ordonne

�— if au citoyen Maussier, receveur de Penregistrement
dudit district de payer aux citoyens J.-B. Thomati,
Savigni et Honoré Mabil, commissaires, la somme de
mille cent quatre vingt deux livres trente cinq centimes pour montant des frais de la vente des susdits
effets de l'Emigré. Laquelle somme lui sera allouée
en compte.
Fait â Nice le 5 germinal an 3me républicain (25
mars 1795).
Arch. des A. M. L. 15 ancien p. 44-45 N° 34-35

Actes de Notoriété
Pièçe g

1-2-fructidor an III
18-19 août 1795
EGALITÉ, LIBERTÉ

AU NOM DE LA LOI
Ce jourd'hui, premier Fructidor, l'an troisième
(18 août 1795 de la République française, une et indivisible, à Nice, chef-lieu du département des AlpesMaritimes, par devant Nous, Antoine Gautier Juge de
paix de la Ier, 2m" et 3me section et officier de police,
est comparu le citoyen Pierre Joseph Passeron, natit
tic la commune de Contes et habitant en celle de Nice
depuis plusieurs années.
Lequel en sa qualité de procureur du citoyen
Charles Eugène Valperga de Maillone, évêque de Nice,
subrogé par le citoyen Nicolo Giorni, homme de loi,
procureur spécial et général établi (par acte reçu) par
le notaire Pierre Joseph de Bernochio, le 20 Juillet
dernier (v. s.) qu'il présente, légalisé par le résidant
de la République de Gênes auprès de la Cour de Turin, dont il résulte le pouvoir donné au citoyen Giorni, de subroger en son lieu et place, avec tous les
pouvoirs compris au dit acte, et il présente au surplus l'acte de sa dite subrogation faite par le même
citoyen Giorni, reçu en la ville de Gênes le premier

�- 48 du mois d'août dernier (v. s.) par le notaire Antoine
Baglietto, légalisée par le consul de la République
française.
Il expose que le vingt neuvième jour de septembre
de l'année 1792, l'armée de la République, étant arrivée en cette ville, commandée en chef par le citoyen
général d'Anselme, lorsque ce général, vers le soir,
fut arrivé et il eut pris son logement dans la maison
habitée par le ci-devant consul de la République Le
Seurre, ledit citoyen Evêque Charles Eugène Valperga de Maillone s'y étant présenté, ledit général d'Anselme, en présence de tout son Etat-Major, lui signifia
d'abord de devoir partir de cette ville. Sur quoi le
dit évêque ayant répondu qu'il avait cru de pouvoir
continuer sa résidence en cette ville et tellement l'avait cru, qu'il n'avait jamais pensé de distraire et en
faire partir le moindre de ses meubles et effets, qu'il
avait dans la maison d'habitation de l'tvêque et que
si absolument il lui ordonnait de partir, il le priait de
lui accorder la sauvegarde sur tous lesdits effets et
meubles. Le dit général d'Anselme lui répliqua qu'il
dut absolument partir de cette ville, en ajoutant que
le plus tôt en serait le mieux, et qu'à l'égard de ses
meubles et effets qu'il avait, il les mettait dès ce ino
ment sous la sauvegarde et loyauté de la Nation française et qu'il pouvait en être tranquille, après quoi ledit
évêque Valperga de Maillone, tout tremblant, ayant
dit qu'il allait se conformer dès le lendemain au matin à ses ordres, se retira ; ledit général d'Anselme
lui ayant encore répliqué : le plus tôt sera le mieux.
Et comme il importe audit citoyen évêque Valperga de Maillone de constater le fait ci-dessus expo"sé, suivi en présence de tout l'Etat-Major dudit général d'Anselme et de plusieurs citoyens de cette commune, l'exposant, en sa dite qualité vous présente les
citoyens Pierre Le Seurre, ci-dessus nommé, ci-devant
consul en cette ville de la République, le citoyen Honoré Saissi de cette commune qui pour lors était second consul de la même commune, le citoyen Philippe Emmanuel Féraudi qui pour lors était secrétaire de
Ìa même commune et le citoyen Ange Giraudi aussi

�- 49 de cette commune, pour recevoir leurs dépositions
sur ledit exposé et vous fait instance que de tout lui
soit concédé acte, ce que nous lui avons accordé, et a
signé.
PIERRE JOSEPH PASSERON.

Et de suite se sont présenté les susnommés
citoyen Le Seurre, natif de Craon, âgé de 75
ans, bourgeois, le citoyen Saissi, âgé de 70 ans,
négociant, Emmanuel Feraudi, âgé de 68 ans, notaire, Ange Giraudi, âgé de 63 ans, négociant,
natifs et domiciliés dans cette commune, auxquels
après avoir fait lecture dudit exposé fait par ledit citoyen Pierre Joseph Passeron, en sa dite qualité, les
avons interpellés sur serment que leur avons fait prêter, conformément à la loi, de nous dire en leur âme
et conscience si tous les faits énoncés dans le même
exposé sont de leur connaissance et tous les quatre ont
répondu et attesté tant uniment que séparément en
être pleinement informés, s'y étant trouvés présents,
et que le tout contient la vérité, toute la vérité et
rien que la vérité. En foi de quoi ils ont signé :
LE SEURRE, HOSORI'J
SAISSI, PHILIPPE EMMANUEL FÉRAUDI,
ANGE

GIRAUDI.

Et nous, juge de paix, vu les dépositions ci-dessus, avons de tout concédé acte au susnommé citoyen
Pierre Joseph Passeron en sa dite qualité, pour lui
servir et valoir dans tous les cas, à ce que de droit et
de raison. Fait à Nice, l'an et le jour que dessus.
GAUTIER, juge de paix.
BONIFACI, sec. greffier.
Vu par nous, membres du District de Nice, 3 vendémiaire an IV rép. 25 sep. 1795, TOSELLI, JN COPPON
fils, VÉRANI pr. syndic, SAYTOUR Martin.

�— 5o —
EGALITÉ, LIBERTÉ.

AU NOM DE LA LOI
Ce jourd'hui. second jour de Fructidor de l'an 3
août 1795) de la République française une et indivisible, à Nice, chef-lieu du département des AlpesMaritimes, par devant nous, Antoine Gautier, juge de
paix de la iere, 2M* et 3ME section et officier de police,
est comparu le citoyen Pierre Joseph Passeron : natif
de la commune de Contes et habitant en celle de Nice
depuis plusieurs années
Lequel en sa qualité de procureur du citoyen
Charles Eugène Valperga de Maillone, évêque de
Nice, subrogé par le citoyen Nicolo Giorni, homme
de loi, procureur spécial et général établi (par acte
reçu) par le notaire Pierre Joseph de Bernochio, le 20
Juillet dernier (v. s.) qu'il présente, légalisé par le résidant de la République de Gênes auprès de la Cour de
Turin, dont il résulte le pouvoir donné au citoyen
Giorni, de subroger en son lieu et place, avec tous les
pouvoirs compris audit acte, et il présente au surplus
l'acte de sa dite subrogation faite par le même citoyen
Giorni, reçu en la ville de Gênes le premier du mois
d'août dernier (v. s.) par le notaire Antoine Baglietto,
légalisée par le consul de la République française.
Expose : Primo, que le matin du trente septembre 1792, le citoyen Charles Eugène Valperga de
Maillone, évêque de Nice, en partant de cette ville
avec deux domestiques à sa suite, qui portaient un
paquet et quelques effets, fut arrêté à la porte qui conduit en Piémont, ci-devant nommée porte Victoire,
et conduit au vestibule de la maison presque attenante
à ladite porte, appartenant au citoyen Dominique
Castellinard, où se trouva le citoyen Joseph Castellinard, fils dudit Dominique, et malgré que ledit Evêque Valperga déclara aux soldats de la Garde de la
dite porte qui étaient des Marseillais, que c'était en
conséquence d'ordre qui lui avait été signifié par le
citoyen général d'Anselme qu'il partait de cette ville,
lesdits soldats commencèrent par le malmener et lui
(19

�signifier qu'ils voulaient le pendre et ayant ouvert
ledit paquet et y ayant trouvé entre autres effets, une
ceinture d'évêque, ils déterminèrent, à l'instant, de le
pendre avec ladite ceinture, et ayant essayé si la même
était assez forte pour le soutenir, en la préparant, elle
se fit en lambeaux, de façon qu'ils vérifièrent qu'elle
ne pouvait leur servir et demandèrent audit Joseph
Castellinard fils une corde, pour pendre ledit évêque,
à un grand anneau de fer qui était au plafond dudit
vestibule, servant â y passer une verge de fer pour
peser les marchandises, et ledit citoyen Castellinard
fils, leur ayant absolument refusé de leur donner de la
corde, en s'excusant qu'il n'en avait point, comme
dans tous ces entrefaits ledit évêque se trouve mal et
ne peut plus se soutenir, ledit Castellinard fils lui fit
apporter une chaise, par sa servante à qui quelques
uns de ces soldats donnèrent des coups de poing pour
avoir porté ladite chaise et le même Castellinard le
fit ensuite asseoir sur ladite chaise, en le soutenant,
parce qu'il ne pouvait se soutenir droit ; d'autant plus
qu'en attendant, lesdits soldats marseillais lui disaient mille exécrations, lui crachaient dessus et lui
donnaient des soufflets, et assurément ils l'auraient
fini, si dans cet intervalle un de ses domestiques
n'avait été dire au citoyen général d'Anselme ce qui
venait d'arriver, et ledit domestique étant venu avec
un billet dudit général d'Anselme qui ordonnait à la
garde de le laisser partir, puisque c'était de son ordre,
en conséquence de ce billet lesdits soldats marseillais
se bornèrent pour lors à lui dire et crier mille invectives et injures et le laissèrent partir, ce que ledit
évêque, malgré qu'il ne pût se remuer, à l'aide de ses
domestiques fit au mieux possible en tremblant, de
façon qu'il doit son existence au refus ferme et déterminé que ledit citoyen Castellinard fils leur fit de
leur donner une corde, sans quoi avant l'arrivée du
dit domestique portant l'Ordre du général d'Anselme, il aurait été pendu et étranglé.
Secondoque lefaitci-dessusfut d'abord public et notoire, de notoriété publique dans cette ville et encore
plui le lendemain premier octobre, puisque les autres

»

�— 52 —

soldats de la Phalange Marseillaise, arrivés sur le soir
dudit jour trente septembre, d'abord après leur arrivée
cherchèrent l'évêque qu'ils voulaient le lanterner et
mettre en pièces, comme ils s'expliquèrent hautement,
ce qui joint au fait arrivé dans ledit vestibule de la
maison Castellinard, étant devenu d'une notoriété publique donna l'épouvante à tous les gens honnêtes du
pays, qui disaient que le citoyen général d'Anselme en
ordonnant audit évêque de partir, en mettant sous la
sauvegarde de la Nation française ses meubles et ses
effets, avait voulu le sauver.
Et comme il importe audit citoyen Passeron, exposant en sa dite qualité, de constater par témoins le
fait ci-dessus exposé, il nous présente ledit citoyen
Joseph Castellinard fils de Dominique de cette commune, âgé de 21 ans, de profession, négociant, qui se
trouva présent au fait énoncé dans le Ier article de l'exposé ci-dessus, et au surplus informé de la notoriété
des faits énoncés au second et dernier chef, de ladite
exposition et il nous présente les citoyens Jean-Jacques Donny, natif de Neufchâtel en Suisse, âgé de 39
ans, de profession, négociant ; Joseph Poullan, natif
de Clavesana, en Piémont, âge de 48 ans, négociant ;
Jacques Gerbin, âgé de 60 ans, tailleur, Jean-Marie
Thaon, âgé de 56 ans, négociant, natifs et tous domiciliés en cette commune pour déposer sur ladite
notoriété énoncée dans ledit second fait exposé, pour
recevoir leurs dépositions, et nous fait instance que de
tout lui soit concédé acte, ce que nous lui avons accordé et a signé.
Pierre-Joseph PASSERON .
Et de suite se sont présentés les susnommés citoyens Joseph Castellinard, Jean-Jacques Donny, Joseph Poullan, Jacques Gerbin, et Jean-Marie Thaon,
ci-dessus qualifiés, auxquels après avoir fait lecture
dudit exposé fait par ledit citoyen Passeron, en sa
dite quálité, les avons interpellés sur serment, que
leur avons fait prêter, conformément à la loi, de nous
dire en leur âme et conscience, si tous les faits énoncés dans le même exposé sont de leur connaissance,

�- 53 et ledit citoyen Joseph Castellinard a répondu et
attesté en être pleinement informé pour avoir été
présent au fait exposé dans le i" article de ladite exposition, et pour avoir publiquement entendu dire les
faits énoncés dans le second chef qui était en cette
ville notoire de notoriété publique et lesdits citoyens
Jean-Jacques Donny, Joseph Poullan, Jacques Gerbin,
Jean-Marie Thaon, ont répondu et attesté tant uniment que séparément être pleinement informés de
l'énoncé dans le second chef de ladite exposition,
puisque les faits y énoncés étaient notoires, de notoriété publique en cette ville, et tous lesdits citoyens
ont respectivement attesté pour ce qui les concerne
que tout contient la vérité, toute la vérité et rien que
la vérité. En foi de quoi ils ont signé : Joseph Castellinard fils,Jean-Jacques Donny, Joseph Poullan, Jacques
Gerbin, Jean-Marie Thaon.
Et nous, Juge de paix, vu les dépositions ci-dessus,
avons de tout concédé acte au susnommé Pierre Joseph Passeron en sa dite qualité pour lui servir et valoir dans tous les cas, à ce que de droit et de raison.
Fait à Nice l'an et jour que dessus.
GAUTIER,
BONIFACI,

juge de paix.
sec. gref.

Vu par nous, membres Du district de Nice, le 3
vendémiaire anIV rep. (25 sept. 1795).
Jn. COPPON fils, VÉRANi, pr. syndic, TOSELLI, Saytour
MARTIN.

Arch. Nat. F

7

4867 *

�54 -

PÉTITION au DISTRICT de NICE
et AVIS de ce DISTRICT
ÉGALITÉ,

LIBERTÉ

5 vendémiaire
27 septembre 1795 an IV
AUX

CITOYENS ADMINISTRATEURS
DU DISTRICT DE NICE

Le citoyen Pierre Joseph Passeron, natif de la
commune de Contes, habitant en celle de Nice depuis plusieurs années.
Vous expose en qualité de procureur du citoyen
Charles-Eugène Valperga de Maillone, évêque de
Nice, subrogé par le citoyen Nicolo Giorni, homme
de loi, son procureur spécial et général fondé par acte
reçu dans la ville de Turin par le notaire PierreJoseph de Bernochio, le 20 juillet dernier (v. s) légalisée par le résident de la République de Gênes, près
la Cour de Turin, duquel il résulte le pouvoir donné
audit citoyen Giorni de subroger en son lieu et place
avec tous les pouvoirs compris dans le même acte,
qui se trouve copié mot pour mot dans celui de la
subrogation faite par le même citoyen Giorni, reçu
en la ville de Gênes le Ier du mois d'août dernier
(v. s* par le notaire Antoine Baglietto, légalisée par
le consul de la République française, le 13 Thermidor dernier (3 1 Juillet 1795), qu'il vous exhibe qu'étant arrivé dans cette ville le vingt-neuvième jour
du mois de septembre de l'année 1792, l'armée de la
République française, commandée par le citoyen général en chef d'Anselme lorsque celui-ci y fut arrivé
le soir et eut pris son logement dans la maison d'habitation du citoyen ci-devant consul de la République
Le Seurre, ledit évêque Charles-Eugène Valperga de
Maillone, s'étant présenté, le même général d'Anselme
lui signifia d'abord en présence de son Etat-Major de
partir de cette ville, sur quoi ledit évêque lui répondit qu'il avait cru pouvoir continuer sa demeure dans
cette ville et qu'à cet effet il n'avait jamais pensé de

Pièces 7 et 8

�- 55 distraire, ni faire partir le moindre de ses meubles et
effets qu'il avait dans la maison d'habitation de
l'évêque, que si absolument il lui ordonnait de partir,
il le priait de lui accorder la sauvegarde pour tous ses
dits effets et meubles, ledit général d'Anselme lui
répliqua : Le plus tôt sera le mieux, ce qui tout est
constaté par les attestations ci-jointes du premier et
second jour de fructidor dernier qu'il vous présente
également.
Qu'il résulte aussi par lesdites attestations, que
ledit évêque Valperga de Maillone fut forcé par ledit
général d'Anselme de partir de cette ville que tous
ses meubles et effets fussent mis sous la sauvegarde de
la Nation française et qu'étant parti le lendemain 30
dit septembre, il risqu'à d'être pendu ef étranglé paties soldats de la Phalange Marseillaise qui se trouvaient de garde à la porte ci-devant dite Victoire, ce
que tout fut d'abord notoire et de notoriété publique
dans cette ville.
Vous observe que ledit évêque Valperga est natif
du Piémont où il se retira et que s'il a résidé dans
cette ville, ce n'a été que pour raison de son ministère, que tout cela nonobstant il a été porté sur la liste
des émigrés, a été vendu la plus grande partie de ses
meubles et effets, et cela même nonobstant la préalable réclamation que le citoyen Jean-Jacques Donni,
chargé des intérêts dudit évêque avait fait à l'ancien
département par sa pétition du 22 juillet 1793 (v. s)
qui existe dans les Archives de ce district, résultant
ainsi que tout cela a été fait et opéré contre le droit des
gens et la sauvegarde de la loyauté française qui fut
promis audit évêque.
En conséquence, l'exposant demande en sa dite
qualité de procureur dudit citoyen évêque CharlesEugène Valperga de Maillone la radiation de son
nom de la liste des émigrés, la levée des scellés, la
restitution de ses propriétés et l'indemnité de celles
qui ont été distraites et vendues au nom de la Nation,
et sera justice.
(21 août 1795).

�- 56 Nice le 4me jour de Fructidor de l'an 3me de la
République française une et indivisible.
Signé : Pierre-Joseph PASSERON.
Vu la pétition ci-dessus du citoyen Pierre-Joseph
Passeron présentée au nom et comme procureur subs
titué du ci-devant évêque de Nice, Charles-Eugène
Valperga tendante à obtenir la radiation de son nom
de la liste des émigrés, la levée du séquestre et remission de ses effets restant ainsi que l'indemnité de
ceux qui ont été distraits ou vendus.
Vu une première pétition présentée à l'ancienne
administration du département par le citoyen JeanJacques Donni, au nom du citoyen Valperga en date
du 22 juillet 1793 tendante aux mêmes fins.
Vu la procuration en date du premier août 1793
(V. s.) faite à Gênes, par devant le notaire public Antoine Baglietti, légalisée par le Consul de la République française y résidant, ainsi que l'acte de procuration y inséré, en date du 20 Juillet 1795.
Vu l'attestation de quatre témoins faite avec serment par devant le juge de paix de la 1", 2"", 3me section de cette commune, en date du 1" Fructidor dernier '18 août 1795).
Vu autre attestation de cinq témoins faite par
devant le susdit Juge de paix, le 2 dit fructidor, aussi
sous serment.
Considérant que par la première des 2 attestations il est pleinement prouvé que le vingt-neuvième
septembre 1792, aussitôt après l'entrée de l'armée
française dans cette commune, le sus-nommé évêque
Valperga s'étant présenté au général d'Anselme qui
la commandait en chef, celui- ci lui ordonna d'abord
en présence desdits témoins et de tout l'Etat-Major.
u'il n'avait qu'à partir de la ville, et malgré que le
it évêque lui observa qu'il avait cru de pouvoir y
rester tranquillement et qu'à cet effet il n'avait fait
partir aucun de ses effets et meubles, le général lui
répliqua de partir absolument de la ville, en ajoutant
que le plus tôt serait le mieux, l'ayant assuré qu'à

a

�-5;l'égard de ses meubles et effets de sa maison, il les
mettait dès ce moment sous la sauvegarde et loyauté
de la Nation française et qu'il pouvait en être tranquille.
Considérant qu'il résulte par lesdites attestations,
et il est prouvé que l'évêque Valperga, d'après les
ordres précis et réitérés du général d'Anselme, partit
le lendemain 30 septembre de cette ville.
Considérant que par la susdite attestation du deux
Fructidor il résulte que l'évêque Valperga, au moment de son départ de cette commune, ayant été arrêté à la porte qui conduit au Piémont, par les soldats
qui y étaient de garde, lesquels tentèrent de le pendre,
il évita la mort par les soins du citoyen Joseph Castellinard, un des déposants, et il ne fut laissé libre que
d'après un billet du général d'Anselme, qui ordonnait à ladite garde de le laisser partir, puisqu'il s'en
allait de son ordre
Considérant que tous ces faits sont devenus de notoriété publique dans cette commune, dès le même
jour 30 septembre et Ier octobre suivant, ainsi que
quatre témoins l'ont attesté.
Considérant que le citoyen Valperga ne s'est absenté de cette commune et ci-devant Comté de Nice
que d'après les ordres du général d'Anselme auquel il
témoigna son regret.
Considérant que le départ du citoyen Valperga
ayant été forcé il ne peut pas être qualifié d'émigration.
Considérant que son intention de rester dans cette
commune est d'autant plus constatée, que le citoyen
Valperga a été le seul fonctionnaire public, il soit
resté à son poste, n'ayant soustrait aucun des meubles
et effets de sa maison, lesquels ont été ensuite distraits
et vendus par la Nation.
Considérant que le citoyen Valperga ne peut être
non plus considéré comme réfractaire aux lois de la
République, tandis qu'à l'époque de son départ de cette
commune, aucune loi de la République, surtout à
l'égard des ecclésiastiques, n'y avait été encore publiée
à laquelle eut pu contrevenir.

�— 58 —
Considérant que le citoyen Valperga ne pouvant
être considéré ni comme émigré, ni comme réfractaire, ne pouvait être privé de ses propriétés laissées
dans cette commune lors de son départ, sous la sauvegarde de la loi et de la Nation française qui lui fut
accordée par le général d'Anselme, et qui étant digne
de la loyauté de cette Nation, ne pouvait être violée
sans blesser le droit des gens.
Considérant au surplus, que le citoyen Valperga,
originaire piémontais, ne faisait sa résidence à Nice,
qu'à raison de son épiscopat, ce qui ne donne qu'une
résidence easuelle, et que sous tous les rapports, il
n'a cessé d'être étranger à l'égard du pays de Nice et
de la France.
Considérant que l'article 6, section deux, N° 2 de
la Loi du 25 Brumaire (15 novembre 1794) en déclarant émigrés les citoyens domiciliés dans le cidevant comté de Nice, qui sont sortis depuis le 27
septembre 1792, n'a point porté atteinte au droit des
gens dans la personne de l'étranger, qui se trouvait
dans ce même pays, où il n'aurait pas établi son vrai
domicile.
Considérant que le citoyen Valperga, qui avait été
forcé par le gouvernement de partir de Nice, n'a dû
plus y revenir dans le terme même prescrit par les
lois aux citoyens de la ci-devant Comté de Nice,
puisqu'il ne devait point imaginer qu'il fut compris
dans l'invitation, malgré qu'il ait été porté sur la
liste des émigrés.
Considérant que ce nonobstant, lorsqu'il sut qu'il
avait été porté sur la liste des émigrés de cette commune, s'est empressé de présenter sadite pétition
du 22 Juillet 1793 dans laquelle il demanda non seulement la radiation de son nom de ladite liste, mais
encore un délai convenable pour rentrer dans cette
commune, soit comme simple citoyen, ou comme
fonctionnaire public, ainsi que la restitution de ses
propriétés par lui laissées sous la sauvegarde de la
loyauté française dans la maison êpiscopale lors de sa
retraite forcée, ou une juste indemnité de leur valeur.

�- 59 Considérant finalement que,d'après toutes les circonstances sus-ênoncèes, aucune loi concernant les
émigrés ne peut être applicable au citoyen Valperga,
et que toutes celles qui pourraient le regarder relatives au séquestre des biens appartenant aux habitants
des pays en guerre avec la République française ont
été rapportées par le décret du 14 Ventôse dernier
(4 mars 1795). •
Le Directoire du district de Nice, oui le procureur syndic, est d'avis que le citoyen Charles-Eugène
Valperga ci-devant évêque de Nice ne doit point être
considéré émigré.
Qu'il doit être rayé de la liste des émigrés, que le
séquestre apposé sur ses propriétés doit être levé, qu'il
doit être réintégré dans la possession et jouissance
d'iceux, que tous receveurs ou dépositaires doivent
lui restituer les sommes qu'ils ont perçues, résultant
du produit desdites propriétés et qu'il doit recevoir
la juste indemnité des meubles et effets qui seraient
passés au profit de la Nation.
Fait à Nice, dans la salle des séances le 5me Vendémiaire an 4me républicain (27 sept. 1795). Signé
Saytour Martin. Verani,
procureur syndic, Angles v. prés.
Touzelly. Jn Coppon fils.
Enregistré au feuil. 20 registre des prévenus
d'émigration et signé BARRAIA, commis greffier.
Certifié conforme par nous Ve président et secrétaire du district Jn COPPON Fils V,-PRÉSIDENT
BARRAIA Cis greffier.
A rch. Nat. F 7 4867

2

�— 6o —

Pièce 9.

LIBERTÉ (vignette) ÉGALITÉ
BUREAU DES
ÉMIGRÉS

Extrait des registres des délibérations et arrêtés de
l'Administration Centrale du département des Alpes Maritimes.
(2

juin 1797)

Séance du quatorze Prairial an 5mf de
la République française une et indivisible.
Sur le rapport d-e la pétition présentée par le
citoyen Pierre Joseph Passeron, procureur fondé de
Monsieur Charles Valperga, ci-devant évêque de
Nice, dans laquelle il expose que ledit Charles Valperga n'a jamais dû être atteint des lois relatives à
l'émigration, soit qu'on le considère comme parti en
suite d'une force majeure, soit en sa qualité de piémontais et demande en conséquence la radiation de
son nom de la liste des Emigrés, sa réintégration
dans la possession et jouissance de ses propriétés et
une juste indemnité, des meubles et effets qui sont
passés au profit de la République.
L'Administration Centrale du département des
Alpes-Maritimes, considérant que M. Charles Valperga, comme piémontais, n'habitant Nice que pour
cause de son emploi, n'aurait jamais dû être porté
sur la liste des émigrés du département.
Que le seul motif qui a pu déterminer le général
d'Anselme à lui ordonner de partir de la ville de
Nice, ne peut avoir été que la susdite qualité de
piémontais.
Considérant enfin, que comme sujet du roi de
Sardaigne, il est dans le cas de jouir de l'article i,r
de la loi du quatorze nivôse an troisième, (} janvier
1795), ainsi que de l'article neuf de la loi du trente
Floréal an quatrième, (19 mai 1796).
Arrête, oui le commissaire du Directoire Exécutif
que le nom de Valperga, ci-devant évêque de Nice,
qui se trouve inscrit sur la liste des émigrés, sera

�— 6i —

provisoirement rayé ; que tout séquestre qui pourrait
avoir été mis sur ses biens sera levé, qu'il sera réintégré dans la possession et jouissance de ses propriétés,
et que toutes les sommes versées dans les caisses publiques, lui seront rendues, déduction faite des frais
faits conformément aux lois.
Fait et arrêté* en séance publique le jour, mois et
an que dessus.
Signé : Donny, président Payani, fils, Scudéry,
Oberti, Hancy (et en marge Gastaud commissaire
du Directoire Exécutif).
Certifié conforme à l'original par nous président
et secrétaire de l'Administration centrale du départemeni des Alpes-Maritimes.
DONNY, président
BELMONDI, sec. chef au bureau des émigrés.
Arch. Nat. F 7 4867 2

ACTE DE CAUTIONNEMENT
Pièce 10.

11 fructidor anV (2&amp; août 1797)
LIBERTÉ ÉGALITÉ
Ce jourdTiui 11 fructidor an 5 de la République
française une et indivisible (28 août 1797) par devant nous, membres composant l'Administration
centrale du département des Alpes-Maritimes, est
comparu le citoyen Joseph Passeron, natif de Contes,
chef-lieu de canton, domicilié dans cette commune,
procureur fondé de Monsieur Charles Valperga, cidevant évêque de Nice, en vertu d'acte de procuration du 20 juillet et premier août 1795 (v. s.) lequel
en sadite qualité, dépendamment à l'arrêté de cette
administration du quatorze prairial an cinq (2 juin
1797) portant que le nom de Valperga, ci-devant
évêque de Nice, sera provisoirement rayé de la liste
des émigrés, que tout séquestre qui pourrait avoir
été mis sur ses biens sera levé, qu'il sera réintégré
dans la possession et jouissance de ses propriétés, et

�— 62 —

que toutes les sommes versées dans les caisses publiques lui seront rendues, déduction faite des frais
faits, conformément aux lois, désirant de se conformer au porté par l'article 3 de la loi du 5 Brumaire
an 3 (26 octobre 1794) qui exprime que les prévenus
d'émigration seront tenus de donner caution solvable de la valeur mobilier, et ne pourront obtenir
leurs immeubles jusqu'à ce qu'il ait été définitivement statué sur leurs réclamations par qui de droit,
toujours en sa dite qualité a présenté pour caution le
citoyen François Grosson, marchand drapier de cette
commune, lequel ici prése.it et acceptant, s'oblige
conjointement et solidairement avec ledit Valperga
et pour celui-ci ledit Joseph Passeron, et sous l'hypothèque de tous leurs frens présents et à venir, à l'entière exécution de ce qui les concerne en la susdite
loi, et à la représention des mobiliers, effets et sommes à percevoir en dépôt que besoin sera, et quant
aux mobiliers invendus et en dépôt seront soumis
d'en représenter la valeur à laquelle seront estimés
par experts, préalable rémission.
Et nous, administrateurs susdits approuvant lesdits
cautionnement et acte de soumission, à la réquisition
dudit citoyen Joseph Passeron, avons dressé le présent acte que toutes les parties ont signé avec nous,
ayant au préalable fait renoncer audit François Grosson au droit de premier convenir.
Fait à Nice les jours, mois et an que dessus.
Joseph

PASSERON,

François GROSSON,
prés., PAYANY FILS,
MARUN-SAYTOUR, sec. en chef

HANCY, DONNY,
P.

Acte original sur timbre de 20 centime*.
Arch. Nat. F

7 4867^

�— 63 -

CONCLUSION

Il était avéré pour tous, dans la ville de Nice, que Mgr
Valperga était parti contre son gré et si la première Administration départementale, installée au mois de Mai 1793,
l'avait inscrit sur la liste des émigrés de Nice, c'était à la
suite d'une réponse faite par le ministre de l'Intérieur, Garât,
aux questions à lui posées par le Directoire des Colons Marseillais sur la conduite à tenir vis-à-vis de l'évêque.
Les questions avaient été envoyées à Paris, vers la fin
de Février 1793, et la réponse du ministre ne parvint à Nice
qu'au milieu de juin suivant, soit quelques jours avant la
publication de la liste des émigrés. Les réclamations de
l'évêque, retiré à Turin dans sa famille, furent présentées
le 22 juillet 1793 (1) ; mais comme beaucoup d'autres, elles
s'entassèrent dans les bureaux du Département, qui n'y
répondit même pas.
Cette réclamation fut présentée au nom de l'évêque par JeanJacques Donny au Département. lîlle figure en original au dossier
Valperga.
Voir ci-dessus.
Le registre des délibérations du département manque aux Archives pour les derniers mois de 1793, exactement du Ier mai au 10
Novembre, comme pour les six derniers mois de 1797 et l'année entière de 1798, exactement du 8 Messidor an V (26 Juin 1797) au 25
Pluviôse an VII (13 février 1799).
C'est-à-dire pour les deux périodes les plus troublées et cette
disparition est tout au moins étrange.
Elle doit être vraisemblablement attribuée à certains hommes
politiques désireux de laisser dans l'oubli leur conduite durant ces
deux époques.

�- 64 On était dans la période la plus aiguë et, en pleine
Terreur.
Après le 9 Thermidor et, surtout après la venue à Nice
du représentant Beffroy, au mois de Floréal, an III (Mai
I795)»
les esprits devinrent plus calmes, les administrations plus pondérées. C'est alors que, sur de nouvelles demandes présentées au District, et sur avis favbrable de
celui-ci, le département des Alpes-Maritimes accorda à Mgr
Valperga sa radiation provisoire, le 14 Prairial, an V (2 Juin
1797). Comme on le voit, l'affaire avait traîné en longueur.
Il semblait alors que rien ne s'opposait plus à la rentrée
de l'évêque : le 11 Fructidor, an V (28 Août 1797), le Département avait agréé la caution de François Grosson (1) ;
les biens de l'évêque allaient lui être rendus, et il pourrait
rentrer.
Mais huit jours après, le coup d'Etat du 18 Fructidor (4
septembre 1797) remettait le pouvoir aux mains des Jacobins, la guerre aux émigrés et aux ecclésiastiques, en particulier, reprit avec âpreté. Pe département des Alpes-Maritimes se vit accusé d'avoir préparé une rentrée triomphale à l'évêque, son arrêté du 14 Prairial resta sans effet
et, en vertu de la loi du 19 Fructidor (5 septembre), les
scellés furent de nouveau apposés sur les biens de Mgr Valperga par deux commissaires municipaux (2).
En vain, l'évêque de Nice, fit intervenir auprès du Directoire Balbi, l'ambassadeur du Roi de Sardaigne à Paris,
le dossier de sa demande en radiation fut examiné sans
aucune bienveillance.
(1) L/Acte original de ce cautionnement sur timbre est aux
Arch. des Alp.-Maritimes Q. 10.
(2) Mise de scellés sur les biens de Charles Eugène Valperga par
deux commissaires de la municipalité de Nice. Une scéance, 6 livres.
Dépense approuvée par le Département, en Germinal an VI (avril
1798). Arch. des A. M. Q. 11.
Mgr Valperga ne possédait à Nice aucun immeuble et il devait
rester fort peu de chose de son mobilier après la vente qui en avait
été faite en Ventôse an III. La bibliothèque de l'évêché avait été déclarée bien national et la caisse diocésaine avait disparue en octobre 1792
sans laisser de traces dans les pièces administratives. Le séquestre
a été apposé sur les biens de nombreux émigrés rayés provisoirement.
On peut en voir la liste aux Archives des A. M. Q. 10, où Valperga
figure sous le N° 65.

�- 65
Á la suite de la lettre de Balby datée de Paris le 7 février
1798, le ministre de la police demanda à ses Bureaux un
rapport sur l'affaire Valperga. Pe voici tel qu'il se trouve
en minute au dossier.
Attendu que rien ne tend à constater le prétendu ordre
de quitter Nice, d'où il suit qu'il faut en croire sur parole
l'émigré.
Qu'à raison de son domicile, il était tenu de rentrer sur
le territoire dans les délais voulus par les lois.
Qu'il est atteint par la déchéance et n'a réclamé que
l'an V.
Qu'il ne paraît pas y avoir lieu de violer la loi en faveur
de cet ex-évêque dont la rentrée prohibée par la Constitution serait d'une influence dangereuse.
J'estime qu'il y a lieu à proposer la maintenue sauf
à prendre des renseignements si toutefois on les trouve
indispensables.
CAIGNART,
Sous-chef (2e Bureau).
En tête de cette minute est écrit :
« Je pense qu'il y a lieu à instruction et à prendre
des renseignements près les Administrateurs du département_des Alpes-Maritimes. »
Signature illisible (1).
Ces renseignements furent-ils demandés ? C'est probable et cela explique que bien des pièces du dossier Valperga sont en double expédition. Plus d'une année s'écoula
encore, avant que fut prise une décision et finalement sur
un rapport défavorable de la Commission d'examen instituée près le Ministère de la police pour l'étude des demandes en radiation, le Directoire exécutif signa le 7 Floréal
an VII, (26 avril 1799) un arrêté qui maintenait définitivement, sur la liste des émigrés, Mgr Valperga et annulait
toutes les décisions rendues antérieurement, en sa faveur,
par les. autorités locales.
(1) Arch. Nation. F 7 4862 2 dossier Valperga. Rapport de la
3 me Division du Ministère de la police, sans date mais joint à la
lettre de Balbi.
»

�- 66 -

Varrêté du Directoire parvint à Nice les premiers
jours de Prairial an VII (Mai 99) et fut immédiatement
mis à exécution. (1).
*

* *

Ainsi donc Mgr Valperga expulsé ne put jamais obtenir
de rentrer, les lois sur l'émigration étaient tellement embrouillées et tyranniques qu'une fois inscrit sur une liste
d'émigrés, il était extrêmement difficile de s'en faire rayer
malgré toutes les démarches ; car on se heurtait sans cesse
à des questions de forme et de procédure ce qui permettait
à la malveillance de s'exercer tout à fait à l'aise sous le
couvert de la légalité.
A. J.

PvANCE-BOURREY.

(1) De 21 Floréal an VII (10 mai 1799), il fut communiqué
par le ministre de la police générale de la République aux diverses
administrations intéressées et aux Commissaire du Directoire exécutif
près le département des Alpes-Maritimes. Celui-ci par lettre du 3
prairial (22 mai 1799) demanda au Département de le transmettre
à la Municipalité de Nice, ce qui fut fait le même jour avec ordre
de le transcrire sur ses registres, de faire apposer les scellés ou séquestre sur tous les biens meubles et immeubles de l'évêque si ce
n'est déjà fait, et de mi notifier sans délai la décision prise à son égard.
Voir lettre du Département à la Municipalité, celle du Commissaire au Département, 3 Prairial an VII avec la réponse du Département 4 Prairial.
Arch.. des A. M. Q. 1 et 2 et Arch. Nationales, dossier Valperga,

�NIÇA LA BELLA
VERS DE /.

Giordan,

su

DE CARTA POUSTALA

Ai rai dôu nouostre bouon soulèu
Venon s'escaufar toui lu lùssi ;
Es un meravihous tablèu,
Ai rai dôu nouostre bouon soulèu,
Trouvas, dou Var fin au Castèu,
Anglés, Rouman, Danesi, Rùssi :
Ai rai dôu nouostre bouon soulèu
Venon s'escaufar toui lu lùssi.
Pèr tu, as touti li bèuta,
Terra de lus e d'alegria,
D'un ciel d'azur, as la clartà,
Pèr tu, as touti li bèuta.
De l'univers, en verità,
Siès la uechièma meravia ;
Pèr tu, as touti li bèutà,
Terra de lus e d'alegria.
Dintre lou tèmp, Semiramis
Faguet basti, à Babilouna,
Pu siéu jardin, vèr paradis !
Soubre Paioun, degun s'estouna
De vèire, ancuèi, lou paumoulié
Drissar au ciel la siéu coulouna
E lou galofre, e l'anemouna
Flouri emb'au pourtegalié.
De bouon matin, quitant maioun
Pèr la journada touta'ntiera,
S'en va lavar, dintre Paioun
Pa bugadiera.
D'un glourious passat es fiera
Perqué, d'un tèmp, sus lou bastioun
Au Turc, arranquèt la bandiera
Pa bugadiera.

�fet 68 —

Sau de fouora fa freï,
Que brima,
A Niça, sus lou Quèi,
Si rima.
Pescadou, fourestié,
De la mar bressarella,
Escouton voulountié
Pa doussa cantinella.
L'AVOUCAT

PATTA

L'estudi de l'avoucat Patta es en plen aria ; si tèn lou matin
couma lou predinà su la plaça dôu Palai. Es un ome pichounet,
touplen raplot, li pocha enfli de papiè de touta mers. En lu vièi
quartiè es proun counouissut e li capelada, « Bouonjou Moussu
l'Avoucat », noun li mancon. Es ben m'ai juge, proucuradou, etc.
Lu siéu ounourari soun bouon pati e n'a de preferença pèr
qu si sigue. Parla au premier maufatan vengut, couma se fousse
un agnèu que vén de naisse ; lou créancier o lou débiteur soun
tratat su lou même pen... basta que mouson...
L'avoucat Patta es de noutarietà reputat pèr un ome judicious, òunest — au noun si flata de l'estre au jou d'ancuei ; —
finda counouisse, es en relacioun d'afaire emê de gros persou nage que dintre la finança dôu siéu coumerce, soun quasi d'usurari. Sau menajar la cabra e lou caulè ; e pèr que la mouneda
noun li escapa si desbrouïa e si mete dôu cousta dôu manche...
d'aquéu que casca lou de mai...
Acò fa que toui lu matin que lou Bouon Diéu a fach, la siéu
doumestica mete toujou quaucaren au fuec. Lou dimeneghe, coum'un bouon crestian, — tartufaria que lou pauva, — va audi la
gran'messa à Santa Réparada, fa la siesta e à la calada dóu soulèu,
passeja su lou Cours, pastrouia, fa lu cent pas, noun parla que de
lei, proucès, citacioun, ensin alestisse lou travail dôu dilun...
Lendeman empastra ben d'afaire, mete facilamen en lou sac
Moussu Tout'Un emé Moussu Tout'Autre... En éu que li pòu
faire ?... lança dapertout lou broumech, tant pis pèr aquéu que si
laissa agantar. Quaranta sóu es lou près d'atac e vous pregui de
crèire que douna pas la siéu journada pèr doui o tres escut.
L'avoucat Patta counouisse l'usança dôu païs... s'avès touort,
vous rouïa, s'avès pi rasoun, v'espia... Que voulès aima manjar
lou pei, lou pei que noun aiguë d'espina...
JULI EYNAUDI.

�-«9VA

MAU ! !

Va màu, cresé-vous, que va màu 1
En l'orizoun lou voile negre
N'es qu'un gran camp cargat de pebre,
Qu'à pala lou jeten davan,
Avuglan finda lu cavau 1
Lu canoun soun su li frountièra,
Alignât couma de barriera,
N'esperon plus que lou signàu !
Lou soulèu, aquel animàu !
Stan, noun vòu levà la vela,
Si foundon couma des candela
Enb'aquèu coust dôu diàu !
Le Giacouuda à cóu de d/stràu
Li fan petà li sièu moulura...
Ah ! dèu faire bella figura
Se l'an foutuda en quauqua tràu
Lou pan crèise, finda la sàu,
Lou sucre dintre li boutiga
Mounta ben mai que de boufiga !
Van jusque crèise lou rampàu
E la pèu que fau lou tambau ;
Metran de drech su li nourriça,
Su lu chichi, su li saucissa,
Perqué pas soubre lu magàu ?
E lou Prussian, marrit bertàu,
Noun sabon fa que de babïa,
Per lou Maroc e l'Algèria,
Se faran mètre lou mourràu !
Li serreren toui lou pourtàu
E pi veiren touta la França
Davan la sieù grossa arougança
Se noun si sau garda li clàu !
Es de rima d'un manechàu,
Ma sien d'estiéu, vesin, vesina,
Li passeres en la resina
Avant que vegon l'espitau !
CHARLES CIAUDO

�Valère Bernard
Tout en heurtant le marteau contre la porte de M. Valère
Bernard je songeais. Je me suis complu dans le plus souriant
mépris des idoles. L'ironie a tremblé sur mes lèvres quand
la Provence a dans un ravissement de joie acclamé le poète de
Maillanne. Cette mascarade d'apothéose me répugnait.
Et maintenant la curiosité me fourvoyait dans le studio
d'un consciencieux artiste que les felibres couvraient de gloire.
Elève de Puvis de Chavannes M. Valère Bernard pasticha le
Maître. Mais vite il eût l'intuition qu'à se perdre dans les sentiers
battus il courrait risque de compromettre son crédit. Il dit
adieu à Paris et vint dans Marseille, l'opulente cité.
A cette époque vivait un exquis écrivain, J. Lombard. Il venait de publier deux œuvres d'une grandiose beauté, VAgonie et
Bysance. Dans un style étrangement tourmenté il contait les
luttes entre les factions d'Orient, illuminant son œuvre des
splendeurs bysantines.
Valère Bernard vit Jean Lombard, et du même coup les belles
au bois qui dormaient en son âme s'éveillèrent. Il délaissa les
études académiques, les pastiches sans vie, et d'ardentes couleurs
chargèrent ses toiles.
Voici le triomphe des rois Babyloniens. Sur les voûtes d'un
palais impérial passent des gardes étincelants dans la pourpre et
la soie. L'or envahit les hautes colonnes de jaspe bleu. Involontairement on pense aux fantastiques demeures hantées par des
fées émeraudes et des princesses aux perversités troublantes.
Et je m'imagine que le peintre était sous le charme de la
légende quand il a peint cette courtisanne qui sourit à son miroir tout en jouant négligeamment avec sa chevelure d'or. Et
puis passent Venise la rouge, Marseille enveloppé dans la poussière d'or du crépuscule, des motifs à la Watteau peints par un
bysantin, toute une apothéose.
Mais une idée m'obsède, tandis que dans la grise clarté d'un
soir automnal s'éteignent les fauves éclairs jaillis de ces radieuses
toiles. L'idéalisation du passé me paraît cruelle. Les générations
endormies dans la Mort ont eu leurs misères/leurs rancœurs, je
pense qu'il est absurde de s'écrier avec Musset « qu'aux temps
jadis tout était heureux jusqu'aux douleurs humaines. » En vain
l'apostat s'attriste-t-il sur les vieillards immortels de l'antique

�- 7i

—

lonie, â ses oreilles résonnent les paroles de l'Hiérophante : « La
Helladi que tu aimes n'a jamais existé ».
Mais M. Valère Bernard brise ma rêverie, et mes yeux se
portent.sur des portraits appendus au mur. Profils d'espagnol ou
d'américain mitigés d'espagnol, comme on en croise maintes fois
sur la Cannebière.
Homme universel ne puis-je m'empêcher de m'êcrier. M.
Valère Bernard sourit. Il siérait dit-il, à mi voix, de se développer en profondeur. Toutefois il est beau de se dire sur le
tard de sa vie que l'on a fait vibrer toute son âme. Ici le maître
rejoint Néron. Il m'aide à comprendre cet inquiétant empereur.
Mais encore faut-il que tout en étant l'homme universel on ne
sombre pas dans la banalité. De méchantes œuvres d'art peuvent
avoir leur prix.
Une idée se lève devant moi. Labruyère me petsuade que
l'honnête homme de Pascal propre à tout en définitive n'est propre à rien. La spécialisation inintelligente, mène à l'erreur, j'en
conviens, mais en fait elle est une loi générale.
Et ceci est pour me plaire, car j'abhorre dissiper mon énergie,
j'aime le repliement, la frissonnante pudeur qu'effarouche les
vaines ostentations. Je goûte les peintres du passé et malgré ma
philosophie j'adore les peuples disparus. Volontiers j'implorerai
avec la Cassandre de Schiller la cécité, l'exquise cécité. Le sou
venir a plus de puissance sur moi que l'espoir.
Et sous des deux gris, en des pays étrangers désolants de
médiocrité, il m'est arrivé de pleurer plus amèrement que ne
pleura Xerxès aux rives d'Abydos.
J. PADOVANI.
PROUVERB1, BOUOI MOT, COUNSÈU E DICH
Vèuva que si marida,
Dèu perdre la lus e l'audida.
Fiha madura,
Lou pouorta à la centura.
En cuntant su lu det :
Aquéu a fa l'óu ;
Aquéu l'es anat cercar,
Aquéu l'a fa cuèire,
Aquéu l'a manjat,
E lou pichoun n'a ren tastat !

�— 73 —
LE

DÉSESPOIR

Oui, j'ai la mort dans l'âme ; oui, je monte au calvaire ;
Mon horizon, hier si beau, s'est obscurci ;
Je hais tous les devoirs et tout ce qu'on révère :
Mieux vaut mourir que vivre ainsi !
Puisque je n'y puis rien ; que la raison humaine
Ne gagne plus un cœur où mon cœur est entré,
Je veux briser mes jours comme on brise une chaîne
Et m'enfuir en désespéré.
Qu'est-ce donc que la mort ? C'est la paix éternelle,
C'est un beau drap de fleurs sur mon sein endormi,
C'est la nature calme, auguste et solennelle
Qui nous prête un repos ami.
O nature de Dieu contemple ma détresse !
Ecoute tout mon sang dans mon cœur s'épancher
Et, puisque je n'ai plus le lit de ma maîtresse,
C'est au tien que je veux coucher ;
C'est toi la grande mère et la nourrice immense !
L'homme au sort le plus âpre et l'homme au sort plus beau
Retrouvent dans ton sein leur part de ta clémence :
L'un l'amour, l'autre le tombeau
Tu sais, toi qui vois tout, ce qu'ici bas je souffre,
Que je n'ai point béni l'instant de mon réveil
Et que j'ai regardé, toujours, du fond du gouffre,
Les bords ou brillait le soleil ;
Que je n'ai bu jamais que dans la coupe amère,
Que le seuil du bonheur me fut toujours fermé,
Que j'ai perdu mes fils, que j'ai perdu ma mère
Et tous les cœurs qui m'ont aimé !
Maintenant je m'en vais, battant du front, comme ivre,
En proie à ce grand deuil qui me courbe en vainqueur,
Et je veux déchirer ma vie, avec le livre
Des chastes sanglots de mon cœur ;
Et toi, rayon divin, génie, ardent délire,
Flambeau qui n'iras plus briller sur son autel,
Eternise du moins ces larmes de ma lyre
Et que mon cri soit immortel !
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1912

QUATRE-TÈMS

Noumbre d'or...
13
Mars
Epato (Grégori)
Il
Jun
Cicle soulari
17 Setèmbre
Endicioun roum
10 Desembre
Letra doumenicala
G F
LI QUATRE

8,
7,
20,
20,

10
9
22
22

e
e
e
e

11
10
23
23

SESOUN

Lou printèms coumença lou 21 mars
L'estiéu
—
— 22 Jun
L'autoum
—
— 24 sept,
L'iver
—
— 22 dés.

à 6.55 m.
à 2.36 m.
à 5.18 m.
à 11.53 m.

dôu sera
dôu sera
dôu matin
dôu sera

FESTA MOUBILI

Septuagesima... 12 Fébrié
Cendre
21 Febrié
Pasca
7 Abrieu
Rougacioun 21, 22, 23, 24 Mai
Ascensioun
16 Mai

Pantecousta
Trinità
Festa de Diéu
1" Dimenegue de
Ie* Desémbre

26 Mai
11 Jun
15 Jun
l'Avènt

LU ESCLISS!

Souliu.

—

ij Abriéu. — Esclissi annulari e coumplet visible

à Paris, en America, en Europa et dintre lou N.-O. de l'Africa.
Coumençamen de l'esclissi à 10,01 dôu matin ; finisse à 1,08
dôu sera.
10 Otitoubre. — Esclissi coumplet invisible à Paris, visible
dintre l'America dôu Sud.
Luna. — 1" Abrièu. — Esclissi parciella visibla à Paris. Entrada de la luna dintre l'oumbra, 9.26 dôu sera; sourtida, 11.03
dôu sera.
26 Setèmbre. — Esclissi parciella, invisibla à Paris, visibla
dintre l'Océan Pacifique.

Jîla providence, %ue de la Préfecture /4, $run, Siàraire

�LU

VÉNT

Lu vènt que souflon à Niça, dintre lou cours de l'armada,
soun au nombre de 16. Vequi li siéu denouminacioun courènti,
pihadi, en general, dai loucalità dei quali parèisson vèni :
Sud
Miejon
Nord... Tramountana
S.-S.-O. Miejou Lebech
N.-O.-E. Grek Tramountana
S.-O
Lebech
N.-E... Grego
O.-S.-O Pounèut Lebech
E. N .E. Levant
Ouest. Pounènt
E.-N.-E. Levant
O.-N-O.V Pounènt Maistràu
E.-S.-E. Levant
N -O . Mastràu
S.-E.... Siroco, vènt marin
N..-N. OMaïstràu Tramount
S.-S.-E.. Miejou Siroc

6
15
25
14
31
24

VIGÍLIA — JEUNI
Abriè
(Pasca, 7 Abrièu).
Mai
(Ascensioun, 16 Mai).
Mai
(Pantecousta, 26 Mai).
Avoust
(Assoumpcioun, 15 Avoust).
Outoubre (Toui lu Sant, Ier Nouvembre).
Desembre (Calena, 25 Desembre).
L'AN NADA RELIGIOUSA

LI FESTA MOUBILI E LI FESTA FISSI
Janvt'è
jYlars
1 Circouncisioun.
1 e 2 Quatre Tèms.
6 Epifania (lu Rei).
3 Reminiscere.
13 Bateja de J.-C.
10
Oculi.
14 Sant Noum de Jesu.
17 Lœtare.
fébrié
24 Passioun.
2 Puriflcacioun.
29 Li 7 Doulou.
4 Setuagesima.
31 Lu Rampàu.
6 Festa de la Pr. de N. S.
11 Sexagesima.
Jîbriéu
13 Coum. de la Passioun.
5 Divendre Sant.
18 Quinquagesima.
7 Pasca.
21 Cendre.
14 Quasimodo.
25 Quadragesima.
28 Patrou. de San Joúsè.
28 Quatre-Tèms.

�Setembre
3 Inv. de la Santa Crous.
13, 14, 15, Rougacioun.
16 Ascensioun.
26 Pantecousta.
29-31 Quatre-Tèms.
1
2
6
9
21
24
29

Quatre-Tèms.
Trinità.
Festa de Diéu.
Festa dôu S. Sacramen.
Sacrat-Couor de'jesu.
Natività de S. jouan-Bat.
SS. Peire e Paul.

8 Natività de la Vierge.
14 Esaltacioun de la Crous.
15 N.-D. dei 7 Doulou.
15 San Noum de Maria.
18, 20, 21, Quatre-Tèms.
29 Dédie, de S. Miquèu.

Ôutoubre
6
13
20
27

Sant Rousari.
Maternità de la Sta Vierge.
Puretà de la Santa Vierge.
Patrounage de la S. Vierge.

J/ouvembre

Juliet
2 Visitacioun de la S. V.
7 Precious Sang.
16 N.-D. dôu Carme.

Jîvoust
6 Transfiguracioun.
15
18
25
25
29

Assoumpcioun.
S. Joachim.
S. Couor de la Vierge.
S. Louis.
Decolac. de S. Jouan-Bat.

1
2
3
21

Toui lu Sant.
Lu Mouort.
Santi Relíquia.
Present, de la Sta Vierge.

2&gt;esembre
1 Avent.
8 Imaculata Councepcioun.
18, 20, 21, Quatre-Tèms.
25 Calena.

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�LA

DÉCIMALISATION

DU

TEMPS ET DES

ANGLES

LA MONTRE DÉCIMALE
Par J. de REY-PAILHADE, président du Comité
pour la propagation des méthodes Décimales.
Le Club Nautique de Nice a offert plusieur fois en prix des
montres décimales aux régates'de 1909. Il était utile de décrire cet instrument, d'y joindre des tables pratiques et des
formules à l'usage des ingénieurs, des sportsmen, des médecins, etc. etc.
DÉCIMALISATION DES ANGLES •
Il est aujourd'hui démontré que la division décimale du
quart de cercle facilite tous les calculs.
Les nouvelles cartes géographiques sont graduées exclusivement dans ce système, devenu officiel en France et dans
d'autres pays. On possède toutes les tables pratiques nécessaires à son essai courant. Nous ne nous étendrons pas
davantage sur cette méthode aujourd'hui enseignée dans les
lycées et collèges.
Nous rappellerons seulement que M. l'amiral Germinet,
membre d'honneur du C. N. N., sous la direction duquel on
fit en 1899 et 1900 des essais de navigation avec un matériel
entièrement décimal, a émis un avis très favorable à la
réforme décimale.
DÉCIMALISATION DU TEMPS
La division décimale du jour décrétée le 4 frimaire an II
rendra aussi de grands services à la science et aux sports.
Principe. — On divise le jour entier en 100 parties égales
appelées cés ; le cé est subdivisé en décisés, ceniicès et millicés
Le cé vaut 14m 24s ou 1T4 d'heure environ ; le décicé est égal
lm 26s 4 ou lm Ij2 environ ; le millicé vaut 0S 864 ou 9T10 de
seconde environ.
Concordance des Temps. — On parvient assez vite à dire
instantanément l'heure à 1 ou 2 minutes près en regardant le
cadran d'une montre décimale. Il suffit d'apprendre par cœur
les concordances décimales de toutes les heures.
0,0
0
50,0

4,2
1
54,2

8,3
2
58,3

12,5
3
62,5

16,7
4
66,7

20,8
5
70,8

25,0
6
75,0

�25,0
6
75,0

29,2
7
79,2

33,3
8
83,3

37,5
9
87,5

41,7
10
91,7

45,8
11
95,8

50,0
12
100,0

Les heures sont au milieu, les concordances des heures
du matin en haut, celles du soir en bas. Ainsi 10 heures du
matin valent 41.7 cés (énoncer 41 cés 7 décicés) et 10 heures
du soir valent 91,7 cés.
Gomme 1 cé vaut presque lj4 d'heure et un décicé une mi •
nute 1]2 ; en partant des concordances du tableau, on dit
l'heure instantanément, ainsi 39,9 cés valent 9 h. 36 m. du
matin. Un ou deux jours suffisent pour atteindre ce résultat.

Description de la montre décimale ou cémètre. — Il y a 3
aiguilles centrales se mouvant sur un cercle divisé en 109
parties égales, numérotées de 0 à 9. Le 0 cé est en bas, c'est
l'origine des temps, car on suppose la Terre au centre du
Cadran.
L'aiguille dorée avec un soleil ne fait qu'un tour par jour ;
l'aiguille épaisse en acier bleu tourne 10 fois par jour, et la
trotteuse fine fait 1000 tours par jour.
L'aiguille-soleil montre la position de l'astre du jour par
rapport au méridien de Paris, qui va du centre au chiffre 5.

�10 —
Les quatre traits bleus indiquent les positions de cette aiguille
à minuit en bas sur 0 ; — à tì h. du matin au milieu entre 2
et 3 ; — à midi, en haut, sur le 5 ; — à 6 h. du soir, entre 7
et 8.
L'aiguille dorée du soleil indique le chiffre des dizaines
de cés, 2 sur le dessin ; l'aiguille épaisse donne d'abord le
chiffre des cés, 6 sur le dessin, et en comptant rapidement à
l'œil le rang de la division entre 6 et 7, on voit, que cette aiguille marque 3 décicés. Le temps du dessin est donc 26,3
cés correspondant à 6 h 20 m. du matin environ. L'aiguille
trotteuse donne les millicés 83. Le temps est donc 26,383
cés.
» Pour la vie courante, on n'a pas besoin d'aller au delà du
clécicé. On lit les milticés pour les applications scientifiques
et sportives.
Le temps en millicés lu sur le cêmèire facilite tous les calculs, car on n'a jamais de réductions à faire.
Examinons le problème des vitesses a l'heure : Les millicés multipliés par 0,00024 donne des heures et fraction décimale d'heure. Ainsi Ì2345 millicés valent 12,345 -f- 24 =
2 h. 9628.
Par conséquent si L est la longueur parcourue et M le
temps en millicés, la vitesse est

ou t

+ 4166,66...

Ces quelques exemples démontrent que la montre décimale simplifie tous les calculs sans exception.
Les rapports de MM. les délégués officiels aux essais de
la montre décimale faits à Nice, par le Club Nautique, le 26
février 1911, concluent unanimement à la supériorité de cet
instrument pour les usages scientifiques et sportifs.
M. Prim, astronome à l'Observatoire de Nice, représen
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Q,
L.
Q.
L.

lu 8, à 7
lu 14, à H
lu 22, à 7
lu 30, à 10

SOULÈU.

1
2
3
4
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6
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31

—

oura
oura
oura
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FE BRIE
20
26
21
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P. Q.
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SOULÈU,

1
2
3
4
5
Lu Rei
6
Dim. S. Lucien
7
dil. S. Apoulinari
8
dim. S. Pèire
9
dim. S. Guiermo
10
dij S. Teodose
11
div. S. Arcada
12
dis. Sta Verònica
13
Dim. S. Ilari
14
dil. S. Maurici
15
dim. S. Ounourat
16
dim. S. Antoni
17
dij. Sta Angela
18
div. S. Sulpici
19
dis. S. Bastian
20
Dim. Sta Agnesa
21
dil. S. Vincènt
22
dim. S. Raymound
23
dim. Sta Jacinta
24
dij. Conv. de S. Pàu
25
div. S. Poulicarpa
26
dis. Sta Devota
27
Dim. Sta Paula
28
dil. S. Francès S.
29
dim.
dim.
dij.
div
dis.

S.
Sta
S.
S.

TRIMESÏRÍ;

Macari
Genevieva
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Simeoun

dim. Sta Marfina
dim. S. Peire N.
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dij. S. Ignaci
div. La Candeliera
dis. S. Blasi
Dim. Setuagesima
dil. SS. Vinc.Oronte
dim Sta Agata
dim. Sta Dorotea
dij. S. Romuald
div. S. Jouan-Matha
dis. Sta Apoulounia
Dim. Sexagesima
dil. Sta Eulàlia
dim. S. Gregori
dim. Sta Eufrasia
dij. S. Onesime
div S. Dounat
dis. S. Simeoun
Dim. Quinquagesima
dil. S. Gabin
dim. Dimars-Gras
dim. Li Cendre
dij. S. Silvan
div. S. Maxime
dis. S. Pascase
Dim. Quadragesima
dil. S. Nestor
dim. S. Leandri
dim. Sta Nourina
dij. S. Nymphas

Plueia de febrié
A la terra vau fumiè.

ZDéSTU-S-bez

NICE

MARS
N. L.
P. Q.
P. L.
D. Q.
N. L.
SOULÈU

1
2
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il

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lu 1,
lu 8,
lu 15,
lu 23,
lu 30,
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Dim.

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1 dil.
2 dim.
3 dim.
4 dij.
5 div.
6 dis.
7 Dim.
8 dil.
9 dim.
10 dim.
11 dij.
12 div.
13 dis.
14 Dim.
15 dil
16 dim.
17 dim.
18 dij.
19 div.
20 dis.
21 Dim.
22 dil.
23 dim.
24 dim.
25 dij.
26 div.
27 dis.
28 Dim.
29 dil.
30 dim.

6 , à 6
13, à
3
21, à 7
28, à 11

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S. Anselme
S. Teodoro
S. Adalbert
S. Fidèle
s. Jorgi
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s. Clet
s. Antime
s. Aimé

s. Roubert
Sta Catarina d. S
SS. Philip. ,Jacq.

Pichouna plneia d'Abriéa
Bouona récolta pèr l'csliéu

Q.

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P. L.
D . Q.
N. L.
SOULÈU.

TRIMÍÎSTRÈ;

MAI

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lu 5,
2 oura
lu 13, a 7 oura
lu 21, à 10 oura
lu 28, à 7 oura
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5 14'

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14
10
23
24

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2 dij. S. Atanase
3 div. In.d.l. Sta Crous
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6 dil. S. Jouan D.
7&lt; dim. S. Peire
8 dim. s. Gregori N.
9 dij. s. Antounin
10 div. s. Isidoro
11 dis. s. Bounifaci
12 Dim. s. Jouan lou S.
13 dil. s. Pouon, m.
14 dim. s. Pacomo
15 dim. s. Sta Denisa
16 dij. Ascensioun
17 div. S. Pascaù
18 dis. S. Teodoto
19 Dim. s. Pèire C.
20 dil. s. Felis.
21 dim. s. Bernardini
22 dim. s. Julia
23 dij Rogaeioun
24 div. s. Vincen, d. L.
25 dis. S. Urbin
26 Dim. Pandecousta
27 dil. S. German
28 dim. S. Cirile
29 dim. Sta Petronïa
30 dij. S. Sylve
31 div. S. Justin
Au mes de mai
Longui semana

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P.
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lu 3,
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lu 26,

SOULÈU.

1
2
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5
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dis.
Dim.
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dim.
dim.
dij.
7 div.
8 dis.
9 Dim.
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11 dim.
12 dim.
13 dij.
14 div.
15 dis.
16 Dim.
17 dil.
18 dim.
19 dim.
20 dij.
21 div.
22 dis.
23 Dim.
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26 dim.
27 dij.
28 div.
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S. Antoui de P.
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S. Moudeste
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S. Louis de G.
S. Paulin
Sta Maria d'O.
S. Jouan-B.
S. Prousper
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dis.
Dim.
dil.
dim.
dim.
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Dim.
dil.
dim.
dim.

S. Thierry
Vierg.de li Gracia
S. Anatole
S. Pèire de L.
S. Sisoès
S. Elie
Sta Babeta
S. Efrein
Sta Felicita
S. Pio
S. Jouan G.
S. Gene
S. Jaque
Festa Naciounala
S. Enri
N.D.d.M. Carmel
Sta Marcelina
S. Frederic
S. Vincen de P.
Sta Margarida
S. Vi loiSta Maria-Mad.
S. Apoulinari
Sta Cristina
S. Jaque
Sta Anna
S. Pantaleoun
S. Samsoun
Sta Marta
Sta Giulieta
S. Gnaci de L.

Au mes de Juliet
Ni frema ni coulé.

TBIMËSTRÎ;

I1. Q. lu 2, a 0 oura 29 m.
P. L. lu 10, a 3 oura 58 m.
D. Q. l»i 17, a 1 oura 1.1 s.
N. L. lu 21, a 5 oura 14 m.
IV Q. lu 31, &amp; 5 oura 21 s.
souLÈu, —1.5 or -j&gt;. 8 or

dij.
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0 dis.
4 Dim.
5 dil.
6 dim.
7 dim
8' dij.
9 div.
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Dim.
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Djm.
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Dim.
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dim.
dim.
dij.
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S. Pèire-aï LS. Alfonso
Inv. de S. Estève
S. Domenica
N. D. dei Nèu
Trausf. de J. C.
S. Gaétan
Sta Batilda
S. Camila d. L.
S. Là u ren
S. Septima
Sta Clara
Sta Filoumèna
S. Ousèbi
Asoumpcionn
S. Roc
S. Mamès
Sta Elena
S. Ipoulita
S. Bernar
Sta Chantai
S. Pio V
S. Filipe B.
S. Bartoumiéu
s. Louis, r. F.
s. Seg'oundo
s. Cesari
s. Goustin
s. Mederic
Sta Rosa
S. Fiacre

F.n . ivoast
Figa e moust

wmmm mm

SBTÈMBRE
P. !.. lu 8, a' 4 oura 57
D. Q. lu 15, a 6 oura î&gt;l
N. L. Ju 22, a 3 oura 37
P. Q. lu 30. a 0 oura 08
SOULÈU. - - 1. 5 47V— c.

1
2
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S. Gili
S. Estève R.
Sta Eufemia
Sta Rosalia
S. Làuren J.
S. Pambon
S. Grat
Natiu, di' la V.
S. Oumer
S. Xicola
S. Félis
S. Veran
S. A nié
Es. (1. l.S. CtQUS
S. Nicomède
S. Conrneilla
S. Lanbert
S. Tournas V.
S. Janvié
S. Euslache
S. Matiéu
S. Maurici
Sta Tecla
S. Girar
S Firmen
S. Nil
S. iN'icandre
S. \\ inceslas
g. Miquèu
S. Jeromo

Lima setembrina
De mai clarina

MOT »

GRANDE MARQUE RECOMMANDÉE

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7'02'

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Qüa.TRIÍJMí)
OUTOUBRE
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lu 8,
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SOULÈU, — 1.

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6 06*

TRIMESTRE

NOUVÈMBRE
P. L. lu
6,
D. Q. lu 43,
N. !.. lu 20,
Q.
lu 29,

r.

SOULÈU. - -

1.

a
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4 oura 48
8 oura 20
9 oura 49
2 oura 42
14'

—

c.

5 03'

1 dim. Rosari
1 div. Tout lu Sant
2 dim. S. ■ Léger
2 dis. Eu Mouorl
3 dij. S. Rosari
S. Ubert
4 div. s. Francès d'A. 43 Dim.
dil. S. Carlo B.
5 dis. s. Placido
5 dim. Sta Bertila
6 Dim. s. Bruno
6 dim S. Leounar
7 dil. s. Serge
dij. S. Nestou
/
8 dim. Sta Reparada
8 div. Lu Quatre Incou.
9 dim. S. Denis
9 dis. S. Teodore
10 dij. s. Francès B. 10
Dim. S. Jacintou
11 div. s. Tarasco
11 dil. S. Martin
12 dis. s. Counrad
12 dim. S. René
13 Dim. s. Edouard
13 dim. s. Stanislas
14 dil. s. Calisio
14 dij. S. Pantena
15 dim. Sta Teresa
15 div. Sta Gertruda
16 dim. S. Ospici
16 dis. S. Edme
dij.
17
Sta Edvija
17 Dim. S. Gregori
18 div. S. Luc
18 dil. S. Alfè
19 dis. S. Pèi re
19 dim. Sta Babeta
20 Dim. S. Agrico)
20 dim. S. Edmon
21 dil. Sta Ursula
21 dij. Présent, de la V.
22 dim. S. Filip
22 div. Sta Cecilia
23 dim. S. Teodoret
23 dis. S. Clemen
24 dij. s. Mairloire
25 div. ss. Crespin-Cr. 24 Dim. Sta Flora
26 dis. s. Jouan de K. 25 dil Sta Catarina
26 dim. Sta Pel fina
27 Dim. s. Frumence
27 dim. S. Maxime
28 dil. s. Alfredo
28 dij. S. Sostène
29 dim. s. Narcisse
29 div. s. Saturnin
30 dim. s. Marcel
30 dis. s. Andrièu
31 dij. s. Siri
En ùuloubre
\loii ponorc goûta loti rùare

Tonssan ientra
St A n'driéu lou souorte

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DESÈMBRE

s.
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P. L .
D. Q.
N. L.
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lu 12,
lu 20,
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SOULÈU, -

1
2
3
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11 dim.
12 dij.
13 div.
14 dis.
15 Dim.
16 dil.
17 dim.
18 dim.
19 dij.
20 div.
21 dis.
22' Dim.
23 dil.
24 dim.
25 dim.
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28 dis.
29 Dim.
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1.

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3 oura
m.
6 oura 46 s.
4 our;i 40 s.
7 OUI;L 48 s.

7 54' — c.

A vent
Sta Bibiana
S. Francès X.
Sta Barba
S. Bassi
S. Nicola
S. Anbrosi
Imac. Conception
Sta Leoucadia
Sta Eulàlia
S. Damase
Sta Rosélina
Sta Lucia
S, Niçoise
S.
S.
Sta
S.
S.
S.
S.

Mesuiin
Adon
Olimpíada
Gatien
Ciprian
Filogone
Tournas

S. Onourat
Sta Vitòria
Cacha-fuec
Calèna
S. Estève
S. Jouan
SS. Inoucent
Sta Eleonora
S. Sabîn
S. Sàuvestre

Calena aufuec,
Pasca àu j'aèc.

sin -

GRANDE MARQUE RECOMMANDÉE

4 35

�- i6-

�- 17

-I

CROUNICA NIÇARDA
L'ABADÏA DE SAN POUON.— L'ABAT RANCE-BOURREY.
GLOFFREDO.

—

—

PÈIRE

A PREPAU DOU DIALETE NIÇART.

Ben qne pareissènt tardié, VArmanac Niçart s'empressa de
pourtà la siéu febla vous su tout cen que enteressa lou païs, sigue
au pounch de vista istoria loucala, pouesia, tradicioun, sigue
tamben su la taquinanta questioun dóu dialete niçart souvenri
fès pauvada e su la quala lu escritour mouderne soun luen d'estre
d'acordi.
Parlerai finda de M. l'Abat Rance-Bourrey, un beneditin qne
despi quauque an en ça mete à prouflt la siéu erudiciou n a nen
revelà de fach d'istoria inedieh. Se quauqu'un mérita d'estre
laudat es ben éu ; es en éu que VArmanac Niçart tressa la
pamoula de sapiença. En esprimant la nouostra recounouissença,
à l'Abat Rance-Bourrey, fen cen que touplen an denembrat,
vouoli dire de courounà lu siéu travail, frucha de ben de recerca,
dai quali obra sian fier d'avé prestat la prima ajuda. Pouden cità :
lou Discours sur le Monastère de Sainte-Claire de Nice, par Honoré
Pastorelli, publié d'après l'édition originale de Turin 1608, avec
une introduction et des notes ; — "Le Général J.-B.-M. D'Anselme" (Notices biographiques (1740-1792). E aquest'an
l'istorien nen douna — toujou de prima man — YExpulsion de
Mgr Valperga, evesque de Niça, au tèms de la Revoulucioun,
travail anoutat de peça curiouvi que sian urous de pouder metre
souta lu uès dei nouostre letour.
*
* *
Lou fach de l'annada, lou mai marcant, es estat aquéu de
l'Abadïa de San Pouon. Parlon de tout destruge pèr li basti an
siéu luec un espitau Pasteur... UArmanac Niçart es pas Penemic
dóu prougrès, ni men encara dei Bei-Art, ma si fa lou pious dever
de jougne lu siéu esfouors en aquelu dei siéu councitadin quo
l'istoria dóu passat passiouna, pèr que l'Abadïa de San Pouon
sigue counservada e classada couma mounumen istorique. En la
circonstança feliciti M. l'Abat Rance-Bourrey que mé rasoun s'e.s
demoustrat l'ardènt defensour autourisat que counouissen. La
siéu paràula es estada escoutada e lou Préfet de li Alpa-Maritima,
8

'

�— i8 M. de Joly — respetuous dei nouostri tradicioun — en ortie
avertit a proumès que l'Abadïa de San Pouon seria respetada e de
lèu si crusià pèr lou siéu classamen tra lu mounumen istorique.
Dóu resta vequi ce que l'Abat Rance Bourrey nen di su San
JPouon. Counsignen religiousamen li siéu paràula :
« L'Abbaye de Saint-Pons est le plus ancien monument relitgieux existant dans le Comté de Nice. Il y a dou^e cents ans que
sSiagrius y fonda un monastère. L'histoire de ce monastère est
jintimement liée à l'histoire religieuse, civile et économique de la
iville de Nice.
;
« Ce fut à Saint-Pons qu'en 1388 fut'signé l'acte réunissant
le Comté de Nice au Comté de Savoie. Les abbés de Saint Pons
ifurent pris dans les principales familles du Comté : les Badat, les
tLaugery, les Provana, les Lascaris, les Grimaldi, les Martelli, les
;Tournefort, etc. Plusieurs évêques de Nice furent abbés de Saint[Pons, en particulier Barthélémy Chuet (fin du xve siècle) et Jean
, Uriole, son successeur. Un autre abbé, Claude de Seyselle, fut
,évêque de Marseille, puis archevêque de Turin ; d'autres furent
cardinaux, tels Innocent Cibo, neveu d'Innocent VIII et de
f
;Léon X, et Paul Medeci de Cesis dont on voit encore l'inscription
(funéraire à Sainte-Marie-Majeure, à Rome.
:
« A la fin du xvir siècle, l'abbé de Saint-Pons était Pierre
•Gioffredo, le savant historien niçois. Enfin, un abbé de SaintiPons dont les Niçois n'ont pas encore perdu le souvenir, était
(l'abbé Spitalieri de Cessole qui a doté sa ville natale d'un établissement de bienfaisance si justement apprécié. La plupart des
pbbès de Saint-Pons et plusieurs évêques de Nice ont été enterrés
dans l'église ou sous le cloître et dorment aujourd'hui confondus
avec les moines leurs frères qui depuis dix siècles y sont enterrés.
« Les monuments funéraires ont disparu. Le temps a tout
(nivelé à Saint-Pons, singulièrement aidé cependant par la main
ides hommes. On connaît les dévastations commises par
Iroupes de François Ier et de Barberousse, plus tard par celles d
Catinat et par d'autres encore. Après chaque désastre, SaintPons a retrouvé une nouvelle vitalité et il y a à peine trois quarts
de siècle que Mgr Galvano y a fait d'importantes réparations.
;
« Saint-Pons n'est pas seulement une page de l'histoire de
notre pays, c'est un gros volume de cette histoire ; les Niçois
laisseront-ils dire qu'ils sont restés indifférents devant le danger
qui menace Saint-Pons ? Non, ils feront tous leurs efforts pour

�— 19 -

sauver de la destruction un monument qui doit leur être cher...
Je demande d'urgence le classement de l'Abbaye de Saint-Pons,
c'est-à-dire de l'Eglise et des bâtiments claustraux, comme monument historique. »
Lou councours de YArmanac Niçart es aquist. Emé fiertà e
au près de touplen de sacrifici faren respetà l'istoria dóu passat,
la lenga e lu escrich dei orne qu'an ilustrat lou nouostre bèu
pais.
*
* *
Despi quauque tèms, — maladia que reven per intermitença,
— la gran questioun de la grafia niçarda, de l'ourtougrafa, es
messa su lou tapis. De letra soun estadi publicadi, d'autri lou seran, e cresi qu'après ben de charra pèr dire pas gran cauva de
nóu, quasi dirii pèr predicà dintre lou Desert, noun restera
d'aquela discussioun, — Favén déjà coustatat, — pas gran cauva,
ren!... Cadun escrèu à la siéu moda seloun l'esprit dóu moumen,
e serii ben curious de counouisse aquéu que vendria nen dità
une metoda en nen dïen : « la mièu maniera d'escrièure lou
Niçart es la bouona». Discussioun scientifica que pòu passiounà
quauque lenguista, pas mai ; lou mihou es d'escrèure seloun li
letra ditadi pèr la prounouncia. Lou talènt pèr aquéu qu'escrèu
es de si laissà liège, de si faire acapi. Es qu'en en un entan que
frecuenta l'escola primària poudès li demandà autra cauva ?...
Perta de tèms que tout acò, vourria mai s'engenià à recercà lu
viei mot, espressioun, loucucioun courenti que la pous dóu tèms
a rabaïat, dounà au nouostre bèu dialete la coulou que dèu avè,
en respetant lu emprunt que pouden avè fach sigue à l'Italian, à
l'Espagnòu o à tout autre...
Un dialète noun dèu pas estre une lenga scientifica, encara
m en noun còu avè la pretencioun que sigue ouficiela, seria temerari ; lou dialete d'un païs dèu refletà lou caratere d'un'epoca que
lou tèms dèu respetà, enfin escrèure gramaticalamen, un noun
empedisse l'autre, e laissà à l'esprit, au goust lou coumplemen
d'un stile ouriginal, en de frasa councisi que flaton i'auriha.
Aquí fermi la discussioun, risqui de perdre la civada... l'an
que ven, se Diéu mi presta vida, v'en dirai d'autri e couma
d'usança que mi sigue permès de la vous souvetà : Bouona e
uroûva !
L'ARMANAC

NIÇART.

�20 —

LA CIGALA DOU BOUON DIEU
Una cigala dóu Bouon Dieu
Tout l'estiéu
E l'iver en la chambreta, —
L'aiguesias vista la lebreta ! —
Noun vivïa que d'amour
S'assetava su l'ounour;
La cigala cantarela,
Vau chanja de clientela,
Noun es courta d'amatour,
Que li viron tout au tour !
Ma l'ancien de la cigala,
De gros mot ven que s'embala ;
En l'auriha de la maire
Li ven tout aquéu bousin,
Que deja toui lu vesin
Sabon lou long de l'afaire
— Cenqu'as fach m'au tiéu tip ?
Di la maire enrabiada...
Bella Vierge encourounada !
Sera au mancou m'un bouon rie!!...
CH. CIAUDO

PROUVERBI, BOUOI MOT, COUNSÉU E DICH
Tèms d'iver noun ti fidar.
Lu màu dei enfan si garisson soulet.
Cau naisse pèr estre bèu, si maridar pèr estre rie, e mouri
pèr estre brave.
Per aver de raïn, eau caressar la souca.
Agnèu naissut
Vau un escut.
Dansa mihou ventre plen que rauba nova.
L'oumbra dou mèstre engraissa lou cavau.

�LOU MAGOT DE BERTOUMIÉU ISSUGA
O BEN

UNA RAISSADA DE MACAROUN
Conte menloanasqae trouvât dintre d'un armori
de ma nana e que /'Armanac Niçart es tirons de
transcrièure en niçart à Ventencioun dei sièu
fidèle lotour et lelrissa.

Bertoumiéu Issuga, mentounasque de viéia roca, abitava en
coumpagnia de sa mouhié, en carriera dóu Paumoulié. La siéu
frema, malurousamen, era sirnplaria e faia lou siéu desespoir.
Cada matin Bertoumiéu, avant de s'en anà au travail, li recoumandava de noun faire de bestialità. Cou vous dire que toui lu
dissata lou nouostre ome metia en un'armari pertuat dintre la
muraia lou gagne de la semana.
— Bertoumiéu ! pèr qu seria tout aquel argen, demandava
Marioun au siéu marit.
— Es pèr Madjou-long, castagnassa !
*
* *
Un jou Bertoumiéu partet pèr anar à la siéu campagna ;
devia même li restar doui ó très jou pèr souïnar e arousar lu
citrouniè. Marioun souleta matin e sera, s'assetava su lou banquet de la pouorta e faïa de bas... Un predinà veguet un ome
de statura mai que mejana, couma si di, un gran carcan. La
frema de Bertoumiéu lou fissa sensa parpelear, pi pihada d'un'
idea, li diguet :
— Moun bèu Moussu, sias bessai vous Madjou-long ?
Lou merlo pita e noun s'en laissa dire autre, léu li
respouonde :
— Noun vous troumpas pas, bella bruneta, sièu ièu Madjoulong !... Ma perqué mi faire tala demanda ?
Perqué ?... dou moumen que sias Madjou-long, intras su lou
cóu. Li a ja pas mau de tèms que moun marit a mes d'argen
amagat pèr vous...
E sensa mai de ceremounia li remeté lou mandiou dintre lou
quai lu sóu eron groupât. L'ome remercia e la s'esbigna lèu.
♦

* *

�Lou sera, Bertoumiéu arriva, la sièu mouhié li di.
— Sabes, ai vist ancuei Madjou-long !
E l'ome de cridar :
— Malurousa ! — m'en a fach encara una 1
Courre à l'armari, lou mandiou e Pargen, mouis !... Issuga
blastema pica dai pen, es décidât de si desiaire de la siéu frema
Lendeman, dóu téms qu'aissesta durmïa, li cuerbe lu uès emé de
pega de sabatié, pi la pihant pèr la man, la mena dapé dóu CapMartin. Arrivât aqui, Bertoumiéu fa mountar Marioun su d'un
nouguié el'abandouna. La paura, bòrnia, noun sabia doun si
trouvava, ni men encara ce que poudia faire.
En aquéu fra-tèms doui voulur venon s'assetar souta
l'aubre ; après aver abrat quauqui branca sequi pèr s'escaufar, pi
si meton à cuentar lou siéu argen.
La calou faguet delegar la pega que curbia Puès destre de
Marioun e aissesta de cridar :
— E d'un !
Lu voulur, d'estuc, s'isson d'emblée.
— Qu'es acó, diguet l'un.
— Un matagan, faguet l'autre.
La calou seguia á faire lou siéu efet pau à pau durbia Puei
senec.
— E de douî, diguet Marioun.
Dóu cou lu voulur escapon, laissant Pargen espantegat soubre
Perba.
Marioun coumença à li veire clar, cala da l'aubre e ramassa
Pargen, pi lèu s'en camina vers maïoun...
Lou sièu marit, pensierons, era assetat dapè dóu fuec, s'escaufant, fumant la sièu pipeta emé beatituda...
— Bertoumiéu !... o Bertoumiéu !... duerbe-mi, siéu iéu,
Marioun...
— Vai au diàu que ti pihe... ièu que cresii de m'en estre
despegouït...
Ma Marioun, toujou picava, un cóu noun asperava l'autre...
L'ome fenisse per li durbi...
— Ten ! regarda cen que ti pouorti.. . e Marioun pauva lou
sac su lou toulié. ..
Bertoumiéu, entartugat, cuenta Pargen e réfléchisse ; — Marioun es simplaria e deman la vila saupra Pistoria de la fouré . ..
Cóu que Bertoumiéu si dispegouïsse pèr empedi li marridi lenga
de bavar...

�— 23 —
Si mete la vesta, lou capèu e souorte fermant la pouorta i..
Faïa nuech dintre la carriera, ma sensa pena s'encamina
vers una boutiga e croumpa pèr mai de dès kilo de macaroun...
Ientra au sièu e di à la sièu mouhié de si metre au liech.
En tant que Marioun durmïa, Bertoumiéu fa bui lu macaroun, pi lu espantega su lu aubre dóu jardin... Lendeman de
matin la siéu frema, desveiada, si mete à la fenestra...
— O ! Bertoumiéu ! Bertoumiéu ! Vene un póu veire!... O
trest ! vè, a plougut de macaroun !...
— O vai fantauma !... n'as toujou una. .. Ten ! ten !... ma
es ver !...
*
* *

A quauque tèms en ça, Bertoumiéu l'avia previst, Marioun
countet à toui que lou siéu ome noun li picava plus, despi lou
jou qu'ela li avia pourtat de sac plen d'escut...
Lou juge aiguent audit parlar de l'afaire, mandet sounar
Bertoumiéu devant lou tribunal ; la siéu mouhié era estada
citada couma testemoni.
Lou juge. — Bertoumiéu, sias acusat d'aver gardât d'argen
que noun era vouostre.
— Iéu !... Ma moussu lou juge, lou negui ; sièu couma
sabès un travaiadou.. .
E Marioun de dire.
— Noun negar, Bertoumiéu, sabés ben qu'es ver ; es iéu en
persouna que t'ai pourtat la mouneda, qu'avii trouvât en la
fouré.. .
Lou juge. — Anas brave ome, noun negués.. .
— E quoura lou m'as pourtat ?... — Vous juri, Moussu lou
juge, que la miéu frema es fouola !...
— E lou sabes ben, Bertoumiéu, es lou jou que plouguet tant
de macaroun !
— Moussu lou juge aves jamai vist ploure de macaroun ?...
— Jamai ! moun beL amic respoundet lou juge que si tenia
lou ventre dóu rire — Amie, vèu que la vouostra frema es
fouola. .. sias aquitat !...
Bertoumiéu si retira emé Marioun... Noun aigueron plus
de disputa e vieugueron, pareisse urous e pèr longtèms !...
J. E.

�CANSOUN ANCIENNA

PÈR LOU

N'aurias pas vist la miêu fiha
Trin-trin
Lou galerin
A'aurias pas vist la miêu Jiha
Trois-wtrois
Le fils du roi
L'ai vista e l'ai baïada
Trin-trin
Lou Galerin
L'ai vista e l'ai baïda
Trois-trois
Le fils du roi.
Douna-mi la miêu fiha
Trin-trin
Lou galerin
Douna-mi la miêu fiha
Trois-trois
Le fils du roi.
Es aqnela la vouostra fiha
Trin-trin
Lou galerin
Es aqaela la vouostra fiha
Trois-trois
Le fils du roi.
La miêu fiha era pas lernia
Trin-trin
Lou galerin
La miêu fiha era pas lernia
Trois-trois
Le fils du roi
La miêu fiha era pas lua
Trin-trin
Lou galerin
La miêu fiha era pas lua
Trois trois
Le fils du roi.
N'es ni guercia ni poutinouva
Trin-trin
Lou galerin
N es ni guercia ni poutinouva
Trois-trois
Le fils du rois.

MAI

�La miéu fiha n'es pas borni a
Trin-trin
Lou galerin
La miêu fiha n'es pas bornia
Trois-trois
Le fils du roi.
Noun faïa pas belugueta
Trin-trin
Lou galerin;
Nonn faïa pas belugueta
Trois-trois
Le fils du roi.
La miêu fiha n'es pas emberrida
Trin-trin
Lou galerin
La miêu fiha n'es pas emberrida
Trois-trois
Le fils du roi.
La m iéu fiha n'es pas pigada
Trin-trin
Lou galerin
La miêu fiha n'es pas pigada
Trois- trois
Le fils du roi.
La miéu fiha noun es pas ranga
Trin-trin
Lou galerin
La miéu fiha noun es pas ranga
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha noun es pas louorla
Trin-trin
Lou galerin
La miéu fiha noun es pas touorta
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha n'es pas crouoada
Trin-trin
Lou galerin
La miéu fiha n'es pas croavada
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha n'es pas gibouva
Trin-trin
Lou galerin
La miéu fia n'es pas gibouva

�— 26 —
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha noun es foularana
Trin-trin
Lou galerin
La miéu fiha noun es foularana
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha n'es pas ingourda
Trin-trin
Lou galerin
La miéu fiha n'es pas ingourda
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha a pas lou peu de pi g nu
Trin trin
Lou galerin
La miéu fiha a pas lou peu de pig nu
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha noun es narvelouua
Trin- trin
Lou qalerin
La miéu ûha noun es narveloiwa
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha noun a la rougna
Trin-trin
Lou galerin
La miéu fiha noun a la rougna
Trois trois
Le fils du roi.
XXX.

PROUVERB1, BOUOI MOT, COUNSÈU E DICH
Qu duerme ben noun cregne li niera.
Qu vè pissar e noun pissa, crêpa de malícia.-'
Qu douna soun ben avan de mouri
Mérita de pati.
L'amour es lou paradis dei fouol.
L'amour es .la flou de la jouinessa.

�LA MOUORT DAU PAURE TOUNIN

Lou paure Tounin, malàut a setant'an, si presenta à l'espitàu
ma li respouondon que li a plus de plaça.
— Coumplet ! ! !
Quauqu'un li fa capi qu'em'un pau de proutecioun li pourria
intrar. Countrariat dei pas que cóu faire, Tounin vira lu taloun e
s'encamina vers la plaça Massena, piha lou tram, si rende da
Graugnard, à l'espitàu dei can, e li di :
— Moussu lou Veterinari, cresi d'estre un pau mai qu'un
can ?... En aquéu cas souîna-mi...
— Vous souînar aici, ma brav'ome perdés la testa. — Basta,
li di que n'a pas de liech pèrcourcar un crestian, que noun douna
de souin qu'ai bestia !...
Tounin, couma pensas, s'en souorte m'au couor gros e noun
sau plus à que sant si recoumandar. Era aqui au mitan dóu
camin, quoura en aquéu moumen arriba un landau, doun cala
una grossa dama, encapelada, aurias dich un ver foungi, segada
d'un varlet que pourtava religiousamen un can enfeloupat emé de
favour rosa au couol, tapat d'un tapis em'ai iniciala. En veèn
aquéu tablèu lou paure Tounin si lamenta, sangluta fouort.
— Qu'avès lou miéu brav'ome, li di la dama.
— Cen qu'ai Madama ?... trovi que lou vouostre can a mai
de chança que iéu. Li a cinquant-cinq an que travaii, pèr la premiera fès que siéu malàut, noun soulamen mi refuson à l'espitàu
dei estre uman, ma encara mi vèu picar la pouorta au nas èn
aquéu dai can.
— Quevoulès, lou miéu paur'ome, ai fach un vout de mimetre
à la Soucietà Proutetriça dei Animau, de pourtar touti li miéu
ecounoumia à la Caissa de secours pèr soulajar lou sort dei bestia.
Lou fau talamen ben, que vouguessi ben vous dounar un sóu
que pourii pas.
La dama li vira l'esquina e ientra couma un coupa-cisèu da
Graugnard. Tounin roumougna :
— Se ti veguessi en un cantoun ti dounerii mancou un gotou
d'aïga !... vièia sansuga !...
Tounin estrassinat, deble s'alonga un pau plus en là, su d'un
mouloun de peira. Quauqui oura après, couma soufrisia, n'ai-

�guènt ren en l'estomegue depi l'auba, coumençava d'aver lou
rangouioun, quoura passet un canipiè que li diguet :
— Que fès aquí, brav'ome ?
— Couma veès siéu aqui pèr tirar lu patoun. M'an refusat â
l'espitàu, même en aquéu dai can, noun mi resta que de mouri
su d'un mouioun de peira. — Avès un carnet su lou quai enregistras lu fach dóu jou, farias ben de li aloungar lou miéu testamen que poudès mentuar couma acô :
— « Bouon Diéu, se mi fes passar encara une fes sur la terra,
fe-mi naisse can au mancou, li aura une Soucietà Proutetriça dei
Animau que si crusira de iéu e pourrai estre amès en un espitau,
estre souïnat, faire bouona vida, menar une vida de can... »
ANT. ROLAND.

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VIGNE
A M. VALÉRE BERNARD.

Dans le ciel doux la Vigne ètreint les pals de buis.
Sous le pampre le merle alourdi des falernes
Tourne son col gris vair et ses paupières lemes
Qu'argenté la blancheur des immuables nuits.
O / fraîcheur, 6 beauté des Igs et des iris,
Que la Vierge éblouie avec les marjolaines
Cueille le soir venu aux vasques des fontaines
Pour colorer en fête, au crépuscule, l'Euis.
Narcisses, ébeniers, œillet et sensitive
Ah ! Versez en mon âme attiédie et pensive
L'orgueil qui souleva les clairs olympiens.
L'amour qui rafraîchit les Madones pieuses
Et qui vêt de clarté les snls athéniens
Et les ravissements des époques heureuses.
JEAN

PADOVANI.

Quauque souvèt :
Vous souveti la bouona annada.
Que siegue mihau que la passada.
Vous souveti la bouona annada acoumpagnada de touplcn
d'autri.

�Eglises et Chapelles de Nice
La vieille ville de Nice se trouvant sur la rive gauche du
Paillon, pour parler de ses églises, nous commencerons par son
église cathédrale, Sainte-Réparate, vierge et martyre, de celles du
canton Est, et en traversant la rive droite nous nous occuperons des paroisses du canton Ouest.
I. — L'Eglise Cathédrale du Diocèse de Nice est la paroisse
de Sainte Réparate, vierge et martyre, sous l'empereur Decius en
253. Sa fête est le 8 octobre. Cette église est au centre de la vieille
ville (8.500 âmes), Avant 1531 la Cathédrale était près du Donjon, plateau de Nice, et dénommée : Sancta Maria in platea,
dédiée à N. D. de l'Assomption. L'édifice actuel, dans son genre,
ressemble beaucoup à Saint Pierre de Rome, au Vatican. C'était
auparavant une simple église paroissiale
desservie par
les Bénédictins du Monastère de Saint-Pons, près Nice.
Dans son ressort se trouvent l'ancienne église de Saint
Jaume (Saint Jacques apôtre), jadis des P.P. Carmes, fermée
depuis 1903. Après le transfert du titre de paroisse à l'église de
Saint Juste, évèquc, au Gesu, elle fut placée sous la vocable de l'Annonciation de la Sainte Vierge, ainsi que la belle Eglise de la
Miséricorde, sur le Cours Saleya, jadis de Saint Gaétan, fondée
e
par les P.P. Theatins au XVIII siècle et cédée à la noble
confrérie des Pénitents Noirs.
La Cathédrale de Nice, paroisse Sainte-Réparate de nos jours,
fut comme l'ancienne au Donjon du Château {Sancta Maria in
platea), le théâtre de plusieurs f lits historiques mémorables dans
les annales de l'histoire de Nice.
II. — L'Eglise de Saint Jacques, an Gesû, dès son érection
en 1612, dédiée à Saint Juste, évêque. Sa fête est le 2 septembre.
En 1665 fut érigée en paroisse sous le titre de Saint Jacques le
Majeur, remplaçant la paroisse de Saint Jaume. On l'appelle
vulgairement le Gesù à cause qu'elle a été fondée et administrée
par les P.P. de la Compagnie de Jésus.
Appartiennent à cette paroisse les deux chapelles des confréries des Pénitents Blancs, la Sainte Croix, — confrérie la

�óo —
plus ancienne de Nice, — et des Pénitents Rouges, Saint Suaire
et de la Sainte Trinité ; l'Eglise du Couvent de là Visitation,
la chapelle de l'ancien séminaire, à la montée du Château, et
jadis l'Hospice franciscain avec chapelle de Saint Joseph des
P.P. Recollets de Cimiez, convertie en maison particulière.
L'Eglise du Gesù est d'ordre corinthien composite, cons truite sur le modèle de l'Eglise des Jésuites de Turin, dite
vulgairement les Saints Martyrs. ( 10.000 âmes).
A l'extrémité de la rue du Malonat, aux racines de l'ancien
château, on voit un oratoire à la Sainte Vierge Marie, sous le
titre de N. D. du Bon Secours. Les habitants de ce quartier érigèrent cet oratoire en l'honneur de la sainte Vierge, en reconnaissance du choléra en 1854.
III. — L'Eglise paroissiale de Saint Martin Evéque dite de
Saint-Augustin est la plus ancienne, elle fut bâtie sur l'emplacement de l'ancienne chapelle de Saint Martin (1205) et appelée
Saint-Augustin parce qu'elle était desservie par les Augustiniens
dont le couvent a été transformé en caserne. (Caserne Filley, près
l'ancienne chapelle Sincaire).
IV. — L'Eglise de Saint-Francois-de-Paule a été édifiée en
1736 d'après le plan de l'architecte
Guarini. En 1838
elle fut érigée en paroisse par décret de Mgr Galvano et appelée
aussi Saint-Dominique en souvenir de l'ancienne église paroissiale
de ce nom qui s'élevait sur la place Saint-Dominique aux lieux et
place de l'actuel Palais de Justice.
V*— L'Eglise du Port ou de l'Immaculée Conception. D'humble
origine. D'abord ce fut une fort modeste chapelle (1835), transformée agrandie par Mgr Galvano, et l'avocat théologue L. Mari
fut son premier curé..
VI. — L'Eglise Saint-Joseph nouvelle paroisse depuis 1911 la
première pierre fut posée le 19 mars 1911, bénie le 29 octobre et
ouverte au public le Ier novembre 1911 sous le patronage de Mgr
Chapon et dirigée par les soins de M. l'abbé Gabrielli.
A cette paroisse appartiennent la chapelle succursale de Saint
Joseph contigüe à l'Evêché, et la chapelle de Notre-Dame des
Anges sur l'ancienne route de Villefranche.
VIL — Saint-Roch. Cette église paroissiale dans la banlieue
de Nice fut érigée après la peste de r68r. Nice fut délivrée de ce
fléau par l'intercession de saint Roch, confesseur, né et mort à

�- Si Montpellier. La paroisse est divisée en deux quartiers, Roquebillière
inférieure et Roquebillière supérieure, jusqu'à la chapelle de NotreDame de Bon Voyage.
VIII. — Rive droite du Paillon, intra muros, se dresse Notre Dame du Vau, paroisse Saint-Jean-Baptiste, qui remplace l'an
cienne église du même nom devenue chapelle inférieure du Lycée.
Cette belle église, vœu delà ville de Nice en 1835, mt érigée en
1842 et terminée en 1852 par Mgr Galvano, évêque de Nice.
La façade ressemble à celle élevée à Turin en l'honneur du retour
du roi dans les états Sardes en 1814.
IX. — Saiiit-Pierre-d' Aréna remplace une chapelle située à la
Croix de Marbre. Elle fut érigée en paroisse en 1803 par Mgr
Colonna d'Istria. Elle doit son nom à ce fait, c'est que lors de sa
fondation elle se trouvait sur le rivage de la mer séparée par une
bordure de sable fin.
X. — Une ancienne chapelle de Sainte-Hélêne-l'Inspiratrice
existait dans ces parages. Elle fut remplacée en face la mer par
une église sous l'épiscopat de Mgr Recrosio (1727).
Six paroisses « extra muros » dépendent de la commune de
Nice.
Sainte-Marie Magdeleine, sise dans le vallon de Magnan, édifiée sur l'emplacement d'une chapelle de même nom, érigée en
1626 et dite vulgairement chapelle « dei cassaire » à cause du
grand nombre de chasseurs. Après le concordat de 1803 sous
l'épiscopat de Mgr Colonna d'Istria, ce quartier qui depuis 1771
dépendait pour le spirituel de la cathédrale fut érigé en paroisse.
Il existe encore aujourd'hui une chapelle de Notre-Dame du Bon
Conseil changée en demeure particulière . Bientôt le besoin de
la population augmentant, une église sera bâtie à la cité Robiony
par les soins du curé actuel de la Madeleine.
Plus à l'est de la ville, toujours dans le canton ouest ce
l'Arquet, se dresse la paroisse de l'Ariane dédiée primitivement à
saint Arnoux, évêque et à saint Pierre, apôtre. Elle fut érigée en
paroisse en 1809 sous l'épiscopat de Mgr Colonna d Istria. Dans
son ressort se trouve l'ancienne chapelle nécropole de l'Abbadie
fondée en 1635 en l'honneur de sainte Claire pour le besoin spirituel de 450 à 500 habitants qui appartiennent aux communes
de Nice, Cantaron Saint-André. Localité d'avenii et à laquelle
le chemin de fer Nice-Coni donnera une valeur stratégique.

�— 32 —
Gairaut avait au moyen-âge une chapelle de secours desservie
par les religieux chevaliers de l'ordre du temple au début, et par
la suite de Rhodes et de Malte. Sous l'épiscopat de Mgr François
Rosini de Martinengo la chapelle fut érigée en église paroissiale
sous le vocable de saint Sauveur o*u de la transfiguration du
Rédempteur.
Dès 1730 les P. Dominicains de Nice fondent à Saint Pancrace un sanatorium pour religieux martyrs avec chapelle en
l'honneur de Saint Pancrace martyr. Cette chapelle est érigée en
paroisse en 1848 par Mgr Galvano.
Sur le couchant de Saint-Pancrace on trouve la paroisse de
saint Roman . martyr ; l'ancienne chapelle fut érigée en paroisse
ainsi que celle de saint-Antoine de Ginestière en 1803 sous Mgr
Colonna d'Istria.
VALENT IN.

NOU VÉ
Tu Çatarina fai lou pan.
Mdumen de jota, d'alegressa,
Fes audi da toui lu couor :
Lu ange canton l'alegressa,
Fuges l'infer, Juges la mouorl.
Chntou !
L'aarika sabla, li a quaucaren aici vesin,
Sembla que senti li joia d'un festin ;
Audi lu tambourin de laen,
Lu Jlajoulet e li musela,
Lu pastre van à Bethelen
Laisson la cabana soaleta ;
Santo nuech, venes aléa nen ralegrà,
Pourtas à toui la pax et la tranquilità !
Tu Catarina fai lou pan,
Manda Lucrecia au safran,
Despende aléa lou lauvaniè,
Chapla la blea su lou taatié ;
Crala de froumai e roumpe d'iiu
E fai la iourta couma fou,
Ché n'aiguen toui en aboundança (bis)
Santa nuech, venes alèu nen ralegrà,
Pourtas à toui la pa.x e la tranquilità .'
En tant faguen etnb'au vesin
t ua santépér lou Bambin,
Toucan lou gotou de bouon vin,
Ernb'aa vesin pér lou Bambin
Ti-ri-tin-tin ! -tinTi-ri tin !

�— 3Î —

L'Expulsion de Mgr Valperga
fEN SEPTEMBRE

1792)

Le 12 octobre 1780 h population de Nice se pressait aux
abords de la porte Pairoliëre pour y recevoir en grandes pompes
le nouvel évêque Charles-Eugène Valperga di Maglione. Ce
prélat avait couché la veille selon l'usage antique à l'abbaye de
Saint-Pons et devait faire ce jour là son entrée solennelle dans
sa ville épiscopale.
Le cérémonial imposant avec lequel on avait reçu jusqu'alors
les évêques fut encore cette fois observé. L'accueil de la population entière fut des plus chaleureux au rapport de Pierre Scaliero
qui en fut témoin (1). Le nouvel évêque, qui remplaçait Monseigneur Astésan nommé archevêque d'Oristano en Sardaigne,
appartenait à une famille de vieille noblesse dont plusieurs membres avaient exercé, à Nice, des fonctions importantes (2). Il
(1) Voir aux Archives municipales le récit détaillé que ce chroniqueur en a laissé dans ses Mémoires. Pierre Scaliero mourut en 1805.
(2) Jacques Valperga, conseiller ducal, fut lieutenant du gouverneur de Nice en 1454 ; Thoma5 Valperga fut gouverneur du château de Nice en 1565 ; Jean Valperga fut également gouverneur de
Nice en 1596 ; Jérôme Valperga fut commandeur du château de
Nice en 1600 ; Pierre Valperga, frère de Jacques Valperga, était
chevalier de Malte (Arch. municipales, registre des gouverneurs,
commandants et chevaliers de Malte) ; Anne Valperga, fille dAmédée
Valperga, épousa, le commandeur de Malte Jean-Paul Lascaris.
(Voir son testament daté de 1683, arch. des Alpes-Maritimes,
registre B, 297.) Joseph Ignace de Valperga reçut de son oncle, Emmanuel Philibert Chiotera, mie partie du fief de Couaraze dont il fut
investi le 20 février 1753. Son fils, Vincent, céda ses droits à H. Novelli. Jérôme Valperga fut sénateur à Nice de 1761 à 1765, puis
ministre plénipotentiaire de Sardaigne à Gênes en 1780 ; plus tard
il fut ministre etsecrétaire d'Etat, ce dernier était le frère de l'évêque
de Nice et fils du comte François Valperga qui vivait encore en
1795Ees armoiries des Valperga étaient fascé d'or et de gueules, à
la plante de chanvre déracinée, d'argent et brochant. Le cimier
était un bouc naissant au naturel et la devise : « Ferme-toy ».
Nous reproduisons les armoiries de Monseigneur Valperga d'après celles qui se trouvent en tête du catéchisme édité par ses ordres
et dont nous devons le dessin à l'obligeance de M. Joseph Casai
(Extrait de 1' « Armoriai Artistique et Nrbiüaire », Ni.e, 1902.
3

�- 34était directeur du collège des Provinces à Turin, lorsque le roi
de Sardaigne le désigna, pour l'évêché de Nice. Il avait été sacré à
Rome où il avait fait ses études. Monseigneur Valperga se distingua immédiatement par sa vigilance et son activité : il releva
le niveau intellectuel et moral des prêtres de son diocèse et s'attacha à mettre en toutes choses la plus grande régularité. Dix-huit
mois après son installation, il publia un nouveau catéchisme
dont le plan avait été préparé par son prédécesseur ^i). Grâce à

ses relations cordiales avec la eour de Turin, il jouissait auprès
des autorités civiles de Nice d'une grande influence. Après douze
(1) Ce catéchisme en italien fut imprimé à Nice par la Société
Typographique. C'est un petit volume in-douze de 612 pages, portant
la date de 1783. En tête se trouve le mandement de Monseigneur
Valperga du 16 février 1782 qui approuve le travail terminé par
le prêtre auquel Monseigneur Astésan en avait confié le soin, ordonne
sa publication et règle l'organisation des catéchismes dans tout le
diocèse. Deux ans plus tard en 1785, Gabriel Floteront, imprima
un autre catéchisme rédigé en dialecte niçois, petit volume in-12
de 228 pages. Un exemplaire de ces deux ouvrages existe à la biblio
thèque de Nice. — Voir Villarey, Série Cronològica dei Vescovi
di Nizza. — Art. Valperga.

�-35 années de séjour dans cette dernière ville il s'était acquis l'estime
et le respect de tous.
*

• *

Lorsque le 28 septembre 1792 dans l'après-midi, les troupes
piémontaises évacuèrent Nice, il y eut dans cette ville une effroyable panique et des milliers d'habitants s'enfuirent dans la direction de Turin. Ce fut un désarroi et une désorganisation complète de toutes les autorités. iMonseigneur Valperga resta à son
poste et s'engagea à ne point quitter la ville. Le lendemain samedi
29 septembre, il accompagna le second consul Honoré Saissi et
quelques membres du Conseil qui se rendirent, vers les onze
heures du matin, à la villa Feraudi, au quartier St Hélène, pour
offrir les clefs de la cité au général d'Anselme qui venait d'y
arriver à la tête des troupes françaises. Le général fit à la délégation assez bon accueil, mais il s'étonna de trouver parmi ses membres, l'évêque dont la place déclara-t-il n était pas là. Du reste,
d'Anselme attacha si peu d'importance à la démarche îles magistrats niçois que dans aucune de ses dépêches officielles il n'en fit
mention.
Sur le soir du même jour, la petite armée française faisait son
entrée dans la ville et le général s'installait dans la maison du
consul de France à la place St Dominique. L'évêque de Nice qui
tenait à rester au milieu de ses diocésains se présenta de nouveau
vers les huit ou neuf heures du soir chez le général auquel il voulait recommander ses prêtres en lui demandant des respecter les
églises. Le général était entouré de tout son état-major, du consul
de France, Pierre Le Seurre, de Honoré Saissi, second consul, de
Féraudi, secrétaire général de la commune. Ces deux derniers
venus probablement pour appuyer les demandes de l'évêque.
L'accueil du général ne fut pas plus encourageant que la première fois ; il intima même avec insistance au prélat l'ordre de
quitter ta ville en ajoutant que le plus tôt serait le mieux et ce
fut sur ces dernières paroles que l'évêque se retira après avoir toutefois reçu du général la promesse que tout ce qu'il laisserait dans
son palais serait placé sous la sauvegarde de la Nation française.
Il n'y avait pas à tergiverser, l'ordre était formel et pressant, il
fallait partir. L'évêque prit ses dernières dispositious et délégua,
au curé de la cathédrale, le chanoine Honoré Navello, tous les
pouvoirs nécessaires pour administrer le diocèse en son absence.
Aux premières lueurs du jour, Valperga quitta son palais, et se

�— 36 dirigea à pied vers la porte Pairolière. Il avait été impossible de
trouver une voiture car tous les moyens de transport avaient été
réquisitionnés et utilisés le 28 septembre pour permettre l'exode
des habitants terrorisés. Il avait ordre de partir, mais cet ordre
n'ayant pas été donné par écrit, les volontaires marseillais, de garde
à la porte de Turin, refusèrent de le laisser passer, l'accablèrent
d'injures, le menacèrent même de le pendre et ne consentirent á
le lâcher que sur un ordre écrit, sollicité et obtenu du général,
grâce à l'intervention courageuse et au sang-froid d'un jeune
niçois, Joseph Castellinard. Monseigneur Valperga se retira à
Turin et y mourut en 1805 sans avoir jamais pu obtenir l'autorisation de rentrer.
*

* *

Il est établi par les documents officiels contemporains que
Monseigneur Valperga ne quitta son siège que sur les ordres arbitraires du général d'Anselme et ces mêmes documents nous
renseignent très exactement sur les incidents fâcheux qui se produisirent au départ de l'évêque. Du reste, on n'ignorait pas à Nice
comment les choses s'étaient passées et la population savait grê à
Valperga de son attitude et de sa fermeté. De son côté, Valperga
avait eu confiance dans la parole à lui donnée par le général au
nom de la Nation française et à plusieurs reprises il manifesta
son étonnement qu'elle n'ait pas été gardée, que ses biens aient
été confisqués, son mobilier vendu, son nom inscrit sur la liste
des émigrés alors qu'en partant il n'avait cédé qu'à la force.
Parmi les nombreux documents qui se trouvent soit aux archives de Nice, soit aux archives nationales il en est quelques-uns
dont la simple reproduction sera plus probante que tous les corn,
mentaires. Il_suffira de citer :
•i° La lettre du Directoire des Colons Marseillais en date du
25 février 1793, adressée aux citoyens Blanqui et Veillon, députés
extraordinaires de la ville de Nice à Paris, au sujet des réclamations présentées le 23 du même mois par Jean-Jacques Donny, au
nom de Mgr Valperga.
20 La réponse du même Directoire à J.-J. Donny, en date du
26 février 1793.
3„ L'arrêté du Département en date du 13 avril 1793.
40 La réclamation présentée au Directoire du département

�Valperga, aussitôt après son inscription sur la liste des émigrés de
la ville de Nice, dressée à la fin de juin 1793.
50 Les états de frais pour l'inventaire et la vente du mobilier
et effets de « l'émigré Valperga Maillone, citoyen évêque » approuvés par le département des Alpes-Maritimes, le 5 germinal an
III (25 mars 1795).
6° Les actes de notoriété dressés le Ier et 2me fructidor an III
(18 et 19 août 1795) par Gautier, juge de paix à Nice, à la requête de Pierre-Joseph Passeron, agissant en qualité de procureur
subrogé par Nicolas Giorni, procureur spécial et général de Mgr
Valperga, par acte de procuration reçu à Turin le 20 juillet 1795,
notaire Pierre-Joseph Bernochio.
70 La pétition adressée au district de Nice le 4 fructidor an III
(21 août 1795) par Pierre-Joseph Passeron, demandant la radiation du nom de Valperga sur la liste des émigrés.
8° L'avis du district de Nice en date du 5 vendémiaire an IV
(27 septembre 1795) déclarant que Mgr Valperga doit être rayé
de la liste des émigrés.
90 L'arrêté du département des Alpes-Maritimes, en date du
14 prairial an V (2 juin 1797) ordonnant la radiation provisoire
du nom de Valperga de la liste des émigrés.
io° L'acte de cautionnement dressé par le département le
11 fructidor an V (28 août 1797), à la requête de Pierre-Joseph
Passeron, procureur de Mgr Valperga en exécution d'une des
clauses de l'arrêté du 14 prairial an V (2 juin 1797).

�- 38 —

DOCUMENTS ET PIÈCES D'ARCHIVES

Pièce 1.

25 février 1793
Aux cit. Blanqui et Veillon
Une lettre du cit. Donny, associé du citoyen LeClerc, défunt président de l'ancienne administration
provisoire, dont vous avez ci-inclus l'extrait ( 1 ), nous
fait connaître que le cit. Valperga, évêque de Nice,
laissa avant son départ (ordonné à son retour par
Anselme) dans sa maison pour environ 34.000 livres,
argent monnayé, et environ pour 17.000 d'effets en
vaisselle, linge, batterie de cuisine etc.
Une portion de ces effets se trouvent encore dans
ladite maison, sous l'inventaire que nous en avons
fait dresser par les commissaires de l'une et l'autre
administration, lorsque nous avons été installés, mais
il s'en faut de beaucoup qu'elle puisse arriver à la
somme de 17.000 livres, pas même le tiers.
Quant à l'argent monnayé entré dans la caisse du
receveur de l'ancienne administration, nous n'y
voyons point la somme que ledit Evêque désigne
avoir laissé dans sa maison. Nous vous remettons cijoint un extrait de l'état des sommes' que le cit.
Bonnet a reçu en espèces, pendant toute sa gestion
de receveur et trouvées parmi les effets des émigrés
français et niçois.
Nous ne voulons rien préjuger sur l'assertion du
cit. Valperga, quoique nous ayons des indices frappants de vérité. Ce ne sera que lorsque nous aurons
pu les convertir en preuves par le témoignage de
quelques citoyens que nous nous procurerons, pour
pouvoir en demander la restitution et la poursuite
contre le pillage.
En attendant, noùs croyons devoir vous faire part
de cette découverte que nous allons communiquer au
Président de la Convention Nationale et au Ministre.
Arch. des A. M. Registre de la correspondance du
Directoire des Colons marseillais L. 5.
Cet extrait manque au registre ainsi que les autres pièces
énoncées dans celte lettre.

�-hLe 2érae février 1793.
Au citoyen Donny, négociant à Nice
Pièce 2.

Votre lettre du 23me de ce mois, citoyen, nous
demande des renseignements sur le temporel du
citoyen Valperga, Evêque de Nice. Nous allons vous
transmettre tous ceux qui sont à notre connaissance
L'administration provisoire en choisissant l'Evêché
pour le lieu de ses séances, vint s'y établir dans les
premiers jours d'octobre, et tout nous porte à croire
qu'elle ne fit aucun inventaire des effets qui s'y trouvaient, du moins nous n'en avons trouvé aucun dans
les papiers qu'elle nous a remis.
En succédant à cette administration provisoire,
uous avons cru que notre premier devoir était de faire
un inventaire de tout le mobilier renfermé dans la maison épiscopale. Nous y avons successivement procédé
en présence des administrateurs provisoires et à mesure qu'ils nous en remettaient les clefs. Tout le mobilier qui s'y trouvait, ne consistait guère qu'en
meubles meublants et ne nous paraît pas avoir la
valeur de 17 mille livres que l'Evêque lui donne.
Vous pourrez, si vous le jugez à propos, faire prendre
à notre secrétariat une copie de cet inventaire. Tout
ce. qui n'est point renfermé dans les appartements
que nous occupons au premier étage, a été laissé à la
garde de Jean Poma, ancien concierge de l'Evêque et
le nôtre.
Pour nous éclairer sur les 34.000 1. argent monnayé que l'Evêque doit avoir laissé en sa maison,
nous avons écrit au cit. Bonnet, receveur de l'administration provisoire, pour lui demander un état des
sommes en numéraires versées dans sa caisse, comme
ayant été saisies et trouvées parmi les effets des Emigrés français et niçois. L'état qu'il nous a remis ne
monte qu'à 74121. 16 s, et aucun article n'a du rapport
avec les réclamations du citoyen Valperga.
Quant à ce qui concerne personnellement le
citoyen, nous avons demandé au Ministre de l'Intérieur de vouloir bien nous dire la manière dont nous
devions l'envisager. Nous savons qu'un ordre arbi-

�— 40 —
traire de Danselme l'obligea de quitter Nice, le jour
de l'entrée des Français. Mais nous pensons aussi que
la proclamation des Commissaires de la Convention
nationale de France et le décret de celle de Nice,
concernant les Emigrés, étaient des motifs suffisants
pour le ramener à son poste et le rassurer sur les
suites de son retour. En persistant à prolonger son
absence, il s'expose à être traité comme émigré, à se
voir déclarer déchu de sa place et confisquer tous ses
biens. Telle est la disposition de la loi, et quoique
nous ayons consulté le ministre sur le cas particulier
de l'Evêque, nous prévoyons que sa réponse sera de
nous en tenir à la rigueur des lois, ainsi que plusieurs
instructions nous l'ont déjà annoncé.
Vous sentez, citoyens, que tout le mobilier de
l'Evêque doit rester séquestré jusqu'à son retour ou à
la décision du Ministre. Il peut être tranquille sur la
conservation de tout ce que nous avons trouvé en
entrant dans sa maison. Ce qui a pu en être enlevé
avant notre entrée en fonctions, est étranger à notre
gestion. Mais nous employerons tous les moyens qui
sont en notre pouvoir pour en trouver les traces, en
acquérir les preuves et en faire punir les coupables.
Les administrateurs, etc.
Archives des A.-M., Registre
suivants.

,L. 5,/°7i verso et

Lettre des commissaires de la Convention
Nationale et arrêté du Département des A. M.
Nice, le 9 Avril 1793, l'an 1 Ie de la Repu bublique Française.
« Vous voudrez bien, citoyens, en nous envoyant
les noms et prénoms de l'évêque de Nice, nous instruire officiellement d'après les "dispositions des lois,
s'il est censé démissionnaire et son siège vacant.
« Les Commissaires de la Convention Nationale
au département des A. M.
GRÉGOIRE, JAGOT (I)

(1)

Archives des A. M. L. 29 ancien. L

7

actuel.

�— 4i (i3 avril 1793)
Le Directoire ; vu la réquisition du citoyen Procureur Général sindic « Considérant que Charles Eugène Valperga, évêque de Nice, n'avait point quitté
son domicile lors de l'entrée des troupes de la République ; considérant qu'il a lui méme-accompagné les
consuls d'alors quand ils furent présenter les clefs
de la ville et inviter le général Anselme à venir en
prendre possession au nom de la République ; considérant que le général Anselme par ses ordres arbitraires et tiranniques, accompagnés même de menaces contre ses jours, l'ont forcé de s'éloigner ; arrête
qu'il ne peut le déclarer émigré, et qu'il sera répondu
aux Commissaires de la Convention nationale d'après
les principes ci-dessus.. »
Sign : PAUMÉ ; BARLI FABRI ; F. CASTKLIMARD ;
ANGLES ; BERNARDI, secrétaire général. (1)
pjj

ce

^

Aux citoyens composant le Directoire du
département des Alpes-Maritimes..
22 juillet 1793.
Citoyens,
Le citoyen Jean-Jacques Donny, soussigné, chargé
des intérêts du citoyen Valperga, évêque de Nice
absent, ayant été informé que par votre délibération
du 29 du mois passé, ledit citoyen Valperga avait été
déclaré émigré, vous représente avec tous les égards

(1) Archives des Alpes-Maritimes, Registre L,. 3, folio 101. L'Arrêté n'est pas signé par le procureur syndic Jean-François Tourre
ni par l'administrateur Jean-L,ouis de Villiers qui ne partageaient
point l'opinion de leurs collègues. A noter que Tourre était d'Antibes
et que de Viliers était un médecin français établi depuis longtemps
à Nice.
I/Arrêté fut pris malgré le réquisitoire de Tourre qui voulait
déclarer Monseigneur Valperga émigré et malgré un violent discours de Villiers soutenant la même thèse qui fut combattue par
Barli Fabri, par Castclinard et par Anglès. J'ai déjà publié in-extenso
cette délibération du 13 avril T793 au cours d'un article sur l'église
de Nice en 1792-1793 inséré dans Nice Historique du Ier avril 1903,
C'est pourquoi je reproduis ici simplement la lettre des
commissaires et l'arrêté du département.

�- 42 —
dûs au pouvoir dont l'exercice vous a été confié par
le peuple souverain que le citoyen Valperga ne peut
ni ne doit sous aucun rapport être considéré comme
émigré, par les motifs ci-après :
i° Qu'il est de notoriété publique qu'il n'a quitté
le pays que contre son gré et par ordre du général
Anselme :
2° Qu'il a constamment été disposé et a offert
de revenir dans son diocèse, moyennant qu'il ne fut
assujetti à prêter qu'un serment relatif au temporel et
non au spirituel.
3° Qu'enfin et par la raison que n'étant point
indigène, mais étranger, son séjour ici n'a été dé terminé que par sa nomination à l'épiscopat, événement casuel qui n'a jamais pu le soumettre à l'obligation de renoncer pour toujours à sa mère-patrie.
Tous ces motifs, soit qu'on les prenne collectivement ou séparément, démontrent suffisamment,
citoyens administrateurs, le droit incontestable, qu'a
le citoyen Valperga de demander et prétendre la
radiation de son nom du tableau des émigrés, et si
le ministre de l'Intérieur n'a fait aucune distinction
entre lui et les autres citoyens, c'est sans doute qu'il
a ignoré les circonstances qui vous sont exposées
ci-dessus, et notamment la dernière, car s'il les eût
toutes connues, il n'est nullement probable qu'il eût
décidé comme il l'a fait. Toute hypothèse contraire
serait une injure faite à ses sentiments et à ses lumières. Un homme tel que lui, dont les vertus civiques, le patriotisme et les talents l'ont appelé au
poste aussi honorable que pénible qu'il occupe, doit
ressembler autant que possible à la Nation pour
laquelle il agit et qui l'a honoré de sa confiance.
Cette nation est grande, généreuse, magnanime,
juste et bienfaisante.Elle ne peut qu'êtreextrêmement
jalouse de sa gloire, et l'un des principaux devoirs de
ses agents est d'éviter soigneusement d'en ternir
l'éclat.
Le refus qui serait fait de rayer de la liste des
Emigrés le nom du citoyen Valperga, refus qui entraînerait avec lui la confiscation des minces propriétés de ce citoyen, serait un acte qui imprimerait à

�-

43

-

jamais une tache ineffaçable à la gloire du nom français ; tache qui ne pourra manquer de frapper également les yeux des contemporains et ceux de la postérité ; tache enfin que les historiens ne manqueront
pas de faire ressortir par des couleurs enluminées, et
le bel effet qu'un pareil tableau produirait, citoyens
administrateurs, serait votre ouvrage.
Mais non, loin de nous, cette idée ! Vous êtes
républicains ! cela suffit. Les républicains sont vertueux. Ils aiment, chérissent, protègent, respectent
la vertu partout où elle se trouve. Et le citoyen Valperga aussi est un homme vertueux ! Qui en doute ?
Nul bon citoyen, nul honnête homme. Souvenezvous, citoyens administrateurs, que ce n'est que par
ses vertus qu'il a mérité l'amour et l'affection du
peuple Niçois et non par sa qualité d'évêque. Et plût
à Dieu que tous les ecclésiastiques lui eussent ressemblé ! La France n'eut point éprouvé d'aussi horribles secousses, pour asseoir, affermir et assurer sa
liberté.
La République a incontestablement le droit de
renvoyer hors de son sein tout individu qui ne lui
convient pas, mais en renvoyant ainsi un étranger
qui, d'ailleurs, n'a pas encouru la peine de la confiscation de ses biens, elle lui permet de les emporter ou
de les vendre et d'en emporter le produit. Tel est
précisément le cas du citoyen Valperga.
L'exposant demande en conséquence, citoyens
administrateurs, qu'il vous plaise prendre dans votre
sagesse une délibération tendante à rendre audit
citoyen Valperga sa qualité de citoyen français non
émigré, à lui accorder un délai compétent pour rentrer dans ce pays soit comme simple citoyen ou
comme fonctionnaire public et à lui assurer dans
tous les cas la restitution de ses propriétés par lui
laissées sous la sauvegarde de la loyauté française
dans la maison épiscopale, lors de sa retraite forcée,
ou la juste indemnité de leur valeur. Et sera justice.
Nice, le 22 juillet 1793, l'an second de la République française, une et indivisible.
Jean-Jacques DONNY.
l
ARCHIVES NATIONALESF/ 4.867 , dossier Valperga.

�- 44 Pièce 5.

Etat de frais de vente pour parvenir à l'inventaire
et vente des effets de l'émigré Valperga Maillone,
citoyen évêque :
5 germinal an III (25 mars 1795)
Pour une séance de trois commissaires dont un du
District et deux de la Commission municipale, fixée
à trois livres par séance par le Directoire du district
et approuvé par les Représentants du
Peuple
L.
9 »
Papier timbré tant de la minute que
des deux extraits
»12
Pour la copie desdits deux extraits . .
» 8
Droits d'enregistrement
13 10
31

2

Nous soussignés certifions le compte ci dessus véritable.
Signés : J.-B. Thomaty, comm. du dist. ; Savigny,
comm. munie. ; Mabil, comm. municip.
Frais de la vente :
Pour quatre séances de deux corn missaires dont un
du District, un de la Commis, mun. sans le membre
de l'administration fixées à trois livres par séance par
le Directoire du district et approuvé par les Représentants du Peuple .
L.
24 »
Au trompette pour publication de
quatre criées
5 »
Au crieur à la vente, quatre séances .
12 »
Aux portefaix qui ont travaillé au
transport des effets
40 »
Papier timbré tant de la minute que
de l'extrait
1 »
Bougie
3 »
Droits d'enregistrement
27 »
Papier timbré du petit état
» 4
A la femme qui a assisté à la vente
pour l'arrangement du linge
» 12
L.
Signés : J.-B. Thomaty, comm. du
district ; Savigny, comm. municip.

1

159 6

�Vu par nous, membres composant la Commission
Administrative du district et d'après l'arrêté du district, approuvé par les Représentants du Peuple et la
loi du il et 12 Mars, arrête l'état des frais ci-dessus
se montant à la somme de cent cinquante neuf livres
trente centimes, qui seront acquittés par le receveur
du droit d'Enregistrement lorsque le Département
aura vérifié ledit état.
Nice, le 29 ventôse an 3"" de la République française une et indivisible (19 mars 1795).
(Suivent les signatures).
Vu l'état des frais ci-dessus pour parvenir à l'inventaire et vente du mobilier de l'émigré Valperga
Maillone ci-devant évêque.
Vérifié et arrêté par le Directoire du district de
Nice, la Commission Administrative du département
des Alpes-Maritimes approuve ledit état et ordonne
au citoyen Maussier, receveur de l'enregistrement
cîudit district de payer aux citoyens J. B. Thomaty
et Savigny, comm. la somme de 159 livres et 30
centimes pour montant des frais pour inventaire et
vente des susdits effets de l'émigré, laquelle somme
lui sera allouée en compte.
Fait à Nice le 5 germinal an 3me républicain ( 25
mars 1795).
Etat des frais pour parvenir d la vente du mobilier de
l'émigré Charles Eugène Valperga Maillone, citoyen
évêque.
Pour trente-neuf séances de trois commissaires
dont un du District et deux de la Commission municipale, fixé à trois livres par séance par le Directoire
du district et approuvé par les Représentants du
peuple
L.
351 »
A deux portefaix, dix-neuf journées et
demi chaque fixées à cinq livres par jour.
195 »
Au trompette pour publication de
trente-neuf criées fixées à une livre cinq
sols chaque
48 r 5
Au crieur à la vente, trente-neuf séan
ces fixées á trois-livres par séance ....
117 »

711 1$

�- 4* Report
Papier timbré tant de la minute que
de l'expédition
Pour copie dudit extrait fixé à quatre
livres
Papier timbré du présent état ....
Bougie
Droit d'enregistrement
Plus deux autres journées de portefaix à cinq livres
Un paquet de plume
L.

148
4
6
421

»
4
»
»

20
5

»
»

1.182

7

Nous soussignés certifions le compte ci-dessus,
véritable.
Nice, le Ier ventôse an 3me de la République (19
février 1795).
Signés : J.-B. Thomaty, commissaire du district ;
Savigny, comm. ; Honoré Mabil, comm. municipal.
Vu par nous, membres composant la Commission Administrative, de ce District, et d'après la loi
du 11 et 12 Mars 1793 (v. s.) et l'arrêté de cette
Commission approuvé par les Représentants en date
1^ Fructidor, oui l'agent national, arrête l'état des
frais se montant à onze cent huitante deux livres et
trente cinq centimes qui seront acquittés par le
receveur de l'agence de l'enregistrement sur le produit de la vente desdits meubles, lorsque le Département aura vérifié ledit état.
Nice le 29 ventôse an 3me de la République
française une et indivisible (19 mars 1795).
(Suivent les signatures).
Vu l'état des frais ci-dessus pour parvenir à la
vente du mobilier de l'Emigré Valperga Maillone cydevant évêque.
Vérifié et arrêté par le Directoire du district de
Nice.
La Commission administrative du département
des Alpes-Maritimes, approuve ledit état et ordonne

�— if au citoyen Maussier, receveur de Penregistrement
dudit district de payer aux citoyens J.-B. Thomati,
Savigni et Honoré Mabil, commissaires, la somme de
mille cent quatre vingt deux livres trente cinq centimes pour montant des frais de la vente des susdits
effets de l'Emigré. Laquelle somme lui sera allouée
en compte.
Fait â Nice le 5 germinal an 3me républicain (25
mars 1795).
Arch. des A. M. L. 15 ancien p. 44-45 N° 34-35

Actes de Notoriété
Pièçe g

1-2-fructidor an III
18-19 août 1795
EGALITÉ, LIBERTÉ

AU NOM DE LA LOI
Ce jourd'hui, premier Fructidor, l'an troisième
(18 août 1795 de la République française, une et indivisible, à Nice, chef-lieu du département des AlpesMaritimes, par devant Nous, Antoine Gautier Juge de
paix de la Ier, 2m" et 3me section et officier de police,
est comparu le citoyen Pierre Joseph Passeron, natit
tic la commune de Contes et habitant en celle de Nice
depuis plusieurs années.
Lequel en sa qualité de procureur du citoyen
Charles Eugène Valperga de Maillone, évêque de Nice,
subrogé par le citoyen Nicolo Giorni, homme de loi,
procureur spécial et général établi (par acte reçu) par
le notaire Pierre Joseph de Bernochio, le 20 Juillet
dernier (v. s.) qu'il présente, légalisé par le résidant
de la République de Gênes auprès de la Cour de Turin, dont il résulte le pouvoir donné au citoyen Giorni, de subroger en son lieu et place, avec tous les
pouvoirs compris au dit acte, et il présente au surplus l'acte de sa dite subrogation faite par le même
citoyen Giorni, reçu en la ville de Gênes le premier

�- 48 du mois d'août dernier (v. s.) par le notaire Antoine
Baglietto, légalisée par le consul de la République
française.
Il expose que le vingt neuvième jour de septembre
de l'année 1792, l'armée de la République, étant arrivée en cette ville, commandée en chef par le citoyen
général d'Anselme, lorsque ce général, vers le soir,
fut arrivé et il eut pris son logement dans la maison
habitée par le ci-devant consul de la République Le
Seurre, ledit citoyen Evêque Charles Eugène Valperga de Maillone s'y étant présenté, ledit général d'Anselme, en présence de tout son Etat-Major, lui signifia
d'abord de devoir partir de cette ville. Sur quoi le
dit évêque ayant répondu qu'il avait cru de pouvoir
continuer sa résidence en cette ville et tellement l'avait cru, qu'il n'avait jamais pensé de distraire et en
faire partir le moindre de ses meubles et effets, qu'il
avait dans la maison d'habitation de l'tvêque et que
si absolument il lui ordonnait de partir, il le priait de
lui accorder la sauvegarde sur tous lesdits effets et
meubles. Le dit général d'Anselme lui répliqua qu'il
dut absolument partir de cette ville, en ajoutant que
le plus tôt en serait le mieux, et qu'à l'égard de ses
meubles et effets qu'il avait, il les mettait dès ce ino
ment sous la sauvegarde et loyauté de la Nation française et qu'il pouvait en être tranquille, après quoi ledit
évêque Valperga de Maillone, tout tremblant, ayant
dit qu'il allait se conformer dès le lendemain au matin à ses ordres, se retira ; ledit général d'Anselme
lui ayant encore répliqué : le plus tôt sera le mieux.
Et comme il importe audit citoyen évêque Valperga de Maillone de constater le fait ci-dessus expo"sé, suivi en présence de tout l'Etat-Major dudit général d'Anselme et de plusieurs citoyens de cette commune, l'exposant, en sa dite qualité vous présente les
citoyens Pierre Le Seurre, ci-dessus nommé, ci-devant
consul en cette ville de la République, le citoyen Honoré Saissi de cette commune qui pour lors était second consul de la même commune, le citoyen Philippe Emmanuel Féraudi qui pour lors était secrétaire de
Ìa même commune et le citoyen Ange Giraudi aussi

�- 49 de cette commune, pour recevoir leurs dépositions
sur ledit exposé et vous fait instance que de tout lui
soit concédé acte, ce que nous lui avons accordé, et a
signé.
PIERRE JOSEPH PASSERON.

Et de suite se sont présenté les susnommés
citoyen Le Seurre, natif de Craon, âgé de 75
ans, bourgeois, le citoyen Saissi, âgé de 70 ans,
négociant, Emmanuel Feraudi, âgé de 68 ans, notaire, Ange Giraudi, âgé de 63 ans, négociant,
natifs et domiciliés dans cette commune, auxquels
après avoir fait lecture dudit exposé fait par ledit citoyen Pierre Joseph Passeron, en sa dite qualité, les
avons interpellés sur serment que leur avons fait prêter, conformément à la loi, de nous dire en leur âme
et conscience si tous les faits énoncés dans le même
exposé sont de leur connaissance et tous les quatre ont
répondu et attesté tant uniment que séparément en
être pleinement informés, s'y étant trouvés présents,
et que le tout contient la vérité, toute la vérité et
rien que la vérité. En foi de quoi ils ont signé :
LE SEURRE, HOSORI'J
SAISSI, PHILIPPE EMMANUEL FÉRAUDI,
ANGE

GIRAUDI.

Et nous, juge de paix, vu les dépositions ci-dessus, avons de tout concédé acte au susnommé citoyen
Pierre Joseph Passeron en sa dite qualité, pour lui
servir et valoir dans tous les cas, à ce que de droit et
de raison. Fait à Nice, l'an et le jour que dessus.
GAUTIER, juge de paix.
BONIFACI, sec. greffier.
Vu par nous, membres du District de Nice, 3 vendémiaire an IV rép. 25 sep. 1795, TOSELLI, JN COPPON
fils, VÉRANI pr. syndic, SAYTOUR Martin.

�— 5o —
EGALITÉ, LIBERTÉ.

AU NOM DE LA LOI
Ce jourd'hui. second jour de Fructidor de l'an 3
août 1795) de la République française une et indivisible, à Nice, chef-lieu du département des AlpesMaritimes, par devant nous, Antoine Gautier, juge de
paix de la iere, 2M* et 3ME section et officier de police,
est comparu le citoyen Pierre Joseph Passeron : natif
de la commune de Contes et habitant en celle de Nice
depuis plusieurs années
Lequel en sa qualité de procureur du citoyen
Charles Eugène Valperga de Maillone, évêque de
Nice, subrogé par le citoyen Nicolo Giorni, homme
de loi, procureur spécial et général établi (par acte
reçu) par le notaire Pierre Joseph de Bernochio, le 20
Juillet dernier (v. s.) qu'il présente, légalisé par le résidant de la République de Gênes auprès de la Cour de
Turin, dont il résulte le pouvoir donné au citoyen
Giorni, de subroger en son lieu et place, avec tous les
pouvoirs compris audit acte, et il présente au surplus
l'acte de sa dite subrogation faite par le même citoyen
Giorni, reçu en la ville de Gênes le premier du mois
d'août dernier (v. s.) par le notaire Antoine Baglietto,
légalisée par le consul de la République française.
Expose : Primo, que le matin du trente septembre 1792, le citoyen Charles Eugène Valperga de
Maillone, évêque de Nice, en partant de cette ville
avec deux domestiques à sa suite, qui portaient un
paquet et quelques effets, fut arrêté à la porte qui conduit en Piémont, ci-devant nommée porte Victoire,
et conduit au vestibule de la maison presque attenante
à ladite porte, appartenant au citoyen Dominique
Castellinard, où se trouva le citoyen Joseph Castellinard, fils dudit Dominique, et malgré que ledit Evêque Valperga déclara aux soldats de la Garde de la
dite porte qui étaient des Marseillais, que c'était en
conséquence d'ordre qui lui avait été signifié par le
citoyen général d'Anselme qu'il partait de cette ville,
lesdits soldats commencèrent par le malmener et lui
(19

�signifier qu'ils voulaient le pendre et ayant ouvert
ledit paquet et y ayant trouvé entre autres effets, une
ceinture d'évêque, ils déterminèrent, à l'instant, de le
pendre avec ladite ceinture, et ayant essayé si la même
était assez forte pour le soutenir, en la préparant, elle
se fit en lambeaux, de façon qu'ils vérifièrent qu'elle
ne pouvait leur servir et demandèrent audit Joseph
Castellinard fils une corde, pour pendre ledit évêque,
à un grand anneau de fer qui était au plafond dudit
vestibule, servant â y passer une verge de fer pour
peser les marchandises, et ledit citoyen Castellinard
fils, leur ayant absolument refusé de leur donner de la
corde, en s'excusant qu'il n'en avait point, comme
dans tous ces entrefaits ledit évêque se trouve mal et
ne peut plus se soutenir, ledit Castellinard fils lui fit
apporter une chaise, par sa servante à qui quelques
uns de ces soldats donnèrent des coups de poing pour
avoir porté ladite chaise et le même Castellinard le
fit ensuite asseoir sur ladite chaise, en le soutenant,
parce qu'il ne pouvait se soutenir droit ; d'autant plus
qu'en attendant, lesdits soldats marseillais lui disaient mille exécrations, lui crachaient dessus et lui
donnaient des soufflets, et assurément ils l'auraient
fini, si dans cet intervalle un de ses domestiques
n'avait été dire au citoyen général d'Anselme ce qui
venait d'arriver, et ledit domestique étant venu avec
un billet dudit général d'Anselme qui ordonnait à la
garde de le laisser partir, puisque c'était de son ordre,
en conséquence de ce billet lesdits soldats marseillais
se bornèrent pour lors à lui dire et crier mille invectives et injures et le laissèrent partir, ce que ledit
évêque, malgré qu'il ne pût se remuer, à l'aide de ses
domestiques fit au mieux possible en tremblant, de
façon qu'il doit son existence au refus ferme et déterminé que ledit citoyen Castellinard fils leur fit de
leur donner une corde, sans quoi avant l'arrivée du
dit domestique portant l'Ordre du général d'Anselme, il aurait été pendu et étranglé.
Secondoque lefaitci-dessusfut d'abord public et notoire, de notoriété publique dans cette ville et encore
plui le lendemain premier octobre, puisque les autres

»

�— 52 —

soldats de la Phalange Marseillaise, arrivés sur le soir
dudit jour trente septembre, d'abord après leur arrivée
cherchèrent l'évêque qu'ils voulaient le lanterner et
mettre en pièces, comme ils s'expliquèrent hautement,
ce qui joint au fait arrivé dans ledit vestibule de la
maison Castellinard, étant devenu d'une notoriété publique donna l'épouvante à tous les gens honnêtes du
pays, qui disaient que le citoyen général d'Anselme en
ordonnant audit évêque de partir, en mettant sous la
sauvegarde de la Nation française ses meubles et ses
effets, avait voulu le sauver.
Et comme il importe audit citoyen Passeron, exposant en sa dite qualité, de constater par témoins le
fait ci-dessus exposé, il nous présente ledit citoyen
Joseph Castellinard fils de Dominique de cette commune, âgé de 21 ans, de profession, négociant, qui se
trouva présent au fait énoncé dans le Ier article de l'exposé ci-dessus, et au surplus informé de la notoriété
des faits énoncés au second et dernier chef, de ladite
exposition et il nous présente les citoyens Jean-Jacques Donny, natif de Neufchâtel en Suisse, âgé de 39
ans, de profession, négociant ; Joseph Poullan, natif
de Clavesana, en Piémont, âge de 48 ans, négociant ;
Jacques Gerbin, âgé de 60 ans, tailleur, Jean-Marie
Thaon, âgé de 56 ans, négociant, natifs et tous domiciliés en cette commune pour déposer sur ladite
notoriété énoncée dans ledit second fait exposé, pour
recevoir leurs dépositions, et nous fait instance que de
tout lui soit concédé acte, ce que nous lui avons accordé et a signé.
Pierre-Joseph PASSERON .
Et de suite se sont présentés les susnommés citoyens Joseph Castellinard, Jean-Jacques Donny, Joseph Poullan, Jacques Gerbin, et Jean-Marie Thaon,
ci-dessus qualifiés, auxquels après avoir fait lecture
dudit exposé fait par ledit citoyen Passeron, en sa
dite quálité, les avons interpellés sur serment, que
leur avons fait prêter, conformément à la loi, de nous
dire en leur âme et conscience, si tous les faits énoncés dans le même exposé sont de leur connaissance,

�- 53 et ledit citoyen Joseph Castellinard a répondu et
attesté en être pleinement informé pour avoir été
présent au fait exposé dans le i" article de ladite exposition, et pour avoir publiquement entendu dire les
faits énoncés dans le second chef qui était en cette
ville notoire de notoriété publique et lesdits citoyens
Jean-Jacques Donny, Joseph Poullan, Jacques Gerbin,
Jean-Marie Thaon, ont répondu et attesté tant uniment que séparément être pleinement informés de
l'énoncé dans le second chef de ladite exposition,
puisque les faits y énoncés étaient notoires, de notoriété publique en cette ville, et tous lesdits citoyens
ont respectivement attesté pour ce qui les concerne
que tout contient la vérité, toute la vérité et rien que
la vérité. En foi de quoi ils ont signé : Joseph Castellinard fils,Jean-Jacques Donny, Joseph Poullan, Jacques
Gerbin, Jean-Marie Thaon.
Et nous, Juge de paix, vu les dépositions ci-dessus,
avons de tout concédé acte au susnommé Pierre Joseph Passeron en sa dite qualité pour lui servir et valoir dans tous les cas, à ce que de droit et de raison.
Fait à Nice l'an et jour que dessus.
GAUTIER,
BONIFACI,

juge de paix.
sec. gref.

Vu par nous, membres Du district de Nice, le 3
vendémiaire anIV rep. (25 sept. 1795).
Jn. COPPON fils, VÉRANi, pr. syndic, TOSELLI, Saytour
MARTIN.

Arch. Nat. F

7

4867 *

�54 -

PÉTITION au DISTRICT de NICE
et AVIS de ce DISTRICT
ÉGALITÉ,

LIBERTÉ

5 vendémiaire
27 septembre 1795 an IV
AUX

CITOYENS ADMINISTRATEURS
DU DISTRICT DE NICE

Le citoyen Pierre Joseph Passeron, natif de la
commune de Contes, habitant en celle de Nice depuis plusieurs années.
Vous expose en qualité de procureur du citoyen
Charles-Eugène Valperga de Maillone, évêque de
Nice, subrogé par le citoyen Nicolo Giorni, homme
de loi, son procureur spécial et général fondé par acte
reçu dans la ville de Turin par le notaire PierreJoseph de Bernochio, le 20 juillet dernier (v. s) légalisée par le résident de la République de Gênes, près
la Cour de Turin, duquel il résulte le pouvoir donné
audit citoyen Giorni de subroger en son lieu et place
avec tous les pouvoirs compris dans le même acte,
qui se trouve copié mot pour mot dans celui de la
subrogation faite par le même citoyen Giorni, reçu
en la ville de Gênes le Ier du mois d'août dernier
(v. s* par le notaire Antoine Baglietto, légalisée par
le consul de la République française, le 13 Thermidor dernier (3 1 Juillet 1795), qu'il vous exhibe qu'étant arrivé dans cette ville le vingt-neuvième jour
du mois de septembre de l'année 1792, l'armée de la
République française, commandée par le citoyen général en chef d'Anselme lorsque celui-ci y fut arrivé
le soir et eut pris son logement dans la maison d'habitation du citoyen ci-devant consul de la République
Le Seurre, ledit évêque Charles-Eugène Valperga de
Maillone, s'étant présenté, le même général d'Anselme
lui signifia d'abord en présence de son Etat-Major de
partir de cette ville, sur quoi ledit évêque lui répondit qu'il avait cru pouvoir continuer sa demeure dans
cette ville et qu'à cet effet il n'avait jamais pensé de

Pièces 7 et 8

�- 55 distraire, ni faire partir le moindre de ses meubles et
effets qu'il avait dans la maison d'habitation de
l'évêque, que si absolument il lui ordonnait de partir,
il le priait de lui accorder la sauvegarde pour tous ses
dits effets et meubles, ledit général d'Anselme lui
répliqua : Le plus tôt sera le mieux, ce qui tout est
constaté par les attestations ci-jointes du premier et
second jour de fructidor dernier qu'il vous présente
également.
Qu'il résulte aussi par lesdites attestations, que
ledit évêque Valperga de Maillone fut forcé par ledit
général d'Anselme de partir de cette ville que tous
ses meubles et effets fussent mis sous la sauvegarde de
la Nation française et qu'étant parti le lendemain 30
dit septembre, il risqu'à d'être pendu ef étranglé paties soldats de la Phalange Marseillaise qui se trouvaient de garde à la porte ci-devant dite Victoire, ce
que tout fut d'abord notoire et de notoriété publique
dans cette ville.
Vous observe que ledit évêque Valperga est natif
du Piémont où il se retira et que s'il a résidé dans
cette ville, ce n'a été que pour raison de son ministère, que tout cela nonobstant il a été porté sur la liste
des émigrés, a été vendu la plus grande partie de ses
meubles et effets, et cela même nonobstant la préalable réclamation que le citoyen Jean-Jacques Donni,
chargé des intérêts dudit évêque avait fait à l'ancien
département par sa pétition du 22 juillet 1793 (v. s)
qui existe dans les Archives de ce district, résultant
ainsi que tout cela a été fait et opéré contre le droit des
gens et la sauvegarde de la loyauté française qui fut
promis audit évêque.
En conséquence, l'exposant demande en sa dite
qualité de procureur dudit citoyen évêque CharlesEugène Valperga de Maillone la radiation de son
nom de la liste des émigrés, la levée des scellés, la
restitution de ses propriétés et l'indemnité de celles
qui ont été distraites et vendues au nom de la Nation,
et sera justice.
(21 août 1795).

�- 56 Nice le 4me jour de Fructidor de l'an 3me de la
République française une et indivisible.
Signé : Pierre-Joseph PASSERON.
Vu la pétition ci-dessus du citoyen Pierre-Joseph
Passeron présentée au nom et comme procureur subs
titué du ci-devant évêque de Nice, Charles-Eugène
Valperga tendante à obtenir la radiation de son nom
de la liste des émigrés, la levée du séquestre et remission de ses effets restant ainsi que l'indemnité de
ceux qui ont été distraits ou vendus.
Vu une première pétition présentée à l'ancienne
administration du département par le citoyen JeanJacques Donni, au nom du citoyen Valperga en date
du 22 juillet 1793 tendante aux mêmes fins.
Vu la procuration en date du premier août 1793
(V. s.) faite à Gênes, par devant le notaire public Antoine Baglietti, légalisée par le Consul de la République française y résidant, ainsi que l'acte de procuration y inséré, en date du 20 Juillet 1795.
Vu l'attestation de quatre témoins faite avec serment par devant le juge de paix de la 1", 2"", 3me section de cette commune, en date du 1" Fructidor dernier '18 août 1795).
Vu autre attestation de cinq témoins faite par
devant le susdit Juge de paix, le 2 dit fructidor, aussi
sous serment.
Considérant que par la première des 2 attestations il est pleinement prouvé que le vingt-neuvième
septembre 1792, aussitôt après l'entrée de l'armée
française dans cette commune, le sus-nommé évêque
Valperga s'étant présenté au général d'Anselme qui
la commandait en chef, celui- ci lui ordonna d'abord
en présence desdits témoins et de tout l'Etat-Major.
u'il n'avait qu'à partir de la ville, et malgré que le
it évêque lui observa qu'il avait cru de pouvoir y
rester tranquillement et qu'à cet effet il n'avait fait
partir aucun de ses effets et meubles, le général lui
répliqua de partir absolument de la ville, en ajoutant
que le plus tôt serait le mieux, l'ayant assuré qu'à

a

�-5;l'égard de ses meubles et effets de sa maison, il les
mettait dès ce moment sous la sauvegarde et loyauté
de la Nation française et qu'il pouvait en être tranquille.
Considérant qu'il résulte par lesdites attestations,
et il est prouvé que l'évêque Valperga, d'après les
ordres précis et réitérés du général d'Anselme, partit
le lendemain 30 septembre de cette ville.
Considérant que par la susdite attestation du deux
Fructidor il résulte que l'évêque Valperga, au moment de son départ de cette commune, ayant été arrêté à la porte qui conduit au Piémont, par les soldats
qui y étaient de garde, lesquels tentèrent de le pendre,
il évita la mort par les soins du citoyen Joseph Castellinard, un des déposants, et il ne fut laissé libre que
d'après un billet du général d'Anselme, qui ordonnait à ladite garde de le laisser partir, puisqu'il s'en
allait de son ordre
Considérant que tous ces faits sont devenus de notoriété publique dans cette commune, dès le même
jour 30 septembre et Ier octobre suivant, ainsi que
quatre témoins l'ont attesté.
Considérant que le citoyen Valperga ne s'est absenté de cette commune et ci-devant Comté de Nice
que d'après les ordres du général d'Anselme auquel il
témoigna son regret.
Considérant que le départ du citoyen Valperga
ayant été forcé il ne peut pas être qualifié d'émigration.
Considérant que son intention de rester dans cette
commune est d'autant plus constatée, que le citoyen
Valperga a été le seul fonctionnaire public, il soit
resté à son poste, n'ayant soustrait aucun des meubles
et effets de sa maison, lesquels ont été ensuite distraits
et vendus par la Nation.
Considérant que le citoyen Valperga ne peut être
non plus considéré comme réfractaire aux lois de la
République, tandis qu'à l'époque de son départ de cette
commune, aucune loi de la République, surtout à
l'égard des ecclésiastiques, n'y avait été encore publiée
à laquelle eut pu contrevenir.

�— 58 —
Considérant que le citoyen Valperga ne pouvant
être considéré ni comme émigré, ni comme réfractaire, ne pouvait être privé de ses propriétés laissées
dans cette commune lors de son départ, sous la sauvegarde de la loi et de la Nation française qui lui fut
accordée par le général d'Anselme, et qui étant digne
de la loyauté de cette Nation, ne pouvait être violée
sans blesser le droit des gens.
Considérant au surplus, que le citoyen Valperga,
originaire piémontais, ne faisait sa résidence à Nice,
qu'à raison de son épiscopat, ce qui ne donne qu'une
résidence easuelle, et que sous tous les rapports, il
n'a cessé d'être étranger à l'égard du pays de Nice et
de la France.
Considérant que l'article 6, section deux, N° 2 de
la Loi du 25 Brumaire (15 novembre 1794) en déclarant émigrés les citoyens domiciliés dans le cidevant comté de Nice, qui sont sortis depuis le 27
septembre 1792, n'a point porté atteinte au droit des
gens dans la personne de l'étranger, qui se trouvait
dans ce même pays, où il n'aurait pas établi son vrai
domicile.
Considérant que le citoyen Valperga, qui avait été
forcé par le gouvernement de partir de Nice, n'a dû
plus y revenir dans le terme même prescrit par les
lois aux citoyens de la ci-devant Comté de Nice,
puisqu'il ne devait point imaginer qu'il fut compris
dans l'invitation, malgré qu'il ait été porté sur la
liste des émigrés.
Considérant que ce nonobstant, lorsqu'il sut qu'il
avait été porté sur la liste des émigrés de cette commune, s'est empressé de présenter sadite pétition
du 22 Juillet 1793 dans laquelle il demanda non seulement la radiation de son nom de ladite liste, mais
encore un délai convenable pour rentrer dans cette
commune, soit comme simple citoyen, ou comme
fonctionnaire public, ainsi que la restitution de ses
propriétés par lui laissées sous la sauvegarde de la
loyauté française dans la maison êpiscopale lors de sa
retraite forcée, ou une juste indemnité de leur valeur.

�- 59 Considérant finalement que,d'après toutes les circonstances sus-ênoncèes, aucune loi concernant les
émigrés ne peut être applicable au citoyen Valperga,
et que toutes celles qui pourraient le regarder relatives au séquestre des biens appartenant aux habitants
des pays en guerre avec la République française ont
été rapportées par le décret du 14 Ventôse dernier
(4 mars 1795). •
Le Directoire du district de Nice, oui le procureur syndic, est d'avis que le citoyen Charles-Eugène
Valperga ci-devant évêque de Nice ne doit point être
considéré émigré.
Qu'il doit être rayé de la liste des émigrés, que le
séquestre apposé sur ses propriétés doit être levé, qu'il
doit être réintégré dans la possession et jouissance
d'iceux, que tous receveurs ou dépositaires doivent
lui restituer les sommes qu'ils ont perçues, résultant
du produit desdites propriétés et qu'il doit recevoir
la juste indemnité des meubles et effets qui seraient
passés au profit de la Nation.
Fait à Nice, dans la salle des séances le 5me Vendémiaire an 4me républicain (27 sept. 1795). Signé
Saytour Martin. Verani,
procureur syndic, Angles v. prés.
Touzelly. Jn Coppon fils.
Enregistré au feuil. 20 registre des prévenus
d'émigration et signé BARRAIA, commis greffier.
Certifié conforme par nous Ve président et secrétaire du district Jn COPPON Fils V,-PRÉSIDENT
BARRAIA Cis greffier.
A rch. Nat. F 7 4867

2

�— 6o —

Pièce 9.

LIBERTÉ (vignette) ÉGALITÉ
BUREAU DES
ÉMIGRÉS

Extrait des registres des délibérations et arrêtés de
l'Administration Centrale du département des Alpes Maritimes.
(2

juin 1797)

Séance du quatorze Prairial an 5mf de
la République française une et indivisible.
Sur le rapport d-e la pétition présentée par le
citoyen Pierre Joseph Passeron, procureur fondé de
Monsieur Charles Valperga, ci-devant évêque de
Nice, dans laquelle il expose que ledit Charles Valperga n'a jamais dû être atteint des lois relatives à
l'émigration, soit qu'on le considère comme parti en
suite d'une force majeure, soit en sa qualité de piémontais et demande en conséquence la radiation de
son nom de la liste des Emigrés, sa réintégration
dans la possession et jouissance de ses propriétés et
une juste indemnité, des meubles et effets qui sont
passés au profit de la République.
L'Administration Centrale du département des
Alpes-Maritimes, considérant que M. Charles Valperga, comme piémontais, n'habitant Nice que pour
cause de son emploi, n'aurait jamais dû être porté
sur la liste des émigrés du département.
Que le seul motif qui a pu déterminer le général
d'Anselme à lui ordonner de partir de la ville de
Nice, ne peut avoir été que la susdite qualité de
piémontais.
Considérant enfin, que comme sujet du roi de
Sardaigne, il est dans le cas de jouir de l'article i,r
de la loi du quatorze nivôse an troisième, (} janvier
1795), ainsi que de l'article neuf de la loi du trente
Floréal an quatrième, (19 mai 1796).
Arrête, oui le commissaire du Directoire Exécutif
que le nom de Valperga, ci-devant évêque de Nice,
qui se trouve inscrit sur la liste des émigrés, sera

�— 6i —

provisoirement rayé ; que tout séquestre qui pourrait
avoir été mis sur ses biens sera levé, qu'il sera réintégré dans la possession et jouissance de ses propriétés,
et que toutes les sommes versées dans les caisses publiques, lui seront rendues, déduction faite des frais
faits conformément aux lois.
Fait et arrêté* en séance publique le jour, mois et
an que dessus.
Signé : Donny, président Payani, fils, Scudéry,
Oberti, Hancy (et en marge Gastaud commissaire
du Directoire Exécutif).
Certifié conforme à l'original par nous président
et secrétaire de l'Administration centrale du départemeni des Alpes-Maritimes.
DONNY, président
BELMONDI, sec. chef au bureau des émigrés.
Arch. Nat. F 7 4867 2

ACTE DE CAUTIONNEMENT
Pièce 10.

11 fructidor anV (2&amp; août 1797)
LIBERTÉ ÉGALITÉ
Ce jourdTiui 11 fructidor an 5 de la République
française une et indivisible (28 août 1797) par devant nous, membres composant l'Administration
centrale du département des Alpes-Maritimes, est
comparu le citoyen Joseph Passeron, natif de Contes,
chef-lieu de canton, domicilié dans cette commune,
procureur fondé de Monsieur Charles Valperga, cidevant évêque de Nice, en vertu d'acte de procuration du 20 juillet et premier août 1795 (v. s.) lequel
en sadite qualité, dépendamment à l'arrêté de cette
administration du quatorze prairial an cinq (2 juin
1797) portant que le nom de Valperga, ci-devant
évêque de Nice, sera provisoirement rayé de la liste
des émigrés, que tout séquestre qui pourrait avoir
été mis sur ses biens sera levé, qu'il sera réintégré
dans la possession et jouissance de ses propriétés, et

�— 62 —

que toutes les sommes versées dans les caisses publiques lui seront rendues, déduction faite des frais
faits, conformément aux lois, désirant de se conformer au porté par l'article 3 de la loi du 5 Brumaire
an 3 (26 octobre 1794) qui exprime que les prévenus
d'émigration seront tenus de donner caution solvable de la valeur mobilier, et ne pourront obtenir
leurs immeubles jusqu'à ce qu'il ait été définitivement statué sur leurs réclamations par qui de droit,
toujours en sa dite qualité a présenté pour caution le
citoyen François Grosson, marchand drapier de cette
commune, lequel ici prése.it et acceptant, s'oblige
conjointement et solidairement avec ledit Valperga
et pour celui-ci ledit Joseph Passeron, et sous l'hypothèque de tous leurs frens présents et à venir, à l'entière exécution de ce qui les concerne en la susdite
loi, et à la représention des mobiliers, effets et sommes à percevoir en dépôt que besoin sera, et quant
aux mobiliers invendus et en dépôt seront soumis
d'en représenter la valeur à laquelle seront estimés
par experts, préalable rémission.
Et nous, administrateurs susdits approuvant lesdits
cautionnement et acte de soumission, à la réquisition
dudit citoyen Joseph Passeron, avons dressé le présent acte que toutes les parties ont signé avec nous,
ayant au préalable fait renoncer audit François Grosson au droit de premier convenir.
Fait à Nice les jours, mois et an que dessus.
Joseph

PASSERON,

François GROSSON,
prés., PAYANY FILS,
MARUN-SAYTOUR, sec. en chef

HANCY, DONNY,
P.

Acte original sur timbre de 20 centime*.
Arch. Nat. F

7 4867^

�— 63 -

CONCLUSION

Il était avéré pour tous, dans la ville de Nice, que Mgr
Valperga était parti contre son gré et si la première Administration départementale, installée au mois de Mai 1793,
l'avait inscrit sur la liste des émigrés de Nice, c'était à la
suite d'une réponse faite par le ministre de l'Intérieur, Garât,
aux questions à lui posées par le Directoire des Colons Marseillais sur la conduite à tenir vis-à-vis de l'évêque.
Les questions avaient été envoyées à Paris, vers la fin
de Février 1793, et la réponse du ministre ne parvint à Nice
qu'au milieu de juin suivant, soit quelques jours avant la
publication de la liste des émigrés. Les réclamations de
l'évêque, retiré à Turin dans sa famille, furent présentées
le 22 juillet 1793 (1) ; mais comme beaucoup d'autres, elles
s'entassèrent dans les bureaux du Département, qui n'y
répondit même pas.
Cette réclamation fut présentée au nom de l'évêque par JeanJacques Donny au Département. lîlle figure en original au dossier
Valperga.
Voir ci-dessus.
Le registre des délibérations du département manque aux Archives pour les derniers mois de 1793, exactement du Ier mai au 10
Novembre, comme pour les six derniers mois de 1797 et l'année entière de 1798, exactement du 8 Messidor an V (26 Juin 1797) au 25
Pluviôse an VII (13 février 1799).
C'est-à-dire pour les deux périodes les plus troublées et cette
disparition est tout au moins étrange.
Elle doit être vraisemblablement attribuée à certains hommes
politiques désireux de laisser dans l'oubli leur conduite durant ces
deux époques.

�- 64 On était dans la période la plus aiguë et, en pleine
Terreur.
Après le 9 Thermidor et, surtout après la venue à Nice
du représentant Beffroy, au mois de Floréal, an III (Mai
I795)»
les esprits devinrent plus calmes, les administrations plus pondérées. C'est alors que, sur de nouvelles demandes présentées au District, et sur avis favbrable de
celui-ci, le département des Alpes-Maritimes accorda à Mgr
Valperga sa radiation provisoire, le 14 Prairial, an V (2 Juin
1797). Comme on le voit, l'affaire avait traîné en longueur.
Il semblait alors que rien ne s'opposait plus à la rentrée
de l'évêque : le 11 Fructidor, an V (28 Août 1797), le Département avait agréé la caution de François Grosson (1) ;
les biens de l'évêque allaient lui être rendus, et il pourrait
rentrer.
Mais huit jours après, le coup d'Etat du 18 Fructidor (4
septembre 1797) remettait le pouvoir aux mains des Jacobins, la guerre aux émigrés et aux ecclésiastiques, en particulier, reprit avec âpreté. Pe département des Alpes-Maritimes se vit accusé d'avoir préparé une rentrée triomphale à l'évêque, son arrêté du 14 Prairial resta sans effet
et, en vertu de la loi du 19 Fructidor (5 septembre), les
scellés furent de nouveau apposés sur les biens de Mgr Valperga par deux commissaires municipaux (2).
En vain, l'évêque de Nice, fit intervenir auprès du Directoire Balbi, l'ambassadeur du Roi de Sardaigne à Paris,
le dossier de sa demande en radiation fut examiné sans
aucune bienveillance.
(1) L/Acte original de ce cautionnement sur timbre est aux
Arch. des Alp.-Maritimes Q. 10.
(2) Mise de scellés sur les biens de Charles Eugène Valperga par
deux commissaires de la municipalité de Nice. Une scéance, 6 livres.
Dépense approuvée par le Département, en Germinal an VI (avril
1798). Arch. des A. M. Q. 11.
Mgr Valperga ne possédait à Nice aucun immeuble et il devait
rester fort peu de chose de son mobilier après la vente qui en avait
été faite en Ventôse an III. La bibliothèque de l'évêché avait été déclarée bien national et la caisse diocésaine avait disparue en octobre 1792
sans laisser de traces dans les pièces administratives. Le séquestre
a été apposé sur les biens de nombreux émigrés rayés provisoirement.
On peut en voir la liste aux Archives des A. M. Q. 10, où Valperga
figure sous le N° 65.

�- 65
Á la suite de la lettre de Balby datée de Paris le 7 février
1798, le ministre de la police demanda à ses Bureaux un
rapport sur l'affaire Valperga. Pe voici tel qu'il se trouve
en minute au dossier.
Attendu que rien ne tend à constater le prétendu ordre
de quitter Nice, d'où il suit qu'il faut en croire sur parole
l'émigré.
Qu'à raison de son domicile, il était tenu de rentrer sur
le territoire dans les délais voulus par les lois.
Qu'il est atteint par la déchéance et n'a réclamé que
l'an V.
Qu'il ne paraît pas y avoir lieu de violer la loi en faveur
de cet ex-évêque dont la rentrée prohibée par la Constitution serait d'une influence dangereuse.
J'estime qu'il y a lieu à proposer la maintenue sauf
à prendre des renseignements si toutefois on les trouve
indispensables.
CAIGNART,
Sous-chef (2e Bureau).
En tête de cette minute est écrit :
« Je pense qu'il y a lieu à instruction et à prendre
des renseignements près les Administrateurs du département_des Alpes-Maritimes. »
Signature illisible (1).
Ces renseignements furent-ils demandés ? C'est probable et cela explique que bien des pièces du dossier Valperga sont en double expédition. Plus d'une année s'écoula
encore, avant que fut prise une décision et finalement sur
un rapport défavorable de la Commission d'examen instituée près le Ministère de la police pour l'étude des demandes en radiation, le Directoire exécutif signa le 7 Floréal
an VII, (26 avril 1799) un arrêté qui maintenait définitivement, sur la liste des émigrés, Mgr Valperga et annulait
toutes les décisions rendues antérieurement, en sa faveur,
par les. autorités locales.
(1) Arch. Nation. F 7 4862 2 dossier Valperga. Rapport de la
3 me Division du Ministère de la police, sans date mais joint à la
lettre de Balbi.
»

�- 66 -

Varrêté du Directoire parvint à Nice les premiers
jours de Prairial an VII (Mai 99) et fut immédiatement
mis à exécution. (1).
*

* *

Ainsi donc Mgr Valperga expulsé ne put jamais obtenir
de rentrer, les lois sur l'émigration étaient tellement embrouillées et tyranniques qu'une fois inscrit sur une liste
d'émigrés, il était extrêmement difficile de s'en faire rayer
malgré toutes les démarches ; car on se heurtait sans cesse
à des questions de forme et de procédure ce qui permettait
à la malveillance de s'exercer tout à fait à l'aise sous le
couvert de la légalité.
A. J.

PvANCE-BOURREY.

(1) De 21 Floréal an VII (10 mai 1799), il fut communiqué
par le ministre de la police générale de la République aux diverses
administrations intéressées et aux Commissaire du Directoire exécutif
près le département des Alpes-Maritimes. Celui-ci par lettre du 3
prairial (22 mai 1799) demanda au Département de le transmettre
à la Municipalité de Nice, ce qui fut fait le même jour avec ordre
de le transcrire sur ses registres, de faire apposer les scellés ou séquestre sur tous les biens meubles et immeubles de l'évêque si ce
n'est déjà fait, et de mi notifier sans délai la décision prise à son égard.
Voir lettre du Département à la Municipalité, celle du Commissaire au Département, 3 Prairial an VII avec la réponse du Département 4 Prairial.
Arch.. des A. M. Q. 1 et 2 et Arch. Nationales, dossier Valperga,

�NIÇA LA BELLA
VERS DE /.

Giordan,

su

DE CARTA POUSTALA

Ai rai dôu nouostre bouon soulèu
Venon s'escaufar toui lu lùssi ;
Es un meravihous tablèu,
Ai rai dôu nouostre bouon soulèu,
Trouvas, dou Var fin au Castèu,
Anglés, Rouman, Danesi, Rùssi :
Ai rai dôu nouostre bouon soulèu
Venon s'escaufar toui lu lùssi.
Pèr tu, as touti li bèuta,
Terra de lus e d'alegria,
D'un ciel d'azur, as la clartà,
Pèr tu, as touti li bèuta.
De l'univers, en verità,
Siès la uechièma meravia ;
Pèr tu, as touti li bèutà,
Terra de lus e d'alegria.
Dintre lou tèmp, Semiramis
Faguet basti, à Babilouna,
Pu siéu jardin, vèr paradis !
Soubre Paioun, degun s'estouna
De vèire, ancuèi, lou paumoulié
Drissar au ciel la siéu coulouna
E lou galofre, e l'anemouna
Flouri emb'au pourtegalié.
De bouon matin, quitant maioun
Pèr la journada touta'ntiera,
S'en va lavar, dintre Paioun
Pa bugadiera.
D'un glourious passat es fiera
Perqué, d'un tèmp, sus lou bastioun
Au Turc, arranquèt la bandiera
Pa bugadiera.

�fet 68 —

Sau de fouora fa freï,
Que brima,
A Niça, sus lou Quèi,
Si rima.
Pescadou, fourestié,
De la mar bressarella,
Escouton voulountié
Pa doussa cantinella.
L'AVOUCAT

PATTA

L'estudi de l'avoucat Patta es en plen aria ; si tèn lou matin
couma lou predinà su la plaça dôu Palai. Es un ome pichounet,
touplen raplot, li pocha enfli de papiè de touta mers. En lu vièi
quartiè es proun counouissut e li capelada, « Bouonjou Moussu
l'Avoucat », noun li mancon. Es ben m'ai juge, proucuradou, etc.
Lu siéu ounourari soun bouon pati e n'a de preferença pèr
qu si sigue. Parla au premier maufatan vengut, couma se fousse
un agnèu que vén de naisse ; lou créancier o lou débiteur soun
tratat su lou même pen... basta que mouson...
L'avoucat Patta es de noutarietà reputat pèr un ome judicious, òunest — au noun si flata de l'estre au jou d'ancuei ; —
finda counouisse, es en relacioun d'afaire emê de gros persou nage que dintre la finança dôu siéu coumerce, soun quasi d'usurari. Sau menajar la cabra e lou caulè ; e pèr que la mouneda
noun li escapa si desbrouïa e si mete dôu cousta dôu manche...
d'aquéu que casca lou de mai...
Acò fa que toui lu matin que lou Bouon Diéu a fach, la siéu
doumestica mete toujou quaucaren au fuec. Lou dimeneghe, coum'un bouon crestian, — tartufaria que lou pauva, — va audi la
gran'messa à Santa Réparada, fa la siesta e à la calada dóu soulèu,
passeja su lou Cours, pastrouia, fa lu cent pas, noun parla que de
lei, proucès, citacioun, ensin alestisse lou travail dôu dilun...
Lendeman empastra ben d'afaire, mete facilamen en lou sac
Moussu Tout'Un emé Moussu Tout'Autre... En éu que li pòu
faire ?... lança dapertout lou broumech, tant pis pèr aquéu que si
laissa agantar. Quaranta sóu es lou près d'atac e vous pregui de
crèire que douna pas la siéu journada pèr doui o tres escut.
L'avoucat Patta counouisse l'usança dôu païs... s'avès touort,
vous rouïa, s'avès pi rasoun, v'espia... Que voulès aima manjar
lou pei, lou pei que noun aiguë d'espina...
JULI EYNAUDI.

�-«9VA

MAU ! !

Va màu, cresé-vous, que va màu 1
En l'orizoun lou voile negre
N'es qu'un gran camp cargat de pebre,
Qu'à pala lou jeten davan,
Avuglan finda lu cavau 1
Lu canoun soun su li frountièra,
Alignât couma de barriera,
N'esperon plus que lou signàu !
Lou soulèu, aquel animàu !
Stan, noun vòu levà la vela,
Si foundon couma des candela
Enb'aquèu coust dôu diàu !
Le Giacouuda à cóu de d/stràu
Li fan petà li sièu moulura...
Ah ! dèu faire bella figura
Se l'an foutuda en quauqua tràu
Lou pan crèise, finda la sàu,
Lou sucre dintre li boutiga
Mounta ben mai que de boufiga !
Van jusque crèise lou rampàu
E la pèu que fau lou tambau ;
Metran de drech su li nourriça,
Su lu chichi, su li saucissa,
Perqué pas soubre lu magàu ?
E lou Prussian, marrit bertàu,
Noun sabon fa que de babïa,
Per lou Maroc e l'Algèria,
Se faran mètre lou mourràu !
Li serreren toui lou pourtàu
E pi veiren touta la França
Davan la sieù grossa arougança
Se noun si sau garda li clàu !
Es de rima d'un manechàu,
Ma sien d'estiéu, vesin, vesina,
Li passeres en la resina
Avant que vegon l'espitau !
CHARLES CIAUDO

�Valère Bernard
Tout en heurtant le marteau contre la porte de M. Valère
Bernard je songeais. Je me suis complu dans le plus souriant
mépris des idoles. L'ironie a tremblé sur mes lèvres quand
la Provence a dans un ravissement de joie acclamé le poète de
Maillanne. Cette mascarade d'apothéose me répugnait.
Et maintenant la curiosité me fourvoyait dans le studio
d'un consciencieux artiste que les felibres couvraient de gloire.
Elève de Puvis de Chavannes M. Valère Bernard pasticha le
Maître. Mais vite il eût l'intuition qu'à se perdre dans les sentiers
battus il courrait risque de compromettre son crédit. Il dit
adieu à Paris et vint dans Marseille, l'opulente cité.
A cette époque vivait un exquis écrivain, J. Lombard. Il venait de publier deux œuvres d'une grandiose beauté, VAgonie et
Bysance. Dans un style étrangement tourmenté il contait les
luttes entre les factions d'Orient, illuminant son œuvre des
splendeurs bysantines.
Valère Bernard vit Jean Lombard, et du même coup les belles
au bois qui dormaient en son âme s'éveillèrent. Il délaissa les
études académiques, les pastiches sans vie, et d'ardentes couleurs
chargèrent ses toiles.
Voici le triomphe des rois Babyloniens. Sur les voûtes d'un
palais impérial passent des gardes étincelants dans la pourpre et
la soie. L'or envahit les hautes colonnes de jaspe bleu. Involontairement on pense aux fantastiques demeures hantées par des
fées émeraudes et des princesses aux perversités troublantes.
Et je m'imagine que le peintre était sous le charme de la
légende quand il a peint cette courtisanne qui sourit à son miroir tout en jouant négligeamment avec sa chevelure d'or. Et
puis passent Venise la rouge, Marseille enveloppé dans la poussière d'or du crépuscule, des motifs à la Watteau peints par un
bysantin, toute une apothéose.
Mais une idée m'obsède, tandis que dans la grise clarté d'un
soir automnal s'éteignent les fauves éclairs jaillis de ces radieuses
toiles. L'idéalisation du passé me paraît cruelle. Les générations
endormies dans la Mort ont eu leurs misères/leurs rancœurs, je
pense qu'il est absurde de s'écrier avec Musset « qu'aux temps
jadis tout était heureux jusqu'aux douleurs humaines. » En vain
l'apostat s'attriste-t-il sur les vieillards immortels de l'antique

�- 7i

—

lonie, â ses oreilles résonnent les paroles de l'Hiérophante : « La
Helladi que tu aimes n'a jamais existé ».
Mais M. Valère Bernard brise ma rêverie, et mes yeux se
portent.sur des portraits appendus au mur. Profils d'espagnol ou
d'américain mitigés d'espagnol, comme on en croise maintes fois
sur la Cannebière.
Homme universel ne puis-je m'empêcher de m'êcrier. M.
Valère Bernard sourit. Il siérait dit-il, à mi voix, de se développer en profondeur. Toutefois il est beau de se dire sur le
tard de sa vie que l'on a fait vibrer toute son âme. Ici le maître
rejoint Néron. Il m'aide à comprendre cet inquiétant empereur.
Mais encore faut-il que tout en étant l'homme universel on ne
sombre pas dans la banalité. De méchantes œuvres d'art peuvent
avoir leur prix.
Une idée se lève devant moi. Labruyère me petsuade que
l'honnête homme de Pascal propre à tout en définitive n'est propre à rien. La spécialisation inintelligente, mène à l'erreur, j'en
conviens, mais en fait elle est une loi générale.
Et ceci est pour me plaire, car j'abhorre dissiper mon énergie,
j'aime le repliement, la frissonnante pudeur qu'effarouche les
vaines ostentations. Je goûte les peintres du passé et malgré ma
philosophie j'adore les peuples disparus. Volontiers j'implorerai
avec la Cassandre de Schiller la cécité, l'exquise cécité. Le sou
venir a plus de puissance sur moi que l'espoir.
Et sous des deux gris, en des pays étrangers désolants de
médiocrité, il m'est arrivé de pleurer plus amèrement que ne
pleura Xerxès aux rives d'Abydos.
J. PADOVANI.
PROUVERB1, BOUOI MOT, COUNSÈU E DICH
Vèuva que si marida,
Dèu perdre la lus e l'audida.
Fiha madura,
Lou pouorta à la centura.
En cuntant su lu det :
Aquéu a fa l'óu ;
Aquéu l'es anat cercar,
Aquéu l'a fa cuèire,
Aquéu l'a manjat,
E lou pichoun n'a ren tastat !

�— 73 —
LE

DÉSESPOIR

Oui, j'ai la mort dans l'âme ; oui, je monte au calvaire ;
Mon horizon, hier si beau, s'est obscurci ;
Je hais tous les devoirs et tout ce qu'on révère :
Mieux vaut mourir que vivre ainsi !
Puisque je n'y puis rien ; que la raison humaine
Ne gagne plus un cœur où mon cœur est entré,
Je veux briser mes jours comme on brise une chaîne
Et m'enfuir en désespéré.
Qu'est-ce donc que la mort ? C'est la paix éternelle,
C'est un beau drap de fleurs sur mon sein endormi,
C'est la nature calme, auguste et solennelle
Qui nous prête un repos ami.
O nature de Dieu contemple ma détresse !
Ecoute tout mon sang dans mon cœur s'épancher
Et, puisque je n'ai plus le lit de ma maîtresse,
C'est au tien que je veux coucher ;
C'est toi la grande mère et la nourrice immense !
L'homme au sort le plus âpre et l'homme au sort plus beau
Retrouvent dans ton sein leur part de ta clémence :
L'un l'amour, l'autre le tombeau
Tu sais, toi qui vois tout, ce qu'ici bas je souffre,
Que je n'ai point béni l'instant de mon réveil
Et que j'ai regardé, toujours, du fond du gouffre,
Les bords ou brillait le soleil ;
Que je n'ai bu jamais que dans la coupe amère,
Que le seuil du bonheur me fut toujours fermé,
Que j'ai perdu mes fils, que j'ai perdu ma mère
Et tous les cœurs qui m'ont aimé !
Maintenant je m'en vais, battant du front, comme ivre,
En proie à ce grand deuil qui me courbe en vainqueur,
Et je veux déchirer ma vie, avec le livre
Des chastes sanglots de mon cœur ;
Et toi, rayon divin, génie, ardent délire,
Flambeau qui n'iras plus briller sur son autel,
Eternise du moins ces larmes de ma lyre
Et que mon cri soit immortel !
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21 Febrié
Pasca
7 Abrieu
Rougacioun 21, 22, 23, 24 Mai
Ascensioun
16 Mai

Pantecousta
Trinità
Festa de Diéu
1" Dimenegue de
Ie* Desémbre

26 Mai
11 Jun
15 Jun
l'Avènt

LU ESCLISS!

Souliu.

—

ij Abriéu. — Esclissi annulari e coumplet visible

à Paris, en America, en Europa et dintre lou N.-O. de l'Africa.
Coumençamen de l'esclissi à 10,01 dôu matin ; finisse à 1,08
dôu sera.
10 Otitoubre. — Esclissi coumplet invisible à Paris, visible
dintre l'America dôu Sud.
Luna. — 1" Abrièu. — Esclissi parciella visibla à Paris. Entrada de la luna dintre l'oumbra, 9.26 dôu sera; sourtida, 11.03
dôu sera.
26 Setèmbre. — Esclissi parciella, invisibla à Paris, visibla
dintre l'Océan Pacifique.

Jîla providence, %ue de la Préfecture /4, $run, Siàraire

�LU

VÉNT

Lu vènt que souflon à Niça, dintre lou cours de l'armada,
soun au nombre de 16. Vequi li siéu denouminacioun courènti,
pihadi, en general, dai loucalità dei quali parèisson vèni :
Sud
Miejon
Nord... Tramountana
S.-S.-O. Miejou Lebech
N.-O.-E. Grek Tramountana
S.-O
Lebech
N.-E... Grego
O.-S.-O Pounèut Lebech
E. N .E. Levant
Ouest. Pounènt
E.-N.-E. Levant
O.-N-O.V Pounènt Maistràu
E.-S.-E. Levant
N -O . Mastràu
S.-E.... Siroco, vènt marin
N..-N. OMaïstràu Tramount
S.-S.-E.. Miejou Siroc

6
15
25
14
31
24

VIGÍLIA — JEUNI
Abriè
(Pasca, 7 Abrièu).
Mai
(Ascensioun, 16 Mai).
Mai
(Pantecousta, 26 Mai).
Avoust
(Assoumpcioun, 15 Avoust).
Outoubre (Toui lu Sant, Ier Nouvembre).
Desembre (Calena, 25 Desembre).
L'AN NADA RELIGIOUSA

LI FESTA MOUBILI E LI FESTA FISSI
Janvt'è
jYlars
1 Circouncisioun.
1 e 2 Quatre Tèms.
6 Epifania (lu Rei).
3 Reminiscere.
13 Bateja de J.-C.
10
Oculi.
14 Sant Noum de Jesu.
17 Lœtare.
fébrié
24 Passioun.
2 Puriflcacioun.
29 Li 7 Doulou.
4 Setuagesima.
31 Lu Rampàu.
6 Festa de la Pr. de N. S.
11 Sexagesima.
Jîbriéu
13 Coum. de la Passioun.
5 Divendre Sant.
18 Quinquagesima.
7 Pasca.
21 Cendre.
14 Quasimodo.
25 Quadragesima.
28 Patrou. de San Joúsè.
28 Quatre-Tèms.

�Setembre
3 Inv. de la Santa Crous.
13, 14, 15, Rougacioun.
16 Ascensioun.
26 Pantecousta.
29-31 Quatre-Tèms.
1
2
6
9
21
24
29

Quatre-Tèms.
Trinità.
Festa de Diéu.
Festa dôu S. Sacramen.
Sacrat-Couor de'jesu.
Natività de S. jouan-Bat.
SS. Peire e Paul.

8 Natività de la Vierge.
14 Esaltacioun de la Crous.
15 N.-D. dei 7 Doulou.
15 San Noum de Maria.
18, 20, 21, Quatre-Tèms.
29 Dédie, de S. Miquèu.

Ôutoubre
6
13
20
27

Sant Rousari.
Maternità de la Sta Vierge.
Puretà de la Santa Vierge.
Patrounage de la S. Vierge.

J/ouvembre

Juliet
2 Visitacioun de la S. V.
7 Precious Sang.
16 N.-D. dôu Carme.

Jîvoust
6 Transfiguracioun.
15
18
25
25
29

Assoumpcioun.
S. Joachim.
S. Couor de la Vierge.
S. Louis.
Decolac. de S. Jouan-Bat.

1
2
3
21

Toui lu Sant.
Lu Mouort.
Santi Relíquia.
Present, de la Sta Vierge.

2&gt;esembre
1 Avent.
8 Imaculata Councepcioun.
18, 20, 21, Quatre-Tèms.
25 Calena.

BANQUE GARLONE &amp; GIE
MAISON ÉTABLIE EN 1811

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l-fi«

�LA

DÉCIMALISATION

DU

TEMPS ET DES

ANGLES

LA MONTRE DÉCIMALE
Par J. de REY-PAILHADE, président du Comité
pour la propagation des méthodes Décimales.
Le Club Nautique de Nice a offert plusieur fois en prix des
montres décimales aux régates'de 1909. Il était utile de décrire cet instrument, d'y joindre des tables pratiques et des
formules à l'usage des ingénieurs, des sportsmen, des médecins, etc. etc.
DÉCIMALISATION DES ANGLES •
Il est aujourd'hui démontré que la division décimale du
quart de cercle facilite tous les calculs.
Les nouvelles cartes géographiques sont graduées exclusivement dans ce système, devenu officiel en France et dans
d'autres pays. On possède toutes les tables pratiques nécessaires à son essai courant. Nous ne nous étendrons pas
davantage sur cette méthode aujourd'hui enseignée dans les
lycées et collèges.
Nous rappellerons seulement que M. l'amiral Germinet,
membre d'honneur du C. N. N., sous la direction duquel on
fit en 1899 et 1900 des essais de navigation avec un matériel
entièrement décimal, a émis un avis très favorable à la
réforme décimale.
DÉCIMALISATION DU TEMPS
La division décimale du jour décrétée le 4 frimaire an II
rendra aussi de grands services à la science et aux sports.
Principe. — On divise le jour entier en 100 parties égales
appelées cés ; le cé est subdivisé en décisés, ceniicès et millicés
Le cé vaut 14m 24s ou 1T4 d'heure environ ; le décicé est égal
lm 26s 4 ou lm Ij2 environ ; le millicé vaut 0S 864 ou 9T10 de
seconde environ.
Concordance des Temps. — On parvient assez vite à dire
instantanément l'heure à 1 ou 2 minutes près en regardant le
cadran d'une montre décimale. Il suffit d'apprendre par cœur
les concordances décimales de toutes les heures.
0,0
0
50,0

4,2
1
54,2

8,3
2
58,3

12,5
3
62,5

16,7
4
66,7

20,8
5
70,8

25,0
6
75,0

�25,0
6
75,0

29,2
7
79,2

33,3
8
83,3

37,5
9
87,5

41,7
10
91,7

45,8
11
95,8

50,0
12
100,0

Les heures sont au milieu, les concordances des heures
du matin en haut, celles du soir en bas. Ainsi 10 heures du
matin valent 41.7 cés (énoncer 41 cés 7 décicés) et 10 heures
du soir valent 91,7 cés.
Gomme 1 cé vaut presque lj4 d'heure et un décicé une mi •
nute 1]2 ; en partant des concordances du tableau, on dit
l'heure instantanément, ainsi 39,9 cés valent 9 h. 36 m. du
matin. Un ou deux jours suffisent pour atteindre ce résultat.

Description de la montre décimale ou cémètre. — Il y a 3
aiguilles centrales se mouvant sur un cercle divisé en 109
parties égales, numérotées de 0 à 9. Le 0 cé est en bas, c'est
l'origine des temps, car on suppose la Terre au centre du
Cadran.
L'aiguille dorée avec un soleil ne fait qu'un tour par jour ;
l'aiguille épaisse en acier bleu tourne 10 fois par jour, et la
trotteuse fine fait 1000 tours par jour.
L'aiguille-soleil montre la position de l'astre du jour par
rapport au méridien de Paris, qui va du centre au chiffre 5.

�10 —
Les quatre traits bleus indiquent les positions de cette aiguille
à minuit en bas sur 0 ; — à tì h. du matin au milieu entre 2
et 3 ; — à midi, en haut, sur le 5 ; — à 6 h. du soir, entre 7
et 8.
L'aiguille dorée du soleil indique le chiffre des dizaines
de cés, 2 sur le dessin ; l'aiguille épaisse donne d'abord le
chiffre des cés, 6 sur le dessin, et en comptant rapidement à
l'œil le rang de la division entre 6 et 7, on voit, que cette aiguille marque 3 décicés. Le temps du dessin est donc 26,3
cés correspondant à 6 h 20 m. du matin environ. L'aiguille
trotteuse donne les millicés 83. Le temps est donc 26,383
cés.
» Pour la vie courante, on n'a pas besoin d'aller au delà du
clécicé. On lit les milticés pour les applications scientifiques
et sportives.
Le temps en millicés lu sur le cêmèire facilite tous les calculs, car on n'a jamais de réductions à faire.
Examinons le problème des vitesses a l'heure : Les millicés multipliés par 0,00024 donne des heures et fraction décimale d'heure. Ainsi Ì2345 millicés valent 12,345 -f- 24 =
2 h. 9628.
Par conséquent si L est la longueur parcourue et M le
temps en millicés, la vitesse est

ou t

+ 4166,66...

Ces quelques exemples démontrent que la montre décimale simplifie tous les calculs sans exception.
Les rapports de MM. les délégués officiels aux essais de
la montre décimale faits à Nice, par le Club Nautique, le 26
février 1911, concluent unanimement à la supériorité de cet
instrument pour les usages scientifiques et sportifs.
M. Prim, astronome à l'Observatoire de Nice, représen
tait M. le \iinistre de l'Instruction publique.
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JANVIE
P.
P.
D.
N.

Q,
L.
Q.
L.

lu 8, à 7
lu 14, à H
lu 22, à 7
lu 30, à 10

SOULÈU.

1
2
3
4
5
6
7
8
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30
31

—

oura
oura
oura
oura

FE BRIE
20
26
21
45

m.
s.
m.
m.

L. 8 14' — C. 4 42'

dil. Jou de V An

P. Q.
P. L.
D. Q.
SOULÈU,

1
2
3
4
5
Lu Rei
6
Dim. S. Lucien
7
dil. S. Apoulinari
8
dim. S. Pèire
9
dim. S. Guiermo
10
dij S. Teodose
11
div. S. Arcada
12
dis. Sta Verònica
13
Dim. S. Ilari
14
dil. S. Maurici
15
dim. S. Ounourat
16
dim. S. Antoni
17
dij. Sta Angela
18
div. S. Sulpici
19
dis. S. Bastian
20
Dim. Sta Agnesa
21
dil. S. Vincènt
22
dim. S. Raymound
23
dim. Sta Jacinta
24
dij. Conv. de S. Pàu
25
div. S. Poulicarpa
26
dis. Sta Devota
27
Dim. Sta Paula
28
dil. S. Francès S.
29
dim.
dim.
dij.
div
dis.

S.
Sta
S.
S.

TRIMESÏRÍ;

Macari
Genevieva
Tita
Simeoun

dim. Sta Marfina
dim. S. Peire N.
En Janvié
Lou païsan n'a ren

lu 6, à 4 oura 28 s.
lu 13, à 11 oura 38 m.
lu 21, à 4 oura 44 ui.
- L. 7 49' - C. 5 30'

dij. S. Ignaci
div. La Candeliera
dis. S. Blasi
Dim. Setuagesima
dil. SS. Vinc.Oronte
dim Sta Agata
dim. Sta Dorotea
dij. S. Romuald
div. S. Jouan-Matha
dis. Sta Apoulounia
Dim. Sexagesima
dil. Sta Eulàlia
dim. S. Gregori
dim. Sta Eufrasia
dij. S. Onesime
div S. Dounat
dis. S. Simeoun
Dim. Quinquagesima
dil. S. Gabin
dim. Dimars-Gras
dim. Li Cendre
dij. S. Silvan
div. S. Maxime
dis. S. Pascase
Dim. Quadragesima
dil. S. Nestor
dim. S. Leandri
dim. Sta Nourina
dij. S. Nymphas

Plueia de febrié
A la terra vau fumiè.

ZDéSTU-S-bez

NICE

MARS
N. L.
P. Q.
P. L.
D. Q.
N. L.
SOULÈU

1
2
3
4
5
6
7
8
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il

12
13
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30
31

lu 1,
lu 8,
lu 15,
lu 23,
lu 30,
— L.

div.
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Dim.
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dim.
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Dim.
dil.
dim.
dim.
dij.
div.
dis.

Dim.

i
L
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i
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7

1 oura 31 m.
0 oura 02 m.
0 oura 59 m.
1 oura 26 m.
1 oura 38 s.
01' — C. 6 13

S. Eudoxia
S. Simplici
Reminisceri
Sta Cunegonda
S. Casimir
Sta Coleta
S. Jouan de D.
Qaatre-tèms
Sta Margarida C.
Ocali
S. Euloge
S. Gregori
Sta Eufrasia
Sta Matilda
S. Acepsima
Sta Gertruda
Lœtari
S. Apien
S. Jôusé
S. Joachin
S. Lea
S. Turibe
S. Armentari
La Passioun
Anounciada
S. Emanuèu
S. Jouan d'Egt,
S. Gountran
S. Eustase
S. Jouan C.
Lu Rampàu

Lou mes de mars
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L.
Q.
L.

lu
lu
lu
lu

SOULÈU.

1 dil.
2 dim.
3 dim.
4 dij.
5 div.
6 dis.
7 Dim.
8 dil.
9 dim.
10 dim.
11 dij.
12 div.
13 dis.
14 Dim.
15 dil
16 dim.
17 dim.
18 dij.
19 div.
20 dis.
21 Dim.
22 dil.
23 dim.
24 dim.
25 dij.
26 div.
27 dis.
28 Dim.
29 dil.
30 dim.

6 , à 6
13, à
3
21, à 7
28, à 11

—

oura
oura
oura
oura

L. 6 06'

—

55 in.
37 s.
31! s.
25 s.
C. 6 52'

S. Ugo
S. Franç. de P.
S. Richard
Dijàu Sant
Divèndre Sant
Dissata Sant
Pasca
S. Albert, ev.
S. Azada.
s. Isidoro
s. Leoun
s. Juli
s. Justin
Ouasimoi/ii
Sta Anastasia
S. Frutuous
S. Rodolfe
S. Maxime
S. Anselme
S. Teodoro
S. Adalbert
S. Fidèle
s. Jorgi
s. Marco
s. Clet
s. Antime
s. Aimé

s. Roubert
Sta Catarina d. S
SS. Philip. ,Jacq.

Pichouna plneia d'Abriéa
Bouona récolta pèr l'csliéu

Q.

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P. L.
D . Q.
N. L.
SOULÈU.

TRIMÍÎSTRÈ;

MAI

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lu 5,
2 oura
lu 13, a 7 oura
lu 21, à 10 oura
lu 28, à 7 oura
— L.

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14
10
23
24

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m.
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C. 7 29'

1 dim. SS. Félip. Jaq.
2 dij. S. Atanase
3 div. In.d.l. Sta Crous
4 dis. SS. Sindonis
5 Dim. S. Pio, papa
6 dil. S. Jouan D.
7&lt; dim. S. Peire
8 dim. s. Gregori N.
9 dij. s. Antounin
10 div. s. Isidoro
11 dis. s. Bounifaci
12 Dim. s. Jouan lou S.
13 dil. s. Pouon, m.
14 dim. s. Pacomo
15 dim. s. Sta Denisa
16 dij. Ascensioun
17 div. S. Pascaù
18 dis. S. Teodoto
19 Dim. s. Pèire C.
20 dil. s. Felis.
21 dim. s. Bernardini
22 dim. s. Julia
23 dij Rogaeioun
24 div. s. Vincen, d. L.
25 dis. S. Urbin
26 Dim. Pandecousta
27 dil. S. German
28 dim. S. Cirile
29 dim. Sta Petronïa
30 dij. S. Sylve
31 div. S. Justin
Au mes de mai
Longui semana

p
P.
D.
N.

Q.
L.
Q.
L.

lu 3,
lu 11,
lu 19,
lu 26,

SOULÈU.

1
2
3
4
5
6

dis.
Dim.
dil.
dim.
dim.
dij.
7 div.
8 dis.
9 Dim.
10 dil.
11 dim.
12 dim.
13 dij.
14 div.
15 dis.
16 Dim.
17 dil.
18 dim.
19 dim.
20 dij.
21 div.
22 dis.
23 Dim.
24 dil.
25 dim.
26 dim.
27 dij.
28 div.
29 dis.
30 Dim.

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à 11 oura 4 s.
à 10 oura SI s.
à 9 oura 51 s.
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S. Potin
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S. Lié
Festa de Dieu
S. Lié
Quatre-tèms
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Sta Margarida
S. Barnabe
S. Antoui de P.
S. Basilio
S. J.-F. Régis
S. Moudeste
S. Lambert
Sta Olga
S. Gervai
Sta Juliena F.
S. Louis de G.
S. Paulin
Sta Maria d'O.
S. Jouan-B.
S. Prousper
S. Alban
S. Cresen
s. Iréné.
s. Pèire
s. Pàu
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De tres abit l'un

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lu 3, a 10 mira 20 m.
lu 11, à 1 cura 53 s.
Il 19, a o oura 31 m.
lu 25, a 9 oura 12 s.
SDULÈU. - - L. 4 35' — C. 8 22'

1
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6
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Vierg.de li Gracia
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S. Pèire de L.
S. Sisoès
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Sta Babeta
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S. Pio
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S. Gene
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N.D.d.M. Carmel
Sta Marcelina
S. Frederic
S. Vincen de P.
Sta Margarida
S. Vi loiSta Maria-Mad.
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Sta Cristina
S. Jaque
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Au mes de Juliet
Ni frema ni coulé.

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P. L. lu 10, a 3 oura 58 m.
D. Q. l»i 17, a 1 oura 1.1 s.
N. L. lu 21, a 5 oura 14 m.
IV Q. lu 31, &amp; 5 oura 21 s.
souLÈu, —1.5 or -j&gt;. 8 or

dij.
div.
0 dis.
4 Dim.
5 dil.
6 dim.
7 dim
8' dij.
9 div.
10 dis.
1

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Dim.
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dim.
dim.
dij.
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dis.

S. Pèire-aï LS. Alfonso
Inv. de S. Estève
S. Domenica
N. D. dei Nèu
Trausf. de J. C.
S. Gaétan
Sta Batilda
S. Camila d. L.
S. Là u ren
S. Septima
Sta Clara
Sta Filoumèna
S. Ousèbi
Asoumpcionn
S. Roc
S. Mamès
Sta Elena
S. Ipoulita
S. Bernar
Sta Chantai
S. Pio V
S. Filipe B.
S. Bartoumiéu
s. Louis, r. F.
s. Seg'oundo
s. Cesari
s. Goustin
s. Mederic
Sta Rosa
S. Fiacre

F.n . ivoast
Figa e moust

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SBTÈMBRE
P. !.. lu 8, a' 4 oura 57
D. Q. lu 15, a 6 oura î&gt;l
N. L. Ju 22, a 3 oura 37
P. Q. lu 30. a 0 oura 08
SOULÈU. - - 1. 5 47V— c.

1
2
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30

Dim.
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Dim.
dil.

S. Gili
S. Estève R.
Sta Eufemia
Sta Rosalia
S. Làuren J.
S. Pambon
S. Grat
Natiu, di' la V.
S. Oumer
S. Xicola
S. Félis
S. Veran
S. A nié
Es. (1. l.S. CtQUS
S. Nicomède
S. Conrneilla
S. Lanbert
S. Tournas V.
S. Janvié
S. Euslache
S. Matiéu
S. Maurici
Sta Tecla
S. Girar
S Firmen
S. Nil
S. iN'icandre
S. \\ inceslas
g. Miquèu
S. Jeromo

Lima setembrina
De mai clarina

MOT »

GRANDE MARQUE RECOMMANDÉE

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7'02'

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Qüa.TRIÍJMí)
OUTOUBRE
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SOULÈU, — 1.

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6 06*

TRIMESTRE

NOUVÈMBRE
P. L. lu
6,
D. Q. lu 43,
N. !.. lu 20,
Q.
lu 29,

r.

SOULÈU. - -

1.

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a

4 oura 48
8 oura 20
9 oura 49
2 oura 42
14'

—

c.

5 03'

1 dim. Rosari
1 div. Tout lu Sant
2 dim. S. ■ Léger
2 dis. Eu Mouorl
3 dij. S. Rosari
S. Ubert
4 div. s. Francès d'A. 43 Dim.
dil. S. Carlo B.
5 dis. s. Placido
5 dim. Sta Bertila
6 Dim. s. Bruno
6 dim S. Leounar
7 dil. s. Serge
dij. S. Nestou
/
8 dim. Sta Reparada
8 div. Lu Quatre Incou.
9 dim. S. Denis
9 dis. S. Teodore
10 dij. s. Francès B. 10
Dim. S. Jacintou
11 div. s. Tarasco
11 dil. S. Martin
12 dis. s. Counrad
12 dim. S. René
13 Dim. s. Edouard
13 dim. s. Stanislas
14 dil. s. Calisio
14 dij. S. Pantena
15 dim. Sta Teresa
15 div. Sta Gertruda
16 dim. S. Ospici
16 dis. S. Edme
dij.
17
Sta Edvija
17 Dim. S. Gregori
18 div. S. Luc
18 dil. S. Alfè
19 dis. S. Pèi re
19 dim. Sta Babeta
20 Dim. S. Agrico)
20 dim. S. Edmon
21 dil. Sta Ursula
21 dij. Présent, de la V.
22 dim. S. Filip
22 div. Sta Cecilia
23 dim. S. Teodoret
23 dis. S. Clemen
24 dij. s. Mairloire
25 div. ss. Crespin-Cr. 24 Dim. Sta Flora
26 dis. s. Jouan de K. 25 dil Sta Catarina
26 dim. Sta Pel fina
27 Dim. s. Frumence
27 dim. S. Maxime
28 dil. s. Alfredo
28 dij. S. Sostène
29 dim. s. Narcisse
29 div. s. Saturnin
30 dim. s. Marcel
30 dis. s. Andrièu
31 dij. s. Siri
En ùuloubre
\loii ponorc goûta loti rùare

Tonssan ientra
St A n'driéu lou souorte

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DESÈMBRE

s.
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s.
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JACK

P. L .
D. Q.
N. L.
P. Q.

lu 6,
lu 12,
lu 20,
lu 28,

SOULÈU, -

1
2
3
4
5
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Dim.
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8 Dim.
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10 dim.
11 dim.
12 dij.
13 div.
14 dis.
15 Dim.
16 dil.
17 dim.
18 dim.
19 dij.
20 div.
21 dis.
22' Dim.
23 dil.
24 dim.
25 dim.
26 dij.
27 div.
28 dis.
29 Dim.
30 dil.
31 dim.

1.

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a
a
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3 oura
m.
6 oura 46 s.
4 our;i 40 s.
7 OUI;L 48 s.

7 54' — c.

A vent
Sta Bibiana
S. Francès X.
Sta Barba
S. Bassi
S. Nicola
S. Anbrosi
Imac. Conception
Sta Leoucadia
Sta Eulàlia
S. Damase
Sta Rosélina
Sta Lucia
S, Niçoise
S.
S.
Sta
S.
S.
S.
S.

Mesuiin
Adon
Olimpíada
Gatien
Ciprian
Filogone
Tournas

S. Onourat
Sta Vitòria
Cacha-fuec
Calèna
S. Estève
S. Jouan
SS. Inoucent
Sta Eleonora
S. Sabîn
S. Sàuvestre

Calena aufuec,
Pasca àu j'aèc.

sin -

GRANDE MARQUE RECOMMANDÉE

4 35

�- i6-

�- 17

-I

CROUNICA NIÇARDA
L'ABADÏA DE SAN POUON.— L'ABAT RANCE-BOURREY.
GLOFFREDO.

—

—

PÈIRE

A PREPAU DOU DIALETE NIÇART.

Ben qne pareissènt tardié, VArmanac Niçart s'empressa de
pourtà la siéu febla vous su tout cen que enteressa lou païs, sigue
au pounch de vista istoria loucala, pouesia, tradicioun, sigue
tamben su la taquinanta questioun dóu dialete niçart souvenri
fès pauvada e su la quala lu escritour mouderne soun luen d'estre
d'acordi.
Parlerai finda de M. l'Abat Rance-Bourrey, un beneditin qne
despi quauque an en ça mete à prouflt la siéu erudiciou n a nen
revelà de fach d'istoria inedieh. Se quauqu'un mérita d'estre
laudat es ben éu ; es en éu que VArmanac Niçart tressa la
pamoula de sapiença. En esprimant la nouostra recounouissença,
à l'Abat Rance-Bourrey, fen cen que touplen an denembrat,
vouoli dire de courounà lu siéu travail, frucha de ben de recerca,
dai quali obra sian fier d'avé prestat la prima ajuda. Pouden cità :
lou Discours sur le Monastère de Sainte-Claire de Nice, par Honoré
Pastorelli, publié d'après l'édition originale de Turin 1608, avec
une introduction et des notes ; — "Le Général J.-B.-M. D'Anselme" (Notices biographiques (1740-1792). E aquest'an
l'istorien nen douna — toujou de prima man — YExpulsion de
Mgr Valperga, evesque de Niça, au tèms de la Revoulucioun,
travail anoutat de peça curiouvi que sian urous de pouder metre
souta lu uès dei nouostre letour.
*
* *
Lou fach de l'annada, lou mai marcant, es estat aquéu de
l'Abadïa de San Pouon. Parlon de tout destruge pèr li basti an
siéu luec un espitau Pasteur... UArmanac Niçart es pas Penemic
dóu prougrès, ni men encara dei Bei-Art, ma si fa lou pious dever
de jougne lu siéu esfouors en aquelu dei siéu councitadin quo
l'istoria dóu passat passiouna, pèr que l'Abadïa de San Pouon
sigue counservada e classada couma mounumen istorique. En la
circonstança feliciti M. l'Abat Rance-Bourrey que mé rasoun s'e.s
demoustrat l'ardènt defensour autourisat que counouissen. La
siéu paràula es estada escoutada e lou Préfet de li Alpa-Maritima,
8

'

�— i8 M. de Joly — respetuous dei nouostri tradicioun — en ortie
avertit a proumès que l'Abadïa de San Pouon seria respetada e de
lèu si crusià pèr lou siéu classamen tra lu mounumen istorique.
Dóu resta vequi ce que l'Abat Rance Bourrey nen di su San
JPouon. Counsignen religiousamen li siéu paràula :
« L'Abbaye de Saint-Pons est le plus ancien monument relitgieux existant dans le Comté de Nice. Il y a dou^e cents ans que
sSiagrius y fonda un monastère. L'histoire de ce monastère est
jintimement liée à l'histoire religieuse, civile et économique de la
iville de Nice.
;
« Ce fut à Saint-Pons qu'en 1388 fut'signé l'acte réunissant
le Comté de Nice au Comté de Savoie. Les abbés de Saint Pons
ifurent pris dans les principales familles du Comté : les Badat, les
tLaugery, les Provana, les Lascaris, les Grimaldi, les Martelli, les
;Tournefort, etc. Plusieurs évêques de Nice furent abbés de Saint[Pons, en particulier Barthélémy Chuet (fin du xve siècle) et Jean
, Uriole, son successeur. Un autre abbé, Claude de Seyselle, fut
,évêque de Marseille, puis archevêque de Turin ; d'autres furent
cardinaux, tels Innocent Cibo, neveu d'Innocent VIII et de
f
;Léon X, et Paul Medeci de Cesis dont on voit encore l'inscription
(funéraire à Sainte-Marie-Majeure, à Rome.
:
« A la fin du xvir siècle, l'abbé de Saint-Pons était Pierre
•Gioffredo, le savant historien niçois. Enfin, un abbé de SaintiPons dont les Niçois n'ont pas encore perdu le souvenir, était
(l'abbé Spitalieri de Cessole qui a doté sa ville natale d'un établissement de bienfaisance si justement apprécié. La plupart des
pbbès de Saint-Pons et plusieurs évêques de Nice ont été enterrés
dans l'église ou sous le cloître et dorment aujourd'hui confondus
avec les moines leurs frères qui depuis dix siècles y sont enterrés.
« Les monuments funéraires ont disparu. Le temps a tout
(nivelé à Saint-Pons, singulièrement aidé cependant par la main
ides hommes. On connaît les dévastations commises par
Iroupes de François Ier et de Barberousse, plus tard par celles d
Catinat et par d'autres encore. Après chaque désastre, SaintPons a retrouvé une nouvelle vitalité et il y a à peine trois quarts
de siècle que Mgr Galvano y a fait d'importantes réparations.
;
« Saint-Pons n'est pas seulement une page de l'histoire de
notre pays, c'est un gros volume de cette histoire ; les Niçois
laisseront-ils dire qu'ils sont restés indifférents devant le danger
qui menace Saint-Pons ? Non, ils feront tous leurs efforts pour

�— 19 -

sauver de la destruction un monument qui doit leur être cher...
Je demande d'urgence le classement de l'Abbaye de Saint-Pons,
c'est-à-dire de l'Eglise et des bâtiments claustraux, comme monument historique. »
Lou councours de YArmanac Niçart es aquist. Emé fiertà e
au près de touplen de sacrifici faren respetà l'istoria dóu passat,
la lenga e lu escrich dei orne qu'an ilustrat lou nouostre bèu
pais.
*
* *
Despi quauque tèms, — maladia que reven per intermitença,
— la gran questioun de la grafia niçarda, de l'ourtougrafa, es
messa su lou tapis. De letra soun estadi publicadi, d'autri lou seran, e cresi qu'après ben de charra pèr dire pas gran cauva de
nóu, quasi dirii pèr predicà dintre lou Desert, noun restera
d'aquela discussioun, — Favén déjà coustatat, — pas gran cauva,
ren!... Cadun escrèu à la siéu moda seloun l'esprit dóu moumen,
e serii ben curious de counouisse aquéu que vendria nen dità
une metoda en nen dïen : « la mièu maniera d'escrièure lou
Niçart es la bouona». Discussioun scientifica que pòu passiounà
quauque lenguista, pas mai ; lou mihou es d'escrèure seloun li
letra ditadi pèr la prounouncia. Lou talènt pèr aquéu qu'escrèu
es de si laissà liège, de si faire acapi. Es qu'en en un entan que
frecuenta l'escola primària poudès li demandà autra cauva ?...
Perta de tèms que tout acò, vourria mai s'engenià à recercà lu
viei mot, espressioun, loucucioun courenti que la pous dóu tèms
a rabaïat, dounà au nouostre bèu dialete la coulou que dèu avè,
en respetant lu emprunt que pouden avè fach sigue à l'Italian, à
l'Espagnòu o à tout autre...
Un dialète noun dèu pas estre une lenga scientifica, encara
m en noun còu avè la pretencioun que sigue ouficiela, seria temerari ; lou dialete d'un païs dèu refletà lou caratere d'un'epoca que
lou tèms dèu respetà, enfin escrèure gramaticalamen, un noun
empedisse l'autre, e laissà à l'esprit, au goust lou coumplemen
d'un stile ouriginal, en de frasa councisi que flaton i'auriha.
Aquí fermi la discussioun, risqui de perdre la civada... l'an
que ven, se Diéu mi presta vida, v'en dirai d'autri e couma
d'usança que mi sigue permès de la vous souvetà : Bouona e
uroûva !
L'ARMANAC

NIÇART.

�20 —

LA CIGALA DOU BOUON DIEU
Una cigala dóu Bouon Dieu
Tout l'estiéu
E l'iver en la chambreta, —
L'aiguesias vista la lebreta ! —
Noun vivïa que d'amour
S'assetava su l'ounour;
La cigala cantarela,
Vau chanja de clientela,
Noun es courta d'amatour,
Que li viron tout au tour !
Ma l'ancien de la cigala,
De gros mot ven que s'embala ;
En l'auriha de la maire
Li ven tout aquéu bousin,
Que deja toui lu vesin
Sabon lou long de l'afaire
— Cenqu'as fach m'au tiéu tip ?
Di la maire enrabiada...
Bella Vierge encourounada !
Sera au mancou m'un bouon rie!!...
CH. CIAUDO

PROUVERBI, BOUOI MOT, COUNSÉU E DICH
Tèms d'iver noun ti fidar.
Lu màu dei enfan si garisson soulet.
Cau naisse pèr estre bèu, si maridar pèr estre rie, e mouri
pèr estre brave.
Per aver de raïn, eau caressar la souca.
Agnèu naissut
Vau un escut.
Dansa mihou ventre plen que rauba nova.
L'oumbra dou mèstre engraissa lou cavau.

�LOU MAGOT DE BERTOUMIÉU ISSUGA
O BEN

UNA RAISSADA DE MACAROUN
Conte menloanasqae trouvât dintre d'un armori
de ma nana e que /'Armanac Niçart es tirons de
transcrièure en niçart à Ventencioun dei sièu
fidèle lotour et lelrissa.

Bertoumiéu Issuga, mentounasque de viéia roca, abitava en
coumpagnia de sa mouhié, en carriera dóu Paumoulié. La siéu
frema, malurousamen, era sirnplaria e faia lou siéu desespoir.
Cada matin Bertoumiéu, avant de s'en anà au travail, li recoumandava de noun faire de bestialità. Cou vous dire que toui lu
dissata lou nouostre ome metia en un'armari pertuat dintre la
muraia lou gagne de la semana.
— Bertoumiéu ! pèr qu seria tout aquel argen, demandava
Marioun au siéu marit.
— Es pèr Madjou-long, castagnassa !
*
* *
Un jou Bertoumiéu partet pèr anar à la siéu campagna ;
devia même li restar doui ó très jou pèr souïnar e arousar lu
citrouniè. Marioun souleta matin e sera, s'assetava su lou banquet de la pouorta e faïa de bas... Un predinà veguet un ome
de statura mai que mejana, couma si di, un gran carcan. La
frema de Bertoumiéu lou fissa sensa parpelear, pi pihada d'un'
idea, li diguet :
— Moun bèu Moussu, sias bessai vous Madjou-long ?
Lou merlo pita e noun s'en laissa dire autre, léu li
respouonde :
— Noun vous troumpas pas, bella bruneta, sièu ièu Madjoulong !... Ma perqué mi faire tala demanda ?
Perqué ?... dou moumen que sias Madjou-long, intras su lou
cóu. Li a ja pas mau de tèms que moun marit a mes d'argen
amagat pèr vous...
E sensa mai de ceremounia li remeté lou mandiou dintre lou
quai lu sóu eron groupât. L'ome remercia e la s'esbigna lèu.
♦

* *

�Lou sera, Bertoumiéu arriva, la sièu mouhié li di.
— Sabes, ai vist ancuei Madjou-long !
E l'ome de cridar :
— Malurousa ! — m'en a fach encara una 1
Courre à l'armari, lou mandiou e Pargen, mouis !... Issuga
blastema pica dai pen, es décidât de si desiaire de la siéu frema
Lendeman, dóu téms qu'aissesta durmïa, li cuerbe lu uès emé de
pega de sabatié, pi la pihant pèr la man, la mena dapé dóu CapMartin. Arrivât aqui, Bertoumiéu fa mountar Marioun su d'un
nouguié el'abandouna. La paura, bòrnia, noun sabia doun si
trouvava, ni men encara ce que poudia faire.
En aquéu fra-tèms doui voulur venon s'assetar souta
l'aubre ; après aver abrat quauqui branca sequi pèr s'escaufar, pi
si meton à cuentar lou siéu argen.
La calou faguet delegar la pega que curbia Puès destre de
Marioun e aissesta de cridar :
— E d'un !
Lu voulur, d'estuc, s'isson d'emblée.
— Qu'es acó, diguet l'un.
— Un matagan, faguet l'autre.
La calou seguia á faire lou siéu efet pau à pau durbia Puei
senec.
— E de douî, diguet Marioun.
Dóu cou lu voulur escapon, laissant Pargen espantegat soubre
Perba.
Marioun coumença à li veire clar, cala da l'aubre e ramassa
Pargen, pi lèu s'en camina vers maïoun...
Lou sièu marit, pensierons, era assetat dapè dóu fuec, s'escaufant, fumant la sièu pipeta emé beatituda...
— Bertoumiéu !... o Bertoumiéu !... duerbe-mi, siéu iéu,
Marioun...
— Vai au diàu que ti pihe... ièu que cresii de m'en estre
despegouït...
Ma Marioun, toujou picava, un cóu noun asperava l'autre...
L'ome fenisse per li durbi...
— Ten ! regarda cen que ti pouorti.. . e Marioun pauva lou
sac su lou toulié. ..
Bertoumiéu, entartugat, cuenta Pargen e réfléchisse ; — Marioun es simplaria e deman la vila saupra Pistoria de la fouré . ..
Cóu que Bertoumiéu si dispegouïsse pèr empedi li marridi lenga
de bavar...

�— 23 —
Si mete la vesta, lou capèu e souorte fermant la pouorta i..
Faïa nuech dintre la carriera, ma sensa pena s'encamina
vers una boutiga e croumpa pèr mai de dès kilo de macaroun...
Ientra au sièu e di à la sièu mouhié de si metre au liech.
En tant que Marioun durmïa, Bertoumiéu fa bui lu macaroun, pi lu espantega su lu aubre dóu jardin... Lendeman de
matin la siéu frema, desveiada, si mete à la fenestra...
— O ! Bertoumiéu ! Bertoumiéu ! Vene un póu veire!... O
trest ! vè, a plougut de macaroun !...
— O vai fantauma !... n'as toujou una. .. Ten ! ten !... ma
es ver !...
*
* *

A quauque tèms en ça, Bertoumiéu l'avia previst, Marioun
countet à toui que lou siéu ome noun li picava plus, despi lou
jou qu'ela li avia pourtat de sac plen d'escut...
Lou juge aiguent audit parlar de l'afaire, mandet sounar
Bertoumiéu devant lou tribunal ; la siéu mouhié era estada
citada couma testemoni.
Lou juge. — Bertoumiéu, sias acusat d'aver gardât d'argen
que noun era vouostre.
— Iéu !... Ma moussu lou juge, lou negui ; sièu couma
sabès un travaiadou.. .
E Marioun de dire.
— Noun negar, Bertoumiéu, sabés ben qu'es ver ; es iéu en
persouna que t'ai pourtat la mouneda, qu'avii trouvât en la
fouré.. .
Lou juge. — Anas brave ome, noun negués.. .
— E quoura lou m'as pourtat ?... — Vous juri, Moussu lou
juge, que la miéu frema es fouola !...
— E lou sabes ben, Bertoumiéu, es lou jou que plouguet tant
de macaroun !
— Moussu lou juge aves jamai vist ploure de macaroun ?...
— Jamai ! moun beL amic respoundet lou juge que si tenia
lou ventre dóu rire — Amie, vèu que la vouostra frema es
fouola. .. sias aquitat !...
Bertoumiéu si retira emé Marioun... Noun aigueron plus
de disputa e vieugueron, pareisse urous e pèr longtèms !...
J. E.

�CANSOUN ANCIENNA

PÈR LOU

N'aurias pas vist la miêu fiha
Trin-trin
Lou galerin
A'aurias pas vist la miêu Jiha
Trois-wtrois
Le fils du roi
L'ai vista e l'ai baïada
Trin-trin
Lou Galerin
L'ai vista e l'ai baïda
Trois-trois
Le fils du roi.
Douna-mi la miêu fiha
Trin-trin
Lou galerin
Douna-mi la miêu fiha
Trois-trois
Le fils du roi.
Es aqnela la vouostra fiha
Trin-trin
Lou galerin
Es aqaela la vouostra fiha
Trois-trois
Le fils du roi.
La miêu fiha era pas lernia
Trin-trin
Lou galerin
La miêu fiha era pas lernia
Trois-trois
Le fils du roi
La miêu fiha era pas lua
Trin-trin
Lou galerin
La miêu fiha era pas lua
Trois trois
Le fils du roi.
N'es ni guercia ni poutinouva
Trin-trin
Lou galerin
N es ni guercia ni poutinouva
Trois-trois
Le fils du rois.

MAI

�La miéu fiha n'es pas borni a
Trin-trin
Lou galerin
La miêu fiha n'es pas bornia
Trois-trois
Le fils du roi.
Noun faïa pas belugueta
Trin-trin
Lou galerin;
Nonn faïa pas belugueta
Trois-trois
Le fils du roi.
La miêu fiha n'es pas emberrida
Trin-trin
Lou galerin
La miêu fiha n'es pas emberrida
Trois-trois
Le fils du roi.
La m iéu fiha n'es pas pigada
Trin-trin
Lou galerin
La miêu fiha n'es pas pigada
Trois- trois
Le fils du roi.
La miéu fiha noun es pas ranga
Trin-trin
Lou galerin
La miéu fiha noun es pas ranga
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha noun es pas louorla
Trin-trin
Lou galerin
La miéu fiha noun es pas touorta
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha n'es pas crouoada
Trin-trin
Lou galerin
La miéu fiha n'es pas croavada
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha n'es pas gibouva
Trin-trin
Lou galerin
La miéu fia n'es pas gibouva

�— 26 —
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha noun es foularana
Trin-trin
Lou galerin
La miéu fiha noun es foularana
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha n'es pas ingourda
Trin-trin
Lou galerin
La miéu fiha n'es pas ingourda
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha a pas lou peu de pi g nu
Trin trin
Lou galerin
La miéu fiha a pas lou peu de pig nu
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha noun es narvelouua
Trin- trin
Lou qalerin
La miéu ûha noun es narveloiwa
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha noun a la rougna
Trin-trin
Lou galerin
La miéu fiha noun a la rougna
Trois trois
Le fils du roi.
XXX.

PROUVERB1, BOUOI MOT, COUNSÈU E DICH
Qu duerme ben noun cregne li niera.
Qu vè pissar e noun pissa, crêpa de malícia.-'
Qu douna soun ben avan de mouri
Mérita de pati.
L'amour es lou paradis dei fouol.
L'amour es .la flou de la jouinessa.

�LA MOUORT DAU PAURE TOUNIN

Lou paure Tounin, malàut a setant'an, si presenta à l'espitàu
ma li respouondon que li a plus de plaça.
— Coumplet ! ! !
Quauqu'un li fa capi qu'em'un pau de proutecioun li pourria
intrar. Countrariat dei pas que cóu faire, Tounin vira lu taloun e
s'encamina vers la plaça Massena, piha lou tram, si rende da
Graugnard, à l'espitàu dei can, e li di :
— Moussu lou Veterinari, cresi d'estre un pau mai qu'un
can ?... En aquéu cas souîna-mi...
— Vous souînar aici, ma brav'ome perdés la testa. — Basta,
li di que n'a pas de liech pèrcourcar un crestian, que noun douna
de souin qu'ai bestia !...
Tounin, couma pensas, s'en souorte m'au couor gros e noun
sau plus à que sant si recoumandar. Era aqui au mitan dóu
camin, quoura en aquéu moumen arriba un landau, doun cala
una grossa dama, encapelada, aurias dich un ver foungi, segada
d'un varlet que pourtava religiousamen un can enfeloupat emé de
favour rosa au couol, tapat d'un tapis em'ai iniciala. En veèn
aquéu tablèu lou paure Tounin si lamenta, sangluta fouort.
— Qu'avès lou miéu brav'ome, li di la dama.
— Cen qu'ai Madama ?... trovi que lou vouostre can a mai
de chança que iéu. Li a cinquant-cinq an que travaii, pèr la premiera fès que siéu malàut, noun soulamen mi refuson à l'espitàu
dei estre uman, ma encara mi vèu picar la pouorta au nas èn
aquéu dai can.
— Quevoulès, lou miéu paur'ome, ai fach un vout de mimetre
à la Soucietà Proutetriça dei Animau, de pourtar touti li miéu
ecounoumia à la Caissa de secours pèr soulajar lou sort dei bestia.
Lou fau talamen ben, que vouguessi ben vous dounar un sóu
que pourii pas.
La dama li vira l'esquina e ientra couma un coupa-cisèu da
Graugnard. Tounin roumougna :
— Se ti veguessi en un cantoun ti dounerii mancou un gotou
d'aïga !... vièia sansuga !...
Tounin estrassinat, deble s'alonga un pau plus en là, su d'un
mouloun de peira. Quauqui oura après, couma soufrisia, n'ai-

�guènt ren en l'estomegue depi l'auba, coumençava d'aver lou
rangouioun, quoura passet un canipiè que li diguet :
— Que fès aquí, brav'ome ?
— Couma veès siéu aqui pèr tirar lu patoun. M'an refusat â
l'espitàu, même en aquéu dai can, noun mi resta que de mouri
su d'un mouioun de peira. — Avès un carnet su lou quai enregistras lu fach dóu jou, farias ben de li aloungar lou miéu testamen que poudès mentuar couma acô :
— « Bouon Diéu, se mi fes passar encara une fes sur la terra,
fe-mi naisse can au mancou, li aura une Soucietà Proutetriça dei
Animau que si crusira de iéu e pourrai estre amès en un espitau,
estre souïnat, faire bouona vida, menar une vida de can... »
ANT. ROLAND.

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VIGNE
A M. VALÉRE BERNARD.

Dans le ciel doux la Vigne ètreint les pals de buis.
Sous le pampre le merle alourdi des falernes
Tourne son col gris vair et ses paupières lemes
Qu'argenté la blancheur des immuables nuits.
O / fraîcheur, 6 beauté des Igs et des iris,
Que la Vierge éblouie avec les marjolaines
Cueille le soir venu aux vasques des fontaines
Pour colorer en fête, au crépuscule, l'Euis.
Narcisses, ébeniers, œillet et sensitive
Ah ! Versez en mon âme attiédie et pensive
L'orgueil qui souleva les clairs olympiens.
L'amour qui rafraîchit les Madones pieuses
Et qui vêt de clarté les snls athéniens
Et les ravissements des époques heureuses.
JEAN

PADOVANI.

Quauque souvèt :
Vous souveti la bouona annada.
Que siegue mihau que la passada.
Vous souveti la bouona annada acoumpagnada de touplcn
d'autri.

�Eglises et Chapelles de Nice
La vieille ville de Nice se trouvant sur la rive gauche du
Paillon, pour parler de ses églises, nous commencerons par son
église cathédrale, Sainte-Réparate, vierge et martyre, de celles du
canton Est, et en traversant la rive droite nous nous occuperons des paroisses du canton Ouest.
I. — L'Eglise Cathédrale du Diocèse de Nice est la paroisse
de Sainte Réparate, vierge et martyre, sous l'empereur Decius en
253. Sa fête est le 8 octobre. Cette église est au centre de la vieille
ville (8.500 âmes), Avant 1531 la Cathédrale était près du Donjon, plateau de Nice, et dénommée : Sancta Maria in platea,
dédiée à N. D. de l'Assomption. L'édifice actuel, dans son genre,
ressemble beaucoup à Saint Pierre de Rome, au Vatican. C'était
auparavant une simple église paroissiale
desservie par
les Bénédictins du Monastère de Saint-Pons, près Nice.
Dans son ressort se trouvent l'ancienne église de Saint
Jaume (Saint Jacques apôtre), jadis des P.P. Carmes, fermée
depuis 1903. Après le transfert du titre de paroisse à l'église de
Saint Juste, évèquc, au Gesu, elle fut placée sous la vocable de l'Annonciation de la Sainte Vierge, ainsi que la belle Eglise de la
Miséricorde, sur le Cours Saleya, jadis de Saint Gaétan, fondée
e
par les P.P. Theatins au XVIII siècle et cédée à la noble
confrérie des Pénitents Noirs.
La Cathédrale de Nice, paroisse Sainte-Réparate de nos jours,
fut comme l'ancienne au Donjon du Château {Sancta Maria in
platea), le théâtre de plusieurs f lits historiques mémorables dans
les annales de l'histoire de Nice.
II. — L'Eglise de Saint Jacques, an Gesû, dès son érection
en 1612, dédiée à Saint Juste, évêque. Sa fête est le 2 septembre.
En 1665 fut érigée en paroisse sous le titre de Saint Jacques le
Majeur, remplaçant la paroisse de Saint Jaume. On l'appelle
vulgairement le Gesù à cause qu'elle a été fondée et administrée
par les P.P. de la Compagnie de Jésus.
Appartiennent à cette paroisse les deux chapelles des confréries des Pénitents Blancs, la Sainte Croix, — confrérie la

�óo —
plus ancienne de Nice, — et des Pénitents Rouges, Saint Suaire
et de la Sainte Trinité ; l'Eglise du Couvent de là Visitation,
la chapelle de l'ancien séminaire, à la montée du Château, et
jadis l'Hospice franciscain avec chapelle de Saint Joseph des
P.P. Recollets de Cimiez, convertie en maison particulière.
L'Eglise du Gesù est d'ordre corinthien composite, cons truite sur le modèle de l'Eglise des Jésuites de Turin, dite
vulgairement les Saints Martyrs. ( 10.000 âmes).
A l'extrémité de la rue du Malonat, aux racines de l'ancien
château, on voit un oratoire à la Sainte Vierge Marie, sous le
titre de N. D. du Bon Secours. Les habitants de ce quartier érigèrent cet oratoire en l'honneur de la sainte Vierge, en reconnaissance du choléra en 1854.
III. — L'Eglise paroissiale de Saint Martin Evéque dite de
Saint-Augustin est la plus ancienne, elle fut bâtie sur l'emplacement de l'ancienne chapelle de Saint Martin (1205) et appelée
Saint-Augustin parce qu'elle était desservie par les Augustiniens
dont le couvent a été transformé en caserne. (Caserne Filley, près
l'ancienne chapelle Sincaire).
IV. — L'Eglise de Saint-Francois-de-Paule a été édifiée en
1736 d'après le plan de l'architecte
Guarini. En 1838
elle fut érigée en paroisse par décret de Mgr Galvano et appelée
aussi Saint-Dominique en souvenir de l'ancienne église paroissiale
de ce nom qui s'élevait sur la place Saint-Dominique aux lieux et
place de l'actuel Palais de Justice.
V*— L'Eglise du Port ou de l'Immaculée Conception. D'humble
origine. D'abord ce fut une fort modeste chapelle (1835), transformée agrandie par Mgr Galvano, et l'avocat théologue L. Mari
fut son premier curé..
VI. — L'Eglise Saint-Joseph nouvelle paroisse depuis 1911 la
première pierre fut posée le 19 mars 1911, bénie le 29 octobre et
ouverte au public le Ier novembre 1911 sous le patronage de Mgr
Chapon et dirigée par les soins de M. l'abbé Gabrielli.
A cette paroisse appartiennent la chapelle succursale de Saint
Joseph contigüe à l'Evêché, et la chapelle de Notre-Dame des
Anges sur l'ancienne route de Villefranche.
VIL — Saint-Roch. Cette église paroissiale dans la banlieue
de Nice fut érigée après la peste de r68r. Nice fut délivrée de ce
fléau par l'intercession de saint Roch, confesseur, né et mort à

�- Si Montpellier. La paroisse est divisée en deux quartiers, Roquebillière
inférieure et Roquebillière supérieure, jusqu'à la chapelle de NotreDame de Bon Voyage.
VIII. — Rive droite du Paillon, intra muros, se dresse Notre Dame du Vau, paroisse Saint-Jean-Baptiste, qui remplace l'an
cienne église du même nom devenue chapelle inférieure du Lycée.
Cette belle église, vœu delà ville de Nice en 1835, mt érigée en
1842 et terminée en 1852 par Mgr Galvano, évêque de Nice.
La façade ressemble à celle élevée à Turin en l'honneur du retour
du roi dans les états Sardes en 1814.
IX. — Saiiit-Pierre-d' Aréna remplace une chapelle située à la
Croix de Marbre. Elle fut érigée en paroisse en 1803 par Mgr
Colonna d'Istria. Elle doit son nom à ce fait, c'est que lors de sa
fondation elle se trouvait sur le rivage de la mer séparée par une
bordure de sable fin.
X. — Une ancienne chapelle de Sainte-Hélêne-l'Inspiratrice
existait dans ces parages. Elle fut remplacée en face la mer par
une église sous l'épiscopat de Mgr Recrosio (1727).
Six paroisses « extra muros » dépendent de la commune de
Nice.
Sainte-Marie Magdeleine, sise dans le vallon de Magnan, édifiée sur l'emplacement d'une chapelle de même nom, érigée en
1626 et dite vulgairement chapelle « dei cassaire » à cause du
grand nombre de chasseurs. Après le concordat de 1803 sous
l'épiscopat de Mgr Colonna d'Istria, ce quartier qui depuis 1771
dépendait pour le spirituel de la cathédrale fut érigé en paroisse.
Il existe encore aujourd'hui une chapelle de Notre-Dame du Bon
Conseil changée en demeure particulière . Bientôt le besoin de
la population augmentant, une église sera bâtie à la cité Robiony
par les soins du curé actuel de la Madeleine.
Plus à l'est de la ville, toujours dans le canton ouest ce
l'Arquet, se dresse la paroisse de l'Ariane dédiée primitivement à
saint Arnoux, évêque et à saint Pierre, apôtre. Elle fut érigée en
paroisse en 1809 sous l'épiscopat de Mgr Colonna d Istria. Dans
son ressort se trouve l'ancienne chapelle nécropole de l'Abbadie
fondée en 1635 en l'honneur de sainte Claire pour le besoin spirituel de 450 à 500 habitants qui appartiennent aux communes
de Nice, Cantaron Saint-André. Localité d'avenii et à laquelle
le chemin de fer Nice-Coni donnera une valeur stratégique.

�— 32 —
Gairaut avait au moyen-âge une chapelle de secours desservie
par les religieux chevaliers de l'ordre du temple au début, et par
la suite de Rhodes et de Malte. Sous l'épiscopat de Mgr François
Rosini de Martinengo la chapelle fut érigée en église paroissiale
sous le vocable de saint Sauveur o*u de la transfiguration du
Rédempteur.
Dès 1730 les P. Dominicains de Nice fondent à Saint Pancrace un sanatorium pour religieux martyrs avec chapelle en
l'honneur de Saint Pancrace martyr. Cette chapelle est érigée en
paroisse en 1848 par Mgr Galvano.
Sur le couchant de Saint-Pancrace on trouve la paroisse de
saint Roman . martyr ; l'ancienne chapelle fut érigée en paroisse
ainsi que celle de saint-Antoine de Ginestière en 1803 sous Mgr
Colonna d'Istria.
VALENT IN.

NOU VÉ
Tu Çatarina fai lou pan.
Mdumen de jota, d'alegressa,
Fes audi da toui lu couor :
Lu ange canton l'alegressa,
Fuges l'infer, Juges la mouorl.
Chntou !
L'aarika sabla, li a quaucaren aici vesin,
Sembla que senti li joia d'un festin ;
Audi lu tambourin de laen,
Lu Jlajoulet e li musela,
Lu pastre van à Bethelen
Laisson la cabana soaleta ;
Santo nuech, venes aléa nen ralegrà,
Pourtas à toui la pax et la tranquilità !
Tu Catarina fai lou pan,
Manda Lucrecia au safran,
Despende aléa lou lauvaniè,
Chapla la blea su lou taatié ;
Crala de froumai e roumpe d'iiu
E fai la iourta couma fou,
Ché n'aiguen toui en aboundança (bis)
Santa nuech, venes alèu nen ralegrà,
Pourtas à toui la pa.x e la tranquilità .'
En tant faguen etnb'au vesin
t ua santépér lou Bambin,
Toucan lou gotou de bouon vin,
Ernb'aa vesin pér lou Bambin
Ti-ri-tin-tin ! -tinTi-ri tin !

�— 3Î —

L'Expulsion de Mgr Valperga
fEN SEPTEMBRE

1792)

Le 12 octobre 1780 h population de Nice se pressait aux
abords de la porte Pairoliëre pour y recevoir en grandes pompes
le nouvel évêque Charles-Eugène Valperga di Maglione. Ce
prélat avait couché la veille selon l'usage antique à l'abbaye de
Saint-Pons et devait faire ce jour là son entrée solennelle dans
sa ville épiscopale.
Le cérémonial imposant avec lequel on avait reçu jusqu'alors
les évêques fut encore cette fois observé. L'accueil de la population entière fut des plus chaleureux au rapport de Pierre Scaliero
qui en fut témoin (1). Le nouvel évêque, qui remplaçait Monseigneur Astésan nommé archevêque d'Oristano en Sardaigne,
appartenait à une famille de vieille noblesse dont plusieurs membres avaient exercé, à Nice, des fonctions importantes (2). Il
(1) Voir aux Archives municipales le récit détaillé que ce chroniqueur en a laissé dans ses Mémoires. Pierre Scaliero mourut en 1805.
(2) Jacques Valperga, conseiller ducal, fut lieutenant du gouverneur de Nice en 1454 ; Thoma5 Valperga fut gouverneur du château de Nice en 1565 ; Jean Valperga fut également gouverneur de
Nice en 1596 ; Jérôme Valperga fut commandeur du château de
Nice en 1600 ; Pierre Valperga, frère de Jacques Valperga, était
chevalier de Malte (Arch. municipales, registre des gouverneurs,
commandants et chevaliers de Malte) ; Anne Valperga, fille dAmédée
Valperga, épousa, le commandeur de Malte Jean-Paul Lascaris.
(Voir son testament daté de 1683, arch. des Alpes-Maritimes,
registre B, 297.) Joseph Ignace de Valperga reçut de son oncle, Emmanuel Philibert Chiotera, mie partie du fief de Couaraze dont il fut
investi le 20 février 1753. Son fils, Vincent, céda ses droits à H. Novelli. Jérôme Valperga fut sénateur à Nice de 1761 à 1765, puis
ministre plénipotentiaire de Sardaigne à Gênes en 1780 ; plus tard
il fut ministre etsecrétaire d'Etat, ce dernier était le frère de l'évêque
de Nice et fils du comte François Valperga qui vivait encore en
1795Ees armoiries des Valperga étaient fascé d'or et de gueules, à
la plante de chanvre déracinée, d'argent et brochant. Le cimier
était un bouc naissant au naturel et la devise : « Ferme-toy ».
Nous reproduisons les armoiries de Monseigneur Valperga d'après celles qui se trouvent en tête du catéchisme édité par ses ordres
et dont nous devons le dessin à l'obligeance de M. Joseph Casai
(Extrait de 1' « Armoriai Artistique et Nrbiüaire », Ni.e, 1902.
3

�- 34était directeur du collège des Provinces à Turin, lorsque le roi
de Sardaigne le désigna, pour l'évêché de Nice. Il avait été sacré à
Rome où il avait fait ses études. Monseigneur Valperga se distingua immédiatement par sa vigilance et son activité : il releva
le niveau intellectuel et moral des prêtres de son diocèse et s'attacha à mettre en toutes choses la plus grande régularité. Dix-huit
mois après son installation, il publia un nouveau catéchisme
dont le plan avait été préparé par son prédécesseur ^i). Grâce à

ses relations cordiales avec la eour de Turin, il jouissait auprès
des autorités civiles de Nice d'une grande influence. Après douze
(1) Ce catéchisme en italien fut imprimé à Nice par la Société
Typographique. C'est un petit volume in-douze de 612 pages, portant
la date de 1783. En tête se trouve le mandement de Monseigneur
Valperga du 16 février 1782 qui approuve le travail terminé par
le prêtre auquel Monseigneur Astésan en avait confié le soin, ordonne
sa publication et règle l'organisation des catéchismes dans tout le
diocèse. Deux ans plus tard en 1785, Gabriel Floteront, imprima
un autre catéchisme rédigé en dialecte niçois, petit volume in-12
de 228 pages. Un exemplaire de ces deux ouvrages existe à la biblio
thèque de Nice. — Voir Villarey, Série Cronològica dei Vescovi
di Nizza. — Art. Valperga.

�-35 années de séjour dans cette dernière ville il s'était acquis l'estime
et le respect de tous.
*

• *

Lorsque le 28 septembre 1792 dans l'après-midi, les troupes
piémontaises évacuèrent Nice, il y eut dans cette ville une effroyable panique et des milliers d'habitants s'enfuirent dans la direction de Turin. Ce fut un désarroi et une désorganisation complète de toutes les autorités. iMonseigneur Valperga resta à son
poste et s'engagea à ne point quitter la ville. Le lendemain samedi
29 septembre, il accompagna le second consul Honoré Saissi et
quelques membres du Conseil qui se rendirent, vers les onze
heures du matin, à la villa Feraudi, au quartier St Hélène, pour
offrir les clefs de la cité au général d'Anselme qui venait d'y
arriver à la tête des troupes françaises. Le général fit à la délégation assez bon accueil, mais il s'étonna de trouver parmi ses membres, l'évêque dont la place déclara-t-il n était pas là. Du reste,
d'Anselme attacha si peu d'importance à la démarche îles magistrats niçois que dans aucune de ses dépêches officielles il n'en fit
mention.
Sur le soir du même jour, la petite armée française faisait son
entrée dans la ville et le général s'installait dans la maison du
consul de France à la place St Dominique. L'évêque de Nice qui
tenait à rester au milieu de ses diocésains se présenta de nouveau
vers les huit ou neuf heures du soir chez le général auquel il voulait recommander ses prêtres en lui demandant des respecter les
églises. Le général était entouré de tout son état-major, du consul
de France, Pierre Le Seurre, de Honoré Saissi, second consul, de
Féraudi, secrétaire général de la commune. Ces deux derniers
venus probablement pour appuyer les demandes de l'évêque.
L'accueil du général ne fut pas plus encourageant que la première fois ; il intima même avec insistance au prélat l'ordre de
quitter ta ville en ajoutant que le plus tôt serait le mieux et ce
fut sur ces dernières paroles que l'évêque se retira après avoir toutefois reçu du général la promesse que tout ce qu'il laisserait dans
son palais serait placé sous la sauvegarde de la Nation française.
Il n'y avait pas à tergiverser, l'ordre était formel et pressant, il
fallait partir. L'évêque prit ses dernières dispositious et délégua,
au curé de la cathédrale, le chanoine Honoré Navello, tous les
pouvoirs nécessaires pour administrer le diocèse en son absence.
Aux premières lueurs du jour, Valperga quitta son palais, et se

�— 36 dirigea à pied vers la porte Pairolière. Il avait été impossible de
trouver une voiture car tous les moyens de transport avaient été
réquisitionnés et utilisés le 28 septembre pour permettre l'exode
des habitants terrorisés. Il avait ordre de partir, mais cet ordre
n'ayant pas été donné par écrit, les volontaires marseillais, de garde
à la porte de Turin, refusèrent de le laisser passer, l'accablèrent
d'injures, le menacèrent même de le pendre et ne consentirent á
le lâcher que sur un ordre écrit, sollicité et obtenu du général,
grâce à l'intervention courageuse et au sang-froid d'un jeune
niçois, Joseph Castellinard. Monseigneur Valperga se retira à
Turin et y mourut en 1805 sans avoir jamais pu obtenir l'autorisation de rentrer.
*

* *

Il est établi par les documents officiels contemporains que
Monseigneur Valperga ne quitta son siège que sur les ordres arbitraires du général d'Anselme et ces mêmes documents nous
renseignent très exactement sur les incidents fâcheux qui se produisirent au départ de l'évêque. Du reste, on n'ignorait pas à Nice
comment les choses s'étaient passées et la population savait grê à
Valperga de son attitude et de sa fermeté. De son côté, Valperga
avait eu confiance dans la parole à lui donnée par le général au
nom de la Nation française et à plusieurs reprises il manifesta
son étonnement qu'elle n'ait pas été gardée, que ses biens aient
été confisqués, son mobilier vendu, son nom inscrit sur la liste
des émigrés alors qu'en partant il n'avait cédé qu'à la force.
Parmi les nombreux documents qui se trouvent soit aux archives de Nice, soit aux archives nationales il en est quelques-uns
dont la simple reproduction sera plus probante que tous les corn,
mentaires. Il_suffira de citer :
•i° La lettre du Directoire des Colons Marseillais en date du
25 février 1793, adressée aux citoyens Blanqui et Veillon, députés
extraordinaires de la ville de Nice à Paris, au sujet des réclamations présentées le 23 du même mois par Jean-Jacques Donny, au
nom de Mgr Valperga.
20 La réponse du même Directoire à J.-J. Donny, en date du
26 février 1793.
3„ L'arrêté du Département en date du 13 avril 1793.
40 La réclamation présentée au Directoire du département

�Valperga, aussitôt après son inscription sur la liste des émigrés de
la ville de Nice, dressée à la fin de juin 1793.
50 Les états de frais pour l'inventaire et la vente du mobilier
et effets de « l'émigré Valperga Maillone, citoyen évêque » approuvés par le département des Alpes-Maritimes, le 5 germinal an
III (25 mars 1795).
6° Les actes de notoriété dressés le Ier et 2me fructidor an III
(18 et 19 août 1795) par Gautier, juge de paix à Nice, à la requête de Pierre-Joseph Passeron, agissant en qualité de procureur
subrogé par Nicolas Giorni, procureur spécial et général de Mgr
Valperga, par acte de procuration reçu à Turin le 20 juillet 1795,
notaire Pierre-Joseph Bernochio.
70 La pétition adressée au district de Nice le 4 fructidor an III
(21 août 1795) par Pierre-Joseph Passeron, demandant la radiation du nom de Valperga sur la liste des émigrés.
8° L'avis du district de Nice en date du 5 vendémiaire an IV
(27 septembre 1795) déclarant que Mgr Valperga doit être rayé
de la liste des émigrés.
90 L'arrêté du département des Alpes-Maritimes, en date du
14 prairial an V (2 juin 1797) ordonnant la radiation provisoire
du nom de Valperga de la liste des émigrés.
io° L'acte de cautionnement dressé par le département le
11 fructidor an V (28 août 1797), à la requête de Pierre-Joseph
Passeron, procureur de Mgr Valperga en exécution d'une des
clauses de l'arrêté du 14 prairial an V (2 juin 1797).

�- 38 —

DOCUMENTS ET PIÈCES D'ARCHIVES

Pièce 1.

25 février 1793
Aux cit. Blanqui et Veillon
Une lettre du cit. Donny, associé du citoyen LeClerc, défunt président de l'ancienne administration
provisoire, dont vous avez ci-inclus l'extrait ( 1 ), nous
fait connaître que le cit. Valperga, évêque de Nice,
laissa avant son départ (ordonné à son retour par
Anselme) dans sa maison pour environ 34.000 livres,
argent monnayé, et environ pour 17.000 d'effets en
vaisselle, linge, batterie de cuisine etc.
Une portion de ces effets se trouvent encore dans
ladite maison, sous l'inventaire que nous en avons
fait dresser par les commissaires de l'une et l'autre
administration, lorsque nous avons été installés, mais
il s'en faut de beaucoup qu'elle puisse arriver à la
somme de 17.000 livres, pas même le tiers.
Quant à l'argent monnayé entré dans la caisse du
receveur de l'ancienne administration, nous n'y
voyons point la somme que ledit Evêque désigne
avoir laissé dans sa maison. Nous vous remettons cijoint un extrait de l'état des sommes' que le cit.
Bonnet a reçu en espèces, pendant toute sa gestion
de receveur et trouvées parmi les effets des émigrés
français et niçois.
Nous ne voulons rien préjuger sur l'assertion du
cit. Valperga, quoique nous ayons des indices frappants de vérité. Ce ne sera que lorsque nous aurons
pu les convertir en preuves par le témoignage de
quelques citoyens que nous nous procurerons, pour
pouvoir en demander la restitution et la poursuite
contre le pillage.
En attendant, noùs croyons devoir vous faire part
de cette découverte que nous allons communiquer au
Président de la Convention Nationale et au Ministre.
Arch. des A. M. Registre de la correspondance du
Directoire des Colons marseillais L. 5.
Cet extrait manque au registre ainsi que les autres pièces
énoncées dans celte lettre.

�-hLe 2érae février 1793.
Au citoyen Donny, négociant à Nice
Pièce 2.

Votre lettre du 23me de ce mois, citoyen, nous
demande des renseignements sur le temporel du
citoyen Valperga, Evêque de Nice. Nous allons vous
transmettre tous ceux qui sont à notre connaissance
L'administration provisoire en choisissant l'Evêché
pour le lieu de ses séances, vint s'y établir dans les
premiers jours d'octobre, et tout nous porte à croire
qu'elle ne fit aucun inventaire des effets qui s'y trouvaient, du moins nous n'en avons trouvé aucun dans
les papiers qu'elle nous a remis.
En succédant à cette administration provisoire,
uous avons cru que notre premier devoir était de faire
un inventaire de tout le mobilier renfermé dans la maison épiscopale. Nous y avons successivement procédé
en présence des administrateurs provisoires et à mesure qu'ils nous en remettaient les clefs. Tout le mobilier qui s'y trouvait, ne consistait guère qu'en
meubles meublants et ne nous paraît pas avoir la
valeur de 17 mille livres que l'Evêque lui donne.
Vous pourrez, si vous le jugez à propos, faire prendre
à notre secrétariat une copie de cet inventaire. Tout
ce. qui n'est point renfermé dans les appartements
que nous occupons au premier étage, a été laissé à la
garde de Jean Poma, ancien concierge de l'Evêque et
le nôtre.
Pour nous éclairer sur les 34.000 1. argent monnayé que l'Evêque doit avoir laissé en sa maison,
nous avons écrit au cit. Bonnet, receveur de l'administration provisoire, pour lui demander un état des
sommes en numéraires versées dans sa caisse, comme
ayant été saisies et trouvées parmi les effets des Emigrés français et niçois. L'état qu'il nous a remis ne
monte qu'à 74121. 16 s, et aucun article n'a du rapport
avec les réclamations du citoyen Valperga.
Quant à ce qui concerne personnellement le
citoyen, nous avons demandé au Ministre de l'Intérieur de vouloir bien nous dire la manière dont nous
devions l'envisager. Nous savons qu'un ordre arbi-

�— 40 —
traire de Danselme l'obligea de quitter Nice, le jour
de l'entrée des Français. Mais nous pensons aussi que
la proclamation des Commissaires de la Convention
nationale de France et le décret de celle de Nice,
concernant les Emigrés, étaient des motifs suffisants
pour le ramener à son poste et le rassurer sur les
suites de son retour. En persistant à prolonger son
absence, il s'expose à être traité comme émigré, à se
voir déclarer déchu de sa place et confisquer tous ses
biens. Telle est la disposition de la loi, et quoique
nous ayons consulté le ministre sur le cas particulier
de l'Evêque, nous prévoyons que sa réponse sera de
nous en tenir à la rigueur des lois, ainsi que plusieurs
instructions nous l'ont déjà annoncé.
Vous sentez, citoyens, que tout le mobilier de
l'Evêque doit rester séquestré jusqu'à son retour ou à
la décision du Ministre. Il peut être tranquille sur la
conservation de tout ce que nous avons trouvé en
entrant dans sa maison. Ce qui a pu en être enlevé
avant notre entrée en fonctions, est étranger à notre
gestion. Mais nous employerons tous les moyens qui
sont en notre pouvoir pour en trouver les traces, en
acquérir les preuves et en faire punir les coupables.
Les administrateurs, etc.
Archives des A.-M., Registre
suivants.

,L. 5,/°7i verso et

Lettre des commissaires de la Convention
Nationale et arrêté du Département des A. M.
Nice, le 9 Avril 1793, l'an 1 Ie de la Repu bublique Française.
« Vous voudrez bien, citoyens, en nous envoyant
les noms et prénoms de l'évêque de Nice, nous instruire officiellement d'après les "dispositions des lois,
s'il est censé démissionnaire et son siège vacant.
« Les Commissaires de la Convention Nationale
au département des A. M.
GRÉGOIRE, JAGOT (I)

(1)

Archives des A. M. L. 29 ancien. L

7

actuel.

�— 4i (i3 avril 1793)
Le Directoire ; vu la réquisition du citoyen Procureur Général sindic « Considérant que Charles Eugène Valperga, évêque de Nice, n'avait point quitté
son domicile lors de l'entrée des troupes de la République ; considérant qu'il a lui méme-accompagné les
consuls d'alors quand ils furent présenter les clefs
de la ville et inviter le général Anselme à venir en
prendre possession au nom de la République ; considérant que le général Anselme par ses ordres arbitraires et tiranniques, accompagnés même de menaces contre ses jours, l'ont forcé de s'éloigner ; arrête
qu'il ne peut le déclarer émigré, et qu'il sera répondu
aux Commissaires de la Convention nationale d'après
les principes ci-dessus.. »
Sign : PAUMÉ ; BARLI FABRI ; F. CASTKLIMARD ;
ANGLES ; BERNARDI, secrétaire général. (1)
pjj

ce

^

Aux citoyens composant le Directoire du
département des Alpes-Maritimes..
22 juillet 1793.
Citoyens,
Le citoyen Jean-Jacques Donny, soussigné, chargé
des intérêts du citoyen Valperga, évêque de Nice
absent, ayant été informé que par votre délibération
du 29 du mois passé, ledit citoyen Valperga avait été
déclaré émigré, vous représente avec tous les égards

(1) Archives des Alpes-Maritimes, Registre L,. 3, folio 101. L'Arrêté n'est pas signé par le procureur syndic Jean-François Tourre
ni par l'administrateur Jean-L,ouis de Villiers qui ne partageaient
point l'opinion de leurs collègues. A noter que Tourre était d'Antibes
et que de Viliers était un médecin français établi depuis longtemps
à Nice.
I/Arrêté fut pris malgré le réquisitoire de Tourre qui voulait
déclarer Monseigneur Valperga émigré et malgré un violent discours de Villiers soutenant la même thèse qui fut combattue par
Barli Fabri, par Castclinard et par Anglès. J'ai déjà publié in-extenso
cette délibération du 13 avril T793 au cours d'un article sur l'église
de Nice en 1792-1793 inséré dans Nice Historique du Ier avril 1903,
C'est pourquoi je reproduis ici simplement la lettre des
commissaires et l'arrêté du département.

�- 42 —
dûs au pouvoir dont l'exercice vous a été confié par
le peuple souverain que le citoyen Valperga ne peut
ni ne doit sous aucun rapport être considéré comme
émigré, par les motifs ci-après :
i° Qu'il est de notoriété publique qu'il n'a quitté
le pays que contre son gré et par ordre du général
Anselme :
2° Qu'il a constamment été disposé et a offert
de revenir dans son diocèse, moyennant qu'il ne fut
assujetti à prêter qu'un serment relatif au temporel et
non au spirituel.
3° Qu'enfin et par la raison que n'étant point
indigène, mais étranger, son séjour ici n'a été dé terminé que par sa nomination à l'épiscopat, événement casuel qui n'a jamais pu le soumettre à l'obligation de renoncer pour toujours à sa mère-patrie.
Tous ces motifs, soit qu'on les prenne collectivement ou séparément, démontrent suffisamment,
citoyens administrateurs, le droit incontestable, qu'a
le citoyen Valperga de demander et prétendre la
radiation de son nom du tableau des émigrés, et si
le ministre de l'Intérieur n'a fait aucune distinction
entre lui et les autres citoyens, c'est sans doute qu'il
a ignoré les circonstances qui vous sont exposées
ci-dessus, et notamment la dernière, car s'il les eût
toutes connues, il n'est nullement probable qu'il eût
décidé comme il l'a fait. Toute hypothèse contraire
serait une injure faite à ses sentiments et à ses lumières. Un homme tel que lui, dont les vertus civiques, le patriotisme et les talents l'ont appelé au
poste aussi honorable que pénible qu'il occupe, doit
ressembler autant que possible à la Nation pour
laquelle il agit et qui l'a honoré de sa confiance.
Cette nation est grande, généreuse, magnanime,
juste et bienfaisante.Elle ne peut qu'êtreextrêmement
jalouse de sa gloire, et l'un des principaux devoirs de
ses agents est d'éviter soigneusement d'en ternir
l'éclat.
Le refus qui serait fait de rayer de la liste des
Emigrés le nom du citoyen Valperga, refus qui entraînerait avec lui la confiscation des minces propriétés de ce citoyen, serait un acte qui imprimerait à

�-

43

-

jamais une tache ineffaçable à la gloire du nom français ; tache qui ne pourra manquer de frapper également les yeux des contemporains et ceux de la postérité ; tache enfin que les historiens ne manqueront
pas de faire ressortir par des couleurs enluminées, et
le bel effet qu'un pareil tableau produirait, citoyens
administrateurs, serait votre ouvrage.
Mais non, loin de nous, cette idée ! Vous êtes
républicains ! cela suffit. Les républicains sont vertueux. Ils aiment, chérissent, protègent, respectent
la vertu partout où elle se trouve. Et le citoyen Valperga aussi est un homme vertueux ! Qui en doute ?
Nul bon citoyen, nul honnête homme. Souvenezvous, citoyens administrateurs, que ce n'est que par
ses vertus qu'il a mérité l'amour et l'affection du
peuple Niçois et non par sa qualité d'évêque. Et plût
à Dieu que tous les ecclésiastiques lui eussent ressemblé ! La France n'eut point éprouvé d'aussi horribles secousses, pour asseoir, affermir et assurer sa
liberté.
La République a incontestablement le droit de
renvoyer hors de son sein tout individu qui ne lui
convient pas, mais en renvoyant ainsi un étranger
qui, d'ailleurs, n'a pas encouru la peine de la confiscation de ses biens, elle lui permet de les emporter ou
de les vendre et d'en emporter le produit. Tel est
précisément le cas du citoyen Valperga.
L'exposant demande en conséquence, citoyens
administrateurs, qu'il vous plaise prendre dans votre
sagesse une délibération tendante à rendre audit
citoyen Valperga sa qualité de citoyen français non
émigré, à lui accorder un délai compétent pour rentrer dans ce pays soit comme simple citoyen ou
comme fonctionnaire public et à lui assurer dans
tous les cas la restitution de ses propriétés par lui
laissées sous la sauvegarde de la loyauté française
dans la maison épiscopale, lors de sa retraite forcée,
ou la juste indemnité de leur valeur. Et sera justice.
Nice, le 22 juillet 1793, l'an second de la République française, une et indivisible.
Jean-Jacques DONNY.
l
ARCHIVES NATIONALESF/ 4.867 , dossier Valperga.

�- 44 Pièce 5.

Etat de frais de vente pour parvenir à l'inventaire
et vente des effets de l'émigré Valperga Maillone,
citoyen évêque :
5 germinal an III (25 mars 1795)
Pour une séance de trois commissaires dont un du
District et deux de la Commission municipale, fixée
à trois livres par séance par le Directoire du district
et approuvé par les Représentants du
Peuple
L.
9 »
Papier timbré tant de la minute que
des deux extraits
»12
Pour la copie desdits deux extraits . .
» 8
Droits d'enregistrement
13 10
31

2

Nous soussignés certifions le compte ci dessus véritable.
Signés : J.-B. Thomaty, comm. du dist. ; Savigny,
comm. munie. ; Mabil, comm. municip.
Frais de la vente :
Pour quatre séances de deux corn missaires dont un
du District, un de la Commis, mun. sans le membre
de l'administration fixées à trois livres par séance par
le Directoire du district et approuvé par les Représentants du Peuple .
L.
24 »
Au trompette pour publication de
quatre criées
5 »
Au crieur à la vente, quatre séances .
12 »
Aux portefaix qui ont travaillé au
transport des effets
40 »
Papier timbré tant de la minute que
de l'extrait
1 »
Bougie
3 »
Droits d'enregistrement
27 »
Papier timbré du petit état
» 4
A la femme qui a assisté à la vente
pour l'arrangement du linge
» 12
L.
Signés : J.-B. Thomaty, comm. du
district ; Savigny, comm. municip.

1

159 6

�Vu par nous, membres composant la Commission
Administrative du district et d'après l'arrêté du district, approuvé par les Représentants du Peuple et la
loi du il et 12 Mars, arrête l'état des frais ci-dessus
se montant à la somme de cent cinquante neuf livres
trente centimes, qui seront acquittés par le receveur
du droit d'Enregistrement lorsque le Département
aura vérifié ledit état.
Nice, le 29 ventôse an 3"" de la République française une et indivisible (19 mars 1795).
(Suivent les signatures).
Vu l'état des frais ci-dessus pour parvenir à l'inventaire et vente du mobilier de l'émigré Valperga
Maillone ci-devant évêque.
Vérifié et arrêté par le Directoire du district de
Nice, la Commission Administrative du département
des Alpes-Maritimes approuve ledit état et ordonne
au citoyen Maussier, receveur de l'enregistrement
cîudit district de payer aux citoyens J. B. Thomaty
et Savigny, comm. la somme de 159 livres et 30
centimes pour montant des frais pour inventaire et
vente des susdits effets de l'émigré, laquelle somme
lui sera allouée en compte.
Fait à Nice le 5 germinal an 3me républicain ( 25
mars 1795).
Etat des frais pour parvenir d la vente du mobilier de
l'émigré Charles Eugène Valperga Maillone, citoyen
évêque.
Pour trente-neuf séances de trois commissaires
dont un du District et deux de la Commission municipale, fixé à trois livres par séance par le Directoire
du district et approuvé par les Représentants du
peuple
L.
351 »
A deux portefaix, dix-neuf journées et
demi chaque fixées à cinq livres par jour.
195 »
Au trompette pour publication de
trente-neuf criées fixées à une livre cinq
sols chaque
48 r 5
Au crieur à la vente, trente-neuf séan
ces fixées á trois-livres par séance ....
117 »

711 1$

�- 4* Report
Papier timbré tant de la minute que
de l'expédition
Pour copie dudit extrait fixé à quatre
livres
Papier timbré du présent état ....
Bougie
Droit d'enregistrement
Plus deux autres journées de portefaix à cinq livres
Un paquet de plume
L.

148
4
6
421

»
4
»
»

20
5

»
»

1.182

7

Nous soussignés certifions le compte ci-dessus,
véritable.
Nice, le Ier ventôse an 3me de la République (19
février 1795).
Signés : J.-B. Thomaty, commissaire du district ;
Savigny, comm. ; Honoré Mabil, comm. municipal.
Vu par nous, membres composant la Commission Administrative, de ce District, et d'après la loi
du 11 et 12 Mars 1793 (v. s.) et l'arrêté de cette
Commission approuvé par les Représentants en date
1^ Fructidor, oui l'agent national, arrête l'état des
frais se montant à onze cent huitante deux livres et
trente cinq centimes qui seront acquittés par le
receveur de l'agence de l'enregistrement sur le produit de la vente desdits meubles, lorsque le Département aura vérifié ledit état.
Nice le 29 ventôse an 3me de la République
française une et indivisible (19 mars 1795).
(Suivent les signatures).
Vu l'état des frais ci-dessus pour parvenir à la
vente du mobilier de l'Emigré Valperga Maillone cydevant évêque.
Vérifié et arrêté par le Directoire du district de
Nice.
La Commission administrative du département
des Alpes-Maritimes, approuve ledit état et ordonne

�— if au citoyen Maussier, receveur de Penregistrement
dudit district de payer aux citoyens J.-B. Thomati,
Savigni et Honoré Mabil, commissaires, la somme de
mille cent quatre vingt deux livres trente cinq centimes pour montant des frais de la vente des susdits
effets de l'Emigré. Laquelle somme lui sera allouée
en compte.
Fait â Nice le 5 germinal an 3me républicain (25
mars 1795).
Arch. des A. M. L. 15 ancien p. 44-45 N° 34-35

Actes de Notoriété
Pièçe g

1-2-fructidor an III
18-19 août 1795
EGALITÉ, LIBERTÉ

AU NOM DE LA LOI
Ce jourd'hui, premier Fructidor, l'an troisième
(18 août 1795 de la République française, une et indivisible, à Nice, chef-lieu du département des AlpesMaritimes, par devant Nous, Antoine Gautier Juge de
paix de la Ier, 2m" et 3me section et officier de police,
est comparu le citoyen Pierre Joseph Passeron, natit
tic la commune de Contes et habitant en celle de Nice
depuis plusieurs années.
Lequel en sa qualité de procureur du citoyen
Charles Eugène Valperga de Maillone, évêque de Nice,
subrogé par le citoyen Nicolo Giorni, homme de loi,
procureur spécial et général établi (par acte reçu) par
le notaire Pierre Joseph de Bernochio, le 20 Juillet
dernier (v. s.) qu'il présente, légalisé par le résidant
de la République de Gênes auprès de la Cour de Turin, dont il résulte le pouvoir donné au citoyen Giorni, de subroger en son lieu et place, avec tous les
pouvoirs compris au dit acte, et il présente au surplus l'acte de sa dite subrogation faite par le même
citoyen Giorni, reçu en la ville de Gênes le premier

�- 48 du mois d'août dernier (v. s.) par le notaire Antoine
Baglietto, légalisée par le consul de la République
française.
Il expose que le vingt neuvième jour de septembre
de l'année 1792, l'armée de la République, étant arrivée en cette ville, commandée en chef par le citoyen
général d'Anselme, lorsque ce général, vers le soir,
fut arrivé et il eut pris son logement dans la maison
habitée par le ci-devant consul de la République Le
Seurre, ledit citoyen Evêque Charles Eugène Valperga de Maillone s'y étant présenté, ledit général d'Anselme, en présence de tout son Etat-Major, lui signifia
d'abord de devoir partir de cette ville. Sur quoi le
dit évêque ayant répondu qu'il avait cru de pouvoir
continuer sa résidence en cette ville et tellement l'avait cru, qu'il n'avait jamais pensé de distraire et en
faire partir le moindre de ses meubles et effets, qu'il
avait dans la maison d'habitation de l'tvêque et que
si absolument il lui ordonnait de partir, il le priait de
lui accorder la sauvegarde sur tous lesdits effets et
meubles. Le dit général d'Anselme lui répliqua qu'il
dut absolument partir de cette ville, en ajoutant que
le plus tôt en serait le mieux, et qu'à l'égard de ses
meubles et effets qu'il avait, il les mettait dès ce ino
ment sous la sauvegarde et loyauté de la Nation française et qu'il pouvait en être tranquille, après quoi ledit
évêque Valperga de Maillone, tout tremblant, ayant
dit qu'il allait se conformer dès le lendemain au matin à ses ordres, se retira ; ledit général d'Anselme
lui ayant encore répliqué : le plus tôt sera le mieux.
Et comme il importe audit citoyen évêque Valperga de Maillone de constater le fait ci-dessus expo"sé, suivi en présence de tout l'Etat-Major dudit général d'Anselme et de plusieurs citoyens de cette commune, l'exposant, en sa dite qualité vous présente les
citoyens Pierre Le Seurre, ci-dessus nommé, ci-devant
consul en cette ville de la République, le citoyen Honoré Saissi de cette commune qui pour lors était second consul de la même commune, le citoyen Philippe Emmanuel Féraudi qui pour lors était secrétaire de
Ìa même commune et le citoyen Ange Giraudi aussi

�- 49 de cette commune, pour recevoir leurs dépositions
sur ledit exposé et vous fait instance que de tout lui
soit concédé acte, ce que nous lui avons accordé, et a
signé.
PIERRE JOSEPH PASSERON.

Et de suite se sont présenté les susnommés
citoyen Le Seurre, natif de Craon, âgé de 75
ans, bourgeois, le citoyen Saissi, âgé de 70 ans,
négociant, Emmanuel Feraudi, âgé de 68 ans, notaire, Ange Giraudi, âgé de 63 ans, négociant,
natifs et domiciliés dans cette commune, auxquels
après avoir fait lecture dudit exposé fait par ledit citoyen Pierre Joseph Passeron, en sa dite qualité, les
avons interpellés sur serment que leur avons fait prêter, conformément à la loi, de nous dire en leur âme
et conscience si tous les faits énoncés dans le même
exposé sont de leur connaissance et tous les quatre ont
répondu et attesté tant uniment que séparément en
être pleinement informés, s'y étant trouvés présents,
et que le tout contient la vérité, toute la vérité et
rien que la vérité. En foi de quoi ils ont signé :
LE SEURRE, HOSORI'J
SAISSI, PHILIPPE EMMANUEL FÉRAUDI,
ANGE

GIRAUDI.

Et nous, juge de paix, vu les dépositions ci-dessus, avons de tout concédé acte au susnommé citoyen
Pierre Joseph Passeron en sa dite qualité, pour lui
servir et valoir dans tous les cas, à ce que de droit et
de raison. Fait à Nice, l'an et le jour que dessus.
GAUTIER, juge de paix.
BONIFACI, sec. greffier.
Vu par nous, membres du District de Nice, 3 vendémiaire an IV rép. 25 sep. 1795, TOSELLI, JN COPPON
fils, VÉRANI pr. syndic, SAYTOUR Martin.

�— 5o —
EGALITÉ, LIBERTÉ.

AU NOM DE LA LOI
Ce jourd'hui. second jour de Fructidor de l'an 3
août 1795) de la République française une et indivisible, à Nice, chef-lieu du département des AlpesMaritimes, par devant nous, Antoine Gautier, juge de
paix de la iere, 2M* et 3ME section et officier de police,
est comparu le citoyen Pierre Joseph Passeron : natif
de la commune de Contes et habitant en celle de Nice
depuis plusieurs années
Lequel en sa qualité de procureur du citoyen
Charles Eugène Valperga de Maillone, évêque de
Nice, subrogé par le citoyen Nicolo Giorni, homme
de loi, procureur spécial et général établi (par acte
reçu) par le notaire Pierre Joseph de Bernochio, le 20
Juillet dernier (v. s.) qu'il présente, légalisé par le résidant de la République de Gênes auprès de la Cour de
Turin, dont il résulte le pouvoir donné au citoyen
Giorni, de subroger en son lieu et place, avec tous les
pouvoirs compris audit acte, et il présente au surplus
l'acte de sa dite subrogation faite par le même citoyen
Giorni, reçu en la ville de Gênes le premier du mois
d'août dernier (v. s.) par le notaire Antoine Baglietto,
légalisée par le consul de la République française.
Expose : Primo, que le matin du trente septembre 1792, le citoyen Charles Eugène Valperga de
Maillone, évêque de Nice, en partant de cette ville
avec deux domestiques à sa suite, qui portaient un
paquet et quelques effets, fut arrêté à la porte qui conduit en Piémont, ci-devant nommée porte Victoire,
et conduit au vestibule de la maison presque attenante
à ladite porte, appartenant au citoyen Dominique
Castellinard, où se trouva le citoyen Joseph Castellinard, fils dudit Dominique, et malgré que ledit Evêque Valperga déclara aux soldats de la Garde de la
dite porte qui étaient des Marseillais, que c'était en
conséquence d'ordre qui lui avait été signifié par le
citoyen général d'Anselme qu'il partait de cette ville,
lesdits soldats commencèrent par le malmener et lui
(19

�signifier qu'ils voulaient le pendre et ayant ouvert
ledit paquet et y ayant trouvé entre autres effets, une
ceinture d'évêque, ils déterminèrent, à l'instant, de le
pendre avec ladite ceinture, et ayant essayé si la même
était assez forte pour le soutenir, en la préparant, elle
se fit en lambeaux, de façon qu'ils vérifièrent qu'elle
ne pouvait leur servir et demandèrent audit Joseph
Castellinard fils une corde, pour pendre ledit évêque,
à un grand anneau de fer qui était au plafond dudit
vestibule, servant â y passer une verge de fer pour
peser les marchandises, et ledit citoyen Castellinard
fils, leur ayant absolument refusé de leur donner de la
corde, en s'excusant qu'il n'en avait point, comme
dans tous ces entrefaits ledit évêque se trouve mal et
ne peut plus se soutenir, ledit Castellinard fils lui fit
apporter une chaise, par sa servante à qui quelques
uns de ces soldats donnèrent des coups de poing pour
avoir porté ladite chaise et le même Castellinard le
fit ensuite asseoir sur ladite chaise, en le soutenant,
parce qu'il ne pouvait se soutenir droit ; d'autant plus
qu'en attendant, lesdits soldats marseillais lui disaient mille exécrations, lui crachaient dessus et lui
donnaient des soufflets, et assurément ils l'auraient
fini, si dans cet intervalle un de ses domestiques
n'avait été dire au citoyen général d'Anselme ce qui
venait d'arriver, et ledit domestique étant venu avec
un billet dudit général d'Anselme qui ordonnait à la
garde de le laisser partir, puisque c'était de son ordre,
en conséquence de ce billet lesdits soldats marseillais
se bornèrent pour lors à lui dire et crier mille invectives et injures et le laissèrent partir, ce que ledit
évêque, malgré qu'il ne pût se remuer, à l'aide de ses
domestiques fit au mieux possible en tremblant, de
façon qu'il doit son existence au refus ferme et déterminé que ledit citoyen Castellinard fils leur fit de
leur donner une corde, sans quoi avant l'arrivée du
dit domestique portant l'Ordre du général d'Anselme, il aurait été pendu et étranglé.
Secondoque lefaitci-dessusfut d'abord public et notoire, de notoriété publique dans cette ville et encore
plui le lendemain premier octobre, puisque les autres

»

�— 52 —

soldats de la Phalange Marseillaise, arrivés sur le soir
dudit jour trente septembre, d'abord après leur arrivée
cherchèrent l'évêque qu'ils voulaient le lanterner et
mettre en pièces, comme ils s'expliquèrent hautement,
ce qui joint au fait arrivé dans ledit vestibule de la
maison Castellinard, étant devenu d'une notoriété publique donna l'épouvante à tous les gens honnêtes du
pays, qui disaient que le citoyen général d'Anselme en
ordonnant audit évêque de partir, en mettant sous la
sauvegarde de la Nation française ses meubles et ses
effets, avait voulu le sauver.
Et comme il importe audit citoyen Passeron, exposant en sa dite qualité, de constater par témoins le
fait ci-dessus exposé, il nous présente ledit citoyen
Joseph Castellinard fils de Dominique de cette commune, âgé de 21 ans, de profession, négociant, qui se
trouva présent au fait énoncé dans le Ier article de l'exposé ci-dessus, et au surplus informé de la notoriété
des faits énoncés au second et dernier chef, de ladite
exposition et il nous présente les citoyens Jean-Jacques Donny, natif de Neufchâtel en Suisse, âgé de 39
ans, de profession, négociant ; Joseph Poullan, natif
de Clavesana, en Piémont, âge de 48 ans, négociant ;
Jacques Gerbin, âgé de 60 ans, tailleur, Jean-Marie
Thaon, âgé de 56 ans, négociant, natifs et tous domiciliés en cette commune pour déposer sur ladite
notoriété énoncée dans ledit second fait exposé, pour
recevoir leurs dépositions, et nous fait instance que de
tout lui soit concédé acte, ce que nous lui avons accordé et a signé.
Pierre-Joseph PASSERON .
Et de suite se sont présentés les susnommés citoyens Joseph Castellinard, Jean-Jacques Donny, Joseph Poullan, Jacques Gerbin, et Jean-Marie Thaon,
ci-dessus qualifiés, auxquels après avoir fait lecture
dudit exposé fait par ledit citoyen Passeron, en sa
dite quálité, les avons interpellés sur serment, que
leur avons fait prêter, conformément à la loi, de nous
dire en leur âme et conscience, si tous les faits énoncés dans le même exposé sont de leur connaissance,

�- 53 et ledit citoyen Joseph Castellinard a répondu et
attesté en être pleinement informé pour avoir été
présent au fait exposé dans le i" article de ladite exposition, et pour avoir publiquement entendu dire les
faits énoncés dans le second chef qui était en cette
ville notoire de notoriété publique et lesdits citoyens
Jean-Jacques Donny, Joseph Poullan, Jacques Gerbin,
Jean-Marie Thaon, ont répondu et attesté tant uniment que séparément être pleinement informés de
l'énoncé dans le second chef de ladite exposition,
puisque les faits y énoncés étaient notoires, de notoriété publique en cette ville, et tous lesdits citoyens
ont respectivement attesté pour ce qui les concerne
que tout contient la vérité, toute la vérité et rien que
la vérité. En foi de quoi ils ont signé : Joseph Castellinard fils,Jean-Jacques Donny, Joseph Poullan, Jacques
Gerbin, Jean-Marie Thaon.
Et nous, Juge de paix, vu les dépositions ci-dessus,
avons de tout concédé acte au susnommé Pierre Joseph Passeron en sa dite qualité pour lui servir et valoir dans tous les cas, à ce que de droit et de raison.
Fait à Nice l'an et jour que dessus.
GAUTIER,
BONIFACI,

juge de paix.
sec. gref.

Vu par nous, membres Du district de Nice, le 3
vendémiaire anIV rep. (25 sept. 1795).
Jn. COPPON fils, VÉRANi, pr. syndic, TOSELLI, Saytour
MARTIN.

Arch. Nat. F

7

4867 *

�54 -

PÉTITION au DISTRICT de NICE
et AVIS de ce DISTRICT
ÉGALITÉ,

LIBERTÉ

5 vendémiaire
27 septembre 1795 an IV
AUX

CITOYENS ADMINISTRATEURS
DU DISTRICT DE NICE

Le citoyen Pierre Joseph Passeron, natif de la
commune de Contes, habitant en celle de Nice depuis plusieurs années.
Vous expose en qualité de procureur du citoyen
Charles-Eugène Valperga de Maillone, évêque de
Nice, subrogé par le citoyen Nicolo Giorni, homme
de loi, son procureur spécial et général fondé par acte
reçu dans la ville de Turin par le notaire PierreJoseph de Bernochio, le 20 juillet dernier (v. s) légalisée par le résident de la République de Gênes, près
la Cour de Turin, duquel il résulte le pouvoir donné
audit citoyen Giorni de subroger en son lieu et place
avec tous les pouvoirs compris dans le même acte,
qui se trouve copié mot pour mot dans celui de la
subrogation faite par le même citoyen Giorni, reçu
en la ville de Gênes le Ier du mois d'août dernier
(v. s* par le notaire Antoine Baglietto, légalisée par
le consul de la République française, le 13 Thermidor dernier (3 1 Juillet 1795), qu'il vous exhibe qu'étant arrivé dans cette ville le vingt-neuvième jour
du mois de septembre de l'année 1792, l'armée de la
République française, commandée par le citoyen général en chef d'Anselme lorsque celui-ci y fut arrivé
le soir et eut pris son logement dans la maison d'habitation du citoyen ci-devant consul de la République
Le Seurre, ledit évêque Charles-Eugène Valperga de
Maillone, s'étant présenté, le même général d'Anselme
lui signifia d'abord en présence de son Etat-Major de
partir de cette ville, sur quoi ledit évêque lui répondit qu'il avait cru pouvoir continuer sa demeure dans
cette ville et qu'à cet effet il n'avait jamais pensé de

Pièces 7 et 8

�- 55 distraire, ni faire partir le moindre de ses meubles et
effets qu'il avait dans la maison d'habitation de
l'évêque, que si absolument il lui ordonnait de partir,
il le priait de lui accorder la sauvegarde pour tous ses
dits effets et meubles, ledit général d'Anselme lui
répliqua : Le plus tôt sera le mieux, ce qui tout est
constaté par les attestations ci-jointes du premier et
second jour de fructidor dernier qu'il vous présente
également.
Qu'il résulte aussi par lesdites attestations, que
ledit évêque Valperga de Maillone fut forcé par ledit
général d'Anselme de partir de cette ville que tous
ses meubles et effets fussent mis sous la sauvegarde de
la Nation française et qu'étant parti le lendemain 30
dit septembre, il risqu'à d'être pendu ef étranglé paties soldats de la Phalange Marseillaise qui se trouvaient de garde à la porte ci-devant dite Victoire, ce
que tout fut d'abord notoire et de notoriété publique
dans cette ville.
Vous observe que ledit évêque Valperga est natif
du Piémont où il se retira et que s'il a résidé dans
cette ville, ce n'a été que pour raison de son ministère, que tout cela nonobstant il a été porté sur la liste
des émigrés, a été vendu la plus grande partie de ses
meubles et effets, et cela même nonobstant la préalable réclamation que le citoyen Jean-Jacques Donni,
chargé des intérêts dudit évêque avait fait à l'ancien
département par sa pétition du 22 juillet 1793 (v. s)
qui existe dans les Archives de ce district, résultant
ainsi que tout cela a été fait et opéré contre le droit des
gens et la sauvegarde de la loyauté française qui fut
promis audit évêque.
En conséquence, l'exposant demande en sa dite
qualité de procureur dudit citoyen évêque CharlesEugène Valperga de Maillone la radiation de son
nom de la liste des émigrés, la levée des scellés, la
restitution de ses propriétés et l'indemnité de celles
qui ont été distraites et vendues au nom de la Nation,
et sera justice.
(21 août 1795).

�- 56 Nice le 4me jour de Fructidor de l'an 3me de la
République française une et indivisible.
Signé : Pierre-Joseph PASSERON.
Vu la pétition ci-dessus du citoyen Pierre-Joseph
Passeron présentée au nom et comme procureur subs
titué du ci-devant évêque de Nice, Charles-Eugène
Valperga tendante à obtenir la radiation de son nom
de la liste des émigrés, la levée du séquestre et remission de ses effets restant ainsi que l'indemnité de
ceux qui ont été distraits ou vendus.
Vu une première pétition présentée à l'ancienne
administration du département par le citoyen JeanJacques Donni, au nom du citoyen Valperga en date
du 22 juillet 1793 tendante aux mêmes fins.
Vu la procuration en date du premier août 1793
(V. s.) faite à Gênes, par devant le notaire public Antoine Baglietti, légalisée par le Consul de la République française y résidant, ainsi que l'acte de procuration y inséré, en date du 20 Juillet 1795.
Vu l'attestation de quatre témoins faite avec serment par devant le juge de paix de la 1", 2"", 3me section de cette commune, en date du 1" Fructidor dernier '18 août 1795).
Vu autre attestation de cinq témoins faite par
devant le susdit Juge de paix, le 2 dit fructidor, aussi
sous serment.
Considérant que par la première des 2 attestations il est pleinement prouvé que le vingt-neuvième
septembre 1792, aussitôt après l'entrée de l'armée
française dans cette commune, le sus-nommé évêque
Valperga s'étant présenté au général d'Anselme qui
la commandait en chef, celui- ci lui ordonna d'abord
en présence desdits témoins et de tout l'Etat-Major.
u'il n'avait qu'à partir de la ville, et malgré que le
it évêque lui observa qu'il avait cru de pouvoir y
rester tranquillement et qu'à cet effet il n'avait fait
partir aucun de ses effets et meubles, le général lui
répliqua de partir absolument de la ville, en ajoutant
que le plus tôt serait le mieux, l'ayant assuré qu'à

a

�-5;l'égard de ses meubles et effets de sa maison, il les
mettait dès ce moment sous la sauvegarde et loyauté
de la Nation française et qu'il pouvait en être tranquille.
Considérant qu'il résulte par lesdites attestations,
et il est prouvé que l'évêque Valperga, d'après les
ordres précis et réitérés du général d'Anselme, partit
le lendemain 30 septembre de cette ville.
Considérant que par la susdite attestation du deux
Fructidor il résulte que l'évêque Valperga, au moment de son départ de cette commune, ayant été arrêté à la porte qui conduit au Piémont, par les soldats
qui y étaient de garde, lesquels tentèrent de le pendre,
il évita la mort par les soins du citoyen Joseph Castellinard, un des déposants, et il ne fut laissé libre que
d'après un billet du général d'Anselme, qui ordonnait à ladite garde de le laisser partir, puisqu'il s'en
allait de son ordre
Considérant que tous ces faits sont devenus de notoriété publique dans cette commune, dès le même
jour 30 septembre et Ier octobre suivant, ainsi que
quatre témoins l'ont attesté.
Considérant que le citoyen Valperga ne s'est absenté de cette commune et ci-devant Comté de Nice
que d'après les ordres du général d'Anselme auquel il
témoigna son regret.
Considérant que le départ du citoyen Valperga
ayant été forcé il ne peut pas être qualifié d'émigration.
Considérant que son intention de rester dans cette
commune est d'autant plus constatée, que le citoyen
Valperga a été le seul fonctionnaire public, il soit
resté à son poste, n'ayant soustrait aucun des meubles
et effets de sa maison, lesquels ont été ensuite distraits
et vendus par la Nation.
Considérant que le citoyen Valperga ne peut être
non plus considéré comme réfractaire aux lois de la
République, tandis qu'à l'époque de son départ de cette
commune, aucune loi de la République, surtout à
l'égard des ecclésiastiques, n'y avait été encore publiée
à laquelle eut pu contrevenir.

�— 58 —
Considérant que le citoyen Valperga ne pouvant
être considéré ni comme émigré, ni comme réfractaire, ne pouvait être privé de ses propriétés laissées
dans cette commune lors de son départ, sous la sauvegarde de la loi et de la Nation française qui lui fut
accordée par le général d'Anselme, et qui étant digne
de la loyauté de cette Nation, ne pouvait être violée
sans blesser le droit des gens.
Considérant au surplus, que le citoyen Valperga,
originaire piémontais, ne faisait sa résidence à Nice,
qu'à raison de son épiscopat, ce qui ne donne qu'une
résidence easuelle, et que sous tous les rapports, il
n'a cessé d'être étranger à l'égard du pays de Nice et
de la France.
Considérant que l'article 6, section deux, N° 2 de
la Loi du 25 Brumaire (15 novembre 1794) en déclarant émigrés les citoyens domiciliés dans le cidevant comté de Nice, qui sont sortis depuis le 27
septembre 1792, n'a point porté atteinte au droit des
gens dans la personne de l'étranger, qui se trouvait
dans ce même pays, où il n'aurait pas établi son vrai
domicile.
Considérant que le citoyen Valperga, qui avait été
forcé par le gouvernement de partir de Nice, n'a dû
plus y revenir dans le terme même prescrit par les
lois aux citoyens de la ci-devant Comté de Nice,
puisqu'il ne devait point imaginer qu'il fut compris
dans l'invitation, malgré qu'il ait été porté sur la
liste des émigrés.
Considérant que ce nonobstant, lorsqu'il sut qu'il
avait été porté sur la liste des émigrés de cette commune, s'est empressé de présenter sadite pétition
du 22 Juillet 1793 dans laquelle il demanda non seulement la radiation de son nom de ladite liste, mais
encore un délai convenable pour rentrer dans cette
commune, soit comme simple citoyen, ou comme
fonctionnaire public, ainsi que la restitution de ses
propriétés par lui laissées sous la sauvegarde de la
loyauté française dans la maison êpiscopale lors de sa
retraite forcée, ou une juste indemnité de leur valeur.

�- 59 Considérant finalement que,d'après toutes les circonstances sus-ênoncèes, aucune loi concernant les
émigrés ne peut être applicable au citoyen Valperga,
et que toutes celles qui pourraient le regarder relatives au séquestre des biens appartenant aux habitants
des pays en guerre avec la République française ont
été rapportées par le décret du 14 Ventôse dernier
(4 mars 1795). •
Le Directoire du district de Nice, oui le procureur syndic, est d'avis que le citoyen Charles-Eugène
Valperga ci-devant évêque de Nice ne doit point être
considéré émigré.
Qu'il doit être rayé de la liste des émigrés, que le
séquestre apposé sur ses propriétés doit être levé, qu'il
doit être réintégré dans la possession et jouissance
d'iceux, que tous receveurs ou dépositaires doivent
lui restituer les sommes qu'ils ont perçues, résultant
du produit desdites propriétés et qu'il doit recevoir
la juste indemnité des meubles et effets qui seraient
passés au profit de la Nation.
Fait à Nice, dans la salle des séances le 5me Vendémiaire an 4me républicain (27 sept. 1795). Signé
Saytour Martin. Verani,
procureur syndic, Angles v. prés.
Touzelly. Jn Coppon fils.
Enregistré au feuil. 20 registre des prévenus
d'émigration et signé BARRAIA, commis greffier.
Certifié conforme par nous Ve président et secrétaire du district Jn COPPON Fils V,-PRÉSIDENT
BARRAIA Cis greffier.
A rch. Nat. F 7 4867

2

�— 6o —

Pièce 9.

LIBERTÉ (vignette) ÉGALITÉ
BUREAU DES
ÉMIGRÉS

Extrait des registres des délibérations et arrêtés de
l'Administration Centrale du département des Alpes Maritimes.
(2

juin 1797)

Séance du quatorze Prairial an 5mf de
la République française une et indivisible.
Sur le rapport d-e la pétition présentée par le
citoyen Pierre Joseph Passeron, procureur fondé de
Monsieur Charles Valperga, ci-devant évêque de
Nice, dans laquelle il expose que ledit Charles Valperga n'a jamais dû être atteint des lois relatives à
l'émigration, soit qu'on le considère comme parti en
suite d'une force majeure, soit en sa qualité de piémontais et demande en conséquence la radiation de
son nom de la liste des Emigrés, sa réintégration
dans la possession et jouissance de ses propriétés et
une juste indemnité, des meubles et effets qui sont
passés au profit de la République.
L'Administration Centrale du département des
Alpes-Maritimes, considérant que M. Charles Valperga, comme piémontais, n'habitant Nice que pour
cause de son emploi, n'aurait jamais dû être porté
sur la liste des émigrés du département.
Que le seul motif qui a pu déterminer le général
d'Anselme à lui ordonner de partir de la ville de
Nice, ne peut avoir été que la susdite qualité de
piémontais.
Considérant enfin, que comme sujet du roi de
Sardaigne, il est dans le cas de jouir de l'article i,r
de la loi du quatorze nivôse an troisième, (} janvier
1795), ainsi que de l'article neuf de la loi du trente
Floréal an quatrième, (19 mai 1796).
Arrête, oui le commissaire du Directoire Exécutif
que le nom de Valperga, ci-devant évêque de Nice,
qui se trouve inscrit sur la liste des émigrés, sera

�— 6i —

provisoirement rayé ; que tout séquestre qui pourrait
avoir été mis sur ses biens sera levé, qu'il sera réintégré dans la possession et jouissance de ses propriétés,
et que toutes les sommes versées dans les caisses publiques, lui seront rendues, déduction faite des frais
faits conformément aux lois.
Fait et arrêté* en séance publique le jour, mois et
an que dessus.
Signé : Donny, président Payani, fils, Scudéry,
Oberti, Hancy (et en marge Gastaud commissaire
du Directoire Exécutif).
Certifié conforme à l'original par nous président
et secrétaire de l'Administration centrale du départemeni des Alpes-Maritimes.
DONNY, président
BELMONDI, sec. chef au bureau des émigrés.
Arch. Nat. F 7 4867 2

ACTE DE CAUTIONNEMENT
Pièce 10.

11 fructidor anV (2&amp; août 1797)
LIBERTÉ ÉGALITÉ
Ce jourdTiui 11 fructidor an 5 de la République
française une et indivisible (28 août 1797) par devant nous, membres composant l'Administration
centrale du département des Alpes-Maritimes, est
comparu le citoyen Joseph Passeron, natif de Contes,
chef-lieu de canton, domicilié dans cette commune,
procureur fondé de Monsieur Charles Valperga, cidevant évêque de Nice, en vertu d'acte de procuration du 20 juillet et premier août 1795 (v. s.) lequel
en sadite qualité, dépendamment à l'arrêté de cette
administration du quatorze prairial an cinq (2 juin
1797) portant que le nom de Valperga, ci-devant
évêque de Nice, sera provisoirement rayé de la liste
des émigrés, que tout séquestre qui pourrait avoir
été mis sur ses biens sera levé, qu'il sera réintégré
dans la possession et jouissance de ses propriétés, et

�— 62 —

que toutes les sommes versées dans les caisses publiques lui seront rendues, déduction faite des frais
faits, conformément aux lois, désirant de se conformer au porté par l'article 3 de la loi du 5 Brumaire
an 3 (26 octobre 1794) qui exprime que les prévenus
d'émigration seront tenus de donner caution solvable de la valeur mobilier, et ne pourront obtenir
leurs immeubles jusqu'à ce qu'il ait été définitivement statué sur leurs réclamations par qui de droit,
toujours en sa dite qualité a présenté pour caution le
citoyen François Grosson, marchand drapier de cette
commune, lequel ici prése.it et acceptant, s'oblige
conjointement et solidairement avec ledit Valperga
et pour celui-ci ledit Joseph Passeron, et sous l'hypothèque de tous leurs frens présents et à venir, à l'entière exécution de ce qui les concerne en la susdite
loi, et à la représention des mobiliers, effets et sommes à percevoir en dépôt que besoin sera, et quant
aux mobiliers invendus et en dépôt seront soumis
d'en représenter la valeur à laquelle seront estimés
par experts, préalable rémission.
Et nous, administrateurs susdits approuvant lesdits
cautionnement et acte de soumission, à la réquisition
dudit citoyen Joseph Passeron, avons dressé le présent acte que toutes les parties ont signé avec nous,
ayant au préalable fait renoncer audit François Grosson au droit de premier convenir.
Fait à Nice les jours, mois et an que dessus.
Joseph

PASSERON,

François GROSSON,
prés., PAYANY FILS,
MARUN-SAYTOUR, sec. en chef

HANCY, DONNY,
P.

Acte original sur timbre de 20 centime*.
Arch. Nat. F

7 4867^

�— 63 -

CONCLUSION

Il était avéré pour tous, dans la ville de Nice, que Mgr
Valperga était parti contre son gré et si la première Administration départementale, installée au mois de Mai 1793,
l'avait inscrit sur la liste des émigrés de Nice, c'était à la
suite d'une réponse faite par le ministre de l'Intérieur, Garât,
aux questions à lui posées par le Directoire des Colons Marseillais sur la conduite à tenir vis-à-vis de l'évêque.
Les questions avaient été envoyées à Paris, vers la fin
de Février 1793, et la réponse du ministre ne parvint à Nice
qu'au milieu de juin suivant, soit quelques jours avant la
publication de la liste des émigrés. Les réclamations de
l'évêque, retiré à Turin dans sa famille, furent présentées
le 22 juillet 1793 (1) ; mais comme beaucoup d'autres, elles
s'entassèrent dans les bureaux du Département, qui n'y
répondit même pas.
Cette réclamation fut présentée au nom de l'évêque par JeanJacques Donny au Département. lîlle figure en original au dossier
Valperga.
Voir ci-dessus.
Le registre des délibérations du département manque aux Archives pour les derniers mois de 1793, exactement du Ier mai au 10
Novembre, comme pour les six derniers mois de 1797 et l'année entière de 1798, exactement du 8 Messidor an V (26 Juin 1797) au 25
Pluviôse an VII (13 février 1799).
C'est-à-dire pour les deux périodes les plus troublées et cette
disparition est tout au moins étrange.
Elle doit être vraisemblablement attribuée à certains hommes
politiques désireux de laisser dans l'oubli leur conduite durant ces
deux époques.

�- 64 On était dans la période la plus aiguë et, en pleine
Terreur.
Après le 9 Thermidor et, surtout après la venue à Nice
du représentant Beffroy, au mois de Floréal, an III (Mai
I795)»
les esprits devinrent plus calmes, les administrations plus pondérées. C'est alors que, sur de nouvelles demandes présentées au District, et sur avis favbrable de
celui-ci, le département des Alpes-Maritimes accorda à Mgr
Valperga sa radiation provisoire, le 14 Prairial, an V (2 Juin
1797). Comme on le voit, l'affaire avait traîné en longueur.
Il semblait alors que rien ne s'opposait plus à la rentrée
de l'évêque : le 11 Fructidor, an V (28 Août 1797), le Département avait agréé la caution de François Grosson (1) ;
les biens de l'évêque allaient lui être rendus, et il pourrait
rentrer.
Mais huit jours après, le coup d'Etat du 18 Fructidor (4
septembre 1797) remettait le pouvoir aux mains des Jacobins, la guerre aux émigrés et aux ecclésiastiques, en particulier, reprit avec âpreté. Pe département des Alpes-Maritimes se vit accusé d'avoir préparé une rentrée triomphale à l'évêque, son arrêté du 14 Prairial resta sans effet
et, en vertu de la loi du 19 Fructidor (5 septembre), les
scellés furent de nouveau apposés sur les biens de Mgr Valperga par deux commissaires municipaux (2).
En vain, l'évêque de Nice, fit intervenir auprès du Directoire Balbi, l'ambassadeur du Roi de Sardaigne à Paris,
le dossier de sa demande en radiation fut examiné sans
aucune bienveillance.
(1) L/Acte original de ce cautionnement sur timbre est aux
Arch. des Alp.-Maritimes Q. 10.
(2) Mise de scellés sur les biens de Charles Eugène Valperga par
deux commissaires de la municipalité de Nice. Une scéance, 6 livres.
Dépense approuvée par le Département, en Germinal an VI (avril
1798). Arch. des A. M. Q. 11.
Mgr Valperga ne possédait à Nice aucun immeuble et il devait
rester fort peu de chose de son mobilier après la vente qui en avait
été faite en Ventôse an III. La bibliothèque de l'évêché avait été déclarée bien national et la caisse diocésaine avait disparue en octobre 1792
sans laisser de traces dans les pièces administratives. Le séquestre
a été apposé sur les biens de nombreux émigrés rayés provisoirement.
On peut en voir la liste aux Archives des A. M. Q. 10, où Valperga
figure sous le N° 65.

�- 65
Á la suite de la lettre de Balby datée de Paris le 7 février
1798, le ministre de la police demanda à ses Bureaux un
rapport sur l'affaire Valperga. Pe voici tel qu'il se trouve
en minute au dossier.
Attendu que rien ne tend à constater le prétendu ordre
de quitter Nice, d'où il suit qu'il faut en croire sur parole
l'émigré.
Qu'à raison de son domicile, il était tenu de rentrer sur
le territoire dans les délais voulus par les lois.
Qu'il est atteint par la déchéance et n'a réclamé que
l'an V.
Qu'il ne paraît pas y avoir lieu de violer la loi en faveur
de cet ex-évêque dont la rentrée prohibée par la Constitution serait d'une influence dangereuse.
J'estime qu'il y a lieu à proposer la maintenue sauf
à prendre des renseignements si toutefois on les trouve
indispensables.
CAIGNART,
Sous-chef (2e Bureau).
En tête de cette minute est écrit :
« Je pense qu'il y a lieu à instruction et à prendre
des renseignements près les Administrateurs du département_des Alpes-Maritimes. »
Signature illisible (1).
Ces renseignements furent-ils demandés ? C'est probable et cela explique que bien des pièces du dossier Valperga sont en double expédition. Plus d'une année s'écoula
encore, avant que fut prise une décision et finalement sur
un rapport défavorable de la Commission d'examen instituée près le Ministère de la police pour l'étude des demandes en radiation, le Directoire exécutif signa le 7 Floréal
an VII, (26 avril 1799) un arrêté qui maintenait définitivement, sur la liste des émigrés, Mgr Valperga et annulait
toutes les décisions rendues antérieurement, en sa faveur,
par les. autorités locales.
(1) Arch. Nation. F 7 4862 2 dossier Valperga. Rapport de la
3 me Division du Ministère de la police, sans date mais joint à la
lettre de Balbi.
»

�- 66 -

Varrêté du Directoire parvint à Nice les premiers
jours de Prairial an VII (Mai 99) et fut immédiatement
mis à exécution. (1).
*

* *

Ainsi donc Mgr Valperga expulsé ne put jamais obtenir
de rentrer, les lois sur l'émigration étaient tellement embrouillées et tyranniques qu'une fois inscrit sur une liste
d'émigrés, il était extrêmement difficile de s'en faire rayer
malgré toutes les démarches ; car on se heurtait sans cesse
à des questions de forme et de procédure ce qui permettait
à la malveillance de s'exercer tout à fait à l'aise sous le
couvert de la légalité.
A. J.

PvANCE-BOURREY.

(1) De 21 Floréal an VII (10 mai 1799), il fut communiqué
par le ministre de la police générale de la République aux diverses
administrations intéressées et aux Commissaire du Directoire exécutif
près le département des Alpes-Maritimes. Celui-ci par lettre du 3
prairial (22 mai 1799) demanda au Département de le transmettre
à la Municipalité de Nice, ce qui fut fait le même jour avec ordre
de le transcrire sur ses registres, de faire apposer les scellés ou séquestre sur tous les biens meubles et immeubles de l'évêque si ce
n'est déjà fait, et de mi notifier sans délai la décision prise à son égard.
Voir lettre du Département à la Municipalité, celle du Commissaire au Département, 3 Prairial an VII avec la réponse du Département 4 Prairial.
Arch.. des A. M. Q. 1 et 2 et Arch. Nationales, dossier Valperga,

�NIÇA LA BELLA
VERS DE /.

Giordan,

su

DE CARTA POUSTALA

Ai rai dôu nouostre bouon soulèu
Venon s'escaufar toui lu lùssi ;
Es un meravihous tablèu,
Ai rai dôu nouostre bouon soulèu,
Trouvas, dou Var fin au Castèu,
Anglés, Rouman, Danesi, Rùssi :
Ai rai dôu nouostre bouon soulèu
Venon s'escaufar toui lu lùssi.
Pèr tu, as touti li bèuta,
Terra de lus e d'alegria,
D'un ciel d'azur, as la clartà,
Pèr tu, as touti li bèuta.
De l'univers, en verità,
Siès la uechièma meravia ;
Pèr tu, as touti li bèutà,
Terra de lus e d'alegria.
Dintre lou tèmp, Semiramis
Faguet basti, à Babilouna,
Pu siéu jardin, vèr paradis !
Soubre Paioun, degun s'estouna
De vèire, ancuèi, lou paumoulié
Drissar au ciel la siéu coulouna
E lou galofre, e l'anemouna
Flouri emb'au pourtegalié.
De bouon matin, quitant maioun
Pèr la journada touta'ntiera,
S'en va lavar, dintre Paioun
Pa bugadiera.
D'un glourious passat es fiera
Perqué, d'un tèmp, sus lou bastioun
Au Turc, arranquèt la bandiera
Pa bugadiera.

�fet 68 —

Sau de fouora fa freï,
Que brima,
A Niça, sus lou Quèi,
Si rima.
Pescadou, fourestié,
De la mar bressarella,
Escouton voulountié
Pa doussa cantinella.
L'AVOUCAT

PATTA

L'estudi de l'avoucat Patta es en plen aria ; si tèn lou matin
couma lou predinà su la plaça dôu Palai. Es un ome pichounet,
touplen raplot, li pocha enfli de papiè de touta mers. En lu vièi
quartiè es proun counouissut e li capelada, « Bouonjou Moussu
l'Avoucat », noun li mancon. Es ben m'ai juge, proucuradou, etc.
Lu siéu ounourari soun bouon pati e n'a de preferença pèr
qu si sigue. Parla au premier maufatan vengut, couma se fousse
un agnèu que vén de naisse ; lou créancier o lou débiteur soun
tratat su lou même pen... basta que mouson...
L'avoucat Patta es de noutarietà reputat pèr un ome judicious, òunest — au noun si flata de l'estre au jou d'ancuei ; —
finda counouisse, es en relacioun d'afaire emê de gros persou nage que dintre la finança dôu siéu coumerce, soun quasi d'usurari. Sau menajar la cabra e lou caulè ; e pèr que la mouneda
noun li escapa si desbrouïa e si mete dôu cousta dôu manche...
d'aquéu que casca lou de mai...
Acò fa que toui lu matin que lou Bouon Diéu a fach, la siéu
doumestica mete toujou quaucaren au fuec. Lou dimeneghe, coum'un bouon crestian, — tartufaria que lou pauva, — va audi la
gran'messa à Santa Réparada, fa la siesta e à la calada dóu soulèu,
passeja su lou Cours, pastrouia, fa lu cent pas, noun parla que de
lei, proucès, citacioun, ensin alestisse lou travail dôu dilun...
Lendeman empastra ben d'afaire, mete facilamen en lou sac
Moussu Tout'Un emé Moussu Tout'Autre... En éu que li pòu
faire ?... lança dapertout lou broumech, tant pis pèr aquéu que si
laissa agantar. Quaranta sóu es lou près d'atac e vous pregui de
crèire que douna pas la siéu journada pèr doui o tres escut.
L'avoucat Patta counouisse l'usança dôu païs... s'avès touort,
vous rouïa, s'avès pi rasoun, v'espia... Que voulès aima manjar
lou pei, lou pei que noun aiguë d'espina...
JULI EYNAUDI.

�-«9VA

MAU ! !

Va màu, cresé-vous, que va màu 1
En l'orizoun lou voile negre
N'es qu'un gran camp cargat de pebre,
Qu'à pala lou jeten davan,
Avuglan finda lu cavau 1
Lu canoun soun su li frountièra,
Alignât couma de barriera,
N'esperon plus que lou signàu !
Lou soulèu, aquel animàu !
Stan, noun vòu levà la vela,
Si foundon couma des candela
Enb'aquèu coust dôu diàu !
Le Giacouuda à cóu de d/stràu
Li fan petà li sièu moulura...
Ah ! dèu faire bella figura
Se l'an foutuda en quauqua tràu
Lou pan crèise, finda la sàu,
Lou sucre dintre li boutiga
Mounta ben mai que de boufiga !
Van jusque crèise lou rampàu
E la pèu que fau lou tambau ;
Metran de drech su li nourriça,
Su lu chichi, su li saucissa,
Perqué pas soubre lu magàu ?
E lou Prussian, marrit bertàu,
Noun sabon fa que de babïa,
Per lou Maroc e l'Algèria,
Se faran mètre lou mourràu !
Li serreren toui lou pourtàu
E pi veiren touta la França
Davan la sieù grossa arougança
Se noun si sau garda li clàu !
Es de rima d'un manechàu,
Ma sien d'estiéu, vesin, vesina,
Li passeres en la resina
Avant que vegon l'espitau !
CHARLES CIAUDO

�Valère Bernard
Tout en heurtant le marteau contre la porte de M. Valère
Bernard je songeais. Je me suis complu dans le plus souriant
mépris des idoles. L'ironie a tremblé sur mes lèvres quand
la Provence a dans un ravissement de joie acclamé le poète de
Maillanne. Cette mascarade d'apothéose me répugnait.
Et maintenant la curiosité me fourvoyait dans le studio
d'un consciencieux artiste que les felibres couvraient de gloire.
Elève de Puvis de Chavannes M. Valère Bernard pasticha le
Maître. Mais vite il eût l'intuition qu'à se perdre dans les sentiers
battus il courrait risque de compromettre son crédit. Il dit
adieu à Paris et vint dans Marseille, l'opulente cité.
A cette époque vivait un exquis écrivain, J. Lombard. Il venait de publier deux œuvres d'une grandiose beauté, VAgonie et
Bysance. Dans un style étrangement tourmenté il contait les
luttes entre les factions d'Orient, illuminant son œuvre des
splendeurs bysantines.
Valère Bernard vit Jean Lombard, et du même coup les belles
au bois qui dormaient en son âme s'éveillèrent. Il délaissa les
études académiques, les pastiches sans vie, et d'ardentes couleurs
chargèrent ses toiles.
Voici le triomphe des rois Babyloniens. Sur les voûtes d'un
palais impérial passent des gardes étincelants dans la pourpre et
la soie. L'or envahit les hautes colonnes de jaspe bleu. Involontairement on pense aux fantastiques demeures hantées par des
fées émeraudes et des princesses aux perversités troublantes.
Et je m'imagine que le peintre était sous le charme de la
légende quand il a peint cette courtisanne qui sourit à son miroir tout en jouant négligeamment avec sa chevelure d'or. Et
puis passent Venise la rouge, Marseille enveloppé dans la poussière d'or du crépuscule, des motifs à la Watteau peints par un
bysantin, toute une apothéose.
Mais une idée m'obsède, tandis que dans la grise clarté d'un
soir automnal s'éteignent les fauves éclairs jaillis de ces radieuses
toiles. L'idéalisation du passé me paraît cruelle. Les générations
endormies dans la Mort ont eu leurs misères/leurs rancœurs, je
pense qu'il est absurde de s'écrier avec Musset « qu'aux temps
jadis tout était heureux jusqu'aux douleurs humaines. » En vain
l'apostat s'attriste-t-il sur les vieillards immortels de l'antique

�- 7i

—

lonie, â ses oreilles résonnent les paroles de l'Hiérophante : « La
Helladi que tu aimes n'a jamais existé ».
Mais M. Valère Bernard brise ma rêverie, et mes yeux se
portent.sur des portraits appendus au mur. Profils d'espagnol ou
d'américain mitigés d'espagnol, comme on en croise maintes fois
sur la Cannebière.
Homme universel ne puis-je m'empêcher de m'êcrier. M.
Valère Bernard sourit. Il siérait dit-il, à mi voix, de se développer en profondeur. Toutefois il est beau de se dire sur le
tard de sa vie que l'on a fait vibrer toute son âme. Ici le maître
rejoint Néron. Il m'aide à comprendre cet inquiétant empereur.
Mais encore faut-il que tout en étant l'homme universel on ne
sombre pas dans la banalité. De méchantes œuvres d'art peuvent
avoir leur prix.
Une idée se lève devant moi. Labruyère me petsuade que
l'honnête homme de Pascal propre à tout en définitive n'est propre à rien. La spécialisation inintelligente, mène à l'erreur, j'en
conviens, mais en fait elle est une loi générale.
Et ceci est pour me plaire, car j'abhorre dissiper mon énergie,
j'aime le repliement, la frissonnante pudeur qu'effarouche les
vaines ostentations. Je goûte les peintres du passé et malgré ma
philosophie j'adore les peuples disparus. Volontiers j'implorerai
avec la Cassandre de Schiller la cécité, l'exquise cécité. Le sou
venir a plus de puissance sur moi que l'espoir.
Et sous des deux gris, en des pays étrangers désolants de
médiocrité, il m'est arrivé de pleurer plus amèrement que ne
pleura Xerxès aux rives d'Abydos.
J. PADOVANI.
PROUVERB1, BOUOI MOT, COUNSÈU E DICH
Vèuva que si marida,
Dèu perdre la lus e l'audida.
Fiha madura,
Lou pouorta à la centura.
En cuntant su lu det :
Aquéu a fa l'óu ;
Aquéu l'es anat cercar,
Aquéu l'a fa cuèire,
Aquéu l'a manjat,
E lou pichoun n'a ren tastat !

�— 73 —
LE

DÉSESPOIR

Oui, j'ai la mort dans l'âme ; oui, je monte au calvaire ;
Mon horizon, hier si beau, s'est obscurci ;
Je hais tous les devoirs et tout ce qu'on révère :
Mieux vaut mourir que vivre ainsi !
Puisque je n'y puis rien ; que la raison humaine
Ne gagne plus un cœur où mon cœur est entré,
Je veux briser mes jours comme on brise une chaîne
Et m'enfuir en désespéré.
Qu'est-ce donc que la mort ? C'est la paix éternelle,
C'est un beau drap de fleurs sur mon sein endormi,
C'est la nature calme, auguste et solennelle
Qui nous prête un repos ami.
O nature de Dieu contemple ma détresse !
Ecoute tout mon sang dans mon cœur s'épancher
Et, puisque je n'ai plus le lit de ma maîtresse,
C'est au tien que je veux coucher ;
C'est toi la grande mère et la nourrice immense !
L'homme au sort le plus âpre et l'homme au sort plus beau
Retrouvent dans ton sein leur part de ta clémence :
L'un l'amour, l'autre le tombeau
Tu sais, toi qui vois tout, ce qu'ici bas je souffre,
Que je n'ai point béni l'instant de mon réveil
Et que j'ai regardé, toujours, du fond du gouffre,
Les bords ou brillait le soleil ;
Que je n'ai bu jamais que dans la coupe amère,
Que le seuil du bonheur me fut toujours fermé,
Que j'ai perdu mes fils, que j'ai perdu ma mère
Et tous les cœurs qui m'ont aimé !
Maintenant je m'en vais, battant du front, comme ivre,
En proie à ce grand deuil qui me courbe en vainqueur,
Et je veux déchirer ma vie, avec le livre
Des chastes sanglots de mon cœur ;
Et toi, rayon divin, génie, ardent délire,
Flambeau qui n'iras plus briller sur son autel,
Eternise du moins ces larmes de ma lyre
Et que mon cri soit immortel !
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Cicle soulari
17 Setèmbre
Endicioun roum
10 Desembre
Letra doumenicala
G F
LI QUATRE

8,
7,
20,
20,

10
9
22
22

e
e
e
e

11
10
23
23

SESOUN

Lou printèms coumença lou 21 mars
L'estiéu
—
— 22 Jun
L'autoum
—
— 24 sept,
L'iver
—
— 22 dés.

à 6.55 m.
à 2.36 m.
à 5.18 m.
à 11.53 m.

dôu sera
dôu sera
dôu matin
dôu sera

FESTA MOUBILI

Septuagesima... 12 Fébrié
Cendre
21 Febrié
Pasca
7 Abrieu
Rougacioun 21, 22, 23, 24 Mai
Ascensioun
16 Mai

Pantecousta
Trinità
Festa de Diéu
1" Dimenegue de
Ie* Desémbre

26 Mai
11 Jun
15 Jun
l'Avènt

LU ESCLISS!

Souliu.

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ij Abriéu. — Esclissi annulari e coumplet visible

à Paris, en America, en Europa et dintre lou N.-O. de l'Africa.
Coumençamen de l'esclissi à 10,01 dôu matin ; finisse à 1,08
dôu sera.
10 Otitoubre. — Esclissi coumplet invisible à Paris, visible
dintre l'America dôu Sud.
Luna. — 1" Abrièu. — Esclissi parciella visibla à Paris. Entrada de la luna dintre l'oumbra, 9.26 dôu sera; sourtida, 11.03
dôu sera.
26 Setèmbre. — Esclissi parciella, invisibla à Paris, visibla
dintre l'Océan Pacifique.

Jîla providence, %ue de la Préfecture /4, $run, Siàraire

�LU

VÉNT

Lu vènt que souflon à Niça, dintre lou cours de l'armada,
soun au nombre de 16. Vequi li siéu denouminacioun courènti,
pihadi, en general, dai loucalità dei quali parèisson vèni :
Sud
Miejon
Nord... Tramountana
S.-S.-O. Miejou Lebech
N.-O.-E. Grek Tramountana
S.-O
Lebech
N.-E... Grego
O.-S.-O Pounèut Lebech
E. N .E. Levant
Ouest. Pounènt
E.-N.-E. Levant
O.-N-O.V Pounènt Maistràu
E.-S.-E. Levant
N -O . Mastràu
S.-E.... Siroco, vènt marin
N..-N. OMaïstràu Tramount
S.-S.-E.. Miejou Siroc

6
15
25
14
31
24

VIGÍLIA — JEUNI
Abriè
(Pasca, 7 Abrièu).
Mai
(Ascensioun, 16 Mai).
Mai
(Pantecousta, 26 Mai).
Avoust
(Assoumpcioun, 15 Avoust).
Outoubre (Toui lu Sant, Ier Nouvembre).
Desembre (Calena, 25 Desembre).
L'AN NADA RELIGIOUSA

LI FESTA MOUBILI E LI FESTA FISSI
Janvt'è
jYlars
1 Circouncisioun.
1 e 2 Quatre Tèms.
6 Epifania (lu Rei).
3 Reminiscere.
13 Bateja de J.-C.
10
Oculi.
14 Sant Noum de Jesu.
17 Lœtare.
fébrié
24 Passioun.
2 Puriflcacioun.
29 Li 7 Doulou.
4 Setuagesima.
31 Lu Rampàu.
6 Festa de la Pr. de N. S.
11 Sexagesima.
Jîbriéu
13 Coum. de la Passioun.
5 Divendre Sant.
18 Quinquagesima.
7 Pasca.
21 Cendre.
14 Quasimodo.
25 Quadragesima.
28 Patrou. de San Joúsè.
28 Quatre-Tèms.

�Setembre
3 Inv. de la Santa Crous.
13, 14, 15, Rougacioun.
16 Ascensioun.
26 Pantecousta.
29-31 Quatre-Tèms.
1
2
6
9
21
24
29

Quatre-Tèms.
Trinità.
Festa de Diéu.
Festa dôu S. Sacramen.
Sacrat-Couor de'jesu.
Natività de S. jouan-Bat.
SS. Peire e Paul.

8 Natività de la Vierge.
14 Esaltacioun de la Crous.
15 N.-D. dei 7 Doulou.
15 San Noum de Maria.
18, 20, 21, Quatre-Tèms.
29 Dédie, de S. Miquèu.

Ôutoubre
6
13
20
27

Sant Rousari.
Maternità de la Sta Vierge.
Puretà de la Santa Vierge.
Patrounage de la S. Vierge.

J/ouvembre

Juliet
2 Visitacioun de la S. V.
7 Precious Sang.
16 N.-D. dôu Carme.

Jîvoust
6 Transfiguracioun.
15
18
25
25
29

Assoumpcioun.
S. Joachim.
S. Couor de la Vierge.
S. Louis.
Decolac. de S. Jouan-Bat.

1
2
3
21

Toui lu Sant.
Lu Mouort.
Santi Relíquia.
Present, de la Sta Vierge.

2&gt;esembre
1 Avent.
8 Imaculata Councepcioun.
18, 20, 21, Quatre-Tèms.
25 Calena.

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MAISON ÉTABLIE EN 1811

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l-fi«

�LA

DÉCIMALISATION

DU

TEMPS ET DES

ANGLES

LA MONTRE DÉCIMALE
Par J. de REY-PAILHADE, président du Comité
pour la propagation des méthodes Décimales.
Le Club Nautique de Nice a offert plusieur fois en prix des
montres décimales aux régates'de 1909. Il était utile de décrire cet instrument, d'y joindre des tables pratiques et des
formules à l'usage des ingénieurs, des sportsmen, des médecins, etc. etc.
DÉCIMALISATION DES ANGLES •
Il est aujourd'hui démontré que la division décimale du
quart de cercle facilite tous les calculs.
Les nouvelles cartes géographiques sont graduées exclusivement dans ce système, devenu officiel en France et dans
d'autres pays. On possède toutes les tables pratiques nécessaires à son essai courant. Nous ne nous étendrons pas
davantage sur cette méthode aujourd'hui enseignée dans les
lycées et collèges.
Nous rappellerons seulement que M. l'amiral Germinet,
membre d'honneur du C. N. N., sous la direction duquel on
fit en 1899 et 1900 des essais de navigation avec un matériel
entièrement décimal, a émis un avis très favorable à la
réforme décimale.
DÉCIMALISATION DU TEMPS
La division décimale du jour décrétée le 4 frimaire an II
rendra aussi de grands services à la science et aux sports.
Principe. — On divise le jour entier en 100 parties égales
appelées cés ; le cé est subdivisé en décisés, ceniicès et millicés
Le cé vaut 14m 24s ou 1T4 d'heure environ ; le décicé est égal
lm 26s 4 ou lm Ij2 environ ; le millicé vaut 0S 864 ou 9T10 de
seconde environ.
Concordance des Temps. — On parvient assez vite à dire
instantanément l'heure à 1 ou 2 minutes près en regardant le
cadran d'une montre décimale. Il suffit d'apprendre par cœur
les concordances décimales de toutes les heures.
0,0
0
50,0

4,2
1
54,2

8,3
2
58,3

12,5
3
62,5

16,7
4
66,7

20,8
5
70,8

25,0
6
75,0

�25,0
6
75,0

29,2
7
79,2

33,3
8
83,3

37,5
9
87,5

41,7
10
91,7

45,8
11
95,8

50,0
12
100,0

Les heures sont au milieu, les concordances des heures
du matin en haut, celles du soir en bas. Ainsi 10 heures du
matin valent 41.7 cés (énoncer 41 cés 7 décicés) et 10 heures
du soir valent 91,7 cés.
Gomme 1 cé vaut presque lj4 d'heure et un décicé une mi •
nute 1]2 ; en partant des concordances du tableau, on dit
l'heure instantanément, ainsi 39,9 cés valent 9 h. 36 m. du
matin. Un ou deux jours suffisent pour atteindre ce résultat.

Description de la montre décimale ou cémètre. — Il y a 3
aiguilles centrales se mouvant sur un cercle divisé en 109
parties égales, numérotées de 0 à 9. Le 0 cé est en bas, c'est
l'origine des temps, car on suppose la Terre au centre du
Cadran.
L'aiguille dorée avec un soleil ne fait qu'un tour par jour ;
l'aiguille épaisse en acier bleu tourne 10 fois par jour, et la
trotteuse fine fait 1000 tours par jour.
L'aiguille-soleil montre la position de l'astre du jour par
rapport au méridien de Paris, qui va du centre au chiffre 5.

�10 —
Les quatre traits bleus indiquent les positions de cette aiguille
à minuit en bas sur 0 ; — à tì h. du matin au milieu entre 2
et 3 ; — à midi, en haut, sur le 5 ; — à 6 h. du soir, entre 7
et 8.
L'aiguille dorée du soleil indique le chiffre des dizaines
de cés, 2 sur le dessin ; l'aiguille épaisse donne d'abord le
chiffre des cés, 6 sur le dessin, et en comptant rapidement à
l'œil le rang de la division entre 6 et 7, on voit, que cette aiguille marque 3 décicés. Le temps du dessin est donc 26,3
cés correspondant à 6 h 20 m. du matin environ. L'aiguille
trotteuse donne les millicés 83. Le temps est donc 26,383
cés.
» Pour la vie courante, on n'a pas besoin d'aller au delà du
clécicé. On lit les milticés pour les applications scientifiques
et sportives.
Le temps en millicés lu sur le cêmèire facilite tous les calculs, car on n'a jamais de réductions à faire.
Examinons le problème des vitesses a l'heure : Les millicés multipliés par 0,00024 donne des heures et fraction décimale d'heure. Ainsi Ì2345 millicés valent 12,345 -f- 24 =
2 h. 9628.
Par conséquent si L est la longueur parcourue et M le
temps en millicés, la vitesse est

ou t

+ 4166,66...

Ces quelques exemples démontrent que la montre décimale simplifie tous les calculs sans exception.
Les rapports de MM. les délégués officiels aux essais de
la montre décimale faits à Nice, par le Club Nautique, le 26
février 1911, concluent unanimement à la supériorité de cet
instrument pour les usages scientifiques et sportifs.
M. Prim, astronome à l'Observatoire de Nice, représen
tait M. le \iinistre de l'Instruction publique.
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JANVIE
P.
P.
D.
N.

Q,
L.
Q.
L.

lu 8, à 7
lu 14, à H
lu 22, à 7
lu 30, à 10

SOULÈU.

1
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3
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—

oura
oura
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20
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21
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L. 8 14' — C. 4 42'

dil. Jou de V An

P. Q.
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2
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4
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Lu Rei
6
Dim. S. Lucien
7
dil. S. Apoulinari
8
dim. S. Pèire
9
dim. S. Guiermo
10
dij S. Teodose
11
div. S. Arcada
12
dis. Sta Verònica
13
Dim. S. Ilari
14
dil. S. Maurici
15
dim. S. Ounourat
16
dim. S. Antoni
17
dij. Sta Angela
18
div. S. Sulpici
19
dis. S. Bastian
20
Dim. Sta Agnesa
21
dil. S. Vincènt
22
dim. S. Raymound
23
dim. Sta Jacinta
24
dij. Conv. de S. Pàu
25
div. S. Poulicarpa
26
dis. Sta Devota
27
Dim. Sta Paula
28
dil. S. Francès S.
29
dim.
dim.
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S.
S.

TRIMESÏRÍ;

Macari
Genevieva
Tita
Simeoun

dim. Sta Marfina
dim. S. Peire N.
En Janvié
Lou païsan n'a ren

lu 6, à 4 oura 28 s.
lu 13, à 11 oura 38 m.
lu 21, à 4 oura 44 ui.
- L. 7 49' - C. 5 30'

dij. S. Ignaci
div. La Candeliera
dis. S. Blasi
Dim. Setuagesima
dil. SS. Vinc.Oronte
dim Sta Agata
dim. Sta Dorotea
dij. S. Romuald
div. S. Jouan-Matha
dis. Sta Apoulounia
Dim. Sexagesima
dil. Sta Eulàlia
dim. S. Gregori
dim. Sta Eufrasia
dij. S. Onesime
div S. Dounat
dis. S. Simeoun
Dim. Quinquagesima
dil. S. Gabin
dim. Dimars-Gras
dim. Li Cendre
dij. S. Silvan
div. S. Maxime
dis. S. Pascase
Dim. Quadragesima
dil. S. Nestor
dim. S. Leandri
dim. Sta Nourina
dij. S. Nymphas

Plueia de febrié
A la terra vau fumiè.

ZDéSTU-S-bez

NICE

MARS
N. L.
P. Q.
P. L.
D. Q.
N. L.
SOULÈU

1
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Dim.

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7

1 oura 31 m.
0 oura 02 m.
0 oura 59 m.
1 oura 26 m.
1 oura 38 s.
01' — C. 6 13

S. Eudoxia
S. Simplici
Reminisceri
Sta Cunegonda
S. Casimir
Sta Coleta
S. Jouan de D.
Qaatre-tèms
Sta Margarida C.
Ocali
S. Euloge
S. Gregori
Sta Eufrasia
Sta Matilda
S. Acepsima
Sta Gertruda
Lœtari
S. Apien
S. Jôusé
S. Joachin
S. Lea
S. Turibe
S. Armentari
La Passioun
Anounciada
S. Emanuèu
S. Jouan d'Egt,
S. Gountran
S. Eustase
S. Jouan C.
Lu Rampàu

Lou mes de mars
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lu
lu
lu

SOULÈU.

1 dil.
2 dim.
3 dim.
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27 dis.
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29 dil.
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13, à
3
21, à 7
28, à 11

—

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oura
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L. 6 06'

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37 s.
31! s.
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S. Franç. de P.
S. Richard
Dijàu Sant
Divèndre Sant
Dissata Sant
Pasca
S. Albert, ev.
S. Azada.
s. Isidoro
s. Leoun
s. Juli
s. Justin
Ouasimoi/ii
Sta Anastasia
S. Frutuous
S. Rodolfe
S. Maxime
S. Anselme
S. Teodoro
S. Adalbert
S. Fidèle
s. Jorgi
s. Marco
s. Clet
s. Antime
s. Aimé

s. Roubert
Sta Catarina d. S
SS. Philip. ,Jacq.

Pichouna plneia d'Abriéa
Bouona récolta pèr l'csliéu

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N. L.
SOULÈU.

TRIMÍÎSTRÈ;

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lu 5,
2 oura
lu 13, a 7 oura
lu 21, à 10 oura
lu 28, à 7 oura
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C. 7 29'

1 dim. SS. Félip. Jaq.
2 dij. S. Atanase
3 div. In.d.l. Sta Crous
4 dis. SS. Sindonis
5 Dim. S. Pio, papa
6 dil. S. Jouan D.
7&lt; dim. S. Peire
8 dim. s. Gregori N.
9 dij. s. Antounin
10 div. s. Isidoro
11 dis. s. Bounifaci
12 Dim. s. Jouan lou S.
13 dil. s. Pouon, m.
14 dim. s. Pacomo
15 dim. s. Sta Denisa
16 dij. Ascensioun
17 div. S. Pascaù
18 dis. S. Teodoto
19 Dim. s. Pèire C.
20 dil. s. Felis.
21 dim. s. Bernardini
22 dim. s. Julia
23 dij Rogaeioun
24 div. s. Vincen, d. L.
25 dis. S. Urbin
26 Dim. Pandecousta
27 dil. S. German
28 dim. S. Cirile
29 dim. Sta Petronïa
30 dij. S. Sylve
31 div. S. Justin
Au mes de mai
Longui semana

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L.
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lu 11,
lu 19,
lu 26,

SOULÈU.

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2
3
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5
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19 dim.
20 dij.
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23 Dim.
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25 dim.
26 dim.
27 dij.
28 div.
29 dis.
30 Dim.

—

à 11 oura 4 s.
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S. Lié
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Sta Margarida
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S. Antoui de P.
S. Basilio
S. J.-F. Régis
S. Moudeste
S. Lambert
Sta Olga
S. Gervai
Sta Juliena F.
S. Louis de G.
S. Paulin
Sta Maria d'O.
S. Jouan-B.
S. Prousper
S. Alban
S. Cresen
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De tres abit l'un

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lu 11, à 1 cura 53 s.
Il 19, a o oura 31 m.
lu 25, a 9 oura 12 s.
SDULÈU. - - L. 4 35' — C. 8 22'

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S. Thierry
Vierg.de li Gracia
S. Anatole
S. Pèire de L.
S. Sisoès
S. Elie
Sta Babeta
S. Efrein
Sta Felicita
S. Pio
S. Jouan G.
S. Gene
S. Jaque
Festa Naciounala
S. Enri
N.D.d.M. Carmel
Sta Marcelina
S. Frederic
S. Vincen de P.
Sta Margarida
S. Vi loiSta Maria-Mad.
S. Apoulinari
Sta Cristina
S. Jaque
Sta Anna
S. Pantaleoun
S. Samsoun
Sta Marta
Sta Giulieta
S. Gnaci de L.

Au mes de Juliet
Ni frema ni coulé.

TBIMËSTRÎ;

I1. Q. lu 2, a 0 oura 29 m.
P. L. lu 10, a 3 oura 58 m.
D. Q. l»i 17, a 1 oura 1.1 s.
N. L. lu 21, a 5 oura 14 m.
IV Q. lu 31, &amp; 5 oura 21 s.
souLÈu, —1.5 or -j&gt;. 8 or

dij.
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S. Pèire-aï LS. Alfonso
Inv. de S. Estève
S. Domenica
N. D. dei Nèu
Trausf. de J. C.
S. Gaétan
Sta Batilda
S. Camila d. L.
S. Là u ren
S. Septima
Sta Clara
Sta Filoumèna
S. Ousèbi
Asoumpcionn
S. Roc
S. Mamès
Sta Elena
S. Ipoulita
S. Bernar
Sta Chantai
S. Pio V
S. Filipe B.
S. Bartoumiéu
s. Louis, r. F.
s. Seg'oundo
s. Cesari
s. Goustin
s. Mederic
Sta Rosa
S. Fiacre

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Figa e moust

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SBTÈMBRE
P. !.. lu 8, a' 4 oura 57
D. Q. lu 15, a 6 oura î&gt;l
N. L. Ju 22, a 3 oura 37
P. Q. lu 30. a 0 oura 08
SOULÈU. - - 1. 5 47V— c.

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dim.
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dij.
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Dim.
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dim.
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.dij.
div.
dis.
Dim.
dil.

S. Gili
S. Estève R.
Sta Eufemia
Sta Rosalia
S. Làuren J.
S. Pambon
S. Grat
Natiu, di' la V.
S. Oumer
S. Xicola
S. Félis
S. Veran
S. A nié
Es. (1. l.S. CtQUS
S. Nicomède
S. Conrneilla
S. Lanbert
S. Tournas V.
S. Janvié
S. Euslache
S. Matiéu
S. Maurici
Sta Tecla
S. Girar
S Firmen
S. Nil
S. iN'icandre
S. \\ inceslas
g. Miquèu
S. Jeromo

Lima setembrina
De mai clarina

MOT »

GRANDE MARQUE RECOMMANDÉE

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7'02'

�- '5 -

Qüa.TRIÍJMí)
OUTOUBRE
P.
D.
N.
P.

L.
Q.
L.
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lu 8,
lu 15,
lu 22,
lu 30,

SOULÈU, — 1.

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5
1

6 H

oura H m.
oura 46 m,
oura 09m;
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m.

ii

— c.

6 06*

TRIMESTRE

NOUVÈMBRE
P. L. lu
6,
D. Q. lu 43,
N. !.. lu 20,
Q.
lu 29,

r.

SOULÈU. - -

1.

a
a
a
a

4 oura 48
8 oura 20
9 oura 49
2 oura 42
14'

—

c.

5 03'

1 dim. Rosari
1 div. Tout lu Sant
2 dim. S. ■ Léger
2 dis. Eu Mouorl
3 dij. S. Rosari
S. Ubert
4 div. s. Francès d'A. 43 Dim.
dil. S. Carlo B.
5 dis. s. Placido
5 dim. Sta Bertila
6 Dim. s. Bruno
6 dim S. Leounar
7 dil. s. Serge
dij. S. Nestou
/
8 dim. Sta Reparada
8 div. Lu Quatre Incou.
9 dim. S. Denis
9 dis. S. Teodore
10 dij. s. Francès B. 10
Dim. S. Jacintou
11 div. s. Tarasco
11 dil. S. Martin
12 dis. s. Counrad
12 dim. S. René
13 Dim. s. Edouard
13 dim. s. Stanislas
14 dil. s. Calisio
14 dij. S. Pantena
15 dim. Sta Teresa
15 div. Sta Gertruda
16 dim. S. Ospici
16 dis. S. Edme
dij.
17
Sta Edvija
17 Dim. S. Gregori
18 div. S. Luc
18 dil. S. Alfè
19 dis. S. Pèi re
19 dim. Sta Babeta
20 Dim. S. Agrico)
20 dim. S. Edmon
21 dil. Sta Ursula
21 dij. Présent, de la V.
22 dim. S. Filip
22 div. Sta Cecilia
23 dim. S. Teodoret
23 dis. S. Clemen
24 dij. s. Mairloire
25 div. ss. Crespin-Cr. 24 Dim. Sta Flora
26 dis. s. Jouan de K. 25 dil Sta Catarina
26 dim. Sta Pel fina
27 Dim. s. Frumence
27 dim. S. Maxime
28 dil. s. Alfredo
28 dij. S. Sostène
29 dim. s. Narcisse
29 div. s. Saturnin
30 dim. s. Marcel
30 dis. s. Andrièu
31 dij. s. Siri
En ùuloubre
\loii ponorc goûta loti rùare

Tonssan ientra
St A n'driéu lou souorte

« wmmm

DESÈMBRE

s.
m.
s.
ru.

JACK

P. L .
D. Q.
N. L.
P. Q.

lu 6,
lu 12,
lu 20,
lu 28,

SOULÈU, -

1
2
3
4
5
6

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Dim.
dil.
dim.
dtm.
dij.
div.
dis.

8 Dim.
9 dil.
10 dim.
11 dim.
12 dij.
13 div.
14 dis.
15 Dim.
16 dil.
17 dim.
18 dim.
19 dij.
20 div.
21 dis.
22' Dim.
23 dil.
24 dim.
25 dim.
26 dij.
27 div.
28 dis.
29 Dim.
30 dil.
31 dim.

1.

a
a
a
a

3 oura
m.
6 oura 46 s.
4 our;i 40 s.
7 OUI;L 48 s.

7 54' — c.

A vent
Sta Bibiana
S. Francès X.
Sta Barba
S. Bassi
S. Nicola
S. Anbrosi
Imac. Conception
Sta Leoucadia
Sta Eulàlia
S. Damase
Sta Rosélina
Sta Lucia
S, Niçoise
S.
S.
Sta
S.
S.
S.
S.

Mesuiin
Adon
Olimpíada
Gatien
Ciprian
Filogone
Tournas

S. Onourat
Sta Vitòria
Cacha-fuec
Calèna
S. Estève
S. Jouan
SS. Inoucent
Sta Eleonora
S. Sabîn
S. Sàuvestre

Calena aufuec,
Pasca àu j'aèc.

sin -

GRANDE MARQUE RECOMMANDÉE

4 35

�- i6-

�- 17

-I

CROUNICA NIÇARDA
L'ABADÏA DE SAN POUON.— L'ABAT RANCE-BOURREY.
GLOFFREDO.

—

—

PÈIRE

A PREPAU DOU DIALETE NIÇART.

Ben qne pareissènt tardié, VArmanac Niçart s'empressa de
pourtà la siéu febla vous su tout cen que enteressa lou païs, sigue
au pounch de vista istoria loucala, pouesia, tradicioun, sigue
tamben su la taquinanta questioun dóu dialete niçart souvenri
fès pauvada e su la quala lu escritour mouderne soun luen d'estre
d'acordi.
Parlerai finda de M. l'Abat Rance-Bourrey, un beneditin qne
despi quauque an en ça mete à prouflt la siéu erudiciou n a nen
revelà de fach d'istoria inedieh. Se quauqu'un mérita d'estre
laudat es ben éu ; es en éu que VArmanac Niçart tressa la
pamoula de sapiença. En esprimant la nouostra recounouissença,
à l'Abat Rance-Bourrey, fen cen que touplen an denembrat,
vouoli dire de courounà lu siéu travail, frucha de ben de recerca,
dai quali obra sian fier d'avé prestat la prima ajuda. Pouden cità :
lou Discours sur le Monastère de Sainte-Claire de Nice, par Honoré
Pastorelli, publié d'après l'édition originale de Turin 1608, avec
une introduction et des notes ; — "Le Général J.-B.-M. D'Anselme" (Notices biographiques (1740-1792). E aquest'an
l'istorien nen douna — toujou de prima man — YExpulsion de
Mgr Valperga, evesque de Niça, au tèms de la Revoulucioun,
travail anoutat de peça curiouvi que sian urous de pouder metre
souta lu uès dei nouostre letour.
*
* *
Lou fach de l'annada, lou mai marcant, es estat aquéu de
l'Abadïa de San Pouon. Parlon de tout destruge pèr li basti an
siéu luec un espitau Pasteur... UArmanac Niçart es pas Penemic
dóu prougrès, ni men encara dei Bei-Art, ma si fa lou pious dever
de jougne lu siéu esfouors en aquelu dei siéu councitadin quo
l'istoria dóu passat passiouna, pèr que l'Abadïa de San Pouon
sigue counservada e classada couma mounumen istorique. En la
circonstança feliciti M. l'Abat Rance-Bourrey que mé rasoun s'e.s
demoustrat l'ardènt defensour autourisat que counouissen. La
siéu paràula es estada escoutada e lou Préfet de li Alpa-Maritima,
8

'

�— i8 M. de Joly — respetuous dei nouostri tradicioun — en ortie
avertit a proumès que l'Abadïa de San Pouon seria respetada e de
lèu si crusià pèr lou siéu classamen tra lu mounumen istorique.
Dóu resta vequi ce que l'Abat Rance Bourrey nen di su San
JPouon. Counsignen religiousamen li siéu paràula :
« L'Abbaye de Saint-Pons est le plus ancien monument relitgieux existant dans le Comté de Nice. Il y a dou^e cents ans que
sSiagrius y fonda un monastère. L'histoire de ce monastère est
jintimement liée à l'histoire religieuse, civile et économique de la
iville de Nice.
;
« Ce fut à Saint-Pons qu'en 1388 fut'signé l'acte réunissant
le Comté de Nice au Comté de Savoie. Les abbés de Saint Pons
ifurent pris dans les principales familles du Comté : les Badat, les
tLaugery, les Provana, les Lascaris, les Grimaldi, les Martelli, les
;Tournefort, etc. Plusieurs évêques de Nice furent abbés de Saint[Pons, en particulier Barthélémy Chuet (fin du xve siècle) et Jean
, Uriole, son successeur. Un autre abbé, Claude de Seyselle, fut
,évêque de Marseille, puis archevêque de Turin ; d'autres furent
cardinaux, tels Innocent Cibo, neveu d'Innocent VIII et de
f
;Léon X, et Paul Medeci de Cesis dont on voit encore l'inscription
(funéraire à Sainte-Marie-Majeure, à Rome.
:
« A la fin du xvir siècle, l'abbé de Saint-Pons était Pierre
•Gioffredo, le savant historien niçois. Enfin, un abbé de SaintiPons dont les Niçois n'ont pas encore perdu le souvenir, était
(l'abbé Spitalieri de Cessole qui a doté sa ville natale d'un établissement de bienfaisance si justement apprécié. La plupart des
pbbès de Saint-Pons et plusieurs évêques de Nice ont été enterrés
dans l'église ou sous le cloître et dorment aujourd'hui confondus
avec les moines leurs frères qui depuis dix siècles y sont enterrés.
« Les monuments funéraires ont disparu. Le temps a tout
(nivelé à Saint-Pons, singulièrement aidé cependant par la main
ides hommes. On connaît les dévastations commises par
Iroupes de François Ier et de Barberousse, plus tard par celles d
Catinat et par d'autres encore. Après chaque désastre, SaintPons a retrouvé une nouvelle vitalité et il y a à peine trois quarts
de siècle que Mgr Galvano y a fait d'importantes réparations.
;
« Saint-Pons n'est pas seulement une page de l'histoire de
notre pays, c'est un gros volume de cette histoire ; les Niçois
laisseront-ils dire qu'ils sont restés indifférents devant le danger
qui menace Saint-Pons ? Non, ils feront tous leurs efforts pour

�— 19 -

sauver de la destruction un monument qui doit leur être cher...
Je demande d'urgence le classement de l'Abbaye de Saint-Pons,
c'est-à-dire de l'Eglise et des bâtiments claustraux, comme monument historique. »
Lou councours de YArmanac Niçart es aquist. Emé fiertà e
au près de touplen de sacrifici faren respetà l'istoria dóu passat,
la lenga e lu escrich dei orne qu'an ilustrat lou nouostre bèu
pais.
*
* *
Despi quauque tèms, — maladia que reven per intermitença,
— la gran questioun de la grafia niçarda, de l'ourtougrafa, es
messa su lou tapis. De letra soun estadi publicadi, d'autri lou seran, e cresi qu'après ben de charra pèr dire pas gran cauva de
nóu, quasi dirii pèr predicà dintre lou Desert, noun restera
d'aquela discussioun, — Favén déjà coustatat, — pas gran cauva,
ren!... Cadun escrèu à la siéu moda seloun l'esprit dóu moumen,
e serii ben curious de counouisse aquéu que vendria nen dità
une metoda en nen dïen : « la mièu maniera d'escrièure lou
Niçart es la bouona». Discussioun scientifica que pòu passiounà
quauque lenguista, pas mai ; lou mihou es d'escrèure seloun li
letra ditadi pèr la prounouncia. Lou talènt pèr aquéu qu'escrèu
es de si laissà liège, de si faire acapi. Es qu'en en un entan que
frecuenta l'escola primària poudès li demandà autra cauva ?...
Perta de tèms que tout acò, vourria mai s'engenià à recercà lu
viei mot, espressioun, loucucioun courenti que la pous dóu tèms
a rabaïat, dounà au nouostre bèu dialete la coulou que dèu avè,
en respetant lu emprunt que pouden avè fach sigue à l'Italian, à
l'Espagnòu o à tout autre...
Un dialète noun dèu pas estre une lenga scientifica, encara
m en noun còu avè la pretencioun que sigue ouficiela, seria temerari ; lou dialete d'un païs dèu refletà lou caratere d'un'epoca que
lou tèms dèu respetà, enfin escrèure gramaticalamen, un noun
empedisse l'autre, e laissà à l'esprit, au goust lou coumplemen
d'un stile ouriginal, en de frasa councisi que flaton i'auriha.
Aquí fermi la discussioun, risqui de perdre la civada... l'an
que ven, se Diéu mi presta vida, v'en dirai d'autri e couma
d'usança que mi sigue permès de la vous souvetà : Bouona e
uroûva !
L'ARMANAC

NIÇART.

�20 —

LA CIGALA DOU BOUON DIEU
Una cigala dóu Bouon Dieu
Tout l'estiéu
E l'iver en la chambreta, —
L'aiguesias vista la lebreta ! —
Noun vivïa que d'amour
S'assetava su l'ounour;
La cigala cantarela,
Vau chanja de clientela,
Noun es courta d'amatour,
Que li viron tout au tour !
Ma l'ancien de la cigala,
De gros mot ven que s'embala ;
En l'auriha de la maire
Li ven tout aquéu bousin,
Que deja toui lu vesin
Sabon lou long de l'afaire
— Cenqu'as fach m'au tiéu tip ?
Di la maire enrabiada...
Bella Vierge encourounada !
Sera au mancou m'un bouon rie!!...
CH. CIAUDO

PROUVERBI, BOUOI MOT, COUNSÉU E DICH
Tèms d'iver noun ti fidar.
Lu màu dei enfan si garisson soulet.
Cau naisse pèr estre bèu, si maridar pèr estre rie, e mouri
pèr estre brave.
Per aver de raïn, eau caressar la souca.
Agnèu naissut
Vau un escut.
Dansa mihou ventre plen que rauba nova.
L'oumbra dou mèstre engraissa lou cavau.

�LOU MAGOT DE BERTOUMIÉU ISSUGA
O BEN

UNA RAISSADA DE MACAROUN
Conte menloanasqae trouvât dintre d'un armori
de ma nana e que /'Armanac Niçart es tirons de
transcrièure en niçart à Ventencioun dei sièu
fidèle lotour et lelrissa.

Bertoumiéu Issuga, mentounasque de viéia roca, abitava en
coumpagnia de sa mouhié, en carriera dóu Paumoulié. La siéu
frema, malurousamen, era sirnplaria e faia lou siéu desespoir.
Cada matin Bertoumiéu, avant de s'en anà au travail, li recoumandava de noun faire de bestialità. Cou vous dire que toui lu
dissata lou nouostre ome metia en un'armari pertuat dintre la
muraia lou gagne de la semana.
— Bertoumiéu ! pèr qu seria tout aquel argen, demandava
Marioun au siéu marit.
— Es pèr Madjou-long, castagnassa !
*
* *
Un jou Bertoumiéu partet pèr anar à la siéu campagna ;
devia même li restar doui ó très jou pèr souïnar e arousar lu
citrouniè. Marioun souleta matin e sera, s'assetava su lou banquet de la pouorta e faïa de bas... Un predinà veguet un ome
de statura mai que mejana, couma si di, un gran carcan. La
frema de Bertoumiéu lou fissa sensa parpelear, pi pihada d'un'
idea, li diguet :
— Moun bèu Moussu, sias bessai vous Madjou-long ?
Lou merlo pita e noun s'en laissa dire autre, léu li
respouonde :
— Noun vous troumpas pas, bella bruneta, sièu ièu Madjoulong !... Ma perqué mi faire tala demanda ?
Perqué ?... dou moumen que sias Madjou-long, intras su lou
cóu. Li a ja pas mau de tèms que moun marit a mes d'argen
amagat pèr vous...
E sensa mai de ceremounia li remeté lou mandiou dintre lou
quai lu sóu eron groupât. L'ome remercia e la s'esbigna lèu.
♦

* *

�Lou sera, Bertoumiéu arriva, la sièu mouhié li di.
— Sabes, ai vist ancuei Madjou-long !
E l'ome de cridar :
— Malurousa ! — m'en a fach encara una 1
Courre à l'armari, lou mandiou e Pargen, mouis !... Issuga
blastema pica dai pen, es décidât de si desiaire de la siéu frema
Lendeman, dóu téms qu'aissesta durmïa, li cuerbe lu uès emé de
pega de sabatié, pi la pihant pèr la man, la mena dapé dóu CapMartin. Arrivât aqui, Bertoumiéu fa mountar Marioun su d'un
nouguié el'abandouna. La paura, bòrnia, noun sabia doun si
trouvava, ni men encara ce que poudia faire.
En aquéu fra-tèms doui voulur venon s'assetar souta
l'aubre ; après aver abrat quauqui branca sequi pèr s'escaufar, pi
si meton à cuentar lou siéu argen.
La calou faguet delegar la pega que curbia Puès destre de
Marioun e aissesta de cridar :
— E d'un !
Lu voulur, d'estuc, s'isson d'emblée.
— Qu'es acó, diguet l'un.
— Un matagan, faguet l'autre.
La calou seguia á faire lou siéu efet pau à pau durbia Puei
senec.
— E de douî, diguet Marioun.
Dóu cou lu voulur escapon, laissant Pargen espantegat soubre
Perba.
Marioun coumença à li veire clar, cala da l'aubre e ramassa
Pargen, pi lèu s'en camina vers maïoun...
Lou sièu marit, pensierons, era assetat dapè dóu fuec, s'escaufant, fumant la sièu pipeta emé beatituda...
— Bertoumiéu !... o Bertoumiéu !... duerbe-mi, siéu iéu,
Marioun...
— Vai au diàu que ti pihe... ièu que cresii de m'en estre
despegouït...
Ma Marioun, toujou picava, un cóu noun asperava l'autre...
L'ome fenisse per li durbi...
— Ten ! regarda cen que ti pouorti.. . e Marioun pauva lou
sac su lou toulié. ..
Bertoumiéu, entartugat, cuenta Pargen e réfléchisse ; — Marioun es simplaria e deman la vila saupra Pistoria de la fouré . ..
Cóu que Bertoumiéu si dispegouïsse pèr empedi li marridi lenga
de bavar...

�— 23 —
Si mete la vesta, lou capèu e souorte fermant la pouorta i..
Faïa nuech dintre la carriera, ma sensa pena s'encamina
vers una boutiga e croumpa pèr mai de dès kilo de macaroun...
Ientra au sièu e di à la sièu mouhié de si metre au liech.
En tant que Marioun durmïa, Bertoumiéu fa bui lu macaroun, pi lu espantega su lu aubre dóu jardin... Lendeman de
matin la siéu frema, desveiada, si mete à la fenestra...
— O ! Bertoumiéu ! Bertoumiéu ! Vene un póu veire!... O
trest ! vè, a plougut de macaroun !...
— O vai fantauma !... n'as toujou una. .. Ten ! ten !... ma
es ver !...
*
* *

A quauque tèms en ça, Bertoumiéu l'avia previst, Marioun
countet à toui que lou siéu ome noun li picava plus, despi lou
jou qu'ela li avia pourtat de sac plen d'escut...
Lou juge aiguent audit parlar de l'afaire, mandet sounar
Bertoumiéu devant lou tribunal ; la siéu mouhié era estada
citada couma testemoni.
Lou juge. — Bertoumiéu, sias acusat d'aver gardât d'argen
que noun era vouostre.
— Iéu !... Ma moussu lou juge, lou negui ; sièu couma
sabès un travaiadou.. .
E Marioun de dire.
— Noun negar, Bertoumiéu, sabés ben qu'es ver ; es iéu en
persouna que t'ai pourtat la mouneda, qu'avii trouvât en la
fouré.. .
Lou juge. — Anas brave ome, noun negués.. .
— E quoura lou m'as pourtat ?... — Vous juri, Moussu lou
juge, que la miéu frema es fouola !...
— E lou sabes ben, Bertoumiéu, es lou jou que plouguet tant
de macaroun !
— Moussu lou juge aves jamai vist ploure de macaroun ?...
— Jamai ! moun beL amic respoundet lou juge que si tenia
lou ventre dóu rire — Amie, vèu que la vouostra frema es
fouola. .. sias aquitat !...
Bertoumiéu si retira emé Marioun... Noun aigueron plus
de disputa e vieugueron, pareisse urous e pèr longtèms !...
J. E.

�CANSOUN ANCIENNA

PÈR LOU

N'aurias pas vist la miêu fiha
Trin-trin
Lou galerin
A'aurias pas vist la miêu Jiha
Trois-wtrois
Le fils du roi
L'ai vista e l'ai baïada
Trin-trin
Lou Galerin
L'ai vista e l'ai baïda
Trois-trois
Le fils du roi.
Douna-mi la miêu fiha
Trin-trin
Lou galerin
Douna-mi la miêu fiha
Trois-trois
Le fils du roi.
Es aqnela la vouostra fiha
Trin-trin
Lou galerin
Es aqaela la vouostra fiha
Trois-trois
Le fils du roi.
La miêu fiha era pas lernia
Trin-trin
Lou galerin
La miêu fiha era pas lernia
Trois-trois
Le fils du roi
La miêu fiha era pas lua
Trin-trin
Lou galerin
La miêu fiha era pas lua
Trois trois
Le fils du roi.
N'es ni guercia ni poutinouva
Trin-trin
Lou galerin
N es ni guercia ni poutinouva
Trois-trois
Le fils du rois.

MAI

�La miéu fiha n'es pas borni a
Trin-trin
Lou galerin
La miêu fiha n'es pas bornia
Trois-trois
Le fils du roi.
Noun faïa pas belugueta
Trin-trin
Lou galerin;
Nonn faïa pas belugueta
Trois-trois
Le fils du roi.
La miêu fiha n'es pas emberrida
Trin-trin
Lou galerin
La miêu fiha n'es pas emberrida
Trois-trois
Le fils du roi.
La m iéu fiha n'es pas pigada
Trin-trin
Lou galerin
La miêu fiha n'es pas pigada
Trois- trois
Le fils du roi.
La miéu fiha noun es pas ranga
Trin-trin
Lou galerin
La miéu fiha noun es pas ranga
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha noun es pas louorla
Trin-trin
Lou galerin
La miéu fiha noun es pas touorta
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha n'es pas crouoada
Trin-trin
Lou galerin
La miéu fiha n'es pas croavada
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha n'es pas gibouva
Trin-trin
Lou galerin
La miéu fia n'es pas gibouva

�— 26 —
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha noun es foularana
Trin-trin
Lou galerin
La miéu fiha noun es foularana
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha n'es pas ingourda
Trin-trin
Lou galerin
La miéu fiha n'es pas ingourda
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha a pas lou peu de pi g nu
Trin trin
Lou galerin
La miéu fiha a pas lou peu de pig nu
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha noun es narvelouua
Trin- trin
Lou qalerin
La miéu ûha noun es narveloiwa
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha noun a la rougna
Trin-trin
Lou galerin
La miéu fiha noun a la rougna
Trois trois
Le fils du roi.
XXX.

PROUVERB1, BOUOI MOT, COUNSÈU E DICH
Qu duerme ben noun cregne li niera.
Qu vè pissar e noun pissa, crêpa de malícia.-'
Qu douna soun ben avan de mouri
Mérita de pati.
L'amour es lou paradis dei fouol.
L'amour es .la flou de la jouinessa.

�LA MOUORT DAU PAURE TOUNIN

Lou paure Tounin, malàut a setant'an, si presenta à l'espitàu
ma li respouondon que li a plus de plaça.
— Coumplet ! ! !
Quauqu'un li fa capi qu'em'un pau de proutecioun li pourria
intrar. Countrariat dei pas que cóu faire, Tounin vira lu taloun e
s'encamina vers la plaça Massena, piha lou tram, si rende da
Graugnard, à l'espitàu dei can, e li di :
— Moussu lou Veterinari, cresi d'estre un pau mai qu'un
can ?... En aquéu cas souîna-mi...
— Vous souînar aici, ma brav'ome perdés la testa. — Basta,
li di que n'a pas de liech pèrcourcar un crestian, que noun douna
de souin qu'ai bestia !...
Tounin, couma pensas, s'en souorte m'au couor gros e noun
sau plus à que sant si recoumandar. Era aqui au mitan dóu
camin, quoura en aquéu moumen arriba un landau, doun cala
una grossa dama, encapelada, aurias dich un ver foungi, segada
d'un varlet que pourtava religiousamen un can enfeloupat emé de
favour rosa au couol, tapat d'un tapis em'ai iniciala. En veèn
aquéu tablèu lou paure Tounin si lamenta, sangluta fouort.
— Qu'avès lou miéu brav'ome, li di la dama.
— Cen qu'ai Madama ?... trovi que lou vouostre can a mai
de chança que iéu. Li a cinquant-cinq an que travaii, pèr la premiera fès que siéu malàut, noun soulamen mi refuson à l'espitàu
dei estre uman, ma encara mi vèu picar la pouorta au nas èn
aquéu dai can.
— Quevoulès, lou miéu paur'ome, ai fach un vout de mimetre
à la Soucietà Proutetriça dei Animau, de pourtar touti li miéu
ecounoumia à la Caissa de secours pèr soulajar lou sort dei bestia.
Lou fau talamen ben, que vouguessi ben vous dounar un sóu
que pourii pas.
La dama li vira l'esquina e ientra couma un coupa-cisèu da
Graugnard. Tounin roumougna :
— Se ti veguessi en un cantoun ti dounerii mancou un gotou
d'aïga !... vièia sansuga !...
Tounin estrassinat, deble s'alonga un pau plus en là, su d'un
mouloun de peira. Quauqui oura après, couma soufrisia, n'ai-

�guènt ren en l'estomegue depi l'auba, coumençava d'aver lou
rangouioun, quoura passet un canipiè que li diguet :
— Que fès aquí, brav'ome ?
— Couma veès siéu aqui pèr tirar lu patoun. M'an refusat â
l'espitàu, même en aquéu dai can, noun mi resta que de mouri
su d'un mouioun de peira. — Avès un carnet su lou quai enregistras lu fach dóu jou, farias ben de li aloungar lou miéu testamen que poudès mentuar couma acô :
— « Bouon Diéu, se mi fes passar encara une fes sur la terra,
fe-mi naisse can au mancou, li aura une Soucietà Proutetriça dei
Animau que si crusira de iéu e pourrai estre amès en un espitau,
estre souïnat, faire bouona vida, menar une vida de can... »
ANT. ROLAND.

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VIGNE
A M. VALÉRE BERNARD.

Dans le ciel doux la Vigne ètreint les pals de buis.
Sous le pampre le merle alourdi des falernes
Tourne son col gris vair et ses paupières lemes
Qu'argenté la blancheur des immuables nuits.
O / fraîcheur, 6 beauté des Igs et des iris,
Que la Vierge éblouie avec les marjolaines
Cueille le soir venu aux vasques des fontaines
Pour colorer en fête, au crépuscule, l'Euis.
Narcisses, ébeniers, œillet et sensitive
Ah ! Versez en mon âme attiédie et pensive
L'orgueil qui souleva les clairs olympiens.
L'amour qui rafraîchit les Madones pieuses
Et qui vêt de clarté les snls athéniens
Et les ravissements des époques heureuses.
JEAN

PADOVANI.

Quauque souvèt :
Vous souveti la bouona annada.
Que siegue mihau que la passada.
Vous souveti la bouona annada acoumpagnada de touplcn
d'autri.

�Eglises et Chapelles de Nice
La vieille ville de Nice se trouvant sur la rive gauche du
Paillon, pour parler de ses églises, nous commencerons par son
église cathédrale, Sainte-Réparate, vierge et martyre, de celles du
canton Est, et en traversant la rive droite nous nous occuperons des paroisses du canton Ouest.
I. — L'Eglise Cathédrale du Diocèse de Nice est la paroisse
de Sainte Réparate, vierge et martyre, sous l'empereur Decius en
253. Sa fête est le 8 octobre. Cette église est au centre de la vieille
ville (8.500 âmes), Avant 1531 la Cathédrale était près du Donjon, plateau de Nice, et dénommée : Sancta Maria in platea,
dédiée à N. D. de l'Assomption. L'édifice actuel, dans son genre,
ressemble beaucoup à Saint Pierre de Rome, au Vatican. C'était
auparavant une simple église paroissiale
desservie par
les Bénédictins du Monastère de Saint-Pons, près Nice.
Dans son ressort se trouvent l'ancienne église de Saint
Jaume (Saint Jacques apôtre), jadis des P.P. Carmes, fermée
depuis 1903. Après le transfert du titre de paroisse à l'église de
Saint Juste, évèquc, au Gesu, elle fut placée sous la vocable de l'Annonciation de la Sainte Vierge, ainsi que la belle Eglise de la
Miséricorde, sur le Cours Saleya, jadis de Saint Gaétan, fondée
e
par les P.P. Theatins au XVIII siècle et cédée à la noble
confrérie des Pénitents Noirs.
La Cathédrale de Nice, paroisse Sainte-Réparate de nos jours,
fut comme l'ancienne au Donjon du Château {Sancta Maria in
platea), le théâtre de plusieurs f lits historiques mémorables dans
les annales de l'histoire de Nice.
II. — L'Eglise de Saint Jacques, an Gesû, dès son érection
en 1612, dédiée à Saint Juste, évêque. Sa fête est le 2 septembre.
En 1665 fut érigée en paroisse sous le titre de Saint Jacques le
Majeur, remplaçant la paroisse de Saint Jaume. On l'appelle
vulgairement le Gesù à cause qu'elle a été fondée et administrée
par les P.P. de la Compagnie de Jésus.
Appartiennent à cette paroisse les deux chapelles des confréries des Pénitents Blancs, la Sainte Croix, — confrérie la

�óo —
plus ancienne de Nice, — et des Pénitents Rouges, Saint Suaire
et de la Sainte Trinité ; l'Eglise du Couvent de là Visitation,
la chapelle de l'ancien séminaire, à la montée du Château, et
jadis l'Hospice franciscain avec chapelle de Saint Joseph des
P.P. Recollets de Cimiez, convertie en maison particulière.
L'Eglise du Gesù est d'ordre corinthien composite, cons truite sur le modèle de l'Eglise des Jésuites de Turin, dite
vulgairement les Saints Martyrs. ( 10.000 âmes).
A l'extrémité de la rue du Malonat, aux racines de l'ancien
château, on voit un oratoire à la Sainte Vierge Marie, sous le
titre de N. D. du Bon Secours. Les habitants de ce quartier érigèrent cet oratoire en l'honneur de la sainte Vierge, en reconnaissance du choléra en 1854.
III. — L'Eglise paroissiale de Saint Martin Evéque dite de
Saint-Augustin est la plus ancienne, elle fut bâtie sur l'emplacement de l'ancienne chapelle de Saint Martin (1205) et appelée
Saint-Augustin parce qu'elle était desservie par les Augustiniens
dont le couvent a été transformé en caserne. (Caserne Filley, près
l'ancienne chapelle Sincaire).
IV. — L'Eglise de Saint-Francois-de-Paule a été édifiée en
1736 d'après le plan de l'architecte
Guarini. En 1838
elle fut érigée en paroisse par décret de Mgr Galvano et appelée
aussi Saint-Dominique en souvenir de l'ancienne église paroissiale
de ce nom qui s'élevait sur la place Saint-Dominique aux lieux et
place de l'actuel Palais de Justice.
V*— L'Eglise du Port ou de l'Immaculée Conception. D'humble
origine. D'abord ce fut une fort modeste chapelle (1835), transformée agrandie par Mgr Galvano, et l'avocat théologue L. Mari
fut son premier curé..
VI. — L'Eglise Saint-Joseph nouvelle paroisse depuis 1911 la
première pierre fut posée le 19 mars 1911, bénie le 29 octobre et
ouverte au public le Ier novembre 1911 sous le patronage de Mgr
Chapon et dirigée par les soins de M. l'abbé Gabrielli.
A cette paroisse appartiennent la chapelle succursale de Saint
Joseph contigüe à l'Evêché, et la chapelle de Notre-Dame des
Anges sur l'ancienne route de Villefranche.
VIL — Saint-Roch. Cette église paroissiale dans la banlieue
de Nice fut érigée après la peste de r68r. Nice fut délivrée de ce
fléau par l'intercession de saint Roch, confesseur, né et mort à

�- Si Montpellier. La paroisse est divisée en deux quartiers, Roquebillière
inférieure et Roquebillière supérieure, jusqu'à la chapelle de NotreDame de Bon Voyage.
VIII. — Rive droite du Paillon, intra muros, se dresse Notre Dame du Vau, paroisse Saint-Jean-Baptiste, qui remplace l'an
cienne église du même nom devenue chapelle inférieure du Lycée.
Cette belle église, vœu delà ville de Nice en 1835, mt érigée en
1842 et terminée en 1852 par Mgr Galvano, évêque de Nice.
La façade ressemble à celle élevée à Turin en l'honneur du retour
du roi dans les états Sardes en 1814.
IX. — Saiiit-Pierre-d' Aréna remplace une chapelle située à la
Croix de Marbre. Elle fut érigée en paroisse en 1803 par Mgr
Colonna d'Istria. Elle doit son nom à ce fait, c'est que lors de sa
fondation elle se trouvait sur le rivage de la mer séparée par une
bordure de sable fin.
X. — Une ancienne chapelle de Sainte-Hélêne-l'Inspiratrice
existait dans ces parages. Elle fut remplacée en face la mer par
une église sous l'épiscopat de Mgr Recrosio (1727).
Six paroisses « extra muros » dépendent de la commune de
Nice.
Sainte-Marie Magdeleine, sise dans le vallon de Magnan, édifiée sur l'emplacement d'une chapelle de même nom, érigée en
1626 et dite vulgairement chapelle « dei cassaire » à cause du
grand nombre de chasseurs. Après le concordat de 1803 sous
l'épiscopat de Mgr Colonna d'Istria, ce quartier qui depuis 1771
dépendait pour le spirituel de la cathédrale fut érigé en paroisse.
Il existe encore aujourd'hui une chapelle de Notre-Dame du Bon
Conseil changée en demeure particulière . Bientôt le besoin de
la population augmentant, une église sera bâtie à la cité Robiony
par les soins du curé actuel de la Madeleine.
Plus à l'est de la ville, toujours dans le canton ouest ce
l'Arquet, se dresse la paroisse de l'Ariane dédiée primitivement à
saint Arnoux, évêque et à saint Pierre, apôtre. Elle fut érigée en
paroisse en 1809 sous l'épiscopat de Mgr Colonna d Istria. Dans
son ressort se trouve l'ancienne chapelle nécropole de l'Abbadie
fondée en 1635 en l'honneur de sainte Claire pour le besoin spirituel de 450 à 500 habitants qui appartiennent aux communes
de Nice, Cantaron Saint-André. Localité d'avenii et à laquelle
le chemin de fer Nice-Coni donnera une valeur stratégique.

�— 32 —
Gairaut avait au moyen-âge une chapelle de secours desservie
par les religieux chevaliers de l'ordre du temple au début, et par
la suite de Rhodes et de Malte. Sous l'épiscopat de Mgr François
Rosini de Martinengo la chapelle fut érigée en église paroissiale
sous le vocable de saint Sauveur o*u de la transfiguration du
Rédempteur.
Dès 1730 les P. Dominicains de Nice fondent à Saint Pancrace un sanatorium pour religieux martyrs avec chapelle en
l'honneur de Saint Pancrace martyr. Cette chapelle est érigée en
paroisse en 1848 par Mgr Galvano.
Sur le couchant de Saint-Pancrace on trouve la paroisse de
saint Roman . martyr ; l'ancienne chapelle fut érigée en paroisse
ainsi que celle de saint-Antoine de Ginestière en 1803 sous Mgr
Colonna d'Istria.
VALENT IN.

NOU VÉ
Tu Çatarina fai lou pan.
Mdumen de jota, d'alegressa,
Fes audi da toui lu couor :
Lu ange canton l'alegressa,
Fuges l'infer, Juges la mouorl.
Chntou !
L'aarika sabla, li a quaucaren aici vesin,
Sembla que senti li joia d'un festin ;
Audi lu tambourin de laen,
Lu Jlajoulet e li musela,
Lu pastre van à Bethelen
Laisson la cabana soaleta ;
Santo nuech, venes aléa nen ralegrà,
Pourtas à toui la pax et la tranquilità !
Tu Catarina fai lou pan,
Manda Lucrecia au safran,
Despende aléa lou lauvaniè,
Chapla la blea su lou taatié ;
Crala de froumai e roumpe d'iiu
E fai la iourta couma fou,
Ché n'aiguen toui en aboundança (bis)
Santa nuech, venes alèu nen ralegrà,
Pourtas à toui la pa.x e la tranquilità .'
En tant faguen etnb'au vesin
t ua santépér lou Bambin,
Toucan lou gotou de bouon vin,
Ernb'aa vesin pér lou Bambin
Ti-ri-tin-tin ! -tinTi-ri tin !

�— 3Î —

L'Expulsion de Mgr Valperga
fEN SEPTEMBRE

1792)

Le 12 octobre 1780 h population de Nice se pressait aux
abords de la porte Pairoliëre pour y recevoir en grandes pompes
le nouvel évêque Charles-Eugène Valperga di Maglione. Ce
prélat avait couché la veille selon l'usage antique à l'abbaye de
Saint-Pons et devait faire ce jour là son entrée solennelle dans
sa ville épiscopale.
Le cérémonial imposant avec lequel on avait reçu jusqu'alors
les évêques fut encore cette fois observé. L'accueil de la population entière fut des plus chaleureux au rapport de Pierre Scaliero
qui en fut témoin (1). Le nouvel évêque, qui remplaçait Monseigneur Astésan nommé archevêque d'Oristano en Sardaigne,
appartenait à une famille de vieille noblesse dont plusieurs membres avaient exercé, à Nice, des fonctions importantes (2). Il
(1) Voir aux Archives municipales le récit détaillé que ce chroniqueur en a laissé dans ses Mémoires. Pierre Scaliero mourut en 1805.
(2) Jacques Valperga, conseiller ducal, fut lieutenant du gouverneur de Nice en 1454 ; Thoma5 Valperga fut gouverneur du château de Nice en 1565 ; Jean Valperga fut également gouverneur de
Nice en 1596 ; Jérôme Valperga fut commandeur du château de
Nice en 1600 ; Pierre Valperga, frère de Jacques Valperga, était
chevalier de Malte (Arch. municipales, registre des gouverneurs,
commandants et chevaliers de Malte) ; Anne Valperga, fille dAmédée
Valperga, épousa, le commandeur de Malte Jean-Paul Lascaris.
(Voir son testament daté de 1683, arch. des Alpes-Maritimes,
registre B, 297.) Joseph Ignace de Valperga reçut de son oncle, Emmanuel Philibert Chiotera, mie partie du fief de Couaraze dont il fut
investi le 20 février 1753. Son fils, Vincent, céda ses droits à H. Novelli. Jérôme Valperga fut sénateur à Nice de 1761 à 1765, puis
ministre plénipotentiaire de Sardaigne à Gênes en 1780 ; plus tard
il fut ministre etsecrétaire d'Etat, ce dernier était le frère de l'évêque
de Nice et fils du comte François Valperga qui vivait encore en
1795Ees armoiries des Valperga étaient fascé d'or et de gueules, à
la plante de chanvre déracinée, d'argent et brochant. Le cimier
était un bouc naissant au naturel et la devise : « Ferme-toy ».
Nous reproduisons les armoiries de Monseigneur Valperga d'après celles qui se trouvent en tête du catéchisme édité par ses ordres
et dont nous devons le dessin à l'obligeance de M. Joseph Casai
(Extrait de 1' « Armoriai Artistique et Nrbiüaire », Ni.e, 1902.
3

�- 34était directeur du collège des Provinces à Turin, lorsque le roi
de Sardaigne le désigna, pour l'évêché de Nice. Il avait été sacré à
Rome où il avait fait ses études. Monseigneur Valperga se distingua immédiatement par sa vigilance et son activité : il releva
le niveau intellectuel et moral des prêtres de son diocèse et s'attacha à mettre en toutes choses la plus grande régularité. Dix-huit
mois après son installation, il publia un nouveau catéchisme
dont le plan avait été préparé par son prédécesseur ^i). Grâce à

ses relations cordiales avec la eour de Turin, il jouissait auprès
des autorités civiles de Nice d'une grande influence. Après douze
(1) Ce catéchisme en italien fut imprimé à Nice par la Société
Typographique. C'est un petit volume in-douze de 612 pages, portant
la date de 1783. En tête se trouve le mandement de Monseigneur
Valperga du 16 février 1782 qui approuve le travail terminé par
le prêtre auquel Monseigneur Astésan en avait confié le soin, ordonne
sa publication et règle l'organisation des catéchismes dans tout le
diocèse. Deux ans plus tard en 1785, Gabriel Floteront, imprima
un autre catéchisme rédigé en dialecte niçois, petit volume in-12
de 228 pages. Un exemplaire de ces deux ouvrages existe à la biblio
thèque de Nice. — Voir Villarey, Série Cronològica dei Vescovi
di Nizza. — Art. Valperga.

�-35 années de séjour dans cette dernière ville il s'était acquis l'estime
et le respect de tous.
*

• *

Lorsque le 28 septembre 1792 dans l'après-midi, les troupes
piémontaises évacuèrent Nice, il y eut dans cette ville une effroyable panique et des milliers d'habitants s'enfuirent dans la direction de Turin. Ce fut un désarroi et une désorganisation complète de toutes les autorités. iMonseigneur Valperga resta à son
poste et s'engagea à ne point quitter la ville. Le lendemain samedi
29 septembre, il accompagna le second consul Honoré Saissi et
quelques membres du Conseil qui se rendirent, vers les onze
heures du matin, à la villa Feraudi, au quartier St Hélène, pour
offrir les clefs de la cité au général d'Anselme qui venait d'y
arriver à la tête des troupes françaises. Le général fit à la délégation assez bon accueil, mais il s'étonna de trouver parmi ses membres, l'évêque dont la place déclara-t-il n était pas là. Du reste,
d'Anselme attacha si peu d'importance à la démarche îles magistrats niçois que dans aucune de ses dépêches officielles il n'en fit
mention.
Sur le soir du même jour, la petite armée française faisait son
entrée dans la ville et le général s'installait dans la maison du
consul de France à la place St Dominique. L'évêque de Nice qui
tenait à rester au milieu de ses diocésains se présenta de nouveau
vers les huit ou neuf heures du soir chez le général auquel il voulait recommander ses prêtres en lui demandant des respecter les
églises. Le général était entouré de tout son état-major, du consul
de France, Pierre Le Seurre, de Honoré Saissi, second consul, de
Féraudi, secrétaire général de la commune. Ces deux derniers
venus probablement pour appuyer les demandes de l'évêque.
L'accueil du général ne fut pas plus encourageant que la première fois ; il intima même avec insistance au prélat l'ordre de
quitter ta ville en ajoutant que le plus tôt serait le mieux et ce
fut sur ces dernières paroles que l'évêque se retira après avoir toutefois reçu du général la promesse que tout ce qu'il laisserait dans
son palais serait placé sous la sauvegarde de la Nation française.
Il n'y avait pas à tergiverser, l'ordre était formel et pressant, il
fallait partir. L'évêque prit ses dernières dispositious et délégua,
au curé de la cathédrale, le chanoine Honoré Navello, tous les
pouvoirs nécessaires pour administrer le diocèse en son absence.
Aux premières lueurs du jour, Valperga quitta son palais, et se

�— 36 dirigea à pied vers la porte Pairolière. Il avait été impossible de
trouver une voiture car tous les moyens de transport avaient été
réquisitionnés et utilisés le 28 septembre pour permettre l'exode
des habitants terrorisés. Il avait ordre de partir, mais cet ordre
n'ayant pas été donné par écrit, les volontaires marseillais, de garde
à la porte de Turin, refusèrent de le laisser passer, l'accablèrent
d'injures, le menacèrent même de le pendre et ne consentirent á
le lâcher que sur un ordre écrit, sollicité et obtenu du général,
grâce à l'intervention courageuse et au sang-froid d'un jeune
niçois, Joseph Castellinard. Monseigneur Valperga se retira à
Turin et y mourut en 1805 sans avoir jamais pu obtenir l'autorisation de rentrer.
*

* *

Il est établi par les documents officiels contemporains que
Monseigneur Valperga ne quitta son siège que sur les ordres arbitraires du général d'Anselme et ces mêmes documents nous
renseignent très exactement sur les incidents fâcheux qui se produisirent au départ de l'évêque. Du reste, on n'ignorait pas à Nice
comment les choses s'étaient passées et la population savait grê à
Valperga de son attitude et de sa fermeté. De son côté, Valperga
avait eu confiance dans la parole à lui donnée par le général au
nom de la Nation française et à plusieurs reprises il manifesta
son étonnement qu'elle n'ait pas été gardée, que ses biens aient
été confisqués, son mobilier vendu, son nom inscrit sur la liste
des émigrés alors qu'en partant il n'avait cédé qu'à la force.
Parmi les nombreux documents qui se trouvent soit aux archives de Nice, soit aux archives nationales il en est quelques-uns
dont la simple reproduction sera plus probante que tous les corn,
mentaires. Il_suffira de citer :
•i° La lettre du Directoire des Colons Marseillais en date du
25 février 1793, adressée aux citoyens Blanqui et Veillon, députés
extraordinaires de la ville de Nice à Paris, au sujet des réclamations présentées le 23 du même mois par Jean-Jacques Donny, au
nom de Mgr Valperga.
20 La réponse du même Directoire à J.-J. Donny, en date du
26 février 1793.
3„ L'arrêté du Département en date du 13 avril 1793.
40 La réclamation présentée au Directoire du département

�Valperga, aussitôt après son inscription sur la liste des émigrés de
la ville de Nice, dressée à la fin de juin 1793.
50 Les états de frais pour l'inventaire et la vente du mobilier
et effets de « l'émigré Valperga Maillone, citoyen évêque » approuvés par le département des Alpes-Maritimes, le 5 germinal an
III (25 mars 1795).
6° Les actes de notoriété dressés le Ier et 2me fructidor an III
(18 et 19 août 1795) par Gautier, juge de paix à Nice, à la requête de Pierre-Joseph Passeron, agissant en qualité de procureur
subrogé par Nicolas Giorni, procureur spécial et général de Mgr
Valperga, par acte de procuration reçu à Turin le 20 juillet 1795,
notaire Pierre-Joseph Bernochio.
70 La pétition adressée au district de Nice le 4 fructidor an III
(21 août 1795) par Pierre-Joseph Passeron, demandant la radiation du nom de Valperga sur la liste des émigrés.
8° L'avis du district de Nice en date du 5 vendémiaire an IV
(27 septembre 1795) déclarant que Mgr Valperga doit être rayé
de la liste des émigrés.
90 L'arrêté du département des Alpes-Maritimes, en date du
14 prairial an V (2 juin 1797) ordonnant la radiation provisoire
du nom de Valperga de la liste des émigrés.
io° L'acte de cautionnement dressé par le département le
11 fructidor an V (28 août 1797), à la requête de Pierre-Joseph
Passeron, procureur de Mgr Valperga en exécution d'une des
clauses de l'arrêté du 14 prairial an V (2 juin 1797).

�- 38 —

DOCUMENTS ET PIÈCES D'ARCHIVES

Pièce 1.

25 février 1793
Aux cit. Blanqui et Veillon
Une lettre du cit. Donny, associé du citoyen LeClerc, défunt président de l'ancienne administration
provisoire, dont vous avez ci-inclus l'extrait ( 1 ), nous
fait connaître que le cit. Valperga, évêque de Nice,
laissa avant son départ (ordonné à son retour par
Anselme) dans sa maison pour environ 34.000 livres,
argent monnayé, et environ pour 17.000 d'effets en
vaisselle, linge, batterie de cuisine etc.
Une portion de ces effets se trouvent encore dans
ladite maison, sous l'inventaire que nous en avons
fait dresser par les commissaires de l'une et l'autre
administration, lorsque nous avons été installés, mais
il s'en faut de beaucoup qu'elle puisse arriver à la
somme de 17.000 livres, pas même le tiers.
Quant à l'argent monnayé entré dans la caisse du
receveur de l'ancienne administration, nous n'y
voyons point la somme que ledit Evêque désigne
avoir laissé dans sa maison. Nous vous remettons cijoint un extrait de l'état des sommes' que le cit.
Bonnet a reçu en espèces, pendant toute sa gestion
de receveur et trouvées parmi les effets des émigrés
français et niçois.
Nous ne voulons rien préjuger sur l'assertion du
cit. Valperga, quoique nous ayons des indices frappants de vérité. Ce ne sera que lorsque nous aurons
pu les convertir en preuves par le témoignage de
quelques citoyens que nous nous procurerons, pour
pouvoir en demander la restitution et la poursuite
contre le pillage.
En attendant, noùs croyons devoir vous faire part
de cette découverte que nous allons communiquer au
Président de la Convention Nationale et au Ministre.
Arch. des A. M. Registre de la correspondance du
Directoire des Colons marseillais L. 5.
Cet extrait manque au registre ainsi que les autres pièces
énoncées dans celte lettre.

�-hLe 2érae février 1793.
Au citoyen Donny, négociant à Nice
Pièce 2.

Votre lettre du 23me de ce mois, citoyen, nous
demande des renseignements sur le temporel du
citoyen Valperga, Evêque de Nice. Nous allons vous
transmettre tous ceux qui sont à notre connaissance
L'administration provisoire en choisissant l'Evêché
pour le lieu de ses séances, vint s'y établir dans les
premiers jours d'octobre, et tout nous porte à croire
qu'elle ne fit aucun inventaire des effets qui s'y trouvaient, du moins nous n'en avons trouvé aucun dans
les papiers qu'elle nous a remis.
En succédant à cette administration provisoire,
uous avons cru que notre premier devoir était de faire
un inventaire de tout le mobilier renfermé dans la maison épiscopale. Nous y avons successivement procédé
en présence des administrateurs provisoires et à mesure qu'ils nous en remettaient les clefs. Tout le mobilier qui s'y trouvait, ne consistait guère qu'en
meubles meublants et ne nous paraît pas avoir la
valeur de 17 mille livres que l'Evêque lui donne.
Vous pourrez, si vous le jugez à propos, faire prendre
à notre secrétariat une copie de cet inventaire. Tout
ce. qui n'est point renfermé dans les appartements
que nous occupons au premier étage, a été laissé à la
garde de Jean Poma, ancien concierge de l'Evêque et
le nôtre.
Pour nous éclairer sur les 34.000 1. argent monnayé que l'Evêque doit avoir laissé en sa maison,
nous avons écrit au cit. Bonnet, receveur de l'administration provisoire, pour lui demander un état des
sommes en numéraires versées dans sa caisse, comme
ayant été saisies et trouvées parmi les effets des Emigrés français et niçois. L'état qu'il nous a remis ne
monte qu'à 74121. 16 s, et aucun article n'a du rapport
avec les réclamations du citoyen Valperga.
Quant à ce qui concerne personnellement le
citoyen, nous avons demandé au Ministre de l'Intérieur de vouloir bien nous dire la manière dont nous
devions l'envisager. Nous savons qu'un ordre arbi-

�— 40 —
traire de Danselme l'obligea de quitter Nice, le jour
de l'entrée des Français. Mais nous pensons aussi que
la proclamation des Commissaires de la Convention
nationale de France et le décret de celle de Nice,
concernant les Emigrés, étaient des motifs suffisants
pour le ramener à son poste et le rassurer sur les
suites de son retour. En persistant à prolonger son
absence, il s'expose à être traité comme émigré, à se
voir déclarer déchu de sa place et confisquer tous ses
biens. Telle est la disposition de la loi, et quoique
nous ayons consulté le ministre sur le cas particulier
de l'Evêque, nous prévoyons que sa réponse sera de
nous en tenir à la rigueur des lois, ainsi que plusieurs
instructions nous l'ont déjà annoncé.
Vous sentez, citoyens, que tout le mobilier de
l'Evêque doit rester séquestré jusqu'à son retour ou à
la décision du Ministre. Il peut être tranquille sur la
conservation de tout ce que nous avons trouvé en
entrant dans sa maison. Ce qui a pu en être enlevé
avant notre entrée en fonctions, est étranger à notre
gestion. Mais nous employerons tous les moyens qui
sont en notre pouvoir pour en trouver les traces, en
acquérir les preuves et en faire punir les coupables.
Les administrateurs, etc.
Archives des A.-M., Registre
suivants.

,L. 5,/°7i verso et

Lettre des commissaires de la Convention
Nationale et arrêté du Département des A. M.
Nice, le 9 Avril 1793, l'an 1 Ie de la Repu bublique Française.
« Vous voudrez bien, citoyens, en nous envoyant
les noms et prénoms de l'évêque de Nice, nous instruire officiellement d'après les "dispositions des lois,
s'il est censé démissionnaire et son siège vacant.
« Les Commissaires de la Convention Nationale
au département des A. M.
GRÉGOIRE, JAGOT (I)

(1)

Archives des A. M. L. 29 ancien. L

7

actuel.

�— 4i (i3 avril 1793)
Le Directoire ; vu la réquisition du citoyen Procureur Général sindic « Considérant que Charles Eugène Valperga, évêque de Nice, n'avait point quitté
son domicile lors de l'entrée des troupes de la République ; considérant qu'il a lui méme-accompagné les
consuls d'alors quand ils furent présenter les clefs
de la ville et inviter le général Anselme à venir en
prendre possession au nom de la République ; considérant que le général Anselme par ses ordres arbitraires et tiranniques, accompagnés même de menaces contre ses jours, l'ont forcé de s'éloigner ; arrête
qu'il ne peut le déclarer émigré, et qu'il sera répondu
aux Commissaires de la Convention nationale d'après
les principes ci-dessus.. »
Sign : PAUMÉ ; BARLI FABRI ; F. CASTKLIMARD ;
ANGLES ; BERNARDI, secrétaire général. (1)
pjj

ce

^

Aux citoyens composant le Directoire du
département des Alpes-Maritimes..
22 juillet 1793.
Citoyens,
Le citoyen Jean-Jacques Donny, soussigné, chargé
des intérêts du citoyen Valperga, évêque de Nice
absent, ayant été informé que par votre délibération
du 29 du mois passé, ledit citoyen Valperga avait été
déclaré émigré, vous représente avec tous les égards

(1) Archives des Alpes-Maritimes, Registre L,. 3, folio 101. L'Arrêté n'est pas signé par le procureur syndic Jean-François Tourre
ni par l'administrateur Jean-L,ouis de Villiers qui ne partageaient
point l'opinion de leurs collègues. A noter que Tourre était d'Antibes
et que de Viliers était un médecin français établi depuis longtemps
à Nice.
I/Arrêté fut pris malgré le réquisitoire de Tourre qui voulait
déclarer Monseigneur Valperga émigré et malgré un violent discours de Villiers soutenant la même thèse qui fut combattue par
Barli Fabri, par Castclinard et par Anglès. J'ai déjà publié in-extenso
cette délibération du 13 avril T793 au cours d'un article sur l'église
de Nice en 1792-1793 inséré dans Nice Historique du Ier avril 1903,
C'est pourquoi je reproduis ici simplement la lettre des
commissaires et l'arrêté du département.

�- 42 —
dûs au pouvoir dont l'exercice vous a été confié par
le peuple souverain que le citoyen Valperga ne peut
ni ne doit sous aucun rapport être considéré comme
émigré, par les motifs ci-après :
i° Qu'il est de notoriété publique qu'il n'a quitté
le pays que contre son gré et par ordre du général
Anselme :
2° Qu'il a constamment été disposé et a offert
de revenir dans son diocèse, moyennant qu'il ne fut
assujetti à prêter qu'un serment relatif au temporel et
non au spirituel.
3° Qu'enfin et par la raison que n'étant point
indigène, mais étranger, son séjour ici n'a été dé terminé que par sa nomination à l'épiscopat, événement casuel qui n'a jamais pu le soumettre à l'obligation de renoncer pour toujours à sa mère-patrie.
Tous ces motifs, soit qu'on les prenne collectivement ou séparément, démontrent suffisamment,
citoyens administrateurs, le droit incontestable, qu'a
le citoyen Valperga de demander et prétendre la
radiation de son nom du tableau des émigrés, et si
le ministre de l'Intérieur n'a fait aucune distinction
entre lui et les autres citoyens, c'est sans doute qu'il
a ignoré les circonstances qui vous sont exposées
ci-dessus, et notamment la dernière, car s'il les eût
toutes connues, il n'est nullement probable qu'il eût
décidé comme il l'a fait. Toute hypothèse contraire
serait une injure faite à ses sentiments et à ses lumières. Un homme tel que lui, dont les vertus civiques, le patriotisme et les talents l'ont appelé au
poste aussi honorable que pénible qu'il occupe, doit
ressembler autant que possible à la Nation pour
laquelle il agit et qui l'a honoré de sa confiance.
Cette nation est grande, généreuse, magnanime,
juste et bienfaisante.Elle ne peut qu'êtreextrêmement
jalouse de sa gloire, et l'un des principaux devoirs de
ses agents est d'éviter soigneusement d'en ternir
l'éclat.
Le refus qui serait fait de rayer de la liste des
Emigrés le nom du citoyen Valperga, refus qui entraînerait avec lui la confiscation des minces propriétés de ce citoyen, serait un acte qui imprimerait à

�-

43

-

jamais une tache ineffaçable à la gloire du nom français ; tache qui ne pourra manquer de frapper également les yeux des contemporains et ceux de la postérité ; tache enfin que les historiens ne manqueront
pas de faire ressortir par des couleurs enluminées, et
le bel effet qu'un pareil tableau produirait, citoyens
administrateurs, serait votre ouvrage.
Mais non, loin de nous, cette idée ! Vous êtes
républicains ! cela suffit. Les républicains sont vertueux. Ils aiment, chérissent, protègent, respectent
la vertu partout où elle se trouve. Et le citoyen Valperga aussi est un homme vertueux ! Qui en doute ?
Nul bon citoyen, nul honnête homme. Souvenezvous, citoyens administrateurs, que ce n'est que par
ses vertus qu'il a mérité l'amour et l'affection du
peuple Niçois et non par sa qualité d'évêque. Et plût
à Dieu que tous les ecclésiastiques lui eussent ressemblé ! La France n'eut point éprouvé d'aussi horribles secousses, pour asseoir, affermir et assurer sa
liberté.
La République a incontestablement le droit de
renvoyer hors de son sein tout individu qui ne lui
convient pas, mais en renvoyant ainsi un étranger
qui, d'ailleurs, n'a pas encouru la peine de la confiscation de ses biens, elle lui permet de les emporter ou
de les vendre et d'en emporter le produit. Tel est
précisément le cas du citoyen Valperga.
L'exposant demande en conséquence, citoyens
administrateurs, qu'il vous plaise prendre dans votre
sagesse une délibération tendante à rendre audit
citoyen Valperga sa qualité de citoyen français non
émigré, à lui accorder un délai compétent pour rentrer dans ce pays soit comme simple citoyen ou
comme fonctionnaire public et à lui assurer dans
tous les cas la restitution de ses propriétés par lui
laissées sous la sauvegarde de la loyauté française
dans la maison épiscopale, lors de sa retraite forcée,
ou la juste indemnité de leur valeur. Et sera justice.
Nice, le 22 juillet 1793, l'an second de la République française, une et indivisible.
Jean-Jacques DONNY.
l
ARCHIVES NATIONALESF/ 4.867 , dossier Valperga.

�- 44 Pièce 5.

Etat de frais de vente pour parvenir à l'inventaire
et vente des effets de l'émigré Valperga Maillone,
citoyen évêque :
5 germinal an III (25 mars 1795)
Pour une séance de trois commissaires dont un du
District et deux de la Commission municipale, fixée
à trois livres par séance par le Directoire du district
et approuvé par les Représentants du
Peuple
L.
9 »
Papier timbré tant de la minute que
des deux extraits
»12
Pour la copie desdits deux extraits . .
» 8
Droits d'enregistrement
13 10
31

2

Nous soussignés certifions le compte ci dessus véritable.
Signés : J.-B. Thomaty, comm. du dist. ; Savigny,
comm. munie. ; Mabil, comm. municip.
Frais de la vente :
Pour quatre séances de deux corn missaires dont un
du District, un de la Commis, mun. sans le membre
de l'administration fixées à trois livres par séance par
le Directoire du district et approuvé par les Représentants du Peuple .
L.
24 »
Au trompette pour publication de
quatre criées
5 »
Au crieur à la vente, quatre séances .
12 »
Aux portefaix qui ont travaillé au
transport des effets
40 »
Papier timbré tant de la minute que
de l'extrait
1 »
Bougie
3 »
Droits d'enregistrement
27 »
Papier timbré du petit état
» 4
A la femme qui a assisté à la vente
pour l'arrangement du linge
» 12
L.
Signés : J.-B. Thomaty, comm. du
district ; Savigny, comm. municip.

1

159 6

�Vu par nous, membres composant la Commission
Administrative du district et d'après l'arrêté du district, approuvé par les Représentants du Peuple et la
loi du il et 12 Mars, arrête l'état des frais ci-dessus
se montant à la somme de cent cinquante neuf livres
trente centimes, qui seront acquittés par le receveur
du droit d'Enregistrement lorsque le Département
aura vérifié ledit état.
Nice, le 29 ventôse an 3"" de la République française une et indivisible (19 mars 1795).
(Suivent les signatures).
Vu l'état des frais ci-dessus pour parvenir à l'inventaire et vente du mobilier de l'émigré Valperga
Maillone ci-devant évêque.
Vérifié et arrêté par le Directoire du district de
Nice, la Commission Administrative du département
des Alpes-Maritimes approuve ledit état et ordonne
au citoyen Maussier, receveur de l'enregistrement
cîudit district de payer aux citoyens J. B. Thomaty
et Savigny, comm. la somme de 159 livres et 30
centimes pour montant des frais pour inventaire et
vente des susdits effets de l'émigré, laquelle somme
lui sera allouée en compte.
Fait à Nice le 5 germinal an 3me républicain ( 25
mars 1795).
Etat des frais pour parvenir d la vente du mobilier de
l'émigré Charles Eugène Valperga Maillone, citoyen
évêque.
Pour trente-neuf séances de trois commissaires
dont un du District et deux de la Commission municipale, fixé à trois livres par séance par le Directoire
du district et approuvé par les Représentants du
peuple
L.
351 »
A deux portefaix, dix-neuf journées et
demi chaque fixées à cinq livres par jour.
195 »
Au trompette pour publication de
trente-neuf criées fixées à une livre cinq
sols chaque
48 r 5
Au crieur à la vente, trente-neuf séan
ces fixées á trois-livres par séance ....
117 »

711 1$

�- 4* Report
Papier timbré tant de la minute que
de l'expédition
Pour copie dudit extrait fixé à quatre
livres
Papier timbré du présent état ....
Bougie
Droit d'enregistrement
Plus deux autres journées de portefaix à cinq livres
Un paquet de plume
L.

148
4
6
421

»
4
»
»

20
5

»
»

1.182

7

Nous soussignés certifions le compte ci-dessus,
véritable.
Nice, le Ier ventôse an 3me de la République (19
février 1795).
Signés : J.-B. Thomaty, commissaire du district ;
Savigny, comm. ; Honoré Mabil, comm. municipal.
Vu par nous, membres composant la Commission Administrative, de ce District, et d'après la loi
du 11 et 12 Mars 1793 (v. s.) et l'arrêté de cette
Commission approuvé par les Représentants en date
1^ Fructidor, oui l'agent national, arrête l'état des
frais se montant à onze cent huitante deux livres et
trente cinq centimes qui seront acquittés par le
receveur de l'agence de l'enregistrement sur le produit de la vente desdits meubles, lorsque le Département aura vérifié ledit état.
Nice le 29 ventôse an 3me de la République
française une et indivisible (19 mars 1795).
(Suivent les signatures).
Vu l'état des frais ci-dessus pour parvenir à la
vente du mobilier de l'Emigré Valperga Maillone cydevant évêque.
Vérifié et arrêté par le Directoire du district de
Nice.
La Commission administrative du département
des Alpes-Maritimes, approuve ledit état et ordonne

�— if au citoyen Maussier, receveur de Penregistrement
dudit district de payer aux citoyens J.-B. Thomati,
Savigni et Honoré Mabil, commissaires, la somme de
mille cent quatre vingt deux livres trente cinq centimes pour montant des frais de la vente des susdits
effets de l'Emigré. Laquelle somme lui sera allouée
en compte.
Fait â Nice le 5 germinal an 3me républicain (25
mars 1795).
Arch. des A. M. L. 15 ancien p. 44-45 N° 34-35

Actes de Notoriété
Pièçe g

1-2-fructidor an III
18-19 août 1795
EGALITÉ, LIBERTÉ

AU NOM DE LA LOI
Ce jourd'hui, premier Fructidor, l'an troisième
(18 août 1795 de la République française, une et indivisible, à Nice, chef-lieu du département des AlpesMaritimes, par devant Nous, Antoine Gautier Juge de
paix de la Ier, 2m" et 3me section et officier de police,
est comparu le citoyen Pierre Joseph Passeron, natit
tic la commune de Contes et habitant en celle de Nice
depuis plusieurs années.
Lequel en sa qualité de procureur du citoyen
Charles Eugène Valperga de Maillone, évêque de Nice,
subrogé par le citoyen Nicolo Giorni, homme de loi,
procureur spécial et général établi (par acte reçu) par
le notaire Pierre Joseph de Bernochio, le 20 Juillet
dernier (v. s.) qu'il présente, légalisé par le résidant
de la République de Gênes auprès de la Cour de Turin, dont il résulte le pouvoir donné au citoyen Giorni, de subroger en son lieu et place, avec tous les
pouvoirs compris au dit acte, et il présente au surplus l'acte de sa dite subrogation faite par le même
citoyen Giorni, reçu en la ville de Gênes le premier

�- 48 du mois d'août dernier (v. s.) par le notaire Antoine
Baglietto, légalisée par le consul de la République
française.
Il expose que le vingt neuvième jour de septembre
de l'année 1792, l'armée de la République, étant arrivée en cette ville, commandée en chef par le citoyen
général d'Anselme, lorsque ce général, vers le soir,
fut arrivé et il eut pris son logement dans la maison
habitée par le ci-devant consul de la République Le
Seurre, ledit citoyen Evêque Charles Eugène Valperga de Maillone s'y étant présenté, ledit général d'Anselme, en présence de tout son Etat-Major, lui signifia
d'abord de devoir partir de cette ville. Sur quoi le
dit évêque ayant répondu qu'il avait cru de pouvoir
continuer sa résidence en cette ville et tellement l'avait cru, qu'il n'avait jamais pensé de distraire et en
faire partir le moindre de ses meubles et effets, qu'il
avait dans la maison d'habitation de l'tvêque et que
si absolument il lui ordonnait de partir, il le priait de
lui accorder la sauvegarde sur tous lesdits effets et
meubles. Le dit général d'Anselme lui répliqua qu'il
dut absolument partir de cette ville, en ajoutant que
le plus tôt en serait le mieux, et qu'à l'égard de ses
meubles et effets qu'il avait, il les mettait dès ce ino
ment sous la sauvegarde et loyauté de la Nation française et qu'il pouvait en être tranquille, après quoi ledit
évêque Valperga de Maillone, tout tremblant, ayant
dit qu'il allait se conformer dès le lendemain au matin à ses ordres, se retira ; ledit général d'Anselme
lui ayant encore répliqué : le plus tôt sera le mieux.
Et comme il importe audit citoyen évêque Valperga de Maillone de constater le fait ci-dessus expo"sé, suivi en présence de tout l'Etat-Major dudit général d'Anselme et de plusieurs citoyens de cette commune, l'exposant, en sa dite qualité vous présente les
citoyens Pierre Le Seurre, ci-dessus nommé, ci-devant
consul en cette ville de la République, le citoyen Honoré Saissi de cette commune qui pour lors était second consul de la même commune, le citoyen Philippe Emmanuel Féraudi qui pour lors était secrétaire de
Ìa même commune et le citoyen Ange Giraudi aussi

�- 49 de cette commune, pour recevoir leurs dépositions
sur ledit exposé et vous fait instance que de tout lui
soit concédé acte, ce que nous lui avons accordé, et a
signé.
PIERRE JOSEPH PASSERON.

Et de suite se sont présenté les susnommés
citoyen Le Seurre, natif de Craon, âgé de 75
ans, bourgeois, le citoyen Saissi, âgé de 70 ans,
négociant, Emmanuel Feraudi, âgé de 68 ans, notaire, Ange Giraudi, âgé de 63 ans, négociant,
natifs et domiciliés dans cette commune, auxquels
après avoir fait lecture dudit exposé fait par ledit citoyen Pierre Joseph Passeron, en sa dite qualité, les
avons interpellés sur serment que leur avons fait prêter, conformément à la loi, de nous dire en leur âme
et conscience si tous les faits énoncés dans le même
exposé sont de leur connaissance et tous les quatre ont
répondu et attesté tant uniment que séparément en
être pleinement informés, s'y étant trouvés présents,
et que le tout contient la vérité, toute la vérité et
rien que la vérité. En foi de quoi ils ont signé :
LE SEURRE, HOSORI'J
SAISSI, PHILIPPE EMMANUEL FÉRAUDI,
ANGE

GIRAUDI.

Et nous, juge de paix, vu les dépositions ci-dessus, avons de tout concédé acte au susnommé citoyen
Pierre Joseph Passeron en sa dite qualité, pour lui
servir et valoir dans tous les cas, à ce que de droit et
de raison. Fait à Nice, l'an et le jour que dessus.
GAUTIER, juge de paix.
BONIFACI, sec. greffier.
Vu par nous, membres du District de Nice, 3 vendémiaire an IV rép. 25 sep. 1795, TOSELLI, JN COPPON
fils, VÉRANI pr. syndic, SAYTOUR Martin.

�— 5o —
EGALITÉ, LIBERTÉ.

AU NOM DE LA LOI
Ce jourd'hui. second jour de Fructidor de l'an 3
août 1795) de la République française une et indivisible, à Nice, chef-lieu du département des AlpesMaritimes, par devant nous, Antoine Gautier, juge de
paix de la iere, 2M* et 3ME section et officier de police,
est comparu le citoyen Pierre Joseph Passeron : natif
de la commune de Contes et habitant en celle de Nice
depuis plusieurs années
Lequel en sa qualité de procureur du citoyen
Charles Eugène Valperga de Maillone, évêque de
Nice, subrogé par le citoyen Nicolo Giorni, homme
de loi, procureur spécial et général établi (par acte
reçu) par le notaire Pierre Joseph de Bernochio, le 20
Juillet dernier (v. s.) qu'il présente, légalisé par le résidant de la République de Gênes auprès de la Cour de
Turin, dont il résulte le pouvoir donné au citoyen
Giorni, de subroger en son lieu et place, avec tous les
pouvoirs compris audit acte, et il présente au surplus
l'acte de sa dite subrogation faite par le même citoyen
Giorni, reçu en la ville de Gênes le premier du mois
d'août dernier (v. s.) par le notaire Antoine Baglietto,
légalisée par le consul de la République française.
Expose : Primo, que le matin du trente septembre 1792, le citoyen Charles Eugène Valperga de
Maillone, évêque de Nice, en partant de cette ville
avec deux domestiques à sa suite, qui portaient un
paquet et quelques effets, fut arrêté à la porte qui conduit en Piémont, ci-devant nommée porte Victoire,
et conduit au vestibule de la maison presque attenante
à ladite porte, appartenant au citoyen Dominique
Castellinard, où se trouva le citoyen Joseph Castellinard, fils dudit Dominique, et malgré que ledit Evêque Valperga déclara aux soldats de la Garde de la
dite porte qui étaient des Marseillais, que c'était en
conséquence d'ordre qui lui avait été signifié par le
citoyen général d'Anselme qu'il partait de cette ville,
lesdits soldats commencèrent par le malmener et lui
(19

�signifier qu'ils voulaient le pendre et ayant ouvert
ledit paquet et y ayant trouvé entre autres effets, une
ceinture d'évêque, ils déterminèrent, à l'instant, de le
pendre avec ladite ceinture, et ayant essayé si la même
était assez forte pour le soutenir, en la préparant, elle
se fit en lambeaux, de façon qu'ils vérifièrent qu'elle
ne pouvait leur servir et demandèrent audit Joseph
Castellinard fils une corde, pour pendre ledit évêque,
à un grand anneau de fer qui était au plafond dudit
vestibule, servant â y passer une verge de fer pour
peser les marchandises, et ledit citoyen Castellinard
fils, leur ayant absolument refusé de leur donner de la
corde, en s'excusant qu'il n'en avait point, comme
dans tous ces entrefaits ledit évêque se trouve mal et
ne peut plus se soutenir, ledit Castellinard fils lui fit
apporter une chaise, par sa servante à qui quelques
uns de ces soldats donnèrent des coups de poing pour
avoir porté ladite chaise et le même Castellinard le
fit ensuite asseoir sur ladite chaise, en le soutenant,
parce qu'il ne pouvait se soutenir droit ; d'autant plus
qu'en attendant, lesdits soldats marseillais lui disaient mille exécrations, lui crachaient dessus et lui
donnaient des soufflets, et assurément ils l'auraient
fini, si dans cet intervalle un de ses domestiques
n'avait été dire au citoyen général d'Anselme ce qui
venait d'arriver, et ledit domestique étant venu avec
un billet dudit général d'Anselme qui ordonnait à la
garde de le laisser partir, puisque c'était de son ordre,
en conséquence de ce billet lesdits soldats marseillais
se bornèrent pour lors à lui dire et crier mille invectives et injures et le laissèrent partir, ce que ledit
évêque, malgré qu'il ne pût se remuer, à l'aide de ses
domestiques fit au mieux possible en tremblant, de
façon qu'il doit son existence au refus ferme et déterminé que ledit citoyen Castellinard fils leur fit de
leur donner une corde, sans quoi avant l'arrivée du
dit domestique portant l'Ordre du général d'Anselme, il aurait été pendu et étranglé.
Secondoque lefaitci-dessusfut d'abord public et notoire, de notoriété publique dans cette ville et encore
plui le lendemain premier octobre, puisque les autres

»

�— 52 —

soldats de la Phalange Marseillaise, arrivés sur le soir
dudit jour trente septembre, d'abord après leur arrivée
cherchèrent l'évêque qu'ils voulaient le lanterner et
mettre en pièces, comme ils s'expliquèrent hautement,
ce qui joint au fait arrivé dans ledit vestibule de la
maison Castellinard, étant devenu d'une notoriété publique donna l'épouvante à tous les gens honnêtes du
pays, qui disaient que le citoyen général d'Anselme en
ordonnant audit évêque de partir, en mettant sous la
sauvegarde de la Nation française ses meubles et ses
effets, avait voulu le sauver.
Et comme il importe audit citoyen Passeron, exposant en sa dite qualité, de constater par témoins le
fait ci-dessus exposé, il nous présente ledit citoyen
Joseph Castellinard fils de Dominique de cette commune, âgé de 21 ans, de profession, négociant, qui se
trouva présent au fait énoncé dans le Ier article de l'exposé ci-dessus, et au surplus informé de la notoriété
des faits énoncés au second et dernier chef, de ladite
exposition et il nous présente les citoyens Jean-Jacques Donny, natif de Neufchâtel en Suisse, âgé de 39
ans, de profession, négociant ; Joseph Poullan, natif
de Clavesana, en Piémont, âge de 48 ans, négociant ;
Jacques Gerbin, âgé de 60 ans, tailleur, Jean-Marie
Thaon, âgé de 56 ans, négociant, natifs et tous domiciliés en cette commune pour déposer sur ladite
notoriété énoncée dans ledit second fait exposé, pour
recevoir leurs dépositions, et nous fait instance que de
tout lui soit concédé acte, ce que nous lui avons accordé et a signé.
Pierre-Joseph PASSERON .
Et de suite se sont présentés les susnommés citoyens Joseph Castellinard, Jean-Jacques Donny, Joseph Poullan, Jacques Gerbin, et Jean-Marie Thaon,
ci-dessus qualifiés, auxquels après avoir fait lecture
dudit exposé fait par ledit citoyen Passeron, en sa
dite quálité, les avons interpellés sur serment, que
leur avons fait prêter, conformément à la loi, de nous
dire en leur âme et conscience, si tous les faits énoncés dans le même exposé sont de leur connaissance,

�- 53 et ledit citoyen Joseph Castellinard a répondu et
attesté en être pleinement informé pour avoir été
présent au fait exposé dans le i" article de ladite exposition, et pour avoir publiquement entendu dire les
faits énoncés dans le second chef qui était en cette
ville notoire de notoriété publique et lesdits citoyens
Jean-Jacques Donny, Joseph Poullan, Jacques Gerbin,
Jean-Marie Thaon, ont répondu et attesté tant uniment que séparément être pleinement informés de
l'énoncé dans le second chef de ladite exposition,
puisque les faits y énoncés étaient notoires, de notoriété publique en cette ville, et tous lesdits citoyens
ont respectivement attesté pour ce qui les concerne
que tout contient la vérité, toute la vérité et rien que
la vérité. En foi de quoi ils ont signé : Joseph Castellinard fils,Jean-Jacques Donny, Joseph Poullan, Jacques
Gerbin, Jean-Marie Thaon.
Et nous, Juge de paix, vu les dépositions ci-dessus,
avons de tout concédé acte au susnommé Pierre Joseph Passeron en sa dite qualité pour lui servir et valoir dans tous les cas, à ce que de droit et de raison.
Fait à Nice l'an et jour que dessus.
GAUTIER,
BONIFACI,

juge de paix.
sec. gref.

Vu par nous, membres Du district de Nice, le 3
vendémiaire anIV rep. (25 sept. 1795).
Jn. COPPON fils, VÉRANi, pr. syndic, TOSELLI, Saytour
MARTIN.

Arch. Nat. F

7

4867 *

�54 -

PÉTITION au DISTRICT de NICE
et AVIS de ce DISTRICT
ÉGALITÉ,

LIBERTÉ

5 vendémiaire
27 septembre 1795 an IV
AUX

CITOYENS ADMINISTRATEURS
DU DISTRICT DE NICE

Le citoyen Pierre Joseph Passeron, natif de la
commune de Contes, habitant en celle de Nice depuis plusieurs années.
Vous expose en qualité de procureur du citoyen
Charles-Eugène Valperga de Maillone, évêque de
Nice, subrogé par le citoyen Nicolo Giorni, homme
de loi, son procureur spécial et général fondé par acte
reçu dans la ville de Turin par le notaire PierreJoseph de Bernochio, le 20 juillet dernier (v. s) légalisée par le résident de la République de Gênes, près
la Cour de Turin, duquel il résulte le pouvoir donné
audit citoyen Giorni de subroger en son lieu et place
avec tous les pouvoirs compris dans le même acte,
qui se trouve copié mot pour mot dans celui de la
subrogation faite par le même citoyen Giorni, reçu
en la ville de Gênes le Ier du mois d'août dernier
(v. s* par le notaire Antoine Baglietto, légalisée par
le consul de la République française, le 13 Thermidor dernier (3 1 Juillet 1795), qu'il vous exhibe qu'étant arrivé dans cette ville le vingt-neuvième jour
du mois de septembre de l'année 1792, l'armée de la
République française, commandée par le citoyen général en chef d'Anselme lorsque celui-ci y fut arrivé
le soir et eut pris son logement dans la maison d'habitation du citoyen ci-devant consul de la République
Le Seurre, ledit évêque Charles-Eugène Valperga de
Maillone, s'étant présenté, le même général d'Anselme
lui signifia d'abord en présence de son Etat-Major de
partir de cette ville, sur quoi ledit évêque lui répondit qu'il avait cru pouvoir continuer sa demeure dans
cette ville et qu'à cet effet il n'avait jamais pensé de

Pièces 7 et 8

�- 55 distraire, ni faire partir le moindre de ses meubles et
effets qu'il avait dans la maison d'habitation de
l'évêque, que si absolument il lui ordonnait de partir,
il le priait de lui accorder la sauvegarde pour tous ses
dits effets et meubles, ledit général d'Anselme lui
répliqua : Le plus tôt sera le mieux, ce qui tout est
constaté par les attestations ci-jointes du premier et
second jour de fructidor dernier qu'il vous présente
également.
Qu'il résulte aussi par lesdites attestations, que
ledit évêque Valperga de Maillone fut forcé par ledit
général d'Anselme de partir de cette ville que tous
ses meubles et effets fussent mis sous la sauvegarde de
la Nation française et qu'étant parti le lendemain 30
dit septembre, il risqu'à d'être pendu ef étranglé paties soldats de la Phalange Marseillaise qui se trouvaient de garde à la porte ci-devant dite Victoire, ce
que tout fut d'abord notoire et de notoriété publique
dans cette ville.
Vous observe que ledit évêque Valperga est natif
du Piémont où il se retira et que s'il a résidé dans
cette ville, ce n'a été que pour raison de son ministère, que tout cela nonobstant il a été porté sur la liste
des émigrés, a été vendu la plus grande partie de ses
meubles et effets, et cela même nonobstant la préalable réclamation que le citoyen Jean-Jacques Donni,
chargé des intérêts dudit évêque avait fait à l'ancien
département par sa pétition du 22 juillet 1793 (v. s)
qui existe dans les Archives de ce district, résultant
ainsi que tout cela a été fait et opéré contre le droit des
gens et la sauvegarde de la loyauté française qui fut
promis audit évêque.
En conséquence, l'exposant demande en sa dite
qualité de procureur dudit citoyen évêque CharlesEugène Valperga de Maillone la radiation de son
nom de la liste des émigrés, la levée des scellés, la
restitution de ses propriétés et l'indemnité de celles
qui ont été distraites et vendues au nom de la Nation,
et sera justice.
(21 août 1795).

�- 56 Nice le 4me jour de Fructidor de l'an 3me de la
République française une et indivisible.
Signé : Pierre-Joseph PASSERON.
Vu la pétition ci-dessus du citoyen Pierre-Joseph
Passeron présentée au nom et comme procureur subs
titué du ci-devant évêque de Nice, Charles-Eugène
Valperga tendante à obtenir la radiation de son nom
de la liste des émigrés, la levée du séquestre et remission de ses effets restant ainsi que l'indemnité de
ceux qui ont été distraits ou vendus.
Vu une première pétition présentée à l'ancienne
administration du département par le citoyen JeanJacques Donni, au nom du citoyen Valperga en date
du 22 juillet 1793 tendante aux mêmes fins.
Vu la procuration en date du premier août 1793
(V. s.) faite à Gênes, par devant le notaire public Antoine Baglietti, légalisée par le Consul de la République française y résidant, ainsi que l'acte de procuration y inséré, en date du 20 Juillet 1795.
Vu l'attestation de quatre témoins faite avec serment par devant le juge de paix de la 1", 2"", 3me section de cette commune, en date du 1" Fructidor dernier '18 août 1795).
Vu autre attestation de cinq témoins faite par
devant le susdit Juge de paix, le 2 dit fructidor, aussi
sous serment.
Considérant que par la première des 2 attestations il est pleinement prouvé que le vingt-neuvième
septembre 1792, aussitôt après l'entrée de l'armée
française dans cette commune, le sus-nommé évêque
Valperga s'étant présenté au général d'Anselme qui
la commandait en chef, celui- ci lui ordonna d'abord
en présence desdits témoins et de tout l'Etat-Major.
u'il n'avait qu'à partir de la ville, et malgré que le
it évêque lui observa qu'il avait cru de pouvoir y
rester tranquillement et qu'à cet effet il n'avait fait
partir aucun de ses effets et meubles, le général lui
répliqua de partir absolument de la ville, en ajoutant
que le plus tôt serait le mieux, l'ayant assuré qu'à

a

�-5;l'égard de ses meubles et effets de sa maison, il les
mettait dès ce moment sous la sauvegarde et loyauté
de la Nation française et qu'il pouvait en être tranquille.
Considérant qu'il résulte par lesdites attestations,
et il est prouvé que l'évêque Valperga, d'après les
ordres précis et réitérés du général d'Anselme, partit
le lendemain 30 septembre de cette ville.
Considérant que par la susdite attestation du deux
Fructidor il résulte que l'évêque Valperga, au moment de son départ de cette commune, ayant été arrêté à la porte qui conduit au Piémont, par les soldats
qui y étaient de garde, lesquels tentèrent de le pendre,
il évita la mort par les soins du citoyen Joseph Castellinard, un des déposants, et il ne fut laissé libre que
d'après un billet du général d'Anselme, qui ordonnait à ladite garde de le laisser partir, puisqu'il s'en
allait de son ordre
Considérant que tous ces faits sont devenus de notoriété publique dans cette commune, dès le même
jour 30 septembre et Ier octobre suivant, ainsi que
quatre témoins l'ont attesté.
Considérant que le citoyen Valperga ne s'est absenté de cette commune et ci-devant Comté de Nice
que d'après les ordres du général d'Anselme auquel il
témoigna son regret.
Considérant que le départ du citoyen Valperga
ayant été forcé il ne peut pas être qualifié d'émigration.
Considérant que son intention de rester dans cette
commune est d'autant plus constatée, que le citoyen
Valperga a été le seul fonctionnaire public, il soit
resté à son poste, n'ayant soustrait aucun des meubles
et effets de sa maison, lesquels ont été ensuite distraits
et vendus par la Nation.
Considérant que le citoyen Valperga ne peut être
non plus considéré comme réfractaire aux lois de la
République, tandis qu'à l'époque de son départ de cette
commune, aucune loi de la République, surtout à
l'égard des ecclésiastiques, n'y avait été encore publiée
à laquelle eut pu contrevenir.

�— 58 —
Considérant que le citoyen Valperga ne pouvant
être considéré ni comme émigré, ni comme réfractaire, ne pouvait être privé de ses propriétés laissées
dans cette commune lors de son départ, sous la sauvegarde de la loi et de la Nation française qui lui fut
accordée par le général d'Anselme, et qui étant digne
de la loyauté de cette Nation, ne pouvait être violée
sans blesser le droit des gens.
Considérant au surplus, que le citoyen Valperga,
originaire piémontais, ne faisait sa résidence à Nice,
qu'à raison de son épiscopat, ce qui ne donne qu'une
résidence easuelle, et que sous tous les rapports, il
n'a cessé d'être étranger à l'égard du pays de Nice et
de la France.
Considérant que l'article 6, section deux, N° 2 de
la Loi du 25 Brumaire (15 novembre 1794) en déclarant émigrés les citoyens domiciliés dans le cidevant comté de Nice, qui sont sortis depuis le 27
septembre 1792, n'a point porté atteinte au droit des
gens dans la personne de l'étranger, qui se trouvait
dans ce même pays, où il n'aurait pas établi son vrai
domicile.
Considérant que le citoyen Valperga, qui avait été
forcé par le gouvernement de partir de Nice, n'a dû
plus y revenir dans le terme même prescrit par les
lois aux citoyens de la ci-devant Comté de Nice,
puisqu'il ne devait point imaginer qu'il fut compris
dans l'invitation, malgré qu'il ait été porté sur la
liste des émigrés.
Considérant que ce nonobstant, lorsqu'il sut qu'il
avait été porté sur la liste des émigrés de cette commune, s'est empressé de présenter sadite pétition
du 22 Juillet 1793 dans laquelle il demanda non seulement la radiation de son nom de ladite liste, mais
encore un délai convenable pour rentrer dans cette
commune, soit comme simple citoyen, ou comme
fonctionnaire public, ainsi que la restitution de ses
propriétés par lui laissées sous la sauvegarde de la
loyauté française dans la maison êpiscopale lors de sa
retraite forcée, ou une juste indemnité de leur valeur.

�- 59 Considérant finalement que,d'après toutes les circonstances sus-ênoncèes, aucune loi concernant les
émigrés ne peut être applicable au citoyen Valperga,
et que toutes celles qui pourraient le regarder relatives au séquestre des biens appartenant aux habitants
des pays en guerre avec la République française ont
été rapportées par le décret du 14 Ventôse dernier
(4 mars 1795). •
Le Directoire du district de Nice, oui le procureur syndic, est d'avis que le citoyen Charles-Eugène
Valperga ci-devant évêque de Nice ne doit point être
considéré émigré.
Qu'il doit être rayé de la liste des émigrés, que le
séquestre apposé sur ses propriétés doit être levé, qu'il
doit être réintégré dans la possession et jouissance
d'iceux, que tous receveurs ou dépositaires doivent
lui restituer les sommes qu'ils ont perçues, résultant
du produit desdites propriétés et qu'il doit recevoir
la juste indemnité des meubles et effets qui seraient
passés au profit de la Nation.
Fait à Nice, dans la salle des séances le 5me Vendémiaire an 4me républicain (27 sept. 1795). Signé
Saytour Martin. Verani,
procureur syndic, Angles v. prés.
Touzelly. Jn Coppon fils.
Enregistré au feuil. 20 registre des prévenus
d'émigration et signé BARRAIA, commis greffier.
Certifié conforme par nous Ve président et secrétaire du district Jn COPPON Fils V,-PRÉSIDENT
BARRAIA Cis greffier.
A rch. Nat. F 7 4867

2

�— 6o —

Pièce 9.

LIBERTÉ (vignette) ÉGALITÉ
BUREAU DES
ÉMIGRÉS

Extrait des registres des délibérations et arrêtés de
l'Administration Centrale du département des Alpes Maritimes.
(2

juin 1797)

Séance du quatorze Prairial an 5mf de
la République française une et indivisible.
Sur le rapport d-e la pétition présentée par le
citoyen Pierre Joseph Passeron, procureur fondé de
Monsieur Charles Valperga, ci-devant évêque de
Nice, dans laquelle il expose que ledit Charles Valperga n'a jamais dû être atteint des lois relatives à
l'émigration, soit qu'on le considère comme parti en
suite d'une force majeure, soit en sa qualité de piémontais et demande en conséquence la radiation de
son nom de la liste des Emigrés, sa réintégration
dans la possession et jouissance de ses propriétés et
une juste indemnité, des meubles et effets qui sont
passés au profit de la République.
L'Administration Centrale du département des
Alpes-Maritimes, considérant que M. Charles Valperga, comme piémontais, n'habitant Nice que pour
cause de son emploi, n'aurait jamais dû être porté
sur la liste des émigrés du département.
Que le seul motif qui a pu déterminer le général
d'Anselme à lui ordonner de partir de la ville de
Nice, ne peut avoir été que la susdite qualité de
piémontais.
Considérant enfin, que comme sujet du roi de
Sardaigne, il est dans le cas de jouir de l'article i,r
de la loi du quatorze nivôse an troisième, (} janvier
1795), ainsi que de l'article neuf de la loi du trente
Floréal an quatrième, (19 mai 1796).
Arrête, oui le commissaire du Directoire Exécutif
que le nom de Valperga, ci-devant évêque de Nice,
qui se trouve inscrit sur la liste des émigrés, sera

�— 6i —

provisoirement rayé ; que tout séquestre qui pourrait
avoir été mis sur ses biens sera levé, qu'il sera réintégré dans la possession et jouissance de ses propriétés,
et que toutes les sommes versées dans les caisses publiques, lui seront rendues, déduction faite des frais
faits conformément aux lois.
Fait et arrêté* en séance publique le jour, mois et
an que dessus.
Signé : Donny, président Payani, fils, Scudéry,
Oberti, Hancy (et en marge Gastaud commissaire
du Directoire Exécutif).
Certifié conforme à l'original par nous président
et secrétaire de l'Administration centrale du départemeni des Alpes-Maritimes.
DONNY, président
BELMONDI, sec. chef au bureau des émigrés.
Arch. Nat. F 7 4867 2

ACTE DE CAUTIONNEMENT
Pièce 10.

11 fructidor anV (2&amp; août 1797)
LIBERTÉ ÉGALITÉ
Ce jourdTiui 11 fructidor an 5 de la République
française une et indivisible (28 août 1797) par devant nous, membres composant l'Administration
centrale du département des Alpes-Maritimes, est
comparu le citoyen Joseph Passeron, natif de Contes,
chef-lieu de canton, domicilié dans cette commune,
procureur fondé de Monsieur Charles Valperga, cidevant évêque de Nice, en vertu d'acte de procuration du 20 juillet et premier août 1795 (v. s.) lequel
en sadite qualité, dépendamment à l'arrêté de cette
administration du quatorze prairial an cinq (2 juin
1797) portant que le nom de Valperga, ci-devant
évêque de Nice, sera provisoirement rayé de la liste
des émigrés, que tout séquestre qui pourrait avoir
été mis sur ses biens sera levé, qu'il sera réintégré
dans la possession et jouissance de ses propriétés, et

�— 62 —

que toutes les sommes versées dans les caisses publiques lui seront rendues, déduction faite des frais
faits, conformément aux lois, désirant de se conformer au porté par l'article 3 de la loi du 5 Brumaire
an 3 (26 octobre 1794) qui exprime que les prévenus
d'émigration seront tenus de donner caution solvable de la valeur mobilier, et ne pourront obtenir
leurs immeubles jusqu'à ce qu'il ait été définitivement statué sur leurs réclamations par qui de droit,
toujours en sa dite qualité a présenté pour caution le
citoyen François Grosson, marchand drapier de cette
commune, lequel ici prése.it et acceptant, s'oblige
conjointement et solidairement avec ledit Valperga
et pour celui-ci ledit Joseph Passeron, et sous l'hypothèque de tous leurs frens présents et à venir, à l'entière exécution de ce qui les concerne en la susdite
loi, et à la représention des mobiliers, effets et sommes à percevoir en dépôt que besoin sera, et quant
aux mobiliers invendus et en dépôt seront soumis
d'en représenter la valeur à laquelle seront estimés
par experts, préalable rémission.
Et nous, administrateurs susdits approuvant lesdits
cautionnement et acte de soumission, à la réquisition
dudit citoyen Joseph Passeron, avons dressé le présent acte que toutes les parties ont signé avec nous,
ayant au préalable fait renoncer audit François Grosson au droit de premier convenir.
Fait à Nice les jours, mois et an que dessus.
Joseph

PASSERON,

François GROSSON,
prés., PAYANY FILS,
MARUN-SAYTOUR, sec. en chef

HANCY, DONNY,
P.

Acte original sur timbre de 20 centime*.
Arch. Nat. F

7 4867^

�— 63 -

CONCLUSION

Il était avéré pour tous, dans la ville de Nice, que Mgr
Valperga était parti contre son gré et si la première Administration départementale, installée au mois de Mai 1793,
l'avait inscrit sur la liste des émigrés de Nice, c'était à la
suite d'une réponse faite par le ministre de l'Intérieur, Garât,
aux questions à lui posées par le Directoire des Colons Marseillais sur la conduite à tenir vis-à-vis de l'évêque.
Les questions avaient été envoyées à Paris, vers la fin
de Février 1793, et la réponse du ministre ne parvint à Nice
qu'au milieu de juin suivant, soit quelques jours avant la
publication de la liste des émigrés. Les réclamations de
l'évêque, retiré à Turin dans sa famille, furent présentées
le 22 juillet 1793 (1) ; mais comme beaucoup d'autres, elles
s'entassèrent dans les bureaux du Département, qui n'y
répondit même pas.
Cette réclamation fut présentée au nom de l'évêque par JeanJacques Donny au Département. lîlle figure en original au dossier
Valperga.
Voir ci-dessus.
Le registre des délibérations du département manque aux Archives pour les derniers mois de 1793, exactement du Ier mai au 10
Novembre, comme pour les six derniers mois de 1797 et l'année entière de 1798, exactement du 8 Messidor an V (26 Juin 1797) au 25
Pluviôse an VII (13 février 1799).
C'est-à-dire pour les deux périodes les plus troublées et cette
disparition est tout au moins étrange.
Elle doit être vraisemblablement attribuée à certains hommes
politiques désireux de laisser dans l'oubli leur conduite durant ces
deux époques.

�- 64 On était dans la période la plus aiguë et, en pleine
Terreur.
Après le 9 Thermidor et, surtout après la venue à Nice
du représentant Beffroy, au mois de Floréal, an III (Mai
I795)»
les esprits devinrent plus calmes, les administrations plus pondérées. C'est alors que, sur de nouvelles demandes présentées au District, et sur avis favbrable de
celui-ci, le département des Alpes-Maritimes accorda à Mgr
Valperga sa radiation provisoire, le 14 Prairial, an V (2 Juin
1797). Comme on le voit, l'affaire avait traîné en longueur.
Il semblait alors que rien ne s'opposait plus à la rentrée
de l'évêque : le 11 Fructidor, an V (28 Août 1797), le Département avait agréé la caution de François Grosson (1) ;
les biens de l'évêque allaient lui être rendus, et il pourrait
rentrer.
Mais huit jours après, le coup d'Etat du 18 Fructidor (4
septembre 1797) remettait le pouvoir aux mains des Jacobins, la guerre aux émigrés et aux ecclésiastiques, en particulier, reprit avec âpreté. Pe département des Alpes-Maritimes se vit accusé d'avoir préparé une rentrée triomphale à l'évêque, son arrêté du 14 Prairial resta sans effet
et, en vertu de la loi du 19 Fructidor (5 septembre), les
scellés furent de nouveau apposés sur les biens de Mgr Valperga par deux commissaires municipaux (2).
En vain, l'évêque de Nice, fit intervenir auprès du Directoire Balbi, l'ambassadeur du Roi de Sardaigne à Paris,
le dossier de sa demande en radiation fut examiné sans
aucune bienveillance.
(1) L/Acte original de ce cautionnement sur timbre est aux
Arch. des Alp.-Maritimes Q. 10.
(2) Mise de scellés sur les biens de Charles Eugène Valperga par
deux commissaires de la municipalité de Nice. Une scéance, 6 livres.
Dépense approuvée par le Département, en Germinal an VI (avril
1798). Arch. des A. M. Q. 11.
Mgr Valperga ne possédait à Nice aucun immeuble et il devait
rester fort peu de chose de son mobilier après la vente qui en avait
été faite en Ventôse an III. La bibliothèque de l'évêché avait été déclarée bien national et la caisse diocésaine avait disparue en octobre 1792
sans laisser de traces dans les pièces administratives. Le séquestre
a été apposé sur les biens de nombreux émigrés rayés provisoirement.
On peut en voir la liste aux Archives des A. M. Q. 10, où Valperga
figure sous le N° 65.

�- 65
Á la suite de la lettre de Balby datée de Paris le 7 février
1798, le ministre de la police demanda à ses Bureaux un
rapport sur l'affaire Valperga. Pe voici tel qu'il se trouve
en minute au dossier.
Attendu que rien ne tend à constater le prétendu ordre
de quitter Nice, d'où il suit qu'il faut en croire sur parole
l'émigré.
Qu'à raison de son domicile, il était tenu de rentrer sur
le territoire dans les délais voulus par les lois.
Qu'il est atteint par la déchéance et n'a réclamé que
l'an V.
Qu'il ne paraît pas y avoir lieu de violer la loi en faveur
de cet ex-évêque dont la rentrée prohibée par la Constitution serait d'une influence dangereuse.
J'estime qu'il y a lieu à proposer la maintenue sauf
à prendre des renseignements si toutefois on les trouve
indispensables.
CAIGNART,
Sous-chef (2e Bureau).
En tête de cette minute est écrit :
« Je pense qu'il y a lieu à instruction et à prendre
des renseignements près les Administrateurs du département_des Alpes-Maritimes. »
Signature illisible (1).
Ces renseignements furent-ils demandés ? C'est probable et cela explique que bien des pièces du dossier Valperga sont en double expédition. Plus d'une année s'écoula
encore, avant que fut prise une décision et finalement sur
un rapport défavorable de la Commission d'examen instituée près le Ministère de la police pour l'étude des demandes en radiation, le Directoire exécutif signa le 7 Floréal
an VII, (26 avril 1799) un arrêté qui maintenait définitivement, sur la liste des émigrés, Mgr Valperga et annulait
toutes les décisions rendues antérieurement, en sa faveur,
par les. autorités locales.
(1) Arch. Nation. F 7 4862 2 dossier Valperga. Rapport de la
3 me Division du Ministère de la police, sans date mais joint à la
lettre de Balbi.
»

�- 66 -

Varrêté du Directoire parvint à Nice les premiers
jours de Prairial an VII (Mai 99) et fut immédiatement
mis à exécution. (1).
*

* *

Ainsi donc Mgr Valperga expulsé ne put jamais obtenir
de rentrer, les lois sur l'émigration étaient tellement embrouillées et tyranniques qu'une fois inscrit sur une liste
d'émigrés, il était extrêmement difficile de s'en faire rayer
malgré toutes les démarches ; car on se heurtait sans cesse
à des questions de forme et de procédure ce qui permettait
à la malveillance de s'exercer tout à fait à l'aise sous le
couvert de la légalité.
A. J.

PvANCE-BOURREY.

(1) De 21 Floréal an VII (10 mai 1799), il fut communiqué
par le ministre de la police générale de la République aux diverses
administrations intéressées et aux Commissaire du Directoire exécutif
près le département des Alpes-Maritimes. Celui-ci par lettre du 3
prairial (22 mai 1799) demanda au Département de le transmettre
à la Municipalité de Nice, ce qui fut fait le même jour avec ordre
de le transcrire sur ses registres, de faire apposer les scellés ou séquestre sur tous les biens meubles et immeubles de l'évêque si ce
n'est déjà fait, et de mi notifier sans délai la décision prise à son égard.
Voir lettre du Département à la Municipalité, celle du Commissaire au Département, 3 Prairial an VII avec la réponse du Département 4 Prairial.
Arch.. des A. M. Q. 1 et 2 et Arch. Nationales, dossier Valperga,

�NIÇA LA BELLA
VERS DE /.

Giordan,

su

DE CARTA POUSTALA

Ai rai dôu nouostre bouon soulèu
Venon s'escaufar toui lu lùssi ;
Es un meravihous tablèu,
Ai rai dôu nouostre bouon soulèu,
Trouvas, dou Var fin au Castèu,
Anglés, Rouman, Danesi, Rùssi :
Ai rai dôu nouostre bouon soulèu
Venon s'escaufar toui lu lùssi.
Pèr tu, as touti li bèuta,
Terra de lus e d'alegria,
D'un ciel d'azur, as la clartà,
Pèr tu, as touti li bèuta.
De l'univers, en verità,
Siès la uechièma meravia ;
Pèr tu, as touti li bèutà,
Terra de lus e d'alegria.
Dintre lou tèmp, Semiramis
Faguet basti, à Babilouna,
Pu siéu jardin, vèr paradis !
Soubre Paioun, degun s'estouna
De vèire, ancuèi, lou paumoulié
Drissar au ciel la siéu coulouna
E lou galofre, e l'anemouna
Flouri emb'au pourtegalié.
De bouon matin, quitant maioun
Pèr la journada touta'ntiera,
S'en va lavar, dintre Paioun
Pa bugadiera.
D'un glourious passat es fiera
Perqué, d'un tèmp, sus lou bastioun
Au Turc, arranquèt la bandiera
Pa bugadiera.

�fet 68 —

Sau de fouora fa freï,
Que brima,
A Niça, sus lou Quèi,
Si rima.
Pescadou, fourestié,
De la mar bressarella,
Escouton voulountié
Pa doussa cantinella.
L'AVOUCAT

PATTA

L'estudi de l'avoucat Patta es en plen aria ; si tèn lou matin
couma lou predinà su la plaça dôu Palai. Es un ome pichounet,
touplen raplot, li pocha enfli de papiè de touta mers. En lu vièi
quartiè es proun counouissut e li capelada, « Bouonjou Moussu
l'Avoucat », noun li mancon. Es ben m'ai juge, proucuradou, etc.
Lu siéu ounourari soun bouon pati e n'a de preferença pèr
qu si sigue. Parla au premier maufatan vengut, couma se fousse
un agnèu que vén de naisse ; lou créancier o lou débiteur soun
tratat su lou même pen... basta que mouson...
L'avoucat Patta es de noutarietà reputat pèr un ome judicious, òunest — au noun si flata de l'estre au jou d'ancuei ; —
finda counouisse, es en relacioun d'afaire emê de gros persou nage que dintre la finança dôu siéu coumerce, soun quasi d'usurari. Sau menajar la cabra e lou caulè ; e pèr que la mouneda
noun li escapa si desbrouïa e si mete dôu cousta dôu manche...
d'aquéu que casca lou de mai...
Acò fa que toui lu matin que lou Bouon Diéu a fach, la siéu
doumestica mete toujou quaucaren au fuec. Lou dimeneghe, coum'un bouon crestian, — tartufaria que lou pauva, — va audi la
gran'messa à Santa Réparada, fa la siesta e à la calada dóu soulèu,
passeja su lou Cours, pastrouia, fa lu cent pas, noun parla que de
lei, proucès, citacioun, ensin alestisse lou travail dôu dilun...
Lendeman empastra ben d'afaire, mete facilamen en lou sac
Moussu Tout'Un emé Moussu Tout'Autre... En éu que li pòu
faire ?... lança dapertout lou broumech, tant pis pèr aquéu que si
laissa agantar. Quaranta sóu es lou près d'atac e vous pregui de
crèire que douna pas la siéu journada pèr doui o tres escut.
L'avoucat Patta counouisse l'usança dôu païs... s'avès touort,
vous rouïa, s'avès pi rasoun, v'espia... Que voulès aima manjar
lou pei, lou pei que noun aiguë d'espina...
JULI EYNAUDI.

�-«9VA

MAU ! !

Va màu, cresé-vous, que va màu 1
En l'orizoun lou voile negre
N'es qu'un gran camp cargat de pebre,
Qu'à pala lou jeten davan,
Avuglan finda lu cavau 1
Lu canoun soun su li frountièra,
Alignât couma de barriera,
N'esperon plus que lou signàu !
Lou soulèu, aquel animàu !
Stan, noun vòu levà la vela,
Si foundon couma des candela
Enb'aquèu coust dôu diàu !
Le Giacouuda à cóu de d/stràu
Li fan petà li sièu moulura...
Ah ! dèu faire bella figura
Se l'an foutuda en quauqua tràu
Lou pan crèise, finda la sàu,
Lou sucre dintre li boutiga
Mounta ben mai que de boufiga !
Van jusque crèise lou rampàu
E la pèu que fau lou tambau ;
Metran de drech su li nourriça,
Su lu chichi, su li saucissa,
Perqué pas soubre lu magàu ?
E lou Prussian, marrit bertàu,
Noun sabon fa que de babïa,
Per lou Maroc e l'Algèria,
Se faran mètre lou mourràu !
Li serreren toui lou pourtàu
E pi veiren touta la França
Davan la sieù grossa arougança
Se noun si sau garda li clàu !
Es de rima d'un manechàu,
Ma sien d'estiéu, vesin, vesina,
Li passeres en la resina
Avant que vegon l'espitau !
CHARLES CIAUDO

�Valère Bernard
Tout en heurtant le marteau contre la porte de M. Valère
Bernard je songeais. Je me suis complu dans le plus souriant
mépris des idoles. L'ironie a tremblé sur mes lèvres quand
la Provence a dans un ravissement de joie acclamé le poète de
Maillanne. Cette mascarade d'apothéose me répugnait.
Et maintenant la curiosité me fourvoyait dans le studio
d'un consciencieux artiste que les felibres couvraient de gloire.
Elève de Puvis de Chavannes M. Valère Bernard pasticha le
Maître. Mais vite il eût l'intuition qu'à se perdre dans les sentiers
battus il courrait risque de compromettre son crédit. Il dit
adieu à Paris et vint dans Marseille, l'opulente cité.
A cette époque vivait un exquis écrivain, J. Lombard. Il venait de publier deux œuvres d'une grandiose beauté, VAgonie et
Bysance. Dans un style étrangement tourmenté il contait les
luttes entre les factions d'Orient, illuminant son œuvre des
splendeurs bysantines.
Valère Bernard vit Jean Lombard, et du même coup les belles
au bois qui dormaient en son âme s'éveillèrent. Il délaissa les
études académiques, les pastiches sans vie, et d'ardentes couleurs
chargèrent ses toiles.
Voici le triomphe des rois Babyloniens. Sur les voûtes d'un
palais impérial passent des gardes étincelants dans la pourpre et
la soie. L'or envahit les hautes colonnes de jaspe bleu. Involontairement on pense aux fantastiques demeures hantées par des
fées émeraudes et des princesses aux perversités troublantes.
Et je m'imagine que le peintre était sous le charme de la
légende quand il a peint cette courtisanne qui sourit à son miroir tout en jouant négligeamment avec sa chevelure d'or. Et
puis passent Venise la rouge, Marseille enveloppé dans la poussière d'or du crépuscule, des motifs à la Watteau peints par un
bysantin, toute une apothéose.
Mais une idée m'obsède, tandis que dans la grise clarté d'un
soir automnal s'éteignent les fauves éclairs jaillis de ces radieuses
toiles. L'idéalisation du passé me paraît cruelle. Les générations
endormies dans la Mort ont eu leurs misères/leurs rancœurs, je
pense qu'il est absurde de s'écrier avec Musset « qu'aux temps
jadis tout était heureux jusqu'aux douleurs humaines. » En vain
l'apostat s'attriste-t-il sur les vieillards immortels de l'antique

�- 7i

—

lonie, â ses oreilles résonnent les paroles de l'Hiérophante : « La
Helladi que tu aimes n'a jamais existé ».
Mais M. Valère Bernard brise ma rêverie, et mes yeux se
portent.sur des portraits appendus au mur. Profils d'espagnol ou
d'américain mitigés d'espagnol, comme on en croise maintes fois
sur la Cannebière.
Homme universel ne puis-je m'empêcher de m'êcrier. M.
Valère Bernard sourit. Il siérait dit-il, à mi voix, de se développer en profondeur. Toutefois il est beau de se dire sur le
tard de sa vie que l'on a fait vibrer toute son âme. Ici le maître
rejoint Néron. Il m'aide à comprendre cet inquiétant empereur.
Mais encore faut-il que tout en étant l'homme universel on ne
sombre pas dans la banalité. De méchantes œuvres d'art peuvent
avoir leur prix.
Une idée se lève devant moi. Labruyère me petsuade que
l'honnête homme de Pascal propre à tout en définitive n'est propre à rien. La spécialisation inintelligente, mène à l'erreur, j'en
conviens, mais en fait elle est une loi générale.
Et ceci est pour me plaire, car j'abhorre dissiper mon énergie,
j'aime le repliement, la frissonnante pudeur qu'effarouche les
vaines ostentations. Je goûte les peintres du passé et malgré ma
philosophie j'adore les peuples disparus. Volontiers j'implorerai
avec la Cassandre de Schiller la cécité, l'exquise cécité. Le sou
venir a plus de puissance sur moi que l'espoir.
Et sous des deux gris, en des pays étrangers désolants de
médiocrité, il m'est arrivé de pleurer plus amèrement que ne
pleura Xerxès aux rives d'Abydos.
J. PADOVANI.
PROUVERB1, BOUOI MOT, COUNSÈU E DICH
Vèuva que si marida,
Dèu perdre la lus e l'audida.
Fiha madura,
Lou pouorta à la centura.
En cuntant su lu det :
Aquéu a fa l'óu ;
Aquéu l'es anat cercar,
Aquéu l'a fa cuèire,
Aquéu l'a manjat,
E lou pichoun n'a ren tastat !

�— 73 —
LE

DÉSESPOIR

Oui, j'ai la mort dans l'âme ; oui, je monte au calvaire ;
Mon horizon, hier si beau, s'est obscurci ;
Je hais tous les devoirs et tout ce qu'on révère :
Mieux vaut mourir que vivre ainsi !
Puisque je n'y puis rien ; que la raison humaine
Ne gagne plus un cœur où mon cœur est entré,
Je veux briser mes jours comme on brise une chaîne
Et m'enfuir en désespéré.
Qu'est-ce donc que la mort ? C'est la paix éternelle,
C'est un beau drap de fleurs sur mon sein endormi,
C'est la nature calme, auguste et solennelle
Qui nous prête un repos ami.
O nature de Dieu contemple ma détresse !
Ecoute tout mon sang dans mon cœur s'épancher
Et, puisque je n'ai plus le lit de ma maîtresse,
C'est au tien que je veux coucher ;
C'est toi la grande mère et la nourrice immense !
L'homme au sort le plus âpre et l'homme au sort plus beau
Retrouvent dans ton sein leur part de ta clémence :
L'un l'amour, l'autre le tombeau
Tu sais, toi qui vois tout, ce qu'ici bas je souffre,
Que je n'ai point béni l'instant de mon réveil
Et que j'ai regardé, toujours, du fond du gouffre,
Les bords ou brillait le soleil ;
Que je n'ai bu jamais que dans la coupe amère,
Que le seuil du bonheur me fut toujours fermé,
Que j'ai perdu mes fils, que j'ai perdu ma mère
Et tous les cœurs qui m'ont aimé !
Maintenant je m'en vais, battant du front, comme ivre,
En proie à ce grand deuil qui me courbe en vainqueur,
Et je veux déchirer ma vie, avec le livre
Des chastes sanglots de mon cœur ;
Et toi, rayon divin, génie, ardent délire,
Flambeau qui n'iras plus briller sur son autel,
Eternise du moins ces larmes de ma lyre
Et que mon cri soit immortel !
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13
Mars
Epato (Grégori)
Il
Jun
Cicle soulari
17 Setèmbre
Endicioun roum
10 Desembre
Letra doumenicala
G F
LI QUATRE

8,
7,
20,
20,

10
9
22
22

e
e
e
e

11
10
23
23

SESOUN

Lou printèms coumença lou 21 mars
L'estiéu
—
— 22 Jun
L'autoum
—
— 24 sept,
L'iver
—
— 22 dés.

à 6.55 m.
à 2.36 m.
à 5.18 m.
à 11.53 m.

dôu sera
dôu sera
dôu matin
dôu sera

FESTA MOUBILI

Septuagesima... 12 Fébrié
Cendre
21 Febrié
Pasca
7 Abrieu
Rougacioun 21, 22, 23, 24 Mai
Ascensioun
16 Mai

Pantecousta
Trinità
Festa de Diéu
1" Dimenegue de
Ie* Desémbre

26 Mai
11 Jun
15 Jun
l'Avènt

LU ESCLISS!

Souliu.

—

ij Abriéu. — Esclissi annulari e coumplet visible

à Paris, en America, en Europa et dintre lou N.-O. de l'Africa.
Coumençamen de l'esclissi à 10,01 dôu matin ; finisse à 1,08
dôu sera.
10 Otitoubre. — Esclissi coumplet invisible à Paris, visible
dintre l'America dôu Sud.
Luna. — 1" Abrièu. — Esclissi parciella visibla à Paris. Entrada de la luna dintre l'oumbra, 9.26 dôu sera; sourtida, 11.03
dôu sera.
26 Setèmbre. — Esclissi parciella, invisibla à Paris, visibla
dintre l'Océan Pacifique.

Jîla providence, %ue de la Préfecture /4, $run, Siàraire

�LU

VÉNT

Lu vènt que souflon à Niça, dintre lou cours de l'armada,
soun au nombre de 16. Vequi li siéu denouminacioun courènti,
pihadi, en general, dai loucalità dei quali parèisson vèni :
Sud
Miejon
Nord... Tramountana
S.-S.-O. Miejou Lebech
N.-O.-E. Grek Tramountana
S.-O
Lebech
N.-E... Grego
O.-S.-O Pounèut Lebech
E. N .E. Levant
Ouest. Pounènt
E.-N.-E. Levant
O.-N-O.V Pounènt Maistràu
E.-S.-E. Levant
N -O . Mastràu
S.-E.... Siroco, vènt marin
N..-N. OMaïstràu Tramount
S.-S.-E.. Miejou Siroc

6
15
25
14
31
24

VIGÍLIA — JEUNI
Abriè
(Pasca, 7 Abrièu).
Mai
(Ascensioun, 16 Mai).
Mai
(Pantecousta, 26 Mai).
Avoust
(Assoumpcioun, 15 Avoust).
Outoubre (Toui lu Sant, Ier Nouvembre).
Desembre (Calena, 25 Desembre).
L'AN NADA RELIGIOUSA

LI FESTA MOUBILI E LI FESTA FISSI
Janvt'è
jYlars
1 Circouncisioun.
1 e 2 Quatre Tèms.
6 Epifania (lu Rei).
3 Reminiscere.
13 Bateja de J.-C.
10
Oculi.
14 Sant Noum de Jesu.
17 Lœtare.
fébrié
24 Passioun.
2 Puriflcacioun.
29 Li 7 Doulou.
4 Setuagesima.
31 Lu Rampàu.
6 Festa de la Pr. de N. S.
11 Sexagesima.
Jîbriéu
13 Coum. de la Passioun.
5 Divendre Sant.
18 Quinquagesima.
7 Pasca.
21 Cendre.
14 Quasimodo.
25 Quadragesima.
28 Patrou. de San Joúsè.
28 Quatre-Tèms.

�Setembre
3 Inv. de la Santa Crous.
13, 14, 15, Rougacioun.
16 Ascensioun.
26 Pantecousta.
29-31 Quatre-Tèms.
1
2
6
9
21
24
29

Quatre-Tèms.
Trinità.
Festa de Diéu.
Festa dôu S. Sacramen.
Sacrat-Couor de'jesu.
Natività de S. jouan-Bat.
SS. Peire e Paul.

8 Natività de la Vierge.
14 Esaltacioun de la Crous.
15 N.-D. dei 7 Doulou.
15 San Noum de Maria.
18, 20, 21, Quatre-Tèms.
29 Dédie, de S. Miquèu.

Ôutoubre
6
13
20
27

Sant Rousari.
Maternità de la Sta Vierge.
Puretà de la Santa Vierge.
Patrounage de la S. Vierge.

J/ouvembre

Juliet
2 Visitacioun de la S. V.
7 Precious Sang.
16 N.-D. dôu Carme.

Jîvoust
6 Transfiguracioun.
15
18
25
25
29

Assoumpcioun.
S. Joachim.
S. Couor de la Vierge.
S. Louis.
Decolac. de S. Jouan-Bat.

1
2
3
21

Toui lu Sant.
Lu Mouort.
Santi Relíquia.
Present, de la Sta Vierge.

2&gt;esembre
1 Avent.
8 Imaculata Councepcioun.
18, 20, 21, Quatre-Tèms.
25 Calena.

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l-fi«

�LA

DÉCIMALISATION

DU

TEMPS ET DES

ANGLES

LA MONTRE DÉCIMALE
Par J. de REY-PAILHADE, président du Comité
pour la propagation des méthodes Décimales.
Le Club Nautique de Nice a offert plusieur fois en prix des
montres décimales aux régates'de 1909. Il était utile de décrire cet instrument, d'y joindre des tables pratiques et des
formules à l'usage des ingénieurs, des sportsmen, des médecins, etc. etc.
DÉCIMALISATION DES ANGLES •
Il est aujourd'hui démontré que la division décimale du
quart de cercle facilite tous les calculs.
Les nouvelles cartes géographiques sont graduées exclusivement dans ce système, devenu officiel en France et dans
d'autres pays. On possède toutes les tables pratiques nécessaires à son essai courant. Nous ne nous étendrons pas
davantage sur cette méthode aujourd'hui enseignée dans les
lycées et collèges.
Nous rappellerons seulement que M. l'amiral Germinet,
membre d'honneur du C. N. N., sous la direction duquel on
fit en 1899 et 1900 des essais de navigation avec un matériel
entièrement décimal, a émis un avis très favorable à la
réforme décimale.
DÉCIMALISATION DU TEMPS
La division décimale du jour décrétée le 4 frimaire an II
rendra aussi de grands services à la science et aux sports.
Principe. — On divise le jour entier en 100 parties égales
appelées cés ; le cé est subdivisé en décisés, ceniicès et millicés
Le cé vaut 14m 24s ou 1T4 d'heure environ ; le décicé est égal
lm 26s 4 ou lm Ij2 environ ; le millicé vaut 0S 864 ou 9T10 de
seconde environ.
Concordance des Temps. — On parvient assez vite à dire
instantanément l'heure à 1 ou 2 minutes près en regardant le
cadran d'une montre décimale. Il suffit d'apprendre par cœur
les concordances décimales de toutes les heures.
0,0
0
50,0

4,2
1
54,2

8,3
2
58,3

12,5
3
62,5

16,7
4
66,7

20,8
5
70,8

25,0
6
75,0

�25,0
6
75,0

29,2
7
79,2

33,3
8
83,3

37,5
9
87,5

41,7
10
91,7

45,8
11
95,8

50,0
12
100,0

Les heures sont au milieu, les concordances des heures
du matin en haut, celles du soir en bas. Ainsi 10 heures du
matin valent 41.7 cés (énoncer 41 cés 7 décicés) et 10 heures
du soir valent 91,7 cés.
Gomme 1 cé vaut presque lj4 d'heure et un décicé une mi •
nute 1]2 ; en partant des concordances du tableau, on dit
l'heure instantanément, ainsi 39,9 cés valent 9 h. 36 m. du
matin. Un ou deux jours suffisent pour atteindre ce résultat.

Description de la montre décimale ou cémètre. — Il y a 3
aiguilles centrales se mouvant sur un cercle divisé en 109
parties égales, numérotées de 0 à 9. Le 0 cé est en bas, c'est
l'origine des temps, car on suppose la Terre au centre du
Cadran.
L'aiguille dorée avec un soleil ne fait qu'un tour par jour ;
l'aiguille épaisse en acier bleu tourne 10 fois par jour, et la
trotteuse fine fait 1000 tours par jour.
L'aiguille-soleil montre la position de l'astre du jour par
rapport au méridien de Paris, qui va du centre au chiffre 5.

�10 —
Les quatre traits bleus indiquent les positions de cette aiguille
à minuit en bas sur 0 ; — à tì h. du matin au milieu entre 2
et 3 ; — à midi, en haut, sur le 5 ; — à 6 h. du soir, entre 7
et 8.
L'aiguille dorée du soleil indique le chiffre des dizaines
de cés, 2 sur le dessin ; l'aiguille épaisse donne d'abord le
chiffre des cés, 6 sur le dessin, et en comptant rapidement à
l'œil le rang de la division entre 6 et 7, on voit, que cette aiguille marque 3 décicés. Le temps du dessin est donc 26,3
cés correspondant à 6 h 20 m. du matin environ. L'aiguille
trotteuse donne les millicés 83. Le temps est donc 26,383
cés.
» Pour la vie courante, on n'a pas besoin d'aller au delà du
clécicé. On lit les milticés pour les applications scientifiques
et sportives.
Le temps en millicés lu sur le cêmèire facilite tous les calculs, car on n'a jamais de réductions à faire.
Examinons le problème des vitesses a l'heure : Les millicés multipliés par 0,00024 donne des heures et fraction décimale d'heure. Ainsi Ì2345 millicés valent 12,345 -f- 24 =
2 h. 9628.
Par conséquent si L est la longueur parcourue et M le
temps en millicés, la vitesse est

ou t

+ 4166,66...

Ces quelques exemples démontrent que la montre décimale simplifie tous les calculs sans exception.
Les rapports de MM. les délégués officiels aux essais de
la montre décimale faits à Nice, par le Club Nautique, le 26
février 1911, concluent unanimement à la supériorité de cet
instrument pour les usages scientifiques et sportifs.
M. Prim, astronome à l'Observatoire de Nice, représen
tait M. le \iinistre de l'Instruction publique.
Prix : 60 fr. avec brochure explicative.

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JANVIE
P.
P.
D.
N.

Q,
L.
Q.
L.

lu 8, à 7
lu 14, à H
lu 22, à 7
lu 30, à 10

SOULÈU.

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—

oura
oura
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21
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L. 8 14' — C. 4 42'

dil. Jou de V An

P. Q.
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SOULÈU,

1
2
3
4
5
Lu Rei
6
Dim. S. Lucien
7
dil. S. Apoulinari
8
dim. S. Pèire
9
dim. S. Guiermo
10
dij S. Teodose
11
div. S. Arcada
12
dis. Sta Verònica
13
Dim. S. Ilari
14
dil. S. Maurici
15
dim. S. Ounourat
16
dim. S. Antoni
17
dij. Sta Angela
18
div. S. Sulpici
19
dis. S. Bastian
20
Dim. Sta Agnesa
21
dil. S. Vincènt
22
dim. S. Raymound
23
dim. Sta Jacinta
24
dij. Conv. de S. Pàu
25
div. S. Poulicarpa
26
dis. Sta Devota
27
Dim. Sta Paula
28
dil. S. Francès S.
29
dim.
dim.
dij.
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dis.

S.
Sta
S.
S.

TRIMESÏRÍ;

Macari
Genevieva
Tita
Simeoun

dim. Sta Marfina
dim. S. Peire N.
En Janvié
Lou païsan n'a ren

lu 6, à 4 oura 28 s.
lu 13, à 11 oura 38 m.
lu 21, à 4 oura 44 ui.
- L. 7 49' - C. 5 30'

dij. S. Ignaci
div. La Candeliera
dis. S. Blasi
Dim. Setuagesima
dil. SS. Vinc.Oronte
dim Sta Agata
dim. Sta Dorotea
dij. S. Romuald
div. S. Jouan-Matha
dis. Sta Apoulounia
Dim. Sexagesima
dil. Sta Eulàlia
dim. S. Gregori
dim. Sta Eufrasia
dij. S. Onesime
div S. Dounat
dis. S. Simeoun
Dim. Quinquagesima
dil. S. Gabin
dim. Dimars-Gras
dim. Li Cendre
dij. S. Silvan
div. S. Maxime
dis. S. Pascase
Dim. Quadragesima
dil. S. Nestor
dim. S. Leandri
dim. Sta Nourina
dij. S. Nymphas

Plueia de febrié
A la terra vau fumiè.

ZDéSTU-S-bez

NICE

MARS
N. L.
P. Q.
P. L.
D. Q.
N. L.
SOULÈU

1
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lu 15,
lu 23,
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7

1 oura 31 m.
0 oura 02 m.
0 oura 59 m.
1 oura 26 m.
1 oura 38 s.
01' — C. 6 13

S. Eudoxia
S. Simplici
Reminisceri
Sta Cunegonda
S. Casimir
Sta Coleta
S. Jouan de D.
Qaatre-tèms
Sta Margarida C.
Ocali
S. Euloge
S. Gregori
Sta Eufrasia
Sta Matilda
S. Acepsima
Sta Gertruda
Lœtari
S. Apien
S. Jôusé
S. Joachin
S. Lea
S. Turibe
S. Armentari
La Passioun
Anounciada
S. Emanuèu
S. Jouan d'Egt,
S. Gountran
S. Eustase
S. Jouan C.
Lu Rampàu

Lou mes de mars
Es amar.

tous le -vrai

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lu
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SOULÈU.

1 dil.
2 dim.
3 dim.
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7 Dim.
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27 dis.
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30 dim.

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13, à
3
21, à 7
28, à 11

—

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oura
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L. 6 06'

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55 in.
37 s.
31! s.
25 s.
C. 6 52'

S. Ugo
S. Franç. de P.
S. Richard
Dijàu Sant
Divèndre Sant
Dissata Sant
Pasca
S. Albert, ev.
S. Azada.
s. Isidoro
s. Leoun
s. Juli
s. Justin
Ouasimoi/ii
Sta Anastasia
S. Frutuous
S. Rodolfe
S. Maxime
S. Anselme
S. Teodoro
S. Adalbert
S. Fidèle
s. Jorgi
s. Marco
s. Clet
s. Antime
s. Aimé

s. Roubert
Sta Catarina d. S
SS. Philip. ,Jacq.

Pichouna plneia d'Abriéa
Bouona récolta pèr l'csliéu

Q.

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P. L.
D . Q.
N. L.
SOULÈU.

TRIMÍÎSTRÈ;

MAI

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lu 5,
2 oura
lu 13, a 7 oura
lu 21, à 10 oura
lu 28, à 7 oura
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C. 7 29'

1 dim. SS. Félip. Jaq.
2 dij. S. Atanase
3 div. In.d.l. Sta Crous
4 dis. SS. Sindonis
5 Dim. S. Pio, papa
6 dil. S. Jouan D.
7&lt; dim. S. Peire
8 dim. s. Gregori N.
9 dij. s. Antounin
10 div. s. Isidoro
11 dis. s. Bounifaci
12 Dim. s. Jouan lou S.
13 dil. s. Pouon, m.
14 dim. s. Pacomo
15 dim. s. Sta Denisa
16 dij. Ascensioun
17 div. S. Pascaù
18 dis. S. Teodoto
19 Dim. s. Pèire C.
20 dil. s. Felis.
21 dim. s. Bernardini
22 dim. s. Julia
23 dij Rogaeioun
24 div. s. Vincen, d. L.
25 dis. S. Urbin
26 Dim. Pandecousta
27 dil. S. German
28 dim. S. Cirile
29 dim. Sta Petronïa
30 dij. S. Sylve
31 div. S. Justin
Au mes de mai
Longui semana

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P.
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L.
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lu 3,
lu 11,
lu 19,
lu 26,

SOULÈU.

1
2
3
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19 dim.
20 dij.
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22 dis.
23 Dim.
24 dil.
25 dim.
26 dim.
27 dij.
28 div.
29 dis.
30 Dim.

—

à 11 oura 4 s.
à 10 oura SI s.
à 9 oura 51 s.
a
2 oura 20 s.
L. * 34'

C. 8 1!"

S. Potin
Trinità.
S. Quirin
S. Francès C.
S. Lié
Festa de Dieu
S. Lié
Quatre-tèms
S. Optat
Sta Margarida
S. Barnabe
S. Antoui de P.
S. Basilio
S. J.-F. Régis
S. Moudeste
S. Lambert
Sta Olga
S. Gervai
Sta Juliena F.
S. Louis de G.
S. Paulin
Sta Maria d'O.
S. Jouan-B.
S. Prousper
S. Alban
S. Cresen
s. Iréné.
s. Pèire
s. Pàu
s. Tibàu

En Jun
De tres abit l'un

Dégustez tous le vrai

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P.
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lu 3, a 10 mira 20 m.
lu 11, à 1 cura 53 s.
Il 19, a o oura 31 m.
lu 25, a 9 oura 12 s.
SDULÈU. - - L. 4 35' — C. 8 22'

1
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dim.
dij.
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Dim.
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S. Thierry
Vierg.de li Gracia
S. Anatole
S. Pèire de L.
S. Sisoès
S. Elie
Sta Babeta
S. Efrein
Sta Felicita
S. Pio
S. Jouan G.
S. Gene
S. Jaque
Festa Naciounala
S. Enri
N.D.d.M. Carmel
Sta Marcelina
S. Frederic
S. Vincen de P.
Sta Margarida
S. Vi loiSta Maria-Mad.
S. Apoulinari
Sta Cristina
S. Jaque
Sta Anna
S. Pantaleoun
S. Samsoun
Sta Marta
Sta Giulieta
S. Gnaci de L.

Au mes de Juliet
Ni frema ni coulé.

TBIMËSTRÎ;

I1. Q. lu 2, a 0 oura 29 m.
P. L. lu 10, a 3 oura 58 m.
D. Q. l»i 17, a 1 oura 1.1 s.
N. L. lu 21, a 5 oura 14 m.
IV Q. lu 31, &amp; 5 oura 21 s.
souLÈu, —1.5 or -j&gt;. 8 or

dij.
div.
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4 Dim.
5 dil.
6 dim.
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S. Pèire-aï LS. Alfonso
Inv. de S. Estève
S. Domenica
N. D. dei Nèu
Trausf. de J. C.
S. Gaétan
Sta Batilda
S. Camila d. L.
S. Là u ren
S. Septima
Sta Clara
Sta Filoumèna
S. Ousèbi
Asoumpcionn
S. Roc
S. Mamès
Sta Elena
S. Ipoulita
S. Bernar
Sta Chantai
S. Pio V
S. Filipe B.
S. Bartoumiéu
s. Louis, r. F.
s. Seg'oundo
s. Cesari
s. Goustin
s. Mederic
Sta Rosa
S. Fiacre

F.n . ivoast
Figa e moust

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SBTÈMBRE
P. !.. lu 8, a' 4 oura 57
D. Q. lu 15, a 6 oura î&gt;l
N. L. Ju 22, a 3 oura 37
P. Q. lu 30. a 0 oura 08
SOULÈU. - - 1. 5 47V— c.

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dim.
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Dim.
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S. Gili
S. Estève R.
Sta Eufemia
Sta Rosalia
S. Làuren J.
S. Pambon
S. Grat
Natiu, di' la V.
S. Oumer
S. Xicola
S. Félis
S. Veran
S. A nié
Es. (1. l.S. CtQUS
S. Nicomède
S. Conrneilla
S. Lanbert
S. Tournas V.
S. Janvié
S. Euslache
S. Matiéu
S. Maurici
Sta Tecla
S. Girar
S Firmen
S. Nil
S. iN'icandre
S. \\ inceslas
g. Miquèu
S. Jeromo

Lima setembrina
De mai clarina

MOT »

GRANDE MARQUE RECOMMANDÉE

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TRIMESTRE

NOUVÈMBRE
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6,
D. Q. lu 43,
N. !.. lu 20,
Q.
lu 29,

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1.

a
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4 oura 48
8 oura 20
9 oura 49
2 oura 42
14'

—

c.

5 03'

1 dim. Rosari
1 div. Tout lu Sant
2 dim. S. ■ Léger
2 dis. Eu Mouorl
3 dij. S. Rosari
S. Ubert
4 div. s. Francès d'A. 43 Dim.
dil. S. Carlo B.
5 dis. s. Placido
5 dim. Sta Bertila
6 Dim. s. Bruno
6 dim S. Leounar
7 dil. s. Serge
dij. S. Nestou
/
8 dim. Sta Reparada
8 div. Lu Quatre Incou.
9 dim. S. Denis
9 dis. S. Teodore
10 dij. s. Francès B. 10
Dim. S. Jacintou
11 div. s. Tarasco
11 dil. S. Martin
12 dis. s. Counrad
12 dim. S. René
13 Dim. s. Edouard
13 dim. s. Stanislas
14 dil. s. Calisio
14 dij. S. Pantena
15 dim. Sta Teresa
15 div. Sta Gertruda
16 dim. S. Ospici
16 dis. S. Edme
dij.
17
Sta Edvija
17 Dim. S. Gregori
18 div. S. Luc
18 dil. S. Alfè
19 dis. S. Pèi re
19 dim. Sta Babeta
20 Dim. S. Agrico)
20 dim. S. Edmon
21 dil. Sta Ursula
21 dij. Présent, de la V.
22 dim. S. Filip
22 div. Sta Cecilia
23 dim. S. Teodoret
23 dis. S. Clemen
24 dij. s. Mairloire
25 div. ss. Crespin-Cr. 24 Dim. Sta Flora
26 dis. s. Jouan de K. 25 dil Sta Catarina
26 dim. Sta Pel fina
27 Dim. s. Frumence
27 dim. S. Maxime
28 dil. s. Alfredo
28 dij. S. Sostène
29 dim. s. Narcisse
29 div. s. Saturnin
30 dim. s. Marcel
30 dis. s. Andrièu
31 dij. s. Siri
En ùuloubre
\loii ponorc goûta loti rùare

Tonssan ientra
St A n'driéu lou souorte

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DESÈMBRE

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P. L .
D. Q.
N. L.
P. Q.

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lu 12,
lu 20,
lu 28,

SOULÈU, -

1
2
3
4
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8 Dim.
9 dil.
10 dim.
11 dim.
12 dij.
13 div.
14 dis.
15 Dim.
16 dil.
17 dim.
18 dim.
19 dij.
20 div.
21 dis.
22' Dim.
23 dil.
24 dim.
25 dim.
26 dij.
27 div.
28 dis.
29 Dim.
30 dil.
31 dim.

1.

a
a
a
a

3 oura
m.
6 oura 46 s.
4 our;i 40 s.
7 OUI;L 48 s.

7 54' — c.

A vent
Sta Bibiana
S. Francès X.
Sta Barba
S. Bassi
S. Nicola
S. Anbrosi
Imac. Conception
Sta Leoucadia
Sta Eulàlia
S. Damase
Sta Rosélina
Sta Lucia
S, Niçoise
S.
S.
Sta
S.
S.
S.
S.

Mesuiin
Adon
Olimpíada
Gatien
Ciprian
Filogone
Tournas

S. Onourat
Sta Vitòria
Cacha-fuec
Calèna
S. Estève
S. Jouan
SS. Inoucent
Sta Eleonora
S. Sabîn
S. Sàuvestre

Calena aufuec,
Pasca àu j'aèc.

sin -

GRANDE MARQUE RECOMMANDÉE

4 35

�- i6-

�- 17

-I

CROUNICA NIÇARDA
L'ABADÏA DE SAN POUON.— L'ABAT RANCE-BOURREY.
GLOFFREDO.

—

—

PÈIRE

A PREPAU DOU DIALETE NIÇART.

Ben qne pareissènt tardié, VArmanac Niçart s'empressa de
pourtà la siéu febla vous su tout cen que enteressa lou païs, sigue
au pounch de vista istoria loucala, pouesia, tradicioun, sigue
tamben su la taquinanta questioun dóu dialete niçart souvenri
fès pauvada e su la quala lu escritour mouderne soun luen d'estre
d'acordi.
Parlerai finda de M. l'Abat Rance-Bourrey, un beneditin qne
despi quauque an en ça mete à prouflt la siéu erudiciou n a nen
revelà de fach d'istoria inedieh. Se quauqu'un mérita d'estre
laudat es ben éu ; es en éu que VArmanac Niçart tressa la
pamoula de sapiença. En esprimant la nouostra recounouissença,
à l'Abat Rance-Bourrey, fen cen que touplen an denembrat,
vouoli dire de courounà lu siéu travail, frucha de ben de recerca,
dai quali obra sian fier d'avé prestat la prima ajuda. Pouden cità :
lou Discours sur le Monastère de Sainte-Claire de Nice, par Honoré
Pastorelli, publié d'après l'édition originale de Turin 1608, avec
une introduction et des notes ; — "Le Général J.-B.-M. D'Anselme" (Notices biographiques (1740-1792). E aquest'an
l'istorien nen douna — toujou de prima man — YExpulsion de
Mgr Valperga, evesque de Niça, au tèms de la Revoulucioun,
travail anoutat de peça curiouvi que sian urous de pouder metre
souta lu uès dei nouostre letour.
*
* *
Lou fach de l'annada, lou mai marcant, es estat aquéu de
l'Abadïa de San Pouon. Parlon de tout destruge pèr li basti an
siéu luec un espitau Pasteur... UArmanac Niçart es pas Penemic
dóu prougrès, ni men encara dei Bei-Art, ma si fa lou pious dever
de jougne lu siéu esfouors en aquelu dei siéu councitadin quo
l'istoria dóu passat passiouna, pèr que l'Abadïa de San Pouon
sigue counservada e classada couma mounumen istorique. En la
circonstança feliciti M. l'Abat Rance-Bourrey que mé rasoun s'e.s
demoustrat l'ardènt defensour autourisat que counouissen. La
siéu paràula es estada escoutada e lou Préfet de li Alpa-Maritima,
8

'

�— i8 M. de Joly — respetuous dei nouostri tradicioun — en ortie
avertit a proumès que l'Abadïa de San Pouon seria respetada e de
lèu si crusià pèr lou siéu classamen tra lu mounumen istorique.
Dóu resta vequi ce que l'Abat Rance Bourrey nen di su San
JPouon. Counsignen religiousamen li siéu paràula :
« L'Abbaye de Saint-Pons est le plus ancien monument relitgieux existant dans le Comté de Nice. Il y a dou^e cents ans que
sSiagrius y fonda un monastère. L'histoire de ce monastère est
jintimement liée à l'histoire religieuse, civile et économique de la
iville de Nice.
;
« Ce fut à Saint-Pons qu'en 1388 fut'signé l'acte réunissant
le Comté de Nice au Comté de Savoie. Les abbés de Saint Pons
ifurent pris dans les principales familles du Comté : les Badat, les
tLaugery, les Provana, les Lascaris, les Grimaldi, les Martelli, les
;Tournefort, etc. Plusieurs évêques de Nice furent abbés de Saint[Pons, en particulier Barthélémy Chuet (fin du xve siècle) et Jean
, Uriole, son successeur. Un autre abbé, Claude de Seyselle, fut
,évêque de Marseille, puis archevêque de Turin ; d'autres furent
cardinaux, tels Innocent Cibo, neveu d'Innocent VIII et de
f
;Léon X, et Paul Medeci de Cesis dont on voit encore l'inscription
(funéraire à Sainte-Marie-Majeure, à Rome.
:
« A la fin du xvir siècle, l'abbé de Saint-Pons était Pierre
•Gioffredo, le savant historien niçois. Enfin, un abbé de SaintiPons dont les Niçois n'ont pas encore perdu le souvenir, était
(l'abbé Spitalieri de Cessole qui a doté sa ville natale d'un établissement de bienfaisance si justement apprécié. La plupart des
pbbès de Saint-Pons et plusieurs évêques de Nice ont été enterrés
dans l'église ou sous le cloître et dorment aujourd'hui confondus
avec les moines leurs frères qui depuis dix siècles y sont enterrés.
« Les monuments funéraires ont disparu. Le temps a tout
(nivelé à Saint-Pons, singulièrement aidé cependant par la main
ides hommes. On connaît les dévastations commises par
Iroupes de François Ier et de Barberousse, plus tard par celles d
Catinat et par d'autres encore. Après chaque désastre, SaintPons a retrouvé une nouvelle vitalité et il y a à peine trois quarts
de siècle que Mgr Galvano y a fait d'importantes réparations.
;
« Saint-Pons n'est pas seulement une page de l'histoire de
notre pays, c'est un gros volume de cette histoire ; les Niçois
laisseront-ils dire qu'ils sont restés indifférents devant le danger
qui menace Saint-Pons ? Non, ils feront tous leurs efforts pour

�— 19 -

sauver de la destruction un monument qui doit leur être cher...
Je demande d'urgence le classement de l'Abbaye de Saint-Pons,
c'est-à-dire de l'Eglise et des bâtiments claustraux, comme monument historique. »
Lou councours de YArmanac Niçart es aquist. Emé fiertà e
au près de touplen de sacrifici faren respetà l'istoria dóu passat,
la lenga e lu escrich dei orne qu'an ilustrat lou nouostre bèu
pais.
*
* *
Despi quauque tèms, — maladia que reven per intermitença,
— la gran questioun de la grafia niçarda, de l'ourtougrafa, es
messa su lou tapis. De letra soun estadi publicadi, d'autri lou seran, e cresi qu'après ben de charra pèr dire pas gran cauva de
nóu, quasi dirii pèr predicà dintre lou Desert, noun restera
d'aquela discussioun, — Favén déjà coustatat, — pas gran cauva,
ren!... Cadun escrèu à la siéu moda seloun l'esprit dóu moumen,
e serii ben curious de counouisse aquéu que vendria nen dità
une metoda en nen dïen : « la mièu maniera d'escrièure lou
Niçart es la bouona». Discussioun scientifica que pòu passiounà
quauque lenguista, pas mai ; lou mihou es d'escrèure seloun li
letra ditadi pèr la prounouncia. Lou talènt pèr aquéu qu'escrèu
es de si laissà liège, de si faire acapi. Es qu'en en un entan que
frecuenta l'escola primària poudès li demandà autra cauva ?...
Perta de tèms que tout acò, vourria mai s'engenià à recercà lu
viei mot, espressioun, loucucioun courenti que la pous dóu tèms
a rabaïat, dounà au nouostre bèu dialete la coulou que dèu avè,
en respetant lu emprunt que pouden avè fach sigue à l'Italian, à
l'Espagnòu o à tout autre...
Un dialète noun dèu pas estre une lenga scientifica, encara
m en noun còu avè la pretencioun que sigue ouficiela, seria temerari ; lou dialete d'un païs dèu refletà lou caratere d'un'epoca que
lou tèms dèu respetà, enfin escrèure gramaticalamen, un noun
empedisse l'autre, e laissà à l'esprit, au goust lou coumplemen
d'un stile ouriginal, en de frasa councisi que flaton i'auriha.
Aquí fermi la discussioun, risqui de perdre la civada... l'an
que ven, se Diéu mi presta vida, v'en dirai d'autri e couma
d'usança que mi sigue permès de la vous souvetà : Bouona e
uroûva !
L'ARMANAC

NIÇART.

�20 —

LA CIGALA DOU BOUON DIEU
Una cigala dóu Bouon Dieu
Tout l'estiéu
E l'iver en la chambreta, —
L'aiguesias vista la lebreta ! —
Noun vivïa que d'amour
S'assetava su l'ounour;
La cigala cantarela,
Vau chanja de clientela,
Noun es courta d'amatour,
Que li viron tout au tour !
Ma l'ancien de la cigala,
De gros mot ven que s'embala ;
En l'auriha de la maire
Li ven tout aquéu bousin,
Que deja toui lu vesin
Sabon lou long de l'afaire
— Cenqu'as fach m'au tiéu tip ?
Di la maire enrabiada...
Bella Vierge encourounada !
Sera au mancou m'un bouon rie!!...
CH. CIAUDO

PROUVERBI, BOUOI MOT, COUNSÉU E DICH
Tèms d'iver noun ti fidar.
Lu màu dei enfan si garisson soulet.
Cau naisse pèr estre bèu, si maridar pèr estre rie, e mouri
pèr estre brave.
Per aver de raïn, eau caressar la souca.
Agnèu naissut
Vau un escut.
Dansa mihou ventre plen que rauba nova.
L'oumbra dou mèstre engraissa lou cavau.

�LOU MAGOT DE BERTOUMIÉU ISSUGA
O BEN

UNA RAISSADA DE MACAROUN
Conte menloanasqae trouvât dintre d'un armori
de ma nana e que /'Armanac Niçart es tirons de
transcrièure en niçart à Ventencioun dei sièu
fidèle lotour et lelrissa.

Bertoumiéu Issuga, mentounasque de viéia roca, abitava en
coumpagnia de sa mouhié, en carriera dóu Paumoulié. La siéu
frema, malurousamen, era sirnplaria e faia lou siéu desespoir.
Cada matin Bertoumiéu, avant de s'en anà au travail, li recoumandava de noun faire de bestialità. Cou vous dire que toui lu
dissata lou nouostre ome metia en un'armari pertuat dintre la
muraia lou gagne de la semana.
— Bertoumiéu ! pèr qu seria tout aquel argen, demandava
Marioun au siéu marit.
— Es pèr Madjou-long, castagnassa !
*
* *
Un jou Bertoumiéu partet pèr anar à la siéu campagna ;
devia même li restar doui ó très jou pèr souïnar e arousar lu
citrouniè. Marioun souleta matin e sera, s'assetava su lou banquet de la pouorta e faïa de bas... Un predinà veguet un ome
de statura mai que mejana, couma si di, un gran carcan. La
frema de Bertoumiéu lou fissa sensa parpelear, pi pihada d'un'
idea, li diguet :
— Moun bèu Moussu, sias bessai vous Madjou-long ?
Lou merlo pita e noun s'en laissa dire autre, léu li
respouonde :
— Noun vous troumpas pas, bella bruneta, sièu ièu Madjoulong !... Ma perqué mi faire tala demanda ?
Perqué ?... dou moumen que sias Madjou-long, intras su lou
cóu. Li a ja pas mau de tèms que moun marit a mes d'argen
amagat pèr vous...
E sensa mai de ceremounia li remeté lou mandiou dintre lou
quai lu sóu eron groupât. L'ome remercia e la s'esbigna lèu.
♦

* *

�Lou sera, Bertoumiéu arriva, la sièu mouhié li di.
— Sabes, ai vist ancuei Madjou-long !
E l'ome de cridar :
— Malurousa ! — m'en a fach encara una 1
Courre à l'armari, lou mandiou e Pargen, mouis !... Issuga
blastema pica dai pen, es décidât de si desiaire de la siéu frema
Lendeman, dóu téms qu'aissesta durmïa, li cuerbe lu uès emé de
pega de sabatié, pi la pihant pèr la man, la mena dapé dóu CapMartin. Arrivât aqui, Bertoumiéu fa mountar Marioun su d'un
nouguié el'abandouna. La paura, bòrnia, noun sabia doun si
trouvava, ni men encara ce que poudia faire.
En aquéu fra-tèms doui voulur venon s'assetar souta
l'aubre ; après aver abrat quauqui branca sequi pèr s'escaufar, pi
si meton à cuentar lou siéu argen.
La calou faguet delegar la pega que curbia Puès destre de
Marioun e aissesta de cridar :
— E d'un !
Lu voulur, d'estuc, s'isson d'emblée.
— Qu'es acó, diguet l'un.
— Un matagan, faguet l'autre.
La calou seguia á faire lou siéu efet pau à pau durbia Puei
senec.
— E de douî, diguet Marioun.
Dóu cou lu voulur escapon, laissant Pargen espantegat soubre
Perba.
Marioun coumença à li veire clar, cala da l'aubre e ramassa
Pargen, pi lèu s'en camina vers maïoun...
Lou sièu marit, pensierons, era assetat dapè dóu fuec, s'escaufant, fumant la sièu pipeta emé beatituda...
— Bertoumiéu !... o Bertoumiéu !... duerbe-mi, siéu iéu,
Marioun...
— Vai au diàu que ti pihe... ièu que cresii de m'en estre
despegouït...
Ma Marioun, toujou picava, un cóu noun asperava l'autre...
L'ome fenisse per li durbi...
— Ten ! regarda cen que ti pouorti.. . e Marioun pauva lou
sac su lou toulié. ..
Bertoumiéu, entartugat, cuenta Pargen e réfléchisse ; — Marioun es simplaria e deman la vila saupra Pistoria de la fouré . ..
Cóu que Bertoumiéu si dispegouïsse pèr empedi li marridi lenga
de bavar...

�— 23 —
Si mete la vesta, lou capèu e souorte fermant la pouorta i..
Faïa nuech dintre la carriera, ma sensa pena s'encamina
vers una boutiga e croumpa pèr mai de dès kilo de macaroun...
Ientra au sièu e di à la sièu mouhié de si metre au liech.
En tant que Marioun durmïa, Bertoumiéu fa bui lu macaroun, pi lu espantega su lu aubre dóu jardin... Lendeman de
matin la siéu frema, desveiada, si mete à la fenestra...
— O ! Bertoumiéu ! Bertoumiéu ! Vene un póu veire!... O
trest ! vè, a plougut de macaroun !...
— O vai fantauma !... n'as toujou una. .. Ten ! ten !... ma
es ver !...
*
* *

A quauque tèms en ça, Bertoumiéu l'avia previst, Marioun
countet à toui que lou siéu ome noun li picava plus, despi lou
jou qu'ela li avia pourtat de sac plen d'escut...
Lou juge aiguent audit parlar de l'afaire, mandet sounar
Bertoumiéu devant lou tribunal ; la siéu mouhié era estada
citada couma testemoni.
Lou juge. — Bertoumiéu, sias acusat d'aver gardât d'argen
que noun era vouostre.
— Iéu !... Ma moussu lou juge, lou negui ; sièu couma
sabès un travaiadou.. .
E Marioun de dire.
— Noun negar, Bertoumiéu, sabés ben qu'es ver ; es iéu en
persouna que t'ai pourtat la mouneda, qu'avii trouvât en la
fouré.. .
Lou juge. — Anas brave ome, noun negués.. .
— E quoura lou m'as pourtat ?... — Vous juri, Moussu lou
juge, que la miéu frema es fouola !...
— E lou sabes ben, Bertoumiéu, es lou jou que plouguet tant
de macaroun !
— Moussu lou juge aves jamai vist ploure de macaroun ?...
— Jamai ! moun beL amic respoundet lou juge que si tenia
lou ventre dóu rire — Amie, vèu que la vouostra frema es
fouola. .. sias aquitat !...
Bertoumiéu si retira emé Marioun... Noun aigueron plus
de disputa e vieugueron, pareisse urous e pèr longtèms !...
J. E.

�CANSOUN ANCIENNA

PÈR LOU

N'aurias pas vist la miêu fiha
Trin-trin
Lou galerin
A'aurias pas vist la miêu Jiha
Trois-wtrois
Le fils du roi
L'ai vista e l'ai baïada
Trin-trin
Lou Galerin
L'ai vista e l'ai baïda
Trois-trois
Le fils du roi.
Douna-mi la miêu fiha
Trin-trin
Lou galerin
Douna-mi la miêu fiha
Trois-trois
Le fils du roi.
Es aqnela la vouostra fiha
Trin-trin
Lou galerin
Es aqaela la vouostra fiha
Trois-trois
Le fils du roi.
La miêu fiha era pas lernia
Trin-trin
Lou galerin
La miêu fiha era pas lernia
Trois-trois
Le fils du roi
La miêu fiha era pas lua
Trin-trin
Lou galerin
La miêu fiha era pas lua
Trois trois
Le fils du roi.
N'es ni guercia ni poutinouva
Trin-trin
Lou galerin
N es ni guercia ni poutinouva
Trois-trois
Le fils du rois.

MAI

�La miéu fiha n'es pas borni a
Trin-trin
Lou galerin
La miêu fiha n'es pas bornia
Trois-trois
Le fils du roi.
Noun faïa pas belugueta
Trin-trin
Lou galerin;
Nonn faïa pas belugueta
Trois-trois
Le fils du roi.
La miêu fiha n'es pas emberrida
Trin-trin
Lou galerin
La miêu fiha n'es pas emberrida
Trois-trois
Le fils du roi.
La m iéu fiha n'es pas pigada
Trin-trin
Lou galerin
La miêu fiha n'es pas pigada
Trois- trois
Le fils du roi.
La miéu fiha noun es pas ranga
Trin-trin
Lou galerin
La miéu fiha noun es pas ranga
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha noun es pas louorla
Trin-trin
Lou galerin
La miéu fiha noun es pas touorta
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha n'es pas crouoada
Trin-trin
Lou galerin
La miéu fiha n'es pas croavada
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha n'es pas gibouva
Trin-trin
Lou galerin
La miéu fia n'es pas gibouva

�— 26 —
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha noun es foularana
Trin-trin
Lou galerin
La miéu fiha noun es foularana
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha n'es pas ingourda
Trin-trin
Lou galerin
La miéu fiha n'es pas ingourda
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha a pas lou peu de pi g nu
Trin trin
Lou galerin
La miéu fiha a pas lou peu de pig nu
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha noun es narvelouua
Trin- trin
Lou qalerin
La miéu ûha noun es narveloiwa
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha noun a la rougna
Trin-trin
Lou galerin
La miéu fiha noun a la rougna
Trois trois
Le fils du roi.
XXX.

PROUVERB1, BOUOI MOT, COUNSÈU E DICH
Qu duerme ben noun cregne li niera.
Qu vè pissar e noun pissa, crêpa de malícia.-'
Qu douna soun ben avan de mouri
Mérita de pati.
L'amour es lou paradis dei fouol.
L'amour es .la flou de la jouinessa.

�LA MOUORT DAU PAURE TOUNIN

Lou paure Tounin, malàut a setant'an, si presenta à l'espitàu
ma li respouondon que li a plus de plaça.
— Coumplet ! ! !
Quauqu'un li fa capi qu'em'un pau de proutecioun li pourria
intrar. Countrariat dei pas que cóu faire, Tounin vira lu taloun e
s'encamina vers la plaça Massena, piha lou tram, si rende da
Graugnard, à l'espitàu dei can, e li di :
— Moussu lou Veterinari, cresi d'estre un pau mai qu'un
can ?... En aquéu cas souîna-mi...
— Vous souînar aici, ma brav'ome perdés la testa. — Basta,
li di que n'a pas de liech pèrcourcar un crestian, que noun douna
de souin qu'ai bestia !...
Tounin, couma pensas, s'en souorte m'au couor gros e noun
sau plus à que sant si recoumandar. Era aqui au mitan dóu
camin, quoura en aquéu moumen arriba un landau, doun cala
una grossa dama, encapelada, aurias dich un ver foungi, segada
d'un varlet que pourtava religiousamen un can enfeloupat emé de
favour rosa au couol, tapat d'un tapis em'ai iniciala. En veèn
aquéu tablèu lou paure Tounin si lamenta, sangluta fouort.
— Qu'avès lou miéu brav'ome, li di la dama.
— Cen qu'ai Madama ?... trovi que lou vouostre can a mai
de chança que iéu. Li a cinquant-cinq an que travaii, pèr la premiera fès que siéu malàut, noun soulamen mi refuson à l'espitàu
dei estre uman, ma encara mi vèu picar la pouorta au nas èn
aquéu dai can.
— Quevoulès, lou miéu paur'ome, ai fach un vout de mimetre
à la Soucietà Proutetriça dei Animau, de pourtar touti li miéu
ecounoumia à la Caissa de secours pèr soulajar lou sort dei bestia.
Lou fau talamen ben, que vouguessi ben vous dounar un sóu
que pourii pas.
La dama li vira l'esquina e ientra couma un coupa-cisèu da
Graugnard. Tounin roumougna :
— Se ti veguessi en un cantoun ti dounerii mancou un gotou
d'aïga !... vièia sansuga !...
Tounin estrassinat, deble s'alonga un pau plus en là, su d'un
mouloun de peira. Quauqui oura après, couma soufrisia, n'ai-

�guènt ren en l'estomegue depi l'auba, coumençava d'aver lou
rangouioun, quoura passet un canipiè que li diguet :
— Que fès aquí, brav'ome ?
— Couma veès siéu aqui pèr tirar lu patoun. M'an refusat â
l'espitàu, même en aquéu dai can, noun mi resta que de mouri
su d'un mouioun de peira. — Avès un carnet su lou quai enregistras lu fach dóu jou, farias ben de li aloungar lou miéu testamen que poudès mentuar couma acô :
— « Bouon Diéu, se mi fes passar encara une fes sur la terra,
fe-mi naisse can au mancou, li aura une Soucietà Proutetriça dei
Animau que si crusira de iéu e pourrai estre amès en un espitau,
estre souïnat, faire bouona vida, menar une vida de can... »
ANT. ROLAND.

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VIGNE
A M. VALÉRE BERNARD.

Dans le ciel doux la Vigne ètreint les pals de buis.
Sous le pampre le merle alourdi des falernes
Tourne son col gris vair et ses paupières lemes
Qu'argenté la blancheur des immuables nuits.
O / fraîcheur, 6 beauté des Igs et des iris,
Que la Vierge éblouie avec les marjolaines
Cueille le soir venu aux vasques des fontaines
Pour colorer en fête, au crépuscule, l'Euis.
Narcisses, ébeniers, œillet et sensitive
Ah ! Versez en mon âme attiédie et pensive
L'orgueil qui souleva les clairs olympiens.
L'amour qui rafraîchit les Madones pieuses
Et qui vêt de clarté les snls athéniens
Et les ravissements des époques heureuses.
JEAN

PADOVANI.

Quauque souvèt :
Vous souveti la bouona annada.
Que siegue mihau que la passada.
Vous souveti la bouona annada acoumpagnada de touplcn
d'autri.

�Eglises et Chapelles de Nice
La vieille ville de Nice se trouvant sur la rive gauche du
Paillon, pour parler de ses églises, nous commencerons par son
église cathédrale, Sainte-Réparate, vierge et martyre, de celles du
canton Est, et en traversant la rive droite nous nous occuperons des paroisses du canton Ouest.
I. — L'Eglise Cathédrale du Diocèse de Nice est la paroisse
de Sainte Réparate, vierge et martyre, sous l'empereur Decius en
253. Sa fête est le 8 octobre. Cette église est au centre de la vieille
ville (8.500 âmes), Avant 1531 la Cathédrale était près du Donjon, plateau de Nice, et dénommée : Sancta Maria in platea,
dédiée à N. D. de l'Assomption. L'édifice actuel, dans son genre,
ressemble beaucoup à Saint Pierre de Rome, au Vatican. C'était
auparavant une simple église paroissiale
desservie par
les Bénédictins du Monastère de Saint-Pons, près Nice.
Dans son ressort se trouvent l'ancienne église de Saint
Jaume (Saint Jacques apôtre), jadis des P.P. Carmes, fermée
depuis 1903. Après le transfert du titre de paroisse à l'église de
Saint Juste, évèquc, au Gesu, elle fut placée sous la vocable de l'Annonciation de la Sainte Vierge, ainsi que la belle Eglise de la
Miséricorde, sur le Cours Saleya, jadis de Saint Gaétan, fondée
e
par les P.P. Theatins au XVIII siècle et cédée à la noble
confrérie des Pénitents Noirs.
La Cathédrale de Nice, paroisse Sainte-Réparate de nos jours,
fut comme l'ancienne au Donjon du Château {Sancta Maria in
platea), le théâtre de plusieurs f lits historiques mémorables dans
les annales de l'histoire de Nice.
II. — L'Eglise de Saint Jacques, an Gesû, dès son érection
en 1612, dédiée à Saint Juste, évêque. Sa fête est le 2 septembre.
En 1665 fut érigée en paroisse sous le titre de Saint Jacques le
Majeur, remplaçant la paroisse de Saint Jaume. On l'appelle
vulgairement le Gesù à cause qu'elle a été fondée et administrée
par les P.P. de la Compagnie de Jésus.
Appartiennent à cette paroisse les deux chapelles des confréries des Pénitents Blancs, la Sainte Croix, — confrérie la

�óo —
plus ancienne de Nice, — et des Pénitents Rouges, Saint Suaire
et de la Sainte Trinité ; l'Eglise du Couvent de là Visitation,
la chapelle de l'ancien séminaire, à la montée du Château, et
jadis l'Hospice franciscain avec chapelle de Saint Joseph des
P.P. Recollets de Cimiez, convertie en maison particulière.
L'Eglise du Gesù est d'ordre corinthien composite, cons truite sur le modèle de l'Eglise des Jésuites de Turin, dite
vulgairement les Saints Martyrs. ( 10.000 âmes).
A l'extrémité de la rue du Malonat, aux racines de l'ancien
château, on voit un oratoire à la Sainte Vierge Marie, sous le
titre de N. D. du Bon Secours. Les habitants de ce quartier érigèrent cet oratoire en l'honneur de la sainte Vierge, en reconnaissance du choléra en 1854.
III. — L'Eglise paroissiale de Saint Martin Evéque dite de
Saint-Augustin est la plus ancienne, elle fut bâtie sur l'emplacement de l'ancienne chapelle de Saint Martin (1205) et appelée
Saint-Augustin parce qu'elle était desservie par les Augustiniens
dont le couvent a été transformé en caserne. (Caserne Filley, près
l'ancienne chapelle Sincaire).
IV. — L'Eglise de Saint-Francois-de-Paule a été édifiée en
1736 d'après le plan de l'architecte
Guarini. En 1838
elle fut érigée en paroisse par décret de Mgr Galvano et appelée
aussi Saint-Dominique en souvenir de l'ancienne église paroissiale
de ce nom qui s'élevait sur la place Saint-Dominique aux lieux et
place de l'actuel Palais de Justice.
V*— L'Eglise du Port ou de l'Immaculée Conception. D'humble
origine. D'abord ce fut une fort modeste chapelle (1835), transformée agrandie par Mgr Galvano, et l'avocat théologue L. Mari
fut son premier curé..
VI. — L'Eglise Saint-Joseph nouvelle paroisse depuis 1911 la
première pierre fut posée le 19 mars 1911, bénie le 29 octobre et
ouverte au public le Ier novembre 1911 sous le patronage de Mgr
Chapon et dirigée par les soins de M. l'abbé Gabrielli.
A cette paroisse appartiennent la chapelle succursale de Saint
Joseph contigüe à l'Evêché, et la chapelle de Notre-Dame des
Anges sur l'ancienne route de Villefranche.
VIL — Saint-Roch. Cette église paroissiale dans la banlieue
de Nice fut érigée après la peste de r68r. Nice fut délivrée de ce
fléau par l'intercession de saint Roch, confesseur, né et mort à

�- Si Montpellier. La paroisse est divisée en deux quartiers, Roquebillière
inférieure et Roquebillière supérieure, jusqu'à la chapelle de NotreDame de Bon Voyage.
VIII. — Rive droite du Paillon, intra muros, se dresse Notre Dame du Vau, paroisse Saint-Jean-Baptiste, qui remplace l'an
cienne église du même nom devenue chapelle inférieure du Lycée.
Cette belle église, vœu delà ville de Nice en 1835, mt érigée en
1842 et terminée en 1852 par Mgr Galvano, évêque de Nice.
La façade ressemble à celle élevée à Turin en l'honneur du retour
du roi dans les états Sardes en 1814.
IX. — Saiiit-Pierre-d' Aréna remplace une chapelle située à la
Croix de Marbre. Elle fut érigée en paroisse en 1803 par Mgr
Colonna d'Istria. Elle doit son nom à ce fait, c'est que lors de sa
fondation elle se trouvait sur le rivage de la mer séparée par une
bordure de sable fin.
X. — Une ancienne chapelle de Sainte-Hélêne-l'Inspiratrice
existait dans ces parages. Elle fut remplacée en face la mer par
une église sous l'épiscopat de Mgr Recrosio (1727).
Six paroisses « extra muros » dépendent de la commune de
Nice.
Sainte-Marie Magdeleine, sise dans le vallon de Magnan, édifiée sur l'emplacement d'une chapelle de même nom, érigée en
1626 et dite vulgairement chapelle « dei cassaire » à cause du
grand nombre de chasseurs. Après le concordat de 1803 sous
l'épiscopat de Mgr Colonna d'Istria, ce quartier qui depuis 1771
dépendait pour le spirituel de la cathédrale fut érigé en paroisse.
Il existe encore aujourd'hui une chapelle de Notre-Dame du Bon
Conseil changée en demeure particulière . Bientôt le besoin de
la population augmentant, une église sera bâtie à la cité Robiony
par les soins du curé actuel de la Madeleine.
Plus à l'est de la ville, toujours dans le canton ouest ce
l'Arquet, se dresse la paroisse de l'Ariane dédiée primitivement à
saint Arnoux, évêque et à saint Pierre, apôtre. Elle fut érigée en
paroisse en 1809 sous l'épiscopat de Mgr Colonna d Istria. Dans
son ressort se trouve l'ancienne chapelle nécropole de l'Abbadie
fondée en 1635 en l'honneur de sainte Claire pour le besoin spirituel de 450 à 500 habitants qui appartiennent aux communes
de Nice, Cantaron Saint-André. Localité d'avenii et à laquelle
le chemin de fer Nice-Coni donnera une valeur stratégique.

�— 32 —
Gairaut avait au moyen-âge une chapelle de secours desservie
par les religieux chevaliers de l'ordre du temple au début, et par
la suite de Rhodes et de Malte. Sous l'épiscopat de Mgr François
Rosini de Martinengo la chapelle fut érigée en église paroissiale
sous le vocable de saint Sauveur o*u de la transfiguration du
Rédempteur.
Dès 1730 les P. Dominicains de Nice fondent à Saint Pancrace un sanatorium pour religieux martyrs avec chapelle en
l'honneur de Saint Pancrace martyr. Cette chapelle est érigée en
paroisse en 1848 par Mgr Galvano.
Sur le couchant de Saint-Pancrace on trouve la paroisse de
saint Roman . martyr ; l'ancienne chapelle fut érigée en paroisse
ainsi que celle de saint-Antoine de Ginestière en 1803 sous Mgr
Colonna d'Istria.
VALENT IN.

NOU VÉ
Tu Çatarina fai lou pan.
Mdumen de jota, d'alegressa,
Fes audi da toui lu couor :
Lu ange canton l'alegressa,
Fuges l'infer, Juges la mouorl.
Chntou !
L'aarika sabla, li a quaucaren aici vesin,
Sembla que senti li joia d'un festin ;
Audi lu tambourin de laen,
Lu Jlajoulet e li musela,
Lu pastre van à Bethelen
Laisson la cabana soaleta ;
Santo nuech, venes aléa nen ralegrà,
Pourtas à toui la pax et la tranquilità !
Tu Catarina fai lou pan,
Manda Lucrecia au safran,
Despende aléa lou lauvaniè,
Chapla la blea su lou taatié ;
Crala de froumai e roumpe d'iiu
E fai la iourta couma fou,
Ché n'aiguen toui en aboundança (bis)
Santa nuech, venes alèu nen ralegrà,
Pourtas à toui la pa.x e la tranquilità .'
En tant faguen etnb'au vesin
t ua santépér lou Bambin,
Toucan lou gotou de bouon vin,
Ernb'aa vesin pér lou Bambin
Ti-ri-tin-tin ! -tinTi-ri tin !

�— 3Î —

L'Expulsion de Mgr Valperga
fEN SEPTEMBRE

1792)

Le 12 octobre 1780 h population de Nice se pressait aux
abords de la porte Pairoliëre pour y recevoir en grandes pompes
le nouvel évêque Charles-Eugène Valperga di Maglione. Ce
prélat avait couché la veille selon l'usage antique à l'abbaye de
Saint-Pons et devait faire ce jour là son entrée solennelle dans
sa ville épiscopale.
Le cérémonial imposant avec lequel on avait reçu jusqu'alors
les évêques fut encore cette fois observé. L'accueil de la population entière fut des plus chaleureux au rapport de Pierre Scaliero
qui en fut témoin (1). Le nouvel évêque, qui remplaçait Monseigneur Astésan nommé archevêque d'Oristano en Sardaigne,
appartenait à une famille de vieille noblesse dont plusieurs membres avaient exercé, à Nice, des fonctions importantes (2). Il
(1) Voir aux Archives municipales le récit détaillé que ce chroniqueur en a laissé dans ses Mémoires. Pierre Scaliero mourut en 1805.
(2) Jacques Valperga, conseiller ducal, fut lieutenant du gouverneur de Nice en 1454 ; Thoma5 Valperga fut gouverneur du château de Nice en 1565 ; Jean Valperga fut également gouverneur de
Nice en 1596 ; Jérôme Valperga fut commandeur du château de
Nice en 1600 ; Pierre Valperga, frère de Jacques Valperga, était
chevalier de Malte (Arch. municipales, registre des gouverneurs,
commandants et chevaliers de Malte) ; Anne Valperga, fille dAmédée
Valperga, épousa, le commandeur de Malte Jean-Paul Lascaris.
(Voir son testament daté de 1683, arch. des Alpes-Maritimes,
registre B, 297.) Joseph Ignace de Valperga reçut de son oncle, Emmanuel Philibert Chiotera, mie partie du fief de Couaraze dont il fut
investi le 20 février 1753. Son fils, Vincent, céda ses droits à H. Novelli. Jérôme Valperga fut sénateur à Nice de 1761 à 1765, puis
ministre plénipotentiaire de Sardaigne à Gênes en 1780 ; plus tard
il fut ministre etsecrétaire d'Etat, ce dernier était le frère de l'évêque
de Nice et fils du comte François Valperga qui vivait encore en
1795Ees armoiries des Valperga étaient fascé d'or et de gueules, à
la plante de chanvre déracinée, d'argent et brochant. Le cimier
était un bouc naissant au naturel et la devise : « Ferme-toy ».
Nous reproduisons les armoiries de Monseigneur Valperga d'après celles qui se trouvent en tête du catéchisme édité par ses ordres
et dont nous devons le dessin à l'obligeance de M. Joseph Casai
(Extrait de 1' « Armoriai Artistique et Nrbiüaire », Ni.e, 1902.
3

�- 34était directeur du collège des Provinces à Turin, lorsque le roi
de Sardaigne le désigna, pour l'évêché de Nice. Il avait été sacré à
Rome où il avait fait ses études. Monseigneur Valperga se distingua immédiatement par sa vigilance et son activité : il releva
le niveau intellectuel et moral des prêtres de son diocèse et s'attacha à mettre en toutes choses la plus grande régularité. Dix-huit
mois après son installation, il publia un nouveau catéchisme
dont le plan avait été préparé par son prédécesseur ^i). Grâce à

ses relations cordiales avec la eour de Turin, il jouissait auprès
des autorités civiles de Nice d'une grande influence. Après douze
(1) Ce catéchisme en italien fut imprimé à Nice par la Société
Typographique. C'est un petit volume in-douze de 612 pages, portant
la date de 1783. En tête se trouve le mandement de Monseigneur
Valperga du 16 février 1782 qui approuve le travail terminé par
le prêtre auquel Monseigneur Astésan en avait confié le soin, ordonne
sa publication et règle l'organisation des catéchismes dans tout le
diocèse. Deux ans plus tard en 1785, Gabriel Floteront, imprima
un autre catéchisme rédigé en dialecte niçois, petit volume in-12
de 228 pages. Un exemplaire de ces deux ouvrages existe à la biblio
thèque de Nice. — Voir Villarey, Série Cronològica dei Vescovi
di Nizza. — Art. Valperga.

�-35 années de séjour dans cette dernière ville il s'était acquis l'estime
et le respect de tous.
*

• *

Lorsque le 28 septembre 1792 dans l'après-midi, les troupes
piémontaises évacuèrent Nice, il y eut dans cette ville une effroyable panique et des milliers d'habitants s'enfuirent dans la direction de Turin. Ce fut un désarroi et une désorganisation complète de toutes les autorités. iMonseigneur Valperga resta à son
poste et s'engagea à ne point quitter la ville. Le lendemain samedi
29 septembre, il accompagna le second consul Honoré Saissi et
quelques membres du Conseil qui se rendirent, vers les onze
heures du matin, à la villa Feraudi, au quartier St Hélène, pour
offrir les clefs de la cité au général d'Anselme qui venait d'y
arriver à la tête des troupes françaises. Le général fit à la délégation assez bon accueil, mais il s'étonna de trouver parmi ses membres, l'évêque dont la place déclara-t-il n était pas là. Du reste,
d'Anselme attacha si peu d'importance à la démarche îles magistrats niçois que dans aucune de ses dépêches officielles il n'en fit
mention.
Sur le soir du même jour, la petite armée française faisait son
entrée dans la ville et le général s'installait dans la maison du
consul de France à la place St Dominique. L'évêque de Nice qui
tenait à rester au milieu de ses diocésains se présenta de nouveau
vers les huit ou neuf heures du soir chez le général auquel il voulait recommander ses prêtres en lui demandant des respecter les
églises. Le général était entouré de tout son état-major, du consul
de France, Pierre Le Seurre, de Honoré Saissi, second consul, de
Féraudi, secrétaire général de la commune. Ces deux derniers
venus probablement pour appuyer les demandes de l'évêque.
L'accueil du général ne fut pas plus encourageant que la première fois ; il intima même avec insistance au prélat l'ordre de
quitter ta ville en ajoutant que le plus tôt serait le mieux et ce
fut sur ces dernières paroles que l'évêque se retira après avoir toutefois reçu du général la promesse que tout ce qu'il laisserait dans
son palais serait placé sous la sauvegarde de la Nation française.
Il n'y avait pas à tergiverser, l'ordre était formel et pressant, il
fallait partir. L'évêque prit ses dernières dispositious et délégua,
au curé de la cathédrale, le chanoine Honoré Navello, tous les
pouvoirs nécessaires pour administrer le diocèse en son absence.
Aux premières lueurs du jour, Valperga quitta son palais, et se

�— 36 dirigea à pied vers la porte Pairolière. Il avait été impossible de
trouver une voiture car tous les moyens de transport avaient été
réquisitionnés et utilisés le 28 septembre pour permettre l'exode
des habitants terrorisés. Il avait ordre de partir, mais cet ordre
n'ayant pas été donné par écrit, les volontaires marseillais, de garde
à la porte de Turin, refusèrent de le laisser passer, l'accablèrent
d'injures, le menacèrent même de le pendre et ne consentirent á
le lâcher que sur un ordre écrit, sollicité et obtenu du général,
grâce à l'intervention courageuse et au sang-froid d'un jeune
niçois, Joseph Castellinard. Monseigneur Valperga se retira à
Turin et y mourut en 1805 sans avoir jamais pu obtenir l'autorisation de rentrer.
*

* *

Il est établi par les documents officiels contemporains que
Monseigneur Valperga ne quitta son siège que sur les ordres arbitraires du général d'Anselme et ces mêmes documents nous
renseignent très exactement sur les incidents fâcheux qui se produisirent au départ de l'évêque. Du reste, on n'ignorait pas à Nice
comment les choses s'étaient passées et la population savait grê à
Valperga de son attitude et de sa fermeté. De son côté, Valperga
avait eu confiance dans la parole à lui donnée par le général au
nom de la Nation française et à plusieurs reprises il manifesta
son étonnement qu'elle n'ait pas été gardée, que ses biens aient
été confisqués, son mobilier vendu, son nom inscrit sur la liste
des émigrés alors qu'en partant il n'avait cédé qu'à la force.
Parmi les nombreux documents qui se trouvent soit aux archives de Nice, soit aux archives nationales il en est quelques-uns
dont la simple reproduction sera plus probante que tous les corn,
mentaires. Il_suffira de citer :
•i° La lettre du Directoire des Colons Marseillais en date du
25 février 1793, adressée aux citoyens Blanqui et Veillon, députés
extraordinaires de la ville de Nice à Paris, au sujet des réclamations présentées le 23 du même mois par Jean-Jacques Donny, au
nom de Mgr Valperga.
20 La réponse du même Directoire à J.-J. Donny, en date du
26 février 1793.
3„ L'arrêté du Département en date du 13 avril 1793.
40 La réclamation présentée au Directoire du département

�Valperga, aussitôt après son inscription sur la liste des émigrés de
la ville de Nice, dressée à la fin de juin 1793.
50 Les états de frais pour l'inventaire et la vente du mobilier
et effets de « l'émigré Valperga Maillone, citoyen évêque » approuvés par le département des Alpes-Maritimes, le 5 germinal an
III (25 mars 1795).
6° Les actes de notoriété dressés le Ier et 2me fructidor an III
(18 et 19 août 1795) par Gautier, juge de paix à Nice, à la requête de Pierre-Joseph Passeron, agissant en qualité de procureur
subrogé par Nicolas Giorni, procureur spécial et général de Mgr
Valperga, par acte de procuration reçu à Turin le 20 juillet 1795,
notaire Pierre-Joseph Bernochio.
70 La pétition adressée au district de Nice le 4 fructidor an III
(21 août 1795) par Pierre-Joseph Passeron, demandant la radiation du nom de Valperga sur la liste des émigrés.
8° L'avis du district de Nice en date du 5 vendémiaire an IV
(27 septembre 1795) déclarant que Mgr Valperga doit être rayé
de la liste des émigrés.
90 L'arrêté du département des Alpes-Maritimes, en date du
14 prairial an V (2 juin 1797) ordonnant la radiation provisoire
du nom de Valperga de la liste des émigrés.
io° L'acte de cautionnement dressé par le département le
11 fructidor an V (28 août 1797), à la requête de Pierre-Joseph
Passeron, procureur de Mgr Valperga en exécution d'une des
clauses de l'arrêté du 14 prairial an V (2 juin 1797).

�- 38 —

DOCUMENTS ET PIÈCES D'ARCHIVES

Pièce 1.

25 février 1793
Aux cit. Blanqui et Veillon
Une lettre du cit. Donny, associé du citoyen LeClerc, défunt président de l'ancienne administration
provisoire, dont vous avez ci-inclus l'extrait ( 1 ), nous
fait connaître que le cit. Valperga, évêque de Nice,
laissa avant son départ (ordonné à son retour par
Anselme) dans sa maison pour environ 34.000 livres,
argent monnayé, et environ pour 17.000 d'effets en
vaisselle, linge, batterie de cuisine etc.
Une portion de ces effets se trouvent encore dans
ladite maison, sous l'inventaire que nous en avons
fait dresser par les commissaires de l'une et l'autre
administration, lorsque nous avons été installés, mais
il s'en faut de beaucoup qu'elle puisse arriver à la
somme de 17.000 livres, pas même le tiers.
Quant à l'argent monnayé entré dans la caisse du
receveur de l'ancienne administration, nous n'y
voyons point la somme que ledit Evêque désigne
avoir laissé dans sa maison. Nous vous remettons cijoint un extrait de l'état des sommes' que le cit.
Bonnet a reçu en espèces, pendant toute sa gestion
de receveur et trouvées parmi les effets des émigrés
français et niçois.
Nous ne voulons rien préjuger sur l'assertion du
cit. Valperga, quoique nous ayons des indices frappants de vérité. Ce ne sera que lorsque nous aurons
pu les convertir en preuves par le témoignage de
quelques citoyens que nous nous procurerons, pour
pouvoir en demander la restitution et la poursuite
contre le pillage.
En attendant, noùs croyons devoir vous faire part
de cette découverte que nous allons communiquer au
Président de la Convention Nationale et au Ministre.
Arch. des A. M. Registre de la correspondance du
Directoire des Colons marseillais L. 5.
Cet extrait manque au registre ainsi que les autres pièces
énoncées dans celte lettre.

�-hLe 2érae février 1793.
Au citoyen Donny, négociant à Nice
Pièce 2.

Votre lettre du 23me de ce mois, citoyen, nous
demande des renseignements sur le temporel du
citoyen Valperga, Evêque de Nice. Nous allons vous
transmettre tous ceux qui sont à notre connaissance
L'administration provisoire en choisissant l'Evêché
pour le lieu de ses séances, vint s'y établir dans les
premiers jours d'octobre, et tout nous porte à croire
qu'elle ne fit aucun inventaire des effets qui s'y trouvaient, du moins nous n'en avons trouvé aucun dans
les papiers qu'elle nous a remis.
En succédant à cette administration provisoire,
uous avons cru que notre premier devoir était de faire
un inventaire de tout le mobilier renfermé dans la maison épiscopale. Nous y avons successivement procédé
en présence des administrateurs provisoires et à mesure qu'ils nous en remettaient les clefs. Tout le mobilier qui s'y trouvait, ne consistait guère qu'en
meubles meublants et ne nous paraît pas avoir la
valeur de 17 mille livres que l'Evêque lui donne.
Vous pourrez, si vous le jugez à propos, faire prendre
à notre secrétariat une copie de cet inventaire. Tout
ce. qui n'est point renfermé dans les appartements
que nous occupons au premier étage, a été laissé à la
garde de Jean Poma, ancien concierge de l'Evêque et
le nôtre.
Pour nous éclairer sur les 34.000 1. argent monnayé que l'Evêque doit avoir laissé en sa maison,
nous avons écrit au cit. Bonnet, receveur de l'administration provisoire, pour lui demander un état des
sommes en numéraires versées dans sa caisse, comme
ayant été saisies et trouvées parmi les effets des Emigrés français et niçois. L'état qu'il nous a remis ne
monte qu'à 74121. 16 s, et aucun article n'a du rapport
avec les réclamations du citoyen Valperga.
Quant à ce qui concerne personnellement le
citoyen, nous avons demandé au Ministre de l'Intérieur de vouloir bien nous dire la manière dont nous
devions l'envisager. Nous savons qu'un ordre arbi-

�— 40 —
traire de Danselme l'obligea de quitter Nice, le jour
de l'entrée des Français. Mais nous pensons aussi que
la proclamation des Commissaires de la Convention
nationale de France et le décret de celle de Nice,
concernant les Emigrés, étaient des motifs suffisants
pour le ramener à son poste et le rassurer sur les
suites de son retour. En persistant à prolonger son
absence, il s'expose à être traité comme émigré, à se
voir déclarer déchu de sa place et confisquer tous ses
biens. Telle est la disposition de la loi, et quoique
nous ayons consulté le ministre sur le cas particulier
de l'Evêque, nous prévoyons que sa réponse sera de
nous en tenir à la rigueur des lois, ainsi que plusieurs
instructions nous l'ont déjà annoncé.
Vous sentez, citoyens, que tout le mobilier de
l'Evêque doit rester séquestré jusqu'à son retour ou à
la décision du Ministre. Il peut être tranquille sur la
conservation de tout ce que nous avons trouvé en
entrant dans sa maison. Ce qui a pu en être enlevé
avant notre entrée en fonctions, est étranger à notre
gestion. Mais nous employerons tous les moyens qui
sont en notre pouvoir pour en trouver les traces, en
acquérir les preuves et en faire punir les coupables.
Les administrateurs, etc.
Archives des A.-M., Registre
suivants.

,L. 5,/°7i verso et

Lettre des commissaires de la Convention
Nationale et arrêté du Département des A. M.
Nice, le 9 Avril 1793, l'an 1 Ie de la Repu bublique Française.
« Vous voudrez bien, citoyens, en nous envoyant
les noms et prénoms de l'évêque de Nice, nous instruire officiellement d'après les "dispositions des lois,
s'il est censé démissionnaire et son siège vacant.
« Les Commissaires de la Convention Nationale
au département des A. M.
GRÉGOIRE, JAGOT (I)

(1)

Archives des A. M. L. 29 ancien. L

7

actuel.

�— 4i (i3 avril 1793)
Le Directoire ; vu la réquisition du citoyen Procureur Général sindic « Considérant que Charles Eugène Valperga, évêque de Nice, n'avait point quitté
son domicile lors de l'entrée des troupes de la République ; considérant qu'il a lui méme-accompagné les
consuls d'alors quand ils furent présenter les clefs
de la ville et inviter le général Anselme à venir en
prendre possession au nom de la République ; considérant que le général Anselme par ses ordres arbitraires et tiranniques, accompagnés même de menaces contre ses jours, l'ont forcé de s'éloigner ; arrête
qu'il ne peut le déclarer émigré, et qu'il sera répondu
aux Commissaires de la Convention nationale d'après
les principes ci-dessus.. »
Sign : PAUMÉ ; BARLI FABRI ; F. CASTKLIMARD ;
ANGLES ; BERNARDI, secrétaire général. (1)
pjj

ce

^

Aux citoyens composant le Directoire du
département des Alpes-Maritimes..
22 juillet 1793.
Citoyens,
Le citoyen Jean-Jacques Donny, soussigné, chargé
des intérêts du citoyen Valperga, évêque de Nice
absent, ayant été informé que par votre délibération
du 29 du mois passé, ledit citoyen Valperga avait été
déclaré émigré, vous représente avec tous les égards

(1) Archives des Alpes-Maritimes, Registre L,. 3, folio 101. L'Arrêté n'est pas signé par le procureur syndic Jean-François Tourre
ni par l'administrateur Jean-L,ouis de Villiers qui ne partageaient
point l'opinion de leurs collègues. A noter que Tourre était d'Antibes
et que de Viliers était un médecin français établi depuis longtemps
à Nice.
I/Arrêté fut pris malgré le réquisitoire de Tourre qui voulait
déclarer Monseigneur Valperga émigré et malgré un violent discours de Villiers soutenant la même thèse qui fut combattue par
Barli Fabri, par Castclinard et par Anglès. J'ai déjà publié in-extenso
cette délibération du 13 avril T793 au cours d'un article sur l'église
de Nice en 1792-1793 inséré dans Nice Historique du Ier avril 1903,
C'est pourquoi je reproduis ici simplement la lettre des
commissaires et l'arrêté du département.

�- 42 —
dûs au pouvoir dont l'exercice vous a été confié par
le peuple souverain que le citoyen Valperga ne peut
ni ne doit sous aucun rapport être considéré comme
émigré, par les motifs ci-après :
i° Qu'il est de notoriété publique qu'il n'a quitté
le pays que contre son gré et par ordre du général
Anselme :
2° Qu'il a constamment été disposé et a offert
de revenir dans son diocèse, moyennant qu'il ne fut
assujetti à prêter qu'un serment relatif au temporel et
non au spirituel.
3° Qu'enfin et par la raison que n'étant point
indigène, mais étranger, son séjour ici n'a été dé terminé que par sa nomination à l'épiscopat, événement casuel qui n'a jamais pu le soumettre à l'obligation de renoncer pour toujours à sa mère-patrie.
Tous ces motifs, soit qu'on les prenne collectivement ou séparément, démontrent suffisamment,
citoyens administrateurs, le droit incontestable, qu'a
le citoyen Valperga de demander et prétendre la
radiation de son nom du tableau des émigrés, et si
le ministre de l'Intérieur n'a fait aucune distinction
entre lui et les autres citoyens, c'est sans doute qu'il
a ignoré les circonstances qui vous sont exposées
ci-dessus, et notamment la dernière, car s'il les eût
toutes connues, il n'est nullement probable qu'il eût
décidé comme il l'a fait. Toute hypothèse contraire
serait une injure faite à ses sentiments et à ses lumières. Un homme tel que lui, dont les vertus civiques, le patriotisme et les talents l'ont appelé au
poste aussi honorable que pénible qu'il occupe, doit
ressembler autant que possible à la Nation pour
laquelle il agit et qui l'a honoré de sa confiance.
Cette nation est grande, généreuse, magnanime,
juste et bienfaisante.Elle ne peut qu'êtreextrêmement
jalouse de sa gloire, et l'un des principaux devoirs de
ses agents est d'éviter soigneusement d'en ternir
l'éclat.
Le refus qui serait fait de rayer de la liste des
Emigrés le nom du citoyen Valperga, refus qui entraînerait avec lui la confiscation des minces propriétés de ce citoyen, serait un acte qui imprimerait à

�-

43

-

jamais une tache ineffaçable à la gloire du nom français ; tache qui ne pourra manquer de frapper également les yeux des contemporains et ceux de la postérité ; tache enfin que les historiens ne manqueront
pas de faire ressortir par des couleurs enluminées, et
le bel effet qu'un pareil tableau produirait, citoyens
administrateurs, serait votre ouvrage.
Mais non, loin de nous, cette idée ! Vous êtes
républicains ! cela suffit. Les républicains sont vertueux. Ils aiment, chérissent, protègent, respectent
la vertu partout où elle se trouve. Et le citoyen Valperga aussi est un homme vertueux ! Qui en doute ?
Nul bon citoyen, nul honnête homme. Souvenezvous, citoyens administrateurs, que ce n'est que par
ses vertus qu'il a mérité l'amour et l'affection du
peuple Niçois et non par sa qualité d'évêque. Et plût
à Dieu que tous les ecclésiastiques lui eussent ressemblé ! La France n'eut point éprouvé d'aussi horribles secousses, pour asseoir, affermir et assurer sa
liberté.
La République a incontestablement le droit de
renvoyer hors de son sein tout individu qui ne lui
convient pas, mais en renvoyant ainsi un étranger
qui, d'ailleurs, n'a pas encouru la peine de la confiscation de ses biens, elle lui permet de les emporter ou
de les vendre et d'en emporter le produit. Tel est
précisément le cas du citoyen Valperga.
L'exposant demande en conséquence, citoyens
administrateurs, qu'il vous plaise prendre dans votre
sagesse une délibération tendante à rendre audit
citoyen Valperga sa qualité de citoyen français non
émigré, à lui accorder un délai compétent pour rentrer dans ce pays soit comme simple citoyen ou
comme fonctionnaire public et à lui assurer dans
tous les cas la restitution de ses propriétés par lui
laissées sous la sauvegarde de la loyauté française
dans la maison épiscopale, lors de sa retraite forcée,
ou la juste indemnité de leur valeur. Et sera justice.
Nice, le 22 juillet 1793, l'an second de la République française, une et indivisible.
Jean-Jacques DONNY.
l
ARCHIVES NATIONALESF/ 4.867 , dossier Valperga.

�- 44 Pièce 5.

Etat de frais de vente pour parvenir à l'inventaire
et vente des effets de l'émigré Valperga Maillone,
citoyen évêque :
5 germinal an III (25 mars 1795)
Pour une séance de trois commissaires dont un du
District et deux de la Commission municipale, fixée
à trois livres par séance par le Directoire du district
et approuvé par les Représentants du
Peuple
L.
9 »
Papier timbré tant de la minute que
des deux extraits
»12
Pour la copie desdits deux extraits . .
» 8
Droits d'enregistrement
13 10
31

2

Nous soussignés certifions le compte ci dessus véritable.
Signés : J.-B. Thomaty, comm. du dist. ; Savigny,
comm. munie. ; Mabil, comm. municip.
Frais de la vente :
Pour quatre séances de deux corn missaires dont un
du District, un de la Commis, mun. sans le membre
de l'administration fixées à trois livres par séance par
le Directoire du district et approuvé par les Représentants du Peuple .
L.
24 »
Au trompette pour publication de
quatre criées
5 »
Au crieur à la vente, quatre séances .
12 »
Aux portefaix qui ont travaillé au
transport des effets
40 »
Papier timbré tant de la minute que
de l'extrait
1 »
Bougie
3 »
Droits d'enregistrement
27 »
Papier timbré du petit état
» 4
A la femme qui a assisté à la vente
pour l'arrangement du linge
» 12
L.
Signés : J.-B. Thomaty, comm. du
district ; Savigny, comm. municip.

1

159 6

�Vu par nous, membres composant la Commission
Administrative du district et d'après l'arrêté du district, approuvé par les Représentants du Peuple et la
loi du il et 12 Mars, arrête l'état des frais ci-dessus
se montant à la somme de cent cinquante neuf livres
trente centimes, qui seront acquittés par le receveur
du droit d'Enregistrement lorsque le Département
aura vérifié ledit état.
Nice, le 29 ventôse an 3"" de la République française une et indivisible (19 mars 1795).
(Suivent les signatures).
Vu l'état des frais ci-dessus pour parvenir à l'inventaire et vente du mobilier de l'émigré Valperga
Maillone ci-devant évêque.
Vérifié et arrêté par le Directoire du district de
Nice, la Commission Administrative du département
des Alpes-Maritimes approuve ledit état et ordonne
au citoyen Maussier, receveur de l'enregistrement
cîudit district de payer aux citoyens J. B. Thomaty
et Savigny, comm. la somme de 159 livres et 30
centimes pour montant des frais pour inventaire et
vente des susdits effets de l'émigré, laquelle somme
lui sera allouée en compte.
Fait à Nice le 5 germinal an 3me républicain ( 25
mars 1795).
Etat des frais pour parvenir d la vente du mobilier de
l'émigré Charles Eugène Valperga Maillone, citoyen
évêque.
Pour trente-neuf séances de trois commissaires
dont un du District et deux de la Commission municipale, fixé à trois livres par séance par le Directoire
du district et approuvé par les Représentants du
peuple
L.
351 »
A deux portefaix, dix-neuf journées et
demi chaque fixées à cinq livres par jour.
195 »
Au trompette pour publication de
trente-neuf criées fixées à une livre cinq
sols chaque
48 r 5
Au crieur à la vente, trente-neuf séan
ces fixées á trois-livres par séance ....
117 »

711 1$

�- 4* Report
Papier timbré tant de la minute que
de l'expédition
Pour copie dudit extrait fixé à quatre
livres
Papier timbré du présent état ....
Bougie
Droit d'enregistrement
Plus deux autres journées de portefaix à cinq livres
Un paquet de plume
L.

148
4
6
421

»
4
»
»

20
5

»
»

1.182

7

Nous soussignés certifions le compte ci-dessus,
véritable.
Nice, le Ier ventôse an 3me de la République (19
février 1795).
Signés : J.-B. Thomaty, commissaire du district ;
Savigny, comm. ; Honoré Mabil, comm. municipal.
Vu par nous, membres composant la Commission Administrative, de ce District, et d'après la loi
du 11 et 12 Mars 1793 (v. s.) et l'arrêté de cette
Commission approuvé par les Représentants en date
1^ Fructidor, oui l'agent national, arrête l'état des
frais se montant à onze cent huitante deux livres et
trente cinq centimes qui seront acquittés par le
receveur de l'agence de l'enregistrement sur le produit de la vente desdits meubles, lorsque le Département aura vérifié ledit état.
Nice le 29 ventôse an 3me de la République
française une et indivisible (19 mars 1795).
(Suivent les signatures).
Vu l'état des frais ci-dessus pour parvenir à la
vente du mobilier de l'Emigré Valperga Maillone cydevant évêque.
Vérifié et arrêté par le Directoire du district de
Nice.
La Commission administrative du département
des Alpes-Maritimes, approuve ledit état et ordonne

�— if au citoyen Maussier, receveur de Penregistrement
dudit district de payer aux citoyens J.-B. Thomati,
Savigni et Honoré Mabil, commissaires, la somme de
mille cent quatre vingt deux livres trente cinq centimes pour montant des frais de la vente des susdits
effets de l'Emigré. Laquelle somme lui sera allouée
en compte.
Fait â Nice le 5 germinal an 3me républicain (25
mars 1795).
Arch. des A. M. L. 15 ancien p. 44-45 N° 34-35

Actes de Notoriété
Pièçe g

1-2-fructidor an III
18-19 août 1795
EGALITÉ, LIBERTÉ

AU NOM DE LA LOI
Ce jourd'hui, premier Fructidor, l'an troisième
(18 août 1795 de la République française, une et indivisible, à Nice, chef-lieu du département des AlpesMaritimes, par devant Nous, Antoine Gautier Juge de
paix de la Ier, 2m" et 3me section et officier de police,
est comparu le citoyen Pierre Joseph Passeron, natit
tic la commune de Contes et habitant en celle de Nice
depuis plusieurs années.
Lequel en sa qualité de procureur du citoyen
Charles Eugène Valperga de Maillone, évêque de Nice,
subrogé par le citoyen Nicolo Giorni, homme de loi,
procureur spécial et général établi (par acte reçu) par
le notaire Pierre Joseph de Bernochio, le 20 Juillet
dernier (v. s.) qu'il présente, légalisé par le résidant
de la République de Gênes auprès de la Cour de Turin, dont il résulte le pouvoir donné au citoyen Giorni, de subroger en son lieu et place, avec tous les
pouvoirs compris au dit acte, et il présente au surplus l'acte de sa dite subrogation faite par le même
citoyen Giorni, reçu en la ville de Gênes le premier

�- 48 du mois d'août dernier (v. s.) par le notaire Antoine
Baglietto, légalisée par le consul de la République
française.
Il expose que le vingt neuvième jour de septembre
de l'année 1792, l'armée de la République, étant arrivée en cette ville, commandée en chef par le citoyen
général d'Anselme, lorsque ce général, vers le soir,
fut arrivé et il eut pris son logement dans la maison
habitée par le ci-devant consul de la République Le
Seurre, ledit citoyen Evêque Charles Eugène Valperga de Maillone s'y étant présenté, ledit général d'Anselme, en présence de tout son Etat-Major, lui signifia
d'abord de devoir partir de cette ville. Sur quoi le
dit évêque ayant répondu qu'il avait cru de pouvoir
continuer sa résidence en cette ville et tellement l'avait cru, qu'il n'avait jamais pensé de distraire et en
faire partir le moindre de ses meubles et effets, qu'il
avait dans la maison d'habitation de l'tvêque et que
si absolument il lui ordonnait de partir, il le priait de
lui accorder la sauvegarde sur tous lesdits effets et
meubles. Le dit général d'Anselme lui répliqua qu'il
dut absolument partir de cette ville, en ajoutant que
le plus tôt en serait le mieux, et qu'à l'égard de ses
meubles et effets qu'il avait, il les mettait dès ce ino
ment sous la sauvegarde et loyauté de la Nation française et qu'il pouvait en être tranquille, après quoi ledit
évêque Valperga de Maillone, tout tremblant, ayant
dit qu'il allait se conformer dès le lendemain au matin à ses ordres, se retira ; ledit général d'Anselme
lui ayant encore répliqué : le plus tôt sera le mieux.
Et comme il importe audit citoyen évêque Valperga de Maillone de constater le fait ci-dessus expo"sé, suivi en présence de tout l'Etat-Major dudit général d'Anselme et de plusieurs citoyens de cette commune, l'exposant, en sa dite qualité vous présente les
citoyens Pierre Le Seurre, ci-dessus nommé, ci-devant
consul en cette ville de la République, le citoyen Honoré Saissi de cette commune qui pour lors était second consul de la même commune, le citoyen Philippe Emmanuel Féraudi qui pour lors était secrétaire de
Ìa même commune et le citoyen Ange Giraudi aussi

�- 49 de cette commune, pour recevoir leurs dépositions
sur ledit exposé et vous fait instance que de tout lui
soit concédé acte, ce que nous lui avons accordé, et a
signé.
PIERRE JOSEPH PASSERON.

Et de suite se sont présenté les susnommés
citoyen Le Seurre, natif de Craon, âgé de 75
ans, bourgeois, le citoyen Saissi, âgé de 70 ans,
négociant, Emmanuel Feraudi, âgé de 68 ans, notaire, Ange Giraudi, âgé de 63 ans, négociant,
natifs et domiciliés dans cette commune, auxquels
après avoir fait lecture dudit exposé fait par ledit citoyen Pierre Joseph Passeron, en sa dite qualité, les
avons interpellés sur serment que leur avons fait prêter, conformément à la loi, de nous dire en leur âme
et conscience si tous les faits énoncés dans le même
exposé sont de leur connaissance et tous les quatre ont
répondu et attesté tant uniment que séparément en
être pleinement informés, s'y étant trouvés présents,
et que le tout contient la vérité, toute la vérité et
rien que la vérité. En foi de quoi ils ont signé :
LE SEURRE, HOSORI'J
SAISSI, PHILIPPE EMMANUEL FÉRAUDI,
ANGE

GIRAUDI.

Et nous, juge de paix, vu les dépositions ci-dessus, avons de tout concédé acte au susnommé citoyen
Pierre Joseph Passeron en sa dite qualité, pour lui
servir et valoir dans tous les cas, à ce que de droit et
de raison. Fait à Nice, l'an et le jour que dessus.
GAUTIER, juge de paix.
BONIFACI, sec. greffier.
Vu par nous, membres du District de Nice, 3 vendémiaire an IV rép. 25 sep. 1795, TOSELLI, JN COPPON
fils, VÉRANI pr. syndic, SAYTOUR Martin.

�— 5o —
EGALITÉ, LIBERTÉ.

AU NOM DE LA LOI
Ce jourd'hui. second jour de Fructidor de l'an 3
août 1795) de la République française une et indivisible, à Nice, chef-lieu du département des AlpesMaritimes, par devant nous, Antoine Gautier, juge de
paix de la iere, 2M* et 3ME section et officier de police,
est comparu le citoyen Pierre Joseph Passeron : natif
de la commune de Contes et habitant en celle de Nice
depuis plusieurs années
Lequel en sa qualité de procureur du citoyen
Charles Eugène Valperga de Maillone, évêque de
Nice, subrogé par le citoyen Nicolo Giorni, homme
de loi, procureur spécial et général établi (par acte
reçu) par le notaire Pierre Joseph de Bernochio, le 20
Juillet dernier (v. s.) qu'il présente, légalisé par le résidant de la République de Gênes auprès de la Cour de
Turin, dont il résulte le pouvoir donné au citoyen
Giorni, de subroger en son lieu et place, avec tous les
pouvoirs compris audit acte, et il présente au surplus
l'acte de sa dite subrogation faite par le même citoyen
Giorni, reçu en la ville de Gênes le premier du mois
d'août dernier (v. s.) par le notaire Antoine Baglietto,
légalisée par le consul de la République française.
Expose : Primo, que le matin du trente septembre 1792, le citoyen Charles Eugène Valperga de
Maillone, évêque de Nice, en partant de cette ville
avec deux domestiques à sa suite, qui portaient un
paquet et quelques effets, fut arrêté à la porte qui conduit en Piémont, ci-devant nommée porte Victoire,
et conduit au vestibule de la maison presque attenante
à ladite porte, appartenant au citoyen Dominique
Castellinard, où se trouva le citoyen Joseph Castellinard, fils dudit Dominique, et malgré que ledit Evêque Valperga déclara aux soldats de la Garde de la
dite porte qui étaient des Marseillais, que c'était en
conséquence d'ordre qui lui avait été signifié par le
citoyen général d'Anselme qu'il partait de cette ville,
lesdits soldats commencèrent par le malmener et lui
(19

�signifier qu'ils voulaient le pendre et ayant ouvert
ledit paquet et y ayant trouvé entre autres effets, une
ceinture d'évêque, ils déterminèrent, à l'instant, de le
pendre avec ladite ceinture, et ayant essayé si la même
était assez forte pour le soutenir, en la préparant, elle
se fit en lambeaux, de façon qu'ils vérifièrent qu'elle
ne pouvait leur servir et demandèrent audit Joseph
Castellinard fils une corde, pour pendre ledit évêque,
à un grand anneau de fer qui était au plafond dudit
vestibule, servant â y passer une verge de fer pour
peser les marchandises, et ledit citoyen Castellinard
fils, leur ayant absolument refusé de leur donner de la
corde, en s'excusant qu'il n'en avait point, comme
dans tous ces entrefaits ledit évêque se trouve mal et
ne peut plus se soutenir, ledit Castellinard fils lui fit
apporter une chaise, par sa servante à qui quelques
uns de ces soldats donnèrent des coups de poing pour
avoir porté ladite chaise et le même Castellinard le
fit ensuite asseoir sur ladite chaise, en le soutenant,
parce qu'il ne pouvait se soutenir droit ; d'autant plus
qu'en attendant, lesdits soldats marseillais lui disaient mille exécrations, lui crachaient dessus et lui
donnaient des soufflets, et assurément ils l'auraient
fini, si dans cet intervalle un de ses domestiques
n'avait été dire au citoyen général d'Anselme ce qui
venait d'arriver, et ledit domestique étant venu avec
un billet dudit général d'Anselme qui ordonnait à la
garde de le laisser partir, puisque c'était de son ordre,
en conséquence de ce billet lesdits soldats marseillais
se bornèrent pour lors à lui dire et crier mille invectives et injures et le laissèrent partir, ce que ledit
évêque, malgré qu'il ne pût se remuer, à l'aide de ses
domestiques fit au mieux possible en tremblant, de
façon qu'il doit son existence au refus ferme et déterminé que ledit citoyen Castellinard fils leur fit de
leur donner une corde, sans quoi avant l'arrivée du
dit domestique portant l'Ordre du général d'Anselme, il aurait été pendu et étranglé.
Secondoque lefaitci-dessusfut d'abord public et notoire, de notoriété publique dans cette ville et encore
plui le lendemain premier octobre, puisque les autres

»

�— 52 —

soldats de la Phalange Marseillaise, arrivés sur le soir
dudit jour trente septembre, d'abord après leur arrivée
cherchèrent l'évêque qu'ils voulaient le lanterner et
mettre en pièces, comme ils s'expliquèrent hautement,
ce qui joint au fait arrivé dans ledit vestibule de la
maison Castellinard, étant devenu d'une notoriété publique donna l'épouvante à tous les gens honnêtes du
pays, qui disaient que le citoyen général d'Anselme en
ordonnant audit évêque de partir, en mettant sous la
sauvegarde de la Nation française ses meubles et ses
effets, avait voulu le sauver.
Et comme il importe audit citoyen Passeron, exposant en sa dite qualité, de constater par témoins le
fait ci-dessus exposé, il nous présente ledit citoyen
Joseph Castellinard fils de Dominique de cette commune, âgé de 21 ans, de profession, négociant, qui se
trouva présent au fait énoncé dans le Ier article de l'exposé ci-dessus, et au surplus informé de la notoriété
des faits énoncés au second et dernier chef, de ladite
exposition et il nous présente les citoyens Jean-Jacques Donny, natif de Neufchâtel en Suisse, âgé de 39
ans, de profession, négociant ; Joseph Poullan, natif
de Clavesana, en Piémont, âge de 48 ans, négociant ;
Jacques Gerbin, âgé de 60 ans, tailleur, Jean-Marie
Thaon, âgé de 56 ans, négociant, natifs et tous domiciliés en cette commune pour déposer sur ladite
notoriété énoncée dans ledit second fait exposé, pour
recevoir leurs dépositions, et nous fait instance que de
tout lui soit concédé acte, ce que nous lui avons accordé et a signé.
Pierre-Joseph PASSERON .
Et de suite se sont présentés les susnommés citoyens Joseph Castellinard, Jean-Jacques Donny, Joseph Poullan, Jacques Gerbin, et Jean-Marie Thaon,
ci-dessus qualifiés, auxquels après avoir fait lecture
dudit exposé fait par ledit citoyen Passeron, en sa
dite quálité, les avons interpellés sur serment, que
leur avons fait prêter, conformément à la loi, de nous
dire en leur âme et conscience, si tous les faits énoncés dans le même exposé sont de leur connaissance,

�- 53 et ledit citoyen Joseph Castellinard a répondu et
attesté en être pleinement informé pour avoir été
présent au fait exposé dans le i" article de ladite exposition, et pour avoir publiquement entendu dire les
faits énoncés dans le second chef qui était en cette
ville notoire de notoriété publique et lesdits citoyens
Jean-Jacques Donny, Joseph Poullan, Jacques Gerbin,
Jean-Marie Thaon, ont répondu et attesté tant uniment que séparément être pleinement informés de
l'énoncé dans le second chef de ladite exposition,
puisque les faits y énoncés étaient notoires, de notoriété publique en cette ville, et tous lesdits citoyens
ont respectivement attesté pour ce qui les concerne
que tout contient la vérité, toute la vérité et rien que
la vérité. En foi de quoi ils ont signé : Joseph Castellinard fils,Jean-Jacques Donny, Joseph Poullan, Jacques
Gerbin, Jean-Marie Thaon.
Et nous, Juge de paix, vu les dépositions ci-dessus,
avons de tout concédé acte au susnommé Pierre Joseph Passeron en sa dite qualité pour lui servir et valoir dans tous les cas, à ce que de droit et de raison.
Fait à Nice l'an et jour que dessus.
GAUTIER,
BONIFACI,

juge de paix.
sec. gref.

Vu par nous, membres Du district de Nice, le 3
vendémiaire anIV rep. (25 sept. 1795).
Jn. COPPON fils, VÉRANi, pr. syndic, TOSELLI, Saytour
MARTIN.

Arch. Nat. F

7

4867 *

�54 -

PÉTITION au DISTRICT de NICE
et AVIS de ce DISTRICT
ÉGALITÉ,

LIBERTÉ

5 vendémiaire
27 septembre 1795 an IV
AUX

CITOYENS ADMINISTRATEURS
DU DISTRICT DE NICE

Le citoyen Pierre Joseph Passeron, natif de la
commune de Contes, habitant en celle de Nice depuis plusieurs années.
Vous expose en qualité de procureur du citoyen
Charles-Eugène Valperga de Maillone, évêque de
Nice, subrogé par le citoyen Nicolo Giorni, homme
de loi, son procureur spécial et général fondé par acte
reçu dans la ville de Turin par le notaire PierreJoseph de Bernochio, le 20 juillet dernier (v. s) légalisée par le résident de la République de Gênes, près
la Cour de Turin, duquel il résulte le pouvoir donné
audit citoyen Giorni de subroger en son lieu et place
avec tous les pouvoirs compris dans le même acte,
qui se trouve copié mot pour mot dans celui de la
subrogation faite par le même citoyen Giorni, reçu
en la ville de Gênes le Ier du mois d'août dernier
(v. s* par le notaire Antoine Baglietto, légalisée par
le consul de la République française, le 13 Thermidor dernier (3 1 Juillet 1795), qu'il vous exhibe qu'étant arrivé dans cette ville le vingt-neuvième jour
du mois de septembre de l'année 1792, l'armée de la
République française, commandée par le citoyen général en chef d'Anselme lorsque celui-ci y fut arrivé
le soir et eut pris son logement dans la maison d'habitation du citoyen ci-devant consul de la République
Le Seurre, ledit évêque Charles-Eugène Valperga de
Maillone, s'étant présenté, le même général d'Anselme
lui signifia d'abord en présence de son Etat-Major de
partir de cette ville, sur quoi ledit évêque lui répondit qu'il avait cru pouvoir continuer sa demeure dans
cette ville et qu'à cet effet il n'avait jamais pensé de

Pièces 7 et 8

�- 55 distraire, ni faire partir le moindre de ses meubles et
effets qu'il avait dans la maison d'habitation de
l'évêque, que si absolument il lui ordonnait de partir,
il le priait de lui accorder la sauvegarde pour tous ses
dits effets et meubles, ledit général d'Anselme lui
répliqua : Le plus tôt sera le mieux, ce qui tout est
constaté par les attestations ci-jointes du premier et
second jour de fructidor dernier qu'il vous présente
également.
Qu'il résulte aussi par lesdites attestations, que
ledit évêque Valperga de Maillone fut forcé par ledit
général d'Anselme de partir de cette ville que tous
ses meubles et effets fussent mis sous la sauvegarde de
la Nation française et qu'étant parti le lendemain 30
dit septembre, il risqu'à d'être pendu ef étranglé paties soldats de la Phalange Marseillaise qui se trouvaient de garde à la porte ci-devant dite Victoire, ce
que tout fut d'abord notoire et de notoriété publique
dans cette ville.
Vous observe que ledit évêque Valperga est natif
du Piémont où il se retira et que s'il a résidé dans
cette ville, ce n'a été que pour raison de son ministère, que tout cela nonobstant il a été porté sur la liste
des émigrés, a été vendu la plus grande partie de ses
meubles et effets, et cela même nonobstant la préalable réclamation que le citoyen Jean-Jacques Donni,
chargé des intérêts dudit évêque avait fait à l'ancien
département par sa pétition du 22 juillet 1793 (v. s)
qui existe dans les Archives de ce district, résultant
ainsi que tout cela a été fait et opéré contre le droit des
gens et la sauvegarde de la loyauté française qui fut
promis audit évêque.
En conséquence, l'exposant demande en sa dite
qualité de procureur dudit citoyen évêque CharlesEugène Valperga de Maillone la radiation de son
nom de la liste des émigrés, la levée des scellés, la
restitution de ses propriétés et l'indemnité de celles
qui ont été distraites et vendues au nom de la Nation,
et sera justice.
(21 août 1795).

�- 56 Nice le 4me jour de Fructidor de l'an 3me de la
République française une et indivisible.
Signé : Pierre-Joseph PASSERON.
Vu la pétition ci-dessus du citoyen Pierre-Joseph
Passeron présentée au nom et comme procureur subs
titué du ci-devant évêque de Nice, Charles-Eugène
Valperga tendante à obtenir la radiation de son nom
de la liste des émigrés, la levée du séquestre et remission de ses effets restant ainsi que l'indemnité de
ceux qui ont été distraits ou vendus.
Vu une première pétition présentée à l'ancienne
administration du département par le citoyen JeanJacques Donni, au nom du citoyen Valperga en date
du 22 juillet 1793 tendante aux mêmes fins.
Vu la procuration en date du premier août 1793
(V. s.) faite à Gênes, par devant le notaire public Antoine Baglietti, légalisée par le Consul de la République française y résidant, ainsi que l'acte de procuration y inséré, en date du 20 Juillet 1795.
Vu l'attestation de quatre témoins faite avec serment par devant le juge de paix de la 1", 2"", 3me section de cette commune, en date du 1" Fructidor dernier '18 août 1795).
Vu autre attestation de cinq témoins faite par
devant le susdit Juge de paix, le 2 dit fructidor, aussi
sous serment.
Considérant que par la première des 2 attestations il est pleinement prouvé que le vingt-neuvième
septembre 1792, aussitôt après l'entrée de l'armée
française dans cette commune, le sus-nommé évêque
Valperga s'étant présenté au général d'Anselme qui
la commandait en chef, celui- ci lui ordonna d'abord
en présence desdits témoins et de tout l'Etat-Major.
u'il n'avait qu'à partir de la ville, et malgré que le
it évêque lui observa qu'il avait cru de pouvoir y
rester tranquillement et qu'à cet effet il n'avait fait
partir aucun de ses effets et meubles, le général lui
répliqua de partir absolument de la ville, en ajoutant
que le plus tôt serait le mieux, l'ayant assuré qu'à

a

�-5;l'égard de ses meubles et effets de sa maison, il les
mettait dès ce moment sous la sauvegarde et loyauté
de la Nation française et qu'il pouvait en être tranquille.
Considérant qu'il résulte par lesdites attestations,
et il est prouvé que l'évêque Valperga, d'après les
ordres précis et réitérés du général d'Anselme, partit
le lendemain 30 septembre de cette ville.
Considérant que par la susdite attestation du deux
Fructidor il résulte que l'évêque Valperga, au moment de son départ de cette commune, ayant été arrêté à la porte qui conduit au Piémont, par les soldats
qui y étaient de garde, lesquels tentèrent de le pendre,
il évita la mort par les soins du citoyen Joseph Castellinard, un des déposants, et il ne fut laissé libre que
d'après un billet du général d'Anselme, qui ordonnait à ladite garde de le laisser partir, puisqu'il s'en
allait de son ordre
Considérant que tous ces faits sont devenus de notoriété publique dans cette commune, dès le même
jour 30 septembre et Ier octobre suivant, ainsi que
quatre témoins l'ont attesté.
Considérant que le citoyen Valperga ne s'est absenté de cette commune et ci-devant Comté de Nice
que d'après les ordres du général d'Anselme auquel il
témoigna son regret.
Considérant que le départ du citoyen Valperga
ayant été forcé il ne peut pas être qualifié d'émigration.
Considérant que son intention de rester dans cette
commune est d'autant plus constatée, que le citoyen
Valperga a été le seul fonctionnaire public, il soit
resté à son poste, n'ayant soustrait aucun des meubles
et effets de sa maison, lesquels ont été ensuite distraits
et vendus par la Nation.
Considérant que le citoyen Valperga ne peut être
non plus considéré comme réfractaire aux lois de la
République, tandis qu'à l'époque de son départ de cette
commune, aucune loi de la République, surtout à
l'égard des ecclésiastiques, n'y avait été encore publiée
à laquelle eut pu contrevenir.

�— 58 —
Considérant que le citoyen Valperga ne pouvant
être considéré ni comme émigré, ni comme réfractaire, ne pouvait être privé de ses propriétés laissées
dans cette commune lors de son départ, sous la sauvegarde de la loi et de la Nation française qui lui fut
accordée par le général d'Anselme, et qui étant digne
de la loyauté de cette Nation, ne pouvait être violée
sans blesser le droit des gens.
Considérant au surplus, que le citoyen Valperga,
originaire piémontais, ne faisait sa résidence à Nice,
qu'à raison de son épiscopat, ce qui ne donne qu'une
résidence easuelle, et que sous tous les rapports, il
n'a cessé d'être étranger à l'égard du pays de Nice et
de la France.
Considérant que l'article 6, section deux, N° 2 de
la Loi du 25 Brumaire (15 novembre 1794) en déclarant émigrés les citoyens domiciliés dans le cidevant comté de Nice, qui sont sortis depuis le 27
septembre 1792, n'a point porté atteinte au droit des
gens dans la personne de l'étranger, qui se trouvait
dans ce même pays, où il n'aurait pas établi son vrai
domicile.
Considérant que le citoyen Valperga, qui avait été
forcé par le gouvernement de partir de Nice, n'a dû
plus y revenir dans le terme même prescrit par les
lois aux citoyens de la ci-devant Comté de Nice,
puisqu'il ne devait point imaginer qu'il fut compris
dans l'invitation, malgré qu'il ait été porté sur la
liste des émigrés.
Considérant que ce nonobstant, lorsqu'il sut qu'il
avait été porté sur la liste des émigrés de cette commune, s'est empressé de présenter sadite pétition
du 22 Juillet 1793 dans laquelle il demanda non seulement la radiation de son nom de ladite liste, mais
encore un délai convenable pour rentrer dans cette
commune, soit comme simple citoyen, ou comme
fonctionnaire public, ainsi que la restitution de ses
propriétés par lui laissées sous la sauvegarde de la
loyauté française dans la maison êpiscopale lors de sa
retraite forcée, ou une juste indemnité de leur valeur.

�- 59 Considérant finalement que,d'après toutes les circonstances sus-ênoncèes, aucune loi concernant les
émigrés ne peut être applicable au citoyen Valperga,
et que toutes celles qui pourraient le regarder relatives au séquestre des biens appartenant aux habitants
des pays en guerre avec la République française ont
été rapportées par le décret du 14 Ventôse dernier
(4 mars 1795). •
Le Directoire du district de Nice, oui le procureur syndic, est d'avis que le citoyen Charles-Eugène
Valperga ci-devant évêque de Nice ne doit point être
considéré émigré.
Qu'il doit être rayé de la liste des émigrés, que le
séquestre apposé sur ses propriétés doit être levé, qu'il
doit être réintégré dans la possession et jouissance
d'iceux, que tous receveurs ou dépositaires doivent
lui restituer les sommes qu'ils ont perçues, résultant
du produit desdites propriétés et qu'il doit recevoir
la juste indemnité des meubles et effets qui seraient
passés au profit de la Nation.
Fait à Nice, dans la salle des séances le 5me Vendémiaire an 4me républicain (27 sept. 1795). Signé
Saytour Martin. Verani,
procureur syndic, Angles v. prés.
Touzelly. Jn Coppon fils.
Enregistré au feuil. 20 registre des prévenus
d'émigration et signé BARRAIA, commis greffier.
Certifié conforme par nous Ve président et secrétaire du district Jn COPPON Fils V,-PRÉSIDENT
BARRAIA Cis greffier.
A rch. Nat. F 7 4867

2

�— 6o —

Pièce 9.

LIBERTÉ (vignette) ÉGALITÉ
BUREAU DES
ÉMIGRÉS

Extrait des registres des délibérations et arrêtés de
l'Administration Centrale du département des Alpes Maritimes.
(2

juin 1797)

Séance du quatorze Prairial an 5mf de
la République française une et indivisible.
Sur le rapport d-e la pétition présentée par le
citoyen Pierre Joseph Passeron, procureur fondé de
Monsieur Charles Valperga, ci-devant évêque de
Nice, dans laquelle il expose que ledit Charles Valperga n'a jamais dû être atteint des lois relatives à
l'émigration, soit qu'on le considère comme parti en
suite d'une force majeure, soit en sa qualité de piémontais et demande en conséquence la radiation de
son nom de la liste des Emigrés, sa réintégration
dans la possession et jouissance de ses propriétés et
une juste indemnité, des meubles et effets qui sont
passés au profit de la République.
L'Administration Centrale du département des
Alpes-Maritimes, considérant que M. Charles Valperga, comme piémontais, n'habitant Nice que pour
cause de son emploi, n'aurait jamais dû être porté
sur la liste des émigrés du département.
Que le seul motif qui a pu déterminer le général
d'Anselme à lui ordonner de partir de la ville de
Nice, ne peut avoir été que la susdite qualité de
piémontais.
Considérant enfin, que comme sujet du roi de
Sardaigne, il est dans le cas de jouir de l'article i,r
de la loi du quatorze nivôse an troisième, (} janvier
1795), ainsi que de l'article neuf de la loi du trente
Floréal an quatrième, (19 mai 1796).
Arrête, oui le commissaire du Directoire Exécutif
que le nom de Valperga, ci-devant évêque de Nice,
qui se trouve inscrit sur la liste des émigrés, sera

�— 6i —

provisoirement rayé ; que tout séquestre qui pourrait
avoir été mis sur ses biens sera levé, qu'il sera réintégré dans la possession et jouissance de ses propriétés,
et que toutes les sommes versées dans les caisses publiques, lui seront rendues, déduction faite des frais
faits conformément aux lois.
Fait et arrêté* en séance publique le jour, mois et
an que dessus.
Signé : Donny, président Payani, fils, Scudéry,
Oberti, Hancy (et en marge Gastaud commissaire
du Directoire Exécutif).
Certifié conforme à l'original par nous président
et secrétaire de l'Administration centrale du départemeni des Alpes-Maritimes.
DONNY, président
BELMONDI, sec. chef au bureau des émigrés.
Arch. Nat. F 7 4867 2

ACTE DE CAUTIONNEMENT
Pièce 10.

11 fructidor anV (2&amp; août 1797)
LIBERTÉ ÉGALITÉ
Ce jourdTiui 11 fructidor an 5 de la République
française une et indivisible (28 août 1797) par devant nous, membres composant l'Administration
centrale du département des Alpes-Maritimes, est
comparu le citoyen Joseph Passeron, natif de Contes,
chef-lieu de canton, domicilié dans cette commune,
procureur fondé de Monsieur Charles Valperga, cidevant évêque de Nice, en vertu d'acte de procuration du 20 juillet et premier août 1795 (v. s.) lequel
en sadite qualité, dépendamment à l'arrêté de cette
administration du quatorze prairial an cinq (2 juin
1797) portant que le nom de Valperga, ci-devant
évêque de Nice, sera provisoirement rayé de la liste
des émigrés, que tout séquestre qui pourrait avoir
été mis sur ses biens sera levé, qu'il sera réintégré
dans la possession et jouissance de ses propriétés, et

�— 62 —

que toutes les sommes versées dans les caisses publiques lui seront rendues, déduction faite des frais
faits, conformément aux lois, désirant de se conformer au porté par l'article 3 de la loi du 5 Brumaire
an 3 (26 octobre 1794) qui exprime que les prévenus
d'émigration seront tenus de donner caution solvable de la valeur mobilier, et ne pourront obtenir
leurs immeubles jusqu'à ce qu'il ait été définitivement statué sur leurs réclamations par qui de droit,
toujours en sa dite qualité a présenté pour caution le
citoyen François Grosson, marchand drapier de cette
commune, lequel ici prése.it et acceptant, s'oblige
conjointement et solidairement avec ledit Valperga
et pour celui-ci ledit Joseph Passeron, et sous l'hypothèque de tous leurs frens présents et à venir, à l'entière exécution de ce qui les concerne en la susdite
loi, et à la représention des mobiliers, effets et sommes à percevoir en dépôt que besoin sera, et quant
aux mobiliers invendus et en dépôt seront soumis
d'en représenter la valeur à laquelle seront estimés
par experts, préalable rémission.
Et nous, administrateurs susdits approuvant lesdits
cautionnement et acte de soumission, à la réquisition
dudit citoyen Joseph Passeron, avons dressé le présent acte que toutes les parties ont signé avec nous,
ayant au préalable fait renoncer audit François Grosson au droit de premier convenir.
Fait à Nice les jours, mois et an que dessus.
Joseph

PASSERON,

François GROSSON,
prés., PAYANY FILS,
MARUN-SAYTOUR, sec. en chef

HANCY, DONNY,
P.

Acte original sur timbre de 20 centime*.
Arch. Nat. F

7 4867^

�— 63 -

CONCLUSION

Il était avéré pour tous, dans la ville de Nice, que Mgr
Valperga était parti contre son gré et si la première Administration départementale, installée au mois de Mai 1793,
l'avait inscrit sur la liste des émigrés de Nice, c'était à la
suite d'une réponse faite par le ministre de l'Intérieur, Garât,
aux questions à lui posées par le Directoire des Colons Marseillais sur la conduite à tenir vis-à-vis de l'évêque.
Les questions avaient été envoyées à Paris, vers la fin
de Février 1793, et la réponse du ministre ne parvint à Nice
qu'au milieu de juin suivant, soit quelques jours avant la
publication de la liste des émigrés. Les réclamations de
l'évêque, retiré à Turin dans sa famille, furent présentées
le 22 juillet 1793 (1) ; mais comme beaucoup d'autres, elles
s'entassèrent dans les bureaux du Département, qui n'y
répondit même pas.
Cette réclamation fut présentée au nom de l'évêque par JeanJacques Donny au Département. lîlle figure en original au dossier
Valperga.
Voir ci-dessus.
Le registre des délibérations du département manque aux Archives pour les derniers mois de 1793, exactement du Ier mai au 10
Novembre, comme pour les six derniers mois de 1797 et l'année entière de 1798, exactement du 8 Messidor an V (26 Juin 1797) au 25
Pluviôse an VII (13 février 1799).
C'est-à-dire pour les deux périodes les plus troublées et cette
disparition est tout au moins étrange.
Elle doit être vraisemblablement attribuée à certains hommes
politiques désireux de laisser dans l'oubli leur conduite durant ces
deux époques.

�- 64 On était dans la période la plus aiguë et, en pleine
Terreur.
Après le 9 Thermidor et, surtout après la venue à Nice
du représentant Beffroy, au mois de Floréal, an III (Mai
I795)»
les esprits devinrent plus calmes, les administrations plus pondérées. C'est alors que, sur de nouvelles demandes présentées au District, et sur avis favbrable de
celui-ci, le département des Alpes-Maritimes accorda à Mgr
Valperga sa radiation provisoire, le 14 Prairial, an V (2 Juin
1797). Comme on le voit, l'affaire avait traîné en longueur.
Il semblait alors que rien ne s'opposait plus à la rentrée
de l'évêque : le 11 Fructidor, an V (28 Août 1797), le Département avait agréé la caution de François Grosson (1) ;
les biens de l'évêque allaient lui être rendus, et il pourrait
rentrer.
Mais huit jours après, le coup d'Etat du 18 Fructidor (4
septembre 1797) remettait le pouvoir aux mains des Jacobins, la guerre aux émigrés et aux ecclésiastiques, en particulier, reprit avec âpreté. Pe département des Alpes-Maritimes se vit accusé d'avoir préparé une rentrée triomphale à l'évêque, son arrêté du 14 Prairial resta sans effet
et, en vertu de la loi du 19 Fructidor (5 septembre), les
scellés furent de nouveau apposés sur les biens de Mgr Valperga par deux commissaires municipaux (2).
En vain, l'évêque de Nice, fit intervenir auprès du Directoire Balbi, l'ambassadeur du Roi de Sardaigne à Paris,
le dossier de sa demande en radiation fut examiné sans
aucune bienveillance.
(1) L/Acte original de ce cautionnement sur timbre est aux
Arch. des Alp.-Maritimes Q. 10.
(2) Mise de scellés sur les biens de Charles Eugène Valperga par
deux commissaires de la municipalité de Nice. Une scéance, 6 livres.
Dépense approuvée par le Département, en Germinal an VI (avril
1798). Arch. des A. M. Q. 11.
Mgr Valperga ne possédait à Nice aucun immeuble et il devait
rester fort peu de chose de son mobilier après la vente qui en avait
été faite en Ventôse an III. La bibliothèque de l'évêché avait été déclarée bien national et la caisse diocésaine avait disparue en octobre 1792
sans laisser de traces dans les pièces administratives. Le séquestre
a été apposé sur les biens de nombreux émigrés rayés provisoirement.
On peut en voir la liste aux Archives des A. M. Q. 10, où Valperga
figure sous le N° 65.

�- 65
Á la suite de la lettre de Balby datée de Paris le 7 février
1798, le ministre de la police demanda à ses Bureaux un
rapport sur l'affaire Valperga. Pe voici tel qu'il se trouve
en minute au dossier.
Attendu que rien ne tend à constater le prétendu ordre
de quitter Nice, d'où il suit qu'il faut en croire sur parole
l'émigré.
Qu'à raison de son domicile, il était tenu de rentrer sur
le territoire dans les délais voulus par les lois.
Qu'il est atteint par la déchéance et n'a réclamé que
l'an V.
Qu'il ne paraît pas y avoir lieu de violer la loi en faveur
de cet ex-évêque dont la rentrée prohibée par la Constitution serait d'une influence dangereuse.
J'estime qu'il y a lieu à proposer la maintenue sauf
à prendre des renseignements si toutefois on les trouve
indispensables.
CAIGNART,
Sous-chef (2e Bureau).
En tête de cette minute est écrit :
« Je pense qu'il y a lieu à instruction et à prendre
des renseignements près les Administrateurs du département_des Alpes-Maritimes. »
Signature illisible (1).
Ces renseignements furent-ils demandés ? C'est probable et cela explique que bien des pièces du dossier Valperga sont en double expédition. Plus d'une année s'écoula
encore, avant que fut prise une décision et finalement sur
un rapport défavorable de la Commission d'examen instituée près le Ministère de la police pour l'étude des demandes en radiation, le Directoire exécutif signa le 7 Floréal
an VII, (26 avril 1799) un arrêté qui maintenait définitivement, sur la liste des émigrés, Mgr Valperga et annulait
toutes les décisions rendues antérieurement, en sa faveur,
par les. autorités locales.
(1) Arch. Nation. F 7 4862 2 dossier Valperga. Rapport de la
3 me Division du Ministère de la police, sans date mais joint à la
lettre de Balbi.
»

�- 66 -

Varrêté du Directoire parvint à Nice les premiers
jours de Prairial an VII (Mai 99) et fut immédiatement
mis à exécution. (1).
*

* *

Ainsi donc Mgr Valperga expulsé ne put jamais obtenir
de rentrer, les lois sur l'émigration étaient tellement embrouillées et tyranniques qu'une fois inscrit sur une liste
d'émigrés, il était extrêmement difficile de s'en faire rayer
malgré toutes les démarches ; car on se heurtait sans cesse
à des questions de forme et de procédure ce qui permettait
à la malveillance de s'exercer tout à fait à l'aise sous le
couvert de la légalité.
A. J.

PvANCE-BOURREY.

(1) De 21 Floréal an VII (10 mai 1799), il fut communiqué
par le ministre de la police générale de la République aux diverses
administrations intéressées et aux Commissaire du Directoire exécutif
près le département des Alpes-Maritimes. Celui-ci par lettre du 3
prairial (22 mai 1799) demanda au Département de le transmettre
à la Municipalité de Nice, ce qui fut fait le même jour avec ordre
de le transcrire sur ses registres, de faire apposer les scellés ou séquestre sur tous les biens meubles et immeubles de l'évêque si ce
n'est déjà fait, et de mi notifier sans délai la décision prise à son égard.
Voir lettre du Département à la Municipalité, celle du Commissaire au Département, 3 Prairial an VII avec la réponse du Département 4 Prairial.
Arch.. des A. M. Q. 1 et 2 et Arch. Nationales, dossier Valperga,

�NIÇA LA BELLA
VERS DE /.

Giordan,

su

DE CARTA POUSTALA

Ai rai dôu nouostre bouon soulèu
Venon s'escaufar toui lu lùssi ;
Es un meravihous tablèu,
Ai rai dôu nouostre bouon soulèu,
Trouvas, dou Var fin au Castèu,
Anglés, Rouman, Danesi, Rùssi :
Ai rai dôu nouostre bouon soulèu
Venon s'escaufar toui lu lùssi.
Pèr tu, as touti li bèuta,
Terra de lus e d'alegria,
D'un ciel d'azur, as la clartà,
Pèr tu, as touti li bèuta.
De l'univers, en verità,
Siès la uechièma meravia ;
Pèr tu, as touti li bèutà,
Terra de lus e d'alegria.
Dintre lou tèmp, Semiramis
Faguet basti, à Babilouna,
Pu siéu jardin, vèr paradis !
Soubre Paioun, degun s'estouna
De vèire, ancuèi, lou paumoulié
Drissar au ciel la siéu coulouna
E lou galofre, e l'anemouna
Flouri emb'au pourtegalié.
De bouon matin, quitant maioun
Pèr la journada touta'ntiera,
S'en va lavar, dintre Paioun
Pa bugadiera.
D'un glourious passat es fiera
Perqué, d'un tèmp, sus lou bastioun
Au Turc, arranquèt la bandiera
Pa bugadiera.

�fet 68 —

Sau de fouora fa freï,
Que brima,
A Niça, sus lou Quèi,
Si rima.
Pescadou, fourestié,
De la mar bressarella,
Escouton voulountié
Pa doussa cantinella.
L'AVOUCAT

PATTA

L'estudi de l'avoucat Patta es en plen aria ; si tèn lou matin
couma lou predinà su la plaça dôu Palai. Es un ome pichounet,
touplen raplot, li pocha enfli de papiè de touta mers. En lu vièi
quartiè es proun counouissut e li capelada, « Bouonjou Moussu
l'Avoucat », noun li mancon. Es ben m'ai juge, proucuradou, etc.
Lu siéu ounourari soun bouon pati e n'a de preferença pèr
qu si sigue. Parla au premier maufatan vengut, couma se fousse
un agnèu que vén de naisse ; lou créancier o lou débiteur soun
tratat su lou même pen... basta que mouson...
L'avoucat Patta es de noutarietà reputat pèr un ome judicious, òunest — au noun si flata de l'estre au jou d'ancuei ; —
finda counouisse, es en relacioun d'afaire emê de gros persou nage que dintre la finança dôu siéu coumerce, soun quasi d'usurari. Sau menajar la cabra e lou caulè ; e pèr que la mouneda
noun li escapa si desbrouïa e si mete dôu cousta dôu manche...
d'aquéu que casca lou de mai...
Acò fa que toui lu matin que lou Bouon Diéu a fach, la siéu
doumestica mete toujou quaucaren au fuec. Lou dimeneghe, coum'un bouon crestian, — tartufaria que lou pauva, — va audi la
gran'messa à Santa Réparada, fa la siesta e à la calada dóu soulèu,
passeja su lou Cours, pastrouia, fa lu cent pas, noun parla que de
lei, proucès, citacioun, ensin alestisse lou travail dôu dilun...
Lendeman empastra ben d'afaire, mete facilamen en lou sac
Moussu Tout'Un emé Moussu Tout'Autre... En éu que li pòu
faire ?... lança dapertout lou broumech, tant pis pèr aquéu que si
laissa agantar. Quaranta sóu es lou près d'atac e vous pregui de
crèire que douna pas la siéu journada pèr doui o tres escut.
L'avoucat Patta counouisse l'usança dôu païs... s'avès touort,
vous rouïa, s'avès pi rasoun, v'espia... Que voulès aima manjar
lou pei, lou pei que noun aiguë d'espina...
JULI EYNAUDI.

�-«9VA

MAU ! !

Va màu, cresé-vous, que va màu 1
En l'orizoun lou voile negre
N'es qu'un gran camp cargat de pebre,
Qu'à pala lou jeten davan,
Avuglan finda lu cavau 1
Lu canoun soun su li frountièra,
Alignât couma de barriera,
N'esperon plus que lou signàu !
Lou soulèu, aquel animàu !
Stan, noun vòu levà la vela,
Si foundon couma des candela
Enb'aquèu coust dôu diàu !
Le Giacouuda à cóu de d/stràu
Li fan petà li sièu moulura...
Ah ! dèu faire bella figura
Se l'an foutuda en quauqua tràu
Lou pan crèise, finda la sàu,
Lou sucre dintre li boutiga
Mounta ben mai que de boufiga !
Van jusque crèise lou rampàu
E la pèu que fau lou tambau ;
Metran de drech su li nourriça,
Su lu chichi, su li saucissa,
Perqué pas soubre lu magàu ?
E lou Prussian, marrit bertàu,
Noun sabon fa que de babïa,
Per lou Maroc e l'Algèria,
Se faran mètre lou mourràu !
Li serreren toui lou pourtàu
E pi veiren touta la França
Davan la sieù grossa arougança
Se noun si sau garda li clàu !
Es de rima d'un manechàu,
Ma sien d'estiéu, vesin, vesina,
Li passeres en la resina
Avant que vegon l'espitau !
CHARLES CIAUDO

�Valère Bernard
Tout en heurtant le marteau contre la porte de M. Valère
Bernard je songeais. Je me suis complu dans le plus souriant
mépris des idoles. L'ironie a tremblé sur mes lèvres quand
la Provence a dans un ravissement de joie acclamé le poète de
Maillanne. Cette mascarade d'apothéose me répugnait.
Et maintenant la curiosité me fourvoyait dans le studio
d'un consciencieux artiste que les felibres couvraient de gloire.
Elève de Puvis de Chavannes M. Valère Bernard pasticha le
Maître. Mais vite il eût l'intuition qu'à se perdre dans les sentiers
battus il courrait risque de compromettre son crédit. Il dit
adieu à Paris et vint dans Marseille, l'opulente cité.
A cette époque vivait un exquis écrivain, J. Lombard. Il venait de publier deux œuvres d'une grandiose beauté, VAgonie et
Bysance. Dans un style étrangement tourmenté il contait les
luttes entre les factions d'Orient, illuminant son œuvre des
splendeurs bysantines.
Valère Bernard vit Jean Lombard, et du même coup les belles
au bois qui dormaient en son âme s'éveillèrent. Il délaissa les
études académiques, les pastiches sans vie, et d'ardentes couleurs
chargèrent ses toiles.
Voici le triomphe des rois Babyloniens. Sur les voûtes d'un
palais impérial passent des gardes étincelants dans la pourpre et
la soie. L'or envahit les hautes colonnes de jaspe bleu. Involontairement on pense aux fantastiques demeures hantées par des
fées émeraudes et des princesses aux perversités troublantes.
Et je m'imagine que le peintre était sous le charme de la
légende quand il a peint cette courtisanne qui sourit à son miroir tout en jouant négligeamment avec sa chevelure d'or. Et
puis passent Venise la rouge, Marseille enveloppé dans la poussière d'or du crépuscule, des motifs à la Watteau peints par un
bysantin, toute une apothéose.
Mais une idée m'obsède, tandis que dans la grise clarté d'un
soir automnal s'éteignent les fauves éclairs jaillis de ces radieuses
toiles. L'idéalisation du passé me paraît cruelle. Les générations
endormies dans la Mort ont eu leurs misères/leurs rancœurs, je
pense qu'il est absurde de s'écrier avec Musset « qu'aux temps
jadis tout était heureux jusqu'aux douleurs humaines. » En vain
l'apostat s'attriste-t-il sur les vieillards immortels de l'antique

�- 7i

—

lonie, â ses oreilles résonnent les paroles de l'Hiérophante : « La
Helladi que tu aimes n'a jamais existé ».
Mais M. Valère Bernard brise ma rêverie, et mes yeux se
portent.sur des portraits appendus au mur. Profils d'espagnol ou
d'américain mitigés d'espagnol, comme on en croise maintes fois
sur la Cannebière.
Homme universel ne puis-je m'empêcher de m'êcrier. M.
Valère Bernard sourit. Il siérait dit-il, à mi voix, de se développer en profondeur. Toutefois il est beau de se dire sur le
tard de sa vie que l'on a fait vibrer toute son âme. Ici le maître
rejoint Néron. Il m'aide à comprendre cet inquiétant empereur.
Mais encore faut-il que tout en étant l'homme universel on ne
sombre pas dans la banalité. De méchantes œuvres d'art peuvent
avoir leur prix.
Une idée se lève devant moi. Labruyère me petsuade que
l'honnête homme de Pascal propre à tout en définitive n'est propre à rien. La spécialisation inintelligente, mène à l'erreur, j'en
conviens, mais en fait elle est une loi générale.
Et ceci est pour me plaire, car j'abhorre dissiper mon énergie,
j'aime le repliement, la frissonnante pudeur qu'effarouche les
vaines ostentations. Je goûte les peintres du passé et malgré ma
philosophie j'adore les peuples disparus. Volontiers j'implorerai
avec la Cassandre de Schiller la cécité, l'exquise cécité. Le sou
venir a plus de puissance sur moi que l'espoir.
Et sous des deux gris, en des pays étrangers désolants de
médiocrité, il m'est arrivé de pleurer plus amèrement que ne
pleura Xerxès aux rives d'Abydos.
J. PADOVANI.
PROUVERB1, BOUOI MOT, COUNSÈU E DICH
Vèuva que si marida,
Dèu perdre la lus e l'audida.
Fiha madura,
Lou pouorta à la centura.
En cuntant su lu det :
Aquéu a fa l'óu ;
Aquéu l'es anat cercar,
Aquéu l'a fa cuèire,
Aquéu l'a manjat,
E lou pichoun n'a ren tastat !

�— 73 —
LE

DÉSESPOIR

Oui, j'ai la mort dans l'âme ; oui, je monte au calvaire ;
Mon horizon, hier si beau, s'est obscurci ;
Je hais tous les devoirs et tout ce qu'on révère :
Mieux vaut mourir que vivre ainsi !
Puisque je n'y puis rien ; que la raison humaine
Ne gagne plus un cœur où mon cœur est entré,
Je veux briser mes jours comme on brise une chaîne
Et m'enfuir en désespéré.
Qu'est-ce donc que la mort ? C'est la paix éternelle,
C'est un beau drap de fleurs sur mon sein endormi,
C'est la nature calme, auguste et solennelle
Qui nous prête un repos ami.
O nature de Dieu contemple ma détresse !
Ecoute tout mon sang dans mon cœur s'épancher
Et, puisque je n'ai plus le lit de ma maîtresse,
C'est au tien que je veux coucher ;
C'est toi la grande mère et la nourrice immense !
L'homme au sort le plus âpre et l'homme au sort plus beau
Retrouvent dans ton sein leur part de ta clémence :
L'un l'amour, l'autre le tombeau
Tu sais, toi qui vois tout, ce qu'ici bas je souffre,
Que je n'ai point béni l'instant de mon réveil
Et que j'ai regardé, toujours, du fond du gouffre,
Les bords ou brillait le soleil ;
Que je n'ai bu jamais que dans la coupe amère,
Que le seuil du bonheur me fut toujours fermé,
Que j'ai perdu mes fils, que j'ai perdu ma mère
Et tous les cœurs qui m'ont aimé !
Maintenant je m'en vais, battant du front, comme ivre,
En proie à ce grand deuil qui me courbe en vainqueur,
Et je veux déchirer ma vie, avec le livre
Des chastes sanglots de mon cœur ;
Et toi, rayon divin, génie, ardent délire,
Flambeau qui n'iras plus briller sur son autel,
Eternise du moins ces larmes de ma lyre
Et que mon cri soit immortel !
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Mars
Epato (Grégori)
Il
Jun
Cicle soulari
17 Setèmbre
Endicioun roum
10 Desembre
Letra doumenicala
G F
LI QUATRE

8,
7,
20,
20,

10
9
22
22

e
e
e
e

11
10
23
23

SESOUN

Lou printèms coumença lou 21 mars
L'estiéu
—
— 22 Jun
L'autoum
—
— 24 sept,
L'iver
—
— 22 dés.

à 6.55 m.
à 2.36 m.
à 5.18 m.
à 11.53 m.

dôu sera
dôu sera
dôu matin
dôu sera

FESTA MOUBILI

Septuagesima... 12 Fébrié
Cendre
21 Febrié
Pasca
7 Abrieu
Rougacioun 21, 22, 23, 24 Mai
Ascensioun
16 Mai

Pantecousta
Trinità
Festa de Diéu
1" Dimenegue de
Ie* Desémbre

26 Mai
11 Jun
15 Jun
l'Avènt

LU ESCLISS!

Souliu.

—

ij Abriéu. — Esclissi annulari e coumplet visible

à Paris, en America, en Europa et dintre lou N.-O. de l'Africa.
Coumençamen de l'esclissi à 10,01 dôu matin ; finisse à 1,08
dôu sera.
10 Otitoubre. — Esclissi coumplet invisible à Paris, visible
dintre l'America dôu Sud.
Luna. — 1" Abrièu. — Esclissi parciella visibla à Paris. Entrada de la luna dintre l'oumbra, 9.26 dôu sera; sourtida, 11.03
dôu sera.
26 Setèmbre. — Esclissi parciella, invisibla à Paris, visibla
dintre l'Océan Pacifique.

Jîla providence, %ue de la Préfecture /4, $run, Siàraire

�LU

VÉNT

Lu vènt que souflon à Niça, dintre lou cours de l'armada,
soun au nombre de 16. Vequi li siéu denouminacioun courènti,
pihadi, en general, dai loucalità dei quali parèisson vèni :
Sud
Miejon
Nord... Tramountana
S.-S.-O. Miejou Lebech
N.-O.-E. Grek Tramountana
S.-O
Lebech
N.-E... Grego
O.-S.-O Pounèut Lebech
E. N .E. Levant
Ouest. Pounènt
E.-N.-E. Levant
O.-N-O.V Pounènt Maistràu
E.-S.-E. Levant
N -O . Mastràu
S.-E.... Siroco, vènt marin
N..-N. OMaïstràu Tramount
S.-S.-E.. Miejou Siroc

6
15
25
14
31
24

VIGÍLIA — JEUNI
Abriè
(Pasca, 7 Abrièu).
Mai
(Ascensioun, 16 Mai).
Mai
(Pantecousta, 26 Mai).
Avoust
(Assoumpcioun, 15 Avoust).
Outoubre (Toui lu Sant, Ier Nouvembre).
Desembre (Calena, 25 Desembre).
L'AN NADA RELIGIOUSA

LI FESTA MOUBILI E LI FESTA FISSI
Janvt'è
jYlars
1 Circouncisioun.
1 e 2 Quatre Tèms.
6 Epifania (lu Rei).
3 Reminiscere.
13 Bateja de J.-C.
10
Oculi.
14 Sant Noum de Jesu.
17 Lœtare.
fébrié
24 Passioun.
2 Puriflcacioun.
29 Li 7 Doulou.
4 Setuagesima.
31 Lu Rampàu.
6 Festa de la Pr. de N. S.
11 Sexagesima.
Jîbriéu
13 Coum. de la Passioun.
5 Divendre Sant.
18 Quinquagesima.
7 Pasca.
21 Cendre.
14 Quasimodo.
25 Quadragesima.
28 Patrou. de San Joúsè.
28 Quatre-Tèms.

�Setembre
3 Inv. de la Santa Crous.
13, 14, 15, Rougacioun.
16 Ascensioun.
26 Pantecousta.
29-31 Quatre-Tèms.
1
2
6
9
21
24
29

Quatre-Tèms.
Trinità.
Festa de Diéu.
Festa dôu S. Sacramen.
Sacrat-Couor de'jesu.
Natività de S. jouan-Bat.
SS. Peire e Paul.

8 Natività de la Vierge.
14 Esaltacioun de la Crous.
15 N.-D. dei 7 Doulou.
15 San Noum de Maria.
18, 20, 21, Quatre-Tèms.
29 Dédie, de S. Miquèu.

Ôutoubre
6
13
20
27

Sant Rousari.
Maternità de la Sta Vierge.
Puretà de la Santa Vierge.
Patrounage de la S. Vierge.

J/ouvembre

Juliet
2 Visitacioun de la S. V.
7 Precious Sang.
16 N.-D. dôu Carme.

Jîvoust
6 Transfiguracioun.
15
18
25
25
29

Assoumpcioun.
S. Joachim.
S. Couor de la Vierge.
S. Louis.
Decolac. de S. Jouan-Bat.

1
2
3
21

Toui lu Sant.
Lu Mouort.
Santi Relíquia.
Present, de la Sta Vierge.

2&gt;esembre
1 Avent.
8 Imaculata Councepcioun.
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25 Calena.

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DÉCIMALISATION

DU

TEMPS ET DES

ANGLES

LA MONTRE DÉCIMALE
Par J. de REY-PAILHADE, président du Comité
pour la propagation des méthodes Décimales.
Le Club Nautique de Nice a offert plusieur fois en prix des
montres décimales aux régates'de 1909. Il était utile de décrire cet instrument, d'y joindre des tables pratiques et des
formules à l'usage des ingénieurs, des sportsmen, des médecins, etc. etc.
DÉCIMALISATION DES ANGLES •
Il est aujourd'hui démontré que la division décimale du
quart de cercle facilite tous les calculs.
Les nouvelles cartes géographiques sont graduées exclusivement dans ce système, devenu officiel en France et dans
d'autres pays. On possède toutes les tables pratiques nécessaires à son essai courant. Nous ne nous étendrons pas
davantage sur cette méthode aujourd'hui enseignée dans les
lycées et collèges.
Nous rappellerons seulement que M. l'amiral Germinet,
membre d'honneur du C. N. N., sous la direction duquel on
fit en 1899 et 1900 des essais de navigation avec un matériel
entièrement décimal, a émis un avis très favorable à la
réforme décimale.
DÉCIMALISATION DU TEMPS
La division décimale du jour décrétée le 4 frimaire an II
rendra aussi de grands services à la science et aux sports.
Principe. — On divise le jour entier en 100 parties égales
appelées cés ; le cé est subdivisé en décisés, ceniicès et millicés
Le cé vaut 14m 24s ou 1T4 d'heure environ ; le décicé est égal
lm 26s 4 ou lm Ij2 environ ; le millicé vaut 0S 864 ou 9T10 de
seconde environ.
Concordance des Temps. — On parvient assez vite à dire
instantanément l'heure à 1 ou 2 minutes près en regardant le
cadran d'une montre décimale. Il suffit d'apprendre par cœur
les concordances décimales de toutes les heures.
0,0
0
50,0

4,2
1
54,2

8,3
2
58,3

12,5
3
62,5

16,7
4
66,7

20,8
5
70,8

25,0
6
75,0

�25,0
6
75,0

29,2
7
79,2

33,3
8
83,3

37,5
9
87,5

41,7
10
91,7

45,8
11
95,8

50,0
12
100,0

Les heures sont au milieu, les concordances des heures
du matin en haut, celles du soir en bas. Ainsi 10 heures du
matin valent 41.7 cés (énoncer 41 cés 7 décicés) et 10 heures
du soir valent 91,7 cés.
Gomme 1 cé vaut presque lj4 d'heure et un décicé une mi •
nute 1]2 ; en partant des concordances du tableau, on dit
l'heure instantanément, ainsi 39,9 cés valent 9 h. 36 m. du
matin. Un ou deux jours suffisent pour atteindre ce résultat.

Description de la montre décimale ou cémètre. — Il y a 3
aiguilles centrales se mouvant sur un cercle divisé en 109
parties égales, numérotées de 0 à 9. Le 0 cé est en bas, c'est
l'origine des temps, car on suppose la Terre au centre du
Cadran.
L'aiguille dorée avec un soleil ne fait qu'un tour par jour ;
l'aiguille épaisse en acier bleu tourne 10 fois par jour, et la
trotteuse fine fait 1000 tours par jour.
L'aiguille-soleil montre la position de l'astre du jour par
rapport au méridien de Paris, qui va du centre au chiffre 5.

�10 —
Les quatre traits bleus indiquent les positions de cette aiguille
à minuit en bas sur 0 ; — à tì h. du matin au milieu entre 2
et 3 ; — à midi, en haut, sur le 5 ; — à 6 h. du soir, entre 7
et 8.
L'aiguille dorée du soleil indique le chiffre des dizaines
de cés, 2 sur le dessin ; l'aiguille épaisse donne d'abord le
chiffre des cés, 6 sur le dessin, et en comptant rapidement à
l'œil le rang de la division entre 6 et 7, on voit, que cette aiguille marque 3 décicés. Le temps du dessin est donc 26,3
cés correspondant à 6 h 20 m. du matin environ. L'aiguille
trotteuse donne les millicés 83. Le temps est donc 26,383
cés.
» Pour la vie courante, on n'a pas besoin d'aller au delà du
clécicé. On lit les milticés pour les applications scientifiques
et sportives.
Le temps en millicés lu sur le cêmèire facilite tous les calculs, car on n'a jamais de réductions à faire.
Examinons le problème des vitesses a l'heure : Les millicés multipliés par 0,00024 donne des heures et fraction décimale d'heure. Ainsi Ì2345 millicés valent 12,345 -f- 24 =
2 h. 9628.
Par conséquent si L est la longueur parcourue et M le
temps en millicés, la vitesse est

ou t

+ 4166,66...

Ces quelques exemples démontrent que la montre décimale simplifie tous les calculs sans exception.
Les rapports de MM. les délégués officiels aux essais de
la montre décimale faits à Nice, par le Club Nautique, le 26
février 1911, concluent unanimement à la supériorité de cet
instrument pour les usages scientifiques et sportifs.
M. Prim, astronome à l'Observatoire de Nice, représen
tait M. le \iinistre de l'Instruction publique.
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JANVIE
P.
P.
D.
N.

Q,
L.
Q.
L.

lu 8, à 7
lu 14, à H
lu 22, à 7
lu 30, à 10

SOULÈU.

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—

oura
oura
oura
oura

FE BRIE
20
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21
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m.
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L. 8 14' — C. 4 42'

dil. Jou de V An

P. Q.
P. L.
D. Q.
SOULÈU,

1
2
3
4
5
Lu Rei
6
Dim. S. Lucien
7
dil. S. Apoulinari
8
dim. S. Pèire
9
dim. S. Guiermo
10
dij S. Teodose
11
div. S. Arcada
12
dis. Sta Verònica
13
Dim. S. Ilari
14
dil. S. Maurici
15
dim. S. Ounourat
16
dim. S. Antoni
17
dij. Sta Angela
18
div. S. Sulpici
19
dis. S. Bastian
20
Dim. Sta Agnesa
21
dil. S. Vincènt
22
dim. S. Raymound
23
dim. Sta Jacinta
24
dij. Conv. de S. Pàu
25
div. S. Poulicarpa
26
dis. Sta Devota
27
Dim. Sta Paula
28
dil. S. Francès S.
29
dim.
dim.
dij.
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dis.

S.
Sta
S.
S.

TRIMESÏRÍ;

Macari
Genevieva
Tita
Simeoun

dim. Sta Marfina
dim. S. Peire N.
En Janvié
Lou païsan n'a ren

lu 6, à 4 oura 28 s.
lu 13, à 11 oura 38 m.
lu 21, à 4 oura 44 ui.
- L. 7 49' - C. 5 30'

dij. S. Ignaci
div. La Candeliera
dis. S. Blasi
Dim. Setuagesima
dil. SS. Vinc.Oronte
dim Sta Agata
dim. Sta Dorotea
dij. S. Romuald
div. S. Jouan-Matha
dis. Sta Apoulounia
Dim. Sexagesima
dil. Sta Eulàlia
dim. S. Gregori
dim. Sta Eufrasia
dij. S. Onesime
div S. Dounat
dis. S. Simeoun
Dim. Quinquagesima
dil. S. Gabin
dim. Dimars-Gras
dim. Li Cendre
dij. S. Silvan
div. S. Maxime
dis. S. Pascase
Dim. Quadragesima
dil. S. Nestor
dim. S. Leandri
dim. Sta Nourina
dij. S. Nymphas

Plueia de febrié
A la terra vau fumiè.

ZDéSTU-S-bez

NICE

MARS
N. L.
P. Q.
P. L.
D. Q.
N. L.
SOULÈU

1
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lu 15,
lu 23,
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Dim.

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7

1 oura 31 m.
0 oura 02 m.
0 oura 59 m.
1 oura 26 m.
1 oura 38 s.
01' — C. 6 13

S. Eudoxia
S. Simplici
Reminisceri
Sta Cunegonda
S. Casimir
Sta Coleta
S. Jouan de D.
Qaatre-tèms
Sta Margarida C.
Ocali
S. Euloge
S. Gregori
Sta Eufrasia
Sta Matilda
S. Acepsima
Sta Gertruda
Lœtari
S. Apien
S. Jôusé
S. Joachin
S. Lea
S. Turibe
S. Armentari
La Passioun
Anounciada
S. Emanuèu
S. Jouan d'Egt,
S. Gountran
S. Eustase
S. Jouan C.
Lu Rampàu

Lou mes de mars
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tous le -vrai

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lu
lu
lu
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SOULÈU.

1 dil.
2 dim.
3 dim.
4 dij.
5 div.
6 dis.
7 Dim.
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9 dim.
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12 div.
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18 dij.
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23 dim.
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25 dij.
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27 dis.
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13, à
3
21, à 7
28, à 11

—

oura
oura
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L. 6 06'

—

55 in.
37 s.
31! s.
25 s.
C. 6 52'

S. Ugo
S. Franç. de P.
S. Richard
Dijàu Sant
Divèndre Sant
Dissata Sant
Pasca
S. Albert, ev.
S. Azada.
s. Isidoro
s. Leoun
s. Juli
s. Justin
Ouasimoi/ii
Sta Anastasia
S. Frutuous
S. Rodolfe
S. Maxime
S. Anselme
S. Teodoro
S. Adalbert
S. Fidèle
s. Jorgi
s. Marco
s. Clet
s. Antime
s. Aimé

s. Roubert
Sta Catarina d. S
SS. Philip. ,Jacq.

Pichouna plneia d'Abriéa
Bouona récolta pèr l'csliéu

Q.

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P. L.
D . Q.
N. L.
SOULÈU.

TRIMÍÎSTRÈ;

MAI

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lu 5,
2 oura
lu 13, a 7 oura
lu 21, à 10 oura
lu 28, à 7 oura
— L.

5 14'

—

14
10
23
24

s.
m.
m.
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C. 7 29'

1 dim. SS. Félip. Jaq.
2 dij. S. Atanase
3 div. In.d.l. Sta Crous
4 dis. SS. Sindonis
5 Dim. S. Pio, papa
6 dil. S. Jouan D.
7&lt; dim. S. Peire
8 dim. s. Gregori N.
9 dij. s. Antounin
10 div. s. Isidoro
11 dis. s. Bounifaci
12 Dim. s. Jouan lou S.
13 dil. s. Pouon, m.
14 dim. s. Pacomo
15 dim. s. Sta Denisa
16 dij. Ascensioun
17 div. S. Pascaù
18 dis. S. Teodoto
19 Dim. s. Pèire C.
20 dil. s. Felis.
21 dim. s. Bernardini
22 dim. s. Julia
23 dij Rogaeioun
24 div. s. Vincen, d. L.
25 dis. S. Urbin
26 Dim. Pandecousta
27 dil. S. German
28 dim. S. Cirile
29 dim. Sta Petronïa
30 dij. S. Sylve
31 div. S. Justin
Au mes de mai
Longui semana

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P.
D.
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Q.
L.
Q.
L.

lu 3,
lu 11,
lu 19,
lu 26,

SOULÈU.

1
2
3
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5
6

dis.
Dim.
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dim.
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10 dil.
11 dim.
12 dim.
13 dij.
14 div.
15 dis.
16 Dim.
17 dil.
18 dim.
19 dim.
20 dij.
21 div.
22 dis.
23 Dim.
24 dil.
25 dim.
26 dim.
27 dij.
28 div.
29 dis.
30 Dim.

—

à 11 oura 4 s.
à 10 oura SI s.
à 9 oura 51 s.
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2 oura 20 s.
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C. 8 1!"

S. Potin
Trinità.
S. Quirin
S. Francès C.
S. Lié
Festa de Dieu
S. Lié
Quatre-tèms
S. Optat
Sta Margarida
S. Barnabe
S. Antoui de P.
S. Basilio
S. J.-F. Régis
S. Moudeste
S. Lambert
Sta Olga
S. Gervai
Sta Juliena F.
S. Louis de G.
S. Paulin
Sta Maria d'O.
S. Jouan-B.
S. Prousper
S. Alban
S. Cresen
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s. Pèire
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En Jun
De tres abit l'un

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lu 11, à 1 cura 53 s.
Il 19, a o oura 31 m.
lu 25, a 9 oura 12 s.
SDULÈU. - - L. 4 35' — C. 8 22'

1
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dim.
dim.
dij.
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Dim.
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dim.
dim.

S. Thierry
Vierg.de li Gracia
S. Anatole
S. Pèire de L.
S. Sisoès
S. Elie
Sta Babeta
S. Efrein
Sta Felicita
S. Pio
S. Jouan G.
S. Gene
S. Jaque
Festa Naciounala
S. Enri
N.D.d.M. Carmel
Sta Marcelina
S. Frederic
S. Vincen de P.
Sta Margarida
S. Vi loiSta Maria-Mad.
S. Apoulinari
Sta Cristina
S. Jaque
Sta Anna
S. Pantaleoun
S. Samsoun
Sta Marta
Sta Giulieta
S. Gnaci de L.

Au mes de Juliet
Ni frema ni coulé.

TBIMËSTRÎ;

I1. Q. lu 2, a 0 oura 29 m.
P. L. lu 10, a 3 oura 58 m.
D. Q. l»i 17, a 1 oura 1.1 s.
N. L. lu 21, a 5 oura 14 m.
IV Q. lu 31, &amp; 5 oura 21 s.
souLÈu, —1.5 or -j&gt;. 8 or

dij.
div.
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4 Dim.
5 dil.
6 dim.
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8' dij.
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dim.
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S. Pèire-aï LS. Alfonso
Inv. de S. Estève
S. Domenica
N. D. dei Nèu
Trausf. de J. C.
S. Gaétan
Sta Batilda
S. Camila d. L.
S. Là u ren
S. Septima
Sta Clara
Sta Filoumèna
S. Ousèbi
Asoumpcionn
S. Roc
S. Mamès
Sta Elena
S. Ipoulita
S. Bernar
Sta Chantai
S. Pio V
S. Filipe B.
S. Bartoumiéu
s. Louis, r. F.
s. Seg'oundo
s. Cesari
s. Goustin
s. Mederic
Sta Rosa
S. Fiacre

F.n . ivoast
Figa e moust

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SBTÈMBRE
P. !.. lu 8, a' 4 oura 57
D. Q. lu 15, a 6 oura î&gt;l
N. L. Ju 22, a 3 oura 37
P. Q. lu 30. a 0 oura 08
SOULÈU. - - 1. 5 47V— c.

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S. Gili
S. Estève R.
Sta Eufemia
Sta Rosalia
S. Làuren J.
S. Pambon
S. Grat
Natiu, di' la V.
S. Oumer
S. Xicola
S. Félis
S. Veran
S. A nié
Es. (1. l.S. CtQUS
S. Nicomède
S. Conrneilla
S. Lanbert
S. Tournas V.
S. Janvié
S. Euslache
S. Matiéu
S. Maurici
Sta Tecla
S. Girar
S Firmen
S. Nil
S. iN'icandre
S. \\ inceslas
g. Miquèu
S. Jeromo

Lima setembrina
De mai clarina

MOT »

GRANDE MARQUE RECOMMANDÉE

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lu 22,
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TRIMESTRE

NOUVÈMBRE
P. L. lu
6,
D. Q. lu 43,
N. !.. lu 20,
Q.
lu 29,

r.

SOULÈU. - -

1.

a
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4 oura 48
8 oura 20
9 oura 49
2 oura 42
14'

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c.

5 03'

1 dim. Rosari
1 div. Tout lu Sant
2 dim. S. ■ Léger
2 dis. Eu Mouorl
3 dij. S. Rosari
S. Ubert
4 div. s. Francès d'A. 43 Dim.
dil. S. Carlo B.
5 dis. s. Placido
5 dim. Sta Bertila
6 Dim. s. Bruno
6 dim S. Leounar
7 dil. s. Serge
dij. S. Nestou
/
8 dim. Sta Reparada
8 div. Lu Quatre Incou.
9 dim. S. Denis
9 dis. S. Teodore
10 dij. s. Francès B. 10
Dim. S. Jacintou
11 div. s. Tarasco
11 dil. S. Martin
12 dis. s. Counrad
12 dim. S. René
13 Dim. s. Edouard
13 dim. s. Stanislas
14 dil. s. Calisio
14 dij. S. Pantena
15 dim. Sta Teresa
15 div. Sta Gertruda
16 dim. S. Ospici
16 dis. S. Edme
dij.
17
Sta Edvija
17 Dim. S. Gregori
18 div. S. Luc
18 dil. S. Alfè
19 dis. S. Pèi re
19 dim. Sta Babeta
20 Dim. S. Agrico)
20 dim. S. Edmon
21 dil. Sta Ursula
21 dij. Présent, de la V.
22 dim. S. Filip
22 div. Sta Cecilia
23 dim. S. Teodoret
23 dis. S. Clemen
24 dij. s. Mairloire
25 div. ss. Crespin-Cr. 24 Dim. Sta Flora
26 dis. s. Jouan de K. 25 dil Sta Catarina
26 dim. Sta Pel fina
27 Dim. s. Frumence
27 dim. S. Maxime
28 dil. s. Alfredo
28 dij. S. Sostène
29 dim. s. Narcisse
29 div. s. Saturnin
30 dim. s. Marcel
30 dis. s. Andrièu
31 dij. s. Siri
En ùuloubre
\loii ponorc goûta loti rùare

Tonssan ientra
St A n'driéu lou souorte

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DESÈMBRE

s.
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JACK

P. L .
D. Q.
N. L.
P. Q.

lu 6,
lu 12,
lu 20,
lu 28,

SOULÈU, -

1
2
3
4
5
6

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Dim.
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8 Dim.
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10 dim.
11 dim.
12 dij.
13 div.
14 dis.
15 Dim.
16 dil.
17 dim.
18 dim.
19 dij.
20 div.
21 dis.
22' Dim.
23 dil.
24 dim.
25 dim.
26 dij.
27 div.
28 dis.
29 Dim.
30 dil.
31 dim.

1.

a
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3 oura
m.
6 oura 46 s.
4 our;i 40 s.
7 OUI;L 48 s.

7 54' — c.

A vent
Sta Bibiana
S. Francès X.
Sta Barba
S. Bassi
S. Nicola
S. Anbrosi
Imac. Conception
Sta Leoucadia
Sta Eulàlia
S. Damase
Sta Rosélina
Sta Lucia
S, Niçoise
S.
S.
Sta
S.
S.
S.
S.

Mesuiin
Adon
Olimpíada
Gatien
Ciprian
Filogone
Tournas

S. Onourat
Sta Vitòria
Cacha-fuec
Calèna
S. Estève
S. Jouan
SS. Inoucent
Sta Eleonora
S. Sabîn
S. Sàuvestre

Calena aufuec,
Pasca àu j'aèc.

sin -

GRANDE MARQUE RECOMMANDÉE

4 35

�- i6-

�- 17

-I

CROUNICA NIÇARDA
L'ABADÏA DE SAN POUON.— L'ABAT RANCE-BOURREY.
GLOFFREDO.

—

—

PÈIRE

A PREPAU DOU DIALETE NIÇART.

Ben qne pareissènt tardié, VArmanac Niçart s'empressa de
pourtà la siéu febla vous su tout cen que enteressa lou païs, sigue
au pounch de vista istoria loucala, pouesia, tradicioun, sigue
tamben su la taquinanta questioun dóu dialete niçart souvenri
fès pauvada e su la quala lu escritour mouderne soun luen d'estre
d'acordi.
Parlerai finda de M. l'Abat Rance-Bourrey, un beneditin qne
despi quauque an en ça mete à prouflt la siéu erudiciou n a nen
revelà de fach d'istoria inedieh. Se quauqu'un mérita d'estre
laudat es ben éu ; es en éu que VArmanac Niçart tressa la
pamoula de sapiença. En esprimant la nouostra recounouissença,
à l'Abat Rance-Bourrey, fen cen que touplen an denembrat,
vouoli dire de courounà lu siéu travail, frucha de ben de recerca,
dai quali obra sian fier d'avé prestat la prima ajuda. Pouden cità :
lou Discours sur le Monastère de Sainte-Claire de Nice, par Honoré
Pastorelli, publié d'après l'édition originale de Turin 1608, avec
une introduction et des notes ; — "Le Général J.-B.-M. D'Anselme" (Notices biographiques (1740-1792). E aquest'an
l'istorien nen douna — toujou de prima man — YExpulsion de
Mgr Valperga, evesque de Niça, au tèms de la Revoulucioun,
travail anoutat de peça curiouvi que sian urous de pouder metre
souta lu uès dei nouostre letour.
*
* *
Lou fach de l'annada, lou mai marcant, es estat aquéu de
l'Abadïa de San Pouon. Parlon de tout destruge pèr li basti an
siéu luec un espitau Pasteur... UArmanac Niçart es pas Penemic
dóu prougrès, ni men encara dei Bei-Art, ma si fa lou pious dever
de jougne lu siéu esfouors en aquelu dei siéu councitadin quo
l'istoria dóu passat passiouna, pèr que l'Abadïa de San Pouon
sigue counservada e classada couma mounumen istorique. En la
circonstança feliciti M. l'Abat Rance-Bourrey que mé rasoun s'e.s
demoustrat l'ardènt defensour autourisat que counouissen. La
siéu paràula es estada escoutada e lou Préfet de li Alpa-Maritima,
8

'

�— i8 M. de Joly — respetuous dei nouostri tradicioun — en ortie
avertit a proumès que l'Abadïa de San Pouon seria respetada e de
lèu si crusià pèr lou siéu classamen tra lu mounumen istorique.
Dóu resta vequi ce que l'Abat Rance Bourrey nen di su San
JPouon. Counsignen religiousamen li siéu paràula :
« L'Abbaye de Saint-Pons est le plus ancien monument relitgieux existant dans le Comté de Nice. Il y a dou^e cents ans que
sSiagrius y fonda un monastère. L'histoire de ce monastère est
jintimement liée à l'histoire religieuse, civile et économique de la
iville de Nice.
;
« Ce fut à Saint-Pons qu'en 1388 fut'signé l'acte réunissant
le Comté de Nice au Comté de Savoie. Les abbés de Saint Pons
ifurent pris dans les principales familles du Comté : les Badat, les
tLaugery, les Provana, les Lascaris, les Grimaldi, les Martelli, les
;Tournefort, etc. Plusieurs évêques de Nice furent abbés de Saint[Pons, en particulier Barthélémy Chuet (fin du xve siècle) et Jean
, Uriole, son successeur. Un autre abbé, Claude de Seyselle, fut
,évêque de Marseille, puis archevêque de Turin ; d'autres furent
cardinaux, tels Innocent Cibo, neveu d'Innocent VIII et de
f
;Léon X, et Paul Medeci de Cesis dont on voit encore l'inscription
(funéraire à Sainte-Marie-Majeure, à Rome.
:
« A la fin du xvir siècle, l'abbé de Saint-Pons était Pierre
•Gioffredo, le savant historien niçois. Enfin, un abbé de SaintiPons dont les Niçois n'ont pas encore perdu le souvenir, était
(l'abbé Spitalieri de Cessole qui a doté sa ville natale d'un établissement de bienfaisance si justement apprécié. La plupart des
pbbès de Saint-Pons et plusieurs évêques de Nice ont été enterrés
dans l'église ou sous le cloître et dorment aujourd'hui confondus
avec les moines leurs frères qui depuis dix siècles y sont enterrés.
« Les monuments funéraires ont disparu. Le temps a tout
(nivelé à Saint-Pons, singulièrement aidé cependant par la main
ides hommes. On connaît les dévastations commises par
Iroupes de François Ier et de Barberousse, plus tard par celles d
Catinat et par d'autres encore. Après chaque désastre, SaintPons a retrouvé une nouvelle vitalité et il y a à peine trois quarts
de siècle que Mgr Galvano y a fait d'importantes réparations.
;
« Saint-Pons n'est pas seulement une page de l'histoire de
notre pays, c'est un gros volume de cette histoire ; les Niçois
laisseront-ils dire qu'ils sont restés indifférents devant le danger
qui menace Saint-Pons ? Non, ils feront tous leurs efforts pour

�— 19 -

sauver de la destruction un monument qui doit leur être cher...
Je demande d'urgence le classement de l'Abbaye de Saint-Pons,
c'est-à-dire de l'Eglise et des bâtiments claustraux, comme monument historique. »
Lou councours de YArmanac Niçart es aquist. Emé fiertà e
au près de touplen de sacrifici faren respetà l'istoria dóu passat,
la lenga e lu escrich dei orne qu'an ilustrat lou nouostre bèu
pais.
*
* *
Despi quauque tèms, — maladia que reven per intermitença,
— la gran questioun de la grafia niçarda, de l'ourtougrafa, es
messa su lou tapis. De letra soun estadi publicadi, d'autri lou seran, e cresi qu'après ben de charra pèr dire pas gran cauva de
nóu, quasi dirii pèr predicà dintre lou Desert, noun restera
d'aquela discussioun, — Favén déjà coustatat, — pas gran cauva,
ren!... Cadun escrèu à la siéu moda seloun l'esprit dóu moumen,
e serii ben curious de counouisse aquéu que vendria nen dità
une metoda en nen dïen : « la mièu maniera d'escrièure lou
Niçart es la bouona». Discussioun scientifica que pòu passiounà
quauque lenguista, pas mai ; lou mihou es d'escrèure seloun li
letra ditadi pèr la prounouncia. Lou talènt pèr aquéu qu'escrèu
es de si laissà liège, de si faire acapi. Es qu'en en un entan que
frecuenta l'escola primària poudès li demandà autra cauva ?...
Perta de tèms que tout acò, vourria mai s'engenià à recercà lu
viei mot, espressioun, loucucioun courenti que la pous dóu tèms
a rabaïat, dounà au nouostre bèu dialete la coulou que dèu avè,
en respetant lu emprunt que pouden avè fach sigue à l'Italian, à
l'Espagnòu o à tout autre...
Un dialète noun dèu pas estre une lenga scientifica, encara
m en noun còu avè la pretencioun que sigue ouficiela, seria temerari ; lou dialete d'un païs dèu refletà lou caratere d'un'epoca que
lou tèms dèu respetà, enfin escrèure gramaticalamen, un noun
empedisse l'autre, e laissà à l'esprit, au goust lou coumplemen
d'un stile ouriginal, en de frasa councisi que flaton i'auriha.
Aquí fermi la discussioun, risqui de perdre la civada... l'an
que ven, se Diéu mi presta vida, v'en dirai d'autri e couma
d'usança que mi sigue permès de la vous souvetà : Bouona e
uroûva !
L'ARMANAC

NIÇART.

�20 —

LA CIGALA DOU BOUON DIEU
Una cigala dóu Bouon Dieu
Tout l'estiéu
E l'iver en la chambreta, —
L'aiguesias vista la lebreta ! —
Noun vivïa que d'amour
S'assetava su l'ounour;
La cigala cantarela,
Vau chanja de clientela,
Noun es courta d'amatour,
Que li viron tout au tour !
Ma l'ancien de la cigala,
De gros mot ven que s'embala ;
En l'auriha de la maire
Li ven tout aquéu bousin,
Que deja toui lu vesin
Sabon lou long de l'afaire
— Cenqu'as fach m'au tiéu tip ?
Di la maire enrabiada...
Bella Vierge encourounada !
Sera au mancou m'un bouon rie!!...
CH. CIAUDO

PROUVERBI, BOUOI MOT, COUNSÉU E DICH
Tèms d'iver noun ti fidar.
Lu màu dei enfan si garisson soulet.
Cau naisse pèr estre bèu, si maridar pèr estre rie, e mouri
pèr estre brave.
Per aver de raïn, eau caressar la souca.
Agnèu naissut
Vau un escut.
Dansa mihou ventre plen que rauba nova.
L'oumbra dou mèstre engraissa lou cavau.

�LOU MAGOT DE BERTOUMIÉU ISSUGA
O BEN

UNA RAISSADA DE MACAROUN
Conte menloanasqae trouvât dintre d'un armori
de ma nana e que /'Armanac Niçart es tirons de
transcrièure en niçart à Ventencioun dei sièu
fidèle lotour et lelrissa.

Bertoumiéu Issuga, mentounasque de viéia roca, abitava en
coumpagnia de sa mouhié, en carriera dóu Paumoulié. La siéu
frema, malurousamen, era sirnplaria e faia lou siéu desespoir.
Cada matin Bertoumiéu, avant de s'en anà au travail, li recoumandava de noun faire de bestialità. Cou vous dire que toui lu
dissata lou nouostre ome metia en un'armari pertuat dintre la
muraia lou gagne de la semana.
— Bertoumiéu ! pèr qu seria tout aquel argen, demandava
Marioun au siéu marit.
— Es pèr Madjou-long, castagnassa !
*
* *
Un jou Bertoumiéu partet pèr anar à la siéu campagna ;
devia même li restar doui ó très jou pèr souïnar e arousar lu
citrouniè. Marioun souleta matin e sera, s'assetava su lou banquet de la pouorta e faïa de bas... Un predinà veguet un ome
de statura mai que mejana, couma si di, un gran carcan. La
frema de Bertoumiéu lou fissa sensa parpelear, pi pihada d'un'
idea, li diguet :
— Moun bèu Moussu, sias bessai vous Madjou-long ?
Lou merlo pita e noun s'en laissa dire autre, léu li
respouonde :
— Noun vous troumpas pas, bella bruneta, sièu ièu Madjoulong !... Ma perqué mi faire tala demanda ?
Perqué ?... dou moumen que sias Madjou-long, intras su lou
cóu. Li a ja pas mau de tèms que moun marit a mes d'argen
amagat pèr vous...
E sensa mai de ceremounia li remeté lou mandiou dintre lou
quai lu sóu eron groupât. L'ome remercia e la s'esbigna lèu.
♦

* *

�Lou sera, Bertoumiéu arriva, la sièu mouhié li di.
— Sabes, ai vist ancuei Madjou-long !
E l'ome de cridar :
— Malurousa ! — m'en a fach encara una 1
Courre à l'armari, lou mandiou e Pargen, mouis !... Issuga
blastema pica dai pen, es décidât de si desiaire de la siéu frema
Lendeman, dóu téms qu'aissesta durmïa, li cuerbe lu uès emé de
pega de sabatié, pi la pihant pèr la man, la mena dapé dóu CapMartin. Arrivât aqui, Bertoumiéu fa mountar Marioun su d'un
nouguié el'abandouna. La paura, bòrnia, noun sabia doun si
trouvava, ni men encara ce que poudia faire.
En aquéu fra-tèms doui voulur venon s'assetar souta
l'aubre ; après aver abrat quauqui branca sequi pèr s'escaufar, pi
si meton à cuentar lou siéu argen.
La calou faguet delegar la pega que curbia Puès destre de
Marioun e aissesta de cridar :
— E d'un !
Lu voulur, d'estuc, s'isson d'emblée.
— Qu'es acó, diguet l'un.
— Un matagan, faguet l'autre.
La calou seguia á faire lou siéu efet pau à pau durbia Puei
senec.
— E de douî, diguet Marioun.
Dóu cou lu voulur escapon, laissant Pargen espantegat soubre
Perba.
Marioun coumença à li veire clar, cala da l'aubre e ramassa
Pargen, pi lèu s'en camina vers maïoun...
Lou sièu marit, pensierons, era assetat dapè dóu fuec, s'escaufant, fumant la sièu pipeta emé beatituda...
— Bertoumiéu !... o Bertoumiéu !... duerbe-mi, siéu iéu,
Marioun...
— Vai au diàu que ti pihe... ièu que cresii de m'en estre
despegouït...
Ma Marioun, toujou picava, un cóu noun asperava l'autre...
L'ome fenisse per li durbi...
— Ten ! regarda cen que ti pouorti.. . e Marioun pauva lou
sac su lou toulié. ..
Bertoumiéu, entartugat, cuenta Pargen e réfléchisse ; — Marioun es simplaria e deman la vila saupra Pistoria de la fouré . ..
Cóu que Bertoumiéu si dispegouïsse pèr empedi li marridi lenga
de bavar...

�— 23 —
Si mete la vesta, lou capèu e souorte fermant la pouorta i..
Faïa nuech dintre la carriera, ma sensa pena s'encamina
vers una boutiga e croumpa pèr mai de dès kilo de macaroun...
Ientra au sièu e di à la sièu mouhié de si metre au liech.
En tant que Marioun durmïa, Bertoumiéu fa bui lu macaroun, pi lu espantega su lu aubre dóu jardin... Lendeman de
matin la siéu frema, desveiada, si mete à la fenestra...
— O ! Bertoumiéu ! Bertoumiéu ! Vene un póu veire!... O
trest ! vè, a plougut de macaroun !...
— O vai fantauma !... n'as toujou una. .. Ten ! ten !... ma
es ver !...
*
* *

A quauque tèms en ça, Bertoumiéu l'avia previst, Marioun
countet à toui que lou siéu ome noun li picava plus, despi lou
jou qu'ela li avia pourtat de sac plen d'escut...
Lou juge aiguent audit parlar de l'afaire, mandet sounar
Bertoumiéu devant lou tribunal ; la siéu mouhié era estada
citada couma testemoni.
Lou juge. — Bertoumiéu, sias acusat d'aver gardât d'argen
que noun era vouostre.
— Iéu !... Ma moussu lou juge, lou negui ; sièu couma
sabès un travaiadou.. .
E Marioun de dire.
— Noun negar, Bertoumiéu, sabés ben qu'es ver ; es iéu en
persouna que t'ai pourtat la mouneda, qu'avii trouvât en la
fouré.. .
Lou juge. — Anas brave ome, noun negués.. .
— E quoura lou m'as pourtat ?... — Vous juri, Moussu lou
juge, que la miéu frema es fouola !...
— E lou sabes ben, Bertoumiéu, es lou jou que plouguet tant
de macaroun !
— Moussu lou juge aves jamai vist ploure de macaroun ?...
— Jamai ! moun beL amic respoundet lou juge que si tenia
lou ventre dóu rire — Amie, vèu que la vouostra frema es
fouola. .. sias aquitat !...
Bertoumiéu si retira emé Marioun... Noun aigueron plus
de disputa e vieugueron, pareisse urous e pèr longtèms !...
J. E.

�CANSOUN ANCIENNA

PÈR LOU

N'aurias pas vist la miêu fiha
Trin-trin
Lou galerin
A'aurias pas vist la miêu Jiha
Trois-wtrois
Le fils du roi
L'ai vista e l'ai baïada
Trin-trin
Lou Galerin
L'ai vista e l'ai baïda
Trois-trois
Le fils du roi.
Douna-mi la miêu fiha
Trin-trin
Lou galerin
Douna-mi la miêu fiha
Trois-trois
Le fils du roi.
Es aqnela la vouostra fiha
Trin-trin
Lou galerin
Es aqaela la vouostra fiha
Trois-trois
Le fils du roi.
La miêu fiha era pas lernia
Trin-trin
Lou galerin
La miêu fiha era pas lernia
Trois-trois
Le fils du roi
La miêu fiha era pas lua
Trin-trin
Lou galerin
La miêu fiha era pas lua
Trois trois
Le fils du roi.
N'es ni guercia ni poutinouva
Trin-trin
Lou galerin
N es ni guercia ni poutinouva
Trois-trois
Le fils du rois.

MAI

�La miéu fiha n'es pas borni a
Trin-trin
Lou galerin
La miêu fiha n'es pas bornia
Trois-trois
Le fils du roi.
Noun faïa pas belugueta
Trin-trin
Lou galerin;
Nonn faïa pas belugueta
Trois-trois
Le fils du roi.
La miêu fiha n'es pas emberrida
Trin-trin
Lou galerin
La miêu fiha n'es pas emberrida
Trois-trois
Le fils du roi.
La m iéu fiha n'es pas pigada
Trin-trin
Lou galerin
La miêu fiha n'es pas pigada
Trois- trois
Le fils du roi.
La miéu fiha noun es pas ranga
Trin-trin
Lou galerin
La miéu fiha noun es pas ranga
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha noun es pas louorla
Trin-trin
Lou galerin
La miéu fiha noun es pas touorta
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha n'es pas crouoada
Trin-trin
Lou galerin
La miéu fiha n'es pas croavada
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha n'es pas gibouva
Trin-trin
Lou galerin
La miéu fia n'es pas gibouva

�— 26 —
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha noun es foularana
Trin-trin
Lou galerin
La miéu fiha noun es foularana
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha n'es pas ingourda
Trin-trin
Lou galerin
La miéu fiha n'es pas ingourda
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha a pas lou peu de pi g nu
Trin trin
Lou galerin
La miéu fiha a pas lou peu de pig nu
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha noun es narvelouua
Trin- trin
Lou qalerin
La miéu ûha noun es narveloiwa
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha noun a la rougna
Trin-trin
Lou galerin
La miéu fiha noun a la rougna
Trois trois
Le fils du roi.
XXX.

PROUVERB1, BOUOI MOT, COUNSÈU E DICH
Qu duerme ben noun cregne li niera.
Qu vè pissar e noun pissa, crêpa de malícia.-'
Qu douna soun ben avan de mouri
Mérita de pati.
L'amour es lou paradis dei fouol.
L'amour es .la flou de la jouinessa.

�LA MOUORT DAU PAURE TOUNIN

Lou paure Tounin, malàut a setant'an, si presenta à l'espitàu
ma li respouondon que li a plus de plaça.
— Coumplet ! ! !
Quauqu'un li fa capi qu'em'un pau de proutecioun li pourria
intrar. Countrariat dei pas que cóu faire, Tounin vira lu taloun e
s'encamina vers la plaça Massena, piha lou tram, si rende da
Graugnard, à l'espitàu dei can, e li di :
— Moussu lou Veterinari, cresi d'estre un pau mai qu'un
can ?... En aquéu cas souîna-mi...
— Vous souînar aici, ma brav'ome perdés la testa. — Basta,
li di que n'a pas de liech pèrcourcar un crestian, que noun douna
de souin qu'ai bestia !...
Tounin, couma pensas, s'en souorte m'au couor gros e noun
sau plus à que sant si recoumandar. Era aqui au mitan dóu
camin, quoura en aquéu moumen arriba un landau, doun cala
una grossa dama, encapelada, aurias dich un ver foungi, segada
d'un varlet que pourtava religiousamen un can enfeloupat emé de
favour rosa au couol, tapat d'un tapis em'ai iniciala. En veèn
aquéu tablèu lou paure Tounin si lamenta, sangluta fouort.
— Qu'avès lou miéu brav'ome, li di la dama.
— Cen qu'ai Madama ?... trovi que lou vouostre can a mai
de chança que iéu. Li a cinquant-cinq an que travaii, pèr la premiera fès que siéu malàut, noun soulamen mi refuson à l'espitàu
dei estre uman, ma encara mi vèu picar la pouorta au nas èn
aquéu dai can.
— Quevoulès, lou miéu paur'ome, ai fach un vout de mimetre
à la Soucietà Proutetriça dei Animau, de pourtar touti li miéu
ecounoumia à la Caissa de secours pèr soulajar lou sort dei bestia.
Lou fau talamen ben, que vouguessi ben vous dounar un sóu
que pourii pas.
La dama li vira l'esquina e ientra couma un coupa-cisèu da
Graugnard. Tounin roumougna :
— Se ti veguessi en un cantoun ti dounerii mancou un gotou
d'aïga !... vièia sansuga !...
Tounin estrassinat, deble s'alonga un pau plus en là, su d'un
mouloun de peira. Quauqui oura après, couma soufrisia, n'ai-

�guènt ren en l'estomegue depi l'auba, coumençava d'aver lou
rangouioun, quoura passet un canipiè que li diguet :
— Que fès aquí, brav'ome ?
— Couma veès siéu aqui pèr tirar lu patoun. M'an refusat â
l'espitàu, même en aquéu dai can, noun mi resta que de mouri
su d'un mouioun de peira. — Avès un carnet su lou quai enregistras lu fach dóu jou, farias ben de li aloungar lou miéu testamen que poudès mentuar couma acô :
— « Bouon Diéu, se mi fes passar encara une fes sur la terra,
fe-mi naisse can au mancou, li aura une Soucietà Proutetriça dei
Animau que si crusira de iéu e pourrai estre amès en un espitau,
estre souïnat, faire bouona vida, menar une vida de can... »
ANT. ROLAND.

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VIGNE
A M. VALÉRE BERNARD.

Dans le ciel doux la Vigne ètreint les pals de buis.
Sous le pampre le merle alourdi des falernes
Tourne son col gris vair et ses paupières lemes
Qu'argenté la blancheur des immuables nuits.
O / fraîcheur, 6 beauté des Igs et des iris,
Que la Vierge éblouie avec les marjolaines
Cueille le soir venu aux vasques des fontaines
Pour colorer en fête, au crépuscule, l'Euis.
Narcisses, ébeniers, œillet et sensitive
Ah ! Versez en mon âme attiédie et pensive
L'orgueil qui souleva les clairs olympiens.
L'amour qui rafraîchit les Madones pieuses
Et qui vêt de clarté les snls athéniens
Et les ravissements des époques heureuses.
JEAN

PADOVANI.

Quauque souvèt :
Vous souveti la bouona annada.
Que siegue mihau que la passada.
Vous souveti la bouona annada acoumpagnada de touplcn
d'autri.

�Eglises et Chapelles de Nice
La vieille ville de Nice se trouvant sur la rive gauche du
Paillon, pour parler de ses églises, nous commencerons par son
église cathédrale, Sainte-Réparate, vierge et martyre, de celles du
canton Est, et en traversant la rive droite nous nous occuperons des paroisses du canton Ouest.
I. — L'Eglise Cathédrale du Diocèse de Nice est la paroisse
de Sainte Réparate, vierge et martyre, sous l'empereur Decius en
253. Sa fête est le 8 octobre. Cette église est au centre de la vieille
ville (8.500 âmes), Avant 1531 la Cathédrale était près du Donjon, plateau de Nice, et dénommée : Sancta Maria in platea,
dédiée à N. D. de l'Assomption. L'édifice actuel, dans son genre,
ressemble beaucoup à Saint Pierre de Rome, au Vatican. C'était
auparavant une simple église paroissiale
desservie par
les Bénédictins du Monastère de Saint-Pons, près Nice.
Dans son ressort se trouvent l'ancienne église de Saint
Jaume (Saint Jacques apôtre), jadis des P.P. Carmes, fermée
depuis 1903. Après le transfert du titre de paroisse à l'église de
Saint Juste, évèquc, au Gesu, elle fut placée sous la vocable de l'Annonciation de la Sainte Vierge, ainsi que la belle Eglise de la
Miséricorde, sur le Cours Saleya, jadis de Saint Gaétan, fondée
e
par les P.P. Theatins au XVIII siècle et cédée à la noble
confrérie des Pénitents Noirs.
La Cathédrale de Nice, paroisse Sainte-Réparate de nos jours,
fut comme l'ancienne au Donjon du Château {Sancta Maria in
platea), le théâtre de plusieurs f lits historiques mémorables dans
les annales de l'histoire de Nice.
II. — L'Eglise de Saint Jacques, an Gesû, dès son érection
en 1612, dédiée à Saint Juste, évêque. Sa fête est le 2 septembre.
En 1665 fut érigée en paroisse sous le titre de Saint Jacques le
Majeur, remplaçant la paroisse de Saint Jaume. On l'appelle
vulgairement le Gesù à cause qu'elle a été fondée et administrée
par les P.P. de la Compagnie de Jésus.
Appartiennent à cette paroisse les deux chapelles des confréries des Pénitents Blancs, la Sainte Croix, — confrérie la

�óo —
plus ancienne de Nice, — et des Pénitents Rouges, Saint Suaire
et de la Sainte Trinité ; l'Eglise du Couvent de là Visitation,
la chapelle de l'ancien séminaire, à la montée du Château, et
jadis l'Hospice franciscain avec chapelle de Saint Joseph des
P.P. Recollets de Cimiez, convertie en maison particulière.
L'Eglise du Gesù est d'ordre corinthien composite, cons truite sur le modèle de l'Eglise des Jésuites de Turin, dite
vulgairement les Saints Martyrs. ( 10.000 âmes).
A l'extrémité de la rue du Malonat, aux racines de l'ancien
château, on voit un oratoire à la Sainte Vierge Marie, sous le
titre de N. D. du Bon Secours. Les habitants de ce quartier érigèrent cet oratoire en l'honneur de la sainte Vierge, en reconnaissance du choléra en 1854.
III. — L'Eglise paroissiale de Saint Martin Evéque dite de
Saint-Augustin est la plus ancienne, elle fut bâtie sur l'emplacement de l'ancienne chapelle de Saint Martin (1205) et appelée
Saint-Augustin parce qu'elle était desservie par les Augustiniens
dont le couvent a été transformé en caserne. (Caserne Filley, près
l'ancienne chapelle Sincaire).
IV. — L'Eglise de Saint-Francois-de-Paule a été édifiée en
1736 d'après le plan de l'architecte
Guarini. En 1838
elle fut érigée en paroisse par décret de Mgr Galvano et appelée
aussi Saint-Dominique en souvenir de l'ancienne église paroissiale
de ce nom qui s'élevait sur la place Saint-Dominique aux lieux et
place de l'actuel Palais de Justice.
V*— L'Eglise du Port ou de l'Immaculée Conception. D'humble
origine. D'abord ce fut une fort modeste chapelle (1835), transformée agrandie par Mgr Galvano, et l'avocat théologue L. Mari
fut son premier curé..
VI. — L'Eglise Saint-Joseph nouvelle paroisse depuis 1911 la
première pierre fut posée le 19 mars 1911, bénie le 29 octobre et
ouverte au public le Ier novembre 1911 sous le patronage de Mgr
Chapon et dirigée par les soins de M. l'abbé Gabrielli.
A cette paroisse appartiennent la chapelle succursale de Saint
Joseph contigüe à l'Evêché, et la chapelle de Notre-Dame des
Anges sur l'ancienne route de Villefranche.
VIL — Saint-Roch. Cette église paroissiale dans la banlieue
de Nice fut érigée après la peste de r68r. Nice fut délivrée de ce
fléau par l'intercession de saint Roch, confesseur, né et mort à

�- Si Montpellier. La paroisse est divisée en deux quartiers, Roquebillière
inférieure et Roquebillière supérieure, jusqu'à la chapelle de NotreDame de Bon Voyage.
VIII. — Rive droite du Paillon, intra muros, se dresse Notre Dame du Vau, paroisse Saint-Jean-Baptiste, qui remplace l'an
cienne église du même nom devenue chapelle inférieure du Lycée.
Cette belle église, vœu delà ville de Nice en 1835, mt érigée en
1842 et terminée en 1852 par Mgr Galvano, évêque de Nice.
La façade ressemble à celle élevée à Turin en l'honneur du retour
du roi dans les états Sardes en 1814.
IX. — Saiiit-Pierre-d' Aréna remplace une chapelle située à la
Croix de Marbre. Elle fut érigée en paroisse en 1803 par Mgr
Colonna d'Istria. Elle doit son nom à ce fait, c'est que lors de sa
fondation elle se trouvait sur le rivage de la mer séparée par une
bordure de sable fin.
X. — Une ancienne chapelle de Sainte-Hélêne-l'Inspiratrice
existait dans ces parages. Elle fut remplacée en face la mer par
une église sous l'épiscopat de Mgr Recrosio (1727).
Six paroisses « extra muros » dépendent de la commune de
Nice.
Sainte-Marie Magdeleine, sise dans le vallon de Magnan, édifiée sur l'emplacement d'une chapelle de même nom, érigée en
1626 et dite vulgairement chapelle « dei cassaire » à cause du
grand nombre de chasseurs. Après le concordat de 1803 sous
l'épiscopat de Mgr Colonna d'Istria, ce quartier qui depuis 1771
dépendait pour le spirituel de la cathédrale fut érigé en paroisse.
Il existe encore aujourd'hui une chapelle de Notre-Dame du Bon
Conseil changée en demeure particulière . Bientôt le besoin de
la population augmentant, une église sera bâtie à la cité Robiony
par les soins du curé actuel de la Madeleine.
Plus à l'est de la ville, toujours dans le canton ouest ce
l'Arquet, se dresse la paroisse de l'Ariane dédiée primitivement à
saint Arnoux, évêque et à saint Pierre, apôtre. Elle fut érigée en
paroisse en 1809 sous l'épiscopat de Mgr Colonna d Istria. Dans
son ressort se trouve l'ancienne chapelle nécropole de l'Abbadie
fondée en 1635 en l'honneur de sainte Claire pour le besoin spirituel de 450 à 500 habitants qui appartiennent aux communes
de Nice, Cantaron Saint-André. Localité d'avenii et à laquelle
le chemin de fer Nice-Coni donnera une valeur stratégique.

�— 32 —
Gairaut avait au moyen-âge une chapelle de secours desservie
par les religieux chevaliers de l'ordre du temple au début, et par
la suite de Rhodes et de Malte. Sous l'épiscopat de Mgr François
Rosini de Martinengo la chapelle fut érigée en église paroissiale
sous le vocable de saint Sauveur o*u de la transfiguration du
Rédempteur.
Dès 1730 les P. Dominicains de Nice fondent à Saint Pancrace un sanatorium pour religieux martyrs avec chapelle en
l'honneur de Saint Pancrace martyr. Cette chapelle est érigée en
paroisse en 1848 par Mgr Galvano.
Sur le couchant de Saint-Pancrace on trouve la paroisse de
saint Roman . martyr ; l'ancienne chapelle fut érigée en paroisse
ainsi que celle de saint-Antoine de Ginestière en 1803 sous Mgr
Colonna d'Istria.
VALENT IN.

NOU VÉ
Tu Çatarina fai lou pan.
Mdumen de jota, d'alegressa,
Fes audi da toui lu couor :
Lu ange canton l'alegressa,
Fuges l'infer, Juges la mouorl.
Chntou !
L'aarika sabla, li a quaucaren aici vesin,
Sembla que senti li joia d'un festin ;
Audi lu tambourin de laen,
Lu Jlajoulet e li musela,
Lu pastre van à Bethelen
Laisson la cabana soaleta ;
Santo nuech, venes aléa nen ralegrà,
Pourtas à toui la pax et la tranquilità !
Tu Catarina fai lou pan,
Manda Lucrecia au safran,
Despende aléa lou lauvaniè,
Chapla la blea su lou taatié ;
Crala de froumai e roumpe d'iiu
E fai la iourta couma fou,
Ché n'aiguen toui en aboundança (bis)
Santa nuech, venes alèu nen ralegrà,
Pourtas à toui la pa.x e la tranquilità .'
En tant faguen etnb'au vesin
t ua santépér lou Bambin,
Toucan lou gotou de bouon vin,
Ernb'aa vesin pér lou Bambin
Ti-ri-tin-tin ! -tinTi-ri tin !

�— 3Î —

L'Expulsion de Mgr Valperga
fEN SEPTEMBRE

1792)

Le 12 octobre 1780 h population de Nice se pressait aux
abords de la porte Pairoliëre pour y recevoir en grandes pompes
le nouvel évêque Charles-Eugène Valperga di Maglione. Ce
prélat avait couché la veille selon l'usage antique à l'abbaye de
Saint-Pons et devait faire ce jour là son entrée solennelle dans
sa ville épiscopale.
Le cérémonial imposant avec lequel on avait reçu jusqu'alors
les évêques fut encore cette fois observé. L'accueil de la population entière fut des plus chaleureux au rapport de Pierre Scaliero
qui en fut témoin (1). Le nouvel évêque, qui remplaçait Monseigneur Astésan nommé archevêque d'Oristano en Sardaigne,
appartenait à une famille de vieille noblesse dont plusieurs membres avaient exercé, à Nice, des fonctions importantes (2). Il
(1) Voir aux Archives municipales le récit détaillé que ce chroniqueur en a laissé dans ses Mémoires. Pierre Scaliero mourut en 1805.
(2) Jacques Valperga, conseiller ducal, fut lieutenant du gouverneur de Nice en 1454 ; Thoma5 Valperga fut gouverneur du château de Nice en 1565 ; Jean Valperga fut également gouverneur de
Nice en 1596 ; Jérôme Valperga fut commandeur du château de
Nice en 1600 ; Pierre Valperga, frère de Jacques Valperga, était
chevalier de Malte (Arch. municipales, registre des gouverneurs,
commandants et chevaliers de Malte) ; Anne Valperga, fille dAmédée
Valperga, épousa, le commandeur de Malte Jean-Paul Lascaris.
(Voir son testament daté de 1683, arch. des Alpes-Maritimes,
registre B, 297.) Joseph Ignace de Valperga reçut de son oncle, Emmanuel Philibert Chiotera, mie partie du fief de Couaraze dont il fut
investi le 20 février 1753. Son fils, Vincent, céda ses droits à H. Novelli. Jérôme Valperga fut sénateur à Nice de 1761 à 1765, puis
ministre plénipotentiaire de Sardaigne à Gênes en 1780 ; plus tard
il fut ministre etsecrétaire d'Etat, ce dernier était le frère de l'évêque
de Nice et fils du comte François Valperga qui vivait encore en
1795Ees armoiries des Valperga étaient fascé d'or et de gueules, à
la plante de chanvre déracinée, d'argent et brochant. Le cimier
était un bouc naissant au naturel et la devise : « Ferme-toy ».
Nous reproduisons les armoiries de Monseigneur Valperga d'après celles qui se trouvent en tête du catéchisme édité par ses ordres
et dont nous devons le dessin à l'obligeance de M. Joseph Casai
(Extrait de 1' « Armoriai Artistique et Nrbiüaire », Ni.e, 1902.
3

�- 34était directeur du collège des Provinces à Turin, lorsque le roi
de Sardaigne le désigna, pour l'évêché de Nice. Il avait été sacré à
Rome où il avait fait ses études. Monseigneur Valperga se distingua immédiatement par sa vigilance et son activité : il releva
le niveau intellectuel et moral des prêtres de son diocèse et s'attacha à mettre en toutes choses la plus grande régularité. Dix-huit
mois après son installation, il publia un nouveau catéchisme
dont le plan avait été préparé par son prédécesseur ^i). Grâce à

ses relations cordiales avec la eour de Turin, il jouissait auprès
des autorités civiles de Nice d'une grande influence. Après douze
(1) Ce catéchisme en italien fut imprimé à Nice par la Société
Typographique. C'est un petit volume in-douze de 612 pages, portant
la date de 1783. En tête se trouve le mandement de Monseigneur
Valperga du 16 février 1782 qui approuve le travail terminé par
le prêtre auquel Monseigneur Astésan en avait confié le soin, ordonne
sa publication et règle l'organisation des catéchismes dans tout le
diocèse. Deux ans plus tard en 1785, Gabriel Floteront, imprima
un autre catéchisme rédigé en dialecte niçois, petit volume in-12
de 228 pages. Un exemplaire de ces deux ouvrages existe à la biblio
thèque de Nice. — Voir Villarey, Série Cronològica dei Vescovi
di Nizza. — Art. Valperga.

�-35 années de séjour dans cette dernière ville il s'était acquis l'estime
et le respect de tous.
*

• *

Lorsque le 28 septembre 1792 dans l'après-midi, les troupes
piémontaises évacuèrent Nice, il y eut dans cette ville une effroyable panique et des milliers d'habitants s'enfuirent dans la direction de Turin. Ce fut un désarroi et une désorganisation complète de toutes les autorités. iMonseigneur Valperga resta à son
poste et s'engagea à ne point quitter la ville. Le lendemain samedi
29 septembre, il accompagna le second consul Honoré Saissi et
quelques membres du Conseil qui se rendirent, vers les onze
heures du matin, à la villa Feraudi, au quartier St Hélène, pour
offrir les clefs de la cité au général d'Anselme qui venait d'y
arriver à la tête des troupes françaises. Le général fit à la délégation assez bon accueil, mais il s'étonna de trouver parmi ses membres, l'évêque dont la place déclara-t-il n était pas là. Du reste,
d'Anselme attacha si peu d'importance à la démarche îles magistrats niçois que dans aucune de ses dépêches officielles il n'en fit
mention.
Sur le soir du même jour, la petite armée française faisait son
entrée dans la ville et le général s'installait dans la maison du
consul de France à la place St Dominique. L'évêque de Nice qui
tenait à rester au milieu de ses diocésains se présenta de nouveau
vers les huit ou neuf heures du soir chez le général auquel il voulait recommander ses prêtres en lui demandant des respecter les
églises. Le général était entouré de tout son état-major, du consul
de France, Pierre Le Seurre, de Honoré Saissi, second consul, de
Féraudi, secrétaire général de la commune. Ces deux derniers
venus probablement pour appuyer les demandes de l'évêque.
L'accueil du général ne fut pas plus encourageant que la première fois ; il intima même avec insistance au prélat l'ordre de
quitter ta ville en ajoutant que le plus tôt serait le mieux et ce
fut sur ces dernières paroles que l'évêque se retira après avoir toutefois reçu du général la promesse que tout ce qu'il laisserait dans
son palais serait placé sous la sauvegarde de la Nation française.
Il n'y avait pas à tergiverser, l'ordre était formel et pressant, il
fallait partir. L'évêque prit ses dernières dispositious et délégua,
au curé de la cathédrale, le chanoine Honoré Navello, tous les
pouvoirs nécessaires pour administrer le diocèse en son absence.
Aux premières lueurs du jour, Valperga quitta son palais, et se

�— 36 dirigea à pied vers la porte Pairolière. Il avait été impossible de
trouver une voiture car tous les moyens de transport avaient été
réquisitionnés et utilisés le 28 septembre pour permettre l'exode
des habitants terrorisés. Il avait ordre de partir, mais cet ordre
n'ayant pas été donné par écrit, les volontaires marseillais, de garde
à la porte de Turin, refusèrent de le laisser passer, l'accablèrent
d'injures, le menacèrent même de le pendre et ne consentirent á
le lâcher que sur un ordre écrit, sollicité et obtenu du général,
grâce à l'intervention courageuse et au sang-froid d'un jeune
niçois, Joseph Castellinard. Monseigneur Valperga se retira à
Turin et y mourut en 1805 sans avoir jamais pu obtenir l'autorisation de rentrer.
*

* *

Il est établi par les documents officiels contemporains que
Monseigneur Valperga ne quitta son siège que sur les ordres arbitraires du général d'Anselme et ces mêmes documents nous
renseignent très exactement sur les incidents fâcheux qui se produisirent au départ de l'évêque. Du reste, on n'ignorait pas à Nice
comment les choses s'étaient passées et la population savait grê à
Valperga de son attitude et de sa fermeté. De son côté, Valperga
avait eu confiance dans la parole à lui donnée par le général au
nom de la Nation française et à plusieurs reprises il manifesta
son étonnement qu'elle n'ait pas été gardée, que ses biens aient
été confisqués, son mobilier vendu, son nom inscrit sur la liste
des émigrés alors qu'en partant il n'avait cédé qu'à la force.
Parmi les nombreux documents qui se trouvent soit aux archives de Nice, soit aux archives nationales il en est quelques-uns
dont la simple reproduction sera plus probante que tous les corn,
mentaires. Il_suffira de citer :
•i° La lettre du Directoire des Colons Marseillais en date du
25 février 1793, adressée aux citoyens Blanqui et Veillon, députés
extraordinaires de la ville de Nice à Paris, au sujet des réclamations présentées le 23 du même mois par Jean-Jacques Donny, au
nom de Mgr Valperga.
20 La réponse du même Directoire à J.-J. Donny, en date du
26 février 1793.
3„ L'arrêté du Département en date du 13 avril 1793.
40 La réclamation présentée au Directoire du département

�Valperga, aussitôt après son inscription sur la liste des émigrés de
la ville de Nice, dressée à la fin de juin 1793.
50 Les états de frais pour l'inventaire et la vente du mobilier
et effets de « l'émigré Valperga Maillone, citoyen évêque » approuvés par le département des Alpes-Maritimes, le 5 germinal an
III (25 mars 1795).
6° Les actes de notoriété dressés le Ier et 2me fructidor an III
(18 et 19 août 1795) par Gautier, juge de paix à Nice, à la requête de Pierre-Joseph Passeron, agissant en qualité de procureur
subrogé par Nicolas Giorni, procureur spécial et général de Mgr
Valperga, par acte de procuration reçu à Turin le 20 juillet 1795,
notaire Pierre-Joseph Bernochio.
70 La pétition adressée au district de Nice le 4 fructidor an III
(21 août 1795) par Pierre-Joseph Passeron, demandant la radiation du nom de Valperga sur la liste des émigrés.
8° L'avis du district de Nice en date du 5 vendémiaire an IV
(27 septembre 1795) déclarant que Mgr Valperga doit être rayé
de la liste des émigrés.
90 L'arrêté du département des Alpes-Maritimes, en date du
14 prairial an V (2 juin 1797) ordonnant la radiation provisoire
du nom de Valperga de la liste des émigrés.
io° L'acte de cautionnement dressé par le département le
11 fructidor an V (28 août 1797), à la requête de Pierre-Joseph
Passeron, procureur de Mgr Valperga en exécution d'une des
clauses de l'arrêté du 14 prairial an V (2 juin 1797).

�- 38 —

DOCUMENTS ET PIÈCES D'ARCHIVES

Pièce 1.

25 février 1793
Aux cit. Blanqui et Veillon
Une lettre du cit. Donny, associé du citoyen LeClerc, défunt président de l'ancienne administration
provisoire, dont vous avez ci-inclus l'extrait ( 1 ), nous
fait connaître que le cit. Valperga, évêque de Nice,
laissa avant son départ (ordonné à son retour par
Anselme) dans sa maison pour environ 34.000 livres,
argent monnayé, et environ pour 17.000 d'effets en
vaisselle, linge, batterie de cuisine etc.
Une portion de ces effets se trouvent encore dans
ladite maison, sous l'inventaire que nous en avons
fait dresser par les commissaires de l'une et l'autre
administration, lorsque nous avons été installés, mais
il s'en faut de beaucoup qu'elle puisse arriver à la
somme de 17.000 livres, pas même le tiers.
Quant à l'argent monnayé entré dans la caisse du
receveur de l'ancienne administration, nous n'y
voyons point la somme que ledit Evêque désigne
avoir laissé dans sa maison. Nous vous remettons cijoint un extrait de l'état des sommes' que le cit.
Bonnet a reçu en espèces, pendant toute sa gestion
de receveur et trouvées parmi les effets des émigrés
français et niçois.
Nous ne voulons rien préjuger sur l'assertion du
cit. Valperga, quoique nous ayons des indices frappants de vérité. Ce ne sera que lorsque nous aurons
pu les convertir en preuves par le témoignage de
quelques citoyens que nous nous procurerons, pour
pouvoir en demander la restitution et la poursuite
contre le pillage.
En attendant, noùs croyons devoir vous faire part
de cette découverte que nous allons communiquer au
Président de la Convention Nationale et au Ministre.
Arch. des A. M. Registre de la correspondance du
Directoire des Colons marseillais L. 5.
Cet extrait manque au registre ainsi que les autres pièces
énoncées dans celte lettre.

�-hLe 2érae février 1793.
Au citoyen Donny, négociant à Nice
Pièce 2.

Votre lettre du 23me de ce mois, citoyen, nous
demande des renseignements sur le temporel du
citoyen Valperga, Evêque de Nice. Nous allons vous
transmettre tous ceux qui sont à notre connaissance
L'administration provisoire en choisissant l'Evêché
pour le lieu de ses séances, vint s'y établir dans les
premiers jours d'octobre, et tout nous porte à croire
qu'elle ne fit aucun inventaire des effets qui s'y trouvaient, du moins nous n'en avons trouvé aucun dans
les papiers qu'elle nous a remis.
En succédant à cette administration provisoire,
uous avons cru que notre premier devoir était de faire
un inventaire de tout le mobilier renfermé dans la maison épiscopale. Nous y avons successivement procédé
en présence des administrateurs provisoires et à mesure qu'ils nous en remettaient les clefs. Tout le mobilier qui s'y trouvait, ne consistait guère qu'en
meubles meublants et ne nous paraît pas avoir la
valeur de 17 mille livres que l'Evêque lui donne.
Vous pourrez, si vous le jugez à propos, faire prendre
à notre secrétariat une copie de cet inventaire. Tout
ce. qui n'est point renfermé dans les appartements
que nous occupons au premier étage, a été laissé à la
garde de Jean Poma, ancien concierge de l'Evêque et
le nôtre.
Pour nous éclairer sur les 34.000 1. argent monnayé que l'Evêque doit avoir laissé en sa maison,
nous avons écrit au cit. Bonnet, receveur de l'administration provisoire, pour lui demander un état des
sommes en numéraires versées dans sa caisse, comme
ayant été saisies et trouvées parmi les effets des Emigrés français et niçois. L'état qu'il nous a remis ne
monte qu'à 74121. 16 s, et aucun article n'a du rapport
avec les réclamations du citoyen Valperga.
Quant à ce qui concerne personnellement le
citoyen, nous avons demandé au Ministre de l'Intérieur de vouloir bien nous dire la manière dont nous
devions l'envisager. Nous savons qu'un ordre arbi-

�— 40 —
traire de Danselme l'obligea de quitter Nice, le jour
de l'entrée des Français. Mais nous pensons aussi que
la proclamation des Commissaires de la Convention
nationale de France et le décret de celle de Nice,
concernant les Emigrés, étaient des motifs suffisants
pour le ramener à son poste et le rassurer sur les
suites de son retour. En persistant à prolonger son
absence, il s'expose à être traité comme émigré, à se
voir déclarer déchu de sa place et confisquer tous ses
biens. Telle est la disposition de la loi, et quoique
nous ayons consulté le ministre sur le cas particulier
de l'Evêque, nous prévoyons que sa réponse sera de
nous en tenir à la rigueur des lois, ainsi que plusieurs
instructions nous l'ont déjà annoncé.
Vous sentez, citoyens, que tout le mobilier de
l'Evêque doit rester séquestré jusqu'à son retour ou à
la décision du Ministre. Il peut être tranquille sur la
conservation de tout ce que nous avons trouvé en
entrant dans sa maison. Ce qui a pu en être enlevé
avant notre entrée en fonctions, est étranger à notre
gestion. Mais nous employerons tous les moyens qui
sont en notre pouvoir pour en trouver les traces, en
acquérir les preuves et en faire punir les coupables.
Les administrateurs, etc.
Archives des A.-M., Registre
suivants.

,L. 5,/°7i verso et

Lettre des commissaires de la Convention
Nationale et arrêté du Département des A. M.
Nice, le 9 Avril 1793, l'an 1 Ie de la Repu bublique Française.
« Vous voudrez bien, citoyens, en nous envoyant
les noms et prénoms de l'évêque de Nice, nous instruire officiellement d'après les "dispositions des lois,
s'il est censé démissionnaire et son siège vacant.
« Les Commissaires de la Convention Nationale
au département des A. M.
GRÉGOIRE, JAGOT (I)

(1)

Archives des A. M. L. 29 ancien. L

7

actuel.

�— 4i (i3 avril 1793)
Le Directoire ; vu la réquisition du citoyen Procureur Général sindic « Considérant que Charles Eugène Valperga, évêque de Nice, n'avait point quitté
son domicile lors de l'entrée des troupes de la République ; considérant qu'il a lui méme-accompagné les
consuls d'alors quand ils furent présenter les clefs
de la ville et inviter le général Anselme à venir en
prendre possession au nom de la République ; considérant que le général Anselme par ses ordres arbitraires et tiranniques, accompagnés même de menaces contre ses jours, l'ont forcé de s'éloigner ; arrête
qu'il ne peut le déclarer émigré, et qu'il sera répondu
aux Commissaires de la Convention nationale d'après
les principes ci-dessus.. »
Sign : PAUMÉ ; BARLI FABRI ; F. CASTKLIMARD ;
ANGLES ; BERNARDI, secrétaire général. (1)
pjj

ce

^

Aux citoyens composant le Directoire du
département des Alpes-Maritimes..
22 juillet 1793.
Citoyens,
Le citoyen Jean-Jacques Donny, soussigné, chargé
des intérêts du citoyen Valperga, évêque de Nice
absent, ayant été informé que par votre délibération
du 29 du mois passé, ledit citoyen Valperga avait été
déclaré émigré, vous représente avec tous les égards

(1) Archives des Alpes-Maritimes, Registre L,. 3, folio 101. L'Arrêté n'est pas signé par le procureur syndic Jean-François Tourre
ni par l'administrateur Jean-L,ouis de Villiers qui ne partageaient
point l'opinion de leurs collègues. A noter que Tourre était d'Antibes
et que de Viliers était un médecin français établi depuis longtemps
à Nice.
I/Arrêté fut pris malgré le réquisitoire de Tourre qui voulait
déclarer Monseigneur Valperga émigré et malgré un violent discours de Villiers soutenant la même thèse qui fut combattue par
Barli Fabri, par Castclinard et par Anglès. J'ai déjà publié in-extenso
cette délibération du 13 avril T793 au cours d'un article sur l'église
de Nice en 1792-1793 inséré dans Nice Historique du Ier avril 1903,
C'est pourquoi je reproduis ici simplement la lettre des
commissaires et l'arrêté du département.

�- 42 —
dûs au pouvoir dont l'exercice vous a été confié par
le peuple souverain que le citoyen Valperga ne peut
ni ne doit sous aucun rapport être considéré comme
émigré, par les motifs ci-après :
i° Qu'il est de notoriété publique qu'il n'a quitté
le pays que contre son gré et par ordre du général
Anselme :
2° Qu'il a constamment été disposé et a offert
de revenir dans son diocèse, moyennant qu'il ne fut
assujetti à prêter qu'un serment relatif au temporel et
non au spirituel.
3° Qu'enfin et par la raison que n'étant point
indigène, mais étranger, son séjour ici n'a été dé terminé que par sa nomination à l'épiscopat, événement casuel qui n'a jamais pu le soumettre à l'obligation de renoncer pour toujours à sa mère-patrie.
Tous ces motifs, soit qu'on les prenne collectivement ou séparément, démontrent suffisamment,
citoyens administrateurs, le droit incontestable, qu'a
le citoyen Valperga de demander et prétendre la
radiation de son nom du tableau des émigrés, et si
le ministre de l'Intérieur n'a fait aucune distinction
entre lui et les autres citoyens, c'est sans doute qu'il
a ignoré les circonstances qui vous sont exposées
ci-dessus, et notamment la dernière, car s'il les eût
toutes connues, il n'est nullement probable qu'il eût
décidé comme il l'a fait. Toute hypothèse contraire
serait une injure faite à ses sentiments et à ses lumières. Un homme tel que lui, dont les vertus civiques, le patriotisme et les talents l'ont appelé au
poste aussi honorable que pénible qu'il occupe, doit
ressembler autant que possible à la Nation pour
laquelle il agit et qui l'a honoré de sa confiance.
Cette nation est grande, généreuse, magnanime,
juste et bienfaisante.Elle ne peut qu'êtreextrêmement
jalouse de sa gloire, et l'un des principaux devoirs de
ses agents est d'éviter soigneusement d'en ternir
l'éclat.
Le refus qui serait fait de rayer de la liste des
Emigrés le nom du citoyen Valperga, refus qui entraînerait avec lui la confiscation des minces propriétés de ce citoyen, serait un acte qui imprimerait à

�-

43

-

jamais une tache ineffaçable à la gloire du nom français ; tache qui ne pourra manquer de frapper également les yeux des contemporains et ceux de la postérité ; tache enfin que les historiens ne manqueront
pas de faire ressortir par des couleurs enluminées, et
le bel effet qu'un pareil tableau produirait, citoyens
administrateurs, serait votre ouvrage.
Mais non, loin de nous, cette idée ! Vous êtes
républicains ! cela suffit. Les républicains sont vertueux. Ils aiment, chérissent, protègent, respectent
la vertu partout où elle se trouve. Et le citoyen Valperga aussi est un homme vertueux ! Qui en doute ?
Nul bon citoyen, nul honnête homme. Souvenezvous, citoyens administrateurs, que ce n'est que par
ses vertus qu'il a mérité l'amour et l'affection du
peuple Niçois et non par sa qualité d'évêque. Et plût
à Dieu que tous les ecclésiastiques lui eussent ressemblé ! La France n'eut point éprouvé d'aussi horribles secousses, pour asseoir, affermir et assurer sa
liberté.
La République a incontestablement le droit de
renvoyer hors de son sein tout individu qui ne lui
convient pas, mais en renvoyant ainsi un étranger
qui, d'ailleurs, n'a pas encouru la peine de la confiscation de ses biens, elle lui permet de les emporter ou
de les vendre et d'en emporter le produit. Tel est
précisément le cas du citoyen Valperga.
L'exposant demande en conséquence, citoyens
administrateurs, qu'il vous plaise prendre dans votre
sagesse une délibération tendante à rendre audit
citoyen Valperga sa qualité de citoyen français non
émigré, à lui accorder un délai compétent pour rentrer dans ce pays soit comme simple citoyen ou
comme fonctionnaire public et à lui assurer dans
tous les cas la restitution de ses propriétés par lui
laissées sous la sauvegarde de la loyauté française
dans la maison épiscopale, lors de sa retraite forcée,
ou la juste indemnité de leur valeur. Et sera justice.
Nice, le 22 juillet 1793, l'an second de la République française, une et indivisible.
Jean-Jacques DONNY.
l
ARCHIVES NATIONALESF/ 4.867 , dossier Valperga.

�- 44 Pièce 5.

Etat de frais de vente pour parvenir à l'inventaire
et vente des effets de l'émigré Valperga Maillone,
citoyen évêque :
5 germinal an III (25 mars 1795)
Pour une séance de trois commissaires dont un du
District et deux de la Commission municipale, fixée
à trois livres par séance par le Directoire du district
et approuvé par les Représentants du
Peuple
L.
9 »
Papier timbré tant de la minute que
des deux extraits
»12
Pour la copie desdits deux extraits . .
» 8
Droits d'enregistrement
13 10
31

2

Nous soussignés certifions le compte ci dessus véritable.
Signés : J.-B. Thomaty, comm. du dist. ; Savigny,
comm. munie. ; Mabil, comm. municip.
Frais de la vente :
Pour quatre séances de deux corn missaires dont un
du District, un de la Commis, mun. sans le membre
de l'administration fixées à trois livres par séance par
le Directoire du district et approuvé par les Représentants du Peuple .
L.
24 »
Au trompette pour publication de
quatre criées
5 »
Au crieur à la vente, quatre séances .
12 »
Aux portefaix qui ont travaillé au
transport des effets
40 »
Papier timbré tant de la minute que
de l'extrait
1 »
Bougie
3 »
Droits d'enregistrement
27 »
Papier timbré du petit état
» 4
A la femme qui a assisté à la vente
pour l'arrangement du linge
» 12
L.
Signés : J.-B. Thomaty, comm. du
district ; Savigny, comm. municip.

1

159 6

�Vu par nous, membres composant la Commission
Administrative du district et d'après l'arrêté du district, approuvé par les Représentants du Peuple et la
loi du il et 12 Mars, arrête l'état des frais ci-dessus
se montant à la somme de cent cinquante neuf livres
trente centimes, qui seront acquittés par le receveur
du droit d'Enregistrement lorsque le Département
aura vérifié ledit état.
Nice, le 29 ventôse an 3"" de la République française une et indivisible (19 mars 1795).
(Suivent les signatures).
Vu l'état des frais ci-dessus pour parvenir à l'inventaire et vente du mobilier de l'émigré Valperga
Maillone ci-devant évêque.
Vérifié et arrêté par le Directoire du district de
Nice, la Commission Administrative du département
des Alpes-Maritimes approuve ledit état et ordonne
au citoyen Maussier, receveur de l'enregistrement
cîudit district de payer aux citoyens J. B. Thomaty
et Savigny, comm. la somme de 159 livres et 30
centimes pour montant des frais pour inventaire et
vente des susdits effets de l'émigré, laquelle somme
lui sera allouée en compte.
Fait à Nice le 5 germinal an 3me républicain ( 25
mars 1795).
Etat des frais pour parvenir d la vente du mobilier de
l'émigré Charles Eugène Valperga Maillone, citoyen
évêque.
Pour trente-neuf séances de trois commissaires
dont un du District et deux de la Commission municipale, fixé à trois livres par séance par le Directoire
du district et approuvé par les Représentants du
peuple
L.
351 »
A deux portefaix, dix-neuf journées et
demi chaque fixées à cinq livres par jour.
195 »
Au trompette pour publication de
trente-neuf criées fixées à une livre cinq
sols chaque
48 r 5
Au crieur à la vente, trente-neuf séan
ces fixées á trois-livres par séance ....
117 »

711 1$

�- 4* Report
Papier timbré tant de la minute que
de l'expédition
Pour copie dudit extrait fixé à quatre
livres
Papier timbré du présent état ....
Bougie
Droit d'enregistrement
Plus deux autres journées de portefaix à cinq livres
Un paquet de plume
L.

148
4
6
421

»
4
»
»

20
5

»
»

1.182

7

Nous soussignés certifions le compte ci-dessus,
véritable.
Nice, le Ier ventôse an 3me de la République (19
février 1795).
Signés : J.-B. Thomaty, commissaire du district ;
Savigny, comm. ; Honoré Mabil, comm. municipal.
Vu par nous, membres composant la Commission Administrative, de ce District, et d'après la loi
du 11 et 12 Mars 1793 (v. s.) et l'arrêté de cette
Commission approuvé par les Représentants en date
1^ Fructidor, oui l'agent national, arrête l'état des
frais se montant à onze cent huitante deux livres et
trente cinq centimes qui seront acquittés par le
receveur de l'agence de l'enregistrement sur le produit de la vente desdits meubles, lorsque le Département aura vérifié ledit état.
Nice le 29 ventôse an 3me de la République
française une et indivisible (19 mars 1795).
(Suivent les signatures).
Vu l'état des frais ci-dessus pour parvenir à la
vente du mobilier de l'Emigré Valperga Maillone cydevant évêque.
Vérifié et arrêté par le Directoire du district de
Nice.
La Commission administrative du département
des Alpes-Maritimes, approuve ledit état et ordonne

�— if au citoyen Maussier, receveur de Penregistrement
dudit district de payer aux citoyens J.-B. Thomati,
Savigni et Honoré Mabil, commissaires, la somme de
mille cent quatre vingt deux livres trente cinq centimes pour montant des frais de la vente des susdits
effets de l'Emigré. Laquelle somme lui sera allouée
en compte.
Fait â Nice le 5 germinal an 3me républicain (25
mars 1795).
Arch. des A. M. L. 15 ancien p. 44-45 N° 34-35

Actes de Notoriété
Pièçe g

1-2-fructidor an III
18-19 août 1795
EGALITÉ, LIBERTÉ

AU NOM DE LA LOI
Ce jourd'hui, premier Fructidor, l'an troisième
(18 août 1795 de la République française, une et indivisible, à Nice, chef-lieu du département des AlpesMaritimes, par devant Nous, Antoine Gautier Juge de
paix de la Ier, 2m" et 3me section et officier de police,
est comparu le citoyen Pierre Joseph Passeron, natit
tic la commune de Contes et habitant en celle de Nice
depuis plusieurs années.
Lequel en sa qualité de procureur du citoyen
Charles Eugène Valperga de Maillone, évêque de Nice,
subrogé par le citoyen Nicolo Giorni, homme de loi,
procureur spécial et général établi (par acte reçu) par
le notaire Pierre Joseph de Bernochio, le 20 Juillet
dernier (v. s.) qu'il présente, légalisé par le résidant
de la République de Gênes auprès de la Cour de Turin, dont il résulte le pouvoir donné au citoyen Giorni, de subroger en son lieu et place, avec tous les
pouvoirs compris au dit acte, et il présente au surplus l'acte de sa dite subrogation faite par le même
citoyen Giorni, reçu en la ville de Gênes le premier

�- 48 du mois d'août dernier (v. s.) par le notaire Antoine
Baglietto, légalisée par le consul de la République
française.
Il expose que le vingt neuvième jour de septembre
de l'année 1792, l'armée de la République, étant arrivée en cette ville, commandée en chef par le citoyen
général d'Anselme, lorsque ce général, vers le soir,
fut arrivé et il eut pris son logement dans la maison
habitée par le ci-devant consul de la République Le
Seurre, ledit citoyen Evêque Charles Eugène Valperga de Maillone s'y étant présenté, ledit général d'Anselme, en présence de tout son Etat-Major, lui signifia
d'abord de devoir partir de cette ville. Sur quoi le
dit évêque ayant répondu qu'il avait cru de pouvoir
continuer sa résidence en cette ville et tellement l'avait cru, qu'il n'avait jamais pensé de distraire et en
faire partir le moindre de ses meubles et effets, qu'il
avait dans la maison d'habitation de l'tvêque et que
si absolument il lui ordonnait de partir, il le priait de
lui accorder la sauvegarde sur tous lesdits effets et
meubles. Le dit général d'Anselme lui répliqua qu'il
dut absolument partir de cette ville, en ajoutant que
le plus tôt en serait le mieux, et qu'à l'égard de ses
meubles et effets qu'il avait, il les mettait dès ce ino
ment sous la sauvegarde et loyauté de la Nation française et qu'il pouvait en être tranquille, après quoi ledit
évêque Valperga de Maillone, tout tremblant, ayant
dit qu'il allait se conformer dès le lendemain au matin à ses ordres, se retira ; ledit général d'Anselme
lui ayant encore répliqué : le plus tôt sera le mieux.
Et comme il importe audit citoyen évêque Valperga de Maillone de constater le fait ci-dessus expo"sé, suivi en présence de tout l'Etat-Major dudit général d'Anselme et de plusieurs citoyens de cette commune, l'exposant, en sa dite qualité vous présente les
citoyens Pierre Le Seurre, ci-dessus nommé, ci-devant
consul en cette ville de la République, le citoyen Honoré Saissi de cette commune qui pour lors était second consul de la même commune, le citoyen Philippe Emmanuel Féraudi qui pour lors était secrétaire de
Ìa même commune et le citoyen Ange Giraudi aussi

�- 49 de cette commune, pour recevoir leurs dépositions
sur ledit exposé et vous fait instance que de tout lui
soit concédé acte, ce que nous lui avons accordé, et a
signé.
PIERRE JOSEPH PASSERON.

Et de suite se sont présenté les susnommés
citoyen Le Seurre, natif de Craon, âgé de 75
ans, bourgeois, le citoyen Saissi, âgé de 70 ans,
négociant, Emmanuel Feraudi, âgé de 68 ans, notaire, Ange Giraudi, âgé de 63 ans, négociant,
natifs et domiciliés dans cette commune, auxquels
après avoir fait lecture dudit exposé fait par ledit citoyen Pierre Joseph Passeron, en sa dite qualité, les
avons interpellés sur serment que leur avons fait prêter, conformément à la loi, de nous dire en leur âme
et conscience si tous les faits énoncés dans le même
exposé sont de leur connaissance et tous les quatre ont
répondu et attesté tant uniment que séparément en
être pleinement informés, s'y étant trouvés présents,
et que le tout contient la vérité, toute la vérité et
rien que la vérité. En foi de quoi ils ont signé :
LE SEURRE, HOSORI'J
SAISSI, PHILIPPE EMMANUEL FÉRAUDI,
ANGE

GIRAUDI.

Et nous, juge de paix, vu les dépositions ci-dessus, avons de tout concédé acte au susnommé citoyen
Pierre Joseph Passeron en sa dite qualité, pour lui
servir et valoir dans tous les cas, à ce que de droit et
de raison. Fait à Nice, l'an et le jour que dessus.
GAUTIER, juge de paix.
BONIFACI, sec. greffier.
Vu par nous, membres du District de Nice, 3 vendémiaire an IV rép. 25 sep. 1795, TOSELLI, JN COPPON
fils, VÉRANI pr. syndic, SAYTOUR Martin.

�— 5o —
EGALITÉ, LIBERTÉ.

AU NOM DE LA LOI
Ce jourd'hui. second jour de Fructidor de l'an 3
août 1795) de la République française une et indivisible, à Nice, chef-lieu du département des AlpesMaritimes, par devant nous, Antoine Gautier, juge de
paix de la iere, 2M* et 3ME section et officier de police,
est comparu le citoyen Pierre Joseph Passeron : natif
de la commune de Contes et habitant en celle de Nice
depuis plusieurs années
Lequel en sa qualité de procureur du citoyen
Charles Eugène Valperga de Maillone, évêque de
Nice, subrogé par le citoyen Nicolo Giorni, homme
de loi, procureur spécial et général établi (par acte
reçu) par le notaire Pierre Joseph de Bernochio, le 20
Juillet dernier (v. s.) qu'il présente, légalisé par le résidant de la République de Gênes auprès de la Cour de
Turin, dont il résulte le pouvoir donné au citoyen
Giorni, de subroger en son lieu et place, avec tous les
pouvoirs compris audit acte, et il présente au surplus
l'acte de sa dite subrogation faite par le même citoyen
Giorni, reçu en la ville de Gênes le premier du mois
d'août dernier (v. s.) par le notaire Antoine Baglietto,
légalisée par le consul de la République française.
Expose : Primo, que le matin du trente septembre 1792, le citoyen Charles Eugène Valperga de
Maillone, évêque de Nice, en partant de cette ville
avec deux domestiques à sa suite, qui portaient un
paquet et quelques effets, fut arrêté à la porte qui conduit en Piémont, ci-devant nommée porte Victoire,
et conduit au vestibule de la maison presque attenante
à ladite porte, appartenant au citoyen Dominique
Castellinard, où se trouva le citoyen Joseph Castellinard, fils dudit Dominique, et malgré que ledit Evêque Valperga déclara aux soldats de la Garde de la
dite porte qui étaient des Marseillais, que c'était en
conséquence d'ordre qui lui avait été signifié par le
citoyen général d'Anselme qu'il partait de cette ville,
lesdits soldats commencèrent par le malmener et lui
(19

�signifier qu'ils voulaient le pendre et ayant ouvert
ledit paquet et y ayant trouvé entre autres effets, une
ceinture d'évêque, ils déterminèrent, à l'instant, de le
pendre avec ladite ceinture, et ayant essayé si la même
était assez forte pour le soutenir, en la préparant, elle
se fit en lambeaux, de façon qu'ils vérifièrent qu'elle
ne pouvait leur servir et demandèrent audit Joseph
Castellinard fils une corde, pour pendre ledit évêque,
à un grand anneau de fer qui était au plafond dudit
vestibule, servant â y passer une verge de fer pour
peser les marchandises, et ledit citoyen Castellinard
fils, leur ayant absolument refusé de leur donner de la
corde, en s'excusant qu'il n'en avait point, comme
dans tous ces entrefaits ledit évêque se trouve mal et
ne peut plus se soutenir, ledit Castellinard fils lui fit
apporter une chaise, par sa servante à qui quelques
uns de ces soldats donnèrent des coups de poing pour
avoir porté ladite chaise et le même Castellinard le
fit ensuite asseoir sur ladite chaise, en le soutenant,
parce qu'il ne pouvait se soutenir droit ; d'autant plus
qu'en attendant, lesdits soldats marseillais lui disaient mille exécrations, lui crachaient dessus et lui
donnaient des soufflets, et assurément ils l'auraient
fini, si dans cet intervalle un de ses domestiques
n'avait été dire au citoyen général d'Anselme ce qui
venait d'arriver, et ledit domestique étant venu avec
un billet dudit général d'Anselme qui ordonnait à la
garde de le laisser partir, puisque c'était de son ordre,
en conséquence de ce billet lesdits soldats marseillais
se bornèrent pour lors à lui dire et crier mille invectives et injures et le laissèrent partir, ce que ledit
évêque, malgré qu'il ne pût se remuer, à l'aide de ses
domestiques fit au mieux possible en tremblant, de
façon qu'il doit son existence au refus ferme et déterminé que ledit citoyen Castellinard fils leur fit de
leur donner une corde, sans quoi avant l'arrivée du
dit domestique portant l'Ordre du général d'Anselme, il aurait été pendu et étranglé.
Secondoque lefaitci-dessusfut d'abord public et notoire, de notoriété publique dans cette ville et encore
plui le lendemain premier octobre, puisque les autres

»

�— 52 —

soldats de la Phalange Marseillaise, arrivés sur le soir
dudit jour trente septembre, d'abord après leur arrivée
cherchèrent l'évêque qu'ils voulaient le lanterner et
mettre en pièces, comme ils s'expliquèrent hautement,
ce qui joint au fait arrivé dans ledit vestibule de la
maison Castellinard, étant devenu d'une notoriété publique donna l'épouvante à tous les gens honnêtes du
pays, qui disaient que le citoyen général d'Anselme en
ordonnant audit évêque de partir, en mettant sous la
sauvegarde de la Nation française ses meubles et ses
effets, avait voulu le sauver.
Et comme il importe audit citoyen Passeron, exposant en sa dite qualité, de constater par témoins le
fait ci-dessus exposé, il nous présente ledit citoyen
Joseph Castellinard fils de Dominique de cette commune, âgé de 21 ans, de profession, négociant, qui se
trouva présent au fait énoncé dans le Ier article de l'exposé ci-dessus, et au surplus informé de la notoriété
des faits énoncés au second et dernier chef, de ladite
exposition et il nous présente les citoyens Jean-Jacques Donny, natif de Neufchâtel en Suisse, âgé de 39
ans, de profession, négociant ; Joseph Poullan, natif
de Clavesana, en Piémont, âge de 48 ans, négociant ;
Jacques Gerbin, âgé de 60 ans, tailleur, Jean-Marie
Thaon, âgé de 56 ans, négociant, natifs et tous domiciliés en cette commune pour déposer sur ladite
notoriété énoncée dans ledit second fait exposé, pour
recevoir leurs dépositions, et nous fait instance que de
tout lui soit concédé acte, ce que nous lui avons accordé et a signé.
Pierre-Joseph PASSERON .
Et de suite se sont présentés les susnommés citoyens Joseph Castellinard, Jean-Jacques Donny, Joseph Poullan, Jacques Gerbin, et Jean-Marie Thaon,
ci-dessus qualifiés, auxquels après avoir fait lecture
dudit exposé fait par ledit citoyen Passeron, en sa
dite quálité, les avons interpellés sur serment, que
leur avons fait prêter, conformément à la loi, de nous
dire en leur âme et conscience, si tous les faits énoncés dans le même exposé sont de leur connaissance,

�- 53 et ledit citoyen Joseph Castellinard a répondu et
attesté en être pleinement informé pour avoir été
présent au fait exposé dans le i" article de ladite exposition, et pour avoir publiquement entendu dire les
faits énoncés dans le second chef qui était en cette
ville notoire de notoriété publique et lesdits citoyens
Jean-Jacques Donny, Joseph Poullan, Jacques Gerbin,
Jean-Marie Thaon, ont répondu et attesté tant uniment que séparément être pleinement informés de
l'énoncé dans le second chef de ladite exposition,
puisque les faits y énoncés étaient notoires, de notoriété publique en cette ville, et tous lesdits citoyens
ont respectivement attesté pour ce qui les concerne
que tout contient la vérité, toute la vérité et rien que
la vérité. En foi de quoi ils ont signé : Joseph Castellinard fils,Jean-Jacques Donny, Joseph Poullan, Jacques
Gerbin, Jean-Marie Thaon.
Et nous, Juge de paix, vu les dépositions ci-dessus,
avons de tout concédé acte au susnommé Pierre Joseph Passeron en sa dite qualité pour lui servir et valoir dans tous les cas, à ce que de droit et de raison.
Fait à Nice l'an et jour que dessus.
GAUTIER,
BONIFACI,

juge de paix.
sec. gref.

Vu par nous, membres Du district de Nice, le 3
vendémiaire anIV rep. (25 sept. 1795).
Jn. COPPON fils, VÉRANi, pr. syndic, TOSELLI, Saytour
MARTIN.

Arch. Nat. F

7

4867 *

�54 -

PÉTITION au DISTRICT de NICE
et AVIS de ce DISTRICT
ÉGALITÉ,

LIBERTÉ

5 vendémiaire
27 septembre 1795 an IV
AUX

CITOYENS ADMINISTRATEURS
DU DISTRICT DE NICE

Le citoyen Pierre Joseph Passeron, natif de la
commune de Contes, habitant en celle de Nice depuis plusieurs années.
Vous expose en qualité de procureur du citoyen
Charles-Eugène Valperga de Maillone, évêque de
Nice, subrogé par le citoyen Nicolo Giorni, homme
de loi, son procureur spécial et général fondé par acte
reçu dans la ville de Turin par le notaire PierreJoseph de Bernochio, le 20 juillet dernier (v. s) légalisée par le résident de la République de Gênes, près
la Cour de Turin, duquel il résulte le pouvoir donné
audit citoyen Giorni de subroger en son lieu et place
avec tous les pouvoirs compris dans le même acte,
qui se trouve copié mot pour mot dans celui de la
subrogation faite par le même citoyen Giorni, reçu
en la ville de Gênes le Ier du mois d'août dernier
(v. s* par le notaire Antoine Baglietto, légalisée par
le consul de la République française, le 13 Thermidor dernier (3 1 Juillet 1795), qu'il vous exhibe qu'étant arrivé dans cette ville le vingt-neuvième jour
du mois de septembre de l'année 1792, l'armée de la
République française, commandée par le citoyen général en chef d'Anselme lorsque celui-ci y fut arrivé
le soir et eut pris son logement dans la maison d'habitation du citoyen ci-devant consul de la République
Le Seurre, ledit évêque Charles-Eugène Valperga de
Maillone, s'étant présenté, le même général d'Anselme
lui signifia d'abord en présence de son Etat-Major de
partir de cette ville, sur quoi ledit évêque lui répondit qu'il avait cru pouvoir continuer sa demeure dans
cette ville et qu'à cet effet il n'avait jamais pensé de

Pièces 7 et 8

�- 55 distraire, ni faire partir le moindre de ses meubles et
effets qu'il avait dans la maison d'habitation de
l'évêque, que si absolument il lui ordonnait de partir,
il le priait de lui accorder la sauvegarde pour tous ses
dits effets et meubles, ledit général d'Anselme lui
répliqua : Le plus tôt sera le mieux, ce qui tout est
constaté par les attestations ci-jointes du premier et
second jour de fructidor dernier qu'il vous présente
également.
Qu'il résulte aussi par lesdites attestations, que
ledit évêque Valperga de Maillone fut forcé par ledit
général d'Anselme de partir de cette ville que tous
ses meubles et effets fussent mis sous la sauvegarde de
la Nation française et qu'étant parti le lendemain 30
dit septembre, il risqu'à d'être pendu ef étranglé paties soldats de la Phalange Marseillaise qui se trouvaient de garde à la porte ci-devant dite Victoire, ce
que tout fut d'abord notoire et de notoriété publique
dans cette ville.
Vous observe que ledit évêque Valperga est natif
du Piémont où il se retira et que s'il a résidé dans
cette ville, ce n'a été que pour raison de son ministère, que tout cela nonobstant il a été porté sur la liste
des émigrés, a été vendu la plus grande partie de ses
meubles et effets, et cela même nonobstant la préalable réclamation que le citoyen Jean-Jacques Donni,
chargé des intérêts dudit évêque avait fait à l'ancien
département par sa pétition du 22 juillet 1793 (v. s)
qui existe dans les Archives de ce district, résultant
ainsi que tout cela a été fait et opéré contre le droit des
gens et la sauvegarde de la loyauté française qui fut
promis audit évêque.
En conséquence, l'exposant demande en sa dite
qualité de procureur dudit citoyen évêque CharlesEugène Valperga de Maillone la radiation de son
nom de la liste des émigrés, la levée des scellés, la
restitution de ses propriétés et l'indemnité de celles
qui ont été distraites et vendues au nom de la Nation,
et sera justice.
(21 août 1795).

�- 56 Nice le 4me jour de Fructidor de l'an 3me de la
République française une et indivisible.
Signé : Pierre-Joseph PASSERON.
Vu la pétition ci-dessus du citoyen Pierre-Joseph
Passeron présentée au nom et comme procureur subs
titué du ci-devant évêque de Nice, Charles-Eugène
Valperga tendante à obtenir la radiation de son nom
de la liste des émigrés, la levée du séquestre et remission de ses effets restant ainsi que l'indemnité de
ceux qui ont été distraits ou vendus.
Vu une première pétition présentée à l'ancienne
administration du département par le citoyen JeanJacques Donni, au nom du citoyen Valperga en date
du 22 juillet 1793 tendante aux mêmes fins.
Vu la procuration en date du premier août 1793
(V. s.) faite à Gênes, par devant le notaire public Antoine Baglietti, légalisée par le Consul de la République française y résidant, ainsi que l'acte de procuration y inséré, en date du 20 Juillet 1795.
Vu l'attestation de quatre témoins faite avec serment par devant le juge de paix de la 1", 2"", 3me section de cette commune, en date du 1" Fructidor dernier '18 août 1795).
Vu autre attestation de cinq témoins faite par
devant le susdit Juge de paix, le 2 dit fructidor, aussi
sous serment.
Considérant que par la première des 2 attestations il est pleinement prouvé que le vingt-neuvième
septembre 1792, aussitôt après l'entrée de l'armée
française dans cette commune, le sus-nommé évêque
Valperga s'étant présenté au général d'Anselme qui
la commandait en chef, celui- ci lui ordonna d'abord
en présence desdits témoins et de tout l'Etat-Major.
u'il n'avait qu'à partir de la ville, et malgré que le
it évêque lui observa qu'il avait cru de pouvoir y
rester tranquillement et qu'à cet effet il n'avait fait
partir aucun de ses effets et meubles, le général lui
répliqua de partir absolument de la ville, en ajoutant
que le plus tôt serait le mieux, l'ayant assuré qu'à

a

�-5;l'égard de ses meubles et effets de sa maison, il les
mettait dès ce moment sous la sauvegarde et loyauté
de la Nation française et qu'il pouvait en être tranquille.
Considérant qu'il résulte par lesdites attestations,
et il est prouvé que l'évêque Valperga, d'après les
ordres précis et réitérés du général d'Anselme, partit
le lendemain 30 septembre de cette ville.
Considérant que par la susdite attestation du deux
Fructidor il résulte que l'évêque Valperga, au moment de son départ de cette commune, ayant été arrêté à la porte qui conduit au Piémont, par les soldats
qui y étaient de garde, lesquels tentèrent de le pendre,
il évita la mort par les soins du citoyen Joseph Castellinard, un des déposants, et il ne fut laissé libre que
d'après un billet du général d'Anselme, qui ordonnait à ladite garde de le laisser partir, puisqu'il s'en
allait de son ordre
Considérant que tous ces faits sont devenus de notoriété publique dans cette commune, dès le même
jour 30 septembre et Ier octobre suivant, ainsi que
quatre témoins l'ont attesté.
Considérant que le citoyen Valperga ne s'est absenté de cette commune et ci-devant Comté de Nice
que d'après les ordres du général d'Anselme auquel il
témoigna son regret.
Considérant que le départ du citoyen Valperga
ayant été forcé il ne peut pas être qualifié d'émigration.
Considérant que son intention de rester dans cette
commune est d'autant plus constatée, que le citoyen
Valperga a été le seul fonctionnaire public, il soit
resté à son poste, n'ayant soustrait aucun des meubles
et effets de sa maison, lesquels ont été ensuite distraits
et vendus par la Nation.
Considérant que le citoyen Valperga ne peut être
non plus considéré comme réfractaire aux lois de la
République, tandis qu'à l'époque de son départ de cette
commune, aucune loi de la République, surtout à
l'égard des ecclésiastiques, n'y avait été encore publiée
à laquelle eut pu contrevenir.

�— 58 —
Considérant que le citoyen Valperga ne pouvant
être considéré ni comme émigré, ni comme réfractaire, ne pouvait être privé de ses propriétés laissées
dans cette commune lors de son départ, sous la sauvegarde de la loi et de la Nation française qui lui fut
accordée par le général d'Anselme, et qui étant digne
de la loyauté de cette Nation, ne pouvait être violée
sans blesser le droit des gens.
Considérant au surplus, que le citoyen Valperga,
originaire piémontais, ne faisait sa résidence à Nice,
qu'à raison de son épiscopat, ce qui ne donne qu'une
résidence easuelle, et que sous tous les rapports, il
n'a cessé d'être étranger à l'égard du pays de Nice et
de la France.
Considérant que l'article 6, section deux, N° 2 de
la Loi du 25 Brumaire (15 novembre 1794) en déclarant émigrés les citoyens domiciliés dans le cidevant comté de Nice, qui sont sortis depuis le 27
septembre 1792, n'a point porté atteinte au droit des
gens dans la personne de l'étranger, qui se trouvait
dans ce même pays, où il n'aurait pas établi son vrai
domicile.
Considérant que le citoyen Valperga, qui avait été
forcé par le gouvernement de partir de Nice, n'a dû
plus y revenir dans le terme même prescrit par les
lois aux citoyens de la ci-devant Comté de Nice,
puisqu'il ne devait point imaginer qu'il fut compris
dans l'invitation, malgré qu'il ait été porté sur la
liste des émigrés.
Considérant que ce nonobstant, lorsqu'il sut qu'il
avait été porté sur la liste des émigrés de cette commune, s'est empressé de présenter sadite pétition
du 22 Juillet 1793 dans laquelle il demanda non seulement la radiation de son nom de ladite liste, mais
encore un délai convenable pour rentrer dans cette
commune, soit comme simple citoyen, ou comme
fonctionnaire public, ainsi que la restitution de ses
propriétés par lui laissées sous la sauvegarde de la
loyauté française dans la maison êpiscopale lors de sa
retraite forcée, ou une juste indemnité de leur valeur.

�- 59 Considérant finalement que,d'après toutes les circonstances sus-ênoncèes, aucune loi concernant les
émigrés ne peut être applicable au citoyen Valperga,
et que toutes celles qui pourraient le regarder relatives au séquestre des biens appartenant aux habitants
des pays en guerre avec la République française ont
été rapportées par le décret du 14 Ventôse dernier
(4 mars 1795). •
Le Directoire du district de Nice, oui le procureur syndic, est d'avis que le citoyen Charles-Eugène
Valperga ci-devant évêque de Nice ne doit point être
considéré émigré.
Qu'il doit être rayé de la liste des émigrés, que le
séquestre apposé sur ses propriétés doit être levé, qu'il
doit être réintégré dans la possession et jouissance
d'iceux, que tous receveurs ou dépositaires doivent
lui restituer les sommes qu'ils ont perçues, résultant
du produit desdites propriétés et qu'il doit recevoir
la juste indemnité des meubles et effets qui seraient
passés au profit de la Nation.
Fait à Nice, dans la salle des séances le 5me Vendémiaire an 4me républicain (27 sept. 1795). Signé
Saytour Martin. Verani,
procureur syndic, Angles v. prés.
Touzelly. Jn Coppon fils.
Enregistré au feuil. 20 registre des prévenus
d'émigration et signé BARRAIA, commis greffier.
Certifié conforme par nous Ve président et secrétaire du district Jn COPPON Fils V,-PRÉSIDENT
BARRAIA Cis greffier.
A rch. Nat. F 7 4867

2

�— 6o —

Pièce 9.

LIBERTÉ (vignette) ÉGALITÉ
BUREAU DES
ÉMIGRÉS

Extrait des registres des délibérations et arrêtés de
l'Administration Centrale du département des Alpes Maritimes.
(2

juin 1797)

Séance du quatorze Prairial an 5mf de
la République française une et indivisible.
Sur le rapport d-e la pétition présentée par le
citoyen Pierre Joseph Passeron, procureur fondé de
Monsieur Charles Valperga, ci-devant évêque de
Nice, dans laquelle il expose que ledit Charles Valperga n'a jamais dû être atteint des lois relatives à
l'émigration, soit qu'on le considère comme parti en
suite d'une force majeure, soit en sa qualité de piémontais et demande en conséquence la radiation de
son nom de la liste des Emigrés, sa réintégration
dans la possession et jouissance de ses propriétés et
une juste indemnité, des meubles et effets qui sont
passés au profit de la République.
L'Administration Centrale du département des
Alpes-Maritimes, considérant que M. Charles Valperga, comme piémontais, n'habitant Nice que pour
cause de son emploi, n'aurait jamais dû être porté
sur la liste des émigrés du département.
Que le seul motif qui a pu déterminer le général
d'Anselme à lui ordonner de partir de la ville de
Nice, ne peut avoir été que la susdite qualité de
piémontais.
Considérant enfin, que comme sujet du roi de
Sardaigne, il est dans le cas de jouir de l'article i,r
de la loi du quatorze nivôse an troisième, (} janvier
1795), ainsi que de l'article neuf de la loi du trente
Floréal an quatrième, (19 mai 1796).
Arrête, oui le commissaire du Directoire Exécutif
que le nom de Valperga, ci-devant évêque de Nice,
qui se trouve inscrit sur la liste des émigrés, sera

�— 6i —

provisoirement rayé ; que tout séquestre qui pourrait
avoir été mis sur ses biens sera levé, qu'il sera réintégré dans la possession et jouissance de ses propriétés,
et que toutes les sommes versées dans les caisses publiques, lui seront rendues, déduction faite des frais
faits conformément aux lois.
Fait et arrêté* en séance publique le jour, mois et
an que dessus.
Signé : Donny, président Payani, fils, Scudéry,
Oberti, Hancy (et en marge Gastaud commissaire
du Directoire Exécutif).
Certifié conforme à l'original par nous président
et secrétaire de l'Administration centrale du départemeni des Alpes-Maritimes.
DONNY, président
BELMONDI, sec. chef au bureau des émigrés.
Arch. Nat. F 7 4867 2

ACTE DE CAUTIONNEMENT
Pièce 10.

11 fructidor anV (2&amp; août 1797)
LIBERTÉ ÉGALITÉ
Ce jourdTiui 11 fructidor an 5 de la République
française une et indivisible (28 août 1797) par devant nous, membres composant l'Administration
centrale du département des Alpes-Maritimes, est
comparu le citoyen Joseph Passeron, natif de Contes,
chef-lieu de canton, domicilié dans cette commune,
procureur fondé de Monsieur Charles Valperga, cidevant évêque de Nice, en vertu d'acte de procuration du 20 juillet et premier août 1795 (v. s.) lequel
en sadite qualité, dépendamment à l'arrêté de cette
administration du quatorze prairial an cinq (2 juin
1797) portant que le nom de Valperga, ci-devant
évêque de Nice, sera provisoirement rayé de la liste
des émigrés, que tout séquestre qui pourrait avoir
été mis sur ses biens sera levé, qu'il sera réintégré
dans la possession et jouissance de ses propriétés, et

�— 62 —

que toutes les sommes versées dans les caisses publiques lui seront rendues, déduction faite des frais
faits, conformément aux lois, désirant de se conformer au porté par l'article 3 de la loi du 5 Brumaire
an 3 (26 octobre 1794) qui exprime que les prévenus
d'émigration seront tenus de donner caution solvable de la valeur mobilier, et ne pourront obtenir
leurs immeubles jusqu'à ce qu'il ait été définitivement statué sur leurs réclamations par qui de droit,
toujours en sa dite qualité a présenté pour caution le
citoyen François Grosson, marchand drapier de cette
commune, lequel ici prése.it et acceptant, s'oblige
conjointement et solidairement avec ledit Valperga
et pour celui-ci ledit Joseph Passeron, et sous l'hypothèque de tous leurs frens présents et à venir, à l'entière exécution de ce qui les concerne en la susdite
loi, et à la représention des mobiliers, effets et sommes à percevoir en dépôt que besoin sera, et quant
aux mobiliers invendus et en dépôt seront soumis
d'en représenter la valeur à laquelle seront estimés
par experts, préalable rémission.
Et nous, administrateurs susdits approuvant lesdits
cautionnement et acte de soumission, à la réquisition
dudit citoyen Joseph Passeron, avons dressé le présent acte que toutes les parties ont signé avec nous,
ayant au préalable fait renoncer audit François Grosson au droit de premier convenir.
Fait à Nice les jours, mois et an que dessus.
Joseph

PASSERON,

François GROSSON,
prés., PAYANY FILS,
MARUN-SAYTOUR, sec. en chef

HANCY, DONNY,
P.

Acte original sur timbre de 20 centime*.
Arch. Nat. F

7 4867^

�— 63 -

CONCLUSION

Il était avéré pour tous, dans la ville de Nice, que Mgr
Valperga était parti contre son gré et si la première Administration départementale, installée au mois de Mai 1793,
l'avait inscrit sur la liste des émigrés de Nice, c'était à la
suite d'une réponse faite par le ministre de l'Intérieur, Garât,
aux questions à lui posées par le Directoire des Colons Marseillais sur la conduite à tenir vis-à-vis de l'évêque.
Les questions avaient été envoyées à Paris, vers la fin
de Février 1793, et la réponse du ministre ne parvint à Nice
qu'au milieu de juin suivant, soit quelques jours avant la
publication de la liste des émigrés. Les réclamations de
l'évêque, retiré à Turin dans sa famille, furent présentées
le 22 juillet 1793 (1) ; mais comme beaucoup d'autres, elles
s'entassèrent dans les bureaux du Département, qui n'y
répondit même pas.
Cette réclamation fut présentée au nom de l'évêque par JeanJacques Donny au Département. lîlle figure en original au dossier
Valperga.
Voir ci-dessus.
Le registre des délibérations du département manque aux Archives pour les derniers mois de 1793, exactement du Ier mai au 10
Novembre, comme pour les six derniers mois de 1797 et l'année entière de 1798, exactement du 8 Messidor an V (26 Juin 1797) au 25
Pluviôse an VII (13 février 1799).
C'est-à-dire pour les deux périodes les plus troublées et cette
disparition est tout au moins étrange.
Elle doit être vraisemblablement attribuée à certains hommes
politiques désireux de laisser dans l'oubli leur conduite durant ces
deux époques.

�- 64 On était dans la période la plus aiguë et, en pleine
Terreur.
Après le 9 Thermidor et, surtout après la venue à Nice
du représentant Beffroy, au mois de Floréal, an III (Mai
I795)»
les esprits devinrent plus calmes, les administrations plus pondérées. C'est alors que, sur de nouvelles demandes présentées au District, et sur avis favbrable de
celui-ci, le département des Alpes-Maritimes accorda à Mgr
Valperga sa radiation provisoire, le 14 Prairial, an V (2 Juin
1797). Comme on le voit, l'affaire avait traîné en longueur.
Il semblait alors que rien ne s'opposait plus à la rentrée
de l'évêque : le 11 Fructidor, an V (28 Août 1797), le Département avait agréé la caution de François Grosson (1) ;
les biens de l'évêque allaient lui être rendus, et il pourrait
rentrer.
Mais huit jours après, le coup d'Etat du 18 Fructidor (4
septembre 1797) remettait le pouvoir aux mains des Jacobins, la guerre aux émigrés et aux ecclésiastiques, en particulier, reprit avec âpreté. Pe département des Alpes-Maritimes se vit accusé d'avoir préparé une rentrée triomphale à l'évêque, son arrêté du 14 Prairial resta sans effet
et, en vertu de la loi du 19 Fructidor (5 septembre), les
scellés furent de nouveau apposés sur les biens de Mgr Valperga par deux commissaires municipaux (2).
En vain, l'évêque de Nice, fit intervenir auprès du Directoire Balbi, l'ambassadeur du Roi de Sardaigne à Paris,
le dossier de sa demande en radiation fut examiné sans
aucune bienveillance.
(1) L/Acte original de ce cautionnement sur timbre est aux
Arch. des Alp.-Maritimes Q. 10.
(2) Mise de scellés sur les biens de Charles Eugène Valperga par
deux commissaires de la municipalité de Nice. Une scéance, 6 livres.
Dépense approuvée par le Département, en Germinal an VI (avril
1798). Arch. des A. M. Q. 11.
Mgr Valperga ne possédait à Nice aucun immeuble et il devait
rester fort peu de chose de son mobilier après la vente qui en avait
été faite en Ventôse an III. La bibliothèque de l'évêché avait été déclarée bien national et la caisse diocésaine avait disparue en octobre 1792
sans laisser de traces dans les pièces administratives. Le séquestre
a été apposé sur les biens de nombreux émigrés rayés provisoirement.
On peut en voir la liste aux Archives des A. M. Q. 10, où Valperga
figure sous le N° 65.

�- 65
Á la suite de la lettre de Balby datée de Paris le 7 février
1798, le ministre de la police demanda à ses Bureaux un
rapport sur l'affaire Valperga. Pe voici tel qu'il se trouve
en minute au dossier.
Attendu que rien ne tend à constater le prétendu ordre
de quitter Nice, d'où il suit qu'il faut en croire sur parole
l'émigré.
Qu'à raison de son domicile, il était tenu de rentrer sur
le territoire dans les délais voulus par les lois.
Qu'il est atteint par la déchéance et n'a réclamé que
l'an V.
Qu'il ne paraît pas y avoir lieu de violer la loi en faveur
de cet ex-évêque dont la rentrée prohibée par la Constitution serait d'une influence dangereuse.
J'estime qu'il y a lieu à proposer la maintenue sauf
à prendre des renseignements si toutefois on les trouve
indispensables.
CAIGNART,
Sous-chef (2e Bureau).
En tête de cette minute est écrit :
« Je pense qu'il y a lieu à instruction et à prendre
des renseignements près les Administrateurs du département_des Alpes-Maritimes. »
Signature illisible (1).
Ces renseignements furent-ils demandés ? C'est probable et cela explique que bien des pièces du dossier Valperga sont en double expédition. Plus d'une année s'écoula
encore, avant que fut prise une décision et finalement sur
un rapport défavorable de la Commission d'examen instituée près le Ministère de la police pour l'étude des demandes en radiation, le Directoire exécutif signa le 7 Floréal
an VII, (26 avril 1799) un arrêté qui maintenait définitivement, sur la liste des émigrés, Mgr Valperga et annulait
toutes les décisions rendues antérieurement, en sa faveur,
par les. autorités locales.
(1) Arch. Nation. F 7 4862 2 dossier Valperga. Rapport de la
3 me Division du Ministère de la police, sans date mais joint à la
lettre de Balbi.
»

�- 66 -

Varrêté du Directoire parvint à Nice les premiers
jours de Prairial an VII (Mai 99) et fut immédiatement
mis à exécution. (1).
*

* *

Ainsi donc Mgr Valperga expulsé ne put jamais obtenir
de rentrer, les lois sur l'émigration étaient tellement embrouillées et tyranniques qu'une fois inscrit sur une liste
d'émigrés, il était extrêmement difficile de s'en faire rayer
malgré toutes les démarches ; car on se heurtait sans cesse
à des questions de forme et de procédure ce qui permettait
à la malveillance de s'exercer tout à fait à l'aise sous le
couvert de la légalité.
A. J.

PvANCE-BOURREY.

(1) De 21 Floréal an VII (10 mai 1799), il fut communiqué
par le ministre de la police générale de la République aux diverses
administrations intéressées et aux Commissaire du Directoire exécutif
près le département des Alpes-Maritimes. Celui-ci par lettre du 3
prairial (22 mai 1799) demanda au Département de le transmettre
à la Municipalité de Nice, ce qui fut fait le même jour avec ordre
de le transcrire sur ses registres, de faire apposer les scellés ou séquestre sur tous les biens meubles et immeubles de l'évêque si ce
n'est déjà fait, et de mi notifier sans délai la décision prise à son égard.
Voir lettre du Département à la Municipalité, celle du Commissaire au Département, 3 Prairial an VII avec la réponse du Département 4 Prairial.
Arch.. des A. M. Q. 1 et 2 et Arch. Nationales, dossier Valperga,

�NIÇA LA BELLA
VERS DE /.

Giordan,

su

DE CARTA POUSTALA

Ai rai dôu nouostre bouon soulèu
Venon s'escaufar toui lu lùssi ;
Es un meravihous tablèu,
Ai rai dôu nouostre bouon soulèu,
Trouvas, dou Var fin au Castèu,
Anglés, Rouman, Danesi, Rùssi :
Ai rai dôu nouostre bouon soulèu
Venon s'escaufar toui lu lùssi.
Pèr tu, as touti li bèuta,
Terra de lus e d'alegria,
D'un ciel d'azur, as la clartà,
Pèr tu, as touti li bèuta.
De l'univers, en verità,
Siès la uechièma meravia ;
Pèr tu, as touti li bèutà,
Terra de lus e d'alegria.
Dintre lou tèmp, Semiramis
Faguet basti, à Babilouna,
Pu siéu jardin, vèr paradis !
Soubre Paioun, degun s'estouna
De vèire, ancuèi, lou paumoulié
Drissar au ciel la siéu coulouna
E lou galofre, e l'anemouna
Flouri emb'au pourtegalié.
De bouon matin, quitant maioun
Pèr la journada touta'ntiera,
S'en va lavar, dintre Paioun
Pa bugadiera.
D'un glourious passat es fiera
Perqué, d'un tèmp, sus lou bastioun
Au Turc, arranquèt la bandiera
Pa bugadiera.

�fet 68 —

Sau de fouora fa freï,
Que brima,
A Niça, sus lou Quèi,
Si rima.
Pescadou, fourestié,
De la mar bressarella,
Escouton voulountié
Pa doussa cantinella.
L'AVOUCAT

PATTA

L'estudi de l'avoucat Patta es en plen aria ; si tèn lou matin
couma lou predinà su la plaça dôu Palai. Es un ome pichounet,
touplen raplot, li pocha enfli de papiè de touta mers. En lu vièi
quartiè es proun counouissut e li capelada, « Bouonjou Moussu
l'Avoucat », noun li mancon. Es ben m'ai juge, proucuradou, etc.
Lu siéu ounourari soun bouon pati e n'a de preferença pèr
qu si sigue. Parla au premier maufatan vengut, couma se fousse
un agnèu que vén de naisse ; lou créancier o lou débiteur soun
tratat su lou même pen... basta que mouson...
L'avoucat Patta es de noutarietà reputat pèr un ome judicious, òunest — au noun si flata de l'estre au jou d'ancuei ; —
finda counouisse, es en relacioun d'afaire emê de gros persou nage que dintre la finança dôu siéu coumerce, soun quasi d'usurari. Sau menajar la cabra e lou caulè ; e pèr que la mouneda
noun li escapa si desbrouïa e si mete dôu cousta dôu manche...
d'aquéu que casca lou de mai...
Acò fa que toui lu matin que lou Bouon Diéu a fach, la siéu
doumestica mete toujou quaucaren au fuec. Lou dimeneghe, coum'un bouon crestian, — tartufaria que lou pauva, — va audi la
gran'messa à Santa Réparada, fa la siesta e à la calada dóu soulèu,
passeja su lou Cours, pastrouia, fa lu cent pas, noun parla que de
lei, proucès, citacioun, ensin alestisse lou travail dôu dilun...
Lendeman empastra ben d'afaire, mete facilamen en lou sac
Moussu Tout'Un emé Moussu Tout'Autre... En éu que li pòu
faire ?... lança dapertout lou broumech, tant pis pèr aquéu que si
laissa agantar. Quaranta sóu es lou près d'atac e vous pregui de
crèire que douna pas la siéu journada pèr doui o tres escut.
L'avoucat Patta counouisse l'usança dôu païs... s'avès touort,
vous rouïa, s'avès pi rasoun, v'espia... Que voulès aima manjar
lou pei, lou pei que noun aiguë d'espina...
JULI EYNAUDI.

�-«9VA

MAU ! !

Va màu, cresé-vous, que va màu 1
En l'orizoun lou voile negre
N'es qu'un gran camp cargat de pebre,
Qu'à pala lou jeten davan,
Avuglan finda lu cavau 1
Lu canoun soun su li frountièra,
Alignât couma de barriera,
N'esperon plus que lou signàu !
Lou soulèu, aquel animàu !
Stan, noun vòu levà la vela,
Si foundon couma des candela
Enb'aquèu coust dôu diàu !
Le Giacouuda à cóu de d/stràu
Li fan petà li sièu moulura...
Ah ! dèu faire bella figura
Se l'an foutuda en quauqua tràu
Lou pan crèise, finda la sàu,
Lou sucre dintre li boutiga
Mounta ben mai que de boufiga !
Van jusque crèise lou rampàu
E la pèu que fau lou tambau ;
Metran de drech su li nourriça,
Su lu chichi, su li saucissa,
Perqué pas soubre lu magàu ?
E lou Prussian, marrit bertàu,
Noun sabon fa que de babïa,
Per lou Maroc e l'Algèria,
Se faran mètre lou mourràu !
Li serreren toui lou pourtàu
E pi veiren touta la França
Davan la sieù grossa arougança
Se noun si sau garda li clàu !
Es de rima d'un manechàu,
Ma sien d'estiéu, vesin, vesina,
Li passeres en la resina
Avant que vegon l'espitau !
CHARLES CIAUDO

�Valère Bernard
Tout en heurtant le marteau contre la porte de M. Valère
Bernard je songeais. Je me suis complu dans le plus souriant
mépris des idoles. L'ironie a tremblé sur mes lèvres quand
la Provence a dans un ravissement de joie acclamé le poète de
Maillanne. Cette mascarade d'apothéose me répugnait.
Et maintenant la curiosité me fourvoyait dans le studio
d'un consciencieux artiste que les felibres couvraient de gloire.
Elève de Puvis de Chavannes M. Valère Bernard pasticha le
Maître. Mais vite il eût l'intuition qu'à se perdre dans les sentiers
battus il courrait risque de compromettre son crédit. Il dit
adieu à Paris et vint dans Marseille, l'opulente cité.
A cette époque vivait un exquis écrivain, J. Lombard. Il venait de publier deux œuvres d'une grandiose beauté, VAgonie et
Bysance. Dans un style étrangement tourmenté il contait les
luttes entre les factions d'Orient, illuminant son œuvre des
splendeurs bysantines.
Valère Bernard vit Jean Lombard, et du même coup les belles
au bois qui dormaient en son âme s'éveillèrent. Il délaissa les
études académiques, les pastiches sans vie, et d'ardentes couleurs
chargèrent ses toiles.
Voici le triomphe des rois Babyloniens. Sur les voûtes d'un
palais impérial passent des gardes étincelants dans la pourpre et
la soie. L'or envahit les hautes colonnes de jaspe bleu. Involontairement on pense aux fantastiques demeures hantées par des
fées émeraudes et des princesses aux perversités troublantes.
Et je m'imagine que le peintre était sous le charme de la
légende quand il a peint cette courtisanne qui sourit à son miroir tout en jouant négligeamment avec sa chevelure d'or. Et
puis passent Venise la rouge, Marseille enveloppé dans la poussière d'or du crépuscule, des motifs à la Watteau peints par un
bysantin, toute une apothéose.
Mais une idée m'obsède, tandis que dans la grise clarté d'un
soir automnal s'éteignent les fauves éclairs jaillis de ces radieuses
toiles. L'idéalisation du passé me paraît cruelle. Les générations
endormies dans la Mort ont eu leurs misères/leurs rancœurs, je
pense qu'il est absurde de s'écrier avec Musset « qu'aux temps
jadis tout était heureux jusqu'aux douleurs humaines. » En vain
l'apostat s'attriste-t-il sur les vieillards immortels de l'antique

�- 7i

—

lonie, â ses oreilles résonnent les paroles de l'Hiérophante : « La
Helladi que tu aimes n'a jamais existé ».
Mais M. Valère Bernard brise ma rêverie, et mes yeux se
portent.sur des portraits appendus au mur. Profils d'espagnol ou
d'américain mitigés d'espagnol, comme on en croise maintes fois
sur la Cannebière.
Homme universel ne puis-je m'empêcher de m'êcrier. M.
Valère Bernard sourit. Il siérait dit-il, à mi voix, de se développer en profondeur. Toutefois il est beau de se dire sur le
tard de sa vie que l'on a fait vibrer toute son âme. Ici le maître
rejoint Néron. Il m'aide à comprendre cet inquiétant empereur.
Mais encore faut-il que tout en étant l'homme universel on ne
sombre pas dans la banalité. De méchantes œuvres d'art peuvent
avoir leur prix.
Une idée se lève devant moi. Labruyère me petsuade que
l'honnête homme de Pascal propre à tout en définitive n'est propre à rien. La spécialisation inintelligente, mène à l'erreur, j'en
conviens, mais en fait elle est une loi générale.
Et ceci est pour me plaire, car j'abhorre dissiper mon énergie,
j'aime le repliement, la frissonnante pudeur qu'effarouche les
vaines ostentations. Je goûte les peintres du passé et malgré ma
philosophie j'adore les peuples disparus. Volontiers j'implorerai
avec la Cassandre de Schiller la cécité, l'exquise cécité. Le sou
venir a plus de puissance sur moi que l'espoir.
Et sous des deux gris, en des pays étrangers désolants de
médiocrité, il m'est arrivé de pleurer plus amèrement que ne
pleura Xerxès aux rives d'Abydos.
J. PADOVANI.
PROUVERB1, BOUOI MOT, COUNSÈU E DICH
Vèuva que si marida,
Dèu perdre la lus e l'audida.
Fiha madura,
Lou pouorta à la centura.
En cuntant su lu det :
Aquéu a fa l'óu ;
Aquéu l'es anat cercar,
Aquéu l'a fa cuèire,
Aquéu l'a manjat,
E lou pichoun n'a ren tastat !

�— 73 —
LE

DÉSESPOIR

Oui, j'ai la mort dans l'âme ; oui, je monte au calvaire ;
Mon horizon, hier si beau, s'est obscurci ;
Je hais tous les devoirs et tout ce qu'on révère :
Mieux vaut mourir que vivre ainsi !
Puisque je n'y puis rien ; que la raison humaine
Ne gagne plus un cœur où mon cœur est entré,
Je veux briser mes jours comme on brise une chaîne
Et m'enfuir en désespéré.
Qu'est-ce donc que la mort ? C'est la paix éternelle,
C'est un beau drap de fleurs sur mon sein endormi,
C'est la nature calme, auguste et solennelle
Qui nous prête un repos ami.
O nature de Dieu contemple ma détresse !
Ecoute tout mon sang dans mon cœur s'épancher
Et, puisque je n'ai plus le lit de ma maîtresse,
C'est au tien que je veux coucher ;
C'est toi la grande mère et la nourrice immense !
L'homme au sort le plus âpre et l'homme au sort plus beau
Retrouvent dans ton sein leur part de ta clémence :
L'un l'amour, l'autre le tombeau
Tu sais, toi qui vois tout, ce qu'ici bas je souffre,
Que je n'ai point béni l'instant de mon réveil
Et que j'ai regardé, toujours, du fond du gouffre,
Les bords ou brillait le soleil ;
Que je n'ai bu jamais que dans la coupe amère,
Que le seuil du bonheur me fut toujours fermé,
Que j'ai perdu mes fils, que j'ai perdu ma mère
Et tous les cœurs qui m'ont aimé !
Maintenant je m'en vais, battant du front, comme ivre,
En proie à ce grand deuil qui me courbe en vainqueur,
Et je veux déchirer ma vie, avec le livre
Des chastes sanglots de mon cœur ;
Et toi, rayon divin, génie, ardent délire,
Flambeau qui n'iras plus briller sur son autel,
Eternise du moins ces larmes de ma lyre
Et que mon cri soit immortel !
[EDGAR DE MASINI

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13
Mars
Epato (Grégori)
Il
Jun
Cicle soulari
17 Setèmbre
Endicioun roum
10 Desembre
Letra doumenicala
G F
LI QUATRE

8,
7,
20,
20,

10
9
22
22

e
e
e
e

11
10
23
23

SESOUN

Lou printèms coumença lou 21 mars
L'estiéu
—
— 22 Jun
L'autoum
—
— 24 sept,
L'iver
—
— 22 dés.

à 6.55 m.
à 2.36 m.
à 5.18 m.
à 11.53 m.

dôu sera
dôu sera
dôu matin
dôu sera

FESTA MOUBILI

Septuagesima... 12 Fébrié
Cendre
21 Febrié
Pasca
7 Abrieu
Rougacioun 21, 22, 23, 24 Mai
Ascensioun
16 Mai

Pantecousta
Trinità
Festa de Diéu
1" Dimenegue de
Ie* Desémbre

26 Mai
11 Jun
15 Jun
l'Avènt

LU ESCLISS!

Souliu.

—

ij Abriéu. — Esclissi annulari e coumplet visible

à Paris, en America, en Europa et dintre lou N.-O. de l'Africa.
Coumençamen de l'esclissi à 10,01 dôu matin ; finisse à 1,08
dôu sera.
10 Otitoubre. — Esclissi coumplet invisible à Paris, visible
dintre l'America dôu Sud.
Luna. — 1" Abrièu. — Esclissi parciella visibla à Paris. Entrada de la luna dintre l'oumbra, 9.26 dôu sera; sourtida, 11.03
dôu sera.
26 Setèmbre. — Esclissi parciella, invisibla à Paris, visibla
dintre l'Océan Pacifique.

Jîla providence, %ue de la Préfecture /4, $run, Siàraire

�LU

VÉNT

Lu vènt que souflon à Niça, dintre lou cours de l'armada,
soun au nombre de 16. Vequi li siéu denouminacioun courènti,
pihadi, en general, dai loucalità dei quali parèisson vèni :
Sud
Miejon
Nord... Tramountana
S.-S.-O. Miejou Lebech
N.-O.-E. Grek Tramountana
S.-O
Lebech
N.-E... Grego
O.-S.-O Pounèut Lebech
E. N .E. Levant
Ouest. Pounènt
E.-N.-E. Levant
O.-N-O.V Pounènt Maistràu
E.-S.-E. Levant
N -O . Mastràu
S.-E.... Siroco, vènt marin
N..-N. OMaïstràu Tramount
S.-S.-E.. Miejou Siroc

6
15
25
14
31
24

VIGÍLIA — JEUNI
Abriè
(Pasca, 7 Abrièu).
Mai
(Ascensioun, 16 Mai).
Mai
(Pantecousta, 26 Mai).
Avoust
(Assoumpcioun, 15 Avoust).
Outoubre (Toui lu Sant, Ier Nouvembre).
Desembre (Calena, 25 Desembre).
L'AN NADA RELIGIOUSA

LI FESTA MOUBILI E LI FESTA FISSI
Janvt'è
jYlars
1 Circouncisioun.
1 e 2 Quatre Tèms.
6 Epifania (lu Rei).
3 Reminiscere.
13 Bateja de J.-C.
10
Oculi.
14 Sant Noum de Jesu.
17 Lœtare.
fébrié
24 Passioun.
2 Puriflcacioun.
29 Li 7 Doulou.
4 Setuagesima.
31 Lu Rampàu.
6 Festa de la Pr. de N. S.
11 Sexagesima.
Jîbriéu
13 Coum. de la Passioun.
5 Divendre Sant.
18 Quinquagesima.
7 Pasca.
21 Cendre.
14 Quasimodo.
25 Quadragesima.
28 Patrou. de San Joúsè.
28 Quatre-Tèms.

�Setembre
3 Inv. de la Santa Crous.
13, 14, 15, Rougacioun.
16 Ascensioun.
26 Pantecousta.
29-31 Quatre-Tèms.
1
2
6
9
21
24
29

Quatre-Tèms.
Trinità.
Festa de Diéu.
Festa dôu S. Sacramen.
Sacrat-Couor de'jesu.
Natività de S. jouan-Bat.
SS. Peire e Paul.

8 Natività de la Vierge.
14 Esaltacioun de la Crous.
15 N.-D. dei 7 Doulou.
15 San Noum de Maria.
18, 20, 21, Quatre-Tèms.
29 Dédie, de S. Miquèu.

Ôutoubre
6
13
20
27

Sant Rousari.
Maternità de la Sta Vierge.
Puretà de la Santa Vierge.
Patrounage de la S. Vierge.

J/ouvembre

Juliet
2 Visitacioun de la S. V.
7 Precious Sang.
16 N.-D. dôu Carme.

Jîvoust
6 Transfiguracioun.
15
18
25
25
29

Assoumpcioun.
S. Joachim.
S. Couor de la Vierge.
S. Louis.
Decolac. de S. Jouan-Bat.

1
2
3
21

Toui lu Sant.
Lu Mouort.
Santi Relíquia.
Present, de la Sta Vierge.

2&gt;esembre
1 Avent.
8 Imaculata Councepcioun.
18, 20, 21, Quatre-Tèms.
25 Calena.

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DÉCIMALISATION

DU

TEMPS ET DES

ANGLES

LA MONTRE DÉCIMALE
Par J. de REY-PAILHADE, président du Comité
pour la propagation des méthodes Décimales.
Le Club Nautique de Nice a offert plusieur fois en prix des
montres décimales aux régates'de 1909. Il était utile de décrire cet instrument, d'y joindre des tables pratiques et des
formules à l'usage des ingénieurs, des sportsmen, des médecins, etc. etc.
DÉCIMALISATION DES ANGLES •
Il est aujourd'hui démontré que la division décimale du
quart de cercle facilite tous les calculs.
Les nouvelles cartes géographiques sont graduées exclusivement dans ce système, devenu officiel en France et dans
d'autres pays. On possède toutes les tables pratiques nécessaires à son essai courant. Nous ne nous étendrons pas
davantage sur cette méthode aujourd'hui enseignée dans les
lycées et collèges.
Nous rappellerons seulement que M. l'amiral Germinet,
membre d'honneur du C. N. N., sous la direction duquel on
fit en 1899 et 1900 des essais de navigation avec un matériel
entièrement décimal, a émis un avis très favorable à la
réforme décimale.
DÉCIMALISATION DU TEMPS
La division décimale du jour décrétée le 4 frimaire an II
rendra aussi de grands services à la science et aux sports.
Principe. — On divise le jour entier en 100 parties égales
appelées cés ; le cé est subdivisé en décisés, ceniicès et millicés
Le cé vaut 14m 24s ou 1T4 d'heure environ ; le décicé est égal
lm 26s 4 ou lm Ij2 environ ; le millicé vaut 0S 864 ou 9T10 de
seconde environ.
Concordance des Temps. — On parvient assez vite à dire
instantanément l'heure à 1 ou 2 minutes près en regardant le
cadran d'une montre décimale. Il suffit d'apprendre par cœur
les concordances décimales de toutes les heures.
0,0
0
50,0

4,2
1
54,2

8,3
2
58,3

12,5
3
62,5

16,7
4
66,7

20,8
5
70,8

25,0
6
75,0

�25,0
6
75,0

29,2
7
79,2

33,3
8
83,3

37,5
9
87,5

41,7
10
91,7

45,8
11
95,8

50,0
12
100,0

Les heures sont au milieu, les concordances des heures
du matin en haut, celles du soir en bas. Ainsi 10 heures du
matin valent 41.7 cés (énoncer 41 cés 7 décicés) et 10 heures
du soir valent 91,7 cés.
Gomme 1 cé vaut presque lj4 d'heure et un décicé une mi •
nute 1]2 ; en partant des concordances du tableau, on dit
l'heure instantanément, ainsi 39,9 cés valent 9 h. 36 m. du
matin. Un ou deux jours suffisent pour atteindre ce résultat.

Description de la montre décimale ou cémètre. — Il y a 3
aiguilles centrales se mouvant sur un cercle divisé en 109
parties égales, numérotées de 0 à 9. Le 0 cé est en bas, c'est
l'origine des temps, car on suppose la Terre au centre du
Cadran.
L'aiguille dorée avec un soleil ne fait qu'un tour par jour ;
l'aiguille épaisse en acier bleu tourne 10 fois par jour, et la
trotteuse fine fait 1000 tours par jour.
L'aiguille-soleil montre la position de l'astre du jour par
rapport au méridien de Paris, qui va du centre au chiffre 5.

�10 —
Les quatre traits bleus indiquent les positions de cette aiguille
à minuit en bas sur 0 ; — à tì h. du matin au milieu entre 2
et 3 ; — à midi, en haut, sur le 5 ; — à 6 h. du soir, entre 7
et 8.
L'aiguille dorée du soleil indique le chiffre des dizaines
de cés, 2 sur le dessin ; l'aiguille épaisse donne d'abord le
chiffre des cés, 6 sur le dessin, et en comptant rapidement à
l'œil le rang de la division entre 6 et 7, on voit, que cette aiguille marque 3 décicés. Le temps du dessin est donc 26,3
cés correspondant à 6 h 20 m. du matin environ. L'aiguille
trotteuse donne les millicés 83. Le temps est donc 26,383
cés.
» Pour la vie courante, on n'a pas besoin d'aller au delà du
clécicé. On lit les milticés pour les applications scientifiques
et sportives.
Le temps en millicés lu sur le cêmèire facilite tous les calculs, car on n'a jamais de réductions à faire.
Examinons le problème des vitesses a l'heure : Les millicés multipliés par 0,00024 donne des heures et fraction décimale d'heure. Ainsi Ì2345 millicés valent 12,345 -f- 24 =
2 h. 9628.
Par conséquent si L est la longueur parcourue et M le
temps en millicés, la vitesse est

ou t

+ 4166,66...

Ces quelques exemples démontrent que la montre décimale simplifie tous les calculs sans exception.
Les rapports de MM. les délégués officiels aux essais de
la montre décimale faits à Nice, par le Club Nautique, le 26
février 1911, concluent unanimement à la supériorité de cet
instrument pour les usages scientifiques et sportifs.
M. Prim, astronome à l'Observatoire de Nice, représen
tait M. le \iinistre de l'Instruction publique.
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JANVIE
P.
P.
D.
N.

Q,
L.
Q.
L.

lu 8, à 7
lu 14, à H
lu 22, à 7
lu 30, à 10

SOULÈU.

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—

oura
oura
oura
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20
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L. 8 14' — C. 4 42'

dil. Jou de V An

P. Q.
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1
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Lu Rei
6
Dim. S. Lucien
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dil. S. Apoulinari
8
dim. S. Pèire
9
dim. S. Guiermo
10
dij S. Teodose
11
div. S. Arcada
12
dis. Sta Verònica
13
Dim. S. Ilari
14
dil. S. Maurici
15
dim. S. Ounourat
16
dim. S. Antoni
17
dij. Sta Angela
18
div. S. Sulpici
19
dis. S. Bastian
20
Dim. Sta Agnesa
21
dil. S. Vincènt
22
dim. S. Raymound
23
dim. Sta Jacinta
24
dij. Conv. de S. Pàu
25
div. S. Poulicarpa
26
dis. Sta Devota
27
Dim. Sta Paula
28
dil. S. Francès S.
29
dim.
dim.
dij.
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dis.

S.
Sta
S.
S.

TRIMESÏRÍ;

Macari
Genevieva
Tita
Simeoun

dim. Sta Marfina
dim. S. Peire N.
En Janvié
Lou païsan n'a ren

lu 6, à 4 oura 28 s.
lu 13, à 11 oura 38 m.
lu 21, à 4 oura 44 ui.
- L. 7 49' - C. 5 30'

dij. S. Ignaci
div. La Candeliera
dis. S. Blasi
Dim. Setuagesima
dil. SS. Vinc.Oronte
dim Sta Agata
dim. Sta Dorotea
dij. S. Romuald
div. S. Jouan-Matha
dis. Sta Apoulounia
Dim. Sexagesima
dil. Sta Eulàlia
dim. S. Gregori
dim. Sta Eufrasia
dij. S. Onesime
div S. Dounat
dis. S. Simeoun
Dim. Quinquagesima
dil. S. Gabin
dim. Dimars-Gras
dim. Li Cendre
dij. S. Silvan
div. S. Maxime
dis. S. Pascase
Dim. Quadragesima
dil. S. Nestor
dim. S. Leandri
dim. Sta Nourina
dij. S. Nymphas

Plueia de febrié
A la terra vau fumiè.

ZDéSTU-S-bez

NICE

MARS
N. L.
P. Q.
P. L.
D. Q.
N. L.
SOULÈU

1
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lu 8,
lu 15,
lu 23,
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Dim.

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L
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7

1 oura 31 m.
0 oura 02 m.
0 oura 59 m.
1 oura 26 m.
1 oura 38 s.
01' — C. 6 13

S. Eudoxia
S. Simplici
Reminisceri
Sta Cunegonda
S. Casimir
Sta Coleta
S. Jouan de D.
Qaatre-tèms
Sta Margarida C.
Ocali
S. Euloge
S. Gregori
Sta Eufrasia
Sta Matilda
S. Acepsima
Sta Gertruda
Lœtari
S. Apien
S. Jôusé
S. Joachin
S. Lea
S. Turibe
S. Armentari
La Passioun
Anounciada
S. Emanuèu
S. Jouan d'Egt,
S. Gountran
S. Eustase
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lu
lu
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SOULÈU.

1 dil.
2 dim.
3 dim.
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7 Dim.
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13, à
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—

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oura
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L. 6 06'

—

55 in.
37 s.
31! s.
25 s.
C. 6 52'

S. Ugo
S. Franç. de P.
S. Richard
Dijàu Sant
Divèndre Sant
Dissata Sant
Pasca
S. Albert, ev.
S. Azada.
s. Isidoro
s. Leoun
s. Juli
s. Justin
Ouasimoi/ii
Sta Anastasia
S. Frutuous
S. Rodolfe
S. Maxime
S. Anselme
S. Teodoro
S. Adalbert
S. Fidèle
s. Jorgi
s. Marco
s. Clet
s. Antime
s. Aimé

s. Roubert
Sta Catarina d. S
SS. Philip. ,Jacq.

Pichouna plneia d'Abriéa
Bouona récolta pèr l'csliéu

Q.

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SOULÈU.

TRIMÍÎSTRÈ;

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lu 5,
2 oura
lu 13, a 7 oura
lu 21, à 10 oura
lu 28, à 7 oura
— L.

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—

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s.
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m.
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C. 7 29'

1 dim. SS. Félip. Jaq.
2 dij. S. Atanase
3 div. In.d.l. Sta Crous
4 dis. SS. Sindonis
5 Dim. S. Pio, papa
6 dil. S. Jouan D.
7&lt; dim. S. Peire
8 dim. s. Gregori N.
9 dij. s. Antounin
10 div. s. Isidoro
11 dis. s. Bounifaci
12 Dim. s. Jouan lou S.
13 dil. s. Pouon, m.
14 dim. s. Pacomo
15 dim. s. Sta Denisa
16 dij. Ascensioun
17 div. S. Pascaù
18 dis. S. Teodoto
19 Dim. s. Pèire C.
20 dil. s. Felis.
21 dim. s. Bernardini
22 dim. s. Julia
23 dij Rogaeioun
24 div. s. Vincen, d. L.
25 dis. S. Urbin
26 Dim. Pandecousta
27 dil. S. German
28 dim. S. Cirile
29 dim. Sta Petronïa
30 dij. S. Sylve
31 div. S. Justin
Au mes de mai
Longui semana

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P.
D.
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Q.
L.
Q.
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lu 3,
lu 11,
lu 19,
lu 26,

SOULÈU.

1
2
3
4
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6

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11 dim.
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13 dij.
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15 dis.
16 Dim.
17 dil.
18 dim.
19 dim.
20 dij.
21 div.
22 dis.
23 Dim.
24 dil.
25 dim.
26 dim.
27 dij.
28 div.
29 dis.
30 Dim.

—

à 11 oura 4 s.
à 10 oura SI s.
à 9 oura 51 s.
a
2 oura 20 s.
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S. Potin
Trinità.
S. Quirin
S. Francès C.
S. Lié
Festa de Dieu
S. Lié
Quatre-tèms
S. Optat
Sta Margarida
S. Barnabe
S. Antoui de P.
S. Basilio
S. J.-F. Régis
S. Moudeste
S. Lambert
Sta Olga
S. Gervai
Sta Juliena F.
S. Louis de G.
S. Paulin
Sta Maria d'O.
S. Jouan-B.
S. Prousper
S. Alban
S. Cresen
s. Iréné.
s. Pèire
s. Pàu
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En Jun
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1
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dim.
dim.
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Dim.
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dim.
dim.

S. Thierry
Vierg.de li Gracia
S. Anatole
S. Pèire de L.
S. Sisoès
S. Elie
Sta Babeta
S. Efrein
Sta Felicita
S. Pio
S. Jouan G.
S. Gene
S. Jaque
Festa Naciounala
S. Enri
N.D.d.M. Carmel
Sta Marcelina
S. Frederic
S. Vincen de P.
Sta Margarida
S. Vi loiSta Maria-Mad.
S. Apoulinari
Sta Cristina
S. Jaque
Sta Anna
S. Pantaleoun
S. Samsoun
Sta Marta
Sta Giulieta
S. Gnaci de L.

Au mes de Juliet
Ni frema ni coulé.

TBIMËSTRÎ;

I1. Q. lu 2, a 0 oura 29 m.
P. L. lu 10, a 3 oura 58 m.
D. Q. l»i 17, a 1 oura 1.1 s.
N. L. lu 21, a 5 oura 14 m.
IV Q. lu 31, &amp; 5 oura 21 s.
souLÈu, —1.5 or -j&gt;. 8 or

dij.
div.
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4 Dim.
5 dil.
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dim.
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S. Pèire-aï LS. Alfonso
Inv. de S. Estève
S. Domenica
N. D. dei Nèu
Trausf. de J. C.
S. Gaétan
Sta Batilda
S. Camila d. L.
S. Là u ren
S. Septima
Sta Clara
Sta Filoumèna
S. Ousèbi
Asoumpcionn
S. Roc
S. Mamès
Sta Elena
S. Ipoulita
S. Bernar
Sta Chantai
S. Pio V
S. Filipe B.
S. Bartoumiéu
s. Louis, r. F.
s. Seg'oundo
s. Cesari
s. Goustin
s. Mederic
Sta Rosa
S. Fiacre

F.n . ivoast
Figa e moust

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P. !.. lu 8, a' 4 oura 57
D. Q. lu 15, a 6 oura î&gt;l
N. L. Ju 22, a 3 oura 37
P. Q. lu 30. a 0 oura 08
SOULÈU. - - 1. 5 47V— c.

1
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S. Gili
S. Estève R.
Sta Eufemia
Sta Rosalia
S. Làuren J.
S. Pambon
S. Grat
Natiu, di' la V.
S. Oumer
S. Xicola
S. Félis
S. Veran
S. A nié
Es. (1. l.S. CtQUS
S. Nicomède
S. Conrneilla
S. Lanbert
S. Tournas V.
S. Janvié
S. Euslache
S. Matiéu
S. Maurici
Sta Tecla
S. Girar
S Firmen
S. Nil
S. iN'icandre
S. \\ inceslas
g. Miquèu
S. Jeromo

Lima setembrina
De mai clarina

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GRANDE MARQUE RECOMMANDÉE

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TRIMESTRE

NOUVÈMBRE
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6,
D. Q. lu 43,
N. !.. lu 20,
Q.
lu 29,

r.

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1.

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4 oura 48
8 oura 20
9 oura 49
2 oura 42
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c.

5 03'

1 dim. Rosari
1 div. Tout lu Sant
2 dim. S. ■ Léger
2 dis. Eu Mouorl
3 dij. S. Rosari
S. Ubert
4 div. s. Francès d'A. 43 Dim.
dil. S. Carlo B.
5 dis. s. Placido
5 dim. Sta Bertila
6 Dim. s. Bruno
6 dim S. Leounar
7 dil. s. Serge
dij. S. Nestou
/
8 dim. Sta Reparada
8 div. Lu Quatre Incou.
9 dim. S. Denis
9 dis. S. Teodore
10 dij. s. Francès B. 10
Dim. S. Jacintou
11 div. s. Tarasco
11 dil. S. Martin
12 dis. s. Counrad
12 dim. S. René
13 Dim. s. Edouard
13 dim. s. Stanislas
14 dil. s. Calisio
14 dij. S. Pantena
15 dim. Sta Teresa
15 div. Sta Gertruda
16 dim. S. Ospici
16 dis. S. Edme
dij.
17
Sta Edvija
17 Dim. S. Gregori
18 div. S. Luc
18 dil. S. Alfè
19 dis. S. Pèi re
19 dim. Sta Babeta
20 Dim. S. Agrico)
20 dim. S. Edmon
21 dil. Sta Ursula
21 dij. Présent, de la V.
22 dim. S. Filip
22 div. Sta Cecilia
23 dim. S. Teodoret
23 dis. S. Clemen
24 dij. s. Mairloire
25 div. ss. Crespin-Cr. 24 Dim. Sta Flora
26 dis. s. Jouan de K. 25 dil Sta Catarina
26 dim. Sta Pel fina
27 Dim. s. Frumence
27 dim. S. Maxime
28 dil. s. Alfredo
28 dij. S. Sostène
29 dim. s. Narcisse
29 div. s. Saturnin
30 dim. s. Marcel
30 dis. s. Andrièu
31 dij. s. Siri
En ùuloubre
\loii ponorc goûta loti rùare

Tonssan ientra
St A n'driéu lou souorte

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DESÈMBRE

s.
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P. L .
D. Q.
N. L.
P. Q.

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lu 12,
lu 20,
lu 28,

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9 dil.
10 dim.
11 dim.
12 dij.
13 div.
14 dis.
15 Dim.
16 dil.
17 dim.
18 dim.
19 dij.
20 div.
21 dis.
22' Dim.
23 dil.
24 dim.
25 dim.
26 dij.
27 div.
28 dis.
29 Dim.
30 dil.
31 dim.

1.

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3 oura
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6 oura 46 s.
4 our;i 40 s.
7 OUI;L 48 s.

7 54' — c.

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Sta Bibiana
S. Francès X.
Sta Barba
S. Bassi
S. Nicola
S. Anbrosi
Imac. Conception
Sta Leoucadia
Sta Eulàlia
S. Damase
Sta Rosélina
Sta Lucia
S, Niçoise
S.
S.
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Mesuiin
Adon
Olimpíada
Gatien
Ciprian
Filogone
Tournas

S. Onourat
Sta Vitòria
Cacha-fuec
Calèna
S. Estève
S. Jouan
SS. Inoucent
Sta Eleonora
S. Sabîn
S. Sàuvestre

Calena aufuec,
Pasca àu j'aèc.

sin -

GRANDE MARQUE RECOMMANDÉE

4 35

�- i6-

�- 17

-I

CROUNICA NIÇARDA
L'ABADÏA DE SAN POUON.— L'ABAT RANCE-BOURREY.
GLOFFREDO.

—

—

PÈIRE

A PREPAU DOU DIALETE NIÇART.

Ben qne pareissènt tardié, VArmanac Niçart s'empressa de
pourtà la siéu febla vous su tout cen que enteressa lou païs, sigue
au pounch de vista istoria loucala, pouesia, tradicioun, sigue
tamben su la taquinanta questioun dóu dialete niçart souvenri
fès pauvada e su la quala lu escritour mouderne soun luen d'estre
d'acordi.
Parlerai finda de M. l'Abat Rance-Bourrey, un beneditin qne
despi quauque an en ça mete à prouflt la siéu erudiciou n a nen
revelà de fach d'istoria inedieh. Se quauqu'un mérita d'estre
laudat es ben éu ; es en éu que VArmanac Niçart tressa la
pamoula de sapiença. En esprimant la nouostra recounouissença,
à l'Abat Rance-Bourrey, fen cen que touplen an denembrat,
vouoli dire de courounà lu siéu travail, frucha de ben de recerca,
dai quali obra sian fier d'avé prestat la prima ajuda. Pouden cità :
lou Discours sur le Monastère de Sainte-Claire de Nice, par Honoré
Pastorelli, publié d'après l'édition originale de Turin 1608, avec
une introduction et des notes ; — "Le Général J.-B.-M. D'Anselme" (Notices biographiques (1740-1792). E aquest'an
l'istorien nen douna — toujou de prima man — YExpulsion de
Mgr Valperga, evesque de Niça, au tèms de la Revoulucioun,
travail anoutat de peça curiouvi que sian urous de pouder metre
souta lu uès dei nouostre letour.
*
* *
Lou fach de l'annada, lou mai marcant, es estat aquéu de
l'Abadïa de San Pouon. Parlon de tout destruge pèr li basti an
siéu luec un espitau Pasteur... UArmanac Niçart es pas Penemic
dóu prougrès, ni men encara dei Bei-Art, ma si fa lou pious dever
de jougne lu siéu esfouors en aquelu dei siéu councitadin quo
l'istoria dóu passat passiouna, pèr que l'Abadïa de San Pouon
sigue counservada e classada couma mounumen istorique. En la
circonstança feliciti M. l'Abat Rance-Bourrey que mé rasoun s'e.s
demoustrat l'ardènt defensour autourisat que counouissen. La
siéu paràula es estada escoutada e lou Préfet de li Alpa-Maritima,
8

'

�— i8 M. de Joly — respetuous dei nouostri tradicioun — en ortie
avertit a proumès que l'Abadïa de San Pouon seria respetada e de
lèu si crusià pèr lou siéu classamen tra lu mounumen istorique.
Dóu resta vequi ce que l'Abat Rance Bourrey nen di su San
JPouon. Counsignen religiousamen li siéu paràula :
« L'Abbaye de Saint-Pons est le plus ancien monument relitgieux existant dans le Comté de Nice. Il y a dou^e cents ans que
sSiagrius y fonda un monastère. L'histoire de ce monastère est
jintimement liée à l'histoire religieuse, civile et économique de la
iville de Nice.
;
« Ce fut à Saint-Pons qu'en 1388 fut'signé l'acte réunissant
le Comté de Nice au Comté de Savoie. Les abbés de Saint Pons
ifurent pris dans les principales familles du Comté : les Badat, les
tLaugery, les Provana, les Lascaris, les Grimaldi, les Martelli, les
;Tournefort, etc. Plusieurs évêques de Nice furent abbés de Saint[Pons, en particulier Barthélémy Chuet (fin du xve siècle) et Jean
, Uriole, son successeur. Un autre abbé, Claude de Seyselle, fut
,évêque de Marseille, puis archevêque de Turin ; d'autres furent
cardinaux, tels Innocent Cibo, neveu d'Innocent VIII et de
f
;Léon X, et Paul Medeci de Cesis dont on voit encore l'inscription
(funéraire à Sainte-Marie-Majeure, à Rome.
:
« A la fin du xvir siècle, l'abbé de Saint-Pons était Pierre
•Gioffredo, le savant historien niçois. Enfin, un abbé de SaintiPons dont les Niçois n'ont pas encore perdu le souvenir, était
(l'abbé Spitalieri de Cessole qui a doté sa ville natale d'un établissement de bienfaisance si justement apprécié. La plupart des
pbbès de Saint-Pons et plusieurs évêques de Nice ont été enterrés
dans l'église ou sous le cloître et dorment aujourd'hui confondus
avec les moines leurs frères qui depuis dix siècles y sont enterrés.
« Les monuments funéraires ont disparu. Le temps a tout
(nivelé à Saint-Pons, singulièrement aidé cependant par la main
ides hommes. On connaît les dévastations commises par
Iroupes de François Ier et de Barberousse, plus tard par celles d
Catinat et par d'autres encore. Après chaque désastre, SaintPons a retrouvé une nouvelle vitalité et il y a à peine trois quarts
de siècle que Mgr Galvano y a fait d'importantes réparations.
;
« Saint-Pons n'est pas seulement une page de l'histoire de
notre pays, c'est un gros volume de cette histoire ; les Niçois
laisseront-ils dire qu'ils sont restés indifférents devant le danger
qui menace Saint-Pons ? Non, ils feront tous leurs efforts pour

�— 19 -

sauver de la destruction un monument qui doit leur être cher...
Je demande d'urgence le classement de l'Abbaye de Saint-Pons,
c'est-à-dire de l'Eglise et des bâtiments claustraux, comme monument historique. »
Lou councours de YArmanac Niçart es aquist. Emé fiertà e
au près de touplen de sacrifici faren respetà l'istoria dóu passat,
la lenga e lu escrich dei orne qu'an ilustrat lou nouostre bèu
pais.
*
* *
Despi quauque tèms, — maladia que reven per intermitença,
— la gran questioun de la grafia niçarda, de l'ourtougrafa, es
messa su lou tapis. De letra soun estadi publicadi, d'autri lou seran, e cresi qu'après ben de charra pèr dire pas gran cauva de
nóu, quasi dirii pèr predicà dintre lou Desert, noun restera
d'aquela discussioun, — Favén déjà coustatat, — pas gran cauva,
ren!... Cadun escrèu à la siéu moda seloun l'esprit dóu moumen,
e serii ben curious de counouisse aquéu que vendria nen dità
une metoda en nen dïen : « la mièu maniera d'escrièure lou
Niçart es la bouona». Discussioun scientifica que pòu passiounà
quauque lenguista, pas mai ; lou mihou es d'escrèure seloun li
letra ditadi pèr la prounouncia. Lou talènt pèr aquéu qu'escrèu
es de si laissà liège, de si faire acapi. Es qu'en en un entan que
frecuenta l'escola primària poudès li demandà autra cauva ?...
Perta de tèms que tout acò, vourria mai s'engenià à recercà lu
viei mot, espressioun, loucucioun courenti que la pous dóu tèms
a rabaïat, dounà au nouostre bèu dialete la coulou que dèu avè,
en respetant lu emprunt que pouden avè fach sigue à l'Italian, à
l'Espagnòu o à tout autre...
Un dialète noun dèu pas estre une lenga scientifica, encara
m en noun còu avè la pretencioun que sigue ouficiela, seria temerari ; lou dialete d'un païs dèu refletà lou caratere d'un'epoca que
lou tèms dèu respetà, enfin escrèure gramaticalamen, un noun
empedisse l'autre, e laissà à l'esprit, au goust lou coumplemen
d'un stile ouriginal, en de frasa councisi que flaton i'auriha.
Aquí fermi la discussioun, risqui de perdre la civada... l'an
que ven, se Diéu mi presta vida, v'en dirai d'autri e couma
d'usança que mi sigue permès de la vous souvetà : Bouona e
uroûva !
L'ARMANAC

NIÇART.

�20 —

LA CIGALA DOU BOUON DIEU
Una cigala dóu Bouon Dieu
Tout l'estiéu
E l'iver en la chambreta, —
L'aiguesias vista la lebreta ! —
Noun vivïa que d'amour
S'assetava su l'ounour;
La cigala cantarela,
Vau chanja de clientela,
Noun es courta d'amatour,
Que li viron tout au tour !
Ma l'ancien de la cigala,
De gros mot ven que s'embala ;
En l'auriha de la maire
Li ven tout aquéu bousin,
Que deja toui lu vesin
Sabon lou long de l'afaire
— Cenqu'as fach m'au tiéu tip ?
Di la maire enrabiada...
Bella Vierge encourounada !
Sera au mancou m'un bouon rie!!...
CH. CIAUDO

PROUVERBI, BOUOI MOT, COUNSÉU E DICH
Tèms d'iver noun ti fidar.
Lu màu dei enfan si garisson soulet.
Cau naisse pèr estre bèu, si maridar pèr estre rie, e mouri
pèr estre brave.
Per aver de raïn, eau caressar la souca.
Agnèu naissut
Vau un escut.
Dansa mihou ventre plen que rauba nova.
L'oumbra dou mèstre engraissa lou cavau.

�LOU MAGOT DE BERTOUMIÉU ISSUGA
O BEN

UNA RAISSADA DE MACAROUN
Conte menloanasqae trouvât dintre d'un armori
de ma nana e que /'Armanac Niçart es tirons de
transcrièure en niçart à Ventencioun dei sièu
fidèle lotour et lelrissa.

Bertoumiéu Issuga, mentounasque de viéia roca, abitava en
coumpagnia de sa mouhié, en carriera dóu Paumoulié. La siéu
frema, malurousamen, era sirnplaria e faia lou siéu desespoir.
Cada matin Bertoumiéu, avant de s'en anà au travail, li recoumandava de noun faire de bestialità. Cou vous dire que toui lu
dissata lou nouostre ome metia en un'armari pertuat dintre la
muraia lou gagne de la semana.
— Bertoumiéu ! pèr qu seria tout aquel argen, demandava
Marioun au siéu marit.
— Es pèr Madjou-long, castagnassa !
*
* *
Un jou Bertoumiéu partet pèr anar à la siéu campagna ;
devia même li restar doui ó très jou pèr souïnar e arousar lu
citrouniè. Marioun souleta matin e sera, s'assetava su lou banquet de la pouorta e faïa de bas... Un predinà veguet un ome
de statura mai que mejana, couma si di, un gran carcan. La
frema de Bertoumiéu lou fissa sensa parpelear, pi pihada d'un'
idea, li diguet :
— Moun bèu Moussu, sias bessai vous Madjou-long ?
Lou merlo pita e noun s'en laissa dire autre, léu li
respouonde :
— Noun vous troumpas pas, bella bruneta, sièu ièu Madjoulong !... Ma perqué mi faire tala demanda ?
Perqué ?... dou moumen que sias Madjou-long, intras su lou
cóu. Li a ja pas mau de tèms que moun marit a mes d'argen
amagat pèr vous...
E sensa mai de ceremounia li remeté lou mandiou dintre lou
quai lu sóu eron groupât. L'ome remercia e la s'esbigna lèu.
♦

* *

�Lou sera, Bertoumiéu arriva, la sièu mouhié li di.
— Sabes, ai vist ancuei Madjou-long !
E l'ome de cridar :
— Malurousa ! — m'en a fach encara una 1
Courre à l'armari, lou mandiou e Pargen, mouis !... Issuga
blastema pica dai pen, es décidât de si desiaire de la siéu frema
Lendeman, dóu téms qu'aissesta durmïa, li cuerbe lu uès emé de
pega de sabatié, pi la pihant pèr la man, la mena dapé dóu CapMartin. Arrivât aqui, Bertoumiéu fa mountar Marioun su d'un
nouguié el'abandouna. La paura, bòrnia, noun sabia doun si
trouvava, ni men encara ce que poudia faire.
En aquéu fra-tèms doui voulur venon s'assetar souta
l'aubre ; après aver abrat quauqui branca sequi pèr s'escaufar, pi
si meton à cuentar lou siéu argen.
La calou faguet delegar la pega que curbia Puès destre de
Marioun e aissesta de cridar :
— E d'un !
Lu voulur, d'estuc, s'isson d'emblée.
— Qu'es acó, diguet l'un.
— Un matagan, faguet l'autre.
La calou seguia á faire lou siéu efet pau à pau durbia Puei
senec.
— E de douî, diguet Marioun.
Dóu cou lu voulur escapon, laissant Pargen espantegat soubre
Perba.
Marioun coumença à li veire clar, cala da l'aubre e ramassa
Pargen, pi lèu s'en camina vers maïoun...
Lou sièu marit, pensierons, era assetat dapè dóu fuec, s'escaufant, fumant la sièu pipeta emé beatituda...
— Bertoumiéu !... o Bertoumiéu !... duerbe-mi, siéu iéu,
Marioun...
— Vai au diàu que ti pihe... ièu que cresii de m'en estre
despegouït...
Ma Marioun, toujou picava, un cóu noun asperava l'autre...
L'ome fenisse per li durbi...
— Ten ! regarda cen que ti pouorti.. . e Marioun pauva lou
sac su lou toulié. ..
Bertoumiéu, entartugat, cuenta Pargen e réfléchisse ; — Marioun es simplaria e deman la vila saupra Pistoria de la fouré . ..
Cóu que Bertoumiéu si dispegouïsse pèr empedi li marridi lenga
de bavar...

�— 23 —
Si mete la vesta, lou capèu e souorte fermant la pouorta i..
Faïa nuech dintre la carriera, ma sensa pena s'encamina
vers una boutiga e croumpa pèr mai de dès kilo de macaroun...
Ientra au sièu e di à la sièu mouhié de si metre au liech.
En tant que Marioun durmïa, Bertoumiéu fa bui lu macaroun, pi lu espantega su lu aubre dóu jardin... Lendeman de
matin la siéu frema, desveiada, si mete à la fenestra...
— O ! Bertoumiéu ! Bertoumiéu ! Vene un póu veire!... O
trest ! vè, a plougut de macaroun !...
— O vai fantauma !... n'as toujou una. .. Ten ! ten !... ma
es ver !...
*
* *

A quauque tèms en ça, Bertoumiéu l'avia previst, Marioun
countet à toui que lou siéu ome noun li picava plus, despi lou
jou qu'ela li avia pourtat de sac plen d'escut...
Lou juge aiguent audit parlar de l'afaire, mandet sounar
Bertoumiéu devant lou tribunal ; la siéu mouhié era estada
citada couma testemoni.
Lou juge. — Bertoumiéu, sias acusat d'aver gardât d'argen
que noun era vouostre.
— Iéu !... Ma moussu lou juge, lou negui ; sièu couma
sabès un travaiadou.. .
E Marioun de dire.
— Noun negar, Bertoumiéu, sabés ben qu'es ver ; es iéu en
persouna que t'ai pourtat la mouneda, qu'avii trouvât en la
fouré.. .
Lou juge. — Anas brave ome, noun negués.. .
— E quoura lou m'as pourtat ?... — Vous juri, Moussu lou
juge, que la miéu frema es fouola !...
— E lou sabes ben, Bertoumiéu, es lou jou que plouguet tant
de macaroun !
— Moussu lou juge aves jamai vist ploure de macaroun ?...
— Jamai ! moun beL amic respoundet lou juge que si tenia
lou ventre dóu rire — Amie, vèu que la vouostra frema es
fouola. .. sias aquitat !...
Bertoumiéu si retira emé Marioun... Noun aigueron plus
de disputa e vieugueron, pareisse urous e pèr longtèms !...
J. E.

�CANSOUN ANCIENNA

PÈR LOU

N'aurias pas vist la miêu fiha
Trin-trin
Lou galerin
A'aurias pas vist la miêu Jiha
Trois-wtrois
Le fils du roi
L'ai vista e l'ai baïada
Trin-trin
Lou Galerin
L'ai vista e l'ai baïda
Trois-trois
Le fils du roi.
Douna-mi la miêu fiha
Trin-trin
Lou galerin
Douna-mi la miêu fiha
Trois-trois
Le fils du roi.
Es aqnela la vouostra fiha
Trin-trin
Lou galerin
Es aqaela la vouostra fiha
Trois-trois
Le fils du roi.
La miêu fiha era pas lernia
Trin-trin
Lou galerin
La miêu fiha era pas lernia
Trois-trois
Le fils du roi
La miêu fiha era pas lua
Trin-trin
Lou galerin
La miêu fiha era pas lua
Trois trois
Le fils du roi.
N'es ni guercia ni poutinouva
Trin-trin
Lou galerin
N es ni guercia ni poutinouva
Trois-trois
Le fils du rois.

MAI

�La miéu fiha n'es pas borni a
Trin-trin
Lou galerin
La miêu fiha n'es pas bornia
Trois-trois
Le fils du roi.
Noun faïa pas belugueta
Trin-trin
Lou galerin;
Nonn faïa pas belugueta
Trois-trois
Le fils du roi.
La miêu fiha n'es pas emberrida
Trin-trin
Lou galerin
La miêu fiha n'es pas emberrida
Trois-trois
Le fils du roi.
La m iéu fiha n'es pas pigada
Trin-trin
Lou galerin
La miêu fiha n'es pas pigada
Trois- trois
Le fils du roi.
La miéu fiha noun es pas ranga
Trin-trin
Lou galerin
La miéu fiha noun es pas ranga
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha noun es pas louorla
Trin-trin
Lou galerin
La miéu fiha noun es pas touorta
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha n'es pas crouoada
Trin-trin
Lou galerin
La miéu fiha n'es pas croavada
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha n'es pas gibouva
Trin-trin
Lou galerin
La miéu fia n'es pas gibouva

�— 26 —
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha noun es foularana
Trin-trin
Lou galerin
La miéu fiha noun es foularana
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha n'es pas ingourda
Trin-trin
Lou galerin
La miéu fiha n'es pas ingourda
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha a pas lou peu de pi g nu
Trin trin
Lou galerin
La miéu fiha a pas lou peu de pig nu
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha noun es narvelouua
Trin- trin
Lou qalerin
La miéu ûha noun es narveloiwa
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha noun a la rougna
Trin-trin
Lou galerin
La miéu fiha noun a la rougna
Trois trois
Le fils du roi.
XXX.

PROUVERB1, BOUOI MOT, COUNSÈU E DICH
Qu duerme ben noun cregne li niera.
Qu vè pissar e noun pissa, crêpa de malícia.-'
Qu douna soun ben avan de mouri
Mérita de pati.
L'amour es lou paradis dei fouol.
L'amour es .la flou de la jouinessa.

�LA MOUORT DAU PAURE TOUNIN

Lou paure Tounin, malàut a setant'an, si presenta à l'espitàu
ma li respouondon que li a plus de plaça.
— Coumplet ! ! !
Quauqu'un li fa capi qu'em'un pau de proutecioun li pourria
intrar. Countrariat dei pas que cóu faire, Tounin vira lu taloun e
s'encamina vers la plaça Massena, piha lou tram, si rende da
Graugnard, à l'espitàu dei can, e li di :
— Moussu lou Veterinari, cresi d'estre un pau mai qu'un
can ?... En aquéu cas souîna-mi...
— Vous souînar aici, ma brav'ome perdés la testa. — Basta,
li di que n'a pas de liech pèrcourcar un crestian, que noun douna
de souin qu'ai bestia !...
Tounin, couma pensas, s'en souorte m'au couor gros e noun
sau plus à que sant si recoumandar. Era aqui au mitan dóu
camin, quoura en aquéu moumen arriba un landau, doun cala
una grossa dama, encapelada, aurias dich un ver foungi, segada
d'un varlet que pourtava religiousamen un can enfeloupat emé de
favour rosa au couol, tapat d'un tapis em'ai iniciala. En veèn
aquéu tablèu lou paure Tounin si lamenta, sangluta fouort.
— Qu'avès lou miéu brav'ome, li di la dama.
— Cen qu'ai Madama ?... trovi que lou vouostre can a mai
de chança que iéu. Li a cinquant-cinq an que travaii, pèr la premiera fès que siéu malàut, noun soulamen mi refuson à l'espitàu
dei estre uman, ma encara mi vèu picar la pouorta au nas èn
aquéu dai can.
— Quevoulès, lou miéu paur'ome, ai fach un vout de mimetre
à la Soucietà Proutetriça dei Animau, de pourtar touti li miéu
ecounoumia à la Caissa de secours pèr soulajar lou sort dei bestia.
Lou fau talamen ben, que vouguessi ben vous dounar un sóu
que pourii pas.
La dama li vira l'esquina e ientra couma un coupa-cisèu da
Graugnard. Tounin roumougna :
— Se ti veguessi en un cantoun ti dounerii mancou un gotou
d'aïga !... vièia sansuga !...
Tounin estrassinat, deble s'alonga un pau plus en là, su d'un
mouloun de peira. Quauqui oura après, couma soufrisia, n'ai-

�guènt ren en l'estomegue depi l'auba, coumençava d'aver lou
rangouioun, quoura passet un canipiè que li diguet :
— Que fès aquí, brav'ome ?
— Couma veès siéu aqui pèr tirar lu patoun. M'an refusat â
l'espitàu, même en aquéu dai can, noun mi resta que de mouri
su d'un mouioun de peira. — Avès un carnet su lou quai enregistras lu fach dóu jou, farias ben de li aloungar lou miéu testamen que poudès mentuar couma acô :
— « Bouon Diéu, se mi fes passar encara une fes sur la terra,
fe-mi naisse can au mancou, li aura une Soucietà Proutetriça dei
Animau que si crusira de iéu e pourrai estre amès en un espitau,
estre souïnat, faire bouona vida, menar une vida de can... »
ANT. ROLAND.

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VIGNE
A M. VALÉRE BERNARD.

Dans le ciel doux la Vigne ètreint les pals de buis.
Sous le pampre le merle alourdi des falernes
Tourne son col gris vair et ses paupières lemes
Qu'argenté la blancheur des immuables nuits.
O / fraîcheur, 6 beauté des Igs et des iris,
Que la Vierge éblouie avec les marjolaines
Cueille le soir venu aux vasques des fontaines
Pour colorer en fête, au crépuscule, l'Euis.
Narcisses, ébeniers, œillet et sensitive
Ah ! Versez en mon âme attiédie et pensive
L'orgueil qui souleva les clairs olympiens.
L'amour qui rafraîchit les Madones pieuses
Et qui vêt de clarté les snls athéniens
Et les ravissements des époques heureuses.
JEAN

PADOVANI.

Quauque souvèt :
Vous souveti la bouona annada.
Que siegue mihau que la passada.
Vous souveti la bouona annada acoumpagnada de touplcn
d'autri.

�Eglises et Chapelles de Nice
La vieille ville de Nice se trouvant sur la rive gauche du
Paillon, pour parler de ses églises, nous commencerons par son
église cathédrale, Sainte-Réparate, vierge et martyre, de celles du
canton Est, et en traversant la rive droite nous nous occuperons des paroisses du canton Ouest.
I. — L'Eglise Cathédrale du Diocèse de Nice est la paroisse
de Sainte Réparate, vierge et martyre, sous l'empereur Decius en
253. Sa fête est le 8 octobre. Cette église est au centre de la vieille
ville (8.500 âmes), Avant 1531 la Cathédrale était près du Donjon, plateau de Nice, et dénommée : Sancta Maria in platea,
dédiée à N. D. de l'Assomption. L'édifice actuel, dans son genre,
ressemble beaucoup à Saint Pierre de Rome, au Vatican. C'était
auparavant une simple église paroissiale
desservie par
les Bénédictins du Monastère de Saint-Pons, près Nice.
Dans son ressort se trouvent l'ancienne église de Saint
Jaume (Saint Jacques apôtre), jadis des P.P. Carmes, fermée
depuis 1903. Après le transfert du titre de paroisse à l'église de
Saint Juste, évèquc, au Gesu, elle fut placée sous la vocable de l'Annonciation de la Sainte Vierge, ainsi que la belle Eglise de la
Miséricorde, sur le Cours Saleya, jadis de Saint Gaétan, fondée
e
par les P.P. Theatins au XVIII siècle et cédée à la noble
confrérie des Pénitents Noirs.
La Cathédrale de Nice, paroisse Sainte-Réparate de nos jours,
fut comme l'ancienne au Donjon du Château {Sancta Maria in
platea), le théâtre de plusieurs f lits historiques mémorables dans
les annales de l'histoire de Nice.
II. — L'Eglise de Saint Jacques, an Gesû, dès son érection
en 1612, dédiée à Saint Juste, évêque. Sa fête est le 2 septembre.
En 1665 fut érigée en paroisse sous le titre de Saint Jacques le
Majeur, remplaçant la paroisse de Saint Jaume. On l'appelle
vulgairement le Gesù à cause qu'elle a été fondée et administrée
par les P.P. de la Compagnie de Jésus.
Appartiennent à cette paroisse les deux chapelles des confréries des Pénitents Blancs, la Sainte Croix, — confrérie la

�óo —
plus ancienne de Nice, — et des Pénitents Rouges, Saint Suaire
et de la Sainte Trinité ; l'Eglise du Couvent de là Visitation,
la chapelle de l'ancien séminaire, à la montée du Château, et
jadis l'Hospice franciscain avec chapelle de Saint Joseph des
P.P. Recollets de Cimiez, convertie en maison particulière.
L'Eglise du Gesù est d'ordre corinthien composite, cons truite sur le modèle de l'Eglise des Jésuites de Turin, dite
vulgairement les Saints Martyrs. ( 10.000 âmes).
A l'extrémité de la rue du Malonat, aux racines de l'ancien
château, on voit un oratoire à la Sainte Vierge Marie, sous le
titre de N. D. du Bon Secours. Les habitants de ce quartier érigèrent cet oratoire en l'honneur de la sainte Vierge, en reconnaissance du choléra en 1854.
III. — L'Eglise paroissiale de Saint Martin Evéque dite de
Saint-Augustin est la plus ancienne, elle fut bâtie sur l'emplacement de l'ancienne chapelle de Saint Martin (1205) et appelée
Saint-Augustin parce qu'elle était desservie par les Augustiniens
dont le couvent a été transformé en caserne. (Caserne Filley, près
l'ancienne chapelle Sincaire).
IV. — L'Eglise de Saint-Francois-de-Paule a été édifiée en
1736 d'après le plan de l'architecte
Guarini. En 1838
elle fut érigée en paroisse par décret de Mgr Galvano et appelée
aussi Saint-Dominique en souvenir de l'ancienne église paroissiale
de ce nom qui s'élevait sur la place Saint-Dominique aux lieux et
place de l'actuel Palais de Justice.
V*— L'Eglise du Port ou de l'Immaculée Conception. D'humble
origine. D'abord ce fut une fort modeste chapelle (1835), transformée agrandie par Mgr Galvano, et l'avocat théologue L. Mari
fut son premier curé..
VI. — L'Eglise Saint-Joseph nouvelle paroisse depuis 1911 la
première pierre fut posée le 19 mars 1911, bénie le 29 octobre et
ouverte au public le Ier novembre 1911 sous le patronage de Mgr
Chapon et dirigée par les soins de M. l'abbé Gabrielli.
A cette paroisse appartiennent la chapelle succursale de Saint
Joseph contigüe à l'Evêché, et la chapelle de Notre-Dame des
Anges sur l'ancienne route de Villefranche.
VIL — Saint-Roch. Cette église paroissiale dans la banlieue
de Nice fut érigée après la peste de r68r. Nice fut délivrée de ce
fléau par l'intercession de saint Roch, confesseur, né et mort à

�- Si Montpellier. La paroisse est divisée en deux quartiers, Roquebillière
inférieure et Roquebillière supérieure, jusqu'à la chapelle de NotreDame de Bon Voyage.
VIII. — Rive droite du Paillon, intra muros, se dresse Notre Dame du Vau, paroisse Saint-Jean-Baptiste, qui remplace l'an
cienne église du même nom devenue chapelle inférieure du Lycée.
Cette belle église, vœu delà ville de Nice en 1835, mt érigée en
1842 et terminée en 1852 par Mgr Galvano, évêque de Nice.
La façade ressemble à celle élevée à Turin en l'honneur du retour
du roi dans les états Sardes en 1814.
IX. — Saiiit-Pierre-d' Aréna remplace une chapelle située à la
Croix de Marbre. Elle fut érigée en paroisse en 1803 par Mgr
Colonna d'Istria. Elle doit son nom à ce fait, c'est que lors de sa
fondation elle se trouvait sur le rivage de la mer séparée par une
bordure de sable fin.
X. — Une ancienne chapelle de Sainte-Hélêne-l'Inspiratrice
existait dans ces parages. Elle fut remplacée en face la mer par
une église sous l'épiscopat de Mgr Recrosio (1727).
Six paroisses « extra muros » dépendent de la commune de
Nice.
Sainte-Marie Magdeleine, sise dans le vallon de Magnan, édifiée sur l'emplacement d'une chapelle de même nom, érigée en
1626 et dite vulgairement chapelle « dei cassaire » à cause du
grand nombre de chasseurs. Après le concordat de 1803 sous
l'épiscopat de Mgr Colonna d'Istria, ce quartier qui depuis 1771
dépendait pour le spirituel de la cathédrale fut érigé en paroisse.
Il existe encore aujourd'hui une chapelle de Notre-Dame du Bon
Conseil changée en demeure particulière . Bientôt le besoin de
la population augmentant, une église sera bâtie à la cité Robiony
par les soins du curé actuel de la Madeleine.
Plus à l'est de la ville, toujours dans le canton ouest ce
l'Arquet, se dresse la paroisse de l'Ariane dédiée primitivement à
saint Arnoux, évêque et à saint Pierre, apôtre. Elle fut érigée en
paroisse en 1809 sous l'épiscopat de Mgr Colonna d Istria. Dans
son ressort se trouve l'ancienne chapelle nécropole de l'Abbadie
fondée en 1635 en l'honneur de sainte Claire pour le besoin spirituel de 450 à 500 habitants qui appartiennent aux communes
de Nice, Cantaron Saint-André. Localité d'avenii et à laquelle
le chemin de fer Nice-Coni donnera une valeur stratégique.

�— 32 —
Gairaut avait au moyen-âge une chapelle de secours desservie
par les religieux chevaliers de l'ordre du temple au début, et par
la suite de Rhodes et de Malte. Sous l'épiscopat de Mgr François
Rosini de Martinengo la chapelle fut érigée en église paroissiale
sous le vocable de saint Sauveur o*u de la transfiguration du
Rédempteur.
Dès 1730 les P. Dominicains de Nice fondent à Saint Pancrace un sanatorium pour religieux martyrs avec chapelle en
l'honneur de Saint Pancrace martyr. Cette chapelle est érigée en
paroisse en 1848 par Mgr Galvano.
Sur le couchant de Saint-Pancrace on trouve la paroisse de
saint Roman . martyr ; l'ancienne chapelle fut érigée en paroisse
ainsi que celle de saint-Antoine de Ginestière en 1803 sous Mgr
Colonna d'Istria.
VALENT IN.

NOU VÉ
Tu Çatarina fai lou pan.
Mdumen de jota, d'alegressa,
Fes audi da toui lu couor :
Lu ange canton l'alegressa,
Fuges l'infer, Juges la mouorl.
Chntou !
L'aarika sabla, li a quaucaren aici vesin,
Sembla que senti li joia d'un festin ;
Audi lu tambourin de laen,
Lu Jlajoulet e li musela,
Lu pastre van à Bethelen
Laisson la cabana soaleta ;
Santo nuech, venes aléa nen ralegrà,
Pourtas à toui la pax et la tranquilità !
Tu Catarina fai lou pan,
Manda Lucrecia au safran,
Despende aléa lou lauvaniè,
Chapla la blea su lou taatié ;
Crala de froumai e roumpe d'iiu
E fai la iourta couma fou,
Ché n'aiguen toui en aboundança (bis)
Santa nuech, venes alèu nen ralegrà,
Pourtas à toui la pa.x e la tranquilità .'
En tant faguen etnb'au vesin
t ua santépér lou Bambin,
Toucan lou gotou de bouon vin,
Ernb'aa vesin pér lou Bambin
Ti-ri-tin-tin ! -tinTi-ri tin !

�— 3Î —

L'Expulsion de Mgr Valperga
fEN SEPTEMBRE

1792)

Le 12 octobre 1780 h population de Nice se pressait aux
abords de la porte Pairoliëre pour y recevoir en grandes pompes
le nouvel évêque Charles-Eugène Valperga di Maglione. Ce
prélat avait couché la veille selon l'usage antique à l'abbaye de
Saint-Pons et devait faire ce jour là son entrée solennelle dans
sa ville épiscopale.
Le cérémonial imposant avec lequel on avait reçu jusqu'alors
les évêques fut encore cette fois observé. L'accueil de la population entière fut des plus chaleureux au rapport de Pierre Scaliero
qui en fut témoin (1). Le nouvel évêque, qui remplaçait Monseigneur Astésan nommé archevêque d'Oristano en Sardaigne,
appartenait à une famille de vieille noblesse dont plusieurs membres avaient exercé, à Nice, des fonctions importantes (2). Il
(1) Voir aux Archives municipales le récit détaillé que ce chroniqueur en a laissé dans ses Mémoires. Pierre Scaliero mourut en 1805.
(2) Jacques Valperga, conseiller ducal, fut lieutenant du gouverneur de Nice en 1454 ; Thoma5 Valperga fut gouverneur du château de Nice en 1565 ; Jean Valperga fut également gouverneur de
Nice en 1596 ; Jérôme Valperga fut commandeur du château de
Nice en 1600 ; Pierre Valperga, frère de Jacques Valperga, était
chevalier de Malte (Arch. municipales, registre des gouverneurs,
commandants et chevaliers de Malte) ; Anne Valperga, fille dAmédée
Valperga, épousa, le commandeur de Malte Jean-Paul Lascaris.
(Voir son testament daté de 1683, arch. des Alpes-Maritimes,
registre B, 297.) Joseph Ignace de Valperga reçut de son oncle, Emmanuel Philibert Chiotera, mie partie du fief de Couaraze dont il fut
investi le 20 février 1753. Son fils, Vincent, céda ses droits à H. Novelli. Jérôme Valperga fut sénateur à Nice de 1761 à 1765, puis
ministre plénipotentiaire de Sardaigne à Gênes en 1780 ; plus tard
il fut ministre etsecrétaire d'Etat, ce dernier était le frère de l'évêque
de Nice et fils du comte François Valperga qui vivait encore en
1795Ees armoiries des Valperga étaient fascé d'or et de gueules, à
la plante de chanvre déracinée, d'argent et brochant. Le cimier
était un bouc naissant au naturel et la devise : « Ferme-toy ».
Nous reproduisons les armoiries de Monseigneur Valperga d'après celles qui se trouvent en tête du catéchisme édité par ses ordres
et dont nous devons le dessin à l'obligeance de M. Joseph Casai
(Extrait de 1' « Armoriai Artistique et Nrbiüaire », Ni.e, 1902.
3

�- 34était directeur du collège des Provinces à Turin, lorsque le roi
de Sardaigne le désigna, pour l'évêché de Nice. Il avait été sacré à
Rome où il avait fait ses études. Monseigneur Valperga se distingua immédiatement par sa vigilance et son activité : il releva
le niveau intellectuel et moral des prêtres de son diocèse et s'attacha à mettre en toutes choses la plus grande régularité. Dix-huit
mois après son installation, il publia un nouveau catéchisme
dont le plan avait été préparé par son prédécesseur ^i). Grâce à

ses relations cordiales avec la eour de Turin, il jouissait auprès
des autorités civiles de Nice d'une grande influence. Après douze
(1) Ce catéchisme en italien fut imprimé à Nice par la Société
Typographique. C'est un petit volume in-douze de 612 pages, portant
la date de 1783. En tête se trouve le mandement de Monseigneur
Valperga du 16 février 1782 qui approuve le travail terminé par
le prêtre auquel Monseigneur Astésan en avait confié le soin, ordonne
sa publication et règle l'organisation des catéchismes dans tout le
diocèse. Deux ans plus tard en 1785, Gabriel Floteront, imprima
un autre catéchisme rédigé en dialecte niçois, petit volume in-12
de 228 pages. Un exemplaire de ces deux ouvrages existe à la biblio
thèque de Nice. — Voir Villarey, Série Cronològica dei Vescovi
di Nizza. — Art. Valperga.

�-35 années de séjour dans cette dernière ville il s'était acquis l'estime
et le respect de tous.
*

• *

Lorsque le 28 septembre 1792 dans l'après-midi, les troupes
piémontaises évacuèrent Nice, il y eut dans cette ville une effroyable panique et des milliers d'habitants s'enfuirent dans la direction de Turin. Ce fut un désarroi et une désorganisation complète de toutes les autorités. iMonseigneur Valperga resta à son
poste et s'engagea à ne point quitter la ville. Le lendemain samedi
29 septembre, il accompagna le second consul Honoré Saissi et
quelques membres du Conseil qui se rendirent, vers les onze
heures du matin, à la villa Feraudi, au quartier St Hélène, pour
offrir les clefs de la cité au général d'Anselme qui venait d'y
arriver à la tête des troupes françaises. Le général fit à la délégation assez bon accueil, mais il s'étonna de trouver parmi ses membres, l'évêque dont la place déclara-t-il n était pas là. Du reste,
d'Anselme attacha si peu d'importance à la démarche îles magistrats niçois que dans aucune de ses dépêches officielles il n'en fit
mention.
Sur le soir du même jour, la petite armée française faisait son
entrée dans la ville et le général s'installait dans la maison du
consul de France à la place St Dominique. L'évêque de Nice qui
tenait à rester au milieu de ses diocésains se présenta de nouveau
vers les huit ou neuf heures du soir chez le général auquel il voulait recommander ses prêtres en lui demandant des respecter les
églises. Le général était entouré de tout son état-major, du consul
de France, Pierre Le Seurre, de Honoré Saissi, second consul, de
Féraudi, secrétaire général de la commune. Ces deux derniers
venus probablement pour appuyer les demandes de l'évêque.
L'accueil du général ne fut pas plus encourageant que la première fois ; il intima même avec insistance au prélat l'ordre de
quitter ta ville en ajoutant que le plus tôt serait le mieux et ce
fut sur ces dernières paroles que l'évêque se retira après avoir toutefois reçu du général la promesse que tout ce qu'il laisserait dans
son palais serait placé sous la sauvegarde de la Nation française.
Il n'y avait pas à tergiverser, l'ordre était formel et pressant, il
fallait partir. L'évêque prit ses dernières dispositious et délégua,
au curé de la cathédrale, le chanoine Honoré Navello, tous les
pouvoirs nécessaires pour administrer le diocèse en son absence.
Aux premières lueurs du jour, Valperga quitta son palais, et se

�— 36 dirigea à pied vers la porte Pairolière. Il avait été impossible de
trouver une voiture car tous les moyens de transport avaient été
réquisitionnés et utilisés le 28 septembre pour permettre l'exode
des habitants terrorisés. Il avait ordre de partir, mais cet ordre
n'ayant pas été donné par écrit, les volontaires marseillais, de garde
à la porte de Turin, refusèrent de le laisser passer, l'accablèrent
d'injures, le menacèrent même de le pendre et ne consentirent á
le lâcher que sur un ordre écrit, sollicité et obtenu du général,
grâce à l'intervention courageuse et au sang-froid d'un jeune
niçois, Joseph Castellinard. Monseigneur Valperga se retira à
Turin et y mourut en 1805 sans avoir jamais pu obtenir l'autorisation de rentrer.
*

* *

Il est établi par les documents officiels contemporains que
Monseigneur Valperga ne quitta son siège que sur les ordres arbitraires du général d'Anselme et ces mêmes documents nous
renseignent très exactement sur les incidents fâcheux qui se produisirent au départ de l'évêque. Du reste, on n'ignorait pas à Nice
comment les choses s'étaient passées et la population savait grê à
Valperga de son attitude et de sa fermeté. De son côté, Valperga
avait eu confiance dans la parole à lui donnée par le général au
nom de la Nation française et à plusieurs reprises il manifesta
son étonnement qu'elle n'ait pas été gardée, que ses biens aient
été confisqués, son mobilier vendu, son nom inscrit sur la liste
des émigrés alors qu'en partant il n'avait cédé qu'à la force.
Parmi les nombreux documents qui se trouvent soit aux archives de Nice, soit aux archives nationales il en est quelques-uns
dont la simple reproduction sera plus probante que tous les corn,
mentaires. Il_suffira de citer :
•i° La lettre du Directoire des Colons Marseillais en date du
25 février 1793, adressée aux citoyens Blanqui et Veillon, députés
extraordinaires de la ville de Nice à Paris, au sujet des réclamations présentées le 23 du même mois par Jean-Jacques Donny, au
nom de Mgr Valperga.
20 La réponse du même Directoire à J.-J. Donny, en date du
26 février 1793.
3„ L'arrêté du Département en date du 13 avril 1793.
40 La réclamation présentée au Directoire du département

�Valperga, aussitôt après son inscription sur la liste des émigrés de
la ville de Nice, dressée à la fin de juin 1793.
50 Les états de frais pour l'inventaire et la vente du mobilier
et effets de « l'émigré Valperga Maillone, citoyen évêque » approuvés par le département des Alpes-Maritimes, le 5 germinal an
III (25 mars 1795).
6° Les actes de notoriété dressés le Ier et 2me fructidor an III
(18 et 19 août 1795) par Gautier, juge de paix à Nice, à la requête de Pierre-Joseph Passeron, agissant en qualité de procureur
subrogé par Nicolas Giorni, procureur spécial et général de Mgr
Valperga, par acte de procuration reçu à Turin le 20 juillet 1795,
notaire Pierre-Joseph Bernochio.
70 La pétition adressée au district de Nice le 4 fructidor an III
(21 août 1795) par Pierre-Joseph Passeron, demandant la radiation du nom de Valperga sur la liste des émigrés.
8° L'avis du district de Nice en date du 5 vendémiaire an IV
(27 septembre 1795) déclarant que Mgr Valperga doit être rayé
de la liste des émigrés.
90 L'arrêté du département des Alpes-Maritimes, en date du
14 prairial an V (2 juin 1797) ordonnant la radiation provisoire
du nom de Valperga de la liste des émigrés.
io° L'acte de cautionnement dressé par le département le
11 fructidor an V (28 août 1797), à la requête de Pierre-Joseph
Passeron, procureur de Mgr Valperga en exécution d'une des
clauses de l'arrêté du 14 prairial an V (2 juin 1797).

�- 38 —

DOCUMENTS ET PIÈCES D'ARCHIVES

Pièce 1.

25 février 1793
Aux cit. Blanqui et Veillon
Une lettre du cit. Donny, associé du citoyen LeClerc, défunt président de l'ancienne administration
provisoire, dont vous avez ci-inclus l'extrait ( 1 ), nous
fait connaître que le cit. Valperga, évêque de Nice,
laissa avant son départ (ordonné à son retour par
Anselme) dans sa maison pour environ 34.000 livres,
argent monnayé, et environ pour 17.000 d'effets en
vaisselle, linge, batterie de cuisine etc.
Une portion de ces effets se trouvent encore dans
ladite maison, sous l'inventaire que nous en avons
fait dresser par les commissaires de l'une et l'autre
administration, lorsque nous avons été installés, mais
il s'en faut de beaucoup qu'elle puisse arriver à la
somme de 17.000 livres, pas même le tiers.
Quant à l'argent monnayé entré dans la caisse du
receveur de l'ancienne administration, nous n'y
voyons point la somme que ledit Evêque désigne
avoir laissé dans sa maison. Nous vous remettons cijoint un extrait de l'état des sommes' que le cit.
Bonnet a reçu en espèces, pendant toute sa gestion
de receveur et trouvées parmi les effets des émigrés
français et niçois.
Nous ne voulons rien préjuger sur l'assertion du
cit. Valperga, quoique nous ayons des indices frappants de vérité. Ce ne sera que lorsque nous aurons
pu les convertir en preuves par le témoignage de
quelques citoyens que nous nous procurerons, pour
pouvoir en demander la restitution et la poursuite
contre le pillage.
En attendant, noùs croyons devoir vous faire part
de cette découverte que nous allons communiquer au
Président de la Convention Nationale et au Ministre.
Arch. des A. M. Registre de la correspondance du
Directoire des Colons marseillais L. 5.
Cet extrait manque au registre ainsi que les autres pièces
énoncées dans celte lettre.

�-hLe 2érae février 1793.
Au citoyen Donny, négociant à Nice
Pièce 2.

Votre lettre du 23me de ce mois, citoyen, nous
demande des renseignements sur le temporel du
citoyen Valperga, Evêque de Nice. Nous allons vous
transmettre tous ceux qui sont à notre connaissance
L'administration provisoire en choisissant l'Evêché
pour le lieu de ses séances, vint s'y établir dans les
premiers jours d'octobre, et tout nous porte à croire
qu'elle ne fit aucun inventaire des effets qui s'y trouvaient, du moins nous n'en avons trouvé aucun dans
les papiers qu'elle nous a remis.
En succédant à cette administration provisoire,
uous avons cru que notre premier devoir était de faire
un inventaire de tout le mobilier renfermé dans la maison épiscopale. Nous y avons successivement procédé
en présence des administrateurs provisoires et à mesure qu'ils nous en remettaient les clefs. Tout le mobilier qui s'y trouvait, ne consistait guère qu'en
meubles meublants et ne nous paraît pas avoir la
valeur de 17 mille livres que l'Evêque lui donne.
Vous pourrez, si vous le jugez à propos, faire prendre
à notre secrétariat une copie de cet inventaire. Tout
ce. qui n'est point renfermé dans les appartements
que nous occupons au premier étage, a été laissé à la
garde de Jean Poma, ancien concierge de l'Evêque et
le nôtre.
Pour nous éclairer sur les 34.000 1. argent monnayé que l'Evêque doit avoir laissé en sa maison,
nous avons écrit au cit. Bonnet, receveur de l'administration provisoire, pour lui demander un état des
sommes en numéraires versées dans sa caisse, comme
ayant été saisies et trouvées parmi les effets des Emigrés français et niçois. L'état qu'il nous a remis ne
monte qu'à 74121. 16 s, et aucun article n'a du rapport
avec les réclamations du citoyen Valperga.
Quant à ce qui concerne personnellement le
citoyen, nous avons demandé au Ministre de l'Intérieur de vouloir bien nous dire la manière dont nous
devions l'envisager. Nous savons qu'un ordre arbi-

�— 40 —
traire de Danselme l'obligea de quitter Nice, le jour
de l'entrée des Français. Mais nous pensons aussi que
la proclamation des Commissaires de la Convention
nationale de France et le décret de celle de Nice,
concernant les Emigrés, étaient des motifs suffisants
pour le ramener à son poste et le rassurer sur les
suites de son retour. En persistant à prolonger son
absence, il s'expose à être traité comme émigré, à se
voir déclarer déchu de sa place et confisquer tous ses
biens. Telle est la disposition de la loi, et quoique
nous ayons consulté le ministre sur le cas particulier
de l'Evêque, nous prévoyons que sa réponse sera de
nous en tenir à la rigueur des lois, ainsi que plusieurs
instructions nous l'ont déjà annoncé.
Vous sentez, citoyens, que tout le mobilier de
l'Evêque doit rester séquestré jusqu'à son retour ou à
la décision du Ministre. Il peut être tranquille sur la
conservation de tout ce que nous avons trouvé en
entrant dans sa maison. Ce qui a pu en être enlevé
avant notre entrée en fonctions, est étranger à notre
gestion. Mais nous employerons tous les moyens qui
sont en notre pouvoir pour en trouver les traces, en
acquérir les preuves et en faire punir les coupables.
Les administrateurs, etc.
Archives des A.-M., Registre
suivants.

,L. 5,/°7i verso et

Lettre des commissaires de la Convention
Nationale et arrêté du Département des A. M.
Nice, le 9 Avril 1793, l'an 1 Ie de la Repu bublique Française.
« Vous voudrez bien, citoyens, en nous envoyant
les noms et prénoms de l'évêque de Nice, nous instruire officiellement d'après les "dispositions des lois,
s'il est censé démissionnaire et son siège vacant.
« Les Commissaires de la Convention Nationale
au département des A. M.
GRÉGOIRE, JAGOT (I)

(1)

Archives des A. M. L. 29 ancien. L

7

actuel.

�— 4i (i3 avril 1793)
Le Directoire ; vu la réquisition du citoyen Procureur Général sindic « Considérant que Charles Eugène Valperga, évêque de Nice, n'avait point quitté
son domicile lors de l'entrée des troupes de la République ; considérant qu'il a lui méme-accompagné les
consuls d'alors quand ils furent présenter les clefs
de la ville et inviter le général Anselme à venir en
prendre possession au nom de la République ; considérant que le général Anselme par ses ordres arbitraires et tiranniques, accompagnés même de menaces contre ses jours, l'ont forcé de s'éloigner ; arrête
qu'il ne peut le déclarer émigré, et qu'il sera répondu
aux Commissaires de la Convention nationale d'après
les principes ci-dessus.. »
Sign : PAUMÉ ; BARLI FABRI ; F. CASTKLIMARD ;
ANGLES ; BERNARDI, secrétaire général. (1)
pjj

ce

^

Aux citoyens composant le Directoire du
département des Alpes-Maritimes..
22 juillet 1793.
Citoyens,
Le citoyen Jean-Jacques Donny, soussigné, chargé
des intérêts du citoyen Valperga, évêque de Nice
absent, ayant été informé que par votre délibération
du 29 du mois passé, ledit citoyen Valperga avait été
déclaré émigré, vous représente avec tous les égards

(1) Archives des Alpes-Maritimes, Registre L,. 3, folio 101. L'Arrêté n'est pas signé par le procureur syndic Jean-François Tourre
ni par l'administrateur Jean-L,ouis de Villiers qui ne partageaient
point l'opinion de leurs collègues. A noter que Tourre était d'Antibes
et que de Viliers était un médecin français établi depuis longtemps
à Nice.
I/Arrêté fut pris malgré le réquisitoire de Tourre qui voulait
déclarer Monseigneur Valperga émigré et malgré un violent discours de Villiers soutenant la même thèse qui fut combattue par
Barli Fabri, par Castclinard et par Anglès. J'ai déjà publié in-extenso
cette délibération du 13 avril T793 au cours d'un article sur l'église
de Nice en 1792-1793 inséré dans Nice Historique du Ier avril 1903,
C'est pourquoi je reproduis ici simplement la lettre des
commissaires et l'arrêté du département.

�- 42 —
dûs au pouvoir dont l'exercice vous a été confié par
le peuple souverain que le citoyen Valperga ne peut
ni ne doit sous aucun rapport être considéré comme
émigré, par les motifs ci-après :
i° Qu'il est de notoriété publique qu'il n'a quitté
le pays que contre son gré et par ordre du général
Anselme :
2° Qu'il a constamment été disposé et a offert
de revenir dans son diocèse, moyennant qu'il ne fut
assujetti à prêter qu'un serment relatif au temporel et
non au spirituel.
3° Qu'enfin et par la raison que n'étant point
indigène, mais étranger, son séjour ici n'a été dé terminé que par sa nomination à l'épiscopat, événement casuel qui n'a jamais pu le soumettre à l'obligation de renoncer pour toujours à sa mère-patrie.
Tous ces motifs, soit qu'on les prenne collectivement ou séparément, démontrent suffisamment,
citoyens administrateurs, le droit incontestable, qu'a
le citoyen Valperga de demander et prétendre la
radiation de son nom du tableau des émigrés, et si
le ministre de l'Intérieur n'a fait aucune distinction
entre lui et les autres citoyens, c'est sans doute qu'il
a ignoré les circonstances qui vous sont exposées
ci-dessus, et notamment la dernière, car s'il les eût
toutes connues, il n'est nullement probable qu'il eût
décidé comme il l'a fait. Toute hypothèse contraire
serait une injure faite à ses sentiments et à ses lumières. Un homme tel que lui, dont les vertus civiques, le patriotisme et les talents l'ont appelé au
poste aussi honorable que pénible qu'il occupe, doit
ressembler autant que possible à la Nation pour
laquelle il agit et qui l'a honoré de sa confiance.
Cette nation est grande, généreuse, magnanime,
juste et bienfaisante.Elle ne peut qu'êtreextrêmement
jalouse de sa gloire, et l'un des principaux devoirs de
ses agents est d'éviter soigneusement d'en ternir
l'éclat.
Le refus qui serait fait de rayer de la liste des
Emigrés le nom du citoyen Valperga, refus qui entraînerait avec lui la confiscation des minces propriétés de ce citoyen, serait un acte qui imprimerait à

�-

43

-

jamais une tache ineffaçable à la gloire du nom français ; tache qui ne pourra manquer de frapper également les yeux des contemporains et ceux de la postérité ; tache enfin que les historiens ne manqueront
pas de faire ressortir par des couleurs enluminées, et
le bel effet qu'un pareil tableau produirait, citoyens
administrateurs, serait votre ouvrage.
Mais non, loin de nous, cette idée ! Vous êtes
républicains ! cela suffit. Les républicains sont vertueux. Ils aiment, chérissent, protègent, respectent
la vertu partout où elle se trouve. Et le citoyen Valperga aussi est un homme vertueux ! Qui en doute ?
Nul bon citoyen, nul honnête homme. Souvenezvous, citoyens administrateurs, que ce n'est que par
ses vertus qu'il a mérité l'amour et l'affection du
peuple Niçois et non par sa qualité d'évêque. Et plût
à Dieu que tous les ecclésiastiques lui eussent ressemblé ! La France n'eut point éprouvé d'aussi horribles secousses, pour asseoir, affermir et assurer sa
liberté.
La République a incontestablement le droit de
renvoyer hors de son sein tout individu qui ne lui
convient pas, mais en renvoyant ainsi un étranger
qui, d'ailleurs, n'a pas encouru la peine de la confiscation de ses biens, elle lui permet de les emporter ou
de les vendre et d'en emporter le produit. Tel est
précisément le cas du citoyen Valperga.
L'exposant demande en conséquence, citoyens
administrateurs, qu'il vous plaise prendre dans votre
sagesse une délibération tendante à rendre audit
citoyen Valperga sa qualité de citoyen français non
émigré, à lui accorder un délai compétent pour rentrer dans ce pays soit comme simple citoyen ou
comme fonctionnaire public et à lui assurer dans
tous les cas la restitution de ses propriétés par lui
laissées sous la sauvegarde de la loyauté française
dans la maison épiscopale, lors de sa retraite forcée,
ou la juste indemnité de leur valeur. Et sera justice.
Nice, le 22 juillet 1793, l'an second de la République française, une et indivisible.
Jean-Jacques DONNY.
l
ARCHIVES NATIONALESF/ 4.867 , dossier Valperga.

�- 44 Pièce 5.

Etat de frais de vente pour parvenir à l'inventaire
et vente des effets de l'émigré Valperga Maillone,
citoyen évêque :
5 germinal an III (25 mars 1795)
Pour une séance de trois commissaires dont un du
District et deux de la Commission municipale, fixée
à trois livres par séance par le Directoire du district
et approuvé par les Représentants du
Peuple
L.
9 »
Papier timbré tant de la minute que
des deux extraits
»12
Pour la copie desdits deux extraits . .
» 8
Droits d'enregistrement
13 10
31

2

Nous soussignés certifions le compte ci dessus véritable.
Signés : J.-B. Thomaty, comm. du dist. ; Savigny,
comm. munie. ; Mabil, comm. municip.
Frais de la vente :
Pour quatre séances de deux corn missaires dont un
du District, un de la Commis, mun. sans le membre
de l'administration fixées à trois livres par séance par
le Directoire du district et approuvé par les Représentants du Peuple .
L.
24 »
Au trompette pour publication de
quatre criées
5 »
Au crieur à la vente, quatre séances .
12 »
Aux portefaix qui ont travaillé au
transport des effets
40 »
Papier timbré tant de la minute que
de l'extrait
1 »
Bougie
3 »
Droits d'enregistrement
27 »
Papier timbré du petit état
» 4
A la femme qui a assisté à la vente
pour l'arrangement du linge
» 12
L.
Signés : J.-B. Thomaty, comm. du
district ; Savigny, comm. municip.

1

159 6

�Vu par nous, membres composant la Commission
Administrative du district et d'après l'arrêté du district, approuvé par les Représentants du Peuple et la
loi du il et 12 Mars, arrête l'état des frais ci-dessus
se montant à la somme de cent cinquante neuf livres
trente centimes, qui seront acquittés par le receveur
du droit d'Enregistrement lorsque le Département
aura vérifié ledit état.
Nice, le 29 ventôse an 3"" de la République française une et indivisible (19 mars 1795).
(Suivent les signatures).
Vu l'état des frais ci-dessus pour parvenir à l'inventaire et vente du mobilier de l'émigré Valperga
Maillone ci-devant évêque.
Vérifié et arrêté par le Directoire du district de
Nice, la Commission Administrative du département
des Alpes-Maritimes approuve ledit état et ordonne
au citoyen Maussier, receveur de l'enregistrement
cîudit district de payer aux citoyens J. B. Thomaty
et Savigny, comm. la somme de 159 livres et 30
centimes pour montant des frais pour inventaire et
vente des susdits effets de l'émigré, laquelle somme
lui sera allouée en compte.
Fait à Nice le 5 germinal an 3me républicain ( 25
mars 1795).
Etat des frais pour parvenir d la vente du mobilier de
l'émigré Charles Eugène Valperga Maillone, citoyen
évêque.
Pour trente-neuf séances de trois commissaires
dont un du District et deux de la Commission municipale, fixé à trois livres par séance par le Directoire
du district et approuvé par les Représentants du
peuple
L.
351 »
A deux portefaix, dix-neuf journées et
demi chaque fixées à cinq livres par jour.
195 »
Au trompette pour publication de
trente-neuf criées fixées à une livre cinq
sols chaque
48 r 5
Au crieur à la vente, trente-neuf séan
ces fixées á trois-livres par séance ....
117 »

711 1$

�- 4* Report
Papier timbré tant de la minute que
de l'expédition
Pour copie dudit extrait fixé à quatre
livres
Papier timbré du présent état ....
Bougie
Droit d'enregistrement
Plus deux autres journées de portefaix à cinq livres
Un paquet de plume
L.

148
4
6
421

»
4
»
»

20
5

»
»

1.182

7

Nous soussignés certifions le compte ci-dessus,
véritable.
Nice, le Ier ventôse an 3me de la République (19
février 1795).
Signés : J.-B. Thomaty, commissaire du district ;
Savigny, comm. ; Honoré Mabil, comm. municipal.
Vu par nous, membres composant la Commission Administrative, de ce District, et d'après la loi
du 11 et 12 Mars 1793 (v. s.) et l'arrêté de cette
Commission approuvé par les Représentants en date
1^ Fructidor, oui l'agent national, arrête l'état des
frais se montant à onze cent huitante deux livres et
trente cinq centimes qui seront acquittés par le
receveur de l'agence de l'enregistrement sur le produit de la vente desdits meubles, lorsque le Département aura vérifié ledit état.
Nice le 29 ventôse an 3me de la République
française une et indivisible (19 mars 1795).
(Suivent les signatures).
Vu l'état des frais ci-dessus pour parvenir à la
vente du mobilier de l'Emigré Valperga Maillone cydevant évêque.
Vérifié et arrêté par le Directoire du district de
Nice.
La Commission administrative du département
des Alpes-Maritimes, approuve ledit état et ordonne

�— if au citoyen Maussier, receveur de Penregistrement
dudit district de payer aux citoyens J.-B. Thomati,
Savigni et Honoré Mabil, commissaires, la somme de
mille cent quatre vingt deux livres trente cinq centimes pour montant des frais de la vente des susdits
effets de l'Emigré. Laquelle somme lui sera allouée
en compte.
Fait â Nice le 5 germinal an 3me républicain (25
mars 1795).
Arch. des A. M. L. 15 ancien p. 44-45 N° 34-35

Actes de Notoriété
Pièçe g

1-2-fructidor an III
18-19 août 1795
EGALITÉ, LIBERTÉ

AU NOM DE LA LOI
Ce jourd'hui, premier Fructidor, l'an troisième
(18 août 1795 de la République française, une et indivisible, à Nice, chef-lieu du département des AlpesMaritimes, par devant Nous, Antoine Gautier Juge de
paix de la Ier, 2m" et 3me section et officier de police,
est comparu le citoyen Pierre Joseph Passeron, natit
tic la commune de Contes et habitant en celle de Nice
depuis plusieurs années.
Lequel en sa qualité de procureur du citoyen
Charles Eugène Valperga de Maillone, évêque de Nice,
subrogé par le citoyen Nicolo Giorni, homme de loi,
procureur spécial et général établi (par acte reçu) par
le notaire Pierre Joseph de Bernochio, le 20 Juillet
dernier (v. s.) qu'il présente, légalisé par le résidant
de la République de Gênes auprès de la Cour de Turin, dont il résulte le pouvoir donné au citoyen Giorni, de subroger en son lieu et place, avec tous les
pouvoirs compris au dit acte, et il présente au surplus l'acte de sa dite subrogation faite par le même
citoyen Giorni, reçu en la ville de Gênes le premier

�- 48 du mois d'août dernier (v. s.) par le notaire Antoine
Baglietto, légalisée par le consul de la République
française.
Il expose que le vingt neuvième jour de septembre
de l'année 1792, l'armée de la République, étant arrivée en cette ville, commandée en chef par le citoyen
général d'Anselme, lorsque ce général, vers le soir,
fut arrivé et il eut pris son logement dans la maison
habitée par le ci-devant consul de la République Le
Seurre, ledit citoyen Evêque Charles Eugène Valperga de Maillone s'y étant présenté, ledit général d'Anselme, en présence de tout son Etat-Major, lui signifia
d'abord de devoir partir de cette ville. Sur quoi le
dit évêque ayant répondu qu'il avait cru de pouvoir
continuer sa résidence en cette ville et tellement l'avait cru, qu'il n'avait jamais pensé de distraire et en
faire partir le moindre de ses meubles et effets, qu'il
avait dans la maison d'habitation de l'tvêque et que
si absolument il lui ordonnait de partir, il le priait de
lui accorder la sauvegarde sur tous lesdits effets et
meubles. Le dit général d'Anselme lui répliqua qu'il
dut absolument partir de cette ville, en ajoutant que
le plus tôt en serait le mieux, et qu'à l'égard de ses
meubles et effets qu'il avait, il les mettait dès ce ino
ment sous la sauvegarde et loyauté de la Nation française et qu'il pouvait en être tranquille, après quoi ledit
évêque Valperga de Maillone, tout tremblant, ayant
dit qu'il allait se conformer dès le lendemain au matin à ses ordres, se retira ; ledit général d'Anselme
lui ayant encore répliqué : le plus tôt sera le mieux.
Et comme il importe audit citoyen évêque Valperga de Maillone de constater le fait ci-dessus expo"sé, suivi en présence de tout l'Etat-Major dudit général d'Anselme et de plusieurs citoyens de cette commune, l'exposant, en sa dite qualité vous présente les
citoyens Pierre Le Seurre, ci-dessus nommé, ci-devant
consul en cette ville de la République, le citoyen Honoré Saissi de cette commune qui pour lors était second consul de la même commune, le citoyen Philippe Emmanuel Féraudi qui pour lors était secrétaire de
Ìa même commune et le citoyen Ange Giraudi aussi

�- 49 de cette commune, pour recevoir leurs dépositions
sur ledit exposé et vous fait instance que de tout lui
soit concédé acte, ce que nous lui avons accordé, et a
signé.
PIERRE JOSEPH PASSERON.

Et de suite se sont présenté les susnommés
citoyen Le Seurre, natif de Craon, âgé de 75
ans, bourgeois, le citoyen Saissi, âgé de 70 ans,
négociant, Emmanuel Feraudi, âgé de 68 ans, notaire, Ange Giraudi, âgé de 63 ans, négociant,
natifs et domiciliés dans cette commune, auxquels
après avoir fait lecture dudit exposé fait par ledit citoyen Pierre Joseph Passeron, en sa dite qualité, les
avons interpellés sur serment que leur avons fait prêter, conformément à la loi, de nous dire en leur âme
et conscience si tous les faits énoncés dans le même
exposé sont de leur connaissance et tous les quatre ont
répondu et attesté tant uniment que séparément en
être pleinement informés, s'y étant trouvés présents,
et que le tout contient la vérité, toute la vérité et
rien que la vérité. En foi de quoi ils ont signé :
LE SEURRE, HOSORI'J
SAISSI, PHILIPPE EMMANUEL FÉRAUDI,
ANGE

GIRAUDI.

Et nous, juge de paix, vu les dépositions ci-dessus, avons de tout concédé acte au susnommé citoyen
Pierre Joseph Passeron en sa dite qualité, pour lui
servir et valoir dans tous les cas, à ce que de droit et
de raison. Fait à Nice, l'an et le jour que dessus.
GAUTIER, juge de paix.
BONIFACI, sec. greffier.
Vu par nous, membres du District de Nice, 3 vendémiaire an IV rép. 25 sep. 1795, TOSELLI, JN COPPON
fils, VÉRANI pr. syndic, SAYTOUR Martin.

�— 5o —
EGALITÉ, LIBERTÉ.

AU NOM DE LA LOI
Ce jourd'hui. second jour de Fructidor de l'an 3
août 1795) de la République française une et indivisible, à Nice, chef-lieu du département des AlpesMaritimes, par devant nous, Antoine Gautier, juge de
paix de la iere, 2M* et 3ME section et officier de police,
est comparu le citoyen Pierre Joseph Passeron : natif
de la commune de Contes et habitant en celle de Nice
depuis plusieurs années
Lequel en sa qualité de procureur du citoyen
Charles Eugène Valperga de Maillone, évêque de
Nice, subrogé par le citoyen Nicolo Giorni, homme
de loi, procureur spécial et général établi (par acte
reçu) par le notaire Pierre Joseph de Bernochio, le 20
Juillet dernier (v. s.) qu'il présente, légalisé par le résidant de la République de Gênes auprès de la Cour de
Turin, dont il résulte le pouvoir donné au citoyen
Giorni, de subroger en son lieu et place, avec tous les
pouvoirs compris audit acte, et il présente au surplus
l'acte de sa dite subrogation faite par le même citoyen
Giorni, reçu en la ville de Gênes le premier du mois
d'août dernier (v. s.) par le notaire Antoine Baglietto,
légalisée par le consul de la République française.
Expose : Primo, que le matin du trente septembre 1792, le citoyen Charles Eugène Valperga de
Maillone, évêque de Nice, en partant de cette ville
avec deux domestiques à sa suite, qui portaient un
paquet et quelques effets, fut arrêté à la porte qui conduit en Piémont, ci-devant nommée porte Victoire,
et conduit au vestibule de la maison presque attenante
à ladite porte, appartenant au citoyen Dominique
Castellinard, où se trouva le citoyen Joseph Castellinard, fils dudit Dominique, et malgré que ledit Evêque Valperga déclara aux soldats de la Garde de la
dite porte qui étaient des Marseillais, que c'était en
conséquence d'ordre qui lui avait été signifié par le
citoyen général d'Anselme qu'il partait de cette ville,
lesdits soldats commencèrent par le malmener et lui
(19

�signifier qu'ils voulaient le pendre et ayant ouvert
ledit paquet et y ayant trouvé entre autres effets, une
ceinture d'évêque, ils déterminèrent, à l'instant, de le
pendre avec ladite ceinture, et ayant essayé si la même
était assez forte pour le soutenir, en la préparant, elle
se fit en lambeaux, de façon qu'ils vérifièrent qu'elle
ne pouvait leur servir et demandèrent audit Joseph
Castellinard fils une corde, pour pendre ledit évêque,
à un grand anneau de fer qui était au plafond dudit
vestibule, servant â y passer une verge de fer pour
peser les marchandises, et ledit citoyen Castellinard
fils, leur ayant absolument refusé de leur donner de la
corde, en s'excusant qu'il n'en avait point, comme
dans tous ces entrefaits ledit évêque se trouve mal et
ne peut plus se soutenir, ledit Castellinard fils lui fit
apporter une chaise, par sa servante à qui quelques
uns de ces soldats donnèrent des coups de poing pour
avoir porté ladite chaise et le même Castellinard le
fit ensuite asseoir sur ladite chaise, en le soutenant,
parce qu'il ne pouvait se soutenir droit ; d'autant plus
qu'en attendant, lesdits soldats marseillais lui disaient mille exécrations, lui crachaient dessus et lui
donnaient des soufflets, et assurément ils l'auraient
fini, si dans cet intervalle un de ses domestiques
n'avait été dire au citoyen général d'Anselme ce qui
venait d'arriver, et ledit domestique étant venu avec
un billet dudit général d'Anselme qui ordonnait à la
garde de le laisser partir, puisque c'était de son ordre,
en conséquence de ce billet lesdits soldats marseillais
se bornèrent pour lors à lui dire et crier mille invectives et injures et le laissèrent partir, ce que ledit
évêque, malgré qu'il ne pût se remuer, à l'aide de ses
domestiques fit au mieux possible en tremblant, de
façon qu'il doit son existence au refus ferme et déterminé que ledit citoyen Castellinard fils leur fit de
leur donner une corde, sans quoi avant l'arrivée du
dit domestique portant l'Ordre du général d'Anselme, il aurait été pendu et étranglé.
Secondoque lefaitci-dessusfut d'abord public et notoire, de notoriété publique dans cette ville et encore
plui le lendemain premier octobre, puisque les autres

»

�— 52 —

soldats de la Phalange Marseillaise, arrivés sur le soir
dudit jour trente septembre, d'abord après leur arrivée
cherchèrent l'évêque qu'ils voulaient le lanterner et
mettre en pièces, comme ils s'expliquèrent hautement,
ce qui joint au fait arrivé dans ledit vestibule de la
maison Castellinard, étant devenu d'une notoriété publique donna l'épouvante à tous les gens honnêtes du
pays, qui disaient que le citoyen général d'Anselme en
ordonnant audit évêque de partir, en mettant sous la
sauvegarde de la Nation française ses meubles et ses
effets, avait voulu le sauver.
Et comme il importe audit citoyen Passeron, exposant en sa dite qualité, de constater par témoins le
fait ci-dessus exposé, il nous présente ledit citoyen
Joseph Castellinard fils de Dominique de cette commune, âgé de 21 ans, de profession, négociant, qui se
trouva présent au fait énoncé dans le Ier article de l'exposé ci-dessus, et au surplus informé de la notoriété
des faits énoncés au second et dernier chef, de ladite
exposition et il nous présente les citoyens Jean-Jacques Donny, natif de Neufchâtel en Suisse, âgé de 39
ans, de profession, négociant ; Joseph Poullan, natif
de Clavesana, en Piémont, âge de 48 ans, négociant ;
Jacques Gerbin, âgé de 60 ans, tailleur, Jean-Marie
Thaon, âgé de 56 ans, négociant, natifs et tous domiciliés en cette commune pour déposer sur ladite
notoriété énoncée dans ledit second fait exposé, pour
recevoir leurs dépositions, et nous fait instance que de
tout lui soit concédé acte, ce que nous lui avons accordé et a signé.
Pierre-Joseph PASSERON .
Et de suite se sont présentés les susnommés citoyens Joseph Castellinard, Jean-Jacques Donny, Joseph Poullan, Jacques Gerbin, et Jean-Marie Thaon,
ci-dessus qualifiés, auxquels après avoir fait lecture
dudit exposé fait par ledit citoyen Passeron, en sa
dite quálité, les avons interpellés sur serment, que
leur avons fait prêter, conformément à la loi, de nous
dire en leur âme et conscience, si tous les faits énoncés dans le même exposé sont de leur connaissance,

�- 53 et ledit citoyen Joseph Castellinard a répondu et
attesté en être pleinement informé pour avoir été
présent au fait exposé dans le i" article de ladite exposition, et pour avoir publiquement entendu dire les
faits énoncés dans le second chef qui était en cette
ville notoire de notoriété publique et lesdits citoyens
Jean-Jacques Donny, Joseph Poullan, Jacques Gerbin,
Jean-Marie Thaon, ont répondu et attesté tant uniment que séparément être pleinement informés de
l'énoncé dans le second chef de ladite exposition,
puisque les faits y énoncés étaient notoires, de notoriété publique en cette ville, et tous lesdits citoyens
ont respectivement attesté pour ce qui les concerne
que tout contient la vérité, toute la vérité et rien que
la vérité. En foi de quoi ils ont signé : Joseph Castellinard fils,Jean-Jacques Donny, Joseph Poullan, Jacques
Gerbin, Jean-Marie Thaon.
Et nous, Juge de paix, vu les dépositions ci-dessus,
avons de tout concédé acte au susnommé Pierre Joseph Passeron en sa dite qualité pour lui servir et valoir dans tous les cas, à ce que de droit et de raison.
Fait à Nice l'an et jour que dessus.
GAUTIER,
BONIFACI,

juge de paix.
sec. gref.

Vu par nous, membres Du district de Nice, le 3
vendémiaire anIV rep. (25 sept. 1795).
Jn. COPPON fils, VÉRANi, pr. syndic, TOSELLI, Saytour
MARTIN.

Arch. Nat. F

7

4867 *

�54 -

PÉTITION au DISTRICT de NICE
et AVIS de ce DISTRICT
ÉGALITÉ,

LIBERTÉ

5 vendémiaire
27 septembre 1795 an IV
AUX

CITOYENS ADMINISTRATEURS
DU DISTRICT DE NICE

Le citoyen Pierre Joseph Passeron, natif de la
commune de Contes, habitant en celle de Nice depuis plusieurs années.
Vous expose en qualité de procureur du citoyen
Charles-Eugène Valperga de Maillone, évêque de
Nice, subrogé par le citoyen Nicolo Giorni, homme
de loi, son procureur spécial et général fondé par acte
reçu dans la ville de Turin par le notaire PierreJoseph de Bernochio, le 20 juillet dernier (v. s) légalisée par le résident de la République de Gênes, près
la Cour de Turin, duquel il résulte le pouvoir donné
audit citoyen Giorni de subroger en son lieu et place
avec tous les pouvoirs compris dans le même acte,
qui se trouve copié mot pour mot dans celui de la
subrogation faite par le même citoyen Giorni, reçu
en la ville de Gênes le Ier du mois d'août dernier
(v. s* par le notaire Antoine Baglietto, légalisée par
le consul de la République française, le 13 Thermidor dernier (3 1 Juillet 1795), qu'il vous exhibe qu'étant arrivé dans cette ville le vingt-neuvième jour
du mois de septembre de l'année 1792, l'armée de la
République française, commandée par le citoyen général en chef d'Anselme lorsque celui-ci y fut arrivé
le soir et eut pris son logement dans la maison d'habitation du citoyen ci-devant consul de la République
Le Seurre, ledit évêque Charles-Eugène Valperga de
Maillone, s'étant présenté, le même général d'Anselme
lui signifia d'abord en présence de son Etat-Major de
partir de cette ville, sur quoi ledit évêque lui répondit qu'il avait cru pouvoir continuer sa demeure dans
cette ville et qu'à cet effet il n'avait jamais pensé de

Pièces 7 et 8

�- 55 distraire, ni faire partir le moindre de ses meubles et
effets qu'il avait dans la maison d'habitation de
l'évêque, que si absolument il lui ordonnait de partir,
il le priait de lui accorder la sauvegarde pour tous ses
dits effets et meubles, ledit général d'Anselme lui
répliqua : Le plus tôt sera le mieux, ce qui tout est
constaté par les attestations ci-jointes du premier et
second jour de fructidor dernier qu'il vous présente
également.
Qu'il résulte aussi par lesdites attestations, que
ledit évêque Valperga de Maillone fut forcé par ledit
général d'Anselme de partir de cette ville que tous
ses meubles et effets fussent mis sous la sauvegarde de
la Nation française et qu'étant parti le lendemain 30
dit septembre, il risqu'à d'être pendu ef étranglé paties soldats de la Phalange Marseillaise qui se trouvaient de garde à la porte ci-devant dite Victoire, ce
que tout fut d'abord notoire et de notoriété publique
dans cette ville.
Vous observe que ledit évêque Valperga est natif
du Piémont où il se retira et que s'il a résidé dans
cette ville, ce n'a été que pour raison de son ministère, que tout cela nonobstant il a été porté sur la liste
des émigrés, a été vendu la plus grande partie de ses
meubles et effets, et cela même nonobstant la préalable réclamation que le citoyen Jean-Jacques Donni,
chargé des intérêts dudit évêque avait fait à l'ancien
département par sa pétition du 22 juillet 1793 (v. s)
qui existe dans les Archives de ce district, résultant
ainsi que tout cela a été fait et opéré contre le droit des
gens et la sauvegarde de la loyauté française qui fut
promis audit évêque.
En conséquence, l'exposant demande en sa dite
qualité de procureur dudit citoyen évêque CharlesEugène Valperga de Maillone la radiation de son
nom de la liste des émigrés, la levée des scellés, la
restitution de ses propriétés et l'indemnité de celles
qui ont été distraites et vendues au nom de la Nation,
et sera justice.
(21 août 1795).

�- 56 Nice le 4me jour de Fructidor de l'an 3me de la
République française une et indivisible.
Signé : Pierre-Joseph PASSERON.
Vu la pétition ci-dessus du citoyen Pierre-Joseph
Passeron présentée au nom et comme procureur subs
titué du ci-devant évêque de Nice, Charles-Eugène
Valperga tendante à obtenir la radiation de son nom
de la liste des émigrés, la levée du séquestre et remission de ses effets restant ainsi que l'indemnité de
ceux qui ont été distraits ou vendus.
Vu une première pétition présentée à l'ancienne
administration du département par le citoyen JeanJacques Donni, au nom du citoyen Valperga en date
du 22 juillet 1793 tendante aux mêmes fins.
Vu la procuration en date du premier août 1793
(V. s.) faite à Gênes, par devant le notaire public Antoine Baglietti, légalisée par le Consul de la République française y résidant, ainsi que l'acte de procuration y inséré, en date du 20 Juillet 1795.
Vu l'attestation de quatre témoins faite avec serment par devant le juge de paix de la 1", 2"", 3me section de cette commune, en date du 1" Fructidor dernier '18 août 1795).
Vu autre attestation de cinq témoins faite par
devant le susdit Juge de paix, le 2 dit fructidor, aussi
sous serment.
Considérant que par la première des 2 attestations il est pleinement prouvé que le vingt-neuvième
septembre 1792, aussitôt après l'entrée de l'armée
française dans cette commune, le sus-nommé évêque
Valperga s'étant présenté au général d'Anselme qui
la commandait en chef, celui- ci lui ordonna d'abord
en présence desdits témoins et de tout l'Etat-Major.
u'il n'avait qu'à partir de la ville, et malgré que le
it évêque lui observa qu'il avait cru de pouvoir y
rester tranquillement et qu'à cet effet il n'avait fait
partir aucun de ses effets et meubles, le général lui
répliqua de partir absolument de la ville, en ajoutant
que le plus tôt serait le mieux, l'ayant assuré qu'à

a

�-5;l'égard de ses meubles et effets de sa maison, il les
mettait dès ce moment sous la sauvegarde et loyauté
de la Nation française et qu'il pouvait en être tranquille.
Considérant qu'il résulte par lesdites attestations,
et il est prouvé que l'évêque Valperga, d'après les
ordres précis et réitérés du général d'Anselme, partit
le lendemain 30 septembre de cette ville.
Considérant que par la susdite attestation du deux
Fructidor il résulte que l'évêque Valperga, au moment de son départ de cette commune, ayant été arrêté à la porte qui conduit au Piémont, par les soldats
qui y étaient de garde, lesquels tentèrent de le pendre,
il évita la mort par les soins du citoyen Joseph Castellinard, un des déposants, et il ne fut laissé libre que
d'après un billet du général d'Anselme, qui ordonnait à ladite garde de le laisser partir, puisqu'il s'en
allait de son ordre
Considérant que tous ces faits sont devenus de notoriété publique dans cette commune, dès le même
jour 30 septembre et Ier octobre suivant, ainsi que
quatre témoins l'ont attesté.
Considérant que le citoyen Valperga ne s'est absenté de cette commune et ci-devant Comté de Nice
que d'après les ordres du général d'Anselme auquel il
témoigna son regret.
Considérant que le départ du citoyen Valperga
ayant été forcé il ne peut pas être qualifié d'émigration.
Considérant que son intention de rester dans cette
commune est d'autant plus constatée, que le citoyen
Valperga a été le seul fonctionnaire public, il soit
resté à son poste, n'ayant soustrait aucun des meubles
et effets de sa maison, lesquels ont été ensuite distraits
et vendus par la Nation.
Considérant que le citoyen Valperga ne peut être
non plus considéré comme réfractaire aux lois de la
République, tandis qu'à l'époque de son départ de cette
commune, aucune loi de la République, surtout à
l'égard des ecclésiastiques, n'y avait été encore publiée
à laquelle eut pu contrevenir.

�— 58 —
Considérant que le citoyen Valperga ne pouvant
être considéré ni comme émigré, ni comme réfractaire, ne pouvait être privé de ses propriétés laissées
dans cette commune lors de son départ, sous la sauvegarde de la loi et de la Nation française qui lui fut
accordée par le général d'Anselme, et qui étant digne
de la loyauté de cette Nation, ne pouvait être violée
sans blesser le droit des gens.
Considérant au surplus, que le citoyen Valperga,
originaire piémontais, ne faisait sa résidence à Nice,
qu'à raison de son épiscopat, ce qui ne donne qu'une
résidence easuelle, et que sous tous les rapports, il
n'a cessé d'être étranger à l'égard du pays de Nice et
de la France.
Considérant que l'article 6, section deux, N° 2 de
la Loi du 25 Brumaire (15 novembre 1794) en déclarant émigrés les citoyens domiciliés dans le cidevant comté de Nice, qui sont sortis depuis le 27
septembre 1792, n'a point porté atteinte au droit des
gens dans la personne de l'étranger, qui se trouvait
dans ce même pays, où il n'aurait pas établi son vrai
domicile.
Considérant que le citoyen Valperga, qui avait été
forcé par le gouvernement de partir de Nice, n'a dû
plus y revenir dans le terme même prescrit par les
lois aux citoyens de la ci-devant Comté de Nice,
puisqu'il ne devait point imaginer qu'il fut compris
dans l'invitation, malgré qu'il ait été porté sur la
liste des émigrés.
Considérant que ce nonobstant, lorsqu'il sut qu'il
avait été porté sur la liste des émigrés de cette commune, s'est empressé de présenter sadite pétition
du 22 Juillet 1793 dans laquelle il demanda non seulement la radiation de son nom de ladite liste, mais
encore un délai convenable pour rentrer dans cette
commune, soit comme simple citoyen, ou comme
fonctionnaire public, ainsi que la restitution de ses
propriétés par lui laissées sous la sauvegarde de la
loyauté française dans la maison êpiscopale lors de sa
retraite forcée, ou une juste indemnité de leur valeur.

�- 59 Considérant finalement que,d'après toutes les circonstances sus-ênoncèes, aucune loi concernant les
émigrés ne peut être applicable au citoyen Valperga,
et que toutes celles qui pourraient le regarder relatives au séquestre des biens appartenant aux habitants
des pays en guerre avec la République française ont
été rapportées par le décret du 14 Ventôse dernier
(4 mars 1795). •
Le Directoire du district de Nice, oui le procureur syndic, est d'avis que le citoyen Charles-Eugène
Valperga ci-devant évêque de Nice ne doit point être
considéré émigré.
Qu'il doit être rayé de la liste des émigrés, que le
séquestre apposé sur ses propriétés doit être levé, qu'il
doit être réintégré dans la possession et jouissance
d'iceux, que tous receveurs ou dépositaires doivent
lui restituer les sommes qu'ils ont perçues, résultant
du produit desdites propriétés et qu'il doit recevoir
la juste indemnité des meubles et effets qui seraient
passés au profit de la Nation.
Fait à Nice, dans la salle des séances le 5me Vendémiaire an 4me républicain (27 sept. 1795). Signé
Saytour Martin. Verani,
procureur syndic, Angles v. prés.
Touzelly. Jn Coppon fils.
Enregistré au feuil. 20 registre des prévenus
d'émigration et signé BARRAIA, commis greffier.
Certifié conforme par nous Ve président et secrétaire du district Jn COPPON Fils V,-PRÉSIDENT
BARRAIA Cis greffier.
A rch. Nat. F 7 4867

2

�— 6o —

Pièce 9.

LIBERTÉ (vignette) ÉGALITÉ
BUREAU DES
ÉMIGRÉS

Extrait des registres des délibérations et arrêtés de
l'Administration Centrale du département des Alpes Maritimes.
(2

juin 1797)

Séance du quatorze Prairial an 5mf de
la République française une et indivisible.
Sur le rapport d-e la pétition présentée par le
citoyen Pierre Joseph Passeron, procureur fondé de
Monsieur Charles Valperga, ci-devant évêque de
Nice, dans laquelle il expose que ledit Charles Valperga n'a jamais dû être atteint des lois relatives à
l'émigration, soit qu'on le considère comme parti en
suite d'une force majeure, soit en sa qualité de piémontais et demande en conséquence la radiation de
son nom de la liste des Emigrés, sa réintégration
dans la possession et jouissance de ses propriétés et
une juste indemnité, des meubles et effets qui sont
passés au profit de la République.
L'Administration Centrale du département des
Alpes-Maritimes, considérant que M. Charles Valperga, comme piémontais, n'habitant Nice que pour
cause de son emploi, n'aurait jamais dû être porté
sur la liste des émigrés du département.
Que le seul motif qui a pu déterminer le général
d'Anselme à lui ordonner de partir de la ville de
Nice, ne peut avoir été que la susdite qualité de
piémontais.
Considérant enfin, que comme sujet du roi de
Sardaigne, il est dans le cas de jouir de l'article i,r
de la loi du quatorze nivôse an troisième, (} janvier
1795), ainsi que de l'article neuf de la loi du trente
Floréal an quatrième, (19 mai 1796).
Arrête, oui le commissaire du Directoire Exécutif
que le nom de Valperga, ci-devant évêque de Nice,
qui se trouve inscrit sur la liste des émigrés, sera

�— 6i —

provisoirement rayé ; que tout séquestre qui pourrait
avoir été mis sur ses biens sera levé, qu'il sera réintégré dans la possession et jouissance de ses propriétés,
et que toutes les sommes versées dans les caisses publiques, lui seront rendues, déduction faite des frais
faits conformément aux lois.
Fait et arrêté* en séance publique le jour, mois et
an que dessus.
Signé : Donny, président Payani, fils, Scudéry,
Oberti, Hancy (et en marge Gastaud commissaire
du Directoire Exécutif).
Certifié conforme à l'original par nous président
et secrétaire de l'Administration centrale du départemeni des Alpes-Maritimes.
DONNY, président
BELMONDI, sec. chef au bureau des émigrés.
Arch. Nat. F 7 4867 2

ACTE DE CAUTIONNEMENT
Pièce 10.

11 fructidor anV (2&amp; août 1797)
LIBERTÉ ÉGALITÉ
Ce jourdTiui 11 fructidor an 5 de la République
française une et indivisible (28 août 1797) par devant nous, membres composant l'Administration
centrale du département des Alpes-Maritimes, est
comparu le citoyen Joseph Passeron, natif de Contes,
chef-lieu de canton, domicilié dans cette commune,
procureur fondé de Monsieur Charles Valperga, cidevant évêque de Nice, en vertu d'acte de procuration du 20 juillet et premier août 1795 (v. s.) lequel
en sadite qualité, dépendamment à l'arrêté de cette
administration du quatorze prairial an cinq (2 juin
1797) portant que le nom de Valperga, ci-devant
évêque de Nice, sera provisoirement rayé de la liste
des émigrés, que tout séquestre qui pourrait avoir
été mis sur ses biens sera levé, qu'il sera réintégré
dans la possession et jouissance de ses propriétés, et

�— 62 —

que toutes les sommes versées dans les caisses publiques lui seront rendues, déduction faite des frais
faits, conformément aux lois, désirant de se conformer au porté par l'article 3 de la loi du 5 Brumaire
an 3 (26 octobre 1794) qui exprime que les prévenus
d'émigration seront tenus de donner caution solvable de la valeur mobilier, et ne pourront obtenir
leurs immeubles jusqu'à ce qu'il ait été définitivement statué sur leurs réclamations par qui de droit,
toujours en sa dite qualité a présenté pour caution le
citoyen François Grosson, marchand drapier de cette
commune, lequel ici prése.it et acceptant, s'oblige
conjointement et solidairement avec ledit Valperga
et pour celui-ci ledit Joseph Passeron, et sous l'hypothèque de tous leurs frens présents et à venir, à l'entière exécution de ce qui les concerne en la susdite
loi, et à la représention des mobiliers, effets et sommes à percevoir en dépôt que besoin sera, et quant
aux mobiliers invendus et en dépôt seront soumis
d'en représenter la valeur à laquelle seront estimés
par experts, préalable rémission.
Et nous, administrateurs susdits approuvant lesdits
cautionnement et acte de soumission, à la réquisition
dudit citoyen Joseph Passeron, avons dressé le présent acte que toutes les parties ont signé avec nous,
ayant au préalable fait renoncer audit François Grosson au droit de premier convenir.
Fait à Nice les jours, mois et an que dessus.
Joseph

PASSERON,

François GROSSON,
prés., PAYANY FILS,
MARUN-SAYTOUR, sec. en chef

HANCY, DONNY,
P.

Acte original sur timbre de 20 centime*.
Arch. Nat. F

7 4867^

�— 63 -

CONCLUSION

Il était avéré pour tous, dans la ville de Nice, que Mgr
Valperga était parti contre son gré et si la première Administration départementale, installée au mois de Mai 1793,
l'avait inscrit sur la liste des émigrés de Nice, c'était à la
suite d'une réponse faite par le ministre de l'Intérieur, Garât,
aux questions à lui posées par le Directoire des Colons Marseillais sur la conduite à tenir vis-à-vis de l'évêque.
Les questions avaient été envoyées à Paris, vers la fin
de Février 1793, et la réponse du ministre ne parvint à Nice
qu'au milieu de juin suivant, soit quelques jours avant la
publication de la liste des émigrés. Les réclamations de
l'évêque, retiré à Turin dans sa famille, furent présentées
le 22 juillet 1793 (1) ; mais comme beaucoup d'autres, elles
s'entassèrent dans les bureaux du Département, qui n'y
répondit même pas.
Cette réclamation fut présentée au nom de l'évêque par JeanJacques Donny au Département. lîlle figure en original au dossier
Valperga.
Voir ci-dessus.
Le registre des délibérations du département manque aux Archives pour les derniers mois de 1793, exactement du Ier mai au 10
Novembre, comme pour les six derniers mois de 1797 et l'année entière de 1798, exactement du 8 Messidor an V (26 Juin 1797) au 25
Pluviôse an VII (13 février 1799).
C'est-à-dire pour les deux périodes les plus troublées et cette
disparition est tout au moins étrange.
Elle doit être vraisemblablement attribuée à certains hommes
politiques désireux de laisser dans l'oubli leur conduite durant ces
deux époques.

�- 64 On était dans la période la plus aiguë et, en pleine
Terreur.
Après le 9 Thermidor et, surtout après la venue à Nice
du représentant Beffroy, au mois de Floréal, an III (Mai
I795)»
les esprits devinrent plus calmes, les administrations plus pondérées. C'est alors que, sur de nouvelles demandes présentées au District, et sur avis favbrable de
celui-ci, le département des Alpes-Maritimes accorda à Mgr
Valperga sa radiation provisoire, le 14 Prairial, an V (2 Juin
1797). Comme on le voit, l'affaire avait traîné en longueur.
Il semblait alors que rien ne s'opposait plus à la rentrée
de l'évêque : le 11 Fructidor, an V (28 Août 1797), le Département avait agréé la caution de François Grosson (1) ;
les biens de l'évêque allaient lui être rendus, et il pourrait
rentrer.
Mais huit jours après, le coup d'Etat du 18 Fructidor (4
septembre 1797) remettait le pouvoir aux mains des Jacobins, la guerre aux émigrés et aux ecclésiastiques, en particulier, reprit avec âpreté. Pe département des Alpes-Maritimes se vit accusé d'avoir préparé une rentrée triomphale à l'évêque, son arrêté du 14 Prairial resta sans effet
et, en vertu de la loi du 19 Fructidor (5 septembre), les
scellés furent de nouveau apposés sur les biens de Mgr Valperga par deux commissaires municipaux (2).
En vain, l'évêque de Nice, fit intervenir auprès du Directoire Balbi, l'ambassadeur du Roi de Sardaigne à Paris,
le dossier de sa demande en radiation fut examiné sans
aucune bienveillance.
(1) L/Acte original de ce cautionnement sur timbre est aux
Arch. des Alp.-Maritimes Q. 10.
(2) Mise de scellés sur les biens de Charles Eugène Valperga par
deux commissaires de la municipalité de Nice. Une scéance, 6 livres.
Dépense approuvée par le Département, en Germinal an VI (avril
1798). Arch. des A. M. Q. 11.
Mgr Valperga ne possédait à Nice aucun immeuble et il devait
rester fort peu de chose de son mobilier après la vente qui en avait
été faite en Ventôse an III. La bibliothèque de l'évêché avait été déclarée bien national et la caisse diocésaine avait disparue en octobre 1792
sans laisser de traces dans les pièces administratives. Le séquestre
a été apposé sur les biens de nombreux émigrés rayés provisoirement.
On peut en voir la liste aux Archives des A. M. Q. 10, où Valperga
figure sous le N° 65.

�- 65
Á la suite de la lettre de Balby datée de Paris le 7 février
1798, le ministre de la police demanda à ses Bureaux un
rapport sur l'affaire Valperga. Pe voici tel qu'il se trouve
en minute au dossier.
Attendu que rien ne tend à constater le prétendu ordre
de quitter Nice, d'où il suit qu'il faut en croire sur parole
l'émigré.
Qu'à raison de son domicile, il était tenu de rentrer sur
le territoire dans les délais voulus par les lois.
Qu'il est atteint par la déchéance et n'a réclamé que
l'an V.
Qu'il ne paraît pas y avoir lieu de violer la loi en faveur
de cet ex-évêque dont la rentrée prohibée par la Constitution serait d'une influence dangereuse.
J'estime qu'il y a lieu à proposer la maintenue sauf
à prendre des renseignements si toutefois on les trouve
indispensables.
CAIGNART,
Sous-chef (2e Bureau).
En tête de cette minute est écrit :
« Je pense qu'il y a lieu à instruction et à prendre
des renseignements près les Administrateurs du département_des Alpes-Maritimes. »
Signature illisible (1).
Ces renseignements furent-ils demandés ? C'est probable et cela explique que bien des pièces du dossier Valperga sont en double expédition. Plus d'une année s'écoula
encore, avant que fut prise une décision et finalement sur
un rapport défavorable de la Commission d'examen instituée près le Ministère de la police pour l'étude des demandes en radiation, le Directoire exécutif signa le 7 Floréal
an VII, (26 avril 1799) un arrêté qui maintenait définitivement, sur la liste des émigrés, Mgr Valperga et annulait
toutes les décisions rendues antérieurement, en sa faveur,
par les. autorités locales.
(1) Arch. Nation. F 7 4862 2 dossier Valperga. Rapport de la
3 me Division du Ministère de la police, sans date mais joint à la
lettre de Balbi.
»

�- 66 -

Varrêté du Directoire parvint à Nice les premiers
jours de Prairial an VII (Mai 99) et fut immédiatement
mis à exécution. (1).
*

* *

Ainsi donc Mgr Valperga expulsé ne put jamais obtenir
de rentrer, les lois sur l'émigration étaient tellement embrouillées et tyranniques qu'une fois inscrit sur une liste
d'émigrés, il était extrêmement difficile de s'en faire rayer
malgré toutes les démarches ; car on se heurtait sans cesse
à des questions de forme et de procédure ce qui permettait
à la malveillance de s'exercer tout à fait à l'aise sous le
couvert de la légalité.
A. J.

PvANCE-BOURREY.

(1) De 21 Floréal an VII (10 mai 1799), il fut communiqué
par le ministre de la police générale de la République aux diverses
administrations intéressées et aux Commissaire du Directoire exécutif
près le département des Alpes-Maritimes. Celui-ci par lettre du 3
prairial (22 mai 1799) demanda au Département de le transmettre
à la Municipalité de Nice, ce qui fut fait le même jour avec ordre
de le transcrire sur ses registres, de faire apposer les scellés ou séquestre sur tous les biens meubles et immeubles de l'évêque si ce
n'est déjà fait, et de mi notifier sans délai la décision prise à son égard.
Voir lettre du Département à la Municipalité, celle du Commissaire au Département, 3 Prairial an VII avec la réponse du Département 4 Prairial.
Arch.. des A. M. Q. 1 et 2 et Arch. Nationales, dossier Valperga,

�NIÇA LA BELLA
VERS DE /.

Giordan,

su

DE CARTA POUSTALA

Ai rai dôu nouostre bouon soulèu
Venon s'escaufar toui lu lùssi ;
Es un meravihous tablèu,
Ai rai dôu nouostre bouon soulèu,
Trouvas, dou Var fin au Castèu,
Anglés, Rouman, Danesi, Rùssi :
Ai rai dôu nouostre bouon soulèu
Venon s'escaufar toui lu lùssi.
Pèr tu, as touti li bèuta,
Terra de lus e d'alegria,
D'un ciel d'azur, as la clartà,
Pèr tu, as touti li bèuta.
De l'univers, en verità,
Siès la uechièma meravia ;
Pèr tu, as touti li bèutà,
Terra de lus e d'alegria.
Dintre lou tèmp, Semiramis
Faguet basti, à Babilouna,
Pu siéu jardin, vèr paradis !
Soubre Paioun, degun s'estouna
De vèire, ancuèi, lou paumoulié
Drissar au ciel la siéu coulouna
E lou galofre, e l'anemouna
Flouri emb'au pourtegalié.
De bouon matin, quitant maioun
Pèr la journada touta'ntiera,
S'en va lavar, dintre Paioun
Pa bugadiera.
D'un glourious passat es fiera
Perqué, d'un tèmp, sus lou bastioun
Au Turc, arranquèt la bandiera
Pa bugadiera.

�fet 68 —

Sau de fouora fa freï,
Que brima,
A Niça, sus lou Quèi,
Si rima.
Pescadou, fourestié,
De la mar bressarella,
Escouton voulountié
Pa doussa cantinella.
L'AVOUCAT

PATTA

L'estudi de l'avoucat Patta es en plen aria ; si tèn lou matin
couma lou predinà su la plaça dôu Palai. Es un ome pichounet,
touplen raplot, li pocha enfli de papiè de touta mers. En lu vièi
quartiè es proun counouissut e li capelada, « Bouonjou Moussu
l'Avoucat », noun li mancon. Es ben m'ai juge, proucuradou, etc.
Lu siéu ounourari soun bouon pati e n'a de preferença pèr
qu si sigue. Parla au premier maufatan vengut, couma se fousse
un agnèu que vén de naisse ; lou créancier o lou débiteur soun
tratat su lou même pen... basta que mouson...
L'avoucat Patta es de noutarietà reputat pèr un ome judicious, òunest — au noun si flata de l'estre au jou d'ancuei ; —
finda counouisse, es en relacioun d'afaire emê de gros persou nage que dintre la finança dôu siéu coumerce, soun quasi d'usurari. Sau menajar la cabra e lou caulè ; e pèr que la mouneda
noun li escapa si desbrouïa e si mete dôu cousta dôu manche...
d'aquéu que casca lou de mai...
Acò fa que toui lu matin que lou Bouon Diéu a fach, la siéu
doumestica mete toujou quaucaren au fuec. Lou dimeneghe, coum'un bouon crestian, — tartufaria que lou pauva, — va audi la
gran'messa à Santa Réparada, fa la siesta e à la calada dóu soulèu,
passeja su lou Cours, pastrouia, fa lu cent pas, noun parla que de
lei, proucès, citacioun, ensin alestisse lou travail dôu dilun...
Lendeman empastra ben d'afaire, mete facilamen en lou sac
Moussu Tout'Un emé Moussu Tout'Autre... En éu que li pòu
faire ?... lança dapertout lou broumech, tant pis pèr aquéu que si
laissa agantar. Quaranta sóu es lou près d'atac e vous pregui de
crèire que douna pas la siéu journada pèr doui o tres escut.
L'avoucat Patta counouisse l'usança dôu païs... s'avès touort,
vous rouïa, s'avès pi rasoun, v'espia... Que voulès aima manjar
lou pei, lou pei que noun aiguë d'espina...
JULI EYNAUDI.

�-«9VA

MAU ! !

Va màu, cresé-vous, que va màu 1
En l'orizoun lou voile negre
N'es qu'un gran camp cargat de pebre,
Qu'à pala lou jeten davan,
Avuglan finda lu cavau 1
Lu canoun soun su li frountièra,
Alignât couma de barriera,
N'esperon plus que lou signàu !
Lou soulèu, aquel animàu !
Stan, noun vòu levà la vela,
Si foundon couma des candela
Enb'aquèu coust dôu diàu !
Le Giacouuda à cóu de d/stràu
Li fan petà li sièu moulura...
Ah ! dèu faire bella figura
Se l'an foutuda en quauqua tràu
Lou pan crèise, finda la sàu,
Lou sucre dintre li boutiga
Mounta ben mai que de boufiga !
Van jusque crèise lou rampàu
E la pèu que fau lou tambau ;
Metran de drech su li nourriça,
Su lu chichi, su li saucissa,
Perqué pas soubre lu magàu ?
E lou Prussian, marrit bertàu,
Noun sabon fa que de babïa,
Per lou Maroc e l'Algèria,
Se faran mètre lou mourràu !
Li serreren toui lou pourtàu
E pi veiren touta la França
Davan la sieù grossa arougança
Se noun si sau garda li clàu !
Es de rima d'un manechàu,
Ma sien d'estiéu, vesin, vesina,
Li passeres en la resina
Avant que vegon l'espitau !
CHARLES CIAUDO

�Valère Bernard
Tout en heurtant le marteau contre la porte de M. Valère
Bernard je songeais. Je me suis complu dans le plus souriant
mépris des idoles. L'ironie a tremblé sur mes lèvres quand
la Provence a dans un ravissement de joie acclamé le poète de
Maillanne. Cette mascarade d'apothéose me répugnait.
Et maintenant la curiosité me fourvoyait dans le studio
d'un consciencieux artiste que les felibres couvraient de gloire.
Elève de Puvis de Chavannes M. Valère Bernard pasticha le
Maître. Mais vite il eût l'intuition qu'à se perdre dans les sentiers
battus il courrait risque de compromettre son crédit. Il dit
adieu à Paris et vint dans Marseille, l'opulente cité.
A cette époque vivait un exquis écrivain, J. Lombard. Il venait de publier deux œuvres d'une grandiose beauté, VAgonie et
Bysance. Dans un style étrangement tourmenté il contait les
luttes entre les factions d'Orient, illuminant son œuvre des
splendeurs bysantines.
Valère Bernard vit Jean Lombard, et du même coup les belles
au bois qui dormaient en son âme s'éveillèrent. Il délaissa les
études académiques, les pastiches sans vie, et d'ardentes couleurs
chargèrent ses toiles.
Voici le triomphe des rois Babyloniens. Sur les voûtes d'un
palais impérial passent des gardes étincelants dans la pourpre et
la soie. L'or envahit les hautes colonnes de jaspe bleu. Involontairement on pense aux fantastiques demeures hantées par des
fées émeraudes et des princesses aux perversités troublantes.
Et je m'imagine que le peintre était sous le charme de la
légende quand il a peint cette courtisanne qui sourit à son miroir tout en jouant négligeamment avec sa chevelure d'or. Et
puis passent Venise la rouge, Marseille enveloppé dans la poussière d'or du crépuscule, des motifs à la Watteau peints par un
bysantin, toute une apothéose.
Mais une idée m'obsède, tandis que dans la grise clarté d'un
soir automnal s'éteignent les fauves éclairs jaillis de ces radieuses
toiles. L'idéalisation du passé me paraît cruelle. Les générations
endormies dans la Mort ont eu leurs misères/leurs rancœurs, je
pense qu'il est absurde de s'écrier avec Musset « qu'aux temps
jadis tout était heureux jusqu'aux douleurs humaines. » En vain
l'apostat s'attriste-t-il sur les vieillards immortels de l'antique

�- 7i

—

lonie, â ses oreilles résonnent les paroles de l'Hiérophante : « La
Helladi que tu aimes n'a jamais existé ».
Mais M. Valère Bernard brise ma rêverie, et mes yeux se
portent.sur des portraits appendus au mur. Profils d'espagnol ou
d'américain mitigés d'espagnol, comme on en croise maintes fois
sur la Cannebière.
Homme universel ne puis-je m'empêcher de m'êcrier. M.
Valère Bernard sourit. Il siérait dit-il, à mi voix, de se développer en profondeur. Toutefois il est beau de se dire sur le
tard de sa vie que l'on a fait vibrer toute son âme. Ici le maître
rejoint Néron. Il m'aide à comprendre cet inquiétant empereur.
Mais encore faut-il que tout en étant l'homme universel on ne
sombre pas dans la banalité. De méchantes œuvres d'art peuvent
avoir leur prix.
Une idée se lève devant moi. Labruyère me petsuade que
l'honnête homme de Pascal propre à tout en définitive n'est propre à rien. La spécialisation inintelligente, mène à l'erreur, j'en
conviens, mais en fait elle est une loi générale.
Et ceci est pour me plaire, car j'abhorre dissiper mon énergie,
j'aime le repliement, la frissonnante pudeur qu'effarouche les
vaines ostentations. Je goûte les peintres du passé et malgré ma
philosophie j'adore les peuples disparus. Volontiers j'implorerai
avec la Cassandre de Schiller la cécité, l'exquise cécité. Le sou
venir a plus de puissance sur moi que l'espoir.
Et sous des deux gris, en des pays étrangers désolants de
médiocrité, il m'est arrivé de pleurer plus amèrement que ne
pleura Xerxès aux rives d'Abydos.
J. PADOVANI.
PROUVERB1, BOUOI MOT, COUNSÈU E DICH
Vèuva que si marida,
Dèu perdre la lus e l'audida.
Fiha madura,
Lou pouorta à la centura.
En cuntant su lu det :
Aquéu a fa l'óu ;
Aquéu l'es anat cercar,
Aquéu l'a fa cuèire,
Aquéu l'a manjat,
E lou pichoun n'a ren tastat !

�— 73 —
LE

DÉSESPOIR

Oui, j'ai la mort dans l'âme ; oui, je monte au calvaire ;
Mon horizon, hier si beau, s'est obscurci ;
Je hais tous les devoirs et tout ce qu'on révère :
Mieux vaut mourir que vivre ainsi !
Puisque je n'y puis rien ; que la raison humaine
Ne gagne plus un cœur où mon cœur est entré,
Je veux briser mes jours comme on brise une chaîne
Et m'enfuir en désespéré.
Qu'est-ce donc que la mort ? C'est la paix éternelle,
C'est un beau drap de fleurs sur mon sein endormi,
C'est la nature calme, auguste et solennelle
Qui nous prête un repos ami.
O nature de Dieu contemple ma détresse !
Ecoute tout mon sang dans mon cœur s'épancher
Et, puisque je n'ai plus le lit de ma maîtresse,
C'est au tien que je veux coucher ;
C'est toi la grande mère et la nourrice immense !
L'homme au sort le plus âpre et l'homme au sort plus beau
Retrouvent dans ton sein leur part de ta clémence :
L'un l'amour, l'autre le tombeau
Tu sais, toi qui vois tout, ce qu'ici bas je souffre,
Que je n'ai point béni l'instant de mon réveil
Et que j'ai regardé, toujours, du fond du gouffre,
Les bords ou brillait le soleil ;
Que je n'ai bu jamais que dans la coupe amère,
Que le seuil du bonheur me fut toujours fermé,
Que j'ai perdu mes fils, que j'ai perdu ma mère
Et tous les cœurs qui m'ont aimé !
Maintenant je m'en vais, battant du front, comme ivre,
En proie à ce grand deuil qui me courbe en vainqueur,
Et je veux déchirer ma vie, avec le livre
Des chastes sanglots de mon cœur ;
Et toi, rayon divin, génie, ardent délire,
Flambeau qui n'iras plus briller sur son autel,
Eternise du moins ces larmes de ma lyre
Et que mon cri soit immortel !
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Noumbre d'or...
13
Mars
Epato (Grégori)
Il
Jun
Cicle soulari
17 Setèmbre
Endicioun roum
10 Desembre
Letra doumenicala
G F
LI QUATRE

8,
7,
20,
20,

10
9
22
22

e
e
e
e

11
10
23
23

SESOUN

Lou printèms coumença lou 21 mars
L'estiéu
—
— 22 Jun
L'autoum
—
— 24 sept,
L'iver
—
— 22 dés.

à 6.55 m.
à 2.36 m.
à 5.18 m.
à 11.53 m.

dôu sera
dôu sera
dôu matin
dôu sera

FESTA MOUBILI

Septuagesima... 12 Fébrié
Cendre
21 Febrié
Pasca
7 Abrieu
Rougacioun 21, 22, 23, 24 Mai
Ascensioun
16 Mai

Pantecousta
Trinità
Festa de Diéu
1" Dimenegue de
Ie* Desémbre

26 Mai
11 Jun
15 Jun
l'Avènt

LU ESCLISS!

Souliu.

—

ij Abriéu. — Esclissi annulari e coumplet visible

à Paris, en America, en Europa et dintre lou N.-O. de l'Africa.
Coumençamen de l'esclissi à 10,01 dôu matin ; finisse à 1,08
dôu sera.
10 Otitoubre. — Esclissi coumplet invisible à Paris, visible
dintre l'America dôu Sud.
Luna. — 1" Abrièu. — Esclissi parciella visibla à Paris. Entrada de la luna dintre l'oumbra, 9.26 dôu sera; sourtida, 11.03
dôu sera.
26 Setèmbre. — Esclissi parciella, invisibla à Paris, visibla
dintre l'Océan Pacifique.

Jîla providence, %ue de la Préfecture /4, $run, Siàraire

�LU

VÉNT

Lu vènt que souflon à Niça, dintre lou cours de l'armada,
soun au nombre de 16. Vequi li siéu denouminacioun courènti,
pihadi, en general, dai loucalità dei quali parèisson vèni :
Sud
Miejon
Nord... Tramountana
S.-S.-O. Miejou Lebech
N.-O.-E. Grek Tramountana
S.-O
Lebech
N.-E... Grego
O.-S.-O Pounèut Lebech
E. N .E. Levant
Ouest. Pounènt
E.-N.-E. Levant
O.-N-O.V Pounènt Maistràu
E.-S.-E. Levant
N -O . Mastràu
S.-E.... Siroco, vènt marin
N..-N. OMaïstràu Tramount
S.-S.-E.. Miejou Siroc

6
15
25
14
31
24

VIGÍLIA — JEUNI
Abriè
(Pasca, 7 Abrièu).
Mai
(Ascensioun, 16 Mai).
Mai
(Pantecousta, 26 Mai).
Avoust
(Assoumpcioun, 15 Avoust).
Outoubre (Toui lu Sant, Ier Nouvembre).
Desembre (Calena, 25 Desembre).
L'AN NADA RELIGIOUSA

LI FESTA MOUBILI E LI FESTA FISSI
Janvt'è
jYlars
1 Circouncisioun.
1 e 2 Quatre Tèms.
6 Epifania (lu Rei).
3 Reminiscere.
13 Bateja de J.-C.
10
Oculi.
14 Sant Noum de Jesu.
17 Lœtare.
fébrié
24 Passioun.
2 Puriflcacioun.
29 Li 7 Doulou.
4 Setuagesima.
31 Lu Rampàu.
6 Festa de la Pr. de N. S.
11 Sexagesima.
Jîbriéu
13 Coum. de la Passioun.
5 Divendre Sant.
18 Quinquagesima.
7 Pasca.
21 Cendre.
14 Quasimodo.
25 Quadragesima.
28 Patrou. de San Joúsè.
28 Quatre-Tèms.

�Setembre
3 Inv. de la Santa Crous.
13, 14, 15, Rougacioun.
16 Ascensioun.
26 Pantecousta.
29-31 Quatre-Tèms.
1
2
6
9
21
24
29

Quatre-Tèms.
Trinità.
Festa de Diéu.
Festa dôu S. Sacramen.
Sacrat-Couor de'jesu.
Natività de S. jouan-Bat.
SS. Peire e Paul.

8 Natività de la Vierge.
14 Esaltacioun de la Crous.
15 N.-D. dei 7 Doulou.
15 San Noum de Maria.
18, 20, 21, Quatre-Tèms.
29 Dédie, de S. Miquèu.

Ôutoubre
6
13
20
27

Sant Rousari.
Maternità de la Sta Vierge.
Puretà de la Santa Vierge.
Patrounage de la S. Vierge.

J/ouvembre

Juliet
2 Visitacioun de la S. V.
7 Precious Sang.
16 N.-D. dôu Carme.

Jîvoust
6 Transfiguracioun.
15
18
25
25
29

Assoumpcioun.
S. Joachim.
S. Couor de la Vierge.
S. Louis.
Decolac. de S. Jouan-Bat.

1
2
3
21

Toui lu Sant.
Lu Mouort.
Santi Relíquia.
Present, de la Sta Vierge.

2&gt;esembre
1 Avent.
8 Imaculata Councepcioun.
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25 Calena.

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DÉCIMALISATION

DU

TEMPS ET DES

ANGLES

LA MONTRE DÉCIMALE
Par J. de REY-PAILHADE, président du Comité
pour la propagation des méthodes Décimales.
Le Club Nautique de Nice a offert plusieur fois en prix des
montres décimales aux régates'de 1909. Il était utile de décrire cet instrument, d'y joindre des tables pratiques et des
formules à l'usage des ingénieurs, des sportsmen, des médecins, etc. etc.
DÉCIMALISATION DES ANGLES •
Il est aujourd'hui démontré que la division décimale du
quart de cercle facilite tous les calculs.
Les nouvelles cartes géographiques sont graduées exclusivement dans ce système, devenu officiel en France et dans
d'autres pays. On possède toutes les tables pratiques nécessaires à son essai courant. Nous ne nous étendrons pas
davantage sur cette méthode aujourd'hui enseignée dans les
lycées et collèges.
Nous rappellerons seulement que M. l'amiral Germinet,
membre d'honneur du C. N. N., sous la direction duquel on
fit en 1899 et 1900 des essais de navigation avec un matériel
entièrement décimal, a émis un avis très favorable à la
réforme décimale.
DÉCIMALISATION DU TEMPS
La division décimale du jour décrétée le 4 frimaire an II
rendra aussi de grands services à la science et aux sports.
Principe. — On divise le jour entier en 100 parties égales
appelées cés ; le cé est subdivisé en décisés, ceniicès et millicés
Le cé vaut 14m 24s ou 1T4 d'heure environ ; le décicé est égal
lm 26s 4 ou lm Ij2 environ ; le millicé vaut 0S 864 ou 9T10 de
seconde environ.
Concordance des Temps. — On parvient assez vite à dire
instantanément l'heure à 1 ou 2 minutes près en regardant le
cadran d'une montre décimale. Il suffit d'apprendre par cœur
les concordances décimales de toutes les heures.
0,0
0
50,0

4,2
1
54,2

8,3
2
58,3

12,5
3
62,5

16,7
4
66,7

20,8
5
70,8

25,0
6
75,0

�25,0
6
75,0

29,2
7
79,2

33,3
8
83,3

37,5
9
87,5

41,7
10
91,7

45,8
11
95,8

50,0
12
100,0

Les heures sont au milieu, les concordances des heures
du matin en haut, celles du soir en bas. Ainsi 10 heures du
matin valent 41.7 cés (énoncer 41 cés 7 décicés) et 10 heures
du soir valent 91,7 cés.
Gomme 1 cé vaut presque lj4 d'heure et un décicé une mi •
nute 1]2 ; en partant des concordances du tableau, on dit
l'heure instantanément, ainsi 39,9 cés valent 9 h. 36 m. du
matin. Un ou deux jours suffisent pour atteindre ce résultat.

Description de la montre décimale ou cémètre. — Il y a 3
aiguilles centrales se mouvant sur un cercle divisé en 109
parties égales, numérotées de 0 à 9. Le 0 cé est en bas, c'est
l'origine des temps, car on suppose la Terre au centre du
Cadran.
L'aiguille dorée avec un soleil ne fait qu'un tour par jour ;
l'aiguille épaisse en acier bleu tourne 10 fois par jour, et la
trotteuse fine fait 1000 tours par jour.
L'aiguille-soleil montre la position de l'astre du jour par
rapport au méridien de Paris, qui va du centre au chiffre 5.

�10 —
Les quatre traits bleus indiquent les positions de cette aiguille
à minuit en bas sur 0 ; — à tì h. du matin au milieu entre 2
et 3 ; — à midi, en haut, sur le 5 ; — à 6 h. du soir, entre 7
et 8.
L'aiguille dorée du soleil indique le chiffre des dizaines
de cés, 2 sur le dessin ; l'aiguille épaisse donne d'abord le
chiffre des cés, 6 sur le dessin, et en comptant rapidement à
l'œil le rang de la division entre 6 et 7, on voit, que cette aiguille marque 3 décicés. Le temps du dessin est donc 26,3
cés correspondant à 6 h 20 m. du matin environ. L'aiguille
trotteuse donne les millicés 83. Le temps est donc 26,383
cés.
» Pour la vie courante, on n'a pas besoin d'aller au delà du
clécicé. On lit les milticés pour les applications scientifiques
et sportives.
Le temps en millicés lu sur le cêmèire facilite tous les calculs, car on n'a jamais de réductions à faire.
Examinons le problème des vitesses a l'heure : Les millicés multipliés par 0,00024 donne des heures et fraction décimale d'heure. Ainsi Ì2345 millicés valent 12,345 -f- 24 =
2 h. 9628.
Par conséquent si L est la longueur parcourue et M le
temps en millicés, la vitesse est

ou t

+ 4166,66...

Ces quelques exemples démontrent que la montre décimale simplifie tous les calculs sans exception.
Les rapports de MM. les délégués officiels aux essais de
la montre décimale faits à Nice, par le Club Nautique, le 26
février 1911, concluent unanimement à la supériorité de cet
instrument pour les usages scientifiques et sportifs.
M. Prim, astronome à l'Observatoire de Nice, représen
tait M. le \iinistre de l'Instruction publique.
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lu 8, à 7
lu 14, à H
lu 22, à 7
lu 30, à 10

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L. 8 14' — C. 4 42'

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dim. S. Guiermo
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dij S. Teodose
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div. S. Arcada
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dis. Sta Verònica
13
Dim. S. Ilari
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dil. S. Maurici
15
dim. S. Ounourat
16
dim. S. Antoni
17
dij. Sta Angela
18
div. S. Sulpici
19
dis. S. Bastian
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Dim. Sta Agnesa
21
dil. S. Vincènt
22
dim. S. Raymound
23
dim. Sta Jacinta
24
dij. Conv. de S. Pàu
25
div. S. Poulicarpa
26
dis. Sta Devota
27
Dim. Sta Paula
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dil. S. Francès S.
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TRIMESÏRÍ;

Macari
Genevieva
Tita
Simeoun

dim. Sta Marfina
dim. S. Peire N.
En Janvié
Lou païsan n'a ren

lu 6, à 4 oura 28 s.
lu 13, à 11 oura 38 m.
lu 21, à 4 oura 44 ui.
- L. 7 49' - C. 5 30'

dij. S. Ignaci
div. La Candeliera
dis. S. Blasi
Dim. Setuagesima
dil. SS. Vinc.Oronte
dim Sta Agata
dim. Sta Dorotea
dij. S. Romuald
div. S. Jouan-Matha
dis. Sta Apoulounia
Dim. Sexagesima
dil. Sta Eulàlia
dim. S. Gregori
dim. Sta Eufrasia
dij. S. Onesime
div S. Dounat
dis. S. Simeoun
Dim. Quinquagesima
dil. S. Gabin
dim. Dimars-Gras
dim. Li Cendre
dij. S. Silvan
div. S. Maxime
dis. S. Pascase
Dim. Quadragesima
dil. S. Nestor
dim. S. Leandri
dim. Sta Nourina
dij. S. Nymphas

Plueia de febrié
A la terra vau fumiè.

ZDéSTU-S-bez

NICE

MARS
N. L.
P. Q.
P. L.
D. Q.
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0 oura 02 m.
0 oura 59 m.
1 oura 26 m.
1 oura 38 s.
01' — C. 6 13

S. Eudoxia
S. Simplici
Reminisceri
Sta Cunegonda
S. Casimir
Sta Coleta
S. Jouan de D.
Qaatre-tèms
Sta Margarida C.
Ocali
S. Euloge
S. Gregori
Sta Eufrasia
Sta Matilda
S. Acepsima
Sta Gertruda
Lœtari
S. Apien
S. Jôusé
S. Joachin
S. Lea
S. Turibe
S. Armentari
La Passioun
Anounciada
S. Emanuèu
S. Jouan d'Egt,
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13, à
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Divèndre Sant
Dissata Sant
Pasca
S. Albert, ev.
S. Azada.
s. Isidoro
s. Leoun
s. Juli
s. Justin
Ouasimoi/ii
Sta Anastasia
S. Frutuous
S. Rodolfe
S. Maxime
S. Anselme
S. Teodoro
S. Adalbert
S. Fidèle
s. Jorgi
s. Marco
s. Clet
s. Antime
s. Aimé

s. Roubert
Sta Catarina d. S
SS. Philip. ,Jacq.

Pichouna plneia d'Abriéa
Bouona récolta pèr l'csliéu

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TRIMÍÎSTRÈ;

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lu 13, a 7 oura
lu 21, à 10 oura
lu 28, à 7 oura
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C. 7 29'

1 dim. SS. Félip. Jaq.
2 dij. S. Atanase
3 div. In.d.l. Sta Crous
4 dis. SS. Sindonis
5 Dim. S. Pio, papa
6 dil. S. Jouan D.
7&lt; dim. S. Peire
8 dim. s. Gregori N.
9 dij. s. Antounin
10 div. s. Isidoro
11 dis. s. Bounifaci
12 Dim. s. Jouan lou S.
13 dil. s. Pouon, m.
14 dim. s. Pacomo
15 dim. s. Sta Denisa
16 dij. Ascensioun
17 div. S. Pascaù
18 dis. S. Teodoto
19 Dim. s. Pèire C.
20 dil. s. Felis.
21 dim. s. Bernardini
22 dim. s. Julia
23 dij Rogaeioun
24 div. s. Vincen, d. L.
25 dis. S. Urbin
26 Dim. Pandecousta
27 dil. S. German
28 dim. S. Cirile
29 dim. Sta Petronïa
30 dij. S. Sylve
31 div. S. Justin
Au mes de mai
Longui semana

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P.
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lu 11,
lu 19,
lu 26,

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19 dim.
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23 Dim.
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25 dim.
26 dim.
27 dij.
28 div.
29 dis.
30 Dim.

—

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à 10 oura SI s.
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S. Lié
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Sta Margarida
S. Barnabe
S. Antoui de P.
S. Basilio
S. J.-F. Régis
S. Moudeste
S. Lambert
Sta Olga
S. Gervai
Sta Juliena F.
S. Louis de G.
S. Paulin
Sta Maria d'O.
S. Jouan-B.
S. Prousper
S. Alban
S. Cresen
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S. Thierry
Vierg.de li Gracia
S. Anatole
S. Pèire de L.
S. Sisoès
S. Elie
Sta Babeta
S. Efrein
Sta Felicita
S. Pio
S. Jouan G.
S. Gene
S. Jaque
Festa Naciounala
S. Enri
N.D.d.M. Carmel
Sta Marcelina
S. Frederic
S. Vincen de P.
Sta Margarida
S. Vi loiSta Maria-Mad.
S. Apoulinari
Sta Cristina
S. Jaque
Sta Anna
S. Pantaleoun
S. Samsoun
Sta Marta
Sta Giulieta
S. Gnaci de L.

Au mes de Juliet
Ni frema ni coulé.

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P. L. lu 10, a 3 oura 58 m.
D. Q. l»i 17, a 1 oura 1.1 s.
N. L. lu 21, a 5 oura 14 m.
IV Q. lu 31, &amp; 5 oura 21 s.
souLÈu, —1.5 or -j&gt;. 8 or

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Inv. de S. Estève
S. Domenica
N. D. dei Nèu
Trausf. de J. C.
S. Gaétan
Sta Batilda
S. Camila d. L.
S. Là u ren
S. Septima
Sta Clara
Sta Filoumèna
S. Ousèbi
Asoumpcionn
S. Roc
S. Mamès
Sta Elena
S. Ipoulita
S. Bernar
Sta Chantai
S. Pio V
S. Filipe B.
S. Bartoumiéu
s. Louis, r. F.
s. Seg'oundo
s. Cesari
s. Goustin
s. Mederic
Sta Rosa
S. Fiacre

F.n . ivoast
Figa e moust

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D. Q. lu 15, a 6 oura î&gt;l
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S. Estève R.
Sta Eufemia
Sta Rosalia
S. Làuren J.
S. Pambon
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Natiu, di' la V.
S. Oumer
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Es. (1. l.S. CtQUS
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S. Janvié
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S. Maurici
Sta Tecla
S. Girar
S Firmen
S. Nil
S. iN'icandre
S. \\ inceslas
g. Miquèu
S. Jeromo

Lima setembrina
De mai clarina

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GRANDE MARQUE RECOMMANDÉE

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8 oura 20
9 oura 49
2 oura 42
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1 dim. Rosari
1 div. Tout lu Sant
2 dim. S. ■ Léger
2 dis. Eu Mouorl
3 dij. S. Rosari
S. Ubert
4 div. s. Francès d'A. 43 Dim.
dil. S. Carlo B.
5 dis. s. Placido
5 dim. Sta Bertila
6 Dim. s. Bruno
6 dim S. Leounar
7 dil. s. Serge
dij. S. Nestou
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8 dim. Sta Reparada
8 div. Lu Quatre Incou.
9 dim. S. Denis
9 dis. S. Teodore
10 dij. s. Francès B. 10
Dim. S. Jacintou
11 div. s. Tarasco
11 dil. S. Martin
12 dis. s. Counrad
12 dim. S. René
13 Dim. s. Edouard
13 dim. s. Stanislas
14 dil. s. Calisio
14 dij. S. Pantena
15 dim. Sta Teresa
15 div. Sta Gertruda
16 dim. S. Ospici
16 dis. S. Edme
dij.
17
Sta Edvija
17 Dim. S. Gregori
18 div. S. Luc
18 dil. S. Alfè
19 dis. S. Pèi re
19 dim. Sta Babeta
20 Dim. S. Agrico)
20 dim. S. Edmon
21 dil. Sta Ursula
21 dij. Présent, de la V.
22 dim. S. Filip
22 div. Sta Cecilia
23 dim. S. Teodoret
23 dis. S. Clemen
24 dij. s. Mairloire
25 div. ss. Crespin-Cr. 24 Dim. Sta Flora
26 dis. s. Jouan de K. 25 dil Sta Catarina
26 dim. Sta Pel fina
27 Dim. s. Frumence
27 dim. S. Maxime
28 dil. s. Alfredo
28 dij. S. Sostène
29 dim. s. Narcisse
29 div. s. Saturnin
30 dim. s. Marcel
30 dis. s. Andrièu
31 dij. s. Siri
En ùuloubre
\loii ponorc goûta loti rùare

Tonssan ientra
St A n'driéu lou souorte

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DESÈMBRE

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12 dij.
13 div.
14 dis.
15 Dim.
16 dil.
17 dim.
18 dim.
19 dij.
20 div.
21 dis.
22' Dim.
23 dil.
24 dim.
25 dim.
26 dij.
27 div.
28 dis.
29 Dim.
30 dil.
31 dim.

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6 oura 46 s.
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S. Francès X.
Sta Barba
S. Bassi
S. Nicola
S. Anbrosi
Imac. Conception
Sta Leoucadia
Sta Eulàlia
S. Damase
Sta Rosélina
Sta Lucia
S, Niçoise
S.
S.
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Mesuiin
Adon
Olimpíada
Gatien
Ciprian
Filogone
Tournas

S. Onourat
Sta Vitòria
Cacha-fuec
Calèna
S. Estève
S. Jouan
SS. Inoucent
Sta Eleonora
S. Sabîn
S. Sàuvestre

Calena aufuec,
Pasca àu j'aèc.

sin -

GRANDE MARQUE RECOMMANDÉE

4 35

�- i6-

�- 17

-I

CROUNICA NIÇARDA
L'ABADÏA DE SAN POUON.— L'ABAT RANCE-BOURREY.
GLOFFREDO.

—

—

PÈIRE

A PREPAU DOU DIALETE NIÇART.

Ben qne pareissènt tardié, VArmanac Niçart s'empressa de
pourtà la siéu febla vous su tout cen que enteressa lou païs, sigue
au pounch de vista istoria loucala, pouesia, tradicioun, sigue
tamben su la taquinanta questioun dóu dialete niçart souvenri
fès pauvada e su la quala lu escritour mouderne soun luen d'estre
d'acordi.
Parlerai finda de M. l'Abat Rance-Bourrey, un beneditin qne
despi quauque an en ça mete à prouflt la siéu erudiciou n a nen
revelà de fach d'istoria inedieh. Se quauqu'un mérita d'estre
laudat es ben éu ; es en éu que VArmanac Niçart tressa la
pamoula de sapiença. En esprimant la nouostra recounouissença,
à l'Abat Rance-Bourrey, fen cen que touplen an denembrat,
vouoli dire de courounà lu siéu travail, frucha de ben de recerca,
dai quali obra sian fier d'avé prestat la prima ajuda. Pouden cità :
lou Discours sur le Monastère de Sainte-Claire de Nice, par Honoré
Pastorelli, publié d'après l'édition originale de Turin 1608, avec
une introduction et des notes ; — "Le Général J.-B.-M. D'Anselme" (Notices biographiques (1740-1792). E aquest'an
l'istorien nen douna — toujou de prima man — YExpulsion de
Mgr Valperga, evesque de Niça, au tèms de la Revoulucioun,
travail anoutat de peça curiouvi que sian urous de pouder metre
souta lu uès dei nouostre letour.
*
* *
Lou fach de l'annada, lou mai marcant, es estat aquéu de
l'Abadïa de San Pouon. Parlon de tout destruge pèr li basti an
siéu luec un espitau Pasteur... UArmanac Niçart es pas Penemic
dóu prougrès, ni men encara dei Bei-Art, ma si fa lou pious dever
de jougne lu siéu esfouors en aquelu dei siéu councitadin quo
l'istoria dóu passat passiouna, pèr que l'Abadïa de San Pouon
sigue counservada e classada couma mounumen istorique. En la
circonstança feliciti M. l'Abat Rance-Bourrey que mé rasoun s'e.s
demoustrat l'ardènt defensour autourisat que counouissen. La
siéu paràula es estada escoutada e lou Préfet de li Alpa-Maritima,
8

'

�— i8 M. de Joly — respetuous dei nouostri tradicioun — en ortie
avertit a proumès que l'Abadïa de San Pouon seria respetada e de
lèu si crusià pèr lou siéu classamen tra lu mounumen istorique.
Dóu resta vequi ce que l'Abat Rance Bourrey nen di su San
JPouon. Counsignen religiousamen li siéu paràula :
« L'Abbaye de Saint-Pons est le plus ancien monument relitgieux existant dans le Comté de Nice. Il y a dou^e cents ans que
sSiagrius y fonda un monastère. L'histoire de ce monastère est
jintimement liée à l'histoire religieuse, civile et économique de la
iville de Nice.
;
« Ce fut à Saint-Pons qu'en 1388 fut'signé l'acte réunissant
le Comté de Nice au Comté de Savoie. Les abbés de Saint Pons
ifurent pris dans les principales familles du Comté : les Badat, les
tLaugery, les Provana, les Lascaris, les Grimaldi, les Martelli, les
;Tournefort, etc. Plusieurs évêques de Nice furent abbés de Saint[Pons, en particulier Barthélémy Chuet (fin du xve siècle) et Jean
, Uriole, son successeur. Un autre abbé, Claude de Seyselle, fut
,évêque de Marseille, puis archevêque de Turin ; d'autres furent
cardinaux, tels Innocent Cibo, neveu d'Innocent VIII et de
f
;Léon X, et Paul Medeci de Cesis dont on voit encore l'inscription
(funéraire à Sainte-Marie-Majeure, à Rome.
:
« A la fin du xvir siècle, l'abbé de Saint-Pons était Pierre
•Gioffredo, le savant historien niçois. Enfin, un abbé de SaintiPons dont les Niçois n'ont pas encore perdu le souvenir, était
(l'abbé Spitalieri de Cessole qui a doté sa ville natale d'un établissement de bienfaisance si justement apprécié. La plupart des
pbbès de Saint-Pons et plusieurs évêques de Nice ont été enterrés
dans l'église ou sous le cloître et dorment aujourd'hui confondus
avec les moines leurs frères qui depuis dix siècles y sont enterrés.
« Les monuments funéraires ont disparu. Le temps a tout
(nivelé à Saint-Pons, singulièrement aidé cependant par la main
ides hommes. On connaît les dévastations commises par
Iroupes de François Ier et de Barberousse, plus tard par celles d
Catinat et par d'autres encore. Après chaque désastre, SaintPons a retrouvé une nouvelle vitalité et il y a à peine trois quarts
de siècle que Mgr Galvano y a fait d'importantes réparations.
;
« Saint-Pons n'est pas seulement une page de l'histoire de
notre pays, c'est un gros volume de cette histoire ; les Niçois
laisseront-ils dire qu'ils sont restés indifférents devant le danger
qui menace Saint-Pons ? Non, ils feront tous leurs efforts pour

�— 19 -

sauver de la destruction un monument qui doit leur être cher...
Je demande d'urgence le classement de l'Abbaye de Saint-Pons,
c'est-à-dire de l'Eglise et des bâtiments claustraux, comme monument historique. »
Lou councours de YArmanac Niçart es aquist. Emé fiertà e
au près de touplen de sacrifici faren respetà l'istoria dóu passat,
la lenga e lu escrich dei orne qu'an ilustrat lou nouostre bèu
pais.
*
* *
Despi quauque tèms, — maladia que reven per intermitença,
— la gran questioun de la grafia niçarda, de l'ourtougrafa, es
messa su lou tapis. De letra soun estadi publicadi, d'autri lou seran, e cresi qu'après ben de charra pèr dire pas gran cauva de
nóu, quasi dirii pèr predicà dintre lou Desert, noun restera
d'aquela discussioun, — Favén déjà coustatat, — pas gran cauva,
ren!... Cadun escrèu à la siéu moda seloun l'esprit dóu moumen,
e serii ben curious de counouisse aquéu que vendria nen dità
une metoda en nen dïen : « la mièu maniera d'escrièure lou
Niçart es la bouona». Discussioun scientifica que pòu passiounà
quauque lenguista, pas mai ; lou mihou es d'escrèure seloun li
letra ditadi pèr la prounouncia. Lou talènt pèr aquéu qu'escrèu
es de si laissà liège, de si faire acapi. Es qu'en en un entan que
frecuenta l'escola primària poudès li demandà autra cauva ?...
Perta de tèms que tout acò, vourria mai s'engenià à recercà lu
viei mot, espressioun, loucucioun courenti que la pous dóu tèms
a rabaïat, dounà au nouostre bèu dialete la coulou que dèu avè,
en respetant lu emprunt que pouden avè fach sigue à l'Italian, à
l'Espagnòu o à tout autre...
Un dialète noun dèu pas estre une lenga scientifica, encara
m en noun còu avè la pretencioun que sigue ouficiela, seria temerari ; lou dialete d'un païs dèu refletà lou caratere d'un'epoca que
lou tèms dèu respetà, enfin escrèure gramaticalamen, un noun
empedisse l'autre, e laissà à l'esprit, au goust lou coumplemen
d'un stile ouriginal, en de frasa councisi que flaton i'auriha.
Aquí fermi la discussioun, risqui de perdre la civada... l'an
que ven, se Diéu mi presta vida, v'en dirai d'autri e couma
d'usança que mi sigue permès de la vous souvetà : Bouona e
uroûva !
L'ARMANAC

NIÇART.

�20 —

LA CIGALA DOU BOUON DIEU
Una cigala dóu Bouon Dieu
Tout l'estiéu
E l'iver en la chambreta, —
L'aiguesias vista la lebreta ! —
Noun vivïa que d'amour
S'assetava su l'ounour;
La cigala cantarela,
Vau chanja de clientela,
Noun es courta d'amatour,
Que li viron tout au tour !
Ma l'ancien de la cigala,
De gros mot ven que s'embala ;
En l'auriha de la maire
Li ven tout aquéu bousin,
Que deja toui lu vesin
Sabon lou long de l'afaire
— Cenqu'as fach m'au tiéu tip ?
Di la maire enrabiada...
Bella Vierge encourounada !
Sera au mancou m'un bouon rie!!...
CH. CIAUDO

PROUVERBI, BOUOI MOT, COUNSÉU E DICH
Tèms d'iver noun ti fidar.
Lu màu dei enfan si garisson soulet.
Cau naisse pèr estre bèu, si maridar pèr estre rie, e mouri
pèr estre brave.
Per aver de raïn, eau caressar la souca.
Agnèu naissut
Vau un escut.
Dansa mihou ventre plen que rauba nova.
L'oumbra dou mèstre engraissa lou cavau.

�LOU MAGOT DE BERTOUMIÉU ISSUGA
O BEN

UNA RAISSADA DE MACAROUN
Conte menloanasqae trouvât dintre d'un armori
de ma nana e que /'Armanac Niçart es tirons de
transcrièure en niçart à Ventencioun dei sièu
fidèle lotour et lelrissa.

Bertoumiéu Issuga, mentounasque de viéia roca, abitava en
coumpagnia de sa mouhié, en carriera dóu Paumoulié. La siéu
frema, malurousamen, era sirnplaria e faia lou siéu desespoir.
Cada matin Bertoumiéu, avant de s'en anà au travail, li recoumandava de noun faire de bestialità. Cou vous dire que toui lu
dissata lou nouostre ome metia en un'armari pertuat dintre la
muraia lou gagne de la semana.
— Bertoumiéu ! pèr qu seria tout aquel argen, demandava
Marioun au siéu marit.
— Es pèr Madjou-long, castagnassa !
*
* *
Un jou Bertoumiéu partet pèr anar à la siéu campagna ;
devia même li restar doui ó très jou pèr souïnar e arousar lu
citrouniè. Marioun souleta matin e sera, s'assetava su lou banquet de la pouorta e faïa de bas... Un predinà veguet un ome
de statura mai que mejana, couma si di, un gran carcan. La
frema de Bertoumiéu lou fissa sensa parpelear, pi pihada d'un'
idea, li diguet :
— Moun bèu Moussu, sias bessai vous Madjou-long ?
Lou merlo pita e noun s'en laissa dire autre, léu li
respouonde :
— Noun vous troumpas pas, bella bruneta, sièu ièu Madjoulong !... Ma perqué mi faire tala demanda ?
Perqué ?... dou moumen que sias Madjou-long, intras su lou
cóu. Li a ja pas mau de tèms que moun marit a mes d'argen
amagat pèr vous...
E sensa mai de ceremounia li remeté lou mandiou dintre lou
quai lu sóu eron groupât. L'ome remercia e la s'esbigna lèu.
♦

* *

�Lou sera, Bertoumiéu arriva, la sièu mouhié li di.
— Sabes, ai vist ancuei Madjou-long !
E l'ome de cridar :
— Malurousa ! — m'en a fach encara una 1
Courre à l'armari, lou mandiou e Pargen, mouis !... Issuga
blastema pica dai pen, es décidât de si desiaire de la siéu frema
Lendeman, dóu téms qu'aissesta durmïa, li cuerbe lu uès emé de
pega de sabatié, pi la pihant pèr la man, la mena dapé dóu CapMartin. Arrivât aqui, Bertoumiéu fa mountar Marioun su d'un
nouguié el'abandouna. La paura, bòrnia, noun sabia doun si
trouvava, ni men encara ce que poudia faire.
En aquéu fra-tèms doui voulur venon s'assetar souta
l'aubre ; après aver abrat quauqui branca sequi pèr s'escaufar, pi
si meton à cuentar lou siéu argen.
La calou faguet delegar la pega que curbia Puès destre de
Marioun e aissesta de cridar :
— E d'un !
Lu voulur, d'estuc, s'isson d'emblée.
— Qu'es acó, diguet l'un.
— Un matagan, faguet l'autre.
La calou seguia á faire lou siéu efet pau à pau durbia Puei
senec.
— E de douî, diguet Marioun.
Dóu cou lu voulur escapon, laissant Pargen espantegat soubre
Perba.
Marioun coumença à li veire clar, cala da l'aubre e ramassa
Pargen, pi lèu s'en camina vers maïoun...
Lou sièu marit, pensierons, era assetat dapè dóu fuec, s'escaufant, fumant la sièu pipeta emé beatituda...
— Bertoumiéu !... o Bertoumiéu !... duerbe-mi, siéu iéu,
Marioun...
— Vai au diàu que ti pihe... ièu que cresii de m'en estre
despegouït...
Ma Marioun, toujou picava, un cóu noun asperava l'autre...
L'ome fenisse per li durbi...
— Ten ! regarda cen que ti pouorti.. . e Marioun pauva lou
sac su lou toulié. ..
Bertoumiéu, entartugat, cuenta Pargen e réfléchisse ; — Marioun es simplaria e deman la vila saupra Pistoria de la fouré . ..
Cóu que Bertoumiéu si dispegouïsse pèr empedi li marridi lenga
de bavar...

�— 23 —
Si mete la vesta, lou capèu e souorte fermant la pouorta i..
Faïa nuech dintre la carriera, ma sensa pena s'encamina
vers una boutiga e croumpa pèr mai de dès kilo de macaroun...
Ientra au sièu e di à la sièu mouhié de si metre au liech.
En tant que Marioun durmïa, Bertoumiéu fa bui lu macaroun, pi lu espantega su lu aubre dóu jardin... Lendeman de
matin la siéu frema, desveiada, si mete à la fenestra...
— O ! Bertoumiéu ! Bertoumiéu ! Vene un póu veire!... O
trest ! vè, a plougut de macaroun !...
— O vai fantauma !... n'as toujou una. .. Ten ! ten !... ma
es ver !...
*
* *

A quauque tèms en ça, Bertoumiéu l'avia previst, Marioun
countet à toui que lou siéu ome noun li picava plus, despi lou
jou qu'ela li avia pourtat de sac plen d'escut...
Lou juge aiguent audit parlar de l'afaire, mandet sounar
Bertoumiéu devant lou tribunal ; la siéu mouhié era estada
citada couma testemoni.
Lou juge. — Bertoumiéu, sias acusat d'aver gardât d'argen
que noun era vouostre.
— Iéu !... Ma moussu lou juge, lou negui ; sièu couma
sabès un travaiadou.. .
E Marioun de dire.
— Noun negar, Bertoumiéu, sabés ben qu'es ver ; es iéu en
persouna que t'ai pourtat la mouneda, qu'avii trouvât en la
fouré.. .
Lou juge. — Anas brave ome, noun negués.. .
— E quoura lou m'as pourtat ?... — Vous juri, Moussu lou
juge, que la miéu frema es fouola !...
— E lou sabes ben, Bertoumiéu, es lou jou que plouguet tant
de macaroun !
— Moussu lou juge aves jamai vist ploure de macaroun ?...
— Jamai ! moun beL amic respoundet lou juge que si tenia
lou ventre dóu rire — Amie, vèu que la vouostra frema es
fouola. .. sias aquitat !...
Bertoumiéu si retira emé Marioun... Noun aigueron plus
de disputa e vieugueron, pareisse urous e pèr longtèms !...
J. E.

�CANSOUN ANCIENNA

PÈR LOU

N'aurias pas vist la miêu fiha
Trin-trin
Lou galerin
A'aurias pas vist la miêu Jiha
Trois-wtrois
Le fils du roi
L'ai vista e l'ai baïada
Trin-trin
Lou Galerin
L'ai vista e l'ai baïda
Trois-trois
Le fils du roi.
Douna-mi la miêu fiha
Trin-trin
Lou galerin
Douna-mi la miêu fiha
Trois-trois
Le fils du roi.
Es aqnela la vouostra fiha
Trin-trin
Lou galerin
Es aqaela la vouostra fiha
Trois-trois
Le fils du roi.
La miêu fiha era pas lernia
Trin-trin
Lou galerin
La miêu fiha era pas lernia
Trois-trois
Le fils du roi
La miêu fiha era pas lua
Trin-trin
Lou galerin
La miêu fiha era pas lua
Trois trois
Le fils du roi.
N'es ni guercia ni poutinouva
Trin-trin
Lou galerin
N es ni guercia ni poutinouva
Trois-trois
Le fils du rois.

MAI

�La miéu fiha n'es pas borni a
Trin-trin
Lou galerin
La miêu fiha n'es pas bornia
Trois-trois
Le fils du roi.
Noun faïa pas belugueta
Trin-trin
Lou galerin;
Nonn faïa pas belugueta
Trois-trois
Le fils du roi.
La miêu fiha n'es pas emberrida
Trin-trin
Lou galerin
La miêu fiha n'es pas emberrida
Trois-trois
Le fils du roi.
La m iéu fiha n'es pas pigada
Trin-trin
Lou galerin
La miêu fiha n'es pas pigada
Trois- trois
Le fils du roi.
La miéu fiha noun es pas ranga
Trin-trin
Lou galerin
La miéu fiha noun es pas ranga
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha noun es pas louorla
Trin-trin
Lou galerin
La miéu fiha noun es pas touorta
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha n'es pas crouoada
Trin-trin
Lou galerin
La miéu fiha n'es pas croavada
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha n'es pas gibouva
Trin-trin
Lou galerin
La miéu fia n'es pas gibouva

�— 26 —
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha noun es foularana
Trin-trin
Lou galerin
La miéu fiha noun es foularana
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha n'es pas ingourda
Trin-trin
Lou galerin
La miéu fiha n'es pas ingourda
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha a pas lou peu de pi g nu
Trin trin
Lou galerin
La miéu fiha a pas lou peu de pig nu
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha noun es narvelouua
Trin- trin
Lou qalerin
La miéu ûha noun es narveloiwa
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha noun a la rougna
Trin-trin
Lou galerin
La miéu fiha noun a la rougna
Trois trois
Le fils du roi.
XXX.

PROUVERB1, BOUOI MOT, COUNSÈU E DICH
Qu duerme ben noun cregne li niera.
Qu vè pissar e noun pissa, crêpa de malícia.-'
Qu douna soun ben avan de mouri
Mérita de pati.
L'amour es lou paradis dei fouol.
L'amour es .la flou de la jouinessa.

�LA MOUORT DAU PAURE TOUNIN

Lou paure Tounin, malàut a setant'an, si presenta à l'espitàu
ma li respouondon que li a plus de plaça.
— Coumplet ! ! !
Quauqu'un li fa capi qu'em'un pau de proutecioun li pourria
intrar. Countrariat dei pas que cóu faire, Tounin vira lu taloun e
s'encamina vers la plaça Massena, piha lou tram, si rende da
Graugnard, à l'espitàu dei can, e li di :
— Moussu lou Veterinari, cresi d'estre un pau mai qu'un
can ?... En aquéu cas souîna-mi...
— Vous souînar aici, ma brav'ome perdés la testa. — Basta,
li di que n'a pas de liech pèrcourcar un crestian, que noun douna
de souin qu'ai bestia !...
Tounin, couma pensas, s'en souorte m'au couor gros e noun
sau plus à que sant si recoumandar. Era aqui au mitan dóu
camin, quoura en aquéu moumen arriba un landau, doun cala
una grossa dama, encapelada, aurias dich un ver foungi, segada
d'un varlet que pourtava religiousamen un can enfeloupat emé de
favour rosa au couol, tapat d'un tapis em'ai iniciala. En veèn
aquéu tablèu lou paure Tounin si lamenta, sangluta fouort.
— Qu'avès lou miéu brav'ome, li di la dama.
— Cen qu'ai Madama ?... trovi que lou vouostre can a mai
de chança que iéu. Li a cinquant-cinq an que travaii, pèr la premiera fès que siéu malàut, noun soulamen mi refuson à l'espitàu
dei estre uman, ma encara mi vèu picar la pouorta au nas èn
aquéu dai can.
— Quevoulès, lou miéu paur'ome, ai fach un vout de mimetre
à la Soucietà Proutetriça dei Animau, de pourtar touti li miéu
ecounoumia à la Caissa de secours pèr soulajar lou sort dei bestia.
Lou fau talamen ben, que vouguessi ben vous dounar un sóu
que pourii pas.
La dama li vira l'esquina e ientra couma un coupa-cisèu da
Graugnard. Tounin roumougna :
— Se ti veguessi en un cantoun ti dounerii mancou un gotou
d'aïga !... vièia sansuga !...
Tounin estrassinat, deble s'alonga un pau plus en là, su d'un
mouloun de peira. Quauqui oura après, couma soufrisia, n'ai-

�guènt ren en l'estomegue depi l'auba, coumençava d'aver lou
rangouioun, quoura passet un canipiè que li diguet :
— Que fès aquí, brav'ome ?
— Couma veès siéu aqui pèr tirar lu patoun. M'an refusat â
l'espitàu, même en aquéu dai can, noun mi resta que de mouri
su d'un mouioun de peira. — Avès un carnet su lou quai enregistras lu fach dóu jou, farias ben de li aloungar lou miéu testamen que poudès mentuar couma acô :
— « Bouon Diéu, se mi fes passar encara une fes sur la terra,
fe-mi naisse can au mancou, li aura une Soucietà Proutetriça dei
Animau que si crusira de iéu e pourrai estre amès en un espitau,
estre souïnat, faire bouona vida, menar une vida de can... »
ANT. ROLAND.

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VIGNE
A M. VALÉRE BERNARD.

Dans le ciel doux la Vigne ètreint les pals de buis.
Sous le pampre le merle alourdi des falernes
Tourne son col gris vair et ses paupières lemes
Qu'argenté la blancheur des immuables nuits.
O / fraîcheur, 6 beauté des Igs et des iris,
Que la Vierge éblouie avec les marjolaines
Cueille le soir venu aux vasques des fontaines
Pour colorer en fête, au crépuscule, l'Euis.
Narcisses, ébeniers, œillet et sensitive
Ah ! Versez en mon âme attiédie et pensive
L'orgueil qui souleva les clairs olympiens.
L'amour qui rafraîchit les Madones pieuses
Et qui vêt de clarté les snls athéniens
Et les ravissements des époques heureuses.
JEAN

PADOVANI.

Quauque souvèt :
Vous souveti la bouona annada.
Que siegue mihau que la passada.
Vous souveti la bouona annada acoumpagnada de touplcn
d'autri.

�Eglises et Chapelles de Nice
La vieille ville de Nice se trouvant sur la rive gauche du
Paillon, pour parler de ses églises, nous commencerons par son
église cathédrale, Sainte-Réparate, vierge et martyre, de celles du
canton Est, et en traversant la rive droite nous nous occuperons des paroisses du canton Ouest.
I. — L'Eglise Cathédrale du Diocèse de Nice est la paroisse
de Sainte Réparate, vierge et martyre, sous l'empereur Decius en
253. Sa fête est le 8 octobre. Cette église est au centre de la vieille
ville (8.500 âmes), Avant 1531 la Cathédrale était près du Donjon, plateau de Nice, et dénommée : Sancta Maria in platea,
dédiée à N. D. de l'Assomption. L'édifice actuel, dans son genre,
ressemble beaucoup à Saint Pierre de Rome, au Vatican. C'était
auparavant une simple église paroissiale
desservie par
les Bénédictins du Monastère de Saint-Pons, près Nice.
Dans son ressort se trouvent l'ancienne église de Saint
Jaume (Saint Jacques apôtre), jadis des P.P. Carmes, fermée
depuis 1903. Après le transfert du titre de paroisse à l'église de
Saint Juste, évèquc, au Gesu, elle fut placée sous la vocable de l'Annonciation de la Sainte Vierge, ainsi que la belle Eglise de la
Miséricorde, sur le Cours Saleya, jadis de Saint Gaétan, fondée
e
par les P.P. Theatins au XVIII siècle et cédée à la noble
confrérie des Pénitents Noirs.
La Cathédrale de Nice, paroisse Sainte-Réparate de nos jours,
fut comme l'ancienne au Donjon du Château {Sancta Maria in
platea), le théâtre de plusieurs f lits historiques mémorables dans
les annales de l'histoire de Nice.
II. — L'Eglise de Saint Jacques, an Gesû, dès son érection
en 1612, dédiée à Saint Juste, évêque. Sa fête est le 2 septembre.
En 1665 fut érigée en paroisse sous le titre de Saint Jacques le
Majeur, remplaçant la paroisse de Saint Jaume. On l'appelle
vulgairement le Gesù à cause qu'elle a été fondée et administrée
par les P.P. de la Compagnie de Jésus.
Appartiennent à cette paroisse les deux chapelles des confréries des Pénitents Blancs, la Sainte Croix, — confrérie la

�óo —
plus ancienne de Nice, — et des Pénitents Rouges, Saint Suaire
et de la Sainte Trinité ; l'Eglise du Couvent de là Visitation,
la chapelle de l'ancien séminaire, à la montée du Château, et
jadis l'Hospice franciscain avec chapelle de Saint Joseph des
P.P. Recollets de Cimiez, convertie en maison particulière.
L'Eglise du Gesù est d'ordre corinthien composite, cons truite sur le modèle de l'Eglise des Jésuites de Turin, dite
vulgairement les Saints Martyrs. ( 10.000 âmes).
A l'extrémité de la rue du Malonat, aux racines de l'ancien
château, on voit un oratoire à la Sainte Vierge Marie, sous le
titre de N. D. du Bon Secours. Les habitants de ce quartier érigèrent cet oratoire en l'honneur de la sainte Vierge, en reconnaissance du choléra en 1854.
III. — L'Eglise paroissiale de Saint Martin Evéque dite de
Saint-Augustin est la plus ancienne, elle fut bâtie sur l'emplacement de l'ancienne chapelle de Saint Martin (1205) et appelée
Saint-Augustin parce qu'elle était desservie par les Augustiniens
dont le couvent a été transformé en caserne. (Caserne Filley, près
l'ancienne chapelle Sincaire).
IV. — L'Eglise de Saint-Francois-de-Paule a été édifiée en
1736 d'après le plan de l'architecte
Guarini. En 1838
elle fut érigée en paroisse par décret de Mgr Galvano et appelée
aussi Saint-Dominique en souvenir de l'ancienne église paroissiale
de ce nom qui s'élevait sur la place Saint-Dominique aux lieux et
place de l'actuel Palais de Justice.
V*— L'Eglise du Port ou de l'Immaculée Conception. D'humble
origine. D'abord ce fut une fort modeste chapelle (1835), transformée agrandie par Mgr Galvano, et l'avocat théologue L. Mari
fut son premier curé..
VI. — L'Eglise Saint-Joseph nouvelle paroisse depuis 1911 la
première pierre fut posée le 19 mars 1911, bénie le 29 octobre et
ouverte au public le Ier novembre 1911 sous le patronage de Mgr
Chapon et dirigée par les soins de M. l'abbé Gabrielli.
A cette paroisse appartiennent la chapelle succursale de Saint
Joseph contigüe à l'Evêché, et la chapelle de Notre-Dame des
Anges sur l'ancienne route de Villefranche.
VIL — Saint-Roch. Cette église paroissiale dans la banlieue
de Nice fut érigée après la peste de r68r. Nice fut délivrée de ce
fléau par l'intercession de saint Roch, confesseur, né et mort à

�- Si Montpellier. La paroisse est divisée en deux quartiers, Roquebillière
inférieure et Roquebillière supérieure, jusqu'à la chapelle de NotreDame de Bon Voyage.
VIII. — Rive droite du Paillon, intra muros, se dresse Notre Dame du Vau, paroisse Saint-Jean-Baptiste, qui remplace l'an
cienne église du même nom devenue chapelle inférieure du Lycée.
Cette belle église, vœu delà ville de Nice en 1835, mt érigée en
1842 et terminée en 1852 par Mgr Galvano, évêque de Nice.
La façade ressemble à celle élevée à Turin en l'honneur du retour
du roi dans les états Sardes en 1814.
IX. — Saiiit-Pierre-d' Aréna remplace une chapelle située à la
Croix de Marbre. Elle fut érigée en paroisse en 1803 par Mgr
Colonna d'Istria. Elle doit son nom à ce fait, c'est que lors de sa
fondation elle se trouvait sur le rivage de la mer séparée par une
bordure de sable fin.
X. — Une ancienne chapelle de Sainte-Hélêne-l'Inspiratrice
existait dans ces parages. Elle fut remplacée en face la mer par
une église sous l'épiscopat de Mgr Recrosio (1727).
Six paroisses « extra muros » dépendent de la commune de
Nice.
Sainte-Marie Magdeleine, sise dans le vallon de Magnan, édifiée sur l'emplacement d'une chapelle de même nom, érigée en
1626 et dite vulgairement chapelle « dei cassaire » à cause du
grand nombre de chasseurs. Après le concordat de 1803 sous
l'épiscopat de Mgr Colonna d'Istria, ce quartier qui depuis 1771
dépendait pour le spirituel de la cathédrale fut érigé en paroisse.
Il existe encore aujourd'hui une chapelle de Notre-Dame du Bon
Conseil changée en demeure particulière . Bientôt le besoin de
la population augmentant, une église sera bâtie à la cité Robiony
par les soins du curé actuel de la Madeleine.
Plus à l'est de la ville, toujours dans le canton ouest ce
l'Arquet, se dresse la paroisse de l'Ariane dédiée primitivement à
saint Arnoux, évêque et à saint Pierre, apôtre. Elle fut érigée en
paroisse en 1809 sous l'épiscopat de Mgr Colonna d Istria. Dans
son ressort se trouve l'ancienne chapelle nécropole de l'Abbadie
fondée en 1635 en l'honneur de sainte Claire pour le besoin spirituel de 450 à 500 habitants qui appartiennent aux communes
de Nice, Cantaron Saint-André. Localité d'avenii et à laquelle
le chemin de fer Nice-Coni donnera une valeur stratégique.

�— 32 —
Gairaut avait au moyen-âge une chapelle de secours desservie
par les religieux chevaliers de l'ordre du temple au début, et par
la suite de Rhodes et de Malte. Sous l'épiscopat de Mgr François
Rosini de Martinengo la chapelle fut érigée en église paroissiale
sous le vocable de saint Sauveur o*u de la transfiguration du
Rédempteur.
Dès 1730 les P. Dominicains de Nice fondent à Saint Pancrace un sanatorium pour religieux martyrs avec chapelle en
l'honneur de Saint Pancrace martyr. Cette chapelle est érigée en
paroisse en 1848 par Mgr Galvano.
Sur le couchant de Saint-Pancrace on trouve la paroisse de
saint Roman . martyr ; l'ancienne chapelle fut érigée en paroisse
ainsi que celle de saint-Antoine de Ginestière en 1803 sous Mgr
Colonna d'Istria.
VALENT IN.

NOU VÉ
Tu Çatarina fai lou pan.
Mdumen de jota, d'alegressa,
Fes audi da toui lu couor :
Lu ange canton l'alegressa,
Fuges l'infer, Juges la mouorl.
Chntou !
L'aarika sabla, li a quaucaren aici vesin,
Sembla que senti li joia d'un festin ;
Audi lu tambourin de laen,
Lu Jlajoulet e li musela,
Lu pastre van à Bethelen
Laisson la cabana soaleta ;
Santo nuech, venes aléa nen ralegrà,
Pourtas à toui la pax et la tranquilità !
Tu Catarina fai lou pan,
Manda Lucrecia au safran,
Despende aléa lou lauvaniè,
Chapla la blea su lou taatié ;
Crala de froumai e roumpe d'iiu
E fai la iourta couma fou,
Ché n'aiguen toui en aboundança (bis)
Santa nuech, venes alèu nen ralegrà,
Pourtas à toui la pa.x e la tranquilità .'
En tant faguen etnb'au vesin
t ua santépér lou Bambin,
Toucan lou gotou de bouon vin,
Ernb'aa vesin pér lou Bambin
Ti-ri-tin-tin ! -tinTi-ri tin !

�— 3Î —

L'Expulsion de Mgr Valperga
fEN SEPTEMBRE

1792)

Le 12 octobre 1780 h population de Nice se pressait aux
abords de la porte Pairoliëre pour y recevoir en grandes pompes
le nouvel évêque Charles-Eugène Valperga di Maglione. Ce
prélat avait couché la veille selon l'usage antique à l'abbaye de
Saint-Pons et devait faire ce jour là son entrée solennelle dans
sa ville épiscopale.
Le cérémonial imposant avec lequel on avait reçu jusqu'alors
les évêques fut encore cette fois observé. L'accueil de la population entière fut des plus chaleureux au rapport de Pierre Scaliero
qui en fut témoin (1). Le nouvel évêque, qui remplaçait Monseigneur Astésan nommé archevêque d'Oristano en Sardaigne,
appartenait à une famille de vieille noblesse dont plusieurs membres avaient exercé, à Nice, des fonctions importantes (2). Il
(1) Voir aux Archives municipales le récit détaillé que ce chroniqueur en a laissé dans ses Mémoires. Pierre Scaliero mourut en 1805.
(2) Jacques Valperga, conseiller ducal, fut lieutenant du gouverneur de Nice en 1454 ; Thoma5 Valperga fut gouverneur du château de Nice en 1565 ; Jean Valperga fut également gouverneur de
Nice en 1596 ; Jérôme Valperga fut commandeur du château de
Nice en 1600 ; Pierre Valperga, frère de Jacques Valperga, était
chevalier de Malte (Arch. municipales, registre des gouverneurs,
commandants et chevaliers de Malte) ; Anne Valperga, fille dAmédée
Valperga, épousa, le commandeur de Malte Jean-Paul Lascaris.
(Voir son testament daté de 1683, arch. des Alpes-Maritimes,
registre B, 297.) Joseph Ignace de Valperga reçut de son oncle, Emmanuel Philibert Chiotera, mie partie du fief de Couaraze dont il fut
investi le 20 février 1753. Son fils, Vincent, céda ses droits à H. Novelli. Jérôme Valperga fut sénateur à Nice de 1761 à 1765, puis
ministre plénipotentiaire de Sardaigne à Gênes en 1780 ; plus tard
il fut ministre etsecrétaire d'Etat, ce dernier était le frère de l'évêque
de Nice et fils du comte François Valperga qui vivait encore en
1795Ees armoiries des Valperga étaient fascé d'or et de gueules, à
la plante de chanvre déracinée, d'argent et brochant. Le cimier
était un bouc naissant au naturel et la devise : « Ferme-toy ».
Nous reproduisons les armoiries de Monseigneur Valperga d'après celles qui se trouvent en tête du catéchisme édité par ses ordres
et dont nous devons le dessin à l'obligeance de M. Joseph Casai
(Extrait de 1' « Armoriai Artistique et Nrbiüaire », Ni.e, 1902.
3

�- 34était directeur du collège des Provinces à Turin, lorsque le roi
de Sardaigne le désigna, pour l'évêché de Nice. Il avait été sacré à
Rome où il avait fait ses études. Monseigneur Valperga se distingua immédiatement par sa vigilance et son activité : il releva
le niveau intellectuel et moral des prêtres de son diocèse et s'attacha à mettre en toutes choses la plus grande régularité. Dix-huit
mois après son installation, il publia un nouveau catéchisme
dont le plan avait été préparé par son prédécesseur ^i). Grâce à

ses relations cordiales avec la eour de Turin, il jouissait auprès
des autorités civiles de Nice d'une grande influence. Après douze
(1) Ce catéchisme en italien fut imprimé à Nice par la Société
Typographique. C'est un petit volume in-douze de 612 pages, portant
la date de 1783. En tête se trouve le mandement de Monseigneur
Valperga du 16 février 1782 qui approuve le travail terminé par
le prêtre auquel Monseigneur Astésan en avait confié le soin, ordonne
sa publication et règle l'organisation des catéchismes dans tout le
diocèse. Deux ans plus tard en 1785, Gabriel Floteront, imprima
un autre catéchisme rédigé en dialecte niçois, petit volume in-12
de 228 pages. Un exemplaire de ces deux ouvrages existe à la biblio
thèque de Nice. — Voir Villarey, Série Cronològica dei Vescovi
di Nizza. — Art. Valperga.

�-35 années de séjour dans cette dernière ville il s'était acquis l'estime
et le respect de tous.
*

• *

Lorsque le 28 septembre 1792 dans l'après-midi, les troupes
piémontaises évacuèrent Nice, il y eut dans cette ville une effroyable panique et des milliers d'habitants s'enfuirent dans la direction de Turin. Ce fut un désarroi et une désorganisation complète de toutes les autorités. iMonseigneur Valperga resta à son
poste et s'engagea à ne point quitter la ville. Le lendemain samedi
29 septembre, il accompagna le second consul Honoré Saissi et
quelques membres du Conseil qui se rendirent, vers les onze
heures du matin, à la villa Feraudi, au quartier St Hélène, pour
offrir les clefs de la cité au général d'Anselme qui venait d'y
arriver à la tête des troupes françaises. Le général fit à la délégation assez bon accueil, mais il s'étonna de trouver parmi ses membres, l'évêque dont la place déclara-t-il n était pas là. Du reste,
d'Anselme attacha si peu d'importance à la démarche îles magistrats niçois que dans aucune de ses dépêches officielles il n'en fit
mention.
Sur le soir du même jour, la petite armée française faisait son
entrée dans la ville et le général s'installait dans la maison du
consul de France à la place St Dominique. L'évêque de Nice qui
tenait à rester au milieu de ses diocésains se présenta de nouveau
vers les huit ou neuf heures du soir chez le général auquel il voulait recommander ses prêtres en lui demandant des respecter les
églises. Le général était entouré de tout son état-major, du consul
de France, Pierre Le Seurre, de Honoré Saissi, second consul, de
Féraudi, secrétaire général de la commune. Ces deux derniers
venus probablement pour appuyer les demandes de l'évêque.
L'accueil du général ne fut pas plus encourageant que la première fois ; il intima même avec insistance au prélat l'ordre de
quitter ta ville en ajoutant que le plus tôt serait le mieux et ce
fut sur ces dernières paroles que l'évêque se retira après avoir toutefois reçu du général la promesse que tout ce qu'il laisserait dans
son palais serait placé sous la sauvegarde de la Nation française.
Il n'y avait pas à tergiverser, l'ordre était formel et pressant, il
fallait partir. L'évêque prit ses dernières dispositious et délégua,
au curé de la cathédrale, le chanoine Honoré Navello, tous les
pouvoirs nécessaires pour administrer le diocèse en son absence.
Aux premières lueurs du jour, Valperga quitta son palais, et se

�— 36 dirigea à pied vers la porte Pairolière. Il avait été impossible de
trouver une voiture car tous les moyens de transport avaient été
réquisitionnés et utilisés le 28 septembre pour permettre l'exode
des habitants terrorisés. Il avait ordre de partir, mais cet ordre
n'ayant pas été donné par écrit, les volontaires marseillais, de garde
à la porte de Turin, refusèrent de le laisser passer, l'accablèrent
d'injures, le menacèrent même de le pendre et ne consentirent á
le lâcher que sur un ordre écrit, sollicité et obtenu du général,
grâce à l'intervention courageuse et au sang-froid d'un jeune
niçois, Joseph Castellinard. Monseigneur Valperga se retira à
Turin et y mourut en 1805 sans avoir jamais pu obtenir l'autorisation de rentrer.
*

* *

Il est établi par les documents officiels contemporains que
Monseigneur Valperga ne quitta son siège que sur les ordres arbitraires du général d'Anselme et ces mêmes documents nous
renseignent très exactement sur les incidents fâcheux qui se produisirent au départ de l'évêque. Du reste, on n'ignorait pas à Nice
comment les choses s'étaient passées et la population savait grê à
Valperga de son attitude et de sa fermeté. De son côté, Valperga
avait eu confiance dans la parole à lui donnée par le général au
nom de la Nation française et à plusieurs reprises il manifesta
son étonnement qu'elle n'ait pas été gardée, que ses biens aient
été confisqués, son mobilier vendu, son nom inscrit sur la liste
des émigrés alors qu'en partant il n'avait cédé qu'à la force.
Parmi les nombreux documents qui se trouvent soit aux archives de Nice, soit aux archives nationales il en est quelques-uns
dont la simple reproduction sera plus probante que tous les corn,
mentaires. Il_suffira de citer :
•i° La lettre du Directoire des Colons Marseillais en date du
25 février 1793, adressée aux citoyens Blanqui et Veillon, députés
extraordinaires de la ville de Nice à Paris, au sujet des réclamations présentées le 23 du même mois par Jean-Jacques Donny, au
nom de Mgr Valperga.
20 La réponse du même Directoire à J.-J. Donny, en date du
26 février 1793.
3„ L'arrêté du Département en date du 13 avril 1793.
40 La réclamation présentée au Directoire du département

�Valperga, aussitôt après son inscription sur la liste des émigrés de
la ville de Nice, dressée à la fin de juin 1793.
50 Les états de frais pour l'inventaire et la vente du mobilier
et effets de « l'émigré Valperga Maillone, citoyen évêque » approuvés par le département des Alpes-Maritimes, le 5 germinal an
III (25 mars 1795).
6° Les actes de notoriété dressés le Ier et 2me fructidor an III
(18 et 19 août 1795) par Gautier, juge de paix à Nice, à la requête de Pierre-Joseph Passeron, agissant en qualité de procureur
subrogé par Nicolas Giorni, procureur spécial et général de Mgr
Valperga, par acte de procuration reçu à Turin le 20 juillet 1795,
notaire Pierre-Joseph Bernochio.
70 La pétition adressée au district de Nice le 4 fructidor an III
(21 août 1795) par Pierre-Joseph Passeron, demandant la radiation du nom de Valperga sur la liste des émigrés.
8° L'avis du district de Nice en date du 5 vendémiaire an IV
(27 septembre 1795) déclarant que Mgr Valperga doit être rayé
de la liste des émigrés.
90 L'arrêté du département des Alpes-Maritimes, en date du
14 prairial an V (2 juin 1797) ordonnant la radiation provisoire
du nom de Valperga de la liste des émigrés.
io° L'acte de cautionnement dressé par le département le
11 fructidor an V (28 août 1797), à la requête de Pierre-Joseph
Passeron, procureur de Mgr Valperga en exécution d'une des
clauses de l'arrêté du 14 prairial an V (2 juin 1797).

�- 38 —

DOCUMENTS ET PIÈCES D'ARCHIVES

Pièce 1.

25 février 1793
Aux cit. Blanqui et Veillon
Une lettre du cit. Donny, associé du citoyen LeClerc, défunt président de l'ancienne administration
provisoire, dont vous avez ci-inclus l'extrait ( 1 ), nous
fait connaître que le cit. Valperga, évêque de Nice,
laissa avant son départ (ordonné à son retour par
Anselme) dans sa maison pour environ 34.000 livres,
argent monnayé, et environ pour 17.000 d'effets en
vaisselle, linge, batterie de cuisine etc.
Une portion de ces effets se trouvent encore dans
ladite maison, sous l'inventaire que nous en avons
fait dresser par les commissaires de l'une et l'autre
administration, lorsque nous avons été installés, mais
il s'en faut de beaucoup qu'elle puisse arriver à la
somme de 17.000 livres, pas même le tiers.
Quant à l'argent monnayé entré dans la caisse du
receveur de l'ancienne administration, nous n'y
voyons point la somme que ledit Evêque désigne
avoir laissé dans sa maison. Nous vous remettons cijoint un extrait de l'état des sommes' que le cit.
Bonnet a reçu en espèces, pendant toute sa gestion
de receveur et trouvées parmi les effets des émigrés
français et niçois.
Nous ne voulons rien préjuger sur l'assertion du
cit. Valperga, quoique nous ayons des indices frappants de vérité. Ce ne sera que lorsque nous aurons
pu les convertir en preuves par le témoignage de
quelques citoyens que nous nous procurerons, pour
pouvoir en demander la restitution et la poursuite
contre le pillage.
En attendant, noùs croyons devoir vous faire part
de cette découverte que nous allons communiquer au
Président de la Convention Nationale et au Ministre.
Arch. des A. M. Registre de la correspondance du
Directoire des Colons marseillais L. 5.
Cet extrait manque au registre ainsi que les autres pièces
énoncées dans celte lettre.

�-hLe 2érae février 1793.
Au citoyen Donny, négociant à Nice
Pièce 2.

Votre lettre du 23me de ce mois, citoyen, nous
demande des renseignements sur le temporel du
citoyen Valperga, Evêque de Nice. Nous allons vous
transmettre tous ceux qui sont à notre connaissance
L'administration provisoire en choisissant l'Evêché
pour le lieu de ses séances, vint s'y établir dans les
premiers jours d'octobre, et tout nous porte à croire
qu'elle ne fit aucun inventaire des effets qui s'y trouvaient, du moins nous n'en avons trouvé aucun dans
les papiers qu'elle nous a remis.
En succédant à cette administration provisoire,
uous avons cru que notre premier devoir était de faire
un inventaire de tout le mobilier renfermé dans la maison épiscopale. Nous y avons successivement procédé
en présence des administrateurs provisoires et à mesure qu'ils nous en remettaient les clefs. Tout le mobilier qui s'y trouvait, ne consistait guère qu'en
meubles meublants et ne nous paraît pas avoir la
valeur de 17 mille livres que l'Evêque lui donne.
Vous pourrez, si vous le jugez à propos, faire prendre
à notre secrétariat une copie de cet inventaire. Tout
ce. qui n'est point renfermé dans les appartements
que nous occupons au premier étage, a été laissé à la
garde de Jean Poma, ancien concierge de l'Evêque et
le nôtre.
Pour nous éclairer sur les 34.000 1. argent monnayé que l'Evêque doit avoir laissé en sa maison,
nous avons écrit au cit. Bonnet, receveur de l'administration provisoire, pour lui demander un état des
sommes en numéraires versées dans sa caisse, comme
ayant été saisies et trouvées parmi les effets des Emigrés français et niçois. L'état qu'il nous a remis ne
monte qu'à 74121. 16 s, et aucun article n'a du rapport
avec les réclamations du citoyen Valperga.
Quant à ce qui concerne personnellement le
citoyen, nous avons demandé au Ministre de l'Intérieur de vouloir bien nous dire la manière dont nous
devions l'envisager. Nous savons qu'un ordre arbi-

�— 40 —
traire de Danselme l'obligea de quitter Nice, le jour
de l'entrée des Français. Mais nous pensons aussi que
la proclamation des Commissaires de la Convention
nationale de France et le décret de celle de Nice,
concernant les Emigrés, étaient des motifs suffisants
pour le ramener à son poste et le rassurer sur les
suites de son retour. En persistant à prolonger son
absence, il s'expose à être traité comme émigré, à se
voir déclarer déchu de sa place et confisquer tous ses
biens. Telle est la disposition de la loi, et quoique
nous ayons consulté le ministre sur le cas particulier
de l'Evêque, nous prévoyons que sa réponse sera de
nous en tenir à la rigueur des lois, ainsi que plusieurs
instructions nous l'ont déjà annoncé.
Vous sentez, citoyens, que tout le mobilier de
l'Evêque doit rester séquestré jusqu'à son retour ou à
la décision du Ministre. Il peut être tranquille sur la
conservation de tout ce que nous avons trouvé en
entrant dans sa maison. Ce qui a pu en être enlevé
avant notre entrée en fonctions, est étranger à notre
gestion. Mais nous employerons tous les moyens qui
sont en notre pouvoir pour en trouver les traces, en
acquérir les preuves et en faire punir les coupables.
Les administrateurs, etc.
Archives des A.-M., Registre
suivants.

,L. 5,/°7i verso et

Lettre des commissaires de la Convention
Nationale et arrêté du Département des A. M.
Nice, le 9 Avril 1793, l'an 1 Ie de la Repu bublique Française.
« Vous voudrez bien, citoyens, en nous envoyant
les noms et prénoms de l'évêque de Nice, nous instruire officiellement d'après les "dispositions des lois,
s'il est censé démissionnaire et son siège vacant.
« Les Commissaires de la Convention Nationale
au département des A. M.
GRÉGOIRE, JAGOT (I)

(1)

Archives des A. M. L. 29 ancien. L

7

actuel.

�— 4i (i3 avril 1793)
Le Directoire ; vu la réquisition du citoyen Procureur Général sindic « Considérant que Charles Eugène Valperga, évêque de Nice, n'avait point quitté
son domicile lors de l'entrée des troupes de la République ; considérant qu'il a lui méme-accompagné les
consuls d'alors quand ils furent présenter les clefs
de la ville et inviter le général Anselme à venir en
prendre possession au nom de la République ; considérant que le général Anselme par ses ordres arbitraires et tiranniques, accompagnés même de menaces contre ses jours, l'ont forcé de s'éloigner ; arrête
qu'il ne peut le déclarer émigré, et qu'il sera répondu
aux Commissaires de la Convention nationale d'après
les principes ci-dessus.. »
Sign : PAUMÉ ; BARLI FABRI ; F. CASTKLIMARD ;
ANGLES ; BERNARDI, secrétaire général. (1)
pjj

ce

^

Aux citoyens composant le Directoire du
département des Alpes-Maritimes..
22 juillet 1793.
Citoyens,
Le citoyen Jean-Jacques Donny, soussigné, chargé
des intérêts du citoyen Valperga, évêque de Nice
absent, ayant été informé que par votre délibération
du 29 du mois passé, ledit citoyen Valperga avait été
déclaré émigré, vous représente avec tous les égards

(1) Archives des Alpes-Maritimes, Registre L,. 3, folio 101. L'Arrêté n'est pas signé par le procureur syndic Jean-François Tourre
ni par l'administrateur Jean-L,ouis de Villiers qui ne partageaient
point l'opinion de leurs collègues. A noter que Tourre était d'Antibes
et que de Viliers était un médecin français établi depuis longtemps
à Nice.
I/Arrêté fut pris malgré le réquisitoire de Tourre qui voulait
déclarer Monseigneur Valperga émigré et malgré un violent discours de Villiers soutenant la même thèse qui fut combattue par
Barli Fabri, par Castclinard et par Anglès. J'ai déjà publié in-extenso
cette délibération du 13 avril T793 au cours d'un article sur l'église
de Nice en 1792-1793 inséré dans Nice Historique du Ier avril 1903,
C'est pourquoi je reproduis ici simplement la lettre des
commissaires et l'arrêté du département.

�- 42 —
dûs au pouvoir dont l'exercice vous a été confié par
le peuple souverain que le citoyen Valperga ne peut
ni ne doit sous aucun rapport être considéré comme
émigré, par les motifs ci-après :
i° Qu'il est de notoriété publique qu'il n'a quitté
le pays que contre son gré et par ordre du général
Anselme :
2° Qu'il a constamment été disposé et a offert
de revenir dans son diocèse, moyennant qu'il ne fut
assujetti à prêter qu'un serment relatif au temporel et
non au spirituel.
3° Qu'enfin et par la raison que n'étant point
indigène, mais étranger, son séjour ici n'a été dé terminé que par sa nomination à l'épiscopat, événement casuel qui n'a jamais pu le soumettre à l'obligation de renoncer pour toujours à sa mère-patrie.
Tous ces motifs, soit qu'on les prenne collectivement ou séparément, démontrent suffisamment,
citoyens administrateurs, le droit incontestable, qu'a
le citoyen Valperga de demander et prétendre la
radiation de son nom du tableau des émigrés, et si
le ministre de l'Intérieur n'a fait aucune distinction
entre lui et les autres citoyens, c'est sans doute qu'il
a ignoré les circonstances qui vous sont exposées
ci-dessus, et notamment la dernière, car s'il les eût
toutes connues, il n'est nullement probable qu'il eût
décidé comme il l'a fait. Toute hypothèse contraire
serait une injure faite à ses sentiments et à ses lumières. Un homme tel que lui, dont les vertus civiques, le patriotisme et les talents l'ont appelé au
poste aussi honorable que pénible qu'il occupe, doit
ressembler autant que possible à la Nation pour
laquelle il agit et qui l'a honoré de sa confiance.
Cette nation est grande, généreuse, magnanime,
juste et bienfaisante.Elle ne peut qu'êtreextrêmement
jalouse de sa gloire, et l'un des principaux devoirs de
ses agents est d'éviter soigneusement d'en ternir
l'éclat.
Le refus qui serait fait de rayer de la liste des
Emigrés le nom du citoyen Valperga, refus qui entraînerait avec lui la confiscation des minces propriétés de ce citoyen, serait un acte qui imprimerait à

�-

43

-

jamais une tache ineffaçable à la gloire du nom français ; tache qui ne pourra manquer de frapper également les yeux des contemporains et ceux de la postérité ; tache enfin que les historiens ne manqueront
pas de faire ressortir par des couleurs enluminées, et
le bel effet qu'un pareil tableau produirait, citoyens
administrateurs, serait votre ouvrage.
Mais non, loin de nous, cette idée ! Vous êtes
républicains ! cela suffit. Les républicains sont vertueux. Ils aiment, chérissent, protègent, respectent
la vertu partout où elle se trouve. Et le citoyen Valperga aussi est un homme vertueux ! Qui en doute ?
Nul bon citoyen, nul honnête homme. Souvenezvous, citoyens administrateurs, que ce n'est que par
ses vertus qu'il a mérité l'amour et l'affection du
peuple Niçois et non par sa qualité d'évêque. Et plût
à Dieu que tous les ecclésiastiques lui eussent ressemblé ! La France n'eut point éprouvé d'aussi horribles secousses, pour asseoir, affermir et assurer sa
liberté.
La République a incontestablement le droit de
renvoyer hors de son sein tout individu qui ne lui
convient pas, mais en renvoyant ainsi un étranger
qui, d'ailleurs, n'a pas encouru la peine de la confiscation de ses biens, elle lui permet de les emporter ou
de les vendre et d'en emporter le produit. Tel est
précisément le cas du citoyen Valperga.
L'exposant demande en conséquence, citoyens
administrateurs, qu'il vous plaise prendre dans votre
sagesse une délibération tendante à rendre audit
citoyen Valperga sa qualité de citoyen français non
émigré, à lui accorder un délai compétent pour rentrer dans ce pays soit comme simple citoyen ou
comme fonctionnaire public et à lui assurer dans
tous les cas la restitution de ses propriétés par lui
laissées sous la sauvegarde de la loyauté française
dans la maison épiscopale, lors de sa retraite forcée,
ou la juste indemnité de leur valeur. Et sera justice.
Nice, le 22 juillet 1793, l'an second de la République française, une et indivisible.
Jean-Jacques DONNY.
l
ARCHIVES NATIONALESF/ 4.867 , dossier Valperga.

�- 44 Pièce 5.

Etat de frais de vente pour parvenir à l'inventaire
et vente des effets de l'émigré Valperga Maillone,
citoyen évêque :
5 germinal an III (25 mars 1795)
Pour une séance de trois commissaires dont un du
District et deux de la Commission municipale, fixée
à trois livres par séance par le Directoire du district
et approuvé par les Représentants du
Peuple
L.
9 »
Papier timbré tant de la minute que
des deux extraits
»12
Pour la copie desdits deux extraits . .
» 8
Droits d'enregistrement
13 10
31

2

Nous soussignés certifions le compte ci dessus véritable.
Signés : J.-B. Thomaty, comm. du dist. ; Savigny,
comm. munie. ; Mabil, comm. municip.
Frais de la vente :
Pour quatre séances de deux corn missaires dont un
du District, un de la Commis, mun. sans le membre
de l'administration fixées à trois livres par séance par
le Directoire du district et approuvé par les Représentants du Peuple .
L.
24 »
Au trompette pour publication de
quatre criées
5 »
Au crieur à la vente, quatre séances .
12 »
Aux portefaix qui ont travaillé au
transport des effets
40 »
Papier timbré tant de la minute que
de l'extrait
1 »
Bougie
3 »
Droits d'enregistrement
27 »
Papier timbré du petit état
» 4
A la femme qui a assisté à la vente
pour l'arrangement du linge
» 12
L.
Signés : J.-B. Thomaty, comm. du
district ; Savigny, comm. municip.

1

159 6

�Vu par nous, membres composant la Commission
Administrative du district et d'après l'arrêté du district, approuvé par les Représentants du Peuple et la
loi du il et 12 Mars, arrête l'état des frais ci-dessus
se montant à la somme de cent cinquante neuf livres
trente centimes, qui seront acquittés par le receveur
du droit d'Enregistrement lorsque le Département
aura vérifié ledit état.
Nice, le 29 ventôse an 3"" de la République française une et indivisible (19 mars 1795).
(Suivent les signatures).
Vu l'état des frais ci-dessus pour parvenir à l'inventaire et vente du mobilier de l'émigré Valperga
Maillone ci-devant évêque.
Vérifié et arrêté par le Directoire du district de
Nice, la Commission Administrative du département
des Alpes-Maritimes approuve ledit état et ordonne
au citoyen Maussier, receveur de l'enregistrement
cîudit district de payer aux citoyens J. B. Thomaty
et Savigny, comm. la somme de 159 livres et 30
centimes pour montant des frais pour inventaire et
vente des susdits effets de l'émigré, laquelle somme
lui sera allouée en compte.
Fait à Nice le 5 germinal an 3me républicain ( 25
mars 1795).
Etat des frais pour parvenir d la vente du mobilier de
l'émigré Charles Eugène Valperga Maillone, citoyen
évêque.
Pour trente-neuf séances de trois commissaires
dont un du District et deux de la Commission municipale, fixé à trois livres par séance par le Directoire
du district et approuvé par les Représentants du
peuple
L.
351 »
A deux portefaix, dix-neuf journées et
demi chaque fixées à cinq livres par jour.
195 »
Au trompette pour publication de
trente-neuf criées fixées à une livre cinq
sols chaque
48 r 5
Au crieur à la vente, trente-neuf séan
ces fixées á trois-livres par séance ....
117 »

711 1$

�- 4* Report
Papier timbré tant de la minute que
de l'expédition
Pour copie dudit extrait fixé à quatre
livres
Papier timbré du présent état ....
Bougie
Droit d'enregistrement
Plus deux autres journées de portefaix à cinq livres
Un paquet de plume
L.

148
4
6
421

»
4
»
»

20
5

»
»

1.182

7

Nous soussignés certifions le compte ci-dessus,
véritable.
Nice, le Ier ventôse an 3me de la République (19
février 1795).
Signés : J.-B. Thomaty, commissaire du district ;
Savigny, comm. ; Honoré Mabil, comm. municipal.
Vu par nous, membres composant la Commission Administrative, de ce District, et d'après la loi
du 11 et 12 Mars 1793 (v. s.) et l'arrêté de cette
Commission approuvé par les Représentants en date
1^ Fructidor, oui l'agent national, arrête l'état des
frais se montant à onze cent huitante deux livres et
trente cinq centimes qui seront acquittés par le
receveur de l'agence de l'enregistrement sur le produit de la vente desdits meubles, lorsque le Département aura vérifié ledit état.
Nice le 29 ventôse an 3me de la République
française une et indivisible (19 mars 1795).
(Suivent les signatures).
Vu l'état des frais ci-dessus pour parvenir à la
vente du mobilier de l'Emigré Valperga Maillone cydevant évêque.
Vérifié et arrêté par le Directoire du district de
Nice.
La Commission administrative du département
des Alpes-Maritimes, approuve ledit état et ordonne

�— if au citoyen Maussier, receveur de Penregistrement
dudit district de payer aux citoyens J.-B. Thomati,
Savigni et Honoré Mabil, commissaires, la somme de
mille cent quatre vingt deux livres trente cinq centimes pour montant des frais de la vente des susdits
effets de l'Emigré. Laquelle somme lui sera allouée
en compte.
Fait â Nice le 5 germinal an 3me républicain (25
mars 1795).
Arch. des A. M. L. 15 ancien p. 44-45 N° 34-35

Actes de Notoriété
Pièçe g

1-2-fructidor an III
18-19 août 1795
EGALITÉ, LIBERTÉ

AU NOM DE LA LOI
Ce jourd'hui, premier Fructidor, l'an troisième
(18 août 1795 de la République française, une et indivisible, à Nice, chef-lieu du département des AlpesMaritimes, par devant Nous, Antoine Gautier Juge de
paix de la Ier, 2m" et 3me section et officier de police,
est comparu le citoyen Pierre Joseph Passeron, natit
tic la commune de Contes et habitant en celle de Nice
depuis plusieurs années.
Lequel en sa qualité de procureur du citoyen
Charles Eugène Valperga de Maillone, évêque de Nice,
subrogé par le citoyen Nicolo Giorni, homme de loi,
procureur spécial et général établi (par acte reçu) par
le notaire Pierre Joseph de Bernochio, le 20 Juillet
dernier (v. s.) qu'il présente, légalisé par le résidant
de la République de Gênes auprès de la Cour de Turin, dont il résulte le pouvoir donné au citoyen Giorni, de subroger en son lieu et place, avec tous les
pouvoirs compris au dit acte, et il présente au surplus l'acte de sa dite subrogation faite par le même
citoyen Giorni, reçu en la ville de Gênes le premier

�- 48 du mois d'août dernier (v. s.) par le notaire Antoine
Baglietto, légalisée par le consul de la République
française.
Il expose que le vingt neuvième jour de septembre
de l'année 1792, l'armée de la République, étant arrivée en cette ville, commandée en chef par le citoyen
général d'Anselme, lorsque ce général, vers le soir,
fut arrivé et il eut pris son logement dans la maison
habitée par le ci-devant consul de la République Le
Seurre, ledit citoyen Evêque Charles Eugène Valperga de Maillone s'y étant présenté, ledit général d'Anselme, en présence de tout son Etat-Major, lui signifia
d'abord de devoir partir de cette ville. Sur quoi le
dit évêque ayant répondu qu'il avait cru de pouvoir
continuer sa résidence en cette ville et tellement l'avait cru, qu'il n'avait jamais pensé de distraire et en
faire partir le moindre de ses meubles et effets, qu'il
avait dans la maison d'habitation de l'tvêque et que
si absolument il lui ordonnait de partir, il le priait de
lui accorder la sauvegarde sur tous lesdits effets et
meubles. Le dit général d'Anselme lui répliqua qu'il
dut absolument partir de cette ville, en ajoutant que
le plus tôt en serait le mieux, et qu'à l'égard de ses
meubles et effets qu'il avait, il les mettait dès ce ino
ment sous la sauvegarde et loyauté de la Nation française et qu'il pouvait en être tranquille, après quoi ledit
évêque Valperga de Maillone, tout tremblant, ayant
dit qu'il allait se conformer dès le lendemain au matin à ses ordres, se retira ; ledit général d'Anselme
lui ayant encore répliqué : le plus tôt sera le mieux.
Et comme il importe audit citoyen évêque Valperga de Maillone de constater le fait ci-dessus expo"sé, suivi en présence de tout l'Etat-Major dudit général d'Anselme et de plusieurs citoyens de cette commune, l'exposant, en sa dite qualité vous présente les
citoyens Pierre Le Seurre, ci-dessus nommé, ci-devant
consul en cette ville de la République, le citoyen Honoré Saissi de cette commune qui pour lors était second consul de la même commune, le citoyen Philippe Emmanuel Féraudi qui pour lors était secrétaire de
Ìa même commune et le citoyen Ange Giraudi aussi

�- 49 de cette commune, pour recevoir leurs dépositions
sur ledit exposé et vous fait instance que de tout lui
soit concédé acte, ce que nous lui avons accordé, et a
signé.
PIERRE JOSEPH PASSERON.

Et de suite se sont présenté les susnommés
citoyen Le Seurre, natif de Craon, âgé de 75
ans, bourgeois, le citoyen Saissi, âgé de 70 ans,
négociant, Emmanuel Feraudi, âgé de 68 ans, notaire, Ange Giraudi, âgé de 63 ans, négociant,
natifs et domiciliés dans cette commune, auxquels
après avoir fait lecture dudit exposé fait par ledit citoyen Pierre Joseph Passeron, en sa dite qualité, les
avons interpellés sur serment que leur avons fait prêter, conformément à la loi, de nous dire en leur âme
et conscience si tous les faits énoncés dans le même
exposé sont de leur connaissance et tous les quatre ont
répondu et attesté tant uniment que séparément en
être pleinement informés, s'y étant trouvés présents,
et que le tout contient la vérité, toute la vérité et
rien que la vérité. En foi de quoi ils ont signé :
LE SEURRE, HOSORI'J
SAISSI, PHILIPPE EMMANUEL FÉRAUDI,
ANGE

GIRAUDI.

Et nous, juge de paix, vu les dépositions ci-dessus, avons de tout concédé acte au susnommé citoyen
Pierre Joseph Passeron en sa dite qualité, pour lui
servir et valoir dans tous les cas, à ce que de droit et
de raison. Fait à Nice, l'an et le jour que dessus.
GAUTIER, juge de paix.
BONIFACI, sec. greffier.
Vu par nous, membres du District de Nice, 3 vendémiaire an IV rép. 25 sep. 1795, TOSELLI, JN COPPON
fils, VÉRANI pr. syndic, SAYTOUR Martin.

�— 5o —
EGALITÉ, LIBERTÉ.

AU NOM DE LA LOI
Ce jourd'hui. second jour de Fructidor de l'an 3
août 1795) de la République française une et indivisible, à Nice, chef-lieu du département des AlpesMaritimes, par devant nous, Antoine Gautier, juge de
paix de la iere, 2M* et 3ME section et officier de police,
est comparu le citoyen Pierre Joseph Passeron : natif
de la commune de Contes et habitant en celle de Nice
depuis plusieurs années
Lequel en sa qualité de procureur du citoyen
Charles Eugène Valperga de Maillone, évêque de
Nice, subrogé par le citoyen Nicolo Giorni, homme
de loi, procureur spécial et général établi (par acte
reçu) par le notaire Pierre Joseph de Bernochio, le 20
Juillet dernier (v. s.) qu'il présente, légalisé par le résidant de la République de Gênes auprès de la Cour de
Turin, dont il résulte le pouvoir donné au citoyen
Giorni, de subroger en son lieu et place, avec tous les
pouvoirs compris audit acte, et il présente au surplus
l'acte de sa dite subrogation faite par le même citoyen
Giorni, reçu en la ville de Gênes le premier du mois
d'août dernier (v. s.) par le notaire Antoine Baglietto,
légalisée par le consul de la République française.
Expose : Primo, que le matin du trente septembre 1792, le citoyen Charles Eugène Valperga de
Maillone, évêque de Nice, en partant de cette ville
avec deux domestiques à sa suite, qui portaient un
paquet et quelques effets, fut arrêté à la porte qui conduit en Piémont, ci-devant nommée porte Victoire,
et conduit au vestibule de la maison presque attenante
à ladite porte, appartenant au citoyen Dominique
Castellinard, où se trouva le citoyen Joseph Castellinard, fils dudit Dominique, et malgré que ledit Evêque Valperga déclara aux soldats de la Garde de la
dite porte qui étaient des Marseillais, que c'était en
conséquence d'ordre qui lui avait été signifié par le
citoyen général d'Anselme qu'il partait de cette ville,
lesdits soldats commencèrent par le malmener et lui
(19

�signifier qu'ils voulaient le pendre et ayant ouvert
ledit paquet et y ayant trouvé entre autres effets, une
ceinture d'évêque, ils déterminèrent, à l'instant, de le
pendre avec ladite ceinture, et ayant essayé si la même
était assez forte pour le soutenir, en la préparant, elle
se fit en lambeaux, de façon qu'ils vérifièrent qu'elle
ne pouvait leur servir et demandèrent audit Joseph
Castellinard fils une corde, pour pendre ledit évêque,
à un grand anneau de fer qui était au plafond dudit
vestibule, servant â y passer une verge de fer pour
peser les marchandises, et ledit citoyen Castellinard
fils, leur ayant absolument refusé de leur donner de la
corde, en s'excusant qu'il n'en avait point, comme
dans tous ces entrefaits ledit évêque se trouve mal et
ne peut plus se soutenir, ledit Castellinard fils lui fit
apporter une chaise, par sa servante à qui quelques
uns de ces soldats donnèrent des coups de poing pour
avoir porté ladite chaise et le même Castellinard le
fit ensuite asseoir sur ladite chaise, en le soutenant,
parce qu'il ne pouvait se soutenir droit ; d'autant plus
qu'en attendant, lesdits soldats marseillais lui disaient mille exécrations, lui crachaient dessus et lui
donnaient des soufflets, et assurément ils l'auraient
fini, si dans cet intervalle un de ses domestiques
n'avait été dire au citoyen général d'Anselme ce qui
venait d'arriver, et ledit domestique étant venu avec
un billet dudit général d'Anselme qui ordonnait à la
garde de le laisser partir, puisque c'était de son ordre,
en conséquence de ce billet lesdits soldats marseillais
se bornèrent pour lors à lui dire et crier mille invectives et injures et le laissèrent partir, ce que ledit
évêque, malgré qu'il ne pût se remuer, à l'aide de ses
domestiques fit au mieux possible en tremblant, de
façon qu'il doit son existence au refus ferme et déterminé que ledit citoyen Castellinard fils leur fit de
leur donner une corde, sans quoi avant l'arrivée du
dit domestique portant l'Ordre du général d'Anselme, il aurait été pendu et étranglé.
Secondoque lefaitci-dessusfut d'abord public et notoire, de notoriété publique dans cette ville et encore
plui le lendemain premier octobre, puisque les autres

»

�— 52 —

soldats de la Phalange Marseillaise, arrivés sur le soir
dudit jour trente septembre, d'abord après leur arrivée
cherchèrent l'évêque qu'ils voulaient le lanterner et
mettre en pièces, comme ils s'expliquèrent hautement,
ce qui joint au fait arrivé dans ledit vestibule de la
maison Castellinard, étant devenu d'une notoriété publique donna l'épouvante à tous les gens honnêtes du
pays, qui disaient que le citoyen général d'Anselme en
ordonnant audit évêque de partir, en mettant sous la
sauvegarde de la Nation française ses meubles et ses
effets, avait voulu le sauver.
Et comme il importe audit citoyen Passeron, exposant en sa dite qualité, de constater par témoins le
fait ci-dessus exposé, il nous présente ledit citoyen
Joseph Castellinard fils de Dominique de cette commune, âgé de 21 ans, de profession, négociant, qui se
trouva présent au fait énoncé dans le Ier article de l'exposé ci-dessus, et au surplus informé de la notoriété
des faits énoncés au second et dernier chef, de ladite
exposition et il nous présente les citoyens Jean-Jacques Donny, natif de Neufchâtel en Suisse, âgé de 39
ans, de profession, négociant ; Joseph Poullan, natif
de Clavesana, en Piémont, âge de 48 ans, négociant ;
Jacques Gerbin, âgé de 60 ans, tailleur, Jean-Marie
Thaon, âgé de 56 ans, négociant, natifs et tous domiciliés en cette commune pour déposer sur ladite
notoriété énoncée dans ledit second fait exposé, pour
recevoir leurs dépositions, et nous fait instance que de
tout lui soit concédé acte, ce que nous lui avons accordé et a signé.
Pierre-Joseph PASSERON .
Et de suite se sont présentés les susnommés citoyens Joseph Castellinard, Jean-Jacques Donny, Joseph Poullan, Jacques Gerbin, et Jean-Marie Thaon,
ci-dessus qualifiés, auxquels après avoir fait lecture
dudit exposé fait par ledit citoyen Passeron, en sa
dite quálité, les avons interpellés sur serment, que
leur avons fait prêter, conformément à la loi, de nous
dire en leur âme et conscience, si tous les faits énoncés dans le même exposé sont de leur connaissance,

�- 53 et ledit citoyen Joseph Castellinard a répondu et
attesté en être pleinement informé pour avoir été
présent au fait exposé dans le i" article de ladite exposition, et pour avoir publiquement entendu dire les
faits énoncés dans le second chef qui était en cette
ville notoire de notoriété publique et lesdits citoyens
Jean-Jacques Donny, Joseph Poullan, Jacques Gerbin,
Jean-Marie Thaon, ont répondu et attesté tant uniment que séparément être pleinement informés de
l'énoncé dans le second chef de ladite exposition,
puisque les faits y énoncés étaient notoires, de notoriété publique en cette ville, et tous lesdits citoyens
ont respectivement attesté pour ce qui les concerne
que tout contient la vérité, toute la vérité et rien que
la vérité. En foi de quoi ils ont signé : Joseph Castellinard fils,Jean-Jacques Donny, Joseph Poullan, Jacques
Gerbin, Jean-Marie Thaon.
Et nous, Juge de paix, vu les dépositions ci-dessus,
avons de tout concédé acte au susnommé Pierre Joseph Passeron en sa dite qualité pour lui servir et valoir dans tous les cas, à ce que de droit et de raison.
Fait à Nice l'an et jour que dessus.
GAUTIER,
BONIFACI,

juge de paix.
sec. gref.

Vu par nous, membres Du district de Nice, le 3
vendémiaire anIV rep. (25 sept. 1795).
Jn. COPPON fils, VÉRANi, pr. syndic, TOSELLI, Saytour
MARTIN.

Arch. Nat. F

7

4867 *

�54 -

PÉTITION au DISTRICT de NICE
et AVIS de ce DISTRICT
ÉGALITÉ,

LIBERTÉ

5 vendémiaire
27 septembre 1795 an IV
AUX

CITOYENS ADMINISTRATEURS
DU DISTRICT DE NICE

Le citoyen Pierre Joseph Passeron, natif de la
commune de Contes, habitant en celle de Nice depuis plusieurs années.
Vous expose en qualité de procureur du citoyen
Charles-Eugène Valperga de Maillone, évêque de
Nice, subrogé par le citoyen Nicolo Giorni, homme
de loi, son procureur spécial et général fondé par acte
reçu dans la ville de Turin par le notaire PierreJoseph de Bernochio, le 20 juillet dernier (v. s) légalisée par le résident de la République de Gênes, près
la Cour de Turin, duquel il résulte le pouvoir donné
audit citoyen Giorni de subroger en son lieu et place
avec tous les pouvoirs compris dans le même acte,
qui se trouve copié mot pour mot dans celui de la
subrogation faite par le même citoyen Giorni, reçu
en la ville de Gênes le Ier du mois d'août dernier
(v. s* par le notaire Antoine Baglietto, légalisée par
le consul de la République française, le 13 Thermidor dernier (3 1 Juillet 1795), qu'il vous exhibe qu'étant arrivé dans cette ville le vingt-neuvième jour
du mois de septembre de l'année 1792, l'armée de la
République française, commandée par le citoyen général en chef d'Anselme lorsque celui-ci y fut arrivé
le soir et eut pris son logement dans la maison d'habitation du citoyen ci-devant consul de la République
Le Seurre, ledit évêque Charles-Eugène Valperga de
Maillone, s'étant présenté, le même général d'Anselme
lui signifia d'abord en présence de son Etat-Major de
partir de cette ville, sur quoi ledit évêque lui répondit qu'il avait cru pouvoir continuer sa demeure dans
cette ville et qu'à cet effet il n'avait jamais pensé de

Pièces 7 et 8

�- 55 distraire, ni faire partir le moindre de ses meubles et
effets qu'il avait dans la maison d'habitation de
l'évêque, que si absolument il lui ordonnait de partir,
il le priait de lui accorder la sauvegarde pour tous ses
dits effets et meubles, ledit général d'Anselme lui
répliqua : Le plus tôt sera le mieux, ce qui tout est
constaté par les attestations ci-jointes du premier et
second jour de fructidor dernier qu'il vous présente
également.
Qu'il résulte aussi par lesdites attestations, que
ledit évêque Valperga de Maillone fut forcé par ledit
général d'Anselme de partir de cette ville que tous
ses meubles et effets fussent mis sous la sauvegarde de
la Nation française et qu'étant parti le lendemain 30
dit septembre, il risqu'à d'être pendu ef étranglé paties soldats de la Phalange Marseillaise qui se trouvaient de garde à la porte ci-devant dite Victoire, ce
que tout fut d'abord notoire et de notoriété publique
dans cette ville.
Vous observe que ledit évêque Valperga est natif
du Piémont où il se retira et que s'il a résidé dans
cette ville, ce n'a été que pour raison de son ministère, que tout cela nonobstant il a été porté sur la liste
des émigrés, a été vendu la plus grande partie de ses
meubles et effets, et cela même nonobstant la préalable réclamation que le citoyen Jean-Jacques Donni,
chargé des intérêts dudit évêque avait fait à l'ancien
département par sa pétition du 22 juillet 1793 (v. s)
qui existe dans les Archives de ce district, résultant
ainsi que tout cela a été fait et opéré contre le droit des
gens et la sauvegarde de la loyauté française qui fut
promis audit évêque.
En conséquence, l'exposant demande en sa dite
qualité de procureur dudit citoyen évêque CharlesEugène Valperga de Maillone la radiation de son
nom de la liste des émigrés, la levée des scellés, la
restitution de ses propriétés et l'indemnité de celles
qui ont été distraites et vendues au nom de la Nation,
et sera justice.
(21 août 1795).

�- 56 Nice le 4me jour de Fructidor de l'an 3me de la
République française une et indivisible.
Signé : Pierre-Joseph PASSERON.
Vu la pétition ci-dessus du citoyen Pierre-Joseph
Passeron présentée au nom et comme procureur subs
titué du ci-devant évêque de Nice, Charles-Eugène
Valperga tendante à obtenir la radiation de son nom
de la liste des émigrés, la levée du séquestre et remission de ses effets restant ainsi que l'indemnité de
ceux qui ont été distraits ou vendus.
Vu une première pétition présentée à l'ancienne
administration du département par le citoyen JeanJacques Donni, au nom du citoyen Valperga en date
du 22 juillet 1793 tendante aux mêmes fins.
Vu la procuration en date du premier août 1793
(V. s.) faite à Gênes, par devant le notaire public Antoine Baglietti, légalisée par le Consul de la République française y résidant, ainsi que l'acte de procuration y inséré, en date du 20 Juillet 1795.
Vu l'attestation de quatre témoins faite avec serment par devant le juge de paix de la 1", 2"", 3me section de cette commune, en date du 1" Fructidor dernier '18 août 1795).
Vu autre attestation de cinq témoins faite par
devant le susdit Juge de paix, le 2 dit fructidor, aussi
sous serment.
Considérant que par la première des 2 attestations il est pleinement prouvé que le vingt-neuvième
septembre 1792, aussitôt après l'entrée de l'armée
française dans cette commune, le sus-nommé évêque
Valperga s'étant présenté au général d'Anselme qui
la commandait en chef, celui- ci lui ordonna d'abord
en présence desdits témoins et de tout l'Etat-Major.
u'il n'avait qu'à partir de la ville, et malgré que le
it évêque lui observa qu'il avait cru de pouvoir y
rester tranquillement et qu'à cet effet il n'avait fait
partir aucun de ses effets et meubles, le général lui
répliqua de partir absolument de la ville, en ajoutant
que le plus tôt serait le mieux, l'ayant assuré qu'à

a

�-5;l'égard de ses meubles et effets de sa maison, il les
mettait dès ce moment sous la sauvegarde et loyauté
de la Nation française et qu'il pouvait en être tranquille.
Considérant qu'il résulte par lesdites attestations,
et il est prouvé que l'évêque Valperga, d'après les
ordres précis et réitérés du général d'Anselme, partit
le lendemain 30 septembre de cette ville.
Considérant que par la susdite attestation du deux
Fructidor il résulte que l'évêque Valperga, au moment de son départ de cette commune, ayant été arrêté à la porte qui conduit au Piémont, par les soldats
qui y étaient de garde, lesquels tentèrent de le pendre,
il évita la mort par les soins du citoyen Joseph Castellinard, un des déposants, et il ne fut laissé libre que
d'après un billet du général d'Anselme, qui ordonnait à ladite garde de le laisser partir, puisqu'il s'en
allait de son ordre
Considérant que tous ces faits sont devenus de notoriété publique dans cette commune, dès le même
jour 30 septembre et Ier octobre suivant, ainsi que
quatre témoins l'ont attesté.
Considérant que le citoyen Valperga ne s'est absenté de cette commune et ci-devant Comté de Nice
que d'après les ordres du général d'Anselme auquel il
témoigna son regret.
Considérant que le départ du citoyen Valperga
ayant été forcé il ne peut pas être qualifié d'émigration.
Considérant que son intention de rester dans cette
commune est d'autant plus constatée, que le citoyen
Valperga a été le seul fonctionnaire public, il soit
resté à son poste, n'ayant soustrait aucun des meubles
et effets de sa maison, lesquels ont été ensuite distraits
et vendus par la Nation.
Considérant que le citoyen Valperga ne peut être
non plus considéré comme réfractaire aux lois de la
République, tandis qu'à l'époque de son départ de cette
commune, aucune loi de la République, surtout à
l'égard des ecclésiastiques, n'y avait été encore publiée
à laquelle eut pu contrevenir.

�— 58 —
Considérant que le citoyen Valperga ne pouvant
être considéré ni comme émigré, ni comme réfractaire, ne pouvait être privé de ses propriétés laissées
dans cette commune lors de son départ, sous la sauvegarde de la loi et de la Nation française qui lui fut
accordée par le général d'Anselme, et qui étant digne
de la loyauté de cette Nation, ne pouvait être violée
sans blesser le droit des gens.
Considérant au surplus, que le citoyen Valperga,
originaire piémontais, ne faisait sa résidence à Nice,
qu'à raison de son épiscopat, ce qui ne donne qu'une
résidence easuelle, et que sous tous les rapports, il
n'a cessé d'être étranger à l'égard du pays de Nice et
de la France.
Considérant que l'article 6, section deux, N° 2 de
la Loi du 25 Brumaire (15 novembre 1794) en déclarant émigrés les citoyens domiciliés dans le cidevant comté de Nice, qui sont sortis depuis le 27
septembre 1792, n'a point porté atteinte au droit des
gens dans la personne de l'étranger, qui se trouvait
dans ce même pays, où il n'aurait pas établi son vrai
domicile.
Considérant que le citoyen Valperga, qui avait été
forcé par le gouvernement de partir de Nice, n'a dû
plus y revenir dans le terme même prescrit par les
lois aux citoyens de la ci-devant Comté de Nice,
puisqu'il ne devait point imaginer qu'il fut compris
dans l'invitation, malgré qu'il ait été porté sur la
liste des émigrés.
Considérant que ce nonobstant, lorsqu'il sut qu'il
avait été porté sur la liste des émigrés de cette commune, s'est empressé de présenter sadite pétition
du 22 Juillet 1793 dans laquelle il demanda non seulement la radiation de son nom de ladite liste, mais
encore un délai convenable pour rentrer dans cette
commune, soit comme simple citoyen, ou comme
fonctionnaire public, ainsi que la restitution de ses
propriétés par lui laissées sous la sauvegarde de la
loyauté française dans la maison êpiscopale lors de sa
retraite forcée, ou une juste indemnité de leur valeur.

�- 59 Considérant finalement que,d'après toutes les circonstances sus-ênoncèes, aucune loi concernant les
émigrés ne peut être applicable au citoyen Valperga,
et que toutes celles qui pourraient le regarder relatives au séquestre des biens appartenant aux habitants
des pays en guerre avec la République française ont
été rapportées par le décret du 14 Ventôse dernier
(4 mars 1795). •
Le Directoire du district de Nice, oui le procureur syndic, est d'avis que le citoyen Charles-Eugène
Valperga ci-devant évêque de Nice ne doit point être
considéré émigré.
Qu'il doit être rayé de la liste des émigrés, que le
séquestre apposé sur ses propriétés doit être levé, qu'il
doit être réintégré dans la possession et jouissance
d'iceux, que tous receveurs ou dépositaires doivent
lui restituer les sommes qu'ils ont perçues, résultant
du produit desdites propriétés et qu'il doit recevoir
la juste indemnité des meubles et effets qui seraient
passés au profit de la Nation.
Fait à Nice, dans la salle des séances le 5me Vendémiaire an 4me républicain (27 sept. 1795). Signé
Saytour Martin. Verani,
procureur syndic, Angles v. prés.
Touzelly. Jn Coppon fils.
Enregistré au feuil. 20 registre des prévenus
d'émigration et signé BARRAIA, commis greffier.
Certifié conforme par nous Ve président et secrétaire du district Jn COPPON Fils V,-PRÉSIDENT
BARRAIA Cis greffier.
A rch. Nat. F 7 4867

2

�— 6o —

Pièce 9.

LIBERTÉ (vignette) ÉGALITÉ
BUREAU DES
ÉMIGRÉS

Extrait des registres des délibérations et arrêtés de
l'Administration Centrale du département des Alpes Maritimes.
(2

juin 1797)

Séance du quatorze Prairial an 5mf de
la République française une et indivisible.
Sur le rapport d-e la pétition présentée par le
citoyen Pierre Joseph Passeron, procureur fondé de
Monsieur Charles Valperga, ci-devant évêque de
Nice, dans laquelle il expose que ledit Charles Valperga n'a jamais dû être atteint des lois relatives à
l'émigration, soit qu'on le considère comme parti en
suite d'une force majeure, soit en sa qualité de piémontais et demande en conséquence la radiation de
son nom de la liste des Emigrés, sa réintégration
dans la possession et jouissance de ses propriétés et
une juste indemnité, des meubles et effets qui sont
passés au profit de la République.
L'Administration Centrale du département des
Alpes-Maritimes, considérant que M. Charles Valperga, comme piémontais, n'habitant Nice que pour
cause de son emploi, n'aurait jamais dû être porté
sur la liste des émigrés du département.
Que le seul motif qui a pu déterminer le général
d'Anselme à lui ordonner de partir de la ville de
Nice, ne peut avoir été que la susdite qualité de
piémontais.
Considérant enfin, que comme sujet du roi de
Sardaigne, il est dans le cas de jouir de l'article i,r
de la loi du quatorze nivôse an troisième, (} janvier
1795), ainsi que de l'article neuf de la loi du trente
Floréal an quatrième, (19 mai 1796).
Arrête, oui le commissaire du Directoire Exécutif
que le nom de Valperga, ci-devant évêque de Nice,
qui se trouve inscrit sur la liste des émigrés, sera

�— 6i —

provisoirement rayé ; que tout séquestre qui pourrait
avoir été mis sur ses biens sera levé, qu'il sera réintégré dans la possession et jouissance de ses propriétés,
et que toutes les sommes versées dans les caisses publiques, lui seront rendues, déduction faite des frais
faits conformément aux lois.
Fait et arrêté* en séance publique le jour, mois et
an que dessus.
Signé : Donny, président Payani, fils, Scudéry,
Oberti, Hancy (et en marge Gastaud commissaire
du Directoire Exécutif).
Certifié conforme à l'original par nous président
et secrétaire de l'Administration centrale du départemeni des Alpes-Maritimes.
DONNY, président
BELMONDI, sec. chef au bureau des émigrés.
Arch. Nat. F 7 4867 2

ACTE DE CAUTIONNEMENT
Pièce 10.

11 fructidor anV (2&amp; août 1797)
LIBERTÉ ÉGALITÉ
Ce jourdTiui 11 fructidor an 5 de la République
française une et indivisible (28 août 1797) par devant nous, membres composant l'Administration
centrale du département des Alpes-Maritimes, est
comparu le citoyen Joseph Passeron, natif de Contes,
chef-lieu de canton, domicilié dans cette commune,
procureur fondé de Monsieur Charles Valperga, cidevant évêque de Nice, en vertu d'acte de procuration du 20 juillet et premier août 1795 (v. s.) lequel
en sadite qualité, dépendamment à l'arrêté de cette
administration du quatorze prairial an cinq (2 juin
1797) portant que le nom de Valperga, ci-devant
évêque de Nice, sera provisoirement rayé de la liste
des émigrés, que tout séquestre qui pourrait avoir
été mis sur ses biens sera levé, qu'il sera réintégré
dans la possession et jouissance de ses propriétés, et

�— 62 —

que toutes les sommes versées dans les caisses publiques lui seront rendues, déduction faite des frais
faits, conformément aux lois, désirant de se conformer au porté par l'article 3 de la loi du 5 Brumaire
an 3 (26 octobre 1794) qui exprime que les prévenus
d'émigration seront tenus de donner caution solvable de la valeur mobilier, et ne pourront obtenir
leurs immeubles jusqu'à ce qu'il ait été définitivement statué sur leurs réclamations par qui de droit,
toujours en sa dite qualité a présenté pour caution le
citoyen François Grosson, marchand drapier de cette
commune, lequel ici prése.it et acceptant, s'oblige
conjointement et solidairement avec ledit Valperga
et pour celui-ci ledit Joseph Passeron, et sous l'hypothèque de tous leurs frens présents et à venir, à l'entière exécution de ce qui les concerne en la susdite
loi, et à la représention des mobiliers, effets et sommes à percevoir en dépôt que besoin sera, et quant
aux mobiliers invendus et en dépôt seront soumis
d'en représenter la valeur à laquelle seront estimés
par experts, préalable rémission.
Et nous, administrateurs susdits approuvant lesdits
cautionnement et acte de soumission, à la réquisition
dudit citoyen Joseph Passeron, avons dressé le présent acte que toutes les parties ont signé avec nous,
ayant au préalable fait renoncer audit François Grosson au droit de premier convenir.
Fait à Nice les jours, mois et an que dessus.
Joseph

PASSERON,

François GROSSON,
prés., PAYANY FILS,
MARUN-SAYTOUR, sec. en chef

HANCY, DONNY,
P.

Acte original sur timbre de 20 centime*.
Arch. Nat. F

7 4867^

�— 63 -

CONCLUSION

Il était avéré pour tous, dans la ville de Nice, que Mgr
Valperga était parti contre son gré et si la première Administration départementale, installée au mois de Mai 1793,
l'avait inscrit sur la liste des émigrés de Nice, c'était à la
suite d'une réponse faite par le ministre de l'Intérieur, Garât,
aux questions à lui posées par le Directoire des Colons Marseillais sur la conduite à tenir vis-à-vis de l'évêque.
Les questions avaient été envoyées à Paris, vers la fin
de Février 1793, et la réponse du ministre ne parvint à Nice
qu'au milieu de juin suivant, soit quelques jours avant la
publication de la liste des émigrés. Les réclamations de
l'évêque, retiré à Turin dans sa famille, furent présentées
le 22 juillet 1793 (1) ; mais comme beaucoup d'autres, elles
s'entassèrent dans les bureaux du Département, qui n'y
répondit même pas.
Cette réclamation fut présentée au nom de l'évêque par JeanJacques Donny au Département. lîlle figure en original au dossier
Valperga.
Voir ci-dessus.
Le registre des délibérations du département manque aux Archives pour les derniers mois de 1793, exactement du Ier mai au 10
Novembre, comme pour les six derniers mois de 1797 et l'année entière de 1798, exactement du 8 Messidor an V (26 Juin 1797) au 25
Pluviôse an VII (13 février 1799).
C'est-à-dire pour les deux périodes les plus troublées et cette
disparition est tout au moins étrange.
Elle doit être vraisemblablement attribuée à certains hommes
politiques désireux de laisser dans l'oubli leur conduite durant ces
deux époques.

�- 64 On était dans la période la plus aiguë et, en pleine
Terreur.
Après le 9 Thermidor et, surtout après la venue à Nice
du représentant Beffroy, au mois de Floréal, an III (Mai
I795)»
les esprits devinrent plus calmes, les administrations plus pondérées. C'est alors que, sur de nouvelles demandes présentées au District, et sur avis favbrable de
celui-ci, le département des Alpes-Maritimes accorda à Mgr
Valperga sa radiation provisoire, le 14 Prairial, an V (2 Juin
1797). Comme on le voit, l'affaire avait traîné en longueur.
Il semblait alors que rien ne s'opposait plus à la rentrée
de l'évêque : le 11 Fructidor, an V (28 Août 1797), le Département avait agréé la caution de François Grosson (1) ;
les biens de l'évêque allaient lui être rendus, et il pourrait
rentrer.
Mais huit jours après, le coup d'Etat du 18 Fructidor (4
septembre 1797) remettait le pouvoir aux mains des Jacobins, la guerre aux émigrés et aux ecclésiastiques, en particulier, reprit avec âpreté. Pe département des Alpes-Maritimes se vit accusé d'avoir préparé une rentrée triomphale à l'évêque, son arrêté du 14 Prairial resta sans effet
et, en vertu de la loi du 19 Fructidor (5 septembre), les
scellés furent de nouveau apposés sur les biens de Mgr Valperga par deux commissaires municipaux (2).
En vain, l'évêque de Nice, fit intervenir auprès du Directoire Balbi, l'ambassadeur du Roi de Sardaigne à Paris,
le dossier de sa demande en radiation fut examiné sans
aucune bienveillance.
(1) L/Acte original de ce cautionnement sur timbre est aux
Arch. des Alp.-Maritimes Q. 10.
(2) Mise de scellés sur les biens de Charles Eugène Valperga par
deux commissaires de la municipalité de Nice. Une scéance, 6 livres.
Dépense approuvée par le Département, en Germinal an VI (avril
1798). Arch. des A. M. Q. 11.
Mgr Valperga ne possédait à Nice aucun immeuble et il devait
rester fort peu de chose de son mobilier après la vente qui en avait
été faite en Ventôse an III. La bibliothèque de l'évêché avait été déclarée bien national et la caisse diocésaine avait disparue en octobre 1792
sans laisser de traces dans les pièces administratives. Le séquestre
a été apposé sur les biens de nombreux émigrés rayés provisoirement.
On peut en voir la liste aux Archives des A. M. Q. 10, où Valperga
figure sous le N° 65.

�- 65
Á la suite de la lettre de Balby datée de Paris le 7 février
1798, le ministre de la police demanda à ses Bureaux un
rapport sur l'affaire Valperga. Pe voici tel qu'il se trouve
en minute au dossier.
Attendu que rien ne tend à constater le prétendu ordre
de quitter Nice, d'où il suit qu'il faut en croire sur parole
l'émigré.
Qu'à raison de son domicile, il était tenu de rentrer sur
le territoire dans les délais voulus par les lois.
Qu'il est atteint par la déchéance et n'a réclamé que
l'an V.
Qu'il ne paraît pas y avoir lieu de violer la loi en faveur
de cet ex-évêque dont la rentrée prohibée par la Constitution serait d'une influence dangereuse.
J'estime qu'il y a lieu à proposer la maintenue sauf
à prendre des renseignements si toutefois on les trouve
indispensables.
CAIGNART,
Sous-chef (2e Bureau).
En tête de cette minute est écrit :
« Je pense qu'il y a lieu à instruction et à prendre
des renseignements près les Administrateurs du département_des Alpes-Maritimes. »
Signature illisible (1).
Ces renseignements furent-ils demandés ? C'est probable et cela explique que bien des pièces du dossier Valperga sont en double expédition. Plus d'une année s'écoula
encore, avant que fut prise une décision et finalement sur
un rapport défavorable de la Commission d'examen instituée près le Ministère de la police pour l'étude des demandes en radiation, le Directoire exécutif signa le 7 Floréal
an VII, (26 avril 1799) un arrêté qui maintenait définitivement, sur la liste des émigrés, Mgr Valperga et annulait
toutes les décisions rendues antérieurement, en sa faveur,
par les. autorités locales.
(1) Arch. Nation. F 7 4862 2 dossier Valperga. Rapport de la
3 me Division du Ministère de la police, sans date mais joint à la
lettre de Balbi.
»

�- 66 -

Varrêté du Directoire parvint à Nice les premiers
jours de Prairial an VII (Mai 99) et fut immédiatement
mis à exécution. (1).
*

* *

Ainsi donc Mgr Valperga expulsé ne put jamais obtenir
de rentrer, les lois sur l'émigration étaient tellement embrouillées et tyranniques qu'une fois inscrit sur une liste
d'émigrés, il était extrêmement difficile de s'en faire rayer
malgré toutes les démarches ; car on se heurtait sans cesse
à des questions de forme et de procédure ce qui permettait
à la malveillance de s'exercer tout à fait à l'aise sous le
couvert de la légalité.
A. J.

PvANCE-BOURREY.

(1) De 21 Floréal an VII (10 mai 1799), il fut communiqué
par le ministre de la police générale de la République aux diverses
administrations intéressées et aux Commissaire du Directoire exécutif
près le département des Alpes-Maritimes. Celui-ci par lettre du 3
prairial (22 mai 1799) demanda au Département de le transmettre
à la Municipalité de Nice, ce qui fut fait le même jour avec ordre
de le transcrire sur ses registres, de faire apposer les scellés ou séquestre sur tous les biens meubles et immeubles de l'évêque si ce
n'est déjà fait, et de mi notifier sans délai la décision prise à son égard.
Voir lettre du Département à la Municipalité, celle du Commissaire au Département, 3 Prairial an VII avec la réponse du Département 4 Prairial.
Arch.. des A. M. Q. 1 et 2 et Arch. Nationales, dossier Valperga,

�NIÇA LA BELLA
VERS DE /.

Giordan,

su

DE CARTA POUSTALA

Ai rai dôu nouostre bouon soulèu
Venon s'escaufar toui lu lùssi ;
Es un meravihous tablèu,
Ai rai dôu nouostre bouon soulèu,
Trouvas, dou Var fin au Castèu,
Anglés, Rouman, Danesi, Rùssi :
Ai rai dôu nouostre bouon soulèu
Venon s'escaufar toui lu lùssi.
Pèr tu, as touti li bèuta,
Terra de lus e d'alegria,
D'un ciel d'azur, as la clartà,
Pèr tu, as touti li bèuta.
De l'univers, en verità,
Siès la uechièma meravia ;
Pèr tu, as touti li bèutà,
Terra de lus e d'alegria.
Dintre lou tèmp, Semiramis
Faguet basti, à Babilouna,
Pu siéu jardin, vèr paradis !
Soubre Paioun, degun s'estouna
De vèire, ancuèi, lou paumoulié
Drissar au ciel la siéu coulouna
E lou galofre, e l'anemouna
Flouri emb'au pourtegalié.
De bouon matin, quitant maioun
Pèr la journada touta'ntiera,
S'en va lavar, dintre Paioun
Pa bugadiera.
D'un glourious passat es fiera
Perqué, d'un tèmp, sus lou bastioun
Au Turc, arranquèt la bandiera
Pa bugadiera.

�fet 68 —

Sau de fouora fa freï,
Que brima,
A Niça, sus lou Quèi,
Si rima.
Pescadou, fourestié,
De la mar bressarella,
Escouton voulountié
Pa doussa cantinella.
L'AVOUCAT

PATTA

L'estudi de l'avoucat Patta es en plen aria ; si tèn lou matin
couma lou predinà su la plaça dôu Palai. Es un ome pichounet,
touplen raplot, li pocha enfli de papiè de touta mers. En lu vièi
quartiè es proun counouissut e li capelada, « Bouonjou Moussu
l'Avoucat », noun li mancon. Es ben m'ai juge, proucuradou, etc.
Lu siéu ounourari soun bouon pati e n'a de preferença pèr
qu si sigue. Parla au premier maufatan vengut, couma se fousse
un agnèu que vén de naisse ; lou créancier o lou débiteur soun
tratat su lou même pen... basta que mouson...
L'avoucat Patta es de noutarietà reputat pèr un ome judicious, òunest — au noun si flata de l'estre au jou d'ancuei ; —
finda counouisse, es en relacioun d'afaire emê de gros persou nage que dintre la finança dôu siéu coumerce, soun quasi d'usurari. Sau menajar la cabra e lou caulè ; e pèr que la mouneda
noun li escapa si desbrouïa e si mete dôu cousta dôu manche...
d'aquéu que casca lou de mai...
Acò fa que toui lu matin que lou Bouon Diéu a fach, la siéu
doumestica mete toujou quaucaren au fuec. Lou dimeneghe, coum'un bouon crestian, — tartufaria que lou pauva, — va audi la
gran'messa à Santa Réparada, fa la siesta e à la calada dóu soulèu,
passeja su lou Cours, pastrouia, fa lu cent pas, noun parla que de
lei, proucès, citacioun, ensin alestisse lou travail dôu dilun...
Lendeman empastra ben d'afaire, mete facilamen en lou sac
Moussu Tout'Un emé Moussu Tout'Autre... En éu que li pòu
faire ?... lança dapertout lou broumech, tant pis pèr aquéu que si
laissa agantar. Quaranta sóu es lou près d'atac e vous pregui de
crèire que douna pas la siéu journada pèr doui o tres escut.
L'avoucat Patta counouisse l'usança dôu païs... s'avès touort,
vous rouïa, s'avès pi rasoun, v'espia... Que voulès aima manjar
lou pei, lou pei que noun aiguë d'espina...
JULI EYNAUDI.

�-«9VA

MAU ! !

Va màu, cresé-vous, que va màu 1
En l'orizoun lou voile negre
N'es qu'un gran camp cargat de pebre,
Qu'à pala lou jeten davan,
Avuglan finda lu cavau 1
Lu canoun soun su li frountièra,
Alignât couma de barriera,
N'esperon plus que lou signàu !
Lou soulèu, aquel animàu !
Stan, noun vòu levà la vela,
Si foundon couma des candela
Enb'aquèu coust dôu diàu !
Le Giacouuda à cóu de d/stràu
Li fan petà li sièu moulura...
Ah ! dèu faire bella figura
Se l'an foutuda en quauqua tràu
Lou pan crèise, finda la sàu,
Lou sucre dintre li boutiga
Mounta ben mai que de boufiga !
Van jusque crèise lou rampàu
E la pèu que fau lou tambau ;
Metran de drech su li nourriça,
Su lu chichi, su li saucissa,
Perqué pas soubre lu magàu ?
E lou Prussian, marrit bertàu,
Noun sabon fa que de babïa,
Per lou Maroc e l'Algèria,
Se faran mètre lou mourràu !
Li serreren toui lou pourtàu
E pi veiren touta la França
Davan la sieù grossa arougança
Se noun si sau garda li clàu !
Es de rima d'un manechàu,
Ma sien d'estiéu, vesin, vesina,
Li passeres en la resina
Avant que vegon l'espitau !
CHARLES CIAUDO

�Valère Bernard
Tout en heurtant le marteau contre la porte de M. Valère
Bernard je songeais. Je me suis complu dans le plus souriant
mépris des idoles. L'ironie a tremblé sur mes lèvres quand
la Provence a dans un ravissement de joie acclamé le poète de
Maillanne. Cette mascarade d'apothéose me répugnait.
Et maintenant la curiosité me fourvoyait dans le studio
d'un consciencieux artiste que les felibres couvraient de gloire.
Elève de Puvis de Chavannes M. Valère Bernard pasticha le
Maître. Mais vite il eût l'intuition qu'à se perdre dans les sentiers
battus il courrait risque de compromettre son crédit. Il dit
adieu à Paris et vint dans Marseille, l'opulente cité.
A cette époque vivait un exquis écrivain, J. Lombard. Il venait de publier deux œuvres d'une grandiose beauté, VAgonie et
Bysance. Dans un style étrangement tourmenté il contait les
luttes entre les factions d'Orient, illuminant son œuvre des
splendeurs bysantines.
Valère Bernard vit Jean Lombard, et du même coup les belles
au bois qui dormaient en son âme s'éveillèrent. Il délaissa les
études académiques, les pastiches sans vie, et d'ardentes couleurs
chargèrent ses toiles.
Voici le triomphe des rois Babyloniens. Sur les voûtes d'un
palais impérial passent des gardes étincelants dans la pourpre et
la soie. L'or envahit les hautes colonnes de jaspe bleu. Involontairement on pense aux fantastiques demeures hantées par des
fées émeraudes et des princesses aux perversités troublantes.
Et je m'imagine que le peintre était sous le charme de la
légende quand il a peint cette courtisanne qui sourit à son miroir tout en jouant négligeamment avec sa chevelure d'or. Et
puis passent Venise la rouge, Marseille enveloppé dans la poussière d'or du crépuscule, des motifs à la Watteau peints par un
bysantin, toute une apothéose.
Mais une idée m'obsède, tandis que dans la grise clarté d'un
soir automnal s'éteignent les fauves éclairs jaillis de ces radieuses
toiles. L'idéalisation du passé me paraît cruelle. Les générations
endormies dans la Mort ont eu leurs misères/leurs rancœurs, je
pense qu'il est absurde de s'écrier avec Musset « qu'aux temps
jadis tout était heureux jusqu'aux douleurs humaines. » En vain
l'apostat s'attriste-t-il sur les vieillards immortels de l'antique

�- 7i

—

lonie, â ses oreilles résonnent les paroles de l'Hiérophante : « La
Helladi que tu aimes n'a jamais existé ».
Mais M. Valère Bernard brise ma rêverie, et mes yeux se
portent.sur des portraits appendus au mur. Profils d'espagnol ou
d'américain mitigés d'espagnol, comme on en croise maintes fois
sur la Cannebière.
Homme universel ne puis-je m'empêcher de m'êcrier. M.
Valère Bernard sourit. Il siérait dit-il, à mi voix, de se développer en profondeur. Toutefois il est beau de se dire sur le
tard de sa vie que l'on a fait vibrer toute son âme. Ici le maître
rejoint Néron. Il m'aide à comprendre cet inquiétant empereur.
Mais encore faut-il que tout en étant l'homme universel on ne
sombre pas dans la banalité. De méchantes œuvres d'art peuvent
avoir leur prix.
Une idée se lève devant moi. Labruyère me petsuade que
l'honnête homme de Pascal propre à tout en définitive n'est propre à rien. La spécialisation inintelligente, mène à l'erreur, j'en
conviens, mais en fait elle est une loi générale.
Et ceci est pour me plaire, car j'abhorre dissiper mon énergie,
j'aime le repliement, la frissonnante pudeur qu'effarouche les
vaines ostentations. Je goûte les peintres du passé et malgré ma
philosophie j'adore les peuples disparus. Volontiers j'implorerai
avec la Cassandre de Schiller la cécité, l'exquise cécité. Le sou
venir a plus de puissance sur moi que l'espoir.
Et sous des deux gris, en des pays étrangers désolants de
médiocrité, il m'est arrivé de pleurer plus amèrement que ne
pleura Xerxès aux rives d'Abydos.
J. PADOVANI.
PROUVERB1, BOUOI MOT, COUNSÈU E DICH
Vèuva que si marida,
Dèu perdre la lus e l'audida.
Fiha madura,
Lou pouorta à la centura.
En cuntant su lu det :
Aquéu a fa l'óu ;
Aquéu l'es anat cercar,
Aquéu l'a fa cuèire,
Aquéu l'a manjat,
E lou pichoun n'a ren tastat !

�— 73 —
LE

DÉSESPOIR

Oui, j'ai la mort dans l'âme ; oui, je monte au calvaire ;
Mon horizon, hier si beau, s'est obscurci ;
Je hais tous les devoirs et tout ce qu'on révère :
Mieux vaut mourir que vivre ainsi !
Puisque je n'y puis rien ; que la raison humaine
Ne gagne plus un cœur où mon cœur est entré,
Je veux briser mes jours comme on brise une chaîne
Et m'enfuir en désespéré.
Qu'est-ce donc que la mort ? C'est la paix éternelle,
C'est un beau drap de fleurs sur mon sein endormi,
C'est la nature calme, auguste et solennelle
Qui nous prête un repos ami.
O nature de Dieu contemple ma détresse !
Ecoute tout mon sang dans mon cœur s'épancher
Et, puisque je n'ai plus le lit de ma maîtresse,
C'est au tien que je veux coucher ;
C'est toi la grande mère et la nourrice immense !
L'homme au sort le plus âpre et l'homme au sort plus beau
Retrouvent dans ton sein leur part de ta clémence :
L'un l'amour, l'autre le tombeau
Tu sais, toi qui vois tout, ce qu'ici bas je souffre,
Que je n'ai point béni l'instant de mon réveil
Et que j'ai regardé, toujours, du fond du gouffre,
Les bords ou brillait le soleil ;
Que je n'ai bu jamais que dans la coupe amère,
Que le seuil du bonheur me fut toujours fermé,
Que j'ai perdu mes fils, que j'ai perdu ma mère
Et tous les cœurs qui m'ont aimé !
Maintenant je m'en vais, battant du front, comme ivre,
En proie à ce grand deuil qui me courbe en vainqueur,
Et je veux déchirer ma vie, avec le livre
Des chastes sanglots de mon cœur ;
Et toi, rayon divin, génie, ardent délire,
Flambeau qui n'iras plus briller sur son autel,
Eternise du moins ces larmes de ma lyre
Et que mon cri soit immortel !
[EDGAR DE MASINI

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La mouort dau paure Tounin (Ant. Roland)

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La Vigne (J. Padovani)

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Noumbre d'or...
13
Mars
Epato (Grégori)
Il
Jun
Cicle soulari
17 Setèmbre
Endicioun roum
10 Desembre
Letra doumenicala
G F
LI QUATRE

8,
7,
20,
20,

10
9
22
22

e
e
e
e

11
10
23
23

SESOUN

Lou printèms coumença lou 21 mars
L'estiéu
—
— 22 Jun
L'autoum
—
— 24 sept,
L'iver
—
— 22 dés.

à 6.55 m.
à 2.36 m.
à 5.18 m.
à 11.53 m.

dôu sera
dôu sera
dôu matin
dôu sera

FESTA MOUBILI

Septuagesima... 12 Fébrié
Cendre
21 Febrié
Pasca
7 Abrieu
Rougacioun 21, 22, 23, 24 Mai
Ascensioun
16 Mai

Pantecousta
Trinità
Festa de Diéu
1" Dimenegue de
Ie* Desémbre

26 Mai
11 Jun
15 Jun
l'Avènt

LU ESCLISS!

Souliu.

—

ij Abriéu. — Esclissi annulari e coumplet visible

à Paris, en America, en Europa et dintre lou N.-O. de l'Africa.
Coumençamen de l'esclissi à 10,01 dôu matin ; finisse à 1,08
dôu sera.
10 Otitoubre. — Esclissi coumplet invisible à Paris, visible
dintre l'America dôu Sud.
Luna. — 1" Abrièu. — Esclissi parciella visibla à Paris. Entrada de la luna dintre l'oumbra, 9.26 dôu sera; sourtida, 11.03
dôu sera.
26 Setèmbre. — Esclissi parciella, invisibla à Paris, visibla
dintre l'Océan Pacifique.

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VÉNT

Lu vènt que souflon à Niça, dintre lou cours de l'armada,
soun au nombre de 16. Vequi li siéu denouminacioun courènti,
pihadi, en general, dai loucalità dei quali parèisson vèni :
Sud
Miejon
Nord... Tramountana
S.-S.-O. Miejou Lebech
N.-O.-E. Grek Tramountana
S.-O
Lebech
N.-E... Grego
O.-S.-O Pounèut Lebech
E. N .E. Levant
Ouest. Pounènt
E.-N.-E. Levant
O.-N-O.V Pounènt Maistràu
E.-S.-E. Levant
N -O . Mastràu
S.-E.... Siroco, vènt marin
N..-N. OMaïstràu Tramount
S.-S.-E.. Miejou Siroc

6
15
25
14
31
24

VIGÍLIA — JEUNI
Abriè
(Pasca, 7 Abrièu).
Mai
(Ascensioun, 16 Mai).
Mai
(Pantecousta, 26 Mai).
Avoust
(Assoumpcioun, 15 Avoust).
Outoubre (Toui lu Sant, Ier Nouvembre).
Desembre (Calena, 25 Desembre).
L'AN NADA RELIGIOUSA

LI FESTA MOUBILI E LI FESTA FISSI
Janvt'è
jYlars
1 Circouncisioun.
1 e 2 Quatre Tèms.
6 Epifania (lu Rei).
3 Reminiscere.
13 Bateja de J.-C.
10
Oculi.
14 Sant Noum de Jesu.
17 Lœtare.
fébrié
24 Passioun.
2 Puriflcacioun.
29 Li 7 Doulou.
4 Setuagesima.
31 Lu Rampàu.
6 Festa de la Pr. de N. S.
11 Sexagesima.
Jîbriéu
13 Coum. de la Passioun.
5 Divendre Sant.
18 Quinquagesima.
7 Pasca.
21 Cendre.
14 Quasimodo.
25 Quadragesima.
28 Patrou. de San Joúsè.
28 Quatre-Tèms.

�Setembre
3 Inv. de la Santa Crous.
13, 14, 15, Rougacioun.
16 Ascensioun.
26 Pantecousta.
29-31 Quatre-Tèms.
1
2
6
9
21
24
29

Quatre-Tèms.
Trinità.
Festa de Diéu.
Festa dôu S. Sacramen.
Sacrat-Couor de'jesu.
Natività de S. jouan-Bat.
SS. Peire e Paul.

8 Natività de la Vierge.
14 Esaltacioun de la Crous.
15 N.-D. dei 7 Doulou.
15 San Noum de Maria.
18, 20, 21, Quatre-Tèms.
29 Dédie, de S. Miquèu.

Ôutoubre
6
13
20
27

Sant Rousari.
Maternità de la Sta Vierge.
Puretà de la Santa Vierge.
Patrounage de la S. Vierge.

J/ouvembre

Juliet
2 Visitacioun de la S. V.
7 Precious Sang.
16 N.-D. dôu Carme.

Jîvoust
6 Transfiguracioun.
15
18
25
25
29

Assoumpcioun.
S. Joachim.
S. Couor de la Vierge.
S. Louis.
Decolac. de S. Jouan-Bat.

1
2
3
21

Toui lu Sant.
Lu Mouort.
Santi Relíquia.
Present, de la Sta Vierge.

2&gt;esembre
1 Avent.
8 Imaculata Councepcioun.
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25 Calena.

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DÉCIMALISATION

DU

TEMPS ET DES

ANGLES

LA MONTRE DÉCIMALE
Par J. de REY-PAILHADE, président du Comité
pour la propagation des méthodes Décimales.
Le Club Nautique de Nice a offert plusieur fois en prix des
montres décimales aux régates'de 1909. Il était utile de décrire cet instrument, d'y joindre des tables pratiques et des
formules à l'usage des ingénieurs, des sportsmen, des médecins, etc. etc.
DÉCIMALISATION DES ANGLES •
Il est aujourd'hui démontré que la division décimale du
quart de cercle facilite tous les calculs.
Les nouvelles cartes géographiques sont graduées exclusivement dans ce système, devenu officiel en France et dans
d'autres pays. On possède toutes les tables pratiques nécessaires à son essai courant. Nous ne nous étendrons pas
davantage sur cette méthode aujourd'hui enseignée dans les
lycées et collèges.
Nous rappellerons seulement que M. l'amiral Germinet,
membre d'honneur du C. N. N., sous la direction duquel on
fit en 1899 et 1900 des essais de navigation avec un matériel
entièrement décimal, a émis un avis très favorable à la
réforme décimale.
DÉCIMALISATION DU TEMPS
La division décimale du jour décrétée le 4 frimaire an II
rendra aussi de grands services à la science et aux sports.
Principe. — On divise le jour entier en 100 parties égales
appelées cés ; le cé est subdivisé en décisés, ceniicès et millicés
Le cé vaut 14m 24s ou 1T4 d'heure environ ; le décicé est égal
lm 26s 4 ou lm Ij2 environ ; le millicé vaut 0S 864 ou 9T10 de
seconde environ.
Concordance des Temps. — On parvient assez vite à dire
instantanément l'heure à 1 ou 2 minutes près en regardant le
cadran d'une montre décimale. Il suffit d'apprendre par cœur
les concordances décimales de toutes les heures.
0,0
0
50,0

4,2
1
54,2

8,3
2
58,3

12,5
3
62,5

16,7
4
66,7

20,8
5
70,8

25,0
6
75,0

�25,0
6
75,0

29,2
7
79,2

33,3
8
83,3

37,5
9
87,5

41,7
10
91,7

45,8
11
95,8

50,0
12
100,0

Les heures sont au milieu, les concordances des heures
du matin en haut, celles du soir en bas. Ainsi 10 heures du
matin valent 41.7 cés (énoncer 41 cés 7 décicés) et 10 heures
du soir valent 91,7 cés.
Gomme 1 cé vaut presque lj4 d'heure et un décicé une mi •
nute 1]2 ; en partant des concordances du tableau, on dit
l'heure instantanément, ainsi 39,9 cés valent 9 h. 36 m. du
matin. Un ou deux jours suffisent pour atteindre ce résultat.

Description de la montre décimale ou cémètre. — Il y a 3
aiguilles centrales se mouvant sur un cercle divisé en 109
parties égales, numérotées de 0 à 9. Le 0 cé est en bas, c'est
l'origine des temps, car on suppose la Terre au centre du
Cadran.
L'aiguille dorée avec un soleil ne fait qu'un tour par jour ;
l'aiguille épaisse en acier bleu tourne 10 fois par jour, et la
trotteuse fine fait 1000 tours par jour.
L'aiguille-soleil montre la position de l'astre du jour par
rapport au méridien de Paris, qui va du centre au chiffre 5.

�10 —
Les quatre traits bleus indiquent les positions de cette aiguille
à minuit en bas sur 0 ; — à tì h. du matin au milieu entre 2
et 3 ; — à midi, en haut, sur le 5 ; — à 6 h. du soir, entre 7
et 8.
L'aiguille dorée du soleil indique le chiffre des dizaines
de cés, 2 sur le dessin ; l'aiguille épaisse donne d'abord le
chiffre des cés, 6 sur le dessin, et en comptant rapidement à
l'œil le rang de la division entre 6 et 7, on voit, que cette aiguille marque 3 décicés. Le temps du dessin est donc 26,3
cés correspondant à 6 h 20 m. du matin environ. L'aiguille
trotteuse donne les millicés 83. Le temps est donc 26,383
cés.
» Pour la vie courante, on n'a pas besoin d'aller au delà du
clécicé. On lit les milticés pour les applications scientifiques
et sportives.
Le temps en millicés lu sur le cêmèire facilite tous les calculs, car on n'a jamais de réductions à faire.
Examinons le problème des vitesses a l'heure : Les millicés multipliés par 0,00024 donne des heures et fraction décimale d'heure. Ainsi Ì2345 millicés valent 12,345 -f- 24 =
2 h. 9628.
Par conséquent si L est la longueur parcourue et M le
temps en millicés, la vitesse est

ou t

+ 4166,66...

Ces quelques exemples démontrent que la montre décimale simplifie tous les calculs sans exception.
Les rapports de MM. les délégués officiels aux essais de
la montre décimale faits à Nice, par le Club Nautique, le 26
février 1911, concluent unanimement à la supériorité de cet
instrument pour les usages scientifiques et sportifs.
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lu 14, à H
lu 22, à 7
lu 30, à 10

SOULÈU.

1
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31

—

oura
oura
oura
oura

FE BRIE
20
26
21
45

m.
s.
m.
m.

L. 8 14' — C. 4 42'

dil. Jou de V An

P. Q.
P. L.
D. Q.
SOULÈU,

1
2
3
4
5
Lu Rei
6
Dim. S. Lucien
7
dil. S. Apoulinari
8
dim. S. Pèire
9
dim. S. Guiermo
10
dij S. Teodose
11
div. S. Arcada
12
dis. Sta Verònica
13
Dim. S. Ilari
14
dil. S. Maurici
15
dim. S. Ounourat
16
dim. S. Antoni
17
dij. Sta Angela
18
div. S. Sulpici
19
dis. S. Bastian
20
Dim. Sta Agnesa
21
dil. S. Vincènt
22
dim. S. Raymound
23
dim. Sta Jacinta
24
dij. Conv. de S. Pàu
25
div. S. Poulicarpa
26
dis. Sta Devota
27
Dim. Sta Paula
28
dil. S. Francès S.
29
dim.
dim.
dij.
div
dis.

S.
Sta
S.
S.

TRIMESÏRÍ;

Macari
Genevieva
Tita
Simeoun

dim. Sta Marfina
dim. S. Peire N.
En Janvié
Lou païsan n'a ren

lu 6, à 4 oura 28 s.
lu 13, à 11 oura 38 m.
lu 21, à 4 oura 44 ui.
- L. 7 49' - C. 5 30'

dij. S. Ignaci
div. La Candeliera
dis. S. Blasi
Dim. Setuagesima
dil. SS. Vinc.Oronte
dim Sta Agata
dim. Sta Dorotea
dij. S. Romuald
div. S. Jouan-Matha
dis. Sta Apoulounia
Dim. Sexagesima
dil. Sta Eulàlia
dim. S. Gregori
dim. Sta Eufrasia
dij. S. Onesime
div S. Dounat
dis. S. Simeoun
Dim. Quinquagesima
dil. S. Gabin
dim. Dimars-Gras
dim. Li Cendre
dij. S. Silvan
div. S. Maxime
dis. S. Pascase
Dim. Quadragesima
dil. S. Nestor
dim. S. Leandri
dim. Sta Nourina
dij. S. Nymphas

Plueia de febrié
A la terra vau fumiè.

ZDéSTU-S-bez

NICE

MARS
N. L.
P. Q.
P. L.
D. Q.
N. L.
SOULÈU

1
2
3
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5
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il

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31

lu 1,
lu 8,
lu 15,
lu 23,
lu 30,
— L.

div.
dis.
Dim.
dil.
dim.
dim.
dij.
div.
dis.

Dim.
dil.
dim.
dim.
dij.
div.
dis.

Dim.
dil.
dim
dim.
dij.
div.
dis.

Dim.
dil.
dim.
dim.
dij.
div.
dis.

Dim.

i
L
i
i
i
7

1 oura 31 m.
0 oura 02 m.
0 oura 59 m.
1 oura 26 m.
1 oura 38 s.
01' — C. 6 13

S. Eudoxia
S. Simplici
Reminisceri
Sta Cunegonda
S. Casimir
Sta Coleta
S. Jouan de D.
Qaatre-tèms
Sta Margarida C.
Ocali
S. Euloge
S. Gregori
Sta Eufrasia
Sta Matilda
S. Acepsima
Sta Gertruda
Lœtari
S. Apien
S. Jôusé
S. Joachin
S. Lea
S. Turibe
S. Armentari
La Passioun
Anounciada
S. Emanuèu
S. Jouan d'Egt,
S. Gountran
S. Eustase
S. Jouan C.
Lu Rampàu

Lou mes de mars
Es amar.

tous le -vrai

BLANQUI &amp; FRACCHIA
— Usine au Pont-Magnan —

NICE

�- 13 S$&lt;30TJNL&gt;

ABRIÉU
P.
P.
D.
N.

0.
L.
Q.
L.

lu
lu
lu
lu

SOULÈU.

1 dil.
2 dim.
3 dim.
4 dij.
5 div.
6 dis.
7 Dim.
8 dil.
9 dim.
10 dim.
11 dij.
12 div.
13 dis.
14 Dim.
15 dil
16 dim.
17 dim.
18 dij.
19 div.
20 dis.
21 Dim.
22 dil.
23 dim.
24 dim.
25 dij.
26 div.
27 dis.
28 Dim.
29 dil.
30 dim.

6 , à 6
13, à
3
21, à 7
28, à 11

—

oura
oura
oura
oura

L. 6 06'

—

55 in.
37 s.
31! s.
25 s.
C. 6 52'

S. Ugo
S. Franç. de P.
S. Richard
Dijàu Sant
Divèndre Sant
Dissata Sant
Pasca
S. Albert, ev.
S. Azada.
s. Isidoro
s. Leoun
s. Juli
s. Justin
Ouasimoi/ii
Sta Anastasia
S. Frutuous
S. Rodolfe
S. Maxime
S. Anselme
S. Teodoro
S. Adalbert
S. Fidèle
s. Jorgi
s. Marco
s. Clet
s. Antime
s. Aimé

s. Roubert
Sta Catarina d. S
SS. Philip. ,Jacq.

Pichouna plneia d'Abriéa
Bouona récolta pèr l'csliéu

Q.

p
P. L.
D . Q.
N. L.
SOULÈU.

TRIMÍÎSTRÈ;

MAI

JUN

à

lu 5,
2 oura
lu 13, a 7 oura
lu 21, à 10 oura
lu 28, à 7 oura
— L.

5 14'

—

14
10
23
24

s.
m.
m.
m.

C. 7 29'

1 dim. SS. Félip. Jaq.
2 dij. S. Atanase
3 div. In.d.l. Sta Crous
4 dis. SS. Sindonis
5 Dim. S. Pio, papa
6 dil. S. Jouan D.
7&lt; dim. S. Peire
8 dim. s. Gregori N.
9 dij. s. Antounin
10 div. s. Isidoro
11 dis. s. Bounifaci
12 Dim. s. Jouan lou S.
13 dil. s. Pouon, m.
14 dim. s. Pacomo
15 dim. s. Sta Denisa
16 dij. Ascensioun
17 div. S. Pascaù
18 dis. S. Teodoto
19 Dim. s. Pèire C.
20 dil. s. Felis.
21 dim. s. Bernardini
22 dim. s. Julia
23 dij Rogaeioun
24 div. s. Vincen, d. L.
25 dis. S. Urbin
26 Dim. Pandecousta
27 dil. S. German
28 dim. S. Cirile
29 dim. Sta Petronïa
30 dij. S. Sylve
31 div. S. Justin
Au mes de mai
Longui semana

p
P.
D.
N.

Q.
L.
Q.
L.

lu 3,
lu 11,
lu 19,
lu 26,

SOULÈU.

1
2
3
4
5
6

dis.
Dim.
dil.
dim.
dim.
dij.
7 div.
8 dis.
9 Dim.
10 dil.
11 dim.
12 dim.
13 dij.
14 div.
15 dis.
16 Dim.
17 dil.
18 dim.
19 dim.
20 dij.
21 div.
22 dis.
23 Dim.
24 dil.
25 dim.
26 dim.
27 dij.
28 div.
29 dis.
30 Dim.

—

à 11 oura 4 s.
à 10 oura SI s.
à 9 oura 51 s.
a
2 oura 20 s.
L. * 34'

C. 8 1!"

S. Potin
Trinità.
S. Quirin
S. Francès C.
S. Lié
Festa de Dieu
S. Lié
Quatre-tèms
S. Optat
Sta Margarida
S. Barnabe
S. Antoui de P.
S. Basilio
S. J.-F. Régis
S. Moudeste
S. Lambert
Sta Olga
S. Gervai
Sta Juliena F.
S. Louis de G.
S. Paulin
Sta Maria d'O.
S. Jouan-B.
S. Prousper
S. Alban
S. Cresen
s. Iréné.
s. Pèire
s. Pàu
s. Tibàu

En Jun
De tres abit l'un

Dégustez tous le vrai

NICE

—

BLANQUI &amp; FRACCHIA
— Usine au Pont-Magnan

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NICE

�— i4 —

TROISIÍ)MK

AVOUST

JULIE T
P.
P.
D.
N.

lu 3, a 10 mira 20 m.
lu 11, à 1 cura 53 s.
Il 19, a o oura 31 m.
lu 25, a 9 oura 12 s.
SDULÈU. - - L. 4 35' — C. 8 22'

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Q.
L.
Q.
L.

dil.
dim.
dim.
dij.
div.
dis.
Dim.
dil.
dim.
dim.
dij.
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dis.
Dim.
dil.
dim.
dim.
dij.
div.
dis.
Dim.
dil.
dim.
dim.
dij.
div.
dis.
Dim.
dil.
dim.
dim.

S. Thierry
Vierg.de li Gracia
S. Anatole
S. Pèire de L.
S. Sisoès
S. Elie
Sta Babeta
S. Efrein
Sta Felicita
S. Pio
S. Jouan G.
S. Gene
S. Jaque
Festa Naciounala
S. Enri
N.D.d.M. Carmel
Sta Marcelina
S. Frederic
S. Vincen de P.
Sta Margarida
S. Vi loiSta Maria-Mad.
S. Apoulinari
Sta Cristina
S. Jaque
Sta Anna
S. Pantaleoun
S. Samsoun
Sta Marta
Sta Giulieta
S. Gnaci de L.

Au mes de Juliet
Ni frema ni coulé.

TBIMËSTRÎ;

I1. Q. lu 2, a 0 oura 29 m.
P. L. lu 10, a 3 oura 58 m.
D. Q. l»i 17, a 1 oura 1.1 s.
N. L. lu 21, a 5 oura 14 m.
IV Q. lu 31, &amp; 5 oura 21 s.
souLÈu, —1.5 or -j&gt;. 8 or

dij.
div.
0 dis.
4 Dim.
5 dil.
6 dim.
7 dim
8' dij.
9 div.
10 dis.
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Dim.
dil.
dim.
dim.
dij.
div.
dis.
Djm.
dil.
dim.
diin
dij.
div.
dis.
Dim.
dil.
dim.
dim.
dij.
div.
dis.

S. Pèire-aï LS. Alfonso
Inv. de S. Estève
S. Domenica
N. D. dei Nèu
Trausf. de J. C.
S. Gaétan
Sta Batilda
S. Camila d. L.
S. Là u ren
S. Septima
Sta Clara
Sta Filoumèna
S. Ousèbi
Asoumpcionn
S. Roc
S. Mamès
Sta Elena
S. Ipoulita
S. Bernar
Sta Chantai
S. Pio V
S. Filipe B.
S. Bartoumiéu
s. Louis, r. F.
s. Seg'oundo
s. Cesari
s. Goustin
s. Mederic
Sta Rosa
S. Fiacre

F.n . ivoast
Figa e moust

wmmm mm

SBTÈMBRE
P. !.. lu 8, a' 4 oura 57
D. Q. lu 15, a 6 oura î&gt;l
N. L. Ju 22, a 3 oura 37
P. Q. lu 30. a 0 oura 08
SOULÈU. - - 1. 5 47V— c.

1
2
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Dim.
dil.
dim.
dim.
dij.
div.
dis.
Dim.
dil.
dim.
d'un.
dij.
div.
dis.
Dim.
dil.
dim.
dim.
dij.
div.
dis.
Dim
dil.
dim.
dim.
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div.
dis.
Dim.
dil.

S. Gili
S. Estève R.
Sta Eufemia
Sta Rosalia
S. Làuren J.
S. Pambon
S. Grat
Natiu, di' la V.
S. Oumer
S. Xicola
S. Félis
S. Veran
S. A nié
Es. (1. l.S. CtQUS
S. Nicomède
S. Conrneilla
S. Lanbert
S. Tournas V.
S. Janvié
S. Euslache
S. Matiéu
S. Maurici
Sta Tecla
S. Girar
S Firmen
S. Nil
S. iN'icandre
S. \\ inceslas
g. Miquèu
S. Jeromo

Lima setembrina
De mai clarina

MOT »

GRANDE MARQUE RECOMMANDÉE

s
:
s
s
7'02'

�- '5 -

Qüa.TRIÍJMí)
OUTOUBRE
P.
D.
N.
P.

L.
Q.
L.
Q.

lu 8,
lu 15,
lu 22,
lu 30,

SOULÈU, — 1.

a
a
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0
5
1

6 H

oura H m.
oura 46 m,
oura 09m;
oura
m.

ii

— c.

6 06*

TRIMESTRE

NOUVÈMBRE
P. L. lu
6,
D. Q. lu 43,
N. !.. lu 20,
Q.
lu 29,

r.

SOULÈU. - -

1.

a
a
a
a

4 oura 48
8 oura 20
9 oura 49
2 oura 42
14'

—

c.

5 03'

1 dim. Rosari
1 div. Tout lu Sant
2 dim. S. ■ Léger
2 dis. Eu Mouorl
3 dij. S. Rosari
S. Ubert
4 div. s. Francès d'A. 43 Dim.
dil. S. Carlo B.
5 dis. s. Placido
5 dim. Sta Bertila
6 Dim. s. Bruno
6 dim S. Leounar
7 dil. s. Serge
dij. S. Nestou
/
8 dim. Sta Reparada
8 div. Lu Quatre Incou.
9 dim. S. Denis
9 dis. S. Teodore
10 dij. s. Francès B. 10
Dim. S. Jacintou
11 div. s. Tarasco
11 dil. S. Martin
12 dis. s. Counrad
12 dim. S. René
13 Dim. s. Edouard
13 dim. s. Stanislas
14 dil. s. Calisio
14 dij. S. Pantena
15 dim. Sta Teresa
15 div. Sta Gertruda
16 dim. S. Ospici
16 dis. S. Edme
dij.
17
Sta Edvija
17 Dim. S. Gregori
18 div. S. Luc
18 dil. S. Alfè
19 dis. S. Pèi re
19 dim. Sta Babeta
20 Dim. S. Agrico)
20 dim. S. Edmon
21 dil. Sta Ursula
21 dij. Présent, de la V.
22 dim. S. Filip
22 div. Sta Cecilia
23 dim. S. Teodoret
23 dis. S. Clemen
24 dij. s. Mairloire
25 div. ss. Crespin-Cr. 24 Dim. Sta Flora
26 dis. s. Jouan de K. 25 dil Sta Catarina
26 dim. Sta Pel fina
27 Dim. s. Frumence
27 dim. S. Maxime
28 dil. s. Alfredo
28 dij. S. Sostène
29 dim. s. Narcisse
29 div. s. Saturnin
30 dim. s. Marcel
30 dis. s. Andrièu
31 dij. s. Siri
En ùuloubre
\loii ponorc goûta loti rùare

Tonssan ientra
St A n'driéu lou souorte

« wmmm

DESÈMBRE

s.
m.
s.
ru.

JACK

P. L .
D. Q.
N. L.
P. Q.

lu 6,
lu 12,
lu 20,
lu 28,

SOULÈU, -

1
2
3
4
5
6

i*.

Dim.
dil.
dim.
dtm.
dij.
div.
dis.

8 Dim.
9 dil.
10 dim.
11 dim.
12 dij.
13 div.
14 dis.
15 Dim.
16 dil.
17 dim.
18 dim.
19 dij.
20 div.
21 dis.
22' Dim.
23 dil.
24 dim.
25 dim.
26 dij.
27 div.
28 dis.
29 Dim.
30 dil.
31 dim.

1.

a
a
a
a

3 oura
m.
6 oura 46 s.
4 our;i 40 s.
7 OUI;L 48 s.

7 54' — c.

A vent
Sta Bibiana
S. Francès X.
Sta Barba
S. Bassi
S. Nicola
S. Anbrosi
Imac. Conception
Sta Leoucadia
Sta Eulàlia
S. Damase
Sta Rosélina
Sta Lucia
S, Niçoise
S.
S.
Sta
S.
S.
S.
S.

Mesuiin
Adon
Olimpíada
Gatien
Ciprian
Filogone
Tournas

S. Onourat
Sta Vitòria
Cacha-fuec
Calèna
S. Estève
S. Jouan
SS. Inoucent
Sta Eleonora
S. Sabîn
S. Sàuvestre

Calena aufuec,
Pasca àu j'aèc.

sin -

GRANDE MARQUE RECOMMANDÉE

4 35

�- i6-

�- 17

-I

CROUNICA NIÇARDA
L'ABADÏA DE SAN POUON.— L'ABAT RANCE-BOURREY.
GLOFFREDO.

—

—

PÈIRE

A PREPAU DOU DIALETE NIÇART.

Ben qne pareissènt tardié, VArmanac Niçart s'empressa de
pourtà la siéu febla vous su tout cen que enteressa lou païs, sigue
au pounch de vista istoria loucala, pouesia, tradicioun, sigue
tamben su la taquinanta questioun dóu dialete niçart souvenri
fès pauvada e su la quala lu escritour mouderne soun luen d'estre
d'acordi.
Parlerai finda de M. l'Abat Rance-Bourrey, un beneditin qne
despi quauque an en ça mete à prouflt la siéu erudiciou n a nen
revelà de fach d'istoria inedieh. Se quauqu'un mérita d'estre
laudat es ben éu ; es en éu que VArmanac Niçart tressa la
pamoula de sapiença. En esprimant la nouostra recounouissença,
à l'Abat Rance-Bourrey, fen cen que touplen an denembrat,
vouoli dire de courounà lu siéu travail, frucha de ben de recerca,
dai quali obra sian fier d'avé prestat la prima ajuda. Pouden cità :
lou Discours sur le Monastère de Sainte-Claire de Nice, par Honoré
Pastorelli, publié d'après l'édition originale de Turin 1608, avec
une introduction et des notes ; — "Le Général J.-B.-M. D'Anselme" (Notices biographiques (1740-1792). E aquest'an
l'istorien nen douna — toujou de prima man — YExpulsion de
Mgr Valperga, evesque de Niça, au tèms de la Revoulucioun,
travail anoutat de peça curiouvi que sian urous de pouder metre
souta lu uès dei nouostre letour.
*
* *
Lou fach de l'annada, lou mai marcant, es estat aquéu de
l'Abadïa de San Pouon. Parlon de tout destruge pèr li basti an
siéu luec un espitau Pasteur... UArmanac Niçart es pas Penemic
dóu prougrès, ni men encara dei Bei-Art, ma si fa lou pious dever
de jougne lu siéu esfouors en aquelu dei siéu councitadin quo
l'istoria dóu passat passiouna, pèr que l'Abadïa de San Pouon
sigue counservada e classada couma mounumen istorique. En la
circonstança feliciti M. l'Abat Rance-Bourrey que mé rasoun s'e.s
demoustrat l'ardènt defensour autourisat que counouissen. La
siéu paràula es estada escoutada e lou Préfet de li Alpa-Maritima,
8

'

�— i8 M. de Joly — respetuous dei nouostri tradicioun — en ortie
avertit a proumès que l'Abadïa de San Pouon seria respetada e de
lèu si crusià pèr lou siéu classamen tra lu mounumen istorique.
Dóu resta vequi ce que l'Abat Rance Bourrey nen di su San
JPouon. Counsignen religiousamen li siéu paràula :
« L'Abbaye de Saint-Pons est le plus ancien monument relitgieux existant dans le Comté de Nice. Il y a dou^e cents ans que
sSiagrius y fonda un monastère. L'histoire de ce monastère est
jintimement liée à l'histoire religieuse, civile et économique de la
iville de Nice.
;
« Ce fut à Saint-Pons qu'en 1388 fut'signé l'acte réunissant
le Comté de Nice au Comté de Savoie. Les abbés de Saint Pons
ifurent pris dans les principales familles du Comté : les Badat, les
tLaugery, les Provana, les Lascaris, les Grimaldi, les Martelli, les
;Tournefort, etc. Plusieurs évêques de Nice furent abbés de Saint[Pons, en particulier Barthélémy Chuet (fin du xve siècle) et Jean
, Uriole, son successeur. Un autre abbé, Claude de Seyselle, fut
,évêque de Marseille, puis archevêque de Turin ; d'autres furent
cardinaux, tels Innocent Cibo, neveu d'Innocent VIII et de
f
;Léon X, et Paul Medeci de Cesis dont on voit encore l'inscription
(funéraire à Sainte-Marie-Majeure, à Rome.
:
« A la fin du xvir siècle, l'abbé de Saint-Pons était Pierre
•Gioffredo, le savant historien niçois. Enfin, un abbé de SaintiPons dont les Niçois n'ont pas encore perdu le souvenir, était
(l'abbé Spitalieri de Cessole qui a doté sa ville natale d'un établissement de bienfaisance si justement apprécié. La plupart des
pbbès de Saint-Pons et plusieurs évêques de Nice ont été enterrés
dans l'église ou sous le cloître et dorment aujourd'hui confondus
avec les moines leurs frères qui depuis dix siècles y sont enterrés.
« Les monuments funéraires ont disparu. Le temps a tout
(nivelé à Saint-Pons, singulièrement aidé cependant par la main
ides hommes. On connaît les dévastations commises par
Iroupes de François Ier et de Barberousse, plus tard par celles d
Catinat et par d'autres encore. Après chaque désastre, SaintPons a retrouvé une nouvelle vitalité et il y a à peine trois quarts
de siècle que Mgr Galvano y a fait d'importantes réparations.
;
« Saint-Pons n'est pas seulement une page de l'histoire de
notre pays, c'est un gros volume de cette histoire ; les Niçois
laisseront-ils dire qu'ils sont restés indifférents devant le danger
qui menace Saint-Pons ? Non, ils feront tous leurs efforts pour

�— 19 -

sauver de la destruction un monument qui doit leur être cher...
Je demande d'urgence le classement de l'Abbaye de Saint-Pons,
c'est-à-dire de l'Eglise et des bâtiments claustraux, comme monument historique. »
Lou councours de YArmanac Niçart es aquist. Emé fiertà e
au près de touplen de sacrifici faren respetà l'istoria dóu passat,
la lenga e lu escrich dei orne qu'an ilustrat lou nouostre bèu
pais.
*
* *
Despi quauque tèms, — maladia que reven per intermitença,
— la gran questioun de la grafia niçarda, de l'ourtougrafa, es
messa su lou tapis. De letra soun estadi publicadi, d'autri lou seran, e cresi qu'après ben de charra pèr dire pas gran cauva de
nóu, quasi dirii pèr predicà dintre lou Desert, noun restera
d'aquela discussioun, — Favén déjà coustatat, — pas gran cauva,
ren!... Cadun escrèu à la siéu moda seloun l'esprit dóu moumen,
e serii ben curious de counouisse aquéu que vendria nen dità
une metoda en nen dïen : « la mièu maniera d'escrièure lou
Niçart es la bouona». Discussioun scientifica que pòu passiounà
quauque lenguista, pas mai ; lou mihou es d'escrèure seloun li
letra ditadi pèr la prounouncia. Lou talènt pèr aquéu qu'escrèu
es de si laissà liège, de si faire acapi. Es qu'en en un entan que
frecuenta l'escola primària poudès li demandà autra cauva ?...
Perta de tèms que tout acò, vourria mai s'engenià à recercà lu
viei mot, espressioun, loucucioun courenti que la pous dóu tèms
a rabaïat, dounà au nouostre bèu dialete la coulou que dèu avè,
en respetant lu emprunt que pouden avè fach sigue à l'Italian, à
l'Espagnòu o à tout autre...
Un dialète noun dèu pas estre une lenga scientifica, encara
m en noun còu avè la pretencioun que sigue ouficiela, seria temerari ; lou dialete d'un païs dèu refletà lou caratere d'un'epoca que
lou tèms dèu respetà, enfin escrèure gramaticalamen, un noun
empedisse l'autre, e laissà à l'esprit, au goust lou coumplemen
d'un stile ouriginal, en de frasa councisi que flaton i'auriha.
Aquí fermi la discussioun, risqui de perdre la civada... l'an
que ven, se Diéu mi presta vida, v'en dirai d'autri e couma
d'usança que mi sigue permès de la vous souvetà : Bouona e
uroûva !
L'ARMANAC

NIÇART.

�20 —

LA CIGALA DOU BOUON DIEU
Una cigala dóu Bouon Dieu
Tout l'estiéu
E l'iver en la chambreta, —
L'aiguesias vista la lebreta ! —
Noun vivïa que d'amour
S'assetava su l'ounour;
La cigala cantarela,
Vau chanja de clientela,
Noun es courta d'amatour,
Que li viron tout au tour !
Ma l'ancien de la cigala,
De gros mot ven que s'embala ;
En l'auriha de la maire
Li ven tout aquéu bousin,
Que deja toui lu vesin
Sabon lou long de l'afaire
— Cenqu'as fach m'au tiéu tip ?
Di la maire enrabiada...
Bella Vierge encourounada !
Sera au mancou m'un bouon rie!!...
CH. CIAUDO

PROUVERBI, BOUOI MOT, COUNSÉU E DICH
Tèms d'iver noun ti fidar.
Lu màu dei enfan si garisson soulet.
Cau naisse pèr estre bèu, si maridar pèr estre rie, e mouri
pèr estre brave.
Per aver de raïn, eau caressar la souca.
Agnèu naissut
Vau un escut.
Dansa mihou ventre plen que rauba nova.
L'oumbra dou mèstre engraissa lou cavau.

�LOU MAGOT DE BERTOUMIÉU ISSUGA
O BEN

UNA RAISSADA DE MACAROUN
Conte menloanasqae trouvât dintre d'un armori
de ma nana e que /'Armanac Niçart es tirons de
transcrièure en niçart à Ventencioun dei sièu
fidèle lotour et lelrissa.

Bertoumiéu Issuga, mentounasque de viéia roca, abitava en
coumpagnia de sa mouhié, en carriera dóu Paumoulié. La siéu
frema, malurousamen, era sirnplaria e faia lou siéu desespoir.
Cada matin Bertoumiéu, avant de s'en anà au travail, li recoumandava de noun faire de bestialità. Cou vous dire que toui lu
dissata lou nouostre ome metia en un'armari pertuat dintre la
muraia lou gagne de la semana.
— Bertoumiéu ! pèr qu seria tout aquel argen, demandava
Marioun au siéu marit.
— Es pèr Madjou-long, castagnassa !
*
* *
Un jou Bertoumiéu partet pèr anar à la siéu campagna ;
devia même li restar doui ó très jou pèr souïnar e arousar lu
citrouniè. Marioun souleta matin e sera, s'assetava su lou banquet de la pouorta e faïa de bas... Un predinà veguet un ome
de statura mai que mejana, couma si di, un gran carcan. La
frema de Bertoumiéu lou fissa sensa parpelear, pi pihada d'un'
idea, li diguet :
— Moun bèu Moussu, sias bessai vous Madjou-long ?
Lou merlo pita e noun s'en laissa dire autre, léu li
respouonde :
— Noun vous troumpas pas, bella bruneta, sièu ièu Madjoulong !... Ma perqué mi faire tala demanda ?
Perqué ?... dou moumen que sias Madjou-long, intras su lou
cóu. Li a ja pas mau de tèms que moun marit a mes d'argen
amagat pèr vous...
E sensa mai de ceremounia li remeté lou mandiou dintre lou
quai lu sóu eron groupât. L'ome remercia e la s'esbigna lèu.
♦

* *

�Lou sera, Bertoumiéu arriva, la sièu mouhié li di.
— Sabes, ai vist ancuei Madjou-long !
E l'ome de cridar :
— Malurousa ! — m'en a fach encara una 1
Courre à l'armari, lou mandiou e Pargen, mouis !... Issuga
blastema pica dai pen, es décidât de si desiaire de la siéu frema
Lendeman, dóu téms qu'aissesta durmïa, li cuerbe lu uès emé de
pega de sabatié, pi la pihant pèr la man, la mena dapé dóu CapMartin. Arrivât aqui, Bertoumiéu fa mountar Marioun su d'un
nouguié el'abandouna. La paura, bòrnia, noun sabia doun si
trouvava, ni men encara ce que poudia faire.
En aquéu fra-tèms doui voulur venon s'assetar souta
l'aubre ; après aver abrat quauqui branca sequi pèr s'escaufar, pi
si meton à cuentar lou siéu argen.
La calou faguet delegar la pega que curbia Puès destre de
Marioun e aissesta de cridar :
— E d'un !
Lu voulur, d'estuc, s'isson d'emblée.
— Qu'es acó, diguet l'un.
— Un matagan, faguet l'autre.
La calou seguia á faire lou siéu efet pau à pau durbia Puei
senec.
— E de douî, diguet Marioun.
Dóu cou lu voulur escapon, laissant Pargen espantegat soubre
Perba.
Marioun coumença à li veire clar, cala da l'aubre e ramassa
Pargen, pi lèu s'en camina vers maïoun...
Lou sièu marit, pensierons, era assetat dapè dóu fuec, s'escaufant, fumant la sièu pipeta emé beatituda...
— Bertoumiéu !... o Bertoumiéu !... duerbe-mi, siéu iéu,
Marioun...
— Vai au diàu que ti pihe... ièu que cresii de m'en estre
despegouït...
Ma Marioun, toujou picava, un cóu noun asperava l'autre...
L'ome fenisse per li durbi...
— Ten ! regarda cen que ti pouorti.. . e Marioun pauva lou
sac su lou toulié. ..
Bertoumiéu, entartugat, cuenta Pargen e réfléchisse ; — Marioun es simplaria e deman la vila saupra Pistoria de la fouré . ..
Cóu que Bertoumiéu si dispegouïsse pèr empedi li marridi lenga
de bavar...

�— 23 —
Si mete la vesta, lou capèu e souorte fermant la pouorta i..
Faïa nuech dintre la carriera, ma sensa pena s'encamina
vers una boutiga e croumpa pèr mai de dès kilo de macaroun...
Ientra au sièu e di à la sièu mouhié de si metre au liech.
En tant que Marioun durmïa, Bertoumiéu fa bui lu macaroun, pi lu espantega su lu aubre dóu jardin... Lendeman de
matin la siéu frema, desveiada, si mete à la fenestra...
— O ! Bertoumiéu ! Bertoumiéu ! Vene un póu veire!... O
trest ! vè, a plougut de macaroun !...
— O vai fantauma !... n'as toujou una. .. Ten ! ten !... ma
es ver !...
*
* *

A quauque tèms en ça, Bertoumiéu l'avia previst, Marioun
countet à toui que lou siéu ome noun li picava plus, despi lou
jou qu'ela li avia pourtat de sac plen d'escut...
Lou juge aiguent audit parlar de l'afaire, mandet sounar
Bertoumiéu devant lou tribunal ; la siéu mouhié era estada
citada couma testemoni.
Lou juge. — Bertoumiéu, sias acusat d'aver gardât d'argen
que noun era vouostre.
— Iéu !... Ma moussu lou juge, lou negui ; sièu couma
sabès un travaiadou.. .
E Marioun de dire.
— Noun negar, Bertoumiéu, sabés ben qu'es ver ; es iéu en
persouna que t'ai pourtat la mouneda, qu'avii trouvât en la
fouré.. .
Lou juge. — Anas brave ome, noun negués.. .
— E quoura lou m'as pourtat ?... — Vous juri, Moussu lou
juge, que la miéu frema es fouola !...
— E lou sabes ben, Bertoumiéu, es lou jou que plouguet tant
de macaroun !
— Moussu lou juge aves jamai vist ploure de macaroun ?...
— Jamai ! moun beL amic respoundet lou juge que si tenia
lou ventre dóu rire — Amie, vèu que la vouostra frema es
fouola. .. sias aquitat !...
Bertoumiéu si retira emé Marioun... Noun aigueron plus
de disputa e vieugueron, pareisse urous e pèr longtèms !...
J. E.

�CANSOUN ANCIENNA

PÈR LOU

N'aurias pas vist la miêu fiha
Trin-trin
Lou galerin
A'aurias pas vist la miêu Jiha
Trois-wtrois
Le fils du roi
L'ai vista e l'ai baïada
Trin-trin
Lou Galerin
L'ai vista e l'ai baïda
Trois-trois
Le fils du roi.
Douna-mi la miêu fiha
Trin-trin
Lou galerin
Douna-mi la miêu fiha
Trois-trois
Le fils du roi.
Es aqnela la vouostra fiha
Trin-trin
Lou galerin
Es aqaela la vouostra fiha
Trois-trois
Le fils du roi.
La miêu fiha era pas lernia
Trin-trin
Lou galerin
La miêu fiha era pas lernia
Trois-trois
Le fils du roi
La miêu fiha era pas lua
Trin-trin
Lou galerin
La miêu fiha era pas lua
Trois trois
Le fils du roi.
N'es ni guercia ni poutinouva
Trin-trin
Lou galerin
N es ni guercia ni poutinouva
Trois-trois
Le fils du rois.

MAI

�La miéu fiha n'es pas borni a
Trin-trin
Lou galerin
La miêu fiha n'es pas bornia
Trois-trois
Le fils du roi.
Noun faïa pas belugueta
Trin-trin
Lou galerin;
Nonn faïa pas belugueta
Trois-trois
Le fils du roi.
La miêu fiha n'es pas emberrida
Trin-trin
Lou galerin
La miêu fiha n'es pas emberrida
Trois-trois
Le fils du roi.
La m iéu fiha n'es pas pigada
Trin-trin
Lou galerin
La miêu fiha n'es pas pigada
Trois- trois
Le fils du roi.
La miéu fiha noun es pas ranga
Trin-trin
Lou galerin
La miéu fiha noun es pas ranga
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha noun es pas louorla
Trin-trin
Lou galerin
La miéu fiha noun es pas touorta
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha n'es pas crouoada
Trin-trin
Lou galerin
La miéu fiha n'es pas croavada
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha n'es pas gibouva
Trin-trin
Lou galerin
La miéu fia n'es pas gibouva

�— 26 —
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha noun es foularana
Trin-trin
Lou galerin
La miéu fiha noun es foularana
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha n'es pas ingourda
Trin-trin
Lou galerin
La miéu fiha n'es pas ingourda
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha a pas lou peu de pi g nu
Trin trin
Lou galerin
La miéu fiha a pas lou peu de pig nu
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha noun es narvelouua
Trin- trin
Lou qalerin
La miéu ûha noun es narveloiwa
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha noun a la rougna
Trin-trin
Lou galerin
La miéu fiha noun a la rougna
Trois trois
Le fils du roi.
XXX.

PROUVERB1, BOUOI MOT, COUNSÈU E DICH
Qu duerme ben noun cregne li niera.
Qu vè pissar e noun pissa, crêpa de malícia.-'
Qu douna soun ben avan de mouri
Mérita de pati.
L'amour es lou paradis dei fouol.
L'amour es .la flou de la jouinessa.

�LA MOUORT DAU PAURE TOUNIN

Lou paure Tounin, malàut a setant'an, si presenta à l'espitàu
ma li respouondon que li a plus de plaça.
— Coumplet ! ! !
Quauqu'un li fa capi qu'em'un pau de proutecioun li pourria
intrar. Countrariat dei pas que cóu faire, Tounin vira lu taloun e
s'encamina vers la plaça Massena, piha lou tram, si rende da
Graugnard, à l'espitàu dei can, e li di :
— Moussu lou Veterinari, cresi d'estre un pau mai qu'un
can ?... En aquéu cas souîna-mi...
— Vous souînar aici, ma brav'ome perdés la testa. — Basta,
li di que n'a pas de liech pèrcourcar un crestian, que noun douna
de souin qu'ai bestia !...
Tounin, couma pensas, s'en souorte m'au couor gros e noun
sau plus à que sant si recoumandar. Era aqui au mitan dóu
camin, quoura en aquéu moumen arriba un landau, doun cala
una grossa dama, encapelada, aurias dich un ver foungi, segada
d'un varlet que pourtava religiousamen un can enfeloupat emé de
favour rosa au couol, tapat d'un tapis em'ai iniciala. En veèn
aquéu tablèu lou paure Tounin si lamenta, sangluta fouort.
— Qu'avès lou miéu brav'ome, li di la dama.
— Cen qu'ai Madama ?... trovi que lou vouostre can a mai
de chança que iéu. Li a cinquant-cinq an que travaii, pèr la premiera fès que siéu malàut, noun soulamen mi refuson à l'espitàu
dei estre uman, ma encara mi vèu picar la pouorta au nas èn
aquéu dai can.
— Quevoulès, lou miéu paur'ome, ai fach un vout de mimetre
à la Soucietà Proutetriça dei Animau, de pourtar touti li miéu
ecounoumia à la Caissa de secours pèr soulajar lou sort dei bestia.
Lou fau talamen ben, que vouguessi ben vous dounar un sóu
que pourii pas.
La dama li vira l'esquina e ientra couma un coupa-cisèu da
Graugnard. Tounin roumougna :
— Se ti veguessi en un cantoun ti dounerii mancou un gotou
d'aïga !... vièia sansuga !...
Tounin estrassinat, deble s'alonga un pau plus en là, su d'un
mouloun de peira. Quauqui oura après, couma soufrisia, n'ai-

�guènt ren en l'estomegue depi l'auba, coumençava d'aver lou
rangouioun, quoura passet un canipiè que li diguet :
— Que fès aquí, brav'ome ?
— Couma veès siéu aqui pèr tirar lu patoun. M'an refusat â
l'espitàu, même en aquéu dai can, noun mi resta que de mouri
su d'un mouioun de peira. — Avès un carnet su lou quai enregistras lu fach dóu jou, farias ben de li aloungar lou miéu testamen que poudès mentuar couma acô :
— « Bouon Diéu, se mi fes passar encara une fes sur la terra,
fe-mi naisse can au mancou, li aura une Soucietà Proutetriça dei
Animau que si crusira de iéu e pourrai estre amès en un espitau,
estre souïnat, faire bouona vida, menar une vida de can... »
ANT. ROLAND.

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VIGNE
A M. VALÉRE BERNARD.

Dans le ciel doux la Vigne ètreint les pals de buis.
Sous le pampre le merle alourdi des falernes
Tourne son col gris vair et ses paupières lemes
Qu'argenté la blancheur des immuables nuits.
O / fraîcheur, 6 beauté des Igs et des iris,
Que la Vierge éblouie avec les marjolaines
Cueille le soir venu aux vasques des fontaines
Pour colorer en fête, au crépuscule, l'Euis.
Narcisses, ébeniers, œillet et sensitive
Ah ! Versez en mon âme attiédie et pensive
L'orgueil qui souleva les clairs olympiens.
L'amour qui rafraîchit les Madones pieuses
Et qui vêt de clarté les snls athéniens
Et les ravissements des époques heureuses.
JEAN

PADOVANI.

Quauque souvèt :
Vous souveti la bouona annada.
Que siegue mihau que la passada.
Vous souveti la bouona annada acoumpagnada de touplcn
d'autri.

�Eglises et Chapelles de Nice
La vieille ville de Nice se trouvant sur la rive gauche du
Paillon, pour parler de ses églises, nous commencerons par son
église cathédrale, Sainte-Réparate, vierge et martyre, de celles du
canton Est, et en traversant la rive droite nous nous occuperons des paroisses du canton Ouest.
I. — L'Eglise Cathédrale du Diocèse de Nice est la paroisse
de Sainte Réparate, vierge et martyre, sous l'empereur Decius en
253. Sa fête est le 8 octobre. Cette église est au centre de la vieille
ville (8.500 âmes), Avant 1531 la Cathédrale était près du Donjon, plateau de Nice, et dénommée : Sancta Maria in platea,
dédiée à N. D. de l'Assomption. L'édifice actuel, dans son genre,
ressemble beaucoup à Saint Pierre de Rome, au Vatican. C'était
auparavant une simple église paroissiale
desservie par
les Bénédictins du Monastère de Saint-Pons, près Nice.
Dans son ressort se trouvent l'ancienne église de Saint
Jaume (Saint Jacques apôtre), jadis des P.P. Carmes, fermée
depuis 1903. Après le transfert du titre de paroisse à l'église de
Saint Juste, évèquc, au Gesu, elle fut placée sous la vocable de l'Annonciation de la Sainte Vierge, ainsi que la belle Eglise de la
Miséricorde, sur le Cours Saleya, jadis de Saint Gaétan, fondée
e
par les P.P. Theatins au XVIII siècle et cédée à la noble
confrérie des Pénitents Noirs.
La Cathédrale de Nice, paroisse Sainte-Réparate de nos jours,
fut comme l'ancienne au Donjon du Château {Sancta Maria in
platea), le théâtre de plusieurs f lits historiques mémorables dans
les annales de l'histoire de Nice.
II. — L'Eglise de Saint Jacques, an Gesû, dès son érection
en 1612, dédiée à Saint Juste, évêque. Sa fête est le 2 septembre.
En 1665 fut érigée en paroisse sous le titre de Saint Jacques le
Majeur, remplaçant la paroisse de Saint Jaume. On l'appelle
vulgairement le Gesù à cause qu'elle a été fondée et administrée
par les P.P. de la Compagnie de Jésus.
Appartiennent à cette paroisse les deux chapelles des confréries des Pénitents Blancs, la Sainte Croix, — confrérie la

�óo —
plus ancienne de Nice, — et des Pénitents Rouges, Saint Suaire
et de la Sainte Trinité ; l'Eglise du Couvent de là Visitation,
la chapelle de l'ancien séminaire, à la montée du Château, et
jadis l'Hospice franciscain avec chapelle de Saint Joseph des
P.P. Recollets de Cimiez, convertie en maison particulière.
L'Eglise du Gesù est d'ordre corinthien composite, cons truite sur le modèle de l'Eglise des Jésuites de Turin, dite
vulgairement les Saints Martyrs. ( 10.000 âmes).
A l'extrémité de la rue du Malonat, aux racines de l'ancien
château, on voit un oratoire à la Sainte Vierge Marie, sous le
titre de N. D. du Bon Secours. Les habitants de ce quartier érigèrent cet oratoire en l'honneur de la sainte Vierge, en reconnaissance du choléra en 1854.
III. — L'Eglise paroissiale de Saint Martin Evéque dite de
Saint-Augustin est la plus ancienne, elle fut bâtie sur l'emplacement de l'ancienne chapelle de Saint Martin (1205) et appelée
Saint-Augustin parce qu'elle était desservie par les Augustiniens
dont le couvent a été transformé en caserne. (Caserne Filley, près
l'ancienne chapelle Sincaire).
IV. — L'Eglise de Saint-Francois-de-Paule a été édifiée en
1736 d'après le plan de l'architecte
Guarini. En 1838
elle fut érigée en paroisse par décret de Mgr Galvano et appelée
aussi Saint-Dominique en souvenir de l'ancienne église paroissiale
de ce nom qui s'élevait sur la place Saint-Dominique aux lieux et
place de l'actuel Palais de Justice.
V*— L'Eglise du Port ou de l'Immaculée Conception. D'humble
origine. D'abord ce fut une fort modeste chapelle (1835), transformée agrandie par Mgr Galvano, et l'avocat théologue L. Mari
fut son premier curé..
VI. — L'Eglise Saint-Joseph nouvelle paroisse depuis 1911 la
première pierre fut posée le 19 mars 1911, bénie le 29 octobre et
ouverte au public le Ier novembre 1911 sous le patronage de Mgr
Chapon et dirigée par les soins de M. l'abbé Gabrielli.
A cette paroisse appartiennent la chapelle succursale de Saint
Joseph contigüe à l'Evêché, et la chapelle de Notre-Dame des
Anges sur l'ancienne route de Villefranche.
VIL — Saint-Roch. Cette église paroissiale dans la banlieue
de Nice fut érigée après la peste de r68r. Nice fut délivrée de ce
fléau par l'intercession de saint Roch, confesseur, né et mort à

�- Si Montpellier. La paroisse est divisée en deux quartiers, Roquebillière
inférieure et Roquebillière supérieure, jusqu'à la chapelle de NotreDame de Bon Voyage.
VIII. — Rive droite du Paillon, intra muros, se dresse Notre Dame du Vau, paroisse Saint-Jean-Baptiste, qui remplace l'an
cienne église du même nom devenue chapelle inférieure du Lycée.
Cette belle église, vœu delà ville de Nice en 1835, mt érigée en
1842 et terminée en 1852 par Mgr Galvano, évêque de Nice.
La façade ressemble à celle élevée à Turin en l'honneur du retour
du roi dans les états Sardes en 1814.
IX. — Saiiit-Pierre-d' Aréna remplace une chapelle située à la
Croix de Marbre. Elle fut érigée en paroisse en 1803 par Mgr
Colonna d'Istria. Elle doit son nom à ce fait, c'est que lors de sa
fondation elle se trouvait sur le rivage de la mer séparée par une
bordure de sable fin.
X. — Une ancienne chapelle de Sainte-Hélêne-l'Inspiratrice
existait dans ces parages. Elle fut remplacée en face la mer par
une église sous l'épiscopat de Mgr Recrosio (1727).
Six paroisses « extra muros » dépendent de la commune de
Nice.
Sainte-Marie Magdeleine, sise dans le vallon de Magnan, édifiée sur l'emplacement d'une chapelle de même nom, érigée en
1626 et dite vulgairement chapelle « dei cassaire » à cause du
grand nombre de chasseurs. Après le concordat de 1803 sous
l'épiscopat de Mgr Colonna d'Istria, ce quartier qui depuis 1771
dépendait pour le spirituel de la cathédrale fut érigé en paroisse.
Il existe encore aujourd'hui une chapelle de Notre-Dame du Bon
Conseil changée en demeure particulière . Bientôt le besoin de
la population augmentant, une église sera bâtie à la cité Robiony
par les soins du curé actuel de la Madeleine.
Plus à l'est de la ville, toujours dans le canton ouest ce
l'Arquet, se dresse la paroisse de l'Ariane dédiée primitivement à
saint Arnoux, évêque et à saint Pierre, apôtre. Elle fut érigée en
paroisse en 1809 sous l'épiscopat de Mgr Colonna d Istria. Dans
son ressort se trouve l'ancienne chapelle nécropole de l'Abbadie
fondée en 1635 en l'honneur de sainte Claire pour le besoin spirituel de 450 à 500 habitants qui appartiennent aux communes
de Nice, Cantaron Saint-André. Localité d'avenii et à laquelle
le chemin de fer Nice-Coni donnera une valeur stratégique.

�— 32 —
Gairaut avait au moyen-âge une chapelle de secours desservie
par les religieux chevaliers de l'ordre du temple au début, et par
la suite de Rhodes et de Malte. Sous l'épiscopat de Mgr François
Rosini de Martinengo la chapelle fut érigée en église paroissiale
sous le vocable de saint Sauveur o*u de la transfiguration du
Rédempteur.
Dès 1730 les P. Dominicains de Nice fondent à Saint Pancrace un sanatorium pour religieux martyrs avec chapelle en
l'honneur de Saint Pancrace martyr. Cette chapelle est érigée en
paroisse en 1848 par Mgr Galvano.
Sur le couchant de Saint-Pancrace on trouve la paroisse de
saint Roman . martyr ; l'ancienne chapelle fut érigée en paroisse
ainsi que celle de saint-Antoine de Ginestière en 1803 sous Mgr
Colonna d'Istria.
VALENT IN.

NOU VÉ
Tu Çatarina fai lou pan.
Mdumen de jota, d'alegressa,
Fes audi da toui lu couor :
Lu ange canton l'alegressa,
Fuges l'infer, Juges la mouorl.
Chntou !
L'aarika sabla, li a quaucaren aici vesin,
Sembla que senti li joia d'un festin ;
Audi lu tambourin de laen,
Lu Jlajoulet e li musela,
Lu pastre van à Bethelen
Laisson la cabana soaleta ;
Santo nuech, venes aléa nen ralegrà,
Pourtas à toui la pax et la tranquilità !
Tu Catarina fai lou pan,
Manda Lucrecia au safran,
Despende aléa lou lauvaniè,
Chapla la blea su lou taatié ;
Crala de froumai e roumpe d'iiu
E fai la iourta couma fou,
Ché n'aiguen toui en aboundança (bis)
Santa nuech, venes alèu nen ralegrà,
Pourtas à toui la pa.x e la tranquilità .'
En tant faguen etnb'au vesin
t ua santépér lou Bambin,
Toucan lou gotou de bouon vin,
Ernb'aa vesin pér lou Bambin
Ti-ri-tin-tin ! -tinTi-ri tin !

�— 3Î —

L'Expulsion de Mgr Valperga
fEN SEPTEMBRE

1792)

Le 12 octobre 1780 h population de Nice se pressait aux
abords de la porte Pairoliëre pour y recevoir en grandes pompes
le nouvel évêque Charles-Eugène Valperga di Maglione. Ce
prélat avait couché la veille selon l'usage antique à l'abbaye de
Saint-Pons et devait faire ce jour là son entrée solennelle dans
sa ville épiscopale.
Le cérémonial imposant avec lequel on avait reçu jusqu'alors
les évêques fut encore cette fois observé. L'accueil de la population entière fut des plus chaleureux au rapport de Pierre Scaliero
qui en fut témoin (1). Le nouvel évêque, qui remplaçait Monseigneur Astésan nommé archevêque d'Oristano en Sardaigne,
appartenait à une famille de vieille noblesse dont plusieurs membres avaient exercé, à Nice, des fonctions importantes (2). Il
(1) Voir aux Archives municipales le récit détaillé que ce chroniqueur en a laissé dans ses Mémoires. Pierre Scaliero mourut en 1805.
(2) Jacques Valperga, conseiller ducal, fut lieutenant du gouverneur de Nice en 1454 ; Thoma5 Valperga fut gouverneur du château de Nice en 1565 ; Jean Valperga fut également gouverneur de
Nice en 1596 ; Jérôme Valperga fut commandeur du château de
Nice en 1600 ; Pierre Valperga, frère de Jacques Valperga, était
chevalier de Malte (Arch. municipales, registre des gouverneurs,
commandants et chevaliers de Malte) ; Anne Valperga, fille dAmédée
Valperga, épousa, le commandeur de Malte Jean-Paul Lascaris.
(Voir son testament daté de 1683, arch. des Alpes-Maritimes,
registre B, 297.) Joseph Ignace de Valperga reçut de son oncle, Emmanuel Philibert Chiotera, mie partie du fief de Couaraze dont il fut
investi le 20 février 1753. Son fils, Vincent, céda ses droits à H. Novelli. Jérôme Valperga fut sénateur à Nice de 1761 à 1765, puis
ministre plénipotentiaire de Sardaigne à Gênes en 1780 ; plus tard
il fut ministre etsecrétaire d'Etat, ce dernier était le frère de l'évêque
de Nice et fils du comte François Valperga qui vivait encore en
1795Ees armoiries des Valperga étaient fascé d'or et de gueules, à
la plante de chanvre déracinée, d'argent et brochant. Le cimier
était un bouc naissant au naturel et la devise : « Ferme-toy ».
Nous reproduisons les armoiries de Monseigneur Valperga d'après celles qui se trouvent en tête du catéchisme édité par ses ordres
et dont nous devons le dessin à l'obligeance de M. Joseph Casai
(Extrait de 1' « Armoriai Artistique et Nrbiüaire », Ni.e, 1902.
3

�- 34était directeur du collège des Provinces à Turin, lorsque le roi
de Sardaigne le désigna, pour l'évêché de Nice. Il avait été sacré à
Rome où il avait fait ses études. Monseigneur Valperga se distingua immédiatement par sa vigilance et son activité : il releva
le niveau intellectuel et moral des prêtres de son diocèse et s'attacha à mettre en toutes choses la plus grande régularité. Dix-huit
mois après son installation, il publia un nouveau catéchisme
dont le plan avait été préparé par son prédécesseur ^i). Grâce à

ses relations cordiales avec la eour de Turin, il jouissait auprès
des autorités civiles de Nice d'une grande influence. Après douze
(1) Ce catéchisme en italien fut imprimé à Nice par la Société
Typographique. C'est un petit volume in-douze de 612 pages, portant
la date de 1783. En tête se trouve le mandement de Monseigneur
Valperga du 16 février 1782 qui approuve le travail terminé par
le prêtre auquel Monseigneur Astésan en avait confié le soin, ordonne
sa publication et règle l'organisation des catéchismes dans tout le
diocèse. Deux ans plus tard en 1785, Gabriel Floteront, imprima
un autre catéchisme rédigé en dialecte niçois, petit volume in-12
de 228 pages. Un exemplaire de ces deux ouvrages existe à la biblio
thèque de Nice. — Voir Villarey, Série Cronològica dei Vescovi
di Nizza. — Art. Valperga.

�-35 années de séjour dans cette dernière ville il s'était acquis l'estime
et le respect de tous.
*

• *

Lorsque le 28 septembre 1792 dans l'après-midi, les troupes
piémontaises évacuèrent Nice, il y eut dans cette ville une effroyable panique et des milliers d'habitants s'enfuirent dans la direction de Turin. Ce fut un désarroi et une désorganisation complète de toutes les autorités. iMonseigneur Valperga resta à son
poste et s'engagea à ne point quitter la ville. Le lendemain samedi
29 septembre, il accompagna le second consul Honoré Saissi et
quelques membres du Conseil qui se rendirent, vers les onze
heures du matin, à la villa Feraudi, au quartier St Hélène, pour
offrir les clefs de la cité au général d'Anselme qui venait d'y
arriver à la tête des troupes françaises. Le général fit à la délégation assez bon accueil, mais il s'étonna de trouver parmi ses membres, l'évêque dont la place déclara-t-il n était pas là. Du reste,
d'Anselme attacha si peu d'importance à la démarche îles magistrats niçois que dans aucune de ses dépêches officielles il n'en fit
mention.
Sur le soir du même jour, la petite armée française faisait son
entrée dans la ville et le général s'installait dans la maison du
consul de France à la place St Dominique. L'évêque de Nice qui
tenait à rester au milieu de ses diocésains se présenta de nouveau
vers les huit ou neuf heures du soir chez le général auquel il voulait recommander ses prêtres en lui demandant des respecter les
églises. Le général était entouré de tout son état-major, du consul
de France, Pierre Le Seurre, de Honoré Saissi, second consul, de
Féraudi, secrétaire général de la commune. Ces deux derniers
venus probablement pour appuyer les demandes de l'évêque.
L'accueil du général ne fut pas plus encourageant que la première fois ; il intima même avec insistance au prélat l'ordre de
quitter ta ville en ajoutant que le plus tôt serait le mieux et ce
fut sur ces dernières paroles que l'évêque se retira après avoir toutefois reçu du général la promesse que tout ce qu'il laisserait dans
son palais serait placé sous la sauvegarde de la Nation française.
Il n'y avait pas à tergiverser, l'ordre était formel et pressant, il
fallait partir. L'évêque prit ses dernières dispositious et délégua,
au curé de la cathédrale, le chanoine Honoré Navello, tous les
pouvoirs nécessaires pour administrer le diocèse en son absence.
Aux premières lueurs du jour, Valperga quitta son palais, et se

�— 36 dirigea à pied vers la porte Pairolière. Il avait été impossible de
trouver une voiture car tous les moyens de transport avaient été
réquisitionnés et utilisés le 28 septembre pour permettre l'exode
des habitants terrorisés. Il avait ordre de partir, mais cet ordre
n'ayant pas été donné par écrit, les volontaires marseillais, de garde
à la porte de Turin, refusèrent de le laisser passer, l'accablèrent
d'injures, le menacèrent même de le pendre et ne consentirent á
le lâcher que sur un ordre écrit, sollicité et obtenu du général,
grâce à l'intervention courageuse et au sang-froid d'un jeune
niçois, Joseph Castellinard. Monseigneur Valperga se retira à
Turin et y mourut en 1805 sans avoir jamais pu obtenir l'autorisation de rentrer.
*

* *

Il est établi par les documents officiels contemporains que
Monseigneur Valperga ne quitta son siège que sur les ordres arbitraires du général d'Anselme et ces mêmes documents nous
renseignent très exactement sur les incidents fâcheux qui se produisirent au départ de l'évêque. Du reste, on n'ignorait pas à Nice
comment les choses s'étaient passées et la population savait grê à
Valperga de son attitude et de sa fermeté. De son côté, Valperga
avait eu confiance dans la parole à lui donnée par le général au
nom de la Nation française et à plusieurs reprises il manifesta
son étonnement qu'elle n'ait pas été gardée, que ses biens aient
été confisqués, son mobilier vendu, son nom inscrit sur la liste
des émigrés alors qu'en partant il n'avait cédé qu'à la force.
Parmi les nombreux documents qui se trouvent soit aux archives de Nice, soit aux archives nationales il en est quelques-uns
dont la simple reproduction sera plus probante que tous les corn,
mentaires. Il_suffira de citer :
•i° La lettre du Directoire des Colons Marseillais en date du
25 février 1793, adressée aux citoyens Blanqui et Veillon, députés
extraordinaires de la ville de Nice à Paris, au sujet des réclamations présentées le 23 du même mois par Jean-Jacques Donny, au
nom de Mgr Valperga.
20 La réponse du même Directoire à J.-J. Donny, en date du
26 février 1793.
3„ L'arrêté du Département en date du 13 avril 1793.
40 La réclamation présentée au Directoire du département

�Valperga, aussitôt après son inscription sur la liste des émigrés de
la ville de Nice, dressée à la fin de juin 1793.
50 Les états de frais pour l'inventaire et la vente du mobilier
et effets de « l'émigré Valperga Maillone, citoyen évêque » approuvés par le département des Alpes-Maritimes, le 5 germinal an
III (25 mars 1795).
6° Les actes de notoriété dressés le Ier et 2me fructidor an III
(18 et 19 août 1795) par Gautier, juge de paix à Nice, à la requête de Pierre-Joseph Passeron, agissant en qualité de procureur
subrogé par Nicolas Giorni, procureur spécial et général de Mgr
Valperga, par acte de procuration reçu à Turin le 20 juillet 1795,
notaire Pierre-Joseph Bernochio.
70 La pétition adressée au district de Nice le 4 fructidor an III
(21 août 1795) par Pierre-Joseph Passeron, demandant la radiation du nom de Valperga sur la liste des émigrés.
8° L'avis du district de Nice en date du 5 vendémiaire an IV
(27 septembre 1795) déclarant que Mgr Valperga doit être rayé
de la liste des émigrés.
90 L'arrêté du département des Alpes-Maritimes, en date du
14 prairial an V (2 juin 1797) ordonnant la radiation provisoire
du nom de Valperga de la liste des émigrés.
io° L'acte de cautionnement dressé par le département le
11 fructidor an V (28 août 1797), à la requête de Pierre-Joseph
Passeron, procureur de Mgr Valperga en exécution d'une des
clauses de l'arrêté du 14 prairial an V (2 juin 1797).

�- 38 —

DOCUMENTS ET PIÈCES D'ARCHIVES

Pièce 1.

25 février 1793
Aux cit. Blanqui et Veillon
Une lettre du cit. Donny, associé du citoyen LeClerc, défunt président de l'ancienne administration
provisoire, dont vous avez ci-inclus l'extrait ( 1 ), nous
fait connaître que le cit. Valperga, évêque de Nice,
laissa avant son départ (ordonné à son retour par
Anselme) dans sa maison pour environ 34.000 livres,
argent monnayé, et environ pour 17.000 d'effets en
vaisselle, linge, batterie de cuisine etc.
Une portion de ces effets se trouvent encore dans
ladite maison, sous l'inventaire que nous en avons
fait dresser par les commissaires de l'une et l'autre
administration, lorsque nous avons été installés, mais
il s'en faut de beaucoup qu'elle puisse arriver à la
somme de 17.000 livres, pas même le tiers.
Quant à l'argent monnayé entré dans la caisse du
receveur de l'ancienne administration, nous n'y
voyons point la somme que ledit Evêque désigne
avoir laissé dans sa maison. Nous vous remettons cijoint un extrait de l'état des sommes' que le cit.
Bonnet a reçu en espèces, pendant toute sa gestion
de receveur et trouvées parmi les effets des émigrés
français et niçois.
Nous ne voulons rien préjuger sur l'assertion du
cit. Valperga, quoique nous ayons des indices frappants de vérité. Ce ne sera que lorsque nous aurons
pu les convertir en preuves par le témoignage de
quelques citoyens que nous nous procurerons, pour
pouvoir en demander la restitution et la poursuite
contre le pillage.
En attendant, noùs croyons devoir vous faire part
de cette découverte que nous allons communiquer au
Président de la Convention Nationale et au Ministre.
Arch. des A. M. Registre de la correspondance du
Directoire des Colons marseillais L. 5.
Cet extrait manque au registre ainsi que les autres pièces
énoncées dans celte lettre.

�-hLe 2érae février 1793.
Au citoyen Donny, négociant à Nice
Pièce 2.

Votre lettre du 23me de ce mois, citoyen, nous
demande des renseignements sur le temporel du
citoyen Valperga, Evêque de Nice. Nous allons vous
transmettre tous ceux qui sont à notre connaissance
L'administration provisoire en choisissant l'Evêché
pour le lieu de ses séances, vint s'y établir dans les
premiers jours d'octobre, et tout nous porte à croire
qu'elle ne fit aucun inventaire des effets qui s'y trouvaient, du moins nous n'en avons trouvé aucun dans
les papiers qu'elle nous a remis.
En succédant à cette administration provisoire,
uous avons cru que notre premier devoir était de faire
un inventaire de tout le mobilier renfermé dans la maison épiscopale. Nous y avons successivement procédé
en présence des administrateurs provisoires et à mesure qu'ils nous en remettaient les clefs. Tout le mobilier qui s'y trouvait, ne consistait guère qu'en
meubles meublants et ne nous paraît pas avoir la
valeur de 17 mille livres que l'Evêque lui donne.
Vous pourrez, si vous le jugez à propos, faire prendre
à notre secrétariat une copie de cet inventaire. Tout
ce. qui n'est point renfermé dans les appartements
que nous occupons au premier étage, a été laissé à la
garde de Jean Poma, ancien concierge de l'Evêque et
le nôtre.
Pour nous éclairer sur les 34.000 1. argent monnayé que l'Evêque doit avoir laissé en sa maison,
nous avons écrit au cit. Bonnet, receveur de l'administration provisoire, pour lui demander un état des
sommes en numéraires versées dans sa caisse, comme
ayant été saisies et trouvées parmi les effets des Emigrés français et niçois. L'état qu'il nous a remis ne
monte qu'à 74121. 16 s, et aucun article n'a du rapport
avec les réclamations du citoyen Valperga.
Quant à ce qui concerne personnellement le
citoyen, nous avons demandé au Ministre de l'Intérieur de vouloir bien nous dire la manière dont nous
devions l'envisager. Nous savons qu'un ordre arbi-

�— 40 —
traire de Danselme l'obligea de quitter Nice, le jour
de l'entrée des Français. Mais nous pensons aussi que
la proclamation des Commissaires de la Convention
nationale de France et le décret de celle de Nice,
concernant les Emigrés, étaient des motifs suffisants
pour le ramener à son poste et le rassurer sur les
suites de son retour. En persistant à prolonger son
absence, il s'expose à être traité comme émigré, à se
voir déclarer déchu de sa place et confisquer tous ses
biens. Telle est la disposition de la loi, et quoique
nous ayons consulté le ministre sur le cas particulier
de l'Evêque, nous prévoyons que sa réponse sera de
nous en tenir à la rigueur des lois, ainsi que plusieurs
instructions nous l'ont déjà annoncé.
Vous sentez, citoyens, que tout le mobilier de
l'Evêque doit rester séquestré jusqu'à son retour ou à
la décision du Ministre. Il peut être tranquille sur la
conservation de tout ce que nous avons trouvé en
entrant dans sa maison. Ce qui a pu en être enlevé
avant notre entrée en fonctions, est étranger à notre
gestion. Mais nous employerons tous les moyens qui
sont en notre pouvoir pour en trouver les traces, en
acquérir les preuves et en faire punir les coupables.
Les administrateurs, etc.
Archives des A.-M., Registre
suivants.

,L. 5,/°7i verso et

Lettre des commissaires de la Convention
Nationale et arrêté du Département des A. M.
Nice, le 9 Avril 1793, l'an 1 Ie de la Repu bublique Française.
« Vous voudrez bien, citoyens, en nous envoyant
les noms et prénoms de l'évêque de Nice, nous instruire officiellement d'après les "dispositions des lois,
s'il est censé démissionnaire et son siège vacant.
« Les Commissaires de la Convention Nationale
au département des A. M.
GRÉGOIRE, JAGOT (I)

(1)

Archives des A. M. L. 29 ancien. L

7

actuel.

�— 4i (i3 avril 1793)
Le Directoire ; vu la réquisition du citoyen Procureur Général sindic « Considérant que Charles Eugène Valperga, évêque de Nice, n'avait point quitté
son domicile lors de l'entrée des troupes de la République ; considérant qu'il a lui méme-accompagné les
consuls d'alors quand ils furent présenter les clefs
de la ville et inviter le général Anselme à venir en
prendre possession au nom de la République ; considérant que le général Anselme par ses ordres arbitraires et tiranniques, accompagnés même de menaces contre ses jours, l'ont forcé de s'éloigner ; arrête
qu'il ne peut le déclarer émigré, et qu'il sera répondu
aux Commissaires de la Convention nationale d'après
les principes ci-dessus.. »
Sign : PAUMÉ ; BARLI FABRI ; F. CASTKLIMARD ;
ANGLES ; BERNARDI, secrétaire général. (1)
pjj

ce

^

Aux citoyens composant le Directoire du
département des Alpes-Maritimes..
22 juillet 1793.
Citoyens,
Le citoyen Jean-Jacques Donny, soussigné, chargé
des intérêts du citoyen Valperga, évêque de Nice
absent, ayant été informé que par votre délibération
du 29 du mois passé, ledit citoyen Valperga avait été
déclaré émigré, vous représente avec tous les égards

(1) Archives des Alpes-Maritimes, Registre L,. 3, folio 101. L'Arrêté n'est pas signé par le procureur syndic Jean-François Tourre
ni par l'administrateur Jean-L,ouis de Villiers qui ne partageaient
point l'opinion de leurs collègues. A noter que Tourre était d'Antibes
et que de Viliers était un médecin français établi depuis longtemps
à Nice.
I/Arrêté fut pris malgré le réquisitoire de Tourre qui voulait
déclarer Monseigneur Valperga émigré et malgré un violent discours de Villiers soutenant la même thèse qui fut combattue par
Barli Fabri, par Castclinard et par Anglès. J'ai déjà publié in-extenso
cette délibération du 13 avril T793 au cours d'un article sur l'église
de Nice en 1792-1793 inséré dans Nice Historique du Ier avril 1903,
C'est pourquoi je reproduis ici simplement la lettre des
commissaires et l'arrêté du département.

�- 42 —
dûs au pouvoir dont l'exercice vous a été confié par
le peuple souverain que le citoyen Valperga ne peut
ni ne doit sous aucun rapport être considéré comme
émigré, par les motifs ci-après :
i° Qu'il est de notoriété publique qu'il n'a quitté
le pays que contre son gré et par ordre du général
Anselme :
2° Qu'il a constamment été disposé et a offert
de revenir dans son diocèse, moyennant qu'il ne fut
assujetti à prêter qu'un serment relatif au temporel et
non au spirituel.
3° Qu'enfin et par la raison que n'étant point
indigène, mais étranger, son séjour ici n'a été dé terminé que par sa nomination à l'épiscopat, événement casuel qui n'a jamais pu le soumettre à l'obligation de renoncer pour toujours à sa mère-patrie.
Tous ces motifs, soit qu'on les prenne collectivement ou séparément, démontrent suffisamment,
citoyens administrateurs, le droit incontestable, qu'a
le citoyen Valperga de demander et prétendre la
radiation de son nom du tableau des émigrés, et si
le ministre de l'Intérieur n'a fait aucune distinction
entre lui et les autres citoyens, c'est sans doute qu'il
a ignoré les circonstances qui vous sont exposées
ci-dessus, et notamment la dernière, car s'il les eût
toutes connues, il n'est nullement probable qu'il eût
décidé comme il l'a fait. Toute hypothèse contraire
serait une injure faite à ses sentiments et à ses lumières. Un homme tel que lui, dont les vertus civiques, le patriotisme et les talents l'ont appelé au
poste aussi honorable que pénible qu'il occupe, doit
ressembler autant que possible à la Nation pour
laquelle il agit et qui l'a honoré de sa confiance.
Cette nation est grande, généreuse, magnanime,
juste et bienfaisante.Elle ne peut qu'êtreextrêmement
jalouse de sa gloire, et l'un des principaux devoirs de
ses agents est d'éviter soigneusement d'en ternir
l'éclat.
Le refus qui serait fait de rayer de la liste des
Emigrés le nom du citoyen Valperga, refus qui entraînerait avec lui la confiscation des minces propriétés de ce citoyen, serait un acte qui imprimerait à

�-

43

-

jamais une tache ineffaçable à la gloire du nom français ; tache qui ne pourra manquer de frapper également les yeux des contemporains et ceux de la postérité ; tache enfin que les historiens ne manqueront
pas de faire ressortir par des couleurs enluminées, et
le bel effet qu'un pareil tableau produirait, citoyens
administrateurs, serait votre ouvrage.
Mais non, loin de nous, cette idée ! Vous êtes
républicains ! cela suffit. Les républicains sont vertueux. Ils aiment, chérissent, protègent, respectent
la vertu partout où elle se trouve. Et le citoyen Valperga aussi est un homme vertueux ! Qui en doute ?
Nul bon citoyen, nul honnête homme. Souvenezvous, citoyens administrateurs, que ce n'est que par
ses vertus qu'il a mérité l'amour et l'affection du
peuple Niçois et non par sa qualité d'évêque. Et plût
à Dieu que tous les ecclésiastiques lui eussent ressemblé ! La France n'eut point éprouvé d'aussi horribles secousses, pour asseoir, affermir et assurer sa
liberté.
La République a incontestablement le droit de
renvoyer hors de son sein tout individu qui ne lui
convient pas, mais en renvoyant ainsi un étranger
qui, d'ailleurs, n'a pas encouru la peine de la confiscation de ses biens, elle lui permet de les emporter ou
de les vendre et d'en emporter le produit. Tel est
précisément le cas du citoyen Valperga.
L'exposant demande en conséquence, citoyens
administrateurs, qu'il vous plaise prendre dans votre
sagesse une délibération tendante à rendre audit
citoyen Valperga sa qualité de citoyen français non
émigré, à lui accorder un délai compétent pour rentrer dans ce pays soit comme simple citoyen ou
comme fonctionnaire public et à lui assurer dans
tous les cas la restitution de ses propriétés par lui
laissées sous la sauvegarde de la loyauté française
dans la maison épiscopale, lors de sa retraite forcée,
ou la juste indemnité de leur valeur. Et sera justice.
Nice, le 22 juillet 1793, l'an second de la République française, une et indivisible.
Jean-Jacques DONNY.
l
ARCHIVES NATIONALESF/ 4.867 , dossier Valperga.

�- 44 Pièce 5.

Etat de frais de vente pour parvenir à l'inventaire
et vente des effets de l'émigré Valperga Maillone,
citoyen évêque :
5 germinal an III (25 mars 1795)
Pour une séance de trois commissaires dont un du
District et deux de la Commission municipale, fixée
à trois livres par séance par le Directoire du district
et approuvé par les Représentants du
Peuple
L.
9 »
Papier timbré tant de la minute que
des deux extraits
»12
Pour la copie desdits deux extraits . .
» 8
Droits d'enregistrement
13 10
31

2

Nous soussignés certifions le compte ci dessus véritable.
Signés : J.-B. Thomaty, comm. du dist. ; Savigny,
comm. munie. ; Mabil, comm. municip.
Frais de la vente :
Pour quatre séances de deux corn missaires dont un
du District, un de la Commis, mun. sans le membre
de l'administration fixées à trois livres par séance par
le Directoire du district et approuvé par les Représentants du Peuple .
L.
24 »
Au trompette pour publication de
quatre criées
5 »
Au crieur à la vente, quatre séances .
12 »
Aux portefaix qui ont travaillé au
transport des effets
40 »
Papier timbré tant de la minute que
de l'extrait
1 »
Bougie
3 »
Droits d'enregistrement
27 »
Papier timbré du petit état
» 4
A la femme qui a assisté à la vente
pour l'arrangement du linge
» 12
L.
Signés : J.-B. Thomaty, comm. du
district ; Savigny, comm. municip.

1

159 6

�Vu par nous, membres composant la Commission
Administrative du district et d'après l'arrêté du district, approuvé par les Représentants du Peuple et la
loi du il et 12 Mars, arrête l'état des frais ci-dessus
se montant à la somme de cent cinquante neuf livres
trente centimes, qui seront acquittés par le receveur
du droit d'Enregistrement lorsque le Département
aura vérifié ledit état.
Nice, le 29 ventôse an 3"" de la République française une et indivisible (19 mars 1795).
(Suivent les signatures).
Vu l'état des frais ci-dessus pour parvenir à l'inventaire et vente du mobilier de l'émigré Valperga
Maillone ci-devant évêque.
Vérifié et arrêté par le Directoire du district de
Nice, la Commission Administrative du département
des Alpes-Maritimes approuve ledit état et ordonne
au citoyen Maussier, receveur de l'enregistrement
cîudit district de payer aux citoyens J. B. Thomaty
et Savigny, comm. la somme de 159 livres et 30
centimes pour montant des frais pour inventaire et
vente des susdits effets de l'émigré, laquelle somme
lui sera allouée en compte.
Fait à Nice le 5 germinal an 3me républicain ( 25
mars 1795).
Etat des frais pour parvenir d la vente du mobilier de
l'émigré Charles Eugène Valperga Maillone, citoyen
évêque.
Pour trente-neuf séances de trois commissaires
dont un du District et deux de la Commission municipale, fixé à trois livres par séance par le Directoire
du district et approuvé par les Représentants du
peuple
L.
351 »
A deux portefaix, dix-neuf journées et
demi chaque fixées à cinq livres par jour.
195 »
Au trompette pour publication de
trente-neuf criées fixées à une livre cinq
sols chaque
48 r 5
Au crieur à la vente, trente-neuf séan
ces fixées á trois-livres par séance ....
117 »

711 1$

�- 4* Report
Papier timbré tant de la minute que
de l'expédition
Pour copie dudit extrait fixé à quatre
livres
Papier timbré du présent état ....
Bougie
Droit d'enregistrement
Plus deux autres journées de portefaix à cinq livres
Un paquet de plume
L.

148
4
6
421

»
4
»
»

20
5

»
»

1.182

7

Nous soussignés certifions le compte ci-dessus,
véritable.
Nice, le Ier ventôse an 3me de la République (19
février 1795).
Signés : J.-B. Thomaty, commissaire du district ;
Savigny, comm. ; Honoré Mabil, comm. municipal.
Vu par nous, membres composant la Commission Administrative, de ce District, et d'après la loi
du 11 et 12 Mars 1793 (v. s.) et l'arrêté de cette
Commission approuvé par les Représentants en date
1^ Fructidor, oui l'agent national, arrête l'état des
frais se montant à onze cent huitante deux livres et
trente cinq centimes qui seront acquittés par le
receveur de l'agence de l'enregistrement sur le produit de la vente desdits meubles, lorsque le Département aura vérifié ledit état.
Nice le 29 ventôse an 3me de la République
française une et indivisible (19 mars 1795).
(Suivent les signatures).
Vu l'état des frais ci-dessus pour parvenir à la
vente du mobilier de l'Emigré Valperga Maillone cydevant évêque.
Vérifié et arrêté par le Directoire du district de
Nice.
La Commission administrative du département
des Alpes-Maritimes, approuve ledit état et ordonne

�— if au citoyen Maussier, receveur de Penregistrement
dudit district de payer aux citoyens J.-B. Thomati,
Savigni et Honoré Mabil, commissaires, la somme de
mille cent quatre vingt deux livres trente cinq centimes pour montant des frais de la vente des susdits
effets de l'Emigré. Laquelle somme lui sera allouée
en compte.
Fait â Nice le 5 germinal an 3me républicain (25
mars 1795).
Arch. des A. M. L. 15 ancien p. 44-45 N° 34-35

Actes de Notoriété
Pièçe g

1-2-fructidor an III
18-19 août 1795
EGALITÉ, LIBERTÉ

AU NOM DE LA LOI
Ce jourd'hui, premier Fructidor, l'an troisième
(18 août 1795 de la République française, une et indivisible, à Nice, chef-lieu du département des AlpesMaritimes, par devant Nous, Antoine Gautier Juge de
paix de la Ier, 2m" et 3me section et officier de police,
est comparu le citoyen Pierre Joseph Passeron, natit
tic la commune de Contes et habitant en celle de Nice
depuis plusieurs années.
Lequel en sa qualité de procureur du citoyen
Charles Eugène Valperga de Maillone, évêque de Nice,
subrogé par le citoyen Nicolo Giorni, homme de loi,
procureur spécial et général établi (par acte reçu) par
le notaire Pierre Joseph de Bernochio, le 20 Juillet
dernier (v. s.) qu'il présente, légalisé par le résidant
de la République de Gênes auprès de la Cour de Turin, dont il résulte le pouvoir donné au citoyen Giorni, de subroger en son lieu et place, avec tous les
pouvoirs compris au dit acte, et il présente au surplus l'acte de sa dite subrogation faite par le même
citoyen Giorni, reçu en la ville de Gênes le premier

�- 48 du mois d'août dernier (v. s.) par le notaire Antoine
Baglietto, légalisée par le consul de la République
française.
Il expose que le vingt neuvième jour de septembre
de l'année 1792, l'armée de la République, étant arrivée en cette ville, commandée en chef par le citoyen
général d'Anselme, lorsque ce général, vers le soir,
fut arrivé et il eut pris son logement dans la maison
habitée par le ci-devant consul de la République Le
Seurre, ledit citoyen Evêque Charles Eugène Valperga de Maillone s'y étant présenté, ledit général d'Anselme, en présence de tout son Etat-Major, lui signifia
d'abord de devoir partir de cette ville. Sur quoi le
dit évêque ayant répondu qu'il avait cru de pouvoir
continuer sa résidence en cette ville et tellement l'avait cru, qu'il n'avait jamais pensé de distraire et en
faire partir le moindre de ses meubles et effets, qu'il
avait dans la maison d'habitation de l'tvêque et que
si absolument il lui ordonnait de partir, il le priait de
lui accorder la sauvegarde sur tous lesdits effets et
meubles. Le dit général d'Anselme lui répliqua qu'il
dut absolument partir de cette ville, en ajoutant que
le plus tôt en serait le mieux, et qu'à l'égard de ses
meubles et effets qu'il avait, il les mettait dès ce ino
ment sous la sauvegarde et loyauté de la Nation française et qu'il pouvait en être tranquille, après quoi ledit
évêque Valperga de Maillone, tout tremblant, ayant
dit qu'il allait se conformer dès le lendemain au matin à ses ordres, se retira ; ledit général d'Anselme
lui ayant encore répliqué : le plus tôt sera le mieux.
Et comme il importe audit citoyen évêque Valperga de Maillone de constater le fait ci-dessus expo"sé, suivi en présence de tout l'Etat-Major dudit général d'Anselme et de plusieurs citoyens de cette commune, l'exposant, en sa dite qualité vous présente les
citoyens Pierre Le Seurre, ci-dessus nommé, ci-devant
consul en cette ville de la République, le citoyen Honoré Saissi de cette commune qui pour lors était second consul de la même commune, le citoyen Philippe Emmanuel Féraudi qui pour lors était secrétaire de
Ìa même commune et le citoyen Ange Giraudi aussi

�- 49 de cette commune, pour recevoir leurs dépositions
sur ledit exposé et vous fait instance que de tout lui
soit concédé acte, ce que nous lui avons accordé, et a
signé.
PIERRE JOSEPH PASSERON.

Et de suite se sont présenté les susnommés
citoyen Le Seurre, natif de Craon, âgé de 75
ans, bourgeois, le citoyen Saissi, âgé de 70 ans,
négociant, Emmanuel Feraudi, âgé de 68 ans, notaire, Ange Giraudi, âgé de 63 ans, négociant,
natifs et domiciliés dans cette commune, auxquels
après avoir fait lecture dudit exposé fait par ledit citoyen Pierre Joseph Passeron, en sa dite qualité, les
avons interpellés sur serment que leur avons fait prêter, conformément à la loi, de nous dire en leur âme
et conscience si tous les faits énoncés dans le même
exposé sont de leur connaissance et tous les quatre ont
répondu et attesté tant uniment que séparément en
être pleinement informés, s'y étant trouvés présents,
et que le tout contient la vérité, toute la vérité et
rien que la vérité. En foi de quoi ils ont signé :
LE SEURRE, HOSORI'J
SAISSI, PHILIPPE EMMANUEL FÉRAUDI,
ANGE

GIRAUDI.

Et nous, juge de paix, vu les dépositions ci-dessus, avons de tout concédé acte au susnommé citoyen
Pierre Joseph Passeron en sa dite qualité, pour lui
servir et valoir dans tous les cas, à ce que de droit et
de raison. Fait à Nice, l'an et le jour que dessus.
GAUTIER, juge de paix.
BONIFACI, sec. greffier.
Vu par nous, membres du District de Nice, 3 vendémiaire an IV rép. 25 sep. 1795, TOSELLI, JN COPPON
fils, VÉRANI pr. syndic, SAYTOUR Martin.

�— 5o —
EGALITÉ, LIBERTÉ.

AU NOM DE LA LOI
Ce jourd'hui. second jour de Fructidor de l'an 3
août 1795) de la République française une et indivisible, à Nice, chef-lieu du département des AlpesMaritimes, par devant nous, Antoine Gautier, juge de
paix de la iere, 2M* et 3ME section et officier de police,
est comparu le citoyen Pierre Joseph Passeron : natif
de la commune de Contes et habitant en celle de Nice
depuis plusieurs années
Lequel en sa qualité de procureur du citoyen
Charles Eugène Valperga de Maillone, évêque de
Nice, subrogé par le citoyen Nicolo Giorni, homme
de loi, procureur spécial et général établi (par acte
reçu) par le notaire Pierre Joseph de Bernochio, le 20
Juillet dernier (v. s.) qu'il présente, légalisé par le résidant de la République de Gênes auprès de la Cour de
Turin, dont il résulte le pouvoir donné au citoyen
Giorni, de subroger en son lieu et place, avec tous les
pouvoirs compris audit acte, et il présente au surplus
l'acte de sa dite subrogation faite par le même citoyen
Giorni, reçu en la ville de Gênes le premier du mois
d'août dernier (v. s.) par le notaire Antoine Baglietto,
légalisée par le consul de la République française.
Expose : Primo, que le matin du trente septembre 1792, le citoyen Charles Eugène Valperga de
Maillone, évêque de Nice, en partant de cette ville
avec deux domestiques à sa suite, qui portaient un
paquet et quelques effets, fut arrêté à la porte qui conduit en Piémont, ci-devant nommée porte Victoire,
et conduit au vestibule de la maison presque attenante
à ladite porte, appartenant au citoyen Dominique
Castellinard, où se trouva le citoyen Joseph Castellinard, fils dudit Dominique, et malgré que ledit Evêque Valperga déclara aux soldats de la Garde de la
dite porte qui étaient des Marseillais, que c'était en
conséquence d'ordre qui lui avait été signifié par le
citoyen général d'Anselme qu'il partait de cette ville,
lesdits soldats commencèrent par le malmener et lui
(19

�signifier qu'ils voulaient le pendre et ayant ouvert
ledit paquet et y ayant trouvé entre autres effets, une
ceinture d'évêque, ils déterminèrent, à l'instant, de le
pendre avec ladite ceinture, et ayant essayé si la même
était assez forte pour le soutenir, en la préparant, elle
se fit en lambeaux, de façon qu'ils vérifièrent qu'elle
ne pouvait leur servir et demandèrent audit Joseph
Castellinard fils une corde, pour pendre ledit évêque,
à un grand anneau de fer qui était au plafond dudit
vestibule, servant â y passer une verge de fer pour
peser les marchandises, et ledit citoyen Castellinard
fils, leur ayant absolument refusé de leur donner de la
corde, en s'excusant qu'il n'en avait point, comme
dans tous ces entrefaits ledit évêque se trouve mal et
ne peut plus se soutenir, ledit Castellinard fils lui fit
apporter une chaise, par sa servante à qui quelques
uns de ces soldats donnèrent des coups de poing pour
avoir porté ladite chaise et le même Castellinard le
fit ensuite asseoir sur ladite chaise, en le soutenant,
parce qu'il ne pouvait se soutenir droit ; d'autant plus
qu'en attendant, lesdits soldats marseillais lui disaient mille exécrations, lui crachaient dessus et lui
donnaient des soufflets, et assurément ils l'auraient
fini, si dans cet intervalle un de ses domestiques
n'avait été dire au citoyen général d'Anselme ce qui
venait d'arriver, et ledit domestique étant venu avec
un billet dudit général d'Anselme qui ordonnait à la
garde de le laisser partir, puisque c'était de son ordre,
en conséquence de ce billet lesdits soldats marseillais
se bornèrent pour lors à lui dire et crier mille invectives et injures et le laissèrent partir, ce que ledit
évêque, malgré qu'il ne pût se remuer, à l'aide de ses
domestiques fit au mieux possible en tremblant, de
façon qu'il doit son existence au refus ferme et déterminé que ledit citoyen Castellinard fils leur fit de
leur donner une corde, sans quoi avant l'arrivée du
dit domestique portant l'Ordre du général d'Anselme, il aurait été pendu et étranglé.
Secondoque lefaitci-dessusfut d'abord public et notoire, de notoriété publique dans cette ville et encore
plui le lendemain premier octobre, puisque les autres

»

�— 52 —

soldats de la Phalange Marseillaise, arrivés sur le soir
dudit jour trente septembre, d'abord après leur arrivée
cherchèrent l'évêque qu'ils voulaient le lanterner et
mettre en pièces, comme ils s'expliquèrent hautement,
ce qui joint au fait arrivé dans ledit vestibule de la
maison Castellinard, étant devenu d'une notoriété publique donna l'épouvante à tous les gens honnêtes du
pays, qui disaient que le citoyen général d'Anselme en
ordonnant audit évêque de partir, en mettant sous la
sauvegarde de la Nation française ses meubles et ses
effets, avait voulu le sauver.
Et comme il importe audit citoyen Passeron, exposant en sa dite qualité, de constater par témoins le
fait ci-dessus exposé, il nous présente ledit citoyen
Joseph Castellinard fils de Dominique de cette commune, âgé de 21 ans, de profession, négociant, qui se
trouva présent au fait énoncé dans le Ier article de l'exposé ci-dessus, et au surplus informé de la notoriété
des faits énoncés au second et dernier chef, de ladite
exposition et il nous présente les citoyens Jean-Jacques Donny, natif de Neufchâtel en Suisse, âgé de 39
ans, de profession, négociant ; Joseph Poullan, natif
de Clavesana, en Piémont, âge de 48 ans, négociant ;
Jacques Gerbin, âgé de 60 ans, tailleur, Jean-Marie
Thaon, âgé de 56 ans, négociant, natifs et tous domiciliés en cette commune pour déposer sur ladite
notoriété énoncée dans ledit second fait exposé, pour
recevoir leurs dépositions, et nous fait instance que de
tout lui soit concédé acte, ce que nous lui avons accordé et a signé.
Pierre-Joseph PASSERON .
Et de suite se sont présentés les susnommés citoyens Joseph Castellinard, Jean-Jacques Donny, Joseph Poullan, Jacques Gerbin, et Jean-Marie Thaon,
ci-dessus qualifiés, auxquels après avoir fait lecture
dudit exposé fait par ledit citoyen Passeron, en sa
dite quálité, les avons interpellés sur serment, que
leur avons fait prêter, conformément à la loi, de nous
dire en leur âme et conscience, si tous les faits énoncés dans le même exposé sont de leur connaissance,

�- 53 et ledit citoyen Joseph Castellinard a répondu et
attesté en être pleinement informé pour avoir été
présent au fait exposé dans le i" article de ladite exposition, et pour avoir publiquement entendu dire les
faits énoncés dans le second chef qui était en cette
ville notoire de notoriété publique et lesdits citoyens
Jean-Jacques Donny, Joseph Poullan, Jacques Gerbin,
Jean-Marie Thaon, ont répondu et attesté tant uniment que séparément être pleinement informés de
l'énoncé dans le second chef de ladite exposition,
puisque les faits y énoncés étaient notoires, de notoriété publique en cette ville, et tous lesdits citoyens
ont respectivement attesté pour ce qui les concerne
que tout contient la vérité, toute la vérité et rien que
la vérité. En foi de quoi ils ont signé : Joseph Castellinard fils,Jean-Jacques Donny, Joseph Poullan, Jacques
Gerbin, Jean-Marie Thaon.
Et nous, Juge de paix, vu les dépositions ci-dessus,
avons de tout concédé acte au susnommé Pierre Joseph Passeron en sa dite qualité pour lui servir et valoir dans tous les cas, à ce que de droit et de raison.
Fait à Nice l'an et jour que dessus.
GAUTIER,
BONIFACI,

juge de paix.
sec. gref.

Vu par nous, membres Du district de Nice, le 3
vendémiaire anIV rep. (25 sept. 1795).
Jn. COPPON fils, VÉRANi, pr. syndic, TOSELLI, Saytour
MARTIN.

Arch. Nat. F

7

4867 *

�54 -

PÉTITION au DISTRICT de NICE
et AVIS de ce DISTRICT
ÉGALITÉ,

LIBERTÉ

5 vendémiaire
27 septembre 1795 an IV
AUX

CITOYENS ADMINISTRATEURS
DU DISTRICT DE NICE

Le citoyen Pierre Joseph Passeron, natif de la
commune de Contes, habitant en celle de Nice depuis plusieurs années.
Vous expose en qualité de procureur du citoyen
Charles-Eugène Valperga de Maillone, évêque de
Nice, subrogé par le citoyen Nicolo Giorni, homme
de loi, son procureur spécial et général fondé par acte
reçu dans la ville de Turin par le notaire PierreJoseph de Bernochio, le 20 juillet dernier (v. s) légalisée par le résident de la République de Gênes, près
la Cour de Turin, duquel il résulte le pouvoir donné
audit citoyen Giorni de subroger en son lieu et place
avec tous les pouvoirs compris dans le même acte,
qui se trouve copié mot pour mot dans celui de la
subrogation faite par le même citoyen Giorni, reçu
en la ville de Gênes le Ier du mois d'août dernier
(v. s* par le notaire Antoine Baglietto, légalisée par
le consul de la République française, le 13 Thermidor dernier (3 1 Juillet 1795), qu'il vous exhibe qu'étant arrivé dans cette ville le vingt-neuvième jour
du mois de septembre de l'année 1792, l'armée de la
République française, commandée par le citoyen général en chef d'Anselme lorsque celui-ci y fut arrivé
le soir et eut pris son logement dans la maison d'habitation du citoyen ci-devant consul de la République
Le Seurre, ledit évêque Charles-Eugène Valperga de
Maillone, s'étant présenté, le même général d'Anselme
lui signifia d'abord en présence de son Etat-Major de
partir de cette ville, sur quoi ledit évêque lui répondit qu'il avait cru pouvoir continuer sa demeure dans
cette ville et qu'à cet effet il n'avait jamais pensé de

Pièces 7 et 8

�- 55 distraire, ni faire partir le moindre de ses meubles et
effets qu'il avait dans la maison d'habitation de
l'évêque, que si absolument il lui ordonnait de partir,
il le priait de lui accorder la sauvegarde pour tous ses
dits effets et meubles, ledit général d'Anselme lui
répliqua : Le plus tôt sera le mieux, ce qui tout est
constaté par les attestations ci-jointes du premier et
second jour de fructidor dernier qu'il vous présente
également.
Qu'il résulte aussi par lesdites attestations, que
ledit évêque Valperga de Maillone fut forcé par ledit
général d'Anselme de partir de cette ville que tous
ses meubles et effets fussent mis sous la sauvegarde de
la Nation française et qu'étant parti le lendemain 30
dit septembre, il risqu'à d'être pendu ef étranglé paties soldats de la Phalange Marseillaise qui se trouvaient de garde à la porte ci-devant dite Victoire, ce
que tout fut d'abord notoire et de notoriété publique
dans cette ville.
Vous observe que ledit évêque Valperga est natif
du Piémont où il se retira et que s'il a résidé dans
cette ville, ce n'a été que pour raison de son ministère, que tout cela nonobstant il a été porté sur la liste
des émigrés, a été vendu la plus grande partie de ses
meubles et effets, et cela même nonobstant la préalable réclamation que le citoyen Jean-Jacques Donni,
chargé des intérêts dudit évêque avait fait à l'ancien
département par sa pétition du 22 juillet 1793 (v. s)
qui existe dans les Archives de ce district, résultant
ainsi que tout cela a été fait et opéré contre le droit des
gens et la sauvegarde de la loyauté française qui fut
promis audit évêque.
En conséquence, l'exposant demande en sa dite
qualité de procureur dudit citoyen évêque CharlesEugène Valperga de Maillone la radiation de son
nom de la liste des émigrés, la levée des scellés, la
restitution de ses propriétés et l'indemnité de celles
qui ont été distraites et vendues au nom de la Nation,
et sera justice.
(21 août 1795).

�- 56 Nice le 4me jour de Fructidor de l'an 3me de la
République française une et indivisible.
Signé : Pierre-Joseph PASSERON.
Vu la pétition ci-dessus du citoyen Pierre-Joseph
Passeron présentée au nom et comme procureur subs
titué du ci-devant évêque de Nice, Charles-Eugène
Valperga tendante à obtenir la radiation de son nom
de la liste des émigrés, la levée du séquestre et remission de ses effets restant ainsi que l'indemnité de
ceux qui ont été distraits ou vendus.
Vu une première pétition présentée à l'ancienne
administration du département par le citoyen JeanJacques Donni, au nom du citoyen Valperga en date
du 22 juillet 1793 tendante aux mêmes fins.
Vu la procuration en date du premier août 1793
(V. s.) faite à Gênes, par devant le notaire public Antoine Baglietti, légalisée par le Consul de la République française y résidant, ainsi que l'acte de procuration y inséré, en date du 20 Juillet 1795.
Vu l'attestation de quatre témoins faite avec serment par devant le juge de paix de la 1", 2"", 3me section de cette commune, en date du 1" Fructidor dernier '18 août 1795).
Vu autre attestation de cinq témoins faite par
devant le susdit Juge de paix, le 2 dit fructidor, aussi
sous serment.
Considérant que par la première des 2 attestations il est pleinement prouvé que le vingt-neuvième
septembre 1792, aussitôt après l'entrée de l'armée
française dans cette commune, le sus-nommé évêque
Valperga s'étant présenté au général d'Anselme qui
la commandait en chef, celui- ci lui ordonna d'abord
en présence desdits témoins et de tout l'Etat-Major.
u'il n'avait qu'à partir de la ville, et malgré que le
it évêque lui observa qu'il avait cru de pouvoir y
rester tranquillement et qu'à cet effet il n'avait fait
partir aucun de ses effets et meubles, le général lui
répliqua de partir absolument de la ville, en ajoutant
que le plus tôt serait le mieux, l'ayant assuré qu'à

a

�-5;l'égard de ses meubles et effets de sa maison, il les
mettait dès ce moment sous la sauvegarde et loyauté
de la Nation française et qu'il pouvait en être tranquille.
Considérant qu'il résulte par lesdites attestations,
et il est prouvé que l'évêque Valperga, d'après les
ordres précis et réitérés du général d'Anselme, partit
le lendemain 30 septembre de cette ville.
Considérant que par la susdite attestation du deux
Fructidor il résulte que l'évêque Valperga, au moment de son départ de cette commune, ayant été arrêté à la porte qui conduit au Piémont, par les soldats
qui y étaient de garde, lesquels tentèrent de le pendre,
il évita la mort par les soins du citoyen Joseph Castellinard, un des déposants, et il ne fut laissé libre que
d'après un billet du général d'Anselme, qui ordonnait à ladite garde de le laisser partir, puisqu'il s'en
allait de son ordre
Considérant que tous ces faits sont devenus de notoriété publique dans cette commune, dès le même
jour 30 septembre et Ier octobre suivant, ainsi que
quatre témoins l'ont attesté.
Considérant que le citoyen Valperga ne s'est absenté de cette commune et ci-devant Comté de Nice
que d'après les ordres du général d'Anselme auquel il
témoigna son regret.
Considérant que le départ du citoyen Valperga
ayant été forcé il ne peut pas être qualifié d'émigration.
Considérant que son intention de rester dans cette
commune est d'autant plus constatée, que le citoyen
Valperga a été le seul fonctionnaire public, il soit
resté à son poste, n'ayant soustrait aucun des meubles
et effets de sa maison, lesquels ont été ensuite distraits
et vendus par la Nation.
Considérant que le citoyen Valperga ne peut être
non plus considéré comme réfractaire aux lois de la
République, tandis qu'à l'époque de son départ de cette
commune, aucune loi de la République, surtout à
l'égard des ecclésiastiques, n'y avait été encore publiée
à laquelle eut pu contrevenir.

�— 58 —
Considérant que le citoyen Valperga ne pouvant
être considéré ni comme émigré, ni comme réfractaire, ne pouvait être privé de ses propriétés laissées
dans cette commune lors de son départ, sous la sauvegarde de la loi et de la Nation française qui lui fut
accordée par le général d'Anselme, et qui étant digne
de la loyauté de cette Nation, ne pouvait être violée
sans blesser le droit des gens.
Considérant au surplus, que le citoyen Valperga,
originaire piémontais, ne faisait sa résidence à Nice,
qu'à raison de son épiscopat, ce qui ne donne qu'une
résidence easuelle, et que sous tous les rapports, il
n'a cessé d'être étranger à l'égard du pays de Nice et
de la France.
Considérant que l'article 6, section deux, N° 2 de
la Loi du 25 Brumaire (15 novembre 1794) en déclarant émigrés les citoyens domiciliés dans le cidevant comté de Nice, qui sont sortis depuis le 27
septembre 1792, n'a point porté atteinte au droit des
gens dans la personne de l'étranger, qui se trouvait
dans ce même pays, où il n'aurait pas établi son vrai
domicile.
Considérant que le citoyen Valperga, qui avait été
forcé par le gouvernement de partir de Nice, n'a dû
plus y revenir dans le terme même prescrit par les
lois aux citoyens de la ci-devant Comté de Nice,
puisqu'il ne devait point imaginer qu'il fut compris
dans l'invitation, malgré qu'il ait été porté sur la
liste des émigrés.
Considérant que ce nonobstant, lorsqu'il sut qu'il
avait été porté sur la liste des émigrés de cette commune, s'est empressé de présenter sadite pétition
du 22 Juillet 1793 dans laquelle il demanda non seulement la radiation de son nom de ladite liste, mais
encore un délai convenable pour rentrer dans cette
commune, soit comme simple citoyen, ou comme
fonctionnaire public, ainsi que la restitution de ses
propriétés par lui laissées sous la sauvegarde de la
loyauté française dans la maison êpiscopale lors de sa
retraite forcée, ou une juste indemnité de leur valeur.

�- 59 Considérant finalement que,d'après toutes les circonstances sus-ênoncèes, aucune loi concernant les
émigrés ne peut être applicable au citoyen Valperga,
et que toutes celles qui pourraient le regarder relatives au séquestre des biens appartenant aux habitants
des pays en guerre avec la République française ont
été rapportées par le décret du 14 Ventôse dernier
(4 mars 1795). •
Le Directoire du district de Nice, oui le procureur syndic, est d'avis que le citoyen Charles-Eugène
Valperga ci-devant évêque de Nice ne doit point être
considéré émigré.
Qu'il doit être rayé de la liste des émigrés, que le
séquestre apposé sur ses propriétés doit être levé, qu'il
doit être réintégré dans la possession et jouissance
d'iceux, que tous receveurs ou dépositaires doivent
lui restituer les sommes qu'ils ont perçues, résultant
du produit desdites propriétés et qu'il doit recevoir
la juste indemnité des meubles et effets qui seraient
passés au profit de la Nation.
Fait à Nice, dans la salle des séances le 5me Vendémiaire an 4me républicain (27 sept. 1795). Signé
Saytour Martin. Verani,
procureur syndic, Angles v. prés.
Touzelly. Jn Coppon fils.
Enregistré au feuil. 20 registre des prévenus
d'émigration et signé BARRAIA, commis greffier.
Certifié conforme par nous Ve président et secrétaire du district Jn COPPON Fils V,-PRÉSIDENT
BARRAIA Cis greffier.
A rch. Nat. F 7 4867

2

�— 6o —

Pièce 9.

LIBERTÉ (vignette) ÉGALITÉ
BUREAU DES
ÉMIGRÉS

Extrait des registres des délibérations et arrêtés de
l'Administration Centrale du département des Alpes Maritimes.
(2

juin 1797)

Séance du quatorze Prairial an 5mf de
la République française une et indivisible.
Sur le rapport d-e la pétition présentée par le
citoyen Pierre Joseph Passeron, procureur fondé de
Monsieur Charles Valperga, ci-devant évêque de
Nice, dans laquelle il expose que ledit Charles Valperga n'a jamais dû être atteint des lois relatives à
l'émigration, soit qu'on le considère comme parti en
suite d'une force majeure, soit en sa qualité de piémontais et demande en conséquence la radiation de
son nom de la liste des Emigrés, sa réintégration
dans la possession et jouissance de ses propriétés et
une juste indemnité, des meubles et effets qui sont
passés au profit de la République.
L'Administration Centrale du département des
Alpes-Maritimes, considérant que M. Charles Valperga, comme piémontais, n'habitant Nice que pour
cause de son emploi, n'aurait jamais dû être porté
sur la liste des émigrés du département.
Que le seul motif qui a pu déterminer le général
d'Anselme à lui ordonner de partir de la ville de
Nice, ne peut avoir été que la susdite qualité de
piémontais.
Considérant enfin, que comme sujet du roi de
Sardaigne, il est dans le cas de jouir de l'article i,r
de la loi du quatorze nivôse an troisième, (} janvier
1795), ainsi que de l'article neuf de la loi du trente
Floréal an quatrième, (19 mai 1796).
Arrête, oui le commissaire du Directoire Exécutif
que le nom de Valperga, ci-devant évêque de Nice,
qui se trouve inscrit sur la liste des émigrés, sera

�— 6i —

provisoirement rayé ; que tout séquestre qui pourrait
avoir été mis sur ses biens sera levé, qu'il sera réintégré dans la possession et jouissance de ses propriétés,
et que toutes les sommes versées dans les caisses publiques, lui seront rendues, déduction faite des frais
faits conformément aux lois.
Fait et arrêté* en séance publique le jour, mois et
an que dessus.
Signé : Donny, président Payani, fils, Scudéry,
Oberti, Hancy (et en marge Gastaud commissaire
du Directoire Exécutif).
Certifié conforme à l'original par nous président
et secrétaire de l'Administration centrale du départemeni des Alpes-Maritimes.
DONNY, président
BELMONDI, sec. chef au bureau des émigrés.
Arch. Nat. F 7 4867 2

ACTE DE CAUTIONNEMENT
Pièce 10.

11 fructidor anV (2&amp; août 1797)
LIBERTÉ ÉGALITÉ
Ce jourdTiui 11 fructidor an 5 de la République
française une et indivisible (28 août 1797) par devant nous, membres composant l'Administration
centrale du département des Alpes-Maritimes, est
comparu le citoyen Joseph Passeron, natif de Contes,
chef-lieu de canton, domicilié dans cette commune,
procureur fondé de Monsieur Charles Valperga, cidevant évêque de Nice, en vertu d'acte de procuration du 20 juillet et premier août 1795 (v. s.) lequel
en sadite qualité, dépendamment à l'arrêté de cette
administration du quatorze prairial an cinq (2 juin
1797) portant que le nom de Valperga, ci-devant
évêque de Nice, sera provisoirement rayé de la liste
des émigrés, que tout séquestre qui pourrait avoir
été mis sur ses biens sera levé, qu'il sera réintégré
dans la possession et jouissance de ses propriétés, et

�— 62 —

que toutes les sommes versées dans les caisses publiques lui seront rendues, déduction faite des frais
faits, conformément aux lois, désirant de se conformer au porté par l'article 3 de la loi du 5 Brumaire
an 3 (26 octobre 1794) qui exprime que les prévenus
d'émigration seront tenus de donner caution solvable de la valeur mobilier, et ne pourront obtenir
leurs immeubles jusqu'à ce qu'il ait été définitivement statué sur leurs réclamations par qui de droit,
toujours en sa dite qualité a présenté pour caution le
citoyen François Grosson, marchand drapier de cette
commune, lequel ici prése.it et acceptant, s'oblige
conjointement et solidairement avec ledit Valperga
et pour celui-ci ledit Joseph Passeron, et sous l'hypothèque de tous leurs frens présents et à venir, à l'entière exécution de ce qui les concerne en la susdite
loi, et à la représention des mobiliers, effets et sommes à percevoir en dépôt que besoin sera, et quant
aux mobiliers invendus et en dépôt seront soumis
d'en représenter la valeur à laquelle seront estimés
par experts, préalable rémission.
Et nous, administrateurs susdits approuvant lesdits
cautionnement et acte de soumission, à la réquisition
dudit citoyen Joseph Passeron, avons dressé le présent acte que toutes les parties ont signé avec nous,
ayant au préalable fait renoncer audit François Grosson au droit de premier convenir.
Fait à Nice les jours, mois et an que dessus.
Joseph

PASSERON,

François GROSSON,
prés., PAYANY FILS,
MARUN-SAYTOUR, sec. en chef

HANCY, DONNY,
P.

Acte original sur timbre de 20 centime*.
Arch. Nat. F

7 4867^

�— 63 -

CONCLUSION

Il était avéré pour tous, dans la ville de Nice, que Mgr
Valperga était parti contre son gré et si la première Administration départementale, installée au mois de Mai 1793,
l'avait inscrit sur la liste des émigrés de Nice, c'était à la
suite d'une réponse faite par le ministre de l'Intérieur, Garât,
aux questions à lui posées par le Directoire des Colons Marseillais sur la conduite à tenir vis-à-vis de l'évêque.
Les questions avaient été envoyées à Paris, vers la fin
de Février 1793, et la réponse du ministre ne parvint à Nice
qu'au milieu de juin suivant, soit quelques jours avant la
publication de la liste des émigrés. Les réclamations de
l'évêque, retiré à Turin dans sa famille, furent présentées
le 22 juillet 1793 (1) ; mais comme beaucoup d'autres, elles
s'entassèrent dans les bureaux du Département, qui n'y
répondit même pas.
Cette réclamation fut présentée au nom de l'évêque par JeanJacques Donny au Département. lîlle figure en original au dossier
Valperga.
Voir ci-dessus.
Le registre des délibérations du département manque aux Archives pour les derniers mois de 1793, exactement du Ier mai au 10
Novembre, comme pour les six derniers mois de 1797 et l'année entière de 1798, exactement du 8 Messidor an V (26 Juin 1797) au 25
Pluviôse an VII (13 février 1799).
C'est-à-dire pour les deux périodes les plus troublées et cette
disparition est tout au moins étrange.
Elle doit être vraisemblablement attribuée à certains hommes
politiques désireux de laisser dans l'oubli leur conduite durant ces
deux époques.

�- 64 On était dans la période la plus aiguë et, en pleine
Terreur.
Après le 9 Thermidor et, surtout après la venue à Nice
du représentant Beffroy, au mois de Floréal, an III (Mai
I795)»
les esprits devinrent plus calmes, les administrations plus pondérées. C'est alors que, sur de nouvelles demandes présentées au District, et sur avis favbrable de
celui-ci, le département des Alpes-Maritimes accorda à Mgr
Valperga sa radiation provisoire, le 14 Prairial, an V (2 Juin
1797). Comme on le voit, l'affaire avait traîné en longueur.
Il semblait alors que rien ne s'opposait plus à la rentrée
de l'évêque : le 11 Fructidor, an V (28 Août 1797), le Département avait agréé la caution de François Grosson (1) ;
les biens de l'évêque allaient lui être rendus, et il pourrait
rentrer.
Mais huit jours après, le coup d'Etat du 18 Fructidor (4
septembre 1797) remettait le pouvoir aux mains des Jacobins, la guerre aux émigrés et aux ecclésiastiques, en particulier, reprit avec âpreté. Pe département des Alpes-Maritimes se vit accusé d'avoir préparé une rentrée triomphale à l'évêque, son arrêté du 14 Prairial resta sans effet
et, en vertu de la loi du 19 Fructidor (5 septembre), les
scellés furent de nouveau apposés sur les biens de Mgr Valperga par deux commissaires municipaux (2).
En vain, l'évêque de Nice, fit intervenir auprès du Directoire Balbi, l'ambassadeur du Roi de Sardaigne à Paris,
le dossier de sa demande en radiation fut examiné sans
aucune bienveillance.
(1) L/Acte original de ce cautionnement sur timbre est aux
Arch. des Alp.-Maritimes Q. 10.
(2) Mise de scellés sur les biens de Charles Eugène Valperga par
deux commissaires de la municipalité de Nice. Une scéance, 6 livres.
Dépense approuvée par le Département, en Germinal an VI (avril
1798). Arch. des A. M. Q. 11.
Mgr Valperga ne possédait à Nice aucun immeuble et il devait
rester fort peu de chose de son mobilier après la vente qui en avait
été faite en Ventôse an III. La bibliothèque de l'évêché avait été déclarée bien national et la caisse diocésaine avait disparue en octobre 1792
sans laisser de traces dans les pièces administratives. Le séquestre
a été apposé sur les biens de nombreux émigrés rayés provisoirement.
On peut en voir la liste aux Archives des A. M. Q. 10, où Valperga
figure sous le N° 65.

�- 65
Á la suite de la lettre de Balby datée de Paris le 7 février
1798, le ministre de la police demanda à ses Bureaux un
rapport sur l'affaire Valperga. Pe voici tel qu'il se trouve
en minute au dossier.
Attendu que rien ne tend à constater le prétendu ordre
de quitter Nice, d'où il suit qu'il faut en croire sur parole
l'émigré.
Qu'à raison de son domicile, il était tenu de rentrer sur
le territoire dans les délais voulus par les lois.
Qu'il est atteint par la déchéance et n'a réclamé que
l'an V.
Qu'il ne paraît pas y avoir lieu de violer la loi en faveur
de cet ex-évêque dont la rentrée prohibée par la Constitution serait d'une influence dangereuse.
J'estime qu'il y a lieu à proposer la maintenue sauf
à prendre des renseignements si toutefois on les trouve
indispensables.
CAIGNART,
Sous-chef (2e Bureau).
En tête de cette minute est écrit :
« Je pense qu'il y a lieu à instruction et à prendre
des renseignements près les Administrateurs du département_des Alpes-Maritimes. »
Signature illisible (1).
Ces renseignements furent-ils demandés ? C'est probable et cela explique que bien des pièces du dossier Valperga sont en double expédition. Plus d'une année s'écoula
encore, avant que fut prise une décision et finalement sur
un rapport défavorable de la Commission d'examen instituée près le Ministère de la police pour l'étude des demandes en radiation, le Directoire exécutif signa le 7 Floréal
an VII, (26 avril 1799) un arrêté qui maintenait définitivement, sur la liste des émigrés, Mgr Valperga et annulait
toutes les décisions rendues antérieurement, en sa faveur,
par les. autorités locales.
(1) Arch. Nation. F 7 4862 2 dossier Valperga. Rapport de la
3 me Division du Ministère de la police, sans date mais joint à la
lettre de Balbi.
»

�- 66 -

Varrêté du Directoire parvint à Nice les premiers
jours de Prairial an VII (Mai 99) et fut immédiatement
mis à exécution. (1).
*

* *

Ainsi donc Mgr Valperga expulsé ne put jamais obtenir
de rentrer, les lois sur l'émigration étaient tellement embrouillées et tyranniques qu'une fois inscrit sur une liste
d'émigrés, il était extrêmement difficile de s'en faire rayer
malgré toutes les démarches ; car on se heurtait sans cesse
à des questions de forme et de procédure ce qui permettait
à la malveillance de s'exercer tout à fait à l'aise sous le
couvert de la légalité.
A. J.

PvANCE-BOURREY.

(1) De 21 Floréal an VII (10 mai 1799), il fut communiqué
par le ministre de la police générale de la République aux diverses
administrations intéressées et aux Commissaire du Directoire exécutif
près le département des Alpes-Maritimes. Celui-ci par lettre du 3
prairial (22 mai 1799) demanda au Département de le transmettre
à la Municipalité de Nice, ce qui fut fait le même jour avec ordre
de le transcrire sur ses registres, de faire apposer les scellés ou séquestre sur tous les biens meubles et immeubles de l'évêque si ce
n'est déjà fait, et de mi notifier sans délai la décision prise à son égard.
Voir lettre du Département à la Municipalité, celle du Commissaire au Département, 3 Prairial an VII avec la réponse du Département 4 Prairial.
Arch.. des A. M. Q. 1 et 2 et Arch. Nationales, dossier Valperga,

�NIÇA LA BELLA
VERS DE /.

Giordan,

su

DE CARTA POUSTALA

Ai rai dôu nouostre bouon soulèu
Venon s'escaufar toui lu lùssi ;
Es un meravihous tablèu,
Ai rai dôu nouostre bouon soulèu,
Trouvas, dou Var fin au Castèu,
Anglés, Rouman, Danesi, Rùssi :
Ai rai dôu nouostre bouon soulèu
Venon s'escaufar toui lu lùssi.
Pèr tu, as touti li bèuta,
Terra de lus e d'alegria,
D'un ciel d'azur, as la clartà,
Pèr tu, as touti li bèuta.
De l'univers, en verità,
Siès la uechièma meravia ;
Pèr tu, as touti li bèutà,
Terra de lus e d'alegria.
Dintre lou tèmp, Semiramis
Faguet basti, à Babilouna,
Pu siéu jardin, vèr paradis !
Soubre Paioun, degun s'estouna
De vèire, ancuèi, lou paumoulié
Drissar au ciel la siéu coulouna
E lou galofre, e l'anemouna
Flouri emb'au pourtegalié.
De bouon matin, quitant maioun
Pèr la journada touta'ntiera,
S'en va lavar, dintre Paioun
Pa bugadiera.
D'un glourious passat es fiera
Perqué, d'un tèmp, sus lou bastioun
Au Turc, arranquèt la bandiera
Pa bugadiera.

�fet 68 —

Sau de fouora fa freï,
Que brima,
A Niça, sus lou Quèi,
Si rima.
Pescadou, fourestié,
De la mar bressarella,
Escouton voulountié
Pa doussa cantinella.
L'AVOUCAT

PATTA

L'estudi de l'avoucat Patta es en plen aria ; si tèn lou matin
couma lou predinà su la plaça dôu Palai. Es un ome pichounet,
touplen raplot, li pocha enfli de papiè de touta mers. En lu vièi
quartiè es proun counouissut e li capelada, « Bouonjou Moussu
l'Avoucat », noun li mancon. Es ben m'ai juge, proucuradou, etc.
Lu siéu ounourari soun bouon pati e n'a de preferença pèr
qu si sigue. Parla au premier maufatan vengut, couma se fousse
un agnèu que vén de naisse ; lou créancier o lou débiteur soun
tratat su lou même pen... basta que mouson...
L'avoucat Patta es de noutarietà reputat pèr un ome judicious, òunest — au noun si flata de l'estre au jou d'ancuei ; —
finda counouisse, es en relacioun d'afaire emê de gros persou nage que dintre la finança dôu siéu coumerce, soun quasi d'usurari. Sau menajar la cabra e lou caulè ; e pèr que la mouneda
noun li escapa si desbrouïa e si mete dôu cousta dôu manche...
d'aquéu que casca lou de mai...
Acò fa que toui lu matin que lou Bouon Diéu a fach, la siéu
doumestica mete toujou quaucaren au fuec. Lou dimeneghe, coum'un bouon crestian, — tartufaria que lou pauva, — va audi la
gran'messa à Santa Réparada, fa la siesta e à la calada dóu soulèu,
passeja su lou Cours, pastrouia, fa lu cent pas, noun parla que de
lei, proucès, citacioun, ensin alestisse lou travail dôu dilun...
Lendeman empastra ben d'afaire, mete facilamen en lou sac
Moussu Tout'Un emé Moussu Tout'Autre... En éu que li pòu
faire ?... lança dapertout lou broumech, tant pis pèr aquéu que si
laissa agantar. Quaranta sóu es lou près d'atac e vous pregui de
crèire que douna pas la siéu journada pèr doui o tres escut.
L'avoucat Patta counouisse l'usança dôu païs... s'avès touort,
vous rouïa, s'avès pi rasoun, v'espia... Que voulès aima manjar
lou pei, lou pei que noun aiguë d'espina...
JULI EYNAUDI.

�-«9VA

MAU ! !

Va màu, cresé-vous, que va màu 1
En l'orizoun lou voile negre
N'es qu'un gran camp cargat de pebre,
Qu'à pala lou jeten davan,
Avuglan finda lu cavau 1
Lu canoun soun su li frountièra,
Alignât couma de barriera,
N'esperon plus que lou signàu !
Lou soulèu, aquel animàu !
Stan, noun vòu levà la vela,
Si foundon couma des candela
Enb'aquèu coust dôu diàu !
Le Giacouuda à cóu de d/stràu
Li fan petà li sièu moulura...
Ah ! dèu faire bella figura
Se l'an foutuda en quauqua tràu
Lou pan crèise, finda la sàu,
Lou sucre dintre li boutiga
Mounta ben mai que de boufiga !
Van jusque crèise lou rampàu
E la pèu que fau lou tambau ;
Metran de drech su li nourriça,
Su lu chichi, su li saucissa,
Perqué pas soubre lu magàu ?
E lou Prussian, marrit bertàu,
Noun sabon fa que de babïa,
Per lou Maroc e l'Algèria,
Se faran mètre lou mourràu !
Li serreren toui lou pourtàu
E pi veiren touta la França
Davan la sieù grossa arougança
Se noun si sau garda li clàu !
Es de rima d'un manechàu,
Ma sien d'estiéu, vesin, vesina,
Li passeres en la resina
Avant que vegon l'espitau !
CHARLES CIAUDO

�Valère Bernard
Tout en heurtant le marteau contre la porte de M. Valère
Bernard je songeais. Je me suis complu dans le plus souriant
mépris des idoles. L'ironie a tremblé sur mes lèvres quand
la Provence a dans un ravissement de joie acclamé le poète de
Maillanne. Cette mascarade d'apothéose me répugnait.
Et maintenant la curiosité me fourvoyait dans le studio
d'un consciencieux artiste que les felibres couvraient de gloire.
Elève de Puvis de Chavannes M. Valère Bernard pasticha le
Maître. Mais vite il eût l'intuition qu'à se perdre dans les sentiers
battus il courrait risque de compromettre son crédit. Il dit
adieu à Paris et vint dans Marseille, l'opulente cité.
A cette époque vivait un exquis écrivain, J. Lombard. Il venait de publier deux œuvres d'une grandiose beauté, VAgonie et
Bysance. Dans un style étrangement tourmenté il contait les
luttes entre les factions d'Orient, illuminant son œuvre des
splendeurs bysantines.
Valère Bernard vit Jean Lombard, et du même coup les belles
au bois qui dormaient en son âme s'éveillèrent. Il délaissa les
études académiques, les pastiches sans vie, et d'ardentes couleurs
chargèrent ses toiles.
Voici le triomphe des rois Babyloniens. Sur les voûtes d'un
palais impérial passent des gardes étincelants dans la pourpre et
la soie. L'or envahit les hautes colonnes de jaspe bleu. Involontairement on pense aux fantastiques demeures hantées par des
fées émeraudes et des princesses aux perversités troublantes.
Et je m'imagine que le peintre était sous le charme de la
légende quand il a peint cette courtisanne qui sourit à son miroir tout en jouant négligeamment avec sa chevelure d'or. Et
puis passent Venise la rouge, Marseille enveloppé dans la poussière d'or du crépuscule, des motifs à la Watteau peints par un
bysantin, toute une apothéose.
Mais une idée m'obsède, tandis que dans la grise clarté d'un
soir automnal s'éteignent les fauves éclairs jaillis de ces radieuses
toiles. L'idéalisation du passé me paraît cruelle. Les générations
endormies dans la Mort ont eu leurs misères/leurs rancœurs, je
pense qu'il est absurde de s'écrier avec Musset « qu'aux temps
jadis tout était heureux jusqu'aux douleurs humaines. » En vain
l'apostat s'attriste-t-il sur les vieillards immortels de l'antique

�- 7i

—

lonie, â ses oreilles résonnent les paroles de l'Hiérophante : « La
Helladi que tu aimes n'a jamais existé ».
Mais M. Valère Bernard brise ma rêverie, et mes yeux se
portent.sur des portraits appendus au mur. Profils d'espagnol ou
d'américain mitigés d'espagnol, comme on en croise maintes fois
sur la Cannebière.
Homme universel ne puis-je m'empêcher de m'êcrier. M.
Valère Bernard sourit. Il siérait dit-il, à mi voix, de se développer en profondeur. Toutefois il est beau de se dire sur le
tard de sa vie que l'on a fait vibrer toute son âme. Ici le maître
rejoint Néron. Il m'aide à comprendre cet inquiétant empereur.
Mais encore faut-il que tout en étant l'homme universel on ne
sombre pas dans la banalité. De méchantes œuvres d'art peuvent
avoir leur prix.
Une idée se lève devant moi. Labruyère me petsuade que
l'honnête homme de Pascal propre à tout en définitive n'est propre à rien. La spécialisation inintelligente, mène à l'erreur, j'en
conviens, mais en fait elle est une loi générale.
Et ceci est pour me plaire, car j'abhorre dissiper mon énergie,
j'aime le repliement, la frissonnante pudeur qu'effarouche les
vaines ostentations. Je goûte les peintres du passé et malgré ma
philosophie j'adore les peuples disparus. Volontiers j'implorerai
avec la Cassandre de Schiller la cécité, l'exquise cécité. Le sou
venir a plus de puissance sur moi que l'espoir.
Et sous des deux gris, en des pays étrangers désolants de
médiocrité, il m'est arrivé de pleurer plus amèrement que ne
pleura Xerxès aux rives d'Abydos.
J. PADOVANI.
PROUVERB1, BOUOI MOT, COUNSÈU E DICH
Vèuva que si marida,
Dèu perdre la lus e l'audida.
Fiha madura,
Lou pouorta à la centura.
En cuntant su lu det :
Aquéu a fa l'óu ;
Aquéu l'es anat cercar,
Aquéu l'a fa cuèire,
Aquéu l'a manjat,
E lou pichoun n'a ren tastat !

�— 73 —
LE

DÉSESPOIR

Oui, j'ai la mort dans l'âme ; oui, je monte au calvaire ;
Mon horizon, hier si beau, s'est obscurci ;
Je hais tous les devoirs et tout ce qu'on révère :
Mieux vaut mourir que vivre ainsi !
Puisque je n'y puis rien ; que la raison humaine
Ne gagne plus un cœur où mon cœur est entré,
Je veux briser mes jours comme on brise une chaîne
Et m'enfuir en désespéré.
Qu'est-ce donc que la mort ? C'est la paix éternelle,
C'est un beau drap de fleurs sur mon sein endormi,
C'est la nature calme, auguste et solennelle
Qui nous prête un repos ami.
O nature de Dieu contemple ma détresse !
Ecoute tout mon sang dans mon cœur s'épancher
Et, puisque je n'ai plus le lit de ma maîtresse,
C'est au tien que je veux coucher ;
C'est toi la grande mère et la nourrice immense !
L'homme au sort le plus âpre et l'homme au sort plus beau
Retrouvent dans ton sein leur part de ta clémence :
L'un l'amour, l'autre le tombeau
Tu sais, toi qui vois tout, ce qu'ici bas je souffre,
Que je n'ai point béni l'instant de mon réveil
Et que j'ai regardé, toujours, du fond du gouffre,
Les bords ou brillait le soleil ;
Que je n'ai bu jamais que dans la coupe amère,
Que le seuil du bonheur me fut toujours fermé,
Que j'ai perdu mes fils, que j'ai perdu ma mère
Et tous les cœurs qui m'ont aimé !
Maintenant je m'en vais, battant du front, comme ivre,
En proie à ce grand deuil qui me courbe en vainqueur,
Et je veux déchirer ma vie, avec le livre
Des chastes sanglots de mon cœur ;
Et toi, rayon divin, génie, ardent délire,
Flambeau qui n'iras plus briller sur son autel,
Eternise du moins ces larmes de ma lyre
Et que mon cri soit immortel !
[EDGAR DE MASINI

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La mouort dau paure Tounin (Ant. Roland)

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La Vigne (J. Padovani)

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Eglises et Chapelles de Nice (Valentin)

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Nouvé

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32

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Expulsion de Mgr Valperga en septembre 1792 (Abbé RanceBourrey

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QUATRE-TÈMS

Noumbre d'or...
13
Mars
Epato (Grégori)
Il
Jun
Cicle soulari
17 Setèmbre
Endicioun roum
10 Desembre
Letra doumenicala
G F
LI QUATRE

8,
7,
20,
20,

10
9
22
22

e
e
e
e

11
10
23
23

SESOUN

Lou printèms coumença lou 21 mars
L'estiéu
—
— 22 Jun
L'autoum
—
— 24 sept,
L'iver
—
— 22 dés.

à 6.55 m.
à 2.36 m.
à 5.18 m.
à 11.53 m.

dôu sera
dôu sera
dôu matin
dôu sera

FESTA MOUBILI

Septuagesima... 12 Fébrié
Cendre
21 Febrié
Pasca
7 Abrieu
Rougacioun 21, 22, 23, 24 Mai
Ascensioun
16 Mai

Pantecousta
Trinità
Festa de Diéu
1" Dimenegue de
Ie* Desémbre

26 Mai
11 Jun
15 Jun
l'Avènt

LU ESCLISS!

Souliu.

—

ij Abriéu. — Esclissi annulari e coumplet visible

à Paris, en America, en Europa et dintre lou N.-O. de l'Africa.
Coumençamen de l'esclissi à 10,01 dôu matin ; finisse à 1,08
dôu sera.
10 Otitoubre. — Esclissi coumplet invisible à Paris, visible
dintre l'America dôu Sud.
Luna. — 1" Abrièu. — Esclissi parciella visibla à Paris. Entrada de la luna dintre l'oumbra, 9.26 dôu sera; sourtida, 11.03
dôu sera.
26 Setèmbre. — Esclissi parciella, invisibla à Paris, visibla
dintre l'Océan Pacifique.

Jîla providence, %ue de la Préfecture /4, $run, Siàraire

�LU

VÉNT

Lu vènt que souflon à Niça, dintre lou cours de l'armada,
soun au nombre de 16. Vequi li siéu denouminacioun courènti,
pihadi, en general, dai loucalità dei quali parèisson vèni :
Sud
Miejon
Nord... Tramountana
S.-S.-O. Miejou Lebech
N.-O.-E. Grek Tramountana
S.-O
Lebech
N.-E... Grego
O.-S.-O Pounèut Lebech
E. N .E. Levant
Ouest. Pounènt
E.-N.-E. Levant
O.-N-O.V Pounènt Maistràu
E.-S.-E. Levant
N -O . Mastràu
S.-E.... Siroco, vènt marin
N..-N. OMaïstràu Tramount
S.-S.-E.. Miejou Siroc

6
15
25
14
31
24

VIGÍLIA — JEUNI
Abriè
(Pasca, 7 Abrièu).
Mai
(Ascensioun, 16 Mai).
Mai
(Pantecousta, 26 Mai).
Avoust
(Assoumpcioun, 15 Avoust).
Outoubre (Toui lu Sant, Ier Nouvembre).
Desembre (Calena, 25 Desembre).
L'AN NADA RELIGIOUSA

LI FESTA MOUBILI E LI FESTA FISSI
Janvt'è
jYlars
1 Circouncisioun.
1 e 2 Quatre Tèms.
6 Epifania (lu Rei).
3 Reminiscere.
13 Bateja de J.-C.
10
Oculi.
14 Sant Noum de Jesu.
17 Lœtare.
fébrié
24 Passioun.
2 Puriflcacioun.
29 Li 7 Doulou.
4 Setuagesima.
31 Lu Rampàu.
6 Festa de la Pr. de N. S.
11 Sexagesima.
Jîbriéu
13 Coum. de la Passioun.
5 Divendre Sant.
18 Quinquagesima.
7 Pasca.
21 Cendre.
14 Quasimodo.
25 Quadragesima.
28 Patrou. de San Joúsè.
28 Quatre-Tèms.

�Setembre
3 Inv. de la Santa Crous.
13, 14, 15, Rougacioun.
16 Ascensioun.
26 Pantecousta.
29-31 Quatre-Tèms.
1
2
6
9
21
24
29

Quatre-Tèms.
Trinità.
Festa de Diéu.
Festa dôu S. Sacramen.
Sacrat-Couor de'jesu.
Natività de S. jouan-Bat.
SS. Peire e Paul.

8 Natività de la Vierge.
14 Esaltacioun de la Crous.
15 N.-D. dei 7 Doulou.
15 San Noum de Maria.
18, 20, 21, Quatre-Tèms.
29 Dédie, de S. Miquèu.

Ôutoubre
6
13
20
27

Sant Rousari.
Maternità de la Sta Vierge.
Puretà de la Santa Vierge.
Patrounage de la S. Vierge.

J/ouvembre

Juliet
2 Visitacioun de la S. V.
7 Precious Sang.
16 N.-D. dôu Carme.

Jîvoust
6 Transfiguracioun.
15
18
25
25
29

Assoumpcioun.
S. Joachim.
S. Couor de la Vierge.
S. Louis.
Decolac. de S. Jouan-Bat.

1
2
3
21

Toui lu Sant.
Lu Mouort.
Santi Relíquia.
Present, de la Sta Vierge.

2&gt;esembre
1 Avent.
8 Imaculata Councepcioun.
18, 20, 21, Quatre-Tèms.
25 Calena.

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DÉCIMALISATION

DU

TEMPS ET DES

ANGLES

LA MONTRE DÉCIMALE
Par J. de REY-PAILHADE, président du Comité
pour la propagation des méthodes Décimales.
Le Club Nautique de Nice a offert plusieur fois en prix des
montres décimales aux régates'de 1909. Il était utile de décrire cet instrument, d'y joindre des tables pratiques et des
formules à l'usage des ingénieurs, des sportsmen, des médecins, etc. etc.
DÉCIMALISATION DES ANGLES •
Il est aujourd'hui démontré que la division décimale du
quart de cercle facilite tous les calculs.
Les nouvelles cartes géographiques sont graduées exclusivement dans ce système, devenu officiel en France et dans
d'autres pays. On possède toutes les tables pratiques nécessaires à son essai courant. Nous ne nous étendrons pas
davantage sur cette méthode aujourd'hui enseignée dans les
lycées et collèges.
Nous rappellerons seulement que M. l'amiral Germinet,
membre d'honneur du C. N. N., sous la direction duquel on
fit en 1899 et 1900 des essais de navigation avec un matériel
entièrement décimal, a émis un avis très favorable à la
réforme décimale.
DÉCIMALISATION DU TEMPS
La division décimale du jour décrétée le 4 frimaire an II
rendra aussi de grands services à la science et aux sports.
Principe. — On divise le jour entier en 100 parties égales
appelées cés ; le cé est subdivisé en décisés, ceniicès et millicés
Le cé vaut 14m 24s ou 1T4 d'heure environ ; le décicé est égal
lm 26s 4 ou lm Ij2 environ ; le millicé vaut 0S 864 ou 9T10 de
seconde environ.
Concordance des Temps. — On parvient assez vite à dire
instantanément l'heure à 1 ou 2 minutes près en regardant le
cadran d'une montre décimale. Il suffit d'apprendre par cœur
les concordances décimales de toutes les heures.
0,0
0
50,0

4,2
1
54,2

8,3
2
58,3

12,5
3
62,5

16,7
4
66,7

20,8
5
70,8

25,0
6
75,0

�25,0
6
75,0

29,2
7
79,2

33,3
8
83,3

37,5
9
87,5

41,7
10
91,7

45,8
11
95,8

50,0
12
100,0

Les heures sont au milieu, les concordances des heures
du matin en haut, celles du soir en bas. Ainsi 10 heures du
matin valent 41.7 cés (énoncer 41 cés 7 décicés) et 10 heures
du soir valent 91,7 cés.
Gomme 1 cé vaut presque lj4 d'heure et un décicé une mi •
nute 1]2 ; en partant des concordances du tableau, on dit
l'heure instantanément, ainsi 39,9 cés valent 9 h. 36 m. du
matin. Un ou deux jours suffisent pour atteindre ce résultat.

Description de la montre décimale ou cémètre. — Il y a 3
aiguilles centrales se mouvant sur un cercle divisé en 109
parties égales, numérotées de 0 à 9. Le 0 cé est en bas, c'est
l'origine des temps, car on suppose la Terre au centre du
Cadran.
L'aiguille dorée avec un soleil ne fait qu'un tour par jour ;
l'aiguille épaisse en acier bleu tourne 10 fois par jour, et la
trotteuse fine fait 1000 tours par jour.
L'aiguille-soleil montre la position de l'astre du jour par
rapport au méridien de Paris, qui va du centre au chiffre 5.

�10 —
Les quatre traits bleus indiquent les positions de cette aiguille
à minuit en bas sur 0 ; — à tì h. du matin au milieu entre 2
et 3 ; — à midi, en haut, sur le 5 ; — à 6 h. du soir, entre 7
et 8.
L'aiguille dorée du soleil indique le chiffre des dizaines
de cés, 2 sur le dessin ; l'aiguille épaisse donne d'abord le
chiffre des cés, 6 sur le dessin, et en comptant rapidement à
l'œil le rang de la division entre 6 et 7, on voit, que cette aiguille marque 3 décicés. Le temps du dessin est donc 26,3
cés correspondant à 6 h 20 m. du matin environ. L'aiguille
trotteuse donne les millicés 83. Le temps est donc 26,383
cés.
» Pour la vie courante, on n'a pas besoin d'aller au delà du
clécicé. On lit les milticés pour les applications scientifiques
et sportives.
Le temps en millicés lu sur le cêmèire facilite tous les calculs, car on n'a jamais de réductions à faire.
Examinons le problème des vitesses a l'heure : Les millicés multipliés par 0,00024 donne des heures et fraction décimale d'heure. Ainsi Ì2345 millicés valent 12,345 -f- 24 =
2 h. 9628.
Par conséquent si L est la longueur parcourue et M le
temps en millicés, la vitesse est

ou t

+ 4166,66...

Ces quelques exemples démontrent que la montre décimale simplifie tous les calculs sans exception.
Les rapports de MM. les délégués officiels aux essais de
la montre décimale faits à Nice, par le Club Nautique, le 26
février 1911, concluent unanimement à la supériorité de cet
instrument pour les usages scientifiques et sportifs.
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30
31

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dim. S. Guiermo
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dil. S. Maurici
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20
Dim. Sta Agnesa
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dil. S. Vincènt
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dim. S. Raymound
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dim. Sta Jacinta
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dij. Conv. de S. Pàu
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Dim. Sta Paula
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Tita
Simeoun

dim. Sta Marfina
dim. S. Peire N.
En Janvié
Lou païsan n'a ren

lu 6, à 4 oura 28 s.
lu 13, à 11 oura 38 m.
lu 21, à 4 oura 44 ui.
- L. 7 49' - C. 5 30'

dij. S. Ignaci
div. La Candeliera
dis. S. Blasi
Dim. Setuagesima
dil. SS. Vinc.Oronte
dim Sta Agata
dim. Sta Dorotea
dij. S. Romuald
div. S. Jouan-Matha
dis. Sta Apoulounia
Dim. Sexagesima
dil. Sta Eulàlia
dim. S. Gregori
dim. Sta Eufrasia
dij. S. Onesime
div S. Dounat
dis. S. Simeoun
Dim. Quinquagesima
dil. S. Gabin
dim. Dimars-Gras
dim. Li Cendre
dij. S. Silvan
div. S. Maxime
dis. S. Pascase
Dim. Quadragesima
dil. S. Nestor
dim. S. Leandri
dim. Sta Nourina
dij. S. Nymphas

Plueia de febrié
A la terra vau fumiè.

ZDéSTU-S-bez

NICE

MARS
N. L.
P. Q.
P. L.
D. Q.
N. L.
SOULÈU

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lu 1,
lu 8,
lu 15,
lu 23,
lu 30,
— L.

div.
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Dim.
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dis.

Dim.

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L
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7

1 oura 31 m.
0 oura 02 m.
0 oura 59 m.
1 oura 26 m.
1 oura 38 s.
01' — C. 6 13

S. Eudoxia
S. Simplici
Reminisceri
Sta Cunegonda
S. Casimir
Sta Coleta
S. Jouan de D.
Qaatre-tèms
Sta Margarida C.
Ocali
S. Euloge
S. Gregori
Sta Eufrasia
Sta Matilda
S. Acepsima
Sta Gertruda
Lœtari
S. Apien
S. Jôusé
S. Joachin
S. Lea
S. Turibe
S. Armentari
La Passioun
Anounciada
S. Emanuèu
S. Jouan d'Egt,
S. Gountran
S. Eustase
S. Jouan C.
Lu Rampàu

Lou mes de mars
Es amar.

tous le -vrai

BLANQUI &amp; FRACCHIA
— Usine au Pont-Magnan —

NICE

�- 13 S$&lt;30TJNL&gt;

ABRIÉU
P.
P.
D.
N.

0.
L.
Q.
L.

lu
lu
lu
lu

SOULÈU.

1 dil.
2 dim.
3 dim.
4 dij.
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7 Dim.
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28 Dim.
29 dil.
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13, à
3
21, à 7
28, à 11

—

oura
oura
oura
oura

L. 6 06'

—

55 in.
37 s.
31! s.
25 s.
C. 6 52'

S. Ugo
S. Franç. de P.
S. Richard
Dijàu Sant
Divèndre Sant
Dissata Sant
Pasca
S. Albert, ev.
S. Azada.
s. Isidoro
s. Leoun
s. Juli
s. Justin
Ouasimoi/ii
Sta Anastasia
S. Frutuous
S. Rodolfe
S. Maxime
S. Anselme
S. Teodoro
S. Adalbert
S. Fidèle
s. Jorgi
s. Marco
s. Clet
s. Antime
s. Aimé

s. Roubert
Sta Catarina d. S
SS. Philip. ,Jacq.

Pichouna plneia d'Abriéa
Bouona récolta pèr l'csliéu

Q.

p
P. L.
D . Q.
N. L.
SOULÈU.

TRIMÍÎSTRÈ;

MAI

JUN

à

lu 5,
2 oura
lu 13, a 7 oura
lu 21, à 10 oura
lu 28, à 7 oura
— L.

5 14'

—

14
10
23
24

s.
m.
m.
m.

C. 7 29'

1 dim. SS. Félip. Jaq.
2 dij. S. Atanase
3 div. In.d.l. Sta Crous
4 dis. SS. Sindonis
5 Dim. S. Pio, papa
6 dil. S. Jouan D.
7&lt; dim. S. Peire
8 dim. s. Gregori N.
9 dij. s. Antounin
10 div. s. Isidoro
11 dis. s. Bounifaci
12 Dim. s. Jouan lou S.
13 dil. s. Pouon, m.
14 dim. s. Pacomo
15 dim. s. Sta Denisa
16 dij. Ascensioun
17 div. S. Pascaù
18 dis. S. Teodoto
19 Dim. s. Pèire C.
20 dil. s. Felis.
21 dim. s. Bernardini
22 dim. s. Julia
23 dij Rogaeioun
24 div. s. Vincen, d. L.
25 dis. S. Urbin
26 Dim. Pandecousta
27 dil. S. German
28 dim. S. Cirile
29 dim. Sta Petronïa
30 dij. S. Sylve
31 div. S. Justin
Au mes de mai
Longui semana

p
P.
D.
N.

Q.
L.
Q.
L.

lu 3,
lu 11,
lu 19,
lu 26,

SOULÈU.

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dis.
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9 Dim.
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12 dim.
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18 dim.
19 dim.
20 dij.
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23 Dim.
24 dil.
25 dim.
26 dim.
27 dij.
28 div.
29 dis.
30 Dim.

—

à 11 oura 4 s.
à 10 oura SI s.
à 9 oura 51 s.
a
2 oura 20 s.
L. * 34'

C. 8 1!"

S. Potin
Trinità.
S. Quirin
S. Francès C.
S. Lié
Festa de Dieu
S. Lié
Quatre-tèms
S. Optat
Sta Margarida
S. Barnabe
S. Antoui de P.
S. Basilio
S. J.-F. Régis
S. Moudeste
S. Lambert
Sta Olga
S. Gervai
Sta Juliena F.
S. Louis de G.
S. Paulin
Sta Maria d'O.
S. Jouan-B.
S. Prousper
S. Alban
S. Cresen
s. Iréné.
s. Pèire
s. Pàu
s. Tibàu

En Jun
De tres abit l'un

Dégustez tous le vrai

NICE

—

BLANQUI &amp; FRACCHIA
— Usine au Pont-Magnan

—

NICE

�— i4 —

TROISIÍ)MK

AVOUST

JULIE T
P.
P.
D.
N.

lu 3, a 10 mira 20 m.
lu 11, à 1 cura 53 s.
Il 19, a o oura 31 m.
lu 25, a 9 oura 12 s.
SDULÈU. - - L. 4 35' — C. 8 22'

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dim.
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Dim.
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dim.
dim.
dij.
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dis.
Dim.
dil.
dim.
dim.

S. Thierry
Vierg.de li Gracia
S. Anatole
S. Pèire de L.
S. Sisoès
S. Elie
Sta Babeta
S. Efrein
Sta Felicita
S. Pio
S. Jouan G.
S. Gene
S. Jaque
Festa Naciounala
S. Enri
N.D.d.M. Carmel
Sta Marcelina
S. Frederic
S. Vincen de P.
Sta Margarida
S. Vi loiSta Maria-Mad.
S. Apoulinari
Sta Cristina
S. Jaque
Sta Anna
S. Pantaleoun
S. Samsoun
Sta Marta
Sta Giulieta
S. Gnaci de L.

Au mes de Juliet
Ni frema ni coulé.

TBIMËSTRÎ;

I1. Q. lu 2, a 0 oura 29 m.
P. L. lu 10, a 3 oura 58 m.
D. Q. l»i 17, a 1 oura 1.1 s.
N. L. lu 21, a 5 oura 14 m.
IV Q. lu 31, &amp; 5 oura 21 s.
souLÈu, —1.5 or -j&gt;. 8 or

dij.
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0 dis.
4 Dim.
5 dil.
6 dim.
7 dim
8' dij.
9 div.
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div.
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Dim.
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dim.
dim.
dij.
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dis.

S. Pèire-aï LS. Alfonso
Inv. de S. Estève
S. Domenica
N. D. dei Nèu
Trausf. de J. C.
S. Gaétan
Sta Batilda
S. Camila d. L.
S. Là u ren
S. Septima
Sta Clara
Sta Filoumèna
S. Ousèbi
Asoumpcionn
S. Roc
S. Mamès
Sta Elena
S. Ipoulita
S. Bernar
Sta Chantai
S. Pio V
S. Filipe B.
S. Bartoumiéu
s. Louis, r. F.
s. Seg'oundo
s. Cesari
s. Goustin
s. Mederic
Sta Rosa
S. Fiacre

F.n . ivoast
Figa e moust

wmmm mm

SBTÈMBRE
P. !.. lu 8, a' 4 oura 57
D. Q. lu 15, a 6 oura î&gt;l
N. L. Ju 22, a 3 oura 37
P. Q. lu 30. a 0 oura 08
SOULÈU. - - 1. 5 47V— c.

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Dim.
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d'un.
dij.
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Dim
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Dim.
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S. Gili
S. Estève R.
Sta Eufemia
Sta Rosalia
S. Làuren J.
S. Pambon
S. Grat
Natiu, di' la V.
S. Oumer
S. Xicola
S. Félis
S. Veran
S. A nié
Es. (1. l.S. CtQUS
S. Nicomède
S. Conrneilla
S. Lanbert
S. Tournas V.
S. Janvié
S. Euslache
S. Matiéu
S. Maurici
Sta Tecla
S. Girar
S Firmen
S. Nil
S. iN'icandre
S. \\ inceslas
g. Miquèu
S. Jeromo

Lima setembrina
De mai clarina

MOT »

GRANDE MARQUE RECOMMANDÉE

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s
s
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OUTOUBRE
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N.
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L.
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lu 15,
lu 22,
lu 30,

SOULÈU, — 1.

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oura 46 m,
oura 09m;
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m.

ii

— c.

6 06*

TRIMESTRE

NOUVÈMBRE
P. L. lu
6,
D. Q. lu 43,
N. !.. lu 20,
Q.
lu 29,

r.

SOULÈU. - -

1.

a
a
a
a

4 oura 48
8 oura 20
9 oura 49
2 oura 42
14'

—

c.

5 03'

1 dim. Rosari
1 div. Tout lu Sant
2 dim. S. ■ Léger
2 dis. Eu Mouorl
3 dij. S. Rosari
S. Ubert
4 div. s. Francès d'A. 43 Dim.
dil. S. Carlo B.
5 dis. s. Placido
5 dim. Sta Bertila
6 Dim. s. Bruno
6 dim S. Leounar
7 dil. s. Serge
dij. S. Nestou
/
8 dim. Sta Reparada
8 div. Lu Quatre Incou.
9 dim. S. Denis
9 dis. S. Teodore
10 dij. s. Francès B. 10
Dim. S. Jacintou
11 div. s. Tarasco
11 dil. S. Martin
12 dis. s. Counrad
12 dim. S. René
13 Dim. s. Edouard
13 dim. s. Stanislas
14 dil. s. Calisio
14 dij. S. Pantena
15 dim. Sta Teresa
15 div. Sta Gertruda
16 dim. S. Ospici
16 dis. S. Edme
dij.
17
Sta Edvija
17 Dim. S. Gregori
18 div. S. Luc
18 dil. S. Alfè
19 dis. S. Pèi re
19 dim. Sta Babeta
20 Dim. S. Agrico)
20 dim. S. Edmon
21 dil. Sta Ursula
21 dij. Présent, de la V.
22 dim. S. Filip
22 div. Sta Cecilia
23 dim. S. Teodoret
23 dis. S. Clemen
24 dij. s. Mairloire
25 div. ss. Crespin-Cr. 24 Dim. Sta Flora
26 dis. s. Jouan de K. 25 dil Sta Catarina
26 dim. Sta Pel fina
27 Dim. s. Frumence
27 dim. S. Maxime
28 dil. s. Alfredo
28 dij. S. Sostène
29 dim. s. Narcisse
29 div. s. Saturnin
30 dim. s. Marcel
30 dis. s. Andrièu
31 dij. s. Siri
En ùuloubre
\loii ponorc goûta loti rùare

Tonssan ientra
St A n'driéu lou souorte

« wmmm

DESÈMBRE

s.
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s.
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P. L .
D. Q.
N. L.
P. Q.

lu 6,
lu 12,
lu 20,
lu 28,

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5
6

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Dim.
dil.
dim.
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dij.
div.
dis.

8 Dim.
9 dil.
10 dim.
11 dim.
12 dij.
13 div.
14 dis.
15 Dim.
16 dil.
17 dim.
18 dim.
19 dij.
20 div.
21 dis.
22' Dim.
23 dil.
24 dim.
25 dim.
26 dij.
27 div.
28 dis.
29 Dim.
30 dil.
31 dim.

1.

a
a
a
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3 oura
m.
6 oura 46 s.
4 our;i 40 s.
7 OUI;L 48 s.

7 54' — c.

A vent
Sta Bibiana
S. Francès X.
Sta Barba
S. Bassi
S. Nicola
S. Anbrosi
Imac. Conception
Sta Leoucadia
Sta Eulàlia
S. Damase
Sta Rosélina
Sta Lucia
S, Niçoise
S.
S.
Sta
S.
S.
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S.

Mesuiin
Adon
Olimpíada
Gatien
Ciprian
Filogone
Tournas

S. Onourat
Sta Vitòria
Cacha-fuec
Calèna
S. Estève
S. Jouan
SS. Inoucent
Sta Eleonora
S. Sabîn
S. Sàuvestre

Calena aufuec,
Pasca àu j'aèc.

sin -

GRANDE MARQUE RECOMMANDÉE

4 35

�- i6-

�- 17

-I

CROUNICA NIÇARDA
L'ABADÏA DE SAN POUON.— L'ABAT RANCE-BOURREY.
GLOFFREDO.

—

—

PÈIRE

A PREPAU DOU DIALETE NIÇART.

Ben qne pareissènt tardié, VArmanac Niçart s'empressa de
pourtà la siéu febla vous su tout cen que enteressa lou païs, sigue
au pounch de vista istoria loucala, pouesia, tradicioun, sigue
tamben su la taquinanta questioun dóu dialete niçart souvenri
fès pauvada e su la quala lu escritour mouderne soun luen d'estre
d'acordi.
Parlerai finda de M. l'Abat Rance-Bourrey, un beneditin qne
despi quauque an en ça mete à prouflt la siéu erudiciou n a nen
revelà de fach d'istoria inedieh. Se quauqu'un mérita d'estre
laudat es ben éu ; es en éu que VArmanac Niçart tressa la
pamoula de sapiença. En esprimant la nouostra recounouissença,
à l'Abat Rance-Bourrey, fen cen que touplen an denembrat,
vouoli dire de courounà lu siéu travail, frucha de ben de recerca,
dai quali obra sian fier d'avé prestat la prima ajuda. Pouden cità :
lou Discours sur le Monastère de Sainte-Claire de Nice, par Honoré
Pastorelli, publié d'après l'édition originale de Turin 1608, avec
une introduction et des notes ; — "Le Général J.-B.-M. D'Anselme" (Notices biographiques (1740-1792). E aquest'an
l'istorien nen douna — toujou de prima man — YExpulsion de
Mgr Valperga, evesque de Niça, au tèms de la Revoulucioun,
travail anoutat de peça curiouvi que sian urous de pouder metre
souta lu uès dei nouostre letour.
*
* *
Lou fach de l'annada, lou mai marcant, es estat aquéu de
l'Abadïa de San Pouon. Parlon de tout destruge pèr li basti an
siéu luec un espitau Pasteur... UArmanac Niçart es pas Penemic
dóu prougrès, ni men encara dei Bei-Art, ma si fa lou pious dever
de jougne lu siéu esfouors en aquelu dei siéu councitadin quo
l'istoria dóu passat passiouna, pèr que l'Abadïa de San Pouon
sigue counservada e classada couma mounumen istorique. En la
circonstança feliciti M. l'Abat Rance-Bourrey que mé rasoun s'e.s
demoustrat l'ardènt defensour autourisat que counouissen. La
siéu paràula es estada escoutada e lou Préfet de li Alpa-Maritima,
8

'

�— i8 M. de Joly — respetuous dei nouostri tradicioun — en ortie
avertit a proumès que l'Abadïa de San Pouon seria respetada e de
lèu si crusià pèr lou siéu classamen tra lu mounumen istorique.
Dóu resta vequi ce que l'Abat Rance Bourrey nen di su San
JPouon. Counsignen religiousamen li siéu paràula :
« L'Abbaye de Saint-Pons est le plus ancien monument relitgieux existant dans le Comté de Nice. Il y a dou^e cents ans que
sSiagrius y fonda un monastère. L'histoire de ce monastère est
jintimement liée à l'histoire religieuse, civile et économique de la
iville de Nice.
;
« Ce fut à Saint-Pons qu'en 1388 fut'signé l'acte réunissant
le Comté de Nice au Comté de Savoie. Les abbés de Saint Pons
ifurent pris dans les principales familles du Comté : les Badat, les
tLaugery, les Provana, les Lascaris, les Grimaldi, les Martelli, les
;Tournefort, etc. Plusieurs évêques de Nice furent abbés de Saint[Pons, en particulier Barthélémy Chuet (fin du xve siècle) et Jean
, Uriole, son successeur. Un autre abbé, Claude de Seyselle, fut
,évêque de Marseille, puis archevêque de Turin ; d'autres furent
cardinaux, tels Innocent Cibo, neveu d'Innocent VIII et de
f
;Léon X, et Paul Medeci de Cesis dont on voit encore l'inscription
(funéraire à Sainte-Marie-Majeure, à Rome.
:
« A la fin du xvir siècle, l'abbé de Saint-Pons était Pierre
•Gioffredo, le savant historien niçois. Enfin, un abbé de SaintiPons dont les Niçois n'ont pas encore perdu le souvenir, était
(l'abbé Spitalieri de Cessole qui a doté sa ville natale d'un établissement de bienfaisance si justement apprécié. La plupart des
pbbès de Saint-Pons et plusieurs évêques de Nice ont été enterrés
dans l'église ou sous le cloître et dorment aujourd'hui confondus
avec les moines leurs frères qui depuis dix siècles y sont enterrés.
« Les monuments funéraires ont disparu. Le temps a tout
(nivelé à Saint-Pons, singulièrement aidé cependant par la main
ides hommes. On connaît les dévastations commises par
Iroupes de François Ier et de Barberousse, plus tard par celles d
Catinat et par d'autres encore. Après chaque désastre, SaintPons a retrouvé une nouvelle vitalité et il y a à peine trois quarts
de siècle que Mgr Galvano y a fait d'importantes réparations.
;
« Saint-Pons n'est pas seulement une page de l'histoire de
notre pays, c'est un gros volume de cette histoire ; les Niçois
laisseront-ils dire qu'ils sont restés indifférents devant le danger
qui menace Saint-Pons ? Non, ils feront tous leurs efforts pour

�— 19 -

sauver de la destruction un monument qui doit leur être cher...
Je demande d'urgence le classement de l'Abbaye de Saint-Pons,
c'est-à-dire de l'Eglise et des bâtiments claustraux, comme monument historique. »
Lou councours de YArmanac Niçart es aquist. Emé fiertà e
au près de touplen de sacrifici faren respetà l'istoria dóu passat,
la lenga e lu escrich dei orne qu'an ilustrat lou nouostre bèu
pais.
*
* *
Despi quauque tèms, — maladia que reven per intermitença,
— la gran questioun de la grafia niçarda, de l'ourtougrafa, es
messa su lou tapis. De letra soun estadi publicadi, d'autri lou seran, e cresi qu'après ben de charra pèr dire pas gran cauva de
nóu, quasi dirii pèr predicà dintre lou Desert, noun restera
d'aquela discussioun, — Favén déjà coustatat, — pas gran cauva,
ren!... Cadun escrèu à la siéu moda seloun l'esprit dóu moumen,
e serii ben curious de counouisse aquéu que vendria nen dità
une metoda en nen dïen : « la mièu maniera d'escrièure lou
Niçart es la bouona». Discussioun scientifica que pòu passiounà
quauque lenguista, pas mai ; lou mihou es d'escrèure seloun li
letra ditadi pèr la prounouncia. Lou talènt pèr aquéu qu'escrèu
es de si laissà liège, de si faire acapi. Es qu'en en un entan que
frecuenta l'escola primària poudès li demandà autra cauva ?...
Perta de tèms que tout acò, vourria mai s'engenià à recercà lu
viei mot, espressioun, loucucioun courenti que la pous dóu tèms
a rabaïat, dounà au nouostre bèu dialete la coulou que dèu avè,
en respetant lu emprunt que pouden avè fach sigue à l'Italian, à
l'Espagnòu o à tout autre...
Un dialète noun dèu pas estre une lenga scientifica, encara
m en noun còu avè la pretencioun que sigue ouficiela, seria temerari ; lou dialete d'un païs dèu refletà lou caratere d'un'epoca que
lou tèms dèu respetà, enfin escrèure gramaticalamen, un noun
empedisse l'autre, e laissà à l'esprit, au goust lou coumplemen
d'un stile ouriginal, en de frasa councisi que flaton i'auriha.
Aquí fermi la discussioun, risqui de perdre la civada... l'an
que ven, se Diéu mi presta vida, v'en dirai d'autri e couma
d'usança que mi sigue permès de la vous souvetà : Bouona e
uroûva !
L'ARMANAC

NIÇART.

�20 —

LA CIGALA DOU BOUON DIEU
Una cigala dóu Bouon Dieu
Tout l'estiéu
E l'iver en la chambreta, —
L'aiguesias vista la lebreta ! —
Noun vivïa que d'amour
S'assetava su l'ounour;
La cigala cantarela,
Vau chanja de clientela,
Noun es courta d'amatour,
Que li viron tout au tour !
Ma l'ancien de la cigala,
De gros mot ven que s'embala ;
En l'auriha de la maire
Li ven tout aquéu bousin,
Que deja toui lu vesin
Sabon lou long de l'afaire
— Cenqu'as fach m'au tiéu tip ?
Di la maire enrabiada...
Bella Vierge encourounada !
Sera au mancou m'un bouon rie!!...
CH. CIAUDO

PROUVERBI, BOUOI MOT, COUNSÉU E DICH
Tèms d'iver noun ti fidar.
Lu màu dei enfan si garisson soulet.
Cau naisse pèr estre bèu, si maridar pèr estre rie, e mouri
pèr estre brave.
Per aver de raïn, eau caressar la souca.
Agnèu naissut
Vau un escut.
Dansa mihou ventre plen que rauba nova.
L'oumbra dou mèstre engraissa lou cavau.

�LOU MAGOT DE BERTOUMIÉU ISSUGA
O BEN

UNA RAISSADA DE MACAROUN
Conte menloanasqae trouvât dintre d'un armori
de ma nana e que /'Armanac Niçart es tirons de
transcrièure en niçart à Ventencioun dei sièu
fidèle lotour et lelrissa.

Bertoumiéu Issuga, mentounasque de viéia roca, abitava en
coumpagnia de sa mouhié, en carriera dóu Paumoulié. La siéu
frema, malurousamen, era sirnplaria e faia lou siéu desespoir.
Cada matin Bertoumiéu, avant de s'en anà au travail, li recoumandava de noun faire de bestialità. Cou vous dire que toui lu
dissata lou nouostre ome metia en un'armari pertuat dintre la
muraia lou gagne de la semana.
— Bertoumiéu ! pèr qu seria tout aquel argen, demandava
Marioun au siéu marit.
— Es pèr Madjou-long, castagnassa !
*
* *
Un jou Bertoumiéu partet pèr anar à la siéu campagna ;
devia même li restar doui ó très jou pèr souïnar e arousar lu
citrouniè. Marioun souleta matin e sera, s'assetava su lou banquet de la pouorta e faïa de bas... Un predinà veguet un ome
de statura mai que mejana, couma si di, un gran carcan. La
frema de Bertoumiéu lou fissa sensa parpelear, pi pihada d'un'
idea, li diguet :
— Moun bèu Moussu, sias bessai vous Madjou-long ?
Lou merlo pita e noun s'en laissa dire autre, léu li
respouonde :
— Noun vous troumpas pas, bella bruneta, sièu ièu Madjoulong !... Ma perqué mi faire tala demanda ?
Perqué ?... dou moumen que sias Madjou-long, intras su lou
cóu. Li a ja pas mau de tèms que moun marit a mes d'argen
amagat pèr vous...
E sensa mai de ceremounia li remeté lou mandiou dintre lou
quai lu sóu eron groupât. L'ome remercia e la s'esbigna lèu.
♦

* *

�Lou sera, Bertoumiéu arriva, la sièu mouhié li di.
— Sabes, ai vist ancuei Madjou-long !
E l'ome de cridar :
— Malurousa ! — m'en a fach encara una 1
Courre à l'armari, lou mandiou e Pargen, mouis !... Issuga
blastema pica dai pen, es décidât de si desiaire de la siéu frema
Lendeman, dóu téms qu'aissesta durmïa, li cuerbe lu uès emé de
pega de sabatié, pi la pihant pèr la man, la mena dapé dóu CapMartin. Arrivât aqui, Bertoumiéu fa mountar Marioun su d'un
nouguié el'abandouna. La paura, bòrnia, noun sabia doun si
trouvava, ni men encara ce que poudia faire.
En aquéu fra-tèms doui voulur venon s'assetar souta
l'aubre ; après aver abrat quauqui branca sequi pèr s'escaufar, pi
si meton à cuentar lou siéu argen.
La calou faguet delegar la pega que curbia Puès destre de
Marioun e aissesta de cridar :
— E d'un !
Lu voulur, d'estuc, s'isson d'emblée.
— Qu'es acó, diguet l'un.
— Un matagan, faguet l'autre.
La calou seguia á faire lou siéu efet pau à pau durbia Puei
senec.
— E de douî, diguet Marioun.
Dóu cou lu voulur escapon, laissant Pargen espantegat soubre
Perba.
Marioun coumença à li veire clar, cala da l'aubre e ramassa
Pargen, pi lèu s'en camina vers maïoun...
Lou sièu marit, pensierons, era assetat dapè dóu fuec, s'escaufant, fumant la sièu pipeta emé beatituda...
— Bertoumiéu !... o Bertoumiéu !... duerbe-mi, siéu iéu,
Marioun...
— Vai au diàu que ti pihe... ièu que cresii de m'en estre
despegouït...
Ma Marioun, toujou picava, un cóu noun asperava l'autre...
L'ome fenisse per li durbi...
— Ten ! regarda cen que ti pouorti.. . e Marioun pauva lou
sac su lou toulié. ..
Bertoumiéu, entartugat, cuenta Pargen e réfléchisse ; — Marioun es simplaria e deman la vila saupra Pistoria de la fouré . ..
Cóu que Bertoumiéu si dispegouïsse pèr empedi li marridi lenga
de bavar...

�— 23 —
Si mete la vesta, lou capèu e souorte fermant la pouorta i..
Faïa nuech dintre la carriera, ma sensa pena s'encamina
vers una boutiga e croumpa pèr mai de dès kilo de macaroun...
Ientra au sièu e di à la sièu mouhié de si metre au liech.
En tant que Marioun durmïa, Bertoumiéu fa bui lu macaroun, pi lu espantega su lu aubre dóu jardin... Lendeman de
matin la siéu frema, desveiada, si mete à la fenestra...
— O ! Bertoumiéu ! Bertoumiéu ! Vene un póu veire!... O
trest ! vè, a plougut de macaroun !...
— O vai fantauma !... n'as toujou una. .. Ten ! ten !... ma
es ver !...
*
* *

A quauque tèms en ça, Bertoumiéu l'avia previst, Marioun
countet à toui que lou siéu ome noun li picava plus, despi lou
jou qu'ela li avia pourtat de sac plen d'escut...
Lou juge aiguent audit parlar de l'afaire, mandet sounar
Bertoumiéu devant lou tribunal ; la siéu mouhié era estada
citada couma testemoni.
Lou juge. — Bertoumiéu, sias acusat d'aver gardât d'argen
que noun era vouostre.
— Iéu !... Ma moussu lou juge, lou negui ; sièu couma
sabès un travaiadou.. .
E Marioun de dire.
— Noun negar, Bertoumiéu, sabés ben qu'es ver ; es iéu en
persouna que t'ai pourtat la mouneda, qu'avii trouvât en la
fouré.. .
Lou juge. — Anas brave ome, noun negués.. .
— E quoura lou m'as pourtat ?... — Vous juri, Moussu lou
juge, que la miéu frema es fouola !...
— E lou sabes ben, Bertoumiéu, es lou jou que plouguet tant
de macaroun !
— Moussu lou juge aves jamai vist ploure de macaroun ?...
— Jamai ! moun beL amic respoundet lou juge que si tenia
lou ventre dóu rire — Amie, vèu que la vouostra frema es
fouola. .. sias aquitat !...
Bertoumiéu si retira emé Marioun... Noun aigueron plus
de disputa e vieugueron, pareisse urous e pèr longtèms !...
J. E.

�CANSOUN ANCIENNA

PÈR LOU

N'aurias pas vist la miêu fiha
Trin-trin
Lou galerin
A'aurias pas vist la miêu Jiha
Trois-wtrois
Le fils du roi
L'ai vista e l'ai baïada
Trin-trin
Lou Galerin
L'ai vista e l'ai baïda
Trois-trois
Le fils du roi.
Douna-mi la miêu fiha
Trin-trin
Lou galerin
Douna-mi la miêu fiha
Trois-trois
Le fils du roi.
Es aqnela la vouostra fiha
Trin-trin
Lou galerin
Es aqaela la vouostra fiha
Trois-trois
Le fils du roi.
La miêu fiha era pas lernia
Trin-trin
Lou galerin
La miêu fiha era pas lernia
Trois-trois
Le fils du roi
La miêu fiha era pas lua
Trin-trin
Lou galerin
La miêu fiha era pas lua
Trois trois
Le fils du roi.
N'es ni guercia ni poutinouva
Trin-trin
Lou galerin
N es ni guercia ni poutinouva
Trois-trois
Le fils du rois.

MAI

�La miéu fiha n'es pas borni a
Trin-trin
Lou galerin
La miêu fiha n'es pas bornia
Trois-trois
Le fils du roi.
Noun faïa pas belugueta
Trin-trin
Lou galerin;
Nonn faïa pas belugueta
Trois-trois
Le fils du roi.
La miêu fiha n'es pas emberrida
Trin-trin
Lou galerin
La miêu fiha n'es pas emberrida
Trois-trois
Le fils du roi.
La m iéu fiha n'es pas pigada
Trin-trin
Lou galerin
La miêu fiha n'es pas pigada
Trois- trois
Le fils du roi.
La miéu fiha noun es pas ranga
Trin-trin
Lou galerin
La miéu fiha noun es pas ranga
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha noun es pas louorla
Trin-trin
Lou galerin
La miéu fiha noun es pas touorta
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha n'es pas crouoada
Trin-trin
Lou galerin
La miéu fiha n'es pas croavada
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha n'es pas gibouva
Trin-trin
Lou galerin
La miéu fia n'es pas gibouva

�— 26 —
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha noun es foularana
Trin-trin
Lou galerin
La miéu fiha noun es foularana
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha n'es pas ingourda
Trin-trin
Lou galerin
La miéu fiha n'es pas ingourda
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha a pas lou peu de pi g nu
Trin trin
Lou galerin
La miéu fiha a pas lou peu de pig nu
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha noun es narvelouua
Trin- trin
Lou qalerin
La miéu ûha noun es narveloiwa
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha noun a la rougna
Trin-trin
Lou galerin
La miéu fiha noun a la rougna
Trois trois
Le fils du roi.
XXX.

PROUVERB1, BOUOI MOT, COUNSÈU E DICH
Qu duerme ben noun cregne li niera.
Qu vè pissar e noun pissa, crêpa de malícia.-'
Qu douna soun ben avan de mouri
Mérita de pati.
L'amour es lou paradis dei fouol.
L'amour es .la flou de la jouinessa.

�LA MOUORT DAU PAURE TOUNIN

Lou paure Tounin, malàut a setant'an, si presenta à l'espitàu
ma li respouondon que li a plus de plaça.
— Coumplet ! ! !
Quauqu'un li fa capi qu'em'un pau de proutecioun li pourria
intrar. Countrariat dei pas que cóu faire, Tounin vira lu taloun e
s'encamina vers la plaça Massena, piha lou tram, si rende da
Graugnard, à l'espitàu dei can, e li di :
— Moussu lou Veterinari, cresi d'estre un pau mai qu'un
can ?... En aquéu cas souîna-mi...
— Vous souînar aici, ma brav'ome perdés la testa. — Basta,
li di que n'a pas de liech pèrcourcar un crestian, que noun douna
de souin qu'ai bestia !...
Tounin, couma pensas, s'en souorte m'au couor gros e noun
sau plus à que sant si recoumandar. Era aqui au mitan dóu
camin, quoura en aquéu moumen arriba un landau, doun cala
una grossa dama, encapelada, aurias dich un ver foungi, segada
d'un varlet que pourtava religiousamen un can enfeloupat emé de
favour rosa au couol, tapat d'un tapis em'ai iniciala. En veèn
aquéu tablèu lou paure Tounin si lamenta, sangluta fouort.
— Qu'avès lou miéu brav'ome, li di la dama.
— Cen qu'ai Madama ?... trovi que lou vouostre can a mai
de chança que iéu. Li a cinquant-cinq an que travaii, pèr la premiera fès que siéu malàut, noun soulamen mi refuson à l'espitàu
dei estre uman, ma encara mi vèu picar la pouorta au nas èn
aquéu dai can.
— Quevoulès, lou miéu paur'ome, ai fach un vout de mimetre
à la Soucietà Proutetriça dei Animau, de pourtar touti li miéu
ecounoumia à la Caissa de secours pèr soulajar lou sort dei bestia.
Lou fau talamen ben, que vouguessi ben vous dounar un sóu
que pourii pas.
La dama li vira l'esquina e ientra couma un coupa-cisèu da
Graugnard. Tounin roumougna :
— Se ti veguessi en un cantoun ti dounerii mancou un gotou
d'aïga !... vièia sansuga !...
Tounin estrassinat, deble s'alonga un pau plus en là, su d'un
mouloun de peira. Quauqui oura après, couma soufrisia, n'ai-

�guènt ren en l'estomegue depi l'auba, coumençava d'aver lou
rangouioun, quoura passet un canipiè que li diguet :
— Que fès aquí, brav'ome ?
— Couma veès siéu aqui pèr tirar lu patoun. M'an refusat â
l'espitàu, même en aquéu dai can, noun mi resta que de mouri
su d'un mouioun de peira. — Avès un carnet su lou quai enregistras lu fach dóu jou, farias ben de li aloungar lou miéu testamen que poudès mentuar couma acô :
— « Bouon Diéu, se mi fes passar encara une fes sur la terra,
fe-mi naisse can au mancou, li aura une Soucietà Proutetriça dei
Animau que si crusira de iéu e pourrai estre amès en un espitau,
estre souïnat, faire bouona vida, menar une vida de can... »
ANT. ROLAND.

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VIGNE
A M. VALÉRE BERNARD.

Dans le ciel doux la Vigne ètreint les pals de buis.
Sous le pampre le merle alourdi des falernes
Tourne son col gris vair et ses paupières lemes
Qu'argenté la blancheur des immuables nuits.
O / fraîcheur, 6 beauté des Igs et des iris,
Que la Vierge éblouie avec les marjolaines
Cueille le soir venu aux vasques des fontaines
Pour colorer en fête, au crépuscule, l'Euis.
Narcisses, ébeniers, œillet et sensitive
Ah ! Versez en mon âme attiédie et pensive
L'orgueil qui souleva les clairs olympiens.
L'amour qui rafraîchit les Madones pieuses
Et qui vêt de clarté les snls athéniens
Et les ravissements des époques heureuses.
JEAN

PADOVANI.

Quauque souvèt :
Vous souveti la bouona annada.
Que siegue mihau que la passada.
Vous souveti la bouona annada acoumpagnada de touplcn
d'autri.

�Eglises et Chapelles de Nice
La vieille ville de Nice se trouvant sur la rive gauche du
Paillon, pour parler de ses églises, nous commencerons par son
église cathédrale, Sainte-Réparate, vierge et martyre, de celles du
canton Est, et en traversant la rive droite nous nous occuperons des paroisses du canton Ouest.
I. — L'Eglise Cathédrale du Diocèse de Nice est la paroisse
de Sainte Réparate, vierge et martyre, sous l'empereur Decius en
253. Sa fête est le 8 octobre. Cette église est au centre de la vieille
ville (8.500 âmes), Avant 1531 la Cathédrale était près du Donjon, plateau de Nice, et dénommée : Sancta Maria in platea,
dédiée à N. D. de l'Assomption. L'édifice actuel, dans son genre,
ressemble beaucoup à Saint Pierre de Rome, au Vatican. C'était
auparavant une simple église paroissiale
desservie par
les Bénédictins du Monastère de Saint-Pons, près Nice.
Dans son ressort se trouvent l'ancienne église de Saint
Jaume (Saint Jacques apôtre), jadis des P.P. Carmes, fermée
depuis 1903. Après le transfert du titre de paroisse à l'église de
Saint Juste, évèquc, au Gesu, elle fut placée sous la vocable de l'Annonciation de la Sainte Vierge, ainsi que la belle Eglise de la
Miséricorde, sur le Cours Saleya, jadis de Saint Gaétan, fondée
e
par les P.P. Theatins au XVIII siècle et cédée à la noble
confrérie des Pénitents Noirs.
La Cathédrale de Nice, paroisse Sainte-Réparate de nos jours,
fut comme l'ancienne au Donjon du Château {Sancta Maria in
platea), le théâtre de plusieurs f lits historiques mémorables dans
les annales de l'histoire de Nice.
II. — L'Eglise de Saint Jacques, an Gesû, dès son érection
en 1612, dédiée à Saint Juste, évêque. Sa fête est le 2 septembre.
En 1665 fut érigée en paroisse sous le titre de Saint Jacques le
Majeur, remplaçant la paroisse de Saint Jaume. On l'appelle
vulgairement le Gesù à cause qu'elle a été fondée et administrée
par les P.P. de la Compagnie de Jésus.
Appartiennent à cette paroisse les deux chapelles des confréries des Pénitents Blancs, la Sainte Croix, — confrérie la

�óo —
plus ancienne de Nice, — et des Pénitents Rouges, Saint Suaire
et de la Sainte Trinité ; l'Eglise du Couvent de là Visitation,
la chapelle de l'ancien séminaire, à la montée du Château, et
jadis l'Hospice franciscain avec chapelle de Saint Joseph des
P.P. Recollets de Cimiez, convertie en maison particulière.
L'Eglise du Gesù est d'ordre corinthien composite, cons truite sur le modèle de l'Eglise des Jésuites de Turin, dite
vulgairement les Saints Martyrs. ( 10.000 âmes).
A l'extrémité de la rue du Malonat, aux racines de l'ancien
château, on voit un oratoire à la Sainte Vierge Marie, sous le
titre de N. D. du Bon Secours. Les habitants de ce quartier érigèrent cet oratoire en l'honneur de la sainte Vierge, en reconnaissance du choléra en 1854.
III. — L'Eglise paroissiale de Saint Martin Evéque dite de
Saint-Augustin est la plus ancienne, elle fut bâtie sur l'emplacement de l'ancienne chapelle de Saint Martin (1205) et appelée
Saint-Augustin parce qu'elle était desservie par les Augustiniens
dont le couvent a été transformé en caserne. (Caserne Filley, près
l'ancienne chapelle Sincaire).
IV. — L'Eglise de Saint-Francois-de-Paule a été édifiée en
1736 d'après le plan de l'architecte
Guarini. En 1838
elle fut érigée en paroisse par décret de Mgr Galvano et appelée
aussi Saint-Dominique en souvenir de l'ancienne église paroissiale
de ce nom qui s'élevait sur la place Saint-Dominique aux lieux et
place de l'actuel Palais de Justice.
V*— L'Eglise du Port ou de l'Immaculée Conception. D'humble
origine. D'abord ce fut une fort modeste chapelle (1835), transformée agrandie par Mgr Galvano, et l'avocat théologue L. Mari
fut son premier curé..
VI. — L'Eglise Saint-Joseph nouvelle paroisse depuis 1911 la
première pierre fut posée le 19 mars 1911, bénie le 29 octobre et
ouverte au public le Ier novembre 1911 sous le patronage de Mgr
Chapon et dirigée par les soins de M. l'abbé Gabrielli.
A cette paroisse appartiennent la chapelle succursale de Saint
Joseph contigüe à l'Evêché, et la chapelle de Notre-Dame des
Anges sur l'ancienne route de Villefranche.
VIL — Saint-Roch. Cette église paroissiale dans la banlieue
de Nice fut érigée après la peste de r68r. Nice fut délivrée de ce
fléau par l'intercession de saint Roch, confesseur, né et mort à

�- Si Montpellier. La paroisse est divisée en deux quartiers, Roquebillière
inférieure et Roquebillière supérieure, jusqu'à la chapelle de NotreDame de Bon Voyage.
VIII. — Rive droite du Paillon, intra muros, se dresse Notre Dame du Vau, paroisse Saint-Jean-Baptiste, qui remplace l'an
cienne église du même nom devenue chapelle inférieure du Lycée.
Cette belle église, vœu delà ville de Nice en 1835, mt érigée en
1842 et terminée en 1852 par Mgr Galvano, évêque de Nice.
La façade ressemble à celle élevée à Turin en l'honneur du retour
du roi dans les états Sardes en 1814.
IX. — Saiiit-Pierre-d' Aréna remplace une chapelle située à la
Croix de Marbre. Elle fut érigée en paroisse en 1803 par Mgr
Colonna d'Istria. Elle doit son nom à ce fait, c'est que lors de sa
fondation elle se trouvait sur le rivage de la mer séparée par une
bordure de sable fin.
X. — Une ancienne chapelle de Sainte-Hélêne-l'Inspiratrice
existait dans ces parages. Elle fut remplacée en face la mer par
une église sous l'épiscopat de Mgr Recrosio (1727).
Six paroisses « extra muros » dépendent de la commune de
Nice.
Sainte-Marie Magdeleine, sise dans le vallon de Magnan, édifiée sur l'emplacement d'une chapelle de même nom, érigée en
1626 et dite vulgairement chapelle « dei cassaire » à cause du
grand nombre de chasseurs. Après le concordat de 1803 sous
l'épiscopat de Mgr Colonna d'Istria, ce quartier qui depuis 1771
dépendait pour le spirituel de la cathédrale fut érigé en paroisse.
Il existe encore aujourd'hui une chapelle de Notre-Dame du Bon
Conseil changée en demeure particulière . Bientôt le besoin de
la population augmentant, une église sera bâtie à la cité Robiony
par les soins du curé actuel de la Madeleine.
Plus à l'est de la ville, toujours dans le canton ouest ce
l'Arquet, se dresse la paroisse de l'Ariane dédiée primitivement à
saint Arnoux, évêque et à saint Pierre, apôtre. Elle fut érigée en
paroisse en 1809 sous l'épiscopat de Mgr Colonna d Istria. Dans
son ressort se trouve l'ancienne chapelle nécropole de l'Abbadie
fondée en 1635 en l'honneur de sainte Claire pour le besoin spirituel de 450 à 500 habitants qui appartiennent aux communes
de Nice, Cantaron Saint-André. Localité d'avenii et à laquelle
le chemin de fer Nice-Coni donnera une valeur stratégique.

�— 32 —
Gairaut avait au moyen-âge une chapelle de secours desservie
par les religieux chevaliers de l'ordre du temple au début, et par
la suite de Rhodes et de Malte. Sous l'épiscopat de Mgr François
Rosini de Martinengo la chapelle fut érigée en église paroissiale
sous le vocable de saint Sauveur o*u de la transfiguration du
Rédempteur.
Dès 1730 les P. Dominicains de Nice fondent à Saint Pancrace un sanatorium pour religieux martyrs avec chapelle en
l'honneur de Saint Pancrace martyr. Cette chapelle est érigée en
paroisse en 1848 par Mgr Galvano.
Sur le couchant de Saint-Pancrace on trouve la paroisse de
saint Roman . martyr ; l'ancienne chapelle fut érigée en paroisse
ainsi que celle de saint-Antoine de Ginestière en 1803 sous Mgr
Colonna d'Istria.
VALENT IN.

NOU VÉ
Tu Çatarina fai lou pan.
Mdumen de jota, d'alegressa,
Fes audi da toui lu couor :
Lu ange canton l'alegressa,
Fuges l'infer, Juges la mouorl.
Chntou !
L'aarika sabla, li a quaucaren aici vesin,
Sembla que senti li joia d'un festin ;
Audi lu tambourin de laen,
Lu Jlajoulet e li musela,
Lu pastre van à Bethelen
Laisson la cabana soaleta ;
Santo nuech, venes aléa nen ralegrà,
Pourtas à toui la pax et la tranquilità !
Tu Catarina fai lou pan,
Manda Lucrecia au safran,
Despende aléa lou lauvaniè,
Chapla la blea su lou taatié ;
Crala de froumai e roumpe d'iiu
E fai la iourta couma fou,
Ché n'aiguen toui en aboundança (bis)
Santa nuech, venes alèu nen ralegrà,
Pourtas à toui la pa.x e la tranquilità .'
En tant faguen etnb'au vesin
t ua santépér lou Bambin,
Toucan lou gotou de bouon vin,
Ernb'aa vesin pér lou Bambin
Ti-ri-tin-tin ! -tinTi-ri tin !

�— 3Î —

L'Expulsion de Mgr Valperga
fEN SEPTEMBRE

1792)

Le 12 octobre 1780 h population de Nice se pressait aux
abords de la porte Pairoliëre pour y recevoir en grandes pompes
le nouvel évêque Charles-Eugène Valperga di Maglione. Ce
prélat avait couché la veille selon l'usage antique à l'abbaye de
Saint-Pons et devait faire ce jour là son entrée solennelle dans
sa ville épiscopale.
Le cérémonial imposant avec lequel on avait reçu jusqu'alors
les évêques fut encore cette fois observé. L'accueil de la population entière fut des plus chaleureux au rapport de Pierre Scaliero
qui en fut témoin (1). Le nouvel évêque, qui remplaçait Monseigneur Astésan nommé archevêque d'Oristano en Sardaigne,
appartenait à une famille de vieille noblesse dont plusieurs membres avaient exercé, à Nice, des fonctions importantes (2). Il
(1) Voir aux Archives municipales le récit détaillé que ce chroniqueur en a laissé dans ses Mémoires. Pierre Scaliero mourut en 1805.
(2) Jacques Valperga, conseiller ducal, fut lieutenant du gouverneur de Nice en 1454 ; Thoma5 Valperga fut gouverneur du château de Nice en 1565 ; Jean Valperga fut également gouverneur de
Nice en 1596 ; Jérôme Valperga fut commandeur du château de
Nice en 1600 ; Pierre Valperga, frère de Jacques Valperga, était
chevalier de Malte (Arch. municipales, registre des gouverneurs,
commandants et chevaliers de Malte) ; Anne Valperga, fille dAmédée
Valperga, épousa, le commandeur de Malte Jean-Paul Lascaris.
(Voir son testament daté de 1683, arch. des Alpes-Maritimes,
registre B, 297.) Joseph Ignace de Valperga reçut de son oncle, Emmanuel Philibert Chiotera, mie partie du fief de Couaraze dont il fut
investi le 20 février 1753. Son fils, Vincent, céda ses droits à H. Novelli. Jérôme Valperga fut sénateur à Nice de 1761 à 1765, puis
ministre plénipotentiaire de Sardaigne à Gênes en 1780 ; plus tard
il fut ministre etsecrétaire d'Etat, ce dernier était le frère de l'évêque
de Nice et fils du comte François Valperga qui vivait encore en
1795Ees armoiries des Valperga étaient fascé d'or et de gueules, à
la plante de chanvre déracinée, d'argent et brochant. Le cimier
était un bouc naissant au naturel et la devise : « Ferme-toy ».
Nous reproduisons les armoiries de Monseigneur Valperga d'après celles qui se trouvent en tête du catéchisme édité par ses ordres
et dont nous devons le dessin à l'obligeance de M. Joseph Casai
(Extrait de 1' « Armoriai Artistique et Nrbiüaire », Ni.e, 1902.
3

�- 34était directeur du collège des Provinces à Turin, lorsque le roi
de Sardaigne le désigna, pour l'évêché de Nice. Il avait été sacré à
Rome où il avait fait ses études. Monseigneur Valperga se distingua immédiatement par sa vigilance et son activité : il releva
le niveau intellectuel et moral des prêtres de son diocèse et s'attacha à mettre en toutes choses la plus grande régularité. Dix-huit
mois après son installation, il publia un nouveau catéchisme
dont le plan avait été préparé par son prédécesseur ^i). Grâce à

ses relations cordiales avec la eour de Turin, il jouissait auprès
des autorités civiles de Nice d'une grande influence. Après douze
(1) Ce catéchisme en italien fut imprimé à Nice par la Société
Typographique. C'est un petit volume in-douze de 612 pages, portant
la date de 1783. En tête se trouve le mandement de Monseigneur
Valperga du 16 février 1782 qui approuve le travail terminé par
le prêtre auquel Monseigneur Astésan en avait confié le soin, ordonne
sa publication et règle l'organisation des catéchismes dans tout le
diocèse. Deux ans plus tard en 1785, Gabriel Floteront, imprima
un autre catéchisme rédigé en dialecte niçois, petit volume in-12
de 228 pages. Un exemplaire de ces deux ouvrages existe à la biblio
thèque de Nice. — Voir Villarey, Série Cronològica dei Vescovi
di Nizza. — Art. Valperga.

�-35 années de séjour dans cette dernière ville il s'était acquis l'estime
et le respect de tous.
*

• *

Lorsque le 28 septembre 1792 dans l'après-midi, les troupes
piémontaises évacuèrent Nice, il y eut dans cette ville une effroyable panique et des milliers d'habitants s'enfuirent dans la direction de Turin. Ce fut un désarroi et une désorganisation complète de toutes les autorités. iMonseigneur Valperga resta à son
poste et s'engagea à ne point quitter la ville. Le lendemain samedi
29 septembre, il accompagna le second consul Honoré Saissi et
quelques membres du Conseil qui se rendirent, vers les onze
heures du matin, à la villa Feraudi, au quartier St Hélène, pour
offrir les clefs de la cité au général d'Anselme qui venait d'y
arriver à la tête des troupes françaises. Le général fit à la délégation assez bon accueil, mais il s'étonna de trouver parmi ses membres, l'évêque dont la place déclara-t-il n était pas là. Du reste,
d'Anselme attacha si peu d'importance à la démarche îles magistrats niçois que dans aucune de ses dépêches officielles il n'en fit
mention.
Sur le soir du même jour, la petite armée française faisait son
entrée dans la ville et le général s'installait dans la maison du
consul de France à la place St Dominique. L'évêque de Nice qui
tenait à rester au milieu de ses diocésains se présenta de nouveau
vers les huit ou neuf heures du soir chez le général auquel il voulait recommander ses prêtres en lui demandant des respecter les
églises. Le général était entouré de tout son état-major, du consul
de France, Pierre Le Seurre, de Honoré Saissi, second consul, de
Féraudi, secrétaire général de la commune. Ces deux derniers
venus probablement pour appuyer les demandes de l'évêque.
L'accueil du général ne fut pas plus encourageant que la première fois ; il intima même avec insistance au prélat l'ordre de
quitter ta ville en ajoutant que le plus tôt serait le mieux et ce
fut sur ces dernières paroles que l'évêque se retira après avoir toutefois reçu du général la promesse que tout ce qu'il laisserait dans
son palais serait placé sous la sauvegarde de la Nation française.
Il n'y avait pas à tergiverser, l'ordre était formel et pressant, il
fallait partir. L'évêque prit ses dernières dispositious et délégua,
au curé de la cathédrale, le chanoine Honoré Navello, tous les
pouvoirs nécessaires pour administrer le diocèse en son absence.
Aux premières lueurs du jour, Valperga quitta son palais, et se

�— 36 dirigea à pied vers la porte Pairolière. Il avait été impossible de
trouver une voiture car tous les moyens de transport avaient été
réquisitionnés et utilisés le 28 septembre pour permettre l'exode
des habitants terrorisés. Il avait ordre de partir, mais cet ordre
n'ayant pas été donné par écrit, les volontaires marseillais, de garde
à la porte de Turin, refusèrent de le laisser passer, l'accablèrent
d'injures, le menacèrent même de le pendre et ne consentirent á
le lâcher que sur un ordre écrit, sollicité et obtenu du général,
grâce à l'intervention courageuse et au sang-froid d'un jeune
niçois, Joseph Castellinard. Monseigneur Valperga se retira à
Turin et y mourut en 1805 sans avoir jamais pu obtenir l'autorisation de rentrer.
*

* *

Il est établi par les documents officiels contemporains que
Monseigneur Valperga ne quitta son siège que sur les ordres arbitraires du général d'Anselme et ces mêmes documents nous
renseignent très exactement sur les incidents fâcheux qui se produisirent au départ de l'évêque. Du reste, on n'ignorait pas à Nice
comment les choses s'étaient passées et la population savait grê à
Valperga de son attitude et de sa fermeté. De son côté, Valperga
avait eu confiance dans la parole à lui donnée par le général au
nom de la Nation française et à plusieurs reprises il manifesta
son étonnement qu'elle n'ait pas été gardée, que ses biens aient
été confisqués, son mobilier vendu, son nom inscrit sur la liste
des émigrés alors qu'en partant il n'avait cédé qu'à la force.
Parmi les nombreux documents qui se trouvent soit aux archives de Nice, soit aux archives nationales il en est quelques-uns
dont la simple reproduction sera plus probante que tous les corn,
mentaires. Il_suffira de citer :
•i° La lettre du Directoire des Colons Marseillais en date du
25 février 1793, adressée aux citoyens Blanqui et Veillon, députés
extraordinaires de la ville de Nice à Paris, au sujet des réclamations présentées le 23 du même mois par Jean-Jacques Donny, au
nom de Mgr Valperga.
20 La réponse du même Directoire à J.-J. Donny, en date du
26 février 1793.
3„ L'arrêté du Département en date du 13 avril 1793.
40 La réclamation présentée au Directoire du département

�Valperga, aussitôt après son inscription sur la liste des émigrés de
la ville de Nice, dressée à la fin de juin 1793.
50 Les états de frais pour l'inventaire et la vente du mobilier
et effets de « l'émigré Valperga Maillone, citoyen évêque » approuvés par le département des Alpes-Maritimes, le 5 germinal an
III (25 mars 1795).
6° Les actes de notoriété dressés le Ier et 2me fructidor an III
(18 et 19 août 1795) par Gautier, juge de paix à Nice, à la requête de Pierre-Joseph Passeron, agissant en qualité de procureur
subrogé par Nicolas Giorni, procureur spécial et général de Mgr
Valperga, par acte de procuration reçu à Turin le 20 juillet 1795,
notaire Pierre-Joseph Bernochio.
70 La pétition adressée au district de Nice le 4 fructidor an III
(21 août 1795) par Pierre-Joseph Passeron, demandant la radiation du nom de Valperga sur la liste des émigrés.
8° L'avis du district de Nice en date du 5 vendémiaire an IV
(27 septembre 1795) déclarant que Mgr Valperga doit être rayé
de la liste des émigrés.
90 L'arrêté du département des Alpes-Maritimes, en date du
14 prairial an V (2 juin 1797) ordonnant la radiation provisoire
du nom de Valperga de la liste des émigrés.
io° L'acte de cautionnement dressé par le département le
11 fructidor an V (28 août 1797), à la requête de Pierre-Joseph
Passeron, procureur de Mgr Valperga en exécution d'une des
clauses de l'arrêté du 14 prairial an V (2 juin 1797).

�- 38 —

DOCUMENTS ET PIÈCES D'ARCHIVES

Pièce 1.

25 février 1793
Aux cit. Blanqui et Veillon
Une lettre du cit. Donny, associé du citoyen LeClerc, défunt président de l'ancienne administration
provisoire, dont vous avez ci-inclus l'extrait ( 1 ), nous
fait connaître que le cit. Valperga, évêque de Nice,
laissa avant son départ (ordonné à son retour par
Anselme) dans sa maison pour environ 34.000 livres,
argent monnayé, et environ pour 17.000 d'effets en
vaisselle, linge, batterie de cuisine etc.
Une portion de ces effets se trouvent encore dans
ladite maison, sous l'inventaire que nous en avons
fait dresser par les commissaires de l'une et l'autre
administration, lorsque nous avons été installés, mais
il s'en faut de beaucoup qu'elle puisse arriver à la
somme de 17.000 livres, pas même le tiers.
Quant à l'argent monnayé entré dans la caisse du
receveur de l'ancienne administration, nous n'y
voyons point la somme que ledit Evêque désigne
avoir laissé dans sa maison. Nous vous remettons cijoint un extrait de l'état des sommes' que le cit.
Bonnet a reçu en espèces, pendant toute sa gestion
de receveur et trouvées parmi les effets des émigrés
français et niçois.
Nous ne voulons rien préjuger sur l'assertion du
cit. Valperga, quoique nous ayons des indices frappants de vérité. Ce ne sera que lorsque nous aurons
pu les convertir en preuves par le témoignage de
quelques citoyens que nous nous procurerons, pour
pouvoir en demander la restitution et la poursuite
contre le pillage.
En attendant, noùs croyons devoir vous faire part
de cette découverte que nous allons communiquer au
Président de la Convention Nationale et au Ministre.
Arch. des A. M. Registre de la correspondance du
Directoire des Colons marseillais L. 5.
Cet extrait manque au registre ainsi que les autres pièces
énoncées dans celte lettre.

�-hLe 2érae février 1793.
Au citoyen Donny, négociant à Nice
Pièce 2.

Votre lettre du 23me de ce mois, citoyen, nous
demande des renseignements sur le temporel du
citoyen Valperga, Evêque de Nice. Nous allons vous
transmettre tous ceux qui sont à notre connaissance
L'administration provisoire en choisissant l'Evêché
pour le lieu de ses séances, vint s'y établir dans les
premiers jours d'octobre, et tout nous porte à croire
qu'elle ne fit aucun inventaire des effets qui s'y trouvaient, du moins nous n'en avons trouvé aucun dans
les papiers qu'elle nous a remis.
En succédant à cette administration provisoire,
uous avons cru que notre premier devoir était de faire
un inventaire de tout le mobilier renfermé dans la maison épiscopale. Nous y avons successivement procédé
en présence des administrateurs provisoires et à mesure qu'ils nous en remettaient les clefs. Tout le mobilier qui s'y trouvait, ne consistait guère qu'en
meubles meublants et ne nous paraît pas avoir la
valeur de 17 mille livres que l'Evêque lui donne.
Vous pourrez, si vous le jugez à propos, faire prendre
à notre secrétariat une copie de cet inventaire. Tout
ce. qui n'est point renfermé dans les appartements
que nous occupons au premier étage, a été laissé à la
garde de Jean Poma, ancien concierge de l'Evêque et
le nôtre.
Pour nous éclairer sur les 34.000 1. argent monnayé que l'Evêque doit avoir laissé en sa maison,
nous avons écrit au cit. Bonnet, receveur de l'administration provisoire, pour lui demander un état des
sommes en numéraires versées dans sa caisse, comme
ayant été saisies et trouvées parmi les effets des Emigrés français et niçois. L'état qu'il nous a remis ne
monte qu'à 74121. 16 s, et aucun article n'a du rapport
avec les réclamations du citoyen Valperga.
Quant à ce qui concerne personnellement le
citoyen, nous avons demandé au Ministre de l'Intérieur de vouloir bien nous dire la manière dont nous
devions l'envisager. Nous savons qu'un ordre arbi-

�— 40 —
traire de Danselme l'obligea de quitter Nice, le jour
de l'entrée des Français. Mais nous pensons aussi que
la proclamation des Commissaires de la Convention
nationale de France et le décret de celle de Nice,
concernant les Emigrés, étaient des motifs suffisants
pour le ramener à son poste et le rassurer sur les
suites de son retour. En persistant à prolonger son
absence, il s'expose à être traité comme émigré, à se
voir déclarer déchu de sa place et confisquer tous ses
biens. Telle est la disposition de la loi, et quoique
nous ayons consulté le ministre sur le cas particulier
de l'Evêque, nous prévoyons que sa réponse sera de
nous en tenir à la rigueur des lois, ainsi que plusieurs
instructions nous l'ont déjà annoncé.
Vous sentez, citoyens, que tout le mobilier de
l'Evêque doit rester séquestré jusqu'à son retour ou à
la décision du Ministre. Il peut être tranquille sur la
conservation de tout ce que nous avons trouvé en
entrant dans sa maison. Ce qui a pu en être enlevé
avant notre entrée en fonctions, est étranger à notre
gestion. Mais nous employerons tous les moyens qui
sont en notre pouvoir pour en trouver les traces, en
acquérir les preuves et en faire punir les coupables.
Les administrateurs, etc.
Archives des A.-M., Registre
suivants.

,L. 5,/°7i verso et

Lettre des commissaires de la Convention
Nationale et arrêté du Département des A. M.
Nice, le 9 Avril 1793, l'an 1 Ie de la Repu bublique Française.
« Vous voudrez bien, citoyens, en nous envoyant
les noms et prénoms de l'évêque de Nice, nous instruire officiellement d'après les "dispositions des lois,
s'il est censé démissionnaire et son siège vacant.
« Les Commissaires de la Convention Nationale
au département des A. M.
GRÉGOIRE, JAGOT (I)

(1)

Archives des A. M. L. 29 ancien. L

7

actuel.

�— 4i (i3 avril 1793)
Le Directoire ; vu la réquisition du citoyen Procureur Général sindic « Considérant que Charles Eugène Valperga, évêque de Nice, n'avait point quitté
son domicile lors de l'entrée des troupes de la République ; considérant qu'il a lui méme-accompagné les
consuls d'alors quand ils furent présenter les clefs
de la ville et inviter le général Anselme à venir en
prendre possession au nom de la République ; considérant que le général Anselme par ses ordres arbitraires et tiranniques, accompagnés même de menaces contre ses jours, l'ont forcé de s'éloigner ; arrête
qu'il ne peut le déclarer émigré, et qu'il sera répondu
aux Commissaires de la Convention nationale d'après
les principes ci-dessus.. »
Sign : PAUMÉ ; BARLI FABRI ; F. CASTKLIMARD ;
ANGLES ; BERNARDI, secrétaire général. (1)
pjj

ce

^

Aux citoyens composant le Directoire du
département des Alpes-Maritimes..
22 juillet 1793.
Citoyens,
Le citoyen Jean-Jacques Donny, soussigné, chargé
des intérêts du citoyen Valperga, évêque de Nice
absent, ayant été informé que par votre délibération
du 29 du mois passé, ledit citoyen Valperga avait été
déclaré émigré, vous représente avec tous les égards

(1) Archives des Alpes-Maritimes, Registre L,. 3, folio 101. L'Arrêté n'est pas signé par le procureur syndic Jean-François Tourre
ni par l'administrateur Jean-L,ouis de Villiers qui ne partageaient
point l'opinion de leurs collègues. A noter que Tourre était d'Antibes
et que de Viliers était un médecin français établi depuis longtemps
à Nice.
I/Arrêté fut pris malgré le réquisitoire de Tourre qui voulait
déclarer Monseigneur Valperga émigré et malgré un violent discours de Villiers soutenant la même thèse qui fut combattue par
Barli Fabri, par Castclinard et par Anglès. J'ai déjà publié in-extenso
cette délibération du 13 avril T793 au cours d'un article sur l'église
de Nice en 1792-1793 inséré dans Nice Historique du Ier avril 1903,
C'est pourquoi je reproduis ici simplement la lettre des
commissaires et l'arrêté du département.

�- 42 —
dûs au pouvoir dont l'exercice vous a été confié par
le peuple souverain que le citoyen Valperga ne peut
ni ne doit sous aucun rapport être considéré comme
émigré, par les motifs ci-après :
i° Qu'il est de notoriété publique qu'il n'a quitté
le pays que contre son gré et par ordre du général
Anselme :
2° Qu'il a constamment été disposé et a offert
de revenir dans son diocèse, moyennant qu'il ne fut
assujetti à prêter qu'un serment relatif au temporel et
non au spirituel.
3° Qu'enfin et par la raison que n'étant point
indigène, mais étranger, son séjour ici n'a été dé terminé que par sa nomination à l'épiscopat, événement casuel qui n'a jamais pu le soumettre à l'obligation de renoncer pour toujours à sa mère-patrie.
Tous ces motifs, soit qu'on les prenne collectivement ou séparément, démontrent suffisamment,
citoyens administrateurs, le droit incontestable, qu'a
le citoyen Valperga de demander et prétendre la
radiation de son nom du tableau des émigrés, et si
le ministre de l'Intérieur n'a fait aucune distinction
entre lui et les autres citoyens, c'est sans doute qu'il
a ignoré les circonstances qui vous sont exposées
ci-dessus, et notamment la dernière, car s'il les eût
toutes connues, il n'est nullement probable qu'il eût
décidé comme il l'a fait. Toute hypothèse contraire
serait une injure faite à ses sentiments et à ses lumières. Un homme tel que lui, dont les vertus civiques, le patriotisme et les talents l'ont appelé au
poste aussi honorable que pénible qu'il occupe, doit
ressembler autant que possible à la Nation pour
laquelle il agit et qui l'a honoré de sa confiance.
Cette nation est grande, généreuse, magnanime,
juste et bienfaisante.Elle ne peut qu'êtreextrêmement
jalouse de sa gloire, et l'un des principaux devoirs de
ses agents est d'éviter soigneusement d'en ternir
l'éclat.
Le refus qui serait fait de rayer de la liste des
Emigrés le nom du citoyen Valperga, refus qui entraînerait avec lui la confiscation des minces propriétés de ce citoyen, serait un acte qui imprimerait à

�-

43

-

jamais une tache ineffaçable à la gloire du nom français ; tache qui ne pourra manquer de frapper également les yeux des contemporains et ceux de la postérité ; tache enfin que les historiens ne manqueront
pas de faire ressortir par des couleurs enluminées, et
le bel effet qu'un pareil tableau produirait, citoyens
administrateurs, serait votre ouvrage.
Mais non, loin de nous, cette idée ! Vous êtes
républicains ! cela suffit. Les républicains sont vertueux. Ils aiment, chérissent, protègent, respectent
la vertu partout où elle se trouve. Et le citoyen Valperga aussi est un homme vertueux ! Qui en doute ?
Nul bon citoyen, nul honnête homme. Souvenezvous, citoyens administrateurs, que ce n'est que par
ses vertus qu'il a mérité l'amour et l'affection du
peuple Niçois et non par sa qualité d'évêque. Et plût
à Dieu que tous les ecclésiastiques lui eussent ressemblé ! La France n'eut point éprouvé d'aussi horribles secousses, pour asseoir, affermir et assurer sa
liberté.
La République a incontestablement le droit de
renvoyer hors de son sein tout individu qui ne lui
convient pas, mais en renvoyant ainsi un étranger
qui, d'ailleurs, n'a pas encouru la peine de la confiscation de ses biens, elle lui permet de les emporter ou
de les vendre et d'en emporter le produit. Tel est
précisément le cas du citoyen Valperga.
L'exposant demande en conséquence, citoyens
administrateurs, qu'il vous plaise prendre dans votre
sagesse une délibération tendante à rendre audit
citoyen Valperga sa qualité de citoyen français non
émigré, à lui accorder un délai compétent pour rentrer dans ce pays soit comme simple citoyen ou
comme fonctionnaire public et à lui assurer dans
tous les cas la restitution de ses propriétés par lui
laissées sous la sauvegarde de la loyauté française
dans la maison épiscopale, lors de sa retraite forcée,
ou la juste indemnité de leur valeur. Et sera justice.
Nice, le 22 juillet 1793, l'an second de la République française, une et indivisible.
Jean-Jacques DONNY.
l
ARCHIVES NATIONALESF/ 4.867 , dossier Valperga.

�- 44 Pièce 5.

Etat de frais de vente pour parvenir à l'inventaire
et vente des effets de l'émigré Valperga Maillone,
citoyen évêque :
5 germinal an III (25 mars 1795)
Pour une séance de trois commissaires dont un du
District et deux de la Commission municipale, fixée
à trois livres par séance par le Directoire du district
et approuvé par les Représentants du
Peuple
L.
9 »
Papier timbré tant de la minute que
des deux extraits
»12
Pour la copie desdits deux extraits . .
» 8
Droits d'enregistrement
13 10
31

2

Nous soussignés certifions le compte ci dessus véritable.
Signés : J.-B. Thomaty, comm. du dist. ; Savigny,
comm. munie. ; Mabil, comm. municip.
Frais de la vente :
Pour quatre séances de deux corn missaires dont un
du District, un de la Commis, mun. sans le membre
de l'administration fixées à trois livres par séance par
le Directoire du district et approuvé par les Représentants du Peuple .
L.
24 »
Au trompette pour publication de
quatre criées
5 »
Au crieur à la vente, quatre séances .
12 »
Aux portefaix qui ont travaillé au
transport des effets
40 »
Papier timbré tant de la minute que
de l'extrait
1 »
Bougie
3 »
Droits d'enregistrement
27 »
Papier timbré du petit état
» 4
A la femme qui a assisté à la vente
pour l'arrangement du linge
» 12
L.
Signés : J.-B. Thomaty, comm. du
district ; Savigny, comm. municip.

1

159 6

�Vu par nous, membres composant la Commission
Administrative du district et d'après l'arrêté du district, approuvé par les Représentants du Peuple et la
loi du il et 12 Mars, arrête l'état des frais ci-dessus
se montant à la somme de cent cinquante neuf livres
trente centimes, qui seront acquittés par le receveur
du droit d'Enregistrement lorsque le Département
aura vérifié ledit état.
Nice, le 29 ventôse an 3"" de la République française une et indivisible (19 mars 1795).
(Suivent les signatures).
Vu l'état des frais ci-dessus pour parvenir à l'inventaire et vente du mobilier de l'émigré Valperga
Maillone ci-devant évêque.
Vérifié et arrêté par le Directoire du district de
Nice, la Commission Administrative du département
des Alpes-Maritimes approuve ledit état et ordonne
au citoyen Maussier, receveur de l'enregistrement
cîudit district de payer aux citoyens J. B. Thomaty
et Savigny, comm. la somme de 159 livres et 30
centimes pour montant des frais pour inventaire et
vente des susdits effets de l'émigré, laquelle somme
lui sera allouée en compte.
Fait à Nice le 5 germinal an 3me républicain ( 25
mars 1795).
Etat des frais pour parvenir d la vente du mobilier de
l'émigré Charles Eugène Valperga Maillone, citoyen
évêque.
Pour trente-neuf séances de trois commissaires
dont un du District et deux de la Commission municipale, fixé à trois livres par séance par le Directoire
du district et approuvé par les Représentants du
peuple
L.
351 »
A deux portefaix, dix-neuf journées et
demi chaque fixées à cinq livres par jour.
195 »
Au trompette pour publication de
trente-neuf criées fixées à une livre cinq
sols chaque
48 r 5
Au crieur à la vente, trente-neuf séan
ces fixées á trois-livres par séance ....
117 »

711 1$

�- 4* Report
Papier timbré tant de la minute que
de l'expédition
Pour copie dudit extrait fixé à quatre
livres
Papier timbré du présent état ....
Bougie
Droit d'enregistrement
Plus deux autres journées de portefaix à cinq livres
Un paquet de plume
L.

148
4
6
421

»
4
»
»

20
5

»
»

1.182

7

Nous soussignés certifions le compte ci-dessus,
véritable.
Nice, le Ier ventôse an 3me de la République (19
février 1795).
Signés : J.-B. Thomaty, commissaire du district ;
Savigny, comm. ; Honoré Mabil, comm. municipal.
Vu par nous, membres composant la Commission Administrative, de ce District, et d'après la loi
du 11 et 12 Mars 1793 (v. s.) et l'arrêté de cette
Commission approuvé par les Représentants en date
1^ Fructidor, oui l'agent national, arrête l'état des
frais se montant à onze cent huitante deux livres et
trente cinq centimes qui seront acquittés par le
receveur de l'agence de l'enregistrement sur le produit de la vente desdits meubles, lorsque le Département aura vérifié ledit état.
Nice le 29 ventôse an 3me de la République
française une et indivisible (19 mars 1795).
(Suivent les signatures).
Vu l'état des frais ci-dessus pour parvenir à la
vente du mobilier de l'Emigré Valperga Maillone cydevant évêque.
Vérifié et arrêté par le Directoire du district de
Nice.
La Commission administrative du département
des Alpes-Maritimes, approuve ledit état et ordonne

�— if au citoyen Maussier, receveur de Penregistrement
dudit district de payer aux citoyens J.-B. Thomati,
Savigni et Honoré Mabil, commissaires, la somme de
mille cent quatre vingt deux livres trente cinq centimes pour montant des frais de la vente des susdits
effets de l'Emigré. Laquelle somme lui sera allouée
en compte.
Fait â Nice le 5 germinal an 3me républicain (25
mars 1795).
Arch. des A. M. L. 15 ancien p. 44-45 N° 34-35

Actes de Notoriété
Pièçe g

1-2-fructidor an III
18-19 août 1795
EGALITÉ, LIBERTÉ

AU NOM DE LA LOI
Ce jourd'hui, premier Fructidor, l'an troisième
(18 août 1795 de la République française, une et indivisible, à Nice, chef-lieu du département des AlpesMaritimes, par devant Nous, Antoine Gautier Juge de
paix de la Ier, 2m" et 3me section et officier de police,
est comparu le citoyen Pierre Joseph Passeron, natit
tic la commune de Contes et habitant en celle de Nice
depuis plusieurs années.
Lequel en sa qualité de procureur du citoyen
Charles Eugène Valperga de Maillone, évêque de Nice,
subrogé par le citoyen Nicolo Giorni, homme de loi,
procureur spécial et général établi (par acte reçu) par
le notaire Pierre Joseph de Bernochio, le 20 Juillet
dernier (v. s.) qu'il présente, légalisé par le résidant
de la République de Gênes auprès de la Cour de Turin, dont il résulte le pouvoir donné au citoyen Giorni, de subroger en son lieu et place, avec tous les
pouvoirs compris au dit acte, et il présente au surplus l'acte de sa dite subrogation faite par le même
citoyen Giorni, reçu en la ville de Gênes le premier

�- 48 du mois d'août dernier (v. s.) par le notaire Antoine
Baglietto, légalisée par le consul de la République
française.
Il expose que le vingt neuvième jour de septembre
de l'année 1792, l'armée de la République, étant arrivée en cette ville, commandée en chef par le citoyen
général d'Anselme, lorsque ce général, vers le soir,
fut arrivé et il eut pris son logement dans la maison
habitée par le ci-devant consul de la République Le
Seurre, ledit citoyen Evêque Charles Eugène Valperga de Maillone s'y étant présenté, ledit général d'Anselme, en présence de tout son Etat-Major, lui signifia
d'abord de devoir partir de cette ville. Sur quoi le
dit évêque ayant répondu qu'il avait cru de pouvoir
continuer sa résidence en cette ville et tellement l'avait cru, qu'il n'avait jamais pensé de distraire et en
faire partir le moindre de ses meubles et effets, qu'il
avait dans la maison d'habitation de l'tvêque et que
si absolument il lui ordonnait de partir, il le priait de
lui accorder la sauvegarde sur tous lesdits effets et
meubles. Le dit général d'Anselme lui répliqua qu'il
dut absolument partir de cette ville, en ajoutant que
le plus tôt en serait le mieux, et qu'à l'égard de ses
meubles et effets qu'il avait, il les mettait dès ce ino
ment sous la sauvegarde et loyauté de la Nation française et qu'il pouvait en être tranquille, après quoi ledit
évêque Valperga de Maillone, tout tremblant, ayant
dit qu'il allait se conformer dès le lendemain au matin à ses ordres, se retira ; ledit général d'Anselme
lui ayant encore répliqué : le plus tôt sera le mieux.
Et comme il importe audit citoyen évêque Valperga de Maillone de constater le fait ci-dessus expo"sé, suivi en présence de tout l'Etat-Major dudit général d'Anselme et de plusieurs citoyens de cette commune, l'exposant, en sa dite qualité vous présente les
citoyens Pierre Le Seurre, ci-dessus nommé, ci-devant
consul en cette ville de la République, le citoyen Honoré Saissi de cette commune qui pour lors était second consul de la même commune, le citoyen Philippe Emmanuel Féraudi qui pour lors était secrétaire de
Ìa même commune et le citoyen Ange Giraudi aussi

�- 49 de cette commune, pour recevoir leurs dépositions
sur ledit exposé et vous fait instance que de tout lui
soit concédé acte, ce que nous lui avons accordé, et a
signé.
PIERRE JOSEPH PASSERON.

Et de suite se sont présenté les susnommés
citoyen Le Seurre, natif de Craon, âgé de 75
ans, bourgeois, le citoyen Saissi, âgé de 70 ans,
négociant, Emmanuel Feraudi, âgé de 68 ans, notaire, Ange Giraudi, âgé de 63 ans, négociant,
natifs et domiciliés dans cette commune, auxquels
après avoir fait lecture dudit exposé fait par ledit citoyen Pierre Joseph Passeron, en sa dite qualité, les
avons interpellés sur serment que leur avons fait prêter, conformément à la loi, de nous dire en leur âme
et conscience si tous les faits énoncés dans le même
exposé sont de leur connaissance et tous les quatre ont
répondu et attesté tant uniment que séparément en
être pleinement informés, s'y étant trouvés présents,
et que le tout contient la vérité, toute la vérité et
rien que la vérité. En foi de quoi ils ont signé :
LE SEURRE, HOSORI'J
SAISSI, PHILIPPE EMMANUEL FÉRAUDI,
ANGE

GIRAUDI.

Et nous, juge de paix, vu les dépositions ci-dessus, avons de tout concédé acte au susnommé citoyen
Pierre Joseph Passeron en sa dite qualité, pour lui
servir et valoir dans tous les cas, à ce que de droit et
de raison. Fait à Nice, l'an et le jour que dessus.
GAUTIER, juge de paix.
BONIFACI, sec. greffier.
Vu par nous, membres du District de Nice, 3 vendémiaire an IV rép. 25 sep. 1795, TOSELLI, JN COPPON
fils, VÉRANI pr. syndic, SAYTOUR Martin.

�— 5o —
EGALITÉ, LIBERTÉ.

AU NOM DE LA LOI
Ce jourd'hui. second jour de Fructidor de l'an 3
août 1795) de la République française une et indivisible, à Nice, chef-lieu du département des AlpesMaritimes, par devant nous, Antoine Gautier, juge de
paix de la iere, 2M* et 3ME section et officier de police,
est comparu le citoyen Pierre Joseph Passeron : natif
de la commune de Contes et habitant en celle de Nice
depuis plusieurs années
Lequel en sa qualité de procureur du citoyen
Charles Eugène Valperga de Maillone, évêque de
Nice, subrogé par le citoyen Nicolo Giorni, homme
de loi, procureur spécial et général établi (par acte
reçu) par le notaire Pierre Joseph de Bernochio, le 20
Juillet dernier (v. s.) qu'il présente, légalisé par le résidant de la République de Gênes auprès de la Cour de
Turin, dont il résulte le pouvoir donné au citoyen
Giorni, de subroger en son lieu et place, avec tous les
pouvoirs compris audit acte, et il présente au surplus
l'acte de sa dite subrogation faite par le même citoyen
Giorni, reçu en la ville de Gênes le premier du mois
d'août dernier (v. s.) par le notaire Antoine Baglietto,
légalisée par le consul de la République française.
Expose : Primo, que le matin du trente septembre 1792, le citoyen Charles Eugène Valperga de
Maillone, évêque de Nice, en partant de cette ville
avec deux domestiques à sa suite, qui portaient un
paquet et quelques effets, fut arrêté à la porte qui conduit en Piémont, ci-devant nommée porte Victoire,
et conduit au vestibule de la maison presque attenante
à ladite porte, appartenant au citoyen Dominique
Castellinard, où se trouva le citoyen Joseph Castellinard, fils dudit Dominique, et malgré que ledit Evêque Valperga déclara aux soldats de la Garde de la
dite porte qui étaient des Marseillais, que c'était en
conséquence d'ordre qui lui avait été signifié par le
citoyen général d'Anselme qu'il partait de cette ville,
lesdits soldats commencèrent par le malmener et lui
(19

�signifier qu'ils voulaient le pendre et ayant ouvert
ledit paquet et y ayant trouvé entre autres effets, une
ceinture d'évêque, ils déterminèrent, à l'instant, de le
pendre avec ladite ceinture, et ayant essayé si la même
était assez forte pour le soutenir, en la préparant, elle
se fit en lambeaux, de façon qu'ils vérifièrent qu'elle
ne pouvait leur servir et demandèrent audit Joseph
Castellinard fils une corde, pour pendre ledit évêque,
à un grand anneau de fer qui était au plafond dudit
vestibule, servant â y passer une verge de fer pour
peser les marchandises, et ledit citoyen Castellinard
fils, leur ayant absolument refusé de leur donner de la
corde, en s'excusant qu'il n'en avait point, comme
dans tous ces entrefaits ledit évêque se trouve mal et
ne peut plus se soutenir, ledit Castellinard fils lui fit
apporter une chaise, par sa servante à qui quelques
uns de ces soldats donnèrent des coups de poing pour
avoir porté ladite chaise et le même Castellinard le
fit ensuite asseoir sur ladite chaise, en le soutenant,
parce qu'il ne pouvait se soutenir droit ; d'autant plus
qu'en attendant, lesdits soldats marseillais lui disaient mille exécrations, lui crachaient dessus et lui
donnaient des soufflets, et assurément ils l'auraient
fini, si dans cet intervalle un de ses domestiques
n'avait été dire au citoyen général d'Anselme ce qui
venait d'arriver, et ledit domestique étant venu avec
un billet dudit général d'Anselme qui ordonnait à la
garde de le laisser partir, puisque c'était de son ordre,
en conséquence de ce billet lesdits soldats marseillais
se bornèrent pour lors à lui dire et crier mille invectives et injures et le laissèrent partir, ce que ledit
évêque, malgré qu'il ne pût se remuer, à l'aide de ses
domestiques fit au mieux possible en tremblant, de
façon qu'il doit son existence au refus ferme et déterminé que ledit citoyen Castellinard fils leur fit de
leur donner une corde, sans quoi avant l'arrivée du
dit domestique portant l'Ordre du général d'Anselme, il aurait été pendu et étranglé.
Secondoque lefaitci-dessusfut d'abord public et notoire, de notoriété publique dans cette ville et encore
plui le lendemain premier octobre, puisque les autres

»

�— 52 —

soldats de la Phalange Marseillaise, arrivés sur le soir
dudit jour trente septembre, d'abord après leur arrivée
cherchèrent l'évêque qu'ils voulaient le lanterner et
mettre en pièces, comme ils s'expliquèrent hautement,
ce qui joint au fait arrivé dans ledit vestibule de la
maison Castellinard, étant devenu d'une notoriété publique donna l'épouvante à tous les gens honnêtes du
pays, qui disaient que le citoyen général d'Anselme en
ordonnant audit évêque de partir, en mettant sous la
sauvegarde de la Nation française ses meubles et ses
effets, avait voulu le sauver.
Et comme il importe audit citoyen Passeron, exposant en sa dite qualité, de constater par témoins le
fait ci-dessus exposé, il nous présente ledit citoyen
Joseph Castellinard fils de Dominique de cette commune, âgé de 21 ans, de profession, négociant, qui se
trouva présent au fait énoncé dans le Ier article de l'exposé ci-dessus, et au surplus informé de la notoriété
des faits énoncés au second et dernier chef, de ladite
exposition et il nous présente les citoyens Jean-Jacques Donny, natif de Neufchâtel en Suisse, âgé de 39
ans, de profession, négociant ; Joseph Poullan, natif
de Clavesana, en Piémont, âge de 48 ans, négociant ;
Jacques Gerbin, âgé de 60 ans, tailleur, Jean-Marie
Thaon, âgé de 56 ans, négociant, natifs et tous domiciliés en cette commune pour déposer sur ladite
notoriété énoncée dans ledit second fait exposé, pour
recevoir leurs dépositions, et nous fait instance que de
tout lui soit concédé acte, ce que nous lui avons accordé et a signé.
Pierre-Joseph PASSERON .
Et de suite se sont présentés les susnommés citoyens Joseph Castellinard, Jean-Jacques Donny, Joseph Poullan, Jacques Gerbin, et Jean-Marie Thaon,
ci-dessus qualifiés, auxquels après avoir fait lecture
dudit exposé fait par ledit citoyen Passeron, en sa
dite quálité, les avons interpellés sur serment, que
leur avons fait prêter, conformément à la loi, de nous
dire en leur âme et conscience, si tous les faits énoncés dans le même exposé sont de leur connaissance,

�- 53 et ledit citoyen Joseph Castellinard a répondu et
attesté en être pleinement informé pour avoir été
présent au fait exposé dans le i" article de ladite exposition, et pour avoir publiquement entendu dire les
faits énoncés dans le second chef qui était en cette
ville notoire de notoriété publique et lesdits citoyens
Jean-Jacques Donny, Joseph Poullan, Jacques Gerbin,
Jean-Marie Thaon, ont répondu et attesté tant uniment que séparément être pleinement informés de
l'énoncé dans le second chef de ladite exposition,
puisque les faits y énoncés étaient notoires, de notoriété publique en cette ville, et tous lesdits citoyens
ont respectivement attesté pour ce qui les concerne
que tout contient la vérité, toute la vérité et rien que
la vérité. En foi de quoi ils ont signé : Joseph Castellinard fils,Jean-Jacques Donny, Joseph Poullan, Jacques
Gerbin, Jean-Marie Thaon.
Et nous, Juge de paix, vu les dépositions ci-dessus,
avons de tout concédé acte au susnommé Pierre Joseph Passeron en sa dite qualité pour lui servir et valoir dans tous les cas, à ce que de droit et de raison.
Fait à Nice l'an et jour que dessus.
GAUTIER,
BONIFACI,

juge de paix.
sec. gref.

Vu par nous, membres Du district de Nice, le 3
vendémiaire anIV rep. (25 sept. 1795).
Jn. COPPON fils, VÉRANi, pr. syndic, TOSELLI, Saytour
MARTIN.

Arch. Nat. F

7

4867 *

�54 -

PÉTITION au DISTRICT de NICE
et AVIS de ce DISTRICT
ÉGALITÉ,

LIBERTÉ

5 vendémiaire
27 septembre 1795 an IV
AUX

CITOYENS ADMINISTRATEURS
DU DISTRICT DE NICE

Le citoyen Pierre Joseph Passeron, natif de la
commune de Contes, habitant en celle de Nice depuis plusieurs années.
Vous expose en qualité de procureur du citoyen
Charles-Eugène Valperga de Maillone, évêque de
Nice, subrogé par le citoyen Nicolo Giorni, homme
de loi, son procureur spécial et général fondé par acte
reçu dans la ville de Turin par le notaire PierreJoseph de Bernochio, le 20 juillet dernier (v. s) légalisée par le résident de la République de Gênes, près
la Cour de Turin, duquel il résulte le pouvoir donné
audit citoyen Giorni de subroger en son lieu et place
avec tous les pouvoirs compris dans le même acte,
qui se trouve copié mot pour mot dans celui de la
subrogation faite par le même citoyen Giorni, reçu
en la ville de Gênes le Ier du mois d'août dernier
(v. s* par le notaire Antoine Baglietto, légalisée par
le consul de la République française, le 13 Thermidor dernier (3 1 Juillet 1795), qu'il vous exhibe qu'étant arrivé dans cette ville le vingt-neuvième jour
du mois de septembre de l'année 1792, l'armée de la
République française, commandée par le citoyen général en chef d'Anselme lorsque celui-ci y fut arrivé
le soir et eut pris son logement dans la maison d'habitation du citoyen ci-devant consul de la République
Le Seurre, ledit évêque Charles-Eugène Valperga de
Maillone, s'étant présenté, le même général d'Anselme
lui signifia d'abord en présence de son Etat-Major de
partir de cette ville, sur quoi ledit évêque lui répondit qu'il avait cru pouvoir continuer sa demeure dans
cette ville et qu'à cet effet il n'avait jamais pensé de

Pièces 7 et 8

�- 55 distraire, ni faire partir le moindre de ses meubles et
effets qu'il avait dans la maison d'habitation de
l'évêque, que si absolument il lui ordonnait de partir,
il le priait de lui accorder la sauvegarde pour tous ses
dits effets et meubles, ledit général d'Anselme lui
répliqua : Le plus tôt sera le mieux, ce qui tout est
constaté par les attestations ci-jointes du premier et
second jour de fructidor dernier qu'il vous présente
également.
Qu'il résulte aussi par lesdites attestations, que
ledit évêque Valperga de Maillone fut forcé par ledit
général d'Anselme de partir de cette ville que tous
ses meubles et effets fussent mis sous la sauvegarde de
la Nation française et qu'étant parti le lendemain 30
dit septembre, il risqu'à d'être pendu ef étranglé paties soldats de la Phalange Marseillaise qui se trouvaient de garde à la porte ci-devant dite Victoire, ce
que tout fut d'abord notoire et de notoriété publique
dans cette ville.
Vous observe que ledit évêque Valperga est natif
du Piémont où il se retira et que s'il a résidé dans
cette ville, ce n'a été que pour raison de son ministère, que tout cela nonobstant il a été porté sur la liste
des émigrés, a été vendu la plus grande partie de ses
meubles et effets, et cela même nonobstant la préalable réclamation que le citoyen Jean-Jacques Donni,
chargé des intérêts dudit évêque avait fait à l'ancien
département par sa pétition du 22 juillet 1793 (v. s)
qui existe dans les Archives de ce district, résultant
ainsi que tout cela a été fait et opéré contre le droit des
gens et la sauvegarde de la loyauté française qui fut
promis audit évêque.
En conséquence, l'exposant demande en sa dite
qualité de procureur dudit citoyen évêque CharlesEugène Valperga de Maillone la radiation de son
nom de la liste des émigrés, la levée des scellés, la
restitution de ses propriétés et l'indemnité de celles
qui ont été distraites et vendues au nom de la Nation,
et sera justice.
(21 août 1795).

�- 56 Nice le 4me jour de Fructidor de l'an 3me de la
République française une et indivisible.
Signé : Pierre-Joseph PASSERON.
Vu la pétition ci-dessus du citoyen Pierre-Joseph
Passeron présentée au nom et comme procureur subs
titué du ci-devant évêque de Nice, Charles-Eugène
Valperga tendante à obtenir la radiation de son nom
de la liste des émigrés, la levée du séquestre et remission de ses effets restant ainsi que l'indemnité de
ceux qui ont été distraits ou vendus.
Vu une première pétition présentée à l'ancienne
administration du département par le citoyen JeanJacques Donni, au nom du citoyen Valperga en date
du 22 juillet 1793 tendante aux mêmes fins.
Vu la procuration en date du premier août 1793
(V. s.) faite à Gênes, par devant le notaire public Antoine Baglietti, légalisée par le Consul de la République française y résidant, ainsi que l'acte de procuration y inséré, en date du 20 Juillet 1795.
Vu l'attestation de quatre témoins faite avec serment par devant le juge de paix de la 1", 2"", 3me section de cette commune, en date du 1" Fructidor dernier '18 août 1795).
Vu autre attestation de cinq témoins faite par
devant le susdit Juge de paix, le 2 dit fructidor, aussi
sous serment.
Considérant que par la première des 2 attestations il est pleinement prouvé que le vingt-neuvième
septembre 1792, aussitôt après l'entrée de l'armée
française dans cette commune, le sus-nommé évêque
Valperga s'étant présenté au général d'Anselme qui
la commandait en chef, celui- ci lui ordonna d'abord
en présence desdits témoins et de tout l'Etat-Major.
u'il n'avait qu'à partir de la ville, et malgré que le
it évêque lui observa qu'il avait cru de pouvoir y
rester tranquillement et qu'à cet effet il n'avait fait
partir aucun de ses effets et meubles, le général lui
répliqua de partir absolument de la ville, en ajoutant
que le plus tôt serait le mieux, l'ayant assuré qu'à

a

�-5;l'égard de ses meubles et effets de sa maison, il les
mettait dès ce moment sous la sauvegarde et loyauté
de la Nation française et qu'il pouvait en être tranquille.
Considérant qu'il résulte par lesdites attestations,
et il est prouvé que l'évêque Valperga, d'après les
ordres précis et réitérés du général d'Anselme, partit
le lendemain 30 septembre de cette ville.
Considérant que par la susdite attestation du deux
Fructidor il résulte que l'évêque Valperga, au moment de son départ de cette commune, ayant été arrêté à la porte qui conduit au Piémont, par les soldats
qui y étaient de garde, lesquels tentèrent de le pendre,
il évita la mort par les soins du citoyen Joseph Castellinard, un des déposants, et il ne fut laissé libre que
d'après un billet du général d'Anselme, qui ordonnait à ladite garde de le laisser partir, puisqu'il s'en
allait de son ordre
Considérant que tous ces faits sont devenus de notoriété publique dans cette commune, dès le même
jour 30 septembre et Ier octobre suivant, ainsi que
quatre témoins l'ont attesté.
Considérant que le citoyen Valperga ne s'est absenté de cette commune et ci-devant Comté de Nice
que d'après les ordres du général d'Anselme auquel il
témoigna son regret.
Considérant que le départ du citoyen Valperga
ayant été forcé il ne peut pas être qualifié d'émigration.
Considérant que son intention de rester dans cette
commune est d'autant plus constatée, que le citoyen
Valperga a été le seul fonctionnaire public, il soit
resté à son poste, n'ayant soustrait aucun des meubles
et effets de sa maison, lesquels ont été ensuite distraits
et vendus par la Nation.
Considérant que le citoyen Valperga ne peut être
non plus considéré comme réfractaire aux lois de la
République, tandis qu'à l'époque de son départ de cette
commune, aucune loi de la République, surtout à
l'égard des ecclésiastiques, n'y avait été encore publiée
à laquelle eut pu contrevenir.

�— 58 —
Considérant que le citoyen Valperga ne pouvant
être considéré ni comme émigré, ni comme réfractaire, ne pouvait être privé de ses propriétés laissées
dans cette commune lors de son départ, sous la sauvegarde de la loi et de la Nation française qui lui fut
accordée par le général d'Anselme, et qui étant digne
de la loyauté de cette Nation, ne pouvait être violée
sans blesser le droit des gens.
Considérant au surplus, que le citoyen Valperga,
originaire piémontais, ne faisait sa résidence à Nice,
qu'à raison de son épiscopat, ce qui ne donne qu'une
résidence easuelle, et que sous tous les rapports, il
n'a cessé d'être étranger à l'égard du pays de Nice et
de la France.
Considérant que l'article 6, section deux, N° 2 de
la Loi du 25 Brumaire (15 novembre 1794) en déclarant émigrés les citoyens domiciliés dans le cidevant comté de Nice, qui sont sortis depuis le 27
septembre 1792, n'a point porté atteinte au droit des
gens dans la personne de l'étranger, qui se trouvait
dans ce même pays, où il n'aurait pas établi son vrai
domicile.
Considérant que le citoyen Valperga, qui avait été
forcé par le gouvernement de partir de Nice, n'a dû
plus y revenir dans le terme même prescrit par les
lois aux citoyens de la ci-devant Comté de Nice,
puisqu'il ne devait point imaginer qu'il fut compris
dans l'invitation, malgré qu'il ait été porté sur la
liste des émigrés.
Considérant que ce nonobstant, lorsqu'il sut qu'il
avait été porté sur la liste des émigrés de cette commune, s'est empressé de présenter sadite pétition
du 22 Juillet 1793 dans laquelle il demanda non seulement la radiation de son nom de ladite liste, mais
encore un délai convenable pour rentrer dans cette
commune, soit comme simple citoyen, ou comme
fonctionnaire public, ainsi que la restitution de ses
propriétés par lui laissées sous la sauvegarde de la
loyauté française dans la maison êpiscopale lors de sa
retraite forcée, ou une juste indemnité de leur valeur.

�- 59 Considérant finalement que,d'après toutes les circonstances sus-ênoncèes, aucune loi concernant les
émigrés ne peut être applicable au citoyen Valperga,
et que toutes celles qui pourraient le regarder relatives au séquestre des biens appartenant aux habitants
des pays en guerre avec la République française ont
été rapportées par le décret du 14 Ventôse dernier
(4 mars 1795). •
Le Directoire du district de Nice, oui le procureur syndic, est d'avis que le citoyen Charles-Eugène
Valperga ci-devant évêque de Nice ne doit point être
considéré émigré.
Qu'il doit être rayé de la liste des émigrés, que le
séquestre apposé sur ses propriétés doit être levé, qu'il
doit être réintégré dans la possession et jouissance
d'iceux, que tous receveurs ou dépositaires doivent
lui restituer les sommes qu'ils ont perçues, résultant
du produit desdites propriétés et qu'il doit recevoir
la juste indemnité des meubles et effets qui seraient
passés au profit de la Nation.
Fait à Nice, dans la salle des séances le 5me Vendémiaire an 4me républicain (27 sept. 1795). Signé
Saytour Martin. Verani,
procureur syndic, Angles v. prés.
Touzelly. Jn Coppon fils.
Enregistré au feuil. 20 registre des prévenus
d'émigration et signé BARRAIA, commis greffier.
Certifié conforme par nous Ve président et secrétaire du district Jn COPPON Fils V,-PRÉSIDENT
BARRAIA Cis greffier.
A rch. Nat. F 7 4867

2

�— 6o —

Pièce 9.

LIBERTÉ (vignette) ÉGALITÉ
BUREAU DES
ÉMIGRÉS

Extrait des registres des délibérations et arrêtés de
l'Administration Centrale du département des Alpes Maritimes.
(2

juin 1797)

Séance du quatorze Prairial an 5mf de
la République française une et indivisible.
Sur le rapport d-e la pétition présentée par le
citoyen Pierre Joseph Passeron, procureur fondé de
Monsieur Charles Valperga, ci-devant évêque de
Nice, dans laquelle il expose que ledit Charles Valperga n'a jamais dû être atteint des lois relatives à
l'émigration, soit qu'on le considère comme parti en
suite d'une force majeure, soit en sa qualité de piémontais et demande en conséquence la radiation de
son nom de la liste des Emigrés, sa réintégration
dans la possession et jouissance de ses propriétés et
une juste indemnité, des meubles et effets qui sont
passés au profit de la République.
L'Administration Centrale du département des
Alpes-Maritimes, considérant que M. Charles Valperga, comme piémontais, n'habitant Nice que pour
cause de son emploi, n'aurait jamais dû être porté
sur la liste des émigrés du département.
Que le seul motif qui a pu déterminer le général
d'Anselme à lui ordonner de partir de la ville de
Nice, ne peut avoir été que la susdite qualité de
piémontais.
Considérant enfin, que comme sujet du roi de
Sardaigne, il est dans le cas de jouir de l'article i,r
de la loi du quatorze nivôse an troisième, (} janvier
1795), ainsi que de l'article neuf de la loi du trente
Floréal an quatrième, (19 mai 1796).
Arrête, oui le commissaire du Directoire Exécutif
que le nom de Valperga, ci-devant évêque de Nice,
qui se trouve inscrit sur la liste des émigrés, sera

�— 6i —

provisoirement rayé ; que tout séquestre qui pourrait
avoir été mis sur ses biens sera levé, qu'il sera réintégré dans la possession et jouissance de ses propriétés,
et que toutes les sommes versées dans les caisses publiques, lui seront rendues, déduction faite des frais
faits conformément aux lois.
Fait et arrêté* en séance publique le jour, mois et
an que dessus.
Signé : Donny, président Payani, fils, Scudéry,
Oberti, Hancy (et en marge Gastaud commissaire
du Directoire Exécutif).
Certifié conforme à l'original par nous président
et secrétaire de l'Administration centrale du départemeni des Alpes-Maritimes.
DONNY, président
BELMONDI, sec. chef au bureau des émigrés.
Arch. Nat. F 7 4867 2

ACTE DE CAUTIONNEMENT
Pièce 10.

11 fructidor anV (2&amp; août 1797)
LIBERTÉ ÉGALITÉ
Ce jourdTiui 11 fructidor an 5 de la République
française une et indivisible (28 août 1797) par devant nous, membres composant l'Administration
centrale du département des Alpes-Maritimes, est
comparu le citoyen Joseph Passeron, natif de Contes,
chef-lieu de canton, domicilié dans cette commune,
procureur fondé de Monsieur Charles Valperga, cidevant évêque de Nice, en vertu d'acte de procuration du 20 juillet et premier août 1795 (v. s.) lequel
en sadite qualité, dépendamment à l'arrêté de cette
administration du quatorze prairial an cinq (2 juin
1797) portant que le nom de Valperga, ci-devant
évêque de Nice, sera provisoirement rayé de la liste
des émigrés, que tout séquestre qui pourrait avoir
été mis sur ses biens sera levé, qu'il sera réintégré
dans la possession et jouissance de ses propriétés, et

�— 62 —

que toutes les sommes versées dans les caisses publiques lui seront rendues, déduction faite des frais
faits, conformément aux lois, désirant de se conformer au porté par l'article 3 de la loi du 5 Brumaire
an 3 (26 octobre 1794) qui exprime que les prévenus
d'émigration seront tenus de donner caution solvable de la valeur mobilier, et ne pourront obtenir
leurs immeubles jusqu'à ce qu'il ait été définitivement statué sur leurs réclamations par qui de droit,
toujours en sa dite qualité a présenté pour caution le
citoyen François Grosson, marchand drapier de cette
commune, lequel ici prése.it et acceptant, s'oblige
conjointement et solidairement avec ledit Valperga
et pour celui-ci ledit Joseph Passeron, et sous l'hypothèque de tous leurs frens présents et à venir, à l'entière exécution de ce qui les concerne en la susdite
loi, et à la représention des mobiliers, effets et sommes à percevoir en dépôt que besoin sera, et quant
aux mobiliers invendus et en dépôt seront soumis
d'en représenter la valeur à laquelle seront estimés
par experts, préalable rémission.
Et nous, administrateurs susdits approuvant lesdits
cautionnement et acte de soumission, à la réquisition
dudit citoyen Joseph Passeron, avons dressé le présent acte que toutes les parties ont signé avec nous,
ayant au préalable fait renoncer audit François Grosson au droit de premier convenir.
Fait à Nice les jours, mois et an que dessus.
Joseph

PASSERON,

François GROSSON,
prés., PAYANY FILS,
MARUN-SAYTOUR, sec. en chef

HANCY, DONNY,
P.

Acte original sur timbre de 20 centime*.
Arch. Nat. F

7 4867^

�— 63 -

CONCLUSION

Il était avéré pour tous, dans la ville de Nice, que Mgr
Valperga était parti contre son gré et si la première Administration départementale, installée au mois de Mai 1793,
l'avait inscrit sur la liste des émigrés de Nice, c'était à la
suite d'une réponse faite par le ministre de l'Intérieur, Garât,
aux questions à lui posées par le Directoire des Colons Marseillais sur la conduite à tenir vis-à-vis de l'évêque.
Les questions avaient été envoyées à Paris, vers la fin
de Février 1793, et la réponse du ministre ne parvint à Nice
qu'au milieu de juin suivant, soit quelques jours avant la
publication de la liste des émigrés. Les réclamations de
l'évêque, retiré à Turin dans sa famille, furent présentées
le 22 juillet 1793 (1) ; mais comme beaucoup d'autres, elles
s'entassèrent dans les bureaux du Département, qui n'y
répondit même pas.
Cette réclamation fut présentée au nom de l'évêque par JeanJacques Donny au Département. lîlle figure en original au dossier
Valperga.
Voir ci-dessus.
Le registre des délibérations du département manque aux Archives pour les derniers mois de 1793, exactement du Ier mai au 10
Novembre, comme pour les six derniers mois de 1797 et l'année entière de 1798, exactement du 8 Messidor an V (26 Juin 1797) au 25
Pluviôse an VII (13 février 1799).
C'est-à-dire pour les deux périodes les plus troublées et cette
disparition est tout au moins étrange.
Elle doit être vraisemblablement attribuée à certains hommes
politiques désireux de laisser dans l'oubli leur conduite durant ces
deux époques.

�- 64 On était dans la période la plus aiguë et, en pleine
Terreur.
Après le 9 Thermidor et, surtout après la venue à Nice
du représentant Beffroy, au mois de Floréal, an III (Mai
I795)»
les esprits devinrent plus calmes, les administrations plus pondérées. C'est alors que, sur de nouvelles demandes présentées au District, et sur avis favbrable de
celui-ci, le département des Alpes-Maritimes accorda à Mgr
Valperga sa radiation provisoire, le 14 Prairial, an V (2 Juin
1797). Comme on le voit, l'affaire avait traîné en longueur.
Il semblait alors que rien ne s'opposait plus à la rentrée
de l'évêque : le 11 Fructidor, an V (28 Août 1797), le Département avait agréé la caution de François Grosson (1) ;
les biens de l'évêque allaient lui être rendus, et il pourrait
rentrer.
Mais huit jours après, le coup d'Etat du 18 Fructidor (4
septembre 1797) remettait le pouvoir aux mains des Jacobins, la guerre aux émigrés et aux ecclésiastiques, en particulier, reprit avec âpreté. Pe département des Alpes-Maritimes se vit accusé d'avoir préparé une rentrée triomphale à l'évêque, son arrêté du 14 Prairial resta sans effet
et, en vertu de la loi du 19 Fructidor (5 septembre), les
scellés furent de nouveau apposés sur les biens de Mgr Valperga par deux commissaires municipaux (2).
En vain, l'évêque de Nice, fit intervenir auprès du Directoire Balbi, l'ambassadeur du Roi de Sardaigne à Paris,
le dossier de sa demande en radiation fut examiné sans
aucune bienveillance.
(1) L/Acte original de ce cautionnement sur timbre est aux
Arch. des Alp.-Maritimes Q. 10.
(2) Mise de scellés sur les biens de Charles Eugène Valperga par
deux commissaires de la municipalité de Nice. Une scéance, 6 livres.
Dépense approuvée par le Département, en Germinal an VI (avril
1798). Arch. des A. M. Q. 11.
Mgr Valperga ne possédait à Nice aucun immeuble et il devait
rester fort peu de chose de son mobilier après la vente qui en avait
été faite en Ventôse an III. La bibliothèque de l'évêché avait été déclarée bien national et la caisse diocésaine avait disparue en octobre 1792
sans laisser de traces dans les pièces administratives. Le séquestre
a été apposé sur les biens de nombreux émigrés rayés provisoirement.
On peut en voir la liste aux Archives des A. M. Q. 10, où Valperga
figure sous le N° 65.

�- 65
Á la suite de la lettre de Balby datée de Paris le 7 février
1798, le ministre de la police demanda à ses Bureaux un
rapport sur l'affaire Valperga. Pe voici tel qu'il se trouve
en minute au dossier.
Attendu que rien ne tend à constater le prétendu ordre
de quitter Nice, d'où il suit qu'il faut en croire sur parole
l'émigré.
Qu'à raison de son domicile, il était tenu de rentrer sur
le territoire dans les délais voulus par les lois.
Qu'il est atteint par la déchéance et n'a réclamé que
l'an V.
Qu'il ne paraît pas y avoir lieu de violer la loi en faveur
de cet ex-évêque dont la rentrée prohibée par la Constitution serait d'une influence dangereuse.
J'estime qu'il y a lieu à proposer la maintenue sauf
à prendre des renseignements si toutefois on les trouve
indispensables.
CAIGNART,
Sous-chef (2e Bureau).
En tête de cette minute est écrit :
« Je pense qu'il y a lieu à instruction et à prendre
des renseignements près les Administrateurs du département_des Alpes-Maritimes. »
Signature illisible (1).
Ces renseignements furent-ils demandés ? C'est probable et cela explique que bien des pièces du dossier Valperga sont en double expédition. Plus d'une année s'écoula
encore, avant que fut prise une décision et finalement sur
un rapport défavorable de la Commission d'examen instituée près le Ministère de la police pour l'étude des demandes en radiation, le Directoire exécutif signa le 7 Floréal
an VII, (26 avril 1799) un arrêté qui maintenait définitivement, sur la liste des émigrés, Mgr Valperga et annulait
toutes les décisions rendues antérieurement, en sa faveur,
par les. autorités locales.
(1) Arch. Nation. F 7 4862 2 dossier Valperga. Rapport de la
3 me Division du Ministère de la police, sans date mais joint à la
lettre de Balbi.
»

�- 66 -

Varrêté du Directoire parvint à Nice les premiers
jours de Prairial an VII (Mai 99) et fut immédiatement
mis à exécution. (1).
*

* *

Ainsi donc Mgr Valperga expulsé ne put jamais obtenir
de rentrer, les lois sur l'émigration étaient tellement embrouillées et tyranniques qu'une fois inscrit sur une liste
d'émigrés, il était extrêmement difficile de s'en faire rayer
malgré toutes les démarches ; car on se heurtait sans cesse
à des questions de forme et de procédure ce qui permettait
à la malveillance de s'exercer tout à fait à l'aise sous le
couvert de la légalité.
A. J.

PvANCE-BOURREY.

(1) De 21 Floréal an VII (10 mai 1799), il fut communiqué
par le ministre de la police générale de la République aux diverses
administrations intéressées et aux Commissaire du Directoire exécutif
près le département des Alpes-Maritimes. Celui-ci par lettre du 3
prairial (22 mai 1799) demanda au Département de le transmettre
à la Municipalité de Nice, ce qui fut fait le même jour avec ordre
de le transcrire sur ses registres, de faire apposer les scellés ou séquestre sur tous les biens meubles et immeubles de l'évêque si ce
n'est déjà fait, et de mi notifier sans délai la décision prise à son égard.
Voir lettre du Département à la Municipalité, celle du Commissaire au Département, 3 Prairial an VII avec la réponse du Département 4 Prairial.
Arch.. des A. M. Q. 1 et 2 et Arch. Nationales, dossier Valperga,

�NIÇA LA BELLA
VERS DE /.

Giordan,

su

DE CARTA POUSTALA

Ai rai dôu nouostre bouon soulèu
Venon s'escaufar toui lu lùssi ;
Es un meravihous tablèu,
Ai rai dôu nouostre bouon soulèu,
Trouvas, dou Var fin au Castèu,
Anglés, Rouman, Danesi, Rùssi :
Ai rai dôu nouostre bouon soulèu
Venon s'escaufar toui lu lùssi.
Pèr tu, as touti li bèuta,
Terra de lus e d'alegria,
D'un ciel d'azur, as la clartà,
Pèr tu, as touti li bèuta.
De l'univers, en verità,
Siès la uechièma meravia ;
Pèr tu, as touti li bèutà,
Terra de lus e d'alegria.
Dintre lou tèmp, Semiramis
Faguet basti, à Babilouna,
Pu siéu jardin, vèr paradis !
Soubre Paioun, degun s'estouna
De vèire, ancuèi, lou paumoulié
Drissar au ciel la siéu coulouna
E lou galofre, e l'anemouna
Flouri emb'au pourtegalié.
De bouon matin, quitant maioun
Pèr la journada touta'ntiera,
S'en va lavar, dintre Paioun
Pa bugadiera.
D'un glourious passat es fiera
Perqué, d'un tèmp, sus lou bastioun
Au Turc, arranquèt la bandiera
Pa bugadiera.

�fet 68 —

Sau de fouora fa freï,
Que brima,
A Niça, sus lou Quèi,
Si rima.
Pescadou, fourestié,
De la mar bressarella,
Escouton voulountié
Pa doussa cantinella.
L'AVOUCAT

PATTA

L'estudi de l'avoucat Patta es en plen aria ; si tèn lou matin
couma lou predinà su la plaça dôu Palai. Es un ome pichounet,
touplen raplot, li pocha enfli de papiè de touta mers. En lu vièi
quartiè es proun counouissut e li capelada, « Bouonjou Moussu
l'Avoucat », noun li mancon. Es ben m'ai juge, proucuradou, etc.
Lu siéu ounourari soun bouon pati e n'a de preferença pèr
qu si sigue. Parla au premier maufatan vengut, couma se fousse
un agnèu que vén de naisse ; lou créancier o lou débiteur soun
tratat su lou même pen... basta que mouson...
L'avoucat Patta es de noutarietà reputat pèr un ome judicious, òunest — au noun si flata de l'estre au jou d'ancuei ; —
finda counouisse, es en relacioun d'afaire emê de gros persou nage que dintre la finança dôu siéu coumerce, soun quasi d'usurari. Sau menajar la cabra e lou caulè ; e pèr que la mouneda
noun li escapa si desbrouïa e si mete dôu cousta dôu manche...
d'aquéu que casca lou de mai...
Acò fa que toui lu matin que lou Bouon Diéu a fach, la siéu
doumestica mete toujou quaucaren au fuec. Lou dimeneghe, coum'un bouon crestian, — tartufaria que lou pauva, — va audi la
gran'messa à Santa Réparada, fa la siesta e à la calada dóu soulèu,
passeja su lou Cours, pastrouia, fa lu cent pas, noun parla que de
lei, proucès, citacioun, ensin alestisse lou travail dôu dilun...
Lendeman empastra ben d'afaire, mete facilamen en lou sac
Moussu Tout'Un emé Moussu Tout'Autre... En éu que li pòu
faire ?... lança dapertout lou broumech, tant pis pèr aquéu que si
laissa agantar. Quaranta sóu es lou près d'atac e vous pregui de
crèire que douna pas la siéu journada pèr doui o tres escut.
L'avoucat Patta counouisse l'usança dôu païs... s'avès touort,
vous rouïa, s'avès pi rasoun, v'espia... Que voulès aima manjar
lou pei, lou pei que noun aiguë d'espina...
JULI EYNAUDI.

�-«9VA

MAU ! !

Va màu, cresé-vous, que va màu 1
En l'orizoun lou voile negre
N'es qu'un gran camp cargat de pebre,
Qu'à pala lou jeten davan,
Avuglan finda lu cavau 1
Lu canoun soun su li frountièra,
Alignât couma de barriera,
N'esperon plus que lou signàu !
Lou soulèu, aquel animàu !
Stan, noun vòu levà la vela,
Si foundon couma des candela
Enb'aquèu coust dôu diàu !
Le Giacouuda à cóu de d/stràu
Li fan petà li sièu moulura...
Ah ! dèu faire bella figura
Se l'an foutuda en quauqua tràu
Lou pan crèise, finda la sàu,
Lou sucre dintre li boutiga
Mounta ben mai que de boufiga !
Van jusque crèise lou rampàu
E la pèu que fau lou tambau ;
Metran de drech su li nourriça,
Su lu chichi, su li saucissa,
Perqué pas soubre lu magàu ?
E lou Prussian, marrit bertàu,
Noun sabon fa que de babïa,
Per lou Maroc e l'Algèria,
Se faran mètre lou mourràu !
Li serreren toui lou pourtàu
E pi veiren touta la França
Davan la sieù grossa arougança
Se noun si sau garda li clàu !
Es de rima d'un manechàu,
Ma sien d'estiéu, vesin, vesina,
Li passeres en la resina
Avant que vegon l'espitau !
CHARLES CIAUDO

�Valère Bernard
Tout en heurtant le marteau contre la porte de M. Valère
Bernard je songeais. Je me suis complu dans le plus souriant
mépris des idoles. L'ironie a tremblé sur mes lèvres quand
la Provence a dans un ravissement de joie acclamé le poète de
Maillanne. Cette mascarade d'apothéose me répugnait.
Et maintenant la curiosité me fourvoyait dans le studio
d'un consciencieux artiste que les felibres couvraient de gloire.
Elève de Puvis de Chavannes M. Valère Bernard pasticha le
Maître. Mais vite il eût l'intuition qu'à se perdre dans les sentiers
battus il courrait risque de compromettre son crédit. Il dit
adieu à Paris et vint dans Marseille, l'opulente cité.
A cette époque vivait un exquis écrivain, J. Lombard. Il venait de publier deux œuvres d'une grandiose beauté, VAgonie et
Bysance. Dans un style étrangement tourmenté il contait les
luttes entre les factions d'Orient, illuminant son œuvre des
splendeurs bysantines.
Valère Bernard vit Jean Lombard, et du même coup les belles
au bois qui dormaient en son âme s'éveillèrent. Il délaissa les
études académiques, les pastiches sans vie, et d'ardentes couleurs
chargèrent ses toiles.
Voici le triomphe des rois Babyloniens. Sur les voûtes d'un
palais impérial passent des gardes étincelants dans la pourpre et
la soie. L'or envahit les hautes colonnes de jaspe bleu. Involontairement on pense aux fantastiques demeures hantées par des
fées émeraudes et des princesses aux perversités troublantes.
Et je m'imagine que le peintre était sous le charme de la
légende quand il a peint cette courtisanne qui sourit à son miroir tout en jouant négligeamment avec sa chevelure d'or. Et
puis passent Venise la rouge, Marseille enveloppé dans la poussière d'or du crépuscule, des motifs à la Watteau peints par un
bysantin, toute une apothéose.
Mais une idée m'obsède, tandis que dans la grise clarté d'un
soir automnal s'éteignent les fauves éclairs jaillis de ces radieuses
toiles. L'idéalisation du passé me paraît cruelle. Les générations
endormies dans la Mort ont eu leurs misères/leurs rancœurs, je
pense qu'il est absurde de s'écrier avec Musset « qu'aux temps
jadis tout était heureux jusqu'aux douleurs humaines. » En vain
l'apostat s'attriste-t-il sur les vieillards immortels de l'antique

�- 7i

—

lonie, â ses oreilles résonnent les paroles de l'Hiérophante : « La
Helladi que tu aimes n'a jamais existé ».
Mais M. Valère Bernard brise ma rêverie, et mes yeux se
portent.sur des portraits appendus au mur. Profils d'espagnol ou
d'américain mitigés d'espagnol, comme on en croise maintes fois
sur la Cannebière.
Homme universel ne puis-je m'empêcher de m'êcrier. M.
Valère Bernard sourit. Il siérait dit-il, à mi voix, de se développer en profondeur. Toutefois il est beau de se dire sur le
tard de sa vie que l'on a fait vibrer toute son âme. Ici le maître
rejoint Néron. Il m'aide à comprendre cet inquiétant empereur.
Mais encore faut-il que tout en étant l'homme universel on ne
sombre pas dans la banalité. De méchantes œuvres d'art peuvent
avoir leur prix.
Une idée se lève devant moi. Labruyère me petsuade que
l'honnête homme de Pascal propre à tout en définitive n'est propre à rien. La spécialisation inintelligente, mène à l'erreur, j'en
conviens, mais en fait elle est une loi générale.
Et ceci est pour me plaire, car j'abhorre dissiper mon énergie,
j'aime le repliement, la frissonnante pudeur qu'effarouche les
vaines ostentations. Je goûte les peintres du passé et malgré ma
philosophie j'adore les peuples disparus. Volontiers j'implorerai
avec la Cassandre de Schiller la cécité, l'exquise cécité. Le sou
venir a plus de puissance sur moi que l'espoir.
Et sous des deux gris, en des pays étrangers désolants de
médiocrité, il m'est arrivé de pleurer plus amèrement que ne
pleura Xerxès aux rives d'Abydos.
J. PADOVANI.
PROUVERB1, BOUOI MOT, COUNSÈU E DICH
Vèuva que si marida,
Dèu perdre la lus e l'audida.
Fiha madura,
Lou pouorta à la centura.
En cuntant su lu det :
Aquéu a fa l'óu ;
Aquéu l'es anat cercar,
Aquéu l'a fa cuèire,
Aquéu l'a manjat,
E lou pichoun n'a ren tastat !

�— 73 —
LE

DÉSESPOIR

Oui, j'ai la mort dans l'âme ; oui, je monte au calvaire ;
Mon horizon, hier si beau, s'est obscurci ;
Je hais tous les devoirs et tout ce qu'on révère :
Mieux vaut mourir que vivre ainsi !
Puisque je n'y puis rien ; que la raison humaine
Ne gagne plus un cœur où mon cœur est entré,
Je veux briser mes jours comme on brise une chaîne
Et m'enfuir en désespéré.
Qu'est-ce donc que la mort ? C'est la paix éternelle,
C'est un beau drap de fleurs sur mon sein endormi,
C'est la nature calme, auguste et solennelle
Qui nous prête un repos ami.
O nature de Dieu contemple ma détresse !
Ecoute tout mon sang dans mon cœur s'épancher
Et, puisque je n'ai plus le lit de ma maîtresse,
C'est au tien que je veux coucher ;
C'est toi la grande mère et la nourrice immense !
L'homme au sort le plus âpre et l'homme au sort plus beau
Retrouvent dans ton sein leur part de ta clémence :
L'un l'amour, l'autre le tombeau
Tu sais, toi qui vois tout, ce qu'ici bas je souffre,
Que je n'ai point béni l'instant de mon réveil
Et que j'ai regardé, toujours, du fond du gouffre,
Les bords ou brillait le soleil ;
Que je n'ai bu jamais que dans la coupe amère,
Que le seuil du bonheur me fut toujours fermé,
Que j'ai perdu mes fils, que j'ai perdu ma mère
Et tous les cœurs qui m'ont aimé !
Maintenant je m'en vais, battant du front, comme ivre,
En proie à ce grand deuil qui me courbe en vainqueur,
Et je veux déchirer ma vie, avec le livre
Des chastes sanglots de mon cœur ;
Et toi, rayon divin, génie, ardent délire,
Flambeau qui n'iras plus briller sur son autel,
Eternise du moins ces larmes de ma lyre
Et que mon cri soit immortel !
[EDGAR DE MASINI

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Lou magot de Bertoumièu Issuga (J. E.).

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21

Cansoun ancienna pèr lou mai

—

24
27

La mouort dau paure Tounin (Ant. Roland)

—

La Vigne (J. Padovani)

—

28

Eglises et Chapelles de Nice (Valentin)

—

29

Nouvé

—

32

—

33

Expulsion de Mgr Valperga en septembre 1792 (Abbé RanceBourrey

•

Niça la Bella (J. Giordan)

■

—

67

—

68

Va Màu (Ch. Ciaudo)

—

69

Valère Bernard (J. Padovani)

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70

Le Désespoir (Edgar de Masini)

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QUATRE-TÈMS

Noumbre d'or...
13
Mars
Epato (Grégori)
Il
Jun
Cicle soulari
17 Setèmbre
Endicioun roum
10 Desembre
Letra doumenicala
G F
LI QUATRE

8,
7,
20,
20,

10
9
22
22

e
e
e
e

11
10
23
23

SESOUN

Lou printèms coumença lou 21 mars
L'estiéu
—
— 22 Jun
L'autoum
—
— 24 sept,
L'iver
—
— 22 dés.

à 6.55 m.
à 2.36 m.
à 5.18 m.
à 11.53 m.

dôu sera
dôu sera
dôu matin
dôu sera

FESTA MOUBILI

Septuagesima... 12 Fébrié
Cendre
21 Febrié
Pasca
7 Abrieu
Rougacioun 21, 22, 23, 24 Mai
Ascensioun
16 Mai

Pantecousta
Trinità
Festa de Diéu
1" Dimenegue de
Ie* Desémbre

26 Mai
11 Jun
15 Jun
l'Avènt

LU ESCLISS!

Souliu.

—

ij Abriéu. — Esclissi annulari e coumplet visible

à Paris, en America, en Europa et dintre lou N.-O. de l'Africa.
Coumençamen de l'esclissi à 10,01 dôu matin ; finisse à 1,08
dôu sera.
10 Otitoubre. — Esclissi coumplet invisible à Paris, visible
dintre l'America dôu Sud.
Luna. — 1" Abrièu. — Esclissi parciella visibla à Paris. Entrada de la luna dintre l'oumbra, 9.26 dôu sera; sourtida, 11.03
dôu sera.
26 Setèmbre. — Esclissi parciella, invisibla à Paris, visibla
dintre l'Océan Pacifique.

Jîla providence, %ue de la Préfecture /4, $run, Siàraire

�LU

VÉNT

Lu vènt que souflon à Niça, dintre lou cours de l'armada,
soun au nombre de 16. Vequi li siéu denouminacioun courènti,
pihadi, en general, dai loucalità dei quali parèisson vèni :
Sud
Miejon
Nord... Tramountana
S.-S.-O. Miejou Lebech
N.-O.-E. Grek Tramountana
S.-O
Lebech
N.-E... Grego
O.-S.-O Pounèut Lebech
E. N .E. Levant
Ouest. Pounènt
E.-N.-E. Levant
O.-N-O.V Pounènt Maistràu
E.-S.-E. Levant
N -O . Mastràu
S.-E.... Siroco, vènt marin
N..-N. OMaïstràu Tramount
S.-S.-E.. Miejou Siroc

6
15
25
14
31
24

VIGÍLIA — JEUNI
Abriè
(Pasca, 7 Abrièu).
Mai
(Ascensioun, 16 Mai).
Mai
(Pantecousta, 26 Mai).
Avoust
(Assoumpcioun, 15 Avoust).
Outoubre (Toui lu Sant, Ier Nouvembre).
Desembre (Calena, 25 Desembre).
L'AN NADA RELIGIOUSA

LI FESTA MOUBILI E LI FESTA FISSI
Janvt'è
jYlars
1 Circouncisioun.
1 e 2 Quatre Tèms.
6 Epifania (lu Rei).
3 Reminiscere.
13 Bateja de J.-C.
10
Oculi.
14 Sant Noum de Jesu.
17 Lœtare.
fébrié
24 Passioun.
2 Puriflcacioun.
29 Li 7 Doulou.
4 Setuagesima.
31 Lu Rampàu.
6 Festa de la Pr. de N. S.
11 Sexagesima.
Jîbriéu
13 Coum. de la Passioun.
5 Divendre Sant.
18 Quinquagesima.
7 Pasca.
21 Cendre.
14 Quasimodo.
25 Quadragesima.
28 Patrou. de San Joúsè.
28 Quatre-Tèms.

�Setembre
3 Inv. de la Santa Crous.
13, 14, 15, Rougacioun.
16 Ascensioun.
26 Pantecousta.
29-31 Quatre-Tèms.
1
2
6
9
21
24
29

Quatre-Tèms.
Trinità.
Festa de Diéu.
Festa dôu S. Sacramen.
Sacrat-Couor de'jesu.
Natività de S. jouan-Bat.
SS. Peire e Paul.

8 Natività de la Vierge.
14 Esaltacioun de la Crous.
15 N.-D. dei 7 Doulou.
15 San Noum de Maria.
18, 20, 21, Quatre-Tèms.
29 Dédie, de S. Miquèu.

Ôutoubre
6
13
20
27

Sant Rousari.
Maternità de la Sta Vierge.
Puretà de la Santa Vierge.
Patrounage de la S. Vierge.

J/ouvembre

Juliet
2 Visitacioun de la S. V.
7 Precious Sang.
16 N.-D. dôu Carme.

Jîvoust
6 Transfiguracioun.
15
18
25
25
29

Assoumpcioun.
S. Joachim.
S. Couor de la Vierge.
S. Louis.
Decolac. de S. Jouan-Bat.

1
2
3
21

Toui lu Sant.
Lu Mouort.
Santi Relíquia.
Present, de la Sta Vierge.

2&gt;esembre
1 Avent.
8 Imaculata Councepcioun.
18, 20, 21, Quatre-Tèms.
25 Calena.

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DÉCIMALISATION

DU

TEMPS ET DES

ANGLES

LA MONTRE DÉCIMALE
Par J. de REY-PAILHADE, président du Comité
pour la propagation des méthodes Décimales.
Le Club Nautique de Nice a offert plusieur fois en prix des
montres décimales aux régates'de 1909. Il était utile de décrire cet instrument, d'y joindre des tables pratiques et des
formules à l'usage des ingénieurs, des sportsmen, des médecins, etc. etc.
DÉCIMALISATION DES ANGLES •
Il est aujourd'hui démontré que la division décimale du
quart de cercle facilite tous les calculs.
Les nouvelles cartes géographiques sont graduées exclusivement dans ce système, devenu officiel en France et dans
d'autres pays. On possède toutes les tables pratiques nécessaires à son essai courant. Nous ne nous étendrons pas
davantage sur cette méthode aujourd'hui enseignée dans les
lycées et collèges.
Nous rappellerons seulement que M. l'amiral Germinet,
membre d'honneur du C. N. N., sous la direction duquel on
fit en 1899 et 1900 des essais de navigation avec un matériel
entièrement décimal, a émis un avis très favorable à la
réforme décimale.
DÉCIMALISATION DU TEMPS
La division décimale du jour décrétée le 4 frimaire an II
rendra aussi de grands services à la science et aux sports.
Principe. — On divise le jour entier en 100 parties égales
appelées cés ; le cé est subdivisé en décisés, ceniicès et millicés
Le cé vaut 14m 24s ou 1T4 d'heure environ ; le décicé est égal
lm 26s 4 ou lm Ij2 environ ; le millicé vaut 0S 864 ou 9T10 de
seconde environ.
Concordance des Temps. — On parvient assez vite à dire
instantanément l'heure à 1 ou 2 minutes près en regardant le
cadran d'une montre décimale. Il suffit d'apprendre par cœur
les concordances décimales de toutes les heures.
0,0
0
50,0

4,2
1
54,2

8,3
2
58,3

12,5
3
62,5

16,7
4
66,7

20,8
5
70,8

25,0
6
75,0

�25,0
6
75,0

29,2
7
79,2

33,3
8
83,3

37,5
9
87,5

41,7
10
91,7

45,8
11
95,8

50,0
12
100,0

Les heures sont au milieu, les concordances des heures
du matin en haut, celles du soir en bas. Ainsi 10 heures du
matin valent 41.7 cés (énoncer 41 cés 7 décicés) et 10 heures
du soir valent 91,7 cés.
Gomme 1 cé vaut presque lj4 d'heure et un décicé une mi •
nute 1]2 ; en partant des concordances du tableau, on dit
l'heure instantanément, ainsi 39,9 cés valent 9 h. 36 m. du
matin. Un ou deux jours suffisent pour atteindre ce résultat.

Description de la montre décimale ou cémètre. — Il y a 3
aiguilles centrales se mouvant sur un cercle divisé en 109
parties égales, numérotées de 0 à 9. Le 0 cé est en bas, c'est
l'origine des temps, car on suppose la Terre au centre du
Cadran.
L'aiguille dorée avec un soleil ne fait qu'un tour par jour ;
l'aiguille épaisse en acier bleu tourne 10 fois par jour, et la
trotteuse fine fait 1000 tours par jour.
L'aiguille-soleil montre la position de l'astre du jour par
rapport au méridien de Paris, qui va du centre au chiffre 5.

�10 —
Les quatre traits bleus indiquent les positions de cette aiguille
à minuit en bas sur 0 ; — à tì h. du matin au milieu entre 2
et 3 ; — à midi, en haut, sur le 5 ; — à 6 h. du soir, entre 7
et 8.
L'aiguille dorée du soleil indique le chiffre des dizaines
de cés, 2 sur le dessin ; l'aiguille épaisse donne d'abord le
chiffre des cés, 6 sur le dessin, et en comptant rapidement à
l'œil le rang de la division entre 6 et 7, on voit, que cette aiguille marque 3 décicés. Le temps du dessin est donc 26,3
cés correspondant à 6 h 20 m. du matin environ. L'aiguille
trotteuse donne les millicés 83. Le temps est donc 26,383
cés.
» Pour la vie courante, on n'a pas besoin d'aller au delà du
clécicé. On lit les milticés pour les applications scientifiques
et sportives.
Le temps en millicés lu sur le cêmèire facilite tous les calculs, car on n'a jamais de réductions à faire.
Examinons le problème des vitesses a l'heure : Les millicés multipliés par 0,00024 donne des heures et fraction décimale d'heure. Ainsi Ì2345 millicés valent 12,345 -f- 24 =
2 h. 9628.
Par conséquent si L est la longueur parcourue et M le
temps en millicés, la vitesse est

ou t

+ 4166,66...

Ces quelques exemples démontrent que la montre décimale simplifie tous les calculs sans exception.
Les rapports de MM. les délégués officiels aux essais de
la montre décimale faits à Nice, par le Club Nautique, le 26
février 1911, concluent unanimement à la supériorité de cet
instrument pour les usages scientifiques et sportifs.
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L.
Q.
L.

lu 8, à 7
lu 14, à H
lu 22, à 7
lu 30, à 10

SOULÈU.

1
2
3
4
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31

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oura
oura
oura
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26
21
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s.
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P. Q.
P. L.
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SOULÈU,

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2
3
4
5
Lu Rei
6
Dim. S. Lucien
7
dil. S. Apoulinari
8
dim. S. Pèire
9
dim. S. Guiermo
10
dij S. Teodose
11
div. S. Arcada
12
dis. Sta Verònica
13
Dim. S. Ilari
14
dil. S. Maurici
15
dim. S. Ounourat
16
dim. S. Antoni
17
dij. Sta Angela
18
div. S. Sulpici
19
dis. S. Bastian
20
Dim. Sta Agnesa
21
dil. S. Vincènt
22
dim. S. Raymound
23
dim. Sta Jacinta
24
dij. Conv. de S. Pàu
25
div. S. Poulicarpa
26
dis. Sta Devota
27
Dim. Sta Paula
28
dil. S. Francès S.
29
dim.
dim.
dij.
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S.

TRIMESÏRÍ;

Macari
Genevieva
Tita
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dim. Sta Marfina
dim. S. Peire N.
En Janvié
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lu 6, à 4 oura 28 s.
lu 13, à 11 oura 38 m.
lu 21, à 4 oura 44 ui.
- L. 7 49' - C. 5 30'

dij. S. Ignaci
div. La Candeliera
dis. S. Blasi
Dim. Setuagesima
dil. SS. Vinc.Oronte
dim Sta Agata
dim. Sta Dorotea
dij. S. Romuald
div. S. Jouan-Matha
dis. Sta Apoulounia
Dim. Sexagesima
dil. Sta Eulàlia
dim. S. Gregori
dim. Sta Eufrasia
dij. S. Onesime
div S. Dounat
dis. S. Simeoun
Dim. Quinquagesima
dil. S. Gabin
dim. Dimars-Gras
dim. Li Cendre
dij. S. Silvan
div. S. Maxime
dis. S. Pascase
Dim. Quadragesima
dil. S. Nestor
dim. S. Leandri
dim. Sta Nourina
dij. S. Nymphas

Plueia de febrié
A la terra vau fumiè.

ZDéSTU-S-bez

NICE

MARS
N. L.
P. Q.
P. L.
D. Q.
N. L.
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lu 1,
lu 8,
lu 15,
lu 23,
lu 30,
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div.
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dil.
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dim.
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Dim.

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L
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7

1 oura 31 m.
0 oura 02 m.
0 oura 59 m.
1 oura 26 m.
1 oura 38 s.
01' — C. 6 13

S. Eudoxia
S. Simplici
Reminisceri
Sta Cunegonda
S. Casimir
Sta Coleta
S. Jouan de D.
Qaatre-tèms
Sta Margarida C.
Ocali
S. Euloge
S. Gregori
Sta Eufrasia
Sta Matilda
S. Acepsima
Sta Gertruda
Lœtari
S. Apien
S. Jôusé
S. Joachin
S. Lea
S. Turibe
S. Armentari
La Passioun
Anounciada
S. Emanuèu
S. Jouan d'Egt,
S. Gountran
S. Eustase
S. Jouan C.
Lu Rampàu

Lou mes de mars
Es amar.

tous le -vrai

BLANQUI &amp; FRACCHIA
— Usine au Pont-Magnan —

NICE

�- 13 S$&lt;30TJNL&gt;

ABRIÉU
P.
P.
D.
N.

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L.
Q.
L.

lu
lu
lu
lu

SOULÈU.

1 dil.
2 dim.
3 dim.
4 dij.
5 div.
6 dis.
7 Dim.
8 dil.
9 dim.
10 dim.
11 dij.
12 div.
13 dis.
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18 dij.
19 div.
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21 Dim.
22 dil.
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25 dij.
26 div.
27 dis.
28 Dim.
29 dil.
30 dim.

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13, à
3
21, à 7
28, à 11

—

oura
oura
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oura

L. 6 06'

—

55 in.
37 s.
31! s.
25 s.
C. 6 52'

S. Ugo
S. Franç. de P.
S. Richard
Dijàu Sant
Divèndre Sant
Dissata Sant
Pasca
S. Albert, ev.
S. Azada.
s. Isidoro
s. Leoun
s. Juli
s. Justin
Ouasimoi/ii
Sta Anastasia
S. Frutuous
S. Rodolfe
S. Maxime
S. Anselme
S. Teodoro
S. Adalbert
S. Fidèle
s. Jorgi
s. Marco
s. Clet
s. Antime
s. Aimé

s. Roubert
Sta Catarina d. S
SS. Philip. ,Jacq.

Pichouna plneia d'Abriéa
Bouona récolta pèr l'csliéu

Q.

p
P. L.
D . Q.
N. L.
SOULÈU.

TRIMÍÎSTRÈ;

MAI

JUN

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lu 5,
2 oura
lu 13, a 7 oura
lu 21, à 10 oura
lu 28, à 7 oura
— L.

5 14'

—

14
10
23
24

s.
m.
m.
m.

C. 7 29'

1 dim. SS. Félip. Jaq.
2 dij. S. Atanase
3 div. In.d.l. Sta Crous
4 dis. SS. Sindonis
5 Dim. S. Pio, papa
6 dil. S. Jouan D.
7&lt; dim. S. Peire
8 dim. s. Gregori N.
9 dij. s. Antounin
10 div. s. Isidoro
11 dis. s. Bounifaci
12 Dim. s. Jouan lou S.
13 dil. s. Pouon, m.
14 dim. s. Pacomo
15 dim. s. Sta Denisa
16 dij. Ascensioun
17 div. S. Pascaù
18 dis. S. Teodoto
19 Dim. s. Pèire C.
20 dil. s. Felis.
21 dim. s. Bernardini
22 dim. s. Julia
23 dij Rogaeioun
24 div. s. Vincen, d. L.
25 dis. S. Urbin
26 Dim. Pandecousta
27 dil. S. German
28 dim. S. Cirile
29 dim. Sta Petronïa
30 dij. S. Sylve
31 div. S. Justin
Au mes de mai
Longui semana

p
P.
D.
N.

Q.
L.
Q.
L.

lu 3,
lu 11,
lu 19,
lu 26,

SOULÈU.

1
2
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6

dis.
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dil.
dim.
dim.
dij.
7 div.
8 dis.
9 Dim.
10 dil.
11 dim.
12 dim.
13 dij.
14 div.
15 dis.
16 Dim.
17 dil.
18 dim.
19 dim.
20 dij.
21 div.
22 dis.
23 Dim.
24 dil.
25 dim.
26 dim.
27 dij.
28 div.
29 dis.
30 Dim.

—

à 11 oura 4 s.
à 10 oura SI s.
à 9 oura 51 s.
a
2 oura 20 s.
L. * 34'

C. 8 1!"

S. Potin
Trinità.
S. Quirin
S. Francès C.
S. Lié
Festa de Dieu
S. Lié
Quatre-tèms
S. Optat
Sta Margarida
S. Barnabe
S. Antoui de P.
S. Basilio
S. J.-F. Régis
S. Moudeste
S. Lambert
Sta Olga
S. Gervai
Sta Juliena F.
S. Louis de G.
S. Paulin
Sta Maria d'O.
S. Jouan-B.
S. Prousper
S. Alban
S. Cresen
s. Iréné.
s. Pèire
s. Pàu
s. Tibàu

En Jun
De tres abit l'un

Dégustez tous le vrai

NICE

—

BLANQUI &amp; FRACCHIA
— Usine au Pont-Magnan

—

NICE

�— i4 —

TROISIÍ)MK

AVOUST

JULIE T
P.
P.
D.
N.

lu 3, a 10 mira 20 m.
lu 11, à 1 cura 53 s.
Il 19, a o oura 31 m.
lu 25, a 9 oura 12 s.
SDULÈU. - - L. 4 35' — C. 8 22'

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dim.
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dim.
dij.
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Dim.
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dim.
dim.

S. Thierry
Vierg.de li Gracia
S. Anatole
S. Pèire de L.
S. Sisoès
S. Elie
Sta Babeta
S. Efrein
Sta Felicita
S. Pio
S. Jouan G.
S. Gene
S. Jaque
Festa Naciounala
S. Enri
N.D.d.M. Carmel
Sta Marcelina
S. Frederic
S. Vincen de P.
Sta Margarida
S. Vi loiSta Maria-Mad.
S. Apoulinari
Sta Cristina
S. Jaque
Sta Anna
S. Pantaleoun
S. Samsoun
Sta Marta
Sta Giulieta
S. Gnaci de L.

Au mes de Juliet
Ni frema ni coulé.

TBIMËSTRÎ;

I1. Q. lu 2, a 0 oura 29 m.
P. L. lu 10, a 3 oura 58 m.
D. Q. l»i 17, a 1 oura 1.1 s.
N. L. lu 21, a 5 oura 14 m.
IV Q. lu 31, &amp; 5 oura 21 s.
souLÈu, —1.5 or -j&gt;. 8 or

dij.
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0 dis.
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6 dim.
7 dim
8' dij.
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div.
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Dim.
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dim.
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div.
dis.

S. Pèire-aï LS. Alfonso
Inv. de S. Estève
S. Domenica
N. D. dei Nèu
Trausf. de J. C.
S. Gaétan
Sta Batilda
S. Camila d. L.
S. Là u ren
S. Septima
Sta Clara
Sta Filoumèna
S. Ousèbi
Asoumpcionn
S. Roc
S. Mamès
Sta Elena
S. Ipoulita
S. Bernar
Sta Chantai
S. Pio V
S. Filipe B.
S. Bartoumiéu
s. Louis, r. F.
s. Seg'oundo
s. Cesari
s. Goustin
s. Mederic
Sta Rosa
S. Fiacre

F.n . ivoast
Figa e moust

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SBTÈMBRE
P. !.. lu 8, a' 4 oura 57
D. Q. lu 15, a 6 oura î&gt;l
N. L. Ju 22, a 3 oura 37
P. Q. lu 30. a 0 oura 08
SOULÈU. - - 1. 5 47V— c.

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Dim.
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d'un.
dij.
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Dim.
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Dim
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Dim.
dil.

S. Gili
S. Estève R.
Sta Eufemia
Sta Rosalia
S. Làuren J.
S. Pambon
S. Grat
Natiu, di' la V.
S. Oumer
S. Xicola
S. Félis
S. Veran
S. A nié
Es. (1. l.S. CtQUS
S. Nicomède
S. Conrneilla
S. Lanbert
S. Tournas V.
S. Janvié
S. Euslache
S. Matiéu
S. Maurici
Sta Tecla
S. Girar
S Firmen
S. Nil
S. iN'icandre
S. \\ inceslas
g. Miquèu
S. Jeromo

Lima setembrina
De mai clarina

MOT »

GRANDE MARQUE RECOMMANDÉE

s
:
s
s
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OUTOUBRE
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lu 15,
lu 22,
lu 30,

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oura 46 m,
oura 09m;
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6 06*

TRIMESTRE

NOUVÈMBRE
P. L. lu
6,
D. Q. lu 43,
N. !.. lu 20,
Q.
lu 29,

r.

SOULÈU. - -

1.

a
a
a
a

4 oura 48
8 oura 20
9 oura 49
2 oura 42
14'

—

c.

5 03'

1 dim. Rosari
1 div. Tout lu Sant
2 dim. S. ■ Léger
2 dis. Eu Mouorl
3 dij. S. Rosari
S. Ubert
4 div. s. Francès d'A. 43 Dim.
dil. S. Carlo B.
5 dis. s. Placido
5 dim. Sta Bertila
6 Dim. s. Bruno
6 dim S. Leounar
7 dil. s. Serge
dij. S. Nestou
/
8 dim. Sta Reparada
8 div. Lu Quatre Incou.
9 dim. S. Denis
9 dis. S. Teodore
10 dij. s. Francès B. 10
Dim. S. Jacintou
11 div. s. Tarasco
11 dil. S. Martin
12 dis. s. Counrad
12 dim. S. René
13 Dim. s. Edouard
13 dim. s. Stanislas
14 dil. s. Calisio
14 dij. S. Pantena
15 dim. Sta Teresa
15 div. Sta Gertruda
16 dim. S. Ospici
16 dis. S. Edme
dij.
17
Sta Edvija
17 Dim. S. Gregori
18 div. S. Luc
18 dil. S. Alfè
19 dis. S. Pèi re
19 dim. Sta Babeta
20 Dim. S. Agrico)
20 dim. S. Edmon
21 dil. Sta Ursula
21 dij. Présent, de la V.
22 dim. S. Filip
22 div. Sta Cecilia
23 dim. S. Teodoret
23 dis. S. Clemen
24 dij. s. Mairloire
25 div. ss. Crespin-Cr. 24 Dim. Sta Flora
26 dis. s. Jouan de K. 25 dil Sta Catarina
26 dim. Sta Pel fina
27 Dim. s. Frumence
27 dim. S. Maxime
28 dil. s. Alfredo
28 dij. S. Sostène
29 dim. s. Narcisse
29 div. s. Saturnin
30 dim. s. Marcel
30 dis. s. Andrièu
31 dij. s. Siri
En ùuloubre
\loii ponorc goûta loti rùare

Tonssan ientra
St A n'driéu lou souorte

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DESÈMBRE

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lu 12,
lu 20,
lu 28,

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1
2
3
4
5
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Dim.
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dim.
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dis.

8 Dim.
9 dil.
10 dim.
11 dim.
12 dij.
13 div.
14 dis.
15 Dim.
16 dil.
17 dim.
18 dim.
19 dij.
20 div.
21 dis.
22' Dim.
23 dil.
24 dim.
25 dim.
26 dij.
27 div.
28 dis.
29 Dim.
30 dil.
31 dim.

1.

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6 oura 46 s.
4 our;i 40 s.
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7 54' — c.

A vent
Sta Bibiana
S. Francès X.
Sta Barba
S. Bassi
S. Nicola
S. Anbrosi
Imac. Conception
Sta Leoucadia
Sta Eulàlia
S. Damase
Sta Rosélina
Sta Lucia
S, Niçoise
S.
S.
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S.
S.
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Mesuiin
Adon
Olimpíada
Gatien
Ciprian
Filogone
Tournas

S. Onourat
Sta Vitòria
Cacha-fuec
Calèna
S. Estève
S. Jouan
SS. Inoucent
Sta Eleonora
S. Sabîn
S. Sàuvestre

Calena aufuec,
Pasca àu j'aèc.

sin -

GRANDE MARQUE RECOMMANDÉE

4 35

�- i6-

�- 17

-I

CROUNICA NIÇARDA
L'ABADÏA DE SAN POUON.— L'ABAT RANCE-BOURREY.
GLOFFREDO.

—

—

PÈIRE

A PREPAU DOU DIALETE NIÇART.

Ben qne pareissènt tardié, VArmanac Niçart s'empressa de
pourtà la siéu febla vous su tout cen que enteressa lou païs, sigue
au pounch de vista istoria loucala, pouesia, tradicioun, sigue
tamben su la taquinanta questioun dóu dialete niçart souvenri
fès pauvada e su la quala lu escritour mouderne soun luen d'estre
d'acordi.
Parlerai finda de M. l'Abat Rance-Bourrey, un beneditin qne
despi quauque an en ça mete à prouflt la siéu erudiciou n a nen
revelà de fach d'istoria inedieh. Se quauqu'un mérita d'estre
laudat es ben éu ; es en éu que VArmanac Niçart tressa la
pamoula de sapiença. En esprimant la nouostra recounouissença,
à l'Abat Rance-Bourrey, fen cen que touplen an denembrat,
vouoli dire de courounà lu siéu travail, frucha de ben de recerca,
dai quali obra sian fier d'avé prestat la prima ajuda. Pouden cità :
lou Discours sur le Monastère de Sainte-Claire de Nice, par Honoré
Pastorelli, publié d'après l'édition originale de Turin 1608, avec
une introduction et des notes ; — "Le Général J.-B.-M. D'Anselme" (Notices biographiques (1740-1792). E aquest'an
l'istorien nen douna — toujou de prima man — YExpulsion de
Mgr Valperga, evesque de Niça, au tèms de la Revoulucioun,
travail anoutat de peça curiouvi que sian urous de pouder metre
souta lu uès dei nouostre letour.
*
* *
Lou fach de l'annada, lou mai marcant, es estat aquéu de
l'Abadïa de San Pouon. Parlon de tout destruge pèr li basti an
siéu luec un espitau Pasteur... UArmanac Niçart es pas Penemic
dóu prougrès, ni men encara dei Bei-Art, ma si fa lou pious dever
de jougne lu siéu esfouors en aquelu dei siéu councitadin quo
l'istoria dóu passat passiouna, pèr que l'Abadïa de San Pouon
sigue counservada e classada couma mounumen istorique. En la
circonstança feliciti M. l'Abat Rance-Bourrey que mé rasoun s'e.s
demoustrat l'ardènt defensour autourisat que counouissen. La
siéu paràula es estada escoutada e lou Préfet de li Alpa-Maritima,
8

'

�— i8 M. de Joly — respetuous dei nouostri tradicioun — en ortie
avertit a proumès que l'Abadïa de San Pouon seria respetada e de
lèu si crusià pèr lou siéu classamen tra lu mounumen istorique.
Dóu resta vequi ce que l'Abat Rance Bourrey nen di su San
JPouon. Counsignen religiousamen li siéu paràula :
« L'Abbaye de Saint-Pons est le plus ancien monument relitgieux existant dans le Comté de Nice. Il y a dou^e cents ans que
sSiagrius y fonda un monastère. L'histoire de ce monastère est
jintimement liée à l'histoire religieuse, civile et économique de la
iville de Nice.
;
« Ce fut à Saint-Pons qu'en 1388 fut'signé l'acte réunissant
le Comté de Nice au Comté de Savoie. Les abbés de Saint Pons
ifurent pris dans les principales familles du Comté : les Badat, les
tLaugery, les Provana, les Lascaris, les Grimaldi, les Martelli, les
;Tournefort, etc. Plusieurs évêques de Nice furent abbés de Saint[Pons, en particulier Barthélémy Chuet (fin du xve siècle) et Jean
, Uriole, son successeur. Un autre abbé, Claude de Seyselle, fut
,évêque de Marseille, puis archevêque de Turin ; d'autres furent
cardinaux, tels Innocent Cibo, neveu d'Innocent VIII et de
f
;Léon X, et Paul Medeci de Cesis dont on voit encore l'inscription
(funéraire à Sainte-Marie-Majeure, à Rome.
:
« A la fin du xvir siècle, l'abbé de Saint-Pons était Pierre
•Gioffredo, le savant historien niçois. Enfin, un abbé de SaintiPons dont les Niçois n'ont pas encore perdu le souvenir, était
(l'abbé Spitalieri de Cessole qui a doté sa ville natale d'un établissement de bienfaisance si justement apprécié. La plupart des
pbbès de Saint-Pons et plusieurs évêques de Nice ont été enterrés
dans l'église ou sous le cloître et dorment aujourd'hui confondus
avec les moines leurs frères qui depuis dix siècles y sont enterrés.
« Les monuments funéraires ont disparu. Le temps a tout
(nivelé à Saint-Pons, singulièrement aidé cependant par la main
ides hommes. On connaît les dévastations commises par
Iroupes de François Ier et de Barberousse, plus tard par celles d
Catinat et par d'autres encore. Après chaque désastre, SaintPons a retrouvé une nouvelle vitalité et il y a à peine trois quarts
de siècle que Mgr Galvano y a fait d'importantes réparations.
;
« Saint-Pons n'est pas seulement une page de l'histoire de
notre pays, c'est un gros volume de cette histoire ; les Niçois
laisseront-ils dire qu'ils sont restés indifférents devant le danger
qui menace Saint-Pons ? Non, ils feront tous leurs efforts pour

�— 19 -

sauver de la destruction un monument qui doit leur être cher...
Je demande d'urgence le classement de l'Abbaye de Saint-Pons,
c'est-à-dire de l'Eglise et des bâtiments claustraux, comme monument historique. »
Lou councours de YArmanac Niçart es aquist. Emé fiertà e
au près de touplen de sacrifici faren respetà l'istoria dóu passat,
la lenga e lu escrich dei orne qu'an ilustrat lou nouostre bèu
pais.
*
* *
Despi quauque tèms, — maladia que reven per intermitença,
— la gran questioun de la grafia niçarda, de l'ourtougrafa, es
messa su lou tapis. De letra soun estadi publicadi, d'autri lou seran, e cresi qu'après ben de charra pèr dire pas gran cauva de
nóu, quasi dirii pèr predicà dintre lou Desert, noun restera
d'aquela discussioun, — Favén déjà coustatat, — pas gran cauva,
ren!... Cadun escrèu à la siéu moda seloun l'esprit dóu moumen,
e serii ben curious de counouisse aquéu que vendria nen dità
une metoda en nen dïen : « la mièu maniera d'escrièure lou
Niçart es la bouona». Discussioun scientifica que pòu passiounà
quauque lenguista, pas mai ; lou mihou es d'escrèure seloun li
letra ditadi pèr la prounouncia. Lou talènt pèr aquéu qu'escrèu
es de si laissà liège, de si faire acapi. Es qu'en en un entan que
frecuenta l'escola primària poudès li demandà autra cauva ?...
Perta de tèms que tout acò, vourria mai s'engenià à recercà lu
viei mot, espressioun, loucucioun courenti que la pous dóu tèms
a rabaïat, dounà au nouostre bèu dialete la coulou que dèu avè,
en respetant lu emprunt que pouden avè fach sigue à l'Italian, à
l'Espagnòu o à tout autre...
Un dialète noun dèu pas estre une lenga scientifica, encara
m en noun còu avè la pretencioun que sigue ouficiela, seria temerari ; lou dialete d'un païs dèu refletà lou caratere d'un'epoca que
lou tèms dèu respetà, enfin escrèure gramaticalamen, un noun
empedisse l'autre, e laissà à l'esprit, au goust lou coumplemen
d'un stile ouriginal, en de frasa councisi que flaton i'auriha.
Aquí fermi la discussioun, risqui de perdre la civada... l'an
que ven, se Diéu mi presta vida, v'en dirai d'autri e couma
d'usança que mi sigue permès de la vous souvetà : Bouona e
uroûva !
L'ARMANAC

NIÇART.

�20 —

LA CIGALA DOU BOUON DIEU
Una cigala dóu Bouon Dieu
Tout l'estiéu
E l'iver en la chambreta, —
L'aiguesias vista la lebreta ! —
Noun vivïa que d'amour
S'assetava su l'ounour;
La cigala cantarela,
Vau chanja de clientela,
Noun es courta d'amatour,
Que li viron tout au tour !
Ma l'ancien de la cigala,
De gros mot ven que s'embala ;
En l'auriha de la maire
Li ven tout aquéu bousin,
Que deja toui lu vesin
Sabon lou long de l'afaire
— Cenqu'as fach m'au tiéu tip ?
Di la maire enrabiada...
Bella Vierge encourounada !
Sera au mancou m'un bouon rie!!...
CH. CIAUDO

PROUVERBI, BOUOI MOT, COUNSÉU E DICH
Tèms d'iver noun ti fidar.
Lu màu dei enfan si garisson soulet.
Cau naisse pèr estre bèu, si maridar pèr estre rie, e mouri
pèr estre brave.
Per aver de raïn, eau caressar la souca.
Agnèu naissut
Vau un escut.
Dansa mihou ventre plen que rauba nova.
L'oumbra dou mèstre engraissa lou cavau.

�LOU MAGOT DE BERTOUMIÉU ISSUGA
O BEN

UNA RAISSADA DE MACAROUN
Conte menloanasqae trouvât dintre d'un armori
de ma nana e que /'Armanac Niçart es tirons de
transcrièure en niçart à Ventencioun dei sièu
fidèle lotour et lelrissa.

Bertoumiéu Issuga, mentounasque de viéia roca, abitava en
coumpagnia de sa mouhié, en carriera dóu Paumoulié. La siéu
frema, malurousamen, era sirnplaria e faia lou siéu desespoir.
Cada matin Bertoumiéu, avant de s'en anà au travail, li recoumandava de noun faire de bestialità. Cou vous dire que toui lu
dissata lou nouostre ome metia en un'armari pertuat dintre la
muraia lou gagne de la semana.
— Bertoumiéu ! pèr qu seria tout aquel argen, demandava
Marioun au siéu marit.
— Es pèr Madjou-long, castagnassa !
*
* *
Un jou Bertoumiéu partet pèr anar à la siéu campagna ;
devia même li restar doui ó très jou pèr souïnar e arousar lu
citrouniè. Marioun souleta matin e sera, s'assetava su lou banquet de la pouorta e faïa de bas... Un predinà veguet un ome
de statura mai que mejana, couma si di, un gran carcan. La
frema de Bertoumiéu lou fissa sensa parpelear, pi pihada d'un'
idea, li diguet :
— Moun bèu Moussu, sias bessai vous Madjou-long ?
Lou merlo pita e noun s'en laissa dire autre, léu li
respouonde :
— Noun vous troumpas pas, bella bruneta, sièu ièu Madjoulong !... Ma perqué mi faire tala demanda ?
Perqué ?... dou moumen que sias Madjou-long, intras su lou
cóu. Li a ja pas mau de tèms que moun marit a mes d'argen
amagat pèr vous...
E sensa mai de ceremounia li remeté lou mandiou dintre lou
quai lu sóu eron groupât. L'ome remercia e la s'esbigna lèu.
♦

* *

�Lou sera, Bertoumiéu arriva, la sièu mouhié li di.
— Sabes, ai vist ancuei Madjou-long !
E l'ome de cridar :
— Malurousa ! — m'en a fach encara una 1
Courre à l'armari, lou mandiou e Pargen, mouis !... Issuga
blastema pica dai pen, es décidât de si desiaire de la siéu frema
Lendeman, dóu téms qu'aissesta durmïa, li cuerbe lu uès emé de
pega de sabatié, pi la pihant pèr la man, la mena dapé dóu CapMartin. Arrivât aqui, Bertoumiéu fa mountar Marioun su d'un
nouguié el'abandouna. La paura, bòrnia, noun sabia doun si
trouvava, ni men encara ce que poudia faire.
En aquéu fra-tèms doui voulur venon s'assetar souta
l'aubre ; après aver abrat quauqui branca sequi pèr s'escaufar, pi
si meton à cuentar lou siéu argen.
La calou faguet delegar la pega que curbia Puès destre de
Marioun e aissesta de cridar :
— E d'un !
Lu voulur, d'estuc, s'isson d'emblée.
— Qu'es acó, diguet l'un.
— Un matagan, faguet l'autre.
La calou seguia á faire lou siéu efet pau à pau durbia Puei
senec.
— E de douî, diguet Marioun.
Dóu cou lu voulur escapon, laissant Pargen espantegat soubre
Perba.
Marioun coumença à li veire clar, cala da l'aubre e ramassa
Pargen, pi lèu s'en camina vers maïoun...
Lou sièu marit, pensierons, era assetat dapè dóu fuec, s'escaufant, fumant la sièu pipeta emé beatituda...
— Bertoumiéu !... o Bertoumiéu !... duerbe-mi, siéu iéu,
Marioun...
— Vai au diàu que ti pihe... ièu que cresii de m'en estre
despegouït...
Ma Marioun, toujou picava, un cóu noun asperava l'autre...
L'ome fenisse per li durbi...
— Ten ! regarda cen que ti pouorti.. . e Marioun pauva lou
sac su lou toulié. ..
Bertoumiéu, entartugat, cuenta Pargen e réfléchisse ; — Marioun es simplaria e deman la vila saupra Pistoria de la fouré . ..
Cóu que Bertoumiéu si dispegouïsse pèr empedi li marridi lenga
de bavar...

�— 23 —
Si mete la vesta, lou capèu e souorte fermant la pouorta i..
Faïa nuech dintre la carriera, ma sensa pena s'encamina
vers una boutiga e croumpa pèr mai de dès kilo de macaroun...
Ientra au sièu e di à la sièu mouhié de si metre au liech.
En tant que Marioun durmïa, Bertoumiéu fa bui lu macaroun, pi lu espantega su lu aubre dóu jardin... Lendeman de
matin la siéu frema, desveiada, si mete à la fenestra...
— O ! Bertoumiéu ! Bertoumiéu ! Vene un póu veire!... O
trest ! vè, a plougut de macaroun !...
— O vai fantauma !... n'as toujou una. .. Ten ! ten !... ma
es ver !...
*
* *

A quauque tèms en ça, Bertoumiéu l'avia previst, Marioun
countet à toui que lou siéu ome noun li picava plus, despi lou
jou qu'ela li avia pourtat de sac plen d'escut...
Lou juge aiguent audit parlar de l'afaire, mandet sounar
Bertoumiéu devant lou tribunal ; la siéu mouhié era estada
citada couma testemoni.
Lou juge. — Bertoumiéu, sias acusat d'aver gardât d'argen
que noun era vouostre.
— Iéu !... Ma moussu lou juge, lou negui ; sièu couma
sabès un travaiadou.. .
E Marioun de dire.
— Noun negar, Bertoumiéu, sabés ben qu'es ver ; es iéu en
persouna que t'ai pourtat la mouneda, qu'avii trouvât en la
fouré.. .
Lou juge. — Anas brave ome, noun negués.. .
— E quoura lou m'as pourtat ?... — Vous juri, Moussu lou
juge, que la miéu frema es fouola !...
— E lou sabes ben, Bertoumiéu, es lou jou que plouguet tant
de macaroun !
— Moussu lou juge aves jamai vist ploure de macaroun ?...
— Jamai ! moun beL amic respoundet lou juge que si tenia
lou ventre dóu rire — Amie, vèu que la vouostra frema es
fouola. .. sias aquitat !...
Bertoumiéu si retira emé Marioun... Noun aigueron plus
de disputa e vieugueron, pareisse urous e pèr longtèms !...
J. E.

�CANSOUN ANCIENNA

PÈR LOU

N'aurias pas vist la miêu fiha
Trin-trin
Lou galerin
A'aurias pas vist la miêu Jiha
Trois-wtrois
Le fils du roi
L'ai vista e l'ai baïada
Trin-trin
Lou Galerin
L'ai vista e l'ai baïda
Trois-trois
Le fils du roi.
Douna-mi la miêu fiha
Trin-trin
Lou galerin
Douna-mi la miêu fiha
Trois-trois
Le fils du roi.
Es aqnela la vouostra fiha
Trin-trin
Lou galerin
Es aqaela la vouostra fiha
Trois-trois
Le fils du roi.
La miêu fiha era pas lernia
Trin-trin
Lou galerin
La miêu fiha era pas lernia
Trois-trois
Le fils du roi
La miêu fiha era pas lua
Trin-trin
Lou galerin
La miêu fiha era pas lua
Trois trois
Le fils du roi.
N'es ni guercia ni poutinouva
Trin-trin
Lou galerin
N es ni guercia ni poutinouva
Trois-trois
Le fils du rois.

MAI

�La miéu fiha n'es pas borni a
Trin-trin
Lou galerin
La miêu fiha n'es pas bornia
Trois-trois
Le fils du roi.
Noun faïa pas belugueta
Trin-trin
Lou galerin;
Nonn faïa pas belugueta
Trois-trois
Le fils du roi.
La miêu fiha n'es pas emberrida
Trin-trin
Lou galerin
La miêu fiha n'es pas emberrida
Trois-trois
Le fils du roi.
La m iéu fiha n'es pas pigada
Trin-trin
Lou galerin
La miêu fiha n'es pas pigada
Trois- trois
Le fils du roi.
La miéu fiha noun es pas ranga
Trin-trin
Lou galerin
La miéu fiha noun es pas ranga
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha noun es pas louorla
Trin-trin
Lou galerin
La miéu fiha noun es pas touorta
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha n'es pas crouoada
Trin-trin
Lou galerin
La miéu fiha n'es pas croavada
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha n'es pas gibouva
Trin-trin
Lou galerin
La miéu fia n'es pas gibouva

�— 26 —
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha noun es foularana
Trin-trin
Lou galerin
La miéu fiha noun es foularana
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha n'es pas ingourda
Trin-trin
Lou galerin
La miéu fiha n'es pas ingourda
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha a pas lou peu de pi g nu
Trin trin
Lou galerin
La miéu fiha a pas lou peu de pig nu
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha noun es narvelouua
Trin- trin
Lou qalerin
La miéu ûha noun es narveloiwa
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha noun a la rougna
Trin-trin
Lou galerin
La miéu fiha noun a la rougna
Trois trois
Le fils du roi.
XXX.

PROUVERB1, BOUOI MOT, COUNSÈU E DICH
Qu duerme ben noun cregne li niera.
Qu vè pissar e noun pissa, crêpa de malícia.-'
Qu douna soun ben avan de mouri
Mérita de pati.
L'amour es lou paradis dei fouol.
L'amour es .la flou de la jouinessa.

�LA MOUORT DAU PAURE TOUNIN

Lou paure Tounin, malàut a setant'an, si presenta à l'espitàu
ma li respouondon que li a plus de plaça.
— Coumplet ! ! !
Quauqu'un li fa capi qu'em'un pau de proutecioun li pourria
intrar. Countrariat dei pas que cóu faire, Tounin vira lu taloun e
s'encamina vers la plaça Massena, piha lou tram, si rende da
Graugnard, à l'espitàu dei can, e li di :
— Moussu lou Veterinari, cresi d'estre un pau mai qu'un
can ?... En aquéu cas souîna-mi...
— Vous souînar aici, ma brav'ome perdés la testa. — Basta,
li di que n'a pas de liech pèrcourcar un crestian, que noun douna
de souin qu'ai bestia !...
Tounin, couma pensas, s'en souorte m'au couor gros e noun
sau plus à que sant si recoumandar. Era aqui au mitan dóu
camin, quoura en aquéu moumen arriba un landau, doun cala
una grossa dama, encapelada, aurias dich un ver foungi, segada
d'un varlet que pourtava religiousamen un can enfeloupat emé de
favour rosa au couol, tapat d'un tapis em'ai iniciala. En veèn
aquéu tablèu lou paure Tounin si lamenta, sangluta fouort.
— Qu'avès lou miéu brav'ome, li di la dama.
— Cen qu'ai Madama ?... trovi que lou vouostre can a mai
de chança que iéu. Li a cinquant-cinq an que travaii, pèr la premiera fès que siéu malàut, noun soulamen mi refuson à l'espitàu
dei estre uman, ma encara mi vèu picar la pouorta au nas èn
aquéu dai can.
— Quevoulès, lou miéu paur'ome, ai fach un vout de mimetre
à la Soucietà Proutetriça dei Animau, de pourtar touti li miéu
ecounoumia à la Caissa de secours pèr soulajar lou sort dei bestia.
Lou fau talamen ben, que vouguessi ben vous dounar un sóu
que pourii pas.
La dama li vira l'esquina e ientra couma un coupa-cisèu da
Graugnard. Tounin roumougna :
— Se ti veguessi en un cantoun ti dounerii mancou un gotou
d'aïga !... vièia sansuga !...
Tounin estrassinat, deble s'alonga un pau plus en là, su d'un
mouloun de peira. Quauqui oura après, couma soufrisia, n'ai-

�guènt ren en l'estomegue depi l'auba, coumençava d'aver lou
rangouioun, quoura passet un canipiè que li diguet :
— Que fès aquí, brav'ome ?
— Couma veès siéu aqui pèr tirar lu patoun. M'an refusat â
l'espitàu, même en aquéu dai can, noun mi resta que de mouri
su d'un mouioun de peira. — Avès un carnet su lou quai enregistras lu fach dóu jou, farias ben de li aloungar lou miéu testamen que poudès mentuar couma acô :
— « Bouon Diéu, se mi fes passar encara une fes sur la terra,
fe-mi naisse can au mancou, li aura une Soucietà Proutetriça dei
Animau que si crusira de iéu e pourrai estre amès en un espitau,
estre souïnat, faire bouona vida, menar une vida de can... »
ANT. ROLAND.

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VIGNE
A M. VALÉRE BERNARD.

Dans le ciel doux la Vigne ètreint les pals de buis.
Sous le pampre le merle alourdi des falernes
Tourne son col gris vair et ses paupières lemes
Qu'argenté la blancheur des immuables nuits.
O / fraîcheur, 6 beauté des Igs et des iris,
Que la Vierge éblouie avec les marjolaines
Cueille le soir venu aux vasques des fontaines
Pour colorer en fête, au crépuscule, l'Euis.
Narcisses, ébeniers, œillet et sensitive
Ah ! Versez en mon âme attiédie et pensive
L'orgueil qui souleva les clairs olympiens.
L'amour qui rafraîchit les Madones pieuses
Et qui vêt de clarté les snls athéniens
Et les ravissements des époques heureuses.
JEAN

PADOVANI.

Quauque souvèt :
Vous souveti la bouona annada.
Que siegue mihau que la passada.
Vous souveti la bouona annada acoumpagnada de touplcn
d'autri.

�Eglises et Chapelles de Nice
La vieille ville de Nice se trouvant sur la rive gauche du
Paillon, pour parler de ses églises, nous commencerons par son
église cathédrale, Sainte-Réparate, vierge et martyre, de celles du
canton Est, et en traversant la rive droite nous nous occuperons des paroisses du canton Ouest.
I. — L'Eglise Cathédrale du Diocèse de Nice est la paroisse
de Sainte Réparate, vierge et martyre, sous l'empereur Decius en
253. Sa fête est le 8 octobre. Cette église est au centre de la vieille
ville (8.500 âmes), Avant 1531 la Cathédrale était près du Donjon, plateau de Nice, et dénommée : Sancta Maria in platea,
dédiée à N. D. de l'Assomption. L'édifice actuel, dans son genre,
ressemble beaucoup à Saint Pierre de Rome, au Vatican. C'était
auparavant une simple église paroissiale
desservie par
les Bénédictins du Monastère de Saint-Pons, près Nice.
Dans son ressort se trouvent l'ancienne église de Saint
Jaume (Saint Jacques apôtre), jadis des P.P. Carmes, fermée
depuis 1903. Après le transfert du titre de paroisse à l'église de
Saint Juste, évèquc, au Gesu, elle fut placée sous la vocable de l'Annonciation de la Sainte Vierge, ainsi que la belle Eglise de la
Miséricorde, sur le Cours Saleya, jadis de Saint Gaétan, fondée
e
par les P.P. Theatins au XVIII siècle et cédée à la noble
confrérie des Pénitents Noirs.
La Cathédrale de Nice, paroisse Sainte-Réparate de nos jours,
fut comme l'ancienne au Donjon du Château {Sancta Maria in
platea), le théâtre de plusieurs f lits historiques mémorables dans
les annales de l'histoire de Nice.
II. — L'Eglise de Saint Jacques, an Gesû, dès son érection
en 1612, dédiée à Saint Juste, évêque. Sa fête est le 2 septembre.
En 1665 fut érigée en paroisse sous le titre de Saint Jacques le
Majeur, remplaçant la paroisse de Saint Jaume. On l'appelle
vulgairement le Gesù à cause qu'elle a été fondée et administrée
par les P.P. de la Compagnie de Jésus.
Appartiennent à cette paroisse les deux chapelles des confréries des Pénitents Blancs, la Sainte Croix, — confrérie la

�óo —
plus ancienne de Nice, — et des Pénitents Rouges, Saint Suaire
et de la Sainte Trinité ; l'Eglise du Couvent de là Visitation,
la chapelle de l'ancien séminaire, à la montée du Château, et
jadis l'Hospice franciscain avec chapelle de Saint Joseph des
P.P. Recollets de Cimiez, convertie en maison particulière.
L'Eglise du Gesù est d'ordre corinthien composite, cons truite sur le modèle de l'Eglise des Jésuites de Turin, dite
vulgairement les Saints Martyrs. ( 10.000 âmes).
A l'extrémité de la rue du Malonat, aux racines de l'ancien
château, on voit un oratoire à la Sainte Vierge Marie, sous le
titre de N. D. du Bon Secours. Les habitants de ce quartier érigèrent cet oratoire en l'honneur de la sainte Vierge, en reconnaissance du choléra en 1854.
III. — L'Eglise paroissiale de Saint Martin Evéque dite de
Saint-Augustin est la plus ancienne, elle fut bâtie sur l'emplacement de l'ancienne chapelle de Saint Martin (1205) et appelée
Saint-Augustin parce qu'elle était desservie par les Augustiniens
dont le couvent a été transformé en caserne. (Caserne Filley, près
l'ancienne chapelle Sincaire).
IV. — L'Eglise de Saint-Francois-de-Paule a été édifiée en
1736 d'après le plan de l'architecte
Guarini. En 1838
elle fut érigée en paroisse par décret de Mgr Galvano et appelée
aussi Saint-Dominique en souvenir de l'ancienne église paroissiale
de ce nom qui s'élevait sur la place Saint-Dominique aux lieux et
place de l'actuel Palais de Justice.
V*— L'Eglise du Port ou de l'Immaculée Conception. D'humble
origine. D'abord ce fut une fort modeste chapelle (1835), transformée agrandie par Mgr Galvano, et l'avocat théologue L. Mari
fut son premier curé..
VI. — L'Eglise Saint-Joseph nouvelle paroisse depuis 1911 la
première pierre fut posée le 19 mars 1911, bénie le 29 octobre et
ouverte au public le Ier novembre 1911 sous le patronage de Mgr
Chapon et dirigée par les soins de M. l'abbé Gabrielli.
A cette paroisse appartiennent la chapelle succursale de Saint
Joseph contigüe à l'Evêché, et la chapelle de Notre-Dame des
Anges sur l'ancienne route de Villefranche.
VIL — Saint-Roch. Cette église paroissiale dans la banlieue
de Nice fut érigée après la peste de r68r. Nice fut délivrée de ce
fléau par l'intercession de saint Roch, confesseur, né et mort à

�- Si Montpellier. La paroisse est divisée en deux quartiers, Roquebillière
inférieure et Roquebillière supérieure, jusqu'à la chapelle de NotreDame de Bon Voyage.
VIII. — Rive droite du Paillon, intra muros, se dresse Notre Dame du Vau, paroisse Saint-Jean-Baptiste, qui remplace l'an
cienne église du même nom devenue chapelle inférieure du Lycée.
Cette belle église, vœu delà ville de Nice en 1835, mt érigée en
1842 et terminée en 1852 par Mgr Galvano, évêque de Nice.
La façade ressemble à celle élevée à Turin en l'honneur du retour
du roi dans les états Sardes en 1814.
IX. — Saiiit-Pierre-d' Aréna remplace une chapelle située à la
Croix de Marbre. Elle fut érigée en paroisse en 1803 par Mgr
Colonna d'Istria. Elle doit son nom à ce fait, c'est que lors de sa
fondation elle se trouvait sur le rivage de la mer séparée par une
bordure de sable fin.
X. — Une ancienne chapelle de Sainte-Hélêne-l'Inspiratrice
existait dans ces parages. Elle fut remplacée en face la mer par
une église sous l'épiscopat de Mgr Recrosio (1727).
Six paroisses « extra muros » dépendent de la commune de
Nice.
Sainte-Marie Magdeleine, sise dans le vallon de Magnan, édifiée sur l'emplacement d'une chapelle de même nom, érigée en
1626 et dite vulgairement chapelle « dei cassaire » à cause du
grand nombre de chasseurs. Après le concordat de 1803 sous
l'épiscopat de Mgr Colonna d'Istria, ce quartier qui depuis 1771
dépendait pour le spirituel de la cathédrale fut érigé en paroisse.
Il existe encore aujourd'hui une chapelle de Notre-Dame du Bon
Conseil changée en demeure particulière . Bientôt le besoin de
la population augmentant, une église sera bâtie à la cité Robiony
par les soins du curé actuel de la Madeleine.
Plus à l'est de la ville, toujours dans le canton ouest ce
l'Arquet, se dresse la paroisse de l'Ariane dédiée primitivement à
saint Arnoux, évêque et à saint Pierre, apôtre. Elle fut érigée en
paroisse en 1809 sous l'épiscopat de Mgr Colonna d Istria. Dans
son ressort se trouve l'ancienne chapelle nécropole de l'Abbadie
fondée en 1635 en l'honneur de sainte Claire pour le besoin spirituel de 450 à 500 habitants qui appartiennent aux communes
de Nice, Cantaron Saint-André. Localité d'avenii et à laquelle
le chemin de fer Nice-Coni donnera une valeur stratégique.

�— 32 —
Gairaut avait au moyen-âge une chapelle de secours desservie
par les religieux chevaliers de l'ordre du temple au début, et par
la suite de Rhodes et de Malte. Sous l'épiscopat de Mgr François
Rosini de Martinengo la chapelle fut érigée en église paroissiale
sous le vocable de saint Sauveur o*u de la transfiguration du
Rédempteur.
Dès 1730 les P. Dominicains de Nice fondent à Saint Pancrace un sanatorium pour religieux martyrs avec chapelle en
l'honneur de Saint Pancrace martyr. Cette chapelle est érigée en
paroisse en 1848 par Mgr Galvano.
Sur le couchant de Saint-Pancrace on trouve la paroisse de
saint Roman . martyr ; l'ancienne chapelle fut érigée en paroisse
ainsi que celle de saint-Antoine de Ginestière en 1803 sous Mgr
Colonna d'Istria.
VALENT IN.

NOU VÉ
Tu Çatarina fai lou pan.
Mdumen de jota, d'alegressa,
Fes audi da toui lu couor :
Lu ange canton l'alegressa,
Fuges l'infer, Juges la mouorl.
Chntou !
L'aarika sabla, li a quaucaren aici vesin,
Sembla que senti li joia d'un festin ;
Audi lu tambourin de laen,
Lu Jlajoulet e li musela,
Lu pastre van à Bethelen
Laisson la cabana soaleta ;
Santo nuech, venes aléa nen ralegrà,
Pourtas à toui la pax et la tranquilità !
Tu Catarina fai lou pan,
Manda Lucrecia au safran,
Despende aléa lou lauvaniè,
Chapla la blea su lou taatié ;
Crala de froumai e roumpe d'iiu
E fai la iourta couma fou,
Ché n'aiguen toui en aboundança (bis)
Santa nuech, venes alèu nen ralegrà,
Pourtas à toui la pa.x e la tranquilità .'
En tant faguen etnb'au vesin
t ua santépér lou Bambin,
Toucan lou gotou de bouon vin,
Ernb'aa vesin pér lou Bambin
Ti-ri-tin-tin ! -tinTi-ri tin !

�— 3Î —

L'Expulsion de Mgr Valperga
fEN SEPTEMBRE

1792)

Le 12 octobre 1780 h population de Nice se pressait aux
abords de la porte Pairoliëre pour y recevoir en grandes pompes
le nouvel évêque Charles-Eugène Valperga di Maglione. Ce
prélat avait couché la veille selon l'usage antique à l'abbaye de
Saint-Pons et devait faire ce jour là son entrée solennelle dans
sa ville épiscopale.
Le cérémonial imposant avec lequel on avait reçu jusqu'alors
les évêques fut encore cette fois observé. L'accueil de la population entière fut des plus chaleureux au rapport de Pierre Scaliero
qui en fut témoin (1). Le nouvel évêque, qui remplaçait Monseigneur Astésan nommé archevêque d'Oristano en Sardaigne,
appartenait à une famille de vieille noblesse dont plusieurs membres avaient exercé, à Nice, des fonctions importantes (2). Il
(1) Voir aux Archives municipales le récit détaillé que ce chroniqueur en a laissé dans ses Mémoires. Pierre Scaliero mourut en 1805.
(2) Jacques Valperga, conseiller ducal, fut lieutenant du gouverneur de Nice en 1454 ; Thoma5 Valperga fut gouverneur du château de Nice en 1565 ; Jean Valperga fut également gouverneur de
Nice en 1596 ; Jérôme Valperga fut commandeur du château de
Nice en 1600 ; Pierre Valperga, frère de Jacques Valperga, était
chevalier de Malte (Arch. municipales, registre des gouverneurs,
commandants et chevaliers de Malte) ; Anne Valperga, fille dAmédée
Valperga, épousa, le commandeur de Malte Jean-Paul Lascaris.
(Voir son testament daté de 1683, arch. des Alpes-Maritimes,
registre B, 297.) Joseph Ignace de Valperga reçut de son oncle, Emmanuel Philibert Chiotera, mie partie du fief de Couaraze dont il fut
investi le 20 février 1753. Son fils, Vincent, céda ses droits à H. Novelli. Jérôme Valperga fut sénateur à Nice de 1761 à 1765, puis
ministre plénipotentiaire de Sardaigne à Gênes en 1780 ; plus tard
il fut ministre etsecrétaire d'Etat, ce dernier était le frère de l'évêque
de Nice et fils du comte François Valperga qui vivait encore en
1795Ees armoiries des Valperga étaient fascé d'or et de gueules, à
la plante de chanvre déracinée, d'argent et brochant. Le cimier
était un bouc naissant au naturel et la devise : « Ferme-toy ».
Nous reproduisons les armoiries de Monseigneur Valperga d'après celles qui se trouvent en tête du catéchisme édité par ses ordres
et dont nous devons le dessin à l'obligeance de M. Joseph Casai
(Extrait de 1' « Armoriai Artistique et Nrbiüaire », Ni.e, 1902.
3

�- 34était directeur du collège des Provinces à Turin, lorsque le roi
de Sardaigne le désigna, pour l'évêché de Nice. Il avait été sacré à
Rome où il avait fait ses études. Monseigneur Valperga se distingua immédiatement par sa vigilance et son activité : il releva
le niveau intellectuel et moral des prêtres de son diocèse et s'attacha à mettre en toutes choses la plus grande régularité. Dix-huit
mois après son installation, il publia un nouveau catéchisme
dont le plan avait été préparé par son prédécesseur ^i). Grâce à

ses relations cordiales avec la eour de Turin, il jouissait auprès
des autorités civiles de Nice d'une grande influence. Après douze
(1) Ce catéchisme en italien fut imprimé à Nice par la Société
Typographique. C'est un petit volume in-douze de 612 pages, portant
la date de 1783. En tête se trouve le mandement de Monseigneur
Valperga du 16 février 1782 qui approuve le travail terminé par
le prêtre auquel Monseigneur Astésan en avait confié le soin, ordonne
sa publication et règle l'organisation des catéchismes dans tout le
diocèse. Deux ans plus tard en 1785, Gabriel Floteront, imprima
un autre catéchisme rédigé en dialecte niçois, petit volume in-12
de 228 pages. Un exemplaire de ces deux ouvrages existe à la biblio
thèque de Nice. — Voir Villarey, Série Cronològica dei Vescovi
di Nizza. — Art. Valperga.

�-35 années de séjour dans cette dernière ville il s'était acquis l'estime
et le respect de tous.
*

• *

Lorsque le 28 septembre 1792 dans l'après-midi, les troupes
piémontaises évacuèrent Nice, il y eut dans cette ville une effroyable panique et des milliers d'habitants s'enfuirent dans la direction de Turin. Ce fut un désarroi et une désorganisation complète de toutes les autorités. iMonseigneur Valperga resta à son
poste et s'engagea à ne point quitter la ville. Le lendemain samedi
29 septembre, il accompagna le second consul Honoré Saissi et
quelques membres du Conseil qui se rendirent, vers les onze
heures du matin, à la villa Feraudi, au quartier St Hélène, pour
offrir les clefs de la cité au général d'Anselme qui venait d'y
arriver à la tête des troupes françaises. Le général fit à la délégation assez bon accueil, mais il s'étonna de trouver parmi ses membres, l'évêque dont la place déclara-t-il n était pas là. Du reste,
d'Anselme attacha si peu d'importance à la démarche îles magistrats niçois que dans aucune de ses dépêches officielles il n'en fit
mention.
Sur le soir du même jour, la petite armée française faisait son
entrée dans la ville et le général s'installait dans la maison du
consul de France à la place St Dominique. L'évêque de Nice qui
tenait à rester au milieu de ses diocésains se présenta de nouveau
vers les huit ou neuf heures du soir chez le général auquel il voulait recommander ses prêtres en lui demandant des respecter les
églises. Le général était entouré de tout son état-major, du consul
de France, Pierre Le Seurre, de Honoré Saissi, second consul, de
Féraudi, secrétaire général de la commune. Ces deux derniers
venus probablement pour appuyer les demandes de l'évêque.
L'accueil du général ne fut pas plus encourageant que la première fois ; il intima même avec insistance au prélat l'ordre de
quitter ta ville en ajoutant que le plus tôt serait le mieux et ce
fut sur ces dernières paroles que l'évêque se retira après avoir toutefois reçu du général la promesse que tout ce qu'il laisserait dans
son palais serait placé sous la sauvegarde de la Nation française.
Il n'y avait pas à tergiverser, l'ordre était formel et pressant, il
fallait partir. L'évêque prit ses dernières dispositious et délégua,
au curé de la cathédrale, le chanoine Honoré Navello, tous les
pouvoirs nécessaires pour administrer le diocèse en son absence.
Aux premières lueurs du jour, Valperga quitta son palais, et se

�— 36 dirigea à pied vers la porte Pairolière. Il avait été impossible de
trouver une voiture car tous les moyens de transport avaient été
réquisitionnés et utilisés le 28 septembre pour permettre l'exode
des habitants terrorisés. Il avait ordre de partir, mais cet ordre
n'ayant pas été donné par écrit, les volontaires marseillais, de garde
à la porte de Turin, refusèrent de le laisser passer, l'accablèrent
d'injures, le menacèrent même de le pendre et ne consentirent á
le lâcher que sur un ordre écrit, sollicité et obtenu du général,
grâce à l'intervention courageuse et au sang-froid d'un jeune
niçois, Joseph Castellinard. Monseigneur Valperga se retira à
Turin et y mourut en 1805 sans avoir jamais pu obtenir l'autorisation de rentrer.
*

* *

Il est établi par les documents officiels contemporains que
Monseigneur Valperga ne quitta son siège que sur les ordres arbitraires du général d'Anselme et ces mêmes documents nous
renseignent très exactement sur les incidents fâcheux qui se produisirent au départ de l'évêque. Du reste, on n'ignorait pas à Nice
comment les choses s'étaient passées et la population savait grê à
Valperga de son attitude et de sa fermeté. De son côté, Valperga
avait eu confiance dans la parole à lui donnée par le général au
nom de la Nation française et à plusieurs reprises il manifesta
son étonnement qu'elle n'ait pas été gardée, que ses biens aient
été confisqués, son mobilier vendu, son nom inscrit sur la liste
des émigrés alors qu'en partant il n'avait cédé qu'à la force.
Parmi les nombreux documents qui se trouvent soit aux archives de Nice, soit aux archives nationales il en est quelques-uns
dont la simple reproduction sera plus probante que tous les corn,
mentaires. Il_suffira de citer :
•i° La lettre du Directoire des Colons Marseillais en date du
25 février 1793, adressée aux citoyens Blanqui et Veillon, députés
extraordinaires de la ville de Nice à Paris, au sujet des réclamations présentées le 23 du même mois par Jean-Jacques Donny, au
nom de Mgr Valperga.
20 La réponse du même Directoire à J.-J. Donny, en date du
26 février 1793.
3„ L'arrêté du Département en date du 13 avril 1793.
40 La réclamation présentée au Directoire du département

�Valperga, aussitôt après son inscription sur la liste des émigrés de
la ville de Nice, dressée à la fin de juin 1793.
50 Les états de frais pour l'inventaire et la vente du mobilier
et effets de « l'émigré Valperga Maillone, citoyen évêque » approuvés par le département des Alpes-Maritimes, le 5 germinal an
III (25 mars 1795).
6° Les actes de notoriété dressés le Ier et 2me fructidor an III
(18 et 19 août 1795) par Gautier, juge de paix à Nice, à la requête de Pierre-Joseph Passeron, agissant en qualité de procureur
subrogé par Nicolas Giorni, procureur spécial et général de Mgr
Valperga, par acte de procuration reçu à Turin le 20 juillet 1795,
notaire Pierre-Joseph Bernochio.
70 La pétition adressée au district de Nice le 4 fructidor an III
(21 août 1795) par Pierre-Joseph Passeron, demandant la radiation du nom de Valperga sur la liste des émigrés.
8° L'avis du district de Nice en date du 5 vendémiaire an IV
(27 septembre 1795) déclarant que Mgr Valperga doit être rayé
de la liste des émigrés.
90 L'arrêté du département des Alpes-Maritimes, en date du
14 prairial an V (2 juin 1797) ordonnant la radiation provisoire
du nom de Valperga de la liste des émigrés.
io° L'acte de cautionnement dressé par le département le
11 fructidor an V (28 août 1797), à la requête de Pierre-Joseph
Passeron, procureur de Mgr Valperga en exécution d'une des
clauses de l'arrêté du 14 prairial an V (2 juin 1797).

�- 38 —

DOCUMENTS ET PIÈCES D'ARCHIVES

Pièce 1.

25 février 1793
Aux cit. Blanqui et Veillon
Une lettre du cit. Donny, associé du citoyen LeClerc, défunt président de l'ancienne administration
provisoire, dont vous avez ci-inclus l'extrait ( 1 ), nous
fait connaître que le cit. Valperga, évêque de Nice,
laissa avant son départ (ordonné à son retour par
Anselme) dans sa maison pour environ 34.000 livres,
argent monnayé, et environ pour 17.000 d'effets en
vaisselle, linge, batterie de cuisine etc.
Une portion de ces effets se trouvent encore dans
ladite maison, sous l'inventaire que nous en avons
fait dresser par les commissaires de l'une et l'autre
administration, lorsque nous avons été installés, mais
il s'en faut de beaucoup qu'elle puisse arriver à la
somme de 17.000 livres, pas même le tiers.
Quant à l'argent monnayé entré dans la caisse du
receveur de l'ancienne administration, nous n'y
voyons point la somme que ledit Evêque désigne
avoir laissé dans sa maison. Nous vous remettons cijoint un extrait de l'état des sommes' que le cit.
Bonnet a reçu en espèces, pendant toute sa gestion
de receveur et trouvées parmi les effets des émigrés
français et niçois.
Nous ne voulons rien préjuger sur l'assertion du
cit. Valperga, quoique nous ayons des indices frappants de vérité. Ce ne sera que lorsque nous aurons
pu les convertir en preuves par le témoignage de
quelques citoyens que nous nous procurerons, pour
pouvoir en demander la restitution et la poursuite
contre le pillage.
En attendant, noùs croyons devoir vous faire part
de cette découverte que nous allons communiquer au
Président de la Convention Nationale et au Ministre.
Arch. des A. M. Registre de la correspondance du
Directoire des Colons marseillais L. 5.
Cet extrait manque au registre ainsi que les autres pièces
énoncées dans celte lettre.

�-hLe 2érae février 1793.
Au citoyen Donny, négociant à Nice
Pièce 2.

Votre lettre du 23me de ce mois, citoyen, nous
demande des renseignements sur le temporel du
citoyen Valperga, Evêque de Nice. Nous allons vous
transmettre tous ceux qui sont à notre connaissance
L'administration provisoire en choisissant l'Evêché
pour le lieu de ses séances, vint s'y établir dans les
premiers jours d'octobre, et tout nous porte à croire
qu'elle ne fit aucun inventaire des effets qui s'y trouvaient, du moins nous n'en avons trouvé aucun dans
les papiers qu'elle nous a remis.
En succédant à cette administration provisoire,
uous avons cru que notre premier devoir était de faire
un inventaire de tout le mobilier renfermé dans la maison épiscopale. Nous y avons successivement procédé
en présence des administrateurs provisoires et à mesure qu'ils nous en remettaient les clefs. Tout le mobilier qui s'y trouvait, ne consistait guère qu'en
meubles meublants et ne nous paraît pas avoir la
valeur de 17 mille livres que l'Evêque lui donne.
Vous pourrez, si vous le jugez à propos, faire prendre
à notre secrétariat une copie de cet inventaire. Tout
ce. qui n'est point renfermé dans les appartements
que nous occupons au premier étage, a été laissé à la
garde de Jean Poma, ancien concierge de l'Evêque et
le nôtre.
Pour nous éclairer sur les 34.000 1. argent monnayé que l'Evêque doit avoir laissé en sa maison,
nous avons écrit au cit. Bonnet, receveur de l'administration provisoire, pour lui demander un état des
sommes en numéraires versées dans sa caisse, comme
ayant été saisies et trouvées parmi les effets des Emigrés français et niçois. L'état qu'il nous a remis ne
monte qu'à 74121. 16 s, et aucun article n'a du rapport
avec les réclamations du citoyen Valperga.
Quant à ce qui concerne personnellement le
citoyen, nous avons demandé au Ministre de l'Intérieur de vouloir bien nous dire la manière dont nous
devions l'envisager. Nous savons qu'un ordre arbi-

�— 40 —
traire de Danselme l'obligea de quitter Nice, le jour
de l'entrée des Français. Mais nous pensons aussi que
la proclamation des Commissaires de la Convention
nationale de France et le décret de celle de Nice,
concernant les Emigrés, étaient des motifs suffisants
pour le ramener à son poste et le rassurer sur les
suites de son retour. En persistant à prolonger son
absence, il s'expose à être traité comme émigré, à se
voir déclarer déchu de sa place et confisquer tous ses
biens. Telle est la disposition de la loi, et quoique
nous ayons consulté le ministre sur le cas particulier
de l'Evêque, nous prévoyons que sa réponse sera de
nous en tenir à la rigueur des lois, ainsi que plusieurs
instructions nous l'ont déjà annoncé.
Vous sentez, citoyens, que tout le mobilier de
l'Evêque doit rester séquestré jusqu'à son retour ou à
la décision du Ministre. Il peut être tranquille sur la
conservation de tout ce que nous avons trouvé en
entrant dans sa maison. Ce qui a pu en être enlevé
avant notre entrée en fonctions, est étranger à notre
gestion. Mais nous employerons tous les moyens qui
sont en notre pouvoir pour en trouver les traces, en
acquérir les preuves et en faire punir les coupables.
Les administrateurs, etc.
Archives des A.-M., Registre
suivants.

,L. 5,/°7i verso et

Lettre des commissaires de la Convention
Nationale et arrêté du Département des A. M.
Nice, le 9 Avril 1793, l'an 1 Ie de la Repu bublique Française.
« Vous voudrez bien, citoyens, en nous envoyant
les noms et prénoms de l'évêque de Nice, nous instruire officiellement d'après les "dispositions des lois,
s'il est censé démissionnaire et son siège vacant.
« Les Commissaires de la Convention Nationale
au département des A. M.
GRÉGOIRE, JAGOT (I)

(1)

Archives des A. M. L. 29 ancien. L

7

actuel.

�— 4i (i3 avril 1793)
Le Directoire ; vu la réquisition du citoyen Procureur Général sindic « Considérant que Charles Eugène Valperga, évêque de Nice, n'avait point quitté
son domicile lors de l'entrée des troupes de la République ; considérant qu'il a lui méme-accompagné les
consuls d'alors quand ils furent présenter les clefs
de la ville et inviter le général Anselme à venir en
prendre possession au nom de la République ; considérant que le général Anselme par ses ordres arbitraires et tiranniques, accompagnés même de menaces contre ses jours, l'ont forcé de s'éloigner ; arrête
qu'il ne peut le déclarer émigré, et qu'il sera répondu
aux Commissaires de la Convention nationale d'après
les principes ci-dessus.. »
Sign : PAUMÉ ; BARLI FABRI ; F. CASTKLIMARD ;
ANGLES ; BERNARDI, secrétaire général. (1)
pjj

ce

^

Aux citoyens composant le Directoire du
département des Alpes-Maritimes..
22 juillet 1793.
Citoyens,
Le citoyen Jean-Jacques Donny, soussigné, chargé
des intérêts du citoyen Valperga, évêque de Nice
absent, ayant été informé que par votre délibération
du 29 du mois passé, ledit citoyen Valperga avait été
déclaré émigré, vous représente avec tous les égards

(1) Archives des Alpes-Maritimes, Registre L,. 3, folio 101. L'Arrêté n'est pas signé par le procureur syndic Jean-François Tourre
ni par l'administrateur Jean-L,ouis de Villiers qui ne partageaient
point l'opinion de leurs collègues. A noter que Tourre était d'Antibes
et que de Viliers était un médecin français établi depuis longtemps
à Nice.
I/Arrêté fut pris malgré le réquisitoire de Tourre qui voulait
déclarer Monseigneur Valperga émigré et malgré un violent discours de Villiers soutenant la même thèse qui fut combattue par
Barli Fabri, par Castclinard et par Anglès. J'ai déjà publié in-extenso
cette délibération du 13 avril T793 au cours d'un article sur l'église
de Nice en 1792-1793 inséré dans Nice Historique du Ier avril 1903,
C'est pourquoi je reproduis ici simplement la lettre des
commissaires et l'arrêté du département.

�- 42 —
dûs au pouvoir dont l'exercice vous a été confié par
le peuple souverain que le citoyen Valperga ne peut
ni ne doit sous aucun rapport être considéré comme
émigré, par les motifs ci-après :
i° Qu'il est de notoriété publique qu'il n'a quitté
le pays que contre son gré et par ordre du général
Anselme :
2° Qu'il a constamment été disposé et a offert
de revenir dans son diocèse, moyennant qu'il ne fut
assujetti à prêter qu'un serment relatif au temporel et
non au spirituel.
3° Qu'enfin et par la raison que n'étant point
indigène, mais étranger, son séjour ici n'a été dé terminé que par sa nomination à l'épiscopat, événement casuel qui n'a jamais pu le soumettre à l'obligation de renoncer pour toujours à sa mère-patrie.
Tous ces motifs, soit qu'on les prenne collectivement ou séparément, démontrent suffisamment,
citoyens administrateurs, le droit incontestable, qu'a
le citoyen Valperga de demander et prétendre la
radiation de son nom du tableau des émigrés, et si
le ministre de l'Intérieur n'a fait aucune distinction
entre lui et les autres citoyens, c'est sans doute qu'il
a ignoré les circonstances qui vous sont exposées
ci-dessus, et notamment la dernière, car s'il les eût
toutes connues, il n'est nullement probable qu'il eût
décidé comme il l'a fait. Toute hypothèse contraire
serait une injure faite à ses sentiments et à ses lumières. Un homme tel que lui, dont les vertus civiques, le patriotisme et les talents l'ont appelé au
poste aussi honorable que pénible qu'il occupe, doit
ressembler autant que possible à la Nation pour
laquelle il agit et qui l'a honoré de sa confiance.
Cette nation est grande, généreuse, magnanime,
juste et bienfaisante.Elle ne peut qu'êtreextrêmement
jalouse de sa gloire, et l'un des principaux devoirs de
ses agents est d'éviter soigneusement d'en ternir
l'éclat.
Le refus qui serait fait de rayer de la liste des
Emigrés le nom du citoyen Valperga, refus qui entraînerait avec lui la confiscation des minces propriétés de ce citoyen, serait un acte qui imprimerait à

�-

43

-

jamais une tache ineffaçable à la gloire du nom français ; tache qui ne pourra manquer de frapper également les yeux des contemporains et ceux de la postérité ; tache enfin que les historiens ne manqueront
pas de faire ressortir par des couleurs enluminées, et
le bel effet qu'un pareil tableau produirait, citoyens
administrateurs, serait votre ouvrage.
Mais non, loin de nous, cette idée ! Vous êtes
républicains ! cela suffit. Les républicains sont vertueux. Ils aiment, chérissent, protègent, respectent
la vertu partout où elle se trouve. Et le citoyen Valperga aussi est un homme vertueux ! Qui en doute ?
Nul bon citoyen, nul honnête homme. Souvenezvous, citoyens administrateurs, que ce n'est que par
ses vertus qu'il a mérité l'amour et l'affection du
peuple Niçois et non par sa qualité d'évêque. Et plût
à Dieu que tous les ecclésiastiques lui eussent ressemblé ! La France n'eut point éprouvé d'aussi horribles secousses, pour asseoir, affermir et assurer sa
liberté.
La République a incontestablement le droit de
renvoyer hors de son sein tout individu qui ne lui
convient pas, mais en renvoyant ainsi un étranger
qui, d'ailleurs, n'a pas encouru la peine de la confiscation de ses biens, elle lui permet de les emporter ou
de les vendre et d'en emporter le produit. Tel est
précisément le cas du citoyen Valperga.
L'exposant demande en conséquence, citoyens
administrateurs, qu'il vous plaise prendre dans votre
sagesse une délibération tendante à rendre audit
citoyen Valperga sa qualité de citoyen français non
émigré, à lui accorder un délai compétent pour rentrer dans ce pays soit comme simple citoyen ou
comme fonctionnaire public et à lui assurer dans
tous les cas la restitution de ses propriétés par lui
laissées sous la sauvegarde de la loyauté française
dans la maison épiscopale, lors de sa retraite forcée,
ou la juste indemnité de leur valeur. Et sera justice.
Nice, le 22 juillet 1793, l'an second de la République française, une et indivisible.
Jean-Jacques DONNY.
l
ARCHIVES NATIONALESF/ 4.867 , dossier Valperga.

�- 44 Pièce 5.

Etat de frais de vente pour parvenir à l'inventaire
et vente des effets de l'émigré Valperga Maillone,
citoyen évêque :
5 germinal an III (25 mars 1795)
Pour une séance de trois commissaires dont un du
District et deux de la Commission municipale, fixée
à trois livres par séance par le Directoire du district
et approuvé par les Représentants du
Peuple
L.
9 »
Papier timbré tant de la minute que
des deux extraits
»12
Pour la copie desdits deux extraits . .
» 8
Droits d'enregistrement
13 10
31

2

Nous soussignés certifions le compte ci dessus véritable.
Signés : J.-B. Thomaty, comm. du dist. ; Savigny,
comm. munie. ; Mabil, comm. municip.
Frais de la vente :
Pour quatre séances de deux corn missaires dont un
du District, un de la Commis, mun. sans le membre
de l'administration fixées à trois livres par séance par
le Directoire du district et approuvé par les Représentants du Peuple .
L.
24 »
Au trompette pour publication de
quatre criées
5 »
Au crieur à la vente, quatre séances .
12 »
Aux portefaix qui ont travaillé au
transport des effets
40 »
Papier timbré tant de la minute que
de l'extrait
1 »
Bougie
3 »
Droits d'enregistrement
27 »
Papier timbré du petit état
» 4
A la femme qui a assisté à la vente
pour l'arrangement du linge
» 12
L.
Signés : J.-B. Thomaty, comm. du
district ; Savigny, comm. municip.

1

159 6

�Vu par nous, membres composant la Commission
Administrative du district et d'après l'arrêté du district, approuvé par les Représentants du Peuple et la
loi du il et 12 Mars, arrête l'état des frais ci-dessus
se montant à la somme de cent cinquante neuf livres
trente centimes, qui seront acquittés par le receveur
du droit d'Enregistrement lorsque le Département
aura vérifié ledit état.
Nice, le 29 ventôse an 3"" de la République française une et indivisible (19 mars 1795).
(Suivent les signatures).
Vu l'état des frais ci-dessus pour parvenir à l'inventaire et vente du mobilier de l'émigré Valperga
Maillone ci-devant évêque.
Vérifié et arrêté par le Directoire du district de
Nice, la Commission Administrative du département
des Alpes-Maritimes approuve ledit état et ordonne
au citoyen Maussier, receveur de l'enregistrement
cîudit district de payer aux citoyens J. B. Thomaty
et Savigny, comm. la somme de 159 livres et 30
centimes pour montant des frais pour inventaire et
vente des susdits effets de l'émigré, laquelle somme
lui sera allouée en compte.
Fait à Nice le 5 germinal an 3me républicain ( 25
mars 1795).
Etat des frais pour parvenir d la vente du mobilier de
l'émigré Charles Eugène Valperga Maillone, citoyen
évêque.
Pour trente-neuf séances de trois commissaires
dont un du District et deux de la Commission municipale, fixé à trois livres par séance par le Directoire
du district et approuvé par les Représentants du
peuple
L.
351 »
A deux portefaix, dix-neuf journées et
demi chaque fixées à cinq livres par jour.
195 »
Au trompette pour publication de
trente-neuf criées fixées à une livre cinq
sols chaque
48 r 5
Au crieur à la vente, trente-neuf séan
ces fixées á trois-livres par séance ....
117 »

711 1$

�- 4* Report
Papier timbré tant de la minute que
de l'expédition
Pour copie dudit extrait fixé à quatre
livres
Papier timbré du présent état ....
Bougie
Droit d'enregistrement
Plus deux autres journées de portefaix à cinq livres
Un paquet de plume
L.

148
4
6
421

»
4
»
»

20
5

»
»

1.182

7

Nous soussignés certifions le compte ci-dessus,
véritable.
Nice, le Ier ventôse an 3me de la République (19
février 1795).
Signés : J.-B. Thomaty, commissaire du district ;
Savigny, comm. ; Honoré Mabil, comm. municipal.
Vu par nous, membres composant la Commission Administrative, de ce District, et d'après la loi
du 11 et 12 Mars 1793 (v. s.) et l'arrêté de cette
Commission approuvé par les Représentants en date
1^ Fructidor, oui l'agent national, arrête l'état des
frais se montant à onze cent huitante deux livres et
trente cinq centimes qui seront acquittés par le
receveur de l'agence de l'enregistrement sur le produit de la vente desdits meubles, lorsque le Département aura vérifié ledit état.
Nice le 29 ventôse an 3me de la République
française une et indivisible (19 mars 1795).
(Suivent les signatures).
Vu l'état des frais ci-dessus pour parvenir à la
vente du mobilier de l'Emigré Valperga Maillone cydevant évêque.
Vérifié et arrêté par le Directoire du district de
Nice.
La Commission administrative du département
des Alpes-Maritimes, approuve ledit état et ordonne

�— if au citoyen Maussier, receveur de Penregistrement
dudit district de payer aux citoyens J.-B. Thomati,
Savigni et Honoré Mabil, commissaires, la somme de
mille cent quatre vingt deux livres trente cinq centimes pour montant des frais de la vente des susdits
effets de l'Emigré. Laquelle somme lui sera allouée
en compte.
Fait â Nice le 5 germinal an 3me républicain (25
mars 1795).
Arch. des A. M. L. 15 ancien p. 44-45 N° 34-35

Actes de Notoriété
Pièçe g

1-2-fructidor an III
18-19 août 1795
EGALITÉ, LIBERTÉ

AU NOM DE LA LOI
Ce jourd'hui, premier Fructidor, l'an troisième
(18 août 1795 de la République française, une et indivisible, à Nice, chef-lieu du département des AlpesMaritimes, par devant Nous, Antoine Gautier Juge de
paix de la Ier, 2m" et 3me section et officier de police,
est comparu le citoyen Pierre Joseph Passeron, natit
tic la commune de Contes et habitant en celle de Nice
depuis plusieurs années.
Lequel en sa qualité de procureur du citoyen
Charles Eugène Valperga de Maillone, évêque de Nice,
subrogé par le citoyen Nicolo Giorni, homme de loi,
procureur spécial et général établi (par acte reçu) par
le notaire Pierre Joseph de Bernochio, le 20 Juillet
dernier (v. s.) qu'il présente, légalisé par le résidant
de la République de Gênes auprès de la Cour de Turin, dont il résulte le pouvoir donné au citoyen Giorni, de subroger en son lieu et place, avec tous les
pouvoirs compris au dit acte, et il présente au surplus l'acte de sa dite subrogation faite par le même
citoyen Giorni, reçu en la ville de Gênes le premier

�- 48 du mois d'août dernier (v. s.) par le notaire Antoine
Baglietto, légalisée par le consul de la République
française.
Il expose que le vingt neuvième jour de septembre
de l'année 1792, l'armée de la République, étant arrivée en cette ville, commandée en chef par le citoyen
général d'Anselme, lorsque ce général, vers le soir,
fut arrivé et il eut pris son logement dans la maison
habitée par le ci-devant consul de la République Le
Seurre, ledit citoyen Evêque Charles Eugène Valperga de Maillone s'y étant présenté, ledit général d'Anselme, en présence de tout son Etat-Major, lui signifia
d'abord de devoir partir de cette ville. Sur quoi le
dit évêque ayant répondu qu'il avait cru de pouvoir
continuer sa résidence en cette ville et tellement l'avait cru, qu'il n'avait jamais pensé de distraire et en
faire partir le moindre de ses meubles et effets, qu'il
avait dans la maison d'habitation de l'tvêque et que
si absolument il lui ordonnait de partir, il le priait de
lui accorder la sauvegarde sur tous lesdits effets et
meubles. Le dit général d'Anselme lui répliqua qu'il
dut absolument partir de cette ville, en ajoutant que
le plus tôt en serait le mieux, et qu'à l'égard de ses
meubles et effets qu'il avait, il les mettait dès ce ino
ment sous la sauvegarde et loyauté de la Nation française et qu'il pouvait en être tranquille, après quoi ledit
évêque Valperga de Maillone, tout tremblant, ayant
dit qu'il allait se conformer dès le lendemain au matin à ses ordres, se retira ; ledit général d'Anselme
lui ayant encore répliqué : le plus tôt sera le mieux.
Et comme il importe audit citoyen évêque Valperga de Maillone de constater le fait ci-dessus expo"sé, suivi en présence de tout l'Etat-Major dudit général d'Anselme et de plusieurs citoyens de cette commune, l'exposant, en sa dite qualité vous présente les
citoyens Pierre Le Seurre, ci-dessus nommé, ci-devant
consul en cette ville de la République, le citoyen Honoré Saissi de cette commune qui pour lors était second consul de la même commune, le citoyen Philippe Emmanuel Féraudi qui pour lors était secrétaire de
Ìa même commune et le citoyen Ange Giraudi aussi

�- 49 de cette commune, pour recevoir leurs dépositions
sur ledit exposé et vous fait instance que de tout lui
soit concédé acte, ce que nous lui avons accordé, et a
signé.
PIERRE JOSEPH PASSERON.

Et de suite se sont présenté les susnommés
citoyen Le Seurre, natif de Craon, âgé de 75
ans, bourgeois, le citoyen Saissi, âgé de 70 ans,
négociant, Emmanuel Feraudi, âgé de 68 ans, notaire, Ange Giraudi, âgé de 63 ans, négociant,
natifs et domiciliés dans cette commune, auxquels
après avoir fait lecture dudit exposé fait par ledit citoyen Pierre Joseph Passeron, en sa dite qualité, les
avons interpellés sur serment que leur avons fait prêter, conformément à la loi, de nous dire en leur âme
et conscience si tous les faits énoncés dans le même
exposé sont de leur connaissance et tous les quatre ont
répondu et attesté tant uniment que séparément en
être pleinement informés, s'y étant trouvés présents,
et que le tout contient la vérité, toute la vérité et
rien que la vérité. En foi de quoi ils ont signé :
LE SEURRE, HOSORI'J
SAISSI, PHILIPPE EMMANUEL FÉRAUDI,
ANGE

GIRAUDI.

Et nous, juge de paix, vu les dépositions ci-dessus, avons de tout concédé acte au susnommé citoyen
Pierre Joseph Passeron en sa dite qualité, pour lui
servir et valoir dans tous les cas, à ce que de droit et
de raison. Fait à Nice, l'an et le jour que dessus.
GAUTIER, juge de paix.
BONIFACI, sec. greffier.
Vu par nous, membres du District de Nice, 3 vendémiaire an IV rép. 25 sep. 1795, TOSELLI, JN COPPON
fils, VÉRANI pr. syndic, SAYTOUR Martin.

�— 5o —
EGALITÉ, LIBERTÉ.

AU NOM DE LA LOI
Ce jourd'hui. second jour de Fructidor de l'an 3
août 1795) de la République française une et indivisible, à Nice, chef-lieu du département des AlpesMaritimes, par devant nous, Antoine Gautier, juge de
paix de la iere, 2M* et 3ME section et officier de police,
est comparu le citoyen Pierre Joseph Passeron : natif
de la commune de Contes et habitant en celle de Nice
depuis plusieurs années
Lequel en sa qualité de procureur du citoyen
Charles Eugène Valperga de Maillone, évêque de
Nice, subrogé par le citoyen Nicolo Giorni, homme
de loi, procureur spécial et général établi (par acte
reçu) par le notaire Pierre Joseph de Bernochio, le 20
Juillet dernier (v. s.) qu'il présente, légalisé par le résidant de la République de Gênes auprès de la Cour de
Turin, dont il résulte le pouvoir donné au citoyen
Giorni, de subroger en son lieu et place, avec tous les
pouvoirs compris audit acte, et il présente au surplus
l'acte de sa dite subrogation faite par le même citoyen
Giorni, reçu en la ville de Gênes le premier du mois
d'août dernier (v. s.) par le notaire Antoine Baglietto,
légalisée par le consul de la République française.
Expose : Primo, que le matin du trente septembre 1792, le citoyen Charles Eugène Valperga de
Maillone, évêque de Nice, en partant de cette ville
avec deux domestiques à sa suite, qui portaient un
paquet et quelques effets, fut arrêté à la porte qui conduit en Piémont, ci-devant nommée porte Victoire,
et conduit au vestibule de la maison presque attenante
à ladite porte, appartenant au citoyen Dominique
Castellinard, où se trouva le citoyen Joseph Castellinard, fils dudit Dominique, et malgré que ledit Evêque Valperga déclara aux soldats de la Garde de la
dite porte qui étaient des Marseillais, que c'était en
conséquence d'ordre qui lui avait été signifié par le
citoyen général d'Anselme qu'il partait de cette ville,
lesdits soldats commencèrent par le malmener et lui
(19

�signifier qu'ils voulaient le pendre et ayant ouvert
ledit paquet et y ayant trouvé entre autres effets, une
ceinture d'évêque, ils déterminèrent, à l'instant, de le
pendre avec ladite ceinture, et ayant essayé si la même
était assez forte pour le soutenir, en la préparant, elle
se fit en lambeaux, de façon qu'ils vérifièrent qu'elle
ne pouvait leur servir et demandèrent audit Joseph
Castellinard fils une corde, pour pendre ledit évêque,
à un grand anneau de fer qui était au plafond dudit
vestibule, servant â y passer une verge de fer pour
peser les marchandises, et ledit citoyen Castellinard
fils, leur ayant absolument refusé de leur donner de la
corde, en s'excusant qu'il n'en avait point, comme
dans tous ces entrefaits ledit évêque se trouve mal et
ne peut plus se soutenir, ledit Castellinard fils lui fit
apporter une chaise, par sa servante à qui quelques
uns de ces soldats donnèrent des coups de poing pour
avoir porté ladite chaise et le même Castellinard le
fit ensuite asseoir sur ladite chaise, en le soutenant,
parce qu'il ne pouvait se soutenir droit ; d'autant plus
qu'en attendant, lesdits soldats marseillais lui disaient mille exécrations, lui crachaient dessus et lui
donnaient des soufflets, et assurément ils l'auraient
fini, si dans cet intervalle un de ses domestiques
n'avait été dire au citoyen général d'Anselme ce qui
venait d'arriver, et ledit domestique étant venu avec
un billet dudit général d'Anselme qui ordonnait à la
garde de le laisser partir, puisque c'était de son ordre,
en conséquence de ce billet lesdits soldats marseillais
se bornèrent pour lors à lui dire et crier mille invectives et injures et le laissèrent partir, ce que ledit
évêque, malgré qu'il ne pût se remuer, à l'aide de ses
domestiques fit au mieux possible en tremblant, de
façon qu'il doit son existence au refus ferme et déterminé que ledit citoyen Castellinard fils leur fit de
leur donner une corde, sans quoi avant l'arrivée du
dit domestique portant l'Ordre du général d'Anselme, il aurait été pendu et étranglé.
Secondoque lefaitci-dessusfut d'abord public et notoire, de notoriété publique dans cette ville et encore
plui le lendemain premier octobre, puisque les autres

»

�— 52 —

soldats de la Phalange Marseillaise, arrivés sur le soir
dudit jour trente septembre, d'abord après leur arrivée
cherchèrent l'évêque qu'ils voulaient le lanterner et
mettre en pièces, comme ils s'expliquèrent hautement,
ce qui joint au fait arrivé dans ledit vestibule de la
maison Castellinard, étant devenu d'une notoriété publique donna l'épouvante à tous les gens honnêtes du
pays, qui disaient que le citoyen général d'Anselme en
ordonnant audit évêque de partir, en mettant sous la
sauvegarde de la Nation française ses meubles et ses
effets, avait voulu le sauver.
Et comme il importe audit citoyen Passeron, exposant en sa dite qualité, de constater par témoins le
fait ci-dessus exposé, il nous présente ledit citoyen
Joseph Castellinard fils de Dominique de cette commune, âgé de 21 ans, de profession, négociant, qui se
trouva présent au fait énoncé dans le Ier article de l'exposé ci-dessus, et au surplus informé de la notoriété
des faits énoncés au second et dernier chef, de ladite
exposition et il nous présente les citoyens Jean-Jacques Donny, natif de Neufchâtel en Suisse, âgé de 39
ans, de profession, négociant ; Joseph Poullan, natif
de Clavesana, en Piémont, âge de 48 ans, négociant ;
Jacques Gerbin, âgé de 60 ans, tailleur, Jean-Marie
Thaon, âgé de 56 ans, négociant, natifs et tous domiciliés en cette commune pour déposer sur ladite
notoriété énoncée dans ledit second fait exposé, pour
recevoir leurs dépositions, et nous fait instance que de
tout lui soit concédé acte, ce que nous lui avons accordé et a signé.
Pierre-Joseph PASSERON .
Et de suite se sont présentés les susnommés citoyens Joseph Castellinard, Jean-Jacques Donny, Joseph Poullan, Jacques Gerbin, et Jean-Marie Thaon,
ci-dessus qualifiés, auxquels après avoir fait lecture
dudit exposé fait par ledit citoyen Passeron, en sa
dite quálité, les avons interpellés sur serment, que
leur avons fait prêter, conformément à la loi, de nous
dire en leur âme et conscience, si tous les faits énoncés dans le même exposé sont de leur connaissance,

�- 53 et ledit citoyen Joseph Castellinard a répondu et
attesté en être pleinement informé pour avoir été
présent au fait exposé dans le i" article de ladite exposition, et pour avoir publiquement entendu dire les
faits énoncés dans le second chef qui était en cette
ville notoire de notoriété publique et lesdits citoyens
Jean-Jacques Donny, Joseph Poullan, Jacques Gerbin,
Jean-Marie Thaon, ont répondu et attesté tant uniment que séparément être pleinement informés de
l'énoncé dans le second chef de ladite exposition,
puisque les faits y énoncés étaient notoires, de notoriété publique en cette ville, et tous lesdits citoyens
ont respectivement attesté pour ce qui les concerne
que tout contient la vérité, toute la vérité et rien que
la vérité. En foi de quoi ils ont signé : Joseph Castellinard fils,Jean-Jacques Donny, Joseph Poullan, Jacques
Gerbin, Jean-Marie Thaon.
Et nous, Juge de paix, vu les dépositions ci-dessus,
avons de tout concédé acte au susnommé Pierre Joseph Passeron en sa dite qualité pour lui servir et valoir dans tous les cas, à ce que de droit et de raison.
Fait à Nice l'an et jour que dessus.
GAUTIER,
BONIFACI,

juge de paix.
sec. gref.

Vu par nous, membres Du district de Nice, le 3
vendémiaire anIV rep. (25 sept. 1795).
Jn. COPPON fils, VÉRANi, pr. syndic, TOSELLI, Saytour
MARTIN.

Arch. Nat. F

7

4867 *

�54 -

PÉTITION au DISTRICT de NICE
et AVIS de ce DISTRICT
ÉGALITÉ,

LIBERTÉ

5 vendémiaire
27 septembre 1795 an IV
AUX

CITOYENS ADMINISTRATEURS
DU DISTRICT DE NICE

Le citoyen Pierre Joseph Passeron, natif de la
commune de Contes, habitant en celle de Nice depuis plusieurs années.
Vous expose en qualité de procureur du citoyen
Charles-Eugène Valperga de Maillone, évêque de
Nice, subrogé par le citoyen Nicolo Giorni, homme
de loi, son procureur spécial et général fondé par acte
reçu dans la ville de Turin par le notaire PierreJoseph de Bernochio, le 20 juillet dernier (v. s) légalisée par le résident de la République de Gênes, près
la Cour de Turin, duquel il résulte le pouvoir donné
audit citoyen Giorni de subroger en son lieu et place
avec tous les pouvoirs compris dans le même acte,
qui se trouve copié mot pour mot dans celui de la
subrogation faite par le même citoyen Giorni, reçu
en la ville de Gênes le Ier du mois d'août dernier
(v. s* par le notaire Antoine Baglietto, légalisée par
le consul de la République française, le 13 Thermidor dernier (3 1 Juillet 1795), qu'il vous exhibe qu'étant arrivé dans cette ville le vingt-neuvième jour
du mois de septembre de l'année 1792, l'armée de la
République française, commandée par le citoyen général en chef d'Anselme lorsque celui-ci y fut arrivé
le soir et eut pris son logement dans la maison d'habitation du citoyen ci-devant consul de la République
Le Seurre, ledit évêque Charles-Eugène Valperga de
Maillone, s'étant présenté, le même général d'Anselme
lui signifia d'abord en présence de son Etat-Major de
partir de cette ville, sur quoi ledit évêque lui répondit qu'il avait cru pouvoir continuer sa demeure dans
cette ville et qu'à cet effet il n'avait jamais pensé de

Pièces 7 et 8

�- 55 distraire, ni faire partir le moindre de ses meubles et
effets qu'il avait dans la maison d'habitation de
l'évêque, que si absolument il lui ordonnait de partir,
il le priait de lui accorder la sauvegarde pour tous ses
dits effets et meubles, ledit général d'Anselme lui
répliqua : Le plus tôt sera le mieux, ce qui tout est
constaté par les attestations ci-jointes du premier et
second jour de fructidor dernier qu'il vous présente
également.
Qu'il résulte aussi par lesdites attestations, que
ledit évêque Valperga de Maillone fut forcé par ledit
général d'Anselme de partir de cette ville que tous
ses meubles et effets fussent mis sous la sauvegarde de
la Nation française et qu'étant parti le lendemain 30
dit septembre, il risqu'à d'être pendu ef étranglé paties soldats de la Phalange Marseillaise qui se trouvaient de garde à la porte ci-devant dite Victoire, ce
que tout fut d'abord notoire et de notoriété publique
dans cette ville.
Vous observe que ledit évêque Valperga est natif
du Piémont où il se retira et que s'il a résidé dans
cette ville, ce n'a été que pour raison de son ministère, que tout cela nonobstant il a été porté sur la liste
des émigrés, a été vendu la plus grande partie de ses
meubles et effets, et cela même nonobstant la préalable réclamation que le citoyen Jean-Jacques Donni,
chargé des intérêts dudit évêque avait fait à l'ancien
département par sa pétition du 22 juillet 1793 (v. s)
qui existe dans les Archives de ce district, résultant
ainsi que tout cela a été fait et opéré contre le droit des
gens et la sauvegarde de la loyauté française qui fut
promis audit évêque.
En conséquence, l'exposant demande en sa dite
qualité de procureur dudit citoyen évêque CharlesEugène Valperga de Maillone la radiation de son
nom de la liste des émigrés, la levée des scellés, la
restitution de ses propriétés et l'indemnité de celles
qui ont été distraites et vendues au nom de la Nation,
et sera justice.
(21 août 1795).

�- 56 Nice le 4me jour de Fructidor de l'an 3me de la
République française une et indivisible.
Signé : Pierre-Joseph PASSERON.
Vu la pétition ci-dessus du citoyen Pierre-Joseph
Passeron présentée au nom et comme procureur subs
titué du ci-devant évêque de Nice, Charles-Eugène
Valperga tendante à obtenir la radiation de son nom
de la liste des émigrés, la levée du séquestre et remission de ses effets restant ainsi que l'indemnité de
ceux qui ont été distraits ou vendus.
Vu une première pétition présentée à l'ancienne
administration du département par le citoyen JeanJacques Donni, au nom du citoyen Valperga en date
du 22 juillet 1793 tendante aux mêmes fins.
Vu la procuration en date du premier août 1793
(V. s.) faite à Gênes, par devant le notaire public Antoine Baglietti, légalisée par le Consul de la République française y résidant, ainsi que l'acte de procuration y inséré, en date du 20 Juillet 1795.
Vu l'attestation de quatre témoins faite avec serment par devant le juge de paix de la 1", 2"", 3me section de cette commune, en date du 1" Fructidor dernier '18 août 1795).
Vu autre attestation de cinq témoins faite par
devant le susdit Juge de paix, le 2 dit fructidor, aussi
sous serment.
Considérant que par la première des 2 attestations il est pleinement prouvé que le vingt-neuvième
septembre 1792, aussitôt après l'entrée de l'armée
française dans cette commune, le sus-nommé évêque
Valperga s'étant présenté au général d'Anselme qui
la commandait en chef, celui- ci lui ordonna d'abord
en présence desdits témoins et de tout l'Etat-Major.
u'il n'avait qu'à partir de la ville, et malgré que le
it évêque lui observa qu'il avait cru de pouvoir y
rester tranquillement et qu'à cet effet il n'avait fait
partir aucun de ses effets et meubles, le général lui
répliqua de partir absolument de la ville, en ajoutant
que le plus tôt serait le mieux, l'ayant assuré qu'à

a

�-5;l'égard de ses meubles et effets de sa maison, il les
mettait dès ce moment sous la sauvegarde et loyauté
de la Nation française et qu'il pouvait en être tranquille.
Considérant qu'il résulte par lesdites attestations,
et il est prouvé que l'évêque Valperga, d'après les
ordres précis et réitérés du général d'Anselme, partit
le lendemain 30 septembre de cette ville.
Considérant que par la susdite attestation du deux
Fructidor il résulte que l'évêque Valperga, au moment de son départ de cette commune, ayant été arrêté à la porte qui conduit au Piémont, par les soldats
qui y étaient de garde, lesquels tentèrent de le pendre,
il évita la mort par les soins du citoyen Joseph Castellinard, un des déposants, et il ne fut laissé libre que
d'après un billet du général d'Anselme, qui ordonnait à ladite garde de le laisser partir, puisqu'il s'en
allait de son ordre
Considérant que tous ces faits sont devenus de notoriété publique dans cette commune, dès le même
jour 30 septembre et Ier octobre suivant, ainsi que
quatre témoins l'ont attesté.
Considérant que le citoyen Valperga ne s'est absenté de cette commune et ci-devant Comté de Nice
que d'après les ordres du général d'Anselme auquel il
témoigna son regret.
Considérant que le départ du citoyen Valperga
ayant été forcé il ne peut pas être qualifié d'émigration.
Considérant que son intention de rester dans cette
commune est d'autant plus constatée, que le citoyen
Valperga a été le seul fonctionnaire public, il soit
resté à son poste, n'ayant soustrait aucun des meubles
et effets de sa maison, lesquels ont été ensuite distraits
et vendus par la Nation.
Considérant que le citoyen Valperga ne peut être
non plus considéré comme réfractaire aux lois de la
République, tandis qu'à l'époque de son départ de cette
commune, aucune loi de la République, surtout à
l'égard des ecclésiastiques, n'y avait été encore publiée
à laquelle eut pu contrevenir.

�— 58 —
Considérant que le citoyen Valperga ne pouvant
être considéré ni comme émigré, ni comme réfractaire, ne pouvait être privé de ses propriétés laissées
dans cette commune lors de son départ, sous la sauvegarde de la loi et de la Nation française qui lui fut
accordée par le général d'Anselme, et qui étant digne
de la loyauté de cette Nation, ne pouvait être violée
sans blesser le droit des gens.
Considérant au surplus, que le citoyen Valperga,
originaire piémontais, ne faisait sa résidence à Nice,
qu'à raison de son épiscopat, ce qui ne donne qu'une
résidence easuelle, et que sous tous les rapports, il
n'a cessé d'être étranger à l'égard du pays de Nice et
de la France.
Considérant que l'article 6, section deux, N° 2 de
la Loi du 25 Brumaire (15 novembre 1794) en déclarant émigrés les citoyens domiciliés dans le cidevant comté de Nice, qui sont sortis depuis le 27
septembre 1792, n'a point porté atteinte au droit des
gens dans la personne de l'étranger, qui se trouvait
dans ce même pays, où il n'aurait pas établi son vrai
domicile.
Considérant que le citoyen Valperga, qui avait été
forcé par le gouvernement de partir de Nice, n'a dû
plus y revenir dans le terme même prescrit par les
lois aux citoyens de la ci-devant Comté de Nice,
puisqu'il ne devait point imaginer qu'il fut compris
dans l'invitation, malgré qu'il ait été porté sur la
liste des émigrés.
Considérant que ce nonobstant, lorsqu'il sut qu'il
avait été porté sur la liste des émigrés de cette commune, s'est empressé de présenter sadite pétition
du 22 Juillet 1793 dans laquelle il demanda non seulement la radiation de son nom de ladite liste, mais
encore un délai convenable pour rentrer dans cette
commune, soit comme simple citoyen, ou comme
fonctionnaire public, ainsi que la restitution de ses
propriétés par lui laissées sous la sauvegarde de la
loyauté française dans la maison êpiscopale lors de sa
retraite forcée, ou une juste indemnité de leur valeur.

�- 59 Considérant finalement que,d'après toutes les circonstances sus-ênoncèes, aucune loi concernant les
émigrés ne peut être applicable au citoyen Valperga,
et que toutes celles qui pourraient le regarder relatives au séquestre des biens appartenant aux habitants
des pays en guerre avec la République française ont
été rapportées par le décret du 14 Ventôse dernier
(4 mars 1795). •
Le Directoire du district de Nice, oui le procureur syndic, est d'avis que le citoyen Charles-Eugène
Valperga ci-devant évêque de Nice ne doit point être
considéré émigré.
Qu'il doit être rayé de la liste des émigrés, que le
séquestre apposé sur ses propriétés doit être levé, qu'il
doit être réintégré dans la possession et jouissance
d'iceux, que tous receveurs ou dépositaires doivent
lui restituer les sommes qu'ils ont perçues, résultant
du produit desdites propriétés et qu'il doit recevoir
la juste indemnité des meubles et effets qui seraient
passés au profit de la Nation.
Fait à Nice, dans la salle des séances le 5me Vendémiaire an 4me républicain (27 sept. 1795). Signé
Saytour Martin. Verani,
procureur syndic, Angles v. prés.
Touzelly. Jn Coppon fils.
Enregistré au feuil. 20 registre des prévenus
d'émigration et signé BARRAIA, commis greffier.
Certifié conforme par nous Ve président et secrétaire du district Jn COPPON Fils V,-PRÉSIDENT
BARRAIA Cis greffier.
A rch. Nat. F 7 4867

2

�— 6o —

Pièce 9.

LIBERTÉ (vignette) ÉGALITÉ
BUREAU DES
ÉMIGRÉS

Extrait des registres des délibérations et arrêtés de
l'Administration Centrale du département des Alpes Maritimes.
(2

juin 1797)

Séance du quatorze Prairial an 5mf de
la République française une et indivisible.
Sur le rapport d-e la pétition présentée par le
citoyen Pierre Joseph Passeron, procureur fondé de
Monsieur Charles Valperga, ci-devant évêque de
Nice, dans laquelle il expose que ledit Charles Valperga n'a jamais dû être atteint des lois relatives à
l'émigration, soit qu'on le considère comme parti en
suite d'une force majeure, soit en sa qualité de piémontais et demande en conséquence la radiation de
son nom de la liste des Emigrés, sa réintégration
dans la possession et jouissance de ses propriétés et
une juste indemnité, des meubles et effets qui sont
passés au profit de la République.
L'Administration Centrale du département des
Alpes-Maritimes, considérant que M. Charles Valperga, comme piémontais, n'habitant Nice que pour
cause de son emploi, n'aurait jamais dû être porté
sur la liste des émigrés du département.
Que le seul motif qui a pu déterminer le général
d'Anselme à lui ordonner de partir de la ville de
Nice, ne peut avoir été que la susdite qualité de
piémontais.
Considérant enfin, que comme sujet du roi de
Sardaigne, il est dans le cas de jouir de l'article i,r
de la loi du quatorze nivôse an troisième, (} janvier
1795), ainsi que de l'article neuf de la loi du trente
Floréal an quatrième, (19 mai 1796).
Arrête, oui le commissaire du Directoire Exécutif
que le nom de Valperga, ci-devant évêque de Nice,
qui se trouve inscrit sur la liste des émigrés, sera

�— 6i —

provisoirement rayé ; que tout séquestre qui pourrait
avoir été mis sur ses biens sera levé, qu'il sera réintégré dans la possession et jouissance de ses propriétés,
et que toutes les sommes versées dans les caisses publiques, lui seront rendues, déduction faite des frais
faits conformément aux lois.
Fait et arrêté* en séance publique le jour, mois et
an que dessus.
Signé : Donny, président Payani, fils, Scudéry,
Oberti, Hancy (et en marge Gastaud commissaire
du Directoire Exécutif).
Certifié conforme à l'original par nous président
et secrétaire de l'Administration centrale du départemeni des Alpes-Maritimes.
DONNY, président
BELMONDI, sec. chef au bureau des émigrés.
Arch. Nat. F 7 4867 2

ACTE DE CAUTIONNEMENT
Pièce 10.

11 fructidor anV (2&amp; août 1797)
LIBERTÉ ÉGALITÉ
Ce jourdTiui 11 fructidor an 5 de la République
française une et indivisible (28 août 1797) par devant nous, membres composant l'Administration
centrale du département des Alpes-Maritimes, est
comparu le citoyen Joseph Passeron, natif de Contes,
chef-lieu de canton, domicilié dans cette commune,
procureur fondé de Monsieur Charles Valperga, cidevant évêque de Nice, en vertu d'acte de procuration du 20 juillet et premier août 1795 (v. s.) lequel
en sadite qualité, dépendamment à l'arrêté de cette
administration du quatorze prairial an cinq (2 juin
1797) portant que le nom de Valperga, ci-devant
évêque de Nice, sera provisoirement rayé de la liste
des émigrés, que tout séquestre qui pourrait avoir
été mis sur ses biens sera levé, qu'il sera réintégré
dans la possession et jouissance de ses propriétés, et

�— 62 —

que toutes les sommes versées dans les caisses publiques lui seront rendues, déduction faite des frais
faits, conformément aux lois, désirant de se conformer au porté par l'article 3 de la loi du 5 Brumaire
an 3 (26 octobre 1794) qui exprime que les prévenus
d'émigration seront tenus de donner caution solvable de la valeur mobilier, et ne pourront obtenir
leurs immeubles jusqu'à ce qu'il ait été définitivement statué sur leurs réclamations par qui de droit,
toujours en sa dite qualité a présenté pour caution le
citoyen François Grosson, marchand drapier de cette
commune, lequel ici prése.it et acceptant, s'oblige
conjointement et solidairement avec ledit Valperga
et pour celui-ci ledit Joseph Passeron, et sous l'hypothèque de tous leurs frens présents et à venir, à l'entière exécution de ce qui les concerne en la susdite
loi, et à la représention des mobiliers, effets et sommes à percevoir en dépôt que besoin sera, et quant
aux mobiliers invendus et en dépôt seront soumis
d'en représenter la valeur à laquelle seront estimés
par experts, préalable rémission.
Et nous, administrateurs susdits approuvant lesdits
cautionnement et acte de soumission, à la réquisition
dudit citoyen Joseph Passeron, avons dressé le présent acte que toutes les parties ont signé avec nous,
ayant au préalable fait renoncer audit François Grosson au droit de premier convenir.
Fait à Nice les jours, mois et an que dessus.
Joseph

PASSERON,

François GROSSON,
prés., PAYANY FILS,
MARUN-SAYTOUR, sec. en chef

HANCY, DONNY,
P.

Acte original sur timbre de 20 centime*.
Arch. Nat. F

7 4867^

�— 63 -

CONCLUSION

Il était avéré pour tous, dans la ville de Nice, que Mgr
Valperga était parti contre son gré et si la première Administration départementale, installée au mois de Mai 1793,
l'avait inscrit sur la liste des émigrés de Nice, c'était à la
suite d'une réponse faite par le ministre de l'Intérieur, Garât,
aux questions à lui posées par le Directoire des Colons Marseillais sur la conduite à tenir vis-à-vis de l'évêque.
Les questions avaient été envoyées à Paris, vers la fin
de Février 1793, et la réponse du ministre ne parvint à Nice
qu'au milieu de juin suivant, soit quelques jours avant la
publication de la liste des émigrés. Les réclamations de
l'évêque, retiré à Turin dans sa famille, furent présentées
le 22 juillet 1793 (1) ; mais comme beaucoup d'autres, elles
s'entassèrent dans les bureaux du Département, qui n'y
répondit même pas.
Cette réclamation fut présentée au nom de l'évêque par JeanJacques Donny au Département. lîlle figure en original au dossier
Valperga.
Voir ci-dessus.
Le registre des délibérations du département manque aux Archives pour les derniers mois de 1793, exactement du Ier mai au 10
Novembre, comme pour les six derniers mois de 1797 et l'année entière de 1798, exactement du 8 Messidor an V (26 Juin 1797) au 25
Pluviôse an VII (13 février 1799).
C'est-à-dire pour les deux périodes les plus troublées et cette
disparition est tout au moins étrange.
Elle doit être vraisemblablement attribuée à certains hommes
politiques désireux de laisser dans l'oubli leur conduite durant ces
deux époques.

�- 64 On était dans la période la plus aiguë et, en pleine
Terreur.
Après le 9 Thermidor et, surtout après la venue à Nice
du représentant Beffroy, au mois de Floréal, an III (Mai
I795)»
les esprits devinrent plus calmes, les administrations plus pondérées. C'est alors que, sur de nouvelles demandes présentées au District, et sur avis favbrable de
celui-ci, le département des Alpes-Maritimes accorda à Mgr
Valperga sa radiation provisoire, le 14 Prairial, an V (2 Juin
1797). Comme on le voit, l'affaire avait traîné en longueur.
Il semblait alors que rien ne s'opposait plus à la rentrée
de l'évêque : le 11 Fructidor, an V (28 Août 1797), le Département avait agréé la caution de François Grosson (1) ;
les biens de l'évêque allaient lui être rendus, et il pourrait
rentrer.
Mais huit jours après, le coup d'Etat du 18 Fructidor (4
septembre 1797) remettait le pouvoir aux mains des Jacobins, la guerre aux émigrés et aux ecclésiastiques, en particulier, reprit avec âpreté. Pe département des Alpes-Maritimes se vit accusé d'avoir préparé une rentrée triomphale à l'évêque, son arrêté du 14 Prairial resta sans effet
et, en vertu de la loi du 19 Fructidor (5 septembre), les
scellés furent de nouveau apposés sur les biens de Mgr Valperga par deux commissaires municipaux (2).
En vain, l'évêque de Nice, fit intervenir auprès du Directoire Balbi, l'ambassadeur du Roi de Sardaigne à Paris,
le dossier de sa demande en radiation fut examiné sans
aucune bienveillance.
(1) L/Acte original de ce cautionnement sur timbre est aux
Arch. des Alp.-Maritimes Q. 10.
(2) Mise de scellés sur les biens de Charles Eugène Valperga par
deux commissaires de la municipalité de Nice. Une scéance, 6 livres.
Dépense approuvée par le Département, en Germinal an VI (avril
1798). Arch. des A. M. Q. 11.
Mgr Valperga ne possédait à Nice aucun immeuble et il devait
rester fort peu de chose de son mobilier après la vente qui en avait
été faite en Ventôse an III. La bibliothèque de l'évêché avait été déclarée bien national et la caisse diocésaine avait disparue en octobre 1792
sans laisser de traces dans les pièces administratives. Le séquestre
a été apposé sur les biens de nombreux émigrés rayés provisoirement.
On peut en voir la liste aux Archives des A. M. Q. 10, où Valperga
figure sous le N° 65.

�- 65
Á la suite de la lettre de Balby datée de Paris le 7 février
1798, le ministre de la police demanda à ses Bureaux un
rapport sur l'affaire Valperga. Pe voici tel qu'il se trouve
en minute au dossier.
Attendu que rien ne tend à constater le prétendu ordre
de quitter Nice, d'où il suit qu'il faut en croire sur parole
l'émigré.
Qu'à raison de son domicile, il était tenu de rentrer sur
le territoire dans les délais voulus par les lois.
Qu'il est atteint par la déchéance et n'a réclamé que
l'an V.
Qu'il ne paraît pas y avoir lieu de violer la loi en faveur
de cet ex-évêque dont la rentrée prohibée par la Constitution serait d'une influence dangereuse.
J'estime qu'il y a lieu à proposer la maintenue sauf
à prendre des renseignements si toutefois on les trouve
indispensables.
CAIGNART,
Sous-chef (2e Bureau).
En tête de cette minute est écrit :
« Je pense qu'il y a lieu à instruction et à prendre
des renseignements près les Administrateurs du département_des Alpes-Maritimes. »
Signature illisible (1).
Ces renseignements furent-ils demandés ? C'est probable et cela explique que bien des pièces du dossier Valperga sont en double expédition. Plus d'une année s'écoula
encore, avant que fut prise une décision et finalement sur
un rapport défavorable de la Commission d'examen instituée près le Ministère de la police pour l'étude des demandes en radiation, le Directoire exécutif signa le 7 Floréal
an VII, (26 avril 1799) un arrêté qui maintenait définitivement, sur la liste des émigrés, Mgr Valperga et annulait
toutes les décisions rendues antérieurement, en sa faveur,
par les. autorités locales.
(1) Arch. Nation. F 7 4862 2 dossier Valperga. Rapport de la
3 me Division du Ministère de la police, sans date mais joint à la
lettre de Balbi.
»

�- 66 -

Varrêté du Directoire parvint à Nice les premiers
jours de Prairial an VII (Mai 99) et fut immédiatement
mis à exécution. (1).
*

* *

Ainsi donc Mgr Valperga expulsé ne put jamais obtenir
de rentrer, les lois sur l'émigration étaient tellement embrouillées et tyranniques qu'une fois inscrit sur une liste
d'émigrés, il était extrêmement difficile de s'en faire rayer
malgré toutes les démarches ; car on se heurtait sans cesse
à des questions de forme et de procédure ce qui permettait
à la malveillance de s'exercer tout à fait à l'aise sous le
couvert de la légalité.
A. J.

PvANCE-BOURREY.

(1) De 21 Floréal an VII (10 mai 1799), il fut communiqué
par le ministre de la police générale de la République aux diverses
administrations intéressées et aux Commissaire du Directoire exécutif
près le département des Alpes-Maritimes. Celui-ci par lettre du 3
prairial (22 mai 1799) demanda au Département de le transmettre
à la Municipalité de Nice, ce qui fut fait le même jour avec ordre
de le transcrire sur ses registres, de faire apposer les scellés ou séquestre sur tous les biens meubles et immeubles de l'évêque si ce
n'est déjà fait, et de mi notifier sans délai la décision prise à son égard.
Voir lettre du Département à la Municipalité, celle du Commissaire au Département, 3 Prairial an VII avec la réponse du Département 4 Prairial.
Arch.. des A. M. Q. 1 et 2 et Arch. Nationales, dossier Valperga,

�NIÇA LA BELLA
VERS DE /.

Giordan,

su

DE CARTA POUSTALA

Ai rai dôu nouostre bouon soulèu
Venon s'escaufar toui lu lùssi ;
Es un meravihous tablèu,
Ai rai dôu nouostre bouon soulèu,
Trouvas, dou Var fin au Castèu,
Anglés, Rouman, Danesi, Rùssi :
Ai rai dôu nouostre bouon soulèu
Venon s'escaufar toui lu lùssi.
Pèr tu, as touti li bèuta,
Terra de lus e d'alegria,
D'un ciel d'azur, as la clartà,
Pèr tu, as touti li bèuta.
De l'univers, en verità,
Siès la uechièma meravia ;
Pèr tu, as touti li bèutà,
Terra de lus e d'alegria.
Dintre lou tèmp, Semiramis
Faguet basti, à Babilouna,
Pu siéu jardin, vèr paradis !
Soubre Paioun, degun s'estouna
De vèire, ancuèi, lou paumoulié
Drissar au ciel la siéu coulouna
E lou galofre, e l'anemouna
Flouri emb'au pourtegalié.
De bouon matin, quitant maioun
Pèr la journada touta'ntiera,
S'en va lavar, dintre Paioun
Pa bugadiera.
D'un glourious passat es fiera
Perqué, d'un tèmp, sus lou bastioun
Au Turc, arranquèt la bandiera
Pa bugadiera.

�fet 68 —

Sau de fouora fa freï,
Que brima,
A Niça, sus lou Quèi,
Si rima.
Pescadou, fourestié,
De la mar bressarella,
Escouton voulountié
Pa doussa cantinella.
L'AVOUCAT

PATTA

L'estudi de l'avoucat Patta es en plen aria ; si tèn lou matin
couma lou predinà su la plaça dôu Palai. Es un ome pichounet,
touplen raplot, li pocha enfli de papiè de touta mers. En lu vièi
quartiè es proun counouissut e li capelada, « Bouonjou Moussu
l'Avoucat », noun li mancon. Es ben m'ai juge, proucuradou, etc.
Lu siéu ounourari soun bouon pati e n'a de preferença pèr
qu si sigue. Parla au premier maufatan vengut, couma se fousse
un agnèu que vén de naisse ; lou créancier o lou débiteur soun
tratat su lou même pen... basta que mouson...
L'avoucat Patta es de noutarietà reputat pèr un ome judicious, òunest — au noun si flata de l'estre au jou d'ancuei ; —
finda counouisse, es en relacioun d'afaire emê de gros persou nage que dintre la finança dôu siéu coumerce, soun quasi d'usurari. Sau menajar la cabra e lou caulè ; e pèr que la mouneda
noun li escapa si desbrouïa e si mete dôu cousta dôu manche...
d'aquéu que casca lou de mai...
Acò fa que toui lu matin que lou Bouon Diéu a fach, la siéu
doumestica mete toujou quaucaren au fuec. Lou dimeneghe, coum'un bouon crestian, — tartufaria que lou pauva, — va audi la
gran'messa à Santa Réparada, fa la siesta e à la calada dóu soulèu,
passeja su lou Cours, pastrouia, fa lu cent pas, noun parla que de
lei, proucès, citacioun, ensin alestisse lou travail dôu dilun...
Lendeman empastra ben d'afaire, mete facilamen en lou sac
Moussu Tout'Un emé Moussu Tout'Autre... En éu que li pòu
faire ?... lança dapertout lou broumech, tant pis pèr aquéu que si
laissa agantar. Quaranta sóu es lou près d'atac e vous pregui de
crèire que douna pas la siéu journada pèr doui o tres escut.
L'avoucat Patta counouisse l'usança dôu païs... s'avès touort,
vous rouïa, s'avès pi rasoun, v'espia... Que voulès aima manjar
lou pei, lou pei que noun aiguë d'espina...
JULI EYNAUDI.

�-«9VA

MAU ! !

Va màu, cresé-vous, que va màu 1
En l'orizoun lou voile negre
N'es qu'un gran camp cargat de pebre,
Qu'à pala lou jeten davan,
Avuglan finda lu cavau 1
Lu canoun soun su li frountièra,
Alignât couma de barriera,
N'esperon plus que lou signàu !
Lou soulèu, aquel animàu !
Stan, noun vòu levà la vela,
Si foundon couma des candela
Enb'aquèu coust dôu diàu !
Le Giacouuda à cóu de d/stràu
Li fan petà li sièu moulura...
Ah ! dèu faire bella figura
Se l'an foutuda en quauqua tràu
Lou pan crèise, finda la sàu,
Lou sucre dintre li boutiga
Mounta ben mai que de boufiga !
Van jusque crèise lou rampàu
E la pèu que fau lou tambau ;
Metran de drech su li nourriça,
Su lu chichi, su li saucissa,
Perqué pas soubre lu magàu ?
E lou Prussian, marrit bertàu,
Noun sabon fa que de babïa,
Per lou Maroc e l'Algèria,
Se faran mètre lou mourràu !
Li serreren toui lou pourtàu
E pi veiren touta la França
Davan la sieù grossa arougança
Se noun si sau garda li clàu !
Es de rima d'un manechàu,
Ma sien d'estiéu, vesin, vesina,
Li passeres en la resina
Avant que vegon l'espitau !
CHARLES CIAUDO

�Valère Bernard
Tout en heurtant le marteau contre la porte de M. Valère
Bernard je songeais. Je me suis complu dans le plus souriant
mépris des idoles. L'ironie a tremblé sur mes lèvres quand
la Provence a dans un ravissement de joie acclamé le poète de
Maillanne. Cette mascarade d'apothéose me répugnait.
Et maintenant la curiosité me fourvoyait dans le studio
d'un consciencieux artiste que les felibres couvraient de gloire.
Elève de Puvis de Chavannes M. Valère Bernard pasticha le
Maître. Mais vite il eût l'intuition qu'à se perdre dans les sentiers
battus il courrait risque de compromettre son crédit. Il dit
adieu à Paris et vint dans Marseille, l'opulente cité.
A cette époque vivait un exquis écrivain, J. Lombard. Il venait de publier deux œuvres d'une grandiose beauté, VAgonie et
Bysance. Dans un style étrangement tourmenté il contait les
luttes entre les factions d'Orient, illuminant son œuvre des
splendeurs bysantines.
Valère Bernard vit Jean Lombard, et du même coup les belles
au bois qui dormaient en son âme s'éveillèrent. Il délaissa les
études académiques, les pastiches sans vie, et d'ardentes couleurs
chargèrent ses toiles.
Voici le triomphe des rois Babyloniens. Sur les voûtes d'un
palais impérial passent des gardes étincelants dans la pourpre et
la soie. L'or envahit les hautes colonnes de jaspe bleu. Involontairement on pense aux fantastiques demeures hantées par des
fées émeraudes et des princesses aux perversités troublantes.
Et je m'imagine que le peintre était sous le charme de la
légende quand il a peint cette courtisanne qui sourit à son miroir tout en jouant négligeamment avec sa chevelure d'or. Et
puis passent Venise la rouge, Marseille enveloppé dans la poussière d'or du crépuscule, des motifs à la Watteau peints par un
bysantin, toute une apothéose.
Mais une idée m'obsède, tandis que dans la grise clarté d'un
soir automnal s'éteignent les fauves éclairs jaillis de ces radieuses
toiles. L'idéalisation du passé me paraît cruelle. Les générations
endormies dans la Mort ont eu leurs misères/leurs rancœurs, je
pense qu'il est absurde de s'écrier avec Musset « qu'aux temps
jadis tout était heureux jusqu'aux douleurs humaines. » En vain
l'apostat s'attriste-t-il sur les vieillards immortels de l'antique

�- 7i

—

lonie, â ses oreilles résonnent les paroles de l'Hiérophante : « La
Helladi que tu aimes n'a jamais existé ».
Mais M. Valère Bernard brise ma rêverie, et mes yeux se
portent.sur des portraits appendus au mur. Profils d'espagnol ou
d'américain mitigés d'espagnol, comme on en croise maintes fois
sur la Cannebière.
Homme universel ne puis-je m'empêcher de m'êcrier. M.
Valère Bernard sourit. Il siérait dit-il, à mi voix, de se développer en profondeur. Toutefois il est beau de se dire sur le
tard de sa vie que l'on a fait vibrer toute son âme. Ici le maître
rejoint Néron. Il m'aide à comprendre cet inquiétant empereur.
Mais encore faut-il que tout en étant l'homme universel on ne
sombre pas dans la banalité. De méchantes œuvres d'art peuvent
avoir leur prix.
Une idée se lève devant moi. Labruyère me petsuade que
l'honnête homme de Pascal propre à tout en définitive n'est propre à rien. La spécialisation inintelligente, mène à l'erreur, j'en
conviens, mais en fait elle est une loi générale.
Et ceci est pour me plaire, car j'abhorre dissiper mon énergie,
j'aime le repliement, la frissonnante pudeur qu'effarouche les
vaines ostentations. Je goûte les peintres du passé et malgré ma
philosophie j'adore les peuples disparus. Volontiers j'implorerai
avec la Cassandre de Schiller la cécité, l'exquise cécité. Le sou
venir a plus de puissance sur moi que l'espoir.
Et sous des deux gris, en des pays étrangers désolants de
médiocrité, il m'est arrivé de pleurer plus amèrement que ne
pleura Xerxès aux rives d'Abydos.
J. PADOVANI.
PROUVERB1, BOUOI MOT, COUNSÈU E DICH
Vèuva que si marida,
Dèu perdre la lus e l'audida.
Fiha madura,
Lou pouorta à la centura.
En cuntant su lu det :
Aquéu a fa l'óu ;
Aquéu l'es anat cercar,
Aquéu l'a fa cuèire,
Aquéu l'a manjat,
E lou pichoun n'a ren tastat !

�— 73 —
LE

DÉSESPOIR

Oui, j'ai la mort dans l'âme ; oui, je monte au calvaire ;
Mon horizon, hier si beau, s'est obscurci ;
Je hais tous les devoirs et tout ce qu'on révère :
Mieux vaut mourir que vivre ainsi !
Puisque je n'y puis rien ; que la raison humaine
Ne gagne plus un cœur où mon cœur est entré,
Je veux briser mes jours comme on brise une chaîne
Et m'enfuir en désespéré.
Qu'est-ce donc que la mort ? C'est la paix éternelle,
C'est un beau drap de fleurs sur mon sein endormi,
C'est la nature calme, auguste et solennelle
Qui nous prête un repos ami.
O nature de Dieu contemple ma détresse !
Ecoute tout mon sang dans mon cœur s'épancher
Et, puisque je n'ai plus le lit de ma maîtresse,
C'est au tien que je veux coucher ;
C'est toi la grande mère et la nourrice immense !
L'homme au sort le plus âpre et l'homme au sort plus beau
Retrouvent dans ton sein leur part de ta clémence :
L'un l'amour, l'autre le tombeau
Tu sais, toi qui vois tout, ce qu'ici bas je souffre,
Que je n'ai point béni l'instant de mon réveil
Et que j'ai regardé, toujours, du fond du gouffre,
Les bords ou brillait le soleil ;
Que je n'ai bu jamais que dans la coupe amère,
Que le seuil du bonheur me fut toujours fermé,
Que j'ai perdu mes fils, que j'ai perdu ma mère
Et tous les cœurs qui m'ont aimé !
Maintenant je m'en vais, battant du front, comme ivre,
En proie à ce grand deuil qui me courbe en vainqueur,
Et je veux déchirer ma vie, avec le livre
Des chastes sanglots de mon cœur ;
Et toi, rayon divin, génie, ardent délire,
Flambeau qui n'iras plus briller sur son autel,
Eternise du moins ces larmes de ma lyre
Et que mon cri soit immortel !
[EDGAR DE MASINI

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29

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32

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Expulsion de Mgr Valperga en septembre 1792 (Abbé RanceBourrey

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Niça la Bella (J. Giordan)

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Va Màu (Ch. Ciaudo)

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69

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1912

QUATRE-TÈMS

Noumbre d'or...
13
Mars
Epato (Grégori)
Il
Jun
Cicle soulari
17 Setèmbre
Endicioun roum
10 Desembre
Letra doumenicala
G F
LI QUATRE

8,
7,
20,
20,

10
9
22
22

e
e
e
e

11
10
23
23

SESOUN

Lou printèms coumença lou 21 mars
L'estiéu
—
— 22 Jun
L'autoum
—
— 24 sept,
L'iver
—
— 22 dés.

à 6.55 m.
à 2.36 m.
à 5.18 m.
à 11.53 m.

dôu sera
dôu sera
dôu matin
dôu sera

FESTA MOUBILI

Septuagesima... 12 Fébrié
Cendre
21 Febrié
Pasca
7 Abrieu
Rougacioun 21, 22, 23, 24 Mai
Ascensioun
16 Mai

Pantecousta
Trinità
Festa de Diéu
1" Dimenegue de
Ie* Desémbre

26 Mai
11 Jun
15 Jun
l'Avènt

LU ESCLISS!

Souliu.

—

ij Abriéu. — Esclissi annulari e coumplet visible

à Paris, en America, en Europa et dintre lou N.-O. de l'Africa.
Coumençamen de l'esclissi à 10,01 dôu matin ; finisse à 1,08
dôu sera.
10 Otitoubre. — Esclissi coumplet invisible à Paris, visible
dintre l'America dôu Sud.
Luna. — 1" Abrièu. — Esclissi parciella visibla à Paris. Entrada de la luna dintre l'oumbra, 9.26 dôu sera; sourtida, 11.03
dôu sera.
26 Setèmbre. — Esclissi parciella, invisibla à Paris, visibla
dintre l'Océan Pacifique.

Jîla providence, %ue de la Préfecture /4, $run, Siàraire

�LU

VÉNT

Lu vènt que souflon à Niça, dintre lou cours de l'armada,
soun au nombre de 16. Vequi li siéu denouminacioun courènti,
pihadi, en general, dai loucalità dei quali parèisson vèni :
Sud
Miejon
Nord... Tramountana
S.-S.-O. Miejou Lebech
N.-O.-E. Grek Tramountana
S.-O
Lebech
N.-E... Grego
O.-S.-O Pounèut Lebech
E. N .E. Levant
Ouest. Pounènt
E.-N.-E. Levant
O.-N-O.V Pounènt Maistràu
E.-S.-E. Levant
N -O . Mastràu
S.-E.... Siroco, vènt marin
N..-N. OMaïstràu Tramount
S.-S.-E.. Miejou Siroc

6
15
25
14
31
24

VIGÍLIA — JEUNI
Abriè
(Pasca, 7 Abrièu).
Mai
(Ascensioun, 16 Mai).
Mai
(Pantecousta, 26 Mai).
Avoust
(Assoumpcioun, 15 Avoust).
Outoubre (Toui lu Sant, Ier Nouvembre).
Desembre (Calena, 25 Desembre).
L'AN NADA RELIGIOUSA

LI FESTA MOUBILI E LI FESTA FISSI
Janvt'è
jYlars
1 Circouncisioun.
1 e 2 Quatre Tèms.
6 Epifania (lu Rei).
3 Reminiscere.
13 Bateja de J.-C.
10
Oculi.
14 Sant Noum de Jesu.
17 Lœtare.
fébrié
24 Passioun.
2 Puriflcacioun.
29 Li 7 Doulou.
4 Setuagesima.
31 Lu Rampàu.
6 Festa de la Pr. de N. S.
11 Sexagesima.
Jîbriéu
13 Coum. de la Passioun.
5 Divendre Sant.
18 Quinquagesima.
7 Pasca.
21 Cendre.
14 Quasimodo.
25 Quadragesima.
28 Patrou. de San Joúsè.
28 Quatre-Tèms.

�Setembre
3 Inv. de la Santa Crous.
13, 14, 15, Rougacioun.
16 Ascensioun.
26 Pantecousta.
29-31 Quatre-Tèms.
1
2
6
9
21
24
29

Quatre-Tèms.
Trinità.
Festa de Diéu.
Festa dôu S. Sacramen.
Sacrat-Couor de'jesu.
Natività de S. jouan-Bat.
SS. Peire e Paul.

8 Natività de la Vierge.
14 Esaltacioun de la Crous.
15 N.-D. dei 7 Doulou.
15 San Noum de Maria.
18, 20, 21, Quatre-Tèms.
29 Dédie, de S. Miquèu.

Ôutoubre
6
13
20
27

Sant Rousari.
Maternità de la Sta Vierge.
Puretà de la Santa Vierge.
Patrounage de la S. Vierge.

J/ouvembre

Juliet
2 Visitacioun de la S. V.
7 Precious Sang.
16 N.-D. dôu Carme.

Jîvoust
6 Transfiguracioun.
15
18
25
25
29

Assoumpcioun.
S. Joachim.
S. Couor de la Vierge.
S. Louis.
Decolac. de S. Jouan-Bat.

1
2
3
21

Toui lu Sant.
Lu Mouort.
Santi Relíquia.
Present, de la Sta Vierge.

2&gt;esembre
1 Avent.
8 Imaculata Councepcioun.
18, 20, 21, Quatre-Tèms.
25 Calena.

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DÉCIMALISATION

DU

TEMPS ET DES

ANGLES

LA MONTRE DÉCIMALE
Par J. de REY-PAILHADE, président du Comité
pour la propagation des méthodes Décimales.
Le Club Nautique de Nice a offert plusieur fois en prix des
montres décimales aux régates'de 1909. Il était utile de décrire cet instrument, d'y joindre des tables pratiques et des
formules à l'usage des ingénieurs, des sportsmen, des médecins, etc. etc.
DÉCIMALISATION DES ANGLES •
Il est aujourd'hui démontré que la division décimale du
quart de cercle facilite tous les calculs.
Les nouvelles cartes géographiques sont graduées exclusivement dans ce système, devenu officiel en France et dans
d'autres pays. On possède toutes les tables pratiques nécessaires à son essai courant. Nous ne nous étendrons pas
davantage sur cette méthode aujourd'hui enseignée dans les
lycées et collèges.
Nous rappellerons seulement que M. l'amiral Germinet,
membre d'honneur du C. N. N., sous la direction duquel on
fit en 1899 et 1900 des essais de navigation avec un matériel
entièrement décimal, a émis un avis très favorable à la
réforme décimale.
DÉCIMALISATION DU TEMPS
La division décimale du jour décrétée le 4 frimaire an II
rendra aussi de grands services à la science et aux sports.
Principe. — On divise le jour entier en 100 parties égales
appelées cés ; le cé est subdivisé en décisés, ceniicès et millicés
Le cé vaut 14m 24s ou 1T4 d'heure environ ; le décicé est égal
lm 26s 4 ou lm Ij2 environ ; le millicé vaut 0S 864 ou 9T10 de
seconde environ.
Concordance des Temps. — On parvient assez vite à dire
instantanément l'heure à 1 ou 2 minutes près en regardant le
cadran d'une montre décimale. Il suffit d'apprendre par cœur
les concordances décimales de toutes les heures.
0,0
0
50,0

4,2
1
54,2

8,3
2
58,3

12,5
3
62,5

16,7
4
66,7

20,8
5
70,8

25,0
6
75,0

�25,0
6
75,0

29,2
7
79,2

33,3
8
83,3

37,5
9
87,5

41,7
10
91,7

45,8
11
95,8

50,0
12
100,0

Les heures sont au milieu, les concordances des heures
du matin en haut, celles du soir en bas. Ainsi 10 heures du
matin valent 41.7 cés (énoncer 41 cés 7 décicés) et 10 heures
du soir valent 91,7 cés.
Gomme 1 cé vaut presque lj4 d'heure et un décicé une mi •
nute 1]2 ; en partant des concordances du tableau, on dit
l'heure instantanément, ainsi 39,9 cés valent 9 h. 36 m. du
matin. Un ou deux jours suffisent pour atteindre ce résultat.

Description de la montre décimale ou cémètre. — Il y a 3
aiguilles centrales se mouvant sur un cercle divisé en 109
parties égales, numérotées de 0 à 9. Le 0 cé est en bas, c'est
l'origine des temps, car on suppose la Terre au centre du
Cadran.
L'aiguille dorée avec un soleil ne fait qu'un tour par jour ;
l'aiguille épaisse en acier bleu tourne 10 fois par jour, et la
trotteuse fine fait 1000 tours par jour.
L'aiguille-soleil montre la position de l'astre du jour par
rapport au méridien de Paris, qui va du centre au chiffre 5.

�10 —
Les quatre traits bleus indiquent les positions de cette aiguille
à minuit en bas sur 0 ; — à tì h. du matin au milieu entre 2
et 3 ; — à midi, en haut, sur le 5 ; — à 6 h. du soir, entre 7
et 8.
L'aiguille dorée du soleil indique le chiffre des dizaines
de cés, 2 sur le dessin ; l'aiguille épaisse donne d'abord le
chiffre des cés, 6 sur le dessin, et en comptant rapidement à
l'œil le rang de la division entre 6 et 7, on voit, que cette aiguille marque 3 décicés. Le temps du dessin est donc 26,3
cés correspondant à 6 h 20 m. du matin environ. L'aiguille
trotteuse donne les millicés 83. Le temps est donc 26,383
cés.
» Pour la vie courante, on n'a pas besoin d'aller au delà du
clécicé. On lit les milticés pour les applications scientifiques
et sportives.
Le temps en millicés lu sur le cêmèire facilite tous les calculs, car on n'a jamais de réductions à faire.
Examinons le problème des vitesses a l'heure : Les millicés multipliés par 0,00024 donne des heures et fraction décimale d'heure. Ainsi Ì2345 millicés valent 12,345 -f- 24 =
2 h. 9628.
Par conséquent si L est la longueur parcourue et M le
temps en millicés, la vitesse est

ou t

+ 4166,66...

Ces quelques exemples démontrent que la montre décimale simplifie tous les calculs sans exception.
Les rapports de MM. les délégués officiels aux essais de
la montre décimale faits à Nice, par le Club Nautique, le 26
février 1911, concluent unanimement à la supériorité de cet
instrument pour les usages scientifiques et sportifs.
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Q,
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lu 8, à 7
lu 14, à H
lu 22, à 7
lu 30, à 10

SOULÈU.

1
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20
26
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Lu Rei
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Dim. S. Lucien
7
dil. S. Apoulinari
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dim. S. Pèire
9
dim. S. Guiermo
10
dij S. Teodose
11
div. S. Arcada
12
dis. Sta Verònica
13
Dim. S. Ilari
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dil. S. Maurici
15
dim. S. Ounourat
16
dim. S. Antoni
17
dij. Sta Angela
18
div. S. Sulpici
19
dis. S. Bastian
20
Dim. Sta Agnesa
21
dil. S. Vincènt
22
dim. S. Raymound
23
dim. Sta Jacinta
24
dij. Conv. de S. Pàu
25
div. S. Poulicarpa
26
dis. Sta Devota
27
Dim. Sta Paula
28
dil. S. Francès S.
29
dim.
dim.
dij.
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Sta
S.
S.

TRIMESÏRÍ;

Macari
Genevieva
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Simeoun

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dij. S. Ignaci
div. La Candeliera
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Dim. Setuagesima
dil. SS. Vinc.Oronte
dim Sta Agata
dim. Sta Dorotea
dij. S. Romuald
div. S. Jouan-Matha
dis. Sta Apoulounia
Dim. Sexagesima
dil. Sta Eulàlia
dim. S. Gregori
dim. Sta Eufrasia
dij. S. Onesime
div S. Dounat
dis. S. Simeoun
Dim. Quinquagesima
dil. S. Gabin
dim. Dimars-Gras
dim. Li Cendre
dij. S. Silvan
div. S. Maxime
dis. S. Pascase
Dim. Quadragesima
dil. S. Nestor
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dij. S. Nymphas

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A la terra vau fumiè.

ZDéSTU-S-bez

NICE

MARS
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P. L.
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22 dil.
23 dim.
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6 , à 6
13, à
3
21, à 7
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—

oura
oura
oura
oura

L. 6 06'

—

55 in.
37 s.
31! s.
25 s.
C. 6 52'

S. Ugo
S. Franç. de P.
S. Richard
Dijàu Sant
Divèndre Sant
Dissata Sant
Pasca
S. Albert, ev.
S. Azada.
s. Isidoro
s. Leoun
s. Juli
s. Justin
Ouasimoi/ii
Sta Anastasia
S. Frutuous
S. Rodolfe
S. Maxime
S. Anselme
S. Teodoro
S. Adalbert
S. Fidèle
s. Jorgi
s. Marco
s. Clet
s. Antime
s. Aimé

s. Roubert
Sta Catarina d. S
SS. Philip. ,Jacq.

Pichouna plneia d'Abriéa
Bouona récolta pèr l'csliéu

Q.

p
P. L.
D . Q.
N. L.
SOULÈU.

TRIMÍÎSTRÈ;

MAI

JUN

à

lu 5,
2 oura
lu 13, a 7 oura
lu 21, à 10 oura
lu 28, à 7 oura
— L.

5 14'

—

14
10
23
24

s.
m.
m.
m.

C. 7 29'

1 dim. SS. Félip. Jaq.
2 dij. S. Atanase
3 div. In.d.l. Sta Crous
4 dis. SS. Sindonis
5 Dim. S. Pio, papa
6 dil. S. Jouan D.
7&lt; dim. S. Peire
8 dim. s. Gregori N.
9 dij. s. Antounin
10 div. s. Isidoro
11 dis. s. Bounifaci
12 Dim. s. Jouan lou S.
13 dil. s. Pouon, m.
14 dim. s. Pacomo
15 dim. s. Sta Denisa
16 dij. Ascensioun
17 div. S. Pascaù
18 dis. S. Teodoto
19 Dim. s. Pèire C.
20 dil. s. Felis.
21 dim. s. Bernardini
22 dim. s. Julia
23 dij Rogaeioun
24 div. s. Vincen, d. L.
25 dis. S. Urbin
26 Dim. Pandecousta
27 dil. S. German
28 dim. S. Cirile
29 dim. Sta Petronïa
30 dij. S. Sylve
31 div. S. Justin
Au mes de mai
Longui semana

p
P.
D.
N.

Q.
L.
Q.
L.

lu 3,
lu 11,
lu 19,
lu 26,

SOULÈU.

1
2
3
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5
6

dis.
Dim.
dil.
dim.
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16 Dim.
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19 dim.
20 dij.
21 div.
22 dis.
23 Dim.
24 dil.
25 dim.
26 dim.
27 dij.
28 div.
29 dis.
30 Dim.

—

à 11 oura 4 s.
à 10 oura SI s.
à 9 oura 51 s.
a
2 oura 20 s.
L. * 34'

C. 8 1!"

S. Potin
Trinità.
S. Quirin
S. Francès C.
S. Lié
Festa de Dieu
S. Lié
Quatre-tèms
S. Optat
Sta Margarida
S. Barnabe
S. Antoui de P.
S. Basilio
S. J.-F. Régis
S. Moudeste
S. Lambert
Sta Olga
S. Gervai
Sta Juliena F.
S. Louis de G.
S. Paulin
Sta Maria d'O.
S. Jouan-B.
S. Prousper
S. Alban
S. Cresen
s. Iréné.
s. Pèire
s. Pàu
s. Tibàu

En Jun
De tres abit l'un

Dégustez tous le vrai

NICE

—

BLANQUI &amp; FRACCHIA
— Usine au Pont-Magnan

—

NICE

�— i4 —

TROISIÍ)MK

AVOUST

JULIE T
P.
P.
D.
N.

lu 3, a 10 mira 20 m.
lu 11, à 1 cura 53 s.
Il 19, a o oura 31 m.
lu 25, a 9 oura 12 s.
SDULÈU. - - L. 4 35' — C. 8 22'

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dim.
dim.
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Dim.
dil.
dim.
dim.
dij.
div.
dis.
Dim.
dil.
dim.
dim.

S. Thierry
Vierg.de li Gracia
S. Anatole
S. Pèire de L.
S. Sisoès
S. Elie
Sta Babeta
S. Efrein
Sta Felicita
S. Pio
S. Jouan G.
S. Gene
S. Jaque
Festa Naciounala
S. Enri
N.D.d.M. Carmel
Sta Marcelina
S. Frederic
S. Vincen de P.
Sta Margarida
S. Vi loiSta Maria-Mad.
S. Apoulinari
Sta Cristina
S. Jaque
Sta Anna
S. Pantaleoun
S. Samsoun
Sta Marta
Sta Giulieta
S. Gnaci de L.

Au mes de Juliet
Ni frema ni coulé.

TBIMËSTRÎ;

I1. Q. lu 2, a 0 oura 29 m.
P. L. lu 10, a 3 oura 58 m.
D. Q. l»i 17, a 1 oura 1.1 s.
N. L. lu 21, a 5 oura 14 m.
IV Q. lu 31, &amp; 5 oura 21 s.
souLÈu, —1.5 or -j&gt;. 8 or

dij.
div.
0 dis.
4 Dim.
5 dil.
6 dim.
7 dim
8' dij.
9 div.
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dil.
dim.
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dij.
div.
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Dim.
dil.
dim.
dim.
dij.
div.
dis.

S. Pèire-aï LS. Alfonso
Inv. de S. Estève
S. Domenica
N. D. dei Nèu
Trausf. de J. C.
S. Gaétan
Sta Batilda
S. Camila d. L.
S. Là u ren
S. Septima
Sta Clara
Sta Filoumèna
S. Ousèbi
Asoumpcionn
S. Roc
S. Mamès
Sta Elena
S. Ipoulita
S. Bernar
Sta Chantai
S. Pio V
S. Filipe B.
S. Bartoumiéu
s. Louis, r. F.
s. Seg'oundo
s. Cesari
s. Goustin
s. Mederic
Sta Rosa
S. Fiacre

F.n . ivoast
Figa e moust

wmmm mm

SBTÈMBRE
P. !.. lu 8, a' 4 oura 57
D. Q. lu 15, a 6 oura î&gt;l
N. L. Ju 22, a 3 oura 37
P. Q. lu 30. a 0 oura 08
SOULÈU. - - 1. 5 47V— c.

1
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Dim.
dil.
dim.
dim.
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div.
dis.
Dim.
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dim.
d'un.
dij.
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Dim.
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dim.
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dim.
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dis.
Dim.
dil.

S. Gili
S. Estève R.
Sta Eufemia
Sta Rosalia
S. Làuren J.
S. Pambon
S. Grat
Natiu, di' la V.
S. Oumer
S. Xicola
S. Félis
S. Veran
S. A nié
Es. (1. l.S. CtQUS
S. Nicomède
S. Conrneilla
S. Lanbert
S. Tournas V.
S. Janvié
S. Euslache
S. Matiéu
S. Maurici
Sta Tecla
S. Girar
S Firmen
S. Nil
S. iN'icandre
S. \\ inceslas
g. Miquèu
S. Jeromo

Lima setembrina
De mai clarina

MOT »

GRANDE MARQUE RECOMMANDÉE

s
:
s
s
7'02'

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Qüa.TRIÍJMí)
OUTOUBRE
P.
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N.
P.

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Q.
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lu 8,
lu 15,
lu 22,
lu 30,

SOULÈU, — 1.

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oura 46 m,
oura 09m;
oura
m.

ii

— c.

6 06*

TRIMESTRE

NOUVÈMBRE
P. L. lu
6,
D. Q. lu 43,
N. !.. lu 20,
Q.
lu 29,

r.

SOULÈU. - -

1.

a
a
a
a

4 oura 48
8 oura 20
9 oura 49
2 oura 42
14'

—

c.

5 03'

1 dim. Rosari
1 div. Tout lu Sant
2 dim. S. ■ Léger
2 dis. Eu Mouorl
3 dij. S. Rosari
S. Ubert
4 div. s. Francès d'A. 43 Dim.
dil. S. Carlo B.
5 dis. s. Placido
5 dim. Sta Bertila
6 Dim. s. Bruno
6 dim S. Leounar
7 dil. s. Serge
dij. S. Nestou
/
8 dim. Sta Reparada
8 div. Lu Quatre Incou.
9 dim. S. Denis
9 dis. S. Teodore
10 dij. s. Francès B. 10
Dim. S. Jacintou
11 div. s. Tarasco
11 dil. S. Martin
12 dis. s. Counrad
12 dim. S. René
13 Dim. s. Edouard
13 dim. s. Stanislas
14 dil. s. Calisio
14 dij. S. Pantena
15 dim. Sta Teresa
15 div. Sta Gertruda
16 dim. S. Ospici
16 dis. S. Edme
dij.
17
Sta Edvija
17 Dim. S. Gregori
18 div. S. Luc
18 dil. S. Alfè
19 dis. S. Pèi re
19 dim. Sta Babeta
20 Dim. S. Agrico)
20 dim. S. Edmon
21 dil. Sta Ursula
21 dij. Présent, de la V.
22 dim. S. Filip
22 div. Sta Cecilia
23 dim. S. Teodoret
23 dis. S. Clemen
24 dij. s. Mairloire
25 div. ss. Crespin-Cr. 24 Dim. Sta Flora
26 dis. s. Jouan de K. 25 dil Sta Catarina
26 dim. Sta Pel fina
27 Dim. s. Frumence
27 dim. S. Maxime
28 dil. s. Alfredo
28 dij. S. Sostène
29 dim. s. Narcisse
29 div. s. Saturnin
30 dim. s. Marcel
30 dis. s. Andrièu
31 dij. s. Siri
En ùuloubre
\loii ponorc goûta loti rùare

Tonssan ientra
St A n'driéu lou souorte

« wmmm

DESÈMBRE

s.
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s.
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JACK

P. L .
D. Q.
N. L.
P. Q.

lu 6,
lu 12,
lu 20,
lu 28,

SOULÈU, -

1
2
3
4
5
6

i*.

Dim.
dil.
dim.
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dij.
div.
dis.

8 Dim.
9 dil.
10 dim.
11 dim.
12 dij.
13 div.
14 dis.
15 Dim.
16 dil.
17 dim.
18 dim.
19 dij.
20 div.
21 dis.
22' Dim.
23 dil.
24 dim.
25 dim.
26 dij.
27 div.
28 dis.
29 Dim.
30 dil.
31 dim.

1.

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3 oura
m.
6 oura 46 s.
4 our;i 40 s.
7 OUI;L 48 s.

7 54' — c.

A vent
Sta Bibiana
S. Francès X.
Sta Barba
S. Bassi
S. Nicola
S. Anbrosi
Imac. Conception
Sta Leoucadia
Sta Eulàlia
S. Damase
Sta Rosélina
Sta Lucia
S, Niçoise
S.
S.
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S.
S.
S.
S.

Mesuiin
Adon
Olimpíada
Gatien
Ciprian
Filogone
Tournas

S. Onourat
Sta Vitòria
Cacha-fuec
Calèna
S. Estève
S. Jouan
SS. Inoucent
Sta Eleonora
S. Sabîn
S. Sàuvestre

Calena aufuec,
Pasca àu j'aèc.

sin -

GRANDE MARQUE RECOMMANDÉE

4 35

�- i6-

�- 17

-I

CROUNICA NIÇARDA
L'ABADÏA DE SAN POUON.— L'ABAT RANCE-BOURREY.
GLOFFREDO.

—

—

PÈIRE

A PREPAU DOU DIALETE NIÇART.

Ben qne pareissènt tardié, VArmanac Niçart s'empressa de
pourtà la siéu febla vous su tout cen que enteressa lou païs, sigue
au pounch de vista istoria loucala, pouesia, tradicioun, sigue
tamben su la taquinanta questioun dóu dialete niçart souvenri
fès pauvada e su la quala lu escritour mouderne soun luen d'estre
d'acordi.
Parlerai finda de M. l'Abat Rance-Bourrey, un beneditin qne
despi quauque an en ça mete à prouflt la siéu erudiciou n a nen
revelà de fach d'istoria inedieh. Se quauqu'un mérita d'estre
laudat es ben éu ; es en éu que VArmanac Niçart tressa la
pamoula de sapiença. En esprimant la nouostra recounouissença,
à l'Abat Rance-Bourrey, fen cen que touplen an denembrat,
vouoli dire de courounà lu siéu travail, frucha de ben de recerca,
dai quali obra sian fier d'avé prestat la prima ajuda. Pouden cità :
lou Discours sur le Monastère de Sainte-Claire de Nice, par Honoré
Pastorelli, publié d'après l'édition originale de Turin 1608, avec
une introduction et des notes ; — "Le Général J.-B.-M. D'Anselme" (Notices biographiques (1740-1792). E aquest'an
l'istorien nen douna — toujou de prima man — YExpulsion de
Mgr Valperga, evesque de Niça, au tèms de la Revoulucioun,
travail anoutat de peça curiouvi que sian urous de pouder metre
souta lu uès dei nouostre letour.
*
* *
Lou fach de l'annada, lou mai marcant, es estat aquéu de
l'Abadïa de San Pouon. Parlon de tout destruge pèr li basti an
siéu luec un espitau Pasteur... UArmanac Niçart es pas Penemic
dóu prougrès, ni men encara dei Bei-Art, ma si fa lou pious dever
de jougne lu siéu esfouors en aquelu dei siéu councitadin quo
l'istoria dóu passat passiouna, pèr que l'Abadïa de San Pouon
sigue counservada e classada couma mounumen istorique. En la
circonstança feliciti M. l'Abat Rance-Bourrey que mé rasoun s'e.s
demoustrat l'ardènt defensour autourisat que counouissen. La
siéu paràula es estada escoutada e lou Préfet de li Alpa-Maritima,
8

'

�— i8 M. de Joly — respetuous dei nouostri tradicioun — en ortie
avertit a proumès que l'Abadïa de San Pouon seria respetada e de
lèu si crusià pèr lou siéu classamen tra lu mounumen istorique.
Dóu resta vequi ce que l'Abat Rance Bourrey nen di su San
JPouon. Counsignen religiousamen li siéu paràula :
« L'Abbaye de Saint-Pons est le plus ancien monument relitgieux existant dans le Comté de Nice. Il y a dou^e cents ans que
sSiagrius y fonda un monastère. L'histoire de ce monastère est
jintimement liée à l'histoire religieuse, civile et économique de la
iville de Nice.
;
« Ce fut à Saint-Pons qu'en 1388 fut'signé l'acte réunissant
le Comté de Nice au Comté de Savoie. Les abbés de Saint Pons
ifurent pris dans les principales familles du Comté : les Badat, les
tLaugery, les Provana, les Lascaris, les Grimaldi, les Martelli, les
;Tournefort, etc. Plusieurs évêques de Nice furent abbés de Saint[Pons, en particulier Barthélémy Chuet (fin du xve siècle) et Jean
, Uriole, son successeur. Un autre abbé, Claude de Seyselle, fut
,évêque de Marseille, puis archevêque de Turin ; d'autres furent
cardinaux, tels Innocent Cibo, neveu d'Innocent VIII et de
f
;Léon X, et Paul Medeci de Cesis dont on voit encore l'inscription
(funéraire à Sainte-Marie-Majeure, à Rome.
:
« A la fin du xvir siècle, l'abbé de Saint-Pons était Pierre
•Gioffredo, le savant historien niçois. Enfin, un abbé de SaintiPons dont les Niçois n'ont pas encore perdu le souvenir, était
(l'abbé Spitalieri de Cessole qui a doté sa ville natale d'un établissement de bienfaisance si justement apprécié. La plupart des
pbbès de Saint-Pons et plusieurs évêques de Nice ont été enterrés
dans l'église ou sous le cloître et dorment aujourd'hui confondus
avec les moines leurs frères qui depuis dix siècles y sont enterrés.
« Les monuments funéraires ont disparu. Le temps a tout
(nivelé à Saint-Pons, singulièrement aidé cependant par la main
ides hommes. On connaît les dévastations commises par
Iroupes de François Ier et de Barberousse, plus tard par celles d
Catinat et par d'autres encore. Après chaque désastre, SaintPons a retrouvé une nouvelle vitalité et il y a à peine trois quarts
de siècle que Mgr Galvano y a fait d'importantes réparations.
;
« Saint-Pons n'est pas seulement une page de l'histoire de
notre pays, c'est un gros volume de cette histoire ; les Niçois
laisseront-ils dire qu'ils sont restés indifférents devant le danger
qui menace Saint-Pons ? Non, ils feront tous leurs efforts pour

�— 19 -

sauver de la destruction un monument qui doit leur être cher...
Je demande d'urgence le classement de l'Abbaye de Saint-Pons,
c'est-à-dire de l'Eglise et des bâtiments claustraux, comme monument historique. »
Lou councours de YArmanac Niçart es aquist. Emé fiertà e
au près de touplen de sacrifici faren respetà l'istoria dóu passat,
la lenga e lu escrich dei orne qu'an ilustrat lou nouostre bèu
pais.
*
* *
Despi quauque tèms, — maladia que reven per intermitença,
— la gran questioun de la grafia niçarda, de l'ourtougrafa, es
messa su lou tapis. De letra soun estadi publicadi, d'autri lou seran, e cresi qu'après ben de charra pèr dire pas gran cauva de
nóu, quasi dirii pèr predicà dintre lou Desert, noun restera
d'aquela discussioun, — Favén déjà coustatat, — pas gran cauva,
ren!... Cadun escrèu à la siéu moda seloun l'esprit dóu moumen,
e serii ben curious de counouisse aquéu que vendria nen dità
une metoda en nen dïen : « la mièu maniera d'escrièure lou
Niçart es la bouona». Discussioun scientifica que pòu passiounà
quauque lenguista, pas mai ; lou mihou es d'escrèure seloun li
letra ditadi pèr la prounouncia. Lou talènt pèr aquéu qu'escrèu
es de si laissà liège, de si faire acapi. Es qu'en en un entan que
frecuenta l'escola primària poudès li demandà autra cauva ?...
Perta de tèms que tout acò, vourria mai s'engenià à recercà lu
viei mot, espressioun, loucucioun courenti que la pous dóu tèms
a rabaïat, dounà au nouostre bèu dialete la coulou que dèu avè,
en respetant lu emprunt que pouden avè fach sigue à l'Italian, à
l'Espagnòu o à tout autre...
Un dialète noun dèu pas estre une lenga scientifica, encara
m en noun còu avè la pretencioun que sigue ouficiela, seria temerari ; lou dialete d'un païs dèu refletà lou caratere d'un'epoca que
lou tèms dèu respetà, enfin escrèure gramaticalamen, un noun
empedisse l'autre, e laissà à l'esprit, au goust lou coumplemen
d'un stile ouriginal, en de frasa councisi que flaton i'auriha.
Aquí fermi la discussioun, risqui de perdre la civada... l'an
que ven, se Diéu mi presta vida, v'en dirai d'autri e couma
d'usança que mi sigue permès de la vous souvetà : Bouona e
uroûva !
L'ARMANAC

NIÇART.

�20 —

LA CIGALA DOU BOUON DIEU
Una cigala dóu Bouon Dieu
Tout l'estiéu
E l'iver en la chambreta, —
L'aiguesias vista la lebreta ! —
Noun vivïa que d'amour
S'assetava su l'ounour;
La cigala cantarela,
Vau chanja de clientela,
Noun es courta d'amatour,
Que li viron tout au tour !
Ma l'ancien de la cigala,
De gros mot ven que s'embala ;
En l'auriha de la maire
Li ven tout aquéu bousin,
Que deja toui lu vesin
Sabon lou long de l'afaire
— Cenqu'as fach m'au tiéu tip ?
Di la maire enrabiada...
Bella Vierge encourounada !
Sera au mancou m'un bouon rie!!...
CH. CIAUDO

PROUVERBI, BOUOI MOT, COUNSÉU E DICH
Tèms d'iver noun ti fidar.
Lu màu dei enfan si garisson soulet.
Cau naisse pèr estre bèu, si maridar pèr estre rie, e mouri
pèr estre brave.
Per aver de raïn, eau caressar la souca.
Agnèu naissut
Vau un escut.
Dansa mihou ventre plen que rauba nova.
L'oumbra dou mèstre engraissa lou cavau.

�LOU MAGOT DE BERTOUMIÉU ISSUGA
O BEN

UNA RAISSADA DE MACAROUN
Conte menloanasqae trouvât dintre d'un armori
de ma nana e que /'Armanac Niçart es tirons de
transcrièure en niçart à Ventencioun dei sièu
fidèle lotour et lelrissa.

Bertoumiéu Issuga, mentounasque de viéia roca, abitava en
coumpagnia de sa mouhié, en carriera dóu Paumoulié. La siéu
frema, malurousamen, era sirnplaria e faia lou siéu desespoir.
Cada matin Bertoumiéu, avant de s'en anà au travail, li recoumandava de noun faire de bestialità. Cou vous dire que toui lu
dissata lou nouostre ome metia en un'armari pertuat dintre la
muraia lou gagne de la semana.
— Bertoumiéu ! pèr qu seria tout aquel argen, demandava
Marioun au siéu marit.
— Es pèr Madjou-long, castagnassa !
*
* *
Un jou Bertoumiéu partet pèr anar à la siéu campagna ;
devia même li restar doui ó très jou pèr souïnar e arousar lu
citrouniè. Marioun souleta matin e sera, s'assetava su lou banquet de la pouorta e faïa de bas... Un predinà veguet un ome
de statura mai que mejana, couma si di, un gran carcan. La
frema de Bertoumiéu lou fissa sensa parpelear, pi pihada d'un'
idea, li diguet :
— Moun bèu Moussu, sias bessai vous Madjou-long ?
Lou merlo pita e noun s'en laissa dire autre, léu li
respouonde :
— Noun vous troumpas pas, bella bruneta, sièu ièu Madjoulong !... Ma perqué mi faire tala demanda ?
Perqué ?... dou moumen que sias Madjou-long, intras su lou
cóu. Li a ja pas mau de tèms que moun marit a mes d'argen
amagat pèr vous...
E sensa mai de ceremounia li remeté lou mandiou dintre lou
quai lu sóu eron groupât. L'ome remercia e la s'esbigna lèu.
♦

* *

�Lou sera, Bertoumiéu arriva, la sièu mouhié li di.
— Sabes, ai vist ancuei Madjou-long !
E l'ome de cridar :
— Malurousa ! — m'en a fach encara una 1
Courre à l'armari, lou mandiou e Pargen, mouis !... Issuga
blastema pica dai pen, es décidât de si desiaire de la siéu frema
Lendeman, dóu téms qu'aissesta durmïa, li cuerbe lu uès emé de
pega de sabatié, pi la pihant pèr la man, la mena dapé dóu CapMartin. Arrivât aqui, Bertoumiéu fa mountar Marioun su d'un
nouguié el'abandouna. La paura, bòrnia, noun sabia doun si
trouvava, ni men encara ce que poudia faire.
En aquéu fra-tèms doui voulur venon s'assetar souta
l'aubre ; après aver abrat quauqui branca sequi pèr s'escaufar, pi
si meton à cuentar lou siéu argen.
La calou faguet delegar la pega que curbia Puès destre de
Marioun e aissesta de cridar :
— E d'un !
Lu voulur, d'estuc, s'isson d'emblée.
— Qu'es acó, diguet l'un.
— Un matagan, faguet l'autre.
La calou seguia á faire lou siéu efet pau à pau durbia Puei
senec.
— E de douî, diguet Marioun.
Dóu cou lu voulur escapon, laissant Pargen espantegat soubre
Perba.
Marioun coumença à li veire clar, cala da l'aubre e ramassa
Pargen, pi lèu s'en camina vers maïoun...
Lou sièu marit, pensierons, era assetat dapè dóu fuec, s'escaufant, fumant la sièu pipeta emé beatituda...
— Bertoumiéu !... o Bertoumiéu !... duerbe-mi, siéu iéu,
Marioun...
— Vai au diàu que ti pihe... ièu que cresii de m'en estre
despegouït...
Ma Marioun, toujou picava, un cóu noun asperava l'autre...
L'ome fenisse per li durbi...
— Ten ! regarda cen que ti pouorti.. . e Marioun pauva lou
sac su lou toulié. ..
Bertoumiéu, entartugat, cuenta Pargen e réfléchisse ; — Marioun es simplaria e deman la vila saupra Pistoria de la fouré . ..
Cóu que Bertoumiéu si dispegouïsse pèr empedi li marridi lenga
de bavar...

�— 23 —
Si mete la vesta, lou capèu e souorte fermant la pouorta i..
Faïa nuech dintre la carriera, ma sensa pena s'encamina
vers una boutiga e croumpa pèr mai de dès kilo de macaroun...
Ientra au sièu e di à la sièu mouhié de si metre au liech.
En tant que Marioun durmïa, Bertoumiéu fa bui lu macaroun, pi lu espantega su lu aubre dóu jardin... Lendeman de
matin la siéu frema, desveiada, si mete à la fenestra...
— O ! Bertoumiéu ! Bertoumiéu ! Vene un póu veire!... O
trest ! vè, a plougut de macaroun !...
— O vai fantauma !... n'as toujou una. .. Ten ! ten !... ma
es ver !...
*
* *

A quauque tèms en ça, Bertoumiéu l'avia previst, Marioun
countet à toui que lou siéu ome noun li picava plus, despi lou
jou qu'ela li avia pourtat de sac plen d'escut...
Lou juge aiguent audit parlar de l'afaire, mandet sounar
Bertoumiéu devant lou tribunal ; la siéu mouhié era estada
citada couma testemoni.
Lou juge. — Bertoumiéu, sias acusat d'aver gardât d'argen
que noun era vouostre.
— Iéu !... Ma moussu lou juge, lou negui ; sièu couma
sabès un travaiadou.. .
E Marioun de dire.
— Noun negar, Bertoumiéu, sabés ben qu'es ver ; es iéu en
persouna que t'ai pourtat la mouneda, qu'avii trouvât en la
fouré.. .
Lou juge. — Anas brave ome, noun negués.. .
— E quoura lou m'as pourtat ?... — Vous juri, Moussu lou
juge, que la miéu frema es fouola !...
— E lou sabes ben, Bertoumiéu, es lou jou que plouguet tant
de macaroun !
— Moussu lou juge aves jamai vist ploure de macaroun ?...
— Jamai ! moun beL amic respoundet lou juge que si tenia
lou ventre dóu rire — Amie, vèu que la vouostra frema es
fouola. .. sias aquitat !...
Bertoumiéu si retira emé Marioun... Noun aigueron plus
de disputa e vieugueron, pareisse urous e pèr longtèms !...
J. E.

�CANSOUN ANCIENNA

PÈR LOU

N'aurias pas vist la miêu fiha
Trin-trin
Lou galerin
A'aurias pas vist la miêu Jiha
Trois-wtrois
Le fils du roi
L'ai vista e l'ai baïada
Trin-trin
Lou Galerin
L'ai vista e l'ai baïda
Trois-trois
Le fils du roi.
Douna-mi la miêu fiha
Trin-trin
Lou galerin
Douna-mi la miêu fiha
Trois-trois
Le fils du roi.
Es aqnela la vouostra fiha
Trin-trin
Lou galerin
Es aqaela la vouostra fiha
Trois-trois
Le fils du roi.
La miêu fiha era pas lernia
Trin-trin
Lou galerin
La miêu fiha era pas lernia
Trois-trois
Le fils du roi
La miêu fiha era pas lua
Trin-trin
Lou galerin
La miêu fiha era pas lua
Trois trois
Le fils du roi.
N'es ni guercia ni poutinouva
Trin-trin
Lou galerin
N es ni guercia ni poutinouva
Trois-trois
Le fils du rois.

MAI

�La miéu fiha n'es pas borni a
Trin-trin
Lou galerin
La miêu fiha n'es pas bornia
Trois-trois
Le fils du roi.
Noun faïa pas belugueta
Trin-trin
Lou galerin;
Nonn faïa pas belugueta
Trois-trois
Le fils du roi.
La miêu fiha n'es pas emberrida
Trin-trin
Lou galerin
La miêu fiha n'es pas emberrida
Trois-trois
Le fils du roi.
La m iéu fiha n'es pas pigada
Trin-trin
Lou galerin
La miêu fiha n'es pas pigada
Trois- trois
Le fils du roi.
La miéu fiha noun es pas ranga
Trin-trin
Lou galerin
La miéu fiha noun es pas ranga
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha noun es pas louorla
Trin-trin
Lou galerin
La miéu fiha noun es pas touorta
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha n'es pas crouoada
Trin-trin
Lou galerin
La miéu fiha n'es pas croavada
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha n'es pas gibouva
Trin-trin
Lou galerin
La miéu fia n'es pas gibouva

�— 26 —
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha noun es foularana
Trin-trin
Lou galerin
La miéu fiha noun es foularana
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha n'es pas ingourda
Trin-trin
Lou galerin
La miéu fiha n'es pas ingourda
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha a pas lou peu de pi g nu
Trin trin
Lou galerin
La miéu fiha a pas lou peu de pig nu
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha noun es narvelouua
Trin- trin
Lou qalerin
La miéu ûha noun es narveloiwa
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha noun a la rougna
Trin-trin
Lou galerin
La miéu fiha noun a la rougna
Trois trois
Le fils du roi.
XXX.

PROUVERB1, BOUOI MOT, COUNSÈU E DICH
Qu duerme ben noun cregne li niera.
Qu vè pissar e noun pissa, crêpa de malícia.-'
Qu douna soun ben avan de mouri
Mérita de pati.
L'amour es lou paradis dei fouol.
L'amour es .la flou de la jouinessa.

�LA MOUORT DAU PAURE TOUNIN

Lou paure Tounin, malàut a setant'an, si presenta à l'espitàu
ma li respouondon que li a plus de plaça.
— Coumplet ! ! !
Quauqu'un li fa capi qu'em'un pau de proutecioun li pourria
intrar. Countrariat dei pas que cóu faire, Tounin vira lu taloun e
s'encamina vers la plaça Massena, piha lou tram, si rende da
Graugnard, à l'espitàu dei can, e li di :
— Moussu lou Veterinari, cresi d'estre un pau mai qu'un
can ?... En aquéu cas souîna-mi...
— Vous souînar aici, ma brav'ome perdés la testa. — Basta,
li di que n'a pas de liech pèrcourcar un crestian, que noun douna
de souin qu'ai bestia !...
Tounin, couma pensas, s'en souorte m'au couor gros e noun
sau plus à que sant si recoumandar. Era aqui au mitan dóu
camin, quoura en aquéu moumen arriba un landau, doun cala
una grossa dama, encapelada, aurias dich un ver foungi, segada
d'un varlet que pourtava religiousamen un can enfeloupat emé de
favour rosa au couol, tapat d'un tapis em'ai iniciala. En veèn
aquéu tablèu lou paure Tounin si lamenta, sangluta fouort.
— Qu'avès lou miéu brav'ome, li di la dama.
— Cen qu'ai Madama ?... trovi que lou vouostre can a mai
de chança que iéu. Li a cinquant-cinq an que travaii, pèr la premiera fès que siéu malàut, noun soulamen mi refuson à l'espitàu
dei estre uman, ma encara mi vèu picar la pouorta au nas èn
aquéu dai can.
— Quevoulès, lou miéu paur'ome, ai fach un vout de mimetre
à la Soucietà Proutetriça dei Animau, de pourtar touti li miéu
ecounoumia à la Caissa de secours pèr soulajar lou sort dei bestia.
Lou fau talamen ben, que vouguessi ben vous dounar un sóu
que pourii pas.
La dama li vira l'esquina e ientra couma un coupa-cisèu da
Graugnard. Tounin roumougna :
— Se ti veguessi en un cantoun ti dounerii mancou un gotou
d'aïga !... vièia sansuga !...
Tounin estrassinat, deble s'alonga un pau plus en là, su d'un
mouloun de peira. Quauqui oura après, couma soufrisia, n'ai-

�guènt ren en l'estomegue depi l'auba, coumençava d'aver lou
rangouioun, quoura passet un canipiè que li diguet :
— Que fès aquí, brav'ome ?
— Couma veès siéu aqui pèr tirar lu patoun. M'an refusat â
l'espitàu, même en aquéu dai can, noun mi resta que de mouri
su d'un mouioun de peira. — Avès un carnet su lou quai enregistras lu fach dóu jou, farias ben de li aloungar lou miéu testamen que poudès mentuar couma acô :
— « Bouon Diéu, se mi fes passar encara une fes sur la terra,
fe-mi naisse can au mancou, li aura une Soucietà Proutetriça dei
Animau que si crusira de iéu e pourrai estre amès en un espitau,
estre souïnat, faire bouona vida, menar une vida de can... »
ANT. ROLAND.

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VIGNE
A M. VALÉRE BERNARD.

Dans le ciel doux la Vigne ètreint les pals de buis.
Sous le pampre le merle alourdi des falernes
Tourne son col gris vair et ses paupières lemes
Qu'argenté la blancheur des immuables nuits.
O / fraîcheur, 6 beauté des Igs et des iris,
Que la Vierge éblouie avec les marjolaines
Cueille le soir venu aux vasques des fontaines
Pour colorer en fête, au crépuscule, l'Euis.
Narcisses, ébeniers, œillet et sensitive
Ah ! Versez en mon âme attiédie et pensive
L'orgueil qui souleva les clairs olympiens.
L'amour qui rafraîchit les Madones pieuses
Et qui vêt de clarté les snls athéniens
Et les ravissements des époques heureuses.
JEAN

PADOVANI.

Quauque souvèt :
Vous souveti la bouona annada.
Que siegue mihau que la passada.
Vous souveti la bouona annada acoumpagnada de touplcn
d'autri.

�Eglises et Chapelles de Nice
La vieille ville de Nice se trouvant sur la rive gauche du
Paillon, pour parler de ses églises, nous commencerons par son
église cathédrale, Sainte-Réparate, vierge et martyre, de celles du
canton Est, et en traversant la rive droite nous nous occuperons des paroisses du canton Ouest.
I. — L'Eglise Cathédrale du Diocèse de Nice est la paroisse
de Sainte Réparate, vierge et martyre, sous l'empereur Decius en
253. Sa fête est le 8 octobre. Cette église est au centre de la vieille
ville (8.500 âmes), Avant 1531 la Cathédrale était près du Donjon, plateau de Nice, et dénommée : Sancta Maria in platea,
dédiée à N. D. de l'Assomption. L'édifice actuel, dans son genre,
ressemble beaucoup à Saint Pierre de Rome, au Vatican. C'était
auparavant une simple église paroissiale
desservie par
les Bénédictins du Monastère de Saint-Pons, près Nice.
Dans son ressort se trouvent l'ancienne église de Saint
Jaume (Saint Jacques apôtre), jadis des P.P. Carmes, fermée
depuis 1903. Après le transfert du titre de paroisse à l'église de
Saint Juste, évèquc, au Gesu, elle fut placée sous la vocable de l'Annonciation de la Sainte Vierge, ainsi que la belle Eglise de la
Miséricorde, sur le Cours Saleya, jadis de Saint Gaétan, fondée
e
par les P.P. Theatins au XVIII siècle et cédée à la noble
confrérie des Pénitents Noirs.
La Cathédrale de Nice, paroisse Sainte-Réparate de nos jours,
fut comme l'ancienne au Donjon du Château {Sancta Maria in
platea), le théâtre de plusieurs f lits historiques mémorables dans
les annales de l'histoire de Nice.
II. — L'Eglise de Saint Jacques, an Gesû, dès son érection
en 1612, dédiée à Saint Juste, évêque. Sa fête est le 2 septembre.
En 1665 fut érigée en paroisse sous le titre de Saint Jacques le
Majeur, remplaçant la paroisse de Saint Jaume. On l'appelle
vulgairement le Gesù à cause qu'elle a été fondée et administrée
par les P.P. de la Compagnie de Jésus.
Appartiennent à cette paroisse les deux chapelles des confréries des Pénitents Blancs, la Sainte Croix, — confrérie la

�óo —
plus ancienne de Nice, — et des Pénitents Rouges, Saint Suaire
et de la Sainte Trinité ; l'Eglise du Couvent de là Visitation,
la chapelle de l'ancien séminaire, à la montée du Château, et
jadis l'Hospice franciscain avec chapelle de Saint Joseph des
P.P. Recollets de Cimiez, convertie en maison particulière.
L'Eglise du Gesù est d'ordre corinthien composite, cons truite sur le modèle de l'Eglise des Jésuites de Turin, dite
vulgairement les Saints Martyrs. ( 10.000 âmes).
A l'extrémité de la rue du Malonat, aux racines de l'ancien
château, on voit un oratoire à la Sainte Vierge Marie, sous le
titre de N. D. du Bon Secours. Les habitants de ce quartier érigèrent cet oratoire en l'honneur de la sainte Vierge, en reconnaissance du choléra en 1854.
III. — L'Eglise paroissiale de Saint Martin Evéque dite de
Saint-Augustin est la plus ancienne, elle fut bâtie sur l'emplacement de l'ancienne chapelle de Saint Martin (1205) et appelée
Saint-Augustin parce qu'elle était desservie par les Augustiniens
dont le couvent a été transformé en caserne. (Caserne Filley, près
l'ancienne chapelle Sincaire).
IV. — L'Eglise de Saint-Francois-de-Paule a été édifiée en
1736 d'après le plan de l'architecte
Guarini. En 1838
elle fut érigée en paroisse par décret de Mgr Galvano et appelée
aussi Saint-Dominique en souvenir de l'ancienne église paroissiale
de ce nom qui s'élevait sur la place Saint-Dominique aux lieux et
place de l'actuel Palais de Justice.
V*— L'Eglise du Port ou de l'Immaculée Conception. D'humble
origine. D'abord ce fut une fort modeste chapelle (1835), transformée agrandie par Mgr Galvano, et l'avocat théologue L. Mari
fut son premier curé..
VI. — L'Eglise Saint-Joseph nouvelle paroisse depuis 1911 la
première pierre fut posée le 19 mars 1911, bénie le 29 octobre et
ouverte au public le Ier novembre 1911 sous le patronage de Mgr
Chapon et dirigée par les soins de M. l'abbé Gabrielli.
A cette paroisse appartiennent la chapelle succursale de Saint
Joseph contigüe à l'Evêché, et la chapelle de Notre-Dame des
Anges sur l'ancienne route de Villefranche.
VIL — Saint-Roch. Cette église paroissiale dans la banlieue
de Nice fut érigée après la peste de r68r. Nice fut délivrée de ce
fléau par l'intercession de saint Roch, confesseur, né et mort à

�- Si Montpellier. La paroisse est divisée en deux quartiers, Roquebillière
inférieure et Roquebillière supérieure, jusqu'à la chapelle de NotreDame de Bon Voyage.
VIII. — Rive droite du Paillon, intra muros, se dresse Notre Dame du Vau, paroisse Saint-Jean-Baptiste, qui remplace l'an
cienne église du même nom devenue chapelle inférieure du Lycée.
Cette belle église, vœu delà ville de Nice en 1835, mt érigée en
1842 et terminée en 1852 par Mgr Galvano, évêque de Nice.
La façade ressemble à celle élevée à Turin en l'honneur du retour
du roi dans les états Sardes en 1814.
IX. — Saiiit-Pierre-d' Aréna remplace une chapelle située à la
Croix de Marbre. Elle fut érigée en paroisse en 1803 par Mgr
Colonna d'Istria. Elle doit son nom à ce fait, c'est que lors de sa
fondation elle se trouvait sur le rivage de la mer séparée par une
bordure de sable fin.
X. — Une ancienne chapelle de Sainte-Hélêne-l'Inspiratrice
existait dans ces parages. Elle fut remplacée en face la mer par
une église sous l'épiscopat de Mgr Recrosio (1727).
Six paroisses « extra muros » dépendent de la commune de
Nice.
Sainte-Marie Magdeleine, sise dans le vallon de Magnan, édifiée sur l'emplacement d'une chapelle de même nom, érigée en
1626 et dite vulgairement chapelle « dei cassaire » à cause du
grand nombre de chasseurs. Après le concordat de 1803 sous
l'épiscopat de Mgr Colonna d'Istria, ce quartier qui depuis 1771
dépendait pour le spirituel de la cathédrale fut érigé en paroisse.
Il existe encore aujourd'hui une chapelle de Notre-Dame du Bon
Conseil changée en demeure particulière . Bientôt le besoin de
la population augmentant, une église sera bâtie à la cité Robiony
par les soins du curé actuel de la Madeleine.
Plus à l'est de la ville, toujours dans le canton ouest ce
l'Arquet, se dresse la paroisse de l'Ariane dédiée primitivement à
saint Arnoux, évêque et à saint Pierre, apôtre. Elle fut érigée en
paroisse en 1809 sous l'épiscopat de Mgr Colonna d Istria. Dans
son ressort se trouve l'ancienne chapelle nécropole de l'Abbadie
fondée en 1635 en l'honneur de sainte Claire pour le besoin spirituel de 450 à 500 habitants qui appartiennent aux communes
de Nice, Cantaron Saint-André. Localité d'avenii et à laquelle
le chemin de fer Nice-Coni donnera une valeur stratégique.

�— 32 —
Gairaut avait au moyen-âge une chapelle de secours desservie
par les religieux chevaliers de l'ordre du temple au début, et par
la suite de Rhodes et de Malte. Sous l'épiscopat de Mgr François
Rosini de Martinengo la chapelle fut érigée en église paroissiale
sous le vocable de saint Sauveur o*u de la transfiguration du
Rédempteur.
Dès 1730 les P. Dominicains de Nice fondent à Saint Pancrace un sanatorium pour religieux martyrs avec chapelle en
l'honneur de Saint Pancrace martyr. Cette chapelle est érigée en
paroisse en 1848 par Mgr Galvano.
Sur le couchant de Saint-Pancrace on trouve la paroisse de
saint Roman . martyr ; l'ancienne chapelle fut érigée en paroisse
ainsi que celle de saint-Antoine de Ginestière en 1803 sous Mgr
Colonna d'Istria.
VALENT IN.

NOU VÉ
Tu Çatarina fai lou pan.
Mdumen de jota, d'alegressa,
Fes audi da toui lu couor :
Lu ange canton l'alegressa,
Fuges l'infer, Juges la mouorl.
Chntou !
L'aarika sabla, li a quaucaren aici vesin,
Sembla que senti li joia d'un festin ;
Audi lu tambourin de laen,
Lu Jlajoulet e li musela,
Lu pastre van à Bethelen
Laisson la cabana soaleta ;
Santo nuech, venes aléa nen ralegrà,
Pourtas à toui la pax et la tranquilità !
Tu Catarina fai lou pan,
Manda Lucrecia au safran,
Despende aléa lou lauvaniè,
Chapla la blea su lou taatié ;
Crala de froumai e roumpe d'iiu
E fai la iourta couma fou,
Ché n'aiguen toui en aboundança (bis)
Santa nuech, venes alèu nen ralegrà,
Pourtas à toui la pa.x e la tranquilità .'
En tant faguen etnb'au vesin
t ua santépér lou Bambin,
Toucan lou gotou de bouon vin,
Ernb'aa vesin pér lou Bambin
Ti-ri-tin-tin ! -tinTi-ri tin !

�— 3Î —

L'Expulsion de Mgr Valperga
fEN SEPTEMBRE

1792)

Le 12 octobre 1780 h population de Nice se pressait aux
abords de la porte Pairoliëre pour y recevoir en grandes pompes
le nouvel évêque Charles-Eugène Valperga di Maglione. Ce
prélat avait couché la veille selon l'usage antique à l'abbaye de
Saint-Pons et devait faire ce jour là son entrée solennelle dans
sa ville épiscopale.
Le cérémonial imposant avec lequel on avait reçu jusqu'alors
les évêques fut encore cette fois observé. L'accueil de la population entière fut des plus chaleureux au rapport de Pierre Scaliero
qui en fut témoin (1). Le nouvel évêque, qui remplaçait Monseigneur Astésan nommé archevêque d'Oristano en Sardaigne,
appartenait à une famille de vieille noblesse dont plusieurs membres avaient exercé, à Nice, des fonctions importantes (2). Il
(1) Voir aux Archives municipales le récit détaillé que ce chroniqueur en a laissé dans ses Mémoires. Pierre Scaliero mourut en 1805.
(2) Jacques Valperga, conseiller ducal, fut lieutenant du gouverneur de Nice en 1454 ; Thoma5 Valperga fut gouverneur du château de Nice en 1565 ; Jean Valperga fut également gouverneur de
Nice en 1596 ; Jérôme Valperga fut commandeur du château de
Nice en 1600 ; Pierre Valperga, frère de Jacques Valperga, était
chevalier de Malte (Arch. municipales, registre des gouverneurs,
commandants et chevaliers de Malte) ; Anne Valperga, fille dAmédée
Valperga, épousa, le commandeur de Malte Jean-Paul Lascaris.
(Voir son testament daté de 1683, arch. des Alpes-Maritimes,
registre B, 297.) Joseph Ignace de Valperga reçut de son oncle, Emmanuel Philibert Chiotera, mie partie du fief de Couaraze dont il fut
investi le 20 février 1753. Son fils, Vincent, céda ses droits à H. Novelli. Jérôme Valperga fut sénateur à Nice de 1761 à 1765, puis
ministre plénipotentiaire de Sardaigne à Gênes en 1780 ; plus tard
il fut ministre etsecrétaire d'Etat, ce dernier était le frère de l'évêque
de Nice et fils du comte François Valperga qui vivait encore en
1795Ees armoiries des Valperga étaient fascé d'or et de gueules, à
la plante de chanvre déracinée, d'argent et brochant. Le cimier
était un bouc naissant au naturel et la devise : « Ferme-toy ».
Nous reproduisons les armoiries de Monseigneur Valperga d'après celles qui se trouvent en tête du catéchisme édité par ses ordres
et dont nous devons le dessin à l'obligeance de M. Joseph Casai
(Extrait de 1' « Armoriai Artistique et Nrbiüaire », Ni.e, 1902.
3

�- 34était directeur du collège des Provinces à Turin, lorsque le roi
de Sardaigne le désigna, pour l'évêché de Nice. Il avait été sacré à
Rome où il avait fait ses études. Monseigneur Valperga se distingua immédiatement par sa vigilance et son activité : il releva
le niveau intellectuel et moral des prêtres de son diocèse et s'attacha à mettre en toutes choses la plus grande régularité. Dix-huit
mois après son installation, il publia un nouveau catéchisme
dont le plan avait été préparé par son prédécesseur ^i). Grâce à

ses relations cordiales avec la eour de Turin, il jouissait auprès
des autorités civiles de Nice d'une grande influence. Après douze
(1) Ce catéchisme en italien fut imprimé à Nice par la Société
Typographique. C'est un petit volume in-douze de 612 pages, portant
la date de 1783. En tête se trouve le mandement de Monseigneur
Valperga du 16 février 1782 qui approuve le travail terminé par
le prêtre auquel Monseigneur Astésan en avait confié le soin, ordonne
sa publication et règle l'organisation des catéchismes dans tout le
diocèse. Deux ans plus tard en 1785, Gabriel Floteront, imprima
un autre catéchisme rédigé en dialecte niçois, petit volume in-12
de 228 pages. Un exemplaire de ces deux ouvrages existe à la biblio
thèque de Nice. — Voir Villarey, Série Cronològica dei Vescovi
di Nizza. — Art. Valperga.

�-35 années de séjour dans cette dernière ville il s'était acquis l'estime
et le respect de tous.
*

• *

Lorsque le 28 septembre 1792 dans l'après-midi, les troupes
piémontaises évacuèrent Nice, il y eut dans cette ville une effroyable panique et des milliers d'habitants s'enfuirent dans la direction de Turin. Ce fut un désarroi et une désorganisation complète de toutes les autorités. iMonseigneur Valperga resta à son
poste et s'engagea à ne point quitter la ville. Le lendemain samedi
29 septembre, il accompagna le second consul Honoré Saissi et
quelques membres du Conseil qui se rendirent, vers les onze
heures du matin, à la villa Feraudi, au quartier St Hélène, pour
offrir les clefs de la cité au général d'Anselme qui venait d'y
arriver à la tête des troupes françaises. Le général fit à la délégation assez bon accueil, mais il s'étonna de trouver parmi ses membres, l'évêque dont la place déclara-t-il n était pas là. Du reste,
d'Anselme attacha si peu d'importance à la démarche îles magistrats niçois que dans aucune de ses dépêches officielles il n'en fit
mention.
Sur le soir du même jour, la petite armée française faisait son
entrée dans la ville et le général s'installait dans la maison du
consul de France à la place St Dominique. L'évêque de Nice qui
tenait à rester au milieu de ses diocésains se présenta de nouveau
vers les huit ou neuf heures du soir chez le général auquel il voulait recommander ses prêtres en lui demandant des respecter les
églises. Le général était entouré de tout son état-major, du consul
de France, Pierre Le Seurre, de Honoré Saissi, second consul, de
Féraudi, secrétaire général de la commune. Ces deux derniers
venus probablement pour appuyer les demandes de l'évêque.
L'accueil du général ne fut pas plus encourageant que la première fois ; il intima même avec insistance au prélat l'ordre de
quitter ta ville en ajoutant que le plus tôt serait le mieux et ce
fut sur ces dernières paroles que l'évêque se retira après avoir toutefois reçu du général la promesse que tout ce qu'il laisserait dans
son palais serait placé sous la sauvegarde de la Nation française.
Il n'y avait pas à tergiverser, l'ordre était formel et pressant, il
fallait partir. L'évêque prit ses dernières dispositious et délégua,
au curé de la cathédrale, le chanoine Honoré Navello, tous les
pouvoirs nécessaires pour administrer le diocèse en son absence.
Aux premières lueurs du jour, Valperga quitta son palais, et se

�— 36 dirigea à pied vers la porte Pairolière. Il avait été impossible de
trouver une voiture car tous les moyens de transport avaient été
réquisitionnés et utilisés le 28 septembre pour permettre l'exode
des habitants terrorisés. Il avait ordre de partir, mais cet ordre
n'ayant pas été donné par écrit, les volontaires marseillais, de garde
à la porte de Turin, refusèrent de le laisser passer, l'accablèrent
d'injures, le menacèrent même de le pendre et ne consentirent á
le lâcher que sur un ordre écrit, sollicité et obtenu du général,
grâce à l'intervention courageuse et au sang-froid d'un jeune
niçois, Joseph Castellinard. Monseigneur Valperga se retira à
Turin et y mourut en 1805 sans avoir jamais pu obtenir l'autorisation de rentrer.
*

* *

Il est établi par les documents officiels contemporains que
Monseigneur Valperga ne quitta son siège que sur les ordres arbitraires du général d'Anselme et ces mêmes documents nous
renseignent très exactement sur les incidents fâcheux qui se produisirent au départ de l'évêque. Du reste, on n'ignorait pas à Nice
comment les choses s'étaient passées et la population savait grê à
Valperga de son attitude et de sa fermeté. De son côté, Valperga
avait eu confiance dans la parole à lui donnée par le général au
nom de la Nation française et à plusieurs reprises il manifesta
son étonnement qu'elle n'ait pas été gardée, que ses biens aient
été confisqués, son mobilier vendu, son nom inscrit sur la liste
des émigrés alors qu'en partant il n'avait cédé qu'à la force.
Parmi les nombreux documents qui se trouvent soit aux archives de Nice, soit aux archives nationales il en est quelques-uns
dont la simple reproduction sera plus probante que tous les corn,
mentaires. Il_suffira de citer :
•i° La lettre du Directoire des Colons Marseillais en date du
25 février 1793, adressée aux citoyens Blanqui et Veillon, députés
extraordinaires de la ville de Nice à Paris, au sujet des réclamations présentées le 23 du même mois par Jean-Jacques Donny, au
nom de Mgr Valperga.
20 La réponse du même Directoire à J.-J. Donny, en date du
26 février 1793.
3„ L'arrêté du Département en date du 13 avril 1793.
40 La réclamation présentée au Directoire du département

�Valperga, aussitôt après son inscription sur la liste des émigrés de
la ville de Nice, dressée à la fin de juin 1793.
50 Les états de frais pour l'inventaire et la vente du mobilier
et effets de « l'émigré Valperga Maillone, citoyen évêque » approuvés par le département des Alpes-Maritimes, le 5 germinal an
III (25 mars 1795).
6° Les actes de notoriété dressés le Ier et 2me fructidor an III
(18 et 19 août 1795) par Gautier, juge de paix à Nice, à la requête de Pierre-Joseph Passeron, agissant en qualité de procureur
subrogé par Nicolas Giorni, procureur spécial et général de Mgr
Valperga, par acte de procuration reçu à Turin le 20 juillet 1795,
notaire Pierre-Joseph Bernochio.
70 La pétition adressée au district de Nice le 4 fructidor an III
(21 août 1795) par Pierre-Joseph Passeron, demandant la radiation du nom de Valperga sur la liste des émigrés.
8° L'avis du district de Nice en date du 5 vendémiaire an IV
(27 septembre 1795) déclarant que Mgr Valperga doit être rayé
de la liste des émigrés.
90 L'arrêté du département des Alpes-Maritimes, en date du
14 prairial an V (2 juin 1797) ordonnant la radiation provisoire
du nom de Valperga de la liste des émigrés.
io° L'acte de cautionnement dressé par le département le
11 fructidor an V (28 août 1797), à la requête de Pierre-Joseph
Passeron, procureur de Mgr Valperga en exécution d'une des
clauses de l'arrêté du 14 prairial an V (2 juin 1797).

�- 38 —

DOCUMENTS ET PIÈCES D'ARCHIVES

Pièce 1.

25 février 1793
Aux cit. Blanqui et Veillon
Une lettre du cit. Donny, associé du citoyen LeClerc, défunt président de l'ancienne administration
provisoire, dont vous avez ci-inclus l'extrait ( 1 ), nous
fait connaître que le cit. Valperga, évêque de Nice,
laissa avant son départ (ordonné à son retour par
Anselme) dans sa maison pour environ 34.000 livres,
argent monnayé, et environ pour 17.000 d'effets en
vaisselle, linge, batterie de cuisine etc.
Une portion de ces effets se trouvent encore dans
ladite maison, sous l'inventaire que nous en avons
fait dresser par les commissaires de l'une et l'autre
administration, lorsque nous avons été installés, mais
il s'en faut de beaucoup qu'elle puisse arriver à la
somme de 17.000 livres, pas même le tiers.
Quant à l'argent monnayé entré dans la caisse du
receveur de l'ancienne administration, nous n'y
voyons point la somme que ledit Evêque désigne
avoir laissé dans sa maison. Nous vous remettons cijoint un extrait de l'état des sommes' que le cit.
Bonnet a reçu en espèces, pendant toute sa gestion
de receveur et trouvées parmi les effets des émigrés
français et niçois.
Nous ne voulons rien préjuger sur l'assertion du
cit. Valperga, quoique nous ayons des indices frappants de vérité. Ce ne sera que lorsque nous aurons
pu les convertir en preuves par le témoignage de
quelques citoyens que nous nous procurerons, pour
pouvoir en demander la restitution et la poursuite
contre le pillage.
En attendant, noùs croyons devoir vous faire part
de cette découverte que nous allons communiquer au
Président de la Convention Nationale et au Ministre.
Arch. des A. M. Registre de la correspondance du
Directoire des Colons marseillais L. 5.
Cet extrait manque au registre ainsi que les autres pièces
énoncées dans celte lettre.

�-hLe 2érae février 1793.
Au citoyen Donny, négociant à Nice
Pièce 2.

Votre lettre du 23me de ce mois, citoyen, nous
demande des renseignements sur le temporel du
citoyen Valperga, Evêque de Nice. Nous allons vous
transmettre tous ceux qui sont à notre connaissance
L'administration provisoire en choisissant l'Evêché
pour le lieu de ses séances, vint s'y établir dans les
premiers jours d'octobre, et tout nous porte à croire
qu'elle ne fit aucun inventaire des effets qui s'y trouvaient, du moins nous n'en avons trouvé aucun dans
les papiers qu'elle nous a remis.
En succédant à cette administration provisoire,
uous avons cru que notre premier devoir était de faire
un inventaire de tout le mobilier renfermé dans la maison épiscopale. Nous y avons successivement procédé
en présence des administrateurs provisoires et à mesure qu'ils nous en remettaient les clefs. Tout le mobilier qui s'y trouvait, ne consistait guère qu'en
meubles meublants et ne nous paraît pas avoir la
valeur de 17 mille livres que l'Evêque lui donne.
Vous pourrez, si vous le jugez à propos, faire prendre
à notre secrétariat une copie de cet inventaire. Tout
ce. qui n'est point renfermé dans les appartements
que nous occupons au premier étage, a été laissé à la
garde de Jean Poma, ancien concierge de l'Evêque et
le nôtre.
Pour nous éclairer sur les 34.000 1. argent monnayé que l'Evêque doit avoir laissé en sa maison,
nous avons écrit au cit. Bonnet, receveur de l'administration provisoire, pour lui demander un état des
sommes en numéraires versées dans sa caisse, comme
ayant été saisies et trouvées parmi les effets des Emigrés français et niçois. L'état qu'il nous a remis ne
monte qu'à 74121. 16 s, et aucun article n'a du rapport
avec les réclamations du citoyen Valperga.
Quant à ce qui concerne personnellement le
citoyen, nous avons demandé au Ministre de l'Intérieur de vouloir bien nous dire la manière dont nous
devions l'envisager. Nous savons qu'un ordre arbi-

�— 40 —
traire de Danselme l'obligea de quitter Nice, le jour
de l'entrée des Français. Mais nous pensons aussi que
la proclamation des Commissaires de la Convention
nationale de France et le décret de celle de Nice,
concernant les Emigrés, étaient des motifs suffisants
pour le ramener à son poste et le rassurer sur les
suites de son retour. En persistant à prolonger son
absence, il s'expose à être traité comme émigré, à se
voir déclarer déchu de sa place et confisquer tous ses
biens. Telle est la disposition de la loi, et quoique
nous ayons consulté le ministre sur le cas particulier
de l'Evêque, nous prévoyons que sa réponse sera de
nous en tenir à la rigueur des lois, ainsi que plusieurs
instructions nous l'ont déjà annoncé.
Vous sentez, citoyens, que tout le mobilier de
l'Evêque doit rester séquestré jusqu'à son retour ou à
la décision du Ministre. Il peut être tranquille sur la
conservation de tout ce que nous avons trouvé en
entrant dans sa maison. Ce qui a pu en être enlevé
avant notre entrée en fonctions, est étranger à notre
gestion. Mais nous employerons tous les moyens qui
sont en notre pouvoir pour en trouver les traces, en
acquérir les preuves et en faire punir les coupables.
Les administrateurs, etc.
Archives des A.-M., Registre
suivants.

,L. 5,/°7i verso et

Lettre des commissaires de la Convention
Nationale et arrêté du Département des A. M.
Nice, le 9 Avril 1793, l'an 1 Ie de la Repu bublique Française.
« Vous voudrez bien, citoyens, en nous envoyant
les noms et prénoms de l'évêque de Nice, nous instruire officiellement d'après les "dispositions des lois,
s'il est censé démissionnaire et son siège vacant.
« Les Commissaires de la Convention Nationale
au département des A. M.
GRÉGOIRE, JAGOT (I)

(1)

Archives des A. M. L. 29 ancien. L

7

actuel.

�— 4i (i3 avril 1793)
Le Directoire ; vu la réquisition du citoyen Procureur Général sindic « Considérant que Charles Eugène Valperga, évêque de Nice, n'avait point quitté
son domicile lors de l'entrée des troupes de la République ; considérant qu'il a lui méme-accompagné les
consuls d'alors quand ils furent présenter les clefs
de la ville et inviter le général Anselme à venir en
prendre possession au nom de la République ; considérant que le général Anselme par ses ordres arbitraires et tiranniques, accompagnés même de menaces contre ses jours, l'ont forcé de s'éloigner ; arrête
qu'il ne peut le déclarer émigré, et qu'il sera répondu
aux Commissaires de la Convention nationale d'après
les principes ci-dessus.. »
Sign : PAUMÉ ; BARLI FABRI ; F. CASTKLIMARD ;
ANGLES ; BERNARDI, secrétaire général. (1)
pjj

ce

^

Aux citoyens composant le Directoire du
département des Alpes-Maritimes..
22 juillet 1793.
Citoyens,
Le citoyen Jean-Jacques Donny, soussigné, chargé
des intérêts du citoyen Valperga, évêque de Nice
absent, ayant été informé que par votre délibération
du 29 du mois passé, ledit citoyen Valperga avait été
déclaré émigré, vous représente avec tous les égards

(1) Archives des Alpes-Maritimes, Registre L,. 3, folio 101. L'Arrêté n'est pas signé par le procureur syndic Jean-François Tourre
ni par l'administrateur Jean-L,ouis de Villiers qui ne partageaient
point l'opinion de leurs collègues. A noter que Tourre était d'Antibes
et que de Viliers était un médecin français établi depuis longtemps
à Nice.
I/Arrêté fut pris malgré le réquisitoire de Tourre qui voulait
déclarer Monseigneur Valperga émigré et malgré un violent discours de Villiers soutenant la même thèse qui fut combattue par
Barli Fabri, par Castclinard et par Anglès. J'ai déjà publié in-extenso
cette délibération du 13 avril T793 au cours d'un article sur l'église
de Nice en 1792-1793 inséré dans Nice Historique du Ier avril 1903,
C'est pourquoi je reproduis ici simplement la lettre des
commissaires et l'arrêté du département.

�- 42 —
dûs au pouvoir dont l'exercice vous a été confié par
le peuple souverain que le citoyen Valperga ne peut
ni ne doit sous aucun rapport être considéré comme
émigré, par les motifs ci-après :
i° Qu'il est de notoriété publique qu'il n'a quitté
le pays que contre son gré et par ordre du général
Anselme :
2° Qu'il a constamment été disposé et a offert
de revenir dans son diocèse, moyennant qu'il ne fut
assujetti à prêter qu'un serment relatif au temporel et
non au spirituel.
3° Qu'enfin et par la raison que n'étant point
indigène, mais étranger, son séjour ici n'a été dé terminé que par sa nomination à l'épiscopat, événement casuel qui n'a jamais pu le soumettre à l'obligation de renoncer pour toujours à sa mère-patrie.
Tous ces motifs, soit qu'on les prenne collectivement ou séparément, démontrent suffisamment,
citoyens administrateurs, le droit incontestable, qu'a
le citoyen Valperga de demander et prétendre la
radiation de son nom du tableau des émigrés, et si
le ministre de l'Intérieur n'a fait aucune distinction
entre lui et les autres citoyens, c'est sans doute qu'il
a ignoré les circonstances qui vous sont exposées
ci-dessus, et notamment la dernière, car s'il les eût
toutes connues, il n'est nullement probable qu'il eût
décidé comme il l'a fait. Toute hypothèse contraire
serait une injure faite à ses sentiments et à ses lumières. Un homme tel que lui, dont les vertus civiques, le patriotisme et les talents l'ont appelé au
poste aussi honorable que pénible qu'il occupe, doit
ressembler autant que possible à la Nation pour
laquelle il agit et qui l'a honoré de sa confiance.
Cette nation est grande, généreuse, magnanime,
juste et bienfaisante.Elle ne peut qu'êtreextrêmement
jalouse de sa gloire, et l'un des principaux devoirs de
ses agents est d'éviter soigneusement d'en ternir
l'éclat.
Le refus qui serait fait de rayer de la liste des
Emigrés le nom du citoyen Valperga, refus qui entraînerait avec lui la confiscation des minces propriétés de ce citoyen, serait un acte qui imprimerait à

�-

43

-

jamais une tache ineffaçable à la gloire du nom français ; tache qui ne pourra manquer de frapper également les yeux des contemporains et ceux de la postérité ; tache enfin que les historiens ne manqueront
pas de faire ressortir par des couleurs enluminées, et
le bel effet qu'un pareil tableau produirait, citoyens
administrateurs, serait votre ouvrage.
Mais non, loin de nous, cette idée ! Vous êtes
républicains ! cela suffit. Les républicains sont vertueux. Ils aiment, chérissent, protègent, respectent
la vertu partout où elle se trouve. Et le citoyen Valperga aussi est un homme vertueux ! Qui en doute ?
Nul bon citoyen, nul honnête homme. Souvenezvous, citoyens administrateurs, que ce n'est que par
ses vertus qu'il a mérité l'amour et l'affection du
peuple Niçois et non par sa qualité d'évêque. Et plût
à Dieu que tous les ecclésiastiques lui eussent ressemblé ! La France n'eut point éprouvé d'aussi horribles secousses, pour asseoir, affermir et assurer sa
liberté.
La République a incontestablement le droit de
renvoyer hors de son sein tout individu qui ne lui
convient pas, mais en renvoyant ainsi un étranger
qui, d'ailleurs, n'a pas encouru la peine de la confiscation de ses biens, elle lui permet de les emporter ou
de les vendre et d'en emporter le produit. Tel est
précisément le cas du citoyen Valperga.
L'exposant demande en conséquence, citoyens
administrateurs, qu'il vous plaise prendre dans votre
sagesse une délibération tendante à rendre audit
citoyen Valperga sa qualité de citoyen français non
émigré, à lui accorder un délai compétent pour rentrer dans ce pays soit comme simple citoyen ou
comme fonctionnaire public et à lui assurer dans
tous les cas la restitution de ses propriétés par lui
laissées sous la sauvegarde de la loyauté française
dans la maison épiscopale, lors de sa retraite forcée,
ou la juste indemnité de leur valeur. Et sera justice.
Nice, le 22 juillet 1793, l'an second de la République française, une et indivisible.
Jean-Jacques DONNY.
l
ARCHIVES NATIONALESF/ 4.867 , dossier Valperga.

�- 44 Pièce 5.

Etat de frais de vente pour parvenir à l'inventaire
et vente des effets de l'émigré Valperga Maillone,
citoyen évêque :
5 germinal an III (25 mars 1795)
Pour une séance de trois commissaires dont un du
District et deux de la Commission municipale, fixée
à trois livres par séance par le Directoire du district
et approuvé par les Représentants du
Peuple
L.
9 »
Papier timbré tant de la minute que
des deux extraits
»12
Pour la copie desdits deux extraits . .
» 8
Droits d'enregistrement
13 10
31

2

Nous soussignés certifions le compte ci dessus véritable.
Signés : J.-B. Thomaty, comm. du dist. ; Savigny,
comm. munie. ; Mabil, comm. municip.
Frais de la vente :
Pour quatre séances de deux corn missaires dont un
du District, un de la Commis, mun. sans le membre
de l'administration fixées à trois livres par séance par
le Directoire du district et approuvé par les Représentants du Peuple .
L.
24 »
Au trompette pour publication de
quatre criées
5 »
Au crieur à la vente, quatre séances .
12 »
Aux portefaix qui ont travaillé au
transport des effets
40 »
Papier timbré tant de la minute que
de l'extrait
1 »
Bougie
3 »
Droits d'enregistrement
27 »
Papier timbré du petit état
» 4
A la femme qui a assisté à la vente
pour l'arrangement du linge
» 12
L.
Signés : J.-B. Thomaty, comm. du
district ; Savigny, comm. municip.

1

159 6

�Vu par nous, membres composant la Commission
Administrative du district et d'après l'arrêté du district, approuvé par les Représentants du Peuple et la
loi du il et 12 Mars, arrête l'état des frais ci-dessus
se montant à la somme de cent cinquante neuf livres
trente centimes, qui seront acquittés par le receveur
du droit d'Enregistrement lorsque le Département
aura vérifié ledit état.
Nice, le 29 ventôse an 3"" de la République française une et indivisible (19 mars 1795).
(Suivent les signatures).
Vu l'état des frais ci-dessus pour parvenir à l'inventaire et vente du mobilier de l'émigré Valperga
Maillone ci-devant évêque.
Vérifié et arrêté par le Directoire du district de
Nice, la Commission Administrative du département
des Alpes-Maritimes approuve ledit état et ordonne
au citoyen Maussier, receveur de l'enregistrement
cîudit district de payer aux citoyens J. B. Thomaty
et Savigny, comm. la somme de 159 livres et 30
centimes pour montant des frais pour inventaire et
vente des susdits effets de l'émigré, laquelle somme
lui sera allouée en compte.
Fait à Nice le 5 germinal an 3me républicain ( 25
mars 1795).
Etat des frais pour parvenir d la vente du mobilier de
l'émigré Charles Eugène Valperga Maillone, citoyen
évêque.
Pour trente-neuf séances de trois commissaires
dont un du District et deux de la Commission municipale, fixé à trois livres par séance par le Directoire
du district et approuvé par les Représentants du
peuple
L.
351 »
A deux portefaix, dix-neuf journées et
demi chaque fixées à cinq livres par jour.
195 »
Au trompette pour publication de
trente-neuf criées fixées à une livre cinq
sols chaque
48 r 5
Au crieur à la vente, trente-neuf séan
ces fixées á trois-livres par séance ....
117 »

711 1$

�- 4* Report
Papier timbré tant de la minute que
de l'expédition
Pour copie dudit extrait fixé à quatre
livres
Papier timbré du présent état ....
Bougie
Droit d'enregistrement
Plus deux autres journées de portefaix à cinq livres
Un paquet de plume
L.

148
4
6
421

»
4
»
»

20
5

»
»

1.182

7

Nous soussignés certifions le compte ci-dessus,
véritable.
Nice, le Ier ventôse an 3me de la République (19
février 1795).
Signés : J.-B. Thomaty, commissaire du district ;
Savigny, comm. ; Honoré Mabil, comm. municipal.
Vu par nous, membres composant la Commission Administrative, de ce District, et d'après la loi
du 11 et 12 Mars 1793 (v. s.) et l'arrêté de cette
Commission approuvé par les Représentants en date
1^ Fructidor, oui l'agent national, arrête l'état des
frais se montant à onze cent huitante deux livres et
trente cinq centimes qui seront acquittés par le
receveur de l'agence de l'enregistrement sur le produit de la vente desdits meubles, lorsque le Département aura vérifié ledit état.
Nice le 29 ventôse an 3me de la République
française une et indivisible (19 mars 1795).
(Suivent les signatures).
Vu l'état des frais ci-dessus pour parvenir à la
vente du mobilier de l'Emigré Valperga Maillone cydevant évêque.
Vérifié et arrêté par le Directoire du district de
Nice.
La Commission administrative du département
des Alpes-Maritimes, approuve ledit état et ordonne

�— if au citoyen Maussier, receveur de Penregistrement
dudit district de payer aux citoyens J.-B. Thomati,
Savigni et Honoré Mabil, commissaires, la somme de
mille cent quatre vingt deux livres trente cinq centimes pour montant des frais de la vente des susdits
effets de l'Emigré. Laquelle somme lui sera allouée
en compte.
Fait â Nice le 5 germinal an 3me républicain (25
mars 1795).
Arch. des A. M. L. 15 ancien p. 44-45 N° 34-35

Actes de Notoriété
Pièçe g

1-2-fructidor an III
18-19 août 1795
EGALITÉ, LIBERTÉ

AU NOM DE LA LOI
Ce jourd'hui, premier Fructidor, l'an troisième
(18 août 1795 de la République française, une et indivisible, à Nice, chef-lieu du département des AlpesMaritimes, par devant Nous, Antoine Gautier Juge de
paix de la Ier, 2m" et 3me section et officier de police,
est comparu le citoyen Pierre Joseph Passeron, natit
tic la commune de Contes et habitant en celle de Nice
depuis plusieurs années.
Lequel en sa qualité de procureur du citoyen
Charles Eugène Valperga de Maillone, évêque de Nice,
subrogé par le citoyen Nicolo Giorni, homme de loi,
procureur spécial et général établi (par acte reçu) par
le notaire Pierre Joseph de Bernochio, le 20 Juillet
dernier (v. s.) qu'il présente, légalisé par le résidant
de la République de Gênes auprès de la Cour de Turin, dont il résulte le pouvoir donné au citoyen Giorni, de subroger en son lieu et place, avec tous les
pouvoirs compris au dit acte, et il présente au surplus l'acte de sa dite subrogation faite par le même
citoyen Giorni, reçu en la ville de Gênes le premier

�- 48 du mois d'août dernier (v. s.) par le notaire Antoine
Baglietto, légalisée par le consul de la République
française.
Il expose que le vingt neuvième jour de septembre
de l'année 1792, l'armée de la République, étant arrivée en cette ville, commandée en chef par le citoyen
général d'Anselme, lorsque ce général, vers le soir,
fut arrivé et il eut pris son logement dans la maison
habitée par le ci-devant consul de la République Le
Seurre, ledit citoyen Evêque Charles Eugène Valperga de Maillone s'y étant présenté, ledit général d'Anselme, en présence de tout son Etat-Major, lui signifia
d'abord de devoir partir de cette ville. Sur quoi le
dit évêque ayant répondu qu'il avait cru de pouvoir
continuer sa résidence en cette ville et tellement l'avait cru, qu'il n'avait jamais pensé de distraire et en
faire partir le moindre de ses meubles et effets, qu'il
avait dans la maison d'habitation de l'tvêque et que
si absolument il lui ordonnait de partir, il le priait de
lui accorder la sauvegarde sur tous lesdits effets et
meubles. Le dit général d'Anselme lui répliqua qu'il
dut absolument partir de cette ville, en ajoutant que
le plus tôt en serait le mieux, et qu'à l'égard de ses
meubles et effets qu'il avait, il les mettait dès ce ino
ment sous la sauvegarde et loyauté de la Nation française et qu'il pouvait en être tranquille, après quoi ledit
évêque Valperga de Maillone, tout tremblant, ayant
dit qu'il allait se conformer dès le lendemain au matin à ses ordres, se retira ; ledit général d'Anselme
lui ayant encore répliqué : le plus tôt sera le mieux.
Et comme il importe audit citoyen évêque Valperga de Maillone de constater le fait ci-dessus expo"sé, suivi en présence de tout l'Etat-Major dudit général d'Anselme et de plusieurs citoyens de cette commune, l'exposant, en sa dite qualité vous présente les
citoyens Pierre Le Seurre, ci-dessus nommé, ci-devant
consul en cette ville de la République, le citoyen Honoré Saissi de cette commune qui pour lors était second consul de la même commune, le citoyen Philippe Emmanuel Féraudi qui pour lors était secrétaire de
Ìa même commune et le citoyen Ange Giraudi aussi

�- 49 de cette commune, pour recevoir leurs dépositions
sur ledit exposé et vous fait instance que de tout lui
soit concédé acte, ce que nous lui avons accordé, et a
signé.
PIERRE JOSEPH PASSERON.

Et de suite se sont présenté les susnommés
citoyen Le Seurre, natif de Craon, âgé de 75
ans, bourgeois, le citoyen Saissi, âgé de 70 ans,
négociant, Emmanuel Feraudi, âgé de 68 ans, notaire, Ange Giraudi, âgé de 63 ans, négociant,
natifs et domiciliés dans cette commune, auxquels
après avoir fait lecture dudit exposé fait par ledit citoyen Pierre Joseph Passeron, en sa dite qualité, les
avons interpellés sur serment que leur avons fait prêter, conformément à la loi, de nous dire en leur âme
et conscience si tous les faits énoncés dans le même
exposé sont de leur connaissance et tous les quatre ont
répondu et attesté tant uniment que séparément en
être pleinement informés, s'y étant trouvés présents,
et que le tout contient la vérité, toute la vérité et
rien que la vérité. En foi de quoi ils ont signé :
LE SEURRE, HOSORI'J
SAISSI, PHILIPPE EMMANUEL FÉRAUDI,
ANGE

GIRAUDI.

Et nous, juge de paix, vu les dépositions ci-dessus, avons de tout concédé acte au susnommé citoyen
Pierre Joseph Passeron en sa dite qualité, pour lui
servir et valoir dans tous les cas, à ce que de droit et
de raison. Fait à Nice, l'an et le jour que dessus.
GAUTIER, juge de paix.
BONIFACI, sec. greffier.
Vu par nous, membres du District de Nice, 3 vendémiaire an IV rép. 25 sep. 1795, TOSELLI, JN COPPON
fils, VÉRANI pr. syndic, SAYTOUR Martin.

�— 5o —
EGALITÉ, LIBERTÉ.

AU NOM DE LA LOI
Ce jourd'hui. second jour de Fructidor de l'an 3
août 1795) de la République française une et indivisible, à Nice, chef-lieu du département des AlpesMaritimes, par devant nous, Antoine Gautier, juge de
paix de la iere, 2M* et 3ME section et officier de police,
est comparu le citoyen Pierre Joseph Passeron : natif
de la commune de Contes et habitant en celle de Nice
depuis plusieurs années
Lequel en sa qualité de procureur du citoyen
Charles Eugène Valperga de Maillone, évêque de
Nice, subrogé par le citoyen Nicolo Giorni, homme
de loi, procureur spécial et général établi (par acte
reçu) par le notaire Pierre Joseph de Bernochio, le 20
Juillet dernier (v. s.) qu'il présente, légalisé par le résidant de la République de Gênes auprès de la Cour de
Turin, dont il résulte le pouvoir donné au citoyen
Giorni, de subroger en son lieu et place, avec tous les
pouvoirs compris audit acte, et il présente au surplus
l'acte de sa dite subrogation faite par le même citoyen
Giorni, reçu en la ville de Gênes le premier du mois
d'août dernier (v. s.) par le notaire Antoine Baglietto,
légalisée par le consul de la République française.
Expose : Primo, que le matin du trente septembre 1792, le citoyen Charles Eugène Valperga de
Maillone, évêque de Nice, en partant de cette ville
avec deux domestiques à sa suite, qui portaient un
paquet et quelques effets, fut arrêté à la porte qui conduit en Piémont, ci-devant nommée porte Victoire,
et conduit au vestibule de la maison presque attenante
à ladite porte, appartenant au citoyen Dominique
Castellinard, où se trouva le citoyen Joseph Castellinard, fils dudit Dominique, et malgré que ledit Evêque Valperga déclara aux soldats de la Garde de la
dite porte qui étaient des Marseillais, que c'était en
conséquence d'ordre qui lui avait été signifié par le
citoyen général d'Anselme qu'il partait de cette ville,
lesdits soldats commencèrent par le malmener et lui
(19

�signifier qu'ils voulaient le pendre et ayant ouvert
ledit paquet et y ayant trouvé entre autres effets, une
ceinture d'évêque, ils déterminèrent, à l'instant, de le
pendre avec ladite ceinture, et ayant essayé si la même
était assez forte pour le soutenir, en la préparant, elle
se fit en lambeaux, de façon qu'ils vérifièrent qu'elle
ne pouvait leur servir et demandèrent audit Joseph
Castellinard fils une corde, pour pendre ledit évêque,
à un grand anneau de fer qui était au plafond dudit
vestibule, servant â y passer une verge de fer pour
peser les marchandises, et ledit citoyen Castellinard
fils, leur ayant absolument refusé de leur donner de la
corde, en s'excusant qu'il n'en avait point, comme
dans tous ces entrefaits ledit évêque se trouve mal et
ne peut plus se soutenir, ledit Castellinard fils lui fit
apporter une chaise, par sa servante à qui quelques
uns de ces soldats donnèrent des coups de poing pour
avoir porté ladite chaise et le même Castellinard le
fit ensuite asseoir sur ladite chaise, en le soutenant,
parce qu'il ne pouvait se soutenir droit ; d'autant plus
qu'en attendant, lesdits soldats marseillais lui disaient mille exécrations, lui crachaient dessus et lui
donnaient des soufflets, et assurément ils l'auraient
fini, si dans cet intervalle un de ses domestiques
n'avait été dire au citoyen général d'Anselme ce qui
venait d'arriver, et ledit domestique étant venu avec
un billet dudit général d'Anselme qui ordonnait à la
garde de le laisser partir, puisque c'était de son ordre,
en conséquence de ce billet lesdits soldats marseillais
se bornèrent pour lors à lui dire et crier mille invectives et injures et le laissèrent partir, ce que ledit
évêque, malgré qu'il ne pût se remuer, à l'aide de ses
domestiques fit au mieux possible en tremblant, de
façon qu'il doit son existence au refus ferme et déterminé que ledit citoyen Castellinard fils leur fit de
leur donner une corde, sans quoi avant l'arrivée du
dit domestique portant l'Ordre du général d'Anselme, il aurait été pendu et étranglé.
Secondoque lefaitci-dessusfut d'abord public et notoire, de notoriété publique dans cette ville et encore
plui le lendemain premier octobre, puisque les autres

»

�— 52 —

soldats de la Phalange Marseillaise, arrivés sur le soir
dudit jour trente septembre, d'abord après leur arrivée
cherchèrent l'évêque qu'ils voulaient le lanterner et
mettre en pièces, comme ils s'expliquèrent hautement,
ce qui joint au fait arrivé dans ledit vestibule de la
maison Castellinard, étant devenu d'une notoriété publique donna l'épouvante à tous les gens honnêtes du
pays, qui disaient que le citoyen général d'Anselme en
ordonnant audit évêque de partir, en mettant sous la
sauvegarde de la Nation française ses meubles et ses
effets, avait voulu le sauver.
Et comme il importe audit citoyen Passeron, exposant en sa dite qualité, de constater par témoins le
fait ci-dessus exposé, il nous présente ledit citoyen
Joseph Castellinard fils de Dominique de cette commune, âgé de 21 ans, de profession, négociant, qui se
trouva présent au fait énoncé dans le Ier article de l'exposé ci-dessus, et au surplus informé de la notoriété
des faits énoncés au second et dernier chef, de ladite
exposition et il nous présente les citoyens Jean-Jacques Donny, natif de Neufchâtel en Suisse, âgé de 39
ans, de profession, négociant ; Joseph Poullan, natif
de Clavesana, en Piémont, âge de 48 ans, négociant ;
Jacques Gerbin, âgé de 60 ans, tailleur, Jean-Marie
Thaon, âgé de 56 ans, négociant, natifs et tous domiciliés en cette commune pour déposer sur ladite
notoriété énoncée dans ledit second fait exposé, pour
recevoir leurs dépositions, et nous fait instance que de
tout lui soit concédé acte, ce que nous lui avons accordé et a signé.
Pierre-Joseph PASSERON .
Et de suite se sont présentés les susnommés citoyens Joseph Castellinard, Jean-Jacques Donny, Joseph Poullan, Jacques Gerbin, et Jean-Marie Thaon,
ci-dessus qualifiés, auxquels après avoir fait lecture
dudit exposé fait par ledit citoyen Passeron, en sa
dite quálité, les avons interpellés sur serment, que
leur avons fait prêter, conformément à la loi, de nous
dire en leur âme et conscience, si tous les faits énoncés dans le même exposé sont de leur connaissance,

�- 53 et ledit citoyen Joseph Castellinard a répondu et
attesté en être pleinement informé pour avoir été
présent au fait exposé dans le i" article de ladite exposition, et pour avoir publiquement entendu dire les
faits énoncés dans le second chef qui était en cette
ville notoire de notoriété publique et lesdits citoyens
Jean-Jacques Donny, Joseph Poullan, Jacques Gerbin,
Jean-Marie Thaon, ont répondu et attesté tant uniment que séparément être pleinement informés de
l'énoncé dans le second chef de ladite exposition,
puisque les faits y énoncés étaient notoires, de notoriété publique en cette ville, et tous lesdits citoyens
ont respectivement attesté pour ce qui les concerne
que tout contient la vérité, toute la vérité et rien que
la vérité. En foi de quoi ils ont signé : Joseph Castellinard fils,Jean-Jacques Donny, Joseph Poullan, Jacques
Gerbin, Jean-Marie Thaon.
Et nous, Juge de paix, vu les dépositions ci-dessus,
avons de tout concédé acte au susnommé Pierre Joseph Passeron en sa dite qualité pour lui servir et valoir dans tous les cas, à ce que de droit et de raison.
Fait à Nice l'an et jour que dessus.
GAUTIER,
BONIFACI,

juge de paix.
sec. gref.

Vu par nous, membres Du district de Nice, le 3
vendémiaire anIV rep. (25 sept. 1795).
Jn. COPPON fils, VÉRANi, pr. syndic, TOSELLI, Saytour
MARTIN.

Arch. Nat. F

7

4867 *

�54 -

PÉTITION au DISTRICT de NICE
et AVIS de ce DISTRICT
ÉGALITÉ,

LIBERTÉ

5 vendémiaire
27 septembre 1795 an IV
AUX

CITOYENS ADMINISTRATEURS
DU DISTRICT DE NICE

Le citoyen Pierre Joseph Passeron, natif de la
commune de Contes, habitant en celle de Nice depuis plusieurs années.
Vous expose en qualité de procureur du citoyen
Charles-Eugène Valperga de Maillone, évêque de
Nice, subrogé par le citoyen Nicolo Giorni, homme
de loi, son procureur spécial et général fondé par acte
reçu dans la ville de Turin par le notaire PierreJoseph de Bernochio, le 20 juillet dernier (v. s) légalisée par le résident de la République de Gênes, près
la Cour de Turin, duquel il résulte le pouvoir donné
audit citoyen Giorni de subroger en son lieu et place
avec tous les pouvoirs compris dans le même acte,
qui se trouve copié mot pour mot dans celui de la
subrogation faite par le même citoyen Giorni, reçu
en la ville de Gênes le Ier du mois d'août dernier
(v. s* par le notaire Antoine Baglietto, légalisée par
le consul de la République française, le 13 Thermidor dernier (3 1 Juillet 1795), qu'il vous exhibe qu'étant arrivé dans cette ville le vingt-neuvième jour
du mois de septembre de l'année 1792, l'armée de la
République française, commandée par le citoyen général en chef d'Anselme lorsque celui-ci y fut arrivé
le soir et eut pris son logement dans la maison d'habitation du citoyen ci-devant consul de la République
Le Seurre, ledit évêque Charles-Eugène Valperga de
Maillone, s'étant présenté, le même général d'Anselme
lui signifia d'abord en présence de son Etat-Major de
partir de cette ville, sur quoi ledit évêque lui répondit qu'il avait cru pouvoir continuer sa demeure dans
cette ville et qu'à cet effet il n'avait jamais pensé de

Pièces 7 et 8

�- 55 distraire, ni faire partir le moindre de ses meubles et
effets qu'il avait dans la maison d'habitation de
l'évêque, que si absolument il lui ordonnait de partir,
il le priait de lui accorder la sauvegarde pour tous ses
dits effets et meubles, ledit général d'Anselme lui
répliqua : Le plus tôt sera le mieux, ce qui tout est
constaté par les attestations ci-jointes du premier et
second jour de fructidor dernier qu'il vous présente
également.
Qu'il résulte aussi par lesdites attestations, que
ledit évêque Valperga de Maillone fut forcé par ledit
général d'Anselme de partir de cette ville que tous
ses meubles et effets fussent mis sous la sauvegarde de
la Nation française et qu'étant parti le lendemain 30
dit septembre, il risqu'à d'être pendu ef étranglé paties soldats de la Phalange Marseillaise qui se trouvaient de garde à la porte ci-devant dite Victoire, ce
que tout fut d'abord notoire et de notoriété publique
dans cette ville.
Vous observe que ledit évêque Valperga est natif
du Piémont où il se retira et que s'il a résidé dans
cette ville, ce n'a été que pour raison de son ministère, que tout cela nonobstant il a été porté sur la liste
des émigrés, a été vendu la plus grande partie de ses
meubles et effets, et cela même nonobstant la préalable réclamation que le citoyen Jean-Jacques Donni,
chargé des intérêts dudit évêque avait fait à l'ancien
département par sa pétition du 22 juillet 1793 (v. s)
qui existe dans les Archives de ce district, résultant
ainsi que tout cela a été fait et opéré contre le droit des
gens et la sauvegarde de la loyauté française qui fut
promis audit évêque.
En conséquence, l'exposant demande en sa dite
qualité de procureur dudit citoyen évêque CharlesEugène Valperga de Maillone la radiation de son
nom de la liste des émigrés, la levée des scellés, la
restitution de ses propriétés et l'indemnité de celles
qui ont été distraites et vendues au nom de la Nation,
et sera justice.
(21 août 1795).

�- 56 Nice le 4me jour de Fructidor de l'an 3me de la
République française une et indivisible.
Signé : Pierre-Joseph PASSERON.
Vu la pétition ci-dessus du citoyen Pierre-Joseph
Passeron présentée au nom et comme procureur subs
titué du ci-devant évêque de Nice, Charles-Eugène
Valperga tendante à obtenir la radiation de son nom
de la liste des émigrés, la levée du séquestre et remission de ses effets restant ainsi que l'indemnité de
ceux qui ont été distraits ou vendus.
Vu une première pétition présentée à l'ancienne
administration du département par le citoyen JeanJacques Donni, au nom du citoyen Valperga en date
du 22 juillet 1793 tendante aux mêmes fins.
Vu la procuration en date du premier août 1793
(V. s.) faite à Gênes, par devant le notaire public Antoine Baglietti, légalisée par le Consul de la République française y résidant, ainsi que l'acte de procuration y inséré, en date du 20 Juillet 1795.
Vu l'attestation de quatre témoins faite avec serment par devant le juge de paix de la 1", 2"", 3me section de cette commune, en date du 1" Fructidor dernier '18 août 1795).
Vu autre attestation de cinq témoins faite par
devant le susdit Juge de paix, le 2 dit fructidor, aussi
sous serment.
Considérant que par la première des 2 attestations il est pleinement prouvé que le vingt-neuvième
septembre 1792, aussitôt après l'entrée de l'armée
française dans cette commune, le sus-nommé évêque
Valperga s'étant présenté au général d'Anselme qui
la commandait en chef, celui- ci lui ordonna d'abord
en présence desdits témoins et de tout l'Etat-Major.
u'il n'avait qu'à partir de la ville, et malgré que le
it évêque lui observa qu'il avait cru de pouvoir y
rester tranquillement et qu'à cet effet il n'avait fait
partir aucun de ses effets et meubles, le général lui
répliqua de partir absolument de la ville, en ajoutant
que le plus tôt serait le mieux, l'ayant assuré qu'à

a

�-5;l'égard de ses meubles et effets de sa maison, il les
mettait dès ce moment sous la sauvegarde et loyauté
de la Nation française et qu'il pouvait en être tranquille.
Considérant qu'il résulte par lesdites attestations,
et il est prouvé que l'évêque Valperga, d'après les
ordres précis et réitérés du général d'Anselme, partit
le lendemain 30 septembre de cette ville.
Considérant que par la susdite attestation du deux
Fructidor il résulte que l'évêque Valperga, au moment de son départ de cette commune, ayant été arrêté à la porte qui conduit au Piémont, par les soldats
qui y étaient de garde, lesquels tentèrent de le pendre,
il évita la mort par les soins du citoyen Joseph Castellinard, un des déposants, et il ne fut laissé libre que
d'après un billet du général d'Anselme, qui ordonnait à ladite garde de le laisser partir, puisqu'il s'en
allait de son ordre
Considérant que tous ces faits sont devenus de notoriété publique dans cette commune, dès le même
jour 30 septembre et Ier octobre suivant, ainsi que
quatre témoins l'ont attesté.
Considérant que le citoyen Valperga ne s'est absenté de cette commune et ci-devant Comté de Nice
que d'après les ordres du général d'Anselme auquel il
témoigna son regret.
Considérant que le départ du citoyen Valperga
ayant été forcé il ne peut pas être qualifié d'émigration.
Considérant que son intention de rester dans cette
commune est d'autant plus constatée, que le citoyen
Valperga a été le seul fonctionnaire public, il soit
resté à son poste, n'ayant soustrait aucun des meubles
et effets de sa maison, lesquels ont été ensuite distraits
et vendus par la Nation.
Considérant que le citoyen Valperga ne peut être
non plus considéré comme réfractaire aux lois de la
République, tandis qu'à l'époque de son départ de cette
commune, aucune loi de la République, surtout à
l'égard des ecclésiastiques, n'y avait été encore publiée
à laquelle eut pu contrevenir.

�— 58 —
Considérant que le citoyen Valperga ne pouvant
être considéré ni comme émigré, ni comme réfractaire, ne pouvait être privé de ses propriétés laissées
dans cette commune lors de son départ, sous la sauvegarde de la loi et de la Nation française qui lui fut
accordée par le général d'Anselme, et qui étant digne
de la loyauté de cette Nation, ne pouvait être violée
sans blesser le droit des gens.
Considérant au surplus, que le citoyen Valperga,
originaire piémontais, ne faisait sa résidence à Nice,
qu'à raison de son épiscopat, ce qui ne donne qu'une
résidence easuelle, et que sous tous les rapports, il
n'a cessé d'être étranger à l'égard du pays de Nice et
de la France.
Considérant que l'article 6, section deux, N° 2 de
la Loi du 25 Brumaire (15 novembre 1794) en déclarant émigrés les citoyens domiciliés dans le cidevant comté de Nice, qui sont sortis depuis le 27
septembre 1792, n'a point porté atteinte au droit des
gens dans la personne de l'étranger, qui se trouvait
dans ce même pays, où il n'aurait pas établi son vrai
domicile.
Considérant que le citoyen Valperga, qui avait été
forcé par le gouvernement de partir de Nice, n'a dû
plus y revenir dans le terme même prescrit par les
lois aux citoyens de la ci-devant Comté de Nice,
puisqu'il ne devait point imaginer qu'il fut compris
dans l'invitation, malgré qu'il ait été porté sur la
liste des émigrés.
Considérant que ce nonobstant, lorsqu'il sut qu'il
avait été porté sur la liste des émigrés de cette commune, s'est empressé de présenter sadite pétition
du 22 Juillet 1793 dans laquelle il demanda non seulement la radiation de son nom de ladite liste, mais
encore un délai convenable pour rentrer dans cette
commune, soit comme simple citoyen, ou comme
fonctionnaire public, ainsi que la restitution de ses
propriétés par lui laissées sous la sauvegarde de la
loyauté française dans la maison êpiscopale lors de sa
retraite forcée, ou une juste indemnité de leur valeur.

�- 59 Considérant finalement que,d'après toutes les circonstances sus-ênoncèes, aucune loi concernant les
émigrés ne peut être applicable au citoyen Valperga,
et que toutes celles qui pourraient le regarder relatives au séquestre des biens appartenant aux habitants
des pays en guerre avec la République française ont
été rapportées par le décret du 14 Ventôse dernier
(4 mars 1795). •
Le Directoire du district de Nice, oui le procureur syndic, est d'avis que le citoyen Charles-Eugène
Valperga ci-devant évêque de Nice ne doit point être
considéré émigré.
Qu'il doit être rayé de la liste des émigrés, que le
séquestre apposé sur ses propriétés doit être levé, qu'il
doit être réintégré dans la possession et jouissance
d'iceux, que tous receveurs ou dépositaires doivent
lui restituer les sommes qu'ils ont perçues, résultant
du produit desdites propriétés et qu'il doit recevoir
la juste indemnité des meubles et effets qui seraient
passés au profit de la Nation.
Fait à Nice, dans la salle des séances le 5me Vendémiaire an 4me républicain (27 sept. 1795). Signé
Saytour Martin. Verani,
procureur syndic, Angles v. prés.
Touzelly. Jn Coppon fils.
Enregistré au feuil. 20 registre des prévenus
d'émigration et signé BARRAIA, commis greffier.
Certifié conforme par nous Ve président et secrétaire du district Jn COPPON Fils V,-PRÉSIDENT
BARRAIA Cis greffier.
A rch. Nat. F 7 4867

2

�— 6o —

Pièce 9.

LIBERTÉ (vignette) ÉGALITÉ
BUREAU DES
ÉMIGRÉS

Extrait des registres des délibérations et arrêtés de
l'Administration Centrale du département des Alpes Maritimes.
(2

juin 1797)

Séance du quatorze Prairial an 5mf de
la République française une et indivisible.
Sur le rapport d-e la pétition présentée par le
citoyen Pierre Joseph Passeron, procureur fondé de
Monsieur Charles Valperga, ci-devant évêque de
Nice, dans laquelle il expose que ledit Charles Valperga n'a jamais dû être atteint des lois relatives à
l'émigration, soit qu'on le considère comme parti en
suite d'une force majeure, soit en sa qualité de piémontais et demande en conséquence la radiation de
son nom de la liste des Emigrés, sa réintégration
dans la possession et jouissance de ses propriétés et
une juste indemnité, des meubles et effets qui sont
passés au profit de la République.
L'Administration Centrale du département des
Alpes-Maritimes, considérant que M. Charles Valperga, comme piémontais, n'habitant Nice que pour
cause de son emploi, n'aurait jamais dû être porté
sur la liste des émigrés du département.
Que le seul motif qui a pu déterminer le général
d'Anselme à lui ordonner de partir de la ville de
Nice, ne peut avoir été que la susdite qualité de
piémontais.
Considérant enfin, que comme sujet du roi de
Sardaigne, il est dans le cas de jouir de l'article i,r
de la loi du quatorze nivôse an troisième, (} janvier
1795), ainsi que de l'article neuf de la loi du trente
Floréal an quatrième, (19 mai 1796).
Arrête, oui le commissaire du Directoire Exécutif
que le nom de Valperga, ci-devant évêque de Nice,
qui se trouve inscrit sur la liste des émigrés, sera

�— 6i —

provisoirement rayé ; que tout séquestre qui pourrait
avoir été mis sur ses biens sera levé, qu'il sera réintégré dans la possession et jouissance de ses propriétés,
et que toutes les sommes versées dans les caisses publiques, lui seront rendues, déduction faite des frais
faits conformément aux lois.
Fait et arrêté* en séance publique le jour, mois et
an que dessus.
Signé : Donny, président Payani, fils, Scudéry,
Oberti, Hancy (et en marge Gastaud commissaire
du Directoire Exécutif).
Certifié conforme à l'original par nous président
et secrétaire de l'Administration centrale du départemeni des Alpes-Maritimes.
DONNY, président
BELMONDI, sec. chef au bureau des émigrés.
Arch. Nat. F 7 4867 2

ACTE DE CAUTIONNEMENT
Pièce 10.

11 fructidor anV (2&amp; août 1797)
LIBERTÉ ÉGALITÉ
Ce jourdTiui 11 fructidor an 5 de la République
française une et indivisible (28 août 1797) par devant nous, membres composant l'Administration
centrale du département des Alpes-Maritimes, est
comparu le citoyen Joseph Passeron, natif de Contes,
chef-lieu de canton, domicilié dans cette commune,
procureur fondé de Monsieur Charles Valperga, cidevant évêque de Nice, en vertu d'acte de procuration du 20 juillet et premier août 1795 (v. s.) lequel
en sadite qualité, dépendamment à l'arrêté de cette
administration du quatorze prairial an cinq (2 juin
1797) portant que le nom de Valperga, ci-devant
évêque de Nice, sera provisoirement rayé de la liste
des émigrés, que tout séquestre qui pourrait avoir
été mis sur ses biens sera levé, qu'il sera réintégré
dans la possession et jouissance de ses propriétés, et

�— 62 —

que toutes les sommes versées dans les caisses publiques lui seront rendues, déduction faite des frais
faits, conformément aux lois, désirant de se conformer au porté par l'article 3 de la loi du 5 Brumaire
an 3 (26 octobre 1794) qui exprime que les prévenus
d'émigration seront tenus de donner caution solvable de la valeur mobilier, et ne pourront obtenir
leurs immeubles jusqu'à ce qu'il ait été définitivement statué sur leurs réclamations par qui de droit,
toujours en sa dite qualité a présenté pour caution le
citoyen François Grosson, marchand drapier de cette
commune, lequel ici prése.it et acceptant, s'oblige
conjointement et solidairement avec ledit Valperga
et pour celui-ci ledit Joseph Passeron, et sous l'hypothèque de tous leurs frens présents et à venir, à l'entière exécution de ce qui les concerne en la susdite
loi, et à la représention des mobiliers, effets et sommes à percevoir en dépôt que besoin sera, et quant
aux mobiliers invendus et en dépôt seront soumis
d'en représenter la valeur à laquelle seront estimés
par experts, préalable rémission.
Et nous, administrateurs susdits approuvant lesdits
cautionnement et acte de soumission, à la réquisition
dudit citoyen Joseph Passeron, avons dressé le présent acte que toutes les parties ont signé avec nous,
ayant au préalable fait renoncer audit François Grosson au droit de premier convenir.
Fait à Nice les jours, mois et an que dessus.
Joseph

PASSERON,

François GROSSON,
prés., PAYANY FILS,
MARUN-SAYTOUR, sec. en chef

HANCY, DONNY,
P.

Acte original sur timbre de 20 centime*.
Arch. Nat. F

7 4867^

�— 63 -

CONCLUSION

Il était avéré pour tous, dans la ville de Nice, que Mgr
Valperga était parti contre son gré et si la première Administration départementale, installée au mois de Mai 1793,
l'avait inscrit sur la liste des émigrés de Nice, c'était à la
suite d'une réponse faite par le ministre de l'Intérieur, Garât,
aux questions à lui posées par le Directoire des Colons Marseillais sur la conduite à tenir vis-à-vis de l'évêque.
Les questions avaient été envoyées à Paris, vers la fin
de Février 1793, et la réponse du ministre ne parvint à Nice
qu'au milieu de juin suivant, soit quelques jours avant la
publication de la liste des émigrés. Les réclamations de
l'évêque, retiré à Turin dans sa famille, furent présentées
le 22 juillet 1793 (1) ; mais comme beaucoup d'autres, elles
s'entassèrent dans les bureaux du Département, qui n'y
répondit même pas.
Cette réclamation fut présentée au nom de l'évêque par JeanJacques Donny au Département. lîlle figure en original au dossier
Valperga.
Voir ci-dessus.
Le registre des délibérations du département manque aux Archives pour les derniers mois de 1793, exactement du Ier mai au 10
Novembre, comme pour les six derniers mois de 1797 et l'année entière de 1798, exactement du 8 Messidor an V (26 Juin 1797) au 25
Pluviôse an VII (13 février 1799).
C'est-à-dire pour les deux périodes les plus troublées et cette
disparition est tout au moins étrange.
Elle doit être vraisemblablement attribuée à certains hommes
politiques désireux de laisser dans l'oubli leur conduite durant ces
deux époques.

�- 64 On était dans la période la plus aiguë et, en pleine
Terreur.
Après le 9 Thermidor et, surtout après la venue à Nice
du représentant Beffroy, au mois de Floréal, an III (Mai
I795)»
les esprits devinrent plus calmes, les administrations plus pondérées. C'est alors que, sur de nouvelles demandes présentées au District, et sur avis favbrable de
celui-ci, le département des Alpes-Maritimes accorda à Mgr
Valperga sa radiation provisoire, le 14 Prairial, an V (2 Juin
1797). Comme on le voit, l'affaire avait traîné en longueur.
Il semblait alors que rien ne s'opposait plus à la rentrée
de l'évêque : le 11 Fructidor, an V (28 Août 1797), le Département avait agréé la caution de François Grosson (1) ;
les biens de l'évêque allaient lui être rendus, et il pourrait
rentrer.
Mais huit jours après, le coup d'Etat du 18 Fructidor (4
septembre 1797) remettait le pouvoir aux mains des Jacobins, la guerre aux émigrés et aux ecclésiastiques, en particulier, reprit avec âpreté. Pe département des Alpes-Maritimes se vit accusé d'avoir préparé une rentrée triomphale à l'évêque, son arrêté du 14 Prairial resta sans effet
et, en vertu de la loi du 19 Fructidor (5 septembre), les
scellés furent de nouveau apposés sur les biens de Mgr Valperga par deux commissaires municipaux (2).
En vain, l'évêque de Nice, fit intervenir auprès du Directoire Balbi, l'ambassadeur du Roi de Sardaigne à Paris,
le dossier de sa demande en radiation fut examiné sans
aucune bienveillance.
(1) L/Acte original de ce cautionnement sur timbre est aux
Arch. des Alp.-Maritimes Q. 10.
(2) Mise de scellés sur les biens de Charles Eugène Valperga par
deux commissaires de la municipalité de Nice. Une scéance, 6 livres.
Dépense approuvée par le Département, en Germinal an VI (avril
1798). Arch. des A. M. Q. 11.
Mgr Valperga ne possédait à Nice aucun immeuble et il devait
rester fort peu de chose de son mobilier après la vente qui en avait
été faite en Ventôse an III. La bibliothèque de l'évêché avait été déclarée bien national et la caisse diocésaine avait disparue en octobre 1792
sans laisser de traces dans les pièces administratives. Le séquestre
a été apposé sur les biens de nombreux émigrés rayés provisoirement.
On peut en voir la liste aux Archives des A. M. Q. 10, où Valperga
figure sous le N° 65.

�- 65
Á la suite de la lettre de Balby datée de Paris le 7 février
1798, le ministre de la police demanda à ses Bureaux un
rapport sur l'affaire Valperga. Pe voici tel qu'il se trouve
en minute au dossier.
Attendu que rien ne tend à constater le prétendu ordre
de quitter Nice, d'où il suit qu'il faut en croire sur parole
l'émigré.
Qu'à raison de son domicile, il était tenu de rentrer sur
le territoire dans les délais voulus par les lois.
Qu'il est atteint par la déchéance et n'a réclamé que
l'an V.
Qu'il ne paraît pas y avoir lieu de violer la loi en faveur
de cet ex-évêque dont la rentrée prohibée par la Constitution serait d'une influence dangereuse.
J'estime qu'il y a lieu à proposer la maintenue sauf
à prendre des renseignements si toutefois on les trouve
indispensables.
CAIGNART,
Sous-chef (2e Bureau).
En tête de cette minute est écrit :
« Je pense qu'il y a lieu à instruction et à prendre
des renseignements près les Administrateurs du département_des Alpes-Maritimes. »
Signature illisible (1).
Ces renseignements furent-ils demandés ? C'est probable et cela explique que bien des pièces du dossier Valperga sont en double expédition. Plus d'une année s'écoula
encore, avant que fut prise une décision et finalement sur
un rapport défavorable de la Commission d'examen instituée près le Ministère de la police pour l'étude des demandes en radiation, le Directoire exécutif signa le 7 Floréal
an VII, (26 avril 1799) un arrêté qui maintenait définitivement, sur la liste des émigrés, Mgr Valperga et annulait
toutes les décisions rendues antérieurement, en sa faveur,
par les. autorités locales.
(1) Arch. Nation. F 7 4862 2 dossier Valperga. Rapport de la
3 me Division du Ministère de la police, sans date mais joint à la
lettre de Balbi.
»

�- 66 -

Varrêté du Directoire parvint à Nice les premiers
jours de Prairial an VII (Mai 99) et fut immédiatement
mis à exécution. (1).
*

* *

Ainsi donc Mgr Valperga expulsé ne put jamais obtenir
de rentrer, les lois sur l'émigration étaient tellement embrouillées et tyranniques qu'une fois inscrit sur une liste
d'émigrés, il était extrêmement difficile de s'en faire rayer
malgré toutes les démarches ; car on se heurtait sans cesse
à des questions de forme et de procédure ce qui permettait
à la malveillance de s'exercer tout à fait à l'aise sous le
couvert de la légalité.
A. J.

PvANCE-BOURREY.

(1) De 21 Floréal an VII (10 mai 1799), il fut communiqué
par le ministre de la police générale de la République aux diverses
administrations intéressées et aux Commissaire du Directoire exécutif
près le département des Alpes-Maritimes. Celui-ci par lettre du 3
prairial (22 mai 1799) demanda au Département de le transmettre
à la Municipalité de Nice, ce qui fut fait le même jour avec ordre
de le transcrire sur ses registres, de faire apposer les scellés ou séquestre sur tous les biens meubles et immeubles de l'évêque si ce
n'est déjà fait, et de mi notifier sans délai la décision prise à son égard.
Voir lettre du Département à la Municipalité, celle du Commissaire au Département, 3 Prairial an VII avec la réponse du Département 4 Prairial.
Arch.. des A. M. Q. 1 et 2 et Arch. Nationales, dossier Valperga,

�NIÇA LA BELLA
VERS DE /.

Giordan,

su

DE CARTA POUSTALA

Ai rai dôu nouostre bouon soulèu
Venon s'escaufar toui lu lùssi ;
Es un meravihous tablèu,
Ai rai dôu nouostre bouon soulèu,
Trouvas, dou Var fin au Castèu,
Anglés, Rouman, Danesi, Rùssi :
Ai rai dôu nouostre bouon soulèu
Venon s'escaufar toui lu lùssi.
Pèr tu, as touti li bèuta,
Terra de lus e d'alegria,
D'un ciel d'azur, as la clartà,
Pèr tu, as touti li bèuta.
De l'univers, en verità,
Siès la uechièma meravia ;
Pèr tu, as touti li bèutà,
Terra de lus e d'alegria.
Dintre lou tèmp, Semiramis
Faguet basti, à Babilouna,
Pu siéu jardin, vèr paradis !
Soubre Paioun, degun s'estouna
De vèire, ancuèi, lou paumoulié
Drissar au ciel la siéu coulouna
E lou galofre, e l'anemouna
Flouri emb'au pourtegalié.
De bouon matin, quitant maioun
Pèr la journada touta'ntiera,
S'en va lavar, dintre Paioun
Pa bugadiera.
D'un glourious passat es fiera
Perqué, d'un tèmp, sus lou bastioun
Au Turc, arranquèt la bandiera
Pa bugadiera.

�fet 68 —

Sau de fouora fa freï,
Que brima,
A Niça, sus lou Quèi,
Si rima.
Pescadou, fourestié,
De la mar bressarella,
Escouton voulountié
Pa doussa cantinella.
L'AVOUCAT

PATTA

L'estudi de l'avoucat Patta es en plen aria ; si tèn lou matin
couma lou predinà su la plaça dôu Palai. Es un ome pichounet,
touplen raplot, li pocha enfli de papiè de touta mers. En lu vièi
quartiè es proun counouissut e li capelada, « Bouonjou Moussu
l'Avoucat », noun li mancon. Es ben m'ai juge, proucuradou, etc.
Lu siéu ounourari soun bouon pati e n'a de preferença pèr
qu si sigue. Parla au premier maufatan vengut, couma se fousse
un agnèu que vén de naisse ; lou créancier o lou débiteur soun
tratat su lou même pen... basta que mouson...
L'avoucat Patta es de noutarietà reputat pèr un ome judicious, òunest — au noun si flata de l'estre au jou d'ancuei ; —
finda counouisse, es en relacioun d'afaire emê de gros persou nage que dintre la finança dôu siéu coumerce, soun quasi d'usurari. Sau menajar la cabra e lou caulè ; e pèr que la mouneda
noun li escapa si desbrouïa e si mete dôu cousta dôu manche...
d'aquéu que casca lou de mai...
Acò fa que toui lu matin que lou Bouon Diéu a fach, la siéu
doumestica mete toujou quaucaren au fuec. Lou dimeneghe, coum'un bouon crestian, — tartufaria que lou pauva, — va audi la
gran'messa à Santa Réparada, fa la siesta e à la calada dóu soulèu,
passeja su lou Cours, pastrouia, fa lu cent pas, noun parla que de
lei, proucès, citacioun, ensin alestisse lou travail dôu dilun...
Lendeman empastra ben d'afaire, mete facilamen en lou sac
Moussu Tout'Un emé Moussu Tout'Autre... En éu que li pòu
faire ?... lança dapertout lou broumech, tant pis pèr aquéu que si
laissa agantar. Quaranta sóu es lou près d'atac e vous pregui de
crèire que douna pas la siéu journada pèr doui o tres escut.
L'avoucat Patta counouisse l'usança dôu païs... s'avès touort,
vous rouïa, s'avès pi rasoun, v'espia... Que voulès aima manjar
lou pei, lou pei que noun aiguë d'espina...
JULI EYNAUDI.

�-«9VA

MAU ! !

Va màu, cresé-vous, que va màu 1
En l'orizoun lou voile negre
N'es qu'un gran camp cargat de pebre,
Qu'à pala lou jeten davan,
Avuglan finda lu cavau 1
Lu canoun soun su li frountièra,
Alignât couma de barriera,
N'esperon plus que lou signàu !
Lou soulèu, aquel animàu !
Stan, noun vòu levà la vela,
Si foundon couma des candela
Enb'aquèu coust dôu diàu !
Le Giacouuda à cóu de d/stràu
Li fan petà li sièu moulura...
Ah ! dèu faire bella figura
Se l'an foutuda en quauqua tràu
Lou pan crèise, finda la sàu,
Lou sucre dintre li boutiga
Mounta ben mai que de boufiga !
Van jusque crèise lou rampàu
E la pèu que fau lou tambau ;
Metran de drech su li nourriça,
Su lu chichi, su li saucissa,
Perqué pas soubre lu magàu ?
E lou Prussian, marrit bertàu,
Noun sabon fa que de babïa,
Per lou Maroc e l'Algèria,
Se faran mètre lou mourràu !
Li serreren toui lou pourtàu
E pi veiren touta la França
Davan la sieù grossa arougança
Se noun si sau garda li clàu !
Es de rima d'un manechàu,
Ma sien d'estiéu, vesin, vesina,
Li passeres en la resina
Avant que vegon l'espitau !
CHARLES CIAUDO

�Valère Bernard
Tout en heurtant le marteau contre la porte de M. Valère
Bernard je songeais. Je me suis complu dans le plus souriant
mépris des idoles. L'ironie a tremblé sur mes lèvres quand
la Provence a dans un ravissement de joie acclamé le poète de
Maillanne. Cette mascarade d'apothéose me répugnait.
Et maintenant la curiosité me fourvoyait dans le studio
d'un consciencieux artiste que les felibres couvraient de gloire.
Elève de Puvis de Chavannes M. Valère Bernard pasticha le
Maître. Mais vite il eût l'intuition qu'à se perdre dans les sentiers
battus il courrait risque de compromettre son crédit. Il dit
adieu à Paris et vint dans Marseille, l'opulente cité.
A cette époque vivait un exquis écrivain, J. Lombard. Il venait de publier deux œuvres d'une grandiose beauté, VAgonie et
Bysance. Dans un style étrangement tourmenté il contait les
luttes entre les factions d'Orient, illuminant son œuvre des
splendeurs bysantines.
Valère Bernard vit Jean Lombard, et du même coup les belles
au bois qui dormaient en son âme s'éveillèrent. Il délaissa les
études académiques, les pastiches sans vie, et d'ardentes couleurs
chargèrent ses toiles.
Voici le triomphe des rois Babyloniens. Sur les voûtes d'un
palais impérial passent des gardes étincelants dans la pourpre et
la soie. L'or envahit les hautes colonnes de jaspe bleu. Involontairement on pense aux fantastiques demeures hantées par des
fées émeraudes et des princesses aux perversités troublantes.
Et je m'imagine que le peintre était sous le charme de la
légende quand il a peint cette courtisanne qui sourit à son miroir tout en jouant négligeamment avec sa chevelure d'or. Et
puis passent Venise la rouge, Marseille enveloppé dans la poussière d'or du crépuscule, des motifs à la Watteau peints par un
bysantin, toute une apothéose.
Mais une idée m'obsède, tandis que dans la grise clarté d'un
soir automnal s'éteignent les fauves éclairs jaillis de ces radieuses
toiles. L'idéalisation du passé me paraît cruelle. Les générations
endormies dans la Mort ont eu leurs misères/leurs rancœurs, je
pense qu'il est absurde de s'écrier avec Musset « qu'aux temps
jadis tout était heureux jusqu'aux douleurs humaines. » En vain
l'apostat s'attriste-t-il sur les vieillards immortels de l'antique

�- 7i

—

lonie, â ses oreilles résonnent les paroles de l'Hiérophante : « La
Helladi que tu aimes n'a jamais existé ».
Mais M. Valère Bernard brise ma rêverie, et mes yeux se
portent.sur des portraits appendus au mur. Profils d'espagnol ou
d'américain mitigés d'espagnol, comme on en croise maintes fois
sur la Cannebière.
Homme universel ne puis-je m'empêcher de m'êcrier. M.
Valère Bernard sourit. Il siérait dit-il, à mi voix, de se développer en profondeur. Toutefois il est beau de se dire sur le
tard de sa vie que l'on a fait vibrer toute son âme. Ici le maître
rejoint Néron. Il m'aide à comprendre cet inquiétant empereur.
Mais encore faut-il que tout en étant l'homme universel on ne
sombre pas dans la banalité. De méchantes œuvres d'art peuvent
avoir leur prix.
Une idée se lève devant moi. Labruyère me petsuade que
l'honnête homme de Pascal propre à tout en définitive n'est propre à rien. La spécialisation inintelligente, mène à l'erreur, j'en
conviens, mais en fait elle est une loi générale.
Et ceci est pour me plaire, car j'abhorre dissiper mon énergie,
j'aime le repliement, la frissonnante pudeur qu'effarouche les
vaines ostentations. Je goûte les peintres du passé et malgré ma
philosophie j'adore les peuples disparus. Volontiers j'implorerai
avec la Cassandre de Schiller la cécité, l'exquise cécité. Le sou
venir a plus de puissance sur moi que l'espoir.
Et sous des deux gris, en des pays étrangers désolants de
médiocrité, il m'est arrivé de pleurer plus amèrement que ne
pleura Xerxès aux rives d'Abydos.
J. PADOVANI.
PROUVERB1, BOUOI MOT, COUNSÈU E DICH
Vèuva que si marida,
Dèu perdre la lus e l'audida.
Fiha madura,
Lou pouorta à la centura.
En cuntant su lu det :
Aquéu a fa l'óu ;
Aquéu l'es anat cercar,
Aquéu l'a fa cuèire,
Aquéu l'a manjat,
E lou pichoun n'a ren tastat !

�— 73 —
LE

DÉSESPOIR

Oui, j'ai la mort dans l'âme ; oui, je monte au calvaire ;
Mon horizon, hier si beau, s'est obscurci ;
Je hais tous les devoirs et tout ce qu'on révère :
Mieux vaut mourir que vivre ainsi !
Puisque je n'y puis rien ; que la raison humaine
Ne gagne plus un cœur où mon cœur est entré,
Je veux briser mes jours comme on brise une chaîne
Et m'enfuir en désespéré.
Qu'est-ce donc que la mort ? C'est la paix éternelle,
C'est un beau drap de fleurs sur mon sein endormi,
C'est la nature calme, auguste et solennelle
Qui nous prête un repos ami.
O nature de Dieu contemple ma détresse !
Ecoute tout mon sang dans mon cœur s'épancher
Et, puisque je n'ai plus le lit de ma maîtresse,
C'est au tien que je veux coucher ;
C'est toi la grande mère et la nourrice immense !
L'homme au sort le plus âpre et l'homme au sort plus beau
Retrouvent dans ton sein leur part de ta clémence :
L'un l'amour, l'autre le tombeau
Tu sais, toi qui vois tout, ce qu'ici bas je souffre,
Que je n'ai point béni l'instant de mon réveil
Et que j'ai regardé, toujours, du fond du gouffre,
Les bords ou brillait le soleil ;
Que je n'ai bu jamais que dans la coupe amère,
Que le seuil du bonheur me fut toujours fermé,
Que j'ai perdu mes fils, que j'ai perdu ma mère
Et tous les cœurs qui m'ont aimé !
Maintenant je m'en vais, battant du front, comme ivre,
En proie à ce grand deuil qui me courbe en vainqueur,
Et je veux déchirer ma vie, avec le livre
Des chastes sanglots de mon cœur ;
Et toi, rayon divin, génie, ardent délire,
Flambeau qui n'iras plus briller sur son autel,
Eternise du moins ces larmes de ma lyre
Et que mon cri soit immortel !
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1912

QUATRE-TÈMS

Noumbre d'or...
13
Mars
Epato (Grégori)
Il
Jun
Cicle soulari
17 Setèmbre
Endicioun roum
10 Desembre
Letra doumenicala
G F
LI QUATRE

8,
7,
20,
20,

10
9
22
22

e
e
e
e

11
10
23
23

SESOUN

Lou printèms coumença lou 21 mars
L'estiéu
—
— 22 Jun
L'autoum
—
— 24 sept,
L'iver
—
— 22 dés.

à 6.55 m.
à 2.36 m.
à 5.18 m.
à 11.53 m.

dôu sera
dôu sera
dôu matin
dôu sera

FESTA MOUBILI

Septuagesima... 12 Fébrié
Cendre
21 Febrié
Pasca
7 Abrieu
Rougacioun 21, 22, 23, 24 Mai
Ascensioun
16 Mai

Pantecousta
Trinità
Festa de Diéu
1" Dimenegue de
Ie* Desémbre

26 Mai
11 Jun
15 Jun
l'Avènt

LU ESCLISS!

Souliu.

—

ij Abriéu. — Esclissi annulari e coumplet visible

à Paris, en America, en Europa et dintre lou N.-O. de l'Africa.
Coumençamen de l'esclissi à 10,01 dôu matin ; finisse à 1,08
dôu sera.
10 Otitoubre. — Esclissi coumplet invisible à Paris, visible
dintre l'America dôu Sud.
Luna. — 1" Abrièu. — Esclissi parciella visibla à Paris. Entrada de la luna dintre l'oumbra, 9.26 dôu sera; sourtida, 11.03
dôu sera.
26 Setèmbre. — Esclissi parciella, invisibla à Paris, visibla
dintre l'Océan Pacifique.

Jîla providence, %ue de la Préfecture /4, $run, Siàraire

�LU

VÉNT

Lu vènt que souflon à Niça, dintre lou cours de l'armada,
soun au nombre de 16. Vequi li siéu denouminacioun courènti,
pihadi, en general, dai loucalità dei quali parèisson vèni :
Sud
Miejon
Nord... Tramountana
S.-S.-O. Miejou Lebech
N.-O.-E. Grek Tramountana
S.-O
Lebech
N.-E... Grego
O.-S.-O Pounèut Lebech
E. N .E. Levant
Ouest. Pounènt
E.-N.-E. Levant
O.-N-O.V Pounènt Maistràu
E.-S.-E. Levant
N -O . Mastràu
S.-E.... Siroco, vènt marin
N..-N. OMaïstràu Tramount
S.-S.-E.. Miejou Siroc

6
15
25
14
31
24

VIGÍLIA — JEUNI
Abriè
(Pasca, 7 Abrièu).
Mai
(Ascensioun, 16 Mai).
Mai
(Pantecousta, 26 Mai).
Avoust
(Assoumpcioun, 15 Avoust).
Outoubre (Toui lu Sant, Ier Nouvembre).
Desembre (Calena, 25 Desembre).
L'AN NADA RELIGIOUSA

LI FESTA MOUBILI E LI FESTA FISSI
Janvt'è
jYlars
1 Circouncisioun.
1 e 2 Quatre Tèms.
6 Epifania (lu Rei).
3 Reminiscere.
13 Bateja de J.-C.
10
Oculi.
14 Sant Noum de Jesu.
17 Lœtare.
fébrié
24 Passioun.
2 Puriflcacioun.
29 Li 7 Doulou.
4 Setuagesima.
31 Lu Rampàu.
6 Festa de la Pr. de N. S.
11 Sexagesima.
Jîbriéu
13 Coum. de la Passioun.
5 Divendre Sant.
18 Quinquagesima.
7 Pasca.
21 Cendre.
14 Quasimodo.
25 Quadragesima.
28 Patrou. de San Joúsè.
28 Quatre-Tèms.

�Setembre
3 Inv. de la Santa Crous.
13, 14, 15, Rougacioun.
16 Ascensioun.
26 Pantecousta.
29-31 Quatre-Tèms.
1
2
6
9
21
24
29

Quatre-Tèms.
Trinità.
Festa de Diéu.
Festa dôu S. Sacramen.
Sacrat-Couor de'jesu.
Natività de S. jouan-Bat.
SS. Peire e Paul.

8 Natività de la Vierge.
14 Esaltacioun de la Crous.
15 N.-D. dei 7 Doulou.
15 San Noum de Maria.
18, 20, 21, Quatre-Tèms.
29 Dédie, de S. Miquèu.

Ôutoubre
6
13
20
27

Sant Rousari.
Maternità de la Sta Vierge.
Puretà de la Santa Vierge.
Patrounage de la S. Vierge.

J/ouvembre

Juliet
2 Visitacioun de la S. V.
7 Precious Sang.
16 N.-D. dôu Carme.

Jîvoust
6 Transfiguracioun.
15
18
25
25
29

Assoumpcioun.
S. Joachim.
S. Couor de la Vierge.
S. Louis.
Decolac. de S. Jouan-Bat.

1
2
3
21

Toui lu Sant.
Lu Mouort.
Santi Relíquia.
Present, de la Sta Vierge.

2&gt;esembre
1 Avent.
8 Imaculata Councepcioun.
18, 20, 21, Quatre-Tèms.
25 Calena.

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�LA

DÉCIMALISATION

DU

TEMPS ET DES

ANGLES

LA MONTRE DÉCIMALE
Par J. de REY-PAILHADE, président du Comité
pour la propagation des méthodes Décimales.
Le Club Nautique de Nice a offert plusieur fois en prix des
montres décimales aux régates'de 1909. Il était utile de décrire cet instrument, d'y joindre des tables pratiques et des
formules à l'usage des ingénieurs, des sportsmen, des médecins, etc. etc.
DÉCIMALISATION DES ANGLES •
Il est aujourd'hui démontré que la division décimale du
quart de cercle facilite tous les calculs.
Les nouvelles cartes géographiques sont graduées exclusivement dans ce système, devenu officiel en France et dans
d'autres pays. On possède toutes les tables pratiques nécessaires à son essai courant. Nous ne nous étendrons pas
davantage sur cette méthode aujourd'hui enseignée dans les
lycées et collèges.
Nous rappellerons seulement que M. l'amiral Germinet,
membre d'honneur du C. N. N., sous la direction duquel on
fit en 1899 et 1900 des essais de navigation avec un matériel
entièrement décimal, a émis un avis très favorable à la
réforme décimale.
DÉCIMALISATION DU TEMPS
La division décimale du jour décrétée le 4 frimaire an II
rendra aussi de grands services à la science et aux sports.
Principe. — On divise le jour entier en 100 parties égales
appelées cés ; le cé est subdivisé en décisés, ceniicès et millicés
Le cé vaut 14m 24s ou 1T4 d'heure environ ; le décicé est égal
lm 26s 4 ou lm Ij2 environ ; le millicé vaut 0S 864 ou 9T10 de
seconde environ.
Concordance des Temps. — On parvient assez vite à dire
instantanément l'heure à 1 ou 2 minutes près en regardant le
cadran d'une montre décimale. Il suffit d'apprendre par cœur
les concordances décimales de toutes les heures.
0,0
0
50,0

4,2
1
54,2

8,3
2
58,3

12,5
3
62,5

16,7
4
66,7

20,8
5
70,8

25,0
6
75,0

�25,0
6
75,0

29,2
7
79,2

33,3
8
83,3

37,5
9
87,5

41,7
10
91,7

45,8
11
95,8

50,0
12
100,0

Les heures sont au milieu, les concordances des heures
du matin en haut, celles du soir en bas. Ainsi 10 heures du
matin valent 41.7 cés (énoncer 41 cés 7 décicés) et 10 heures
du soir valent 91,7 cés.
Gomme 1 cé vaut presque lj4 d'heure et un décicé une mi •
nute 1]2 ; en partant des concordances du tableau, on dit
l'heure instantanément, ainsi 39,9 cés valent 9 h. 36 m. du
matin. Un ou deux jours suffisent pour atteindre ce résultat.

Description de la montre décimale ou cémètre. — Il y a 3
aiguilles centrales se mouvant sur un cercle divisé en 109
parties égales, numérotées de 0 à 9. Le 0 cé est en bas, c'est
l'origine des temps, car on suppose la Terre au centre du
Cadran.
L'aiguille dorée avec un soleil ne fait qu'un tour par jour ;
l'aiguille épaisse en acier bleu tourne 10 fois par jour, et la
trotteuse fine fait 1000 tours par jour.
L'aiguille-soleil montre la position de l'astre du jour par
rapport au méridien de Paris, qui va du centre au chiffre 5.

�10 —
Les quatre traits bleus indiquent les positions de cette aiguille
à minuit en bas sur 0 ; — à tì h. du matin au milieu entre 2
et 3 ; — à midi, en haut, sur le 5 ; — à 6 h. du soir, entre 7
et 8.
L'aiguille dorée du soleil indique le chiffre des dizaines
de cés, 2 sur le dessin ; l'aiguille épaisse donne d'abord le
chiffre des cés, 6 sur le dessin, et en comptant rapidement à
l'œil le rang de la division entre 6 et 7, on voit, que cette aiguille marque 3 décicés. Le temps du dessin est donc 26,3
cés correspondant à 6 h 20 m. du matin environ. L'aiguille
trotteuse donne les millicés 83. Le temps est donc 26,383
cés.
» Pour la vie courante, on n'a pas besoin d'aller au delà du
clécicé. On lit les milticés pour les applications scientifiques
et sportives.
Le temps en millicés lu sur le cêmèire facilite tous les calculs, car on n'a jamais de réductions à faire.
Examinons le problème des vitesses a l'heure : Les millicés multipliés par 0,00024 donne des heures et fraction décimale d'heure. Ainsi Ì2345 millicés valent 12,345 -f- 24 =
2 h. 9628.
Par conséquent si L est la longueur parcourue et M le
temps en millicés, la vitesse est

ou t

+ 4166,66...

Ces quelques exemples démontrent que la montre décimale simplifie tous les calculs sans exception.
Les rapports de MM. les délégués officiels aux essais de
la montre décimale faits à Nice, par le Club Nautique, le 26
février 1911, concluent unanimement à la supériorité de cet
instrument pour les usages scientifiques et sportifs.
M. Prim, astronome à l'Observatoire de Nice, représen
tait M. le \iinistre de l'Instruction publique.
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P.
P.
D.
N.

Q,
L.
Q.
L.

lu 8, à 7
lu 14, à H
lu 22, à 7
lu 30, à 10

SOULÈU.

1
2
3
4
5
6
7
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30
31

—

oura
oura
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FE BRIE
20
26
21
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m.
s.
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L. 8 14' — C. 4 42'

dil. Jou de V An

P. Q.
P. L.
D. Q.
SOULÈU,

1
2
3
4
5
Lu Rei
6
Dim. S. Lucien
7
dil. S. Apoulinari
8
dim. S. Pèire
9
dim. S. Guiermo
10
dij S. Teodose
11
div. S. Arcada
12
dis. Sta Verònica
13
Dim. S. Ilari
14
dil. S. Maurici
15
dim. S. Ounourat
16
dim. S. Antoni
17
dij. Sta Angela
18
div. S. Sulpici
19
dis. S. Bastian
20
Dim. Sta Agnesa
21
dil. S. Vincènt
22
dim. S. Raymound
23
dim. Sta Jacinta
24
dij. Conv. de S. Pàu
25
div. S. Poulicarpa
26
dis. Sta Devota
27
Dim. Sta Paula
28
dil. S. Francès S.
29
dim.
dim.
dij.
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dis.

S.
Sta
S.
S.

TRIMESÏRÍ;

Macari
Genevieva
Tita
Simeoun

dim. Sta Marfina
dim. S. Peire N.
En Janvié
Lou païsan n'a ren

lu 6, à 4 oura 28 s.
lu 13, à 11 oura 38 m.
lu 21, à 4 oura 44 ui.
- L. 7 49' - C. 5 30'

dij. S. Ignaci
div. La Candeliera
dis. S. Blasi
Dim. Setuagesima
dil. SS. Vinc.Oronte
dim Sta Agata
dim. Sta Dorotea
dij. S. Romuald
div. S. Jouan-Matha
dis. Sta Apoulounia
Dim. Sexagesima
dil. Sta Eulàlia
dim. S. Gregori
dim. Sta Eufrasia
dij. S. Onesime
div S. Dounat
dis. S. Simeoun
Dim. Quinquagesima
dil. S. Gabin
dim. Dimars-Gras
dim. Li Cendre
dij. S. Silvan
div. S. Maxime
dis. S. Pascase
Dim. Quadragesima
dil. S. Nestor
dim. S. Leandri
dim. Sta Nourina
dij. S. Nymphas

Plueia de febrié
A la terra vau fumiè.

ZDéSTU-S-bez

NICE

MARS
N. L.
P. Q.
P. L.
D. Q.
N. L.
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lu 15,
lu 23,
lu 30,
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1 oura 31 m.
0 oura 02 m.
0 oura 59 m.
1 oura 26 m.
1 oura 38 s.
01' — C. 6 13

S. Eudoxia
S. Simplici
Reminisceri
Sta Cunegonda
S. Casimir
Sta Coleta
S. Jouan de D.
Qaatre-tèms
Sta Margarida C.
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S. Gregori
Sta Eufrasia
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S. Acepsima
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S. Apien
S. Jôusé
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lu
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1 dil.
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10 dim.
11 dij.
12 div.
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14 Dim.
15 dil
16 dim.
17 dim.
18 dij.
19 div.
20 dis.
21 Dim.
22 dil.
23 dim.
24 dim.
25 dij.
26 div.
27 dis.
28 Dim.
29 dil.
30 dim.

6 , à 6
13, à
3
21, à 7
28, à 11

—

oura
oura
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oura

L. 6 06'

—

55 in.
37 s.
31! s.
25 s.
C. 6 52'

S. Ugo
S. Franç. de P.
S. Richard
Dijàu Sant
Divèndre Sant
Dissata Sant
Pasca
S. Albert, ev.
S. Azada.
s. Isidoro
s. Leoun
s. Juli
s. Justin
Ouasimoi/ii
Sta Anastasia
S. Frutuous
S. Rodolfe
S. Maxime
S. Anselme
S. Teodoro
S. Adalbert
S. Fidèle
s. Jorgi
s. Marco
s. Clet
s. Antime
s. Aimé

s. Roubert
Sta Catarina d. S
SS. Philip. ,Jacq.

Pichouna plneia d'Abriéa
Bouona récolta pèr l'csliéu

Q.

p
P. L.
D . Q.
N. L.
SOULÈU.

TRIMÍÎSTRÈ;

MAI

JUN

à

lu 5,
2 oura
lu 13, a 7 oura
lu 21, à 10 oura
lu 28, à 7 oura
— L.

5 14'

—

14
10
23
24

s.
m.
m.
m.

C. 7 29'

1 dim. SS. Félip. Jaq.
2 dij. S. Atanase
3 div. In.d.l. Sta Crous
4 dis. SS. Sindonis
5 Dim. S. Pio, papa
6 dil. S. Jouan D.
7&lt; dim. S. Peire
8 dim. s. Gregori N.
9 dij. s. Antounin
10 div. s. Isidoro
11 dis. s. Bounifaci
12 Dim. s. Jouan lou S.
13 dil. s. Pouon, m.
14 dim. s. Pacomo
15 dim. s. Sta Denisa
16 dij. Ascensioun
17 div. S. Pascaù
18 dis. S. Teodoto
19 Dim. s. Pèire C.
20 dil. s. Felis.
21 dim. s. Bernardini
22 dim. s. Julia
23 dij Rogaeioun
24 div. s. Vincen, d. L.
25 dis. S. Urbin
26 Dim. Pandecousta
27 dil. S. German
28 dim. S. Cirile
29 dim. Sta Petronïa
30 dij. S. Sylve
31 div. S. Justin
Au mes de mai
Longui semana

p
P.
D.
N.

Q.
L.
Q.
L.

lu 3,
lu 11,
lu 19,
lu 26,

SOULÈU.

1
2
3
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5
6

dis.
Dim.
dil.
dim.
dim.
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11 dim.
12 dim.
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20 dij.
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22 dis.
23 Dim.
24 dil.
25 dim.
26 dim.
27 dij.
28 div.
29 dis.
30 Dim.

—

à 11 oura 4 s.
à 10 oura SI s.
à 9 oura 51 s.
a
2 oura 20 s.
L. * 34'

C. 8 1!"

S. Potin
Trinità.
S. Quirin
S. Francès C.
S. Lié
Festa de Dieu
S. Lié
Quatre-tèms
S. Optat
Sta Margarida
S. Barnabe
S. Antoui de P.
S. Basilio
S. J.-F. Régis
S. Moudeste
S. Lambert
Sta Olga
S. Gervai
Sta Juliena F.
S. Louis de G.
S. Paulin
Sta Maria d'O.
S. Jouan-B.
S. Prousper
S. Alban
S. Cresen
s. Iréné.
s. Pèire
s. Pàu
s. Tibàu

En Jun
De tres abit l'un

Dégustez tous le vrai

NICE

—

BLANQUI &amp; FRACCHIA
— Usine au Pont-Magnan

—

NICE

�— i4 —

TROISIÍ)MK

AVOUST

JULIE T
P.
P.
D.
N.

lu 3, a 10 mira 20 m.
lu 11, à 1 cura 53 s.
Il 19, a o oura 31 m.
lu 25, a 9 oura 12 s.
SDULÈU. - - L. 4 35' — C. 8 22'

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dim.
dim.
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Dim.
dil.
dim.
dim.
dij.
div.
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Dim.
dil.
dim.
dim.

S. Thierry
Vierg.de li Gracia
S. Anatole
S. Pèire de L.
S. Sisoès
S. Elie
Sta Babeta
S. Efrein
Sta Felicita
S. Pio
S. Jouan G.
S. Gene
S. Jaque
Festa Naciounala
S. Enri
N.D.d.M. Carmel
Sta Marcelina
S. Frederic
S. Vincen de P.
Sta Margarida
S. Vi loiSta Maria-Mad.
S. Apoulinari
Sta Cristina
S. Jaque
Sta Anna
S. Pantaleoun
S. Samsoun
Sta Marta
Sta Giulieta
S. Gnaci de L.

Au mes de Juliet
Ni frema ni coulé.

TBIMËSTRÎ;

I1. Q. lu 2, a 0 oura 29 m.
P. L. lu 10, a 3 oura 58 m.
D. Q. l»i 17, a 1 oura 1.1 s.
N. L. lu 21, a 5 oura 14 m.
IV Q. lu 31, &amp; 5 oura 21 s.
souLÈu, —1.5 or -j&gt;. 8 or

dij.
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0 dis.
4 Dim.
5 dil.
6 dim.
7 dim
8' dij.
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dim.
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Dim.
dil.
dim.
dim.
dij.
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dis.

S. Pèire-aï LS. Alfonso
Inv. de S. Estève
S. Domenica
N. D. dei Nèu
Trausf. de J. C.
S. Gaétan
Sta Batilda
S. Camila d. L.
S. Là u ren
S. Septima
Sta Clara
Sta Filoumèna
S. Ousèbi
Asoumpcionn
S. Roc
S. Mamès
Sta Elena
S. Ipoulita
S. Bernar
Sta Chantai
S. Pio V
S. Filipe B.
S. Bartoumiéu
s. Louis, r. F.
s. Seg'oundo
s. Cesari
s. Goustin
s. Mederic
Sta Rosa
S. Fiacre

F.n . ivoast
Figa e moust

wmmm mm

SBTÈMBRE
P. !.. lu 8, a' 4 oura 57
D. Q. lu 15, a 6 oura î&gt;l
N. L. Ju 22, a 3 oura 37
P. Q. lu 30. a 0 oura 08
SOULÈU. - - 1. 5 47V— c.

1
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Dim.
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dim.
dim.
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Dim.
dil.

S. Gili
S. Estève R.
Sta Eufemia
Sta Rosalia
S. Làuren J.
S. Pambon
S. Grat
Natiu, di' la V.
S. Oumer
S. Xicola
S. Félis
S. Veran
S. A nié
Es. (1. l.S. CtQUS
S. Nicomède
S. Conrneilla
S. Lanbert
S. Tournas V.
S. Janvié
S. Euslache
S. Matiéu
S. Maurici
Sta Tecla
S. Girar
S Firmen
S. Nil
S. iN'icandre
S. \\ inceslas
g. Miquèu
S. Jeromo

Lima setembrina
De mai clarina

MOT »

GRANDE MARQUE RECOMMANDÉE

s
:
s
s
7'02'

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Qüa.TRIÍJMí)
OUTOUBRE
P.
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lu 8,
lu 15,
lu 22,
lu 30,

SOULÈU, — 1.

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oura 46 m,
oura 09m;
oura
m.

ii

— c.

6 06*

TRIMESTRE

NOUVÈMBRE
P. L. lu
6,
D. Q. lu 43,
N. !.. lu 20,
Q.
lu 29,

r.

SOULÈU. - -

1.

a
a
a
a

4 oura 48
8 oura 20
9 oura 49
2 oura 42
14'

—

c.

5 03'

1 dim. Rosari
1 div. Tout lu Sant
2 dim. S. ■ Léger
2 dis. Eu Mouorl
3 dij. S. Rosari
S. Ubert
4 div. s. Francès d'A. 43 Dim.
dil. S. Carlo B.
5 dis. s. Placido
5 dim. Sta Bertila
6 Dim. s. Bruno
6 dim S. Leounar
7 dil. s. Serge
dij. S. Nestou
/
8 dim. Sta Reparada
8 div. Lu Quatre Incou.
9 dim. S. Denis
9 dis. S. Teodore
10 dij. s. Francès B. 10
Dim. S. Jacintou
11 div. s. Tarasco
11 dil. S. Martin
12 dis. s. Counrad
12 dim. S. René
13 Dim. s. Edouard
13 dim. s. Stanislas
14 dil. s. Calisio
14 dij. S. Pantena
15 dim. Sta Teresa
15 div. Sta Gertruda
16 dim. S. Ospici
16 dis. S. Edme
dij.
17
Sta Edvija
17 Dim. S. Gregori
18 div. S. Luc
18 dil. S. Alfè
19 dis. S. Pèi re
19 dim. Sta Babeta
20 Dim. S. Agrico)
20 dim. S. Edmon
21 dil. Sta Ursula
21 dij. Présent, de la V.
22 dim. S. Filip
22 div. Sta Cecilia
23 dim. S. Teodoret
23 dis. S. Clemen
24 dij. s. Mairloire
25 div. ss. Crespin-Cr. 24 Dim. Sta Flora
26 dis. s. Jouan de K. 25 dil Sta Catarina
26 dim. Sta Pel fina
27 Dim. s. Frumence
27 dim. S. Maxime
28 dil. s. Alfredo
28 dij. S. Sostène
29 dim. s. Narcisse
29 div. s. Saturnin
30 dim. s. Marcel
30 dis. s. Andrièu
31 dij. s. Siri
En ùuloubre
\loii ponorc goûta loti rùare

Tonssan ientra
St A n'driéu lou souorte

« wmmm

DESÈMBRE

s.
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s.
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P. L .
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lu 6,
lu 12,
lu 20,
lu 28,

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1
2
3
4
5
6

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Dim.
dil.
dim.
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dij.
div.
dis.

8 Dim.
9 dil.
10 dim.
11 dim.
12 dij.
13 div.
14 dis.
15 Dim.
16 dil.
17 dim.
18 dim.
19 dij.
20 div.
21 dis.
22' Dim.
23 dil.
24 dim.
25 dim.
26 dij.
27 div.
28 dis.
29 Dim.
30 dil.
31 dim.

1.

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3 oura
m.
6 oura 46 s.
4 our;i 40 s.
7 OUI;L 48 s.

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A vent
Sta Bibiana
S. Francès X.
Sta Barba
S. Bassi
S. Nicola
S. Anbrosi
Imac. Conception
Sta Leoucadia
Sta Eulàlia
S. Damase
Sta Rosélina
Sta Lucia
S, Niçoise
S.
S.
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S.
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Mesuiin
Adon
Olimpíada
Gatien
Ciprian
Filogone
Tournas

S. Onourat
Sta Vitòria
Cacha-fuec
Calèna
S. Estève
S. Jouan
SS. Inoucent
Sta Eleonora
S. Sabîn
S. Sàuvestre

Calena aufuec,
Pasca àu j'aèc.

sin -

GRANDE MARQUE RECOMMANDÉE

4 35

�- i6-

�- 17

-I

CROUNICA NIÇARDA
L'ABADÏA DE SAN POUON.— L'ABAT RANCE-BOURREY.
GLOFFREDO.

—

—

PÈIRE

A PREPAU DOU DIALETE NIÇART.

Ben qne pareissènt tardié, VArmanac Niçart s'empressa de
pourtà la siéu febla vous su tout cen que enteressa lou païs, sigue
au pounch de vista istoria loucala, pouesia, tradicioun, sigue
tamben su la taquinanta questioun dóu dialete niçart souvenri
fès pauvada e su la quala lu escritour mouderne soun luen d'estre
d'acordi.
Parlerai finda de M. l'Abat Rance-Bourrey, un beneditin qne
despi quauque an en ça mete à prouflt la siéu erudiciou n a nen
revelà de fach d'istoria inedieh. Se quauqu'un mérita d'estre
laudat es ben éu ; es en éu que VArmanac Niçart tressa la
pamoula de sapiença. En esprimant la nouostra recounouissença,
à l'Abat Rance-Bourrey, fen cen que touplen an denembrat,
vouoli dire de courounà lu siéu travail, frucha de ben de recerca,
dai quali obra sian fier d'avé prestat la prima ajuda. Pouden cità :
lou Discours sur le Monastère de Sainte-Claire de Nice, par Honoré
Pastorelli, publié d'après l'édition originale de Turin 1608, avec
une introduction et des notes ; — "Le Général J.-B.-M. D'Anselme" (Notices biographiques (1740-1792). E aquest'an
l'istorien nen douna — toujou de prima man — YExpulsion de
Mgr Valperga, evesque de Niça, au tèms de la Revoulucioun,
travail anoutat de peça curiouvi que sian urous de pouder metre
souta lu uès dei nouostre letour.
*
* *
Lou fach de l'annada, lou mai marcant, es estat aquéu de
l'Abadïa de San Pouon. Parlon de tout destruge pèr li basti an
siéu luec un espitau Pasteur... UArmanac Niçart es pas Penemic
dóu prougrès, ni men encara dei Bei-Art, ma si fa lou pious dever
de jougne lu siéu esfouors en aquelu dei siéu councitadin quo
l'istoria dóu passat passiouna, pèr que l'Abadïa de San Pouon
sigue counservada e classada couma mounumen istorique. En la
circonstança feliciti M. l'Abat Rance-Bourrey que mé rasoun s'e.s
demoustrat l'ardènt defensour autourisat que counouissen. La
siéu paràula es estada escoutada e lou Préfet de li Alpa-Maritima,
8

'

�— i8 M. de Joly — respetuous dei nouostri tradicioun — en ortie
avertit a proumès que l'Abadïa de San Pouon seria respetada e de
lèu si crusià pèr lou siéu classamen tra lu mounumen istorique.
Dóu resta vequi ce que l'Abat Rance Bourrey nen di su San
JPouon. Counsignen religiousamen li siéu paràula :
« L'Abbaye de Saint-Pons est le plus ancien monument relitgieux existant dans le Comté de Nice. Il y a dou^e cents ans que
sSiagrius y fonda un monastère. L'histoire de ce monastère est
jintimement liée à l'histoire religieuse, civile et économique de la
iville de Nice.
;
« Ce fut à Saint-Pons qu'en 1388 fut'signé l'acte réunissant
le Comté de Nice au Comté de Savoie. Les abbés de Saint Pons
ifurent pris dans les principales familles du Comté : les Badat, les
tLaugery, les Provana, les Lascaris, les Grimaldi, les Martelli, les
;Tournefort, etc. Plusieurs évêques de Nice furent abbés de Saint[Pons, en particulier Barthélémy Chuet (fin du xve siècle) et Jean
, Uriole, son successeur. Un autre abbé, Claude de Seyselle, fut
,évêque de Marseille, puis archevêque de Turin ; d'autres furent
cardinaux, tels Innocent Cibo, neveu d'Innocent VIII et de
f
;Léon X, et Paul Medeci de Cesis dont on voit encore l'inscription
(funéraire à Sainte-Marie-Majeure, à Rome.
:
« A la fin du xvir siècle, l'abbé de Saint-Pons était Pierre
•Gioffredo, le savant historien niçois. Enfin, un abbé de SaintiPons dont les Niçois n'ont pas encore perdu le souvenir, était
(l'abbé Spitalieri de Cessole qui a doté sa ville natale d'un établissement de bienfaisance si justement apprécié. La plupart des
pbbès de Saint-Pons et plusieurs évêques de Nice ont été enterrés
dans l'église ou sous le cloître et dorment aujourd'hui confondus
avec les moines leurs frères qui depuis dix siècles y sont enterrés.
« Les monuments funéraires ont disparu. Le temps a tout
(nivelé à Saint-Pons, singulièrement aidé cependant par la main
ides hommes. On connaît les dévastations commises par
Iroupes de François Ier et de Barberousse, plus tard par celles d
Catinat et par d'autres encore. Après chaque désastre, SaintPons a retrouvé une nouvelle vitalité et il y a à peine trois quarts
de siècle que Mgr Galvano y a fait d'importantes réparations.
;
« Saint-Pons n'est pas seulement une page de l'histoire de
notre pays, c'est un gros volume de cette histoire ; les Niçois
laisseront-ils dire qu'ils sont restés indifférents devant le danger
qui menace Saint-Pons ? Non, ils feront tous leurs efforts pour

�— 19 -

sauver de la destruction un monument qui doit leur être cher...
Je demande d'urgence le classement de l'Abbaye de Saint-Pons,
c'est-à-dire de l'Eglise et des bâtiments claustraux, comme monument historique. »
Lou councours de YArmanac Niçart es aquist. Emé fiertà e
au près de touplen de sacrifici faren respetà l'istoria dóu passat,
la lenga e lu escrich dei orne qu'an ilustrat lou nouostre bèu
pais.
*
* *
Despi quauque tèms, — maladia que reven per intermitença,
— la gran questioun de la grafia niçarda, de l'ourtougrafa, es
messa su lou tapis. De letra soun estadi publicadi, d'autri lou seran, e cresi qu'après ben de charra pèr dire pas gran cauva de
nóu, quasi dirii pèr predicà dintre lou Desert, noun restera
d'aquela discussioun, — Favén déjà coustatat, — pas gran cauva,
ren!... Cadun escrèu à la siéu moda seloun l'esprit dóu moumen,
e serii ben curious de counouisse aquéu que vendria nen dità
une metoda en nen dïen : « la mièu maniera d'escrièure lou
Niçart es la bouona». Discussioun scientifica que pòu passiounà
quauque lenguista, pas mai ; lou mihou es d'escrèure seloun li
letra ditadi pèr la prounouncia. Lou talènt pèr aquéu qu'escrèu
es de si laissà liège, de si faire acapi. Es qu'en en un entan que
frecuenta l'escola primària poudès li demandà autra cauva ?...
Perta de tèms que tout acò, vourria mai s'engenià à recercà lu
viei mot, espressioun, loucucioun courenti que la pous dóu tèms
a rabaïat, dounà au nouostre bèu dialete la coulou que dèu avè,
en respetant lu emprunt que pouden avè fach sigue à l'Italian, à
l'Espagnòu o à tout autre...
Un dialète noun dèu pas estre une lenga scientifica, encara
m en noun còu avè la pretencioun que sigue ouficiela, seria temerari ; lou dialete d'un païs dèu refletà lou caratere d'un'epoca que
lou tèms dèu respetà, enfin escrèure gramaticalamen, un noun
empedisse l'autre, e laissà à l'esprit, au goust lou coumplemen
d'un stile ouriginal, en de frasa councisi que flaton i'auriha.
Aquí fermi la discussioun, risqui de perdre la civada... l'an
que ven, se Diéu mi presta vida, v'en dirai d'autri e couma
d'usança que mi sigue permès de la vous souvetà : Bouona e
uroûva !
L'ARMANAC

NIÇART.

�20 —

LA CIGALA DOU BOUON DIEU
Una cigala dóu Bouon Dieu
Tout l'estiéu
E l'iver en la chambreta, —
L'aiguesias vista la lebreta ! —
Noun vivïa que d'amour
S'assetava su l'ounour;
La cigala cantarela,
Vau chanja de clientela,
Noun es courta d'amatour,
Que li viron tout au tour !
Ma l'ancien de la cigala,
De gros mot ven que s'embala ;
En l'auriha de la maire
Li ven tout aquéu bousin,
Que deja toui lu vesin
Sabon lou long de l'afaire
— Cenqu'as fach m'au tiéu tip ?
Di la maire enrabiada...
Bella Vierge encourounada !
Sera au mancou m'un bouon rie!!...
CH. CIAUDO

PROUVERBI, BOUOI MOT, COUNSÉU E DICH
Tèms d'iver noun ti fidar.
Lu màu dei enfan si garisson soulet.
Cau naisse pèr estre bèu, si maridar pèr estre rie, e mouri
pèr estre brave.
Per aver de raïn, eau caressar la souca.
Agnèu naissut
Vau un escut.
Dansa mihou ventre plen que rauba nova.
L'oumbra dou mèstre engraissa lou cavau.

�LOU MAGOT DE BERTOUMIÉU ISSUGA
O BEN

UNA RAISSADA DE MACAROUN
Conte menloanasqae trouvât dintre d'un armori
de ma nana e que /'Armanac Niçart es tirons de
transcrièure en niçart à Ventencioun dei sièu
fidèle lotour et lelrissa.

Bertoumiéu Issuga, mentounasque de viéia roca, abitava en
coumpagnia de sa mouhié, en carriera dóu Paumoulié. La siéu
frema, malurousamen, era sirnplaria e faia lou siéu desespoir.
Cada matin Bertoumiéu, avant de s'en anà au travail, li recoumandava de noun faire de bestialità. Cou vous dire que toui lu
dissata lou nouostre ome metia en un'armari pertuat dintre la
muraia lou gagne de la semana.
— Bertoumiéu ! pèr qu seria tout aquel argen, demandava
Marioun au siéu marit.
— Es pèr Madjou-long, castagnassa !
*
* *
Un jou Bertoumiéu partet pèr anar à la siéu campagna ;
devia même li restar doui ó très jou pèr souïnar e arousar lu
citrouniè. Marioun souleta matin e sera, s'assetava su lou banquet de la pouorta e faïa de bas... Un predinà veguet un ome
de statura mai que mejana, couma si di, un gran carcan. La
frema de Bertoumiéu lou fissa sensa parpelear, pi pihada d'un'
idea, li diguet :
— Moun bèu Moussu, sias bessai vous Madjou-long ?
Lou merlo pita e noun s'en laissa dire autre, léu li
respouonde :
— Noun vous troumpas pas, bella bruneta, sièu ièu Madjoulong !... Ma perqué mi faire tala demanda ?
Perqué ?... dou moumen que sias Madjou-long, intras su lou
cóu. Li a ja pas mau de tèms que moun marit a mes d'argen
amagat pèr vous...
E sensa mai de ceremounia li remeté lou mandiou dintre lou
quai lu sóu eron groupât. L'ome remercia e la s'esbigna lèu.
♦

* *

�Lou sera, Bertoumiéu arriva, la sièu mouhié li di.
— Sabes, ai vist ancuei Madjou-long !
E l'ome de cridar :
— Malurousa ! — m'en a fach encara una 1
Courre à l'armari, lou mandiou e Pargen, mouis !... Issuga
blastema pica dai pen, es décidât de si desiaire de la siéu frema
Lendeman, dóu téms qu'aissesta durmïa, li cuerbe lu uès emé de
pega de sabatié, pi la pihant pèr la man, la mena dapé dóu CapMartin. Arrivât aqui, Bertoumiéu fa mountar Marioun su d'un
nouguié el'abandouna. La paura, bòrnia, noun sabia doun si
trouvava, ni men encara ce que poudia faire.
En aquéu fra-tèms doui voulur venon s'assetar souta
l'aubre ; après aver abrat quauqui branca sequi pèr s'escaufar, pi
si meton à cuentar lou siéu argen.
La calou faguet delegar la pega que curbia Puès destre de
Marioun e aissesta de cridar :
— E d'un !
Lu voulur, d'estuc, s'isson d'emblée.
— Qu'es acó, diguet l'un.
— Un matagan, faguet l'autre.
La calou seguia á faire lou siéu efet pau à pau durbia Puei
senec.
— E de douî, diguet Marioun.
Dóu cou lu voulur escapon, laissant Pargen espantegat soubre
Perba.
Marioun coumença à li veire clar, cala da l'aubre e ramassa
Pargen, pi lèu s'en camina vers maïoun...
Lou sièu marit, pensierons, era assetat dapè dóu fuec, s'escaufant, fumant la sièu pipeta emé beatituda...
— Bertoumiéu !... o Bertoumiéu !... duerbe-mi, siéu iéu,
Marioun...
— Vai au diàu que ti pihe... ièu que cresii de m'en estre
despegouït...
Ma Marioun, toujou picava, un cóu noun asperava l'autre...
L'ome fenisse per li durbi...
— Ten ! regarda cen que ti pouorti.. . e Marioun pauva lou
sac su lou toulié. ..
Bertoumiéu, entartugat, cuenta Pargen e réfléchisse ; — Marioun es simplaria e deman la vila saupra Pistoria de la fouré . ..
Cóu que Bertoumiéu si dispegouïsse pèr empedi li marridi lenga
de bavar...

�— 23 —
Si mete la vesta, lou capèu e souorte fermant la pouorta i..
Faïa nuech dintre la carriera, ma sensa pena s'encamina
vers una boutiga e croumpa pèr mai de dès kilo de macaroun...
Ientra au sièu e di à la sièu mouhié de si metre au liech.
En tant que Marioun durmïa, Bertoumiéu fa bui lu macaroun, pi lu espantega su lu aubre dóu jardin... Lendeman de
matin la siéu frema, desveiada, si mete à la fenestra...
— O ! Bertoumiéu ! Bertoumiéu ! Vene un póu veire!... O
trest ! vè, a plougut de macaroun !...
— O vai fantauma !... n'as toujou una. .. Ten ! ten !... ma
es ver !...
*
* *

A quauque tèms en ça, Bertoumiéu l'avia previst, Marioun
countet à toui que lou siéu ome noun li picava plus, despi lou
jou qu'ela li avia pourtat de sac plen d'escut...
Lou juge aiguent audit parlar de l'afaire, mandet sounar
Bertoumiéu devant lou tribunal ; la siéu mouhié era estada
citada couma testemoni.
Lou juge. — Bertoumiéu, sias acusat d'aver gardât d'argen
que noun era vouostre.
— Iéu !... Ma moussu lou juge, lou negui ; sièu couma
sabès un travaiadou.. .
E Marioun de dire.
— Noun negar, Bertoumiéu, sabés ben qu'es ver ; es iéu en
persouna que t'ai pourtat la mouneda, qu'avii trouvât en la
fouré.. .
Lou juge. — Anas brave ome, noun negués.. .
— E quoura lou m'as pourtat ?... — Vous juri, Moussu lou
juge, que la miéu frema es fouola !...
— E lou sabes ben, Bertoumiéu, es lou jou que plouguet tant
de macaroun !
— Moussu lou juge aves jamai vist ploure de macaroun ?...
— Jamai ! moun beL amic respoundet lou juge que si tenia
lou ventre dóu rire — Amie, vèu que la vouostra frema es
fouola. .. sias aquitat !...
Bertoumiéu si retira emé Marioun... Noun aigueron plus
de disputa e vieugueron, pareisse urous e pèr longtèms !...
J. E.

�CANSOUN ANCIENNA

PÈR LOU

N'aurias pas vist la miêu fiha
Trin-trin
Lou galerin
A'aurias pas vist la miêu Jiha
Trois-wtrois
Le fils du roi
L'ai vista e l'ai baïada
Trin-trin
Lou Galerin
L'ai vista e l'ai baïda
Trois-trois
Le fils du roi.
Douna-mi la miêu fiha
Trin-trin
Lou galerin
Douna-mi la miêu fiha
Trois-trois
Le fils du roi.
Es aqnela la vouostra fiha
Trin-trin
Lou galerin
Es aqaela la vouostra fiha
Trois-trois
Le fils du roi.
La miêu fiha era pas lernia
Trin-trin
Lou galerin
La miêu fiha era pas lernia
Trois-trois
Le fils du roi
La miêu fiha era pas lua
Trin-trin
Lou galerin
La miêu fiha era pas lua
Trois trois
Le fils du roi.
N'es ni guercia ni poutinouva
Trin-trin
Lou galerin
N es ni guercia ni poutinouva
Trois-trois
Le fils du rois.

MAI

�La miéu fiha n'es pas borni a
Trin-trin
Lou galerin
La miêu fiha n'es pas bornia
Trois-trois
Le fils du roi.
Noun faïa pas belugueta
Trin-trin
Lou galerin;
Nonn faïa pas belugueta
Trois-trois
Le fils du roi.
La miêu fiha n'es pas emberrida
Trin-trin
Lou galerin
La miêu fiha n'es pas emberrida
Trois-trois
Le fils du roi.
La m iéu fiha n'es pas pigada
Trin-trin
Lou galerin
La miêu fiha n'es pas pigada
Trois- trois
Le fils du roi.
La miéu fiha noun es pas ranga
Trin-trin
Lou galerin
La miéu fiha noun es pas ranga
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha noun es pas louorla
Trin-trin
Lou galerin
La miéu fiha noun es pas touorta
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha n'es pas crouoada
Trin-trin
Lou galerin
La miéu fiha n'es pas croavada
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha n'es pas gibouva
Trin-trin
Lou galerin
La miéu fia n'es pas gibouva

�— 26 —
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha noun es foularana
Trin-trin
Lou galerin
La miéu fiha noun es foularana
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha n'es pas ingourda
Trin-trin
Lou galerin
La miéu fiha n'es pas ingourda
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha a pas lou peu de pi g nu
Trin trin
Lou galerin
La miéu fiha a pas lou peu de pig nu
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha noun es narvelouua
Trin- trin
Lou qalerin
La miéu ûha noun es narveloiwa
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha noun a la rougna
Trin-trin
Lou galerin
La miéu fiha noun a la rougna
Trois trois
Le fils du roi.
XXX.

PROUVERB1, BOUOI MOT, COUNSÈU E DICH
Qu duerme ben noun cregne li niera.
Qu vè pissar e noun pissa, crêpa de malícia.-'
Qu douna soun ben avan de mouri
Mérita de pati.
L'amour es lou paradis dei fouol.
L'amour es .la flou de la jouinessa.

�LA MOUORT DAU PAURE TOUNIN

Lou paure Tounin, malàut a setant'an, si presenta à l'espitàu
ma li respouondon que li a plus de plaça.
— Coumplet ! ! !
Quauqu'un li fa capi qu'em'un pau de proutecioun li pourria
intrar. Countrariat dei pas que cóu faire, Tounin vira lu taloun e
s'encamina vers la plaça Massena, piha lou tram, si rende da
Graugnard, à l'espitàu dei can, e li di :
— Moussu lou Veterinari, cresi d'estre un pau mai qu'un
can ?... En aquéu cas souîna-mi...
— Vous souînar aici, ma brav'ome perdés la testa. — Basta,
li di que n'a pas de liech pèrcourcar un crestian, que noun douna
de souin qu'ai bestia !...
Tounin, couma pensas, s'en souorte m'au couor gros e noun
sau plus à que sant si recoumandar. Era aqui au mitan dóu
camin, quoura en aquéu moumen arriba un landau, doun cala
una grossa dama, encapelada, aurias dich un ver foungi, segada
d'un varlet que pourtava religiousamen un can enfeloupat emé de
favour rosa au couol, tapat d'un tapis em'ai iniciala. En veèn
aquéu tablèu lou paure Tounin si lamenta, sangluta fouort.
— Qu'avès lou miéu brav'ome, li di la dama.
— Cen qu'ai Madama ?... trovi que lou vouostre can a mai
de chança que iéu. Li a cinquant-cinq an que travaii, pèr la premiera fès que siéu malàut, noun soulamen mi refuson à l'espitàu
dei estre uman, ma encara mi vèu picar la pouorta au nas èn
aquéu dai can.
— Quevoulès, lou miéu paur'ome, ai fach un vout de mimetre
à la Soucietà Proutetriça dei Animau, de pourtar touti li miéu
ecounoumia à la Caissa de secours pèr soulajar lou sort dei bestia.
Lou fau talamen ben, que vouguessi ben vous dounar un sóu
que pourii pas.
La dama li vira l'esquina e ientra couma un coupa-cisèu da
Graugnard. Tounin roumougna :
— Se ti veguessi en un cantoun ti dounerii mancou un gotou
d'aïga !... vièia sansuga !...
Tounin estrassinat, deble s'alonga un pau plus en là, su d'un
mouloun de peira. Quauqui oura après, couma soufrisia, n'ai-

�guènt ren en l'estomegue depi l'auba, coumençava d'aver lou
rangouioun, quoura passet un canipiè que li diguet :
— Que fès aquí, brav'ome ?
— Couma veès siéu aqui pèr tirar lu patoun. M'an refusat â
l'espitàu, même en aquéu dai can, noun mi resta que de mouri
su d'un mouioun de peira. — Avès un carnet su lou quai enregistras lu fach dóu jou, farias ben de li aloungar lou miéu testamen que poudès mentuar couma acô :
— « Bouon Diéu, se mi fes passar encara une fes sur la terra,
fe-mi naisse can au mancou, li aura une Soucietà Proutetriça dei
Animau que si crusira de iéu e pourrai estre amès en un espitau,
estre souïnat, faire bouona vida, menar une vida de can... »
ANT. ROLAND.

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VIGNE
A M. VALÉRE BERNARD.

Dans le ciel doux la Vigne ètreint les pals de buis.
Sous le pampre le merle alourdi des falernes
Tourne son col gris vair et ses paupières lemes
Qu'argenté la blancheur des immuables nuits.
O / fraîcheur, 6 beauté des Igs et des iris,
Que la Vierge éblouie avec les marjolaines
Cueille le soir venu aux vasques des fontaines
Pour colorer en fête, au crépuscule, l'Euis.
Narcisses, ébeniers, œillet et sensitive
Ah ! Versez en mon âme attiédie et pensive
L'orgueil qui souleva les clairs olympiens.
L'amour qui rafraîchit les Madones pieuses
Et qui vêt de clarté les snls athéniens
Et les ravissements des époques heureuses.
JEAN

PADOVANI.

Quauque souvèt :
Vous souveti la bouona annada.
Que siegue mihau que la passada.
Vous souveti la bouona annada acoumpagnada de touplcn
d'autri.

�Eglises et Chapelles de Nice
La vieille ville de Nice se trouvant sur la rive gauche du
Paillon, pour parler de ses églises, nous commencerons par son
église cathédrale, Sainte-Réparate, vierge et martyre, de celles du
canton Est, et en traversant la rive droite nous nous occuperons des paroisses du canton Ouest.
I. — L'Eglise Cathédrale du Diocèse de Nice est la paroisse
de Sainte Réparate, vierge et martyre, sous l'empereur Decius en
253. Sa fête est le 8 octobre. Cette église est au centre de la vieille
ville (8.500 âmes), Avant 1531 la Cathédrale était près du Donjon, plateau de Nice, et dénommée : Sancta Maria in platea,
dédiée à N. D. de l'Assomption. L'édifice actuel, dans son genre,
ressemble beaucoup à Saint Pierre de Rome, au Vatican. C'était
auparavant une simple église paroissiale
desservie par
les Bénédictins du Monastère de Saint-Pons, près Nice.
Dans son ressort se trouvent l'ancienne église de Saint
Jaume (Saint Jacques apôtre), jadis des P.P. Carmes, fermée
depuis 1903. Après le transfert du titre de paroisse à l'église de
Saint Juste, évèquc, au Gesu, elle fut placée sous la vocable de l'Annonciation de la Sainte Vierge, ainsi que la belle Eglise de la
Miséricorde, sur le Cours Saleya, jadis de Saint Gaétan, fondée
e
par les P.P. Theatins au XVIII siècle et cédée à la noble
confrérie des Pénitents Noirs.
La Cathédrale de Nice, paroisse Sainte-Réparate de nos jours,
fut comme l'ancienne au Donjon du Château {Sancta Maria in
platea), le théâtre de plusieurs f lits historiques mémorables dans
les annales de l'histoire de Nice.
II. — L'Eglise de Saint Jacques, an Gesû, dès son érection
en 1612, dédiée à Saint Juste, évêque. Sa fête est le 2 septembre.
En 1665 fut érigée en paroisse sous le titre de Saint Jacques le
Majeur, remplaçant la paroisse de Saint Jaume. On l'appelle
vulgairement le Gesù à cause qu'elle a été fondée et administrée
par les P.P. de la Compagnie de Jésus.
Appartiennent à cette paroisse les deux chapelles des confréries des Pénitents Blancs, la Sainte Croix, — confrérie la

�óo —
plus ancienne de Nice, — et des Pénitents Rouges, Saint Suaire
et de la Sainte Trinité ; l'Eglise du Couvent de là Visitation,
la chapelle de l'ancien séminaire, à la montée du Château, et
jadis l'Hospice franciscain avec chapelle de Saint Joseph des
P.P. Recollets de Cimiez, convertie en maison particulière.
L'Eglise du Gesù est d'ordre corinthien composite, cons truite sur le modèle de l'Eglise des Jésuites de Turin, dite
vulgairement les Saints Martyrs. ( 10.000 âmes).
A l'extrémité de la rue du Malonat, aux racines de l'ancien
château, on voit un oratoire à la Sainte Vierge Marie, sous le
titre de N. D. du Bon Secours. Les habitants de ce quartier érigèrent cet oratoire en l'honneur de la sainte Vierge, en reconnaissance du choléra en 1854.
III. — L'Eglise paroissiale de Saint Martin Evéque dite de
Saint-Augustin est la plus ancienne, elle fut bâtie sur l'emplacement de l'ancienne chapelle de Saint Martin (1205) et appelée
Saint-Augustin parce qu'elle était desservie par les Augustiniens
dont le couvent a été transformé en caserne. (Caserne Filley, près
l'ancienne chapelle Sincaire).
IV. — L'Eglise de Saint-Francois-de-Paule a été édifiée en
1736 d'après le plan de l'architecte
Guarini. En 1838
elle fut érigée en paroisse par décret de Mgr Galvano et appelée
aussi Saint-Dominique en souvenir de l'ancienne église paroissiale
de ce nom qui s'élevait sur la place Saint-Dominique aux lieux et
place de l'actuel Palais de Justice.
V*— L'Eglise du Port ou de l'Immaculée Conception. D'humble
origine. D'abord ce fut une fort modeste chapelle (1835), transformée agrandie par Mgr Galvano, et l'avocat théologue L. Mari
fut son premier curé..
VI. — L'Eglise Saint-Joseph nouvelle paroisse depuis 1911 la
première pierre fut posée le 19 mars 1911, bénie le 29 octobre et
ouverte au public le Ier novembre 1911 sous le patronage de Mgr
Chapon et dirigée par les soins de M. l'abbé Gabrielli.
A cette paroisse appartiennent la chapelle succursale de Saint
Joseph contigüe à l'Evêché, et la chapelle de Notre-Dame des
Anges sur l'ancienne route de Villefranche.
VIL — Saint-Roch. Cette église paroissiale dans la banlieue
de Nice fut érigée après la peste de r68r. Nice fut délivrée de ce
fléau par l'intercession de saint Roch, confesseur, né et mort à

�- Si Montpellier. La paroisse est divisée en deux quartiers, Roquebillière
inférieure et Roquebillière supérieure, jusqu'à la chapelle de NotreDame de Bon Voyage.
VIII. — Rive droite du Paillon, intra muros, se dresse Notre Dame du Vau, paroisse Saint-Jean-Baptiste, qui remplace l'an
cienne église du même nom devenue chapelle inférieure du Lycée.
Cette belle église, vœu delà ville de Nice en 1835, mt érigée en
1842 et terminée en 1852 par Mgr Galvano, évêque de Nice.
La façade ressemble à celle élevée à Turin en l'honneur du retour
du roi dans les états Sardes en 1814.
IX. — Saiiit-Pierre-d' Aréna remplace une chapelle située à la
Croix de Marbre. Elle fut érigée en paroisse en 1803 par Mgr
Colonna d'Istria. Elle doit son nom à ce fait, c'est que lors de sa
fondation elle se trouvait sur le rivage de la mer séparée par une
bordure de sable fin.
X. — Une ancienne chapelle de Sainte-Hélêne-l'Inspiratrice
existait dans ces parages. Elle fut remplacée en face la mer par
une église sous l'épiscopat de Mgr Recrosio (1727).
Six paroisses « extra muros » dépendent de la commune de
Nice.
Sainte-Marie Magdeleine, sise dans le vallon de Magnan, édifiée sur l'emplacement d'une chapelle de même nom, érigée en
1626 et dite vulgairement chapelle « dei cassaire » à cause du
grand nombre de chasseurs. Après le concordat de 1803 sous
l'épiscopat de Mgr Colonna d'Istria, ce quartier qui depuis 1771
dépendait pour le spirituel de la cathédrale fut érigé en paroisse.
Il existe encore aujourd'hui une chapelle de Notre-Dame du Bon
Conseil changée en demeure particulière . Bientôt le besoin de
la population augmentant, une église sera bâtie à la cité Robiony
par les soins du curé actuel de la Madeleine.
Plus à l'est de la ville, toujours dans le canton ouest ce
l'Arquet, se dresse la paroisse de l'Ariane dédiée primitivement à
saint Arnoux, évêque et à saint Pierre, apôtre. Elle fut érigée en
paroisse en 1809 sous l'épiscopat de Mgr Colonna d Istria. Dans
son ressort se trouve l'ancienne chapelle nécropole de l'Abbadie
fondée en 1635 en l'honneur de sainte Claire pour le besoin spirituel de 450 à 500 habitants qui appartiennent aux communes
de Nice, Cantaron Saint-André. Localité d'avenii et à laquelle
le chemin de fer Nice-Coni donnera une valeur stratégique.

�— 32 —
Gairaut avait au moyen-âge une chapelle de secours desservie
par les religieux chevaliers de l'ordre du temple au début, et par
la suite de Rhodes et de Malte. Sous l'épiscopat de Mgr François
Rosini de Martinengo la chapelle fut érigée en église paroissiale
sous le vocable de saint Sauveur o*u de la transfiguration du
Rédempteur.
Dès 1730 les P. Dominicains de Nice fondent à Saint Pancrace un sanatorium pour religieux martyrs avec chapelle en
l'honneur de Saint Pancrace martyr. Cette chapelle est érigée en
paroisse en 1848 par Mgr Galvano.
Sur le couchant de Saint-Pancrace on trouve la paroisse de
saint Roman . martyr ; l'ancienne chapelle fut érigée en paroisse
ainsi que celle de saint-Antoine de Ginestière en 1803 sous Mgr
Colonna d'Istria.
VALENT IN.

NOU VÉ
Tu Çatarina fai lou pan.
Mdumen de jota, d'alegressa,
Fes audi da toui lu couor :
Lu ange canton l'alegressa,
Fuges l'infer, Juges la mouorl.
Chntou !
L'aarika sabla, li a quaucaren aici vesin,
Sembla que senti li joia d'un festin ;
Audi lu tambourin de laen,
Lu Jlajoulet e li musela,
Lu pastre van à Bethelen
Laisson la cabana soaleta ;
Santo nuech, venes aléa nen ralegrà,
Pourtas à toui la pax et la tranquilità !
Tu Catarina fai lou pan,
Manda Lucrecia au safran,
Despende aléa lou lauvaniè,
Chapla la blea su lou taatié ;
Crala de froumai e roumpe d'iiu
E fai la iourta couma fou,
Ché n'aiguen toui en aboundança (bis)
Santa nuech, venes alèu nen ralegrà,
Pourtas à toui la pa.x e la tranquilità .'
En tant faguen etnb'au vesin
t ua santépér lou Bambin,
Toucan lou gotou de bouon vin,
Ernb'aa vesin pér lou Bambin
Ti-ri-tin-tin ! -tinTi-ri tin !

�— 3Î —

L'Expulsion de Mgr Valperga
fEN SEPTEMBRE

1792)

Le 12 octobre 1780 h population de Nice se pressait aux
abords de la porte Pairoliëre pour y recevoir en grandes pompes
le nouvel évêque Charles-Eugène Valperga di Maglione. Ce
prélat avait couché la veille selon l'usage antique à l'abbaye de
Saint-Pons et devait faire ce jour là son entrée solennelle dans
sa ville épiscopale.
Le cérémonial imposant avec lequel on avait reçu jusqu'alors
les évêques fut encore cette fois observé. L'accueil de la population entière fut des plus chaleureux au rapport de Pierre Scaliero
qui en fut témoin (1). Le nouvel évêque, qui remplaçait Monseigneur Astésan nommé archevêque d'Oristano en Sardaigne,
appartenait à une famille de vieille noblesse dont plusieurs membres avaient exercé, à Nice, des fonctions importantes (2). Il
(1) Voir aux Archives municipales le récit détaillé que ce chroniqueur en a laissé dans ses Mémoires. Pierre Scaliero mourut en 1805.
(2) Jacques Valperga, conseiller ducal, fut lieutenant du gouverneur de Nice en 1454 ; Thoma5 Valperga fut gouverneur du château de Nice en 1565 ; Jean Valperga fut également gouverneur de
Nice en 1596 ; Jérôme Valperga fut commandeur du château de
Nice en 1600 ; Pierre Valperga, frère de Jacques Valperga, était
chevalier de Malte (Arch. municipales, registre des gouverneurs,
commandants et chevaliers de Malte) ; Anne Valperga, fille dAmédée
Valperga, épousa, le commandeur de Malte Jean-Paul Lascaris.
(Voir son testament daté de 1683, arch. des Alpes-Maritimes,
registre B, 297.) Joseph Ignace de Valperga reçut de son oncle, Emmanuel Philibert Chiotera, mie partie du fief de Couaraze dont il fut
investi le 20 février 1753. Son fils, Vincent, céda ses droits à H. Novelli. Jérôme Valperga fut sénateur à Nice de 1761 à 1765, puis
ministre plénipotentiaire de Sardaigne à Gênes en 1780 ; plus tard
il fut ministre etsecrétaire d'Etat, ce dernier était le frère de l'évêque
de Nice et fils du comte François Valperga qui vivait encore en
1795Ees armoiries des Valperga étaient fascé d'or et de gueules, à
la plante de chanvre déracinée, d'argent et brochant. Le cimier
était un bouc naissant au naturel et la devise : « Ferme-toy ».
Nous reproduisons les armoiries de Monseigneur Valperga d'après celles qui se trouvent en tête du catéchisme édité par ses ordres
et dont nous devons le dessin à l'obligeance de M. Joseph Casai
(Extrait de 1' « Armoriai Artistique et Nrbiüaire », Ni.e, 1902.
3

�- 34était directeur du collège des Provinces à Turin, lorsque le roi
de Sardaigne le désigna, pour l'évêché de Nice. Il avait été sacré à
Rome où il avait fait ses études. Monseigneur Valperga se distingua immédiatement par sa vigilance et son activité : il releva
le niveau intellectuel et moral des prêtres de son diocèse et s'attacha à mettre en toutes choses la plus grande régularité. Dix-huit
mois après son installation, il publia un nouveau catéchisme
dont le plan avait été préparé par son prédécesseur ^i). Grâce à

ses relations cordiales avec la eour de Turin, il jouissait auprès
des autorités civiles de Nice d'une grande influence. Après douze
(1) Ce catéchisme en italien fut imprimé à Nice par la Société
Typographique. C'est un petit volume in-douze de 612 pages, portant
la date de 1783. En tête se trouve le mandement de Monseigneur
Valperga du 16 février 1782 qui approuve le travail terminé par
le prêtre auquel Monseigneur Astésan en avait confié le soin, ordonne
sa publication et règle l'organisation des catéchismes dans tout le
diocèse. Deux ans plus tard en 1785, Gabriel Floteront, imprima
un autre catéchisme rédigé en dialecte niçois, petit volume in-12
de 228 pages. Un exemplaire de ces deux ouvrages existe à la biblio
thèque de Nice. — Voir Villarey, Série Cronològica dei Vescovi
di Nizza. — Art. Valperga.

�-35 années de séjour dans cette dernière ville il s'était acquis l'estime
et le respect de tous.
*

• *

Lorsque le 28 septembre 1792 dans l'après-midi, les troupes
piémontaises évacuèrent Nice, il y eut dans cette ville une effroyable panique et des milliers d'habitants s'enfuirent dans la direction de Turin. Ce fut un désarroi et une désorganisation complète de toutes les autorités. iMonseigneur Valperga resta à son
poste et s'engagea à ne point quitter la ville. Le lendemain samedi
29 septembre, il accompagna le second consul Honoré Saissi et
quelques membres du Conseil qui se rendirent, vers les onze
heures du matin, à la villa Feraudi, au quartier St Hélène, pour
offrir les clefs de la cité au général d'Anselme qui venait d'y
arriver à la tête des troupes françaises. Le général fit à la délégation assez bon accueil, mais il s'étonna de trouver parmi ses membres, l'évêque dont la place déclara-t-il n était pas là. Du reste,
d'Anselme attacha si peu d'importance à la démarche îles magistrats niçois que dans aucune de ses dépêches officielles il n'en fit
mention.
Sur le soir du même jour, la petite armée française faisait son
entrée dans la ville et le général s'installait dans la maison du
consul de France à la place St Dominique. L'évêque de Nice qui
tenait à rester au milieu de ses diocésains se présenta de nouveau
vers les huit ou neuf heures du soir chez le général auquel il voulait recommander ses prêtres en lui demandant des respecter les
églises. Le général était entouré de tout son état-major, du consul
de France, Pierre Le Seurre, de Honoré Saissi, second consul, de
Féraudi, secrétaire général de la commune. Ces deux derniers
venus probablement pour appuyer les demandes de l'évêque.
L'accueil du général ne fut pas plus encourageant que la première fois ; il intima même avec insistance au prélat l'ordre de
quitter ta ville en ajoutant que le plus tôt serait le mieux et ce
fut sur ces dernières paroles que l'évêque se retira après avoir toutefois reçu du général la promesse que tout ce qu'il laisserait dans
son palais serait placé sous la sauvegarde de la Nation française.
Il n'y avait pas à tergiverser, l'ordre était formel et pressant, il
fallait partir. L'évêque prit ses dernières dispositious et délégua,
au curé de la cathédrale, le chanoine Honoré Navello, tous les
pouvoirs nécessaires pour administrer le diocèse en son absence.
Aux premières lueurs du jour, Valperga quitta son palais, et se

�— 36 dirigea à pied vers la porte Pairolière. Il avait été impossible de
trouver une voiture car tous les moyens de transport avaient été
réquisitionnés et utilisés le 28 septembre pour permettre l'exode
des habitants terrorisés. Il avait ordre de partir, mais cet ordre
n'ayant pas été donné par écrit, les volontaires marseillais, de garde
à la porte de Turin, refusèrent de le laisser passer, l'accablèrent
d'injures, le menacèrent même de le pendre et ne consentirent á
le lâcher que sur un ordre écrit, sollicité et obtenu du général,
grâce à l'intervention courageuse et au sang-froid d'un jeune
niçois, Joseph Castellinard. Monseigneur Valperga se retira à
Turin et y mourut en 1805 sans avoir jamais pu obtenir l'autorisation de rentrer.
*

* *

Il est établi par les documents officiels contemporains que
Monseigneur Valperga ne quitta son siège que sur les ordres arbitraires du général d'Anselme et ces mêmes documents nous
renseignent très exactement sur les incidents fâcheux qui se produisirent au départ de l'évêque. Du reste, on n'ignorait pas à Nice
comment les choses s'étaient passées et la population savait grê à
Valperga de son attitude et de sa fermeté. De son côté, Valperga
avait eu confiance dans la parole à lui donnée par le général au
nom de la Nation française et à plusieurs reprises il manifesta
son étonnement qu'elle n'ait pas été gardée, que ses biens aient
été confisqués, son mobilier vendu, son nom inscrit sur la liste
des émigrés alors qu'en partant il n'avait cédé qu'à la force.
Parmi les nombreux documents qui se trouvent soit aux archives de Nice, soit aux archives nationales il en est quelques-uns
dont la simple reproduction sera plus probante que tous les corn,
mentaires. Il_suffira de citer :
•i° La lettre du Directoire des Colons Marseillais en date du
25 février 1793, adressée aux citoyens Blanqui et Veillon, députés
extraordinaires de la ville de Nice à Paris, au sujet des réclamations présentées le 23 du même mois par Jean-Jacques Donny, au
nom de Mgr Valperga.
20 La réponse du même Directoire à J.-J. Donny, en date du
26 février 1793.
3„ L'arrêté du Département en date du 13 avril 1793.
40 La réclamation présentée au Directoire du département

�Valperga, aussitôt après son inscription sur la liste des émigrés de
la ville de Nice, dressée à la fin de juin 1793.
50 Les états de frais pour l'inventaire et la vente du mobilier
et effets de « l'émigré Valperga Maillone, citoyen évêque » approuvés par le département des Alpes-Maritimes, le 5 germinal an
III (25 mars 1795).
6° Les actes de notoriété dressés le Ier et 2me fructidor an III
(18 et 19 août 1795) par Gautier, juge de paix à Nice, à la requête de Pierre-Joseph Passeron, agissant en qualité de procureur
subrogé par Nicolas Giorni, procureur spécial et général de Mgr
Valperga, par acte de procuration reçu à Turin le 20 juillet 1795,
notaire Pierre-Joseph Bernochio.
70 La pétition adressée au district de Nice le 4 fructidor an III
(21 août 1795) par Pierre-Joseph Passeron, demandant la radiation du nom de Valperga sur la liste des émigrés.
8° L'avis du district de Nice en date du 5 vendémiaire an IV
(27 septembre 1795) déclarant que Mgr Valperga doit être rayé
de la liste des émigrés.
90 L'arrêté du département des Alpes-Maritimes, en date du
14 prairial an V (2 juin 1797) ordonnant la radiation provisoire
du nom de Valperga de la liste des émigrés.
io° L'acte de cautionnement dressé par le département le
11 fructidor an V (28 août 1797), à la requête de Pierre-Joseph
Passeron, procureur de Mgr Valperga en exécution d'une des
clauses de l'arrêté du 14 prairial an V (2 juin 1797).

�- 38 —

DOCUMENTS ET PIÈCES D'ARCHIVES

Pièce 1.

25 février 1793
Aux cit. Blanqui et Veillon
Une lettre du cit. Donny, associé du citoyen LeClerc, défunt président de l'ancienne administration
provisoire, dont vous avez ci-inclus l'extrait ( 1 ), nous
fait connaître que le cit. Valperga, évêque de Nice,
laissa avant son départ (ordonné à son retour par
Anselme) dans sa maison pour environ 34.000 livres,
argent monnayé, et environ pour 17.000 d'effets en
vaisselle, linge, batterie de cuisine etc.
Une portion de ces effets se trouvent encore dans
ladite maison, sous l'inventaire que nous en avons
fait dresser par les commissaires de l'une et l'autre
administration, lorsque nous avons été installés, mais
il s'en faut de beaucoup qu'elle puisse arriver à la
somme de 17.000 livres, pas même le tiers.
Quant à l'argent monnayé entré dans la caisse du
receveur de l'ancienne administration, nous n'y
voyons point la somme que ledit Evêque désigne
avoir laissé dans sa maison. Nous vous remettons cijoint un extrait de l'état des sommes' que le cit.
Bonnet a reçu en espèces, pendant toute sa gestion
de receveur et trouvées parmi les effets des émigrés
français et niçois.
Nous ne voulons rien préjuger sur l'assertion du
cit. Valperga, quoique nous ayons des indices frappants de vérité. Ce ne sera que lorsque nous aurons
pu les convertir en preuves par le témoignage de
quelques citoyens que nous nous procurerons, pour
pouvoir en demander la restitution et la poursuite
contre le pillage.
En attendant, noùs croyons devoir vous faire part
de cette découverte que nous allons communiquer au
Président de la Convention Nationale et au Ministre.
Arch. des A. M. Registre de la correspondance du
Directoire des Colons marseillais L. 5.
Cet extrait manque au registre ainsi que les autres pièces
énoncées dans celte lettre.

�-hLe 2érae février 1793.
Au citoyen Donny, négociant à Nice
Pièce 2.

Votre lettre du 23me de ce mois, citoyen, nous
demande des renseignements sur le temporel du
citoyen Valperga, Evêque de Nice. Nous allons vous
transmettre tous ceux qui sont à notre connaissance
L'administration provisoire en choisissant l'Evêché
pour le lieu de ses séances, vint s'y établir dans les
premiers jours d'octobre, et tout nous porte à croire
qu'elle ne fit aucun inventaire des effets qui s'y trouvaient, du moins nous n'en avons trouvé aucun dans
les papiers qu'elle nous a remis.
En succédant à cette administration provisoire,
uous avons cru que notre premier devoir était de faire
un inventaire de tout le mobilier renfermé dans la maison épiscopale. Nous y avons successivement procédé
en présence des administrateurs provisoires et à mesure qu'ils nous en remettaient les clefs. Tout le mobilier qui s'y trouvait, ne consistait guère qu'en
meubles meublants et ne nous paraît pas avoir la
valeur de 17 mille livres que l'Evêque lui donne.
Vous pourrez, si vous le jugez à propos, faire prendre
à notre secrétariat une copie de cet inventaire. Tout
ce. qui n'est point renfermé dans les appartements
que nous occupons au premier étage, a été laissé à la
garde de Jean Poma, ancien concierge de l'Evêque et
le nôtre.
Pour nous éclairer sur les 34.000 1. argent monnayé que l'Evêque doit avoir laissé en sa maison,
nous avons écrit au cit. Bonnet, receveur de l'administration provisoire, pour lui demander un état des
sommes en numéraires versées dans sa caisse, comme
ayant été saisies et trouvées parmi les effets des Emigrés français et niçois. L'état qu'il nous a remis ne
monte qu'à 74121. 16 s, et aucun article n'a du rapport
avec les réclamations du citoyen Valperga.
Quant à ce qui concerne personnellement le
citoyen, nous avons demandé au Ministre de l'Intérieur de vouloir bien nous dire la manière dont nous
devions l'envisager. Nous savons qu'un ordre arbi-

�— 40 —
traire de Danselme l'obligea de quitter Nice, le jour
de l'entrée des Français. Mais nous pensons aussi que
la proclamation des Commissaires de la Convention
nationale de France et le décret de celle de Nice,
concernant les Emigrés, étaient des motifs suffisants
pour le ramener à son poste et le rassurer sur les
suites de son retour. En persistant à prolonger son
absence, il s'expose à être traité comme émigré, à se
voir déclarer déchu de sa place et confisquer tous ses
biens. Telle est la disposition de la loi, et quoique
nous ayons consulté le ministre sur le cas particulier
de l'Evêque, nous prévoyons que sa réponse sera de
nous en tenir à la rigueur des lois, ainsi que plusieurs
instructions nous l'ont déjà annoncé.
Vous sentez, citoyens, que tout le mobilier de
l'Evêque doit rester séquestré jusqu'à son retour ou à
la décision du Ministre. Il peut être tranquille sur la
conservation de tout ce que nous avons trouvé en
entrant dans sa maison. Ce qui a pu en être enlevé
avant notre entrée en fonctions, est étranger à notre
gestion. Mais nous employerons tous les moyens qui
sont en notre pouvoir pour en trouver les traces, en
acquérir les preuves et en faire punir les coupables.
Les administrateurs, etc.
Archives des A.-M., Registre
suivants.

,L. 5,/°7i verso et

Lettre des commissaires de la Convention
Nationale et arrêté du Département des A. M.
Nice, le 9 Avril 1793, l'an 1 Ie de la Repu bublique Française.
« Vous voudrez bien, citoyens, en nous envoyant
les noms et prénoms de l'évêque de Nice, nous instruire officiellement d'après les "dispositions des lois,
s'il est censé démissionnaire et son siège vacant.
« Les Commissaires de la Convention Nationale
au département des A. M.
GRÉGOIRE, JAGOT (I)

(1)

Archives des A. M. L. 29 ancien. L

7

actuel.

�— 4i (i3 avril 1793)
Le Directoire ; vu la réquisition du citoyen Procureur Général sindic « Considérant que Charles Eugène Valperga, évêque de Nice, n'avait point quitté
son domicile lors de l'entrée des troupes de la République ; considérant qu'il a lui méme-accompagné les
consuls d'alors quand ils furent présenter les clefs
de la ville et inviter le général Anselme à venir en
prendre possession au nom de la République ; considérant que le général Anselme par ses ordres arbitraires et tiranniques, accompagnés même de menaces contre ses jours, l'ont forcé de s'éloigner ; arrête
qu'il ne peut le déclarer émigré, et qu'il sera répondu
aux Commissaires de la Convention nationale d'après
les principes ci-dessus.. »
Sign : PAUMÉ ; BARLI FABRI ; F. CASTKLIMARD ;
ANGLES ; BERNARDI, secrétaire général. (1)
pjj

ce

^

Aux citoyens composant le Directoire du
département des Alpes-Maritimes..
22 juillet 1793.
Citoyens,
Le citoyen Jean-Jacques Donny, soussigné, chargé
des intérêts du citoyen Valperga, évêque de Nice
absent, ayant été informé que par votre délibération
du 29 du mois passé, ledit citoyen Valperga avait été
déclaré émigré, vous représente avec tous les égards

(1) Archives des Alpes-Maritimes, Registre L,. 3, folio 101. L'Arrêté n'est pas signé par le procureur syndic Jean-François Tourre
ni par l'administrateur Jean-L,ouis de Villiers qui ne partageaient
point l'opinion de leurs collègues. A noter que Tourre était d'Antibes
et que de Viliers était un médecin français établi depuis longtemps
à Nice.
I/Arrêté fut pris malgré le réquisitoire de Tourre qui voulait
déclarer Monseigneur Valperga émigré et malgré un violent discours de Villiers soutenant la même thèse qui fut combattue par
Barli Fabri, par Castclinard et par Anglès. J'ai déjà publié in-extenso
cette délibération du 13 avril T793 au cours d'un article sur l'église
de Nice en 1792-1793 inséré dans Nice Historique du Ier avril 1903,
C'est pourquoi je reproduis ici simplement la lettre des
commissaires et l'arrêté du département.

�- 42 —
dûs au pouvoir dont l'exercice vous a été confié par
le peuple souverain que le citoyen Valperga ne peut
ni ne doit sous aucun rapport être considéré comme
émigré, par les motifs ci-après :
i° Qu'il est de notoriété publique qu'il n'a quitté
le pays que contre son gré et par ordre du général
Anselme :
2° Qu'il a constamment été disposé et a offert
de revenir dans son diocèse, moyennant qu'il ne fut
assujetti à prêter qu'un serment relatif au temporel et
non au spirituel.
3° Qu'enfin et par la raison que n'étant point
indigène, mais étranger, son séjour ici n'a été dé terminé que par sa nomination à l'épiscopat, événement casuel qui n'a jamais pu le soumettre à l'obligation de renoncer pour toujours à sa mère-patrie.
Tous ces motifs, soit qu'on les prenne collectivement ou séparément, démontrent suffisamment,
citoyens administrateurs, le droit incontestable, qu'a
le citoyen Valperga de demander et prétendre la
radiation de son nom du tableau des émigrés, et si
le ministre de l'Intérieur n'a fait aucune distinction
entre lui et les autres citoyens, c'est sans doute qu'il
a ignoré les circonstances qui vous sont exposées
ci-dessus, et notamment la dernière, car s'il les eût
toutes connues, il n'est nullement probable qu'il eût
décidé comme il l'a fait. Toute hypothèse contraire
serait une injure faite à ses sentiments et à ses lumières. Un homme tel que lui, dont les vertus civiques, le patriotisme et les talents l'ont appelé au
poste aussi honorable que pénible qu'il occupe, doit
ressembler autant que possible à la Nation pour
laquelle il agit et qui l'a honoré de sa confiance.
Cette nation est grande, généreuse, magnanime,
juste et bienfaisante.Elle ne peut qu'êtreextrêmement
jalouse de sa gloire, et l'un des principaux devoirs de
ses agents est d'éviter soigneusement d'en ternir
l'éclat.
Le refus qui serait fait de rayer de la liste des
Emigrés le nom du citoyen Valperga, refus qui entraînerait avec lui la confiscation des minces propriétés de ce citoyen, serait un acte qui imprimerait à

�-

43

-

jamais une tache ineffaçable à la gloire du nom français ; tache qui ne pourra manquer de frapper également les yeux des contemporains et ceux de la postérité ; tache enfin que les historiens ne manqueront
pas de faire ressortir par des couleurs enluminées, et
le bel effet qu'un pareil tableau produirait, citoyens
administrateurs, serait votre ouvrage.
Mais non, loin de nous, cette idée ! Vous êtes
républicains ! cela suffit. Les républicains sont vertueux. Ils aiment, chérissent, protègent, respectent
la vertu partout où elle se trouve. Et le citoyen Valperga aussi est un homme vertueux ! Qui en doute ?
Nul bon citoyen, nul honnête homme. Souvenezvous, citoyens administrateurs, que ce n'est que par
ses vertus qu'il a mérité l'amour et l'affection du
peuple Niçois et non par sa qualité d'évêque. Et plût
à Dieu que tous les ecclésiastiques lui eussent ressemblé ! La France n'eut point éprouvé d'aussi horribles secousses, pour asseoir, affermir et assurer sa
liberté.
La République a incontestablement le droit de
renvoyer hors de son sein tout individu qui ne lui
convient pas, mais en renvoyant ainsi un étranger
qui, d'ailleurs, n'a pas encouru la peine de la confiscation de ses biens, elle lui permet de les emporter ou
de les vendre et d'en emporter le produit. Tel est
précisément le cas du citoyen Valperga.
L'exposant demande en conséquence, citoyens
administrateurs, qu'il vous plaise prendre dans votre
sagesse une délibération tendante à rendre audit
citoyen Valperga sa qualité de citoyen français non
émigré, à lui accorder un délai compétent pour rentrer dans ce pays soit comme simple citoyen ou
comme fonctionnaire public et à lui assurer dans
tous les cas la restitution de ses propriétés par lui
laissées sous la sauvegarde de la loyauté française
dans la maison épiscopale, lors de sa retraite forcée,
ou la juste indemnité de leur valeur. Et sera justice.
Nice, le 22 juillet 1793, l'an second de la République française, une et indivisible.
Jean-Jacques DONNY.
l
ARCHIVES NATIONALESF/ 4.867 , dossier Valperga.

�- 44 Pièce 5.

Etat de frais de vente pour parvenir à l'inventaire
et vente des effets de l'émigré Valperga Maillone,
citoyen évêque :
5 germinal an III (25 mars 1795)
Pour une séance de trois commissaires dont un du
District et deux de la Commission municipale, fixée
à trois livres par séance par le Directoire du district
et approuvé par les Représentants du
Peuple
L.
9 »
Papier timbré tant de la minute que
des deux extraits
»12
Pour la copie desdits deux extraits . .
» 8
Droits d'enregistrement
13 10
31

2

Nous soussignés certifions le compte ci dessus véritable.
Signés : J.-B. Thomaty, comm. du dist. ; Savigny,
comm. munie. ; Mabil, comm. municip.
Frais de la vente :
Pour quatre séances de deux corn missaires dont un
du District, un de la Commis, mun. sans le membre
de l'administration fixées à trois livres par séance par
le Directoire du district et approuvé par les Représentants du Peuple .
L.
24 »
Au trompette pour publication de
quatre criées
5 »
Au crieur à la vente, quatre séances .
12 »
Aux portefaix qui ont travaillé au
transport des effets
40 »
Papier timbré tant de la minute que
de l'extrait
1 »
Bougie
3 »
Droits d'enregistrement
27 »
Papier timbré du petit état
» 4
A la femme qui a assisté à la vente
pour l'arrangement du linge
» 12
L.
Signés : J.-B. Thomaty, comm. du
district ; Savigny, comm. municip.

1

159 6

�Vu par nous, membres composant la Commission
Administrative du district et d'après l'arrêté du district, approuvé par les Représentants du Peuple et la
loi du il et 12 Mars, arrête l'état des frais ci-dessus
se montant à la somme de cent cinquante neuf livres
trente centimes, qui seront acquittés par le receveur
du droit d'Enregistrement lorsque le Département
aura vérifié ledit état.
Nice, le 29 ventôse an 3"" de la République française une et indivisible (19 mars 1795).
(Suivent les signatures).
Vu l'état des frais ci-dessus pour parvenir à l'inventaire et vente du mobilier de l'émigré Valperga
Maillone ci-devant évêque.
Vérifié et arrêté par le Directoire du district de
Nice, la Commission Administrative du département
des Alpes-Maritimes approuve ledit état et ordonne
au citoyen Maussier, receveur de l'enregistrement
cîudit district de payer aux citoyens J. B. Thomaty
et Savigny, comm. la somme de 159 livres et 30
centimes pour montant des frais pour inventaire et
vente des susdits effets de l'émigré, laquelle somme
lui sera allouée en compte.
Fait à Nice le 5 germinal an 3me républicain ( 25
mars 1795).
Etat des frais pour parvenir d la vente du mobilier de
l'émigré Charles Eugène Valperga Maillone, citoyen
évêque.
Pour trente-neuf séances de trois commissaires
dont un du District et deux de la Commission municipale, fixé à trois livres par séance par le Directoire
du district et approuvé par les Représentants du
peuple
L.
351 »
A deux portefaix, dix-neuf journées et
demi chaque fixées à cinq livres par jour.
195 »
Au trompette pour publication de
trente-neuf criées fixées à une livre cinq
sols chaque
48 r 5
Au crieur à la vente, trente-neuf séan
ces fixées á trois-livres par séance ....
117 »

711 1$

�- 4* Report
Papier timbré tant de la minute que
de l'expédition
Pour copie dudit extrait fixé à quatre
livres
Papier timbré du présent état ....
Bougie
Droit d'enregistrement
Plus deux autres journées de portefaix à cinq livres
Un paquet de plume
L.

148
4
6
421

»
4
»
»

20
5

»
»

1.182

7

Nous soussignés certifions le compte ci-dessus,
véritable.
Nice, le Ier ventôse an 3me de la République (19
février 1795).
Signés : J.-B. Thomaty, commissaire du district ;
Savigny, comm. ; Honoré Mabil, comm. municipal.
Vu par nous, membres composant la Commission Administrative, de ce District, et d'après la loi
du 11 et 12 Mars 1793 (v. s.) et l'arrêté de cette
Commission approuvé par les Représentants en date
1^ Fructidor, oui l'agent national, arrête l'état des
frais se montant à onze cent huitante deux livres et
trente cinq centimes qui seront acquittés par le
receveur de l'agence de l'enregistrement sur le produit de la vente desdits meubles, lorsque le Département aura vérifié ledit état.
Nice le 29 ventôse an 3me de la République
française une et indivisible (19 mars 1795).
(Suivent les signatures).
Vu l'état des frais ci-dessus pour parvenir à la
vente du mobilier de l'Emigré Valperga Maillone cydevant évêque.
Vérifié et arrêté par le Directoire du district de
Nice.
La Commission administrative du département
des Alpes-Maritimes, approuve ledit état et ordonne

�— if au citoyen Maussier, receveur de Penregistrement
dudit district de payer aux citoyens J.-B. Thomati,
Savigni et Honoré Mabil, commissaires, la somme de
mille cent quatre vingt deux livres trente cinq centimes pour montant des frais de la vente des susdits
effets de l'Emigré. Laquelle somme lui sera allouée
en compte.
Fait â Nice le 5 germinal an 3me républicain (25
mars 1795).
Arch. des A. M. L. 15 ancien p. 44-45 N° 34-35

Actes de Notoriété
Pièçe g

1-2-fructidor an III
18-19 août 1795
EGALITÉ, LIBERTÉ

AU NOM DE LA LOI
Ce jourd'hui, premier Fructidor, l'an troisième
(18 août 1795 de la République française, une et indivisible, à Nice, chef-lieu du département des AlpesMaritimes, par devant Nous, Antoine Gautier Juge de
paix de la Ier, 2m" et 3me section et officier de police,
est comparu le citoyen Pierre Joseph Passeron, natit
tic la commune de Contes et habitant en celle de Nice
depuis plusieurs années.
Lequel en sa qualité de procureur du citoyen
Charles Eugène Valperga de Maillone, évêque de Nice,
subrogé par le citoyen Nicolo Giorni, homme de loi,
procureur spécial et général établi (par acte reçu) par
le notaire Pierre Joseph de Bernochio, le 20 Juillet
dernier (v. s.) qu'il présente, légalisé par le résidant
de la République de Gênes auprès de la Cour de Turin, dont il résulte le pouvoir donné au citoyen Giorni, de subroger en son lieu et place, avec tous les
pouvoirs compris au dit acte, et il présente au surplus l'acte de sa dite subrogation faite par le même
citoyen Giorni, reçu en la ville de Gênes le premier

�- 48 du mois d'août dernier (v. s.) par le notaire Antoine
Baglietto, légalisée par le consul de la République
française.
Il expose que le vingt neuvième jour de septembre
de l'année 1792, l'armée de la République, étant arrivée en cette ville, commandée en chef par le citoyen
général d'Anselme, lorsque ce général, vers le soir,
fut arrivé et il eut pris son logement dans la maison
habitée par le ci-devant consul de la République Le
Seurre, ledit citoyen Evêque Charles Eugène Valperga de Maillone s'y étant présenté, ledit général d'Anselme, en présence de tout son Etat-Major, lui signifia
d'abord de devoir partir de cette ville. Sur quoi le
dit évêque ayant répondu qu'il avait cru de pouvoir
continuer sa résidence en cette ville et tellement l'avait cru, qu'il n'avait jamais pensé de distraire et en
faire partir le moindre de ses meubles et effets, qu'il
avait dans la maison d'habitation de l'tvêque et que
si absolument il lui ordonnait de partir, il le priait de
lui accorder la sauvegarde sur tous lesdits effets et
meubles. Le dit général d'Anselme lui répliqua qu'il
dut absolument partir de cette ville, en ajoutant que
le plus tôt en serait le mieux, et qu'à l'égard de ses
meubles et effets qu'il avait, il les mettait dès ce ino
ment sous la sauvegarde et loyauté de la Nation française et qu'il pouvait en être tranquille, après quoi ledit
évêque Valperga de Maillone, tout tremblant, ayant
dit qu'il allait se conformer dès le lendemain au matin à ses ordres, se retira ; ledit général d'Anselme
lui ayant encore répliqué : le plus tôt sera le mieux.
Et comme il importe audit citoyen évêque Valperga de Maillone de constater le fait ci-dessus expo"sé, suivi en présence de tout l'Etat-Major dudit général d'Anselme et de plusieurs citoyens de cette commune, l'exposant, en sa dite qualité vous présente les
citoyens Pierre Le Seurre, ci-dessus nommé, ci-devant
consul en cette ville de la République, le citoyen Honoré Saissi de cette commune qui pour lors était second consul de la même commune, le citoyen Philippe Emmanuel Féraudi qui pour lors était secrétaire de
Ìa même commune et le citoyen Ange Giraudi aussi

�- 49 de cette commune, pour recevoir leurs dépositions
sur ledit exposé et vous fait instance que de tout lui
soit concédé acte, ce que nous lui avons accordé, et a
signé.
PIERRE JOSEPH PASSERON.

Et de suite se sont présenté les susnommés
citoyen Le Seurre, natif de Craon, âgé de 75
ans, bourgeois, le citoyen Saissi, âgé de 70 ans,
négociant, Emmanuel Feraudi, âgé de 68 ans, notaire, Ange Giraudi, âgé de 63 ans, négociant,
natifs et domiciliés dans cette commune, auxquels
après avoir fait lecture dudit exposé fait par ledit citoyen Pierre Joseph Passeron, en sa dite qualité, les
avons interpellés sur serment que leur avons fait prêter, conformément à la loi, de nous dire en leur âme
et conscience si tous les faits énoncés dans le même
exposé sont de leur connaissance et tous les quatre ont
répondu et attesté tant uniment que séparément en
être pleinement informés, s'y étant trouvés présents,
et que le tout contient la vérité, toute la vérité et
rien que la vérité. En foi de quoi ils ont signé :
LE SEURRE, HOSORI'J
SAISSI, PHILIPPE EMMANUEL FÉRAUDI,
ANGE

GIRAUDI.

Et nous, juge de paix, vu les dépositions ci-dessus, avons de tout concédé acte au susnommé citoyen
Pierre Joseph Passeron en sa dite qualité, pour lui
servir et valoir dans tous les cas, à ce que de droit et
de raison. Fait à Nice, l'an et le jour que dessus.
GAUTIER, juge de paix.
BONIFACI, sec. greffier.
Vu par nous, membres du District de Nice, 3 vendémiaire an IV rép. 25 sep. 1795, TOSELLI, JN COPPON
fils, VÉRANI pr. syndic, SAYTOUR Martin.

�— 5o —
EGALITÉ, LIBERTÉ.

AU NOM DE LA LOI
Ce jourd'hui. second jour de Fructidor de l'an 3
août 1795) de la République française une et indivisible, à Nice, chef-lieu du département des AlpesMaritimes, par devant nous, Antoine Gautier, juge de
paix de la iere, 2M* et 3ME section et officier de police,
est comparu le citoyen Pierre Joseph Passeron : natif
de la commune de Contes et habitant en celle de Nice
depuis plusieurs années
Lequel en sa qualité de procureur du citoyen
Charles Eugène Valperga de Maillone, évêque de
Nice, subrogé par le citoyen Nicolo Giorni, homme
de loi, procureur spécial et général établi (par acte
reçu) par le notaire Pierre Joseph de Bernochio, le 20
Juillet dernier (v. s.) qu'il présente, légalisé par le résidant de la République de Gênes auprès de la Cour de
Turin, dont il résulte le pouvoir donné au citoyen
Giorni, de subroger en son lieu et place, avec tous les
pouvoirs compris audit acte, et il présente au surplus
l'acte de sa dite subrogation faite par le même citoyen
Giorni, reçu en la ville de Gênes le premier du mois
d'août dernier (v. s.) par le notaire Antoine Baglietto,
légalisée par le consul de la République française.
Expose : Primo, que le matin du trente septembre 1792, le citoyen Charles Eugène Valperga de
Maillone, évêque de Nice, en partant de cette ville
avec deux domestiques à sa suite, qui portaient un
paquet et quelques effets, fut arrêté à la porte qui conduit en Piémont, ci-devant nommée porte Victoire,
et conduit au vestibule de la maison presque attenante
à ladite porte, appartenant au citoyen Dominique
Castellinard, où se trouva le citoyen Joseph Castellinard, fils dudit Dominique, et malgré que ledit Evêque Valperga déclara aux soldats de la Garde de la
dite porte qui étaient des Marseillais, que c'était en
conséquence d'ordre qui lui avait été signifié par le
citoyen général d'Anselme qu'il partait de cette ville,
lesdits soldats commencèrent par le malmener et lui
(19

�signifier qu'ils voulaient le pendre et ayant ouvert
ledit paquet et y ayant trouvé entre autres effets, une
ceinture d'évêque, ils déterminèrent, à l'instant, de le
pendre avec ladite ceinture, et ayant essayé si la même
était assez forte pour le soutenir, en la préparant, elle
se fit en lambeaux, de façon qu'ils vérifièrent qu'elle
ne pouvait leur servir et demandèrent audit Joseph
Castellinard fils une corde, pour pendre ledit évêque,
à un grand anneau de fer qui était au plafond dudit
vestibule, servant â y passer une verge de fer pour
peser les marchandises, et ledit citoyen Castellinard
fils, leur ayant absolument refusé de leur donner de la
corde, en s'excusant qu'il n'en avait point, comme
dans tous ces entrefaits ledit évêque se trouve mal et
ne peut plus se soutenir, ledit Castellinard fils lui fit
apporter une chaise, par sa servante à qui quelques
uns de ces soldats donnèrent des coups de poing pour
avoir porté ladite chaise et le même Castellinard le
fit ensuite asseoir sur ladite chaise, en le soutenant,
parce qu'il ne pouvait se soutenir droit ; d'autant plus
qu'en attendant, lesdits soldats marseillais lui disaient mille exécrations, lui crachaient dessus et lui
donnaient des soufflets, et assurément ils l'auraient
fini, si dans cet intervalle un de ses domestiques
n'avait été dire au citoyen général d'Anselme ce qui
venait d'arriver, et ledit domestique étant venu avec
un billet dudit général d'Anselme qui ordonnait à la
garde de le laisser partir, puisque c'était de son ordre,
en conséquence de ce billet lesdits soldats marseillais
se bornèrent pour lors à lui dire et crier mille invectives et injures et le laissèrent partir, ce que ledit
évêque, malgré qu'il ne pût se remuer, à l'aide de ses
domestiques fit au mieux possible en tremblant, de
façon qu'il doit son existence au refus ferme et déterminé que ledit citoyen Castellinard fils leur fit de
leur donner une corde, sans quoi avant l'arrivée du
dit domestique portant l'Ordre du général d'Anselme, il aurait été pendu et étranglé.
Secondoque lefaitci-dessusfut d'abord public et notoire, de notoriété publique dans cette ville et encore
plui le lendemain premier octobre, puisque les autres

»

�— 52 —

soldats de la Phalange Marseillaise, arrivés sur le soir
dudit jour trente septembre, d'abord après leur arrivée
cherchèrent l'évêque qu'ils voulaient le lanterner et
mettre en pièces, comme ils s'expliquèrent hautement,
ce qui joint au fait arrivé dans ledit vestibule de la
maison Castellinard, étant devenu d'une notoriété publique donna l'épouvante à tous les gens honnêtes du
pays, qui disaient que le citoyen général d'Anselme en
ordonnant audit évêque de partir, en mettant sous la
sauvegarde de la Nation française ses meubles et ses
effets, avait voulu le sauver.
Et comme il importe audit citoyen Passeron, exposant en sa dite qualité, de constater par témoins le
fait ci-dessus exposé, il nous présente ledit citoyen
Joseph Castellinard fils de Dominique de cette commune, âgé de 21 ans, de profession, négociant, qui se
trouva présent au fait énoncé dans le Ier article de l'exposé ci-dessus, et au surplus informé de la notoriété
des faits énoncés au second et dernier chef, de ladite
exposition et il nous présente les citoyens Jean-Jacques Donny, natif de Neufchâtel en Suisse, âgé de 39
ans, de profession, négociant ; Joseph Poullan, natif
de Clavesana, en Piémont, âge de 48 ans, négociant ;
Jacques Gerbin, âgé de 60 ans, tailleur, Jean-Marie
Thaon, âgé de 56 ans, négociant, natifs et tous domiciliés en cette commune pour déposer sur ladite
notoriété énoncée dans ledit second fait exposé, pour
recevoir leurs dépositions, et nous fait instance que de
tout lui soit concédé acte, ce que nous lui avons accordé et a signé.
Pierre-Joseph PASSERON .
Et de suite se sont présentés les susnommés citoyens Joseph Castellinard, Jean-Jacques Donny, Joseph Poullan, Jacques Gerbin, et Jean-Marie Thaon,
ci-dessus qualifiés, auxquels après avoir fait lecture
dudit exposé fait par ledit citoyen Passeron, en sa
dite quálité, les avons interpellés sur serment, que
leur avons fait prêter, conformément à la loi, de nous
dire en leur âme et conscience, si tous les faits énoncés dans le même exposé sont de leur connaissance,

�- 53 et ledit citoyen Joseph Castellinard a répondu et
attesté en être pleinement informé pour avoir été
présent au fait exposé dans le i" article de ladite exposition, et pour avoir publiquement entendu dire les
faits énoncés dans le second chef qui était en cette
ville notoire de notoriété publique et lesdits citoyens
Jean-Jacques Donny, Joseph Poullan, Jacques Gerbin,
Jean-Marie Thaon, ont répondu et attesté tant uniment que séparément être pleinement informés de
l'énoncé dans le second chef de ladite exposition,
puisque les faits y énoncés étaient notoires, de notoriété publique en cette ville, et tous lesdits citoyens
ont respectivement attesté pour ce qui les concerne
que tout contient la vérité, toute la vérité et rien que
la vérité. En foi de quoi ils ont signé : Joseph Castellinard fils,Jean-Jacques Donny, Joseph Poullan, Jacques
Gerbin, Jean-Marie Thaon.
Et nous, Juge de paix, vu les dépositions ci-dessus,
avons de tout concédé acte au susnommé Pierre Joseph Passeron en sa dite qualité pour lui servir et valoir dans tous les cas, à ce que de droit et de raison.
Fait à Nice l'an et jour que dessus.
GAUTIER,
BONIFACI,

juge de paix.
sec. gref.

Vu par nous, membres Du district de Nice, le 3
vendémiaire anIV rep. (25 sept. 1795).
Jn. COPPON fils, VÉRANi, pr. syndic, TOSELLI, Saytour
MARTIN.

Arch. Nat. F

7

4867 *

�54 -

PÉTITION au DISTRICT de NICE
et AVIS de ce DISTRICT
ÉGALITÉ,

LIBERTÉ

5 vendémiaire
27 septembre 1795 an IV
AUX

CITOYENS ADMINISTRATEURS
DU DISTRICT DE NICE

Le citoyen Pierre Joseph Passeron, natif de la
commune de Contes, habitant en celle de Nice depuis plusieurs années.
Vous expose en qualité de procureur du citoyen
Charles-Eugène Valperga de Maillone, évêque de
Nice, subrogé par le citoyen Nicolo Giorni, homme
de loi, son procureur spécial et général fondé par acte
reçu dans la ville de Turin par le notaire PierreJoseph de Bernochio, le 20 juillet dernier (v. s) légalisée par le résident de la République de Gênes, près
la Cour de Turin, duquel il résulte le pouvoir donné
audit citoyen Giorni de subroger en son lieu et place
avec tous les pouvoirs compris dans le même acte,
qui se trouve copié mot pour mot dans celui de la
subrogation faite par le même citoyen Giorni, reçu
en la ville de Gênes le Ier du mois d'août dernier
(v. s* par le notaire Antoine Baglietto, légalisée par
le consul de la République française, le 13 Thermidor dernier (3 1 Juillet 1795), qu'il vous exhibe qu'étant arrivé dans cette ville le vingt-neuvième jour
du mois de septembre de l'année 1792, l'armée de la
République française, commandée par le citoyen général en chef d'Anselme lorsque celui-ci y fut arrivé
le soir et eut pris son logement dans la maison d'habitation du citoyen ci-devant consul de la République
Le Seurre, ledit évêque Charles-Eugène Valperga de
Maillone, s'étant présenté, le même général d'Anselme
lui signifia d'abord en présence de son Etat-Major de
partir de cette ville, sur quoi ledit évêque lui répondit qu'il avait cru pouvoir continuer sa demeure dans
cette ville et qu'à cet effet il n'avait jamais pensé de

Pièces 7 et 8

�- 55 distraire, ni faire partir le moindre de ses meubles et
effets qu'il avait dans la maison d'habitation de
l'évêque, que si absolument il lui ordonnait de partir,
il le priait de lui accorder la sauvegarde pour tous ses
dits effets et meubles, ledit général d'Anselme lui
répliqua : Le plus tôt sera le mieux, ce qui tout est
constaté par les attestations ci-jointes du premier et
second jour de fructidor dernier qu'il vous présente
également.
Qu'il résulte aussi par lesdites attestations, que
ledit évêque Valperga de Maillone fut forcé par ledit
général d'Anselme de partir de cette ville que tous
ses meubles et effets fussent mis sous la sauvegarde de
la Nation française et qu'étant parti le lendemain 30
dit septembre, il risqu'à d'être pendu ef étranglé paties soldats de la Phalange Marseillaise qui se trouvaient de garde à la porte ci-devant dite Victoire, ce
que tout fut d'abord notoire et de notoriété publique
dans cette ville.
Vous observe que ledit évêque Valperga est natif
du Piémont où il se retira et que s'il a résidé dans
cette ville, ce n'a été que pour raison de son ministère, que tout cela nonobstant il a été porté sur la liste
des émigrés, a été vendu la plus grande partie de ses
meubles et effets, et cela même nonobstant la préalable réclamation que le citoyen Jean-Jacques Donni,
chargé des intérêts dudit évêque avait fait à l'ancien
département par sa pétition du 22 juillet 1793 (v. s)
qui existe dans les Archives de ce district, résultant
ainsi que tout cela a été fait et opéré contre le droit des
gens et la sauvegarde de la loyauté française qui fut
promis audit évêque.
En conséquence, l'exposant demande en sa dite
qualité de procureur dudit citoyen évêque CharlesEugène Valperga de Maillone la radiation de son
nom de la liste des émigrés, la levée des scellés, la
restitution de ses propriétés et l'indemnité de celles
qui ont été distraites et vendues au nom de la Nation,
et sera justice.
(21 août 1795).

�- 56 Nice le 4me jour de Fructidor de l'an 3me de la
République française une et indivisible.
Signé : Pierre-Joseph PASSERON.
Vu la pétition ci-dessus du citoyen Pierre-Joseph
Passeron présentée au nom et comme procureur subs
titué du ci-devant évêque de Nice, Charles-Eugène
Valperga tendante à obtenir la radiation de son nom
de la liste des émigrés, la levée du séquestre et remission de ses effets restant ainsi que l'indemnité de
ceux qui ont été distraits ou vendus.
Vu une première pétition présentée à l'ancienne
administration du département par le citoyen JeanJacques Donni, au nom du citoyen Valperga en date
du 22 juillet 1793 tendante aux mêmes fins.
Vu la procuration en date du premier août 1793
(V. s.) faite à Gênes, par devant le notaire public Antoine Baglietti, légalisée par le Consul de la République française y résidant, ainsi que l'acte de procuration y inséré, en date du 20 Juillet 1795.
Vu l'attestation de quatre témoins faite avec serment par devant le juge de paix de la 1", 2"", 3me section de cette commune, en date du 1" Fructidor dernier '18 août 1795).
Vu autre attestation de cinq témoins faite par
devant le susdit Juge de paix, le 2 dit fructidor, aussi
sous serment.
Considérant que par la première des 2 attestations il est pleinement prouvé que le vingt-neuvième
septembre 1792, aussitôt après l'entrée de l'armée
française dans cette commune, le sus-nommé évêque
Valperga s'étant présenté au général d'Anselme qui
la commandait en chef, celui- ci lui ordonna d'abord
en présence desdits témoins et de tout l'Etat-Major.
u'il n'avait qu'à partir de la ville, et malgré que le
it évêque lui observa qu'il avait cru de pouvoir y
rester tranquillement et qu'à cet effet il n'avait fait
partir aucun de ses effets et meubles, le général lui
répliqua de partir absolument de la ville, en ajoutant
que le plus tôt serait le mieux, l'ayant assuré qu'à

a

�-5;l'égard de ses meubles et effets de sa maison, il les
mettait dès ce moment sous la sauvegarde et loyauté
de la Nation française et qu'il pouvait en être tranquille.
Considérant qu'il résulte par lesdites attestations,
et il est prouvé que l'évêque Valperga, d'après les
ordres précis et réitérés du général d'Anselme, partit
le lendemain 30 septembre de cette ville.
Considérant que par la susdite attestation du deux
Fructidor il résulte que l'évêque Valperga, au moment de son départ de cette commune, ayant été arrêté à la porte qui conduit au Piémont, par les soldats
qui y étaient de garde, lesquels tentèrent de le pendre,
il évita la mort par les soins du citoyen Joseph Castellinard, un des déposants, et il ne fut laissé libre que
d'après un billet du général d'Anselme, qui ordonnait à ladite garde de le laisser partir, puisqu'il s'en
allait de son ordre
Considérant que tous ces faits sont devenus de notoriété publique dans cette commune, dès le même
jour 30 septembre et Ier octobre suivant, ainsi que
quatre témoins l'ont attesté.
Considérant que le citoyen Valperga ne s'est absenté de cette commune et ci-devant Comté de Nice
que d'après les ordres du général d'Anselme auquel il
témoigna son regret.
Considérant que le départ du citoyen Valperga
ayant été forcé il ne peut pas être qualifié d'émigration.
Considérant que son intention de rester dans cette
commune est d'autant plus constatée, que le citoyen
Valperga a été le seul fonctionnaire public, il soit
resté à son poste, n'ayant soustrait aucun des meubles
et effets de sa maison, lesquels ont été ensuite distraits
et vendus par la Nation.
Considérant que le citoyen Valperga ne peut être
non plus considéré comme réfractaire aux lois de la
République, tandis qu'à l'époque de son départ de cette
commune, aucune loi de la République, surtout à
l'égard des ecclésiastiques, n'y avait été encore publiée
à laquelle eut pu contrevenir.

�— 58 —
Considérant que le citoyen Valperga ne pouvant
être considéré ni comme émigré, ni comme réfractaire, ne pouvait être privé de ses propriétés laissées
dans cette commune lors de son départ, sous la sauvegarde de la loi et de la Nation française qui lui fut
accordée par le général d'Anselme, et qui étant digne
de la loyauté de cette Nation, ne pouvait être violée
sans blesser le droit des gens.
Considérant au surplus, que le citoyen Valperga,
originaire piémontais, ne faisait sa résidence à Nice,
qu'à raison de son épiscopat, ce qui ne donne qu'une
résidence easuelle, et que sous tous les rapports, il
n'a cessé d'être étranger à l'égard du pays de Nice et
de la France.
Considérant que l'article 6, section deux, N° 2 de
la Loi du 25 Brumaire (15 novembre 1794) en déclarant émigrés les citoyens domiciliés dans le cidevant comté de Nice, qui sont sortis depuis le 27
septembre 1792, n'a point porté atteinte au droit des
gens dans la personne de l'étranger, qui se trouvait
dans ce même pays, où il n'aurait pas établi son vrai
domicile.
Considérant que le citoyen Valperga, qui avait été
forcé par le gouvernement de partir de Nice, n'a dû
plus y revenir dans le terme même prescrit par les
lois aux citoyens de la ci-devant Comté de Nice,
puisqu'il ne devait point imaginer qu'il fut compris
dans l'invitation, malgré qu'il ait été porté sur la
liste des émigrés.
Considérant que ce nonobstant, lorsqu'il sut qu'il
avait été porté sur la liste des émigrés de cette commune, s'est empressé de présenter sadite pétition
du 22 Juillet 1793 dans laquelle il demanda non seulement la radiation de son nom de ladite liste, mais
encore un délai convenable pour rentrer dans cette
commune, soit comme simple citoyen, ou comme
fonctionnaire public, ainsi que la restitution de ses
propriétés par lui laissées sous la sauvegarde de la
loyauté française dans la maison êpiscopale lors de sa
retraite forcée, ou une juste indemnité de leur valeur.

�- 59 Considérant finalement que,d'après toutes les circonstances sus-ênoncèes, aucune loi concernant les
émigrés ne peut être applicable au citoyen Valperga,
et que toutes celles qui pourraient le regarder relatives au séquestre des biens appartenant aux habitants
des pays en guerre avec la République française ont
été rapportées par le décret du 14 Ventôse dernier
(4 mars 1795). •
Le Directoire du district de Nice, oui le procureur syndic, est d'avis que le citoyen Charles-Eugène
Valperga ci-devant évêque de Nice ne doit point être
considéré émigré.
Qu'il doit être rayé de la liste des émigrés, que le
séquestre apposé sur ses propriétés doit être levé, qu'il
doit être réintégré dans la possession et jouissance
d'iceux, que tous receveurs ou dépositaires doivent
lui restituer les sommes qu'ils ont perçues, résultant
du produit desdites propriétés et qu'il doit recevoir
la juste indemnité des meubles et effets qui seraient
passés au profit de la Nation.
Fait à Nice, dans la salle des séances le 5me Vendémiaire an 4me républicain (27 sept. 1795). Signé
Saytour Martin. Verani,
procureur syndic, Angles v. prés.
Touzelly. Jn Coppon fils.
Enregistré au feuil. 20 registre des prévenus
d'émigration et signé BARRAIA, commis greffier.
Certifié conforme par nous Ve président et secrétaire du district Jn COPPON Fils V,-PRÉSIDENT
BARRAIA Cis greffier.
A rch. Nat. F 7 4867

2

�— 6o —

Pièce 9.

LIBERTÉ (vignette) ÉGALITÉ
BUREAU DES
ÉMIGRÉS

Extrait des registres des délibérations et arrêtés de
l'Administration Centrale du département des Alpes Maritimes.
(2

juin 1797)

Séance du quatorze Prairial an 5mf de
la République française une et indivisible.
Sur le rapport d-e la pétition présentée par le
citoyen Pierre Joseph Passeron, procureur fondé de
Monsieur Charles Valperga, ci-devant évêque de
Nice, dans laquelle il expose que ledit Charles Valperga n'a jamais dû être atteint des lois relatives à
l'émigration, soit qu'on le considère comme parti en
suite d'une force majeure, soit en sa qualité de piémontais et demande en conséquence la radiation de
son nom de la liste des Emigrés, sa réintégration
dans la possession et jouissance de ses propriétés et
une juste indemnité, des meubles et effets qui sont
passés au profit de la République.
L'Administration Centrale du département des
Alpes-Maritimes, considérant que M. Charles Valperga, comme piémontais, n'habitant Nice que pour
cause de son emploi, n'aurait jamais dû être porté
sur la liste des émigrés du département.
Que le seul motif qui a pu déterminer le général
d'Anselme à lui ordonner de partir de la ville de
Nice, ne peut avoir été que la susdite qualité de
piémontais.
Considérant enfin, que comme sujet du roi de
Sardaigne, il est dans le cas de jouir de l'article i,r
de la loi du quatorze nivôse an troisième, (} janvier
1795), ainsi que de l'article neuf de la loi du trente
Floréal an quatrième, (19 mai 1796).
Arrête, oui le commissaire du Directoire Exécutif
que le nom de Valperga, ci-devant évêque de Nice,
qui se trouve inscrit sur la liste des émigrés, sera

�— 6i —

provisoirement rayé ; que tout séquestre qui pourrait
avoir été mis sur ses biens sera levé, qu'il sera réintégré dans la possession et jouissance de ses propriétés,
et que toutes les sommes versées dans les caisses publiques, lui seront rendues, déduction faite des frais
faits conformément aux lois.
Fait et arrêté* en séance publique le jour, mois et
an que dessus.
Signé : Donny, président Payani, fils, Scudéry,
Oberti, Hancy (et en marge Gastaud commissaire
du Directoire Exécutif).
Certifié conforme à l'original par nous président
et secrétaire de l'Administration centrale du départemeni des Alpes-Maritimes.
DONNY, président
BELMONDI, sec. chef au bureau des émigrés.
Arch. Nat. F 7 4867 2

ACTE DE CAUTIONNEMENT
Pièce 10.

11 fructidor anV (2&amp; août 1797)
LIBERTÉ ÉGALITÉ
Ce jourdTiui 11 fructidor an 5 de la République
française une et indivisible (28 août 1797) par devant nous, membres composant l'Administration
centrale du département des Alpes-Maritimes, est
comparu le citoyen Joseph Passeron, natif de Contes,
chef-lieu de canton, domicilié dans cette commune,
procureur fondé de Monsieur Charles Valperga, cidevant évêque de Nice, en vertu d'acte de procuration du 20 juillet et premier août 1795 (v. s.) lequel
en sadite qualité, dépendamment à l'arrêté de cette
administration du quatorze prairial an cinq (2 juin
1797) portant que le nom de Valperga, ci-devant
évêque de Nice, sera provisoirement rayé de la liste
des émigrés, que tout séquestre qui pourrait avoir
été mis sur ses biens sera levé, qu'il sera réintégré
dans la possession et jouissance de ses propriétés, et

�— 62 —

que toutes les sommes versées dans les caisses publiques lui seront rendues, déduction faite des frais
faits, conformément aux lois, désirant de se conformer au porté par l'article 3 de la loi du 5 Brumaire
an 3 (26 octobre 1794) qui exprime que les prévenus
d'émigration seront tenus de donner caution solvable de la valeur mobilier, et ne pourront obtenir
leurs immeubles jusqu'à ce qu'il ait été définitivement statué sur leurs réclamations par qui de droit,
toujours en sa dite qualité a présenté pour caution le
citoyen François Grosson, marchand drapier de cette
commune, lequel ici prése.it et acceptant, s'oblige
conjointement et solidairement avec ledit Valperga
et pour celui-ci ledit Joseph Passeron, et sous l'hypothèque de tous leurs frens présents et à venir, à l'entière exécution de ce qui les concerne en la susdite
loi, et à la représention des mobiliers, effets et sommes à percevoir en dépôt que besoin sera, et quant
aux mobiliers invendus et en dépôt seront soumis
d'en représenter la valeur à laquelle seront estimés
par experts, préalable rémission.
Et nous, administrateurs susdits approuvant lesdits
cautionnement et acte de soumission, à la réquisition
dudit citoyen Joseph Passeron, avons dressé le présent acte que toutes les parties ont signé avec nous,
ayant au préalable fait renoncer audit François Grosson au droit de premier convenir.
Fait à Nice les jours, mois et an que dessus.
Joseph

PASSERON,

François GROSSON,
prés., PAYANY FILS,
MARUN-SAYTOUR, sec. en chef

HANCY, DONNY,
P.

Acte original sur timbre de 20 centime*.
Arch. Nat. F

7 4867^

�— 63 -

CONCLUSION

Il était avéré pour tous, dans la ville de Nice, que Mgr
Valperga était parti contre son gré et si la première Administration départementale, installée au mois de Mai 1793,
l'avait inscrit sur la liste des émigrés de Nice, c'était à la
suite d'une réponse faite par le ministre de l'Intérieur, Garât,
aux questions à lui posées par le Directoire des Colons Marseillais sur la conduite à tenir vis-à-vis de l'évêque.
Les questions avaient été envoyées à Paris, vers la fin
de Février 1793, et la réponse du ministre ne parvint à Nice
qu'au milieu de juin suivant, soit quelques jours avant la
publication de la liste des émigrés. Les réclamations de
l'évêque, retiré à Turin dans sa famille, furent présentées
le 22 juillet 1793 (1) ; mais comme beaucoup d'autres, elles
s'entassèrent dans les bureaux du Département, qui n'y
répondit même pas.
Cette réclamation fut présentée au nom de l'évêque par JeanJacques Donny au Département. lîlle figure en original au dossier
Valperga.
Voir ci-dessus.
Le registre des délibérations du département manque aux Archives pour les derniers mois de 1793, exactement du Ier mai au 10
Novembre, comme pour les six derniers mois de 1797 et l'année entière de 1798, exactement du 8 Messidor an V (26 Juin 1797) au 25
Pluviôse an VII (13 février 1799).
C'est-à-dire pour les deux périodes les plus troublées et cette
disparition est tout au moins étrange.
Elle doit être vraisemblablement attribuée à certains hommes
politiques désireux de laisser dans l'oubli leur conduite durant ces
deux époques.

�- 64 On était dans la période la plus aiguë et, en pleine
Terreur.
Après le 9 Thermidor et, surtout après la venue à Nice
du représentant Beffroy, au mois de Floréal, an III (Mai
I795)»
les esprits devinrent plus calmes, les administrations plus pondérées. C'est alors que, sur de nouvelles demandes présentées au District, et sur avis favbrable de
celui-ci, le département des Alpes-Maritimes accorda à Mgr
Valperga sa radiation provisoire, le 14 Prairial, an V (2 Juin
1797). Comme on le voit, l'affaire avait traîné en longueur.
Il semblait alors que rien ne s'opposait plus à la rentrée
de l'évêque : le 11 Fructidor, an V (28 Août 1797), le Département avait agréé la caution de François Grosson (1) ;
les biens de l'évêque allaient lui être rendus, et il pourrait
rentrer.
Mais huit jours après, le coup d'Etat du 18 Fructidor (4
septembre 1797) remettait le pouvoir aux mains des Jacobins, la guerre aux émigrés et aux ecclésiastiques, en particulier, reprit avec âpreté. Pe département des Alpes-Maritimes se vit accusé d'avoir préparé une rentrée triomphale à l'évêque, son arrêté du 14 Prairial resta sans effet
et, en vertu de la loi du 19 Fructidor (5 septembre), les
scellés furent de nouveau apposés sur les biens de Mgr Valperga par deux commissaires municipaux (2).
En vain, l'évêque de Nice, fit intervenir auprès du Directoire Balbi, l'ambassadeur du Roi de Sardaigne à Paris,
le dossier de sa demande en radiation fut examiné sans
aucune bienveillance.
(1) L/Acte original de ce cautionnement sur timbre est aux
Arch. des Alp.-Maritimes Q. 10.
(2) Mise de scellés sur les biens de Charles Eugène Valperga par
deux commissaires de la municipalité de Nice. Une scéance, 6 livres.
Dépense approuvée par le Département, en Germinal an VI (avril
1798). Arch. des A. M. Q. 11.
Mgr Valperga ne possédait à Nice aucun immeuble et il devait
rester fort peu de chose de son mobilier après la vente qui en avait
été faite en Ventôse an III. La bibliothèque de l'évêché avait été déclarée bien national et la caisse diocésaine avait disparue en octobre 1792
sans laisser de traces dans les pièces administratives. Le séquestre
a été apposé sur les biens de nombreux émigrés rayés provisoirement.
On peut en voir la liste aux Archives des A. M. Q. 10, où Valperga
figure sous le N° 65.

�- 65
Á la suite de la lettre de Balby datée de Paris le 7 février
1798, le ministre de la police demanda à ses Bureaux un
rapport sur l'affaire Valperga. Pe voici tel qu'il se trouve
en minute au dossier.
Attendu que rien ne tend à constater le prétendu ordre
de quitter Nice, d'où il suit qu'il faut en croire sur parole
l'émigré.
Qu'à raison de son domicile, il était tenu de rentrer sur
le territoire dans les délais voulus par les lois.
Qu'il est atteint par la déchéance et n'a réclamé que
l'an V.
Qu'il ne paraît pas y avoir lieu de violer la loi en faveur
de cet ex-évêque dont la rentrée prohibée par la Constitution serait d'une influence dangereuse.
J'estime qu'il y a lieu à proposer la maintenue sauf
à prendre des renseignements si toutefois on les trouve
indispensables.
CAIGNART,
Sous-chef (2e Bureau).
En tête de cette minute est écrit :
« Je pense qu'il y a lieu à instruction et à prendre
des renseignements près les Administrateurs du département_des Alpes-Maritimes. »
Signature illisible (1).
Ces renseignements furent-ils demandés ? C'est probable et cela explique que bien des pièces du dossier Valperga sont en double expédition. Plus d'une année s'écoula
encore, avant que fut prise une décision et finalement sur
un rapport défavorable de la Commission d'examen instituée près le Ministère de la police pour l'étude des demandes en radiation, le Directoire exécutif signa le 7 Floréal
an VII, (26 avril 1799) un arrêté qui maintenait définitivement, sur la liste des émigrés, Mgr Valperga et annulait
toutes les décisions rendues antérieurement, en sa faveur,
par les. autorités locales.
(1) Arch. Nation. F 7 4862 2 dossier Valperga. Rapport de la
3 me Division du Ministère de la police, sans date mais joint à la
lettre de Balbi.
»

�- 66 -

Varrêté du Directoire parvint à Nice les premiers
jours de Prairial an VII (Mai 99) et fut immédiatement
mis à exécution. (1).
*

* *

Ainsi donc Mgr Valperga expulsé ne put jamais obtenir
de rentrer, les lois sur l'émigration étaient tellement embrouillées et tyranniques qu'une fois inscrit sur une liste
d'émigrés, il était extrêmement difficile de s'en faire rayer
malgré toutes les démarches ; car on se heurtait sans cesse
à des questions de forme et de procédure ce qui permettait
à la malveillance de s'exercer tout à fait à l'aise sous le
couvert de la légalité.
A. J.

PvANCE-BOURREY.

(1) De 21 Floréal an VII (10 mai 1799), il fut communiqué
par le ministre de la police générale de la République aux diverses
administrations intéressées et aux Commissaire du Directoire exécutif
près le département des Alpes-Maritimes. Celui-ci par lettre du 3
prairial (22 mai 1799) demanda au Département de le transmettre
à la Municipalité de Nice, ce qui fut fait le même jour avec ordre
de le transcrire sur ses registres, de faire apposer les scellés ou séquestre sur tous les biens meubles et immeubles de l'évêque si ce
n'est déjà fait, et de mi notifier sans délai la décision prise à son égard.
Voir lettre du Département à la Municipalité, celle du Commissaire au Département, 3 Prairial an VII avec la réponse du Département 4 Prairial.
Arch.. des A. M. Q. 1 et 2 et Arch. Nationales, dossier Valperga,

�NIÇA LA BELLA
VERS DE /.

Giordan,

su

DE CARTA POUSTALA

Ai rai dôu nouostre bouon soulèu
Venon s'escaufar toui lu lùssi ;
Es un meravihous tablèu,
Ai rai dôu nouostre bouon soulèu,
Trouvas, dou Var fin au Castèu,
Anglés, Rouman, Danesi, Rùssi :
Ai rai dôu nouostre bouon soulèu
Venon s'escaufar toui lu lùssi.
Pèr tu, as touti li bèuta,
Terra de lus e d'alegria,
D'un ciel d'azur, as la clartà,
Pèr tu, as touti li bèuta.
De l'univers, en verità,
Siès la uechièma meravia ;
Pèr tu, as touti li bèutà,
Terra de lus e d'alegria.
Dintre lou tèmp, Semiramis
Faguet basti, à Babilouna,
Pu siéu jardin, vèr paradis !
Soubre Paioun, degun s'estouna
De vèire, ancuèi, lou paumoulié
Drissar au ciel la siéu coulouna
E lou galofre, e l'anemouna
Flouri emb'au pourtegalié.
De bouon matin, quitant maioun
Pèr la journada touta'ntiera,
S'en va lavar, dintre Paioun
Pa bugadiera.
D'un glourious passat es fiera
Perqué, d'un tèmp, sus lou bastioun
Au Turc, arranquèt la bandiera
Pa bugadiera.

�fet 68 —

Sau de fouora fa freï,
Que brima,
A Niça, sus lou Quèi,
Si rima.
Pescadou, fourestié,
De la mar bressarella,
Escouton voulountié
Pa doussa cantinella.
L'AVOUCAT

PATTA

L'estudi de l'avoucat Patta es en plen aria ; si tèn lou matin
couma lou predinà su la plaça dôu Palai. Es un ome pichounet,
touplen raplot, li pocha enfli de papiè de touta mers. En lu vièi
quartiè es proun counouissut e li capelada, « Bouonjou Moussu
l'Avoucat », noun li mancon. Es ben m'ai juge, proucuradou, etc.
Lu siéu ounourari soun bouon pati e n'a de preferença pèr
qu si sigue. Parla au premier maufatan vengut, couma se fousse
un agnèu que vén de naisse ; lou créancier o lou débiteur soun
tratat su lou même pen... basta que mouson...
L'avoucat Patta es de noutarietà reputat pèr un ome judicious, òunest — au noun si flata de l'estre au jou d'ancuei ; —
finda counouisse, es en relacioun d'afaire emê de gros persou nage que dintre la finança dôu siéu coumerce, soun quasi d'usurari. Sau menajar la cabra e lou caulè ; e pèr que la mouneda
noun li escapa si desbrouïa e si mete dôu cousta dôu manche...
d'aquéu que casca lou de mai...
Acò fa que toui lu matin que lou Bouon Diéu a fach, la siéu
doumestica mete toujou quaucaren au fuec. Lou dimeneghe, coum'un bouon crestian, — tartufaria que lou pauva, — va audi la
gran'messa à Santa Réparada, fa la siesta e à la calada dóu soulèu,
passeja su lou Cours, pastrouia, fa lu cent pas, noun parla que de
lei, proucès, citacioun, ensin alestisse lou travail dôu dilun...
Lendeman empastra ben d'afaire, mete facilamen en lou sac
Moussu Tout'Un emé Moussu Tout'Autre... En éu que li pòu
faire ?... lança dapertout lou broumech, tant pis pèr aquéu que si
laissa agantar. Quaranta sóu es lou près d'atac e vous pregui de
crèire que douna pas la siéu journada pèr doui o tres escut.
L'avoucat Patta counouisse l'usança dôu païs... s'avès touort,
vous rouïa, s'avès pi rasoun, v'espia... Que voulès aima manjar
lou pei, lou pei que noun aiguë d'espina...
JULI EYNAUDI.

�-«9VA

MAU ! !

Va màu, cresé-vous, que va màu 1
En l'orizoun lou voile negre
N'es qu'un gran camp cargat de pebre,
Qu'à pala lou jeten davan,
Avuglan finda lu cavau 1
Lu canoun soun su li frountièra,
Alignât couma de barriera,
N'esperon plus que lou signàu !
Lou soulèu, aquel animàu !
Stan, noun vòu levà la vela,
Si foundon couma des candela
Enb'aquèu coust dôu diàu !
Le Giacouuda à cóu de d/stràu
Li fan petà li sièu moulura...
Ah ! dèu faire bella figura
Se l'an foutuda en quauqua tràu
Lou pan crèise, finda la sàu,
Lou sucre dintre li boutiga
Mounta ben mai que de boufiga !
Van jusque crèise lou rampàu
E la pèu que fau lou tambau ;
Metran de drech su li nourriça,
Su lu chichi, su li saucissa,
Perqué pas soubre lu magàu ?
E lou Prussian, marrit bertàu,
Noun sabon fa que de babïa,
Per lou Maroc e l'Algèria,
Se faran mètre lou mourràu !
Li serreren toui lou pourtàu
E pi veiren touta la França
Davan la sieù grossa arougança
Se noun si sau garda li clàu !
Es de rima d'un manechàu,
Ma sien d'estiéu, vesin, vesina,
Li passeres en la resina
Avant que vegon l'espitau !
CHARLES CIAUDO

�Valère Bernard
Tout en heurtant le marteau contre la porte de M. Valère
Bernard je songeais. Je me suis complu dans le plus souriant
mépris des idoles. L'ironie a tremblé sur mes lèvres quand
la Provence a dans un ravissement de joie acclamé le poète de
Maillanne. Cette mascarade d'apothéose me répugnait.
Et maintenant la curiosité me fourvoyait dans le studio
d'un consciencieux artiste que les felibres couvraient de gloire.
Elève de Puvis de Chavannes M. Valère Bernard pasticha le
Maître. Mais vite il eût l'intuition qu'à se perdre dans les sentiers
battus il courrait risque de compromettre son crédit. Il dit
adieu à Paris et vint dans Marseille, l'opulente cité.
A cette époque vivait un exquis écrivain, J. Lombard. Il venait de publier deux œuvres d'une grandiose beauté, VAgonie et
Bysance. Dans un style étrangement tourmenté il contait les
luttes entre les factions d'Orient, illuminant son œuvre des
splendeurs bysantines.
Valère Bernard vit Jean Lombard, et du même coup les belles
au bois qui dormaient en son âme s'éveillèrent. Il délaissa les
études académiques, les pastiches sans vie, et d'ardentes couleurs
chargèrent ses toiles.
Voici le triomphe des rois Babyloniens. Sur les voûtes d'un
palais impérial passent des gardes étincelants dans la pourpre et
la soie. L'or envahit les hautes colonnes de jaspe bleu. Involontairement on pense aux fantastiques demeures hantées par des
fées émeraudes et des princesses aux perversités troublantes.
Et je m'imagine que le peintre était sous le charme de la
légende quand il a peint cette courtisanne qui sourit à son miroir tout en jouant négligeamment avec sa chevelure d'or. Et
puis passent Venise la rouge, Marseille enveloppé dans la poussière d'or du crépuscule, des motifs à la Watteau peints par un
bysantin, toute une apothéose.
Mais une idée m'obsède, tandis que dans la grise clarté d'un
soir automnal s'éteignent les fauves éclairs jaillis de ces radieuses
toiles. L'idéalisation du passé me paraît cruelle. Les générations
endormies dans la Mort ont eu leurs misères/leurs rancœurs, je
pense qu'il est absurde de s'écrier avec Musset « qu'aux temps
jadis tout était heureux jusqu'aux douleurs humaines. » En vain
l'apostat s'attriste-t-il sur les vieillards immortels de l'antique

�- 7i

—

lonie, â ses oreilles résonnent les paroles de l'Hiérophante : « La
Helladi que tu aimes n'a jamais existé ».
Mais M. Valère Bernard brise ma rêverie, et mes yeux se
portent.sur des portraits appendus au mur. Profils d'espagnol ou
d'américain mitigés d'espagnol, comme on en croise maintes fois
sur la Cannebière.
Homme universel ne puis-je m'empêcher de m'êcrier. M.
Valère Bernard sourit. Il siérait dit-il, à mi voix, de se développer en profondeur. Toutefois il est beau de se dire sur le
tard de sa vie que l'on a fait vibrer toute son âme. Ici le maître
rejoint Néron. Il m'aide à comprendre cet inquiétant empereur.
Mais encore faut-il que tout en étant l'homme universel on ne
sombre pas dans la banalité. De méchantes œuvres d'art peuvent
avoir leur prix.
Une idée se lève devant moi. Labruyère me petsuade que
l'honnête homme de Pascal propre à tout en définitive n'est propre à rien. La spécialisation inintelligente, mène à l'erreur, j'en
conviens, mais en fait elle est une loi générale.
Et ceci est pour me plaire, car j'abhorre dissiper mon énergie,
j'aime le repliement, la frissonnante pudeur qu'effarouche les
vaines ostentations. Je goûte les peintres du passé et malgré ma
philosophie j'adore les peuples disparus. Volontiers j'implorerai
avec la Cassandre de Schiller la cécité, l'exquise cécité. Le sou
venir a plus de puissance sur moi que l'espoir.
Et sous des deux gris, en des pays étrangers désolants de
médiocrité, il m'est arrivé de pleurer plus amèrement que ne
pleura Xerxès aux rives d'Abydos.
J. PADOVANI.
PROUVERB1, BOUOI MOT, COUNSÈU E DICH
Vèuva que si marida,
Dèu perdre la lus e l'audida.
Fiha madura,
Lou pouorta à la centura.
En cuntant su lu det :
Aquéu a fa l'óu ;
Aquéu l'es anat cercar,
Aquéu l'a fa cuèire,
Aquéu l'a manjat,
E lou pichoun n'a ren tastat !

�— 73 —
LE

DÉSESPOIR

Oui, j'ai la mort dans l'âme ; oui, je monte au calvaire ;
Mon horizon, hier si beau, s'est obscurci ;
Je hais tous les devoirs et tout ce qu'on révère :
Mieux vaut mourir que vivre ainsi !
Puisque je n'y puis rien ; que la raison humaine
Ne gagne plus un cœur où mon cœur est entré,
Je veux briser mes jours comme on brise une chaîne
Et m'enfuir en désespéré.
Qu'est-ce donc que la mort ? C'est la paix éternelle,
C'est un beau drap de fleurs sur mon sein endormi,
C'est la nature calme, auguste et solennelle
Qui nous prête un repos ami.
O nature de Dieu contemple ma détresse !
Ecoute tout mon sang dans mon cœur s'épancher
Et, puisque je n'ai plus le lit de ma maîtresse,
C'est au tien que je veux coucher ;
C'est toi la grande mère et la nourrice immense !
L'homme au sort le plus âpre et l'homme au sort plus beau
Retrouvent dans ton sein leur part de ta clémence :
L'un l'amour, l'autre le tombeau
Tu sais, toi qui vois tout, ce qu'ici bas je souffre,
Que je n'ai point béni l'instant de mon réveil
Et que j'ai regardé, toujours, du fond du gouffre,
Les bords ou brillait le soleil ;
Que je n'ai bu jamais que dans la coupe amère,
Que le seuil du bonheur me fut toujours fermé,
Que j'ai perdu mes fils, que j'ai perdu ma mère
Et tous les cœurs qui m'ont aimé !
Maintenant je m'en vais, battant du front, comme ivre,
En proie à ce grand deuil qui me courbe en vainqueur,
Et je veux déchirer ma vie, avec le livre
Des chastes sanglots de mon cœur ;
Et toi, rayon divin, génie, ardent délire,
Flambeau qui n'iras plus briller sur son autel,
Eternise du moins ces larmes de ma lyre
Et que mon cri soit immortel !
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1912

QUATRE-TÈMS

Noumbre d'or...
13
Mars
Epato (Grégori)
Il
Jun
Cicle soulari
17 Setèmbre
Endicioun roum
10 Desembre
Letra doumenicala
G F
LI QUATRE

8,
7,
20,
20,

10
9
22
22

e
e
e
e

11
10
23
23

SESOUN

Lou printèms coumença lou 21 mars
L'estiéu
—
— 22 Jun
L'autoum
—
— 24 sept,
L'iver
—
— 22 dés.

à 6.55 m.
à 2.36 m.
à 5.18 m.
à 11.53 m.

dôu sera
dôu sera
dôu matin
dôu sera

FESTA MOUBILI

Septuagesima... 12 Fébrié
Cendre
21 Febrié
Pasca
7 Abrieu
Rougacioun 21, 22, 23, 24 Mai
Ascensioun
16 Mai

Pantecousta
Trinità
Festa de Diéu
1" Dimenegue de
Ie* Desémbre

26 Mai
11 Jun
15 Jun
l'Avènt

LU ESCLISS!

Souliu.

—

ij Abriéu. — Esclissi annulari e coumplet visible

à Paris, en America, en Europa et dintre lou N.-O. de l'Africa.
Coumençamen de l'esclissi à 10,01 dôu matin ; finisse à 1,08
dôu sera.
10 Otitoubre. — Esclissi coumplet invisible à Paris, visible
dintre l'America dôu Sud.
Luna. — 1" Abrièu. — Esclissi parciella visibla à Paris. Entrada de la luna dintre l'oumbra, 9.26 dôu sera; sourtida, 11.03
dôu sera.
26 Setèmbre. — Esclissi parciella, invisibla à Paris, visibla
dintre l'Océan Pacifique.

Jîla providence, %ue de la Préfecture /4, $run, Siàraire

�LU

VÉNT

Lu vènt que souflon à Niça, dintre lou cours de l'armada,
soun au nombre de 16. Vequi li siéu denouminacioun courènti,
pihadi, en general, dai loucalità dei quali parèisson vèni :
Sud
Miejon
Nord... Tramountana
S.-S.-O. Miejou Lebech
N.-O.-E. Grek Tramountana
S.-O
Lebech
N.-E... Grego
O.-S.-O Pounèut Lebech
E. N .E. Levant
Ouest. Pounènt
E.-N.-E. Levant
O.-N-O.V Pounènt Maistràu
E.-S.-E. Levant
N -O . Mastràu
S.-E.... Siroco, vènt marin
N..-N. OMaïstràu Tramount
S.-S.-E.. Miejou Siroc

6
15
25
14
31
24

VIGÍLIA — JEUNI
Abriè
(Pasca, 7 Abrièu).
Mai
(Ascensioun, 16 Mai).
Mai
(Pantecousta, 26 Mai).
Avoust
(Assoumpcioun, 15 Avoust).
Outoubre (Toui lu Sant, Ier Nouvembre).
Desembre (Calena, 25 Desembre).
L'AN NADA RELIGIOUSA

LI FESTA MOUBILI E LI FESTA FISSI
Janvt'è
jYlars
1 Circouncisioun.
1 e 2 Quatre Tèms.
6 Epifania (lu Rei).
3 Reminiscere.
13 Bateja de J.-C.
10
Oculi.
14 Sant Noum de Jesu.
17 Lœtare.
fébrié
24 Passioun.
2 Puriflcacioun.
29 Li 7 Doulou.
4 Setuagesima.
31 Lu Rampàu.
6 Festa de la Pr. de N. S.
11 Sexagesima.
Jîbriéu
13 Coum. de la Passioun.
5 Divendre Sant.
18 Quinquagesima.
7 Pasca.
21 Cendre.
14 Quasimodo.
25 Quadragesima.
28 Patrou. de San Joúsè.
28 Quatre-Tèms.

�Setembre
3 Inv. de la Santa Crous.
13, 14, 15, Rougacioun.
16 Ascensioun.
26 Pantecousta.
29-31 Quatre-Tèms.
1
2
6
9
21
24
29

Quatre-Tèms.
Trinità.
Festa de Diéu.
Festa dôu S. Sacramen.
Sacrat-Couor de'jesu.
Natività de S. jouan-Bat.
SS. Peire e Paul.

8 Natività de la Vierge.
14 Esaltacioun de la Crous.
15 N.-D. dei 7 Doulou.
15 San Noum de Maria.
18, 20, 21, Quatre-Tèms.
29 Dédie, de S. Miquèu.

Ôutoubre
6
13
20
27

Sant Rousari.
Maternità de la Sta Vierge.
Puretà de la Santa Vierge.
Patrounage de la S. Vierge.

J/ouvembre

Juliet
2 Visitacioun de la S. V.
7 Precious Sang.
16 N.-D. dôu Carme.

Jîvoust
6 Transfiguracioun.
15
18
25
25
29

Assoumpcioun.
S. Joachim.
S. Couor de la Vierge.
S. Louis.
Decolac. de S. Jouan-Bat.

1
2
3
21

Toui lu Sant.
Lu Mouort.
Santi Relíquia.
Present, de la Sta Vierge.

2&gt;esembre
1 Avent.
8 Imaculata Councepcioun.
18, 20, 21, Quatre-Tèms.
25 Calena.

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�LA

DÉCIMALISATION

DU

TEMPS ET DES

ANGLES

LA MONTRE DÉCIMALE
Par J. de REY-PAILHADE, président du Comité
pour la propagation des méthodes Décimales.
Le Club Nautique de Nice a offert plusieur fois en prix des
montres décimales aux régates'de 1909. Il était utile de décrire cet instrument, d'y joindre des tables pratiques et des
formules à l'usage des ingénieurs, des sportsmen, des médecins, etc. etc.
DÉCIMALISATION DES ANGLES •
Il est aujourd'hui démontré que la division décimale du
quart de cercle facilite tous les calculs.
Les nouvelles cartes géographiques sont graduées exclusivement dans ce système, devenu officiel en France et dans
d'autres pays. On possède toutes les tables pratiques nécessaires à son essai courant. Nous ne nous étendrons pas
davantage sur cette méthode aujourd'hui enseignée dans les
lycées et collèges.
Nous rappellerons seulement que M. l'amiral Germinet,
membre d'honneur du C. N. N., sous la direction duquel on
fit en 1899 et 1900 des essais de navigation avec un matériel
entièrement décimal, a émis un avis très favorable à la
réforme décimale.
DÉCIMALISATION DU TEMPS
La division décimale du jour décrétée le 4 frimaire an II
rendra aussi de grands services à la science et aux sports.
Principe. — On divise le jour entier en 100 parties égales
appelées cés ; le cé est subdivisé en décisés, ceniicès et millicés
Le cé vaut 14m 24s ou 1T4 d'heure environ ; le décicé est égal
lm 26s 4 ou lm Ij2 environ ; le millicé vaut 0S 864 ou 9T10 de
seconde environ.
Concordance des Temps. — On parvient assez vite à dire
instantanément l'heure à 1 ou 2 minutes près en regardant le
cadran d'une montre décimale. Il suffit d'apprendre par cœur
les concordances décimales de toutes les heures.
0,0
0
50,0

4,2
1
54,2

8,3
2
58,3

12,5
3
62,5

16,7
4
66,7

20,8
5
70,8

25,0
6
75,0

�25,0
6
75,0

29,2
7
79,2

33,3
8
83,3

37,5
9
87,5

41,7
10
91,7

45,8
11
95,8

50,0
12
100,0

Les heures sont au milieu, les concordances des heures
du matin en haut, celles du soir en bas. Ainsi 10 heures du
matin valent 41.7 cés (énoncer 41 cés 7 décicés) et 10 heures
du soir valent 91,7 cés.
Gomme 1 cé vaut presque lj4 d'heure et un décicé une mi •
nute 1]2 ; en partant des concordances du tableau, on dit
l'heure instantanément, ainsi 39,9 cés valent 9 h. 36 m. du
matin. Un ou deux jours suffisent pour atteindre ce résultat.

Description de la montre décimale ou cémètre. — Il y a 3
aiguilles centrales se mouvant sur un cercle divisé en 109
parties égales, numérotées de 0 à 9. Le 0 cé est en bas, c'est
l'origine des temps, car on suppose la Terre au centre du
Cadran.
L'aiguille dorée avec un soleil ne fait qu'un tour par jour ;
l'aiguille épaisse en acier bleu tourne 10 fois par jour, et la
trotteuse fine fait 1000 tours par jour.
L'aiguille-soleil montre la position de l'astre du jour par
rapport au méridien de Paris, qui va du centre au chiffre 5.

�10 —
Les quatre traits bleus indiquent les positions de cette aiguille
à minuit en bas sur 0 ; — à tì h. du matin au milieu entre 2
et 3 ; — à midi, en haut, sur le 5 ; — à 6 h. du soir, entre 7
et 8.
L'aiguille dorée du soleil indique le chiffre des dizaines
de cés, 2 sur le dessin ; l'aiguille épaisse donne d'abord le
chiffre des cés, 6 sur le dessin, et en comptant rapidement à
l'œil le rang de la division entre 6 et 7, on voit, que cette aiguille marque 3 décicés. Le temps du dessin est donc 26,3
cés correspondant à 6 h 20 m. du matin environ. L'aiguille
trotteuse donne les millicés 83. Le temps est donc 26,383
cés.
» Pour la vie courante, on n'a pas besoin d'aller au delà du
clécicé. On lit les milticés pour les applications scientifiques
et sportives.
Le temps en millicés lu sur le cêmèire facilite tous les calculs, car on n'a jamais de réductions à faire.
Examinons le problème des vitesses a l'heure : Les millicés multipliés par 0,00024 donne des heures et fraction décimale d'heure. Ainsi Ì2345 millicés valent 12,345 -f- 24 =
2 h. 9628.
Par conséquent si L est la longueur parcourue et M le
temps en millicés, la vitesse est

ou t

+ 4166,66...

Ces quelques exemples démontrent que la montre décimale simplifie tous les calculs sans exception.
Les rapports de MM. les délégués officiels aux essais de
la montre décimale faits à Nice, par le Club Nautique, le 26
février 1911, concluent unanimement à la supériorité de cet
instrument pour les usages scientifiques et sportifs.
M. Prim, astronome à l'Observatoire de Nice, représen
tait M. le \iinistre de l'Instruction publique.
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P.
P.
D.
N.

Q,
L.
Q.
L.

lu 8, à 7
lu 14, à H
lu 22, à 7
lu 30, à 10

SOULÈU.

1
2
3
4
5
6
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dil. Jou de V An

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2
3
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Lu Rei
6
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dil. S. Apoulinari
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dim. S. Pèire
9
dim. S. Guiermo
10
dij S. Teodose
11
div. S. Arcada
12
dis. Sta Verònica
13
Dim. S. Ilari
14
dil. S. Maurici
15
dim. S. Ounourat
16
dim. S. Antoni
17
dij. Sta Angela
18
div. S. Sulpici
19
dis. S. Bastian
20
Dim. Sta Agnesa
21
dil. S. Vincènt
22
dim. S. Raymound
23
dim. Sta Jacinta
24
dij. Conv. de S. Pàu
25
div. S. Poulicarpa
26
dis. Sta Devota
27
Dim. Sta Paula
28
dil. S. Francès S.
29
dim.
dim.
dij.
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dis.

S.
Sta
S.
S.

TRIMESÏRÍ;

Macari
Genevieva
Tita
Simeoun

dim. Sta Marfina
dim. S. Peire N.
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lu 13, à 11 oura 38 m.
lu 21, à 4 oura 44 ui.
- L. 7 49' - C. 5 30'

dij. S. Ignaci
div. La Candeliera
dis. S. Blasi
Dim. Setuagesima
dil. SS. Vinc.Oronte
dim Sta Agata
dim. Sta Dorotea
dij. S. Romuald
div. S. Jouan-Matha
dis. Sta Apoulounia
Dim. Sexagesima
dil. Sta Eulàlia
dim. S. Gregori
dim. Sta Eufrasia
dij. S. Onesime
div S. Dounat
dis. S. Simeoun
Dim. Quinquagesima
dil. S. Gabin
dim. Dimars-Gras
dim. Li Cendre
dij. S. Silvan
div. S. Maxime
dis. S. Pascase
Dim. Quadragesima
dil. S. Nestor
dim. S. Leandri
dim. Sta Nourina
dij. S. Nymphas

Plueia de febrié
A la terra vau fumiè.

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NICE

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P. Q.
P. L.
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14 Dim.
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16 dim.
17 dim.
18 dij.
19 div.
20 dis.
21 Dim.
22 dil.
23 dim.
24 dim.
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26 div.
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28 Dim.
29 dil.
30 dim.

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lu 21, à 10 oura
lu 28, à 7 oura
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9 dij. s. Antounin
10 div. s. Isidoro
11 dis. s. Bounifaci
12 Dim. s. Jouan lou S.
13 dil. s. Pouon, m.
14 dim. s. Pacomo
15 dim. s. Sta Denisa
16 dij. Ascensioun
17 div. S. Pascaù
18 dis. S. Teodoto
19 Dim. s. Pèire C.
20 dil. s. Felis.
21 dim. s. Bernardini
22 dim. s. Julia
23 dij Rogaeioun
24 div. s. Vincen, d. L.
25 dis. S. Urbin
26 Dim. Pandecousta
27 dil. S. German
28 dim. S. Cirile
29 dim. Sta Petronïa
30 dij. S. Sylve
31 div. S. Justin
Au mes de mai
Longui semana

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P.
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lu 3,
lu 11,
lu 19,
lu 26,

SOULÈU.

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—

à 11 oura 4 s.
à 10 oura SI s.
à 9 oura 51 s.
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2 oura 20 s.
L. * 34'

C. 8 1!"

S. Potin
Trinità.
S. Quirin
S. Francès C.
S. Lié
Festa de Dieu
S. Lié
Quatre-tèms
S. Optat
Sta Margarida
S. Barnabe
S. Antoui de P.
S. Basilio
S. J.-F. Régis
S. Moudeste
S. Lambert
Sta Olga
S. Gervai
Sta Juliena F.
S. Louis de G.
S. Paulin
Sta Maria d'O.
S. Jouan-B.
S. Prousper
S. Alban
S. Cresen
s. Iréné.
s. Pèire
s. Pàu
s. Tibàu

En Jun
De tres abit l'un

Dégustez tous le vrai

NICE

—

BLANQUI &amp; FRACCHIA
— Usine au Pont-Magnan

—

NICE

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TROISIÍ)MK

AVOUST

JULIE T
P.
P.
D.
N.

lu 3, a 10 mira 20 m.
lu 11, à 1 cura 53 s.
Il 19, a o oura 31 m.
lu 25, a 9 oura 12 s.
SDULÈU. - - L. 4 35' — C. 8 22'

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S. Thierry
Vierg.de li Gracia
S. Anatole
S. Pèire de L.
S. Sisoès
S. Elie
Sta Babeta
S. Efrein
Sta Felicita
S. Pio
S. Jouan G.
S. Gene
S. Jaque
Festa Naciounala
S. Enri
N.D.d.M. Carmel
Sta Marcelina
S. Frederic
S. Vincen de P.
Sta Margarida
S. Vi loiSta Maria-Mad.
S. Apoulinari
Sta Cristina
S. Jaque
Sta Anna
S. Pantaleoun
S. Samsoun
Sta Marta
Sta Giulieta
S. Gnaci de L.

Au mes de Juliet
Ni frema ni coulé.

TBIMËSTRÎ;

I1. Q. lu 2, a 0 oura 29 m.
P. L. lu 10, a 3 oura 58 m.
D. Q. l»i 17, a 1 oura 1.1 s.
N. L. lu 21, a 5 oura 14 m.
IV Q. lu 31, &amp; 5 oura 21 s.
souLÈu, —1.5 or -j&gt;. 8 or

dij.
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S. Pèire-aï LS. Alfonso
Inv. de S. Estève
S. Domenica
N. D. dei Nèu
Trausf. de J. C.
S. Gaétan
Sta Batilda
S. Camila d. L.
S. Là u ren
S. Septima
Sta Clara
Sta Filoumèna
S. Ousèbi
Asoumpcionn
S. Roc
S. Mamès
Sta Elena
S. Ipoulita
S. Bernar
Sta Chantai
S. Pio V
S. Filipe B.
S. Bartoumiéu
s. Louis, r. F.
s. Seg'oundo
s. Cesari
s. Goustin
s. Mederic
Sta Rosa
S. Fiacre

F.n . ivoast
Figa e moust

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SBTÈMBRE
P. !.. lu 8, a' 4 oura 57
D. Q. lu 15, a 6 oura î&gt;l
N. L. Ju 22, a 3 oura 37
P. Q. lu 30. a 0 oura 08
SOULÈU. - - 1. 5 47V— c.

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S. Gili
S. Estève R.
Sta Eufemia
Sta Rosalia
S. Làuren J.
S. Pambon
S. Grat
Natiu, di' la V.
S. Oumer
S. Xicola
S. Félis
S. Veran
S. A nié
Es. (1. l.S. CtQUS
S. Nicomède
S. Conrneilla
S. Lanbert
S. Tournas V.
S. Janvié
S. Euslache
S. Matiéu
S. Maurici
Sta Tecla
S. Girar
S Firmen
S. Nil
S. iN'icandre
S. \\ inceslas
g. Miquèu
S. Jeromo

Lima setembrina
De mai clarina

MOT »

GRANDE MARQUE RECOMMANDÉE

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OUTOUBRE
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lu 15,
lu 22,
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6 06*

TRIMESTRE

NOUVÈMBRE
P. L. lu
6,
D. Q. lu 43,
N. !.. lu 20,
Q.
lu 29,

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SOULÈU. - -

1.

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4 oura 48
8 oura 20
9 oura 49
2 oura 42
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—

c.

5 03'

1 dim. Rosari
1 div. Tout lu Sant
2 dim. S. ■ Léger
2 dis. Eu Mouorl
3 dij. S. Rosari
S. Ubert
4 div. s. Francès d'A. 43 Dim.
dil. S. Carlo B.
5 dis. s. Placido
5 dim. Sta Bertila
6 Dim. s. Bruno
6 dim S. Leounar
7 dil. s. Serge
dij. S. Nestou
/
8 dim. Sta Reparada
8 div. Lu Quatre Incou.
9 dim. S. Denis
9 dis. S. Teodore
10 dij. s. Francès B. 10
Dim. S. Jacintou
11 div. s. Tarasco
11 dil. S. Martin
12 dis. s. Counrad
12 dim. S. René
13 Dim. s. Edouard
13 dim. s. Stanislas
14 dil. s. Calisio
14 dij. S. Pantena
15 dim. Sta Teresa
15 div. Sta Gertruda
16 dim. S. Ospici
16 dis. S. Edme
dij.
17
Sta Edvija
17 Dim. S. Gregori
18 div. S. Luc
18 dil. S. Alfè
19 dis. S. Pèi re
19 dim. Sta Babeta
20 Dim. S. Agrico)
20 dim. S. Edmon
21 dil. Sta Ursula
21 dij. Présent, de la V.
22 dim. S. Filip
22 div. Sta Cecilia
23 dim. S. Teodoret
23 dis. S. Clemen
24 dij. s. Mairloire
25 div. ss. Crespin-Cr. 24 Dim. Sta Flora
26 dis. s. Jouan de K. 25 dil Sta Catarina
26 dim. Sta Pel fina
27 Dim. s. Frumence
27 dim. S. Maxime
28 dil. s. Alfredo
28 dij. S. Sostène
29 dim. s. Narcisse
29 div. s. Saturnin
30 dim. s. Marcel
30 dis. s. Andrièu
31 dij. s. Siri
En ùuloubre
\loii ponorc goûta loti rùare

Tonssan ientra
St A n'driéu lou souorte

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DESÈMBRE

s.
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lu 12,
lu 20,
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5
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Dim.
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8 Dim.
9 dil.
10 dim.
11 dim.
12 dij.
13 div.
14 dis.
15 Dim.
16 dil.
17 dim.
18 dim.
19 dij.
20 div.
21 dis.
22' Dim.
23 dil.
24 dim.
25 dim.
26 dij.
27 div.
28 dis.
29 Dim.
30 dil.
31 dim.

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6 oura 46 s.
4 our;i 40 s.
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Sta Bibiana
S. Francès X.
Sta Barba
S. Bassi
S. Nicola
S. Anbrosi
Imac. Conception
Sta Leoucadia
Sta Eulàlia
S. Damase
Sta Rosélina
Sta Lucia
S, Niçoise
S.
S.
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S.
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S.

Mesuiin
Adon
Olimpíada
Gatien
Ciprian
Filogone
Tournas

S. Onourat
Sta Vitòria
Cacha-fuec
Calèna
S. Estève
S. Jouan
SS. Inoucent
Sta Eleonora
S. Sabîn
S. Sàuvestre

Calena aufuec,
Pasca àu j'aèc.

sin -

GRANDE MARQUE RECOMMANDÉE

4 35

�- i6-

�- 17

-I

CROUNICA NIÇARDA
L'ABADÏA DE SAN POUON.— L'ABAT RANCE-BOURREY.
GLOFFREDO.

—

—

PÈIRE

A PREPAU DOU DIALETE NIÇART.

Ben qne pareissènt tardié, VArmanac Niçart s'empressa de
pourtà la siéu febla vous su tout cen que enteressa lou païs, sigue
au pounch de vista istoria loucala, pouesia, tradicioun, sigue
tamben su la taquinanta questioun dóu dialete niçart souvenri
fès pauvada e su la quala lu escritour mouderne soun luen d'estre
d'acordi.
Parlerai finda de M. l'Abat Rance-Bourrey, un beneditin qne
despi quauque an en ça mete à prouflt la siéu erudiciou n a nen
revelà de fach d'istoria inedieh. Se quauqu'un mérita d'estre
laudat es ben éu ; es en éu que VArmanac Niçart tressa la
pamoula de sapiença. En esprimant la nouostra recounouissença,
à l'Abat Rance-Bourrey, fen cen que touplen an denembrat,
vouoli dire de courounà lu siéu travail, frucha de ben de recerca,
dai quali obra sian fier d'avé prestat la prima ajuda. Pouden cità :
lou Discours sur le Monastère de Sainte-Claire de Nice, par Honoré
Pastorelli, publié d'après l'édition originale de Turin 1608, avec
une introduction et des notes ; — "Le Général J.-B.-M. D'Anselme" (Notices biographiques (1740-1792). E aquest'an
l'istorien nen douna — toujou de prima man — YExpulsion de
Mgr Valperga, evesque de Niça, au tèms de la Revoulucioun,
travail anoutat de peça curiouvi que sian urous de pouder metre
souta lu uès dei nouostre letour.
*
* *
Lou fach de l'annada, lou mai marcant, es estat aquéu de
l'Abadïa de San Pouon. Parlon de tout destruge pèr li basti an
siéu luec un espitau Pasteur... UArmanac Niçart es pas Penemic
dóu prougrès, ni men encara dei Bei-Art, ma si fa lou pious dever
de jougne lu siéu esfouors en aquelu dei siéu councitadin quo
l'istoria dóu passat passiouna, pèr que l'Abadïa de San Pouon
sigue counservada e classada couma mounumen istorique. En la
circonstança feliciti M. l'Abat Rance-Bourrey que mé rasoun s'e.s
demoustrat l'ardènt defensour autourisat que counouissen. La
siéu paràula es estada escoutada e lou Préfet de li Alpa-Maritima,
8

'

�— i8 M. de Joly — respetuous dei nouostri tradicioun — en ortie
avertit a proumès que l'Abadïa de San Pouon seria respetada e de
lèu si crusià pèr lou siéu classamen tra lu mounumen istorique.
Dóu resta vequi ce que l'Abat Rance Bourrey nen di su San
JPouon. Counsignen religiousamen li siéu paràula :
« L'Abbaye de Saint-Pons est le plus ancien monument relitgieux existant dans le Comté de Nice. Il y a dou^e cents ans que
sSiagrius y fonda un monastère. L'histoire de ce monastère est
jintimement liée à l'histoire religieuse, civile et économique de la
iville de Nice.
;
« Ce fut à Saint-Pons qu'en 1388 fut'signé l'acte réunissant
le Comté de Nice au Comté de Savoie. Les abbés de Saint Pons
ifurent pris dans les principales familles du Comté : les Badat, les
tLaugery, les Provana, les Lascaris, les Grimaldi, les Martelli, les
;Tournefort, etc. Plusieurs évêques de Nice furent abbés de Saint[Pons, en particulier Barthélémy Chuet (fin du xve siècle) et Jean
, Uriole, son successeur. Un autre abbé, Claude de Seyselle, fut
,évêque de Marseille, puis archevêque de Turin ; d'autres furent
cardinaux, tels Innocent Cibo, neveu d'Innocent VIII et de
f
;Léon X, et Paul Medeci de Cesis dont on voit encore l'inscription
(funéraire à Sainte-Marie-Majeure, à Rome.
:
« A la fin du xvir siècle, l'abbé de Saint-Pons était Pierre
•Gioffredo, le savant historien niçois. Enfin, un abbé de SaintiPons dont les Niçois n'ont pas encore perdu le souvenir, était
(l'abbé Spitalieri de Cessole qui a doté sa ville natale d'un établissement de bienfaisance si justement apprécié. La plupart des
pbbès de Saint-Pons et plusieurs évêques de Nice ont été enterrés
dans l'église ou sous le cloître et dorment aujourd'hui confondus
avec les moines leurs frères qui depuis dix siècles y sont enterrés.
« Les monuments funéraires ont disparu. Le temps a tout
(nivelé à Saint-Pons, singulièrement aidé cependant par la main
ides hommes. On connaît les dévastations commises par
Iroupes de François Ier et de Barberousse, plus tard par celles d
Catinat et par d'autres encore. Après chaque désastre, SaintPons a retrouvé une nouvelle vitalité et il y a à peine trois quarts
de siècle que Mgr Galvano y a fait d'importantes réparations.
;
« Saint-Pons n'est pas seulement une page de l'histoire de
notre pays, c'est un gros volume de cette histoire ; les Niçois
laisseront-ils dire qu'ils sont restés indifférents devant le danger
qui menace Saint-Pons ? Non, ils feront tous leurs efforts pour

�— 19 -

sauver de la destruction un monument qui doit leur être cher...
Je demande d'urgence le classement de l'Abbaye de Saint-Pons,
c'est-à-dire de l'Eglise et des bâtiments claustraux, comme monument historique. »
Lou councours de YArmanac Niçart es aquist. Emé fiertà e
au près de touplen de sacrifici faren respetà l'istoria dóu passat,
la lenga e lu escrich dei orne qu'an ilustrat lou nouostre bèu
pais.
*
* *
Despi quauque tèms, — maladia que reven per intermitença,
— la gran questioun de la grafia niçarda, de l'ourtougrafa, es
messa su lou tapis. De letra soun estadi publicadi, d'autri lou seran, e cresi qu'après ben de charra pèr dire pas gran cauva de
nóu, quasi dirii pèr predicà dintre lou Desert, noun restera
d'aquela discussioun, — Favén déjà coustatat, — pas gran cauva,
ren!... Cadun escrèu à la siéu moda seloun l'esprit dóu moumen,
e serii ben curious de counouisse aquéu que vendria nen dità
une metoda en nen dïen : « la mièu maniera d'escrièure lou
Niçart es la bouona». Discussioun scientifica que pòu passiounà
quauque lenguista, pas mai ; lou mihou es d'escrèure seloun li
letra ditadi pèr la prounouncia. Lou talènt pèr aquéu qu'escrèu
es de si laissà liège, de si faire acapi. Es qu'en en un entan que
frecuenta l'escola primària poudès li demandà autra cauva ?...
Perta de tèms que tout acò, vourria mai s'engenià à recercà lu
viei mot, espressioun, loucucioun courenti que la pous dóu tèms
a rabaïat, dounà au nouostre bèu dialete la coulou que dèu avè,
en respetant lu emprunt que pouden avè fach sigue à l'Italian, à
l'Espagnòu o à tout autre...
Un dialète noun dèu pas estre une lenga scientifica, encara
m en noun còu avè la pretencioun que sigue ouficiela, seria temerari ; lou dialete d'un païs dèu refletà lou caratere d'un'epoca que
lou tèms dèu respetà, enfin escrèure gramaticalamen, un noun
empedisse l'autre, e laissà à l'esprit, au goust lou coumplemen
d'un stile ouriginal, en de frasa councisi que flaton i'auriha.
Aquí fermi la discussioun, risqui de perdre la civada... l'an
que ven, se Diéu mi presta vida, v'en dirai d'autri e couma
d'usança que mi sigue permès de la vous souvetà : Bouona e
uroûva !
L'ARMANAC

NIÇART.

�20 —

LA CIGALA DOU BOUON DIEU
Una cigala dóu Bouon Dieu
Tout l'estiéu
E l'iver en la chambreta, —
L'aiguesias vista la lebreta ! —
Noun vivïa que d'amour
S'assetava su l'ounour;
La cigala cantarela,
Vau chanja de clientela,
Noun es courta d'amatour,
Que li viron tout au tour !
Ma l'ancien de la cigala,
De gros mot ven que s'embala ;
En l'auriha de la maire
Li ven tout aquéu bousin,
Que deja toui lu vesin
Sabon lou long de l'afaire
— Cenqu'as fach m'au tiéu tip ?
Di la maire enrabiada...
Bella Vierge encourounada !
Sera au mancou m'un bouon rie!!...
CH. CIAUDO

PROUVERBI, BOUOI MOT, COUNSÉU E DICH
Tèms d'iver noun ti fidar.
Lu màu dei enfan si garisson soulet.
Cau naisse pèr estre bèu, si maridar pèr estre rie, e mouri
pèr estre brave.
Per aver de raïn, eau caressar la souca.
Agnèu naissut
Vau un escut.
Dansa mihou ventre plen que rauba nova.
L'oumbra dou mèstre engraissa lou cavau.

�LOU MAGOT DE BERTOUMIÉU ISSUGA
O BEN

UNA RAISSADA DE MACAROUN
Conte menloanasqae trouvât dintre d'un armori
de ma nana e que /'Armanac Niçart es tirons de
transcrièure en niçart à Ventencioun dei sièu
fidèle lotour et lelrissa.

Bertoumiéu Issuga, mentounasque de viéia roca, abitava en
coumpagnia de sa mouhié, en carriera dóu Paumoulié. La siéu
frema, malurousamen, era sirnplaria e faia lou siéu desespoir.
Cada matin Bertoumiéu, avant de s'en anà au travail, li recoumandava de noun faire de bestialità. Cou vous dire que toui lu
dissata lou nouostre ome metia en un'armari pertuat dintre la
muraia lou gagne de la semana.
— Bertoumiéu ! pèr qu seria tout aquel argen, demandava
Marioun au siéu marit.
— Es pèr Madjou-long, castagnassa !
*
* *
Un jou Bertoumiéu partet pèr anar à la siéu campagna ;
devia même li restar doui ó très jou pèr souïnar e arousar lu
citrouniè. Marioun souleta matin e sera, s'assetava su lou banquet de la pouorta e faïa de bas... Un predinà veguet un ome
de statura mai que mejana, couma si di, un gran carcan. La
frema de Bertoumiéu lou fissa sensa parpelear, pi pihada d'un'
idea, li diguet :
— Moun bèu Moussu, sias bessai vous Madjou-long ?
Lou merlo pita e noun s'en laissa dire autre, léu li
respouonde :
— Noun vous troumpas pas, bella bruneta, sièu ièu Madjoulong !... Ma perqué mi faire tala demanda ?
Perqué ?... dou moumen que sias Madjou-long, intras su lou
cóu. Li a ja pas mau de tèms que moun marit a mes d'argen
amagat pèr vous...
E sensa mai de ceremounia li remeté lou mandiou dintre lou
quai lu sóu eron groupât. L'ome remercia e la s'esbigna lèu.
♦

* *

�Lou sera, Bertoumiéu arriva, la sièu mouhié li di.
— Sabes, ai vist ancuei Madjou-long !
E l'ome de cridar :
— Malurousa ! — m'en a fach encara una 1
Courre à l'armari, lou mandiou e Pargen, mouis !... Issuga
blastema pica dai pen, es décidât de si desiaire de la siéu frema
Lendeman, dóu téms qu'aissesta durmïa, li cuerbe lu uès emé de
pega de sabatié, pi la pihant pèr la man, la mena dapé dóu CapMartin. Arrivât aqui, Bertoumiéu fa mountar Marioun su d'un
nouguié el'abandouna. La paura, bòrnia, noun sabia doun si
trouvava, ni men encara ce que poudia faire.
En aquéu fra-tèms doui voulur venon s'assetar souta
l'aubre ; après aver abrat quauqui branca sequi pèr s'escaufar, pi
si meton à cuentar lou siéu argen.
La calou faguet delegar la pega que curbia Puès destre de
Marioun e aissesta de cridar :
— E d'un !
Lu voulur, d'estuc, s'isson d'emblée.
— Qu'es acó, diguet l'un.
— Un matagan, faguet l'autre.
La calou seguia á faire lou siéu efet pau à pau durbia Puei
senec.
— E de douî, diguet Marioun.
Dóu cou lu voulur escapon, laissant Pargen espantegat soubre
Perba.
Marioun coumença à li veire clar, cala da l'aubre e ramassa
Pargen, pi lèu s'en camina vers maïoun...
Lou sièu marit, pensierons, era assetat dapè dóu fuec, s'escaufant, fumant la sièu pipeta emé beatituda...
— Bertoumiéu !... o Bertoumiéu !... duerbe-mi, siéu iéu,
Marioun...
— Vai au diàu que ti pihe... ièu que cresii de m'en estre
despegouït...
Ma Marioun, toujou picava, un cóu noun asperava l'autre...
L'ome fenisse per li durbi...
— Ten ! regarda cen que ti pouorti.. . e Marioun pauva lou
sac su lou toulié. ..
Bertoumiéu, entartugat, cuenta Pargen e réfléchisse ; — Marioun es simplaria e deman la vila saupra Pistoria de la fouré . ..
Cóu que Bertoumiéu si dispegouïsse pèr empedi li marridi lenga
de bavar...

�— 23 —
Si mete la vesta, lou capèu e souorte fermant la pouorta i..
Faïa nuech dintre la carriera, ma sensa pena s'encamina
vers una boutiga e croumpa pèr mai de dès kilo de macaroun...
Ientra au sièu e di à la sièu mouhié de si metre au liech.
En tant que Marioun durmïa, Bertoumiéu fa bui lu macaroun, pi lu espantega su lu aubre dóu jardin... Lendeman de
matin la siéu frema, desveiada, si mete à la fenestra...
— O ! Bertoumiéu ! Bertoumiéu ! Vene un póu veire!... O
trest ! vè, a plougut de macaroun !...
— O vai fantauma !... n'as toujou una. .. Ten ! ten !... ma
es ver !...
*
* *

A quauque tèms en ça, Bertoumiéu l'avia previst, Marioun
countet à toui que lou siéu ome noun li picava plus, despi lou
jou qu'ela li avia pourtat de sac plen d'escut...
Lou juge aiguent audit parlar de l'afaire, mandet sounar
Bertoumiéu devant lou tribunal ; la siéu mouhié era estada
citada couma testemoni.
Lou juge. — Bertoumiéu, sias acusat d'aver gardât d'argen
que noun era vouostre.
— Iéu !... Ma moussu lou juge, lou negui ; sièu couma
sabès un travaiadou.. .
E Marioun de dire.
— Noun negar, Bertoumiéu, sabés ben qu'es ver ; es iéu en
persouna que t'ai pourtat la mouneda, qu'avii trouvât en la
fouré.. .
Lou juge. — Anas brave ome, noun negués.. .
— E quoura lou m'as pourtat ?... — Vous juri, Moussu lou
juge, que la miéu frema es fouola !...
— E lou sabes ben, Bertoumiéu, es lou jou que plouguet tant
de macaroun !
— Moussu lou juge aves jamai vist ploure de macaroun ?...
— Jamai ! moun beL amic respoundet lou juge que si tenia
lou ventre dóu rire — Amie, vèu que la vouostra frema es
fouola. .. sias aquitat !...
Bertoumiéu si retira emé Marioun... Noun aigueron plus
de disputa e vieugueron, pareisse urous e pèr longtèms !...
J. E.

�CANSOUN ANCIENNA

PÈR LOU

N'aurias pas vist la miêu fiha
Trin-trin
Lou galerin
A'aurias pas vist la miêu Jiha
Trois-wtrois
Le fils du roi
L'ai vista e l'ai baïada
Trin-trin
Lou Galerin
L'ai vista e l'ai baïda
Trois-trois
Le fils du roi.
Douna-mi la miêu fiha
Trin-trin
Lou galerin
Douna-mi la miêu fiha
Trois-trois
Le fils du roi.
Es aqnela la vouostra fiha
Trin-trin
Lou galerin
Es aqaela la vouostra fiha
Trois-trois
Le fils du roi.
La miêu fiha era pas lernia
Trin-trin
Lou galerin
La miêu fiha era pas lernia
Trois-trois
Le fils du roi
La miêu fiha era pas lua
Trin-trin
Lou galerin
La miêu fiha era pas lua
Trois trois
Le fils du roi.
N'es ni guercia ni poutinouva
Trin-trin
Lou galerin
N es ni guercia ni poutinouva
Trois-trois
Le fils du rois.

MAI

�La miéu fiha n'es pas borni a
Trin-trin
Lou galerin
La miêu fiha n'es pas bornia
Trois-trois
Le fils du roi.
Noun faïa pas belugueta
Trin-trin
Lou galerin;
Nonn faïa pas belugueta
Trois-trois
Le fils du roi.
La miêu fiha n'es pas emberrida
Trin-trin
Lou galerin
La miêu fiha n'es pas emberrida
Trois-trois
Le fils du roi.
La m iéu fiha n'es pas pigada
Trin-trin
Lou galerin
La miêu fiha n'es pas pigada
Trois- trois
Le fils du roi.
La miéu fiha noun es pas ranga
Trin-trin
Lou galerin
La miéu fiha noun es pas ranga
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha noun es pas louorla
Trin-trin
Lou galerin
La miéu fiha noun es pas touorta
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha n'es pas crouoada
Trin-trin
Lou galerin
La miéu fiha n'es pas croavada
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha n'es pas gibouva
Trin-trin
Lou galerin
La miéu fia n'es pas gibouva

�— 26 —
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha noun es foularana
Trin-trin
Lou galerin
La miéu fiha noun es foularana
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha n'es pas ingourda
Trin-trin
Lou galerin
La miéu fiha n'es pas ingourda
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha a pas lou peu de pi g nu
Trin trin
Lou galerin
La miéu fiha a pas lou peu de pig nu
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha noun es narvelouua
Trin- trin
Lou qalerin
La miéu ûha noun es narveloiwa
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha noun a la rougna
Trin-trin
Lou galerin
La miéu fiha noun a la rougna
Trois trois
Le fils du roi.
XXX.

PROUVERB1, BOUOI MOT, COUNSÈU E DICH
Qu duerme ben noun cregne li niera.
Qu vè pissar e noun pissa, crêpa de malícia.-'
Qu douna soun ben avan de mouri
Mérita de pati.
L'amour es lou paradis dei fouol.
L'amour es .la flou de la jouinessa.

�LA MOUORT DAU PAURE TOUNIN

Lou paure Tounin, malàut a setant'an, si presenta à l'espitàu
ma li respouondon que li a plus de plaça.
— Coumplet ! ! !
Quauqu'un li fa capi qu'em'un pau de proutecioun li pourria
intrar. Countrariat dei pas que cóu faire, Tounin vira lu taloun e
s'encamina vers la plaça Massena, piha lou tram, si rende da
Graugnard, à l'espitàu dei can, e li di :
— Moussu lou Veterinari, cresi d'estre un pau mai qu'un
can ?... En aquéu cas souîna-mi...
— Vous souînar aici, ma brav'ome perdés la testa. — Basta,
li di que n'a pas de liech pèrcourcar un crestian, que noun douna
de souin qu'ai bestia !...
Tounin, couma pensas, s'en souorte m'au couor gros e noun
sau plus à que sant si recoumandar. Era aqui au mitan dóu
camin, quoura en aquéu moumen arriba un landau, doun cala
una grossa dama, encapelada, aurias dich un ver foungi, segada
d'un varlet que pourtava religiousamen un can enfeloupat emé de
favour rosa au couol, tapat d'un tapis em'ai iniciala. En veèn
aquéu tablèu lou paure Tounin si lamenta, sangluta fouort.
— Qu'avès lou miéu brav'ome, li di la dama.
— Cen qu'ai Madama ?... trovi que lou vouostre can a mai
de chança que iéu. Li a cinquant-cinq an que travaii, pèr la premiera fès que siéu malàut, noun soulamen mi refuson à l'espitàu
dei estre uman, ma encara mi vèu picar la pouorta au nas èn
aquéu dai can.
— Quevoulès, lou miéu paur'ome, ai fach un vout de mimetre
à la Soucietà Proutetriça dei Animau, de pourtar touti li miéu
ecounoumia à la Caissa de secours pèr soulajar lou sort dei bestia.
Lou fau talamen ben, que vouguessi ben vous dounar un sóu
que pourii pas.
La dama li vira l'esquina e ientra couma un coupa-cisèu da
Graugnard. Tounin roumougna :
— Se ti veguessi en un cantoun ti dounerii mancou un gotou
d'aïga !... vièia sansuga !...
Tounin estrassinat, deble s'alonga un pau plus en là, su d'un
mouloun de peira. Quauqui oura après, couma soufrisia, n'ai-

�guènt ren en l'estomegue depi l'auba, coumençava d'aver lou
rangouioun, quoura passet un canipiè que li diguet :
— Que fès aquí, brav'ome ?
— Couma veès siéu aqui pèr tirar lu patoun. M'an refusat â
l'espitàu, même en aquéu dai can, noun mi resta que de mouri
su d'un mouioun de peira. — Avès un carnet su lou quai enregistras lu fach dóu jou, farias ben de li aloungar lou miéu testamen que poudès mentuar couma acô :
— « Bouon Diéu, se mi fes passar encara une fes sur la terra,
fe-mi naisse can au mancou, li aura une Soucietà Proutetriça dei
Animau que si crusira de iéu e pourrai estre amès en un espitau,
estre souïnat, faire bouona vida, menar une vida de can... »
ANT. ROLAND.

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VIGNE
A M. VALÉRE BERNARD.

Dans le ciel doux la Vigne ètreint les pals de buis.
Sous le pampre le merle alourdi des falernes
Tourne son col gris vair et ses paupières lemes
Qu'argenté la blancheur des immuables nuits.
O / fraîcheur, 6 beauté des Igs et des iris,
Que la Vierge éblouie avec les marjolaines
Cueille le soir venu aux vasques des fontaines
Pour colorer en fête, au crépuscule, l'Euis.
Narcisses, ébeniers, œillet et sensitive
Ah ! Versez en mon âme attiédie et pensive
L'orgueil qui souleva les clairs olympiens.
L'amour qui rafraîchit les Madones pieuses
Et qui vêt de clarté les snls athéniens
Et les ravissements des époques heureuses.
JEAN

PADOVANI.

Quauque souvèt :
Vous souveti la bouona annada.
Que siegue mihau que la passada.
Vous souveti la bouona annada acoumpagnada de touplcn
d'autri.

�Eglises et Chapelles de Nice
La vieille ville de Nice se trouvant sur la rive gauche du
Paillon, pour parler de ses églises, nous commencerons par son
église cathédrale, Sainte-Réparate, vierge et martyre, de celles du
canton Est, et en traversant la rive droite nous nous occuperons des paroisses du canton Ouest.
I. — L'Eglise Cathédrale du Diocèse de Nice est la paroisse
de Sainte Réparate, vierge et martyre, sous l'empereur Decius en
253. Sa fête est le 8 octobre. Cette église est au centre de la vieille
ville (8.500 âmes), Avant 1531 la Cathédrale était près du Donjon, plateau de Nice, et dénommée : Sancta Maria in platea,
dédiée à N. D. de l'Assomption. L'édifice actuel, dans son genre,
ressemble beaucoup à Saint Pierre de Rome, au Vatican. C'était
auparavant une simple église paroissiale
desservie par
les Bénédictins du Monastère de Saint-Pons, près Nice.
Dans son ressort se trouvent l'ancienne église de Saint
Jaume (Saint Jacques apôtre), jadis des P.P. Carmes, fermée
depuis 1903. Après le transfert du titre de paroisse à l'église de
Saint Juste, évèquc, au Gesu, elle fut placée sous la vocable de l'Annonciation de la Sainte Vierge, ainsi que la belle Eglise de la
Miséricorde, sur le Cours Saleya, jadis de Saint Gaétan, fondée
e
par les P.P. Theatins au XVIII siècle et cédée à la noble
confrérie des Pénitents Noirs.
La Cathédrale de Nice, paroisse Sainte-Réparate de nos jours,
fut comme l'ancienne au Donjon du Château {Sancta Maria in
platea), le théâtre de plusieurs f lits historiques mémorables dans
les annales de l'histoire de Nice.
II. — L'Eglise de Saint Jacques, an Gesû, dès son érection
en 1612, dédiée à Saint Juste, évêque. Sa fête est le 2 septembre.
En 1665 fut érigée en paroisse sous le titre de Saint Jacques le
Majeur, remplaçant la paroisse de Saint Jaume. On l'appelle
vulgairement le Gesù à cause qu'elle a été fondée et administrée
par les P.P. de la Compagnie de Jésus.
Appartiennent à cette paroisse les deux chapelles des confréries des Pénitents Blancs, la Sainte Croix, — confrérie la

�óo —
plus ancienne de Nice, — et des Pénitents Rouges, Saint Suaire
et de la Sainte Trinité ; l'Eglise du Couvent de là Visitation,
la chapelle de l'ancien séminaire, à la montée du Château, et
jadis l'Hospice franciscain avec chapelle de Saint Joseph des
P.P. Recollets de Cimiez, convertie en maison particulière.
L'Eglise du Gesù est d'ordre corinthien composite, cons truite sur le modèle de l'Eglise des Jésuites de Turin, dite
vulgairement les Saints Martyrs. ( 10.000 âmes).
A l'extrémité de la rue du Malonat, aux racines de l'ancien
château, on voit un oratoire à la Sainte Vierge Marie, sous le
titre de N. D. du Bon Secours. Les habitants de ce quartier érigèrent cet oratoire en l'honneur de la sainte Vierge, en reconnaissance du choléra en 1854.
III. — L'Eglise paroissiale de Saint Martin Evéque dite de
Saint-Augustin est la plus ancienne, elle fut bâtie sur l'emplacement de l'ancienne chapelle de Saint Martin (1205) et appelée
Saint-Augustin parce qu'elle était desservie par les Augustiniens
dont le couvent a été transformé en caserne. (Caserne Filley, près
l'ancienne chapelle Sincaire).
IV. — L'Eglise de Saint-Francois-de-Paule a été édifiée en
1736 d'après le plan de l'architecte
Guarini. En 1838
elle fut érigée en paroisse par décret de Mgr Galvano et appelée
aussi Saint-Dominique en souvenir de l'ancienne église paroissiale
de ce nom qui s'élevait sur la place Saint-Dominique aux lieux et
place de l'actuel Palais de Justice.
V*— L'Eglise du Port ou de l'Immaculée Conception. D'humble
origine. D'abord ce fut une fort modeste chapelle (1835), transformée agrandie par Mgr Galvano, et l'avocat théologue L. Mari
fut son premier curé..
VI. — L'Eglise Saint-Joseph nouvelle paroisse depuis 1911 la
première pierre fut posée le 19 mars 1911, bénie le 29 octobre et
ouverte au public le Ier novembre 1911 sous le patronage de Mgr
Chapon et dirigée par les soins de M. l'abbé Gabrielli.
A cette paroisse appartiennent la chapelle succursale de Saint
Joseph contigüe à l'Evêché, et la chapelle de Notre-Dame des
Anges sur l'ancienne route de Villefranche.
VIL — Saint-Roch. Cette église paroissiale dans la banlieue
de Nice fut érigée après la peste de r68r. Nice fut délivrée de ce
fléau par l'intercession de saint Roch, confesseur, né et mort à

�- Si Montpellier. La paroisse est divisée en deux quartiers, Roquebillière
inférieure et Roquebillière supérieure, jusqu'à la chapelle de NotreDame de Bon Voyage.
VIII. — Rive droite du Paillon, intra muros, se dresse Notre Dame du Vau, paroisse Saint-Jean-Baptiste, qui remplace l'an
cienne église du même nom devenue chapelle inférieure du Lycée.
Cette belle église, vœu delà ville de Nice en 1835, mt érigée en
1842 et terminée en 1852 par Mgr Galvano, évêque de Nice.
La façade ressemble à celle élevée à Turin en l'honneur du retour
du roi dans les états Sardes en 1814.
IX. — Saiiit-Pierre-d' Aréna remplace une chapelle située à la
Croix de Marbre. Elle fut érigée en paroisse en 1803 par Mgr
Colonna d'Istria. Elle doit son nom à ce fait, c'est que lors de sa
fondation elle se trouvait sur le rivage de la mer séparée par une
bordure de sable fin.
X. — Une ancienne chapelle de Sainte-Hélêne-l'Inspiratrice
existait dans ces parages. Elle fut remplacée en face la mer par
une église sous l'épiscopat de Mgr Recrosio (1727).
Six paroisses « extra muros » dépendent de la commune de
Nice.
Sainte-Marie Magdeleine, sise dans le vallon de Magnan, édifiée sur l'emplacement d'une chapelle de même nom, érigée en
1626 et dite vulgairement chapelle « dei cassaire » à cause du
grand nombre de chasseurs. Après le concordat de 1803 sous
l'épiscopat de Mgr Colonna d'Istria, ce quartier qui depuis 1771
dépendait pour le spirituel de la cathédrale fut érigé en paroisse.
Il existe encore aujourd'hui une chapelle de Notre-Dame du Bon
Conseil changée en demeure particulière . Bientôt le besoin de
la population augmentant, une église sera bâtie à la cité Robiony
par les soins du curé actuel de la Madeleine.
Plus à l'est de la ville, toujours dans le canton ouest ce
l'Arquet, se dresse la paroisse de l'Ariane dédiée primitivement à
saint Arnoux, évêque et à saint Pierre, apôtre. Elle fut érigée en
paroisse en 1809 sous l'épiscopat de Mgr Colonna d Istria. Dans
son ressort se trouve l'ancienne chapelle nécropole de l'Abbadie
fondée en 1635 en l'honneur de sainte Claire pour le besoin spirituel de 450 à 500 habitants qui appartiennent aux communes
de Nice, Cantaron Saint-André. Localité d'avenii et à laquelle
le chemin de fer Nice-Coni donnera une valeur stratégique.

�— 32 —
Gairaut avait au moyen-âge une chapelle de secours desservie
par les religieux chevaliers de l'ordre du temple au début, et par
la suite de Rhodes et de Malte. Sous l'épiscopat de Mgr François
Rosini de Martinengo la chapelle fut érigée en église paroissiale
sous le vocable de saint Sauveur o*u de la transfiguration du
Rédempteur.
Dès 1730 les P. Dominicains de Nice fondent à Saint Pancrace un sanatorium pour religieux martyrs avec chapelle en
l'honneur de Saint Pancrace martyr. Cette chapelle est érigée en
paroisse en 1848 par Mgr Galvano.
Sur le couchant de Saint-Pancrace on trouve la paroisse de
saint Roman . martyr ; l'ancienne chapelle fut érigée en paroisse
ainsi que celle de saint-Antoine de Ginestière en 1803 sous Mgr
Colonna d'Istria.
VALENT IN.

NOU VÉ
Tu Çatarina fai lou pan.
Mdumen de jota, d'alegressa,
Fes audi da toui lu couor :
Lu ange canton l'alegressa,
Fuges l'infer, Juges la mouorl.
Chntou !
L'aarika sabla, li a quaucaren aici vesin,
Sembla que senti li joia d'un festin ;
Audi lu tambourin de laen,
Lu Jlajoulet e li musela,
Lu pastre van à Bethelen
Laisson la cabana soaleta ;
Santo nuech, venes aléa nen ralegrà,
Pourtas à toui la pax et la tranquilità !
Tu Catarina fai lou pan,
Manda Lucrecia au safran,
Despende aléa lou lauvaniè,
Chapla la blea su lou taatié ;
Crala de froumai e roumpe d'iiu
E fai la iourta couma fou,
Ché n'aiguen toui en aboundança (bis)
Santa nuech, venes alèu nen ralegrà,
Pourtas à toui la pa.x e la tranquilità .'
En tant faguen etnb'au vesin
t ua santépér lou Bambin,
Toucan lou gotou de bouon vin,
Ernb'aa vesin pér lou Bambin
Ti-ri-tin-tin ! -tinTi-ri tin !

�— 3Î —

L'Expulsion de Mgr Valperga
fEN SEPTEMBRE

1792)

Le 12 octobre 1780 h population de Nice se pressait aux
abords de la porte Pairoliëre pour y recevoir en grandes pompes
le nouvel évêque Charles-Eugène Valperga di Maglione. Ce
prélat avait couché la veille selon l'usage antique à l'abbaye de
Saint-Pons et devait faire ce jour là son entrée solennelle dans
sa ville épiscopale.
Le cérémonial imposant avec lequel on avait reçu jusqu'alors
les évêques fut encore cette fois observé. L'accueil de la population entière fut des plus chaleureux au rapport de Pierre Scaliero
qui en fut témoin (1). Le nouvel évêque, qui remplaçait Monseigneur Astésan nommé archevêque d'Oristano en Sardaigne,
appartenait à une famille de vieille noblesse dont plusieurs membres avaient exercé, à Nice, des fonctions importantes (2). Il
(1) Voir aux Archives municipales le récit détaillé que ce chroniqueur en a laissé dans ses Mémoires. Pierre Scaliero mourut en 1805.
(2) Jacques Valperga, conseiller ducal, fut lieutenant du gouverneur de Nice en 1454 ; Thoma5 Valperga fut gouverneur du château de Nice en 1565 ; Jean Valperga fut également gouverneur de
Nice en 1596 ; Jérôme Valperga fut commandeur du château de
Nice en 1600 ; Pierre Valperga, frère de Jacques Valperga, était
chevalier de Malte (Arch. municipales, registre des gouverneurs,
commandants et chevaliers de Malte) ; Anne Valperga, fille dAmédée
Valperga, épousa, le commandeur de Malte Jean-Paul Lascaris.
(Voir son testament daté de 1683, arch. des Alpes-Maritimes,
registre B, 297.) Joseph Ignace de Valperga reçut de son oncle, Emmanuel Philibert Chiotera, mie partie du fief de Couaraze dont il fut
investi le 20 février 1753. Son fils, Vincent, céda ses droits à H. Novelli. Jérôme Valperga fut sénateur à Nice de 1761 à 1765, puis
ministre plénipotentiaire de Sardaigne à Gênes en 1780 ; plus tard
il fut ministre etsecrétaire d'Etat, ce dernier était le frère de l'évêque
de Nice et fils du comte François Valperga qui vivait encore en
1795Ees armoiries des Valperga étaient fascé d'or et de gueules, à
la plante de chanvre déracinée, d'argent et brochant. Le cimier
était un bouc naissant au naturel et la devise : « Ferme-toy ».
Nous reproduisons les armoiries de Monseigneur Valperga d'après celles qui se trouvent en tête du catéchisme édité par ses ordres
et dont nous devons le dessin à l'obligeance de M. Joseph Casai
(Extrait de 1' « Armoriai Artistique et Nrbiüaire », Ni.e, 1902.
3

�- 34était directeur du collège des Provinces à Turin, lorsque le roi
de Sardaigne le désigna, pour l'évêché de Nice. Il avait été sacré à
Rome où il avait fait ses études. Monseigneur Valperga se distingua immédiatement par sa vigilance et son activité : il releva
le niveau intellectuel et moral des prêtres de son diocèse et s'attacha à mettre en toutes choses la plus grande régularité. Dix-huit
mois après son installation, il publia un nouveau catéchisme
dont le plan avait été préparé par son prédécesseur ^i). Grâce à

ses relations cordiales avec la eour de Turin, il jouissait auprès
des autorités civiles de Nice d'une grande influence. Après douze
(1) Ce catéchisme en italien fut imprimé à Nice par la Société
Typographique. C'est un petit volume in-douze de 612 pages, portant
la date de 1783. En tête se trouve le mandement de Monseigneur
Valperga du 16 février 1782 qui approuve le travail terminé par
le prêtre auquel Monseigneur Astésan en avait confié le soin, ordonne
sa publication et règle l'organisation des catéchismes dans tout le
diocèse. Deux ans plus tard en 1785, Gabriel Floteront, imprima
un autre catéchisme rédigé en dialecte niçois, petit volume in-12
de 228 pages. Un exemplaire de ces deux ouvrages existe à la biblio
thèque de Nice. — Voir Villarey, Série Cronològica dei Vescovi
di Nizza. — Art. Valperga.

�-35 années de séjour dans cette dernière ville il s'était acquis l'estime
et le respect de tous.
*

• *

Lorsque le 28 septembre 1792 dans l'après-midi, les troupes
piémontaises évacuèrent Nice, il y eut dans cette ville une effroyable panique et des milliers d'habitants s'enfuirent dans la direction de Turin. Ce fut un désarroi et une désorganisation complète de toutes les autorités. iMonseigneur Valperga resta à son
poste et s'engagea à ne point quitter la ville. Le lendemain samedi
29 septembre, il accompagna le second consul Honoré Saissi et
quelques membres du Conseil qui se rendirent, vers les onze
heures du matin, à la villa Feraudi, au quartier St Hélène, pour
offrir les clefs de la cité au général d'Anselme qui venait d'y
arriver à la tête des troupes françaises. Le général fit à la délégation assez bon accueil, mais il s'étonna de trouver parmi ses membres, l'évêque dont la place déclara-t-il n était pas là. Du reste,
d'Anselme attacha si peu d'importance à la démarche îles magistrats niçois que dans aucune de ses dépêches officielles il n'en fit
mention.
Sur le soir du même jour, la petite armée française faisait son
entrée dans la ville et le général s'installait dans la maison du
consul de France à la place St Dominique. L'évêque de Nice qui
tenait à rester au milieu de ses diocésains se présenta de nouveau
vers les huit ou neuf heures du soir chez le général auquel il voulait recommander ses prêtres en lui demandant des respecter les
églises. Le général était entouré de tout son état-major, du consul
de France, Pierre Le Seurre, de Honoré Saissi, second consul, de
Féraudi, secrétaire général de la commune. Ces deux derniers
venus probablement pour appuyer les demandes de l'évêque.
L'accueil du général ne fut pas plus encourageant que la première fois ; il intima même avec insistance au prélat l'ordre de
quitter ta ville en ajoutant que le plus tôt serait le mieux et ce
fut sur ces dernières paroles que l'évêque se retira après avoir toutefois reçu du général la promesse que tout ce qu'il laisserait dans
son palais serait placé sous la sauvegarde de la Nation française.
Il n'y avait pas à tergiverser, l'ordre était formel et pressant, il
fallait partir. L'évêque prit ses dernières dispositious et délégua,
au curé de la cathédrale, le chanoine Honoré Navello, tous les
pouvoirs nécessaires pour administrer le diocèse en son absence.
Aux premières lueurs du jour, Valperga quitta son palais, et se

�— 36 dirigea à pied vers la porte Pairolière. Il avait été impossible de
trouver une voiture car tous les moyens de transport avaient été
réquisitionnés et utilisés le 28 septembre pour permettre l'exode
des habitants terrorisés. Il avait ordre de partir, mais cet ordre
n'ayant pas été donné par écrit, les volontaires marseillais, de garde
à la porte de Turin, refusèrent de le laisser passer, l'accablèrent
d'injures, le menacèrent même de le pendre et ne consentirent á
le lâcher que sur un ordre écrit, sollicité et obtenu du général,
grâce à l'intervention courageuse et au sang-froid d'un jeune
niçois, Joseph Castellinard. Monseigneur Valperga se retira à
Turin et y mourut en 1805 sans avoir jamais pu obtenir l'autorisation de rentrer.
*

* *

Il est établi par les documents officiels contemporains que
Monseigneur Valperga ne quitta son siège que sur les ordres arbitraires du général d'Anselme et ces mêmes documents nous
renseignent très exactement sur les incidents fâcheux qui se produisirent au départ de l'évêque. Du reste, on n'ignorait pas à Nice
comment les choses s'étaient passées et la population savait grê à
Valperga de son attitude et de sa fermeté. De son côté, Valperga
avait eu confiance dans la parole à lui donnée par le général au
nom de la Nation française et à plusieurs reprises il manifesta
son étonnement qu'elle n'ait pas été gardée, que ses biens aient
été confisqués, son mobilier vendu, son nom inscrit sur la liste
des émigrés alors qu'en partant il n'avait cédé qu'à la force.
Parmi les nombreux documents qui se trouvent soit aux archives de Nice, soit aux archives nationales il en est quelques-uns
dont la simple reproduction sera plus probante que tous les corn,
mentaires. Il_suffira de citer :
•i° La lettre du Directoire des Colons Marseillais en date du
25 février 1793, adressée aux citoyens Blanqui et Veillon, députés
extraordinaires de la ville de Nice à Paris, au sujet des réclamations présentées le 23 du même mois par Jean-Jacques Donny, au
nom de Mgr Valperga.
20 La réponse du même Directoire à J.-J. Donny, en date du
26 février 1793.
3„ L'arrêté du Département en date du 13 avril 1793.
40 La réclamation présentée au Directoire du département

�Valperga, aussitôt après son inscription sur la liste des émigrés de
la ville de Nice, dressée à la fin de juin 1793.
50 Les états de frais pour l'inventaire et la vente du mobilier
et effets de « l'émigré Valperga Maillone, citoyen évêque » approuvés par le département des Alpes-Maritimes, le 5 germinal an
III (25 mars 1795).
6° Les actes de notoriété dressés le Ier et 2me fructidor an III
(18 et 19 août 1795) par Gautier, juge de paix à Nice, à la requête de Pierre-Joseph Passeron, agissant en qualité de procureur
subrogé par Nicolas Giorni, procureur spécial et général de Mgr
Valperga, par acte de procuration reçu à Turin le 20 juillet 1795,
notaire Pierre-Joseph Bernochio.
70 La pétition adressée au district de Nice le 4 fructidor an III
(21 août 1795) par Pierre-Joseph Passeron, demandant la radiation du nom de Valperga sur la liste des émigrés.
8° L'avis du district de Nice en date du 5 vendémiaire an IV
(27 septembre 1795) déclarant que Mgr Valperga doit être rayé
de la liste des émigrés.
90 L'arrêté du département des Alpes-Maritimes, en date du
14 prairial an V (2 juin 1797) ordonnant la radiation provisoire
du nom de Valperga de la liste des émigrés.
io° L'acte de cautionnement dressé par le département le
11 fructidor an V (28 août 1797), à la requête de Pierre-Joseph
Passeron, procureur de Mgr Valperga en exécution d'une des
clauses de l'arrêté du 14 prairial an V (2 juin 1797).

�- 38 —

DOCUMENTS ET PIÈCES D'ARCHIVES

Pièce 1.

25 février 1793
Aux cit. Blanqui et Veillon
Une lettre du cit. Donny, associé du citoyen LeClerc, défunt président de l'ancienne administration
provisoire, dont vous avez ci-inclus l'extrait ( 1 ), nous
fait connaître que le cit. Valperga, évêque de Nice,
laissa avant son départ (ordonné à son retour par
Anselme) dans sa maison pour environ 34.000 livres,
argent monnayé, et environ pour 17.000 d'effets en
vaisselle, linge, batterie de cuisine etc.
Une portion de ces effets se trouvent encore dans
ladite maison, sous l'inventaire que nous en avons
fait dresser par les commissaires de l'une et l'autre
administration, lorsque nous avons été installés, mais
il s'en faut de beaucoup qu'elle puisse arriver à la
somme de 17.000 livres, pas même le tiers.
Quant à l'argent monnayé entré dans la caisse du
receveur de l'ancienne administration, nous n'y
voyons point la somme que ledit Evêque désigne
avoir laissé dans sa maison. Nous vous remettons cijoint un extrait de l'état des sommes' que le cit.
Bonnet a reçu en espèces, pendant toute sa gestion
de receveur et trouvées parmi les effets des émigrés
français et niçois.
Nous ne voulons rien préjuger sur l'assertion du
cit. Valperga, quoique nous ayons des indices frappants de vérité. Ce ne sera que lorsque nous aurons
pu les convertir en preuves par le témoignage de
quelques citoyens que nous nous procurerons, pour
pouvoir en demander la restitution et la poursuite
contre le pillage.
En attendant, noùs croyons devoir vous faire part
de cette découverte que nous allons communiquer au
Président de la Convention Nationale et au Ministre.
Arch. des A. M. Registre de la correspondance du
Directoire des Colons marseillais L. 5.
Cet extrait manque au registre ainsi que les autres pièces
énoncées dans celte lettre.

�-hLe 2érae février 1793.
Au citoyen Donny, négociant à Nice
Pièce 2.

Votre lettre du 23me de ce mois, citoyen, nous
demande des renseignements sur le temporel du
citoyen Valperga, Evêque de Nice. Nous allons vous
transmettre tous ceux qui sont à notre connaissance
L'administration provisoire en choisissant l'Evêché
pour le lieu de ses séances, vint s'y établir dans les
premiers jours d'octobre, et tout nous porte à croire
qu'elle ne fit aucun inventaire des effets qui s'y trouvaient, du moins nous n'en avons trouvé aucun dans
les papiers qu'elle nous a remis.
En succédant à cette administration provisoire,
uous avons cru que notre premier devoir était de faire
un inventaire de tout le mobilier renfermé dans la maison épiscopale. Nous y avons successivement procédé
en présence des administrateurs provisoires et à mesure qu'ils nous en remettaient les clefs. Tout le mobilier qui s'y trouvait, ne consistait guère qu'en
meubles meublants et ne nous paraît pas avoir la
valeur de 17 mille livres que l'Evêque lui donne.
Vous pourrez, si vous le jugez à propos, faire prendre
à notre secrétariat une copie de cet inventaire. Tout
ce. qui n'est point renfermé dans les appartements
que nous occupons au premier étage, a été laissé à la
garde de Jean Poma, ancien concierge de l'Evêque et
le nôtre.
Pour nous éclairer sur les 34.000 1. argent monnayé que l'Evêque doit avoir laissé en sa maison,
nous avons écrit au cit. Bonnet, receveur de l'administration provisoire, pour lui demander un état des
sommes en numéraires versées dans sa caisse, comme
ayant été saisies et trouvées parmi les effets des Emigrés français et niçois. L'état qu'il nous a remis ne
monte qu'à 74121. 16 s, et aucun article n'a du rapport
avec les réclamations du citoyen Valperga.
Quant à ce qui concerne personnellement le
citoyen, nous avons demandé au Ministre de l'Intérieur de vouloir bien nous dire la manière dont nous
devions l'envisager. Nous savons qu'un ordre arbi-

�— 40 —
traire de Danselme l'obligea de quitter Nice, le jour
de l'entrée des Français. Mais nous pensons aussi que
la proclamation des Commissaires de la Convention
nationale de France et le décret de celle de Nice,
concernant les Emigrés, étaient des motifs suffisants
pour le ramener à son poste et le rassurer sur les
suites de son retour. En persistant à prolonger son
absence, il s'expose à être traité comme émigré, à se
voir déclarer déchu de sa place et confisquer tous ses
biens. Telle est la disposition de la loi, et quoique
nous ayons consulté le ministre sur le cas particulier
de l'Evêque, nous prévoyons que sa réponse sera de
nous en tenir à la rigueur des lois, ainsi que plusieurs
instructions nous l'ont déjà annoncé.
Vous sentez, citoyens, que tout le mobilier de
l'Evêque doit rester séquestré jusqu'à son retour ou à
la décision du Ministre. Il peut être tranquille sur la
conservation de tout ce que nous avons trouvé en
entrant dans sa maison. Ce qui a pu en être enlevé
avant notre entrée en fonctions, est étranger à notre
gestion. Mais nous employerons tous les moyens qui
sont en notre pouvoir pour en trouver les traces, en
acquérir les preuves et en faire punir les coupables.
Les administrateurs, etc.
Archives des A.-M., Registre
suivants.

,L. 5,/°7i verso et

Lettre des commissaires de la Convention
Nationale et arrêté du Département des A. M.
Nice, le 9 Avril 1793, l'an 1 Ie de la Repu bublique Française.
« Vous voudrez bien, citoyens, en nous envoyant
les noms et prénoms de l'évêque de Nice, nous instruire officiellement d'après les "dispositions des lois,
s'il est censé démissionnaire et son siège vacant.
« Les Commissaires de la Convention Nationale
au département des A. M.
GRÉGOIRE, JAGOT (I)

(1)

Archives des A. M. L. 29 ancien. L

7

actuel.

�— 4i (i3 avril 1793)
Le Directoire ; vu la réquisition du citoyen Procureur Général sindic « Considérant que Charles Eugène Valperga, évêque de Nice, n'avait point quitté
son domicile lors de l'entrée des troupes de la République ; considérant qu'il a lui méme-accompagné les
consuls d'alors quand ils furent présenter les clefs
de la ville et inviter le général Anselme à venir en
prendre possession au nom de la République ; considérant que le général Anselme par ses ordres arbitraires et tiranniques, accompagnés même de menaces contre ses jours, l'ont forcé de s'éloigner ; arrête
qu'il ne peut le déclarer émigré, et qu'il sera répondu
aux Commissaires de la Convention nationale d'après
les principes ci-dessus.. »
Sign : PAUMÉ ; BARLI FABRI ; F. CASTKLIMARD ;
ANGLES ; BERNARDI, secrétaire général. (1)
pjj

ce

^

Aux citoyens composant le Directoire du
département des Alpes-Maritimes..
22 juillet 1793.
Citoyens,
Le citoyen Jean-Jacques Donny, soussigné, chargé
des intérêts du citoyen Valperga, évêque de Nice
absent, ayant été informé que par votre délibération
du 29 du mois passé, ledit citoyen Valperga avait été
déclaré émigré, vous représente avec tous les égards

(1) Archives des Alpes-Maritimes, Registre L,. 3, folio 101. L'Arrêté n'est pas signé par le procureur syndic Jean-François Tourre
ni par l'administrateur Jean-L,ouis de Villiers qui ne partageaient
point l'opinion de leurs collègues. A noter que Tourre était d'Antibes
et que de Viliers était un médecin français établi depuis longtemps
à Nice.
I/Arrêté fut pris malgré le réquisitoire de Tourre qui voulait
déclarer Monseigneur Valperga émigré et malgré un violent discours de Villiers soutenant la même thèse qui fut combattue par
Barli Fabri, par Castclinard et par Anglès. J'ai déjà publié in-extenso
cette délibération du 13 avril T793 au cours d'un article sur l'église
de Nice en 1792-1793 inséré dans Nice Historique du Ier avril 1903,
C'est pourquoi je reproduis ici simplement la lettre des
commissaires et l'arrêté du département.

�- 42 —
dûs au pouvoir dont l'exercice vous a été confié par
le peuple souverain que le citoyen Valperga ne peut
ni ne doit sous aucun rapport être considéré comme
émigré, par les motifs ci-après :
i° Qu'il est de notoriété publique qu'il n'a quitté
le pays que contre son gré et par ordre du général
Anselme :
2° Qu'il a constamment été disposé et a offert
de revenir dans son diocèse, moyennant qu'il ne fut
assujetti à prêter qu'un serment relatif au temporel et
non au spirituel.
3° Qu'enfin et par la raison que n'étant point
indigène, mais étranger, son séjour ici n'a été dé terminé que par sa nomination à l'épiscopat, événement casuel qui n'a jamais pu le soumettre à l'obligation de renoncer pour toujours à sa mère-patrie.
Tous ces motifs, soit qu'on les prenne collectivement ou séparément, démontrent suffisamment,
citoyens administrateurs, le droit incontestable, qu'a
le citoyen Valperga de demander et prétendre la
radiation de son nom du tableau des émigrés, et si
le ministre de l'Intérieur n'a fait aucune distinction
entre lui et les autres citoyens, c'est sans doute qu'il
a ignoré les circonstances qui vous sont exposées
ci-dessus, et notamment la dernière, car s'il les eût
toutes connues, il n'est nullement probable qu'il eût
décidé comme il l'a fait. Toute hypothèse contraire
serait une injure faite à ses sentiments et à ses lumières. Un homme tel que lui, dont les vertus civiques, le patriotisme et les talents l'ont appelé au
poste aussi honorable que pénible qu'il occupe, doit
ressembler autant que possible à la Nation pour
laquelle il agit et qui l'a honoré de sa confiance.
Cette nation est grande, généreuse, magnanime,
juste et bienfaisante.Elle ne peut qu'êtreextrêmement
jalouse de sa gloire, et l'un des principaux devoirs de
ses agents est d'éviter soigneusement d'en ternir
l'éclat.
Le refus qui serait fait de rayer de la liste des
Emigrés le nom du citoyen Valperga, refus qui entraînerait avec lui la confiscation des minces propriétés de ce citoyen, serait un acte qui imprimerait à

�-

43

-

jamais une tache ineffaçable à la gloire du nom français ; tache qui ne pourra manquer de frapper également les yeux des contemporains et ceux de la postérité ; tache enfin que les historiens ne manqueront
pas de faire ressortir par des couleurs enluminées, et
le bel effet qu'un pareil tableau produirait, citoyens
administrateurs, serait votre ouvrage.
Mais non, loin de nous, cette idée ! Vous êtes
républicains ! cela suffit. Les républicains sont vertueux. Ils aiment, chérissent, protègent, respectent
la vertu partout où elle se trouve. Et le citoyen Valperga aussi est un homme vertueux ! Qui en doute ?
Nul bon citoyen, nul honnête homme. Souvenezvous, citoyens administrateurs, que ce n'est que par
ses vertus qu'il a mérité l'amour et l'affection du
peuple Niçois et non par sa qualité d'évêque. Et plût
à Dieu que tous les ecclésiastiques lui eussent ressemblé ! La France n'eut point éprouvé d'aussi horribles secousses, pour asseoir, affermir et assurer sa
liberté.
La République a incontestablement le droit de
renvoyer hors de son sein tout individu qui ne lui
convient pas, mais en renvoyant ainsi un étranger
qui, d'ailleurs, n'a pas encouru la peine de la confiscation de ses biens, elle lui permet de les emporter ou
de les vendre et d'en emporter le produit. Tel est
précisément le cas du citoyen Valperga.
L'exposant demande en conséquence, citoyens
administrateurs, qu'il vous plaise prendre dans votre
sagesse une délibération tendante à rendre audit
citoyen Valperga sa qualité de citoyen français non
émigré, à lui accorder un délai compétent pour rentrer dans ce pays soit comme simple citoyen ou
comme fonctionnaire public et à lui assurer dans
tous les cas la restitution de ses propriétés par lui
laissées sous la sauvegarde de la loyauté française
dans la maison épiscopale, lors de sa retraite forcée,
ou la juste indemnité de leur valeur. Et sera justice.
Nice, le 22 juillet 1793, l'an second de la République française, une et indivisible.
Jean-Jacques DONNY.
l
ARCHIVES NATIONALESF/ 4.867 , dossier Valperga.

�- 44 Pièce 5.

Etat de frais de vente pour parvenir à l'inventaire
et vente des effets de l'émigré Valperga Maillone,
citoyen évêque :
5 germinal an III (25 mars 1795)
Pour une séance de trois commissaires dont un du
District et deux de la Commission municipale, fixée
à trois livres par séance par le Directoire du district
et approuvé par les Représentants du
Peuple
L.
9 »
Papier timbré tant de la minute que
des deux extraits
»12
Pour la copie desdits deux extraits . .
» 8
Droits d'enregistrement
13 10
31

2

Nous soussignés certifions le compte ci dessus véritable.
Signés : J.-B. Thomaty, comm. du dist. ; Savigny,
comm. munie. ; Mabil, comm. municip.
Frais de la vente :
Pour quatre séances de deux corn missaires dont un
du District, un de la Commis, mun. sans le membre
de l'administration fixées à trois livres par séance par
le Directoire du district et approuvé par les Représentants du Peuple .
L.
24 »
Au trompette pour publication de
quatre criées
5 »
Au crieur à la vente, quatre séances .
12 »
Aux portefaix qui ont travaillé au
transport des effets
40 »
Papier timbré tant de la minute que
de l'extrait
1 »
Bougie
3 »
Droits d'enregistrement
27 »
Papier timbré du petit état
» 4
A la femme qui a assisté à la vente
pour l'arrangement du linge
» 12
L.
Signés : J.-B. Thomaty, comm. du
district ; Savigny, comm. municip.

1

159 6

�Vu par nous, membres composant la Commission
Administrative du district et d'après l'arrêté du district, approuvé par les Représentants du Peuple et la
loi du il et 12 Mars, arrête l'état des frais ci-dessus
se montant à la somme de cent cinquante neuf livres
trente centimes, qui seront acquittés par le receveur
du droit d'Enregistrement lorsque le Département
aura vérifié ledit état.
Nice, le 29 ventôse an 3"" de la République française une et indivisible (19 mars 1795).
(Suivent les signatures).
Vu l'état des frais ci-dessus pour parvenir à l'inventaire et vente du mobilier de l'émigré Valperga
Maillone ci-devant évêque.
Vérifié et arrêté par le Directoire du district de
Nice, la Commission Administrative du département
des Alpes-Maritimes approuve ledit état et ordonne
au citoyen Maussier, receveur de l'enregistrement
cîudit district de payer aux citoyens J. B. Thomaty
et Savigny, comm. la somme de 159 livres et 30
centimes pour montant des frais pour inventaire et
vente des susdits effets de l'émigré, laquelle somme
lui sera allouée en compte.
Fait à Nice le 5 germinal an 3me républicain ( 25
mars 1795).
Etat des frais pour parvenir d la vente du mobilier de
l'émigré Charles Eugène Valperga Maillone, citoyen
évêque.
Pour trente-neuf séances de trois commissaires
dont un du District et deux de la Commission municipale, fixé à trois livres par séance par le Directoire
du district et approuvé par les Représentants du
peuple
L.
351 »
A deux portefaix, dix-neuf journées et
demi chaque fixées à cinq livres par jour.
195 »
Au trompette pour publication de
trente-neuf criées fixées à une livre cinq
sols chaque
48 r 5
Au crieur à la vente, trente-neuf séan
ces fixées á trois-livres par séance ....
117 »

711 1$

�- 4* Report
Papier timbré tant de la minute que
de l'expédition
Pour copie dudit extrait fixé à quatre
livres
Papier timbré du présent état ....
Bougie
Droit d'enregistrement
Plus deux autres journées de portefaix à cinq livres
Un paquet de plume
L.

148
4
6
421

»
4
»
»

20
5

»
»

1.182

7

Nous soussignés certifions le compte ci-dessus,
véritable.
Nice, le Ier ventôse an 3me de la République (19
février 1795).
Signés : J.-B. Thomaty, commissaire du district ;
Savigny, comm. ; Honoré Mabil, comm. municipal.
Vu par nous, membres composant la Commission Administrative, de ce District, et d'après la loi
du 11 et 12 Mars 1793 (v. s.) et l'arrêté de cette
Commission approuvé par les Représentants en date
1^ Fructidor, oui l'agent national, arrête l'état des
frais se montant à onze cent huitante deux livres et
trente cinq centimes qui seront acquittés par le
receveur de l'agence de l'enregistrement sur le produit de la vente desdits meubles, lorsque le Département aura vérifié ledit état.
Nice le 29 ventôse an 3me de la République
française une et indivisible (19 mars 1795).
(Suivent les signatures).
Vu l'état des frais ci-dessus pour parvenir à la
vente du mobilier de l'Emigré Valperga Maillone cydevant évêque.
Vérifié et arrêté par le Directoire du district de
Nice.
La Commission administrative du département
des Alpes-Maritimes, approuve ledit état et ordonne

�— if au citoyen Maussier, receveur de Penregistrement
dudit district de payer aux citoyens J.-B. Thomati,
Savigni et Honoré Mabil, commissaires, la somme de
mille cent quatre vingt deux livres trente cinq centimes pour montant des frais de la vente des susdits
effets de l'Emigré. Laquelle somme lui sera allouée
en compte.
Fait â Nice le 5 germinal an 3me républicain (25
mars 1795).
Arch. des A. M. L. 15 ancien p. 44-45 N° 34-35

Actes de Notoriété
Pièçe g

1-2-fructidor an III
18-19 août 1795
EGALITÉ, LIBERTÉ

AU NOM DE LA LOI
Ce jourd'hui, premier Fructidor, l'an troisième
(18 août 1795 de la République française, une et indivisible, à Nice, chef-lieu du département des AlpesMaritimes, par devant Nous, Antoine Gautier Juge de
paix de la Ier, 2m" et 3me section et officier de police,
est comparu le citoyen Pierre Joseph Passeron, natit
tic la commune de Contes et habitant en celle de Nice
depuis plusieurs années.
Lequel en sa qualité de procureur du citoyen
Charles Eugène Valperga de Maillone, évêque de Nice,
subrogé par le citoyen Nicolo Giorni, homme de loi,
procureur spécial et général établi (par acte reçu) par
le notaire Pierre Joseph de Bernochio, le 20 Juillet
dernier (v. s.) qu'il présente, légalisé par le résidant
de la République de Gênes auprès de la Cour de Turin, dont il résulte le pouvoir donné au citoyen Giorni, de subroger en son lieu et place, avec tous les
pouvoirs compris au dit acte, et il présente au surplus l'acte de sa dite subrogation faite par le même
citoyen Giorni, reçu en la ville de Gênes le premier

�- 48 du mois d'août dernier (v. s.) par le notaire Antoine
Baglietto, légalisée par le consul de la République
française.
Il expose que le vingt neuvième jour de septembre
de l'année 1792, l'armée de la République, étant arrivée en cette ville, commandée en chef par le citoyen
général d'Anselme, lorsque ce général, vers le soir,
fut arrivé et il eut pris son logement dans la maison
habitée par le ci-devant consul de la République Le
Seurre, ledit citoyen Evêque Charles Eugène Valperga de Maillone s'y étant présenté, ledit général d'Anselme, en présence de tout son Etat-Major, lui signifia
d'abord de devoir partir de cette ville. Sur quoi le
dit évêque ayant répondu qu'il avait cru de pouvoir
continuer sa résidence en cette ville et tellement l'avait cru, qu'il n'avait jamais pensé de distraire et en
faire partir le moindre de ses meubles et effets, qu'il
avait dans la maison d'habitation de l'tvêque et que
si absolument il lui ordonnait de partir, il le priait de
lui accorder la sauvegarde sur tous lesdits effets et
meubles. Le dit général d'Anselme lui répliqua qu'il
dut absolument partir de cette ville, en ajoutant que
le plus tôt en serait le mieux, et qu'à l'égard de ses
meubles et effets qu'il avait, il les mettait dès ce ino
ment sous la sauvegarde et loyauté de la Nation française et qu'il pouvait en être tranquille, après quoi ledit
évêque Valperga de Maillone, tout tremblant, ayant
dit qu'il allait se conformer dès le lendemain au matin à ses ordres, se retira ; ledit général d'Anselme
lui ayant encore répliqué : le plus tôt sera le mieux.
Et comme il importe audit citoyen évêque Valperga de Maillone de constater le fait ci-dessus expo"sé, suivi en présence de tout l'Etat-Major dudit général d'Anselme et de plusieurs citoyens de cette commune, l'exposant, en sa dite qualité vous présente les
citoyens Pierre Le Seurre, ci-dessus nommé, ci-devant
consul en cette ville de la République, le citoyen Honoré Saissi de cette commune qui pour lors était second consul de la même commune, le citoyen Philippe Emmanuel Féraudi qui pour lors était secrétaire de
Ìa même commune et le citoyen Ange Giraudi aussi

�- 49 de cette commune, pour recevoir leurs dépositions
sur ledit exposé et vous fait instance que de tout lui
soit concédé acte, ce que nous lui avons accordé, et a
signé.
PIERRE JOSEPH PASSERON.

Et de suite se sont présenté les susnommés
citoyen Le Seurre, natif de Craon, âgé de 75
ans, bourgeois, le citoyen Saissi, âgé de 70 ans,
négociant, Emmanuel Feraudi, âgé de 68 ans, notaire, Ange Giraudi, âgé de 63 ans, négociant,
natifs et domiciliés dans cette commune, auxquels
après avoir fait lecture dudit exposé fait par ledit citoyen Pierre Joseph Passeron, en sa dite qualité, les
avons interpellés sur serment que leur avons fait prêter, conformément à la loi, de nous dire en leur âme
et conscience si tous les faits énoncés dans le même
exposé sont de leur connaissance et tous les quatre ont
répondu et attesté tant uniment que séparément en
être pleinement informés, s'y étant trouvés présents,
et que le tout contient la vérité, toute la vérité et
rien que la vérité. En foi de quoi ils ont signé :
LE SEURRE, HOSORI'J
SAISSI, PHILIPPE EMMANUEL FÉRAUDI,
ANGE

GIRAUDI.

Et nous, juge de paix, vu les dépositions ci-dessus, avons de tout concédé acte au susnommé citoyen
Pierre Joseph Passeron en sa dite qualité, pour lui
servir et valoir dans tous les cas, à ce que de droit et
de raison. Fait à Nice, l'an et le jour que dessus.
GAUTIER, juge de paix.
BONIFACI, sec. greffier.
Vu par nous, membres du District de Nice, 3 vendémiaire an IV rép. 25 sep. 1795, TOSELLI, JN COPPON
fils, VÉRANI pr. syndic, SAYTOUR Martin.

�— 5o —
EGALITÉ, LIBERTÉ.

AU NOM DE LA LOI
Ce jourd'hui. second jour de Fructidor de l'an 3
août 1795) de la République française une et indivisible, à Nice, chef-lieu du département des AlpesMaritimes, par devant nous, Antoine Gautier, juge de
paix de la iere, 2M* et 3ME section et officier de police,
est comparu le citoyen Pierre Joseph Passeron : natif
de la commune de Contes et habitant en celle de Nice
depuis plusieurs années
Lequel en sa qualité de procureur du citoyen
Charles Eugène Valperga de Maillone, évêque de
Nice, subrogé par le citoyen Nicolo Giorni, homme
de loi, procureur spécial et général établi (par acte
reçu) par le notaire Pierre Joseph de Bernochio, le 20
Juillet dernier (v. s.) qu'il présente, légalisé par le résidant de la République de Gênes auprès de la Cour de
Turin, dont il résulte le pouvoir donné au citoyen
Giorni, de subroger en son lieu et place, avec tous les
pouvoirs compris audit acte, et il présente au surplus
l'acte de sa dite subrogation faite par le même citoyen
Giorni, reçu en la ville de Gênes le premier du mois
d'août dernier (v. s.) par le notaire Antoine Baglietto,
légalisée par le consul de la République française.
Expose : Primo, que le matin du trente septembre 1792, le citoyen Charles Eugène Valperga de
Maillone, évêque de Nice, en partant de cette ville
avec deux domestiques à sa suite, qui portaient un
paquet et quelques effets, fut arrêté à la porte qui conduit en Piémont, ci-devant nommée porte Victoire,
et conduit au vestibule de la maison presque attenante
à ladite porte, appartenant au citoyen Dominique
Castellinard, où se trouva le citoyen Joseph Castellinard, fils dudit Dominique, et malgré que ledit Evêque Valperga déclara aux soldats de la Garde de la
dite porte qui étaient des Marseillais, que c'était en
conséquence d'ordre qui lui avait été signifié par le
citoyen général d'Anselme qu'il partait de cette ville,
lesdits soldats commencèrent par le malmener et lui
(19

�signifier qu'ils voulaient le pendre et ayant ouvert
ledit paquet et y ayant trouvé entre autres effets, une
ceinture d'évêque, ils déterminèrent, à l'instant, de le
pendre avec ladite ceinture, et ayant essayé si la même
était assez forte pour le soutenir, en la préparant, elle
se fit en lambeaux, de façon qu'ils vérifièrent qu'elle
ne pouvait leur servir et demandèrent audit Joseph
Castellinard fils une corde, pour pendre ledit évêque,
à un grand anneau de fer qui était au plafond dudit
vestibule, servant â y passer une verge de fer pour
peser les marchandises, et ledit citoyen Castellinard
fils, leur ayant absolument refusé de leur donner de la
corde, en s'excusant qu'il n'en avait point, comme
dans tous ces entrefaits ledit évêque se trouve mal et
ne peut plus se soutenir, ledit Castellinard fils lui fit
apporter une chaise, par sa servante à qui quelques
uns de ces soldats donnèrent des coups de poing pour
avoir porté ladite chaise et le même Castellinard le
fit ensuite asseoir sur ladite chaise, en le soutenant,
parce qu'il ne pouvait se soutenir droit ; d'autant plus
qu'en attendant, lesdits soldats marseillais lui disaient mille exécrations, lui crachaient dessus et lui
donnaient des soufflets, et assurément ils l'auraient
fini, si dans cet intervalle un de ses domestiques
n'avait été dire au citoyen général d'Anselme ce qui
venait d'arriver, et ledit domestique étant venu avec
un billet dudit général d'Anselme qui ordonnait à la
garde de le laisser partir, puisque c'était de son ordre,
en conséquence de ce billet lesdits soldats marseillais
se bornèrent pour lors à lui dire et crier mille invectives et injures et le laissèrent partir, ce que ledit
évêque, malgré qu'il ne pût se remuer, à l'aide de ses
domestiques fit au mieux possible en tremblant, de
façon qu'il doit son existence au refus ferme et déterminé que ledit citoyen Castellinard fils leur fit de
leur donner une corde, sans quoi avant l'arrivée du
dit domestique portant l'Ordre du général d'Anselme, il aurait été pendu et étranglé.
Secondoque lefaitci-dessusfut d'abord public et notoire, de notoriété publique dans cette ville et encore
plui le lendemain premier octobre, puisque les autres

»

�— 52 —

soldats de la Phalange Marseillaise, arrivés sur le soir
dudit jour trente septembre, d'abord après leur arrivée
cherchèrent l'évêque qu'ils voulaient le lanterner et
mettre en pièces, comme ils s'expliquèrent hautement,
ce qui joint au fait arrivé dans ledit vestibule de la
maison Castellinard, étant devenu d'une notoriété publique donna l'épouvante à tous les gens honnêtes du
pays, qui disaient que le citoyen général d'Anselme en
ordonnant audit évêque de partir, en mettant sous la
sauvegarde de la Nation française ses meubles et ses
effets, avait voulu le sauver.
Et comme il importe audit citoyen Passeron, exposant en sa dite qualité, de constater par témoins le
fait ci-dessus exposé, il nous présente ledit citoyen
Joseph Castellinard fils de Dominique de cette commune, âgé de 21 ans, de profession, négociant, qui se
trouva présent au fait énoncé dans le Ier article de l'exposé ci-dessus, et au surplus informé de la notoriété
des faits énoncés au second et dernier chef, de ladite
exposition et il nous présente les citoyens Jean-Jacques Donny, natif de Neufchâtel en Suisse, âgé de 39
ans, de profession, négociant ; Joseph Poullan, natif
de Clavesana, en Piémont, âge de 48 ans, négociant ;
Jacques Gerbin, âgé de 60 ans, tailleur, Jean-Marie
Thaon, âgé de 56 ans, négociant, natifs et tous domiciliés en cette commune pour déposer sur ladite
notoriété énoncée dans ledit second fait exposé, pour
recevoir leurs dépositions, et nous fait instance que de
tout lui soit concédé acte, ce que nous lui avons accordé et a signé.
Pierre-Joseph PASSERON .
Et de suite se sont présentés les susnommés citoyens Joseph Castellinard, Jean-Jacques Donny, Joseph Poullan, Jacques Gerbin, et Jean-Marie Thaon,
ci-dessus qualifiés, auxquels après avoir fait lecture
dudit exposé fait par ledit citoyen Passeron, en sa
dite quálité, les avons interpellés sur serment, que
leur avons fait prêter, conformément à la loi, de nous
dire en leur âme et conscience, si tous les faits énoncés dans le même exposé sont de leur connaissance,

�- 53 et ledit citoyen Joseph Castellinard a répondu et
attesté en être pleinement informé pour avoir été
présent au fait exposé dans le i" article de ladite exposition, et pour avoir publiquement entendu dire les
faits énoncés dans le second chef qui était en cette
ville notoire de notoriété publique et lesdits citoyens
Jean-Jacques Donny, Joseph Poullan, Jacques Gerbin,
Jean-Marie Thaon, ont répondu et attesté tant uniment que séparément être pleinement informés de
l'énoncé dans le second chef de ladite exposition,
puisque les faits y énoncés étaient notoires, de notoriété publique en cette ville, et tous lesdits citoyens
ont respectivement attesté pour ce qui les concerne
que tout contient la vérité, toute la vérité et rien que
la vérité. En foi de quoi ils ont signé : Joseph Castellinard fils,Jean-Jacques Donny, Joseph Poullan, Jacques
Gerbin, Jean-Marie Thaon.
Et nous, Juge de paix, vu les dépositions ci-dessus,
avons de tout concédé acte au susnommé Pierre Joseph Passeron en sa dite qualité pour lui servir et valoir dans tous les cas, à ce que de droit et de raison.
Fait à Nice l'an et jour que dessus.
GAUTIER,
BONIFACI,

juge de paix.
sec. gref.

Vu par nous, membres Du district de Nice, le 3
vendémiaire anIV rep. (25 sept. 1795).
Jn. COPPON fils, VÉRANi, pr. syndic, TOSELLI, Saytour
MARTIN.

Arch. Nat. F

7

4867 *

�54 -

PÉTITION au DISTRICT de NICE
et AVIS de ce DISTRICT
ÉGALITÉ,

LIBERTÉ

5 vendémiaire
27 septembre 1795 an IV
AUX

CITOYENS ADMINISTRATEURS
DU DISTRICT DE NICE

Le citoyen Pierre Joseph Passeron, natif de la
commune de Contes, habitant en celle de Nice depuis plusieurs années.
Vous expose en qualité de procureur du citoyen
Charles-Eugène Valperga de Maillone, évêque de
Nice, subrogé par le citoyen Nicolo Giorni, homme
de loi, son procureur spécial et général fondé par acte
reçu dans la ville de Turin par le notaire PierreJoseph de Bernochio, le 20 juillet dernier (v. s) légalisée par le résident de la République de Gênes, près
la Cour de Turin, duquel il résulte le pouvoir donné
audit citoyen Giorni de subroger en son lieu et place
avec tous les pouvoirs compris dans le même acte,
qui se trouve copié mot pour mot dans celui de la
subrogation faite par le même citoyen Giorni, reçu
en la ville de Gênes le Ier du mois d'août dernier
(v. s* par le notaire Antoine Baglietto, légalisée par
le consul de la République française, le 13 Thermidor dernier (3 1 Juillet 1795), qu'il vous exhibe qu'étant arrivé dans cette ville le vingt-neuvième jour
du mois de septembre de l'année 1792, l'armée de la
République française, commandée par le citoyen général en chef d'Anselme lorsque celui-ci y fut arrivé
le soir et eut pris son logement dans la maison d'habitation du citoyen ci-devant consul de la République
Le Seurre, ledit évêque Charles-Eugène Valperga de
Maillone, s'étant présenté, le même général d'Anselme
lui signifia d'abord en présence de son Etat-Major de
partir de cette ville, sur quoi ledit évêque lui répondit qu'il avait cru pouvoir continuer sa demeure dans
cette ville et qu'à cet effet il n'avait jamais pensé de

Pièces 7 et 8

�- 55 distraire, ni faire partir le moindre de ses meubles et
effets qu'il avait dans la maison d'habitation de
l'évêque, que si absolument il lui ordonnait de partir,
il le priait de lui accorder la sauvegarde pour tous ses
dits effets et meubles, ledit général d'Anselme lui
répliqua : Le plus tôt sera le mieux, ce qui tout est
constaté par les attestations ci-jointes du premier et
second jour de fructidor dernier qu'il vous présente
également.
Qu'il résulte aussi par lesdites attestations, que
ledit évêque Valperga de Maillone fut forcé par ledit
général d'Anselme de partir de cette ville que tous
ses meubles et effets fussent mis sous la sauvegarde de
la Nation française et qu'étant parti le lendemain 30
dit septembre, il risqu'à d'être pendu ef étranglé paties soldats de la Phalange Marseillaise qui se trouvaient de garde à la porte ci-devant dite Victoire, ce
que tout fut d'abord notoire et de notoriété publique
dans cette ville.
Vous observe que ledit évêque Valperga est natif
du Piémont où il se retira et que s'il a résidé dans
cette ville, ce n'a été que pour raison de son ministère, que tout cela nonobstant il a été porté sur la liste
des émigrés, a été vendu la plus grande partie de ses
meubles et effets, et cela même nonobstant la préalable réclamation que le citoyen Jean-Jacques Donni,
chargé des intérêts dudit évêque avait fait à l'ancien
département par sa pétition du 22 juillet 1793 (v. s)
qui existe dans les Archives de ce district, résultant
ainsi que tout cela a été fait et opéré contre le droit des
gens et la sauvegarde de la loyauté française qui fut
promis audit évêque.
En conséquence, l'exposant demande en sa dite
qualité de procureur dudit citoyen évêque CharlesEugène Valperga de Maillone la radiation de son
nom de la liste des émigrés, la levée des scellés, la
restitution de ses propriétés et l'indemnité de celles
qui ont été distraites et vendues au nom de la Nation,
et sera justice.
(21 août 1795).

�- 56 Nice le 4me jour de Fructidor de l'an 3me de la
République française une et indivisible.
Signé : Pierre-Joseph PASSERON.
Vu la pétition ci-dessus du citoyen Pierre-Joseph
Passeron présentée au nom et comme procureur subs
titué du ci-devant évêque de Nice, Charles-Eugène
Valperga tendante à obtenir la radiation de son nom
de la liste des émigrés, la levée du séquestre et remission de ses effets restant ainsi que l'indemnité de
ceux qui ont été distraits ou vendus.
Vu une première pétition présentée à l'ancienne
administration du département par le citoyen JeanJacques Donni, au nom du citoyen Valperga en date
du 22 juillet 1793 tendante aux mêmes fins.
Vu la procuration en date du premier août 1793
(V. s.) faite à Gênes, par devant le notaire public Antoine Baglietti, légalisée par le Consul de la République française y résidant, ainsi que l'acte de procuration y inséré, en date du 20 Juillet 1795.
Vu l'attestation de quatre témoins faite avec serment par devant le juge de paix de la 1", 2"", 3me section de cette commune, en date du 1" Fructidor dernier '18 août 1795).
Vu autre attestation de cinq témoins faite par
devant le susdit Juge de paix, le 2 dit fructidor, aussi
sous serment.
Considérant que par la première des 2 attestations il est pleinement prouvé que le vingt-neuvième
septembre 1792, aussitôt après l'entrée de l'armée
française dans cette commune, le sus-nommé évêque
Valperga s'étant présenté au général d'Anselme qui
la commandait en chef, celui- ci lui ordonna d'abord
en présence desdits témoins et de tout l'Etat-Major.
u'il n'avait qu'à partir de la ville, et malgré que le
it évêque lui observa qu'il avait cru de pouvoir y
rester tranquillement et qu'à cet effet il n'avait fait
partir aucun de ses effets et meubles, le général lui
répliqua de partir absolument de la ville, en ajoutant
que le plus tôt serait le mieux, l'ayant assuré qu'à

a

�-5;l'égard de ses meubles et effets de sa maison, il les
mettait dès ce moment sous la sauvegarde et loyauté
de la Nation française et qu'il pouvait en être tranquille.
Considérant qu'il résulte par lesdites attestations,
et il est prouvé que l'évêque Valperga, d'après les
ordres précis et réitérés du général d'Anselme, partit
le lendemain 30 septembre de cette ville.
Considérant que par la susdite attestation du deux
Fructidor il résulte que l'évêque Valperga, au moment de son départ de cette commune, ayant été arrêté à la porte qui conduit au Piémont, par les soldats
qui y étaient de garde, lesquels tentèrent de le pendre,
il évita la mort par les soins du citoyen Joseph Castellinard, un des déposants, et il ne fut laissé libre que
d'après un billet du général d'Anselme, qui ordonnait à ladite garde de le laisser partir, puisqu'il s'en
allait de son ordre
Considérant que tous ces faits sont devenus de notoriété publique dans cette commune, dès le même
jour 30 septembre et Ier octobre suivant, ainsi que
quatre témoins l'ont attesté.
Considérant que le citoyen Valperga ne s'est absenté de cette commune et ci-devant Comté de Nice
que d'après les ordres du général d'Anselme auquel il
témoigna son regret.
Considérant que le départ du citoyen Valperga
ayant été forcé il ne peut pas être qualifié d'émigration.
Considérant que son intention de rester dans cette
commune est d'autant plus constatée, que le citoyen
Valperga a été le seul fonctionnaire public, il soit
resté à son poste, n'ayant soustrait aucun des meubles
et effets de sa maison, lesquels ont été ensuite distraits
et vendus par la Nation.
Considérant que le citoyen Valperga ne peut être
non plus considéré comme réfractaire aux lois de la
République, tandis qu'à l'époque de son départ de cette
commune, aucune loi de la République, surtout à
l'égard des ecclésiastiques, n'y avait été encore publiée
à laquelle eut pu contrevenir.

�— 58 —
Considérant que le citoyen Valperga ne pouvant
être considéré ni comme émigré, ni comme réfractaire, ne pouvait être privé de ses propriétés laissées
dans cette commune lors de son départ, sous la sauvegarde de la loi et de la Nation française qui lui fut
accordée par le général d'Anselme, et qui étant digne
de la loyauté de cette Nation, ne pouvait être violée
sans blesser le droit des gens.
Considérant au surplus, que le citoyen Valperga,
originaire piémontais, ne faisait sa résidence à Nice,
qu'à raison de son épiscopat, ce qui ne donne qu'une
résidence easuelle, et que sous tous les rapports, il
n'a cessé d'être étranger à l'égard du pays de Nice et
de la France.
Considérant que l'article 6, section deux, N° 2 de
la Loi du 25 Brumaire (15 novembre 1794) en déclarant émigrés les citoyens domiciliés dans le cidevant comté de Nice, qui sont sortis depuis le 27
septembre 1792, n'a point porté atteinte au droit des
gens dans la personne de l'étranger, qui se trouvait
dans ce même pays, où il n'aurait pas établi son vrai
domicile.
Considérant que le citoyen Valperga, qui avait été
forcé par le gouvernement de partir de Nice, n'a dû
plus y revenir dans le terme même prescrit par les
lois aux citoyens de la ci-devant Comté de Nice,
puisqu'il ne devait point imaginer qu'il fut compris
dans l'invitation, malgré qu'il ait été porté sur la
liste des émigrés.
Considérant que ce nonobstant, lorsqu'il sut qu'il
avait été porté sur la liste des émigrés de cette commune, s'est empressé de présenter sadite pétition
du 22 Juillet 1793 dans laquelle il demanda non seulement la radiation de son nom de ladite liste, mais
encore un délai convenable pour rentrer dans cette
commune, soit comme simple citoyen, ou comme
fonctionnaire public, ainsi que la restitution de ses
propriétés par lui laissées sous la sauvegarde de la
loyauté française dans la maison êpiscopale lors de sa
retraite forcée, ou une juste indemnité de leur valeur.

�- 59 Considérant finalement que,d'après toutes les circonstances sus-ênoncèes, aucune loi concernant les
émigrés ne peut être applicable au citoyen Valperga,
et que toutes celles qui pourraient le regarder relatives au séquestre des biens appartenant aux habitants
des pays en guerre avec la République française ont
été rapportées par le décret du 14 Ventôse dernier
(4 mars 1795). •
Le Directoire du district de Nice, oui le procureur syndic, est d'avis que le citoyen Charles-Eugène
Valperga ci-devant évêque de Nice ne doit point être
considéré émigré.
Qu'il doit être rayé de la liste des émigrés, que le
séquestre apposé sur ses propriétés doit être levé, qu'il
doit être réintégré dans la possession et jouissance
d'iceux, que tous receveurs ou dépositaires doivent
lui restituer les sommes qu'ils ont perçues, résultant
du produit desdites propriétés et qu'il doit recevoir
la juste indemnité des meubles et effets qui seraient
passés au profit de la Nation.
Fait à Nice, dans la salle des séances le 5me Vendémiaire an 4me républicain (27 sept. 1795). Signé
Saytour Martin. Verani,
procureur syndic, Angles v. prés.
Touzelly. Jn Coppon fils.
Enregistré au feuil. 20 registre des prévenus
d'émigration et signé BARRAIA, commis greffier.
Certifié conforme par nous Ve président et secrétaire du district Jn COPPON Fils V,-PRÉSIDENT
BARRAIA Cis greffier.
A rch. Nat. F 7 4867

2

�— 6o —

Pièce 9.

LIBERTÉ (vignette) ÉGALITÉ
BUREAU DES
ÉMIGRÉS

Extrait des registres des délibérations et arrêtés de
l'Administration Centrale du département des Alpes Maritimes.
(2

juin 1797)

Séance du quatorze Prairial an 5mf de
la République française une et indivisible.
Sur le rapport d-e la pétition présentée par le
citoyen Pierre Joseph Passeron, procureur fondé de
Monsieur Charles Valperga, ci-devant évêque de
Nice, dans laquelle il expose que ledit Charles Valperga n'a jamais dû être atteint des lois relatives à
l'émigration, soit qu'on le considère comme parti en
suite d'une force majeure, soit en sa qualité de piémontais et demande en conséquence la radiation de
son nom de la liste des Emigrés, sa réintégration
dans la possession et jouissance de ses propriétés et
une juste indemnité, des meubles et effets qui sont
passés au profit de la République.
L'Administration Centrale du département des
Alpes-Maritimes, considérant que M. Charles Valperga, comme piémontais, n'habitant Nice que pour
cause de son emploi, n'aurait jamais dû être porté
sur la liste des émigrés du département.
Que le seul motif qui a pu déterminer le général
d'Anselme à lui ordonner de partir de la ville de
Nice, ne peut avoir été que la susdite qualité de
piémontais.
Considérant enfin, que comme sujet du roi de
Sardaigne, il est dans le cas de jouir de l'article i,r
de la loi du quatorze nivôse an troisième, (} janvier
1795), ainsi que de l'article neuf de la loi du trente
Floréal an quatrième, (19 mai 1796).
Arrête, oui le commissaire du Directoire Exécutif
que le nom de Valperga, ci-devant évêque de Nice,
qui se trouve inscrit sur la liste des émigrés, sera

�— 6i —

provisoirement rayé ; que tout séquestre qui pourrait
avoir été mis sur ses biens sera levé, qu'il sera réintégré dans la possession et jouissance de ses propriétés,
et que toutes les sommes versées dans les caisses publiques, lui seront rendues, déduction faite des frais
faits conformément aux lois.
Fait et arrêté* en séance publique le jour, mois et
an que dessus.
Signé : Donny, président Payani, fils, Scudéry,
Oberti, Hancy (et en marge Gastaud commissaire
du Directoire Exécutif).
Certifié conforme à l'original par nous président
et secrétaire de l'Administration centrale du départemeni des Alpes-Maritimes.
DONNY, président
BELMONDI, sec. chef au bureau des émigrés.
Arch. Nat. F 7 4867 2

ACTE DE CAUTIONNEMENT
Pièce 10.

11 fructidor anV (2&amp; août 1797)
LIBERTÉ ÉGALITÉ
Ce jourdTiui 11 fructidor an 5 de la République
française une et indivisible (28 août 1797) par devant nous, membres composant l'Administration
centrale du département des Alpes-Maritimes, est
comparu le citoyen Joseph Passeron, natif de Contes,
chef-lieu de canton, domicilié dans cette commune,
procureur fondé de Monsieur Charles Valperga, cidevant évêque de Nice, en vertu d'acte de procuration du 20 juillet et premier août 1795 (v. s.) lequel
en sadite qualité, dépendamment à l'arrêté de cette
administration du quatorze prairial an cinq (2 juin
1797) portant que le nom de Valperga, ci-devant
évêque de Nice, sera provisoirement rayé de la liste
des émigrés, que tout séquestre qui pourrait avoir
été mis sur ses biens sera levé, qu'il sera réintégré
dans la possession et jouissance de ses propriétés, et

�— 62 —

que toutes les sommes versées dans les caisses publiques lui seront rendues, déduction faite des frais
faits, conformément aux lois, désirant de se conformer au porté par l'article 3 de la loi du 5 Brumaire
an 3 (26 octobre 1794) qui exprime que les prévenus
d'émigration seront tenus de donner caution solvable de la valeur mobilier, et ne pourront obtenir
leurs immeubles jusqu'à ce qu'il ait été définitivement statué sur leurs réclamations par qui de droit,
toujours en sa dite qualité a présenté pour caution le
citoyen François Grosson, marchand drapier de cette
commune, lequel ici prése.it et acceptant, s'oblige
conjointement et solidairement avec ledit Valperga
et pour celui-ci ledit Joseph Passeron, et sous l'hypothèque de tous leurs frens présents et à venir, à l'entière exécution de ce qui les concerne en la susdite
loi, et à la représention des mobiliers, effets et sommes à percevoir en dépôt que besoin sera, et quant
aux mobiliers invendus et en dépôt seront soumis
d'en représenter la valeur à laquelle seront estimés
par experts, préalable rémission.
Et nous, administrateurs susdits approuvant lesdits
cautionnement et acte de soumission, à la réquisition
dudit citoyen Joseph Passeron, avons dressé le présent acte que toutes les parties ont signé avec nous,
ayant au préalable fait renoncer audit François Grosson au droit de premier convenir.
Fait à Nice les jours, mois et an que dessus.
Joseph

PASSERON,

François GROSSON,
prés., PAYANY FILS,
MARUN-SAYTOUR, sec. en chef

HANCY, DONNY,
P.

Acte original sur timbre de 20 centime*.
Arch. Nat. F

7 4867^

�— 63 -

CONCLUSION

Il était avéré pour tous, dans la ville de Nice, que Mgr
Valperga était parti contre son gré et si la première Administration départementale, installée au mois de Mai 1793,
l'avait inscrit sur la liste des émigrés de Nice, c'était à la
suite d'une réponse faite par le ministre de l'Intérieur, Garât,
aux questions à lui posées par le Directoire des Colons Marseillais sur la conduite à tenir vis-à-vis de l'évêque.
Les questions avaient été envoyées à Paris, vers la fin
de Février 1793, et la réponse du ministre ne parvint à Nice
qu'au milieu de juin suivant, soit quelques jours avant la
publication de la liste des émigrés. Les réclamations de
l'évêque, retiré à Turin dans sa famille, furent présentées
le 22 juillet 1793 (1) ; mais comme beaucoup d'autres, elles
s'entassèrent dans les bureaux du Département, qui n'y
répondit même pas.
Cette réclamation fut présentée au nom de l'évêque par JeanJacques Donny au Département. lîlle figure en original au dossier
Valperga.
Voir ci-dessus.
Le registre des délibérations du département manque aux Archives pour les derniers mois de 1793, exactement du Ier mai au 10
Novembre, comme pour les six derniers mois de 1797 et l'année entière de 1798, exactement du 8 Messidor an V (26 Juin 1797) au 25
Pluviôse an VII (13 février 1799).
C'est-à-dire pour les deux périodes les plus troublées et cette
disparition est tout au moins étrange.
Elle doit être vraisemblablement attribuée à certains hommes
politiques désireux de laisser dans l'oubli leur conduite durant ces
deux époques.

�- 64 On était dans la période la plus aiguë et, en pleine
Terreur.
Après le 9 Thermidor et, surtout après la venue à Nice
du représentant Beffroy, au mois de Floréal, an III (Mai
I795)»
les esprits devinrent plus calmes, les administrations plus pondérées. C'est alors que, sur de nouvelles demandes présentées au District, et sur avis favbrable de
celui-ci, le département des Alpes-Maritimes accorda à Mgr
Valperga sa radiation provisoire, le 14 Prairial, an V (2 Juin
1797). Comme on le voit, l'affaire avait traîné en longueur.
Il semblait alors que rien ne s'opposait plus à la rentrée
de l'évêque : le 11 Fructidor, an V (28 Août 1797), le Département avait agréé la caution de François Grosson (1) ;
les biens de l'évêque allaient lui être rendus, et il pourrait
rentrer.
Mais huit jours après, le coup d'Etat du 18 Fructidor (4
septembre 1797) remettait le pouvoir aux mains des Jacobins, la guerre aux émigrés et aux ecclésiastiques, en particulier, reprit avec âpreté. Pe département des Alpes-Maritimes se vit accusé d'avoir préparé une rentrée triomphale à l'évêque, son arrêté du 14 Prairial resta sans effet
et, en vertu de la loi du 19 Fructidor (5 septembre), les
scellés furent de nouveau apposés sur les biens de Mgr Valperga par deux commissaires municipaux (2).
En vain, l'évêque de Nice, fit intervenir auprès du Directoire Balbi, l'ambassadeur du Roi de Sardaigne à Paris,
le dossier de sa demande en radiation fut examiné sans
aucune bienveillance.
(1) L/Acte original de ce cautionnement sur timbre est aux
Arch. des Alp.-Maritimes Q. 10.
(2) Mise de scellés sur les biens de Charles Eugène Valperga par
deux commissaires de la municipalité de Nice. Une scéance, 6 livres.
Dépense approuvée par le Département, en Germinal an VI (avril
1798). Arch. des A. M. Q. 11.
Mgr Valperga ne possédait à Nice aucun immeuble et il devait
rester fort peu de chose de son mobilier après la vente qui en avait
été faite en Ventôse an III. La bibliothèque de l'évêché avait été déclarée bien national et la caisse diocésaine avait disparue en octobre 1792
sans laisser de traces dans les pièces administratives. Le séquestre
a été apposé sur les biens de nombreux émigrés rayés provisoirement.
On peut en voir la liste aux Archives des A. M. Q. 10, où Valperga
figure sous le N° 65.

�- 65
Á la suite de la lettre de Balby datée de Paris le 7 février
1798, le ministre de la police demanda à ses Bureaux un
rapport sur l'affaire Valperga. Pe voici tel qu'il se trouve
en minute au dossier.
Attendu que rien ne tend à constater le prétendu ordre
de quitter Nice, d'où il suit qu'il faut en croire sur parole
l'émigré.
Qu'à raison de son domicile, il était tenu de rentrer sur
le territoire dans les délais voulus par les lois.
Qu'il est atteint par la déchéance et n'a réclamé que
l'an V.
Qu'il ne paraît pas y avoir lieu de violer la loi en faveur
de cet ex-évêque dont la rentrée prohibée par la Constitution serait d'une influence dangereuse.
J'estime qu'il y a lieu à proposer la maintenue sauf
à prendre des renseignements si toutefois on les trouve
indispensables.
CAIGNART,
Sous-chef (2e Bureau).
En tête de cette minute est écrit :
« Je pense qu'il y a lieu à instruction et à prendre
des renseignements près les Administrateurs du département_des Alpes-Maritimes. »
Signature illisible (1).
Ces renseignements furent-ils demandés ? C'est probable et cela explique que bien des pièces du dossier Valperga sont en double expédition. Plus d'une année s'écoula
encore, avant que fut prise une décision et finalement sur
un rapport défavorable de la Commission d'examen instituée près le Ministère de la police pour l'étude des demandes en radiation, le Directoire exécutif signa le 7 Floréal
an VII, (26 avril 1799) un arrêté qui maintenait définitivement, sur la liste des émigrés, Mgr Valperga et annulait
toutes les décisions rendues antérieurement, en sa faveur,
par les. autorités locales.
(1) Arch. Nation. F 7 4862 2 dossier Valperga. Rapport de la
3 me Division du Ministère de la police, sans date mais joint à la
lettre de Balbi.
»

�- 66 -

Varrêté du Directoire parvint à Nice les premiers
jours de Prairial an VII (Mai 99) et fut immédiatement
mis à exécution. (1).
*

* *

Ainsi donc Mgr Valperga expulsé ne put jamais obtenir
de rentrer, les lois sur l'émigration étaient tellement embrouillées et tyranniques qu'une fois inscrit sur une liste
d'émigrés, il était extrêmement difficile de s'en faire rayer
malgré toutes les démarches ; car on se heurtait sans cesse
à des questions de forme et de procédure ce qui permettait
à la malveillance de s'exercer tout à fait à l'aise sous le
couvert de la légalité.
A. J.

PvANCE-BOURREY.

(1) De 21 Floréal an VII (10 mai 1799), il fut communiqué
par le ministre de la police générale de la République aux diverses
administrations intéressées et aux Commissaire du Directoire exécutif
près le département des Alpes-Maritimes. Celui-ci par lettre du 3
prairial (22 mai 1799) demanda au Département de le transmettre
à la Municipalité de Nice, ce qui fut fait le même jour avec ordre
de le transcrire sur ses registres, de faire apposer les scellés ou séquestre sur tous les biens meubles et immeubles de l'évêque si ce
n'est déjà fait, et de mi notifier sans délai la décision prise à son égard.
Voir lettre du Département à la Municipalité, celle du Commissaire au Département, 3 Prairial an VII avec la réponse du Département 4 Prairial.
Arch.. des A. M. Q. 1 et 2 et Arch. Nationales, dossier Valperga,

�NIÇA LA BELLA
VERS DE /.

Giordan,

su

DE CARTA POUSTALA

Ai rai dôu nouostre bouon soulèu
Venon s'escaufar toui lu lùssi ;
Es un meravihous tablèu,
Ai rai dôu nouostre bouon soulèu,
Trouvas, dou Var fin au Castèu,
Anglés, Rouman, Danesi, Rùssi :
Ai rai dôu nouostre bouon soulèu
Venon s'escaufar toui lu lùssi.
Pèr tu, as touti li bèuta,
Terra de lus e d'alegria,
D'un ciel d'azur, as la clartà,
Pèr tu, as touti li bèuta.
De l'univers, en verità,
Siès la uechièma meravia ;
Pèr tu, as touti li bèutà,
Terra de lus e d'alegria.
Dintre lou tèmp, Semiramis
Faguet basti, à Babilouna,
Pu siéu jardin, vèr paradis !
Soubre Paioun, degun s'estouna
De vèire, ancuèi, lou paumoulié
Drissar au ciel la siéu coulouna
E lou galofre, e l'anemouna
Flouri emb'au pourtegalié.
De bouon matin, quitant maioun
Pèr la journada touta'ntiera,
S'en va lavar, dintre Paioun
Pa bugadiera.
D'un glourious passat es fiera
Perqué, d'un tèmp, sus lou bastioun
Au Turc, arranquèt la bandiera
Pa bugadiera.

�fet 68 —

Sau de fouora fa freï,
Que brima,
A Niça, sus lou Quèi,
Si rima.
Pescadou, fourestié,
De la mar bressarella,
Escouton voulountié
Pa doussa cantinella.
L'AVOUCAT

PATTA

L'estudi de l'avoucat Patta es en plen aria ; si tèn lou matin
couma lou predinà su la plaça dôu Palai. Es un ome pichounet,
touplen raplot, li pocha enfli de papiè de touta mers. En lu vièi
quartiè es proun counouissut e li capelada, « Bouonjou Moussu
l'Avoucat », noun li mancon. Es ben m'ai juge, proucuradou, etc.
Lu siéu ounourari soun bouon pati e n'a de preferença pèr
qu si sigue. Parla au premier maufatan vengut, couma se fousse
un agnèu que vén de naisse ; lou créancier o lou débiteur soun
tratat su lou même pen... basta que mouson...
L'avoucat Patta es de noutarietà reputat pèr un ome judicious, òunest — au noun si flata de l'estre au jou d'ancuei ; —
finda counouisse, es en relacioun d'afaire emê de gros persou nage que dintre la finança dôu siéu coumerce, soun quasi d'usurari. Sau menajar la cabra e lou caulè ; e pèr que la mouneda
noun li escapa si desbrouïa e si mete dôu cousta dôu manche...
d'aquéu que casca lou de mai...
Acò fa que toui lu matin que lou Bouon Diéu a fach, la siéu
doumestica mete toujou quaucaren au fuec. Lou dimeneghe, coum'un bouon crestian, — tartufaria que lou pauva, — va audi la
gran'messa à Santa Réparada, fa la siesta e à la calada dóu soulèu,
passeja su lou Cours, pastrouia, fa lu cent pas, noun parla que de
lei, proucès, citacioun, ensin alestisse lou travail dôu dilun...
Lendeman empastra ben d'afaire, mete facilamen en lou sac
Moussu Tout'Un emé Moussu Tout'Autre... En éu que li pòu
faire ?... lança dapertout lou broumech, tant pis pèr aquéu que si
laissa agantar. Quaranta sóu es lou près d'atac e vous pregui de
crèire que douna pas la siéu journada pèr doui o tres escut.
L'avoucat Patta counouisse l'usança dôu païs... s'avès touort,
vous rouïa, s'avès pi rasoun, v'espia... Que voulès aima manjar
lou pei, lou pei que noun aiguë d'espina...
JULI EYNAUDI.

�-«9VA

MAU ! !

Va màu, cresé-vous, que va màu 1
En l'orizoun lou voile negre
N'es qu'un gran camp cargat de pebre,
Qu'à pala lou jeten davan,
Avuglan finda lu cavau 1
Lu canoun soun su li frountièra,
Alignât couma de barriera,
N'esperon plus que lou signàu !
Lou soulèu, aquel animàu !
Stan, noun vòu levà la vela,
Si foundon couma des candela
Enb'aquèu coust dôu diàu !
Le Giacouuda à cóu de d/stràu
Li fan petà li sièu moulura...
Ah ! dèu faire bella figura
Se l'an foutuda en quauqua tràu
Lou pan crèise, finda la sàu,
Lou sucre dintre li boutiga
Mounta ben mai que de boufiga !
Van jusque crèise lou rampàu
E la pèu que fau lou tambau ;
Metran de drech su li nourriça,
Su lu chichi, su li saucissa,
Perqué pas soubre lu magàu ?
E lou Prussian, marrit bertàu,
Noun sabon fa que de babïa,
Per lou Maroc e l'Algèria,
Se faran mètre lou mourràu !
Li serreren toui lou pourtàu
E pi veiren touta la França
Davan la sieù grossa arougança
Se noun si sau garda li clàu !
Es de rima d'un manechàu,
Ma sien d'estiéu, vesin, vesina,
Li passeres en la resina
Avant que vegon l'espitau !
CHARLES CIAUDO

�Valère Bernard
Tout en heurtant le marteau contre la porte de M. Valère
Bernard je songeais. Je me suis complu dans le plus souriant
mépris des idoles. L'ironie a tremblé sur mes lèvres quand
la Provence a dans un ravissement de joie acclamé le poète de
Maillanne. Cette mascarade d'apothéose me répugnait.
Et maintenant la curiosité me fourvoyait dans le studio
d'un consciencieux artiste que les felibres couvraient de gloire.
Elève de Puvis de Chavannes M. Valère Bernard pasticha le
Maître. Mais vite il eût l'intuition qu'à se perdre dans les sentiers
battus il courrait risque de compromettre son crédit. Il dit
adieu à Paris et vint dans Marseille, l'opulente cité.
A cette époque vivait un exquis écrivain, J. Lombard. Il venait de publier deux œuvres d'une grandiose beauté, VAgonie et
Bysance. Dans un style étrangement tourmenté il contait les
luttes entre les factions d'Orient, illuminant son œuvre des
splendeurs bysantines.
Valère Bernard vit Jean Lombard, et du même coup les belles
au bois qui dormaient en son âme s'éveillèrent. Il délaissa les
études académiques, les pastiches sans vie, et d'ardentes couleurs
chargèrent ses toiles.
Voici le triomphe des rois Babyloniens. Sur les voûtes d'un
palais impérial passent des gardes étincelants dans la pourpre et
la soie. L'or envahit les hautes colonnes de jaspe bleu. Involontairement on pense aux fantastiques demeures hantées par des
fées émeraudes et des princesses aux perversités troublantes.
Et je m'imagine que le peintre était sous le charme de la
légende quand il a peint cette courtisanne qui sourit à son miroir tout en jouant négligeamment avec sa chevelure d'or. Et
puis passent Venise la rouge, Marseille enveloppé dans la poussière d'or du crépuscule, des motifs à la Watteau peints par un
bysantin, toute une apothéose.
Mais une idée m'obsède, tandis que dans la grise clarté d'un
soir automnal s'éteignent les fauves éclairs jaillis de ces radieuses
toiles. L'idéalisation du passé me paraît cruelle. Les générations
endormies dans la Mort ont eu leurs misères/leurs rancœurs, je
pense qu'il est absurde de s'écrier avec Musset « qu'aux temps
jadis tout était heureux jusqu'aux douleurs humaines. » En vain
l'apostat s'attriste-t-il sur les vieillards immortels de l'antique

�- 7i

—

lonie, â ses oreilles résonnent les paroles de l'Hiérophante : « La
Helladi que tu aimes n'a jamais existé ».
Mais M. Valère Bernard brise ma rêverie, et mes yeux se
portent.sur des portraits appendus au mur. Profils d'espagnol ou
d'américain mitigés d'espagnol, comme on en croise maintes fois
sur la Cannebière.
Homme universel ne puis-je m'empêcher de m'êcrier. M.
Valère Bernard sourit. Il siérait dit-il, à mi voix, de se développer en profondeur. Toutefois il est beau de se dire sur le
tard de sa vie que l'on a fait vibrer toute son âme. Ici le maître
rejoint Néron. Il m'aide à comprendre cet inquiétant empereur.
Mais encore faut-il que tout en étant l'homme universel on ne
sombre pas dans la banalité. De méchantes œuvres d'art peuvent
avoir leur prix.
Une idée se lève devant moi. Labruyère me petsuade que
l'honnête homme de Pascal propre à tout en définitive n'est propre à rien. La spécialisation inintelligente, mène à l'erreur, j'en
conviens, mais en fait elle est une loi générale.
Et ceci est pour me plaire, car j'abhorre dissiper mon énergie,
j'aime le repliement, la frissonnante pudeur qu'effarouche les
vaines ostentations. Je goûte les peintres du passé et malgré ma
philosophie j'adore les peuples disparus. Volontiers j'implorerai
avec la Cassandre de Schiller la cécité, l'exquise cécité. Le sou
venir a plus de puissance sur moi que l'espoir.
Et sous des deux gris, en des pays étrangers désolants de
médiocrité, il m'est arrivé de pleurer plus amèrement que ne
pleura Xerxès aux rives d'Abydos.
J. PADOVANI.
PROUVERB1, BOUOI MOT, COUNSÈU E DICH
Vèuva que si marida,
Dèu perdre la lus e l'audida.
Fiha madura,
Lou pouorta à la centura.
En cuntant su lu det :
Aquéu a fa l'óu ;
Aquéu l'es anat cercar,
Aquéu l'a fa cuèire,
Aquéu l'a manjat,
E lou pichoun n'a ren tastat !

�— 73 —
LE

DÉSESPOIR

Oui, j'ai la mort dans l'âme ; oui, je monte au calvaire ;
Mon horizon, hier si beau, s'est obscurci ;
Je hais tous les devoirs et tout ce qu'on révère :
Mieux vaut mourir que vivre ainsi !
Puisque je n'y puis rien ; que la raison humaine
Ne gagne plus un cœur où mon cœur est entré,
Je veux briser mes jours comme on brise une chaîne
Et m'enfuir en désespéré.
Qu'est-ce donc que la mort ? C'est la paix éternelle,
C'est un beau drap de fleurs sur mon sein endormi,
C'est la nature calme, auguste et solennelle
Qui nous prête un repos ami.
O nature de Dieu contemple ma détresse !
Ecoute tout mon sang dans mon cœur s'épancher
Et, puisque je n'ai plus le lit de ma maîtresse,
C'est au tien que je veux coucher ;
C'est toi la grande mère et la nourrice immense !
L'homme au sort le plus âpre et l'homme au sort plus beau
Retrouvent dans ton sein leur part de ta clémence :
L'un l'amour, l'autre le tombeau
Tu sais, toi qui vois tout, ce qu'ici bas je souffre,
Que je n'ai point béni l'instant de mon réveil
Et que j'ai regardé, toujours, du fond du gouffre,
Les bords ou brillait le soleil ;
Que je n'ai bu jamais que dans la coupe amère,
Que le seuil du bonheur me fut toujours fermé,
Que j'ai perdu mes fils, que j'ai perdu ma mère
Et tous les cœurs qui m'ont aimé !
Maintenant je m'en vais, battant du front, comme ivre,
En proie à ce grand deuil qui me courbe en vainqueur,
Et je veux déchirer ma vie, avec le livre
Des chastes sanglots de mon cœur ;
Et toi, rayon divin, génie, ardent délire,
Flambeau qui n'iras plus briller sur son autel,
Eternise du moins ces larmes de ma lyre
Et que mon cri soit immortel !
[EDGAR DE MASINI

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Noumbre d'or...
13
Mars
Epato (Grégori)
Il
Jun
Cicle soulari
17 Setèmbre
Endicioun roum
10 Desembre
Letra doumenicala
G F
LI QUATRE

8,
7,
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20,

10
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11
10
23
23

SESOUN

Lou printèms coumença lou 21 mars
L'estiéu
—
— 22 Jun
L'autoum
—
— 24 sept,
L'iver
—
— 22 dés.

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dôu sera
dôu sera
dôu matin
dôu sera

FESTA MOUBILI

Septuagesima... 12 Fébrié
Cendre
21 Febrié
Pasca
7 Abrieu
Rougacioun 21, 22, 23, 24 Mai
Ascensioun
16 Mai

Pantecousta
Trinità
Festa de Diéu
1" Dimenegue de
Ie* Desémbre

26 Mai
11 Jun
15 Jun
l'Avènt

LU ESCLISS!

Souliu.

—

ij Abriéu. — Esclissi annulari e coumplet visible

à Paris, en America, en Europa et dintre lou N.-O. de l'Africa.
Coumençamen de l'esclissi à 10,01 dôu matin ; finisse à 1,08
dôu sera.
10 Otitoubre. — Esclissi coumplet invisible à Paris, visible
dintre l'America dôu Sud.
Luna. — 1" Abrièu. — Esclissi parciella visibla à Paris. Entrada de la luna dintre l'oumbra, 9.26 dôu sera; sourtida, 11.03
dôu sera.
26 Setèmbre. — Esclissi parciella, invisibla à Paris, visibla
dintre l'Océan Pacifique.

Jîla providence, %ue de la Préfecture /4, $run, Siàraire

�LU

VÉNT

Lu vènt que souflon à Niça, dintre lou cours de l'armada,
soun au nombre de 16. Vequi li siéu denouminacioun courènti,
pihadi, en general, dai loucalità dei quali parèisson vèni :
Sud
Miejon
Nord... Tramountana
S.-S.-O. Miejou Lebech
N.-O.-E. Grek Tramountana
S.-O
Lebech
N.-E... Grego
O.-S.-O Pounèut Lebech
E. N .E. Levant
Ouest. Pounènt
E.-N.-E. Levant
O.-N-O.V Pounènt Maistràu
E.-S.-E. Levant
N -O . Mastràu
S.-E.... Siroco, vènt marin
N..-N. OMaïstràu Tramount
S.-S.-E.. Miejou Siroc

6
15
25
14
31
24

VIGÍLIA — JEUNI
Abriè
(Pasca, 7 Abrièu).
Mai
(Ascensioun, 16 Mai).
Mai
(Pantecousta, 26 Mai).
Avoust
(Assoumpcioun, 15 Avoust).
Outoubre (Toui lu Sant, Ier Nouvembre).
Desembre (Calena, 25 Desembre).
L'AN NADA RELIGIOUSA

LI FESTA MOUBILI E LI FESTA FISSI
Janvt'è
jYlars
1 Circouncisioun.
1 e 2 Quatre Tèms.
6 Epifania (lu Rei).
3 Reminiscere.
13 Bateja de J.-C.
10
Oculi.
14 Sant Noum de Jesu.
17 Lœtare.
fébrié
24 Passioun.
2 Puriflcacioun.
29 Li 7 Doulou.
4 Setuagesima.
31 Lu Rampàu.
6 Festa de la Pr. de N. S.
11 Sexagesima.
Jîbriéu
13 Coum. de la Passioun.
5 Divendre Sant.
18 Quinquagesima.
7 Pasca.
21 Cendre.
14 Quasimodo.
25 Quadragesima.
28 Patrou. de San Joúsè.
28 Quatre-Tèms.

�Setembre
3 Inv. de la Santa Crous.
13, 14, 15, Rougacioun.
16 Ascensioun.
26 Pantecousta.
29-31 Quatre-Tèms.
1
2
6
9
21
24
29

Quatre-Tèms.
Trinità.
Festa de Diéu.
Festa dôu S. Sacramen.
Sacrat-Couor de'jesu.
Natività de S. jouan-Bat.
SS. Peire e Paul.

8 Natività de la Vierge.
14 Esaltacioun de la Crous.
15 N.-D. dei 7 Doulou.
15 San Noum de Maria.
18, 20, 21, Quatre-Tèms.
29 Dédie, de S. Miquèu.

Ôutoubre
6
13
20
27

Sant Rousari.
Maternità de la Sta Vierge.
Puretà de la Santa Vierge.
Patrounage de la S. Vierge.

J/ouvembre

Juliet
2 Visitacioun de la S. V.
7 Precious Sang.
16 N.-D. dôu Carme.

Jîvoust
6 Transfiguracioun.
15
18
25
25
29

Assoumpcioun.
S. Joachim.
S. Couor de la Vierge.
S. Louis.
Decolac. de S. Jouan-Bat.

1
2
3
21

Toui lu Sant.
Lu Mouort.
Santi Relíquia.
Present, de la Sta Vierge.

2&gt;esembre
1 Avent.
8 Imaculata Councepcioun.
18, 20, 21, Quatre-Tèms.
25 Calena.

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�LA

DÉCIMALISATION

DU

TEMPS ET DES

ANGLES

LA MONTRE DÉCIMALE
Par J. de REY-PAILHADE, président du Comité
pour la propagation des méthodes Décimales.
Le Club Nautique de Nice a offert plusieur fois en prix des
montres décimales aux régates'de 1909. Il était utile de décrire cet instrument, d'y joindre des tables pratiques et des
formules à l'usage des ingénieurs, des sportsmen, des médecins, etc. etc.
DÉCIMALISATION DES ANGLES •
Il est aujourd'hui démontré que la division décimale du
quart de cercle facilite tous les calculs.
Les nouvelles cartes géographiques sont graduées exclusivement dans ce système, devenu officiel en France et dans
d'autres pays. On possède toutes les tables pratiques nécessaires à son essai courant. Nous ne nous étendrons pas
davantage sur cette méthode aujourd'hui enseignée dans les
lycées et collèges.
Nous rappellerons seulement que M. l'amiral Germinet,
membre d'honneur du C. N. N., sous la direction duquel on
fit en 1899 et 1900 des essais de navigation avec un matériel
entièrement décimal, a émis un avis très favorable à la
réforme décimale.
DÉCIMALISATION DU TEMPS
La division décimale du jour décrétée le 4 frimaire an II
rendra aussi de grands services à la science et aux sports.
Principe. — On divise le jour entier en 100 parties égales
appelées cés ; le cé est subdivisé en décisés, ceniicès et millicés
Le cé vaut 14m 24s ou 1T4 d'heure environ ; le décicé est égal
lm 26s 4 ou lm Ij2 environ ; le millicé vaut 0S 864 ou 9T10 de
seconde environ.
Concordance des Temps. — On parvient assez vite à dire
instantanément l'heure à 1 ou 2 minutes près en regardant le
cadran d'une montre décimale. Il suffit d'apprendre par cœur
les concordances décimales de toutes les heures.
0,0
0
50,0

4,2
1
54,2

8,3
2
58,3

12,5
3
62,5

16,7
4
66,7

20,8
5
70,8

25,0
6
75,0

�25,0
6
75,0

29,2
7
79,2

33,3
8
83,3

37,5
9
87,5

41,7
10
91,7

45,8
11
95,8

50,0
12
100,0

Les heures sont au milieu, les concordances des heures
du matin en haut, celles du soir en bas. Ainsi 10 heures du
matin valent 41.7 cés (énoncer 41 cés 7 décicés) et 10 heures
du soir valent 91,7 cés.
Gomme 1 cé vaut presque lj4 d'heure et un décicé une mi •
nute 1]2 ; en partant des concordances du tableau, on dit
l'heure instantanément, ainsi 39,9 cés valent 9 h. 36 m. du
matin. Un ou deux jours suffisent pour atteindre ce résultat.

Description de la montre décimale ou cémètre. — Il y a 3
aiguilles centrales se mouvant sur un cercle divisé en 109
parties égales, numérotées de 0 à 9. Le 0 cé est en bas, c'est
l'origine des temps, car on suppose la Terre au centre du
Cadran.
L'aiguille dorée avec un soleil ne fait qu'un tour par jour ;
l'aiguille épaisse en acier bleu tourne 10 fois par jour, et la
trotteuse fine fait 1000 tours par jour.
L'aiguille-soleil montre la position de l'astre du jour par
rapport au méridien de Paris, qui va du centre au chiffre 5.

�10 —
Les quatre traits bleus indiquent les positions de cette aiguille
à minuit en bas sur 0 ; — à tì h. du matin au milieu entre 2
et 3 ; — à midi, en haut, sur le 5 ; — à 6 h. du soir, entre 7
et 8.
L'aiguille dorée du soleil indique le chiffre des dizaines
de cés, 2 sur le dessin ; l'aiguille épaisse donne d'abord le
chiffre des cés, 6 sur le dessin, et en comptant rapidement à
l'œil le rang de la division entre 6 et 7, on voit, que cette aiguille marque 3 décicés. Le temps du dessin est donc 26,3
cés correspondant à 6 h 20 m. du matin environ. L'aiguille
trotteuse donne les millicés 83. Le temps est donc 26,383
cés.
» Pour la vie courante, on n'a pas besoin d'aller au delà du
clécicé. On lit les milticés pour les applications scientifiques
et sportives.
Le temps en millicés lu sur le cêmèire facilite tous les calculs, car on n'a jamais de réductions à faire.
Examinons le problème des vitesses a l'heure : Les millicés multipliés par 0,00024 donne des heures et fraction décimale d'heure. Ainsi Ì2345 millicés valent 12,345 -f- 24 =
2 h. 9628.
Par conséquent si L est la longueur parcourue et M le
temps en millicés, la vitesse est

ou t

+ 4166,66...

Ces quelques exemples démontrent que la montre décimale simplifie tous les calculs sans exception.
Les rapports de MM. les délégués officiels aux essais de
la montre décimale faits à Nice, par le Club Nautique, le 26
février 1911, concluent unanimement à la supériorité de cet
instrument pour les usages scientifiques et sportifs.
M. Prim, astronome à l'Observatoire de Nice, représen
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P.
D.
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Q,
L.
Q.
L.

lu 8, à 7
lu 14, à H
lu 22, à 7
lu 30, à 10

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1
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3
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6
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31

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oura
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dil. S. Apoulinari
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dim. S. Pèire
9
dim. S. Guiermo
10
dij S. Teodose
11
div. S. Arcada
12
dis. Sta Verònica
13
Dim. S. Ilari
14
dil. S. Maurici
15
dim. S. Ounourat
16
dim. S. Antoni
17
dij. Sta Angela
18
div. S. Sulpici
19
dis. S. Bastian
20
Dim. Sta Agnesa
21
dil. S. Vincènt
22
dim. S. Raymound
23
dim. Sta Jacinta
24
dij. Conv. de S. Pàu
25
div. S. Poulicarpa
26
dis. Sta Devota
27
Dim. Sta Paula
28
dil. S. Francès S.
29
dim.
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TRIMESÏRÍ;

Macari
Genevieva
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dim. Sta Marfina
dim. S. Peire N.
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dij. S. Ignaci
div. La Candeliera
dis. S. Blasi
Dim. Setuagesima
dil. SS. Vinc.Oronte
dim Sta Agata
dim. Sta Dorotea
dij. S. Romuald
div. S. Jouan-Matha
dis. Sta Apoulounia
Dim. Sexagesima
dil. Sta Eulàlia
dim. S. Gregori
dim. Sta Eufrasia
dij. S. Onesime
div S. Dounat
dis. S. Simeoun
Dim. Quinquagesima
dil. S. Gabin
dim. Dimars-Gras
dim. Li Cendre
dij. S. Silvan
div. S. Maxime
dis. S. Pascase
Dim. Quadragesima
dil. S. Nestor
dim. S. Leandri
dim. Sta Nourina
dij. S. Nymphas

Plueia de febrié
A la terra vau fumiè.

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MARS
N. L.
P. Q.
P. L.
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S. Acepsima
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S. Apien
S. Jôusé
S. Joachin
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S. Turibe
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3 dim.
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5 div.
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9 dim.
10 dim.
11 dij.
12 div.
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14 Dim.
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16 dim.
17 dim.
18 dij.
19 div.
20 dis.
21 Dim.
22 dil.
23 dim.
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lu 13, a 7 oura
lu 21, à 10 oura
lu 28, à 7 oura
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2 dij. S. Atanase
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6 dil. S. Jouan D.
7&lt; dim. S. Peire
8 dim. s. Gregori N.
9 dij. s. Antounin
10 div. s. Isidoro
11 dis. s. Bounifaci
12 Dim. s. Jouan lou S.
13 dil. s. Pouon, m.
14 dim. s. Pacomo
15 dim. s. Sta Denisa
16 dij. Ascensioun
17 div. S. Pascaù
18 dis. S. Teodoto
19 Dim. s. Pèire C.
20 dil. s. Felis.
21 dim. s. Bernardini
22 dim. s. Julia
23 dij Rogaeioun
24 div. s. Vincen, d. L.
25 dis. S. Urbin
26 Dim. Pandecousta
27 dil. S. German
28 dim. S. Cirile
29 dim. Sta Petronïa
30 dij. S. Sylve
31 div. S. Justin
Au mes de mai
Longui semana

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11 dim.
12 dim.
13 dij.
14 div.
15 dis.
16 Dim.
17 dil.
18 dim.
19 dim.
20 dij.
21 div.
22 dis.
23 Dim.
24 dil.
25 dim.
26 dim.
27 dij.
28 div.
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30 Dim.

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Trinità.
S. Quirin
S. Francès C.
S. Lié
Festa de Dieu
S. Lié
Quatre-tèms
S. Optat
Sta Margarida
S. Barnabe
S. Antoui de P.
S. Basilio
S. J.-F. Régis
S. Moudeste
S. Lambert
Sta Olga
S. Gervai
Sta Juliena F.
S. Louis de G.
S. Paulin
Sta Maria d'O.
S. Jouan-B.
S. Prousper
S. Alban
S. Cresen
s. Iréné.
s. Pèire
s. Pàu
s. Tibàu

En Jun
De tres abit l'un

Dégustez tous le vrai

NICE

—

BLANQUI &amp; FRACCHIA
— Usine au Pont-Magnan

—

NICE

�— i4 —

TROISIÍ)MK

AVOUST

JULIE T
P.
P.
D.
N.

lu 3, a 10 mira 20 m.
lu 11, à 1 cura 53 s.
Il 19, a o oura 31 m.
lu 25, a 9 oura 12 s.
SDULÈU. - - L. 4 35' — C. 8 22'

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Dim.
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dim.
dim.

S. Thierry
Vierg.de li Gracia
S. Anatole
S. Pèire de L.
S. Sisoès
S. Elie
Sta Babeta
S. Efrein
Sta Felicita
S. Pio
S. Jouan G.
S. Gene
S. Jaque
Festa Naciounala
S. Enri
N.D.d.M. Carmel
Sta Marcelina
S. Frederic
S. Vincen de P.
Sta Margarida
S. Vi loiSta Maria-Mad.
S. Apoulinari
Sta Cristina
S. Jaque
Sta Anna
S. Pantaleoun
S. Samsoun
Sta Marta
Sta Giulieta
S. Gnaci de L.

Au mes de Juliet
Ni frema ni coulé.

TBIMËSTRÎ;

I1. Q. lu 2, a 0 oura 29 m.
P. L. lu 10, a 3 oura 58 m.
D. Q. l»i 17, a 1 oura 1.1 s.
N. L. lu 21, a 5 oura 14 m.
IV Q. lu 31, &amp; 5 oura 21 s.
souLÈu, —1.5 or -j&gt;. 8 or

dij.
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0 dis.
4 Dim.
5 dil.
6 dim.
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8' dij.
9 div.
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S. Pèire-aï LS. Alfonso
Inv. de S. Estève
S. Domenica
N. D. dei Nèu
Trausf. de J. C.
S. Gaétan
Sta Batilda
S. Camila d. L.
S. Là u ren
S. Septima
Sta Clara
Sta Filoumèna
S. Ousèbi
Asoumpcionn
S. Roc
S. Mamès
Sta Elena
S. Ipoulita
S. Bernar
Sta Chantai
S. Pio V
S. Filipe B.
S. Bartoumiéu
s. Louis, r. F.
s. Seg'oundo
s. Cesari
s. Goustin
s. Mederic
Sta Rosa
S. Fiacre

F.n . ivoast
Figa e moust

wmmm mm

SBTÈMBRE
P. !.. lu 8, a' 4 oura 57
D. Q. lu 15, a 6 oura î&gt;l
N. L. Ju 22, a 3 oura 37
P. Q. lu 30. a 0 oura 08
SOULÈU. - - 1. 5 47V— c.

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S. Gili
S. Estève R.
Sta Eufemia
Sta Rosalia
S. Làuren J.
S. Pambon
S. Grat
Natiu, di' la V.
S. Oumer
S. Xicola
S. Félis
S. Veran
S. A nié
Es. (1. l.S. CtQUS
S. Nicomède
S. Conrneilla
S. Lanbert
S. Tournas V.
S. Janvié
S. Euslache
S. Matiéu
S. Maurici
Sta Tecla
S. Girar
S Firmen
S. Nil
S. iN'icandre
S. \\ inceslas
g. Miquèu
S. Jeromo

Lima setembrina
De mai clarina

MOT »

GRANDE MARQUE RECOMMANDÉE

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:
s
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7'02'

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Qüa.TRIÍJMí)
OUTOUBRE
P.
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lu 8,
lu 15,
lu 22,
lu 30,

SOULÈU, — 1.

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oura 46 m,
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6 06*

TRIMESTRE

NOUVÈMBRE
P. L. lu
6,
D. Q. lu 43,
N. !.. lu 20,
Q.
lu 29,

r.

SOULÈU. - -

1.

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4 oura 48
8 oura 20
9 oura 49
2 oura 42
14'

—

c.

5 03'

1 dim. Rosari
1 div. Tout lu Sant
2 dim. S. ■ Léger
2 dis. Eu Mouorl
3 dij. S. Rosari
S. Ubert
4 div. s. Francès d'A. 43 Dim.
dil. S. Carlo B.
5 dis. s. Placido
5 dim. Sta Bertila
6 Dim. s. Bruno
6 dim S. Leounar
7 dil. s. Serge
dij. S. Nestou
/
8 dim. Sta Reparada
8 div. Lu Quatre Incou.
9 dim. S. Denis
9 dis. S. Teodore
10 dij. s. Francès B. 10
Dim. S. Jacintou
11 div. s. Tarasco
11 dil. S. Martin
12 dis. s. Counrad
12 dim. S. René
13 Dim. s. Edouard
13 dim. s. Stanislas
14 dil. s. Calisio
14 dij. S. Pantena
15 dim. Sta Teresa
15 div. Sta Gertruda
16 dim. S. Ospici
16 dis. S. Edme
dij.
17
Sta Edvija
17 Dim. S. Gregori
18 div. S. Luc
18 dil. S. Alfè
19 dis. S. Pèi re
19 dim. Sta Babeta
20 Dim. S. Agrico)
20 dim. S. Edmon
21 dil. Sta Ursula
21 dij. Présent, de la V.
22 dim. S. Filip
22 div. Sta Cecilia
23 dim. S. Teodoret
23 dis. S. Clemen
24 dij. s. Mairloire
25 div. ss. Crespin-Cr. 24 Dim. Sta Flora
26 dis. s. Jouan de K. 25 dil Sta Catarina
26 dim. Sta Pel fina
27 Dim. s. Frumence
27 dim. S. Maxime
28 dil. s. Alfredo
28 dij. S. Sostène
29 dim. s. Narcisse
29 div. s. Saturnin
30 dim. s. Marcel
30 dis. s. Andrièu
31 dij. s. Siri
En ùuloubre
\loii ponorc goûta loti rùare

Tonssan ientra
St A n'driéu lou souorte

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DESÈMBRE

s.
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s.
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JACK

P. L .
D. Q.
N. L.
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lu 12,
lu 20,
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12 dij.
13 div.
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18 dim.
19 dij.
20 div.
21 dis.
22' Dim.
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24 dim.
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26 dij.
27 div.
28 dis.
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3 oura
m.
6 oura 46 s.
4 our;i 40 s.
7 OUI;L 48 s.

7 54' — c.

A vent
Sta Bibiana
S. Francès X.
Sta Barba
S. Bassi
S. Nicola
S. Anbrosi
Imac. Conception
Sta Leoucadia
Sta Eulàlia
S. Damase
Sta Rosélina
Sta Lucia
S, Niçoise
S.
S.
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S.
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S.

Mesuiin
Adon
Olimpíada
Gatien
Ciprian
Filogone
Tournas

S. Onourat
Sta Vitòria
Cacha-fuec
Calèna
S. Estève
S. Jouan
SS. Inoucent
Sta Eleonora
S. Sabîn
S. Sàuvestre

Calena aufuec,
Pasca àu j'aèc.

sin -

GRANDE MARQUE RECOMMANDÉE

4 35

�- i6-

�- 17

-I

CROUNICA NIÇARDA
L'ABADÏA DE SAN POUON.— L'ABAT RANCE-BOURREY.
GLOFFREDO.

—

—

PÈIRE

A PREPAU DOU DIALETE NIÇART.

Ben qne pareissènt tardié, VArmanac Niçart s'empressa de
pourtà la siéu febla vous su tout cen que enteressa lou païs, sigue
au pounch de vista istoria loucala, pouesia, tradicioun, sigue
tamben su la taquinanta questioun dóu dialete niçart souvenri
fès pauvada e su la quala lu escritour mouderne soun luen d'estre
d'acordi.
Parlerai finda de M. l'Abat Rance-Bourrey, un beneditin qne
despi quauque an en ça mete à prouflt la siéu erudiciou n a nen
revelà de fach d'istoria inedieh. Se quauqu'un mérita d'estre
laudat es ben éu ; es en éu que VArmanac Niçart tressa la
pamoula de sapiença. En esprimant la nouostra recounouissença,
à l'Abat Rance-Bourrey, fen cen que touplen an denembrat,
vouoli dire de courounà lu siéu travail, frucha de ben de recerca,
dai quali obra sian fier d'avé prestat la prima ajuda. Pouden cità :
lou Discours sur le Monastère de Sainte-Claire de Nice, par Honoré
Pastorelli, publié d'après l'édition originale de Turin 1608, avec
une introduction et des notes ; — "Le Général J.-B.-M. D'Anselme" (Notices biographiques (1740-1792). E aquest'an
l'istorien nen douna — toujou de prima man — YExpulsion de
Mgr Valperga, evesque de Niça, au tèms de la Revoulucioun,
travail anoutat de peça curiouvi que sian urous de pouder metre
souta lu uès dei nouostre letour.
*
* *
Lou fach de l'annada, lou mai marcant, es estat aquéu de
l'Abadïa de San Pouon. Parlon de tout destruge pèr li basti an
siéu luec un espitau Pasteur... UArmanac Niçart es pas Penemic
dóu prougrès, ni men encara dei Bei-Art, ma si fa lou pious dever
de jougne lu siéu esfouors en aquelu dei siéu councitadin quo
l'istoria dóu passat passiouna, pèr que l'Abadïa de San Pouon
sigue counservada e classada couma mounumen istorique. En la
circonstança feliciti M. l'Abat Rance-Bourrey que mé rasoun s'e.s
demoustrat l'ardènt defensour autourisat que counouissen. La
siéu paràula es estada escoutada e lou Préfet de li Alpa-Maritima,
8

'

�— i8 M. de Joly — respetuous dei nouostri tradicioun — en ortie
avertit a proumès que l'Abadïa de San Pouon seria respetada e de
lèu si crusià pèr lou siéu classamen tra lu mounumen istorique.
Dóu resta vequi ce que l'Abat Rance Bourrey nen di su San
JPouon. Counsignen religiousamen li siéu paràula :
« L'Abbaye de Saint-Pons est le plus ancien monument relitgieux existant dans le Comté de Nice. Il y a dou^e cents ans que
sSiagrius y fonda un monastère. L'histoire de ce monastère est
jintimement liée à l'histoire religieuse, civile et économique de la
iville de Nice.
;
« Ce fut à Saint-Pons qu'en 1388 fut'signé l'acte réunissant
le Comté de Nice au Comté de Savoie. Les abbés de Saint Pons
ifurent pris dans les principales familles du Comté : les Badat, les
tLaugery, les Provana, les Lascaris, les Grimaldi, les Martelli, les
;Tournefort, etc. Plusieurs évêques de Nice furent abbés de Saint[Pons, en particulier Barthélémy Chuet (fin du xve siècle) et Jean
, Uriole, son successeur. Un autre abbé, Claude de Seyselle, fut
,évêque de Marseille, puis archevêque de Turin ; d'autres furent
cardinaux, tels Innocent Cibo, neveu d'Innocent VIII et de
f
;Léon X, et Paul Medeci de Cesis dont on voit encore l'inscription
(funéraire à Sainte-Marie-Majeure, à Rome.
:
« A la fin du xvir siècle, l'abbé de Saint-Pons était Pierre
•Gioffredo, le savant historien niçois. Enfin, un abbé de SaintiPons dont les Niçois n'ont pas encore perdu le souvenir, était
(l'abbé Spitalieri de Cessole qui a doté sa ville natale d'un établissement de bienfaisance si justement apprécié. La plupart des
pbbès de Saint-Pons et plusieurs évêques de Nice ont été enterrés
dans l'église ou sous le cloître et dorment aujourd'hui confondus
avec les moines leurs frères qui depuis dix siècles y sont enterrés.
« Les monuments funéraires ont disparu. Le temps a tout
(nivelé à Saint-Pons, singulièrement aidé cependant par la main
ides hommes. On connaît les dévastations commises par
Iroupes de François Ier et de Barberousse, plus tard par celles d
Catinat et par d'autres encore. Après chaque désastre, SaintPons a retrouvé une nouvelle vitalité et il y a à peine trois quarts
de siècle que Mgr Galvano y a fait d'importantes réparations.
;
« Saint-Pons n'est pas seulement une page de l'histoire de
notre pays, c'est un gros volume de cette histoire ; les Niçois
laisseront-ils dire qu'ils sont restés indifférents devant le danger
qui menace Saint-Pons ? Non, ils feront tous leurs efforts pour

�— 19 -

sauver de la destruction un monument qui doit leur être cher...
Je demande d'urgence le classement de l'Abbaye de Saint-Pons,
c'est-à-dire de l'Eglise et des bâtiments claustraux, comme monument historique. »
Lou councours de YArmanac Niçart es aquist. Emé fiertà e
au près de touplen de sacrifici faren respetà l'istoria dóu passat,
la lenga e lu escrich dei orne qu'an ilustrat lou nouostre bèu
pais.
*
* *
Despi quauque tèms, — maladia que reven per intermitença,
— la gran questioun de la grafia niçarda, de l'ourtougrafa, es
messa su lou tapis. De letra soun estadi publicadi, d'autri lou seran, e cresi qu'après ben de charra pèr dire pas gran cauva de
nóu, quasi dirii pèr predicà dintre lou Desert, noun restera
d'aquela discussioun, — Favén déjà coustatat, — pas gran cauva,
ren!... Cadun escrèu à la siéu moda seloun l'esprit dóu moumen,
e serii ben curious de counouisse aquéu que vendria nen dità
une metoda en nen dïen : « la mièu maniera d'escrièure lou
Niçart es la bouona». Discussioun scientifica que pòu passiounà
quauque lenguista, pas mai ; lou mihou es d'escrèure seloun li
letra ditadi pèr la prounouncia. Lou talènt pèr aquéu qu'escrèu
es de si laissà liège, de si faire acapi. Es qu'en en un entan que
frecuenta l'escola primària poudès li demandà autra cauva ?...
Perta de tèms que tout acò, vourria mai s'engenià à recercà lu
viei mot, espressioun, loucucioun courenti que la pous dóu tèms
a rabaïat, dounà au nouostre bèu dialete la coulou que dèu avè,
en respetant lu emprunt que pouden avè fach sigue à l'Italian, à
l'Espagnòu o à tout autre...
Un dialète noun dèu pas estre une lenga scientifica, encara
m en noun còu avè la pretencioun que sigue ouficiela, seria temerari ; lou dialete d'un païs dèu refletà lou caratere d'un'epoca que
lou tèms dèu respetà, enfin escrèure gramaticalamen, un noun
empedisse l'autre, e laissà à l'esprit, au goust lou coumplemen
d'un stile ouriginal, en de frasa councisi que flaton i'auriha.
Aquí fermi la discussioun, risqui de perdre la civada... l'an
que ven, se Diéu mi presta vida, v'en dirai d'autri e couma
d'usança que mi sigue permès de la vous souvetà : Bouona e
uroûva !
L'ARMANAC

NIÇART.

�20 —

LA CIGALA DOU BOUON DIEU
Una cigala dóu Bouon Dieu
Tout l'estiéu
E l'iver en la chambreta, —
L'aiguesias vista la lebreta ! —
Noun vivïa que d'amour
S'assetava su l'ounour;
La cigala cantarela,
Vau chanja de clientela,
Noun es courta d'amatour,
Que li viron tout au tour !
Ma l'ancien de la cigala,
De gros mot ven que s'embala ;
En l'auriha de la maire
Li ven tout aquéu bousin,
Que deja toui lu vesin
Sabon lou long de l'afaire
— Cenqu'as fach m'au tiéu tip ?
Di la maire enrabiada...
Bella Vierge encourounada !
Sera au mancou m'un bouon rie!!...
CH. CIAUDO

PROUVERBI, BOUOI MOT, COUNSÉU E DICH
Tèms d'iver noun ti fidar.
Lu màu dei enfan si garisson soulet.
Cau naisse pèr estre bèu, si maridar pèr estre rie, e mouri
pèr estre brave.
Per aver de raïn, eau caressar la souca.
Agnèu naissut
Vau un escut.
Dansa mihou ventre plen que rauba nova.
L'oumbra dou mèstre engraissa lou cavau.

�LOU MAGOT DE BERTOUMIÉU ISSUGA
O BEN

UNA RAISSADA DE MACAROUN
Conte menloanasqae trouvât dintre d'un armori
de ma nana e que /'Armanac Niçart es tirons de
transcrièure en niçart à Ventencioun dei sièu
fidèle lotour et lelrissa.

Bertoumiéu Issuga, mentounasque de viéia roca, abitava en
coumpagnia de sa mouhié, en carriera dóu Paumoulié. La siéu
frema, malurousamen, era sirnplaria e faia lou siéu desespoir.
Cada matin Bertoumiéu, avant de s'en anà au travail, li recoumandava de noun faire de bestialità. Cou vous dire que toui lu
dissata lou nouostre ome metia en un'armari pertuat dintre la
muraia lou gagne de la semana.
— Bertoumiéu ! pèr qu seria tout aquel argen, demandava
Marioun au siéu marit.
— Es pèr Madjou-long, castagnassa !
*
* *
Un jou Bertoumiéu partet pèr anar à la siéu campagna ;
devia même li restar doui ó très jou pèr souïnar e arousar lu
citrouniè. Marioun souleta matin e sera, s'assetava su lou banquet de la pouorta e faïa de bas... Un predinà veguet un ome
de statura mai que mejana, couma si di, un gran carcan. La
frema de Bertoumiéu lou fissa sensa parpelear, pi pihada d'un'
idea, li diguet :
— Moun bèu Moussu, sias bessai vous Madjou-long ?
Lou merlo pita e noun s'en laissa dire autre, léu li
respouonde :
— Noun vous troumpas pas, bella bruneta, sièu ièu Madjoulong !... Ma perqué mi faire tala demanda ?
Perqué ?... dou moumen que sias Madjou-long, intras su lou
cóu. Li a ja pas mau de tèms que moun marit a mes d'argen
amagat pèr vous...
E sensa mai de ceremounia li remeté lou mandiou dintre lou
quai lu sóu eron groupât. L'ome remercia e la s'esbigna lèu.
♦

* *

�Lou sera, Bertoumiéu arriva, la sièu mouhié li di.
— Sabes, ai vist ancuei Madjou-long !
E l'ome de cridar :
— Malurousa ! — m'en a fach encara una 1
Courre à l'armari, lou mandiou e Pargen, mouis !... Issuga
blastema pica dai pen, es décidât de si desiaire de la siéu frema
Lendeman, dóu téms qu'aissesta durmïa, li cuerbe lu uès emé de
pega de sabatié, pi la pihant pèr la man, la mena dapé dóu CapMartin. Arrivât aqui, Bertoumiéu fa mountar Marioun su d'un
nouguié el'abandouna. La paura, bòrnia, noun sabia doun si
trouvava, ni men encara ce que poudia faire.
En aquéu fra-tèms doui voulur venon s'assetar souta
l'aubre ; après aver abrat quauqui branca sequi pèr s'escaufar, pi
si meton à cuentar lou siéu argen.
La calou faguet delegar la pega que curbia Puès destre de
Marioun e aissesta de cridar :
— E d'un !
Lu voulur, d'estuc, s'isson d'emblée.
— Qu'es acó, diguet l'un.
— Un matagan, faguet l'autre.
La calou seguia á faire lou siéu efet pau à pau durbia Puei
senec.
— E de douî, diguet Marioun.
Dóu cou lu voulur escapon, laissant Pargen espantegat soubre
Perba.
Marioun coumença à li veire clar, cala da l'aubre e ramassa
Pargen, pi lèu s'en camina vers maïoun...
Lou sièu marit, pensierons, era assetat dapè dóu fuec, s'escaufant, fumant la sièu pipeta emé beatituda...
— Bertoumiéu !... o Bertoumiéu !... duerbe-mi, siéu iéu,
Marioun...
— Vai au diàu que ti pihe... ièu que cresii de m'en estre
despegouït...
Ma Marioun, toujou picava, un cóu noun asperava l'autre...
L'ome fenisse per li durbi...
— Ten ! regarda cen que ti pouorti.. . e Marioun pauva lou
sac su lou toulié. ..
Bertoumiéu, entartugat, cuenta Pargen e réfléchisse ; — Marioun es simplaria e deman la vila saupra Pistoria de la fouré . ..
Cóu que Bertoumiéu si dispegouïsse pèr empedi li marridi lenga
de bavar...

�— 23 —
Si mete la vesta, lou capèu e souorte fermant la pouorta i..
Faïa nuech dintre la carriera, ma sensa pena s'encamina
vers una boutiga e croumpa pèr mai de dès kilo de macaroun...
Ientra au sièu e di à la sièu mouhié de si metre au liech.
En tant que Marioun durmïa, Bertoumiéu fa bui lu macaroun, pi lu espantega su lu aubre dóu jardin... Lendeman de
matin la siéu frema, desveiada, si mete à la fenestra...
— O ! Bertoumiéu ! Bertoumiéu ! Vene un póu veire!... O
trest ! vè, a plougut de macaroun !...
— O vai fantauma !... n'as toujou una. .. Ten ! ten !... ma
es ver !...
*
* *

A quauque tèms en ça, Bertoumiéu l'avia previst, Marioun
countet à toui que lou siéu ome noun li picava plus, despi lou
jou qu'ela li avia pourtat de sac plen d'escut...
Lou juge aiguent audit parlar de l'afaire, mandet sounar
Bertoumiéu devant lou tribunal ; la siéu mouhié era estada
citada couma testemoni.
Lou juge. — Bertoumiéu, sias acusat d'aver gardât d'argen
que noun era vouostre.
— Iéu !... Ma moussu lou juge, lou negui ; sièu couma
sabès un travaiadou.. .
E Marioun de dire.
— Noun negar, Bertoumiéu, sabés ben qu'es ver ; es iéu en
persouna que t'ai pourtat la mouneda, qu'avii trouvât en la
fouré.. .
Lou juge. — Anas brave ome, noun negués.. .
— E quoura lou m'as pourtat ?... — Vous juri, Moussu lou
juge, que la miéu frema es fouola !...
— E lou sabes ben, Bertoumiéu, es lou jou que plouguet tant
de macaroun !
— Moussu lou juge aves jamai vist ploure de macaroun ?...
— Jamai ! moun beL amic respoundet lou juge que si tenia
lou ventre dóu rire — Amie, vèu que la vouostra frema es
fouola. .. sias aquitat !...
Bertoumiéu si retira emé Marioun... Noun aigueron plus
de disputa e vieugueron, pareisse urous e pèr longtèms !...
J. E.

�CANSOUN ANCIENNA

PÈR LOU

N'aurias pas vist la miêu fiha
Trin-trin
Lou galerin
A'aurias pas vist la miêu Jiha
Trois-wtrois
Le fils du roi
L'ai vista e l'ai baïada
Trin-trin
Lou Galerin
L'ai vista e l'ai baïda
Trois-trois
Le fils du roi.
Douna-mi la miêu fiha
Trin-trin
Lou galerin
Douna-mi la miêu fiha
Trois-trois
Le fils du roi.
Es aqnela la vouostra fiha
Trin-trin
Lou galerin
Es aqaela la vouostra fiha
Trois-trois
Le fils du roi.
La miêu fiha era pas lernia
Trin-trin
Lou galerin
La miêu fiha era pas lernia
Trois-trois
Le fils du roi
La miêu fiha era pas lua
Trin-trin
Lou galerin
La miêu fiha era pas lua
Trois trois
Le fils du roi.
N'es ni guercia ni poutinouva
Trin-trin
Lou galerin
N es ni guercia ni poutinouva
Trois-trois
Le fils du rois.

MAI

�La miéu fiha n'es pas borni a
Trin-trin
Lou galerin
La miêu fiha n'es pas bornia
Trois-trois
Le fils du roi.
Noun faïa pas belugueta
Trin-trin
Lou galerin;
Nonn faïa pas belugueta
Trois-trois
Le fils du roi.
La miêu fiha n'es pas emberrida
Trin-trin
Lou galerin
La miêu fiha n'es pas emberrida
Trois-trois
Le fils du roi.
La m iéu fiha n'es pas pigada
Trin-trin
Lou galerin
La miêu fiha n'es pas pigada
Trois- trois
Le fils du roi.
La miéu fiha noun es pas ranga
Trin-trin
Lou galerin
La miéu fiha noun es pas ranga
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha noun es pas louorla
Trin-trin
Lou galerin
La miéu fiha noun es pas touorta
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha n'es pas crouoada
Trin-trin
Lou galerin
La miéu fiha n'es pas croavada
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha n'es pas gibouva
Trin-trin
Lou galerin
La miéu fia n'es pas gibouva

�— 26 —
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha noun es foularana
Trin-trin
Lou galerin
La miéu fiha noun es foularana
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha n'es pas ingourda
Trin-trin
Lou galerin
La miéu fiha n'es pas ingourda
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha a pas lou peu de pi g nu
Trin trin
Lou galerin
La miéu fiha a pas lou peu de pig nu
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha noun es narvelouua
Trin- trin
Lou qalerin
La miéu ûha noun es narveloiwa
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha noun a la rougna
Trin-trin
Lou galerin
La miéu fiha noun a la rougna
Trois trois
Le fils du roi.
XXX.

PROUVERB1, BOUOI MOT, COUNSÈU E DICH
Qu duerme ben noun cregne li niera.
Qu vè pissar e noun pissa, crêpa de malícia.-'
Qu douna soun ben avan de mouri
Mérita de pati.
L'amour es lou paradis dei fouol.
L'amour es .la flou de la jouinessa.

�LA MOUORT DAU PAURE TOUNIN

Lou paure Tounin, malàut a setant'an, si presenta à l'espitàu
ma li respouondon que li a plus de plaça.
— Coumplet ! ! !
Quauqu'un li fa capi qu'em'un pau de proutecioun li pourria
intrar. Countrariat dei pas que cóu faire, Tounin vira lu taloun e
s'encamina vers la plaça Massena, piha lou tram, si rende da
Graugnard, à l'espitàu dei can, e li di :
— Moussu lou Veterinari, cresi d'estre un pau mai qu'un
can ?... En aquéu cas souîna-mi...
— Vous souînar aici, ma brav'ome perdés la testa. — Basta,
li di que n'a pas de liech pèrcourcar un crestian, que noun douna
de souin qu'ai bestia !...
Tounin, couma pensas, s'en souorte m'au couor gros e noun
sau plus à que sant si recoumandar. Era aqui au mitan dóu
camin, quoura en aquéu moumen arriba un landau, doun cala
una grossa dama, encapelada, aurias dich un ver foungi, segada
d'un varlet que pourtava religiousamen un can enfeloupat emé de
favour rosa au couol, tapat d'un tapis em'ai iniciala. En veèn
aquéu tablèu lou paure Tounin si lamenta, sangluta fouort.
— Qu'avès lou miéu brav'ome, li di la dama.
— Cen qu'ai Madama ?... trovi que lou vouostre can a mai
de chança que iéu. Li a cinquant-cinq an que travaii, pèr la premiera fès que siéu malàut, noun soulamen mi refuson à l'espitàu
dei estre uman, ma encara mi vèu picar la pouorta au nas èn
aquéu dai can.
— Quevoulès, lou miéu paur'ome, ai fach un vout de mimetre
à la Soucietà Proutetriça dei Animau, de pourtar touti li miéu
ecounoumia à la Caissa de secours pèr soulajar lou sort dei bestia.
Lou fau talamen ben, que vouguessi ben vous dounar un sóu
que pourii pas.
La dama li vira l'esquina e ientra couma un coupa-cisèu da
Graugnard. Tounin roumougna :
— Se ti veguessi en un cantoun ti dounerii mancou un gotou
d'aïga !... vièia sansuga !...
Tounin estrassinat, deble s'alonga un pau plus en là, su d'un
mouloun de peira. Quauqui oura après, couma soufrisia, n'ai-

�guènt ren en l'estomegue depi l'auba, coumençava d'aver lou
rangouioun, quoura passet un canipiè que li diguet :
— Que fès aquí, brav'ome ?
— Couma veès siéu aqui pèr tirar lu patoun. M'an refusat â
l'espitàu, même en aquéu dai can, noun mi resta que de mouri
su d'un mouioun de peira. — Avès un carnet su lou quai enregistras lu fach dóu jou, farias ben de li aloungar lou miéu testamen que poudès mentuar couma acô :
— « Bouon Diéu, se mi fes passar encara une fes sur la terra,
fe-mi naisse can au mancou, li aura une Soucietà Proutetriça dei
Animau que si crusira de iéu e pourrai estre amès en un espitau,
estre souïnat, faire bouona vida, menar une vida de can... »
ANT. ROLAND.

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VIGNE
A M. VALÉRE BERNARD.

Dans le ciel doux la Vigne ètreint les pals de buis.
Sous le pampre le merle alourdi des falernes
Tourne son col gris vair et ses paupières lemes
Qu'argenté la blancheur des immuables nuits.
O / fraîcheur, 6 beauté des Igs et des iris,
Que la Vierge éblouie avec les marjolaines
Cueille le soir venu aux vasques des fontaines
Pour colorer en fête, au crépuscule, l'Euis.
Narcisses, ébeniers, œillet et sensitive
Ah ! Versez en mon âme attiédie et pensive
L'orgueil qui souleva les clairs olympiens.
L'amour qui rafraîchit les Madones pieuses
Et qui vêt de clarté les snls athéniens
Et les ravissements des époques heureuses.
JEAN

PADOVANI.

Quauque souvèt :
Vous souveti la bouona annada.
Que siegue mihau que la passada.
Vous souveti la bouona annada acoumpagnada de touplcn
d'autri.

�Eglises et Chapelles de Nice
La vieille ville de Nice se trouvant sur la rive gauche du
Paillon, pour parler de ses églises, nous commencerons par son
église cathédrale, Sainte-Réparate, vierge et martyre, de celles du
canton Est, et en traversant la rive droite nous nous occuperons des paroisses du canton Ouest.
I. — L'Eglise Cathédrale du Diocèse de Nice est la paroisse
de Sainte Réparate, vierge et martyre, sous l'empereur Decius en
253. Sa fête est le 8 octobre. Cette église est au centre de la vieille
ville (8.500 âmes), Avant 1531 la Cathédrale était près du Donjon, plateau de Nice, et dénommée : Sancta Maria in platea,
dédiée à N. D. de l'Assomption. L'édifice actuel, dans son genre,
ressemble beaucoup à Saint Pierre de Rome, au Vatican. C'était
auparavant une simple église paroissiale
desservie par
les Bénédictins du Monastère de Saint-Pons, près Nice.
Dans son ressort se trouvent l'ancienne église de Saint
Jaume (Saint Jacques apôtre), jadis des P.P. Carmes, fermée
depuis 1903. Après le transfert du titre de paroisse à l'église de
Saint Juste, évèquc, au Gesu, elle fut placée sous la vocable de l'Annonciation de la Sainte Vierge, ainsi que la belle Eglise de la
Miséricorde, sur le Cours Saleya, jadis de Saint Gaétan, fondée
e
par les P.P. Theatins au XVIII siècle et cédée à la noble
confrérie des Pénitents Noirs.
La Cathédrale de Nice, paroisse Sainte-Réparate de nos jours,
fut comme l'ancienne au Donjon du Château {Sancta Maria in
platea), le théâtre de plusieurs f lits historiques mémorables dans
les annales de l'histoire de Nice.
II. — L'Eglise de Saint Jacques, an Gesû, dès son érection
en 1612, dédiée à Saint Juste, évêque. Sa fête est le 2 septembre.
En 1665 fut érigée en paroisse sous le titre de Saint Jacques le
Majeur, remplaçant la paroisse de Saint Jaume. On l'appelle
vulgairement le Gesù à cause qu'elle a été fondée et administrée
par les P.P. de la Compagnie de Jésus.
Appartiennent à cette paroisse les deux chapelles des confréries des Pénitents Blancs, la Sainte Croix, — confrérie la

�óo —
plus ancienne de Nice, — et des Pénitents Rouges, Saint Suaire
et de la Sainte Trinité ; l'Eglise du Couvent de là Visitation,
la chapelle de l'ancien séminaire, à la montée du Château, et
jadis l'Hospice franciscain avec chapelle de Saint Joseph des
P.P. Recollets de Cimiez, convertie en maison particulière.
L'Eglise du Gesù est d'ordre corinthien composite, cons truite sur le modèle de l'Eglise des Jésuites de Turin, dite
vulgairement les Saints Martyrs. ( 10.000 âmes).
A l'extrémité de la rue du Malonat, aux racines de l'ancien
château, on voit un oratoire à la Sainte Vierge Marie, sous le
titre de N. D. du Bon Secours. Les habitants de ce quartier érigèrent cet oratoire en l'honneur de la sainte Vierge, en reconnaissance du choléra en 1854.
III. — L'Eglise paroissiale de Saint Martin Evéque dite de
Saint-Augustin est la plus ancienne, elle fut bâtie sur l'emplacement de l'ancienne chapelle de Saint Martin (1205) et appelée
Saint-Augustin parce qu'elle était desservie par les Augustiniens
dont le couvent a été transformé en caserne. (Caserne Filley, près
l'ancienne chapelle Sincaire).
IV. — L'Eglise de Saint-Francois-de-Paule a été édifiée en
1736 d'après le plan de l'architecte
Guarini. En 1838
elle fut érigée en paroisse par décret de Mgr Galvano et appelée
aussi Saint-Dominique en souvenir de l'ancienne église paroissiale
de ce nom qui s'élevait sur la place Saint-Dominique aux lieux et
place de l'actuel Palais de Justice.
V*— L'Eglise du Port ou de l'Immaculée Conception. D'humble
origine. D'abord ce fut une fort modeste chapelle (1835), transformée agrandie par Mgr Galvano, et l'avocat théologue L. Mari
fut son premier curé..
VI. — L'Eglise Saint-Joseph nouvelle paroisse depuis 1911 la
première pierre fut posée le 19 mars 1911, bénie le 29 octobre et
ouverte au public le Ier novembre 1911 sous le patronage de Mgr
Chapon et dirigée par les soins de M. l'abbé Gabrielli.
A cette paroisse appartiennent la chapelle succursale de Saint
Joseph contigüe à l'Evêché, et la chapelle de Notre-Dame des
Anges sur l'ancienne route de Villefranche.
VIL — Saint-Roch. Cette église paroissiale dans la banlieue
de Nice fut érigée après la peste de r68r. Nice fut délivrée de ce
fléau par l'intercession de saint Roch, confesseur, né et mort à

�- Si Montpellier. La paroisse est divisée en deux quartiers, Roquebillière
inférieure et Roquebillière supérieure, jusqu'à la chapelle de NotreDame de Bon Voyage.
VIII. — Rive droite du Paillon, intra muros, se dresse Notre Dame du Vau, paroisse Saint-Jean-Baptiste, qui remplace l'an
cienne église du même nom devenue chapelle inférieure du Lycée.
Cette belle église, vœu delà ville de Nice en 1835, mt érigée en
1842 et terminée en 1852 par Mgr Galvano, évêque de Nice.
La façade ressemble à celle élevée à Turin en l'honneur du retour
du roi dans les états Sardes en 1814.
IX. — Saiiit-Pierre-d' Aréna remplace une chapelle située à la
Croix de Marbre. Elle fut érigée en paroisse en 1803 par Mgr
Colonna d'Istria. Elle doit son nom à ce fait, c'est que lors de sa
fondation elle se trouvait sur le rivage de la mer séparée par une
bordure de sable fin.
X. — Une ancienne chapelle de Sainte-Hélêne-l'Inspiratrice
existait dans ces parages. Elle fut remplacée en face la mer par
une église sous l'épiscopat de Mgr Recrosio (1727).
Six paroisses « extra muros » dépendent de la commune de
Nice.
Sainte-Marie Magdeleine, sise dans le vallon de Magnan, édifiée sur l'emplacement d'une chapelle de même nom, érigée en
1626 et dite vulgairement chapelle « dei cassaire » à cause du
grand nombre de chasseurs. Après le concordat de 1803 sous
l'épiscopat de Mgr Colonna d'Istria, ce quartier qui depuis 1771
dépendait pour le spirituel de la cathédrale fut érigé en paroisse.
Il existe encore aujourd'hui une chapelle de Notre-Dame du Bon
Conseil changée en demeure particulière . Bientôt le besoin de
la population augmentant, une église sera bâtie à la cité Robiony
par les soins du curé actuel de la Madeleine.
Plus à l'est de la ville, toujours dans le canton ouest ce
l'Arquet, se dresse la paroisse de l'Ariane dédiée primitivement à
saint Arnoux, évêque et à saint Pierre, apôtre. Elle fut érigée en
paroisse en 1809 sous l'épiscopat de Mgr Colonna d Istria. Dans
son ressort se trouve l'ancienne chapelle nécropole de l'Abbadie
fondée en 1635 en l'honneur de sainte Claire pour le besoin spirituel de 450 à 500 habitants qui appartiennent aux communes
de Nice, Cantaron Saint-André. Localité d'avenii et à laquelle
le chemin de fer Nice-Coni donnera une valeur stratégique.

�— 32 —
Gairaut avait au moyen-âge une chapelle de secours desservie
par les religieux chevaliers de l'ordre du temple au début, et par
la suite de Rhodes et de Malte. Sous l'épiscopat de Mgr François
Rosini de Martinengo la chapelle fut érigée en église paroissiale
sous le vocable de saint Sauveur o*u de la transfiguration du
Rédempteur.
Dès 1730 les P. Dominicains de Nice fondent à Saint Pancrace un sanatorium pour religieux martyrs avec chapelle en
l'honneur de Saint Pancrace martyr. Cette chapelle est érigée en
paroisse en 1848 par Mgr Galvano.
Sur le couchant de Saint-Pancrace on trouve la paroisse de
saint Roman . martyr ; l'ancienne chapelle fut érigée en paroisse
ainsi que celle de saint-Antoine de Ginestière en 1803 sous Mgr
Colonna d'Istria.
VALENT IN.

NOU VÉ
Tu Çatarina fai lou pan.
Mdumen de jota, d'alegressa,
Fes audi da toui lu couor :
Lu ange canton l'alegressa,
Fuges l'infer, Juges la mouorl.
Chntou !
L'aarika sabla, li a quaucaren aici vesin,
Sembla que senti li joia d'un festin ;
Audi lu tambourin de laen,
Lu Jlajoulet e li musela,
Lu pastre van à Bethelen
Laisson la cabana soaleta ;
Santo nuech, venes aléa nen ralegrà,
Pourtas à toui la pax et la tranquilità !
Tu Catarina fai lou pan,
Manda Lucrecia au safran,
Despende aléa lou lauvaniè,
Chapla la blea su lou taatié ;
Crala de froumai e roumpe d'iiu
E fai la iourta couma fou,
Ché n'aiguen toui en aboundança (bis)
Santa nuech, venes alèu nen ralegrà,
Pourtas à toui la pa.x e la tranquilità .'
En tant faguen etnb'au vesin
t ua santépér lou Bambin,
Toucan lou gotou de bouon vin,
Ernb'aa vesin pér lou Bambin
Ti-ri-tin-tin ! -tinTi-ri tin !

�— 3Î —

L'Expulsion de Mgr Valperga
fEN SEPTEMBRE

1792)

Le 12 octobre 1780 h population de Nice se pressait aux
abords de la porte Pairoliëre pour y recevoir en grandes pompes
le nouvel évêque Charles-Eugène Valperga di Maglione. Ce
prélat avait couché la veille selon l'usage antique à l'abbaye de
Saint-Pons et devait faire ce jour là son entrée solennelle dans
sa ville épiscopale.
Le cérémonial imposant avec lequel on avait reçu jusqu'alors
les évêques fut encore cette fois observé. L'accueil de la population entière fut des plus chaleureux au rapport de Pierre Scaliero
qui en fut témoin (1). Le nouvel évêque, qui remplaçait Monseigneur Astésan nommé archevêque d'Oristano en Sardaigne,
appartenait à une famille de vieille noblesse dont plusieurs membres avaient exercé, à Nice, des fonctions importantes (2). Il
(1) Voir aux Archives municipales le récit détaillé que ce chroniqueur en a laissé dans ses Mémoires. Pierre Scaliero mourut en 1805.
(2) Jacques Valperga, conseiller ducal, fut lieutenant du gouverneur de Nice en 1454 ; Thoma5 Valperga fut gouverneur du château de Nice en 1565 ; Jean Valperga fut également gouverneur de
Nice en 1596 ; Jérôme Valperga fut commandeur du château de
Nice en 1600 ; Pierre Valperga, frère de Jacques Valperga, était
chevalier de Malte (Arch. municipales, registre des gouverneurs,
commandants et chevaliers de Malte) ; Anne Valperga, fille dAmédée
Valperga, épousa, le commandeur de Malte Jean-Paul Lascaris.
(Voir son testament daté de 1683, arch. des Alpes-Maritimes,
registre B, 297.) Joseph Ignace de Valperga reçut de son oncle, Emmanuel Philibert Chiotera, mie partie du fief de Couaraze dont il fut
investi le 20 février 1753. Son fils, Vincent, céda ses droits à H. Novelli. Jérôme Valperga fut sénateur à Nice de 1761 à 1765, puis
ministre plénipotentiaire de Sardaigne à Gênes en 1780 ; plus tard
il fut ministre etsecrétaire d'Etat, ce dernier était le frère de l'évêque
de Nice et fils du comte François Valperga qui vivait encore en
1795Ees armoiries des Valperga étaient fascé d'or et de gueules, à
la plante de chanvre déracinée, d'argent et brochant. Le cimier
était un bouc naissant au naturel et la devise : « Ferme-toy ».
Nous reproduisons les armoiries de Monseigneur Valperga d'après celles qui se trouvent en tête du catéchisme édité par ses ordres
et dont nous devons le dessin à l'obligeance de M. Joseph Casai
(Extrait de 1' « Armoriai Artistique et Nrbiüaire », Ni.e, 1902.
3

�- 34était directeur du collège des Provinces à Turin, lorsque le roi
de Sardaigne le désigna, pour l'évêché de Nice. Il avait été sacré à
Rome où il avait fait ses études. Monseigneur Valperga se distingua immédiatement par sa vigilance et son activité : il releva
le niveau intellectuel et moral des prêtres de son diocèse et s'attacha à mettre en toutes choses la plus grande régularité. Dix-huit
mois après son installation, il publia un nouveau catéchisme
dont le plan avait été préparé par son prédécesseur ^i). Grâce à

ses relations cordiales avec la eour de Turin, il jouissait auprès
des autorités civiles de Nice d'une grande influence. Après douze
(1) Ce catéchisme en italien fut imprimé à Nice par la Société
Typographique. C'est un petit volume in-douze de 612 pages, portant
la date de 1783. En tête se trouve le mandement de Monseigneur
Valperga du 16 février 1782 qui approuve le travail terminé par
le prêtre auquel Monseigneur Astésan en avait confié le soin, ordonne
sa publication et règle l'organisation des catéchismes dans tout le
diocèse. Deux ans plus tard en 1785, Gabriel Floteront, imprima
un autre catéchisme rédigé en dialecte niçois, petit volume in-12
de 228 pages. Un exemplaire de ces deux ouvrages existe à la biblio
thèque de Nice. — Voir Villarey, Série Cronològica dei Vescovi
di Nizza. — Art. Valperga.

�-35 années de séjour dans cette dernière ville il s'était acquis l'estime
et le respect de tous.
*

• *

Lorsque le 28 septembre 1792 dans l'après-midi, les troupes
piémontaises évacuèrent Nice, il y eut dans cette ville une effroyable panique et des milliers d'habitants s'enfuirent dans la direction de Turin. Ce fut un désarroi et une désorganisation complète de toutes les autorités. iMonseigneur Valperga resta à son
poste et s'engagea à ne point quitter la ville. Le lendemain samedi
29 septembre, il accompagna le second consul Honoré Saissi et
quelques membres du Conseil qui se rendirent, vers les onze
heures du matin, à la villa Feraudi, au quartier St Hélène, pour
offrir les clefs de la cité au général d'Anselme qui venait d'y
arriver à la tête des troupes françaises. Le général fit à la délégation assez bon accueil, mais il s'étonna de trouver parmi ses membres, l'évêque dont la place déclara-t-il n était pas là. Du reste,
d'Anselme attacha si peu d'importance à la démarche îles magistrats niçois que dans aucune de ses dépêches officielles il n'en fit
mention.
Sur le soir du même jour, la petite armée française faisait son
entrée dans la ville et le général s'installait dans la maison du
consul de France à la place St Dominique. L'évêque de Nice qui
tenait à rester au milieu de ses diocésains se présenta de nouveau
vers les huit ou neuf heures du soir chez le général auquel il voulait recommander ses prêtres en lui demandant des respecter les
églises. Le général était entouré de tout son état-major, du consul
de France, Pierre Le Seurre, de Honoré Saissi, second consul, de
Féraudi, secrétaire général de la commune. Ces deux derniers
venus probablement pour appuyer les demandes de l'évêque.
L'accueil du général ne fut pas plus encourageant que la première fois ; il intima même avec insistance au prélat l'ordre de
quitter ta ville en ajoutant que le plus tôt serait le mieux et ce
fut sur ces dernières paroles que l'évêque se retira après avoir toutefois reçu du général la promesse que tout ce qu'il laisserait dans
son palais serait placé sous la sauvegarde de la Nation française.
Il n'y avait pas à tergiverser, l'ordre était formel et pressant, il
fallait partir. L'évêque prit ses dernières dispositious et délégua,
au curé de la cathédrale, le chanoine Honoré Navello, tous les
pouvoirs nécessaires pour administrer le diocèse en son absence.
Aux premières lueurs du jour, Valperga quitta son palais, et se

�— 36 dirigea à pied vers la porte Pairolière. Il avait été impossible de
trouver une voiture car tous les moyens de transport avaient été
réquisitionnés et utilisés le 28 septembre pour permettre l'exode
des habitants terrorisés. Il avait ordre de partir, mais cet ordre
n'ayant pas été donné par écrit, les volontaires marseillais, de garde
à la porte de Turin, refusèrent de le laisser passer, l'accablèrent
d'injures, le menacèrent même de le pendre et ne consentirent á
le lâcher que sur un ordre écrit, sollicité et obtenu du général,
grâce à l'intervention courageuse et au sang-froid d'un jeune
niçois, Joseph Castellinard. Monseigneur Valperga se retira à
Turin et y mourut en 1805 sans avoir jamais pu obtenir l'autorisation de rentrer.
*

* *

Il est établi par les documents officiels contemporains que
Monseigneur Valperga ne quitta son siège que sur les ordres arbitraires du général d'Anselme et ces mêmes documents nous
renseignent très exactement sur les incidents fâcheux qui se produisirent au départ de l'évêque. Du reste, on n'ignorait pas à Nice
comment les choses s'étaient passées et la population savait grê à
Valperga de son attitude et de sa fermeté. De son côté, Valperga
avait eu confiance dans la parole à lui donnée par le général au
nom de la Nation française et à plusieurs reprises il manifesta
son étonnement qu'elle n'ait pas été gardée, que ses biens aient
été confisqués, son mobilier vendu, son nom inscrit sur la liste
des émigrés alors qu'en partant il n'avait cédé qu'à la force.
Parmi les nombreux documents qui se trouvent soit aux archives de Nice, soit aux archives nationales il en est quelques-uns
dont la simple reproduction sera plus probante que tous les corn,
mentaires. Il_suffira de citer :
•i° La lettre du Directoire des Colons Marseillais en date du
25 février 1793, adressée aux citoyens Blanqui et Veillon, députés
extraordinaires de la ville de Nice à Paris, au sujet des réclamations présentées le 23 du même mois par Jean-Jacques Donny, au
nom de Mgr Valperga.
20 La réponse du même Directoire à J.-J. Donny, en date du
26 février 1793.
3„ L'arrêté du Département en date du 13 avril 1793.
40 La réclamation présentée au Directoire du département

�Valperga, aussitôt après son inscription sur la liste des émigrés de
la ville de Nice, dressée à la fin de juin 1793.
50 Les états de frais pour l'inventaire et la vente du mobilier
et effets de « l'émigré Valperga Maillone, citoyen évêque » approuvés par le département des Alpes-Maritimes, le 5 germinal an
III (25 mars 1795).
6° Les actes de notoriété dressés le Ier et 2me fructidor an III
(18 et 19 août 1795) par Gautier, juge de paix à Nice, à la requête de Pierre-Joseph Passeron, agissant en qualité de procureur
subrogé par Nicolas Giorni, procureur spécial et général de Mgr
Valperga, par acte de procuration reçu à Turin le 20 juillet 1795,
notaire Pierre-Joseph Bernochio.
70 La pétition adressée au district de Nice le 4 fructidor an III
(21 août 1795) par Pierre-Joseph Passeron, demandant la radiation du nom de Valperga sur la liste des émigrés.
8° L'avis du district de Nice en date du 5 vendémiaire an IV
(27 septembre 1795) déclarant que Mgr Valperga doit être rayé
de la liste des émigrés.
90 L'arrêté du département des Alpes-Maritimes, en date du
14 prairial an V (2 juin 1797) ordonnant la radiation provisoire
du nom de Valperga de la liste des émigrés.
io° L'acte de cautionnement dressé par le département le
11 fructidor an V (28 août 1797), à la requête de Pierre-Joseph
Passeron, procureur de Mgr Valperga en exécution d'une des
clauses de l'arrêté du 14 prairial an V (2 juin 1797).

�- 38 —

DOCUMENTS ET PIÈCES D'ARCHIVES

Pièce 1.

25 février 1793
Aux cit. Blanqui et Veillon
Une lettre du cit. Donny, associé du citoyen LeClerc, défunt président de l'ancienne administration
provisoire, dont vous avez ci-inclus l'extrait ( 1 ), nous
fait connaître que le cit. Valperga, évêque de Nice,
laissa avant son départ (ordonné à son retour par
Anselme) dans sa maison pour environ 34.000 livres,
argent monnayé, et environ pour 17.000 d'effets en
vaisselle, linge, batterie de cuisine etc.
Une portion de ces effets se trouvent encore dans
ladite maison, sous l'inventaire que nous en avons
fait dresser par les commissaires de l'une et l'autre
administration, lorsque nous avons été installés, mais
il s'en faut de beaucoup qu'elle puisse arriver à la
somme de 17.000 livres, pas même le tiers.
Quant à l'argent monnayé entré dans la caisse du
receveur de l'ancienne administration, nous n'y
voyons point la somme que ledit Evêque désigne
avoir laissé dans sa maison. Nous vous remettons cijoint un extrait de l'état des sommes' que le cit.
Bonnet a reçu en espèces, pendant toute sa gestion
de receveur et trouvées parmi les effets des émigrés
français et niçois.
Nous ne voulons rien préjuger sur l'assertion du
cit. Valperga, quoique nous ayons des indices frappants de vérité. Ce ne sera que lorsque nous aurons
pu les convertir en preuves par le témoignage de
quelques citoyens que nous nous procurerons, pour
pouvoir en demander la restitution et la poursuite
contre le pillage.
En attendant, noùs croyons devoir vous faire part
de cette découverte que nous allons communiquer au
Président de la Convention Nationale et au Ministre.
Arch. des A. M. Registre de la correspondance du
Directoire des Colons marseillais L. 5.
Cet extrait manque au registre ainsi que les autres pièces
énoncées dans celte lettre.

�-hLe 2érae février 1793.
Au citoyen Donny, négociant à Nice
Pièce 2.

Votre lettre du 23me de ce mois, citoyen, nous
demande des renseignements sur le temporel du
citoyen Valperga, Evêque de Nice. Nous allons vous
transmettre tous ceux qui sont à notre connaissance
L'administration provisoire en choisissant l'Evêché
pour le lieu de ses séances, vint s'y établir dans les
premiers jours d'octobre, et tout nous porte à croire
qu'elle ne fit aucun inventaire des effets qui s'y trouvaient, du moins nous n'en avons trouvé aucun dans
les papiers qu'elle nous a remis.
En succédant à cette administration provisoire,
uous avons cru que notre premier devoir était de faire
un inventaire de tout le mobilier renfermé dans la maison épiscopale. Nous y avons successivement procédé
en présence des administrateurs provisoires et à mesure qu'ils nous en remettaient les clefs. Tout le mobilier qui s'y trouvait, ne consistait guère qu'en
meubles meublants et ne nous paraît pas avoir la
valeur de 17 mille livres que l'Evêque lui donne.
Vous pourrez, si vous le jugez à propos, faire prendre
à notre secrétariat une copie de cet inventaire. Tout
ce. qui n'est point renfermé dans les appartements
que nous occupons au premier étage, a été laissé à la
garde de Jean Poma, ancien concierge de l'Evêque et
le nôtre.
Pour nous éclairer sur les 34.000 1. argent monnayé que l'Evêque doit avoir laissé en sa maison,
nous avons écrit au cit. Bonnet, receveur de l'administration provisoire, pour lui demander un état des
sommes en numéraires versées dans sa caisse, comme
ayant été saisies et trouvées parmi les effets des Emigrés français et niçois. L'état qu'il nous a remis ne
monte qu'à 74121. 16 s, et aucun article n'a du rapport
avec les réclamations du citoyen Valperga.
Quant à ce qui concerne personnellement le
citoyen, nous avons demandé au Ministre de l'Intérieur de vouloir bien nous dire la manière dont nous
devions l'envisager. Nous savons qu'un ordre arbi-

�— 40 —
traire de Danselme l'obligea de quitter Nice, le jour
de l'entrée des Français. Mais nous pensons aussi que
la proclamation des Commissaires de la Convention
nationale de France et le décret de celle de Nice,
concernant les Emigrés, étaient des motifs suffisants
pour le ramener à son poste et le rassurer sur les
suites de son retour. En persistant à prolonger son
absence, il s'expose à être traité comme émigré, à se
voir déclarer déchu de sa place et confisquer tous ses
biens. Telle est la disposition de la loi, et quoique
nous ayons consulté le ministre sur le cas particulier
de l'Evêque, nous prévoyons que sa réponse sera de
nous en tenir à la rigueur des lois, ainsi que plusieurs
instructions nous l'ont déjà annoncé.
Vous sentez, citoyens, que tout le mobilier de
l'Evêque doit rester séquestré jusqu'à son retour ou à
la décision du Ministre. Il peut être tranquille sur la
conservation de tout ce que nous avons trouvé en
entrant dans sa maison. Ce qui a pu en être enlevé
avant notre entrée en fonctions, est étranger à notre
gestion. Mais nous employerons tous les moyens qui
sont en notre pouvoir pour en trouver les traces, en
acquérir les preuves et en faire punir les coupables.
Les administrateurs, etc.
Archives des A.-M., Registre
suivants.

,L. 5,/°7i verso et

Lettre des commissaires de la Convention
Nationale et arrêté du Département des A. M.
Nice, le 9 Avril 1793, l'an 1 Ie de la Repu bublique Française.
« Vous voudrez bien, citoyens, en nous envoyant
les noms et prénoms de l'évêque de Nice, nous instruire officiellement d'après les "dispositions des lois,
s'il est censé démissionnaire et son siège vacant.
« Les Commissaires de la Convention Nationale
au département des A. M.
GRÉGOIRE, JAGOT (I)

(1)

Archives des A. M. L. 29 ancien. L

7

actuel.

�— 4i (i3 avril 1793)
Le Directoire ; vu la réquisition du citoyen Procureur Général sindic « Considérant que Charles Eugène Valperga, évêque de Nice, n'avait point quitté
son domicile lors de l'entrée des troupes de la République ; considérant qu'il a lui méme-accompagné les
consuls d'alors quand ils furent présenter les clefs
de la ville et inviter le général Anselme à venir en
prendre possession au nom de la République ; considérant que le général Anselme par ses ordres arbitraires et tiranniques, accompagnés même de menaces contre ses jours, l'ont forcé de s'éloigner ; arrête
qu'il ne peut le déclarer émigré, et qu'il sera répondu
aux Commissaires de la Convention nationale d'après
les principes ci-dessus.. »
Sign : PAUMÉ ; BARLI FABRI ; F. CASTKLIMARD ;
ANGLES ; BERNARDI, secrétaire général. (1)
pjj

ce

^

Aux citoyens composant le Directoire du
département des Alpes-Maritimes..
22 juillet 1793.
Citoyens,
Le citoyen Jean-Jacques Donny, soussigné, chargé
des intérêts du citoyen Valperga, évêque de Nice
absent, ayant été informé que par votre délibération
du 29 du mois passé, ledit citoyen Valperga avait été
déclaré émigré, vous représente avec tous les égards

(1) Archives des Alpes-Maritimes, Registre L,. 3, folio 101. L'Arrêté n'est pas signé par le procureur syndic Jean-François Tourre
ni par l'administrateur Jean-L,ouis de Villiers qui ne partageaient
point l'opinion de leurs collègues. A noter que Tourre était d'Antibes
et que de Viliers était un médecin français établi depuis longtemps
à Nice.
I/Arrêté fut pris malgré le réquisitoire de Tourre qui voulait
déclarer Monseigneur Valperga émigré et malgré un violent discours de Villiers soutenant la même thèse qui fut combattue par
Barli Fabri, par Castclinard et par Anglès. J'ai déjà publié in-extenso
cette délibération du 13 avril T793 au cours d'un article sur l'église
de Nice en 1792-1793 inséré dans Nice Historique du Ier avril 1903,
C'est pourquoi je reproduis ici simplement la lettre des
commissaires et l'arrêté du département.

�- 42 —
dûs au pouvoir dont l'exercice vous a été confié par
le peuple souverain que le citoyen Valperga ne peut
ni ne doit sous aucun rapport être considéré comme
émigré, par les motifs ci-après :
i° Qu'il est de notoriété publique qu'il n'a quitté
le pays que contre son gré et par ordre du général
Anselme :
2° Qu'il a constamment été disposé et a offert
de revenir dans son diocèse, moyennant qu'il ne fut
assujetti à prêter qu'un serment relatif au temporel et
non au spirituel.
3° Qu'enfin et par la raison que n'étant point
indigène, mais étranger, son séjour ici n'a été dé terminé que par sa nomination à l'épiscopat, événement casuel qui n'a jamais pu le soumettre à l'obligation de renoncer pour toujours à sa mère-patrie.
Tous ces motifs, soit qu'on les prenne collectivement ou séparément, démontrent suffisamment,
citoyens administrateurs, le droit incontestable, qu'a
le citoyen Valperga de demander et prétendre la
radiation de son nom du tableau des émigrés, et si
le ministre de l'Intérieur n'a fait aucune distinction
entre lui et les autres citoyens, c'est sans doute qu'il
a ignoré les circonstances qui vous sont exposées
ci-dessus, et notamment la dernière, car s'il les eût
toutes connues, il n'est nullement probable qu'il eût
décidé comme il l'a fait. Toute hypothèse contraire
serait une injure faite à ses sentiments et à ses lumières. Un homme tel que lui, dont les vertus civiques, le patriotisme et les talents l'ont appelé au
poste aussi honorable que pénible qu'il occupe, doit
ressembler autant que possible à la Nation pour
laquelle il agit et qui l'a honoré de sa confiance.
Cette nation est grande, généreuse, magnanime,
juste et bienfaisante.Elle ne peut qu'êtreextrêmement
jalouse de sa gloire, et l'un des principaux devoirs de
ses agents est d'éviter soigneusement d'en ternir
l'éclat.
Le refus qui serait fait de rayer de la liste des
Emigrés le nom du citoyen Valperga, refus qui entraînerait avec lui la confiscation des minces propriétés de ce citoyen, serait un acte qui imprimerait à

�-

43

-

jamais une tache ineffaçable à la gloire du nom français ; tache qui ne pourra manquer de frapper également les yeux des contemporains et ceux de la postérité ; tache enfin que les historiens ne manqueront
pas de faire ressortir par des couleurs enluminées, et
le bel effet qu'un pareil tableau produirait, citoyens
administrateurs, serait votre ouvrage.
Mais non, loin de nous, cette idée ! Vous êtes
républicains ! cela suffit. Les républicains sont vertueux. Ils aiment, chérissent, protègent, respectent
la vertu partout où elle se trouve. Et le citoyen Valperga aussi est un homme vertueux ! Qui en doute ?
Nul bon citoyen, nul honnête homme. Souvenezvous, citoyens administrateurs, que ce n'est que par
ses vertus qu'il a mérité l'amour et l'affection du
peuple Niçois et non par sa qualité d'évêque. Et plût
à Dieu que tous les ecclésiastiques lui eussent ressemblé ! La France n'eut point éprouvé d'aussi horribles secousses, pour asseoir, affermir et assurer sa
liberté.
La République a incontestablement le droit de
renvoyer hors de son sein tout individu qui ne lui
convient pas, mais en renvoyant ainsi un étranger
qui, d'ailleurs, n'a pas encouru la peine de la confiscation de ses biens, elle lui permet de les emporter ou
de les vendre et d'en emporter le produit. Tel est
précisément le cas du citoyen Valperga.
L'exposant demande en conséquence, citoyens
administrateurs, qu'il vous plaise prendre dans votre
sagesse une délibération tendante à rendre audit
citoyen Valperga sa qualité de citoyen français non
émigré, à lui accorder un délai compétent pour rentrer dans ce pays soit comme simple citoyen ou
comme fonctionnaire public et à lui assurer dans
tous les cas la restitution de ses propriétés par lui
laissées sous la sauvegarde de la loyauté française
dans la maison épiscopale, lors de sa retraite forcée,
ou la juste indemnité de leur valeur. Et sera justice.
Nice, le 22 juillet 1793, l'an second de la République française, une et indivisible.
Jean-Jacques DONNY.
l
ARCHIVES NATIONALESF/ 4.867 , dossier Valperga.

�- 44 Pièce 5.

Etat de frais de vente pour parvenir à l'inventaire
et vente des effets de l'émigré Valperga Maillone,
citoyen évêque :
5 germinal an III (25 mars 1795)
Pour une séance de trois commissaires dont un du
District et deux de la Commission municipale, fixée
à trois livres par séance par le Directoire du district
et approuvé par les Représentants du
Peuple
L.
9 »
Papier timbré tant de la minute que
des deux extraits
»12
Pour la copie desdits deux extraits . .
» 8
Droits d'enregistrement
13 10
31

2

Nous soussignés certifions le compte ci dessus véritable.
Signés : J.-B. Thomaty, comm. du dist. ; Savigny,
comm. munie. ; Mabil, comm. municip.
Frais de la vente :
Pour quatre séances de deux corn missaires dont un
du District, un de la Commis, mun. sans le membre
de l'administration fixées à trois livres par séance par
le Directoire du district et approuvé par les Représentants du Peuple .
L.
24 »
Au trompette pour publication de
quatre criées
5 »
Au crieur à la vente, quatre séances .
12 »
Aux portefaix qui ont travaillé au
transport des effets
40 »
Papier timbré tant de la minute que
de l'extrait
1 »
Bougie
3 »
Droits d'enregistrement
27 »
Papier timbré du petit état
» 4
A la femme qui a assisté à la vente
pour l'arrangement du linge
» 12
L.
Signés : J.-B. Thomaty, comm. du
district ; Savigny, comm. municip.

1

159 6

�Vu par nous, membres composant la Commission
Administrative du district et d'après l'arrêté du district, approuvé par les Représentants du Peuple et la
loi du il et 12 Mars, arrête l'état des frais ci-dessus
se montant à la somme de cent cinquante neuf livres
trente centimes, qui seront acquittés par le receveur
du droit d'Enregistrement lorsque le Département
aura vérifié ledit état.
Nice, le 29 ventôse an 3"" de la République française une et indivisible (19 mars 1795).
(Suivent les signatures).
Vu l'état des frais ci-dessus pour parvenir à l'inventaire et vente du mobilier de l'émigré Valperga
Maillone ci-devant évêque.
Vérifié et arrêté par le Directoire du district de
Nice, la Commission Administrative du département
des Alpes-Maritimes approuve ledit état et ordonne
au citoyen Maussier, receveur de l'enregistrement
cîudit district de payer aux citoyens J. B. Thomaty
et Savigny, comm. la somme de 159 livres et 30
centimes pour montant des frais pour inventaire et
vente des susdits effets de l'émigré, laquelle somme
lui sera allouée en compte.
Fait à Nice le 5 germinal an 3me républicain ( 25
mars 1795).
Etat des frais pour parvenir d la vente du mobilier de
l'émigré Charles Eugène Valperga Maillone, citoyen
évêque.
Pour trente-neuf séances de trois commissaires
dont un du District et deux de la Commission municipale, fixé à trois livres par séance par le Directoire
du district et approuvé par les Représentants du
peuple
L.
351 »
A deux portefaix, dix-neuf journées et
demi chaque fixées à cinq livres par jour.
195 »
Au trompette pour publication de
trente-neuf criées fixées à une livre cinq
sols chaque
48 r 5
Au crieur à la vente, trente-neuf séan
ces fixées á trois-livres par séance ....
117 »

711 1$

�- 4* Report
Papier timbré tant de la minute que
de l'expédition
Pour copie dudit extrait fixé à quatre
livres
Papier timbré du présent état ....
Bougie
Droit d'enregistrement
Plus deux autres journées de portefaix à cinq livres
Un paquet de plume
L.

148
4
6
421

»
4
»
»

20
5

»
»

1.182

7

Nous soussignés certifions le compte ci-dessus,
véritable.
Nice, le Ier ventôse an 3me de la République (19
février 1795).
Signés : J.-B. Thomaty, commissaire du district ;
Savigny, comm. ; Honoré Mabil, comm. municipal.
Vu par nous, membres composant la Commission Administrative, de ce District, et d'après la loi
du 11 et 12 Mars 1793 (v. s.) et l'arrêté de cette
Commission approuvé par les Représentants en date
1^ Fructidor, oui l'agent national, arrête l'état des
frais se montant à onze cent huitante deux livres et
trente cinq centimes qui seront acquittés par le
receveur de l'agence de l'enregistrement sur le produit de la vente desdits meubles, lorsque le Département aura vérifié ledit état.
Nice le 29 ventôse an 3me de la République
française une et indivisible (19 mars 1795).
(Suivent les signatures).
Vu l'état des frais ci-dessus pour parvenir à la
vente du mobilier de l'Emigré Valperga Maillone cydevant évêque.
Vérifié et arrêté par le Directoire du district de
Nice.
La Commission administrative du département
des Alpes-Maritimes, approuve ledit état et ordonne

�— if au citoyen Maussier, receveur de Penregistrement
dudit district de payer aux citoyens J.-B. Thomati,
Savigni et Honoré Mabil, commissaires, la somme de
mille cent quatre vingt deux livres trente cinq centimes pour montant des frais de la vente des susdits
effets de l'Emigré. Laquelle somme lui sera allouée
en compte.
Fait â Nice le 5 germinal an 3me républicain (25
mars 1795).
Arch. des A. M. L. 15 ancien p. 44-45 N° 34-35

Actes de Notoriété
Pièçe g

1-2-fructidor an III
18-19 août 1795
EGALITÉ, LIBERTÉ

AU NOM DE LA LOI
Ce jourd'hui, premier Fructidor, l'an troisième
(18 août 1795 de la République française, une et indivisible, à Nice, chef-lieu du département des AlpesMaritimes, par devant Nous, Antoine Gautier Juge de
paix de la Ier, 2m" et 3me section et officier de police,
est comparu le citoyen Pierre Joseph Passeron, natit
tic la commune de Contes et habitant en celle de Nice
depuis plusieurs années.
Lequel en sa qualité de procureur du citoyen
Charles Eugène Valperga de Maillone, évêque de Nice,
subrogé par le citoyen Nicolo Giorni, homme de loi,
procureur spécial et général établi (par acte reçu) par
le notaire Pierre Joseph de Bernochio, le 20 Juillet
dernier (v. s.) qu'il présente, légalisé par le résidant
de la République de Gênes auprès de la Cour de Turin, dont il résulte le pouvoir donné au citoyen Giorni, de subroger en son lieu et place, avec tous les
pouvoirs compris au dit acte, et il présente au surplus l'acte de sa dite subrogation faite par le même
citoyen Giorni, reçu en la ville de Gênes le premier

�- 48 du mois d'août dernier (v. s.) par le notaire Antoine
Baglietto, légalisée par le consul de la République
française.
Il expose que le vingt neuvième jour de septembre
de l'année 1792, l'armée de la République, étant arrivée en cette ville, commandée en chef par le citoyen
général d'Anselme, lorsque ce général, vers le soir,
fut arrivé et il eut pris son logement dans la maison
habitée par le ci-devant consul de la République Le
Seurre, ledit citoyen Evêque Charles Eugène Valperga de Maillone s'y étant présenté, ledit général d'Anselme, en présence de tout son Etat-Major, lui signifia
d'abord de devoir partir de cette ville. Sur quoi le
dit évêque ayant répondu qu'il avait cru de pouvoir
continuer sa résidence en cette ville et tellement l'avait cru, qu'il n'avait jamais pensé de distraire et en
faire partir le moindre de ses meubles et effets, qu'il
avait dans la maison d'habitation de l'tvêque et que
si absolument il lui ordonnait de partir, il le priait de
lui accorder la sauvegarde sur tous lesdits effets et
meubles. Le dit général d'Anselme lui répliqua qu'il
dut absolument partir de cette ville, en ajoutant que
le plus tôt en serait le mieux, et qu'à l'égard de ses
meubles et effets qu'il avait, il les mettait dès ce ino
ment sous la sauvegarde et loyauté de la Nation française et qu'il pouvait en être tranquille, après quoi ledit
évêque Valperga de Maillone, tout tremblant, ayant
dit qu'il allait se conformer dès le lendemain au matin à ses ordres, se retira ; ledit général d'Anselme
lui ayant encore répliqué : le plus tôt sera le mieux.
Et comme il importe audit citoyen évêque Valperga de Maillone de constater le fait ci-dessus expo"sé, suivi en présence de tout l'Etat-Major dudit général d'Anselme et de plusieurs citoyens de cette commune, l'exposant, en sa dite qualité vous présente les
citoyens Pierre Le Seurre, ci-dessus nommé, ci-devant
consul en cette ville de la République, le citoyen Honoré Saissi de cette commune qui pour lors était second consul de la même commune, le citoyen Philippe Emmanuel Féraudi qui pour lors était secrétaire de
Ìa même commune et le citoyen Ange Giraudi aussi

�- 49 de cette commune, pour recevoir leurs dépositions
sur ledit exposé et vous fait instance que de tout lui
soit concédé acte, ce que nous lui avons accordé, et a
signé.
PIERRE JOSEPH PASSERON.

Et de suite se sont présenté les susnommés
citoyen Le Seurre, natif de Craon, âgé de 75
ans, bourgeois, le citoyen Saissi, âgé de 70 ans,
négociant, Emmanuel Feraudi, âgé de 68 ans, notaire, Ange Giraudi, âgé de 63 ans, négociant,
natifs et domiciliés dans cette commune, auxquels
après avoir fait lecture dudit exposé fait par ledit citoyen Pierre Joseph Passeron, en sa dite qualité, les
avons interpellés sur serment que leur avons fait prêter, conformément à la loi, de nous dire en leur âme
et conscience si tous les faits énoncés dans le même
exposé sont de leur connaissance et tous les quatre ont
répondu et attesté tant uniment que séparément en
être pleinement informés, s'y étant trouvés présents,
et que le tout contient la vérité, toute la vérité et
rien que la vérité. En foi de quoi ils ont signé :
LE SEURRE, HOSORI'J
SAISSI, PHILIPPE EMMANUEL FÉRAUDI,
ANGE

GIRAUDI.

Et nous, juge de paix, vu les dépositions ci-dessus, avons de tout concédé acte au susnommé citoyen
Pierre Joseph Passeron en sa dite qualité, pour lui
servir et valoir dans tous les cas, à ce que de droit et
de raison. Fait à Nice, l'an et le jour que dessus.
GAUTIER, juge de paix.
BONIFACI, sec. greffier.
Vu par nous, membres du District de Nice, 3 vendémiaire an IV rép. 25 sep. 1795, TOSELLI, JN COPPON
fils, VÉRANI pr. syndic, SAYTOUR Martin.

�— 5o —
EGALITÉ, LIBERTÉ.

AU NOM DE LA LOI
Ce jourd'hui. second jour de Fructidor de l'an 3
août 1795) de la République française une et indivisible, à Nice, chef-lieu du département des AlpesMaritimes, par devant nous, Antoine Gautier, juge de
paix de la iere, 2M* et 3ME section et officier de police,
est comparu le citoyen Pierre Joseph Passeron : natif
de la commune de Contes et habitant en celle de Nice
depuis plusieurs années
Lequel en sa qualité de procureur du citoyen
Charles Eugène Valperga de Maillone, évêque de
Nice, subrogé par le citoyen Nicolo Giorni, homme
de loi, procureur spécial et général établi (par acte
reçu) par le notaire Pierre Joseph de Bernochio, le 20
Juillet dernier (v. s.) qu'il présente, légalisé par le résidant de la République de Gênes auprès de la Cour de
Turin, dont il résulte le pouvoir donné au citoyen
Giorni, de subroger en son lieu et place, avec tous les
pouvoirs compris audit acte, et il présente au surplus
l'acte de sa dite subrogation faite par le même citoyen
Giorni, reçu en la ville de Gênes le premier du mois
d'août dernier (v. s.) par le notaire Antoine Baglietto,
légalisée par le consul de la République française.
Expose : Primo, que le matin du trente septembre 1792, le citoyen Charles Eugène Valperga de
Maillone, évêque de Nice, en partant de cette ville
avec deux domestiques à sa suite, qui portaient un
paquet et quelques effets, fut arrêté à la porte qui conduit en Piémont, ci-devant nommée porte Victoire,
et conduit au vestibule de la maison presque attenante
à ladite porte, appartenant au citoyen Dominique
Castellinard, où se trouva le citoyen Joseph Castellinard, fils dudit Dominique, et malgré que ledit Evêque Valperga déclara aux soldats de la Garde de la
dite porte qui étaient des Marseillais, que c'était en
conséquence d'ordre qui lui avait été signifié par le
citoyen général d'Anselme qu'il partait de cette ville,
lesdits soldats commencèrent par le malmener et lui
(19

�signifier qu'ils voulaient le pendre et ayant ouvert
ledit paquet et y ayant trouvé entre autres effets, une
ceinture d'évêque, ils déterminèrent, à l'instant, de le
pendre avec ladite ceinture, et ayant essayé si la même
était assez forte pour le soutenir, en la préparant, elle
se fit en lambeaux, de façon qu'ils vérifièrent qu'elle
ne pouvait leur servir et demandèrent audit Joseph
Castellinard fils une corde, pour pendre ledit évêque,
à un grand anneau de fer qui était au plafond dudit
vestibule, servant â y passer une verge de fer pour
peser les marchandises, et ledit citoyen Castellinard
fils, leur ayant absolument refusé de leur donner de la
corde, en s'excusant qu'il n'en avait point, comme
dans tous ces entrefaits ledit évêque se trouve mal et
ne peut plus se soutenir, ledit Castellinard fils lui fit
apporter une chaise, par sa servante à qui quelques
uns de ces soldats donnèrent des coups de poing pour
avoir porté ladite chaise et le même Castellinard le
fit ensuite asseoir sur ladite chaise, en le soutenant,
parce qu'il ne pouvait se soutenir droit ; d'autant plus
qu'en attendant, lesdits soldats marseillais lui disaient mille exécrations, lui crachaient dessus et lui
donnaient des soufflets, et assurément ils l'auraient
fini, si dans cet intervalle un de ses domestiques
n'avait été dire au citoyen général d'Anselme ce qui
venait d'arriver, et ledit domestique étant venu avec
un billet dudit général d'Anselme qui ordonnait à la
garde de le laisser partir, puisque c'était de son ordre,
en conséquence de ce billet lesdits soldats marseillais
se bornèrent pour lors à lui dire et crier mille invectives et injures et le laissèrent partir, ce que ledit
évêque, malgré qu'il ne pût se remuer, à l'aide de ses
domestiques fit au mieux possible en tremblant, de
façon qu'il doit son existence au refus ferme et déterminé que ledit citoyen Castellinard fils leur fit de
leur donner une corde, sans quoi avant l'arrivée du
dit domestique portant l'Ordre du général d'Anselme, il aurait été pendu et étranglé.
Secondoque lefaitci-dessusfut d'abord public et notoire, de notoriété publique dans cette ville et encore
plui le lendemain premier octobre, puisque les autres

»

�— 52 —

soldats de la Phalange Marseillaise, arrivés sur le soir
dudit jour trente septembre, d'abord après leur arrivée
cherchèrent l'évêque qu'ils voulaient le lanterner et
mettre en pièces, comme ils s'expliquèrent hautement,
ce qui joint au fait arrivé dans ledit vestibule de la
maison Castellinard, étant devenu d'une notoriété publique donna l'épouvante à tous les gens honnêtes du
pays, qui disaient que le citoyen général d'Anselme en
ordonnant audit évêque de partir, en mettant sous la
sauvegarde de la Nation française ses meubles et ses
effets, avait voulu le sauver.
Et comme il importe audit citoyen Passeron, exposant en sa dite qualité, de constater par témoins le
fait ci-dessus exposé, il nous présente ledit citoyen
Joseph Castellinard fils de Dominique de cette commune, âgé de 21 ans, de profession, négociant, qui se
trouva présent au fait énoncé dans le Ier article de l'exposé ci-dessus, et au surplus informé de la notoriété
des faits énoncés au second et dernier chef, de ladite
exposition et il nous présente les citoyens Jean-Jacques Donny, natif de Neufchâtel en Suisse, âgé de 39
ans, de profession, négociant ; Joseph Poullan, natif
de Clavesana, en Piémont, âge de 48 ans, négociant ;
Jacques Gerbin, âgé de 60 ans, tailleur, Jean-Marie
Thaon, âgé de 56 ans, négociant, natifs et tous domiciliés en cette commune pour déposer sur ladite
notoriété énoncée dans ledit second fait exposé, pour
recevoir leurs dépositions, et nous fait instance que de
tout lui soit concédé acte, ce que nous lui avons accordé et a signé.
Pierre-Joseph PASSERON .
Et de suite se sont présentés les susnommés citoyens Joseph Castellinard, Jean-Jacques Donny, Joseph Poullan, Jacques Gerbin, et Jean-Marie Thaon,
ci-dessus qualifiés, auxquels après avoir fait lecture
dudit exposé fait par ledit citoyen Passeron, en sa
dite quálité, les avons interpellés sur serment, que
leur avons fait prêter, conformément à la loi, de nous
dire en leur âme et conscience, si tous les faits énoncés dans le même exposé sont de leur connaissance,

�- 53 et ledit citoyen Joseph Castellinard a répondu et
attesté en être pleinement informé pour avoir été
présent au fait exposé dans le i" article de ladite exposition, et pour avoir publiquement entendu dire les
faits énoncés dans le second chef qui était en cette
ville notoire de notoriété publique et lesdits citoyens
Jean-Jacques Donny, Joseph Poullan, Jacques Gerbin,
Jean-Marie Thaon, ont répondu et attesté tant uniment que séparément être pleinement informés de
l'énoncé dans le second chef de ladite exposition,
puisque les faits y énoncés étaient notoires, de notoriété publique en cette ville, et tous lesdits citoyens
ont respectivement attesté pour ce qui les concerne
que tout contient la vérité, toute la vérité et rien que
la vérité. En foi de quoi ils ont signé : Joseph Castellinard fils,Jean-Jacques Donny, Joseph Poullan, Jacques
Gerbin, Jean-Marie Thaon.
Et nous, Juge de paix, vu les dépositions ci-dessus,
avons de tout concédé acte au susnommé Pierre Joseph Passeron en sa dite qualité pour lui servir et valoir dans tous les cas, à ce que de droit et de raison.
Fait à Nice l'an et jour que dessus.
GAUTIER,
BONIFACI,

juge de paix.
sec. gref.

Vu par nous, membres Du district de Nice, le 3
vendémiaire anIV rep. (25 sept. 1795).
Jn. COPPON fils, VÉRANi, pr. syndic, TOSELLI, Saytour
MARTIN.

Arch. Nat. F

7

4867 *

�54 -

PÉTITION au DISTRICT de NICE
et AVIS de ce DISTRICT
ÉGALITÉ,

LIBERTÉ

5 vendémiaire
27 septembre 1795 an IV
AUX

CITOYENS ADMINISTRATEURS
DU DISTRICT DE NICE

Le citoyen Pierre Joseph Passeron, natif de la
commune de Contes, habitant en celle de Nice depuis plusieurs années.
Vous expose en qualité de procureur du citoyen
Charles-Eugène Valperga de Maillone, évêque de
Nice, subrogé par le citoyen Nicolo Giorni, homme
de loi, son procureur spécial et général fondé par acte
reçu dans la ville de Turin par le notaire PierreJoseph de Bernochio, le 20 juillet dernier (v. s) légalisée par le résident de la République de Gênes, près
la Cour de Turin, duquel il résulte le pouvoir donné
audit citoyen Giorni de subroger en son lieu et place
avec tous les pouvoirs compris dans le même acte,
qui se trouve copié mot pour mot dans celui de la
subrogation faite par le même citoyen Giorni, reçu
en la ville de Gênes le Ier du mois d'août dernier
(v. s* par le notaire Antoine Baglietto, légalisée par
le consul de la République française, le 13 Thermidor dernier (3 1 Juillet 1795), qu'il vous exhibe qu'étant arrivé dans cette ville le vingt-neuvième jour
du mois de septembre de l'année 1792, l'armée de la
République française, commandée par le citoyen général en chef d'Anselme lorsque celui-ci y fut arrivé
le soir et eut pris son logement dans la maison d'habitation du citoyen ci-devant consul de la République
Le Seurre, ledit évêque Charles-Eugène Valperga de
Maillone, s'étant présenté, le même général d'Anselme
lui signifia d'abord en présence de son Etat-Major de
partir de cette ville, sur quoi ledit évêque lui répondit qu'il avait cru pouvoir continuer sa demeure dans
cette ville et qu'à cet effet il n'avait jamais pensé de

Pièces 7 et 8

�- 55 distraire, ni faire partir le moindre de ses meubles et
effets qu'il avait dans la maison d'habitation de
l'évêque, que si absolument il lui ordonnait de partir,
il le priait de lui accorder la sauvegarde pour tous ses
dits effets et meubles, ledit général d'Anselme lui
répliqua : Le plus tôt sera le mieux, ce qui tout est
constaté par les attestations ci-jointes du premier et
second jour de fructidor dernier qu'il vous présente
également.
Qu'il résulte aussi par lesdites attestations, que
ledit évêque Valperga de Maillone fut forcé par ledit
général d'Anselme de partir de cette ville que tous
ses meubles et effets fussent mis sous la sauvegarde de
la Nation française et qu'étant parti le lendemain 30
dit septembre, il risqu'à d'être pendu ef étranglé paties soldats de la Phalange Marseillaise qui se trouvaient de garde à la porte ci-devant dite Victoire, ce
que tout fut d'abord notoire et de notoriété publique
dans cette ville.
Vous observe que ledit évêque Valperga est natif
du Piémont où il se retira et que s'il a résidé dans
cette ville, ce n'a été que pour raison de son ministère, que tout cela nonobstant il a été porté sur la liste
des émigrés, a été vendu la plus grande partie de ses
meubles et effets, et cela même nonobstant la préalable réclamation que le citoyen Jean-Jacques Donni,
chargé des intérêts dudit évêque avait fait à l'ancien
département par sa pétition du 22 juillet 1793 (v. s)
qui existe dans les Archives de ce district, résultant
ainsi que tout cela a été fait et opéré contre le droit des
gens et la sauvegarde de la loyauté française qui fut
promis audit évêque.
En conséquence, l'exposant demande en sa dite
qualité de procureur dudit citoyen évêque CharlesEugène Valperga de Maillone la radiation de son
nom de la liste des émigrés, la levée des scellés, la
restitution de ses propriétés et l'indemnité de celles
qui ont été distraites et vendues au nom de la Nation,
et sera justice.
(21 août 1795).

�- 56 Nice le 4me jour de Fructidor de l'an 3me de la
République française une et indivisible.
Signé : Pierre-Joseph PASSERON.
Vu la pétition ci-dessus du citoyen Pierre-Joseph
Passeron présentée au nom et comme procureur subs
titué du ci-devant évêque de Nice, Charles-Eugène
Valperga tendante à obtenir la radiation de son nom
de la liste des émigrés, la levée du séquestre et remission de ses effets restant ainsi que l'indemnité de
ceux qui ont été distraits ou vendus.
Vu une première pétition présentée à l'ancienne
administration du département par le citoyen JeanJacques Donni, au nom du citoyen Valperga en date
du 22 juillet 1793 tendante aux mêmes fins.
Vu la procuration en date du premier août 1793
(V. s.) faite à Gênes, par devant le notaire public Antoine Baglietti, légalisée par le Consul de la République française y résidant, ainsi que l'acte de procuration y inséré, en date du 20 Juillet 1795.
Vu l'attestation de quatre témoins faite avec serment par devant le juge de paix de la 1", 2"", 3me section de cette commune, en date du 1" Fructidor dernier '18 août 1795).
Vu autre attestation de cinq témoins faite par
devant le susdit Juge de paix, le 2 dit fructidor, aussi
sous serment.
Considérant que par la première des 2 attestations il est pleinement prouvé que le vingt-neuvième
septembre 1792, aussitôt après l'entrée de l'armée
française dans cette commune, le sus-nommé évêque
Valperga s'étant présenté au général d'Anselme qui
la commandait en chef, celui- ci lui ordonna d'abord
en présence desdits témoins et de tout l'Etat-Major.
u'il n'avait qu'à partir de la ville, et malgré que le
it évêque lui observa qu'il avait cru de pouvoir y
rester tranquillement et qu'à cet effet il n'avait fait
partir aucun de ses effets et meubles, le général lui
répliqua de partir absolument de la ville, en ajoutant
que le plus tôt serait le mieux, l'ayant assuré qu'à

a

�-5;l'égard de ses meubles et effets de sa maison, il les
mettait dès ce moment sous la sauvegarde et loyauté
de la Nation française et qu'il pouvait en être tranquille.
Considérant qu'il résulte par lesdites attestations,
et il est prouvé que l'évêque Valperga, d'après les
ordres précis et réitérés du général d'Anselme, partit
le lendemain 30 septembre de cette ville.
Considérant que par la susdite attestation du deux
Fructidor il résulte que l'évêque Valperga, au moment de son départ de cette commune, ayant été arrêté à la porte qui conduit au Piémont, par les soldats
qui y étaient de garde, lesquels tentèrent de le pendre,
il évita la mort par les soins du citoyen Joseph Castellinard, un des déposants, et il ne fut laissé libre que
d'après un billet du général d'Anselme, qui ordonnait à ladite garde de le laisser partir, puisqu'il s'en
allait de son ordre
Considérant que tous ces faits sont devenus de notoriété publique dans cette commune, dès le même
jour 30 septembre et Ier octobre suivant, ainsi que
quatre témoins l'ont attesté.
Considérant que le citoyen Valperga ne s'est absenté de cette commune et ci-devant Comté de Nice
que d'après les ordres du général d'Anselme auquel il
témoigna son regret.
Considérant que le départ du citoyen Valperga
ayant été forcé il ne peut pas être qualifié d'émigration.
Considérant que son intention de rester dans cette
commune est d'autant plus constatée, que le citoyen
Valperga a été le seul fonctionnaire public, il soit
resté à son poste, n'ayant soustrait aucun des meubles
et effets de sa maison, lesquels ont été ensuite distraits
et vendus par la Nation.
Considérant que le citoyen Valperga ne peut être
non plus considéré comme réfractaire aux lois de la
République, tandis qu'à l'époque de son départ de cette
commune, aucune loi de la République, surtout à
l'égard des ecclésiastiques, n'y avait été encore publiée
à laquelle eut pu contrevenir.

�— 58 —
Considérant que le citoyen Valperga ne pouvant
être considéré ni comme émigré, ni comme réfractaire, ne pouvait être privé de ses propriétés laissées
dans cette commune lors de son départ, sous la sauvegarde de la loi et de la Nation française qui lui fut
accordée par le général d'Anselme, et qui étant digne
de la loyauté de cette Nation, ne pouvait être violée
sans blesser le droit des gens.
Considérant au surplus, que le citoyen Valperga,
originaire piémontais, ne faisait sa résidence à Nice,
qu'à raison de son épiscopat, ce qui ne donne qu'une
résidence easuelle, et que sous tous les rapports, il
n'a cessé d'être étranger à l'égard du pays de Nice et
de la France.
Considérant que l'article 6, section deux, N° 2 de
la Loi du 25 Brumaire (15 novembre 1794) en déclarant émigrés les citoyens domiciliés dans le cidevant comté de Nice, qui sont sortis depuis le 27
septembre 1792, n'a point porté atteinte au droit des
gens dans la personne de l'étranger, qui se trouvait
dans ce même pays, où il n'aurait pas établi son vrai
domicile.
Considérant que le citoyen Valperga, qui avait été
forcé par le gouvernement de partir de Nice, n'a dû
plus y revenir dans le terme même prescrit par les
lois aux citoyens de la ci-devant Comté de Nice,
puisqu'il ne devait point imaginer qu'il fut compris
dans l'invitation, malgré qu'il ait été porté sur la
liste des émigrés.
Considérant que ce nonobstant, lorsqu'il sut qu'il
avait été porté sur la liste des émigrés de cette commune, s'est empressé de présenter sadite pétition
du 22 Juillet 1793 dans laquelle il demanda non seulement la radiation de son nom de ladite liste, mais
encore un délai convenable pour rentrer dans cette
commune, soit comme simple citoyen, ou comme
fonctionnaire public, ainsi que la restitution de ses
propriétés par lui laissées sous la sauvegarde de la
loyauté française dans la maison êpiscopale lors de sa
retraite forcée, ou une juste indemnité de leur valeur.

�- 59 Considérant finalement que,d'après toutes les circonstances sus-ênoncèes, aucune loi concernant les
émigrés ne peut être applicable au citoyen Valperga,
et que toutes celles qui pourraient le regarder relatives au séquestre des biens appartenant aux habitants
des pays en guerre avec la République française ont
été rapportées par le décret du 14 Ventôse dernier
(4 mars 1795). •
Le Directoire du district de Nice, oui le procureur syndic, est d'avis que le citoyen Charles-Eugène
Valperga ci-devant évêque de Nice ne doit point être
considéré émigré.
Qu'il doit être rayé de la liste des émigrés, que le
séquestre apposé sur ses propriétés doit être levé, qu'il
doit être réintégré dans la possession et jouissance
d'iceux, que tous receveurs ou dépositaires doivent
lui restituer les sommes qu'ils ont perçues, résultant
du produit desdites propriétés et qu'il doit recevoir
la juste indemnité des meubles et effets qui seraient
passés au profit de la Nation.
Fait à Nice, dans la salle des séances le 5me Vendémiaire an 4me républicain (27 sept. 1795). Signé
Saytour Martin. Verani,
procureur syndic, Angles v. prés.
Touzelly. Jn Coppon fils.
Enregistré au feuil. 20 registre des prévenus
d'émigration et signé BARRAIA, commis greffier.
Certifié conforme par nous Ve président et secrétaire du district Jn COPPON Fils V,-PRÉSIDENT
BARRAIA Cis greffier.
A rch. Nat. F 7 4867

2

�— 6o —

Pièce 9.

LIBERTÉ (vignette) ÉGALITÉ
BUREAU DES
ÉMIGRÉS

Extrait des registres des délibérations et arrêtés de
l'Administration Centrale du département des Alpes Maritimes.
(2

juin 1797)

Séance du quatorze Prairial an 5mf de
la République française une et indivisible.
Sur le rapport d-e la pétition présentée par le
citoyen Pierre Joseph Passeron, procureur fondé de
Monsieur Charles Valperga, ci-devant évêque de
Nice, dans laquelle il expose que ledit Charles Valperga n'a jamais dû être atteint des lois relatives à
l'émigration, soit qu'on le considère comme parti en
suite d'une force majeure, soit en sa qualité de piémontais et demande en conséquence la radiation de
son nom de la liste des Emigrés, sa réintégration
dans la possession et jouissance de ses propriétés et
une juste indemnité, des meubles et effets qui sont
passés au profit de la République.
L'Administration Centrale du département des
Alpes-Maritimes, considérant que M. Charles Valperga, comme piémontais, n'habitant Nice que pour
cause de son emploi, n'aurait jamais dû être porté
sur la liste des émigrés du département.
Que le seul motif qui a pu déterminer le général
d'Anselme à lui ordonner de partir de la ville de
Nice, ne peut avoir été que la susdite qualité de
piémontais.
Considérant enfin, que comme sujet du roi de
Sardaigne, il est dans le cas de jouir de l'article i,r
de la loi du quatorze nivôse an troisième, (} janvier
1795), ainsi que de l'article neuf de la loi du trente
Floréal an quatrième, (19 mai 1796).
Arrête, oui le commissaire du Directoire Exécutif
que le nom de Valperga, ci-devant évêque de Nice,
qui se trouve inscrit sur la liste des émigrés, sera

�— 6i —

provisoirement rayé ; que tout séquestre qui pourrait
avoir été mis sur ses biens sera levé, qu'il sera réintégré dans la possession et jouissance de ses propriétés,
et que toutes les sommes versées dans les caisses publiques, lui seront rendues, déduction faite des frais
faits conformément aux lois.
Fait et arrêté* en séance publique le jour, mois et
an que dessus.
Signé : Donny, président Payani, fils, Scudéry,
Oberti, Hancy (et en marge Gastaud commissaire
du Directoire Exécutif).
Certifié conforme à l'original par nous président
et secrétaire de l'Administration centrale du départemeni des Alpes-Maritimes.
DONNY, président
BELMONDI, sec. chef au bureau des émigrés.
Arch. Nat. F 7 4867 2

ACTE DE CAUTIONNEMENT
Pièce 10.

11 fructidor anV (2&amp; août 1797)
LIBERTÉ ÉGALITÉ
Ce jourdTiui 11 fructidor an 5 de la République
française une et indivisible (28 août 1797) par devant nous, membres composant l'Administration
centrale du département des Alpes-Maritimes, est
comparu le citoyen Joseph Passeron, natif de Contes,
chef-lieu de canton, domicilié dans cette commune,
procureur fondé de Monsieur Charles Valperga, cidevant évêque de Nice, en vertu d'acte de procuration du 20 juillet et premier août 1795 (v. s.) lequel
en sadite qualité, dépendamment à l'arrêté de cette
administration du quatorze prairial an cinq (2 juin
1797) portant que le nom de Valperga, ci-devant
évêque de Nice, sera provisoirement rayé de la liste
des émigrés, que tout séquestre qui pourrait avoir
été mis sur ses biens sera levé, qu'il sera réintégré
dans la possession et jouissance de ses propriétés, et

�— 62 —

que toutes les sommes versées dans les caisses publiques lui seront rendues, déduction faite des frais
faits, conformément aux lois, désirant de se conformer au porté par l'article 3 de la loi du 5 Brumaire
an 3 (26 octobre 1794) qui exprime que les prévenus
d'émigration seront tenus de donner caution solvable de la valeur mobilier, et ne pourront obtenir
leurs immeubles jusqu'à ce qu'il ait été définitivement statué sur leurs réclamations par qui de droit,
toujours en sa dite qualité a présenté pour caution le
citoyen François Grosson, marchand drapier de cette
commune, lequel ici prése.it et acceptant, s'oblige
conjointement et solidairement avec ledit Valperga
et pour celui-ci ledit Joseph Passeron, et sous l'hypothèque de tous leurs frens présents et à venir, à l'entière exécution de ce qui les concerne en la susdite
loi, et à la représention des mobiliers, effets et sommes à percevoir en dépôt que besoin sera, et quant
aux mobiliers invendus et en dépôt seront soumis
d'en représenter la valeur à laquelle seront estimés
par experts, préalable rémission.
Et nous, administrateurs susdits approuvant lesdits
cautionnement et acte de soumission, à la réquisition
dudit citoyen Joseph Passeron, avons dressé le présent acte que toutes les parties ont signé avec nous,
ayant au préalable fait renoncer audit François Grosson au droit de premier convenir.
Fait à Nice les jours, mois et an que dessus.
Joseph

PASSERON,

François GROSSON,
prés., PAYANY FILS,
MARUN-SAYTOUR, sec. en chef

HANCY, DONNY,
P.

Acte original sur timbre de 20 centime*.
Arch. Nat. F

7 4867^

�— 63 -

CONCLUSION

Il était avéré pour tous, dans la ville de Nice, que Mgr
Valperga était parti contre son gré et si la première Administration départementale, installée au mois de Mai 1793,
l'avait inscrit sur la liste des émigrés de Nice, c'était à la
suite d'une réponse faite par le ministre de l'Intérieur, Garât,
aux questions à lui posées par le Directoire des Colons Marseillais sur la conduite à tenir vis-à-vis de l'évêque.
Les questions avaient été envoyées à Paris, vers la fin
de Février 1793, et la réponse du ministre ne parvint à Nice
qu'au milieu de juin suivant, soit quelques jours avant la
publication de la liste des émigrés. Les réclamations de
l'évêque, retiré à Turin dans sa famille, furent présentées
le 22 juillet 1793 (1) ; mais comme beaucoup d'autres, elles
s'entassèrent dans les bureaux du Département, qui n'y
répondit même pas.
Cette réclamation fut présentée au nom de l'évêque par JeanJacques Donny au Département. lîlle figure en original au dossier
Valperga.
Voir ci-dessus.
Le registre des délibérations du département manque aux Archives pour les derniers mois de 1793, exactement du Ier mai au 10
Novembre, comme pour les six derniers mois de 1797 et l'année entière de 1798, exactement du 8 Messidor an V (26 Juin 1797) au 25
Pluviôse an VII (13 février 1799).
C'est-à-dire pour les deux périodes les plus troublées et cette
disparition est tout au moins étrange.
Elle doit être vraisemblablement attribuée à certains hommes
politiques désireux de laisser dans l'oubli leur conduite durant ces
deux époques.

�- 64 On était dans la période la plus aiguë et, en pleine
Terreur.
Après le 9 Thermidor et, surtout après la venue à Nice
du représentant Beffroy, au mois de Floréal, an III (Mai
I795)»
les esprits devinrent plus calmes, les administrations plus pondérées. C'est alors que, sur de nouvelles demandes présentées au District, et sur avis favbrable de
celui-ci, le département des Alpes-Maritimes accorda à Mgr
Valperga sa radiation provisoire, le 14 Prairial, an V (2 Juin
1797). Comme on le voit, l'affaire avait traîné en longueur.
Il semblait alors que rien ne s'opposait plus à la rentrée
de l'évêque : le 11 Fructidor, an V (28 Août 1797), le Département avait agréé la caution de François Grosson (1) ;
les biens de l'évêque allaient lui être rendus, et il pourrait
rentrer.
Mais huit jours après, le coup d'Etat du 18 Fructidor (4
septembre 1797) remettait le pouvoir aux mains des Jacobins, la guerre aux émigrés et aux ecclésiastiques, en particulier, reprit avec âpreté. Pe département des Alpes-Maritimes se vit accusé d'avoir préparé une rentrée triomphale à l'évêque, son arrêté du 14 Prairial resta sans effet
et, en vertu de la loi du 19 Fructidor (5 septembre), les
scellés furent de nouveau apposés sur les biens de Mgr Valperga par deux commissaires municipaux (2).
En vain, l'évêque de Nice, fit intervenir auprès du Directoire Balbi, l'ambassadeur du Roi de Sardaigne à Paris,
le dossier de sa demande en radiation fut examiné sans
aucune bienveillance.
(1) L/Acte original de ce cautionnement sur timbre est aux
Arch. des Alp.-Maritimes Q. 10.
(2) Mise de scellés sur les biens de Charles Eugène Valperga par
deux commissaires de la municipalité de Nice. Une scéance, 6 livres.
Dépense approuvée par le Département, en Germinal an VI (avril
1798). Arch. des A. M. Q. 11.
Mgr Valperga ne possédait à Nice aucun immeuble et il devait
rester fort peu de chose de son mobilier après la vente qui en avait
été faite en Ventôse an III. La bibliothèque de l'évêché avait été déclarée bien national et la caisse diocésaine avait disparue en octobre 1792
sans laisser de traces dans les pièces administratives. Le séquestre
a été apposé sur les biens de nombreux émigrés rayés provisoirement.
On peut en voir la liste aux Archives des A. M. Q. 10, où Valperga
figure sous le N° 65.

�- 65
Á la suite de la lettre de Balby datée de Paris le 7 février
1798, le ministre de la police demanda à ses Bureaux un
rapport sur l'affaire Valperga. Pe voici tel qu'il se trouve
en minute au dossier.
Attendu que rien ne tend à constater le prétendu ordre
de quitter Nice, d'où il suit qu'il faut en croire sur parole
l'émigré.
Qu'à raison de son domicile, il était tenu de rentrer sur
le territoire dans les délais voulus par les lois.
Qu'il est atteint par la déchéance et n'a réclamé que
l'an V.
Qu'il ne paraît pas y avoir lieu de violer la loi en faveur
de cet ex-évêque dont la rentrée prohibée par la Constitution serait d'une influence dangereuse.
J'estime qu'il y a lieu à proposer la maintenue sauf
à prendre des renseignements si toutefois on les trouve
indispensables.
CAIGNART,
Sous-chef (2e Bureau).
En tête de cette minute est écrit :
« Je pense qu'il y a lieu à instruction et à prendre
des renseignements près les Administrateurs du département_des Alpes-Maritimes. »
Signature illisible (1).
Ces renseignements furent-ils demandés ? C'est probable et cela explique que bien des pièces du dossier Valperga sont en double expédition. Plus d'une année s'écoula
encore, avant que fut prise une décision et finalement sur
un rapport défavorable de la Commission d'examen instituée près le Ministère de la police pour l'étude des demandes en radiation, le Directoire exécutif signa le 7 Floréal
an VII, (26 avril 1799) un arrêté qui maintenait définitivement, sur la liste des émigrés, Mgr Valperga et annulait
toutes les décisions rendues antérieurement, en sa faveur,
par les. autorités locales.
(1) Arch. Nation. F 7 4862 2 dossier Valperga. Rapport de la
3 me Division du Ministère de la police, sans date mais joint à la
lettre de Balbi.
»

�- 66 -

Varrêté du Directoire parvint à Nice les premiers
jours de Prairial an VII (Mai 99) et fut immédiatement
mis à exécution. (1).
*

* *

Ainsi donc Mgr Valperga expulsé ne put jamais obtenir
de rentrer, les lois sur l'émigration étaient tellement embrouillées et tyranniques qu'une fois inscrit sur une liste
d'émigrés, il était extrêmement difficile de s'en faire rayer
malgré toutes les démarches ; car on se heurtait sans cesse
à des questions de forme et de procédure ce qui permettait
à la malveillance de s'exercer tout à fait à l'aise sous le
couvert de la légalité.
A. J.

PvANCE-BOURREY.

(1) De 21 Floréal an VII (10 mai 1799), il fut communiqué
par le ministre de la police générale de la République aux diverses
administrations intéressées et aux Commissaire du Directoire exécutif
près le département des Alpes-Maritimes. Celui-ci par lettre du 3
prairial (22 mai 1799) demanda au Département de le transmettre
à la Municipalité de Nice, ce qui fut fait le même jour avec ordre
de le transcrire sur ses registres, de faire apposer les scellés ou séquestre sur tous les biens meubles et immeubles de l'évêque si ce
n'est déjà fait, et de mi notifier sans délai la décision prise à son égard.
Voir lettre du Département à la Municipalité, celle du Commissaire au Département, 3 Prairial an VII avec la réponse du Département 4 Prairial.
Arch.. des A. M. Q. 1 et 2 et Arch. Nationales, dossier Valperga,

�NIÇA LA BELLA
VERS DE /.

Giordan,

su

DE CARTA POUSTALA

Ai rai dôu nouostre bouon soulèu
Venon s'escaufar toui lu lùssi ;
Es un meravihous tablèu,
Ai rai dôu nouostre bouon soulèu,
Trouvas, dou Var fin au Castèu,
Anglés, Rouman, Danesi, Rùssi :
Ai rai dôu nouostre bouon soulèu
Venon s'escaufar toui lu lùssi.
Pèr tu, as touti li bèuta,
Terra de lus e d'alegria,
D'un ciel d'azur, as la clartà,
Pèr tu, as touti li bèuta.
De l'univers, en verità,
Siès la uechièma meravia ;
Pèr tu, as touti li bèutà,
Terra de lus e d'alegria.
Dintre lou tèmp, Semiramis
Faguet basti, à Babilouna,
Pu siéu jardin, vèr paradis !
Soubre Paioun, degun s'estouna
De vèire, ancuèi, lou paumoulié
Drissar au ciel la siéu coulouna
E lou galofre, e l'anemouna
Flouri emb'au pourtegalié.
De bouon matin, quitant maioun
Pèr la journada touta'ntiera,
S'en va lavar, dintre Paioun
Pa bugadiera.
D'un glourious passat es fiera
Perqué, d'un tèmp, sus lou bastioun
Au Turc, arranquèt la bandiera
Pa bugadiera.

�fet 68 —

Sau de fouora fa freï,
Que brima,
A Niça, sus lou Quèi,
Si rima.
Pescadou, fourestié,
De la mar bressarella,
Escouton voulountié
Pa doussa cantinella.
L'AVOUCAT

PATTA

L'estudi de l'avoucat Patta es en plen aria ; si tèn lou matin
couma lou predinà su la plaça dôu Palai. Es un ome pichounet,
touplen raplot, li pocha enfli de papiè de touta mers. En lu vièi
quartiè es proun counouissut e li capelada, « Bouonjou Moussu
l'Avoucat », noun li mancon. Es ben m'ai juge, proucuradou, etc.
Lu siéu ounourari soun bouon pati e n'a de preferença pèr
qu si sigue. Parla au premier maufatan vengut, couma se fousse
un agnèu que vén de naisse ; lou créancier o lou débiteur soun
tratat su lou même pen... basta que mouson...
L'avoucat Patta es de noutarietà reputat pèr un ome judicious, òunest — au noun si flata de l'estre au jou d'ancuei ; —
finda counouisse, es en relacioun d'afaire emê de gros persou nage que dintre la finança dôu siéu coumerce, soun quasi d'usurari. Sau menajar la cabra e lou caulè ; e pèr que la mouneda
noun li escapa si desbrouïa e si mete dôu cousta dôu manche...
d'aquéu que casca lou de mai...
Acò fa que toui lu matin que lou Bouon Diéu a fach, la siéu
doumestica mete toujou quaucaren au fuec. Lou dimeneghe, coum'un bouon crestian, — tartufaria que lou pauva, — va audi la
gran'messa à Santa Réparada, fa la siesta e à la calada dóu soulèu,
passeja su lou Cours, pastrouia, fa lu cent pas, noun parla que de
lei, proucès, citacioun, ensin alestisse lou travail dôu dilun...
Lendeman empastra ben d'afaire, mete facilamen en lou sac
Moussu Tout'Un emé Moussu Tout'Autre... En éu que li pòu
faire ?... lança dapertout lou broumech, tant pis pèr aquéu que si
laissa agantar. Quaranta sóu es lou près d'atac e vous pregui de
crèire que douna pas la siéu journada pèr doui o tres escut.
L'avoucat Patta counouisse l'usança dôu païs... s'avès touort,
vous rouïa, s'avès pi rasoun, v'espia... Que voulès aima manjar
lou pei, lou pei que noun aiguë d'espina...
JULI EYNAUDI.

�-«9VA

MAU ! !

Va màu, cresé-vous, que va màu 1
En l'orizoun lou voile negre
N'es qu'un gran camp cargat de pebre,
Qu'à pala lou jeten davan,
Avuglan finda lu cavau 1
Lu canoun soun su li frountièra,
Alignât couma de barriera,
N'esperon plus que lou signàu !
Lou soulèu, aquel animàu !
Stan, noun vòu levà la vela,
Si foundon couma des candela
Enb'aquèu coust dôu diàu !
Le Giacouuda à cóu de d/stràu
Li fan petà li sièu moulura...
Ah ! dèu faire bella figura
Se l'an foutuda en quauqua tràu
Lou pan crèise, finda la sàu,
Lou sucre dintre li boutiga
Mounta ben mai que de boufiga !
Van jusque crèise lou rampàu
E la pèu que fau lou tambau ;
Metran de drech su li nourriça,
Su lu chichi, su li saucissa,
Perqué pas soubre lu magàu ?
E lou Prussian, marrit bertàu,
Noun sabon fa que de babïa,
Per lou Maroc e l'Algèria,
Se faran mètre lou mourràu !
Li serreren toui lou pourtàu
E pi veiren touta la França
Davan la sieù grossa arougança
Se noun si sau garda li clàu !
Es de rima d'un manechàu,
Ma sien d'estiéu, vesin, vesina,
Li passeres en la resina
Avant que vegon l'espitau !
CHARLES CIAUDO

�Valère Bernard
Tout en heurtant le marteau contre la porte de M. Valère
Bernard je songeais. Je me suis complu dans le plus souriant
mépris des idoles. L'ironie a tremblé sur mes lèvres quand
la Provence a dans un ravissement de joie acclamé le poète de
Maillanne. Cette mascarade d'apothéose me répugnait.
Et maintenant la curiosité me fourvoyait dans le studio
d'un consciencieux artiste que les felibres couvraient de gloire.
Elève de Puvis de Chavannes M. Valère Bernard pasticha le
Maître. Mais vite il eût l'intuition qu'à se perdre dans les sentiers
battus il courrait risque de compromettre son crédit. Il dit
adieu à Paris et vint dans Marseille, l'opulente cité.
A cette époque vivait un exquis écrivain, J. Lombard. Il venait de publier deux œuvres d'une grandiose beauté, VAgonie et
Bysance. Dans un style étrangement tourmenté il contait les
luttes entre les factions d'Orient, illuminant son œuvre des
splendeurs bysantines.
Valère Bernard vit Jean Lombard, et du même coup les belles
au bois qui dormaient en son âme s'éveillèrent. Il délaissa les
études académiques, les pastiches sans vie, et d'ardentes couleurs
chargèrent ses toiles.
Voici le triomphe des rois Babyloniens. Sur les voûtes d'un
palais impérial passent des gardes étincelants dans la pourpre et
la soie. L'or envahit les hautes colonnes de jaspe bleu. Involontairement on pense aux fantastiques demeures hantées par des
fées émeraudes et des princesses aux perversités troublantes.
Et je m'imagine que le peintre était sous le charme de la
légende quand il a peint cette courtisanne qui sourit à son miroir tout en jouant négligeamment avec sa chevelure d'or. Et
puis passent Venise la rouge, Marseille enveloppé dans la poussière d'or du crépuscule, des motifs à la Watteau peints par un
bysantin, toute une apothéose.
Mais une idée m'obsède, tandis que dans la grise clarté d'un
soir automnal s'éteignent les fauves éclairs jaillis de ces radieuses
toiles. L'idéalisation du passé me paraît cruelle. Les générations
endormies dans la Mort ont eu leurs misères/leurs rancœurs, je
pense qu'il est absurde de s'écrier avec Musset « qu'aux temps
jadis tout était heureux jusqu'aux douleurs humaines. » En vain
l'apostat s'attriste-t-il sur les vieillards immortels de l'antique

�- 7i

—

lonie, â ses oreilles résonnent les paroles de l'Hiérophante : « La
Helladi que tu aimes n'a jamais existé ».
Mais M. Valère Bernard brise ma rêverie, et mes yeux se
portent.sur des portraits appendus au mur. Profils d'espagnol ou
d'américain mitigés d'espagnol, comme on en croise maintes fois
sur la Cannebière.
Homme universel ne puis-je m'empêcher de m'êcrier. M.
Valère Bernard sourit. Il siérait dit-il, à mi voix, de se développer en profondeur. Toutefois il est beau de se dire sur le
tard de sa vie que l'on a fait vibrer toute son âme. Ici le maître
rejoint Néron. Il m'aide à comprendre cet inquiétant empereur.
Mais encore faut-il que tout en étant l'homme universel on ne
sombre pas dans la banalité. De méchantes œuvres d'art peuvent
avoir leur prix.
Une idée se lève devant moi. Labruyère me petsuade que
l'honnête homme de Pascal propre à tout en définitive n'est propre à rien. La spécialisation inintelligente, mène à l'erreur, j'en
conviens, mais en fait elle est une loi générale.
Et ceci est pour me plaire, car j'abhorre dissiper mon énergie,
j'aime le repliement, la frissonnante pudeur qu'effarouche les
vaines ostentations. Je goûte les peintres du passé et malgré ma
philosophie j'adore les peuples disparus. Volontiers j'implorerai
avec la Cassandre de Schiller la cécité, l'exquise cécité. Le sou
venir a plus de puissance sur moi que l'espoir.
Et sous des deux gris, en des pays étrangers désolants de
médiocrité, il m'est arrivé de pleurer plus amèrement que ne
pleura Xerxès aux rives d'Abydos.
J. PADOVANI.
PROUVERB1, BOUOI MOT, COUNSÈU E DICH
Vèuva que si marida,
Dèu perdre la lus e l'audida.
Fiha madura,
Lou pouorta à la centura.
En cuntant su lu det :
Aquéu a fa l'óu ;
Aquéu l'es anat cercar,
Aquéu l'a fa cuèire,
Aquéu l'a manjat,
E lou pichoun n'a ren tastat !

�— 73 —
LE

DÉSESPOIR

Oui, j'ai la mort dans l'âme ; oui, je monte au calvaire ;
Mon horizon, hier si beau, s'est obscurci ;
Je hais tous les devoirs et tout ce qu'on révère :
Mieux vaut mourir que vivre ainsi !
Puisque je n'y puis rien ; que la raison humaine
Ne gagne plus un cœur où mon cœur est entré,
Je veux briser mes jours comme on brise une chaîne
Et m'enfuir en désespéré.
Qu'est-ce donc que la mort ? C'est la paix éternelle,
C'est un beau drap de fleurs sur mon sein endormi,
C'est la nature calme, auguste et solennelle
Qui nous prête un repos ami.
O nature de Dieu contemple ma détresse !
Ecoute tout mon sang dans mon cœur s'épancher
Et, puisque je n'ai plus le lit de ma maîtresse,
C'est au tien que je veux coucher ;
C'est toi la grande mère et la nourrice immense !
L'homme au sort le plus âpre et l'homme au sort plus beau
Retrouvent dans ton sein leur part de ta clémence :
L'un l'amour, l'autre le tombeau
Tu sais, toi qui vois tout, ce qu'ici bas je souffre,
Que je n'ai point béni l'instant de mon réveil
Et que j'ai regardé, toujours, du fond du gouffre,
Les bords ou brillait le soleil ;
Que je n'ai bu jamais que dans la coupe amère,
Que le seuil du bonheur me fut toujours fermé,
Que j'ai perdu mes fils, que j'ai perdu ma mère
Et tous les cœurs qui m'ont aimé !
Maintenant je m'en vais, battant du front, comme ivre,
En proie à ce grand deuil qui me courbe en vainqueur,
Et je veux déchirer ma vie, avec le livre
Des chastes sanglots de mon cœur ;
Et toi, rayon divin, génie, ardent délire,
Flambeau qui n'iras plus briller sur son autel,
Eternise du moins ces larmes de ma lyre
Et que mon cri soit immortel !
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1912

QUATRE-TÈMS

Noumbre d'or...
13
Mars
Epato (Grégori)
Il
Jun
Cicle soulari
17 Setèmbre
Endicioun roum
10 Desembre
Letra doumenicala
G F
LI QUATRE

8,
7,
20,
20,

10
9
22
22

e
e
e
e

11
10
23
23

SESOUN

Lou printèms coumença lou 21 mars
L'estiéu
—
— 22 Jun
L'autoum
—
— 24 sept,
L'iver
—
— 22 dés.

à 6.55 m.
à 2.36 m.
à 5.18 m.
à 11.53 m.

dôu sera
dôu sera
dôu matin
dôu sera

FESTA MOUBILI

Septuagesima... 12 Fébrié
Cendre
21 Febrié
Pasca
7 Abrieu
Rougacioun 21, 22, 23, 24 Mai
Ascensioun
16 Mai

Pantecousta
Trinità
Festa de Diéu
1" Dimenegue de
Ie* Desémbre

26 Mai
11 Jun
15 Jun
l'Avènt

LU ESCLISS!

Souliu.

—

ij Abriéu. — Esclissi annulari e coumplet visible

à Paris, en America, en Europa et dintre lou N.-O. de l'Africa.
Coumençamen de l'esclissi à 10,01 dôu matin ; finisse à 1,08
dôu sera.
10 Otitoubre. — Esclissi coumplet invisible à Paris, visible
dintre l'America dôu Sud.
Luna. — 1" Abrièu. — Esclissi parciella visibla à Paris. Entrada de la luna dintre l'oumbra, 9.26 dôu sera; sourtida, 11.03
dôu sera.
26 Setèmbre. — Esclissi parciella, invisibla à Paris, visibla
dintre l'Océan Pacifique.

Jîla providence, %ue de la Préfecture /4, $run, Siàraire

�LU

VÉNT

Lu vènt que souflon à Niça, dintre lou cours de l'armada,
soun au nombre de 16. Vequi li siéu denouminacioun courènti,
pihadi, en general, dai loucalità dei quali parèisson vèni :
Sud
Miejon
Nord... Tramountana
S.-S.-O. Miejou Lebech
N.-O.-E. Grek Tramountana
S.-O
Lebech
N.-E... Grego
O.-S.-O Pounèut Lebech
E. N .E. Levant
Ouest. Pounènt
E.-N.-E. Levant
O.-N-O.V Pounènt Maistràu
E.-S.-E. Levant
N -O . Mastràu
S.-E.... Siroco, vènt marin
N..-N. OMaïstràu Tramount
S.-S.-E.. Miejou Siroc

6
15
25
14
31
24

VIGÍLIA — JEUNI
Abriè
(Pasca, 7 Abrièu).
Mai
(Ascensioun, 16 Mai).
Mai
(Pantecousta, 26 Mai).
Avoust
(Assoumpcioun, 15 Avoust).
Outoubre (Toui lu Sant, Ier Nouvembre).
Desembre (Calena, 25 Desembre).
L'AN NADA RELIGIOUSA

LI FESTA MOUBILI E LI FESTA FISSI
Janvt'è
jYlars
1 Circouncisioun.
1 e 2 Quatre Tèms.
6 Epifania (lu Rei).
3 Reminiscere.
13 Bateja de J.-C.
10
Oculi.
14 Sant Noum de Jesu.
17 Lœtare.
fébrié
24 Passioun.
2 Puriflcacioun.
29 Li 7 Doulou.
4 Setuagesima.
31 Lu Rampàu.
6 Festa de la Pr. de N. S.
11 Sexagesima.
Jîbriéu
13 Coum. de la Passioun.
5 Divendre Sant.
18 Quinquagesima.
7 Pasca.
21 Cendre.
14 Quasimodo.
25 Quadragesima.
28 Patrou. de San Joúsè.
28 Quatre-Tèms.

�Setembre
3 Inv. de la Santa Crous.
13, 14, 15, Rougacioun.
16 Ascensioun.
26 Pantecousta.
29-31 Quatre-Tèms.
1
2
6
9
21
24
29

Quatre-Tèms.
Trinità.
Festa de Diéu.
Festa dôu S. Sacramen.
Sacrat-Couor de'jesu.
Natività de S. jouan-Bat.
SS. Peire e Paul.

8 Natività de la Vierge.
14 Esaltacioun de la Crous.
15 N.-D. dei 7 Doulou.
15 San Noum de Maria.
18, 20, 21, Quatre-Tèms.
29 Dédie, de S. Miquèu.

Ôutoubre
6
13
20
27

Sant Rousari.
Maternità de la Sta Vierge.
Puretà de la Santa Vierge.
Patrounage de la S. Vierge.

J/ouvembre

Juliet
2 Visitacioun de la S. V.
7 Precious Sang.
16 N.-D. dôu Carme.

Jîvoust
6 Transfiguracioun.
15
18
25
25
29

Assoumpcioun.
S. Joachim.
S. Couor de la Vierge.
S. Louis.
Decolac. de S. Jouan-Bat.

1
2
3
21

Toui lu Sant.
Lu Mouort.
Santi Relíquia.
Present, de la Sta Vierge.

2&gt;esembre
1 Avent.
8 Imaculata Councepcioun.
18, 20, 21, Quatre-Tèms.
25 Calena.

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�LA

DÉCIMALISATION

DU

TEMPS ET DES

ANGLES

LA MONTRE DÉCIMALE
Par J. de REY-PAILHADE, président du Comité
pour la propagation des méthodes Décimales.
Le Club Nautique de Nice a offert plusieur fois en prix des
montres décimales aux régates'de 1909. Il était utile de décrire cet instrument, d'y joindre des tables pratiques et des
formules à l'usage des ingénieurs, des sportsmen, des médecins, etc. etc.
DÉCIMALISATION DES ANGLES •
Il est aujourd'hui démontré que la division décimale du
quart de cercle facilite tous les calculs.
Les nouvelles cartes géographiques sont graduées exclusivement dans ce système, devenu officiel en France et dans
d'autres pays. On possède toutes les tables pratiques nécessaires à son essai courant. Nous ne nous étendrons pas
davantage sur cette méthode aujourd'hui enseignée dans les
lycées et collèges.
Nous rappellerons seulement que M. l'amiral Germinet,
membre d'honneur du C. N. N., sous la direction duquel on
fit en 1899 et 1900 des essais de navigation avec un matériel
entièrement décimal, a émis un avis très favorable à la
réforme décimale.
DÉCIMALISATION DU TEMPS
La division décimale du jour décrétée le 4 frimaire an II
rendra aussi de grands services à la science et aux sports.
Principe. — On divise le jour entier en 100 parties égales
appelées cés ; le cé est subdivisé en décisés, ceniicès et millicés
Le cé vaut 14m 24s ou 1T4 d'heure environ ; le décicé est égal
lm 26s 4 ou lm Ij2 environ ; le millicé vaut 0S 864 ou 9T10 de
seconde environ.
Concordance des Temps. — On parvient assez vite à dire
instantanément l'heure à 1 ou 2 minutes près en regardant le
cadran d'une montre décimale. Il suffit d'apprendre par cœur
les concordances décimales de toutes les heures.
0,0
0
50,0

4,2
1
54,2

8,3
2
58,3

12,5
3
62,5

16,7
4
66,7

20,8
5
70,8

25,0
6
75,0

�25,0
6
75,0

29,2
7
79,2

33,3
8
83,3

37,5
9
87,5

41,7
10
91,7

45,8
11
95,8

50,0
12
100,0

Les heures sont au milieu, les concordances des heures
du matin en haut, celles du soir en bas. Ainsi 10 heures du
matin valent 41.7 cés (énoncer 41 cés 7 décicés) et 10 heures
du soir valent 91,7 cés.
Gomme 1 cé vaut presque lj4 d'heure et un décicé une mi •
nute 1]2 ; en partant des concordances du tableau, on dit
l'heure instantanément, ainsi 39,9 cés valent 9 h. 36 m. du
matin. Un ou deux jours suffisent pour atteindre ce résultat.

Description de la montre décimale ou cémètre. — Il y a 3
aiguilles centrales se mouvant sur un cercle divisé en 109
parties égales, numérotées de 0 à 9. Le 0 cé est en bas, c'est
l'origine des temps, car on suppose la Terre au centre du
Cadran.
L'aiguille dorée avec un soleil ne fait qu'un tour par jour ;
l'aiguille épaisse en acier bleu tourne 10 fois par jour, et la
trotteuse fine fait 1000 tours par jour.
L'aiguille-soleil montre la position de l'astre du jour par
rapport au méridien de Paris, qui va du centre au chiffre 5.

�10 —
Les quatre traits bleus indiquent les positions de cette aiguille
à minuit en bas sur 0 ; — à tì h. du matin au milieu entre 2
et 3 ; — à midi, en haut, sur le 5 ; — à 6 h. du soir, entre 7
et 8.
L'aiguille dorée du soleil indique le chiffre des dizaines
de cés, 2 sur le dessin ; l'aiguille épaisse donne d'abord le
chiffre des cés, 6 sur le dessin, et en comptant rapidement à
l'œil le rang de la division entre 6 et 7, on voit, que cette aiguille marque 3 décicés. Le temps du dessin est donc 26,3
cés correspondant à 6 h 20 m. du matin environ. L'aiguille
trotteuse donne les millicés 83. Le temps est donc 26,383
cés.
» Pour la vie courante, on n'a pas besoin d'aller au delà du
clécicé. On lit les milticés pour les applications scientifiques
et sportives.
Le temps en millicés lu sur le cêmèire facilite tous les calculs, car on n'a jamais de réductions à faire.
Examinons le problème des vitesses a l'heure : Les millicés multipliés par 0,00024 donne des heures et fraction décimale d'heure. Ainsi Ì2345 millicés valent 12,345 -f- 24 =
2 h. 9628.
Par conséquent si L est la longueur parcourue et M le
temps en millicés, la vitesse est

ou t

+ 4166,66...

Ces quelques exemples démontrent que la montre décimale simplifie tous les calculs sans exception.
Les rapports de MM. les délégués officiels aux essais de
la montre décimale faits à Nice, par le Club Nautique, le 26
février 1911, concluent unanimement à la supériorité de cet
instrument pour les usages scientifiques et sportifs.
M. Prim, astronome à l'Observatoire de Nice, représen
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Q,
L.
Q.
L.

lu 8, à 7
lu 14, à H
lu 22, à 7
lu 30, à 10

SOULÈU.

1
2
3
4
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6
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31

—

oura
oura
oura
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FE BRIE
20
26
21
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P. Q.
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SOULÈU,

1
2
3
4
5
Lu Rei
6
Dim. S. Lucien
7
dil. S. Apoulinari
8
dim. S. Pèire
9
dim. S. Guiermo
10
dij S. Teodose
11
div. S. Arcada
12
dis. Sta Verònica
13
Dim. S. Ilari
14
dil. S. Maurici
15
dim. S. Ounourat
16
dim. S. Antoni
17
dij. Sta Angela
18
div. S. Sulpici
19
dis. S. Bastian
20
Dim. Sta Agnesa
21
dil. S. Vincènt
22
dim. S. Raymound
23
dim. Sta Jacinta
24
dij. Conv. de S. Pàu
25
div. S. Poulicarpa
26
dis. Sta Devota
27
Dim. Sta Paula
28
dil. S. Francès S.
29
dim.
dim.
dij.
div
dis.

S.
Sta
S.
S.

TRIMESÏRÍ;

Macari
Genevieva
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Simeoun

dim. Sta Marfina
dim. S. Peire N.
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dij. S. Ignaci
div. La Candeliera
dis. S. Blasi
Dim. Setuagesima
dil. SS. Vinc.Oronte
dim Sta Agata
dim. Sta Dorotea
dij. S. Romuald
div. S. Jouan-Matha
dis. Sta Apoulounia
Dim. Sexagesima
dil. Sta Eulàlia
dim. S. Gregori
dim. Sta Eufrasia
dij. S. Onesime
div S. Dounat
dis. S. Simeoun
Dim. Quinquagesima
dil. S. Gabin
dim. Dimars-Gras
dim. Li Cendre
dij. S. Silvan
div. S. Maxime
dis. S. Pascase
Dim. Quadragesima
dil. S. Nestor
dim. S. Leandri
dim. Sta Nourina
dij. S. Nymphas

Plueia de febrié
A la terra vau fumiè.

ZDéSTU-S-bez

NICE

MARS
N. L.
P. Q.
P. L.
D. Q.
N. L.
SOULÈU

1
2
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il

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lu 1,
lu 8,
lu 15,
lu 23,
lu 30,
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Dim.

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1 dil.
2 dim.
3 dim.
4 dij.
5 div.
6 dis.
7 Dim.
8 dil.
9 dim.
10 dim.
11 dij.
12 div.
13 dis.
14 Dim.
15 dil
16 dim.
17 dim.
18 dij.
19 div.
20 dis.
21 Dim.
22 dil.
23 dim.
24 dim.
25 dij.
26 div.
27 dis.
28 Dim.
29 dil.
30 dim.

6 , à 6
13, à
3
21, à 7
28, à 11

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S. Anselme
S. Teodoro
S. Adalbert
S. Fidèle
s. Jorgi
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s. Clet
s. Antime
s. Aimé

s. Roubert
Sta Catarina d. S
SS. Philip. ,Jacq.

Pichouna plneia d'Abriéa
Bouona récolta pèr l'csliéu

Q.

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P. L.
D . Q.
N. L.
SOULÈU.

TRIMÍÎSTRÈ;

MAI

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lu 5,
2 oura
lu 13, a 7 oura
lu 21, à 10 oura
lu 28, à 7 oura
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5 14'

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14
10
23
24

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2 dij. S. Atanase
3 div. In.d.l. Sta Crous
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6 dil. S. Jouan D.
7&lt; dim. S. Peire
8 dim. s. Gregori N.
9 dij. s. Antounin
10 div. s. Isidoro
11 dis. s. Bounifaci
12 Dim. s. Jouan lou S.
13 dil. s. Pouon, m.
14 dim. s. Pacomo
15 dim. s. Sta Denisa
16 dij. Ascensioun
17 div. S. Pascaù
18 dis. S. Teodoto
19 Dim. s. Pèire C.
20 dil. s. Felis.
21 dim. s. Bernardini
22 dim. s. Julia
23 dij Rogaeioun
24 div. s. Vincen, d. L.
25 dis. S. Urbin
26 Dim. Pandecousta
27 dil. S. German
28 dim. S. Cirile
29 dim. Sta Petronïa
30 dij. S. Sylve
31 div. S. Justin
Au mes de mai
Longui semana

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P.
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lu 3,
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lu 26,

SOULÈU.

1
2
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5
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dis.
Dim.
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dim.
dim.
dij.
7 div.
8 dis.
9 Dim.
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11 dim.
12 dim.
13 dij.
14 div.
15 dis.
16 Dim.
17 dil.
18 dim.
19 dim.
20 dij.
21 div.
22 dis.
23 Dim.
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26 dim.
27 dij.
28 div.
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S. Antoui de P.
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S. Moudeste
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S. Louis de G.
S. Paulin
Sta Maria d'O.
S. Jouan-B.
S. Prousper
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dis.
Dim.
dil.
dim.
dim.
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Dim.
dil.
dim.
dim.

S. Thierry
Vierg.de li Gracia
S. Anatole
S. Pèire de L.
S. Sisoès
S. Elie
Sta Babeta
S. Efrein
Sta Felicita
S. Pio
S. Jouan G.
S. Gene
S. Jaque
Festa Naciounala
S. Enri
N.D.d.M. Carmel
Sta Marcelina
S. Frederic
S. Vincen de P.
Sta Margarida
S. Vi loiSta Maria-Mad.
S. Apoulinari
Sta Cristina
S. Jaque
Sta Anna
S. Pantaleoun
S. Samsoun
Sta Marta
Sta Giulieta
S. Gnaci de L.

Au mes de Juliet
Ni frema ni coulé.

TBIMËSTRÎ;

I1. Q. lu 2, a 0 oura 29 m.
P. L. lu 10, a 3 oura 58 m.
D. Q. l»i 17, a 1 oura 1.1 s.
N. L. lu 21, a 5 oura 14 m.
IV Q. lu 31, &amp; 5 oura 21 s.
souLÈu, —1.5 or -j&gt;. 8 or

dij.
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0 dis.
4 Dim.
5 dil.
6 dim.
7 dim
8' dij.
9 div.
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Dim.
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Djm.
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Dim.
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dim.
dim.
dij.
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S. Pèire-aï LS. Alfonso
Inv. de S. Estève
S. Domenica
N. D. dei Nèu
Trausf. de J. C.
S. Gaétan
Sta Batilda
S. Camila d. L.
S. Là u ren
S. Septima
Sta Clara
Sta Filoumèna
S. Ousèbi
Asoumpcionn
S. Roc
S. Mamès
Sta Elena
S. Ipoulita
S. Bernar
Sta Chantai
S. Pio V
S. Filipe B.
S. Bartoumiéu
s. Louis, r. F.
s. Seg'oundo
s. Cesari
s. Goustin
s. Mederic
Sta Rosa
S. Fiacre

F.n . ivoast
Figa e moust

wmmm mm

SBTÈMBRE
P. !.. lu 8, a' 4 oura 57
D. Q. lu 15, a 6 oura î&gt;l
N. L. Ju 22, a 3 oura 37
P. Q. lu 30. a 0 oura 08
SOULÈU. - - 1. 5 47V— c.

1
2
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S. Gili
S. Estève R.
Sta Eufemia
Sta Rosalia
S. Làuren J.
S. Pambon
S. Grat
Natiu, di' la V.
S. Oumer
S. Xicola
S. Félis
S. Veran
S. A nié
Es. (1. l.S. CtQUS
S. Nicomède
S. Conrneilla
S. Lanbert
S. Tournas V.
S. Janvié
S. Euslache
S. Matiéu
S. Maurici
Sta Tecla
S. Girar
S Firmen
S. Nil
S. iN'icandre
S. \\ inceslas
g. Miquèu
S. Jeromo

Lima setembrina
De mai clarina

MOT »

GRANDE MARQUE RECOMMANDÉE

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7'02'

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Qüa.TRIÍJMí)
OUTOUBRE
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lu 8,
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SOULÈU, — 1.

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6 06*

TRIMESTRE

NOUVÈMBRE
P. L. lu
6,
D. Q. lu 43,
N. !.. lu 20,
Q.
lu 29,

r.

SOULÈU. - -

1.

a
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4 oura 48
8 oura 20
9 oura 49
2 oura 42
14'

—

c.

5 03'

1 dim. Rosari
1 div. Tout lu Sant
2 dim. S. ■ Léger
2 dis. Eu Mouorl
3 dij. S. Rosari
S. Ubert
4 div. s. Francès d'A. 43 Dim.
dil. S. Carlo B.
5 dis. s. Placido
5 dim. Sta Bertila
6 Dim. s. Bruno
6 dim S. Leounar
7 dil. s. Serge
dij. S. Nestou
/
8 dim. Sta Reparada
8 div. Lu Quatre Incou.
9 dim. S. Denis
9 dis. S. Teodore
10 dij. s. Francès B. 10
Dim. S. Jacintou
11 div. s. Tarasco
11 dil. S. Martin
12 dis. s. Counrad
12 dim. S. René
13 Dim. s. Edouard
13 dim. s. Stanislas
14 dil. s. Calisio
14 dij. S. Pantena
15 dim. Sta Teresa
15 div. Sta Gertruda
16 dim. S. Ospici
16 dis. S. Edme
dij.
17
Sta Edvija
17 Dim. S. Gregori
18 div. S. Luc
18 dil. S. Alfè
19 dis. S. Pèi re
19 dim. Sta Babeta
20 Dim. S. Agrico)
20 dim. S. Edmon
21 dil. Sta Ursula
21 dij. Présent, de la V.
22 dim. S. Filip
22 div. Sta Cecilia
23 dim. S. Teodoret
23 dis. S. Clemen
24 dij. s. Mairloire
25 div. ss. Crespin-Cr. 24 Dim. Sta Flora
26 dis. s. Jouan de K. 25 dil Sta Catarina
26 dim. Sta Pel fina
27 Dim. s. Frumence
27 dim. S. Maxime
28 dil. s. Alfredo
28 dij. S. Sostène
29 dim. s. Narcisse
29 div. s. Saturnin
30 dim. s. Marcel
30 dis. s. Andrièu
31 dij. s. Siri
En ùuloubre
\loii ponorc goûta loti rùare

Tonssan ientra
St A n'driéu lou souorte

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DESÈMBRE

s.
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P. L .
D. Q.
N. L.
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lu 12,
lu 20,
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SOULÈU, -

1
2
3
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11 dim.
12 dij.
13 div.
14 dis.
15 Dim.
16 dil.
17 dim.
18 dim.
19 dij.
20 div.
21 dis.
22' Dim.
23 dil.
24 dim.
25 dim.
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28 dis.
29 Dim.
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1.

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3 oura
m.
6 oura 46 s.
4 our;i 40 s.
7 OUI;L 48 s.

7 54' — c.

A vent
Sta Bibiana
S. Francès X.
Sta Barba
S. Bassi
S. Nicola
S. Anbrosi
Imac. Conception
Sta Leoucadia
Sta Eulàlia
S. Damase
Sta Rosélina
Sta Lucia
S, Niçoise
S.
S.
Sta
S.
S.
S.
S.

Mesuiin
Adon
Olimpíada
Gatien
Ciprian
Filogone
Tournas

S. Onourat
Sta Vitòria
Cacha-fuec
Calèna
S. Estève
S. Jouan
SS. Inoucent
Sta Eleonora
S. Sabîn
S. Sàuvestre

Calena aufuec,
Pasca àu j'aèc.

sin -

GRANDE MARQUE RECOMMANDÉE

4 35

�- i6-

�- 17

-I

CROUNICA NIÇARDA
L'ABADÏA DE SAN POUON.— L'ABAT RANCE-BOURREY.
GLOFFREDO.

—

—

PÈIRE

A PREPAU DOU DIALETE NIÇART.

Ben qne pareissènt tardié, VArmanac Niçart s'empressa de
pourtà la siéu febla vous su tout cen que enteressa lou païs, sigue
au pounch de vista istoria loucala, pouesia, tradicioun, sigue
tamben su la taquinanta questioun dóu dialete niçart souvenri
fès pauvada e su la quala lu escritour mouderne soun luen d'estre
d'acordi.
Parlerai finda de M. l'Abat Rance-Bourrey, un beneditin qne
despi quauque an en ça mete à prouflt la siéu erudiciou n a nen
revelà de fach d'istoria inedieh. Se quauqu'un mérita d'estre
laudat es ben éu ; es en éu que VArmanac Niçart tressa la
pamoula de sapiença. En esprimant la nouostra recounouissença,
à l'Abat Rance-Bourrey, fen cen que touplen an denembrat,
vouoli dire de courounà lu siéu travail, frucha de ben de recerca,
dai quali obra sian fier d'avé prestat la prima ajuda. Pouden cità :
lou Discours sur le Monastère de Sainte-Claire de Nice, par Honoré
Pastorelli, publié d'après l'édition originale de Turin 1608, avec
une introduction et des notes ; — "Le Général J.-B.-M. D'Anselme" (Notices biographiques (1740-1792). E aquest'an
l'istorien nen douna — toujou de prima man — YExpulsion de
Mgr Valperga, evesque de Niça, au tèms de la Revoulucioun,
travail anoutat de peça curiouvi que sian urous de pouder metre
souta lu uès dei nouostre letour.
*
* *
Lou fach de l'annada, lou mai marcant, es estat aquéu de
l'Abadïa de San Pouon. Parlon de tout destruge pèr li basti an
siéu luec un espitau Pasteur... UArmanac Niçart es pas Penemic
dóu prougrès, ni men encara dei Bei-Art, ma si fa lou pious dever
de jougne lu siéu esfouors en aquelu dei siéu councitadin quo
l'istoria dóu passat passiouna, pèr que l'Abadïa de San Pouon
sigue counservada e classada couma mounumen istorique. En la
circonstança feliciti M. l'Abat Rance-Bourrey que mé rasoun s'e.s
demoustrat l'ardènt defensour autourisat que counouissen. La
siéu paràula es estada escoutada e lou Préfet de li Alpa-Maritima,
8

'

�— i8 M. de Joly — respetuous dei nouostri tradicioun — en ortie
avertit a proumès que l'Abadïa de San Pouon seria respetada e de
lèu si crusià pèr lou siéu classamen tra lu mounumen istorique.
Dóu resta vequi ce que l'Abat Rance Bourrey nen di su San
JPouon. Counsignen religiousamen li siéu paràula :
« L'Abbaye de Saint-Pons est le plus ancien monument relitgieux existant dans le Comté de Nice. Il y a dou^e cents ans que
sSiagrius y fonda un monastère. L'histoire de ce monastère est
jintimement liée à l'histoire religieuse, civile et économique de la
iville de Nice.
;
« Ce fut à Saint-Pons qu'en 1388 fut'signé l'acte réunissant
le Comté de Nice au Comté de Savoie. Les abbés de Saint Pons
ifurent pris dans les principales familles du Comté : les Badat, les
tLaugery, les Provana, les Lascaris, les Grimaldi, les Martelli, les
;Tournefort, etc. Plusieurs évêques de Nice furent abbés de Saint[Pons, en particulier Barthélémy Chuet (fin du xve siècle) et Jean
, Uriole, son successeur. Un autre abbé, Claude de Seyselle, fut
,évêque de Marseille, puis archevêque de Turin ; d'autres furent
cardinaux, tels Innocent Cibo, neveu d'Innocent VIII et de
f
;Léon X, et Paul Medeci de Cesis dont on voit encore l'inscription
(funéraire à Sainte-Marie-Majeure, à Rome.
:
« A la fin du xvir siècle, l'abbé de Saint-Pons était Pierre
•Gioffredo, le savant historien niçois. Enfin, un abbé de SaintiPons dont les Niçois n'ont pas encore perdu le souvenir, était
(l'abbé Spitalieri de Cessole qui a doté sa ville natale d'un établissement de bienfaisance si justement apprécié. La plupart des
pbbès de Saint-Pons et plusieurs évêques de Nice ont été enterrés
dans l'église ou sous le cloître et dorment aujourd'hui confondus
avec les moines leurs frères qui depuis dix siècles y sont enterrés.
« Les monuments funéraires ont disparu. Le temps a tout
(nivelé à Saint-Pons, singulièrement aidé cependant par la main
ides hommes. On connaît les dévastations commises par
Iroupes de François Ier et de Barberousse, plus tard par celles d
Catinat et par d'autres encore. Après chaque désastre, SaintPons a retrouvé une nouvelle vitalité et il y a à peine trois quarts
de siècle que Mgr Galvano y a fait d'importantes réparations.
;
« Saint-Pons n'est pas seulement une page de l'histoire de
notre pays, c'est un gros volume de cette histoire ; les Niçois
laisseront-ils dire qu'ils sont restés indifférents devant le danger
qui menace Saint-Pons ? Non, ils feront tous leurs efforts pour

�— 19 -

sauver de la destruction un monument qui doit leur être cher...
Je demande d'urgence le classement de l'Abbaye de Saint-Pons,
c'est-à-dire de l'Eglise et des bâtiments claustraux, comme monument historique. »
Lou councours de YArmanac Niçart es aquist. Emé fiertà e
au près de touplen de sacrifici faren respetà l'istoria dóu passat,
la lenga e lu escrich dei orne qu'an ilustrat lou nouostre bèu
pais.
*
* *
Despi quauque tèms, — maladia que reven per intermitença,
— la gran questioun de la grafia niçarda, de l'ourtougrafa, es
messa su lou tapis. De letra soun estadi publicadi, d'autri lou seran, e cresi qu'après ben de charra pèr dire pas gran cauva de
nóu, quasi dirii pèr predicà dintre lou Desert, noun restera
d'aquela discussioun, — Favén déjà coustatat, — pas gran cauva,
ren!... Cadun escrèu à la siéu moda seloun l'esprit dóu moumen,
e serii ben curious de counouisse aquéu que vendria nen dità
une metoda en nen dïen : « la mièu maniera d'escrièure lou
Niçart es la bouona». Discussioun scientifica que pòu passiounà
quauque lenguista, pas mai ; lou mihou es d'escrèure seloun li
letra ditadi pèr la prounouncia. Lou talènt pèr aquéu qu'escrèu
es de si laissà liège, de si faire acapi. Es qu'en en un entan que
frecuenta l'escola primària poudès li demandà autra cauva ?...
Perta de tèms que tout acò, vourria mai s'engenià à recercà lu
viei mot, espressioun, loucucioun courenti que la pous dóu tèms
a rabaïat, dounà au nouostre bèu dialete la coulou que dèu avè,
en respetant lu emprunt que pouden avè fach sigue à l'Italian, à
l'Espagnòu o à tout autre...
Un dialète noun dèu pas estre une lenga scientifica, encara
m en noun còu avè la pretencioun que sigue ouficiela, seria temerari ; lou dialete d'un païs dèu refletà lou caratere d'un'epoca que
lou tèms dèu respetà, enfin escrèure gramaticalamen, un noun
empedisse l'autre, e laissà à l'esprit, au goust lou coumplemen
d'un stile ouriginal, en de frasa councisi que flaton i'auriha.
Aquí fermi la discussioun, risqui de perdre la civada... l'an
que ven, se Diéu mi presta vida, v'en dirai d'autri e couma
d'usança que mi sigue permès de la vous souvetà : Bouona e
uroûva !
L'ARMANAC

NIÇART.

�20 —

LA CIGALA DOU BOUON DIEU
Una cigala dóu Bouon Dieu
Tout l'estiéu
E l'iver en la chambreta, —
L'aiguesias vista la lebreta ! —
Noun vivïa que d'amour
S'assetava su l'ounour;
La cigala cantarela,
Vau chanja de clientela,
Noun es courta d'amatour,
Que li viron tout au tour !
Ma l'ancien de la cigala,
De gros mot ven que s'embala ;
En l'auriha de la maire
Li ven tout aquéu bousin,
Que deja toui lu vesin
Sabon lou long de l'afaire
— Cenqu'as fach m'au tiéu tip ?
Di la maire enrabiada...
Bella Vierge encourounada !
Sera au mancou m'un bouon rie!!...
CH. CIAUDO

PROUVERBI, BOUOI MOT, COUNSÉU E DICH
Tèms d'iver noun ti fidar.
Lu màu dei enfan si garisson soulet.
Cau naisse pèr estre bèu, si maridar pèr estre rie, e mouri
pèr estre brave.
Per aver de raïn, eau caressar la souca.
Agnèu naissut
Vau un escut.
Dansa mihou ventre plen que rauba nova.
L'oumbra dou mèstre engraissa lou cavau.

�LOU MAGOT DE BERTOUMIÉU ISSUGA
O BEN

UNA RAISSADA DE MACAROUN
Conte menloanasqae trouvât dintre d'un armori
de ma nana e que /'Armanac Niçart es tirons de
transcrièure en niçart à Ventencioun dei sièu
fidèle lotour et lelrissa.

Bertoumiéu Issuga, mentounasque de viéia roca, abitava en
coumpagnia de sa mouhié, en carriera dóu Paumoulié. La siéu
frema, malurousamen, era sirnplaria e faia lou siéu desespoir.
Cada matin Bertoumiéu, avant de s'en anà au travail, li recoumandava de noun faire de bestialità. Cou vous dire que toui lu
dissata lou nouostre ome metia en un'armari pertuat dintre la
muraia lou gagne de la semana.
— Bertoumiéu ! pèr qu seria tout aquel argen, demandava
Marioun au siéu marit.
— Es pèr Madjou-long, castagnassa !
*
* *
Un jou Bertoumiéu partet pèr anar à la siéu campagna ;
devia même li restar doui ó très jou pèr souïnar e arousar lu
citrouniè. Marioun souleta matin e sera, s'assetava su lou banquet de la pouorta e faïa de bas... Un predinà veguet un ome
de statura mai que mejana, couma si di, un gran carcan. La
frema de Bertoumiéu lou fissa sensa parpelear, pi pihada d'un'
idea, li diguet :
— Moun bèu Moussu, sias bessai vous Madjou-long ?
Lou merlo pita e noun s'en laissa dire autre, léu li
respouonde :
— Noun vous troumpas pas, bella bruneta, sièu ièu Madjoulong !... Ma perqué mi faire tala demanda ?
Perqué ?... dou moumen que sias Madjou-long, intras su lou
cóu. Li a ja pas mau de tèms que moun marit a mes d'argen
amagat pèr vous...
E sensa mai de ceremounia li remeté lou mandiou dintre lou
quai lu sóu eron groupât. L'ome remercia e la s'esbigna lèu.
♦

* *

�Lou sera, Bertoumiéu arriva, la sièu mouhié li di.
— Sabes, ai vist ancuei Madjou-long !
E l'ome de cridar :
— Malurousa ! — m'en a fach encara una 1
Courre à l'armari, lou mandiou e Pargen, mouis !... Issuga
blastema pica dai pen, es décidât de si desiaire de la siéu frema
Lendeman, dóu téms qu'aissesta durmïa, li cuerbe lu uès emé de
pega de sabatié, pi la pihant pèr la man, la mena dapé dóu CapMartin. Arrivât aqui, Bertoumiéu fa mountar Marioun su d'un
nouguié el'abandouna. La paura, bòrnia, noun sabia doun si
trouvava, ni men encara ce que poudia faire.
En aquéu fra-tèms doui voulur venon s'assetar souta
l'aubre ; après aver abrat quauqui branca sequi pèr s'escaufar, pi
si meton à cuentar lou siéu argen.
La calou faguet delegar la pega que curbia Puès destre de
Marioun e aissesta de cridar :
— E d'un !
Lu voulur, d'estuc, s'isson d'emblée.
— Qu'es acó, diguet l'un.
— Un matagan, faguet l'autre.
La calou seguia á faire lou siéu efet pau à pau durbia Puei
senec.
— E de douî, diguet Marioun.
Dóu cou lu voulur escapon, laissant Pargen espantegat soubre
Perba.
Marioun coumença à li veire clar, cala da l'aubre e ramassa
Pargen, pi lèu s'en camina vers maïoun...
Lou sièu marit, pensierons, era assetat dapè dóu fuec, s'escaufant, fumant la sièu pipeta emé beatituda...
— Bertoumiéu !... o Bertoumiéu !... duerbe-mi, siéu iéu,
Marioun...
— Vai au diàu que ti pihe... ièu que cresii de m'en estre
despegouït...
Ma Marioun, toujou picava, un cóu noun asperava l'autre...
L'ome fenisse per li durbi...
— Ten ! regarda cen que ti pouorti.. . e Marioun pauva lou
sac su lou toulié. ..
Bertoumiéu, entartugat, cuenta Pargen e réfléchisse ; — Marioun es simplaria e deman la vila saupra Pistoria de la fouré . ..
Cóu que Bertoumiéu si dispegouïsse pèr empedi li marridi lenga
de bavar...

�— 23 —
Si mete la vesta, lou capèu e souorte fermant la pouorta i..
Faïa nuech dintre la carriera, ma sensa pena s'encamina
vers una boutiga e croumpa pèr mai de dès kilo de macaroun...
Ientra au sièu e di à la sièu mouhié de si metre au liech.
En tant que Marioun durmïa, Bertoumiéu fa bui lu macaroun, pi lu espantega su lu aubre dóu jardin... Lendeman de
matin la siéu frema, desveiada, si mete à la fenestra...
— O ! Bertoumiéu ! Bertoumiéu ! Vene un póu veire!... O
trest ! vè, a plougut de macaroun !...
— O vai fantauma !... n'as toujou una. .. Ten ! ten !... ma
es ver !...
*
* *

A quauque tèms en ça, Bertoumiéu l'avia previst, Marioun
countet à toui que lou siéu ome noun li picava plus, despi lou
jou qu'ela li avia pourtat de sac plen d'escut...
Lou juge aiguent audit parlar de l'afaire, mandet sounar
Bertoumiéu devant lou tribunal ; la siéu mouhié era estada
citada couma testemoni.
Lou juge. — Bertoumiéu, sias acusat d'aver gardât d'argen
que noun era vouostre.
— Iéu !... Ma moussu lou juge, lou negui ; sièu couma
sabès un travaiadou.. .
E Marioun de dire.
— Noun negar, Bertoumiéu, sabés ben qu'es ver ; es iéu en
persouna que t'ai pourtat la mouneda, qu'avii trouvât en la
fouré.. .
Lou juge. — Anas brave ome, noun negués.. .
— E quoura lou m'as pourtat ?... — Vous juri, Moussu lou
juge, que la miéu frema es fouola !...
— E lou sabes ben, Bertoumiéu, es lou jou que plouguet tant
de macaroun !
— Moussu lou juge aves jamai vist ploure de macaroun ?...
— Jamai ! moun beL amic respoundet lou juge que si tenia
lou ventre dóu rire — Amie, vèu que la vouostra frema es
fouola. .. sias aquitat !...
Bertoumiéu si retira emé Marioun... Noun aigueron plus
de disputa e vieugueron, pareisse urous e pèr longtèms !...
J. E.

�CANSOUN ANCIENNA

PÈR LOU

N'aurias pas vist la miêu fiha
Trin-trin
Lou galerin
A'aurias pas vist la miêu Jiha
Trois-wtrois
Le fils du roi
L'ai vista e l'ai baïada
Trin-trin
Lou Galerin
L'ai vista e l'ai baïda
Trois-trois
Le fils du roi.
Douna-mi la miêu fiha
Trin-trin
Lou galerin
Douna-mi la miêu fiha
Trois-trois
Le fils du roi.
Es aqnela la vouostra fiha
Trin-trin
Lou galerin
Es aqaela la vouostra fiha
Trois-trois
Le fils du roi.
La miêu fiha era pas lernia
Trin-trin
Lou galerin
La miêu fiha era pas lernia
Trois-trois
Le fils du roi
La miêu fiha era pas lua
Trin-trin
Lou galerin
La miêu fiha era pas lua
Trois trois
Le fils du roi.
N'es ni guercia ni poutinouva
Trin-trin
Lou galerin
N es ni guercia ni poutinouva
Trois-trois
Le fils du rois.

MAI

�La miéu fiha n'es pas borni a
Trin-trin
Lou galerin
La miêu fiha n'es pas bornia
Trois-trois
Le fils du roi.
Noun faïa pas belugueta
Trin-trin
Lou galerin;
Nonn faïa pas belugueta
Trois-trois
Le fils du roi.
La miêu fiha n'es pas emberrida
Trin-trin
Lou galerin
La miêu fiha n'es pas emberrida
Trois-trois
Le fils du roi.
La m iéu fiha n'es pas pigada
Trin-trin
Lou galerin
La miêu fiha n'es pas pigada
Trois- trois
Le fils du roi.
La miéu fiha noun es pas ranga
Trin-trin
Lou galerin
La miéu fiha noun es pas ranga
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha noun es pas louorla
Trin-trin
Lou galerin
La miéu fiha noun es pas touorta
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha n'es pas crouoada
Trin-trin
Lou galerin
La miéu fiha n'es pas croavada
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha n'es pas gibouva
Trin-trin
Lou galerin
La miéu fia n'es pas gibouva

�— 26 —
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha noun es foularana
Trin-trin
Lou galerin
La miéu fiha noun es foularana
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha n'es pas ingourda
Trin-trin
Lou galerin
La miéu fiha n'es pas ingourda
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha a pas lou peu de pi g nu
Trin trin
Lou galerin
La miéu fiha a pas lou peu de pig nu
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha noun es narvelouua
Trin- trin
Lou qalerin
La miéu ûha noun es narveloiwa
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha noun a la rougna
Trin-trin
Lou galerin
La miéu fiha noun a la rougna
Trois trois
Le fils du roi.
XXX.

PROUVERB1, BOUOI MOT, COUNSÈU E DICH
Qu duerme ben noun cregne li niera.
Qu vè pissar e noun pissa, crêpa de malícia.-'
Qu douna soun ben avan de mouri
Mérita de pati.
L'amour es lou paradis dei fouol.
L'amour es .la flou de la jouinessa.

�LA MOUORT DAU PAURE TOUNIN

Lou paure Tounin, malàut a setant'an, si presenta à l'espitàu
ma li respouondon que li a plus de plaça.
— Coumplet ! ! !
Quauqu'un li fa capi qu'em'un pau de proutecioun li pourria
intrar. Countrariat dei pas que cóu faire, Tounin vira lu taloun e
s'encamina vers la plaça Massena, piha lou tram, si rende da
Graugnard, à l'espitàu dei can, e li di :
— Moussu lou Veterinari, cresi d'estre un pau mai qu'un
can ?... En aquéu cas souîna-mi...
— Vous souînar aici, ma brav'ome perdés la testa. — Basta,
li di que n'a pas de liech pèrcourcar un crestian, que noun douna
de souin qu'ai bestia !...
Tounin, couma pensas, s'en souorte m'au couor gros e noun
sau plus à que sant si recoumandar. Era aqui au mitan dóu
camin, quoura en aquéu moumen arriba un landau, doun cala
una grossa dama, encapelada, aurias dich un ver foungi, segada
d'un varlet que pourtava religiousamen un can enfeloupat emé de
favour rosa au couol, tapat d'un tapis em'ai iniciala. En veèn
aquéu tablèu lou paure Tounin si lamenta, sangluta fouort.
— Qu'avès lou miéu brav'ome, li di la dama.
— Cen qu'ai Madama ?... trovi que lou vouostre can a mai
de chança que iéu. Li a cinquant-cinq an que travaii, pèr la premiera fès que siéu malàut, noun soulamen mi refuson à l'espitàu
dei estre uman, ma encara mi vèu picar la pouorta au nas èn
aquéu dai can.
— Quevoulès, lou miéu paur'ome, ai fach un vout de mimetre
à la Soucietà Proutetriça dei Animau, de pourtar touti li miéu
ecounoumia à la Caissa de secours pèr soulajar lou sort dei bestia.
Lou fau talamen ben, que vouguessi ben vous dounar un sóu
que pourii pas.
La dama li vira l'esquina e ientra couma un coupa-cisèu da
Graugnard. Tounin roumougna :
— Se ti veguessi en un cantoun ti dounerii mancou un gotou
d'aïga !... vièia sansuga !...
Tounin estrassinat, deble s'alonga un pau plus en là, su d'un
mouloun de peira. Quauqui oura après, couma soufrisia, n'ai-

�guènt ren en l'estomegue depi l'auba, coumençava d'aver lou
rangouioun, quoura passet un canipiè que li diguet :
— Que fès aquí, brav'ome ?
— Couma veès siéu aqui pèr tirar lu patoun. M'an refusat â
l'espitàu, même en aquéu dai can, noun mi resta que de mouri
su d'un mouioun de peira. — Avès un carnet su lou quai enregistras lu fach dóu jou, farias ben de li aloungar lou miéu testamen que poudès mentuar couma acô :
— « Bouon Diéu, se mi fes passar encara une fes sur la terra,
fe-mi naisse can au mancou, li aura une Soucietà Proutetriça dei
Animau que si crusira de iéu e pourrai estre amès en un espitau,
estre souïnat, faire bouona vida, menar une vida de can... »
ANT. ROLAND.

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VIGNE
A M. VALÉRE BERNARD.

Dans le ciel doux la Vigne ètreint les pals de buis.
Sous le pampre le merle alourdi des falernes
Tourne son col gris vair et ses paupières lemes
Qu'argenté la blancheur des immuables nuits.
O / fraîcheur, 6 beauté des Igs et des iris,
Que la Vierge éblouie avec les marjolaines
Cueille le soir venu aux vasques des fontaines
Pour colorer en fête, au crépuscule, l'Euis.
Narcisses, ébeniers, œillet et sensitive
Ah ! Versez en mon âme attiédie et pensive
L'orgueil qui souleva les clairs olympiens.
L'amour qui rafraîchit les Madones pieuses
Et qui vêt de clarté les snls athéniens
Et les ravissements des époques heureuses.
JEAN

PADOVANI.

Quauque souvèt :
Vous souveti la bouona annada.
Que siegue mihau que la passada.
Vous souveti la bouona annada acoumpagnada de touplcn
d'autri.

�Eglises et Chapelles de Nice
La vieille ville de Nice se trouvant sur la rive gauche du
Paillon, pour parler de ses églises, nous commencerons par son
église cathédrale, Sainte-Réparate, vierge et martyre, de celles du
canton Est, et en traversant la rive droite nous nous occuperons des paroisses du canton Ouest.
I. — L'Eglise Cathédrale du Diocèse de Nice est la paroisse
de Sainte Réparate, vierge et martyre, sous l'empereur Decius en
253. Sa fête est le 8 octobre. Cette église est au centre de la vieille
ville (8.500 âmes), Avant 1531 la Cathédrale était près du Donjon, plateau de Nice, et dénommée : Sancta Maria in platea,
dédiée à N. D. de l'Assomption. L'édifice actuel, dans son genre,
ressemble beaucoup à Saint Pierre de Rome, au Vatican. C'était
auparavant une simple église paroissiale
desservie par
les Bénédictins du Monastère de Saint-Pons, près Nice.
Dans son ressort se trouvent l'ancienne église de Saint
Jaume (Saint Jacques apôtre), jadis des P.P. Carmes, fermée
depuis 1903. Après le transfert du titre de paroisse à l'église de
Saint Juste, évèquc, au Gesu, elle fut placée sous la vocable de l'Annonciation de la Sainte Vierge, ainsi que la belle Eglise de la
Miséricorde, sur le Cours Saleya, jadis de Saint Gaétan, fondée
e
par les P.P. Theatins au XVIII siècle et cédée à la noble
confrérie des Pénitents Noirs.
La Cathédrale de Nice, paroisse Sainte-Réparate de nos jours,
fut comme l'ancienne au Donjon du Château {Sancta Maria in
platea), le théâtre de plusieurs f lits historiques mémorables dans
les annales de l'histoire de Nice.
II. — L'Eglise de Saint Jacques, an Gesû, dès son érection
en 1612, dédiée à Saint Juste, évêque. Sa fête est le 2 septembre.
En 1665 fut érigée en paroisse sous le titre de Saint Jacques le
Majeur, remplaçant la paroisse de Saint Jaume. On l'appelle
vulgairement le Gesù à cause qu'elle a été fondée et administrée
par les P.P. de la Compagnie de Jésus.
Appartiennent à cette paroisse les deux chapelles des confréries des Pénitents Blancs, la Sainte Croix, — confrérie la

�óo —
plus ancienne de Nice, — et des Pénitents Rouges, Saint Suaire
et de la Sainte Trinité ; l'Eglise du Couvent de là Visitation,
la chapelle de l'ancien séminaire, à la montée du Château, et
jadis l'Hospice franciscain avec chapelle de Saint Joseph des
P.P. Recollets de Cimiez, convertie en maison particulière.
L'Eglise du Gesù est d'ordre corinthien composite, cons truite sur le modèle de l'Eglise des Jésuites de Turin, dite
vulgairement les Saints Martyrs. ( 10.000 âmes).
A l'extrémité de la rue du Malonat, aux racines de l'ancien
château, on voit un oratoire à la Sainte Vierge Marie, sous le
titre de N. D. du Bon Secours. Les habitants de ce quartier érigèrent cet oratoire en l'honneur de la sainte Vierge, en reconnaissance du choléra en 1854.
III. — L'Eglise paroissiale de Saint Martin Evéque dite de
Saint-Augustin est la plus ancienne, elle fut bâtie sur l'emplacement de l'ancienne chapelle de Saint Martin (1205) et appelée
Saint-Augustin parce qu'elle était desservie par les Augustiniens
dont le couvent a été transformé en caserne. (Caserne Filley, près
l'ancienne chapelle Sincaire).
IV. — L'Eglise de Saint-Francois-de-Paule a été édifiée en
1736 d'après le plan de l'architecte
Guarini. En 1838
elle fut érigée en paroisse par décret de Mgr Galvano et appelée
aussi Saint-Dominique en souvenir de l'ancienne église paroissiale
de ce nom qui s'élevait sur la place Saint-Dominique aux lieux et
place de l'actuel Palais de Justice.
V*— L'Eglise du Port ou de l'Immaculée Conception. D'humble
origine. D'abord ce fut une fort modeste chapelle (1835), transformée agrandie par Mgr Galvano, et l'avocat théologue L. Mari
fut son premier curé..
VI. — L'Eglise Saint-Joseph nouvelle paroisse depuis 1911 la
première pierre fut posée le 19 mars 1911, bénie le 29 octobre et
ouverte au public le Ier novembre 1911 sous le patronage de Mgr
Chapon et dirigée par les soins de M. l'abbé Gabrielli.
A cette paroisse appartiennent la chapelle succursale de Saint
Joseph contigüe à l'Evêché, et la chapelle de Notre-Dame des
Anges sur l'ancienne route de Villefranche.
VIL — Saint-Roch. Cette église paroissiale dans la banlieue
de Nice fut érigée après la peste de r68r. Nice fut délivrée de ce
fléau par l'intercession de saint Roch, confesseur, né et mort à

�- Si Montpellier. La paroisse est divisée en deux quartiers, Roquebillière
inférieure et Roquebillière supérieure, jusqu'à la chapelle de NotreDame de Bon Voyage.
VIII. — Rive droite du Paillon, intra muros, se dresse Notre Dame du Vau, paroisse Saint-Jean-Baptiste, qui remplace l'an
cienne église du même nom devenue chapelle inférieure du Lycée.
Cette belle église, vœu delà ville de Nice en 1835, mt érigée en
1842 et terminée en 1852 par Mgr Galvano, évêque de Nice.
La façade ressemble à celle élevée à Turin en l'honneur du retour
du roi dans les états Sardes en 1814.
IX. — Saiiit-Pierre-d' Aréna remplace une chapelle située à la
Croix de Marbre. Elle fut érigée en paroisse en 1803 par Mgr
Colonna d'Istria. Elle doit son nom à ce fait, c'est que lors de sa
fondation elle se trouvait sur le rivage de la mer séparée par une
bordure de sable fin.
X. — Une ancienne chapelle de Sainte-Hélêne-l'Inspiratrice
existait dans ces parages. Elle fut remplacée en face la mer par
une église sous l'épiscopat de Mgr Recrosio (1727).
Six paroisses « extra muros » dépendent de la commune de
Nice.
Sainte-Marie Magdeleine, sise dans le vallon de Magnan, édifiée sur l'emplacement d'une chapelle de même nom, érigée en
1626 et dite vulgairement chapelle « dei cassaire » à cause du
grand nombre de chasseurs. Après le concordat de 1803 sous
l'épiscopat de Mgr Colonna d'Istria, ce quartier qui depuis 1771
dépendait pour le spirituel de la cathédrale fut érigé en paroisse.
Il existe encore aujourd'hui une chapelle de Notre-Dame du Bon
Conseil changée en demeure particulière . Bientôt le besoin de
la population augmentant, une église sera bâtie à la cité Robiony
par les soins du curé actuel de la Madeleine.
Plus à l'est de la ville, toujours dans le canton ouest ce
l'Arquet, se dresse la paroisse de l'Ariane dédiée primitivement à
saint Arnoux, évêque et à saint Pierre, apôtre. Elle fut érigée en
paroisse en 1809 sous l'épiscopat de Mgr Colonna d Istria. Dans
son ressort se trouve l'ancienne chapelle nécropole de l'Abbadie
fondée en 1635 en l'honneur de sainte Claire pour le besoin spirituel de 450 à 500 habitants qui appartiennent aux communes
de Nice, Cantaron Saint-André. Localité d'avenii et à laquelle
le chemin de fer Nice-Coni donnera une valeur stratégique.

�— 32 —
Gairaut avait au moyen-âge une chapelle de secours desservie
par les religieux chevaliers de l'ordre du temple au début, et par
la suite de Rhodes et de Malte. Sous l'épiscopat de Mgr François
Rosini de Martinengo la chapelle fut érigée en église paroissiale
sous le vocable de saint Sauveur o*u de la transfiguration du
Rédempteur.
Dès 1730 les P. Dominicains de Nice fondent à Saint Pancrace un sanatorium pour religieux martyrs avec chapelle en
l'honneur de Saint Pancrace martyr. Cette chapelle est érigée en
paroisse en 1848 par Mgr Galvano.
Sur le couchant de Saint-Pancrace on trouve la paroisse de
saint Roman . martyr ; l'ancienne chapelle fut érigée en paroisse
ainsi que celle de saint-Antoine de Ginestière en 1803 sous Mgr
Colonna d'Istria.
VALENT IN.

NOU VÉ
Tu Çatarina fai lou pan.
Mdumen de jota, d'alegressa,
Fes audi da toui lu couor :
Lu ange canton l'alegressa,
Fuges l'infer, Juges la mouorl.
Chntou !
L'aarika sabla, li a quaucaren aici vesin,
Sembla que senti li joia d'un festin ;
Audi lu tambourin de laen,
Lu Jlajoulet e li musela,
Lu pastre van à Bethelen
Laisson la cabana soaleta ;
Santo nuech, venes aléa nen ralegrà,
Pourtas à toui la pax et la tranquilità !
Tu Catarina fai lou pan,
Manda Lucrecia au safran,
Despende aléa lou lauvaniè,
Chapla la blea su lou taatié ;
Crala de froumai e roumpe d'iiu
E fai la iourta couma fou,
Ché n'aiguen toui en aboundança (bis)
Santa nuech, venes alèu nen ralegrà,
Pourtas à toui la pa.x e la tranquilità .'
En tant faguen etnb'au vesin
t ua santépér lou Bambin,
Toucan lou gotou de bouon vin,
Ernb'aa vesin pér lou Bambin
Ti-ri-tin-tin ! -tinTi-ri tin !

�— 3Î —

L'Expulsion de Mgr Valperga
fEN SEPTEMBRE

1792)

Le 12 octobre 1780 h population de Nice se pressait aux
abords de la porte Pairoliëre pour y recevoir en grandes pompes
le nouvel évêque Charles-Eugène Valperga di Maglione. Ce
prélat avait couché la veille selon l'usage antique à l'abbaye de
Saint-Pons et devait faire ce jour là son entrée solennelle dans
sa ville épiscopale.
Le cérémonial imposant avec lequel on avait reçu jusqu'alors
les évêques fut encore cette fois observé. L'accueil de la population entière fut des plus chaleureux au rapport de Pierre Scaliero
qui en fut témoin (1). Le nouvel évêque, qui remplaçait Monseigneur Astésan nommé archevêque d'Oristano en Sardaigne,
appartenait à une famille de vieille noblesse dont plusieurs membres avaient exercé, à Nice, des fonctions importantes (2). Il
(1) Voir aux Archives municipales le récit détaillé que ce chroniqueur en a laissé dans ses Mémoires. Pierre Scaliero mourut en 1805.
(2) Jacques Valperga, conseiller ducal, fut lieutenant du gouverneur de Nice en 1454 ; Thoma5 Valperga fut gouverneur du château de Nice en 1565 ; Jean Valperga fut également gouverneur de
Nice en 1596 ; Jérôme Valperga fut commandeur du château de
Nice en 1600 ; Pierre Valperga, frère de Jacques Valperga, était
chevalier de Malte (Arch. municipales, registre des gouverneurs,
commandants et chevaliers de Malte) ; Anne Valperga, fille dAmédée
Valperga, épousa, le commandeur de Malte Jean-Paul Lascaris.
(Voir son testament daté de 1683, arch. des Alpes-Maritimes,
registre B, 297.) Joseph Ignace de Valperga reçut de son oncle, Emmanuel Philibert Chiotera, mie partie du fief de Couaraze dont il fut
investi le 20 février 1753. Son fils, Vincent, céda ses droits à H. Novelli. Jérôme Valperga fut sénateur à Nice de 1761 à 1765, puis
ministre plénipotentiaire de Sardaigne à Gênes en 1780 ; plus tard
il fut ministre etsecrétaire d'Etat, ce dernier était le frère de l'évêque
de Nice et fils du comte François Valperga qui vivait encore en
1795Ees armoiries des Valperga étaient fascé d'or et de gueules, à
la plante de chanvre déracinée, d'argent et brochant. Le cimier
était un bouc naissant au naturel et la devise : « Ferme-toy ».
Nous reproduisons les armoiries de Monseigneur Valperga d'après celles qui se trouvent en tête du catéchisme édité par ses ordres
et dont nous devons le dessin à l'obligeance de M. Joseph Casai
(Extrait de 1' « Armoriai Artistique et Nrbiüaire », Ni.e, 1902.
3

�- 34était directeur du collège des Provinces à Turin, lorsque le roi
de Sardaigne le désigna, pour l'évêché de Nice. Il avait été sacré à
Rome où il avait fait ses études. Monseigneur Valperga se distingua immédiatement par sa vigilance et son activité : il releva
le niveau intellectuel et moral des prêtres de son diocèse et s'attacha à mettre en toutes choses la plus grande régularité. Dix-huit
mois après son installation, il publia un nouveau catéchisme
dont le plan avait été préparé par son prédécesseur ^i). Grâce à

ses relations cordiales avec la eour de Turin, il jouissait auprès
des autorités civiles de Nice d'une grande influence. Après douze
(1) Ce catéchisme en italien fut imprimé à Nice par la Société
Typographique. C'est un petit volume in-douze de 612 pages, portant
la date de 1783. En tête se trouve le mandement de Monseigneur
Valperga du 16 février 1782 qui approuve le travail terminé par
le prêtre auquel Monseigneur Astésan en avait confié le soin, ordonne
sa publication et règle l'organisation des catéchismes dans tout le
diocèse. Deux ans plus tard en 1785, Gabriel Floteront, imprima
un autre catéchisme rédigé en dialecte niçois, petit volume in-12
de 228 pages. Un exemplaire de ces deux ouvrages existe à la biblio
thèque de Nice. — Voir Villarey, Série Cronològica dei Vescovi
di Nizza. — Art. Valperga.

�-35 années de séjour dans cette dernière ville il s'était acquis l'estime
et le respect de tous.
*

• *

Lorsque le 28 septembre 1792 dans l'après-midi, les troupes
piémontaises évacuèrent Nice, il y eut dans cette ville une effroyable panique et des milliers d'habitants s'enfuirent dans la direction de Turin. Ce fut un désarroi et une désorganisation complète de toutes les autorités. iMonseigneur Valperga resta à son
poste et s'engagea à ne point quitter la ville. Le lendemain samedi
29 septembre, il accompagna le second consul Honoré Saissi et
quelques membres du Conseil qui se rendirent, vers les onze
heures du matin, à la villa Feraudi, au quartier St Hélène, pour
offrir les clefs de la cité au général d'Anselme qui venait d'y
arriver à la tête des troupes françaises. Le général fit à la délégation assez bon accueil, mais il s'étonna de trouver parmi ses membres, l'évêque dont la place déclara-t-il n était pas là. Du reste,
d'Anselme attacha si peu d'importance à la démarche îles magistrats niçois que dans aucune de ses dépêches officielles il n'en fit
mention.
Sur le soir du même jour, la petite armée française faisait son
entrée dans la ville et le général s'installait dans la maison du
consul de France à la place St Dominique. L'évêque de Nice qui
tenait à rester au milieu de ses diocésains se présenta de nouveau
vers les huit ou neuf heures du soir chez le général auquel il voulait recommander ses prêtres en lui demandant des respecter les
églises. Le général était entouré de tout son état-major, du consul
de France, Pierre Le Seurre, de Honoré Saissi, second consul, de
Féraudi, secrétaire général de la commune. Ces deux derniers
venus probablement pour appuyer les demandes de l'évêque.
L'accueil du général ne fut pas plus encourageant que la première fois ; il intima même avec insistance au prélat l'ordre de
quitter ta ville en ajoutant que le plus tôt serait le mieux et ce
fut sur ces dernières paroles que l'évêque se retira après avoir toutefois reçu du général la promesse que tout ce qu'il laisserait dans
son palais serait placé sous la sauvegarde de la Nation française.
Il n'y avait pas à tergiverser, l'ordre était formel et pressant, il
fallait partir. L'évêque prit ses dernières dispositious et délégua,
au curé de la cathédrale, le chanoine Honoré Navello, tous les
pouvoirs nécessaires pour administrer le diocèse en son absence.
Aux premières lueurs du jour, Valperga quitta son palais, et se

�— 36 dirigea à pied vers la porte Pairolière. Il avait été impossible de
trouver une voiture car tous les moyens de transport avaient été
réquisitionnés et utilisés le 28 septembre pour permettre l'exode
des habitants terrorisés. Il avait ordre de partir, mais cet ordre
n'ayant pas été donné par écrit, les volontaires marseillais, de garde
à la porte de Turin, refusèrent de le laisser passer, l'accablèrent
d'injures, le menacèrent même de le pendre et ne consentirent á
le lâcher que sur un ordre écrit, sollicité et obtenu du général,
grâce à l'intervention courageuse et au sang-froid d'un jeune
niçois, Joseph Castellinard. Monseigneur Valperga se retira à
Turin et y mourut en 1805 sans avoir jamais pu obtenir l'autorisation de rentrer.
*

* *

Il est établi par les documents officiels contemporains que
Monseigneur Valperga ne quitta son siège que sur les ordres arbitraires du général d'Anselme et ces mêmes documents nous
renseignent très exactement sur les incidents fâcheux qui se produisirent au départ de l'évêque. Du reste, on n'ignorait pas à Nice
comment les choses s'étaient passées et la population savait grê à
Valperga de son attitude et de sa fermeté. De son côté, Valperga
avait eu confiance dans la parole à lui donnée par le général au
nom de la Nation française et à plusieurs reprises il manifesta
son étonnement qu'elle n'ait pas été gardée, que ses biens aient
été confisqués, son mobilier vendu, son nom inscrit sur la liste
des émigrés alors qu'en partant il n'avait cédé qu'à la force.
Parmi les nombreux documents qui se trouvent soit aux archives de Nice, soit aux archives nationales il en est quelques-uns
dont la simple reproduction sera plus probante que tous les corn,
mentaires. Il_suffira de citer :
•i° La lettre du Directoire des Colons Marseillais en date du
25 février 1793, adressée aux citoyens Blanqui et Veillon, députés
extraordinaires de la ville de Nice à Paris, au sujet des réclamations présentées le 23 du même mois par Jean-Jacques Donny, au
nom de Mgr Valperga.
20 La réponse du même Directoire à J.-J. Donny, en date du
26 février 1793.
3„ L'arrêté du Département en date du 13 avril 1793.
40 La réclamation présentée au Directoire du département

�Valperga, aussitôt après son inscription sur la liste des émigrés de
la ville de Nice, dressée à la fin de juin 1793.
50 Les états de frais pour l'inventaire et la vente du mobilier
et effets de « l'émigré Valperga Maillone, citoyen évêque » approuvés par le département des Alpes-Maritimes, le 5 germinal an
III (25 mars 1795).
6° Les actes de notoriété dressés le Ier et 2me fructidor an III
(18 et 19 août 1795) par Gautier, juge de paix à Nice, à la requête de Pierre-Joseph Passeron, agissant en qualité de procureur
subrogé par Nicolas Giorni, procureur spécial et général de Mgr
Valperga, par acte de procuration reçu à Turin le 20 juillet 1795,
notaire Pierre-Joseph Bernochio.
70 La pétition adressée au district de Nice le 4 fructidor an III
(21 août 1795) par Pierre-Joseph Passeron, demandant la radiation du nom de Valperga sur la liste des émigrés.
8° L'avis du district de Nice en date du 5 vendémiaire an IV
(27 septembre 1795) déclarant que Mgr Valperga doit être rayé
de la liste des émigrés.
90 L'arrêté du département des Alpes-Maritimes, en date du
14 prairial an V (2 juin 1797) ordonnant la radiation provisoire
du nom de Valperga de la liste des émigrés.
io° L'acte de cautionnement dressé par le département le
11 fructidor an V (28 août 1797), à la requête de Pierre-Joseph
Passeron, procureur de Mgr Valperga en exécution d'une des
clauses de l'arrêté du 14 prairial an V (2 juin 1797).

�- 38 —

DOCUMENTS ET PIÈCES D'ARCHIVES

Pièce 1.

25 février 1793
Aux cit. Blanqui et Veillon
Une lettre du cit. Donny, associé du citoyen LeClerc, défunt président de l'ancienne administration
provisoire, dont vous avez ci-inclus l'extrait ( 1 ), nous
fait connaître que le cit. Valperga, évêque de Nice,
laissa avant son départ (ordonné à son retour par
Anselme) dans sa maison pour environ 34.000 livres,
argent monnayé, et environ pour 17.000 d'effets en
vaisselle, linge, batterie de cuisine etc.
Une portion de ces effets se trouvent encore dans
ladite maison, sous l'inventaire que nous en avons
fait dresser par les commissaires de l'une et l'autre
administration, lorsque nous avons été installés, mais
il s'en faut de beaucoup qu'elle puisse arriver à la
somme de 17.000 livres, pas même le tiers.
Quant à l'argent monnayé entré dans la caisse du
receveur de l'ancienne administration, nous n'y
voyons point la somme que ledit Evêque désigne
avoir laissé dans sa maison. Nous vous remettons cijoint un extrait de l'état des sommes' que le cit.
Bonnet a reçu en espèces, pendant toute sa gestion
de receveur et trouvées parmi les effets des émigrés
français et niçois.
Nous ne voulons rien préjuger sur l'assertion du
cit. Valperga, quoique nous ayons des indices frappants de vérité. Ce ne sera que lorsque nous aurons
pu les convertir en preuves par le témoignage de
quelques citoyens que nous nous procurerons, pour
pouvoir en demander la restitution et la poursuite
contre le pillage.
En attendant, noùs croyons devoir vous faire part
de cette découverte que nous allons communiquer au
Président de la Convention Nationale et au Ministre.
Arch. des A. M. Registre de la correspondance du
Directoire des Colons marseillais L. 5.
Cet extrait manque au registre ainsi que les autres pièces
énoncées dans celte lettre.

�-hLe 2érae février 1793.
Au citoyen Donny, négociant à Nice
Pièce 2.

Votre lettre du 23me de ce mois, citoyen, nous
demande des renseignements sur le temporel du
citoyen Valperga, Evêque de Nice. Nous allons vous
transmettre tous ceux qui sont à notre connaissance
L'administration provisoire en choisissant l'Evêché
pour le lieu de ses séances, vint s'y établir dans les
premiers jours d'octobre, et tout nous porte à croire
qu'elle ne fit aucun inventaire des effets qui s'y trouvaient, du moins nous n'en avons trouvé aucun dans
les papiers qu'elle nous a remis.
En succédant à cette administration provisoire,
uous avons cru que notre premier devoir était de faire
un inventaire de tout le mobilier renfermé dans la maison épiscopale. Nous y avons successivement procédé
en présence des administrateurs provisoires et à mesure qu'ils nous en remettaient les clefs. Tout le mobilier qui s'y trouvait, ne consistait guère qu'en
meubles meublants et ne nous paraît pas avoir la
valeur de 17 mille livres que l'Evêque lui donne.
Vous pourrez, si vous le jugez à propos, faire prendre
à notre secrétariat une copie de cet inventaire. Tout
ce. qui n'est point renfermé dans les appartements
que nous occupons au premier étage, a été laissé à la
garde de Jean Poma, ancien concierge de l'Evêque et
le nôtre.
Pour nous éclairer sur les 34.000 1. argent monnayé que l'Evêque doit avoir laissé en sa maison,
nous avons écrit au cit. Bonnet, receveur de l'administration provisoire, pour lui demander un état des
sommes en numéraires versées dans sa caisse, comme
ayant été saisies et trouvées parmi les effets des Emigrés français et niçois. L'état qu'il nous a remis ne
monte qu'à 74121. 16 s, et aucun article n'a du rapport
avec les réclamations du citoyen Valperga.
Quant à ce qui concerne personnellement le
citoyen, nous avons demandé au Ministre de l'Intérieur de vouloir bien nous dire la manière dont nous
devions l'envisager. Nous savons qu'un ordre arbi-

�— 40 —
traire de Danselme l'obligea de quitter Nice, le jour
de l'entrée des Français. Mais nous pensons aussi que
la proclamation des Commissaires de la Convention
nationale de France et le décret de celle de Nice,
concernant les Emigrés, étaient des motifs suffisants
pour le ramener à son poste et le rassurer sur les
suites de son retour. En persistant à prolonger son
absence, il s'expose à être traité comme émigré, à se
voir déclarer déchu de sa place et confisquer tous ses
biens. Telle est la disposition de la loi, et quoique
nous ayons consulté le ministre sur le cas particulier
de l'Evêque, nous prévoyons que sa réponse sera de
nous en tenir à la rigueur des lois, ainsi que plusieurs
instructions nous l'ont déjà annoncé.
Vous sentez, citoyens, que tout le mobilier de
l'Evêque doit rester séquestré jusqu'à son retour ou à
la décision du Ministre. Il peut être tranquille sur la
conservation de tout ce que nous avons trouvé en
entrant dans sa maison. Ce qui a pu en être enlevé
avant notre entrée en fonctions, est étranger à notre
gestion. Mais nous employerons tous les moyens qui
sont en notre pouvoir pour en trouver les traces, en
acquérir les preuves et en faire punir les coupables.
Les administrateurs, etc.
Archives des A.-M., Registre
suivants.

,L. 5,/°7i verso et

Lettre des commissaires de la Convention
Nationale et arrêté du Département des A. M.
Nice, le 9 Avril 1793, l'an 1 Ie de la Repu bublique Française.
« Vous voudrez bien, citoyens, en nous envoyant
les noms et prénoms de l'évêque de Nice, nous instruire officiellement d'après les "dispositions des lois,
s'il est censé démissionnaire et son siège vacant.
« Les Commissaires de la Convention Nationale
au département des A. M.
GRÉGOIRE, JAGOT (I)

(1)

Archives des A. M. L. 29 ancien. L

7

actuel.

�— 4i (i3 avril 1793)
Le Directoire ; vu la réquisition du citoyen Procureur Général sindic « Considérant que Charles Eugène Valperga, évêque de Nice, n'avait point quitté
son domicile lors de l'entrée des troupes de la République ; considérant qu'il a lui méme-accompagné les
consuls d'alors quand ils furent présenter les clefs
de la ville et inviter le général Anselme à venir en
prendre possession au nom de la République ; considérant que le général Anselme par ses ordres arbitraires et tiranniques, accompagnés même de menaces contre ses jours, l'ont forcé de s'éloigner ; arrête
qu'il ne peut le déclarer émigré, et qu'il sera répondu
aux Commissaires de la Convention nationale d'après
les principes ci-dessus.. »
Sign : PAUMÉ ; BARLI FABRI ; F. CASTKLIMARD ;
ANGLES ; BERNARDI, secrétaire général. (1)
pjj

ce

^

Aux citoyens composant le Directoire du
département des Alpes-Maritimes..
22 juillet 1793.
Citoyens,
Le citoyen Jean-Jacques Donny, soussigné, chargé
des intérêts du citoyen Valperga, évêque de Nice
absent, ayant été informé que par votre délibération
du 29 du mois passé, ledit citoyen Valperga avait été
déclaré émigré, vous représente avec tous les égards

(1) Archives des Alpes-Maritimes, Registre L,. 3, folio 101. L'Arrêté n'est pas signé par le procureur syndic Jean-François Tourre
ni par l'administrateur Jean-L,ouis de Villiers qui ne partageaient
point l'opinion de leurs collègues. A noter que Tourre était d'Antibes
et que de Viliers était un médecin français établi depuis longtemps
à Nice.
I/Arrêté fut pris malgré le réquisitoire de Tourre qui voulait
déclarer Monseigneur Valperga émigré et malgré un violent discours de Villiers soutenant la même thèse qui fut combattue par
Barli Fabri, par Castclinard et par Anglès. J'ai déjà publié in-extenso
cette délibération du 13 avril T793 au cours d'un article sur l'église
de Nice en 1792-1793 inséré dans Nice Historique du Ier avril 1903,
C'est pourquoi je reproduis ici simplement la lettre des
commissaires et l'arrêté du département.

�- 42 —
dûs au pouvoir dont l'exercice vous a été confié par
le peuple souverain que le citoyen Valperga ne peut
ni ne doit sous aucun rapport être considéré comme
émigré, par les motifs ci-après :
i° Qu'il est de notoriété publique qu'il n'a quitté
le pays que contre son gré et par ordre du général
Anselme :
2° Qu'il a constamment été disposé et a offert
de revenir dans son diocèse, moyennant qu'il ne fut
assujetti à prêter qu'un serment relatif au temporel et
non au spirituel.
3° Qu'enfin et par la raison que n'étant point
indigène, mais étranger, son séjour ici n'a été dé terminé que par sa nomination à l'épiscopat, événement casuel qui n'a jamais pu le soumettre à l'obligation de renoncer pour toujours à sa mère-patrie.
Tous ces motifs, soit qu'on les prenne collectivement ou séparément, démontrent suffisamment,
citoyens administrateurs, le droit incontestable, qu'a
le citoyen Valperga de demander et prétendre la
radiation de son nom du tableau des émigrés, et si
le ministre de l'Intérieur n'a fait aucune distinction
entre lui et les autres citoyens, c'est sans doute qu'il
a ignoré les circonstances qui vous sont exposées
ci-dessus, et notamment la dernière, car s'il les eût
toutes connues, il n'est nullement probable qu'il eût
décidé comme il l'a fait. Toute hypothèse contraire
serait une injure faite à ses sentiments et à ses lumières. Un homme tel que lui, dont les vertus civiques, le patriotisme et les talents l'ont appelé au
poste aussi honorable que pénible qu'il occupe, doit
ressembler autant que possible à la Nation pour
laquelle il agit et qui l'a honoré de sa confiance.
Cette nation est grande, généreuse, magnanime,
juste et bienfaisante.Elle ne peut qu'êtreextrêmement
jalouse de sa gloire, et l'un des principaux devoirs de
ses agents est d'éviter soigneusement d'en ternir
l'éclat.
Le refus qui serait fait de rayer de la liste des
Emigrés le nom du citoyen Valperga, refus qui entraînerait avec lui la confiscation des minces propriétés de ce citoyen, serait un acte qui imprimerait à

�-

43

-

jamais une tache ineffaçable à la gloire du nom français ; tache qui ne pourra manquer de frapper également les yeux des contemporains et ceux de la postérité ; tache enfin que les historiens ne manqueront
pas de faire ressortir par des couleurs enluminées, et
le bel effet qu'un pareil tableau produirait, citoyens
administrateurs, serait votre ouvrage.
Mais non, loin de nous, cette idée ! Vous êtes
républicains ! cela suffit. Les républicains sont vertueux. Ils aiment, chérissent, protègent, respectent
la vertu partout où elle se trouve. Et le citoyen Valperga aussi est un homme vertueux ! Qui en doute ?
Nul bon citoyen, nul honnête homme. Souvenezvous, citoyens administrateurs, que ce n'est que par
ses vertus qu'il a mérité l'amour et l'affection du
peuple Niçois et non par sa qualité d'évêque. Et plût
à Dieu que tous les ecclésiastiques lui eussent ressemblé ! La France n'eut point éprouvé d'aussi horribles secousses, pour asseoir, affermir et assurer sa
liberté.
La République a incontestablement le droit de
renvoyer hors de son sein tout individu qui ne lui
convient pas, mais en renvoyant ainsi un étranger
qui, d'ailleurs, n'a pas encouru la peine de la confiscation de ses biens, elle lui permet de les emporter ou
de les vendre et d'en emporter le produit. Tel est
précisément le cas du citoyen Valperga.
L'exposant demande en conséquence, citoyens
administrateurs, qu'il vous plaise prendre dans votre
sagesse une délibération tendante à rendre audit
citoyen Valperga sa qualité de citoyen français non
émigré, à lui accorder un délai compétent pour rentrer dans ce pays soit comme simple citoyen ou
comme fonctionnaire public et à lui assurer dans
tous les cas la restitution de ses propriétés par lui
laissées sous la sauvegarde de la loyauté française
dans la maison épiscopale, lors de sa retraite forcée,
ou la juste indemnité de leur valeur. Et sera justice.
Nice, le 22 juillet 1793, l'an second de la République française, une et indivisible.
Jean-Jacques DONNY.
l
ARCHIVES NATIONALESF/ 4.867 , dossier Valperga.

�- 44 Pièce 5.

Etat de frais de vente pour parvenir à l'inventaire
et vente des effets de l'émigré Valperga Maillone,
citoyen évêque :
5 germinal an III (25 mars 1795)
Pour une séance de trois commissaires dont un du
District et deux de la Commission municipale, fixée
à trois livres par séance par le Directoire du district
et approuvé par les Représentants du
Peuple
L.
9 »
Papier timbré tant de la minute que
des deux extraits
»12
Pour la copie desdits deux extraits . .
» 8
Droits d'enregistrement
13 10
31

2

Nous soussignés certifions le compte ci dessus véritable.
Signés : J.-B. Thomaty, comm. du dist. ; Savigny,
comm. munie. ; Mabil, comm. municip.
Frais de la vente :
Pour quatre séances de deux corn missaires dont un
du District, un de la Commis, mun. sans le membre
de l'administration fixées à trois livres par séance par
le Directoire du district et approuvé par les Représentants du Peuple .
L.
24 »
Au trompette pour publication de
quatre criées
5 »
Au crieur à la vente, quatre séances .
12 »
Aux portefaix qui ont travaillé au
transport des effets
40 »
Papier timbré tant de la minute que
de l'extrait
1 »
Bougie
3 »
Droits d'enregistrement
27 »
Papier timbré du petit état
» 4
A la femme qui a assisté à la vente
pour l'arrangement du linge
» 12
L.
Signés : J.-B. Thomaty, comm. du
district ; Savigny, comm. municip.

1

159 6

�Vu par nous, membres composant la Commission
Administrative du district et d'après l'arrêté du district, approuvé par les Représentants du Peuple et la
loi du il et 12 Mars, arrête l'état des frais ci-dessus
se montant à la somme de cent cinquante neuf livres
trente centimes, qui seront acquittés par le receveur
du droit d'Enregistrement lorsque le Département
aura vérifié ledit état.
Nice, le 29 ventôse an 3"" de la République française une et indivisible (19 mars 1795).
(Suivent les signatures).
Vu l'état des frais ci-dessus pour parvenir à l'inventaire et vente du mobilier de l'émigré Valperga
Maillone ci-devant évêque.
Vérifié et arrêté par le Directoire du district de
Nice, la Commission Administrative du département
des Alpes-Maritimes approuve ledit état et ordonne
au citoyen Maussier, receveur de l'enregistrement
cîudit district de payer aux citoyens J. B. Thomaty
et Savigny, comm. la somme de 159 livres et 30
centimes pour montant des frais pour inventaire et
vente des susdits effets de l'émigré, laquelle somme
lui sera allouée en compte.
Fait à Nice le 5 germinal an 3me républicain ( 25
mars 1795).
Etat des frais pour parvenir d la vente du mobilier de
l'émigré Charles Eugène Valperga Maillone, citoyen
évêque.
Pour trente-neuf séances de trois commissaires
dont un du District et deux de la Commission municipale, fixé à trois livres par séance par le Directoire
du district et approuvé par les Représentants du
peuple
L.
351 »
A deux portefaix, dix-neuf journées et
demi chaque fixées à cinq livres par jour.
195 »
Au trompette pour publication de
trente-neuf criées fixées à une livre cinq
sols chaque
48 r 5
Au crieur à la vente, trente-neuf séan
ces fixées á trois-livres par séance ....
117 »

711 1$

�- 4* Report
Papier timbré tant de la minute que
de l'expédition
Pour copie dudit extrait fixé à quatre
livres
Papier timbré du présent état ....
Bougie
Droit d'enregistrement
Plus deux autres journées de portefaix à cinq livres
Un paquet de plume
L.

148
4
6
421

»
4
»
»

20
5

»
»

1.182

7

Nous soussignés certifions le compte ci-dessus,
véritable.
Nice, le Ier ventôse an 3me de la République (19
février 1795).
Signés : J.-B. Thomaty, commissaire du district ;
Savigny, comm. ; Honoré Mabil, comm. municipal.
Vu par nous, membres composant la Commission Administrative, de ce District, et d'après la loi
du 11 et 12 Mars 1793 (v. s.) et l'arrêté de cette
Commission approuvé par les Représentants en date
1^ Fructidor, oui l'agent national, arrête l'état des
frais se montant à onze cent huitante deux livres et
trente cinq centimes qui seront acquittés par le
receveur de l'agence de l'enregistrement sur le produit de la vente desdits meubles, lorsque le Département aura vérifié ledit état.
Nice le 29 ventôse an 3me de la République
française une et indivisible (19 mars 1795).
(Suivent les signatures).
Vu l'état des frais ci-dessus pour parvenir à la
vente du mobilier de l'Emigré Valperga Maillone cydevant évêque.
Vérifié et arrêté par le Directoire du district de
Nice.
La Commission administrative du département
des Alpes-Maritimes, approuve ledit état et ordonne

�— if au citoyen Maussier, receveur de Penregistrement
dudit district de payer aux citoyens J.-B. Thomati,
Savigni et Honoré Mabil, commissaires, la somme de
mille cent quatre vingt deux livres trente cinq centimes pour montant des frais de la vente des susdits
effets de l'Emigré. Laquelle somme lui sera allouée
en compte.
Fait â Nice le 5 germinal an 3me républicain (25
mars 1795).
Arch. des A. M. L. 15 ancien p. 44-45 N° 34-35

Actes de Notoriété
Pièçe g

1-2-fructidor an III
18-19 août 1795
EGALITÉ, LIBERTÉ

AU NOM DE LA LOI
Ce jourd'hui, premier Fructidor, l'an troisième
(18 août 1795 de la République française, une et indivisible, à Nice, chef-lieu du département des AlpesMaritimes, par devant Nous, Antoine Gautier Juge de
paix de la Ier, 2m" et 3me section et officier de police,
est comparu le citoyen Pierre Joseph Passeron, natit
tic la commune de Contes et habitant en celle de Nice
depuis plusieurs années.
Lequel en sa qualité de procureur du citoyen
Charles Eugène Valperga de Maillone, évêque de Nice,
subrogé par le citoyen Nicolo Giorni, homme de loi,
procureur spécial et général établi (par acte reçu) par
le notaire Pierre Joseph de Bernochio, le 20 Juillet
dernier (v. s.) qu'il présente, légalisé par le résidant
de la République de Gênes auprès de la Cour de Turin, dont il résulte le pouvoir donné au citoyen Giorni, de subroger en son lieu et place, avec tous les
pouvoirs compris au dit acte, et il présente au surplus l'acte de sa dite subrogation faite par le même
citoyen Giorni, reçu en la ville de Gênes le premier

�- 48 du mois d'août dernier (v. s.) par le notaire Antoine
Baglietto, légalisée par le consul de la République
française.
Il expose que le vingt neuvième jour de septembre
de l'année 1792, l'armée de la République, étant arrivée en cette ville, commandée en chef par le citoyen
général d'Anselme, lorsque ce général, vers le soir,
fut arrivé et il eut pris son logement dans la maison
habitée par le ci-devant consul de la République Le
Seurre, ledit citoyen Evêque Charles Eugène Valperga de Maillone s'y étant présenté, ledit général d'Anselme, en présence de tout son Etat-Major, lui signifia
d'abord de devoir partir de cette ville. Sur quoi le
dit évêque ayant répondu qu'il avait cru de pouvoir
continuer sa résidence en cette ville et tellement l'avait cru, qu'il n'avait jamais pensé de distraire et en
faire partir le moindre de ses meubles et effets, qu'il
avait dans la maison d'habitation de l'tvêque et que
si absolument il lui ordonnait de partir, il le priait de
lui accorder la sauvegarde sur tous lesdits effets et
meubles. Le dit général d'Anselme lui répliqua qu'il
dut absolument partir de cette ville, en ajoutant que
le plus tôt en serait le mieux, et qu'à l'égard de ses
meubles et effets qu'il avait, il les mettait dès ce ino
ment sous la sauvegarde et loyauté de la Nation française et qu'il pouvait en être tranquille, après quoi ledit
évêque Valperga de Maillone, tout tremblant, ayant
dit qu'il allait se conformer dès le lendemain au matin à ses ordres, se retira ; ledit général d'Anselme
lui ayant encore répliqué : le plus tôt sera le mieux.
Et comme il importe audit citoyen évêque Valperga de Maillone de constater le fait ci-dessus expo"sé, suivi en présence de tout l'Etat-Major dudit général d'Anselme et de plusieurs citoyens de cette commune, l'exposant, en sa dite qualité vous présente les
citoyens Pierre Le Seurre, ci-dessus nommé, ci-devant
consul en cette ville de la République, le citoyen Honoré Saissi de cette commune qui pour lors était second consul de la même commune, le citoyen Philippe Emmanuel Féraudi qui pour lors était secrétaire de
Ìa même commune et le citoyen Ange Giraudi aussi

�- 49 de cette commune, pour recevoir leurs dépositions
sur ledit exposé et vous fait instance que de tout lui
soit concédé acte, ce que nous lui avons accordé, et a
signé.
PIERRE JOSEPH PASSERON.

Et de suite se sont présenté les susnommés
citoyen Le Seurre, natif de Craon, âgé de 75
ans, bourgeois, le citoyen Saissi, âgé de 70 ans,
négociant, Emmanuel Feraudi, âgé de 68 ans, notaire, Ange Giraudi, âgé de 63 ans, négociant,
natifs et domiciliés dans cette commune, auxquels
après avoir fait lecture dudit exposé fait par ledit citoyen Pierre Joseph Passeron, en sa dite qualité, les
avons interpellés sur serment que leur avons fait prêter, conformément à la loi, de nous dire en leur âme
et conscience si tous les faits énoncés dans le même
exposé sont de leur connaissance et tous les quatre ont
répondu et attesté tant uniment que séparément en
être pleinement informés, s'y étant trouvés présents,
et que le tout contient la vérité, toute la vérité et
rien que la vérité. En foi de quoi ils ont signé :
LE SEURRE, HOSORI'J
SAISSI, PHILIPPE EMMANUEL FÉRAUDI,
ANGE

GIRAUDI.

Et nous, juge de paix, vu les dépositions ci-dessus, avons de tout concédé acte au susnommé citoyen
Pierre Joseph Passeron en sa dite qualité, pour lui
servir et valoir dans tous les cas, à ce que de droit et
de raison. Fait à Nice, l'an et le jour que dessus.
GAUTIER, juge de paix.
BONIFACI, sec. greffier.
Vu par nous, membres du District de Nice, 3 vendémiaire an IV rép. 25 sep. 1795, TOSELLI, JN COPPON
fils, VÉRANI pr. syndic, SAYTOUR Martin.

�— 5o —
EGALITÉ, LIBERTÉ.

AU NOM DE LA LOI
Ce jourd'hui. second jour de Fructidor de l'an 3
août 1795) de la République française une et indivisible, à Nice, chef-lieu du département des AlpesMaritimes, par devant nous, Antoine Gautier, juge de
paix de la iere, 2M* et 3ME section et officier de police,
est comparu le citoyen Pierre Joseph Passeron : natif
de la commune de Contes et habitant en celle de Nice
depuis plusieurs années
Lequel en sa qualité de procureur du citoyen
Charles Eugène Valperga de Maillone, évêque de
Nice, subrogé par le citoyen Nicolo Giorni, homme
de loi, procureur spécial et général établi (par acte
reçu) par le notaire Pierre Joseph de Bernochio, le 20
Juillet dernier (v. s.) qu'il présente, légalisé par le résidant de la République de Gênes auprès de la Cour de
Turin, dont il résulte le pouvoir donné au citoyen
Giorni, de subroger en son lieu et place, avec tous les
pouvoirs compris audit acte, et il présente au surplus
l'acte de sa dite subrogation faite par le même citoyen
Giorni, reçu en la ville de Gênes le premier du mois
d'août dernier (v. s.) par le notaire Antoine Baglietto,
légalisée par le consul de la République française.
Expose : Primo, que le matin du trente septembre 1792, le citoyen Charles Eugène Valperga de
Maillone, évêque de Nice, en partant de cette ville
avec deux domestiques à sa suite, qui portaient un
paquet et quelques effets, fut arrêté à la porte qui conduit en Piémont, ci-devant nommée porte Victoire,
et conduit au vestibule de la maison presque attenante
à ladite porte, appartenant au citoyen Dominique
Castellinard, où se trouva le citoyen Joseph Castellinard, fils dudit Dominique, et malgré que ledit Evêque Valperga déclara aux soldats de la Garde de la
dite porte qui étaient des Marseillais, que c'était en
conséquence d'ordre qui lui avait été signifié par le
citoyen général d'Anselme qu'il partait de cette ville,
lesdits soldats commencèrent par le malmener et lui
(19

�signifier qu'ils voulaient le pendre et ayant ouvert
ledit paquet et y ayant trouvé entre autres effets, une
ceinture d'évêque, ils déterminèrent, à l'instant, de le
pendre avec ladite ceinture, et ayant essayé si la même
était assez forte pour le soutenir, en la préparant, elle
se fit en lambeaux, de façon qu'ils vérifièrent qu'elle
ne pouvait leur servir et demandèrent audit Joseph
Castellinard fils une corde, pour pendre ledit évêque,
à un grand anneau de fer qui était au plafond dudit
vestibule, servant â y passer une verge de fer pour
peser les marchandises, et ledit citoyen Castellinard
fils, leur ayant absolument refusé de leur donner de la
corde, en s'excusant qu'il n'en avait point, comme
dans tous ces entrefaits ledit évêque se trouve mal et
ne peut plus se soutenir, ledit Castellinard fils lui fit
apporter une chaise, par sa servante à qui quelques
uns de ces soldats donnèrent des coups de poing pour
avoir porté ladite chaise et le même Castellinard le
fit ensuite asseoir sur ladite chaise, en le soutenant,
parce qu'il ne pouvait se soutenir droit ; d'autant plus
qu'en attendant, lesdits soldats marseillais lui disaient mille exécrations, lui crachaient dessus et lui
donnaient des soufflets, et assurément ils l'auraient
fini, si dans cet intervalle un de ses domestiques
n'avait été dire au citoyen général d'Anselme ce qui
venait d'arriver, et ledit domestique étant venu avec
un billet dudit général d'Anselme qui ordonnait à la
garde de le laisser partir, puisque c'était de son ordre,
en conséquence de ce billet lesdits soldats marseillais
se bornèrent pour lors à lui dire et crier mille invectives et injures et le laissèrent partir, ce que ledit
évêque, malgré qu'il ne pût se remuer, à l'aide de ses
domestiques fit au mieux possible en tremblant, de
façon qu'il doit son existence au refus ferme et déterminé que ledit citoyen Castellinard fils leur fit de
leur donner une corde, sans quoi avant l'arrivée du
dit domestique portant l'Ordre du général d'Anselme, il aurait été pendu et étranglé.
Secondoque lefaitci-dessusfut d'abord public et notoire, de notoriété publique dans cette ville et encore
plui le lendemain premier octobre, puisque les autres

»

�— 52 —

soldats de la Phalange Marseillaise, arrivés sur le soir
dudit jour trente septembre, d'abord après leur arrivée
cherchèrent l'évêque qu'ils voulaient le lanterner et
mettre en pièces, comme ils s'expliquèrent hautement,
ce qui joint au fait arrivé dans ledit vestibule de la
maison Castellinard, étant devenu d'une notoriété publique donna l'épouvante à tous les gens honnêtes du
pays, qui disaient que le citoyen général d'Anselme en
ordonnant audit évêque de partir, en mettant sous la
sauvegarde de la Nation française ses meubles et ses
effets, avait voulu le sauver.
Et comme il importe audit citoyen Passeron, exposant en sa dite qualité, de constater par témoins le
fait ci-dessus exposé, il nous présente ledit citoyen
Joseph Castellinard fils de Dominique de cette commune, âgé de 21 ans, de profession, négociant, qui se
trouva présent au fait énoncé dans le Ier article de l'exposé ci-dessus, et au surplus informé de la notoriété
des faits énoncés au second et dernier chef, de ladite
exposition et il nous présente les citoyens Jean-Jacques Donny, natif de Neufchâtel en Suisse, âgé de 39
ans, de profession, négociant ; Joseph Poullan, natif
de Clavesana, en Piémont, âge de 48 ans, négociant ;
Jacques Gerbin, âgé de 60 ans, tailleur, Jean-Marie
Thaon, âgé de 56 ans, négociant, natifs et tous domiciliés en cette commune pour déposer sur ladite
notoriété énoncée dans ledit second fait exposé, pour
recevoir leurs dépositions, et nous fait instance que de
tout lui soit concédé acte, ce que nous lui avons accordé et a signé.
Pierre-Joseph PASSERON .
Et de suite se sont présentés les susnommés citoyens Joseph Castellinard, Jean-Jacques Donny, Joseph Poullan, Jacques Gerbin, et Jean-Marie Thaon,
ci-dessus qualifiés, auxquels après avoir fait lecture
dudit exposé fait par ledit citoyen Passeron, en sa
dite quálité, les avons interpellés sur serment, que
leur avons fait prêter, conformément à la loi, de nous
dire en leur âme et conscience, si tous les faits énoncés dans le même exposé sont de leur connaissance,

�- 53 et ledit citoyen Joseph Castellinard a répondu et
attesté en être pleinement informé pour avoir été
présent au fait exposé dans le i" article de ladite exposition, et pour avoir publiquement entendu dire les
faits énoncés dans le second chef qui était en cette
ville notoire de notoriété publique et lesdits citoyens
Jean-Jacques Donny, Joseph Poullan, Jacques Gerbin,
Jean-Marie Thaon, ont répondu et attesté tant uniment que séparément être pleinement informés de
l'énoncé dans le second chef de ladite exposition,
puisque les faits y énoncés étaient notoires, de notoriété publique en cette ville, et tous lesdits citoyens
ont respectivement attesté pour ce qui les concerne
que tout contient la vérité, toute la vérité et rien que
la vérité. En foi de quoi ils ont signé : Joseph Castellinard fils,Jean-Jacques Donny, Joseph Poullan, Jacques
Gerbin, Jean-Marie Thaon.
Et nous, Juge de paix, vu les dépositions ci-dessus,
avons de tout concédé acte au susnommé Pierre Joseph Passeron en sa dite qualité pour lui servir et valoir dans tous les cas, à ce que de droit et de raison.
Fait à Nice l'an et jour que dessus.
GAUTIER,
BONIFACI,

juge de paix.
sec. gref.

Vu par nous, membres Du district de Nice, le 3
vendémiaire anIV rep. (25 sept. 1795).
Jn. COPPON fils, VÉRANi, pr. syndic, TOSELLI, Saytour
MARTIN.

Arch. Nat. F

7

4867 *

�54 -

PÉTITION au DISTRICT de NICE
et AVIS de ce DISTRICT
ÉGALITÉ,

LIBERTÉ

5 vendémiaire
27 septembre 1795 an IV
AUX

CITOYENS ADMINISTRATEURS
DU DISTRICT DE NICE

Le citoyen Pierre Joseph Passeron, natif de la
commune de Contes, habitant en celle de Nice depuis plusieurs années.
Vous expose en qualité de procureur du citoyen
Charles-Eugène Valperga de Maillone, évêque de
Nice, subrogé par le citoyen Nicolo Giorni, homme
de loi, son procureur spécial et général fondé par acte
reçu dans la ville de Turin par le notaire PierreJoseph de Bernochio, le 20 juillet dernier (v. s) légalisée par le résident de la République de Gênes, près
la Cour de Turin, duquel il résulte le pouvoir donné
audit citoyen Giorni de subroger en son lieu et place
avec tous les pouvoirs compris dans le même acte,
qui se trouve copié mot pour mot dans celui de la
subrogation faite par le même citoyen Giorni, reçu
en la ville de Gênes le Ier du mois d'août dernier
(v. s* par le notaire Antoine Baglietto, légalisée par
le consul de la République française, le 13 Thermidor dernier (3 1 Juillet 1795), qu'il vous exhibe qu'étant arrivé dans cette ville le vingt-neuvième jour
du mois de septembre de l'année 1792, l'armée de la
République française, commandée par le citoyen général en chef d'Anselme lorsque celui-ci y fut arrivé
le soir et eut pris son logement dans la maison d'habitation du citoyen ci-devant consul de la République
Le Seurre, ledit évêque Charles-Eugène Valperga de
Maillone, s'étant présenté, le même général d'Anselme
lui signifia d'abord en présence de son Etat-Major de
partir de cette ville, sur quoi ledit évêque lui répondit qu'il avait cru pouvoir continuer sa demeure dans
cette ville et qu'à cet effet il n'avait jamais pensé de

Pièces 7 et 8

�- 55 distraire, ni faire partir le moindre de ses meubles et
effets qu'il avait dans la maison d'habitation de
l'évêque, que si absolument il lui ordonnait de partir,
il le priait de lui accorder la sauvegarde pour tous ses
dits effets et meubles, ledit général d'Anselme lui
répliqua : Le plus tôt sera le mieux, ce qui tout est
constaté par les attestations ci-jointes du premier et
second jour de fructidor dernier qu'il vous présente
également.
Qu'il résulte aussi par lesdites attestations, que
ledit évêque Valperga de Maillone fut forcé par ledit
général d'Anselme de partir de cette ville que tous
ses meubles et effets fussent mis sous la sauvegarde de
la Nation française et qu'étant parti le lendemain 30
dit septembre, il risqu'à d'être pendu ef étranglé paties soldats de la Phalange Marseillaise qui se trouvaient de garde à la porte ci-devant dite Victoire, ce
que tout fut d'abord notoire et de notoriété publique
dans cette ville.
Vous observe que ledit évêque Valperga est natif
du Piémont où il se retira et que s'il a résidé dans
cette ville, ce n'a été que pour raison de son ministère, que tout cela nonobstant il a été porté sur la liste
des émigrés, a été vendu la plus grande partie de ses
meubles et effets, et cela même nonobstant la préalable réclamation que le citoyen Jean-Jacques Donni,
chargé des intérêts dudit évêque avait fait à l'ancien
département par sa pétition du 22 juillet 1793 (v. s)
qui existe dans les Archives de ce district, résultant
ainsi que tout cela a été fait et opéré contre le droit des
gens et la sauvegarde de la loyauté française qui fut
promis audit évêque.
En conséquence, l'exposant demande en sa dite
qualité de procureur dudit citoyen évêque CharlesEugène Valperga de Maillone la radiation de son
nom de la liste des émigrés, la levée des scellés, la
restitution de ses propriétés et l'indemnité de celles
qui ont été distraites et vendues au nom de la Nation,
et sera justice.
(21 août 1795).

�- 56 Nice le 4me jour de Fructidor de l'an 3me de la
République française une et indivisible.
Signé : Pierre-Joseph PASSERON.
Vu la pétition ci-dessus du citoyen Pierre-Joseph
Passeron présentée au nom et comme procureur subs
titué du ci-devant évêque de Nice, Charles-Eugène
Valperga tendante à obtenir la radiation de son nom
de la liste des émigrés, la levée du séquestre et remission de ses effets restant ainsi que l'indemnité de
ceux qui ont été distraits ou vendus.
Vu une première pétition présentée à l'ancienne
administration du département par le citoyen JeanJacques Donni, au nom du citoyen Valperga en date
du 22 juillet 1793 tendante aux mêmes fins.
Vu la procuration en date du premier août 1793
(V. s.) faite à Gênes, par devant le notaire public Antoine Baglietti, légalisée par le Consul de la République française y résidant, ainsi que l'acte de procuration y inséré, en date du 20 Juillet 1795.
Vu l'attestation de quatre témoins faite avec serment par devant le juge de paix de la 1", 2"", 3me section de cette commune, en date du 1" Fructidor dernier '18 août 1795).
Vu autre attestation de cinq témoins faite par
devant le susdit Juge de paix, le 2 dit fructidor, aussi
sous serment.
Considérant que par la première des 2 attestations il est pleinement prouvé que le vingt-neuvième
septembre 1792, aussitôt après l'entrée de l'armée
française dans cette commune, le sus-nommé évêque
Valperga s'étant présenté au général d'Anselme qui
la commandait en chef, celui- ci lui ordonna d'abord
en présence desdits témoins et de tout l'Etat-Major.
u'il n'avait qu'à partir de la ville, et malgré que le
it évêque lui observa qu'il avait cru de pouvoir y
rester tranquillement et qu'à cet effet il n'avait fait
partir aucun de ses effets et meubles, le général lui
répliqua de partir absolument de la ville, en ajoutant
que le plus tôt serait le mieux, l'ayant assuré qu'à

a

�-5;l'égard de ses meubles et effets de sa maison, il les
mettait dès ce moment sous la sauvegarde et loyauté
de la Nation française et qu'il pouvait en être tranquille.
Considérant qu'il résulte par lesdites attestations,
et il est prouvé que l'évêque Valperga, d'après les
ordres précis et réitérés du général d'Anselme, partit
le lendemain 30 septembre de cette ville.
Considérant que par la susdite attestation du deux
Fructidor il résulte que l'évêque Valperga, au moment de son départ de cette commune, ayant été arrêté à la porte qui conduit au Piémont, par les soldats
qui y étaient de garde, lesquels tentèrent de le pendre,
il évita la mort par les soins du citoyen Joseph Castellinard, un des déposants, et il ne fut laissé libre que
d'après un billet du général d'Anselme, qui ordonnait à ladite garde de le laisser partir, puisqu'il s'en
allait de son ordre
Considérant que tous ces faits sont devenus de notoriété publique dans cette commune, dès le même
jour 30 septembre et Ier octobre suivant, ainsi que
quatre témoins l'ont attesté.
Considérant que le citoyen Valperga ne s'est absenté de cette commune et ci-devant Comté de Nice
que d'après les ordres du général d'Anselme auquel il
témoigna son regret.
Considérant que le départ du citoyen Valperga
ayant été forcé il ne peut pas être qualifié d'émigration.
Considérant que son intention de rester dans cette
commune est d'autant plus constatée, que le citoyen
Valperga a été le seul fonctionnaire public, il soit
resté à son poste, n'ayant soustrait aucun des meubles
et effets de sa maison, lesquels ont été ensuite distraits
et vendus par la Nation.
Considérant que le citoyen Valperga ne peut être
non plus considéré comme réfractaire aux lois de la
République, tandis qu'à l'époque de son départ de cette
commune, aucune loi de la République, surtout à
l'égard des ecclésiastiques, n'y avait été encore publiée
à laquelle eut pu contrevenir.

�— 58 —
Considérant que le citoyen Valperga ne pouvant
être considéré ni comme émigré, ni comme réfractaire, ne pouvait être privé de ses propriétés laissées
dans cette commune lors de son départ, sous la sauvegarde de la loi et de la Nation française qui lui fut
accordée par le général d'Anselme, et qui étant digne
de la loyauté de cette Nation, ne pouvait être violée
sans blesser le droit des gens.
Considérant au surplus, que le citoyen Valperga,
originaire piémontais, ne faisait sa résidence à Nice,
qu'à raison de son épiscopat, ce qui ne donne qu'une
résidence easuelle, et que sous tous les rapports, il
n'a cessé d'être étranger à l'égard du pays de Nice et
de la France.
Considérant que l'article 6, section deux, N° 2 de
la Loi du 25 Brumaire (15 novembre 1794) en déclarant émigrés les citoyens domiciliés dans le cidevant comté de Nice, qui sont sortis depuis le 27
septembre 1792, n'a point porté atteinte au droit des
gens dans la personne de l'étranger, qui se trouvait
dans ce même pays, où il n'aurait pas établi son vrai
domicile.
Considérant que le citoyen Valperga, qui avait été
forcé par le gouvernement de partir de Nice, n'a dû
plus y revenir dans le terme même prescrit par les
lois aux citoyens de la ci-devant Comté de Nice,
puisqu'il ne devait point imaginer qu'il fut compris
dans l'invitation, malgré qu'il ait été porté sur la
liste des émigrés.
Considérant que ce nonobstant, lorsqu'il sut qu'il
avait été porté sur la liste des émigrés de cette commune, s'est empressé de présenter sadite pétition
du 22 Juillet 1793 dans laquelle il demanda non seulement la radiation de son nom de ladite liste, mais
encore un délai convenable pour rentrer dans cette
commune, soit comme simple citoyen, ou comme
fonctionnaire public, ainsi que la restitution de ses
propriétés par lui laissées sous la sauvegarde de la
loyauté française dans la maison êpiscopale lors de sa
retraite forcée, ou une juste indemnité de leur valeur.

�- 59 Considérant finalement que,d'après toutes les circonstances sus-ênoncèes, aucune loi concernant les
émigrés ne peut être applicable au citoyen Valperga,
et que toutes celles qui pourraient le regarder relatives au séquestre des biens appartenant aux habitants
des pays en guerre avec la République française ont
été rapportées par le décret du 14 Ventôse dernier
(4 mars 1795). •
Le Directoire du district de Nice, oui le procureur syndic, est d'avis que le citoyen Charles-Eugène
Valperga ci-devant évêque de Nice ne doit point être
considéré émigré.
Qu'il doit être rayé de la liste des émigrés, que le
séquestre apposé sur ses propriétés doit être levé, qu'il
doit être réintégré dans la possession et jouissance
d'iceux, que tous receveurs ou dépositaires doivent
lui restituer les sommes qu'ils ont perçues, résultant
du produit desdites propriétés et qu'il doit recevoir
la juste indemnité des meubles et effets qui seraient
passés au profit de la Nation.
Fait à Nice, dans la salle des séances le 5me Vendémiaire an 4me républicain (27 sept. 1795). Signé
Saytour Martin. Verani,
procureur syndic, Angles v. prés.
Touzelly. Jn Coppon fils.
Enregistré au feuil. 20 registre des prévenus
d'émigration et signé BARRAIA, commis greffier.
Certifié conforme par nous Ve président et secrétaire du district Jn COPPON Fils V,-PRÉSIDENT
BARRAIA Cis greffier.
A rch. Nat. F 7 4867

2

�— 6o —

Pièce 9.

LIBERTÉ (vignette) ÉGALITÉ
BUREAU DES
ÉMIGRÉS

Extrait des registres des délibérations et arrêtés de
l'Administration Centrale du département des Alpes Maritimes.
(2

juin 1797)

Séance du quatorze Prairial an 5mf de
la République française une et indivisible.
Sur le rapport d-e la pétition présentée par le
citoyen Pierre Joseph Passeron, procureur fondé de
Monsieur Charles Valperga, ci-devant évêque de
Nice, dans laquelle il expose que ledit Charles Valperga n'a jamais dû être atteint des lois relatives à
l'émigration, soit qu'on le considère comme parti en
suite d'une force majeure, soit en sa qualité de piémontais et demande en conséquence la radiation de
son nom de la liste des Emigrés, sa réintégration
dans la possession et jouissance de ses propriétés et
une juste indemnité, des meubles et effets qui sont
passés au profit de la République.
L'Administration Centrale du département des
Alpes-Maritimes, considérant que M. Charles Valperga, comme piémontais, n'habitant Nice que pour
cause de son emploi, n'aurait jamais dû être porté
sur la liste des émigrés du département.
Que le seul motif qui a pu déterminer le général
d'Anselme à lui ordonner de partir de la ville de
Nice, ne peut avoir été que la susdite qualité de
piémontais.
Considérant enfin, que comme sujet du roi de
Sardaigne, il est dans le cas de jouir de l'article i,r
de la loi du quatorze nivôse an troisième, (} janvier
1795), ainsi que de l'article neuf de la loi du trente
Floréal an quatrième, (19 mai 1796).
Arrête, oui le commissaire du Directoire Exécutif
que le nom de Valperga, ci-devant évêque de Nice,
qui se trouve inscrit sur la liste des émigrés, sera

�— 6i —

provisoirement rayé ; que tout séquestre qui pourrait
avoir été mis sur ses biens sera levé, qu'il sera réintégré dans la possession et jouissance de ses propriétés,
et que toutes les sommes versées dans les caisses publiques, lui seront rendues, déduction faite des frais
faits conformément aux lois.
Fait et arrêté* en séance publique le jour, mois et
an que dessus.
Signé : Donny, président Payani, fils, Scudéry,
Oberti, Hancy (et en marge Gastaud commissaire
du Directoire Exécutif).
Certifié conforme à l'original par nous président
et secrétaire de l'Administration centrale du départemeni des Alpes-Maritimes.
DONNY, président
BELMONDI, sec. chef au bureau des émigrés.
Arch. Nat. F 7 4867 2

ACTE DE CAUTIONNEMENT
Pièce 10.

11 fructidor anV (2&amp; août 1797)
LIBERTÉ ÉGALITÉ
Ce jourdTiui 11 fructidor an 5 de la République
française une et indivisible (28 août 1797) par devant nous, membres composant l'Administration
centrale du département des Alpes-Maritimes, est
comparu le citoyen Joseph Passeron, natif de Contes,
chef-lieu de canton, domicilié dans cette commune,
procureur fondé de Monsieur Charles Valperga, cidevant évêque de Nice, en vertu d'acte de procuration du 20 juillet et premier août 1795 (v. s.) lequel
en sadite qualité, dépendamment à l'arrêté de cette
administration du quatorze prairial an cinq (2 juin
1797) portant que le nom de Valperga, ci-devant
évêque de Nice, sera provisoirement rayé de la liste
des émigrés, que tout séquestre qui pourrait avoir
été mis sur ses biens sera levé, qu'il sera réintégré
dans la possession et jouissance de ses propriétés, et

�— 62 —

que toutes les sommes versées dans les caisses publiques lui seront rendues, déduction faite des frais
faits, conformément aux lois, désirant de se conformer au porté par l'article 3 de la loi du 5 Brumaire
an 3 (26 octobre 1794) qui exprime que les prévenus
d'émigration seront tenus de donner caution solvable de la valeur mobilier, et ne pourront obtenir
leurs immeubles jusqu'à ce qu'il ait été définitivement statué sur leurs réclamations par qui de droit,
toujours en sa dite qualité a présenté pour caution le
citoyen François Grosson, marchand drapier de cette
commune, lequel ici prése.it et acceptant, s'oblige
conjointement et solidairement avec ledit Valperga
et pour celui-ci ledit Joseph Passeron, et sous l'hypothèque de tous leurs frens présents et à venir, à l'entière exécution de ce qui les concerne en la susdite
loi, et à la représention des mobiliers, effets et sommes à percevoir en dépôt que besoin sera, et quant
aux mobiliers invendus et en dépôt seront soumis
d'en représenter la valeur à laquelle seront estimés
par experts, préalable rémission.
Et nous, administrateurs susdits approuvant lesdits
cautionnement et acte de soumission, à la réquisition
dudit citoyen Joseph Passeron, avons dressé le présent acte que toutes les parties ont signé avec nous,
ayant au préalable fait renoncer audit François Grosson au droit de premier convenir.
Fait à Nice les jours, mois et an que dessus.
Joseph

PASSERON,

François GROSSON,
prés., PAYANY FILS,
MARUN-SAYTOUR, sec. en chef

HANCY, DONNY,
P.

Acte original sur timbre de 20 centime*.
Arch. Nat. F

7 4867^

�— 63 -

CONCLUSION

Il était avéré pour tous, dans la ville de Nice, que Mgr
Valperga était parti contre son gré et si la première Administration départementale, installée au mois de Mai 1793,
l'avait inscrit sur la liste des émigrés de Nice, c'était à la
suite d'une réponse faite par le ministre de l'Intérieur, Garât,
aux questions à lui posées par le Directoire des Colons Marseillais sur la conduite à tenir vis-à-vis de l'évêque.
Les questions avaient été envoyées à Paris, vers la fin
de Février 1793, et la réponse du ministre ne parvint à Nice
qu'au milieu de juin suivant, soit quelques jours avant la
publication de la liste des émigrés. Les réclamations de
l'évêque, retiré à Turin dans sa famille, furent présentées
le 22 juillet 1793 (1) ; mais comme beaucoup d'autres, elles
s'entassèrent dans les bureaux du Département, qui n'y
répondit même pas.
Cette réclamation fut présentée au nom de l'évêque par JeanJacques Donny au Département. lîlle figure en original au dossier
Valperga.
Voir ci-dessus.
Le registre des délibérations du département manque aux Archives pour les derniers mois de 1793, exactement du Ier mai au 10
Novembre, comme pour les six derniers mois de 1797 et l'année entière de 1798, exactement du 8 Messidor an V (26 Juin 1797) au 25
Pluviôse an VII (13 février 1799).
C'est-à-dire pour les deux périodes les plus troublées et cette
disparition est tout au moins étrange.
Elle doit être vraisemblablement attribuée à certains hommes
politiques désireux de laisser dans l'oubli leur conduite durant ces
deux époques.

�- 64 On était dans la période la plus aiguë et, en pleine
Terreur.
Après le 9 Thermidor et, surtout après la venue à Nice
du représentant Beffroy, au mois de Floréal, an III (Mai
I795)»
les esprits devinrent plus calmes, les administrations plus pondérées. C'est alors que, sur de nouvelles demandes présentées au District, et sur avis favbrable de
celui-ci, le département des Alpes-Maritimes accorda à Mgr
Valperga sa radiation provisoire, le 14 Prairial, an V (2 Juin
1797). Comme on le voit, l'affaire avait traîné en longueur.
Il semblait alors que rien ne s'opposait plus à la rentrée
de l'évêque : le 11 Fructidor, an V (28 Août 1797), le Département avait agréé la caution de François Grosson (1) ;
les biens de l'évêque allaient lui être rendus, et il pourrait
rentrer.
Mais huit jours après, le coup d'Etat du 18 Fructidor (4
septembre 1797) remettait le pouvoir aux mains des Jacobins, la guerre aux émigrés et aux ecclésiastiques, en particulier, reprit avec âpreté. Pe département des Alpes-Maritimes se vit accusé d'avoir préparé une rentrée triomphale à l'évêque, son arrêté du 14 Prairial resta sans effet
et, en vertu de la loi du 19 Fructidor (5 septembre), les
scellés furent de nouveau apposés sur les biens de Mgr Valperga par deux commissaires municipaux (2).
En vain, l'évêque de Nice, fit intervenir auprès du Directoire Balbi, l'ambassadeur du Roi de Sardaigne à Paris,
le dossier de sa demande en radiation fut examiné sans
aucune bienveillance.
(1) L/Acte original de ce cautionnement sur timbre est aux
Arch. des Alp.-Maritimes Q. 10.
(2) Mise de scellés sur les biens de Charles Eugène Valperga par
deux commissaires de la municipalité de Nice. Une scéance, 6 livres.
Dépense approuvée par le Département, en Germinal an VI (avril
1798). Arch. des A. M. Q. 11.
Mgr Valperga ne possédait à Nice aucun immeuble et il devait
rester fort peu de chose de son mobilier après la vente qui en avait
été faite en Ventôse an III. La bibliothèque de l'évêché avait été déclarée bien national et la caisse diocésaine avait disparue en octobre 1792
sans laisser de traces dans les pièces administratives. Le séquestre
a été apposé sur les biens de nombreux émigrés rayés provisoirement.
On peut en voir la liste aux Archives des A. M. Q. 10, où Valperga
figure sous le N° 65.

�- 65
Á la suite de la lettre de Balby datée de Paris le 7 février
1798, le ministre de la police demanda à ses Bureaux un
rapport sur l'affaire Valperga. Pe voici tel qu'il se trouve
en minute au dossier.
Attendu que rien ne tend à constater le prétendu ordre
de quitter Nice, d'où il suit qu'il faut en croire sur parole
l'émigré.
Qu'à raison de son domicile, il était tenu de rentrer sur
le territoire dans les délais voulus par les lois.
Qu'il est atteint par la déchéance et n'a réclamé que
l'an V.
Qu'il ne paraît pas y avoir lieu de violer la loi en faveur
de cet ex-évêque dont la rentrée prohibée par la Constitution serait d'une influence dangereuse.
J'estime qu'il y a lieu à proposer la maintenue sauf
à prendre des renseignements si toutefois on les trouve
indispensables.
CAIGNART,
Sous-chef (2e Bureau).
En tête de cette minute est écrit :
« Je pense qu'il y a lieu à instruction et à prendre
des renseignements près les Administrateurs du département_des Alpes-Maritimes. »
Signature illisible (1).
Ces renseignements furent-ils demandés ? C'est probable et cela explique que bien des pièces du dossier Valperga sont en double expédition. Plus d'une année s'écoula
encore, avant que fut prise une décision et finalement sur
un rapport défavorable de la Commission d'examen instituée près le Ministère de la police pour l'étude des demandes en radiation, le Directoire exécutif signa le 7 Floréal
an VII, (26 avril 1799) un arrêté qui maintenait définitivement, sur la liste des émigrés, Mgr Valperga et annulait
toutes les décisions rendues antérieurement, en sa faveur,
par les. autorités locales.
(1) Arch. Nation. F 7 4862 2 dossier Valperga. Rapport de la
3 me Division du Ministère de la police, sans date mais joint à la
lettre de Balbi.
»

�- 66 -

Varrêté du Directoire parvint à Nice les premiers
jours de Prairial an VII (Mai 99) et fut immédiatement
mis à exécution. (1).
*

* *

Ainsi donc Mgr Valperga expulsé ne put jamais obtenir
de rentrer, les lois sur l'émigration étaient tellement embrouillées et tyranniques qu'une fois inscrit sur une liste
d'émigrés, il était extrêmement difficile de s'en faire rayer
malgré toutes les démarches ; car on se heurtait sans cesse
à des questions de forme et de procédure ce qui permettait
à la malveillance de s'exercer tout à fait à l'aise sous le
couvert de la légalité.
A. J.

PvANCE-BOURREY.

(1) De 21 Floréal an VII (10 mai 1799), il fut communiqué
par le ministre de la police générale de la République aux diverses
administrations intéressées et aux Commissaire du Directoire exécutif
près le département des Alpes-Maritimes. Celui-ci par lettre du 3
prairial (22 mai 1799) demanda au Département de le transmettre
à la Municipalité de Nice, ce qui fut fait le même jour avec ordre
de le transcrire sur ses registres, de faire apposer les scellés ou séquestre sur tous les biens meubles et immeubles de l'évêque si ce
n'est déjà fait, et de mi notifier sans délai la décision prise à son égard.
Voir lettre du Département à la Municipalité, celle du Commissaire au Département, 3 Prairial an VII avec la réponse du Département 4 Prairial.
Arch.. des A. M. Q. 1 et 2 et Arch. Nationales, dossier Valperga,

�NIÇA LA BELLA
VERS DE /.

Giordan,

su

DE CARTA POUSTALA

Ai rai dôu nouostre bouon soulèu
Venon s'escaufar toui lu lùssi ;
Es un meravihous tablèu,
Ai rai dôu nouostre bouon soulèu,
Trouvas, dou Var fin au Castèu,
Anglés, Rouman, Danesi, Rùssi :
Ai rai dôu nouostre bouon soulèu
Venon s'escaufar toui lu lùssi.
Pèr tu, as touti li bèuta,
Terra de lus e d'alegria,
D'un ciel d'azur, as la clartà,
Pèr tu, as touti li bèuta.
De l'univers, en verità,
Siès la uechièma meravia ;
Pèr tu, as touti li bèutà,
Terra de lus e d'alegria.
Dintre lou tèmp, Semiramis
Faguet basti, à Babilouna,
Pu siéu jardin, vèr paradis !
Soubre Paioun, degun s'estouna
De vèire, ancuèi, lou paumoulié
Drissar au ciel la siéu coulouna
E lou galofre, e l'anemouna
Flouri emb'au pourtegalié.
De bouon matin, quitant maioun
Pèr la journada touta'ntiera,
S'en va lavar, dintre Paioun
Pa bugadiera.
D'un glourious passat es fiera
Perqué, d'un tèmp, sus lou bastioun
Au Turc, arranquèt la bandiera
Pa bugadiera.

�fet 68 —

Sau de fouora fa freï,
Que brima,
A Niça, sus lou Quèi,
Si rima.
Pescadou, fourestié,
De la mar bressarella,
Escouton voulountié
Pa doussa cantinella.
L'AVOUCAT

PATTA

L'estudi de l'avoucat Patta es en plen aria ; si tèn lou matin
couma lou predinà su la plaça dôu Palai. Es un ome pichounet,
touplen raplot, li pocha enfli de papiè de touta mers. En lu vièi
quartiè es proun counouissut e li capelada, « Bouonjou Moussu
l'Avoucat », noun li mancon. Es ben m'ai juge, proucuradou, etc.
Lu siéu ounourari soun bouon pati e n'a de preferença pèr
qu si sigue. Parla au premier maufatan vengut, couma se fousse
un agnèu que vén de naisse ; lou créancier o lou débiteur soun
tratat su lou même pen... basta que mouson...
L'avoucat Patta es de noutarietà reputat pèr un ome judicious, òunest — au noun si flata de l'estre au jou d'ancuei ; —
finda counouisse, es en relacioun d'afaire emê de gros persou nage que dintre la finança dôu siéu coumerce, soun quasi d'usurari. Sau menajar la cabra e lou caulè ; e pèr que la mouneda
noun li escapa si desbrouïa e si mete dôu cousta dôu manche...
d'aquéu que casca lou de mai...
Acò fa que toui lu matin que lou Bouon Diéu a fach, la siéu
doumestica mete toujou quaucaren au fuec. Lou dimeneghe, coum'un bouon crestian, — tartufaria que lou pauva, — va audi la
gran'messa à Santa Réparada, fa la siesta e à la calada dóu soulèu,
passeja su lou Cours, pastrouia, fa lu cent pas, noun parla que de
lei, proucès, citacioun, ensin alestisse lou travail dôu dilun...
Lendeman empastra ben d'afaire, mete facilamen en lou sac
Moussu Tout'Un emé Moussu Tout'Autre... En éu que li pòu
faire ?... lança dapertout lou broumech, tant pis pèr aquéu que si
laissa agantar. Quaranta sóu es lou près d'atac e vous pregui de
crèire que douna pas la siéu journada pèr doui o tres escut.
L'avoucat Patta counouisse l'usança dôu païs... s'avès touort,
vous rouïa, s'avès pi rasoun, v'espia... Que voulès aima manjar
lou pei, lou pei que noun aiguë d'espina...
JULI EYNAUDI.

�-«9VA

MAU ! !

Va màu, cresé-vous, que va màu 1
En l'orizoun lou voile negre
N'es qu'un gran camp cargat de pebre,
Qu'à pala lou jeten davan,
Avuglan finda lu cavau 1
Lu canoun soun su li frountièra,
Alignât couma de barriera,
N'esperon plus que lou signàu !
Lou soulèu, aquel animàu !
Stan, noun vòu levà la vela,
Si foundon couma des candela
Enb'aquèu coust dôu diàu !
Le Giacouuda à cóu de d/stràu
Li fan petà li sièu moulura...
Ah ! dèu faire bella figura
Se l'an foutuda en quauqua tràu
Lou pan crèise, finda la sàu,
Lou sucre dintre li boutiga
Mounta ben mai que de boufiga !
Van jusque crèise lou rampàu
E la pèu que fau lou tambau ;
Metran de drech su li nourriça,
Su lu chichi, su li saucissa,
Perqué pas soubre lu magàu ?
E lou Prussian, marrit bertàu,
Noun sabon fa que de babïa,
Per lou Maroc e l'Algèria,
Se faran mètre lou mourràu !
Li serreren toui lou pourtàu
E pi veiren touta la França
Davan la sieù grossa arougança
Se noun si sau garda li clàu !
Es de rima d'un manechàu,
Ma sien d'estiéu, vesin, vesina,
Li passeres en la resina
Avant que vegon l'espitau !
CHARLES CIAUDO

�Valère Bernard
Tout en heurtant le marteau contre la porte de M. Valère
Bernard je songeais. Je me suis complu dans le plus souriant
mépris des idoles. L'ironie a tremblé sur mes lèvres quand
la Provence a dans un ravissement de joie acclamé le poète de
Maillanne. Cette mascarade d'apothéose me répugnait.
Et maintenant la curiosité me fourvoyait dans le studio
d'un consciencieux artiste que les felibres couvraient de gloire.
Elève de Puvis de Chavannes M. Valère Bernard pasticha le
Maître. Mais vite il eût l'intuition qu'à se perdre dans les sentiers
battus il courrait risque de compromettre son crédit. Il dit
adieu à Paris et vint dans Marseille, l'opulente cité.
A cette époque vivait un exquis écrivain, J. Lombard. Il venait de publier deux œuvres d'une grandiose beauté, VAgonie et
Bysance. Dans un style étrangement tourmenté il contait les
luttes entre les factions d'Orient, illuminant son œuvre des
splendeurs bysantines.
Valère Bernard vit Jean Lombard, et du même coup les belles
au bois qui dormaient en son âme s'éveillèrent. Il délaissa les
études académiques, les pastiches sans vie, et d'ardentes couleurs
chargèrent ses toiles.
Voici le triomphe des rois Babyloniens. Sur les voûtes d'un
palais impérial passent des gardes étincelants dans la pourpre et
la soie. L'or envahit les hautes colonnes de jaspe bleu. Involontairement on pense aux fantastiques demeures hantées par des
fées émeraudes et des princesses aux perversités troublantes.
Et je m'imagine que le peintre était sous le charme de la
légende quand il a peint cette courtisanne qui sourit à son miroir tout en jouant négligeamment avec sa chevelure d'or. Et
puis passent Venise la rouge, Marseille enveloppé dans la poussière d'or du crépuscule, des motifs à la Watteau peints par un
bysantin, toute une apothéose.
Mais une idée m'obsède, tandis que dans la grise clarté d'un
soir automnal s'éteignent les fauves éclairs jaillis de ces radieuses
toiles. L'idéalisation du passé me paraît cruelle. Les générations
endormies dans la Mort ont eu leurs misères/leurs rancœurs, je
pense qu'il est absurde de s'écrier avec Musset « qu'aux temps
jadis tout était heureux jusqu'aux douleurs humaines. » En vain
l'apostat s'attriste-t-il sur les vieillards immortels de l'antique

�- 7i

—

lonie, â ses oreilles résonnent les paroles de l'Hiérophante : « La
Helladi que tu aimes n'a jamais existé ».
Mais M. Valère Bernard brise ma rêverie, et mes yeux se
portent.sur des portraits appendus au mur. Profils d'espagnol ou
d'américain mitigés d'espagnol, comme on en croise maintes fois
sur la Cannebière.
Homme universel ne puis-je m'empêcher de m'êcrier. M.
Valère Bernard sourit. Il siérait dit-il, à mi voix, de se développer en profondeur. Toutefois il est beau de se dire sur le
tard de sa vie que l'on a fait vibrer toute son âme. Ici le maître
rejoint Néron. Il m'aide à comprendre cet inquiétant empereur.
Mais encore faut-il que tout en étant l'homme universel on ne
sombre pas dans la banalité. De méchantes œuvres d'art peuvent
avoir leur prix.
Une idée se lève devant moi. Labruyère me petsuade que
l'honnête homme de Pascal propre à tout en définitive n'est propre à rien. La spécialisation inintelligente, mène à l'erreur, j'en
conviens, mais en fait elle est une loi générale.
Et ceci est pour me plaire, car j'abhorre dissiper mon énergie,
j'aime le repliement, la frissonnante pudeur qu'effarouche les
vaines ostentations. Je goûte les peintres du passé et malgré ma
philosophie j'adore les peuples disparus. Volontiers j'implorerai
avec la Cassandre de Schiller la cécité, l'exquise cécité. Le sou
venir a plus de puissance sur moi que l'espoir.
Et sous des deux gris, en des pays étrangers désolants de
médiocrité, il m'est arrivé de pleurer plus amèrement que ne
pleura Xerxès aux rives d'Abydos.
J. PADOVANI.
PROUVERB1, BOUOI MOT, COUNSÈU E DICH
Vèuva que si marida,
Dèu perdre la lus e l'audida.
Fiha madura,
Lou pouorta à la centura.
En cuntant su lu det :
Aquéu a fa l'óu ;
Aquéu l'es anat cercar,
Aquéu l'a fa cuèire,
Aquéu l'a manjat,
E lou pichoun n'a ren tastat !

�— 73 —
LE

DÉSESPOIR

Oui, j'ai la mort dans l'âme ; oui, je monte au calvaire ;
Mon horizon, hier si beau, s'est obscurci ;
Je hais tous les devoirs et tout ce qu'on révère :
Mieux vaut mourir que vivre ainsi !
Puisque je n'y puis rien ; que la raison humaine
Ne gagne plus un cœur où mon cœur est entré,
Je veux briser mes jours comme on brise une chaîne
Et m'enfuir en désespéré.
Qu'est-ce donc que la mort ? C'est la paix éternelle,
C'est un beau drap de fleurs sur mon sein endormi,
C'est la nature calme, auguste et solennelle
Qui nous prête un repos ami.
O nature de Dieu contemple ma détresse !
Ecoute tout mon sang dans mon cœur s'épancher
Et, puisque je n'ai plus le lit de ma maîtresse,
C'est au tien que je veux coucher ;
C'est toi la grande mère et la nourrice immense !
L'homme au sort le plus âpre et l'homme au sort plus beau
Retrouvent dans ton sein leur part de ta clémence :
L'un l'amour, l'autre le tombeau
Tu sais, toi qui vois tout, ce qu'ici bas je souffre,
Que je n'ai point béni l'instant de mon réveil
Et que j'ai regardé, toujours, du fond du gouffre,
Les bords ou brillait le soleil ;
Que je n'ai bu jamais que dans la coupe amère,
Que le seuil du bonheur me fut toujours fermé,
Que j'ai perdu mes fils, que j'ai perdu ma mère
Et tous les cœurs qui m'ont aimé !
Maintenant je m'en vais, battant du front, comme ivre,
En proie à ce grand deuil qui me courbe en vainqueur,
Et je veux déchirer ma vie, avec le livre
Des chastes sanglots de mon cœur ;
Et toi, rayon divin, génie, ardent délire,
Flambeau qui n'iras plus briller sur son autel,
Eternise du moins ces larmes de ma lyre
Et que mon cri soit immortel !
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Souliu.

—

ij Abriéu. — Esclissi annulari e coumplet visible

à Paris, en America, en Europa et dintre lou N.-O. de l'Africa.
Coumençamen de l'esclissi à 10,01 dôu matin ; finisse à 1,08
dôu sera.
10 Otitoubre. — Esclissi coumplet invisible à Paris, visible
dintre l'America dôu Sud.
Luna. — 1" Abrièu. — Esclissi parciella visibla à Paris. Entrada de la luna dintre l'oumbra, 9.26 dôu sera; sourtida, 11.03
dôu sera.
26 Setèmbre. — Esclissi parciella, invisibla à Paris, visibla
dintre l'Océan Pacifique.

Jîla providence, %ue de la Préfecture /4, $run, Siàraire

�LU

VÉNT

Lu vènt que souflon à Niça, dintre lou cours de l'armada,
soun au nombre de 16. Vequi li siéu denouminacioun courènti,
pihadi, en general, dai loucalità dei quali parèisson vèni :
Sud
Miejon
Nord... Tramountana
S.-S.-O. Miejou Lebech
N.-O.-E. Grek Tramountana
S.-O
Lebech
N.-E... Grego
O.-S.-O Pounèut Lebech
E. N .E. Levant
Ouest. Pounènt
E.-N.-E. Levant
O.-N-O.V Pounènt Maistràu
E.-S.-E. Levant
N -O . Mastràu
S.-E.... Siroco, vènt marin
N..-N. OMaïstràu Tramount
S.-S.-E.. Miejou Siroc

6
15
25
14
31
24

VIGÍLIA — JEUNI
Abriè
(Pasca, 7 Abrièu).
Mai
(Ascensioun, 16 Mai).
Mai
(Pantecousta, 26 Mai).
Avoust
(Assoumpcioun, 15 Avoust).
Outoubre (Toui lu Sant, Ier Nouvembre).
Desembre (Calena, 25 Desembre).
L'AN NADA RELIGIOUSA

LI FESTA MOUBILI E LI FESTA FISSI
Janvt'è
jYlars
1 Circouncisioun.
1 e 2 Quatre Tèms.
6 Epifania (lu Rei).
3 Reminiscere.
13 Bateja de J.-C.
10
Oculi.
14 Sant Noum de Jesu.
17 Lœtare.
fébrié
24 Passioun.
2 Puriflcacioun.
29 Li 7 Doulou.
4 Setuagesima.
31 Lu Rampàu.
6 Festa de la Pr. de N. S.
11 Sexagesima.
Jîbriéu
13 Coum. de la Passioun.
5 Divendre Sant.
18 Quinquagesima.
7 Pasca.
21 Cendre.
14 Quasimodo.
25 Quadragesima.
28 Patrou. de San Joúsè.
28 Quatre-Tèms.

�Setembre
3 Inv. de la Santa Crous.
13, 14, 15, Rougacioun.
16 Ascensioun.
26 Pantecousta.
29-31 Quatre-Tèms.
1
2
6
9
21
24
29

Quatre-Tèms.
Trinità.
Festa de Diéu.
Festa dôu S. Sacramen.
Sacrat-Couor de'jesu.
Natività de S. jouan-Bat.
SS. Peire e Paul.

8 Natività de la Vierge.
14 Esaltacioun de la Crous.
15 N.-D. dei 7 Doulou.
15 San Noum de Maria.
18, 20, 21, Quatre-Tèms.
29 Dédie, de S. Miquèu.

Ôutoubre
6
13
20
27

Sant Rousari.
Maternità de la Sta Vierge.
Puretà de la Santa Vierge.
Patrounage de la S. Vierge.

J/ouvembre

Juliet
2 Visitacioun de la S. V.
7 Precious Sang.
16 N.-D. dôu Carme.

Jîvoust
6 Transfiguracioun.
15
18
25
25
29

Assoumpcioun.
S. Joachim.
S. Couor de la Vierge.
S. Louis.
Decolac. de S. Jouan-Bat.

1
2
3
21

Toui lu Sant.
Lu Mouort.
Santi Relíquia.
Present, de la Sta Vierge.

2&gt;esembre
1 Avent.
8 Imaculata Councepcioun.
18, 20, 21, Quatre-Tèms.
25 Calena.

BANQUE GARLONE &amp; GIE
MAISON ÉTABLIE EN 1811

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l-fi«

�LA

DÉCIMALISATION

DU

TEMPS ET DES

ANGLES

LA MONTRE DÉCIMALE
Par J. de REY-PAILHADE, président du Comité
pour la propagation des méthodes Décimales.
Le Club Nautique de Nice a offert plusieur fois en prix des
montres décimales aux régates'de 1909. Il était utile de décrire cet instrument, d'y joindre des tables pratiques et des
formules à l'usage des ingénieurs, des sportsmen, des médecins, etc. etc.
DÉCIMALISATION DES ANGLES •
Il est aujourd'hui démontré que la division décimale du
quart de cercle facilite tous les calculs.
Les nouvelles cartes géographiques sont graduées exclusivement dans ce système, devenu officiel en France et dans
d'autres pays. On possède toutes les tables pratiques nécessaires à son essai courant. Nous ne nous étendrons pas
davantage sur cette méthode aujourd'hui enseignée dans les
lycées et collèges.
Nous rappellerons seulement que M. l'amiral Germinet,
membre d'honneur du C. N. N., sous la direction duquel on
fit en 1899 et 1900 des essais de navigation avec un matériel
entièrement décimal, a émis un avis très favorable à la
réforme décimale.
DÉCIMALISATION DU TEMPS
La division décimale du jour décrétée le 4 frimaire an II
rendra aussi de grands services à la science et aux sports.
Principe. — On divise le jour entier en 100 parties égales
appelées cés ; le cé est subdivisé en décisés, ceniicès et millicés
Le cé vaut 14m 24s ou 1T4 d'heure environ ; le décicé est égal
lm 26s 4 ou lm Ij2 environ ; le millicé vaut 0S 864 ou 9T10 de
seconde environ.
Concordance des Temps. — On parvient assez vite à dire
instantanément l'heure à 1 ou 2 minutes près en regardant le
cadran d'une montre décimale. Il suffit d'apprendre par cœur
les concordances décimales de toutes les heures.
0,0
0
50,0

4,2
1
54,2

8,3
2
58,3

12,5
3
62,5

16,7
4
66,7

20,8
5
70,8

25,0
6
75,0

�25,0
6
75,0

29,2
7
79,2

33,3
8
83,3

37,5
9
87,5

41,7
10
91,7

45,8
11
95,8

50,0
12
100,0

Les heures sont au milieu, les concordances des heures
du matin en haut, celles du soir en bas. Ainsi 10 heures du
matin valent 41.7 cés (énoncer 41 cés 7 décicés) et 10 heures
du soir valent 91,7 cés.
Gomme 1 cé vaut presque lj4 d'heure et un décicé une mi •
nute 1]2 ; en partant des concordances du tableau, on dit
l'heure instantanément, ainsi 39,9 cés valent 9 h. 36 m. du
matin. Un ou deux jours suffisent pour atteindre ce résultat.

Description de la montre décimale ou cémètre. — Il y a 3
aiguilles centrales se mouvant sur un cercle divisé en 109
parties égales, numérotées de 0 à 9. Le 0 cé est en bas, c'est
l'origine des temps, car on suppose la Terre au centre du
Cadran.
L'aiguille dorée avec un soleil ne fait qu'un tour par jour ;
l'aiguille épaisse en acier bleu tourne 10 fois par jour, et la
trotteuse fine fait 1000 tours par jour.
L'aiguille-soleil montre la position de l'astre du jour par
rapport au méridien de Paris, qui va du centre au chiffre 5.

�10 —
Les quatre traits bleus indiquent les positions de cette aiguille
à minuit en bas sur 0 ; — à tì h. du matin au milieu entre 2
et 3 ; — à midi, en haut, sur le 5 ; — à 6 h. du soir, entre 7
et 8.
L'aiguille dorée du soleil indique le chiffre des dizaines
de cés, 2 sur le dessin ; l'aiguille épaisse donne d'abord le
chiffre des cés, 6 sur le dessin, et en comptant rapidement à
l'œil le rang de la division entre 6 et 7, on voit, que cette aiguille marque 3 décicés. Le temps du dessin est donc 26,3
cés correspondant à 6 h 20 m. du matin environ. L'aiguille
trotteuse donne les millicés 83. Le temps est donc 26,383
cés.
» Pour la vie courante, on n'a pas besoin d'aller au delà du
clécicé. On lit les milticés pour les applications scientifiques
et sportives.
Le temps en millicés lu sur le cêmèire facilite tous les calculs, car on n'a jamais de réductions à faire.
Examinons le problème des vitesses a l'heure : Les millicés multipliés par 0,00024 donne des heures et fraction décimale d'heure. Ainsi Ì2345 millicés valent 12,345 -f- 24 =
2 h. 9628.
Par conséquent si L est la longueur parcourue et M le
temps en millicés, la vitesse est

ou t

+ 4166,66...

Ces quelques exemples démontrent que la montre décimale simplifie tous les calculs sans exception.
Les rapports de MM. les délégués officiels aux essais de
la montre décimale faits à Nice, par le Club Nautique, le 26
février 1911, concluent unanimement à la supériorité de cet
instrument pour les usages scientifiques et sportifs.
M. Prim, astronome à l'Observatoire de Nice, représen
tait M. le \iinistre de l'Instruction publique.
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JANVIE
P.
P.
D.
N.

Q,
L.
Q.
L.

lu 8, à 7
lu 14, à H
lu 22, à 7
lu 30, à 10

SOULÈU.

1
2
3
4
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—

oura
oura
oura
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FE BRIE
20
26
21
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L. 8 14' — C. 4 42'

dil. Jou de V An

P. Q.
P. L.
D. Q.
SOULÈU,

1
2
3
4
5
Lu Rei
6
Dim. S. Lucien
7
dil. S. Apoulinari
8
dim. S. Pèire
9
dim. S. Guiermo
10
dij S. Teodose
11
div. S. Arcada
12
dis. Sta Verònica
13
Dim. S. Ilari
14
dil. S. Maurici
15
dim. S. Ounourat
16
dim. S. Antoni
17
dij. Sta Angela
18
div. S. Sulpici
19
dis. S. Bastian
20
Dim. Sta Agnesa
21
dil. S. Vincènt
22
dim. S. Raymound
23
dim. Sta Jacinta
24
dij. Conv. de S. Pàu
25
div. S. Poulicarpa
26
dis. Sta Devota
27
Dim. Sta Paula
28
dil. S. Francès S.
29
dim.
dim.
dij.
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dis.

S.
Sta
S.
S.

TRIMESÏRÍ;

Macari
Genevieva
Tita
Simeoun

dim. Sta Marfina
dim. S. Peire N.
En Janvié
Lou païsan n'a ren

lu 6, à 4 oura 28 s.
lu 13, à 11 oura 38 m.
lu 21, à 4 oura 44 ui.
- L. 7 49' - C. 5 30'

dij. S. Ignaci
div. La Candeliera
dis. S. Blasi
Dim. Setuagesima
dil. SS. Vinc.Oronte
dim Sta Agata
dim. Sta Dorotea
dij. S. Romuald
div. S. Jouan-Matha
dis. Sta Apoulounia
Dim. Sexagesima
dil. Sta Eulàlia
dim. S. Gregori
dim. Sta Eufrasia
dij. S. Onesime
div S. Dounat
dis. S. Simeoun
Dim. Quinquagesima
dil. S. Gabin
dim. Dimars-Gras
dim. Li Cendre
dij. S. Silvan
div. S. Maxime
dis. S. Pascase
Dim. Quadragesima
dil. S. Nestor
dim. S. Leandri
dim. Sta Nourina
dij. S. Nymphas

Plueia de febrié
A la terra vau fumiè.

ZDéSTU-S-bez

NICE

MARS
N. L.
P. Q.
P. L.
D. Q.
N. L.
SOULÈU

1
2
3
4
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lu 8,
lu 15,
lu 23,
lu 30,
— L.

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dim.
dim.
dij.
div.
dis.

Dim.

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L
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7

1 oura 31 m.
0 oura 02 m.
0 oura 59 m.
1 oura 26 m.
1 oura 38 s.
01' — C. 6 13

S. Eudoxia
S. Simplici
Reminisceri
Sta Cunegonda
S. Casimir
Sta Coleta
S. Jouan de D.
Qaatre-tèms
Sta Margarida C.
Ocali
S. Euloge
S. Gregori
Sta Eufrasia
Sta Matilda
S. Acepsima
Sta Gertruda
Lœtari
S. Apien
S. Jôusé
S. Joachin
S. Lea
S. Turibe
S. Armentari
La Passioun
Anounciada
S. Emanuèu
S. Jouan d'Egt,
S. Gountran
S. Eustase
S. Jouan C.
Lu Rampàu

Lou mes de mars
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L.
Q.
L.

lu
lu
lu
lu

SOULÈU.

1 dil.
2 dim.
3 dim.
4 dij.
5 div.
6 dis.
7 Dim.
8 dil.
9 dim.
10 dim.
11 dij.
12 div.
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14 Dim.
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18 dij.
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20 dis.
21 Dim.
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23 dim.
24 dim.
25 dij.
26 div.
27 dis.
28 Dim.
29 dil.
30 dim.

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13, à
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21, à 7
28, à 11

—

oura
oura
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L. 6 06'

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37 s.
31! s.
25 s.
C. 6 52'

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S. Franç. de P.
S. Richard
Dijàu Sant
Divèndre Sant
Dissata Sant
Pasca
S. Albert, ev.
S. Azada.
s. Isidoro
s. Leoun
s. Juli
s. Justin
Ouasimoi/ii
Sta Anastasia
S. Frutuous
S. Rodolfe
S. Maxime
S. Anselme
S. Teodoro
S. Adalbert
S. Fidèle
s. Jorgi
s. Marco
s. Clet
s. Antime
s. Aimé

s. Roubert
Sta Catarina d. S
SS. Philip. ,Jacq.

Pichouna plneia d'Abriéa
Bouona récolta pèr l'csliéu

Q.

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D . Q.
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SOULÈU.

TRIMÍÎSTRÈ;

MAI

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lu 5,
2 oura
lu 13, a 7 oura
lu 21, à 10 oura
lu 28, à 7 oura
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C. 7 29'

1 dim. SS. Félip. Jaq.
2 dij. S. Atanase
3 div. In.d.l. Sta Crous
4 dis. SS. Sindonis
5 Dim. S. Pio, papa
6 dil. S. Jouan D.
7&lt; dim. S. Peire
8 dim. s. Gregori N.
9 dij. s. Antounin
10 div. s. Isidoro
11 dis. s. Bounifaci
12 Dim. s. Jouan lou S.
13 dil. s. Pouon, m.
14 dim. s. Pacomo
15 dim. s. Sta Denisa
16 dij. Ascensioun
17 div. S. Pascaù
18 dis. S. Teodoto
19 Dim. s. Pèire C.
20 dil. s. Felis.
21 dim. s. Bernardini
22 dim. s. Julia
23 dij Rogaeioun
24 div. s. Vincen, d. L.
25 dis. S. Urbin
26 Dim. Pandecousta
27 dil. S. German
28 dim. S. Cirile
29 dim. Sta Petronïa
30 dij. S. Sylve
31 div. S. Justin
Au mes de mai
Longui semana

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P.
D.
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L.
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lu 11,
lu 19,
lu 26,

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1
2
3
4
5
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11 dim.
12 dim.
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16 Dim.
17 dil.
18 dim.
19 dim.
20 dij.
21 div.
22 dis.
23 Dim.
24 dil.
25 dim.
26 dim.
27 dij.
28 div.
29 dis.
30 Dim.

—

à 11 oura 4 s.
à 10 oura SI s.
à 9 oura 51 s.
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2 oura 20 s.
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S. Francès C.
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Festa de Dieu
S. Lié
Quatre-tèms
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Sta Margarida
S. Barnabe
S. Antoui de P.
S. Basilio
S. J.-F. Régis
S. Moudeste
S. Lambert
Sta Olga
S. Gervai
Sta Juliena F.
S. Louis de G.
S. Paulin
Sta Maria d'O.
S. Jouan-B.
S. Prousper
S. Alban
S. Cresen
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lu 11, à 1 cura 53 s.
Il 19, a o oura 31 m.
lu 25, a 9 oura 12 s.
SDULÈU. - - L. 4 35' — C. 8 22'

1
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Vierg.de li Gracia
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S. Sisoès
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S. Gene
S. Jaque
Festa Naciounala
S. Enri
N.D.d.M. Carmel
Sta Marcelina
S. Frederic
S. Vincen de P.
Sta Margarida
S. Vi loiSta Maria-Mad.
S. Apoulinari
Sta Cristina
S. Jaque
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S. Pantaleoun
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Au mes de Juliet
Ni frema ni coulé.

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I1. Q. lu 2, a 0 oura 29 m.
P. L. lu 10, a 3 oura 58 m.
D. Q. l»i 17, a 1 oura 1.1 s.
N. L. lu 21, a 5 oura 14 m.
IV Q. lu 31, &amp; 5 oura 21 s.
souLÈu, —1.5 or -j&gt;. 8 or

dij.
div.
0 dis.
4 Dim.
5 dil.
6 dim.
7 dim
8' dij.
9 div.
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Dim.
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dim.
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Dim.
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dim.
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dis.

S. Pèire-aï LS. Alfonso
Inv. de S. Estève
S. Domenica
N. D. dei Nèu
Trausf. de J. C.
S. Gaétan
Sta Batilda
S. Camila d. L.
S. Là u ren
S. Septima
Sta Clara
Sta Filoumèna
S. Ousèbi
Asoumpcionn
S. Roc
S. Mamès
Sta Elena
S. Ipoulita
S. Bernar
Sta Chantai
S. Pio V
S. Filipe B.
S. Bartoumiéu
s. Louis, r. F.
s. Seg'oundo
s. Cesari
s. Goustin
s. Mederic
Sta Rosa
S. Fiacre

F.n . ivoast
Figa e moust

wmmm mm

SBTÈMBRE
P. !.. lu 8, a' 4 oura 57
D. Q. lu 15, a 6 oura î&gt;l
N. L. Ju 22, a 3 oura 37
P. Q. lu 30. a 0 oura 08
SOULÈU. - - 1. 5 47V— c.

1
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30

Dim.
dil.
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dil.

S. Gili
S. Estève R.
Sta Eufemia
Sta Rosalia
S. Làuren J.
S. Pambon
S. Grat
Natiu, di' la V.
S. Oumer
S. Xicola
S. Félis
S. Veran
S. A nié
Es. (1. l.S. CtQUS
S. Nicomède
S. Conrneilla
S. Lanbert
S. Tournas V.
S. Janvié
S. Euslache
S. Matiéu
S. Maurici
Sta Tecla
S. Girar
S Firmen
S. Nil
S. iN'icandre
S. \\ inceslas
g. Miquèu
S. Jeromo

Lima setembrina
De mai clarina

MOT »

GRANDE MARQUE RECOMMANDÉE

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7'02'

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Qüa.TRIÍJMí)
OUTOUBRE
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lu 8,
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SOULÈU, — 1.

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6 06*

TRIMESTRE

NOUVÈMBRE
P. L. lu
6,
D. Q. lu 43,
N. !.. lu 20,
Q.
lu 29,

r.

SOULÈU. - -

1.

a
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4 oura 48
8 oura 20
9 oura 49
2 oura 42
14'

—

c.

5 03'

1 dim. Rosari
1 div. Tout lu Sant
2 dim. S. ■ Léger
2 dis. Eu Mouorl
3 dij. S. Rosari
S. Ubert
4 div. s. Francès d'A. 43 Dim.
dil. S. Carlo B.
5 dis. s. Placido
5 dim. Sta Bertila
6 Dim. s. Bruno
6 dim S. Leounar
7 dil. s. Serge
dij. S. Nestou
/
8 dim. Sta Reparada
8 div. Lu Quatre Incou.
9 dim. S. Denis
9 dis. S. Teodore
10 dij. s. Francès B. 10
Dim. S. Jacintou
11 div. s. Tarasco
11 dil. S. Martin
12 dis. s. Counrad
12 dim. S. René
13 Dim. s. Edouard
13 dim. s. Stanislas
14 dil. s. Calisio
14 dij. S. Pantena
15 dim. Sta Teresa
15 div. Sta Gertruda
16 dim. S. Ospici
16 dis. S. Edme
dij.
17
Sta Edvija
17 Dim. S. Gregori
18 div. S. Luc
18 dil. S. Alfè
19 dis. S. Pèi re
19 dim. Sta Babeta
20 Dim. S. Agrico)
20 dim. S. Edmon
21 dil. Sta Ursula
21 dij. Présent, de la V.
22 dim. S. Filip
22 div. Sta Cecilia
23 dim. S. Teodoret
23 dis. S. Clemen
24 dij. s. Mairloire
25 div. ss. Crespin-Cr. 24 Dim. Sta Flora
26 dis. s. Jouan de K. 25 dil Sta Catarina
26 dim. Sta Pel fina
27 Dim. s. Frumence
27 dim. S. Maxime
28 dil. s. Alfredo
28 dij. S. Sostène
29 dim. s. Narcisse
29 div. s. Saturnin
30 dim. s. Marcel
30 dis. s. Andrièu
31 dij. s. Siri
En ùuloubre
\loii ponorc goûta loti rùare

Tonssan ientra
St A n'driéu lou souorte

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DESÈMBRE

s.
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s.
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JACK

P. L .
D. Q.
N. L.
P. Q.

lu 6,
lu 12,
lu 20,
lu 28,

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1
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3
4
5
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8 Dim.
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10 dim.
11 dim.
12 dij.
13 div.
14 dis.
15 Dim.
16 dil.
17 dim.
18 dim.
19 dij.
20 div.
21 dis.
22' Dim.
23 dil.
24 dim.
25 dim.
26 dij.
27 div.
28 dis.
29 Dim.
30 dil.
31 dim.

1.

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a
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3 oura
m.
6 oura 46 s.
4 our;i 40 s.
7 OUI;L 48 s.

7 54' — c.

A vent
Sta Bibiana
S. Francès X.
Sta Barba
S. Bassi
S. Nicola
S. Anbrosi
Imac. Conception
Sta Leoucadia
Sta Eulàlia
S. Damase
Sta Rosélina
Sta Lucia
S, Niçoise
S.
S.
Sta
S.
S.
S.
S.

Mesuiin
Adon
Olimpíada
Gatien
Ciprian
Filogone
Tournas

S. Onourat
Sta Vitòria
Cacha-fuec
Calèna
S. Estève
S. Jouan
SS. Inoucent
Sta Eleonora
S. Sabîn
S. Sàuvestre

Calena aufuec,
Pasca àu j'aèc.

sin -

GRANDE MARQUE RECOMMANDÉE

4 35

�- i6-

�- 17

-I

CROUNICA NIÇARDA
L'ABADÏA DE SAN POUON.— L'ABAT RANCE-BOURREY.
GLOFFREDO.

—

—

PÈIRE

A PREPAU DOU DIALETE NIÇART.

Ben qne pareissènt tardié, VArmanac Niçart s'empressa de
pourtà la siéu febla vous su tout cen que enteressa lou païs, sigue
au pounch de vista istoria loucala, pouesia, tradicioun, sigue
tamben su la taquinanta questioun dóu dialete niçart souvenri
fès pauvada e su la quala lu escritour mouderne soun luen d'estre
d'acordi.
Parlerai finda de M. l'Abat Rance-Bourrey, un beneditin qne
despi quauque an en ça mete à prouflt la siéu erudiciou n a nen
revelà de fach d'istoria inedieh. Se quauqu'un mérita d'estre
laudat es ben éu ; es en éu que VArmanac Niçart tressa la
pamoula de sapiença. En esprimant la nouostra recounouissença,
à l'Abat Rance-Bourrey, fen cen que touplen an denembrat,
vouoli dire de courounà lu siéu travail, frucha de ben de recerca,
dai quali obra sian fier d'avé prestat la prima ajuda. Pouden cità :
lou Discours sur le Monastère de Sainte-Claire de Nice, par Honoré
Pastorelli, publié d'après l'édition originale de Turin 1608, avec
une introduction et des notes ; — "Le Général J.-B.-M. D'Anselme" (Notices biographiques (1740-1792). E aquest'an
l'istorien nen douna — toujou de prima man — YExpulsion de
Mgr Valperga, evesque de Niça, au tèms de la Revoulucioun,
travail anoutat de peça curiouvi que sian urous de pouder metre
souta lu uès dei nouostre letour.
*
* *
Lou fach de l'annada, lou mai marcant, es estat aquéu de
l'Abadïa de San Pouon. Parlon de tout destruge pèr li basti an
siéu luec un espitau Pasteur... UArmanac Niçart es pas Penemic
dóu prougrès, ni men encara dei Bei-Art, ma si fa lou pious dever
de jougne lu siéu esfouors en aquelu dei siéu councitadin quo
l'istoria dóu passat passiouna, pèr que l'Abadïa de San Pouon
sigue counservada e classada couma mounumen istorique. En la
circonstança feliciti M. l'Abat Rance-Bourrey que mé rasoun s'e.s
demoustrat l'ardènt defensour autourisat que counouissen. La
siéu paràula es estada escoutada e lou Préfet de li Alpa-Maritima,
8

'

�— i8 M. de Joly — respetuous dei nouostri tradicioun — en ortie
avertit a proumès que l'Abadïa de San Pouon seria respetada e de
lèu si crusià pèr lou siéu classamen tra lu mounumen istorique.
Dóu resta vequi ce que l'Abat Rance Bourrey nen di su San
JPouon. Counsignen religiousamen li siéu paràula :
« L'Abbaye de Saint-Pons est le plus ancien monument relitgieux existant dans le Comté de Nice. Il y a dou^e cents ans que
sSiagrius y fonda un monastère. L'histoire de ce monastère est
jintimement liée à l'histoire religieuse, civile et économique de la
iville de Nice.
;
« Ce fut à Saint-Pons qu'en 1388 fut'signé l'acte réunissant
le Comté de Nice au Comté de Savoie. Les abbés de Saint Pons
ifurent pris dans les principales familles du Comté : les Badat, les
tLaugery, les Provana, les Lascaris, les Grimaldi, les Martelli, les
;Tournefort, etc. Plusieurs évêques de Nice furent abbés de Saint[Pons, en particulier Barthélémy Chuet (fin du xve siècle) et Jean
, Uriole, son successeur. Un autre abbé, Claude de Seyselle, fut
,évêque de Marseille, puis archevêque de Turin ; d'autres furent
cardinaux, tels Innocent Cibo, neveu d'Innocent VIII et de
f
;Léon X, et Paul Medeci de Cesis dont on voit encore l'inscription
(funéraire à Sainte-Marie-Majeure, à Rome.
:
« A la fin du xvir siècle, l'abbé de Saint-Pons était Pierre
•Gioffredo, le savant historien niçois. Enfin, un abbé de SaintiPons dont les Niçois n'ont pas encore perdu le souvenir, était
(l'abbé Spitalieri de Cessole qui a doté sa ville natale d'un établissement de bienfaisance si justement apprécié. La plupart des
pbbès de Saint-Pons et plusieurs évêques de Nice ont été enterrés
dans l'église ou sous le cloître et dorment aujourd'hui confondus
avec les moines leurs frères qui depuis dix siècles y sont enterrés.
« Les monuments funéraires ont disparu. Le temps a tout
(nivelé à Saint-Pons, singulièrement aidé cependant par la main
ides hommes. On connaît les dévastations commises par
Iroupes de François Ier et de Barberousse, plus tard par celles d
Catinat et par d'autres encore. Après chaque désastre, SaintPons a retrouvé une nouvelle vitalité et il y a à peine trois quarts
de siècle que Mgr Galvano y a fait d'importantes réparations.
;
« Saint-Pons n'est pas seulement une page de l'histoire de
notre pays, c'est un gros volume de cette histoire ; les Niçois
laisseront-ils dire qu'ils sont restés indifférents devant le danger
qui menace Saint-Pons ? Non, ils feront tous leurs efforts pour

�— 19 -

sauver de la destruction un monument qui doit leur être cher...
Je demande d'urgence le classement de l'Abbaye de Saint-Pons,
c'est-à-dire de l'Eglise et des bâtiments claustraux, comme monument historique. »
Lou councours de YArmanac Niçart es aquist. Emé fiertà e
au près de touplen de sacrifici faren respetà l'istoria dóu passat,
la lenga e lu escrich dei orne qu'an ilustrat lou nouostre bèu
pais.
*
* *
Despi quauque tèms, — maladia que reven per intermitença,
— la gran questioun de la grafia niçarda, de l'ourtougrafa, es
messa su lou tapis. De letra soun estadi publicadi, d'autri lou seran, e cresi qu'après ben de charra pèr dire pas gran cauva de
nóu, quasi dirii pèr predicà dintre lou Desert, noun restera
d'aquela discussioun, — Favén déjà coustatat, — pas gran cauva,
ren!... Cadun escrèu à la siéu moda seloun l'esprit dóu moumen,
e serii ben curious de counouisse aquéu que vendria nen dità
une metoda en nen dïen : « la mièu maniera d'escrièure lou
Niçart es la bouona». Discussioun scientifica que pòu passiounà
quauque lenguista, pas mai ; lou mihou es d'escrèure seloun li
letra ditadi pèr la prounouncia. Lou talènt pèr aquéu qu'escrèu
es de si laissà liège, de si faire acapi. Es qu'en en un entan que
frecuenta l'escola primària poudès li demandà autra cauva ?...
Perta de tèms que tout acò, vourria mai s'engenià à recercà lu
viei mot, espressioun, loucucioun courenti que la pous dóu tèms
a rabaïat, dounà au nouostre bèu dialete la coulou que dèu avè,
en respetant lu emprunt que pouden avè fach sigue à l'Italian, à
l'Espagnòu o à tout autre...
Un dialète noun dèu pas estre une lenga scientifica, encara
m en noun còu avè la pretencioun que sigue ouficiela, seria temerari ; lou dialete d'un païs dèu refletà lou caratere d'un'epoca que
lou tèms dèu respetà, enfin escrèure gramaticalamen, un noun
empedisse l'autre, e laissà à l'esprit, au goust lou coumplemen
d'un stile ouriginal, en de frasa councisi que flaton i'auriha.
Aquí fermi la discussioun, risqui de perdre la civada... l'an
que ven, se Diéu mi presta vida, v'en dirai d'autri e couma
d'usança que mi sigue permès de la vous souvetà : Bouona e
uroûva !
L'ARMANAC

NIÇART.

�20 —

LA CIGALA DOU BOUON DIEU
Una cigala dóu Bouon Dieu
Tout l'estiéu
E l'iver en la chambreta, —
L'aiguesias vista la lebreta ! —
Noun vivïa que d'amour
S'assetava su l'ounour;
La cigala cantarela,
Vau chanja de clientela,
Noun es courta d'amatour,
Que li viron tout au tour !
Ma l'ancien de la cigala,
De gros mot ven que s'embala ;
En l'auriha de la maire
Li ven tout aquéu bousin,
Que deja toui lu vesin
Sabon lou long de l'afaire
— Cenqu'as fach m'au tiéu tip ?
Di la maire enrabiada...
Bella Vierge encourounada !
Sera au mancou m'un bouon rie!!...
CH. CIAUDO

PROUVERBI, BOUOI MOT, COUNSÉU E DICH
Tèms d'iver noun ti fidar.
Lu màu dei enfan si garisson soulet.
Cau naisse pèr estre bèu, si maridar pèr estre rie, e mouri
pèr estre brave.
Per aver de raïn, eau caressar la souca.
Agnèu naissut
Vau un escut.
Dansa mihou ventre plen que rauba nova.
L'oumbra dou mèstre engraissa lou cavau.

�LOU MAGOT DE BERTOUMIÉU ISSUGA
O BEN

UNA RAISSADA DE MACAROUN
Conte menloanasqae trouvât dintre d'un armori
de ma nana e que /'Armanac Niçart es tirons de
transcrièure en niçart à Ventencioun dei sièu
fidèle lotour et lelrissa.

Bertoumiéu Issuga, mentounasque de viéia roca, abitava en
coumpagnia de sa mouhié, en carriera dóu Paumoulié. La siéu
frema, malurousamen, era sirnplaria e faia lou siéu desespoir.
Cada matin Bertoumiéu, avant de s'en anà au travail, li recoumandava de noun faire de bestialità. Cou vous dire que toui lu
dissata lou nouostre ome metia en un'armari pertuat dintre la
muraia lou gagne de la semana.
— Bertoumiéu ! pèr qu seria tout aquel argen, demandava
Marioun au siéu marit.
— Es pèr Madjou-long, castagnassa !
*
* *
Un jou Bertoumiéu partet pèr anar à la siéu campagna ;
devia même li restar doui ó très jou pèr souïnar e arousar lu
citrouniè. Marioun souleta matin e sera, s'assetava su lou banquet de la pouorta e faïa de bas... Un predinà veguet un ome
de statura mai que mejana, couma si di, un gran carcan. La
frema de Bertoumiéu lou fissa sensa parpelear, pi pihada d'un'
idea, li diguet :
— Moun bèu Moussu, sias bessai vous Madjou-long ?
Lou merlo pita e noun s'en laissa dire autre, léu li
respouonde :
— Noun vous troumpas pas, bella bruneta, sièu ièu Madjoulong !... Ma perqué mi faire tala demanda ?
Perqué ?... dou moumen que sias Madjou-long, intras su lou
cóu. Li a ja pas mau de tèms que moun marit a mes d'argen
amagat pèr vous...
E sensa mai de ceremounia li remeté lou mandiou dintre lou
quai lu sóu eron groupât. L'ome remercia e la s'esbigna lèu.
♦

* *

�Lou sera, Bertoumiéu arriva, la sièu mouhié li di.
— Sabes, ai vist ancuei Madjou-long !
E l'ome de cridar :
— Malurousa ! — m'en a fach encara una 1
Courre à l'armari, lou mandiou e Pargen, mouis !... Issuga
blastema pica dai pen, es décidât de si desiaire de la siéu frema
Lendeman, dóu téms qu'aissesta durmïa, li cuerbe lu uès emé de
pega de sabatié, pi la pihant pèr la man, la mena dapé dóu CapMartin. Arrivât aqui, Bertoumiéu fa mountar Marioun su d'un
nouguié el'abandouna. La paura, bòrnia, noun sabia doun si
trouvava, ni men encara ce que poudia faire.
En aquéu fra-tèms doui voulur venon s'assetar souta
l'aubre ; après aver abrat quauqui branca sequi pèr s'escaufar, pi
si meton à cuentar lou siéu argen.
La calou faguet delegar la pega que curbia Puès destre de
Marioun e aissesta de cridar :
— E d'un !
Lu voulur, d'estuc, s'isson d'emblée.
— Qu'es acó, diguet l'un.
— Un matagan, faguet l'autre.
La calou seguia á faire lou siéu efet pau à pau durbia Puei
senec.
— E de douî, diguet Marioun.
Dóu cou lu voulur escapon, laissant Pargen espantegat soubre
Perba.
Marioun coumença à li veire clar, cala da l'aubre e ramassa
Pargen, pi lèu s'en camina vers maïoun...
Lou sièu marit, pensierons, era assetat dapè dóu fuec, s'escaufant, fumant la sièu pipeta emé beatituda...
— Bertoumiéu !... o Bertoumiéu !... duerbe-mi, siéu iéu,
Marioun...
— Vai au diàu que ti pihe... ièu que cresii de m'en estre
despegouït...
Ma Marioun, toujou picava, un cóu noun asperava l'autre...
L'ome fenisse per li durbi...
— Ten ! regarda cen que ti pouorti.. . e Marioun pauva lou
sac su lou toulié. ..
Bertoumiéu, entartugat, cuenta Pargen e réfléchisse ; — Marioun es simplaria e deman la vila saupra Pistoria de la fouré . ..
Cóu que Bertoumiéu si dispegouïsse pèr empedi li marridi lenga
de bavar...

�— 23 —
Si mete la vesta, lou capèu e souorte fermant la pouorta i..
Faïa nuech dintre la carriera, ma sensa pena s'encamina
vers una boutiga e croumpa pèr mai de dès kilo de macaroun...
Ientra au sièu e di à la sièu mouhié de si metre au liech.
En tant que Marioun durmïa, Bertoumiéu fa bui lu macaroun, pi lu espantega su lu aubre dóu jardin... Lendeman de
matin la siéu frema, desveiada, si mete à la fenestra...
— O ! Bertoumiéu ! Bertoumiéu ! Vene un póu veire!... O
trest ! vè, a plougut de macaroun !...
— O vai fantauma !... n'as toujou una. .. Ten ! ten !... ma
es ver !...
*
* *

A quauque tèms en ça, Bertoumiéu l'avia previst, Marioun
countet à toui que lou siéu ome noun li picava plus, despi lou
jou qu'ela li avia pourtat de sac plen d'escut...
Lou juge aiguent audit parlar de l'afaire, mandet sounar
Bertoumiéu devant lou tribunal ; la siéu mouhié era estada
citada couma testemoni.
Lou juge. — Bertoumiéu, sias acusat d'aver gardât d'argen
que noun era vouostre.
— Iéu !... Ma moussu lou juge, lou negui ; sièu couma
sabès un travaiadou.. .
E Marioun de dire.
— Noun negar, Bertoumiéu, sabés ben qu'es ver ; es iéu en
persouna que t'ai pourtat la mouneda, qu'avii trouvât en la
fouré.. .
Lou juge. — Anas brave ome, noun negués.. .
— E quoura lou m'as pourtat ?... — Vous juri, Moussu lou
juge, que la miéu frema es fouola !...
— E lou sabes ben, Bertoumiéu, es lou jou que plouguet tant
de macaroun !
— Moussu lou juge aves jamai vist ploure de macaroun ?...
— Jamai ! moun beL amic respoundet lou juge que si tenia
lou ventre dóu rire — Amie, vèu que la vouostra frema es
fouola. .. sias aquitat !...
Bertoumiéu si retira emé Marioun... Noun aigueron plus
de disputa e vieugueron, pareisse urous e pèr longtèms !...
J. E.

�CANSOUN ANCIENNA

PÈR LOU

N'aurias pas vist la miêu fiha
Trin-trin
Lou galerin
A'aurias pas vist la miêu Jiha
Trois-wtrois
Le fils du roi
L'ai vista e l'ai baïada
Trin-trin
Lou Galerin
L'ai vista e l'ai baïda
Trois-trois
Le fils du roi.
Douna-mi la miêu fiha
Trin-trin
Lou galerin
Douna-mi la miêu fiha
Trois-trois
Le fils du roi.
Es aqnela la vouostra fiha
Trin-trin
Lou galerin
Es aqaela la vouostra fiha
Trois-trois
Le fils du roi.
La miêu fiha era pas lernia
Trin-trin
Lou galerin
La miêu fiha era pas lernia
Trois-trois
Le fils du roi
La miêu fiha era pas lua
Trin-trin
Lou galerin
La miêu fiha era pas lua
Trois trois
Le fils du roi.
N'es ni guercia ni poutinouva
Trin-trin
Lou galerin
N es ni guercia ni poutinouva
Trois-trois
Le fils du rois.

MAI

�La miéu fiha n'es pas borni a
Trin-trin
Lou galerin
La miêu fiha n'es pas bornia
Trois-trois
Le fils du roi.
Noun faïa pas belugueta
Trin-trin
Lou galerin;
Nonn faïa pas belugueta
Trois-trois
Le fils du roi.
La miêu fiha n'es pas emberrida
Trin-trin
Lou galerin
La miêu fiha n'es pas emberrida
Trois-trois
Le fils du roi.
La m iéu fiha n'es pas pigada
Trin-trin
Lou galerin
La miêu fiha n'es pas pigada
Trois- trois
Le fils du roi.
La miéu fiha noun es pas ranga
Trin-trin
Lou galerin
La miéu fiha noun es pas ranga
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha noun es pas louorla
Trin-trin
Lou galerin
La miéu fiha noun es pas touorta
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha n'es pas crouoada
Trin-trin
Lou galerin
La miéu fiha n'es pas croavada
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha n'es pas gibouva
Trin-trin
Lou galerin
La miéu fia n'es pas gibouva

�— 26 —
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha noun es foularana
Trin-trin
Lou galerin
La miéu fiha noun es foularana
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha n'es pas ingourda
Trin-trin
Lou galerin
La miéu fiha n'es pas ingourda
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha a pas lou peu de pi g nu
Trin trin
Lou galerin
La miéu fiha a pas lou peu de pig nu
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha noun es narvelouua
Trin- trin
Lou qalerin
La miéu ûha noun es narveloiwa
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha noun a la rougna
Trin-trin
Lou galerin
La miéu fiha noun a la rougna
Trois trois
Le fils du roi.
XXX.

PROUVERB1, BOUOI MOT, COUNSÈU E DICH
Qu duerme ben noun cregne li niera.
Qu vè pissar e noun pissa, crêpa de malícia.-'
Qu douna soun ben avan de mouri
Mérita de pati.
L'amour es lou paradis dei fouol.
L'amour es .la flou de la jouinessa.

�LA MOUORT DAU PAURE TOUNIN

Lou paure Tounin, malàut a setant'an, si presenta à l'espitàu
ma li respouondon que li a plus de plaça.
— Coumplet ! ! !
Quauqu'un li fa capi qu'em'un pau de proutecioun li pourria
intrar. Countrariat dei pas que cóu faire, Tounin vira lu taloun e
s'encamina vers la plaça Massena, piha lou tram, si rende da
Graugnard, à l'espitàu dei can, e li di :
— Moussu lou Veterinari, cresi d'estre un pau mai qu'un
can ?... En aquéu cas souîna-mi...
— Vous souînar aici, ma brav'ome perdés la testa. — Basta,
li di que n'a pas de liech pèrcourcar un crestian, que noun douna
de souin qu'ai bestia !...
Tounin, couma pensas, s'en souorte m'au couor gros e noun
sau plus à que sant si recoumandar. Era aqui au mitan dóu
camin, quoura en aquéu moumen arriba un landau, doun cala
una grossa dama, encapelada, aurias dich un ver foungi, segada
d'un varlet que pourtava religiousamen un can enfeloupat emé de
favour rosa au couol, tapat d'un tapis em'ai iniciala. En veèn
aquéu tablèu lou paure Tounin si lamenta, sangluta fouort.
— Qu'avès lou miéu brav'ome, li di la dama.
— Cen qu'ai Madama ?... trovi que lou vouostre can a mai
de chança que iéu. Li a cinquant-cinq an que travaii, pèr la premiera fès que siéu malàut, noun soulamen mi refuson à l'espitàu
dei estre uman, ma encara mi vèu picar la pouorta au nas èn
aquéu dai can.
— Quevoulès, lou miéu paur'ome, ai fach un vout de mimetre
à la Soucietà Proutetriça dei Animau, de pourtar touti li miéu
ecounoumia à la Caissa de secours pèr soulajar lou sort dei bestia.
Lou fau talamen ben, que vouguessi ben vous dounar un sóu
que pourii pas.
La dama li vira l'esquina e ientra couma un coupa-cisèu da
Graugnard. Tounin roumougna :
— Se ti veguessi en un cantoun ti dounerii mancou un gotou
d'aïga !... vièia sansuga !...
Tounin estrassinat, deble s'alonga un pau plus en là, su d'un
mouloun de peira. Quauqui oura après, couma soufrisia, n'ai-

�guènt ren en l'estomegue depi l'auba, coumençava d'aver lou
rangouioun, quoura passet un canipiè que li diguet :
— Que fès aquí, brav'ome ?
— Couma veès siéu aqui pèr tirar lu patoun. M'an refusat â
l'espitàu, même en aquéu dai can, noun mi resta que de mouri
su d'un mouioun de peira. — Avès un carnet su lou quai enregistras lu fach dóu jou, farias ben de li aloungar lou miéu testamen que poudès mentuar couma acô :
— « Bouon Diéu, se mi fes passar encara une fes sur la terra,
fe-mi naisse can au mancou, li aura une Soucietà Proutetriça dei
Animau que si crusira de iéu e pourrai estre amès en un espitau,
estre souïnat, faire bouona vida, menar une vida de can... »
ANT. ROLAND.

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VIGNE
A M. VALÉRE BERNARD.

Dans le ciel doux la Vigne ètreint les pals de buis.
Sous le pampre le merle alourdi des falernes
Tourne son col gris vair et ses paupières lemes
Qu'argenté la blancheur des immuables nuits.
O / fraîcheur, 6 beauté des Igs et des iris,
Que la Vierge éblouie avec les marjolaines
Cueille le soir venu aux vasques des fontaines
Pour colorer en fête, au crépuscule, l'Euis.
Narcisses, ébeniers, œillet et sensitive
Ah ! Versez en mon âme attiédie et pensive
L'orgueil qui souleva les clairs olympiens.
L'amour qui rafraîchit les Madones pieuses
Et qui vêt de clarté les snls athéniens
Et les ravissements des époques heureuses.
JEAN

PADOVANI.

Quauque souvèt :
Vous souveti la bouona annada.
Que siegue mihau que la passada.
Vous souveti la bouona annada acoumpagnada de touplcn
d'autri.

�Eglises et Chapelles de Nice
La vieille ville de Nice se trouvant sur la rive gauche du
Paillon, pour parler de ses églises, nous commencerons par son
église cathédrale, Sainte-Réparate, vierge et martyre, de celles du
canton Est, et en traversant la rive droite nous nous occuperons des paroisses du canton Ouest.
I. — L'Eglise Cathédrale du Diocèse de Nice est la paroisse
de Sainte Réparate, vierge et martyre, sous l'empereur Decius en
253. Sa fête est le 8 octobre. Cette église est au centre de la vieille
ville (8.500 âmes), Avant 1531 la Cathédrale était près du Donjon, plateau de Nice, et dénommée : Sancta Maria in platea,
dédiée à N. D. de l'Assomption. L'édifice actuel, dans son genre,
ressemble beaucoup à Saint Pierre de Rome, au Vatican. C'était
auparavant une simple église paroissiale
desservie par
les Bénédictins du Monastère de Saint-Pons, près Nice.
Dans son ressort se trouvent l'ancienne église de Saint
Jaume (Saint Jacques apôtre), jadis des P.P. Carmes, fermée
depuis 1903. Après le transfert du titre de paroisse à l'église de
Saint Juste, évèquc, au Gesu, elle fut placée sous la vocable de l'Annonciation de la Sainte Vierge, ainsi que la belle Eglise de la
Miséricorde, sur le Cours Saleya, jadis de Saint Gaétan, fondée
e
par les P.P. Theatins au XVIII siècle et cédée à la noble
confrérie des Pénitents Noirs.
La Cathédrale de Nice, paroisse Sainte-Réparate de nos jours,
fut comme l'ancienne au Donjon du Château {Sancta Maria in
platea), le théâtre de plusieurs f lits historiques mémorables dans
les annales de l'histoire de Nice.
II. — L'Eglise de Saint Jacques, an Gesû, dès son érection
en 1612, dédiée à Saint Juste, évêque. Sa fête est le 2 septembre.
En 1665 fut érigée en paroisse sous le titre de Saint Jacques le
Majeur, remplaçant la paroisse de Saint Jaume. On l'appelle
vulgairement le Gesù à cause qu'elle a été fondée et administrée
par les P.P. de la Compagnie de Jésus.
Appartiennent à cette paroisse les deux chapelles des confréries des Pénitents Blancs, la Sainte Croix, — confrérie la

�óo —
plus ancienne de Nice, — et des Pénitents Rouges, Saint Suaire
et de la Sainte Trinité ; l'Eglise du Couvent de là Visitation,
la chapelle de l'ancien séminaire, à la montée du Château, et
jadis l'Hospice franciscain avec chapelle de Saint Joseph des
P.P. Recollets de Cimiez, convertie en maison particulière.
L'Eglise du Gesù est d'ordre corinthien composite, cons truite sur le modèle de l'Eglise des Jésuites de Turin, dite
vulgairement les Saints Martyrs. ( 10.000 âmes).
A l'extrémité de la rue du Malonat, aux racines de l'ancien
château, on voit un oratoire à la Sainte Vierge Marie, sous le
titre de N. D. du Bon Secours. Les habitants de ce quartier érigèrent cet oratoire en l'honneur de la sainte Vierge, en reconnaissance du choléra en 1854.
III. — L'Eglise paroissiale de Saint Martin Evéque dite de
Saint-Augustin est la plus ancienne, elle fut bâtie sur l'emplacement de l'ancienne chapelle de Saint Martin (1205) et appelée
Saint-Augustin parce qu'elle était desservie par les Augustiniens
dont le couvent a été transformé en caserne. (Caserne Filley, près
l'ancienne chapelle Sincaire).
IV. — L'Eglise de Saint-Francois-de-Paule a été édifiée en
1736 d'après le plan de l'architecte
Guarini. En 1838
elle fut érigée en paroisse par décret de Mgr Galvano et appelée
aussi Saint-Dominique en souvenir de l'ancienne église paroissiale
de ce nom qui s'élevait sur la place Saint-Dominique aux lieux et
place de l'actuel Palais de Justice.
V*— L'Eglise du Port ou de l'Immaculée Conception. D'humble
origine. D'abord ce fut une fort modeste chapelle (1835), transformée agrandie par Mgr Galvano, et l'avocat théologue L. Mari
fut son premier curé..
VI. — L'Eglise Saint-Joseph nouvelle paroisse depuis 1911 la
première pierre fut posée le 19 mars 1911, bénie le 29 octobre et
ouverte au public le Ier novembre 1911 sous le patronage de Mgr
Chapon et dirigée par les soins de M. l'abbé Gabrielli.
A cette paroisse appartiennent la chapelle succursale de Saint
Joseph contigüe à l'Evêché, et la chapelle de Notre-Dame des
Anges sur l'ancienne route de Villefranche.
VIL — Saint-Roch. Cette église paroissiale dans la banlieue
de Nice fut érigée après la peste de r68r. Nice fut délivrée de ce
fléau par l'intercession de saint Roch, confesseur, né et mort à

�- Si Montpellier. La paroisse est divisée en deux quartiers, Roquebillière
inférieure et Roquebillière supérieure, jusqu'à la chapelle de NotreDame de Bon Voyage.
VIII. — Rive droite du Paillon, intra muros, se dresse Notre Dame du Vau, paroisse Saint-Jean-Baptiste, qui remplace l'an
cienne église du même nom devenue chapelle inférieure du Lycée.
Cette belle église, vœu delà ville de Nice en 1835, mt érigée en
1842 et terminée en 1852 par Mgr Galvano, évêque de Nice.
La façade ressemble à celle élevée à Turin en l'honneur du retour
du roi dans les états Sardes en 1814.
IX. — Saiiit-Pierre-d' Aréna remplace une chapelle située à la
Croix de Marbre. Elle fut érigée en paroisse en 1803 par Mgr
Colonna d'Istria. Elle doit son nom à ce fait, c'est que lors de sa
fondation elle se trouvait sur le rivage de la mer séparée par une
bordure de sable fin.
X. — Une ancienne chapelle de Sainte-Hélêne-l'Inspiratrice
existait dans ces parages. Elle fut remplacée en face la mer par
une église sous l'épiscopat de Mgr Recrosio (1727).
Six paroisses « extra muros » dépendent de la commune de
Nice.
Sainte-Marie Magdeleine, sise dans le vallon de Magnan, édifiée sur l'emplacement d'une chapelle de même nom, érigée en
1626 et dite vulgairement chapelle « dei cassaire » à cause du
grand nombre de chasseurs. Après le concordat de 1803 sous
l'épiscopat de Mgr Colonna d'Istria, ce quartier qui depuis 1771
dépendait pour le spirituel de la cathédrale fut érigé en paroisse.
Il existe encore aujourd'hui une chapelle de Notre-Dame du Bon
Conseil changée en demeure particulière . Bientôt le besoin de
la population augmentant, une église sera bâtie à la cité Robiony
par les soins du curé actuel de la Madeleine.
Plus à l'est de la ville, toujours dans le canton ouest ce
l'Arquet, se dresse la paroisse de l'Ariane dédiée primitivement à
saint Arnoux, évêque et à saint Pierre, apôtre. Elle fut érigée en
paroisse en 1809 sous l'épiscopat de Mgr Colonna d Istria. Dans
son ressort se trouve l'ancienne chapelle nécropole de l'Abbadie
fondée en 1635 en l'honneur de sainte Claire pour le besoin spirituel de 450 à 500 habitants qui appartiennent aux communes
de Nice, Cantaron Saint-André. Localité d'avenii et à laquelle
le chemin de fer Nice-Coni donnera une valeur stratégique.

�— 32 —
Gairaut avait au moyen-âge une chapelle de secours desservie
par les religieux chevaliers de l'ordre du temple au début, et par
la suite de Rhodes et de Malte. Sous l'épiscopat de Mgr François
Rosini de Martinengo la chapelle fut érigée en église paroissiale
sous le vocable de saint Sauveur o*u de la transfiguration du
Rédempteur.
Dès 1730 les P. Dominicains de Nice fondent à Saint Pancrace un sanatorium pour religieux martyrs avec chapelle en
l'honneur de Saint Pancrace martyr. Cette chapelle est érigée en
paroisse en 1848 par Mgr Galvano.
Sur le couchant de Saint-Pancrace on trouve la paroisse de
saint Roman . martyr ; l'ancienne chapelle fut érigée en paroisse
ainsi que celle de saint-Antoine de Ginestière en 1803 sous Mgr
Colonna d'Istria.
VALENT IN.

NOU VÉ
Tu Çatarina fai lou pan.
Mdumen de jota, d'alegressa,
Fes audi da toui lu couor :
Lu ange canton l'alegressa,
Fuges l'infer, Juges la mouorl.
Chntou !
L'aarika sabla, li a quaucaren aici vesin,
Sembla que senti li joia d'un festin ;
Audi lu tambourin de laen,
Lu Jlajoulet e li musela,
Lu pastre van à Bethelen
Laisson la cabana soaleta ;
Santo nuech, venes aléa nen ralegrà,
Pourtas à toui la pax et la tranquilità !
Tu Catarina fai lou pan,
Manda Lucrecia au safran,
Despende aléa lou lauvaniè,
Chapla la blea su lou taatié ;
Crala de froumai e roumpe d'iiu
E fai la iourta couma fou,
Ché n'aiguen toui en aboundança (bis)
Santa nuech, venes alèu nen ralegrà,
Pourtas à toui la pa.x e la tranquilità .'
En tant faguen etnb'au vesin
t ua santépér lou Bambin,
Toucan lou gotou de bouon vin,
Ernb'aa vesin pér lou Bambin
Ti-ri-tin-tin ! -tinTi-ri tin !

�— 3Î —

L'Expulsion de Mgr Valperga
fEN SEPTEMBRE

1792)

Le 12 octobre 1780 h population de Nice se pressait aux
abords de la porte Pairoliëre pour y recevoir en grandes pompes
le nouvel évêque Charles-Eugène Valperga di Maglione. Ce
prélat avait couché la veille selon l'usage antique à l'abbaye de
Saint-Pons et devait faire ce jour là son entrée solennelle dans
sa ville épiscopale.
Le cérémonial imposant avec lequel on avait reçu jusqu'alors
les évêques fut encore cette fois observé. L'accueil de la population entière fut des plus chaleureux au rapport de Pierre Scaliero
qui en fut témoin (1). Le nouvel évêque, qui remplaçait Monseigneur Astésan nommé archevêque d'Oristano en Sardaigne,
appartenait à une famille de vieille noblesse dont plusieurs membres avaient exercé, à Nice, des fonctions importantes (2). Il
(1) Voir aux Archives municipales le récit détaillé que ce chroniqueur en a laissé dans ses Mémoires. Pierre Scaliero mourut en 1805.
(2) Jacques Valperga, conseiller ducal, fut lieutenant du gouverneur de Nice en 1454 ; Thoma5 Valperga fut gouverneur du château de Nice en 1565 ; Jean Valperga fut également gouverneur de
Nice en 1596 ; Jérôme Valperga fut commandeur du château de
Nice en 1600 ; Pierre Valperga, frère de Jacques Valperga, était
chevalier de Malte (Arch. municipales, registre des gouverneurs,
commandants et chevaliers de Malte) ; Anne Valperga, fille dAmédée
Valperga, épousa, le commandeur de Malte Jean-Paul Lascaris.
(Voir son testament daté de 1683, arch. des Alpes-Maritimes,
registre B, 297.) Joseph Ignace de Valperga reçut de son oncle, Emmanuel Philibert Chiotera, mie partie du fief de Couaraze dont il fut
investi le 20 février 1753. Son fils, Vincent, céda ses droits à H. Novelli. Jérôme Valperga fut sénateur à Nice de 1761 à 1765, puis
ministre plénipotentiaire de Sardaigne à Gênes en 1780 ; plus tard
il fut ministre etsecrétaire d'Etat, ce dernier était le frère de l'évêque
de Nice et fils du comte François Valperga qui vivait encore en
1795Ees armoiries des Valperga étaient fascé d'or et de gueules, à
la plante de chanvre déracinée, d'argent et brochant. Le cimier
était un bouc naissant au naturel et la devise : « Ferme-toy ».
Nous reproduisons les armoiries de Monseigneur Valperga d'après celles qui se trouvent en tête du catéchisme édité par ses ordres
et dont nous devons le dessin à l'obligeance de M. Joseph Casai
(Extrait de 1' « Armoriai Artistique et Nrbiüaire », Ni.e, 1902.
3

�- 34était directeur du collège des Provinces à Turin, lorsque le roi
de Sardaigne le désigna, pour l'évêché de Nice. Il avait été sacré à
Rome où il avait fait ses études. Monseigneur Valperga se distingua immédiatement par sa vigilance et son activité : il releva
le niveau intellectuel et moral des prêtres de son diocèse et s'attacha à mettre en toutes choses la plus grande régularité. Dix-huit
mois après son installation, il publia un nouveau catéchisme
dont le plan avait été préparé par son prédécesseur ^i). Grâce à

ses relations cordiales avec la eour de Turin, il jouissait auprès
des autorités civiles de Nice d'une grande influence. Après douze
(1) Ce catéchisme en italien fut imprimé à Nice par la Société
Typographique. C'est un petit volume in-douze de 612 pages, portant
la date de 1783. En tête se trouve le mandement de Monseigneur
Valperga du 16 février 1782 qui approuve le travail terminé par
le prêtre auquel Monseigneur Astésan en avait confié le soin, ordonne
sa publication et règle l'organisation des catéchismes dans tout le
diocèse. Deux ans plus tard en 1785, Gabriel Floteront, imprima
un autre catéchisme rédigé en dialecte niçois, petit volume in-12
de 228 pages. Un exemplaire de ces deux ouvrages existe à la biblio
thèque de Nice. — Voir Villarey, Série Cronològica dei Vescovi
di Nizza. — Art. Valperga.

�-35 années de séjour dans cette dernière ville il s'était acquis l'estime
et le respect de tous.
*

• *

Lorsque le 28 septembre 1792 dans l'après-midi, les troupes
piémontaises évacuèrent Nice, il y eut dans cette ville une effroyable panique et des milliers d'habitants s'enfuirent dans la direction de Turin. Ce fut un désarroi et une désorganisation complète de toutes les autorités. iMonseigneur Valperga resta à son
poste et s'engagea à ne point quitter la ville. Le lendemain samedi
29 septembre, il accompagna le second consul Honoré Saissi et
quelques membres du Conseil qui se rendirent, vers les onze
heures du matin, à la villa Feraudi, au quartier St Hélène, pour
offrir les clefs de la cité au général d'Anselme qui venait d'y
arriver à la tête des troupes françaises. Le général fit à la délégation assez bon accueil, mais il s'étonna de trouver parmi ses membres, l'évêque dont la place déclara-t-il n était pas là. Du reste,
d'Anselme attacha si peu d'importance à la démarche îles magistrats niçois que dans aucune de ses dépêches officielles il n'en fit
mention.
Sur le soir du même jour, la petite armée française faisait son
entrée dans la ville et le général s'installait dans la maison du
consul de France à la place St Dominique. L'évêque de Nice qui
tenait à rester au milieu de ses diocésains se présenta de nouveau
vers les huit ou neuf heures du soir chez le général auquel il voulait recommander ses prêtres en lui demandant des respecter les
églises. Le général était entouré de tout son état-major, du consul
de France, Pierre Le Seurre, de Honoré Saissi, second consul, de
Féraudi, secrétaire général de la commune. Ces deux derniers
venus probablement pour appuyer les demandes de l'évêque.
L'accueil du général ne fut pas plus encourageant que la première fois ; il intima même avec insistance au prélat l'ordre de
quitter ta ville en ajoutant que le plus tôt serait le mieux et ce
fut sur ces dernières paroles que l'évêque se retira après avoir toutefois reçu du général la promesse que tout ce qu'il laisserait dans
son palais serait placé sous la sauvegarde de la Nation française.
Il n'y avait pas à tergiverser, l'ordre était formel et pressant, il
fallait partir. L'évêque prit ses dernières dispositious et délégua,
au curé de la cathédrale, le chanoine Honoré Navello, tous les
pouvoirs nécessaires pour administrer le diocèse en son absence.
Aux premières lueurs du jour, Valperga quitta son palais, et se

�— 36 dirigea à pied vers la porte Pairolière. Il avait été impossible de
trouver une voiture car tous les moyens de transport avaient été
réquisitionnés et utilisés le 28 septembre pour permettre l'exode
des habitants terrorisés. Il avait ordre de partir, mais cet ordre
n'ayant pas été donné par écrit, les volontaires marseillais, de garde
à la porte de Turin, refusèrent de le laisser passer, l'accablèrent
d'injures, le menacèrent même de le pendre et ne consentirent á
le lâcher que sur un ordre écrit, sollicité et obtenu du général,
grâce à l'intervention courageuse et au sang-froid d'un jeune
niçois, Joseph Castellinard. Monseigneur Valperga se retira à
Turin et y mourut en 1805 sans avoir jamais pu obtenir l'autorisation de rentrer.
*

* *

Il est établi par les documents officiels contemporains que
Monseigneur Valperga ne quitta son siège que sur les ordres arbitraires du général d'Anselme et ces mêmes documents nous
renseignent très exactement sur les incidents fâcheux qui se produisirent au départ de l'évêque. Du reste, on n'ignorait pas à Nice
comment les choses s'étaient passées et la population savait grê à
Valperga de son attitude et de sa fermeté. De son côté, Valperga
avait eu confiance dans la parole à lui donnée par le général au
nom de la Nation française et à plusieurs reprises il manifesta
son étonnement qu'elle n'ait pas été gardée, que ses biens aient
été confisqués, son mobilier vendu, son nom inscrit sur la liste
des émigrés alors qu'en partant il n'avait cédé qu'à la force.
Parmi les nombreux documents qui se trouvent soit aux archives de Nice, soit aux archives nationales il en est quelques-uns
dont la simple reproduction sera plus probante que tous les corn,
mentaires. Il_suffira de citer :
•i° La lettre du Directoire des Colons Marseillais en date du
25 février 1793, adressée aux citoyens Blanqui et Veillon, députés
extraordinaires de la ville de Nice à Paris, au sujet des réclamations présentées le 23 du même mois par Jean-Jacques Donny, au
nom de Mgr Valperga.
20 La réponse du même Directoire à J.-J. Donny, en date du
26 février 1793.
3„ L'arrêté du Département en date du 13 avril 1793.
40 La réclamation présentée au Directoire du département

�Valperga, aussitôt après son inscription sur la liste des émigrés de
la ville de Nice, dressée à la fin de juin 1793.
50 Les états de frais pour l'inventaire et la vente du mobilier
et effets de « l'émigré Valperga Maillone, citoyen évêque » approuvés par le département des Alpes-Maritimes, le 5 germinal an
III (25 mars 1795).
6° Les actes de notoriété dressés le Ier et 2me fructidor an III
(18 et 19 août 1795) par Gautier, juge de paix à Nice, à la requête de Pierre-Joseph Passeron, agissant en qualité de procureur
subrogé par Nicolas Giorni, procureur spécial et général de Mgr
Valperga, par acte de procuration reçu à Turin le 20 juillet 1795,
notaire Pierre-Joseph Bernochio.
70 La pétition adressée au district de Nice le 4 fructidor an III
(21 août 1795) par Pierre-Joseph Passeron, demandant la radiation du nom de Valperga sur la liste des émigrés.
8° L'avis du district de Nice en date du 5 vendémiaire an IV
(27 septembre 1795) déclarant que Mgr Valperga doit être rayé
de la liste des émigrés.
90 L'arrêté du département des Alpes-Maritimes, en date du
14 prairial an V (2 juin 1797) ordonnant la radiation provisoire
du nom de Valperga de la liste des émigrés.
io° L'acte de cautionnement dressé par le département le
11 fructidor an V (28 août 1797), à la requête de Pierre-Joseph
Passeron, procureur de Mgr Valperga en exécution d'une des
clauses de l'arrêté du 14 prairial an V (2 juin 1797).

�- 38 —

DOCUMENTS ET PIÈCES D'ARCHIVES

Pièce 1.

25 février 1793
Aux cit. Blanqui et Veillon
Une lettre du cit. Donny, associé du citoyen LeClerc, défunt président de l'ancienne administration
provisoire, dont vous avez ci-inclus l'extrait ( 1 ), nous
fait connaître que le cit. Valperga, évêque de Nice,
laissa avant son départ (ordonné à son retour par
Anselme) dans sa maison pour environ 34.000 livres,
argent monnayé, et environ pour 17.000 d'effets en
vaisselle, linge, batterie de cuisine etc.
Une portion de ces effets se trouvent encore dans
ladite maison, sous l'inventaire que nous en avons
fait dresser par les commissaires de l'une et l'autre
administration, lorsque nous avons été installés, mais
il s'en faut de beaucoup qu'elle puisse arriver à la
somme de 17.000 livres, pas même le tiers.
Quant à l'argent monnayé entré dans la caisse du
receveur de l'ancienne administration, nous n'y
voyons point la somme que ledit Evêque désigne
avoir laissé dans sa maison. Nous vous remettons cijoint un extrait de l'état des sommes' que le cit.
Bonnet a reçu en espèces, pendant toute sa gestion
de receveur et trouvées parmi les effets des émigrés
français et niçois.
Nous ne voulons rien préjuger sur l'assertion du
cit. Valperga, quoique nous ayons des indices frappants de vérité. Ce ne sera que lorsque nous aurons
pu les convertir en preuves par le témoignage de
quelques citoyens que nous nous procurerons, pour
pouvoir en demander la restitution et la poursuite
contre le pillage.
En attendant, noùs croyons devoir vous faire part
de cette découverte que nous allons communiquer au
Président de la Convention Nationale et au Ministre.
Arch. des A. M. Registre de la correspondance du
Directoire des Colons marseillais L. 5.
Cet extrait manque au registre ainsi que les autres pièces
énoncées dans celte lettre.

�-hLe 2érae février 1793.
Au citoyen Donny, négociant à Nice
Pièce 2.

Votre lettre du 23me de ce mois, citoyen, nous
demande des renseignements sur le temporel du
citoyen Valperga, Evêque de Nice. Nous allons vous
transmettre tous ceux qui sont à notre connaissance
L'administration provisoire en choisissant l'Evêché
pour le lieu de ses séances, vint s'y établir dans les
premiers jours d'octobre, et tout nous porte à croire
qu'elle ne fit aucun inventaire des effets qui s'y trouvaient, du moins nous n'en avons trouvé aucun dans
les papiers qu'elle nous a remis.
En succédant à cette administration provisoire,
uous avons cru que notre premier devoir était de faire
un inventaire de tout le mobilier renfermé dans la maison épiscopale. Nous y avons successivement procédé
en présence des administrateurs provisoires et à mesure qu'ils nous en remettaient les clefs. Tout le mobilier qui s'y trouvait, ne consistait guère qu'en
meubles meublants et ne nous paraît pas avoir la
valeur de 17 mille livres que l'Evêque lui donne.
Vous pourrez, si vous le jugez à propos, faire prendre
à notre secrétariat une copie de cet inventaire. Tout
ce. qui n'est point renfermé dans les appartements
que nous occupons au premier étage, a été laissé à la
garde de Jean Poma, ancien concierge de l'Evêque et
le nôtre.
Pour nous éclairer sur les 34.000 1. argent monnayé que l'Evêque doit avoir laissé en sa maison,
nous avons écrit au cit. Bonnet, receveur de l'administration provisoire, pour lui demander un état des
sommes en numéraires versées dans sa caisse, comme
ayant été saisies et trouvées parmi les effets des Emigrés français et niçois. L'état qu'il nous a remis ne
monte qu'à 74121. 16 s, et aucun article n'a du rapport
avec les réclamations du citoyen Valperga.
Quant à ce qui concerne personnellement le
citoyen, nous avons demandé au Ministre de l'Intérieur de vouloir bien nous dire la manière dont nous
devions l'envisager. Nous savons qu'un ordre arbi-

�— 40 —
traire de Danselme l'obligea de quitter Nice, le jour
de l'entrée des Français. Mais nous pensons aussi que
la proclamation des Commissaires de la Convention
nationale de France et le décret de celle de Nice,
concernant les Emigrés, étaient des motifs suffisants
pour le ramener à son poste et le rassurer sur les
suites de son retour. En persistant à prolonger son
absence, il s'expose à être traité comme émigré, à se
voir déclarer déchu de sa place et confisquer tous ses
biens. Telle est la disposition de la loi, et quoique
nous ayons consulté le ministre sur le cas particulier
de l'Evêque, nous prévoyons que sa réponse sera de
nous en tenir à la rigueur des lois, ainsi que plusieurs
instructions nous l'ont déjà annoncé.
Vous sentez, citoyens, que tout le mobilier de
l'Evêque doit rester séquestré jusqu'à son retour ou à
la décision du Ministre. Il peut être tranquille sur la
conservation de tout ce que nous avons trouvé en
entrant dans sa maison. Ce qui a pu en être enlevé
avant notre entrée en fonctions, est étranger à notre
gestion. Mais nous employerons tous les moyens qui
sont en notre pouvoir pour en trouver les traces, en
acquérir les preuves et en faire punir les coupables.
Les administrateurs, etc.
Archives des A.-M., Registre
suivants.

,L. 5,/°7i verso et

Lettre des commissaires de la Convention
Nationale et arrêté du Département des A. M.
Nice, le 9 Avril 1793, l'an 1 Ie de la Repu bublique Française.
« Vous voudrez bien, citoyens, en nous envoyant
les noms et prénoms de l'évêque de Nice, nous instruire officiellement d'après les "dispositions des lois,
s'il est censé démissionnaire et son siège vacant.
« Les Commissaires de la Convention Nationale
au département des A. M.
GRÉGOIRE, JAGOT (I)

(1)

Archives des A. M. L. 29 ancien. L

7

actuel.

�— 4i (i3 avril 1793)
Le Directoire ; vu la réquisition du citoyen Procureur Général sindic « Considérant que Charles Eugène Valperga, évêque de Nice, n'avait point quitté
son domicile lors de l'entrée des troupes de la République ; considérant qu'il a lui méme-accompagné les
consuls d'alors quand ils furent présenter les clefs
de la ville et inviter le général Anselme à venir en
prendre possession au nom de la République ; considérant que le général Anselme par ses ordres arbitraires et tiranniques, accompagnés même de menaces contre ses jours, l'ont forcé de s'éloigner ; arrête
qu'il ne peut le déclarer émigré, et qu'il sera répondu
aux Commissaires de la Convention nationale d'après
les principes ci-dessus.. »
Sign : PAUMÉ ; BARLI FABRI ; F. CASTKLIMARD ;
ANGLES ; BERNARDI, secrétaire général. (1)
pjj

ce

^

Aux citoyens composant le Directoire du
département des Alpes-Maritimes..
22 juillet 1793.
Citoyens,
Le citoyen Jean-Jacques Donny, soussigné, chargé
des intérêts du citoyen Valperga, évêque de Nice
absent, ayant été informé que par votre délibération
du 29 du mois passé, ledit citoyen Valperga avait été
déclaré émigré, vous représente avec tous les égards

(1) Archives des Alpes-Maritimes, Registre L,. 3, folio 101. L'Arrêté n'est pas signé par le procureur syndic Jean-François Tourre
ni par l'administrateur Jean-L,ouis de Villiers qui ne partageaient
point l'opinion de leurs collègues. A noter que Tourre était d'Antibes
et que de Viliers était un médecin français établi depuis longtemps
à Nice.
I/Arrêté fut pris malgré le réquisitoire de Tourre qui voulait
déclarer Monseigneur Valperga émigré et malgré un violent discours de Villiers soutenant la même thèse qui fut combattue par
Barli Fabri, par Castclinard et par Anglès. J'ai déjà publié in-extenso
cette délibération du 13 avril T793 au cours d'un article sur l'église
de Nice en 1792-1793 inséré dans Nice Historique du Ier avril 1903,
C'est pourquoi je reproduis ici simplement la lettre des
commissaires et l'arrêté du département.

�- 42 —
dûs au pouvoir dont l'exercice vous a été confié par
le peuple souverain que le citoyen Valperga ne peut
ni ne doit sous aucun rapport être considéré comme
émigré, par les motifs ci-après :
i° Qu'il est de notoriété publique qu'il n'a quitté
le pays que contre son gré et par ordre du général
Anselme :
2° Qu'il a constamment été disposé et a offert
de revenir dans son diocèse, moyennant qu'il ne fut
assujetti à prêter qu'un serment relatif au temporel et
non au spirituel.
3° Qu'enfin et par la raison que n'étant point
indigène, mais étranger, son séjour ici n'a été dé terminé que par sa nomination à l'épiscopat, événement casuel qui n'a jamais pu le soumettre à l'obligation de renoncer pour toujours à sa mère-patrie.
Tous ces motifs, soit qu'on les prenne collectivement ou séparément, démontrent suffisamment,
citoyens administrateurs, le droit incontestable, qu'a
le citoyen Valperga de demander et prétendre la
radiation de son nom du tableau des émigrés, et si
le ministre de l'Intérieur n'a fait aucune distinction
entre lui et les autres citoyens, c'est sans doute qu'il
a ignoré les circonstances qui vous sont exposées
ci-dessus, et notamment la dernière, car s'il les eût
toutes connues, il n'est nullement probable qu'il eût
décidé comme il l'a fait. Toute hypothèse contraire
serait une injure faite à ses sentiments et à ses lumières. Un homme tel que lui, dont les vertus civiques, le patriotisme et les talents l'ont appelé au
poste aussi honorable que pénible qu'il occupe, doit
ressembler autant que possible à la Nation pour
laquelle il agit et qui l'a honoré de sa confiance.
Cette nation est grande, généreuse, magnanime,
juste et bienfaisante.Elle ne peut qu'êtreextrêmement
jalouse de sa gloire, et l'un des principaux devoirs de
ses agents est d'éviter soigneusement d'en ternir
l'éclat.
Le refus qui serait fait de rayer de la liste des
Emigrés le nom du citoyen Valperga, refus qui entraînerait avec lui la confiscation des minces propriétés de ce citoyen, serait un acte qui imprimerait à

�-

43

-

jamais une tache ineffaçable à la gloire du nom français ; tache qui ne pourra manquer de frapper également les yeux des contemporains et ceux de la postérité ; tache enfin que les historiens ne manqueront
pas de faire ressortir par des couleurs enluminées, et
le bel effet qu'un pareil tableau produirait, citoyens
administrateurs, serait votre ouvrage.
Mais non, loin de nous, cette idée ! Vous êtes
républicains ! cela suffit. Les républicains sont vertueux. Ils aiment, chérissent, protègent, respectent
la vertu partout où elle se trouve. Et le citoyen Valperga aussi est un homme vertueux ! Qui en doute ?
Nul bon citoyen, nul honnête homme. Souvenezvous, citoyens administrateurs, que ce n'est que par
ses vertus qu'il a mérité l'amour et l'affection du
peuple Niçois et non par sa qualité d'évêque. Et plût
à Dieu que tous les ecclésiastiques lui eussent ressemblé ! La France n'eut point éprouvé d'aussi horribles secousses, pour asseoir, affermir et assurer sa
liberté.
La République a incontestablement le droit de
renvoyer hors de son sein tout individu qui ne lui
convient pas, mais en renvoyant ainsi un étranger
qui, d'ailleurs, n'a pas encouru la peine de la confiscation de ses biens, elle lui permet de les emporter ou
de les vendre et d'en emporter le produit. Tel est
précisément le cas du citoyen Valperga.
L'exposant demande en conséquence, citoyens
administrateurs, qu'il vous plaise prendre dans votre
sagesse une délibération tendante à rendre audit
citoyen Valperga sa qualité de citoyen français non
émigré, à lui accorder un délai compétent pour rentrer dans ce pays soit comme simple citoyen ou
comme fonctionnaire public et à lui assurer dans
tous les cas la restitution de ses propriétés par lui
laissées sous la sauvegarde de la loyauté française
dans la maison épiscopale, lors de sa retraite forcée,
ou la juste indemnité de leur valeur. Et sera justice.
Nice, le 22 juillet 1793, l'an second de la République française, une et indivisible.
Jean-Jacques DONNY.
l
ARCHIVES NATIONALESF/ 4.867 , dossier Valperga.

�- 44 Pièce 5.

Etat de frais de vente pour parvenir à l'inventaire
et vente des effets de l'émigré Valperga Maillone,
citoyen évêque :
5 germinal an III (25 mars 1795)
Pour une séance de trois commissaires dont un du
District et deux de la Commission municipale, fixée
à trois livres par séance par le Directoire du district
et approuvé par les Représentants du
Peuple
L.
9 »
Papier timbré tant de la minute que
des deux extraits
»12
Pour la copie desdits deux extraits . .
» 8
Droits d'enregistrement
13 10
31

2

Nous soussignés certifions le compte ci dessus véritable.
Signés : J.-B. Thomaty, comm. du dist. ; Savigny,
comm. munie. ; Mabil, comm. municip.
Frais de la vente :
Pour quatre séances de deux corn missaires dont un
du District, un de la Commis, mun. sans le membre
de l'administration fixées à trois livres par séance par
le Directoire du district et approuvé par les Représentants du Peuple .
L.
24 »
Au trompette pour publication de
quatre criées
5 »
Au crieur à la vente, quatre séances .
12 »
Aux portefaix qui ont travaillé au
transport des effets
40 »
Papier timbré tant de la minute que
de l'extrait
1 »
Bougie
3 »
Droits d'enregistrement
27 »
Papier timbré du petit état
» 4
A la femme qui a assisté à la vente
pour l'arrangement du linge
» 12
L.
Signés : J.-B. Thomaty, comm. du
district ; Savigny, comm. municip.

1

159 6

�Vu par nous, membres composant la Commission
Administrative du district et d'après l'arrêté du district, approuvé par les Représentants du Peuple et la
loi du il et 12 Mars, arrête l'état des frais ci-dessus
se montant à la somme de cent cinquante neuf livres
trente centimes, qui seront acquittés par le receveur
du droit d'Enregistrement lorsque le Département
aura vérifié ledit état.
Nice, le 29 ventôse an 3"" de la République française une et indivisible (19 mars 1795).
(Suivent les signatures).
Vu l'état des frais ci-dessus pour parvenir à l'inventaire et vente du mobilier de l'émigré Valperga
Maillone ci-devant évêque.
Vérifié et arrêté par le Directoire du district de
Nice, la Commission Administrative du département
des Alpes-Maritimes approuve ledit état et ordonne
au citoyen Maussier, receveur de l'enregistrement
cîudit district de payer aux citoyens J. B. Thomaty
et Savigny, comm. la somme de 159 livres et 30
centimes pour montant des frais pour inventaire et
vente des susdits effets de l'émigré, laquelle somme
lui sera allouée en compte.
Fait à Nice le 5 germinal an 3me républicain ( 25
mars 1795).
Etat des frais pour parvenir d la vente du mobilier de
l'émigré Charles Eugène Valperga Maillone, citoyen
évêque.
Pour trente-neuf séances de trois commissaires
dont un du District et deux de la Commission municipale, fixé à trois livres par séance par le Directoire
du district et approuvé par les Représentants du
peuple
L.
351 »
A deux portefaix, dix-neuf journées et
demi chaque fixées à cinq livres par jour.
195 »
Au trompette pour publication de
trente-neuf criées fixées à une livre cinq
sols chaque
48 r 5
Au crieur à la vente, trente-neuf séan
ces fixées á trois-livres par séance ....
117 »

711 1$

�- 4* Report
Papier timbré tant de la minute que
de l'expédition
Pour copie dudit extrait fixé à quatre
livres
Papier timbré du présent état ....
Bougie
Droit d'enregistrement
Plus deux autres journées de portefaix à cinq livres
Un paquet de plume
L.

148
4
6
421

»
4
»
»

20
5

»
»

1.182

7

Nous soussignés certifions le compte ci-dessus,
véritable.
Nice, le Ier ventôse an 3me de la République (19
février 1795).
Signés : J.-B. Thomaty, commissaire du district ;
Savigny, comm. ; Honoré Mabil, comm. municipal.
Vu par nous, membres composant la Commission Administrative, de ce District, et d'après la loi
du 11 et 12 Mars 1793 (v. s.) et l'arrêté de cette
Commission approuvé par les Représentants en date
1^ Fructidor, oui l'agent national, arrête l'état des
frais se montant à onze cent huitante deux livres et
trente cinq centimes qui seront acquittés par le
receveur de l'agence de l'enregistrement sur le produit de la vente desdits meubles, lorsque le Département aura vérifié ledit état.
Nice le 29 ventôse an 3me de la République
française une et indivisible (19 mars 1795).
(Suivent les signatures).
Vu l'état des frais ci-dessus pour parvenir à la
vente du mobilier de l'Emigré Valperga Maillone cydevant évêque.
Vérifié et arrêté par le Directoire du district de
Nice.
La Commission administrative du département
des Alpes-Maritimes, approuve ledit état et ordonne

�— if au citoyen Maussier, receveur de Penregistrement
dudit district de payer aux citoyens J.-B. Thomati,
Savigni et Honoré Mabil, commissaires, la somme de
mille cent quatre vingt deux livres trente cinq centimes pour montant des frais de la vente des susdits
effets de l'Emigré. Laquelle somme lui sera allouée
en compte.
Fait â Nice le 5 germinal an 3me républicain (25
mars 1795).
Arch. des A. M. L. 15 ancien p. 44-45 N° 34-35

Actes de Notoriété
Pièçe g

1-2-fructidor an III
18-19 août 1795
EGALITÉ, LIBERTÉ

AU NOM DE LA LOI
Ce jourd'hui, premier Fructidor, l'an troisième
(18 août 1795 de la République française, une et indivisible, à Nice, chef-lieu du département des AlpesMaritimes, par devant Nous, Antoine Gautier Juge de
paix de la Ier, 2m" et 3me section et officier de police,
est comparu le citoyen Pierre Joseph Passeron, natit
tic la commune de Contes et habitant en celle de Nice
depuis plusieurs années.
Lequel en sa qualité de procureur du citoyen
Charles Eugène Valperga de Maillone, évêque de Nice,
subrogé par le citoyen Nicolo Giorni, homme de loi,
procureur spécial et général établi (par acte reçu) par
le notaire Pierre Joseph de Bernochio, le 20 Juillet
dernier (v. s.) qu'il présente, légalisé par le résidant
de la République de Gênes auprès de la Cour de Turin, dont il résulte le pouvoir donné au citoyen Giorni, de subroger en son lieu et place, avec tous les
pouvoirs compris au dit acte, et il présente au surplus l'acte de sa dite subrogation faite par le même
citoyen Giorni, reçu en la ville de Gênes le premier

�- 48 du mois d'août dernier (v. s.) par le notaire Antoine
Baglietto, légalisée par le consul de la République
française.
Il expose que le vingt neuvième jour de septembre
de l'année 1792, l'armée de la République, étant arrivée en cette ville, commandée en chef par le citoyen
général d'Anselme, lorsque ce général, vers le soir,
fut arrivé et il eut pris son logement dans la maison
habitée par le ci-devant consul de la République Le
Seurre, ledit citoyen Evêque Charles Eugène Valperga de Maillone s'y étant présenté, ledit général d'Anselme, en présence de tout son Etat-Major, lui signifia
d'abord de devoir partir de cette ville. Sur quoi le
dit évêque ayant répondu qu'il avait cru de pouvoir
continuer sa résidence en cette ville et tellement l'avait cru, qu'il n'avait jamais pensé de distraire et en
faire partir le moindre de ses meubles et effets, qu'il
avait dans la maison d'habitation de l'tvêque et que
si absolument il lui ordonnait de partir, il le priait de
lui accorder la sauvegarde sur tous lesdits effets et
meubles. Le dit général d'Anselme lui répliqua qu'il
dut absolument partir de cette ville, en ajoutant que
le plus tôt en serait le mieux, et qu'à l'égard de ses
meubles et effets qu'il avait, il les mettait dès ce ino
ment sous la sauvegarde et loyauté de la Nation française et qu'il pouvait en être tranquille, après quoi ledit
évêque Valperga de Maillone, tout tremblant, ayant
dit qu'il allait se conformer dès le lendemain au matin à ses ordres, se retira ; ledit général d'Anselme
lui ayant encore répliqué : le plus tôt sera le mieux.
Et comme il importe audit citoyen évêque Valperga de Maillone de constater le fait ci-dessus expo"sé, suivi en présence de tout l'Etat-Major dudit général d'Anselme et de plusieurs citoyens de cette commune, l'exposant, en sa dite qualité vous présente les
citoyens Pierre Le Seurre, ci-dessus nommé, ci-devant
consul en cette ville de la République, le citoyen Honoré Saissi de cette commune qui pour lors était second consul de la même commune, le citoyen Philippe Emmanuel Féraudi qui pour lors était secrétaire de
Ìa même commune et le citoyen Ange Giraudi aussi

�- 49 de cette commune, pour recevoir leurs dépositions
sur ledit exposé et vous fait instance que de tout lui
soit concédé acte, ce que nous lui avons accordé, et a
signé.
PIERRE JOSEPH PASSERON.

Et de suite se sont présenté les susnommés
citoyen Le Seurre, natif de Craon, âgé de 75
ans, bourgeois, le citoyen Saissi, âgé de 70 ans,
négociant, Emmanuel Feraudi, âgé de 68 ans, notaire, Ange Giraudi, âgé de 63 ans, négociant,
natifs et domiciliés dans cette commune, auxquels
après avoir fait lecture dudit exposé fait par ledit citoyen Pierre Joseph Passeron, en sa dite qualité, les
avons interpellés sur serment que leur avons fait prêter, conformément à la loi, de nous dire en leur âme
et conscience si tous les faits énoncés dans le même
exposé sont de leur connaissance et tous les quatre ont
répondu et attesté tant uniment que séparément en
être pleinement informés, s'y étant trouvés présents,
et que le tout contient la vérité, toute la vérité et
rien que la vérité. En foi de quoi ils ont signé :
LE SEURRE, HOSORI'J
SAISSI, PHILIPPE EMMANUEL FÉRAUDI,
ANGE

GIRAUDI.

Et nous, juge de paix, vu les dépositions ci-dessus, avons de tout concédé acte au susnommé citoyen
Pierre Joseph Passeron en sa dite qualité, pour lui
servir et valoir dans tous les cas, à ce que de droit et
de raison. Fait à Nice, l'an et le jour que dessus.
GAUTIER, juge de paix.
BONIFACI, sec. greffier.
Vu par nous, membres du District de Nice, 3 vendémiaire an IV rép. 25 sep. 1795, TOSELLI, JN COPPON
fils, VÉRANI pr. syndic, SAYTOUR Martin.

�— 5o —
EGALITÉ, LIBERTÉ.

AU NOM DE LA LOI
Ce jourd'hui. second jour de Fructidor de l'an 3
août 1795) de la République française une et indivisible, à Nice, chef-lieu du département des AlpesMaritimes, par devant nous, Antoine Gautier, juge de
paix de la iere, 2M* et 3ME section et officier de police,
est comparu le citoyen Pierre Joseph Passeron : natif
de la commune de Contes et habitant en celle de Nice
depuis plusieurs années
Lequel en sa qualité de procureur du citoyen
Charles Eugène Valperga de Maillone, évêque de
Nice, subrogé par le citoyen Nicolo Giorni, homme
de loi, procureur spécial et général établi (par acte
reçu) par le notaire Pierre Joseph de Bernochio, le 20
Juillet dernier (v. s.) qu'il présente, légalisé par le résidant de la République de Gênes auprès de la Cour de
Turin, dont il résulte le pouvoir donné au citoyen
Giorni, de subroger en son lieu et place, avec tous les
pouvoirs compris audit acte, et il présente au surplus
l'acte de sa dite subrogation faite par le même citoyen
Giorni, reçu en la ville de Gênes le premier du mois
d'août dernier (v. s.) par le notaire Antoine Baglietto,
légalisée par le consul de la République française.
Expose : Primo, que le matin du trente septembre 1792, le citoyen Charles Eugène Valperga de
Maillone, évêque de Nice, en partant de cette ville
avec deux domestiques à sa suite, qui portaient un
paquet et quelques effets, fut arrêté à la porte qui conduit en Piémont, ci-devant nommée porte Victoire,
et conduit au vestibule de la maison presque attenante
à ladite porte, appartenant au citoyen Dominique
Castellinard, où se trouva le citoyen Joseph Castellinard, fils dudit Dominique, et malgré que ledit Evêque Valperga déclara aux soldats de la Garde de la
dite porte qui étaient des Marseillais, que c'était en
conséquence d'ordre qui lui avait été signifié par le
citoyen général d'Anselme qu'il partait de cette ville,
lesdits soldats commencèrent par le malmener et lui
(19

�signifier qu'ils voulaient le pendre et ayant ouvert
ledit paquet et y ayant trouvé entre autres effets, une
ceinture d'évêque, ils déterminèrent, à l'instant, de le
pendre avec ladite ceinture, et ayant essayé si la même
était assez forte pour le soutenir, en la préparant, elle
se fit en lambeaux, de façon qu'ils vérifièrent qu'elle
ne pouvait leur servir et demandèrent audit Joseph
Castellinard fils une corde, pour pendre ledit évêque,
à un grand anneau de fer qui était au plafond dudit
vestibule, servant â y passer une verge de fer pour
peser les marchandises, et ledit citoyen Castellinard
fils, leur ayant absolument refusé de leur donner de la
corde, en s'excusant qu'il n'en avait point, comme
dans tous ces entrefaits ledit évêque se trouve mal et
ne peut plus se soutenir, ledit Castellinard fils lui fit
apporter une chaise, par sa servante à qui quelques
uns de ces soldats donnèrent des coups de poing pour
avoir porté ladite chaise et le même Castellinard le
fit ensuite asseoir sur ladite chaise, en le soutenant,
parce qu'il ne pouvait se soutenir droit ; d'autant plus
qu'en attendant, lesdits soldats marseillais lui disaient mille exécrations, lui crachaient dessus et lui
donnaient des soufflets, et assurément ils l'auraient
fini, si dans cet intervalle un de ses domestiques
n'avait été dire au citoyen général d'Anselme ce qui
venait d'arriver, et ledit domestique étant venu avec
un billet dudit général d'Anselme qui ordonnait à la
garde de le laisser partir, puisque c'était de son ordre,
en conséquence de ce billet lesdits soldats marseillais
se bornèrent pour lors à lui dire et crier mille invectives et injures et le laissèrent partir, ce que ledit
évêque, malgré qu'il ne pût se remuer, à l'aide de ses
domestiques fit au mieux possible en tremblant, de
façon qu'il doit son existence au refus ferme et déterminé que ledit citoyen Castellinard fils leur fit de
leur donner une corde, sans quoi avant l'arrivée du
dit domestique portant l'Ordre du général d'Anselme, il aurait été pendu et étranglé.
Secondoque lefaitci-dessusfut d'abord public et notoire, de notoriété publique dans cette ville et encore
plui le lendemain premier octobre, puisque les autres

»

�— 52 —

soldats de la Phalange Marseillaise, arrivés sur le soir
dudit jour trente septembre, d'abord après leur arrivée
cherchèrent l'évêque qu'ils voulaient le lanterner et
mettre en pièces, comme ils s'expliquèrent hautement,
ce qui joint au fait arrivé dans ledit vestibule de la
maison Castellinard, étant devenu d'une notoriété publique donna l'épouvante à tous les gens honnêtes du
pays, qui disaient que le citoyen général d'Anselme en
ordonnant audit évêque de partir, en mettant sous la
sauvegarde de la Nation française ses meubles et ses
effets, avait voulu le sauver.
Et comme il importe audit citoyen Passeron, exposant en sa dite qualité, de constater par témoins le
fait ci-dessus exposé, il nous présente ledit citoyen
Joseph Castellinard fils de Dominique de cette commune, âgé de 21 ans, de profession, négociant, qui se
trouva présent au fait énoncé dans le Ier article de l'exposé ci-dessus, et au surplus informé de la notoriété
des faits énoncés au second et dernier chef, de ladite
exposition et il nous présente les citoyens Jean-Jacques Donny, natif de Neufchâtel en Suisse, âgé de 39
ans, de profession, négociant ; Joseph Poullan, natif
de Clavesana, en Piémont, âge de 48 ans, négociant ;
Jacques Gerbin, âgé de 60 ans, tailleur, Jean-Marie
Thaon, âgé de 56 ans, négociant, natifs et tous domiciliés en cette commune pour déposer sur ladite
notoriété énoncée dans ledit second fait exposé, pour
recevoir leurs dépositions, et nous fait instance que de
tout lui soit concédé acte, ce que nous lui avons accordé et a signé.
Pierre-Joseph PASSERON .
Et de suite se sont présentés les susnommés citoyens Joseph Castellinard, Jean-Jacques Donny, Joseph Poullan, Jacques Gerbin, et Jean-Marie Thaon,
ci-dessus qualifiés, auxquels après avoir fait lecture
dudit exposé fait par ledit citoyen Passeron, en sa
dite quálité, les avons interpellés sur serment, que
leur avons fait prêter, conformément à la loi, de nous
dire en leur âme et conscience, si tous les faits énoncés dans le même exposé sont de leur connaissance,

�- 53 et ledit citoyen Joseph Castellinard a répondu et
attesté en être pleinement informé pour avoir été
présent au fait exposé dans le i" article de ladite exposition, et pour avoir publiquement entendu dire les
faits énoncés dans le second chef qui était en cette
ville notoire de notoriété publique et lesdits citoyens
Jean-Jacques Donny, Joseph Poullan, Jacques Gerbin,
Jean-Marie Thaon, ont répondu et attesté tant uniment que séparément être pleinement informés de
l'énoncé dans le second chef de ladite exposition,
puisque les faits y énoncés étaient notoires, de notoriété publique en cette ville, et tous lesdits citoyens
ont respectivement attesté pour ce qui les concerne
que tout contient la vérité, toute la vérité et rien que
la vérité. En foi de quoi ils ont signé : Joseph Castellinard fils,Jean-Jacques Donny, Joseph Poullan, Jacques
Gerbin, Jean-Marie Thaon.
Et nous, Juge de paix, vu les dépositions ci-dessus,
avons de tout concédé acte au susnommé Pierre Joseph Passeron en sa dite qualité pour lui servir et valoir dans tous les cas, à ce que de droit et de raison.
Fait à Nice l'an et jour que dessus.
GAUTIER,
BONIFACI,

juge de paix.
sec. gref.

Vu par nous, membres Du district de Nice, le 3
vendémiaire anIV rep. (25 sept. 1795).
Jn. COPPON fils, VÉRANi, pr. syndic, TOSELLI, Saytour
MARTIN.

Arch. Nat. F

7

4867 *

�54 -

PÉTITION au DISTRICT de NICE
et AVIS de ce DISTRICT
ÉGALITÉ,

LIBERTÉ

5 vendémiaire
27 septembre 1795 an IV
AUX

CITOYENS ADMINISTRATEURS
DU DISTRICT DE NICE

Le citoyen Pierre Joseph Passeron, natif de la
commune de Contes, habitant en celle de Nice depuis plusieurs années.
Vous expose en qualité de procureur du citoyen
Charles-Eugène Valperga de Maillone, évêque de
Nice, subrogé par le citoyen Nicolo Giorni, homme
de loi, son procureur spécial et général fondé par acte
reçu dans la ville de Turin par le notaire PierreJoseph de Bernochio, le 20 juillet dernier (v. s) légalisée par le résident de la République de Gênes, près
la Cour de Turin, duquel il résulte le pouvoir donné
audit citoyen Giorni de subroger en son lieu et place
avec tous les pouvoirs compris dans le même acte,
qui se trouve copié mot pour mot dans celui de la
subrogation faite par le même citoyen Giorni, reçu
en la ville de Gênes le Ier du mois d'août dernier
(v. s* par le notaire Antoine Baglietto, légalisée par
le consul de la République française, le 13 Thermidor dernier (3 1 Juillet 1795), qu'il vous exhibe qu'étant arrivé dans cette ville le vingt-neuvième jour
du mois de septembre de l'année 1792, l'armée de la
République française, commandée par le citoyen général en chef d'Anselme lorsque celui-ci y fut arrivé
le soir et eut pris son logement dans la maison d'habitation du citoyen ci-devant consul de la République
Le Seurre, ledit évêque Charles-Eugène Valperga de
Maillone, s'étant présenté, le même général d'Anselme
lui signifia d'abord en présence de son Etat-Major de
partir de cette ville, sur quoi ledit évêque lui répondit qu'il avait cru pouvoir continuer sa demeure dans
cette ville et qu'à cet effet il n'avait jamais pensé de

Pièces 7 et 8

�- 55 distraire, ni faire partir le moindre de ses meubles et
effets qu'il avait dans la maison d'habitation de
l'évêque, que si absolument il lui ordonnait de partir,
il le priait de lui accorder la sauvegarde pour tous ses
dits effets et meubles, ledit général d'Anselme lui
répliqua : Le plus tôt sera le mieux, ce qui tout est
constaté par les attestations ci-jointes du premier et
second jour de fructidor dernier qu'il vous présente
également.
Qu'il résulte aussi par lesdites attestations, que
ledit évêque Valperga de Maillone fut forcé par ledit
général d'Anselme de partir de cette ville que tous
ses meubles et effets fussent mis sous la sauvegarde de
la Nation française et qu'étant parti le lendemain 30
dit septembre, il risqu'à d'être pendu ef étranglé paties soldats de la Phalange Marseillaise qui se trouvaient de garde à la porte ci-devant dite Victoire, ce
que tout fut d'abord notoire et de notoriété publique
dans cette ville.
Vous observe que ledit évêque Valperga est natif
du Piémont où il se retira et que s'il a résidé dans
cette ville, ce n'a été que pour raison de son ministère, que tout cela nonobstant il a été porté sur la liste
des émigrés, a été vendu la plus grande partie de ses
meubles et effets, et cela même nonobstant la préalable réclamation que le citoyen Jean-Jacques Donni,
chargé des intérêts dudit évêque avait fait à l'ancien
département par sa pétition du 22 juillet 1793 (v. s)
qui existe dans les Archives de ce district, résultant
ainsi que tout cela a été fait et opéré contre le droit des
gens et la sauvegarde de la loyauté française qui fut
promis audit évêque.
En conséquence, l'exposant demande en sa dite
qualité de procureur dudit citoyen évêque CharlesEugène Valperga de Maillone la radiation de son
nom de la liste des émigrés, la levée des scellés, la
restitution de ses propriétés et l'indemnité de celles
qui ont été distraites et vendues au nom de la Nation,
et sera justice.
(21 août 1795).

�- 56 Nice le 4me jour de Fructidor de l'an 3me de la
République française une et indivisible.
Signé : Pierre-Joseph PASSERON.
Vu la pétition ci-dessus du citoyen Pierre-Joseph
Passeron présentée au nom et comme procureur subs
titué du ci-devant évêque de Nice, Charles-Eugène
Valperga tendante à obtenir la radiation de son nom
de la liste des émigrés, la levée du séquestre et remission de ses effets restant ainsi que l'indemnité de
ceux qui ont été distraits ou vendus.
Vu une première pétition présentée à l'ancienne
administration du département par le citoyen JeanJacques Donni, au nom du citoyen Valperga en date
du 22 juillet 1793 tendante aux mêmes fins.
Vu la procuration en date du premier août 1793
(V. s.) faite à Gênes, par devant le notaire public Antoine Baglietti, légalisée par le Consul de la République française y résidant, ainsi que l'acte de procuration y inséré, en date du 20 Juillet 1795.
Vu l'attestation de quatre témoins faite avec serment par devant le juge de paix de la 1", 2"", 3me section de cette commune, en date du 1" Fructidor dernier '18 août 1795).
Vu autre attestation de cinq témoins faite par
devant le susdit Juge de paix, le 2 dit fructidor, aussi
sous serment.
Considérant que par la première des 2 attestations il est pleinement prouvé que le vingt-neuvième
septembre 1792, aussitôt après l'entrée de l'armée
française dans cette commune, le sus-nommé évêque
Valperga s'étant présenté au général d'Anselme qui
la commandait en chef, celui- ci lui ordonna d'abord
en présence desdits témoins et de tout l'Etat-Major.
u'il n'avait qu'à partir de la ville, et malgré que le
it évêque lui observa qu'il avait cru de pouvoir y
rester tranquillement et qu'à cet effet il n'avait fait
partir aucun de ses effets et meubles, le général lui
répliqua de partir absolument de la ville, en ajoutant
que le plus tôt serait le mieux, l'ayant assuré qu'à

a

�-5;l'égard de ses meubles et effets de sa maison, il les
mettait dès ce moment sous la sauvegarde et loyauté
de la Nation française et qu'il pouvait en être tranquille.
Considérant qu'il résulte par lesdites attestations,
et il est prouvé que l'évêque Valperga, d'après les
ordres précis et réitérés du général d'Anselme, partit
le lendemain 30 septembre de cette ville.
Considérant que par la susdite attestation du deux
Fructidor il résulte que l'évêque Valperga, au moment de son départ de cette commune, ayant été arrêté à la porte qui conduit au Piémont, par les soldats
qui y étaient de garde, lesquels tentèrent de le pendre,
il évita la mort par les soins du citoyen Joseph Castellinard, un des déposants, et il ne fut laissé libre que
d'après un billet du général d'Anselme, qui ordonnait à ladite garde de le laisser partir, puisqu'il s'en
allait de son ordre
Considérant que tous ces faits sont devenus de notoriété publique dans cette commune, dès le même
jour 30 septembre et Ier octobre suivant, ainsi que
quatre témoins l'ont attesté.
Considérant que le citoyen Valperga ne s'est absenté de cette commune et ci-devant Comté de Nice
que d'après les ordres du général d'Anselme auquel il
témoigna son regret.
Considérant que le départ du citoyen Valperga
ayant été forcé il ne peut pas être qualifié d'émigration.
Considérant que son intention de rester dans cette
commune est d'autant plus constatée, que le citoyen
Valperga a été le seul fonctionnaire public, il soit
resté à son poste, n'ayant soustrait aucun des meubles
et effets de sa maison, lesquels ont été ensuite distraits
et vendus par la Nation.
Considérant que le citoyen Valperga ne peut être
non plus considéré comme réfractaire aux lois de la
République, tandis qu'à l'époque de son départ de cette
commune, aucune loi de la République, surtout à
l'égard des ecclésiastiques, n'y avait été encore publiée
à laquelle eut pu contrevenir.

�— 58 —
Considérant que le citoyen Valperga ne pouvant
être considéré ni comme émigré, ni comme réfractaire, ne pouvait être privé de ses propriétés laissées
dans cette commune lors de son départ, sous la sauvegarde de la loi et de la Nation française qui lui fut
accordée par le général d'Anselme, et qui étant digne
de la loyauté de cette Nation, ne pouvait être violée
sans blesser le droit des gens.
Considérant au surplus, que le citoyen Valperga,
originaire piémontais, ne faisait sa résidence à Nice,
qu'à raison de son épiscopat, ce qui ne donne qu'une
résidence easuelle, et que sous tous les rapports, il
n'a cessé d'être étranger à l'égard du pays de Nice et
de la France.
Considérant que l'article 6, section deux, N° 2 de
la Loi du 25 Brumaire (15 novembre 1794) en déclarant émigrés les citoyens domiciliés dans le cidevant comté de Nice, qui sont sortis depuis le 27
septembre 1792, n'a point porté atteinte au droit des
gens dans la personne de l'étranger, qui se trouvait
dans ce même pays, où il n'aurait pas établi son vrai
domicile.
Considérant que le citoyen Valperga, qui avait été
forcé par le gouvernement de partir de Nice, n'a dû
plus y revenir dans le terme même prescrit par les
lois aux citoyens de la ci-devant Comté de Nice,
puisqu'il ne devait point imaginer qu'il fut compris
dans l'invitation, malgré qu'il ait été porté sur la
liste des émigrés.
Considérant que ce nonobstant, lorsqu'il sut qu'il
avait été porté sur la liste des émigrés de cette commune, s'est empressé de présenter sadite pétition
du 22 Juillet 1793 dans laquelle il demanda non seulement la radiation de son nom de ladite liste, mais
encore un délai convenable pour rentrer dans cette
commune, soit comme simple citoyen, ou comme
fonctionnaire public, ainsi que la restitution de ses
propriétés par lui laissées sous la sauvegarde de la
loyauté française dans la maison êpiscopale lors de sa
retraite forcée, ou une juste indemnité de leur valeur.

�- 59 Considérant finalement que,d'après toutes les circonstances sus-ênoncèes, aucune loi concernant les
émigrés ne peut être applicable au citoyen Valperga,
et que toutes celles qui pourraient le regarder relatives au séquestre des biens appartenant aux habitants
des pays en guerre avec la République française ont
été rapportées par le décret du 14 Ventôse dernier
(4 mars 1795). •
Le Directoire du district de Nice, oui le procureur syndic, est d'avis que le citoyen Charles-Eugène
Valperga ci-devant évêque de Nice ne doit point être
considéré émigré.
Qu'il doit être rayé de la liste des émigrés, que le
séquestre apposé sur ses propriétés doit être levé, qu'il
doit être réintégré dans la possession et jouissance
d'iceux, que tous receveurs ou dépositaires doivent
lui restituer les sommes qu'ils ont perçues, résultant
du produit desdites propriétés et qu'il doit recevoir
la juste indemnité des meubles et effets qui seraient
passés au profit de la Nation.
Fait à Nice, dans la salle des séances le 5me Vendémiaire an 4me républicain (27 sept. 1795). Signé
Saytour Martin. Verani,
procureur syndic, Angles v. prés.
Touzelly. Jn Coppon fils.
Enregistré au feuil. 20 registre des prévenus
d'émigration et signé BARRAIA, commis greffier.
Certifié conforme par nous Ve président et secrétaire du district Jn COPPON Fils V,-PRÉSIDENT
BARRAIA Cis greffier.
A rch. Nat. F 7 4867

2

�— 6o —

Pièce 9.

LIBERTÉ (vignette) ÉGALITÉ
BUREAU DES
ÉMIGRÉS

Extrait des registres des délibérations et arrêtés de
l'Administration Centrale du département des Alpes Maritimes.
(2

juin 1797)

Séance du quatorze Prairial an 5mf de
la République française une et indivisible.
Sur le rapport d-e la pétition présentée par le
citoyen Pierre Joseph Passeron, procureur fondé de
Monsieur Charles Valperga, ci-devant évêque de
Nice, dans laquelle il expose que ledit Charles Valperga n'a jamais dû être atteint des lois relatives à
l'émigration, soit qu'on le considère comme parti en
suite d'une force majeure, soit en sa qualité de piémontais et demande en conséquence la radiation de
son nom de la liste des Emigrés, sa réintégration
dans la possession et jouissance de ses propriétés et
une juste indemnité, des meubles et effets qui sont
passés au profit de la République.
L'Administration Centrale du département des
Alpes-Maritimes, considérant que M. Charles Valperga, comme piémontais, n'habitant Nice que pour
cause de son emploi, n'aurait jamais dû être porté
sur la liste des émigrés du département.
Que le seul motif qui a pu déterminer le général
d'Anselme à lui ordonner de partir de la ville de
Nice, ne peut avoir été que la susdite qualité de
piémontais.
Considérant enfin, que comme sujet du roi de
Sardaigne, il est dans le cas de jouir de l'article i,r
de la loi du quatorze nivôse an troisième, (} janvier
1795), ainsi que de l'article neuf de la loi du trente
Floréal an quatrième, (19 mai 1796).
Arrête, oui le commissaire du Directoire Exécutif
que le nom de Valperga, ci-devant évêque de Nice,
qui se trouve inscrit sur la liste des émigrés, sera

�— 6i —

provisoirement rayé ; que tout séquestre qui pourrait
avoir été mis sur ses biens sera levé, qu'il sera réintégré dans la possession et jouissance de ses propriétés,
et que toutes les sommes versées dans les caisses publiques, lui seront rendues, déduction faite des frais
faits conformément aux lois.
Fait et arrêté* en séance publique le jour, mois et
an que dessus.
Signé : Donny, président Payani, fils, Scudéry,
Oberti, Hancy (et en marge Gastaud commissaire
du Directoire Exécutif).
Certifié conforme à l'original par nous président
et secrétaire de l'Administration centrale du départemeni des Alpes-Maritimes.
DONNY, président
BELMONDI, sec. chef au bureau des émigrés.
Arch. Nat. F 7 4867 2

ACTE DE CAUTIONNEMENT
Pièce 10.

11 fructidor anV (2&amp; août 1797)
LIBERTÉ ÉGALITÉ
Ce jourdTiui 11 fructidor an 5 de la République
française une et indivisible (28 août 1797) par devant nous, membres composant l'Administration
centrale du département des Alpes-Maritimes, est
comparu le citoyen Joseph Passeron, natif de Contes,
chef-lieu de canton, domicilié dans cette commune,
procureur fondé de Monsieur Charles Valperga, cidevant évêque de Nice, en vertu d'acte de procuration du 20 juillet et premier août 1795 (v. s.) lequel
en sadite qualité, dépendamment à l'arrêté de cette
administration du quatorze prairial an cinq (2 juin
1797) portant que le nom de Valperga, ci-devant
évêque de Nice, sera provisoirement rayé de la liste
des émigrés, que tout séquestre qui pourrait avoir
été mis sur ses biens sera levé, qu'il sera réintégré
dans la possession et jouissance de ses propriétés, et

�— 62 —

que toutes les sommes versées dans les caisses publiques lui seront rendues, déduction faite des frais
faits, conformément aux lois, désirant de se conformer au porté par l'article 3 de la loi du 5 Brumaire
an 3 (26 octobre 1794) qui exprime que les prévenus
d'émigration seront tenus de donner caution solvable de la valeur mobilier, et ne pourront obtenir
leurs immeubles jusqu'à ce qu'il ait été définitivement statué sur leurs réclamations par qui de droit,
toujours en sa dite qualité a présenté pour caution le
citoyen François Grosson, marchand drapier de cette
commune, lequel ici prése.it et acceptant, s'oblige
conjointement et solidairement avec ledit Valperga
et pour celui-ci ledit Joseph Passeron, et sous l'hypothèque de tous leurs frens présents et à venir, à l'entière exécution de ce qui les concerne en la susdite
loi, et à la représention des mobiliers, effets et sommes à percevoir en dépôt que besoin sera, et quant
aux mobiliers invendus et en dépôt seront soumis
d'en représenter la valeur à laquelle seront estimés
par experts, préalable rémission.
Et nous, administrateurs susdits approuvant lesdits
cautionnement et acte de soumission, à la réquisition
dudit citoyen Joseph Passeron, avons dressé le présent acte que toutes les parties ont signé avec nous,
ayant au préalable fait renoncer audit François Grosson au droit de premier convenir.
Fait à Nice les jours, mois et an que dessus.
Joseph

PASSERON,

François GROSSON,
prés., PAYANY FILS,
MARUN-SAYTOUR, sec. en chef

HANCY, DONNY,
P.

Acte original sur timbre de 20 centime*.
Arch. Nat. F

7 4867^

�— 63 -

CONCLUSION

Il était avéré pour tous, dans la ville de Nice, que Mgr
Valperga était parti contre son gré et si la première Administration départementale, installée au mois de Mai 1793,
l'avait inscrit sur la liste des émigrés de Nice, c'était à la
suite d'une réponse faite par le ministre de l'Intérieur, Garât,
aux questions à lui posées par le Directoire des Colons Marseillais sur la conduite à tenir vis-à-vis de l'évêque.
Les questions avaient été envoyées à Paris, vers la fin
de Février 1793, et la réponse du ministre ne parvint à Nice
qu'au milieu de juin suivant, soit quelques jours avant la
publication de la liste des émigrés. Les réclamations de
l'évêque, retiré à Turin dans sa famille, furent présentées
le 22 juillet 1793 (1) ; mais comme beaucoup d'autres, elles
s'entassèrent dans les bureaux du Département, qui n'y
répondit même pas.
Cette réclamation fut présentée au nom de l'évêque par JeanJacques Donny au Département. lîlle figure en original au dossier
Valperga.
Voir ci-dessus.
Le registre des délibérations du département manque aux Archives pour les derniers mois de 1793, exactement du Ier mai au 10
Novembre, comme pour les six derniers mois de 1797 et l'année entière de 1798, exactement du 8 Messidor an V (26 Juin 1797) au 25
Pluviôse an VII (13 février 1799).
C'est-à-dire pour les deux périodes les plus troublées et cette
disparition est tout au moins étrange.
Elle doit être vraisemblablement attribuée à certains hommes
politiques désireux de laisser dans l'oubli leur conduite durant ces
deux époques.

�- 64 On était dans la période la plus aiguë et, en pleine
Terreur.
Après le 9 Thermidor et, surtout après la venue à Nice
du représentant Beffroy, au mois de Floréal, an III (Mai
I795)»
les esprits devinrent plus calmes, les administrations plus pondérées. C'est alors que, sur de nouvelles demandes présentées au District, et sur avis favbrable de
celui-ci, le département des Alpes-Maritimes accorda à Mgr
Valperga sa radiation provisoire, le 14 Prairial, an V (2 Juin
1797). Comme on le voit, l'affaire avait traîné en longueur.
Il semblait alors que rien ne s'opposait plus à la rentrée
de l'évêque : le 11 Fructidor, an V (28 Août 1797), le Département avait agréé la caution de François Grosson (1) ;
les biens de l'évêque allaient lui être rendus, et il pourrait
rentrer.
Mais huit jours après, le coup d'Etat du 18 Fructidor (4
septembre 1797) remettait le pouvoir aux mains des Jacobins, la guerre aux émigrés et aux ecclésiastiques, en particulier, reprit avec âpreté. Pe département des Alpes-Maritimes se vit accusé d'avoir préparé une rentrée triomphale à l'évêque, son arrêté du 14 Prairial resta sans effet
et, en vertu de la loi du 19 Fructidor (5 septembre), les
scellés furent de nouveau apposés sur les biens de Mgr Valperga par deux commissaires municipaux (2).
En vain, l'évêque de Nice, fit intervenir auprès du Directoire Balbi, l'ambassadeur du Roi de Sardaigne à Paris,
le dossier de sa demande en radiation fut examiné sans
aucune bienveillance.
(1) L/Acte original de ce cautionnement sur timbre est aux
Arch. des Alp.-Maritimes Q. 10.
(2) Mise de scellés sur les biens de Charles Eugène Valperga par
deux commissaires de la municipalité de Nice. Une scéance, 6 livres.
Dépense approuvée par le Département, en Germinal an VI (avril
1798). Arch. des A. M. Q. 11.
Mgr Valperga ne possédait à Nice aucun immeuble et il devait
rester fort peu de chose de son mobilier après la vente qui en avait
été faite en Ventôse an III. La bibliothèque de l'évêché avait été déclarée bien national et la caisse diocésaine avait disparue en octobre 1792
sans laisser de traces dans les pièces administratives. Le séquestre
a été apposé sur les biens de nombreux émigrés rayés provisoirement.
On peut en voir la liste aux Archives des A. M. Q. 10, où Valperga
figure sous le N° 65.

�- 65
Á la suite de la lettre de Balby datée de Paris le 7 février
1798, le ministre de la police demanda à ses Bureaux un
rapport sur l'affaire Valperga. Pe voici tel qu'il se trouve
en minute au dossier.
Attendu que rien ne tend à constater le prétendu ordre
de quitter Nice, d'où il suit qu'il faut en croire sur parole
l'émigré.
Qu'à raison de son domicile, il était tenu de rentrer sur
le territoire dans les délais voulus par les lois.
Qu'il est atteint par la déchéance et n'a réclamé que
l'an V.
Qu'il ne paraît pas y avoir lieu de violer la loi en faveur
de cet ex-évêque dont la rentrée prohibée par la Constitution serait d'une influence dangereuse.
J'estime qu'il y a lieu à proposer la maintenue sauf
à prendre des renseignements si toutefois on les trouve
indispensables.
CAIGNART,
Sous-chef (2e Bureau).
En tête de cette minute est écrit :
« Je pense qu'il y a lieu à instruction et à prendre
des renseignements près les Administrateurs du département_des Alpes-Maritimes. »
Signature illisible (1).
Ces renseignements furent-ils demandés ? C'est probable et cela explique que bien des pièces du dossier Valperga sont en double expédition. Plus d'une année s'écoula
encore, avant que fut prise une décision et finalement sur
un rapport défavorable de la Commission d'examen instituée près le Ministère de la police pour l'étude des demandes en radiation, le Directoire exécutif signa le 7 Floréal
an VII, (26 avril 1799) un arrêté qui maintenait définitivement, sur la liste des émigrés, Mgr Valperga et annulait
toutes les décisions rendues antérieurement, en sa faveur,
par les. autorités locales.
(1) Arch. Nation. F 7 4862 2 dossier Valperga. Rapport de la
3 me Division du Ministère de la police, sans date mais joint à la
lettre de Balbi.
»

�- 66 -

Varrêté du Directoire parvint à Nice les premiers
jours de Prairial an VII (Mai 99) et fut immédiatement
mis à exécution. (1).
*

* *

Ainsi donc Mgr Valperga expulsé ne put jamais obtenir
de rentrer, les lois sur l'émigration étaient tellement embrouillées et tyranniques qu'une fois inscrit sur une liste
d'émigrés, il était extrêmement difficile de s'en faire rayer
malgré toutes les démarches ; car on se heurtait sans cesse
à des questions de forme et de procédure ce qui permettait
à la malveillance de s'exercer tout à fait à l'aise sous le
couvert de la légalité.
A. J.

PvANCE-BOURREY.

(1) De 21 Floréal an VII (10 mai 1799), il fut communiqué
par le ministre de la police générale de la République aux diverses
administrations intéressées et aux Commissaire du Directoire exécutif
près le département des Alpes-Maritimes. Celui-ci par lettre du 3
prairial (22 mai 1799) demanda au Département de le transmettre
à la Municipalité de Nice, ce qui fut fait le même jour avec ordre
de le transcrire sur ses registres, de faire apposer les scellés ou séquestre sur tous les biens meubles et immeubles de l'évêque si ce
n'est déjà fait, et de mi notifier sans délai la décision prise à son égard.
Voir lettre du Département à la Municipalité, celle du Commissaire au Département, 3 Prairial an VII avec la réponse du Département 4 Prairial.
Arch.. des A. M. Q. 1 et 2 et Arch. Nationales, dossier Valperga,

�NIÇA LA BELLA
VERS DE /.

Giordan,

su

DE CARTA POUSTALA

Ai rai dôu nouostre bouon soulèu
Venon s'escaufar toui lu lùssi ;
Es un meravihous tablèu,
Ai rai dôu nouostre bouon soulèu,
Trouvas, dou Var fin au Castèu,
Anglés, Rouman, Danesi, Rùssi :
Ai rai dôu nouostre bouon soulèu
Venon s'escaufar toui lu lùssi.
Pèr tu, as touti li bèuta,
Terra de lus e d'alegria,
D'un ciel d'azur, as la clartà,
Pèr tu, as touti li bèuta.
De l'univers, en verità,
Siès la uechièma meravia ;
Pèr tu, as touti li bèutà,
Terra de lus e d'alegria.
Dintre lou tèmp, Semiramis
Faguet basti, à Babilouna,
Pu siéu jardin, vèr paradis !
Soubre Paioun, degun s'estouna
De vèire, ancuèi, lou paumoulié
Drissar au ciel la siéu coulouna
E lou galofre, e l'anemouna
Flouri emb'au pourtegalié.
De bouon matin, quitant maioun
Pèr la journada touta'ntiera,
S'en va lavar, dintre Paioun
Pa bugadiera.
D'un glourious passat es fiera
Perqué, d'un tèmp, sus lou bastioun
Au Turc, arranquèt la bandiera
Pa bugadiera.

�fet 68 —

Sau de fouora fa freï,
Que brima,
A Niça, sus lou Quèi,
Si rima.
Pescadou, fourestié,
De la mar bressarella,
Escouton voulountié
Pa doussa cantinella.
L'AVOUCAT

PATTA

L'estudi de l'avoucat Patta es en plen aria ; si tèn lou matin
couma lou predinà su la plaça dôu Palai. Es un ome pichounet,
touplen raplot, li pocha enfli de papiè de touta mers. En lu vièi
quartiè es proun counouissut e li capelada, « Bouonjou Moussu
l'Avoucat », noun li mancon. Es ben m'ai juge, proucuradou, etc.
Lu siéu ounourari soun bouon pati e n'a de preferença pèr
qu si sigue. Parla au premier maufatan vengut, couma se fousse
un agnèu que vén de naisse ; lou créancier o lou débiteur soun
tratat su lou même pen... basta que mouson...
L'avoucat Patta es de noutarietà reputat pèr un ome judicious, òunest — au noun si flata de l'estre au jou d'ancuei ; —
finda counouisse, es en relacioun d'afaire emê de gros persou nage que dintre la finança dôu siéu coumerce, soun quasi d'usurari. Sau menajar la cabra e lou caulè ; e pèr que la mouneda
noun li escapa si desbrouïa e si mete dôu cousta dôu manche...
d'aquéu que casca lou de mai...
Acò fa que toui lu matin que lou Bouon Diéu a fach, la siéu
doumestica mete toujou quaucaren au fuec. Lou dimeneghe, coum'un bouon crestian, — tartufaria que lou pauva, — va audi la
gran'messa à Santa Réparada, fa la siesta e à la calada dóu soulèu,
passeja su lou Cours, pastrouia, fa lu cent pas, noun parla que de
lei, proucès, citacioun, ensin alestisse lou travail dôu dilun...
Lendeman empastra ben d'afaire, mete facilamen en lou sac
Moussu Tout'Un emé Moussu Tout'Autre... En éu que li pòu
faire ?... lança dapertout lou broumech, tant pis pèr aquéu que si
laissa agantar. Quaranta sóu es lou près d'atac e vous pregui de
crèire que douna pas la siéu journada pèr doui o tres escut.
L'avoucat Patta counouisse l'usança dôu païs... s'avès touort,
vous rouïa, s'avès pi rasoun, v'espia... Que voulès aima manjar
lou pei, lou pei que noun aiguë d'espina...
JULI EYNAUDI.

�-«9VA

MAU ! !

Va màu, cresé-vous, que va màu 1
En l'orizoun lou voile negre
N'es qu'un gran camp cargat de pebre,
Qu'à pala lou jeten davan,
Avuglan finda lu cavau 1
Lu canoun soun su li frountièra,
Alignât couma de barriera,
N'esperon plus que lou signàu !
Lou soulèu, aquel animàu !
Stan, noun vòu levà la vela,
Si foundon couma des candela
Enb'aquèu coust dôu diàu !
Le Giacouuda à cóu de d/stràu
Li fan petà li sièu moulura...
Ah ! dèu faire bella figura
Se l'an foutuda en quauqua tràu
Lou pan crèise, finda la sàu,
Lou sucre dintre li boutiga
Mounta ben mai que de boufiga !
Van jusque crèise lou rampàu
E la pèu que fau lou tambau ;
Metran de drech su li nourriça,
Su lu chichi, su li saucissa,
Perqué pas soubre lu magàu ?
E lou Prussian, marrit bertàu,
Noun sabon fa que de babïa,
Per lou Maroc e l'Algèria,
Se faran mètre lou mourràu !
Li serreren toui lou pourtàu
E pi veiren touta la França
Davan la sieù grossa arougança
Se noun si sau garda li clàu !
Es de rima d'un manechàu,
Ma sien d'estiéu, vesin, vesina,
Li passeres en la resina
Avant que vegon l'espitau !
CHARLES CIAUDO

�Valère Bernard
Tout en heurtant le marteau contre la porte de M. Valère
Bernard je songeais. Je me suis complu dans le plus souriant
mépris des idoles. L'ironie a tremblé sur mes lèvres quand
la Provence a dans un ravissement de joie acclamé le poète de
Maillanne. Cette mascarade d'apothéose me répugnait.
Et maintenant la curiosité me fourvoyait dans le studio
d'un consciencieux artiste que les felibres couvraient de gloire.
Elève de Puvis de Chavannes M. Valère Bernard pasticha le
Maître. Mais vite il eût l'intuition qu'à se perdre dans les sentiers
battus il courrait risque de compromettre son crédit. Il dit
adieu à Paris et vint dans Marseille, l'opulente cité.
A cette époque vivait un exquis écrivain, J. Lombard. Il venait de publier deux œuvres d'une grandiose beauté, VAgonie et
Bysance. Dans un style étrangement tourmenté il contait les
luttes entre les factions d'Orient, illuminant son œuvre des
splendeurs bysantines.
Valère Bernard vit Jean Lombard, et du même coup les belles
au bois qui dormaient en son âme s'éveillèrent. Il délaissa les
études académiques, les pastiches sans vie, et d'ardentes couleurs
chargèrent ses toiles.
Voici le triomphe des rois Babyloniens. Sur les voûtes d'un
palais impérial passent des gardes étincelants dans la pourpre et
la soie. L'or envahit les hautes colonnes de jaspe bleu. Involontairement on pense aux fantastiques demeures hantées par des
fées émeraudes et des princesses aux perversités troublantes.
Et je m'imagine que le peintre était sous le charme de la
légende quand il a peint cette courtisanne qui sourit à son miroir tout en jouant négligeamment avec sa chevelure d'or. Et
puis passent Venise la rouge, Marseille enveloppé dans la poussière d'or du crépuscule, des motifs à la Watteau peints par un
bysantin, toute une apothéose.
Mais une idée m'obsède, tandis que dans la grise clarté d'un
soir automnal s'éteignent les fauves éclairs jaillis de ces radieuses
toiles. L'idéalisation du passé me paraît cruelle. Les générations
endormies dans la Mort ont eu leurs misères/leurs rancœurs, je
pense qu'il est absurde de s'écrier avec Musset « qu'aux temps
jadis tout était heureux jusqu'aux douleurs humaines. » En vain
l'apostat s'attriste-t-il sur les vieillards immortels de l'antique

�- 7i

—

lonie, â ses oreilles résonnent les paroles de l'Hiérophante : « La
Helladi que tu aimes n'a jamais existé ».
Mais M. Valère Bernard brise ma rêverie, et mes yeux se
portent.sur des portraits appendus au mur. Profils d'espagnol ou
d'américain mitigés d'espagnol, comme on en croise maintes fois
sur la Cannebière.
Homme universel ne puis-je m'empêcher de m'êcrier. M.
Valère Bernard sourit. Il siérait dit-il, à mi voix, de se développer en profondeur. Toutefois il est beau de se dire sur le
tard de sa vie que l'on a fait vibrer toute son âme. Ici le maître
rejoint Néron. Il m'aide à comprendre cet inquiétant empereur.
Mais encore faut-il que tout en étant l'homme universel on ne
sombre pas dans la banalité. De méchantes œuvres d'art peuvent
avoir leur prix.
Une idée se lève devant moi. Labruyère me petsuade que
l'honnête homme de Pascal propre à tout en définitive n'est propre à rien. La spécialisation inintelligente, mène à l'erreur, j'en
conviens, mais en fait elle est une loi générale.
Et ceci est pour me plaire, car j'abhorre dissiper mon énergie,
j'aime le repliement, la frissonnante pudeur qu'effarouche les
vaines ostentations. Je goûte les peintres du passé et malgré ma
philosophie j'adore les peuples disparus. Volontiers j'implorerai
avec la Cassandre de Schiller la cécité, l'exquise cécité. Le sou
venir a plus de puissance sur moi que l'espoir.
Et sous des deux gris, en des pays étrangers désolants de
médiocrité, il m'est arrivé de pleurer plus amèrement que ne
pleura Xerxès aux rives d'Abydos.
J. PADOVANI.
PROUVERB1, BOUOI MOT, COUNSÈU E DICH
Vèuva que si marida,
Dèu perdre la lus e l'audida.
Fiha madura,
Lou pouorta à la centura.
En cuntant su lu det :
Aquéu a fa l'óu ;
Aquéu l'es anat cercar,
Aquéu l'a fa cuèire,
Aquéu l'a manjat,
E lou pichoun n'a ren tastat !

�— 73 —
LE

DÉSESPOIR

Oui, j'ai la mort dans l'âme ; oui, je monte au calvaire ;
Mon horizon, hier si beau, s'est obscurci ;
Je hais tous les devoirs et tout ce qu'on révère :
Mieux vaut mourir que vivre ainsi !
Puisque je n'y puis rien ; que la raison humaine
Ne gagne plus un cœur où mon cœur est entré,
Je veux briser mes jours comme on brise une chaîne
Et m'enfuir en désespéré.
Qu'est-ce donc que la mort ? C'est la paix éternelle,
C'est un beau drap de fleurs sur mon sein endormi,
C'est la nature calme, auguste et solennelle
Qui nous prête un repos ami.
O nature de Dieu contemple ma détresse !
Ecoute tout mon sang dans mon cœur s'épancher
Et, puisque je n'ai plus le lit de ma maîtresse,
C'est au tien que je veux coucher ;
C'est toi la grande mère et la nourrice immense !
L'homme au sort le plus âpre et l'homme au sort plus beau
Retrouvent dans ton sein leur part de ta clémence :
L'un l'amour, l'autre le tombeau
Tu sais, toi qui vois tout, ce qu'ici bas je souffre,
Que je n'ai point béni l'instant de mon réveil
Et que j'ai regardé, toujours, du fond du gouffre,
Les bords ou brillait le soleil ;
Que je n'ai bu jamais que dans la coupe amère,
Que le seuil du bonheur me fut toujours fermé,
Que j'ai perdu mes fils, que j'ai perdu ma mère
Et tous les cœurs qui m'ont aimé !
Maintenant je m'en vais, battant du front, comme ivre,
En proie à ce grand deuil qui me courbe en vainqueur,
Et je veux déchirer ma vie, avec le livre
Des chastes sanglots de mon cœur ;
Et toi, rayon divin, génie, ardent délire,
Flambeau qui n'iras plus briller sur son autel,
Eternise du moins ces larmes de ma lyre
Et que mon cri soit immortel !
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Epato (Grégori)
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Cicle soulari
17 Setèmbre
Endicioun roum
10 Desembre
Letra doumenicala
G F
LI QUATRE

8,
7,
20,
20,

10
9
22
22

e
e
e
e

11
10
23
23

SESOUN

Lou printèms coumença lou 21 mars
L'estiéu
—
— 22 Jun
L'autoum
—
— 24 sept,
L'iver
—
— 22 dés.

à 6.55 m.
à 2.36 m.
à 5.18 m.
à 11.53 m.

dôu sera
dôu sera
dôu matin
dôu sera

FESTA MOUBILI

Septuagesima... 12 Fébrié
Cendre
21 Febrié
Pasca
7 Abrieu
Rougacioun 21, 22, 23, 24 Mai
Ascensioun
16 Mai

Pantecousta
Trinità
Festa de Diéu
1" Dimenegue de
Ie* Desémbre

26 Mai
11 Jun
15 Jun
l'Avènt

LU ESCLISS!

Souliu.

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ij Abriéu. — Esclissi annulari e coumplet visible

à Paris, en America, en Europa et dintre lou N.-O. de l'Africa.
Coumençamen de l'esclissi à 10,01 dôu matin ; finisse à 1,08
dôu sera.
10 Otitoubre. — Esclissi coumplet invisible à Paris, visible
dintre l'America dôu Sud.
Luna. — 1" Abrièu. — Esclissi parciella visibla à Paris. Entrada de la luna dintre l'oumbra, 9.26 dôu sera; sourtida, 11.03
dôu sera.
26 Setèmbre. — Esclissi parciella, invisibla à Paris, visibla
dintre l'Océan Pacifique.

Jîla providence, %ue de la Préfecture /4, $run, Siàraire

�LU

VÉNT

Lu vènt que souflon à Niça, dintre lou cours de l'armada,
soun au nombre de 16. Vequi li siéu denouminacioun courènti,
pihadi, en general, dai loucalità dei quali parèisson vèni :
Sud
Miejon
Nord... Tramountana
S.-S.-O. Miejou Lebech
N.-O.-E. Grek Tramountana
S.-O
Lebech
N.-E... Grego
O.-S.-O Pounèut Lebech
E. N .E. Levant
Ouest. Pounènt
E.-N.-E. Levant
O.-N-O.V Pounènt Maistràu
E.-S.-E. Levant
N -O . Mastràu
S.-E.... Siroco, vènt marin
N..-N. OMaïstràu Tramount
S.-S.-E.. Miejou Siroc

6
15
25
14
31
24

VIGÍLIA — JEUNI
Abriè
(Pasca, 7 Abrièu).
Mai
(Ascensioun, 16 Mai).
Mai
(Pantecousta, 26 Mai).
Avoust
(Assoumpcioun, 15 Avoust).
Outoubre (Toui lu Sant, Ier Nouvembre).
Desembre (Calena, 25 Desembre).
L'AN NADA RELIGIOUSA

LI FESTA MOUBILI E LI FESTA FISSI
Janvt'è
jYlars
1 Circouncisioun.
1 e 2 Quatre Tèms.
6 Epifania (lu Rei).
3 Reminiscere.
13 Bateja de J.-C.
10
Oculi.
14 Sant Noum de Jesu.
17 Lœtare.
fébrié
24 Passioun.
2 Puriflcacioun.
29 Li 7 Doulou.
4 Setuagesima.
31 Lu Rampàu.
6 Festa de la Pr. de N. S.
11 Sexagesima.
Jîbriéu
13 Coum. de la Passioun.
5 Divendre Sant.
18 Quinquagesima.
7 Pasca.
21 Cendre.
14 Quasimodo.
25 Quadragesima.
28 Patrou. de San Joúsè.
28 Quatre-Tèms.

�Setembre
3 Inv. de la Santa Crous.
13, 14, 15, Rougacioun.
16 Ascensioun.
26 Pantecousta.
29-31 Quatre-Tèms.
1
2
6
9
21
24
29

Quatre-Tèms.
Trinità.
Festa de Diéu.
Festa dôu S. Sacramen.
Sacrat-Couor de'jesu.
Natività de S. jouan-Bat.
SS. Peire e Paul.

8 Natività de la Vierge.
14 Esaltacioun de la Crous.
15 N.-D. dei 7 Doulou.
15 San Noum de Maria.
18, 20, 21, Quatre-Tèms.
29 Dédie, de S. Miquèu.

Ôutoubre
6
13
20
27

Sant Rousari.
Maternità de la Sta Vierge.
Puretà de la Santa Vierge.
Patrounage de la S. Vierge.

J/ouvembre

Juliet
2 Visitacioun de la S. V.
7 Precious Sang.
16 N.-D. dôu Carme.

Jîvoust
6 Transfiguracioun.
15
18
25
25
29

Assoumpcioun.
S. Joachim.
S. Couor de la Vierge.
S. Louis.
Decolac. de S. Jouan-Bat.

1
2
3
21

Toui lu Sant.
Lu Mouort.
Santi Relíquia.
Present, de la Sta Vierge.

2&gt;esembre
1 Avent.
8 Imaculata Councepcioun.
18, 20, 21, Quatre-Tèms.
25 Calena.

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l-fi«

�LA

DÉCIMALISATION

DU

TEMPS ET DES

ANGLES

LA MONTRE DÉCIMALE
Par J. de REY-PAILHADE, président du Comité
pour la propagation des méthodes Décimales.
Le Club Nautique de Nice a offert plusieur fois en prix des
montres décimales aux régates'de 1909. Il était utile de décrire cet instrument, d'y joindre des tables pratiques et des
formules à l'usage des ingénieurs, des sportsmen, des médecins, etc. etc.
DÉCIMALISATION DES ANGLES •
Il est aujourd'hui démontré que la division décimale du
quart de cercle facilite tous les calculs.
Les nouvelles cartes géographiques sont graduées exclusivement dans ce système, devenu officiel en France et dans
d'autres pays. On possède toutes les tables pratiques nécessaires à son essai courant. Nous ne nous étendrons pas
davantage sur cette méthode aujourd'hui enseignée dans les
lycées et collèges.
Nous rappellerons seulement que M. l'amiral Germinet,
membre d'honneur du C. N. N., sous la direction duquel on
fit en 1899 et 1900 des essais de navigation avec un matériel
entièrement décimal, a émis un avis très favorable à la
réforme décimale.
DÉCIMALISATION DU TEMPS
La division décimale du jour décrétée le 4 frimaire an II
rendra aussi de grands services à la science et aux sports.
Principe. — On divise le jour entier en 100 parties égales
appelées cés ; le cé est subdivisé en décisés, ceniicès et millicés
Le cé vaut 14m 24s ou 1T4 d'heure environ ; le décicé est égal
lm 26s 4 ou lm Ij2 environ ; le millicé vaut 0S 864 ou 9T10 de
seconde environ.
Concordance des Temps. — On parvient assez vite à dire
instantanément l'heure à 1 ou 2 minutes près en regardant le
cadran d'une montre décimale. Il suffit d'apprendre par cœur
les concordances décimales de toutes les heures.
0,0
0
50,0

4,2
1
54,2

8,3
2
58,3

12,5
3
62,5

16,7
4
66,7

20,8
5
70,8

25,0
6
75,0

�25,0
6
75,0

29,2
7
79,2

33,3
8
83,3

37,5
9
87,5

41,7
10
91,7

45,8
11
95,8

50,0
12
100,0

Les heures sont au milieu, les concordances des heures
du matin en haut, celles du soir en bas. Ainsi 10 heures du
matin valent 41.7 cés (énoncer 41 cés 7 décicés) et 10 heures
du soir valent 91,7 cés.
Gomme 1 cé vaut presque lj4 d'heure et un décicé une mi •
nute 1]2 ; en partant des concordances du tableau, on dit
l'heure instantanément, ainsi 39,9 cés valent 9 h. 36 m. du
matin. Un ou deux jours suffisent pour atteindre ce résultat.

Description de la montre décimale ou cémètre. — Il y a 3
aiguilles centrales se mouvant sur un cercle divisé en 109
parties égales, numérotées de 0 à 9. Le 0 cé est en bas, c'est
l'origine des temps, car on suppose la Terre au centre du
Cadran.
L'aiguille dorée avec un soleil ne fait qu'un tour par jour ;
l'aiguille épaisse en acier bleu tourne 10 fois par jour, et la
trotteuse fine fait 1000 tours par jour.
L'aiguille-soleil montre la position de l'astre du jour par
rapport au méridien de Paris, qui va du centre au chiffre 5.

�10 —
Les quatre traits bleus indiquent les positions de cette aiguille
à minuit en bas sur 0 ; — à tì h. du matin au milieu entre 2
et 3 ; — à midi, en haut, sur le 5 ; — à 6 h. du soir, entre 7
et 8.
L'aiguille dorée du soleil indique le chiffre des dizaines
de cés, 2 sur le dessin ; l'aiguille épaisse donne d'abord le
chiffre des cés, 6 sur le dessin, et en comptant rapidement à
l'œil le rang de la division entre 6 et 7, on voit, que cette aiguille marque 3 décicés. Le temps du dessin est donc 26,3
cés correspondant à 6 h 20 m. du matin environ. L'aiguille
trotteuse donne les millicés 83. Le temps est donc 26,383
cés.
» Pour la vie courante, on n'a pas besoin d'aller au delà du
clécicé. On lit les milticés pour les applications scientifiques
et sportives.
Le temps en millicés lu sur le cêmèire facilite tous les calculs, car on n'a jamais de réductions à faire.
Examinons le problème des vitesses a l'heure : Les millicés multipliés par 0,00024 donne des heures et fraction décimale d'heure. Ainsi Ì2345 millicés valent 12,345 -f- 24 =
2 h. 9628.
Par conséquent si L est la longueur parcourue et M le
temps en millicés, la vitesse est

ou t

+ 4166,66...

Ces quelques exemples démontrent que la montre décimale simplifie tous les calculs sans exception.
Les rapports de MM. les délégués officiels aux essais de
la montre décimale faits à Nice, par le Club Nautique, le 26
février 1911, concluent unanimement à la supériorité de cet
instrument pour les usages scientifiques et sportifs.
M. Prim, astronome à l'Observatoire de Nice, représen
tait M. le \iinistre de l'Instruction publique.
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P.
P.
D.
N.

Q,
L.
Q.
L.

lu 8, à 7
lu 14, à H
lu 22, à 7
lu 30, à 10

SOULÈU.

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—

oura
oura
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21
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L. 8 14' — C. 4 42'

dil. Jou de V An

P. Q.
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D. Q.
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1
2
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4
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Lu Rei
6
Dim. S. Lucien
7
dil. S. Apoulinari
8
dim. S. Pèire
9
dim. S. Guiermo
10
dij S. Teodose
11
div. S. Arcada
12
dis. Sta Verònica
13
Dim. S. Ilari
14
dil. S. Maurici
15
dim. S. Ounourat
16
dim. S. Antoni
17
dij. Sta Angela
18
div. S. Sulpici
19
dis. S. Bastian
20
Dim. Sta Agnesa
21
dil. S. Vincènt
22
dim. S. Raymound
23
dim. Sta Jacinta
24
dij. Conv. de S. Pàu
25
div. S. Poulicarpa
26
dis. Sta Devota
27
Dim. Sta Paula
28
dil. S. Francès S.
29
dim.
dim.
dij.
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Sta
S.
S.

TRIMESÏRÍ;

Macari
Genevieva
Tita
Simeoun

dim. Sta Marfina
dim. S. Peire N.
En Janvié
Lou païsan n'a ren

lu 6, à 4 oura 28 s.
lu 13, à 11 oura 38 m.
lu 21, à 4 oura 44 ui.
- L. 7 49' - C. 5 30'

dij. S. Ignaci
div. La Candeliera
dis. S. Blasi
Dim. Setuagesima
dil. SS. Vinc.Oronte
dim Sta Agata
dim. Sta Dorotea
dij. S. Romuald
div. S. Jouan-Matha
dis. Sta Apoulounia
Dim. Sexagesima
dil. Sta Eulàlia
dim. S. Gregori
dim. Sta Eufrasia
dij. S. Onesime
div S. Dounat
dis. S. Simeoun
Dim. Quinquagesima
dil. S. Gabin
dim. Dimars-Gras
dim. Li Cendre
dij. S. Silvan
div. S. Maxime
dis. S. Pascase
Dim. Quadragesima
dil. S. Nestor
dim. S. Leandri
dim. Sta Nourina
dij. S. Nymphas

Plueia de febrié
A la terra vau fumiè.

ZDéSTU-S-bez

NICE

MARS
N. L.
P. Q.
P. L.
D. Q.
N. L.
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1
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lu 23,
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Dim.

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7

1 oura 31 m.
0 oura 02 m.
0 oura 59 m.
1 oura 26 m.
1 oura 38 s.
01' — C. 6 13

S. Eudoxia
S. Simplici
Reminisceri
Sta Cunegonda
S. Casimir
Sta Coleta
S. Jouan de D.
Qaatre-tèms
Sta Margarida C.
Ocali
S. Euloge
S. Gregori
Sta Eufrasia
Sta Matilda
S. Acepsima
Sta Gertruda
Lœtari
S. Apien
S. Jôusé
S. Joachin
S. Lea
S. Turibe
S. Armentari
La Passioun
Anounciada
S. Emanuèu
S. Jouan d'Egt,
S. Gountran
S. Eustase
S. Jouan C.
Lu Rampàu

Lou mes de mars
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lu
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SOULÈU.

1 dil.
2 dim.
3 dim.
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6 dis.
7 Dim.
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21 Dim.
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27 dis.
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29 dil.
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13, à
3
21, à 7
28, à 11

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oura
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37 s.
31! s.
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S. Franç. de P.
S. Richard
Dijàu Sant
Divèndre Sant
Dissata Sant
Pasca
S. Albert, ev.
S. Azada.
s. Isidoro
s. Leoun
s. Juli
s. Justin
Ouasimoi/ii
Sta Anastasia
S. Frutuous
S. Rodolfe
S. Maxime
S. Anselme
S. Teodoro
S. Adalbert
S. Fidèle
s. Jorgi
s. Marco
s. Clet
s. Antime
s. Aimé

s. Roubert
Sta Catarina d. S
SS. Philip. ,Jacq.

Pichouna plneia d'Abriéa
Bouona récolta pèr l'csliéu

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D . Q.
N. L.
SOULÈU.

TRIMÍÎSTRÈ;

MAI

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lu 5,
2 oura
lu 13, a 7 oura
lu 21, à 10 oura
lu 28, à 7 oura
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C. 7 29'

1 dim. SS. Félip. Jaq.
2 dij. S. Atanase
3 div. In.d.l. Sta Crous
4 dis. SS. Sindonis
5 Dim. S. Pio, papa
6 dil. S. Jouan D.
7&lt; dim. S. Peire
8 dim. s. Gregori N.
9 dij. s. Antounin
10 div. s. Isidoro
11 dis. s. Bounifaci
12 Dim. s. Jouan lou S.
13 dil. s. Pouon, m.
14 dim. s. Pacomo
15 dim. s. Sta Denisa
16 dij. Ascensioun
17 div. S. Pascaù
18 dis. S. Teodoto
19 Dim. s. Pèire C.
20 dil. s. Felis.
21 dim. s. Bernardini
22 dim. s. Julia
23 dij Rogaeioun
24 div. s. Vincen, d. L.
25 dis. S. Urbin
26 Dim. Pandecousta
27 dil. S. German
28 dim. S. Cirile
29 dim. Sta Petronïa
30 dij. S. Sylve
31 div. S. Justin
Au mes de mai
Longui semana

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lu 11,
lu 19,
lu 26,

SOULÈU.

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2
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19 dim.
20 dij.
21 div.
22 dis.
23 Dim.
24 dil.
25 dim.
26 dim.
27 dij.
28 div.
29 dis.
30 Dim.

—

à 11 oura 4 s.
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S. Antoui de P.
S. Basilio
S. J.-F. Régis
S. Moudeste
S. Lambert
Sta Olga
S. Gervai
Sta Juliena F.
S. Louis de G.
S. Paulin
Sta Maria d'O.
S. Jouan-B.
S. Prousper
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dim.
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S. Thierry
Vierg.de li Gracia
S. Anatole
S. Pèire de L.
S. Sisoès
S. Elie
Sta Babeta
S. Efrein
Sta Felicita
S. Pio
S. Jouan G.
S. Gene
S. Jaque
Festa Naciounala
S. Enri
N.D.d.M. Carmel
Sta Marcelina
S. Frederic
S. Vincen de P.
Sta Margarida
S. Vi loiSta Maria-Mad.
S. Apoulinari
Sta Cristina
S. Jaque
Sta Anna
S. Pantaleoun
S. Samsoun
Sta Marta
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S. Gnaci de L.

Au mes de Juliet
Ni frema ni coulé.

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I1. Q. lu 2, a 0 oura 29 m.
P. L. lu 10, a 3 oura 58 m.
D. Q. l»i 17, a 1 oura 1.1 s.
N. L. lu 21, a 5 oura 14 m.
IV Q. lu 31, &amp; 5 oura 21 s.
souLÈu, —1.5 or -j&gt;. 8 or

dij.
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4 Dim.
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7 dim
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S. Pèire-aï LS. Alfonso
Inv. de S. Estève
S. Domenica
N. D. dei Nèu
Trausf. de J. C.
S. Gaétan
Sta Batilda
S. Camila d. L.
S. Là u ren
S. Septima
Sta Clara
Sta Filoumèna
S. Ousèbi
Asoumpcionn
S. Roc
S. Mamès
Sta Elena
S. Ipoulita
S. Bernar
Sta Chantai
S. Pio V
S. Filipe B.
S. Bartoumiéu
s. Louis, r. F.
s. Seg'oundo
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D. Q. lu 15, a 6 oura î&gt;l
N. L. Ju 22, a 3 oura 37
P. Q. lu 30. a 0 oura 08
SOULÈU. - - 1. 5 47V— c.

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dij.
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dim.
dim.
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dim.
dim.
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dis.
Dim.
dil.

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Sta Eufemia
Sta Rosalia
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S. Félis
S. Veran
S. A nié
Es. (1. l.S. CtQUS
S. Nicomède
S. Conrneilla
S. Lanbert
S. Tournas V.
S. Janvié
S. Euslache
S. Matiéu
S. Maurici
Sta Tecla
S. Girar
S Firmen
S. Nil
S. iN'icandre
S. \\ inceslas
g. Miquèu
S. Jeromo

Lima setembrina
De mai clarina

MOT »

GRANDE MARQUE RECOMMANDÉE

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:
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7'02'

�- '5 -

Qüa.TRIÍJMí)
OUTOUBRE
P.
D.
N.
P.

L.
Q.
L.
Q.

lu 8,
lu 15,
lu 22,
lu 30,

SOULÈU, — 1.

a
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0
5
1

6 H

oura H m.
oura 46 m,
oura 09m;
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m.

ii

— c.

6 06*

TRIMESTRE

NOUVÈMBRE
P. L. lu
6,
D. Q. lu 43,
N. !.. lu 20,
Q.
lu 29,

r.

SOULÈU. - -

1.

a
a
a
a

4 oura 48
8 oura 20
9 oura 49
2 oura 42
14'

—

c.

5 03'

1 dim. Rosari
1 div. Tout lu Sant
2 dim. S. ■ Léger
2 dis. Eu Mouorl
3 dij. S. Rosari
S. Ubert
4 div. s. Francès d'A. 43 Dim.
dil. S. Carlo B.
5 dis. s. Placido
5 dim. Sta Bertila
6 Dim. s. Bruno
6 dim S. Leounar
7 dil. s. Serge
dij. S. Nestou
/
8 dim. Sta Reparada
8 div. Lu Quatre Incou.
9 dim. S. Denis
9 dis. S. Teodore
10 dij. s. Francès B. 10
Dim. S. Jacintou
11 div. s. Tarasco
11 dil. S. Martin
12 dis. s. Counrad
12 dim. S. René
13 Dim. s. Edouard
13 dim. s. Stanislas
14 dil. s. Calisio
14 dij. S. Pantena
15 dim. Sta Teresa
15 div. Sta Gertruda
16 dim. S. Ospici
16 dis. S. Edme
dij.
17
Sta Edvija
17 Dim. S. Gregori
18 div. S. Luc
18 dil. S. Alfè
19 dis. S. Pèi re
19 dim. Sta Babeta
20 Dim. S. Agrico)
20 dim. S. Edmon
21 dil. Sta Ursula
21 dij. Présent, de la V.
22 dim. S. Filip
22 div. Sta Cecilia
23 dim. S. Teodoret
23 dis. S. Clemen
24 dij. s. Mairloire
25 div. ss. Crespin-Cr. 24 Dim. Sta Flora
26 dis. s. Jouan de K. 25 dil Sta Catarina
26 dim. Sta Pel fina
27 Dim. s. Frumence
27 dim. S. Maxime
28 dil. s. Alfredo
28 dij. S. Sostène
29 dim. s. Narcisse
29 div. s. Saturnin
30 dim. s. Marcel
30 dis. s. Andrièu
31 dij. s. Siri
En ùuloubre
\loii ponorc goûta loti rùare

Tonssan ientra
St A n'driéu lou souorte

« wmmm

DESÈMBRE

s.
m.
s.
ru.

JACK

P. L .
D. Q.
N. L.
P. Q.

lu 6,
lu 12,
lu 20,
lu 28,

SOULÈU, -

1
2
3
4
5
6

i*.

Dim.
dil.
dim.
dtm.
dij.
div.
dis.

8 Dim.
9 dil.
10 dim.
11 dim.
12 dij.
13 div.
14 dis.
15 Dim.
16 dil.
17 dim.
18 dim.
19 dij.
20 div.
21 dis.
22' Dim.
23 dil.
24 dim.
25 dim.
26 dij.
27 div.
28 dis.
29 Dim.
30 dil.
31 dim.

1.

a
a
a
a

3 oura
m.
6 oura 46 s.
4 our;i 40 s.
7 OUI;L 48 s.

7 54' — c.

A vent
Sta Bibiana
S. Francès X.
Sta Barba
S. Bassi
S. Nicola
S. Anbrosi
Imac. Conception
Sta Leoucadia
Sta Eulàlia
S. Damase
Sta Rosélina
Sta Lucia
S, Niçoise
S.
S.
Sta
S.
S.
S.
S.

Mesuiin
Adon
Olimpíada
Gatien
Ciprian
Filogone
Tournas

S. Onourat
Sta Vitòria
Cacha-fuec
Calèna
S. Estève
S. Jouan
SS. Inoucent
Sta Eleonora
S. Sabîn
S. Sàuvestre

Calena aufuec,
Pasca àu j'aèc.

sin -

GRANDE MARQUE RECOMMANDÉE

4 35

�- i6-

�- 17

-I

CROUNICA NIÇARDA
L'ABADÏA DE SAN POUON.— L'ABAT RANCE-BOURREY.
GLOFFREDO.

—

—

PÈIRE

A PREPAU DOU DIALETE NIÇART.

Ben qne pareissènt tardié, VArmanac Niçart s'empressa de
pourtà la siéu febla vous su tout cen que enteressa lou païs, sigue
au pounch de vista istoria loucala, pouesia, tradicioun, sigue
tamben su la taquinanta questioun dóu dialete niçart souvenri
fès pauvada e su la quala lu escritour mouderne soun luen d'estre
d'acordi.
Parlerai finda de M. l'Abat Rance-Bourrey, un beneditin qne
despi quauque an en ça mete à prouflt la siéu erudiciou n a nen
revelà de fach d'istoria inedieh. Se quauqu'un mérita d'estre
laudat es ben éu ; es en éu que VArmanac Niçart tressa la
pamoula de sapiença. En esprimant la nouostra recounouissença,
à l'Abat Rance-Bourrey, fen cen que touplen an denembrat,
vouoli dire de courounà lu siéu travail, frucha de ben de recerca,
dai quali obra sian fier d'avé prestat la prima ajuda. Pouden cità :
lou Discours sur le Monastère de Sainte-Claire de Nice, par Honoré
Pastorelli, publié d'après l'édition originale de Turin 1608, avec
une introduction et des notes ; — "Le Général J.-B.-M. D'Anselme" (Notices biographiques (1740-1792). E aquest'an
l'istorien nen douna — toujou de prima man — YExpulsion de
Mgr Valperga, evesque de Niça, au tèms de la Revoulucioun,
travail anoutat de peça curiouvi que sian urous de pouder metre
souta lu uès dei nouostre letour.
*
* *
Lou fach de l'annada, lou mai marcant, es estat aquéu de
l'Abadïa de San Pouon. Parlon de tout destruge pèr li basti an
siéu luec un espitau Pasteur... UArmanac Niçart es pas Penemic
dóu prougrès, ni men encara dei Bei-Art, ma si fa lou pious dever
de jougne lu siéu esfouors en aquelu dei siéu councitadin quo
l'istoria dóu passat passiouna, pèr que l'Abadïa de San Pouon
sigue counservada e classada couma mounumen istorique. En la
circonstança feliciti M. l'Abat Rance-Bourrey que mé rasoun s'e.s
demoustrat l'ardènt defensour autourisat que counouissen. La
siéu paràula es estada escoutada e lou Préfet de li Alpa-Maritima,
8

'

�— i8 M. de Joly — respetuous dei nouostri tradicioun — en ortie
avertit a proumès que l'Abadïa de San Pouon seria respetada e de
lèu si crusià pèr lou siéu classamen tra lu mounumen istorique.
Dóu resta vequi ce que l'Abat Rance Bourrey nen di su San
JPouon. Counsignen religiousamen li siéu paràula :
« L'Abbaye de Saint-Pons est le plus ancien monument relitgieux existant dans le Comté de Nice. Il y a dou^e cents ans que
sSiagrius y fonda un monastère. L'histoire de ce monastère est
jintimement liée à l'histoire religieuse, civile et économique de la
iville de Nice.
;
« Ce fut à Saint-Pons qu'en 1388 fut'signé l'acte réunissant
le Comté de Nice au Comté de Savoie. Les abbés de Saint Pons
ifurent pris dans les principales familles du Comté : les Badat, les
tLaugery, les Provana, les Lascaris, les Grimaldi, les Martelli, les
;Tournefort, etc. Plusieurs évêques de Nice furent abbés de Saint[Pons, en particulier Barthélémy Chuet (fin du xve siècle) et Jean
, Uriole, son successeur. Un autre abbé, Claude de Seyselle, fut
,évêque de Marseille, puis archevêque de Turin ; d'autres furent
cardinaux, tels Innocent Cibo, neveu d'Innocent VIII et de
f
;Léon X, et Paul Medeci de Cesis dont on voit encore l'inscription
(funéraire à Sainte-Marie-Majeure, à Rome.
:
« A la fin du xvir siècle, l'abbé de Saint-Pons était Pierre
•Gioffredo, le savant historien niçois. Enfin, un abbé de SaintiPons dont les Niçois n'ont pas encore perdu le souvenir, était
(l'abbé Spitalieri de Cessole qui a doté sa ville natale d'un établissement de bienfaisance si justement apprécié. La plupart des
pbbès de Saint-Pons et plusieurs évêques de Nice ont été enterrés
dans l'église ou sous le cloître et dorment aujourd'hui confondus
avec les moines leurs frères qui depuis dix siècles y sont enterrés.
« Les monuments funéraires ont disparu. Le temps a tout
(nivelé à Saint-Pons, singulièrement aidé cependant par la main
ides hommes. On connaît les dévastations commises par
Iroupes de François Ier et de Barberousse, plus tard par celles d
Catinat et par d'autres encore. Après chaque désastre, SaintPons a retrouvé une nouvelle vitalité et il y a à peine trois quarts
de siècle que Mgr Galvano y a fait d'importantes réparations.
;
« Saint-Pons n'est pas seulement une page de l'histoire de
notre pays, c'est un gros volume de cette histoire ; les Niçois
laisseront-ils dire qu'ils sont restés indifférents devant le danger
qui menace Saint-Pons ? Non, ils feront tous leurs efforts pour

�— 19 -

sauver de la destruction un monument qui doit leur être cher...
Je demande d'urgence le classement de l'Abbaye de Saint-Pons,
c'est-à-dire de l'Eglise et des bâtiments claustraux, comme monument historique. »
Lou councours de YArmanac Niçart es aquist. Emé fiertà e
au près de touplen de sacrifici faren respetà l'istoria dóu passat,
la lenga e lu escrich dei orne qu'an ilustrat lou nouostre bèu
pais.
*
* *
Despi quauque tèms, — maladia que reven per intermitença,
— la gran questioun de la grafia niçarda, de l'ourtougrafa, es
messa su lou tapis. De letra soun estadi publicadi, d'autri lou seran, e cresi qu'après ben de charra pèr dire pas gran cauva de
nóu, quasi dirii pèr predicà dintre lou Desert, noun restera
d'aquela discussioun, — Favén déjà coustatat, — pas gran cauva,
ren!... Cadun escrèu à la siéu moda seloun l'esprit dóu moumen,
e serii ben curious de counouisse aquéu que vendria nen dità
une metoda en nen dïen : « la mièu maniera d'escrièure lou
Niçart es la bouona». Discussioun scientifica que pòu passiounà
quauque lenguista, pas mai ; lou mihou es d'escrèure seloun li
letra ditadi pèr la prounouncia. Lou talènt pèr aquéu qu'escrèu
es de si laissà liège, de si faire acapi. Es qu'en en un entan que
frecuenta l'escola primària poudès li demandà autra cauva ?...
Perta de tèms que tout acò, vourria mai s'engenià à recercà lu
viei mot, espressioun, loucucioun courenti que la pous dóu tèms
a rabaïat, dounà au nouostre bèu dialete la coulou que dèu avè,
en respetant lu emprunt que pouden avè fach sigue à l'Italian, à
l'Espagnòu o à tout autre...
Un dialète noun dèu pas estre une lenga scientifica, encara
m en noun còu avè la pretencioun que sigue ouficiela, seria temerari ; lou dialete d'un païs dèu refletà lou caratere d'un'epoca que
lou tèms dèu respetà, enfin escrèure gramaticalamen, un noun
empedisse l'autre, e laissà à l'esprit, au goust lou coumplemen
d'un stile ouriginal, en de frasa councisi que flaton i'auriha.
Aquí fermi la discussioun, risqui de perdre la civada... l'an
que ven, se Diéu mi presta vida, v'en dirai d'autri e couma
d'usança que mi sigue permès de la vous souvetà : Bouona e
uroûva !
L'ARMANAC

NIÇART.

�20 —

LA CIGALA DOU BOUON DIEU
Una cigala dóu Bouon Dieu
Tout l'estiéu
E l'iver en la chambreta, —
L'aiguesias vista la lebreta ! —
Noun vivïa que d'amour
S'assetava su l'ounour;
La cigala cantarela,
Vau chanja de clientela,
Noun es courta d'amatour,
Que li viron tout au tour !
Ma l'ancien de la cigala,
De gros mot ven que s'embala ;
En l'auriha de la maire
Li ven tout aquéu bousin,
Que deja toui lu vesin
Sabon lou long de l'afaire
— Cenqu'as fach m'au tiéu tip ?
Di la maire enrabiada...
Bella Vierge encourounada !
Sera au mancou m'un bouon rie!!...
CH. CIAUDO

PROUVERBI, BOUOI MOT, COUNSÉU E DICH
Tèms d'iver noun ti fidar.
Lu màu dei enfan si garisson soulet.
Cau naisse pèr estre bèu, si maridar pèr estre rie, e mouri
pèr estre brave.
Per aver de raïn, eau caressar la souca.
Agnèu naissut
Vau un escut.
Dansa mihou ventre plen que rauba nova.
L'oumbra dou mèstre engraissa lou cavau.

�LOU MAGOT DE BERTOUMIÉU ISSUGA
O BEN

UNA RAISSADA DE MACAROUN
Conte menloanasqae trouvât dintre d'un armori
de ma nana e que /'Armanac Niçart es tirons de
transcrièure en niçart à Ventencioun dei sièu
fidèle lotour et lelrissa.

Bertoumiéu Issuga, mentounasque de viéia roca, abitava en
coumpagnia de sa mouhié, en carriera dóu Paumoulié. La siéu
frema, malurousamen, era sirnplaria e faia lou siéu desespoir.
Cada matin Bertoumiéu, avant de s'en anà au travail, li recoumandava de noun faire de bestialità. Cou vous dire que toui lu
dissata lou nouostre ome metia en un'armari pertuat dintre la
muraia lou gagne de la semana.
— Bertoumiéu ! pèr qu seria tout aquel argen, demandava
Marioun au siéu marit.
— Es pèr Madjou-long, castagnassa !
*
* *
Un jou Bertoumiéu partet pèr anar à la siéu campagna ;
devia même li restar doui ó très jou pèr souïnar e arousar lu
citrouniè. Marioun souleta matin e sera, s'assetava su lou banquet de la pouorta e faïa de bas... Un predinà veguet un ome
de statura mai que mejana, couma si di, un gran carcan. La
frema de Bertoumiéu lou fissa sensa parpelear, pi pihada d'un'
idea, li diguet :
— Moun bèu Moussu, sias bessai vous Madjou-long ?
Lou merlo pita e noun s'en laissa dire autre, léu li
respouonde :
— Noun vous troumpas pas, bella bruneta, sièu ièu Madjoulong !... Ma perqué mi faire tala demanda ?
Perqué ?... dou moumen que sias Madjou-long, intras su lou
cóu. Li a ja pas mau de tèms que moun marit a mes d'argen
amagat pèr vous...
E sensa mai de ceremounia li remeté lou mandiou dintre lou
quai lu sóu eron groupât. L'ome remercia e la s'esbigna lèu.
♦

* *

�Lou sera, Bertoumiéu arriva, la sièu mouhié li di.
— Sabes, ai vist ancuei Madjou-long !
E l'ome de cridar :
— Malurousa ! — m'en a fach encara una 1
Courre à l'armari, lou mandiou e Pargen, mouis !... Issuga
blastema pica dai pen, es décidât de si desiaire de la siéu frema
Lendeman, dóu téms qu'aissesta durmïa, li cuerbe lu uès emé de
pega de sabatié, pi la pihant pèr la man, la mena dapé dóu CapMartin. Arrivât aqui, Bertoumiéu fa mountar Marioun su d'un
nouguié el'abandouna. La paura, bòrnia, noun sabia doun si
trouvava, ni men encara ce que poudia faire.
En aquéu fra-tèms doui voulur venon s'assetar souta
l'aubre ; après aver abrat quauqui branca sequi pèr s'escaufar, pi
si meton à cuentar lou siéu argen.
La calou faguet delegar la pega que curbia Puès destre de
Marioun e aissesta de cridar :
— E d'un !
Lu voulur, d'estuc, s'isson d'emblée.
— Qu'es acó, diguet l'un.
— Un matagan, faguet l'autre.
La calou seguia á faire lou siéu efet pau à pau durbia Puei
senec.
— E de douî, diguet Marioun.
Dóu cou lu voulur escapon, laissant Pargen espantegat soubre
Perba.
Marioun coumença à li veire clar, cala da l'aubre e ramassa
Pargen, pi lèu s'en camina vers maïoun...
Lou sièu marit, pensierons, era assetat dapè dóu fuec, s'escaufant, fumant la sièu pipeta emé beatituda...
— Bertoumiéu !... o Bertoumiéu !... duerbe-mi, siéu iéu,
Marioun...
— Vai au diàu que ti pihe... ièu que cresii de m'en estre
despegouït...
Ma Marioun, toujou picava, un cóu noun asperava l'autre...
L'ome fenisse per li durbi...
— Ten ! regarda cen que ti pouorti.. . e Marioun pauva lou
sac su lou toulié. ..
Bertoumiéu, entartugat, cuenta Pargen e réfléchisse ; — Marioun es simplaria e deman la vila saupra Pistoria de la fouré . ..
Cóu que Bertoumiéu si dispegouïsse pèr empedi li marridi lenga
de bavar...

�— 23 —
Si mete la vesta, lou capèu e souorte fermant la pouorta i..
Faïa nuech dintre la carriera, ma sensa pena s'encamina
vers una boutiga e croumpa pèr mai de dès kilo de macaroun...
Ientra au sièu e di à la sièu mouhié de si metre au liech.
En tant que Marioun durmïa, Bertoumiéu fa bui lu macaroun, pi lu espantega su lu aubre dóu jardin... Lendeman de
matin la siéu frema, desveiada, si mete à la fenestra...
— O ! Bertoumiéu ! Bertoumiéu ! Vene un póu veire!... O
trest ! vè, a plougut de macaroun !...
— O vai fantauma !... n'as toujou una. .. Ten ! ten !... ma
es ver !...
*
* *

A quauque tèms en ça, Bertoumiéu l'avia previst, Marioun
countet à toui que lou siéu ome noun li picava plus, despi lou
jou qu'ela li avia pourtat de sac plen d'escut...
Lou juge aiguent audit parlar de l'afaire, mandet sounar
Bertoumiéu devant lou tribunal ; la siéu mouhié era estada
citada couma testemoni.
Lou juge. — Bertoumiéu, sias acusat d'aver gardât d'argen
que noun era vouostre.
— Iéu !... Ma moussu lou juge, lou negui ; sièu couma
sabès un travaiadou.. .
E Marioun de dire.
— Noun negar, Bertoumiéu, sabés ben qu'es ver ; es iéu en
persouna que t'ai pourtat la mouneda, qu'avii trouvât en la
fouré.. .
Lou juge. — Anas brave ome, noun negués.. .
— E quoura lou m'as pourtat ?... — Vous juri, Moussu lou
juge, que la miéu frema es fouola !...
— E lou sabes ben, Bertoumiéu, es lou jou que plouguet tant
de macaroun !
— Moussu lou juge aves jamai vist ploure de macaroun ?...
— Jamai ! moun beL amic respoundet lou juge que si tenia
lou ventre dóu rire — Amie, vèu que la vouostra frema es
fouola. .. sias aquitat !...
Bertoumiéu si retira emé Marioun... Noun aigueron plus
de disputa e vieugueron, pareisse urous e pèr longtèms !...
J. E.

�CANSOUN ANCIENNA

PÈR LOU

N'aurias pas vist la miêu fiha
Trin-trin
Lou galerin
A'aurias pas vist la miêu Jiha
Trois-wtrois
Le fils du roi
L'ai vista e l'ai baïada
Trin-trin
Lou Galerin
L'ai vista e l'ai baïda
Trois-trois
Le fils du roi.
Douna-mi la miêu fiha
Trin-trin
Lou galerin
Douna-mi la miêu fiha
Trois-trois
Le fils du roi.
Es aqnela la vouostra fiha
Trin-trin
Lou galerin
Es aqaela la vouostra fiha
Trois-trois
Le fils du roi.
La miêu fiha era pas lernia
Trin-trin
Lou galerin
La miêu fiha era pas lernia
Trois-trois
Le fils du roi
La miêu fiha era pas lua
Trin-trin
Lou galerin
La miêu fiha era pas lua
Trois trois
Le fils du roi.
N'es ni guercia ni poutinouva
Trin-trin
Lou galerin
N es ni guercia ni poutinouva
Trois-trois
Le fils du rois.

MAI

�La miéu fiha n'es pas borni a
Trin-trin
Lou galerin
La miêu fiha n'es pas bornia
Trois-trois
Le fils du roi.
Noun faïa pas belugueta
Trin-trin
Lou galerin;
Nonn faïa pas belugueta
Trois-trois
Le fils du roi.
La miêu fiha n'es pas emberrida
Trin-trin
Lou galerin
La miêu fiha n'es pas emberrida
Trois-trois
Le fils du roi.
La m iéu fiha n'es pas pigada
Trin-trin
Lou galerin
La miêu fiha n'es pas pigada
Trois- trois
Le fils du roi.
La miéu fiha noun es pas ranga
Trin-trin
Lou galerin
La miéu fiha noun es pas ranga
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha noun es pas louorla
Trin-trin
Lou galerin
La miéu fiha noun es pas touorta
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha n'es pas crouoada
Trin-trin
Lou galerin
La miéu fiha n'es pas croavada
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha n'es pas gibouva
Trin-trin
Lou galerin
La miéu fia n'es pas gibouva

�— 26 —
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha noun es foularana
Trin-trin
Lou galerin
La miéu fiha noun es foularana
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha n'es pas ingourda
Trin-trin
Lou galerin
La miéu fiha n'es pas ingourda
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha a pas lou peu de pi g nu
Trin trin
Lou galerin
La miéu fiha a pas lou peu de pig nu
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha noun es narvelouua
Trin- trin
Lou qalerin
La miéu ûha noun es narveloiwa
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha noun a la rougna
Trin-trin
Lou galerin
La miéu fiha noun a la rougna
Trois trois
Le fils du roi.
XXX.

PROUVERB1, BOUOI MOT, COUNSÈU E DICH
Qu duerme ben noun cregne li niera.
Qu vè pissar e noun pissa, crêpa de malícia.-'
Qu douna soun ben avan de mouri
Mérita de pati.
L'amour es lou paradis dei fouol.
L'amour es .la flou de la jouinessa.

�LA MOUORT DAU PAURE TOUNIN

Lou paure Tounin, malàut a setant'an, si presenta à l'espitàu
ma li respouondon que li a plus de plaça.
— Coumplet ! ! !
Quauqu'un li fa capi qu'em'un pau de proutecioun li pourria
intrar. Countrariat dei pas que cóu faire, Tounin vira lu taloun e
s'encamina vers la plaça Massena, piha lou tram, si rende da
Graugnard, à l'espitàu dei can, e li di :
— Moussu lou Veterinari, cresi d'estre un pau mai qu'un
can ?... En aquéu cas souîna-mi...
— Vous souînar aici, ma brav'ome perdés la testa. — Basta,
li di que n'a pas de liech pèrcourcar un crestian, que noun douna
de souin qu'ai bestia !...
Tounin, couma pensas, s'en souorte m'au couor gros e noun
sau plus à que sant si recoumandar. Era aqui au mitan dóu
camin, quoura en aquéu moumen arriba un landau, doun cala
una grossa dama, encapelada, aurias dich un ver foungi, segada
d'un varlet que pourtava religiousamen un can enfeloupat emé de
favour rosa au couol, tapat d'un tapis em'ai iniciala. En veèn
aquéu tablèu lou paure Tounin si lamenta, sangluta fouort.
— Qu'avès lou miéu brav'ome, li di la dama.
— Cen qu'ai Madama ?... trovi que lou vouostre can a mai
de chança que iéu. Li a cinquant-cinq an que travaii, pèr la premiera fès que siéu malàut, noun soulamen mi refuson à l'espitàu
dei estre uman, ma encara mi vèu picar la pouorta au nas èn
aquéu dai can.
— Quevoulès, lou miéu paur'ome, ai fach un vout de mimetre
à la Soucietà Proutetriça dei Animau, de pourtar touti li miéu
ecounoumia à la Caissa de secours pèr soulajar lou sort dei bestia.
Lou fau talamen ben, que vouguessi ben vous dounar un sóu
que pourii pas.
La dama li vira l'esquina e ientra couma un coupa-cisèu da
Graugnard. Tounin roumougna :
— Se ti veguessi en un cantoun ti dounerii mancou un gotou
d'aïga !... vièia sansuga !...
Tounin estrassinat, deble s'alonga un pau plus en là, su d'un
mouloun de peira. Quauqui oura après, couma soufrisia, n'ai-

�guènt ren en l'estomegue depi l'auba, coumençava d'aver lou
rangouioun, quoura passet un canipiè que li diguet :
— Que fès aquí, brav'ome ?
— Couma veès siéu aqui pèr tirar lu patoun. M'an refusat â
l'espitàu, même en aquéu dai can, noun mi resta que de mouri
su d'un mouioun de peira. — Avès un carnet su lou quai enregistras lu fach dóu jou, farias ben de li aloungar lou miéu testamen que poudès mentuar couma acô :
— « Bouon Diéu, se mi fes passar encara une fes sur la terra,
fe-mi naisse can au mancou, li aura une Soucietà Proutetriça dei
Animau que si crusira de iéu e pourrai estre amès en un espitau,
estre souïnat, faire bouona vida, menar une vida de can... »
ANT. ROLAND.

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VIGNE
A M. VALÉRE BERNARD.

Dans le ciel doux la Vigne ètreint les pals de buis.
Sous le pampre le merle alourdi des falernes
Tourne son col gris vair et ses paupières lemes
Qu'argenté la blancheur des immuables nuits.
O / fraîcheur, 6 beauté des Igs et des iris,
Que la Vierge éblouie avec les marjolaines
Cueille le soir venu aux vasques des fontaines
Pour colorer en fête, au crépuscule, l'Euis.
Narcisses, ébeniers, œillet et sensitive
Ah ! Versez en mon âme attiédie et pensive
L'orgueil qui souleva les clairs olympiens.
L'amour qui rafraîchit les Madones pieuses
Et qui vêt de clarté les snls athéniens
Et les ravissements des époques heureuses.
JEAN

PADOVANI.

Quauque souvèt :
Vous souveti la bouona annada.
Que siegue mihau que la passada.
Vous souveti la bouona annada acoumpagnada de touplcn
d'autri.

�Eglises et Chapelles de Nice
La vieille ville de Nice se trouvant sur la rive gauche du
Paillon, pour parler de ses églises, nous commencerons par son
église cathédrale, Sainte-Réparate, vierge et martyre, de celles du
canton Est, et en traversant la rive droite nous nous occuperons des paroisses du canton Ouest.
I. — L'Eglise Cathédrale du Diocèse de Nice est la paroisse
de Sainte Réparate, vierge et martyre, sous l'empereur Decius en
253. Sa fête est le 8 octobre. Cette église est au centre de la vieille
ville (8.500 âmes), Avant 1531 la Cathédrale était près du Donjon, plateau de Nice, et dénommée : Sancta Maria in platea,
dédiée à N. D. de l'Assomption. L'édifice actuel, dans son genre,
ressemble beaucoup à Saint Pierre de Rome, au Vatican. C'était
auparavant une simple église paroissiale
desservie par
les Bénédictins du Monastère de Saint-Pons, près Nice.
Dans son ressort se trouvent l'ancienne église de Saint
Jaume (Saint Jacques apôtre), jadis des P.P. Carmes, fermée
depuis 1903. Après le transfert du titre de paroisse à l'église de
Saint Juste, évèquc, au Gesu, elle fut placée sous la vocable de l'Annonciation de la Sainte Vierge, ainsi que la belle Eglise de la
Miséricorde, sur le Cours Saleya, jadis de Saint Gaétan, fondée
e
par les P.P. Theatins au XVIII siècle et cédée à la noble
confrérie des Pénitents Noirs.
La Cathédrale de Nice, paroisse Sainte-Réparate de nos jours,
fut comme l'ancienne au Donjon du Château {Sancta Maria in
platea), le théâtre de plusieurs f lits historiques mémorables dans
les annales de l'histoire de Nice.
II. — L'Eglise de Saint Jacques, an Gesû, dès son érection
en 1612, dédiée à Saint Juste, évêque. Sa fête est le 2 septembre.
En 1665 fut érigée en paroisse sous le titre de Saint Jacques le
Majeur, remplaçant la paroisse de Saint Jaume. On l'appelle
vulgairement le Gesù à cause qu'elle a été fondée et administrée
par les P.P. de la Compagnie de Jésus.
Appartiennent à cette paroisse les deux chapelles des confréries des Pénitents Blancs, la Sainte Croix, — confrérie la

�óo —
plus ancienne de Nice, — et des Pénitents Rouges, Saint Suaire
et de la Sainte Trinité ; l'Eglise du Couvent de là Visitation,
la chapelle de l'ancien séminaire, à la montée du Château, et
jadis l'Hospice franciscain avec chapelle de Saint Joseph des
P.P. Recollets de Cimiez, convertie en maison particulière.
L'Eglise du Gesù est d'ordre corinthien composite, cons truite sur le modèle de l'Eglise des Jésuites de Turin, dite
vulgairement les Saints Martyrs. ( 10.000 âmes).
A l'extrémité de la rue du Malonat, aux racines de l'ancien
château, on voit un oratoire à la Sainte Vierge Marie, sous le
titre de N. D. du Bon Secours. Les habitants de ce quartier érigèrent cet oratoire en l'honneur de la sainte Vierge, en reconnaissance du choléra en 1854.
III. — L'Eglise paroissiale de Saint Martin Evéque dite de
Saint-Augustin est la plus ancienne, elle fut bâtie sur l'emplacement de l'ancienne chapelle de Saint Martin (1205) et appelée
Saint-Augustin parce qu'elle était desservie par les Augustiniens
dont le couvent a été transformé en caserne. (Caserne Filley, près
l'ancienne chapelle Sincaire).
IV. — L'Eglise de Saint-Francois-de-Paule a été édifiée en
1736 d'après le plan de l'architecte
Guarini. En 1838
elle fut érigée en paroisse par décret de Mgr Galvano et appelée
aussi Saint-Dominique en souvenir de l'ancienne église paroissiale
de ce nom qui s'élevait sur la place Saint-Dominique aux lieux et
place de l'actuel Palais de Justice.
V*— L'Eglise du Port ou de l'Immaculée Conception. D'humble
origine. D'abord ce fut une fort modeste chapelle (1835), transformée agrandie par Mgr Galvano, et l'avocat théologue L. Mari
fut son premier curé..
VI. — L'Eglise Saint-Joseph nouvelle paroisse depuis 1911 la
première pierre fut posée le 19 mars 1911, bénie le 29 octobre et
ouverte au public le Ier novembre 1911 sous le patronage de Mgr
Chapon et dirigée par les soins de M. l'abbé Gabrielli.
A cette paroisse appartiennent la chapelle succursale de Saint
Joseph contigüe à l'Evêché, et la chapelle de Notre-Dame des
Anges sur l'ancienne route de Villefranche.
VIL — Saint-Roch. Cette église paroissiale dans la banlieue
de Nice fut érigée après la peste de r68r. Nice fut délivrée de ce
fléau par l'intercession de saint Roch, confesseur, né et mort à

�- Si Montpellier. La paroisse est divisée en deux quartiers, Roquebillière
inférieure et Roquebillière supérieure, jusqu'à la chapelle de NotreDame de Bon Voyage.
VIII. — Rive droite du Paillon, intra muros, se dresse Notre Dame du Vau, paroisse Saint-Jean-Baptiste, qui remplace l'an
cienne église du même nom devenue chapelle inférieure du Lycée.
Cette belle église, vœu delà ville de Nice en 1835, mt érigée en
1842 et terminée en 1852 par Mgr Galvano, évêque de Nice.
La façade ressemble à celle élevée à Turin en l'honneur du retour
du roi dans les états Sardes en 1814.
IX. — Saiiit-Pierre-d' Aréna remplace une chapelle située à la
Croix de Marbre. Elle fut érigée en paroisse en 1803 par Mgr
Colonna d'Istria. Elle doit son nom à ce fait, c'est que lors de sa
fondation elle se trouvait sur le rivage de la mer séparée par une
bordure de sable fin.
X. — Une ancienne chapelle de Sainte-Hélêne-l'Inspiratrice
existait dans ces parages. Elle fut remplacée en face la mer par
une église sous l'épiscopat de Mgr Recrosio (1727).
Six paroisses « extra muros » dépendent de la commune de
Nice.
Sainte-Marie Magdeleine, sise dans le vallon de Magnan, édifiée sur l'emplacement d'une chapelle de même nom, érigée en
1626 et dite vulgairement chapelle « dei cassaire » à cause du
grand nombre de chasseurs. Après le concordat de 1803 sous
l'épiscopat de Mgr Colonna d'Istria, ce quartier qui depuis 1771
dépendait pour le spirituel de la cathédrale fut érigé en paroisse.
Il existe encore aujourd'hui une chapelle de Notre-Dame du Bon
Conseil changée en demeure particulière . Bientôt le besoin de
la population augmentant, une église sera bâtie à la cité Robiony
par les soins du curé actuel de la Madeleine.
Plus à l'est de la ville, toujours dans le canton ouest ce
l'Arquet, se dresse la paroisse de l'Ariane dédiée primitivement à
saint Arnoux, évêque et à saint Pierre, apôtre. Elle fut érigée en
paroisse en 1809 sous l'épiscopat de Mgr Colonna d Istria. Dans
son ressort se trouve l'ancienne chapelle nécropole de l'Abbadie
fondée en 1635 en l'honneur de sainte Claire pour le besoin spirituel de 450 à 500 habitants qui appartiennent aux communes
de Nice, Cantaron Saint-André. Localité d'avenii et à laquelle
le chemin de fer Nice-Coni donnera une valeur stratégique.

�— 32 —
Gairaut avait au moyen-âge une chapelle de secours desservie
par les religieux chevaliers de l'ordre du temple au début, et par
la suite de Rhodes et de Malte. Sous l'épiscopat de Mgr François
Rosini de Martinengo la chapelle fut érigée en église paroissiale
sous le vocable de saint Sauveur o*u de la transfiguration du
Rédempteur.
Dès 1730 les P. Dominicains de Nice fondent à Saint Pancrace un sanatorium pour religieux martyrs avec chapelle en
l'honneur de Saint Pancrace martyr. Cette chapelle est érigée en
paroisse en 1848 par Mgr Galvano.
Sur le couchant de Saint-Pancrace on trouve la paroisse de
saint Roman . martyr ; l'ancienne chapelle fut érigée en paroisse
ainsi que celle de saint-Antoine de Ginestière en 1803 sous Mgr
Colonna d'Istria.
VALENT IN.

NOU VÉ
Tu Çatarina fai lou pan.
Mdumen de jota, d'alegressa,
Fes audi da toui lu couor :
Lu ange canton l'alegressa,
Fuges l'infer, Juges la mouorl.
Chntou !
L'aarika sabla, li a quaucaren aici vesin,
Sembla que senti li joia d'un festin ;
Audi lu tambourin de laen,
Lu Jlajoulet e li musela,
Lu pastre van à Bethelen
Laisson la cabana soaleta ;
Santo nuech, venes aléa nen ralegrà,
Pourtas à toui la pax et la tranquilità !
Tu Catarina fai lou pan,
Manda Lucrecia au safran,
Despende aléa lou lauvaniè,
Chapla la blea su lou taatié ;
Crala de froumai e roumpe d'iiu
E fai la iourta couma fou,
Ché n'aiguen toui en aboundança (bis)
Santa nuech, venes alèu nen ralegrà,
Pourtas à toui la pa.x e la tranquilità .'
En tant faguen etnb'au vesin
t ua santépér lou Bambin,
Toucan lou gotou de bouon vin,
Ernb'aa vesin pér lou Bambin
Ti-ri-tin-tin ! -tinTi-ri tin !

�— 3Î —

L'Expulsion de Mgr Valperga
fEN SEPTEMBRE

1792)

Le 12 octobre 1780 h population de Nice se pressait aux
abords de la porte Pairoliëre pour y recevoir en grandes pompes
le nouvel évêque Charles-Eugène Valperga di Maglione. Ce
prélat avait couché la veille selon l'usage antique à l'abbaye de
Saint-Pons et devait faire ce jour là son entrée solennelle dans
sa ville épiscopale.
Le cérémonial imposant avec lequel on avait reçu jusqu'alors
les évêques fut encore cette fois observé. L'accueil de la population entière fut des plus chaleureux au rapport de Pierre Scaliero
qui en fut témoin (1). Le nouvel évêque, qui remplaçait Monseigneur Astésan nommé archevêque d'Oristano en Sardaigne,
appartenait à une famille de vieille noblesse dont plusieurs membres avaient exercé, à Nice, des fonctions importantes (2). Il
(1) Voir aux Archives municipales le récit détaillé que ce chroniqueur en a laissé dans ses Mémoires. Pierre Scaliero mourut en 1805.
(2) Jacques Valperga, conseiller ducal, fut lieutenant du gouverneur de Nice en 1454 ; Thoma5 Valperga fut gouverneur du château de Nice en 1565 ; Jean Valperga fut également gouverneur de
Nice en 1596 ; Jérôme Valperga fut commandeur du château de
Nice en 1600 ; Pierre Valperga, frère de Jacques Valperga, était
chevalier de Malte (Arch. municipales, registre des gouverneurs,
commandants et chevaliers de Malte) ; Anne Valperga, fille dAmédée
Valperga, épousa, le commandeur de Malte Jean-Paul Lascaris.
(Voir son testament daté de 1683, arch. des Alpes-Maritimes,
registre B, 297.) Joseph Ignace de Valperga reçut de son oncle, Emmanuel Philibert Chiotera, mie partie du fief de Couaraze dont il fut
investi le 20 février 1753. Son fils, Vincent, céda ses droits à H. Novelli. Jérôme Valperga fut sénateur à Nice de 1761 à 1765, puis
ministre plénipotentiaire de Sardaigne à Gênes en 1780 ; plus tard
il fut ministre etsecrétaire d'Etat, ce dernier était le frère de l'évêque
de Nice et fils du comte François Valperga qui vivait encore en
1795Ees armoiries des Valperga étaient fascé d'or et de gueules, à
la plante de chanvre déracinée, d'argent et brochant. Le cimier
était un bouc naissant au naturel et la devise : « Ferme-toy ».
Nous reproduisons les armoiries de Monseigneur Valperga d'après celles qui se trouvent en tête du catéchisme édité par ses ordres
et dont nous devons le dessin à l'obligeance de M. Joseph Casai
(Extrait de 1' « Armoriai Artistique et Nrbiüaire », Ni.e, 1902.
3

�- 34était directeur du collège des Provinces à Turin, lorsque le roi
de Sardaigne le désigna, pour l'évêché de Nice. Il avait été sacré à
Rome où il avait fait ses études. Monseigneur Valperga se distingua immédiatement par sa vigilance et son activité : il releva
le niveau intellectuel et moral des prêtres de son diocèse et s'attacha à mettre en toutes choses la plus grande régularité. Dix-huit
mois après son installation, il publia un nouveau catéchisme
dont le plan avait été préparé par son prédécesseur ^i). Grâce à

ses relations cordiales avec la eour de Turin, il jouissait auprès
des autorités civiles de Nice d'une grande influence. Après douze
(1) Ce catéchisme en italien fut imprimé à Nice par la Société
Typographique. C'est un petit volume in-douze de 612 pages, portant
la date de 1783. En tête se trouve le mandement de Monseigneur
Valperga du 16 février 1782 qui approuve le travail terminé par
le prêtre auquel Monseigneur Astésan en avait confié le soin, ordonne
sa publication et règle l'organisation des catéchismes dans tout le
diocèse. Deux ans plus tard en 1785, Gabriel Floteront, imprima
un autre catéchisme rédigé en dialecte niçois, petit volume in-12
de 228 pages. Un exemplaire de ces deux ouvrages existe à la biblio
thèque de Nice. — Voir Villarey, Série Cronològica dei Vescovi
di Nizza. — Art. Valperga.

�-35 années de séjour dans cette dernière ville il s'était acquis l'estime
et le respect de tous.
*

• *

Lorsque le 28 septembre 1792 dans l'après-midi, les troupes
piémontaises évacuèrent Nice, il y eut dans cette ville une effroyable panique et des milliers d'habitants s'enfuirent dans la direction de Turin. Ce fut un désarroi et une désorganisation complète de toutes les autorités. iMonseigneur Valperga resta à son
poste et s'engagea à ne point quitter la ville. Le lendemain samedi
29 septembre, il accompagna le second consul Honoré Saissi et
quelques membres du Conseil qui se rendirent, vers les onze
heures du matin, à la villa Feraudi, au quartier St Hélène, pour
offrir les clefs de la cité au général d'Anselme qui venait d'y
arriver à la tête des troupes françaises. Le général fit à la délégation assez bon accueil, mais il s'étonna de trouver parmi ses membres, l'évêque dont la place déclara-t-il n était pas là. Du reste,
d'Anselme attacha si peu d'importance à la démarche îles magistrats niçois que dans aucune de ses dépêches officielles il n'en fit
mention.
Sur le soir du même jour, la petite armée française faisait son
entrée dans la ville et le général s'installait dans la maison du
consul de France à la place St Dominique. L'évêque de Nice qui
tenait à rester au milieu de ses diocésains se présenta de nouveau
vers les huit ou neuf heures du soir chez le général auquel il voulait recommander ses prêtres en lui demandant des respecter les
églises. Le général était entouré de tout son état-major, du consul
de France, Pierre Le Seurre, de Honoré Saissi, second consul, de
Féraudi, secrétaire général de la commune. Ces deux derniers
venus probablement pour appuyer les demandes de l'évêque.
L'accueil du général ne fut pas plus encourageant que la première fois ; il intima même avec insistance au prélat l'ordre de
quitter ta ville en ajoutant que le plus tôt serait le mieux et ce
fut sur ces dernières paroles que l'évêque se retira après avoir toutefois reçu du général la promesse que tout ce qu'il laisserait dans
son palais serait placé sous la sauvegarde de la Nation française.
Il n'y avait pas à tergiverser, l'ordre était formel et pressant, il
fallait partir. L'évêque prit ses dernières dispositious et délégua,
au curé de la cathédrale, le chanoine Honoré Navello, tous les
pouvoirs nécessaires pour administrer le diocèse en son absence.
Aux premières lueurs du jour, Valperga quitta son palais, et se

�— 36 dirigea à pied vers la porte Pairolière. Il avait été impossible de
trouver une voiture car tous les moyens de transport avaient été
réquisitionnés et utilisés le 28 septembre pour permettre l'exode
des habitants terrorisés. Il avait ordre de partir, mais cet ordre
n'ayant pas été donné par écrit, les volontaires marseillais, de garde
à la porte de Turin, refusèrent de le laisser passer, l'accablèrent
d'injures, le menacèrent même de le pendre et ne consentirent á
le lâcher que sur un ordre écrit, sollicité et obtenu du général,
grâce à l'intervention courageuse et au sang-froid d'un jeune
niçois, Joseph Castellinard. Monseigneur Valperga se retira à
Turin et y mourut en 1805 sans avoir jamais pu obtenir l'autorisation de rentrer.
*

* *

Il est établi par les documents officiels contemporains que
Monseigneur Valperga ne quitta son siège que sur les ordres arbitraires du général d'Anselme et ces mêmes documents nous
renseignent très exactement sur les incidents fâcheux qui se produisirent au départ de l'évêque. Du reste, on n'ignorait pas à Nice
comment les choses s'étaient passées et la population savait grê à
Valperga de son attitude et de sa fermeté. De son côté, Valperga
avait eu confiance dans la parole à lui donnée par le général au
nom de la Nation française et à plusieurs reprises il manifesta
son étonnement qu'elle n'ait pas été gardée, que ses biens aient
été confisqués, son mobilier vendu, son nom inscrit sur la liste
des émigrés alors qu'en partant il n'avait cédé qu'à la force.
Parmi les nombreux documents qui se trouvent soit aux archives de Nice, soit aux archives nationales il en est quelques-uns
dont la simple reproduction sera plus probante que tous les corn,
mentaires. Il_suffira de citer :
•i° La lettre du Directoire des Colons Marseillais en date du
25 février 1793, adressée aux citoyens Blanqui et Veillon, députés
extraordinaires de la ville de Nice à Paris, au sujet des réclamations présentées le 23 du même mois par Jean-Jacques Donny, au
nom de Mgr Valperga.
20 La réponse du même Directoire à J.-J. Donny, en date du
26 février 1793.
3„ L'arrêté du Département en date du 13 avril 1793.
40 La réclamation présentée au Directoire du département

�Valperga, aussitôt après son inscription sur la liste des émigrés de
la ville de Nice, dressée à la fin de juin 1793.
50 Les états de frais pour l'inventaire et la vente du mobilier
et effets de « l'émigré Valperga Maillone, citoyen évêque » approuvés par le département des Alpes-Maritimes, le 5 germinal an
III (25 mars 1795).
6° Les actes de notoriété dressés le Ier et 2me fructidor an III
(18 et 19 août 1795) par Gautier, juge de paix à Nice, à la requête de Pierre-Joseph Passeron, agissant en qualité de procureur
subrogé par Nicolas Giorni, procureur spécial et général de Mgr
Valperga, par acte de procuration reçu à Turin le 20 juillet 1795,
notaire Pierre-Joseph Bernochio.
70 La pétition adressée au district de Nice le 4 fructidor an III
(21 août 1795) par Pierre-Joseph Passeron, demandant la radiation du nom de Valperga sur la liste des émigrés.
8° L'avis du district de Nice en date du 5 vendémiaire an IV
(27 septembre 1795) déclarant que Mgr Valperga doit être rayé
de la liste des émigrés.
90 L'arrêté du département des Alpes-Maritimes, en date du
14 prairial an V (2 juin 1797) ordonnant la radiation provisoire
du nom de Valperga de la liste des émigrés.
io° L'acte de cautionnement dressé par le département le
11 fructidor an V (28 août 1797), à la requête de Pierre-Joseph
Passeron, procureur de Mgr Valperga en exécution d'une des
clauses de l'arrêté du 14 prairial an V (2 juin 1797).

�- 38 —

DOCUMENTS ET PIÈCES D'ARCHIVES

Pièce 1.

25 février 1793
Aux cit. Blanqui et Veillon
Une lettre du cit. Donny, associé du citoyen LeClerc, défunt président de l'ancienne administration
provisoire, dont vous avez ci-inclus l'extrait ( 1 ), nous
fait connaître que le cit. Valperga, évêque de Nice,
laissa avant son départ (ordonné à son retour par
Anselme) dans sa maison pour environ 34.000 livres,
argent monnayé, et environ pour 17.000 d'effets en
vaisselle, linge, batterie de cuisine etc.
Une portion de ces effets se trouvent encore dans
ladite maison, sous l'inventaire que nous en avons
fait dresser par les commissaires de l'une et l'autre
administration, lorsque nous avons été installés, mais
il s'en faut de beaucoup qu'elle puisse arriver à la
somme de 17.000 livres, pas même le tiers.
Quant à l'argent monnayé entré dans la caisse du
receveur de l'ancienne administration, nous n'y
voyons point la somme que ledit Evêque désigne
avoir laissé dans sa maison. Nous vous remettons cijoint un extrait de l'état des sommes' que le cit.
Bonnet a reçu en espèces, pendant toute sa gestion
de receveur et trouvées parmi les effets des émigrés
français et niçois.
Nous ne voulons rien préjuger sur l'assertion du
cit. Valperga, quoique nous ayons des indices frappants de vérité. Ce ne sera que lorsque nous aurons
pu les convertir en preuves par le témoignage de
quelques citoyens que nous nous procurerons, pour
pouvoir en demander la restitution et la poursuite
contre le pillage.
En attendant, noùs croyons devoir vous faire part
de cette découverte que nous allons communiquer au
Président de la Convention Nationale et au Ministre.
Arch. des A. M. Registre de la correspondance du
Directoire des Colons marseillais L. 5.
Cet extrait manque au registre ainsi que les autres pièces
énoncées dans celte lettre.

�-hLe 2érae février 1793.
Au citoyen Donny, négociant à Nice
Pièce 2.

Votre lettre du 23me de ce mois, citoyen, nous
demande des renseignements sur le temporel du
citoyen Valperga, Evêque de Nice. Nous allons vous
transmettre tous ceux qui sont à notre connaissance
L'administration provisoire en choisissant l'Evêché
pour le lieu de ses séances, vint s'y établir dans les
premiers jours d'octobre, et tout nous porte à croire
qu'elle ne fit aucun inventaire des effets qui s'y trouvaient, du moins nous n'en avons trouvé aucun dans
les papiers qu'elle nous a remis.
En succédant à cette administration provisoire,
uous avons cru que notre premier devoir était de faire
un inventaire de tout le mobilier renfermé dans la maison épiscopale. Nous y avons successivement procédé
en présence des administrateurs provisoires et à mesure qu'ils nous en remettaient les clefs. Tout le mobilier qui s'y trouvait, ne consistait guère qu'en
meubles meublants et ne nous paraît pas avoir la
valeur de 17 mille livres que l'Evêque lui donne.
Vous pourrez, si vous le jugez à propos, faire prendre
à notre secrétariat une copie de cet inventaire. Tout
ce. qui n'est point renfermé dans les appartements
que nous occupons au premier étage, a été laissé à la
garde de Jean Poma, ancien concierge de l'Evêque et
le nôtre.
Pour nous éclairer sur les 34.000 1. argent monnayé que l'Evêque doit avoir laissé en sa maison,
nous avons écrit au cit. Bonnet, receveur de l'administration provisoire, pour lui demander un état des
sommes en numéraires versées dans sa caisse, comme
ayant été saisies et trouvées parmi les effets des Emigrés français et niçois. L'état qu'il nous a remis ne
monte qu'à 74121. 16 s, et aucun article n'a du rapport
avec les réclamations du citoyen Valperga.
Quant à ce qui concerne personnellement le
citoyen, nous avons demandé au Ministre de l'Intérieur de vouloir bien nous dire la manière dont nous
devions l'envisager. Nous savons qu'un ordre arbi-

�— 40 —
traire de Danselme l'obligea de quitter Nice, le jour
de l'entrée des Français. Mais nous pensons aussi que
la proclamation des Commissaires de la Convention
nationale de France et le décret de celle de Nice,
concernant les Emigrés, étaient des motifs suffisants
pour le ramener à son poste et le rassurer sur les
suites de son retour. En persistant à prolonger son
absence, il s'expose à être traité comme émigré, à se
voir déclarer déchu de sa place et confisquer tous ses
biens. Telle est la disposition de la loi, et quoique
nous ayons consulté le ministre sur le cas particulier
de l'Evêque, nous prévoyons que sa réponse sera de
nous en tenir à la rigueur des lois, ainsi que plusieurs
instructions nous l'ont déjà annoncé.
Vous sentez, citoyens, que tout le mobilier de
l'Evêque doit rester séquestré jusqu'à son retour ou à
la décision du Ministre. Il peut être tranquille sur la
conservation de tout ce que nous avons trouvé en
entrant dans sa maison. Ce qui a pu en être enlevé
avant notre entrée en fonctions, est étranger à notre
gestion. Mais nous employerons tous les moyens qui
sont en notre pouvoir pour en trouver les traces, en
acquérir les preuves et en faire punir les coupables.
Les administrateurs, etc.
Archives des A.-M., Registre
suivants.

,L. 5,/°7i verso et

Lettre des commissaires de la Convention
Nationale et arrêté du Département des A. M.
Nice, le 9 Avril 1793, l'an 1 Ie de la Repu bublique Française.
« Vous voudrez bien, citoyens, en nous envoyant
les noms et prénoms de l'évêque de Nice, nous instruire officiellement d'après les "dispositions des lois,
s'il est censé démissionnaire et son siège vacant.
« Les Commissaires de la Convention Nationale
au département des A. M.
GRÉGOIRE, JAGOT (I)

(1)

Archives des A. M. L. 29 ancien. L

7

actuel.

�— 4i (i3 avril 1793)
Le Directoire ; vu la réquisition du citoyen Procureur Général sindic « Considérant que Charles Eugène Valperga, évêque de Nice, n'avait point quitté
son domicile lors de l'entrée des troupes de la République ; considérant qu'il a lui méme-accompagné les
consuls d'alors quand ils furent présenter les clefs
de la ville et inviter le général Anselme à venir en
prendre possession au nom de la République ; considérant que le général Anselme par ses ordres arbitraires et tiranniques, accompagnés même de menaces contre ses jours, l'ont forcé de s'éloigner ; arrête
qu'il ne peut le déclarer émigré, et qu'il sera répondu
aux Commissaires de la Convention nationale d'après
les principes ci-dessus.. »
Sign : PAUMÉ ; BARLI FABRI ; F. CASTKLIMARD ;
ANGLES ; BERNARDI, secrétaire général. (1)
pjj

ce

^

Aux citoyens composant le Directoire du
département des Alpes-Maritimes..
22 juillet 1793.
Citoyens,
Le citoyen Jean-Jacques Donny, soussigné, chargé
des intérêts du citoyen Valperga, évêque de Nice
absent, ayant été informé que par votre délibération
du 29 du mois passé, ledit citoyen Valperga avait été
déclaré émigré, vous représente avec tous les égards

(1) Archives des Alpes-Maritimes, Registre L,. 3, folio 101. L'Arrêté n'est pas signé par le procureur syndic Jean-François Tourre
ni par l'administrateur Jean-L,ouis de Villiers qui ne partageaient
point l'opinion de leurs collègues. A noter que Tourre était d'Antibes
et que de Viliers était un médecin français établi depuis longtemps
à Nice.
I/Arrêté fut pris malgré le réquisitoire de Tourre qui voulait
déclarer Monseigneur Valperga émigré et malgré un violent discours de Villiers soutenant la même thèse qui fut combattue par
Barli Fabri, par Castclinard et par Anglès. J'ai déjà publié in-extenso
cette délibération du 13 avril T793 au cours d'un article sur l'église
de Nice en 1792-1793 inséré dans Nice Historique du Ier avril 1903,
C'est pourquoi je reproduis ici simplement la lettre des
commissaires et l'arrêté du département.

�- 42 —
dûs au pouvoir dont l'exercice vous a été confié par
le peuple souverain que le citoyen Valperga ne peut
ni ne doit sous aucun rapport être considéré comme
émigré, par les motifs ci-après :
i° Qu'il est de notoriété publique qu'il n'a quitté
le pays que contre son gré et par ordre du général
Anselme :
2° Qu'il a constamment été disposé et a offert
de revenir dans son diocèse, moyennant qu'il ne fut
assujetti à prêter qu'un serment relatif au temporel et
non au spirituel.
3° Qu'enfin et par la raison que n'étant point
indigène, mais étranger, son séjour ici n'a été dé terminé que par sa nomination à l'épiscopat, événement casuel qui n'a jamais pu le soumettre à l'obligation de renoncer pour toujours à sa mère-patrie.
Tous ces motifs, soit qu'on les prenne collectivement ou séparément, démontrent suffisamment,
citoyens administrateurs, le droit incontestable, qu'a
le citoyen Valperga de demander et prétendre la
radiation de son nom du tableau des émigrés, et si
le ministre de l'Intérieur n'a fait aucune distinction
entre lui et les autres citoyens, c'est sans doute qu'il
a ignoré les circonstances qui vous sont exposées
ci-dessus, et notamment la dernière, car s'il les eût
toutes connues, il n'est nullement probable qu'il eût
décidé comme il l'a fait. Toute hypothèse contraire
serait une injure faite à ses sentiments et à ses lumières. Un homme tel que lui, dont les vertus civiques, le patriotisme et les talents l'ont appelé au
poste aussi honorable que pénible qu'il occupe, doit
ressembler autant que possible à la Nation pour
laquelle il agit et qui l'a honoré de sa confiance.
Cette nation est grande, généreuse, magnanime,
juste et bienfaisante.Elle ne peut qu'êtreextrêmement
jalouse de sa gloire, et l'un des principaux devoirs de
ses agents est d'éviter soigneusement d'en ternir
l'éclat.
Le refus qui serait fait de rayer de la liste des
Emigrés le nom du citoyen Valperga, refus qui entraînerait avec lui la confiscation des minces propriétés de ce citoyen, serait un acte qui imprimerait à

�-

43

-

jamais une tache ineffaçable à la gloire du nom français ; tache qui ne pourra manquer de frapper également les yeux des contemporains et ceux de la postérité ; tache enfin que les historiens ne manqueront
pas de faire ressortir par des couleurs enluminées, et
le bel effet qu'un pareil tableau produirait, citoyens
administrateurs, serait votre ouvrage.
Mais non, loin de nous, cette idée ! Vous êtes
républicains ! cela suffit. Les républicains sont vertueux. Ils aiment, chérissent, protègent, respectent
la vertu partout où elle se trouve. Et le citoyen Valperga aussi est un homme vertueux ! Qui en doute ?
Nul bon citoyen, nul honnête homme. Souvenezvous, citoyens administrateurs, que ce n'est que par
ses vertus qu'il a mérité l'amour et l'affection du
peuple Niçois et non par sa qualité d'évêque. Et plût
à Dieu que tous les ecclésiastiques lui eussent ressemblé ! La France n'eut point éprouvé d'aussi horribles secousses, pour asseoir, affermir et assurer sa
liberté.
La République a incontestablement le droit de
renvoyer hors de son sein tout individu qui ne lui
convient pas, mais en renvoyant ainsi un étranger
qui, d'ailleurs, n'a pas encouru la peine de la confiscation de ses biens, elle lui permet de les emporter ou
de les vendre et d'en emporter le produit. Tel est
précisément le cas du citoyen Valperga.
L'exposant demande en conséquence, citoyens
administrateurs, qu'il vous plaise prendre dans votre
sagesse une délibération tendante à rendre audit
citoyen Valperga sa qualité de citoyen français non
émigré, à lui accorder un délai compétent pour rentrer dans ce pays soit comme simple citoyen ou
comme fonctionnaire public et à lui assurer dans
tous les cas la restitution de ses propriétés par lui
laissées sous la sauvegarde de la loyauté française
dans la maison épiscopale, lors de sa retraite forcée,
ou la juste indemnité de leur valeur. Et sera justice.
Nice, le 22 juillet 1793, l'an second de la République française, une et indivisible.
Jean-Jacques DONNY.
l
ARCHIVES NATIONALESF/ 4.867 , dossier Valperga.

�- 44 Pièce 5.

Etat de frais de vente pour parvenir à l'inventaire
et vente des effets de l'émigré Valperga Maillone,
citoyen évêque :
5 germinal an III (25 mars 1795)
Pour une séance de trois commissaires dont un du
District et deux de la Commission municipale, fixée
à trois livres par séance par le Directoire du district
et approuvé par les Représentants du
Peuple
L.
9 »
Papier timbré tant de la minute que
des deux extraits
»12
Pour la copie desdits deux extraits . .
» 8
Droits d'enregistrement
13 10
31

2

Nous soussignés certifions le compte ci dessus véritable.
Signés : J.-B. Thomaty, comm. du dist. ; Savigny,
comm. munie. ; Mabil, comm. municip.
Frais de la vente :
Pour quatre séances de deux corn missaires dont un
du District, un de la Commis, mun. sans le membre
de l'administration fixées à trois livres par séance par
le Directoire du district et approuvé par les Représentants du Peuple .
L.
24 »
Au trompette pour publication de
quatre criées
5 »
Au crieur à la vente, quatre séances .
12 »
Aux portefaix qui ont travaillé au
transport des effets
40 »
Papier timbré tant de la minute que
de l'extrait
1 »
Bougie
3 »
Droits d'enregistrement
27 »
Papier timbré du petit état
» 4
A la femme qui a assisté à la vente
pour l'arrangement du linge
» 12
L.
Signés : J.-B. Thomaty, comm. du
district ; Savigny, comm. municip.

1

159 6

�Vu par nous, membres composant la Commission
Administrative du district et d'après l'arrêté du district, approuvé par les Représentants du Peuple et la
loi du il et 12 Mars, arrête l'état des frais ci-dessus
se montant à la somme de cent cinquante neuf livres
trente centimes, qui seront acquittés par le receveur
du droit d'Enregistrement lorsque le Département
aura vérifié ledit état.
Nice, le 29 ventôse an 3"" de la République française une et indivisible (19 mars 1795).
(Suivent les signatures).
Vu l'état des frais ci-dessus pour parvenir à l'inventaire et vente du mobilier de l'émigré Valperga
Maillone ci-devant évêque.
Vérifié et arrêté par le Directoire du district de
Nice, la Commission Administrative du département
des Alpes-Maritimes approuve ledit état et ordonne
au citoyen Maussier, receveur de l'enregistrement
cîudit district de payer aux citoyens J. B. Thomaty
et Savigny, comm. la somme de 159 livres et 30
centimes pour montant des frais pour inventaire et
vente des susdits effets de l'émigré, laquelle somme
lui sera allouée en compte.
Fait à Nice le 5 germinal an 3me républicain ( 25
mars 1795).
Etat des frais pour parvenir d la vente du mobilier de
l'émigré Charles Eugène Valperga Maillone, citoyen
évêque.
Pour trente-neuf séances de trois commissaires
dont un du District et deux de la Commission municipale, fixé à trois livres par séance par le Directoire
du district et approuvé par les Représentants du
peuple
L.
351 »
A deux portefaix, dix-neuf journées et
demi chaque fixées à cinq livres par jour.
195 »
Au trompette pour publication de
trente-neuf criées fixées à une livre cinq
sols chaque
48 r 5
Au crieur à la vente, trente-neuf séan
ces fixées á trois-livres par séance ....
117 »

711 1$

�- 4* Report
Papier timbré tant de la minute que
de l'expédition
Pour copie dudit extrait fixé à quatre
livres
Papier timbré du présent état ....
Bougie
Droit d'enregistrement
Plus deux autres journées de portefaix à cinq livres
Un paquet de plume
L.

148
4
6
421

»
4
»
»

20
5

»
»

1.182

7

Nous soussignés certifions le compte ci-dessus,
véritable.
Nice, le Ier ventôse an 3me de la République (19
février 1795).
Signés : J.-B. Thomaty, commissaire du district ;
Savigny, comm. ; Honoré Mabil, comm. municipal.
Vu par nous, membres composant la Commission Administrative, de ce District, et d'après la loi
du 11 et 12 Mars 1793 (v. s.) et l'arrêté de cette
Commission approuvé par les Représentants en date
1^ Fructidor, oui l'agent national, arrête l'état des
frais se montant à onze cent huitante deux livres et
trente cinq centimes qui seront acquittés par le
receveur de l'agence de l'enregistrement sur le produit de la vente desdits meubles, lorsque le Département aura vérifié ledit état.
Nice le 29 ventôse an 3me de la République
française une et indivisible (19 mars 1795).
(Suivent les signatures).
Vu l'état des frais ci-dessus pour parvenir à la
vente du mobilier de l'Emigré Valperga Maillone cydevant évêque.
Vérifié et arrêté par le Directoire du district de
Nice.
La Commission administrative du département
des Alpes-Maritimes, approuve ledit état et ordonne

�— if au citoyen Maussier, receveur de Penregistrement
dudit district de payer aux citoyens J.-B. Thomati,
Savigni et Honoré Mabil, commissaires, la somme de
mille cent quatre vingt deux livres trente cinq centimes pour montant des frais de la vente des susdits
effets de l'Emigré. Laquelle somme lui sera allouée
en compte.
Fait â Nice le 5 germinal an 3me républicain (25
mars 1795).
Arch. des A. M. L. 15 ancien p. 44-45 N° 34-35

Actes de Notoriété
Pièçe g

1-2-fructidor an III
18-19 août 1795
EGALITÉ, LIBERTÉ

AU NOM DE LA LOI
Ce jourd'hui, premier Fructidor, l'an troisième
(18 août 1795 de la République française, une et indivisible, à Nice, chef-lieu du département des AlpesMaritimes, par devant Nous, Antoine Gautier Juge de
paix de la Ier, 2m" et 3me section et officier de police,
est comparu le citoyen Pierre Joseph Passeron, natit
tic la commune de Contes et habitant en celle de Nice
depuis plusieurs années.
Lequel en sa qualité de procureur du citoyen
Charles Eugène Valperga de Maillone, évêque de Nice,
subrogé par le citoyen Nicolo Giorni, homme de loi,
procureur spécial et général établi (par acte reçu) par
le notaire Pierre Joseph de Bernochio, le 20 Juillet
dernier (v. s.) qu'il présente, légalisé par le résidant
de la République de Gênes auprès de la Cour de Turin, dont il résulte le pouvoir donné au citoyen Giorni, de subroger en son lieu et place, avec tous les
pouvoirs compris au dit acte, et il présente au surplus l'acte de sa dite subrogation faite par le même
citoyen Giorni, reçu en la ville de Gênes le premier

�- 48 du mois d'août dernier (v. s.) par le notaire Antoine
Baglietto, légalisée par le consul de la République
française.
Il expose que le vingt neuvième jour de septembre
de l'année 1792, l'armée de la République, étant arrivée en cette ville, commandée en chef par le citoyen
général d'Anselme, lorsque ce général, vers le soir,
fut arrivé et il eut pris son logement dans la maison
habitée par le ci-devant consul de la République Le
Seurre, ledit citoyen Evêque Charles Eugène Valperga de Maillone s'y étant présenté, ledit général d'Anselme, en présence de tout son Etat-Major, lui signifia
d'abord de devoir partir de cette ville. Sur quoi le
dit évêque ayant répondu qu'il avait cru de pouvoir
continuer sa résidence en cette ville et tellement l'avait cru, qu'il n'avait jamais pensé de distraire et en
faire partir le moindre de ses meubles et effets, qu'il
avait dans la maison d'habitation de l'tvêque et que
si absolument il lui ordonnait de partir, il le priait de
lui accorder la sauvegarde sur tous lesdits effets et
meubles. Le dit général d'Anselme lui répliqua qu'il
dut absolument partir de cette ville, en ajoutant que
le plus tôt en serait le mieux, et qu'à l'égard de ses
meubles et effets qu'il avait, il les mettait dès ce ino
ment sous la sauvegarde et loyauté de la Nation française et qu'il pouvait en être tranquille, après quoi ledit
évêque Valperga de Maillone, tout tremblant, ayant
dit qu'il allait se conformer dès le lendemain au matin à ses ordres, se retira ; ledit général d'Anselme
lui ayant encore répliqué : le plus tôt sera le mieux.
Et comme il importe audit citoyen évêque Valperga de Maillone de constater le fait ci-dessus expo"sé, suivi en présence de tout l'Etat-Major dudit général d'Anselme et de plusieurs citoyens de cette commune, l'exposant, en sa dite qualité vous présente les
citoyens Pierre Le Seurre, ci-dessus nommé, ci-devant
consul en cette ville de la République, le citoyen Honoré Saissi de cette commune qui pour lors était second consul de la même commune, le citoyen Philippe Emmanuel Féraudi qui pour lors était secrétaire de
Ìa même commune et le citoyen Ange Giraudi aussi

�- 49 de cette commune, pour recevoir leurs dépositions
sur ledit exposé et vous fait instance que de tout lui
soit concédé acte, ce que nous lui avons accordé, et a
signé.
PIERRE JOSEPH PASSERON.

Et de suite se sont présenté les susnommés
citoyen Le Seurre, natif de Craon, âgé de 75
ans, bourgeois, le citoyen Saissi, âgé de 70 ans,
négociant, Emmanuel Feraudi, âgé de 68 ans, notaire, Ange Giraudi, âgé de 63 ans, négociant,
natifs et domiciliés dans cette commune, auxquels
après avoir fait lecture dudit exposé fait par ledit citoyen Pierre Joseph Passeron, en sa dite qualité, les
avons interpellés sur serment que leur avons fait prêter, conformément à la loi, de nous dire en leur âme
et conscience si tous les faits énoncés dans le même
exposé sont de leur connaissance et tous les quatre ont
répondu et attesté tant uniment que séparément en
être pleinement informés, s'y étant trouvés présents,
et que le tout contient la vérité, toute la vérité et
rien que la vérité. En foi de quoi ils ont signé :
LE SEURRE, HOSORI'J
SAISSI, PHILIPPE EMMANUEL FÉRAUDI,
ANGE

GIRAUDI.

Et nous, juge de paix, vu les dépositions ci-dessus, avons de tout concédé acte au susnommé citoyen
Pierre Joseph Passeron en sa dite qualité, pour lui
servir et valoir dans tous les cas, à ce que de droit et
de raison. Fait à Nice, l'an et le jour que dessus.
GAUTIER, juge de paix.
BONIFACI, sec. greffier.
Vu par nous, membres du District de Nice, 3 vendémiaire an IV rép. 25 sep. 1795, TOSELLI, JN COPPON
fils, VÉRANI pr. syndic, SAYTOUR Martin.

�— 5o —
EGALITÉ, LIBERTÉ.

AU NOM DE LA LOI
Ce jourd'hui. second jour de Fructidor de l'an 3
août 1795) de la République française une et indivisible, à Nice, chef-lieu du département des AlpesMaritimes, par devant nous, Antoine Gautier, juge de
paix de la iere, 2M* et 3ME section et officier de police,
est comparu le citoyen Pierre Joseph Passeron : natif
de la commune de Contes et habitant en celle de Nice
depuis plusieurs années
Lequel en sa qualité de procureur du citoyen
Charles Eugène Valperga de Maillone, évêque de
Nice, subrogé par le citoyen Nicolo Giorni, homme
de loi, procureur spécial et général établi (par acte
reçu) par le notaire Pierre Joseph de Bernochio, le 20
Juillet dernier (v. s.) qu'il présente, légalisé par le résidant de la République de Gênes auprès de la Cour de
Turin, dont il résulte le pouvoir donné au citoyen
Giorni, de subroger en son lieu et place, avec tous les
pouvoirs compris audit acte, et il présente au surplus
l'acte de sa dite subrogation faite par le même citoyen
Giorni, reçu en la ville de Gênes le premier du mois
d'août dernier (v. s.) par le notaire Antoine Baglietto,
légalisée par le consul de la République française.
Expose : Primo, que le matin du trente septembre 1792, le citoyen Charles Eugène Valperga de
Maillone, évêque de Nice, en partant de cette ville
avec deux domestiques à sa suite, qui portaient un
paquet et quelques effets, fut arrêté à la porte qui conduit en Piémont, ci-devant nommée porte Victoire,
et conduit au vestibule de la maison presque attenante
à ladite porte, appartenant au citoyen Dominique
Castellinard, où se trouva le citoyen Joseph Castellinard, fils dudit Dominique, et malgré que ledit Evêque Valperga déclara aux soldats de la Garde de la
dite porte qui étaient des Marseillais, que c'était en
conséquence d'ordre qui lui avait été signifié par le
citoyen général d'Anselme qu'il partait de cette ville,
lesdits soldats commencèrent par le malmener et lui
(19

�signifier qu'ils voulaient le pendre et ayant ouvert
ledit paquet et y ayant trouvé entre autres effets, une
ceinture d'évêque, ils déterminèrent, à l'instant, de le
pendre avec ladite ceinture, et ayant essayé si la même
était assez forte pour le soutenir, en la préparant, elle
se fit en lambeaux, de façon qu'ils vérifièrent qu'elle
ne pouvait leur servir et demandèrent audit Joseph
Castellinard fils une corde, pour pendre ledit évêque,
à un grand anneau de fer qui était au plafond dudit
vestibule, servant â y passer une verge de fer pour
peser les marchandises, et ledit citoyen Castellinard
fils, leur ayant absolument refusé de leur donner de la
corde, en s'excusant qu'il n'en avait point, comme
dans tous ces entrefaits ledit évêque se trouve mal et
ne peut plus se soutenir, ledit Castellinard fils lui fit
apporter une chaise, par sa servante à qui quelques
uns de ces soldats donnèrent des coups de poing pour
avoir porté ladite chaise et le même Castellinard le
fit ensuite asseoir sur ladite chaise, en le soutenant,
parce qu'il ne pouvait se soutenir droit ; d'autant plus
qu'en attendant, lesdits soldats marseillais lui disaient mille exécrations, lui crachaient dessus et lui
donnaient des soufflets, et assurément ils l'auraient
fini, si dans cet intervalle un de ses domestiques
n'avait été dire au citoyen général d'Anselme ce qui
venait d'arriver, et ledit domestique étant venu avec
un billet dudit général d'Anselme qui ordonnait à la
garde de le laisser partir, puisque c'était de son ordre,
en conséquence de ce billet lesdits soldats marseillais
se bornèrent pour lors à lui dire et crier mille invectives et injures et le laissèrent partir, ce que ledit
évêque, malgré qu'il ne pût se remuer, à l'aide de ses
domestiques fit au mieux possible en tremblant, de
façon qu'il doit son existence au refus ferme et déterminé que ledit citoyen Castellinard fils leur fit de
leur donner une corde, sans quoi avant l'arrivée du
dit domestique portant l'Ordre du général d'Anselme, il aurait été pendu et étranglé.
Secondoque lefaitci-dessusfut d'abord public et notoire, de notoriété publique dans cette ville et encore
plui le lendemain premier octobre, puisque les autres

»

�— 52 —

soldats de la Phalange Marseillaise, arrivés sur le soir
dudit jour trente septembre, d'abord après leur arrivée
cherchèrent l'évêque qu'ils voulaient le lanterner et
mettre en pièces, comme ils s'expliquèrent hautement,
ce qui joint au fait arrivé dans ledit vestibule de la
maison Castellinard, étant devenu d'une notoriété publique donna l'épouvante à tous les gens honnêtes du
pays, qui disaient que le citoyen général d'Anselme en
ordonnant audit évêque de partir, en mettant sous la
sauvegarde de la Nation française ses meubles et ses
effets, avait voulu le sauver.
Et comme il importe audit citoyen Passeron, exposant en sa dite qualité, de constater par témoins le
fait ci-dessus exposé, il nous présente ledit citoyen
Joseph Castellinard fils de Dominique de cette commune, âgé de 21 ans, de profession, négociant, qui se
trouva présent au fait énoncé dans le Ier article de l'exposé ci-dessus, et au surplus informé de la notoriété
des faits énoncés au second et dernier chef, de ladite
exposition et il nous présente les citoyens Jean-Jacques Donny, natif de Neufchâtel en Suisse, âgé de 39
ans, de profession, négociant ; Joseph Poullan, natif
de Clavesana, en Piémont, âge de 48 ans, négociant ;
Jacques Gerbin, âgé de 60 ans, tailleur, Jean-Marie
Thaon, âgé de 56 ans, négociant, natifs et tous domiciliés en cette commune pour déposer sur ladite
notoriété énoncée dans ledit second fait exposé, pour
recevoir leurs dépositions, et nous fait instance que de
tout lui soit concédé acte, ce que nous lui avons accordé et a signé.
Pierre-Joseph PASSERON .
Et de suite se sont présentés les susnommés citoyens Joseph Castellinard, Jean-Jacques Donny, Joseph Poullan, Jacques Gerbin, et Jean-Marie Thaon,
ci-dessus qualifiés, auxquels après avoir fait lecture
dudit exposé fait par ledit citoyen Passeron, en sa
dite quálité, les avons interpellés sur serment, que
leur avons fait prêter, conformément à la loi, de nous
dire en leur âme et conscience, si tous les faits énoncés dans le même exposé sont de leur connaissance,

�- 53 et ledit citoyen Joseph Castellinard a répondu et
attesté en être pleinement informé pour avoir été
présent au fait exposé dans le i" article de ladite exposition, et pour avoir publiquement entendu dire les
faits énoncés dans le second chef qui était en cette
ville notoire de notoriété publique et lesdits citoyens
Jean-Jacques Donny, Joseph Poullan, Jacques Gerbin,
Jean-Marie Thaon, ont répondu et attesté tant uniment que séparément être pleinement informés de
l'énoncé dans le second chef de ladite exposition,
puisque les faits y énoncés étaient notoires, de notoriété publique en cette ville, et tous lesdits citoyens
ont respectivement attesté pour ce qui les concerne
que tout contient la vérité, toute la vérité et rien que
la vérité. En foi de quoi ils ont signé : Joseph Castellinard fils,Jean-Jacques Donny, Joseph Poullan, Jacques
Gerbin, Jean-Marie Thaon.
Et nous, Juge de paix, vu les dépositions ci-dessus,
avons de tout concédé acte au susnommé Pierre Joseph Passeron en sa dite qualité pour lui servir et valoir dans tous les cas, à ce que de droit et de raison.
Fait à Nice l'an et jour que dessus.
GAUTIER,
BONIFACI,

juge de paix.
sec. gref.

Vu par nous, membres Du district de Nice, le 3
vendémiaire anIV rep. (25 sept. 1795).
Jn. COPPON fils, VÉRANi, pr. syndic, TOSELLI, Saytour
MARTIN.

Arch. Nat. F

7

4867 *

�54 -

PÉTITION au DISTRICT de NICE
et AVIS de ce DISTRICT
ÉGALITÉ,

LIBERTÉ

5 vendémiaire
27 septembre 1795 an IV
AUX

CITOYENS ADMINISTRATEURS
DU DISTRICT DE NICE

Le citoyen Pierre Joseph Passeron, natif de la
commune de Contes, habitant en celle de Nice depuis plusieurs années.
Vous expose en qualité de procureur du citoyen
Charles-Eugène Valperga de Maillone, évêque de
Nice, subrogé par le citoyen Nicolo Giorni, homme
de loi, son procureur spécial et général fondé par acte
reçu dans la ville de Turin par le notaire PierreJoseph de Bernochio, le 20 juillet dernier (v. s) légalisée par le résident de la République de Gênes, près
la Cour de Turin, duquel il résulte le pouvoir donné
audit citoyen Giorni de subroger en son lieu et place
avec tous les pouvoirs compris dans le même acte,
qui se trouve copié mot pour mot dans celui de la
subrogation faite par le même citoyen Giorni, reçu
en la ville de Gênes le Ier du mois d'août dernier
(v. s* par le notaire Antoine Baglietto, légalisée par
le consul de la République française, le 13 Thermidor dernier (3 1 Juillet 1795), qu'il vous exhibe qu'étant arrivé dans cette ville le vingt-neuvième jour
du mois de septembre de l'année 1792, l'armée de la
République française, commandée par le citoyen général en chef d'Anselme lorsque celui-ci y fut arrivé
le soir et eut pris son logement dans la maison d'habitation du citoyen ci-devant consul de la République
Le Seurre, ledit évêque Charles-Eugène Valperga de
Maillone, s'étant présenté, le même général d'Anselme
lui signifia d'abord en présence de son Etat-Major de
partir de cette ville, sur quoi ledit évêque lui répondit qu'il avait cru pouvoir continuer sa demeure dans
cette ville et qu'à cet effet il n'avait jamais pensé de

Pièces 7 et 8

�- 55 distraire, ni faire partir le moindre de ses meubles et
effets qu'il avait dans la maison d'habitation de
l'évêque, que si absolument il lui ordonnait de partir,
il le priait de lui accorder la sauvegarde pour tous ses
dits effets et meubles, ledit général d'Anselme lui
répliqua : Le plus tôt sera le mieux, ce qui tout est
constaté par les attestations ci-jointes du premier et
second jour de fructidor dernier qu'il vous présente
également.
Qu'il résulte aussi par lesdites attestations, que
ledit évêque Valperga de Maillone fut forcé par ledit
général d'Anselme de partir de cette ville que tous
ses meubles et effets fussent mis sous la sauvegarde de
la Nation française et qu'étant parti le lendemain 30
dit septembre, il risqu'à d'être pendu ef étranglé paties soldats de la Phalange Marseillaise qui se trouvaient de garde à la porte ci-devant dite Victoire, ce
que tout fut d'abord notoire et de notoriété publique
dans cette ville.
Vous observe que ledit évêque Valperga est natif
du Piémont où il se retira et que s'il a résidé dans
cette ville, ce n'a été que pour raison de son ministère, que tout cela nonobstant il a été porté sur la liste
des émigrés, a été vendu la plus grande partie de ses
meubles et effets, et cela même nonobstant la préalable réclamation que le citoyen Jean-Jacques Donni,
chargé des intérêts dudit évêque avait fait à l'ancien
département par sa pétition du 22 juillet 1793 (v. s)
qui existe dans les Archives de ce district, résultant
ainsi que tout cela a été fait et opéré contre le droit des
gens et la sauvegarde de la loyauté française qui fut
promis audit évêque.
En conséquence, l'exposant demande en sa dite
qualité de procureur dudit citoyen évêque CharlesEugène Valperga de Maillone la radiation de son
nom de la liste des émigrés, la levée des scellés, la
restitution de ses propriétés et l'indemnité de celles
qui ont été distraites et vendues au nom de la Nation,
et sera justice.
(21 août 1795).

�- 56 Nice le 4me jour de Fructidor de l'an 3me de la
République française une et indivisible.
Signé : Pierre-Joseph PASSERON.
Vu la pétition ci-dessus du citoyen Pierre-Joseph
Passeron présentée au nom et comme procureur subs
titué du ci-devant évêque de Nice, Charles-Eugène
Valperga tendante à obtenir la radiation de son nom
de la liste des émigrés, la levée du séquestre et remission de ses effets restant ainsi que l'indemnité de
ceux qui ont été distraits ou vendus.
Vu une première pétition présentée à l'ancienne
administration du département par le citoyen JeanJacques Donni, au nom du citoyen Valperga en date
du 22 juillet 1793 tendante aux mêmes fins.
Vu la procuration en date du premier août 1793
(V. s.) faite à Gênes, par devant le notaire public Antoine Baglietti, légalisée par le Consul de la République française y résidant, ainsi que l'acte de procuration y inséré, en date du 20 Juillet 1795.
Vu l'attestation de quatre témoins faite avec serment par devant le juge de paix de la 1", 2"", 3me section de cette commune, en date du 1" Fructidor dernier '18 août 1795).
Vu autre attestation de cinq témoins faite par
devant le susdit Juge de paix, le 2 dit fructidor, aussi
sous serment.
Considérant que par la première des 2 attestations il est pleinement prouvé que le vingt-neuvième
septembre 1792, aussitôt après l'entrée de l'armée
française dans cette commune, le sus-nommé évêque
Valperga s'étant présenté au général d'Anselme qui
la commandait en chef, celui- ci lui ordonna d'abord
en présence desdits témoins et de tout l'Etat-Major.
u'il n'avait qu'à partir de la ville, et malgré que le
it évêque lui observa qu'il avait cru de pouvoir y
rester tranquillement et qu'à cet effet il n'avait fait
partir aucun de ses effets et meubles, le général lui
répliqua de partir absolument de la ville, en ajoutant
que le plus tôt serait le mieux, l'ayant assuré qu'à

a

�-5;l'égard de ses meubles et effets de sa maison, il les
mettait dès ce moment sous la sauvegarde et loyauté
de la Nation française et qu'il pouvait en être tranquille.
Considérant qu'il résulte par lesdites attestations,
et il est prouvé que l'évêque Valperga, d'après les
ordres précis et réitérés du général d'Anselme, partit
le lendemain 30 septembre de cette ville.
Considérant que par la susdite attestation du deux
Fructidor il résulte que l'évêque Valperga, au moment de son départ de cette commune, ayant été arrêté à la porte qui conduit au Piémont, par les soldats
qui y étaient de garde, lesquels tentèrent de le pendre,
il évita la mort par les soins du citoyen Joseph Castellinard, un des déposants, et il ne fut laissé libre que
d'après un billet du général d'Anselme, qui ordonnait à ladite garde de le laisser partir, puisqu'il s'en
allait de son ordre
Considérant que tous ces faits sont devenus de notoriété publique dans cette commune, dès le même
jour 30 septembre et Ier octobre suivant, ainsi que
quatre témoins l'ont attesté.
Considérant que le citoyen Valperga ne s'est absenté de cette commune et ci-devant Comté de Nice
que d'après les ordres du général d'Anselme auquel il
témoigna son regret.
Considérant que le départ du citoyen Valperga
ayant été forcé il ne peut pas être qualifié d'émigration.
Considérant que son intention de rester dans cette
commune est d'autant plus constatée, que le citoyen
Valperga a été le seul fonctionnaire public, il soit
resté à son poste, n'ayant soustrait aucun des meubles
et effets de sa maison, lesquels ont été ensuite distraits
et vendus par la Nation.
Considérant que le citoyen Valperga ne peut être
non plus considéré comme réfractaire aux lois de la
République, tandis qu'à l'époque de son départ de cette
commune, aucune loi de la République, surtout à
l'égard des ecclésiastiques, n'y avait été encore publiée
à laquelle eut pu contrevenir.

�— 58 —
Considérant que le citoyen Valperga ne pouvant
être considéré ni comme émigré, ni comme réfractaire, ne pouvait être privé de ses propriétés laissées
dans cette commune lors de son départ, sous la sauvegarde de la loi et de la Nation française qui lui fut
accordée par le général d'Anselme, et qui étant digne
de la loyauté de cette Nation, ne pouvait être violée
sans blesser le droit des gens.
Considérant au surplus, que le citoyen Valperga,
originaire piémontais, ne faisait sa résidence à Nice,
qu'à raison de son épiscopat, ce qui ne donne qu'une
résidence easuelle, et que sous tous les rapports, il
n'a cessé d'être étranger à l'égard du pays de Nice et
de la France.
Considérant que l'article 6, section deux, N° 2 de
la Loi du 25 Brumaire (15 novembre 1794) en déclarant émigrés les citoyens domiciliés dans le cidevant comté de Nice, qui sont sortis depuis le 27
septembre 1792, n'a point porté atteinte au droit des
gens dans la personne de l'étranger, qui se trouvait
dans ce même pays, où il n'aurait pas établi son vrai
domicile.
Considérant que le citoyen Valperga, qui avait été
forcé par le gouvernement de partir de Nice, n'a dû
plus y revenir dans le terme même prescrit par les
lois aux citoyens de la ci-devant Comté de Nice,
puisqu'il ne devait point imaginer qu'il fut compris
dans l'invitation, malgré qu'il ait été porté sur la
liste des émigrés.
Considérant que ce nonobstant, lorsqu'il sut qu'il
avait été porté sur la liste des émigrés de cette commune, s'est empressé de présenter sadite pétition
du 22 Juillet 1793 dans laquelle il demanda non seulement la radiation de son nom de ladite liste, mais
encore un délai convenable pour rentrer dans cette
commune, soit comme simple citoyen, ou comme
fonctionnaire public, ainsi que la restitution de ses
propriétés par lui laissées sous la sauvegarde de la
loyauté française dans la maison êpiscopale lors de sa
retraite forcée, ou une juste indemnité de leur valeur.

�- 59 Considérant finalement que,d'après toutes les circonstances sus-ênoncèes, aucune loi concernant les
émigrés ne peut être applicable au citoyen Valperga,
et que toutes celles qui pourraient le regarder relatives au séquestre des biens appartenant aux habitants
des pays en guerre avec la République française ont
été rapportées par le décret du 14 Ventôse dernier
(4 mars 1795). •
Le Directoire du district de Nice, oui le procureur syndic, est d'avis que le citoyen Charles-Eugène
Valperga ci-devant évêque de Nice ne doit point être
considéré émigré.
Qu'il doit être rayé de la liste des émigrés, que le
séquestre apposé sur ses propriétés doit être levé, qu'il
doit être réintégré dans la possession et jouissance
d'iceux, que tous receveurs ou dépositaires doivent
lui restituer les sommes qu'ils ont perçues, résultant
du produit desdites propriétés et qu'il doit recevoir
la juste indemnité des meubles et effets qui seraient
passés au profit de la Nation.
Fait à Nice, dans la salle des séances le 5me Vendémiaire an 4me républicain (27 sept. 1795). Signé
Saytour Martin. Verani,
procureur syndic, Angles v. prés.
Touzelly. Jn Coppon fils.
Enregistré au feuil. 20 registre des prévenus
d'émigration et signé BARRAIA, commis greffier.
Certifié conforme par nous Ve président et secrétaire du district Jn COPPON Fils V,-PRÉSIDENT
BARRAIA Cis greffier.
A rch. Nat. F 7 4867

2

�— 6o —

Pièce 9.

LIBERTÉ (vignette) ÉGALITÉ
BUREAU DES
ÉMIGRÉS

Extrait des registres des délibérations et arrêtés de
l'Administration Centrale du département des Alpes Maritimes.
(2

juin 1797)

Séance du quatorze Prairial an 5mf de
la République française une et indivisible.
Sur le rapport d-e la pétition présentée par le
citoyen Pierre Joseph Passeron, procureur fondé de
Monsieur Charles Valperga, ci-devant évêque de
Nice, dans laquelle il expose que ledit Charles Valperga n'a jamais dû être atteint des lois relatives à
l'émigration, soit qu'on le considère comme parti en
suite d'une force majeure, soit en sa qualité de piémontais et demande en conséquence la radiation de
son nom de la liste des Emigrés, sa réintégration
dans la possession et jouissance de ses propriétés et
une juste indemnité, des meubles et effets qui sont
passés au profit de la République.
L'Administration Centrale du département des
Alpes-Maritimes, considérant que M. Charles Valperga, comme piémontais, n'habitant Nice que pour
cause de son emploi, n'aurait jamais dû être porté
sur la liste des émigrés du département.
Que le seul motif qui a pu déterminer le général
d'Anselme à lui ordonner de partir de la ville de
Nice, ne peut avoir été que la susdite qualité de
piémontais.
Considérant enfin, que comme sujet du roi de
Sardaigne, il est dans le cas de jouir de l'article i,r
de la loi du quatorze nivôse an troisième, (} janvier
1795), ainsi que de l'article neuf de la loi du trente
Floréal an quatrième, (19 mai 1796).
Arrête, oui le commissaire du Directoire Exécutif
que le nom de Valperga, ci-devant évêque de Nice,
qui se trouve inscrit sur la liste des émigrés, sera

�— 6i —

provisoirement rayé ; que tout séquestre qui pourrait
avoir été mis sur ses biens sera levé, qu'il sera réintégré dans la possession et jouissance de ses propriétés,
et que toutes les sommes versées dans les caisses publiques, lui seront rendues, déduction faite des frais
faits conformément aux lois.
Fait et arrêté* en séance publique le jour, mois et
an que dessus.
Signé : Donny, président Payani, fils, Scudéry,
Oberti, Hancy (et en marge Gastaud commissaire
du Directoire Exécutif).
Certifié conforme à l'original par nous président
et secrétaire de l'Administration centrale du départemeni des Alpes-Maritimes.
DONNY, président
BELMONDI, sec. chef au bureau des émigrés.
Arch. Nat. F 7 4867 2

ACTE DE CAUTIONNEMENT
Pièce 10.

11 fructidor anV (2&amp; août 1797)
LIBERTÉ ÉGALITÉ
Ce jourdTiui 11 fructidor an 5 de la République
française une et indivisible (28 août 1797) par devant nous, membres composant l'Administration
centrale du département des Alpes-Maritimes, est
comparu le citoyen Joseph Passeron, natif de Contes,
chef-lieu de canton, domicilié dans cette commune,
procureur fondé de Monsieur Charles Valperga, cidevant évêque de Nice, en vertu d'acte de procuration du 20 juillet et premier août 1795 (v. s.) lequel
en sadite qualité, dépendamment à l'arrêté de cette
administration du quatorze prairial an cinq (2 juin
1797) portant que le nom de Valperga, ci-devant
évêque de Nice, sera provisoirement rayé de la liste
des émigrés, que tout séquestre qui pourrait avoir
été mis sur ses biens sera levé, qu'il sera réintégré
dans la possession et jouissance de ses propriétés, et

�— 62 —

que toutes les sommes versées dans les caisses publiques lui seront rendues, déduction faite des frais
faits, conformément aux lois, désirant de se conformer au porté par l'article 3 de la loi du 5 Brumaire
an 3 (26 octobre 1794) qui exprime que les prévenus
d'émigration seront tenus de donner caution solvable de la valeur mobilier, et ne pourront obtenir
leurs immeubles jusqu'à ce qu'il ait été définitivement statué sur leurs réclamations par qui de droit,
toujours en sa dite qualité a présenté pour caution le
citoyen François Grosson, marchand drapier de cette
commune, lequel ici prése.it et acceptant, s'oblige
conjointement et solidairement avec ledit Valperga
et pour celui-ci ledit Joseph Passeron, et sous l'hypothèque de tous leurs frens présents et à venir, à l'entière exécution de ce qui les concerne en la susdite
loi, et à la représention des mobiliers, effets et sommes à percevoir en dépôt que besoin sera, et quant
aux mobiliers invendus et en dépôt seront soumis
d'en représenter la valeur à laquelle seront estimés
par experts, préalable rémission.
Et nous, administrateurs susdits approuvant lesdits
cautionnement et acte de soumission, à la réquisition
dudit citoyen Joseph Passeron, avons dressé le présent acte que toutes les parties ont signé avec nous,
ayant au préalable fait renoncer audit François Grosson au droit de premier convenir.
Fait à Nice les jours, mois et an que dessus.
Joseph

PASSERON,

François GROSSON,
prés., PAYANY FILS,
MARUN-SAYTOUR, sec. en chef

HANCY, DONNY,
P.

Acte original sur timbre de 20 centime*.
Arch. Nat. F

7 4867^

�— 63 -

CONCLUSION

Il était avéré pour tous, dans la ville de Nice, que Mgr
Valperga était parti contre son gré et si la première Administration départementale, installée au mois de Mai 1793,
l'avait inscrit sur la liste des émigrés de Nice, c'était à la
suite d'une réponse faite par le ministre de l'Intérieur, Garât,
aux questions à lui posées par le Directoire des Colons Marseillais sur la conduite à tenir vis-à-vis de l'évêque.
Les questions avaient été envoyées à Paris, vers la fin
de Février 1793, et la réponse du ministre ne parvint à Nice
qu'au milieu de juin suivant, soit quelques jours avant la
publication de la liste des émigrés. Les réclamations de
l'évêque, retiré à Turin dans sa famille, furent présentées
le 22 juillet 1793 (1) ; mais comme beaucoup d'autres, elles
s'entassèrent dans les bureaux du Département, qui n'y
répondit même pas.
Cette réclamation fut présentée au nom de l'évêque par JeanJacques Donny au Département. lîlle figure en original au dossier
Valperga.
Voir ci-dessus.
Le registre des délibérations du département manque aux Archives pour les derniers mois de 1793, exactement du Ier mai au 10
Novembre, comme pour les six derniers mois de 1797 et l'année entière de 1798, exactement du 8 Messidor an V (26 Juin 1797) au 25
Pluviôse an VII (13 février 1799).
C'est-à-dire pour les deux périodes les plus troublées et cette
disparition est tout au moins étrange.
Elle doit être vraisemblablement attribuée à certains hommes
politiques désireux de laisser dans l'oubli leur conduite durant ces
deux époques.

�- 64 On était dans la période la plus aiguë et, en pleine
Terreur.
Après le 9 Thermidor et, surtout après la venue à Nice
du représentant Beffroy, au mois de Floréal, an III (Mai
I795)»
les esprits devinrent plus calmes, les administrations plus pondérées. C'est alors que, sur de nouvelles demandes présentées au District, et sur avis favbrable de
celui-ci, le département des Alpes-Maritimes accorda à Mgr
Valperga sa radiation provisoire, le 14 Prairial, an V (2 Juin
1797). Comme on le voit, l'affaire avait traîné en longueur.
Il semblait alors que rien ne s'opposait plus à la rentrée
de l'évêque : le 11 Fructidor, an V (28 Août 1797), le Département avait agréé la caution de François Grosson (1) ;
les biens de l'évêque allaient lui être rendus, et il pourrait
rentrer.
Mais huit jours après, le coup d'Etat du 18 Fructidor (4
septembre 1797) remettait le pouvoir aux mains des Jacobins, la guerre aux émigrés et aux ecclésiastiques, en particulier, reprit avec âpreté. Pe département des Alpes-Maritimes se vit accusé d'avoir préparé une rentrée triomphale à l'évêque, son arrêté du 14 Prairial resta sans effet
et, en vertu de la loi du 19 Fructidor (5 septembre), les
scellés furent de nouveau apposés sur les biens de Mgr Valperga par deux commissaires municipaux (2).
En vain, l'évêque de Nice, fit intervenir auprès du Directoire Balbi, l'ambassadeur du Roi de Sardaigne à Paris,
le dossier de sa demande en radiation fut examiné sans
aucune bienveillance.
(1) L/Acte original de ce cautionnement sur timbre est aux
Arch. des Alp.-Maritimes Q. 10.
(2) Mise de scellés sur les biens de Charles Eugène Valperga par
deux commissaires de la municipalité de Nice. Une scéance, 6 livres.
Dépense approuvée par le Département, en Germinal an VI (avril
1798). Arch. des A. M. Q. 11.
Mgr Valperga ne possédait à Nice aucun immeuble et il devait
rester fort peu de chose de son mobilier après la vente qui en avait
été faite en Ventôse an III. La bibliothèque de l'évêché avait été déclarée bien national et la caisse diocésaine avait disparue en octobre 1792
sans laisser de traces dans les pièces administratives. Le séquestre
a été apposé sur les biens de nombreux émigrés rayés provisoirement.
On peut en voir la liste aux Archives des A. M. Q. 10, où Valperga
figure sous le N° 65.

�- 65
Á la suite de la lettre de Balby datée de Paris le 7 février
1798, le ministre de la police demanda à ses Bureaux un
rapport sur l'affaire Valperga. Pe voici tel qu'il se trouve
en minute au dossier.
Attendu que rien ne tend à constater le prétendu ordre
de quitter Nice, d'où il suit qu'il faut en croire sur parole
l'émigré.
Qu'à raison de son domicile, il était tenu de rentrer sur
le territoire dans les délais voulus par les lois.
Qu'il est atteint par la déchéance et n'a réclamé que
l'an V.
Qu'il ne paraît pas y avoir lieu de violer la loi en faveur
de cet ex-évêque dont la rentrée prohibée par la Constitution serait d'une influence dangereuse.
J'estime qu'il y a lieu à proposer la maintenue sauf
à prendre des renseignements si toutefois on les trouve
indispensables.
CAIGNART,
Sous-chef (2e Bureau).
En tête de cette minute est écrit :
« Je pense qu'il y a lieu à instruction et à prendre
des renseignements près les Administrateurs du département_des Alpes-Maritimes. »
Signature illisible (1).
Ces renseignements furent-ils demandés ? C'est probable et cela explique que bien des pièces du dossier Valperga sont en double expédition. Plus d'une année s'écoula
encore, avant que fut prise une décision et finalement sur
un rapport défavorable de la Commission d'examen instituée près le Ministère de la police pour l'étude des demandes en radiation, le Directoire exécutif signa le 7 Floréal
an VII, (26 avril 1799) un arrêté qui maintenait définitivement, sur la liste des émigrés, Mgr Valperga et annulait
toutes les décisions rendues antérieurement, en sa faveur,
par les. autorités locales.
(1) Arch. Nation. F 7 4862 2 dossier Valperga. Rapport de la
3 me Division du Ministère de la police, sans date mais joint à la
lettre de Balbi.
»

�- 66 -

Varrêté du Directoire parvint à Nice les premiers
jours de Prairial an VII (Mai 99) et fut immédiatement
mis à exécution. (1).
*

* *

Ainsi donc Mgr Valperga expulsé ne put jamais obtenir
de rentrer, les lois sur l'émigration étaient tellement embrouillées et tyranniques qu'une fois inscrit sur une liste
d'émigrés, il était extrêmement difficile de s'en faire rayer
malgré toutes les démarches ; car on se heurtait sans cesse
à des questions de forme et de procédure ce qui permettait
à la malveillance de s'exercer tout à fait à l'aise sous le
couvert de la légalité.
A. J.

PvANCE-BOURREY.

(1) De 21 Floréal an VII (10 mai 1799), il fut communiqué
par le ministre de la police générale de la République aux diverses
administrations intéressées et aux Commissaire du Directoire exécutif
près le département des Alpes-Maritimes. Celui-ci par lettre du 3
prairial (22 mai 1799) demanda au Département de le transmettre
à la Municipalité de Nice, ce qui fut fait le même jour avec ordre
de le transcrire sur ses registres, de faire apposer les scellés ou séquestre sur tous les biens meubles et immeubles de l'évêque si ce
n'est déjà fait, et de mi notifier sans délai la décision prise à son égard.
Voir lettre du Département à la Municipalité, celle du Commissaire au Département, 3 Prairial an VII avec la réponse du Département 4 Prairial.
Arch.. des A. M. Q. 1 et 2 et Arch. Nationales, dossier Valperga,

�NIÇA LA BELLA
VERS DE /.

Giordan,

su

DE CARTA POUSTALA

Ai rai dôu nouostre bouon soulèu
Venon s'escaufar toui lu lùssi ;
Es un meravihous tablèu,
Ai rai dôu nouostre bouon soulèu,
Trouvas, dou Var fin au Castèu,
Anglés, Rouman, Danesi, Rùssi :
Ai rai dôu nouostre bouon soulèu
Venon s'escaufar toui lu lùssi.
Pèr tu, as touti li bèuta,
Terra de lus e d'alegria,
D'un ciel d'azur, as la clartà,
Pèr tu, as touti li bèuta.
De l'univers, en verità,
Siès la uechièma meravia ;
Pèr tu, as touti li bèutà,
Terra de lus e d'alegria.
Dintre lou tèmp, Semiramis
Faguet basti, à Babilouna,
Pu siéu jardin, vèr paradis !
Soubre Paioun, degun s'estouna
De vèire, ancuèi, lou paumoulié
Drissar au ciel la siéu coulouna
E lou galofre, e l'anemouna
Flouri emb'au pourtegalié.
De bouon matin, quitant maioun
Pèr la journada touta'ntiera,
S'en va lavar, dintre Paioun
Pa bugadiera.
D'un glourious passat es fiera
Perqué, d'un tèmp, sus lou bastioun
Au Turc, arranquèt la bandiera
Pa bugadiera.

�fet 68 —

Sau de fouora fa freï,
Que brima,
A Niça, sus lou Quèi,
Si rima.
Pescadou, fourestié,
De la mar bressarella,
Escouton voulountié
Pa doussa cantinella.
L'AVOUCAT

PATTA

L'estudi de l'avoucat Patta es en plen aria ; si tèn lou matin
couma lou predinà su la plaça dôu Palai. Es un ome pichounet,
touplen raplot, li pocha enfli de papiè de touta mers. En lu vièi
quartiè es proun counouissut e li capelada, « Bouonjou Moussu
l'Avoucat », noun li mancon. Es ben m'ai juge, proucuradou, etc.
Lu siéu ounourari soun bouon pati e n'a de preferença pèr
qu si sigue. Parla au premier maufatan vengut, couma se fousse
un agnèu que vén de naisse ; lou créancier o lou débiteur soun
tratat su lou même pen... basta que mouson...
L'avoucat Patta es de noutarietà reputat pèr un ome judicious, òunest — au noun si flata de l'estre au jou d'ancuei ; —
finda counouisse, es en relacioun d'afaire emê de gros persou nage que dintre la finança dôu siéu coumerce, soun quasi d'usurari. Sau menajar la cabra e lou caulè ; e pèr que la mouneda
noun li escapa si desbrouïa e si mete dôu cousta dôu manche...
d'aquéu que casca lou de mai...
Acò fa que toui lu matin que lou Bouon Diéu a fach, la siéu
doumestica mete toujou quaucaren au fuec. Lou dimeneghe, coum'un bouon crestian, — tartufaria que lou pauva, — va audi la
gran'messa à Santa Réparada, fa la siesta e à la calada dóu soulèu,
passeja su lou Cours, pastrouia, fa lu cent pas, noun parla que de
lei, proucès, citacioun, ensin alestisse lou travail dôu dilun...
Lendeman empastra ben d'afaire, mete facilamen en lou sac
Moussu Tout'Un emé Moussu Tout'Autre... En éu que li pòu
faire ?... lança dapertout lou broumech, tant pis pèr aquéu que si
laissa agantar. Quaranta sóu es lou près d'atac e vous pregui de
crèire que douna pas la siéu journada pèr doui o tres escut.
L'avoucat Patta counouisse l'usança dôu païs... s'avès touort,
vous rouïa, s'avès pi rasoun, v'espia... Que voulès aima manjar
lou pei, lou pei que noun aiguë d'espina...
JULI EYNAUDI.

�-«9VA

MAU ! !

Va màu, cresé-vous, que va màu 1
En l'orizoun lou voile negre
N'es qu'un gran camp cargat de pebre,
Qu'à pala lou jeten davan,
Avuglan finda lu cavau 1
Lu canoun soun su li frountièra,
Alignât couma de barriera,
N'esperon plus que lou signàu !
Lou soulèu, aquel animàu !
Stan, noun vòu levà la vela,
Si foundon couma des candela
Enb'aquèu coust dôu diàu !
Le Giacouuda à cóu de d/stràu
Li fan petà li sièu moulura...
Ah ! dèu faire bella figura
Se l'an foutuda en quauqua tràu
Lou pan crèise, finda la sàu,
Lou sucre dintre li boutiga
Mounta ben mai que de boufiga !
Van jusque crèise lou rampàu
E la pèu que fau lou tambau ;
Metran de drech su li nourriça,
Su lu chichi, su li saucissa,
Perqué pas soubre lu magàu ?
E lou Prussian, marrit bertàu,
Noun sabon fa que de babïa,
Per lou Maroc e l'Algèria,
Se faran mètre lou mourràu !
Li serreren toui lou pourtàu
E pi veiren touta la França
Davan la sieù grossa arougança
Se noun si sau garda li clàu !
Es de rima d'un manechàu,
Ma sien d'estiéu, vesin, vesina,
Li passeres en la resina
Avant que vegon l'espitau !
CHARLES CIAUDO

�Valère Bernard
Tout en heurtant le marteau contre la porte de M. Valère
Bernard je songeais. Je me suis complu dans le plus souriant
mépris des idoles. L'ironie a tremblé sur mes lèvres quand
la Provence a dans un ravissement de joie acclamé le poète de
Maillanne. Cette mascarade d'apothéose me répugnait.
Et maintenant la curiosité me fourvoyait dans le studio
d'un consciencieux artiste que les felibres couvraient de gloire.
Elève de Puvis de Chavannes M. Valère Bernard pasticha le
Maître. Mais vite il eût l'intuition qu'à se perdre dans les sentiers
battus il courrait risque de compromettre son crédit. Il dit
adieu à Paris et vint dans Marseille, l'opulente cité.
A cette époque vivait un exquis écrivain, J. Lombard. Il venait de publier deux œuvres d'une grandiose beauté, VAgonie et
Bysance. Dans un style étrangement tourmenté il contait les
luttes entre les factions d'Orient, illuminant son œuvre des
splendeurs bysantines.
Valère Bernard vit Jean Lombard, et du même coup les belles
au bois qui dormaient en son âme s'éveillèrent. Il délaissa les
études académiques, les pastiches sans vie, et d'ardentes couleurs
chargèrent ses toiles.
Voici le triomphe des rois Babyloniens. Sur les voûtes d'un
palais impérial passent des gardes étincelants dans la pourpre et
la soie. L'or envahit les hautes colonnes de jaspe bleu. Involontairement on pense aux fantastiques demeures hantées par des
fées émeraudes et des princesses aux perversités troublantes.
Et je m'imagine que le peintre était sous le charme de la
légende quand il a peint cette courtisanne qui sourit à son miroir tout en jouant négligeamment avec sa chevelure d'or. Et
puis passent Venise la rouge, Marseille enveloppé dans la poussière d'or du crépuscule, des motifs à la Watteau peints par un
bysantin, toute une apothéose.
Mais une idée m'obsède, tandis que dans la grise clarté d'un
soir automnal s'éteignent les fauves éclairs jaillis de ces radieuses
toiles. L'idéalisation du passé me paraît cruelle. Les générations
endormies dans la Mort ont eu leurs misères/leurs rancœurs, je
pense qu'il est absurde de s'écrier avec Musset « qu'aux temps
jadis tout était heureux jusqu'aux douleurs humaines. » En vain
l'apostat s'attriste-t-il sur les vieillards immortels de l'antique

�- 7i

—

lonie, â ses oreilles résonnent les paroles de l'Hiérophante : « La
Helladi que tu aimes n'a jamais existé ».
Mais M. Valère Bernard brise ma rêverie, et mes yeux se
portent.sur des portraits appendus au mur. Profils d'espagnol ou
d'américain mitigés d'espagnol, comme on en croise maintes fois
sur la Cannebière.
Homme universel ne puis-je m'empêcher de m'êcrier. M.
Valère Bernard sourit. Il siérait dit-il, à mi voix, de se développer en profondeur. Toutefois il est beau de se dire sur le
tard de sa vie que l'on a fait vibrer toute son âme. Ici le maître
rejoint Néron. Il m'aide à comprendre cet inquiétant empereur.
Mais encore faut-il que tout en étant l'homme universel on ne
sombre pas dans la banalité. De méchantes œuvres d'art peuvent
avoir leur prix.
Une idée se lève devant moi. Labruyère me petsuade que
l'honnête homme de Pascal propre à tout en définitive n'est propre à rien. La spécialisation inintelligente, mène à l'erreur, j'en
conviens, mais en fait elle est une loi générale.
Et ceci est pour me plaire, car j'abhorre dissiper mon énergie,
j'aime le repliement, la frissonnante pudeur qu'effarouche les
vaines ostentations. Je goûte les peintres du passé et malgré ma
philosophie j'adore les peuples disparus. Volontiers j'implorerai
avec la Cassandre de Schiller la cécité, l'exquise cécité. Le sou
venir a plus de puissance sur moi que l'espoir.
Et sous des deux gris, en des pays étrangers désolants de
médiocrité, il m'est arrivé de pleurer plus amèrement que ne
pleura Xerxès aux rives d'Abydos.
J. PADOVANI.
PROUVERB1, BOUOI MOT, COUNSÈU E DICH
Vèuva que si marida,
Dèu perdre la lus e l'audida.
Fiha madura,
Lou pouorta à la centura.
En cuntant su lu det :
Aquéu a fa l'óu ;
Aquéu l'es anat cercar,
Aquéu l'a fa cuèire,
Aquéu l'a manjat,
E lou pichoun n'a ren tastat !

�— 73 —
LE

DÉSESPOIR

Oui, j'ai la mort dans l'âme ; oui, je monte au calvaire ;
Mon horizon, hier si beau, s'est obscurci ;
Je hais tous les devoirs et tout ce qu'on révère :
Mieux vaut mourir que vivre ainsi !
Puisque je n'y puis rien ; que la raison humaine
Ne gagne plus un cœur où mon cœur est entré,
Je veux briser mes jours comme on brise une chaîne
Et m'enfuir en désespéré.
Qu'est-ce donc que la mort ? C'est la paix éternelle,
C'est un beau drap de fleurs sur mon sein endormi,
C'est la nature calme, auguste et solennelle
Qui nous prête un repos ami.
O nature de Dieu contemple ma détresse !
Ecoute tout mon sang dans mon cœur s'épancher
Et, puisque je n'ai plus le lit de ma maîtresse,
C'est au tien que je veux coucher ;
C'est toi la grande mère et la nourrice immense !
L'homme au sort le plus âpre et l'homme au sort plus beau
Retrouvent dans ton sein leur part de ta clémence :
L'un l'amour, l'autre le tombeau
Tu sais, toi qui vois tout, ce qu'ici bas je souffre,
Que je n'ai point béni l'instant de mon réveil
Et que j'ai regardé, toujours, du fond du gouffre,
Les bords ou brillait le soleil ;
Que je n'ai bu jamais que dans la coupe amère,
Que le seuil du bonheur me fut toujours fermé,
Que j'ai perdu mes fils, que j'ai perdu ma mère
Et tous les cœurs qui m'ont aimé !
Maintenant je m'en vais, battant du front, comme ivre,
En proie à ce grand deuil qui me courbe en vainqueur,
Et je veux déchirer ma vie, avec le livre
Des chastes sanglots de mon cœur ;
Et toi, rayon divin, génie, ardent délire,
Flambeau qui n'iras plus briller sur son autel,
Eternise du moins ces larmes de ma lyre
Et que mon cri soit immortel !
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Mars
Epato (Grégori)
Il
Jun
Cicle soulari
17 Setèmbre
Endicioun roum
10 Desembre
Letra doumenicala
G F
LI QUATRE

8,
7,
20,
20,

10
9
22
22

e
e
e
e

11
10
23
23

SESOUN

Lou printèms coumença lou 21 mars
L'estiéu
—
— 22 Jun
L'autoum
—
— 24 sept,
L'iver
—
— 22 dés.

à 6.55 m.
à 2.36 m.
à 5.18 m.
à 11.53 m.

dôu sera
dôu sera
dôu matin
dôu sera

FESTA MOUBILI

Septuagesima... 12 Fébrié
Cendre
21 Febrié
Pasca
7 Abrieu
Rougacioun 21, 22, 23, 24 Mai
Ascensioun
16 Mai

Pantecousta
Trinità
Festa de Diéu
1" Dimenegue de
Ie* Desémbre

26 Mai
11 Jun
15 Jun
l'Avènt

LU ESCLISS!

Souliu.

—

ij Abriéu. — Esclissi annulari e coumplet visible

à Paris, en America, en Europa et dintre lou N.-O. de l'Africa.
Coumençamen de l'esclissi à 10,01 dôu matin ; finisse à 1,08
dôu sera.
10 Otitoubre. — Esclissi coumplet invisible à Paris, visible
dintre l'America dôu Sud.
Luna. — 1" Abrièu. — Esclissi parciella visibla à Paris. Entrada de la luna dintre l'oumbra, 9.26 dôu sera; sourtida, 11.03
dôu sera.
26 Setèmbre. — Esclissi parciella, invisibla à Paris, visibla
dintre l'Océan Pacifique.

Jîla providence, %ue de la Préfecture /4, $run, Siàraire

�LU

VÉNT

Lu vènt que souflon à Niça, dintre lou cours de l'armada,
soun au nombre de 16. Vequi li siéu denouminacioun courènti,
pihadi, en general, dai loucalità dei quali parèisson vèni :
Sud
Miejon
Nord... Tramountana
S.-S.-O. Miejou Lebech
N.-O.-E. Grek Tramountana
S.-O
Lebech
N.-E... Grego
O.-S.-O Pounèut Lebech
E. N .E. Levant
Ouest. Pounènt
E.-N.-E. Levant
O.-N-O.V Pounènt Maistràu
E.-S.-E. Levant
N -O . Mastràu
S.-E.... Siroco, vènt marin
N..-N. OMaïstràu Tramount
S.-S.-E.. Miejou Siroc

6
15
25
14
31
24

VIGÍLIA — JEUNI
Abriè
(Pasca, 7 Abrièu).
Mai
(Ascensioun, 16 Mai).
Mai
(Pantecousta, 26 Mai).
Avoust
(Assoumpcioun, 15 Avoust).
Outoubre (Toui lu Sant, Ier Nouvembre).
Desembre (Calena, 25 Desembre).
L'AN NADA RELIGIOUSA

LI FESTA MOUBILI E LI FESTA FISSI
Janvt'è
jYlars
1 Circouncisioun.
1 e 2 Quatre Tèms.
6 Epifania (lu Rei).
3 Reminiscere.
13 Bateja de J.-C.
10
Oculi.
14 Sant Noum de Jesu.
17 Lœtare.
fébrié
24 Passioun.
2 Puriflcacioun.
29 Li 7 Doulou.
4 Setuagesima.
31 Lu Rampàu.
6 Festa de la Pr. de N. S.
11 Sexagesima.
Jîbriéu
13 Coum. de la Passioun.
5 Divendre Sant.
18 Quinquagesima.
7 Pasca.
21 Cendre.
14 Quasimodo.
25 Quadragesima.
28 Patrou. de San Joúsè.
28 Quatre-Tèms.

�Setembre
3 Inv. de la Santa Crous.
13, 14, 15, Rougacioun.
16 Ascensioun.
26 Pantecousta.
29-31 Quatre-Tèms.
1
2
6
9
21
24
29

Quatre-Tèms.
Trinità.
Festa de Diéu.
Festa dôu S. Sacramen.
Sacrat-Couor de'jesu.
Natività de S. jouan-Bat.
SS. Peire e Paul.

8 Natività de la Vierge.
14 Esaltacioun de la Crous.
15 N.-D. dei 7 Doulou.
15 San Noum de Maria.
18, 20, 21, Quatre-Tèms.
29 Dédie, de S. Miquèu.

Ôutoubre
6
13
20
27

Sant Rousari.
Maternità de la Sta Vierge.
Puretà de la Santa Vierge.
Patrounage de la S. Vierge.

J/ouvembre

Juliet
2 Visitacioun de la S. V.
7 Precious Sang.
16 N.-D. dôu Carme.

Jîvoust
6 Transfiguracioun.
15
18
25
25
29

Assoumpcioun.
S. Joachim.
S. Couor de la Vierge.
S. Louis.
Decolac. de S. Jouan-Bat.

1
2
3
21

Toui lu Sant.
Lu Mouort.
Santi Relíquia.
Present, de la Sta Vierge.

2&gt;esembre
1 Avent.
8 Imaculata Councepcioun.
18, 20, 21, Quatre-Tèms.
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l-fi«

�LA

DÉCIMALISATION

DU

TEMPS ET DES

ANGLES

LA MONTRE DÉCIMALE
Par J. de REY-PAILHADE, président du Comité
pour la propagation des méthodes Décimales.
Le Club Nautique de Nice a offert plusieur fois en prix des
montres décimales aux régates'de 1909. Il était utile de décrire cet instrument, d'y joindre des tables pratiques et des
formules à l'usage des ingénieurs, des sportsmen, des médecins, etc. etc.
DÉCIMALISATION DES ANGLES •
Il est aujourd'hui démontré que la division décimale du
quart de cercle facilite tous les calculs.
Les nouvelles cartes géographiques sont graduées exclusivement dans ce système, devenu officiel en France et dans
d'autres pays. On possède toutes les tables pratiques nécessaires à son essai courant. Nous ne nous étendrons pas
davantage sur cette méthode aujourd'hui enseignée dans les
lycées et collèges.
Nous rappellerons seulement que M. l'amiral Germinet,
membre d'honneur du C. N. N., sous la direction duquel on
fit en 1899 et 1900 des essais de navigation avec un matériel
entièrement décimal, a émis un avis très favorable à la
réforme décimale.
DÉCIMALISATION DU TEMPS
La division décimale du jour décrétée le 4 frimaire an II
rendra aussi de grands services à la science et aux sports.
Principe. — On divise le jour entier en 100 parties égales
appelées cés ; le cé est subdivisé en décisés, ceniicès et millicés
Le cé vaut 14m 24s ou 1T4 d'heure environ ; le décicé est égal
lm 26s 4 ou lm Ij2 environ ; le millicé vaut 0S 864 ou 9T10 de
seconde environ.
Concordance des Temps. — On parvient assez vite à dire
instantanément l'heure à 1 ou 2 minutes près en regardant le
cadran d'une montre décimale. Il suffit d'apprendre par cœur
les concordances décimales de toutes les heures.
0,0
0
50,0

4,2
1
54,2

8,3
2
58,3

12,5
3
62,5

16,7
4
66,7

20,8
5
70,8

25,0
6
75,0

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6
75,0

29,2
7
79,2

33,3
8
83,3

37,5
9
87,5

41,7
10
91,7

45,8
11
95,8

50,0
12
100,0

Les heures sont au milieu, les concordances des heures
du matin en haut, celles du soir en bas. Ainsi 10 heures du
matin valent 41.7 cés (énoncer 41 cés 7 décicés) et 10 heures
du soir valent 91,7 cés.
Gomme 1 cé vaut presque lj4 d'heure et un décicé une mi •
nute 1]2 ; en partant des concordances du tableau, on dit
l'heure instantanément, ainsi 39,9 cés valent 9 h. 36 m. du
matin. Un ou deux jours suffisent pour atteindre ce résultat.

Description de la montre décimale ou cémètre. — Il y a 3
aiguilles centrales se mouvant sur un cercle divisé en 109
parties égales, numérotées de 0 à 9. Le 0 cé est en bas, c'est
l'origine des temps, car on suppose la Terre au centre du
Cadran.
L'aiguille dorée avec un soleil ne fait qu'un tour par jour ;
l'aiguille épaisse en acier bleu tourne 10 fois par jour, et la
trotteuse fine fait 1000 tours par jour.
L'aiguille-soleil montre la position de l'astre du jour par
rapport au méridien de Paris, qui va du centre au chiffre 5.

�10 —
Les quatre traits bleus indiquent les positions de cette aiguille
à minuit en bas sur 0 ; — à tì h. du matin au milieu entre 2
et 3 ; — à midi, en haut, sur le 5 ; — à 6 h. du soir, entre 7
et 8.
L'aiguille dorée du soleil indique le chiffre des dizaines
de cés, 2 sur le dessin ; l'aiguille épaisse donne d'abord le
chiffre des cés, 6 sur le dessin, et en comptant rapidement à
l'œil le rang de la division entre 6 et 7, on voit, que cette aiguille marque 3 décicés. Le temps du dessin est donc 26,3
cés correspondant à 6 h 20 m. du matin environ. L'aiguille
trotteuse donne les millicés 83. Le temps est donc 26,383
cés.
» Pour la vie courante, on n'a pas besoin d'aller au delà du
clécicé. On lit les milticés pour les applications scientifiques
et sportives.
Le temps en millicés lu sur le cêmèire facilite tous les calculs, car on n'a jamais de réductions à faire.
Examinons le problème des vitesses a l'heure : Les millicés multipliés par 0,00024 donne des heures et fraction décimale d'heure. Ainsi Ì2345 millicés valent 12,345 -f- 24 =
2 h. 9628.
Par conséquent si L est la longueur parcourue et M le
temps en millicés, la vitesse est

ou t

+ 4166,66...

Ces quelques exemples démontrent que la montre décimale simplifie tous les calculs sans exception.
Les rapports de MM. les délégués officiels aux essais de
la montre décimale faits à Nice, par le Club Nautique, le 26
février 1911, concluent unanimement à la supériorité de cet
instrument pour les usages scientifiques et sportifs.
M. Prim, astronome à l'Observatoire de Nice, représen
tait M. le \iinistre de l'Instruction publique.
Prix : 60 fr. avec brochure explicative.

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JANVIE
P.
P.
D.
N.

Q,
L.
Q.
L.

lu 8, à 7
lu 14, à H
lu 22, à 7
lu 30, à 10

SOULÈU.

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—

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oura
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L. 8 14' — C. 4 42'

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1
2
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Lu Rei
6
Dim. S. Lucien
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dil. S. Apoulinari
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dim. S. Pèire
9
dim. S. Guiermo
10
dij S. Teodose
11
div. S. Arcada
12
dis. Sta Verònica
13
Dim. S. Ilari
14
dil. S. Maurici
15
dim. S. Ounourat
16
dim. S. Antoni
17
dij. Sta Angela
18
div. S. Sulpici
19
dis. S. Bastian
20
Dim. Sta Agnesa
21
dil. S. Vincènt
22
dim. S. Raymound
23
dim. Sta Jacinta
24
dij. Conv. de S. Pàu
25
div. S. Poulicarpa
26
dis. Sta Devota
27
Dim. Sta Paula
28
dil. S. Francès S.
29
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TRIMESÏRÍ;

Macari
Genevieva
Tita
Simeoun

dim. Sta Marfina
dim. S. Peire N.
En Janvié
Lou païsan n'a ren

lu 6, à 4 oura 28 s.
lu 13, à 11 oura 38 m.
lu 21, à 4 oura 44 ui.
- L. 7 49' - C. 5 30'

dij. S. Ignaci
div. La Candeliera
dis. S. Blasi
Dim. Setuagesima
dil. SS. Vinc.Oronte
dim Sta Agata
dim. Sta Dorotea
dij. S. Romuald
div. S. Jouan-Matha
dis. Sta Apoulounia
Dim. Sexagesima
dil. Sta Eulàlia
dim. S. Gregori
dim. Sta Eufrasia
dij. S. Onesime
div S. Dounat
dis. S. Simeoun
Dim. Quinquagesima
dil. S. Gabin
dim. Dimars-Gras
dim. Li Cendre
dij. S. Silvan
div. S. Maxime
dis. S. Pascase
Dim. Quadragesima
dil. S. Nestor
dim. S. Leandri
dim. Sta Nourina
dij. S. Nymphas

Plueia de febrié
A la terra vau fumiè.

ZDéSTU-S-bez

NICE

MARS
N. L.
P. Q.
P. L.
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N. L.
SOULÈU

1
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1 oura 31 m.
0 oura 02 m.
0 oura 59 m.
1 oura 26 m.
1 oura 38 s.
01' — C. 6 13

S. Eudoxia
S. Simplici
Reminisceri
Sta Cunegonda
S. Casimir
Sta Coleta
S. Jouan de D.
Qaatre-tèms
Sta Margarida C.
Ocali
S. Euloge
S. Gregori
Sta Eufrasia
Sta Matilda
S. Acepsima
Sta Gertruda
Lœtari
S. Apien
S. Jôusé
S. Joachin
S. Lea
S. Turibe
S. Armentari
La Passioun
Anounciada
S. Emanuèu
S. Jouan d'Egt,
S. Gountran
S. Eustase
S. Jouan C.
Lu Rampàu

Lou mes de mars
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tous le -vrai

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SOULÈU.

1 dil.
2 dim.
3 dim.
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13, à
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21, à 7
28, à 11

—

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L. 6 06'

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55 in.
37 s.
31! s.
25 s.
C. 6 52'

S. Ugo
S. Franç. de P.
S. Richard
Dijàu Sant
Divèndre Sant
Dissata Sant
Pasca
S. Albert, ev.
S. Azada.
s. Isidoro
s. Leoun
s. Juli
s. Justin
Ouasimoi/ii
Sta Anastasia
S. Frutuous
S. Rodolfe
S. Maxime
S. Anselme
S. Teodoro
S. Adalbert
S. Fidèle
s. Jorgi
s. Marco
s. Clet
s. Antime
s. Aimé

s. Roubert
Sta Catarina d. S
SS. Philip. ,Jacq.

Pichouna plneia d'Abriéa
Bouona récolta pèr l'csliéu

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SOULÈU.

TRIMÍÎSTRÈ;

MAI

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lu 5,
2 oura
lu 13, a 7 oura
lu 21, à 10 oura
lu 28, à 7 oura
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C. 7 29'

1 dim. SS. Félip. Jaq.
2 dij. S. Atanase
3 div. In.d.l. Sta Crous
4 dis. SS. Sindonis
5 Dim. S. Pio, papa
6 dil. S. Jouan D.
7&lt; dim. S. Peire
8 dim. s. Gregori N.
9 dij. s. Antounin
10 div. s. Isidoro
11 dis. s. Bounifaci
12 Dim. s. Jouan lou S.
13 dil. s. Pouon, m.
14 dim. s. Pacomo
15 dim. s. Sta Denisa
16 dij. Ascensioun
17 div. S. Pascaù
18 dis. S. Teodoto
19 Dim. s. Pèire C.
20 dil. s. Felis.
21 dim. s. Bernardini
22 dim. s. Julia
23 dij Rogaeioun
24 div. s. Vincen, d. L.
25 dis. S. Urbin
26 Dim. Pandecousta
27 dil. S. German
28 dim. S. Cirile
29 dim. Sta Petronïa
30 dij. S. Sylve
31 div. S. Justin
Au mes de mai
Longui semana

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lu 11,
lu 19,
lu 26,

SOULÈU.

1
2
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19 dim.
20 dij.
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22 dis.
23 Dim.
24 dil.
25 dim.
26 dim.
27 dij.
28 div.
29 dis.
30 Dim.

—

à 11 oura 4 s.
à 10 oura SI s.
à 9 oura 51 s.
a
2 oura 20 s.
L. * 34'

C. 8 1!"

S. Potin
Trinità.
S. Quirin
S. Francès C.
S. Lié
Festa de Dieu
S. Lié
Quatre-tèms
S. Optat
Sta Margarida
S. Barnabe
S. Antoui de P.
S. Basilio
S. J.-F. Régis
S. Moudeste
S. Lambert
Sta Olga
S. Gervai
Sta Juliena F.
S. Louis de G.
S. Paulin
Sta Maria d'O.
S. Jouan-B.
S. Prousper
S. Alban
S. Cresen
s. Iréné.
s. Pèire
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s. Tibàu

En Jun
De tres abit l'un

Dégustez tous le vrai

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lu 3, a 10 mira 20 m.
lu 11, à 1 cura 53 s.
Il 19, a o oura 31 m.
lu 25, a 9 oura 12 s.
SDULÈU. - - L. 4 35' — C. 8 22'

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S. Thierry
Vierg.de li Gracia
S. Anatole
S. Pèire de L.
S. Sisoès
S. Elie
Sta Babeta
S. Efrein
Sta Felicita
S. Pio
S. Jouan G.
S. Gene
S. Jaque
Festa Naciounala
S. Enri
N.D.d.M. Carmel
Sta Marcelina
S. Frederic
S. Vincen de P.
Sta Margarida
S. Vi loiSta Maria-Mad.
S. Apoulinari
Sta Cristina
S. Jaque
Sta Anna
S. Pantaleoun
S. Samsoun
Sta Marta
Sta Giulieta
S. Gnaci de L.

Au mes de Juliet
Ni frema ni coulé.

TBIMËSTRÎ;

I1. Q. lu 2, a 0 oura 29 m.
P. L. lu 10, a 3 oura 58 m.
D. Q. l»i 17, a 1 oura 1.1 s.
N. L. lu 21, a 5 oura 14 m.
IV Q. lu 31, &amp; 5 oura 21 s.
souLÈu, —1.5 or -j&gt;. 8 or

dij.
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S. Pèire-aï LS. Alfonso
Inv. de S. Estève
S. Domenica
N. D. dei Nèu
Trausf. de J. C.
S. Gaétan
Sta Batilda
S. Camila d. L.
S. Là u ren
S. Septima
Sta Clara
Sta Filoumèna
S. Ousèbi
Asoumpcionn
S. Roc
S. Mamès
Sta Elena
S. Ipoulita
S. Bernar
Sta Chantai
S. Pio V
S. Filipe B.
S. Bartoumiéu
s. Louis, r. F.
s. Seg'oundo
s. Cesari
s. Goustin
s. Mederic
Sta Rosa
S. Fiacre

F.n . ivoast
Figa e moust

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SBTÈMBRE
P. !.. lu 8, a' 4 oura 57
D. Q. lu 15, a 6 oura î&gt;l
N. L. Ju 22, a 3 oura 37
P. Q. lu 30. a 0 oura 08
SOULÈU. - - 1. 5 47V— c.

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S. Gili
S. Estève R.
Sta Eufemia
Sta Rosalia
S. Làuren J.
S. Pambon
S. Grat
Natiu, di' la V.
S. Oumer
S. Xicola
S. Félis
S. Veran
S. A nié
Es. (1. l.S. CtQUS
S. Nicomède
S. Conrneilla
S. Lanbert
S. Tournas V.
S. Janvié
S. Euslache
S. Matiéu
S. Maurici
Sta Tecla
S. Girar
S Firmen
S. Nil
S. iN'icandre
S. \\ inceslas
g. Miquèu
S. Jeromo

Lima setembrina
De mai clarina

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GRANDE MARQUE RECOMMANDÉE

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TRIMESTRE

NOUVÈMBRE
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6,
D. Q. lu 43,
N. !.. lu 20,
Q.
lu 29,

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1.

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4 oura 48
8 oura 20
9 oura 49
2 oura 42
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c.

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1 dim. Rosari
1 div. Tout lu Sant
2 dim. S. ■ Léger
2 dis. Eu Mouorl
3 dij. S. Rosari
S. Ubert
4 div. s. Francès d'A. 43 Dim.
dil. S. Carlo B.
5 dis. s. Placido
5 dim. Sta Bertila
6 Dim. s. Bruno
6 dim S. Leounar
7 dil. s. Serge
dij. S. Nestou
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8 dim. Sta Reparada
8 div. Lu Quatre Incou.
9 dim. S. Denis
9 dis. S. Teodore
10 dij. s. Francès B. 10
Dim. S. Jacintou
11 div. s. Tarasco
11 dil. S. Martin
12 dis. s. Counrad
12 dim. S. René
13 Dim. s. Edouard
13 dim. s. Stanislas
14 dil. s. Calisio
14 dij. S. Pantena
15 dim. Sta Teresa
15 div. Sta Gertruda
16 dim. S. Ospici
16 dis. S. Edme
dij.
17
Sta Edvija
17 Dim. S. Gregori
18 div. S. Luc
18 dil. S. Alfè
19 dis. S. Pèi re
19 dim. Sta Babeta
20 Dim. S. Agrico)
20 dim. S. Edmon
21 dil. Sta Ursula
21 dij. Présent, de la V.
22 dim. S. Filip
22 div. Sta Cecilia
23 dim. S. Teodoret
23 dis. S. Clemen
24 dij. s. Mairloire
25 div. ss. Crespin-Cr. 24 Dim. Sta Flora
26 dis. s. Jouan de K. 25 dil Sta Catarina
26 dim. Sta Pel fina
27 Dim. s. Frumence
27 dim. S. Maxime
28 dil. s. Alfredo
28 dij. S. Sostène
29 dim. s. Narcisse
29 div. s. Saturnin
30 dim. s. Marcel
30 dis. s. Andrièu
31 dij. s. Siri
En ùuloubre
\loii ponorc goûta loti rùare

Tonssan ientra
St A n'driéu lou souorte

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DESÈMBRE

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lu 12,
lu 20,
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15 Dim.
16 dil.
17 dim.
18 dim.
19 dij.
20 div.
21 dis.
22' Dim.
23 dil.
24 dim.
25 dim.
26 dij.
27 div.
28 dis.
29 Dim.
30 dil.
31 dim.

1.

a
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3 oura
m.
6 oura 46 s.
4 our;i 40 s.
7 OUI;L 48 s.

7 54' — c.

A vent
Sta Bibiana
S. Francès X.
Sta Barba
S. Bassi
S. Nicola
S. Anbrosi
Imac. Conception
Sta Leoucadia
Sta Eulàlia
S. Damase
Sta Rosélina
Sta Lucia
S, Niçoise
S.
S.
Sta
S.
S.
S.
S.

Mesuiin
Adon
Olimpíada
Gatien
Ciprian
Filogone
Tournas

S. Onourat
Sta Vitòria
Cacha-fuec
Calèna
S. Estève
S. Jouan
SS. Inoucent
Sta Eleonora
S. Sabîn
S. Sàuvestre

Calena aufuec,
Pasca àu j'aèc.

sin -

GRANDE MARQUE RECOMMANDÉE

4 35

�- i6-

�- 17

-I

CROUNICA NIÇARDA
L'ABADÏA DE SAN POUON.— L'ABAT RANCE-BOURREY.
GLOFFREDO.

—

—

PÈIRE

A PREPAU DOU DIALETE NIÇART.

Ben qne pareissènt tardié, VArmanac Niçart s'empressa de
pourtà la siéu febla vous su tout cen que enteressa lou païs, sigue
au pounch de vista istoria loucala, pouesia, tradicioun, sigue
tamben su la taquinanta questioun dóu dialete niçart souvenri
fès pauvada e su la quala lu escritour mouderne soun luen d'estre
d'acordi.
Parlerai finda de M. l'Abat Rance-Bourrey, un beneditin qne
despi quauque an en ça mete à prouflt la siéu erudiciou n a nen
revelà de fach d'istoria inedieh. Se quauqu'un mérita d'estre
laudat es ben éu ; es en éu que VArmanac Niçart tressa la
pamoula de sapiença. En esprimant la nouostra recounouissença,
à l'Abat Rance-Bourrey, fen cen que touplen an denembrat,
vouoli dire de courounà lu siéu travail, frucha de ben de recerca,
dai quali obra sian fier d'avé prestat la prima ajuda. Pouden cità :
lou Discours sur le Monastère de Sainte-Claire de Nice, par Honoré
Pastorelli, publié d'après l'édition originale de Turin 1608, avec
une introduction et des notes ; — "Le Général J.-B.-M. D'Anselme" (Notices biographiques (1740-1792). E aquest'an
l'istorien nen douna — toujou de prima man — YExpulsion de
Mgr Valperga, evesque de Niça, au tèms de la Revoulucioun,
travail anoutat de peça curiouvi que sian urous de pouder metre
souta lu uès dei nouostre letour.
*
* *
Lou fach de l'annada, lou mai marcant, es estat aquéu de
l'Abadïa de San Pouon. Parlon de tout destruge pèr li basti an
siéu luec un espitau Pasteur... UArmanac Niçart es pas Penemic
dóu prougrès, ni men encara dei Bei-Art, ma si fa lou pious dever
de jougne lu siéu esfouors en aquelu dei siéu councitadin quo
l'istoria dóu passat passiouna, pèr que l'Abadïa de San Pouon
sigue counservada e classada couma mounumen istorique. En la
circonstança feliciti M. l'Abat Rance-Bourrey que mé rasoun s'e.s
demoustrat l'ardènt defensour autourisat que counouissen. La
siéu paràula es estada escoutada e lou Préfet de li Alpa-Maritima,
8

'

�— i8 M. de Joly — respetuous dei nouostri tradicioun — en ortie
avertit a proumès que l'Abadïa de San Pouon seria respetada e de
lèu si crusià pèr lou siéu classamen tra lu mounumen istorique.
Dóu resta vequi ce que l'Abat Rance Bourrey nen di su San
JPouon. Counsignen religiousamen li siéu paràula :
« L'Abbaye de Saint-Pons est le plus ancien monument relitgieux existant dans le Comté de Nice. Il y a dou^e cents ans que
sSiagrius y fonda un monastère. L'histoire de ce monastère est
jintimement liée à l'histoire religieuse, civile et économique de la
iville de Nice.
;
« Ce fut à Saint-Pons qu'en 1388 fut'signé l'acte réunissant
le Comté de Nice au Comté de Savoie. Les abbés de Saint Pons
ifurent pris dans les principales familles du Comté : les Badat, les
tLaugery, les Provana, les Lascaris, les Grimaldi, les Martelli, les
;Tournefort, etc. Plusieurs évêques de Nice furent abbés de Saint[Pons, en particulier Barthélémy Chuet (fin du xve siècle) et Jean
, Uriole, son successeur. Un autre abbé, Claude de Seyselle, fut
,évêque de Marseille, puis archevêque de Turin ; d'autres furent
cardinaux, tels Innocent Cibo, neveu d'Innocent VIII et de
f
;Léon X, et Paul Medeci de Cesis dont on voit encore l'inscription
(funéraire à Sainte-Marie-Majeure, à Rome.
:
« A la fin du xvir siècle, l'abbé de Saint-Pons était Pierre
•Gioffredo, le savant historien niçois. Enfin, un abbé de SaintiPons dont les Niçois n'ont pas encore perdu le souvenir, était
(l'abbé Spitalieri de Cessole qui a doté sa ville natale d'un établissement de bienfaisance si justement apprécié. La plupart des
pbbès de Saint-Pons et plusieurs évêques de Nice ont été enterrés
dans l'église ou sous le cloître et dorment aujourd'hui confondus
avec les moines leurs frères qui depuis dix siècles y sont enterrés.
« Les monuments funéraires ont disparu. Le temps a tout
(nivelé à Saint-Pons, singulièrement aidé cependant par la main
ides hommes. On connaît les dévastations commises par
Iroupes de François Ier et de Barberousse, plus tard par celles d
Catinat et par d'autres encore. Après chaque désastre, SaintPons a retrouvé une nouvelle vitalité et il y a à peine trois quarts
de siècle que Mgr Galvano y a fait d'importantes réparations.
;
« Saint-Pons n'est pas seulement une page de l'histoire de
notre pays, c'est un gros volume de cette histoire ; les Niçois
laisseront-ils dire qu'ils sont restés indifférents devant le danger
qui menace Saint-Pons ? Non, ils feront tous leurs efforts pour

�— 19 -

sauver de la destruction un monument qui doit leur être cher...
Je demande d'urgence le classement de l'Abbaye de Saint-Pons,
c'est-à-dire de l'Eglise et des bâtiments claustraux, comme monument historique. »
Lou councours de YArmanac Niçart es aquist. Emé fiertà e
au près de touplen de sacrifici faren respetà l'istoria dóu passat,
la lenga e lu escrich dei orne qu'an ilustrat lou nouostre bèu
pais.
*
* *
Despi quauque tèms, — maladia que reven per intermitença,
— la gran questioun de la grafia niçarda, de l'ourtougrafa, es
messa su lou tapis. De letra soun estadi publicadi, d'autri lou seran, e cresi qu'après ben de charra pèr dire pas gran cauva de
nóu, quasi dirii pèr predicà dintre lou Desert, noun restera
d'aquela discussioun, — Favén déjà coustatat, — pas gran cauva,
ren!... Cadun escrèu à la siéu moda seloun l'esprit dóu moumen,
e serii ben curious de counouisse aquéu que vendria nen dità
une metoda en nen dïen : « la mièu maniera d'escrièure lou
Niçart es la bouona». Discussioun scientifica que pòu passiounà
quauque lenguista, pas mai ; lou mihou es d'escrèure seloun li
letra ditadi pèr la prounouncia. Lou talènt pèr aquéu qu'escrèu
es de si laissà liège, de si faire acapi. Es qu'en en un entan que
frecuenta l'escola primària poudès li demandà autra cauva ?...
Perta de tèms que tout acò, vourria mai s'engenià à recercà lu
viei mot, espressioun, loucucioun courenti que la pous dóu tèms
a rabaïat, dounà au nouostre bèu dialete la coulou que dèu avè,
en respetant lu emprunt que pouden avè fach sigue à l'Italian, à
l'Espagnòu o à tout autre...
Un dialète noun dèu pas estre une lenga scientifica, encara
m en noun còu avè la pretencioun que sigue ouficiela, seria temerari ; lou dialete d'un païs dèu refletà lou caratere d'un'epoca que
lou tèms dèu respetà, enfin escrèure gramaticalamen, un noun
empedisse l'autre, e laissà à l'esprit, au goust lou coumplemen
d'un stile ouriginal, en de frasa councisi que flaton i'auriha.
Aquí fermi la discussioun, risqui de perdre la civada... l'an
que ven, se Diéu mi presta vida, v'en dirai d'autri e couma
d'usança que mi sigue permès de la vous souvetà : Bouona e
uroûva !
L'ARMANAC

NIÇART.

�20 —

LA CIGALA DOU BOUON DIEU
Una cigala dóu Bouon Dieu
Tout l'estiéu
E l'iver en la chambreta, —
L'aiguesias vista la lebreta ! —
Noun vivïa que d'amour
S'assetava su l'ounour;
La cigala cantarela,
Vau chanja de clientela,
Noun es courta d'amatour,
Que li viron tout au tour !
Ma l'ancien de la cigala,
De gros mot ven que s'embala ;
En l'auriha de la maire
Li ven tout aquéu bousin,
Que deja toui lu vesin
Sabon lou long de l'afaire
— Cenqu'as fach m'au tiéu tip ?
Di la maire enrabiada...
Bella Vierge encourounada !
Sera au mancou m'un bouon rie!!...
CH. CIAUDO

PROUVERBI, BOUOI MOT, COUNSÉU E DICH
Tèms d'iver noun ti fidar.
Lu màu dei enfan si garisson soulet.
Cau naisse pèr estre bèu, si maridar pèr estre rie, e mouri
pèr estre brave.
Per aver de raïn, eau caressar la souca.
Agnèu naissut
Vau un escut.
Dansa mihou ventre plen que rauba nova.
L'oumbra dou mèstre engraissa lou cavau.

�LOU MAGOT DE BERTOUMIÉU ISSUGA
O BEN

UNA RAISSADA DE MACAROUN
Conte menloanasqae trouvât dintre d'un armori
de ma nana e que /'Armanac Niçart es tirons de
transcrièure en niçart à Ventencioun dei sièu
fidèle lotour et lelrissa.

Bertoumiéu Issuga, mentounasque de viéia roca, abitava en
coumpagnia de sa mouhié, en carriera dóu Paumoulié. La siéu
frema, malurousamen, era sirnplaria e faia lou siéu desespoir.
Cada matin Bertoumiéu, avant de s'en anà au travail, li recoumandava de noun faire de bestialità. Cou vous dire que toui lu
dissata lou nouostre ome metia en un'armari pertuat dintre la
muraia lou gagne de la semana.
— Bertoumiéu ! pèr qu seria tout aquel argen, demandava
Marioun au siéu marit.
— Es pèr Madjou-long, castagnassa !
*
* *
Un jou Bertoumiéu partet pèr anar à la siéu campagna ;
devia même li restar doui ó très jou pèr souïnar e arousar lu
citrouniè. Marioun souleta matin e sera, s'assetava su lou banquet de la pouorta e faïa de bas... Un predinà veguet un ome
de statura mai que mejana, couma si di, un gran carcan. La
frema de Bertoumiéu lou fissa sensa parpelear, pi pihada d'un'
idea, li diguet :
— Moun bèu Moussu, sias bessai vous Madjou-long ?
Lou merlo pita e noun s'en laissa dire autre, léu li
respouonde :
— Noun vous troumpas pas, bella bruneta, sièu ièu Madjoulong !... Ma perqué mi faire tala demanda ?
Perqué ?... dou moumen que sias Madjou-long, intras su lou
cóu. Li a ja pas mau de tèms que moun marit a mes d'argen
amagat pèr vous...
E sensa mai de ceremounia li remeté lou mandiou dintre lou
quai lu sóu eron groupât. L'ome remercia e la s'esbigna lèu.
♦

* *

�Lou sera, Bertoumiéu arriva, la sièu mouhié li di.
— Sabes, ai vist ancuei Madjou-long !
E l'ome de cridar :
— Malurousa ! — m'en a fach encara una 1
Courre à l'armari, lou mandiou e Pargen, mouis !... Issuga
blastema pica dai pen, es décidât de si desiaire de la siéu frema
Lendeman, dóu téms qu'aissesta durmïa, li cuerbe lu uès emé de
pega de sabatié, pi la pihant pèr la man, la mena dapé dóu CapMartin. Arrivât aqui, Bertoumiéu fa mountar Marioun su d'un
nouguié el'abandouna. La paura, bòrnia, noun sabia doun si
trouvava, ni men encara ce que poudia faire.
En aquéu fra-tèms doui voulur venon s'assetar souta
l'aubre ; après aver abrat quauqui branca sequi pèr s'escaufar, pi
si meton à cuentar lou siéu argen.
La calou faguet delegar la pega que curbia Puès destre de
Marioun e aissesta de cridar :
— E d'un !
Lu voulur, d'estuc, s'isson d'emblée.
— Qu'es acó, diguet l'un.
— Un matagan, faguet l'autre.
La calou seguia á faire lou siéu efet pau à pau durbia Puei
senec.
— E de douî, diguet Marioun.
Dóu cou lu voulur escapon, laissant Pargen espantegat soubre
Perba.
Marioun coumença à li veire clar, cala da l'aubre e ramassa
Pargen, pi lèu s'en camina vers maïoun...
Lou sièu marit, pensierons, era assetat dapè dóu fuec, s'escaufant, fumant la sièu pipeta emé beatituda...
— Bertoumiéu !... o Bertoumiéu !... duerbe-mi, siéu iéu,
Marioun...
— Vai au diàu que ti pihe... ièu que cresii de m'en estre
despegouït...
Ma Marioun, toujou picava, un cóu noun asperava l'autre...
L'ome fenisse per li durbi...
— Ten ! regarda cen que ti pouorti.. . e Marioun pauva lou
sac su lou toulié. ..
Bertoumiéu, entartugat, cuenta Pargen e réfléchisse ; — Marioun es simplaria e deman la vila saupra Pistoria de la fouré . ..
Cóu que Bertoumiéu si dispegouïsse pèr empedi li marridi lenga
de bavar...

�— 23 —
Si mete la vesta, lou capèu e souorte fermant la pouorta i..
Faïa nuech dintre la carriera, ma sensa pena s'encamina
vers una boutiga e croumpa pèr mai de dès kilo de macaroun...
Ientra au sièu e di à la sièu mouhié de si metre au liech.
En tant que Marioun durmïa, Bertoumiéu fa bui lu macaroun, pi lu espantega su lu aubre dóu jardin... Lendeman de
matin la siéu frema, desveiada, si mete à la fenestra...
— O ! Bertoumiéu ! Bertoumiéu ! Vene un póu veire!... O
trest ! vè, a plougut de macaroun !...
— O vai fantauma !... n'as toujou una. .. Ten ! ten !... ma
es ver !...
*
* *

A quauque tèms en ça, Bertoumiéu l'avia previst, Marioun
countet à toui que lou siéu ome noun li picava plus, despi lou
jou qu'ela li avia pourtat de sac plen d'escut...
Lou juge aiguent audit parlar de l'afaire, mandet sounar
Bertoumiéu devant lou tribunal ; la siéu mouhié era estada
citada couma testemoni.
Lou juge. — Bertoumiéu, sias acusat d'aver gardât d'argen
que noun era vouostre.
— Iéu !... Ma moussu lou juge, lou negui ; sièu couma
sabès un travaiadou.. .
E Marioun de dire.
— Noun negar, Bertoumiéu, sabés ben qu'es ver ; es iéu en
persouna que t'ai pourtat la mouneda, qu'avii trouvât en la
fouré.. .
Lou juge. — Anas brave ome, noun negués.. .
— E quoura lou m'as pourtat ?... — Vous juri, Moussu lou
juge, que la miéu frema es fouola !...
— E lou sabes ben, Bertoumiéu, es lou jou que plouguet tant
de macaroun !
— Moussu lou juge aves jamai vist ploure de macaroun ?...
— Jamai ! moun beL amic respoundet lou juge que si tenia
lou ventre dóu rire — Amie, vèu que la vouostra frema es
fouola. .. sias aquitat !...
Bertoumiéu si retira emé Marioun... Noun aigueron plus
de disputa e vieugueron, pareisse urous e pèr longtèms !...
J. E.

�CANSOUN ANCIENNA

PÈR LOU

N'aurias pas vist la miêu fiha
Trin-trin
Lou galerin
A'aurias pas vist la miêu Jiha
Trois-wtrois
Le fils du roi
L'ai vista e l'ai baïada
Trin-trin
Lou Galerin
L'ai vista e l'ai baïda
Trois-trois
Le fils du roi.
Douna-mi la miêu fiha
Trin-trin
Lou galerin
Douna-mi la miêu fiha
Trois-trois
Le fils du roi.
Es aqnela la vouostra fiha
Trin-trin
Lou galerin
Es aqaela la vouostra fiha
Trois-trois
Le fils du roi.
La miêu fiha era pas lernia
Trin-trin
Lou galerin
La miêu fiha era pas lernia
Trois-trois
Le fils du roi
La miêu fiha era pas lua
Trin-trin
Lou galerin
La miêu fiha era pas lua
Trois trois
Le fils du roi.
N'es ni guercia ni poutinouva
Trin-trin
Lou galerin
N es ni guercia ni poutinouva
Trois-trois
Le fils du rois.

MAI

�La miéu fiha n'es pas borni a
Trin-trin
Lou galerin
La miêu fiha n'es pas bornia
Trois-trois
Le fils du roi.
Noun faïa pas belugueta
Trin-trin
Lou galerin;
Nonn faïa pas belugueta
Trois-trois
Le fils du roi.
La miêu fiha n'es pas emberrida
Trin-trin
Lou galerin
La miêu fiha n'es pas emberrida
Trois-trois
Le fils du roi.
La m iéu fiha n'es pas pigada
Trin-trin
Lou galerin
La miêu fiha n'es pas pigada
Trois- trois
Le fils du roi.
La miéu fiha noun es pas ranga
Trin-trin
Lou galerin
La miéu fiha noun es pas ranga
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha noun es pas louorla
Trin-trin
Lou galerin
La miéu fiha noun es pas touorta
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha n'es pas crouoada
Trin-trin
Lou galerin
La miéu fiha n'es pas croavada
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha n'es pas gibouva
Trin-trin
Lou galerin
La miéu fia n'es pas gibouva

�— 26 —
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha noun es foularana
Trin-trin
Lou galerin
La miéu fiha noun es foularana
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha n'es pas ingourda
Trin-trin
Lou galerin
La miéu fiha n'es pas ingourda
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha a pas lou peu de pi g nu
Trin trin
Lou galerin
La miéu fiha a pas lou peu de pig nu
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha noun es narvelouua
Trin- trin
Lou qalerin
La miéu ûha noun es narveloiwa
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha noun a la rougna
Trin-trin
Lou galerin
La miéu fiha noun a la rougna
Trois trois
Le fils du roi.
XXX.

PROUVERB1, BOUOI MOT, COUNSÈU E DICH
Qu duerme ben noun cregne li niera.
Qu vè pissar e noun pissa, crêpa de malícia.-'
Qu douna soun ben avan de mouri
Mérita de pati.
L'amour es lou paradis dei fouol.
L'amour es .la flou de la jouinessa.

�LA MOUORT DAU PAURE TOUNIN

Lou paure Tounin, malàut a setant'an, si presenta à l'espitàu
ma li respouondon que li a plus de plaça.
— Coumplet ! ! !
Quauqu'un li fa capi qu'em'un pau de proutecioun li pourria
intrar. Countrariat dei pas que cóu faire, Tounin vira lu taloun e
s'encamina vers la plaça Massena, piha lou tram, si rende da
Graugnard, à l'espitàu dei can, e li di :
— Moussu lou Veterinari, cresi d'estre un pau mai qu'un
can ?... En aquéu cas souîna-mi...
— Vous souînar aici, ma brav'ome perdés la testa. — Basta,
li di que n'a pas de liech pèrcourcar un crestian, que noun douna
de souin qu'ai bestia !...
Tounin, couma pensas, s'en souorte m'au couor gros e noun
sau plus à que sant si recoumandar. Era aqui au mitan dóu
camin, quoura en aquéu moumen arriba un landau, doun cala
una grossa dama, encapelada, aurias dich un ver foungi, segada
d'un varlet que pourtava religiousamen un can enfeloupat emé de
favour rosa au couol, tapat d'un tapis em'ai iniciala. En veèn
aquéu tablèu lou paure Tounin si lamenta, sangluta fouort.
— Qu'avès lou miéu brav'ome, li di la dama.
— Cen qu'ai Madama ?... trovi que lou vouostre can a mai
de chança que iéu. Li a cinquant-cinq an que travaii, pèr la premiera fès que siéu malàut, noun soulamen mi refuson à l'espitàu
dei estre uman, ma encara mi vèu picar la pouorta au nas èn
aquéu dai can.
— Quevoulès, lou miéu paur'ome, ai fach un vout de mimetre
à la Soucietà Proutetriça dei Animau, de pourtar touti li miéu
ecounoumia à la Caissa de secours pèr soulajar lou sort dei bestia.
Lou fau talamen ben, que vouguessi ben vous dounar un sóu
que pourii pas.
La dama li vira l'esquina e ientra couma un coupa-cisèu da
Graugnard. Tounin roumougna :
— Se ti veguessi en un cantoun ti dounerii mancou un gotou
d'aïga !... vièia sansuga !...
Tounin estrassinat, deble s'alonga un pau plus en là, su d'un
mouloun de peira. Quauqui oura après, couma soufrisia, n'ai-

�guènt ren en l'estomegue depi l'auba, coumençava d'aver lou
rangouioun, quoura passet un canipiè que li diguet :
— Que fès aquí, brav'ome ?
— Couma veès siéu aqui pèr tirar lu patoun. M'an refusat â
l'espitàu, même en aquéu dai can, noun mi resta que de mouri
su d'un mouioun de peira. — Avès un carnet su lou quai enregistras lu fach dóu jou, farias ben de li aloungar lou miéu testamen que poudès mentuar couma acô :
— « Bouon Diéu, se mi fes passar encara une fes sur la terra,
fe-mi naisse can au mancou, li aura une Soucietà Proutetriça dei
Animau que si crusira de iéu e pourrai estre amès en un espitau,
estre souïnat, faire bouona vida, menar une vida de can... »
ANT. ROLAND.

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VIGNE
A M. VALÉRE BERNARD.

Dans le ciel doux la Vigne ètreint les pals de buis.
Sous le pampre le merle alourdi des falernes
Tourne son col gris vair et ses paupières lemes
Qu'argenté la blancheur des immuables nuits.
O / fraîcheur, 6 beauté des Igs et des iris,
Que la Vierge éblouie avec les marjolaines
Cueille le soir venu aux vasques des fontaines
Pour colorer en fête, au crépuscule, l'Euis.
Narcisses, ébeniers, œillet et sensitive
Ah ! Versez en mon âme attiédie et pensive
L'orgueil qui souleva les clairs olympiens.
L'amour qui rafraîchit les Madones pieuses
Et qui vêt de clarté les snls athéniens
Et les ravissements des époques heureuses.
JEAN

PADOVANI.

Quauque souvèt :
Vous souveti la bouona annada.
Que siegue mihau que la passada.
Vous souveti la bouona annada acoumpagnada de touplcn
d'autri.

�Eglises et Chapelles de Nice
La vieille ville de Nice se trouvant sur la rive gauche du
Paillon, pour parler de ses églises, nous commencerons par son
église cathédrale, Sainte-Réparate, vierge et martyre, de celles du
canton Est, et en traversant la rive droite nous nous occuperons des paroisses du canton Ouest.
I. — L'Eglise Cathédrale du Diocèse de Nice est la paroisse
de Sainte Réparate, vierge et martyre, sous l'empereur Decius en
253. Sa fête est le 8 octobre. Cette église est au centre de la vieille
ville (8.500 âmes), Avant 1531 la Cathédrale était près du Donjon, plateau de Nice, et dénommée : Sancta Maria in platea,
dédiée à N. D. de l'Assomption. L'édifice actuel, dans son genre,
ressemble beaucoup à Saint Pierre de Rome, au Vatican. C'était
auparavant une simple église paroissiale
desservie par
les Bénédictins du Monastère de Saint-Pons, près Nice.
Dans son ressort se trouvent l'ancienne église de Saint
Jaume (Saint Jacques apôtre), jadis des P.P. Carmes, fermée
depuis 1903. Après le transfert du titre de paroisse à l'église de
Saint Juste, évèquc, au Gesu, elle fut placée sous la vocable de l'Annonciation de la Sainte Vierge, ainsi que la belle Eglise de la
Miséricorde, sur le Cours Saleya, jadis de Saint Gaétan, fondée
e
par les P.P. Theatins au XVIII siècle et cédée à la noble
confrérie des Pénitents Noirs.
La Cathédrale de Nice, paroisse Sainte-Réparate de nos jours,
fut comme l'ancienne au Donjon du Château {Sancta Maria in
platea), le théâtre de plusieurs f lits historiques mémorables dans
les annales de l'histoire de Nice.
II. — L'Eglise de Saint Jacques, an Gesû, dès son érection
en 1612, dédiée à Saint Juste, évêque. Sa fête est le 2 septembre.
En 1665 fut érigée en paroisse sous le titre de Saint Jacques le
Majeur, remplaçant la paroisse de Saint Jaume. On l'appelle
vulgairement le Gesù à cause qu'elle a été fondée et administrée
par les P.P. de la Compagnie de Jésus.
Appartiennent à cette paroisse les deux chapelles des confréries des Pénitents Blancs, la Sainte Croix, — confrérie la

�óo —
plus ancienne de Nice, — et des Pénitents Rouges, Saint Suaire
et de la Sainte Trinité ; l'Eglise du Couvent de là Visitation,
la chapelle de l'ancien séminaire, à la montée du Château, et
jadis l'Hospice franciscain avec chapelle de Saint Joseph des
P.P. Recollets de Cimiez, convertie en maison particulière.
L'Eglise du Gesù est d'ordre corinthien composite, cons truite sur le modèle de l'Eglise des Jésuites de Turin, dite
vulgairement les Saints Martyrs. ( 10.000 âmes).
A l'extrémité de la rue du Malonat, aux racines de l'ancien
château, on voit un oratoire à la Sainte Vierge Marie, sous le
titre de N. D. du Bon Secours. Les habitants de ce quartier érigèrent cet oratoire en l'honneur de la sainte Vierge, en reconnaissance du choléra en 1854.
III. — L'Eglise paroissiale de Saint Martin Evéque dite de
Saint-Augustin est la plus ancienne, elle fut bâtie sur l'emplacement de l'ancienne chapelle de Saint Martin (1205) et appelée
Saint-Augustin parce qu'elle était desservie par les Augustiniens
dont le couvent a été transformé en caserne. (Caserne Filley, près
l'ancienne chapelle Sincaire).
IV. — L'Eglise de Saint-Francois-de-Paule a été édifiée en
1736 d'après le plan de l'architecte
Guarini. En 1838
elle fut érigée en paroisse par décret de Mgr Galvano et appelée
aussi Saint-Dominique en souvenir de l'ancienne église paroissiale
de ce nom qui s'élevait sur la place Saint-Dominique aux lieux et
place de l'actuel Palais de Justice.
V*— L'Eglise du Port ou de l'Immaculée Conception. D'humble
origine. D'abord ce fut une fort modeste chapelle (1835), transformée agrandie par Mgr Galvano, et l'avocat théologue L. Mari
fut son premier curé..
VI. — L'Eglise Saint-Joseph nouvelle paroisse depuis 1911 la
première pierre fut posée le 19 mars 1911, bénie le 29 octobre et
ouverte au public le Ier novembre 1911 sous le patronage de Mgr
Chapon et dirigée par les soins de M. l'abbé Gabrielli.
A cette paroisse appartiennent la chapelle succursale de Saint
Joseph contigüe à l'Evêché, et la chapelle de Notre-Dame des
Anges sur l'ancienne route de Villefranche.
VIL — Saint-Roch. Cette église paroissiale dans la banlieue
de Nice fut érigée après la peste de r68r. Nice fut délivrée de ce
fléau par l'intercession de saint Roch, confesseur, né et mort à

�- Si Montpellier. La paroisse est divisée en deux quartiers, Roquebillière
inférieure et Roquebillière supérieure, jusqu'à la chapelle de NotreDame de Bon Voyage.
VIII. — Rive droite du Paillon, intra muros, se dresse Notre Dame du Vau, paroisse Saint-Jean-Baptiste, qui remplace l'an
cienne église du même nom devenue chapelle inférieure du Lycée.
Cette belle église, vœu delà ville de Nice en 1835, mt érigée en
1842 et terminée en 1852 par Mgr Galvano, évêque de Nice.
La façade ressemble à celle élevée à Turin en l'honneur du retour
du roi dans les états Sardes en 1814.
IX. — Saiiit-Pierre-d' Aréna remplace une chapelle située à la
Croix de Marbre. Elle fut érigée en paroisse en 1803 par Mgr
Colonna d'Istria. Elle doit son nom à ce fait, c'est que lors de sa
fondation elle se trouvait sur le rivage de la mer séparée par une
bordure de sable fin.
X. — Une ancienne chapelle de Sainte-Hélêne-l'Inspiratrice
existait dans ces parages. Elle fut remplacée en face la mer par
une église sous l'épiscopat de Mgr Recrosio (1727).
Six paroisses « extra muros » dépendent de la commune de
Nice.
Sainte-Marie Magdeleine, sise dans le vallon de Magnan, édifiée sur l'emplacement d'une chapelle de même nom, érigée en
1626 et dite vulgairement chapelle « dei cassaire » à cause du
grand nombre de chasseurs. Après le concordat de 1803 sous
l'épiscopat de Mgr Colonna d'Istria, ce quartier qui depuis 1771
dépendait pour le spirituel de la cathédrale fut érigé en paroisse.
Il existe encore aujourd'hui une chapelle de Notre-Dame du Bon
Conseil changée en demeure particulière . Bientôt le besoin de
la population augmentant, une église sera bâtie à la cité Robiony
par les soins du curé actuel de la Madeleine.
Plus à l'est de la ville, toujours dans le canton ouest ce
l'Arquet, se dresse la paroisse de l'Ariane dédiée primitivement à
saint Arnoux, évêque et à saint Pierre, apôtre. Elle fut érigée en
paroisse en 1809 sous l'épiscopat de Mgr Colonna d Istria. Dans
son ressort se trouve l'ancienne chapelle nécropole de l'Abbadie
fondée en 1635 en l'honneur de sainte Claire pour le besoin spirituel de 450 à 500 habitants qui appartiennent aux communes
de Nice, Cantaron Saint-André. Localité d'avenii et à laquelle
le chemin de fer Nice-Coni donnera une valeur stratégique.

�— 32 —
Gairaut avait au moyen-âge une chapelle de secours desservie
par les religieux chevaliers de l'ordre du temple au début, et par
la suite de Rhodes et de Malte. Sous l'épiscopat de Mgr François
Rosini de Martinengo la chapelle fut érigée en église paroissiale
sous le vocable de saint Sauveur o*u de la transfiguration du
Rédempteur.
Dès 1730 les P. Dominicains de Nice fondent à Saint Pancrace un sanatorium pour religieux martyrs avec chapelle en
l'honneur de Saint Pancrace martyr. Cette chapelle est érigée en
paroisse en 1848 par Mgr Galvano.
Sur le couchant de Saint-Pancrace on trouve la paroisse de
saint Roman . martyr ; l'ancienne chapelle fut érigée en paroisse
ainsi que celle de saint-Antoine de Ginestière en 1803 sous Mgr
Colonna d'Istria.
VALENT IN.

NOU VÉ
Tu Çatarina fai lou pan.
Mdumen de jota, d'alegressa,
Fes audi da toui lu couor :
Lu ange canton l'alegressa,
Fuges l'infer, Juges la mouorl.
Chntou !
L'aarika sabla, li a quaucaren aici vesin,
Sembla que senti li joia d'un festin ;
Audi lu tambourin de laen,
Lu Jlajoulet e li musela,
Lu pastre van à Bethelen
Laisson la cabana soaleta ;
Santo nuech, venes aléa nen ralegrà,
Pourtas à toui la pax et la tranquilità !
Tu Catarina fai lou pan,
Manda Lucrecia au safran,
Despende aléa lou lauvaniè,
Chapla la blea su lou taatié ;
Crala de froumai e roumpe d'iiu
E fai la iourta couma fou,
Ché n'aiguen toui en aboundança (bis)
Santa nuech, venes alèu nen ralegrà,
Pourtas à toui la pa.x e la tranquilità .'
En tant faguen etnb'au vesin
t ua santépér lou Bambin,
Toucan lou gotou de bouon vin,
Ernb'aa vesin pér lou Bambin
Ti-ri-tin-tin ! -tinTi-ri tin !

�— 3Î —

L'Expulsion de Mgr Valperga
fEN SEPTEMBRE

1792)

Le 12 octobre 1780 h population de Nice se pressait aux
abords de la porte Pairoliëre pour y recevoir en grandes pompes
le nouvel évêque Charles-Eugène Valperga di Maglione. Ce
prélat avait couché la veille selon l'usage antique à l'abbaye de
Saint-Pons et devait faire ce jour là son entrée solennelle dans
sa ville épiscopale.
Le cérémonial imposant avec lequel on avait reçu jusqu'alors
les évêques fut encore cette fois observé. L'accueil de la population entière fut des plus chaleureux au rapport de Pierre Scaliero
qui en fut témoin (1). Le nouvel évêque, qui remplaçait Monseigneur Astésan nommé archevêque d'Oristano en Sardaigne,
appartenait à une famille de vieille noblesse dont plusieurs membres avaient exercé, à Nice, des fonctions importantes (2). Il
(1) Voir aux Archives municipales le récit détaillé que ce chroniqueur en a laissé dans ses Mémoires. Pierre Scaliero mourut en 1805.
(2) Jacques Valperga, conseiller ducal, fut lieutenant du gouverneur de Nice en 1454 ; Thoma5 Valperga fut gouverneur du château de Nice en 1565 ; Jean Valperga fut également gouverneur de
Nice en 1596 ; Jérôme Valperga fut commandeur du château de
Nice en 1600 ; Pierre Valperga, frère de Jacques Valperga, était
chevalier de Malte (Arch. municipales, registre des gouverneurs,
commandants et chevaliers de Malte) ; Anne Valperga, fille dAmédée
Valperga, épousa, le commandeur de Malte Jean-Paul Lascaris.
(Voir son testament daté de 1683, arch. des Alpes-Maritimes,
registre B, 297.) Joseph Ignace de Valperga reçut de son oncle, Emmanuel Philibert Chiotera, mie partie du fief de Couaraze dont il fut
investi le 20 février 1753. Son fils, Vincent, céda ses droits à H. Novelli. Jérôme Valperga fut sénateur à Nice de 1761 à 1765, puis
ministre plénipotentiaire de Sardaigne à Gênes en 1780 ; plus tard
il fut ministre etsecrétaire d'Etat, ce dernier était le frère de l'évêque
de Nice et fils du comte François Valperga qui vivait encore en
1795Ees armoiries des Valperga étaient fascé d'or et de gueules, à
la plante de chanvre déracinée, d'argent et brochant. Le cimier
était un bouc naissant au naturel et la devise : « Ferme-toy ».
Nous reproduisons les armoiries de Monseigneur Valperga d'après celles qui se trouvent en tête du catéchisme édité par ses ordres
et dont nous devons le dessin à l'obligeance de M. Joseph Casai
(Extrait de 1' « Armoriai Artistique et Nrbiüaire », Ni.e, 1902.
3

�- 34était directeur du collège des Provinces à Turin, lorsque le roi
de Sardaigne le désigna, pour l'évêché de Nice. Il avait été sacré à
Rome où il avait fait ses études. Monseigneur Valperga se distingua immédiatement par sa vigilance et son activité : il releva
le niveau intellectuel et moral des prêtres de son diocèse et s'attacha à mettre en toutes choses la plus grande régularité. Dix-huit
mois après son installation, il publia un nouveau catéchisme
dont le plan avait été préparé par son prédécesseur ^i). Grâce à

ses relations cordiales avec la eour de Turin, il jouissait auprès
des autorités civiles de Nice d'une grande influence. Après douze
(1) Ce catéchisme en italien fut imprimé à Nice par la Société
Typographique. C'est un petit volume in-douze de 612 pages, portant
la date de 1783. En tête se trouve le mandement de Monseigneur
Valperga du 16 février 1782 qui approuve le travail terminé par
le prêtre auquel Monseigneur Astésan en avait confié le soin, ordonne
sa publication et règle l'organisation des catéchismes dans tout le
diocèse. Deux ans plus tard en 1785, Gabriel Floteront, imprima
un autre catéchisme rédigé en dialecte niçois, petit volume in-12
de 228 pages. Un exemplaire de ces deux ouvrages existe à la biblio
thèque de Nice. — Voir Villarey, Série Cronològica dei Vescovi
di Nizza. — Art. Valperga.

�-35 années de séjour dans cette dernière ville il s'était acquis l'estime
et le respect de tous.
*

• *

Lorsque le 28 septembre 1792 dans l'après-midi, les troupes
piémontaises évacuèrent Nice, il y eut dans cette ville une effroyable panique et des milliers d'habitants s'enfuirent dans la direction de Turin. Ce fut un désarroi et une désorganisation complète de toutes les autorités. iMonseigneur Valperga resta à son
poste et s'engagea à ne point quitter la ville. Le lendemain samedi
29 septembre, il accompagna le second consul Honoré Saissi et
quelques membres du Conseil qui se rendirent, vers les onze
heures du matin, à la villa Feraudi, au quartier St Hélène, pour
offrir les clefs de la cité au général d'Anselme qui venait d'y
arriver à la tête des troupes françaises. Le général fit à la délégation assez bon accueil, mais il s'étonna de trouver parmi ses membres, l'évêque dont la place déclara-t-il n était pas là. Du reste,
d'Anselme attacha si peu d'importance à la démarche îles magistrats niçois que dans aucune de ses dépêches officielles il n'en fit
mention.
Sur le soir du même jour, la petite armée française faisait son
entrée dans la ville et le général s'installait dans la maison du
consul de France à la place St Dominique. L'évêque de Nice qui
tenait à rester au milieu de ses diocésains se présenta de nouveau
vers les huit ou neuf heures du soir chez le général auquel il voulait recommander ses prêtres en lui demandant des respecter les
églises. Le général était entouré de tout son état-major, du consul
de France, Pierre Le Seurre, de Honoré Saissi, second consul, de
Féraudi, secrétaire général de la commune. Ces deux derniers
venus probablement pour appuyer les demandes de l'évêque.
L'accueil du général ne fut pas plus encourageant que la première fois ; il intima même avec insistance au prélat l'ordre de
quitter ta ville en ajoutant que le plus tôt serait le mieux et ce
fut sur ces dernières paroles que l'évêque se retira après avoir toutefois reçu du général la promesse que tout ce qu'il laisserait dans
son palais serait placé sous la sauvegarde de la Nation française.
Il n'y avait pas à tergiverser, l'ordre était formel et pressant, il
fallait partir. L'évêque prit ses dernières dispositious et délégua,
au curé de la cathédrale, le chanoine Honoré Navello, tous les
pouvoirs nécessaires pour administrer le diocèse en son absence.
Aux premières lueurs du jour, Valperga quitta son palais, et se

�— 36 dirigea à pied vers la porte Pairolière. Il avait été impossible de
trouver une voiture car tous les moyens de transport avaient été
réquisitionnés et utilisés le 28 septembre pour permettre l'exode
des habitants terrorisés. Il avait ordre de partir, mais cet ordre
n'ayant pas été donné par écrit, les volontaires marseillais, de garde
à la porte de Turin, refusèrent de le laisser passer, l'accablèrent
d'injures, le menacèrent même de le pendre et ne consentirent á
le lâcher que sur un ordre écrit, sollicité et obtenu du général,
grâce à l'intervention courageuse et au sang-froid d'un jeune
niçois, Joseph Castellinard. Monseigneur Valperga se retira à
Turin et y mourut en 1805 sans avoir jamais pu obtenir l'autorisation de rentrer.
*

* *

Il est établi par les documents officiels contemporains que
Monseigneur Valperga ne quitta son siège que sur les ordres arbitraires du général d'Anselme et ces mêmes documents nous
renseignent très exactement sur les incidents fâcheux qui se produisirent au départ de l'évêque. Du reste, on n'ignorait pas à Nice
comment les choses s'étaient passées et la population savait grê à
Valperga de son attitude et de sa fermeté. De son côté, Valperga
avait eu confiance dans la parole à lui donnée par le général au
nom de la Nation française et à plusieurs reprises il manifesta
son étonnement qu'elle n'ait pas été gardée, que ses biens aient
été confisqués, son mobilier vendu, son nom inscrit sur la liste
des émigrés alors qu'en partant il n'avait cédé qu'à la force.
Parmi les nombreux documents qui se trouvent soit aux archives de Nice, soit aux archives nationales il en est quelques-uns
dont la simple reproduction sera plus probante que tous les corn,
mentaires. Il_suffira de citer :
•i° La lettre du Directoire des Colons Marseillais en date du
25 février 1793, adressée aux citoyens Blanqui et Veillon, députés
extraordinaires de la ville de Nice à Paris, au sujet des réclamations présentées le 23 du même mois par Jean-Jacques Donny, au
nom de Mgr Valperga.
20 La réponse du même Directoire à J.-J. Donny, en date du
26 février 1793.
3„ L'arrêté du Département en date du 13 avril 1793.
40 La réclamation présentée au Directoire du département

�Valperga, aussitôt après son inscription sur la liste des émigrés de
la ville de Nice, dressée à la fin de juin 1793.
50 Les états de frais pour l'inventaire et la vente du mobilier
et effets de « l'émigré Valperga Maillone, citoyen évêque » approuvés par le département des Alpes-Maritimes, le 5 germinal an
III (25 mars 1795).
6° Les actes de notoriété dressés le Ier et 2me fructidor an III
(18 et 19 août 1795) par Gautier, juge de paix à Nice, à la requête de Pierre-Joseph Passeron, agissant en qualité de procureur
subrogé par Nicolas Giorni, procureur spécial et général de Mgr
Valperga, par acte de procuration reçu à Turin le 20 juillet 1795,
notaire Pierre-Joseph Bernochio.
70 La pétition adressée au district de Nice le 4 fructidor an III
(21 août 1795) par Pierre-Joseph Passeron, demandant la radiation du nom de Valperga sur la liste des émigrés.
8° L'avis du district de Nice en date du 5 vendémiaire an IV
(27 septembre 1795) déclarant que Mgr Valperga doit être rayé
de la liste des émigrés.
90 L'arrêté du département des Alpes-Maritimes, en date du
14 prairial an V (2 juin 1797) ordonnant la radiation provisoire
du nom de Valperga de la liste des émigrés.
io° L'acte de cautionnement dressé par le département le
11 fructidor an V (28 août 1797), à la requête de Pierre-Joseph
Passeron, procureur de Mgr Valperga en exécution d'une des
clauses de l'arrêté du 14 prairial an V (2 juin 1797).

�- 38 —

DOCUMENTS ET PIÈCES D'ARCHIVES

Pièce 1.

25 février 1793
Aux cit. Blanqui et Veillon
Une lettre du cit. Donny, associé du citoyen LeClerc, défunt président de l'ancienne administration
provisoire, dont vous avez ci-inclus l'extrait ( 1 ), nous
fait connaître que le cit. Valperga, évêque de Nice,
laissa avant son départ (ordonné à son retour par
Anselme) dans sa maison pour environ 34.000 livres,
argent monnayé, et environ pour 17.000 d'effets en
vaisselle, linge, batterie de cuisine etc.
Une portion de ces effets se trouvent encore dans
ladite maison, sous l'inventaire que nous en avons
fait dresser par les commissaires de l'une et l'autre
administration, lorsque nous avons été installés, mais
il s'en faut de beaucoup qu'elle puisse arriver à la
somme de 17.000 livres, pas même le tiers.
Quant à l'argent monnayé entré dans la caisse du
receveur de l'ancienne administration, nous n'y
voyons point la somme que ledit Evêque désigne
avoir laissé dans sa maison. Nous vous remettons cijoint un extrait de l'état des sommes' que le cit.
Bonnet a reçu en espèces, pendant toute sa gestion
de receveur et trouvées parmi les effets des émigrés
français et niçois.
Nous ne voulons rien préjuger sur l'assertion du
cit. Valperga, quoique nous ayons des indices frappants de vérité. Ce ne sera que lorsque nous aurons
pu les convertir en preuves par le témoignage de
quelques citoyens que nous nous procurerons, pour
pouvoir en demander la restitution et la poursuite
contre le pillage.
En attendant, noùs croyons devoir vous faire part
de cette découverte que nous allons communiquer au
Président de la Convention Nationale et au Ministre.
Arch. des A. M. Registre de la correspondance du
Directoire des Colons marseillais L. 5.
Cet extrait manque au registre ainsi que les autres pièces
énoncées dans celte lettre.

�-hLe 2érae février 1793.
Au citoyen Donny, négociant à Nice
Pièce 2.

Votre lettre du 23me de ce mois, citoyen, nous
demande des renseignements sur le temporel du
citoyen Valperga, Evêque de Nice. Nous allons vous
transmettre tous ceux qui sont à notre connaissance
L'administration provisoire en choisissant l'Evêché
pour le lieu de ses séances, vint s'y établir dans les
premiers jours d'octobre, et tout nous porte à croire
qu'elle ne fit aucun inventaire des effets qui s'y trouvaient, du moins nous n'en avons trouvé aucun dans
les papiers qu'elle nous a remis.
En succédant à cette administration provisoire,
uous avons cru que notre premier devoir était de faire
un inventaire de tout le mobilier renfermé dans la maison épiscopale. Nous y avons successivement procédé
en présence des administrateurs provisoires et à mesure qu'ils nous en remettaient les clefs. Tout le mobilier qui s'y trouvait, ne consistait guère qu'en
meubles meublants et ne nous paraît pas avoir la
valeur de 17 mille livres que l'Evêque lui donne.
Vous pourrez, si vous le jugez à propos, faire prendre
à notre secrétariat une copie de cet inventaire. Tout
ce. qui n'est point renfermé dans les appartements
que nous occupons au premier étage, a été laissé à la
garde de Jean Poma, ancien concierge de l'Evêque et
le nôtre.
Pour nous éclairer sur les 34.000 1. argent monnayé que l'Evêque doit avoir laissé en sa maison,
nous avons écrit au cit. Bonnet, receveur de l'administration provisoire, pour lui demander un état des
sommes en numéraires versées dans sa caisse, comme
ayant été saisies et trouvées parmi les effets des Emigrés français et niçois. L'état qu'il nous a remis ne
monte qu'à 74121. 16 s, et aucun article n'a du rapport
avec les réclamations du citoyen Valperga.
Quant à ce qui concerne personnellement le
citoyen, nous avons demandé au Ministre de l'Intérieur de vouloir bien nous dire la manière dont nous
devions l'envisager. Nous savons qu'un ordre arbi-

�— 40 —
traire de Danselme l'obligea de quitter Nice, le jour
de l'entrée des Français. Mais nous pensons aussi que
la proclamation des Commissaires de la Convention
nationale de France et le décret de celle de Nice,
concernant les Emigrés, étaient des motifs suffisants
pour le ramener à son poste et le rassurer sur les
suites de son retour. En persistant à prolonger son
absence, il s'expose à être traité comme émigré, à se
voir déclarer déchu de sa place et confisquer tous ses
biens. Telle est la disposition de la loi, et quoique
nous ayons consulté le ministre sur le cas particulier
de l'Evêque, nous prévoyons que sa réponse sera de
nous en tenir à la rigueur des lois, ainsi que plusieurs
instructions nous l'ont déjà annoncé.
Vous sentez, citoyens, que tout le mobilier de
l'Evêque doit rester séquestré jusqu'à son retour ou à
la décision du Ministre. Il peut être tranquille sur la
conservation de tout ce que nous avons trouvé en
entrant dans sa maison. Ce qui a pu en être enlevé
avant notre entrée en fonctions, est étranger à notre
gestion. Mais nous employerons tous les moyens qui
sont en notre pouvoir pour en trouver les traces, en
acquérir les preuves et en faire punir les coupables.
Les administrateurs, etc.
Archives des A.-M., Registre
suivants.

,L. 5,/°7i verso et

Lettre des commissaires de la Convention
Nationale et arrêté du Département des A. M.
Nice, le 9 Avril 1793, l'an 1 Ie de la Repu bublique Française.
« Vous voudrez bien, citoyens, en nous envoyant
les noms et prénoms de l'évêque de Nice, nous instruire officiellement d'après les "dispositions des lois,
s'il est censé démissionnaire et son siège vacant.
« Les Commissaires de la Convention Nationale
au département des A. M.
GRÉGOIRE, JAGOT (I)

(1)

Archives des A. M. L. 29 ancien. L

7

actuel.

�— 4i (i3 avril 1793)
Le Directoire ; vu la réquisition du citoyen Procureur Général sindic « Considérant que Charles Eugène Valperga, évêque de Nice, n'avait point quitté
son domicile lors de l'entrée des troupes de la République ; considérant qu'il a lui méme-accompagné les
consuls d'alors quand ils furent présenter les clefs
de la ville et inviter le général Anselme à venir en
prendre possession au nom de la République ; considérant que le général Anselme par ses ordres arbitraires et tiranniques, accompagnés même de menaces contre ses jours, l'ont forcé de s'éloigner ; arrête
qu'il ne peut le déclarer émigré, et qu'il sera répondu
aux Commissaires de la Convention nationale d'après
les principes ci-dessus.. »
Sign : PAUMÉ ; BARLI FABRI ; F. CASTKLIMARD ;
ANGLES ; BERNARDI, secrétaire général. (1)
pjj

ce

^

Aux citoyens composant le Directoire du
département des Alpes-Maritimes..
22 juillet 1793.
Citoyens,
Le citoyen Jean-Jacques Donny, soussigné, chargé
des intérêts du citoyen Valperga, évêque de Nice
absent, ayant été informé que par votre délibération
du 29 du mois passé, ledit citoyen Valperga avait été
déclaré émigré, vous représente avec tous les égards

(1) Archives des Alpes-Maritimes, Registre L,. 3, folio 101. L'Arrêté n'est pas signé par le procureur syndic Jean-François Tourre
ni par l'administrateur Jean-L,ouis de Villiers qui ne partageaient
point l'opinion de leurs collègues. A noter que Tourre était d'Antibes
et que de Viliers était un médecin français établi depuis longtemps
à Nice.
I/Arrêté fut pris malgré le réquisitoire de Tourre qui voulait
déclarer Monseigneur Valperga émigré et malgré un violent discours de Villiers soutenant la même thèse qui fut combattue par
Barli Fabri, par Castclinard et par Anglès. J'ai déjà publié in-extenso
cette délibération du 13 avril T793 au cours d'un article sur l'église
de Nice en 1792-1793 inséré dans Nice Historique du Ier avril 1903,
C'est pourquoi je reproduis ici simplement la lettre des
commissaires et l'arrêté du département.

�- 42 —
dûs au pouvoir dont l'exercice vous a été confié par
le peuple souverain que le citoyen Valperga ne peut
ni ne doit sous aucun rapport être considéré comme
émigré, par les motifs ci-après :
i° Qu'il est de notoriété publique qu'il n'a quitté
le pays que contre son gré et par ordre du général
Anselme :
2° Qu'il a constamment été disposé et a offert
de revenir dans son diocèse, moyennant qu'il ne fut
assujetti à prêter qu'un serment relatif au temporel et
non au spirituel.
3° Qu'enfin et par la raison que n'étant point
indigène, mais étranger, son séjour ici n'a été dé terminé que par sa nomination à l'épiscopat, événement casuel qui n'a jamais pu le soumettre à l'obligation de renoncer pour toujours à sa mère-patrie.
Tous ces motifs, soit qu'on les prenne collectivement ou séparément, démontrent suffisamment,
citoyens administrateurs, le droit incontestable, qu'a
le citoyen Valperga de demander et prétendre la
radiation de son nom du tableau des émigrés, et si
le ministre de l'Intérieur n'a fait aucune distinction
entre lui et les autres citoyens, c'est sans doute qu'il
a ignoré les circonstances qui vous sont exposées
ci-dessus, et notamment la dernière, car s'il les eût
toutes connues, il n'est nullement probable qu'il eût
décidé comme il l'a fait. Toute hypothèse contraire
serait une injure faite à ses sentiments et à ses lumières. Un homme tel que lui, dont les vertus civiques, le patriotisme et les talents l'ont appelé au
poste aussi honorable que pénible qu'il occupe, doit
ressembler autant que possible à la Nation pour
laquelle il agit et qui l'a honoré de sa confiance.
Cette nation est grande, généreuse, magnanime,
juste et bienfaisante.Elle ne peut qu'êtreextrêmement
jalouse de sa gloire, et l'un des principaux devoirs de
ses agents est d'éviter soigneusement d'en ternir
l'éclat.
Le refus qui serait fait de rayer de la liste des
Emigrés le nom du citoyen Valperga, refus qui entraînerait avec lui la confiscation des minces propriétés de ce citoyen, serait un acte qui imprimerait à

�-

43

-

jamais une tache ineffaçable à la gloire du nom français ; tache qui ne pourra manquer de frapper également les yeux des contemporains et ceux de la postérité ; tache enfin que les historiens ne manqueront
pas de faire ressortir par des couleurs enluminées, et
le bel effet qu'un pareil tableau produirait, citoyens
administrateurs, serait votre ouvrage.
Mais non, loin de nous, cette idée ! Vous êtes
républicains ! cela suffit. Les républicains sont vertueux. Ils aiment, chérissent, protègent, respectent
la vertu partout où elle se trouve. Et le citoyen Valperga aussi est un homme vertueux ! Qui en doute ?
Nul bon citoyen, nul honnête homme. Souvenezvous, citoyens administrateurs, que ce n'est que par
ses vertus qu'il a mérité l'amour et l'affection du
peuple Niçois et non par sa qualité d'évêque. Et plût
à Dieu que tous les ecclésiastiques lui eussent ressemblé ! La France n'eut point éprouvé d'aussi horribles secousses, pour asseoir, affermir et assurer sa
liberté.
La République a incontestablement le droit de
renvoyer hors de son sein tout individu qui ne lui
convient pas, mais en renvoyant ainsi un étranger
qui, d'ailleurs, n'a pas encouru la peine de la confiscation de ses biens, elle lui permet de les emporter ou
de les vendre et d'en emporter le produit. Tel est
précisément le cas du citoyen Valperga.
L'exposant demande en conséquence, citoyens
administrateurs, qu'il vous plaise prendre dans votre
sagesse une délibération tendante à rendre audit
citoyen Valperga sa qualité de citoyen français non
émigré, à lui accorder un délai compétent pour rentrer dans ce pays soit comme simple citoyen ou
comme fonctionnaire public et à lui assurer dans
tous les cas la restitution de ses propriétés par lui
laissées sous la sauvegarde de la loyauté française
dans la maison épiscopale, lors de sa retraite forcée,
ou la juste indemnité de leur valeur. Et sera justice.
Nice, le 22 juillet 1793, l'an second de la République française, une et indivisible.
Jean-Jacques DONNY.
l
ARCHIVES NATIONALESF/ 4.867 , dossier Valperga.

�- 44 Pièce 5.

Etat de frais de vente pour parvenir à l'inventaire
et vente des effets de l'émigré Valperga Maillone,
citoyen évêque :
5 germinal an III (25 mars 1795)
Pour une séance de trois commissaires dont un du
District et deux de la Commission municipale, fixée
à trois livres par séance par le Directoire du district
et approuvé par les Représentants du
Peuple
L.
9 »
Papier timbré tant de la minute que
des deux extraits
»12
Pour la copie desdits deux extraits . .
» 8
Droits d'enregistrement
13 10
31

2

Nous soussignés certifions le compte ci dessus véritable.
Signés : J.-B. Thomaty, comm. du dist. ; Savigny,
comm. munie. ; Mabil, comm. municip.
Frais de la vente :
Pour quatre séances de deux corn missaires dont un
du District, un de la Commis, mun. sans le membre
de l'administration fixées à trois livres par séance par
le Directoire du district et approuvé par les Représentants du Peuple .
L.
24 »
Au trompette pour publication de
quatre criées
5 »
Au crieur à la vente, quatre séances .
12 »
Aux portefaix qui ont travaillé au
transport des effets
40 »
Papier timbré tant de la minute que
de l'extrait
1 »
Bougie
3 »
Droits d'enregistrement
27 »
Papier timbré du petit état
» 4
A la femme qui a assisté à la vente
pour l'arrangement du linge
» 12
L.
Signés : J.-B. Thomaty, comm. du
district ; Savigny, comm. municip.

1

159 6

�Vu par nous, membres composant la Commission
Administrative du district et d'après l'arrêté du district, approuvé par les Représentants du Peuple et la
loi du il et 12 Mars, arrête l'état des frais ci-dessus
se montant à la somme de cent cinquante neuf livres
trente centimes, qui seront acquittés par le receveur
du droit d'Enregistrement lorsque le Département
aura vérifié ledit état.
Nice, le 29 ventôse an 3"" de la République française une et indivisible (19 mars 1795).
(Suivent les signatures).
Vu l'état des frais ci-dessus pour parvenir à l'inventaire et vente du mobilier de l'émigré Valperga
Maillone ci-devant évêque.
Vérifié et arrêté par le Directoire du district de
Nice, la Commission Administrative du département
des Alpes-Maritimes approuve ledit état et ordonne
au citoyen Maussier, receveur de l'enregistrement
cîudit district de payer aux citoyens J. B. Thomaty
et Savigny, comm. la somme de 159 livres et 30
centimes pour montant des frais pour inventaire et
vente des susdits effets de l'émigré, laquelle somme
lui sera allouée en compte.
Fait à Nice le 5 germinal an 3me républicain ( 25
mars 1795).
Etat des frais pour parvenir d la vente du mobilier de
l'émigré Charles Eugène Valperga Maillone, citoyen
évêque.
Pour trente-neuf séances de trois commissaires
dont un du District et deux de la Commission municipale, fixé à trois livres par séance par le Directoire
du district et approuvé par les Représentants du
peuple
L.
351 »
A deux portefaix, dix-neuf journées et
demi chaque fixées à cinq livres par jour.
195 »
Au trompette pour publication de
trente-neuf criées fixées à une livre cinq
sols chaque
48 r 5
Au crieur à la vente, trente-neuf séan
ces fixées á trois-livres par séance ....
117 »

711 1$

�- 4* Report
Papier timbré tant de la minute que
de l'expédition
Pour copie dudit extrait fixé à quatre
livres
Papier timbré du présent état ....
Bougie
Droit d'enregistrement
Plus deux autres journées de portefaix à cinq livres
Un paquet de plume
L.

148
4
6
421

»
4
»
»

20
5

»
»

1.182

7

Nous soussignés certifions le compte ci-dessus,
véritable.
Nice, le Ier ventôse an 3me de la République (19
février 1795).
Signés : J.-B. Thomaty, commissaire du district ;
Savigny, comm. ; Honoré Mabil, comm. municipal.
Vu par nous, membres composant la Commission Administrative, de ce District, et d'après la loi
du 11 et 12 Mars 1793 (v. s.) et l'arrêté de cette
Commission approuvé par les Représentants en date
1^ Fructidor, oui l'agent national, arrête l'état des
frais se montant à onze cent huitante deux livres et
trente cinq centimes qui seront acquittés par le
receveur de l'agence de l'enregistrement sur le produit de la vente desdits meubles, lorsque le Département aura vérifié ledit état.
Nice le 29 ventôse an 3me de la République
française une et indivisible (19 mars 1795).
(Suivent les signatures).
Vu l'état des frais ci-dessus pour parvenir à la
vente du mobilier de l'Emigré Valperga Maillone cydevant évêque.
Vérifié et arrêté par le Directoire du district de
Nice.
La Commission administrative du département
des Alpes-Maritimes, approuve ledit état et ordonne

�— if au citoyen Maussier, receveur de Penregistrement
dudit district de payer aux citoyens J.-B. Thomati,
Savigni et Honoré Mabil, commissaires, la somme de
mille cent quatre vingt deux livres trente cinq centimes pour montant des frais de la vente des susdits
effets de l'Emigré. Laquelle somme lui sera allouée
en compte.
Fait â Nice le 5 germinal an 3me républicain (25
mars 1795).
Arch. des A. M. L. 15 ancien p. 44-45 N° 34-35

Actes de Notoriété
Pièçe g

1-2-fructidor an III
18-19 août 1795
EGALITÉ, LIBERTÉ

AU NOM DE LA LOI
Ce jourd'hui, premier Fructidor, l'an troisième
(18 août 1795 de la République française, une et indivisible, à Nice, chef-lieu du département des AlpesMaritimes, par devant Nous, Antoine Gautier Juge de
paix de la Ier, 2m" et 3me section et officier de police,
est comparu le citoyen Pierre Joseph Passeron, natit
tic la commune de Contes et habitant en celle de Nice
depuis plusieurs années.
Lequel en sa qualité de procureur du citoyen
Charles Eugène Valperga de Maillone, évêque de Nice,
subrogé par le citoyen Nicolo Giorni, homme de loi,
procureur spécial et général établi (par acte reçu) par
le notaire Pierre Joseph de Bernochio, le 20 Juillet
dernier (v. s.) qu'il présente, légalisé par le résidant
de la République de Gênes auprès de la Cour de Turin, dont il résulte le pouvoir donné au citoyen Giorni, de subroger en son lieu et place, avec tous les
pouvoirs compris au dit acte, et il présente au surplus l'acte de sa dite subrogation faite par le même
citoyen Giorni, reçu en la ville de Gênes le premier

�- 48 du mois d'août dernier (v. s.) par le notaire Antoine
Baglietto, légalisée par le consul de la République
française.
Il expose que le vingt neuvième jour de septembre
de l'année 1792, l'armée de la République, étant arrivée en cette ville, commandée en chef par le citoyen
général d'Anselme, lorsque ce général, vers le soir,
fut arrivé et il eut pris son logement dans la maison
habitée par le ci-devant consul de la République Le
Seurre, ledit citoyen Evêque Charles Eugène Valperga de Maillone s'y étant présenté, ledit général d'Anselme, en présence de tout son Etat-Major, lui signifia
d'abord de devoir partir de cette ville. Sur quoi le
dit évêque ayant répondu qu'il avait cru de pouvoir
continuer sa résidence en cette ville et tellement l'avait cru, qu'il n'avait jamais pensé de distraire et en
faire partir le moindre de ses meubles et effets, qu'il
avait dans la maison d'habitation de l'tvêque et que
si absolument il lui ordonnait de partir, il le priait de
lui accorder la sauvegarde sur tous lesdits effets et
meubles. Le dit général d'Anselme lui répliqua qu'il
dut absolument partir de cette ville, en ajoutant que
le plus tôt en serait le mieux, et qu'à l'égard de ses
meubles et effets qu'il avait, il les mettait dès ce ino
ment sous la sauvegarde et loyauté de la Nation française et qu'il pouvait en être tranquille, après quoi ledit
évêque Valperga de Maillone, tout tremblant, ayant
dit qu'il allait se conformer dès le lendemain au matin à ses ordres, se retira ; ledit général d'Anselme
lui ayant encore répliqué : le plus tôt sera le mieux.
Et comme il importe audit citoyen évêque Valperga de Maillone de constater le fait ci-dessus expo"sé, suivi en présence de tout l'Etat-Major dudit général d'Anselme et de plusieurs citoyens de cette commune, l'exposant, en sa dite qualité vous présente les
citoyens Pierre Le Seurre, ci-dessus nommé, ci-devant
consul en cette ville de la République, le citoyen Honoré Saissi de cette commune qui pour lors était second consul de la même commune, le citoyen Philippe Emmanuel Féraudi qui pour lors était secrétaire de
Ìa même commune et le citoyen Ange Giraudi aussi

�- 49 de cette commune, pour recevoir leurs dépositions
sur ledit exposé et vous fait instance que de tout lui
soit concédé acte, ce que nous lui avons accordé, et a
signé.
PIERRE JOSEPH PASSERON.

Et de suite se sont présenté les susnommés
citoyen Le Seurre, natif de Craon, âgé de 75
ans, bourgeois, le citoyen Saissi, âgé de 70 ans,
négociant, Emmanuel Feraudi, âgé de 68 ans, notaire, Ange Giraudi, âgé de 63 ans, négociant,
natifs et domiciliés dans cette commune, auxquels
après avoir fait lecture dudit exposé fait par ledit citoyen Pierre Joseph Passeron, en sa dite qualité, les
avons interpellés sur serment que leur avons fait prêter, conformément à la loi, de nous dire en leur âme
et conscience si tous les faits énoncés dans le même
exposé sont de leur connaissance et tous les quatre ont
répondu et attesté tant uniment que séparément en
être pleinement informés, s'y étant trouvés présents,
et que le tout contient la vérité, toute la vérité et
rien que la vérité. En foi de quoi ils ont signé :
LE SEURRE, HOSORI'J
SAISSI, PHILIPPE EMMANUEL FÉRAUDI,
ANGE

GIRAUDI.

Et nous, juge de paix, vu les dépositions ci-dessus, avons de tout concédé acte au susnommé citoyen
Pierre Joseph Passeron en sa dite qualité, pour lui
servir et valoir dans tous les cas, à ce que de droit et
de raison. Fait à Nice, l'an et le jour que dessus.
GAUTIER, juge de paix.
BONIFACI, sec. greffier.
Vu par nous, membres du District de Nice, 3 vendémiaire an IV rép. 25 sep. 1795, TOSELLI, JN COPPON
fils, VÉRANI pr. syndic, SAYTOUR Martin.

�— 5o —
EGALITÉ, LIBERTÉ.

AU NOM DE LA LOI
Ce jourd'hui. second jour de Fructidor de l'an 3
août 1795) de la République française une et indivisible, à Nice, chef-lieu du département des AlpesMaritimes, par devant nous, Antoine Gautier, juge de
paix de la iere, 2M* et 3ME section et officier de police,
est comparu le citoyen Pierre Joseph Passeron : natif
de la commune de Contes et habitant en celle de Nice
depuis plusieurs années
Lequel en sa qualité de procureur du citoyen
Charles Eugène Valperga de Maillone, évêque de
Nice, subrogé par le citoyen Nicolo Giorni, homme
de loi, procureur spécial et général établi (par acte
reçu) par le notaire Pierre Joseph de Bernochio, le 20
Juillet dernier (v. s.) qu'il présente, légalisé par le résidant de la République de Gênes auprès de la Cour de
Turin, dont il résulte le pouvoir donné au citoyen
Giorni, de subroger en son lieu et place, avec tous les
pouvoirs compris audit acte, et il présente au surplus
l'acte de sa dite subrogation faite par le même citoyen
Giorni, reçu en la ville de Gênes le premier du mois
d'août dernier (v. s.) par le notaire Antoine Baglietto,
légalisée par le consul de la République française.
Expose : Primo, que le matin du trente septembre 1792, le citoyen Charles Eugène Valperga de
Maillone, évêque de Nice, en partant de cette ville
avec deux domestiques à sa suite, qui portaient un
paquet et quelques effets, fut arrêté à la porte qui conduit en Piémont, ci-devant nommée porte Victoire,
et conduit au vestibule de la maison presque attenante
à ladite porte, appartenant au citoyen Dominique
Castellinard, où se trouva le citoyen Joseph Castellinard, fils dudit Dominique, et malgré que ledit Evêque Valperga déclara aux soldats de la Garde de la
dite porte qui étaient des Marseillais, que c'était en
conséquence d'ordre qui lui avait été signifié par le
citoyen général d'Anselme qu'il partait de cette ville,
lesdits soldats commencèrent par le malmener et lui
(19

�signifier qu'ils voulaient le pendre et ayant ouvert
ledit paquet et y ayant trouvé entre autres effets, une
ceinture d'évêque, ils déterminèrent, à l'instant, de le
pendre avec ladite ceinture, et ayant essayé si la même
était assez forte pour le soutenir, en la préparant, elle
se fit en lambeaux, de façon qu'ils vérifièrent qu'elle
ne pouvait leur servir et demandèrent audit Joseph
Castellinard fils une corde, pour pendre ledit évêque,
à un grand anneau de fer qui était au plafond dudit
vestibule, servant â y passer une verge de fer pour
peser les marchandises, et ledit citoyen Castellinard
fils, leur ayant absolument refusé de leur donner de la
corde, en s'excusant qu'il n'en avait point, comme
dans tous ces entrefaits ledit évêque se trouve mal et
ne peut plus se soutenir, ledit Castellinard fils lui fit
apporter une chaise, par sa servante à qui quelques
uns de ces soldats donnèrent des coups de poing pour
avoir porté ladite chaise et le même Castellinard le
fit ensuite asseoir sur ladite chaise, en le soutenant,
parce qu'il ne pouvait se soutenir droit ; d'autant plus
qu'en attendant, lesdits soldats marseillais lui disaient mille exécrations, lui crachaient dessus et lui
donnaient des soufflets, et assurément ils l'auraient
fini, si dans cet intervalle un de ses domestiques
n'avait été dire au citoyen général d'Anselme ce qui
venait d'arriver, et ledit domestique étant venu avec
un billet dudit général d'Anselme qui ordonnait à la
garde de le laisser partir, puisque c'était de son ordre,
en conséquence de ce billet lesdits soldats marseillais
se bornèrent pour lors à lui dire et crier mille invectives et injures et le laissèrent partir, ce que ledit
évêque, malgré qu'il ne pût se remuer, à l'aide de ses
domestiques fit au mieux possible en tremblant, de
façon qu'il doit son existence au refus ferme et déterminé que ledit citoyen Castellinard fils leur fit de
leur donner une corde, sans quoi avant l'arrivée du
dit domestique portant l'Ordre du général d'Anselme, il aurait été pendu et étranglé.
Secondoque lefaitci-dessusfut d'abord public et notoire, de notoriété publique dans cette ville et encore
plui le lendemain premier octobre, puisque les autres

»

�— 52 —

soldats de la Phalange Marseillaise, arrivés sur le soir
dudit jour trente septembre, d'abord après leur arrivée
cherchèrent l'évêque qu'ils voulaient le lanterner et
mettre en pièces, comme ils s'expliquèrent hautement,
ce qui joint au fait arrivé dans ledit vestibule de la
maison Castellinard, étant devenu d'une notoriété publique donna l'épouvante à tous les gens honnêtes du
pays, qui disaient que le citoyen général d'Anselme en
ordonnant audit évêque de partir, en mettant sous la
sauvegarde de la Nation française ses meubles et ses
effets, avait voulu le sauver.
Et comme il importe audit citoyen Passeron, exposant en sa dite qualité, de constater par témoins le
fait ci-dessus exposé, il nous présente ledit citoyen
Joseph Castellinard fils de Dominique de cette commune, âgé de 21 ans, de profession, négociant, qui se
trouva présent au fait énoncé dans le Ier article de l'exposé ci-dessus, et au surplus informé de la notoriété
des faits énoncés au second et dernier chef, de ladite
exposition et il nous présente les citoyens Jean-Jacques Donny, natif de Neufchâtel en Suisse, âgé de 39
ans, de profession, négociant ; Joseph Poullan, natif
de Clavesana, en Piémont, âge de 48 ans, négociant ;
Jacques Gerbin, âgé de 60 ans, tailleur, Jean-Marie
Thaon, âgé de 56 ans, négociant, natifs et tous domiciliés en cette commune pour déposer sur ladite
notoriété énoncée dans ledit second fait exposé, pour
recevoir leurs dépositions, et nous fait instance que de
tout lui soit concédé acte, ce que nous lui avons accordé et a signé.
Pierre-Joseph PASSERON .
Et de suite se sont présentés les susnommés citoyens Joseph Castellinard, Jean-Jacques Donny, Joseph Poullan, Jacques Gerbin, et Jean-Marie Thaon,
ci-dessus qualifiés, auxquels après avoir fait lecture
dudit exposé fait par ledit citoyen Passeron, en sa
dite quálité, les avons interpellés sur serment, que
leur avons fait prêter, conformément à la loi, de nous
dire en leur âme et conscience, si tous les faits énoncés dans le même exposé sont de leur connaissance,

�- 53 et ledit citoyen Joseph Castellinard a répondu et
attesté en être pleinement informé pour avoir été
présent au fait exposé dans le i" article de ladite exposition, et pour avoir publiquement entendu dire les
faits énoncés dans le second chef qui était en cette
ville notoire de notoriété publique et lesdits citoyens
Jean-Jacques Donny, Joseph Poullan, Jacques Gerbin,
Jean-Marie Thaon, ont répondu et attesté tant uniment que séparément être pleinement informés de
l'énoncé dans le second chef de ladite exposition,
puisque les faits y énoncés étaient notoires, de notoriété publique en cette ville, et tous lesdits citoyens
ont respectivement attesté pour ce qui les concerne
que tout contient la vérité, toute la vérité et rien que
la vérité. En foi de quoi ils ont signé : Joseph Castellinard fils,Jean-Jacques Donny, Joseph Poullan, Jacques
Gerbin, Jean-Marie Thaon.
Et nous, Juge de paix, vu les dépositions ci-dessus,
avons de tout concédé acte au susnommé Pierre Joseph Passeron en sa dite qualité pour lui servir et valoir dans tous les cas, à ce que de droit et de raison.
Fait à Nice l'an et jour que dessus.
GAUTIER,
BONIFACI,

juge de paix.
sec. gref.

Vu par nous, membres Du district de Nice, le 3
vendémiaire anIV rep. (25 sept. 1795).
Jn. COPPON fils, VÉRANi, pr. syndic, TOSELLI, Saytour
MARTIN.

Arch. Nat. F

7

4867 *

�54 -

PÉTITION au DISTRICT de NICE
et AVIS de ce DISTRICT
ÉGALITÉ,

LIBERTÉ

5 vendémiaire
27 septembre 1795 an IV
AUX

CITOYENS ADMINISTRATEURS
DU DISTRICT DE NICE

Le citoyen Pierre Joseph Passeron, natif de la
commune de Contes, habitant en celle de Nice depuis plusieurs années.
Vous expose en qualité de procureur du citoyen
Charles-Eugène Valperga de Maillone, évêque de
Nice, subrogé par le citoyen Nicolo Giorni, homme
de loi, son procureur spécial et général fondé par acte
reçu dans la ville de Turin par le notaire PierreJoseph de Bernochio, le 20 juillet dernier (v. s) légalisée par le résident de la République de Gênes, près
la Cour de Turin, duquel il résulte le pouvoir donné
audit citoyen Giorni de subroger en son lieu et place
avec tous les pouvoirs compris dans le même acte,
qui se trouve copié mot pour mot dans celui de la
subrogation faite par le même citoyen Giorni, reçu
en la ville de Gênes le Ier du mois d'août dernier
(v. s* par le notaire Antoine Baglietto, légalisée par
le consul de la République française, le 13 Thermidor dernier (3 1 Juillet 1795), qu'il vous exhibe qu'étant arrivé dans cette ville le vingt-neuvième jour
du mois de septembre de l'année 1792, l'armée de la
République française, commandée par le citoyen général en chef d'Anselme lorsque celui-ci y fut arrivé
le soir et eut pris son logement dans la maison d'habitation du citoyen ci-devant consul de la République
Le Seurre, ledit évêque Charles-Eugène Valperga de
Maillone, s'étant présenté, le même général d'Anselme
lui signifia d'abord en présence de son Etat-Major de
partir de cette ville, sur quoi ledit évêque lui répondit qu'il avait cru pouvoir continuer sa demeure dans
cette ville et qu'à cet effet il n'avait jamais pensé de

Pièces 7 et 8

�- 55 distraire, ni faire partir le moindre de ses meubles et
effets qu'il avait dans la maison d'habitation de
l'évêque, que si absolument il lui ordonnait de partir,
il le priait de lui accorder la sauvegarde pour tous ses
dits effets et meubles, ledit général d'Anselme lui
répliqua : Le plus tôt sera le mieux, ce qui tout est
constaté par les attestations ci-jointes du premier et
second jour de fructidor dernier qu'il vous présente
également.
Qu'il résulte aussi par lesdites attestations, que
ledit évêque Valperga de Maillone fut forcé par ledit
général d'Anselme de partir de cette ville que tous
ses meubles et effets fussent mis sous la sauvegarde de
la Nation française et qu'étant parti le lendemain 30
dit septembre, il risqu'à d'être pendu ef étranglé paties soldats de la Phalange Marseillaise qui se trouvaient de garde à la porte ci-devant dite Victoire, ce
que tout fut d'abord notoire et de notoriété publique
dans cette ville.
Vous observe que ledit évêque Valperga est natif
du Piémont où il se retira et que s'il a résidé dans
cette ville, ce n'a été que pour raison de son ministère, que tout cela nonobstant il a été porté sur la liste
des émigrés, a été vendu la plus grande partie de ses
meubles et effets, et cela même nonobstant la préalable réclamation que le citoyen Jean-Jacques Donni,
chargé des intérêts dudit évêque avait fait à l'ancien
département par sa pétition du 22 juillet 1793 (v. s)
qui existe dans les Archives de ce district, résultant
ainsi que tout cela a été fait et opéré contre le droit des
gens et la sauvegarde de la loyauté française qui fut
promis audit évêque.
En conséquence, l'exposant demande en sa dite
qualité de procureur dudit citoyen évêque CharlesEugène Valperga de Maillone la radiation de son
nom de la liste des émigrés, la levée des scellés, la
restitution de ses propriétés et l'indemnité de celles
qui ont été distraites et vendues au nom de la Nation,
et sera justice.
(21 août 1795).

�- 56 Nice le 4me jour de Fructidor de l'an 3me de la
République française une et indivisible.
Signé : Pierre-Joseph PASSERON.
Vu la pétition ci-dessus du citoyen Pierre-Joseph
Passeron présentée au nom et comme procureur subs
titué du ci-devant évêque de Nice, Charles-Eugène
Valperga tendante à obtenir la radiation de son nom
de la liste des émigrés, la levée du séquestre et remission de ses effets restant ainsi que l'indemnité de
ceux qui ont été distraits ou vendus.
Vu une première pétition présentée à l'ancienne
administration du département par le citoyen JeanJacques Donni, au nom du citoyen Valperga en date
du 22 juillet 1793 tendante aux mêmes fins.
Vu la procuration en date du premier août 1793
(V. s.) faite à Gênes, par devant le notaire public Antoine Baglietti, légalisée par le Consul de la République française y résidant, ainsi que l'acte de procuration y inséré, en date du 20 Juillet 1795.
Vu l'attestation de quatre témoins faite avec serment par devant le juge de paix de la 1", 2"", 3me section de cette commune, en date du 1" Fructidor dernier '18 août 1795).
Vu autre attestation de cinq témoins faite par
devant le susdit Juge de paix, le 2 dit fructidor, aussi
sous serment.
Considérant que par la première des 2 attestations il est pleinement prouvé que le vingt-neuvième
septembre 1792, aussitôt après l'entrée de l'armée
française dans cette commune, le sus-nommé évêque
Valperga s'étant présenté au général d'Anselme qui
la commandait en chef, celui- ci lui ordonna d'abord
en présence desdits témoins et de tout l'Etat-Major.
u'il n'avait qu'à partir de la ville, et malgré que le
it évêque lui observa qu'il avait cru de pouvoir y
rester tranquillement et qu'à cet effet il n'avait fait
partir aucun de ses effets et meubles, le général lui
répliqua de partir absolument de la ville, en ajoutant
que le plus tôt serait le mieux, l'ayant assuré qu'à

a

�-5;l'égard de ses meubles et effets de sa maison, il les
mettait dès ce moment sous la sauvegarde et loyauté
de la Nation française et qu'il pouvait en être tranquille.
Considérant qu'il résulte par lesdites attestations,
et il est prouvé que l'évêque Valperga, d'après les
ordres précis et réitérés du général d'Anselme, partit
le lendemain 30 septembre de cette ville.
Considérant que par la susdite attestation du deux
Fructidor il résulte que l'évêque Valperga, au moment de son départ de cette commune, ayant été arrêté à la porte qui conduit au Piémont, par les soldats
qui y étaient de garde, lesquels tentèrent de le pendre,
il évita la mort par les soins du citoyen Joseph Castellinard, un des déposants, et il ne fut laissé libre que
d'après un billet du général d'Anselme, qui ordonnait à ladite garde de le laisser partir, puisqu'il s'en
allait de son ordre
Considérant que tous ces faits sont devenus de notoriété publique dans cette commune, dès le même
jour 30 septembre et Ier octobre suivant, ainsi que
quatre témoins l'ont attesté.
Considérant que le citoyen Valperga ne s'est absenté de cette commune et ci-devant Comté de Nice
que d'après les ordres du général d'Anselme auquel il
témoigna son regret.
Considérant que le départ du citoyen Valperga
ayant été forcé il ne peut pas être qualifié d'émigration.
Considérant que son intention de rester dans cette
commune est d'autant plus constatée, que le citoyen
Valperga a été le seul fonctionnaire public, il soit
resté à son poste, n'ayant soustrait aucun des meubles
et effets de sa maison, lesquels ont été ensuite distraits
et vendus par la Nation.
Considérant que le citoyen Valperga ne peut être
non plus considéré comme réfractaire aux lois de la
République, tandis qu'à l'époque de son départ de cette
commune, aucune loi de la République, surtout à
l'égard des ecclésiastiques, n'y avait été encore publiée
à laquelle eut pu contrevenir.

�— 58 —
Considérant que le citoyen Valperga ne pouvant
être considéré ni comme émigré, ni comme réfractaire, ne pouvait être privé de ses propriétés laissées
dans cette commune lors de son départ, sous la sauvegarde de la loi et de la Nation française qui lui fut
accordée par le général d'Anselme, et qui étant digne
de la loyauté de cette Nation, ne pouvait être violée
sans blesser le droit des gens.
Considérant au surplus, que le citoyen Valperga,
originaire piémontais, ne faisait sa résidence à Nice,
qu'à raison de son épiscopat, ce qui ne donne qu'une
résidence easuelle, et que sous tous les rapports, il
n'a cessé d'être étranger à l'égard du pays de Nice et
de la France.
Considérant que l'article 6, section deux, N° 2 de
la Loi du 25 Brumaire (15 novembre 1794) en déclarant émigrés les citoyens domiciliés dans le cidevant comté de Nice, qui sont sortis depuis le 27
septembre 1792, n'a point porté atteinte au droit des
gens dans la personne de l'étranger, qui se trouvait
dans ce même pays, où il n'aurait pas établi son vrai
domicile.
Considérant que le citoyen Valperga, qui avait été
forcé par le gouvernement de partir de Nice, n'a dû
plus y revenir dans le terme même prescrit par les
lois aux citoyens de la ci-devant Comté de Nice,
puisqu'il ne devait point imaginer qu'il fut compris
dans l'invitation, malgré qu'il ait été porté sur la
liste des émigrés.
Considérant que ce nonobstant, lorsqu'il sut qu'il
avait été porté sur la liste des émigrés de cette commune, s'est empressé de présenter sadite pétition
du 22 Juillet 1793 dans laquelle il demanda non seulement la radiation de son nom de ladite liste, mais
encore un délai convenable pour rentrer dans cette
commune, soit comme simple citoyen, ou comme
fonctionnaire public, ainsi que la restitution de ses
propriétés par lui laissées sous la sauvegarde de la
loyauté française dans la maison êpiscopale lors de sa
retraite forcée, ou une juste indemnité de leur valeur.

�- 59 Considérant finalement que,d'après toutes les circonstances sus-ênoncèes, aucune loi concernant les
émigrés ne peut être applicable au citoyen Valperga,
et que toutes celles qui pourraient le regarder relatives au séquestre des biens appartenant aux habitants
des pays en guerre avec la République française ont
été rapportées par le décret du 14 Ventôse dernier
(4 mars 1795). •
Le Directoire du district de Nice, oui le procureur syndic, est d'avis que le citoyen Charles-Eugène
Valperga ci-devant évêque de Nice ne doit point être
considéré émigré.
Qu'il doit être rayé de la liste des émigrés, que le
séquestre apposé sur ses propriétés doit être levé, qu'il
doit être réintégré dans la possession et jouissance
d'iceux, que tous receveurs ou dépositaires doivent
lui restituer les sommes qu'ils ont perçues, résultant
du produit desdites propriétés et qu'il doit recevoir
la juste indemnité des meubles et effets qui seraient
passés au profit de la Nation.
Fait à Nice, dans la salle des séances le 5me Vendémiaire an 4me républicain (27 sept. 1795). Signé
Saytour Martin. Verani,
procureur syndic, Angles v. prés.
Touzelly. Jn Coppon fils.
Enregistré au feuil. 20 registre des prévenus
d'émigration et signé BARRAIA, commis greffier.
Certifié conforme par nous Ve président et secrétaire du district Jn COPPON Fils V,-PRÉSIDENT
BARRAIA Cis greffier.
A rch. Nat. F 7 4867

2

�— 6o —

Pièce 9.

LIBERTÉ (vignette) ÉGALITÉ
BUREAU DES
ÉMIGRÉS

Extrait des registres des délibérations et arrêtés de
l'Administration Centrale du département des Alpes Maritimes.
(2

juin 1797)

Séance du quatorze Prairial an 5mf de
la République française une et indivisible.
Sur le rapport d-e la pétition présentée par le
citoyen Pierre Joseph Passeron, procureur fondé de
Monsieur Charles Valperga, ci-devant évêque de
Nice, dans laquelle il expose que ledit Charles Valperga n'a jamais dû être atteint des lois relatives à
l'émigration, soit qu'on le considère comme parti en
suite d'une force majeure, soit en sa qualité de piémontais et demande en conséquence la radiation de
son nom de la liste des Emigrés, sa réintégration
dans la possession et jouissance de ses propriétés et
une juste indemnité, des meubles et effets qui sont
passés au profit de la République.
L'Administration Centrale du département des
Alpes-Maritimes, considérant que M. Charles Valperga, comme piémontais, n'habitant Nice que pour
cause de son emploi, n'aurait jamais dû être porté
sur la liste des émigrés du département.
Que le seul motif qui a pu déterminer le général
d'Anselme à lui ordonner de partir de la ville de
Nice, ne peut avoir été que la susdite qualité de
piémontais.
Considérant enfin, que comme sujet du roi de
Sardaigne, il est dans le cas de jouir de l'article i,r
de la loi du quatorze nivôse an troisième, (} janvier
1795), ainsi que de l'article neuf de la loi du trente
Floréal an quatrième, (19 mai 1796).
Arrête, oui le commissaire du Directoire Exécutif
que le nom de Valperga, ci-devant évêque de Nice,
qui se trouve inscrit sur la liste des émigrés, sera

�— 6i —

provisoirement rayé ; que tout séquestre qui pourrait
avoir été mis sur ses biens sera levé, qu'il sera réintégré dans la possession et jouissance de ses propriétés,
et que toutes les sommes versées dans les caisses publiques, lui seront rendues, déduction faite des frais
faits conformément aux lois.
Fait et arrêté* en séance publique le jour, mois et
an que dessus.
Signé : Donny, président Payani, fils, Scudéry,
Oberti, Hancy (et en marge Gastaud commissaire
du Directoire Exécutif).
Certifié conforme à l'original par nous président
et secrétaire de l'Administration centrale du départemeni des Alpes-Maritimes.
DONNY, président
BELMONDI, sec. chef au bureau des émigrés.
Arch. Nat. F 7 4867 2

ACTE DE CAUTIONNEMENT
Pièce 10.

11 fructidor anV (2&amp; août 1797)
LIBERTÉ ÉGALITÉ
Ce jourdTiui 11 fructidor an 5 de la République
française une et indivisible (28 août 1797) par devant nous, membres composant l'Administration
centrale du département des Alpes-Maritimes, est
comparu le citoyen Joseph Passeron, natif de Contes,
chef-lieu de canton, domicilié dans cette commune,
procureur fondé de Monsieur Charles Valperga, cidevant évêque de Nice, en vertu d'acte de procuration du 20 juillet et premier août 1795 (v. s.) lequel
en sadite qualité, dépendamment à l'arrêté de cette
administration du quatorze prairial an cinq (2 juin
1797) portant que le nom de Valperga, ci-devant
évêque de Nice, sera provisoirement rayé de la liste
des émigrés, que tout séquestre qui pourrait avoir
été mis sur ses biens sera levé, qu'il sera réintégré
dans la possession et jouissance de ses propriétés, et

�— 62 —

que toutes les sommes versées dans les caisses publiques lui seront rendues, déduction faite des frais
faits, conformément aux lois, désirant de se conformer au porté par l'article 3 de la loi du 5 Brumaire
an 3 (26 octobre 1794) qui exprime que les prévenus
d'émigration seront tenus de donner caution solvable de la valeur mobilier, et ne pourront obtenir
leurs immeubles jusqu'à ce qu'il ait été définitivement statué sur leurs réclamations par qui de droit,
toujours en sa dite qualité a présenté pour caution le
citoyen François Grosson, marchand drapier de cette
commune, lequel ici prése.it et acceptant, s'oblige
conjointement et solidairement avec ledit Valperga
et pour celui-ci ledit Joseph Passeron, et sous l'hypothèque de tous leurs frens présents et à venir, à l'entière exécution de ce qui les concerne en la susdite
loi, et à la représention des mobiliers, effets et sommes à percevoir en dépôt que besoin sera, et quant
aux mobiliers invendus et en dépôt seront soumis
d'en représenter la valeur à laquelle seront estimés
par experts, préalable rémission.
Et nous, administrateurs susdits approuvant lesdits
cautionnement et acte de soumission, à la réquisition
dudit citoyen Joseph Passeron, avons dressé le présent acte que toutes les parties ont signé avec nous,
ayant au préalable fait renoncer audit François Grosson au droit de premier convenir.
Fait à Nice les jours, mois et an que dessus.
Joseph

PASSERON,

François GROSSON,
prés., PAYANY FILS,
MARUN-SAYTOUR, sec. en chef

HANCY, DONNY,
P.

Acte original sur timbre de 20 centime*.
Arch. Nat. F

7 4867^

�— 63 -

CONCLUSION

Il était avéré pour tous, dans la ville de Nice, que Mgr
Valperga était parti contre son gré et si la première Administration départementale, installée au mois de Mai 1793,
l'avait inscrit sur la liste des émigrés de Nice, c'était à la
suite d'une réponse faite par le ministre de l'Intérieur, Garât,
aux questions à lui posées par le Directoire des Colons Marseillais sur la conduite à tenir vis-à-vis de l'évêque.
Les questions avaient été envoyées à Paris, vers la fin
de Février 1793, et la réponse du ministre ne parvint à Nice
qu'au milieu de juin suivant, soit quelques jours avant la
publication de la liste des émigrés. Les réclamations de
l'évêque, retiré à Turin dans sa famille, furent présentées
le 22 juillet 1793 (1) ; mais comme beaucoup d'autres, elles
s'entassèrent dans les bureaux du Département, qui n'y
répondit même pas.
Cette réclamation fut présentée au nom de l'évêque par JeanJacques Donny au Département. lîlle figure en original au dossier
Valperga.
Voir ci-dessus.
Le registre des délibérations du département manque aux Archives pour les derniers mois de 1793, exactement du Ier mai au 10
Novembre, comme pour les six derniers mois de 1797 et l'année entière de 1798, exactement du 8 Messidor an V (26 Juin 1797) au 25
Pluviôse an VII (13 février 1799).
C'est-à-dire pour les deux périodes les plus troublées et cette
disparition est tout au moins étrange.
Elle doit être vraisemblablement attribuée à certains hommes
politiques désireux de laisser dans l'oubli leur conduite durant ces
deux époques.

�- 64 On était dans la période la plus aiguë et, en pleine
Terreur.
Après le 9 Thermidor et, surtout après la venue à Nice
du représentant Beffroy, au mois de Floréal, an III (Mai
I795)»
les esprits devinrent plus calmes, les administrations plus pondérées. C'est alors que, sur de nouvelles demandes présentées au District, et sur avis favbrable de
celui-ci, le département des Alpes-Maritimes accorda à Mgr
Valperga sa radiation provisoire, le 14 Prairial, an V (2 Juin
1797). Comme on le voit, l'affaire avait traîné en longueur.
Il semblait alors que rien ne s'opposait plus à la rentrée
de l'évêque : le 11 Fructidor, an V (28 Août 1797), le Département avait agréé la caution de François Grosson (1) ;
les biens de l'évêque allaient lui être rendus, et il pourrait
rentrer.
Mais huit jours après, le coup d'Etat du 18 Fructidor (4
septembre 1797) remettait le pouvoir aux mains des Jacobins, la guerre aux émigrés et aux ecclésiastiques, en particulier, reprit avec âpreté. Pe département des Alpes-Maritimes se vit accusé d'avoir préparé une rentrée triomphale à l'évêque, son arrêté du 14 Prairial resta sans effet
et, en vertu de la loi du 19 Fructidor (5 septembre), les
scellés furent de nouveau apposés sur les biens de Mgr Valperga par deux commissaires municipaux (2).
En vain, l'évêque de Nice, fit intervenir auprès du Directoire Balbi, l'ambassadeur du Roi de Sardaigne à Paris,
le dossier de sa demande en radiation fut examiné sans
aucune bienveillance.
(1) L/Acte original de ce cautionnement sur timbre est aux
Arch. des Alp.-Maritimes Q. 10.
(2) Mise de scellés sur les biens de Charles Eugène Valperga par
deux commissaires de la municipalité de Nice. Une scéance, 6 livres.
Dépense approuvée par le Département, en Germinal an VI (avril
1798). Arch. des A. M. Q. 11.
Mgr Valperga ne possédait à Nice aucun immeuble et il devait
rester fort peu de chose de son mobilier après la vente qui en avait
été faite en Ventôse an III. La bibliothèque de l'évêché avait été déclarée bien national et la caisse diocésaine avait disparue en octobre 1792
sans laisser de traces dans les pièces administratives. Le séquestre
a été apposé sur les biens de nombreux émigrés rayés provisoirement.
On peut en voir la liste aux Archives des A. M. Q. 10, où Valperga
figure sous le N° 65.

�- 65
Á la suite de la lettre de Balby datée de Paris le 7 février
1798, le ministre de la police demanda à ses Bureaux un
rapport sur l'affaire Valperga. Pe voici tel qu'il se trouve
en minute au dossier.
Attendu que rien ne tend à constater le prétendu ordre
de quitter Nice, d'où il suit qu'il faut en croire sur parole
l'émigré.
Qu'à raison de son domicile, il était tenu de rentrer sur
le territoire dans les délais voulus par les lois.
Qu'il est atteint par la déchéance et n'a réclamé que
l'an V.
Qu'il ne paraît pas y avoir lieu de violer la loi en faveur
de cet ex-évêque dont la rentrée prohibée par la Constitution serait d'une influence dangereuse.
J'estime qu'il y a lieu à proposer la maintenue sauf
à prendre des renseignements si toutefois on les trouve
indispensables.
CAIGNART,
Sous-chef (2e Bureau).
En tête de cette minute est écrit :
« Je pense qu'il y a lieu à instruction et à prendre
des renseignements près les Administrateurs du département_des Alpes-Maritimes. »
Signature illisible (1).
Ces renseignements furent-ils demandés ? C'est probable et cela explique que bien des pièces du dossier Valperga sont en double expédition. Plus d'une année s'écoula
encore, avant que fut prise une décision et finalement sur
un rapport défavorable de la Commission d'examen instituée près le Ministère de la police pour l'étude des demandes en radiation, le Directoire exécutif signa le 7 Floréal
an VII, (26 avril 1799) un arrêté qui maintenait définitivement, sur la liste des émigrés, Mgr Valperga et annulait
toutes les décisions rendues antérieurement, en sa faveur,
par les. autorités locales.
(1) Arch. Nation. F 7 4862 2 dossier Valperga. Rapport de la
3 me Division du Ministère de la police, sans date mais joint à la
lettre de Balbi.
»

�- 66 -

Varrêté du Directoire parvint à Nice les premiers
jours de Prairial an VII (Mai 99) et fut immédiatement
mis à exécution. (1).
*

* *

Ainsi donc Mgr Valperga expulsé ne put jamais obtenir
de rentrer, les lois sur l'émigration étaient tellement embrouillées et tyranniques qu'une fois inscrit sur une liste
d'émigrés, il était extrêmement difficile de s'en faire rayer
malgré toutes les démarches ; car on se heurtait sans cesse
à des questions de forme et de procédure ce qui permettait
à la malveillance de s'exercer tout à fait à l'aise sous le
couvert de la légalité.
A. J.

PvANCE-BOURREY.

(1) De 21 Floréal an VII (10 mai 1799), il fut communiqué
par le ministre de la police générale de la République aux diverses
administrations intéressées et aux Commissaire du Directoire exécutif
près le département des Alpes-Maritimes. Celui-ci par lettre du 3
prairial (22 mai 1799) demanda au Département de le transmettre
à la Municipalité de Nice, ce qui fut fait le même jour avec ordre
de le transcrire sur ses registres, de faire apposer les scellés ou séquestre sur tous les biens meubles et immeubles de l'évêque si ce
n'est déjà fait, et de mi notifier sans délai la décision prise à son égard.
Voir lettre du Département à la Municipalité, celle du Commissaire au Département, 3 Prairial an VII avec la réponse du Département 4 Prairial.
Arch.. des A. M. Q. 1 et 2 et Arch. Nationales, dossier Valperga,

�NIÇA LA BELLA
VERS DE /.

Giordan,

su

DE CARTA POUSTALA

Ai rai dôu nouostre bouon soulèu
Venon s'escaufar toui lu lùssi ;
Es un meravihous tablèu,
Ai rai dôu nouostre bouon soulèu,
Trouvas, dou Var fin au Castèu,
Anglés, Rouman, Danesi, Rùssi :
Ai rai dôu nouostre bouon soulèu
Venon s'escaufar toui lu lùssi.
Pèr tu, as touti li bèuta,
Terra de lus e d'alegria,
D'un ciel d'azur, as la clartà,
Pèr tu, as touti li bèuta.
De l'univers, en verità,
Siès la uechièma meravia ;
Pèr tu, as touti li bèutà,
Terra de lus e d'alegria.
Dintre lou tèmp, Semiramis
Faguet basti, à Babilouna,
Pu siéu jardin, vèr paradis !
Soubre Paioun, degun s'estouna
De vèire, ancuèi, lou paumoulié
Drissar au ciel la siéu coulouna
E lou galofre, e l'anemouna
Flouri emb'au pourtegalié.
De bouon matin, quitant maioun
Pèr la journada touta'ntiera,
S'en va lavar, dintre Paioun
Pa bugadiera.
D'un glourious passat es fiera
Perqué, d'un tèmp, sus lou bastioun
Au Turc, arranquèt la bandiera
Pa bugadiera.

�fet 68 —

Sau de fouora fa freï,
Que brima,
A Niça, sus lou Quèi,
Si rima.
Pescadou, fourestié,
De la mar bressarella,
Escouton voulountié
Pa doussa cantinella.
L'AVOUCAT

PATTA

L'estudi de l'avoucat Patta es en plen aria ; si tèn lou matin
couma lou predinà su la plaça dôu Palai. Es un ome pichounet,
touplen raplot, li pocha enfli de papiè de touta mers. En lu vièi
quartiè es proun counouissut e li capelada, « Bouonjou Moussu
l'Avoucat », noun li mancon. Es ben m'ai juge, proucuradou, etc.
Lu siéu ounourari soun bouon pati e n'a de preferença pèr
qu si sigue. Parla au premier maufatan vengut, couma se fousse
un agnèu que vén de naisse ; lou créancier o lou débiteur soun
tratat su lou même pen... basta que mouson...
L'avoucat Patta es de noutarietà reputat pèr un ome judicious, òunest — au noun si flata de l'estre au jou d'ancuei ; —
finda counouisse, es en relacioun d'afaire emê de gros persou nage que dintre la finança dôu siéu coumerce, soun quasi d'usurari. Sau menajar la cabra e lou caulè ; e pèr que la mouneda
noun li escapa si desbrouïa e si mete dôu cousta dôu manche...
d'aquéu que casca lou de mai...
Acò fa que toui lu matin que lou Bouon Diéu a fach, la siéu
doumestica mete toujou quaucaren au fuec. Lou dimeneghe, coum'un bouon crestian, — tartufaria que lou pauva, — va audi la
gran'messa à Santa Réparada, fa la siesta e à la calada dóu soulèu,
passeja su lou Cours, pastrouia, fa lu cent pas, noun parla que de
lei, proucès, citacioun, ensin alestisse lou travail dôu dilun...
Lendeman empastra ben d'afaire, mete facilamen en lou sac
Moussu Tout'Un emé Moussu Tout'Autre... En éu que li pòu
faire ?... lança dapertout lou broumech, tant pis pèr aquéu que si
laissa agantar. Quaranta sóu es lou près d'atac e vous pregui de
crèire que douna pas la siéu journada pèr doui o tres escut.
L'avoucat Patta counouisse l'usança dôu païs... s'avès touort,
vous rouïa, s'avès pi rasoun, v'espia... Que voulès aima manjar
lou pei, lou pei que noun aiguë d'espina...
JULI EYNAUDI.

�-«9VA

MAU ! !

Va màu, cresé-vous, que va màu 1
En l'orizoun lou voile negre
N'es qu'un gran camp cargat de pebre,
Qu'à pala lou jeten davan,
Avuglan finda lu cavau 1
Lu canoun soun su li frountièra,
Alignât couma de barriera,
N'esperon plus que lou signàu !
Lou soulèu, aquel animàu !
Stan, noun vòu levà la vela,
Si foundon couma des candela
Enb'aquèu coust dôu diàu !
Le Giacouuda à cóu de d/stràu
Li fan petà li sièu moulura...
Ah ! dèu faire bella figura
Se l'an foutuda en quauqua tràu
Lou pan crèise, finda la sàu,
Lou sucre dintre li boutiga
Mounta ben mai que de boufiga !
Van jusque crèise lou rampàu
E la pèu que fau lou tambau ;
Metran de drech su li nourriça,
Su lu chichi, su li saucissa,
Perqué pas soubre lu magàu ?
E lou Prussian, marrit bertàu,
Noun sabon fa que de babïa,
Per lou Maroc e l'Algèria,
Se faran mètre lou mourràu !
Li serreren toui lou pourtàu
E pi veiren touta la França
Davan la sieù grossa arougança
Se noun si sau garda li clàu !
Es de rima d'un manechàu,
Ma sien d'estiéu, vesin, vesina,
Li passeres en la resina
Avant que vegon l'espitau !
CHARLES CIAUDO

�Valère Bernard
Tout en heurtant le marteau contre la porte de M. Valère
Bernard je songeais. Je me suis complu dans le plus souriant
mépris des idoles. L'ironie a tremblé sur mes lèvres quand
la Provence a dans un ravissement de joie acclamé le poète de
Maillanne. Cette mascarade d'apothéose me répugnait.
Et maintenant la curiosité me fourvoyait dans le studio
d'un consciencieux artiste que les felibres couvraient de gloire.
Elève de Puvis de Chavannes M. Valère Bernard pasticha le
Maître. Mais vite il eût l'intuition qu'à se perdre dans les sentiers
battus il courrait risque de compromettre son crédit. Il dit
adieu à Paris et vint dans Marseille, l'opulente cité.
A cette époque vivait un exquis écrivain, J. Lombard. Il venait de publier deux œuvres d'une grandiose beauté, VAgonie et
Bysance. Dans un style étrangement tourmenté il contait les
luttes entre les factions d'Orient, illuminant son œuvre des
splendeurs bysantines.
Valère Bernard vit Jean Lombard, et du même coup les belles
au bois qui dormaient en son âme s'éveillèrent. Il délaissa les
études académiques, les pastiches sans vie, et d'ardentes couleurs
chargèrent ses toiles.
Voici le triomphe des rois Babyloniens. Sur les voûtes d'un
palais impérial passent des gardes étincelants dans la pourpre et
la soie. L'or envahit les hautes colonnes de jaspe bleu. Involontairement on pense aux fantastiques demeures hantées par des
fées émeraudes et des princesses aux perversités troublantes.
Et je m'imagine que le peintre était sous le charme de la
légende quand il a peint cette courtisanne qui sourit à son miroir tout en jouant négligeamment avec sa chevelure d'or. Et
puis passent Venise la rouge, Marseille enveloppé dans la poussière d'or du crépuscule, des motifs à la Watteau peints par un
bysantin, toute une apothéose.
Mais une idée m'obsède, tandis que dans la grise clarté d'un
soir automnal s'éteignent les fauves éclairs jaillis de ces radieuses
toiles. L'idéalisation du passé me paraît cruelle. Les générations
endormies dans la Mort ont eu leurs misères/leurs rancœurs, je
pense qu'il est absurde de s'écrier avec Musset « qu'aux temps
jadis tout était heureux jusqu'aux douleurs humaines. » En vain
l'apostat s'attriste-t-il sur les vieillards immortels de l'antique

�- 7i

—

lonie, â ses oreilles résonnent les paroles de l'Hiérophante : « La
Helladi que tu aimes n'a jamais existé ».
Mais M. Valère Bernard brise ma rêverie, et mes yeux se
portent.sur des portraits appendus au mur. Profils d'espagnol ou
d'américain mitigés d'espagnol, comme on en croise maintes fois
sur la Cannebière.
Homme universel ne puis-je m'empêcher de m'êcrier. M.
Valère Bernard sourit. Il siérait dit-il, à mi voix, de se développer en profondeur. Toutefois il est beau de se dire sur le
tard de sa vie que l'on a fait vibrer toute son âme. Ici le maître
rejoint Néron. Il m'aide à comprendre cet inquiétant empereur.
Mais encore faut-il que tout en étant l'homme universel on ne
sombre pas dans la banalité. De méchantes œuvres d'art peuvent
avoir leur prix.
Une idée se lève devant moi. Labruyère me petsuade que
l'honnête homme de Pascal propre à tout en définitive n'est propre à rien. La spécialisation inintelligente, mène à l'erreur, j'en
conviens, mais en fait elle est une loi générale.
Et ceci est pour me plaire, car j'abhorre dissiper mon énergie,
j'aime le repliement, la frissonnante pudeur qu'effarouche les
vaines ostentations. Je goûte les peintres du passé et malgré ma
philosophie j'adore les peuples disparus. Volontiers j'implorerai
avec la Cassandre de Schiller la cécité, l'exquise cécité. Le sou
venir a plus de puissance sur moi que l'espoir.
Et sous des deux gris, en des pays étrangers désolants de
médiocrité, il m'est arrivé de pleurer plus amèrement que ne
pleura Xerxès aux rives d'Abydos.
J. PADOVANI.
PROUVERB1, BOUOI MOT, COUNSÈU E DICH
Vèuva que si marida,
Dèu perdre la lus e l'audida.
Fiha madura,
Lou pouorta à la centura.
En cuntant su lu det :
Aquéu a fa l'óu ;
Aquéu l'es anat cercar,
Aquéu l'a fa cuèire,
Aquéu l'a manjat,
E lou pichoun n'a ren tastat !

�— 73 —
LE

DÉSESPOIR

Oui, j'ai la mort dans l'âme ; oui, je monte au calvaire ;
Mon horizon, hier si beau, s'est obscurci ;
Je hais tous les devoirs et tout ce qu'on révère :
Mieux vaut mourir que vivre ainsi !
Puisque je n'y puis rien ; que la raison humaine
Ne gagne plus un cœur où mon cœur est entré,
Je veux briser mes jours comme on brise une chaîne
Et m'enfuir en désespéré.
Qu'est-ce donc que la mort ? C'est la paix éternelle,
C'est un beau drap de fleurs sur mon sein endormi,
C'est la nature calme, auguste et solennelle
Qui nous prête un repos ami.
O nature de Dieu contemple ma détresse !
Ecoute tout mon sang dans mon cœur s'épancher
Et, puisque je n'ai plus le lit de ma maîtresse,
C'est au tien que je veux coucher ;
C'est toi la grande mère et la nourrice immense !
L'homme au sort le plus âpre et l'homme au sort plus beau
Retrouvent dans ton sein leur part de ta clémence :
L'un l'amour, l'autre le tombeau
Tu sais, toi qui vois tout, ce qu'ici bas je souffre,
Que je n'ai point béni l'instant de mon réveil
Et que j'ai regardé, toujours, du fond du gouffre,
Les bords ou brillait le soleil ;
Que je n'ai bu jamais que dans la coupe amère,
Que le seuil du bonheur me fut toujours fermé,
Que j'ai perdu mes fils, que j'ai perdu ma mère
Et tous les cœurs qui m'ont aimé !
Maintenant je m'en vais, battant du front, comme ivre,
En proie à ce grand deuil qui me courbe en vainqueur,
Et je veux déchirer ma vie, avec le livre
Des chastes sanglots de mon cœur ;
Et toi, rayon divin, génie, ardent délire,
Flambeau qui n'iras plus briller sur son autel,
Eternise du moins ces larmes de ma lyre
Et que mon cri soit immortel !
[EDGAR DE MASINI

�-73 -

Grand Théâtre de Monte-Carlo
DIRECTEUR : R. GUNSBOURG

CONCERTS CLASSIQUES — GRANDS OPÉRAS
— COMÉDIES —

POUR

y&amp;

\

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13
Mars
Epato (Grégori)
Il
Jun
Cicle soulari
17 Setèmbre
Endicioun roum
10 Desembre
Letra doumenicala
G F
LI QUATRE

8,
7,
20,
20,

10
9
22
22

e
e
e
e

11
10
23
23

SESOUN

Lou printèms coumença lou 21 mars
L'estiéu
—
— 22 Jun
L'autoum
—
— 24 sept,
L'iver
—
— 22 dés.

à 6.55 m.
à 2.36 m.
à 5.18 m.
à 11.53 m.

dôu sera
dôu sera
dôu matin
dôu sera

FESTA MOUBILI

Septuagesima... 12 Fébrié
Cendre
21 Febrié
Pasca
7 Abrieu
Rougacioun 21, 22, 23, 24 Mai
Ascensioun
16 Mai

Pantecousta
Trinità
Festa de Diéu
1" Dimenegue de
Ie* Desémbre

26 Mai
11 Jun
15 Jun
l'Avènt

LU ESCLISS!

Souliu.

—

ij Abriéu. — Esclissi annulari e coumplet visible

à Paris, en America, en Europa et dintre lou N.-O. de l'Africa.
Coumençamen de l'esclissi à 10,01 dôu matin ; finisse à 1,08
dôu sera.
10 Otitoubre. — Esclissi coumplet invisible à Paris, visible
dintre l'America dôu Sud.
Luna. — 1" Abrièu. — Esclissi parciella visibla à Paris. Entrada de la luna dintre l'oumbra, 9.26 dôu sera; sourtida, 11.03
dôu sera.
26 Setèmbre. — Esclissi parciella, invisibla à Paris, visibla
dintre l'Océan Pacifique.

Jîla providence, %ue de la Préfecture /4, $run, Siàraire

�LU

VÉNT

Lu vènt que souflon à Niça, dintre lou cours de l'armada,
soun au nombre de 16. Vequi li siéu denouminacioun courènti,
pihadi, en general, dai loucalità dei quali parèisson vèni :
Sud
Miejon
Nord... Tramountana
S.-S.-O. Miejou Lebech
N.-O.-E. Grek Tramountana
S.-O
Lebech
N.-E... Grego
O.-S.-O Pounèut Lebech
E. N .E. Levant
Ouest. Pounènt
E.-N.-E. Levant
O.-N-O.V Pounènt Maistràu
E.-S.-E. Levant
N -O . Mastràu
S.-E.... Siroco, vènt marin
N..-N. OMaïstràu Tramount
S.-S.-E.. Miejou Siroc

6
15
25
14
31
24

VIGÍLIA — JEUNI
Abriè
(Pasca, 7 Abrièu).
Mai
(Ascensioun, 16 Mai).
Mai
(Pantecousta, 26 Mai).
Avoust
(Assoumpcioun, 15 Avoust).
Outoubre (Toui lu Sant, Ier Nouvembre).
Desembre (Calena, 25 Desembre).
L'AN NADA RELIGIOUSA

LI FESTA MOUBILI E LI FESTA FISSI
Janvt'è
jYlars
1 Circouncisioun.
1 e 2 Quatre Tèms.
6 Epifania (lu Rei).
3 Reminiscere.
13 Bateja de J.-C.
10
Oculi.
14 Sant Noum de Jesu.
17 Lœtare.
fébrié
24 Passioun.
2 Puriflcacioun.
29 Li 7 Doulou.
4 Setuagesima.
31 Lu Rampàu.
6 Festa de la Pr. de N. S.
11 Sexagesima.
Jîbriéu
13 Coum. de la Passioun.
5 Divendre Sant.
18 Quinquagesima.
7 Pasca.
21 Cendre.
14 Quasimodo.
25 Quadragesima.
28 Patrou. de San Joúsè.
28 Quatre-Tèms.

�Setembre
3 Inv. de la Santa Crous.
13, 14, 15, Rougacioun.
16 Ascensioun.
26 Pantecousta.
29-31 Quatre-Tèms.
1
2
6
9
21
24
29

Quatre-Tèms.
Trinità.
Festa de Diéu.
Festa dôu S. Sacramen.
Sacrat-Couor de'jesu.
Natività de S. jouan-Bat.
SS. Peire e Paul.

8 Natività de la Vierge.
14 Esaltacioun de la Crous.
15 N.-D. dei 7 Doulou.
15 San Noum de Maria.
18, 20, 21, Quatre-Tèms.
29 Dédie, de S. Miquèu.

Ôutoubre
6
13
20
27

Sant Rousari.
Maternità de la Sta Vierge.
Puretà de la Santa Vierge.
Patrounage de la S. Vierge.

J/ouvembre

Juliet
2 Visitacioun de la S. V.
7 Precious Sang.
16 N.-D. dôu Carme.

Jîvoust
6 Transfiguracioun.
15
18
25
25
29

Assoumpcioun.
S. Joachim.
S. Couor de la Vierge.
S. Louis.
Decolac. de S. Jouan-Bat.

1
2
3
21

Toui lu Sant.
Lu Mouort.
Santi Relíquia.
Present, de la Sta Vierge.

2&gt;esembre
1 Avent.
8 Imaculata Councepcioun.
18, 20, 21, Quatre-Tèms.
25 Calena.

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DÉCIMALISATION

DU

TEMPS ET DES

ANGLES

LA MONTRE DÉCIMALE
Par J. de REY-PAILHADE, président du Comité
pour la propagation des méthodes Décimales.
Le Club Nautique de Nice a offert plusieur fois en prix des
montres décimales aux régates'de 1909. Il était utile de décrire cet instrument, d'y joindre des tables pratiques et des
formules à l'usage des ingénieurs, des sportsmen, des médecins, etc. etc.
DÉCIMALISATION DES ANGLES •
Il est aujourd'hui démontré que la division décimale du
quart de cercle facilite tous les calculs.
Les nouvelles cartes géographiques sont graduées exclusivement dans ce système, devenu officiel en France et dans
d'autres pays. On possède toutes les tables pratiques nécessaires à son essai courant. Nous ne nous étendrons pas
davantage sur cette méthode aujourd'hui enseignée dans les
lycées et collèges.
Nous rappellerons seulement que M. l'amiral Germinet,
membre d'honneur du C. N. N., sous la direction duquel on
fit en 1899 et 1900 des essais de navigation avec un matériel
entièrement décimal, a émis un avis très favorable à la
réforme décimale.
DÉCIMALISATION DU TEMPS
La division décimale du jour décrétée le 4 frimaire an II
rendra aussi de grands services à la science et aux sports.
Principe. — On divise le jour entier en 100 parties égales
appelées cés ; le cé est subdivisé en décisés, ceniicès et millicés
Le cé vaut 14m 24s ou 1T4 d'heure environ ; le décicé est égal
lm 26s 4 ou lm Ij2 environ ; le millicé vaut 0S 864 ou 9T10 de
seconde environ.
Concordance des Temps. — On parvient assez vite à dire
instantanément l'heure à 1 ou 2 minutes près en regardant le
cadran d'une montre décimale. Il suffit d'apprendre par cœur
les concordances décimales de toutes les heures.
0,0
0
50,0

4,2
1
54,2

8,3
2
58,3

12,5
3
62,5

16,7
4
66,7

20,8
5
70,8

25,0
6
75,0

�25,0
6
75,0

29,2
7
79,2

33,3
8
83,3

37,5
9
87,5

41,7
10
91,7

45,8
11
95,8

50,0
12
100,0

Les heures sont au milieu, les concordances des heures
du matin en haut, celles du soir en bas. Ainsi 10 heures du
matin valent 41.7 cés (énoncer 41 cés 7 décicés) et 10 heures
du soir valent 91,7 cés.
Gomme 1 cé vaut presque lj4 d'heure et un décicé une mi •
nute 1]2 ; en partant des concordances du tableau, on dit
l'heure instantanément, ainsi 39,9 cés valent 9 h. 36 m. du
matin. Un ou deux jours suffisent pour atteindre ce résultat.

Description de la montre décimale ou cémètre. — Il y a 3
aiguilles centrales se mouvant sur un cercle divisé en 109
parties égales, numérotées de 0 à 9. Le 0 cé est en bas, c'est
l'origine des temps, car on suppose la Terre au centre du
Cadran.
L'aiguille dorée avec un soleil ne fait qu'un tour par jour ;
l'aiguille épaisse en acier bleu tourne 10 fois par jour, et la
trotteuse fine fait 1000 tours par jour.
L'aiguille-soleil montre la position de l'astre du jour par
rapport au méridien de Paris, qui va du centre au chiffre 5.

�10 —
Les quatre traits bleus indiquent les positions de cette aiguille
à minuit en bas sur 0 ; — à tì h. du matin au milieu entre 2
et 3 ; — à midi, en haut, sur le 5 ; — à 6 h. du soir, entre 7
et 8.
L'aiguille dorée du soleil indique le chiffre des dizaines
de cés, 2 sur le dessin ; l'aiguille épaisse donne d'abord le
chiffre des cés, 6 sur le dessin, et en comptant rapidement à
l'œil le rang de la division entre 6 et 7, on voit, que cette aiguille marque 3 décicés. Le temps du dessin est donc 26,3
cés correspondant à 6 h 20 m. du matin environ. L'aiguille
trotteuse donne les millicés 83. Le temps est donc 26,383
cés.
» Pour la vie courante, on n'a pas besoin d'aller au delà du
clécicé. On lit les milticés pour les applications scientifiques
et sportives.
Le temps en millicés lu sur le cêmèire facilite tous les calculs, car on n'a jamais de réductions à faire.
Examinons le problème des vitesses a l'heure : Les millicés multipliés par 0,00024 donne des heures et fraction décimale d'heure. Ainsi Ì2345 millicés valent 12,345 -f- 24 =
2 h. 9628.
Par conséquent si L est la longueur parcourue et M le
temps en millicés, la vitesse est

ou t

+ 4166,66...

Ces quelques exemples démontrent que la montre décimale simplifie tous les calculs sans exception.
Les rapports de MM. les délégués officiels aux essais de
la montre décimale faits à Nice, par le Club Nautique, le 26
février 1911, concluent unanimement à la supériorité de cet
instrument pour les usages scientifiques et sportifs.
M. Prim, astronome à l'Observatoire de Nice, représen
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P.
P.
D.
N.

Q,
L.
Q.
L.

lu 8, à 7
lu 14, à H
lu 22, à 7
lu 30, à 10

SOULÈU.

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—

oura
oura
oura
oura

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20
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21
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L. 8 14' — C. 4 42'

dil. Jou de V An

P. Q.
P. L.
D. Q.
SOULÈU,

1
2
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4
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Lu Rei
6
Dim. S. Lucien
7
dil. S. Apoulinari
8
dim. S. Pèire
9
dim. S. Guiermo
10
dij S. Teodose
11
div. S. Arcada
12
dis. Sta Verònica
13
Dim. S. Ilari
14
dil. S. Maurici
15
dim. S. Ounourat
16
dim. S. Antoni
17
dij. Sta Angela
18
div. S. Sulpici
19
dis. S. Bastian
20
Dim. Sta Agnesa
21
dil. S. Vincènt
22
dim. S. Raymound
23
dim. Sta Jacinta
24
dij. Conv. de S. Pàu
25
div. S. Poulicarpa
26
dis. Sta Devota
27
Dim. Sta Paula
28
dil. S. Francès S.
29
dim.
dim.
dij.
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dis.

S.
Sta
S.
S.

TRIMESÏRÍ;

Macari
Genevieva
Tita
Simeoun

dim. Sta Marfina
dim. S. Peire N.
En Janvié
Lou païsan n'a ren

lu 6, à 4 oura 28 s.
lu 13, à 11 oura 38 m.
lu 21, à 4 oura 44 ui.
- L. 7 49' - C. 5 30'

dij. S. Ignaci
div. La Candeliera
dis. S. Blasi
Dim. Setuagesima
dil. SS. Vinc.Oronte
dim Sta Agata
dim. Sta Dorotea
dij. S. Romuald
div. S. Jouan-Matha
dis. Sta Apoulounia
Dim. Sexagesima
dil. Sta Eulàlia
dim. S. Gregori
dim. Sta Eufrasia
dij. S. Onesime
div S. Dounat
dis. S. Simeoun
Dim. Quinquagesima
dil. S. Gabin
dim. Dimars-Gras
dim. Li Cendre
dij. S. Silvan
div. S. Maxime
dis. S. Pascase
Dim. Quadragesima
dil. S. Nestor
dim. S. Leandri
dim. Sta Nourina
dij. S. Nymphas

Plueia de febrié
A la terra vau fumiè.

ZDéSTU-S-bez

NICE

MARS
N. L.
P. Q.
P. L.
D. Q.
N. L.
SOULÈU

1
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lu 15,
lu 23,
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Dim.

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7

1 oura 31 m.
0 oura 02 m.
0 oura 59 m.
1 oura 26 m.
1 oura 38 s.
01' — C. 6 13

S. Eudoxia
S. Simplici
Reminisceri
Sta Cunegonda
S. Casimir
Sta Coleta
S. Jouan de D.
Qaatre-tèms
Sta Margarida C.
Ocali
S. Euloge
S. Gregori
Sta Eufrasia
Sta Matilda
S. Acepsima
Sta Gertruda
Lœtari
S. Apien
S. Jôusé
S. Joachin
S. Lea
S. Turibe
S. Armentari
La Passioun
Anounciada
S. Emanuèu
S. Jouan d'Egt,
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SOULÈU.

1 dil.
2 dim.
3 dim.
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5 div.
6 dis.
7 Dim.
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9 dim.
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23 dim.
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13, à
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—

oura
oura
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L. 6 06'

—

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37 s.
31! s.
25 s.
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S. Ugo
S. Franç. de P.
S. Richard
Dijàu Sant
Divèndre Sant
Dissata Sant
Pasca
S. Albert, ev.
S. Azada.
s. Isidoro
s. Leoun
s. Juli
s. Justin
Ouasimoi/ii
Sta Anastasia
S. Frutuous
S. Rodolfe
S. Maxime
S. Anselme
S. Teodoro
S. Adalbert
S. Fidèle
s. Jorgi
s. Marco
s. Clet
s. Antime
s. Aimé

s. Roubert
Sta Catarina d. S
SS. Philip. ,Jacq.

Pichouna plneia d'Abriéa
Bouona récolta pèr l'csliéu

Q.

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N. L.
SOULÈU.

TRIMÍÎSTRÈ;

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lu 5,
2 oura
lu 13, a 7 oura
lu 21, à 10 oura
lu 28, à 7 oura
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—

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m.
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C. 7 29'

1 dim. SS. Félip. Jaq.
2 dij. S. Atanase
3 div. In.d.l. Sta Crous
4 dis. SS. Sindonis
5 Dim. S. Pio, papa
6 dil. S. Jouan D.
7&lt; dim. S. Peire
8 dim. s. Gregori N.
9 dij. s. Antounin
10 div. s. Isidoro
11 dis. s. Bounifaci
12 Dim. s. Jouan lou S.
13 dil. s. Pouon, m.
14 dim. s. Pacomo
15 dim. s. Sta Denisa
16 dij. Ascensioun
17 div. S. Pascaù
18 dis. S. Teodoto
19 Dim. s. Pèire C.
20 dil. s. Felis.
21 dim. s. Bernardini
22 dim. s. Julia
23 dij Rogaeioun
24 div. s. Vincen, d. L.
25 dis. S. Urbin
26 Dim. Pandecousta
27 dil. S. German
28 dim. S. Cirile
29 dim. Sta Petronïa
30 dij. S. Sylve
31 div. S. Justin
Au mes de mai
Longui semana

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P.
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L.
Q.
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lu 3,
lu 11,
lu 19,
lu 26,

SOULÈU.

1
2
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dis.
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11 dim.
12 dim.
13 dij.
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15 dis.
16 Dim.
17 dil.
18 dim.
19 dim.
20 dij.
21 div.
22 dis.
23 Dim.
24 dil.
25 dim.
26 dim.
27 dij.
28 div.
29 dis.
30 Dim.

—

à 11 oura 4 s.
à 10 oura SI s.
à 9 oura 51 s.
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2 oura 20 s.
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S. Potin
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Festa de Dieu
S. Lié
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Sta Margarida
S. Barnabe
S. Antoui de P.
S. Basilio
S. J.-F. Régis
S. Moudeste
S. Lambert
Sta Olga
S. Gervai
Sta Juliena F.
S. Louis de G.
S. Paulin
Sta Maria d'O.
S. Jouan-B.
S. Prousper
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1
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dim.
dim.
dij.
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Dim.
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dim.
dim.

S. Thierry
Vierg.de li Gracia
S. Anatole
S. Pèire de L.
S. Sisoès
S. Elie
Sta Babeta
S. Efrein
Sta Felicita
S. Pio
S. Jouan G.
S. Gene
S. Jaque
Festa Naciounala
S. Enri
N.D.d.M. Carmel
Sta Marcelina
S. Frederic
S. Vincen de P.
Sta Margarida
S. Vi loiSta Maria-Mad.
S. Apoulinari
Sta Cristina
S. Jaque
Sta Anna
S. Pantaleoun
S. Samsoun
Sta Marta
Sta Giulieta
S. Gnaci de L.

Au mes de Juliet
Ni frema ni coulé.

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P. L. lu 10, a 3 oura 58 m.
D. Q. l»i 17, a 1 oura 1.1 s.
N. L. lu 21, a 5 oura 14 m.
IV Q. lu 31, &amp; 5 oura 21 s.
souLÈu, —1.5 or -j&gt;. 8 or

dij.
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4 Dim.
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S. Pèire-aï LS. Alfonso
Inv. de S. Estève
S. Domenica
N. D. dei Nèu
Trausf. de J. C.
S. Gaétan
Sta Batilda
S. Camila d. L.
S. Là u ren
S. Septima
Sta Clara
Sta Filoumèna
S. Ousèbi
Asoumpcionn
S. Roc
S. Mamès
Sta Elena
S. Ipoulita
S. Bernar
Sta Chantai
S. Pio V
S. Filipe B.
S. Bartoumiéu
s. Louis, r. F.
s. Seg'oundo
s. Cesari
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s. Mederic
Sta Rosa
S. Fiacre

F.n . ivoast
Figa e moust

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D. Q. lu 15, a 6 oura î&gt;l
N. L. Ju 22, a 3 oura 37
P. Q. lu 30. a 0 oura 08
SOULÈU. - - 1. 5 47V— c.

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S. Gili
S. Estève R.
Sta Eufemia
Sta Rosalia
S. Làuren J.
S. Pambon
S. Grat
Natiu, di' la V.
S. Oumer
S. Xicola
S. Félis
S. Veran
S. A nié
Es. (1. l.S. CtQUS
S. Nicomède
S. Conrneilla
S. Lanbert
S. Tournas V.
S. Janvié
S. Euslache
S. Matiéu
S. Maurici
Sta Tecla
S. Girar
S Firmen
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S. iN'icandre
S. \\ inceslas
g. Miquèu
S. Jeromo

Lima setembrina
De mai clarina

MOT »

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TRIMESTRE

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6,
D. Q. lu 43,
N. !.. lu 20,
Q.
lu 29,

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1.

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4 oura 48
8 oura 20
9 oura 49
2 oura 42
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1 dim. Rosari
1 div. Tout lu Sant
2 dim. S. ■ Léger
2 dis. Eu Mouorl
3 dij. S. Rosari
S. Ubert
4 div. s. Francès d'A. 43 Dim.
dil. S. Carlo B.
5 dis. s. Placido
5 dim. Sta Bertila
6 Dim. s. Bruno
6 dim S. Leounar
7 dil. s. Serge
dij. S. Nestou
/
8 dim. Sta Reparada
8 div. Lu Quatre Incou.
9 dim. S. Denis
9 dis. S. Teodore
10 dij. s. Francès B. 10
Dim. S. Jacintou
11 div. s. Tarasco
11 dil. S. Martin
12 dis. s. Counrad
12 dim. S. René
13 Dim. s. Edouard
13 dim. s. Stanislas
14 dil. s. Calisio
14 dij. S. Pantena
15 dim. Sta Teresa
15 div. Sta Gertruda
16 dim. S. Ospici
16 dis. S. Edme
dij.
17
Sta Edvija
17 Dim. S. Gregori
18 div. S. Luc
18 dil. S. Alfè
19 dis. S. Pèi re
19 dim. Sta Babeta
20 Dim. S. Agrico)
20 dim. S. Edmon
21 dil. Sta Ursula
21 dij. Présent, de la V.
22 dim. S. Filip
22 div. Sta Cecilia
23 dim. S. Teodoret
23 dis. S. Clemen
24 dij. s. Mairloire
25 div. ss. Crespin-Cr. 24 Dim. Sta Flora
26 dis. s. Jouan de K. 25 dil Sta Catarina
26 dim. Sta Pel fina
27 Dim. s. Frumence
27 dim. S. Maxime
28 dil. s. Alfredo
28 dij. S. Sostène
29 dim. s. Narcisse
29 div. s. Saturnin
30 dim. s. Marcel
30 dis. s. Andrièu
31 dij. s. Siri
En ùuloubre
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D. Q.
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lu 12,
lu 20,
lu 28,

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11 dim.
12 dij.
13 div.
14 dis.
15 Dim.
16 dil.
17 dim.
18 dim.
19 dij.
20 div.
21 dis.
22' Dim.
23 dil.
24 dim.
25 dim.
26 dij.
27 div.
28 dis.
29 Dim.
30 dil.
31 dim.

1.

a
a
a
a

3 oura
m.
6 oura 46 s.
4 our;i 40 s.
7 OUI;L 48 s.

7 54' — c.

A vent
Sta Bibiana
S. Francès X.
Sta Barba
S. Bassi
S. Nicola
S. Anbrosi
Imac. Conception
Sta Leoucadia
Sta Eulàlia
S. Damase
Sta Rosélina
Sta Lucia
S, Niçoise
S.
S.
Sta
S.
S.
S.
S.

Mesuiin
Adon
Olimpíada
Gatien
Ciprian
Filogone
Tournas

S. Onourat
Sta Vitòria
Cacha-fuec
Calèna
S. Estève
S. Jouan
SS. Inoucent
Sta Eleonora
S. Sabîn
S. Sàuvestre

Calena aufuec,
Pasca àu j'aèc.

sin -

GRANDE MARQUE RECOMMANDÉE

4 35

�- i6-

�- 17

-I

CROUNICA NIÇARDA
L'ABADÏA DE SAN POUON.— L'ABAT RANCE-BOURREY.
GLOFFREDO.

—

—

PÈIRE

A PREPAU DOU DIALETE NIÇART.

Ben qne pareissènt tardié, VArmanac Niçart s'empressa de
pourtà la siéu febla vous su tout cen que enteressa lou païs, sigue
au pounch de vista istoria loucala, pouesia, tradicioun, sigue
tamben su la taquinanta questioun dóu dialete niçart souvenri
fès pauvada e su la quala lu escritour mouderne soun luen d'estre
d'acordi.
Parlerai finda de M. l'Abat Rance-Bourrey, un beneditin qne
despi quauque an en ça mete à prouflt la siéu erudiciou n a nen
revelà de fach d'istoria inedieh. Se quauqu'un mérita d'estre
laudat es ben éu ; es en éu que VArmanac Niçart tressa la
pamoula de sapiença. En esprimant la nouostra recounouissença,
à l'Abat Rance-Bourrey, fen cen que touplen an denembrat,
vouoli dire de courounà lu siéu travail, frucha de ben de recerca,
dai quali obra sian fier d'avé prestat la prima ajuda. Pouden cità :
lou Discours sur le Monastère de Sainte-Claire de Nice, par Honoré
Pastorelli, publié d'après l'édition originale de Turin 1608, avec
une introduction et des notes ; — "Le Général J.-B.-M. D'Anselme" (Notices biographiques (1740-1792). E aquest'an
l'istorien nen douna — toujou de prima man — YExpulsion de
Mgr Valperga, evesque de Niça, au tèms de la Revoulucioun,
travail anoutat de peça curiouvi que sian urous de pouder metre
souta lu uès dei nouostre letour.
*
* *
Lou fach de l'annada, lou mai marcant, es estat aquéu de
l'Abadïa de San Pouon. Parlon de tout destruge pèr li basti an
siéu luec un espitau Pasteur... UArmanac Niçart es pas Penemic
dóu prougrès, ni men encara dei Bei-Art, ma si fa lou pious dever
de jougne lu siéu esfouors en aquelu dei siéu councitadin quo
l'istoria dóu passat passiouna, pèr que l'Abadïa de San Pouon
sigue counservada e classada couma mounumen istorique. En la
circonstança feliciti M. l'Abat Rance-Bourrey que mé rasoun s'e.s
demoustrat l'ardènt defensour autourisat que counouissen. La
siéu paràula es estada escoutada e lou Préfet de li Alpa-Maritima,
8

'

�— i8 M. de Joly — respetuous dei nouostri tradicioun — en ortie
avertit a proumès que l'Abadïa de San Pouon seria respetada e de
lèu si crusià pèr lou siéu classamen tra lu mounumen istorique.
Dóu resta vequi ce que l'Abat Rance Bourrey nen di su San
JPouon. Counsignen religiousamen li siéu paràula :
« L'Abbaye de Saint-Pons est le plus ancien monument relitgieux existant dans le Comté de Nice. Il y a dou^e cents ans que
sSiagrius y fonda un monastère. L'histoire de ce monastère est
jintimement liée à l'histoire religieuse, civile et économique de la
iville de Nice.
;
« Ce fut à Saint-Pons qu'en 1388 fut'signé l'acte réunissant
le Comté de Nice au Comté de Savoie. Les abbés de Saint Pons
ifurent pris dans les principales familles du Comté : les Badat, les
tLaugery, les Provana, les Lascaris, les Grimaldi, les Martelli, les
;Tournefort, etc. Plusieurs évêques de Nice furent abbés de Saint[Pons, en particulier Barthélémy Chuet (fin du xve siècle) et Jean
, Uriole, son successeur. Un autre abbé, Claude de Seyselle, fut
,évêque de Marseille, puis archevêque de Turin ; d'autres furent
cardinaux, tels Innocent Cibo, neveu d'Innocent VIII et de
f
;Léon X, et Paul Medeci de Cesis dont on voit encore l'inscription
(funéraire à Sainte-Marie-Majeure, à Rome.
:
« A la fin du xvir siècle, l'abbé de Saint-Pons était Pierre
•Gioffredo, le savant historien niçois. Enfin, un abbé de SaintiPons dont les Niçois n'ont pas encore perdu le souvenir, était
(l'abbé Spitalieri de Cessole qui a doté sa ville natale d'un établissement de bienfaisance si justement apprécié. La plupart des
pbbès de Saint-Pons et plusieurs évêques de Nice ont été enterrés
dans l'église ou sous le cloître et dorment aujourd'hui confondus
avec les moines leurs frères qui depuis dix siècles y sont enterrés.
« Les monuments funéraires ont disparu. Le temps a tout
(nivelé à Saint-Pons, singulièrement aidé cependant par la main
ides hommes. On connaît les dévastations commises par
Iroupes de François Ier et de Barberousse, plus tard par celles d
Catinat et par d'autres encore. Après chaque désastre, SaintPons a retrouvé une nouvelle vitalité et il y a à peine trois quarts
de siècle que Mgr Galvano y a fait d'importantes réparations.
;
« Saint-Pons n'est pas seulement une page de l'histoire de
notre pays, c'est un gros volume de cette histoire ; les Niçois
laisseront-ils dire qu'ils sont restés indifférents devant le danger
qui menace Saint-Pons ? Non, ils feront tous leurs efforts pour

�— 19 -

sauver de la destruction un monument qui doit leur être cher...
Je demande d'urgence le classement de l'Abbaye de Saint-Pons,
c'est-à-dire de l'Eglise et des bâtiments claustraux, comme monument historique. »
Lou councours de YArmanac Niçart es aquist. Emé fiertà e
au près de touplen de sacrifici faren respetà l'istoria dóu passat,
la lenga e lu escrich dei orne qu'an ilustrat lou nouostre bèu
pais.
*
* *
Despi quauque tèms, — maladia que reven per intermitença,
— la gran questioun de la grafia niçarda, de l'ourtougrafa, es
messa su lou tapis. De letra soun estadi publicadi, d'autri lou seran, e cresi qu'après ben de charra pèr dire pas gran cauva de
nóu, quasi dirii pèr predicà dintre lou Desert, noun restera
d'aquela discussioun, — Favén déjà coustatat, — pas gran cauva,
ren!... Cadun escrèu à la siéu moda seloun l'esprit dóu moumen,
e serii ben curious de counouisse aquéu que vendria nen dità
une metoda en nen dïen : « la mièu maniera d'escrièure lou
Niçart es la bouona». Discussioun scientifica que pòu passiounà
quauque lenguista, pas mai ; lou mihou es d'escrèure seloun li
letra ditadi pèr la prounouncia. Lou talènt pèr aquéu qu'escrèu
es de si laissà liège, de si faire acapi. Es qu'en en un entan que
frecuenta l'escola primària poudès li demandà autra cauva ?...
Perta de tèms que tout acò, vourria mai s'engenià à recercà lu
viei mot, espressioun, loucucioun courenti que la pous dóu tèms
a rabaïat, dounà au nouostre bèu dialete la coulou que dèu avè,
en respetant lu emprunt que pouden avè fach sigue à l'Italian, à
l'Espagnòu o à tout autre...
Un dialète noun dèu pas estre une lenga scientifica, encara
m en noun còu avè la pretencioun que sigue ouficiela, seria temerari ; lou dialete d'un païs dèu refletà lou caratere d'un'epoca que
lou tèms dèu respetà, enfin escrèure gramaticalamen, un noun
empedisse l'autre, e laissà à l'esprit, au goust lou coumplemen
d'un stile ouriginal, en de frasa councisi que flaton i'auriha.
Aquí fermi la discussioun, risqui de perdre la civada... l'an
que ven, se Diéu mi presta vida, v'en dirai d'autri e couma
d'usança que mi sigue permès de la vous souvetà : Bouona e
uroûva !
L'ARMANAC

NIÇART.

�20 —

LA CIGALA DOU BOUON DIEU
Una cigala dóu Bouon Dieu
Tout l'estiéu
E l'iver en la chambreta, —
L'aiguesias vista la lebreta ! —
Noun vivïa que d'amour
S'assetava su l'ounour;
La cigala cantarela,
Vau chanja de clientela,
Noun es courta d'amatour,
Que li viron tout au tour !
Ma l'ancien de la cigala,
De gros mot ven que s'embala ;
En l'auriha de la maire
Li ven tout aquéu bousin,
Que deja toui lu vesin
Sabon lou long de l'afaire
— Cenqu'as fach m'au tiéu tip ?
Di la maire enrabiada...
Bella Vierge encourounada !
Sera au mancou m'un bouon rie!!...
CH. CIAUDO

PROUVERBI, BOUOI MOT, COUNSÉU E DICH
Tèms d'iver noun ti fidar.
Lu màu dei enfan si garisson soulet.
Cau naisse pèr estre bèu, si maridar pèr estre rie, e mouri
pèr estre brave.
Per aver de raïn, eau caressar la souca.
Agnèu naissut
Vau un escut.
Dansa mihou ventre plen que rauba nova.
L'oumbra dou mèstre engraissa lou cavau.

�LOU MAGOT DE BERTOUMIÉU ISSUGA
O BEN

UNA RAISSADA DE MACAROUN
Conte menloanasqae trouvât dintre d'un armori
de ma nana e que /'Armanac Niçart es tirons de
transcrièure en niçart à Ventencioun dei sièu
fidèle lotour et lelrissa.

Bertoumiéu Issuga, mentounasque de viéia roca, abitava en
coumpagnia de sa mouhié, en carriera dóu Paumoulié. La siéu
frema, malurousamen, era sirnplaria e faia lou siéu desespoir.
Cada matin Bertoumiéu, avant de s'en anà au travail, li recoumandava de noun faire de bestialità. Cou vous dire que toui lu
dissata lou nouostre ome metia en un'armari pertuat dintre la
muraia lou gagne de la semana.
— Bertoumiéu ! pèr qu seria tout aquel argen, demandava
Marioun au siéu marit.
— Es pèr Madjou-long, castagnassa !
*
* *
Un jou Bertoumiéu partet pèr anar à la siéu campagna ;
devia même li restar doui ó très jou pèr souïnar e arousar lu
citrouniè. Marioun souleta matin e sera, s'assetava su lou banquet de la pouorta e faïa de bas... Un predinà veguet un ome
de statura mai que mejana, couma si di, un gran carcan. La
frema de Bertoumiéu lou fissa sensa parpelear, pi pihada d'un'
idea, li diguet :
— Moun bèu Moussu, sias bessai vous Madjou-long ?
Lou merlo pita e noun s'en laissa dire autre, léu li
respouonde :
— Noun vous troumpas pas, bella bruneta, sièu ièu Madjoulong !... Ma perqué mi faire tala demanda ?
Perqué ?... dou moumen que sias Madjou-long, intras su lou
cóu. Li a ja pas mau de tèms que moun marit a mes d'argen
amagat pèr vous...
E sensa mai de ceremounia li remeté lou mandiou dintre lou
quai lu sóu eron groupât. L'ome remercia e la s'esbigna lèu.
♦

* *

�Lou sera, Bertoumiéu arriva, la sièu mouhié li di.
— Sabes, ai vist ancuei Madjou-long !
E l'ome de cridar :
— Malurousa ! — m'en a fach encara una 1
Courre à l'armari, lou mandiou e Pargen, mouis !... Issuga
blastema pica dai pen, es décidât de si desiaire de la siéu frema
Lendeman, dóu téms qu'aissesta durmïa, li cuerbe lu uès emé de
pega de sabatié, pi la pihant pèr la man, la mena dapé dóu CapMartin. Arrivât aqui, Bertoumiéu fa mountar Marioun su d'un
nouguié el'abandouna. La paura, bòrnia, noun sabia doun si
trouvava, ni men encara ce que poudia faire.
En aquéu fra-tèms doui voulur venon s'assetar souta
l'aubre ; après aver abrat quauqui branca sequi pèr s'escaufar, pi
si meton à cuentar lou siéu argen.
La calou faguet delegar la pega que curbia Puès destre de
Marioun e aissesta de cridar :
— E d'un !
Lu voulur, d'estuc, s'isson d'emblée.
— Qu'es acó, diguet l'un.
— Un matagan, faguet l'autre.
La calou seguia á faire lou siéu efet pau à pau durbia Puei
senec.
— E de douî, diguet Marioun.
Dóu cou lu voulur escapon, laissant Pargen espantegat soubre
Perba.
Marioun coumença à li veire clar, cala da l'aubre e ramassa
Pargen, pi lèu s'en camina vers maïoun...
Lou sièu marit, pensierons, era assetat dapè dóu fuec, s'escaufant, fumant la sièu pipeta emé beatituda...
— Bertoumiéu !... o Bertoumiéu !... duerbe-mi, siéu iéu,
Marioun...
— Vai au diàu que ti pihe... ièu que cresii de m'en estre
despegouït...
Ma Marioun, toujou picava, un cóu noun asperava l'autre...
L'ome fenisse per li durbi...
— Ten ! regarda cen que ti pouorti.. . e Marioun pauva lou
sac su lou toulié. ..
Bertoumiéu, entartugat, cuenta Pargen e réfléchisse ; — Marioun es simplaria e deman la vila saupra Pistoria de la fouré . ..
Cóu que Bertoumiéu si dispegouïsse pèr empedi li marridi lenga
de bavar...

�— 23 —
Si mete la vesta, lou capèu e souorte fermant la pouorta i..
Faïa nuech dintre la carriera, ma sensa pena s'encamina
vers una boutiga e croumpa pèr mai de dès kilo de macaroun...
Ientra au sièu e di à la sièu mouhié de si metre au liech.
En tant que Marioun durmïa, Bertoumiéu fa bui lu macaroun, pi lu espantega su lu aubre dóu jardin... Lendeman de
matin la siéu frema, desveiada, si mete à la fenestra...
— O ! Bertoumiéu ! Bertoumiéu ! Vene un póu veire!... O
trest ! vè, a plougut de macaroun !...
— O vai fantauma !... n'as toujou una. .. Ten ! ten !... ma
es ver !...
*
* *

A quauque tèms en ça, Bertoumiéu l'avia previst, Marioun
countet à toui que lou siéu ome noun li picava plus, despi lou
jou qu'ela li avia pourtat de sac plen d'escut...
Lou juge aiguent audit parlar de l'afaire, mandet sounar
Bertoumiéu devant lou tribunal ; la siéu mouhié era estada
citada couma testemoni.
Lou juge. — Bertoumiéu, sias acusat d'aver gardât d'argen
que noun era vouostre.
— Iéu !... Ma moussu lou juge, lou negui ; sièu couma
sabès un travaiadou.. .
E Marioun de dire.
— Noun negar, Bertoumiéu, sabés ben qu'es ver ; es iéu en
persouna que t'ai pourtat la mouneda, qu'avii trouvât en la
fouré.. .
Lou juge. — Anas brave ome, noun negués.. .
— E quoura lou m'as pourtat ?... — Vous juri, Moussu lou
juge, que la miéu frema es fouola !...
— E lou sabes ben, Bertoumiéu, es lou jou que plouguet tant
de macaroun !
— Moussu lou juge aves jamai vist ploure de macaroun ?...
— Jamai ! moun beL amic respoundet lou juge que si tenia
lou ventre dóu rire — Amie, vèu que la vouostra frema es
fouola. .. sias aquitat !...
Bertoumiéu si retira emé Marioun... Noun aigueron plus
de disputa e vieugueron, pareisse urous e pèr longtèms !...
J. E.

�CANSOUN ANCIENNA

PÈR LOU

N'aurias pas vist la miêu fiha
Trin-trin
Lou galerin
A'aurias pas vist la miêu Jiha
Trois-wtrois
Le fils du roi
L'ai vista e l'ai baïada
Trin-trin
Lou Galerin
L'ai vista e l'ai baïda
Trois-trois
Le fils du roi.
Douna-mi la miêu fiha
Trin-trin
Lou galerin
Douna-mi la miêu fiha
Trois-trois
Le fils du roi.
Es aqnela la vouostra fiha
Trin-trin
Lou galerin
Es aqaela la vouostra fiha
Trois-trois
Le fils du roi.
La miêu fiha era pas lernia
Trin-trin
Lou galerin
La miêu fiha era pas lernia
Trois-trois
Le fils du roi
La miêu fiha era pas lua
Trin-trin
Lou galerin
La miêu fiha era pas lua
Trois trois
Le fils du roi.
N'es ni guercia ni poutinouva
Trin-trin
Lou galerin
N es ni guercia ni poutinouva
Trois-trois
Le fils du rois.

MAI

�La miéu fiha n'es pas borni a
Trin-trin
Lou galerin
La miêu fiha n'es pas bornia
Trois-trois
Le fils du roi.
Noun faïa pas belugueta
Trin-trin
Lou galerin;
Nonn faïa pas belugueta
Trois-trois
Le fils du roi.
La miêu fiha n'es pas emberrida
Trin-trin
Lou galerin
La miêu fiha n'es pas emberrida
Trois-trois
Le fils du roi.
La m iéu fiha n'es pas pigada
Trin-trin
Lou galerin
La miêu fiha n'es pas pigada
Trois- trois
Le fils du roi.
La miéu fiha noun es pas ranga
Trin-trin
Lou galerin
La miéu fiha noun es pas ranga
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha noun es pas louorla
Trin-trin
Lou galerin
La miéu fiha noun es pas touorta
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha n'es pas crouoada
Trin-trin
Lou galerin
La miéu fiha n'es pas croavada
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha n'es pas gibouva
Trin-trin
Lou galerin
La miéu fia n'es pas gibouva

�— 26 —
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha noun es foularana
Trin-trin
Lou galerin
La miéu fiha noun es foularana
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha n'es pas ingourda
Trin-trin
Lou galerin
La miéu fiha n'es pas ingourda
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha a pas lou peu de pi g nu
Trin trin
Lou galerin
La miéu fiha a pas lou peu de pig nu
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha noun es narvelouua
Trin- trin
Lou qalerin
La miéu ûha noun es narveloiwa
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha noun a la rougna
Trin-trin
Lou galerin
La miéu fiha noun a la rougna
Trois trois
Le fils du roi.
XXX.

PROUVERB1, BOUOI MOT, COUNSÈU E DICH
Qu duerme ben noun cregne li niera.
Qu vè pissar e noun pissa, crêpa de malícia.-'
Qu douna soun ben avan de mouri
Mérita de pati.
L'amour es lou paradis dei fouol.
L'amour es .la flou de la jouinessa.

�LA MOUORT DAU PAURE TOUNIN

Lou paure Tounin, malàut a setant'an, si presenta à l'espitàu
ma li respouondon que li a plus de plaça.
— Coumplet ! ! !
Quauqu'un li fa capi qu'em'un pau de proutecioun li pourria
intrar. Countrariat dei pas que cóu faire, Tounin vira lu taloun e
s'encamina vers la plaça Massena, piha lou tram, si rende da
Graugnard, à l'espitàu dei can, e li di :
— Moussu lou Veterinari, cresi d'estre un pau mai qu'un
can ?... En aquéu cas souîna-mi...
— Vous souînar aici, ma brav'ome perdés la testa. — Basta,
li di que n'a pas de liech pèrcourcar un crestian, que noun douna
de souin qu'ai bestia !...
Tounin, couma pensas, s'en souorte m'au couor gros e noun
sau plus à que sant si recoumandar. Era aqui au mitan dóu
camin, quoura en aquéu moumen arriba un landau, doun cala
una grossa dama, encapelada, aurias dich un ver foungi, segada
d'un varlet que pourtava religiousamen un can enfeloupat emé de
favour rosa au couol, tapat d'un tapis em'ai iniciala. En veèn
aquéu tablèu lou paure Tounin si lamenta, sangluta fouort.
— Qu'avès lou miéu brav'ome, li di la dama.
— Cen qu'ai Madama ?... trovi que lou vouostre can a mai
de chança que iéu. Li a cinquant-cinq an que travaii, pèr la premiera fès que siéu malàut, noun soulamen mi refuson à l'espitàu
dei estre uman, ma encara mi vèu picar la pouorta au nas èn
aquéu dai can.
— Quevoulès, lou miéu paur'ome, ai fach un vout de mimetre
à la Soucietà Proutetriça dei Animau, de pourtar touti li miéu
ecounoumia à la Caissa de secours pèr soulajar lou sort dei bestia.
Lou fau talamen ben, que vouguessi ben vous dounar un sóu
que pourii pas.
La dama li vira l'esquina e ientra couma un coupa-cisèu da
Graugnard. Tounin roumougna :
— Se ti veguessi en un cantoun ti dounerii mancou un gotou
d'aïga !... vièia sansuga !...
Tounin estrassinat, deble s'alonga un pau plus en là, su d'un
mouloun de peira. Quauqui oura après, couma soufrisia, n'ai-

�guènt ren en l'estomegue depi l'auba, coumençava d'aver lou
rangouioun, quoura passet un canipiè que li diguet :
— Que fès aquí, brav'ome ?
— Couma veès siéu aqui pèr tirar lu patoun. M'an refusat â
l'espitàu, même en aquéu dai can, noun mi resta que de mouri
su d'un mouioun de peira. — Avès un carnet su lou quai enregistras lu fach dóu jou, farias ben de li aloungar lou miéu testamen que poudès mentuar couma acô :
— « Bouon Diéu, se mi fes passar encara une fes sur la terra,
fe-mi naisse can au mancou, li aura une Soucietà Proutetriça dei
Animau que si crusira de iéu e pourrai estre amès en un espitau,
estre souïnat, faire bouona vida, menar une vida de can... »
ANT. ROLAND.

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VIGNE
A M. VALÉRE BERNARD.

Dans le ciel doux la Vigne ètreint les pals de buis.
Sous le pampre le merle alourdi des falernes
Tourne son col gris vair et ses paupières lemes
Qu'argenté la blancheur des immuables nuits.
O / fraîcheur, 6 beauté des Igs et des iris,
Que la Vierge éblouie avec les marjolaines
Cueille le soir venu aux vasques des fontaines
Pour colorer en fête, au crépuscule, l'Euis.
Narcisses, ébeniers, œillet et sensitive
Ah ! Versez en mon âme attiédie et pensive
L'orgueil qui souleva les clairs olympiens.
L'amour qui rafraîchit les Madones pieuses
Et qui vêt de clarté les snls athéniens
Et les ravissements des époques heureuses.
JEAN

PADOVANI.

Quauque souvèt :
Vous souveti la bouona annada.
Que siegue mihau que la passada.
Vous souveti la bouona annada acoumpagnada de touplcn
d'autri.

�Eglises et Chapelles de Nice
La vieille ville de Nice se trouvant sur la rive gauche du
Paillon, pour parler de ses églises, nous commencerons par son
église cathédrale, Sainte-Réparate, vierge et martyre, de celles du
canton Est, et en traversant la rive droite nous nous occuperons des paroisses du canton Ouest.
I. — L'Eglise Cathédrale du Diocèse de Nice est la paroisse
de Sainte Réparate, vierge et martyre, sous l'empereur Decius en
253. Sa fête est le 8 octobre. Cette église est au centre de la vieille
ville (8.500 âmes), Avant 1531 la Cathédrale était près du Donjon, plateau de Nice, et dénommée : Sancta Maria in platea,
dédiée à N. D. de l'Assomption. L'édifice actuel, dans son genre,
ressemble beaucoup à Saint Pierre de Rome, au Vatican. C'était
auparavant une simple église paroissiale
desservie par
les Bénédictins du Monastère de Saint-Pons, près Nice.
Dans son ressort se trouvent l'ancienne église de Saint
Jaume (Saint Jacques apôtre), jadis des P.P. Carmes, fermée
depuis 1903. Après le transfert du titre de paroisse à l'église de
Saint Juste, évèquc, au Gesu, elle fut placée sous la vocable de l'Annonciation de la Sainte Vierge, ainsi que la belle Eglise de la
Miséricorde, sur le Cours Saleya, jadis de Saint Gaétan, fondée
e
par les P.P. Theatins au XVIII siècle et cédée à la noble
confrérie des Pénitents Noirs.
La Cathédrale de Nice, paroisse Sainte-Réparate de nos jours,
fut comme l'ancienne au Donjon du Château {Sancta Maria in
platea), le théâtre de plusieurs f lits historiques mémorables dans
les annales de l'histoire de Nice.
II. — L'Eglise de Saint Jacques, an Gesû, dès son érection
en 1612, dédiée à Saint Juste, évêque. Sa fête est le 2 septembre.
En 1665 fut érigée en paroisse sous le titre de Saint Jacques le
Majeur, remplaçant la paroisse de Saint Jaume. On l'appelle
vulgairement le Gesù à cause qu'elle a été fondée et administrée
par les P.P. de la Compagnie de Jésus.
Appartiennent à cette paroisse les deux chapelles des confréries des Pénitents Blancs, la Sainte Croix, — confrérie la

�óo —
plus ancienne de Nice, — et des Pénitents Rouges, Saint Suaire
et de la Sainte Trinité ; l'Eglise du Couvent de là Visitation,
la chapelle de l'ancien séminaire, à la montée du Château, et
jadis l'Hospice franciscain avec chapelle de Saint Joseph des
P.P. Recollets de Cimiez, convertie en maison particulière.
L'Eglise du Gesù est d'ordre corinthien composite, cons truite sur le modèle de l'Eglise des Jésuites de Turin, dite
vulgairement les Saints Martyrs. ( 10.000 âmes).
A l'extrémité de la rue du Malonat, aux racines de l'ancien
château, on voit un oratoire à la Sainte Vierge Marie, sous le
titre de N. D. du Bon Secours. Les habitants de ce quartier érigèrent cet oratoire en l'honneur de la sainte Vierge, en reconnaissance du choléra en 1854.
III. — L'Eglise paroissiale de Saint Martin Evéque dite de
Saint-Augustin est la plus ancienne, elle fut bâtie sur l'emplacement de l'ancienne chapelle de Saint Martin (1205) et appelée
Saint-Augustin parce qu'elle était desservie par les Augustiniens
dont le couvent a été transformé en caserne. (Caserne Filley, près
l'ancienne chapelle Sincaire).
IV. — L'Eglise de Saint-Francois-de-Paule a été édifiée en
1736 d'après le plan de l'architecte
Guarini. En 1838
elle fut érigée en paroisse par décret de Mgr Galvano et appelée
aussi Saint-Dominique en souvenir de l'ancienne église paroissiale
de ce nom qui s'élevait sur la place Saint-Dominique aux lieux et
place de l'actuel Palais de Justice.
V*— L'Eglise du Port ou de l'Immaculée Conception. D'humble
origine. D'abord ce fut une fort modeste chapelle (1835), transformée agrandie par Mgr Galvano, et l'avocat théologue L. Mari
fut son premier curé..
VI. — L'Eglise Saint-Joseph nouvelle paroisse depuis 1911 la
première pierre fut posée le 19 mars 1911, bénie le 29 octobre et
ouverte au public le Ier novembre 1911 sous le patronage de Mgr
Chapon et dirigée par les soins de M. l'abbé Gabrielli.
A cette paroisse appartiennent la chapelle succursale de Saint
Joseph contigüe à l'Evêché, et la chapelle de Notre-Dame des
Anges sur l'ancienne route de Villefranche.
VIL — Saint-Roch. Cette église paroissiale dans la banlieue
de Nice fut érigée après la peste de r68r. Nice fut délivrée de ce
fléau par l'intercession de saint Roch, confesseur, né et mort à

�- Si Montpellier. La paroisse est divisée en deux quartiers, Roquebillière
inférieure et Roquebillière supérieure, jusqu'à la chapelle de NotreDame de Bon Voyage.
VIII. — Rive droite du Paillon, intra muros, se dresse Notre Dame du Vau, paroisse Saint-Jean-Baptiste, qui remplace l'an
cienne église du même nom devenue chapelle inférieure du Lycée.
Cette belle église, vœu delà ville de Nice en 1835, mt érigée en
1842 et terminée en 1852 par Mgr Galvano, évêque de Nice.
La façade ressemble à celle élevée à Turin en l'honneur du retour
du roi dans les états Sardes en 1814.
IX. — Saiiit-Pierre-d' Aréna remplace une chapelle située à la
Croix de Marbre. Elle fut érigée en paroisse en 1803 par Mgr
Colonna d'Istria. Elle doit son nom à ce fait, c'est que lors de sa
fondation elle se trouvait sur le rivage de la mer séparée par une
bordure de sable fin.
X. — Une ancienne chapelle de Sainte-Hélêne-l'Inspiratrice
existait dans ces parages. Elle fut remplacée en face la mer par
une église sous l'épiscopat de Mgr Recrosio (1727).
Six paroisses « extra muros » dépendent de la commune de
Nice.
Sainte-Marie Magdeleine, sise dans le vallon de Magnan, édifiée sur l'emplacement d'une chapelle de même nom, érigée en
1626 et dite vulgairement chapelle « dei cassaire » à cause du
grand nombre de chasseurs. Après le concordat de 1803 sous
l'épiscopat de Mgr Colonna d'Istria, ce quartier qui depuis 1771
dépendait pour le spirituel de la cathédrale fut érigé en paroisse.
Il existe encore aujourd'hui une chapelle de Notre-Dame du Bon
Conseil changée en demeure particulière . Bientôt le besoin de
la population augmentant, une église sera bâtie à la cité Robiony
par les soins du curé actuel de la Madeleine.
Plus à l'est de la ville, toujours dans le canton ouest ce
l'Arquet, se dresse la paroisse de l'Ariane dédiée primitivement à
saint Arnoux, évêque et à saint Pierre, apôtre. Elle fut érigée en
paroisse en 1809 sous l'épiscopat de Mgr Colonna d Istria. Dans
son ressort se trouve l'ancienne chapelle nécropole de l'Abbadie
fondée en 1635 en l'honneur de sainte Claire pour le besoin spirituel de 450 à 500 habitants qui appartiennent aux communes
de Nice, Cantaron Saint-André. Localité d'avenii et à laquelle
le chemin de fer Nice-Coni donnera une valeur stratégique.

�— 32 —
Gairaut avait au moyen-âge une chapelle de secours desservie
par les religieux chevaliers de l'ordre du temple au début, et par
la suite de Rhodes et de Malte. Sous l'épiscopat de Mgr François
Rosini de Martinengo la chapelle fut érigée en église paroissiale
sous le vocable de saint Sauveur o*u de la transfiguration du
Rédempteur.
Dès 1730 les P. Dominicains de Nice fondent à Saint Pancrace un sanatorium pour religieux martyrs avec chapelle en
l'honneur de Saint Pancrace martyr. Cette chapelle est érigée en
paroisse en 1848 par Mgr Galvano.
Sur le couchant de Saint-Pancrace on trouve la paroisse de
saint Roman . martyr ; l'ancienne chapelle fut érigée en paroisse
ainsi que celle de saint-Antoine de Ginestière en 1803 sous Mgr
Colonna d'Istria.
VALENT IN.

NOU VÉ
Tu Çatarina fai lou pan.
Mdumen de jota, d'alegressa,
Fes audi da toui lu couor :
Lu ange canton l'alegressa,
Fuges l'infer, Juges la mouorl.
Chntou !
L'aarika sabla, li a quaucaren aici vesin,
Sembla que senti li joia d'un festin ;
Audi lu tambourin de laen,
Lu Jlajoulet e li musela,
Lu pastre van à Bethelen
Laisson la cabana soaleta ;
Santo nuech, venes aléa nen ralegrà,
Pourtas à toui la pax et la tranquilità !
Tu Catarina fai lou pan,
Manda Lucrecia au safran,
Despende aléa lou lauvaniè,
Chapla la blea su lou taatié ;
Crala de froumai e roumpe d'iiu
E fai la iourta couma fou,
Ché n'aiguen toui en aboundança (bis)
Santa nuech, venes alèu nen ralegrà,
Pourtas à toui la pa.x e la tranquilità .'
En tant faguen etnb'au vesin
t ua santépér lou Bambin,
Toucan lou gotou de bouon vin,
Ernb'aa vesin pér lou Bambin
Ti-ri-tin-tin ! -tinTi-ri tin !

�— 3Î —

L'Expulsion de Mgr Valperga
fEN SEPTEMBRE

1792)

Le 12 octobre 1780 h population de Nice se pressait aux
abords de la porte Pairoliëre pour y recevoir en grandes pompes
le nouvel évêque Charles-Eugène Valperga di Maglione. Ce
prélat avait couché la veille selon l'usage antique à l'abbaye de
Saint-Pons et devait faire ce jour là son entrée solennelle dans
sa ville épiscopale.
Le cérémonial imposant avec lequel on avait reçu jusqu'alors
les évêques fut encore cette fois observé. L'accueil de la population entière fut des plus chaleureux au rapport de Pierre Scaliero
qui en fut témoin (1). Le nouvel évêque, qui remplaçait Monseigneur Astésan nommé archevêque d'Oristano en Sardaigne,
appartenait à une famille de vieille noblesse dont plusieurs membres avaient exercé, à Nice, des fonctions importantes (2). Il
(1) Voir aux Archives municipales le récit détaillé que ce chroniqueur en a laissé dans ses Mémoires. Pierre Scaliero mourut en 1805.
(2) Jacques Valperga, conseiller ducal, fut lieutenant du gouverneur de Nice en 1454 ; Thoma5 Valperga fut gouverneur du château de Nice en 1565 ; Jean Valperga fut également gouverneur de
Nice en 1596 ; Jérôme Valperga fut commandeur du château de
Nice en 1600 ; Pierre Valperga, frère de Jacques Valperga, était
chevalier de Malte (Arch. municipales, registre des gouverneurs,
commandants et chevaliers de Malte) ; Anne Valperga, fille dAmédée
Valperga, épousa, le commandeur de Malte Jean-Paul Lascaris.
(Voir son testament daté de 1683, arch. des Alpes-Maritimes,
registre B, 297.) Joseph Ignace de Valperga reçut de son oncle, Emmanuel Philibert Chiotera, mie partie du fief de Couaraze dont il fut
investi le 20 février 1753. Son fils, Vincent, céda ses droits à H. Novelli. Jérôme Valperga fut sénateur à Nice de 1761 à 1765, puis
ministre plénipotentiaire de Sardaigne à Gênes en 1780 ; plus tard
il fut ministre etsecrétaire d'Etat, ce dernier était le frère de l'évêque
de Nice et fils du comte François Valperga qui vivait encore en
1795Ees armoiries des Valperga étaient fascé d'or et de gueules, à
la plante de chanvre déracinée, d'argent et brochant. Le cimier
était un bouc naissant au naturel et la devise : « Ferme-toy ».
Nous reproduisons les armoiries de Monseigneur Valperga d'après celles qui se trouvent en tête du catéchisme édité par ses ordres
et dont nous devons le dessin à l'obligeance de M. Joseph Casai
(Extrait de 1' « Armoriai Artistique et Nrbiüaire », Ni.e, 1902.
3

�- 34était directeur du collège des Provinces à Turin, lorsque le roi
de Sardaigne le désigna, pour l'évêché de Nice. Il avait été sacré à
Rome où il avait fait ses études. Monseigneur Valperga se distingua immédiatement par sa vigilance et son activité : il releva
le niveau intellectuel et moral des prêtres de son diocèse et s'attacha à mettre en toutes choses la plus grande régularité. Dix-huit
mois après son installation, il publia un nouveau catéchisme
dont le plan avait été préparé par son prédécesseur ^i). Grâce à

ses relations cordiales avec la eour de Turin, il jouissait auprès
des autorités civiles de Nice d'une grande influence. Après douze
(1) Ce catéchisme en italien fut imprimé à Nice par la Société
Typographique. C'est un petit volume in-douze de 612 pages, portant
la date de 1783. En tête se trouve le mandement de Monseigneur
Valperga du 16 février 1782 qui approuve le travail terminé par
le prêtre auquel Monseigneur Astésan en avait confié le soin, ordonne
sa publication et règle l'organisation des catéchismes dans tout le
diocèse. Deux ans plus tard en 1785, Gabriel Floteront, imprima
un autre catéchisme rédigé en dialecte niçois, petit volume in-12
de 228 pages. Un exemplaire de ces deux ouvrages existe à la biblio
thèque de Nice. — Voir Villarey, Série Cronològica dei Vescovi
di Nizza. — Art. Valperga.

�-35 années de séjour dans cette dernière ville il s'était acquis l'estime
et le respect de tous.
*

• *

Lorsque le 28 septembre 1792 dans l'après-midi, les troupes
piémontaises évacuèrent Nice, il y eut dans cette ville une effroyable panique et des milliers d'habitants s'enfuirent dans la direction de Turin. Ce fut un désarroi et une désorganisation complète de toutes les autorités. iMonseigneur Valperga resta à son
poste et s'engagea à ne point quitter la ville. Le lendemain samedi
29 septembre, il accompagna le second consul Honoré Saissi et
quelques membres du Conseil qui se rendirent, vers les onze
heures du matin, à la villa Feraudi, au quartier St Hélène, pour
offrir les clefs de la cité au général d'Anselme qui venait d'y
arriver à la tête des troupes françaises. Le général fit à la délégation assez bon accueil, mais il s'étonna de trouver parmi ses membres, l'évêque dont la place déclara-t-il n était pas là. Du reste,
d'Anselme attacha si peu d'importance à la démarche îles magistrats niçois que dans aucune de ses dépêches officielles il n'en fit
mention.
Sur le soir du même jour, la petite armée française faisait son
entrée dans la ville et le général s'installait dans la maison du
consul de France à la place St Dominique. L'évêque de Nice qui
tenait à rester au milieu de ses diocésains se présenta de nouveau
vers les huit ou neuf heures du soir chez le général auquel il voulait recommander ses prêtres en lui demandant des respecter les
églises. Le général était entouré de tout son état-major, du consul
de France, Pierre Le Seurre, de Honoré Saissi, second consul, de
Féraudi, secrétaire général de la commune. Ces deux derniers
venus probablement pour appuyer les demandes de l'évêque.
L'accueil du général ne fut pas plus encourageant que la première fois ; il intima même avec insistance au prélat l'ordre de
quitter ta ville en ajoutant que le plus tôt serait le mieux et ce
fut sur ces dernières paroles que l'évêque se retira après avoir toutefois reçu du général la promesse que tout ce qu'il laisserait dans
son palais serait placé sous la sauvegarde de la Nation française.
Il n'y avait pas à tergiverser, l'ordre était formel et pressant, il
fallait partir. L'évêque prit ses dernières dispositious et délégua,
au curé de la cathédrale, le chanoine Honoré Navello, tous les
pouvoirs nécessaires pour administrer le diocèse en son absence.
Aux premières lueurs du jour, Valperga quitta son palais, et se

�— 36 dirigea à pied vers la porte Pairolière. Il avait été impossible de
trouver une voiture car tous les moyens de transport avaient été
réquisitionnés et utilisés le 28 septembre pour permettre l'exode
des habitants terrorisés. Il avait ordre de partir, mais cet ordre
n'ayant pas été donné par écrit, les volontaires marseillais, de garde
à la porte de Turin, refusèrent de le laisser passer, l'accablèrent
d'injures, le menacèrent même de le pendre et ne consentirent á
le lâcher que sur un ordre écrit, sollicité et obtenu du général,
grâce à l'intervention courageuse et au sang-froid d'un jeune
niçois, Joseph Castellinard. Monseigneur Valperga se retira à
Turin et y mourut en 1805 sans avoir jamais pu obtenir l'autorisation de rentrer.
*

* *

Il est établi par les documents officiels contemporains que
Monseigneur Valperga ne quitta son siège que sur les ordres arbitraires du général d'Anselme et ces mêmes documents nous
renseignent très exactement sur les incidents fâcheux qui se produisirent au départ de l'évêque. Du reste, on n'ignorait pas à Nice
comment les choses s'étaient passées et la population savait grê à
Valperga de son attitude et de sa fermeté. De son côté, Valperga
avait eu confiance dans la parole à lui donnée par le général au
nom de la Nation française et à plusieurs reprises il manifesta
son étonnement qu'elle n'ait pas été gardée, que ses biens aient
été confisqués, son mobilier vendu, son nom inscrit sur la liste
des émigrés alors qu'en partant il n'avait cédé qu'à la force.
Parmi les nombreux documents qui se trouvent soit aux archives de Nice, soit aux archives nationales il en est quelques-uns
dont la simple reproduction sera plus probante que tous les corn,
mentaires. Il_suffira de citer :
•i° La lettre du Directoire des Colons Marseillais en date du
25 février 1793, adressée aux citoyens Blanqui et Veillon, députés
extraordinaires de la ville de Nice à Paris, au sujet des réclamations présentées le 23 du même mois par Jean-Jacques Donny, au
nom de Mgr Valperga.
20 La réponse du même Directoire à J.-J. Donny, en date du
26 février 1793.
3„ L'arrêté du Département en date du 13 avril 1793.
40 La réclamation présentée au Directoire du département

�Valperga, aussitôt après son inscription sur la liste des émigrés de
la ville de Nice, dressée à la fin de juin 1793.
50 Les états de frais pour l'inventaire et la vente du mobilier
et effets de « l'émigré Valperga Maillone, citoyen évêque » approuvés par le département des Alpes-Maritimes, le 5 germinal an
III (25 mars 1795).
6° Les actes de notoriété dressés le Ier et 2me fructidor an III
(18 et 19 août 1795) par Gautier, juge de paix à Nice, à la requête de Pierre-Joseph Passeron, agissant en qualité de procureur
subrogé par Nicolas Giorni, procureur spécial et général de Mgr
Valperga, par acte de procuration reçu à Turin le 20 juillet 1795,
notaire Pierre-Joseph Bernochio.
70 La pétition adressée au district de Nice le 4 fructidor an III
(21 août 1795) par Pierre-Joseph Passeron, demandant la radiation du nom de Valperga sur la liste des émigrés.
8° L'avis du district de Nice en date du 5 vendémiaire an IV
(27 septembre 1795) déclarant que Mgr Valperga doit être rayé
de la liste des émigrés.
90 L'arrêté du département des Alpes-Maritimes, en date du
14 prairial an V (2 juin 1797) ordonnant la radiation provisoire
du nom de Valperga de la liste des émigrés.
io° L'acte de cautionnement dressé par le département le
11 fructidor an V (28 août 1797), à la requête de Pierre-Joseph
Passeron, procureur de Mgr Valperga en exécution d'une des
clauses de l'arrêté du 14 prairial an V (2 juin 1797).

�- 38 —

DOCUMENTS ET PIÈCES D'ARCHIVES

Pièce 1.

25 février 1793
Aux cit. Blanqui et Veillon
Une lettre du cit. Donny, associé du citoyen LeClerc, défunt président de l'ancienne administration
provisoire, dont vous avez ci-inclus l'extrait ( 1 ), nous
fait connaître que le cit. Valperga, évêque de Nice,
laissa avant son départ (ordonné à son retour par
Anselme) dans sa maison pour environ 34.000 livres,
argent monnayé, et environ pour 17.000 d'effets en
vaisselle, linge, batterie de cuisine etc.
Une portion de ces effets se trouvent encore dans
ladite maison, sous l'inventaire que nous en avons
fait dresser par les commissaires de l'une et l'autre
administration, lorsque nous avons été installés, mais
il s'en faut de beaucoup qu'elle puisse arriver à la
somme de 17.000 livres, pas même le tiers.
Quant à l'argent monnayé entré dans la caisse du
receveur de l'ancienne administration, nous n'y
voyons point la somme que ledit Evêque désigne
avoir laissé dans sa maison. Nous vous remettons cijoint un extrait de l'état des sommes' que le cit.
Bonnet a reçu en espèces, pendant toute sa gestion
de receveur et trouvées parmi les effets des émigrés
français et niçois.
Nous ne voulons rien préjuger sur l'assertion du
cit. Valperga, quoique nous ayons des indices frappants de vérité. Ce ne sera que lorsque nous aurons
pu les convertir en preuves par le témoignage de
quelques citoyens que nous nous procurerons, pour
pouvoir en demander la restitution et la poursuite
contre le pillage.
En attendant, noùs croyons devoir vous faire part
de cette découverte que nous allons communiquer au
Président de la Convention Nationale et au Ministre.
Arch. des A. M. Registre de la correspondance du
Directoire des Colons marseillais L. 5.
Cet extrait manque au registre ainsi que les autres pièces
énoncées dans celte lettre.

�-hLe 2érae février 1793.
Au citoyen Donny, négociant à Nice
Pièce 2.

Votre lettre du 23me de ce mois, citoyen, nous
demande des renseignements sur le temporel du
citoyen Valperga, Evêque de Nice. Nous allons vous
transmettre tous ceux qui sont à notre connaissance
L'administration provisoire en choisissant l'Evêché
pour le lieu de ses séances, vint s'y établir dans les
premiers jours d'octobre, et tout nous porte à croire
qu'elle ne fit aucun inventaire des effets qui s'y trouvaient, du moins nous n'en avons trouvé aucun dans
les papiers qu'elle nous a remis.
En succédant à cette administration provisoire,
uous avons cru que notre premier devoir était de faire
un inventaire de tout le mobilier renfermé dans la maison épiscopale. Nous y avons successivement procédé
en présence des administrateurs provisoires et à mesure qu'ils nous en remettaient les clefs. Tout le mobilier qui s'y trouvait, ne consistait guère qu'en
meubles meublants et ne nous paraît pas avoir la
valeur de 17 mille livres que l'Evêque lui donne.
Vous pourrez, si vous le jugez à propos, faire prendre
à notre secrétariat une copie de cet inventaire. Tout
ce. qui n'est point renfermé dans les appartements
que nous occupons au premier étage, a été laissé à la
garde de Jean Poma, ancien concierge de l'Evêque et
le nôtre.
Pour nous éclairer sur les 34.000 1. argent monnayé que l'Evêque doit avoir laissé en sa maison,
nous avons écrit au cit. Bonnet, receveur de l'administration provisoire, pour lui demander un état des
sommes en numéraires versées dans sa caisse, comme
ayant été saisies et trouvées parmi les effets des Emigrés français et niçois. L'état qu'il nous a remis ne
monte qu'à 74121. 16 s, et aucun article n'a du rapport
avec les réclamations du citoyen Valperga.
Quant à ce qui concerne personnellement le
citoyen, nous avons demandé au Ministre de l'Intérieur de vouloir bien nous dire la manière dont nous
devions l'envisager. Nous savons qu'un ordre arbi-

�— 40 —
traire de Danselme l'obligea de quitter Nice, le jour
de l'entrée des Français. Mais nous pensons aussi que
la proclamation des Commissaires de la Convention
nationale de France et le décret de celle de Nice,
concernant les Emigrés, étaient des motifs suffisants
pour le ramener à son poste et le rassurer sur les
suites de son retour. En persistant à prolonger son
absence, il s'expose à être traité comme émigré, à se
voir déclarer déchu de sa place et confisquer tous ses
biens. Telle est la disposition de la loi, et quoique
nous ayons consulté le ministre sur le cas particulier
de l'Evêque, nous prévoyons que sa réponse sera de
nous en tenir à la rigueur des lois, ainsi que plusieurs
instructions nous l'ont déjà annoncé.
Vous sentez, citoyens, que tout le mobilier de
l'Evêque doit rester séquestré jusqu'à son retour ou à
la décision du Ministre. Il peut être tranquille sur la
conservation de tout ce que nous avons trouvé en
entrant dans sa maison. Ce qui a pu en être enlevé
avant notre entrée en fonctions, est étranger à notre
gestion. Mais nous employerons tous les moyens qui
sont en notre pouvoir pour en trouver les traces, en
acquérir les preuves et en faire punir les coupables.
Les administrateurs, etc.
Archives des A.-M., Registre
suivants.

,L. 5,/°7i verso et

Lettre des commissaires de la Convention
Nationale et arrêté du Département des A. M.
Nice, le 9 Avril 1793, l'an 1 Ie de la Repu bublique Française.
« Vous voudrez bien, citoyens, en nous envoyant
les noms et prénoms de l'évêque de Nice, nous instruire officiellement d'après les "dispositions des lois,
s'il est censé démissionnaire et son siège vacant.
« Les Commissaires de la Convention Nationale
au département des A. M.
GRÉGOIRE, JAGOT (I)

(1)

Archives des A. M. L. 29 ancien. L

7

actuel.

�— 4i (i3 avril 1793)
Le Directoire ; vu la réquisition du citoyen Procureur Général sindic « Considérant que Charles Eugène Valperga, évêque de Nice, n'avait point quitté
son domicile lors de l'entrée des troupes de la République ; considérant qu'il a lui méme-accompagné les
consuls d'alors quand ils furent présenter les clefs
de la ville et inviter le général Anselme à venir en
prendre possession au nom de la République ; considérant que le général Anselme par ses ordres arbitraires et tiranniques, accompagnés même de menaces contre ses jours, l'ont forcé de s'éloigner ; arrête
qu'il ne peut le déclarer émigré, et qu'il sera répondu
aux Commissaires de la Convention nationale d'après
les principes ci-dessus.. »
Sign : PAUMÉ ; BARLI FABRI ; F. CASTKLIMARD ;
ANGLES ; BERNARDI, secrétaire général. (1)
pjj

ce

^

Aux citoyens composant le Directoire du
département des Alpes-Maritimes..
22 juillet 1793.
Citoyens,
Le citoyen Jean-Jacques Donny, soussigné, chargé
des intérêts du citoyen Valperga, évêque de Nice
absent, ayant été informé que par votre délibération
du 29 du mois passé, ledit citoyen Valperga avait été
déclaré émigré, vous représente avec tous les égards

(1) Archives des Alpes-Maritimes, Registre L,. 3, folio 101. L'Arrêté n'est pas signé par le procureur syndic Jean-François Tourre
ni par l'administrateur Jean-L,ouis de Villiers qui ne partageaient
point l'opinion de leurs collègues. A noter que Tourre était d'Antibes
et que de Viliers était un médecin français établi depuis longtemps
à Nice.
I/Arrêté fut pris malgré le réquisitoire de Tourre qui voulait
déclarer Monseigneur Valperga émigré et malgré un violent discours de Villiers soutenant la même thèse qui fut combattue par
Barli Fabri, par Castclinard et par Anglès. J'ai déjà publié in-extenso
cette délibération du 13 avril T793 au cours d'un article sur l'église
de Nice en 1792-1793 inséré dans Nice Historique du Ier avril 1903,
C'est pourquoi je reproduis ici simplement la lettre des
commissaires et l'arrêté du département.

�- 42 —
dûs au pouvoir dont l'exercice vous a été confié par
le peuple souverain que le citoyen Valperga ne peut
ni ne doit sous aucun rapport être considéré comme
émigré, par les motifs ci-après :
i° Qu'il est de notoriété publique qu'il n'a quitté
le pays que contre son gré et par ordre du général
Anselme :
2° Qu'il a constamment été disposé et a offert
de revenir dans son diocèse, moyennant qu'il ne fut
assujetti à prêter qu'un serment relatif au temporel et
non au spirituel.
3° Qu'enfin et par la raison que n'étant point
indigène, mais étranger, son séjour ici n'a été dé terminé que par sa nomination à l'épiscopat, événement casuel qui n'a jamais pu le soumettre à l'obligation de renoncer pour toujours à sa mère-patrie.
Tous ces motifs, soit qu'on les prenne collectivement ou séparément, démontrent suffisamment,
citoyens administrateurs, le droit incontestable, qu'a
le citoyen Valperga de demander et prétendre la
radiation de son nom du tableau des émigrés, et si
le ministre de l'Intérieur n'a fait aucune distinction
entre lui et les autres citoyens, c'est sans doute qu'il
a ignoré les circonstances qui vous sont exposées
ci-dessus, et notamment la dernière, car s'il les eût
toutes connues, il n'est nullement probable qu'il eût
décidé comme il l'a fait. Toute hypothèse contraire
serait une injure faite à ses sentiments et à ses lumières. Un homme tel que lui, dont les vertus civiques, le patriotisme et les talents l'ont appelé au
poste aussi honorable que pénible qu'il occupe, doit
ressembler autant que possible à la Nation pour
laquelle il agit et qui l'a honoré de sa confiance.
Cette nation est grande, généreuse, magnanime,
juste et bienfaisante.Elle ne peut qu'êtreextrêmement
jalouse de sa gloire, et l'un des principaux devoirs de
ses agents est d'éviter soigneusement d'en ternir
l'éclat.
Le refus qui serait fait de rayer de la liste des
Emigrés le nom du citoyen Valperga, refus qui entraînerait avec lui la confiscation des minces propriétés de ce citoyen, serait un acte qui imprimerait à

�-

43

-

jamais une tache ineffaçable à la gloire du nom français ; tache qui ne pourra manquer de frapper également les yeux des contemporains et ceux de la postérité ; tache enfin que les historiens ne manqueront
pas de faire ressortir par des couleurs enluminées, et
le bel effet qu'un pareil tableau produirait, citoyens
administrateurs, serait votre ouvrage.
Mais non, loin de nous, cette idée ! Vous êtes
républicains ! cela suffit. Les républicains sont vertueux. Ils aiment, chérissent, protègent, respectent
la vertu partout où elle se trouve. Et le citoyen Valperga aussi est un homme vertueux ! Qui en doute ?
Nul bon citoyen, nul honnête homme. Souvenezvous, citoyens administrateurs, que ce n'est que par
ses vertus qu'il a mérité l'amour et l'affection du
peuple Niçois et non par sa qualité d'évêque. Et plût
à Dieu que tous les ecclésiastiques lui eussent ressemblé ! La France n'eut point éprouvé d'aussi horribles secousses, pour asseoir, affermir et assurer sa
liberté.
La République a incontestablement le droit de
renvoyer hors de son sein tout individu qui ne lui
convient pas, mais en renvoyant ainsi un étranger
qui, d'ailleurs, n'a pas encouru la peine de la confiscation de ses biens, elle lui permet de les emporter ou
de les vendre et d'en emporter le produit. Tel est
précisément le cas du citoyen Valperga.
L'exposant demande en conséquence, citoyens
administrateurs, qu'il vous plaise prendre dans votre
sagesse une délibération tendante à rendre audit
citoyen Valperga sa qualité de citoyen français non
émigré, à lui accorder un délai compétent pour rentrer dans ce pays soit comme simple citoyen ou
comme fonctionnaire public et à lui assurer dans
tous les cas la restitution de ses propriétés par lui
laissées sous la sauvegarde de la loyauté française
dans la maison épiscopale, lors de sa retraite forcée,
ou la juste indemnité de leur valeur. Et sera justice.
Nice, le 22 juillet 1793, l'an second de la République française, une et indivisible.
Jean-Jacques DONNY.
l
ARCHIVES NATIONALESF/ 4.867 , dossier Valperga.

�- 44 Pièce 5.

Etat de frais de vente pour parvenir à l'inventaire
et vente des effets de l'émigré Valperga Maillone,
citoyen évêque :
5 germinal an III (25 mars 1795)
Pour une séance de trois commissaires dont un du
District et deux de la Commission municipale, fixée
à trois livres par séance par le Directoire du district
et approuvé par les Représentants du
Peuple
L.
9 »
Papier timbré tant de la minute que
des deux extraits
»12
Pour la copie desdits deux extraits . .
» 8
Droits d'enregistrement
13 10
31

2

Nous soussignés certifions le compte ci dessus véritable.
Signés : J.-B. Thomaty, comm. du dist. ; Savigny,
comm. munie. ; Mabil, comm. municip.
Frais de la vente :
Pour quatre séances de deux corn missaires dont un
du District, un de la Commis, mun. sans le membre
de l'administration fixées à trois livres par séance par
le Directoire du district et approuvé par les Représentants du Peuple .
L.
24 »
Au trompette pour publication de
quatre criées
5 »
Au crieur à la vente, quatre séances .
12 »
Aux portefaix qui ont travaillé au
transport des effets
40 »
Papier timbré tant de la minute que
de l'extrait
1 »
Bougie
3 »
Droits d'enregistrement
27 »
Papier timbré du petit état
» 4
A la femme qui a assisté à la vente
pour l'arrangement du linge
» 12
L.
Signés : J.-B. Thomaty, comm. du
district ; Savigny, comm. municip.

1

159 6

�Vu par nous, membres composant la Commission
Administrative du district et d'après l'arrêté du district, approuvé par les Représentants du Peuple et la
loi du il et 12 Mars, arrête l'état des frais ci-dessus
se montant à la somme de cent cinquante neuf livres
trente centimes, qui seront acquittés par le receveur
du droit d'Enregistrement lorsque le Département
aura vérifié ledit état.
Nice, le 29 ventôse an 3"" de la République française une et indivisible (19 mars 1795).
(Suivent les signatures).
Vu l'état des frais ci-dessus pour parvenir à l'inventaire et vente du mobilier de l'émigré Valperga
Maillone ci-devant évêque.
Vérifié et arrêté par le Directoire du district de
Nice, la Commission Administrative du département
des Alpes-Maritimes approuve ledit état et ordonne
au citoyen Maussier, receveur de l'enregistrement
cîudit district de payer aux citoyens J. B. Thomaty
et Savigny, comm. la somme de 159 livres et 30
centimes pour montant des frais pour inventaire et
vente des susdits effets de l'émigré, laquelle somme
lui sera allouée en compte.
Fait à Nice le 5 germinal an 3me républicain ( 25
mars 1795).
Etat des frais pour parvenir d la vente du mobilier de
l'émigré Charles Eugène Valperga Maillone, citoyen
évêque.
Pour trente-neuf séances de trois commissaires
dont un du District et deux de la Commission municipale, fixé à trois livres par séance par le Directoire
du district et approuvé par les Représentants du
peuple
L.
351 »
A deux portefaix, dix-neuf journées et
demi chaque fixées à cinq livres par jour.
195 »
Au trompette pour publication de
trente-neuf criées fixées à une livre cinq
sols chaque
48 r 5
Au crieur à la vente, trente-neuf séan
ces fixées á trois-livres par séance ....
117 »

711 1$

�- 4* Report
Papier timbré tant de la minute que
de l'expédition
Pour copie dudit extrait fixé à quatre
livres
Papier timbré du présent état ....
Bougie
Droit d'enregistrement
Plus deux autres journées de portefaix à cinq livres
Un paquet de plume
L.

148
4
6
421

»
4
»
»

20
5

»
»

1.182

7

Nous soussignés certifions le compte ci-dessus,
véritable.
Nice, le Ier ventôse an 3me de la République (19
février 1795).
Signés : J.-B. Thomaty, commissaire du district ;
Savigny, comm. ; Honoré Mabil, comm. municipal.
Vu par nous, membres composant la Commission Administrative, de ce District, et d'après la loi
du 11 et 12 Mars 1793 (v. s.) et l'arrêté de cette
Commission approuvé par les Représentants en date
1^ Fructidor, oui l'agent national, arrête l'état des
frais se montant à onze cent huitante deux livres et
trente cinq centimes qui seront acquittés par le
receveur de l'agence de l'enregistrement sur le produit de la vente desdits meubles, lorsque le Département aura vérifié ledit état.
Nice le 29 ventôse an 3me de la République
française une et indivisible (19 mars 1795).
(Suivent les signatures).
Vu l'état des frais ci-dessus pour parvenir à la
vente du mobilier de l'Emigré Valperga Maillone cydevant évêque.
Vérifié et arrêté par le Directoire du district de
Nice.
La Commission administrative du département
des Alpes-Maritimes, approuve ledit état et ordonne

�— if au citoyen Maussier, receveur de Penregistrement
dudit district de payer aux citoyens J.-B. Thomati,
Savigni et Honoré Mabil, commissaires, la somme de
mille cent quatre vingt deux livres trente cinq centimes pour montant des frais de la vente des susdits
effets de l'Emigré. Laquelle somme lui sera allouée
en compte.
Fait â Nice le 5 germinal an 3me républicain (25
mars 1795).
Arch. des A. M. L. 15 ancien p. 44-45 N° 34-35

Actes de Notoriété
Pièçe g

1-2-fructidor an III
18-19 août 1795
EGALITÉ, LIBERTÉ

AU NOM DE LA LOI
Ce jourd'hui, premier Fructidor, l'an troisième
(18 août 1795 de la République française, une et indivisible, à Nice, chef-lieu du département des AlpesMaritimes, par devant Nous, Antoine Gautier Juge de
paix de la Ier, 2m" et 3me section et officier de police,
est comparu le citoyen Pierre Joseph Passeron, natit
tic la commune de Contes et habitant en celle de Nice
depuis plusieurs années.
Lequel en sa qualité de procureur du citoyen
Charles Eugène Valperga de Maillone, évêque de Nice,
subrogé par le citoyen Nicolo Giorni, homme de loi,
procureur spécial et général établi (par acte reçu) par
le notaire Pierre Joseph de Bernochio, le 20 Juillet
dernier (v. s.) qu'il présente, légalisé par le résidant
de la République de Gênes auprès de la Cour de Turin, dont il résulte le pouvoir donné au citoyen Giorni, de subroger en son lieu et place, avec tous les
pouvoirs compris au dit acte, et il présente au surplus l'acte de sa dite subrogation faite par le même
citoyen Giorni, reçu en la ville de Gênes le premier

�- 48 du mois d'août dernier (v. s.) par le notaire Antoine
Baglietto, légalisée par le consul de la République
française.
Il expose que le vingt neuvième jour de septembre
de l'année 1792, l'armée de la République, étant arrivée en cette ville, commandée en chef par le citoyen
général d'Anselme, lorsque ce général, vers le soir,
fut arrivé et il eut pris son logement dans la maison
habitée par le ci-devant consul de la République Le
Seurre, ledit citoyen Evêque Charles Eugène Valperga de Maillone s'y étant présenté, ledit général d'Anselme, en présence de tout son Etat-Major, lui signifia
d'abord de devoir partir de cette ville. Sur quoi le
dit évêque ayant répondu qu'il avait cru de pouvoir
continuer sa résidence en cette ville et tellement l'avait cru, qu'il n'avait jamais pensé de distraire et en
faire partir le moindre de ses meubles et effets, qu'il
avait dans la maison d'habitation de l'tvêque et que
si absolument il lui ordonnait de partir, il le priait de
lui accorder la sauvegarde sur tous lesdits effets et
meubles. Le dit général d'Anselme lui répliqua qu'il
dut absolument partir de cette ville, en ajoutant que
le plus tôt en serait le mieux, et qu'à l'égard de ses
meubles et effets qu'il avait, il les mettait dès ce ino
ment sous la sauvegarde et loyauté de la Nation française et qu'il pouvait en être tranquille, après quoi ledit
évêque Valperga de Maillone, tout tremblant, ayant
dit qu'il allait se conformer dès le lendemain au matin à ses ordres, se retira ; ledit général d'Anselme
lui ayant encore répliqué : le plus tôt sera le mieux.
Et comme il importe audit citoyen évêque Valperga de Maillone de constater le fait ci-dessus expo"sé, suivi en présence de tout l'Etat-Major dudit général d'Anselme et de plusieurs citoyens de cette commune, l'exposant, en sa dite qualité vous présente les
citoyens Pierre Le Seurre, ci-dessus nommé, ci-devant
consul en cette ville de la République, le citoyen Honoré Saissi de cette commune qui pour lors était second consul de la même commune, le citoyen Philippe Emmanuel Féraudi qui pour lors était secrétaire de
Ìa même commune et le citoyen Ange Giraudi aussi

�- 49 de cette commune, pour recevoir leurs dépositions
sur ledit exposé et vous fait instance que de tout lui
soit concédé acte, ce que nous lui avons accordé, et a
signé.
PIERRE JOSEPH PASSERON.

Et de suite se sont présenté les susnommés
citoyen Le Seurre, natif de Craon, âgé de 75
ans, bourgeois, le citoyen Saissi, âgé de 70 ans,
négociant, Emmanuel Feraudi, âgé de 68 ans, notaire, Ange Giraudi, âgé de 63 ans, négociant,
natifs et domiciliés dans cette commune, auxquels
après avoir fait lecture dudit exposé fait par ledit citoyen Pierre Joseph Passeron, en sa dite qualité, les
avons interpellés sur serment que leur avons fait prêter, conformément à la loi, de nous dire en leur âme
et conscience si tous les faits énoncés dans le même
exposé sont de leur connaissance et tous les quatre ont
répondu et attesté tant uniment que séparément en
être pleinement informés, s'y étant trouvés présents,
et que le tout contient la vérité, toute la vérité et
rien que la vérité. En foi de quoi ils ont signé :
LE SEURRE, HOSORI'J
SAISSI, PHILIPPE EMMANUEL FÉRAUDI,
ANGE

GIRAUDI.

Et nous, juge de paix, vu les dépositions ci-dessus, avons de tout concédé acte au susnommé citoyen
Pierre Joseph Passeron en sa dite qualité, pour lui
servir et valoir dans tous les cas, à ce que de droit et
de raison. Fait à Nice, l'an et le jour que dessus.
GAUTIER, juge de paix.
BONIFACI, sec. greffier.
Vu par nous, membres du District de Nice, 3 vendémiaire an IV rép. 25 sep. 1795, TOSELLI, JN COPPON
fils, VÉRANI pr. syndic, SAYTOUR Martin.

�— 5o —
EGALITÉ, LIBERTÉ.

AU NOM DE LA LOI
Ce jourd'hui. second jour de Fructidor de l'an 3
août 1795) de la République française une et indivisible, à Nice, chef-lieu du département des AlpesMaritimes, par devant nous, Antoine Gautier, juge de
paix de la iere, 2M* et 3ME section et officier de police,
est comparu le citoyen Pierre Joseph Passeron : natif
de la commune de Contes et habitant en celle de Nice
depuis plusieurs années
Lequel en sa qualité de procureur du citoyen
Charles Eugène Valperga de Maillone, évêque de
Nice, subrogé par le citoyen Nicolo Giorni, homme
de loi, procureur spécial et général établi (par acte
reçu) par le notaire Pierre Joseph de Bernochio, le 20
Juillet dernier (v. s.) qu'il présente, légalisé par le résidant de la République de Gênes auprès de la Cour de
Turin, dont il résulte le pouvoir donné au citoyen
Giorni, de subroger en son lieu et place, avec tous les
pouvoirs compris audit acte, et il présente au surplus
l'acte de sa dite subrogation faite par le même citoyen
Giorni, reçu en la ville de Gênes le premier du mois
d'août dernier (v. s.) par le notaire Antoine Baglietto,
légalisée par le consul de la République française.
Expose : Primo, que le matin du trente septembre 1792, le citoyen Charles Eugène Valperga de
Maillone, évêque de Nice, en partant de cette ville
avec deux domestiques à sa suite, qui portaient un
paquet et quelques effets, fut arrêté à la porte qui conduit en Piémont, ci-devant nommée porte Victoire,
et conduit au vestibule de la maison presque attenante
à ladite porte, appartenant au citoyen Dominique
Castellinard, où se trouva le citoyen Joseph Castellinard, fils dudit Dominique, et malgré que ledit Evêque Valperga déclara aux soldats de la Garde de la
dite porte qui étaient des Marseillais, que c'était en
conséquence d'ordre qui lui avait été signifié par le
citoyen général d'Anselme qu'il partait de cette ville,
lesdits soldats commencèrent par le malmener et lui
(19

�signifier qu'ils voulaient le pendre et ayant ouvert
ledit paquet et y ayant trouvé entre autres effets, une
ceinture d'évêque, ils déterminèrent, à l'instant, de le
pendre avec ladite ceinture, et ayant essayé si la même
était assez forte pour le soutenir, en la préparant, elle
se fit en lambeaux, de façon qu'ils vérifièrent qu'elle
ne pouvait leur servir et demandèrent audit Joseph
Castellinard fils une corde, pour pendre ledit évêque,
à un grand anneau de fer qui était au plafond dudit
vestibule, servant â y passer une verge de fer pour
peser les marchandises, et ledit citoyen Castellinard
fils, leur ayant absolument refusé de leur donner de la
corde, en s'excusant qu'il n'en avait point, comme
dans tous ces entrefaits ledit évêque se trouve mal et
ne peut plus se soutenir, ledit Castellinard fils lui fit
apporter une chaise, par sa servante à qui quelques
uns de ces soldats donnèrent des coups de poing pour
avoir porté ladite chaise et le même Castellinard le
fit ensuite asseoir sur ladite chaise, en le soutenant,
parce qu'il ne pouvait se soutenir droit ; d'autant plus
qu'en attendant, lesdits soldats marseillais lui disaient mille exécrations, lui crachaient dessus et lui
donnaient des soufflets, et assurément ils l'auraient
fini, si dans cet intervalle un de ses domestiques
n'avait été dire au citoyen général d'Anselme ce qui
venait d'arriver, et ledit domestique étant venu avec
un billet dudit général d'Anselme qui ordonnait à la
garde de le laisser partir, puisque c'était de son ordre,
en conséquence de ce billet lesdits soldats marseillais
se bornèrent pour lors à lui dire et crier mille invectives et injures et le laissèrent partir, ce que ledit
évêque, malgré qu'il ne pût se remuer, à l'aide de ses
domestiques fit au mieux possible en tremblant, de
façon qu'il doit son existence au refus ferme et déterminé que ledit citoyen Castellinard fils leur fit de
leur donner une corde, sans quoi avant l'arrivée du
dit domestique portant l'Ordre du général d'Anselme, il aurait été pendu et étranglé.
Secondoque lefaitci-dessusfut d'abord public et notoire, de notoriété publique dans cette ville et encore
plui le lendemain premier octobre, puisque les autres

»

�— 52 —

soldats de la Phalange Marseillaise, arrivés sur le soir
dudit jour trente septembre, d'abord après leur arrivée
cherchèrent l'évêque qu'ils voulaient le lanterner et
mettre en pièces, comme ils s'expliquèrent hautement,
ce qui joint au fait arrivé dans ledit vestibule de la
maison Castellinard, étant devenu d'une notoriété publique donna l'épouvante à tous les gens honnêtes du
pays, qui disaient que le citoyen général d'Anselme en
ordonnant audit évêque de partir, en mettant sous la
sauvegarde de la Nation française ses meubles et ses
effets, avait voulu le sauver.
Et comme il importe audit citoyen Passeron, exposant en sa dite qualité, de constater par témoins le
fait ci-dessus exposé, il nous présente ledit citoyen
Joseph Castellinard fils de Dominique de cette commune, âgé de 21 ans, de profession, négociant, qui se
trouva présent au fait énoncé dans le Ier article de l'exposé ci-dessus, et au surplus informé de la notoriété
des faits énoncés au second et dernier chef, de ladite
exposition et il nous présente les citoyens Jean-Jacques Donny, natif de Neufchâtel en Suisse, âgé de 39
ans, de profession, négociant ; Joseph Poullan, natif
de Clavesana, en Piémont, âge de 48 ans, négociant ;
Jacques Gerbin, âgé de 60 ans, tailleur, Jean-Marie
Thaon, âgé de 56 ans, négociant, natifs et tous domiciliés en cette commune pour déposer sur ladite
notoriété énoncée dans ledit second fait exposé, pour
recevoir leurs dépositions, et nous fait instance que de
tout lui soit concédé acte, ce que nous lui avons accordé et a signé.
Pierre-Joseph PASSERON .
Et de suite se sont présentés les susnommés citoyens Joseph Castellinard, Jean-Jacques Donny, Joseph Poullan, Jacques Gerbin, et Jean-Marie Thaon,
ci-dessus qualifiés, auxquels après avoir fait lecture
dudit exposé fait par ledit citoyen Passeron, en sa
dite quálité, les avons interpellés sur serment, que
leur avons fait prêter, conformément à la loi, de nous
dire en leur âme et conscience, si tous les faits énoncés dans le même exposé sont de leur connaissance,

�- 53 et ledit citoyen Joseph Castellinard a répondu et
attesté en être pleinement informé pour avoir été
présent au fait exposé dans le i" article de ladite exposition, et pour avoir publiquement entendu dire les
faits énoncés dans le second chef qui était en cette
ville notoire de notoriété publique et lesdits citoyens
Jean-Jacques Donny, Joseph Poullan, Jacques Gerbin,
Jean-Marie Thaon, ont répondu et attesté tant uniment que séparément être pleinement informés de
l'énoncé dans le second chef de ladite exposition,
puisque les faits y énoncés étaient notoires, de notoriété publique en cette ville, et tous lesdits citoyens
ont respectivement attesté pour ce qui les concerne
que tout contient la vérité, toute la vérité et rien que
la vérité. En foi de quoi ils ont signé : Joseph Castellinard fils,Jean-Jacques Donny, Joseph Poullan, Jacques
Gerbin, Jean-Marie Thaon.
Et nous, Juge de paix, vu les dépositions ci-dessus,
avons de tout concédé acte au susnommé Pierre Joseph Passeron en sa dite qualité pour lui servir et valoir dans tous les cas, à ce que de droit et de raison.
Fait à Nice l'an et jour que dessus.
GAUTIER,
BONIFACI,

juge de paix.
sec. gref.

Vu par nous, membres Du district de Nice, le 3
vendémiaire anIV rep. (25 sept. 1795).
Jn. COPPON fils, VÉRANi, pr. syndic, TOSELLI, Saytour
MARTIN.

Arch. Nat. F

7

4867 *

�54 -

PÉTITION au DISTRICT de NICE
et AVIS de ce DISTRICT
ÉGALITÉ,

LIBERTÉ

5 vendémiaire
27 septembre 1795 an IV
AUX

CITOYENS ADMINISTRATEURS
DU DISTRICT DE NICE

Le citoyen Pierre Joseph Passeron, natif de la
commune de Contes, habitant en celle de Nice depuis plusieurs années.
Vous expose en qualité de procureur du citoyen
Charles-Eugène Valperga de Maillone, évêque de
Nice, subrogé par le citoyen Nicolo Giorni, homme
de loi, son procureur spécial et général fondé par acte
reçu dans la ville de Turin par le notaire PierreJoseph de Bernochio, le 20 juillet dernier (v. s) légalisée par le résident de la République de Gênes, près
la Cour de Turin, duquel il résulte le pouvoir donné
audit citoyen Giorni de subroger en son lieu et place
avec tous les pouvoirs compris dans le même acte,
qui se trouve copié mot pour mot dans celui de la
subrogation faite par le même citoyen Giorni, reçu
en la ville de Gênes le Ier du mois d'août dernier
(v. s* par le notaire Antoine Baglietto, légalisée par
le consul de la République française, le 13 Thermidor dernier (3 1 Juillet 1795), qu'il vous exhibe qu'étant arrivé dans cette ville le vingt-neuvième jour
du mois de septembre de l'année 1792, l'armée de la
République française, commandée par le citoyen général en chef d'Anselme lorsque celui-ci y fut arrivé
le soir et eut pris son logement dans la maison d'habitation du citoyen ci-devant consul de la République
Le Seurre, ledit évêque Charles-Eugène Valperga de
Maillone, s'étant présenté, le même général d'Anselme
lui signifia d'abord en présence de son Etat-Major de
partir de cette ville, sur quoi ledit évêque lui répondit qu'il avait cru pouvoir continuer sa demeure dans
cette ville et qu'à cet effet il n'avait jamais pensé de

Pièces 7 et 8

�- 55 distraire, ni faire partir le moindre de ses meubles et
effets qu'il avait dans la maison d'habitation de
l'évêque, que si absolument il lui ordonnait de partir,
il le priait de lui accorder la sauvegarde pour tous ses
dits effets et meubles, ledit général d'Anselme lui
répliqua : Le plus tôt sera le mieux, ce qui tout est
constaté par les attestations ci-jointes du premier et
second jour de fructidor dernier qu'il vous présente
également.
Qu'il résulte aussi par lesdites attestations, que
ledit évêque Valperga de Maillone fut forcé par ledit
général d'Anselme de partir de cette ville que tous
ses meubles et effets fussent mis sous la sauvegarde de
la Nation française et qu'étant parti le lendemain 30
dit septembre, il risqu'à d'être pendu ef étranglé paties soldats de la Phalange Marseillaise qui se trouvaient de garde à la porte ci-devant dite Victoire, ce
que tout fut d'abord notoire et de notoriété publique
dans cette ville.
Vous observe que ledit évêque Valperga est natif
du Piémont où il se retira et que s'il a résidé dans
cette ville, ce n'a été que pour raison de son ministère, que tout cela nonobstant il a été porté sur la liste
des émigrés, a été vendu la plus grande partie de ses
meubles et effets, et cela même nonobstant la préalable réclamation que le citoyen Jean-Jacques Donni,
chargé des intérêts dudit évêque avait fait à l'ancien
département par sa pétition du 22 juillet 1793 (v. s)
qui existe dans les Archives de ce district, résultant
ainsi que tout cela a été fait et opéré contre le droit des
gens et la sauvegarde de la loyauté française qui fut
promis audit évêque.
En conséquence, l'exposant demande en sa dite
qualité de procureur dudit citoyen évêque CharlesEugène Valperga de Maillone la radiation de son
nom de la liste des émigrés, la levée des scellés, la
restitution de ses propriétés et l'indemnité de celles
qui ont été distraites et vendues au nom de la Nation,
et sera justice.
(21 août 1795).

�- 56 Nice le 4me jour de Fructidor de l'an 3me de la
République française une et indivisible.
Signé : Pierre-Joseph PASSERON.
Vu la pétition ci-dessus du citoyen Pierre-Joseph
Passeron présentée au nom et comme procureur subs
titué du ci-devant évêque de Nice, Charles-Eugène
Valperga tendante à obtenir la radiation de son nom
de la liste des émigrés, la levée du séquestre et remission de ses effets restant ainsi que l'indemnité de
ceux qui ont été distraits ou vendus.
Vu une première pétition présentée à l'ancienne
administration du département par le citoyen JeanJacques Donni, au nom du citoyen Valperga en date
du 22 juillet 1793 tendante aux mêmes fins.
Vu la procuration en date du premier août 1793
(V. s.) faite à Gênes, par devant le notaire public Antoine Baglietti, légalisée par le Consul de la République française y résidant, ainsi que l'acte de procuration y inséré, en date du 20 Juillet 1795.
Vu l'attestation de quatre témoins faite avec serment par devant le juge de paix de la 1", 2"", 3me section de cette commune, en date du 1" Fructidor dernier '18 août 1795).
Vu autre attestation de cinq témoins faite par
devant le susdit Juge de paix, le 2 dit fructidor, aussi
sous serment.
Considérant que par la première des 2 attestations il est pleinement prouvé que le vingt-neuvième
septembre 1792, aussitôt après l'entrée de l'armée
française dans cette commune, le sus-nommé évêque
Valperga s'étant présenté au général d'Anselme qui
la commandait en chef, celui- ci lui ordonna d'abord
en présence desdits témoins et de tout l'Etat-Major.
u'il n'avait qu'à partir de la ville, et malgré que le
it évêque lui observa qu'il avait cru de pouvoir y
rester tranquillement et qu'à cet effet il n'avait fait
partir aucun de ses effets et meubles, le général lui
répliqua de partir absolument de la ville, en ajoutant
que le plus tôt serait le mieux, l'ayant assuré qu'à

a

�-5;l'égard de ses meubles et effets de sa maison, il les
mettait dès ce moment sous la sauvegarde et loyauté
de la Nation française et qu'il pouvait en être tranquille.
Considérant qu'il résulte par lesdites attestations,
et il est prouvé que l'évêque Valperga, d'après les
ordres précis et réitérés du général d'Anselme, partit
le lendemain 30 septembre de cette ville.
Considérant que par la susdite attestation du deux
Fructidor il résulte que l'évêque Valperga, au moment de son départ de cette commune, ayant été arrêté à la porte qui conduit au Piémont, par les soldats
qui y étaient de garde, lesquels tentèrent de le pendre,
il évita la mort par les soins du citoyen Joseph Castellinard, un des déposants, et il ne fut laissé libre que
d'après un billet du général d'Anselme, qui ordonnait à ladite garde de le laisser partir, puisqu'il s'en
allait de son ordre
Considérant que tous ces faits sont devenus de notoriété publique dans cette commune, dès le même
jour 30 septembre et Ier octobre suivant, ainsi que
quatre témoins l'ont attesté.
Considérant que le citoyen Valperga ne s'est absenté de cette commune et ci-devant Comté de Nice
que d'après les ordres du général d'Anselme auquel il
témoigna son regret.
Considérant que le départ du citoyen Valperga
ayant été forcé il ne peut pas être qualifié d'émigration.
Considérant que son intention de rester dans cette
commune est d'autant plus constatée, que le citoyen
Valperga a été le seul fonctionnaire public, il soit
resté à son poste, n'ayant soustrait aucun des meubles
et effets de sa maison, lesquels ont été ensuite distraits
et vendus par la Nation.
Considérant que le citoyen Valperga ne peut être
non plus considéré comme réfractaire aux lois de la
République, tandis qu'à l'époque de son départ de cette
commune, aucune loi de la République, surtout à
l'égard des ecclésiastiques, n'y avait été encore publiée
à laquelle eut pu contrevenir.

�— 58 —
Considérant que le citoyen Valperga ne pouvant
être considéré ni comme émigré, ni comme réfractaire, ne pouvait être privé de ses propriétés laissées
dans cette commune lors de son départ, sous la sauvegarde de la loi et de la Nation française qui lui fut
accordée par le général d'Anselme, et qui étant digne
de la loyauté de cette Nation, ne pouvait être violée
sans blesser le droit des gens.
Considérant au surplus, que le citoyen Valperga,
originaire piémontais, ne faisait sa résidence à Nice,
qu'à raison de son épiscopat, ce qui ne donne qu'une
résidence easuelle, et que sous tous les rapports, il
n'a cessé d'être étranger à l'égard du pays de Nice et
de la France.
Considérant que l'article 6, section deux, N° 2 de
la Loi du 25 Brumaire (15 novembre 1794) en déclarant émigrés les citoyens domiciliés dans le cidevant comté de Nice, qui sont sortis depuis le 27
septembre 1792, n'a point porté atteinte au droit des
gens dans la personne de l'étranger, qui se trouvait
dans ce même pays, où il n'aurait pas établi son vrai
domicile.
Considérant que le citoyen Valperga, qui avait été
forcé par le gouvernement de partir de Nice, n'a dû
plus y revenir dans le terme même prescrit par les
lois aux citoyens de la ci-devant Comté de Nice,
puisqu'il ne devait point imaginer qu'il fut compris
dans l'invitation, malgré qu'il ait été porté sur la
liste des émigrés.
Considérant que ce nonobstant, lorsqu'il sut qu'il
avait été porté sur la liste des émigrés de cette commune, s'est empressé de présenter sadite pétition
du 22 Juillet 1793 dans laquelle il demanda non seulement la radiation de son nom de ladite liste, mais
encore un délai convenable pour rentrer dans cette
commune, soit comme simple citoyen, ou comme
fonctionnaire public, ainsi que la restitution de ses
propriétés par lui laissées sous la sauvegarde de la
loyauté française dans la maison êpiscopale lors de sa
retraite forcée, ou une juste indemnité de leur valeur.

�- 59 Considérant finalement que,d'après toutes les circonstances sus-ênoncèes, aucune loi concernant les
émigrés ne peut être applicable au citoyen Valperga,
et que toutes celles qui pourraient le regarder relatives au séquestre des biens appartenant aux habitants
des pays en guerre avec la République française ont
été rapportées par le décret du 14 Ventôse dernier
(4 mars 1795). •
Le Directoire du district de Nice, oui le procureur syndic, est d'avis que le citoyen Charles-Eugène
Valperga ci-devant évêque de Nice ne doit point être
considéré émigré.
Qu'il doit être rayé de la liste des émigrés, que le
séquestre apposé sur ses propriétés doit être levé, qu'il
doit être réintégré dans la possession et jouissance
d'iceux, que tous receveurs ou dépositaires doivent
lui restituer les sommes qu'ils ont perçues, résultant
du produit desdites propriétés et qu'il doit recevoir
la juste indemnité des meubles et effets qui seraient
passés au profit de la Nation.
Fait à Nice, dans la salle des séances le 5me Vendémiaire an 4me républicain (27 sept. 1795). Signé
Saytour Martin. Verani,
procureur syndic, Angles v. prés.
Touzelly. Jn Coppon fils.
Enregistré au feuil. 20 registre des prévenus
d'émigration et signé BARRAIA, commis greffier.
Certifié conforme par nous Ve président et secrétaire du district Jn COPPON Fils V,-PRÉSIDENT
BARRAIA Cis greffier.
A rch. Nat. F 7 4867

2

�— 6o —

Pièce 9.

LIBERTÉ (vignette) ÉGALITÉ
BUREAU DES
ÉMIGRÉS

Extrait des registres des délibérations et arrêtés de
l'Administration Centrale du département des Alpes Maritimes.
(2

juin 1797)

Séance du quatorze Prairial an 5mf de
la République française une et indivisible.
Sur le rapport d-e la pétition présentée par le
citoyen Pierre Joseph Passeron, procureur fondé de
Monsieur Charles Valperga, ci-devant évêque de
Nice, dans laquelle il expose que ledit Charles Valperga n'a jamais dû être atteint des lois relatives à
l'émigration, soit qu'on le considère comme parti en
suite d'une force majeure, soit en sa qualité de piémontais et demande en conséquence la radiation de
son nom de la liste des Emigrés, sa réintégration
dans la possession et jouissance de ses propriétés et
une juste indemnité, des meubles et effets qui sont
passés au profit de la République.
L'Administration Centrale du département des
Alpes-Maritimes, considérant que M. Charles Valperga, comme piémontais, n'habitant Nice que pour
cause de son emploi, n'aurait jamais dû être porté
sur la liste des émigrés du département.
Que le seul motif qui a pu déterminer le général
d'Anselme à lui ordonner de partir de la ville de
Nice, ne peut avoir été que la susdite qualité de
piémontais.
Considérant enfin, que comme sujet du roi de
Sardaigne, il est dans le cas de jouir de l'article i,r
de la loi du quatorze nivôse an troisième, (} janvier
1795), ainsi que de l'article neuf de la loi du trente
Floréal an quatrième, (19 mai 1796).
Arrête, oui le commissaire du Directoire Exécutif
que le nom de Valperga, ci-devant évêque de Nice,
qui se trouve inscrit sur la liste des émigrés, sera

�— 6i —

provisoirement rayé ; que tout séquestre qui pourrait
avoir été mis sur ses biens sera levé, qu'il sera réintégré dans la possession et jouissance de ses propriétés,
et que toutes les sommes versées dans les caisses publiques, lui seront rendues, déduction faite des frais
faits conformément aux lois.
Fait et arrêté* en séance publique le jour, mois et
an que dessus.
Signé : Donny, président Payani, fils, Scudéry,
Oberti, Hancy (et en marge Gastaud commissaire
du Directoire Exécutif).
Certifié conforme à l'original par nous président
et secrétaire de l'Administration centrale du départemeni des Alpes-Maritimes.
DONNY, président
BELMONDI, sec. chef au bureau des émigrés.
Arch. Nat. F 7 4867 2

ACTE DE CAUTIONNEMENT
Pièce 10.

11 fructidor anV (2&amp; août 1797)
LIBERTÉ ÉGALITÉ
Ce jourdTiui 11 fructidor an 5 de la République
française une et indivisible (28 août 1797) par devant nous, membres composant l'Administration
centrale du département des Alpes-Maritimes, est
comparu le citoyen Joseph Passeron, natif de Contes,
chef-lieu de canton, domicilié dans cette commune,
procureur fondé de Monsieur Charles Valperga, cidevant évêque de Nice, en vertu d'acte de procuration du 20 juillet et premier août 1795 (v. s.) lequel
en sadite qualité, dépendamment à l'arrêté de cette
administration du quatorze prairial an cinq (2 juin
1797) portant que le nom de Valperga, ci-devant
évêque de Nice, sera provisoirement rayé de la liste
des émigrés, que tout séquestre qui pourrait avoir
été mis sur ses biens sera levé, qu'il sera réintégré
dans la possession et jouissance de ses propriétés, et

�— 62 —

que toutes les sommes versées dans les caisses publiques lui seront rendues, déduction faite des frais
faits, conformément aux lois, désirant de se conformer au porté par l'article 3 de la loi du 5 Brumaire
an 3 (26 octobre 1794) qui exprime que les prévenus
d'émigration seront tenus de donner caution solvable de la valeur mobilier, et ne pourront obtenir
leurs immeubles jusqu'à ce qu'il ait été définitivement statué sur leurs réclamations par qui de droit,
toujours en sa dite qualité a présenté pour caution le
citoyen François Grosson, marchand drapier de cette
commune, lequel ici prése.it et acceptant, s'oblige
conjointement et solidairement avec ledit Valperga
et pour celui-ci ledit Joseph Passeron, et sous l'hypothèque de tous leurs frens présents et à venir, à l'entière exécution de ce qui les concerne en la susdite
loi, et à la représention des mobiliers, effets et sommes à percevoir en dépôt que besoin sera, et quant
aux mobiliers invendus et en dépôt seront soumis
d'en représenter la valeur à laquelle seront estimés
par experts, préalable rémission.
Et nous, administrateurs susdits approuvant lesdits
cautionnement et acte de soumission, à la réquisition
dudit citoyen Joseph Passeron, avons dressé le présent acte que toutes les parties ont signé avec nous,
ayant au préalable fait renoncer audit François Grosson au droit de premier convenir.
Fait à Nice les jours, mois et an que dessus.
Joseph

PASSERON,

François GROSSON,
prés., PAYANY FILS,
MARUN-SAYTOUR, sec. en chef

HANCY, DONNY,
P.

Acte original sur timbre de 20 centime*.
Arch. Nat. F

7 4867^

�— 63 -

CONCLUSION

Il était avéré pour tous, dans la ville de Nice, que Mgr
Valperga était parti contre son gré et si la première Administration départementale, installée au mois de Mai 1793,
l'avait inscrit sur la liste des émigrés de Nice, c'était à la
suite d'une réponse faite par le ministre de l'Intérieur, Garât,
aux questions à lui posées par le Directoire des Colons Marseillais sur la conduite à tenir vis-à-vis de l'évêque.
Les questions avaient été envoyées à Paris, vers la fin
de Février 1793, et la réponse du ministre ne parvint à Nice
qu'au milieu de juin suivant, soit quelques jours avant la
publication de la liste des émigrés. Les réclamations de
l'évêque, retiré à Turin dans sa famille, furent présentées
le 22 juillet 1793 (1) ; mais comme beaucoup d'autres, elles
s'entassèrent dans les bureaux du Département, qui n'y
répondit même pas.
Cette réclamation fut présentée au nom de l'évêque par JeanJacques Donny au Département. lîlle figure en original au dossier
Valperga.
Voir ci-dessus.
Le registre des délibérations du département manque aux Archives pour les derniers mois de 1793, exactement du Ier mai au 10
Novembre, comme pour les six derniers mois de 1797 et l'année entière de 1798, exactement du 8 Messidor an V (26 Juin 1797) au 25
Pluviôse an VII (13 février 1799).
C'est-à-dire pour les deux périodes les plus troublées et cette
disparition est tout au moins étrange.
Elle doit être vraisemblablement attribuée à certains hommes
politiques désireux de laisser dans l'oubli leur conduite durant ces
deux époques.

�- 64 On était dans la période la plus aiguë et, en pleine
Terreur.
Après le 9 Thermidor et, surtout après la venue à Nice
du représentant Beffroy, au mois de Floréal, an III (Mai
I795)»
les esprits devinrent plus calmes, les administrations plus pondérées. C'est alors que, sur de nouvelles demandes présentées au District, et sur avis favbrable de
celui-ci, le département des Alpes-Maritimes accorda à Mgr
Valperga sa radiation provisoire, le 14 Prairial, an V (2 Juin
1797). Comme on le voit, l'affaire avait traîné en longueur.
Il semblait alors que rien ne s'opposait plus à la rentrée
de l'évêque : le 11 Fructidor, an V (28 Août 1797), le Département avait agréé la caution de François Grosson (1) ;
les biens de l'évêque allaient lui être rendus, et il pourrait
rentrer.
Mais huit jours après, le coup d'Etat du 18 Fructidor (4
septembre 1797) remettait le pouvoir aux mains des Jacobins, la guerre aux émigrés et aux ecclésiastiques, en particulier, reprit avec âpreté. Pe département des Alpes-Maritimes se vit accusé d'avoir préparé une rentrée triomphale à l'évêque, son arrêté du 14 Prairial resta sans effet
et, en vertu de la loi du 19 Fructidor (5 septembre), les
scellés furent de nouveau apposés sur les biens de Mgr Valperga par deux commissaires municipaux (2).
En vain, l'évêque de Nice, fit intervenir auprès du Directoire Balbi, l'ambassadeur du Roi de Sardaigne à Paris,
le dossier de sa demande en radiation fut examiné sans
aucune bienveillance.
(1) L/Acte original de ce cautionnement sur timbre est aux
Arch. des Alp.-Maritimes Q. 10.
(2) Mise de scellés sur les biens de Charles Eugène Valperga par
deux commissaires de la municipalité de Nice. Une scéance, 6 livres.
Dépense approuvée par le Département, en Germinal an VI (avril
1798). Arch. des A. M. Q. 11.
Mgr Valperga ne possédait à Nice aucun immeuble et il devait
rester fort peu de chose de son mobilier après la vente qui en avait
été faite en Ventôse an III. La bibliothèque de l'évêché avait été déclarée bien national et la caisse diocésaine avait disparue en octobre 1792
sans laisser de traces dans les pièces administratives. Le séquestre
a été apposé sur les biens de nombreux émigrés rayés provisoirement.
On peut en voir la liste aux Archives des A. M. Q. 10, où Valperga
figure sous le N° 65.

�- 65
Á la suite de la lettre de Balby datée de Paris le 7 février
1798, le ministre de la police demanda à ses Bureaux un
rapport sur l'affaire Valperga. Pe voici tel qu'il se trouve
en minute au dossier.
Attendu que rien ne tend à constater le prétendu ordre
de quitter Nice, d'où il suit qu'il faut en croire sur parole
l'émigré.
Qu'à raison de son domicile, il était tenu de rentrer sur
le territoire dans les délais voulus par les lois.
Qu'il est atteint par la déchéance et n'a réclamé que
l'an V.
Qu'il ne paraît pas y avoir lieu de violer la loi en faveur
de cet ex-évêque dont la rentrée prohibée par la Constitution serait d'une influence dangereuse.
J'estime qu'il y a lieu à proposer la maintenue sauf
à prendre des renseignements si toutefois on les trouve
indispensables.
CAIGNART,
Sous-chef (2e Bureau).
En tête de cette minute est écrit :
« Je pense qu'il y a lieu à instruction et à prendre
des renseignements près les Administrateurs du département_des Alpes-Maritimes. »
Signature illisible (1).
Ces renseignements furent-ils demandés ? C'est probable et cela explique que bien des pièces du dossier Valperga sont en double expédition. Plus d'une année s'écoula
encore, avant que fut prise une décision et finalement sur
un rapport défavorable de la Commission d'examen instituée près le Ministère de la police pour l'étude des demandes en radiation, le Directoire exécutif signa le 7 Floréal
an VII, (26 avril 1799) un arrêté qui maintenait définitivement, sur la liste des émigrés, Mgr Valperga et annulait
toutes les décisions rendues antérieurement, en sa faveur,
par les. autorités locales.
(1) Arch. Nation. F 7 4862 2 dossier Valperga. Rapport de la
3 me Division du Ministère de la police, sans date mais joint à la
lettre de Balbi.
»

�- 66 -

Varrêté du Directoire parvint à Nice les premiers
jours de Prairial an VII (Mai 99) et fut immédiatement
mis à exécution. (1).
*

* *

Ainsi donc Mgr Valperga expulsé ne put jamais obtenir
de rentrer, les lois sur l'émigration étaient tellement embrouillées et tyranniques qu'une fois inscrit sur une liste
d'émigrés, il était extrêmement difficile de s'en faire rayer
malgré toutes les démarches ; car on se heurtait sans cesse
à des questions de forme et de procédure ce qui permettait
à la malveillance de s'exercer tout à fait à l'aise sous le
couvert de la légalité.
A. J.

PvANCE-BOURREY.

(1) De 21 Floréal an VII (10 mai 1799), il fut communiqué
par le ministre de la police générale de la République aux diverses
administrations intéressées et aux Commissaire du Directoire exécutif
près le département des Alpes-Maritimes. Celui-ci par lettre du 3
prairial (22 mai 1799) demanda au Département de le transmettre
à la Municipalité de Nice, ce qui fut fait le même jour avec ordre
de le transcrire sur ses registres, de faire apposer les scellés ou séquestre sur tous les biens meubles et immeubles de l'évêque si ce
n'est déjà fait, et de mi notifier sans délai la décision prise à son égard.
Voir lettre du Département à la Municipalité, celle du Commissaire au Département, 3 Prairial an VII avec la réponse du Département 4 Prairial.
Arch.. des A. M. Q. 1 et 2 et Arch. Nationales, dossier Valperga,

�NIÇA LA BELLA
VERS DE /.

Giordan,

su

DE CARTA POUSTALA

Ai rai dôu nouostre bouon soulèu
Venon s'escaufar toui lu lùssi ;
Es un meravihous tablèu,
Ai rai dôu nouostre bouon soulèu,
Trouvas, dou Var fin au Castèu,
Anglés, Rouman, Danesi, Rùssi :
Ai rai dôu nouostre bouon soulèu
Venon s'escaufar toui lu lùssi.
Pèr tu, as touti li bèuta,
Terra de lus e d'alegria,
D'un ciel d'azur, as la clartà,
Pèr tu, as touti li bèuta.
De l'univers, en verità,
Siès la uechièma meravia ;
Pèr tu, as touti li bèutà,
Terra de lus e d'alegria.
Dintre lou tèmp, Semiramis
Faguet basti, à Babilouna,
Pu siéu jardin, vèr paradis !
Soubre Paioun, degun s'estouna
De vèire, ancuèi, lou paumoulié
Drissar au ciel la siéu coulouna
E lou galofre, e l'anemouna
Flouri emb'au pourtegalié.
De bouon matin, quitant maioun
Pèr la journada touta'ntiera,
S'en va lavar, dintre Paioun
Pa bugadiera.
D'un glourious passat es fiera
Perqué, d'un tèmp, sus lou bastioun
Au Turc, arranquèt la bandiera
Pa bugadiera.

�fet 68 —

Sau de fouora fa freï,
Que brima,
A Niça, sus lou Quèi,
Si rima.
Pescadou, fourestié,
De la mar bressarella,
Escouton voulountié
Pa doussa cantinella.
L'AVOUCAT

PATTA

L'estudi de l'avoucat Patta es en plen aria ; si tèn lou matin
couma lou predinà su la plaça dôu Palai. Es un ome pichounet,
touplen raplot, li pocha enfli de papiè de touta mers. En lu vièi
quartiè es proun counouissut e li capelada, « Bouonjou Moussu
l'Avoucat », noun li mancon. Es ben m'ai juge, proucuradou, etc.
Lu siéu ounourari soun bouon pati e n'a de preferença pèr
qu si sigue. Parla au premier maufatan vengut, couma se fousse
un agnèu que vén de naisse ; lou créancier o lou débiteur soun
tratat su lou même pen... basta que mouson...
L'avoucat Patta es de noutarietà reputat pèr un ome judicious, òunest — au noun si flata de l'estre au jou d'ancuei ; —
finda counouisse, es en relacioun d'afaire emê de gros persou nage que dintre la finança dôu siéu coumerce, soun quasi d'usurari. Sau menajar la cabra e lou caulè ; e pèr que la mouneda
noun li escapa si desbrouïa e si mete dôu cousta dôu manche...
d'aquéu que casca lou de mai...
Acò fa que toui lu matin que lou Bouon Diéu a fach, la siéu
doumestica mete toujou quaucaren au fuec. Lou dimeneghe, coum'un bouon crestian, — tartufaria que lou pauva, — va audi la
gran'messa à Santa Réparada, fa la siesta e à la calada dóu soulèu,
passeja su lou Cours, pastrouia, fa lu cent pas, noun parla que de
lei, proucès, citacioun, ensin alestisse lou travail dôu dilun...
Lendeman empastra ben d'afaire, mete facilamen en lou sac
Moussu Tout'Un emé Moussu Tout'Autre... En éu que li pòu
faire ?... lança dapertout lou broumech, tant pis pèr aquéu que si
laissa agantar. Quaranta sóu es lou près d'atac e vous pregui de
crèire que douna pas la siéu journada pèr doui o tres escut.
L'avoucat Patta counouisse l'usança dôu païs... s'avès touort,
vous rouïa, s'avès pi rasoun, v'espia... Que voulès aima manjar
lou pei, lou pei que noun aiguë d'espina...
JULI EYNAUDI.

�-«9VA

MAU ! !

Va màu, cresé-vous, que va màu 1
En l'orizoun lou voile negre
N'es qu'un gran camp cargat de pebre,
Qu'à pala lou jeten davan,
Avuglan finda lu cavau 1
Lu canoun soun su li frountièra,
Alignât couma de barriera,
N'esperon plus que lou signàu !
Lou soulèu, aquel animàu !
Stan, noun vòu levà la vela,
Si foundon couma des candela
Enb'aquèu coust dôu diàu !
Le Giacouuda à cóu de d/stràu
Li fan petà li sièu moulura...
Ah ! dèu faire bella figura
Se l'an foutuda en quauqua tràu
Lou pan crèise, finda la sàu,
Lou sucre dintre li boutiga
Mounta ben mai que de boufiga !
Van jusque crèise lou rampàu
E la pèu que fau lou tambau ;
Metran de drech su li nourriça,
Su lu chichi, su li saucissa,
Perqué pas soubre lu magàu ?
E lou Prussian, marrit bertàu,
Noun sabon fa que de babïa,
Per lou Maroc e l'Algèria,
Se faran mètre lou mourràu !
Li serreren toui lou pourtàu
E pi veiren touta la França
Davan la sieù grossa arougança
Se noun si sau garda li clàu !
Es de rima d'un manechàu,
Ma sien d'estiéu, vesin, vesina,
Li passeres en la resina
Avant que vegon l'espitau !
CHARLES CIAUDO

�Valère Bernard
Tout en heurtant le marteau contre la porte de M. Valère
Bernard je songeais. Je me suis complu dans le plus souriant
mépris des idoles. L'ironie a tremblé sur mes lèvres quand
la Provence a dans un ravissement de joie acclamé le poète de
Maillanne. Cette mascarade d'apothéose me répugnait.
Et maintenant la curiosité me fourvoyait dans le studio
d'un consciencieux artiste que les felibres couvraient de gloire.
Elève de Puvis de Chavannes M. Valère Bernard pasticha le
Maître. Mais vite il eût l'intuition qu'à se perdre dans les sentiers
battus il courrait risque de compromettre son crédit. Il dit
adieu à Paris et vint dans Marseille, l'opulente cité.
A cette époque vivait un exquis écrivain, J. Lombard. Il venait de publier deux œuvres d'une grandiose beauté, VAgonie et
Bysance. Dans un style étrangement tourmenté il contait les
luttes entre les factions d'Orient, illuminant son œuvre des
splendeurs bysantines.
Valère Bernard vit Jean Lombard, et du même coup les belles
au bois qui dormaient en son âme s'éveillèrent. Il délaissa les
études académiques, les pastiches sans vie, et d'ardentes couleurs
chargèrent ses toiles.
Voici le triomphe des rois Babyloniens. Sur les voûtes d'un
palais impérial passent des gardes étincelants dans la pourpre et
la soie. L'or envahit les hautes colonnes de jaspe bleu. Involontairement on pense aux fantastiques demeures hantées par des
fées émeraudes et des princesses aux perversités troublantes.
Et je m'imagine que le peintre était sous le charme de la
légende quand il a peint cette courtisanne qui sourit à son miroir tout en jouant négligeamment avec sa chevelure d'or. Et
puis passent Venise la rouge, Marseille enveloppé dans la poussière d'or du crépuscule, des motifs à la Watteau peints par un
bysantin, toute une apothéose.
Mais une idée m'obsède, tandis que dans la grise clarté d'un
soir automnal s'éteignent les fauves éclairs jaillis de ces radieuses
toiles. L'idéalisation du passé me paraît cruelle. Les générations
endormies dans la Mort ont eu leurs misères/leurs rancœurs, je
pense qu'il est absurde de s'écrier avec Musset « qu'aux temps
jadis tout était heureux jusqu'aux douleurs humaines. » En vain
l'apostat s'attriste-t-il sur les vieillards immortels de l'antique

�- 7i

—

lonie, â ses oreilles résonnent les paroles de l'Hiérophante : « La
Helladi que tu aimes n'a jamais existé ».
Mais M. Valère Bernard brise ma rêverie, et mes yeux se
portent.sur des portraits appendus au mur. Profils d'espagnol ou
d'américain mitigés d'espagnol, comme on en croise maintes fois
sur la Cannebière.
Homme universel ne puis-je m'empêcher de m'êcrier. M.
Valère Bernard sourit. Il siérait dit-il, à mi voix, de se développer en profondeur. Toutefois il est beau de se dire sur le
tard de sa vie que l'on a fait vibrer toute son âme. Ici le maître
rejoint Néron. Il m'aide à comprendre cet inquiétant empereur.
Mais encore faut-il que tout en étant l'homme universel on ne
sombre pas dans la banalité. De méchantes œuvres d'art peuvent
avoir leur prix.
Une idée se lève devant moi. Labruyère me petsuade que
l'honnête homme de Pascal propre à tout en définitive n'est propre à rien. La spécialisation inintelligente, mène à l'erreur, j'en
conviens, mais en fait elle est une loi générale.
Et ceci est pour me plaire, car j'abhorre dissiper mon énergie,
j'aime le repliement, la frissonnante pudeur qu'effarouche les
vaines ostentations. Je goûte les peintres du passé et malgré ma
philosophie j'adore les peuples disparus. Volontiers j'implorerai
avec la Cassandre de Schiller la cécité, l'exquise cécité. Le sou
venir a plus de puissance sur moi que l'espoir.
Et sous des deux gris, en des pays étrangers désolants de
médiocrité, il m'est arrivé de pleurer plus amèrement que ne
pleura Xerxès aux rives d'Abydos.
J. PADOVANI.
PROUVERB1, BOUOI MOT, COUNSÈU E DICH
Vèuva que si marida,
Dèu perdre la lus e l'audida.
Fiha madura,
Lou pouorta à la centura.
En cuntant su lu det :
Aquéu a fa l'óu ;
Aquéu l'es anat cercar,
Aquéu l'a fa cuèire,
Aquéu l'a manjat,
E lou pichoun n'a ren tastat !

�— 73 —
LE

DÉSESPOIR

Oui, j'ai la mort dans l'âme ; oui, je monte au calvaire ;
Mon horizon, hier si beau, s'est obscurci ;
Je hais tous les devoirs et tout ce qu'on révère :
Mieux vaut mourir que vivre ainsi !
Puisque je n'y puis rien ; que la raison humaine
Ne gagne plus un cœur où mon cœur est entré,
Je veux briser mes jours comme on brise une chaîne
Et m'enfuir en désespéré.
Qu'est-ce donc que la mort ? C'est la paix éternelle,
C'est un beau drap de fleurs sur mon sein endormi,
C'est la nature calme, auguste et solennelle
Qui nous prête un repos ami.
O nature de Dieu contemple ma détresse !
Ecoute tout mon sang dans mon cœur s'épancher
Et, puisque je n'ai plus le lit de ma maîtresse,
C'est au tien que je veux coucher ;
C'est toi la grande mère et la nourrice immense !
L'homme au sort le plus âpre et l'homme au sort plus beau
Retrouvent dans ton sein leur part de ta clémence :
L'un l'amour, l'autre le tombeau
Tu sais, toi qui vois tout, ce qu'ici bas je souffre,
Que je n'ai point béni l'instant de mon réveil
Et que j'ai regardé, toujours, du fond du gouffre,
Les bords ou brillait le soleil ;
Que je n'ai bu jamais que dans la coupe amère,
Que le seuil du bonheur me fut toujours fermé,
Que j'ai perdu mes fils, que j'ai perdu ma mère
Et tous les cœurs qui m'ont aimé !
Maintenant je m'en vais, battant du front, comme ivre,
En proie à ce grand deuil qui me courbe en vainqueur,
Et je veux déchirer ma vie, avec le livre
Des chastes sanglots de mon cœur ;
Et toi, rayon divin, génie, ardent délire,
Flambeau qui n'iras plus briller sur son autel,
Eternise du moins ces larmes de ma lyre
Et que mon cri soit immortel !
[EDGAR DE MASINI

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13
Mars
Epato (Grégori)
Il
Jun
Cicle soulari
17 Setèmbre
Endicioun roum
10 Desembre
Letra doumenicala
G F
LI QUATRE

8,
7,
20,
20,

10
9
22
22

e
e
e
e

11
10
23
23

SESOUN

Lou printèms coumença lou 21 mars
L'estiéu
—
— 22 Jun
L'autoum
—
— 24 sept,
L'iver
—
— 22 dés.

à 6.55 m.
à 2.36 m.
à 5.18 m.
à 11.53 m.

dôu sera
dôu sera
dôu matin
dôu sera

FESTA MOUBILI

Septuagesima... 12 Fébrié
Cendre
21 Febrié
Pasca
7 Abrieu
Rougacioun 21, 22, 23, 24 Mai
Ascensioun
16 Mai

Pantecousta
Trinità
Festa de Diéu
1" Dimenegue de
Ie* Desémbre

26 Mai
11 Jun
15 Jun
l'Avènt

LU ESCLISS!

Souliu.

—

ij Abriéu. — Esclissi annulari e coumplet visible

à Paris, en America, en Europa et dintre lou N.-O. de l'Africa.
Coumençamen de l'esclissi à 10,01 dôu matin ; finisse à 1,08
dôu sera.
10 Otitoubre. — Esclissi coumplet invisible à Paris, visible
dintre l'America dôu Sud.
Luna. — 1" Abrièu. — Esclissi parciella visibla à Paris. Entrada de la luna dintre l'oumbra, 9.26 dôu sera; sourtida, 11.03
dôu sera.
26 Setèmbre. — Esclissi parciella, invisibla à Paris, visibla
dintre l'Océan Pacifique.

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VÉNT

Lu vènt que souflon à Niça, dintre lou cours de l'armada,
soun au nombre de 16. Vequi li siéu denouminacioun courènti,
pihadi, en general, dai loucalità dei quali parèisson vèni :
Sud
Miejon
Nord... Tramountana
S.-S.-O. Miejou Lebech
N.-O.-E. Grek Tramountana
S.-O
Lebech
N.-E... Grego
O.-S.-O Pounèut Lebech
E. N .E. Levant
Ouest. Pounènt
E.-N.-E. Levant
O.-N-O.V Pounènt Maistràu
E.-S.-E. Levant
N -O . Mastràu
S.-E.... Siroco, vènt marin
N..-N. OMaïstràu Tramount
S.-S.-E.. Miejou Siroc

6
15
25
14
31
24

VIGÍLIA — JEUNI
Abriè
(Pasca, 7 Abrièu).
Mai
(Ascensioun, 16 Mai).
Mai
(Pantecousta, 26 Mai).
Avoust
(Assoumpcioun, 15 Avoust).
Outoubre (Toui lu Sant, Ier Nouvembre).
Desembre (Calena, 25 Desembre).
L'AN NADA RELIGIOUSA

LI FESTA MOUBILI E LI FESTA FISSI
Janvt'è
jYlars
1 Circouncisioun.
1 e 2 Quatre Tèms.
6 Epifania (lu Rei).
3 Reminiscere.
13 Bateja de J.-C.
10
Oculi.
14 Sant Noum de Jesu.
17 Lœtare.
fébrié
24 Passioun.
2 Puriflcacioun.
29 Li 7 Doulou.
4 Setuagesima.
31 Lu Rampàu.
6 Festa de la Pr. de N. S.
11 Sexagesima.
Jîbriéu
13 Coum. de la Passioun.
5 Divendre Sant.
18 Quinquagesima.
7 Pasca.
21 Cendre.
14 Quasimodo.
25 Quadragesima.
28 Patrou. de San Joúsè.
28 Quatre-Tèms.

�Setembre
3 Inv. de la Santa Crous.
13, 14, 15, Rougacioun.
16 Ascensioun.
26 Pantecousta.
29-31 Quatre-Tèms.
1
2
6
9
21
24
29

Quatre-Tèms.
Trinità.
Festa de Diéu.
Festa dôu S. Sacramen.
Sacrat-Couor de'jesu.
Natività de S. jouan-Bat.
SS. Peire e Paul.

8 Natività de la Vierge.
14 Esaltacioun de la Crous.
15 N.-D. dei 7 Doulou.
15 San Noum de Maria.
18, 20, 21, Quatre-Tèms.
29 Dédie, de S. Miquèu.

Ôutoubre
6
13
20
27

Sant Rousari.
Maternità de la Sta Vierge.
Puretà de la Santa Vierge.
Patrounage de la S. Vierge.

J/ouvembre

Juliet
2 Visitacioun de la S. V.
7 Precious Sang.
16 N.-D. dôu Carme.

Jîvoust
6 Transfiguracioun.
15
18
25
25
29

Assoumpcioun.
S. Joachim.
S. Couor de la Vierge.
S. Louis.
Decolac. de S. Jouan-Bat.

1
2
3
21

Toui lu Sant.
Lu Mouort.
Santi Relíquia.
Present, de la Sta Vierge.

2&gt;esembre
1 Avent.
8 Imaculata Councepcioun.
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25 Calena.

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DÉCIMALISATION

DU

TEMPS ET DES

ANGLES

LA MONTRE DÉCIMALE
Par J. de REY-PAILHADE, président du Comité
pour la propagation des méthodes Décimales.
Le Club Nautique de Nice a offert plusieur fois en prix des
montres décimales aux régates'de 1909. Il était utile de décrire cet instrument, d'y joindre des tables pratiques et des
formules à l'usage des ingénieurs, des sportsmen, des médecins, etc. etc.
DÉCIMALISATION DES ANGLES •
Il est aujourd'hui démontré que la division décimale du
quart de cercle facilite tous les calculs.
Les nouvelles cartes géographiques sont graduées exclusivement dans ce système, devenu officiel en France et dans
d'autres pays. On possède toutes les tables pratiques nécessaires à son essai courant. Nous ne nous étendrons pas
davantage sur cette méthode aujourd'hui enseignée dans les
lycées et collèges.
Nous rappellerons seulement que M. l'amiral Germinet,
membre d'honneur du C. N. N., sous la direction duquel on
fit en 1899 et 1900 des essais de navigation avec un matériel
entièrement décimal, a émis un avis très favorable à la
réforme décimale.
DÉCIMALISATION DU TEMPS
La division décimale du jour décrétée le 4 frimaire an II
rendra aussi de grands services à la science et aux sports.
Principe. — On divise le jour entier en 100 parties égales
appelées cés ; le cé est subdivisé en décisés, ceniicès et millicés
Le cé vaut 14m 24s ou 1T4 d'heure environ ; le décicé est égal
lm 26s 4 ou lm Ij2 environ ; le millicé vaut 0S 864 ou 9T10 de
seconde environ.
Concordance des Temps. — On parvient assez vite à dire
instantanément l'heure à 1 ou 2 minutes près en regardant le
cadran d'une montre décimale. Il suffit d'apprendre par cœur
les concordances décimales de toutes les heures.
0,0
0
50,0

4,2
1
54,2

8,3
2
58,3

12,5
3
62,5

16,7
4
66,7

20,8
5
70,8

25,0
6
75,0

�25,0
6
75,0

29,2
7
79,2

33,3
8
83,3

37,5
9
87,5

41,7
10
91,7

45,8
11
95,8

50,0
12
100,0

Les heures sont au milieu, les concordances des heures
du matin en haut, celles du soir en bas. Ainsi 10 heures du
matin valent 41.7 cés (énoncer 41 cés 7 décicés) et 10 heures
du soir valent 91,7 cés.
Gomme 1 cé vaut presque lj4 d'heure et un décicé une mi •
nute 1]2 ; en partant des concordances du tableau, on dit
l'heure instantanément, ainsi 39,9 cés valent 9 h. 36 m. du
matin. Un ou deux jours suffisent pour atteindre ce résultat.

Description de la montre décimale ou cémètre. — Il y a 3
aiguilles centrales se mouvant sur un cercle divisé en 109
parties égales, numérotées de 0 à 9. Le 0 cé est en bas, c'est
l'origine des temps, car on suppose la Terre au centre du
Cadran.
L'aiguille dorée avec un soleil ne fait qu'un tour par jour ;
l'aiguille épaisse en acier bleu tourne 10 fois par jour, et la
trotteuse fine fait 1000 tours par jour.
L'aiguille-soleil montre la position de l'astre du jour par
rapport au méridien de Paris, qui va du centre au chiffre 5.

�10 —
Les quatre traits bleus indiquent les positions de cette aiguille
à minuit en bas sur 0 ; — à tì h. du matin au milieu entre 2
et 3 ; — à midi, en haut, sur le 5 ; — à 6 h. du soir, entre 7
et 8.
L'aiguille dorée du soleil indique le chiffre des dizaines
de cés, 2 sur le dessin ; l'aiguille épaisse donne d'abord le
chiffre des cés, 6 sur le dessin, et en comptant rapidement à
l'œil le rang de la division entre 6 et 7, on voit, que cette aiguille marque 3 décicés. Le temps du dessin est donc 26,3
cés correspondant à 6 h 20 m. du matin environ. L'aiguille
trotteuse donne les millicés 83. Le temps est donc 26,383
cés.
» Pour la vie courante, on n'a pas besoin d'aller au delà du
clécicé. On lit les milticés pour les applications scientifiques
et sportives.
Le temps en millicés lu sur le cêmèire facilite tous les calculs, car on n'a jamais de réductions à faire.
Examinons le problème des vitesses a l'heure : Les millicés multipliés par 0,00024 donne des heures et fraction décimale d'heure. Ainsi Ì2345 millicés valent 12,345 -f- 24 =
2 h. 9628.
Par conséquent si L est la longueur parcourue et M le
temps en millicés, la vitesse est

ou t

+ 4166,66...

Ces quelques exemples démontrent que la montre décimale simplifie tous les calculs sans exception.
Les rapports de MM. les délégués officiels aux essais de
la montre décimale faits à Nice, par le Club Nautique, le 26
février 1911, concluent unanimement à la supériorité de cet
instrument pour les usages scientifiques et sportifs.
M. Prim, astronome à l'Observatoire de Nice, représen
tait M. le \iinistre de l'Instruction publique.
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JANVIE
P.
P.
D.
N.

Q,
L.
Q.
L.

lu 8, à 7
lu 14, à H
lu 22, à 7
lu 30, à 10

SOULÈU.

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—

oura
oura
oura
oura

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20
26
21
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L. 8 14' — C. 4 42'

dil. Jou de V An

P. Q.
P. L.
D. Q.
SOULÈU,

1
2
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4
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Lu Rei
6
Dim. S. Lucien
7
dil. S. Apoulinari
8
dim. S. Pèire
9
dim. S. Guiermo
10
dij S. Teodose
11
div. S. Arcada
12
dis. Sta Verònica
13
Dim. S. Ilari
14
dil. S. Maurici
15
dim. S. Ounourat
16
dim. S. Antoni
17
dij. Sta Angela
18
div. S. Sulpici
19
dis. S. Bastian
20
Dim. Sta Agnesa
21
dil. S. Vincènt
22
dim. S. Raymound
23
dim. Sta Jacinta
24
dij. Conv. de S. Pàu
25
div. S. Poulicarpa
26
dis. Sta Devota
27
Dim. Sta Paula
28
dil. S. Francès S.
29
dim.
dim.
dij.
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S.
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S.
S.

TRIMESÏRÍ;

Macari
Genevieva
Tita
Simeoun

dim. Sta Marfina
dim. S. Peire N.
En Janvié
Lou païsan n'a ren

lu 6, à 4 oura 28 s.
lu 13, à 11 oura 38 m.
lu 21, à 4 oura 44 ui.
- L. 7 49' - C. 5 30'

dij. S. Ignaci
div. La Candeliera
dis. S. Blasi
Dim. Setuagesima
dil. SS. Vinc.Oronte
dim Sta Agata
dim. Sta Dorotea
dij. S. Romuald
div. S. Jouan-Matha
dis. Sta Apoulounia
Dim. Sexagesima
dil. Sta Eulàlia
dim. S. Gregori
dim. Sta Eufrasia
dij. S. Onesime
div S. Dounat
dis. S. Simeoun
Dim. Quinquagesima
dil. S. Gabin
dim. Dimars-Gras
dim. Li Cendre
dij. S. Silvan
div. S. Maxime
dis. S. Pascase
Dim. Quadragesima
dil. S. Nestor
dim. S. Leandri
dim. Sta Nourina
dij. S. Nymphas

Plueia de febrié
A la terra vau fumiè.

ZDéSTU-S-bez

NICE

MARS
N. L.
P. Q.
P. L.
D. Q.
N. L.
SOULÈU

1
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lu 8,
lu 15,
lu 23,
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dij.
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Dim.

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L
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7

1 oura 31 m.
0 oura 02 m.
0 oura 59 m.
1 oura 26 m.
1 oura 38 s.
01' — C. 6 13

S. Eudoxia
S. Simplici
Reminisceri
Sta Cunegonda
S. Casimir
Sta Coleta
S. Jouan de D.
Qaatre-tèms
Sta Margarida C.
Ocali
S. Euloge
S. Gregori
Sta Eufrasia
Sta Matilda
S. Acepsima
Sta Gertruda
Lœtari
S. Apien
S. Jôusé
S. Joachin
S. Lea
S. Turibe
S. Armentari
La Passioun
Anounciada
S. Emanuèu
S. Jouan d'Egt,
S. Gountran
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lu
lu
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SOULÈU.

1 dil.
2 dim.
3 dim.
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5 div.
6 dis.
7 Dim.
8 dil.
9 dim.
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11 dij.
12 div.
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23 dim.
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25 dij.
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13, à
3
21, à 7
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—

oura
oura
oura
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L. 6 06'

—

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37 s.
31! s.
25 s.
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S. Ugo
S. Franç. de P.
S. Richard
Dijàu Sant
Divèndre Sant
Dissata Sant
Pasca
S. Albert, ev.
S. Azada.
s. Isidoro
s. Leoun
s. Juli
s. Justin
Ouasimoi/ii
Sta Anastasia
S. Frutuous
S. Rodolfe
S. Maxime
S. Anselme
S. Teodoro
S. Adalbert
S. Fidèle
s. Jorgi
s. Marco
s. Clet
s. Antime
s. Aimé

s. Roubert
Sta Catarina d. S
SS. Philip. ,Jacq.

Pichouna plneia d'Abriéa
Bouona récolta pèr l'csliéu

Q.

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P. L.
D . Q.
N. L.
SOULÈU.

TRIMÍÎSTRÈ;

MAI

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lu 5,
2 oura
lu 13, a 7 oura
lu 21, à 10 oura
lu 28, à 7 oura
— L.

5 14'

—

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s.
m.
m.
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C. 7 29'

1 dim. SS. Félip. Jaq.
2 dij. S. Atanase
3 div. In.d.l. Sta Crous
4 dis. SS. Sindonis
5 Dim. S. Pio, papa
6 dil. S. Jouan D.
7&lt; dim. S. Peire
8 dim. s. Gregori N.
9 dij. s. Antounin
10 div. s. Isidoro
11 dis. s. Bounifaci
12 Dim. s. Jouan lou S.
13 dil. s. Pouon, m.
14 dim. s. Pacomo
15 dim. s. Sta Denisa
16 dij. Ascensioun
17 div. S. Pascaù
18 dis. S. Teodoto
19 Dim. s. Pèire C.
20 dil. s. Felis.
21 dim. s. Bernardini
22 dim. s. Julia
23 dij Rogaeioun
24 div. s. Vincen, d. L.
25 dis. S. Urbin
26 Dim. Pandecousta
27 dil. S. German
28 dim. S. Cirile
29 dim. Sta Petronïa
30 dij. S. Sylve
31 div. S. Justin
Au mes de mai
Longui semana

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P.
D.
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Q.
L.
Q.
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lu 3,
lu 11,
lu 19,
lu 26,

SOULÈU.

1
2
3
4
5
6

dis.
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11 dim.
12 dim.
13 dij.
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15 dis.
16 Dim.
17 dil.
18 dim.
19 dim.
20 dij.
21 div.
22 dis.
23 Dim.
24 dil.
25 dim.
26 dim.
27 dij.
28 div.
29 dis.
30 Dim.

—

à 11 oura 4 s.
à 10 oura SI s.
à 9 oura 51 s.
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2 oura 20 s.
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S. Potin
Trinità.
S. Quirin
S. Francès C.
S. Lié
Festa de Dieu
S. Lié
Quatre-tèms
S. Optat
Sta Margarida
S. Barnabe
S. Antoui de P.
S. Basilio
S. J.-F. Régis
S. Moudeste
S. Lambert
Sta Olga
S. Gervai
Sta Juliena F.
S. Louis de G.
S. Paulin
Sta Maria d'O.
S. Jouan-B.
S. Prousper
S. Alban
S. Cresen
s. Iréné.
s. Pèire
s. Pàu
s. Tibàu

En Jun
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1
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dim.
dim.
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Dim.
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dim.
dim.

S. Thierry
Vierg.de li Gracia
S. Anatole
S. Pèire de L.
S. Sisoès
S. Elie
Sta Babeta
S. Efrein
Sta Felicita
S. Pio
S. Jouan G.
S. Gene
S. Jaque
Festa Naciounala
S. Enri
N.D.d.M. Carmel
Sta Marcelina
S. Frederic
S. Vincen de P.
Sta Margarida
S. Vi loiSta Maria-Mad.
S. Apoulinari
Sta Cristina
S. Jaque
Sta Anna
S. Pantaleoun
S. Samsoun
Sta Marta
Sta Giulieta
S. Gnaci de L.

Au mes de Juliet
Ni frema ni coulé.

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I1. Q. lu 2, a 0 oura 29 m.
P. L. lu 10, a 3 oura 58 m.
D. Q. l»i 17, a 1 oura 1.1 s.
N. L. lu 21, a 5 oura 14 m.
IV Q. lu 31, &amp; 5 oura 21 s.
souLÈu, —1.5 or -j&gt;. 8 or

dij.
div.
0 dis.
4 Dim.
5 dil.
6 dim.
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8' dij.
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dim.
dim.
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dis.

S. Pèire-aï LS. Alfonso
Inv. de S. Estève
S. Domenica
N. D. dei Nèu
Trausf. de J. C.
S. Gaétan
Sta Batilda
S. Camila d. L.
S. Là u ren
S. Septima
Sta Clara
Sta Filoumèna
S. Ousèbi
Asoumpcionn
S. Roc
S. Mamès
Sta Elena
S. Ipoulita
S. Bernar
Sta Chantai
S. Pio V
S. Filipe B.
S. Bartoumiéu
s. Louis, r. F.
s. Seg'oundo
s. Cesari
s. Goustin
s. Mederic
Sta Rosa
S. Fiacre

F.n . ivoast
Figa e moust

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P. !.. lu 8, a' 4 oura 57
D. Q. lu 15, a 6 oura î&gt;l
N. L. Ju 22, a 3 oura 37
P. Q. lu 30. a 0 oura 08
SOULÈU. - - 1. 5 47V— c.

1
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S. Gili
S. Estève R.
Sta Eufemia
Sta Rosalia
S. Làuren J.
S. Pambon
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Natiu, di' la V.
S. Oumer
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S. Félis
S. Veran
S. A nié
Es. (1. l.S. CtQUS
S. Nicomède
S. Conrneilla
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S. Tournas V.
S. Janvié
S. Euslache
S. Matiéu
S. Maurici
Sta Tecla
S. Girar
S Firmen
S. Nil
S. iN'icandre
S. \\ inceslas
g. Miquèu
S. Jeromo

Lima setembrina
De mai clarina

MOT »

GRANDE MARQUE RECOMMANDÉE

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TRIMESTRE

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6,
D. Q. lu 43,
N. !.. lu 20,
Q.
lu 29,

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4 oura 48
8 oura 20
9 oura 49
2 oura 42
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5 03'

1 dim. Rosari
1 div. Tout lu Sant
2 dim. S. ■ Léger
2 dis. Eu Mouorl
3 dij. S. Rosari
S. Ubert
4 div. s. Francès d'A. 43 Dim.
dil. S. Carlo B.
5 dis. s. Placido
5 dim. Sta Bertila
6 Dim. s. Bruno
6 dim S. Leounar
7 dil. s. Serge
dij. S. Nestou
/
8 dim. Sta Reparada
8 div. Lu Quatre Incou.
9 dim. S. Denis
9 dis. S. Teodore
10 dij. s. Francès B. 10
Dim. S. Jacintou
11 div. s. Tarasco
11 dil. S. Martin
12 dis. s. Counrad
12 dim. S. René
13 Dim. s. Edouard
13 dim. s. Stanislas
14 dil. s. Calisio
14 dij. S. Pantena
15 dim. Sta Teresa
15 div. Sta Gertruda
16 dim. S. Ospici
16 dis. S. Edme
dij.
17
Sta Edvija
17 Dim. S. Gregori
18 div. S. Luc
18 dil. S. Alfè
19 dis. S. Pèi re
19 dim. Sta Babeta
20 Dim. S. Agrico)
20 dim. S. Edmon
21 dil. Sta Ursula
21 dij. Présent, de la V.
22 dim. S. Filip
22 div. Sta Cecilia
23 dim. S. Teodoret
23 dis. S. Clemen
24 dij. s. Mairloire
25 div. ss. Crespin-Cr. 24 Dim. Sta Flora
26 dis. s. Jouan de K. 25 dil Sta Catarina
26 dim. Sta Pel fina
27 Dim. s. Frumence
27 dim. S. Maxime
28 dil. s. Alfredo
28 dij. S. Sostène
29 dim. s. Narcisse
29 div. s. Saturnin
30 dim. s. Marcel
30 dis. s. Andrièu
31 dij. s. Siri
En ùuloubre
\loii ponorc goûta loti rùare

Tonssan ientra
St A n'driéu lou souorte

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DESÈMBRE

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D. Q.
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lu 20,
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8 Dim.
9 dil.
10 dim.
11 dim.
12 dij.
13 div.
14 dis.
15 Dim.
16 dil.
17 dim.
18 dim.
19 dij.
20 div.
21 dis.
22' Dim.
23 dil.
24 dim.
25 dim.
26 dij.
27 div.
28 dis.
29 Dim.
30 dil.
31 dim.

1.

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3 oura
m.
6 oura 46 s.
4 our;i 40 s.
7 OUI;L 48 s.

7 54' — c.

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Sta Bibiana
S. Francès X.
Sta Barba
S. Bassi
S. Nicola
S. Anbrosi
Imac. Conception
Sta Leoucadia
Sta Eulàlia
S. Damase
Sta Rosélina
Sta Lucia
S, Niçoise
S.
S.
Sta
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Mesuiin
Adon
Olimpíada
Gatien
Ciprian
Filogone
Tournas

S. Onourat
Sta Vitòria
Cacha-fuec
Calèna
S. Estève
S. Jouan
SS. Inoucent
Sta Eleonora
S. Sabîn
S. Sàuvestre

Calena aufuec,
Pasca àu j'aèc.

sin -

GRANDE MARQUE RECOMMANDÉE

4 35

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�- 17

-I

CROUNICA NIÇARDA
L'ABADÏA DE SAN POUON.— L'ABAT RANCE-BOURREY.
GLOFFREDO.

—

—

PÈIRE

A PREPAU DOU DIALETE NIÇART.

Ben qne pareissènt tardié, VArmanac Niçart s'empressa de
pourtà la siéu febla vous su tout cen que enteressa lou païs, sigue
au pounch de vista istoria loucala, pouesia, tradicioun, sigue
tamben su la taquinanta questioun dóu dialete niçart souvenri
fès pauvada e su la quala lu escritour mouderne soun luen d'estre
d'acordi.
Parlerai finda de M. l'Abat Rance-Bourrey, un beneditin qne
despi quauque an en ça mete à prouflt la siéu erudiciou n a nen
revelà de fach d'istoria inedieh. Se quauqu'un mérita d'estre
laudat es ben éu ; es en éu que VArmanac Niçart tressa la
pamoula de sapiença. En esprimant la nouostra recounouissença,
à l'Abat Rance-Bourrey, fen cen que touplen an denembrat,
vouoli dire de courounà lu siéu travail, frucha de ben de recerca,
dai quali obra sian fier d'avé prestat la prima ajuda. Pouden cità :
lou Discours sur le Monastère de Sainte-Claire de Nice, par Honoré
Pastorelli, publié d'après l'édition originale de Turin 1608, avec
une introduction et des notes ; — "Le Général J.-B.-M. D'Anselme" (Notices biographiques (1740-1792). E aquest'an
l'istorien nen douna — toujou de prima man — YExpulsion de
Mgr Valperga, evesque de Niça, au tèms de la Revoulucioun,
travail anoutat de peça curiouvi que sian urous de pouder metre
souta lu uès dei nouostre letour.
*
* *
Lou fach de l'annada, lou mai marcant, es estat aquéu de
l'Abadïa de San Pouon. Parlon de tout destruge pèr li basti an
siéu luec un espitau Pasteur... UArmanac Niçart es pas Penemic
dóu prougrès, ni men encara dei Bei-Art, ma si fa lou pious dever
de jougne lu siéu esfouors en aquelu dei siéu councitadin quo
l'istoria dóu passat passiouna, pèr que l'Abadïa de San Pouon
sigue counservada e classada couma mounumen istorique. En la
circonstança feliciti M. l'Abat Rance-Bourrey que mé rasoun s'e.s
demoustrat l'ardènt defensour autourisat que counouissen. La
siéu paràula es estada escoutada e lou Préfet de li Alpa-Maritima,
8

'

�— i8 M. de Joly — respetuous dei nouostri tradicioun — en ortie
avertit a proumès que l'Abadïa de San Pouon seria respetada e de
lèu si crusià pèr lou siéu classamen tra lu mounumen istorique.
Dóu resta vequi ce que l'Abat Rance Bourrey nen di su San
JPouon. Counsignen religiousamen li siéu paràula :
« L'Abbaye de Saint-Pons est le plus ancien monument relitgieux existant dans le Comté de Nice. Il y a dou^e cents ans que
sSiagrius y fonda un monastère. L'histoire de ce monastère est
jintimement liée à l'histoire religieuse, civile et économique de la
iville de Nice.
;
« Ce fut à Saint-Pons qu'en 1388 fut'signé l'acte réunissant
le Comté de Nice au Comté de Savoie. Les abbés de Saint Pons
ifurent pris dans les principales familles du Comté : les Badat, les
tLaugery, les Provana, les Lascaris, les Grimaldi, les Martelli, les
;Tournefort, etc. Plusieurs évêques de Nice furent abbés de Saint[Pons, en particulier Barthélémy Chuet (fin du xve siècle) et Jean
, Uriole, son successeur. Un autre abbé, Claude de Seyselle, fut
,évêque de Marseille, puis archevêque de Turin ; d'autres furent
cardinaux, tels Innocent Cibo, neveu d'Innocent VIII et de
f
;Léon X, et Paul Medeci de Cesis dont on voit encore l'inscription
(funéraire à Sainte-Marie-Majeure, à Rome.
:
« A la fin du xvir siècle, l'abbé de Saint-Pons était Pierre
•Gioffredo, le savant historien niçois. Enfin, un abbé de SaintiPons dont les Niçois n'ont pas encore perdu le souvenir, était
(l'abbé Spitalieri de Cessole qui a doté sa ville natale d'un établissement de bienfaisance si justement apprécié. La plupart des
pbbès de Saint-Pons et plusieurs évêques de Nice ont été enterrés
dans l'église ou sous le cloître et dorment aujourd'hui confondus
avec les moines leurs frères qui depuis dix siècles y sont enterrés.
« Les monuments funéraires ont disparu. Le temps a tout
(nivelé à Saint-Pons, singulièrement aidé cependant par la main
ides hommes. On connaît les dévastations commises par
Iroupes de François Ier et de Barberousse, plus tard par celles d
Catinat et par d'autres encore. Après chaque désastre, SaintPons a retrouvé une nouvelle vitalité et il y a à peine trois quarts
de siècle que Mgr Galvano y a fait d'importantes réparations.
;
« Saint-Pons n'est pas seulement une page de l'histoire de
notre pays, c'est un gros volume de cette histoire ; les Niçois
laisseront-ils dire qu'ils sont restés indifférents devant le danger
qui menace Saint-Pons ? Non, ils feront tous leurs efforts pour

�— 19 -

sauver de la destruction un monument qui doit leur être cher...
Je demande d'urgence le classement de l'Abbaye de Saint-Pons,
c'est-à-dire de l'Eglise et des bâtiments claustraux, comme monument historique. »
Lou councours de YArmanac Niçart es aquist. Emé fiertà e
au près de touplen de sacrifici faren respetà l'istoria dóu passat,
la lenga e lu escrich dei orne qu'an ilustrat lou nouostre bèu
pais.
*
* *
Despi quauque tèms, — maladia que reven per intermitença,
— la gran questioun de la grafia niçarda, de l'ourtougrafa, es
messa su lou tapis. De letra soun estadi publicadi, d'autri lou seran, e cresi qu'après ben de charra pèr dire pas gran cauva de
nóu, quasi dirii pèr predicà dintre lou Desert, noun restera
d'aquela discussioun, — Favén déjà coustatat, — pas gran cauva,
ren!... Cadun escrèu à la siéu moda seloun l'esprit dóu moumen,
e serii ben curious de counouisse aquéu que vendria nen dità
une metoda en nen dïen : « la mièu maniera d'escrièure lou
Niçart es la bouona». Discussioun scientifica que pòu passiounà
quauque lenguista, pas mai ; lou mihou es d'escrèure seloun li
letra ditadi pèr la prounouncia. Lou talènt pèr aquéu qu'escrèu
es de si laissà liège, de si faire acapi. Es qu'en en un entan que
frecuenta l'escola primària poudès li demandà autra cauva ?...
Perta de tèms que tout acò, vourria mai s'engenià à recercà lu
viei mot, espressioun, loucucioun courenti que la pous dóu tèms
a rabaïat, dounà au nouostre bèu dialete la coulou que dèu avè,
en respetant lu emprunt que pouden avè fach sigue à l'Italian, à
l'Espagnòu o à tout autre...
Un dialète noun dèu pas estre une lenga scientifica, encara
m en noun còu avè la pretencioun que sigue ouficiela, seria temerari ; lou dialete d'un païs dèu refletà lou caratere d'un'epoca que
lou tèms dèu respetà, enfin escrèure gramaticalamen, un noun
empedisse l'autre, e laissà à l'esprit, au goust lou coumplemen
d'un stile ouriginal, en de frasa councisi que flaton i'auriha.
Aquí fermi la discussioun, risqui de perdre la civada... l'an
que ven, se Diéu mi presta vida, v'en dirai d'autri e couma
d'usança que mi sigue permès de la vous souvetà : Bouona e
uroûva !
L'ARMANAC

NIÇART.

�20 —

LA CIGALA DOU BOUON DIEU
Una cigala dóu Bouon Dieu
Tout l'estiéu
E l'iver en la chambreta, —
L'aiguesias vista la lebreta ! —
Noun vivïa que d'amour
S'assetava su l'ounour;
La cigala cantarela,
Vau chanja de clientela,
Noun es courta d'amatour,
Que li viron tout au tour !
Ma l'ancien de la cigala,
De gros mot ven que s'embala ;
En l'auriha de la maire
Li ven tout aquéu bousin,
Que deja toui lu vesin
Sabon lou long de l'afaire
— Cenqu'as fach m'au tiéu tip ?
Di la maire enrabiada...
Bella Vierge encourounada !
Sera au mancou m'un bouon rie!!...
CH. CIAUDO

PROUVERBI, BOUOI MOT, COUNSÉU E DICH
Tèms d'iver noun ti fidar.
Lu màu dei enfan si garisson soulet.
Cau naisse pèr estre bèu, si maridar pèr estre rie, e mouri
pèr estre brave.
Per aver de raïn, eau caressar la souca.
Agnèu naissut
Vau un escut.
Dansa mihou ventre plen que rauba nova.
L'oumbra dou mèstre engraissa lou cavau.

�LOU MAGOT DE BERTOUMIÉU ISSUGA
O BEN

UNA RAISSADA DE MACAROUN
Conte menloanasqae trouvât dintre d'un armori
de ma nana e que /'Armanac Niçart es tirons de
transcrièure en niçart à Ventencioun dei sièu
fidèle lotour et lelrissa.

Bertoumiéu Issuga, mentounasque de viéia roca, abitava en
coumpagnia de sa mouhié, en carriera dóu Paumoulié. La siéu
frema, malurousamen, era sirnplaria e faia lou siéu desespoir.
Cada matin Bertoumiéu, avant de s'en anà au travail, li recoumandava de noun faire de bestialità. Cou vous dire que toui lu
dissata lou nouostre ome metia en un'armari pertuat dintre la
muraia lou gagne de la semana.
— Bertoumiéu ! pèr qu seria tout aquel argen, demandava
Marioun au siéu marit.
— Es pèr Madjou-long, castagnassa !
*
* *
Un jou Bertoumiéu partet pèr anar à la siéu campagna ;
devia même li restar doui ó très jou pèr souïnar e arousar lu
citrouniè. Marioun souleta matin e sera, s'assetava su lou banquet de la pouorta e faïa de bas... Un predinà veguet un ome
de statura mai que mejana, couma si di, un gran carcan. La
frema de Bertoumiéu lou fissa sensa parpelear, pi pihada d'un'
idea, li diguet :
— Moun bèu Moussu, sias bessai vous Madjou-long ?
Lou merlo pita e noun s'en laissa dire autre, léu li
respouonde :
— Noun vous troumpas pas, bella bruneta, sièu ièu Madjoulong !... Ma perqué mi faire tala demanda ?
Perqué ?... dou moumen que sias Madjou-long, intras su lou
cóu. Li a ja pas mau de tèms que moun marit a mes d'argen
amagat pèr vous...
E sensa mai de ceremounia li remeté lou mandiou dintre lou
quai lu sóu eron groupât. L'ome remercia e la s'esbigna lèu.
♦

* *

�Lou sera, Bertoumiéu arriva, la sièu mouhié li di.
— Sabes, ai vist ancuei Madjou-long !
E l'ome de cridar :
— Malurousa ! — m'en a fach encara una 1
Courre à l'armari, lou mandiou e Pargen, mouis !... Issuga
blastema pica dai pen, es décidât de si desiaire de la siéu frema
Lendeman, dóu téms qu'aissesta durmïa, li cuerbe lu uès emé de
pega de sabatié, pi la pihant pèr la man, la mena dapé dóu CapMartin. Arrivât aqui, Bertoumiéu fa mountar Marioun su d'un
nouguié el'abandouna. La paura, bòrnia, noun sabia doun si
trouvava, ni men encara ce que poudia faire.
En aquéu fra-tèms doui voulur venon s'assetar souta
l'aubre ; après aver abrat quauqui branca sequi pèr s'escaufar, pi
si meton à cuentar lou siéu argen.
La calou faguet delegar la pega que curbia Puès destre de
Marioun e aissesta de cridar :
— E d'un !
Lu voulur, d'estuc, s'isson d'emblée.
— Qu'es acó, diguet l'un.
— Un matagan, faguet l'autre.
La calou seguia á faire lou siéu efet pau à pau durbia Puei
senec.
— E de douî, diguet Marioun.
Dóu cou lu voulur escapon, laissant Pargen espantegat soubre
Perba.
Marioun coumença à li veire clar, cala da l'aubre e ramassa
Pargen, pi lèu s'en camina vers maïoun...
Lou sièu marit, pensierons, era assetat dapè dóu fuec, s'escaufant, fumant la sièu pipeta emé beatituda...
— Bertoumiéu !... o Bertoumiéu !... duerbe-mi, siéu iéu,
Marioun...
— Vai au diàu que ti pihe... ièu que cresii de m'en estre
despegouït...
Ma Marioun, toujou picava, un cóu noun asperava l'autre...
L'ome fenisse per li durbi...
— Ten ! regarda cen que ti pouorti.. . e Marioun pauva lou
sac su lou toulié. ..
Bertoumiéu, entartugat, cuenta Pargen e réfléchisse ; — Marioun es simplaria e deman la vila saupra Pistoria de la fouré . ..
Cóu que Bertoumiéu si dispegouïsse pèr empedi li marridi lenga
de bavar...

�— 23 —
Si mete la vesta, lou capèu e souorte fermant la pouorta i..
Faïa nuech dintre la carriera, ma sensa pena s'encamina
vers una boutiga e croumpa pèr mai de dès kilo de macaroun...
Ientra au sièu e di à la sièu mouhié de si metre au liech.
En tant que Marioun durmïa, Bertoumiéu fa bui lu macaroun, pi lu espantega su lu aubre dóu jardin... Lendeman de
matin la siéu frema, desveiada, si mete à la fenestra...
— O ! Bertoumiéu ! Bertoumiéu ! Vene un póu veire!... O
trest ! vè, a plougut de macaroun !...
— O vai fantauma !... n'as toujou una. .. Ten ! ten !... ma
es ver !...
*
* *

A quauque tèms en ça, Bertoumiéu l'avia previst, Marioun
countet à toui que lou siéu ome noun li picava plus, despi lou
jou qu'ela li avia pourtat de sac plen d'escut...
Lou juge aiguent audit parlar de l'afaire, mandet sounar
Bertoumiéu devant lou tribunal ; la siéu mouhié era estada
citada couma testemoni.
Lou juge. — Bertoumiéu, sias acusat d'aver gardât d'argen
que noun era vouostre.
— Iéu !... Ma moussu lou juge, lou negui ; sièu couma
sabès un travaiadou.. .
E Marioun de dire.
— Noun negar, Bertoumiéu, sabés ben qu'es ver ; es iéu en
persouna que t'ai pourtat la mouneda, qu'avii trouvât en la
fouré.. .
Lou juge. — Anas brave ome, noun negués.. .
— E quoura lou m'as pourtat ?... — Vous juri, Moussu lou
juge, que la miéu frema es fouola !...
— E lou sabes ben, Bertoumiéu, es lou jou que plouguet tant
de macaroun !
— Moussu lou juge aves jamai vist ploure de macaroun ?...
— Jamai ! moun beL amic respoundet lou juge que si tenia
lou ventre dóu rire — Amie, vèu que la vouostra frema es
fouola. .. sias aquitat !...
Bertoumiéu si retira emé Marioun... Noun aigueron plus
de disputa e vieugueron, pareisse urous e pèr longtèms !...
J. E.

�CANSOUN ANCIENNA

PÈR LOU

N'aurias pas vist la miêu fiha
Trin-trin
Lou galerin
A'aurias pas vist la miêu Jiha
Trois-wtrois
Le fils du roi
L'ai vista e l'ai baïada
Trin-trin
Lou Galerin
L'ai vista e l'ai baïda
Trois-trois
Le fils du roi.
Douna-mi la miêu fiha
Trin-trin
Lou galerin
Douna-mi la miêu fiha
Trois-trois
Le fils du roi.
Es aqnela la vouostra fiha
Trin-trin
Lou galerin
Es aqaela la vouostra fiha
Trois-trois
Le fils du roi.
La miêu fiha era pas lernia
Trin-trin
Lou galerin
La miêu fiha era pas lernia
Trois-trois
Le fils du roi
La miêu fiha era pas lua
Trin-trin
Lou galerin
La miêu fiha era pas lua
Trois trois
Le fils du roi.
N'es ni guercia ni poutinouva
Trin-trin
Lou galerin
N es ni guercia ni poutinouva
Trois-trois
Le fils du rois.

MAI

�La miéu fiha n'es pas borni a
Trin-trin
Lou galerin
La miêu fiha n'es pas bornia
Trois-trois
Le fils du roi.
Noun faïa pas belugueta
Trin-trin
Lou galerin;
Nonn faïa pas belugueta
Trois-trois
Le fils du roi.
La miêu fiha n'es pas emberrida
Trin-trin
Lou galerin
La miêu fiha n'es pas emberrida
Trois-trois
Le fils du roi.
La m iéu fiha n'es pas pigada
Trin-trin
Lou galerin
La miêu fiha n'es pas pigada
Trois- trois
Le fils du roi.
La miéu fiha noun es pas ranga
Trin-trin
Lou galerin
La miéu fiha noun es pas ranga
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha noun es pas louorla
Trin-trin
Lou galerin
La miéu fiha noun es pas touorta
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha n'es pas crouoada
Trin-trin
Lou galerin
La miéu fiha n'es pas croavada
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha n'es pas gibouva
Trin-trin
Lou galerin
La miéu fia n'es pas gibouva

�— 26 —
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha noun es foularana
Trin-trin
Lou galerin
La miéu fiha noun es foularana
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha n'es pas ingourda
Trin-trin
Lou galerin
La miéu fiha n'es pas ingourda
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha a pas lou peu de pi g nu
Trin trin
Lou galerin
La miéu fiha a pas lou peu de pig nu
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha noun es narvelouua
Trin- trin
Lou qalerin
La miéu ûha noun es narveloiwa
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha noun a la rougna
Trin-trin
Lou galerin
La miéu fiha noun a la rougna
Trois trois
Le fils du roi.
XXX.

PROUVERB1, BOUOI MOT, COUNSÈU E DICH
Qu duerme ben noun cregne li niera.
Qu vè pissar e noun pissa, crêpa de malícia.-'
Qu douna soun ben avan de mouri
Mérita de pati.
L'amour es lou paradis dei fouol.
L'amour es .la flou de la jouinessa.

�LA MOUORT DAU PAURE TOUNIN

Lou paure Tounin, malàut a setant'an, si presenta à l'espitàu
ma li respouondon que li a plus de plaça.
— Coumplet ! ! !
Quauqu'un li fa capi qu'em'un pau de proutecioun li pourria
intrar. Countrariat dei pas que cóu faire, Tounin vira lu taloun e
s'encamina vers la plaça Massena, piha lou tram, si rende da
Graugnard, à l'espitàu dei can, e li di :
— Moussu lou Veterinari, cresi d'estre un pau mai qu'un
can ?... En aquéu cas souîna-mi...
— Vous souînar aici, ma brav'ome perdés la testa. — Basta,
li di que n'a pas de liech pèrcourcar un crestian, que noun douna
de souin qu'ai bestia !...
Tounin, couma pensas, s'en souorte m'au couor gros e noun
sau plus à que sant si recoumandar. Era aqui au mitan dóu
camin, quoura en aquéu moumen arriba un landau, doun cala
una grossa dama, encapelada, aurias dich un ver foungi, segada
d'un varlet que pourtava religiousamen un can enfeloupat emé de
favour rosa au couol, tapat d'un tapis em'ai iniciala. En veèn
aquéu tablèu lou paure Tounin si lamenta, sangluta fouort.
— Qu'avès lou miéu brav'ome, li di la dama.
— Cen qu'ai Madama ?... trovi que lou vouostre can a mai
de chança que iéu. Li a cinquant-cinq an que travaii, pèr la premiera fès que siéu malàut, noun soulamen mi refuson à l'espitàu
dei estre uman, ma encara mi vèu picar la pouorta au nas èn
aquéu dai can.
— Quevoulès, lou miéu paur'ome, ai fach un vout de mimetre
à la Soucietà Proutetriça dei Animau, de pourtar touti li miéu
ecounoumia à la Caissa de secours pèr soulajar lou sort dei bestia.
Lou fau talamen ben, que vouguessi ben vous dounar un sóu
que pourii pas.
La dama li vira l'esquina e ientra couma un coupa-cisèu da
Graugnard. Tounin roumougna :
— Se ti veguessi en un cantoun ti dounerii mancou un gotou
d'aïga !... vièia sansuga !...
Tounin estrassinat, deble s'alonga un pau plus en là, su d'un
mouloun de peira. Quauqui oura après, couma soufrisia, n'ai-

�guènt ren en l'estomegue depi l'auba, coumençava d'aver lou
rangouioun, quoura passet un canipiè que li diguet :
— Que fès aquí, brav'ome ?
— Couma veès siéu aqui pèr tirar lu patoun. M'an refusat â
l'espitàu, même en aquéu dai can, noun mi resta que de mouri
su d'un mouioun de peira. — Avès un carnet su lou quai enregistras lu fach dóu jou, farias ben de li aloungar lou miéu testamen que poudès mentuar couma acô :
— « Bouon Diéu, se mi fes passar encara une fes sur la terra,
fe-mi naisse can au mancou, li aura une Soucietà Proutetriça dei
Animau que si crusira de iéu e pourrai estre amès en un espitau,
estre souïnat, faire bouona vida, menar une vida de can... »
ANT. ROLAND.

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VIGNE
A M. VALÉRE BERNARD.

Dans le ciel doux la Vigne ètreint les pals de buis.
Sous le pampre le merle alourdi des falernes
Tourne son col gris vair et ses paupières lemes
Qu'argenté la blancheur des immuables nuits.
O / fraîcheur, 6 beauté des Igs et des iris,
Que la Vierge éblouie avec les marjolaines
Cueille le soir venu aux vasques des fontaines
Pour colorer en fête, au crépuscule, l'Euis.
Narcisses, ébeniers, œillet et sensitive
Ah ! Versez en mon âme attiédie et pensive
L'orgueil qui souleva les clairs olympiens.
L'amour qui rafraîchit les Madones pieuses
Et qui vêt de clarté les snls athéniens
Et les ravissements des époques heureuses.
JEAN

PADOVANI.

Quauque souvèt :
Vous souveti la bouona annada.
Que siegue mihau que la passada.
Vous souveti la bouona annada acoumpagnada de touplcn
d'autri.

�Eglises et Chapelles de Nice
La vieille ville de Nice se trouvant sur la rive gauche du
Paillon, pour parler de ses églises, nous commencerons par son
église cathédrale, Sainte-Réparate, vierge et martyre, de celles du
canton Est, et en traversant la rive droite nous nous occuperons des paroisses du canton Ouest.
I. — L'Eglise Cathédrale du Diocèse de Nice est la paroisse
de Sainte Réparate, vierge et martyre, sous l'empereur Decius en
253. Sa fête est le 8 octobre. Cette église est au centre de la vieille
ville (8.500 âmes), Avant 1531 la Cathédrale était près du Donjon, plateau de Nice, et dénommée : Sancta Maria in platea,
dédiée à N. D. de l'Assomption. L'édifice actuel, dans son genre,
ressemble beaucoup à Saint Pierre de Rome, au Vatican. C'était
auparavant une simple église paroissiale
desservie par
les Bénédictins du Monastère de Saint-Pons, près Nice.
Dans son ressort se trouvent l'ancienne église de Saint
Jaume (Saint Jacques apôtre), jadis des P.P. Carmes, fermée
depuis 1903. Après le transfert du titre de paroisse à l'église de
Saint Juste, évèquc, au Gesu, elle fut placée sous la vocable de l'Annonciation de la Sainte Vierge, ainsi que la belle Eglise de la
Miséricorde, sur le Cours Saleya, jadis de Saint Gaétan, fondée
e
par les P.P. Theatins au XVIII siècle et cédée à la noble
confrérie des Pénitents Noirs.
La Cathédrale de Nice, paroisse Sainte-Réparate de nos jours,
fut comme l'ancienne au Donjon du Château {Sancta Maria in
platea), le théâtre de plusieurs f lits historiques mémorables dans
les annales de l'histoire de Nice.
II. — L'Eglise de Saint Jacques, an Gesû, dès son érection
en 1612, dédiée à Saint Juste, évêque. Sa fête est le 2 septembre.
En 1665 fut érigée en paroisse sous le titre de Saint Jacques le
Majeur, remplaçant la paroisse de Saint Jaume. On l'appelle
vulgairement le Gesù à cause qu'elle a été fondée et administrée
par les P.P. de la Compagnie de Jésus.
Appartiennent à cette paroisse les deux chapelles des confréries des Pénitents Blancs, la Sainte Croix, — confrérie la

�óo —
plus ancienne de Nice, — et des Pénitents Rouges, Saint Suaire
et de la Sainte Trinité ; l'Eglise du Couvent de là Visitation,
la chapelle de l'ancien séminaire, à la montée du Château, et
jadis l'Hospice franciscain avec chapelle de Saint Joseph des
P.P. Recollets de Cimiez, convertie en maison particulière.
L'Eglise du Gesù est d'ordre corinthien composite, cons truite sur le modèle de l'Eglise des Jésuites de Turin, dite
vulgairement les Saints Martyrs. ( 10.000 âmes).
A l'extrémité de la rue du Malonat, aux racines de l'ancien
château, on voit un oratoire à la Sainte Vierge Marie, sous le
titre de N. D. du Bon Secours. Les habitants de ce quartier érigèrent cet oratoire en l'honneur de la sainte Vierge, en reconnaissance du choléra en 1854.
III. — L'Eglise paroissiale de Saint Martin Evéque dite de
Saint-Augustin est la plus ancienne, elle fut bâtie sur l'emplacement de l'ancienne chapelle de Saint Martin (1205) et appelée
Saint-Augustin parce qu'elle était desservie par les Augustiniens
dont le couvent a été transformé en caserne. (Caserne Filley, près
l'ancienne chapelle Sincaire).
IV. — L'Eglise de Saint-Francois-de-Paule a été édifiée en
1736 d'après le plan de l'architecte
Guarini. En 1838
elle fut érigée en paroisse par décret de Mgr Galvano et appelée
aussi Saint-Dominique en souvenir de l'ancienne église paroissiale
de ce nom qui s'élevait sur la place Saint-Dominique aux lieux et
place de l'actuel Palais de Justice.
V*— L'Eglise du Port ou de l'Immaculée Conception. D'humble
origine. D'abord ce fut une fort modeste chapelle (1835), transformée agrandie par Mgr Galvano, et l'avocat théologue L. Mari
fut son premier curé..
VI. — L'Eglise Saint-Joseph nouvelle paroisse depuis 1911 la
première pierre fut posée le 19 mars 1911, bénie le 29 octobre et
ouverte au public le Ier novembre 1911 sous le patronage de Mgr
Chapon et dirigée par les soins de M. l'abbé Gabrielli.
A cette paroisse appartiennent la chapelle succursale de Saint
Joseph contigüe à l'Evêché, et la chapelle de Notre-Dame des
Anges sur l'ancienne route de Villefranche.
VIL — Saint-Roch. Cette église paroissiale dans la banlieue
de Nice fut érigée après la peste de r68r. Nice fut délivrée de ce
fléau par l'intercession de saint Roch, confesseur, né et mort à

�- Si Montpellier. La paroisse est divisée en deux quartiers, Roquebillière
inférieure et Roquebillière supérieure, jusqu'à la chapelle de NotreDame de Bon Voyage.
VIII. — Rive droite du Paillon, intra muros, se dresse Notre Dame du Vau, paroisse Saint-Jean-Baptiste, qui remplace l'an
cienne église du même nom devenue chapelle inférieure du Lycée.
Cette belle église, vœu delà ville de Nice en 1835, mt érigée en
1842 et terminée en 1852 par Mgr Galvano, évêque de Nice.
La façade ressemble à celle élevée à Turin en l'honneur du retour
du roi dans les états Sardes en 1814.
IX. — Saiiit-Pierre-d' Aréna remplace une chapelle située à la
Croix de Marbre. Elle fut érigée en paroisse en 1803 par Mgr
Colonna d'Istria. Elle doit son nom à ce fait, c'est que lors de sa
fondation elle se trouvait sur le rivage de la mer séparée par une
bordure de sable fin.
X. — Une ancienne chapelle de Sainte-Hélêne-l'Inspiratrice
existait dans ces parages. Elle fut remplacée en face la mer par
une église sous l'épiscopat de Mgr Recrosio (1727).
Six paroisses « extra muros » dépendent de la commune de
Nice.
Sainte-Marie Magdeleine, sise dans le vallon de Magnan, édifiée sur l'emplacement d'une chapelle de même nom, érigée en
1626 et dite vulgairement chapelle « dei cassaire » à cause du
grand nombre de chasseurs. Après le concordat de 1803 sous
l'épiscopat de Mgr Colonna d'Istria, ce quartier qui depuis 1771
dépendait pour le spirituel de la cathédrale fut érigé en paroisse.
Il existe encore aujourd'hui une chapelle de Notre-Dame du Bon
Conseil changée en demeure particulière . Bientôt le besoin de
la population augmentant, une église sera bâtie à la cité Robiony
par les soins du curé actuel de la Madeleine.
Plus à l'est de la ville, toujours dans le canton ouest ce
l'Arquet, se dresse la paroisse de l'Ariane dédiée primitivement à
saint Arnoux, évêque et à saint Pierre, apôtre. Elle fut érigée en
paroisse en 1809 sous l'épiscopat de Mgr Colonna d Istria. Dans
son ressort se trouve l'ancienne chapelle nécropole de l'Abbadie
fondée en 1635 en l'honneur de sainte Claire pour le besoin spirituel de 450 à 500 habitants qui appartiennent aux communes
de Nice, Cantaron Saint-André. Localité d'avenii et à laquelle
le chemin de fer Nice-Coni donnera une valeur stratégique.

�— 32 —
Gairaut avait au moyen-âge une chapelle de secours desservie
par les religieux chevaliers de l'ordre du temple au début, et par
la suite de Rhodes et de Malte. Sous l'épiscopat de Mgr François
Rosini de Martinengo la chapelle fut érigée en église paroissiale
sous le vocable de saint Sauveur o*u de la transfiguration du
Rédempteur.
Dès 1730 les P. Dominicains de Nice fondent à Saint Pancrace un sanatorium pour religieux martyrs avec chapelle en
l'honneur de Saint Pancrace martyr. Cette chapelle est érigée en
paroisse en 1848 par Mgr Galvano.
Sur le couchant de Saint-Pancrace on trouve la paroisse de
saint Roman . martyr ; l'ancienne chapelle fut érigée en paroisse
ainsi que celle de saint-Antoine de Ginestière en 1803 sous Mgr
Colonna d'Istria.
VALENT IN.

NOU VÉ
Tu Çatarina fai lou pan.
Mdumen de jota, d'alegressa,
Fes audi da toui lu couor :
Lu ange canton l'alegressa,
Fuges l'infer, Juges la mouorl.
Chntou !
L'aarika sabla, li a quaucaren aici vesin,
Sembla que senti li joia d'un festin ;
Audi lu tambourin de laen,
Lu Jlajoulet e li musela,
Lu pastre van à Bethelen
Laisson la cabana soaleta ;
Santo nuech, venes aléa nen ralegrà,
Pourtas à toui la pax et la tranquilità !
Tu Catarina fai lou pan,
Manda Lucrecia au safran,
Despende aléa lou lauvaniè,
Chapla la blea su lou taatié ;
Crala de froumai e roumpe d'iiu
E fai la iourta couma fou,
Ché n'aiguen toui en aboundança (bis)
Santa nuech, venes alèu nen ralegrà,
Pourtas à toui la pa.x e la tranquilità .'
En tant faguen etnb'au vesin
t ua santépér lou Bambin,
Toucan lou gotou de bouon vin,
Ernb'aa vesin pér lou Bambin
Ti-ri-tin-tin ! -tinTi-ri tin !

�— 3Î —

L'Expulsion de Mgr Valperga
fEN SEPTEMBRE

1792)

Le 12 octobre 1780 h population de Nice se pressait aux
abords de la porte Pairoliëre pour y recevoir en grandes pompes
le nouvel évêque Charles-Eugène Valperga di Maglione. Ce
prélat avait couché la veille selon l'usage antique à l'abbaye de
Saint-Pons et devait faire ce jour là son entrée solennelle dans
sa ville épiscopale.
Le cérémonial imposant avec lequel on avait reçu jusqu'alors
les évêques fut encore cette fois observé. L'accueil de la population entière fut des plus chaleureux au rapport de Pierre Scaliero
qui en fut témoin (1). Le nouvel évêque, qui remplaçait Monseigneur Astésan nommé archevêque d'Oristano en Sardaigne,
appartenait à une famille de vieille noblesse dont plusieurs membres avaient exercé, à Nice, des fonctions importantes (2). Il
(1) Voir aux Archives municipales le récit détaillé que ce chroniqueur en a laissé dans ses Mémoires. Pierre Scaliero mourut en 1805.
(2) Jacques Valperga, conseiller ducal, fut lieutenant du gouverneur de Nice en 1454 ; Thoma5 Valperga fut gouverneur du château de Nice en 1565 ; Jean Valperga fut également gouverneur de
Nice en 1596 ; Jérôme Valperga fut commandeur du château de
Nice en 1600 ; Pierre Valperga, frère de Jacques Valperga, était
chevalier de Malte (Arch. municipales, registre des gouverneurs,
commandants et chevaliers de Malte) ; Anne Valperga, fille dAmédée
Valperga, épousa, le commandeur de Malte Jean-Paul Lascaris.
(Voir son testament daté de 1683, arch. des Alpes-Maritimes,
registre B, 297.) Joseph Ignace de Valperga reçut de son oncle, Emmanuel Philibert Chiotera, mie partie du fief de Couaraze dont il fut
investi le 20 février 1753. Son fils, Vincent, céda ses droits à H. Novelli. Jérôme Valperga fut sénateur à Nice de 1761 à 1765, puis
ministre plénipotentiaire de Sardaigne à Gênes en 1780 ; plus tard
il fut ministre etsecrétaire d'Etat, ce dernier était le frère de l'évêque
de Nice et fils du comte François Valperga qui vivait encore en
1795Ees armoiries des Valperga étaient fascé d'or et de gueules, à
la plante de chanvre déracinée, d'argent et brochant. Le cimier
était un bouc naissant au naturel et la devise : « Ferme-toy ».
Nous reproduisons les armoiries de Monseigneur Valperga d'après celles qui se trouvent en tête du catéchisme édité par ses ordres
et dont nous devons le dessin à l'obligeance de M. Joseph Casai
(Extrait de 1' « Armoriai Artistique et Nrbiüaire », Ni.e, 1902.
3

�- 34était directeur du collège des Provinces à Turin, lorsque le roi
de Sardaigne le désigna, pour l'évêché de Nice. Il avait été sacré à
Rome où il avait fait ses études. Monseigneur Valperga se distingua immédiatement par sa vigilance et son activité : il releva
le niveau intellectuel et moral des prêtres de son diocèse et s'attacha à mettre en toutes choses la plus grande régularité. Dix-huit
mois après son installation, il publia un nouveau catéchisme
dont le plan avait été préparé par son prédécesseur ^i). Grâce à

ses relations cordiales avec la eour de Turin, il jouissait auprès
des autorités civiles de Nice d'une grande influence. Après douze
(1) Ce catéchisme en italien fut imprimé à Nice par la Société
Typographique. C'est un petit volume in-douze de 612 pages, portant
la date de 1783. En tête se trouve le mandement de Monseigneur
Valperga du 16 février 1782 qui approuve le travail terminé par
le prêtre auquel Monseigneur Astésan en avait confié le soin, ordonne
sa publication et règle l'organisation des catéchismes dans tout le
diocèse. Deux ans plus tard en 1785, Gabriel Floteront, imprima
un autre catéchisme rédigé en dialecte niçois, petit volume in-12
de 228 pages. Un exemplaire de ces deux ouvrages existe à la biblio
thèque de Nice. — Voir Villarey, Série Cronològica dei Vescovi
di Nizza. — Art. Valperga.

�-35 années de séjour dans cette dernière ville il s'était acquis l'estime
et le respect de tous.
*

• *

Lorsque le 28 septembre 1792 dans l'après-midi, les troupes
piémontaises évacuèrent Nice, il y eut dans cette ville une effroyable panique et des milliers d'habitants s'enfuirent dans la direction de Turin. Ce fut un désarroi et une désorganisation complète de toutes les autorités. iMonseigneur Valperga resta à son
poste et s'engagea à ne point quitter la ville. Le lendemain samedi
29 septembre, il accompagna le second consul Honoré Saissi et
quelques membres du Conseil qui se rendirent, vers les onze
heures du matin, à la villa Feraudi, au quartier St Hélène, pour
offrir les clefs de la cité au général d'Anselme qui venait d'y
arriver à la tête des troupes françaises. Le général fit à la délégation assez bon accueil, mais il s'étonna de trouver parmi ses membres, l'évêque dont la place déclara-t-il n était pas là. Du reste,
d'Anselme attacha si peu d'importance à la démarche îles magistrats niçois que dans aucune de ses dépêches officielles il n'en fit
mention.
Sur le soir du même jour, la petite armée française faisait son
entrée dans la ville et le général s'installait dans la maison du
consul de France à la place St Dominique. L'évêque de Nice qui
tenait à rester au milieu de ses diocésains se présenta de nouveau
vers les huit ou neuf heures du soir chez le général auquel il voulait recommander ses prêtres en lui demandant des respecter les
églises. Le général était entouré de tout son état-major, du consul
de France, Pierre Le Seurre, de Honoré Saissi, second consul, de
Féraudi, secrétaire général de la commune. Ces deux derniers
venus probablement pour appuyer les demandes de l'évêque.
L'accueil du général ne fut pas plus encourageant que la première fois ; il intima même avec insistance au prélat l'ordre de
quitter ta ville en ajoutant que le plus tôt serait le mieux et ce
fut sur ces dernières paroles que l'évêque se retira après avoir toutefois reçu du général la promesse que tout ce qu'il laisserait dans
son palais serait placé sous la sauvegarde de la Nation française.
Il n'y avait pas à tergiverser, l'ordre était formel et pressant, il
fallait partir. L'évêque prit ses dernières dispositious et délégua,
au curé de la cathédrale, le chanoine Honoré Navello, tous les
pouvoirs nécessaires pour administrer le diocèse en son absence.
Aux premières lueurs du jour, Valperga quitta son palais, et se

�— 36 dirigea à pied vers la porte Pairolière. Il avait été impossible de
trouver une voiture car tous les moyens de transport avaient été
réquisitionnés et utilisés le 28 septembre pour permettre l'exode
des habitants terrorisés. Il avait ordre de partir, mais cet ordre
n'ayant pas été donné par écrit, les volontaires marseillais, de garde
à la porte de Turin, refusèrent de le laisser passer, l'accablèrent
d'injures, le menacèrent même de le pendre et ne consentirent á
le lâcher que sur un ordre écrit, sollicité et obtenu du général,
grâce à l'intervention courageuse et au sang-froid d'un jeune
niçois, Joseph Castellinard. Monseigneur Valperga se retira à
Turin et y mourut en 1805 sans avoir jamais pu obtenir l'autorisation de rentrer.
*

* *

Il est établi par les documents officiels contemporains que
Monseigneur Valperga ne quitta son siège que sur les ordres arbitraires du général d'Anselme et ces mêmes documents nous
renseignent très exactement sur les incidents fâcheux qui se produisirent au départ de l'évêque. Du reste, on n'ignorait pas à Nice
comment les choses s'étaient passées et la population savait grê à
Valperga de son attitude et de sa fermeté. De son côté, Valperga
avait eu confiance dans la parole à lui donnée par le général au
nom de la Nation française et à plusieurs reprises il manifesta
son étonnement qu'elle n'ait pas été gardée, que ses biens aient
été confisqués, son mobilier vendu, son nom inscrit sur la liste
des émigrés alors qu'en partant il n'avait cédé qu'à la force.
Parmi les nombreux documents qui se trouvent soit aux archives de Nice, soit aux archives nationales il en est quelques-uns
dont la simple reproduction sera plus probante que tous les corn,
mentaires. Il_suffira de citer :
•i° La lettre du Directoire des Colons Marseillais en date du
25 février 1793, adressée aux citoyens Blanqui et Veillon, députés
extraordinaires de la ville de Nice à Paris, au sujet des réclamations présentées le 23 du même mois par Jean-Jacques Donny, au
nom de Mgr Valperga.
20 La réponse du même Directoire à J.-J. Donny, en date du
26 février 1793.
3„ L'arrêté du Département en date du 13 avril 1793.
40 La réclamation présentée au Directoire du département

�Valperga, aussitôt après son inscription sur la liste des émigrés de
la ville de Nice, dressée à la fin de juin 1793.
50 Les états de frais pour l'inventaire et la vente du mobilier
et effets de « l'émigré Valperga Maillone, citoyen évêque » approuvés par le département des Alpes-Maritimes, le 5 germinal an
III (25 mars 1795).
6° Les actes de notoriété dressés le Ier et 2me fructidor an III
(18 et 19 août 1795) par Gautier, juge de paix à Nice, à la requête de Pierre-Joseph Passeron, agissant en qualité de procureur
subrogé par Nicolas Giorni, procureur spécial et général de Mgr
Valperga, par acte de procuration reçu à Turin le 20 juillet 1795,
notaire Pierre-Joseph Bernochio.
70 La pétition adressée au district de Nice le 4 fructidor an III
(21 août 1795) par Pierre-Joseph Passeron, demandant la radiation du nom de Valperga sur la liste des émigrés.
8° L'avis du district de Nice en date du 5 vendémiaire an IV
(27 septembre 1795) déclarant que Mgr Valperga doit être rayé
de la liste des émigrés.
90 L'arrêté du département des Alpes-Maritimes, en date du
14 prairial an V (2 juin 1797) ordonnant la radiation provisoire
du nom de Valperga de la liste des émigrés.
io° L'acte de cautionnement dressé par le département le
11 fructidor an V (28 août 1797), à la requête de Pierre-Joseph
Passeron, procureur de Mgr Valperga en exécution d'une des
clauses de l'arrêté du 14 prairial an V (2 juin 1797).

�- 38 —

DOCUMENTS ET PIÈCES D'ARCHIVES

Pièce 1.

25 février 1793
Aux cit. Blanqui et Veillon
Une lettre du cit. Donny, associé du citoyen LeClerc, défunt président de l'ancienne administration
provisoire, dont vous avez ci-inclus l'extrait ( 1 ), nous
fait connaître que le cit. Valperga, évêque de Nice,
laissa avant son départ (ordonné à son retour par
Anselme) dans sa maison pour environ 34.000 livres,
argent monnayé, et environ pour 17.000 d'effets en
vaisselle, linge, batterie de cuisine etc.
Une portion de ces effets se trouvent encore dans
ladite maison, sous l'inventaire que nous en avons
fait dresser par les commissaires de l'une et l'autre
administration, lorsque nous avons été installés, mais
il s'en faut de beaucoup qu'elle puisse arriver à la
somme de 17.000 livres, pas même le tiers.
Quant à l'argent monnayé entré dans la caisse du
receveur de l'ancienne administration, nous n'y
voyons point la somme que ledit Evêque désigne
avoir laissé dans sa maison. Nous vous remettons cijoint un extrait de l'état des sommes' que le cit.
Bonnet a reçu en espèces, pendant toute sa gestion
de receveur et trouvées parmi les effets des émigrés
français et niçois.
Nous ne voulons rien préjuger sur l'assertion du
cit. Valperga, quoique nous ayons des indices frappants de vérité. Ce ne sera que lorsque nous aurons
pu les convertir en preuves par le témoignage de
quelques citoyens que nous nous procurerons, pour
pouvoir en demander la restitution et la poursuite
contre le pillage.
En attendant, noùs croyons devoir vous faire part
de cette découverte que nous allons communiquer au
Président de la Convention Nationale et au Ministre.
Arch. des A. M. Registre de la correspondance du
Directoire des Colons marseillais L. 5.
Cet extrait manque au registre ainsi que les autres pièces
énoncées dans celte lettre.

�-hLe 2érae février 1793.
Au citoyen Donny, négociant à Nice
Pièce 2.

Votre lettre du 23me de ce mois, citoyen, nous
demande des renseignements sur le temporel du
citoyen Valperga, Evêque de Nice. Nous allons vous
transmettre tous ceux qui sont à notre connaissance
L'administration provisoire en choisissant l'Evêché
pour le lieu de ses séances, vint s'y établir dans les
premiers jours d'octobre, et tout nous porte à croire
qu'elle ne fit aucun inventaire des effets qui s'y trouvaient, du moins nous n'en avons trouvé aucun dans
les papiers qu'elle nous a remis.
En succédant à cette administration provisoire,
uous avons cru que notre premier devoir était de faire
un inventaire de tout le mobilier renfermé dans la maison épiscopale. Nous y avons successivement procédé
en présence des administrateurs provisoires et à mesure qu'ils nous en remettaient les clefs. Tout le mobilier qui s'y trouvait, ne consistait guère qu'en
meubles meublants et ne nous paraît pas avoir la
valeur de 17 mille livres que l'Evêque lui donne.
Vous pourrez, si vous le jugez à propos, faire prendre
à notre secrétariat une copie de cet inventaire. Tout
ce. qui n'est point renfermé dans les appartements
que nous occupons au premier étage, a été laissé à la
garde de Jean Poma, ancien concierge de l'Evêque et
le nôtre.
Pour nous éclairer sur les 34.000 1. argent monnayé que l'Evêque doit avoir laissé en sa maison,
nous avons écrit au cit. Bonnet, receveur de l'administration provisoire, pour lui demander un état des
sommes en numéraires versées dans sa caisse, comme
ayant été saisies et trouvées parmi les effets des Emigrés français et niçois. L'état qu'il nous a remis ne
monte qu'à 74121. 16 s, et aucun article n'a du rapport
avec les réclamations du citoyen Valperga.
Quant à ce qui concerne personnellement le
citoyen, nous avons demandé au Ministre de l'Intérieur de vouloir bien nous dire la manière dont nous
devions l'envisager. Nous savons qu'un ordre arbi-

�— 40 —
traire de Danselme l'obligea de quitter Nice, le jour
de l'entrée des Français. Mais nous pensons aussi que
la proclamation des Commissaires de la Convention
nationale de France et le décret de celle de Nice,
concernant les Emigrés, étaient des motifs suffisants
pour le ramener à son poste et le rassurer sur les
suites de son retour. En persistant à prolonger son
absence, il s'expose à être traité comme émigré, à se
voir déclarer déchu de sa place et confisquer tous ses
biens. Telle est la disposition de la loi, et quoique
nous ayons consulté le ministre sur le cas particulier
de l'Evêque, nous prévoyons que sa réponse sera de
nous en tenir à la rigueur des lois, ainsi que plusieurs
instructions nous l'ont déjà annoncé.
Vous sentez, citoyens, que tout le mobilier de
l'Evêque doit rester séquestré jusqu'à son retour ou à
la décision du Ministre. Il peut être tranquille sur la
conservation de tout ce que nous avons trouvé en
entrant dans sa maison. Ce qui a pu en être enlevé
avant notre entrée en fonctions, est étranger à notre
gestion. Mais nous employerons tous les moyens qui
sont en notre pouvoir pour en trouver les traces, en
acquérir les preuves et en faire punir les coupables.
Les administrateurs, etc.
Archives des A.-M., Registre
suivants.

,L. 5,/°7i verso et

Lettre des commissaires de la Convention
Nationale et arrêté du Département des A. M.
Nice, le 9 Avril 1793, l'an 1 Ie de la Repu bublique Française.
« Vous voudrez bien, citoyens, en nous envoyant
les noms et prénoms de l'évêque de Nice, nous instruire officiellement d'après les "dispositions des lois,
s'il est censé démissionnaire et son siège vacant.
« Les Commissaires de la Convention Nationale
au département des A. M.
GRÉGOIRE, JAGOT (I)

(1)

Archives des A. M. L. 29 ancien. L

7

actuel.

�— 4i (i3 avril 1793)
Le Directoire ; vu la réquisition du citoyen Procureur Général sindic « Considérant que Charles Eugène Valperga, évêque de Nice, n'avait point quitté
son domicile lors de l'entrée des troupes de la République ; considérant qu'il a lui méme-accompagné les
consuls d'alors quand ils furent présenter les clefs
de la ville et inviter le général Anselme à venir en
prendre possession au nom de la République ; considérant que le général Anselme par ses ordres arbitraires et tiranniques, accompagnés même de menaces contre ses jours, l'ont forcé de s'éloigner ; arrête
qu'il ne peut le déclarer émigré, et qu'il sera répondu
aux Commissaires de la Convention nationale d'après
les principes ci-dessus.. »
Sign : PAUMÉ ; BARLI FABRI ; F. CASTKLIMARD ;
ANGLES ; BERNARDI, secrétaire général. (1)
pjj

ce

^

Aux citoyens composant le Directoire du
département des Alpes-Maritimes..
22 juillet 1793.
Citoyens,
Le citoyen Jean-Jacques Donny, soussigné, chargé
des intérêts du citoyen Valperga, évêque de Nice
absent, ayant été informé que par votre délibération
du 29 du mois passé, ledit citoyen Valperga avait été
déclaré émigré, vous représente avec tous les égards

(1) Archives des Alpes-Maritimes, Registre L,. 3, folio 101. L'Arrêté n'est pas signé par le procureur syndic Jean-François Tourre
ni par l'administrateur Jean-L,ouis de Villiers qui ne partageaient
point l'opinion de leurs collègues. A noter que Tourre était d'Antibes
et que de Viliers était un médecin français établi depuis longtemps
à Nice.
I/Arrêté fut pris malgré le réquisitoire de Tourre qui voulait
déclarer Monseigneur Valperga émigré et malgré un violent discours de Villiers soutenant la même thèse qui fut combattue par
Barli Fabri, par Castclinard et par Anglès. J'ai déjà publié in-extenso
cette délibération du 13 avril T793 au cours d'un article sur l'église
de Nice en 1792-1793 inséré dans Nice Historique du Ier avril 1903,
C'est pourquoi je reproduis ici simplement la lettre des
commissaires et l'arrêté du département.

�- 42 —
dûs au pouvoir dont l'exercice vous a été confié par
le peuple souverain que le citoyen Valperga ne peut
ni ne doit sous aucun rapport être considéré comme
émigré, par les motifs ci-après :
i° Qu'il est de notoriété publique qu'il n'a quitté
le pays que contre son gré et par ordre du général
Anselme :
2° Qu'il a constamment été disposé et a offert
de revenir dans son diocèse, moyennant qu'il ne fut
assujetti à prêter qu'un serment relatif au temporel et
non au spirituel.
3° Qu'enfin et par la raison que n'étant point
indigène, mais étranger, son séjour ici n'a été dé terminé que par sa nomination à l'épiscopat, événement casuel qui n'a jamais pu le soumettre à l'obligation de renoncer pour toujours à sa mère-patrie.
Tous ces motifs, soit qu'on les prenne collectivement ou séparément, démontrent suffisamment,
citoyens administrateurs, le droit incontestable, qu'a
le citoyen Valperga de demander et prétendre la
radiation de son nom du tableau des émigrés, et si
le ministre de l'Intérieur n'a fait aucune distinction
entre lui et les autres citoyens, c'est sans doute qu'il
a ignoré les circonstances qui vous sont exposées
ci-dessus, et notamment la dernière, car s'il les eût
toutes connues, il n'est nullement probable qu'il eût
décidé comme il l'a fait. Toute hypothèse contraire
serait une injure faite à ses sentiments et à ses lumières. Un homme tel que lui, dont les vertus civiques, le patriotisme et les talents l'ont appelé au
poste aussi honorable que pénible qu'il occupe, doit
ressembler autant que possible à la Nation pour
laquelle il agit et qui l'a honoré de sa confiance.
Cette nation est grande, généreuse, magnanime,
juste et bienfaisante.Elle ne peut qu'êtreextrêmement
jalouse de sa gloire, et l'un des principaux devoirs de
ses agents est d'éviter soigneusement d'en ternir
l'éclat.
Le refus qui serait fait de rayer de la liste des
Emigrés le nom du citoyen Valperga, refus qui entraînerait avec lui la confiscation des minces propriétés de ce citoyen, serait un acte qui imprimerait à

�-

43

-

jamais une tache ineffaçable à la gloire du nom français ; tache qui ne pourra manquer de frapper également les yeux des contemporains et ceux de la postérité ; tache enfin que les historiens ne manqueront
pas de faire ressortir par des couleurs enluminées, et
le bel effet qu'un pareil tableau produirait, citoyens
administrateurs, serait votre ouvrage.
Mais non, loin de nous, cette idée ! Vous êtes
républicains ! cela suffit. Les républicains sont vertueux. Ils aiment, chérissent, protègent, respectent
la vertu partout où elle se trouve. Et le citoyen Valperga aussi est un homme vertueux ! Qui en doute ?
Nul bon citoyen, nul honnête homme. Souvenezvous, citoyens administrateurs, que ce n'est que par
ses vertus qu'il a mérité l'amour et l'affection du
peuple Niçois et non par sa qualité d'évêque. Et plût
à Dieu que tous les ecclésiastiques lui eussent ressemblé ! La France n'eut point éprouvé d'aussi horribles secousses, pour asseoir, affermir et assurer sa
liberté.
La République a incontestablement le droit de
renvoyer hors de son sein tout individu qui ne lui
convient pas, mais en renvoyant ainsi un étranger
qui, d'ailleurs, n'a pas encouru la peine de la confiscation de ses biens, elle lui permet de les emporter ou
de les vendre et d'en emporter le produit. Tel est
précisément le cas du citoyen Valperga.
L'exposant demande en conséquence, citoyens
administrateurs, qu'il vous plaise prendre dans votre
sagesse une délibération tendante à rendre audit
citoyen Valperga sa qualité de citoyen français non
émigré, à lui accorder un délai compétent pour rentrer dans ce pays soit comme simple citoyen ou
comme fonctionnaire public et à lui assurer dans
tous les cas la restitution de ses propriétés par lui
laissées sous la sauvegarde de la loyauté française
dans la maison épiscopale, lors de sa retraite forcée,
ou la juste indemnité de leur valeur. Et sera justice.
Nice, le 22 juillet 1793, l'an second de la République française, une et indivisible.
Jean-Jacques DONNY.
l
ARCHIVES NATIONALESF/ 4.867 , dossier Valperga.

�- 44 Pièce 5.

Etat de frais de vente pour parvenir à l'inventaire
et vente des effets de l'émigré Valperga Maillone,
citoyen évêque :
5 germinal an III (25 mars 1795)
Pour une séance de trois commissaires dont un du
District et deux de la Commission municipale, fixée
à trois livres par séance par le Directoire du district
et approuvé par les Représentants du
Peuple
L.
9 »
Papier timbré tant de la minute que
des deux extraits
»12
Pour la copie desdits deux extraits . .
» 8
Droits d'enregistrement
13 10
31

2

Nous soussignés certifions le compte ci dessus véritable.
Signés : J.-B. Thomaty, comm. du dist. ; Savigny,
comm. munie. ; Mabil, comm. municip.
Frais de la vente :
Pour quatre séances de deux corn missaires dont un
du District, un de la Commis, mun. sans le membre
de l'administration fixées à trois livres par séance par
le Directoire du district et approuvé par les Représentants du Peuple .
L.
24 »
Au trompette pour publication de
quatre criées
5 »
Au crieur à la vente, quatre séances .
12 »
Aux portefaix qui ont travaillé au
transport des effets
40 »
Papier timbré tant de la minute que
de l'extrait
1 »
Bougie
3 »
Droits d'enregistrement
27 »
Papier timbré du petit état
» 4
A la femme qui a assisté à la vente
pour l'arrangement du linge
» 12
L.
Signés : J.-B. Thomaty, comm. du
district ; Savigny, comm. municip.

1

159 6

�Vu par nous, membres composant la Commission
Administrative du district et d'après l'arrêté du district, approuvé par les Représentants du Peuple et la
loi du il et 12 Mars, arrête l'état des frais ci-dessus
se montant à la somme de cent cinquante neuf livres
trente centimes, qui seront acquittés par le receveur
du droit d'Enregistrement lorsque le Département
aura vérifié ledit état.
Nice, le 29 ventôse an 3"" de la République française une et indivisible (19 mars 1795).
(Suivent les signatures).
Vu l'état des frais ci-dessus pour parvenir à l'inventaire et vente du mobilier de l'émigré Valperga
Maillone ci-devant évêque.
Vérifié et arrêté par le Directoire du district de
Nice, la Commission Administrative du département
des Alpes-Maritimes approuve ledit état et ordonne
au citoyen Maussier, receveur de l'enregistrement
cîudit district de payer aux citoyens J. B. Thomaty
et Savigny, comm. la somme de 159 livres et 30
centimes pour montant des frais pour inventaire et
vente des susdits effets de l'émigré, laquelle somme
lui sera allouée en compte.
Fait à Nice le 5 germinal an 3me républicain ( 25
mars 1795).
Etat des frais pour parvenir d la vente du mobilier de
l'émigré Charles Eugène Valperga Maillone, citoyen
évêque.
Pour trente-neuf séances de trois commissaires
dont un du District et deux de la Commission municipale, fixé à trois livres par séance par le Directoire
du district et approuvé par les Représentants du
peuple
L.
351 »
A deux portefaix, dix-neuf journées et
demi chaque fixées à cinq livres par jour.
195 »
Au trompette pour publication de
trente-neuf criées fixées à une livre cinq
sols chaque
48 r 5
Au crieur à la vente, trente-neuf séan
ces fixées á trois-livres par séance ....
117 »

711 1$

�- 4* Report
Papier timbré tant de la minute que
de l'expédition
Pour copie dudit extrait fixé à quatre
livres
Papier timbré du présent état ....
Bougie
Droit d'enregistrement
Plus deux autres journées de portefaix à cinq livres
Un paquet de plume
L.

148
4
6
421

»
4
»
»

20
5

»
»

1.182

7

Nous soussignés certifions le compte ci-dessus,
véritable.
Nice, le Ier ventôse an 3me de la République (19
février 1795).
Signés : J.-B. Thomaty, commissaire du district ;
Savigny, comm. ; Honoré Mabil, comm. municipal.
Vu par nous, membres composant la Commission Administrative, de ce District, et d'après la loi
du 11 et 12 Mars 1793 (v. s.) et l'arrêté de cette
Commission approuvé par les Représentants en date
1^ Fructidor, oui l'agent national, arrête l'état des
frais se montant à onze cent huitante deux livres et
trente cinq centimes qui seront acquittés par le
receveur de l'agence de l'enregistrement sur le produit de la vente desdits meubles, lorsque le Département aura vérifié ledit état.
Nice le 29 ventôse an 3me de la République
française une et indivisible (19 mars 1795).
(Suivent les signatures).
Vu l'état des frais ci-dessus pour parvenir à la
vente du mobilier de l'Emigré Valperga Maillone cydevant évêque.
Vérifié et arrêté par le Directoire du district de
Nice.
La Commission administrative du département
des Alpes-Maritimes, approuve ledit état et ordonne

�— if au citoyen Maussier, receveur de Penregistrement
dudit district de payer aux citoyens J.-B. Thomati,
Savigni et Honoré Mabil, commissaires, la somme de
mille cent quatre vingt deux livres trente cinq centimes pour montant des frais de la vente des susdits
effets de l'Emigré. Laquelle somme lui sera allouée
en compte.
Fait â Nice le 5 germinal an 3me républicain (25
mars 1795).
Arch. des A. M. L. 15 ancien p. 44-45 N° 34-35

Actes de Notoriété
Pièçe g

1-2-fructidor an III
18-19 août 1795
EGALITÉ, LIBERTÉ

AU NOM DE LA LOI
Ce jourd'hui, premier Fructidor, l'an troisième
(18 août 1795 de la République française, une et indivisible, à Nice, chef-lieu du département des AlpesMaritimes, par devant Nous, Antoine Gautier Juge de
paix de la Ier, 2m" et 3me section et officier de police,
est comparu le citoyen Pierre Joseph Passeron, natit
tic la commune de Contes et habitant en celle de Nice
depuis plusieurs années.
Lequel en sa qualité de procureur du citoyen
Charles Eugène Valperga de Maillone, évêque de Nice,
subrogé par le citoyen Nicolo Giorni, homme de loi,
procureur spécial et général établi (par acte reçu) par
le notaire Pierre Joseph de Bernochio, le 20 Juillet
dernier (v. s.) qu'il présente, légalisé par le résidant
de la République de Gênes auprès de la Cour de Turin, dont il résulte le pouvoir donné au citoyen Giorni, de subroger en son lieu et place, avec tous les
pouvoirs compris au dit acte, et il présente au surplus l'acte de sa dite subrogation faite par le même
citoyen Giorni, reçu en la ville de Gênes le premier

�- 48 du mois d'août dernier (v. s.) par le notaire Antoine
Baglietto, légalisée par le consul de la République
française.
Il expose que le vingt neuvième jour de septembre
de l'année 1792, l'armée de la République, étant arrivée en cette ville, commandée en chef par le citoyen
général d'Anselme, lorsque ce général, vers le soir,
fut arrivé et il eut pris son logement dans la maison
habitée par le ci-devant consul de la République Le
Seurre, ledit citoyen Evêque Charles Eugène Valperga de Maillone s'y étant présenté, ledit général d'Anselme, en présence de tout son Etat-Major, lui signifia
d'abord de devoir partir de cette ville. Sur quoi le
dit évêque ayant répondu qu'il avait cru de pouvoir
continuer sa résidence en cette ville et tellement l'avait cru, qu'il n'avait jamais pensé de distraire et en
faire partir le moindre de ses meubles et effets, qu'il
avait dans la maison d'habitation de l'tvêque et que
si absolument il lui ordonnait de partir, il le priait de
lui accorder la sauvegarde sur tous lesdits effets et
meubles. Le dit général d'Anselme lui répliqua qu'il
dut absolument partir de cette ville, en ajoutant que
le plus tôt en serait le mieux, et qu'à l'égard de ses
meubles et effets qu'il avait, il les mettait dès ce ino
ment sous la sauvegarde et loyauté de la Nation française et qu'il pouvait en être tranquille, après quoi ledit
évêque Valperga de Maillone, tout tremblant, ayant
dit qu'il allait se conformer dès le lendemain au matin à ses ordres, se retira ; ledit général d'Anselme
lui ayant encore répliqué : le plus tôt sera le mieux.
Et comme il importe audit citoyen évêque Valperga de Maillone de constater le fait ci-dessus expo"sé, suivi en présence de tout l'Etat-Major dudit général d'Anselme et de plusieurs citoyens de cette commune, l'exposant, en sa dite qualité vous présente les
citoyens Pierre Le Seurre, ci-dessus nommé, ci-devant
consul en cette ville de la République, le citoyen Honoré Saissi de cette commune qui pour lors était second consul de la même commune, le citoyen Philippe Emmanuel Féraudi qui pour lors était secrétaire de
Ìa même commune et le citoyen Ange Giraudi aussi

�- 49 de cette commune, pour recevoir leurs dépositions
sur ledit exposé et vous fait instance que de tout lui
soit concédé acte, ce que nous lui avons accordé, et a
signé.
PIERRE JOSEPH PASSERON.

Et de suite se sont présenté les susnommés
citoyen Le Seurre, natif de Craon, âgé de 75
ans, bourgeois, le citoyen Saissi, âgé de 70 ans,
négociant, Emmanuel Feraudi, âgé de 68 ans, notaire, Ange Giraudi, âgé de 63 ans, négociant,
natifs et domiciliés dans cette commune, auxquels
après avoir fait lecture dudit exposé fait par ledit citoyen Pierre Joseph Passeron, en sa dite qualité, les
avons interpellés sur serment que leur avons fait prêter, conformément à la loi, de nous dire en leur âme
et conscience si tous les faits énoncés dans le même
exposé sont de leur connaissance et tous les quatre ont
répondu et attesté tant uniment que séparément en
être pleinement informés, s'y étant trouvés présents,
et que le tout contient la vérité, toute la vérité et
rien que la vérité. En foi de quoi ils ont signé :
LE SEURRE, HOSORI'J
SAISSI, PHILIPPE EMMANUEL FÉRAUDI,
ANGE

GIRAUDI.

Et nous, juge de paix, vu les dépositions ci-dessus, avons de tout concédé acte au susnommé citoyen
Pierre Joseph Passeron en sa dite qualité, pour lui
servir et valoir dans tous les cas, à ce que de droit et
de raison. Fait à Nice, l'an et le jour que dessus.
GAUTIER, juge de paix.
BONIFACI, sec. greffier.
Vu par nous, membres du District de Nice, 3 vendémiaire an IV rép. 25 sep. 1795, TOSELLI, JN COPPON
fils, VÉRANI pr. syndic, SAYTOUR Martin.

�— 5o —
EGALITÉ, LIBERTÉ.

AU NOM DE LA LOI
Ce jourd'hui. second jour de Fructidor de l'an 3
août 1795) de la République française une et indivisible, à Nice, chef-lieu du département des AlpesMaritimes, par devant nous, Antoine Gautier, juge de
paix de la iere, 2M* et 3ME section et officier de police,
est comparu le citoyen Pierre Joseph Passeron : natif
de la commune de Contes et habitant en celle de Nice
depuis plusieurs années
Lequel en sa qualité de procureur du citoyen
Charles Eugène Valperga de Maillone, évêque de
Nice, subrogé par le citoyen Nicolo Giorni, homme
de loi, procureur spécial et général établi (par acte
reçu) par le notaire Pierre Joseph de Bernochio, le 20
Juillet dernier (v. s.) qu'il présente, légalisé par le résidant de la République de Gênes auprès de la Cour de
Turin, dont il résulte le pouvoir donné au citoyen
Giorni, de subroger en son lieu et place, avec tous les
pouvoirs compris audit acte, et il présente au surplus
l'acte de sa dite subrogation faite par le même citoyen
Giorni, reçu en la ville de Gênes le premier du mois
d'août dernier (v. s.) par le notaire Antoine Baglietto,
légalisée par le consul de la République française.
Expose : Primo, que le matin du trente septembre 1792, le citoyen Charles Eugène Valperga de
Maillone, évêque de Nice, en partant de cette ville
avec deux domestiques à sa suite, qui portaient un
paquet et quelques effets, fut arrêté à la porte qui conduit en Piémont, ci-devant nommée porte Victoire,
et conduit au vestibule de la maison presque attenante
à ladite porte, appartenant au citoyen Dominique
Castellinard, où se trouva le citoyen Joseph Castellinard, fils dudit Dominique, et malgré que ledit Evêque Valperga déclara aux soldats de la Garde de la
dite porte qui étaient des Marseillais, que c'était en
conséquence d'ordre qui lui avait été signifié par le
citoyen général d'Anselme qu'il partait de cette ville,
lesdits soldats commencèrent par le malmener et lui
(19

�signifier qu'ils voulaient le pendre et ayant ouvert
ledit paquet et y ayant trouvé entre autres effets, une
ceinture d'évêque, ils déterminèrent, à l'instant, de le
pendre avec ladite ceinture, et ayant essayé si la même
était assez forte pour le soutenir, en la préparant, elle
se fit en lambeaux, de façon qu'ils vérifièrent qu'elle
ne pouvait leur servir et demandèrent audit Joseph
Castellinard fils une corde, pour pendre ledit évêque,
à un grand anneau de fer qui était au plafond dudit
vestibule, servant â y passer une verge de fer pour
peser les marchandises, et ledit citoyen Castellinard
fils, leur ayant absolument refusé de leur donner de la
corde, en s'excusant qu'il n'en avait point, comme
dans tous ces entrefaits ledit évêque se trouve mal et
ne peut plus se soutenir, ledit Castellinard fils lui fit
apporter une chaise, par sa servante à qui quelques
uns de ces soldats donnèrent des coups de poing pour
avoir porté ladite chaise et le même Castellinard le
fit ensuite asseoir sur ladite chaise, en le soutenant,
parce qu'il ne pouvait se soutenir droit ; d'autant plus
qu'en attendant, lesdits soldats marseillais lui disaient mille exécrations, lui crachaient dessus et lui
donnaient des soufflets, et assurément ils l'auraient
fini, si dans cet intervalle un de ses domestiques
n'avait été dire au citoyen général d'Anselme ce qui
venait d'arriver, et ledit domestique étant venu avec
un billet dudit général d'Anselme qui ordonnait à la
garde de le laisser partir, puisque c'était de son ordre,
en conséquence de ce billet lesdits soldats marseillais
se bornèrent pour lors à lui dire et crier mille invectives et injures et le laissèrent partir, ce que ledit
évêque, malgré qu'il ne pût se remuer, à l'aide de ses
domestiques fit au mieux possible en tremblant, de
façon qu'il doit son existence au refus ferme et déterminé que ledit citoyen Castellinard fils leur fit de
leur donner une corde, sans quoi avant l'arrivée du
dit domestique portant l'Ordre du général d'Anselme, il aurait été pendu et étranglé.
Secondoque lefaitci-dessusfut d'abord public et notoire, de notoriété publique dans cette ville et encore
plui le lendemain premier octobre, puisque les autres

»

�— 52 —

soldats de la Phalange Marseillaise, arrivés sur le soir
dudit jour trente septembre, d'abord après leur arrivée
cherchèrent l'évêque qu'ils voulaient le lanterner et
mettre en pièces, comme ils s'expliquèrent hautement,
ce qui joint au fait arrivé dans ledit vestibule de la
maison Castellinard, étant devenu d'une notoriété publique donna l'épouvante à tous les gens honnêtes du
pays, qui disaient que le citoyen général d'Anselme en
ordonnant audit évêque de partir, en mettant sous la
sauvegarde de la Nation française ses meubles et ses
effets, avait voulu le sauver.
Et comme il importe audit citoyen Passeron, exposant en sa dite qualité, de constater par témoins le
fait ci-dessus exposé, il nous présente ledit citoyen
Joseph Castellinard fils de Dominique de cette commune, âgé de 21 ans, de profession, négociant, qui se
trouva présent au fait énoncé dans le Ier article de l'exposé ci-dessus, et au surplus informé de la notoriété
des faits énoncés au second et dernier chef, de ladite
exposition et il nous présente les citoyens Jean-Jacques Donny, natif de Neufchâtel en Suisse, âgé de 39
ans, de profession, négociant ; Joseph Poullan, natif
de Clavesana, en Piémont, âge de 48 ans, négociant ;
Jacques Gerbin, âgé de 60 ans, tailleur, Jean-Marie
Thaon, âgé de 56 ans, négociant, natifs et tous domiciliés en cette commune pour déposer sur ladite
notoriété énoncée dans ledit second fait exposé, pour
recevoir leurs dépositions, et nous fait instance que de
tout lui soit concédé acte, ce que nous lui avons accordé et a signé.
Pierre-Joseph PASSERON .
Et de suite se sont présentés les susnommés citoyens Joseph Castellinard, Jean-Jacques Donny, Joseph Poullan, Jacques Gerbin, et Jean-Marie Thaon,
ci-dessus qualifiés, auxquels après avoir fait lecture
dudit exposé fait par ledit citoyen Passeron, en sa
dite quálité, les avons interpellés sur serment, que
leur avons fait prêter, conformément à la loi, de nous
dire en leur âme et conscience, si tous les faits énoncés dans le même exposé sont de leur connaissance,

�- 53 et ledit citoyen Joseph Castellinard a répondu et
attesté en être pleinement informé pour avoir été
présent au fait exposé dans le i" article de ladite exposition, et pour avoir publiquement entendu dire les
faits énoncés dans le second chef qui était en cette
ville notoire de notoriété publique et lesdits citoyens
Jean-Jacques Donny, Joseph Poullan, Jacques Gerbin,
Jean-Marie Thaon, ont répondu et attesté tant uniment que séparément être pleinement informés de
l'énoncé dans le second chef de ladite exposition,
puisque les faits y énoncés étaient notoires, de notoriété publique en cette ville, et tous lesdits citoyens
ont respectivement attesté pour ce qui les concerne
que tout contient la vérité, toute la vérité et rien que
la vérité. En foi de quoi ils ont signé : Joseph Castellinard fils,Jean-Jacques Donny, Joseph Poullan, Jacques
Gerbin, Jean-Marie Thaon.
Et nous, Juge de paix, vu les dépositions ci-dessus,
avons de tout concédé acte au susnommé Pierre Joseph Passeron en sa dite qualité pour lui servir et valoir dans tous les cas, à ce que de droit et de raison.
Fait à Nice l'an et jour que dessus.
GAUTIER,
BONIFACI,

juge de paix.
sec. gref.

Vu par nous, membres Du district de Nice, le 3
vendémiaire anIV rep. (25 sept. 1795).
Jn. COPPON fils, VÉRANi, pr. syndic, TOSELLI, Saytour
MARTIN.

Arch. Nat. F

7

4867 *

�54 -

PÉTITION au DISTRICT de NICE
et AVIS de ce DISTRICT
ÉGALITÉ,

LIBERTÉ

5 vendémiaire
27 septembre 1795 an IV
AUX

CITOYENS ADMINISTRATEURS
DU DISTRICT DE NICE

Le citoyen Pierre Joseph Passeron, natif de la
commune de Contes, habitant en celle de Nice depuis plusieurs années.
Vous expose en qualité de procureur du citoyen
Charles-Eugène Valperga de Maillone, évêque de
Nice, subrogé par le citoyen Nicolo Giorni, homme
de loi, son procureur spécial et général fondé par acte
reçu dans la ville de Turin par le notaire PierreJoseph de Bernochio, le 20 juillet dernier (v. s) légalisée par le résident de la République de Gênes, près
la Cour de Turin, duquel il résulte le pouvoir donné
audit citoyen Giorni de subroger en son lieu et place
avec tous les pouvoirs compris dans le même acte,
qui se trouve copié mot pour mot dans celui de la
subrogation faite par le même citoyen Giorni, reçu
en la ville de Gênes le Ier du mois d'août dernier
(v. s* par le notaire Antoine Baglietto, légalisée par
le consul de la République française, le 13 Thermidor dernier (3 1 Juillet 1795), qu'il vous exhibe qu'étant arrivé dans cette ville le vingt-neuvième jour
du mois de septembre de l'année 1792, l'armée de la
République française, commandée par le citoyen général en chef d'Anselme lorsque celui-ci y fut arrivé
le soir et eut pris son logement dans la maison d'habitation du citoyen ci-devant consul de la République
Le Seurre, ledit évêque Charles-Eugène Valperga de
Maillone, s'étant présenté, le même général d'Anselme
lui signifia d'abord en présence de son Etat-Major de
partir de cette ville, sur quoi ledit évêque lui répondit qu'il avait cru pouvoir continuer sa demeure dans
cette ville et qu'à cet effet il n'avait jamais pensé de

Pièces 7 et 8

�- 55 distraire, ni faire partir le moindre de ses meubles et
effets qu'il avait dans la maison d'habitation de
l'évêque, que si absolument il lui ordonnait de partir,
il le priait de lui accorder la sauvegarde pour tous ses
dits effets et meubles, ledit général d'Anselme lui
répliqua : Le plus tôt sera le mieux, ce qui tout est
constaté par les attestations ci-jointes du premier et
second jour de fructidor dernier qu'il vous présente
également.
Qu'il résulte aussi par lesdites attestations, que
ledit évêque Valperga de Maillone fut forcé par ledit
général d'Anselme de partir de cette ville que tous
ses meubles et effets fussent mis sous la sauvegarde de
la Nation française et qu'étant parti le lendemain 30
dit septembre, il risqu'à d'être pendu ef étranglé paties soldats de la Phalange Marseillaise qui se trouvaient de garde à la porte ci-devant dite Victoire, ce
que tout fut d'abord notoire et de notoriété publique
dans cette ville.
Vous observe que ledit évêque Valperga est natif
du Piémont où il se retira et que s'il a résidé dans
cette ville, ce n'a été que pour raison de son ministère, que tout cela nonobstant il a été porté sur la liste
des émigrés, a été vendu la plus grande partie de ses
meubles et effets, et cela même nonobstant la préalable réclamation que le citoyen Jean-Jacques Donni,
chargé des intérêts dudit évêque avait fait à l'ancien
département par sa pétition du 22 juillet 1793 (v. s)
qui existe dans les Archives de ce district, résultant
ainsi que tout cela a été fait et opéré contre le droit des
gens et la sauvegarde de la loyauté française qui fut
promis audit évêque.
En conséquence, l'exposant demande en sa dite
qualité de procureur dudit citoyen évêque CharlesEugène Valperga de Maillone la radiation de son
nom de la liste des émigrés, la levée des scellés, la
restitution de ses propriétés et l'indemnité de celles
qui ont été distraites et vendues au nom de la Nation,
et sera justice.
(21 août 1795).

�- 56 Nice le 4me jour de Fructidor de l'an 3me de la
République française une et indivisible.
Signé : Pierre-Joseph PASSERON.
Vu la pétition ci-dessus du citoyen Pierre-Joseph
Passeron présentée au nom et comme procureur subs
titué du ci-devant évêque de Nice, Charles-Eugène
Valperga tendante à obtenir la radiation de son nom
de la liste des émigrés, la levée du séquestre et remission de ses effets restant ainsi que l'indemnité de
ceux qui ont été distraits ou vendus.
Vu une première pétition présentée à l'ancienne
administration du département par le citoyen JeanJacques Donni, au nom du citoyen Valperga en date
du 22 juillet 1793 tendante aux mêmes fins.
Vu la procuration en date du premier août 1793
(V. s.) faite à Gênes, par devant le notaire public Antoine Baglietti, légalisée par le Consul de la République française y résidant, ainsi que l'acte de procuration y inséré, en date du 20 Juillet 1795.
Vu l'attestation de quatre témoins faite avec serment par devant le juge de paix de la 1", 2"", 3me section de cette commune, en date du 1" Fructidor dernier '18 août 1795).
Vu autre attestation de cinq témoins faite par
devant le susdit Juge de paix, le 2 dit fructidor, aussi
sous serment.
Considérant que par la première des 2 attestations il est pleinement prouvé que le vingt-neuvième
septembre 1792, aussitôt après l'entrée de l'armée
française dans cette commune, le sus-nommé évêque
Valperga s'étant présenté au général d'Anselme qui
la commandait en chef, celui- ci lui ordonna d'abord
en présence desdits témoins et de tout l'Etat-Major.
u'il n'avait qu'à partir de la ville, et malgré que le
it évêque lui observa qu'il avait cru de pouvoir y
rester tranquillement et qu'à cet effet il n'avait fait
partir aucun de ses effets et meubles, le général lui
répliqua de partir absolument de la ville, en ajoutant
que le plus tôt serait le mieux, l'ayant assuré qu'à

a

�-5;l'égard de ses meubles et effets de sa maison, il les
mettait dès ce moment sous la sauvegarde et loyauté
de la Nation française et qu'il pouvait en être tranquille.
Considérant qu'il résulte par lesdites attestations,
et il est prouvé que l'évêque Valperga, d'après les
ordres précis et réitérés du général d'Anselme, partit
le lendemain 30 septembre de cette ville.
Considérant que par la susdite attestation du deux
Fructidor il résulte que l'évêque Valperga, au moment de son départ de cette commune, ayant été arrêté à la porte qui conduit au Piémont, par les soldats
qui y étaient de garde, lesquels tentèrent de le pendre,
il évita la mort par les soins du citoyen Joseph Castellinard, un des déposants, et il ne fut laissé libre que
d'après un billet du général d'Anselme, qui ordonnait à ladite garde de le laisser partir, puisqu'il s'en
allait de son ordre
Considérant que tous ces faits sont devenus de notoriété publique dans cette commune, dès le même
jour 30 septembre et Ier octobre suivant, ainsi que
quatre témoins l'ont attesté.
Considérant que le citoyen Valperga ne s'est absenté de cette commune et ci-devant Comté de Nice
que d'après les ordres du général d'Anselme auquel il
témoigna son regret.
Considérant que le départ du citoyen Valperga
ayant été forcé il ne peut pas être qualifié d'émigration.
Considérant que son intention de rester dans cette
commune est d'autant plus constatée, que le citoyen
Valperga a été le seul fonctionnaire public, il soit
resté à son poste, n'ayant soustrait aucun des meubles
et effets de sa maison, lesquels ont été ensuite distraits
et vendus par la Nation.
Considérant que le citoyen Valperga ne peut être
non plus considéré comme réfractaire aux lois de la
République, tandis qu'à l'époque de son départ de cette
commune, aucune loi de la République, surtout à
l'égard des ecclésiastiques, n'y avait été encore publiée
à laquelle eut pu contrevenir.

�— 58 —
Considérant que le citoyen Valperga ne pouvant
être considéré ni comme émigré, ni comme réfractaire, ne pouvait être privé de ses propriétés laissées
dans cette commune lors de son départ, sous la sauvegarde de la loi et de la Nation française qui lui fut
accordée par le général d'Anselme, et qui étant digne
de la loyauté de cette Nation, ne pouvait être violée
sans blesser le droit des gens.
Considérant au surplus, que le citoyen Valperga,
originaire piémontais, ne faisait sa résidence à Nice,
qu'à raison de son épiscopat, ce qui ne donne qu'une
résidence easuelle, et que sous tous les rapports, il
n'a cessé d'être étranger à l'égard du pays de Nice et
de la France.
Considérant que l'article 6, section deux, N° 2 de
la Loi du 25 Brumaire (15 novembre 1794) en déclarant émigrés les citoyens domiciliés dans le cidevant comté de Nice, qui sont sortis depuis le 27
septembre 1792, n'a point porté atteinte au droit des
gens dans la personne de l'étranger, qui se trouvait
dans ce même pays, où il n'aurait pas établi son vrai
domicile.
Considérant que le citoyen Valperga, qui avait été
forcé par le gouvernement de partir de Nice, n'a dû
plus y revenir dans le terme même prescrit par les
lois aux citoyens de la ci-devant Comté de Nice,
puisqu'il ne devait point imaginer qu'il fut compris
dans l'invitation, malgré qu'il ait été porté sur la
liste des émigrés.
Considérant que ce nonobstant, lorsqu'il sut qu'il
avait été porté sur la liste des émigrés de cette commune, s'est empressé de présenter sadite pétition
du 22 Juillet 1793 dans laquelle il demanda non seulement la radiation de son nom de ladite liste, mais
encore un délai convenable pour rentrer dans cette
commune, soit comme simple citoyen, ou comme
fonctionnaire public, ainsi que la restitution de ses
propriétés par lui laissées sous la sauvegarde de la
loyauté française dans la maison êpiscopale lors de sa
retraite forcée, ou une juste indemnité de leur valeur.

�- 59 Considérant finalement que,d'après toutes les circonstances sus-ênoncèes, aucune loi concernant les
émigrés ne peut être applicable au citoyen Valperga,
et que toutes celles qui pourraient le regarder relatives au séquestre des biens appartenant aux habitants
des pays en guerre avec la République française ont
été rapportées par le décret du 14 Ventôse dernier
(4 mars 1795). •
Le Directoire du district de Nice, oui le procureur syndic, est d'avis que le citoyen Charles-Eugène
Valperga ci-devant évêque de Nice ne doit point être
considéré émigré.
Qu'il doit être rayé de la liste des émigrés, que le
séquestre apposé sur ses propriétés doit être levé, qu'il
doit être réintégré dans la possession et jouissance
d'iceux, que tous receveurs ou dépositaires doivent
lui restituer les sommes qu'ils ont perçues, résultant
du produit desdites propriétés et qu'il doit recevoir
la juste indemnité des meubles et effets qui seraient
passés au profit de la Nation.
Fait à Nice, dans la salle des séances le 5me Vendémiaire an 4me républicain (27 sept. 1795). Signé
Saytour Martin. Verani,
procureur syndic, Angles v. prés.
Touzelly. Jn Coppon fils.
Enregistré au feuil. 20 registre des prévenus
d'émigration et signé BARRAIA, commis greffier.
Certifié conforme par nous Ve président et secrétaire du district Jn COPPON Fils V,-PRÉSIDENT
BARRAIA Cis greffier.
A rch. Nat. F 7 4867

2

�— 6o —

Pièce 9.

LIBERTÉ (vignette) ÉGALITÉ
BUREAU DES
ÉMIGRÉS

Extrait des registres des délibérations et arrêtés de
l'Administration Centrale du département des Alpes Maritimes.
(2

juin 1797)

Séance du quatorze Prairial an 5mf de
la République française une et indivisible.
Sur le rapport d-e la pétition présentée par le
citoyen Pierre Joseph Passeron, procureur fondé de
Monsieur Charles Valperga, ci-devant évêque de
Nice, dans laquelle il expose que ledit Charles Valperga n'a jamais dû être atteint des lois relatives à
l'émigration, soit qu'on le considère comme parti en
suite d'une force majeure, soit en sa qualité de piémontais et demande en conséquence la radiation de
son nom de la liste des Emigrés, sa réintégration
dans la possession et jouissance de ses propriétés et
une juste indemnité, des meubles et effets qui sont
passés au profit de la République.
L'Administration Centrale du département des
Alpes-Maritimes, considérant que M. Charles Valperga, comme piémontais, n'habitant Nice que pour
cause de son emploi, n'aurait jamais dû être porté
sur la liste des émigrés du département.
Que le seul motif qui a pu déterminer le général
d'Anselme à lui ordonner de partir de la ville de
Nice, ne peut avoir été que la susdite qualité de
piémontais.
Considérant enfin, que comme sujet du roi de
Sardaigne, il est dans le cas de jouir de l'article i,r
de la loi du quatorze nivôse an troisième, (} janvier
1795), ainsi que de l'article neuf de la loi du trente
Floréal an quatrième, (19 mai 1796).
Arrête, oui le commissaire du Directoire Exécutif
que le nom de Valperga, ci-devant évêque de Nice,
qui se trouve inscrit sur la liste des émigrés, sera

�— 6i —

provisoirement rayé ; que tout séquestre qui pourrait
avoir été mis sur ses biens sera levé, qu'il sera réintégré dans la possession et jouissance de ses propriétés,
et que toutes les sommes versées dans les caisses publiques, lui seront rendues, déduction faite des frais
faits conformément aux lois.
Fait et arrêté* en séance publique le jour, mois et
an que dessus.
Signé : Donny, président Payani, fils, Scudéry,
Oberti, Hancy (et en marge Gastaud commissaire
du Directoire Exécutif).
Certifié conforme à l'original par nous président
et secrétaire de l'Administration centrale du départemeni des Alpes-Maritimes.
DONNY, président
BELMONDI, sec. chef au bureau des émigrés.
Arch. Nat. F 7 4867 2

ACTE DE CAUTIONNEMENT
Pièce 10.

11 fructidor anV (2&amp; août 1797)
LIBERTÉ ÉGALITÉ
Ce jourdTiui 11 fructidor an 5 de la République
française une et indivisible (28 août 1797) par devant nous, membres composant l'Administration
centrale du département des Alpes-Maritimes, est
comparu le citoyen Joseph Passeron, natif de Contes,
chef-lieu de canton, domicilié dans cette commune,
procureur fondé de Monsieur Charles Valperga, cidevant évêque de Nice, en vertu d'acte de procuration du 20 juillet et premier août 1795 (v. s.) lequel
en sadite qualité, dépendamment à l'arrêté de cette
administration du quatorze prairial an cinq (2 juin
1797) portant que le nom de Valperga, ci-devant
évêque de Nice, sera provisoirement rayé de la liste
des émigrés, que tout séquestre qui pourrait avoir
été mis sur ses biens sera levé, qu'il sera réintégré
dans la possession et jouissance de ses propriétés, et

�— 62 —

que toutes les sommes versées dans les caisses publiques lui seront rendues, déduction faite des frais
faits, conformément aux lois, désirant de se conformer au porté par l'article 3 de la loi du 5 Brumaire
an 3 (26 octobre 1794) qui exprime que les prévenus
d'émigration seront tenus de donner caution solvable de la valeur mobilier, et ne pourront obtenir
leurs immeubles jusqu'à ce qu'il ait été définitivement statué sur leurs réclamations par qui de droit,
toujours en sa dite qualité a présenté pour caution le
citoyen François Grosson, marchand drapier de cette
commune, lequel ici prése.it et acceptant, s'oblige
conjointement et solidairement avec ledit Valperga
et pour celui-ci ledit Joseph Passeron, et sous l'hypothèque de tous leurs frens présents et à venir, à l'entière exécution de ce qui les concerne en la susdite
loi, et à la représention des mobiliers, effets et sommes à percevoir en dépôt que besoin sera, et quant
aux mobiliers invendus et en dépôt seront soumis
d'en représenter la valeur à laquelle seront estimés
par experts, préalable rémission.
Et nous, administrateurs susdits approuvant lesdits
cautionnement et acte de soumission, à la réquisition
dudit citoyen Joseph Passeron, avons dressé le présent acte que toutes les parties ont signé avec nous,
ayant au préalable fait renoncer audit François Grosson au droit de premier convenir.
Fait à Nice les jours, mois et an que dessus.
Joseph

PASSERON,

François GROSSON,
prés., PAYANY FILS,
MARUN-SAYTOUR, sec. en chef

HANCY, DONNY,
P.

Acte original sur timbre de 20 centime*.
Arch. Nat. F

7 4867^

�— 63 -

CONCLUSION

Il était avéré pour tous, dans la ville de Nice, que Mgr
Valperga était parti contre son gré et si la première Administration départementale, installée au mois de Mai 1793,
l'avait inscrit sur la liste des émigrés de Nice, c'était à la
suite d'une réponse faite par le ministre de l'Intérieur, Garât,
aux questions à lui posées par le Directoire des Colons Marseillais sur la conduite à tenir vis-à-vis de l'évêque.
Les questions avaient été envoyées à Paris, vers la fin
de Février 1793, et la réponse du ministre ne parvint à Nice
qu'au milieu de juin suivant, soit quelques jours avant la
publication de la liste des émigrés. Les réclamations de
l'évêque, retiré à Turin dans sa famille, furent présentées
le 22 juillet 1793 (1) ; mais comme beaucoup d'autres, elles
s'entassèrent dans les bureaux du Département, qui n'y
répondit même pas.
Cette réclamation fut présentée au nom de l'évêque par JeanJacques Donny au Département. lîlle figure en original au dossier
Valperga.
Voir ci-dessus.
Le registre des délibérations du département manque aux Archives pour les derniers mois de 1793, exactement du Ier mai au 10
Novembre, comme pour les six derniers mois de 1797 et l'année entière de 1798, exactement du 8 Messidor an V (26 Juin 1797) au 25
Pluviôse an VII (13 février 1799).
C'est-à-dire pour les deux périodes les plus troublées et cette
disparition est tout au moins étrange.
Elle doit être vraisemblablement attribuée à certains hommes
politiques désireux de laisser dans l'oubli leur conduite durant ces
deux époques.

�- 64 On était dans la période la plus aiguë et, en pleine
Terreur.
Après le 9 Thermidor et, surtout après la venue à Nice
du représentant Beffroy, au mois de Floréal, an III (Mai
I795)»
les esprits devinrent plus calmes, les administrations plus pondérées. C'est alors que, sur de nouvelles demandes présentées au District, et sur avis favbrable de
celui-ci, le département des Alpes-Maritimes accorda à Mgr
Valperga sa radiation provisoire, le 14 Prairial, an V (2 Juin
1797). Comme on le voit, l'affaire avait traîné en longueur.
Il semblait alors que rien ne s'opposait plus à la rentrée
de l'évêque : le 11 Fructidor, an V (28 Août 1797), le Département avait agréé la caution de François Grosson (1) ;
les biens de l'évêque allaient lui être rendus, et il pourrait
rentrer.
Mais huit jours après, le coup d'Etat du 18 Fructidor (4
septembre 1797) remettait le pouvoir aux mains des Jacobins, la guerre aux émigrés et aux ecclésiastiques, en particulier, reprit avec âpreté. Pe département des Alpes-Maritimes se vit accusé d'avoir préparé une rentrée triomphale à l'évêque, son arrêté du 14 Prairial resta sans effet
et, en vertu de la loi du 19 Fructidor (5 septembre), les
scellés furent de nouveau apposés sur les biens de Mgr Valperga par deux commissaires municipaux (2).
En vain, l'évêque de Nice, fit intervenir auprès du Directoire Balbi, l'ambassadeur du Roi de Sardaigne à Paris,
le dossier de sa demande en radiation fut examiné sans
aucune bienveillance.
(1) L/Acte original de ce cautionnement sur timbre est aux
Arch. des Alp.-Maritimes Q. 10.
(2) Mise de scellés sur les biens de Charles Eugène Valperga par
deux commissaires de la municipalité de Nice. Une scéance, 6 livres.
Dépense approuvée par le Département, en Germinal an VI (avril
1798). Arch. des A. M. Q. 11.
Mgr Valperga ne possédait à Nice aucun immeuble et il devait
rester fort peu de chose de son mobilier après la vente qui en avait
été faite en Ventôse an III. La bibliothèque de l'évêché avait été déclarée bien national et la caisse diocésaine avait disparue en octobre 1792
sans laisser de traces dans les pièces administratives. Le séquestre
a été apposé sur les biens de nombreux émigrés rayés provisoirement.
On peut en voir la liste aux Archives des A. M. Q. 10, où Valperga
figure sous le N° 65.

�- 65
Á la suite de la lettre de Balby datée de Paris le 7 février
1798, le ministre de la police demanda à ses Bureaux un
rapport sur l'affaire Valperga. Pe voici tel qu'il se trouve
en minute au dossier.
Attendu que rien ne tend à constater le prétendu ordre
de quitter Nice, d'où il suit qu'il faut en croire sur parole
l'émigré.
Qu'à raison de son domicile, il était tenu de rentrer sur
le territoire dans les délais voulus par les lois.
Qu'il est atteint par la déchéance et n'a réclamé que
l'an V.
Qu'il ne paraît pas y avoir lieu de violer la loi en faveur
de cet ex-évêque dont la rentrée prohibée par la Constitution serait d'une influence dangereuse.
J'estime qu'il y a lieu à proposer la maintenue sauf
à prendre des renseignements si toutefois on les trouve
indispensables.
CAIGNART,
Sous-chef (2e Bureau).
En tête de cette minute est écrit :
« Je pense qu'il y a lieu à instruction et à prendre
des renseignements près les Administrateurs du département_des Alpes-Maritimes. »
Signature illisible (1).
Ces renseignements furent-ils demandés ? C'est probable et cela explique que bien des pièces du dossier Valperga sont en double expédition. Plus d'une année s'écoula
encore, avant que fut prise une décision et finalement sur
un rapport défavorable de la Commission d'examen instituée près le Ministère de la police pour l'étude des demandes en radiation, le Directoire exécutif signa le 7 Floréal
an VII, (26 avril 1799) un arrêté qui maintenait définitivement, sur la liste des émigrés, Mgr Valperga et annulait
toutes les décisions rendues antérieurement, en sa faveur,
par les. autorités locales.
(1) Arch. Nation. F 7 4862 2 dossier Valperga. Rapport de la
3 me Division du Ministère de la police, sans date mais joint à la
lettre de Balbi.
»

�- 66 -

Varrêté du Directoire parvint à Nice les premiers
jours de Prairial an VII (Mai 99) et fut immédiatement
mis à exécution. (1).
*

* *

Ainsi donc Mgr Valperga expulsé ne put jamais obtenir
de rentrer, les lois sur l'émigration étaient tellement embrouillées et tyranniques qu'une fois inscrit sur une liste
d'émigrés, il était extrêmement difficile de s'en faire rayer
malgré toutes les démarches ; car on se heurtait sans cesse
à des questions de forme et de procédure ce qui permettait
à la malveillance de s'exercer tout à fait à l'aise sous le
couvert de la légalité.
A. J.

PvANCE-BOURREY.

(1) De 21 Floréal an VII (10 mai 1799), il fut communiqué
par le ministre de la police générale de la République aux diverses
administrations intéressées et aux Commissaire du Directoire exécutif
près le département des Alpes-Maritimes. Celui-ci par lettre du 3
prairial (22 mai 1799) demanda au Département de le transmettre
à la Municipalité de Nice, ce qui fut fait le même jour avec ordre
de le transcrire sur ses registres, de faire apposer les scellés ou séquestre sur tous les biens meubles et immeubles de l'évêque si ce
n'est déjà fait, et de mi notifier sans délai la décision prise à son égard.
Voir lettre du Département à la Municipalité, celle du Commissaire au Département, 3 Prairial an VII avec la réponse du Département 4 Prairial.
Arch.. des A. M. Q. 1 et 2 et Arch. Nationales, dossier Valperga,

�NIÇA LA BELLA
VERS DE /.

Giordan,

su

DE CARTA POUSTALA

Ai rai dôu nouostre bouon soulèu
Venon s'escaufar toui lu lùssi ;
Es un meravihous tablèu,
Ai rai dôu nouostre bouon soulèu,
Trouvas, dou Var fin au Castèu,
Anglés, Rouman, Danesi, Rùssi :
Ai rai dôu nouostre bouon soulèu
Venon s'escaufar toui lu lùssi.
Pèr tu, as touti li bèuta,
Terra de lus e d'alegria,
D'un ciel d'azur, as la clartà,
Pèr tu, as touti li bèuta.
De l'univers, en verità,
Siès la uechièma meravia ;
Pèr tu, as touti li bèutà,
Terra de lus e d'alegria.
Dintre lou tèmp, Semiramis
Faguet basti, à Babilouna,
Pu siéu jardin, vèr paradis !
Soubre Paioun, degun s'estouna
De vèire, ancuèi, lou paumoulié
Drissar au ciel la siéu coulouna
E lou galofre, e l'anemouna
Flouri emb'au pourtegalié.
De bouon matin, quitant maioun
Pèr la journada touta'ntiera,
S'en va lavar, dintre Paioun
Pa bugadiera.
D'un glourious passat es fiera
Perqué, d'un tèmp, sus lou bastioun
Au Turc, arranquèt la bandiera
Pa bugadiera.

�fet 68 —

Sau de fouora fa freï,
Que brima,
A Niça, sus lou Quèi,
Si rima.
Pescadou, fourestié,
De la mar bressarella,
Escouton voulountié
Pa doussa cantinella.
L'AVOUCAT

PATTA

L'estudi de l'avoucat Patta es en plen aria ; si tèn lou matin
couma lou predinà su la plaça dôu Palai. Es un ome pichounet,
touplen raplot, li pocha enfli de papiè de touta mers. En lu vièi
quartiè es proun counouissut e li capelada, « Bouonjou Moussu
l'Avoucat », noun li mancon. Es ben m'ai juge, proucuradou, etc.
Lu siéu ounourari soun bouon pati e n'a de preferença pèr
qu si sigue. Parla au premier maufatan vengut, couma se fousse
un agnèu que vén de naisse ; lou créancier o lou débiteur soun
tratat su lou même pen... basta que mouson...
L'avoucat Patta es de noutarietà reputat pèr un ome judicious, òunest — au noun si flata de l'estre au jou d'ancuei ; —
finda counouisse, es en relacioun d'afaire emê de gros persou nage que dintre la finança dôu siéu coumerce, soun quasi d'usurari. Sau menajar la cabra e lou caulè ; e pèr que la mouneda
noun li escapa si desbrouïa e si mete dôu cousta dôu manche...
d'aquéu que casca lou de mai...
Acò fa que toui lu matin que lou Bouon Diéu a fach, la siéu
doumestica mete toujou quaucaren au fuec. Lou dimeneghe, coum'un bouon crestian, — tartufaria que lou pauva, — va audi la
gran'messa à Santa Réparada, fa la siesta e à la calada dóu soulèu,
passeja su lou Cours, pastrouia, fa lu cent pas, noun parla que de
lei, proucès, citacioun, ensin alestisse lou travail dôu dilun...
Lendeman empastra ben d'afaire, mete facilamen en lou sac
Moussu Tout'Un emé Moussu Tout'Autre... En éu que li pòu
faire ?... lança dapertout lou broumech, tant pis pèr aquéu que si
laissa agantar. Quaranta sóu es lou près d'atac e vous pregui de
crèire que douna pas la siéu journada pèr doui o tres escut.
L'avoucat Patta counouisse l'usança dôu païs... s'avès touort,
vous rouïa, s'avès pi rasoun, v'espia... Que voulès aima manjar
lou pei, lou pei que noun aiguë d'espina...
JULI EYNAUDI.

�-«9VA

MAU ! !

Va màu, cresé-vous, que va màu 1
En l'orizoun lou voile negre
N'es qu'un gran camp cargat de pebre,
Qu'à pala lou jeten davan,
Avuglan finda lu cavau 1
Lu canoun soun su li frountièra,
Alignât couma de barriera,
N'esperon plus que lou signàu !
Lou soulèu, aquel animàu !
Stan, noun vòu levà la vela,
Si foundon couma des candela
Enb'aquèu coust dôu diàu !
Le Giacouuda à cóu de d/stràu
Li fan petà li sièu moulura...
Ah ! dèu faire bella figura
Se l'an foutuda en quauqua tràu
Lou pan crèise, finda la sàu,
Lou sucre dintre li boutiga
Mounta ben mai que de boufiga !
Van jusque crèise lou rampàu
E la pèu que fau lou tambau ;
Metran de drech su li nourriça,
Su lu chichi, su li saucissa,
Perqué pas soubre lu magàu ?
E lou Prussian, marrit bertàu,
Noun sabon fa que de babïa,
Per lou Maroc e l'Algèria,
Se faran mètre lou mourràu !
Li serreren toui lou pourtàu
E pi veiren touta la França
Davan la sieù grossa arougança
Se noun si sau garda li clàu !
Es de rima d'un manechàu,
Ma sien d'estiéu, vesin, vesina,
Li passeres en la resina
Avant que vegon l'espitau !
CHARLES CIAUDO

�Valère Bernard
Tout en heurtant le marteau contre la porte de M. Valère
Bernard je songeais. Je me suis complu dans le plus souriant
mépris des idoles. L'ironie a tremblé sur mes lèvres quand
la Provence a dans un ravissement de joie acclamé le poète de
Maillanne. Cette mascarade d'apothéose me répugnait.
Et maintenant la curiosité me fourvoyait dans le studio
d'un consciencieux artiste que les felibres couvraient de gloire.
Elève de Puvis de Chavannes M. Valère Bernard pasticha le
Maître. Mais vite il eût l'intuition qu'à se perdre dans les sentiers
battus il courrait risque de compromettre son crédit. Il dit
adieu à Paris et vint dans Marseille, l'opulente cité.
A cette époque vivait un exquis écrivain, J. Lombard. Il venait de publier deux œuvres d'une grandiose beauté, VAgonie et
Bysance. Dans un style étrangement tourmenté il contait les
luttes entre les factions d'Orient, illuminant son œuvre des
splendeurs bysantines.
Valère Bernard vit Jean Lombard, et du même coup les belles
au bois qui dormaient en son âme s'éveillèrent. Il délaissa les
études académiques, les pastiches sans vie, et d'ardentes couleurs
chargèrent ses toiles.
Voici le triomphe des rois Babyloniens. Sur les voûtes d'un
palais impérial passent des gardes étincelants dans la pourpre et
la soie. L'or envahit les hautes colonnes de jaspe bleu. Involontairement on pense aux fantastiques demeures hantées par des
fées émeraudes et des princesses aux perversités troublantes.
Et je m'imagine que le peintre était sous le charme de la
légende quand il a peint cette courtisanne qui sourit à son miroir tout en jouant négligeamment avec sa chevelure d'or. Et
puis passent Venise la rouge, Marseille enveloppé dans la poussière d'or du crépuscule, des motifs à la Watteau peints par un
bysantin, toute une apothéose.
Mais une idée m'obsède, tandis que dans la grise clarté d'un
soir automnal s'éteignent les fauves éclairs jaillis de ces radieuses
toiles. L'idéalisation du passé me paraît cruelle. Les générations
endormies dans la Mort ont eu leurs misères/leurs rancœurs, je
pense qu'il est absurde de s'écrier avec Musset « qu'aux temps
jadis tout était heureux jusqu'aux douleurs humaines. » En vain
l'apostat s'attriste-t-il sur les vieillards immortels de l'antique

�- 7i

—

lonie, â ses oreilles résonnent les paroles de l'Hiérophante : « La
Helladi que tu aimes n'a jamais existé ».
Mais M. Valère Bernard brise ma rêverie, et mes yeux se
portent.sur des portraits appendus au mur. Profils d'espagnol ou
d'américain mitigés d'espagnol, comme on en croise maintes fois
sur la Cannebière.
Homme universel ne puis-je m'empêcher de m'êcrier. M.
Valère Bernard sourit. Il siérait dit-il, à mi voix, de se développer en profondeur. Toutefois il est beau de se dire sur le
tard de sa vie que l'on a fait vibrer toute son âme. Ici le maître
rejoint Néron. Il m'aide à comprendre cet inquiétant empereur.
Mais encore faut-il que tout en étant l'homme universel on ne
sombre pas dans la banalité. De méchantes œuvres d'art peuvent
avoir leur prix.
Une idée se lève devant moi. Labruyère me petsuade que
l'honnête homme de Pascal propre à tout en définitive n'est propre à rien. La spécialisation inintelligente, mène à l'erreur, j'en
conviens, mais en fait elle est une loi générale.
Et ceci est pour me plaire, car j'abhorre dissiper mon énergie,
j'aime le repliement, la frissonnante pudeur qu'effarouche les
vaines ostentations. Je goûte les peintres du passé et malgré ma
philosophie j'adore les peuples disparus. Volontiers j'implorerai
avec la Cassandre de Schiller la cécité, l'exquise cécité. Le sou
venir a plus de puissance sur moi que l'espoir.
Et sous des deux gris, en des pays étrangers désolants de
médiocrité, il m'est arrivé de pleurer plus amèrement que ne
pleura Xerxès aux rives d'Abydos.
J. PADOVANI.
PROUVERB1, BOUOI MOT, COUNSÈU E DICH
Vèuva que si marida,
Dèu perdre la lus e l'audida.
Fiha madura,
Lou pouorta à la centura.
En cuntant su lu det :
Aquéu a fa l'óu ;
Aquéu l'es anat cercar,
Aquéu l'a fa cuèire,
Aquéu l'a manjat,
E lou pichoun n'a ren tastat !

�— 73 —
LE

DÉSESPOIR

Oui, j'ai la mort dans l'âme ; oui, je monte au calvaire ;
Mon horizon, hier si beau, s'est obscurci ;
Je hais tous les devoirs et tout ce qu'on révère :
Mieux vaut mourir que vivre ainsi !
Puisque je n'y puis rien ; que la raison humaine
Ne gagne plus un cœur où mon cœur est entré,
Je veux briser mes jours comme on brise une chaîne
Et m'enfuir en désespéré.
Qu'est-ce donc que la mort ? C'est la paix éternelle,
C'est un beau drap de fleurs sur mon sein endormi,
C'est la nature calme, auguste et solennelle
Qui nous prête un repos ami.
O nature de Dieu contemple ma détresse !
Ecoute tout mon sang dans mon cœur s'épancher
Et, puisque je n'ai plus le lit de ma maîtresse,
C'est au tien que je veux coucher ;
C'est toi la grande mère et la nourrice immense !
L'homme au sort le plus âpre et l'homme au sort plus beau
Retrouvent dans ton sein leur part de ta clémence :
L'un l'amour, l'autre le tombeau
Tu sais, toi qui vois tout, ce qu'ici bas je souffre,
Que je n'ai point béni l'instant de mon réveil
Et que j'ai regardé, toujours, du fond du gouffre,
Les bords ou brillait le soleil ;
Que je n'ai bu jamais que dans la coupe amère,
Que le seuil du bonheur me fut toujours fermé,
Que j'ai perdu mes fils, que j'ai perdu ma mère
Et tous les cœurs qui m'ont aimé !
Maintenant je m'en vais, battant du front, comme ivre,
En proie à ce grand deuil qui me courbe en vainqueur,
Et je veux déchirer ma vie, avec le livre
Des chastes sanglots de mon cœur ;
Et toi, rayon divin, génie, ardent délire,
Flambeau qui n'iras plus briller sur son autel,
Eternise du moins ces larmes de ma lyre
Et que mon cri soit immortel !
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Noumbre d'or...
13
Mars
Epato (Grégori)
Il
Jun
Cicle soulari
17 Setèmbre
Endicioun roum
10 Desembre
Letra doumenicala
G F
LI QUATRE

8,
7,
20,
20,

10
9
22
22

e
e
e
e

11
10
23
23

SESOUN

Lou printèms coumença lou 21 mars
L'estiéu
—
— 22 Jun
L'autoum
—
— 24 sept,
L'iver
—
— 22 dés.

à 6.55 m.
à 2.36 m.
à 5.18 m.
à 11.53 m.

dôu sera
dôu sera
dôu matin
dôu sera

FESTA MOUBILI

Septuagesima... 12 Fébrié
Cendre
21 Febrié
Pasca
7 Abrieu
Rougacioun 21, 22, 23, 24 Mai
Ascensioun
16 Mai

Pantecousta
Trinità
Festa de Diéu
1" Dimenegue de
Ie* Desémbre

26 Mai
11 Jun
15 Jun
l'Avènt

LU ESCLISS!

Souliu.

—

ij Abriéu. — Esclissi annulari e coumplet visible

à Paris, en America, en Europa et dintre lou N.-O. de l'Africa.
Coumençamen de l'esclissi à 10,01 dôu matin ; finisse à 1,08
dôu sera.
10 Otitoubre. — Esclissi coumplet invisible à Paris, visible
dintre l'America dôu Sud.
Luna. — 1" Abrièu. — Esclissi parciella visibla à Paris. Entrada de la luna dintre l'oumbra, 9.26 dôu sera; sourtida, 11.03
dôu sera.
26 Setèmbre. — Esclissi parciella, invisibla à Paris, visibla
dintre l'Océan Pacifique.

Jîla providence, %ue de la Préfecture /4, $run, Siàraire

�LU

VÉNT

Lu vènt que souflon à Niça, dintre lou cours de l'armada,
soun au nombre de 16. Vequi li siéu denouminacioun courènti,
pihadi, en general, dai loucalità dei quali parèisson vèni :
Sud
Miejon
Nord... Tramountana
S.-S.-O. Miejou Lebech
N.-O.-E. Grek Tramountana
S.-O
Lebech
N.-E... Grego
O.-S.-O Pounèut Lebech
E. N .E. Levant
Ouest. Pounènt
E.-N.-E. Levant
O.-N-O.V Pounènt Maistràu
E.-S.-E. Levant
N -O . Mastràu
S.-E.... Siroco, vènt marin
N..-N. OMaïstràu Tramount
S.-S.-E.. Miejou Siroc

6
15
25
14
31
24

VIGÍLIA — JEUNI
Abriè
(Pasca, 7 Abrièu).
Mai
(Ascensioun, 16 Mai).
Mai
(Pantecousta, 26 Mai).
Avoust
(Assoumpcioun, 15 Avoust).
Outoubre (Toui lu Sant, Ier Nouvembre).
Desembre (Calena, 25 Desembre).
L'AN NADA RELIGIOUSA

LI FESTA MOUBILI E LI FESTA FISSI
Janvt'è
jYlars
1 Circouncisioun.
1 e 2 Quatre Tèms.
6 Epifania (lu Rei).
3 Reminiscere.
13 Bateja de J.-C.
10
Oculi.
14 Sant Noum de Jesu.
17 Lœtare.
fébrié
24 Passioun.
2 Puriflcacioun.
29 Li 7 Doulou.
4 Setuagesima.
31 Lu Rampàu.
6 Festa de la Pr. de N. S.
11 Sexagesima.
Jîbriéu
13 Coum. de la Passioun.
5 Divendre Sant.
18 Quinquagesima.
7 Pasca.
21 Cendre.
14 Quasimodo.
25 Quadragesima.
28 Patrou. de San Joúsè.
28 Quatre-Tèms.

�Setembre
3 Inv. de la Santa Crous.
13, 14, 15, Rougacioun.
16 Ascensioun.
26 Pantecousta.
29-31 Quatre-Tèms.
1
2
6
9
21
24
29

Quatre-Tèms.
Trinità.
Festa de Diéu.
Festa dôu S. Sacramen.
Sacrat-Couor de'jesu.
Natività de S. jouan-Bat.
SS. Peire e Paul.

8 Natività de la Vierge.
14 Esaltacioun de la Crous.
15 N.-D. dei 7 Doulou.
15 San Noum de Maria.
18, 20, 21, Quatre-Tèms.
29 Dédie, de S. Miquèu.

Ôutoubre
6
13
20
27

Sant Rousari.
Maternità de la Sta Vierge.
Puretà de la Santa Vierge.
Patrounage de la S. Vierge.

J/ouvembre

Juliet
2 Visitacioun de la S. V.
7 Precious Sang.
16 N.-D. dôu Carme.

Jîvoust
6 Transfiguracioun.
15
18
25
25
29

Assoumpcioun.
S. Joachim.
S. Couor de la Vierge.
S. Louis.
Decolac. de S. Jouan-Bat.

1
2
3
21

Toui lu Sant.
Lu Mouort.
Santi Relíquia.
Present, de la Sta Vierge.

2&gt;esembre
1 Avent.
8 Imaculata Councepcioun.
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25 Calena.

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DÉCIMALISATION

DU

TEMPS ET DES

ANGLES

LA MONTRE DÉCIMALE
Par J. de REY-PAILHADE, président du Comité
pour la propagation des méthodes Décimales.
Le Club Nautique de Nice a offert plusieur fois en prix des
montres décimales aux régates'de 1909. Il était utile de décrire cet instrument, d'y joindre des tables pratiques et des
formules à l'usage des ingénieurs, des sportsmen, des médecins, etc. etc.
DÉCIMALISATION DES ANGLES •
Il est aujourd'hui démontré que la division décimale du
quart de cercle facilite tous les calculs.
Les nouvelles cartes géographiques sont graduées exclusivement dans ce système, devenu officiel en France et dans
d'autres pays. On possède toutes les tables pratiques nécessaires à son essai courant. Nous ne nous étendrons pas
davantage sur cette méthode aujourd'hui enseignée dans les
lycées et collèges.
Nous rappellerons seulement que M. l'amiral Germinet,
membre d'honneur du C. N. N., sous la direction duquel on
fit en 1899 et 1900 des essais de navigation avec un matériel
entièrement décimal, a émis un avis très favorable à la
réforme décimale.
DÉCIMALISATION DU TEMPS
La division décimale du jour décrétée le 4 frimaire an II
rendra aussi de grands services à la science et aux sports.
Principe. — On divise le jour entier en 100 parties égales
appelées cés ; le cé est subdivisé en décisés, ceniicès et millicés
Le cé vaut 14m 24s ou 1T4 d'heure environ ; le décicé est égal
lm 26s 4 ou lm Ij2 environ ; le millicé vaut 0S 864 ou 9T10 de
seconde environ.
Concordance des Temps. — On parvient assez vite à dire
instantanément l'heure à 1 ou 2 minutes près en regardant le
cadran d'une montre décimale. Il suffit d'apprendre par cœur
les concordances décimales de toutes les heures.
0,0
0
50,0

4,2
1
54,2

8,3
2
58,3

12,5
3
62,5

16,7
4
66,7

20,8
5
70,8

25,0
6
75,0

�25,0
6
75,0

29,2
7
79,2

33,3
8
83,3

37,5
9
87,5

41,7
10
91,7

45,8
11
95,8

50,0
12
100,0

Les heures sont au milieu, les concordances des heures
du matin en haut, celles du soir en bas. Ainsi 10 heures du
matin valent 41.7 cés (énoncer 41 cés 7 décicés) et 10 heures
du soir valent 91,7 cés.
Gomme 1 cé vaut presque lj4 d'heure et un décicé une mi •
nute 1]2 ; en partant des concordances du tableau, on dit
l'heure instantanément, ainsi 39,9 cés valent 9 h. 36 m. du
matin. Un ou deux jours suffisent pour atteindre ce résultat.

Description de la montre décimale ou cémètre. — Il y a 3
aiguilles centrales se mouvant sur un cercle divisé en 109
parties égales, numérotées de 0 à 9. Le 0 cé est en bas, c'est
l'origine des temps, car on suppose la Terre au centre du
Cadran.
L'aiguille dorée avec un soleil ne fait qu'un tour par jour ;
l'aiguille épaisse en acier bleu tourne 10 fois par jour, et la
trotteuse fine fait 1000 tours par jour.
L'aiguille-soleil montre la position de l'astre du jour par
rapport au méridien de Paris, qui va du centre au chiffre 5.

�10 —
Les quatre traits bleus indiquent les positions de cette aiguille
à minuit en bas sur 0 ; — à tì h. du matin au milieu entre 2
et 3 ; — à midi, en haut, sur le 5 ; — à 6 h. du soir, entre 7
et 8.
L'aiguille dorée du soleil indique le chiffre des dizaines
de cés, 2 sur le dessin ; l'aiguille épaisse donne d'abord le
chiffre des cés, 6 sur le dessin, et en comptant rapidement à
l'œil le rang de la division entre 6 et 7, on voit, que cette aiguille marque 3 décicés. Le temps du dessin est donc 26,3
cés correspondant à 6 h 20 m. du matin environ. L'aiguille
trotteuse donne les millicés 83. Le temps est donc 26,383
cés.
» Pour la vie courante, on n'a pas besoin d'aller au delà du
clécicé. On lit les milticés pour les applications scientifiques
et sportives.
Le temps en millicés lu sur le cêmèire facilite tous les calculs, car on n'a jamais de réductions à faire.
Examinons le problème des vitesses a l'heure : Les millicés multipliés par 0,00024 donne des heures et fraction décimale d'heure. Ainsi Ì2345 millicés valent 12,345 -f- 24 =
2 h. 9628.
Par conséquent si L est la longueur parcourue et M le
temps en millicés, la vitesse est

ou t

+ 4166,66...

Ces quelques exemples démontrent que la montre décimale simplifie tous les calculs sans exception.
Les rapports de MM. les délégués officiels aux essais de
la montre décimale faits à Nice, par le Club Nautique, le 26
février 1911, concluent unanimement à la supériorité de cet
instrument pour les usages scientifiques et sportifs.
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= ((»== =((»= (entre les rues du Palais et St-François-de-Paüle)

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et Valeurs

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Branches Transports
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JANVIE
P.
P.
D.
N.

Q,
L.
Q.
L.

lu 8, à 7
lu 14, à H
lu 22, à 7
lu 30, à 10

SOULÈU.

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oura
oura
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m.
m.

L. 8 14' — C. 4 42'

dil. Jou de V An

P. Q.
P. L.
D. Q.
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1
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Lu Rei
6
Dim. S. Lucien
7
dil. S. Apoulinari
8
dim. S. Pèire
9
dim. S. Guiermo
10
dij S. Teodose
11
div. S. Arcada
12
dis. Sta Verònica
13
Dim. S. Ilari
14
dil. S. Maurici
15
dim. S. Ounourat
16
dim. S. Antoni
17
dij. Sta Angela
18
div. S. Sulpici
19
dis. S. Bastian
20
Dim. Sta Agnesa
21
dil. S. Vincènt
22
dim. S. Raymound
23
dim. Sta Jacinta
24
dij. Conv. de S. Pàu
25
div. S. Poulicarpa
26
dis. Sta Devota
27
Dim. Sta Paula
28
dil. S. Francès S.
29
dim.
dim.
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S.
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S.
S.

TRIMESÏRÍ;

Macari
Genevieva
Tita
Simeoun

dim. Sta Marfina
dim. S. Peire N.
En Janvié
Lou païsan n'a ren

lu 6, à 4 oura 28 s.
lu 13, à 11 oura 38 m.
lu 21, à 4 oura 44 ui.
- L. 7 49' - C. 5 30'

dij. S. Ignaci
div. La Candeliera
dis. S. Blasi
Dim. Setuagesima
dil. SS. Vinc.Oronte
dim Sta Agata
dim. Sta Dorotea
dij. S. Romuald
div. S. Jouan-Matha
dis. Sta Apoulounia
Dim. Sexagesima
dil. Sta Eulàlia
dim. S. Gregori
dim. Sta Eufrasia
dij. S. Onesime
div S. Dounat
dis. S. Simeoun
Dim. Quinquagesima
dil. S. Gabin
dim. Dimars-Gras
dim. Li Cendre
dij. S. Silvan
div. S. Maxime
dis. S. Pascase
Dim. Quadragesima
dil. S. Nestor
dim. S. Leandri
dim. Sta Nourina
dij. S. Nymphas

Plueia de febrié
A la terra vau fumiè.

ZDéSTU-S-bez

NICE

MARS
N. L.
P. Q.
P. L.
D. Q.
N. L.
SOULÈU

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lu 8,
lu 15,
lu 23,
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Dim.

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7

1 oura 31 m.
0 oura 02 m.
0 oura 59 m.
1 oura 26 m.
1 oura 38 s.
01' — C. 6 13

S. Eudoxia
S. Simplici
Reminisceri
Sta Cunegonda
S. Casimir
Sta Coleta
S. Jouan de D.
Qaatre-tèms
Sta Margarida C.
Ocali
S. Euloge
S. Gregori
Sta Eufrasia
Sta Matilda
S. Acepsima
Sta Gertruda
Lœtari
S. Apien
S. Jôusé
S. Joachin
S. Lea
S. Turibe
S. Armentari
La Passioun
Anounciada
S. Emanuèu
S. Jouan d'Egt,
S. Gountran
S. Eustase
S. Jouan C.
Lu Rampàu

Lou mes de mars
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2 dim.
3 dim.
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7 Dim.
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9 dim.
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27 dis.
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30 dim.

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13, à
3
21, à 7
28, à 11

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oura
oura
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L. 6 06'

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55 in.
37 s.
31! s.
25 s.
C. 6 52'

S. Ugo
S. Franç. de P.
S. Richard
Dijàu Sant
Divèndre Sant
Dissata Sant
Pasca
S. Albert, ev.
S. Azada.
s. Isidoro
s. Leoun
s. Juli
s. Justin
Ouasimoi/ii
Sta Anastasia
S. Frutuous
S. Rodolfe
S. Maxime
S. Anselme
S. Teodoro
S. Adalbert
S. Fidèle
s. Jorgi
s. Marco
s. Clet
s. Antime
s. Aimé

s. Roubert
Sta Catarina d. S
SS. Philip. ,Jacq.

Pichouna plneia d'Abriéa
Bouona récolta pèr l'csliéu

Q.

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P. L.
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N. L.
SOULÈU.

TRIMÍÎSTRÈ;

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2 oura
lu 13, a 7 oura
lu 21, à 10 oura
lu 28, à 7 oura
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m.
m.
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C. 7 29'

1 dim. SS. Félip. Jaq.
2 dij. S. Atanase
3 div. In.d.l. Sta Crous
4 dis. SS. Sindonis
5 Dim. S. Pio, papa
6 dil. S. Jouan D.
7&lt; dim. S. Peire
8 dim. s. Gregori N.
9 dij. s. Antounin
10 div. s. Isidoro
11 dis. s. Bounifaci
12 Dim. s. Jouan lou S.
13 dil. s. Pouon, m.
14 dim. s. Pacomo
15 dim. s. Sta Denisa
16 dij. Ascensioun
17 div. S. Pascaù
18 dis. S. Teodoto
19 Dim. s. Pèire C.
20 dil. s. Felis.
21 dim. s. Bernardini
22 dim. s. Julia
23 dij Rogaeioun
24 div. s. Vincen, d. L.
25 dis. S. Urbin
26 Dim. Pandecousta
27 dil. S. German
28 dim. S. Cirile
29 dim. Sta Petronïa
30 dij. S. Sylve
31 div. S. Justin
Au mes de mai
Longui semana

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P.
D.
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Q.
L.
Q.
L.

lu 3,
lu 11,
lu 19,
lu 26,

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6

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dim.
dim.
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11 dim.
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13 dij.
14 div.
15 dis.
16 Dim.
17 dil.
18 dim.
19 dim.
20 dij.
21 div.
22 dis.
23 Dim.
24 dil.
25 dim.
26 dim.
27 dij.
28 div.
29 dis.
30 Dim.

—

à 11 oura 4 s.
à 10 oura SI s.
à 9 oura 51 s.
a
2 oura 20 s.
L. * 34'

C. 8 1!"

S. Potin
Trinità.
S. Quirin
S. Francès C.
S. Lié
Festa de Dieu
S. Lié
Quatre-tèms
S. Optat
Sta Margarida
S. Barnabe
S. Antoui de P.
S. Basilio
S. J.-F. Régis
S. Moudeste
S. Lambert
Sta Olga
S. Gervai
Sta Juliena F.
S. Louis de G.
S. Paulin
Sta Maria d'O.
S. Jouan-B.
S. Prousper
S. Alban
S. Cresen
s. Iréné.
s. Pèire
s. Pàu
s. Tibàu

En Jun
De tres abit l'un

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Il 19, a o oura 31 m.
lu 25, a 9 oura 12 s.
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Dim.
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dim.
dim.
dij.
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dis.
Dim.
dil.
dim.
dim.

S. Thierry
Vierg.de li Gracia
S. Anatole
S. Pèire de L.
S. Sisoès
S. Elie
Sta Babeta
S. Efrein
Sta Felicita
S. Pio
S. Jouan G.
S. Gene
S. Jaque
Festa Naciounala
S. Enri
N.D.d.M. Carmel
Sta Marcelina
S. Frederic
S. Vincen de P.
Sta Margarida
S. Vi loiSta Maria-Mad.
S. Apoulinari
Sta Cristina
S. Jaque
Sta Anna
S. Pantaleoun
S. Samsoun
Sta Marta
Sta Giulieta
S. Gnaci de L.

Au mes de Juliet
Ni frema ni coulé.

TBIMËSTRÎ;

I1. Q. lu 2, a 0 oura 29 m.
P. L. lu 10, a 3 oura 58 m.
D. Q. l»i 17, a 1 oura 1.1 s.
N. L. lu 21, a 5 oura 14 m.
IV Q. lu 31, &amp; 5 oura 21 s.
souLÈu, —1.5 or -j&gt;. 8 or

dij.
div.
0 dis.
4 Dim.
5 dil.
6 dim.
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8' dij.
9 div.
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dim.
dim.
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S. Pèire-aï LS. Alfonso
Inv. de S. Estève
S. Domenica
N. D. dei Nèu
Trausf. de J. C.
S. Gaétan
Sta Batilda
S. Camila d. L.
S. Là u ren
S. Septima
Sta Clara
Sta Filoumèna
S. Ousèbi
Asoumpcionn
S. Roc
S. Mamès
Sta Elena
S. Ipoulita
S. Bernar
Sta Chantai
S. Pio V
S. Filipe B.
S. Bartoumiéu
s. Louis, r. F.
s. Seg'oundo
s. Cesari
s. Goustin
s. Mederic
Sta Rosa
S. Fiacre

F.n . ivoast
Figa e moust

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SBTÈMBRE
P. !.. lu 8, a' 4 oura 57
D. Q. lu 15, a 6 oura î&gt;l
N. L. Ju 22, a 3 oura 37
P. Q. lu 30. a 0 oura 08
SOULÈU. - - 1. 5 47V— c.

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S. Gili
S. Estève R.
Sta Eufemia
Sta Rosalia
S. Làuren J.
S. Pambon
S. Grat
Natiu, di' la V.
S. Oumer
S. Xicola
S. Félis
S. Veran
S. A nié
Es. (1. l.S. CtQUS
S. Nicomède
S. Conrneilla
S. Lanbert
S. Tournas V.
S. Janvié
S. Euslache
S. Matiéu
S. Maurici
Sta Tecla
S. Girar
S Firmen
S. Nil
S. iN'icandre
S. \\ inceslas
g. Miquèu
S. Jeromo

Lima setembrina
De mai clarina

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GRANDE MARQUE RECOMMANDÉE

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lu 22,
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oura 46 m,
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TRIMESTRE

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D. Q. lu 43,
N. !.. lu 20,
Q.
lu 29,

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SOULÈU. - -

1.

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4 oura 48
8 oura 20
9 oura 49
2 oura 42
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1 dim. Rosari
1 div. Tout lu Sant
2 dim. S. ■ Léger
2 dis. Eu Mouorl
3 dij. S. Rosari
S. Ubert
4 div. s. Francès d'A. 43 Dim.
dil. S. Carlo B.
5 dis. s. Placido
5 dim. Sta Bertila
6 Dim. s. Bruno
6 dim S. Leounar
7 dil. s. Serge
dij. S. Nestou
/
8 dim. Sta Reparada
8 div. Lu Quatre Incou.
9 dim. S. Denis
9 dis. S. Teodore
10 dij. s. Francès B. 10
Dim. S. Jacintou
11 div. s. Tarasco
11 dil. S. Martin
12 dis. s. Counrad
12 dim. S. René
13 Dim. s. Edouard
13 dim. s. Stanislas
14 dil. s. Calisio
14 dij. S. Pantena
15 dim. Sta Teresa
15 div. Sta Gertruda
16 dim. S. Ospici
16 dis. S. Edme
dij.
17
Sta Edvija
17 Dim. S. Gregori
18 div. S. Luc
18 dil. S. Alfè
19 dis. S. Pèi re
19 dim. Sta Babeta
20 Dim. S. Agrico)
20 dim. S. Edmon
21 dil. Sta Ursula
21 dij. Présent, de la V.
22 dim. S. Filip
22 div. Sta Cecilia
23 dim. S. Teodoret
23 dis. S. Clemen
24 dij. s. Mairloire
25 div. ss. Crespin-Cr. 24 Dim. Sta Flora
26 dis. s. Jouan de K. 25 dil Sta Catarina
26 dim. Sta Pel fina
27 Dim. s. Frumence
27 dim. S. Maxime
28 dil. s. Alfredo
28 dij. S. Sostène
29 dim. s. Narcisse
29 div. s. Saturnin
30 dim. s. Marcel
30 dis. s. Andrièu
31 dij. s. Siri
En ùuloubre
\loii ponorc goûta loti rùare

Tonssan ientra
St A n'driéu lou souorte

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DESÈMBRE

s.
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JACK

P. L .
D. Q.
N. L.
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lu 12,
lu 20,
lu 28,

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4
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dim.
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9 dil.
10 dim.
11 dim.
12 dij.
13 div.
14 dis.
15 Dim.
16 dil.
17 dim.
18 dim.
19 dij.
20 div.
21 dis.
22' Dim.
23 dil.
24 dim.
25 dim.
26 dij.
27 div.
28 dis.
29 Dim.
30 dil.
31 dim.

1.

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6 oura 46 s.
4 our;i 40 s.
7 OUI;L 48 s.

7 54' — c.

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Sta Bibiana
S. Francès X.
Sta Barba
S. Bassi
S. Nicola
S. Anbrosi
Imac. Conception
Sta Leoucadia
Sta Eulàlia
S. Damase
Sta Rosélina
Sta Lucia
S, Niçoise
S.
S.
Sta
S.
S.
S.
S.

Mesuiin
Adon
Olimpíada
Gatien
Ciprian
Filogone
Tournas

S. Onourat
Sta Vitòria
Cacha-fuec
Calèna
S. Estève
S. Jouan
SS. Inoucent
Sta Eleonora
S. Sabîn
S. Sàuvestre

Calena aufuec,
Pasca àu j'aèc.

sin -

GRANDE MARQUE RECOMMANDÉE

4 35

�- i6-

�- 17

-I

CROUNICA NIÇARDA
L'ABADÏA DE SAN POUON.— L'ABAT RANCE-BOURREY.
GLOFFREDO.

—

—

PÈIRE

A PREPAU DOU DIALETE NIÇART.

Ben qne pareissènt tardié, VArmanac Niçart s'empressa de
pourtà la siéu febla vous su tout cen que enteressa lou païs, sigue
au pounch de vista istoria loucala, pouesia, tradicioun, sigue
tamben su la taquinanta questioun dóu dialete niçart souvenri
fès pauvada e su la quala lu escritour mouderne soun luen d'estre
d'acordi.
Parlerai finda de M. l'Abat Rance-Bourrey, un beneditin qne
despi quauque an en ça mete à prouflt la siéu erudiciou n a nen
revelà de fach d'istoria inedieh. Se quauqu'un mérita d'estre
laudat es ben éu ; es en éu que VArmanac Niçart tressa la
pamoula de sapiença. En esprimant la nouostra recounouissença,
à l'Abat Rance-Bourrey, fen cen que touplen an denembrat,
vouoli dire de courounà lu siéu travail, frucha de ben de recerca,
dai quali obra sian fier d'avé prestat la prima ajuda. Pouden cità :
lou Discours sur le Monastère de Sainte-Claire de Nice, par Honoré
Pastorelli, publié d'après l'édition originale de Turin 1608, avec
une introduction et des notes ; — "Le Général J.-B.-M. D'Anselme" (Notices biographiques (1740-1792). E aquest'an
l'istorien nen douna — toujou de prima man — YExpulsion de
Mgr Valperga, evesque de Niça, au tèms de la Revoulucioun,
travail anoutat de peça curiouvi que sian urous de pouder metre
souta lu uès dei nouostre letour.
*
* *
Lou fach de l'annada, lou mai marcant, es estat aquéu de
l'Abadïa de San Pouon. Parlon de tout destruge pèr li basti an
siéu luec un espitau Pasteur... UArmanac Niçart es pas Penemic
dóu prougrès, ni men encara dei Bei-Art, ma si fa lou pious dever
de jougne lu siéu esfouors en aquelu dei siéu councitadin quo
l'istoria dóu passat passiouna, pèr que l'Abadïa de San Pouon
sigue counservada e classada couma mounumen istorique. En la
circonstança feliciti M. l'Abat Rance-Bourrey que mé rasoun s'e.s
demoustrat l'ardènt defensour autourisat que counouissen. La
siéu paràula es estada escoutada e lou Préfet de li Alpa-Maritima,
8

'

�— i8 M. de Joly — respetuous dei nouostri tradicioun — en ortie
avertit a proumès que l'Abadïa de San Pouon seria respetada e de
lèu si crusià pèr lou siéu classamen tra lu mounumen istorique.
Dóu resta vequi ce que l'Abat Rance Bourrey nen di su San
JPouon. Counsignen religiousamen li siéu paràula :
« L'Abbaye de Saint-Pons est le plus ancien monument relitgieux existant dans le Comté de Nice. Il y a dou^e cents ans que
sSiagrius y fonda un monastère. L'histoire de ce monastère est
jintimement liée à l'histoire religieuse, civile et économique de la
iville de Nice.
;
« Ce fut à Saint-Pons qu'en 1388 fut'signé l'acte réunissant
le Comté de Nice au Comté de Savoie. Les abbés de Saint Pons
ifurent pris dans les principales familles du Comté : les Badat, les
tLaugery, les Provana, les Lascaris, les Grimaldi, les Martelli, les
;Tournefort, etc. Plusieurs évêques de Nice furent abbés de Saint[Pons, en particulier Barthélémy Chuet (fin du xve siècle) et Jean
, Uriole, son successeur. Un autre abbé, Claude de Seyselle, fut
,évêque de Marseille, puis archevêque de Turin ; d'autres furent
cardinaux, tels Innocent Cibo, neveu d'Innocent VIII et de
f
;Léon X, et Paul Medeci de Cesis dont on voit encore l'inscription
(funéraire à Sainte-Marie-Majeure, à Rome.
:
« A la fin du xvir siècle, l'abbé de Saint-Pons était Pierre
•Gioffredo, le savant historien niçois. Enfin, un abbé de SaintiPons dont les Niçois n'ont pas encore perdu le souvenir, était
(l'abbé Spitalieri de Cessole qui a doté sa ville natale d'un établissement de bienfaisance si justement apprécié. La plupart des
pbbès de Saint-Pons et plusieurs évêques de Nice ont été enterrés
dans l'église ou sous le cloître et dorment aujourd'hui confondus
avec les moines leurs frères qui depuis dix siècles y sont enterrés.
« Les monuments funéraires ont disparu. Le temps a tout
(nivelé à Saint-Pons, singulièrement aidé cependant par la main
ides hommes. On connaît les dévastations commises par
Iroupes de François Ier et de Barberousse, plus tard par celles d
Catinat et par d'autres encore. Après chaque désastre, SaintPons a retrouvé une nouvelle vitalité et il y a à peine trois quarts
de siècle que Mgr Galvano y a fait d'importantes réparations.
;
« Saint-Pons n'est pas seulement une page de l'histoire de
notre pays, c'est un gros volume de cette histoire ; les Niçois
laisseront-ils dire qu'ils sont restés indifférents devant le danger
qui menace Saint-Pons ? Non, ils feront tous leurs efforts pour

�— 19 -

sauver de la destruction un monument qui doit leur être cher...
Je demande d'urgence le classement de l'Abbaye de Saint-Pons,
c'est-à-dire de l'Eglise et des bâtiments claustraux, comme monument historique. »
Lou councours de YArmanac Niçart es aquist. Emé fiertà e
au près de touplen de sacrifici faren respetà l'istoria dóu passat,
la lenga e lu escrich dei orne qu'an ilustrat lou nouostre bèu
pais.
*
* *
Despi quauque tèms, — maladia que reven per intermitença,
— la gran questioun de la grafia niçarda, de l'ourtougrafa, es
messa su lou tapis. De letra soun estadi publicadi, d'autri lou seran, e cresi qu'après ben de charra pèr dire pas gran cauva de
nóu, quasi dirii pèr predicà dintre lou Desert, noun restera
d'aquela discussioun, — Favén déjà coustatat, — pas gran cauva,
ren!... Cadun escrèu à la siéu moda seloun l'esprit dóu moumen,
e serii ben curious de counouisse aquéu que vendria nen dità
une metoda en nen dïen : « la mièu maniera d'escrièure lou
Niçart es la bouona». Discussioun scientifica que pòu passiounà
quauque lenguista, pas mai ; lou mihou es d'escrèure seloun li
letra ditadi pèr la prounouncia. Lou talènt pèr aquéu qu'escrèu
es de si laissà liège, de si faire acapi. Es qu'en en un entan que
frecuenta l'escola primària poudès li demandà autra cauva ?...
Perta de tèms que tout acò, vourria mai s'engenià à recercà lu
viei mot, espressioun, loucucioun courenti que la pous dóu tèms
a rabaïat, dounà au nouostre bèu dialete la coulou que dèu avè,
en respetant lu emprunt que pouden avè fach sigue à l'Italian, à
l'Espagnòu o à tout autre...
Un dialète noun dèu pas estre une lenga scientifica, encara
m en noun còu avè la pretencioun que sigue ouficiela, seria temerari ; lou dialete d'un païs dèu refletà lou caratere d'un'epoca que
lou tèms dèu respetà, enfin escrèure gramaticalamen, un noun
empedisse l'autre, e laissà à l'esprit, au goust lou coumplemen
d'un stile ouriginal, en de frasa councisi que flaton i'auriha.
Aquí fermi la discussioun, risqui de perdre la civada... l'an
que ven, se Diéu mi presta vida, v'en dirai d'autri e couma
d'usança que mi sigue permès de la vous souvetà : Bouona e
uroûva !
L'ARMANAC

NIÇART.

�20 —

LA CIGALA DOU BOUON DIEU
Una cigala dóu Bouon Dieu
Tout l'estiéu
E l'iver en la chambreta, —
L'aiguesias vista la lebreta ! —
Noun vivïa que d'amour
S'assetava su l'ounour;
La cigala cantarela,
Vau chanja de clientela,
Noun es courta d'amatour,
Que li viron tout au tour !
Ma l'ancien de la cigala,
De gros mot ven que s'embala ;
En l'auriha de la maire
Li ven tout aquéu bousin,
Que deja toui lu vesin
Sabon lou long de l'afaire
— Cenqu'as fach m'au tiéu tip ?
Di la maire enrabiada...
Bella Vierge encourounada !
Sera au mancou m'un bouon rie!!...
CH. CIAUDO

PROUVERBI, BOUOI MOT, COUNSÉU E DICH
Tèms d'iver noun ti fidar.
Lu màu dei enfan si garisson soulet.
Cau naisse pèr estre bèu, si maridar pèr estre rie, e mouri
pèr estre brave.
Per aver de raïn, eau caressar la souca.
Agnèu naissut
Vau un escut.
Dansa mihou ventre plen que rauba nova.
L'oumbra dou mèstre engraissa lou cavau.

�LOU MAGOT DE BERTOUMIÉU ISSUGA
O BEN

UNA RAISSADA DE MACAROUN
Conte menloanasqae trouvât dintre d'un armori
de ma nana e que /'Armanac Niçart es tirons de
transcrièure en niçart à Ventencioun dei sièu
fidèle lotour et lelrissa.

Bertoumiéu Issuga, mentounasque de viéia roca, abitava en
coumpagnia de sa mouhié, en carriera dóu Paumoulié. La siéu
frema, malurousamen, era sirnplaria e faia lou siéu desespoir.
Cada matin Bertoumiéu, avant de s'en anà au travail, li recoumandava de noun faire de bestialità. Cou vous dire que toui lu
dissata lou nouostre ome metia en un'armari pertuat dintre la
muraia lou gagne de la semana.
— Bertoumiéu ! pèr qu seria tout aquel argen, demandava
Marioun au siéu marit.
— Es pèr Madjou-long, castagnassa !
*
* *
Un jou Bertoumiéu partet pèr anar à la siéu campagna ;
devia même li restar doui ó très jou pèr souïnar e arousar lu
citrouniè. Marioun souleta matin e sera, s'assetava su lou banquet de la pouorta e faïa de bas... Un predinà veguet un ome
de statura mai que mejana, couma si di, un gran carcan. La
frema de Bertoumiéu lou fissa sensa parpelear, pi pihada d'un'
idea, li diguet :
— Moun bèu Moussu, sias bessai vous Madjou-long ?
Lou merlo pita e noun s'en laissa dire autre, léu li
respouonde :
— Noun vous troumpas pas, bella bruneta, sièu ièu Madjoulong !... Ma perqué mi faire tala demanda ?
Perqué ?... dou moumen que sias Madjou-long, intras su lou
cóu. Li a ja pas mau de tèms que moun marit a mes d'argen
amagat pèr vous...
E sensa mai de ceremounia li remeté lou mandiou dintre lou
quai lu sóu eron groupât. L'ome remercia e la s'esbigna lèu.
♦

* *

�Lou sera, Bertoumiéu arriva, la sièu mouhié li di.
— Sabes, ai vist ancuei Madjou-long !
E l'ome de cridar :
— Malurousa ! — m'en a fach encara una 1
Courre à l'armari, lou mandiou e Pargen, mouis !... Issuga
blastema pica dai pen, es décidât de si desiaire de la siéu frema
Lendeman, dóu téms qu'aissesta durmïa, li cuerbe lu uès emé de
pega de sabatié, pi la pihant pèr la man, la mena dapé dóu CapMartin. Arrivât aqui, Bertoumiéu fa mountar Marioun su d'un
nouguié el'abandouna. La paura, bòrnia, noun sabia doun si
trouvava, ni men encara ce que poudia faire.
En aquéu fra-tèms doui voulur venon s'assetar souta
l'aubre ; après aver abrat quauqui branca sequi pèr s'escaufar, pi
si meton à cuentar lou siéu argen.
La calou faguet delegar la pega que curbia Puès destre de
Marioun e aissesta de cridar :
— E d'un !
Lu voulur, d'estuc, s'isson d'emblée.
— Qu'es acó, diguet l'un.
— Un matagan, faguet l'autre.
La calou seguia á faire lou siéu efet pau à pau durbia Puei
senec.
— E de douî, diguet Marioun.
Dóu cou lu voulur escapon, laissant Pargen espantegat soubre
Perba.
Marioun coumença à li veire clar, cala da l'aubre e ramassa
Pargen, pi lèu s'en camina vers maïoun...
Lou sièu marit, pensierons, era assetat dapè dóu fuec, s'escaufant, fumant la sièu pipeta emé beatituda...
— Bertoumiéu !... o Bertoumiéu !... duerbe-mi, siéu iéu,
Marioun...
— Vai au diàu que ti pihe... ièu que cresii de m'en estre
despegouït...
Ma Marioun, toujou picava, un cóu noun asperava l'autre...
L'ome fenisse per li durbi...
— Ten ! regarda cen que ti pouorti.. . e Marioun pauva lou
sac su lou toulié. ..
Bertoumiéu, entartugat, cuenta Pargen e réfléchisse ; — Marioun es simplaria e deman la vila saupra Pistoria de la fouré . ..
Cóu que Bertoumiéu si dispegouïsse pèr empedi li marridi lenga
de bavar...

�— 23 —
Si mete la vesta, lou capèu e souorte fermant la pouorta i..
Faïa nuech dintre la carriera, ma sensa pena s'encamina
vers una boutiga e croumpa pèr mai de dès kilo de macaroun...
Ientra au sièu e di à la sièu mouhié de si metre au liech.
En tant que Marioun durmïa, Bertoumiéu fa bui lu macaroun, pi lu espantega su lu aubre dóu jardin... Lendeman de
matin la siéu frema, desveiada, si mete à la fenestra...
— O ! Bertoumiéu ! Bertoumiéu ! Vene un póu veire!... O
trest ! vè, a plougut de macaroun !...
— O vai fantauma !... n'as toujou una. .. Ten ! ten !... ma
es ver !...
*
* *

A quauque tèms en ça, Bertoumiéu l'avia previst, Marioun
countet à toui que lou siéu ome noun li picava plus, despi lou
jou qu'ela li avia pourtat de sac plen d'escut...
Lou juge aiguent audit parlar de l'afaire, mandet sounar
Bertoumiéu devant lou tribunal ; la siéu mouhié era estada
citada couma testemoni.
Lou juge. — Bertoumiéu, sias acusat d'aver gardât d'argen
que noun era vouostre.
— Iéu !... Ma moussu lou juge, lou negui ; sièu couma
sabès un travaiadou.. .
E Marioun de dire.
— Noun negar, Bertoumiéu, sabés ben qu'es ver ; es iéu en
persouna que t'ai pourtat la mouneda, qu'avii trouvât en la
fouré.. .
Lou juge. — Anas brave ome, noun negués.. .
— E quoura lou m'as pourtat ?... — Vous juri, Moussu lou
juge, que la miéu frema es fouola !...
— E lou sabes ben, Bertoumiéu, es lou jou que plouguet tant
de macaroun !
— Moussu lou juge aves jamai vist ploure de macaroun ?...
— Jamai ! moun beL amic respoundet lou juge que si tenia
lou ventre dóu rire — Amie, vèu que la vouostra frema es
fouola. .. sias aquitat !...
Bertoumiéu si retira emé Marioun... Noun aigueron plus
de disputa e vieugueron, pareisse urous e pèr longtèms !...
J. E.

�CANSOUN ANCIENNA

PÈR LOU

N'aurias pas vist la miêu fiha
Trin-trin
Lou galerin
A'aurias pas vist la miêu Jiha
Trois-wtrois
Le fils du roi
L'ai vista e l'ai baïada
Trin-trin
Lou Galerin
L'ai vista e l'ai baïda
Trois-trois
Le fils du roi.
Douna-mi la miêu fiha
Trin-trin
Lou galerin
Douna-mi la miêu fiha
Trois-trois
Le fils du roi.
Es aqnela la vouostra fiha
Trin-trin
Lou galerin
Es aqaela la vouostra fiha
Trois-trois
Le fils du roi.
La miêu fiha era pas lernia
Trin-trin
Lou galerin
La miêu fiha era pas lernia
Trois-trois
Le fils du roi
La miêu fiha era pas lua
Trin-trin
Lou galerin
La miêu fiha era pas lua
Trois trois
Le fils du roi.
N'es ni guercia ni poutinouva
Trin-trin
Lou galerin
N es ni guercia ni poutinouva
Trois-trois
Le fils du rois.

MAI

�La miéu fiha n'es pas borni a
Trin-trin
Lou galerin
La miêu fiha n'es pas bornia
Trois-trois
Le fils du roi.
Noun faïa pas belugueta
Trin-trin
Lou galerin;
Nonn faïa pas belugueta
Trois-trois
Le fils du roi.
La miêu fiha n'es pas emberrida
Trin-trin
Lou galerin
La miêu fiha n'es pas emberrida
Trois-trois
Le fils du roi.
La m iéu fiha n'es pas pigada
Trin-trin
Lou galerin
La miêu fiha n'es pas pigada
Trois- trois
Le fils du roi.
La miéu fiha noun es pas ranga
Trin-trin
Lou galerin
La miéu fiha noun es pas ranga
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha noun es pas louorla
Trin-trin
Lou galerin
La miéu fiha noun es pas touorta
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha n'es pas crouoada
Trin-trin
Lou galerin
La miéu fiha n'es pas croavada
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha n'es pas gibouva
Trin-trin
Lou galerin
La miéu fia n'es pas gibouva

�— 26 —
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha noun es foularana
Trin-trin
Lou galerin
La miéu fiha noun es foularana
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha n'es pas ingourda
Trin-trin
Lou galerin
La miéu fiha n'es pas ingourda
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha a pas lou peu de pi g nu
Trin trin
Lou galerin
La miéu fiha a pas lou peu de pig nu
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha noun es narvelouua
Trin- trin
Lou qalerin
La miéu ûha noun es narveloiwa
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha noun a la rougna
Trin-trin
Lou galerin
La miéu fiha noun a la rougna
Trois trois
Le fils du roi.
XXX.

PROUVERB1, BOUOI MOT, COUNSÈU E DICH
Qu duerme ben noun cregne li niera.
Qu vè pissar e noun pissa, crêpa de malícia.-'
Qu douna soun ben avan de mouri
Mérita de pati.
L'amour es lou paradis dei fouol.
L'amour es .la flou de la jouinessa.

�LA MOUORT DAU PAURE TOUNIN

Lou paure Tounin, malàut a setant'an, si presenta à l'espitàu
ma li respouondon que li a plus de plaça.
— Coumplet ! ! !
Quauqu'un li fa capi qu'em'un pau de proutecioun li pourria
intrar. Countrariat dei pas que cóu faire, Tounin vira lu taloun e
s'encamina vers la plaça Massena, piha lou tram, si rende da
Graugnard, à l'espitàu dei can, e li di :
— Moussu lou Veterinari, cresi d'estre un pau mai qu'un
can ?... En aquéu cas souîna-mi...
— Vous souînar aici, ma brav'ome perdés la testa. — Basta,
li di que n'a pas de liech pèrcourcar un crestian, que noun douna
de souin qu'ai bestia !...
Tounin, couma pensas, s'en souorte m'au couor gros e noun
sau plus à que sant si recoumandar. Era aqui au mitan dóu
camin, quoura en aquéu moumen arriba un landau, doun cala
una grossa dama, encapelada, aurias dich un ver foungi, segada
d'un varlet que pourtava religiousamen un can enfeloupat emé de
favour rosa au couol, tapat d'un tapis em'ai iniciala. En veèn
aquéu tablèu lou paure Tounin si lamenta, sangluta fouort.
— Qu'avès lou miéu brav'ome, li di la dama.
— Cen qu'ai Madama ?... trovi que lou vouostre can a mai
de chança que iéu. Li a cinquant-cinq an que travaii, pèr la premiera fès que siéu malàut, noun soulamen mi refuson à l'espitàu
dei estre uman, ma encara mi vèu picar la pouorta au nas èn
aquéu dai can.
— Quevoulès, lou miéu paur'ome, ai fach un vout de mimetre
à la Soucietà Proutetriça dei Animau, de pourtar touti li miéu
ecounoumia à la Caissa de secours pèr soulajar lou sort dei bestia.
Lou fau talamen ben, que vouguessi ben vous dounar un sóu
que pourii pas.
La dama li vira l'esquina e ientra couma un coupa-cisèu da
Graugnard. Tounin roumougna :
— Se ti veguessi en un cantoun ti dounerii mancou un gotou
d'aïga !... vièia sansuga !...
Tounin estrassinat, deble s'alonga un pau plus en là, su d'un
mouloun de peira. Quauqui oura après, couma soufrisia, n'ai-

�guènt ren en l'estomegue depi l'auba, coumençava d'aver lou
rangouioun, quoura passet un canipiè que li diguet :
— Que fès aquí, brav'ome ?
— Couma veès siéu aqui pèr tirar lu patoun. M'an refusat â
l'espitàu, même en aquéu dai can, noun mi resta que de mouri
su d'un mouioun de peira. — Avès un carnet su lou quai enregistras lu fach dóu jou, farias ben de li aloungar lou miéu testamen que poudès mentuar couma acô :
— « Bouon Diéu, se mi fes passar encara une fes sur la terra,
fe-mi naisse can au mancou, li aura une Soucietà Proutetriça dei
Animau que si crusira de iéu e pourrai estre amès en un espitau,
estre souïnat, faire bouona vida, menar une vida de can... »
ANT. ROLAND.

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VIGNE
A M. VALÉRE BERNARD.

Dans le ciel doux la Vigne ètreint les pals de buis.
Sous le pampre le merle alourdi des falernes
Tourne son col gris vair et ses paupières lemes
Qu'argenté la blancheur des immuables nuits.
O / fraîcheur, 6 beauté des Igs et des iris,
Que la Vierge éblouie avec les marjolaines
Cueille le soir venu aux vasques des fontaines
Pour colorer en fête, au crépuscule, l'Euis.
Narcisses, ébeniers, œillet et sensitive
Ah ! Versez en mon âme attiédie et pensive
L'orgueil qui souleva les clairs olympiens.
L'amour qui rafraîchit les Madones pieuses
Et qui vêt de clarté les snls athéniens
Et les ravissements des époques heureuses.
JEAN

PADOVANI.

Quauque souvèt :
Vous souveti la bouona annada.
Que siegue mihau que la passada.
Vous souveti la bouona annada acoumpagnada de touplcn
d'autri.

�Eglises et Chapelles de Nice
La vieille ville de Nice se trouvant sur la rive gauche du
Paillon, pour parler de ses églises, nous commencerons par son
église cathédrale, Sainte-Réparate, vierge et martyre, de celles du
canton Est, et en traversant la rive droite nous nous occuperons des paroisses du canton Ouest.
I. — L'Eglise Cathédrale du Diocèse de Nice est la paroisse
de Sainte Réparate, vierge et martyre, sous l'empereur Decius en
253. Sa fête est le 8 octobre. Cette église est au centre de la vieille
ville (8.500 âmes), Avant 1531 la Cathédrale était près du Donjon, plateau de Nice, et dénommée : Sancta Maria in platea,
dédiée à N. D. de l'Assomption. L'édifice actuel, dans son genre,
ressemble beaucoup à Saint Pierre de Rome, au Vatican. C'était
auparavant une simple église paroissiale
desservie par
les Bénédictins du Monastère de Saint-Pons, près Nice.
Dans son ressort se trouvent l'ancienne église de Saint
Jaume (Saint Jacques apôtre), jadis des P.P. Carmes, fermée
depuis 1903. Après le transfert du titre de paroisse à l'église de
Saint Juste, évèquc, au Gesu, elle fut placée sous la vocable de l'Annonciation de la Sainte Vierge, ainsi que la belle Eglise de la
Miséricorde, sur le Cours Saleya, jadis de Saint Gaétan, fondée
e
par les P.P. Theatins au XVIII siècle et cédée à la noble
confrérie des Pénitents Noirs.
La Cathédrale de Nice, paroisse Sainte-Réparate de nos jours,
fut comme l'ancienne au Donjon du Château {Sancta Maria in
platea), le théâtre de plusieurs f lits historiques mémorables dans
les annales de l'histoire de Nice.
II. — L'Eglise de Saint Jacques, an Gesû, dès son érection
en 1612, dédiée à Saint Juste, évêque. Sa fête est le 2 septembre.
En 1665 fut érigée en paroisse sous le titre de Saint Jacques le
Majeur, remplaçant la paroisse de Saint Jaume. On l'appelle
vulgairement le Gesù à cause qu'elle a été fondée et administrée
par les P.P. de la Compagnie de Jésus.
Appartiennent à cette paroisse les deux chapelles des confréries des Pénitents Blancs, la Sainte Croix, — confrérie la

�óo —
plus ancienne de Nice, — et des Pénitents Rouges, Saint Suaire
et de la Sainte Trinité ; l'Eglise du Couvent de là Visitation,
la chapelle de l'ancien séminaire, à la montée du Château, et
jadis l'Hospice franciscain avec chapelle de Saint Joseph des
P.P. Recollets de Cimiez, convertie en maison particulière.
L'Eglise du Gesù est d'ordre corinthien composite, cons truite sur le modèle de l'Eglise des Jésuites de Turin, dite
vulgairement les Saints Martyrs. ( 10.000 âmes).
A l'extrémité de la rue du Malonat, aux racines de l'ancien
château, on voit un oratoire à la Sainte Vierge Marie, sous le
titre de N. D. du Bon Secours. Les habitants de ce quartier érigèrent cet oratoire en l'honneur de la sainte Vierge, en reconnaissance du choléra en 1854.
III. — L'Eglise paroissiale de Saint Martin Evéque dite de
Saint-Augustin est la plus ancienne, elle fut bâtie sur l'emplacement de l'ancienne chapelle de Saint Martin (1205) et appelée
Saint-Augustin parce qu'elle était desservie par les Augustiniens
dont le couvent a été transformé en caserne. (Caserne Filley, près
l'ancienne chapelle Sincaire).
IV. — L'Eglise de Saint-Francois-de-Paule a été édifiée en
1736 d'après le plan de l'architecte
Guarini. En 1838
elle fut érigée en paroisse par décret de Mgr Galvano et appelée
aussi Saint-Dominique en souvenir de l'ancienne église paroissiale
de ce nom qui s'élevait sur la place Saint-Dominique aux lieux et
place de l'actuel Palais de Justice.
V*— L'Eglise du Port ou de l'Immaculée Conception. D'humble
origine. D'abord ce fut une fort modeste chapelle (1835), transformée agrandie par Mgr Galvano, et l'avocat théologue L. Mari
fut son premier curé..
VI. — L'Eglise Saint-Joseph nouvelle paroisse depuis 1911 la
première pierre fut posée le 19 mars 1911, bénie le 29 octobre et
ouverte au public le Ier novembre 1911 sous le patronage de Mgr
Chapon et dirigée par les soins de M. l'abbé Gabrielli.
A cette paroisse appartiennent la chapelle succursale de Saint
Joseph contigüe à l'Evêché, et la chapelle de Notre-Dame des
Anges sur l'ancienne route de Villefranche.
VIL — Saint-Roch. Cette église paroissiale dans la banlieue
de Nice fut érigée après la peste de r68r. Nice fut délivrée de ce
fléau par l'intercession de saint Roch, confesseur, né et mort à

�- Si Montpellier. La paroisse est divisée en deux quartiers, Roquebillière
inférieure et Roquebillière supérieure, jusqu'à la chapelle de NotreDame de Bon Voyage.
VIII. — Rive droite du Paillon, intra muros, se dresse Notre Dame du Vau, paroisse Saint-Jean-Baptiste, qui remplace l'an
cienne église du même nom devenue chapelle inférieure du Lycée.
Cette belle église, vœu delà ville de Nice en 1835, mt érigée en
1842 et terminée en 1852 par Mgr Galvano, évêque de Nice.
La façade ressemble à celle élevée à Turin en l'honneur du retour
du roi dans les états Sardes en 1814.
IX. — Saiiit-Pierre-d' Aréna remplace une chapelle située à la
Croix de Marbre. Elle fut érigée en paroisse en 1803 par Mgr
Colonna d'Istria. Elle doit son nom à ce fait, c'est que lors de sa
fondation elle se trouvait sur le rivage de la mer séparée par une
bordure de sable fin.
X. — Une ancienne chapelle de Sainte-Hélêne-l'Inspiratrice
existait dans ces parages. Elle fut remplacée en face la mer par
une église sous l'épiscopat de Mgr Recrosio (1727).
Six paroisses « extra muros » dépendent de la commune de
Nice.
Sainte-Marie Magdeleine, sise dans le vallon de Magnan, édifiée sur l'emplacement d'une chapelle de même nom, érigée en
1626 et dite vulgairement chapelle « dei cassaire » à cause du
grand nombre de chasseurs. Après le concordat de 1803 sous
l'épiscopat de Mgr Colonna d'Istria, ce quartier qui depuis 1771
dépendait pour le spirituel de la cathédrale fut érigé en paroisse.
Il existe encore aujourd'hui une chapelle de Notre-Dame du Bon
Conseil changée en demeure particulière . Bientôt le besoin de
la population augmentant, une église sera bâtie à la cité Robiony
par les soins du curé actuel de la Madeleine.
Plus à l'est de la ville, toujours dans le canton ouest ce
l'Arquet, se dresse la paroisse de l'Ariane dédiée primitivement à
saint Arnoux, évêque et à saint Pierre, apôtre. Elle fut érigée en
paroisse en 1809 sous l'épiscopat de Mgr Colonna d Istria. Dans
son ressort se trouve l'ancienne chapelle nécropole de l'Abbadie
fondée en 1635 en l'honneur de sainte Claire pour le besoin spirituel de 450 à 500 habitants qui appartiennent aux communes
de Nice, Cantaron Saint-André. Localité d'avenii et à laquelle
le chemin de fer Nice-Coni donnera une valeur stratégique.

�— 32 —
Gairaut avait au moyen-âge une chapelle de secours desservie
par les religieux chevaliers de l'ordre du temple au début, et par
la suite de Rhodes et de Malte. Sous l'épiscopat de Mgr François
Rosini de Martinengo la chapelle fut érigée en église paroissiale
sous le vocable de saint Sauveur o*u de la transfiguration du
Rédempteur.
Dès 1730 les P. Dominicains de Nice fondent à Saint Pancrace un sanatorium pour religieux martyrs avec chapelle en
l'honneur de Saint Pancrace martyr. Cette chapelle est érigée en
paroisse en 1848 par Mgr Galvano.
Sur le couchant de Saint-Pancrace on trouve la paroisse de
saint Roman . martyr ; l'ancienne chapelle fut érigée en paroisse
ainsi que celle de saint-Antoine de Ginestière en 1803 sous Mgr
Colonna d'Istria.
VALENT IN.

NOU VÉ
Tu Çatarina fai lou pan.
Mdumen de jota, d'alegressa,
Fes audi da toui lu couor :
Lu ange canton l'alegressa,
Fuges l'infer, Juges la mouorl.
Chntou !
L'aarika sabla, li a quaucaren aici vesin,
Sembla que senti li joia d'un festin ;
Audi lu tambourin de laen,
Lu Jlajoulet e li musela,
Lu pastre van à Bethelen
Laisson la cabana soaleta ;
Santo nuech, venes aléa nen ralegrà,
Pourtas à toui la pax et la tranquilità !
Tu Catarina fai lou pan,
Manda Lucrecia au safran,
Despende aléa lou lauvaniè,
Chapla la blea su lou taatié ;
Crala de froumai e roumpe d'iiu
E fai la iourta couma fou,
Ché n'aiguen toui en aboundança (bis)
Santa nuech, venes alèu nen ralegrà,
Pourtas à toui la pa.x e la tranquilità .'
En tant faguen etnb'au vesin
t ua santépér lou Bambin,
Toucan lou gotou de bouon vin,
Ernb'aa vesin pér lou Bambin
Ti-ri-tin-tin ! -tinTi-ri tin !

�— 3Î —

L'Expulsion de Mgr Valperga
fEN SEPTEMBRE

1792)

Le 12 octobre 1780 h population de Nice se pressait aux
abords de la porte Pairoliëre pour y recevoir en grandes pompes
le nouvel évêque Charles-Eugène Valperga di Maglione. Ce
prélat avait couché la veille selon l'usage antique à l'abbaye de
Saint-Pons et devait faire ce jour là son entrée solennelle dans
sa ville épiscopale.
Le cérémonial imposant avec lequel on avait reçu jusqu'alors
les évêques fut encore cette fois observé. L'accueil de la population entière fut des plus chaleureux au rapport de Pierre Scaliero
qui en fut témoin (1). Le nouvel évêque, qui remplaçait Monseigneur Astésan nommé archevêque d'Oristano en Sardaigne,
appartenait à une famille de vieille noblesse dont plusieurs membres avaient exercé, à Nice, des fonctions importantes (2). Il
(1) Voir aux Archives municipales le récit détaillé que ce chroniqueur en a laissé dans ses Mémoires. Pierre Scaliero mourut en 1805.
(2) Jacques Valperga, conseiller ducal, fut lieutenant du gouverneur de Nice en 1454 ; Thoma5 Valperga fut gouverneur du château de Nice en 1565 ; Jean Valperga fut également gouverneur de
Nice en 1596 ; Jérôme Valperga fut commandeur du château de
Nice en 1600 ; Pierre Valperga, frère de Jacques Valperga, était
chevalier de Malte (Arch. municipales, registre des gouverneurs,
commandants et chevaliers de Malte) ; Anne Valperga, fille dAmédée
Valperga, épousa, le commandeur de Malte Jean-Paul Lascaris.
(Voir son testament daté de 1683, arch. des Alpes-Maritimes,
registre B, 297.) Joseph Ignace de Valperga reçut de son oncle, Emmanuel Philibert Chiotera, mie partie du fief de Couaraze dont il fut
investi le 20 février 1753. Son fils, Vincent, céda ses droits à H. Novelli. Jérôme Valperga fut sénateur à Nice de 1761 à 1765, puis
ministre plénipotentiaire de Sardaigne à Gênes en 1780 ; plus tard
il fut ministre etsecrétaire d'Etat, ce dernier était le frère de l'évêque
de Nice et fils du comte François Valperga qui vivait encore en
1795Ees armoiries des Valperga étaient fascé d'or et de gueules, à
la plante de chanvre déracinée, d'argent et brochant. Le cimier
était un bouc naissant au naturel et la devise : « Ferme-toy ».
Nous reproduisons les armoiries de Monseigneur Valperga d'après celles qui se trouvent en tête du catéchisme édité par ses ordres
et dont nous devons le dessin à l'obligeance de M. Joseph Casai
(Extrait de 1' « Armoriai Artistique et Nrbiüaire », Ni.e, 1902.
3

�- 34était directeur du collège des Provinces à Turin, lorsque le roi
de Sardaigne le désigna, pour l'évêché de Nice. Il avait été sacré à
Rome où il avait fait ses études. Monseigneur Valperga se distingua immédiatement par sa vigilance et son activité : il releva
le niveau intellectuel et moral des prêtres de son diocèse et s'attacha à mettre en toutes choses la plus grande régularité. Dix-huit
mois après son installation, il publia un nouveau catéchisme
dont le plan avait été préparé par son prédécesseur ^i). Grâce à

ses relations cordiales avec la eour de Turin, il jouissait auprès
des autorités civiles de Nice d'une grande influence. Après douze
(1) Ce catéchisme en italien fut imprimé à Nice par la Société
Typographique. C'est un petit volume in-douze de 612 pages, portant
la date de 1783. En tête se trouve le mandement de Monseigneur
Valperga du 16 février 1782 qui approuve le travail terminé par
le prêtre auquel Monseigneur Astésan en avait confié le soin, ordonne
sa publication et règle l'organisation des catéchismes dans tout le
diocèse. Deux ans plus tard en 1785, Gabriel Floteront, imprima
un autre catéchisme rédigé en dialecte niçois, petit volume in-12
de 228 pages. Un exemplaire de ces deux ouvrages existe à la biblio
thèque de Nice. — Voir Villarey, Série Cronològica dei Vescovi
di Nizza. — Art. Valperga.

�-35 années de séjour dans cette dernière ville il s'était acquis l'estime
et le respect de tous.
*

• *

Lorsque le 28 septembre 1792 dans l'après-midi, les troupes
piémontaises évacuèrent Nice, il y eut dans cette ville une effroyable panique et des milliers d'habitants s'enfuirent dans la direction de Turin. Ce fut un désarroi et une désorganisation complète de toutes les autorités. iMonseigneur Valperga resta à son
poste et s'engagea à ne point quitter la ville. Le lendemain samedi
29 septembre, il accompagna le second consul Honoré Saissi et
quelques membres du Conseil qui se rendirent, vers les onze
heures du matin, à la villa Feraudi, au quartier St Hélène, pour
offrir les clefs de la cité au général d'Anselme qui venait d'y
arriver à la tête des troupes françaises. Le général fit à la délégation assez bon accueil, mais il s'étonna de trouver parmi ses membres, l'évêque dont la place déclara-t-il n était pas là. Du reste,
d'Anselme attacha si peu d'importance à la démarche îles magistrats niçois que dans aucune de ses dépêches officielles il n'en fit
mention.
Sur le soir du même jour, la petite armée française faisait son
entrée dans la ville et le général s'installait dans la maison du
consul de France à la place St Dominique. L'évêque de Nice qui
tenait à rester au milieu de ses diocésains se présenta de nouveau
vers les huit ou neuf heures du soir chez le général auquel il voulait recommander ses prêtres en lui demandant des respecter les
églises. Le général était entouré de tout son état-major, du consul
de France, Pierre Le Seurre, de Honoré Saissi, second consul, de
Féraudi, secrétaire général de la commune. Ces deux derniers
venus probablement pour appuyer les demandes de l'évêque.
L'accueil du général ne fut pas plus encourageant que la première fois ; il intima même avec insistance au prélat l'ordre de
quitter ta ville en ajoutant que le plus tôt serait le mieux et ce
fut sur ces dernières paroles que l'évêque se retira après avoir toutefois reçu du général la promesse que tout ce qu'il laisserait dans
son palais serait placé sous la sauvegarde de la Nation française.
Il n'y avait pas à tergiverser, l'ordre était formel et pressant, il
fallait partir. L'évêque prit ses dernières dispositious et délégua,
au curé de la cathédrale, le chanoine Honoré Navello, tous les
pouvoirs nécessaires pour administrer le diocèse en son absence.
Aux premières lueurs du jour, Valperga quitta son palais, et se

�— 36 dirigea à pied vers la porte Pairolière. Il avait été impossible de
trouver une voiture car tous les moyens de transport avaient été
réquisitionnés et utilisés le 28 septembre pour permettre l'exode
des habitants terrorisés. Il avait ordre de partir, mais cet ordre
n'ayant pas été donné par écrit, les volontaires marseillais, de garde
à la porte de Turin, refusèrent de le laisser passer, l'accablèrent
d'injures, le menacèrent même de le pendre et ne consentirent á
le lâcher que sur un ordre écrit, sollicité et obtenu du général,
grâce à l'intervention courageuse et au sang-froid d'un jeune
niçois, Joseph Castellinard. Monseigneur Valperga se retira à
Turin et y mourut en 1805 sans avoir jamais pu obtenir l'autorisation de rentrer.
*

* *

Il est établi par les documents officiels contemporains que
Monseigneur Valperga ne quitta son siège que sur les ordres arbitraires du général d'Anselme et ces mêmes documents nous
renseignent très exactement sur les incidents fâcheux qui se produisirent au départ de l'évêque. Du reste, on n'ignorait pas à Nice
comment les choses s'étaient passées et la population savait grê à
Valperga de son attitude et de sa fermeté. De son côté, Valperga
avait eu confiance dans la parole à lui donnée par le général au
nom de la Nation française et à plusieurs reprises il manifesta
son étonnement qu'elle n'ait pas été gardée, que ses biens aient
été confisqués, son mobilier vendu, son nom inscrit sur la liste
des émigrés alors qu'en partant il n'avait cédé qu'à la force.
Parmi les nombreux documents qui se trouvent soit aux archives de Nice, soit aux archives nationales il en est quelques-uns
dont la simple reproduction sera plus probante que tous les corn,
mentaires. Il_suffira de citer :
•i° La lettre du Directoire des Colons Marseillais en date du
25 février 1793, adressée aux citoyens Blanqui et Veillon, députés
extraordinaires de la ville de Nice à Paris, au sujet des réclamations présentées le 23 du même mois par Jean-Jacques Donny, au
nom de Mgr Valperga.
20 La réponse du même Directoire à J.-J. Donny, en date du
26 février 1793.
3„ L'arrêté du Département en date du 13 avril 1793.
40 La réclamation présentée au Directoire du département

�Valperga, aussitôt après son inscription sur la liste des émigrés de
la ville de Nice, dressée à la fin de juin 1793.
50 Les états de frais pour l'inventaire et la vente du mobilier
et effets de « l'émigré Valperga Maillone, citoyen évêque » approuvés par le département des Alpes-Maritimes, le 5 germinal an
III (25 mars 1795).
6° Les actes de notoriété dressés le Ier et 2me fructidor an III
(18 et 19 août 1795) par Gautier, juge de paix à Nice, à la requête de Pierre-Joseph Passeron, agissant en qualité de procureur
subrogé par Nicolas Giorni, procureur spécial et général de Mgr
Valperga, par acte de procuration reçu à Turin le 20 juillet 1795,
notaire Pierre-Joseph Bernochio.
70 La pétition adressée au district de Nice le 4 fructidor an III
(21 août 1795) par Pierre-Joseph Passeron, demandant la radiation du nom de Valperga sur la liste des émigrés.
8° L'avis du district de Nice en date du 5 vendémiaire an IV
(27 septembre 1795) déclarant que Mgr Valperga doit être rayé
de la liste des émigrés.
90 L'arrêté du département des Alpes-Maritimes, en date du
14 prairial an V (2 juin 1797) ordonnant la radiation provisoire
du nom de Valperga de la liste des émigrés.
io° L'acte de cautionnement dressé par le département le
11 fructidor an V (28 août 1797), à la requête de Pierre-Joseph
Passeron, procureur de Mgr Valperga en exécution d'une des
clauses de l'arrêté du 14 prairial an V (2 juin 1797).

�- 38 —

DOCUMENTS ET PIÈCES D'ARCHIVES

Pièce 1.

25 février 1793
Aux cit. Blanqui et Veillon
Une lettre du cit. Donny, associé du citoyen LeClerc, défunt président de l'ancienne administration
provisoire, dont vous avez ci-inclus l'extrait ( 1 ), nous
fait connaître que le cit. Valperga, évêque de Nice,
laissa avant son départ (ordonné à son retour par
Anselme) dans sa maison pour environ 34.000 livres,
argent monnayé, et environ pour 17.000 d'effets en
vaisselle, linge, batterie de cuisine etc.
Une portion de ces effets se trouvent encore dans
ladite maison, sous l'inventaire que nous en avons
fait dresser par les commissaires de l'une et l'autre
administration, lorsque nous avons été installés, mais
il s'en faut de beaucoup qu'elle puisse arriver à la
somme de 17.000 livres, pas même le tiers.
Quant à l'argent monnayé entré dans la caisse du
receveur de l'ancienne administration, nous n'y
voyons point la somme que ledit Evêque désigne
avoir laissé dans sa maison. Nous vous remettons cijoint un extrait de l'état des sommes' que le cit.
Bonnet a reçu en espèces, pendant toute sa gestion
de receveur et trouvées parmi les effets des émigrés
français et niçois.
Nous ne voulons rien préjuger sur l'assertion du
cit. Valperga, quoique nous ayons des indices frappants de vérité. Ce ne sera que lorsque nous aurons
pu les convertir en preuves par le témoignage de
quelques citoyens que nous nous procurerons, pour
pouvoir en demander la restitution et la poursuite
contre le pillage.
En attendant, noùs croyons devoir vous faire part
de cette découverte que nous allons communiquer au
Président de la Convention Nationale et au Ministre.
Arch. des A. M. Registre de la correspondance du
Directoire des Colons marseillais L. 5.
Cet extrait manque au registre ainsi que les autres pièces
énoncées dans celte lettre.

�-hLe 2érae février 1793.
Au citoyen Donny, négociant à Nice
Pièce 2.

Votre lettre du 23me de ce mois, citoyen, nous
demande des renseignements sur le temporel du
citoyen Valperga, Evêque de Nice. Nous allons vous
transmettre tous ceux qui sont à notre connaissance
L'administration provisoire en choisissant l'Evêché
pour le lieu de ses séances, vint s'y établir dans les
premiers jours d'octobre, et tout nous porte à croire
qu'elle ne fit aucun inventaire des effets qui s'y trouvaient, du moins nous n'en avons trouvé aucun dans
les papiers qu'elle nous a remis.
En succédant à cette administration provisoire,
uous avons cru que notre premier devoir était de faire
un inventaire de tout le mobilier renfermé dans la maison épiscopale. Nous y avons successivement procédé
en présence des administrateurs provisoires et à mesure qu'ils nous en remettaient les clefs. Tout le mobilier qui s'y trouvait, ne consistait guère qu'en
meubles meublants et ne nous paraît pas avoir la
valeur de 17 mille livres que l'Evêque lui donne.
Vous pourrez, si vous le jugez à propos, faire prendre
à notre secrétariat une copie de cet inventaire. Tout
ce. qui n'est point renfermé dans les appartements
que nous occupons au premier étage, a été laissé à la
garde de Jean Poma, ancien concierge de l'Evêque et
le nôtre.
Pour nous éclairer sur les 34.000 1. argent monnayé que l'Evêque doit avoir laissé en sa maison,
nous avons écrit au cit. Bonnet, receveur de l'administration provisoire, pour lui demander un état des
sommes en numéraires versées dans sa caisse, comme
ayant été saisies et trouvées parmi les effets des Emigrés français et niçois. L'état qu'il nous a remis ne
monte qu'à 74121. 16 s, et aucun article n'a du rapport
avec les réclamations du citoyen Valperga.
Quant à ce qui concerne personnellement le
citoyen, nous avons demandé au Ministre de l'Intérieur de vouloir bien nous dire la manière dont nous
devions l'envisager. Nous savons qu'un ordre arbi-

�— 40 —
traire de Danselme l'obligea de quitter Nice, le jour
de l'entrée des Français. Mais nous pensons aussi que
la proclamation des Commissaires de la Convention
nationale de France et le décret de celle de Nice,
concernant les Emigrés, étaient des motifs suffisants
pour le ramener à son poste et le rassurer sur les
suites de son retour. En persistant à prolonger son
absence, il s'expose à être traité comme émigré, à se
voir déclarer déchu de sa place et confisquer tous ses
biens. Telle est la disposition de la loi, et quoique
nous ayons consulté le ministre sur le cas particulier
de l'Evêque, nous prévoyons que sa réponse sera de
nous en tenir à la rigueur des lois, ainsi que plusieurs
instructions nous l'ont déjà annoncé.
Vous sentez, citoyens, que tout le mobilier de
l'Evêque doit rester séquestré jusqu'à son retour ou à
la décision du Ministre. Il peut être tranquille sur la
conservation de tout ce que nous avons trouvé en
entrant dans sa maison. Ce qui a pu en être enlevé
avant notre entrée en fonctions, est étranger à notre
gestion. Mais nous employerons tous les moyens qui
sont en notre pouvoir pour en trouver les traces, en
acquérir les preuves et en faire punir les coupables.
Les administrateurs, etc.
Archives des A.-M., Registre
suivants.

,L. 5,/°7i verso et

Lettre des commissaires de la Convention
Nationale et arrêté du Département des A. M.
Nice, le 9 Avril 1793, l'an 1 Ie de la Repu bublique Française.
« Vous voudrez bien, citoyens, en nous envoyant
les noms et prénoms de l'évêque de Nice, nous instruire officiellement d'après les "dispositions des lois,
s'il est censé démissionnaire et son siège vacant.
« Les Commissaires de la Convention Nationale
au département des A. M.
GRÉGOIRE, JAGOT (I)

(1)

Archives des A. M. L. 29 ancien. L

7

actuel.

�— 4i (i3 avril 1793)
Le Directoire ; vu la réquisition du citoyen Procureur Général sindic « Considérant que Charles Eugène Valperga, évêque de Nice, n'avait point quitté
son domicile lors de l'entrée des troupes de la République ; considérant qu'il a lui méme-accompagné les
consuls d'alors quand ils furent présenter les clefs
de la ville et inviter le général Anselme à venir en
prendre possession au nom de la République ; considérant que le général Anselme par ses ordres arbitraires et tiranniques, accompagnés même de menaces contre ses jours, l'ont forcé de s'éloigner ; arrête
qu'il ne peut le déclarer émigré, et qu'il sera répondu
aux Commissaires de la Convention nationale d'après
les principes ci-dessus.. »
Sign : PAUMÉ ; BARLI FABRI ; F. CASTKLIMARD ;
ANGLES ; BERNARDI, secrétaire général. (1)
pjj

ce

^

Aux citoyens composant le Directoire du
département des Alpes-Maritimes..
22 juillet 1793.
Citoyens,
Le citoyen Jean-Jacques Donny, soussigné, chargé
des intérêts du citoyen Valperga, évêque de Nice
absent, ayant été informé que par votre délibération
du 29 du mois passé, ledit citoyen Valperga avait été
déclaré émigré, vous représente avec tous les égards

(1) Archives des Alpes-Maritimes, Registre L,. 3, folio 101. L'Arrêté n'est pas signé par le procureur syndic Jean-François Tourre
ni par l'administrateur Jean-L,ouis de Villiers qui ne partageaient
point l'opinion de leurs collègues. A noter que Tourre était d'Antibes
et que de Viliers était un médecin français établi depuis longtemps
à Nice.
I/Arrêté fut pris malgré le réquisitoire de Tourre qui voulait
déclarer Monseigneur Valperga émigré et malgré un violent discours de Villiers soutenant la même thèse qui fut combattue par
Barli Fabri, par Castclinard et par Anglès. J'ai déjà publié in-extenso
cette délibération du 13 avril T793 au cours d'un article sur l'église
de Nice en 1792-1793 inséré dans Nice Historique du Ier avril 1903,
C'est pourquoi je reproduis ici simplement la lettre des
commissaires et l'arrêté du département.

�- 42 —
dûs au pouvoir dont l'exercice vous a été confié par
le peuple souverain que le citoyen Valperga ne peut
ni ne doit sous aucun rapport être considéré comme
émigré, par les motifs ci-après :
i° Qu'il est de notoriété publique qu'il n'a quitté
le pays que contre son gré et par ordre du général
Anselme :
2° Qu'il a constamment été disposé et a offert
de revenir dans son diocèse, moyennant qu'il ne fut
assujetti à prêter qu'un serment relatif au temporel et
non au spirituel.
3° Qu'enfin et par la raison que n'étant point
indigène, mais étranger, son séjour ici n'a été dé terminé que par sa nomination à l'épiscopat, événement casuel qui n'a jamais pu le soumettre à l'obligation de renoncer pour toujours à sa mère-patrie.
Tous ces motifs, soit qu'on les prenne collectivement ou séparément, démontrent suffisamment,
citoyens administrateurs, le droit incontestable, qu'a
le citoyen Valperga de demander et prétendre la
radiation de son nom du tableau des émigrés, et si
le ministre de l'Intérieur n'a fait aucune distinction
entre lui et les autres citoyens, c'est sans doute qu'il
a ignoré les circonstances qui vous sont exposées
ci-dessus, et notamment la dernière, car s'il les eût
toutes connues, il n'est nullement probable qu'il eût
décidé comme il l'a fait. Toute hypothèse contraire
serait une injure faite à ses sentiments et à ses lumières. Un homme tel que lui, dont les vertus civiques, le patriotisme et les talents l'ont appelé au
poste aussi honorable que pénible qu'il occupe, doit
ressembler autant que possible à la Nation pour
laquelle il agit et qui l'a honoré de sa confiance.
Cette nation est grande, généreuse, magnanime,
juste et bienfaisante.Elle ne peut qu'êtreextrêmement
jalouse de sa gloire, et l'un des principaux devoirs de
ses agents est d'éviter soigneusement d'en ternir
l'éclat.
Le refus qui serait fait de rayer de la liste des
Emigrés le nom du citoyen Valperga, refus qui entraînerait avec lui la confiscation des minces propriétés de ce citoyen, serait un acte qui imprimerait à

�-

43

-

jamais une tache ineffaçable à la gloire du nom français ; tache qui ne pourra manquer de frapper également les yeux des contemporains et ceux de la postérité ; tache enfin que les historiens ne manqueront
pas de faire ressortir par des couleurs enluminées, et
le bel effet qu'un pareil tableau produirait, citoyens
administrateurs, serait votre ouvrage.
Mais non, loin de nous, cette idée ! Vous êtes
républicains ! cela suffit. Les républicains sont vertueux. Ils aiment, chérissent, protègent, respectent
la vertu partout où elle se trouve. Et le citoyen Valperga aussi est un homme vertueux ! Qui en doute ?
Nul bon citoyen, nul honnête homme. Souvenezvous, citoyens administrateurs, que ce n'est que par
ses vertus qu'il a mérité l'amour et l'affection du
peuple Niçois et non par sa qualité d'évêque. Et plût
à Dieu que tous les ecclésiastiques lui eussent ressemblé ! La France n'eut point éprouvé d'aussi horribles secousses, pour asseoir, affermir et assurer sa
liberté.
La République a incontestablement le droit de
renvoyer hors de son sein tout individu qui ne lui
convient pas, mais en renvoyant ainsi un étranger
qui, d'ailleurs, n'a pas encouru la peine de la confiscation de ses biens, elle lui permet de les emporter ou
de les vendre et d'en emporter le produit. Tel est
précisément le cas du citoyen Valperga.
L'exposant demande en conséquence, citoyens
administrateurs, qu'il vous plaise prendre dans votre
sagesse une délibération tendante à rendre audit
citoyen Valperga sa qualité de citoyen français non
émigré, à lui accorder un délai compétent pour rentrer dans ce pays soit comme simple citoyen ou
comme fonctionnaire public et à lui assurer dans
tous les cas la restitution de ses propriétés par lui
laissées sous la sauvegarde de la loyauté française
dans la maison épiscopale, lors de sa retraite forcée,
ou la juste indemnité de leur valeur. Et sera justice.
Nice, le 22 juillet 1793, l'an second de la République française, une et indivisible.
Jean-Jacques DONNY.
l
ARCHIVES NATIONALESF/ 4.867 , dossier Valperga.

�- 44 Pièce 5.

Etat de frais de vente pour parvenir à l'inventaire
et vente des effets de l'émigré Valperga Maillone,
citoyen évêque :
5 germinal an III (25 mars 1795)
Pour une séance de trois commissaires dont un du
District et deux de la Commission municipale, fixée
à trois livres par séance par le Directoire du district
et approuvé par les Représentants du
Peuple
L.
9 »
Papier timbré tant de la minute que
des deux extraits
»12
Pour la copie desdits deux extraits . .
» 8
Droits d'enregistrement
13 10
31

2

Nous soussignés certifions le compte ci dessus véritable.
Signés : J.-B. Thomaty, comm. du dist. ; Savigny,
comm. munie. ; Mabil, comm. municip.
Frais de la vente :
Pour quatre séances de deux corn missaires dont un
du District, un de la Commis, mun. sans le membre
de l'administration fixées à trois livres par séance par
le Directoire du district et approuvé par les Représentants du Peuple .
L.
24 »
Au trompette pour publication de
quatre criées
5 »
Au crieur à la vente, quatre séances .
12 »
Aux portefaix qui ont travaillé au
transport des effets
40 »
Papier timbré tant de la minute que
de l'extrait
1 »
Bougie
3 »
Droits d'enregistrement
27 »
Papier timbré du petit état
» 4
A la femme qui a assisté à la vente
pour l'arrangement du linge
» 12
L.
Signés : J.-B. Thomaty, comm. du
district ; Savigny, comm. municip.

1

159 6

�Vu par nous, membres composant la Commission
Administrative du district et d'après l'arrêté du district, approuvé par les Représentants du Peuple et la
loi du il et 12 Mars, arrête l'état des frais ci-dessus
se montant à la somme de cent cinquante neuf livres
trente centimes, qui seront acquittés par le receveur
du droit d'Enregistrement lorsque le Département
aura vérifié ledit état.
Nice, le 29 ventôse an 3"" de la République française une et indivisible (19 mars 1795).
(Suivent les signatures).
Vu l'état des frais ci-dessus pour parvenir à l'inventaire et vente du mobilier de l'émigré Valperga
Maillone ci-devant évêque.
Vérifié et arrêté par le Directoire du district de
Nice, la Commission Administrative du département
des Alpes-Maritimes approuve ledit état et ordonne
au citoyen Maussier, receveur de l'enregistrement
cîudit district de payer aux citoyens J. B. Thomaty
et Savigny, comm. la somme de 159 livres et 30
centimes pour montant des frais pour inventaire et
vente des susdits effets de l'émigré, laquelle somme
lui sera allouée en compte.
Fait à Nice le 5 germinal an 3me républicain ( 25
mars 1795).
Etat des frais pour parvenir d la vente du mobilier de
l'émigré Charles Eugène Valperga Maillone, citoyen
évêque.
Pour trente-neuf séances de trois commissaires
dont un du District et deux de la Commission municipale, fixé à trois livres par séance par le Directoire
du district et approuvé par les Représentants du
peuple
L.
351 »
A deux portefaix, dix-neuf journées et
demi chaque fixées à cinq livres par jour.
195 »
Au trompette pour publication de
trente-neuf criées fixées à une livre cinq
sols chaque
48 r 5
Au crieur à la vente, trente-neuf séan
ces fixées á trois-livres par séance ....
117 »

711 1$

�- 4* Report
Papier timbré tant de la minute que
de l'expédition
Pour copie dudit extrait fixé à quatre
livres
Papier timbré du présent état ....
Bougie
Droit d'enregistrement
Plus deux autres journées de portefaix à cinq livres
Un paquet de plume
L.

148
4
6
421

»
4
»
»

20
5

»
»

1.182

7

Nous soussignés certifions le compte ci-dessus,
véritable.
Nice, le Ier ventôse an 3me de la République (19
février 1795).
Signés : J.-B. Thomaty, commissaire du district ;
Savigny, comm. ; Honoré Mabil, comm. municipal.
Vu par nous, membres composant la Commission Administrative, de ce District, et d'après la loi
du 11 et 12 Mars 1793 (v. s.) et l'arrêté de cette
Commission approuvé par les Représentants en date
1^ Fructidor, oui l'agent national, arrête l'état des
frais se montant à onze cent huitante deux livres et
trente cinq centimes qui seront acquittés par le
receveur de l'agence de l'enregistrement sur le produit de la vente desdits meubles, lorsque le Département aura vérifié ledit état.
Nice le 29 ventôse an 3me de la République
française une et indivisible (19 mars 1795).
(Suivent les signatures).
Vu l'état des frais ci-dessus pour parvenir à la
vente du mobilier de l'Emigré Valperga Maillone cydevant évêque.
Vérifié et arrêté par le Directoire du district de
Nice.
La Commission administrative du département
des Alpes-Maritimes, approuve ledit état et ordonne

�— if au citoyen Maussier, receveur de Penregistrement
dudit district de payer aux citoyens J.-B. Thomati,
Savigni et Honoré Mabil, commissaires, la somme de
mille cent quatre vingt deux livres trente cinq centimes pour montant des frais de la vente des susdits
effets de l'Emigré. Laquelle somme lui sera allouée
en compte.
Fait â Nice le 5 germinal an 3me républicain (25
mars 1795).
Arch. des A. M. L. 15 ancien p. 44-45 N° 34-35

Actes de Notoriété
Pièçe g

1-2-fructidor an III
18-19 août 1795
EGALITÉ, LIBERTÉ

AU NOM DE LA LOI
Ce jourd'hui, premier Fructidor, l'an troisième
(18 août 1795 de la République française, une et indivisible, à Nice, chef-lieu du département des AlpesMaritimes, par devant Nous, Antoine Gautier Juge de
paix de la Ier, 2m" et 3me section et officier de police,
est comparu le citoyen Pierre Joseph Passeron, natit
tic la commune de Contes et habitant en celle de Nice
depuis plusieurs années.
Lequel en sa qualité de procureur du citoyen
Charles Eugène Valperga de Maillone, évêque de Nice,
subrogé par le citoyen Nicolo Giorni, homme de loi,
procureur spécial et général établi (par acte reçu) par
le notaire Pierre Joseph de Bernochio, le 20 Juillet
dernier (v. s.) qu'il présente, légalisé par le résidant
de la République de Gênes auprès de la Cour de Turin, dont il résulte le pouvoir donné au citoyen Giorni, de subroger en son lieu et place, avec tous les
pouvoirs compris au dit acte, et il présente au surplus l'acte de sa dite subrogation faite par le même
citoyen Giorni, reçu en la ville de Gênes le premier

�- 48 du mois d'août dernier (v. s.) par le notaire Antoine
Baglietto, légalisée par le consul de la République
française.
Il expose que le vingt neuvième jour de septembre
de l'année 1792, l'armée de la République, étant arrivée en cette ville, commandée en chef par le citoyen
général d'Anselme, lorsque ce général, vers le soir,
fut arrivé et il eut pris son logement dans la maison
habitée par le ci-devant consul de la République Le
Seurre, ledit citoyen Evêque Charles Eugène Valperga de Maillone s'y étant présenté, ledit général d'Anselme, en présence de tout son Etat-Major, lui signifia
d'abord de devoir partir de cette ville. Sur quoi le
dit évêque ayant répondu qu'il avait cru de pouvoir
continuer sa résidence en cette ville et tellement l'avait cru, qu'il n'avait jamais pensé de distraire et en
faire partir le moindre de ses meubles et effets, qu'il
avait dans la maison d'habitation de l'tvêque et que
si absolument il lui ordonnait de partir, il le priait de
lui accorder la sauvegarde sur tous lesdits effets et
meubles. Le dit général d'Anselme lui répliqua qu'il
dut absolument partir de cette ville, en ajoutant que
le plus tôt en serait le mieux, et qu'à l'égard de ses
meubles et effets qu'il avait, il les mettait dès ce ino
ment sous la sauvegarde et loyauté de la Nation française et qu'il pouvait en être tranquille, après quoi ledit
évêque Valperga de Maillone, tout tremblant, ayant
dit qu'il allait se conformer dès le lendemain au matin à ses ordres, se retira ; ledit général d'Anselme
lui ayant encore répliqué : le plus tôt sera le mieux.
Et comme il importe audit citoyen évêque Valperga de Maillone de constater le fait ci-dessus expo"sé, suivi en présence de tout l'Etat-Major dudit général d'Anselme et de plusieurs citoyens de cette commune, l'exposant, en sa dite qualité vous présente les
citoyens Pierre Le Seurre, ci-dessus nommé, ci-devant
consul en cette ville de la République, le citoyen Honoré Saissi de cette commune qui pour lors était second consul de la même commune, le citoyen Philippe Emmanuel Féraudi qui pour lors était secrétaire de
Ìa même commune et le citoyen Ange Giraudi aussi

�- 49 de cette commune, pour recevoir leurs dépositions
sur ledit exposé et vous fait instance que de tout lui
soit concédé acte, ce que nous lui avons accordé, et a
signé.
PIERRE JOSEPH PASSERON.

Et de suite se sont présenté les susnommés
citoyen Le Seurre, natif de Craon, âgé de 75
ans, bourgeois, le citoyen Saissi, âgé de 70 ans,
négociant, Emmanuel Feraudi, âgé de 68 ans, notaire, Ange Giraudi, âgé de 63 ans, négociant,
natifs et domiciliés dans cette commune, auxquels
après avoir fait lecture dudit exposé fait par ledit citoyen Pierre Joseph Passeron, en sa dite qualité, les
avons interpellés sur serment que leur avons fait prêter, conformément à la loi, de nous dire en leur âme
et conscience si tous les faits énoncés dans le même
exposé sont de leur connaissance et tous les quatre ont
répondu et attesté tant uniment que séparément en
être pleinement informés, s'y étant trouvés présents,
et que le tout contient la vérité, toute la vérité et
rien que la vérité. En foi de quoi ils ont signé :
LE SEURRE, HOSORI'J
SAISSI, PHILIPPE EMMANUEL FÉRAUDI,
ANGE

GIRAUDI.

Et nous, juge de paix, vu les dépositions ci-dessus, avons de tout concédé acte au susnommé citoyen
Pierre Joseph Passeron en sa dite qualité, pour lui
servir et valoir dans tous les cas, à ce que de droit et
de raison. Fait à Nice, l'an et le jour que dessus.
GAUTIER, juge de paix.
BONIFACI, sec. greffier.
Vu par nous, membres du District de Nice, 3 vendémiaire an IV rép. 25 sep. 1795, TOSELLI, JN COPPON
fils, VÉRANI pr. syndic, SAYTOUR Martin.

�— 5o —
EGALITÉ, LIBERTÉ.

AU NOM DE LA LOI
Ce jourd'hui. second jour de Fructidor de l'an 3
août 1795) de la République française une et indivisible, à Nice, chef-lieu du département des AlpesMaritimes, par devant nous, Antoine Gautier, juge de
paix de la iere, 2M* et 3ME section et officier de police,
est comparu le citoyen Pierre Joseph Passeron : natif
de la commune de Contes et habitant en celle de Nice
depuis plusieurs années
Lequel en sa qualité de procureur du citoyen
Charles Eugène Valperga de Maillone, évêque de
Nice, subrogé par le citoyen Nicolo Giorni, homme
de loi, procureur spécial et général établi (par acte
reçu) par le notaire Pierre Joseph de Bernochio, le 20
Juillet dernier (v. s.) qu'il présente, légalisé par le résidant de la République de Gênes auprès de la Cour de
Turin, dont il résulte le pouvoir donné au citoyen
Giorni, de subroger en son lieu et place, avec tous les
pouvoirs compris audit acte, et il présente au surplus
l'acte de sa dite subrogation faite par le même citoyen
Giorni, reçu en la ville de Gênes le premier du mois
d'août dernier (v. s.) par le notaire Antoine Baglietto,
légalisée par le consul de la République française.
Expose : Primo, que le matin du trente septembre 1792, le citoyen Charles Eugène Valperga de
Maillone, évêque de Nice, en partant de cette ville
avec deux domestiques à sa suite, qui portaient un
paquet et quelques effets, fut arrêté à la porte qui conduit en Piémont, ci-devant nommée porte Victoire,
et conduit au vestibule de la maison presque attenante
à ladite porte, appartenant au citoyen Dominique
Castellinard, où se trouva le citoyen Joseph Castellinard, fils dudit Dominique, et malgré que ledit Evêque Valperga déclara aux soldats de la Garde de la
dite porte qui étaient des Marseillais, que c'était en
conséquence d'ordre qui lui avait été signifié par le
citoyen général d'Anselme qu'il partait de cette ville,
lesdits soldats commencèrent par le malmener et lui
(19

�signifier qu'ils voulaient le pendre et ayant ouvert
ledit paquet et y ayant trouvé entre autres effets, une
ceinture d'évêque, ils déterminèrent, à l'instant, de le
pendre avec ladite ceinture, et ayant essayé si la même
était assez forte pour le soutenir, en la préparant, elle
se fit en lambeaux, de façon qu'ils vérifièrent qu'elle
ne pouvait leur servir et demandèrent audit Joseph
Castellinard fils une corde, pour pendre ledit évêque,
à un grand anneau de fer qui était au plafond dudit
vestibule, servant â y passer une verge de fer pour
peser les marchandises, et ledit citoyen Castellinard
fils, leur ayant absolument refusé de leur donner de la
corde, en s'excusant qu'il n'en avait point, comme
dans tous ces entrefaits ledit évêque se trouve mal et
ne peut plus se soutenir, ledit Castellinard fils lui fit
apporter une chaise, par sa servante à qui quelques
uns de ces soldats donnèrent des coups de poing pour
avoir porté ladite chaise et le même Castellinard le
fit ensuite asseoir sur ladite chaise, en le soutenant,
parce qu'il ne pouvait se soutenir droit ; d'autant plus
qu'en attendant, lesdits soldats marseillais lui disaient mille exécrations, lui crachaient dessus et lui
donnaient des soufflets, et assurément ils l'auraient
fini, si dans cet intervalle un de ses domestiques
n'avait été dire au citoyen général d'Anselme ce qui
venait d'arriver, et ledit domestique étant venu avec
un billet dudit général d'Anselme qui ordonnait à la
garde de le laisser partir, puisque c'était de son ordre,
en conséquence de ce billet lesdits soldats marseillais
se bornèrent pour lors à lui dire et crier mille invectives et injures et le laissèrent partir, ce que ledit
évêque, malgré qu'il ne pût se remuer, à l'aide de ses
domestiques fit au mieux possible en tremblant, de
façon qu'il doit son existence au refus ferme et déterminé que ledit citoyen Castellinard fils leur fit de
leur donner une corde, sans quoi avant l'arrivée du
dit domestique portant l'Ordre du général d'Anselme, il aurait été pendu et étranglé.
Secondoque lefaitci-dessusfut d'abord public et notoire, de notoriété publique dans cette ville et encore
plui le lendemain premier octobre, puisque les autres

»

�— 52 —

soldats de la Phalange Marseillaise, arrivés sur le soir
dudit jour trente septembre, d'abord après leur arrivée
cherchèrent l'évêque qu'ils voulaient le lanterner et
mettre en pièces, comme ils s'expliquèrent hautement,
ce qui joint au fait arrivé dans ledit vestibule de la
maison Castellinard, étant devenu d'une notoriété publique donna l'épouvante à tous les gens honnêtes du
pays, qui disaient que le citoyen général d'Anselme en
ordonnant audit évêque de partir, en mettant sous la
sauvegarde de la Nation française ses meubles et ses
effets, avait voulu le sauver.
Et comme il importe audit citoyen Passeron, exposant en sa dite qualité, de constater par témoins le
fait ci-dessus exposé, il nous présente ledit citoyen
Joseph Castellinard fils de Dominique de cette commune, âgé de 21 ans, de profession, négociant, qui se
trouva présent au fait énoncé dans le Ier article de l'exposé ci-dessus, et au surplus informé de la notoriété
des faits énoncés au second et dernier chef, de ladite
exposition et il nous présente les citoyens Jean-Jacques Donny, natif de Neufchâtel en Suisse, âgé de 39
ans, de profession, négociant ; Joseph Poullan, natif
de Clavesana, en Piémont, âge de 48 ans, négociant ;
Jacques Gerbin, âgé de 60 ans, tailleur, Jean-Marie
Thaon, âgé de 56 ans, négociant, natifs et tous domiciliés en cette commune pour déposer sur ladite
notoriété énoncée dans ledit second fait exposé, pour
recevoir leurs dépositions, et nous fait instance que de
tout lui soit concédé acte, ce que nous lui avons accordé et a signé.
Pierre-Joseph PASSERON .
Et de suite se sont présentés les susnommés citoyens Joseph Castellinard, Jean-Jacques Donny, Joseph Poullan, Jacques Gerbin, et Jean-Marie Thaon,
ci-dessus qualifiés, auxquels après avoir fait lecture
dudit exposé fait par ledit citoyen Passeron, en sa
dite quálité, les avons interpellés sur serment, que
leur avons fait prêter, conformément à la loi, de nous
dire en leur âme et conscience, si tous les faits énoncés dans le même exposé sont de leur connaissance,

�- 53 et ledit citoyen Joseph Castellinard a répondu et
attesté en être pleinement informé pour avoir été
présent au fait exposé dans le i" article de ladite exposition, et pour avoir publiquement entendu dire les
faits énoncés dans le second chef qui était en cette
ville notoire de notoriété publique et lesdits citoyens
Jean-Jacques Donny, Joseph Poullan, Jacques Gerbin,
Jean-Marie Thaon, ont répondu et attesté tant uniment que séparément être pleinement informés de
l'énoncé dans le second chef de ladite exposition,
puisque les faits y énoncés étaient notoires, de notoriété publique en cette ville, et tous lesdits citoyens
ont respectivement attesté pour ce qui les concerne
que tout contient la vérité, toute la vérité et rien que
la vérité. En foi de quoi ils ont signé : Joseph Castellinard fils,Jean-Jacques Donny, Joseph Poullan, Jacques
Gerbin, Jean-Marie Thaon.
Et nous, Juge de paix, vu les dépositions ci-dessus,
avons de tout concédé acte au susnommé Pierre Joseph Passeron en sa dite qualité pour lui servir et valoir dans tous les cas, à ce que de droit et de raison.
Fait à Nice l'an et jour que dessus.
GAUTIER,
BONIFACI,

juge de paix.
sec. gref.

Vu par nous, membres Du district de Nice, le 3
vendémiaire anIV rep. (25 sept. 1795).
Jn. COPPON fils, VÉRANi, pr. syndic, TOSELLI, Saytour
MARTIN.

Arch. Nat. F

7

4867 *

�54 -

PÉTITION au DISTRICT de NICE
et AVIS de ce DISTRICT
ÉGALITÉ,

LIBERTÉ

5 vendémiaire
27 septembre 1795 an IV
AUX

CITOYENS ADMINISTRATEURS
DU DISTRICT DE NICE

Le citoyen Pierre Joseph Passeron, natif de la
commune de Contes, habitant en celle de Nice depuis plusieurs années.
Vous expose en qualité de procureur du citoyen
Charles-Eugène Valperga de Maillone, évêque de
Nice, subrogé par le citoyen Nicolo Giorni, homme
de loi, son procureur spécial et général fondé par acte
reçu dans la ville de Turin par le notaire PierreJoseph de Bernochio, le 20 juillet dernier (v. s) légalisée par le résident de la République de Gênes, près
la Cour de Turin, duquel il résulte le pouvoir donné
audit citoyen Giorni de subroger en son lieu et place
avec tous les pouvoirs compris dans le même acte,
qui se trouve copié mot pour mot dans celui de la
subrogation faite par le même citoyen Giorni, reçu
en la ville de Gênes le Ier du mois d'août dernier
(v. s* par le notaire Antoine Baglietto, légalisée par
le consul de la République française, le 13 Thermidor dernier (3 1 Juillet 1795), qu'il vous exhibe qu'étant arrivé dans cette ville le vingt-neuvième jour
du mois de septembre de l'année 1792, l'armée de la
République française, commandée par le citoyen général en chef d'Anselme lorsque celui-ci y fut arrivé
le soir et eut pris son logement dans la maison d'habitation du citoyen ci-devant consul de la République
Le Seurre, ledit évêque Charles-Eugène Valperga de
Maillone, s'étant présenté, le même général d'Anselme
lui signifia d'abord en présence de son Etat-Major de
partir de cette ville, sur quoi ledit évêque lui répondit qu'il avait cru pouvoir continuer sa demeure dans
cette ville et qu'à cet effet il n'avait jamais pensé de

Pièces 7 et 8

�- 55 distraire, ni faire partir le moindre de ses meubles et
effets qu'il avait dans la maison d'habitation de
l'évêque, que si absolument il lui ordonnait de partir,
il le priait de lui accorder la sauvegarde pour tous ses
dits effets et meubles, ledit général d'Anselme lui
répliqua : Le plus tôt sera le mieux, ce qui tout est
constaté par les attestations ci-jointes du premier et
second jour de fructidor dernier qu'il vous présente
également.
Qu'il résulte aussi par lesdites attestations, que
ledit évêque Valperga de Maillone fut forcé par ledit
général d'Anselme de partir de cette ville que tous
ses meubles et effets fussent mis sous la sauvegarde de
la Nation française et qu'étant parti le lendemain 30
dit septembre, il risqu'à d'être pendu ef étranglé paties soldats de la Phalange Marseillaise qui se trouvaient de garde à la porte ci-devant dite Victoire, ce
que tout fut d'abord notoire et de notoriété publique
dans cette ville.
Vous observe que ledit évêque Valperga est natif
du Piémont où il se retira et que s'il a résidé dans
cette ville, ce n'a été que pour raison de son ministère, que tout cela nonobstant il a été porté sur la liste
des émigrés, a été vendu la plus grande partie de ses
meubles et effets, et cela même nonobstant la préalable réclamation que le citoyen Jean-Jacques Donni,
chargé des intérêts dudit évêque avait fait à l'ancien
département par sa pétition du 22 juillet 1793 (v. s)
qui existe dans les Archives de ce district, résultant
ainsi que tout cela a été fait et opéré contre le droit des
gens et la sauvegarde de la loyauté française qui fut
promis audit évêque.
En conséquence, l'exposant demande en sa dite
qualité de procureur dudit citoyen évêque CharlesEugène Valperga de Maillone la radiation de son
nom de la liste des émigrés, la levée des scellés, la
restitution de ses propriétés et l'indemnité de celles
qui ont été distraites et vendues au nom de la Nation,
et sera justice.
(21 août 1795).

�- 56 Nice le 4me jour de Fructidor de l'an 3me de la
République française une et indivisible.
Signé : Pierre-Joseph PASSERON.
Vu la pétition ci-dessus du citoyen Pierre-Joseph
Passeron présentée au nom et comme procureur subs
titué du ci-devant évêque de Nice, Charles-Eugène
Valperga tendante à obtenir la radiation de son nom
de la liste des émigrés, la levée du séquestre et remission de ses effets restant ainsi que l'indemnité de
ceux qui ont été distraits ou vendus.
Vu une première pétition présentée à l'ancienne
administration du département par le citoyen JeanJacques Donni, au nom du citoyen Valperga en date
du 22 juillet 1793 tendante aux mêmes fins.
Vu la procuration en date du premier août 1793
(V. s.) faite à Gênes, par devant le notaire public Antoine Baglietti, légalisée par le Consul de la République française y résidant, ainsi que l'acte de procuration y inséré, en date du 20 Juillet 1795.
Vu l'attestation de quatre témoins faite avec serment par devant le juge de paix de la 1", 2"", 3me section de cette commune, en date du 1" Fructidor dernier '18 août 1795).
Vu autre attestation de cinq témoins faite par
devant le susdit Juge de paix, le 2 dit fructidor, aussi
sous serment.
Considérant que par la première des 2 attestations il est pleinement prouvé que le vingt-neuvième
septembre 1792, aussitôt après l'entrée de l'armée
française dans cette commune, le sus-nommé évêque
Valperga s'étant présenté au général d'Anselme qui
la commandait en chef, celui- ci lui ordonna d'abord
en présence desdits témoins et de tout l'Etat-Major.
u'il n'avait qu'à partir de la ville, et malgré que le
it évêque lui observa qu'il avait cru de pouvoir y
rester tranquillement et qu'à cet effet il n'avait fait
partir aucun de ses effets et meubles, le général lui
répliqua de partir absolument de la ville, en ajoutant
que le plus tôt serait le mieux, l'ayant assuré qu'à

a

�-5;l'égard de ses meubles et effets de sa maison, il les
mettait dès ce moment sous la sauvegarde et loyauté
de la Nation française et qu'il pouvait en être tranquille.
Considérant qu'il résulte par lesdites attestations,
et il est prouvé que l'évêque Valperga, d'après les
ordres précis et réitérés du général d'Anselme, partit
le lendemain 30 septembre de cette ville.
Considérant que par la susdite attestation du deux
Fructidor il résulte que l'évêque Valperga, au moment de son départ de cette commune, ayant été arrêté à la porte qui conduit au Piémont, par les soldats
qui y étaient de garde, lesquels tentèrent de le pendre,
il évita la mort par les soins du citoyen Joseph Castellinard, un des déposants, et il ne fut laissé libre que
d'après un billet du général d'Anselme, qui ordonnait à ladite garde de le laisser partir, puisqu'il s'en
allait de son ordre
Considérant que tous ces faits sont devenus de notoriété publique dans cette commune, dès le même
jour 30 septembre et Ier octobre suivant, ainsi que
quatre témoins l'ont attesté.
Considérant que le citoyen Valperga ne s'est absenté de cette commune et ci-devant Comté de Nice
que d'après les ordres du général d'Anselme auquel il
témoigna son regret.
Considérant que le départ du citoyen Valperga
ayant été forcé il ne peut pas être qualifié d'émigration.
Considérant que son intention de rester dans cette
commune est d'autant plus constatée, que le citoyen
Valperga a été le seul fonctionnaire public, il soit
resté à son poste, n'ayant soustrait aucun des meubles
et effets de sa maison, lesquels ont été ensuite distraits
et vendus par la Nation.
Considérant que le citoyen Valperga ne peut être
non plus considéré comme réfractaire aux lois de la
République, tandis qu'à l'époque de son départ de cette
commune, aucune loi de la République, surtout à
l'égard des ecclésiastiques, n'y avait été encore publiée
à laquelle eut pu contrevenir.

�— 58 —
Considérant que le citoyen Valperga ne pouvant
être considéré ni comme émigré, ni comme réfractaire, ne pouvait être privé de ses propriétés laissées
dans cette commune lors de son départ, sous la sauvegarde de la loi et de la Nation française qui lui fut
accordée par le général d'Anselme, et qui étant digne
de la loyauté de cette Nation, ne pouvait être violée
sans blesser le droit des gens.
Considérant au surplus, que le citoyen Valperga,
originaire piémontais, ne faisait sa résidence à Nice,
qu'à raison de son épiscopat, ce qui ne donne qu'une
résidence easuelle, et que sous tous les rapports, il
n'a cessé d'être étranger à l'égard du pays de Nice et
de la France.
Considérant que l'article 6, section deux, N° 2 de
la Loi du 25 Brumaire (15 novembre 1794) en déclarant émigrés les citoyens domiciliés dans le cidevant comté de Nice, qui sont sortis depuis le 27
septembre 1792, n'a point porté atteinte au droit des
gens dans la personne de l'étranger, qui se trouvait
dans ce même pays, où il n'aurait pas établi son vrai
domicile.
Considérant que le citoyen Valperga, qui avait été
forcé par le gouvernement de partir de Nice, n'a dû
plus y revenir dans le terme même prescrit par les
lois aux citoyens de la ci-devant Comté de Nice,
puisqu'il ne devait point imaginer qu'il fut compris
dans l'invitation, malgré qu'il ait été porté sur la
liste des émigrés.
Considérant que ce nonobstant, lorsqu'il sut qu'il
avait été porté sur la liste des émigrés de cette commune, s'est empressé de présenter sadite pétition
du 22 Juillet 1793 dans laquelle il demanda non seulement la radiation de son nom de ladite liste, mais
encore un délai convenable pour rentrer dans cette
commune, soit comme simple citoyen, ou comme
fonctionnaire public, ainsi que la restitution de ses
propriétés par lui laissées sous la sauvegarde de la
loyauté française dans la maison êpiscopale lors de sa
retraite forcée, ou une juste indemnité de leur valeur.

�- 59 Considérant finalement que,d'après toutes les circonstances sus-ênoncèes, aucune loi concernant les
émigrés ne peut être applicable au citoyen Valperga,
et que toutes celles qui pourraient le regarder relatives au séquestre des biens appartenant aux habitants
des pays en guerre avec la République française ont
été rapportées par le décret du 14 Ventôse dernier
(4 mars 1795). •
Le Directoire du district de Nice, oui le procureur syndic, est d'avis que le citoyen Charles-Eugène
Valperga ci-devant évêque de Nice ne doit point être
considéré émigré.
Qu'il doit être rayé de la liste des émigrés, que le
séquestre apposé sur ses propriétés doit être levé, qu'il
doit être réintégré dans la possession et jouissance
d'iceux, que tous receveurs ou dépositaires doivent
lui restituer les sommes qu'ils ont perçues, résultant
du produit desdites propriétés et qu'il doit recevoir
la juste indemnité des meubles et effets qui seraient
passés au profit de la Nation.
Fait à Nice, dans la salle des séances le 5me Vendémiaire an 4me républicain (27 sept. 1795). Signé
Saytour Martin. Verani,
procureur syndic, Angles v. prés.
Touzelly. Jn Coppon fils.
Enregistré au feuil. 20 registre des prévenus
d'émigration et signé BARRAIA, commis greffier.
Certifié conforme par nous Ve président et secrétaire du district Jn COPPON Fils V,-PRÉSIDENT
BARRAIA Cis greffier.
A rch. Nat. F 7 4867

2

�— 6o —

Pièce 9.

LIBERTÉ (vignette) ÉGALITÉ
BUREAU DES
ÉMIGRÉS

Extrait des registres des délibérations et arrêtés de
l'Administration Centrale du département des Alpes Maritimes.
(2

juin 1797)

Séance du quatorze Prairial an 5mf de
la République française une et indivisible.
Sur le rapport d-e la pétition présentée par le
citoyen Pierre Joseph Passeron, procureur fondé de
Monsieur Charles Valperga, ci-devant évêque de
Nice, dans laquelle il expose que ledit Charles Valperga n'a jamais dû être atteint des lois relatives à
l'émigration, soit qu'on le considère comme parti en
suite d'une force majeure, soit en sa qualité de piémontais et demande en conséquence la radiation de
son nom de la liste des Emigrés, sa réintégration
dans la possession et jouissance de ses propriétés et
une juste indemnité, des meubles et effets qui sont
passés au profit de la République.
L'Administration Centrale du département des
Alpes-Maritimes, considérant que M. Charles Valperga, comme piémontais, n'habitant Nice que pour
cause de son emploi, n'aurait jamais dû être porté
sur la liste des émigrés du département.
Que le seul motif qui a pu déterminer le général
d'Anselme à lui ordonner de partir de la ville de
Nice, ne peut avoir été que la susdite qualité de
piémontais.
Considérant enfin, que comme sujet du roi de
Sardaigne, il est dans le cas de jouir de l'article i,r
de la loi du quatorze nivôse an troisième, (} janvier
1795), ainsi que de l'article neuf de la loi du trente
Floréal an quatrième, (19 mai 1796).
Arrête, oui le commissaire du Directoire Exécutif
que le nom de Valperga, ci-devant évêque de Nice,
qui se trouve inscrit sur la liste des émigrés, sera

�— 6i —

provisoirement rayé ; que tout séquestre qui pourrait
avoir été mis sur ses biens sera levé, qu'il sera réintégré dans la possession et jouissance de ses propriétés,
et que toutes les sommes versées dans les caisses publiques, lui seront rendues, déduction faite des frais
faits conformément aux lois.
Fait et arrêté* en séance publique le jour, mois et
an que dessus.
Signé : Donny, président Payani, fils, Scudéry,
Oberti, Hancy (et en marge Gastaud commissaire
du Directoire Exécutif).
Certifié conforme à l'original par nous président
et secrétaire de l'Administration centrale du départemeni des Alpes-Maritimes.
DONNY, président
BELMONDI, sec. chef au bureau des émigrés.
Arch. Nat. F 7 4867 2

ACTE DE CAUTIONNEMENT
Pièce 10.

11 fructidor anV (2&amp; août 1797)
LIBERTÉ ÉGALITÉ
Ce jourdTiui 11 fructidor an 5 de la République
française une et indivisible (28 août 1797) par devant nous, membres composant l'Administration
centrale du département des Alpes-Maritimes, est
comparu le citoyen Joseph Passeron, natif de Contes,
chef-lieu de canton, domicilié dans cette commune,
procureur fondé de Monsieur Charles Valperga, cidevant évêque de Nice, en vertu d'acte de procuration du 20 juillet et premier août 1795 (v. s.) lequel
en sadite qualité, dépendamment à l'arrêté de cette
administration du quatorze prairial an cinq (2 juin
1797) portant que le nom de Valperga, ci-devant
évêque de Nice, sera provisoirement rayé de la liste
des émigrés, que tout séquestre qui pourrait avoir
été mis sur ses biens sera levé, qu'il sera réintégré
dans la possession et jouissance de ses propriétés, et

�— 62 —

que toutes les sommes versées dans les caisses publiques lui seront rendues, déduction faite des frais
faits, conformément aux lois, désirant de se conformer au porté par l'article 3 de la loi du 5 Brumaire
an 3 (26 octobre 1794) qui exprime que les prévenus
d'émigration seront tenus de donner caution solvable de la valeur mobilier, et ne pourront obtenir
leurs immeubles jusqu'à ce qu'il ait été définitivement statué sur leurs réclamations par qui de droit,
toujours en sa dite qualité a présenté pour caution le
citoyen François Grosson, marchand drapier de cette
commune, lequel ici prése.it et acceptant, s'oblige
conjointement et solidairement avec ledit Valperga
et pour celui-ci ledit Joseph Passeron, et sous l'hypothèque de tous leurs frens présents et à venir, à l'entière exécution de ce qui les concerne en la susdite
loi, et à la représention des mobiliers, effets et sommes à percevoir en dépôt que besoin sera, et quant
aux mobiliers invendus et en dépôt seront soumis
d'en représenter la valeur à laquelle seront estimés
par experts, préalable rémission.
Et nous, administrateurs susdits approuvant lesdits
cautionnement et acte de soumission, à la réquisition
dudit citoyen Joseph Passeron, avons dressé le présent acte que toutes les parties ont signé avec nous,
ayant au préalable fait renoncer audit François Grosson au droit de premier convenir.
Fait à Nice les jours, mois et an que dessus.
Joseph

PASSERON,

François GROSSON,
prés., PAYANY FILS,
MARUN-SAYTOUR, sec. en chef

HANCY, DONNY,
P.

Acte original sur timbre de 20 centime*.
Arch. Nat. F

7 4867^

�— 63 -

CONCLUSION

Il était avéré pour tous, dans la ville de Nice, que Mgr
Valperga était parti contre son gré et si la première Administration départementale, installée au mois de Mai 1793,
l'avait inscrit sur la liste des émigrés de Nice, c'était à la
suite d'une réponse faite par le ministre de l'Intérieur, Garât,
aux questions à lui posées par le Directoire des Colons Marseillais sur la conduite à tenir vis-à-vis de l'évêque.
Les questions avaient été envoyées à Paris, vers la fin
de Février 1793, et la réponse du ministre ne parvint à Nice
qu'au milieu de juin suivant, soit quelques jours avant la
publication de la liste des émigrés. Les réclamations de
l'évêque, retiré à Turin dans sa famille, furent présentées
le 22 juillet 1793 (1) ; mais comme beaucoup d'autres, elles
s'entassèrent dans les bureaux du Département, qui n'y
répondit même pas.
Cette réclamation fut présentée au nom de l'évêque par JeanJacques Donny au Département. lîlle figure en original au dossier
Valperga.
Voir ci-dessus.
Le registre des délibérations du département manque aux Archives pour les derniers mois de 1793, exactement du Ier mai au 10
Novembre, comme pour les six derniers mois de 1797 et l'année entière de 1798, exactement du 8 Messidor an V (26 Juin 1797) au 25
Pluviôse an VII (13 février 1799).
C'est-à-dire pour les deux périodes les plus troublées et cette
disparition est tout au moins étrange.
Elle doit être vraisemblablement attribuée à certains hommes
politiques désireux de laisser dans l'oubli leur conduite durant ces
deux époques.

�- 64 On était dans la période la plus aiguë et, en pleine
Terreur.
Après le 9 Thermidor et, surtout après la venue à Nice
du représentant Beffroy, au mois de Floréal, an III (Mai
I795)»
les esprits devinrent plus calmes, les administrations plus pondérées. C'est alors que, sur de nouvelles demandes présentées au District, et sur avis favbrable de
celui-ci, le département des Alpes-Maritimes accorda à Mgr
Valperga sa radiation provisoire, le 14 Prairial, an V (2 Juin
1797). Comme on le voit, l'affaire avait traîné en longueur.
Il semblait alors que rien ne s'opposait plus à la rentrée
de l'évêque : le 11 Fructidor, an V (28 Août 1797), le Département avait agréé la caution de François Grosson (1) ;
les biens de l'évêque allaient lui être rendus, et il pourrait
rentrer.
Mais huit jours après, le coup d'Etat du 18 Fructidor (4
septembre 1797) remettait le pouvoir aux mains des Jacobins, la guerre aux émigrés et aux ecclésiastiques, en particulier, reprit avec âpreté. Pe département des Alpes-Maritimes se vit accusé d'avoir préparé une rentrée triomphale à l'évêque, son arrêté du 14 Prairial resta sans effet
et, en vertu de la loi du 19 Fructidor (5 septembre), les
scellés furent de nouveau apposés sur les biens de Mgr Valperga par deux commissaires municipaux (2).
En vain, l'évêque de Nice, fit intervenir auprès du Directoire Balbi, l'ambassadeur du Roi de Sardaigne à Paris,
le dossier de sa demande en radiation fut examiné sans
aucune bienveillance.
(1) L/Acte original de ce cautionnement sur timbre est aux
Arch. des Alp.-Maritimes Q. 10.
(2) Mise de scellés sur les biens de Charles Eugène Valperga par
deux commissaires de la municipalité de Nice. Une scéance, 6 livres.
Dépense approuvée par le Département, en Germinal an VI (avril
1798). Arch. des A. M. Q. 11.
Mgr Valperga ne possédait à Nice aucun immeuble et il devait
rester fort peu de chose de son mobilier après la vente qui en avait
été faite en Ventôse an III. La bibliothèque de l'évêché avait été déclarée bien national et la caisse diocésaine avait disparue en octobre 1792
sans laisser de traces dans les pièces administratives. Le séquestre
a été apposé sur les biens de nombreux émigrés rayés provisoirement.
On peut en voir la liste aux Archives des A. M. Q. 10, où Valperga
figure sous le N° 65.

�- 65
Á la suite de la lettre de Balby datée de Paris le 7 février
1798, le ministre de la police demanda à ses Bureaux un
rapport sur l'affaire Valperga. Pe voici tel qu'il se trouve
en minute au dossier.
Attendu que rien ne tend à constater le prétendu ordre
de quitter Nice, d'où il suit qu'il faut en croire sur parole
l'émigré.
Qu'à raison de son domicile, il était tenu de rentrer sur
le territoire dans les délais voulus par les lois.
Qu'il est atteint par la déchéance et n'a réclamé que
l'an V.
Qu'il ne paraît pas y avoir lieu de violer la loi en faveur
de cet ex-évêque dont la rentrée prohibée par la Constitution serait d'une influence dangereuse.
J'estime qu'il y a lieu à proposer la maintenue sauf
à prendre des renseignements si toutefois on les trouve
indispensables.
CAIGNART,
Sous-chef (2e Bureau).
En tête de cette minute est écrit :
« Je pense qu'il y a lieu à instruction et à prendre
des renseignements près les Administrateurs du département_des Alpes-Maritimes. »
Signature illisible (1).
Ces renseignements furent-ils demandés ? C'est probable et cela explique que bien des pièces du dossier Valperga sont en double expédition. Plus d'une année s'écoula
encore, avant que fut prise une décision et finalement sur
un rapport défavorable de la Commission d'examen instituée près le Ministère de la police pour l'étude des demandes en radiation, le Directoire exécutif signa le 7 Floréal
an VII, (26 avril 1799) un arrêté qui maintenait définitivement, sur la liste des émigrés, Mgr Valperga et annulait
toutes les décisions rendues antérieurement, en sa faveur,
par les. autorités locales.
(1) Arch. Nation. F 7 4862 2 dossier Valperga. Rapport de la
3 me Division du Ministère de la police, sans date mais joint à la
lettre de Balbi.
»

�- 66 -

Varrêté du Directoire parvint à Nice les premiers
jours de Prairial an VII (Mai 99) et fut immédiatement
mis à exécution. (1).
*

* *

Ainsi donc Mgr Valperga expulsé ne put jamais obtenir
de rentrer, les lois sur l'émigration étaient tellement embrouillées et tyranniques qu'une fois inscrit sur une liste
d'émigrés, il était extrêmement difficile de s'en faire rayer
malgré toutes les démarches ; car on se heurtait sans cesse
à des questions de forme et de procédure ce qui permettait
à la malveillance de s'exercer tout à fait à l'aise sous le
couvert de la légalité.
A. J.

PvANCE-BOURREY.

(1) De 21 Floréal an VII (10 mai 1799), il fut communiqué
par le ministre de la police générale de la République aux diverses
administrations intéressées et aux Commissaire du Directoire exécutif
près le département des Alpes-Maritimes. Celui-ci par lettre du 3
prairial (22 mai 1799) demanda au Département de le transmettre
à la Municipalité de Nice, ce qui fut fait le même jour avec ordre
de le transcrire sur ses registres, de faire apposer les scellés ou séquestre sur tous les biens meubles et immeubles de l'évêque si ce
n'est déjà fait, et de mi notifier sans délai la décision prise à son égard.
Voir lettre du Département à la Municipalité, celle du Commissaire au Département, 3 Prairial an VII avec la réponse du Département 4 Prairial.
Arch.. des A. M. Q. 1 et 2 et Arch. Nationales, dossier Valperga,

�NIÇA LA BELLA
VERS DE /.

Giordan,

su

DE CARTA POUSTALA

Ai rai dôu nouostre bouon soulèu
Venon s'escaufar toui lu lùssi ;
Es un meravihous tablèu,
Ai rai dôu nouostre bouon soulèu,
Trouvas, dou Var fin au Castèu,
Anglés, Rouman, Danesi, Rùssi :
Ai rai dôu nouostre bouon soulèu
Venon s'escaufar toui lu lùssi.
Pèr tu, as touti li bèuta,
Terra de lus e d'alegria,
D'un ciel d'azur, as la clartà,
Pèr tu, as touti li bèuta.
De l'univers, en verità,
Siès la uechièma meravia ;
Pèr tu, as touti li bèutà,
Terra de lus e d'alegria.
Dintre lou tèmp, Semiramis
Faguet basti, à Babilouna,
Pu siéu jardin, vèr paradis !
Soubre Paioun, degun s'estouna
De vèire, ancuèi, lou paumoulié
Drissar au ciel la siéu coulouna
E lou galofre, e l'anemouna
Flouri emb'au pourtegalié.
De bouon matin, quitant maioun
Pèr la journada touta'ntiera,
S'en va lavar, dintre Paioun
Pa bugadiera.
D'un glourious passat es fiera
Perqué, d'un tèmp, sus lou bastioun
Au Turc, arranquèt la bandiera
Pa bugadiera.

�fet 68 —

Sau de fouora fa freï,
Que brima,
A Niça, sus lou Quèi,
Si rima.
Pescadou, fourestié,
De la mar bressarella,
Escouton voulountié
Pa doussa cantinella.
L'AVOUCAT

PATTA

L'estudi de l'avoucat Patta es en plen aria ; si tèn lou matin
couma lou predinà su la plaça dôu Palai. Es un ome pichounet,
touplen raplot, li pocha enfli de papiè de touta mers. En lu vièi
quartiè es proun counouissut e li capelada, « Bouonjou Moussu
l'Avoucat », noun li mancon. Es ben m'ai juge, proucuradou, etc.
Lu siéu ounourari soun bouon pati e n'a de preferença pèr
qu si sigue. Parla au premier maufatan vengut, couma se fousse
un agnèu que vén de naisse ; lou créancier o lou débiteur soun
tratat su lou même pen... basta que mouson...
L'avoucat Patta es de noutarietà reputat pèr un ome judicious, òunest — au noun si flata de l'estre au jou d'ancuei ; —
finda counouisse, es en relacioun d'afaire emê de gros persou nage que dintre la finança dôu siéu coumerce, soun quasi d'usurari. Sau menajar la cabra e lou caulè ; e pèr que la mouneda
noun li escapa si desbrouïa e si mete dôu cousta dôu manche...
d'aquéu que casca lou de mai...
Acò fa que toui lu matin que lou Bouon Diéu a fach, la siéu
doumestica mete toujou quaucaren au fuec. Lou dimeneghe, coum'un bouon crestian, — tartufaria que lou pauva, — va audi la
gran'messa à Santa Réparada, fa la siesta e à la calada dóu soulèu,
passeja su lou Cours, pastrouia, fa lu cent pas, noun parla que de
lei, proucès, citacioun, ensin alestisse lou travail dôu dilun...
Lendeman empastra ben d'afaire, mete facilamen en lou sac
Moussu Tout'Un emé Moussu Tout'Autre... En éu que li pòu
faire ?... lança dapertout lou broumech, tant pis pèr aquéu que si
laissa agantar. Quaranta sóu es lou près d'atac e vous pregui de
crèire que douna pas la siéu journada pèr doui o tres escut.
L'avoucat Patta counouisse l'usança dôu païs... s'avès touort,
vous rouïa, s'avès pi rasoun, v'espia... Que voulès aima manjar
lou pei, lou pei que noun aiguë d'espina...
JULI EYNAUDI.

�-«9VA

MAU ! !

Va màu, cresé-vous, que va màu 1
En l'orizoun lou voile negre
N'es qu'un gran camp cargat de pebre,
Qu'à pala lou jeten davan,
Avuglan finda lu cavau 1
Lu canoun soun su li frountièra,
Alignât couma de barriera,
N'esperon plus que lou signàu !
Lou soulèu, aquel animàu !
Stan, noun vòu levà la vela,
Si foundon couma des candela
Enb'aquèu coust dôu diàu !
Le Giacouuda à cóu de d/stràu
Li fan petà li sièu moulura...
Ah ! dèu faire bella figura
Se l'an foutuda en quauqua tràu
Lou pan crèise, finda la sàu,
Lou sucre dintre li boutiga
Mounta ben mai que de boufiga !
Van jusque crèise lou rampàu
E la pèu que fau lou tambau ;
Metran de drech su li nourriça,
Su lu chichi, su li saucissa,
Perqué pas soubre lu magàu ?
E lou Prussian, marrit bertàu,
Noun sabon fa que de babïa,
Per lou Maroc e l'Algèria,
Se faran mètre lou mourràu !
Li serreren toui lou pourtàu
E pi veiren touta la França
Davan la sieù grossa arougança
Se noun si sau garda li clàu !
Es de rima d'un manechàu,
Ma sien d'estiéu, vesin, vesina,
Li passeres en la resina
Avant que vegon l'espitau !
CHARLES CIAUDO

�Valère Bernard
Tout en heurtant le marteau contre la porte de M. Valère
Bernard je songeais. Je me suis complu dans le plus souriant
mépris des idoles. L'ironie a tremblé sur mes lèvres quand
la Provence a dans un ravissement de joie acclamé le poète de
Maillanne. Cette mascarade d'apothéose me répugnait.
Et maintenant la curiosité me fourvoyait dans le studio
d'un consciencieux artiste que les felibres couvraient de gloire.
Elève de Puvis de Chavannes M. Valère Bernard pasticha le
Maître. Mais vite il eût l'intuition qu'à se perdre dans les sentiers
battus il courrait risque de compromettre son crédit. Il dit
adieu à Paris et vint dans Marseille, l'opulente cité.
A cette époque vivait un exquis écrivain, J. Lombard. Il venait de publier deux œuvres d'une grandiose beauté, VAgonie et
Bysance. Dans un style étrangement tourmenté il contait les
luttes entre les factions d'Orient, illuminant son œuvre des
splendeurs bysantines.
Valère Bernard vit Jean Lombard, et du même coup les belles
au bois qui dormaient en son âme s'éveillèrent. Il délaissa les
études académiques, les pastiches sans vie, et d'ardentes couleurs
chargèrent ses toiles.
Voici le triomphe des rois Babyloniens. Sur les voûtes d'un
palais impérial passent des gardes étincelants dans la pourpre et
la soie. L'or envahit les hautes colonnes de jaspe bleu. Involontairement on pense aux fantastiques demeures hantées par des
fées émeraudes et des princesses aux perversités troublantes.
Et je m'imagine que le peintre était sous le charme de la
légende quand il a peint cette courtisanne qui sourit à son miroir tout en jouant négligeamment avec sa chevelure d'or. Et
puis passent Venise la rouge, Marseille enveloppé dans la poussière d'or du crépuscule, des motifs à la Watteau peints par un
bysantin, toute une apothéose.
Mais une idée m'obsède, tandis que dans la grise clarté d'un
soir automnal s'éteignent les fauves éclairs jaillis de ces radieuses
toiles. L'idéalisation du passé me paraît cruelle. Les générations
endormies dans la Mort ont eu leurs misères/leurs rancœurs, je
pense qu'il est absurde de s'écrier avec Musset « qu'aux temps
jadis tout était heureux jusqu'aux douleurs humaines. » En vain
l'apostat s'attriste-t-il sur les vieillards immortels de l'antique

�- 7i

—

lonie, â ses oreilles résonnent les paroles de l'Hiérophante : « La
Helladi que tu aimes n'a jamais existé ».
Mais M. Valère Bernard brise ma rêverie, et mes yeux se
portent.sur des portraits appendus au mur. Profils d'espagnol ou
d'américain mitigés d'espagnol, comme on en croise maintes fois
sur la Cannebière.
Homme universel ne puis-je m'empêcher de m'êcrier. M.
Valère Bernard sourit. Il siérait dit-il, à mi voix, de se développer en profondeur. Toutefois il est beau de se dire sur le
tard de sa vie que l'on a fait vibrer toute son âme. Ici le maître
rejoint Néron. Il m'aide à comprendre cet inquiétant empereur.
Mais encore faut-il que tout en étant l'homme universel on ne
sombre pas dans la banalité. De méchantes œuvres d'art peuvent
avoir leur prix.
Une idée se lève devant moi. Labruyère me petsuade que
l'honnête homme de Pascal propre à tout en définitive n'est propre à rien. La spécialisation inintelligente, mène à l'erreur, j'en
conviens, mais en fait elle est une loi générale.
Et ceci est pour me plaire, car j'abhorre dissiper mon énergie,
j'aime le repliement, la frissonnante pudeur qu'effarouche les
vaines ostentations. Je goûte les peintres du passé et malgré ma
philosophie j'adore les peuples disparus. Volontiers j'implorerai
avec la Cassandre de Schiller la cécité, l'exquise cécité. Le sou
venir a plus de puissance sur moi que l'espoir.
Et sous des deux gris, en des pays étrangers désolants de
médiocrité, il m'est arrivé de pleurer plus amèrement que ne
pleura Xerxès aux rives d'Abydos.
J. PADOVANI.
PROUVERB1, BOUOI MOT, COUNSÈU E DICH
Vèuva que si marida,
Dèu perdre la lus e l'audida.
Fiha madura,
Lou pouorta à la centura.
En cuntant su lu det :
Aquéu a fa l'óu ;
Aquéu l'es anat cercar,
Aquéu l'a fa cuèire,
Aquéu l'a manjat,
E lou pichoun n'a ren tastat !

�— 73 —
LE

DÉSESPOIR

Oui, j'ai la mort dans l'âme ; oui, je monte au calvaire ;
Mon horizon, hier si beau, s'est obscurci ;
Je hais tous les devoirs et tout ce qu'on révère :
Mieux vaut mourir que vivre ainsi !
Puisque je n'y puis rien ; que la raison humaine
Ne gagne plus un cœur où mon cœur est entré,
Je veux briser mes jours comme on brise une chaîne
Et m'enfuir en désespéré.
Qu'est-ce donc que la mort ? C'est la paix éternelle,
C'est un beau drap de fleurs sur mon sein endormi,
C'est la nature calme, auguste et solennelle
Qui nous prête un repos ami.
O nature de Dieu contemple ma détresse !
Ecoute tout mon sang dans mon cœur s'épancher
Et, puisque je n'ai plus le lit de ma maîtresse,
C'est au tien que je veux coucher ;
C'est toi la grande mère et la nourrice immense !
L'homme au sort le plus âpre et l'homme au sort plus beau
Retrouvent dans ton sein leur part de ta clémence :
L'un l'amour, l'autre le tombeau
Tu sais, toi qui vois tout, ce qu'ici bas je souffre,
Que je n'ai point béni l'instant de mon réveil
Et que j'ai regardé, toujours, du fond du gouffre,
Les bords ou brillait le soleil ;
Que je n'ai bu jamais que dans la coupe amère,
Que le seuil du bonheur me fut toujours fermé,
Que j'ai perdu mes fils, que j'ai perdu ma mère
Et tous les cœurs qui m'ont aimé !
Maintenant je m'en vais, battant du front, comme ivre,
En proie à ce grand deuil qui me courbe en vainqueur,
Et je veux déchirer ma vie, avec le livre
Des chastes sanglots de mon cœur ;
Et toi, rayon divin, génie, ardent délire,
Flambeau qui n'iras plus briller sur son autel,
Eternise du moins ces larmes de ma lyre
Et que mon cri soit immortel !
[EDGAR DE MASINI

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La mouort dau paure Tounin (Ant. Roland)

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La Vigne (J. Padovani)

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Noumbre d'or...
13
Mars
Epato (Grégori)
Il
Jun
Cicle soulari
17 Setèmbre
Endicioun roum
10 Desembre
Letra doumenicala
G F
LI QUATRE

8,
7,
20,
20,

10
9
22
22

e
e
e
e

11
10
23
23

SESOUN

Lou printèms coumença lou 21 mars
L'estiéu
—
— 22 Jun
L'autoum
—
— 24 sept,
L'iver
—
— 22 dés.

à 6.55 m.
à 2.36 m.
à 5.18 m.
à 11.53 m.

dôu sera
dôu sera
dôu matin
dôu sera

FESTA MOUBILI

Septuagesima... 12 Fébrié
Cendre
21 Febrié
Pasca
7 Abrieu
Rougacioun 21, 22, 23, 24 Mai
Ascensioun
16 Mai

Pantecousta
Trinità
Festa de Diéu
1" Dimenegue de
Ie* Desémbre

26 Mai
11 Jun
15 Jun
l'Avènt

LU ESCLISS!

Souliu.

—

ij Abriéu. — Esclissi annulari e coumplet visible

à Paris, en America, en Europa et dintre lou N.-O. de l'Africa.
Coumençamen de l'esclissi à 10,01 dôu matin ; finisse à 1,08
dôu sera.
10 Otitoubre. — Esclissi coumplet invisible à Paris, visible
dintre l'America dôu Sud.
Luna. — 1" Abrièu. — Esclissi parciella visibla à Paris. Entrada de la luna dintre l'oumbra, 9.26 dôu sera; sourtida, 11.03
dôu sera.
26 Setèmbre. — Esclissi parciella, invisibla à Paris, visibla
dintre l'Océan Pacifique.

Jîla providence, %ue de la Préfecture /4, $run, Siàraire

�LU

VÉNT

Lu vènt que souflon à Niça, dintre lou cours de l'armada,
soun au nombre de 16. Vequi li siéu denouminacioun courènti,
pihadi, en general, dai loucalità dei quali parèisson vèni :
Sud
Miejon
Nord... Tramountana
S.-S.-O. Miejou Lebech
N.-O.-E. Grek Tramountana
S.-O
Lebech
N.-E... Grego
O.-S.-O Pounèut Lebech
E. N .E. Levant
Ouest. Pounènt
E.-N.-E. Levant
O.-N-O.V Pounènt Maistràu
E.-S.-E. Levant
N -O . Mastràu
S.-E.... Siroco, vènt marin
N..-N. OMaïstràu Tramount
S.-S.-E.. Miejou Siroc

6
15
25
14
31
24

VIGÍLIA — JEUNI
Abriè
(Pasca, 7 Abrièu).
Mai
(Ascensioun, 16 Mai).
Mai
(Pantecousta, 26 Mai).
Avoust
(Assoumpcioun, 15 Avoust).
Outoubre (Toui lu Sant, Ier Nouvembre).
Desembre (Calena, 25 Desembre).
L'AN NADA RELIGIOUSA

LI FESTA MOUBILI E LI FESTA FISSI
Janvt'è
jYlars
1 Circouncisioun.
1 e 2 Quatre Tèms.
6 Epifania (lu Rei).
3 Reminiscere.
13 Bateja de J.-C.
10
Oculi.
14 Sant Noum de Jesu.
17 Lœtare.
fébrié
24 Passioun.
2 Puriflcacioun.
29 Li 7 Doulou.
4 Setuagesima.
31 Lu Rampàu.
6 Festa de la Pr. de N. S.
11 Sexagesima.
Jîbriéu
13 Coum. de la Passioun.
5 Divendre Sant.
18 Quinquagesima.
7 Pasca.
21 Cendre.
14 Quasimodo.
25 Quadragesima.
28 Patrou. de San Joúsè.
28 Quatre-Tèms.

�Setembre
3 Inv. de la Santa Crous.
13, 14, 15, Rougacioun.
16 Ascensioun.
26 Pantecousta.
29-31 Quatre-Tèms.
1
2
6
9
21
24
29

Quatre-Tèms.
Trinità.
Festa de Diéu.
Festa dôu S. Sacramen.
Sacrat-Couor de'jesu.
Natività de S. jouan-Bat.
SS. Peire e Paul.

8 Natività de la Vierge.
14 Esaltacioun de la Crous.
15 N.-D. dei 7 Doulou.
15 San Noum de Maria.
18, 20, 21, Quatre-Tèms.
29 Dédie, de S. Miquèu.

Ôutoubre
6
13
20
27

Sant Rousari.
Maternità de la Sta Vierge.
Puretà de la Santa Vierge.
Patrounage de la S. Vierge.

J/ouvembre

Juliet
2 Visitacioun de la S. V.
7 Precious Sang.
16 N.-D. dôu Carme.

Jîvoust
6 Transfiguracioun.
15
18
25
25
29

Assoumpcioun.
S. Joachim.
S. Couor de la Vierge.
S. Louis.
Decolac. de S. Jouan-Bat.

1
2
3
21

Toui lu Sant.
Lu Mouort.
Santi Relíquia.
Present, de la Sta Vierge.

2&gt;esembre
1 Avent.
8 Imaculata Councepcioun.
18, 20, 21, Quatre-Tèms.
25 Calena.

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DÉCIMALISATION

DU

TEMPS ET DES

ANGLES

LA MONTRE DÉCIMALE
Par J. de REY-PAILHADE, président du Comité
pour la propagation des méthodes Décimales.
Le Club Nautique de Nice a offert plusieur fois en prix des
montres décimales aux régates'de 1909. Il était utile de décrire cet instrument, d'y joindre des tables pratiques et des
formules à l'usage des ingénieurs, des sportsmen, des médecins, etc. etc.
DÉCIMALISATION DES ANGLES •
Il est aujourd'hui démontré que la division décimale du
quart de cercle facilite tous les calculs.
Les nouvelles cartes géographiques sont graduées exclusivement dans ce système, devenu officiel en France et dans
d'autres pays. On possède toutes les tables pratiques nécessaires à son essai courant. Nous ne nous étendrons pas
davantage sur cette méthode aujourd'hui enseignée dans les
lycées et collèges.
Nous rappellerons seulement que M. l'amiral Germinet,
membre d'honneur du C. N. N., sous la direction duquel on
fit en 1899 et 1900 des essais de navigation avec un matériel
entièrement décimal, a émis un avis très favorable à la
réforme décimale.
DÉCIMALISATION DU TEMPS
La division décimale du jour décrétée le 4 frimaire an II
rendra aussi de grands services à la science et aux sports.
Principe. — On divise le jour entier en 100 parties égales
appelées cés ; le cé est subdivisé en décisés, ceniicès et millicés
Le cé vaut 14m 24s ou 1T4 d'heure environ ; le décicé est égal
lm 26s 4 ou lm Ij2 environ ; le millicé vaut 0S 864 ou 9T10 de
seconde environ.
Concordance des Temps. — On parvient assez vite à dire
instantanément l'heure à 1 ou 2 minutes près en regardant le
cadran d'une montre décimale. Il suffit d'apprendre par cœur
les concordances décimales de toutes les heures.
0,0
0
50,0

4,2
1
54,2

8,3
2
58,3

12,5
3
62,5

16,7
4
66,7

20,8
5
70,8

25,0
6
75,0

�25,0
6
75,0

29,2
7
79,2

33,3
8
83,3

37,5
9
87,5

41,7
10
91,7

45,8
11
95,8

50,0
12
100,0

Les heures sont au milieu, les concordances des heures
du matin en haut, celles du soir en bas. Ainsi 10 heures du
matin valent 41.7 cés (énoncer 41 cés 7 décicés) et 10 heures
du soir valent 91,7 cés.
Gomme 1 cé vaut presque lj4 d'heure et un décicé une mi •
nute 1]2 ; en partant des concordances du tableau, on dit
l'heure instantanément, ainsi 39,9 cés valent 9 h. 36 m. du
matin. Un ou deux jours suffisent pour atteindre ce résultat.

Description de la montre décimale ou cémètre. — Il y a 3
aiguilles centrales se mouvant sur un cercle divisé en 109
parties égales, numérotées de 0 à 9. Le 0 cé est en bas, c'est
l'origine des temps, car on suppose la Terre au centre du
Cadran.
L'aiguille dorée avec un soleil ne fait qu'un tour par jour ;
l'aiguille épaisse en acier bleu tourne 10 fois par jour, et la
trotteuse fine fait 1000 tours par jour.
L'aiguille-soleil montre la position de l'astre du jour par
rapport au méridien de Paris, qui va du centre au chiffre 5.

�10 —
Les quatre traits bleus indiquent les positions de cette aiguille
à minuit en bas sur 0 ; — à tì h. du matin au milieu entre 2
et 3 ; — à midi, en haut, sur le 5 ; — à 6 h. du soir, entre 7
et 8.
L'aiguille dorée du soleil indique le chiffre des dizaines
de cés, 2 sur le dessin ; l'aiguille épaisse donne d'abord le
chiffre des cés, 6 sur le dessin, et en comptant rapidement à
l'œil le rang de la division entre 6 et 7, on voit, que cette aiguille marque 3 décicés. Le temps du dessin est donc 26,3
cés correspondant à 6 h 20 m. du matin environ. L'aiguille
trotteuse donne les millicés 83. Le temps est donc 26,383
cés.
» Pour la vie courante, on n'a pas besoin d'aller au delà du
clécicé. On lit les milticés pour les applications scientifiques
et sportives.
Le temps en millicés lu sur le cêmèire facilite tous les calculs, car on n'a jamais de réductions à faire.
Examinons le problème des vitesses a l'heure : Les millicés multipliés par 0,00024 donne des heures et fraction décimale d'heure. Ainsi Ì2345 millicés valent 12,345 -f- 24 =
2 h. 9628.
Par conséquent si L est la longueur parcourue et M le
temps en millicés, la vitesse est

ou t

+ 4166,66...

Ces quelques exemples démontrent que la montre décimale simplifie tous les calculs sans exception.
Les rapports de MM. les délégués officiels aux essais de
la montre décimale faits à Nice, par le Club Nautique, le 26
février 1911, concluent unanimement à la supériorité de cet
instrument pour les usages scientifiques et sportifs.
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4
5
Lu Rei
6
Dim. S. Lucien
7
dil. S. Apoulinari
8
dim. S. Pèire
9
dim. S. Guiermo
10
dij S. Teodose
11
div. S. Arcada
12
dis. Sta Verònica
13
Dim. S. Ilari
14
dil. S. Maurici
15
dim. S. Ounourat
16
dim. S. Antoni
17
dij. Sta Angela
18
div. S. Sulpici
19
dis. S. Bastian
20
Dim. Sta Agnesa
21
dil. S. Vincènt
22
dim. S. Raymound
23
dim. Sta Jacinta
24
dij. Conv. de S. Pàu
25
div. S. Poulicarpa
26
dis. Sta Devota
27
Dim. Sta Paula
28
dil. S. Francès S.
29
dim.
dim.
dij.
div
dis.

S.
Sta
S.
S.

TRIMESÏRÍ;

Macari
Genevieva
Tita
Simeoun

dim. Sta Marfina
dim. S. Peire N.
En Janvié
Lou païsan n'a ren

lu 6, à 4 oura 28 s.
lu 13, à 11 oura 38 m.
lu 21, à 4 oura 44 ui.
- L. 7 49' - C. 5 30'

dij. S. Ignaci
div. La Candeliera
dis. S. Blasi
Dim. Setuagesima
dil. SS. Vinc.Oronte
dim Sta Agata
dim. Sta Dorotea
dij. S. Romuald
div. S. Jouan-Matha
dis. Sta Apoulounia
Dim. Sexagesima
dil. Sta Eulàlia
dim. S. Gregori
dim. Sta Eufrasia
dij. S. Onesime
div S. Dounat
dis. S. Simeoun
Dim. Quinquagesima
dil. S. Gabin
dim. Dimars-Gras
dim. Li Cendre
dij. S. Silvan
div. S. Maxime
dis. S. Pascase
Dim. Quadragesima
dil. S. Nestor
dim. S. Leandri
dim. Sta Nourina
dij. S. Nymphas

Plueia de febrié
A la terra vau fumiè.

ZDéSTU-S-bez

NICE

MARS
N. L.
P. Q.
P. L.
D. Q.
N. L.
SOULÈU

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lu 1,
lu 8,
lu 15,
lu 23,
lu 30,
— L.

div.
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dim.
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Dim.
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dim.
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Dim.

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7

1 oura 31 m.
0 oura 02 m.
0 oura 59 m.
1 oura 26 m.
1 oura 38 s.
01' — C. 6 13

S. Eudoxia
S. Simplici
Reminisceri
Sta Cunegonda
S. Casimir
Sta Coleta
S. Jouan de D.
Qaatre-tèms
Sta Margarida C.
Ocali
S. Euloge
S. Gregori
Sta Eufrasia
Sta Matilda
S. Acepsima
Sta Gertruda
Lœtari
S. Apien
S. Jôusé
S. Joachin
S. Lea
S. Turibe
S. Armentari
La Passioun
Anounciada
S. Emanuèu
S. Jouan d'Egt,
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Lou mes de mars
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L.
Q.
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lu
lu
lu
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SOULÈU.

1 dil.
2 dim.
3 dim.
4 dij.
5 div.
6 dis.
7 Dim.
8 dil.
9 dim.
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29 dil.
30 dim.

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13, à
3
21, à 7
28, à 11

—

oura
oura
oura
oura

L. 6 06'

—

55 in.
37 s.
31! s.
25 s.
C. 6 52'

S. Ugo
S. Franç. de P.
S. Richard
Dijàu Sant
Divèndre Sant
Dissata Sant
Pasca
S. Albert, ev.
S. Azada.
s. Isidoro
s. Leoun
s. Juli
s. Justin
Ouasimoi/ii
Sta Anastasia
S. Frutuous
S. Rodolfe
S. Maxime
S. Anselme
S. Teodoro
S. Adalbert
S. Fidèle
s. Jorgi
s. Marco
s. Clet
s. Antime
s. Aimé

s. Roubert
Sta Catarina d. S
SS. Philip. ,Jacq.

Pichouna plneia d'Abriéa
Bouona récolta pèr l'csliéu

Q.

p
P. L.
D . Q.
N. L.
SOULÈU.

TRIMÍÎSTRÈ;

MAI

JUN

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lu 5,
2 oura
lu 13, a 7 oura
lu 21, à 10 oura
lu 28, à 7 oura
— L.

5 14'

—

14
10
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24

s.
m.
m.
m.

C. 7 29'

1 dim. SS. Félip. Jaq.
2 dij. S. Atanase
3 div. In.d.l. Sta Crous
4 dis. SS. Sindonis
5 Dim. S. Pio, papa
6 dil. S. Jouan D.
7&lt; dim. S. Peire
8 dim. s. Gregori N.
9 dij. s. Antounin
10 div. s. Isidoro
11 dis. s. Bounifaci
12 Dim. s. Jouan lou S.
13 dil. s. Pouon, m.
14 dim. s. Pacomo
15 dim. s. Sta Denisa
16 dij. Ascensioun
17 div. S. Pascaù
18 dis. S. Teodoto
19 Dim. s. Pèire C.
20 dil. s. Felis.
21 dim. s. Bernardini
22 dim. s. Julia
23 dij Rogaeioun
24 div. s. Vincen, d. L.
25 dis. S. Urbin
26 Dim. Pandecousta
27 dil. S. German
28 dim. S. Cirile
29 dim. Sta Petronïa
30 dij. S. Sylve
31 div. S. Justin
Au mes de mai
Longui semana

p
P.
D.
N.

Q.
L.
Q.
L.

lu 3,
lu 11,
lu 19,
lu 26,

SOULÈU.

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dis.
Dim.
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dim.
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9 Dim.
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12 dim.
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17 dil.
18 dim.
19 dim.
20 dij.
21 div.
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23 Dim.
24 dil.
25 dim.
26 dim.
27 dij.
28 div.
29 dis.
30 Dim.

—

à 11 oura 4 s.
à 10 oura SI s.
à 9 oura 51 s.
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C. 8 1!"

S. Potin
Trinità.
S. Quirin
S. Francès C.
S. Lié
Festa de Dieu
S. Lié
Quatre-tèms
S. Optat
Sta Margarida
S. Barnabe
S. Antoui de P.
S. Basilio
S. J.-F. Régis
S. Moudeste
S. Lambert
Sta Olga
S. Gervai
Sta Juliena F.
S. Louis de G.
S. Paulin
Sta Maria d'O.
S. Jouan-B.
S. Prousper
S. Alban
S. Cresen
s. Iréné.
s. Pèire
s. Pàu
s. Tibàu

En Jun
De tres abit l'un

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SDULÈU. - - L. 4 35' — C. 8 22'

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dim.
dim.
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Dim.
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dim.
dim.
dij.
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dis.
Dim.
dil.
dim.
dim.

S. Thierry
Vierg.de li Gracia
S. Anatole
S. Pèire de L.
S. Sisoès
S. Elie
Sta Babeta
S. Efrein
Sta Felicita
S. Pio
S. Jouan G.
S. Gene
S. Jaque
Festa Naciounala
S. Enri
N.D.d.M. Carmel
Sta Marcelina
S. Frederic
S. Vincen de P.
Sta Margarida
S. Vi loiSta Maria-Mad.
S. Apoulinari
Sta Cristina
S. Jaque
Sta Anna
S. Pantaleoun
S. Samsoun
Sta Marta
Sta Giulieta
S. Gnaci de L.

Au mes de Juliet
Ni frema ni coulé.

TBIMËSTRÎ;

I1. Q. lu 2, a 0 oura 29 m.
P. L. lu 10, a 3 oura 58 m.
D. Q. l»i 17, a 1 oura 1.1 s.
N. L. lu 21, a 5 oura 14 m.
IV Q. lu 31, &amp; 5 oura 21 s.
souLÈu, —1.5 or -j&gt;. 8 or

dij.
div.
0 dis.
4 Dim.
5 dil.
6 dim.
7 dim
8' dij.
9 div.
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Dim.
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dim.
dim.
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S. Pèire-aï LS. Alfonso
Inv. de S. Estève
S. Domenica
N. D. dei Nèu
Trausf. de J. C.
S. Gaétan
Sta Batilda
S. Camila d. L.
S. Là u ren
S. Septima
Sta Clara
Sta Filoumèna
S. Ousèbi
Asoumpcionn
S. Roc
S. Mamès
Sta Elena
S. Ipoulita
S. Bernar
Sta Chantai
S. Pio V
S. Filipe B.
S. Bartoumiéu
s. Louis, r. F.
s. Seg'oundo
s. Cesari
s. Goustin
s. Mederic
Sta Rosa
S. Fiacre

F.n . ivoast
Figa e moust

wmmm mm

SBTÈMBRE
P. !.. lu 8, a' 4 oura 57
D. Q. lu 15, a 6 oura î&gt;l
N. L. Ju 22, a 3 oura 37
P. Q. lu 30. a 0 oura 08
SOULÈU. - - 1. 5 47V— c.

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Dim.
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dim.
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Dim.
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S. Gili
S. Estève R.
Sta Eufemia
Sta Rosalia
S. Làuren J.
S. Pambon
S. Grat
Natiu, di' la V.
S. Oumer
S. Xicola
S. Félis
S. Veran
S. A nié
Es. (1. l.S. CtQUS
S. Nicomède
S. Conrneilla
S. Lanbert
S. Tournas V.
S. Janvié
S. Euslache
S. Matiéu
S. Maurici
Sta Tecla
S. Girar
S Firmen
S. Nil
S. iN'icandre
S. \\ inceslas
g. Miquèu
S. Jeromo

Lima setembrina
De mai clarina

MOT »

GRANDE MARQUE RECOMMANDÉE

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lu 22,
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oura 46 m,
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6 06*

TRIMESTRE

NOUVÈMBRE
P. L. lu
6,
D. Q. lu 43,
N. !.. lu 20,
Q.
lu 29,

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SOULÈU. - -

1.

a
a
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4 oura 48
8 oura 20
9 oura 49
2 oura 42
14'

—

c.

5 03'

1 dim. Rosari
1 div. Tout lu Sant
2 dim. S. ■ Léger
2 dis. Eu Mouorl
3 dij. S. Rosari
S. Ubert
4 div. s. Francès d'A. 43 Dim.
dil. S. Carlo B.
5 dis. s. Placido
5 dim. Sta Bertila
6 Dim. s. Bruno
6 dim S. Leounar
7 dil. s. Serge
dij. S. Nestou
/
8 dim. Sta Reparada
8 div. Lu Quatre Incou.
9 dim. S. Denis
9 dis. S. Teodore
10 dij. s. Francès B. 10
Dim. S. Jacintou
11 div. s. Tarasco
11 dil. S. Martin
12 dis. s. Counrad
12 dim. S. René
13 Dim. s. Edouard
13 dim. s. Stanislas
14 dil. s. Calisio
14 dij. S. Pantena
15 dim. Sta Teresa
15 div. Sta Gertruda
16 dim. S. Ospici
16 dis. S. Edme
dij.
17
Sta Edvija
17 Dim. S. Gregori
18 div. S. Luc
18 dil. S. Alfè
19 dis. S. Pèi re
19 dim. Sta Babeta
20 Dim. S. Agrico)
20 dim. S. Edmon
21 dil. Sta Ursula
21 dij. Présent, de la V.
22 dim. S. Filip
22 div. Sta Cecilia
23 dim. S. Teodoret
23 dis. S. Clemen
24 dij. s. Mairloire
25 div. ss. Crespin-Cr. 24 Dim. Sta Flora
26 dis. s. Jouan de K. 25 dil Sta Catarina
26 dim. Sta Pel fina
27 Dim. s. Frumence
27 dim. S. Maxime
28 dil. s. Alfredo
28 dij. S. Sostène
29 dim. s. Narcisse
29 div. s. Saturnin
30 dim. s. Marcel
30 dis. s. Andrièu
31 dij. s. Siri
En ùuloubre
\loii ponorc goûta loti rùare

Tonssan ientra
St A n'driéu lou souorte

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DESÈMBRE

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lu 12,
lu 20,
lu 28,

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5
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Dim.
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dim.
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dis.

8 Dim.
9 dil.
10 dim.
11 dim.
12 dij.
13 div.
14 dis.
15 Dim.
16 dil.
17 dim.
18 dim.
19 dij.
20 div.
21 dis.
22' Dim.
23 dil.
24 dim.
25 dim.
26 dij.
27 div.
28 dis.
29 Dim.
30 dil.
31 dim.

1.

a
a
a
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3 oura
m.
6 oura 46 s.
4 our;i 40 s.
7 OUI;L 48 s.

7 54' — c.

A vent
Sta Bibiana
S. Francès X.
Sta Barba
S. Bassi
S. Nicola
S. Anbrosi
Imac. Conception
Sta Leoucadia
Sta Eulàlia
S. Damase
Sta Rosélina
Sta Lucia
S, Niçoise
S.
S.
Sta
S.
S.
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S.

Mesuiin
Adon
Olimpíada
Gatien
Ciprian
Filogone
Tournas

S. Onourat
Sta Vitòria
Cacha-fuec
Calèna
S. Estève
S. Jouan
SS. Inoucent
Sta Eleonora
S. Sabîn
S. Sàuvestre

Calena aufuec,
Pasca àu j'aèc.

sin -

GRANDE MARQUE RECOMMANDÉE

4 35

�- i6-

�- 17

-I

CROUNICA NIÇARDA
L'ABADÏA DE SAN POUON.— L'ABAT RANCE-BOURREY.
GLOFFREDO.

—

—

PÈIRE

A PREPAU DOU DIALETE NIÇART.

Ben qne pareissènt tardié, VArmanac Niçart s'empressa de
pourtà la siéu febla vous su tout cen que enteressa lou païs, sigue
au pounch de vista istoria loucala, pouesia, tradicioun, sigue
tamben su la taquinanta questioun dóu dialete niçart souvenri
fès pauvada e su la quala lu escritour mouderne soun luen d'estre
d'acordi.
Parlerai finda de M. l'Abat Rance-Bourrey, un beneditin qne
despi quauque an en ça mete à prouflt la siéu erudiciou n a nen
revelà de fach d'istoria inedieh. Se quauqu'un mérita d'estre
laudat es ben éu ; es en éu que VArmanac Niçart tressa la
pamoula de sapiença. En esprimant la nouostra recounouissença,
à l'Abat Rance-Bourrey, fen cen que touplen an denembrat,
vouoli dire de courounà lu siéu travail, frucha de ben de recerca,
dai quali obra sian fier d'avé prestat la prima ajuda. Pouden cità :
lou Discours sur le Monastère de Sainte-Claire de Nice, par Honoré
Pastorelli, publié d'après l'édition originale de Turin 1608, avec
une introduction et des notes ; — "Le Général J.-B.-M. D'Anselme" (Notices biographiques (1740-1792). E aquest'an
l'istorien nen douna — toujou de prima man — YExpulsion de
Mgr Valperga, evesque de Niça, au tèms de la Revoulucioun,
travail anoutat de peça curiouvi que sian urous de pouder metre
souta lu uès dei nouostre letour.
*
* *
Lou fach de l'annada, lou mai marcant, es estat aquéu de
l'Abadïa de San Pouon. Parlon de tout destruge pèr li basti an
siéu luec un espitau Pasteur... UArmanac Niçart es pas Penemic
dóu prougrès, ni men encara dei Bei-Art, ma si fa lou pious dever
de jougne lu siéu esfouors en aquelu dei siéu councitadin quo
l'istoria dóu passat passiouna, pèr que l'Abadïa de San Pouon
sigue counservada e classada couma mounumen istorique. En la
circonstança feliciti M. l'Abat Rance-Bourrey que mé rasoun s'e.s
demoustrat l'ardènt defensour autourisat que counouissen. La
siéu paràula es estada escoutada e lou Préfet de li Alpa-Maritima,
8

'

�— i8 M. de Joly — respetuous dei nouostri tradicioun — en ortie
avertit a proumès que l'Abadïa de San Pouon seria respetada e de
lèu si crusià pèr lou siéu classamen tra lu mounumen istorique.
Dóu resta vequi ce que l'Abat Rance Bourrey nen di su San
JPouon. Counsignen religiousamen li siéu paràula :
« L'Abbaye de Saint-Pons est le plus ancien monument relitgieux existant dans le Comté de Nice. Il y a dou^e cents ans que
sSiagrius y fonda un monastère. L'histoire de ce monastère est
jintimement liée à l'histoire religieuse, civile et économique de la
iville de Nice.
;
« Ce fut à Saint-Pons qu'en 1388 fut'signé l'acte réunissant
le Comté de Nice au Comté de Savoie. Les abbés de Saint Pons
ifurent pris dans les principales familles du Comté : les Badat, les
tLaugery, les Provana, les Lascaris, les Grimaldi, les Martelli, les
;Tournefort, etc. Plusieurs évêques de Nice furent abbés de Saint[Pons, en particulier Barthélémy Chuet (fin du xve siècle) et Jean
, Uriole, son successeur. Un autre abbé, Claude de Seyselle, fut
,évêque de Marseille, puis archevêque de Turin ; d'autres furent
cardinaux, tels Innocent Cibo, neveu d'Innocent VIII et de
f
;Léon X, et Paul Medeci de Cesis dont on voit encore l'inscription
(funéraire à Sainte-Marie-Majeure, à Rome.
:
« A la fin du xvir siècle, l'abbé de Saint-Pons était Pierre
•Gioffredo, le savant historien niçois. Enfin, un abbé de SaintiPons dont les Niçois n'ont pas encore perdu le souvenir, était
(l'abbé Spitalieri de Cessole qui a doté sa ville natale d'un établissement de bienfaisance si justement apprécié. La plupart des
pbbès de Saint-Pons et plusieurs évêques de Nice ont été enterrés
dans l'église ou sous le cloître et dorment aujourd'hui confondus
avec les moines leurs frères qui depuis dix siècles y sont enterrés.
« Les monuments funéraires ont disparu. Le temps a tout
(nivelé à Saint-Pons, singulièrement aidé cependant par la main
ides hommes. On connaît les dévastations commises par
Iroupes de François Ier et de Barberousse, plus tard par celles d
Catinat et par d'autres encore. Après chaque désastre, SaintPons a retrouvé une nouvelle vitalité et il y a à peine trois quarts
de siècle que Mgr Galvano y a fait d'importantes réparations.
;
« Saint-Pons n'est pas seulement une page de l'histoire de
notre pays, c'est un gros volume de cette histoire ; les Niçois
laisseront-ils dire qu'ils sont restés indifférents devant le danger
qui menace Saint-Pons ? Non, ils feront tous leurs efforts pour

�— 19 -

sauver de la destruction un monument qui doit leur être cher...
Je demande d'urgence le classement de l'Abbaye de Saint-Pons,
c'est-à-dire de l'Eglise et des bâtiments claustraux, comme monument historique. »
Lou councours de YArmanac Niçart es aquist. Emé fiertà e
au près de touplen de sacrifici faren respetà l'istoria dóu passat,
la lenga e lu escrich dei orne qu'an ilustrat lou nouostre bèu
pais.
*
* *
Despi quauque tèms, — maladia que reven per intermitença,
— la gran questioun de la grafia niçarda, de l'ourtougrafa, es
messa su lou tapis. De letra soun estadi publicadi, d'autri lou seran, e cresi qu'après ben de charra pèr dire pas gran cauva de
nóu, quasi dirii pèr predicà dintre lou Desert, noun restera
d'aquela discussioun, — Favén déjà coustatat, — pas gran cauva,
ren!... Cadun escrèu à la siéu moda seloun l'esprit dóu moumen,
e serii ben curious de counouisse aquéu que vendria nen dità
une metoda en nen dïen : « la mièu maniera d'escrièure lou
Niçart es la bouona». Discussioun scientifica que pòu passiounà
quauque lenguista, pas mai ; lou mihou es d'escrèure seloun li
letra ditadi pèr la prounouncia. Lou talènt pèr aquéu qu'escrèu
es de si laissà liège, de si faire acapi. Es qu'en en un entan que
frecuenta l'escola primària poudès li demandà autra cauva ?...
Perta de tèms que tout acò, vourria mai s'engenià à recercà lu
viei mot, espressioun, loucucioun courenti que la pous dóu tèms
a rabaïat, dounà au nouostre bèu dialete la coulou que dèu avè,
en respetant lu emprunt que pouden avè fach sigue à l'Italian, à
l'Espagnòu o à tout autre...
Un dialète noun dèu pas estre une lenga scientifica, encara
m en noun còu avè la pretencioun que sigue ouficiela, seria temerari ; lou dialete d'un païs dèu refletà lou caratere d'un'epoca que
lou tèms dèu respetà, enfin escrèure gramaticalamen, un noun
empedisse l'autre, e laissà à l'esprit, au goust lou coumplemen
d'un stile ouriginal, en de frasa councisi que flaton i'auriha.
Aquí fermi la discussioun, risqui de perdre la civada... l'an
que ven, se Diéu mi presta vida, v'en dirai d'autri e couma
d'usança que mi sigue permès de la vous souvetà : Bouona e
uroûva !
L'ARMANAC

NIÇART.

�20 —

LA CIGALA DOU BOUON DIEU
Una cigala dóu Bouon Dieu
Tout l'estiéu
E l'iver en la chambreta, —
L'aiguesias vista la lebreta ! —
Noun vivïa que d'amour
S'assetava su l'ounour;
La cigala cantarela,
Vau chanja de clientela,
Noun es courta d'amatour,
Que li viron tout au tour !
Ma l'ancien de la cigala,
De gros mot ven que s'embala ;
En l'auriha de la maire
Li ven tout aquéu bousin,
Que deja toui lu vesin
Sabon lou long de l'afaire
— Cenqu'as fach m'au tiéu tip ?
Di la maire enrabiada...
Bella Vierge encourounada !
Sera au mancou m'un bouon rie!!...
CH. CIAUDO

PROUVERBI, BOUOI MOT, COUNSÉU E DICH
Tèms d'iver noun ti fidar.
Lu màu dei enfan si garisson soulet.
Cau naisse pèr estre bèu, si maridar pèr estre rie, e mouri
pèr estre brave.
Per aver de raïn, eau caressar la souca.
Agnèu naissut
Vau un escut.
Dansa mihou ventre plen que rauba nova.
L'oumbra dou mèstre engraissa lou cavau.

�LOU MAGOT DE BERTOUMIÉU ISSUGA
O BEN

UNA RAISSADA DE MACAROUN
Conte menloanasqae trouvât dintre d'un armori
de ma nana e que /'Armanac Niçart es tirons de
transcrièure en niçart à Ventencioun dei sièu
fidèle lotour et lelrissa.

Bertoumiéu Issuga, mentounasque de viéia roca, abitava en
coumpagnia de sa mouhié, en carriera dóu Paumoulié. La siéu
frema, malurousamen, era sirnplaria e faia lou siéu desespoir.
Cada matin Bertoumiéu, avant de s'en anà au travail, li recoumandava de noun faire de bestialità. Cou vous dire que toui lu
dissata lou nouostre ome metia en un'armari pertuat dintre la
muraia lou gagne de la semana.
— Bertoumiéu ! pèr qu seria tout aquel argen, demandava
Marioun au siéu marit.
— Es pèr Madjou-long, castagnassa !
*
* *
Un jou Bertoumiéu partet pèr anar à la siéu campagna ;
devia même li restar doui ó très jou pèr souïnar e arousar lu
citrouniè. Marioun souleta matin e sera, s'assetava su lou banquet de la pouorta e faïa de bas... Un predinà veguet un ome
de statura mai que mejana, couma si di, un gran carcan. La
frema de Bertoumiéu lou fissa sensa parpelear, pi pihada d'un'
idea, li diguet :
— Moun bèu Moussu, sias bessai vous Madjou-long ?
Lou merlo pita e noun s'en laissa dire autre, léu li
respouonde :
— Noun vous troumpas pas, bella bruneta, sièu ièu Madjoulong !... Ma perqué mi faire tala demanda ?
Perqué ?... dou moumen que sias Madjou-long, intras su lou
cóu. Li a ja pas mau de tèms que moun marit a mes d'argen
amagat pèr vous...
E sensa mai de ceremounia li remeté lou mandiou dintre lou
quai lu sóu eron groupât. L'ome remercia e la s'esbigna lèu.
♦

* *

�Lou sera, Bertoumiéu arriva, la sièu mouhié li di.
— Sabes, ai vist ancuei Madjou-long !
E l'ome de cridar :
— Malurousa ! — m'en a fach encara una 1
Courre à l'armari, lou mandiou e Pargen, mouis !... Issuga
blastema pica dai pen, es décidât de si desiaire de la siéu frema
Lendeman, dóu téms qu'aissesta durmïa, li cuerbe lu uès emé de
pega de sabatié, pi la pihant pèr la man, la mena dapé dóu CapMartin. Arrivât aqui, Bertoumiéu fa mountar Marioun su d'un
nouguié el'abandouna. La paura, bòrnia, noun sabia doun si
trouvava, ni men encara ce que poudia faire.
En aquéu fra-tèms doui voulur venon s'assetar souta
l'aubre ; après aver abrat quauqui branca sequi pèr s'escaufar, pi
si meton à cuentar lou siéu argen.
La calou faguet delegar la pega que curbia Puès destre de
Marioun e aissesta de cridar :
— E d'un !
Lu voulur, d'estuc, s'isson d'emblée.
— Qu'es acó, diguet l'un.
— Un matagan, faguet l'autre.
La calou seguia á faire lou siéu efet pau à pau durbia Puei
senec.
— E de douî, diguet Marioun.
Dóu cou lu voulur escapon, laissant Pargen espantegat soubre
Perba.
Marioun coumença à li veire clar, cala da l'aubre e ramassa
Pargen, pi lèu s'en camina vers maïoun...
Lou sièu marit, pensierons, era assetat dapè dóu fuec, s'escaufant, fumant la sièu pipeta emé beatituda...
— Bertoumiéu !... o Bertoumiéu !... duerbe-mi, siéu iéu,
Marioun...
— Vai au diàu que ti pihe... ièu que cresii de m'en estre
despegouït...
Ma Marioun, toujou picava, un cóu noun asperava l'autre...
L'ome fenisse per li durbi...
— Ten ! regarda cen que ti pouorti.. . e Marioun pauva lou
sac su lou toulié. ..
Bertoumiéu, entartugat, cuenta Pargen e réfléchisse ; — Marioun es simplaria e deman la vila saupra Pistoria de la fouré . ..
Cóu que Bertoumiéu si dispegouïsse pèr empedi li marridi lenga
de bavar...

�— 23 —
Si mete la vesta, lou capèu e souorte fermant la pouorta i..
Faïa nuech dintre la carriera, ma sensa pena s'encamina
vers una boutiga e croumpa pèr mai de dès kilo de macaroun...
Ientra au sièu e di à la sièu mouhié de si metre au liech.
En tant que Marioun durmïa, Bertoumiéu fa bui lu macaroun, pi lu espantega su lu aubre dóu jardin... Lendeman de
matin la siéu frema, desveiada, si mete à la fenestra...
— O ! Bertoumiéu ! Bertoumiéu ! Vene un póu veire!... O
trest ! vè, a plougut de macaroun !...
— O vai fantauma !... n'as toujou una. .. Ten ! ten !... ma
es ver !...
*
* *

A quauque tèms en ça, Bertoumiéu l'avia previst, Marioun
countet à toui que lou siéu ome noun li picava plus, despi lou
jou qu'ela li avia pourtat de sac plen d'escut...
Lou juge aiguent audit parlar de l'afaire, mandet sounar
Bertoumiéu devant lou tribunal ; la siéu mouhié era estada
citada couma testemoni.
Lou juge. — Bertoumiéu, sias acusat d'aver gardât d'argen
que noun era vouostre.
— Iéu !... Ma moussu lou juge, lou negui ; sièu couma
sabès un travaiadou.. .
E Marioun de dire.
— Noun negar, Bertoumiéu, sabés ben qu'es ver ; es iéu en
persouna que t'ai pourtat la mouneda, qu'avii trouvât en la
fouré.. .
Lou juge. — Anas brave ome, noun negués.. .
— E quoura lou m'as pourtat ?... — Vous juri, Moussu lou
juge, que la miéu frema es fouola !...
— E lou sabes ben, Bertoumiéu, es lou jou que plouguet tant
de macaroun !
— Moussu lou juge aves jamai vist ploure de macaroun ?...
— Jamai ! moun beL amic respoundet lou juge que si tenia
lou ventre dóu rire — Amie, vèu que la vouostra frema es
fouola. .. sias aquitat !...
Bertoumiéu si retira emé Marioun... Noun aigueron plus
de disputa e vieugueron, pareisse urous e pèr longtèms !...
J. E.

�CANSOUN ANCIENNA

PÈR LOU

N'aurias pas vist la miêu fiha
Trin-trin
Lou galerin
A'aurias pas vist la miêu Jiha
Trois-wtrois
Le fils du roi
L'ai vista e l'ai baïada
Trin-trin
Lou Galerin
L'ai vista e l'ai baïda
Trois-trois
Le fils du roi.
Douna-mi la miêu fiha
Trin-trin
Lou galerin
Douna-mi la miêu fiha
Trois-trois
Le fils du roi.
Es aqnela la vouostra fiha
Trin-trin
Lou galerin
Es aqaela la vouostra fiha
Trois-trois
Le fils du roi.
La miêu fiha era pas lernia
Trin-trin
Lou galerin
La miêu fiha era pas lernia
Trois-trois
Le fils du roi
La miêu fiha era pas lua
Trin-trin
Lou galerin
La miêu fiha era pas lua
Trois trois
Le fils du roi.
N'es ni guercia ni poutinouva
Trin-trin
Lou galerin
N es ni guercia ni poutinouva
Trois-trois
Le fils du rois.

MAI

�La miéu fiha n'es pas borni a
Trin-trin
Lou galerin
La miêu fiha n'es pas bornia
Trois-trois
Le fils du roi.
Noun faïa pas belugueta
Trin-trin
Lou galerin;
Nonn faïa pas belugueta
Trois-trois
Le fils du roi.
La miêu fiha n'es pas emberrida
Trin-trin
Lou galerin
La miêu fiha n'es pas emberrida
Trois-trois
Le fils du roi.
La m iéu fiha n'es pas pigada
Trin-trin
Lou galerin
La miêu fiha n'es pas pigada
Trois- trois
Le fils du roi.
La miéu fiha noun es pas ranga
Trin-trin
Lou galerin
La miéu fiha noun es pas ranga
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha noun es pas louorla
Trin-trin
Lou galerin
La miéu fiha noun es pas touorta
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha n'es pas crouoada
Trin-trin
Lou galerin
La miéu fiha n'es pas croavada
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha n'es pas gibouva
Trin-trin
Lou galerin
La miéu fia n'es pas gibouva

�— 26 —
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha noun es foularana
Trin-trin
Lou galerin
La miéu fiha noun es foularana
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha n'es pas ingourda
Trin-trin
Lou galerin
La miéu fiha n'es pas ingourda
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha a pas lou peu de pi g nu
Trin trin
Lou galerin
La miéu fiha a pas lou peu de pig nu
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha noun es narvelouua
Trin- trin
Lou qalerin
La miéu ûha noun es narveloiwa
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha noun a la rougna
Trin-trin
Lou galerin
La miéu fiha noun a la rougna
Trois trois
Le fils du roi.
XXX.

PROUVERB1, BOUOI MOT, COUNSÈU E DICH
Qu duerme ben noun cregne li niera.
Qu vè pissar e noun pissa, crêpa de malícia.-'
Qu douna soun ben avan de mouri
Mérita de pati.
L'amour es lou paradis dei fouol.
L'amour es .la flou de la jouinessa.

�LA MOUORT DAU PAURE TOUNIN

Lou paure Tounin, malàut a setant'an, si presenta à l'espitàu
ma li respouondon que li a plus de plaça.
— Coumplet ! ! !
Quauqu'un li fa capi qu'em'un pau de proutecioun li pourria
intrar. Countrariat dei pas que cóu faire, Tounin vira lu taloun e
s'encamina vers la plaça Massena, piha lou tram, si rende da
Graugnard, à l'espitàu dei can, e li di :
— Moussu lou Veterinari, cresi d'estre un pau mai qu'un
can ?... En aquéu cas souîna-mi...
— Vous souînar aici, ma brav'ome perdés la testa. — Basta,
li di que n'a pas de liech pèrcourcar un crestian, que noun douna
de souin qu'ai bestia !...
Tounin, couma pensas, s'en souorte m'au couor gros e noun
sau plus à que sant si recoumandar. Era aqui au mitan dóu
camin, quoura en aquéu moumen arriba un landau, doun cala
una grossa dama, encapelada, aurias dich un ver foungi, segada
d'un varlet que pourtava religiousamen un can enfeloupat emé de
favour rosa au couol, tapat d'un tapis em'ai iniciala. En veèn
aquéu tablèu lou paure Tounin si lamenta, sangluta fouort.
— Qu'avès lou miéu brav'ome, li di la dama.
— Cen qu'ai Madama ?... trovi que lou vouostre can a mai
de chança que iéu. Li a cinquant-cinq an que travaii, pèr la premiera fès que siéu malàut, noun soulamen mi refuson à l'espitàu
dei estre uman, ma encara mi vèu picar la pouorta au nas èn
aquéu dai can.
— Quevoulès, lou miéu paur'ome, ai fach un vout de mimetre
à la Soucietà Proutetriça dei Animau, de pourtar touti li miéu
ecounoumia à la Caissa de secours pèr soulajar lou sort dei bestia.
Lou fau talamen ben, que vouguessi ben vous dounar un sóu
que pourii pas.
La dama li vira l'esquina e ientra couma un coupa-cisèu da
Graugnard. Tounin roumougna :
— Se ti veguessi en un cantoun ti dounerii mancou un gotou
d'aïga !... vièia sansuga !...
Tounin estrassinat, deble s'alonga un pau plus en là, su d'un
mouloun de peira. Quauqui oura après, couma soufrisia, n'ai-

�guènt ren en l'estomegue depi l'auba, coumençava d'aver lou
rangouioun, quoura passet un canipiè que li diguet :
— Que fès aquí, brav'ome ?
— Couma veès siéu aqui pèr tirar lu patoun. M'an refusat â
l'espitàu, même en aquéu dai can, noun mi resta que de mouri
su d'un mouioun de peira. — Avès un carnet su lou quai enregistras lu fach dóu jou, farias ben de li aloungar lou miéu testamen que poudès mentuar couma acô :
— « Bouon Diéu, se mi fes passar encara une fes sur la terra,
fe-mi naisse can au mancou, li aura une Soucietà Proutetriça dei
Animau que si crusira de iéu e pourrai estre amès en un espitau,
estre souïnat, faire bouona vida, menar une vida de can... »
ANT. ROLAND.

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VIGNE
A M. VALÉRE BERNARD.

Dans le ciel doux la Vigne ètreint les pals de buis.
Sous le pampre le merle alourdi des falernes
Tourne son col gris vair et ses paupières lemes
Qu'argenté la blancheur des immuables nuits.
O / fraîcheur, 6 beauté des Igs et des iris,
Que la Vierge éblouie avec les marjolaines
Cueille le soir venu aux vasques des fontaines
Pour colorer en fête, au crépuscule, l'Euis.
Narcisses, ébeniers, œillet et sensitive
Ah ! Versez en mon âme attiédie et pensive
L'orgueil qui souleva les clairs olympiens.
L'amour qui rafraîchit les Madones pieuses
Et qui vêt de clarté les snls athéniens
Et les ravissements des époques heureuses.
JEAN

PADOVANI.

Quauque souvèt :
Vous souveti la bouona annada.
Que siegue mihau que la passada.
Vous souveti la bouona annada acoumpagnada de touplcn
d'autri.

�Eglises et Chapelles de Nice
La vieille ville de Nice se trouvant sur la rive gauche du
Paillon, pour parler de ses églises, nous commencerons par son
église cathédrale, Sainte-Réparate, vierge et martyre, de celles du
canton Est, et en traversant la rive droite nous nous occuperons des paroisses du canton Ouest.
I. — L'Eglise Cathédrale du Diocèse de Nice est la paroisse
de Sainte Réparate, vierge et martyre, sous l'empereur Decius en
253. Sa fête est le 8 octobre. Cette église est au centre de la vieille
ville (8.500 âmes), Avant 1531 la Cathédrale était près du Donjon, plateau de Nice, et dénommée : Sancta Maria in platea,
dédiée à N. D. de l'Assomption. L'édifice actuel, dans son genre,
ressemble beaucoup à Saint Pierre de Rome, au Vatican. C'était
auparavant une simple église paroissiale
desservie par
les Bénédictins du Monastère de Saint-Pons, près Nice.
Dans son ressort se trouvent l'ancienne église de Saint
Jaume (Saint Jacques apôtre), jadis des P.P. Carmes, fermée
depuis 1903. Après le transfert du titre de paroisse à l'église de
Saint Juste, évèquc, au Gesu, elle fut placée sous la vocable de l'Annonciation de la Sainte Vierge, ainsi que la belle Eglise de la
Miséricorde, sur le Cours Saleya, jadis de Saint Gaétan, fondée
e
par les P.P. Theatins au XVIII siècle et cédée à la noble
confrérie des Pénitents Noirs.
La Cathédrale de Nice, paroisse Sainte-Réparate de nos jours,
fut comme l'ancienne au Donjon du Château {Sancta Maria in
platea), le théâtre de plusieurs f lits historiques mémorables dans
les annales de l'histoire de Nice.
II. — L'Eglise de Saint Jacques, an Gesû, dès son érection
en 1612, dédiée à Saint Juste, évêque. Sa fête est le 2 septembre.
En 1665 fut érigée en paroisse sous le titre de Saint Jacques le
Majeur, remplaçant la paroisse de Saint Jaume. On l'appelle
vulgairement le Gesù à cause qu'elle a été fondée et administrée
par les P.P. de la Compagnie de Jésus.
Appartiennent à cette paroisse les deux chapelles des confréries des Pénitents Blancs, la Sainte Croix, — confrérie la

�óo —
plus ancienne de Nice, — et des Pénitents Rouges, Saint Suaire
et de la Sainte Trinité ; l'Eglise du Couvent de là Visitation,
la chapelle de l'ancien séminaire, à la montée du Château, et
jadis l'Hospice franciscain avec chapelle de Saint Joseph des
P.P. Recollets de Cimiez, convertie en maison particulière.
L'Eglise du Gesù est d'ordre corinthien composite, cons truite sur le modèle de l'Eglise des Jésuites de Turin, dite
vulgairement les Saints Martyrs. ( 10.000 âmes).
A l'extrémité de la rue du Malonat, aux racines de l'ancien
château, on voit un oratoire à la Sainte Vierge Marie, sous le
titre de N. D. du Bon Secours. Les habitants de ce quartier érigèrent cet oratoire en l'honneur de la sainte Vierge, en reconnaissance du choléra en 1854.
III. — L'Eglise paroissiale de Saint Martin Evéque dite de
Saint-Augustin est la plus ancienne, elle fut bâtie sur l'emplacement de l'ancienne chapelle de Saint Martin (1205) et appelée
Saint-Augustin parce qu'elle était desservie par les Augustiniens
dont le couvent a été transformé en caserne. (Caserne Filley, près
l'ancienne chapelle Sincaire).
IV. — L'Eglise de Saint-Francois-de-Paule a été édifiée en
1736 d'après le plan de l'architecte
Guarini. En 1838
elle fut érigée en paroisse par décret de Mgr Galvano et appelée
aussi Saint-Dominique en souvenir de l'ancienne église paroissiale
de ce nom qui s'élevait sur la place Saint-Dominique aux lieux et
place de l'actuel Palais de Justice.
V*— L'Eglise du Port ou de l'Immaculée Conception. D'humble
origine. D'abord ce fut une fort modeste chapelle (1835), transformée agrandie par Mgr Galvano, et l'avocat théologue L. Mari
fut son premier curé..
VI. — L'Eglise Saint-Joseph nouvelle paroisse depuis 1911 la
première pierre fut posée le 19 mars 1911, bénie le 29 octobre et
ouverte au public le Ier novembre 1911 sous le patronage de Mgr
Chapon et dirigée par les soins de M. l'abbé Gabrielli.
A cette paroisse appartiennent la chapelle succursale de Saint
Joseph contigüe à l'Evêché, et la chapelle de Notre-Dame des
Anges sur l'ancienne route de Villefranche.
VIL — Saint-Roch. Cette église paroissiale dans la banlieue
de Nice fut érigée après la peste de r68r. Nice fut délivrée de ce
fléau par l'intercession de saint Roch, confesseur, né et mort à

�- Si Montpellier. La paroisse est divisée en deux quartiers, Roquebillière
inférieure et Roquebillière supérieure, jusqu'à la chapelle de NotreDame de Bon Voyage.
VIII. — Rive droite du Paillon, intra muros, se dresse Notre Dame du Vau, paroisse Saint-Jean-Baptiste, qui remplace l'an
cienne église du même nom devenue chapelle inférieure du Lycée.
Cette belle église, vœu delà ville de Nice en 1835, mt érigée en
1842 et terminée en 1852 par Mgr Galvano, évêque de Nice.
La façade ressemble à celle élevée à Turin en l'honneur du retour
du roi dans les états Sardes en 1814.
IX. — Saiiit-Pierre-d' Aréna remplace une chapelle située à la
Croix de Marbre. Elle fut érigée en paroisse en 1803 par Mgr
Colonna d'Istria. Elle doit son nom à ce fait, c'est que lors de sa
fondation elle se trouvait sur le rivage de la mer séparée par une
bordure de sable fin.
X. — Une ancienne chapelle de Sainte-Hélêne-l'Inspiratrice
existait dans ces parages. Elle fut remplacée en face la mer par
une église sous l'épiscopat de Mgr Recrosio (1727).
Six paroisses « extra muros » dépendent de la commune de
Nice.
Sainte-Marie Magdeleine, sise dans le vallon de Magnan, édifiée sur l'emplacement d'une chapelle de même nom, érigée en
1626 et dite vulgairement chapelle « dei cassaire » à cause du
grand nombre de chasseurs. Après le concordat de 1803 sous
l'épiscopat de Mgr Colonna d'Istria, ce quartier qui depuis 1771
dépendait pour le spirituel de la cathédrale fut érigé en paroisse.
Il existe encore aujourd'hui une chapelle de Notre-Dame du Bon
Conseil changée en demeure particulière . Bientôt le besoin de
la population augmentant, une église sera bâtie à la cité Robiony
par les soins du curé actuel de la Madeleine.
Plus à l'est de la ville, toujours dans le canton ouest ce
l'Arquet, se dresse la paroisse de l'Ariane dédiée primitivement à
saint Arnoux, évêque et à saint Pierre, apôtre. Elle fut érigée en
paroisse en 1809 sous l'épiscopat de Mgr Colonna d Istria. Dans
son ressort se trouve l'ancienne chapelle nécropole de l'Abbadie
fondée en 1635 en l'honneur de sainte Claire pour le besoin spirituel de 450 à 500 habitants qui appartiennent aux communes
de Nice, Cantaron Saint-André. Localité d'avenii et à laquelle
le chemin de fer Nice-Coni donnera une valeur stratégique.

�— 32 —
Gairaut avait au moyen-âge une chapelle de secours desservie
par les religieux chevaliers de l'ordre du temple au début, et par
la suite de Rhodes et de Malte. Sous l'épiscopat de Mgr François
Rosini de Martinengo la chapelle fut érigée en église paroissiale
sous le vocable de saint Sauveur o*u de la transfiguration du
Rédempteur.
Dès 1730 les P. Dominicains de Nice fondent à Saint Pancrace un sanatorium pour religieux martyrs avec chapelle en
l'honneur de Saint Pancrace martyr. Cette chapelle est érigée en
paroisse en 1848 par Mgr Galvano.
Sur le couchant de Saint-Pancrace on trouve la paroisse de
saint Roman . martyr ; l'ancienne chapelle fut érigée en paroisse
ainsi que celle de saint-Antoine de Ginestière en 1803 sous Mgr
Colonna d'Istria.
VALENT IN.

NOU VÉ
Tu Çatarina fai lou pan.
Mdumen de jota, d'alegressa,
Fes audi da toui lu couor :
Lu ange canton l'alegressa,
Fuges l'infer, Juges la mouorl.
Chntou !
L'aarika sabla, li a quaucaren aici vesin,
Sembla que senti li joia d'un festin ;
Audi lu tambourin de laen,
Lu Jlajoulet e li musela,
Lu pastre van à Bethelen
Laisson la cabana soaleta ;
Santo nuech, venes aléa nen ralegrà,
Pourtas à toui la pax et la tranquilità !
Tu Catarina fai lou pan,
Manda Lucrecia au safran,
Despende aléa lou lauvaniè,
Chapla la blea su lou taatié ;
Crala de froumai e roumpe d'iiu
E fai la iourta couma fou,
Ché n'aiguen toui en aboundança (bis)
Santa nuech, venes alèu nen ralegrà,
Pourtas à toui la pa.x e la tranquilità .'
En tant faguen etnb'au vesin
t ua santépér lou Bambin,
Toucan lou gotou de bouon vin,
Ernb'aa vesin pér lou Bambin
Ti-ri-tin-tin ! -tinTi-ri tin !

�— 3Î —

L'Expulsion de Mgr Valperga
fEN SEPTEMBRE

1792)

Le 12 octobre 1780 h population de Nice se pressait aux
abords de la porte Pairoliëre pour y recevoir en grandes pompes
le nouvel évêque Charles-Eugène Valperga di Maglione. Ce
prélat avait couché la veille selon l'usage antique à l'abbaye de
Saint-Pons et devait faire ce jour là son entrée solennelle dans
sa ville épiscopale.
Le cérémonial imposant avec lequel on avait reçu jusqu'alors
les évêques fut encore cette fois observé. L'accueil de la population entière fut des plus chaleureux au rapport de Pierre Scaliero
qui en fut témoin (1). Le nouvel évêque, qui remplaçait Monseigneur Astésan nommé archevêque d'Oristano en Sardaigne,
appartenait à une famille de vieille noblesse dont plusieurs membres avaient exercé, à Nice, des fonctions importantes (2). Il
(1) Voir aux Archives municipales le récit détaillé que ce chroniqueur en a laissé dans ses Mémoires. Pierre Scaliero mourut en 1805.
(2) Jacques Valperga, conseiller ducal, fut lieutenant du gouverneur de Nice en 1454 ; Thoma5 Valperga fut gouverneur du château de Nice en 1565 ; Jean Valperga fut également gouverneur de
Nice en 1596 ; Jérôme Valperga fut commandeur du château de
Nice en 1600 ; Pierre Valperga, frère de Jacques Valperga, était
chevalier de Malte (Arch. municipales, registre des gouverneurs,
commandants et chevaliers de Malte) ; Anne Valperga, fille dAmédée
Valperga, épousa, le commandeur de Malte Jean-Paul Lascaris.
(Voir son testament daté de 1683, arch. des Alpes-Maritimes,
registre B, 297.) Joseph Ignace de Valperga reçut de son oncle, Emmanuel Philibert Chiotera, mie partie du fief de Couaraze dont il fut
investi le 20 février 1753. Son fils, Vincent, céda ses droits à H. Novelli. Jérôme Valperga fut sénateur à Nice de 1761 à 1765, puis
ministre plénipotentiaire de Sardaigne à Gênes en 1780 ; plus tard
il fut ministre etsecrétaire d'Etat, ce dernier était le frère de l'évêque
de Nice et fils du comte François Valperga qui vivait encore en
1795Ees armoiries des Valperga étaient fascé d'or et de gueules, à
la plante de chanvre déracinée, d'argent et brochant. Le cimier
était un bouc naissant au naturel et la devise : « Ferme-toy ».
Nous reproduisons les armoiries de Monseigneur Valperga d'après celles qui se trouvent en tête du catéchisme édité par ses ordres
et dont nous devons le dessin à l'obligeance de M. Joseph Casai
(Extrait de 1' « Armoriai Artistique et Nrbiüaire », Ni.e, 1902.
3

�- 34était directeur du collège des Provinces à Turin, lorsque le roi
de Sardaigne le désigna, pour l'évêché de Nice. Il avait été sacré à
Rome où il avait fait ses études. Monseigneur Valperga se distingua immédiatement par sa vigilance et son activité : il releva
le niveau intellectuel et moral des prêtres de son diocèse et s'attacha à mettre en toutes choses la plus grande régularité. Dix-huit
mois après son installation, il publia un nouveau catéchisme
dont le plan avait été préparé par son prédécesseur ^i). Grâce à

ses relations cordiales avec la eour de Turin, il jouissait auprès
des autorités civiles de Nice d'une grande influence. Après douze
(1) Ce catéchisme en italien fut imprimé à Nice par la Société
Typographique. C'est un petit volume in-douze de 612 pages, portant
la date de 1783. En tête se trouve le mandement de Monseigneur
Valperga du 16 février 1782 qui approuve le travail terminé par
le prêtre auquel Monseigneur Astésan en avait confié le soin, ordonne
sa publication et règle l'organisation des catéchismes dans tout le
diocèse. Deux ans plus tard en 1785, Gabriel Floteront, imprima
un autre catéchisme rédigé en dialecte niçois, petit volume in-12
de 228 pages. Un exemplaire de ces deux ouvrages existe à la biblio
thèque de Nice. — Voir Villarey, Série Cronològica dei Vescovi
di Nizza. — Art. Valperga.

�-35 années de séjour dans cette dernière ville il s'était acquis l'estime
et le respect de tous.
*

• *

Lorsque le 28 septembre 1792 dans l'après-midi, les troupes
piémontaises évacuèrent Nice, il y eut dans cette ville une effroyable panique et des milliers d'habitants s'enfuirent dans la direction de Turin. Ce fut un désarroi et une désorganisation complète de toutes les autorités. iMonseigneur Valperga resta à son
poste et s'engagea à ne point quitter la ville. Le lendemain samedi
29 septembre, il accompagna le second consul Honoré Saissi et
quelques membres du Conseil qui se rendirent, vers les onze
heures du matin, à la villa Feraudi, au quartier St Hélène, pour
offrir les clefs de la cité au général d'Anselme qui venait d'y
arriver à la tête des troupes françaises. Le général fit à la délégation assez bon accueil, mais il s'étonna de trouver parmi ses membres, l'évêque dont la place déclara-t-il n était pas là. Du reste,
d'Anselme attacha si peu d'importance à la démarche îles magistrats niçois que dans aucune de ses dépêches officielles il n'en fit
mention.
Sur le soir du même jour, la petite armée française faisait son
entrée dans la ville et le général s'installait dans la maison du
consul de France à la place St Dominique. L'évêque de Nice qui
tenait à rester au milieu de ses diocésains se présenta de nouveau
vers les huit ou neuf heures du soir chez le général auquel il voulait recommander ses prêtres en lui demandant des respecter les
églises. Le général était entouré de tout son état-major, du consul
de France, Pierre Le Seurre, de Honoré Saissi, second consul, de
Féraudi, secrétaire général de la commune. Ces deux derniers
venus probablement pour appuyer les demandes de l'évêque.
L'accueil du général ne fut pas plus encourageant que la première fois ; il intima même avec insistance au prélat l'ordre de
quitter ta ville en ajoutant que le plus tôt serait le mieux et ce
fut sur ces dernières paroles que l'évêque se retira après avoir toutefois reçu du général la promesse que tout ce qu'il laisserait dans
son palais serait placé sous la sauvegarde de la Nation française.
Il n'y avait pas à tergiverser, l'ordre était formel et pressant, il
fallait partir. L'évêque prit ses dernières dispositious et délégua,
au curé de la cathédrale, le chanoine Honoré Navello, tous les
pouvoirs nécessaires pour administrer le diocèse en son absence.
Aux premières lueurs du jour, Valperga quitta son palais, et se

�— 36 dirigea à pied vers la porte Pairolière. Il avait été impossible de
trouver une voiture car tous les moyens de transport avaient été
réquisitionnés et utilisés le 28 septembre pour permettre l'exode
des habitants terrorisés. Il avait ordre de partir, mais cet ordre
n'ayant pas été donné par écrit, les volontaires marseillais, de garde
à la porte de Turin, refusèrent de le laisser passer, l'accablèrent
d'injures, le menacèrent même de le pendre et ne consentirent á
le lâcher que sur un ordre écrit, sollicité et obtenu du général,
grâce à l'intervention courageuse et au sang-froid d'un jeune
niçois, Joseph Castellinard. Monseigneur Valperga se retira à
Turin et y mourut en 1805 sans avoir jamais pu obtenir l'autorisation de rentrer.
*

* *

Il est établi par les documents officiels contemporains que
Monseigneur Valperga ne quitta son siège que sur les ordres arbitraires du général d'Anselme et ces mêmes documents nous
renseignent très exactement sur les incidents fâcheux qui se produisirent au départ de l'évêque. Du reste, on n'ignorait pas à Nice
comment les choses s'étaient passées et la population savait grê à
Valperga de son attitude et de sa fermeté. De son côté, Valperga
avait eu confiance dans la parole à lui donnée par le général au
nom de la Nation française et à plusieurs reprises il manifesta
son étonnement qu'elle n'ait pas été gardée, que ses biens aient
été confisqués, son mobilier vendu, son nom inscrit sur la liste
des émigrés alors qu'en partant il n'avait cédé qu'à la force.
Parmi les nombreux documents qui se trouvent soit aux archives de Nice, soit aux archives nationales il en est quelques-uns
dont la simple reproduction sera plus probante que tous les corn,
mentaires. Il_suffira de citer :
•i° La lettre du Directoire des Colons Marseillais en date du
25 février 1793, adressée aux citoyens Blanqui et Veillon, députés
extraordinaires de la ville de Nice à Paris, au sujet des réclamations présentées le 23 du même mois par Jean-Jacques Donny, au
nom de Mgr Valperga.
20 La réponse du même Directoire à J.-J. Donny, en date du
26 février 1793.
3„ L'arrêté du Département en date du 13 avril 1793.
40 La réclamation présentée au Directoire du département

�Valperga, aussitôt après son inscription sur la liste des émigrés de
la ville de Nice, dressée à la fin de juin 1793.
50 Les états de frais pour l'inventaire et la vente du mobilier
et effets de « l'émigré Valperga Maillone, citoyen évêque » approuvés par le département des Alpes-Maritimes, le 5 germinal an
III (25 mars 1795).
6° Les actes de notoriété dressés le Ier et 2me fructidor an III
(18 et 19 août 1795) par Gautier, juge de paix à Nice, à la requête de Pierre-Joseph Passeron, agissant en qualité de procureur
subrogé par Nicolas Giorni, procureur spécial et général de Mgr
Valperga, par acte de procuration reçu à Turin le 20 juillet 1795,
notaire Pierre-Joseph Bernochio.
70 La pétition adressée au district de Nice le 4 fructidor an III
(21 août 1795) par Pierre-Joseph Passeron, demandant la radiation du nom de Valperga sur la liste des émigrés.
8° L'avis du district de Nice en date du 5 vendémiaire an IV
(27 septembre 1795) déclarant que Mgr Valperga doit être rayé
de la liste des émigrés.
90 L'arrêté du département des Alpes-Maritimes, en date du
14 prairial an V (2 juin 1797) ordonnant la radiation provisoire
du nom de Valperga de la liste des émigrés.
io° L'acte de cautionnement dressé par le département le
11 fructidor an V (28 août 1797), à la requête de Pierre-Joseph
Passeron, procureur de Mgr Valperga en exécution d'une des
clauses de l'arrêté du 14 prairial an V (2 juin 1797).

�- 38 —

DOCUMENTS ET PIÈCES D'ARCHIVES

Pièce 1.

25 février 1793
Aux cit. Blanqui et Veillon
Une lettre du cit. Donny, associé du citoyen LeClerc, défunt président de l'ancienne administration
provisoire, dont vous avez ci-inclus l'extrait ( 1 ), nous
fait connaître que le cit. Valperga, évêque de Nice,
laissa avant son départ (ordonné à son retour par
Anselme) dans sa maison pour environ 34.000 livres,
argent monnayé, et environ pour 17.000 d'effets en
vaisselle, linge, batterie de cuisine etc.
Une portion de ces effets se trouvent encore dans
ladite maison, sous l'inventaire que nous en avons
fait dresser par les commissaires de l'une et l'autre
administration, lorsque nous avons été installés, mais
il s'en faut de beaucoup qu'elle puisse arriver à la
somme de 17.000 livres, pas même le tiers.
Quant à l'argent monnayé entré dans la caisse du
receveur de l'ancienne administration, nous n'y
voyons point la somme que ledit Evêque désigne
avoir laissé dans sa maison. Nous vous remettons cijoint un extrait de l'état des sommes' que le cit.
Bonnet a reçu en espèces, pendant toute sa gestion
de receveur et trouvées parmi les effets des émigrés
français et niçois.
Nous ne voulons rien préjuger sur l'assertion du
cit. Valperga, quoique nous ayons des indices frappants de vérité. Ce ne sera que lorsque nous aurons
pu les convertir en preuves par le témoignage de
quelques citoyens que nous nous procurerons, pour
pouvoir en demander la restitution et la poursuite
contre le pillage.
En attendant, noùs croyons devoir vous faire part
de cette découverte que nous allons communiquer au
Président de la Convention Nationale et au Ministre.
Arch. des A. M. Registre de la correspondance du
Directoire des Colons marseillais L. 5.
Cet extrait manque au registre ainsi que les autres pièces
énoncées dans celte lettre.

�-hLe 2érae février 1793.
Au citoyen Donny, négociant à Nice
Pièce 2.

Votre lettre du 23me de ce mois, citoyen, nous
demande des renseignements sur le temporel du
citoyen Valperga, Evêque de Nice. Nous allons vous
transmettre tous ceux qui sont à notre connaissance
L'administration provisoire en choisissant l'Evêché
pour le lieu de ses séances, vint s'y établir dans les
premiers jours d'octobre, et tout nous porte à croire
qu'elle ne fit aucun inventaire des effets qui s'y trouvaient, du moins nous n'en avons trouvé aucun dans
les papiers qu'elle nous a remis.
En succédant à cette administration provisoire,
uous avons cru que notre premier devoir était de faire
un inventaire de tout le mobilier renfermé dans la maison épiscopale. Nous y avons successivement procédé
en présence des administrateurs provisoires et à mesure qu'ils nous en remettaient les clefs. Tout le mobilier qui s'y trouvait, ne consistait guère qu'en
meubles meublants et ne nous paraît pas avoir la
valeur de 17 mille livres que l'Evêque lui donne.
Vous pourrez, si vous le jugez à propos, faire prendre
à notre secrétariat une copie de cet inventaire. Tout
ce. qui n'est point renfermé dans les appartements
que nous occupons au premier étage, a été laissé à la
garde de Jean Poma, ancien concierge de l'Evêque et
le nôtre.
Pour nous éclairer sur les 34.000 1. argent monnayé que l'Evêque doit avoir laissé en sa maison,
nous avons écrit au cit. Bonnet, receveur de l'administration provisoire, pour lui demander un état des
sommes en numéraires versées dans sa caisse, comme
ayant été saisies et trouvées parmi les effets des Emigrés français et niçois. L'état qu'il nous a remis ne
monte qu'à 74121. 16 s, et aucun article n'a du rapport
avec les réclamations du citoyen Valperga.
Quant à ce qui concerne personnellement le
citoyen, nous avons demandé au Ministre de l'Intérieur de vouloir bien nous dire la manière dont nous
devions l'envisager. Nous savons qu'un ordre arbi-

�— 40 —
traire de Danselme l'obligea de quitter Nice, le jour
de l'entrée des Français. Mais nous pensons aussi que
la proclamation des Commissaires de la Convention
nationale de France et le décret de celle de Nice,
concernant les Emigrés, étaient des motifs suffisants
pour le ramener à son poste et le rassurer sur les
suites de son retour. En persistant à prolonger son
absence, il s'expose à être traité comme émigré, à se
voir déclarer déchu de sa place et confisquer tous ses
biens. Telle est la disposition de la loi, et quoique
nous ayons consulté le ministre sur le cas particulier
de l'Evêque, nous prévoyons que sa réponse sera de
nous en tenir à la rigueur des lois, ainsi que plusieurs
instructions nous l'ont déjà annoncé.
Vous sentez, citoyens, que tout le mobilier de
l'Evêque doit rester séquestré jusqu'à son retour ou à
la décision du Ministre. Il peut être tranquille sur la
conservation de tout ce que nous avons trouvé en
entrant dans sa maison. Ce qui a pu en être enlevé
avant notre entrée en fonctions, est étranger à notre
gestion. Mais nous employerons tous les moyens qui
sont en notre pouvoir pour en trouver les traces, en
acquérir les preuves et en faire punir les coupables.
Les administrateurs, etc.
Archives des A.-M., Registre
suivants.

,L. 5,/°7i verso et

Lettre des commissaires de la Convention
Nationale et arrêté du Département des A. M.
Nice, le 9 Avril 1793, l'an 1 Ie de la Repu bublique Française.
« Vous voudrez bien, citoyens, en nous envoyant
les noms et prénoms de l'évêque de Nice, nous instruire officiellement d'après les "dispositions des lois,
s'il est censé démissionnaire et son siège vacant.
« Les Commissaires de la Convention Nationale
au département des A. M.
GRÉGOIRE, JAGOT (I)

(1)

Archives des A. M. L. 29 ancien. L

7

actuel.

�— 4i (i3 avril 1793)
Le Directoire ; vu la réquisition du citoyen Procureur Général sindic « Considérant que Charles Eugène Valperga, évêque de Nice, n'avait point quitté
son domicile lors de l'entrée des troupes de la République ; considérant qu'il a lui méme-accompagné les
consuls d'alors quand ils furent présenter les clefs
de la ville et inviter le général Anselme à venir en
prendre possession au nom de la République ; considérant que le général Anselme par ses ordres arbitraires et tiranniques, accompagnés même de menaces contre ses jours, l'ont forcé de s'éloigner ; arrête
qu'il ne peut le déclarer émigré, et qu'il sera répondu
aux Commissaires de la Convention nationale d'après
les principes ci-dessus.. »
Sign : PAUMÉ ; BARLI FABRI ; F. CASTKLIMARD ;
ANGLES ; BERNARDI, secrétaire général. (1)
pjj

ce

^

Aux citoyens composant le Directoire du
département des Alpes-Maritimes..
22 juillet 1793.
Citoyens,
Le citoyen Jean-Jacques Donny, soussigné, chargé
des intérêts du citoyen Valperga, évêque de Nice
absent, ayant été informé que par votre délibération
du 29 du mois passé, ledit citoyen Valperga avait été
déclaré émigré, vous représente avec tous les égards

(1) Archives des Alpes-Maritimes, Registre L,. 3, folio 101. L'Arrêté n'est pas signé par le procureur syndic Jean-François Tourre
ni par l'administrateur Jean-L,ouis de Villiers qui ne partageaient
point l'opinion de leurs collègues. A noter que Tourre était d'Antibes
et que de Viliers était un médecin français établi depuis longtemps
à Nice.
I/Arrêté fut pris malgré le réquisitoire de Tourre qui voulait
déclarer Monseigneur Valperga émigré et malgré un violent discours de Villiers soutenant la même thèse qui fut combattue par
Barli Fabri, par Castclinard et par Anglès. J'ai déjà publié in-extenso
cette délibération du 13 avril T793 au cours d'un article sur l'église
de Nice en 1792-1793 inséré dans Nice Historique du Ier avril 1903,
C'est pourquoi je reproduis ici simplement la lettre des
commissaires et l'arrêté du département.

�- 42 —
dûs au pouvoir dont l'exercice vous a été confié par
le peuple souverain que le citoyen Valperga ne peut
ni ne doit sous aucun rapport être considéré comme
émigré, par les motifs ci-après :
i° Qu'il est de notoriété publique qu'il n'a quitté
le pays que contre son gré et par ordre du général
Anselme :
2° Qu'il a constamment été disposé et a offert
de revenir dans son diocèse, moyennant qu'il ne fut
assujetti à prêter qu'un serment relatif au temporel et
non au spirituel.
3° Qu'enfin et par la raison que n'étant point
indigène, mais étranger, son séjour ici n'a été dé terminé que par sa nomination à l'épiscopat, événement casuel qui n'a jamais pu le soumettre à l'obligation de renoncer pour toujours à sa mère-patrie.
Tous ces motifs, soit qu'on les prenne collectivement ou séparément, démontrent suffisamment,
citoyens administrateurs, le droit incontestable, qu'a
le citoyen Valperga de demander et prétendre la
radiation de son nom du tableau des émigrés, et si
le ministre de l'Intérieur n'a fait aucune distinction
entre lui et les autres citoyens, c'est sans doute qu'il
a ignoré les circonstances qui vous sont exposées
ci-dessus, et notamment la dernière, car s'il les eût
toutes connues, il n'est nullement probable qu'il eût
décidé comme il l'a fait. Toute hypothèse contraire
serait une injure faite à ses sentiments et à ses lumières. Un homme tel que lui, dont les vertus civiques, le patriotisme et les talents l'ont appelé au
poste aussi honorable que pénible qu'il occupe, doit
ressembler autant que possible à la Nation pour
laquelle il agit et qui l'a honoré de sa confiance.
Cette nation est grande, généreuse, magnanime,
juste et bienfaisante.Elle ne peut qu'êtreextrêmement
jalouse de sa gloire, et l'un des principaux devoirs de
ses agents est d'éviter soigneusement d'en ternir
l'éclat.
Le refus qui serait fait de rayer de la liste des
Emigrés le nom du citoyen Valperga, refus qui entraînerait avec lui la confiscation des minces propriétés de ce citoyen, serait un acte qui imprimerait à

�-

43

-

jamais une tache ineffaçable à la gloire du nom français ; tache qui ne pourra manquer de frapper également les yeux des contemporains et ceux de la postérité ; tache enfin que les historiens ne manqueront
pas de faire ressortir par des couleurs enluminées, et
le bel effet qu'un pareil tableau produirait, citoyens
administrateurs, serait votre ouvrage.
Mais non, loin de nous, cette idée ! Vous êtes
républicains ! cela suffit. Les républicains sont vertueux. Ils aiment, chérissent, protègent, respectent
la vertu partout où elle se trouve. Et le citoyen Valperga aussi est un homme vertueux ! Qui en doute ?
Nul bon citoyen, nul honnête homme. Souvenezvous, citoyens administrateurs, que ce n'est que par
ses vertus qu'il a mérité l'amour et l'affection du
peuple Niçois et non par sa qualité d'évêque. Et plût
à Dieu que tous les ecclésiastiques lui eussent ressemblé ! La France n'eut point éprouvé d'aussi horribles secousses, pour asseoir, affermir et assurer sa
liberté.
La République a incontestablement le droit de
renvoyer hors de son sein tout individu qui ne lui
convient pas, mais en renvoyant ainsi un étranger
qui, d'ailleurs, n'a pas encouru la peine de la confiscation de ses biens, elle lui permet de les emporter ou
de les vendre et d'en emporter le produit. Tel est
précisément le cas du citoyen Valperga.
L'exposant demande en conséquence, citoyens
administrateurs, qu'il vous plaise prendre dans votre
sagesse une délibération tendante à rendre audit
citoyen Valperga sa qualité de citoyen français non
émigré, à lui accorder un délai compétent pour rentrer dans ce pays soit comme simple citoyen ou
comme fonctionnaire public et à lui assurer dans
tous les cas la restitution de ses propriétés par lui
laissées sous la sauvegarde de la loyauté française
dans la maison épiscopale, lors de sa retraite forcée,
ou la juste indemnité de leur valeur. Et sera justice.
Nice, le 22 juillet 1793, l'an second de la République française, une et indivisible.
Jean-Jacques DONNY.
l
ARCHIVES NATIONALESF/ 4.867 , dossier Valperga.

�- 44 Pièce 5.

Etat de frais de vente pour parvenir à l'inventaire
et vente des effets de l'émigré Valperga Maillone,
citoyen évêque :
5 germinal an III (25 mars 1795)
Pour une séance de trois commissaires dont un du
District et deux de la Commission municipale, fixée
à trois livres par séance par le Directoire du district
et approuvé par les Représentants du
Peuple
L.
9 »
Papier timbré tant de la minute que
des deux extraits
»12
Pour la copie desdits deux extraits . .
» 8
Droits d'enregistrement
13 10
31

2

Nous soussignés certifions le compte ci dessus véritable.
Signés : J.-B. Thomaty, comm. du dist. ; Savigny,
comm. munie. ; Mabil, comm. municip.
Frais de la vente :
Pour quatre séances de deux corn missaires dont un
du District, un de la Commis, mun. sans le membre
de l'administration fixées à trois livres par séance par
le Directoire du district et approuvé par les Représentants du Peuple .
L.
24 »
Au trompette pour publication de
quatre criées
5 »
Au crieur à la vente, quatre séances .
12 »
Aux portefaix qui ont travaillé au
transport des effets
40 »
Papier timbré tant de la minute que
de l'extrait
1 »
Bougie
3 »
Droits d'enregistrement
27 »
Papier timbré du petit état
» 4
A la femme qui a assisté à la vente
pour l'arrangement du linge
» 12
L.
Signés : J.-B. Thomaty, comm. du
district ; Savigny, comm. municip.

1

159 6

�Vu par nous, membres composant la Commission
Administrative du district et d'après l'arrêté du district, approuvé par les Représentants du Peuple et la
loi du il et 12 Mars, arrête l'état des frais ci-dessus
se montant à la somme de cent cinquante neuf livres
trente centimes, qui seront acquittés par le receveur
du droit d'Enregistrement lorsque le Département
aura vérifié ledit état.
Nice, le 29 ventôse an 3"" de la République française une et indivisible (19 mars 1795).
(Suivent les signatures).
Vu l'état des frais ci-dessus pour parvenir à l'inventaire et vente du mobilier de l'émigré Valperga
Maillone ci-devant évêque.
Vérifié et arrêté par le Directoire du district de
Nice, la Commission Administrative du département
des Alpes-Maritimes approuve ledit état et ordonne
au citoyen Maussier, receveur de l'enregistrement
cîudit district de payer aux citoyens J. B. Thomaty
et Savigny, comm. la somme de 159 livres et 30
centimes pour montant des frais pour inventaire et
vente des susdits effets de l'émigré, laquelle somme
lui sera allouée en compte.
Fait à Nice le 5 germinal an 3me républicain ( 25
mars 1795).
Etat des frais pour parvenir d la vente du mobilier de
l'émigré Charles Eugène Valperga Maillone, citoyen
évêque.
Pour trente-neuf séances de trois commissaires
dont un du District et deux de la Commission municipale, fixé à trois livres par séance par le Directoire
du district et approuvé par les Représentants du
peuple
L.
351 »
A deux portefaix, dix-neuf journées et
demi chaque fixées à cinq livres par jour.
195 »
Au trompette pour publication de
trente-neuf criées fixées à une livre cinq
sols chaque
48 r 5
Au crieur à la vente, trente-neuf séan
ces fixées á trois-livres par séance ....
117 »

711 1$

�- 4* Report
Papier timbré tant de la minute que
de l'expédition
Pour copie dudit extrait fixé à quatre
livres
Papier timbré du présent état ....
Bougie
Droit d'enregistrement
Plus deux autres journées de portefaix à cinq livres
Un paquet de plume
L.

148
4
6
421

»
4
»
»

20
5

»
»

1.182

7

Nous soussignés certifions le compte ci-dessus,
véritable.
Nice, le Ier ventôse an 3me de la République (19
février 1795).
Signés : J.-B. Thomaty, commissaire du district ;
Savigny, comm. ; Honoré Mabil, comm. municipal.
Vu par nous, membres composant la Commission Administrative, de ce District, et d'après la loi
du 11 et 12 Mars 1793 (v. s.) et l'arrêté de cette
Commission approuvé par les Représentants en date
1^ Fructidor, oui l'agent national, arrête l'état des
frais se montant à onze cent huitante deux livres et
trente cinq centimes qui seront acquittés par le
receveur de l'agence de l'enregistrement sur le produit de la vente desdits meubles, lorsque le Département aura vérifié ledit état.
Nice le 29 ventôse an 3me de la République
française une et indivisible (19 mars 1795).
(Suivent les signatures).
Vu l'état des frais ci-dessus pour parvenir à la
vente du mobilier de l'Emigré Valperga Maillone cydevant évêque.
Vérifié et arrêté par le Directoire du district de
Nice.
La Commission administrative du département
des Alpes-Maritimes, approuve ledit état et ordonne

�— if au citoyen Maussier, receveur de Penregistrement
dudit district de payer aux citoyens J.-B. Thomati,
Savigni et Honoré Mabil, commissaires, la somme de
mille cent quatre vingt deux livres trente cinq centimes pour montant des frais de la vente des susdits
effets de l'Emigré. Laquelle somme lui sera allouée
en compte.
Fait â Nice le 5 germinal an 3me républicain (25
mars 1795).
Arch. des A. M. L. 15 ancien p. 44-45 N° 34-35

Actes de Notoriété
Pièçe g

1-2-fructidor an III
18-19 août 1795
EGALITÉ, LIBERTÉ

AU NOM DE LA LOI
Ce jourd'hui, premier Fructidor, l'an troisième
(18 août 1795 de la République française, une et indivisible, à Nice, chef-lieu du département des AlpesMaritimes, par devant Nous, Antoine Gautier Juge de
paix de la Ier, 2m" et 3me section et officier de police,
est comparu le citoyen Pierre Joseph Passeron, natit
tic la commune de Contes et habitant en celle de Nice
depuis plusieurs années.
Lequel en sa qualité de procureur du citoyen
Charles Eugène Valperga de Maillone, évêque de Nice,
subrogé par le citoyen Nicolo Giorni, homme de loi,
procureur spécial et général établi (par acte reçu) par
le notaire Pierre Joseph de Bernochio, le 20 Juillet
dernier (v. s.) qu'il présente, légalisé par le résidant
de la République de Gênes auprès de la Cour de Turin, dont il résulte le pouvoir donné au citoyen Giorni, de subroger en son lieu et place, avec tous les
pouvoirs compris au dit acte, et il présente au surplus l'acte de sa dite subrogation faite par le même
citoyen Giorni, reçu en la ville de Gênes le premier

�- 48 du mois d'août dernier (v. s.) par le notaire Antoine
Baglietto, légalisée par le consul de la République
française.
Il expose que le vingt neuvième jour de septembre
de l'année 1792, l'armée de la République, étant arrivée en cette ville, commandée en chef par le citoyen
général d'Anselme, lorsque ce général, vers le soir,
fut arrivé et il eut pris son logement dans la maison
habitée par le ci-devant consul de la République Le
Seurre, ledit citoyen Evêque Charles Eugène Valperga de Maillone s'y étant présenté, ledit général d'Anselme, en présence de tout son Etat-Major, lui signifia
d'abord de devoir partir de cette ville. Sur quoi le
dit évêque ayant répondu qu'il avait cru de pouvoir
continuer sa résidence en cette ville et tellement l'avait cru, qu'il n'avait jamais pensé de distraire et en
faire partir le moindre de ses meubles et effets, qu'il
avait dans la maison d'habitation de l'tvêque et que
si absolument il lui ordonnait de partir, il le priait de
lui accorder la sauvegarde sur tous lesdits effets et
meubles. Le dit général d'Anselme lui répliqua qu'il
dut absolument partir de cette ville, en ajoutant que
le plus tôt en serait le mieux, et qu'à l'égard de ses
meubles et effets qu'il avait, il les mettait dès ce ino
ment sous la sauvegarde et loyauté de la Nation française et qu'il pouvait en être tranquille, après quoi ledit
évêque Valperga de Maillone, tout tremblant, ayant
dit qu'il allait se conformer dès le lendemain au matin à ses ordres, se retira ; ledit général d'Anselme
lui ayant encore répliqué : le plus tôt sera le mieux.
Et comme il importe audit citoyen évêque Valperga de Maillone de constater le fait ci-dessus expo"sé, suivi en présence de tout l'Etat-Major dudit général d'Anselme et de plusieurs citoyens de cette commune, l'exposant, en sa dite qualité vous présente les
citoyens Pierre Le Seurre, ci-dessus nommé, ci-devant
consul en cette ville de la République, le citoyen Honoré Saissi de cette commune qui pour lors était second consul de la même commune, le citoyen Philippe Emmanuel Féraudi qui pour lors était secrétaire de
Ìa même commune et le citoyen Ange Giraudi aussi

�- 49 de cette commune, pour recevoir leurs dépositions
sur ledit exposé et vous fait instance que de tout lui
soit concédé acte, ce que nous lui avons accordé, et a
signé.
PIERRE JOSEPH PASSERON.

Et de suite se sont présenté les susnommés
citoyen Le Seurre, natif de Craon, âgé de 75
ans, bourgeois, le citoyen Saissi, âgé de 70 ans,
négociant, Emmanuel Feraudi, âgé de 68 ans, notaire, Ange Giraudi, âgé de 63 ans, négociant,
natifs et domiciliés dans cette commune, auxquels
après avoir fait lecture dudit exposé fait par ledit citoyen Pierre Joseph Passeron, en sa dite qualité, les
avons interpellés sur serment que leur avons fait prêter, conformément à la loi, de nous dire en leur âme
et conscience si tous les faits énoncés dans le même
exposé sont de leur connaissance et tous les quatre ont
répondu et attesté tant uniment que séparément en
être pleinement informés, s'y étant trouvés présents,
et que le tout contient la vérité, toute la vérité et
rien que la vérité. En foi de quoi ils ont signé :
LE SEURRE, HOSORI'J
SAISSI, PHILIPPE EMMANUEL FÉRAUDI,
ANGE

GIRAUDI.

Et nous, juge de paix, vu les dépositions ci-dessus, avons de tout concédé acte au susnommé citoyen
Pierre Joseph Passeron en sa dite qualité, pour lui
servir et valoir dans tous les cas, à ce que de droit et
de raison. Fait à Nice, l'an et le jour que dessus.
GAUTIER, juge de paix.
BONIFACI, sec. greffier.
Vu par nous, membres du District de Nice, 3 vendémiaire an IV rép. 25 sep. 1795, TOSELLI, JN COPPON
fils, VÉRANI pr. syndic, SAYTOUR Martin.

�— 5o —
EGALITÉ, LIBERTÉ.

AU NOM DE LA LOI
Ce jourd'hui. second jour de Fructidor de l'an 3
août 1795) de la République française une et indivisible, à Nice, chef-lieu du département des AlpesMaritimes, par devant nous, Antoine Gautier, juge de
paix de la iere, 2M* et 3ME section et officier de police,
est comparu le citoyen Pierre Joseph Passeron : natif
de la commune de Contes et habitant en celle de Nice
depuis plusieurs années
Lequel en sa qualité de procureur du citoyen
Charles Eugène Valperga de Maillone, évêque de
Nice, subrogé par le citoyen Nicolo Giorni, homme
de loi, procureur spécial et général établi (par acte
reçu) par le notaire Pierre Joseph de Bernochio, le 20
Juillet dernier (v. s.) qu'il présente, légalisé par le résidant de la République de Gênes auprès de la Cour de
Turin, dont il résulte le pouvoir donné au citoyen
Giorni, de subroger en son lieu et place, avec tous les
pouvoirs compris audit acte, et il présente au surplus
l'acte de sa dite subrogation faite par le même citoyen
Giorni, reçu en la ville de Gênes le premier du mois
d'août dernier (v. s.) par le notaire Antoine Baglietto,
légalisée par le consul de la République française.
Expose : Primo, que le matin du trente septembre 1792, le citoyen Charles Eugène Valperga de
Maillone, évêque de Nice, en partant de cette ville
avec deux domestiques à sa suite, qui portaient un
paquet et quelques effets, fut arrêté à la porte qui conduit en Piémont, ci-devant nommée porte Victoire,
et conduit au vestibule de la maison presque attenante
à ladite porte, appartenant au citoyen Dominique
Castellinard, où se trouva le citoyen Joseph Castellinard, fils dudit Dominique, et malgré que ledit Evêque Valperga déclara aux soldats de la Garde de la
dite porte qui étaient des Marseillais, que c'était en
conséquence d'ordre qui lui avait été signifié par le
citoyen général d'Anselme qu'il partait de cette ville,
lesdits soldats commencèrent par le malmener et lui
(19

�signifier qu'ils voulaient le pendre et ayant ouvert
ledit paquet et y ayant trouvé entre autres effets, une
ceinture d'évêque, ils déterminèrent, à l'instant, de le
pendre avec ladite ceinture, et ayant essayé si la même
était assez forte pour le soutenir, en la préparant, elle
se fit en lambeaux, de façon qu'ils vérifièrent qu'elle
ne pouvait leur servir et demandèrent audit Joseph
Castellinard fils une corde, pour pendre ledit évêque,
à un grand anneau de fer qui était au plafond dudit
vestibule, servant â y passer une verge de fer pour
peser les marchandises, et ledit citoyen Castellinard
fils, leur ayant absolument refusé de leur donner de la
corde, en s'excusant qu'il n'en avait point, comme
dans tous ces entrefaits ledit évêque se trouve mal et
ne peut plus se soutenir, ledit Castellinard fils lui fit
apporter une chaise, par sa servante à qui quelques
uns de ces soldats donnèrent des coups de poing pour
avoir porté ladite chaise et le même Castellinard le
fit ensuite asseoir sur ladite chaise, en le soutenant,
parce qu'il ne pouvait se soutenir droit ; d'autant plus
qu'en attendant, lesdits soldats marseillais lui disaient mille exécrations, lui crachaient dessus et lui
donnaient des soufflets, et assurément ils l'auraient
fini, si dans cet intervalle un de ses domestiques
n'avait été dire au citoyen général d'Anselme ce qui
venait d'arriver, et ledit domestique étant venu avec
un billet dudit général d'Anselme qui ordonnait à la
garde de le laisser partir, puisque c'était de son ordre,
en conséquence de ce billet lesdits soldats marseillais
se bornèrent pour lors à lui dire et crier mille invectives et injures et le laissèrent partir, ce que ledit
évêque, malgré qu'il ne pût se remuer, à l'aide de ses
domestiques fit au mieux possible en tremblant, de
façon qu'il doit son existence au refus ferme et déterminé que ledit citoyen Castellinard fils leur fit de
leur donner une corde, sans quoi avant l'arrivée du
dit domestique portant l'Ordre du général d'Anselme, il aurait été pendu et étranglé.
Secondoque lefaitci-dessusfut d'abord public et notoire, de notoriété publique dans cette ville et encore
plui le lendemain premier octobre, puisque les autres

»

�— 52 —

soldats de la Phalange Marseillaise, arrivés sur le soir
dudit jour trente septembre, d'abord après leur arrivée
cherchèrent l'évêque qu'ils voulaient le lanterner et
mettre en pièces, comme ils s'expliquèrent hautement,
ce qui joint au fait arrivé dans ledit vestibule de la
maison Castellinard, étant devenu d'une notoriété publique donna l'épouvante à tous les gens honnêtes du
pays, qui disaient que le citoyen général d'Anselme en
ordonnant audit évêque de partir, en mettant sous la
sauvegarde de la Nation française ses meubles et ses
effets, avait voulu le sauver.
Et comme il importe audit citoyen Passeron, exposant en sa dite qualité, de constater par témoins le
fait ci-dessus exposé, il nous présente ledit citoyen
Joseph Castellinard fils de Dominique de cette commune, âgé de 21 ans, de profession, négociant, qui se
trouva présent au fait énoncé dans le Ier article de l'exposé ci-dessus, et au surplus informé de la notoriété
des faits énoncés au second et dernier chef, de ladite
exposition et il nous présente les citoyens Jean-Jacques Donny, natif de Neufchâtel en Suisse, âgé de 39
ans, de profession, négociant ; Joseph Poullan, natif
de Clavesana, en Piémont, âge de 48 ans, négociant ;
Jacques Gerbin, âgé de 60 ans, tailleur, Jean-Marie
Thaon, âgé de 56 ans, négociant, natifs et tous domiciliés en cette commune pour déposer sur ladite
notoriété énoncée dans ledit second fait exposé, pour
recevoir leurs dépositions, et nous fait instance que de
tout lui soit concédé acte, ce que nous lui avons accordé et a signé.
Pierre-Joseph PASSERON .
Et de suite se sont présentés les susnommés citoyens Joseph Castellinard, Jean-Jacques Donny, Joseph Poullan, Jacques Gerbin, et Jean-Marie Thaon,
ci-dessus qualifiés, auxquels après avoir fait lecture
dudit exposé fait par ledit citoyen Passeron, en sa
dite quálité, les avons interpellés sur serment, que
leur avons fait prêter, conformément à la loi, de nous
dire en leur âme et conscience, si tous les faits énoncés dans le même exposé sont de leur connaissance,

�- 53 et ledit citoyen Joseph Castellinard a répondu et
attesté en être pleinement informé pour avoir été
présent au fait exposé dans le i" article de ladite exposition, et pour avoir publiquement entendu dire les
faits énoncés dans le second chef qui était en cette
ville notoire de notoriété publique et lesdits citoyens
Jean-Jacques Donny, Joseph Poullan, Jacques Gerbin,
Jean-Marie Thaon, ont répondu et attesté tant uniment que séparément être pleinement informés de
l'énoncé dans le second chef de ladite exposition,
puisque les faits y énoncés étaient notoires, de notoriété publique en cette ville, et tous lesdits citoyens
ont respectivement attesté pour ce qui les concerne
que tout contient la vérité, toute la vérité et rien que
la vérité. En foi de quoi ils ont signé : Joseph Castellinard fils,Jean-Jacques Donny, Joseph Poullan, Jacques
Gerbin, Jean-Marie Thaon.
Et nous, Juge de paix, vu les dépositions ci-dessus,
avons de tout concédé acte au susnommé Pierre Joseph Passeron en sa dite qualité pour lui servir et valoir dans tous les cas, à ce que de droit et de raison.
Fait à Nice l'an et jour que dessus.
GAUTIER,
BONIFACI,

juge de paix.
sec. gref.

Vu par nous, membres Du district de Nice, le 3
vendémiaire anIV rep. (25 sept. 1795).
Jn. COPPON fils, VÉRANi, pr. syndic, TOSELLI, Saytour
MARTIN.

Arch. Nat. F

7

4867 *

�54 -

PÉTITION au DISTRICT de NICE
et AVIS de ce DISTRICT
ÉGALITÉ,

LIBERTÉ

5 vendémiaire
27 septembre 1795 an IV
AUX

CITOYENS ADMINISTRATEURS
DU DISTRICT DE NICE

Le citoyen Pierre Joseph Passeron, natif de la
commune de Contes, habitant en celle de Nice depuis plusieurs années.
Vous expose en qualité de procureur du citoyen
Charles-Eugène Valperga de Maillone, évêque de
Nice, subrogé par le citoyen Nicolo Giorni, homme
de loi, son procureur spécial et général fondé par acte
reçu dans la ville de Turin par le notaire PierreJoseph de Bernochio, le 20 juillet dernier (v. s) légalisée par le résident de la République de Gênes, près
la Cour de Turin, duquel il résulte le pouvoir donné
audit citoyen Giorni de subroger en son lieu et place
avec tous les pouvoirs compris dans le même acte,
qui se trouve copié mot pour mot dans celui de la
subrogation faite par le même citoyen Giorni, reçu
en la ville de Gênes le Ier du mois d'août dernier
(v. s* par le notaire Antoine Baglietto, légalisée par
le consul de la République française, le 13 Thermidor dernier (3 1 Juillet 1795), qu'il vous exhibe qu'étant arrivé dans cette ville le vingt-neuvième jour
du mois de septembre de l'année 1792, l'armée de la
République française, commandée par le citoyen général en chef d'Anselme lorsque celui-ci y fut arrivé
le soir et eut pris son logement dans la maison d'habitation du citoyen ci-devant consul de la République
Le Seurre, ledit évêque Charles-Eugène Valperga de
Maillone, s'étant présenté, le même général d'Anselme
lui signifia d'abord en présence de son Etat-Major de
partir de cette ville, sur quoi ledit évêque lui répondit qu'il avait cru pouvoir continuer sa demeure dans
cette ville et qu'à cet effet il n'avait jamais pensé de

Pièces 7 et 8

�- 55 distraire, ni faire partir le moindre de ses meubles et
effets qu'il avait dans la maison d'habitation de
l'évêque, que si absolument il lui ordonnait de partir,
il le priait de lui accorder la sauvegarde pour tous ses
dits effets et meubles, ledit général d'Anselme lui
répliqua : Le plus tôt sera le mieux, ce qui tout est
constaté par les attestations ci-jointes du premier et
second jour de fructidor dernier qu'il vous présente
également.
Qu'il résulte aussi par lesdites attestations, que
ledit évêque Valperga de Maillone fut forcé par ledit
général d'Anselme de partir de cette ville que tous
ses meubles et effets fussent mis sous la sauvegarde de
la Nation française et qu'étant parti le lendemain 30
dit septembre, il risqu'à d'être pendu ef étranglé paties soldats de la Phalange Marseillaise qui se trouvaient de garde à la porte ci-devant dite Victoire, ce
que tout fut d'abord notoire et de notoriété publique
dans cette ville.
Vous observe que ledit évêque Valperga est natif
du Piémont où il se retira et que s'il a résidé dans
cette ville, ce n'a été que pour raison de son ministère, que tout cela nonobstant il a été porté sur la liste
des émigrés, a été vendu la plus grande partie de ses
meubles et effets, et cela même nonobstant la préalable réclamation que le citoyen Jean-Jacques Donni,
chargé des intérêts dudit évêque avait fait à l'ancien
département par sa pétition du 22 juillet 1793 (v. s)
qui existe dans les Archives de ce district, résultant
ainsi que tout cela a été fait et opéré contre le droit des
gens et la sauvegarde de la loyauté française qui fut
promis audit évêque.
En conséquence, l'exposant demande en sa dite
qualité de procureur dudit citoyen évêque CharlesEugène Valperga de Maillone la radiation de son
nom de la liste des émigrés, la levée des scellés, la
restitution de ses propriétés et l'indemnité de celles
qui ont été distraites et vendues au nom de la Nation,
et sera justice.
(21 août 1795).

�- 56 Nice le 4me jour de Fructidor de l'an 3me de la
République française une et indivisible.
Signé : Pierre-Joseph PASSERON.
Vu la pétition ci-dessus du citoyen Pierre-Joseph
Passeron présentée au nom et comme procureur subs
titué du ci-devant évêque de Nice, Charles-Eugène
Valperga tendante à obtenir la radiation de son nom
de la liste des émigrés, la levée du séquestre et remission de ses effets restant ainsi que l'indemnité de
ceux qui ont été distraits ou vendus.
Vu une première pétition présentée à l'ancienne
administration du département par le citoyen JeanJacques Donni, au nom du citoyen Valperga en date
du 22 juillet 1793 tendante aux mêmes fins.
Vu la procuration en date du premier août 1793
(V. s.) faite à Gênes, par devant le notaire public Antoine Baglietti, légalisée par le Consul de la République française y résidant, ainsi que l'acte de procuration y inséré, en date du 20 Juillet 1795.
Vu l'attestation de quatre témoins faite avec serment par devant le juge de paix de la 1", 2"", 3me section de cette commune, en date du 1" Fructidor dernier '18 août 1795).
Vu autre attestation de cinq témoins faite par
devant le susdit Juge de paix, le 2 dit fructidor, aussi
sous serment.
Considérant que par la première des 2 attestations il est pleinement prouvé que le vingt-neuvième
septembre 1792, aussitôt après l'entrée de l'armée
française dans cette commune, le sus-nommé évêque
Valperga s'étant présenté au général d'Anselme qui
la commandait en chef, celui- ci lui ordonna d'abord
en présence desdits témoins et de tout l'Etat-Major.
u'il n'avait qu'à partir de la ville, et malgré que le
it évêque lui observa qu'il avait cru de pouvoir y
rester tranquillement et qu'à cet effet il n'avait fait
partir aucun de ses effets et meubles, le général lui
répliqua de partir absolument de la ville, en ajoutant
que le plus tôt serait le mieux, l'ayant assuré qu'à

a

�-5;l'égard de ses meubles et effets de sa maison, il les
mettait dès ce moment sous la sauvegarde et loyauté
de la Nation française et qu'il pouvait en être tranquille.
Considérant qu'il résulte par lesdites attestations,
et il est prouvé que l'évêque Valperga, d'après les
ordres précis et réitérés du général d'Anselme, partit
le lendemain 30 septembre de cette ville.
Considérant que par la susdite attestation du deux
Fructidor il résulte que l'évêque Valperga, au moment de son départ de cette commune, ayant été arrêté à la porte qui conduit au Piémont, par les soldats
qui y étaient de garde, lesquels tentèrent de le pendre,
il évita la mort par les soins du citoyen Joseph Castellinard, un des déposants, et il ne fut laissé libre que
d'après un billet du général d'Anselme, qui ordonnait à ladite garde de le laisser partir, puisqu'il s'en
allait de son ordre
Considérant que tous ces faits sont devenus de notoriété publique dans cette commune, dès le même
jour 30 septembre et Ier octobre suivant, ainsi que
quatre témoins l'ont attesté.
Considérant que le citoyen Valperga ne s'est absenté de cette commune et ci-devant Comté de Nice
que d'après les ordres du général d'Anselme auquel il
témoigna son regret.
Considérant que le départ du citoyen Valperga
ayant été forcé il ne peut pas être qualifié d'émigration.
Considérant que son intention de rester dans cette
commune est d'autant plus constatée, que le citoyen
Valperga a été le seul fonctionnaire public, il soit
resté à son poste, n'ayant soustrait aucun des meubles
et effets de sa maison, lesquels ont été ensuite distraits
et vendus par la Nation.
Considérant que le citoyen Valperga ne peut être
non plus considéré comme réfractaire aux lois de la
République, tandis qu'à l'époque de son départ de cette
commune, aucune loi de la République, surtout à
l'égard des ecclésiastiques, n'y avait été encore publiée
à laquelle eut pu contrevenir.

�— 58 —
Considérant que le citoyen Valperga ne pouvant
être considéré ni comme émigré, ni comme réfractaire, ne pouvait être privé de ses propriétés laissées
dans cette commune lors de son départ, sous la sauvegarde de la loi et de la Nation française qui lui fut
accordée par le général d'Anselme, et qui étant digne
de la loyauté de cette Nation, ne pouvait être violée
sans blesser le droit des gens.
Considérant au surplus, que le citoyen Valperga,
originaire piémontais, ne faisait sa résidence à Nice,
qu'à raison de son épiscopat, ce qui ne donne qu'une
résidence easuelle, et que sous tous les rapports, il
n'a cessé d'être étranger à l'égard du pays de Nice et
de la France.
Considérant que l'article 6, section deux, N° 2 de
la Loi du 25 Brumaire (15 novembre 1794) en déclarant émigrés les citoyens domiciliés dans le cidevant comté de Nice, qui sont sortis depuis le 27
septembre 1792, n'a point porté atteinte au droit des
gens dans la personne de l'étranger, qui se trouvait
dans ce même pays, où il n'aurait pas établi son vrai
domicile.
Considérant que le citoyen Valperga, qui avait été
forcé par le gouvernement de partir de Nice, n'a dû
plus y revenir dans le terme même prescrit par les
lois aux citoyens de la ci-devant Comté de Nice,
puisqu'il ne devait point imaginer qu'il fut compris
dans l'invitation, malgré qu'il ait été porté sur la
liste des émigrés.
Considérant que ce nonobstant, lorsqu'il sut qu'il
avait été porté sur la liste des émigrés de cette commune, s'est empressé de présenter sadite pétition
du 22 Juillet 1793 dans laquelle il demanda non seulement la radiation de son nom de ladite liste, mais
encore un délai convenable pour rentrer dans cette
commune, soit comme simple citoyen, ou comme
fonctionnaire public, ainsi que la restitution de ses
propriétés par lui laissées sous la sauvegarde de la
loyauté française dans la maison êpiscopale lors de sa
retraite forcée, ou une juste indemnité de leur valeur.

�- 59 Considérant finalement que,d'après toutes les circonstances sus-ênoncèes, aucune loi concernant les
émigrés ne peut être applicable au citoyen Valperga,
et que toutes celles qui pourraient le regarder relatives au séquestre des biens appartenant aux habitants
des pays en guerre avec la République française ont
été rapportées par le décret du 14 Ventôse dernier
(4 mars 1795). •
Le Directoire du district de Nice, oui le procureur syndic, est d'avis que le citoyen Charles-Eugène
Valperga ci-devant évêque de Nice ne doit point être
considéré émigré.
Qu'il doit être rayé de la liste des émigrés, que le
séquestre apposé sur ses propriétés doit être levé, qu'il
doit être réintégré dans la possession et jouissance
d'iceux, que tous receveurs ou dépositaires doivent
lui restituer les sommes qu'ils ont perçues, résultant
du produit desdites propriétés et qu'il doit recevoir
la juste indemnité des meubles et effets qui seraient
passés au profit de la Nation.
Fait à Nice, dans la salle des séances le 5me Vendémiaire an 4me républicain (27 sept. 1795). Signé
Saytour Martin. Verani,
procureur syndic, Angles v. prés.
Touzelly. Jn Coppon fils.
Enregistré au feuil. 20 registre des prévenus
d'émigration et signé BARRAIA, commis greffier.
Certifié conforme par nous Ve président et secrétaire du district Jn COPPON Fils V,-PRÉSIDENT
BARRAIA Cis greffier.
A rch. Nat. F 7 4867

2

�— 6o —

Pièce 9.

LIBERTÉ (vignette) ÉGALITÉ
BUREAU DES
ÉMIGRÉS

Extrait des registres des délibérations et arrêtés de
l'Administration Centrale du département des Alpes Maritimes.
(2

juin 1797)

Séance du quatorze Prairial an 5mf de
la République française une et indivisible.
Sur le rapport d-e la pétition présentée par le
citoyen Pierre Joseph Passeron, procureur fondé de
Monsieur Charles Valperga, ci-devant évêque de
Nice, dans laquelle il expose que ledit Charles Valperga n'a jamais dû être atteint des lois relatives à
l'émigration, soit qu'on le considère comme parti en
suite d'une force majeure, soit en sa qualité de piémontais et demande en conséquence la radiation de
son nom de la liste des Emigrés, sa réintégration
dans la possession et jouissance de ses propriétés et
une juste indemnité, des meubles et effets qui sont
passés au profit de la République.
L'Administration Centrale du département des
Alpes-Maritimes, considérant que M. Charles Valperga, comme piémontais, n'habitant Nice que pour
cause de son emploi, n'aurait jamais dû être porté
sur la liste des émigrés du département.
Que le seul motif qui a pu déterminer le général
d'Anselme à lui ordonner de partir de la ville de
Nice, ne peut avoir été que la susdite qualité de
piémontais.
Considérant enfin, que comme sujet du roi de
Sardaigne, il est dans le cas de jouir de l'article i,r
de la loi du quatorze nivôse an troisième, (} janvier
1795), ainsi que de l'article neuf de la loi du trente
Floréal an quatrième, (19 mai 1796).
Arrête, oui le commissaire du Directoire Exécutif
que le nom de Valperga, ci-devant évêque de Nice,
qui se trouve inscrit sur la liste des émigrés, sera

�— 6i —

provisoirement rayé ; que tout séquestre qui pourrait
avoir été mis sur ses biens sera levé, qu'il sera réintégré dans la possession et jouissance de ses propriétés,
et que toutes les sommes versées dans les caisses publiques, lui seront rendues, déduction faite des frais
faits conformément aux lois.
Fait et arrêté* en séance publique le jour, mois et
an que dessus.
Signé : Donny, président Payani, fils, Scudéry,
Oberti, Hancy (et en marge Gastaud commissaire
du Directoire Exécutif).
Certifié conforme à l'original par nous président
et secrétaire de l'Administration centrale du départemeni des Alpes-Maritimes.
DONNY, président
BELMONDI, sec. chef au bureau des émigrés.
Arch. Nat. F 7 4867 2

ACTE DE CAUTIONNEMENT
Pièce 10.

11 fructidor anV (2&amp; août 1797)
LIBERTÉ ÉGALITÉ
Ce jourdTiui 11 fructidor an 5 de la République
française une et indivisible (28 août 1797) par devant nous, membres composant l'Administration
centrale du département des Alpes-Maritimes, est
comparu le citoyen Joseph Passeron, natif de Contes,
chef-lieu de canton, domicilié dans cette commune,
procureur fondé de Monsieur Charles Valperga, cidevant évêque de Nice, en vertu d'acte de procuration du 20 juillet et premier août 1795 (v. s.) lequel
en sadite qualité, dépendamment à l'arrêté de cette
administration du quatorze prairial an cinq (2 juin
1797) portant que le nom de Valperga, ci-devant
évêque de Nice, sera provisoirement rayé de la liste
des émigrés, que tout séquestre qui pourrait avoir
été mis sur ses biens sera levé, qu'il sera réintégré
dans la possession et jouissance de ses propriétés, et

�— 62 —

que toutes les sommes versées dans les caisses publiques lui seront rendues, déduction faite des frais
faits, conformément aux lois, désirant de se conformer au porté par l'article 3 de la loi du 5 Brumaire
an 3 (26 octobre 1794) qui exprime que les prévenus
d'émigration seront tenus de donner caution solvable de la valeur mobilier, et ne pourront obtenir
leurs immeubles jusqu'à ce qu'il ait été définitivement statué sur leurs réclamations par qui de droit,
toujours en sa dite qualité a présenté pour caution le
citoyen François Grosson, marchand drapier de cette
commune, lequel ici prése.it et acceptant, s'oblige
conjointement et solidairement avec ledit Valperga
et pour celui-ci ledit Joseph Passeron, et sous l'hypothèque de tous leurs frens présents et à venir, à l'entière exécution de ce qui les concerne en la susdite
loi, et à la représention des mobiliers, effets et sommes à percevoir en dépôt que besoin sera, et quant
aux mobiliers invendus et en dépôt seront soumis
d'en représenter la valeur à laquelle seront estimés
par experts, préalable rémission.
Et nous, administrateurs susdits approuvant lesdits
cautionnement et acte de soumission, à la réquisition
dudit citoyen Joseph Passeron, avons dressé le présent acte que toutes les parties ont signé avec nous,
ayant au préalable fait renoncer audit François Grosson au droit de premier convenir.
Fait à Nice les jours, mois et an que dessus.
Joseph

PASSERON,

François GROSSON,
prés., PAYANY FILS,
MARUN-SAYTOUR, sec. en chef

HANCY, DONNY,
P.

Acte original sur timbre de 20 centime*.
Arch. Nat. F

7 4867^

�— 63 -

CONCLUSION

Il était avéré pour tous, dans la ville de Nice, que Mgr
Valperga était parti contre son gré et si la première Administration départementale, installée au mois de Mai 1793,
l'avait inscrit sur la liste des émigrés de Nice, c'était à la
suite d'une réponse faite par le ministre de l'Intérieur, Garât,
aux questions à lui posées par le Directoire des Colons Marseillais sur la conduite à tenir vis-à-vis de l'évêque.
Les questions avaient été envoyées à Paris, vers la fin
de Février 1793, et la réponse du ministre ne parvint à Nice
qu'au milieu de juin suivant, soit quelques jours avant la
publication de la liste des émigrés. Les réclamations de
l'évêque, retiré à Turin dans sa famille, furent présentées
le 22 juillet 1793 (1) ; mais comme beaucoup d'autres, elles
s'entassèrent dans les bureaux du Département, qui n'y
répondit même pas.
Cette réclamation fut présentée au nom de l'évêque par JeanJacques Donny au Département. lîlle figure en original au dossier
Valperga.
Voir ci-dessus.
Le registre des délibérations du département manque aux Archives pour les derniers mois de 1793, exactement du Ier mai au 10
Novembre, comme pour les six derniers mois de 1797 et l'année entière de 1798, exactement du 8 Messidor an V (26 Juin 1797) au 25
Pluviôse an VII (13 février 1799).
C'est-à-dire pour les deux périodes les plus troublées et cette
disparition est tout au moins étrange.
Elle doit être vraisemblablement attribuée à certains hommes
politiques désireux de laisser dans l'oubli leur conduite durant ces
deux époques.

�- 64 On était dans la période la plus aiguë et, en pleine
Terreur.
Après le 9 Thermidor et, surtout après la venue à Nice
du représentant Beffroy, au mois de Floréal, an III (Mai
I795)»
les esprits devinrent plus calmes, les administrations plus pondérées. C'est alors que, sur de nouvelles demandes présentées au District, et sur avis favbrable de
celui-ci, le département des Alpes-Maritimes accorda à Mgr
Valperga sa radiation provisoire, le 14 Prairial, an V (2 Juin
1797). Comme on le voit, l'affaire avait traîné en longueur.
Il semblait alors que rien ne s'opposait plus à la rentrée
de l'évêque : le 11 Fructidor, an V (28 Août 1797), le Département avait agréé la caution de François Grosson (1) ;
les biens de l'évêque allaient lui être rendus, et il pourrait
rentrer.
Mais huit jours après, le coup d'Etat du 18 Fructidor (4
septembre 1797) remettait le pouvoir aux mains des Jacobins, la guerre aux émigrés et aux ecclésiastiques, en particulier, reprit avec âpreté. Pe département des Alpes-Maritimes se vit accusé d'avoir préparé une rentrée triomphale à l'évêque, son arrêté du 14 Prairial resta sans effet
et, en vertu de la loi du 19 Fructidor (5 septembre), les
scellés furent de nouveau apposés sur les biens de Mgr Valperga par deux commissaires municipaux (2).
En vain, l'évêque de Nice, fit intervenir auprès du Directoire Balbi, l'ambassadeur du Roi de Sardaigne à Paris,
le dossier de sa demande en radiation fut examiné sans
aucune bienveillance.
(1) L/Acte original de ce cautionnement sur timbre est aux
Arch. des Alp.-Maritimes Q. 10.
(2) Mise de scellés sur les biens de Charles Eugène Valperga par
deux commissaires de la municipalité de Nice. Une scéance, 6 livres.
Dépense approuvée par le Département, en Germinal an VI (avril
1798). Arch. des A. M. Q. 11.
Mgr Valperga ne possédait à Nice aucun immeuble et il devait
rester fort peu de chose de son mobilier après la vente qui en avait
été faite en Ventôse an III. La bibliothèque de l'évêché avait été déclarée bien national et la caisse diocésaine avait disparue en octobre 1792
sans laisser de traces dans les pièces administratives. Le séquestre
a été apposé sur les biens de nombreux émigrés rayés provisoirement.
On peut en voir la liste aux Archives des A. M. Q. 10, où Valperga
figure sous le N° 65.

�- 65
Á la suite de la lettre de Balby datée de Paris le 7 février
1798, le ministre de la police demanda à ses Bureaux un
rapport sur l'affaire Valperga. Pe voici tel qu'il se trouve
en minute au dossier.
Attendu que rien ne tend à constater le prétendu ordre
de quitter Nice, d'où il suit qu'il faut en croire sur parole
l'émigré.
Qu'à raison de son domicile, il était tenu de rentrer sur
le territoire dans les délais voulus par les lois.
Qu'il est atteint par la déchéance et n'a réclamé que
l'an V.
Qu'il ne paraît pas y avoir lieu de violer la loi en faveur
de cet ex-évêque dont la rentrée prohibée par la Constitution serait d'une influence dangereuse.
J'estime qu'il y a lieu à proposer la maintenue sauf
à prendre des renseignements si toutefois on les trouve
indispensables.
CAIGNART,
Sous-chef (2e Bureau).
En tête de cette minute est écrit :
« Je pense qu'il y a lieu à instruction et à prendre
des renseignements près les Administrateurs du département_des Alpes-Maritimes. »
Signature illisible (1).
Ces renseignements furent-ils demandés ? C'est probable et cela explique que bien des pièces du dossier Valperga sont en double expédition. Plus d'une année s'écoula
encore, avant que fut prise une décision et finalement sur
un rapport défavorable de la Commission d'examen instituée près le Ministère de la police pour l'étude des demandes en radiation, le Directoire exécutif signa le 7 Floréal
an VII, (26 avril 1799) un arrêté qui maintenait définitivement, sur la liste des émigrés, Mgr Valperga et annulait
toutes les décisions rendues antérieurement, en sa faveur,
par les. autorités locales.
(1) Arch. Nation. F 7 4862 2 dossier Valperga. Rapport de la
3 me Division du Ministère de la police, sans date mais joint à la
lettre de Balbi.
»

�- 66 -

Varrêté du Directoire parvint à Nice les premiers
jours de Prairial an VII (Mai 99) et fut immédiatement
mis à exécution. (1).
*

* *

Ainsi donc Mgr Valperga expulsé ne put jamais obtenir
de rentrer, les lois sur l'émigration étaient tellement embrouillées et tyranniques qu'une fois inscrit sur une liste
d'émigrés, il était extrêmement difficile de s'en faire rayer
malgré toutes les démarches ; car on se heurtait sans cesse
à des questions de forme et de procédure ce qui permettait
à la malveillance de s'exercer tout à fait à l'aise sous le
couvert de la légalité.
A. J.

PvANCE-BOURREY.

(1) De 21 Floréal an VII (10 mai 1799), il fut communiqué
par le ministre de la police générale de la République aux diverses
administrations intéressées et aux Commissaire du Directoire exécutif
près le département des Alpes-Maritimes. Celui-ci par lettre du 3
prairial (22 mai 1799) demanda au Département de le transmettre
à la Municipalité de Nice, ce qui fut fait le même jour avec ordre
de le transcrire sur ses registres, de faire apposer les scellés ou séquestre sur tous les biens meubles et immeubles de l'évêque si ce
n'est déjà fait, et de mi notifier sans délai la décision prise à son égard.
Voir lettre du Département à la Municipalité, celle du Commissaire au Département, 3 Prairial an VII avec la réponse du Département 4 Prairial.
Arch.. des A. M. Q. 1 et 2 et Arch. Nationales, dossier Valperga,

�NIÇA LA BELLA
VERS DE /.

Giordan,

su

DE CARTA POUSTALA

Ai rai dôu nouostre bouon soulèu
Venon s'escaufar toui lu lùssi ;
Es un meravihous tablèu,
Ai rai dôu nouostre bouon soulèu,
Trouvas, dou Var fin au Castèu,
Anglés, Rouman, Danesi, Rùssi :
Ai rai dôu nouostre bouon soulèu
Venon s'escaufar toui lu lùssi.
Pèr tu, as touti li bèuta,
Terra de lus e d'alegria,
D'un ciel d'azur, as la clartà,
Pèr tu, as touti li bèuta.
De l'univers, en verità,
Siès la uechièma meravia ;
Pèr tu, as touti li bèutà,
Terra de lus e d'alegria.
Dintre lou tèmp, Semiramis
Faguet basti, à Babilouna,
Pu siéu jardin, vèr paradis !
Soubre Paioun, degun s'estouna
De vèire, ancuèi, lou paumoulié
Drissar au ciel la siéu coulouna
E lou galofre, e l'anemouna
Flouri emb'au pourtegalié.
De bouon matin, quitant maioun
Pèr la journada touta'ntiera,
S'en va lavar, dintre Paioun
Pa bugadiera.
D'un glourious passat es fiera
Perqué, d'un tèmp, sus lou bastioun
Au Turc, arranquèt la bandiera
Pa bugadiera.

�fet 68 —

Sau de fouora fa freï,
Que brima,
A Niça, sus lou Quèi,
Si rima.
Pescadou, fourestié,
De la mar bressarella,
Escouton voulountié
Pa doussa cantinella.
L'AVOUCAT

PATTA

L'estudi de l'avoucat Patta es en plen aria ; si tèn lou matin
couma lou predinà su la plaça dôu Palai. Es un ome pichounet,
touplen raplot, li pocha enfli de papiè de touta mers. En lu vièi
quartiè es proun counouissut e li capelada, « Bouonjou Moussu
l'Avoucat », noun li mancon. Es ben m'ai juge, proucuradou, etc.
Lu siéu ounourari soun bouon pati e n'a de preferença pèr
qu si sigue. Parla au premier maufatan vengut, couma se fousse
un agnèu que vén de naisse ; lou créancier o lou débiteur soun
tratat su lou même pen... basta que mouson...
L'avoucat Patta es de noutarietà reputat pèr un ome judicious, òunest — au noun si flata de l'estre au jou d'ancuei ; —
finda counouisse, es en relacioun d'afaire emê de gros persou nage que dintre la finança dôu siéu coumerce, soun quasi d'usurari. Sau menajar la cabra e lou caulè ; e pèr que la mouneda
noun li escapa si desbrouïa e si mete dôu cousta dôu manche...
d'aquéu que casca lou de mai...
Acò fa que toui lu matin que lou Bouon Diéu a fach, la siéu
doumestica mete toujou quaucaren au fuec. Lou dimeneghe, coum'un bouon crestian, — tartufaria que lou pauva, — va audi la
gran'messa à Santa Réparada, fa la siesta e à la calada dóu soulèu,
passeja su lou Cours, pastrouia, fa lu cent pas, noun parla que de
lei, proucès, citacioun, ensin alestisse lou travail dôu dilun...
Lendeman empastra ben d'afaire, mete facilamen en lou sac
Moussu Tout'Un emé Moussu Tout'Autre... En éu que li pòu
faire ?... lança dapertout lou broumech, tant pis pèr aquéu que si
laissa agantar. Quaranta sóu es lou près d'atac e vous pregui de
crèire que douna pas la siéu journada pèr doui o tres escut.
L'avoucat Patta counouisse l'usança dôu païs... s'avès touort,
vous rouïa, s'avès pi rasoun, v'espia... Que voulès aima manjar
lou pei, lou pei que noun aiguë d'espina...
JULI EYNAUDI.

�-«9VA

MAU ! !

Va màu, cresé-vous, que va màu 1
En l'orizoun lou voile negre
N'es qu'un gran camp cargat de pebre,
Qu'à pala lou jeten davan,
Avuglan finda lu cavau 1
Lu canoun soun su li frountièra,
Alignât couma de barriera,
N'esperon plus que lou signàu !
Lou soulèu, aquel animàu !
Stan, noun vòu levà la vela,
Si foundon couma des candela
Enb'aquèu coust dôu diàu !
Le Giacouuda à cóu de d/stràu
Li fan petà li sièu moulura...
Ah ! dèu faire bella figura
Se l'an foutuda en quauqua tràu
Lou pan crèise, finda la sàu,
Lou sucre dintre li boutiga
Mounta ben mai que de boufiga !
Van jusque crèise lou rampàu
E la pèu que fau lou tambau ;
Metran de drech su li nourriça,
Su lu chichi, su li saucissa,
Perqué pas soubre lu magàu ?
E lou Prussian, marrit bertàu,
Noun sabon fa que de babïa,
Per lou Maroc e l'Algèria,
Se faran mètre lou mourràu !
Li serreren toui lou pourtàu
E pi veiren touta la França
Davan la sieù grossa arougança
Se noun si sau garda li clàu !
Es de rima d'un manechàu,
Ma sien d'estiéu, vesin, vesina,
Li passeres en la resina
Avant que vegon l'espitau !
CHARLES CIAUDO

�Valère Bernard
Tout en heurtant le marteau contre la porte de M. Valère
Bernard je songeais. Je me suis complu dans le plus souriant
mépris des idoles. L'ironie a tremblé sur mes lèvres quand
la Provence a dans un ravissement de joie acclamé le poète de
Maillanne. Cette mascarade d'apothéose me répugnait.
Et maintenant la curiosité me fourvoyait dans le studio
d'un consciencieux artiste que les felibres couvraient de gloire.
Elève de Puvis de Chavannes M. Valère Bernard pasticha le
Maître. Mais vite il eût l'intuition qu'à se perdre dans les sentiers
battus il courrait risque de compromettre son crédit. Il dit
adieu à Paris et vint dans Marseille, l'opulente cité.
A cette époque vivait un exquis écrivain, J. Lombard. Il venait de publier deux œuvres d'une grandiose beauté, VAgonie et
Bysance. Dans un style étrangement tourmenté il contait les
luttes entre les factions d'Orient, illuminant son œuvre des
splendeurs bysantines.
Valère Bernard vit Jean Lombard, et du même coup les belles
au bois qui dormaient en son âme s'éveillèrent. Il délaissa les
études académiques, les pastiches sans vie, et d'ardentes couleurs
chargèrent ses toiles.
Voici le triomphe des rois Babyloniens. Sur les voûtes d'un
palais impérial passent des gardes étincelants dans la pourpre et
la soie. L'or envahit les hautes colonnes de jaspe bleu. Involontairement on pense aux fantastiques demeures hantées par des
fées émeraudes et des princesses aux perversités troublantes.
Et je m'imagine que le peintre était sous le charme de la
légende quand il a peint cette courtisanne qui sourit à son miroir tout en jouant négligeamment avec sa chevelure d'or. Et
puis passent Venise la rouge, Marseille enveloppé dans la poussière d'or du crépuscule, des motifs à la Watteau peints par un
bysantin, toute une apothéose.
Mais une idée m'obsède, tandis que dans la grise clarté d'un
soir automnal s'éteignent les fauves éclairs jaillis de ces radieuses
toiles. L'idéalisation du passé me paraît cruelle. Les générations
endormies dans la Mort ont eu leurs misères/leurs rancœurs, je
pense qu'il est absurde de s'écrier avec Musset « qu'aux temps
jadis tout était heureux jusqu'aux douleurs humaines. » En vain
l'apostat s'attriste-t-il sur les vieillards immortels de l'antique

�- 7i

—

lonie, â ses oreilles résonnent les paroles de l'Hiérophante : « La
Helladi que tu aimes n'a jamais existé ».
Mais M. Valère Bernard brise ma rêverie, et mes yeux se
portent.sur des portraits appendus au mur. Profils d'espagnol ou
d'américain mitigés d'espagnol, comme on en croise maintes fois
sur la Cannebière.
Homme universel ne puis-je m'empêcher de m'êcrier. M.
Valère Bernard sourit. Il siérait dit-il, à mi voix, de se développer en profondeur. Toutefois il est beau de se dire sur le
tard de sa vie que l'on a fait vibrer toute son âme. Ici le maître
rejoint Néron. Il m'aide à comprendre cet inquiétant empereur.
Mais encore faut-il que tout en étant l'homme universel on ne
sombre pas dans la banalité. De méchantes œuvres d'art peuvent
avoir leur prix.
Une idée se lève devant moi. Labruyère me petsuade que
l'honnête homme de Pascal propre à tout en définitive n'est propre à rien. La spécialisation inintelligente, mène à l'erreur, j'en
conviens, mais en fait elle est une loi générale.
Et ceci est pour me plaire, car j'abhorre dissiper mon énergie,
j'aime le repliement, la frissonnante pudeur qu'effarouche les
vaines ostentations. Je goûte les peintres du passé et malgré ma
philosophie j'adore les peuples disparus. Volontiers j'implorerai
avec la Cassandre de Schiller la cécité, l'exquise cécité. Le sou
venir a plus de puissance sur moi que l'espoir.
Et sous des deux gris, en des pays étrangers désolants de
médiocrité, il m'est arrivé de pleurer plus amèrement que ne
pleura Xerxès aux rives d'Abydos.
J. PADOVANI.
PROUVERB1, BOUOI MOT, COUNSÈU E DICH
Vèuva que si marida,
Dèu perdre la lus e l'audida.
Fiha madura,
Lou pouorta à la centura.
En cuntant su lu det :
Aquéu a fa l'óu ;
Aquéu l'es anat cercar,
Aquéu l'a fa cuèire,
Aquéu l'a manjat,
E lou pichoun n'a ren tastat !

�— 73 —
LE

DÉSESPOIR

Oui, j'ai la mort dans l'âme ; oui, je monte au calvaire ;
Mon horizon, hier si beau, s'est obscurci ;
Je hais tous les devoirs et tout ce qu'on révère :
Mieux vaut mourir que vivre ainsi !
Puisque je n'y puis rien ; que la raison humaine
Ne gagne plus un cœur où mon cœur est entré,
Je veux briser mes jours comme on brise une chaîne
Et m'enfuir en désespéré.
Qu'est-ce donc que la mort ? C'est la paix éternelle,
C'est un beau drap de fleurs sur mon sein endormi,
C'est la nature calme, auguste et solennelle
Qui nous prête un repos ami.
O nature de Dieu contemple ma détresse !
Ecoute tout mon sang dans mon cœur s'épancher
Et, puisque je n'ai plus le lit de ma maîtresse,
C'est au tien que je veux coucher ;
C'est toi la grande mère et la nourrice immense !
L'homme au sort le plus âpre et l'homme au sort plus beau
Retrouvent dans ton sein leur part de ta clémence :
L'un l'amour, l'autre le tombeau
Tu sais, toi qui vois tout, ce qu'ici bas je souffre,
Que je n'ai point béni l'instant de mon réveil
Et que j'ai regardé, toujours, du fond du gouffre,
Les bords ou brillait le soleil ;
Que je n'ai bu jamais que dans la coupe amère,
Que le seuil du bonheur me fut toujours fermé,
Que j'ai perdu mes fils, que j'ai perdu ma mère
Et tous les cœurs qui m'ont aimé !
Maintenant je m'en vais, battant du front, comme ivre,
En proie à ce grand deuil qui me courbe en vainqueur,
Et je veux déchirer ma vie, avec le livre
Des chastes sanglots de mon cœur ;
Et toi, rayon divin, génie, ardent délire,
Flambeau qui n'iras plus briller sur son autel,
Eternise du moins ces larmes de ma lyre
Et que mon cri soit immortel !
[EDGAR DE MASINI

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Lou magot de Bertoumièu Issuga (J. E.).

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21

Cansoun ancienna pèr lou mai

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24
27

La mouort dau paure Tounin (Ant. Roland)

—

La Vigne (J. Padovani)

—

28

Eglises et Chapelles de Nice (Valentin)

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29

Nouvé

—

32

—

33

Expulsion de Mgr Valperga en septembre 1792 (Abbé RanceBourrey

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Niça la Bella (J. Giordan)

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Va Màu (Ch. Ciaudo)

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Valère Bernard (J. Padovani)

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QUATRE-TÈMS

Noumbre d'or...
13
Mars
Epato (Grégori)
Il
Jun
Cicle soulari
17 Setèmbre
Endicioun roum
10 Desembre
Letra doumenicala
G F
LI QUATRE

8,
7,
20,
20,

10
9
22
22

e
e
e
e

11
10
23
23

SESOUN

Lou printèms coumença lou 21 mars
L'estiéu
—
— 22 Jun
L'autoum
—
— 24 sept,
L'iver
—
— 22 dés.

à 6.55 m.
à 2.36 m.
à 5.18 m.
à 11.53 m.

dôu sera
dôu sera
dôu matin
dôu sera

FESTA MOUBILI

Septuagesima... 12 Fébrié
Cendre
21 Febrié
Pasca
7 Abrieu
Rougacioun 21, 22, 23, 24 Mai
Ascensioun
16 Mai

Pantecousta
Trinità
Festa de Diéu
1" Dimenegue de
Ie* Desémbre

26 Mai
11 Jun
15 Jun
l'Avènt

LU ESCLISS!

Souliu.

—

ij Abriéu. — Esclissi annulari e coumplet visible

à Paris, en America, en Europa et dintre lou N.-O. de l'Africa.
Coumençamen de l'esclissi à 10,01 dôu matin ; finisse à 1,08
dôu sera.
10 Otitoubre. — Esclissi coumplet invisible à Paris, visible
dintre l'America dôu Sud.
Luna. — 1" Abrièu. — Esclissi parciella visibla à Paris. Entrada de la luna dintre l'oumbra, 9.26 dôu sera; sourtida, 11.03
dôu sera.
26 Setèmbre. — Esclissi parciella, invisibla à Paris, visibla
dintre l'Océan Pacifique.

Jîla providence, %ue de la Préfecture /4, $run, Siàraire

�LU

VÉNT

Lu vènt que souflon à Niça, dintre lou cours de l'armada,
soun au nombre de 16. Vequi li siéu denouminacioun courènti,
pihadi, en general, dai loucalità dei quali parèisson vèni :
Sud
Miejon
Nord... Tramountana
S.-S.-O. Miejou Lebech
N.-O.-E. Grek Tramountana
S.-O
Lebech
N.-E... Grego
O.-S.-O Pounèut Lebech
E. N .E. Levant
Ouest. Pounènt
E.-N.-E. Levant
O.-N-O.V Pounènt Maistràu
E.-S.-E. Levant
N -O . Mastràu
S.-E.... Siroco, vènt marin
N..-N. OMaïstràu Tramount
S.-S.-E.. Miejou Siroc

6
15
25
14
31
24

VIGÍLIA — JEUNI
Abriè
(Pasca, 7 Abrièu).
Mai
(Ascensioun, 16 Mai).
Mai
(Pantecousta, 26 Mai).
Avoust
(Assoumpcioun, 15 Avoust).
Outoubre (Toui lu Sant, Ier Nouvembre).
Desembre (Calena, 25 Desembre).
L'AN NADA RELIGIOUSA

LI FESTA MOUBILI E LI FESTA FISSI
Janvt'è
jYlars
1 Circouncisioun.
1 e 2 Quatre Tèms.
6 Epifania (lu Rei).
3 Reminiscere.
13 Bateja de J.-C.
10
Oculi.
14 Sant Noum de Jesu.
17 Lœtare.
fébrié
24 Passioun.
2 Puriflcacioun.
29 Li 7 Doulou.
4 Setuagesima.
31 Lu Rampàu.
6 Festa de la Pr. de N. S.
11 Sexagesima.
Jîbriéu
13 Coum. de la Passioun.
5 Divendre Sant.
18 Quinquagesima.
7 Pasca.
21 Cendre.
14 Quasimodo.
25 Quadragesima.
28 Patrou. de San Joúsè.
28 Quatre-Tèms.

�Setembre
3 Inv. de la Santa Crous.
13, 14, 15, Rougacioun.
16 Ascensioun.
26 Pantecousta.
29-31 Quatre-Tèms.
1
2
6
9
21
24
29

Quatre-Tèms.
Trinità.
Festa de Diéu.
Festa dôu S. Sacramen.
Sacrat-Couor de'jesu.
Natività de S. jouan-Bat.
SS. Peire e Paul.

8 Natività de la Vierge.
14 Esaltacioun de la Crous.
15 N.-D. dei 7 Doulou.
15 San Noum de Maria.
18, 20, 21, Quatre-Tèms.
29 Dédie, de S. Miquèu.

Ôutoubre
6
13
20
27

Sant Rousari.
Maternità de la Sta Vierge.
Puretà de la Santa Vierge.
Patrounage de la S. Vierge.

J/ouvembre

Juliet
2 Visitacioun de la S. V.
7 Precious Sang.
16 N.-D. dôu Carme.

Jîvoust
6 Transfiguracioun.
15
18
25
25
29

Assoumpcioun.
S. Joachim.
S. Couor de la Vierge.
S. Louis.
Decolac. de S. Jouan-Bat.

1
2
3
21

Toui lu Sant.
Lu Mouort.
Santi Relíquia.
Present, de la Sta Vierge.

2&gt;esembre
1 Avent.
8 Imaculata Councepcioun.
18, 20, 21, Quatre-Tèms.
25 Calena.

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DÉCIMALISATION

DU

TEMPS ET DES

ANGLES

LA MONTRE DÉCIMALE
Par J. de REY-PAILHADE, président du Comité
pour la propagation des méthodes Décimales.
Le Club Nautique de Nice a offert plusieur fois en prix des
montres décimales aux régates'de 1909. Il était utile de décrire cet instrument, d'y joindre des tables pratiques et des
formules à l'usage des ingénieurs, des sportsmen, des médecins, etc. etc.
DÉCIMALISATION DES ANGLES •
Il est aujourd'hui démontré que la division décimale du
quart de cercle facilite tous les calculs.
Les nouvelles cartes géographiques sont graduées exclusivement dans ce système, devenu officiel en France et dans
d'autres pays. On possède toutes les tables pratiques nécessaires à son essai courant. Nous ne nous étendrons pas
davantage sur cette méthode aujourd'hui enseignée dans les
lycées et collèges.
Nous rappellerons seulement que M. l'amiral Germinet,
membre d'honneur du C. N. N., sous la direction duquel on
fit en 1899 et 1900 des essais de navigation avec un matériel
entièrement décimal, a émis un avis très favorable à la
réforme décimale.
DÉCIMALISATION DU TEMPS
La division décimale du jour décrétée le 4 frimaire an II
rendra aussi de grands services à la science et aux sports.
Principe. — On divise le jour entier en 100 parties égales
appelées cés ; le cé est subdivisé en décisés, ceniicès et millicés
Le cé vaut 14m 24s ou 1T4 d'heure environ ; le décicé est égal
lm 26s 4 ou lm Ij2 environ ; le millicé vaut 0S 864 ou 9T10 de
seconde environ.
Concordance des Temps. — On parvient assez vite à dire
instantanément l'heure à 1 ou 2 minutes près en regardant le
cadran d'une montre décimale. Il suffit d'apprendre par cœur
les concordances décimales de toutes les heures.
0,0
0
50,0

4,2
1
54,2

8,3
2
58,3

12,5
3
62,5

16,7
4
66,7

20,8
5
70,8

25,0
6
75,0

�25,0
6
75,0

29,2
7
79,2

33,3
8
83,3

37,5
9
87,5

41,7
10
91,7

45,8
11
95,8

50,0
12
100,0

Les heures sont au milieu, les concordances des heures
du matin en haut, celles du soir en bas. Ainsi 10 heures du
matin valent 41.7 cés (énoncer 41 cés 7 décicés) et 10 heures
du soir valent 91,7 cés.
Gomme 1 cé vaut presque lj4 d'heure et un décicé une mi •
nute 1]2 ; en partant des concordances du tableau, on dit
l'heure instantanément, ainsi 39,9 cés valent 9 h. 36 m. du
matin. Un ou deux jours suffisent pour atteindre ce résultat.

Description de la montre décimale ou cémètre. — Il y a 3
aiguilles centrales se mouvant sur un cercle divisé en 109
parties égales, numérotées de 0 à 9. Le 0 cé est en bas, c'est
l'origine des temps, car on suppose la Terre au centre du
Cadran.
L'aiguille dorée avec un soleil ne fait qu'un tour par jour ;
l'aiguille épaisse en acier bleu tourne 10 fois par jour, et la
trotteuse fine fait 1000 tours par jour.
L'aiguille-soleil montre la position de l'astre du jour par
rapport au méridien de Paris, qui va du centre au chiffre 5.

�10 —
Les quatre traits bleus indiquent les positions de cette aiguille
à minuit en bas sur 0 ; — à tì h. du matin au milieu entre 2
et 3 ; — à midi, en haut, sur le 5 ; — à 6 h. du soir, entre 7
et 8.
L'aiguille dorée du soleil indique le chiffre des dizaines
de cés, 2 sur le dessin ; l'aiguille épaisse donne d'abord le
chiffre des cés, 6 sur le dessin, et en comptant rapidement à
l'œil le rang de la division entre 6 et 7, on voit, que cette aiguille marque 3 décicés. Le temps du dessin est donc 26,3
cés correspondant à 6 h 20 m. du matin environ. L'aiguille
trotteuse donne les millicés 83. Le temps est donc 26,383
cés.
» Pour la vie courante, on n'a pas besoin d'aller au delà du
clécicé. On lit les milticés pour les applications scientifiques
et sportives.
Le temps en millicés lu sur le cêmèire facilite tous les calculs, car on n'a jamais de réductions à faire.
Examinons le problème des vitesses a l'heure : Les millicés multipliés par 0,00024 donne des heures et fraction décimale d'heure. Ainsi Ì2345 millicés valent 12,345 -f- 24 =
2 h. 9628.
Par conséquent si L est la longueur parcourue et M le
temps en millicés, la vitesse est

ou t

+ 4166,66...

Ces quelques exemples démontrent que la montre décimale simplifie tous les calculs sans exception.
Les rapports de MM. les délégués officiels aux essais de
la montre décimale faits à Nice, par le Club Nautique, le 26
février 1911, concluent unanimement à la supériorité de cet
instrument pour les usages scientifiques et sportifs.
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7
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30
31

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dil. S. Apoulinari
8
dim. S. Pèire
9
dim. S. Guiermo
10
dij S. Teodose
11
div. S. Arcada
12
dis. Sta Verònica
13
Dim. S. Ilari
14
dil. S. Maurici
15
dim. S. Ounourat
16
dim. S. Antoni
17
dij. Sta Angela
18
div. S. Sulpici
19
dis. S. Bastian
20
Dim. Sta Agnesa
21
dil. S. Vincènt
22
dim. S. Raymound
23
dim. Sta Jacinta
24
dij. Conv. de S. Pàu
25
div. S. Poulicarpa
26
dis. Sta Devota
27
Dim. Sta Paula
28
dil. S. Francès S.
29
dim.
dim.
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div
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div. S. Jouan-Matha
dis. Sta Apoulounia
Dim. Sexagesima
dil. Sta Eulàlia
dim. S. Gregori
dim. Sta Eufrasia
dij. S. Onesime
div S. Dounat
dis. S. Simeoun
Dim. Quinquagesima
dil. S. Gabin
dim. Dimars-Gras
dim. Li Cendre
dij. S. Silvan
div. S. Maxime
dis. S. Pascase
Dim. Quadragesima
dil. S. Nestor
dim. S. Leandri
dim. Sta Nourina
dij. S. Nymphas

Plueia de febrié
A la terra vau fumiè.

ZDéSTU-S-bez

NICE

MARS
N. L.
P. Q.
P. L.
D. Q.
N. L.
SOULÈU

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lu 1,
lu 8,
lu 15,
lu 23,
lu 30,
— L.

div.
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Dim.

i
L
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i
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7

1 oura 31 m.
0 oura 02 m.
0 oura 59 m.
1 oura 26 m.
1 oura 38 s.
01' — C. 6 13

S. Eudoxia
S. Simplici
Reminisceri
Sta Cunegonda
S. Casimir
Sta Coleta
S. Jouan de D.
Qaatre-tèms
Sta Margarida C.
Ocali
S. Euloge
S. Gregori
Sta Eufrasia
Sta Matilda
S. Acepsima
Sta Gertruda
Lœtari
S. Apien
S. Jôusé
S. Joachin
S. Lea
S. Turibe
S. Armentari
La Passioun
Anounciada
S. Emanuèu
S. Jouan d'Egt,
S. Gountran
S. Eustase
S. Jouan C.
Lu Rampàu

Lou mes de mars
Es amar.

tous le -vrai

BLANQUI &amp; FRACCHIA
— Usine au Pont-Magnan —

NICE

�- 13 S$&lt;30TJNL&gt;

ABRIÉU
P.
P.
D.
N.

0.
L.
Q.
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lu
lu
lu
lu

SOULÈU.

1 dil.
2 dim.
3 dim.
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6 dis.
7 Dim.
8 dil.
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28 Dim.
29 dil.
30 dim.

6 , à 6
13, à
3
21, à 7
28, à 11

—

oura
oura
oura
oura

L. 6 06'

—

55 in.
37 s.
31! s.
25 s.
C. 6 52'

S. Ugo
S. Franç. de P.
S. Richard
Dijàu Sant
Divèndre Sant
Dissata Sant
Pasca
S. Albert, ev.
S. Azada.
s. Isidoro
s. Leoun
s. Juli
s. Justin
Ouasimoi/ii
Sta Anastasia
S. Frutuous
S. Rodolfe
S. Maxime
S. Anselme
S. Teodoro
S. Adalbert
S. Fidèle
s. Jorgi
s. Marco
s. Clet
s. Antime
s. Aimé

s. Roubert
Sta Catarina d. S
SS. Philip. ,Jacq.

Pichouna plneia d'Abriéa
Bouona récolta pèr l'csliéu

Q.

p
P. L.
D . Q.
N. L.
SOULÈU.

TRIMÍÎSTRÈ;

MAI

JUN

à

lu 5,
2 oura
lu 13, a 7 oura
lu 21, à 10 oura
lu 28, à 7 oura
— L.

5 14'

—

14
10
23
24

s.
m.
m.
m.

C. 7 29'

1 dim. SS. Félip. Jaq.
2 dij. S. Atanase
3 div. In.d.l. Sta Crous
4 dis. SS. Sindonis
5 Dim. S. Pio, papa
6 dil. S. Jouan D.
7&lt; dim. S. Peire
8 dim. s. Gregori N.
9 dij. s. Antounin
10 div. s. Isidoro
11 dis. s. Bounifaci
12 Dim. s. Jouan lou S.
13 dil. s. Pouon, m.
14 dim. s. Pacomo
15 dim. s. Sta Denisa
16 dij. Ascensioun
17 div. S. Pascaù
18 dis. S. Teodoto
19 Dim. s. Pèire C.
20 dil. s. Felis.
21 dim. s. Bernardini
22 dim. s. Julia
23 dij Rogaeioun
24 div. s. Vincen, d. L.
25 dis. S. Urbin
26 Dim. Pandecousta
27 dil. S. German
28 dim. S. Cirile
29 dim. Sta Petronïa
30 dij. S. Sylve
31 div. S. Justin
Au mes de mai
Longui semana

p
P.
D.
N.

Q.
L.
Q.
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lu 3,
lu 11,
lu 19,
lu 26,

SOULÈU.

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dis.
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9 Dim.
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18 dim.
19 dim.
20 dij.
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23 Dim.
24 dil.
25 dim.
26 dim.
27 dij.
28 div.
29 dis.
30 Dim.

—

à 11 oura 4 s.
à 10 oura SI s.
à 9 oura 51 s.
a
2 oura 20 s.
L. * 34'

C. 8 1!"

S. Potin
Trinità.
S. Quirin
S. Francès C.
S. Lié
Festa de Dieu
S. Lié
Quatre-tèms
S. Optat
Sta Margarida
S. Barnabe
S. Antoui de P.
S. Basilio
S. J.-F. Régis
S. Moudeste
S. Lambert
Sta Olga
S. Gervai
Sta Juliena F.
S. Louis de G.
S. Paulin
Sta Maria d'O.
S. Jouan-B.
S. Prousper
S. Alban
S. Cresen
s. Iréné.
s. Pèire
s. Pàu
s. Tibàu

En Jun
De tres abit l'un

Dégustez tous le vrai

NICE

—

BLANQUI &amp; FRACCHIA
— Usine au Pont-Magnan

—

NICE

�— i4 —

TROISIÍ)MK

AVOUST

JULIE T
P.
P.
D.
N.

lu 3, a 10 mira 20 m.
lu 11, à 1 cura 53 s.
Il 19, a o oura 31 m.
lu 25, a 9 oura 12 s.
SDULÈU. - - L. 4 35' — C. 8 22'

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dim.
dim.

S. Thierry
Vierg.de li Gracia
S. Anatole
S. Pèire de L.
S. Sisoès
S. Elie
Sta Babeta
S. Efrein
Sta Felicita
S. Pio
S. Jouan G.
S. Gene
S. Jaque
Festa Naciounala
S. Enri
N.D.d.M. Carmel
Sta Marcelina
S. Frederic
S. Vincen de P.
Sta Margarida
S. Vi loiSta Maria-Mad.
S. Apoulinari
Sta Cristina
S. Jaque
Sta Anna
S. Pantaleoun
S. Samsoun
Sta Marta
Sta Giulieta
S. Gnaci de L.

Au mes de Juliet
Ni frema ni coulé.

TBIMËSTRÎ;

I1. Q. lu 2, a 0 oura 29 m.
P. L. lu 10, a 3 oura 58 m.
D. Q. l»i 17, a 1 oura 1.1 s.
N. L. lu 21, a 5 oura 14 m.
IV Q. lu 31, &amp; 5 oura 21 s.
souLÈu, —1.5 or -j&gt;. 8 or

dij.
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0 dis.
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8' dij.
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dim.
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S. Pèire-aï LS. Alfonso
Inv. de S. Estève
S. Domenica
N. D. dei Nèu
Trausf. de J. C.
S. Gaétan
Sta Batilda
S. Camila d. L.
S. Là u ren
S. Septima
Sta Clara
Sta Filoumèna
S. Ousèbi
Asoumpcionn
S. Roc
S. Mamès
Sta Elena
S. Ipoulita
S. Bernar
Sta Chantai
S. Pio V
S. Filipe B.
S. Bartoumiéu
s. Louis, r. F.
s. Seg'oundo
s. Cesari
s. Goustin
s. Mederic
Sta Rosa
S. Fiacre

F.n . ivoast
Figa e moust

wmmm mm

SBTÈMBRE
P. !.. lu 8, a' 4 oura 57
D. Q. lu 15, a 6 oura î&gt;l
N. L. Ju 22, a 3 oura 37
P. Q. lu 30. a 0 oura 08
SOULÈU. - - 1. 5 47V— c.

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Dim.
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S. Gili
S. Estève R.
Sta Eufemia
Sta Rosalia
S. Làuren J.
S. Pambon
S. Grat
Natiu, di' la V.
S. Oumer
S. Xicola
S. Félis
S. Veran
S. A nié
Es. (1. l.S. CtQUS
S. Nicomède
S. Conrneilla
S. Lanbert
S. Tournas V.
S. Janvié
S. Euslache
S. Matiéu
S. Maurici
Sta Tecla
S. Girar
S Firmen
S. Nil
S. iN'icandre
S. \\ inceslas
g. Miquèu
S. Jeromo

Lima setembrina
De mai clarina

MOT »

GRANDE MARQUE RECOMMANDÉE

s
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s
s
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OUTOUBRE
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lu 8,
lu 15,
lu 22,
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oura 46 m,
oura 09m;
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6 06*

TRIMESTRE

NOUVÈMBRE
P. L. lu
6,
D. Q. lu 43,
N. !.. lu 20,
Q.
lu 29,

r.

SOULÈU. - -

1.

a
a
a
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4 oura 48
8 oura 20
9 oura 49
2 oura 42
14'

—

c.

5 03'

1 dim. Rosari
1 div. Tout lu Sant
2 dim. S. ■ Léger
2 dis. Eu Mouorl
3 dij. S. Rosari
S. Ubert
4 div. s. Francès d'A. 43 Dim.
dil. S. Carlo B.
5 dis. s. Placido
5 dim. Sta Bertila
6 Dim. s. Bruno
6 dim S. Leounar
7 dil. s. Serge
dij. S. Nestou
/
8 dim. Sta Reparada
8 div. Lu Quatre Incou.
9 dim. S. Denis
9 dis. S. Teodore
10 dij. s. Francès B. 10
Dim. S. Jacintou
11 div. s. Tarasco
11 dil. S. Martin
12 dis. s. Counrad
12 dim. S. René
13 Dim. s. Edouard
13 dim. s. Stanislas
14 dil. s. Calisio
14 dij. S. Pantena
15 dim. Sta Teresa
15 div. Sta Gertruda
16 dim. S. Ospici
16 dis. S. Edme
dij.
17
Sta Edvija
17 Dim. S. Gregori
18 div. S. Luc
18 dil. S. Alfè
19 dis. S. Pèi re
19 dim. Sta Babeta
20 Dim. S. Agrico)
20 dim. S. Edmon
21 dil. Sta Ursula
21 dij. Présent, de la V.
22 dim. S. Filip
22 div. Sta Cecilia
23 dim. S. Teodoret
23 dis. S. Clemen
24 dij. s. Mairloire
25 div. ss. Crespin-Cr. 24 Dim. Sta Flora
26 dis. s. Jouan de K. 25 dil Sta Catarina
26 dim. Sta Pel fina
27 Dim. s. Frumence
27 dim. S. Maxime
28 dil. s. Alfredo
28 dij. S. Sostène
29 dim. s. Narcisse
29 div. s. Saturnin
30 dim. s. Marcel
30 dis. s. Andrièu
31 dij. s. Siri
En ùuloubre
\loii ponorc goûta loti rùare

Tonssan ientra
St A n'driéu lou souorte

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DESÈMBRE

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P. L .
D. Q.
N. L.
P. Q.

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lu 12,
lu 20,
lu 28,

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2
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4
5
6

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Dim.
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8 Dim.
9 dil.
10 dim.
11 dim.
12 dij.
13 div.
14 dis.
15 Dim.
16 dil.
17 dim.
18 dim.
19 dij.
20 div.
21 dis.
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24 dim.
25 dim.
26 dij.
27 div.
28 dis.
29 Dim.
30 dil.
31 dim.

1.

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6 oura 46 s.
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Sta Bibiana
S. Francès X.
Sta Barba
S. Bassi
S. Nicola
S. Anbrosi
Imac. Conception
Sta Leoucadia
Sta Eulàlia
S. Damase
Sta Rosélina
Sta Lucia
S, Niçoise
S.
S.
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S.
S.
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Mesuiin
Adon
Olimpíada
Gatien
Ciprian
Filogone
Tournas

S. Onourat
Sta Vitòria
Cacha-fuec
Calèna
S. Estève
S. Jouan
SS. Inoucent
Sta Eleonora
S. Sabîn
S. Sàuvestre

Calena aufuec,
Pasca àu j'aèc.

sin -

GRANDE MARQUE RECOMMANDÉE

4 35

�- i6-

�- 17

-I

CROUNICA NIÇARDA
L'ABADÏA DE SAN POUON.— L'ABAT RANCE-BOURREY.
GLOFFREDO.

—

—

PÈIRE

A PREPAU DOU DIALETE NIÇART.

Ben qne pareissènt tardié, VArmanac Niçart s'empressa de
pourtà la siéu febla vous su tout cen que enteressa lou païs, sigue
au pounch de vista istoria loucala, pouesia, tradicioun, sigue
tamben su la taquinanta questioun dóu dialete niçart souvenri
fès pauvada e su la quala lu escritour mouderne soun luen d'estre
d'acordi.
Parlerai finda de M. l'Abat Rance-Bourrey, un beneditin qne
despi quauque an en ça mete à prouflt la siéu erudiciou n a nen
revelà de fach d'istoria inedieh. Se quauqu'un mérita d'estre
laudat es ben éu ; es en éu que VArmanac Niçart tressa la
pamoula de sapiença. En esprimant la nouostra recounouissença,
à l'Abat Rance-Bourrey, fen cen que touplen an denembrat,
vouoli dire de courounà lu siéu travail, frucha de ben de recerca,
dai quali obra sian fier d'avé prestat la prima ajuda. Pouden cità :
lou Discours sur le Monastère de Sainte-Claire de Nice, par Honoré
Pastorelli, publié d'après l'édition originale de Turin 1608, avec
une introduction et des notes ; — "Le Général J.-B.-M. D'Anselme" (Notices biographiques (1740-1792). E aquest'an
l'istorien nen douna — toujou de prima man — YExpulsion de
Mgr Valperga, evesque de Niça, au tèms de la Revoulucioun,
travail anoutat de peça curiouvi que sian urous de pouder metre
souta lu uès dei nouostre letour.
*
* *
Lou fach de l'annada, lou mai marcant, es estat aquéu de
l'Abadïa de San Pouon. Parlon de tout destruge pèr li basti an
siéu luec un espitau Pasteur... UArmanac Niçart es pas Penemic
dóu prougrès, ni men encara dei Bei-Art, ma si fa lou pious dever
de jougne lu siéu esfouors en aquelu dei siéu councitadin quo
l'istoria dóu passat passiouna, pèr que l'Abadïa de San Pouon
sigue counservada e classada couma mounumen istorique. En la
circonstança feliciti M. l'Abat Rance-Bourrey que mé rasoun s'e.s
demoustrat l'ardènt defensour autourisat que counouissen. La
siéu paràula es estada escoutada e lou Préfet de li Alpa-Maritima,
8

'

�— i8 M. de Joly — respetuous dei nouostri tradicioun — en ortie
avertit a proumès que l'Abadïa de San Pouon seria respetada e de
lèu si crusià pèr lou siéu classamen tra lu mounumen istorique.
Dóu resta vequi ce que l'Abat Rance Bourrey nen di su San
JPouon. Counsignen religiousamen li siéu paràula :
« L'Abbaye de Saint-Pons est le plus ancien monument relitgieux existant dans le Comté de Nice. Il y a dou^e cents ans que
sSiagrius y fonda un monastère. L'histoire de ce monastère est
jintimement liée à l'histoire religieuse, civile et économique de la
iville de Nice.
;
« Ce fut à Saint-Pons qu'en 1388 fut'signé l'acte réunissant
le Comté de Nice au Comté de Savoie. Les abbés de Saint Pons
ifurent pris dans les principales familles du Comté : les Badat, les
tLaugery, les Provana, les Lascaris, les Grimaldi, les Martelli, les
;Tournefort, etc. Plusieurs évêques de Nice furent abbés de Saint[Pons, en particulier Barthélémy Chuet (fin du xve siècle) et Jean
, Uriole, son successeur. Un autre abbé, Claude de Seyselle, fut
,évêque de Marseille, puis archevêque de Turin ; d'autres furent
cardinaux, tels Innocent Cibo, neveu d'Innocent VIII et de
f
;Léon X, et Paul Medeci de Cesis dont on voit encore l'inscription
(funéraire à Sainte-Marie-Majeure, à Rome.
:
« A la fin du xvir siècle, l'abbé de Saint-Pons était Pierre
•Gioffredo, le savant historien niçois. Enfin, un abbé de SaintiPons dont les Niçois n'ont pas encore perdu le souvenir, était
(l'abbé Spitalieri de Cessole qui a doté sa ville natale d'un établissement de bienfaisance si justement apprécié. La plupart des
pbbès de Saint-Pons et plusieurs évêques de Nice ont été enterrés
dans l'église ou sous le cloître et dorment aujourd'hui confondus
avec les moines leurs frères qui depuis dix siècles y sont enterrés.
« Les monuments funéraires ont disparu. Le temps a tout
(nivelé à Saint-Pons, singulièrement aidé cependant par la main
ides hommes. On connaît les dévastations commises par
Iroupes de François Ier et de Barberousse, plus tard par celles d
Catinat et par d'autres encore. Après chaque désastre, SaintPons a retrouvé une nouvelle vitalité et il y a à peine trois quarts
de siècle que Mgr Galvano y a fait d'importantes réparations.
;
« Saint-Pons n'est pas seulement une page de l'histoire de
notre pays, c'est un gros volume de cette histoire ; les Niçois
laisseront-ils dire qu'ils sont restés indifférents devant le danger
qui menace Saint-Pons ? Non, ils feront tous leurs efforts pour

�— 19 -

sauver de la destruction un monument qui doit leur être cher...
Je demande d'urgence le classement de l'Abbaye de Saint-Pons,
c'est-à-dire de l'Eglise et des bâtiments claustraux, comme monument historique. »
Lou councours de YArmanac Niçart es aquist. Emé fiertà e
au près de touplen de sacrifici faren respetà l'istoria dóu passat,
la lenga e lu escrich dei orne qu'an ilustrat lou nouostre bèu
pais.
*
* *
Despi quauque tèms, — maladia que reven per intermitença,
— la gran questioun de la grafia niçarda, de l'ourtougrafa, es
messa su lou tapis. De letra soun estadi publicadi, d'autri lou seran, e cresi qu'après ben de charra pèr dire pas gran cauva de
nóu, quasi dirii pèr predicà dintre lou Desert, noun restera
d'aquela discussioun, — Favén déjà coustatat, — pas gran cauva,
ren!... Cadun escrèu à la siéu moda seloun l'esprit dóu moumen,
e serii ben curious de counouisse aquéu que vendria nen dità
une metoda en nen dïen : « la mièu maniera d'escrièure lou
Niçart es la bouona». Discussioun scientifica que pòu passiounà
quauque lenguista, pas mai ; lou mihou es d'escrèure seloun li
letra ditadi pèr la prounouncia. Lou talènt pèr aquéu qu'escrèu
es de si laissà liège, de si faire acapi. Es qu'en en un entan que
frecuenta l'escola primària poudès li demandà autra cauva ?...
Perta de tèms que tout acò, vourria mai s'engenià à recercà lu
viei mot, espressioun, loucucioun courenti que la pous dóu tèms
a rabaïat, dounà au nouostre bèu dialete la coulou que dèu avè,
en respetant lu emprunt que pouden avè fach sigue à l'Italian, à
l'Espagnòu o à tout autre...
Un dialète noun dèu pas estre une lenga scientifica, encara
m en noun còu avè la pretencioun que sigue ouficiela, seria temerari ; lou dialete d'un païs dèu refletà lou caratere d'un'epoca que
lou tèms dèu respetà, enfin escrèure gramaticalamen, un noun
empedisse l'autre, e laissà à l'esprit, au goust lou coumplemen
d'un stile ouriginal, en de frasa councisi que flaton i'auriha.
Aquí fermi la discussioun, risqui de perdre la civada... l'an
que ven, se Diéu mi presta vida, v'en dirai d'autri e couma
d'usança que mi sigue permès de la vous souvetà : Bouona e
uroûva !
L'ARMANAC

NIÇART.

�20 —

LA CIGALA DOU BOUON DIEU
Una cigala dóu Bouon Dieu
Tout l'estiéu
E l'iver en la chambreta, —
L'aiguesias vista la lebreta ! —
Noun vivïa que d'amour
S'assetava su l'ounour;
La cigala cantarela,
Vau chanja de clientela,
Noun es courta d'amatour,
Que li viron tout au tour !
Ma l'ancien de la cigala,
De gros mot ven que s'embala ;
En l'auriha de la maire
Li ven tout aquéu bousin,
Que deja toui lu vesin
Sabon lou long de l'afaire
— Cenqu'as fach m'au tiéu tip ?
Di la maire enrabiada...
Bella Vierge encourounada !
Sera au mancou m'un bouon rie!!...
CH. CIAUDO

PROUVERBI, BOUOI MOT, COUNSÉU E DICH
Tèms d'iver noun ti fidar.
Lu màu dei enfan si garisson soulet.
Cau naisse pèr estre bèu, si maridar pèr estre rie, e mouri
pèr estre brave.
Per aver de raïn, eau caressar la souca.
Agnèu naissut
Vau un escut.
Dansa mihou ventre plen que rauba nova.
L'oumbra dou mèstre engraissa lou cavau.

�LOU MAGOT DE BERTOUMIÉU ISSUGA
O BEN

UNA RAISSADA DE MACAROUN
Conte menloanasqae trouvât dintre d'un armori
de ma nana e que /'Armanac Niçart es tirons de
transcrièure en niçart à Ventencioun dei sièu
fidèle lotour et lelrissa.

Bertoumiéu Issuga, mentounasque de viéia roca, abitava en
coumpagnia de sa mouhié, en carriera dóu Paumoulié. La siéu
frema, malurousamen, era sirnplaria e faia lou siéu desespoir.
Cada matin Bertoumiéu, avant de s'en anà au travail, li recoumandava de noun faire de bestialità. Cou vous dire que toui lu
dissata lou nouostre ome metia en un'armari pertuat dintre la
muraia lou gagne de la semana.
— Bertoumiéu ! pèr qu seria tout aquel argen, demandava
Marioun au siéu marit.
— Es pèr Madjou-long, castagnassa !
*
* *
Un jou Bertoumiéu partet pèr anar à la siéu campagna ;
devia même li restar doui ó très jou pèr souïnar e arousar lu
citrouniè. Marioun souleta matin e sera, s'assetava su lou banquet de la pouorta e faïa de bas... Un predinà veguet un ome
de statura mai que mejana, couma si di, un gran carcan. La
frema de Bertoumiéu lou fissa sensa parpelear, pi pihada d'un'
idea, li diguet :
— Moun bèu Moussu, sias bessai vous Madjou-long ?
Lou merlo pita e noun s'en laissa dire autre, léu li
respouonde :
— Noun vous troumpas pas, bella bruneta, sièu ièu Madjoulong !... Ma perqué mi faire tala demanda ?
Perqué ?... dou moumen que sias Madjou-long, intras su lou
cóu. Li a ja pas mau de tèms que moun marit a mes d'argen
amagat pèr vous...
E sensa mai de ceremounia li remeté lou mandiou dintre lou
quai lu sóu eron groupât. L'ome remercia e la s'esbigna lèu.
♦

* *

�Lou sera, Bertoumiéu arriva, la sièu mouhié li di.
— Sabes, ai vist ancuei Madjou-long !
E l'ome de cridar :
— Malurousa ! — m'en a fach encara una 1
Courre à l'armari, lou mandiou e Pargen, mouis !... Issuga
blastema pica dai pen, es décidât de si desiaire de la siéu frema
Lendeman, dóu téms qu'aissesta durmïa, li cuerbe lu uès emé de
pega de sabatié, pi la pihant pèr la man, la mena dapé dóu CapMartin. Arrivât aqui, Bertoumiéu fa mountar Marioun su d'un
nouguié el'abandouna. La paura, bòrnia, noun sabia doun si
trouvava, ni men encara ce que poudia faire.
En aquéu fra-tèms doui voulur venon s'assetar souta
l'aubre ; après aver abrat quauqui branca sequi pèr s'escaufar, pi
si meton à cuentar lou siéu argen.
La calou faguet delegar la pega que curbia Puès destre de
Marioun e aissesta de cridar :
— E d'un !
Lu voulur, d'estuc, s'isson d'emblée.
— Qu'es acó, diguet l'un.
— Un matagan, faguet l'autre.
La calou seguia á faire lou siéu efet pau à pau durbia Puei
senec.
— E de douî, diguet Marioun.
Dóu cou lu voulur escapon, laissant Pargen espantegat soubre
Perba.
Marioun coumença à li veire clar, cala da l'aubre e ramassa
Pargen, pi lèu s'en camina vers maïoun...
Lou sièu marit, pensierons, era assetat dapè dóu fuec, s'escaufant, fumant la sièu pipeta emé beatituda...
— Bertoumiéu !... o Bertoumiéu !... duerbe-mi, siéu iéu,
Marioun...
— Vai au diàu que ti pihe... ièu que cresii de m'en estre
despegouït...
Ma Marioun, toujou picava, un cóu noun asperava l'autre...
L'ome fenisse per li durbi...
— Ten ! regarda cen que ti pouorti.. . e Marioun pauva lou
sac su lou toulié. ..
Bertoumiéu, entartugat, cuenta Pargen e réfléchisse ; — Marioun es simplaria e deman la vila saupra Pistoria de la fouré . ..
Cóu que Bertoumiéu si dispegouïsse pèr empedi li marridi lenga
de bavar...

�— 23 —
Si mete la vesta, lou capèu e souorte fermant la pouorta i..
Faïa nuech dintre la carriera, ma sensa pena s'encamina
vers una boutiga e croumpa pèr mai de dès kilo de macaroun...
Ientra au sièu e di à la sièu mouhié de si metre au liech.
En tant que Marioun durmïa, Bertoumiéu fa bui lu macaroun, pi lu espantega su lu aubre dóu jardin... Lendeman de
matin la siéu frema, desveiada, si mete à la fenestra...
— O ! Bertoumiéu ! Bertoumiéu ! Vene un póu veire!... O
trest ! vè, a plougut de macaroun !...
— O vai fantauma !... n'as toujou una. .. Ten ! ten !... ma
es ver !...
*
* *

A quauque tèms en ça, Bertoumiéu l'avia previst, Marioun
countet à toui que lou siéu ome noun li picava plus, despi lou
jou qu'ela li avia pourtat de sac plen d'escut...
Lou juge aiguent audit parlar de l'afaire, mandet sounar
Bertoumiéu devant lou tribunal ; la siéu mouhié era estada
citada couma testemoni.
Lou juge. — Bertoumiéu, sias acusat d'aver gardât d'argen
que noun era vouostre.
— Iéu !... Ma moussu lou juge, lou negui ; sièu couma
sabès un travaiadou.. .
E Marioun de dire.
— Noun negar, Bertoumiéu, sabés ben qu'es ver ; es iéu en
persouna que t'ai pourtat la mouneda, qu'avii trouvât en la
fouré.. .
Lou juge. — Anas brave ome, noun negués.. .
— E quoura lou m'as pourtat ?... — Vous juri, Moussu lou
juge, que la miéu frema es fouola !...
— E lou sabes ben, Bertoumiéu, es lou jou que plouguet tant
de macaroun !
— Moussu lou juge aves jamai vist ploure de macaroun ?...
— Jamai ! moun beL amic respoundet lou juge que si tenia
lou ventre dóu rire — Amie, vèu que la vouostra frema es
fouola. .. sias aquitat !...
Bertoumiéu si retira emé Marioun... Noun aigueron plus
de disputa e vieugueron, pareisse urous e pèr longtèms !...
J. E.

�CANSOUN ANCIENNA

PÈR LOU

N'aurias pas vist la miêu fiha
Trin-trin
Lou galerin
A'aurias pas vist la miêu Jiha
Trois-wtrois
Le fils du roi
L'ai vista e l'ai baïada
Trin-trin
Lou Galerin
L'ai vista e l'ai baïda
Trois-trois
Le fils du roi.
Douna-mi la miêu fiha
Trin-trin
Lou galerin
Douna-mi la miêu fiha
Trois-trois
Le fils du roi.
Es aqnela la vouostra fiha
Trin-trin
Lou galerin
Es aqaela la vouostra fiha
Trois-trois
Le fils du roi.
La miêu fiha era pas lernia
Trin-trin
Lou galerin
La miêu fiha era pas lernia
Trois-trois
Le fils du roi
La miêu fiha era pas lua
Trin-trin
Lou galerin
La miêu fiha era pas lua
Trois trois
Le fils du roi.
N'es ni guercia ni poutinouva
Trin-trin
Lou galerin
N es ni guercia ni poutinouva
Trois-trois
Le fils du rois.

MAI

�La miéu fiha n'es pas borni a
Trin-trin
Lou galerin
La miêu fiha n'es pas bornia
Trois-trois
Le fils du roi.
Noun faïa pas belugueta
Trin-trin
Lou galerin;
Nonn faïa pas belugueta
Trois-trois
Le fils du roi.
La miêu fiha n'es pas emberrida
Trin-trin
Lou galerin
La miêu fiha n'es pas emberrida
Trois-trois
Le fils du roi.
La m iéu fiha n'es pas pigada
Trin-trin
Lou galerin
La miêu fiha n'es pas pigada
Trois- trois
Le fils du roi.
La miéu fiha noun es pas ranga
Trin-trin
Lou galerin
La miéu fiha noun es pas ranga
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha noun es pas louorla
Trin-trin
Lou galerin
La miéu fiha noun es pas touorta
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha n'es pas crouoada
Trin-trin
Lou galerin
La miéu fiha n'es pas croavada
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha n'es pas gibouva
Trin-trin
Lou galerin
La miéu fia n'es pas gibouva

�— 26 —
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha noun es foularana
Trin-trin
Lou galerin
La miéu fiha noun es foularana
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha n'es pas ingourda
Trin-trin
Lou galerin
La miéu fiha n'es pas ingourda
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha a pas lou peu de pi g nu
Trin trin
Lou galerin
La miéu fiha a pas lou peu de pig nu
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha noun es narvelouua
Trin- trin
Lou qalerin
La miéu ûha noun es narveloiwa
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha noun a la rougna
Trin-trin
Lou galerin
La miéu fiha noun a la rougna
Trois trois
Le fils du roi.
XXX.

PROUVERB1, BOUOI MOT, COUNSÈU E DICH
Qu duerme ben noun cregne li niera.
Qu vè pissar e noun pissa, crêpa de malícia.-'
Qu douna soun ben avan de mouri
Mérita de pati.
L'amour es lou paradis dei fouol.
L'amour es .la flou de la jouinessa.

�LA MOUORT DAU PAURE TOUNIN

Lou paure Tounin, malàut a setant'an, si presenta à l'espitàu
ma li respouondon que li a plus de plaça.
— Coumplet ! ! !
Quauqu'un li fa capi qu'em'un pau de proutecioun li pourria
intrar. Countrariat dei pas que cóu faire, Tounin vira lu taloun e
s'encamina vers la plaça Massena, piha lou tram, si rende da
Graugnard, à l'espitàu dei can, e li di :
— Moussu lou Veterinari, cresi d'estre un pau mai qu'un
can ?... En aquéu cas souîna-mi...
— Vous souînar aici, ma brav'ome perdés la testa. — Basta,
li di que n'a pas de liech pèrcourcar un crestian, que noun douna
de souin qu'ai bestia !...
Tounin, couma pensas, s'en souorte m'au couor gros e noun
sau plus à que sant si recoumandar. Era aqui au mitan dóu
camin, quoura en aquéu moumen arriba un landau, doun cala
una grossa dama, encapelada, aurias dich un ver foungi, segada
d'un varlet que pourtava religiousamen un can enfeloupat emé de
favour rosa au couol, tapat d'un tapis em'ai iniciala. En veèn
aquéu tablèu lou paure Tounin si lamenta, sangluta fouort.
— Qu'avès lou miéu brav'ome, li di la dama.
— Cen qu'ai Madama ?... trovi que lou vouostre can a mai
de chança que iéu. Li a cinquant-cinq an que travaii, pèr la premiera fès que siéu malàut, noun soulamen mi refuson à l'espitàu
dei estre uman, ma encara mi vèu picar la pouorta au nas èn
aquéu dai can.
— Quevoulès, lou miéu paur'ome, ai fach un vout de mimetre
à la Soucietà Proutetriça dei Animau, de pourtar touti li miéu
ecounoumia à la Caissa de secours pèr soulajar lou sort dei bestia.
Lou fau talamen ben, que vouguessi ben vous dounar un sóu
que pourii pas.
La dama li vira l'esquina e ientra couma un coupa-cisèu da
Graugnard. Tounin roumougna :
— Se ti veguessi en un cantoun ti dounerii mancou un gotou
d'aïga !... vièia sansuga !...
Tounin estrassinat, deble s'alonga un pau plus en là, su d'un
mouloun de peira. Quauqui oura après, couma soufrisia, n'ai-

�guènt ren en l'estomegue depi l'auba, coumençava d'aver lou
rangouioun, quoura passet un canipiè que li diguet :
— Que fès aquí, brav'ome ?
— Couma veès siéu aqui pèr tirar lu patoun. M'an refusat â
l'espitàu, même en aquéu dai can, noun mi resta que de mouri
su d'un mouioun de peira. — Avès un carnet su lou quai enregistras lu fach dóu jou, farias ben de li aloungar lou miéu testamen que poudès mentuar couma acô :
— « Bouon Diéu, se mi fes passar encara une fes sur la terra,
fe-mi naisse can au mancou, li aura une Soucietà Proutetriça dei
Animau que si crusira de iéu e pourrai estre amès en un espitau,
estre souïnat, faire bouona vida, menar une vida de can... »
ANT. ROLAND.

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VIGNE
A M. VALÉRE BERNARD.

Dans le ciel doux la Vigne ètreint les pals de buis.
Sous le pampre le merle alourdi des falernes
Tourne son col gris vair et ses paupières lemes
Qu'argenté la blancheur des immuables nuits.
O / fraîcheur, 6 beauté des Igs et des iris,
Que la Vierge éblouie avec les marjolaines
Cueille le soir venu aux vasques des fontaines
Pour colorer en fête, au crépuscule, l'Euis.
Narcisses, ébeniers, œillet et sensitive
Ah ! Versez en mon âme attiédie et pensive
L'orgueil qui souleva les clairs olympiens.
L'amour qui rafraîchit les Madones pieuses
Et qui vêt de clarté les snls athéniens
Et les ravissements des époques heureuses.
JEAN

PADOVANI.

Quauque souvèt :
Vous souveti la bouona annada.
Que siegue mihau que la passada.
Vous souveti la bouona annada acoumpagnada de touplcn
d'autri.

�Eglises et Chapelles de Nice
La vieille ville de Nice se trouvant sur la rive gauche du
Paillon, pour parler de ses églises, nous commencerons par son
église cathédrale, Sainte-Réparate, vierge et martyre, de celles du
canton Est, et en traversant la rive droite nous nous occuperons des paroisses du canton Ouest.
I. — L'Eglise Cathédrale du Diocèse de Nice est la paroisse
de Sainte Réparate, vierge et martyre, sous l'empereur Decius en
253. Sa fête est le 8 octobre. Cette église est au centre de la vieille
ville (8.500 âmes), Avant 1531 la Cathédrale était près du Donjon, plateau de Nice, et dénommée : Sancta Maria in platea,
dédiée à N. D. de l'Assomption. L'édifice actuel, dans son genre,
ressemble beaucoup à Saint Pierre de Rome, au Vatican. C'était
auparavant une simple église paroissiale
desservie par
les Bénédictins du Monastère de Saint-Pons, près Nice.
Dans son ressort se trouvent l'ancienne église de Saint
Jaume (Saint Jacques apôtre), jadis des P.P. Carmes, fermée
depuis 1903. Après le transfert du titre de paroisse à l'église de
Saint Juste, évèquc, au Gesu, elle fut placée sous la vocable de l'Annonciation de la Sainte Vierge, ainsi que la belle Eglise de la
Miséricorde, sur le Cours Saleya, jadis de Saint Gaétan, fondée
e
par les P.P. Theatins au XVIII siècle et cédée à la noble
confrérie des Pénitents Noirs.
La Cathédrale de Nice, paroisse Sainte-Réparate de nos jours,
fut comme l'ancienne au Donjon du Château {Sancta Maria in
platea), le théâtre de plusieurs f lits historiques mémorables dans
les annales de l'histoire de Nice.
II. — L'Eglise de Saint Jacques, an Gesû, dès son érection
en 1612, dédiée à Saint Juste, évêque. Sa fête est le 2 septembre.
En 1665 fut érigée en paroisse sous le titre de Saint Jacques le
Majeur, remplaçant la paroisse de Saint Jaume. On l'appelle
vulgairement le Gesù à cause qu'elle a été fondée et administrée
par les P.P. de la Compagnie de Jésus.
Appartiennent à cette paroisse les deux chapelles des confréries des Pénitents Blancs, la Sainte Croix, — confrérie la

�óo —
plus ancienne de Nice, — et des Pénitents Rouges, Saint Suaire
et de la Sainte Trinité ; l'Eglise du Couvent de là Visitation,
la chapelle de l'ancien séminaire, à la montée du Château, et
jadis l'Hospice franciscain avec chapelle de Saint Joseph des
P.P. Recollets de Cimiez, convertie en maison particulière.
L'Eglise du Gesù est d'ordre corinthien composite, cons truite sur le modèle de l'Eglise des Jésuites de Turin, dite
vulgairement les Saints Martyrs. ( 10.000 âmes).
A l'extrémité de la rue du Malonat, aux racines de l'ancien
château, on voit un oratoire à la Sainte Vierge Marie, sous le
titre de N. D. du Bon Secours. Les habitants de ce quartier érigèrent cet oratoire en l'honneur de la sainte Vierge, en reconnaissance du choléra en 1854.
III. — L'Eglise paroissiale de Saint Martin Evéque dite de
Saint-Augustin est la plus ancienne, elle fut bâtie sur l'emplacement de l'ancienne chapelle de Saint Martin (1205) et appelée
Saint-Augustin parce qu'elle était desservie par les Augustiniens
dont le couvent a été transformé en caserne. (Caserne Filley, près
l'ancienne chapelle Sincaire).
IV. — L'Eglise de Saint-Francois-de-Paule a été édifiée en
1736 d'après le plan de l'architecte
Guarini. En 1838
elle fut érigée en paroisse par décret de Mgr Galvano et appelée
aussi Saint-Dominique en souvenir de l'ancienne église paroissiale
de ce nom qui s'élevait sur la place Saint-Dominique aux lieux et
place de l'actuel Palais de Justice.
V*— L'Eglise du Port ou de l'Immaculée Conception. D'humble
origine. D'abord ce fut une fort modeste chapelle (1835), transformée agrandie par Mgr Galvano, et l'avocat théologue L. Mari
fut son premier curé..
VI. — L'Eglise Saint-Joseph nouvelle paroisse depuis 1911 la
première pierre fut posée le 19 mars 1911, bénie le 29 octobre et
ouverte au public le Ier novembre 1911 sous le patronage de Mgr
Chapon et dirigée par les soins de M. l'abbé Gabrielli.
A cette paroisse appartiennent la chapelle succursale de Saint
Joseph contigüe à l'Evêché, et la chapelle de Notre-Dame des
Anges sur l'ancienne route de Villefranche.
VIL — Saint-Roch. Cette église paroissiale dans la banlieue
de Nice fut érigée après la peste de r68r. Nice fut délivrée de ce
fléau par l'intercession de saint Roch, confesseur, né et mort à

�- Si Montpellier. La paroisse est divisée en deux quartiers, Roquebillière
inférieure et Roquebillière supérieure, jusqu'à la chapelle de NotreDame de Bon Voyage.
VIII. — Rive droite du Paillon, intra muros, se dresse Notre Dame du Vau, paroisse Saint-Jean-Baptiste, qui remplace l'an
cienne église du même nom devenue chapelle inférieure du Lycée.
Cette belle église, vœu delà ville de Nice en 1835, mt érigée en
1842 et terminée en 1852 par Mgr Galvano, évêque de Nice.
La façade ressemble à celle élevée à Turin en l'honneur du retour
du roi dans les états Sardes en 1814.
IX. — Saiiit-Pierre-d' Aréna remplace une chapelle située à la
Croix de Marbre. Elle fut érigée en paroisse en 1803 par Mgr
Colonna d'Istria. Elle doit son nom à ce fait, c'est que lors de sa
fondation elle se trouvait sur le rivage de la mer séparée par une
bordure de sable fin.
X. — Une ancienne chapelle de Sainte-Hélêne-l'Inspiratrice
existait dans ces parages. Elle fut remplacée en face la mer par
une église sous l'épiscopat de Mgr Recrosio (1727).
Six paroisses « extra muros » dépendent de la commune de
Nice.
Sainte-Marie Magdeleine, sise dans le vallon de Magnan, édifiée sur l'emplacement d'une chapelle de même nom, érigée en
1626 et dite vulgairement chapelle « dei cassaire » à cause du
grand nombre de chasseurs. Après le concordat de 1803 sous
l'épiscopat de Mgr Colonna d'Istria, ce quartier qui depuis 1771
dépendait pour le spirituel de la cathédrale fut érigé en paroisse.
Il existe encore aujourd'hui une chapelle de Notre-Dame du Bon
Conseil changée en demeure particulière . Bientôt le besoin de
la population augmentant, une église sera bâtie à la cité Robiony
par les soins du curé actuel de la Madeleine.
Plus à l'est de la ville, toujours dans le canton ouest ce
l'Arquet, se dresse la paroisse de l'Ariane dédiée primitivement à
saint Arnoux, évêque et à saint Pierre, apôtre. Elle fut érigée en
paroisse en 1809 sous l'épiscopat de Mgr Colonna d Istria. Dans
son ressort se trouve l'ancienne chapelle nécropole de l'Abbadie
fondée en 1635 en l'honneur de sainte Claire pour le besoin spirituel de 450 à 500 habitants qui appartiennent aux communes
de Nice, Cantaron Saint-André. Localité d'avenii et à laquelle
le chemin de fer Nice-Coni donnera une valeur stratégique.

�— 32 —
Gairaut avait au moyen-âge une chapelle de secours desservie
par les religieux chevaliers de l'ordre du temple au début, et par
la suite de Rhodes et de Malte. Sous l'épiscopat de Mgr François
Rosini de Martinengo la chapelle fut érigée en église paroissiale
sous le vocable de saint Sauveur o*u de la transfiguration du
Rédempteur.
Dès 1730 les P. Dominicains de Nice fondent à Saint Pancrace un sanatorium pour religieux martyrs avec chapelle en
l'honneur de Saint Pancrace martyr. Cette chapelle est érigée en
paroisse en 1848 par Mgr Galvano.
Sur le couchant de Saint-Pancrace on trouve la paroisse de
saint Roman . martyr ; l'ancienne chapelle fut érigée en paroisse
ainsi que celle de saint-Antoine de Ginestière en 1803 sous Mgr
Colonna d'Istria.
VALENT IN.

NOU VÉ
Tu Çatarina fai lou pan.
Mdumen de jota, d'alegressa,
Fes audi da toui lu couor :
Lu ange canton l'alegressa,
Fuges l'infer, Juges la mouorl.
Chntou !
L'aarika sabla, li a quaucaren aici vesin,
Sembla que senti li joia d'un festin ;
Audi lu tambourin de laen,
Lu Jlajoulet e li musela,
Lu pastre van à Bethelen
Laisson la cabana soaleta ;
Santo nuech, venes aléa nen ralegrà,
Pourtas à toui la pax et la tranquilità !
Tu Catarina fai lou pan,
Manda Lucrecia au safran,
Despende aléa lou lauvaniè,
Chapla la blea su lou taatié ;
Crala de froumai e roumpe d'iiu
E fai la iourta couma fou,
Ché n'aiguen toui en aboundança (bis)
Santa nuech, venes alèu nen ralegrà,
Pourtas à toui la pa.x e la tranquilità .'
En tant faguen etnb'au vesin
t ua santépér lou Bambin,
Toucan lou gotou de bouon vin,
Ernb'aa vesin pér lou Bambin
Ti-ri-tin-tin ! -tinTi-ri tin !

�— 3Î —

L'Expulsion de Mgr Valperga
fEN SEPTEMBRE

1792)

Le 12 octobre 1780 h population de Nice se pressait aux
abords de la porte Pairoliëre pour y recevoir en grandes pompes
le nouvel évêque Charles-Eugène Valperga di Maglione. Ce
prélat avait couché la veille selon l'usage antique à l'abbaye de
Saint-Pons et devait faire ce jour là son entrée solennelle dans
sa ville épiscopale.
Le cérémonial imposant avec lequel on avait reçu jusqu'alors
les évêques fut encore cette fois observé. L'accueil de la population entière fut des plus chaleureux au rapport de Pierre Scaliero
qui en fut témoin (1). Le nouvel évêque, qui remplaçait Monseigneur Astésan nommé archevêque d'Oristano en Sardaigne,
appartenait à une famille de vieille noblesse dont plusieurs membres avaient exercé, à Nice, des fonctions importantes (2). Il
(1) Voir aux Archives municipales le récit détaillé que ce chroniqueur en a laissé dans ses Mémoires. Pierre Scaliero mourut en 1805.
(2) Jacques Valperga, conseiller ducal, fut lieutenant du gouverneur de Nice en 1454 ; Thoma5 Valperga fut gouverneur du château de Nice en 1565 ; Jean Valperga fut également gouverneur de
Nice en 1596 ; Jérôme Valperga fut commandeur du château de
Nice en 1600 ; Pierre Valperga, frère de Jacques Valperga, était
chevalier de Malte (Arch. municipales, registre des gouverneurs,
commandants et chevaliers de Malte) ; Anne Valperga, fille dAmédée
Valperga, épousa, le commandeur de Malte Jean-Paul Lascaris.
(Voir son testament daté de 1683, arch. des Alpes-Maritimes,
registre B, 297.) Joseph Ignace de Valperga reçut de son oncle, Emmanuel Philibert Chiotera, mie partie du fief de Couaraze dont il fut
investi le 20 février 1753. Son fils, Vincent, céda ses droits à H. Novelli. Jérôme Valperga fut sénateur à Nice de 1761 à 1765, puis
ministre plénipotentiaire de Sardaigne à Gênes en 1780 ; plus tard
il fut ministre etsecrétaire d'Etat, ce dernier était le frère de l'évêque
de Nice et fils du comte François Valperga qui vivait encore en
1795Ees armoiries des Valperga étaient fascé d'or et de gueules, à
la plante de chanvre déracinée, d'argent et brochant. Le cimier
était un bouc naissant au naturel et la devise : « Ferme-toy ».
Nous reproduisons les armoiries de Monseigneur Valperga d'après celles qui se trouvent en tête du catéchisme édité par ses ordres
et dont nous devons le dessin à l'obligeance de M. Joseph Casai
(Extrait de 1' « Armoriai Artistique et Nrbiüaire », Ni.e, 1902.
3

�- 34était directeur du collège des Provinces à Turin, lorsque le roi
de Sardaigne le désigna, pour l'évêché de Nice. Il avait été sacré à
Rome où il avait fait ses études. Monseigneur Valperga se distingua immédiatement par sa vigilance et son activité : il releva
le niveau intellectuel et moral des prêtres de son diocèse et s'attacha à mettre en toutes choses la plus grande régularité. Dix-huit
mois après son installation, il publia un nouveau catéchisme
dont le plan avait été préparé par son prédécesseur ^i). Grâce à

ses relations cordiales avec la eour de Turin, il jouissait auprès
des autorités civiles de Nice d'une grande influence. Après douze
(1) Ce catéchisme en italien fut imprimé à Nice par la Société
Typographique. C'est un petit volume in-douze de 612 pages, portant
la date de 1783. En tête se trouve le mandement de Monseigneur
Valperga du 16 février 1782 qui approuve le travail terminé par
le prêtre auquel Monseigneur Astésan en avait confié le soin, ordonne
sa publication et règle l'organisation des catéchismes dans tout le
diocèse. Deux ans plus tard en 1785, Gabriel Floteront, imprima
un autre catéchisme rédigé en dialecte niçois, petit volume in-12
de 228 pages. Un exemplaire de ces deux ouvrages existe à la biblio
thèque de Nice. — Voir Villarey, Série Cronològica dei Vescovi
di Nizza. — Art. Valperga.

�-35 années de séjour dans cette dernière ville il s'était acquis l'estime
et le respect de tous.
*

• *

Lorsque le 28 septembre 1792 dans l'après-midi, les troupes
piémontaises évacuèrent Nice, il y eut dans cette ville une effroyable panique et des milliers d'habitants s'enfuirent dans la direction de Turin. Ce fut un désarroi et une désorganisation complète de toutes les autorités. iMonseigneur Valperga resta à son
poste et s'engagea à ne point quitter la ville. Le lendemain samedi
29 septembre, il accompagna le second consul Honoré Saissi et
quelques membres du Conseil qui se rendirent, vers les onze
heures du matin, à la villa Feraudi, au quartier St Hélène, pour
offrir les clefs de la cité au général d'Anselme qui venait d'y
arriver à la tête des troupes françaises. Le général fit à la délégation assez bon accueil, mais il s'étonna de trouver parmi ses membres, l'évêque dont la place déclara-t-il n était pas là. Du reste,
d'Anselme attacha si peu d'importance à la démarche îles magistrats niçois que dans aucune de ses dépêches officielles il n'en fit
mention.
Sur le soir du même jour, la petite armée française faisait son
entrée dans la ville et le général s'installait dans la maison du
consul de France à la place St Dominique. L'évêque de Nice qui
tenait à rester au milieu de ses diocésains se présenta de nouveau
vers les huit ou neuf heures du soir chez le général auquel il voulait recommander ses prêtres en lui demandant des respecter les
églises. Le général était entouré de tout son état-major, du consul
de France, Pierre Le Seurre, de Honoré Saissi, second consul, de
Féraudi, secrétaire général de la commune. Ces deux derniers
venus probablement pour appuyer les demandes de l'évêque.
L'accueil du général ne fut pas plus encourageant que la première fois ; il intima même avec insistance au prélat l'ordre de
quitter ta ville en ajoutant que le plus tôt serait le mieux et ce
fut sur ces dernières paroles que l'évêque se retira après avoir toutefois reçu du général la promesse que tout ce qu'il laisserait dans
son palais serait placé sous la sauvegarde de la Nation française.
Il n'y avait pas à tergiverser, l'ordre était formel et pressant, il
fallait partir. L'évêque prit ses dernières dispositious et délégua,
au curé de la cathédrale, le chanoine Honoré Navello, tous les
pouvoirs nécessaires pour administrer le diocèse en son absence.
Aux premières lueurs du jour, Valperga quitta son palais, et se

�— 36 dirigea à pied vers la porte Pairolière. Il avait été impossible de
trouver une voiture car tous les moyens de transport avaient été
réquisitionnés et utilisés le 28 septembre pour permettre l'exode
des habitants terrorisés. Il avait ordre de partir, mais cet ordre
n'ayant pas été donné par écrit, les volontaires marseillais, de garde
à la porte de Turin, refusèrent de le laisser passer, l'accablèrent
d'injures, le menacèrent même de le pendre et ne consentirent á
le lâcher que sur un ordre écrit, sollicité et obtenu du général,
grâce à l'intervention courageuse et au sang-froid d'un jeune
niçois, Joseph Castellinard. Monseigneur Valperga se retira à
Turin et y mourut en 1805 sans avoir jamais pu obtenir l'autorisation de rentrer.
*

* *

Il est établi par les documents officiels contemporains que
Monseigneur Valperga ne quitta son siège que sur les ordres arbitraires du général d'Anselme et ces mêmes documents nous
renseignent très exactement sur les incidents fâcheux qui se produisirent au départ de l'évêque. Du reste, on n'ignorait pas à Nice
comment les choses s'étaient passées et la population savait grê à
Valperga de son attitude et de sa fermeté. De son côté, Valperga
avait eu confiance dans la parole à lui donnée par le général au
nom de la Nation française et à plusieurs reprises il manifesta
son étonnement qu'elle n'ait pas été gardée, que ses biens aient
été confisqués, son mobilier vendu, son nom inscrit sur la liste
des émigrés alors qu'en partant il n'avait cédé qu'à la force.
Parmi les nombreux documents qui se trouvent soit aux archives de Nice, soit aux archives nationales il en est quelques-uns
dont la simple reproduction sera plus probante que tous les corn,
mentaires. Il_suffira de citer :
•i° La lettre du Directoire des Colons Marseillais en date du
25 février 1793, adressée aux citoyens Blanqui et Veillon, députés
extraordinaires de la ville de Nice à Paris, au sujet des réclamations présentées le 23 du même mois par Jean-Jacques Donny, au
nom de Mgr Valperga.
20 La réponse du même Directoire à J.-J. Donny, en date du
26 février 1793.
3„ L'arrêté du Département en date du 13 avril 1793.
40 La réclamation présentée au Directoire du département

�Valperga, aussitôt après son inscription sur la liste des émigrés de
la ville de Nice, dressée à la fin de juin 1793.
50 Les états de frais pour l'inventaire et la vente du mobilier
et effets de « l'émigré Valperga Maillone, citoyen évêque » approuvés par le département des Alpes-Maritimes, le 5 germinal an
III (25 mars 1795).
6° Les actes de notoriété dressés le Ier et 2me fructidor an III
(18 et 19 août 1795) par Gautier, juge de paix à Nice, à la requête de Pierre-Joseph Passeron, agissant en qualité de procureur
subrogé par Nicolas Giorni, procureur spécial et général de Mgr
Valperga, par acte de procuration reçu à Turin le 20 juillet 1795,
notaire Pierre-Joseph Bernochio.
70 La pétition adressée au district de Nice le 4 fructidor an III
(21 août 1795) par Pierre-Joseph Passeron, demandant la radiation du nom de Valperga sur la liste des émigrés.
8° L'avis du district de Nice en date du 5 vendémiaire an IV
(27 septembre 1795) déclarant que Mgr Valperga doit être rayé
de la liste des émigrés.
90 L'arrêté du département des Alpes-Maritimes, en date du
14 prairial an V (2 juin 1797) ordonnant la radiation provisoire
du nom de Valperga de la liste des émigrés.
io° L'acte de cautionnement dressé par le département le
11 fructidor an V (28 août 1797), à la requête de Pierre-Joseph
Passeron, procureur de Mgr Valperga en exécution d'une des
clauses de l'arrêté du 14 prairial an V (2 juin 1797).

�- 38 —

DOCUMENTS ET PIÈCES D'ARCHIVES

Pièce 1.

25 février 1793
Aux cit. Blanqui et Veillon
Une lettre du cit. Donny, associé du citoyen LeClerc, défunt président de l'ancienne administration
provisoire, dont vous avez ci-inclus l'extrait ( 1 ), nous
fait connaître que le cit. Valperga, évêque de Nice,
laissa avant son départ (ordonné à son retour par
Anselme) dans sa maison pour environ 34.000 livres,
argent monnayé, et environ pour 17.000 d'effets en
vaisselle, linge, batterie de cuisine etc.
Une portion de ces effets se trouvent encore dans
ladite maison, sous l'inventaire que nous en avons
fait dresser par les commissaires de l'une et l'autre
administration, lorsque nous avons été installés, mais
il s'en faut de beaucoup qu'elle puisse arriver à la
somme de 17.000 livres, pas même le tiers.
Quant à l'argent monnayé entré dans la caisse du
receveur de l'ancienne administration, nous n'y
voyons point la somme que ledit Evêque désigne
avoir laissé dans sa maison. Nous vous remettons cijoint un extrait de l'état des sommes' que le cit.
Bonnet a reçu en espèces, pendant toute sa gestion
de receveur et trouvées parmi les effets des émigrés
français et niçois.
Nous ne voulons rien préjuger sur l'assertion du
cit. Valperga, quoique nous ayons des indices frappants de vérité. Ce ne sera que lorsque nous aurons
pu les convertir en preuves par le témoignage de
quelques citoyens que nous nous procurerons, pour
pouvoir en demander la restitution et la poursuite
contre le pillage.
En attendant, noùs croyons devoir vous faire part
de cette découverte que nous allons communiquer au
Président de la Convention Nationale et au Ministre.
Arch. des A. M. Registre de la correspondance du
Directoire des Colons marseillais L. 5.
Cet extrait manque au registre ainsi que les autres pièces
énoncées dans celte lettre.

�-hLe 2érae février 1793.
Au citoyen Donny, négociant à Nice
Pièce 2.

Votre lettre du 23me de ce mois, citoyen, nous
demande des renseignements sur le temporel du
citoyen Valperga, Evêque de Nice. Nous allons vous
transmettre tous ceux qui sont à notre connaissance
L'administration provisoire en choisissant l'Evêché
pour le lieu de ses séances, vint s'y établir dans les
premiers jours d'octobre, et tout nous porte à croire
qu'elle ne fit aucun inventaire des effets qui s'y trouvaient, du moins nous n'en avons trouvé aucun dans
les papiers qu'elle nous a remis.
En succédant à cette administration provisoire,
uous avons cru que notre premier devoir était de faire
un inventaire de tout le mobilier renfermé dans la maison épiscopale. Nous y avons successivement procédé
en présence des administrateurs provisoires et à mesure qu'ils nous en remettaient les clefs. Tout le mobilier qui s'y trouvait, ne consistait guère qu'en
meubles meublants et ne nous paraît pas avoir la
valeur de 17 mille livres que l'Evêque lui donne.
Vous pourrez, si vous le jugez à propos, faire prendre
à notre secrétariat une copie de cet inventaire. Tout
ce. qui n'est point renfermé dans les appartements
que nous occupons au premier étage, a été laissé à la
garde de Jean Poma, ancien concierge de l'Evêque et
le nôtre.
Pour nous éclairer sur les 34.000 1. argent monnayé que l'Evêque doit avoir laissé en sa maison,
nous avons écrit au cit. Bonnet, receveur de l'administration provisoire, pour lui demander un état des
sommes en numéraires versées dans sa caisse, comme
ayant été saisies et trouvées parmi les effets des Emigrés français et niçois. L'état qu'il nous a remis ne
monte qu'à 74121. 16 s, et aucun article n'a du rapport
avec les réclamations du citoyen Valperga.
Quant à ce qui concerne personnellement le
citoyen, nous avons demandé au Ministre de l'Intérieur de vouloir bien nous dire la manière dont nous
devions l'envisager. Nous savons qu'un ordre arbi-

�— 40 —
traire de Danselme l'obligea de quitter Nice, le jour
de l'entrée des Français. Mais nous pensons aussi que
la proclamation des Commissaires de la Convention
nationale de France et le décret de celle de Nice,
concernant les Emigrés, étaient des motifs suffisants
pour le ramener à son poste et le rassurer sur les
suites de son retour. En persistant à prolonger son
absence, il s'expose à être traité comme émigré, à se
voir déclarer déchu de sa place et confisquer tous ses
biens. Telle est la disposition de la loi, et quoique
nous ayons consulté le ministre sur le cas particulier
de l'Evêque, nous prévoyons que sa réponse sera de
nous en tenir à la rigueur des lois, ainsi que plusieurs
instructions nous l'ont déjà annoncé.
Vous sentez, citoyens, que tout le mobilier de
l'Evêque doit rester séquestré jusqu'à son retour ou à
la décision du Ministre. Il peut être tranquille sur la
conservation de tout ce que nous avons trouvé en
entrant dans sa maison. Ce qui a pu en être enlevé
avant notre entrée en fonctions, est étranger à notre
gestion. Mais nous employerons tous les moyens qui
sont en notre pouvoir pour en trouver les traces, en
acquérir les preuves et en faire punir les coupables.
Les administrateurs, etc.
Archives des A.-M., Registre
suivants.

,L. 5,/°7i verso et

Lettre des commissaires de la Convention
Nationale et arrêté du Département des A. M.
Nice, le 9 Avril 1793, l'an 1 Ie de la Repu bublique Française.
« Vous voudrez bien, citoyens, en nous envoyant
les noms et prénoms de l'évêque de Nice, nous instruire officiellement d'après les "dispositions des lois,
s'il est censé démissionnaire et son siège vacant.
« Les Commissaires de la Convention Nationale
au département des A. M.
GRÉGOIRE, JAGOT (I)

(1)

Archives des A. M. L. 29 ancien. L

7

actuel.

�— 4i (i3 avril 1793)
Le Directoire ; vu la réquisition du citoyen Procureur Général sindic « Considérant que Charles Eugène Valperga, évêque de Nice, n'avait point quitté
son domicile lors de l'entrée des troupes de la République ; considérant qu'il a lui méme-accompagné les
consuls d'alors quand ils furent présenter les clefs
de la ville et inviter le général Anselme à venir en
prendre possession au nom de la République ; considérant que le général Anselme par ses ordres arbitraires et tiranniques, accompagnés même de menaces contre ses jours, l'ont forcé de s'éloigner ; arrête
qu'il ne peut le déclarer émigré, et qu'il sera répondu
aux Commissaires de la Convention nationale d'après
les principes ci-dessus.. »
Sign : PAUMÉ ; BARLI FABRI ; F. CASTKLIMARD ;
ANGLES ; BERNARDI, secrétaire général. (1)
pjj

ce

^

Aux citoyens composant le Directoire du
département des Alpes-Maritimes..
22 juillet 1793.
Citoyens,
Le citoyen Jean-Jacques Donny, soussigné, chargé
des intérêts du citoyen Valperga, évêque de Nice
absent, ayant été informé que par votre délibération
du 29 du mois passé, ledit citoyen Valperga avait été
déclaré émigré, vous représente avec tous les égards

(1) Archives des Alpes-Maritimes, Registre L,. 3, folio 101. L'Arrêté n'est pas signé par le procureur syndic Jean-François Tourre
ni par l'administrateur Jean-L,ouis de Villiers qui ne partageaient
point l'opinion de leurs collègues. A noter que Tourre était d'Antibes
et que de Viliers était un médecin français établi depuis longtemps
à Nice.
I/Arrêté fut pris malgré le réquisitoire de Tourre qui voulait
déclarer Monseigneur Valperga émigré et malgré un violent discours de Villiers soutenant la même thèse qui fut combattue par
Barli Fabri, par Castclinard et par Anglès. J'ai déjà publié in-extenso
cette délibération du 13 avril T793 au cours d'un article sur l'église
de Nice en 1792-1793 inséré dans Nice Historique du Ier avril 1903,
C'est pourquoi je reproduis ici simplement la lettre des
commissaires et l'arrêté du département.

�- 42 —
dûs au pouvoir dont l'exercice vous a été confié par
le peuple souverain que le citoyen Valperga ne peut
ni ne doit sous aucun rapport être considéré comme
émigré, par les motifs ci-après :
i° Qu'il est de notoriété publique qu'il n'a quitté
le pays que contre son gré et par ordre du général
Anselme :
2° Qu'il a constamment été disposé et a offert
de revenir dans son diocèse, moyennant qu'il ne fut
assujetti à prêter qu'un serment relatif au temporel et
non au spirituel.
3° Qu'enfin et par la raison que n'étant point
indigène, mais étranger, son séjour ici n'a été dé terminé que par sa nomination à l'épiscopat, événement casuel qui n'a jamais pu le soumettre à l'obligation de renoncer pour toujours à sa mère-patrie.
Tous ces motifs, soit qu'on les prenne collectivement ou séparément, démontrent suffisamment,
citoyens administrateurs, le droit incontestable, qu'a
le citoyen Valperga de demander et prétendre la
radiation de son nom du tableau des émigrés, et si
le ministre de l'Intérieur n'a fait aucune distinction
entre lui et les autres citoyens, c'est sans doute qu'il
a ignoré les circonstances qui vous sont exposées
ci-dessus, et notamment la dernière, car s'il les eût
toutes connues, il n'est nullement probable qu'il eût
décidé comme il l'a fait. Toute hypothèse contraire
serait une injure faite à ses sentiments et à ses lumières. Un homme tel que lui, dont les vertus civiques, le patriotisme et les talents l'ont appelé au
poste aussi honorable que pénible qu'il occupe, doit
ressembler autant que possible à la Nation pour
laquelle il agit et qui l'a honoré de sa confiance.
Cette nation est grande, généreuse, magnanime,
juste et bienfaisante.Elle ne peut qu'êtreextrêmement
jalouse de sa gloire, et l'un des principaux devoirs de
ses agents est d'éviter soigneusement d'en ternir
l'éclat.
Le refus qui serait fait de rayer de la liste des
Emigrés le nom du citoyen Valperga, refus qui entraînerait avec lui la confiscation des minces propriétés de ce citoyen, serait un acte qui imprimerait à

�-

43

-

jamais une tache ineffaçable à la gloire du nom français ; tache qui ne pourra manquer de frapper également les yeux des contemporains et ceux de la postérité ; tache enfin que les historiens ne manqueront
pas de faire ressortir par des couleurs enluminées, et
le bel effet qu'un pareil tableau produirait, citoyens
administrateurs, serait votre ouvrage.
Mais non, loin de nous, cette idée ! Vous êtes
républicains ! cela suffit. Les républicains sont vertueux. Ils aiment, chérissent, protègent, respectent
la vertu partout où elle se trouve. Et le citoyen Valperga aussi est un homme vertueux ! Qui en doute ?
Nul bon citoyen, nul honnête homme. Souvenezvous, citoyens administrateurs, que ce n'est que par
ses vertus qu'il a mérité l'amour et l'affection du
peuple Niçois et non par sa qualité d'évêque. Et plût
à Dieu que tous les ecclésiastiques lui eussent ressemblé ! La France n'eut point éprouvé d'aussi horribles secousses, pour asseoir, affermir et assurer sa
liberté.
La République a incontestablement le droit de
renvoyer hors de son sein tout individu qui ne lui
convient pas, mais en renvoyant ainsi un étranger
qui, d'ailleurs, n'a pas encouru la peine de la confiscation de ses biens, elle lui permet de les emporter ou
de les vendre et d'en emporter le produit. Tel est
précisément le cas du citoyen Valperga.
L'exposant demande en conséquence, citoyens
administrateurs, qu'il vous plaise prendre dans votre
sagesse une délibération tendante à rendre audit
citoyen Valperga sa qualité de citoyen français non
émigré, à lui accorder un délai compétent pour rentrer dans ce pays soit comme simple citoyen ou
comme fonctionnaire public et à lui assurer dans
tous les cas la restitution de ses propriétés par lui
laissées sous la sauvegarde de la loyauté française
dans la maison épiscopale, lors de sa retraite forcée,
ou la juste indemnité de leur valeur. Et sera justice.
Nice, le 22 juillet 1793, l'an second de la République française, une et indivisible.
Jean-Jacques DONNY.
l
ARCHIVES NATIONALESF/ 4.867 , dossier Valperga.

�- 44 Pièce 5.

Etat de frais de vente pour parvenir à l'inventaire
et vente des effets de l'émigré Valperga Maillone,
citoyen évêque :
5 germinal an III (25 mars 1795)
Pour une séance de trois commissaires dont un du
District et deux de la Commission municipale, fixée
à trois livres par séance par le Directoire du district
et approuvé par les Représentants du
Peuple
L.
9 »
Papier timbré tant de la minute que
des deux extraits
»12
Pour la copie desdits deux extraits . .
» 8
Droits d'enregistrement
13 10
31

2

Nous soussignés certifions le compte ci dessus véritable.
Signés : J.-B. Thomaty, comm. du dist. ; Savigny,
comm. munie. ; Mabil, comm. municip.
Frais de la vente :
Pour quatre séances de deux corn missaires dont un
du District, un de la Commis, mun. sans le membre
de l'administration fixées à trois livres par séance par
le Directoire du district et approuvé par les Représentants du Peuple .
L.
24 »
Au trompette pour publication de
quatre criées
5 »
Au crieur à la vente, quatre séances .
12 »
Aux portefaix qui ont travaillé au
transport des effets
40 »
Papier timbré tant de la minute que
de l'extrait
1 »
Bougie
3 »
Droits d'enregistrement
27 »
Papier timbré du petit état
» 4
A la femme qui a assisté à la vente
pour l'arrangement du linge
» 12
L.
Signés : J.-B. Thomaty, comm. du
district ; Savigny, comm. municip.

1

159 6

�Vu par nous, membres composant la Commission
Administrative du district et d'après l'arrêté du district, approuvé par les Représentants du Peuple et la
loi du il et 12 Mars, arrête l'état des frais ci-dessus
se montant à la somme de cent cinquante neuf livres
trente centimes, qui seront acquittés par le receveur
du droit d'Enregistrement lorsque le Département
aura vérifié ledit état.
Nice, le 29 ventôse an 3"" de la République française une et indivisible (19 mars 1795).
(Suivent les signatures).
Vu l'état des frais ci-dessus pour parvenir à l'inventaire et vente du mobilier de l'émigré Valperga
Maillone ci-devant évêque.
Vérifié et arrêté par le Directoire du district de
Nice, la Commission Administrative du département
des Alpes-Maritimes approuve ledit état et ordonne
au citoyen Maussier, receveur de l'enregistrement
cîudit district de payer aux citoyens J. B. Thomaty
et Savigny, comm. la somme de 159 livres et 30
centimes pour montant des frais pour inventaire et
vente des susdits effets de l'émigré, laquelle somme
lui sera allouée en compte.
Fait à Nice le 5 germinal an 3me républicain ( 25
mars 1795).
Etat des frais pour parvenir d la vente du mobilier de
l'émigré Charles Eugène Valperga Maillone, citoyen
évêque.
Pour trente-neuf séances de trois commissaires
dont un du District et deux de la Commission municipale, fixé à trois livres par séance par le Directoire
du district et approuvé par les Représentants du
peuple
L.
351 »
A deux portefaix, dix-neuf journées et
demi chaque fixées à cinq livres par jour.
195 »
Au trompette pour publication de
trente-neuf criées fixées à une livre cinq
sols chaque
48 r 5
Au crieur à la vente, trente-neuf séan
ces fixées á trois-livres par séance ....
117 »

711 1$

�- 4* Report
Papier timbré tant de la minute que
de l'expédition
Pour copie dudit extrait fixé à quatre
livres
Papier timbré du présent état ....
Bougie
Droit d'enregistrement
Plus deux autres journées de portefaix à cinq livres
Un paquet de plume
L.

148
4
6
421

»
4
»
»

20
5

»
»

1.182

7

Nous soussignés certifions le compte ci-dessus,
véritable.
Nice, le Ier ventôse an 3me de la République (19
février 1795).
Signés : J.-B. Thomaty, commissaire du district ;
Savigny, comm. ; Honoré Mabil, comm. municipal.
Vu par nous, membres composant la Commission Administrative, de ce District, et d'après la loi
du 11 et 12 Mars 1793 (v. s.) et l'arrêté de cette
Commission approuvé par les Représentants en date
1^ Fructidor, oui l'agent national, arrête l'état des
frais se montant à onze cent huitante deux livres et
trente cinq centimes qui seront acquittés par le
receveur de l'agence de l'enregistrement sur le produit de la vente desdits meubles, lorsque le Département aura vérifié ledit état.
Nice le 29 ventôse an 3me de la République
française une et indivisible (19 mars 1795).
(Suivent les signatures).
Vu l'état des frais ci-dessus pour parvenir à la
vente du mobilier de l'Emigré Valperga Maillone cydevant évêque.
Vérifié et arrêté par le Directoire du district de
Nice.
La Commission administrative du département
des Alpes-Maritimes, approuve ledit état et ordonne

�— if au citoyen Maussier, receveur de Penregistrement
dudit district de payer aux citoyens J.-B. Thomati,
Savigni et Honoré Mabil, commissaires, la somme de
mille cent quatre vingt deux livres trente cinq centimes pour montant des frais de la vente des susdits
effets de l'Emigré. Laquelle somme lui sera allouée
en compte.
Fait â Nice le 5 germinal an 3me républicain (25
mars 1795).
Arch. des A. M. L. 15 ancien p. 44-45 N° 34-35

Actes de Notoriété
Pièçe g

1-2-fructidor an III
18-19 août 1795
EGALITÉ, LIBERTÉ

AU NOM DE LA LOI
Ce jourd'hui, premier Fructidor, l'an troisième
(18 août 1795 de la République française, une et indivisible, à Nice, chef-lieu du département des AlpesMaritimes, par devant Nous, Antoine Gautier Juge de
paix de la Ier, 2m" et 3me section et officier de police,
est comparu le citoyen Pierre Joseph Passeron, natit
tic la commune de Contes et habitant en celle de Nice
depuis plusieurs années.
Lequel en sa qualité de procureur du citoyen
Charles Eugène Valperga de Maillone, évêque de Nice,
subrogé par le citoyen Nicolo Giorni, homme de loi,
procureur spécial et général établi (par acte reçu) par
le notaire Pierre Joseph de Bernochio, le 20 Juillet
dernier (v. s.) qu'il présente, légalisé par le résidant
de la République de Gênes auprès de la Cour de Turin, dont il résulte le pouvoir donné au citoyen Giorni, de subroger en son lieu et place, avec tous les
pouvoirs compris au dit acte, et il présente au surplus l'acte de sa dite subrogation faite par le même
citoyen Giorni, reçu en la ville de Gênes le premier

�- 48 du mois d'août dernier (v. s.) par le notaire Antoine
Baglietto, légalisée par le consul de la République
française.
Il expose que le vingt neuvième jour de septembre
de l'année 1792, l'armée de la République, étant arrivée en cette ville, commandée en chef par le citoyen
général d'Anselme, lorsque ce général, vers le soir,
fut arrivé et il eut pris son logement dans la maison
habitée par le ci-devant consul de la République Le
Seurre, ledit citoyen Evêque Charles Eugène Valperga de Maillone s'y étant présenté, ledit général d'Anselme, en présence de tout son Etat-Major, lui signifia
d'abord de devoir partir de cette ville. Sur quoi le
dit évêque ayant répondu qu'il avait cru de pouvoir
continuer sa résidence en cette ville et tellement l'avait cru, qu'il n'avait jamais pensé de distraire et en
faire partir le moindre de ses meubles et effets, qu'il
avait dans la maison d'habitation de l'tvêque et que
si absolument il lui ordonnait de partir, il le priait de
lui accorder la sauvegarde sur tous lesdits effets et
meubles. Le dit général d'Anselme lui répliqua qu'il
dut absolument partir de cette ville, en ajoutant que
le plus tôt en serait le mieux, et qu'à l'égard de ses
meubles et effets qu'il avait, il les mettait dès ce ino
ment sous la sauvegarde et loyauté de la Nation française et qu'il pouvait en être tranquille, après quoi ledit
évêque Valperga de Maillone, tout tremblant, ayant
dit qu'il allait se conformer dès le lendemain au matin à ses ordres, se retira ; ledit général d'Anselme
lui ayant encore répliqué : le plus tôt sera le mieux.
Et comme il importe audit citoyen évêque Valperga de Maillone de constater le fait ci-dessus expo"sé, suivi en présence de tout l'Etat-Major dudit général d'Anselme et de plusieurs citoyens de cette commune, l'exposant, en sa dite qualité vous présente les
citoyens Pierre Le Seurre, ci-dessus nommé, ci-devant
consul en cette ville de la République, le citoyen Honoré Saissi de cette commune qui pour lors était second consul de la même commune, le citoyen Philippe Emmanuel Féraudi qui pour lors était secrétaire de
Ìa même commune et le citoyen Ange Giraudi aussi

�- 49 de cette commune, pour recevoir leurs dépositions
sur ledit exposé et vous fait instance que de tout lui
soit concédé acte, ce que nous lui avons accordé, et a
signé.
PIERRE JOSEPH PASSERON.

Et de suite se sont présenté les susnommés
citoyen Le Seurre, natif de Craon, âgé de 75
ans, bourgeois, le citoyen Saissi, âgé de 70 ans,
négociant, Emmanuel Feraudi, âgé de 68 ans, notaire, Ange Giraudi, âgé de 63 ans, négociant,
natifs et domiciliés dans cette commune, auxquels
après avoir fait lecture dudit exposé fait par ledit citoyen Pierre Joseph Passeron, en sa dite qualité, les
avons interpellés sur serment que leur avons fait prêter, conformément à la loi, de nous dire en leur âme
et conscience si tous les faits énoncés dans le même
exposé sont de leur connaissance et tous les quatre ont
répondu et attesté tant uniment que séparément en
être pleinement informés, s'y étant trouvés présents,
et que le tout contient la vérité, toute la vérité et
rien que la vérité. En foi de quoi ils ont signé :
LE SEURRE, HOSORI'J
SAISSI, PHILIPPE EMMANUEL FÉRAUDI,
ANGE

GIRAUDI.

Et nous, juge de paix, vu les dépositions ci-dessus, avons de tout concédé acte au susnommé citoyen
Pierre Joseph Passeron en sa dite qualité, pour lui
servir et valoir dans tous les cas, à ce que de droit et
de raison. Fait à Nice, l'an et le jour que dessus.
GAUTIER, juge de paix.
BONIFACI, sec. greffier.
Vu par nous, membres du District de Nice, 3 vendémiaire an IV rép. 25 sep. 1795, TOSELLI, JN COPPON
fils, VÉRANI pr. syndic, SAYTOUR Martin.

�— 5o —
EGALITÉ, LIBERTÉ.

AU NOM DE LA LOI
Ce jourd'hui. second jour de Fructidor de l'an 3
août 1795) de la République française une et indivisible, à Nice, chef-lieu du département des AlpesMaritimes, par devant nous, Antoine Gautier, juge de
paix de la iere, 2M* et 3ME section et officier de police,
est comparu le citoyen Pierre Joseph Passeron : natif
de la commune de Contes et habitant en celle de Nice
depuis plusieurs années
Lequel en sa qualité de procureur du citoyen
Charles Eugène Valperga de Maillone, évêque de
Nice, subrogé par le citoyen Nicolo Giorni, homme
de loi, procureur spécial et général établi (par acte
reçu) par le notaire Pierre Joseph de Bernochio, le 20
Juillet dernier (v. s.) qu'il présente, légalisé par le résidant de la République de Gênes auprès de la Cour de
Turin, dont il résulte le pouvoir donné au citoyen
Giorni, de subroger en son lieu et place, avec tous les
pouvoirs compris audit acte, et il présente au surplus
l'acte de sa dite subrogation faite par le même citoyen
Giorni, reçu en la ville de Gênes le premier du mois
d'août dernier (v. s.) par le notaire Antoine Baglietto,
légalisée par le consul de la République française.
Expose : Primo, que le matin du trente septembre 1792, le citoyen Charles Eugène Valperga de
Maillone, évêque de Nice, en partant de cette ville
avec deux domestiques à sa suite, qui portaient un
paquet et quelques effets, fut arrêté à la porte qui conduit en Piémont, ci-devant nommée porte Victoire,
et conduit au vestibule de la maison presque attenante
à ladite porte, appartenant au citoyen Dominique
Castellinard, où se trouva le citoyen Joseph Castellinard, fils dudit Dominique, et malgré que ledit Evêque Valperga déclara aux soldats de la Garde de la
dite porte qui étaient des Marseillais, que c'était en
conséquence d'ordre qui lui avait été signifié par le
citoyen général d'Anselme qu'il partait de cette ville,
lesdits soldats commencèrent par le malmener et lui
(19

�signifier qu'ils voulaient le pendre et ayant ouvert
ledit paquet et y ayant trouvé entre autres effets, une
ceinture d'évêque, ils déterminèrent, à l'instant, de le
pendre avec ladite ceinture, et ayant essayé si la même
était assez forte pour le soutenir, en la préparant, elle
se fit en lambeaux, de façon qu'ils vérifièrent qu'elle
ne pouvait leur servir et demandèrent audit Joseph
Castellinard fils une corde, pour pendre ledit évêque,
à un grand anneau de fer qui était au plafond dudit
vestibule, servant â y passer une verge de fer pour
peser les marchandises, et ledit citoyen Castellinard
fils, leur ayant absolument refusé de leur donner de la
corde, en s'excusant qu'il n'en avait point, comme
dans tous ces entrefaits ledit évêque se trouve mal et
ne peut plus se soutenir, ledit Castellinard fils lui fit
apporter une chaise, par sa servante à qui quelques
uns de ces soldats donnèrent des coups de poing pour
avoir porté ladite chaise et le même Castellinard le
fit ensuite asseoir sur ladite chaise, en le soutenant,
parce qu'il ne pouvait se soutenir droit ; d'autant plus
qu'en attendant, lesdits soldats marseillais lui disaient mille exécrations, lui crachaient dessus et lui
donnaient des soufflets, et assurément ils l'auraient
fini, si dans cet intervalle un de ses domestiques
n'avait été dire au citoyen général d'Anselme ce qui
venait d'arriver, et ledit domestique étant venu avec
un billet dudit général d'Anselme qui ordonnait à la
garde de le laisser partir, puisque c'était de son ordre,
en conséquence de ce billet lesdits soldats marseillais
se bornèrent pour lors à lui dire et crier mille invectives et injures et le laissèrent partir, ce que ledit
évêque, malgré qu'il ne pût se remuer, à l'aide de ses
domestiques fit au mieux possible en tremblant, de
façon qu'il doit son existence au refus ferme et déterminé que ledit citoyen Castellinard fils leur fit de
leur donner une corde, sans quoi avant l'arrivée du
dit domestique portant l'Ordre du général d'Anselme, il aurait été pendu et étranglé.
Secondoque lefaitci-dessusfut d'abord public et notoire, de notoriété publique dans cette ville et encore
plui le lendemain premier octobre, puisque les autres

»

�— 52 —

soldats de la Phalange Marseillaise, arrivés sur le soir
dudit jour trente septembre, d'abord après leur arrivée
cherchèrent l'évêque qu'ils voulaient le lanterner et
mettre en pièces, comme ils s'expliquèrent hautement,
ce qui joint au fait arrivé dans ledit vestibule de la
maison Castellinard, étant devenu d'une notoriété publique donna l'épouvante à tous les gens honnêtes du
pays, qui disaient que le citoyen général d'Anselme en
ordonnant audit évêque de partir, en mettant sous la
sauvegarde de la Nation française ses meubles et ses
effets, avait voulu le sauver.
Et comme il importe audit citoyen Passeron, exposant en sa dite qualité, de constater par témoins le
fait ci-dessus exposé, il nous présente ledit citoyen
Joseph Castellinard fils de Dominique de cette commune, âgé de 21 ans, de profession, négociant, qui se
trouva présent au fait énoncé dans le Ier article de l'exposé ci-dessus, et au surplus informé de la notoriété
des faits énoncés au second et dernier chef, de ladite
exposition et il nous présente les citoyens Jean-Jacques Donny, natif de Neufchâtel en Suisse, âgé de 39
ans, de profession, négociant ; Joseph Poullan, natif
de Clavesana, en Piémont, âge de 48 ans, négociant ;
Jacques Gerbin, âgé de 60 ans, tailleur, Jean-Marie
Thaon, âgé de 56 ans, négociant, natifs et tous domiciliés en cette commune pour déposer sur ladite
notoriété énoncée dans ledit second fait exposé, pour
recevoir leurs dépositions, et nous fait instance que de
tout lui soit concédé acte, ce que nous lui avons accordé et a signé.
Pierre-Joseph PASSERON .
Et de suite se sont présentés les susnommés citoyens Joseph Castellinard, Jean-Jacques Donny, Joseph Poullan, Jacques Gerbin, et Jean-Marie Thaon,
ci-dessus qualifiés, auxquels après avoir fait lecture
dudit exposé fait par ledit citoyen Passeron, en sa
dite quálité, les avons interpellés sur serment, que
leur avons fait prêter, conformément à la loi, de nous
dire en leur âme et conscience, si tous les faits énoncés dans le même exposé sont de leur connaissance,

�- 53 et ledit citoyen Joseph Castellinard a répondu et
attesté en être pleinement informé pour avoir été
présent au fait exposé dans le i" article de ladite exposition, et pour avoir publiquement entendu dire les
faits énoncés dans le second chef qui était en cette
ville notoire de notoriété publique et lesdits citoyens
Jean-Jacques Donny, Joseph Poullan, Jacques Gerbin,
Jean-Marie Thaon, ont répondu et attesté tant uniment que séparément être pleinement informés de
l'énoncé dans le second chef de ladite exposition,
puisque les faits y énoncés étaient notoires, de notoriété publique en cette ville, et tous lesdits citoyens
ont respectivement attesté pour ce qui les concerne
que tout contient la vérité, toute la vérité et rien que
la vérité. En foi de quoi ils ont signé : Joseph Castellinard fils,Jean-Jacques Donny, Joseph Poullan, Jacques
Gerbin, Jean-Marie Thaon.
Et nous, Juge de paix, vu les dépositions ci-dessus,
avons de tout concédé acte au susnommé Pierre Joseph Passeron en sa dite qualité pour lui servir et valoir dans tous les cas, à ce que de droit et de raison.
Fait à Nice l'an et jour que dessus.
GAUTIER,
BONIFACI,

juge de paix.
sec. gref.

Vu par nous, membres Du district de Nice, le 3
vendémiaire anIV rep. (25 sept. 1795).
Jn. COPPON fils, VÉRANi, pr. syndic, TOSELLI, Saytour
MARTIN.

Arch. Nat. F

7

4867 *

�54 -

PÉTITION au DISTRICT de NICE
et AVIS de ce DISTRICT
ÉGALITÉ,

LIBERTÉ

5 vendémiaire
27 septembre 1795 an IV
AUX

CITOYENS ADMINISTRATEURS
DU DISTRICT DE NICE

Le citoyen Pierre Joseph Passeron, natif de la
commune de Contes, habitant en celle de Nice depuis plusieurs années.
Vous expose en qualité de procureur du citoyen
Charles-Eugène Valperga de Maillone, évêque de
Nice, subrogé par le citoyen Nicolo Giorni, homme
de loi, son procureur spécial et général fondé par acte
reçu dans la ville de Turin par le notaire PierreJoseph de Bernochio, le 20 juillet dernier (v. s) légalisée par le résident de la République de Gênes, près
la Cour de Turin, duquel il résulte le pouvoir donné
audit citoyen Giorni de subroger en son lieu et place
avec tous les pouvoirs compris dans le même acte,
qui se trouve copié mot pour mot dans celui de la
subrogation faite par le même citoyen Giorni, reçu
en la ville de Gênes le Ier du mois d'août dernier
(v. s* par le notaire Antoine Baglietto, légalisée par
le consul de la République française, le 13 Thermidor dernier (3 1 Juillet 1795), qu'il vous exhibe qu'étant arrivé dans cette ville le vingt-neuvième jour
du mois de septembre de l'année 1792, l'armée de la
République française, commandée par le citoyen général en chef d'Anselme lorsque celui-ci y fut arrivé
le soir et eut pris son logement dans la maison d'habitation du citoyen ci-devant consul de la République
Le Seurre, ledit évêque Charles-Eugène Valperga de
Maillone, s'étant présenté, le même général d'Anselme
lui signifia d'abord en présence de son Etat-Major de
partir de cette ville, sur quoi ledit évêque lui répondit qu'il avait cru pouvoir continuer sa demeure dans
cette ville et qu'à cet effet il n'avait jamais pensé de

Pièces 7 et 8

�- 55 distraire, ni faire partir le moindre de ses meubles et
effets qu'il avait dans la maison d'habitation de
l'évêque, que si absolument il lui ordonnait de partir,
il le priait de lui accorder la sauvegarde pour tous ses
dits effets et meubles, ledit général d'Anselme lui
répliqua : Le plus tôt sera le mieux, ce qui tout est
constaté par les attestations ci-jointes du premier et
second jour de fructidor dernier qu'il vous présente
également.
Qu'il résulte aussi par lesdites attestations, que
ledit évêque Valperga de Maillone fut forcé par ledit
général d'Anselme de partir de cette ville que tous
ses meubles et effets fussent mis sous la sauvegarde de
la Nation française et qu'étant parti le lendemain 30
dit septembre, il risqu'à d'être pendu ef étranglé paties soldats de la Phalange Marseillaise qui se trouvaient de garde à la porte ci-devant dite Victoire, ce
que tout fut d'abord notoire et de notoriété publique
dans cette ville.
Vous observe que ledit évêque Valperga est natif
du Piémont où il se retira et que s'il a résidé dans
cette ville, ce n'a été que pour raison de son ministère, que tout cela nonobstant il a été porté sur la liste
des émigrés, a été vendu la plus grande partie de ses
meubles et effets, et cela même nonobstant la préalable réclamation que le citoyen Jean-Jacques Donni,
chargé des intérêts dudit évêque avait fait à l'ancien
département par sa pétition du 22 juillet 1793 (v. s)
qui existe dans les Archives de ce district, résultant
ainsi que tout cela a été fait et opéré contre le droit des
gens et la sauvegarde de la loyauté française qui fut
promis audit évêque.
En conséquence, l'exposant demande en sa dite
qualité de procureur dudit citoyen évêque CharlesEugène Valperga de Maillone la radiation de son
nom de la liste des émigrés, la levée des scellés, la
restitution de ses propriétés et l'indemnité de celles
qui ont été distraites et vendues au nom de la Nation,
et sera justice.
(21 août 1795).

�- 56 Nice le 4me jour de Fructidor de l'an 3me de la
République française une et indivisible.
Signé : Pierre-Joseph PASSERON.
Vu la pétition ci-dessus du citoyen Pierre-Joseph
Passeron présentée au nom et comme procureur subs
titué du ci-devant évêque de Nice, Charles-Eugène
Valperga tendante à obtenir la radiation de son nom
de la liste des émigrés, la levée du séquestre et remission de ses effets restant ainsi que l'indemnité de
ceux qui ont été distraits ou vendus.
Vu une première pétition présentée à l'ancienne
administration du département par le citoyen JeanJacques Donni, au nom du citoyen Valperga en date
du 22 juillet 1793 tendante aux mêmes fins.
Vu la procuration en date du premier août 1793
(V. s.) faite à Gênes, par devant le notaire public Antoine Baglietti, légalisée par le Consul de la République française y résidant, ainsi que l'acte de procuration y inséré, en date du 20 Juillet 1795.
Vu l'attestation de quatre témoins faite avec serment par devant le juge de paix de la 1", 2"", 3me section de cette commune, en date du 1" Fructidor dernier '18 août 1795).
Vu autre attestation de cinq témoins faite par
devant le susdit Juge de paix, le 2 dit fructidor, aussi
sous serment.
Considérant que par la première des 2 attestations il est pleinement prouvé que le vingt-neuvième
septembre 1792, aussitôt après l'entrée de l'armée
française dans cette commune, le sus-nommé évêque
Valperga s'étant présenté au général d'Anselme qui
la commandait en chef, celui- ci lui ordonna d'abord
en présence desdits témoins et de tout l'Etat-Major.
u'il n'avait qu'à partir de la ville, et malgré que le
it évêque lui observa qu'il avait cru de pouvoir y
rester tranquillement et qu'à cet effet il n'avait fait
partir aucun de ses effets et meubles, le général lui
répliqua de partir absolument de la ville, en ajoutant
que le plus tôt serait le mieux, l'ayant assuré qu'à

a

�-5;l'égard de ses meubles et effets de sa maison, il les
mettait dès ce moment sous la sauvegarde et loyauté
de la Nation française et qu'il pouvait en être tranquille.
Considérant qu'il résulte par lesdites attestations,
et il est prouvé que l'évêque Valperga, d'après les
ordres précis et réitérés du général d'Anselme, partit
le lendemain 30 septembre de cette ville.
Considérant que par la susdite attestation du deux
Fructidor il résulte que l'évêque Valperga, au moment de son départ de cette commune, ayant été arrêté à la porte qui conduit au Piémont, par les soldats
qui y étaient de garde, lesquels tentèrent de le pendre,
il évita la mort par les soins du citoyen Joseph Castellinard, un des déposants, et il ne fut laissé libre que
d'après un billet du général d'Anselme, qui ordonnait à ladite garde de le laisser partir, puisqu'il s'en
allait de son ordre
Considérant que tous ces faits sont devenus de notoriété publique dans cette commune, dès le même
jour 30 septembre et Ier octobre suivant, ainsi que
quatre témoins l'ont attesté.
Considérant que le citoyen Valperga ne s'est absenté de cette commune et ci-devant Comté de Nice
que d'après les ordres du général d'Anselme auquel il
témoigna son regret.
Considérant que le départ du citoyen Valperga
ayant été forcé il ne peut pas être qualifié d'émigration.
Considérant que son intention de rester dans cette
commune est d'autant plus constatée, que le citoyen
Valperga a été le seul fonctionnaire public, il soit
resté à son poste, n'ayant soustrait aucun des meubles
et effets de sa maison, lesquels ont été ensuite distraits
et vendus par la Nation.
Considérant que le citoyen Valperga ne peut être
non plus considéré comme réfractaire aux lois de la
République, tandis qu'à l'époque de son départ de cette
commune, aucune loi de la République, surtout à
l'égard des ecclésiastiques, n'y avait été encore publiée
à laquelle eut pu contrevenir.

�— 58 —
Considérant que le citoyen Valperga ne pouvant
être considéré ni comme émigré, ni comme réfractaire, ne pouvait être privé de ses propriétés laissées
dans cette commune lors de son départ, sous la sauvegarde de la loi et de la Nation française qui lui fut
accordée par le général d'Anselme, et qui étant digne
de la loyauté de cette Nation, ne pouvait être violée
sans blesser le droit des gens.
Considérant au surplus, que le citoyen Valperga,
originaire piémontais, ne faisait sa résidence à Nice,
qu'à raison de son épiscopat, ce qui ne donne qu'une
résidence easuelle, et que sous tous les rapports, il
n'a cessé d'être étranger à l'égard du pays de Nice et
de la France.
Considérant que l'article 6, section deux, N° 2 de
la Loi du 25 Brumaire (15 novembre 1794) en déclarant émigrés les citoyens domiciliés dans le cidevant comté de Nice, qui sont sortis depuis le 27
septembre 1792, n'a point porté atteinte au droit des
gens dans la personne de l'étranger, qui se trouvait
dans ce même pays, où il n'aurait pas établi son vrai
domicile.
Considérant que le citoyen Valperga, qui avait été
forcé par le gouvernement de partir de Nice, n'a dû
plus y revenir dans le terme même prescrit par les
lois aux citoyens de la ci-devant Comté de Nice,
puisqu'il ne devait point imaginer qu'il fut compris
dans l'invitation, malgré qu'il ait été porté sur la
liste des émigrés.
Considérant que ce nonobstant, lorsqu'il sut qu'il
avait été porté sur la liste des émigrés de cette commune, s'est empressé de présenter sadite pétition
du 22 Juillet 1793 dans laquelle il demanda non seulement la radiation de son nom de ladite liste, mais
encore un délai convenable pour rentrer dans cette
commune, soit comme simple citoyen, ou comme
fonctionnaire public, ainsi que la restitution de ses
propriétés par lui laissées sous la sauvegarde de la
loyauté française dans la maison êpiscopale lors de sa
retraite forcée, ou une juste indemnité de leur valeur.

�- 59 Considérant finalement que,d'après toutes les circonstances sus-ênoncèes, aucune loi concernant les
émigrés ne peut être applicable au citoyen Valperga,
et que toutes celles qui pourraient le regarder relatives au séquestre des biens appartenant aux habitants
des pays en guerre avec la République française ont
été rapportées par le décret du 14 Ventôse dernier
(4 mars 1795). •
Le Directoire du district de Nice, oui le procureur syndic, est d'avis que le citoyen Charles-Eugène
Valperga ci-devant évêque de Nice ne doit point être
considéré émigré.
Qu'il doit être rayé de la liste des émigrés, que le
séquestre apposé sur ses propriétés doit être levé, qu'il
doit être réintégré dans la possession et jouissance
d'iceux, que tous receveurs ou dépositaires doivent
lui restituer les sommes qu'ils ont perçues, résultant
du produit desdites propriétés et qu'il doit recevoir
la juste indemnité des meubles et effets qui seraient
passés au profit de la Nation.
Fait à Nice, dans la salle des séances le 5me Vendémiaire an 4me républicain (27 sept. 1795). Signé
Saytour Martin. Verani,
procureur syndic, Angles v. prés.
Touzelly. Jn Coppon fils.
Enregistré au feuil. 20 registre des prévenus
d'émigration et signé BARRAIA, commis greffier.
Certifié conforme par nous Ve président et secrétaire du district Jn COPPON Fils V,-PRÉSIDENT
BARRAIA Cis greffier.
A rch. Nat. F 7 4867

2

�— 6o —

Pièce 9.

LIBERTÉ (vignette) ÉGALITÉ
BUREAU DES
ÉMIGRÉS

Extrait des registres des délibérations et arrêtés de
l'Administration Centrale du département des Alpes Maritimes.
(2

juin 1797)

Séance du quatorze Prairial an 5mf de
la République française une et indivisible.
Sur le rapport d-e la pétition présentée par le
citoyen Pierre Joseph Passeron, procureur fondé de
Monsieur Charles Valperga, ci-devant évêque de
Nice, dans laquelle il expose que ledit Charles Valperga n'a jamais dû être atteint des lois relatives à
l'émigration, soit qu'on le considère comme parti en
suite d'une force majeure, soit en sa qualité de piémontais et demande en conséquence la radiation de
son nom de la liste des Emigrés, sa réintégration
dans la possession et jouissance de ses propriétés et
une juste indemnité, des meubles et effets qui sont
passés au profit de la République.
L'Administration Centrale du département des
Alpes-Maritimes, considérant que M. Charles Valperga, comme piémontais, n'habitant Nice que pour
cause de son emploi, n'aurait jamais dû être porté
sur la liste des émigrés du département.
Que le seul motif qui a pu déterminer le général
d'Anselme à lui ordonner de partir de la ville de
Nice, ne peut avoir été que la susdite qualité de
piémontais.
Considérant enfin, que comme sujet du roi de
Sardaigne, il est dans le cas de jouir de l'article i,r
de la loi du quatorze nivôse an troisième, (} janvier
1795), ainsi que de l'article neuf de la loi du trente
Floréal an quatrième, (19 mai 1796).
Arrête, oui le commissaire du Directoire Exécutif
que le nom de Valperga, ci-devant évêque de Nice,
qui se trouve inscrit sur la liste des émigrés, sera

�— 6i —

provisoirement rayé ; que tout séquestre qui pourrait
avoir été mis sur ses biens sera levé, qu'il sera réintégré dans la possession et jouissance de ses propriétés,
et que toutes les sommes versées dans les caisses publiques, lui seront rendues, déduction faite des frais
faits conformément aux lois.
Fait et arrêté* en séance publique le jour, mois et
an que dessus.
Signé : Donny, président Payani, fils, Scudéry,
Oberti, Hancy (et en marge Gastaud commissaire
du Directoire Exécutif).
Certifié conforme à l'original par nous président
et secrétaire de l'Administration centrale du départemeni des Alpes-Maritimes.
DONNY, président
BELMONDI, sec. chef au bureau des émigrés.
Arch. Nat. F 7 4867 2

ACTE DE CAUTIONNEMENT
Pièce 10.

11 fructidor anV (2&amp; août 1797)
LIBERTÉ ÉGALITÉ
Ce jourdTiui 11 fructidor an 5 de la République
française une et indivisible (28 août 1797) par devant nous, membres composant l'Administration
centrale du département des Alpes-Maritimes, est
comparu le citoyen Joseph Passeron, natif de Contes,
chef-lieu de canton, domicilié dans cette commune,
procureur fondé de Monsieur Charles Valperga, cidevant évêque de Nice, en vertu d'acte de procuration du 20 juillet et premier août 1795 (v. s.) lequel
en sadite qualité, dépendamment à l'arrêté de cette
administration du quatorze prairial an cinq (2 juin
1797) portant que le nom de Valperga, ci-devant
évêque de Nice, sera provisoirement rayé de la liste
des émigrés, que tout séquestre qui pourrait avoir
été mis sur ses biens sera levé, qu'il sera réintégré
dans la possession et jouissance de ses propriétés, et

�— 62 —

que toutes les sommes versées dans les caisses publiques lui seront rendues, déduction faite des frais
faits, conformément aux lois, désirant de se conformer au porté par l'article 3 de la loi du 5 Brumaire
an 3 (26 octobre 1794) qui exprime que les prévenus
d'émigration seront tenus de donner caution solvable de la valeur mobilier, et ne pourront obtenir
leurs immeubles jusqu'à ce qu'il ait été définitivement statué sur leurs réclamations par qui de droit,
toujours en sa dite qualité a présenté pour caution le
citoyen François Grosson, marchand drapier de cette
commune, lequel ici prése.it et acceptant, s'oblige
conjointement et solidairement avec ledit Valperga
et pour celui-ci ledit Joseph Passeron, et sous l'hypothèque de tous leurs frens présents et à venir, à l'entière exécution de ce qui les concerne en la susdite
loi, et à la représention des mobiliers, effets et sommes à percevoir en dépôt que besoin sera, et quant
aux mobiliers invendus et en dépôt seront soumis
d'en représenter la valeur à laquelle seront estimés
par experts, préalable rémission.
Et nous, administrateurs susdits approuvant lesdits
cautionnement et acte de soumission, à la réquisition
dudit citoyen Joseph Passeron, avons dressé le présent acte que toutes les parties ont signé avec nous,
ayant au préalable fait renoncer audit François Grosson au droit de premier convenir.
Fait à Nice les jours, mois et an que dessus.
Joseph

PASSERON,

François GROSSON,
prés., PAYANY FILS,
MARUN-SAYTOUR, sec. en chef

HANCY, DONNY,
P.

Acte original sur timbre de 20 centime*.
Arch. Nat. F

7 4867^

�— 63 -

CONCLUSION

Il était avéré pour tous, dans la ville de Nice, que Mgr
Valperga était parti contre son gré et si la première Administration départementale, installée au mois de Mai 1793,
l'avait inscrit sur la liste des émigrés de Nice, c'était à la
suite d'une réponse faite par le ministre de l'Intérieur, Garât,
aux questions à lui posées par le Directoire des Colons Marseillais sur la conduite à tenir vis-à-vis de l'évêque.
Les questions avaient été envoyées à Paris, vers la fin
de Février 1793, et la réponse du ministre ne parvint à Nice
qu'au milieu de juin suivant, soit quelques jours avant la
publication de la liste des émigrés. Les réclamations de
l'évêque, retiré à Turin dans sa famille, furent présentées
le 22 juillet 1793 (1) ; mais comme beaucoup d'autres, elles
s'entassèrent dans les bureaux du Département, qui n'y
répondit même pas.
Cette réclamation fut présentée au nom de l'évêque par JeanJacques Donny au Département. lîlle figure en original au dossier
Valperga.
Voir ci-dessus.
Le registre des délibérations du département manque aux Archives pour les derniers mois de 1793, exactement du Ier mai au 10
Novembre, comme pour les six derniers mois de 1797 et l'année entière de 1798, exactement du 8 Messidor an V (26 Juin 1797) au 25
Pluviôse an VII (13 février 1799).
C'est-à-dire pour les deux périodes les plus troublées et cette
disparition est tout au moins étrange.
Elle doit être vraisemblablement attribuée à certains hommes
politiques désireux de laisser dans l'oubli leur conduite durant ces
deux époques.

�- 64 On était dans la période la plus aiguë et, en pleine
Terreur.
Après le 9 Thermidor et, surtout après la venue à Nice
du représentant Beffroy, au mois de Floréal, an III (Mai
I795)»
les esprits devinrent plus calmes, les administrations plus pondérées. C'est alors que, sur de nouvelles demandes présentées au District, et sur avis favbrable de
celui-ci, le département des Alpes-Maritimes accorda à Mgr
Valperga sa radiation provisoire, le 14 Prairial, an V (2 Juin
1797). Comme on le voit, l'affaire avait traîné en longueur.
Il semblait alors que rien ne s'opposait plus à la rentrée
de l'évêque : le 11 Fructidor, an V (28 Août 1797), le Département avait agréé la caution de François Grosson (1) ;
les biens de l'évêque allaient lui être rendus, et il pourrait
rentrer.
Mais huit jours après, le coup d'Etat du 18 Fructidor (4
septembre 1797) remettait le pouvoir aux mains des Jacobins, la guerre aux émigrés et aux ecclésiastiques, en particulier, reprit avec âpreté. Pe département des Alpes-Maritimes se vit accusé d'avoir préparé une rentrée triomphale à l'évêque, son arrêté du 14 Prairial resta sans effet
et, en vertu de la loi du 19 Fructidor (5 septembre), les
scellés furent de nouveau apposés sur les biens de Mgr Valperga par deux commissaires municipaux (2).
En vain, l'évêque de Nice, fit intervenir auprès du Directoire Balbi, l'ambassadeur du Roi de Sardaigne à Paris,
le dossier de sa demande en radiation fut examiné sans
aucune bienveillance.
(1) L/Acte original de ce cautionnement sur timbre est aux
Arch. des Alp.-Maritimes Q. 10.
(2) Mise de scellés sur les biens de Charles Eugène Valperga par
deux commissaires de la municipalité de Nice. Une scéance, 6 livres.
Dépense approuvée par le Département, en Germinal an VI (avril
1798). Arch. des A. M. Q. 11.
Mgr Valperga ne possédait à Nice aucun immeuble et il devait
rester fort peu de chose de son mobilier après la vente qui en avait
été faite en Ventôse an III. La bibliothèque de l'évêché avait été déclarée bien national et la caisse diocésaine avait disparue en octobre 1792
sans laisser de traces dans les pièces administratives. Le séquestre
a été apposé sur les biens de nombreux émigrés rayés provisoirement.
On peut en voir la liste aux Archives des A. M. Q. 10, où Valperga
figure sous le N° 65.

�- 65
Á la suite de la lettre de Balby datée de Paris le 7 février
1798, le ministre de la police demanda à ses Bureaux un
rapport sur l'affaire Valperga. Pe voici tel qu'il se trouve
en minute au dossier.
Attendu que rien ne tend à constater le prétendu ordre
de quitter Nice, d'où il suit qu'il faut en croire sur parole
l'émigré.
Qu'à raison de son domicile, il était tenu de rentrer sur
le territoire dans les délais voulus par les lois.
Qu'il est atteint par la déchéance et n'a réclamé que
l'an V.
Qu'il ne paraît pas y avoir lieu de violer la loi en faveur
de cet ex-évêque dont la rentrée prohibée par la Constitution serait d'une influence dangereuse.
J'estime qu'il y a lieu à proposer la maintenue sauf
à prendre des renseignements si toutefois on les trouve
indispensables.
CAIGNART,
Sous-chef (2e Bureau).
En tête de cette minute est écrit :
« Je pense qu'il y a lieu à instruction et à prendre
des renseignements près les Administrateurs du département_des Alpes-Maritimes. »
Signature illisible (1).
Ces renseignements furent-ils demandés ? C'est probable et cela explique que bien des pièces du dossier Valperga sont en double expédition. Plus d'une année s'écoula
encore, avant que fut prise une décision et finalement sur
un rapport défavorable de la Commission d'examen instituée près le Ministère de la police pour l'étude des demandes en radiation, le Directoire exécutif signa le 7 Floréal
an VII, (26 avril 1799) un arrêté qui maintenait définitivement, sur la liste des émigrés, Mgr Valperga et annulait
toutes les décisions rendues antérieurement, en sa faveur,
par les. autorités locales.
(1) Arch. Nation. F 7 4862 2 dossier Valperga. Rapport de la
3 me Division du Ministère de la police, sans date mais joint à la
lettre de Balbi.
»

�- 66 -

Varrêté du Directoire parvint à Nice les premiers
jours de Prairial an VII (Mai 99) et fut immédiatement
mis à exécution. (1).
*

* *

Ainsi donc Mgr Valperga expulsé ne put jamais obtenir
de rentrer, les lois sur l'émigration étaient tellement embrouillées et tyranniques qu'une fois inscrit sur une liste
d'émigrés, il était extrêmement difficile de s'en faire rayer
malgré toutes les démarches ; car on se heurtait sans cesse
à des questions de forme et de procédure ce qui permettait
à la malveillance de s'exercer tout à fait à l'aise sous le
couvert de la légalité.
A. J.

PvANCE-BOURREY.

(1) De 21 Floréal an VII (10 mai 1799), il fut communiqué
par le ministre de la police générale de la République aux diverses
administrations intéressées et aux Commissaire du Directoire exécutif
près le département des Alpes-Maritimes. Celui-ci par lettre du 3
prairial (22 mai 1799) demanda au Département de le transmettre
à la Municipalité de Nice, ce qui fut fait le même jour avec ordre
de le transcrire sur ses registres, de faire apposer les scellés ou séquestre sur tous les biens meubles et immeubles de l'évêque si ce
n'est déjà fait, et de mi notifier sans délai la décision prise à son égard.
Voir lettre du Département à la Municipalité, celle du Commissaire au Département, 3 Prairial an VII avec la réponse du Département 4 Prairial.
Arch.. des A. M. Q. 1 et 2 et Arch. Nationales, dossier Valperga,

�NIÇA LA BELLA
VERS DE /.

Giordan,

su

DE CARTA POUSTALA

Ai rai dôu nouostre bouon soulèu
Venon s'escaufar toui lu lùssi ;
Es un meravihous tablèu,
Ai rai dôu nouostre bouon soulèu,
Trouvas, dou Var fin au Castèu,
Anglés, Rouman, Danesi, Rùssi :
Ai rai dôu nouostre bouon soulèu
Venon s'escaufar toui lu lùssi.
Pèr tu, as touti li bèuta,
Terra de lus e d'alegria,
D'un ciel d'azur, as la clartà,
Pèr tu, as touti li bèuta.
De l'univers, en verità,
Siès la uechièma meravia ;
Pèr tu, as touti li bèutà,
Terra de lus e d'alegria.
Dintre lou tèmp, Semiramis
Faguet basti, à Babilouna,
Pu siéu jardin, vèr paradis !
Soubre Paioun, degun s'estouna
De vèire, ancuèi, lou paumoulié
Drissar au ciel la siéu coulouna
E lou galofre, e l'anemouna
Flouri emb'au pourtegalié.
De bouon matin, quitant maioun
Pèr la journada touta'ntiera,
S'en va lavar, dintre Paioun
Pa bugadiera.
D'un glourious passat es fiera
Perqué, d'un tèmp, sus lou bastioun
Au Turc, arranquèt la bandiera
Pa bugadiera.

�fet 68 —

Sau de fouora fa freï,
Que brima,
A Niça, sus lou Quèi,
Si rima.
Pescadou, fourestié,
De la mar bressarella,
Escouton voulountié
Pa doussa cantinella.
L'AVOUCAT

PATTA

L'estudi de l'avoucat Patta es en plen aria ; si tèn lou matin
couma lou predinà su la plaça dôu Palai. Es un ome pichounet,
touplen raplot, li pocha enfli de papiè de touta mers. En lu vièi
quartiè es proun counouissut e li capelada, « Bouonjou Moussu
l'Avoucat », noun li mancon. Es ben m'ai juge, proucuradou, etc.
Lu siéu ounourari soun bouon pati e n'a de preferença pèr
qu si sigue. Parla au premier maufatan vengut, couma se fousse
un agnèu que vén de naisse ; lou créancier o lou débiteur soun
tratat su lou même pen... basta que mouson...
L'avoucat Patta es de noutarietà reputat pèr un ome judicious, òunest — au noun si flata de l'estre au jou d'ancuei ; —
finda counouisse, es en relacioun d'afaire emê de gros persou nage que dintre la finança dôu siéu coumerce, soun quasi d'usurari. Sau menajar la cabra e lou caulè ; e pèr que la mouneda
noun li escapa si desbrouïa e si mete dôu cousta dôu manche...
d'aquéu que casca lou de mai...
Acò fa que toui lu matin que lou Bouon Diéu a fach, la siéu
doumestica mete toujou quaucaren au fuec. Lou dimeneghe, coum'un bouon crestian, — tartufaria que lou pauva, — va audi la
gran'messa à Santa Réparada, fa la siesta e à la calada dóu soulèu,
passeja su lou Cours, pastrouia, fa lu cent pas, noun parla que de
lei, proucès, citacioun, ensin alestisse lou travail dôu dilun...
Lendeman empastra ben d'afaire, mete facilamen en lou sac
Moussu Tout'Un emé Moussu Tout'Autre... En éu que li pòu
faire ?... lança dapertout lou broumech, tant pis pèr aquéu que si
laissa agantar. Quaranta sóu es lou près d'atac e vous pregui de
crèire que douna pas la siéu journada pèr doui o tres escut.
L'avoucat Patta counouisse l'usança dôu païs... s'avès touort,
vous rouïa, s'avès pi rasoun, v'espia... Que voulès aima manjar
lou pei, lou pei que noun aiguë d'espina...
JULI EYNAUDI.

�-«9VA

MAU ! !

Va màu, cresé-vous, que va màu 1
En l'orizoun lou voile negre
N'es qu'un gran camp cargat de pebre,
Qu'à pala lou jeten davan,
Avuglan finda lu cavau 1
Lu canoun soun su li frountièra,
Alignât couma de barriera,
N'esperon plus que lou signàu !
Lou soulèu, aquel animàu !
Stan, noun vòu levà la vela,
Si foundon couma des candela
Enb'aquèu coust dôu diàu !
Le Giacouuda à cóu de d/stràu
Li fan petà li sièu moulura...
Ah ! dèu faire bella figura
Se l'an foutuda en quauqua tràu
Lou pan crèise, finda la sàu,
Lou sucre dintre li boutiga
Mounta ben mai que de boufiga !
Van jusque crèise lou rampàu
E la pèu que fau lou tambau ;
Metran de drech su li nourriça,
Su lu chichi, su li saucissa,
Perqué pas soubre lu magàu ?
E lou Prussian, marrit bertàu,
Noun sabon fa que de babïa,
Per lou Maroc e l'Algèria,
Se faran mètre lou mourràu !
Li serreren toui lou pourtàu
E pi veiren touta la França
Davan la sieù grossa arougança
Se noun si sau garda li clàu !
Es de rima d'un manechàu,
Ma sien d'estiéu, vesin, vesina,
Li passeres en la resina
Avant que vegon l'espitau !
CHARLES CIAUDO

�Valère Bernard
Tout en heurtant le marteau contre la porte de M. Valère
Bernard je songeais. Je me suis complu dans le plus souriant
mépris des idoles. L'ironie a tremblé sur mes lèvres quand
la Provence a dans un ravissement de joie acclamé le poète de
Maillanne. Cette mascarade d'apothéose me répugnait.
Et maintenant la curiosité me fourvoyait dans le studio
d'un consciencieux artiste que les felibres couvraient de gloire.
Elève de Puvis de Chavannes M. Valère Bernard pasticha le
Maître. Mais vite il eût l'intuition qu'à se perdre dans les sentiers
battus il courrait risque de compromettre son crédit. Il dit
adieu à Paris et vint dans Marseille, l'opulente cité.
A cette époque vivait un exquis écrivain, J. Lombard. Il venait de publier deux œuvres d'une grandiose beauté, VAgonie et
Bysance. Dans un style étrangement tourmenté il contait les
luttes entre les factions d'Orient, illuminant son œuvre des
splendeurs bysantines.
Valère Bernard vit Jean Lombard, et du même coup les belles
au bois qui dormaient en son âme s'éveillèrent. Il délaissa les
études académiques, les pastiches sans vie, et d'ardentes couleurs
chargèrent ses toiles.
Voici le triomphe des rois Babyloniens. Sur les voûtes d'un
palais impérial passent des gardes étincelants dans la pourpre et
la soie. L'or envahit les hautes colonnes de jaspe bleu. Involontairement on pense aux fantastiques demeures hantées par des
fées émeraudes et des princesses aux perversités troublantes.
Et je m'imagine que le peintre était sous le charme de la
légende quand il a peint cette courtisanne qui sourit à son miroir tout en jouant négligeamment avec sa chevelure d'or. Et
puis passent Venise la rouge, Marseille enveloppé dans la poussière d'or du crépuscule, des motifs à la Watteau peints par un
bysantin, toute une apothéose.
Mais une idée m'obsède, tandis que dans la grise clarté d'un
soir automnal s'éteignent les fauves éclairs jaillis de ces radieuses
toiles. L'idéalisation du passé me paraît cruelle. Les générations
endormies dans la Mort ont eu leurs misères/leurs rancœurs, je
pense qu'il est absurde de s'écrier avec Musset « qu'aux temps
jadis tout était heureux jusqu'aux douleurs humaines. » En vain
l'apostat s'attriste-t-il sur les vieillards immortels de l'antique

�- 7i

—

lonie, â ses oreilles résonnent les paroles de l'Hiérophante : « La
Helladi que tu aimes n'a jamais existé ».
Mais M. Valère Bernard brise ma rêverie, et mes yeux se
portent.sur des portraits appendus au mur. Profils d'espagnol ou
d'américain mitigés d'espagnol, comme on en croise maintes fois
sur la Cannebière.
Homme universel ne puis-je m'empêcher de m'êcrier. M.
Valère Bernard sourit. Il siérait dit-il, à mi voix, de se développer en profondeur. Toutefois il est beau de se dire sur le
tard de sa vie que l'on a fait vibrer toute son âme. Ici le maître
rejoint Néron. Il m'aide à comprendre cet inquiétant empereur.
Mais encore faut-il que tout en étant l'homme universel on ne
sombre pas dans la banalité. De méchantes œuvres d'art peuvent
avoir leur prix.
Une idée se lève devant moi. Labruyère me petsuade que
l'honnête homme de Pascal propre à tout en définitive n'est propre à rien. La spécialisation inintelligente, mène à l'erreur, j'en
conviens, mais en fait elle est une loi générale.
Et ceci est pour me plaire, car j'abhorre dissiper mon énergie,
j'aime le repliement, la frissonnante pudeur qu'effarouche les
vaines ostentations. Je goûte les peintres du passé et malgré ma
philosophie j'adore les peuples disparus. Volontiers j'implorerai
avec la Cassandre de Schiller la cécité, l'exquise cécité. Le sou
venir a plus de puissance sur moi que l'espoir.
Et sous des deux gris, en des pays étrangers désolants de
médiocrité, il m'est arrivé de pleurer plus amèrement que ne
pleura Xerxès aux rives d'Abydos.
J. PADOVANI.
PROUVERB1, BOUOI MOT, COUNSÈU E DICH
Vèuva que si marida,
Dèu perdre la lus e l'audida.
Fiha madura,
Lou pouorta à la centura.
En cuntant su lu det :
Aquéu a fa l'óu ;
Aquéu l'es anat cercar,
Aquéu l'a fa cuèire,
Aquéu l'a manjat,
E lou pichoun n'a ren tastat !

�— 73 —
LE

DÉSESPOIR

Oui, j'ai la mort dans l'âme ; oui, je monte au calvaire ;
Mon horizon, hier si beau, s'est obscurci ;
Je hais tous les devoirs et tout ce qu'on révère :
Mieux vaut mourir que vivre ainsi !
Puisque je n'y puis rien ; que la raison humaine
Ne gagne plus un cœur où mon cœur est entré,
Je veux briser mes jours comme on brise une chaîne
Et m'enfuir en désespéré.
Qu'est-ce donc que la mort ? C'est la paix éternelle,
C'est un beau drap de fleurs sur mon sein endormi,
C'est la nature calme, auguste et solennelle
Qui nous prête un repos ami.
O nature de Dieu contemple ma détresse !
Ecoute tout mon sang dans mon cœur s'épancher
Et, puisque je n'ai plus le lit de ma maîtresse,
C'est au tien que je veux coucher ;
C'est toi la grande mère et la nourrice immense !
L'homme au sort le plus âpre et l'homme au sort plus beau
Retrouvent dans ton sein leur part de ta clémence :
L'un l'amour, l'autre le tombeau
Tu sais, toi qui vois tout, ce qu'ici bas je souffre,
Que je n'ai point béni l'instant de mon réveil
Et que j'ai regardé, toujours, du fond du gouffre,
Les bords ou brillait le soleil ;
Que je n'ai bu jamais que dans la coupe amère,
Que le seuil du bonheur me fut toujours fermé,
Que j'ai perdu mes fils, que j'ai perdu ma mère
Et tous les cœurs qui m'ont aimé !
Maintenant je m'en vais, battant du front, comme ivre,
En proie à ce grand deuil qui me courbe en vainqueur,
Et je veux déchirer ma vie, avec le livre
Des chastes sanglots de mon cœur ;
Et toi, rayon divin, génie, ardent délire,
Flambeau qui n'iras plus briller sur son autel,
Eternise du moins ces larmes de ma lyre
Et que mon cri soit immortel !
[EDGAR DE MASINI

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—

8

CalaDdrié 1912

—

12

Pierre Gioffredo (PlaDca)

—

16

Crounica Niçarda

—

17

La Cigala dou bouon Dièu (Ch. Ciaudo)

—

20

Lou magot de Bertoumièu Issuga (J. E.).

—

21

Cansoun ancienna pèr lou mai

—

24
27

La mouort dau paure Tounin (Ant. Roland)

—

La Vigne (J. Padovani)

—

28

Eglises et Chapelles de Nice (Valentin)

—

29

Nouvé

—

32

—

33

Expulsion de Mgr Valperga en septembre 1792 (Abbé RanceBourrey

•

Niça la Bella (J. Giordan)

■

—

67

—

68

Va Màu (Ch. Ciaudo)

—

69

Valère Bernard (J. Padovani)

—

70

Le Désespoir (Edgar de Masini)

—

72

L'Avoucat Patta (J. Eynaudi)

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1912

QUATRE-TÈMS

Noumbre d'or...
13
Mars
Epato (Grégori)
Il
Jun
Cicle soulari
17 Setèmbre
Endicioun roum
10 Desembre
Letra doumenicala
G F
LI QUATRE

8,
7,
20,
20,

10
9
22
22

e
e
e
e

11
10
23
23

SESOUN

Lou printèms coumença lou 21 mars
L'estiéu
—
— 22 Jun
L'autoum
—
— 24 sept,
L'iver
—
— 22 dés.

à 6.55 m.
à 2.36 m.
à 5.18 m.
à 11.53 m.

dôu sera
dôu sera
dôu matin
dôu sera

FESTA MOUBILI

Septuagesima... 12 Fébrié
Cendre
21 Febrié
Pasca
7 Abrieu
Rougacioun 21, 22, 23, 24 Mai
Ascensioun
16 Mai

Pantecousta
Trinità
Festa de Diéu
1" Dimenegue de
Ie* Desémbre

26 Mai
11 Jun
15 Jun
l'Avènt

LU ESCLISS!

Souliu.

—

ij Abriéu. — Esclissi annulari e coumplet visible

à Paris, en America, en Europa et dintre lou N.-O. de l'Africa.
Coumençamen de l'esclissi à 10,01 dôu matin ; finisse à 1,08
dôu sera.
10 Otitoubre. — Esclissi coumplet invisible à Paris, visible
dintre l'America dôu Sud.
Luna. — 1" Abrièu. — Esclissi parciella visibla à Paris. Entrada de la luna dintre l'oumbra, 9.26 dôu sera; sourtida, 11.03
dôu sera.
26 Setèmbre. — Esclissi parciella, invisibla à Paris, visibla
dintre l'Océan Pacifique.

Jîla providence, %ue de la Préfecture /4, $run, Siàraire

�LU

VÉNT

Lu vènt que souflon à Niça, dintre lou cours de l'armada,
soun au nombre de 16. Vequi li siéu denouminacioun courènti,
pihadi, en general, dai loucalità dei quali parèisson vèni :
Sud
Miejon
Nord... Tramountana
S.-S.-O. Miejou Lebech
N.-O.-E. Grek Tramountana
S.-O
Lebech
N.-E... Grego
O.-S.-O Pounèut Lebech
E. N .E. Levant
Ouest. Pounènt
E.-N.-E. Levant
O.-N-O.V Pounènt Maistràu
E.-S.-E. Levant
N -O . Mastràu
S.-E.... Siroco, vènt marin
N..-N. OMaïstràu Tramount
S.-S.-E.. Miejou Siroc

6
15
25
14
31
24

VIGÍLIA — JEUNI
Abriè
(Pasca, 7 Abrièu).
Mai
(Ascensioun, 16 Mai).
Mai
(Pantecousta, 26 Mai).
Avoust
(Assoumpcioun, 15 Avoust).
Outoubre (Toui lu Sant, Ier Nouvembre).
Desembre (Calena, 25 Desembre).
L'AN NADA RELIGIOUSA

LI FESTA MOUBILI E LI FESTA FISSI
Janvt'è
jYlars
1 Circouncisioun.
1 e 2 Quatre Tèms.
6 Epifania (lu Rei).
3 Reminiscere.
13 Bateja de J.-C.
10
Oculi.
14 Sant Noum de Jesu.
17 Lœtare.
fébrié
24 Passioun.
2 Puriflcacioun.
29 Li 7 Doulou.
4 Setuagesima.
31 Lu Rampàu.
6 Festa de la Pr. de N. S.
11 Sexagesima.
Jîbriéu
13 Coum. de la Passioun.
5 Divendre Sant.
18 Quinquagesima.
7 Pasca.
21 Cendre.
14 Quasimodo.
25 Quadragesima.
28 Patrou. de San Joúsè.
28 Quatre-Tèms.

�Setembre
3 Inv. de la Santa Crous.
13, 14, 15, Rougacioun.
16 Ascensioun.
26 Pantecousta.
29-31 Quatre-Tèms.
1
2
6
9
21
24
29

Quatre-Tèms.
Trinità.
Festa de Diéu.
Festa dôu S. Sacramen.
Sacrat-Couor de'jesu.
Natività de S. jouan-Bat.
SS. Peire e Paul.

8 Natività de la Vierge.
14 Esaltacioun de la Crous.
15 N.-D. dei 7 Doulou.
15 San Noum de Maria.
18, 20, 21, Quatre-Tèms.
29 Dédie, de S. Miquèu.

Ôutoubre
6
13
20
27

Sant Rousari.
Maternità de la Sta Vierge.
Puretà de la Santa Vierge.
Patrounage de la S. Vierge.

J/ouvembre

Juliet
2 Visitacioun de la S. V.
7 Precious Sang.
16 N.-D. dôu Carme.

Jîvoust
6 Transfiguracioun.
15
18
25
25
29

Assoumpcioun.
S. Joachim.
S. Couor de la Vierge.
S. Louis.
Decolac. de S. Jouan-Bat.

1
2
3
21

Toui lu Sant.
Lu Mouort.
Santi Relíquia.
Present, de la Sta Vierge.

2&gt;esembre
1 Avent.
8 Imaculata Councepcioun.
18, 20, 21, Quatre-Tèms.
25 Calena.

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DÉCIMALISATION

DU

TEMPS ET DES

ANGLES

LA MONTRE DÉCIMALE
Par J. de REY-PAILHADE, président du Comité
pour la propagation des méthodes Décimales.
Le Club Nautique de Nice a offert plusieur fois en prix des
montres décimales aux régates'de 1909. Il était utile de décrire cet instrument, d'y joindre des tables pratiques et des
formules à l'usage des ingénieurs, des sportsmen, des médecins, etc. etc.
DÉCIMALISATION DES ANGLES •
Il est aujourd'hui démontré que la division décimale du
quart de cercle facilite tous les calculs.
Les nouvelles cartes géographiques sont graduées exclusivement dans ce système, devenu officiel en France et dans
d'autres pays. On possède toutes les tables pratiques nécessaires à son essai courant. Nous ne nous étendrons pas
davantage sur cette méthode aujourd'hui enseignée dans les
lycées et collèges.
Nous rappellerons seulement que M. l'amiral Germinet,
membre d'honneur du C. N. N., sous la direction duquel on
fit en 1899 et 1900 des essais de navigation avec un matériel
entièrement décimal, a émis un avis très favorable à la
réforme décimale.
DÉCIMALISATION DU TEMPS
La division décimale du jour décrétée le 4 frimaire an II
rendra aussi de grands services à la science et aux sports.
Principe. — On divise le jour entier en 100 parties égales
appelées cés ; le cé est subdivisé en décisés, ceniicès et millicés
Le cé vaut 14m 24s ou 1T4 d'heure environ ; le décicé est égal
lm 26s 4 ou lm Ij2 environ ; le millicé vaut 0S 864 ou 9T10 de
seconde environ.
Concordance des Temps. — On parvient assez vite à dire
instantanément l'heure à 1 ou 2 minutes près en regardant le
cadran d'une montre décimale. Il suffit d'apprendre par cœur
les concordances décimales de toutes les heures.
0,0
0
50,0

4,2
1
54,2

8,3
2
58,3

12,5
3
62,5

16,7
4
66,7

20,8
5
70,8

25,0
6
75,0

�25,0
6
75,0

29,2
7
79,2

33,3
8
83,3

37,5
9
87,5

41,7
10
91,7

45,8
11
95,8

50,0
12
100,0

Les heures sont au milieu, les concordances des heures
du matin en haut, celles du soir en bas. Ainsi 10 heures du
matin valent 41.7 cés (énoncer 41 cés 7 décicés) et 10 heures
du soir valent 91,7 cés.
Gomme 1 cé vaut presque lj4 d'heure et un décicé une mi •
nute 1]2 ; en partant des concordances du tableau, on dit
l'heure instantanément, ainsi 39,9 cés valent 9 h. 36 m. du
matin. Un ou deux jours suffisent pour atteindre ce résultat.

Description de la montre décimale ou cémètre. — Il y a 3
aiguilles centrales se mouvant sur un cercle divisé en 109
parties égales, numérotées de 0 à 9. Le 0 cé est en bas, c'est
l'origine des temps, car on suppose la Terre au centre du
Cadran.
L'aiguille dorée avec un soleil ne fait qu'un tour par jour ;
l'aiguille épaisse en acier bleu tourne 10 fois par jour, et la
trotteuse fine fait 1000 tours par jour.
L'aiguille-soleil montre la position de l'astre du jour par
rapport au méridien de Paris, qui va du centre au chiffre 5.

�10 —
Les quatre traits bleus indiquent les positions de cette aiguille
à minuit en bas sur 0 ; — à tì h. du matin au milieu entre 2
et 3 ; — à midi, en haut, sur le 5 ; — à 6 h. du soir, entre 7
et 8.
L'aiguille dorée du soleil indique le chiffre des dizaines
de cés, 2 sur le dessin ; l'aiguille épaisse donne d'abord le
chiffre des cés, 6 sur le dessin, et en comptant rapidement à
l'œil le rang de la division entre 6 et 7, on voit, que cette aiguille marque 3 décicés. Le temps du dessin est donc 26,3
cés correspondant à 6 h 20 m. du matin environ. L'aiguille
trotteuse donne les millicés 83. Le temps est donc 26,383
cés.
» Pour la vie courante, on n'a pas besoin d'aller au delà du
clécicé. On lit les milticés pour les applications scientifiques
et sportives.
Le temps en millicés lu sur le cêmèire facilite tous les calculs, car on n'a jamais de réductions à faire.
Examinons le problème des vitesses a l'heure : Les millicés multipliés par 0,00024 donne des heures et fraction décimale d'heure. Ainsi Ì2345 millicés valent 12,345 -f- 24 =
2 h. 9628.
Par conséquent si L est la longueur parcourue et M le
temps en millicés, la vitesse est

ou t

+ 4166,66...

Ces quelques exemples démontrent que la montre décimale simplifie tous les calculs sans exception.
Les rapports de MM. les délégués officiels aux essais de
la montre décimale faits à Nice, par le Club Nautique, le 26
février 1911, concluent unanimement à la supériorité de cet
instrument pour les usages scientifiques et sportifs.
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P.
P.
D.
N.

Q,
L.
Q.
L.

lu 8, à 7
lu 14, à H
lu 22, à 7
lu 30, à 10

SOULÈU.

1
2
3
4
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6
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—

oura
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FE BRIE
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26
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m.
s.
m.
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P. Q.
P. L.
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SOULÈU,

1
2
3
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Lu Rei
6
Dim. S. Lucien
7
dil. S. Apoulinari
8
dim. S. Pèire
9
dim. S. Guiermo
10
dij S. Teodose
11
div. S. Arcada
12
dis. Sta Verònica
13
Dim. S. Ilari
14
dil. S. Maurici
15
dim. S. Ounourat
16
dim. S. Antoni
17
dij. Sta Angela
18
div. S. Sulpici
19
dis. S. Bastian
20
Dim. Sta Agnesa
21
dil. S. Vincènt
22
dim. S. Raymound
23
dim. Sta Jacinta
24
dij. Conv. de S. Pàu
25
div. S. Poulicarpa
26
dis. Sta Devota
27
Dim. Sta Paula
28
dil. S. Francès S.
29
dim.
dim.
dij.
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S.

TRIMESÏRÍ;

Macari
Genevieva
Tita
Simeoun

dim. Sta Marfina
dim. S. Peire N.
En Janvié
Lou païsan n'a ren

lu 6, à 4 oura 28 s.
lu 13, à 11 oura 38 m.
lu 21, à 4 oura 44 ui.
- L. 7 49' - C. 5 30'

dij. S. Ignaci
div. La Candeliera
dis. S. Blasi
Dim. Setuagesima
dil. SS. Vinc.Oronte
dim Sta Agata
dim. Sta Dorotea
dij. S. Romuald
div. S. Jouan-Matha
dis. Sta Apoulounia
Dim. Sexagesima
dil. Sta Eulàlia
dim. S. Gregori
dim. Sta Eufrasia
dij. S. Onesime
div S. Dounat
dis. S. Simeoun
Dim. Quinquagesima
dil. S. Gabin
dim. Dimars-Gras
dim. Li Cendre
dij. S. Silvan
div. S. Maxime
dis. S. Pascase
Dim. Quadragesima
dil. S. Nestor
dim. S. Leandri
dim. Sta Nourina
dij. S. Nymphas

Plueia de febrié
A la terra vau fumiè.

ZDéSTU-S-bez

NICE

MARS
N. L.
P. Q.
P. L.
D. Q.
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lu 8,
lu 15,
lu 23,
lu 30,
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Dim.
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Dim.

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L
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7

1 oura 31 m.
0 oura 02 m.
0 oura 59 m.
1 oura 26 m.
1 oura 38 s.
01' — C. 6 13

S. Eudoxia
S. Simplici
Reminisceri
Sta Cunegonda
S. Casimir
Sta Coleta
S. Jouan de D.
Qaatre-tèms
Sta Margarida C.
Ocali
S. Euloge
S. Gregori
Sta Eufrasia
Sta Matilda
S. Acepsima
Sta Gertruda
Lœtari
S. Apien
S. Jôusé
S. Joachin
S. Lea
S. Turibe
S. Armentari
La Passioun
Anounciada
S. Emanuèu
S. Jouan d'Egt,
S. Gountran
S. Eustase
S. Jouan C.
Lu Rampàu

Lou mes de mars
Es amar.

tous le -vrai

BLANQUI &amp; FRACCHIA
— Usine au Pont-Magnan —

NICE

�- 13 S$&lt;30TJNL&gt;

ABRIÉU
P.
P.
D.
N.

0.
L.
Q.
L.

lu
lu
lu
lu

SOULÈU.

1 dil.
2 dim.
3 dim.
4 dij.
5 div.
6 dis.
7 Dim.
8 dil.
9 dim.
10 dim.
11 dij.
12 div.
13 dis.
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16 dim.
17 dim.
18 dij.
19 div.
20 dis.
21 Dim.
22 dil.
23 dim.
24 dim.
25 dij.
26 div.
27 dis.
28 Dim.
29 dil.
30 dim.

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13, à
3
21, à 7
28, à 11

—

oura
oura
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oura

L. 6 06'

—

55 in.
37 s.
31! s.
25 s.
C. 6 52'

S. Ugo
S. Franç. de P.
S. Richard
Dijàu Sant
Divèndre Sant
Dissata Sant
Pasca
S. Albert, ev.
S. Azada.
s. Isidoro
s. Leoun
s. Juli
s. Justin
Ouasimoi/ii
Sta Anastasia
S. Frutuous
S. Rodolfe
S. Maxime
S. Anselme
S. Teodoro
S. Adalbert
S. Fidèle
s. Jorgi
s. Marco
s. Clet
s. Antime
s. Aimé

s. Roubert
Sta Catarina d. S
SS. Philip. ,Jacq.

Pichouna plneia d'Abriéa
Bouona récolta pèr l'csliéu

Q.

p
P. L.
D . Q.
N. L.
SOULÈU.

TRIMÍÎSTRÈ;

MAI

JUN

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lu 5,
2 oura
lu 13, a 7 oura
lu 21, à 10 oura
lu 28, à 7 oura
— L.

5 14'

—

14
10
23
24

s.
m.
m.
m.

C. 7 29'

1 dim. SS. Félip. Jaq.
2 dij. S. Atanase
3 div. In.d.l. Sta Crous
4 dis. SS. Sindonis
5 Dim. S. Pio, papa
6 dil. S. Jouan D.
7&lt; dim. S. Peire
8 dim. s. Gregori N.
9 dij. s. Antounin
10 div. s. Isidoro
11 dis. s. Bounifaci
12 Dim. s. Jouan lou S.
13 dil. s. Pouon, m.
14 dim. s. Pacomo
15 dim. s. Sta Denisa
16 dij. Ascensioun
17 div. S. Pascaù
18 dis. S. Teodoto
19 Dim. s. Pèire C.
20 dil. s. Felis.
21 dim. s. Bernardini
22 dim. s. Julia
23 dij Rogaeioun
24 div. s. Vincen, d. L.
25 dis. S. Urbin
26 Dim. Pandecousta
27 dil. S. German
28 dim. S. Cirile
29 dim. Sta Petronïa
30 dij. S. Sylve
31 div. S. Justin
Au mes de mai
Longui semana

p
P.
D.
N.

Q.
L.
Q.
L.

lu 3,
lu 11,
lu 19,
lu 26,

SOULÈU.

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2
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6

dis.
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dim.
dim.
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9 Dim.
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11 dim.
12 dim.
13 dij.
14 div.
15 dis.
16 Dim.
17 dil.
18 dim.
19 dim.
20 dij.
21 div.
22 dis.
23 Dim.
24 dil.
25 dim.
26 dim.
27 dij.
28 div.
29 dis.
30 Dim.

—

à 11 oura 4 s.
à 10 oura SI s.
à 9 oura 51 s.
a
2 oura 20 s.
L. * 34'

C. 8 1!"

S. Potin
Trinità.
S. Quirin
S. Francès C.
S. Lié
Festa de Dieu
S. Lié
Quatre-tèms
S. Optat
Sta Margarida
S. Barnabe
S. Antoui de P.
S. Basilio
S. J.-F. Régis
S. Moudeste
S. Lambert
Sta Olga
S. Gervai
Sta Juliena F.
S. Louis de G.
S. Paulin
Sta Maria d'O.
S. Jouan-B.
S. Prousper
S. Alban
S. Cresen
s. Iréné.
s. Pèire
s. Pàu
s. Tibàu

En Jun
De tres abit l'un

Dégustez tous le vrai

NICE

—

BLANQUI &amp; FRACCHIA
— Usine au Pont-Magnan

—

NICE

�— i4 —

TROISIÍ)MK

AVOUST

JULIE T
P.
P.
D.
N.

lu 3, a 10 mira 20 m.
lu 11, à 1 cura 53 s.
Il 19, a o oura 31 m.
lu 25, a 9 oura 12 s.
SDULÈU. - - L. 4 35' — C. 8 22'

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dim.
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Dim.
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dim.
dim.
dij.
div.
dis.
Dim.
dil.
dim.
dim.

S. Thierry
Vierg.de li Gracia
S. Anatole
S. Pèire de L.
S. Sisoès
S. Elie
Sta Babeta
S. Efrein
Sta Felicita
S. Pio
S. Jouan G.
S. Gene
S. Jaque
Festa Naciounala
S. Enri
N.D.d.M. Carmel
Sta Marcelina
S. Frederic
S. Vincen de P.
Sta Margarida
S. Vi loiSta Maria-Mad.
S. Apoulinari
Sta Cristina
S. Jaque
Sta Anna
S. Pantaleoun
S. Samsoun
Sta Marta
Sta Giulieta
S. Gnaci de L.

Au mes de Juliet
Ni frema ni coulé.

TBIMËSTRÎ;

I1. Q. lu 2, a 0 oura 29 m.
P. L. lu 10, a 3 oura 58 m.
D. Q. l»i 17, a 1 oura 1.1 s.
N. L. lu 21, a 5 oura 14 m.
IV Q. lu 31, &amp; 5 oura 21 s.
souLÈu, —1.5 or -j&gt;. 8 or

dij.
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0 dis.
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5 dil.
6 dim.
7 dim
8' dij.
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Dim.
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dim.
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div.
dis.

S. Pèire-aï LS. Alfonso
Inv. de S. Estève
S. Domenica
N. D. dei Nèu
Trausf. de J. C.
S. Gaétan
Sta Batilda
S. Camila d. L.
S. Là u ren
S. Septima
Sta Clara
Sta Filoumèna
S. Ousèbi
Asoumpcionn
S. Roc
S. Mamès
Sta Elena
S. Ipoulita
S. Bernar
Sta Chantai
S. Pio V
S. Filipe B.
S. Bartoumiéu
s. Louis, r. F.
s. Seg'oundo
s. Cesari
s. Goustin
s. Mederic
Sta Rosa
S. Fiacre

F.n . ivoast
Figa e moust

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SBTÈMBRE
P. !.. lu 8, a' 4 oura 57
D. Q. lu 15, a 6 oura î&gt;l
N. L. Ju 22, a 3 oura 37
P. Q. lu 30. a 0 oura 08
SOULÈU. - - 1. 5 47V— c.

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div.
dis.
Dim.
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d'un.
dij.
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Dim.
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Dim
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Dim.
dil.

S. Gili
S. Estève R.
Sta Eufemia
Sta Rosalia
S. Làuren J.
S. Pambon
S. Grat
Natiu, di' la V.
S. Oumer
S. Xicola
S. Félis
S. Veran
S. A nié
Es. (1. l.S. CtQUS
S. Nicomède
S. Conrneilla
S. Lanbert
S. Tournas V.
S. Janvié
S. Euslache
S. Matiéu
S. Maurici
Sta Tecla
S. Girar
S Firmen
S. Nil
S. iN'icandre
S. \\ inceslas
g. Miquèu
S. Jeromo

Lima setembrina
De mai clarina

MOT »

GRANDE MARQUE RECOMMANDÉE

s
:
s
s
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OUTOUBRE
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lu 15,
lu 22,
lu 30,

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oura 46 m,
oura 09m;
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6 06*

TRIMESTRE

NOUVÈMBRE
P. L. lu
6,
D. Q. lu 43,
N. !.. lu 20,
Q.
lu 29,

r.

SOULÈU. - -

1.

a
a
a
a

4 oura 48
8 oura 20
9 oura 49
2 oura 42
14'

—

c.

5 03'

1 dim. Rosari
1 div. Tout lu Sant
2 dim. S. ■ Léger
2 dis. Eu Mouorl
3 dij. S. Rosari
S. Ubert
4 div. s. Francès d'A. 43 Dim.
dil. S. Carlo B.
5 dis. s. Placido
5 dim. Sta Bertila
6 Dim. s. Bruno
6 dim S. Leounar
7 dil. s. Serge
dij. S. Nestou
/
8 dim. Sta Reparada
8 div. Lu Quatre Incou.
9 dim. S. Denis
9 dis. S. Teodore
10 dij. s. Francès B. 10
Dim. S. Jacintou
11 div. s. Tarasco
11 dil. S. Martin
12 dis. s. Counrad
12 dim. S. René
13 Dim. s. Edouard
13 dim. s. Stanislas
14 dil. s. Calisio
14 dij. S. Pantena
15 dim. Sta Teresa
15 div. Sta Gertruda
16 dim. S. Ospici
16 dis. S. Edme
dij.
17
Sta Edvija
17 Dim. S. Gregori
18 div. S. Luc
18 dil. S. Alfè
19 dis. S. Pèi re
19 dim. Sta Babeta
20 Dim. S. Agrico)
20 dim. S. Edmon
21 dil. Sta Ursula
21 dij. Présent, de la V.
22 dim. S. Filip
22 div. Sta Cecilia
23 dim. S. Teodoret
23 dis. S. Clemen
24 dij. s. Mairloire
25 div. ss. Crespin-Cr. 24 Dim. Sta Flora
26 dis. s. Jouan de K. 25 dil Sta Catarina
26 dim. Sta Pel fina
27 Dim. s. Frumence
27 dim. S. Maxime
28 dil. s. Alfredo
28 dij. S. Sostène
29 dim. s. Narcisse
29 div. s. Saturnin
30 dim. s. Marcel
30 dis. s. Andrièu
31 dij. s. Siri
En ùuloubre
\loii ponorc goûta loti rùare

Tonssan ientra
St A n'driéu lou souorte

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DESÈMBRE

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lu 12,
lu 20,
lu 28,

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1
2
3
4
5
6

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Dim.
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dim.
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dis.

8 Dim.
9 dil.
10 dim.
11 dim.
12 dij.
13 div.
14 dis.
15 Dim.
16 dil.
17 dim.
18 dim.
19 dij.
20 div.
21 dis.
22' Dim.
23 dil.
24 dim.
25 dim.
26 dij.
27 div.
28 dis.
29 Dim.
30 dil.
31 dim.

1.

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6 oura 46 s.
4 our;i 40 s.
7 OUI;L 48 s.

7 54' — c.

A vent
Sta Bibiana
S. Francès X.
Sta Barba
S. Bassi
S. Nicola
S. Anbrosi
Imac. Conception
Sta Leoucadia
Sta Eulàlia
S. Damase
Sta Rosélina
Sta Lucia
S, Niçoise
S.
S.
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S.
S.
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Mesuiin
Adon
Olimpíada
Gatien
Ciprian
Filogone
Tournas

S. Onourat
Sta Vitòria
Cacha-fuec
Calèna
S. Estève
S. Jouan
SS. Inoucent
Sta Eleonora
S. Sabîn
S. Sàuvestre

Calena aufuec,
Pasca àu j'aèc.

sin -

GRANDE MARQUE RECOMMANDÉE

4 35

�- i6-

�- 17

-I

CROUNICA NIÇARDA
L'ABADÏA DE SAN POUON.— L'ABAT RANCE-BOURREY.
GLOFFREDO.

—

—

PÈIRE

A PREPAU DOU DIALETE NIÇART.

Ben qne pareissènt tardié, VArmanac Niçart s'empressa de
pourtà la siéu febla vous su tout cen que enteressa lou païs, sigue
au pounch de vista istoria loucala, pouesia, tradicioun, sigue
tamben su la taquinanta questioun dóu dialete niçart souvenri
fès pauvada e su la quala lu escritour mouderne soun luen d'estre
d'acordi.
Parlerai finda de M. l'Abat Rance-Bourrey, un beneditin qne
despi quauque an en ça mete à prouflt la siéu erudiciou n a nen
revelà de fach d'istoria inedieh. Se quauqu'un mérita d'estre
laudat es ben éu ; es en éu que VArmanac Niçart tressa la
pamoula de sapiença. En esprimant la nouostra recounouissença,
à l'Abat Rance-Bourrey, fen cen que touplen an denembrat,
vouoli dire de courounà lu siéu travail, frucha de ben de recerca,
dai quali obra sian fier d'avé prestat la prima ajuda. Pouden cità :
lou Discours sur le Monastère de Sainte-Claire de Nice, par Honoré
Pastorelli, publié d'après l'édition originale de Turin 1608, avec
une introduction et des notes ; — "Le Général J.-B.-M. D'Anselme" (Notices biographiques (1740-1792). E aquest'an
l'istorien nen douna — toujou de prima man — YExpulsion de
Mgr Valperga, evesque de Niça, au tèms de la Revoulucioun,
travail anoutat de peça curiouvi que sian urous de pouder metre
souta lu uès dei nouostre letour.
*
* *
Lou fach de l'annada, lou mai marcant, es estat aquéu de
l'Abadïa de San Pouon. Parlon de tout destruge pèr li basti an
siéu luec un espitau Pasteur... UArmanac Niçart es pas Penemic
dóu prougrès, ni men encara dei Bei-Art, ma si fa lou pious dever
de jougne lu siéu esfouors en aquelu dei siéu councitadin quo
l'istoria dóu passat passiouna, pèr que l'Abadïa de San Pouon
sigue counservada e classada couma mounumen istorique. En la
circonstança feliciti M. l'Abat Rance-Bourrey que mé rasoun s'e.s
demoustrat l'ardènt defensour autourisat que counouissen. La
siéu paràula es estada escoutada e lou Préfet de li Alpa-Maritima,
8

'

�— i8 M. de Joly — respetuous dei nouostri tradicioun — en ortie
avertit a proumès que l'Abadïa de San Pouon seria respetada e de
lèu si crusià pèr lou siéu classamen tra lu mounumen istorique.
Dóu resta vequi ce que l'Abat Rance Bourrey nen di su San
JPouon. Counsignen religiousamen li siéu paràula :
« L'Abbaye de Saint-Pons est le plus ancien monument relitgieux existant dans le Comté de Nice. Il y a dou^e cents ans que
sSiagrius y fonda un monastère. L'histoire de ce monastère est
jintimement liée à l'histoire religieuse, civile et économique de la
iville de Nice.
;
« Ce fut à Saint-Pons qu'en 1388 fut'signé l'acte réunissant
le Comté de Nice au Comté de Savoie. Les abbés de Saint Pons
ifurent pris dans les principales familles du Comté : les Badat, les
tLaugery, les Provana, les Lascaris, les Grimaldi, les Martelli, les
;Tournefort, etc. Plusieurs évêques de Nice furent abbés de Saint[Pons, en particulier Barthélémy Chuet (fin du xve siècle) et Jean
, Uriole, son successeur. Un autre abbé, Claude de Seyselle, fut
,évêque de Marseille, puis archevêque de Turin ; d'autres furent
cardinaux, tels Innocent Cibo, neveu d'Innocent VIII et de
f
;Léon X, et Paul Medeci de Cesis dont on voit encore l'inscription
(funéraire à Sainte-Marie-Majeure, à Rome.
:
« A la fin du xvir siècle, l'abbé de Saint-Pons était Pierre
•Gioffredo, le savant historien niçois. Enfin, un abbé de SaintiPons dont les Niçois n'ont pas encore perdu le souvenir, était
(l'abbé Spitalieri de Cessole qui a doté sa ville natale d'un établissement de bienfaisance si justement apprécié. La plupart des
pbbès de Saint-Pons et plusieurs évêques de Nice ont été enterrés
dans l'église ou sous le cloître et dorment aujourd'hui confondus
avec les moines leurs frères qui depuis dix siècles y sont enterrés.
« Les monuments funéraires ont disparu. Le temps a tout
(nivelé à Saint-Pons, singulièrement aidé cependant par la main
ides hommes. On connaît les dévastations commises par
Iroupes de François Ier et de Barberousse, plus tard par celles d
Catinat et par d'autres encore. Après chaque désastre, SaintPons a retrouvé une nouvelle vitalité et il y a à peine trois quarts
de siècle que Mgr Galvano y a fait d'importantes réparations.
;
« Saint-Pons n'est pas seulement une page de l'histoire de
notre pays, c'est un gros volume de cette histoire ; les Niçois
laisseront-ils dire qu'ils sont restés indifférents devant le danger
qui menace Saint-Pons ? Non, ils feront tous leurs efforts pour

�— 19 -

sauver de la destruction un monument qui doit leur être cher...
Je demande d'urgence le classement de l'Abbaye de Saint-Pons,
c'est-à-dire de l'Eglise et des bâtiments claustraux, comme monument historique. »
Lou councours de YArmanac Niçart es aquist. Emé fiertà e
au près de touplen de sacrifici faren respetà l'istoria dóu passat,
la lenga e lu escrich dei orne qu'an ilustrat lou nouostre bèu
pais.
*
* *
Despi quauque tèms, — maladia que reven per intermitença,
— la gran questioun de la grafia niçarda, de l'ourtougrafa, es
messa su lou tapis. De letra soun estadi publicadi, d'autri lou seran, e cresi qu'après ben de charra pèr dire pas gran cauva de
nóu, quasi dirii pèr predicà dintre lou Desert, noun restera
d'aquela discussioun, — Favén déjà coustatat, — pas gran cauva,
ren!... Cadun escrèu à la siéu moda seloun l'esprit dóu moumen,
e serii ben curious de counouisse aquéu que vendria nen dità
une metoda en nen dïen : « la mièu maniera d'escrièure lou
Niçart es la bouona». Discussioun scientifica que pòu passiounà
quauque lenguista, pas mai ; lou mihou es d'escrèure seloun li
letra ditadi pèr la prounouncia. Lou talènt pèr aquéu qu'escrèu
es de si laissà liège, de si faire acapi. Es qu'en en un entan que
frecuenta l'escola primària poudès li demandà autra cauva ?...
Perta de tèms que tout acò, vourria mai s'engenià à recercà lu
viei mot, espressioun, loucucioun courenti que la pous dóu tèms
a rabaïat, dounà au nouostre bèu dialete la coulou que dèu avè,
en respetant lu emprunt que pouden avè fach sigue à l'Italian, à
l'Espagnòu o à tout autre...
Un dialète noun dèu pas estre une lenga scientifica, encara
m en noun còu avè la pretencioun que sigue ouficiela, seria temerari ; lou dialete d'un païs dèu refletà lou caratere d'un'epoca que
lou tèms dèu respetà, enfin escrèure gramaticalamen, un noun
empedisse l'autre, e laissà à l'esprit, au goust lou coumplemen
d'un stile ouriginal, en de frasa councisi que flaton i'auriha.
Aquí fermi la discussioun, risqui de perdre la civada... l'an
que ven, se Diéu mi presta vida, v'en dirai d'autri e couma
d'usança que mi sigue permès de la vous souvetà : Bouona e
uroûva !
L'ARMANAC

NIÇART.

�20 —

LA CIGALA DOU BOUON DIEU
Una cigala dóu Bouon Dieu
Tout l'estiéu
E l'iver en la chambreta, —
L'aiguesias vista la lebreta ! —
Noun vivïa que d'amour
S'assetava su l'ounour;
La cigala cantarela,
Vau chanja de clientela,
Noun es courta d'amatour,
Que li viron tout au tour !
Ma l'ancien de la cigala,
De gros mot ven que s'embala ;
En l'auriha de la maire
Li ven tout aquéu bousin,
Que deja toui lu vesin
Sabon lou long de l'afaire
— Cenqu'as fach m'au tiéu tip ?
Di la maire enrabiada...
Bella Vierge encourounada !
Sera au mancou m'un bouon rie!!...
CH. CIAUDO

PROUVERBI, BOUOI MOT, COUNSÉU E DICH
Tèms d'iver noun ti fidar.
Lu màu dei enfan si garisson soulet.
Cau naisse pèr estre bèu, si maridar pèr estre rie, e mouri
pèr estre brave.
Per aver de raïn, eau caressar la souca.
Agnèu naissut
Vau un escut.
Dansa mihou ventre plen que rauba nova.
L'oumbra dou mèstre engraissa lou cavau.

�LOU MAGOT DE BERTOUMIÉU ISSUGA
O BEN

UNA RAISSADA DE MACAROUN
Conte menloanasqae trouvât dintre d'un armori
de ma nana e que /'Armanac Niçart es tirons de
transcrièure en niçart à Ventencioun dei sièu
fidèle lotour et lelrissa.

Bertoumiéu Issuga, mentounasque de viéia roca, abitava en
coumpagnia de sa mouhié, en carriera dóu Paumoulié. La siéu
frema, malurousamen, era sirnplaria e faia lou siéu desespoir.
Cada matin Bertoumiéu, avant de s'en anà au travail, li recoumandava de noun faire de bestialità. Cou vous dire que toui lu
dissata lou nouostre ome metia en un'armari pertuat dintre la
muraia lou gagne de la semana.
— Bertoumiéu ! pèr qu seria tout aquel argen, demandava
Marioun au siéu marit.
— Es pèr Madjou-long, castagnassa !
*
* *
Un jou Bertoumiéu partet pèr anar à la siéu campagna ;
devia même li restar doui ó très jou pèr souïnar e arousar lu
citrouniè. Marioun souleta matin e sera, s'assetava su lou banquet de la pouorta e faïa de bas... Un predinà veguet un ome
de statura mai que mejana, couma si di, un gran carcan. La
frema de Bertoumiéu lou fissa sensa parpelear, pi pihada d'un'
idea, li diguet :
— Moun bèu Moussu, sias bessai vous Madjou-long ?
Lou merlo pita e noun s'en laissa dire autre, léu li
respouonde :
— Noun vous troumpas pas, bella bruneta, sièu ièu Madjoulong !... Ma perqué mi faire tala demanda ?
Perqué ?... dou moumen que sias Madjou-long, intras su lou
cóu. Li a ja pas mau de tèms que moun marit a mes d'argen
amagat pèr vous...
E sensa mai de ceremounia li remeté lou mandiou dintre lou
quai lu sóu eron groupât. L'ome remercia e la s'esbigna lèu.
♦

* *

�Lou sera, Bertoumiéu arriva, la sièu mouhié li di.
— Sabes, ai vist ancuei Madjou-long !
E l'ome de cridar :
— Malurousa ! — m'en a fach encara una 1
Courre à l'armari, lou mandiou e Pargen, mouis !... Issuga
blastema pica dai pen, es décidât de si desiaire de la siéu frema
Lendeman, dóu téms qu'aissesta durmïa, li cuerbe lu uès emé de
pega de sabatié, pi la pihant pèr la man, la mena dapé dóu CapMartin. Arrivât aqui, Bertoumiéu fa mountar Marioun su d'un
nouguié el'abandouna. La paura, bòrnia, noun sabia doun si
trouvava, ni men encara ce que poudia faire.
En aquéu fra-tèms doui voulur venon s'assetar souta
l'aubre ; après aver abrat quauqui branca sequi pèr s'escaufar, pi
si meton à cuentar lou siéu argen.
La calou faguet delegar la pega que curbia Puès destre de
Marioun e aissesta de cridar :
— E d'un !
Lu voulur, d'estuc, s'isson d'emblée.
— Qu'es acó, diguet l'un.
— Un matagan, faguet l'autre.
La calou seguia á faire lou siéu efet pau à pau durbia Puei
senec.
— E de douî, diguet Marioun.
Dóu cou lu voulur escapon, laissant Pargen espantegat soubre
Perba.
Marioun coumença à li veire clar, cala da l'aubre e ramassa
Pargen, pi lèu s'en camina vers maïoun...
Lou sièu marit, pensierons, era assetat dapè dóu fuec, s'escaufant, fumant la sièu pipeta emé beatituda...
— Bertoumiéu !... o Bertoumiéu !... duerbe-mi, siéu iéu,
Marioun...
— Vai au diàu que ti pihe... ièu que cresii de m'en estre
despegouït...
Ma Marioun, toujou picava, un cóu noun asperava l'autre...
L'ome fenisse per li durbi...
— Ten ! regarda cen que ti pouorti.. . e Marioun pauva lou
sac su lou toulié. ..
Bertoumiéu, entartugat, cuenta Pargen e réfléchisse ; — Marioun es simplaria e deman la vila saupra Pistoria de la fouré . ..
Cóu que Bertoumiéu si dispegouïsse pèr empedi li marridi lenga
de bavar...

�— 23 —
Si mete la vesta, lou capèu e souorte fermant la pouorta i..
Faïa nuech dintre la carriera, ma sensa pena s'encamina
vers una boutiga e croumpa pèr mai de dès kilo de macaroun...
Ientra au sièu e di à la sièu mouhié de si metre au liech.
En tant que Marioun durmïa, Bertoumiéu fa bui lu macaroun, pi lu espantega su lu aubre dóu jardin... Lendeman de
matin la siéu frema, desveiada, si mete à la fenestra...
— O ! Bertoumiéu ! Bertoumiéu ! Vene un póu veire!... O
trest ! vè, a plougut de macaroun !...
— O vai fantauma !... n'as toujou una. .. Ten ! ten !... ma
es ver !...
*
* *

A quauque tèms en ça, Bertoumiéu l'avia previst, Marioun
countet à toui que lou siéu ome noun li picava plus, despi lou
jou qu'ela li avia pourtat de sac plen d'escut...
Lou juge aiguent audit parlar de l'afaire, mandet sounar
Bertoumiéu devant lou tribunal ; la siéu mouhié era estada
citada couma testemoni.
Lou juge. — Bertoumiéu, sias acusat d'aver gardât d'argen
que noun era vouostre.
— Iéu !... Ma moussu lou juge, lou negui ; sièu couma
sabès un travaiadou.. .
E Marioun de dire.
— Noun negar, Bertoumiéu, sabés ben qu'es ver ; es iéu en
persouna que t'ai pourtat la mouneda, qu'avii trouvât en la
fouré.. .
Lou juge. — Anas brave ome, noun negués.. .
— E quoura lou m'as pourtat ?... — Vous juri, Moussu lou
juge, que la miéu frema es fouola !...
— E lou sabes ben, Bertoumiéu, es lou jou que plouguet tant
de macaroun !
— Moussu lou juge aves jamai vist ploure de macaroun ?...
— Jamai ! moun beL amic respoundet lou juge que si tenia
lou ventre dóu rire — Amie, vèu que la vouostra frema es
fouola. .. sias aquitat !...
Bertoumiéu si retira emé Marioun... Noun aigueron plus
de disputa e vieugueron, pareisse urous e pèr longtèms !...
J. E.

�CANSOUN ANCIENNA

PÈR LOU

N'aurias pas vist la miêu fiha
Trin-trin
Lou galerin
A'aurias pas vist la miêu Jiha
Trois-wtrois
Le fils du roi
L'ai vista e l'ai baïada
Trin-trin
Lou Galerin
L'ai vista e l'ai baïda
Trois-trois
Le fils du roi.
Douna-mi la miêu fiha
Trin-trin
Lou galerin
Douna-mi la miêu fiha
Trois-trois
Le fils du roi.
Es aqnela la vouostra fiha
Trin-trin
Lou galerin
Es aqaela la vouostra fiha
Trois-trois
Le fils du roi.
La miêu fiha era pas lernia
Trin-trin
Lou galerin
La miêu fiha era pas lernia
Trois-trois
Le fils du roi
La miêu fiha era pas lua
Trin-trin
Lou galerin
La miêu fiha era pas lua
Trois trois
Le fils du roi.
N'es ni guercia ni poutinouva
Trin-trin
Lou galerin
N es ni guercia ni poutinouva
Trois-trois
Le fils du rois.

MAI

�La miéu fiha n'es pas borni a
Trin-trin
Lou galerin
La miêu fiha n'es pas bornia
Trois-trois
Le fils du roi.
Noun faïa pas belugueta
Trin-trin
Lou galerin;
Nonn faïa pas belugueta
Trois-trois
Le fils du roi.
La miêu fiha n'es pas emberrida
Trin-trin
Lou galerin
La miêu fiha n'es pas emberrida
Trois-trois
Le fils du roi.
La m iéu fiha n'es pas pigada
Trin-trin
Lou galerin
La miêu fiha n'es pas pigada
Trois- trois
Le fils du roi.
La miéu fiha noun es pas ranga
Trin-trin
Lou galerin
La miéu fiha noun es pas ranga
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha noun es pas louorla
Trin-trin
Lou galerin
La miéu fiha noun es pas touorta
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha n'es pas crouoada
Trin-trin
Lou galerin
La miéu fiha n'es pas croavada
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha n'es pas gibouva
Trin-trin
Lou galerin
La miéu fia n'es pas gibouva

�— 26 —
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha noun es foularana
Trin-trin
Lou galerin
La miéu fiha noun es foularana
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha n'es pas ingourda
Trin-trin
Lou galerin
La miéu fiha n'es pas ingourda
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha a pas lou peu de pi g nu
Trin trin
Lou galerin
La miéu fiha a pas lou peu de pig nu
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha noun es narvelouua
Trin- trin
Lou qalerin
La miéu ûha noun es narveloiwa
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha noun a la rougna
Trin-trin
Lou galerin
La miéu fiha noun a la rougna
Trois trois
Le fils du roi.
XXX.

PROUVERB1, BOUOI MOT, COUNSÈU E DICH
Qu duerme ben noun cregne li niera.
Qu vè pissar e noun pissa, crêpa de malícia.-'
Qu douna soun ben avan de mouri
Mérita de pati.
L'amour es lou paradis dei fouol.
L'amour es .la flou de la jouinessa.

�LA MOUORT DAU PAURE TOUNIN

Lou paure Tounin, malàut a setant'an, si presenta à l'espitàu
ma li respouondon que li a plus de plaça.
— Coumplet ! ! !
Quauqu'un li fa capi qu'em'un pau de proutecioun li pourria
intrar. Countrariat dei pas que cóu faire, Tounin vira lu taloun e
s'encamina vers la plaça Massena, piha lou tram, si rende da
Graugnard, à l'espitàu dei can, e li di :
— Moussu lou Veterinari, cresi d'estre un pau mai qu'un
can ?... En aquéu cas souîna-mi...
— Vous souînar aici, ma brav'ome perdés la testa. — Basta,
li di que n'a pas de liech pèrcourcar un crestian, que noun douna
de souin qu'ai bestia !...
Tounin, couma pensas, s'en souorte m'au couor gros e noun
sau plus à que sant si recoumandar. Era aqui au mitan dóu
camin, quoura en aquéu moumen arriba un landau, doun cala
una grossa dama, encapelada, aurias dich un ver foungi, segada
d'un varlet que pourtava religiousamen un can enfeloupat emé de
favour rosa au couol, tapat d'un tapis em'ai iniciala. En veèn
aquéu tablèu lou paure Tounin si lamenta, sangluta fouort.
— Qu'avès lou miéu brav'ome, li di la dama.
— Cen qu'ai Madama ?... trovi que lou vouostre can a mai
de chança que iéu. Li a cinquant-cinq an que travaii, pèr la premiera fès que siéu malàut, noun soulamen mi refuson à l'espitàu
dei estre uman, ma encara mi vèu picar la pouorta au nas èn
aquéu dai can.
— Quevoulès, lou miéu paur'ome, ai fach un vout de mimetre
à la Soucietà Proutetriça dei Animau, de pourtar touti li miéu
ecounoumia à la Caissa de secours pèr soulajar lou sort dei bestia.
Lou fau talamen ben, que vouguessi ben vous dounar un sóu
que pourii pas.
La dama li vira l'esquina e ientra couma un coupa-cisèu da
Graugnard. Tounin roumougna :
— Se ti veguessi en un cantoun ti dounerii mancou un gotou
d'aïga !... vièia sansuga !...
Tounin estrassinat, deble s'alonga un pau plus en là, su d'un
mouloun de peira. Quauqui oura après, couma soufrisia, n'ai-

�guènt ren en l'estomegue depi l'auba, coumençava d'aver lou
rangouioun, quoura passet un canipiè que li diguet :
— Que fès aquí, brav'ome ?
— Couma veès siéu aqui pèr tirar lu patoun. M'an refusat â
l'espitàu, même en aquéu dai can, noun mi resta que de mouri
su d'un mouioun de peira. — Avès un carnet su lou quai enregistras lu fach dóu jou, farias ben de li aloungar lou miéu testamen que poudès mentuar couma acô :
— « Bouon Diéu, se mi fes passar encara une fes sur la terra,
fe-mi naisse can au mancou, li aura une Soucietà Proutetriça dei
Animau que si crusira de iéu e pourrai estre amès en un espitau,
estre souïnat, faire bouona vida, menar une vida de can... »
ANT. ROLAND.

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VIGNE
A M. VALÉRE BERNARD.

Dans le ciel doux la Vigne ètreint les pals de buis.
Sous le pampre le merle alourdi des falernes
Tourne son col gris vair et ses paupières lemes
Qu'argenté la blancheur des immuables nuits.
O / fraîcheur, 6 beauté des Igs et des iris,
Que la Vierge éblouie avec les marjolaines
Cueille le soir venu aux vasques des fontaines
Pour colorer en fête, au crépuscule, l'Euis.
Narcisses, ébeniers, œillet et sensitive
Ah ! Versez en mon âme attiédie et pensive
L'orgueil qui souleva les clairs olympiens.
L'amour qui rafraîchit les Madones pieuses
Et qui vêt de clarté les snls athéniens
Et les ravissements des époques heureuses.
JEAN

PADOVANI.

Quauque souvèt :
Vous souveti la bouona annada.
Que siegue mihau que la passada.
Vous souveti la bouona annada acoumpagnada de touplcn
d'autri.

�Eglises et Chapelles de Nice
La vieille ville de Nice se trouvant sur la rive gauche du
Paillon, pour parler de ses églises, nous commencerons par son
église cathédrale, Sainte-Réparate, vierge et martyre, de celles du
canton Est, et en traversant la rive droite nous nous occuperons des paroisses du canton Ouest.
I. — L'Eglise Cathédrale du Diocèse de Nice est la paroisse
de Sainte Réparate, vierge et martyre, sous l'empereur Decius en
253. Sa fête est le 8 octobre. Cette église est au centre de la vieille
ville (8.500 âmes), Avant 1531 la Cathédrale était près du Donjon, plateau de Nice, et dénommée : Sancta Maria in platea,
dédiée à N. D. de l'Assomption. L'édifice actuel, dans son genre,
ressemble beaucoup à Saint Pierre de Rome, au Vatican. C'était
auparavant une simple église paroissiale
desservie par
les Bénédictins du Monastère de Saint-Pons, près Nice.
Dans son ressort se trouvent l'ancienne église de Saint
Jaume (Saint Jacques apôtre), jadis des P.P. Carmes, fermée
depuis 1903. Après le transfert du titre de paroisse à l'église de
Saint Juste, évèquc, au Gesu, elle fut placée sous la vocable de l'Annonciation de la Sainte Vierge, ainsi que la belle Eglise de la
Miséricorde, sur le Cours Saleya, jadis de Saint Gaétan, fondée
e
par les P.P. Theatins au XVIII siècle et cédée à la noble
confrérie des Pénitents Noirs.
La Cathédrale de Nice, paroisse Sainte-Réparate de nos jours,
fut comme l'ancienne au Donjon du Château {Sancta Maria in
platea), le théâtre de plusieurs f lits historiques mémorables dans
les annales de l'histoire de Nice.
II. — L'Eglise de Saint Jacques, an Gesû, dès son érection
en 1612, dédiée à Saint Juste, évêque. Sa fête est le 2 septembre.
En 1665 fut érigée en paroisse sous le titre de Saint Jacques le
Majeur, remplaçant la paroisse de Saint Jaume. On l'appelle
vulgairement le Gesù à cause qu'elle a été fondée et administrée
par les P.P. de la Compagnie de Jésus.
Appartiennent à cette paroisse les deux chapelles des confréries des Pénitents Blancs, la Sainte Croix, — confrérie la

�óo —
plus ancienne de Nice, — et des Pénitents Rouges, Saint Suaire
et de la Sainte Trinité ; l'Eglise du Couvent de là Visitation,
la chapelle de l'ancien séminaire, à la montée du Château, et
jadis l'Hospice franciscain avec chapelle de Saint Joseph des
P.P. Recollets de Cimiez, convertie en maison particulière.
L'Eglise du Gesù est d'ordre corinthien composite, cons truite sur le modèle de l'Eglise des Jésuites de Turin, dite
vulgairement les Saints Martyrs. ( 10.000 âmes).
A l'extrémité de la rue du Malonat, aux racines de l'ancien
château, on voit un oratoire à la Sainte Vierge Marie, sous le
titre de N. D. du Bon Secours. Les habitants de ce quartier érigèrent cet oratoire en l'honneur de la sainte Vierge, en reconnaissance du choléra en 1854.
III. — L'Eglise paroissiale de Saint Martin Evéque dite de
Saint-Augustin est la plus ancienne, elle fut bâtie sur l'emplacement de l'ancienne chapelle de Saint Martin (1205) et appelée
Saint-Augustin parce qu'elle était desservie par les Augustiniens
dont le couvent a été transformé en caserne. (Caserne Filley, près
l'ancienne chapelle Sincaire).
IV. — L'Eglise de Saint-Francois-de-Paule a été édifiée en
1736 d'après le plan de l'architecte
Guarini. En 1838
elle fut érigée en paroisse par décret de Mgr Galvano et appelée
aussi Saint-Dominique en souvenir de l'ancienne église paroissiale
de ce nom qui s'élevait sur la place Saint-Dominique aux lieux et
place de l'actuel Palais de Justice.
V*— L'Eglise du Port ou de l'Immaculée Conception. D'humble
origine. D'abord ce fut une fort modeste chapelle (1835), transformée agrandie par Mgr Galvano, et l'avocat théologue L. Mari
fut son premier curé..
VI. — L'Eglise Saint-Joseph nouvelle paroisse depuis 1911 la
première pierre fut posée le 19 mars 1911, bénie le 29 octobre et
ouverte au public le Ier novembre 1911 sous le patronage de Mgr
Chapon et dirigée par les soins de M. l'abbé Gabrielli.
A cette paroisse appartiennent la chapelle succursale de Saint
Joseph contigüe à l'Evêché, et la chapelle de Notre-Dame des
Anges sur l'ancienne route de Villefranche.
VIL — Saint-Roch. Cette église paroissiale dans la banlieue
de Nice fut érigée après la peste de r68r. Nice fut délivrée de ce
fléau par l'intercession de saint Roch, confesseur, né et mort à

�- Si Montpellier. La paroisse est divisée en deux quartiers, Roquebillière
inférieure et Roquebillière supérieure, jusqu'à la chapelle de NotreDame de Bon Voyage.
VIII. — Rive droite du Paillon, intra muros, se dresse Notre Dame du Vau, paroisse Saint-Jean-Baptiste, qui remplace l'an
cienne église du même nom devenue chapelle inférieure du Lycée.
Cette belle église, vœu delà ville de Nice en 1835, mt érigée en
1842 et terminée en 1852 par Mgr Galvano, évêque de Nice.
La façade ressemble à celle élevée à Turin en l'honneur du retour
du roi dans les états Sardes en 1814.
IX. — Saiiit-Pierre-d' Aréna remplace une chapelle située à la
Croix de Marbre. Elle fut érigée en paroisse en 1803 par Mgr
Colonna d'Istria. Elle doit son nom à ce fait, c'est que lors de sa
fondation elle se trouvait sur le rivage de la mer séparée par une
bordure de sable fin.
X. — Une ancienne chapelle de Sainte-Hélêne-l'Inspiratrice
existait dans ces parages. Elle fut remplacée en face la mer par
une église sous l'épiscopat de Mgr Recrosio (1727).
Six paroisses « extra muros » dépendent de la commune de
Nice.
Sainte-Marie Magdeleine, sise dans le vallon de Magnan, édifiée sur l'emplacement d'une chapelle de même nom, érigée en
1626 et dite vulgairement chapelle « dei cassaire » à cause du
grand nombre de chasseurs. Après le concordat de 1803 sous
l'épiscopat de Mgr Colonna d'Istria, ce quartier qui depuis 1771
dépendait pour le spirituel de la cathédrale fut érigé en paroisse.
Il existe encore aujourd'hui une chapelle de Notre-Dame du Bon
Conseil changée en demeure particulière . Bientôt le besoin de
la population augmentant, une église sera bâtie à la cité Robiony
par les soins du curé actuel de la Madeleine.
Plus à l'est de la ville, toujours dans le canton ouest ce
l'Arquet, se dresse la paroisse de l'Ariane dédiée primitivement à
saint Arnoux, évêque et à saint Pierre, apôtre. Elle fut érigée en
paroisse en 1809 sous l'épiscopat de Mgr Colonna d Istria. Dans
son ressort se trouve l'ancienne chapelle nécropole de l'Abbadie
fondée en 1635 en l'honneur de sainte Claire pour le besoin spirituel de 450 à 500 habitants qui appartiennent aux communes
de Nice, Cantaron Saint-André. Localité d'avenii et à laquelle
le chemin de fer Nice-Coni donnera une valeur stratégique.

�— 32 —
Gairaut avait au moyen-âge une chapelle de secours desservie
par les religieux chevaliers de l'ordre du temple au début, et par
la suite de Rhodes et de Malte. Sous l'épiscopat de Mgr François
Rosini de Martinengo la chapelle fut érigée en église paroissiale
sous le vocable de saint Sauveur o*u de la transfiguration du
Rédempteur.
Dès 1730 les P. Dominicains de Nice fondent à Saint Pancrace un sanatorium pour religieux martyrs avec chapelle en
l'honneur de Saint Pancrace martyr. Cette chapelle est érigée en
paroisse en 1848 par Mgr Galvano.
Sur le couchant de Saint-Pancrace on trouve la paroisse de
saint Roman . martyr ; l'ancienne chapelle fut érigée en paroisse
ainsi que celle de saint-Antoine de Ginestière en 1803 sous Mgr
Colonna d'Istria.
VALENT IN.

NOU VÉ
Tu Çatarina fai lou pan.
Mdumen de jota, d'alegressa,
Fes audi da toui lu couor :
Lu ange canton l'alegressa,
Fuges l'infer, Juges la mouorl.
Chntou !
L'aarika sabla, li a quaucaren aici vesin,
Sembla que senti li joia d'un festin ;
Audi lu tambourin de laen,
Lu Jlajoulet e li musela,
Lu pastre van à Bethelen
Laisson la cabana soaleta ;
Santo nuech, venes aléa nen ralegrà,
Pourtas à toui la pax et la tranquilità !
Tu Catarina fai lou pan,
Manda Lucrecia au safran,
Despende aléa lou lauvaniè,
Chapla la blea su lou taatié ;
Crala de froumai e roumpe d'iiu
E fai la iourta couma fou,
Ché n'aiguen toui en aboundança (bis)
Santa nuech, venes alèu nen ralegrà,
Pourtas à toui la pa.x e la tranquilità .'
En tant faguen etnb'au vesin
t ua santépér lou Bambin,
Toucan lou gotou de bouon vin,
Ernb'aa vesin pér lou Bambin
Ti-ri-tin-tin ! -tinTi-ri tin !

�— 3Î —

L'Expulsion de Mgr Valperga
fEN SEPTEMBRE

1792)

Le 12 octobre 1780 h population de Nice se pressait aux
abords de la porte Pairoliëre pour y recevoir en grandes pompes
le nouvel évêque Charles-Eugène Valperga di Maglione. Ce
prélat avait couché la veille selon l'usage antique à l'abbaye de
Saint-Pons et devait faire ce jour là son entrée solennelle dans
sa ville épiscopale.
Le cérémonial imposant avec lequel on avait reçu jusqu'alors
les évêques fut encore cette fois observé. L'accueil de la population entière fut des plus chaleureux au rapport de Pierre Scaliero
qui en fut témoin (1). Le nouvel évêque, qui remplaçait Monseigneur Astésan nommé archevêque d'Oristano en Sardaigne,
appartenait à une famille de vieille noblesse dont plusieurs membres avaient exercé, à Nice, des fonctions importantes (2). Il
(1) Voir aux Archives municipales le récit détaillé que ce chroniqueur en a laissé dans ses Mémoires. Pierre Scaliero mourut en 1805.
(2) Jacques Valperga, conseiller ducal, fut lieutenant du gouverneur de Nice en 1454 ; Thoma5 Valperga fut gouverneur du château de Nice en 1565 ; Jean Valperga fut également gouverneur de
Nice en 1596 ; Jérôme Valperga fut commandeur du château de
Nice en 1600 ; Pierre Valperga, frère de Jacques Valperga, était
chevalier de Malte (Arch. municipales, registre des gouverneurs,
commandants et chevaliers de Malte) ; Anne Valperga, fille dAmédée
Valperga, épousa, le commandeur de Malte Jean-Paul Lascaris.
(Voir son testament daté de 1683, arch. des Alpes-Maritimes,
registre B, 297.) Joseph Ignace de Valperga reçut de son oncle, Emmanuel Philibert Chiotera, mie partie du fief de Couaraze dont il fut
investi le 20 février 1753. Son fils, Vincent, céda ses droits à H. Novelli. Jérôme Valperga fut sénateur à Nice de 1761 à 1765, puis
ministre plénipotentiaire de Sardaigne à Gênes en 1780 ; plus tard
il fut ministre etsecrétaire d'Etat, ce dernier était le frère de l'évêque
de Nice et fils du comte François Valperga qui vivait encore en
1795Ees armoiries des Valperga étaient fascé d'or et de gueules, à
la plante de chanvre déracinée, d'argent et brochant. Le cimier
était un bouc naissant au naturel et la devise : « Ferme-toy ».
Nous reproduisons les armoiries de Monseigneur Valperga d'après celles qui se trouvent en tête du catéchisme édité par ses ordres
et dont nous devons le dessin à l'obligeance de M. Joseph Casai
(Extrait de 1' « Armoriai Artistique et Nrbiüaire », Ni.e, 1902.
3

�- 34était directeur du collège des Provinces à Turin, lorsque le roi
de Sardaigne le désigna, pour l'évêché de Nice. Il avait été sacré à
Rome où il avait fait ses études. Monseigneur Valperga se distingua immédiatement par sa vigilance et son activité : il releva
le niveau intellectuel et moral des prêtres de son diocèse et s'attacha à mettre en toutes choses la plus grande régularité. Dix-huit
mois après son installation, il publia un nouveau catéchisme
dont le plan avait été préparé par son prédécesseur ^i). Grâce à

ses relations cordiales avec la eour de Turin, il jouissait auprès
des autorités civiles de Nice d'une grande influence. Après douze
(1) Ce catéchisme en italien fut imprimé à Nice par la Société
Typographique. C'est un petit volume in-douze de 612 pages, portant
la date de 1783. En tête se trouve le mandement de Monseigneur
Valperga du 16 février 1782 qui approuve le travail terminé par
le prêtre auquel Monseigneur Astésan en avait confié le soin, ordonne
sa publication et règle l'organisation des catéchismes dans tout le
diocèse. Deux ans plus tard en 1785, Gabriel Floteront, imprima
un autre catéchisme rédigé en dialecte niçois, petit volume in-12
de 228 pages. Un exemplaire de ces deux ouvrages existe à la biblio
thèque de Nice. — Voir Villarey, Série Cronològica dei Vescovi
di Nizza. — Art. Valperga.

�-35 années de séjour dans cette dernière ville il s'était acquis l'estime
et le respect de tous.
*

• *

Lorsque le 28 septembre 1792 dans l'après-midi, les troupes
piémontaises évacuèrent Nice, il y eut dans cette ville une effroyable panique et des milliers d'habitants s'enfuirent dans la direction de Turin. Ce fut un désarroi et une désorganisation complète de toutes les autorités. iMonseigneur Valperga resta à son
poste et s'engagea à ne point quitter la ville. Le lendemain samedi
29 septembre, il accompagna le second consul Honoré Saissi et
quelques membres du Conseil qui se rendirent, vers les onze
heures du matin, à la villa Feraudi, au quartier St Hélène, pour
offrir les clefs de la cité au général d'Anselme qui venait d'y
arriver à la tête des troupes françaises. Le général fit à la délégation assez bon accueil, mais il s'étonna de trouver parmi ses membres, l'évêque dont la place déclara-t-il n était pas là. Du reste,
d'Anselme attacha si peu d'importance à la démarche îles magistrats niçois que dans aucune de ses dépêches officielles il n'en fit
mention.
Sur le soir du même jour, la petite armée française faisait son
entrée dans la ville et le général s'installait dans la maison du
consul de France à la place St Dominique. L'évêque de Nice qui
tenait à rester au milieu de ses diocésains se présenta de nouveau
vers les huit ou neuf heures du soir chez le général auquel il voulait recommander ses prêtres en lui demandant des respecter les
églises. Le général était entouré de tout son état-major, du consul
de France, Pierre Le Seurre, de Honoré Saissi, second consul, de
Féraudi, secrétaire général de la commune. Ces deux derniers
venus probablement pour appuyer les demandes de l'évêque.
L'accueil du général ne fut pas plus encourageant que la première fois ; il intima même avec insistance au prélat l'ordre de
quitter ta ville en ajoutant que le plus tôt serait le mieux et ce
fut sur ces dernières paroles que l'évêque se retira après avoir toutefois reçu du général la promesse que tout ce qu'il laisserait dans
son palais serait placé sous la sauvegarde de la Nation française.
Il n'y avait pas à tergiverser, l'ordre était formel et pressant, il
fallait partir. L'évêque prit ses dernières dispositious et délégua,
au curé de la cathédrale, le chanoine Honoré Navello, tous les
pouvoirs nécessaires pour administrer le diocèse en son absence.
Aux premières lueurs du jour, Valperga quitta son palais, et se

�— 36 dirigea à pied vers la porte Pairolière. Il avait été impossible de
trouver une voiture car tous les moyens de transport avaient été
réquisitionnés et utilisés le 28 septembre pour permettre l'exode
des habitants terrorisés. Il avait ordre de partir, mais cet ordre
n'ayant pas été donné par écrit, les volontaires marseillais, de garde
à la porte de Turin, refusèrent de le laisser passer, l'accablèrent
d'injures, le menacèrent même de le pendre et ne consentirent á
le lâcher que sur un ordre écrit, sollicité et obtenu du général,
grâce à l'intervention courageuse et au sang-froid d'un jeune
niçois, Joseph Castellinard. Monseigneur Valperga se retira à
Turin et y mourut en 1805 sans avoir jamais pu obtenir l'autorisation de rentrer.
*

* *

Il est établi par les documents officiels contemporains que
Monseigneur Valperga ne quitta son siège que sur les ordres arbitraires du général d'Anselme et ces mêmes documents nous
renseignent très exactement sur les incidents fâcheux qui se produisirent au départ de l'évêque. Du reste, on n'ignorait pas à Nice
comment les choses s'étaient passées et la population savait grê à
Valperga de son attitude et de sa fermeté. De son côté, Valperga
avait eu confiance dans la parole à lui donnée par le général au
nom de la Nation française et à plusieurs reprises il manifesta
son étonnement qu'elle n'ait pas été gardée, que ses biens aient
été confisqués, son mobilier vendu, son nom inscrit sur la liste
des émigrés alors qu'en partant il n'avait cédé qu'à la force.
Parmi les nombreux documents qui se trouvent soit aux archives de Nice, soit aux archives nationales il en est quelques-uns
dont la simple reproduction sera plus probante que tous les corn,
mentaires. Il_suffira de citer :
•i° La lettre du Directoire des Colons Marseillais en date du
25 février 1793, adressée aux citoyens Blanqui et Veillon, députés
extraordinaires de la ville de Nice à Paris, au sujet des réclamations présentées le 23 du même mois par Jean-Jacques Donny, au
nom de Mgr Valperga.
20 La réponse du même Directoire à J.-J. Donny, en date du
26 février 1793.
3„ L'arrêté du Département en date du 13 avril 1793.
40 La réclamation présentée au Directoire du département

�Valperga, aussitôt après son inscription sur la liste des émigrés de
la ville de Nice, dressée à la fin de juin 1793.
50 Les états de frais pour l'inventaire et la vente du mobilier
et effets de « l'émigré Valperga Maillone, citoyen évêque » approuvés par le département des Alpes-Maritimes, le 5 germinal an
III (25 mars 1795).
6° Les actes de notoriété dressés le Ier et 2me fructidor an III
(18 et 19 août 1795) par Gautier, juge de paix à Nice, à la requête de Pierre-Joseph Passeron, agissant en qualité de procureur
subrogé par Nicolas Giorni, procureur spécial et général de Mgr
Valperga, par acte de procuration reçu à Turin le 20 juillet 1795,
notaire Pierre-Joseph Bernochio.
70 La pétition adressée au district de Nice le 4 fructidor an III
(21 août 1795) par Pierre-Joseph Passeron, demandant la radiation du nom de Valperga sur la liste des émigrés.
8° L'avis du district de Nice en date du 5 vendémiaire an IV
(27 septembre 1795) déclarant que Mgr Valperga doit être rayé
de la liste des émigrés.
90 L'arrêté du département des Alpes-Maritimes, en date du
14 prairial an V (2 juin 1797) ordonnant la radiation provisoire
du nom de Valperga de la liste des émigrés.
io° L'acte de cautionnement dressé par le département le
11 fructidor an V (28 août 1797), à la requête de Pierre-Joseph
Passeron, procureur de Mgr Valperga en exécution d'une des
clauses de l'arrêté du 14 prairial an V (2 juin 1797).

�- 38 —

DOCUMENTS ET PIÈCES D'ARCHIVES

Pièce 1.

25 février 1793
Aux cit. Blanqui et Veillon
Une lettre du cit. Donny, associé du citoyen LeClerc, défunt président de l'ancienne administration
provisoire, dont vous avez ci-inclus l'extrait ( 1 ), nous
fait connaître que le cit. Valperga, évêque de Nice,
laissa avant son départ (ordonné à son retour par
Anselme) dans sa maison pour environ 34.000 livres,
argent monnayé, et environ pour 17.000 d'effets en
vaisselle, linge, batterie de cuisine etc.
Une portion de ces effets se trouvent encore dans
ladite maison, sous l'inventaire que nous en avons
fait dresser par les commissaires de l'une et l'autre
administration, lorsque nous avons été installés, mais
il s'en faut de beaucoup qu'elle puisse arriver à la
somme de 17.000 livres, pas même le tiers.
Quant à l'argent monnayé entré dans la caisse du
receveur de l'ancienne administration, nous n'y
voyons point la somme que ledit Evêque désigne
avoir laissé dans sa maison. Nous vous remettons cijoint un extrait de l'état des sommes' que le cit.
Bonnet a reçu en espèces, pendant toute sa gestion
de receveur et trouvées parmi les effets des émigrés
français et niçois.
Nous ne voulons rien préjuger sur l'assertion du
cit. Valperga, quoique nous ayons des indices frappants de vérité. Ce ne sera que lorsque nous aurons
pu les convertir en preuves par le témoignage de
quelques citoyens que nous nous procurerons, pour
pouvoir en demander la restitution et la poursuite
contre le pillage.
En attendant, noùs croyons devoir vous faire part
de cette découverte que nous allons communiquer au
Président de la Convention Nationale et au Ministre.
Arch. des A. M. Registre de la correspondance du
Directoire des Colons marseillais L. 5.
Cet extrait manque au registre ainsi que les autres pièces
énoncées dans celte lettre.

�-hLe 2érae février 1793.
Au citoyen Donny, négociant à Nice
Pièce 2.

Votre lettre du 23me de ce mois, citoyen, nous
demande des renseignements sur le temporel du
citoyen Valperga, Evêque de Nice. Nous allons vous
transmettre tous ceux qui sont à notre connaissance
L'administration provisoire en choisissant l'Evêché
pour le lieu de ses séances, vint s'y établir dans les
premiers jours d'octobre, et tout nous porte à croire
qu'elle ne fit aucun inventaire des effets qui s'y trouvaient, du moins nous n'en avons trouvé aucun dans
les papiers qu'elle nous a remis.
En succédant à cette administration provisoire,
uous avons cru que notre premier devoir était de faire
un inventaire de tout le mobilier renfermé dans la maison épiscopale. Nous y avons successivement procédé
en présence des administrateurs provisoires et à mesure qu'ils nous en remettaient les clefs. Tout le mobilier qui s'y trouvait, ne consistait guère qu'en
meubles meublants et ne nous paraît pas avoir la
valeur de 17 mille livres que l'Evêque lui donne.
Vous pourrez, si vous le jugez à propos, faire prendre
à notre secrétariat une copie de cet inventaire. Tout
ce. qui n'est point renfermé dans les appartements
que nous occupons au premier étage, a été laissé à la
garde de Jean Poma, ancien concierge de l'Evêque et
le nôtre.
Pour nous éclairer sur les 34.000 1. argent monnayé que l'Evêque doit avoir laissé en sa maison,
nous avons écrit au cit. Bonnet, receveur de l'administration provisoire, pour lui demander un état des
sommes en numéraires versées dans sa caisse, comme
ayant été saisies et trouvées parmi les effets des Emigrés français et niçois. L'état qu'il nous a remis ne
monte qu'à 74121. 16 s, et aucun article n'a du rapport
avec les réclamations du citoyen Valperga.
Quant à ce qui concerne personnellement le
citoyen, nous avons demandé au Ministre de l'Intérieur de vouloir bien nous dire la manière dont nous
devions l'envisager. Nous savons qu'un ordre arbi-

�— 40 —
traire de Danselme l'obligea de quitter Nice, le jour
de l'entrée des Français. Mais nous pensons aussi que
la proclamation des Commissaires de la Convention
nationale de France et le décret de celle de Nice,
concernant les Emigrés, étaient des motifs suffisants
pour le ramener à son poste et le rassurer sur les
suites de son retour. En persistant à prolonger son
absence, il s'expose à être traité comme émigré, à se
voir déclarer déchu de sa place et confisquer tous ses
biens. Telle est la disposition de la loi, et quoique
nous ayons consulté le ministre sur le cas particulier
de l'Evêque, nous prévoyons que sa réponse sera de
nous en tenir à la rigueur des lois, ainsi que plusieurs
instructions nous l'ont déjà annoncé.
Vous sentez, citoyens, que tout le mobilier de
l'Evêque doit rester séquestré jusqu'à son retour ou à
la décision du Ministre. Il peut être tranquille sur la
conservation de tout ce que nous avons trouvé en
entrant dans sa maison. Ce qui a pu en être enlevé
avant notre entrée en fonctions, est étranger à notre
gestion. Mais nous employerons tous les moyens qui
sont en notre pouvoir pour en trouver les traces, en
acquérir les preuves et en faire punir les coupables.
Les administrateurs, etc.
Archives des A.-M., Registre
suivants.

,L. 5,/°7i verso et

Lettre des commissaires de la Convention
Nationale et arrêté du Département des A. M.
Nice, le 9 Avril 1793, l'an 1 Ie de la Repu bublique Française.
« Vous voudrez bien, citoyens, en nous envoyant
les noms et prénoms de l'évêque de Nice, nous instruire officiellement d'après les "dispositions des lois,
s'il est censé démissionnaire et son siège vacant.
« Les Commissaires de la Convention Nationale
au département des A. M.
GRÉGOIRE, JAGOT (I)

(1)

Archives des A. M. L. 29 ancien. L

7

actuel.

�— 4i (i3 avril 1793)
Le Directoire ; vu la réquisition du citoyen Procureur Général sindic « Considérant que Charles Eugène Valperga, évêque de Nice, n'avait point quitté
son domicile lors de l'entrée des troupes de la République ; considérant qu'il a lui méme-accompagné les
consuls d'alors quand ils furent présenter les clefs
de la ville et inviter le général Anselme à venir en
prendre possession au nom de la République ; considérant que le général Anselme par ses ordres arbitraires et tiranniques, accompagnés même de menaces contre ses jours, l'ont forcé de s'éloigner ; arrête
qu'il ne peut le déclarer émigré, et qu'il sera répondu
aux Commissaires de la Convention nationale d'après
les principes ci-dessus.. »
Sign : PAUMÉ ; BARLI FABRI ; F. CASTKLIMARD ;
ANGLES ; BERNARDI, secrétaire général. (1)
pjj

ce

^

Aux citoyens composant le Directoire du
département des Alpes-Maritimes..
22 juillet 1793.
Citoyens,
Le citoyen Jean-Jacques Donny, soussigné, chargé
des intérêts du citoyen Valperga, évêque de Nice
absent, ayant été informé que par votre délibération
du 29 du mois passé, ledit citoyen Valperga avait été
déclaré émigré, vous représente avec tous les égards

(1) Archives des Alpes-Maritimes, Registre L,. 3, folio 101. L'Arrêté n'est pas signé par le procureur syndic Jean-François Tourre
ni par l'administrateur Jean-L,ouis de Villiers qui ne partageaient
point l'opinion de leurs collègues. A noter que Tourre était d'Antibes
et que de Viliers était un médecin français établi depuis longtemps
à Nice.
I/Arrêté fut pris malgré le réquisitoire de Tourre qui voulait
déclarer Monseigneur Valperga émigré et malgré un violent discours de Villiers soutenant la même thèse qui fut combattue par
Barli Fabri, par Castclinard et par Anglès. J'ai déjà publié in-extenso
cette délibération du 13 avril T793 au cours d'un article sur l'église
de Nice en 1792-1793 inséré dans Nice Historique du Ier avril 1903,
C'est pourquoi je reproduis ici simplement la lettre des
commissaires et l'arrêté du département.

�- 42 —
dûs au pouvoir dont l'exercice vous a été confié par
le peuple souverain que le citoyen Valperga ne peut
ni ne doit sous aucun rapport être considéré comme
émigré, par les motifs ci-après :
i° Qu'il est de notoriété publique qu'il n'a quitté
le pays que contre son gré et par ordre du général
Anselme :
2° Qu'il a constamment été disposé et a offert
de revenir dans son diocèse, moyennant qu'il ne fut
assujetti à prêter qu'un serment relatif au temporel et
non au spirituel.
3° Qu'enfin et par la raison que n'étant point
indigène, mais étranger, son séjour ici n'a été dé terminé que par sa nomination à l'épiscopat, événement casuel qui n'a jamais pu le soumettre à l'obligation de renoncer pour toujours à sa mère-patrie.
Tous ces motifs, soit qu'on les prenne collectivement ou séparément, démontrent suffisamment,
citoyens administrateurs, le droit incontestable, qu'a
le citoyen Valperga de demander et prétendre la
radiation de son nom du tableau des émigrés, et si
le ministre de l'Intérieur n'a fait aucune distinction
entre lui et les autres citoyens, c'est sans doute qu'il
a ignoré les circonstances qui vous sont exposées
ci-dessus, et notamment la dernière, car s'il les eût
toutes connues, il n'est nullement probable qu'il eût
décidé comme il l'a fait. Toute hypothèse contraire
serait une injure faite à ses sentiments et à ses lumières. Un homme tel que lui, dont les vertus civiques, le patriotisme et les talents l'ont appelé au
poste aussi honorable que pénible qu'il occupe, doit
ressembler autant que possible à la Nation pour
laquelle il agit et qui l'a honoré de sa confiance.
Cette nation est grande, généreuse, magnanime,
juste et bienfaisante.Elle ne peut qu'êtreextrêmement
jalouse de sa gloire, et l'un des principaux devoirs de
ses agents est d'éviter soigneusement d'en ternir
l'éclat.
Le refus qui serait fait de rayer de la liste des
Emigrés le nom du citoyen Valperga, refus qui entraînerait avec lui la confiscation des minces propriétés de ce citoyen, serait un acte qui imprimerait à

�-

43

-

jamais une tache ineffaçable à la gloire du nom français ; tache qui ne pourra manquer de frapper également les yeux des contemporains et ceux de la postérité ; tache enfin que les historiens ne manqueront
pas de faire ressortir par des couleurs enluminées, et
le bel effet qu'un pareil tableau produirait, citoyens
administrateurs, serait votre ouvrage.
Mais non, loin de nous, cette idée ! Vous êtes
républicains ! cela suffit. Les républicains sont vertueux. Ils aiment, chérissent, protègent, respectent
la vertu partout où elle se trouve. Et le citoyen Valperga aussi est un homme vertueux ! Qui en doute ?
Nul bon citoyen, nul honnête homme. Souvenezvous, citoyens administrateurs, que ce n'est que par
ses vertus qu'il a mérité l'amour et l'affection du
peuple Niçois et non par sa qualité d'évêque. Et plût
à Dieu que tous les ecclésiastiques lui eussent ressemblé ! La France n'eut point éprouvé d'aussi horribles secousses, pour asseoir, affermir et assurer sa
liberté.
La République a incontestablement le droit de
renvoyer hors de son sein tout individu qui ne lui
convient pas, mais en renvoyant ainsi un étranger
qui, d'ailleurs, n'a pas encouru la peine de la confiscation de ses biens, elle lui permet de les emporter ou
de les vendre et d'en emporter le produit. Tel est
précisément le cas du citoyen Valperga.
L'exposant demande en conséquence, citoyens
administrateurs, qu'il vous plaise prendre dans votre
sagesse une délibération tendante à rendre audit
citoyen Valperga sa qualité de citoyen français non
émigré, à lui accorder un délai compétent pour rentrer dans ce pays soit comme simple citoyen ou
comme fonctionnaire public et à lui assurer dans
tous les cas la restitution de ses propriétés par lui
laissées sous la sauvegarde de la loyauté française
dans la maison épiscopale, lors de sa retraite forcée,
ou la juste indemnité de leur valeur. Et sera justice.
Nice, le 22 juillet 1793, l'an second de la République française, une et indivisible.
Jean-Jacques DONNY.
l
ARCHIVES NATIONALESF/ 4.867 , dossier Valperga.

�- 44 Pièce 5.

Etat de frais de vente pour parvenir à l'inventaire
et vente des effets de l'émigré Valperga Maillone,
citoyen évêque :
5 germinal an III (25 mars 1795)
Pour une séance de trois commissaires dont un du
District et deux de la Commission municipale, fixée
à trois livres par séance par le Directoire du district
et approuvé par les Représentants du
Peuple
L.
9 »
Papier timbré tant de la minute que
des deux extraits
»12
Pour la copie desdits deux extraits . .
» 8
Droits d'enregistrement
13 10
31

2

Nous soussignés certifions le compte ci dessus véritable.
Signés : J.-B. Thomaty, comm. du dist. ; Savigny,
comm. munie. ; Mabil, comm. municip.
Frais de la vente :
Pour quatre séances de deux corn missaires dont un
du District, un de la Commis, mun. sans le membre
de l'administration fixées à trois livres par séance par
le Directoire du district et approuvé par les Représentants du Peuple .
L.
24 »
Au trompette pour publication de
quatre criées
5 »
Au crieur à la vente, quatre séances .
12 »
Aux portefaix qui ont travaillé au
transport des effets
40 »
Papier timbré tant de la minute que
de l'extrait
1 »
Bougie
3 »
Droits d'enregistrement
27 »
Papier timbré du petit état
» 4
A la femme qui a assisté à la vente
pour l'arrangement du linge
» 12
L.
Signés : J.-B. Thomaty, comm. du
district ; Savigny, comm. municip.

1

159 6

�Vu par nous, membres composant la Commission
Administrative du district et d'après l'arrêté du district, approuvé par les Représentants du Peuple et la
loi du il et 12 Mars, arrête l'état des frais ci-dessus
se montant à la somme de cent cinquante neuf livres
trente centimes, qui seront acquittés par le receveur
du droit d'Enregistrement lorsque le Département
aura vérifié ledit état.
Nice, le 29 ventôse an 3"" de la République française une et indivisible (19 mars 1795).
(Suivent les signatures).
Vu l'état des frais ci-dessus pour parvenir à l'inventaire et vente du mobilier de l'émigré Valperga
Maillone ci-devant évêque.
Vérifié et arrêté par le Directoire du district de
Nice, la Commission Administrative du département
des Alpes-Maritimes approuve ledit état et ordonne
au citoyen Maussier, receveur de l'enregistrement
cîudit district de payer aux citoyens J. B. Thomaty
et Savigny, comm. la somme de 159 livres et 30
centimes pour montant des frais pour inventaire et
vente des susdits effets de l'émigré, laquelle somme
lui sera allouée en compte.
Fait à Nice le 5 germinal an 3me républicain ( 25
mars 1795).
Etat des frais pour parvenir d la vente du mobilier de
l'émigré Charles Eugène Valperga Maillone, citoyen
évêque.
Pour trente-neuf séances de trois commissaires
dont un du District et deux de la Commission municipale, fixé à trois livres par séance par le Directoire
du district et approuvé par les Représentants du
peuple
L.
351 »
A deux portefaix, dix-neuf journées et
demi chaque fixées à cinq livres par jour.
195 »
Au trompette pour publication de
trente-neuf criées fixées à une livre cinq
sols chaque
48 r 5
Au crieur à la vente, trente-neuf séan
ces fixées á trois-livres par séance ....
117 »

711 1$

�- 4* Report
Papier timbré tant de la minute que
de l'expédition
Pour copie dudit extrait fixé à quatre
livres
Papier timbré du présent état ....
Bougie
Droit d'enregistrement
Plus deux autres journées de portefaix à cinq livres
Un paquet de plume
L.

148
4
6
421

»
4
»
»

20
5

»
»

1.182

7

Nous soussignés certifions le compte ci-dessus,
véritable.
Nice, le Ier ventôse an 3me de la République (19
février 1795).
Signés : J.-B. Thomaty, commissaire du district ;
Savigny, comm. ; Honoré Mabil, comm. municipal.
Vu par nous, membres composant la Commission Administrative, de ce District, et d'après la loi
du 11 et 12 Mars 1793 (v. s.) et l'arrêté de cette
Commission approuvé par les Représentants en date
1^ Fructidor, oui l'agent national, arrête l'état des
frais se montant à onze cent huitante deux livres et
trente cinq centimes qui seront acquittés par le
receveur de l'agence de l'enregistrement sur le produit de la vente desdits meubles, lorsque le Département aura vérifié ledit état.
Nice le 29 ventôse an 3me de la République
française une et indivisible (19 mars 1795).
(Suivent les signatures).
Vu l'état des frais ci-dessus pour parvenir à la
vente du mobilier de l'Emigré Valperga Maillone cydevant évêque.
Vérifié et arrêté par le Directoire du district de
Nice.
La Commission administrative du département
des Alpes-Maritimes, approuve ledit état et ordonne

�— if au citoyen Maussier, receveur de Penregistrement
dudit district de payer aux citoyens J.-B. Thomati,
Savigni et Honoré Mabil, commissaires, la somme de
mille cent quatre vingt deux livres trente cinq centimes pour montant des frais de la vente des susdits
effets de l'Emigré. Laquelle somme lui sera allouée
en compte.
Fait â Nice le 5 germinal an 3me républicain (25
mars 1795).
Arch. des A. M. L. 15 ancien p. 44-45 N° 34-35

Actes de Notoriété
Pièçe g

1-2-fructidor an III
18-19 août 1795
EGALITÉ, LIBERTÉ

AU NOM DE LA LOI
Ce jourd'hui, premier Fructidor, l'an troisième
(18 août 1795 de la République française, une et indivisible, à Nice, chef-lieu du département des AlpesMaritimes, par devant Nous, Antoine Gautier Juge de
paix de la Ier, 2m" et 3me section et officier de police,
est comparu le citoyen Pierre Joseph Passeron, natit
tic la commune de Contes et habitant en celle de Nice
depuis plusieurs années.
Lequel en sa qualité de procureur du citoyen
Charles Eugène Valperga de Maillone, évêque de Nice,
subrogé par le citoyen Nicolo Giorni, homme de loi,
procureur spécial et général établi (par acte reçu) par
le notaire Pierre Joseph de Bernochio, le 20 Juillet
dernier (v. s.) qu'il présente, légalisé par le résidant
de la République de Gênes auprès de la Cour de Turin, dont il résulte le pouvoir donné au citoyen Giorni, de subroger en son lieu et place, avec tous les
pouvoirs compris au dit acte, et il présente au surplus l'acte de sa dite subrogation faite par le même
citoyen Giorni, reçu en la ville de Gênes le premier

�- 48 du mois d'août dernier (v. s.) par le notaire Antoine
Baglietto, légalisée par le consul de la République
française.
Il expose que le vingt neuvième jour de septembre
de l'année 1792, l'armée de la République, étant arrivée en cette ville, commandée en chef par le citoyen
général d'Anselme, lorsque ce général, vers le soir,
fut arrivé et il eut pris son logement dans la maison
habitée par le ci-devant consul de la République Le
Seurre, ledit citoyen Evêque Charles Eugène Valperga de Maillone s'y étant présenté, ledit général d'Anselme, en présence de tout son Etat-Major, lui signifia
d'abord de devoir partir de cette ville. Sur quoi le
dit évêque ayant répondu qu'il avait cru de pouvoir
continuer sa résidence en cette ville et tellement l'avait cru, qu'il n'avait jamais pensé de distraire et en
faire partir le moindre de ses meubles et effets, qu'il
avait dans la maison d'habitation de l'tvêque et que
si absolument il lui ordonnait de partir, il le priait de
lui accorder la sauvegarde sur tous lesdits effets et
meubles. Le dit général d'Anselme lui répliqua qu'il
dut absolument partir de cette ville, en ajoutant que
le plus tôt en serait le mieux, et qu'à l'égard de ses
meubles et effets qu'il avait, il les mettait dès ce ino
ment sous la sauvegarde et loyauté de la Nation française et qu'il pouvait en être tranquille, après quoi ledit
évêque Valperga de Maillone, tout tremblant, ayant
dit qu'il allait se conformer dès le lendemain au matin à ses ordres, se retira ; ledit général d'Anselme
lui ayant encore répliqué : le plus tôt sera le mieux.
Et comme il importe audit citoyen évêque Valperga de Maillone de constater le fait ci-dessus expo"sé, suivi en présence de tout l'Etat-Major dudit général d'Anselme et de plusieurs citoyens de cette commune, l'exposant, en sa dite qualité vous présente les
citoyens Pierre Le Seurre, ci-dessus nommé, ci-devant
consul en cette ville de la République, le citoyen Honoré Saissi de cette commune qui pour lors était second consul de la même commune, le citoyen Philippe Emmanuel Féraudi qui pour lors était secrétaire de
Ìa même commune et le citoyen Ange Giraudi aussi

�- 49 de cette commune, pour recevoir leurs dépositions
sur ledit exposé et vous fait instance que de tout lui
soit concédé acte, ce que nous lui avons accordé, et a
signé.
PIERRE JOSEPH PASSERON.

Et de suite se sont présenté les susnommés
citoyen Le Seurre, natif de Craon, âgé de 75
ans, bourgeois, le citoyen Saissi, âgé de 70 ans,
négociant, Emmanuel Feraudi, âgé de 68 ans, notaire, Ange Giraudi, âgé de 63 ans, négociant,
natifs et domiciliés dans cette commune, auxquels
après avoir fait lecture dudit exposé fait par ledit citoyen Pierre Joseph Passeron, en sa dite qualité, les
avons interpellés sur serment que leur avons fait prêter, conformément à la loi, de nous dire en leur âme
et conscience si tous les faits énoncés dans le même
exposé sont de leur connaissance et tous les quatre ont
répondu et attesté tant uniment que séparément en
être pleinement informés, s'y étant trouvés présents,
et que le tout contient la vérité, toute la vérité et
rien que la vérité. En foi de quoi ils ont signé :
LE SEURRE, HOSORI'J
SAISSI, PHILIPPE EMMANUEL FÉRAUDI,
ANGE

GIRAUDI.

Et nous, juge de paix, vu les dépositions ci-dessus, avons de tout concédé acte au susnommé citoyen
Pierre Joseph Passeron en sa dite qualité, pour lui
servir et valoir dans tous les cas, à ce que de droit et
de raison. Fait à Nice, l'an et le jour que dessus.
GAUTIER, juge de paix.
BONIFACI, sec. greffier.
Vu par nous, membres du District de Nice, 3 vendémiaire an IV rép. 25 sep. 1795, TOSELLI, JN COPPON
fils, VÉRANI pr. syndic, SAYTOUR Martin.

�— 5o —
EGALITÉ, LIBERTÉ.

AU NOM DE LA LOI
Ce jourd'hui. second jour de Fructidor de l'an 3
août 1795) de la République française une et indivisible, à Nice, chef-lieu du département des AlpesMaritimes, par devant nous, Antoine Gautier, juge de
paix de la iere, 2M* et 3ME section et officier de police,
est comparu le citoyen Pierre Joseph Passeron : natif
de la commune de Contes et habitant en celle de Nice
depuis plusieurs années
Lequel en sa qualité de procureur du citoyen
Charles Eugène Valperga de Maillone, évêque de
Nice, subrogé par le citoyen Nicolo Giorni, homme
de loi, procureur spécial et général établi (par acte
reçu) par le notaire Pierre Joseph de Bernochio, le 20
Juillet dernier (v. s.) qu'il présente, légalisé par le résidant de la République de Gênes auprès de la Cour de
Turin, dont il résulte le pouvoir donné au citoyen
Giorni, de subroger en son lieu et place, avec tous les
pouvoirs compris audit acte, et il présente au surplus
l'acte de sa dite subrogation faite par le même citoyen
Giorni, reçu en la ville de Gênes le premier du mois
d'août dernier (v. s.) par le notaire Antoine Baglietto,
légalisée par le consul de la République française.
Expose : Primo, que le matin du trente septembre 1792, le citoyen Charles Eugène Valperga de
Maillone, évêque de Nice, en partant de cette ville
avec deux domestiques à sa suite, qui portaient un
paquet et quelques effets, fut arrêté à la porte qui conduit en Piémont, ci-devant nommée porte Victoire,
et conduit au vestibule de la maison presque attenante
à ladite porte, appartenant au citoyen Dominique
Castellinard, où se trouva le citoyen Joseph Castellinard, fils dudit Dominique, et malgré que ledit Evêque Valperga déclara aux soldats de la Garde de la
dite porte qui étaient des Marseillais, que c'était en
conséquence d'ordre qui lui avait été signifié par le
citoyen général d'Anselme qu'il partait de cette ville,
lesdits soldats commencèrent par le malmener et lui
(19

�signifier qu'ils voulaient le pendre et ayant ouvert
ledit paquet et y ayant trouvé entre autres effets, une
ceinture d'évêque, ils déterminèrent, à l'instant, de le
pendre avec ladite ceinture, et ayant essayé si la même
était assez forte pour le soutenir, en la préparant, elle
se fit en lambeaux, de façon qu'ils vérifièrent qu'elle
ne pouvait leur servir et demandèrent audit Joseph
Castellinard fils une corde, pour pendre ledit évêque,
à un grand anneau de fer qui était au plafond dudit
vestibule, servant â y passer une verge de fer pour
peser les marchandises, et ledit citoyen Castellinard
fils, leur ayant absolument refusé de leur donner de la
corde, en s'excusant qu'il n'en avait point, comme
dans tous ces entrefaits ledit évêque se trouve mal et
ne peut plus se soutenir, ledit Castellinard fils lui fit
apporter une chaise, par sa servante à qui quelques
uns de ces soldats donnèrent des coups de poing pour
avoir porté ladite chaise et le même Castellinard le
fit ensuite asseoir sur ladite chaise, en le soutenant,
parce qu'il ne pouvait se soutenir droit ; d'autant plus
qu'en attendant, lesdits soldats marseillais lui disaient mille exécrations, lui crachaient dessus et lui
donnaient des soufflets, et assurément ils l'auraient
fini, si dans cet intervalle un de ses domestiques
n'avait été dire au citoyen général d'Anselme ce qui
venait d'arriver, et ledit domestique étant venu avec
un billet dudit général d'Anselme qui ordonnait à la
garde de le laisser partir, puisque c'était de son ordre,
en conséquence de ce billet lesdits soldats marseillais
se bornèrent pour lors à lui dire et crier mille invectives et injures et le laissèrent partir, ce que ledit
évêque, malgré qu'il ne pût se remuer, à l'aide de ses
domestiques fit au mieux possible en tremblant, de
façon qu'il doit son existence au refus ferme et déterminé que ledit citoyen Castellinard fils leur fit de
leur donner une corde, sans quoi avant l'arrivée du
dit domestique portant l'Ordre du général d'Anselme, il aurait été pendu et étranglé.
Secondoque lefaitci-dessusfut d'abord public et notoire, de notoriété publique dans cette ville et encore
plui le lendemain premier octobre, puisque les autres

»

�— 52 —

soldats de la Phalange Marseillaise, arrivés sur le soir
dudit jour trente septembre, d'abord après leur arrivée
cherchèrent l'évêque qu'ils voulaient le lanterner et
mettre en pièces, comme ils s'expliquèrent hautement,
ce qui joint au fait arrivé dans ledit vestibule de la
maison Castellinard, étant devenu d'une notoriété publique donna l'épouvante à tous les gens honnêtes du
pays, qui disaient que le citoyen général d'Anselme en
ordonnant audit évêque de partir, en mettant sous la
sauvegarde de la Nation française ses meubles et ses
effets, avait voulu le sauver.
Et comme il importe audit citoyen Passeron, exposant en sa dite qualité, de constater par témoins le
fait ci-dessus exposé, il nous présente ledit citoyen
Joseph Castellinard fils de Dominique de cette commune, âgé de 21 ans, de profession, négociant, qui se
trouva présent au fait énoncé dans le Ier article de l'exposé ci-dessus, et au surplus informé de la notoriété
des faits énoncés au second et dernier chef, de ladite
exposition et il nous présente les citoyens Jean-Jacques Donny, natif de Neufchâtel en Suisse, âgé de 39
ans, de profession, négociant ; Joseph Poullan, natif
de Clavesana, en Piémont, âge de 48 ans, négociant ;
Jacques Gerbin, âgé de 60 ans, tailleur, Jean-Marie
Thaon, âgé de 56 ans, négociant, natifs et tous domiciliés en cette commune pour déposer sur ladite
notoriété énoncée dans ledit second fait exposé, pour
recevoir leurs dépositions, et nous fait instance que de
tout lui soit concédé acte, ce que nous lui avons accordé et a signé.
Pierre-Joseph PASSERON .
Et de suite se sont présentés les susnommés citoyens Joseph Castellinard, Jean-Jacques Donny, Joseph Poullan, Jacques Gerbin, et Jean-Marie Thaon,
ci-dessus qualifiés, auxquels après avoir fait lecture
dudit exposé fait par ledit citoyen Passeron, en sa
dite quálité, les avons interpellés sur serment, que
leur avons fait prêter, conformément à la loi, de nous
dire en leur âme et conscience, si tous les faits énoncés dans le même exposé sont de leur connaissance,

�- 53 et ledit citoyen Joseph Castellinard a répondu et
attesté en être pleinement informé pour avoir été
présent au fait exposé dans le i" article de ladite exposition, et pour avoir publiquement entendu dire les
faits énoncés dans le second chef qui était en cette
ville notoire de notoriété publique et lesdits citoyens
Jean-Jacques Donny, Joseph Poullan, Jacques Gerbin,
Jean-Marie Thaon, ont répondu et attesté tant uniment que séparément être pleinement informés de
l'énoncé dans le second chef de ladite exposition,
puisque les faits y énoncés étaient notoires, de notoriété publique en cette ville, et tous lesdits citoyens
ont respectivement attesté pour ce qui les concerne
que tout contient la vérité, toute la vérité et rien que
la vérité. En foi de quoi ils ont signé : Joseph Castellinard fils,Jean-Jacques Donny, Joseph Poullan, Jacques
Gerbin, Jean-Marie Thaon.
Et nous, Juge de paix, vu les dépositions ci-dessus,
avons de tout concédé acte au susnommé Pierre Joseph Passeron en sa dite qualité pour lui servir et valoir dans tous les cas, à ce que de droit et de raison.
Fait à Nice l'an et jour que dessus.
GAUTIER,
BONIFACI,

juge de paix.
sec. gref.

Vu par nous, membres Du district de Nice, le 3
vendémiaire anIV rep. (25 sept. 1795).
Jn. COPPON fils, VÉRANi, pr. syndic, TOSELLI, Saytour
MARTIN.

Arch. Nat. F

7

4867 *

�54 -

PÉTITION au DISTRICT de NICE
et AVIS de ce DISTRICT
ÉGALITÉ,

LIBERTÉ

5 vendémiaire
27 septembre 1795 an IV
AUX

CITOYENS ADMINISTRATEURS
DU DISTRICT DE NICE

Le citoyen Pierre Joseph Passeron, natif de la
commune de Contes, habitant en celle de Nice depuis plusieurs années.
Vous expose en qualité de procureur du citoyen
Charles-Eugène Valperga de Maillone, évêque de
Nice, subrogé par le citoyen Nicolo Giorni, homme
de loi, son procureur spécial et général fondé par acte
reçu dans la ville de Turin par le notaire PierreJoseph de Bernochio, le 20 juillet dernier (v. s) légalisée par le résident de la République de Gênes, près
la Cour de Turin, duquel il résulte le pouvoir donné
audit citoyen Giorni de subroger en son lieu et place
avec tous les pouvoirs compris dans le même acte,
qui se trouve copié mot pour mot dans celui de la
subrogation faite par le même citoyen Giorni, reçu
en la ville de Gênes le Ier du mois d'août dernier
(v. s* par le notaire Antoine Baglietto, légalisée par
le consul de la République française, le 13 Thermidor dernier (3 1 Juillet 1795), qu'il vous exhibe qu'étant arrivé dans cette ville le vingt-neuvième jour
du mois de septembre de l'année 1792, l'armée de la
République française, commandée par le citoyen général en chef d'Anselme lorsque celui-ci y fut arrivé
le soir et eut pris son logement dans la maison d'habitation du citoyen ci-devant consul de la République
Le Seurre, ledit évêque Charles-Eugène Valperga de
Maillone, s'étant présenté, le même général d'Anselme
lui signifia d'abord en présence de son Etat-Major de
partir de cette ville, sur quoi ledit évêque lui répondit qu'il avait cru pouvoir continuer sa demeure dans
cette ville et qu'à cet effet il n'avait jamais pensé de

Pièces 7 et 8

�- 55 distraire, ni faire partir le moindre de ses meubles et
effets qu'il avait dans la maison d'habitation de
l'évêque, que si absolument il lui ordonnait de partir,
il le priait de lui accorder la sauvegarde pour tous ses
dits effets et meubles, ledit général d'Anselme lui
répliqua : Le plus tôt sera le mieux, ce qui tout est
constaté par les attestations ci-jointes du premier et
second jour de fructidor dernier qu'il vous présente
également.
Qu'il résulte aussi par lesdites attestations, que
ledit évêque Valperga de Maillone fut forcé par ledit
général d'Anselme de partir de cette ville que tous
ses meubles et effets fussent mis sous la sauvegarde de
la Nation française et qu'étant parti le lendemain 30
dit septembre, il risqu'à d'être pendu ef étranglé paties soldats de la Phalange Marseillaise qui se trouvaient de garde à la porte ci-devant dite Victoire, ce
que tout fut d'abord notoire et de notoriété publique
dans cette ville.
Vous observe que ledit évêque Valperga est natif
du Piémont où il se retira et que s'il a résidé dans
cette ville, ce n'a été que pour raison de son ministère, que tout cela nonobstant il a été porté sur la liste
des émigrés, a été vendu la plus grande partie de ses
meubles et effets, et cela même nonobstant la préalable réclamation que le citoyen Jean-Jacques Donni,
chargé des intérêts dudit évêque avait fait à l'ancien
département par sa pétition du 22 juillet 1793 (v. s)
qui existe dans les Archives de ce district, résultant
ainsi que tout cela a été fait et opéré contre le droit des
gens et la sauvegarde de la loyauté française qui fut
promis audit évêque.
En conséquence, l'exposant demande en sa dite
qualité de procureur dudit citoyen évêque CharlesEugène Valperga de Maillone la radiation de son
nom de la liste des émigrés, la levée des scellés, la
restitution de ses propriétés et l'indemnité de celles
qui ont été distraites et vendues au nom de la Nation,
et sera justice.
(21 août 1795).

�- 56 Nice le 4me jour de Fructidor de l'an 3me de la
République française une et indivisible.
Signé : Pierre-Joseph PASSERON.
Vu la pétition ci-dessus du citoyen Pierre-Joseph
Passeron présentée au nom et comme procureur subs
titué du ci-devant évêque de Nice, Charles-Eugène
Valperga tendante à obtenir la radiation de son nom
de la liste des émigrés, la levée du séquestre et remission de ses effets restant ainsi que l'indemnité de
ceux qui ont été distraits ou vendus.
Vu une première pétition présentée à l'ancienne
administration du département par le citoyen JeanJacques Donni, au nom du citoyen Valperga en date
du 22 juillet 1793 tendante aux mêmes fins.
Vu la procuration en date du premier août 1793
(V. s.) faite à Gênes, par devant le notaire public Antoine Baglietti, légalisée par le Consul de la République française y résidant, ainsi que l'acte de procuration y inséré, en date du 20 Juillet 1795.
Vu l'attestation de quatre témoins faite avec serment par devant le juge de paix de la 1", 2"", 3me section de cette commune, en date du 1" Fructidor dernier '18 août 1795).
Vu autre attestation de cinq témoins faite par
devant le susdit Juge de paix, le 2 dit fructidor, aussi
sous serment.
Considérant que par la première des 2 attestations il est pleinement prouvé que le vingt-neuvième
septembre 1792, aussitôt après l'entrée de l'armée
française dans cette commune, le sus-nommé évêque
Valperga s'étant présenté au général d'Anselme qui
la commandait en chef, celui- ci lui ordonna d'abord
en présence desdits témoins et de tout l'Etat-Major.
u'il n'avait qu'à partir de la ville, et malgré que le
it évêque lui observa qu'il avait cru de pouvoir y
rester tranquillement et qu'à cet effet il n'avait fait
partir aucun de ses effets et meubles, le général lui
répliqua de partir absolument de la ville, en ajoutant
que le plus tôt serait le mieux, l'ayant assuré qu'à

a

�-5;l'égard de ses meubles et effets de sa maison, il les
mettait dès ce moment sous la sauvegarde et loyauté
de la Nation française et qu'il pouvait en être tranquille.
Considérant qu'il résulte par lesdites attestations,
et il est prouvé que l'évêque Valperga, d'après les
ordres précis et réitérés du général d'Anselme, partit
le lendemain 30 septembre de cette ville.
Considérant que par la susdite attestation du deux
Fructidor il résulte que l'évêque Valperga, au moment de son départ de cette commune, ayant été arrêté à la porte qui conduit au Piémont, par les soldats
qui y étaient de garde, lesquels tentèrent de le pendre,
il évita la mort par les soins du citoyen Joseph Castellinard, un des déposants, et il ne fut laissé libre que
d'après un billet du général d'Anselme, qui ordonnait à ladite garde de le laisser partir, puisqu'il s'en
allait de son ordre
Considérant que tous ces faits sont devenus de notoriété publique dans cette commune, dès le même
jour 30 septembre et Ier octobre suivant, ainsi que
quatre témoins l'ont attesté.
Considérant que le citoyen Valperga ne s'est absenté de cette commune et ci-devant Comté de Nice
que d'après les ordres du général d'Anselme auquel il
témoigna son regret.
Considérant que le départ du citoyen Valperga
ayant été forcé il ne peut pas être qualifié d'émigration.
Considérant que son intention de rester dans cette
commune est d'autant plus constatée, que le citoyen
Valperga a été le seul fonctionnaire public, il soit
resté à son poste, n'ayant soustrait aucun des meubles
et effets de sa maison, lesquels ont été ensuite distraits
et vendus par la Nation.
Considérant que le citoyen Valperga ne peut être
non plus considéré comme réfractaire aux lois de la
République, tandis qu'à l'époque de son départ de cette
commune, aucune loi de la République, surtout à
l'égard des ecclésiastiques, n'y avait été encore publiée
à laquelle eut pu contrevenir.

�— 58 —
Considérant que le citoyen Valperga ne pouvant
être considéré ni comme émigré, ni comme réfractaire, ne pouvait être privé de ses propriétés laissées
dans cette commune lors de son départ, sous la sauvegarde de la loi et de la Nation française qui lui fut
accordée par le général d'Anselme, et qui étant digne
de la loyauté de cette Nation, ne pouvait être violée
sans blesser le droit des gens.
Considérant au surplus, que le citoyen Valperga,
originaire piémontais, ne faisait sa résidence à Nice,
qu'à raison de son épiscopat, ce qui ne donne qu'une
résidence easuelle, et que sous tous les rapports, il
n'a cessé d'être étranger à l'égard du pays de Nice et
de la France.
Considérant que l'article 6, section deux, N° 2 de
la Loi du 25 Brumaire (15 novembre 1794) en déclarant émigrés les citoyens domiciliés dans le cidevant comté de Nice, qui sont sortis depuis le 27
septembre 1792, n'a point porté atteinte au droit des
gens dans la personne de l'étranger, qui se trouvait
dans ce même pays, où il n'aurait pas établi son vrai
domicile.
Considérant que le citoyen Valperga, qui avait été
forcé par le gouvernement de partir de Nice, n'a dû
plus y revenir dans le terme même prescrit par les
lois aux citoyens de la ci-devant Comté de Nice,
puisqu'il ne devait point imaginer qu'il fut compris
dans l'invitation, malgré qu'il ait été porté sur la
liste des émigrés.
Considérant que ce nonobstant, lorsqu'il sut qu'il
avait été porté sur la liste des émigrés de cette commune, s'est empressé de présenter sadite pétition
du 22 Juillet 1793 dans laquelle il demanda non seulement la radiation de son nom de ladite liste, mais
encore un délai convenable pour rentrer dans cette
commune, soit comme simple citoyen, ou comme
fonctionnaire public, ainsi que la restitution de ses
propriétés par lui laissées sous la sauvegarde de la
loyauté française dans la maison êpiscopale lors de sa
retraite forcée, ou une juste indemnité de leur valeur.

�- 59 Considérant finalement que,d'après toutes les circonstances sus-ênoncèes, aucune loi concernant les
émigrés ne peut être applicable au citoyen Valperga,
et que toutes celles qui pourraient le regarder relatives au séquestre des biens appartenant aux habitants
des pays en guerre avec la République française ont
été rapportées par le décret du 14 Ventôse dernier
(4 mars 1795). •
Le Directoire du district de Nice, oui le procureur syndic, est d'avis que le citoyen Charles-Eugène
Valperga ci-devant évêque de Nice ne doit point être
considéré émigré.
Qu'il doit être rayé de la liste des émigrés, que le
séquestre apposé sur ses propriétés doit être levé, qu'il
doit être réintégré dans la possession et jouissance
d'iceux, que tous receveurs ou dépositaires doivent
lui restituer les sommes qu'ils ont perçues, résultant
du produit desdites propriétés et qu'il doit recevoir
la juste indemnité des meubles et effets qui seraient
passés au profit de la Nation.
Fait à Nice, dans la salle des séances le 5me Vendémiaire an 4me républicain (27 sept. 1795). Signé
Saytour Martin. Verani,
procureur syndic, Angles v. prés.
Touzelly. Jn Coppon fils.
Enregistré au feuil. 20 registre des prévenus
d'émigration et signé BARRAIA, commis greffier.
Certifié conforme par nous Ve président et secrétaire du district Jn COPPON Fils V,-PRÉSIDENT
BARRAIA Cis greffier.
A rch. Nat. F 7 4867

2

�— 6o —

Pièce 9.

LIBERTÉ (vignette) ÉGALITÉ
BUREAU DES
ÉMIGRÉS

Extrait des registres des délibérations et arrêtés de
l'Administration Centrale du département des Alpes Maritimes.
(2

juin 1797)

Séance du quatorze Prairial an 5mf de
la République française une et indivisible.
Sur le rapport d-e la pétition présentée par le
citoyen Pierre Joseph Passeron, procureur fondé de
Monsieur Charles Valperga, ci-devant évêque de
Nice, dans laquelle il expose que ledit Charles Valperga n'a jamais dû être atteint des lois relatives à
l'émigration, soit qu'on le considère comme parti en
suite d'une force majeure, soit en sa qualité de piémontais et demande en conséquence la radiation de
son nom de la liste des Emigrés, sa réintégration
dans la possession et jouissance de ses propriétés et
une juste indemnité, des meubles et effets qui sont
passés au profit de la République.
L'Administration Centrale du département des
Alpes-Maritimes, considérant que M. Charles Valperga, comme piémontais, n'habitant Nice que pour
cause de son emploi, n'aurait jamais dû être porté
sur la liste des émigrés du département.
Que le seul motif qui a pu déterminer le général
d'Anselme à lui ordonner de partir de la ville de
Nice, ne peut avoir été que la susdite qualité de
piémontais.
Considérant enfin, que comme sujet du roi de
Sardaigne, il est dans le cas de jouir de l'article i,r
de la loi du quatorze nivôse an troisième, (} janvier
1795), ainsi que de l'article neuf de la loi du trente
Floréal an quatrième, (19 mai 1796).
Arrête, oui le commissaire du Directoire Exécutif
que le nom de Valperga, ci-devant évêque de Nice,
qui se trouve inscrit sur la liste des émigrés, sera

�— 6i —

provisoirement rayé ; que tout séquestre qui pourrait
avoir été mis sur ses biens sera levé, qu'il sera réintégré dans la possession et jouissance de ses propriétés,
et que toutes les sommes versées dans les caisses publiques, lui seront rendues, déduction faite des frais
faits conformément aux lois.
Fait et arrêté* en séance publique le jour, mois et
an que dessus.
Signé : Donny, président Payani, fils, Scudéry,
Oberti, Hancy (et en marge Gastaud commissaire
du Directoire Exécutif).
Certifié conforme à l'original par nous président
et secrétaire de l'Administration centrale du départemeni des Alpes-Maritimes.
DONNY, président
BELMONDI, sec. chef au bureau des émigrés.
Arch. Nat. F 7 4867 2

ACTE DE CAUTIONNEMENT
Pièce 10.

11 fructidor anV (2&amp; août 1797)
LIBERTÉ ÉGALITÉ
Ce jourdTiui 11 fructidor an 5 de la République
française une et indivisible (28 août 1797) par devant nous, membres composant l'Administration
centrale du département des Alpes-Maritimes, est
comparu le citoyen Joseph Passeron, natif de Contes,
chef-lieu de canton, domicilié dans cette commune,
procureur fondé de Monsieur Charles Valperga, cidevant évêque de Nice, en vertu d'acte de procuration du 20 juillet et premier août 1795 (v. s.) lequel
en sadite qualité, dépendamment à l'arrêté de cette
administration du quatorze prairial an cinq (2 juin
1797) portant que le nom de Valperga, ci-devant
évêque de Nice, sera provisoirement rayé de la liste
des émigrés, que tout séquestre qui pourrait avoir
été mis sur ses biens sera levé, qu'il sera réintégré
dans la possession et jouissance de ses propriétés, et

�— 62 —

que toutes les sommes versées dans les caisses publiques lui seront rendues, déduction faite des frais
faits, conformément aux lois, désirant de se conformer au porté par l'article 3 de la loi du 5 Brumaire
an 3 (26 octobre 1794) qui exprime que les prévenus
d'émigration seront tenus de donner caution solvable de la valeur mobilier, et ne pourront obtenir
leurs immeubles jusqu'à ce qu'il ait été définitivement statué sur leurs réclamations par qui de droit,
toujours en sa dite qualité a présenté pour caution le
citoyen François Grosson, marchand drapier de cette
commune, lequel ici prése.it et acceptant, s'oblige
conjointement et solidairement avec ledit Valperga
et pour celui-ci ledit Joseph Passeron, et sous l'hypothèque de tous leurs frens présents et à venir, à l'entière exécution de ce qui les concerne en la susdite
loi, et à la représention des mobiliers, effets et sommes à percevoir en dépôt que besoin sera, et quant
aux mobiliers invendus et en dépôt seront soumis
d'en représenter la valeur à laquelle seront estimés
par experts, préalable rémission.
Et nous, administrateurs susdits approuvant lesdits
cautionnement et acte de soumission, à la réquisition
dudit citoyen Joseph Passeron, avons dressé le présent acte que toutes les parties ont signé avec nous,
ayant au préalable fait renoncer audit François Grosson au droit de premier convenir.
Fait à Nice les jours, mois et an que dessus.
Joseph

PASSERON,

François GROSSON,
prés., PAYANY FILS,
MARUN-SAYTOUR, sec. en chef

HANCY, DONNY,
P.

Acte original sur timbre de 20 centime*.
Arch. Nat. F

7 4867^

�— 63 -

CONCLUSION

Il était avéré pour tous, dans la ville de Nice, que Mgr
Valperga était parti contre son gré et si la première Administration départementale, installée au mois de Mai 1793,
l'avait inscrit sur la liste des émigrés de Nice, c'était à la
suite d'une réponse faite par le ministre de l'Intérieur, Garât,
aux questions à lui posées par le Directoire des Colons Marseillais sur la conduite à tenir vis-à-vis de l'évêque.
Les questions avaient été envoyées à Paris, vers la fin
de Février 1793, et la réponse du ministre ne parvint à Nice
qu'au milieu de juin suivant, soit quelques jours avant la
publication de la liste des émigrés. Les réclamations de
l'évêque, retiré à Turin dans sa famille, furent présentées
le 22 juillet 1793 (1) ; mais comme beaucoup d'autres, elles
s'entassèrent dans les bureaux du Département, qui n'y
répondit même pas.
Cette réclamation fut présentée au nom de l'évêque par JeanJacques Donny au Département. lîlle figure en original au dossier
Valperga.
Voir ci-dessus.
Le registre des délibérations du département manque aux Archives pour les derniers mois de 1793, exactement du Ier mai au 10
Novembre, comme pour les six derniers mois de 1797 et l'année entière de 1798, exactement du 8 Messidor an V (26 Juin 1797) au 25
Pluviôse an VII (13 février 1799).
C'est-à-dire pour les deux périodes les plus troublées et cette
disparition est tout au moins étrange.
Elle doit être vraisemblablement attribuée à certains hommes
politiques désireux de laisser dans l'oubli leur conduite durant ces
deux époques.

�- 64 On était dans la période la plus aiguë et, en pleine
Terreur.
Après le 9 Thermidor et, surtout après la venue à Nice
du représentant Beffroy, au mois de Floréal, an III (Mai
I795)»
les esprits devinrent plus calmes, les administrations plus pondérées. C'est alors que, sur de nouvelles demandes présentées au District, et sur avis favbrable de
celui-ci, le département des Alpes-Maritimes accorda à Mgr
Valperga sa radiation provisoire, le 14 Prairial, an V (2 Juin
1797). Comme on le voit, l'affaire avait traîné en longueur.
Il semblait alors que rien ne s'opposait plus à la rentrée
de l'évêque : le 11 Fructidor, an V (28 Août 1797), le Département avait agréé la caution de François Grosson (1) ;
les biens de l'évêque allaient lui être rendus, et il pourrait
rentrer.
Mais huit jours après, le coup d'Etat du 18 Fructidor (4
septembre 1797) remettait le pouvoir aux mains des Jacobins, la guerre aux émigrés et aux ecclésiastiques, en particulier, reprit avec âpreté. Pe département des Alpes-Maritimes se vit accusé d'avoir préparé une rentrée triomphale à l'évêque, son arrêté du 14 Prairial resta sans effet
et, en vertu de la loi du 19 Fructidor (5 septembre), les
scellés furent de nouveau apposés sur les biens de Mgr Valperga par deux commissaires municipaux (2).
En vain, l'évêque de Nice, fit intervenir auprès du Directoire Balbi, l'ambassadeur du Roi de Sardaigne à Paris,
le dossier de sa demande en radiation fut examiné sans
aucune bienveillance.
(1) L/Acte original de ce cautionnement sur timbre est aux
Arch. des Alp.-Maritimes Q. 10.
(2) Mise de scellés sur les biens de Charles Eugène Valperga par
deux commissaires de la municipalité de Nice. Une scéance, 6 livres.
Dépense approuvée par le Département, en Germinal an VI (avril
1798). Arch. des A. M. Q. 11.
Mgr Valperga ne possédait à Nice aucun immeuble et il devait
rester fort peu de chose de son mobilier après la vente qui en avait
été faite en Ventôse an III. La bibliothèque de l'évêché avait été déclarée bien national et la caisse diocésaine avait disparue en octobre 1792
sans laisser de traces dans les pièces administratives. Le séquestre
a été apposé sur les biens de nombreux émigrés rayés provisoirement.
On peut en voir la liste aux Archives des A. M. Q. 10, où Valperga
figure sous le N° 65.

�- 65
Á la suite de la lettre de Balby datée de Paris le 7 février
1798, le ministre de la police demanda à ses Bureaux un
rapport sur l'affaire Valperga. Pe voici tel qu'il se trouve
en minute au dossier.
Attendu que rien ne tend à constater le prétendu ordre
de quitter Nice, d'où il suit qu'il faut en croire sur parole
l'émigré.
Qu'à raison de son domicile, il était tenu de rentrer sur
le territoire dans les délais voulus par les lois.
Qu'il est atteint par la déchéance et n'a réclamé que
l'an V.
Qu'il ne paraît pas y avoir lieu de violer la loi en faveur
de cet ex-évêque dont la rentrée prohibée par la Constitution serait d'une influence dangereuse.
J'estime qu'il y a lieu à proposer la maintenue sauf
à prendre des renseignements si toutefois on les trouve
indispensables.
CAIGNART,
Sous-chef (2e Bureau).
En tête de cette minute est écrit :
« Je pense qu'il y a lieu à instruction et à prendre
des renseignements près les Administrateurs du département_des Alpes-Maritimes. »
Signature illisible (1).
Ces renseignements furent-ils demandés ? C'est probable et cela explique que bien des pièces du dossier Valperga sont en double expédition. Plus d'une année s'écoula
encore, avant que fut prise une décision et finalement sur
un rapport défavorable de la Commission d'examen instituée près le Ministère de la police pour l'étude des demandes en radiation, le Directoire exécutif signa le 7 Floréal
an VII, (26 avril 1799) un arrêté qui maintenait définitivement, sur la liste des émigrés, Mgr Valperga et annulait
toutes les décisions rendues antérieurement, en sa faveur,
par les. autorités locales.
(1) Arch. Nation. F 7 4862 2 dossier Valperga. Rapport de la
3 me Division du Ministère de la police, sans date mais joint à la
lettre de Balbi.
»

�- 66 -

Varrêté du Directoire parvint à Nice les premiers
jours de Prairial an VII (Mai 99) et fut immédiatement
mis à exécution. (1).
*

* *

Ainsi donc Mgr Valperga expulsé ne put jamais obtenir
de rentrer, les lois sur l'émigration étaient tellement embrouillées et tyranniques qu'une fois inscrit sur une liste
d'émigrés, il était extrêmement difficile de s'en faire rayer
malgré toutes les démarches ; car on se heurtait sans cesse
à des questions de forme et de procédure ce qui permettait
à la malveillance de s'exercer tout à fait à l'aise sous le
couvert de la légalité.
A. J.

PvANCE-BOURREY.

(1) De 21 Floréal an VII (10 mai 1799), il fut communiqué
par le ministre de la police générale de la République aux diverses
administrations intéressées et aux Commissaire du Directoire exécutif
près le département des Alpes-Maritimes. Celui-ci par lettre du 3
prairial (22 mai 1799) demanda au Département de le transmettre
à la Municipalité de Nice, ce qui fut fait le même jour avec ordre
de le transcrire sur ses registres, de faire apposer les scellés ou séquestre sur tous les biens meubles et immeubles de l'évêque si ce
n'est déjà fait, et de mi notifier sans délai la décision prise à son égard.
Voir lettre du Département à la Municipalité, celle du Commissaire au Département, 3 Prairial an VII avec la réponse du Département 4 Prairial.
Arch.. des A. M. Q. 1 et 2 et Arch. Nationales, dossier Valperga,

�NIÇA LA BELLA
VERS DE /.

Giordan,

su

DE CARTA POUSTALA

Ai rai dôu nouostre bouon soulèu
Venon s'escaufar toui lu lùssi ;
Es un meravihous tablèu,
Ai rai dôu nouostre bouon soulèu,
Trouvas, dou Var fin au Castèu,
Anglés, Rouman, Danesi, Rùssi :
Ai rai dôu nouostre bouon soulèu
Venon s'escaufar toui lu lùssi.
Pèr tu, as touti li bèuta,
Terra de lus e d'alegria,
D'un ciel d'azur, as la clartà,
Pèr tu, as touti li bèuta.
De l'univers, en verità,
Siès la uechièma meravia ;
Pèr tu, as touti li bèutà,
Terra de lus e d'alegria.
Dintre lou tèmp, Semiramis
Faguet basti, à Babilouna,
Pu siéu jardin, vèr paradis !
Soubre Paioun, degun s'estouna
De vèire, ancuèi, lou paumoulié
Drissar au ciel la siéu coulouna
E lou galofre, e l'anemouna
Flouri emb'au pourtegalié.
De bouon matin, quitant maioun
Pèr la journada touta'ntiera,
S'en va lavar, dintre Paioun
Pa bugadiera.
D'un glourious passat es fiera
Perqué, d'un tèmp, sus lou bastioun
Au Turc, arranquèt la bandiera
Pa bugadiera.

�fet 68 —

Sau de fouora fa freï,
Que brima,
A Niça, sus lou Quèi,
Si rima.
Pescadou, fourestié,
De la mar bressarella,
Escouton voulountié
Pa doussa cantinella.
L'AVOUCAT

PATTA

L'estudi de l'avoucat Patta es en plen aria ; si tèn lou matin
couma lou predinà su la plaça dôu Palai. Es un ome pichounet,
touplen raplot, li pocha enfli de papiè de touta mers. En lu vièi
quartiè es proun counouissut e li capelada, « Bouonjou Moussu
l'Avoucat », noun li mancon. Es ben m'ai juge, proucuradou, etc.
Lu siéu ounourari soun bouon pati e n'a de preferença pèr
qu si sigue. Parla au premier maufatan vengut, couma se fousse
un agnèu que vén de naisse ; lou créancier o lou débiteur soun
tratat su lou même pen... basta que mouson...
L'avoucat Patta es de noutarietà reputat pèr un ome judicious, òunest — au noun si flata de l'estre au jou d'ancuei ; —
finda counouisse, es en relacioun d'afaire emê de gros persou nage que dintre la finança dôu siéu coumerce, soun quasi d'usurari. Sau menajar la cabra e lou caulè ; e pèr que la mouneda
noun li escapa si desbrouïa e si mete dôu cousta dôu manche...
d'aquéu que casca lou de mai...
Acò fa que toui lu matin que lou Bouon Diéu a fach, la siéu
doumestica mete toujou quaucaren au fuec. Lou dimeneghe, coum'un bouon crestian, — tartufaria que lou pauva, — va audi la
gran'messa à Santa Réparada, fa la siesta e à la calada dóu soulèu,
passeja su lou Cours, pastrouia, fa lu cent pas, noun parla que de
lei, proucès, citacioun, ensin alestisse lou travail dôu dilun...
Lendeman empastra ben d'afaire, mete facilamen en lou sac
Moussu Tout'Un emé Moussu Tout'Autre... En éu que li pòu
faire ?... lança dapertout lou broumech, tant pis pèr aquéu que si
laissa agantar. Quaranta sóu es lou près d'atac e vous pregui de
crèire que douna pas la siéu journada pèr doui o tres escut.
L'avoucat Patta counouisse l'usança dôu païs... s'avès touort,
vous rouïa, s'avès pi rasoun, v'espia... Que voulès aima manjar
lou pei, lou pei que noun aiguë d'espina...
JULI EYNAUDI.

�-«9VA

MAU ! !

Va màu, cresé-vous, que va màu 1
En l'orizoun lou voile negre
N'es qu'un gran camp cargat de pebre,
Qu'à pala lou jeten davan,
Avuglan finda lu cavau 1
Lu canoun soun su li frountièra,
Alignât couma de barriera,
N'esperon plus que lou signàu !
Lou soulèu, aquel animàu !
Stan, noun vòu levà la vela,
Si foundon couma des candela
Enb'aquèu coust dôu diàu !
Le Giacouuda à cóu de d/stràu
Li fan petà li sièu moulura...
Ah ! dèu faire bella figura
Se l'an foutuda en quauqua tràu
Lou pan crèise, finda la sàu,
Lou sucre dintre li boutiga
Mounta ben mai que de boufiga !
Van jusque crèise lou rampàu
E la pèu que fau lou tambau ;
Metran de drech su li nourriça,
Su lu chichi, su li saucissa,
Perqué pas soubre lu magàu ?
E lou Prussian, marrit bertàu,
Noun sabon fa que de babïa,
Per lou Maroc e l'Algèria,
Se faran mètre lou mourràu !
Li serreren toui lou pourtàu
E pi veiren touta la França
Davan la sieù grossa arougança
Se noun si sau garda li clàu !
Es de rima d'un manechàu,
Ma sien d'estiéu, vesin, vesina,
Li passeres en la resina
Avant que vegon l'espitau !
CHARLES CIAUDO

�Valère Bernard
Tout en heurtant le marteau contre la porte de M. Valère
Bernard je songeais. Je me suis complu dans le plus souriant
mépris des idoles. L'ironie a tremblé sur mes lèvres quand
la Provence a dans un ravissement de joie acclamé le poète de
Maillanne. Cette mascarade d'apothéose me répugnait.
Et maintenant la curiosité me fourvoyait dans le studio
d'un consciencieux artiste que les felibres couvraient de gloire.
Elève de Puvis de Chavannes M. Valère Bernard pasticha le
Maître. Mais vite il eût l'intuition qu'à se perdre dans les sentiers
battus il courrait risque de compromettre son crédit. Il dit
adieu à Paris et vint dans Marseille, l'opulente cité.
A cette époque vivait un exquis écrivain, J. Lombard. Il venait de publier deux œuvres d'une grandiose beauté, VAgonie et
Bysance. Dans un style étrangement tourmenté il contait les
luttes entre les factions d'Orient, illuminant son œuvre des
splendeurs bysantines.
Valère Bernard vit Jean Lombard, et du même coup les belles
au bois qui dormaient en son âme s'éveillèrent. Il délaissa les
études académiques, les pastiches sans vie, et d'ardentes couleurs
chargèrent ses toiles.
Voici le triomphe des rois Babyloniens. Sur les voûtes d'un
palais impérial passent des gardes étincelants dans la pourpre et
la soie. L'or envahit les hautes colonnes de jaspe bleu. Involontairement on pense aux fantastiques demeures hantées par des
fées émeraudes et des princesses aux perversités troublantes.
Et je m'imagine que le peintre était sous le charme de la
légende quand il a peint cette courtisanne qui sourit à son miroir tout en jouant négligeamment avec sa chevelure d'or. Et
puis passent Venise la rouge, Marseille enveloppé dans la poussière d'or du crépuscule, des motifs à la Watteau peints par un
bysantin, toute une apothéose.
Mais une idée m'obsède, tandis que dans la grise clarté d'un
soir automnal s'éteignent les fauves éclairs jaillis de ces radieuses
toiles. L'idéalisation du passé me paraît cruelle. Les générations
endormies dans la Mort ont eu leurs misères/leurs rancœurs, je
pense qu'il est absurde de s'écrier avec Musset « qu'aux temps
jadis tout était heureux jusqu'aux douleurs humaines. » En vain
l'apostat s'attriste-t-il sur les vieillards immortels de l'antique

�- 7i

—

lonie, â ses oreilles résonnent les paroles de l'Hiérophante : « La
Helladi que tu aimes n'a jamais existé ».
Mais M. Valère Bernard brise ma rêverie, et mes yeux se
portent.sur des portraits appendus au mur. Profils d'espagnol ou
d'américain mitigés d'espagnol, comme on en croise maintes fois
sur la Cannebière.
Homme universel ne puis-je m'empêcher de m'êcrier. M.
Valère Bernard sourit. Il siérait dit-il, à mi voix, de se développer en profondeur. Toutefois il est beau de se dire sur le
tard de sa vie que l'on a fait vibrer toute son âme. Ici le maître
rejoint Néron. Il m'aide à comprendre cet inquiétant empereur.
Mais encore faut-il que tout en étant l'homme universel on ne
sombre pas dans la banalité. De méchantes œuvres d'art peuvent
avoir leur prix.
Une idée se lève devant moi. Labruyère me petsuade que
l'honnête homme de Pascal propre à tout en définitive n'est propre à rien. La spécialisation inintelligente, mène à l'erreur, j'en
conviens, mais en fait elle est une loi générale.
Et ceci est pour me plaire, car j'abhorre dissiper mon énergie,
j'aime le repliement, la frissonnante pudeur qu'effarouche les
vaines ostentations. Je goûte les peintres du passé et malgré ma
philosophie j'adore les peuples disparus. Volontiers j'implorerai
avec la Cassandre de Schiller la cécité, l'exquise cécité. Le sou
venir a plus de puissance sur moi que l'espoir.
Et sous des deux gris, en des pays étrangers désolants de
médiocrité, il m'est arrivé de pleurer plus amèrement que ne
pleura Xerxès aux rives d'Abydos.
J. PADOVANI.
PROUVERB1, BOUOI MOT, COUNSÈU E DICH
Vèuva que si marida,
Dèu perdre la lus e l'audida.
Fiha madura,
Lou pouorta à la centura.
En cuntant su lu det :
Aquéu a fa l'óu ;
Aquéu l'es anat cercar,
Aquéu l'a fa cuèire,
Aquéu l'a manjat,
E lou pichoun n'a ren tastat !

�— 73 —
LE

DÉSESPOIR

Oui, j'ai la mort dans l'âme ; oui, je monte au calvaire ;
Mon horizon, hier si beau, s'est obscurci ;
Je hais tous les devoirs et tout ce qu'on révère :
Mieux vaut mourir que vivre ainsi !
Puisque je n'y puis rien ; que la raison humaine
Ne gagne plus un cœur où mon cœur est entré,
Je veux briser mes jours comme on brise une chaîne
Et m'enfuir en désespéré.
Qu'est-ce donc que la mort ? C'est la paix éternelle,
C'est un beau drap de fleurs sur mon sein endormi,
C'est la nature calme, auguste et solennelle
Qui nous prête un repos ami.
O nature de Dieu contemple ma détresse !
Ecoute tout mon sang dans mon cœur s'épancher
Et, puisque je n'ai plus le lit de ma maîtresse,
C'est au tien que je veux coucher ;
C'est toi la grande mère et la nourrice immense !
L'homme au sort le plus âpre et l'homme au sort plus beau
Retrouvent dans ton sein leur part de ta clémence :
L'un l'amour, l'autre le tombeau
Tu sais, toi qui vois tout, ce qu'ici bas je souffre,
Que je n'ai point béni l'instant de mon réveil
Et que j'ai regardé, toujours, du fond du gouffre,
Les bords ou brillait le soleil ;
Que je n'ai bu jamais que dans la coupe amère,
Que le seuil du bonheur me fut toujours fermé,
Que j'ai perdu mes fils, que j'ai perdu ma mère
Et tous les cœurs qui m'ont aimé !
Maintenant je m'en vais, battant du front, comme ivre,
En proie à ce grand deuil qui me courbe en vainqueur,
Et je veux déchirer ma vie, avec le livre
Des chastes sanglots de mon cœur ;
Et toi, rayon divin, génie, ardent délire,
Flambeau qui n'iras plus briller sur son autel,
Eternise du moins ces larmes de ma lyre
Et que mon cri soit immortel !
[EDGAR DE MASINI

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Nouvé

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Expulsion de Mgr Valperga en septembre 1792 (Abbé RanceBourrey

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Niça la Bella (J. Giordan)

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Va Màu (Ch. Ciaudo)

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1912

QUATRE-TÈMS

Noumbre d'or...
13
Mars
Epato (Grégori)
Il
Jun
Cicle soulari
17 Setèmbre
Endicioun roum
10 Desembre
Letra doumenicala
G F
LI QUATRE

8,
7,
20,
20,

10
9
22
22

e
e
e
e

11
10
23
23

SESOUN

Lou printèms coumença lou 21 mars
L'estiéu
—
— 22 Jun
L'autoum
—
— 24 sept,
L'iver
—
— 22 dés.

à 6.55 m.
à 2.36 m.
à 5.18 m.
à 11.53 m.

dôu sera
dôu sera
dôu matin
dôu sera

FESTA MOUBILI

Septuagesima... 12 Fébrié
Cendre
21 Febrié
Pasca
7 Abrieu
Rougacioun 21, 22, 23, 24 Mai
Ascensioun
16 Mai

Pantecousta
Trinità
Festa de Diéu
1" Dimenegue de
Ie* Desémbre

26 Mai
11 Jun
15 Jun
l'Avènt

LU ESCLISS!

Souliu.

—

ij Abriéu. — Esclissi annulari e coumplet visible

à Paris, en America, en Europa et dintre lou N.-O. de l'Africa.
Coumençamen de l'esclissi à 10,01 dôu matin ; finisse à 1,08
dôu sera.
10 Otitoubre. — Esclissi coumplet invisible à Paris, visible
dintre l'America dôu Sud.
Luna. — 1" Abrièu. — Esclissi parciella visibla à Paris. Entrada de la luna dintre l'oumbra, 9.26 dôu sera; sourtida, 11.03
dôu sera.
26 Setèmbre. — Esclissi parciella, invisibla à Paris, visibla
dintre l'Océan Pacifique.

Jîla providence, %ue de la Préfecture /4, $run, Siàraire

�LU

VÉNT

Lu vènt que souflon à Niça, dintre lou cours de l'armada,
soun au nombre de 16. Vequi li siéu denouminacioun courènti,
pihadi, en general, dai loucalità dei quali parèisson vèni :
Sud
Miejon
Nord... Tramountana
S.-S.-O. Miejou Lebech
N.-O.-E. Grek Tramountana
S.-O
Lebech
N.-E... Grego
O.-S.-O Pounèut Lebech
E. N .E. Levant
Ouest. Pounènt
E.-N.-E. Levant
O.-N-O.V Pounènt Maistràu
E.-S.-E. Levant
N -O . Mastràu
S.-E.... Siroco, vènt marin
N..-N. OMaïstràu Tramount
S.-S.-E.. Miejou Siroc

6
15
25
14
31
24

VIGÍLIA — JEUNI
Abriè
(Pasca, 7 Abrièu).
Mai
(Ascensioun, 16 Mai).
Mai
(Pantecousta, 26 Mai).
Avoust
(Assoumpcioun, 15 Avoust).
Outoubre (Toui lu Sant, Ier Nouvembre).
Desembre (Calena, 25 Desembre).
L'AN NADA RELIGIOUSA

LI FESTA MOUBILI E LI FESTA FISSI
Janvt'è
jYlars
1 Circouncisioun.
1 e 2 Quatre Tèms.
6 Epifania (lu Rei).
3 Reminiscere.
13 Bateja de J.-C.
10
Oculi.
14 Sant Noum de Jesu.
17 Lœtare.
fébrié
24 Passioun.
2 Puriflcacioun.
29 Li 7 Doulou.
4 Setuagesima.
31 Lu Rampàu.
6 Festa de la Pr. de N. S.
11 Sexagesima.
Jîbriéu
13 Coum. de la Passioun.
5 Divendre Sant.
18 Quinquagesima.
7 Pasca.
21 Cendre.
14 Quasimodo.
25 Quadragesima.
28 Patrou. de San Joúsè.
28 Quatre-Tèms.

�Setembre
3 Inv. de la Santa Crous.
13, 14, 15, Rougacioun.
16 Ascensioun.
26 Pantecousta.
29-31 Quatre-Tèms.
1
2
6
9
21
24
29

Quatre-Tèms.
Trinità.
Festa de Diéu.
Festa dôu S. Sacramen.
Sacrat-Couor de'jesu.
Natività de S. jouan-Bat.
SS. Peire e Paul.

8 Natività de la Vierge.
14 Esaltacioun de la Crous.
15 N.-D. dei 7 Doulou.
15 San Noum de Maria.
18, 20, 21, Quatre-Tèms.
29 Dédie, de S. Miquèu.

Ôutoubre
6
13
20
27

Sant Rousari.
Maternità de la Sta Vierge.
Puretà de la Santa Vierge.
Patrounage de la S. Vierge.

J/ouvembre

Juliet
2 Visitacioun de la S. V.
7 Precious Sang.
16 N.-D. dôu Carme.

Jîvoust
6 Transfiguracioun.
15
18
25
25
29

Assoumpcioun.
S. Joachim.
S. Couor de la Vierge.
S. Louis.
Decolac. de S. Jouan-Bat.

1
2
3
21

Toui lu Sant.
Lu Mouort.
Santi Relíquia.
Present, de la Sta Vierge.

2&gt;esembre
1 Avent.
8 Imaculata Councepcioun.
18, 20, 21, Quatre-Tèms.
25 Calena.

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DÉCIMALISATION

DU

TEMPS ET DES

ANGLES

LA MONTRE DÉCIMALE
Par J. de REY-PAILHADE, président du Comité
pour la propagation des méthodes Décimales.
Le Club Nautique de Nice a offert plusieur fois en prix des
montres décimales aux régates'de 1909. Il était utile de décrire cet instrument, d'y joindre des tables pratiques et des
formules à l'usage des ingénieurs, des sportsmen, des médecins, etc. etc.
DÉCIMALISATION DES ANGLES •
Il est aujourd'hui démontré que la division décimale du
quart de cercle facilite tous les calculs.
Les nouvelles cartes géographiques sont graduées exclusivement dans ce système, devenu officiel en France et dans
d'autres pays. On possède toutes les tables pratiques nécessaires à son essai courant. Nous ne nous étendrons pas
davantage sur cette méthode aujourd'hui enseignée dans les
lycées et collèges.
Nous rappellerons seulement que M. l'amiral Germinet,
membre d'honneur du C. N. N., sous la direction duquel on
fit en 1899 et 1900 des essais de navigation avec un matériel
entièrement décimal, a émis un avis très favorable à la
réforme décimale.
DÉCIMALISATION DU TEMPS
La division décimale du jour décrétée le 4 frimaire an II
rendra aussi de grands services à la science et aux sports.
Principe. — On divise le jour entier en 100 parties égales
appelées cés ; le cé est subdivisé en décisés, ceniicès et millicés
Le cé vaut 14m 24s ou 1T4 d'heure environ ; le décicé est égal
lm 26s 4 ou lm Ij2 environ ; le millicé vaut 0S 864 ou 9T10 de
seconde environ.
Concordance des Temps. — On parvient assez vite à dire
instantanément l'heure à 1 ou 2 minutes près en regardant le
cadran d'une montre décimale. Il suffit d'apprendre par cœur
les concordances décimales de toutes les heures.
0,0
0
50,0

4,2
1
54,2

8,3
2
58,3

12,5
3
62,5

16,7
4
66,7

20,8
5
70,8

25,0
6
75,0

�25,0
6
75,0

29,2
7
79,2

33,3
8
83,3

37,5
9
87,5

41,7
10
91,7

45,8
11
95,8

50,0
12
100,0

Les heures sont au milieu, les concordances des heures
du matin en haut, celles du soir en bas. Ainsi 10 heures du
matin valent 41.7 cés (énoncer 41 cés 7 décicés) et 10 heures
du soir valent 91,7 cés.
Gomme 1 cé vaut presque lj4 d'heure et un décicé une mi •
nute 1]2 ; en partant des concordances du tableau, on dit
l'heure instantanément, ainsi 39,9 cés valent 9 h. 36 m. du
matin. Un ou deux jours suffisent pour atteindre ce résultat.

Description de la montre décimale ou cémètre. — Il y a 3
aiguilles centrales se mouvant sur un cercle divisé en 109
parties égales, numérotées de 0 à 9. Le 0 cé est en bas, c'est
l'origine des temps, car on suppose la Terre au centre du
Cadran.
L'aiguille dorée avec un soleil ne fait qu'un tour par jour ;
l'aiguille épaisse en acier bleu tourne 10 fois par jour, et la
trotteuse fine fait 1000 tours par jour.
L'aiguille-soleil montre la position de l'astre du jour par
rapport au méridien de Paris, qui va du centre au chiffre 5.

�10 —
Les quatre traits bleus indiquent les positions de cette aiguille
à minuit en bas sur 0 ; — à tì h. du matin au milieu entre 2
et 3 ; — à midi, en haut, sur le 5 ; — à 6 h. du soir, entre 7
et 8.
L'aiguille dorée du soleil indique le chiffre des dizaines
de cés, 2 sur le dessin ; l'aiguille épaisse donne d'abord le
chiffre des cés, 6 sur le dessin, et en comptant rapidement à
l'œil le rang de la division entre 6 et 7, on voit, que cette aiguille marque 3 décicés. Le temps du dessin est donc 26,3
cés correspondant à 6 h 20 m. du matin environ. L'aiguille
trotteuse donne les millicés 83. Le temps est donc 26,383
cés.
» Pour la vie courante, on n'a pas besoin d'aller au delà du
clécicé. On lit les milticés pour les applications scientifiques
et sportives.
Le temps en millicés lu sur le cêmèire facilite tous les calculs, car on n'a jamais de réductions à faire.
Examinons le problème des vitesses a l'heure : Les millicés multipliés par 0,00024 donne des heures et fraction décimale d'heure. Ainsi Ì2345 millicés valent 12,345 -f- 24 =
2 h. 9628.
Par conséquent si L est la longueur parcourue et M le
temps en millicés, la vitesse est

ou t

+ 4166,66...

Ces quelques exemples démontrent que la montre décimale simplifie tous les calculs sans exception.
Les rapports de MM. les délégués officiels aux essais de
la montre décimale faits à Nice, par le Club Nautique, le 26
février 1911, concluent unanimement à la supériorité de cet
instrument pour les usages scientifiques et sportifs.
M. Prim, astronome à l'Observatoire de Nice, représen
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Q,
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L.

lu 8, à 7
lu 14, à H
lu 22, à 7
lu 30, à 10

SOULÈU.

1
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20
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Lu Rei
6
Dim. S. Lucien
7
dil. S. Apoulinari
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dim. S. Pèire
9
dim. S. Guiermo
10
dij S. Teodose
11
div. S. Arcada
12
dis. Sta Verònica
13
Dim. S. Ilari
14
dil. S. Maurici
15
dim. S. Ounourat
16
dim. S. Antoni
17
dij. Sta Angela
18
div. S. Sulpici
19
dis. S. Bastian
20
Dim. Sta Agnesa
21
dil. S. Vincènt
22
dim. S. Raymound
23
dim. Sta Jacinta
24
dij. Conv. de S. Pàu
25
div. S. Poulicarpa
26
dis. Sta Devota
27
Dim. Sta Paula
28
dil. S. Francès S.
29
dim.
dim.
dij.
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Sta
S.
S.

TRIMESÏRÍ;

Macari
Genevieva
Tita
Simeoun

dim. Sta Marfina
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dij. S. Ignaci
div. La Candeliera
dis. S. Blasi
Dim. Setuagesima
dil. SS. Vinc.Oronte
dim Sta Agata
dim. Sta Dorotea
dij. S. Romuald
div. S. Jouan-Matha
dis. Sta Apoulounia
Dim. Sexagesima
dil. Sta Eulàlia
dim. S. Gregori
dim. Sta Eufrasia
dij. S. Onesime
div S. Dounat
dis. S. Simeoun
Dim. Quinquagesima
dil. S. Gabin
dim. Dimars-Gras
dim. Li Cendre
dij. S. Silvan
div. S. Maxime
dis. S. Pascase
Dim. Quadragesima
dil. S. Nestor
dim. S. Leandri
dim. Sta Nourina
dij. S. Nymphas

Plueia de febrié
A la terra vau fumiè.

ZDéSTU-S-bez

NICE

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P. Q.
P. L.
D. Q.
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16 dim.
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27 dis.
28 Dim.
29 dil.
30 dim.

6 , à 6
13, à
3
21, à 7
28, à 11

—

oura
oura
oura
oura

L. 6 06'

—

55 in.
37 s.
31! s.
25 s.
C. 6 52'

S. Ugo
S. Franç. de P.
S. Richard
Dijàu Sant
Divèndre Sant
Dissata Sant
Pasca
S. Albert, ev.
S. Azada.
s. Isidoro
s. Leoun
s. Juli
s. Justin
Ouasimoi/ii
Sta Anastasia
S. Frutuous
S. Rodolfe
S. Maxime
S. Anselme
S. Teodoro
S. Adalbert
S. Fidèle
s. Jorgi
s. Marco
s. Clet
s. Antime
s. Aimé

s. Roubert
Sta Catarina d. S
SS. Philip. ,Jacq.

Pichouna plneia d'Abriéa
Bouona récolta pèr l'csliéu

Q.

p
P. L.
D . Q.
N. L.
SOULÈU.

TRIMÍÎSTRÈ;

MAI

JUN

à

lu 5,
2 oura
lu 13, a 7 oura
lu 21, à 10 oura
lu 28, à 7 oura
— L.

5 14'

—

14
10
23
24

s.
m.
m.
m.

C. 7 29'

1 dim. SS. Félip. Jaq.
2 dij. S. Atanase
3 div. In.d.l. Sta Crous
4 dis. SS. Sindonis
5 Dim. S. Pio, papa
6 dil. S. Jouan D.
7&lt; dim. S. Peire
8 dim. s. Gregori N.
9 dij. s. Antounin
10 div. s. Isidoro
11 dis. s. Bounifaci
12 Dim. s. Jouan lou S.
13 dil. s. Pouon, m.
14 dim. s. Pacomo
15 dim. s. Sta Denisa
16 dij. Ascensioun
17 div. S. Pascaù
18 dis. S. Teodoto
19 Dim. s. Pèire C.
20 dil. s. Felis.
21 dim. s. Bernardini
22 dim. s. Julia
23 dij Rogaeioun
24 div. s. Vincen, d. L.
25 dis. S. Urbin
26 Dim. Pandecousta
27 dil. S. German
28 dim. S. Cirile
29 dim. Sta Petronïa
30 dij. S. Sylve
31 div. S. Justin
Au mes de mai
Longui semana

p
P.
D.
N.

Q.
L.
Q.
L.

lu 3,
lu 11,
lu 19,
lu 26,

SOULÈU.

1
2
3
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5
6

dis.
Dim.
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dim.
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20 dij.
21 div.
22 dis.
23 Dim.
24 dil.
25 dim.
26 dim.
27 dij.
28 div.
29 dis.
30 Dim.

—

à 11 oura 4 s.
à 10 oura SI s.
à 9 oura 51 s.
a
2 oura 20 s.
L. * 34'

C. 8 1!"

S. Potin
Trinità.
S. Quirin
S. Francès C.
S. Lié
Festa de Dieu
S. Lié
Quatre-tèms
S. Optat
Sta Margarida
S. Barnabe
S. Antoui de P.
S. Basilio
S. J.-F. Régis
S. Moudeste
S. Lambert
Sta Olga
S. Gervai
Sta Juliena F.
S. Louis de G.
S. Paulin
Sta Maria d'O.
S. Jouan-B.
S. Prousper
S. Alban
S. Cresen
s. Iréné.
s. Pèire
s. Pàu
s. Tibàu

En Jun
De tres abit l'un

Dégustez tous le vrai

NICE

—

BLANQUI &amp; FRACCHIA
— Usine au Pont-Magnan

—

NICE

�— i4 —

TROISIÍ)MK

AVOUST

JULIE T
P.
P.
D.
N.

lu 3, a 10 mira 20 m.
lu 11, à 1 cura 53 s.
Il 19, a o oura 31 m.
lu 25, a 9 oura 12 s.
SDULÈU. - - L. 4 35' — C. 8 22'

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dim.
dim.
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Dim.
dil.
dim.
dim.
dij.
div.
dis.
Dim.
dil.
dim.
dim.

S. Thierry
Vierg.de li Gracia
S. Anatole
S. Pèire de L.
S. Sisoès
S. Elie
Sta Babeta
S. Efrein
Sta Felicita
S. Pio
S. Jouan G.
S. Gene
S. Jaque
Festa Naciounala
S. Enri
N.D.d.M. Carmel
Sta Marcelina
S. Frederic
S. Vincen de P.
Sta Margarida
S. Vi loiSta Maria-Mad.
S. Apoulinari
Sta Cristina
S. Jaque
Sta Anna
S. Pantaleoun
S. Samsoun
Sta Marta
Sta Giulieta
S. Gnaci de L.

Au mes de Juliet
Ni frema ni coulé.

TBIMËSTRÎ;

I1. Q. lu 2, a 0 oura 29 m.
P. L. lu 10, a 3 oura 58 m.
D. Q. l»i 17, a 1 oura 1.1 s.
N. L. lu 21, a 5 oura 14 m.
IV Q. lu 31, &amp; 5 oura 21 s.
souLÈu, —1.5 or -j&gt;. 8 or

dij.
div.
0 dis.
4 Dim.
5 dil.
6 dim.
7 dim
8' dij.
9 div.
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dim.
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Djm.
dil.
dim.
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dij.
div.
dis.
Dim.
dil.
dim.
dim.
dij.
div.
dis.

S. Pèire-aï LS. Alfonso
Inv. de S. Estève
S. Domenica
N. D. dei Nèu
Trausf. de J. C.
S. Gaétan
Sta Batilda
S. Camila d. L.
S. Là u ren
S. Septima
Sta Clara
Sta Filoumèna
S. Ousèbi
Asoumpcionn
S. Roc
S. Mamès
Sta Elena
S. Ipoulita
S. Bernar
Sta Chantai
S. Pio V
S. Filipe B.
S. Bartoumiéu
s. Louis, r. F.
s. Seg'oundo
s. Cesari
s. Goustin
s. Mederic
Sta Rosa
S. Fiacre

F.n . ivoast
Figa e moust

wmmm mm

SBTÈMBRE
P. !.. lu 8, a' 4 oura 57
D. Q. lu 15, a 6 oura î&gt;l
N. L. Ju 22, a 3 oura 37
P. Q. lu 30. a 0 oura 08
SOULÈU. - - 1. 5 47V— c.

1
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Dim.
dil.
dim.
dim.
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div.
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Dim.
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d'un.
dij.
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Dim.
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dim.
dim.
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dim.
dim.
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dis.
Dim.
dil.

S. Gili
S. Estève R.
Sta Eufemia
Sta Rosalia
S. Làuren J.
S. Pambon
S. Grat
Natiu, di' la V.
S. Oumer
S. Xicola
S. Félis
S. Veran
S. A nié
Es. (1. l.S. CtQUS
S. Nicomède
S. Conrneilla
S. Lanbert
S. Tournas V.
S. Janvié
S. Euslache
S. Matiéu
S. Maurici
Sta Tecla
S. Girar
S Firmen
S. Nil
S. iN'icandre
S. \\ inceslas
g. Miquèu
S. Jeromo

Lima setembrina
De mai clarina

MOT »

GRANDE MARQUE RECOMMANDÉE

s
:
s
s
7'02'

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Qüa.TRIÍJMí)
OUTOUBRE
P.
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N.
P.

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Q.
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lu 8,
lu 15,
lu 22,
lu 30,

SOULÈU, — 1.

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oura 46 m,
oura 09m;
oura
m.

ii

— c.

6 06*

TRIMESTRE

NOUVÈMBRE
P. L. lu
6,
D. Q. lu 43,
N. !.. lu 20,
Q.
lu 29,

r.

SOULÈU. - -

1.

a
a
a
a

4 oura 48
8 oura 20
9 oura 49
2 oura 42
14'

—

c.

5 03'

1 dim. Rosari
1 div. Tout lu Sant
2 dim. S. ■ Léger
2 dis. Eu Mouorl
3 dij. S. Rosari
S. Ubert
4 div. s. Francès d'A. 43 Dim.
dil. S. Carlo B.
5 dis. s. Placido
5 dim. Sta Bertila
6 Dim. s. Bruno
6 dim S. Leounar
7 dil. s. Serge
dij. S. Nestou
/
8 dim. Sta Reparada
8 div. Lu Quatre Incou.
9 dim. S. Denis
9 dis. S. Teodore
10 dij. s. Francès B. 10
Dim. S. Jacintou
11 div. s. Tarasco
11 dil. S. Martin
12 dis. s. Counrad
12 dim. S. René
13 Dim. s. Edouard
13 dim. s. Stanislas
14 dil. s. Calisio
14 dij. S. Pantena
15 dim. Sta Teresa
15 div. Sta Gertruda
16 dim. S. Ospici
16 dis. S. Edme
dij.
17
Sta Edvija
17 Dim. S. Gregori
18 div. S. Luc
18 dil. S. Alfè
19 dis. S. Pèi re
19 dim. Sta Babeta
20 Dim. S. Agrico)
20 dim. S. Edmon
21 dil. Sta Ursula
21 dij. Présent, de la V.
22 dim. S. Filip
22 div. Sta Cecilia
23 dim. S. Teodoret
23 dis. S. Clemen
24 dij. s. Mairloire
25 div. ss. Crespin-Cr. 24 Dim. Sta Flora
26 dis. s. Jouan de K. 25 dil Sta Catarina
26 dim. Sta Pel fina
27 Dim. s. Frumence
27 dim. S. Maxime
28 dil. s. Alfredo
28 dij. S. Sostène
29 dim. s. Narcisse
29 div. s. Saturnin
30 dim. s. Marcel
30 dis. s. Andrièu
31 dij. s. Siri
En ùuloubre
\loii ponorc goûta loti rùare

Tonssan ientra
St A n'driéu lou souorte

« wmmm

DESÈMBRE

s.
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s.
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JACK

P. L .
D. Q.
N. L.
P. Q.

lu 6,
lu 12,
lu 20,
lu 28,

SOULÈU, -

1
2
3
4
5
6

i*.

Dim.
dil.
dim.
dtm.
dij.
div.
dis.

8 Dim.
9 dil.
10 dim.
11 dim.
12 dij.
13 div.
14 dis.
15 Dim.
16 dil.
17 dim.
18 dim.
19 dij.
20 div.
21 dis.
22' Dim.
23 dil.
24 dim.
25 dim.
26 dij.
27 div.
28 dis.
29 Dim.
30 dil.
31 dim.

1.

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3 oura
m.
6 oura 46 s.
4 our;i 40 s.
7 OUI;L 48 s.

7 54' — c.

A vent
Sta Bibiana
S. Francès X.
Sta Barba
S. Bassi
S. Nicola
S. Anbrosi
Imac. Conception
Sta Leoucadia
Sta Eulàlia
S. Damase
Sta Rosélina
Sta Lucia
S, Niçoise
S.
S.
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S.
S.
S.
S.

Mesuiin
Adon
Olimpíada
Gatien
Ciprian
Filogone
Tournas

S. Onourat
Sta Vitòria
Cacha-fuec
Calèna
S. Estève
S. Jouan
SS. Inoucent
Sta Eleonora
S. Sabîn
S. Sàuvestre

Calena aufuec,
Pasca àu j'aèc.

sin -

GRANDE MARQUE RECOMMANDÉE

4 35

�- i6-

�- 17

-I

CROUNICA NIÇARDA
L'ABADÏA DE SAN POUON.— L'ABAT RANCE-BOURREY.
GLOFFREDO.

—

—

PÈIRE

A PREPAU DOU DIALETE NIÇART.

Ben qne pareissènt tardié, VArmanac Niçart s'empressa de
pourtà la siéu febla vous su tout cen que enteressa lou païs, sigue
au pounch de vista istoria loucala, pouesia, tradicioun, sigue
tamben su la taquinanta questioun dóu dialete niçart souvenri
fès pauvada e su la quala lu escritour mouderne soun luen d'estre
d'acordi.
Parlerai finda de M. l'Abat Rance-Bourrey, un beneditin qne
despi quauque an en ça mete à prouflt la siéu erudiciou n a nen
revelà de fach d'istoria inedieh. Se quauqu'un mérita d'estre
laudat es ben éu ; es en éu que VArmanac Niçart tressa la
pamoula de sapiença. En esprimant la nouostra recounouissença,
à l'Abat Rance-Bourrey, fen cen que touplen an denembrat,
vouoli dire de courounà lu siéu travail, frucha de ben de recerca,
dai quali obra sian fier d'avé prestat la prima ajuda. Pouden cità :
lou Discours sur le Monastère de Sainte-Claire de Nice, par Honoré
Pastorelli, publié d'après l'édition originale de Turin 1608, avec
une introduction et des notes ; — "Le Général J.-B.-M. D'Anselme" (Notices biographiques (1740-1792). E aquest'an
l'istorien nen douna — toujou de prima man — YExpulsion de
Mgr Valperga, evesque de Niça, au tèms de la Revoulucioun,
travail anoutat de peça curiouvi que sian urous de pouder metre
souta lu uès dei nouostre letour.
*
* *
Lou fach de l'annada, lou mai marcant, es estat aquéu de
l'Abadïa de San Pouon. Parlon de tout destruge pèr li basti an
siéu luec un espitau Pasteur... UArmanac Niçart es pas Penemic
dóu prougrès, ni men encara dei Bei-Art, ma si fa lou pious dever
de jougne lu siéu esfouors en aquelu dei siéu councitadin quo
l'istoria dóu passat passiouna, pèr que l'Abadïa de San Pouon
sigue counservada e classada couma mounumen istorique. En la
circonstança feliciti M. l'Abat Rance-Bourrey que mé rasoun s'e.s
demoustrat l'ardènt defensour autourisat que counouissen. La
siéu paràula es estada escoutada e lou Préfet de li Alpa-Maritima,
8

'

�— i8 M. de Joly — respetuous dei nouostri tradicioun — en ortie
avertit a proumès que l'Abadïa de San Pouon seria respetada e de
lèu si crusià pèr lou siéu classamen tra lu mounumen istorique.
Dóu resta vequi ce que l'Abat Rance Bourrey nen di su San
JPouon. Counsignen religiousamen li siéu paràula :
« L'Abbaye de Saint-Pons est le plus ancien monument relitgieux existant dans le Comté de Nice. Il y a dou^e cents ans que
sSiagrius y fonda un monastère. L'histoire de ce monastère est
jintimement liée à l'histoire religieuse, civile et économique de la
iville de Nice.
;
« Ce fut à Saint-Pons qu'en 1388 fut'signé l'acte réunissant
le Comté de Nice au Comté de Savoie. Les abbés de Saint Pons
ifurent pris dans les principales familles du Comté : les Badat, les
tLaugery, les Provana, les Lascaris, les Grimaldi, les Martelli, les
;Tournefort, etc. Plusieurs évêques de Nice furent abbés de Saint[Pons, en particulier Barthélémy Chuet (fin du xve siècle) et Jean
, Uriole, son successeur. Un autre abbé, Claude de Seyselle, fut
,évêque de Marseille, puis archevêque de Turin ; d'autres furent
cardinaux, tels Innocent Cibo, neveu d'Innocent VIII et de
f
;Léon X, et Paul Medeci de Cesis dont on voit encore l'inscription
(funéraire à Sainte-Marie-Majeure, à Rome.
:
« A la fin du xvir siècle, l'abbé de Saint-Pons était Pierre
•Gioffredo, le savant historien niçois. Enfin, un abbé de SaintiPons dont les Niçois n'ont pas encore perdu le souvenir, était
(l'abbé Spitalieri de Cessole qui a doté sa ville natale d'un établissement de bienfaisance si justement apprécié. La plupart des
pbbès de Saint-Pons et plusieurs évêques de Nice ont été enterrés
dans l'église ou sous le cloître et dorment aujourd'hui confondus
avec les moines leurs frères qui depuis dix siècles y sont enterrés.
« Les monuments funéraires ont disparu. Le temps a tout
(nivelé à Saint-Pons, singulièrement aidé cependant par la main
ides hommes. On connaît les dévastations commises par
Iroupes de François Ier et de Barberousse, plus tard par celles d
Catinat et par d'autres encore. Après chaque désastre, SaintPons a retrouvé une nouvelle vitalité et il y a à peine trois quarts
de siècle que Mgr Galvano y a fait d'importantes réparations.
;
« Saint-Pons n'est pas seulement une page de l'histoire de
notre pays, c'est un gros volume de cette histoire ; les Niçois
laisseront-ils dire qu'ils sont restés indifférents devant le danger
qui menace Saint-Pons ? Non, ils feront tous leurs efforts pour

�— 19 -

sauver de la destruction un monument qui doit leur être cher...
Je demande d'urgence le classement de l'Abbaye de Saint-Pons,
c'est-à-dire de l'Eglise et des bâtiments claustraux, comme monument historique. »
Lou councours de YArmanac Niçart es aquist. Emé fiertà e
au près de touplen de sacrifici faren respetà l'istoria dóu passat,
la lenga e lu escrich dei orne qu'an ilustrat lou nouostre bèu
pais.
*
* *
Despi quauque tèms, — maladia que reven per intermitença,
— la gran questioun de la grafia niçarda, de l'ourtougrafa, es
messa su lou tapis. De letra soun estadi publicadi, d'autri lou seran, e cresi qu'après ben de charra pèr dire pas gran cauva de
nóu, quasi dirii pèr predicà dintre lou Desert, noun restera
d'aquela discussioun, — Favén déjà coustatat, — pas gran cauva,
ren!... Cadun escrèu à la siéu moda seloun l'esprit dóu moumen,
e serii ben curious de counouisse aquéu que vendria nen dità
une metoda en nen dïen : « la mièu maniera d'escrièure lou
Niçart es la bouona». Discussioun scientifica que pòu passiounà
quauque lenguista, pas mai ; lou mihou es d'escrèure seloun li
letra ditadi pèr la prounouncia. Lou talènt pèr aquéu qu'escrèu
es de si laissà liège, de si faire acapi. Es qu'en en un entan que
frecuenta l'escola primària poudès li demandà autra cauva ?...
Perta de tèms que tout acò, vourria mai s'engenià à recercà lu
viei mot, espressioun, loucucioun courenti que la pous dóu tèms
a rabaïat, dounà au nouostre bèu dialete la coulou que dèu avè,
en respetant lu emprunt que pouden avè fach sigue à l'Italian, à
l'Espagnòu o à tout autre...
Un dialète noun dèu pas estre une lenga scientifica, encara
m en noun còu avè la pretencioun que sigue ouficiela, seria temerari ; lou dialete d'un païs dèu refletà lou caratere d'un'epoca que
lou tèms dèu respetà, enfin escrèure gramaticalamen, un noun
empedisse l'autre, e laissà à l'esprit, au goust lou coumplemen
d'un stile ouriginal, en de frasa councisi que flaton i'auriha.
Aquí fermi la discussioun, risqui de perdre la civada... l'an
que ven, se Diéu mi presta vida, v'en dirai d'autri e couma
d'usança que mi sigue permès de la vous souvetà : Bouona e
uroûva !
L'ARMANAC

NIÇART.

�20 —

LA CIGALA DOU BOUON DIEU
Una cigala dóu Bouon Dieu
Tout l'estiéu
E l'iver en la chambreta, —
L'aiguesias vista la lebreta ! —
Noun vivïa que d'amour
S'assetava su l'ounour;
La cigala cantarela,
Vau chanja de clientela,
Noun es courta d'amatour,
Que li viron tout au tour !
Ma l'ancien de la cigala,
De gros mot ven que s'embala ;
En l'auriha de la maire
Li ven tout aquéu bousin,
Que deja toui lu vesin
Sabon lou long de l'afaire
— Cenqu'as fach m'au tiéu tip ?
Di la maire enrabiada...
Bella Vierge encourounada !
Sera au mancou m'un bouon rie!!...
CH. CIAUDO

PROUVERBI, BOUOI MOT, COUNSÉU E DICH
Tèms d'iver noun ti fidar.
Lu màu dei enfan si garisson soulet.
Cau naisse pèr estre bèu, si maridar pèr estre rie, e mouri
pèr estre brave.
Per aver de raïn, eau caressar la souca.
Agnèu naissut
Vau un escut.
Dansa mihou ventre plen que rauba nova.
L'oumbra dou mèstre engraissa lou cavau.

�LOU MAGOT DE BERTOUMIÉU ISSUGA
O BEN

UNA RAISSADA DE MACAROUN
Conte menloanasqae trouvât dintre d'un armori
de ma nana e que /'Armanac Niçart es tirons de
transcrièure en niçart à Ventencioun dei sièu
fidèle lotour et lelrissa.

Bertoumiéu Issuga, mentounasque de viéia roca, abitava en
coumpagnia de sa mouhié, en carriera dóu Paumoulié. La siéu
frema, malurousamen, era sirnplaria e faia lou siéu desespoir.
Cada matin Bertoumiéu, avant de s'en anà au travail, li recoumandava de noun faire de bestialità. Cou vous dire que toui lu
dissata lou nouostre ome metia en un'armari pertuat dintre la
muraia lou gagne de la semana.
— Bertoumiéu ! pèr qu seria tout aquel argen, demandava
Marioun au siéu marit.
— Es pèr Madjou-long, castagnassa !
*
* *
Un jou Bertoumiéu partet pèr anar à la siéu campagna ;
devia même li restar doui ó très jou pèr souïnar e arousar lu
citrouniè. Marioun souleta matin e sera, s'assetava su lou banquet de la pouorta e faïa de bas... Un predinà veguet un ome
de statura mai que mejana, couma si di, un gran carcan. La
frema de Bertoumiéu lou fissa sensa parpelear, pi pihada d'un'
idea, li diguet :
— Moun bèu Moussu, sias bessai vous Madjou-long ?
Lou merlo pita e noun s'en laissa dire autre, léu li
respouonde :
— Noun vous troumpas pas, bella bruneta, sièu ièu Madjoulong !... Ma perqué mi faire tala demanda ?
Perqué ?... dou moumen que sias Madjou-long, intras su lou
cóu. Li a ja pas mau de tèms que moun marit a mes d'argen
amagat pèr vous...
E sensa mai de ceremounia li remeté lou mandiou dintre lou
quai lu sóu eron groupât. L'ome remercia e la s'esbigna lèu.
♦

* *

�Lou sera, Bertoumiéu arriva, la sièu mouhié li di.
— Sabes, ai vist ancuei Madjou-long !
E l'ome de cridar :
— Malurousa ! — m'en a fach encara una 1
Courre à l'armari, lou mandiou e Pargen, mouis !... Issuga
blastema pica dai pen, es décidât de si desiaire de la siéu frema
Lendeman, dóu téms qu'aissesta durmïa, li cuerbe lu uès emé de
pega de sabatié, pi la pihant pèr la man, la mena dapé dóu CapMartin. Arrivât aqui, Bertoumiéu fa mountar Marioun su d'un
nouguié el'abandouna. La paura, bòrnia, noun sabia doun si
trouvava, ni men encara ce que poudia faire.
En aquéu fra-tèms doui voulur venon s'assetar souta
l'aubre ; après aver abrat quauqui branca sequi pèr s'escaufar, pi
si meton à cuentar lou siéu argen.
La calou faguet delegar la pega que curbia Puès destre de
Marioun e aissesta de cridar :
— E d'un !
Lu voulur, d'estuc, s'isson d'emblée.
— Qu'es acó, diguet l'un.
— Un matagan, faguet l'autre.
La calou seguia á faire lou siéu efet pau à pau durbia Puei
senec.
— E de douî, diguet Marioun.
Dóu cou lu voulur escapon, laissant Pargen espantegat soubre
Perba.
Marioun coumença à li veire clar, cala da l'aubre e ramassa
Pargen, pi lèu s'en camina vers maïoun...
Lou sièu marit, pensierons, era assetat dapè dóu fuec, s'escaufant, fumant la sièu pipeta emé beatituda...
— Bertoumiéu !... o Bertoumiéu !... duerbe-mi, siéu iéu,
Marioun...
— Vai au diàu que ti pihe... ièu que cresii de m'en estre
despegouït...
Ma Marioun, toujou picava, un cóu noun asperava l'autre...
L'ome fenisse per li durbi...
— Ten ! regarda cen que ti pouorti.. . e Marioun pauva lou
sac su lou toulié. ..
Bertoumiéu, entartugat, cuenta Pargen e réfléchisse ; — Marioun es simplaria e deman la vila saupra Pistoria de la fouré . ..
Cóu que Bertoumiéu si dispegouïsse pèr empedi li marridi lenga
de bavar...

�— 23 —
Si mete la vesta, lou capèu e souorte fermant la pouorta i..
Faïa nuech dintre la carriera, ma sensa pena s'encamina
vers una boutiga e croumpa pèr mai de dès kilo de macaroun...
Ientra au sièu e di à la sièu mouhié de si metre au liech.
En tant que Marioun durmïa, Bertoumiéu fa bui lu macaroun, pi lu espantega su lu aubre dóu jardin... Lendeman de
matin la siéu frema, desveiada, si mete à la fenestra...
— O ! Bertoumiéu ! Bertoumiéu ! Vene un póu veire!... O
trest ! vè, a plougut de macaroun !...
— O vai fantauma !... n'as toujou una. .. Ten ! ten !... ma
es ver !...
*
* *

A quauque tèms en ça, Bertoumiéu l'avia previst, Marioun
countet à toui que lou siéu ome noun li picava plus, despi lou
jou qu'ela li avia pourtat de sac plen d'escut...
Lou juge aiguent audit parlar de l'afaire, mandet sounar
Bertoumiéu devant lou tribunal ; la siéu mouhié era estada
citada couma testemoni.
Lou juge. — Bertoumiéu, sias acusat d'aver gardât d'argen
que noun era vouostre.
— Iéu !... Ma moussu lou juge, lou negui ; sièu couma
sabès un travaiadou.. .
E Marioun de dire.
— Noun negar, Bertoumiéu, sabés ben qu'es ver ; es iéu en
persouna que t'ai pourtat la mouneda, qu'avii trouvât en la
fouré.. .
Lou juge. — Anas brave ome, noun negués.. .
— E quoura lou m'as pourtat ?... — Vous juri, Moussu lou
juge, que la miéu frema es fouola !...
— E lou sabes ben, Bertoumiéu, es lou jou que plouguet tant
de macaroun !
— Moussu lou juge aves jamai vist ploure de macaroun ?...
— Jamai ! moun beL amic respoundet lou juge que si tenia
lou ventre dóu rire — Amie, vèu que la vouostra frema es
fouola. .. sias aquitat !...
Bertoumiéu si retira emé Marioun... Noun aigueron plus
de disputa e vieugueron, pareisse urous e pèr longtèms !...
J. E.

�CANSOUN ANCIENNA

PÈR LOU

N'aurias pas vist la miêu fiha
Trin-trin
Lou galerin
A'aurias pas vist la miêu Jiha
Trois-wtrois
Le fils du roi
L'ai vista e l'ai baïada
Trin-trin
Lou Galerin
L'ai vista e l'ai baïda
Trois-trois
Le fils du roi.
Douna-mi la miêu fiha
Trin-trin
Lou galerin
Douna-mi la miêu fiha
Trois-trois
Le fils du roi.
Es aqnela la vouostra fiha
Trin-trin
Lou galerin
Es aqaela la vouostra fiha
Trois-trois
Le fils du roi.
La miêu fiha era pas lernia
Trin-trin
Lou galerin
La miêu fiha era pas lernia
Trois-trois
Le fils du roi
La miêu fiha era pas lua
Trin-trin
Lou galerin
La miêu fiha era pas lua
Trois trois
Le fils du roi.
N'es ni guercia ni poutinouva
Trin-trin
Lou galerin
N es ni guercia ni poutinouva
Trois-trois
Le fils du rois.

MAI

�La miéu fiha n'es pas borni a
Trin-trin
Lou galerin
La miêu fiha n'es pas bornia
Trois-trois
Le fils du roi.
Noun faïa pas belugueta
Trin-trin
Lou galerin;
Nonn faïa pas belugueta
Trois-trois
Le fils du roi.
La miêu fiha n'es pas emberrida
Trin-trin
Lou galerin
La miêu fiha n'es pas emberrida
Trois-trois
Le fils du roi.
La m iéu fiha n'es pas pigada
Trin-trin
Lou galerin
La miêu fiha n'es pas pigada
Trois- trois
Le fils du roi.
La miéu fiha noun es pas ranga
Trin-trin
Lou galerin
La miéu fiha noun es pas ranga
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha noun es pas louorla
Trin-trin
Lou galerin
La miéu fiha noun es pas touorta
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha n'es pas crouoada
Trin-trin
Lou galerin
La miéu fiha n'es pas croavada
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha n'es pas gibouva
Trin-trin
Lou galerin
La miéu fia n'es pas gibouva

�— 26 —
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha noun es foularana
Trin-trin
Lou galerin
La miéu fiha noun es foularana
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha n'es pas ingourda
Trin-trin
Lou galerin
La miéu fiha n'es pas ingourda
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha a pas lou peu de pi g nu
Trin trin
Lou galerin
La miéu fiha a pas lou peu de pig nu
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha noun es narvelouua
Trin- trin
Lou qalerin
La miéu ûha noun es narveloiwa
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha noun a la rougna
Trin-trin
Lou galerin
La miéu fiha noun a la rougna
Trois trois
Le fils du roi.
XXX.

PROUVERB1, BOUOI MOT, COUNSÈU E DICH
Qu duerme ben noun cregne li niera.
Qu vè pissar e noun pissa, crêpa de malícia.-'
Qu douna soun ben avan de mouri
Mérita de pati.
L'amour es lou paradis dei fouol.
L'amour es .la flou de la jouinessa.

�LA MOUORT DAU PAURE TOUNIN

Lou paure Tounin, malàut a setant'an, si presenta à l'espitàu
ma li respouondon que li a plus de plaça.
— Coumplet ! ! !
Quauqu'un li fa capi qu'em'un pau de proutecioun li pourria
intrar. Countrariat dei pas que cóu faire, Tounin vira lu taloun e
s'encamina vers la plaça Massena, piha lou tram, si rende da
Graugnard, à l'espitàu dei can, e li di :
— Moussu lou Veterinari, cresi d'estre un pau mai qu'un
can ?... En aquéu cas souîna-mi...
— Vous souînar aici, ma brav'ome perdés la testa. — Basta,
li di que n'a pas de liech pèrcourcar un crestian, que noun douna
de souin qu'ai bestia !...
Tounin, couma pensas, s'en souorte m'au couor gros e noun
sau plus à que sant si recoumandar. Era aqui au mitan dóu
camin, quoura en aquéu moumen arriba un landau, doun cala
una grossa dama, encapelada, aurias dich un ver foungi, segada
d'un varlet que pourtava religiousamen un can enfeloupat emé de
favour rosa au couol, tapat d'un tapis em'ai iniciala. En veèn
aquéu tablèu lou paure Tounin si lamenta, sangluta fouort.
— Qu'avès lou miéu brav'ome, li di la dama.
— Cen qu'ai Madama ?... trovi que lou vouostre can a mai
de chança que iéu. Li a cinquant-cinq an que travaii, pèr la premiera fès que siéu malàut, noun soulamen mi refuson à l'espitàu
dei estre uman, ma encara mi vèu picar la pouorta au nas èn
aquéu dai can.
— Quevoulès, lou miéu paur'ome, ai fach un vout de mimetre
à la Soucietà Proutetriça dei Animau, de pourtar touti li miéu
ecounoumia à la Caissa de secours pèr soulajar lou sort dei bestia.
Lou fau talamen ben, que vouguessi ben vous dounar un sóu
que pourii pas.
La dama li vira l'esquina e ientra couma un coupa-cisèu da
Graugnard. Tounin roumougna :
— Se ti veguessi en un cantoun ti dounerii mancou un gotou
d'aïga !... vièia sansuga !...
Tounin estrassinat, deble s'alonga un pau plus en là, su d'un
mouloun de peira. Quauqui oura après, couma soufrisia, n'ai-

�guènt ren en l'estomegue depi l'auba, coumençava d'aver lou
rangouioun, quoura passet un canipiè que li diguet :
— Que fès aquí, brav'ome ?
— Couma veès siéu aqui pèr tirar lu patoun. M'an refusat â
l'espitàu, même en aquéu dai can, noun mi resta que de mouri
su d'un mouioun de peira. — Avès un carnet su lou quai enregistras lu fach dóu jou, farias ben de li aloungar lou miéu testamen que poudès mentuar couma acô :
— « Bouon Diéu, se mi fes passar encara une fes sur la terra,
fe-mi naisse can au mancou, li aura une Soucietà Proutetriça dei
Animau que si crusira de iéu e pourrai estre amès en un espitau,
estre souïnat, faire bouona vida, menar une vida de can... »
ANT. ROLAND.

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VIGNE
A M. VALÉRE BERNARD.

Dans le ciel doux la Vigne ètreint les pals de buis.
Sous le pampre le merle alourdi des falernes
Tourne son col gris vair et ses paupières lemes
Qu'argenté la blancheur des immuables nuits.
O / fraîcheur, 6 beauté des Igs et des iris,
Que la Vierge éblouie avec les marjolaines
Cueille le soir venu aux vasques des fontaines
Pour colorer en fête, au crépuscule, l'Euis.
Narcisses, ébeniers, œillet et sensitive
Ah ! Versez en mon âme attiédie et pensive
L'orgueil qui souleva les clairs olympiens.
L'amour qui rafraîchit les Madones pieuses
Et qui vêt de clarté les snls athéniens
Et les ravissements des époques heureuses.
JEAN

PADOVANI.

Quauque souvèt :
Vous souveti la bouona annada.
Que siegue mihau que la passada.
Vous souveti la bouona annada acoumpagnada de touplcn
d'autri.

�Eglises et Chapelles de Nice
La vieille ville de Nice se trouvant sur la rive gauche du
Paillon, pour parler de ses églises, nous commencerons par son
église cathédrale, Sainte-Réparate, vierge et martyre, de celles du
canton Est, et en traversant la rive droite nous nous occuperons des paroisses du canton Ouest.
I. — L'Eglise Cathédrale du Diocèse de Nice est la paroisse
de Sainte Réparate, vierge et martyre, sous l'empereur Decius en
253. Sa fête est le 8 octobre. Cette église est au centre de la vieille
ville (8.500 âmes), Avant 1531 la Cathédrale était près du Donjon, plateau de Nice, et dénommée : Sancta Maria in platea,
dédiée à N. D. de l'Assomption. L'édifice actuel, dans son genre,
ressemble beaucoup à Saint Pierre de Rome, au Vatican. C'était
auparavant une simple église paroissiale
desservie par
les Bénédictins du Monastère de Saint-Pons, près Nice.
Dans son ressort se trouvent l'ancienne église de Saint
Jaume (Saint Jacques apôtre), jadis des P.P. Carmes, fermée
depuis 1903. Après le transfert du titre de paroisse à l'église de
Saint Juste, évèquc, au Gesu, elle fut placée sous la vocable de l'Annonciation de la Sainte Vierge, ainsi que la belle Eglise de la
Miséricorde, sur le Cours Saleya, jadis de Saint Gaétan, fondée
e
par les P.P. Theatins au XVIII siècle et cédée à la noble
confrérie des Pénitents Noirs.
La Cathédrale de Nice, paroisse Sainte-Réparate de nos jours,
fut comme l'ancienne au Donjon du Château {Sancta Maria in
platea), le théâtre de plusieurs f lits historiques mémorables dans
les annales de l'histoire de Nice.
II. — L'Eglise de Saint Jacques, an Gesû, dès son érection
en 1612, dédiée à Saint Juste, évêque. Sa fête est le 2 septembre.
En 1665 fut érigée en paroisse sous le titre de Saint Jacques le
Majeur, remplaçant la paroisse de Saint Jaume. On l'appelle
vulgairement le Gesù à cause qu'elle a été fondée et administrée
par les P.P. de la Compagnie de Jésus.
Appartiennent à cette paroisse les deux chapelles des confréries des Pénitents Blancs, la Sainte Croix, — confrérie la

�óo —
plus ancienne de Nice, — et des Pénitents Rouges, Saint Suaire
et de la Sainte Trinité ; l'Eglise du Couvent de là Visitation,
la chapelle de l'ancien séminaire, à la montée du Château, et
jadis l'Hospice franciscain avec chapelle de Saint Joseph des
P.P. Recollets de Cimiez, convertie en maison particulière.
L'Eglise du Gesù est d'ordre corinthien composite, cons truite sur le modèle de l'Eglise des Jésuites de Turin, dite
vulgairement les Saints Martyrs. ( 10.000 âmes).
A l'extrémité de la rue du Malonat, aux racines de l'ancien
château, on voit un oratoire à la Sainte Vierge Marie, sous le
titre de N. D. du Bon Secours. Les habitants de ce quartier érigèrent cet oratoire en l'honneur de la sainte Vierge, en reconnaissance du choléra en 1854.
III. — L'Eglise paroissiale de Saint Martin Evéque dite de
Saint-Augustin est la plus ancienne, elle fut bâtie sur l'emplacement de l'ancienne chapelle de Saint Martin (1205) et appelée
Saint-Augustin parce qu'elle était desservie par les Augustiniens
dont le couvent a été transformé en caserne. (Caserne Filley, près
l'ancienne chapelle Sincaire).
IV. — L'Eglise de Saint-Francois-de-Paule a été édifiée en
1736 d'après le plan de l'architecte
Guarini. En 1838
elle fut érigée en paroisse par décret de Mgr Galvano et appelée
aussi Saint-Dominique en souvenir de l'ancienne église paroissiale
de ce nom qui s'élevait sur la place Saint-Dominique aux lieux et
place de l'actuel Palais de Justice.
V*— L'Eglise du Port ou de l'Immaculée Conception. D'humble
origine. D'abord ce fut une fort modeste chapelle (1835), transformée agrandie par Mgr Galvano, et l'avocat théologue L. Mari
fut son premier curé..
VI. — L'Eglise Saint-Joseph nouvelle paroisse depuis 1911 la
première pierre fut posée le 19 mars 1911, bénie le 29 octobre et
ouverte au public le Ier novembre 1911 sous le patronage de Mgr
Chapon et dirigée par les soins de M. l'abbé Gabrielli.
A cette paroisse appartiennent la chapelle succursale de Saint
Joseph contigüe à l'Evêché, et la chapelle de Notre-Dame des
Anges sur l'ancienne route de Villefranche.
VIL — Saint-Roch. Cette église paroissiale dans la banlieue
de Nice fut érigée après la peste de r68r. Nice fut délivrée de ce
fléau par l'intercession de saint Roch, confesseur, né et mort à

�- Si Montpellier. La paroisse est divisée en deux quartiers, Roquebillière
inférieure et Roquebillière supérieure, jusqu'à la chapelle de NotreDame de Bon Voyage.
VIII. — Rive droite du Paillon, intra muros, se dresse Notre Dame du Vau, paroisse Saint-Jean-Baptiste, qui remplace l'an
cienne église du même nom devenue chapelle inférieure du Lycée.
Cette belle église, vœu delà ville de Nice en 1835, mt érigée en
1842 et terminée en 1852 par Mgr Galvano, évêque de Nice.
La façade ressemble à celle élevée à Turin en l'honneur du retour
du roi dans les états Sardes en 1814.
IX. — Saiiit-Pierre-d' Aréna remplace une chapelle située à la
Croix de Marbre. Elle fut érigée en paroisse en 1803 par Mgr
Colonna d'Istria. Elle doit son nom à ce fait, c'est que lors de sa
fondation elle se trouvait sur le rivage de la mer séparée par une
bordure de sable fin.
X. — Une ancienne chapelle de Sainte-Hélêne-l'Inspiratrice
existait dans ces parages. Elle fut remplacée en face la mer par
une église sous l'épiscopat de Mgr Recrosio (1727).
Six paroisses « extra muros » dépendent de la commune de
Nice.
Sainte-Marie Magdeleine, sise dans le vallon de Magnan, édifiée sur l'emplacement d'une chapelle de même nom, érigée en
1626 et dite vulgairement chapelle « dei cassaire » à cause du
grand nombre de chasseurs. Après le concordat de 1803 sous
l'épiscopat de Mgr Colonna d'Istria, ce quartier qui depuis 1771
dépendait pour le spirituel de la cathédrale fut érigé en paroisse.
Il existe encore aujourd'hui une chapelle de Notre-Dame du Bon
Conseil changée en demeure particulière . Bientôt le besoin de
la population augmentant, une église sera bâtie à la cité Robiony
par les soins du curé actuel de la Madeleine.
Plus à l'est de la ville, toujours dans le canton ouest ce
l'Arquet, se dresse la paroisse de l'Ariane dédiée primitivement à
saint Arnoux, évêque et à saint Pierre, apôtre. Elle fut érigée en
paroisse en 1809 sous l'épiscopat de Mgr Colonna d Istria. Dans
son ressort se trouve l'ancienne chapelle nécropole de l'Abbadie
fondée en 1635 en l'honneur de sainte Claire pour le besoin spirituel de 450 à 500 habitants qui appartiennent aux communes
de Nice, Cantaron Saint-André. Localité d'avenii et à laquelle
le chemin de fer Nice-Coni donnera une valeur stratégique.

�— 32 —
Gairaut avait au moyen-âge une chapelle de secours desservie
par les religieux chevaliers de l'ordre du temple au début, et par
la suite de Rhodes et de Malte. Sous l'épiscopat de Mgr François
Rosini de Martinengo la chapelle fut érigée en église paroissiale
sous le vocable de saint Sauveur o*u de la transfiguration du
Rédempteur.
Dès 1730 les P. Dominicains de Nice fondent à Saint Pancrace un sanatorium pour religieux martyrs avec chapelle en
l'honneur de Saint Pancrace martyr. Cette chapelle est érigée en
paroisse en 1848 par Mgr Galvano.
Sur le couchant de Saint-Pancrace on trouve la paroisse de
saint Roman . martyr ; l'ancienne chapelle fut érigée en paroisse
ainsi que celle de saint-Antoine de Ginestière en 1803 sous Mgr
Colonna d'Istria.
VALENT IN.

NOU VÉ
Tu Çatarina fai lou pan.
Mdumen de jota, d'alegressa,
Fes audi da toui lu couor :
Lu ange canton l'alegressa,
Fuges l'infer, Juges la mouorl.
Chntou !
L'aarika sabla, li a quaucaren aici vesin,
Sembla que senti li joia d'un festin ;
Audi lu tambourin de laen,
Lu Jlajoulet e li musela,
Lu pastre van à Bethelen
Laisson la cabana soaleta ;
Santo nuech, venes aléa nen ralegrà,
Pourtas à toui la pax et la tranquilità !
Tu Catarina fai lou pan,
Manda Lucrecia au safran,
Despende aléa lou lauvaniè,
Chapla la blea su lou taatié ;
Crala de froumai e roumpe d'iiu
E fai la iourta couma fou,
Ché n'aiguen toui en aboundança (bis)
Santa nuech, venes alèu nen ralegrà,
Pourtas à toui la pa.x e la tranquilità .'
En tant faguen etnb'au vesin
t ua santépér lou Bambin,
Toucan lou gotou de bouon vin,
Ernb'aa vesin pér lou Bambin
Ti-ri-tin-tin ! -tinTi-ri tin !

�— 3Î —

L'Expulsion de Mgr Valperga
fEN SEPTEMBRE

1792)

Le 12 octobre 1780 h population de Nice se pressait aux
abords de la porte Pairoliëre pour y recevoir en grandes pompes
le nouvel évêque Charles-Eugène Valperga di Maglione. Ce
prélat avait couché la veille selon l'usage antique à l'abbaye de
Saint-Pons et devait faire ce jour là son entrée solennelle dans
sa ville épiscopale.
Le cérémonial imposant avec lequel on avait reçu jusqu'alors
les évêques fut encore cette fois observé. L'accueil de la population entière fut des plus chaleureux au rapport de Pierre Scaliero
qui en fut témoin (1). Le nouvel évêque, qui remplaçait Monseigneur Astésan nommé archevêque d'Oristano en Sardaigne,
appartenait à une famille de vieille noblesse dont plusieurs membres avaient exercé, à Nice, des fonctions importantes (2). Il
(1) Voir aux Archives municipales le récit détaillé que ce chroniqueur en a laissé dans ses Mémoires. Pierre Scaliero mourut en 1805.
(2) Jacques Valperga, conseiller ducal, fut lieutenant du gouverneur de Nice en 1454 ; Thoma5 Valperga fut gouverneur du château de Nice en 1565 ; Jean Valperga fut également gouverneur de
Nice en 1596 ; Jérôme Valperga fut commandeur du château de
Nice en 1600 ; Pierre Valperga, frère de Jacques Valperga, était
chevalier de Malte (Arch. municipales, registre des gouverneurs,
commandants et chevaliers de Malte) ; Anne Valperga, fille dAmédée
Valperga, épousa, le commandeur de Malte Jean-Paul Lascaris.
(Voir son testament daté de 1683, arch. des Alpes-Maritimes,
registre B, 297.) Joseph Ignace de Valperga reçut de son oncle, Emmanuel Philibert Chiotera, mie partie du fief de Couaraze dont il fut
investi le 20 février 1753. Son fils, Vincent, céda ses droits à H. Novelli. Jérôme Valperga fut sénateur à Nice de 1761 à 1765, puis
ministre plénipotentiaire de Sardaigne à Gênes en 1780 ; plus tard
il fut ministre etsecrétaire d'Etat, ce dernier était le frère de l'évêque
de Nice et fils du comte François Valperga qui vivait encore en
1795Ees armoiries des Valperga étaient fascé d'or et de gueules, à
la plante de chanvre déracinée, d'argent et brochant. Le cimier
était un bouc naissant au naturel et la devise : « Ferme-toy ».
Nous reproduisons les armoiries de Monseigneur Valperga d'après celles qui se trouvent en tête du catéchisme édité par ses ordres
et dont nous devons le dessin à l'obligeance de M. Joseph Casai
(Extrait de 1' « Armoriai Artistique et Nrbiüaire », Ni.e, 1902.
3

�- 34était directeur du collège des Provinces à Turin, lorsque le roi
de Sardaigne le désigna, pour l'évêché de Nice. Il avait été sacré à
Rome où il avait fait ses études. Monseigneur Valperga se distingua immédiatement par sa vigilance et son activité : il releva
le niveau intellectuel et moral des prêtres de son diocèse et s'attacha à mettre en toutes choses la plus grande régularité. Dix-huit
mois après son installation, il publia un nouveau catéchisme
dont le plan avait été préparé par son prédécesseur ^i). Grâce à

ses relations cordiales avec la eour de Turin, il jouissait auprès
des autorités civiles de Nice d'une grande influence. Après douze
(1) Ce catéchisme en italien fut imprimé à Nice par la Société
Typographique. C'est un petit volume in-douze de 612 pages, portant
la date de 1783. En tête se trouve le mandement de Monseigneur
Valperga du 16 février 1782 qui approuve le travail terminé par
le prêtre auquel Monseigneur Astésan en avait confié le soin, ordonne
sa publication et règle l'organisation des catéchismes dans tout le
diocèse. Deux ans plus tard en 1785, Gabriel Floteront, imprima
un autre catéchisme rédigé en dialecte niçois, petit volume in-12
de 228 pages. Un exemplaire de ces deux ouvrages existe à la biblio
thèque de Nice. — Voir Villarey, Série Cronològica dei Vescovi
di Nizza. — Art. Valperga.

�-35 années de séjour dans cette dernière ville il s'était acquis l'estime
et le respect de tous.
*

• *

Lorsque le 28 septembre 1792 dans l'après-midi, les troupes
piémontaises évacuèrent Nice, il y eut dans cette ville une effroyable panique et des milliers d'habitants s'enfuirent dans la direction de Turin. Ce fut un désarroi et une désorganisation complète de toutes les autorités. iMonseigneur Valperga resta à son
poste et s'engagea à ne point quitter la ville. Le lendemain samedi
29 septembre, il accompagna le second consul Honoré Saissi et
quelques membres du Conseil qui se rendirent, vers les onze
heures du matin, à la villa Feraudi, au quartier St Hélène, pour
offrir les clefs de la cité au général d'Anselme qui venait d'y
arriver à la tête des troupes françaises. Le général fit à la délégation assez bon accueil, mais il s'étonna de trouver parmi ses membres, l'évêque dont la place déclara-t-il n était pas là. Du reste,
d'Anselme attacha si peu d'importance à la démarche îles magistrats niçois que dans aucune de ses dépêches officielles il n'en fit
mention.
Sur le soir du même jour, la petite armée française faisait son
entrée dans la ville et le général s'installait dans la maison du
consul de France à la place St Dominique. L'évêque de Nice qui
tenait à rester au milieu de ses diocésains se présenta de nouveau
vers les huit ou neuf heures du soir chez le général auquel il voulait recommander ses prêtres en lui demandant des respecter les
églises. Le général était entouré de tout son état-major, du consul
de France, Pierre Le Seurre, de Honoré Saissi, second consul, de
Féraudi, secrétaire général de la commune. Ces deux derniers
venus probablement pour appuyer les demandes de l'évêque.
L'accueil du général ne fut pas plus encourageant que la première fois ; il intima même avec insistance au prélat l'ordre de
quitter ta ville en ajoutant que le plus tôt serait le mieux et ce
fut sur ces dernières paroles que l'évêque se retira après avoir toutefois reçu du général la promesse que tout ce qu'il laisserait dans
son palais serait placé sous la sauvegarde de la Nation française.
Il n'y avait pas à tergiverser, l'ordre était formel et pressant, il
fallait partir. L'évêque prit ses dernières dispositious et délégua,
au curé de la cathédrale, le chanoine Honoré Navello, tous les
pouvoirs nécessaires pour administrer le diocèse en son absence.
Aux premières lueurs du jour, Valperga quitta son palais, et se

�— 36 dirigea à pied vers la porte Pairolière. Il avait été impossible de
trouver une voiture car tous les moyens de transport avaient été
réquisitionnés et utilisés le 28 septembre pour permettre l'exode
des habitants terrorisés. Il avait ordre de partir, mais cet ordre
n'ayant pas été donné par écrit, les volontaires marseillais, de garde
à la porte de Turin, refusèrent de le laisser passer, l'accablèrent
d'injures, le menacèrent même de le pendre et ne consentirent á
le lâcher que sur un ordre écrit, sollicité et obtenu du général,
grâce à l'intervention courageuse et au sang-froid d'un jeune
niçois, Joseph Castellinard. Monseigneur Valperga se retira à
Turin et y mourut en 1805 sans avoir jamais pu obtenir l'autorisation de rentrer.
*

* *

Il est établi par les documents officiels contemporains que
Monseigneur Valperga ne quitta son siège que sur les ordres arbitraires du général d'Anselme et ces mêmes documents nous
renseignent très exactement sur les incidents fâcheux qui se produisirent au départ de l'évêque. Du reste, on n'ignorait pas à Nice
comment les choses s'étaient passées et la population savait grê à
Valperga de son attitude et de sa fermeté. De son côté, Valperga
avait eu confiance dans la parole à lui donnée par le général au
nom de la Nation française et à plusieurs reprises il manifesta
son étonnement qu'elle n'ait pas été gardée, que ses biens aient
été confisqués, son mobilier vendu, son nom inscrit sur la liste
des émigrés alors qu'en partant il n'avait cédé qu'à la force.
Parmi les nombreux documents qui se trouvent soit aux archives de Nice, soit aux archives nationales il en est quelques-uns
dont la simple reproduction sera plus probante que tous les corn,
mentaires. Il_suffira de citer :
•i° La lettre du Directoire des Colons Marseillais en date du
25 février 1793, adressée aux citoyens Blanqui et Veillon, députés
extraordinaires de la ville de Nice à Paris, au sujet des réclamations présentées le 23 du même mois par Jean-Jacques Donny, au
nom de Mgr Valperga.
20 La réponse du même Directoire à J.-J. Donny, en date du
26 février 1793.
3„ L'arrêté du Département en date du 13 avril 1793.
40 La réclamation présentée au Directoire du département

�Valperga, aussitôt après son inscription sur la liste des émigrés de
la ville de Nice, dressée à la fin de juin 1793.
50 Les états de frais pour l'inventaire et la vente du mobilier
et effets de « l'émigré Valperga Maillone, citoyen évêque » approuvés par le département des Alpes-Maritimes, le 5 germinal an
III (25 mars 1795).
6° Les actes de notoriété dressés le Ier et 2me fructidor an III
(18 et 19 août 1795) par Gautier, juge de paix à Nice, à la requête de Pierre-Joseph Passeron, agissant en qualité de procureur
subrogé par Nicolas Giorni, procureur spécial et général de Mgr
Valperga, par acte de procuration reçu à Turin le 20 juillet 1795,
notaire Pierre-Joseph Bernochio.
70 La pétition adressée au district de Nice le 4 fructidor an III
(21 août 1795) par Pierre-Joseph Passeron, demandant la radiation du nom de Valperga sur la liste des émigrés.
8° L'avis du district de Nice en date du 5 vendémiaire an IV
(27 septembre 1795) déclarant que Mgr Valperga doit être rayé
de la liste des émigrés.
90 L'arrêté du département des Alpes-Maritimes, en date du
14 prairial an V (2 juin 1797) ordonnant la radiation provisoire
du nom de Valperga de la liste des émigrés.
io° L'acte de cautionnement dressé par le département le
11 fructidor an V (28 août 1797), à la requête de Pierre-Joseph
Passeron, procureur de Mgr Valperga en exécution d'une des
clauses de l'arrêté du 14 prairial an V (2 juin 1797).

�- 38 —

DOCUMENTS ET PIÈCES D'ARCHIVES

Pièce 1.

25 février 1793
Aux cit. Blanqui et Veillon
Une lettre du cit. Donny, associé du citoyen LeClerc, défunt président de l'ancienne administration
provisoire, dont vous avez ci-inclus l'extrait ( 1 ), nous
fait connaître que le cit. Valperga, évêque de Nice,
laissa avant son départ (ordonné à son retour par
Anselme) dans sa maison pour environ 34.000 livres,
argent monnayé, et environ pour 17.000 d'effets en
vaisselle, linge, batterie de cuisine etc.
Une portion de ces effets se trouvent encore dans
ladite maison, sous l'inventaire que nous en avons
fait dresser par les commissaires de l'une et l'autre
administration, lorsque nous avons été installés, mais
il s'en faut de beaucoup qu'elle puisse arriver à la
somme de 17.000 livres, pas même le tiers.
Quant à l'argent monnayé entré dans la caisse du
receveur de l'ancienne administration, nous n'y
voyons point la somme que ledit Evêque désigne
avoir laissé dans sa maison. Nous vous remettons cijoint un extrait de l'état des sommes' que le cit.
Bonnet a reçu en espèces, pendant toute sa gestion
de receveur et trouvées parmi les effets des émigrés
français et niçois.
Nous ne voulons rien préjuger sur l'assertion du
cit. Valperga, quoique nous ayons des indices frappants de vérité. Ce ne sera que lorsque nous aurons
pu les convertir en preuves par le témoignage de
quelques citoyens que nous nous procurerons, pour
pouvoir en demander la restitution et la poursuite
contre le pillage.
En attendant, noùs croyons devoir vous faire part
de cette découverte que nous allons communiquer au
Président de la Convention Nationale et au Ministre.
Arch. des A. M. Registre de la correspondance du
Directoire des Colons marseillais L. 5.
Cet extrait manque au registre ainsi que les autres pièces
énoncées dans celte lettre.

�-hLe 2érae février 1793.
Au citoyen Donny, négociant à Nice
Pièce 2.

Votre lettre du 23me de ce mois, citoyen, nous
demande des renseignements sur le temporel du
citoyen Valperga, Evêque de Nice. Nous allons vous
transmettre tous ceux qui sont à notre connaissance
L'administration provisoire en choisissant l'Evêché
pour le lieu de ses séances, vint s'y établir dans les
premiers jours d'octobre, et tout nous porte à croire
qu'elle ne fit aucun inventaire des effets qui s'y trouvaient, du moins nous n'en avons trouvé aucun dans
les papiers qu'elle nous a remis.
En succédant à cette administration provisoire,
uous avons cru que notre premier devoir était de faire
un inventaire de tout le mobilier renfermé dans la maison épiscopale. Nous y avons successivement procédé
en présence des administrateurs provisoires et à mesure qu'ils nous en remettaient les clefs. Tout le mobilier qui s'y trouvait, ne consistait guère qu'en
meubles meublants et ne nous paraît pas avoir la
valeur de 17 mille livres que l'Evêque lui donne.
Vous pourrez, si vous le jugez à propos, faire prendre
à notre secrétariat une copie de cet inventaire. Tout
ce. qui n'est point renfermé dans les appartements
que nous occupons au premier étage, a été laissé à la
garde de Jean Poma, ancien concierge de l'Evêque et
le nôtre.
Pour nous éclairer sur les 34.000 1. argent monnayé que l'Evêque doit avoir laissé en sa maison,
nous avons écrit au cit. Bonnet, receveur de l'administration provisoire, pour lui demander un état des
sommes en numéraires versées dans sa caisse, comme
ayant été saisies et trouvées parmi les effets des Emigrés français et niçois. L'état qu'il nous a remis ne
monte qu'à 74121. 16 s, et aucun article n'a du rapport
avec les réclamations du citoyen Valperga.
Quant à ce qui concerne personnellement le
citoyen, nous avons demandé au Ministre de l'Intérieur de vouloir bien nous dire la manière dont nous
devions l'envisager. Nous savons qu'un ordre arbi-

�— 40 —
traire de Danselme l'obligea de quitter Nice, le jour
de l'entrée des Français. Mais nous pensons aussi que
la proclamation des Commissaires de la Convention
nationale de France et le décret de celle de Nice,
concernant les Emigrés, étaient des motifs suffisants
pour le ramener à son poste et le rassurer sur les
suites de son retour. En persistant à prolonger son
absence, il s'expose à être traité comme émigré, à se
voir déclarer déchu de sa place et confisquer tous ses
biens. Telle est la disposition de la loi, et quoique
nous ayons consulté le ministre sur le cas particulier
de l'Evêque, nous prévoyons que sa réponse sera de
nous en tenir à la rigueur des lois, ainsi que plusieurs
instructions nous l'ont déjà annoncé.
Vous sentez, citoyens, que tout le mobilier de
l'Evêque doit rester séquestré jusqu'à son retour ou à
la décision du Ministre. Il peut être tranquille sur la
conservation de tout ce que nous avons trouvé en
entrant dans sa maison. Ce qui a pu en être enlevé
avant notre entrée en fonctions, est étranger à notre
gestion. Mais nous employerons tous les moyens qui
sont en notre pouvoir pour en trouver les traces, en
acquérir les preuves et en faire punir les coupables.
Les administrateurs, etc.
Archives des A.-M., Registre
suivants.

,L. 5,/°7i verso et

Lettre des commissaires de la Convention
Nationale et arrêté du Département des A. M.
Nice, le 9 Avril 1793, l'an 1 Ie de la Repu bublique Française.
« Vous voudrez bien, citoyens, en nous envoyant
les noms et prénoms de l'évêque de Nice, nous instruire officiellement d'après les "dispositions des lois,
s'il est censé démissionnaire et son siège vacant.
« Les Commissaires de la Convention Nationale
au département des A. M.
GRÉGOIRE, JAGOT (I)

(1)

Archives des A. M. L. 29 ancien. L

7

actuel.

�— 4i (i3 avril 1793)
Le Directoire ; vu la réquisition du citoyen Procureur Général sindic « Considérant que Charles Eugène Valperga, évêque de Nice, n'avait point quitté
son domicile lors de l'entrée des troupes de la République ; considérant qu'il a lui méme-accompagné les
consuls d'alors quand ils furent présenter les clefs
de la ville et inviter le général Anselme à venir en
prendre possession au nom de la République ; considérant que le général Anselme par ses ordres arbitraires et tiranniques, accompagnés même de menaces contre ses jours, l'ont forcé de s'éloigner ; arrête
qu'il ne peut le déclarer émigré, et qu'il sera répondu
aux Commissaires de la Convention nationale d'après
les principes ci-dessus.. »
Sign : PAUMÉ ; BARLI FABRI ; F. CASTKLIMARD ;
ANGLES ; BERNARDI, secrétaire général. (1)
pjj

ce

^

Aux citoyens composant le Directoire du
département des Alpes-Maritimes..
22 juillet 1793.
Citoyens,
Le citoyen Jean-Jacques Donny, soussigné, chargé
des intérêts du citoyen Valperga, évêque de Nice
absent, ayant été informé que par votre délibération
du 29 du mois passé, ledit citoyen Valperga avait été
déclaré émigré, vous représente avec tous les égards

(1) Archives des Alpes-Maritimes, Registre L,. 3, folio 101. L'Arrêté n'est pas signé par le procureur syndic Jean-François Tourre
ni par l'administrateur Jean-L,ouis de Villiers qui ne partageaient
point l'opinion de leurs collègues. A noter que Tourre était d'Antibes
et que de Viliers était un médecin français établi depuis longtemps
à Nice.
I/Arrêté fut pris malgré le réquisitoire de Tourre qui voulait
déclarer Monseigneur Valperga émigré et malgré un violent discours de Villiers soutenant la même thèse qui fut combattue par
Barli Fabri, par Castclinard et par Anglès. J'ai déjà publié in-extenso
cette délibération du 13 avril T793 au cours d'un article sur l'église
de Nice en 1792-1793 inséré dans Nice Historique du Ier avril 1903,
C'est pourquoi je reproduis ici simplement la lettre des
commissaires et l'arrêté du département.

�- 42 —
dûs au pouvoir dont l'exercice vous a été confié par
le peuple souverain que le citoyen Valperga ne peut
ni ne doit sous aucun rapport être considéré comme
émigré, par les motifs ci-après :
i° Qu'il est de notoriété publique qu'il n'a quitté
le pays que contre son gré et par ordre du général
Anselme :
2° Qu'il a constamment été disposé et a offert
de revenir dans son diocèse, moyennant qu'il ne fut
assujetti à prêter qu'un serment relatif au temporel et
non au spirituel.
3° Qu'enfin et par la raison que n'étant point
indigène, mais étranger, son séjour ici n'a été dé terminé que par sa nomination à l'épiscopat, événement casuel qui n'a jamais pu le soumettre à l'obligation de renoncer pour toujours à sa mère-patrie.
Tous ces motifs, soit qu'on les prenne collectivement ou séparément, démontrent suffisamment,
citoyens administrateurs, le droit incontestable, qu'a
le citoyen Valperga de demander et prétendre la
radiation de son nom du tableau des émigrés, et si
le ministre de l'Intérieur n'a fait aucune distinction
entre lui et les autres citoyens, c'est sans doute qu'il
a ignoré les circonstances qui vous sont exposées
ci-dessus, et notamment la dernière, car s'il les eût
toutes connues, il n'est nullement probable qu'il eût
décidé comme il l'a fait. Toute hypothèse contraire
serait une injure faite à ses sentiments et à ses lumières. Un homme tel que lui, dont les vertus civiques, le patriotisme et les talents l'ont appelé au
poste aussi honorable que pénible qu'il occupe, doit
ressembler autant que possible à la Nation pour
laquelle il agit et qui l'a honoré de sa confiance.
Cette nation est grande, généreuse, magnanime,
juste et bienfaisante.Elle ne peut qu'êtreextrêmement
jalouse de sa gloire, et l'un des principaux devoirs de
ses agents est d'éviter soigneusement d'en ternir
l'éclat.
Le refus qui serait fait de rayer de la liste des
Emigrés le nom du citoyen Valperga, refus qui entraînerait avec lui la confiscation des minces propriétés de ce citoyen, serait un acte qui imprimerait à

�-

43

-

jamais une tache ineffaçable à la gloire du nom français ; tache qui ne pourra manquer de frapper également les yeux des contemporains et ceux de la postérité ; tache enfin que les historiens ne manqueront
pas de faire ressortir par des couleurs enluminées, et
le bel effet qu'un pareil tableau produirait, citoyens
administrateurs, serait votre ouvrage.
Mais non, loin de nous, cette idée ! Vous êtes
républicains ! cela suffit. Les républicains sont vertueux. Ils aiment, chérissent, protègent, respectent
la vertu partout où elle se trouve. Et le citoyen Valperga aussi est un homme vertueux ! Qui en doute ?
Nul bon citoyen, nul honnête homme. Souvenezvous, citoyens administrateurs, que ce n'est que par
ses vertus qu'il a mérité l'amour et l'affection du
peuple Niçois et non par sa qualité d'évêque. Et plût
à Dieu que tous les ecclésiastiques lui eussent ressemblé ! La France n'eut point éprouvé d'aussi horribles secousses, pour asseoir, affermir et assurer sa
liberté.
La République a incontestablement le droit de
renvoyer hors de son sein tout individu qui ne lui
convient pas, mais en renvoyant ainsi un étranger
qui, d'ailleurs, n'a pas encouru la peine de la confiscation de ses biens, elle lui permet de les emporter ou
de les vendre et d'en emporter le produit. Tel est
précisément le cas du citoyen Valperga.
L'exposant demande en conséquence, citoyens
administrateurs, qu'il vous plaise prendre dans votre
sagesse une délibération tendante à rendre audit
citoyen Valperga sa qualité de citoyen français non
émigré, à lui accorder un délai compétent pour rentrer dans ce pays soit comme simple citoyen ou
comme fonctionnaire public et à lui assurer dans
tous les cas la restitution de ses propriétés par lui
laissées sous la sauvegarde de la loyauté française
dans la maison épiscopale, lors de sa retraite forcée,
ou la juste indemnité de leur valeur. Et sera justice.
Nice, le 22 juillet 1793, l'an second de la République française, une et indivisible.
Jean-Jacques DONNY.
l
ARCHIVES NATIONALESF/ 4.867 , dossier Valperga.

�- 44 Pièce 5.

Etat de frais de vente pour parvenir à l'inventaire
et vente des effets de l'émigré Valperga Maillone,
citoyen évêque :
5 germinal an III (25 mars 1795)
Pour une séance de trois commissaires dont un du
District et deux de la Commission municipale, fixée
à trois livres par séance par le Directoire du district
et approuvé par les Représentants du
Peuple
L.
9 »
Papier timbré tant de la minute que
des deux extraits
»12
Pour la copie desdits deux extraits . .
» 8
Droits d'enregistrement
13 10
31

2

Nous soussignés certifions le compte ci dessus véritable.
Signés : J.-B. Thomaty, comm. du dist. ; Savigny,
comm. munie. ; Mabil, comm. municip.
Frais de la vente :
Pour quatre séances de deux corn missaires dont un
du District, un de la Commis, mun. sans le membre
de l'administration fixées à trois livres par séance par
le Directoire du district et approuvé par les Représentants du Peuple .
L.
24 »
Au trompette pour publication de
quatre criées
5 »
Au crieur à la vente, quatre séances .
12 »
Aux portefaix qui ont travaillé au
transport des effets
40 »
Papier timbré tant de la minute que
de l'extrait
1 »
Bougie
3 »
Droits d'enregistrement
27 »
Papier timbré du petit état
» 4
A la femme qui a assisté à la vente
pour l'arrangement du linge
» 12
L.
Signés : J.-B. Thomaty, comm. du
district ; Savigny, comm. municip.

1

159 6

�Vu par nous, membres composant la Commission
Administrative du district et d'après l'arrêté du district, approuvé par les Représentants du Peuple et la
loi du il et 12 Mars, arrête l'état des frais ci-dessus
se montant à la somme de cent cinquante neuf livres
trente centimes, qui seront acquittés par le receveur
du droit d'Enregistrement lorsque le Département
aura vérifié ledit état.
Nice, le 29 ventôse an 3"" de la République française une et indivisible (19 mars 1795).
(Suivent les signatures).
Vu l'état des frais ci-dessus pour parvenir à l'inventaire et vente du mobilier de l'émigré Valperga
Maillone ci-devant évêque.
Vérifié et arrêté par le Directoire du district de
Nice, la Commission Administrative du département
des Alpes-Maritimes approuve ledit état et ordonne
au citoyen Maussier, receveur de l'enregistrement
cîudit district de payer aux citoyens J. B. Thomaty
et Savigny, comm. la somme de 159 livres et 30
centimes pour montant des frais pour inventaire et
vente des susdits effets de l'émigré, laquelle somme
lui sera allouée en compte.
Fait à Nice le 5 germinal an 3me républicain ( 25
mars 1795).
Etat des frais pour parvenir d la vente du mobilier de
l'émigré Charles Eugène Valperga Maillone, citoyen
évêque.
Pour trente-neuf séances de trois commissaires
dont un du District et deux de la Commission municipale, fixé à trois livres par séance par le Directoire
du district et approuvé par les Représentants du
peuple
L.
351 »
A deux portefaix, dix-neuf journées et
demi chaque fixées à cinq livres par jour.
195 »
Au trompette pour publication de
trente-neuf criées fixées à une livre cinq
sols chaque
48 r 5
Au crieur à la vente, trente-neuf séan
ces fixées á trois-livres par séance ....
117 »

711 1$

�- 4* Report
Papier timbré tant de la minute que
de l'expédition
Pour copie dudit extrait fixé à quatre
livres
Papier timbré du présent état ....
Bougie
Droit d'enregistrement
Plus deux autres journées de portefaix à cinq livres
Un paquet de plume
L.

148
4
6
421

»
4
»
»

20
5

»
»

1.182

7

Nous soussignés certifions le compte ci-dessus,
véritable.
Nice, le Ier ventôse an 3me de la République (19
février 1795).
Signés : J.-B. Thomaty, commissaire du district ;
Savigny, comm. ; Honoré Mabil, comm. municipal.
Vu par nous, membres composant la Commission Administrative, de ce District, et d'après la loi
du 11 et 12 Mars 1793 (v. s.) et l'arrêté de cette
Commission approuvé par les Représentants en date
1^ Fructidor, oui l'agent national, arrête l'état des
frais se montant à onze cent huitante deux livres et
trente cinq centimes qui seront acquittés par le
receveur de l'agence de l'enregistrement sur le produit de la vente desdits meubles, lorsque le Département aura vérifié ledit état.
Nice le 29 ventôse an 3me de la République
française une et indivisible (19 mars 1795).
(Suivent les signatures).
Vu l'état des frais ci-dessus pour parvenir à la
vente du mobilier de l'Emigré Valperga Maillone cydevant évêque.
Vérifié et arrêté par le Directoire du district de
Nice.
La Commission administrative du département
des Alpes-Maritimes, approuve ledit état et ordonne

�— if au citoyen Maussier, receveur de Penregistrement
dudit district de payer aux citoyens J.-B. Thomati,
Savigni et Honoré Mabil, commissaires, la somme de
mille cent quatre vingt deux livres trente cinq centimes pour montant des frais de la vente des susdits
effets de l'Emigré. Laquelle somme lui sera allouée
en compte.
Fait â Nice le 5 germinal an 3me républicain (25
mars 1795).
Arch. des A. M. L. 15 ancien p. 44-45 N° 34-35

Actes de Notoriété
Pièçe g

1-2-fructidor an III
18-19 août 1795
EGALITÉ, LIBERTÉ

AU NOM DE LA LOI
Ce jourd'hui, premier Fructidor, l'an troisième
(18 août 1795 de la République française, une et indivisible, à Nice, chef-lieu du département des AlpesMaritimes, par devant Nous, Antoine Gautier Juge de
paix de la Ier, 2m" et 3me section et officier de police,
est comparu le citoyen Pierre Joseph Passeron, natit
tic la commune de Contes et habitant en celle de Nice
depuis plusieurs années.
Lequel en sa qualité de procureur du citoyen
Charles Eugène Valperga de Maillone, évêque de Nice,
subrogé par le citoyen Nicolo Giorni, homme de loi,
procureur spécial et général établi (par acte reçu) par
le notaire Pierre Joseph de Bernochio, le 20 Juillet
dernier (v. s.) qu'il présente, légalisé par le résidant
de la République de Gênes auprès de la Cour de Turin, dont il résulte le pouvoir donné au citoyen Giorni, de subroger en son lieu et place, avec tous les
pouvoirs compris au dit acte, et il présente au surplus l'acte de sa dite subrogation faite par le même
citoyen Giorni, reçu en la ville de Gênes le premier

�- 48 du mois d'août dernier (v. s.) par le notaire Antoine
Baglietto, légalisée par le consul de la République
française.
Il expose que le vingt neuvième jour de septembre
de l'année 1792, l'armée de la République, étant arrivée en cette ville, commandée en chef par le citoyen
général d'Anselme, lorsque ce général, vers le soir,
fut arrivé et il eut pris son logement dans la maison
habitée par le ci-devant consul de la République Le
Seurre, ledit citoyen Evêque Charles Eugène Valperga de Maillone s'y étant présenté, ledit général d'Anselme, en présence de tout son Etat-Major, lui signifia
d'abord de devoir partir de cette ville. Sur quoi le
dit évêque ayant répondu qu'il avait cru de pouvoir
continuer sa résidence en cette ville et tellement l'avait cru, qu'il n'avait jamais pensé de distraire et en
faire partir le moindre de ses meubles et effets, qu'il
avait dans la maison d'habitation de l'tvêque et que
si absolument il lui ordonnait de partir, il le priait de
lui accorder la sauvegarde sur tous lesdits effets et
meubles. Le dit général d'Anselme lui répliqua qu'il
dut absolument partir de cette ville, en ajoutant que
le plus tôt en serait le mieux, et qu'à l'égard de ses
meubles et effets qu'il avait, il les mettait dès ce ino
ment sous la sauvegarde et loyauté de la Nation française et qu'il pouvait en être tranquille, après quoi ledit
évêque Valperga de Maillone, tout tremblant, ayant
dit qu'il allait se conformer dès le lendemain au matin à ses ordres, se retira ; ledit général d'Anselme
lui ayant encore répliqué : le plus tôt sera le mieux.
Et comme il importe audit citoyen évêque Valperga de Maillone de constater le fait ci-dessus expo"sé, suivi en présence de tout l'Etat-Major dudit général d'Anselme et de plusieurs citoyens de cette commune, l'exposant, en sa dite qualité vous présente les
citoyens Pierre Le Seurre, ci-dessus nommé, ci-devant
consul en cette ville de la République, le citoyen Honoré Saissi de cette commune qui pour lors était second consul de la même commune, le citoyen Philippe Emmanuel Féraudi qui pour lors était secrétaire de
Ìa même commune et le citoyen Ange Giraudi aussi

�- 49 de cette commune, pour recevoir leurs dépositions
sur ledit exposé et vous fait instance que de tout lui
soit concédé acte, ce que nous lui avons accordé, et a
signé.
PIERRE JOSEPH PASSERON.

Et de suite se sont présenté les susnommés
citoyen Le Seurre, natif de Craon, âgé de 75
ans, bourgeois, le citoyen Saissi, âgé de 70 ans,
négociant, Emmanuel Feraudi, âgé de 68 ans, notaire, Ange Giraudi, âgé de 63 ans, négociant,
natifs et domiciliés dans cette commune, auxquels
après avoir fait lecture dudit exposé fait par ledit citoyen Pierre Joseph Passeron, en sa dite qualité, les
avons interpellés sur serment que leur avons fait prêter, conformément à la loi, de nous dire en leur âme
et conscience si tous les faits énoncés dans le même
exposé sont de leur connaissance et tous les quatre ont
répondu et attesté tant uniment que séparément en
être pleinement informés, s'y étant trouvés présents,
et que le tout contient la vérité, toute la vérité et
rien que la vérité. En foi de quoi ils ont signé :
LE SEURRE, HOSORI'J
SAISSI, PHILIPPE EMMANUEL FÉRAUDI,
ANGE

GIRAUDI.

Et nous, juge de paix, vu les dépositions ci-dessus, avons de tout concédé acte au susnommé citoyen
Pierre Joseph Passeron en sa dite qualité, pour lui
servir et valoir dans tous les cas, à ce que de droit et
de raison. Fait à Nice, l'an et le jour que dessus.
GAUTIER, juge de paix.
BONIFACI, sec. greffier.
Vu par nous, membres du District de Nice, 3 vendémiaire an IV rép. 25 sep. 1795, TOSELLI, JN COPPON
fils, VÉRANI pr. syndic, SAYTOUR Martin.

�— 5o —
EGALITÉ, LIBERTÉ.

AU NOM DE LA LOI
Ce jourd'hui. second jour de Fructidor de l'an 3
août 1795) de la République française une et indivisible, à Nice, chef-lieu du département des AlpesMaritimes, par devant nous, Antoine Gautier, juge de
paix de la iere, 2M* et 3ME section et officier de police,
est comparu le citoyen Pierre Joseph Passeron : natif
de la commune de Contes et habitant en celle de Nice
depuis plusieurs années
Lequel en sa qualité de procureur du citoyen
Charles Eugène Valperga de Maillone, évêque de
Nice, subrogé par le citoyen Nicolo Giorni, homme
de loi, procureur spécial et général établi (par acte
reçu) par le notaire Pierre Joseph de Bernochio, le 20
Juillet dernier (v. s.) qu'il présente, légalisé par le résidant de la République de Gênes auprès de la Cour de
Turin, dont il résulte le pouvoir donné au citoyen
Giorni, de subroger en son lieu et place, avec tous les
pouvoirs compris audit acte, et il présente au surplus
l'acte de sa dite subrogation faite par le même citoyen
Giorni, reçu en la ville de Gênes le premier du mois
d'août dernier (v. s.) par le notaire Antoine Baglietto,
légalisée par le consul de la République française.
Expose : Primo, que le matin du trente septembre 1792, le citoyen Charles Eugène Valperga de
Maillone, évêque de Nice, en partant de cette ville
avec deux domestiques à sa suite, qui portaient un
paquet et quelques effets, fut arrêté à la porte qui conduit en Piémont, ci-devant nommée porte Victoire,
et conduit au vestibule de la maison presque attenante
à ladite porte, appartenant au citoyen Dominique
Castellinard, où se trouva le citoyen Joseph Castellinard, fils dudit Dominique, et malgré que ledit Evêque Valperga déclara aux soldats de la Garde de la
dite porte qui étaient des Marseillais, que c'était en
conséquence d'ordre qui lui avait été signifié par le
citoyen général d'Anselme qu'il partait de cette ville,
lesdits soldats commencèrent par le malmener et lui
(19

�signifier qu'ils voulaient le pendre et ayant ouvert
ledit paquet et y ayant trouvé entre autres effets, une
ceinture d'évêque, ils déterminèrent, à l'instant, de le
pendre avec ladite ceinture, et ayant essayé si la même
était assez forte pour le soutenir, en la préparant, elle
se fit en lambeaux, de façon qu'ils vérifièrent qu'elle
ne pouvait leur servir et demandèrent audit Joseph
Castellinard fils une corde, pour pendre ledit évêque,
à un grand anneau de fer qui était au plafond dudit
vestibule, servant â y passer une verge de fer pour
peser les marchandises, et ledit citoyen Castellinard
fils, leur ayant absolument refusé de leur donner de la
corde, en s'excusant qu'il n'en avait point, comme
dans tous ces entrefaits ledit évêque se trouve mal et
ne peut plus se soutenir, ledit Castellinard fils lui fit
apporter une chaise, par sa servante à qui quelques
uns de ces soldats donnèrent des coups de poing pour
avoir porté ladite chaise et le même Castellinard le
fit ensuite asseoir sur ladite chaise, en le soutenant,
parce qu'il ne pouvait se soutenir droit ; d'autant plus
qu'en attendant, lesdits soldats marseillais lui disaient mille exécrations, lui crachaient dessus et lui
donnaient des soufflets, et assurément ils l'auraient
fini, si dans cet intervalle un de ses domestiques
n'avait été dire au citoyen général d'Anselme ce qui
venait d'arriver, et ledit domestique étant venu avec
un billet dudit général d'Anselme qui ordonnait à la
garde de le laisser partir, puisque c'était de son ordre,
en conséquence de ce billet lesdits soldats marseillais
se bornèrent pour lors à lui dire et crier mille invectives et injures et le laissèrent partir, ce que ledit
évêque, malgré qu'il ne pût se remuer, à l'aide de ses
domestiques fit au mieux possible en tremblant, de
façon qu'il doit son existence au refus ferme et déterminé que ledit citoyen Castellinard fils leur fit de
leur donner une corde, sans quoi avant l'arrivée du
dit domestique portant l'Ordre du général d'Anselme, il aurait été pendu et étranglé.
Secondoque lefaitci-dessusfut d'abord public et notoire, de notoriété publique dans cette ville et encore
plui le lendemain premier octobre, puisque les autres

»

�— 52 —

soldats de la Phalange Marseillaise, arrivés sur le soir
dudit jour trente septembre, d'abord après leur arrivée
cherchèrent l'évêque qu'ils voulaient le lanterner et
mettre en pièces, comme ils s'expliquèrent hautement,
ce qui joint au fait arrivé dans ledit vestibule de la
maison Castellinard, étant devenu d'une notoriété publique donna l'épouvante à tous les gens honnêtes du
pays, qui disaient que le citoyen général d'Anselme en
ordonnant audit évêque de partir, en mettant sous la
sauvegarde de la Nation française ses meubles et ses
effets, avait voulu le sauver.
Et comme il importe audit citoyen Passeron, exposant en sa dite qualité, de constater par témoins le
fait ci-dessus exposé, il nous présente ledit citoyen
Joseph Castellinard fils de Dominique de cette commune, âgé de 21 ans, de profession, négociant, qui se
trouva présent au fait énoncé dans le Ier article de l'exposé ci-dessus, et au surplus informé de la notoriété
des faits énoncés au second et dernier chef, de ladite
exposition et il nous présente les citoyens Jean-Jacques Donny, natif de Neufchâtel en Suisse, âgé de 39
ans, de profession, négociant ; Joseph Poullan, natif
de Clavesana, en Piémont, âge de 48 ans, négociant ;
Jacques Gerbin, âgé de 60 ans, tailleur, Jean-Marie
Thaon, âgé de 56 ans, négociant, natifs et tous domiciliés en cette commune pour déposer sur ladite
notoriété énoncée dans ledit second fait exposé, pour
recevoir leurs dépositions, et nous fait instance que de
tout lui soit concédé acte, ce que nous lui avons accordé et a signé.
Pierre-Joseph PASSERON .
Et de suite se sont présentés les susnommés citoyens Joseph Castellinard, Jean-Jacques Donny, Joseph Poullan, Jacques Gerbin, et Jean-Marie Thaon,
ci-dessus qualifiés, auxquels après avoir fait lecture
dudit exposé fait par ledit citoyen Passeron, en sa
dite quálité, les avons interpellés sur serment, que
leur avons fait prêter, conformément à la loi, de nous
dire en leur âme et conscience, si tous les faits énoncés dans le même exposé sont de leur connaissance,

�- 53 et ledit citoyen Joseph Castellinard a répondu et
attesté en être pleinement informé pour avoir été
présent au fait exposé dans le i" article de ladite exposition, et pour avoir publiquement entendu dire les
faits énoncés dans le second chef qui était en cette
ville notoire de notoriété publique et lesdits citoyens
Jean-Jacques Donny, Joseph Poullan, Jacques Gerbin,
Jean-Marie Thaon, ont répondu et attesté tant uniment que séparément être pleinement informés de
l'énoncé dans le second chef de ladite exposition,
puisque les faits y énoncés étaient notoires, de notoriété publique en cette ville, et tous lesdits citoyens
ont respectivement attesté pour ce qui les concerne
que tout contient la vérité, toute la vérité et rien que
la vérité. En foi de quoi ils ont signé : Joseph Castellinard fils,Jean-Jacques Donny, Joseph Poullan, Jacques
Gerbin, Jean-Marie Thaon.
Et nous, Juge de paix, vu les dépositions ci-dessus,
avons de tout concédé acte au susnommé Pierre Joseph Passeron en sa dite qualité pour lui servir et valoir dans tous les cas, à ce que de droit et de raison.
Fait à Nice l'an et jour que dessus.
GAUTIER,
BONIFACI,

juge de paix.
sec. gref.

Vu par nous, membres Du district de Nice, le 3
vendémiaire anIV rep. (25 sept. 1795).
Jn. COPPON fils, VÉRANi, pr. syndic, TOSELLI, Saytour
MARTIN.

Arch. Nat. F

7

4867 *

�54 -

PÉTITION au DISTRICT de NICE
et AVIS de ce DISTRICT
ÉGALITÉ,

LIBERTÉ

5 vendémiaire
27 septembre 1795 an IV
AUX

CITOYENS ADMINISTRATEURS
DU DISTRICT DE NICE

Le citoyen Pierre Joseph Passeron, natif de la
commune de Contes, habitant en celle de Nice depuis plusieurs années.
Vous expose en qualité de procureur du citoyen
Charles-Eugène Valperga de Maillone, évêque de
Nice, subrogé par le citoyen Nicolo Giorni, homme
de loi, son procureur spécial et général fondé par acte
reçu dans la ville de Turin par le notaire PierreJoseph de Bernochio, le 20 juillet dernier (v. s) légalisée par le résident de la République de Gênes, près
la Cour de Turin, duquel il résulte le pouvoir donné
audit citoyen Giorni de subroger en son lieu et place
avec tous les pouvoirs compris dans le même acte,
qui se trouve copié mot pour mot dans celui de la
subrogation faite par le même citoyen Giorni, reçu
en la ville de Gênes le Ier du mois d'août dernier
(v. s* par le notaire Antoine Baglietto, légalisée par
le consul de la République française, le 13 Thermidor dernier (3 1 Juillet 1795), qu'il vous exhibe qu'étant arrivé dans cette ville le vingt-neuvième jour
du mois de septembre de l'année 1792, l'armée de la
République française, commandée par le citoyen général en chef d'Anselme lorsque celui-ci y fut arrivé
le soir et eut pris son logement dans la maison d'habitation du citoyen ci-devant consul de la République
Le Seurre, ledit évêque Charles-Eugène Valperga de
Maillone, s'étant présenté, le même général d'Anselme
lui signifia d'abord en présence de son Etat-Major de
partir de cette ville, sur quoi ledit évêque lui répondit qu'il avait cru pouvoir continuer sa demeure dans
cette ville et qu'à cet effet il n'avait jamais pensé de

Pièces 7 et 8

�- 55 distraire, ni faire partir le moindre de ses meubles et
effets qu'il avait dans la maison d'habitation de
l'évêque, que si absolument il lui ordonnait de partir,
il le priait de lui accorder la sauvegarde pour tous ses
dits effets et meubles, ledit général d'Anselme lui
répliqua : Le plus tôt sera le mieux, ce qui tout est
constaté par les attestations ci-jointes du premier et
second jour de fructidor dernier qu'il vous présente
également.
Qu'il résulte aussi par lesdites attestations, que
ledit évêque Valperga de Maillone fut forcé par ledit
général d'Anselme de partir de cette ville que tous
ses meubles et effets fussent mis sous la sauvegarde de
la Nation française et qu'étant parti le lendemain 30
dit septembre, il risqu'à d'être pendu ef étranglé paties soldats de la Phalange Marseillaise qui se trouvaient de garde à la porte ci-devant dite Victoire, ce
que tout fut d'abord notoire et de notoriété publique
dans cette ville.
Vous observe que ledit évêque Valperga est natif
du Piémont où il se retira et que s'il a résidé dans
cette ville, ce n'a été que pour raison de son ministère, que tout cela nonobstant il a été porté sur la liste
des émigrés, a été vendu la plus grande partie de ses
meubles et effets, et cela même nonobstant la préalable réclamation que le citoyen Jean-Jacques Donni,
chargé des intérêts dudit évêque avait fait à l'ancien
département par sa pétition du 22 juillet 1793 (v. s)
qui existe dans les Archives de ce district, résultant
ainsi que tout cela a été fait et opéré contre le droit des
gens et la sauvegarde de la loyauté française qui fut
promis audit évêque.
En conséquence, l'exposant demande en sa dite
qualité de procureur dudit citoyen évêque CharlesEugène Valperga de Maillone la radiation de son
nom de la liste des émigrés, la levée des scellés, la
restitution de ses propriétés et l'indemnité de celles
qui ont été distraites et vendues au nom de la Nation,
et sera justice.
(21 août 1795).

�- 56 Nice le 4me jour de Fructidor de l'an 3me de la
République française une et indivisible.
Signé : Pierre-Joseph PASSERON.
Vu la pétition ci-dessus du citoyen Pierre-Joseph
Passeron présentée au nom et comme procureur subs
titué du ci-devant évêque de Nice, Charles-Eugène
Valperga tendante à obtenir la radiation de son nom
de la liste des émigrés, la levée du séquestre et remission de ses effets restant ainsi que l'indemnité de
ceux qui ont été distraits ou vendus.
Vu une première pétition présentée à l'ancienne
administration du département par le citoyen JeanJacques Donni, au nom du citoyen Valperga en date
du 22 juillet 1793 tendante aux mêmes fins.
Vu la procuration en date du premier août 1793
(V. s.) faite à Gênes, par devant le notaire public Antoine Baglietti, légalisée par le Consul de la République française y résidant, ainsi que l'acte de procuration y inséré, en date du 20 Juillet 1795.
Vu l'attestation de quatre témoins faite avec serment par devant le juge de paix de la 1", 2"", 3me section de cette commune, en date du 1" Fructidor dernier '18 août 1795).
Vu autre attestation de cinq témoins faite par
devant le susdit Juge de paix, le 2 dit fructidor, aussi
sous serment.
Considérant que par la première des 2 attestations il est pleinement prouvé que le vingt-neuvième
septembre 1792, aussitôt après l'entrée de l'armée
française dans cette commune, le sus-nommé évêque
Valperga s'étant présenté au général d'Anselme qui
la commandait en chef, celui- ci lui ordonna d'abord
en présence desdits témoins et de tout l'Etat-Major.
u'il n'avait qu'à partir de la ville, et malgré que le
it évêque lui observa qu'il avait cru de pouvoir y
rester tranquillement et qu'à cet effet il n'avait fait
partir aucun de ses effets et meubles, le général lui
répliqua de partir absolument de la ville, en ajoutant
que le plus tôt serait le mieux, l'ayant assuré qu'à

a

�-5;l'égard de ses meubles et effets de sa maison, il les
mettait dès ce moment sous la sauvegarde et loyauté
de la Nation française et qu'il pouvait en être tranquille.
Considérant qu'il résulte par lesdites attestations,
et il est prouvé que l'évêque Valperga, d'après les
ordres précis et réitérés du général d'Anselme, partit
le lendemain 30 septembre de cette ville.
Considérant que par la susdite attestation du deux
Fructidor il résulte que l'évêque Valperga, au moment de son départ de cette commune, ayant été arrêté à la porte qui conduit au Piémont, par les soldats
qui y étaient de garde, lesquels tentèrent de le pendre,
il évita la mort par les soins du citoyen Joseph Castellinard, un des déposants, et il ne fut laissé libre que
d'après un billet du général d'Anselme, qui ordonnait à ladite garde de le laisser partir, puisqu'il s'en
allait de son ordre
Considérant que tous ces faits sont devenus de notoriété publique dans cette commune, dès le même
jour 30 septembre et Ier octobre suivant, ainsi que
quatre témoins l'ont attesté.
Considérant que le citoyen Valperga ne s'est absenté de cette commune et ci-devant Comté de Nice
que d'après les ordres du général d'Anselme auquel il
témoigna son regret.
Considérant que le départ du citoyen Valperga
ayant été forcé il ne peut pas être qualifié d'émigration.
Considérant que son intention de rester dans cette
commune est d'autant plus constatée, que le citoyen
Valperga a été le seul fonctionnaire public, il soit
resté à son poste, n'ayant soustrait aucun des meubles
et effets de sa maison, lesquels ont été ensuite distraits
et vendus par la Nation.
Considérant que le citoyen Valperga ne peut être
non plus considéré comme réfractaire aux lois de la
République, tandis qu'à l'époque de son départ de cette
commune, aucune loi de la République, surtout à
l'égard des ecclésiastiques, n'y avait été encore publiée
à laquelle eut pu contrevenir.

�— 58 —
Considérant que le citoyen Valperga ne pouvant
être considéré ni comme émigré, ni comme réfractaire, ne pouvait être privé de ses propriétés laissées
dans cette commune lors de son départ, sous la sauvegarde de la loi et de la Nation française qui lui fut
accordée par le général d'Anselme, et qui étant digne
de la loyauté de cette Nation, ne pouvait être violée
sans blesser le droit des gens.
Considérant au surplus, que le citoyen Valperga,
originaire piémontais, ne faisait sa résidence à Nice,
qu'à raison de son épiscopat, ce qui ne donne qu'une
résidence easuelle, et que sous tous les rapports, il
n'a cessé d'être étranger à l'égard du pays de Nice et
de la France.
Considérant que l'article 6, section deux, N° 2 de
la Loi du 25 Brumaire (15 novembre 1794) en déclarant émigrés les citoyens domiciliés dans le cidevant comté de Nice, qui sont sortis depuis le 27
septembre 1792, n'a point porté atteinte au droit des
gens dans la personne de l'étranger, qui se trouvait
dans ce même pays, où il n'aurait pas établi son vrai
domicile.
Considérant que le citoyen Valperga, qui avait été
forcé par le gouvernement de partir de Nice, n'a dû
plus y revenir dans le terme même prescrit par les
lois aux citoyens de la ci-devant Comté de Nice,
puisqu'il ne devait point imaginer qu'il fut compris
dans l'invitation, malgré qu'il ait été porté sur la
liste des émigrés.
Considérant que ce nonobstant, lorsqu'il sut qu'il
avait été porté sur la liste des émigrés de cette commune, s'est empressé de présenter sadite pétition
du 22 Juillet 1793 dans laquelle il demanda non seulement la radiation de son nom de ladite liste, mais
encore un délai convenable pour rentrer dans cette
commune, soit comme simple citoyen, ou comme
fonctionnaire public, ainsi que la restitution de ses
propriétés par lui laissées sous la sauvegarde de la
loyauté française dans la maison êpiscopale lors de sa
retraite forcée, ou une juste indemnité de leur valeur.

�- 59 Considérant finalement que,d'après toutes les circonstances sus-ênoncèes, aucune loi concernant les
émigrés ne peut être applicable au citoyen Valperga,
et que toutes celles qui pourraient le regarder relatives au séquestre des biens appartenant aux habitants
des pays en guerre avec la République française ont
été rapportées par le décret du 14 Ventôse dernier
(4 mars 1795). •
Le Directoire du district de Nice, oui le procureur syndic, est d'avis que le citoyen Charles-Eugène
Valperga ci-devant évêque de Nice ne doit point être
considéré émigré.
Qu'il doit être rayé de la liste des émigrés, que le
séquestre apposé sur ses propriétés doit être levé, qu'il
doit être réintégré dans la possession et jouissance
d'iceux, que tous receveurs ou dépositaires doivent
lui restituer les sommes qu'ils ont perçues, résultant
du produit desdites propriétés et qu'il doit recevoir
la juste indemnité des meubles et effets qui seraient
passés au profit de la Nation.
Fait à Nice, dans la salle des séances le 5me Vendémiaire an 4me républicain (27 sept. 1795). Signé
Saytour Martin. Verani,
procureur syndic, Angles v. prés.
Touzelly. Jn Coppon fils.
Enregistré au feuil. 20 registre des prévenus
d'émigration et signé BARRAIA, commis greffier.
Certifié conforme par nous Ve président et secrétaire du district Jn COPPON Fils V,-PRÉSIDENT
BARRAIA Cis greffier.
A rch. Nat. F 7 4867

2

�— 6o —

Pièce 9.

LIBERTÉ (vignette) ÉGALITÉ
BUREAU DES
ÉMIGRÉS

Extrait des registres des délibérations et arrêtés de
l'Administration Centrale du département des Alpes Maritimes.
(2

juin 1797)

Séance du quatorze Prairial an 5mf de
la République française une et indivisible.
Sur le rapport d-e la pétition présentée par le
citoyen Pierre Joseph Passeron, procureur fondé de
Monsieur Charles Valperga, ci-devant évêque de
Nice, dans laquelle il expose que ledit Charles Valperga n'a jamais dû être atteint des lois relatives à
l'émigration, soit qu'on le considère comme parti en
suite d'une force majeure, soit en sa qualité de piémontais et demande en conséquence la radiation de
son nom de la liste des Emigrés, sa réintégration
dans la possession et jouissance de ses propriétés et
une juste indemnité, des meubles et effets qui sont
passés au profit de la République.
L'Administration Centrale du département des
Alpes-Maritimes, considérant que M. Charles Valperga, comme piémontais, n'habitant Nice que pour
cause de son emploi, n'aurait jamais dû être porté
sur la liste des émigrés du département.
Que le seul motif qui a pu déterminer le général
d'Anselme à lui ordonner de partir de la ville de
Nice, ne peut avoir été que la susdite qualité de
piémontais.
Considérant enfin, que comme sujet du roi de
Sardaigne, il est dans le cas de jouir de l'article i,r
de la loi du quatorze nivôse an troisième, (} janvier
1795), ainsi que de l'article neuf de la loi du trente
Floréal an quatrième, (19 mai 1796).
Arrête, oui le commissaire du Directoire Exécutif
que le nom de Valperga, ci-devant évêque de Nice,
qui se trouve inscrit sur la liste des émigrés, sera

�— 6i —

provisoirement rayé ; que tout séquestre qui pourrait
avoir été mis sur ses biens sera levé, qu'il sera réintégré dans la possession et jouissance de ses propriétés,
et que toutes les sommes versées dans les caisses publiques, lui seront rendues, déduction faite des frais
faits conformément aux lois.
Fait et arrêté* en séance publique le jour, mois et
an que dessus.
Signé : Donny, président Payani, fils, Scudéry,
Oberti, Hancy (et en marge Gastaud commissaire
du Directoire Exécutif).
Certifié conforme à l'original par nous président
et secrétaire de l'Administration centrale du départemeni des Alpes-Maritimes.
DONNY, président
BELMONDI, sec. chef au bureau des émigrés.
Arch. Nat. F 7 4867 2

ACTE DE CAUTIONNEMENT
Pièce 10.

11 fructidor anV (2&amp; août 1797)
LIBERTÉ ÉGALITÉ
Ce jourdTiui 11 fructidor an 5 de la République
française une et indivisible (28 août 1797) par devant nous, membres composant l'Administration
centrale du département des Alpes-Maritimes, est
comparu le citoyen Joseph Passeron, natif de Contes,
chef-lieu de canton, domicilié dans cette commune,
procureur fondé de Monsieur Charles Valperga, cidevant évêque de Nice, en vertu d'acte de procuration du 20 juillet et premier août 1795 (v. s.) lequel
en sadite qualité, dépendamment à l'arrêté de cette
administration du quatorze prairial an cinq (2 juin
1797) portant que le nom de Valperga, ci-devant
évêque de Nice, sera provisoirement rayé de la liste
des émigrés, que tout séquestre qui pourrait avoir
été mis sur ses biens sera levé, qu'il sera réintégré
dans la possession et jouissance de ses propriétés, et

�— 62 —

que toutes les sommes versées dans les caisses publiques lui seront rendues, déduction faite des frais
faits, conformément aux lois, désirant de se conformer au porté par l'article 3 de la loi du 5 Brumaire
an 3 (26 octobre 1794) qui exprime que les prévenus
d'émigration seront tenus de donner caution solvable de la valeur mobilier, et ne pourront obtenir
leurs immeubles jusqu'à ce qu'il ait été définitivement statué sur leurs réclamations par qui de droit,
toujours en sa dite qualité a présenté pour caution le
citoyen François Grosson, marchand drapier de cette
commune, lequel ici prése.it et acceptant, s'oblige
conjointement et solidairement avec ledit Valperga
et pour celui-ci ledit Joseph Passeron, et sous l'hypothèque de tous leurs frens présents et à venir, à l'entière exécution de ce qui les concerne en la susdite
loi, et à la représention des mobiliers, effets et sommes à percevoir en dépôt que besoin sera, et quant
aux mobiliers invendus et en dépôt seront soumis
d'en représenter la valeur à laquelle seront estimés
par experts, préalable rémission.
Et nous, administrateurs susdits approuvant lesdits
cautionnement et acte de soumission, à la réquisition
dudit citoyen Joseph Passeron, avons dressé le présent acte que toutes les parties ont signé avec nous,
ayant au préalable fait renoncer audit François Grosson au droit de premier convenir.
Fait à Nice les jours, mois et an que dessus.
Joseph

PASSERON,

François GROSSON,
prés., PAYANY FILS,
MARUN-SAYTOUR, sec. en chef

HANCY, DONNY,
P.

Acte original sur timbre de 20 centime*.
Arch. Nat. F

7 4867^

�— 63 -

CONCLUSION

Il était avéré pour tous, dans la ville de Nice, que Mgr
Valperga était parti contre son gré et si la première Administration départementale, installée au mois de Mai 1793,
l'avait inscrit sur la liste des émigrés de Nice, c'était à la
suite d'une réponse faite par le ministre de l'Intérieur, Garât,
aux questions à lui posées par le Directoire des Colons Marseillais sur la conduite à tenir vis-à-vis de l'évêque.
Les questions avaient été envoyées à Paris, vers la fin
de Février 1793, et la réponse du ministre ne parvint à Nice
qu'au milieu de juin suivant, soit quelques jours avant la
publication de la liste des émigrés. Les réclamations de
l'évêque, retiré à Turin dans sa famille, furent présentées
le 22 juillet 1793 (1) ; mais comme beaucoup d'autres, elles
s'entassèrent dans les bureaux du Département, qui n'y
répondit même pas.
Cette réclamation fut présentée au nom de l'évêque par JeanJacques Donny au Département. lîlle figure en original au dossier
Valperga.
Voir ci-dessus.
Le registre des délibérations du département manque aux Archives pour les derniers mois de 1793, exactement du Ier mai au 10
Novembre, comme pour les six derniers mois de 1797 et l'année entière de 1798, exactement du 8 Messidor an V (26 Juin 1797) au 25
Pluviôse an VII (13 février 1799).
C'est-à-dire pour les deux périodes les plus troublées et cette
disparition est tout au moins étrange.
Elle doit être vraisemblablement attribuée à certains hommes
politiques désireux de laisser dans l'oubli leur conduite durant ces
deux époques.

�- 64 On était dans la période la plus aiguë et, en pleine
Terreur.
Après le 9 Thermidor et, surtout après la venue à Nice
du représentant Beffroy, au mois de Floréal, an III (Mai
I795)»
les esprits devinrent plus calmes, les administrations plus pondérées. C'est alors que, sur de nouvelles demandes présentées au District, et sur avis favbrable de
celui-ci, le département des Alpes-Maritimes accorda à Mgr
Valperga sa radiation provisoire, le 14 Prairial, an V (2 Juin
1797). Comme on le voit, l'affaire avait traîné en longueur.
Il semblait alors que rien ne s'opposait plus à la rentrée
de l'évêque : le 11 Fructidor, an V (28 Août 1797), le Département avait agréé la caution de François Grosson (1) ;
les biens de l'évêque allaient lui être rendus, et il pourrait
rentrer.
Mais huit jours après, le coup d'Etat du 18 Fructidor (4
septembre 1797) remettait le pouvoir aux mains des Jacobins, la guerre aux émigrés et aux ecclésiastiques, en particulier, reprit avec âpreté. Pe département des Alpes-Maritimes se vit accusé d'avoir préparé une rentrée triomphale à l'évêque, son arrêté du 14 Prairial resta sans effet
et, en vertu de la loi du 19 Fructidor (5 septembre), les
scellés furent de nouveau apposés sur les biens de Mgr Valperga par deux commissaires municipaux (2).
En vain, l'évêque de Nice, fit intervenir auprès du Directoire Balbi, l'ambassadeur du Roi de Sardaigne à Paris,
le dossier de sa demande en radiation fut examiné sans
aucune bienveillance.
(1) L/Acte original de ce cautionnement sur timbre est aux
Arch. des Alp.-Maritimes Q. 10.
(2) Mise de scellés sur les biens de Charles Eugène Valperga par
deux commissaires de la municipalité de Nice. Une scéance, 6 livres.
Dépense approuvée par le Département, en Germinal an VI (avril
1798). Arch. des A. M. Q. 11.
Mgr Valperga ne possédait à Nice aucun immeuble et il devait
rester fort peu de chose de son mobilier après la vente qui en avait
été faite en Ventôse an III. La bibliothèque de l'évêché avait été déclarée bien national et la caisse diocésaine avait disparue en octobre 1792
sans laisser de traces dans les pièces administratives. Le séquestre
a été apposé sur les biens de nombreux émigrés rayés provisoirement.
On peut en voir la liste aux Archives des A. M. Q. 10, où Valperga
figure sous le N° 65.

�- 65
Á la suite de la lettre de Balby datée de Paris le 7 février
1798, le ministre de la police demanda à ses Bureaux un
rapport sur l'affaire Valperga. Pe voici tel qu'il se trouve
en minute au dossier.
Attendu que rien ne tend à constater le prétendu ordre
de quitter Nice, d'où il suit qu'il faut en croire sur parole
l'émigré.
Qu'à raison de son domicile, il était tenu de rentrer sur
le territoire dans les délais voulus par les lois.
Qu'il est atteint par la déchéance et n'a réclamé que
l'an V.
Qu'il ne paraît pas y avoir lieu de violer la loi en faveur
de cet ex-évêque dont la rentrée prohibée par la Constitution serait d'une influence dangereuse.
J'estime qu'il y a lieu à proposer la maintenue sauf
à prendre des renseignements si toutefois on les trouve
indispensables.
CAIGNART,
Sous-chef (2e Bureau).
En tête de cette minute est écrit :
« Je pense qu'il y a lieu à instruction et à prendre
des renseignements près les Administrateurs du département_des Alpes-Maritimes. »
Signature illisible (1).
Ces renseignements furent-ils demandés ? C'est probable et cela explique que bien des pièces du dossier Valperga sont en double expédition. Plus d'une année s'écoula
encore, avant que fut prise une décision et finalement sur
un rapport défavorable de la Commission d'examen instituée près le Ministère de la police pour l'étude des demandes en radiation, le Directoire exécutif signa le 7 Floréal
an VII, (26 avril 1799) un arrêté qui maintenait définitivement, sur la liste des émigrés, Mgr Valperga et annulait
toutes les décisions rendues antérieurement, en sa faveur,
par les. autorités locales.
(1) Arch. Nation. F 7 4862 2 dossier Valperga. Rapport de la
3 me Division du Ministère de la police, sans date mais joint à la
lettre de Balbi.
»

�- 66 -

Varrêté du Directoire parvint à Nice les premiers
jours de Prairial an VII (Mai 99) et fut immédiatement
mis à exécution. (1).
*

* *

Ainsi donc Mgr Valperga expulsé ne put jamais obtenir
de rentrer, les lois sur l'émigration étaient tellement embrouillées et tyranniques qu'une fois inscrit sur une liste
d'émigrés, il était extrêmement difficile de s'en faire rayer
malgré toutes les démarches ; car on se heurtait sans cesse
à des questions de forme et de procédure ce qui permettait
à la malveillance de s'exercer tout à fait à l'aise sous le
couvert de la légalité.
A. J.

PvANCE-BOURREY.

(1) De 21 Floréal an VII (10 mai 1799), il fut communiqué
par le ministre de la police générale de la République aux diverses
administrations intéressées et aux Commissaire du Directoire exécutif
près le département des Alpes-Maritimes. Celui-ci par lettre du 3
prairial (22 mai 1799) demanda au Département de le transmettre
à la Municipalité de Nice, ce qui fut fait le même jour avec ordre
de le transcrire sur ses registres, de faire apposer les scellés ou séquestre sur tous les biens meubles et immeubles de l'évêque si ce
n'est déjà fait, et de mi notifier sans délai la décision prise à son égard.
Voir lettre du Département à la Municipalité, celle du Commissaire au Département, 3 Prairial an VII avec la réponse du Département 4 Prairial.
Arch.. des A. M. Q. 1 et 2 et Arch. Nationales, dossier Valperga,

�NIÇA LA BELLA
VERS DE /.

Giordan,

su

DE CARTA POUSTALA

Ai rai dôu nouostre bouon soulèu
Venon s'escaufar toui lu lùssi ;
Es un meravihous tablèu,
Ai rai dôu nouostre bouon soulèu,
Trouvas, dou Var fin au Castèu,
Anglés, Rouman, Danesi, Rùssi :
Ai rai dôu nouostre bouon soulèu
Venon s'escaufar toui lu lùssi.
Pèr tu, as touti li bèuta,
Terra de lus e d'alegria,
D'un ciel d'azur, as la clartà,
Pèr tu, as touti li bèuta.
De l'univers, en verità,
Siès la uechièma meravia ;
Pèr tu, as touti li bèutà,
Terra de lus e d'alegria.
Dintre lou tèmp, Semiramis
Faguet basti, à Babilouna,
Pu siéu jardin, vèr paradis !
Soubre Paioun, degun s'estouna
De vèire, ancuèi, lou paumoulié
Drissar au ciel la siéu coulouna
E lou galofre, e l'anemouna
Flouri emb'au pourtegalié.
De bouon matin, quitant maioun
Pèr la journada touta'ntiera,
S'en va lavar, dintre Paioun
Pa bugadiera.
D'un glourious passat es fiera
Perqué, d'un tèmp, sus lou bastioun
Au Turc, arranquèt la bandiera
Pa bugadiera.

�fet 68 —

Sau de fouora fa freï,
Que brima,
A Niça, sus lou Quèi,
Si rima.
Pescadou, fourestié,
De la mar bressarella,
Escouton voulountié
Pa doussa cantinella.
L'AVOUCAT

PATTA

L'estudi de l'avoucat Patta es en plen aria ; si tèn lou matin
couma lou predinà su la plaça dôu Palai. Es un ome pichounet,
touplen raplot, li pocha enfli de papiè de touta mers. En lu vièi
quartiè es proun counouissut e li capelada, « Bouonjou Moussu
l'Avoucat », noun li mancon. Es ben m'ai juge, proucuradou, etc.
Lu siéu ounourari soun bouon pati e n'a de preferença pèr
qu si sigue. Parla au premier maufatan vengut, couma se fousse
un agnèu que vén de naisse ; lou créancier o lou débiteur soun
tratat su lou même pen... basta que mouson...
L'avoucat Patta es de noutarietà reputat pèr un ome judicious, òunest — au noun si flata de l'estre au jou d'ancuei ; —
finda counouisse, es en relacioun d'afaire emê de gros persou nage que dintre la finança dôu siéu coumerce, soun quasi d'usurari. Sau menajar la cabra e lou caulè ; e pèr que la mouneda
noun li escapa si desbrouïa e si mete dôu cousta dôu manche...
d'aquéu que casca lou de mai...
Acò fa que toui lu matin que lou Bouon Diéu a fach, la siéu
doumestica mete toujou quaucaren au fuec. Lou dimeneghe, coum'un bouon crestian, — tartufaria que lou pauva, — va audi la
gran'messa à Santa Réparada, fa la siesta e à la calada dóu soulèu,
passeja su lou Cours, pastrouia, fa lu cent pas, noun parla que de
lei, proucès, citacioun, ensin alestisse lou travail dôu dilun...
Lendeman empastra ben d'afaire, mete facilamen en lou sac
Moussu Tout'Un emé Moussu Tout'Autre... En éu que li pòu
faire ?... lança dapertout lou broumech, tant pis pèr aquéu que si
laissa agantar. Quaranta sóu es lou près d'atac e vous pregui de
crèire que douna pas la siéu journada pèr doui o tres escut.
L'avoucat Patta counouisse l'usança dôu païs... s'avès touort,
vous rouïa, s'avès pi rasoun, v'espia... Que voulès aima manjar
lou pei, lou pei que noun aiguë d'espina...
JULI EYNAUDI.

�-«9VA

MAU ! !

Va màu, cresé-vous, que va màu 1
En l'orizoun lou voile negre
N'es qu'un gran camp cargat de pebre,
Qu'à pala lou jeten davan,
Avuglan finda lu cavau 1
Lu canoun soun su li frountièra,
Alignât couma de barriera,
N'esperon plus que lou signàu !
Lou soulèu, aquel animàu !
Stan, noun vòu levà la vela,
Si foundon couma des candela
Enb'aquèu coust dôu diàu !
Le Giacouuda à cóu de d/stràu
Li fan petà li sièu moulura...
Ah ! dèu faire bella figura
Se l'an foutuda en quauqua tràu
Lou pan crèise, finda la sàu,
Lou sucre dintre li boutiga
Mounta ben mai que de boufiga !
Van jusque crèise lou rampàu
E la pèu que fau lou tambau ;
Metran de drech su li nourriça,
Su lu chichi, su li saucissa,
Perqué pas soubre lu magàu ?
E lou Prussian, marrit bertàu,
Noun sabon fa que de babïa,
Per lou Maroc e l'Algèria,
Se faran mètre lou mourràu !
Li serreren toui lou pourtàu
E pi veiren touta la França
Davan la sieù grossa arougança
Se noun si sau garda li clàu !
Es de rima d'un manechàu,
Ma sien d'estiéu, vesin, vesina,
Li passeres en la resina
Avant que vegon l'espitau !
CHARLES CIAUDO

�Valère Bernard
Tout en heurtant le marteau contre la porte de M. Valère
Bernard je songeais. Je me suis complu dans le plus souriant
mépris des idoles. L'ironie a tremblé sur mes lèvres quand
la Provence a dans un ravissement de joie acclamé le poète de
Maillanne. Cette mascarade d'apothéose me répugnait.
Et maintenant la curiosité me fourvoyait dans le studio
d'un consciencieux artiste que les felibres couvraient de gloire.
Elève de Puvis de Chavannes M. Valère Bernard pasticha le
Maître. Mais vite il eût l'intuition qu'à se perdre dans les sentiers
battus il courrait risque de compromettre son crédit. Il dit
adieu à Paris et vint dans Marseille, l'opulente cité.
A cette époque vivait un exquis écrivain, J. Lombard. Il venait de publier deux œuvres d'une grandiose beauté, VAgonie et
Bysance. Dans un style étrangement tourmenté il contait les
luttes entre les factions d'Orient, illuminant son œuvre des
splendeurs bysantines.
Valère Bernard vit Jean Lombard, et du même coup les belles
au bois qui dormaient en son âme s'éveillèrent. Il délaissa les
études académiques, les pastiches sans vie, et d'ardentes couleurs
chargèrent ses toiles.
Voici le triomphe des rois Babyloniens. Sur les voûtes d'un
palais impérial passent des gardes étincelants dans la pourpre et
la soie. L'or envahit les hautes colonnes de jaspe bleu. Involontairement on pense aux fantastiques demeures hantées par des
fées émeraudes et des princesses aux perversités troublantes.
Et je m'imagine que le peintre était sous le charme de la
légende quand il a peint cette courtisanne qui sourit à son miroir tout en jouant négligeamment avec sa chevelure d'or. Et
puis passent Venise la rouge, Marseille enveloppé dans la poussière d'or du crépuscule, des motifs à la Watteau peints par un
bysantin, toute une apothéose.
Mais une idée m'obsède, tandis que dans la grise clarté d'un
soir automnal s'éteignent les fauves éclairs jaillis de ces radieuses
toiles. L'idéalisation du passé me paraît cruelle. Les générations
endormies dans la Mort ont eu leurs misères/leurs rancœurs, je
pense qu'il est absurde de s'écrier avec Musset « qu'aux temps
jadis tout était heureux jusqu'aux douleurs humaines. » En vain
l'apostat s'attriste-t-il sur les vieillards immortels de l'antique

�- 7i

—

lonie, â ses oreilles résonnent les paroles de l'Hiérophante : « La
Helladi que tu aimes n'a jamais existé ».
Mais M. Valère Bernard brise ma rêverie, et mes yeux se
portent.sur des portraits appendus au mur. Profils d'espagnol ou
d'américain mitigés d'espagnol, comme on en croise maintes fois
sur la Cannebière.
Homme universel ne puis-je m'empêcher de m'êcrier. M.
Valère Bernard sourit. Il siérait dit-il, à mi voix, de se développer en profondeur. Toutefois il est beau de se dire sur le
tard de sa vie que l'on a fait vibrer toute son âme. Ici le maître
rejoint Néron. Il m'aide à comprendre cet inquiétant empereur.
Mais encore faut-il que tout en étant l'homme universel on ne
sombre pas dans la banalité. De méchantes œuvres d'art peuvent
avoir leur prix.
Une idée se lève devant moi. Labruyère me petsuade que
l'honnête homme de Pascal propre à tout en définitive n'est propre à rien. La spécialisation inintelligente, mène à l'erreur, j'en
conviens, mais en fait elle est une loi générale.
Et ceci est pour me plaire, car j'abhorre dissiper mon énergie,
j'aime le repliement, la frissonnante pudeur qu'effarouche les
vaines ostentations. Je goûte les peintres du passé et malgré ma
philosophie j'adore les peuples disparus. Volontiers j'implorerai
avec la Cassandre de Schiller la cécité, l'exquise cécité. Le sou
venir a plus de puissance sur moi que l'espoir.
Et sous des deux gris, en des pays étrangers désolants de
médiocrité, il m'est arrivé de pleurer plus amèrement que ne
pleura Xerxès aux rives d'Abydos.
J. PADOVANI.
PROUVERB1, BOUOI MOT, COUNSÈU E DICH
Vèuva que si marida,
Dèu perdre la lus e l'audida.
Fiha madura,
Lou pouorta à la centura.
En cuntant su lu det :
Aquéu a fa l'óu ;
Aquéu l'es anat cercar,
Aquéu l'a fa cuèire,
Aquéu l'a manjat,
E lou pichoun n'a ren tastat !

�— 73 —
LE

DÉSESPOIR

Oui, j'ai la mort dans l'âme ; oui, je monte au calvaire ;
Mon horizon, hier si beau, s'est obscurci ;
Je hais tous les devoirs et tout ce qu'on révère :
Mieux vaut mourir que vivre ainsi !
Puisque je n'y puis rien ; que la raison humaine
Ne gagne plus un cœur où mon cœur est entré,
Je veux briser mes jours comme on brise une chaîne
Et m'enfuir en désespéré.
Qu'est-ce donc que la mort ? C'est la paix éternelle,
C'est un beau drap de fleurs sur mon sein endormi,
C'est la nature calme, auguste et solennelle
Qui nous prête un repos ami.
O nature de Dieu contemple ma détresse !
Ecoute tout mon sang dans mon cœur s'épancher
Et, puisque je n'ai plus le lit de ma maîtresse,
C'est au tien que je veux coucher ;
C'est toi la grande mère et la nourrice immense !
L'homme au sort le plus âpre et l'homme au sort plus beau
Retrouvent dans ton sein leur part de ta clémence :
L'un l'amour, l'autre le tombeau
Tu sais, toi qui vois tout, ce qu'ici bas je souffre,
Que je n'ai point béni l'instant de mon réveil
Et que j'ai regardé, toujours, du fond du gouffre,
Les bords ou brillait le soleil ;
Que je n'ai bu jamais que dans la coupe amère,
Que le seuil du bonheur me fut toujours fermé,
Que j'ai perdu mes fils, que j'ai perdu ma mère
Et tous les cœurs qui m'ont aimé !
Maintenant je m'en vais, battant du front, comme ivre,
En proie à ce grand deuil qui me courbe en vainqueur,
Et je veux déchirer ma vie, avec le livre
Des chastes sanglots de mon cœur ;
Et toi, rayon divin, génie, ardent délire,
Flambeau qui n'iras plus briller sur son autel,
Eternise du moins ces larmes de ma lyre
Et que mon cri soit immortel !
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1912

QUATRE-TÈMS

Noumbre d'or...
13
Mars
Epato (Grégori)
Il
Jun
Cicle soulari
17 Setèmbre
Endicioun roum
10 Desembre
Letra doumenicala
G F
LI QUATRE

8,
7,
20,
20,

10
9
22
22

e
e
e
e

11
10
23
23

SESOUN

Lou printèms coumença lou 21 mars
L'estiéu
—
— 22 Jun
L'autoum
—
— 24 sept,
L'iver
—
— 22 dés.

à 6.55 m.
à 2.36 m.
à 5.18 m.
à 11.53 m.

dôu sera
dôu sera
dôu matin
dôu sera

FESTA MOUBILI

Septuagesima... 12 Fébrié
Cendre
21 Febrié
Pasca
7 Abrieu
Rougacioun 21, 22, 23, 24 Mai
Ascensioun
16 Mai

Pantecousta
Trinità
Festa de Diéu
1" Dimenegue de
Ie* Desémbre

26 Mai
11 Jun
15 Jun
l'Avènt

LU ESCLISS!

Souliu.

—

ij Abriéu. — Esclissi annulari e coumplet visible

à Paris, en America, en Europa et dintre lou N.-O. de l'Africa.
Coumençamen de l'esclissi à 10,01 dôu matin ; finisse à 1,08
dôu sera.
10 Otitoubre. — Esclissi coumplet invisible à Paris, visible
dintre l'America dôu Sud.
Luna. — 1" Abrièu. — Esclissi parciella visibla à Paris. Entrada de la luna dintre l'oumbra, 9.26 dôu sera; sourtida, 11.03
dôu sera.
26 Setèmbre. — Esclissi parciella, invisibla à Paris, visibla
dintre l'Océan Pacifique.

Jîla providence, %ue de la Préfecture /4, $run, Siàraire

�LU

VÉNT

Lu vènt que souflon à Niça, dintre lou cours de l'armada,
soun au nombre de 16. Vequi li siéu denouminacioun courènti,
pihadi, en general, dai loucalità dei quali parèisson vèni :
Sud
Miejon
Nord... Tramountana
S.-S.-O. Miejou Lebech
N.-O.-E. Grek Tramountana
S.-O
Lebech
N.-E... Grego
O.-S.-O Pounèut Lebech
E. N .E. Levant
Ouest. Pounènt
E.-N.-E. Levant
O.-N-O.V Pounènt Maistràu
E.-S.-E. Levant
N -O . Mastràu
S.-E.... Siroco, vènt marin
N..-N. OMaïstràu Tramount
S.-S.-E.. Miejou Siroc

6
15
25
14
31
24

VIGÍLIA — JEUNI
Abriè
(Pasca, 7 Abrièu).
Mai
(Ascensioun, 16 Mai).
Mai
(Pantecousta, 26 Mai).
Avoust
(Assoumpcioun, 15 Avoust).
Outoubre (Toui lu Sant, Ier Nouvembre).
Desembre (Calena, 25 Desembre).
L'AN NADA RELIGIOUSA

LI FESTA MOUBILI E LI FESTA FISSI
Janvt'è
jYlars
1 Circouncisioun.
1 e 2 Quatre Tèms.
6 Epifania (lu Rei).
3 Reminiscere.
13 Bateja de J.-C.
10
Oculi.
14 Sant Noum de Jesu.
17 Lœtare.
fébrié
24 Passioun.
2 Puriflcacioun.
29 Li 7 Doulou.
4 Setuagesima.
31 Lu Rampàu.
6 Festa de la Pr. de N. S.
11 Sexagesima.
Jîbriéu
13 Coum. de la Passioun.
5 Divendre Sant.
18 Quinquagesima.
7 Pasca.
21 Cendre.
14 Quasimodo.
25 Quadragesima.
28 Patrou. de San Joúsè.
28 Quatre-Tèms.

�Setembre
3 Inv. de la Santa Crous.
13, 14, 15, Rougacioun.
16 Ascensioun.
26 Pantecousta.
29-31 Quatre-Tèms.
1
2
6
9
21
24
29

Quatre-Tèms.
Trinità.
Festa de Diéu.
Festa dôu S. Sacramen.
Sacrat-Couor de'jesu.
Natività de S. jouan-Bat.
SS. Peire e Paul.

8 Natività de la Vierge.
14 Esaltacioun de la Crous.
15 N.-D. dei 7 Doulou.
15 San Noum de Maria.
18, 20, 21, Quatre-Tèms.
29 Dédie, de S. Miquèu.

Ôutoubre
6
13
20
27

Sant Rousari.
Maternità de la Sta Vierge.
Puretà de la Santa Vierge.
Patrounage de la S. Vierge.

J/ouvembre

Juliet
2 Visitacioun de la S. V.
7 Precious Sang.
16 N.-D. dôu Carme.

Jîvoust
6 Transfiguracioun.
15
18
25
25
29

Assoumpcioun.
S. Joachim.
S. Couor de la Vierge.
S. Louis.
Decolac. de S. Jouan-Bat.

1
2
3
21

Toui lu Sant.
Lu Mouort.
Santi Relíquia.
Present, de la Sta Vierge.

2&gt;esembre
1 Avent.
8 Imaculata Councepcioun.
18, 20, 21, Quatre-Tèms.
25 Calena.

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�LA

DÉCIMALISATION

DU

TEMPS ET DES

ANGLES

LA MONTRE DÉCIMALE
Par J. de REY-PAILHADE, président du Comité
pour la propagation des méthodes Décimales.
Le Club Nautique de Nice a offert plusieur fois en prix des
montres décimales aux régates'de 1909. Il était utile de décrire cet instrument, d'y joindre des tables pratiques et des
formules à l'usage des ingénieurs, des sportsmen, des médecins, etc. etc.
DÉCIMALISATION DES ANGLES •
Il est aujourd'hui démontré que la division décimale du
quart de cercle facilite tous les calculs.
Les nouvelles cartes géographiques sont graduées exclusivement dans ce système, devenu officiel en France et dans
d'autres pays. On possède toutes les tables pratiques nécessaires à son essai courant. Nous ne nous étendrons pas
davantage sur cette méthode aujourd'hui enseignée dans les
lycées et collèges.
Nous rappellerons seulement que M. l'amiral Germinet,
membre d'honneur du C. N. N., sous la direction duquel on
fit en 1899 et 1900 des essais de navigation avec un matériel
entièrement décimal, a émis un avis très favorable à la
réforme décimale.
DÉCIMALISATION DU TEMPS
La division décimale du jour décrétée le 4 frimaire an II
rendra aussi de grands services à la science et aux sports.
Principe. — On divise le jour entier en 100 parties égales
appelées cés ; le cé est subdivisé en décisés, ceniicès et millicés
Le cé vaut 14m 24s ou 1T4 d'heure environ ; le décicé est égal
lm 26s 4 ou lm Ij2 environ ; le millicé vaut 0S 864 ou 9T10 de
seconde environ.
Concordance des Temps. — On parvient assez vite à dire
instantanément l'heure à 1 ou 2 minutes près en regardant le
cadran d'une montre décimale. Il suffit d'apprendre par cœur
les concordances décimales de toutes les heures.
0,0
0
50,0

4,2
1
54,2

8,3
2
58,3

12,5
3
62,5

16,7
4
66,7

20,8
5
70,8

25,0
6
75,0

�25,0
6
75,0

29,2
7
79,2

33,3
8
83,3

37,5
9
87,5

41,7
10
91,7

45,8
11
95,8

50,0
12
100,0

Les heures sont au milieu, les concordances des heures
du matin en haut, celles du soir en bas. Ainsi 10 heures du
matin valent 41.7 cés (énoncer 41 cés 7 décicés) et 10 heures
du soir valent 91,7 cés.
Gomme 1 cé vaut presque lj4 d'heure et un décicé une mi •
nute 1]2 ; en partant des concordances du tableau, on dit
l'heure instantanément, ainsi 39,9 cés valent 9 h. 36 m. du
matin. Un ou deux jours suffisent pour atteindre ce résultat.

Description de la montre décimale ou cémètre. — Il y a 3
aiguilles centrales se mouvant sur un cercle divisé en 109
parties égales, numérotées de 0 à 9. Le 0 cé est en bas, c'est
l'origine des temps, car on suppose la Terre au centre du
Cadran.
L'aiguille dorée avec un soleil ne fait qu'un tour par jour ;
l'aiguille épaisse en acier bleu tourne 10 fois par jour, et la
trotteuse fine fait 1000 tours par jour.
L'aiguille-soleil montre la position de l'astre du jour par
rapport au méridien de Paris, qui va du centre au chiffre 5.

�10 —
Les quatre traits bleus indiquent les positions de cette aiguille
à minuit en bas sur 0 ; — à tì h. du matin au milieu entre 2
et 3 ; — à midi, en haut, sur le 5 ; — à 6 h. du soir, entre 7
et 8.
L'aiguille dorée du soleil indique le chiffre des dizaines
de cés, 2 sur le dessin ; l'aiguille épaisse donne d'abord le
chiffre des cés, 6 sur le dessin, et en comptant rapidement à
l'œil le rang de la division entre 6 et 7, on voit, que cette aiguille marque 3 décicés. Le temps du dessin est donc 26,3
cés correspondant à 6 h 20 m. du matin environ. L'aiguille
trotteuse donne les millicés 83. Le temps est donc 26,383
cés.
» Pour la vie courante, on n'a pas besoin d'aller au delà du
clécicé. On lit les milticés pour les applications scientifiques
et sportives.
Le temps en millicés lu sur le cêmèire facilite tous les calculs, car on n'a jamais de réductions à faire.
Examinons le problème des vitesses a l'heure : Les millicés multipliés par 0,00024 donne des heures et fraction décimale d'heure. Ainsi Ì2345 millicés valent 12,345 -f- 24 =
2 h. 9628.
Par conséquent si L est la longueur parcourue et M le
temps en millicés, la vitesse est

ou t

+ 4166,66...

Ces quelques exemples démontrent que la montre décimale simplifie tous les calculs sans exception.
Les rapports de MM. les délégués officiels aux essais de
la montre décimale faits à Nice, par le Club Nautique, le 26
février 1911, concluent unanimement à la supériorité de cet
instrument pour les usages scientifiques et sportifs.
M. Prim, astronome à l'Observatoire de Nice, représen
tait M. le \iinistre de l'Instruction publique.
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P.
P.
D.
N.

Q,
L.
Q.
L.

lu 8, à 7
lu 14, à H
lu 22, à 7
lu 30, à 10

SOULÈU.

1
2
3
4
5
6
7
8
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11
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30
31

—

oura
oura
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FE BRIE
20
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21
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L. 8 14' — C. 4 42'

dil. Jou de V An

P. Q.
P. L.
D. Q.
SOULÈU,

1
2
3
4
5
Lu Rei
6
Dim. S. Lucien
7
dil. S. Apoulinari
8
dim. S. Pèire
9
dim. S. Guiermo
10
dij S. Teodose
11
div. S. Arcada
12
dis. Sta Verònica
13
Dim. S. Ilari
14
dil. S. Maurici
15
dim. S. Ounourat
16
dim. S. Antoni
17
dij. Sta Angela
18
div. S. Sulpici
19
dis. S. Bastian
20
Dim. Sta Agnesa
21
dil. S. Vincènt
22
dim. S. Raymound
23
dim. Sta Jacinta
24
dij. Conv. de S. Pàu
25
div. S. Poulicarpa
26
dis. Sta Devota
27
Dim. Sta Paula
28
dil. S. Francès S.
29
dim.
dim.
dij.
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dis.

S.
Sta
S.
S.

TRIMESÏRÍ;

Macari
Genevieva
Tita
Simeoun

dim. Sta Marfina
dim. S. Peire N.
En Janvié
Lou païsan n'a ren

lu 6, à 4 oura 28 s.
lu 13, à 11 oura 38 m.
lu 21, à 4 oura 44 ui.
- L. 7 49' - C. 5 30'

dij. S. Ignaci
div. La Candeliera
dis. S. Blasi
Dim. Setuagesima
dil. SS. Vinc.Oronte
dim Sta Agata
dim. Sta Dorotea
dij. S. Romuald
div. S. Jouan-Matha
dis. Sta Apoulounia
Dim. Sexagesima
dil. Sta Eulàlia
dim. S. Gregori
dim. Sta Eufrasia
dij. S. Onesime
div S. Dounat
dis. S. Simeoun
Dim. Quinquagesima
dil. S. Gabin
dim. Dimars-Gras
dim. Li Cendre
dij. S. Silvan
div. S. Maxime
dis. S. Pascase
Dim. Quadragesima
dil. S. Nestor
dim. S. Leandri
dim. Sta Nourina
dij. S. Nymphas

Plueia de febrié
A la terra vau fumiè.

ZDéSTU-S-bez

NICE

MARS
N. L.
P. Q.
P. L.
D. Q.
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2
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lu 15,
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0 oura 02 m.
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1 oura 38 s.
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Sta Cunegonda
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Sta Coleta
S. Jouan de D.
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Sta Margarida C.
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S. Euloge
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S. Apien
S. Jôusé
S. Joachin
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S. Turibe
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1 dil.
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14 Dim.
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16 dim.
17 dim.
18 dij.
19 div.
20 dis.
21 Dim.
22 dil.
23 dim.
24 dim.
25 dij.
26 div.
27 dis.
28 Dim.
29 dil.
30 dim.

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13, à
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21, à 7
28, à 11

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TRIMÍÎSTRÈ;

MAI

JUN

à

lu 5,
2 oura
lu 13, a 7 oura
lu 21, à 10 oura
lu 28, à 7 oura
— L.

5 14'

—

14
10
23
24

s.
m.
m.
m.

C. 7 29'

1 dim. SS. Félip. Jaq.
2 dij. S. Atanase
3 div. In.d.l. Sta Crous
4 dis. SS. Sindonis
5 Dim. S. Pio, papa
6 dil. S. Jouan D.
7&lt; dim. S. Peire
8 dim. s. Gregori N.
9 dij. s. Antounin
10 div. s. Isidoro
11 dis. s. Bounifaci
12 Dim. s. Jouan lou S.
13 dil. s. Pouon, m.
14 dim. s. Pacomo
15 dim. s. Sta Denisa
16 dij. Ascensioun
17 div. S. Pascaù
18 dis. S. Teodoto
19 Dim. s. Pèire C.
20 dil. s. Felis.
21 dim. s. Bernardini
22 dim. s. Julia
23 dij Rogaeioun
24 div. s. Vincen, d. L.
25 dis. S. Urbin
26 Dim. Pandecousta
27 dil. S. German
28 dim. S. Cirile
29 dim. Sta Petronïa
30 dij. S. Sylve
31 div. S. Justin
Au mes de mai
Longui semana

p
P.
D.
N.

Q.
L.
Q.
L.

lu 3,
lu 11,
lu 19,
lu 26,

SOULÈU.

1
2
3
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5
6

dis.
Dim.
dil.
dim.
dim.
dij.
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8 dis.
9 Dim.
10 dil.
11 dim.
12 dim.
13 dij.
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15 dis.
16 Dim.
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18 dim.
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20 dij.
21 div.
22 dis.
23 Dim.
24 dil.
25 dim.
26 dim.
27 dij.
28 div.
29 dis.
30 Dim.

—

à 11 oura 4 s.
à 10 oura SI s.
à 9 oura 51 s.
a
2 oura 20 s.
L. * 34'

C. 8 1!"

S. Potin
Trinità.
S. Quirin
S. Francès C.
S. Lié
Festa de Dieu
S. Lié
Quatre-tèms
S. Optat
Sta Margarida
S. Barnabe
S. Antoui de P.
S. Basilio
S. J.-F. Régis
S. Moudeste
S. Lambert
Sta Olga
S. Gervai
Sta Juliena F.
S. Louis de G.
S. Paulin
Sta Maria d'O.
S. Jouan-B.
S. Prousper
S. Alban
S. Cresen
s. Iréné.
s. Pèire
s. Pàu
s. Tibàu

En Jun
De tres abit l'un

Dégustez tous le vrai

NICE

—

BLANQUI &amp; FRACCHIA
— Usine au Pont-Magnan

—

NICE

�— i4 —

TROISIÍ)MK

AVOUST

JULIE T
P.
P.
D.
N.

lu 3, a 10 mira 20 m.
lu 11, à 1 cura 53 s.
Il 19, a o oura 31 m.
lu 25, a 9 oura 12 s.
SDULÈU. - - L. 4 35' — C. 8 22'

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L.
Q.
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dil.
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dim.
dim.
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Dim.
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dim.
dim.
dij.
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Dim.
dil.
dim.
dim.

S. Thierry
Vierg.de li Gracia
S. Anatole
S. Pèire de L.
S. Sisoès
S. Elie
Sta Babeta
S. Efrein
Sta Felicita
S. Pio
S. Jouan G.
S. Gene
S. Jaque
Festa Naciounala
S. Enri
N.D.d.M. Carmel
Sta Marcelina
S. Frederic
S. Vincen de P.
Sta Margarida
S. Vi loiSta Maria-Mad.
S. Apoulinari
Sta Cristina
S. Jaque
Sta Anna
S. Pantaleoun
S. Samsoun
Sta Marta
Sta Giulieta
S. Gnaci de L.

Au mes de Juliet
Ni frema ni coulé.

TBIMËSTRÎ;

I1. Q. lu 2, a 0 oura 29 m.
P. L. lu 10, a 3 oura 58 m.
D. Q. l»i 17, a 1 oura 1.1 s.
N. L. lu 21, a 5 oura 14 m.
IV Q. lu 31, &amp; 5 oura 21 s.
souLÈu, —1.5 or -j&gt;. 8 or

dij.
div.
0 dis.
4 Dim.
5 dil.
6 dim.
7 dim
8' dij.
9 div.
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dil.
dim.
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div.
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Dim.
dil.
dim.
dim.
dij.
div.
dis.

S. Pèire-aï LS. Alfonso
Inv. de S. Estève
S. Domenica
N. D. dei Nèu
Trausf. de J. C.
S. Gaétan
Sta Batilda
S. Camila d. L.
S. Là u ren
S. Septima
Sta Clara
Sta Filoumèna
S. Ousèbi
Asoumpcionn
S. Roc
S. Mamès
Sta Elena
S. Ipoulita
S. Bernar
Sta Chantai
S. Pio V
S. Filipe B.
S. Bartoumiéu
s. Louis, r. F.
s. Seg'oundo
s. Cesari
s. Goustin
s. Mederic
Sta Rosa
S. Fiacre

F.n . ivoast
Figa e moust

wmmm mm

SBTÈMBRE
P. !.. lu 8, a' 4 oura 57
D. Q. lu 15, a 6 oura î&gt;l
N. L. Ju 22, a 3 oura 37
P. Q. lu 30. a 0 oura 08
SOULÈU. - - 1. 5 47V— c.

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dil.
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dim.
dim.
dij.
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Dim
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dim.
dim.
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dis.
Dim.
dil.

S. Gili
S. Estève R.
Sta Eufemia
Sta Rosalia
S. Làuren J.
S. Pambon
S. Grat
Natiu, di' la V.
S. Oumer
S. Xicola
S. Félis
S. Veran
S. A nié
Es. (1. l.S. CtQUS
S. Nicomède
S. Conrneilla
S. Lanbert
S. Tournas V.
S. Janvié
S. Euslache
S. Matiéu
S. Maurici
Sta Tecla
S. Girar
S Firmen
S. Nil
S. iN'icandre
S. \\ inceslas
g. Miquèu
S. Jeromo

Lima setembrina
De mai clarina

MOT »

GRANDE MARQUE RECOMMANDÉE

s
:
s
s
7'02'

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Qüa.TRIÍJMí)
OUTOUBRE
P.
D.
N.
P.

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Q.
L.
Q.

lu 8,
lu 15,
lu 22,
lu 30,

SOULÈU, — 1.

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5
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oura H m.
oura 46 m,
oura 09m;
oura
m.

ii

— c.

6 06*

TRIMESTRE

NOUVÈMBRE
P. L. lu
6,
D. Q. lu 43,
N. !.. lu 20,
Q.
lu 29,

r.

SOULÈU. - -

1.

a
a
a
a

4 oura 48
8 oura 20
9 oura 49
2 oura 42
14'

—

c.

5 03'

1 dim. Rosari
1 div. Tout lu Sant
2 dim. S. ■ Léger
2 dis. Eu Mouorl
3 dij. S. Rosari
S. Ubert
4 div. s. Francès d'A. 43 Dim.
dil. S. Carlo B.
5 dis. s. Placido
5 dim. Sta Bertila
6 Dim. s. Bruno
6 dim S. Leounar
7 dil. s. Serge
dij. S. Nestou
/
8 dim. Sta Reparada
8 div. Lu Quatre Incou.
9 dim. S. Denis
9 dis. S. Teodore
10 dij. s. Francès B. 10
Dim. S. Jacintou
11 div. s. Tarasco
11 dil. S. Martin
12 dis. s. Counrad
12 dim. S. René
13 Dim. s. Edouard
13 dim. s. Stanislas
14 dil. s. Calisio
14 dij. S. Pantena
15 dim. Sta Teresa
15 div. Sta Gertruda
16 dim. S. Ospici
16 dis. S. Edme
dij.
17
Sta Edvija
17 Dim. S. Gregori
18 div. S. Luc
18 dil. S. Alfè
19 dis. S. Pèi re
19 dim. Sta Babeta
20 Dim. S. Agrico)
20 dim. S. Edmon
21 dil. Sta Ursula
21 dij. Présent, de la V.
22 dim. S. Filip
22 div. Sta Cecilia
23 dim. S. Teodoret
23 dis. S. Clemen
24 dij. s. Mairloire
25 div. ss. Crespin-Cr. 24 Dim. Sta Flora
26 dis. s. Jouan de K. 25 dil Sta Catarina
26 dim. Sta Pel fina
27 Dim. s. Frumence
27 dim. S. Maxime
28 dil. s. Alfredo
28 dij. S. Sostène
29 dim. s. Narcisse
29 div. s. Saturnin
30 dim. s. Marcel
30 dis. s. Andrièu
31 dij. s. Siri
En ùuloubre
\loii ponorc goûta loti rùare

Tonssan ientra
St A n'driéu lou souorte

« wmmm

DESÈMBRE

s.
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s.
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JACK

P. L .
D. Q.
N. L.
P. Q.

lu 6,
lu 12,
lu 20,
lu 28,

SOULÈU, -

1
2
3
4
5
6

i*.

Dim.
dil.
dim.
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dij.
div.
dis.

8 Dim.
9 dil.
10 dim.
11 dim.
12 dij.
13 div.
14 dis.
15 Dim.
16 dil.
17 dim.
18 dim.
19 dij.
20 div.
21 dis.
22' Dim.
23 dil.
24 dim.
25 dim.
26 dij.
27 div.
28 dis.
29 Dim.
30 dil.
31 dim.

1.

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3 oura
m.
6 oura 46 s.
4 our;i 40 s.
7 OUI;L 48 s.

7 54' — c.

A vent
Sta Bibiana
S. Francès X.
Sta Barba
S. Bassi
S. Nicola
S. Anbrosi
Imac. Conception
Sta Leoucadia
Sta Eulàlia
S. Damase
Sta Rosélina
Sta Lucia
S, Niçoise
S.
S.
Sta
S.
S.
S.
S.

Mesuiin
Adon
Olimpíada
Gatien
Ciprian
Filogone
Tournas

S. Onourat
Sta Vitòria
Cacha-fuec
Calèna
S. Estève
S. Jouan
SS. Inoucent
Sta Eleonora
S. Sabîn
S. Sàuvestre

Calena aufuec,
Pasca àu j'aèc.

sin -

GRANDE MARQUE RECOMMANDÉE

4 35

�- i6-

�- 17

-I

CROUNICA NIÇARDA
L'ABADÏA DE SAN POUON.— L'ABAT RANCE-BOURREY.
GLOFFREDO.

—

—

PÈIRE

A PREPAU DOU DIALETE NIÇART.

Ben qne pareissènt tardié, VArmanac Niçart s'empressa de
pourtà la siéu febla vous su tout cen que enteressa lou païs, sigue
au pounch de vista istoria loucala, pouesia, tradicioun, sigue
tamben su la taquinanta questioun dóu dialete niçart souvenri
fès pauvada e su la quala lu escritour mouderne soun luen d'estre
d'acordi.
Parlerai finda de M. l'Abat Rance-Bourrey, un beneditin qne
despi quauque an en ça mete à prouflt la siéu erudiciou n a nen
revelà de fach d'istoria inedieh. Se quauqu'un mérita d'estre
laudat es ben éu ; es en éu que VArmanac Niçart tressa la
pamoula de sapiença. En esprimant la nouostra recounouissença,
à l'Abat Rance-Bourrey, fen cen que touplen an denembrat,
vouoli dire de courounà lu siéu travail, frucha de ben de recerca,
dai quali obra sian fier d'avé prestat la prima ajuda. Pouden cità :
lou Discours sur le Monastère de Sainte-Claire de Nice, par Honoré
Pastorelli, publié d'après l'édition originale de Turin 1608, avec
une introduction et des notes ; — "Le Général J.-B.-M. D'Anselme" (Notices biographiques (1740-1792). E aquest'an
l'istorien nen douna — toujou de prima man — YExpulsion de
Mgr Valperga, evesque de Niça, au tèms de la Revoulucioun,
travail anoutat de peça curiouvi que sian urous de pouder metre
souta lu uès dei nouostre letour.
*
* *
Lou fach de l'annada, lou mai marcant, es estat aquéu de
l'Abadïa de San Pouon. Parlon de tout destruge pèr li basti an
siéu luec un espitau Pasteur... UArmanac Niçart es pas Penemic
dóu prougrès, ni men encara dei Bei-Art, ma si fa lou pious dever
de jougne lu siéu esfouors en aquelu dei siéu councitadin quo
l'istoria dóu passat passiouna, pèr que l'Abadïa de San Pouon
sigue counservada e classada couma mounumen istorique. En la
circonstança feliciti M. l'Abat Rance-Bourrey que mé rasoun s'e.s
demoustrat l'ardènt defensour autourisat que counouissen. La
siéu paràula es estada escoutada e lou Préfet de li Alpa-Maritima,
8

'

�— i8 M. de Joly — respetuous dei nouostri tradicioun — en ortie
avertit a proumès que l'Abadïa de San Pouon seria respetada e de
lèu si crusià pèr lou siéu classamen tra lu mounumen istorique.
Dóu resta vequi ce que l'Abat Rance Bourrey nen di su San
JPouon. Counsignen religiousamen li siéu paràula :
« L'Abbaye de Saint-Pons est le plus ancien monument relitgieux existant dans le Comté de Nice. Il y a dou^e cents ans que
sSiagrius y fonda un monastère. L'histoire de ce monastère est
jintimement liée à l'histoire religieuse, civile et économique de la
iville de Nice.
;
« Ce fut à Saint-Pons qu'en 1388 fut'signé l'acte réunissant
le Comté de Nice au Comté de Savoie. Les abbés de Saint Pons
ifurent pris dans les principales familles du Comté : les Badat, les
tLaugery, les Provana, les Lascaris, les Grimaldi, les Martelli, les
;Tournefort, etc. Plusieurs évêques de Nice furent abbés de Saint[Pons, en particulier Barthélémy Chuet (fin du xve siècle) et Jean
, Uriole, son successeur. Un autre abbé, Claude de Seyselle, fut
,évêque de Marseille, puis archevêque de Turin ; d'autres furent
cardinaux, tels Innocent Cibo, neveu d'Innocent VIII et de
f
;Léon X, et Paul Medeci de Cesis dont on voit encore l'inscription
(funéraire à Sainte-Marie-Majeure, à Rome.
:
« A la fin du xvir siècle, l'abbé de Saint-Pons était Pierre
•Gioffredo, le savant historien niçois. Enfin, un abbé de SaintiPons dont les Niçois n'ont pas encore perdu le souvenir, était
(l'abbé Spitalieri de Cessole qui a doté sa ville natale d'un établissement de bienfaisance si justement apprécié. La plupart des
pbbès de Saint-Pons et plusieurs évêques de Nice ont été enterrés
dans l'église ou sous le cloître et dorment aujourd'hui confondus
avec les moines leurs frères qui depuis dix siècles y sont enterrés.
« Les monuments funéraires ont disparu. Le temps a tout
(nivelé à Saint-Pons, singulièrement aidé cependant par la main
ides hommes. On connaît les dévastations commises par
Iroupes de François Ier et de Barberousse, plus tard par celles d
Catinat et par d'autres encore. Après chaque désastre, SaintPons a retrouvé une nouvelle vitalité et il y a à peine trois quarts
de siècle que Mgr Galvano y a fait d'importantes réparations.
;
« Saint-Pons n'est pas seulement une page de l'histoire de
notre pays, c'est un gros volume de cette histoire ; les Niçois
laisseront-ils dire qu'ils sont restés indifférents devant le danger
qui menace Saint-Pons ? Non, ils feront tous leurs efforts pour

�— 19 -

sauver de la destruction un monument qui doit leur être cher...
Je demande d'urgence le classement de l'Abbaye de Saint-Pons,
c'est-à-dire de l'Eglise et des bâtiments claustraux, comme monument historique. »
Lou councours de YArmanac Niçart es aquist. Emé fiertà e
au près de touplen de sacrifici faren respetà l'istoria dóu passat,
la lenga e lu escrich dei orne qu'an ilustrat lou nouostre bèu
pais.
*
* *
Despi quauque tèms, — maladia que reven per intermitença,
— la gran questioun de la grafia niçarda, de l'ourtougrafa, es
messa su lou tapis. De letra soun estadi publicadi, d'autri lou seran, e cresi qu'après ben de charra pèr dire pas gran cauva de
nóu, quasi dirii pèr predicà dintre lou Desert, noun restera
d'aquela discussioun, — Favén déjà coustatat, — pas gran cauva,
ren!... Cadun escrèu à la siéu moda seloun l'esprit dóu moumen,
e serii ben curious de counouisse aquéu que vendria nen dità
une metoda en nen dïen : « la mièu maniera d'escrièure lou
Niçart es la bouona». Discussioun scientifica que pòu passiounà
quauque lenguista, pas mai ; lou mihou es d'escrèure seloun li
letra ditadi pèr la prounouncia. Lou talènt pèr aquéu qu'escrèu
es de si laissà liège, de si faire acapi. Es qu'en en un entan que
frecuenta l'escola primària poudès li demandà autra cauva ?...
Perta de tèms que tout acò, vourria mai s'engenià à recercà lu
viei mot, espressioun, loucucioun courenti que la pous dóu tèms
a rabaïat, dounà au nouostre bèu dialete la coulou que dèu avè,
en respetant lu emprunt que pouden avè fach sigue à l'Italian, à
l'Espagnòu o à tout autre...
Un dialète noun dèu pas estre une lenga scientifica, encara
m en noun còu avè la pretencioun que sigue ouficiela, seria temerari ; lou dialete d'un païs dèu refletà lou caratere d'un'epoca que
lou tèms dèu respetà, enfin escrèure gramaticalamen, un noun
empedisse l'autre, e laissà à l'esprit, au goust lou coumplemen
d'un stile ouriginal, en de frasa councisi que flaton i'auriha.
Aquí fermi la discussioun, risqui de perdre la civada... l'an
que ven, se Diéu mi presta vida, v'en dirai d'autri e couma
d'usança que mi sigue permès de la vous souvetà : Bouona e
uroûva !
L'ARMANAC

NIÇART.

�20 —

LA CIGALA DOU BOUON DIEU
Una cigala dóu Bouon Dieu
Tout l'estiéu
E l'iver en la chambreta, —
L'aiguesias vista la lebreta ! —
Noun vivïa que d'amour
S'assetava su l'ounour;
La cigala cantarela,
Vau chanja de clientela,
Noun es courta d'amatour,
Que li viron tout au tour !
Ma l'ancien de la cigala,
De gros mot ven que s'embala ;
En l'auriha de la maire
Li ven tout aquéu bousin,
Que deja toui lu vesin
Sabon lou long de l'afaire
— Cenqu'as fach m'au tiéu tip ?
Di la maire enrabiada...
Bella Vierge encourounada !
Sera au mancou m'un bouon rie!!...
CH. CIAUDO

PROUVERBI, BOUOI MOT, COUNSÉU E DICH
Tèms d'iver noun ti fidar.
Lu màu dei enfan si garisson soulet.
Cau naisse pèr estre bèu, si maridar pèr estre rie, e mouri
pèr estre brave.
Per aver de raïn, eau caressar la souca.
Agnèu naissut
Vau un escut.
Dansa mihou ventre plen que rauba nova.
L'oumbra dou mèstre engraissa lou cavau.

�LOU MAGOT DE BERTOUMIÉU ISSUGA
O BEN

UNA RAISSADA DE MACAROUN
Conte menloanasqae trouvât dintre d'un armori
de ma nana e que /'Armanac Niçart es tirons de
transcrièure en niçart à Ventencioun dei sièu
fidèle lotour et lelrissa.

Bertoumiéu Issuga, mentounasque de viéia roca, abitava en
coumpagnia de sa mouhié, en carriera dóu Paumoulié. La siéu
frema, malurousamen, era sirnplaria e faia lou siéu desespoir.
Cada matin Bertoumiéu, avant de s'en anà au travail, li recoumandava de noun faire de bestialità. Cou vous dire que toui lu
dissata lou nouostre ome metia en un'armari pertuat dintre la
muraia lou gagne de la semana.
— Bertoumiéu ! pèr qu seria tout aquel argen, demandava
Marioun au siéu marit.
— Es pèr Madjou-long, castagnassa !
*
* *
Un jou Bertoumiéu partet pèr anar à la siéu campagna ;
devia même li restar doui ó très jou pèr souïnar e arousar lu
citrouniè. Marioun souleta matin e sera, s'assetava su lou banquet de la pouorta e faïa de bas... Un predinà veguet un ome
de statura mai que mejana, couma si di, un gran carcan. La
frema de Bertoumiéu lou fissa sensa parpelear, pi pihada d'un'
idea, li diguet :
— Moun bèu Moussu, sias bessai vous Madjou-long ?
Lou merlo pita e noun s'en laissa dire autre, léu li
respouonde :
— Noun vous troumpas pas, bella bruneta, sièu ièu Madjoulong !... Ma perqué mi faire tala demanda ?
Perqué ?... dou moumen que sias Madjou-long, intras su lou
cóu. Li a ja pas mau de tèms que moun marit a mes d'argen
amagat pèr vous...
E sensa mai de ceremounia li remeté lou mandiou dintre lou
quai lu sóu eron groupât. L'ome remercia e la s'esbigna lèu.
♦

* *

�Lou sera, Bertoumiéu arriva, la sièu mouhié li di.
— Sabes, ai vist ancuei Madjou-long !
E l'ome de cridar :
— Malurousa ! — m'en a fach encara una 1
Courre à l'armari, lou mandiou e Pargen, mouis !... Issuga
blastema pica dai pen, es décidât de si desiaire de la siéu frema
Lendeman, dóu téms qu'aissesta durmïa, li cuerbe lu uès emé de
pega de sabatié, pi la pihant pèr la man, la mena dapé dóu CapMartin. Arrivât aqui, Bertoumiéu fa mountar Marioun su d'un
nouguié el'abandouna. La paura, bòrnia, noun sabia doun si
trouvava, ni men encara ce que poudia faire.
En aquéu fra-tèms doui voulur venon s'assetar souta
l'aubre ; après aver abrat quauqui branca sequi pèr s'escaufar, pi
si meton à cuentar lou siéu argen.
La calou faguet delegar la pega que curbia Puès destre de
Marioun e aissesta de cridar :
— E d'un !
Lu voulur, d'estuc, s'isson d'emblée.
— Qu'es acó, diguet l'un.
— Un matagan, faguet l'autre.
La calou seguia á faire lou siéu efet pau à pau durbia Puei
senec.
— E de douî, diguet Marioun.
Dóu cou lu voulur escapon, laissant Pargen espantegat soubre
Perba.
Marioun coumença à li veire clar, cala da l'aubre e ramassa
Pargen, pi lèu s'en camina vers maïoun...
Lou sièu marit, pensierons, era assetat dapè dóu fuec, s'escaufant, fumant la sièu pipeta emé beatituda...
— Bertoumiéu !... o Bertoumiéu !... duerbe-mi, siéu iéu,
Marioun...
— Vai au diàu que ti pihe... ièu que cresii de m'en estre
despegouït...
Ma Marioun, toujou picava, un cóu noun asperava l'autre...
L'ome fenisse per li durbi...
— Ten ! regarda cen que ti pouorti.. . e Marioun pauva lou
sac su lou toulié. ..
Bertoumiéu, entartugat, cuenta Pargen e réfléchisse ; — Marioun es simplaria e deman la vila saupra Pistoria de la fouré . ..
Cóu que Bertoumiéu si dispegouïsse pèr empedi li marridi lenga
de bavar...

�— 23 —
Si mete la vesta, lou capèu e souorte fermant la pouorta i..
Faïa nuech dintre la carriera, ma sensa pena s'encamina
vers una boutiga e croumpa pèr mai de dès kilo de macaroun...
Ientra au sièu e di à la sièu mouhié de si metre au liech.
En tant que Marioun durmïa, Bertoumiéu fa bui lu macaroun, pi lu espantega su lu aubre dóu jardin... Lendeman de
matin la siéu frema, desveiada, si mete à la fenestra...
— O ! Bertoumiéu ! Bertoumiéu ! Vene un póu veire!... O
trest ! vè, a plougut de macaroun !...
— O vai fantauma !... n'as toujou una. .. Ten ! ten !... ma
es ver !...
*
* *

A quauque tèms en ça, Bertoumiéu l'avia previst, Marioun
countet à toui que lou siéu ome noun li picava plus, despi lou
jou qu'ela li avia pourtat de sac plen d'escut...
Lou juge aiguent audit parlar de l'afaire, mandet sounar
Bertoumiéu devant lou tribunal ; la siéu mouhié era estada
citada couma testemoni.
Lou juge. — Bertoumiéu, sias acusat d'aver gardât d'argen
que noun era vouostre.
— Iéu !... Ma moussu lou juge, lou negui ; sièu couma
sabès un travaiadou.. .
E Marioun de dire.
— Noun negar, Bertoumiéu, sabés ben qu'es ver ; es iéu en
persouna que t'ai pourtat la mouneda, qu'avii trouvât en la
fouré.. .
Lou juge. — Anas brave ome, noun negués.. .
— E quoura lou m'as pourtat ?... — Vous juri, Moussu lou
juge, que la miéu frema es fouola !...
— E lou sabes ben, Bertoumiéu, es lou jou que plouguet tant
de macaroun !
— Moussu lou juge aves jamai vist ploure de macaroun ?...
— Jamai ! moun beL amic respoundet lou juge que si tenia
lou ventre dóu rire — Amie, vèu que la vouostra frema es
fouola. .. sias aquitat !...
Bertoumiéu si retira emé Marioun... Noun aigueron plus
de disputa e vieugueron, pareisse urous e pèr longtèms !...
J. E.

�CANSOUN ANCIENNA

PÈR LOU

N'aurias pas vist la miêu fiha
Trin-trin
Lou galerin
A'aurias pas vist la miêu Jiha
Trois-wtrois
Le fils du roi
L'ai vista e l'ai baïada
Trin-trin
Lou Galerin
L'ai vista e l'ai baïda
Trois-trois
Le fils du roi.
Douna-mi la miêu fiha
Trin-trin
Lou galerin
Douna-mi la miêu fiha
Trois-trois
Le fils du roi.
Es aqnela la vouostra fiha
Trin-trin
Lou galerin
Es aqaela la vouostra fiha
Trois-trois
Le fils du roi.
La miêu fiha era pas lernia
Trin-trin
Lou galerin
La miêu fiha era pas lernia
Trois-trois
Le fils du roi
La miêu fiha era pas lua
Trin-trin
Lou galerin
La miêu fiha era pas lua
Trois trois
Le fils du roi.
N'es ni guercia ni poutinouva
Trin-trin
Lou galerin
N es ni guercia ni poutinouva
Trois-trois
Le fils du rois.

MAI

�La miéu fiha n'es pas borni a
Trin-trin
Lou galerin
La miêu fiha n'es pas bornia
Trois-trois
Le fils du roi.
Noun faïa pas belugueta
Trin-trin
Lou galerin;
Nonn faïa pas belugueta
Trois-trois
Le fils du roi.
La miêu fiha n'es pas emberrida
Trin-trin
Lou galerin
La miêu fiha n'es pas emberrida
Trois-trois
Le fils du roi.
La m iéu fiha n'es pas pigada
Trin-trin
Lou galerin
La miêu fiha n'es pas pigada
Trois- trois
Le fils du roi.
La miéu fiha noun es pas ranga
Trin-trin
Lou galerin
La miéu fiha noun es pas ranga
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha noun es pas louorla
Trin-trin
Lou galerin
La miéu fiha noun es pas touorta
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha n'es pas crouoada
Trin-trin
Lou galerin
La miéu fiha n'es pas croavada
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha n'es pas gibouva
Trin-trin
Lou galerin
La miéu fia n'es pas gibouva

�— 26 —
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha noun es foularana
Trin-trin
Lou galerin
La miéu fiha noun es foularana
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha n'es pas ingourda
Trin-trin
Lou galerin
La miéu fiha n'es pas ingourda
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha a pas lou peu de pi g nu
Trin trin
Lou galerin
La miéu fiha a pas lou peu de pig nu
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha noun es narvelouua
Trin- trin
Lou qalerin
La miéu ûha noun es narveloiwa
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha noun a la rougna
Trin-trin
Lou galerin
La miéu fiha noun a la rougna
Trois trois
Le fils du roi.
XXX.

PROUVERB1, BOUOI MOT, COUNSÈU E DICH
Qu duerme ben noun cregne li niera.
Qu vè pissar e noun pissa, crêpa de malícia.-'
Qu douna soun ben avan de mouri
Mérita de pati.
L'amour es lou paradis dei fouol.
L'amour es .la flou de la jouinessa.

�LA MOUORT DAU PAURE TOUNIN

Lou paure Tounin, malàut a setant'an, si presenta à l'espitàu
ma li respouondon que li a plus de plaça.
— Coumplet ! ! !
Quauqu'un li fa capi qu'em'un pau de proutecioun li pourria
intrar. Countrariat dei pas que cóu faire, Tounin vira lu taloun e
s'encamina vers la plaça Massena, piha lou tram, si rende da
Graugnard, à l'espitàu dei can, e li di :
— Moussu lou Veterinari, cresi d'estre un pau mai qu'un
can ?... En aquéu cas souîna-mi...
— Vous souînar aici, ma brav'ome perdés la testa. — Basta,
li di que n'a pas de liech pèrcourcar un crestian, que noun douna
de souin qu'ai bestia !...
Tounin, couma pensas, s'en souorte m'au couor gros e noun
sau plus à que sant si recoumandar. Era aqui au mitan dóu
camin, quoura en aquéu moumen arriba un landau, doun cala
una grossa dama, encapelada, aurias dich un ver foungi, segada
d'un varlet que pourtava religiousamen un can enfeloupat emé de
favour rosa au couol, tapat d'un tapis em'ai iniciala. En veèn
aquéu tablèu lou paure Tounin si lamenta, sangluta fouort.
— Qu'avès lou miéu brav'ome, li di la dama.
— Cen qu'ai Madama ?... trovi que lou vouostre can a mai
de chança que iéu. Li a cinquant-cinq an que travaii, pèr la premiera fès que siéu malàut, noun soulamen mi refuson à l'espitàu
dei estre uman, ma encara mi vèu picar la pouorta au nas èn
aquéu dai can.
— Quevoulès, lou miéu paur'ome, ai fach un vout de mimetre
à la Soucietà Proutetriça dei Animau, de pourtar touti li miéu
ecounoumia à la Caissa de secours pèr soulajar lou sort dei bestia.
Lou fau talamen ben, que vouguessi ben vous dounar un sóu
que pourii pas.
La dama li vira l'esquina e ientra couma un coupa-cisèu da
Graugnard. Tounin roumougna :
— Se ti veguessi en un cantoun ti dounerii mancou un gotou
d'aïga !... vièia sansuga !...
Tounin estrassinat, deble s'alonga un pau plus en là, su d'un
mouloun de peira. Quauqui oura après, couma soufrisia, n'ai-

�guènt ren en l'estomegue depi l'auba, coumençava d'aver lou
rangouioun, quoura passet un canipiè que li diguet :
— Que fès aquí, brav'ome ?
— Couma veès siéu aqui pèr tirar lu patoun. M'an refusat â
l'espitàu, même en aquéu dai can, noun mi resta que de mouri
su d'un mouioun de peira. — Avès un carnet su lou quai enregistras lu fach dóu jou, farias ben de li aloungar lou miéu testamen que poudès mentuar couma acô :
— « Bouon Diéu, se mi fes passar encara une fes sur la terra,
fe-mi naisse can au mancou, li aura une Soucietà Proutetriça dei
Animau que si crusira de iéu e pourrai estre amès en un espitau,
estre souïnat, faire bouona vida, menar une vida de can... »
ANT. ROLAND.

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VIGNE
A M. VALÉRE BERNARD.

Dans le ciel doux la Vigne ètreint les pals de buis.
Sous le pampre le merle alourdi des falernes
Tourne son col gris vair et ses paupières lemes
Qu'argenté la blancheur des immuables nuits.
O / fraîcheur, 6 beauté des Igs et des iris,
Que la Vierge éblouie avec les marjolaines
Cueille le soir venu aux vasques des fontaines
Pour colorer en fête, au crépuscule, l'Euis.
Narcisses, ébeniers, œillet et sensitive
Ah ! Versez en mon âme attiédie et pensive
L'orgueil qui souleva les clairs olympiens.
L'amour qui rafraîchit les Madones pieuses
Et qui vêt de clarté les snls athéniens
Et les ravissements des époques heureuses.
JEAN

PADOVANI.

Quauque souvèt :
Vous souveti la bouona annada.
Que siegue mihau que la passada.
Vous souveti la bouona annada acoumpagnada de touplcn
d'autri.

�Eglises et Chapelles de Nice
La vieille ville de Nice se trouvant sur la rive gauche du
Paillon, pour parler de ses églises, nous commencerons par son
église cathédrale, Sainte-Réparate, vierge et martyre, de celles du
canton Est, et en traversant la rive droite nous nous occuperons des paroisses du canton Ouest.
I. — L'Eglise Cathédrale du Diocèse de Nice est la paroisse
de Sainte Réparate, vierge et martyre, sous l'empereur Decius en
253. Sa fête est le 8 octobre. Cette église est au centre de la vieille
ville (8.500 âmes), Avant 1531 la Cathédrale était près du Donjon, plateau de Nice, et dénommée : Sancta Maria in platea,
dédiée à N. D. de l'Assomption. L'édifice actuel, dans son genre,
ressemble beaucoup à Saint Pierre de Rome, au Vatican. C'était
auparavant une simple église paroissiale
desservie par
les Bénédictins du Monastère de Saint-Pons, près Nice.
Dans son ressort se trouvent l'ancienne église de Saint
Jaume (Saint Jacques apôtre), jadis des P.P. Carmes, fermée
depuis 1903. Après le transfert du titre de paroisse à l'église de
Saint Juste, évèquc, au Gesu, elle fut placée sous la vocable de l'Annonciation de la Sainte Vierge, ainsi que la belle Eglise de la
Miséricorde, sur le Cours Saleya, jadis de Saint Gaétan, fondée
e
par les P.P. Theatins au XVIII siècle et cédée à la noble
confrérie des Pénitents Noirs.
La Cathédrale de Nice, paroisse Sainte-Réparate de nos jours,
fut comme l'ancienne au Donjon du Château {Sancta Maria in
platea), le théâtre de plusieurs f lits historiques mémorables dans
les annales de l'histoire de Nice.
II. — L'Eglise de Saint Jacques, an Gesû, dès son érection
en 1612, dédiée à Saint Juste, évêque. Sa fête est le 2 septembre.
En 1665 fut érigée en paroisse sous le titre de Saint Jacques le
Majeur, remplaçant la paroisse de Saint Jaume. On l'appelle
vulgairement le Gesù à cause qu'elle a été fondée et administrée
par les P.P. de la Compagnie de Jésus.
Appartiennent à cette paroisse les deux chapelles des confréries des Pénitents Blancs, la Sainte Croix, — confrérie la

�óo —
plus ancienne de Nice, — et des Pénitents Rouges, Saint Suaire
et de la Sainte Trinité ; l'Eglise du Couvent de là Visitation,
la chapelle de l'ancien séminaire, à la montée du Château, et
jadis l'Hospice franciscain avec chapelle de Saint Joseph des
P.P. Recollets de Cimiez, convertie en maison particulière.
L'Eglise du Gesù est d'ordre corinthien composite, cons truite sur le modèle de l'Eglise des Jésuites de Turin, dite
vulgairement les Saints Martyrs. ( 10.000 âmes).
A l'extrémité de la rue du Malonat, aux racines de l'ancien
château, on voit un oratoire à la Sainte Vierge Marie, sous le
titre de N. D. du Bon Secours. Les habitants de ce quartier érigèrent cet oratoire en l'honneur de la sainte Vierge, en reconnaissance du choléra en 1854.
III. — L'Eglise paroissiale de Saint Martin Evéque dite de
Saint-Augustin est la plus ancienne, elle fut bâtie sur l'emplacement de l'ancienne chapelle de Saint Martin (1205) et appelée
Saint-Augustin parce qu'elle était desservie par les Augustiniens
dont le couvent a été transformé en caserne. (Caserne Filley, près
l'ancienne chapelle Sincaire).
IV. — L'Eglise de Saint-Francois-de-Paule a été édifiée en
1736 d'après le plan de l'architecte
Guarini. En 1838
elle fut érigée en paroisse par décret de Mgr Galvano et appelée
aussi Saint-Dominique en souvenir de l'ancienne église paroissiale
de ce nom qui s'élevait sur la place Saint-Dominique aux lieux et
place de l'actuel Palais de Justice.
V*— L'Eglise du Port ou de l'Immaculée Conception. D'humble
origine. D'abord ce fut une fort modeste chapelle (1835), transformée agrandie par Mgr Galvano, et l'avocat théologue L. Mari
fut son premier curé..
VI. — L'Eglise Saint-Joseph nouvelle paroisse depuis 1911 la
première pierre fut posée le 19 mars 1911, bénie le 29 octobre et
ouverte au public le Ier novembre 1911 sous le patronage de Mgr
Chapon et dirigée par les soins de M. l'abbé Gabrielli.
A cette paroisse appartiennent la chapelle succursale de Saint
Joseph contigüe à l'Evêché, et la chapelle de Notre-Dame des
Anges sur l'ancienne route de Villefranche.
VIL — Saint-Roch. Cette église paroissiale dans la banlieue
de Nice fut érigée après la peste de r68r. Nice fut délivrée de ce
fléau par l'intercession de saint Roch, confesseur, né et mort à

�- Si Montpellier. La paroisse est divisée en deux quartiers, Roquebillière
inférieure et Roquebillière supérieure, jusqu'à la chapelle de NotreDame de Bon Voyage.
VIII. — Rive droite du Paillon, intra muros, se dresse Notre Dame du Vau, paroisse Saint-Jean-Baptiste, qui remplace l'an
cienne église du même nom devenue chapelle inférieure du Lycée.
Cette belle église, vœu delà ville de Nice en 1835, mt érigée en
1842 et terminée en 1852 par Mgr Galvano, évêque de Nice.
La façade ressemble à celle élevée à Turin en l'honneur du retour
du roi dans les états Sardes en 1814.
IX. — Saiiit-Pierre-d' Aréna remplace une chapelle située à la
Croix de Marbre. Elle fut érigée en paroisse en 1803 par Mgr
Colonna d'Istria. Elle doit son nom à ce fait, c'est que lors de sa
fondation elle se trouvait sur le rivage de la mer séparée par une
bordure de sable fin.
X. — Une ancienne chapelle de Sainte-Hélêne-l'Inspiratrice
existait dans ces parages. Elle fut remplacée en face la mer par
une église sous l'épiscopat de Mgr Recrosio (1727).
Six paroisses « extra muros » dépendent de la commune de
Nice.
Sainte-Marie Magdeleine, sise dans le vallon de Magnan, édifiée sur l'emplacement d'une chapelle de même nom, érigée en
1626 et dite vulgairement chapelle « dei cassaire » à cause du
grand nombre de chasseurs. Après le concordat de 1803 sous
l'épiscopat de Mgr Colonna d'Istria, ce quartier qui depuis 1771
dépendait pour le spirituel de la cathédrale fut érigé en paroisse.
Il existe encore aujourd'hui une chapelle de Notre-Dame du Bon
Conseil changée en demeure particulière . Bientôt le besoin de
la population augmentant, une église sera bâtie à la cité Robiony
par les soins du curé actuel de la Madeleine.
Plus à l'est de la ville, toujours dans le canton ouest ce
l'Arquet, se dresse la paroisse de l'Ariane dédiée primitivement à
saint Arnoux, évêque et à saint Pierre, apôtre. Elle fut érigée en
paroisse en 1809 sous l'épiscopat de Mgr Colonna d Istria. Dans
son ressort se trouve l'ancienne chapelle nécropole de l'Abbadie
fondée en 1635 en l'honneur de sainte Claire pour le besoin spirituel de 450 à 500 habitants qui appartiennent aux communes
de Nice, Cantaron Saint-André. Localité d'avenii et à laquelle
le chemin de fer Nice-Coni donnera une valeur stratégique.

�— 32 —
Gairaut avait au moyen-âge une chapelle de secours desservie
par les religieux chevaliers de l'ordre du temple au début, et par
la suite de Rhodes et de Malte. Sous l'épiscopat de Mgr François
Rosini de Martinengo la chapelle fut érigée en église paroissiale
sous le vocable de saint Sauveur o*u de la transfiguration du
Rédempteur.
Dès 1730 les P. Dominicains de Nice fondent à Saint Pancrace un sanatorium pour religieux martyrs avec chapelle en
l'honneur de Saint Pancrace martyr. Cette chapelle est érigée en
paroisse en 1848 par Mgr Galvano.
Sur le couchant de Saint-Pancrace on trouve la paroisse de
saint Roman . martyr ; l'ancienne chapelle fut érigée en paroisse
ainsi que celle de saint-Antoine de Ginestière en 1803 sous Mgr
Colonna d'Istria.
VALENT IN.

NOU VÉ
Tu Çatarina fai lou pan.
Mdumen de jota, d'alegressa,
Fes audi da toui lu couor :
Lu ange canton l'alegressa,
Fuges l'infer, Juges la mouorl.
Chntou !
L'aarika sabla, li a quaucaren aici vesin,
Sembla que senti li joia d'un festin ;
Audi lu tambourin de laen,
Lu Jlajoulet e li musela,
Lu pastre van à Bethelen
Laisson la cabana soaleta ;
Santo nuech, venes aléa nen ralegrà,
Pourtas à toui la pax et la tranquilità !
Tu Catarina fai lou pan,
Manda Lucrecia au safran,
Despende aléa lou lauvaniè,
Chapla la blea su lou taatié ;
Crala de froumai e roumpe d'iiu
E fai la iourta couma fou,
Ché n'aiguen toui en aboundança (bis)
Santa nuech, venes alèu nen ralegrà,
Pourtas à toui la pa.x e la tranquilità .'
En tant faguen etnb'au vesin
t ua santépér lou Bambin,
Toucan lou gotou de bouon vin,
Ernb'aa vesin pér lou Bambin
Ti-ri-tin-tin ! -tinTi-ri tin !

�— 3Î —

L'Expulsion de Mgr Valperga
fEN SEPTEMBRE

1792)

Le 12 octobre 1780 h population de Nice se pressait aux
abords de la porte Pairoliëre pour y recevoir en grandes pompes
le nouvel évêque Charles-Eugène Valperga di Maglione. Ce
prélat avait couché la veille selon l'usage antique à l'abbaye de
Saint-Pons et devait faire ce jour là son entrée solennelle dans
sa ville épiscopale.
Le cérémonial imposant avec lequel on avait reçu jusqu'alors
les évêques fut encore cette fois observé. L'accueil de la population entière fut des plus chaleureux au rapport de Pierre Scaliero
qui en fut témoin (1). Le nouvel évêque, qui remplaçait Monseigneur Astésan nommé archevêque d'Oristano en Sardaigne,
appartenait à une famille de vieille noblesse dont plusieurs membres avaient exercé, à Nice, des fonctions importantes (2). Il
(1) Voir aux Archives municipales le récit détaillé que ce chroniqueur en a laissé dans ses Mémoires. Pierre Scaliero mourut en 1805.
(2) Jacques Valperga, conseiller ducal, fut lieutenant du gouverneur de Nice en 1454 ; Thoma5 Valperga fut gouverneur du château de Nice en 1565 ; Jean Valperga fut également gouverneur de
Nice en 1596 ; Jérôme Valperga fut commandeur du château de
Nice en 1600 ; Pierre Valperga, frère de Jacques Valperga, était
chevalier de Malte (Arch. municipales, registre des gouverneurs,
commandants et chevaliers de Malte) ; Anne Valperga, fille dAmédée
Valperga, épousa, le commandeur de Malte Jean-Paul Lascaris.
(Voir son testament daté de 1683, arch. des Alpes-Maritimes,
registre B, 297.) Joseph Ignace de Valperga reçut de son oncle, Emmanuel Philibert Chiotera, mie partie du fief de Couaraze dont il fut
investi le 20 février 1753. Son fils, Vincent, céda ses droits à H. Novelli. Jérôme Valperga fut sénateur à Nice de 1761 à 1765, puis
ministre plénipotentiaire de Sardaigne à Gênes en 1780 ; plus tard
il fut ministre etsecrétaire d'Etat, ce dernier était le frère de l'évêque
de Nice et fils du comte François Valperga qui vivait encore en
1795Ees armoiries des Valperga étaient fascé d'or et de gueules, à
la plante de chanvre déracinée, d'argent et brochant. Le cimier
était un bouc naissant au naturel et la devise : « Ferme-toy ».
Nous reproduisons les armoiries de Monseigneur Valperga d'après celles qui se trouvent en tête du catéchisme édité par ses ordres
et dont nous devons le dessin à l'obligeance de M. Joseph Casai
(Extrait de 1' « Armoriai Artistique et Nrbiüaire », Ni.e, 1902.
3

�- 34était directeur du collège des Provinces à Turin, lorsque le roi
de Sardaigne le désigna, pour l'évêché de Nice. Il avait été sacré à
Rome où il avait fait ses études. Monseigneur Valperga se distingua immédiatement par sa vigilance et son activité : il releva
le niveau intellectuel et moral des prêtres de son diocèse et s'attacha à mettre en toutes choses la plus grande régularité. Dix-huit
mois après son installation, il publia un nouveau catéchisme
dont le plan avait été préparé par son prédécesseur ^i). Grâce à

ses relations cordiales avec la eour de Turin, il jouissait auprès
des autorités civiles de Nice d'une grande influence. Après douze
(1) Ce catéchisme en italien fut imprimé à Nice par la Société
Typographique. C'est un petit volume in-douze de 612 pages, portant
la date de 1783. En tête se trouve le mandement de Monseigneur
Valperga du 16 février 1782 qui approuve le travail terminé par
le prêtre auquel Monseigneur Astésan en avait confié le soin, ordonne
sa publication et règle l'organisation des catéchismes dans tout le
diocèse. Deux ans plus tard en 1785, Gabriel Floteront, imprima
un autre catéchisme rédigé en dialecte niçois, petit volume in-12
de 228 pages. Un exemplaire de ces deux ouvrages existe à la biblio
thèque de Nice. — Voir Villarey, Série Cronològica dei Vescovi
di Nizza. — Art. Valperga.

�-35 années de séjour dans cette dernière ville il s'était acquis l'estime
et le respect de tous.
*

• *

Lorsque le 28 septembre 1792 dans l'après-midi, les troupes
piémontaises évacuèrent Nice, il y eut dans cette ville une effroyable panique et des milliers d'habitants s'enfuirent dans la direction de Turin. Ce fut un désarroi et une désorganisation complète de toutes les autorités. iMonseigneur Valperga resta à son
poste et s'engagea à ne point quitter la ville. Le lendemain samedi
29 septembre, il accompagna le second consul Honoré Saissi et
quelques membres du Conseil qui se rendirent, vers les onze
heures du matin, à la villa Feraudi, au quartier St Hélène, pour
offrir les clefs de la cité au général d'Anselme qui venait d'y
arriver à la tête des troupes françaises. Le général fit à la délégation assez bon accueil, mais il s'étonna de trouver parmi ses membres, l'évêque dont la place déclara-t-il n était pas là. Du reste,
d'Anselme attacha si peu d'importance à la démarche îles magistrats niçois que dans aucune de ses dépêches officielles il n'en fit
mention.
Sur le soir du même jour, la petite armée française faisait son
entrée dans la ville et le général s'installait dans la maison du
consul de France à la place St Dominique. L'évêque de Nice qui
tenait à rester au milieu de ses diocésains se présenta de nouveau
vers les huit ou neuf heures du soir chez le général auquel il voulait recommander ses prêtres en lui demandant des respecter les
églises. Le général était entouré de tout son état-major, du consul
de France, Pierre Le Seurre, de Honoré Saissi, second consul, de
Féraudi, secrétaire général de la commune. Ces deux derniers
venus probablement pour appuyer les demandes de l'évêque.
L'accueil du général ne fut pas plus encourageant que la première fois ; il intima même avec insistance au prélat l'ordre de
quitter ta ville en ajoutant que le plus tôt serait le mieux et ce
fut sur ces dernières paroles que l'évêque se retira après avoir toutefois reçu du général la promesse que tout ce qu'il laisserait dans
son palais serait placé sous la sauvegarde de la Nation française.
Il n'y avait pas à tergiverser, l'ordre était formel et pressant, il
fallait partir. L'évêque prit ses dernières dispositious et délégua,
au curé de la cathédrale, le chanoine Honoré Navello, tous les
pouvoirs nécessaires pour administrer le diocèse en son absence.
Aux premières lueurs du jour, Valperga quitta son palais, et se

�— 36 dirigea à pied vers la porte Pairolière. Il avait été impossible de
trouver une voiture car tous les moyens de transport avaient été
réquisitionnés et utilisés le 28 septembre pour permettre l'exode
des habitants terrorisés. Il avait ordre de partir, mais cet ordre
n'ayant pas été donné par écrit, les volontaires marseillais, de garde
à la porte de Turin, refusèrent de le laisser passer, l'accablèrent
d'injures, le menacèrent même de le pendre et ne consentirent á
le lâcher que sur un ordre écrit, sollicité et obtenu du général,
grâce à l'intervention courageuse et au sang-froid d'un jeune
niçois, Joseph Castellinard. Monseigneur Valperga se retira à
Turin et y mourut en 1805 sans avoir jamais pu obtenir l'autorisation de rentrer.
*

* *

Il est établi par les documents officiels contemporains que
Monseigneur Valperga ne quitta son siège que sur les ordres arbitraires du général d'Anselme et ces mêmes documents nous
renseignent très exactement sur les incidents fâcheux qui se produisirent au départ de l'évêque. Du reste, on n'ignorait pas à Nice
comment les choses s'étaient passées et la population savait grê à
Valperga de son attitude et de sa fermeté. De son côté, Valperga
avait eu confiance dans la parole à lui donnée par le général au
nom de la Nation française et à plusieurs reprises il manifesta
son étonnement qu'elle n'ait pas été gardée, que ses biens aient
été confisqués, son mobilier vendu, son nom inscrit sur la liste
des émigrés alors qu'en partant il n'avait cédé qu'à la force.
Parmi les nombreux documents qui se trouvent soit aux archives de Nice, soit aux archives nationales il en est quelques-uns
dont la simple reproduction sera plus probante que tous les corn,
mentaires. Il_suffira de citer :
•i° La lettre du Directoire des Colons Marseillais en date du
25 février 1793, adressée aux citoyens Blanqui et Veillon, députés
extraordinaires de la ville de Nice à Paris, au sujet des réclamations présentées le 23 du même mois par Jean-Jacques Donny, au
nom de Mgr Valperga.
20 La réponse du même Directoire à J.-J. Donny, en date du
26 février 1793.
3„ L'arrêté du Département en date du 13 avril 1793.
40 La réclamation présentée au Directoire du département

�Valperga, aussitôt après son inscription sur la liste des émigrés de
la ville de Nice, dressée à la fin de juin 1793.
50 Les états de frais pour l'inventaire et la vente du mobilier
et effets de « l'émigré Valperga Maillone, citoyen évêque » approuvés par le département des Alpes-Maritimes, le 5 germinal an
III (25 mars 1795).
6° Les actes de notoriété dressés le Ier et 2me fructidor an III
(18 et 19 août 1795) par Gautier, juge de paix à Nice, à la requête de Pierre-Joseph Passeron, agissant en qualité de procureur
subrogé par Nicolas Giorni, procureur spécial et général de Mgr
Valperga, par acte de procuration reçu à Turin le 20 juillet 1795,
notaire Pierre-Joseph Bernochio.
70 La pétition adressée au district de Nice le 4 fructidor an III
(21 août 1795) par Pierre-Joseph Passeron, demandant la radiation du nom de Valperga sur la liste des émigrés.
8° L'avis du district de Nice en date du 5 vendémiaire an IV
(27 septembre 1795) déclarant que Mgr Valperga doit être rayé
de la liste des émigrés.
90 L'arrêté du département des Alpes-Maritimes, en date du
14 prairial an V (2 juin 1797) ordonnant la radiation provisoire
du nom de Valperga de la liste des émigrés.
io° L'acte de cautionnement dressé par le département le
11 fructidor an V (28 août 1797), à la requête de Pierre-Joseph
Passeron, procureur de Mgr Valperga en exécution d'une des
clauses de l'arrêté du 14 prairial an V (2 juin 1797).

�- 38 —

DOCUMENTS ET PIÈCES D'ARCHIVES

Pièce 1.

25 février 1793
Aux cit. Blanqui et Veillon
Une lettre du cit. Donny, associé du citoyen LeClerc, défunt président de l'ancienne administration
provisoire, dont vous avez ci-inclus l'extrait ( 1 ), nous
fait connaître que le cit. Valperga, évêque de Nice,
laissa avant son départ (ordonné à son retour par
Anselme) dans sa maison pour environ 34.000 livres,
argent monnayé, et environ pour 17.000 d'effets en
vaisselle, linge, batterie de cuisine etc.
Une portion de ces effets se trouvent encore dans
ladite maison, sous l'inventaire que nous en avons
fait dresser par les commissaires de l'une et l'autre
administration, lorsque nous avons été installés, mais
il s'en faut de beaucoup qu'elle puisse arriver à la
somme de 17.000 livres, pas même le tiers.
Quant à l'argent monnayé entré dans la caisse du
receveur de l'ancienne administration, nous n'y
voyons point la somme que ledit Evêque désigne
avoir laissé dans sa maison. Nous vous remettons cijoint un extrait de l'état des sommes' que le cit.
Bonnet a reçu en espèces, pendant toute sa gestion
de receveur et trouvées parmi les effets des émigrés
français et niçois.
Nous ne voulons rien préjuger sur l'assertion du
cit. Valperga, quoique nous ayons des indices frappants de vérité. Ce ne sera que lorsque nous aurons
pu les convertir en preuves par le témoignage de
quelques citoyens que nous nous procurerons, pour
pouvoir en demander la restitution et la poursuite
contre le pillage.
En attendant, noùs croyons devoir vous faire part
de cette découverte que nous allons communiquer au
Président de la Convention Nationale et au Ministre.
Arch. des A. M. Registre de la correspondance du
Directoire des Colons marseillais L. 5.
Cet extrait manque au registre ainsi que les autres pièces
énoncées dans celte lettre.

�-hLe 2érae février 1793.
Au citoyen Donny, négociant à Nice
Pièce 2.

Votre lettre du 23me de ce mois, citoyen, nous
demande des renseignements sur le temporel du
citoyen Valperga, Evêque de Nice. Nous allons vous
transmettre tous ceux qui sont à notre connaissance
L'administration provisoire en choisissant l'Evêché
pour le lieu de ses séances, vint s'y établir dans les
premiers jours d'octobre, et tout nous porte à croire
qu'elle ne fit aucun inventaire des effets qui s'y trouvaient, du moins nous n'en avons trouvé aucun dans
les papiers qu'elle nous a remis.
En succédant à cette administration provisoire,
uous avons cru que notre premier devoir était de faire
un inventaire de tout le mobilier renfermé dans la maison épiscopale. Nous y avons successivement procédé
en présence des administrateurs provisoires et à mesure qu'ils nous en remettaient les clefs. Tout le mobilier qui s'y trouvait, ne consistait guère qu'en
meubles meublants et ne nous paraît pas avoir la
valeur de 17 mille livres que l'Evêque lui donne.
Vous pourrez, si vous le jugez à propos, faire prendre
à notre secrétariat une copie de cet inventaire. Tout
ce. qui n'est point renfermé dans les appartements
que nous occupons au premier étage, a été laissé à la
garde de Jean Poma, ancien concierge de l'Evêque et
le nôtre.
Pour nous éclairer sur les 34.000 1. argent monnayé que l'Evêque doit avoir laissé en sa maison,
nous avons écrit au cit. Bonnet, receveur de l'administration provisoire, pour lui demander un état des
sommes en numéraires versées dans sa caisse, comme
ayant été saisies et trouvées parmi les effets des Emigrés français et niçois. L'état qu'il nous a remis ne
monte qu'à 74121. 16 s, et aucun article n'a du rapport
avec les réclamations du citoyen Valperga.
Quant à ce qui concerne personnellement le
citoyen, nous avons demandé au Ministre de l'Intérieur de vouloir bien nous dire la manière dont nous
devions l'envisager. Nous savons qu'un ordre arbi-

�— 40 —
traire de Danselme l'obligea de quitter Nice, le jour
de l'entrée des Français. Mais nous pensons aussi que
la proclamation des Commissaires de la Convention
nationale de France et le décret de celle de Nice,
concernant les Emigrés, étaient des motifs suffisants
pour le ramener à son poste et le rassurer sur les
suites de son retour. En persistant à prolonger son
absence, il s'expose à être traité comme émigré, à se
voir déclarer déchu de sa place et confisquer tous ses
biens. Telle est la disposition de la loi, et quoique
nous ayons consulté le ministre sur le cas particulier
de l'Evêque, nous prévoyons que sa réponse sera de
nous en tenir à la rigueur des lois, ainsi que plusieurs
instructions nous l'ont déjà annoncé.
Vous sentez, citoyens, que tout le mobilier de
l'Evêque doit rester séquestré jusqu'à son retour ou à
la décision du Ministre. Il peut être tranquille sur la
conservation de tout ce que nous avons trouvé en
entrant dans sa maison. Ce qui a pu en être enlevé
avant notre entrée en fonctions, est étranger à notre
gestion. Mais nous employerons tous les moyens qui
sont en notre pouvoir pour en trouver les traces, en
acquérir les preuves et en faire punir les coupables.
Les administrateurs, etc.
Archives des A.-M., Registre
suivants.

,L. 5,/°7i verso et

Lettre des commissaires de la Convention
Nationale et arrêté du Département des A. M.
Nice, le 9 Avril 1793, l'an 1 Ie de la Repu bublique Française.
« Vous voudrez bien, citoyens, en nous envoyant
les noms et prénoms de l'évêque de Nice, nous instruire officiellement d'après les "dispositions des lois,
s'il est censé démissionnaire et son siège vacant.
« Les Commissaires de la Convention Nationale
au département des A. M.
GRÉGOIRE, JAGOT (I)

(1)

Archives des A. M. L. 29 ancien. L

7

actuel.

�— 4i (i3 avril 1793)
Le Directoire ; vu la réquisition du citoyen Procureur Général sindic « Considérant que Charles Eugène Valperga, évêque de Nice, n'avait point quitté
son domicile lors de l'entrée des troupes de la République ; considérant qu'il a lui méme-accompagné les
consuls d'alors quand ils furent présenter les clefs
de la ville et inviter le général Anselme à venir en
prendre possession au nom de la République ; considérant que le général Anselme par ses ordres arbitraires et tiranniques, accompagnés même de menaces contre ses jours, l'ont forcé de s'éloigner ; arrête
qu'il ne peut le déclarer émigré, et qu'il sera répondu
aux Commissaires de la Convention nationale d'après
les principes ci-dessus.. »
Sign : PAUMÉ ; BARLI FABRI ; F. CASTKLIMARD ;
ANGLES ; BERNARDI, secrétaire général. (1)
pjj

ce

^

Aux citoyens composant le Directoire du
département des Alpes-Maritimes..
22 juillet 1793.
Citoyens,
Le citoyen Jean-Jacques Donny, soussigné, chargé
des intérêts du citoyen Valperga, évêque de Nice
absent, ayant été informé que par votre délibération
du 29 du mois passé, ledit citoyen Valperga avait été
déclaré émigré, vous représente avec tous les égards

(1) Archives des Alpes-Maritimes, Registre L,. 3, folio 101. L'Arrêté n'est pas signé par le procureur syndic Jean-François Tourre
ni par l'administrateur Jean-L,ouis de Villiers qui ne partageaient
point l'opinion de leurs collègues. A noter que Tourre était d'Antibes
et que de Viliers était un médecin français établi depuis longtemps
à Nice.
I/Arrêté fut pris malgré le réquisitoire de Tourre qui voulait
déclarer Monseigneur Valperga émigré et malgré un violent discours de Villiers soutenant la même thèse qui fut combattue par
Barli Fabri, par Castclinard et par Anglès. J'ai déjà publié in-extenso
cette délibération du 13 avril T793 au cours d'un article sur l'église
de Nice en 1792-1793 inséré dans Nice Historique du Ier avril 1903,
C'est pourquoi je reproduis ici simplement la lettre des
commissaires et l'arrêté du département.

�- 42 —
dûs au pouvoir dont l'exercice vous a été confié par
le peuple souverain que le citoyen Valperga ne peut
ni ne doit sous aucun rapport être considéré comme
émigré, par les motifs ci-après :
i° Qu'il est de notoriété publique qu'il n'a quitté
le pays que contre son gré et par ordre du général
Anselme :
2° Qu'il a constamment été disposé et a offert
de revenir dans son diocèse, moyennant qu'il ne fut
assujetti à prêter qu'un serment relatif au temporel et
non au spirituel.
3° Qu'enfin et par la raison que n'étant point
indigène, mais étranger, son séjour ici n'a été dé terminé que par sa nomination à l'épiscopat, événement casuel qui n'a jamais pu le soumettre à l'obligation de renoncer pour toujours à sa mère-patrie.
Tous ces motifs, soit qu'on les prenne collectivement ou séparément, démontrent suffisamment,
citoyens administrateurs, le droit incontestable, qu'a
le citoyen Valperga de demander et prétendre la
radiation de son nom du tableau des émigrés, et si
le ministre de l'Intérieur n'a fait aucune distinction
entre lui et les autres citoyens, c'est sans doute qu'il
a ignoré les circonstances qui vous sont exposées
ci-dessus, et notamment la dernière, car s'il les eût
toutes connues, il n'est nullement probable qu'il eût
décidé comme il l'a fait. Toute hypothèse contraire
serait une injure faite à ses sentiments et à ses lumières. Un homme tel que lui, dont les vertus civiques, le patriotisme et les talents l'ont appelé au
poste aussi honorable que pénible qu'il occupe, doit
ressembler autant que possible à la Nation pour
laquelle il agit et qui l'a honoré de sa confiance.
Cette nation est grande, généreuse, magnanime,
juste et bienfaisante.Elle ne peut qu'êtreextrêmement
jalouse de sa gloire, et l'un des principaux devoirs de
ses agents est d'éviter soigneusement d'en ternir
l'éclat.
Le refus qui serait fait de rayer de la liste des
Emigrés le nom du citoyen Valperga, refus qui entraînerait avec lui la confiscation des minces propriétés de ce citoyen, serait un acte qui imprimerait à

�-

43

-

jamais une tache ineffaçable à la gloire du nom français ; tache qui ne pourra manquer de frapper également les yeux des contemporains et ceux de la postérité ; tache enfin que les historiens ne manqueront
pas de faire ressortir par des couleurs enluminées, et
le bel effet qu'un pareil tableau produirait, citoyens
administrateurs, serait votre ouvrage.
Mais non, loin de nous, cette idée ! Vous êtes
républicains ! cela suffit. Les républicains sont vertueux. Ils aiment, chérissent, protègent, respectent
la vertu partout où elle se trouve. Et le citoyen Valperga aussi est un homme vertueux ! Qui en doute ?
Nul bon citoyen, nul honnête homme. Souvenezvous, citoyens administrateurs, que ce n'est que par
ses vertus qu'il a mérité l'amour et l'affection du
peuple Niçois et non par sa qualité d'évêque. Et plût
à Dieu que tous les ecclésiastiques lui eussent ressemblé ! La France n'eut point éprouvé d'aussi horribles secousses, pour asseoir, affermir et assurer sa
liberté.
La République a incontestablement le droit de
renvoyer hors de son sein tout individu qui ne lui
convient pas, mais en renvoyant ainsi un étranger
qui, d'ailleurs, n'a pas encouru la peine de la confiscation de ses biens, elle lui permet de les emporter ou
de les vendre et d'en emporter le produit. Tel est
précisément le cas du citoyen Valperga.
L'exposant demande en conséquence, citoyens
administrateurs, qu'il vous plaise prendre dans votre
sagesse une délibération tendante à rendre audit
citoyen Valperga sa qualité de citoyen français non
émigré, à lui accorder un délai compétent pour rentrer dans ce pays soit comme simple citoyen ou
comme fonctionnaire public et à lui assurer dans
tous les cas la restitution de ses propriétés par lui
laissées sous la sauvegarde de la loyauté française
dans la maison épiscopale, lors de sa retraite forcée,
ou la juste indemnité de leur valeur. Et sera justice.
Nice, le 22 juillet 1793, l'an second de la République française, une et indivisible.
Jean-Jacques DONNY.
l
ARCHIVES NATIONALESF/ 4.867 , dossier Valperga.

�- 44 Pièce 5.

Etat de frais de vente pour parvenir à l'inventaire
et vente des effets de l'émigré Valperga Maillone,
citoyen évêque :
5 germinal an III (25 mars 1795)
Pour une séance de trois commissaires dont un du
District et deux de la Commission municipale, fixée
à trois livres par séance par le Directoire du district
et approuvé par les Représentants du
Peuple
L.
9 »
Papier timbré tant de la minute que
des deux extraits
»12
Pour la copie desdits deux extraits . .
» 8
Droits d'enregistrement
13 10
31

2

Nous soussignés certifions le compte ci dessus véritable.
Signés : J.-B. Thomaty, comm. du dist. ; Savigny,
comm. munie. ; Mabil, comm. municip.
Frais de la vente :
Pour quatre séances de deux corn missaires dont un
du District, un de la Commis, mun. sans le membre
de l'administration fixées à trois livres par séance par
le Directoire du district et approuvé par les Représentants du Peuple .
L.
24 »
Au trompette pour publication de
quatre criées
5 »
Au crieur à la vente, quatre séances .
12 »
Aux portefaix qui ont travaillé au
transport des effets
40 »
Papier timbré tant de la minute que
de l'extrait
1 »
Bougie
3 »
Droits d'enregistrement
27 »
Papier timbré du petit état
» 4
A la femme qui a assisté à la vente
pour l'arrangement du linge
» 12
L.
Signés : J.-B. Thomaty, comm. du
district ; Savigny, comm. municip.

1

159 6

�Vu par nous, membres composant la Commission
Administrative du district et d'après l'arrêté du district, approuvé par les Représentants du Peuple et la
loi du il et 12 Mars, arrête l'état des frais ci-dessus
se montant à la somme de cent cinquante neuf livres
trente centimes, qui seront acquittés par le receveur
du droit d'Enregistrement lorsque le Département
aura vérifié ledit état.
Nice, le 29 ventôse an 3"" de la République française une et indivisible (19 mars 1795).
(Suivent les signatures).
Vu l'état des frais ci-dessus pour parvenir à l'inventaire et vente du mobilier de l'émigré Valperga
Maillone ci-devant évêque.
Vérifié et arrêté par le Directoire du district de
Nice, la Commission Administrative du département
des Alpes-Maritimes approuve ledit état et ordonne
au citoyen Maussier, receveur de l'enregistrement
cîudit district de payer aux citoyens J. B. Thomaty
et Savigny, comm. la somme de 159 livres et 30
centimes pour montant des frais pour inventaire et
vente des susdits effets de l'émigré, laquelle somme
lui sera allouée en compte.
Fait à Nice le 5 germinal an 3me républicain ( 25
mars 1795).
Etat des frais pour parvenir d la vente du mobilier de
l'émigré Charles Eugène Valperga Maillone, citoyen
évêque.
Pour trente-neuf séances de trois commissaires
dont un du District et deux de la Commission municipale, fixé à trois livres par séance par le Directoire
du district et approuvé par les Représentants du
peuple
L.
351 »
A deux portefaix, dix-neuf journées et
demi chaque fixées à cinq livres par jour.
195 »
Au trompette pour publication de
trente-neuf criées fixées à une livre cinq
sols chaque
48 r 5
Au crieur à la vente, trente-neuf séan
ces fixées á trois-livres par séance ....
117 »

711 1$

�- 4* Report
Papier timbré tant de la minute que
de l'expédition
Pour copie dudit extrait fixé à quatre
livres
Papier timbré du présent état ....
Bougie
Droit d'enregistrement
Plus deux autres journées de portefaix à cinq livres
Un paquet de plume
L.

148
4
6
421

»
4
»
»

20
5

»
»

1.182

7

Nous soussignés certifions le compte ci-dessus,
véritable.
Nice, le Ier ventôse an 3me de la République (19
février 1795).
Signés : J.-B. Thomaty, commissaire du district ;
Savigny, comm. ; Honoré Mabil, comm. municipal.
Vu par nous, membres composant la Commission Administrative, de ce District, et d'après la loi
du 11 et 12 Mars 1793 (v. s.) et l'arrêté de cette
Commission approuvé par les Représentants en date
1^ Fructidor, oui l'agent national, arrête l'état des
frais se montant à onze cent huitante deux livres et
trente cinq centimes qui seront acquittés par le
receveur de l'agence de l'enregistrement sur le produit de la vente desdits meubles, lorsque le Département aura vérifié ledit état.
Nice le 29 ventôse an 3me de la République
française une et indivisible (19 mars 1795).
(Suivent les signatures).
Vu l'état des frais ci-dessus pour parvenir à la
vente du mobilier de l'Emigré Valperga Maillone cydevant évêque.
Vérifié et arrêté par le Directoire du district de
Nice.
La Commission administrative du département
des Alpes-Maritimes, approuve ledit état et ordonne

�— if au citoyen Maussier, receveur de Penregistrement
dudit district de payer aux citoyens J.-B. Thomati,
Savigni et Honoré Mabil, commissaires, la somme de
mille cent quatre vingt deux livres trente cinq centimes pour montant des frais de la vente des susdits
effets de l'Emigré. Laquelle somme lui sera allouée
en compte.
Fait â Nice le 5 germinal an 3me républicain (25
mars 1795).
Arch. des A. M. L. 15 ancien p. 44-45 N° 34-35

Actes de Notoriété
Pièçe g

1-2-fructidor an III
18-19 août 1795
EGALITÉ, LIBERTÉ

AU NOM DE LA LOI
Ce jourd'hui, premier Fructidor, l'an troisième
(18 août 1795 de la République française, une et indivisible, à Nice, chef-lieu du département des AlpesMaritimes, par devant Nous, Antoine Gautier Juge de
paix de la Ier, 2m" et 3me section et officier de police,
est comparu le citoyen Pierre Joseph Passeron, natit
tic la commune de Contes et habitant en celle de Nice
depuis plusieurs années.
Lequel en sa qualité de procureur du citoyen
Charles Eugène Valperga de Maillone, évêque de Nice,
subrogé par le citoyen Nicolo Giorni, homme de loi,
procureur spécial et général établi (par acte reçu) par
le notaire Pierre Joseph de Bernochio, le 20 Juillet
dernier (v. s.) qu'il présente, légalisé par le résidant
de la République de Gênes auprès de la Cour de Turin, dont il résulte le pouvoir donné au citoyen Giorni, de subroger en son lieu et place, avec tous les
pouvoirs compris au dit acte, et il présente au surplus l'acte de sa dite subrogation faite par le même
citoyen Giorni, reçu en la ville de Gênes le premier

�- 48 du mois d'août dernier (v. s.) par le notaire Antoine
Baglietto, légalisée par le consul de la République
française.
Il expose que le vingt neuvième jour de septembre
de l'année 1792, l'armée de la République, étant arrivée en cette ville, commandée en chef par le citoyen
général d'Anselme, lorsque ce général, vers le soir,
fut arrivé et il eut pris son logement dans la maison
habitée par le ci-devant consul de la République Le
Seurre, ledit citoyen Evêque Charles Eugène Valperga de Maillone s'y étant présenté, ledit général d'Anselme, en présence de tout son Etat-Major, lui signifia
d'abord de devoir partir de cette ville. Sur quoi le
dit évêque ayant répondu qu'il avait cru de pouvoir
continuer sa résidence en cette ville et tellement l'avait cru, qu'il n'avait jamais pensé de distraire et en
faire partir le moindre de ses meubles et effets, qu'il
avait dans la maison d'habitation de l'tvêque et que
si absolument il lui ordonnait de partir, il le priait de
lui accorder la sauvegarde sur tous lesdits effets et
meubles. Le dit général d'Anselme lui répliqua qu'il
dut absolument partir de cette ville, en ajoutant que
le plus tôt en serait le mieux, et qu'à l'égard de ses
meubles et effets qu'il avait, il les mettait dès ce ino
ment sous la sauvegarde et loyauté de la Nation française et qu'il pouvait en être tranquille, après quoi ledit
évêque Valperga de Maillone, tout tremblant, ayant
dit qu'il allait se conformer dès le lendemain au matin à ses ordres, se retira ; ledit général d'Anselme
lui ayant encore répliqué : le plus tôt sera le mieux.
Et comme il importe audit citoyen évêque Valperga de Maillone de constater le fait ci-dessus expo"sé, suivi en présence de tout l'Etat-Major dudit général d'Anselme et de plusieurs citoyens de cette commune, l'exposant, en sa dite qualité vous présente les
citoyens Pierre Le Seurre, ci-dessus nommé, ci-devant
consul en cette ville de la République, le citoyen Honoré Saissi de cette commune qui pour lors était second consul de la même commune, le citoyen Philippe Emmanuel Féraudi qui pour lors était secrétaire de
Ìa même commune et le citoyen Ange Giraudi aussi

�- 49 de cette commune, pour recevoir leurs dépositions
sur ledit exposé et vous fait instance que de tout lui
soit concédé acte, ce que nous lui avons accordé, et a
signé.
PIERRE JOSEPH PASSERON.

Et de suite se sont présenté les susnommés
citoyen Le Seurre, natif de Craon, âgé de 75
ans, bourgeois, le citoyen Saissi, âgé de 70 ans,
négociant, Emmanuel Feraudi, âgé de 68 ans, notaire, Ange Giraudi, âgé de 63 ans, négociant,
natifs et domiciliés dans cette commune, auxquels
après avoir fait lecture dudit exposé fait par ledit citoyen Pierre Joseph Passeron, en sa dite qualité, les
avons interpellés sur serment que leur avons fait prêter, conformément à la loi, de nous dire en leur âme
et conscience si tous les faits énoncés dans le même
exposé sont de leur connaissance et tous les quatre ont
répondu et attesté tant uniment que séparément en
être pleinement informés, s'y étant trouvés présents,
et que le tout contient la vérité, toute la vérité et
rien que la vérité. En foi de quoi ils ont signé :
LE SEURRE, HOSORI'J
SAISSI, PHILIPPE EMMANUEL FÉRAUDI,
ANGE

GIRAUDI.

Et nous, juge de paix, vu les dépositions ci-dessus, avons de tout concédé acte au susnommé citoyen
Pierre Joseph Passeron en sa dite qualité, pour lui
servir et valoir dans tous les cas, à ce que de droit et
de raison. Fait à Nice, l'an et le jour que dessus.
GAUTIER, juge de paix.
BONIFACI, sec. greffier.
Vu par nous, membres du District de Nice, 3 vendémiaire an IV rép. 25 sep. 1795, TOSELLI, JN COPPON
fils, VÉRANI pr. syndic, SAYTOUR Martin.

�— 5o —
EGALITÉ, LIBERTÉ.

AU NOM DE LA LOI
Ce jourd'hui. second jour de Fructidor de l'an 3
août 1795) de la République française une et indivisible, à Nice, chef-lieu du département des AlpesMaritimes, par devant nous, Antoine Gautier, juge de
paix de la iere, 2M* et 3ME section et officier de police,
est comparu le citoyen Pierre Joseph Passeron : natif
de la commune de Contes et habitant en celle de Nice
depuis plusieurs années
Lequel en sa qualité de procureur du citoyen
Charles Eugène Valperga de Maillone, évêque de
Nice, subrogé par le citoyen Nicolo Giorni, homme
de loi, procureur spécial et général établi (par acte
reçu) par le notaire Pierre Joseph de Bernochio, le 20
Juillet dernier (v. s.) qu'il présente, légalisé par le résidant de la République de Gênes auprès de la Cour de
Turin, dont il résulte le pouvoir donné au citoyen
Giorni, de subroger en son lieu et place, avec tous les
pouvoirs compris audit acte, et il présente au surplus
l'acte de sa dite subrogation faite par le même citoyen
Giorni, reçu en la ville de Gênes le premier du mois
d'août dernier (v. s.) par le notaire Antoine Baglietto,
légalisée par le consul de la République française.
Expose : Primo, que le matin du trente septembre 1792, le citoyen Charles Eugène Valperga de
Maillone, évêque de Nice, en partant de cette ville
avec deux domestiques à sa suite, qui portaient un
paquet et quelques effets, fut arrêté à la porte qui conduit en Piémont, ci-devant nommée porte Victoire,
et conduit au vestibule de la maison presque attenante
à ladite porte, appartenant au citoyen Dominique
Castellinard, où se trouva le citoyen Joseph Castellinard, fils dudit Dominique, et malgré que ledit Evêque Valperga déclara aux soldats de la Garde de la
dite porte qui étaient des Marseillais, que c'était en
conséquence d'ordre qui lui avait été signifié par le
citoyen général d'Anselme qu'il partait de cette ville,
lesdits soldats commencèrent par le malmener et lui
(19

�signifier qu'ils voulaient le pendre et ayant ouvert
ledit paquet et y ayant trouvé entre autres effets, une
ceinture d'évêque, ils déterminèrent, à l'instant, de le
pendre avec ladite ceinture, et ayant essayé si la même
était assez forte pour le soutenir, en la préparant, elle
se fit en lambeaux, de façon qu'ils vérifièrent qu'elle
ne pouvait leur servir et demandèrent audit Joseph
Castellinard fils une corde, pour pendre ledit évêque,
à un grand anneau de fer qui était au plafond dudit
vestibule, servant â y passer une verge de fer pour
peser les marchandises, et ledit citoyen Castellinard
fils, leur ayant absolument refusé de leur donner de la
corde, en s'excusant qu'il n'en avait point, comme
dans tous ces entrefaits ledit évêque se trouve mal et
ne peut plus se soutenir, ledit Castellinard fils lui fit
apporter une chaise, par sa servante à qui quelques
uns de ces soldats donnèrent des coups de poing pour
avoir porté ladite chaise et le même Castellinard le
fit ensuite asseoir sur ladite chaise, en le soutenant,
parce qu'il ne pouvait se soutenir droit ; d'autant plus
qu'en attendant, lesdits soldats marseillais lui disaient mille exécrations, lui crachaient dessus et lui
donnaient des soufflets, et assurément ils l'auraient
fini, si dans cet intervalle un de ses domestiques
n'avait été dire au citoyen général d'Anselme ce qui
venait d'arriver, et ledit domestique étant venu avec
un billet dudit général d'Anselme qui ordonnait à la
garde de le laisser partir, puisque c'était de son ordre,
en conséquence de ce billet lesdits soldats marseillais
se bornèrent pour lors à lui dire et crier mille invectives et injures et le laissèrent partir, ce que ledit
évêque, malgré qu'il ne pût se remuer, à l'aide de ses
domestiques fit au mieux possible en tremblant, de
façon qu'il doit son existence au refus ferme et déterminé que ledit citoyen Castellinard fils leur fit de
leur donner une corde, sans quoi avant l'arrivée du
dit domestique portant l'Ordre du général d'Anselme, il aurait été pendu et étranglé.
Secondoque lefaitci-dessusfut d'abord public et notoire, de notoriété publique dans cette ville et encore
plui le lendemain premier octobre, puisque les autres

»

�— 52 —

soldats de la Phalange Marseillaise, arrivés sur le soir
dudit jour trente septembre, d'abord après leur arrivée
cherchèrent l'évêque qu'ils voulaient le lanterner et
mettre en pièces, comme ils s'expliquèrent hautement,
ce qui joint au fait arrivé dans ledit vestibule de la
maison Castellinard, étant devenu d'une notoriété publique donna l'épouvante à tous les gens honnêtes du
pays, qui disaient que le citoyen général d'Anselme en
ordonnant audit évêque de partir, en mettant sous la
sauvegarde de la Nation française ses meubles et ses
effets, avait voulu le sauver.
Et comme il importe audit citoyen Passeron, exposant en sa dite qualité, de constater par témoins le
fait ci-dessus exposé, il nous présente ledit citoyen
Joseph Castellinard fils de Dominique de cette commune, âgé de 21 ans, de profession, négociant, qui se
trouva présent au fait énoncé dans le Ier article de l'exposé ci-dessus, et au surplus informé de la notoriété
des faits énoncés au second et dernier chef, de ladite
exposition et il nous présente les citoyens Jean-Jacques Donny, natif de Neufchâtel en Suisse, âgé de 39
ans, de profession, négociant ; Joseph Poullan, natif
de Clavesana, en Piémont, âge de 48 ans, négociant ;
Jacques Gerbin, âgé de 60 ans, tailleur, Jean-Marie
Thaon, âgé de 56 ans, négociant, natifs et tous domiciliés en cette commune pour déposer sur ladite
notoriété énoncée dans ledit second fait exposé, pour
recevoir leurs dépositions, et nous fait instance que de
tout lui soit concédé acte, ce que nous lui avons accordé et a signé.
Pierre-Joseph PASSERON .
Et de suite se sont présentés les susnommés citoyens Joseph Castellinard, Jean-Jacques Donny, Joseph Poullan, Jacques Gerbin, et Jean-Marie Thaon,
ci-dessus qualifiés, auxquels après avoir fait lecture
dudit exposé fait par ledit citoyen Passeron, en sa
dite quálité, les avons interpellés sur serment, que
leur avons fait prêter, conformément à la loi, de nous
dire en leur âme et conscience, si tous les faits énoncés dans le même exposé sont de leur connaissance,

�- 53 et ledit citoyen Joseph Castellinard a répondu et
attesté en être pleinement informé pour avoir été
présent au fait exposé dans le i" article de ladite exposition, et pour avoir publiquement entendu dire les
faits énoncés dans le second chef qui était en cette
ville notoire de notoriété publique et lesdits citoyens
Jean-Jacques Donny, Joseph Poullan, Jacques Gerbin,
Jean-Marie Thaon, ont répondu et attesté tant uniment que séparément être pleinement informés de
l'énoncé dans le second chef de ladite exposition,
puisque les faits y énoncés étaient notoires, de notoriété publique en cette ville, et tous lesdits citoyens
ont respectivement attesté pour ce qui les concerne
que tout contient la vérité, toute la vérité et rien que
la vérité. En foi de quoi ils ont signé : Joseph Castellinard fils,Jean-Jacques Donny, Joseph Poullan, Jacques
Gerbin, Jean-Marie Thaon.
Et nous, Juge de paix, vu les dépositions ci-dessus,
avons de tout concédé acte au susnommé Pierre Joseph Passeron en sa dite qualité pour lui servir et valoir dans tous les cas, à ce que de droit et de raison.
Fait à Nice l'an et jour que dessus.
GAUTIER,
BONIFACI,

juge de paix.
sec. gref.

Vu par nous, membres Du district de Nice, le 3
vendémiaire anIV rep. (25 sept. 1795).
Jn. COPPON fils, VÉRANi, pr. syndic, TOSELLI, Saytour
MARTIN.

Arch. Nat. F

7

4867 *

�54 -

PÉTITION au DISTRICT de NICE
et AVIS de ce DISTRICT
ÉGALITÉ,

LIBERTÉ

5 vendémiaire
27 septembre 1795 an IV
AUX

CITOYENS ADMINISTRATEURS
DU DISTRICT DE NICE

Le citoyen Pierre Joseph Passeron, natif de la
commune de Contes, habitant en celle de Nice depuis plusieurs années.
Vous expose en qualité de procureur du citoyen
Charles-Eugène Valperga de Maillone, évêque de
Nice, subrogé par le citoyen Nicolo Giorni, homme
de loi, son procureur spécial et général fondé par acte
reçu dans la ville de Turin par le notaire PierreJoseph de Bernochio, le 20 juillet dernier (v. s) légalisée par le résident de la République de Gênes, près
la Cour de Turin, duquel il résulte le pouvoir donné
audit citoyen Giorni de subroger en son lieu et place
avec tous les pouvoirs compris dans le même acte,
qui se trouve copié mot pour mot dans celui de la
subrogation faite par le même citoyen Giorni, reçu
en la ville de Gênes le Ier du mois d'août dernier
(v. s* par le notaire Antoine Baglietto, légalisée par
le consul de la République française, le 13 Thermidor dernier (3 1 Juillet 1795), qu'il vous exhibe qu'étant arrivé dans cette ville le vingt-neuvième jour
du mois de septembre de l'année 1792, l'armée de la
République française, commandée par le citoyen général en chef d'Anselme lorsque celui-ci y fut arrivé
le soir et eut pris son logement dans la maison d'habitation du citoyen ci-devant consul de la République
Le Seurre, ledit évêque Charles-Eugène Valperga de
Maillone, s'étant présenté, le même général d'Anselme
lui signifia d'abord en présence de son Etat-Major de
partir de cette ville, sur quoi ledit évêque lui répondit qu'il avait cru pouvoir continuer sa demeure dans
cette ville et qu'à cet effet il n'avait jamais pensé de

Pièces 7 et 8

�- 55 distraire, ni faire partir le moindre de ses meubles et
effets qu'il avait dans la maison d'habitation de
l'évêque, que si absolument il lui ordonnait de partir,
il le priait de lui accorder la sauvegarde pour tous ses
dits effets et meubles, ledit général d'Anselme lui
répliqua : Le plus tôt sera le mieux, ce qui tout est
constaté par les attestations ci-jointes du premier et
second jour de fructidor dernier qu'il vous présente
également.
Qu'il résulte aussi par lesdites attestations, que
ledit évêque Valperga de Maillone fut forcé par ledit
général d'Anselme de partir de cette ville que tous
ses meubles et effets fussent mis sous la sauvegarde de
la Nation française et qu'étant parti le lendemain 30
dit septembre, il risqu'à d'être pendu ef étranglé paties soldats de la Phalange Marseillaise qui se trouvaient de garde à la porte ci-devant dite Victoire, ce
que tout fut d'abord notoire et de notoriété publique
dans cette ville.
Vous observe que ledit évêque Valperga est natif
du Piémont où il se retira et que s'il a résidé dans
cette ville, ce n'a été que pour raison de son ministère, que tout cela nonobstant il a été porté sur la liste
des émigrés, a été vendu la plus grande partie de ses
meubles et effets, et cela même nonobstant la préalable réclamation que le citoyen Jean-Jacques Donni,
chargé des intérêts dudit évêque avait fait à l'ancien
département par sa pétition du 22 juillet 1793 (v. s)
qui existe dans les Archives de ce district, résultant
ainsi que tout cela a été fait et opéré contre le droit des
gens et la sauvegarde de la loyauté française qui fut
promis audit évêque.
En conséquence, l'exposant demande en sa dite
qualité de procureur dudit citoyen évêque CharlesEugène Valperga de Maillone la radiation de son
nom de la liste des émigrés, la levée des scellés, la
restitution de ses propriétés et l'indemnité de celles
qui ont été distraites et vendues au nom de la Nation,
et sera justice.
(21 août 1795).

�- 56 Nice le 4me jour de Fructidor de l'an 3me de la
République française une et indivisible.
Signé : Pierre-Joseph PASSERON.
Vu la pétition ci-dessus du citoyen Pierre-Joseph
Passeron présentée au nom et comme procureur subs
titué du ci-devant évêque de Nice, Charles-Eugène
Valperga tendante à obtenir la radiation de son nom
de la liste des émigrés, la levée du séquestre et remission de ses effets restant ainsi que l'indemnité de
ceux qui ont été distraits ou vendus.
Vu une première pétition présentée à l'ancienne
administration du département par le citoyen JeanJacques Donni, au nom du citoyen Valperga en date
du 22 juillet 1793 tendante aux mêmes fins.
Vu la procuration en date du premier août 1793
(V. s.) faite à Gênes, par devant le notaire public Antoine Baglietti, légalisée par le Consul de la République française y résidant, ainsi que l'acte de procuration y inséré, en date du 20 Juillet 1795.
Vu l'attestation de quatre témoins faite avec serment par devant le juge de paix de la 1", 2"", 3me section de cette commune, en date du 1" Fructidor dernier '18 août 1795).
Vu autre attestation de cinq témoins faite par
devant le susdit Juge de paix, le 2 dit fructidor, aussi
sous serment.
Considérant que par la première des 2 attestations il est pleinement prouvé que le vingt-neuvième
septembre 1792, aussitôt après l'entrée de l'armée
française dans cette commune, le sus-nommé évêque
Valperga s'étant présenté au général d'Anselme qui
la commandait en chef, celui- ci lui ordonna d'abord
en présence desdits témoins et de tout l'Etat-Major.
u'il n'avait qu'à partir de la ville, et malgré que le
it évêque lui observa qu'il avait cru de pouvoir y
rester tranquillement et qu'à cet effet il n'avait fait
partir aucun de ses effets et meubles, le général lui
répliqua de partir absolument de la ville, en ajoutant
que le plus tôt serait le mieux, l'ayant assuré qu'à

a

�-5;l'égard de ses meubles et effets de sa maison, il les
mettait dès ce moment sous la sauvegarde et loyauté
de la Nation française et qu'il pouvait en être tranquille.
Considérant qu'il résulte par lesdites attestations,
et il est prouvé que l'évêque Valperga, d'après les
ordres précis et réitérés du général d'Anselme, partit
le lendemain 30 septembre de cette ville.
Considérant que par la susdite attestation du deux
Fructidor il résulte que l'évêque Valperga, au moment de son départ de cette commune, ayant été arrêté à la porte qui conduit au Piémont, par les soldats
qui y étaient de garde, lesquels tentèrent de le pendre,
il évita la mort par les soins du citoyen Joseph Castellinard, un des déposants, et il ne fut laissé libre que
d'après un billet du général d'Anselme, qui ordonnait à ladite garde de le laisser partir, puisqu'il s'en
allait de son ordre
Considérant que tous ces faits sont devenus de notoriété publique dans cette commune, dès le même
jour 30 septembre et Ier octobre suivant, ainsi que
quatre témoins l'ont attesté.
Considérant que le citoyen Valperga ne s'est absenté de cette commune et ci-devant Comté de Nice
que d'après les ordres du général d'Anselme auquel il
témoigna son regret.
Considérant que le départ du citoyen Valperga
ayant été forcé il ne peut pas être qualifié d'émigration.
Considérant que son intention de rester dans cette
commune est d'autant plus constatée, que le citoyen
Valperga a été le seul fonctionnaire public, il soit
resté à son poste, n'ayant soustrait aucun des meubles
et effets de sa maison, lesquels ont été ensuite distraits
et vendus par la Nation.
Considérant que le citoyen Valperga ne peut être
non plus considéré comme réfractaire aux lois de la
République, tandis qu'à l'époque de son départ de cette
commune, aucune loi de la République, surtout à
l'égard des ecclésiastiques, n'y avait été encore publiée
à laquelle eut pu contrevenir.

�— 58 —
Considérant que le citoyen Valperga ne pouvant
être considéré ni comme émigré, ni comme réfractaire, ne pouvait être privé de ses propriétés laissées
dans cette commune lors de son départ, sous la sauvegarde de la loi et de la Nation française qui lui fut
accordée par le général d'Anselme, et qui étant digne
de la loyauté de cette Nation, ne pouvait être violée
sans blesser le droit des gens.
Considérant au surplus, que le citoyen Valperga,
originaire piémontais, ne faisait sa résidence à Nice,
qu'à raison de son épiscopat, ce qui ne donne qu'une
résidence easuelle, et que sous tous les rapports, il
n'a cessé d'être étranger à l'égard du pays de Nice et
de la France.
Considérant que l'article 6, section deux, N° 2 de
la Loi du 25 Brumaire (15 novembre 1794) en déclarant émigrés les citoyens domiciliés dans le cidevant comté de Nice, qui sont sortis depuis le 27
septembre 1792, n'a point porté atteinte au droit des
gens dans la personne de l'étranger, qui se trouvait
dans ce même pays, où il n'aurait pas établi son vrai
domicile.
Considérant que le citoyen Valperga, qui avait été
forcé par le gouvernement de partir de Nice, n'a dû
plus y revenir dans le terme même prescrit par les
lois aux citoyens de la ci-devant Comté de Nice,
puisqu'il ne devait point imaginer qu'il fut compris
dans l'invitation, malgré qu'il ait été porté sur la
liste des émigrés.
Considérant que ce nonobstant, lorsqu'il sut qu'il
avait été porté sur la liste des émigrés de cette commune, s'est empressé de présenter sadite pétition
du 22 Juillet 1793 dans laquelle il demanda non seulement la radiation de son nom de ladite liste, mais
encore un délai convenable pour rentrer dans cette
commune, soit comme simple citoyen, ou comme
fonctionnaire public, ainsi que la restitution de ses
propriétés par lui laissées sous la sauvegarde de la
loyauté française dans la maison êpiscopale lors de sa
retraite forcée, ou une juste indemnité de leur valeur.

�- 59 Considérant finalement que,d'après toutes les circonstances sus-ênoncèes, aucune loi concernant les
émigrés ne peut être applicable au citoyen Valperga,
et que toutes celles qui pourraient le regarder relatives au séquestre des biens appartenant aux habitants
des pays en guerre avec la République française ont
été rapportées par le décret du 14 Ventôse dernier
(4 mars 1795). •
Le Directoire du district de Nice, oui le procureur syndic, est d'avis que le citoyen Charles-Eugène
Valperga ci-devant évêque de Nice ne doit point être
considéré émigré.
Qu'il doit être rayé de la liste des émigrés, que le
séquestre apposé sur ses propriétés doit être levé, qu'il
doit être réintégré dans la possession et jouissance
d'iceux, que tous receveurs ou dépositaires doivent
lui restituer les sommes qu'ils ont perçues, résultant
du produit desdites propriétés et qu'il doit recevoir
la juste indemnité des meubles et effets qui seraient
passés au profit de la Nation.
Fait à Nice, dans la salle des séances le 5me Vendémiaire an 4me républicain (27 sept. 1795). Signé
Saytour Martin. Verani,
procureur syndic, Angles v. prés.
Touzelly. Jn Coppon fils.
Enregistré au feuil. 20 registre des prévenus
d'émigration et signé BARRAIA, commis greffier.
Certifié conforme par nous Ve président et secrétaire du district Jn COPPON Fils V,-PRÉSIDENT
BARRAIA Cis greffier.
A rch. Nat. F 7 4867

2

�— 6o —

Pièce 9.

LIBERTÉ (vignette) ÉGALITÉ
BUREAU DES
ÉMIGRÉS

Extrait des registres des délibérations et arrêtés de
l'Administration Centrale du département des Alpes Maritimes.
(2

juin 1797)

Séance du quatorze Prairial an 5mf de
la République française une et indivisible.
Sur le rapport d-e la pétition présentée par le
citoyen Pierre Joseph Passeron, procureur fondé de
Monsieur Charles Valperga, ci-devant évêque de
Nice, dans laquelle il expose que ledit Charles Valperga n'a jamais dû être atteint des lois relatives à
l'émigration, soit qu'on le considère comme parti en
suite d'une force majeure, soit en sa qualité de piémontais et demande en conséquence la radiation de
son nom de la liste des Emigrés, sa réintégration
dans la possession et jouissance de ses propriétés et
une juste indemnité, des meubles et effets qui sont
passés au profit de la République.
L'Administration Centrale du département des
Alpes-Maritimes, considérant que M. Charles Valperga, comme piémontais, n'habitant Nice que pour
cause de son emploi, n'aurait jamais dû être porté
sur la liste des émigrés du département.
Que le seul motif qui a pu déterminer le général
d'Anselme à lui ordonner de partir de la ville de
Nice, ne peut avoir été que la susdite qualité de
piémontais.
Considérant enfin, que comme sujet du roi de
Sardaigne, il est dans le cas de jouir de l'article i,r
de la loi du quatorze nivôse an troisième, (} janvier
1795), ainsi que de l'article neuf de la loi du trente
Floréal an quatrième, (19 mai 1796).
Arrête, oui le commissaire du Directoire Exécutif
que le nom de Valperga, ci-devant évêque de Nice,
qui se trouve inscrit sur la liste des émigrés, sera

�— 6i —

provisoirement rayé ; que tout séquestre qui pourrait
avoir été mis sur ses biens sera levé, qu'il sera réintégré dans la possession et jouissance de ses propriétés,
et que toutes les sommes versées dans les caisses publiques, lui seront rendues, déduction faite des frais
faits conformément aux lois.
Fait et arrêté* en séance publique le jour, mois et
an que dessus.
Signé : Donny, président Payani, fils, Scudéry,
Oberti, Hancy (et en marge Gastaud commissaire
du Directoire Exécutif).
Certifié conforme à l'original par nous président
et secrétaire de l'Administration centrale du départemeni des Alpes-Maritimes.
DONNY, président
BELMONDI, sec. chef au bureau des émigrés.
Arch. Nat. F 7 4867 2

ACTE DE CAUTIONNEMENT
Pièce 10.

11 fructidor anV (2&amp; août 1797)
LIBERTÉ ÉGALITÉ
Ce jourdTiui 11 fructidor an 5 de la République
française une et indivisible (28 août 1797) par devant nous, membres composant l'Administration
centrale du département des Alpes-Maritimes, est
comparu le citoyen Joseph Passeron, natif de Contes,
chef-lieu de canton, domicilié dans cette commune,
procureur fondé de Monsieur Charles Valperga, cidevant évêque de Nice, en vertu d'acte de procuration du 20 juillet et premier août 1795 (v. s.) lequel
en sadite qualité, dépendamment à l'arrêté de cette
administration du quatorze prairial an cinq (2 juin
1797) portant que le nom de Valperga, ci-devant
évêque de Nice, sera provisoirement rayé de la liste
des émigrés, que tout séquestre qui pourrait avoir
été mis sur ses biens sera levé, qu'il sera réintégré
dans la possession et jouissance de ses propriétés, et

�— 62 —

que toutes les sommes versées dans les caisses publiques lui seront rendues, déduction faite des frais
faits, conformément aux lois, désirant de se conformer au porté par l'article 3 de la loi du 5 Brumaire
an 3 (26 octobre 1794) qui exprime que les prévenus
d'émigration seront tenus de donner caution solvable de la valeur mobilier, et ne pourront obtenir
leurs immeubles jusqu'à ce qu'il ait été définitivement statué sur leurs réclamations par qui de droit,
toujours en sa dite qualité a présenté pour caution le
citoyen François Grosson, marchand drapier de cette
commune, lequel ici prése.it et acceptant, s'oblige
conjointement et solidairement avec ledit Valperga
et pour celui-ci ledit Joseph Passeron, et sous l'hypothèque de tous leurs frens présents et à venir, à l'entière exécution de ce qui les concerne en la susdite
loi, et à la représention des mobiliers, effets et sommes à percevoir en dépôt que besoin sera, et quant
aux mobiliers invendus et en dépôt seront soumis
d'en représenter la valeur à laquelle seront estimés
par experts, préalable rémission.
Et nous, administrateurs susdits approuvant lesdits
cautionnement et acte de soumission, à la réquisition
dudit citoyen Joseph Passeron, avons dressé le présent acte que toutes les parties ont signé avec nous,
ayant au préalable fait renoncer audit François Grosson au droit de premier convenir.
Fait à Nice les jours, mois et an que dessus.
Joseph

PASSERON,

François GROSSON,
prés., PAYANY FILS,
MARUN-SAYTOUR, sec. en chef

HANCY, DONNY,
P.

Acte original sur timbre de 20 centime*.
Arch. Nat. F

7 4867^

�— 63 -

CONCLUSION

Il était avéré pour tous, dans la ville de Nice, que Mgr
Valperga était parti contre son gré et si la première Administration départementale, installée au mois de Mai 1793,
l'avait inscrit sur la liste des émigrés de Nice, c'était à la
suite d'une réponse faite par le ministre de l'Intérieur, Garât,
aux questions à lui posées par le Directoire des Colons Marseillais sur la conduite à tenir vis-à-vis de l'évêque.
Les questions avaient été envoyées à Paris, vers la fin
de Février 1793, et la réponse du ministre ne parvint à Nice
qu'au milieu de juin suivant, soit quelques jours avant la
publication de la liste des émigrés. Les réclamations de
l'évêque, retiré à Turin dans sa famille, furent présentées
le 22 juillet 1793 (1) ; mais comme beaucoup d'autres, elles
s'entassèrent dans les bureaux du Département, qui n'y
répondit même pas.
Cette réclamation fut présentée au nom de l'évêque par JeanJacques Donny au Département. lîlle figure en original au dossier
Valperga.
Voir ci-dessus.
Le registre des délibérations du département manque aux Archives pour les derniers mois de 1793, exactement du Ier mai au 10
Novembre, comme pour les six derniers mois de 1797 et l'année entière de 1798, exactement du 8 Messidor an V (26 Juin 1797) au 25
Pluviôse an VII (13 février 1799).
C'est-à-dire pour les deux périodes les plus troublées et cette
disparition est tout au moins étrange.
Elle doit être vraisemblablement attribuée à certains hommes
politiques désireux de laisser dans l'oubli leur conduite durant ces
deux époques.

�- 64 On était dans la période la plus aiguë et, en pleine
Terreur.
Après le 9 Thermidor et, surtout après la venue à Nice
du représentant Beffroy, au mois de Floréal, an III (Mai
I795)»
les esprits devinrent plus calmes, les administrations plus pondérées. C'est alors que, sur de nouvelles demandes présentées au District, et sur avis favbrable de
celui-ci, le département des Alpes-Maritimes accorda à Mgr
Valperga sa radiation provisoire, le 14 Prairial, an V (2 Juin
1797). Comme on le voit, l'affaire avait traîné en longueur.
Il semblait alors que rien ne s'opposait plus à la rentrée
de l'évêque : le 11 Fructidor, an V (28 Août 1797), le Département avait agréé la caution de François Grosson (1) ;
les biens de l'évêque allaient lui être rendus, et il pourrait
rentrer.
Mais huit jours après, le coup d'Etat du 18 Fructidor (4
septembre 1797) remettait le pouvoir aux mains des Jacobins, la guerre aux émigrés et aux ecclésiastiques, en particulier, reprit avec âpreté. Pe département des Alpes-Maritimes se vit accusé d'avoir préparé une rentrée triomphale à l'évêque, son arrêté du 14 Prairial resta sans effet
et, en vertu de la loi du 19 Fructidor (5 septembre), les
scellés furent de nouveau apposés sur les biens de Mgr Valperga par deux commissaires municipaux (2).
En vain, l'évêque de Nice, fit intervenir auprès du Directoire Balbi, l'ambassadeur du Roi de Sardaigne à Paris,
le dossier de sa demande en radiation fut examiné sans
aucune bienveillance.
(1) L/Acte original de ce cautionnement sur timbre est aux
Arch. des Alp.-Maritimes Q. 10.
(2) Mise de scellés sur les biens de Charles Eugène Valperga par
deux commissaires de la municipalité de Nice. Une scéance, 6 livres.
Dépense approuvée par le Département, en Germinal an VI (avril
1798). Arch. des A. M. Q. 11.
Mgr Valperga ne possédait à Nice aucun immeuble et il devait
rester fort peu de chose de son mobilier après la vente qui en avait
été faite en Ventôse an III. La bibliothèque de l'évêché avait été déclarée bien national et la caisse diocésaine avait disparue en octobre 1792
sans laisser de traces dans les pièces administratives. Le séquestre
a été apposé sur les biens de nombreux émigrés rayés provisoirement.
On peut en voir la liste aux Archives des A. M. Q. 10, où Valperga
figure sous le N° 65.

�- 65
Á la suite de la lettre de Balby datée de Paris le 7 février
1798, le ministre de la police demanda à ses Bureaux un
rapport sur l'affaire Valperga. Pe voici tel qu'il se trouve
en minute au dossier.
Attendu que rien ne tend à constater le prétendu ordre
de quitter Nice, d'où il suit qu'il faut en croire sur parole
l'émigré.
Qu'à raison de son domicile, il était tenu de rentrer sur
le territoire dans les délais voulus par les lois.
Qu'il est atteint par la déchéance et n'a réclamé que
l'an V.
Qu'il ne paraît pas y avoir lieu de violer la loi en faveur
de cet ex-évêque dont la rentrée prohibée par la Constitution serait d'une influence dangereuse.
J'estime qu'il y a lieu à proposer la maintenue sauf
à prendre des renseignements si toutefois on les trouve
indispensables.
CAIGNART,
Sous-chef (2e Bureau).
En tête de cette minute est écrit :
« Je pense qu'il y a lieu à instruction et à prendre
des renseignements près les Administrateurs du département_des Alpes-Maritimes. »
Signature illisible (1).
Ces renseignements furent-ils demandés ? C'est probable et cela explique que bien des pièces du dossier Valperga sont en double expédition. Plus d'une année s'écoula
encore, avant que fut prise une décision et finalement sur
un rapport défavorable de la Commission d'examen instituée près le Ministère de la police pour l'étude des demandes en radiation, le Directoire exécutif signa le 7 Floréal
an VII, (26 avril 1799) un arrêté qui maintenait définitivement, sur la liste des émigrés, Mgr Valperga et annulait
toutes les décisions rendues antérieurement, en sa faveur,
par les. autorités locales.
(1) Arch. Nation. F 7 4862 2 dossier Valperga. Rapport de la
3 me Division du Ministère de la police, sans date mais joint à la
lettre de Balbi.
»

�- 66 -

Varrêté du Directoire parvint à Nice les premiers
jours de Prairial an VII (Mai 99) et fut immédiatement
mis à exécution. (1).
*

* *

Ainsi donc Mgr Valperga expulsé ne put jamais obtenir
de rentrer, les lois sur l'émigration étaient tellement embrouillées et tyranniques qu'une fois inscrit sur une liste
d'émigrés, il était extrêmement difficile de s'en faire rayer
malgré toutes les démarches ; car on se heurtait sans cesse
à des questions de forme et de procédure ce qui permettait
à la malveillance de s'exercer tout à fait à l'aise sous le
couvert de la légalité.
A. J.

PvANCE-BOURREY.

(1) De 21 Floréal an VII (10 mai 1799), il fut communiqué
par le ministre de la police générale de la République aux diverses
administrations intéressées et aux Commissaire du Directoire exécutif
près le département des Alpes-Maritimes. Celui-ci par lettre du 3
prairial (22 mai 1799) demanda au Département de le transmettre
à la Municipalité de Nice, ce qui fut fait le même jour avec ordre
de le transcrire sur ses registres, de faire apposer les scellés ou séquestre sur tous les biens meubles et immeubles de l'évêque si ce
n'est déjà fait, et de mi notifier sans délai la décision prise à son égard.
Voir lettre du Département à la Municipalité, celle du Commissaire au Département, 3 Prairial an VII avec la réponse du Département 4 Prairial.
Arch.. des A. M. Q. 1 et 2 et Arch. Nationales, dossier Valperga,

�NIÇA LA BELLA
VERS DE /.

Giordan,

su

DE CARTA POUSTALA

Ai rai dôu nouostre bouon soulèu
Venon s'escaufar toui lu lùssi ;
Es un meravihous tablèu,
Ai rai dôu nouostre bouon soulèu,
Trouvas, dou Var fin au Castèu,
Anglés, Rouman, Danesi, Rùssi :
Ai rai dôu nouostre bouon soulèu
Venon s'escaufar toui lu lùssi.
Pèr tu, as touti li bèuta,
Terra de lus e d'alegria,
D'un ciel d'azur, as la clartà,
Pèr tu, as touti li bèuta.
De l'univers, en verità,
Siès la uechièma meravia ;
Pèr tu, as touti li bèutà,
Terra de lus e d'alegria.
Dintre lou tèmp, Semiramis
Faguet basti, à Babilouna,
Pu siéu jardin, vèr paradis !
Soubre Paioun, degun s'estouna
De vèire, ancuèi, lou paumoulié
Drissar au ciel la siéu coulouna
E lou galofre, e l'anemouna
Flouri emb'au pourtegalié.
De bouon matin, quitant maioun
Pèr la journada touta'ntiera,
S'en va lavar, dintre Paioun
Pa bugadiera.
D'un glourious passat es fiera
Perqué, d'un tèmp, sus lou bastioun
Au Turc, arranquèt la bandiera
Pa bugadiera.

�fet 68 —

Sau de fouora fa freï,
Que brima,
A Niça, sus lou Quèi,
Si rima.
Pescadou, fourestié,
De la mar bressarella,
Escouton voulountié
Pa doussa cantinella.
L'AVOUCAT

PATTA

L'estudi de l'avoucat Patta es en plen aria ; si tèn lou matin
couma lou predinà su la plaça dôu Palai. Es un ome pichounet,
touplen raplot, li pocha enfli de papiè de touta mers. En lu vièi
quartiè es proun counouissut e li capelada, « Bouonjou Moussu
l'Avoucat », noun li mancon. Es ben m'ai juge, proucuradou, etc.
Lu siéu ounourari soun bouon pati e n'a de preferença pèr
qu si sigue. Parla au premier maufatan vengut, couma se fousse
un agnèu que vén de naisse ; lou créancier o lou débiteur soun
tratat su lou même pen... basta que mouson...
L'avoucat Patta es de noutarietà reputat pèr un ome judicious, òunest — au noun si flata de l'estre au jou d'ancuei ; —
finda counouisse, es en relacioun d'afaire emê de gros persou nage que dintre la finança dôu siéu coumerce, soun quasi d'usurari. Sau menajar la cabra e lou caulè ; e pèr que la mouneda
noun li escapa si desbrouïa e si mete dôu cousta dôu manche...
d'aquéu que casca lou de mai...
Acò fa que toui lu matin que lou Bouon Diéu a fach, la siéu
doumestica mete toujou quaucaren au fuec. Lou dimeneghe, coum'un bouon crestian, — tartufaria que lou pauva, — va audi la
gran'messa à Santa Réparada, fa la siesta e à la calada dóu soulèu,
passeja su lou Cours, pastrouia, fa lu cent pas, noun parla que de
lei, proucès, citacioun, ensin alestisse lou travail dôu dilun...
Lendeman empastra ben d'afaire, mete facilamen en lou sac
Moussu Tout'Un emé Moussu Tout'Autre... En éu que li pòu
faire ?... lança dapertout lou broumech, tant pis pèr aquéu que si
laissa agantar. Quaranta sóu es lou près d'atac e vous pregui de
crèire que douna pas la siéu journada pèr doui o tres escut.
L'avoucat Patta counouisse l'usança dôu païs... s'avès touort,
vous rouïa, s'avès pi rasoun, v'espia... Que voulès aima manjar
lou pei, lou pei que noun aiguë d'espina...
JULI EYNAUDI.

�-«9VA

MAU ! !

Va màu, cresé-vous, que va màu 1
En l'orizoun lou voile negre
N'es qu'un gran camp cargat de pebre,
Qu'à pala lou jeten davan,
Avuglan finda lu cavau 1
Lu canoun soun su li frountièra,
Alignât couma de barriera,
N'esperon plus que lou signàu !
Lou soulèu, aquel animàu !
Stan, noun vòu levà la vela,
Si foundon couma des candela
Enb'aquèu coust dôu diàu !
Le Giacouuda à cóu de d/stràu
Li fan petà li sièu moulura...
Ah ! dèu faire bella figura
Se l'an foutuda en quauqua tràu
Lou pan crèise, finda la sàu,
Lou sucre dintre li boutiga
Mounta ben mai que de boufiga !
Van jusque crèise lou rampàu
E la pèu que fau lou tambau ;
Metran de drech su li nourriça,
Su lu chichi, su li saucissa,
Perqué pas soubre lu magàu ?
E lou Prussian, marrit bertàu,
Noun sabon fa que de babïa,
Per lou Maroc e l'Algèria,
Se faran mètre lou mourràu !
Li serreren toui lou pourtàu
E pi veiren touta la França
Davan la sieù grossa arougança
Se noun si sau garda li clàu !
Es de rima d'un manechàu,
Ma sien d'estiéu, vesin, vesina,
Li passeres en la resina
Avant que vegon l'espitau !
CHARLES CIAUDO

�Valère Bernard
Tout en heurtant le marteau contre la porte de M. Valère
Bernard je songeais. Je me suis complu dans le plus souriant
mépris des idoles. L'ironie a tremblé sur mes lèvres quand
la Provence a dans un ravissement de joie acclamé le poète de
Maillanne. Cette mascarade d'apothéose me répugnait.
Et maintenant la curiosité me fourvoyait dans le studio
d'un consciencieux artiste que les felibres couvraient de gloire.
Elève de Puvis de Chavannes M. Valère Bernard pasticha le
Maître. Mais vite il eût l'intuition qu'à se perdre dans les sentiers
battus il courrait risque de compromettre son crédit. Il dit
adieu à Paris et vint dans Marseille, l'opulente cité.
A cette époque vivait un exquis écrivain, J. Lombard. Il venait de publier deux œuvres d'une grandiose beauté, VAgonie et
Bysance. Dans un style étrangement tourmenté il contait les
luttes entre les factions d'Orient, illuminant son œuvre des
splendeurs bysantines.
Valère Bernard vit Jean Lombard, et du même coup les belles
au bois qui dormaient en son âme s'éveillèrent. Il délaissa les
études académiques, les pastiches sans vie, et d'ardentes couleurs
chargèrent ses toiles.
Voici le triomphe des rois Babyloniens. Sur les voûtes d'un
palais impérial passent des gardes étincelants dans la pourpre et
la soie. L'or envahit les hautes colonnes de jaspe bleu. Involontairement on pense aux fantastiques demeures hantées par des
fées émeraudes et des princesses aux perversités troublantes.
Et je m'imagine que le peintre était sous le charme de la
légende quand il a peint cette courtisanne qui sourit à son miroir tout en jouant négligeamment avec sa chevelure d'or. Et
puis passent Venise la rouge, Marseille enveloppé dans la poussière d'or du crépuscule, des motifs à la Watteau peints par un
bysantin, toute une apothéose.
Mais une idée m'obsède, tandis que dans la grise clarté d'un
soir automnal s'éteignent les fauves éclairs jaillis de ces radieuses
toiles. L'idéalisation du passé me paraît cruelle. Les générations
endormies dans la Mort ont eu leurs misères/leurs rancœurs, je
pense qu'il est absurde de s'écrier avec Musset « qu'aux temps
jadis tout était heureux jusqu'aux douleurs humaines. » En vain
l'apostat s'attriste-t-il sur les vieillards immortels de l'antique

�- 7i

—

lonie, â ses oreilles résonnent les paroles de l'Hiérophante : « La
Helladi que tu aimes n'a jamais existé ».
Mais M. Valère Bernard brise ma rêverie, et mes yeux se
portent.sur des portraits appendus au mur. Profils d'espagnol ou
d'américain mitigés d'espagnol, comme on en croise maintes fois
sur la Cannebière.
Homme universel ne puis-je m'empêcher de m'êcrier. M.
Valère Bernard sourit. Il siérait dit-il, à mi voix, de se développer en profondeur. Toutefois il est beau de se dire sur le
tard de sa vie que l'on a fait vibrer toute son âme. Ici le maître
rejoint Néron. Il m'aide à comprendre cet inquiétant empereur.
Mais encore faut-il que tout en étant l'homme universel on ne
sombre pas dans la banalité. De méchantes œuvres d'art peuvent
avoir leur prix.
Une idée se lève devant moi. Labruyère me petsuade que
l'honnête homme de Pascal propre à tout en définitive n'est propre à rien. La spécialisation inintelligente, mène à l'erreur, j'en
conviens, mais en fait elle est une loi générale.
Et ceci est pour me plaire, car j'abhorre dissiper mon énergie,
j'aime le repliement, la frissonnante pudeur qu'effarouche les
vaines ostentations. Je goûte les peintres du passé et malgré ma
philosophie j'adore les peuples disparus. Volontiers j'implorerai
avec la Cassandre de Schiller la cécité, l'exquise cécité. Le sou
venir a plus de puissance sur moi que l'espoir.
Et sous des deux gris, en des pays étrangers désolants de
médiocrité, il m'est arrivé de pleurer plus amèrement que ne
pleura Xerxès aux rives d'Abydos.
J. PADOVANI.
PROUVERB1, BOUOI MOT, COUNSÈU E DICH
Vèuva que si marida,
Dèu perdre la lus e l'audida.
Fiha madura,
Lou pouorta à la centura.
En cuntant su lu det :
Aquéu a fa l'óu ;
Aquéu l'es anat cercar,
Aquéu l'a fa cuèire,
Aquéu l'a manjat,
E lou pichoun n'a ren tastat !

�— 73 —
LE

DÉSESPOIR

Oui, j'ai la mort dans l'âme ; oui, je monte au calvaire ;
Mon horizon, hier si beau, s'est obscurci ;
Je hais tous les devoirs et tout ce qu'on révère :
Mieux vaut mourir que vivre ainsi !
Puisque je n'y puis rien ; que la raison humaine
Ne gagne plus un cœur où mon cœur est entré,
Je veux briser mes jours comme on brise une chaîne
Et m'enfuir en désespéré.
Qu'est-ce donc que la mort ? C'est la paix éternelle,
C'est un beau drap de fleurs sur mon sein endormi,
C'est la nature calme, auguste et solennelle
Qui nous prête un repos ami.
O nature de Dieu contemple ma détresse !
Ecoute tout mon sang dans mon cœur s'épancher
Et, puisque je n'ai plus le lit de ma maîtresse,
C'est au tien que je veux coucher ;
C'est toi la grande mère et la nourrice immense !
L'homme au sort le plus âpre et l'homme au sort plus beau
Retrouvent dans ton sein leur part de ta clémence :
L'un l'amour, l'autre le tombeau
Tu sais, toi qui vois tout, ce qu'ici bas je souffre,
Que je n'ai point béni l'instant de mon réveil
Et que j'ai regardé, toujours, du fond du gouffre,
Les bords ou brillait le soleil ;
Que je n'ai bu jamais que dans la coupe amère,
Que le seuil du bonheur me fut toujours fermé,
Que j'ai perdu mes fils, que j'ai perdu ma mère
Et tous les cœurs qui m'ont aimé !
Maintenant je m'en vais, battant du front, comme ivre,
En proie à ce grand deuil qui me courbe en vainqueur,
Et je veux déchirer ma vie, avec le livre
Des chastes sanglots de mon cœur ;
Et toi, rayon divin, génie, ardent délire,
Flambeau qui n'iras plus briller sur son autel,
Eternise du moins ces larmes de ma lyre
Et que mon cri soit immortel !
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Noumbre d'or...
13
Mars
Epato (Grégori)
Il
Jun
Cicle soulari
17 Setèmbre
Endicioun roum
10 Desembre
Letra doumenicala
G F
LI QUATRE

8,
7,
20,
20,

10
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22

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11
10
23
23

SESOUN

Lou printèms coumença lou 21 mars
L'estiéu
—
— 22 Jun
L'autoum
—
— 24 sept,
L'iver
—
— 22 dés.

à 6.55 m.
à 2.36 m.
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à 11.53 m.

dôu sera
dôu sera
dôu matin
dôu sera

FESTA MOUBILI

Septuagesima... 12 Fébrié
Cendre
21 Febrié
Pasca
7 Abrieu
Rougacioun 21, 22, 23, 24 Mai
Ascensioun
16 Mai

Pantecousta
Trinità
Festa de Diéu
1" Dimenegue de
Ie* Desémbre

26 Mai
11 Jun
15 Jun
l'Avènt

LU ESCLISS!

Souliu.

—

ij Abriéu. — Esclissi annulari e coumplet visible

à Paris, en America, en Europa et dintre lou N.-O. de l'Africa.
Coumençamen de l'esclissi à 10,01 dôu matin ; finisse à 1,08
dôu sera.
10 Otitoubre. — Esclissi coumplet invisible à Paris, visible
dintre l'America dôu Sud.
Luna. — 1" Abrièu. — Esclissi parciella visibla à Paris. Entrada de la luna dintre l'oumbra, 9.26 dôu sera; sourtida, 11.03
dôu sera.
26 Setèmbre. — Esclissi parciella, invisibla à Paris, visibla
dintre l'Océan Pacifique.

Jîla providence, %ue de la Préfecture /4, $run, Siàraire

�LU

VÉNT

Lu vènt que souflon à Niça, dintre lou cours de l'armada,
soun au nombre de 16. Vequi li siéu denouminacioun courènti,
pihadi, en general, dai loucalità dei quali parèisson vèni :
Sud
Miejon
Nord... Tramountana
S.-S.-O. Miejou Lebech
N.-O.-E. Grek Tramountana
S.-O
Lebech
N.-E... Grego
O.-S.-O Pounèut Lebech
E. N .E. Levant
Ouest. Pounènt
E.-N.-E. Levant
O.-N-O.V Pounènt Maistràu
E.-S.-E. Levant
N -O . Mastràu
S.-E.... Siroco, vènt marin
N..-N. OMaïstràu Tramount
S.-S.-E.. Miejou Siroc

6
15
25
14
31
24

VIGÍLIA — JEUNI
Abriè
(Pasca, 7 Abrièu).
Mai
(Ascensioun, 16 Mai).
Mai
(Pantecousta, 26 Mai).
Avoust
(Assoumpcioun, 15 Avoust).
Outoubre (Toui lu Sant, Ier Nouvembre).
Desembre (Calena, 25 Desembre).
L'AN NADA RELIGIOUSA

LI FESTA MOUBILI E LI FESTA FISSI
Janvt'è
jYlars
1 Circouncisioun.
1 e 2 Quatre Tèms.
6 Epifania (lu Rei).
3 Reminiscere.
13 Bateja de J.-C.
10
Oculi.
14 Sant Noum de Jesu.
17 Lœtare.
fébrié
24 Passioun.
2 Puriflcacioun.
29 Li 7 Doulou.
4 Setuagesima.
31 Lu Rampàu.
6 Festa de la Pr. de N. S.
11 Sexagesima.
Jîbriéu
13 Coum. de la Passioun.
5 Divendre Sant.
18 Quinquagesima.
7 Pasca.
21 Cendre.
14 Quasimodo.
25 Quadragesima.
28 Patrou. de San Joúsè.
28 Quatre-Tèms.

�Setembre
3 Inv. de la Santa Crous.
13, 14, 15, Rougacioun.
16 Ascensioun.
26 Pantecousta.
29-31 Quatre-Tèms.
1
2
6
9
21
24
29

Quatre-Tèms.
Trinità.
Festa de Diéu.
Festa dôu S. Sacramen.
Sacrat-Couor de'jesu.
Natività de S. jouan-Bat.
SS. Peire e Paul.

8 Natività de la Vierge.
14 Esaltacioun de la Crous.
15 N.-D. dei 7 Doulou.
15 San Noum de Maria.
18, 20, 21, Quatre-Tèms.
29 Dédie, de S. Miquèu.

Ôutoubre
6
13
20
27

Sant Rousari.
Maternità de la Sta Vierge.
Puretà de la Santa Vierge.
Patrounage de la S. Vierge.

J/ouvembre

Juliet
2 Visitacioun de la S. V.
7 Precious Sang.
16 N.-D. dôu Carme.

Jîvoust
6 Transfiguracioun.
15
18
25
25
29

Assoumpcioun.
S. Joachim.
S. Couor de la Vierge.
S. Louis.
Decolac. de S. Jouan-Bat.

1
2
3
21

Toui lu Sant.
Lu Mouort.
Santi Relíquia.
Present, de la Sta Vierge.

2&gt;esembre
1 Avent.
8 Imaculata Councepcioun.
18, 20, 21, Quatre-Tèms.
25 Calena.

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DÉCIMALISATION

DU

TEMPS ET DES

ANGLES

LA MONTRE DÉCIMALE
Par J. de REY-PAILHADE, président du Comité
pour la propagation des méthodes Décimales.
Le Club Nautique de Nice a offert plusieur fois en prix des
montres décimales aux régates'de 1909. Il était utile de décrire cet instrument, d'y joindre des tables pratiques et des
formules à l'usage des ingénieurs, des sportsmen, des médecins, etc. etc.
DÉCIMALISATION DES ANGLES •
Il est aujourd'hui démontré que la division décimale du
quart de cercle facilite tous les calculs.
Les nouvelles cartes géographiques sont graduées exclusivement dans ce système, devenu officiel en France et dans
d'autres pays. On possède toutes les tables pratiques nécessaires à son essai courant. Nous ne nous étendrons pas
davantage sur cette méthode aujourd'hui enseignée dans les
lycées et collèges.
Nous rappellerons seulement que M. l'amiral Germinet,
membre d'honneur du C. N. N., sous la direction duquel on
fit en 1899 et 1900 des essais de navigation avec un matériel
entièrement décimal, a émis un avis très favorable à la
réforme décimale.
DÉCIMALISATION DU TEMPS
La division décimale du jour décrétée le 4 frimaire an II
rendra aussi de grands services à la science et aux sports.
Principe. — On divise le jour entier en 100 parties égales
appelées cés ; le cé est subdivisé en décisés, ceniicès et millicés
Le cé vaut 14m 24s ou 1T4 d'heure environ ; le décicé est égal
lm 26s 4 ou lm Ij2 environ ; le millicé vaut 0S 864 ou 9T10 de
seconde environ.
Concordance des Temps. — On parvient assez vite à dire
instantanément l'heure à 1 ou 2 minutes près en regardant le
cadran d'une montre décimale. Il suffit d'apprendre par cœur
les concordances décimales de toutes les heures.
0,0
0
50,0

4,2
1
54,2

8,3
2
58,3

12,5
3
62,5

16,7
4
66,7

20,8
5
70,8

25,0
6
75,0

�25,0
6
75,0

29,2
7
79,2

33,3
8
83,3

37,5
9
87,5

41,7
10
91,7

45,8
11
95,8

50,0
12
100,0

Les heures sont au milieu, les concordances des heures
du matin en haut, celles du soir en bas. Ainsi 10 heures du
matin valent 41.7 cés (énoncer 41 cés 7 décicés) et 10 heures
du soir valent 91,7 cés.
Gomme 1 cé vaut presque lj4 d'heure et un décicé une mi •
nute 1]2 ; en partant des concordances du tableau, on dit
l'heure instantanément, ainsi 39,9 cés valent 9 h. 36 m. du
matin. Un ou deux jours suffisent pour atteindre ce résultat.

Description de la montre décimale ou cémètre. — Il y a 3
aiguilles centrales se mouvant sur un cercle divisé en 109
parties égales, numérotées de 0 à 9. Le 0 cé est en bas, c'est
l'origine des temps, car on suppose la Terre au centre du
Cadran.
L'aiguille dorée avec un soleil ne fait qu'un tour par jour ;
l'aiguille épaisse en acier bleu tourne 10 fois par jour, et la
trotteuse fine fait 1000 tours par jour.
L'aiguille-soleil montre la position de l'astre du jour par
rapport au méridien de Paris, qui va du centre au chiffre 5.

�10 —
Les quatre traits bleus indiquent les positions de cette aiguille
à minuit en bas sur 0 ; — à tì h. du matin au milieu entre 2
et 3 ; — à midi, en haut, sur le 5 ; — à 6 h. du soir, entre 7
et 8.
L'aiguille dorée du soleil indique le chiffre des dizaines
de cés, 2 sur le dessin ; l'aiguille épaisse donne d'abord le
chiffre des cés, 6 sur le dessin, et en comptant rapidement à
l'œil le rang de la division entre 6 et 7, on voit, que cette aiguille marque 3 décicés. Le temps du dessin est donc 26,3
cés correspondant à 6 h 20 m. du matin environ. L'aiguille
trotteuse donne les millicés 83. Le temps est donc 26,383
cés.
» Pour la vie courante, on n'a pas besoin d'aller au delà du
clécicé. On lit les milticés pour les applications scientifiques
et sportives.
Le temps en millicés lu sur le cêmèire facilite tous les calculs, car on n'a jamais de réductions à faire.
Examinons le problème des vitesses a l'heure : Les millicés multipliés par 0,00024 donne des heures et fraction décimale d'heure. Ainsi Ì2345 millicés valent 12,345 -f- 24 =
2 h. 9628.
Par conséquent si L est la longueur parcourue et M le
temps en millicés, la vitesse est

ou t

+ 4166,66...

Ces quelques exemples démontrent que la montre décimale simplifie tous les calculs sans exception.
Les rapports de MM. les délégués officiels aux essais de
la montre décimale faits à Nice, par le Club Nautique, le 26
février 1911, concluent unanimement à la supériorité de cet
instrument pour les usages scientifiques et sportifs.
M. Prim, astronome à l'Observatoire de Nice, représen
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D.
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Q,
L.
Q.
L.

lu 8, à 7
lu 14, à H
lu 22, à 7
lu 30, à 10

SOULÈU.

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6
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dil. S. Apoulinari
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dim. S. Pèire
9
dim. S. Guiermo
10
dij S. Teodose
11
div. S. Arcada
12
dis. Sta Verònica
13
Dim. S. Ilari
14
dil. S. Maurici
15
dim. S. Ounourat
16
dim. S. Antoni
17
dij. Sta Angela
18
div. S. Sulpici
19
dis. S. Bastian
20
Dim. Sta Agnesa
21
dil. S. Vincènt
22
dim. S. Raymound
23
dim. Sta Jacinta
24
dij. Conv. de S. Pàu
25
div. S. Poulicarpa
26
dis. Sta Devota
27
Dim. Sta Paula
28
dil. S. Francès S.
29
dim.
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dij.
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TRIMESÏRÍ;

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Genevieva
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dim. Sta Marfina
dim. S. Peire N.
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lu 13, à 11 oura 38 m.
lu 21, à 4 oura 44 ui.
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dij. S. Ignaci
div. La Candeliera
dis. S. Blasi
Dim. Setuagesima
dil. SS. Vinc.Oronte
dim Sta Agata
dim. Sta Dorotea
dij. S. Romuald
div. S. Jouan-Matha
dis. Sta Apoulounia
Dim. Sexagesima
dil. Sta Eulàlia
dim. S. Gregori
dim. Sta Eufrasia
dij. S. Onesime
div S. Dounat
dis. S. Simeoun
Dim. Quinquagesima
dil. S. Gabin
dim. Dimars-Gras
dim. Li Cendre
dij. S. Silvan
div. S. Maxime
dis. S. Pascase
Dim. Quadragesima
dil. S. Nestor
dim. S. Leandri
dim. Sta Nourina
dij. S. Nymphas

Plueia de febrié
A la terra vau fumiè.

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NICE

MARS
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P. Q.
P. L.
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Sta Cunegonda
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Ocali
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S. Gregori
Sta Eufrasia
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S. Acepsima
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S. Apien
S. Jôusé
S. Joachin
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S. Turibe
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7 Dim.
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12 div.
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16 dim.
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18 dij.
19 div.
20 dis.
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23 dim.
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lu 21, à 10 oura
lu 28, à 7 oura
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11 dis. s. Bounifaci
12 Dim. s. Jouan lou S.
13 dil. s. Pouon, m.
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20 dil. s. Felis.
21 dim. s. Bernardini
22 dim. s. Julia
23 dij Rogaeioun
24 div. s. Vincen, d. L.
25 dis. S. Urbin
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27 dil. S. German
28 dim. S. Cirile
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30 dij. S. Sylve
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30 Dim.

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à 11 oura 4 s.
à 10 oura SI s.
à 9 oura 51 s.
a
2 oura 20 s.
L. * 34'

C. 8 1!"

S. Potin
Trinità.
S. Quirin
S. Francès C.
S. Lié
Festa de Dieu
S. Lié
Quatre-tèms
S. Optat
Sta Margarida
S. Barnabe
S. Antoui de P.
S. Basilio
S. J.-F. Régis
S. Moudeste
S. Lambert
Sta Olga
S. Gervai
Sta Juliena F.
S. Louis de G.
S. Paulin
Sta Maria d'O.
S. Jouan-B.
S. Prousper
S. Alban
S. Cresen
s. Iréné.
s. Pèire
s. Pàu
s. Tibàu

En Jun
De tres abit l'un

Dégustez tous le vrai

NICE

—

BLANQUI &amp; FRACCHIA
— Usine au Pont-Magnan

—

NICE

�— i4 —

TROISIÍ)MK

AVOUST

JULIE T
P.
P.
D.
N.

lu 3, a 10 mira 20 m.
lu 11, à 1 cura 53 s.
Il 19, a o oura 31 m.
lu 25, a 9 oura 12 s.
SDULÈU. - - L. 4 35' — C. 8 22'

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L.

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dim.
dim.

S. Thierry
Vierg.de li Gracia
S. Anatole
S. Pèire de L.
S. Sisoès
S. Elie
Sta Babeta
S. Efrein
Sta Felicita
S. Pio
S. Jouan G.
S. Gene
S. Jaque
Festa Naciounala
S. Enri
N.D.d.M. Carmel
Sta Marcelina
S. Frederic
S. Vincen de P.
Sta Margarida
S. Vi loiSta Maria-Mad.
S. Apoulinari
Sta Cristina
S. Jaque
Sta Anna
S. Pantaleoun
S. Samsoun
Sta Marta
Sta Giulieta
S. Gnaci de L.

Au mes de Juliet
Ni frema ni coulé.

TBIMËSTRÎ;

I1. Q. lu 2, a 0 oura 29 m.
P. L. lu 10, a 3 oura 58 m.
D. Q. l»i 17, a 1 oura 1.1 s.
N. L. lu 21, a 5 oura 14 m.
IV Q. lu 31, &amp; 5 oura 21 s.
souLÈu, —1.5 or -j&gt;. 8 or

dij.
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0 dis.
4 Dim.
5 dil.
6 dim.
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8' dij.
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S. Pèire-aï LS. Alfonso
Inv. de S. Estève
S. Domenica
N. D. dei Nèu
Trausf. de J. C.
S. Gaétan
Sta Batilda
S. Camila d. L.
S. Là u ren
S. Septima
Sta Clara
Sta Filoumèna
S. Ousèbi
Asoumpcionn
S. Roc
S. Mamès
Sta Elena
S. Ipoulita
S. Bernar
Sta Chantai
S. Pio V
S. Filipe B.
S. Bartoumiéu
s. Louis, r. F.
s. Seg'oundo
s. Cesari
s. Goustin
s. Mederic
Sta Rosa
S. Fiacre

F.n . ivoast
Figa e moust

wmmm mm

SBTÈMBRE
P. !.. lu 8, a' 4 oura 57
D. Q. lu 15, a 6 oura î&gt;l
N. L. Ju 22, a 3 oura 37
P. Q. lu 30. a 0 oura 08
SOULÈU. - - 1. 5 47V— c.

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S. Gili
S. Estève R.
Sta Eufemia
Sta Rosalia
S. Làuren J.
S. Pambon
S. Grat
Natiu, di' la V.
S. Oumer
S. Xicola
S. Félis
S. Veran
S. A nié
Es. (1. l.S. CtQUS
S. Nicomède
S. Conrneilla
S. Lanbert
S. Tournas V.
S. Janvié
S. Euslache
S. Matiéu
S. Maurici
Sta Tecla
S. Girar
S Firmen
S. Nil
S. iN'icandre
S. \\ inceslas
g. Miquèu
S. Jeromo

Lima setembrina
De mai clarina

MOT »

GRANDE MARQUE RECOMMANDÉE

s
:
s
s
7'02'

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Qüa.TRIÍJMí)
OUTOUBRE
P.
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lu 8,
lu 15,
lu 22,
lu 30,

SOULÈU, — 1.

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oura 46 m,
oura 09m;
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— c.

6 06*

TRIMESTRE

NOUVÈMBRE
P. L. lu
6,
D. Q. lu 43,
N. !.. lu 20,
Q.
lu 29,

r.

SOULÈU. - -

1.

a
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4 oura 48
8 oura 20
9 oura 49
2 oura 42
14'

—

c.

5 03'

1 dim. Rosari
1 div. Tout lu Sant
2 dim. S. ■ Léger
2 dis. Eu Mouorl
3 dij. S. Rosari
S. Ubert
4 div. s. Francès d'A. 43 Dim.
dil. S. Carlo B.
5 dis. s. Placido
5 dim. Sta Bertila
6 Dim. s. Bruno
6 dim S. Leounar
7 dil. s. Serge
dij. S. Nestou
/
8 dim. Sta Reparada
8 div. Lu Quatre Incou.
9 dim. S. Denis
9 dis. S. Teodore
10 dij. s. Francès B. 10
Dim. S. Jacintou
11 div. s. Tarasco
11 dil. S. Martin
12 dis. s. Counrad
12 dim. S. René
13 Dim. s. Edouard
13 dim. s. Stanislas
14 dil. s. Calisio
14 dij. S. Pantena
15 dim. Sta Teresa
15 div. Sta Gertruda
16 dim. S. Ospici
16 dis. S. Edme
dij.
17
Sta Edvija
17 Dim. S. Gregori
18 div. S. Luc
18 dil. S. Alfè
19 dis. S. Pèi re
19 dim. Sta Babeta
20 Dim. S. Agrico)
20 dim. S. Edmon
21 dil. Sta Ursula
21 dij. Présent, de la V.
22 dim. S. Filip
22 div. Sta Cecilia
23 dim. S. Teodoret
23 dis. S. Clemen
24 dij. s. Mairloire
25 div. ss. Crespin-Cr. 24 Dim. Sta Flora
26 dis. s. Jouan de K. 25 dil Sta Catarina
26 dim. Sta Pel fina
27 Dim. s. Frumence
27 dim. S. Maxime
28 dil. s. Alfredo
28 dij. S. Sostène
29 dim. s. Narcisse
29 div. s. Saturnin
30 dim. s. Marcel
30 dis. s. Andrièu
31 dij. s. Siri
En ùuloubre
\loii ponorc goûta loti rùare

Tonssan ientra
St A n'driéu lou souorte

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DESÈMBRE

s.
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s.
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JACK

P. L .
D. Q.
N. L.
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lu 12,
lu 20,
lu 28,

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1
2
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Dim.
dil.
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dis.

8 Dim.
9 dil.
10 dim.
11 dim.
12 dij.
13 div.
14 dis.
15 Dim.
16 dil.
17 dim.
18 dim.
19 dij.
20 div.
21 dis.
22' Dim.
23 dil.
24 dim.
25 dim.
26 dij.
27 div.
28 dis.
29 Dim.
30 dil.
31 dim.

1.

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3 oura
m.
6 oura 46 s.
4 our;i 40 s.
7 OUI;L 48 s.

7 54' — c.

A vent
Sta Bibiana
S. Francès X.
Sta Barba
S. Bassi
S. Nicola
S. Anbrosi
Imac. Conception
Sta Leoucadia
Sta Eulàlia
S. Damase
Sta Rosélina
Sta Lucia
S, Niçoise
S.
S.
Sta
S.
S.
S.
S.

Mesuiin
Adon
Olimpíada
Gatien
Ciprian
Filogone
Tournas

S. Onourat
Sta Vitòria
Cacha-fuec
Calèna
S. Estève
S. Jouan
SS. Inoucent
Sta Eleonora
S. Sabîn
S. Sàuvestre

Calena aufuec,
Pasca àu j'aèc.

sin -

GRANDE MARQUE RECOMMANDÉE

4 35

�- i6-

�- 17

-I

CROUNICA NIÇARDA
L'ABADÏA DE SAN POUON.— L'ABAT RANCE-BOURREY.
GLOFFREDO.

—

—

PÈIRE

A PREPAU DOU DIALETE NIÇART.

Ben qne pareissènt tardié, VArmanac Niçart s'empressa de
pourtà la siéu febla vous su tout cen que enteressa lou païs, sigue
au pounch de vista istoria loucala, pouesia, tradicioun, sigue
tamben su la taquinanta questioun dóu dialete niçart souvenri
fès pauvada e su la quala lu escritour mouderne soun luen d'estre
d'acordi.
Parlerai finda de M. l'Abat Rance-Bourrey, un beneditin qne
despi quauque an en ça mete à prouflt la siéu erudiciou n a nen
revelà de fach d'istoria inedieh. Se quauqu'un mérita d'estre
laudat es ben éu ; es en éu que VArmanac Niçart tressa la
pamoula de sapiença. En esprimant la nouostra recounouissença,
à l'Abat Rance-Bourrey, fen cen que touplen an denembrat,
vouoli dire de courounà lu siéu travail, frucha de ben de recerca,
dai quali obra sian fier d'avé prestat la prima ajuda. Pouden cità :
lou Discours sur le Monastère de Sainte-Claire de Nice, par Honoré
Pastorelli, publié d'après l'édition originale de Turin 1608, avec
une introduction et des notes ; — "Le Général J.-B.-M. D'Anselme" (Notices biographiques (1740-1792). E aquest'an
l'istorien nen douna — toujou de prima man — YExpulsion de
Mgr Valperga, evesque de Niça, au tèms de la Revoulucioun,
travail anoutat de peça curiouvi que sian urous de pouder metre
souta lu uès dei nouostre letour.
*
* *
Lou fach de l'annada, lou mai marcant, es estat aquéu de
l'Abadïa de San Pouon. Parlon de tout destruge pèr li basti an
siéu luec un espitau Pasteur... UArmanac Niçart es pas Penemic
dóu prougrès, ni men encara dei Bei-Art, ma si fa lou pious dever
de jougne lu siéu esfouors en aquelu dei siéu councitadin quo
l'istoria dóu passat passiouna, pèr que l'Abadïa de San Pouon
sigue counservada e classada couma mounumen istorique. En la
circonstança feliciti M. l'Abat Rance-Bourrey que mé rasoun s'e.s
demoustrat l'ardènt defensour autourisat que counouissen. La
siéu paràula es estada escoutada e lou Préfet de li Alpa-Maritima,
8

'

�— i8 M. de Joly — respetuous dei nouostri tradicioun — en ortie
avertit a proumès que l'Abadïa de San Pouon seria respetada e de
lèu si crusià pèr lou siéu classamen tra lu mounumen istorique.
Dóu resta vequi ce que l'Abat Rance Bourrey nen di su San
JPouon. Counsignen religiousamen li siéu paràula :
« L'Abbaye de Saint-Pons est le plus ancien monument relitgieux existant dans le Comté de Nice. Il y a dou^e cents ans que
sSiagrius y fonda un monastère. L'histoire de ce monastère est
jintimement liée à l'histoire religieuse, civile et économique de la
iville de Nice.
;
« Ce fut à Saint-Pons qu'en 1388 fut'signé l'acte réunissant
le Comté de Nice au Comté de Savoie. Les abbés de Saint Pons
ifurent pris dans les principales familles du Comté : les Badat, les
tLaugery, les Provana, les Lascaris, les Grimaldi, les Martelli, les
;Tournefort, etc. Plusieurs évêques de Nice furent abbés de Saint[Pons, en particulier Barthélémy Chuet (fin du xve siècle) et Jean
, Uriole, son successeur. Un autre abbé, Claude de Seyselle, fut
,évêque de Marseille, puis archevêque de Turin ; d'autres furent
cardinaux, tels Innocent Cibo, neveu d'Innocent VIII et de
f
;Léon X, et Paul Medeci de Cesis dont on voit encore l'inscription
(funéraire à Sainte-Marie-Majeure, à Rome.
:
« A la fin du xvir siècle, l'abbé de Saint-Pons était Pierre
•Gioffredo, le savant historien niçois. Enfin, un abbé de SaintiPons dont les Niçois n'ont pas encore perdu le souvenir, était
(l'abbé Spitalieri de Cessole qui a doté sa ville natale d'un établissement de bienfaisance si justement apprécié. La plupart des
pbbès de Saint-Pons et plusieurs évêques de Nice ont été enterrés
dans l'église ou sous le cloître et dorment aujourd'hui confondus
avec les moines leurs frères qui depuis dix siècles y sont enterrés.
« Les monuments funéraires ont disparu. Le temps a tout
(nivelé à Saint-Pons, singulièrement aidé cependant par la main
ides hommes. On connaît les dévastations commises par
Iroupes de François Ier et de Barberousse, plus tard par celles d
Catinat et par d'autres encore. Après chaque désastre, SaintPons a retrouvé une nouvelle vitalité et il y a à peine trois quarts
de siècle que Mgr Galvano y a fait d'importantes réparations.
;
« Saint-Pons n'est pas seulement une page de l'histoire de
notre pays, c'est un gros volume de cette histoire ; les Niçois
laisseront-ils dire qu'ils sont restés indifférents devant le danger
qui menace Saint-Pons ? Non, ils feront tous leurs efforts pour

�— 19 -

sauver de la destruction un monument qui doit leur être cher...
Je demande d'urgence le classement de l'Abbaye de Saint-Pons,
c'est-à-dire de l'Eglise et des bâtiments claustraux, comme monument historique. »
Lou councours de YArmanac Niçart es aquist. Emé fiertà e
au près de touplen de sacrifici faren respetà l'istoria dóu passat,
la lenga e lu escrich dei orne qu'an ilustrat lou nouostre bèu
pais.
*
* *
Despi quauque tèms, — maladia que reven per intermitença,
— la gran questioun de la grafia niçarda, de l'ourtougrafa, es
messa su lou tapis. De letra soun estadi publicadi, d'autri lou seran, e cresi qu'après ben de charra pèr dire pas gran cauva de
nóu, quasi dirii pèr predicà dintre lou Desert, noun restera
d'aquela discussioun, — Favén déjà coustatat, — pas gran cauva,
ren!... Cadun escrèu à la siéu moda seloun l'esprit dóu moumen,
e serii ben curious de counouisse aquéu que vendria nen dità
une metoda en nen dïen : « la mièu maniera d'escrièure lou
Niçart es la bouona». Discussioun scientifica que pòu passiounà
quauque lenguista, pas mai ; lou mihou es d'escrèure seloun li
letra ditadi pèr la prounouncia. Lou talènt pèr aquéu qu'escrèu
es de si laissà liège, de si faire acapi. Es qu'en en un entan que
frecuenta l'escola primària poudès li demandà autra cauva ?...
Perta de tèms que tout acò, vourria mai s'engenià à recercà lu
viei mot, espressioun, loucucioun courenti que la pous dóu tèms
a rabaïat, dounà au nouostre bèu dialete la coulou que dèu avè,
en respetant lu emprunt que pouden avè fach sigue à l'Italian, à
l'Espagnòu o à tout autre...
Un dialète noun dèu pas estre une lenga scientifica, encara
m en noun còu avè la pretencioun que sigue ouficiela, seria temerari ; lou dialete d'un païs dèu refletà lou caratere d'un'epoca que
lou tèms dèu respetà, enfin escrèure gramaticalamen, un noun
empedisse l'autre, e laissà à l'esprit, au goust lou coumplemen
d'un stile ouriginal, en de frasa councisi que flaton i'auriha.
Aquí fermi la discussioun, risqui de perdre la civada... l'an
que ven, se Diéu mi presta vida, v'en dirai d'autri e couma
d'usança que mi sigue permès de la vous souvetà : Bouona e
uroûva !
L'ARMANAC

NIÇART.

�20 —

LA CIGALA DOU BOUON DIEU
Una cigala dóu Bouon Dieu
Tout l'estiéu
E l'iver en la chambreta, —
L'aiguesias vista la lebreta ! —
Noun vivïa que d'amour
S'assetava su l'ounour;
La cigala cantarela,
Vau chanja de clientela,
Noun es courta d'amatour,
Que li viron tout au tour !
Ma l'ancien de la cigala,
De gros mot ven que s'embala ;
En l'auriha de la maire
Li ven tout aquéu bousin,
Que deja toui lu vesin
Sabon lou long de l'afaire
— Cenqu'as fach m'au tiéu tip ?
Di la maire enrabiada...
Bella Vierge encourounada !
Sera au mancou m'un bouon rie!!...
CH. CIAUDO

PROUVERBI, BOUOI MOT, COUNSÉU E DICH
Tèms d'iver noun ti fidar.
Lu màu dei enfan si garisson soulet.
Cau naisse pèr estre bèu, si maridar pèr estre rie, e mouri
pèr estre brave.
Per aver de raïn, eau caressar la souca.
Agnèu naissut
Vau un escut.
Dansa mihou ventre plen que rauba nova.
L'oumbra dou mèstre engraissa lou cavau.

�LOU MAGOT DE BERTOUMIÉU ISSUGA
O BEN

UNA RAISSADA DE MACAROUN
Conte menloanasqae trouvât dintre d'un armori
de ma nana e que /'Armanac Niçart es tirons de
transcrièure en niçart à Ventencioun dei sièu
fidèle lotour et lelrissa.

Bertoumiéu Issuga, mentounasque de viéia roca, abitava en
coumpagnia de sa mouhié, en carriera dóu Paumoulié. La siéu
frema, malurousamen, era sirnplaria e faia lou siéu desespoir.
Cada matin Bertoumiéu, avant de s'en anà au travail, li recoumandava de noun faire de bestialità. Cou vous dire que toui lu
dissata lou nouostre ome metia en un'armari pertuat dintre la
muraia lou gagne de la semana.
— Bertoumiéu ! pèr qu seria tout aquel argen, demandava
Marioun au siéu marit.
— Es pèr Madjou-long, castagnassa !
*
* *
Un jou Bertoumiéu partet pèr anar à la siéu campagna ;
devia même li restar doui ó très jou pèr souïnar e arousar lu
citrouniè. Marioun souleta matin e sera, s'assetava su lou banquet de la pouorta e faïa de bas... Un predinà veguet un ome
de statura mai que mejana, couma si di, un gran carcan. La
frema de Bertoumiéu lou fissa sensa parpelear, pi pihada d'un'
idea, li diguet :
— Moun bèu Moussu, sias bessai vous Madjou-long ?
Lou merlo pita e noun s'en laissa dire autre, léu li
respouonde :
— Noun vous troumpas pas, bella bruneta, sièu ièu Madjoulong !... Ma perqué mi faire tala demanda ?
Perqué ?... dou moumen que sias Madjou-long, intras su lou
cóu. Li a ja pas mau de tèms que moun marit a mes d'argen
amagat pèr vous...
E sensa mai de ceremounia li remeté lou mandiou dintre lou
quai lu sóu eron groupât. L'ome remercia e la s'esbigna lèu.
♦

* *

�Lou sera, Bertoumiéu arriva, la sièu mouhié li di.
— Sabes, ai vist ancuei Madjou-long !
E l'ome de cridar :
— Malurousa ! — m'en a fach encara una 1
Courre à l'armari, lou mandiou e Pargen, mouis !... Issuga
blastema pica dai pen, es décidât de si desiaire de la siéu frema
Lendeman, dóu téms qu'aissesta durmïa, li cuerbe lu uès emé de
pega de sabatié, pi la pihant pèr la man, la mena dapé dóu CapMartin. Arrivât aqui, Bertoumiéu fa mountar Marioun su d'un
nouguié el'abandouna. La paura, bòrnia, noun sabia doun si
trouvava, ni men encara ce que poudia faire.
En aquéu fra-tèms doui voulur venon s'assetar souta
l'aubre ; après aver abrat quauqui branca sequi pèr s'escaufar, pi
si meton à cuentar lou siéu argen.
La calou faguet delegar la pega que curbia Puès destre de
Marioun e aissesta de cridar :
— E d'un !
Lu voulur, d'estuc, s'isson d'emblée.
— Qu'es acó, diguet l'un.
— Un matagan, faguet l'autre.
La calou seguia á faire lou siéu efet pau à pau durbia Puei
senec.
— E de douî, diguet Marioun.
Dóu cou lu voulur escapon, laissant Pargen espantegat soubre
Perba.
Marioun coumença à li veire clar, cala da l'aubre e ramassa
Pargen, pi lèu s'en camina vers maïoun...
Lou sièu marit, pensierons, era assetat dapè dóu fuec, s'escaufant, fumant la sièu pipeta emé beatituda...
— Bertoumiéu !... o Bertoumiéu !... duerbe-mi, siéu iéu,
Marioun...
— Vai au diàu que ti pihe... ièu que cresii de m'en estre
despegouït...
Ma Marioun, toujou picava, un cóu noun asperava l'autre...
L'ome fenisse per li durbi...
— Ten ! regarda cen que ti pouorti.. . e Marioun pauva lou
sac su lou toulié. ..
Bertoumiéu, entartugat, cuenta Pargen e réfléchisse ; — Marioun es simplaria e deman la vila saupra Pistoria de la fouré . ..
Cóu que Bertoumiéu si dispegouïsse pèr empedi li marridi lenga
de bavar...

�— 23 —
Si mete la vesta, lou capèu e souorte fermant la pouorta i..
Faïa nuech dintre la carriera, ma sensa pena s'encamina
vers una boutiga e croumpa pèr mai de dès kilo de macaroun...
Ientra au sièu e di à la sièu mouhié de si metre au liech.
En tant que Marioun durmïa, Bertoumiéu fa bui lu macaroun, pi lu espantega su lu aubre dóu jardin... Lendeman de
matin la siéu frema, desveiada, si mete à la fenestra...
— O ! Bertoumiéu ! Bertoumiéu ! Vene un póu veire!... O
trest ! vè, a plougut de macaroun !...
— O vai fantauma !... n'as toujou una. .. Ten ! ten !... ma
es ver !...
*
* *

A quauque tèms en ça, Bertoumiéu l'avia previst, Marioun
countet à toui que lou siéu ome noun li picava plus, despi lou
jou qu'ela li avia pourtat de sac plen d'escut...
Lou juge aiguent audit parlar de l'afaire, mandet sounar
Bertoumiéu devant lou tribunal ; la siéu mouhié era estada
citada couma testemoni.
Lou juge. — Bertoumiéu, sias acusat d'aver gardât d'argen
que noun era vouostre.
— Iéu !... Ma moussu lou juge, lou negui ; sièu couma
sabès un travaiadou.. .
E Marioun de dire.
— Noun negar, Bertoumiéu, sabés ben qu'es ver ; es iéu en
persouna que t'ai pourtat la mouneda, qu'avii trouvât en la
fouré.. .
Lou juge. — Anas brave ome, noun negués.. .
— E quoura lou m'as pourtat ?... — Vous juri, Moussu lou
juge, que la miéu frema es fouola !...
— E lou sabes ben, Bertoumiéu, es lou jou que plouguet tant
de macaroun !
— Moussu lou juge aves jamai vist ploure de macaroun ?...
— Jamai ! moun beL amic respoundet lou juge que si tenia
lou ventre dóu rire — Amie, vèu que la vouostra frema es
fouola. .. sias aquitat !...
Bertoumiéu si retira emé Marioun... Noun aigueron plus
de disputa e vieugueron, pareisse urous e pèr longtèms !...
J. E.

�CANSOUN ANCIENNA

PÈR LOU

N'aurias pas vist la miêu fiha
Trin-trin
Lou galerin
A'aurias pas vist la miêu Jiha
Trois-wtrois
Le fils du roi
L'ai vista e l'ai baïada
Trin-trin
Lou Galerin
L'ai vista e l'ai baïda
Trois-trois
Le fils du roi.
Douna-mi la miêu fiha
Trin-trin
Lou galerin
Douna-mi la miêu fiha
Trois-trois
Le fils du roi.
Es aqnela la vouostra fiha
Trin-trin
Lou galerin
Es aqaela la vouostra fiha
Trois-trois
Le fils du roi.
La miêu fiha era pas lernia
Trin-trin
Lou galerin
La miêu fiha era pas lernia
Trois-trois
Le fils du roi
La miêu fiha era pas lua
Trin-trin
Lou galerin
La miêu fiha era pas lua
Trois trois
Le fils du roi.
N'es ni guercia ni poutinouva
Trin-trin
Lou galerin
N es ni guercia ni poutinouva
Trois-trois
Le fils du rois.

MAI

�La miéu fiha n'es pas borni a
Trin-trin
Lou galerin
La miêu fiha n'es pas bornia
Trois-trois
Le fils du roi.
Noun faïa pas belugueta
Trin-trin
Lou galerin;
Nonn faïa pas belugueta
Trois-trois
Le fils du roi.
La miêu fiha n'es pas emberrida
Trin-trin
Lou galerin
La miêu fiha n'es pas emberrida
Trois-trois
Le fils du roi.
La m iéu fiha n'es pas pigada
Trin-trin
Lou galerin
La miêu fiha n'es pas pigada
Trois- trois
Le fils du roi.
La miéu fiha noun es pas ranga
Trin-trin
Lou galerin
La miéu fiha noun es pas ranga
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha noun es pas louorla
Trin-trin
Lou galerin
La miéu fiha noun es pas touorta
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha n'es pas crouoada
Trin-trin
Lou galerin
La miéu fiha n'es pas croavada
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha n'es pas gibouva
Trin-trin
Lou galerin
La miéu fia n'es pas gibouva

�— 26 —
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha noun es foularana
Trin-trin
Lou galerin
La miéu fiha noun es foularana
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha n'es pas ingourda
Trin-trin
Lou galerin
La miéu fiha n'es pas ingourda
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha a pas lou peu de pi g nu
Trin trin
Lou galerin
La miéu fiha a pas lou peu de pig nu
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha noun es narvelouua
Trin- trin
Lou qalerin
La miéu ûha noun es narveloiwa
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha noun a la rougna
Trin-trin
Lou galerin
La miéu fiha noun a la rougna
Trois trois
Le fils du roi.
XXX.

PROUVERB1, BOUOI MOT, COUNSÈU E DICH
Qu duerme ben noun cregne li niera.
Qu vè pissar e noun pissa, crêpa de malícia.-'
Qu douna soun ben avan de mouri
Mérita de pati.
L'amour es lou paradis dei fouol.
L'amour es .la flou de la jouinessa.

�LA MOUORT DAU PAURE TOUNIN

Lou paure Tounin, malàut a setant'an, si presenta à l'espitàu
ma li respouondon que li a plus de plaça.
— Coumplet ! ! !
Quauqu'un li fa capi qu'em'un pau de proutecioun li pourria
intrar. Countrariat dei pas que cóu faire, Tounin vira lu taloun e
s'encamina vers la plaça Massena, piha lou tram, si rende da
Graugnard, à l'espitàu dei can, e li di :
— Moussu lou Veterinari, cresi d'estre un pau mai qu'un
can ?... En aquéu cas souîna-mi...
— Vous souînar aici, ma brav'ome perdés la testa. — Basta,
li di que n'a pas de liech pèrcourcar un crestian, que noun douna
de souin qu'ai bestia !...
Tounin, couma pensas, s'en souorte m'au couor gros e noun
sau plus à que sant si recoumandar. Era aqui au mitan dóu
camin, quoura en aquéu moumen arriba un landau, doun cala
una grossa dama, encapelada, aurias dich un ver foungi, segada
d'un varlet que pourtava religiousamen un can enfeloupat emé de
favour rosa au couol, tapat d'un tapis em'ai iniciala. En veèn
aquéu tablèu lou paure Tounin si lamenta, sangluta fouort.
— Qu'avès lou miéu brav'ome, li di la dama.
— Cen qu'ai Madama ?... trovi que lou vouostre can a mai
de chança que iéu. Li a cinquant-cinq an que travaii, pèr la premiera fès que siéu malàut, noun soulamen mi refuson à l'espitàu
dei estre uman, ma encara mi vèu picar la pouorta au nas èn
aquéu dai can.
— Quevoulès, lou miéu paur'ome, ai fach un vout de mimetre
à la Soucietà Proutetriça dei Animau, de pourtar touti li miéu
ecounoumia à la Caissa de secours pèr soulajar lou sort dei bestia.
Lou fau talamen ben, que vouguessi ben vous dounar un sóu
que pourii pas.
La dama li vira l'esquina e ientra couma un coupa-cisèu da
Graugnard. Tounin roumougna :
— Se ti veguessi en un cantoun ti dounerii mancou un gotou
d'aïga !... vièia sansuga !...
Tounin estrassinat, deble s'alonga un pau plus en là, su d'un
mouloun de peira. Quauqui oura après, couma soufrisia, n'ai-

�guènt ren en l'estomegue depi l'auba, coumençava d'aver lou
rangouioun, quoura passet un canipiè que li diguet :
— Que fès aquí, brav'ome ?
— Couma veès siéu aqui pèr tirar lu patoun. M'an refusat â
l'espitàu, même en aquéu dai can, noun mi resta que de mouri
su d'un mouioun de peira. — Avès un carnet su lou quai enregistras lu fach dóu jou, farias ben de li aloungar lou miéu testamen que poudès mentuar couma acô :
— « Bouon Diéu, se mi fes passar encara une fes sur la terra,
fe-mi naisse can au mancou, li aura une Soucietà Proutetriça dei
Animau que si crusira de iéu e pourrai estre amès en un espitau,
estre souïnat, faire bouona vida, menar une vida de can... »
ANT. ROLAND.

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VIGNE
A M. VALÉRE BERNARD.

Dans le ciel doux la Vigne ètreint les pals de buis.
Sous le pampre le merle alourdi des falernes
Tourne son col gris vair et ses paupières lemes
Qu'argenté la blancheur des immuables nuits.
O / fraîcheur, 6 beauté des Igs et des iris,
Que la Vierge éblouie avec les marjolaines
Cueille le soir venu aux vasques des fontaines
Pour colorer en fête, au crépuscule, l'Euis.
Narcisses, ébeniers, œillet et sensitive
Ah ! Versez en mon âme attiédie et pensive
L'orgueil qui souleva les clairs olympiens.
L'amour qui rafraîchit les Madones pieuses
Et qui vêt de clarté les snls athéniens
Et les ravissements des époques heureuses.
JEAN

PADOVANI.

Quauque souvèt :
Vous souveti la bouona annada.
Que siegue mihau que la passada.
Vous souveti la bouona annada acoumpagnada de touplcn
d'autri.

�Eglises et Chapelles de Nice
La vieille ville de Nice se trouvant sur la rive gauche du
Paillon, pour parler de ses églises, nous commencerons par son
église cathédrale, Sainte-Réparate, vierge et martyre, de celles du
canton Est, et en traversant la rive droite nous nous occuperons des paroisses du canton Ouest.
I. — L'Eglise Cathédrale du Diocèse de Nice est la paroisse
de Sainte Réparate, vierge et martyre, sous l'empereur Decius en
253. Sa fête est le 8 octobre. Cette église est au centre de la vieille
ville (8.500 âmes), Avant 1531 la Cathédrale était près du Donjon, plateau de Nice, et dénommée : Sancta Maria in platea,
dédiée à N. D. de l'Assomption. L'édifice actuel, dans son genre,
ressemble beaucoup à Saint Pierre de Rome, au Vatican. C'était
auparavant une simple église paroissiale
desservie par
les Bénédictins du Monastère de Saint-Pons, près Nice.
Dans son ressort se trouvent l'ancienne église de Saint
Jaume (Saint Jacques apôtre), jadis des P.P. Carmes, fermée
depuis 1903. Après le transfert du titre de paroisse à l'église de
Saint Juste, évèquc, au Gesu, elle fut placée sous la vocable de l'Annonciation de la Sainte Vierge, ainsi que la belle Eglise de la
Miséricorde, sur le Cours Saleya, jadis de Saint Gaétan, fondée
e
par les P.P. Theatins au XVIII siècle et cédée à la noble
confrérie des Pénitents Noirs.
La Cathédrale de Nice, paroisse Sainte-Réparate de nos jours,
fut comme l'ancienne au Donjon du Château {Sancta Maria in
platea), le théâtre de plusieurs f lits historiques mémorables dans
les annales de l'histoire de Nice.
II. — L'Eglise de Saint Jacques, an Gesû, dès son érection
en 1612, dédiée à Saint Juste, évêque. Sa fête est le 2 septembre.
En 1665 fut érigée en paroisse sous le titre de Saint Jacques le
Majeur, remplaçant la paroisse de Saint Jaume. On l'appelle
vulgairement le Gesù à cause qu'elle a été fondée et administrée
par les P.P. de la Compagnie de Jésus.
Appartiennent à cette paroisse les deux chapelles des confréries des Pénitents Blancs, la Sainte Croix, — confrérie la

�óo —
plus ancienne de Nice, — et des Pénitents Rouges, Saint Suaire
et de la Sainte Trinité ; l'Eglise du Couvent de là Visitation,
la chapelle de l'ancien séminaire, à la montée du Château, et
jadis l'Hospice franciscain avec chapelle de Saint Joseph des
P.P. Recollets de Cimiez, convertie en maison particulière.
L'Eglise du Gesù est d'ordre corinthien composite, cons truite sur le modèle de l'Eglise des Jésuites de Turin, dite
vulgairement les Saints Martyrs. ( 10.000 âmes).
A l'extrémité de la rue du Malonat, aux racines de l'ancien
château, on voit un oratoire à la Sainte Vierge Marie, sous le
titre de N. D. du Bon Secours. Les habitants de ce quartier érigèrent cet oratoire en l'honneur de la sainte Vierge, en reconnaissance du choléra en 1854.
III. — L'Eglise paroissiale de Saint Martin Evéque dite de
Saint-Augustin est la plus ancienne, elle fut bâtie sur l'emplacement de l'ancienne chapelle de Saint Martin (1205) et appelée
Saint-Augustin parce qu'elle était desservie par les Augustiniens
dont le couvent a été transformé en caserne. (Caserne Filley, près
l'ancienne chapelle Sincaire).
IV. — L'Eglise de Saint-Francois-de-Paule a été édifiée en
1736 d'après le plan de l'architecte
Guarini. En 1838
elle fut érigée en paroisse par décret de Mgr Galvano et appelée
aussi Saint-Dominique en souvenir de l'ancienne église paroissiale
de ce nom qui s'élevait sur la place Saint-Dominique aux lieux et
place de l'actuel Palais de Justice.
V*— L'Eglise du Port ou de l'Immaculée Conception. D'humble
origine. D'abord ce fut une fort modeste chapelle (1835), transformée agrandie par Mgr Galvano, et l'avocat théologue L. Mari
fut son premier curé..
VI. — L'Eglise Saint-Joseph nouvelle paroisse depuis 1911 la
première pierre fut posée le 19 mars 1911, bénie le 29 octobre et
ouverte au public le Ier novembre 1911 sous le patronage de Mgr
Chapon et dirigée par les soins de M. l'abbé Gabrielli.
A cette paroisse appartiennent la chapelle succursale de Saint
Joseph contigüe à l'Evêché, et la chapelle de Notre-Dame des
Anges sur l'ancienne route de Villefranche.
VIL — Saint-Roch. Cette église paroissiale dans la banlieue
de Nice fut érigée après la peste de r68r. Nice fut délivrée de ce
fléau par l'intercession de saint Roch, confesseur, né et mort à

�- Si Montpellier. La paroisse est divisée en deux quartiers, Roquebillière
inférieure et Roquebillière supérieure, jusqu'à la chapelle de NotreDame de Bon Voyage.
VIII. — Rive droite du Paillon, intra muros, se dresse Notre Dame du Vau, paroisse Saint-Jean-Baptiste, qui remplace l'an
cienne église du même nom devenue chapelle inférieure du Lycée.
Cette belle église, vœu delà ville de Nice en 1835, mt érigée en
1842 et terminée en 1852 par Mgr Galvano, évêque de Nice.
La façade ressemble à celle élevée à Turin en l'honneur du retour
du roi dans les états Sardes en 1814.
IX. — Saiiit-Pierre-d' Aréna remplace une chapelle située à la
Croix de Marbre. Elle fut érigée en paroisse en 1803 par Mgr
Colonna d'Istria. Elle doit son nom à ce fait, c'est que lors de sa
fondation elle se trouvait sur le rivage de la mer séparée par une
bordure de sable fin.
X. — Une ancienne chapelle de Sainte-Hélêne-l'Inspiratrice
existait dans ces parages. Elle fut remplacée en face la mer par
une église sous l'épiscopat de Mgr Recrosio (1727).
Six paroisses « extra muros » dépendent de la commune de
Nice.
Sainte-Marie Magdeleine, sise dans le vallon de Magnan, édifiée sur l'emplacement d'une chapelle de même nom, érigée en
1626 et dite vulgairement chapelle « dei cassaire » à cause du
grand nombre de chasseurs. Après le concordat de 1803 sous
l'épiscopat de Mgr Colonna d'Istria, ce quartier qui depuis 1771
dépendait pour le spirituel de la cathédrale fut érigé en paroisse.
Il existe encore aujourd'hui une chapelle de Notre-Dame du Bon
Conseil changée en demeure particulière . Bientôt le besoin de
la population augmentant, une église sera bâtie à la cité Robiony
par les soins du curé actuel de la Madeleine.
Plus à l'est de la ville, toujours dans le canton ouest ce
l'Arquet, se dresse la paroisse de l'Ariane dédiée primitivement à
saint Arnoux, évêque et à saint Pierre, apôtre. Elle fut érigée en
paroisse en 1809 sous l'épiscopat de Mgr Colonna d Istria. Dans
son ressort se trouve l'ancienne chapelle nécropole de l'Abbadie
fondée en 1635 en l'honneur de sainte Claire pour le besoin spirituel de 450 à 500 habitants qui appartiennent aux communes
de Nice, Cantaron Saint-André. Localité d'avenii et à laquelle
le chemin de fer Nice-Coni donnera une valeur stratégique.

�— 32 —
Gairaut avait au moyen-âge une chapelle de secours desservie
par les religieux chevaliers de l'ordre du temple au début, et par
la suite de Rhodes et de Malte. Sous l'épiscopat de Mgr François
Rosini de Martinengo la chapelle fut érigée en église paroissiale
sous le vocable de saint Sauveur o*u de la transfiguration du
Rédempteur.
Dès 1730 les P. Dominicains de Nice fondent à Saint Pancrace un sanatorium pour religieux martyrs avec chapelle en
l'honneur de Saint Pancrace martyr. Cette chapelle est érigée en
paroisse en 1848 par Mgr Galvano.
Sur le couchant de Saint-Pancrace on trouve la paroisse de
saint Roman . martyr ; l'ancienne chapelle fut érigée en paroisse
ainsi que celle de saint-Antoine de Ginestière en 1803 sous Mgr
Colonna d'Istria.
VALENT IN.

NOU VÉ
Tu Çatarina fai lou pan.
Mdumen de jota, d'alegressa,
Fes audi da toui lu couor :
Lu ange canton l'alegressa,
Fuges l'infer, Juges la mouorl.
Chntou !
L'aarika sabla, li a quaucaren aici vesin,
Sembla que senti li joia d'un festin ;
Audi lu tambourin de laen,
Lu Jlajoulet e li musela,
Lu pastre van à Bethelen
Laisson la cabana soaleta ;
Santo nuech, venes aléa nen ralegrà,
Pourtas à toui la pax et la tranquilità !
Tu Catarina fai lou pan,
Manda Lucrecia au safran,
Despende aléa lou lauvaniè,
Chapla la blea su lou taatié ;
Crala de froumai e roumpe d'iiu
E fai la iourta couma fou,
Ché n'aiguen toui en aboundança (bis)
Santa nuech, venes alèu nen ralegrà,
Pourtas à toui la pa.x e la tranquilità .'
En tant faguen etnb'au vesin
t ua santépér lou Bambin,
Toucan lou gotou de bouon vin,
Ernb'aa vesin pér lou Bambin
Ti-ri-tin-tin ! -tinTi-ri tin !

�— 3Î —

L'Expulsion de Mgr Valperga
fEN SEPTEMBRE

1792)

Le 12 octobre 1780 h population de Nice se pressait aux
abords de la porte Pairoliëre pour y recevoir en grandes pompes
le nouvel évêque Charles-Eugène Valperga di Maglione. Ce
prélat avait couché la veille selon l'usage antique à l'abbaye de
Saint-Pons et devait faire ce jour là son entrée solennelle dans
sa ville épiscopale.
Le cérémonial imposant avec lequel on avait reçu jusqu'alors
les évêques fut encore cette fois observé. L'accueil de la population entière fut des plus chaleureux au rapport de Pierre Scaliero
qui en fut témoin (1). Le nouvel évêque, qui remplaçait Monseigneur Astésan nommé archevêque d'Oristano en Sardaigne,
appartenait à une famille de vieille noblesse dont plusieurs membres avaient exercé, à Nice, des fonctions importantes (2). Il
(1) Voir aux Archives municipales le récit détaillé que ce chroniqueur en a laissé dans ses Mémoires. Pierre Scaliero mourut en 1805.
(2) Jacques Valperga, conseiller ducal, fut lieutenant du gouverneur de Nice en 1454 ; Thoma5 Valperga fut gouverneur du château de Nice en 1565 ; Jean Valperga fut également gouverneur de
Nice en 1596 ; Jérôme Valperga fut commandeur du château de
Nice en 1600 ; Pierre Valperga, frère de Jacques Valperga, était
chevalier de Malte (Arch. municipales, registre des gouverneurs,
commandants et chevaliers de Malte) ; Anne Valperga, fille dAmédée
Valperga, épousa, le commandeur de Malte Jean-Paul Lascaris.
(Voir son testament daté de 1683, arch. des Alpes-Maritimes,
registre B, 297.) Joseph Ignace de Valperga reçut de son oncle, Emmanuel Philibert Chiotera, mie partie du fief de Couaraze dont il fut
investi le 20 février 1753. Son fils, Vincent, céda ses droits à H. Novelli. Jérôme Valperga fut sénateur à Nice de 1761 à 1765, puis
ministre plénipotentiaire de Sardaigne à Gênes en 1780 ; plus tard
il fut ministre etsecrétaire d'Etat, ce dernier était le frère de l'évêque
de Nice et fils du comte François Valperga qui vivait encore en
1795Ees armoiries des Valperga étaient fascé d'or et de gueules, à
la plante de chanvre déracinée, d'argent et brochant. Le cimier
était un bouc naissant au naturel et la devise : « Ferme-toy ».
Nous reproduisons les armoiries de Monseigneur Valperga d'après celles qui se trouvent en tête du catéchisme édité par ses ordres
et dont nous devons le dessin à l'obligeance de M. Joseph Casai
(Extrait de 1' « Armoriai Artistique et Nrbiüaire », Ni.e, 1902.
3

�- 34était directeur du collège des Provinces à Turin, lorsque le roi
de Sardaigne le désigna, pour l'évêché de Nice. Il avait été sacré à
Rome où il avait fait ses études. Monseigneur Valperga se distingua immédiatement par sa vigilance et son activité : il releva
le niveau intellectuel et moral des prêtres de son diocèse et s'attacha à mettre en toutes choses la plus grande régularité. Dix-huit
mois après son installation, il publia un nouveau catéchisme
dont le plan avait été préparé par son prédécesseur ^i). Grâce à

ses relations cordiales avec la eour de Turin, il jouissait auprès
des autorités civiles de Nice d'une grande influence. Après douze
(1) Ce catéchisme en italien fut imprimé à Nice par la Société
Typographique. C'est un petit volume in-douze de 612 pages, portant
la date de 1783. En tête se trouve le mandement de Monseigneur
Valperga du 16 février 1782 qui approuve le travail terminé par
le prêtre auquel Monseigneur Astésan en avait confié le soin, ordonne
sa publication et règle l'organisation des catéchismes dans tout le
diocèse. Deux ans plus tard en 1785, Gabriel Floteront, imprima
un autre catéchisme rédigé en dialecte niçois, petit volume in-12
de 228 pages. Un exemplaire de ces deux ouvrages existe à la biblio
thèque de Nice. — Voir Villarey, Série Cronològica dei Vescovi
di Nizza. — Art. Valperga.

�-35 années de séjour dans cette dernière ville il s'était acquis l'estime
et le respect de tous.
*

• *

Lorsque le 28 septembre 1792 dans l'après-midi, les troupes
piémontaises évacuèrent Nice, il y eut dans cette ville une effroyable panique et des milliers d'habitants s'enfuirent dans la direction de Turin. Ce fut un désarroi et une désorganisation complète de toutes les autorités. iMonseigneur Valperga resta à son
poste et s'engagea à ne point quitter la ville. Le lendemain samedi
29 septembre, il accompagna le second consul Honoré Saissi et
quelques membres du Conseil qui se rendirent, vers les onze
heures du matin, à la villa Feraudi, au quartier St Hélène, pour
offrir les clefs de la cité au général d'Anselme qui venait d'y
arriver à la tête des troupes françaises. Le général fit à la délégation assez bon accueil, mais il s'étonna de trouver parmi ses membres, l'évêque dont la place déclara-t-il n était pas là. Du reste,
d'Anselme attacha si peu d'importance à la démarche îles magistrats niçois que dans aucune de ses dépêches officielles il n'en fit
mention.
Sur le soir du même jour, la petite armée française faisait son
entrée dans la ville et le général s'installait dans la maison du
consul de France à la place St Dominique. L'évêque de Nice qui
tenait à rester au milieu de ses diocésains se présenta de nouveau
vers les huit ou neuf heures du soir chez le général auquel il voulait recommander ses prêtres en lui demandant des respecter les
églises. Le général était entouré de tout son état-major, du consul
de France, Pierre Le Seurre, de Honoré Saissi, second consul, de
Féraudi, secrétaire général de la commune. Ces deux derniers
venus probablement pour appuyer les demandes de l'évêque.
L'accueil du général ne fut pas plus encourageant que la première fois ; il intima même avec insistance au prélat l'ordre de
quitter ta ville en ajoutant que le plus tôt serait le mieux et ce
fut sur ces dernières paroles que l'évêque se retira après avoir toutefois reçu du général la promesse que tout ce qu'il laisserait dans
son palais serait placé sous la sauvegarde de la Nation française.
Il n'y avait pas à tergiverser, l'ordre était formel et pressant, il
fallait partir. L'évêque prit ses dernières dispositious et délégua,
au curé de la cathédrale, le chanoine Honoré Navello, tous les
pouvoirs nécessaires pour administrer le diocèse en son absence.
Aux premières lueurs du jour, Valperga quitta son palais, et se

�— 36 dirigea à pied vers la porte Pairolière. Il avait été impossible de
trouver une voiture car tous les moyens de transport avaient été
réquisitionnés et utilisés le 28 septembre pour permettre l'exode
des habitants terrorisés. Il avait ordre de partir, mais cet ordre
n'ayant pas été donné par écrit, les volontaires marseillais, de garde
à la porte de Turin, refusèrent de le laisser passer, l'accablèrent
d'injures, le menacèrent même de le pendre et ne consentirent á
le lâcher que sur un ordre écrit, sollicité et obtenu du général,
grâce à l'intervention courageuse et au sang-froid d'un jeune
niçois, Joseph Castellinard. Monseigneur Valperga se retira à
Turin et y mourut en 1805 sans avoir jamais pu obtenir l'autorisation de rentrer.
*

* *

Il est établi par les documents officiels contemporains que
Monseigneur Valperga ne quitta son siège que sur les ordres arbitraires du général d'Anselme et ces mêmes documents nous
renseignent très exactement sur les incidents fâcheux qui se produisirent au départ de l'évêque. Du reste, on n'ignorait pas à Nice
comment les choses s'étaient passées et la population savait grê à
Valperga de son attitude et de sa fermeté. De son côté, Valperga
avait eu confiance dans la parole à lui donnée par le général au
nom de la Nation française et à plusieurs reprises il manifesta
son étonnement qu'elle n'ait pas été gardée, que ses biens aient
été confisqués, son mobilier vendu, son nom inscrit sur la liste
des émigrés alors qu'en partant il n'avait cédé qu'à la force.
Parmi les nombreux documents qui se trouvent soit aux archives de Nice, soit aux archives nationales il en est quelques-uns
dont la simple reproduction sera plus probante que tous les corn,
mentaires. Il_suffira de citer :
•i° La lettre du Directoire des Colons Marseillais en date du
25 février 1793, adressée aux citoyens Blanqui et Veillon, députés
extraordinaires de la ville de Nice à Paris, au sujet des réclamations présentées le 23 du même mois par Jean-Jacques Donny, au
nom de Mgr Valperga.
20 La réponse du même Directoire à J.-J. Donny, en date du
26 février 1793.
3„ L'arrêté du Département en date du 13 avril 1793.
40 La réclamation présentée au Directoire du département

�Valperga, aussitôt après son inscription sur la liste des émigrés de
la ville de Nice, dressée à la fin de juin 1793.
50 Les états de frais pour l'inventaire et la vente du mobilier
et effets de « l'émigré Valperga Maillone, citoyen évêque » approuvés par le département des Alpes-Maritimes, le 5 germinal an
III (25 mars 1795).
6° Les actes de notoriété dressés le Ier et 2me fructidor an III
(18 et 19 août 1795) par Gautier, juge de paix à Nice, à la requête de Pierre-Joseph Passeron, agissant en qualité de procureur
subrogé par Nicolas Giorni, procureur spécial et général de Mgr
Valperga, par acte de procuration reçu à Turin le 20 juillet 1795,
notaire Pierre-Joseph Bernochio.
70 La pétition adressée au district de Nice le 4 fructidor an III
(21 août 1795) par Pierre-Joseph Passeron, demandant la radiation du nom de Valperga sur la liste des émigrés.
8° L'avis du district de Nice en date du 5 vendémiaire an IV
(27 septembre 1795) déclarant que Mgr Valperga doit être rayé
de la liste des émigrés.
90 L'arrêté du département des Alpes-Maritimes, en date du
14 prairial an V (2 juin 1797) ordonnant la radiation provisoire
du nom de Valperga de la liste des émigrés.
io° L'acte de cautionnement dressé par le département le
11 fructidor an V (28 août 1797), à la requête de Pierre-Joseph
Passeron, procureur de Mgr Valperga en exécution d'une des
clauses de l'arrêté du 14 prairial an V (2 juin 1797).

�- 38 —

DOCUMENTS ET PIÈCES D'ARCHIVES

Pièce 1.

25 février 1793
Aux cit. Blanqui et Veillon
Une lettre du cit. Donny, associé du citoyen LeClerc, défunt président de l'ancienne administration
provisoire, dont vous avez ci-inclus l'extrait ( 1 ), nous
fait connaître que le cit. Valperga, évêque de Nice,
laissa avant son départ (ordonné à son retour par
Anselme) dans sa maison pour environ 34.000 livres,
argent monnayé, et environ pour 17.000 d'effets en
vaisselle, linge, batterie de cuisine etc.
Une portion de ces effets se trouvent encore dans
ladite maison, sous l'inventaire que nous en avons
fait dresser par les commissaires de l'une et l'autre
administration, lorsque nous avons été installés, mais
il s'en faut de beaucoup qu'elle puisse arriver à la
somme de 17.000 livres, pas même le tiers.
Quant à l'argent monnayé entré dans la caisse du
receveur de l'ancienne administration, nous n'y
voyons point la somme que ledit Evêque désigne
avoir laissé dans sa maison. Nous vous remettons cijoint un extrait de l'état des sommes' que le cit.
Bonnet a reçu en espèces, pendant toute sa gestion
de receveur et trouvées parmi les effets des émigrés
français et niçois.
Nous ne voulons rien préjuger sur l'assertion du
cit. Valperga, quoique nous ayons des indices frappants de vérité. Ce ne sera que lorsque nous aurons
pu les convertir en preuves par le témoignage de
quelques citoyens que nous nous procurerons, pour
pouvoir en demander la restitution et la poursuite
contre le pillage.
En attendant, noùs croyons devoir vous faire part
de cette découverte que nous allons communiquer au
Président de la Convention Nationale et au Ministre.
Arch. des A. M. Registre de la correspondance du
Directoire des Colons marseillais L. 5.
Cet extrait manque au registre ainsi que les autres pièces
énoncées dans celte lettre.

�-hLe 2érae février 1793.
Au citoyen Donny, négociant à Nice
Pièce 2.

Votre lettre du 23me de ce mois, citoyen, nous
demande des renseignements sur le temporel du
citoyen Valperga, Evêque de Nice. Nous allons vous
transmettre tous ceux qui sont à notre connaissance
L'administration provisoire en choisissant l'Evêché
pour le lieu de ses séances, vint s'y établir dans les
premiers jours d'octobre, et tout nous porte à croire
qu'elle ne fit aucun inventaire des effets qui s'y trouvaient, du moins nous n'en avons trouvé aucun dans
les papiers qu'elle nous a remis.
En succédant à cette administration provisoire,
uous avons cru que notre premier devoir était de faire
un inventaire de tout le mobilier renfermé dans la maison épiscopale. Nous y avons successivement procédé
en présence des administrateurs provisoires et à mesure qu'ils nous en remettaient les clefs. Tout le mobilier qui s'y trouvait, ne consistait guère qu'en
meubles meublants et ne nous paraît pas avoir la
valeur de 17 mille livres que l'Evêque lui donne.
Vous pourrez, si vous le jugez à propos, faire prendre
à notre secrétariat une copie de cet inventaire. Tout
ce. qui n'est point renfermé dans les appartements
que nous occupons au premier étage, a été laissé à la
garde de Jean Poma, ancien concierge de l'Evêque et
le nôtre.
Pour nous éclairer sur les 34.000 1. argent monnayé que l'Evêque doit avoir laissé en sa maison,
nous avons écrit au cit. Bonnet, receveur de l'administration provisoire, pour lui demander un état des
sommes en numéraires versées dans sa caisse, comme
ayant été saisies et trouvées parmi les effets des Emigrés français et niçois. L'état qu'il nous a remis ne
monte qu'à 74121. 16 s, et aucun article n'a du rapport
avec les réclamations du citoyen Valperga.
Quant à ce qui concerne personnellement le
citoyen, nous avons demandé au Ministre de l'Intérieur de vouloir bien nous dire la manière dont nous
devions l'envisager. Nous savons qu'un ordre arbi-

�— 40 —
traire de Danselme l'obligea de quitter Nice, le jour
de l'entrée des Français. Mais nous pensons aussi que
la proclamation des Commissaires de la Convention
nationale de France et le décret de celle de Nice,
concernant les Emigrés, étaient des motifs suffisants
pour le ramener à son poste et le rassurer sur les
suites de son retour. En persistant à prolonger son
absence, il s'expose à être traité comme émigré, à se
voir déclarer déchu de sa place et confisquer tous ses
biens. Telle est la disposition de la loi, et quoique
nous ayons consulté le ministre sur le cas particulier
de l'Evêque, nous prévoyons que sa réponse sera de
nous en tenir à la rigueur des lois, ainsi que plusieurs
instructions nous l'ont déjà annoncé.
Vous sentez, citoyens, que tout le mobilier de
l'Evêque doit rester séquestré jusqu'à son retour ou à
la décision du Ministre. Il peut être tranquille sur la
conservation de tout ce que nous avons trouvé en
entrant dans sa maison. Ce qui a pu en être enlevé
avant notre entrée en fonctions, est étranger à notre
gestion. Mais nous employerons tous les moyens qui
sont en notre pouvoir pour en trouver les traces, en
acquérir les preuves et en faire punir les coupables.
Les administrateurs, etc.
Archives des A.-M., Registre
suivants.

,L. 5,/°7i verso et

Lettre des commissaires de la Convention
Nationale et arrêté du Département des A. M.
Nice, le 9 Avril 1793, l'an 1 Ie de la Repu bublique Française.
« Vous voudrez bien, citoyens, en nous envoyant
les noms et prénoms de l'évêque de Nice, nous instruire officiellement d'après les "dispositions des lois,
s'il est censé démissionnaire et son siège vacant.
« Les Commissaires de la Convention Nationale
au département des A. M.
GRÉGOIRE, JAGOT (I)

(1)

Archives des A. M. L. 29 ancien. L

7

actuel.

�— 4i (i3 avril 1793)
Le Directoire ; vu la réquisition du citoyen Procureur Général sindic « Considérant que Charles Eugène Valperga, évêque de Nice, n'avait point quitté
son domicile lors de l'entrée des troupes de la République ; considérant qu'il a lui méme-accompagné les
consuls d'alors quand ils furent présenter les clefs
de la ville et inviter le général Anselme à venir en
prendre possession au nom de la République ; considérant que le général Anselme par ses ordres arbitraires et tiranniques, accompagnés même de menaces contre ses jours, l'ont forcé de s'éloigner ; arrête
qu'il ne peut le déclarer émigré, et qu'il sera répondu
aux Commissaires de la Convention nationale d'après
les principes ci-dessus.. »
Sign : PAUMÉ ; BARLI FABRI ; F. CASTKLIMARD ;
ANGLES ; BERNARDI, secrétaire général. (1)
pjj

ce

^

Aux citoyens composant le Directoire du
département des Alpes-Maritimes..
22 juillet 1793.
Citoyens,
Le citoyen Jean-Jacques Donny, soussigné, chargé
des intérêts du citoyen Valperga, évêque de Nice
absent, ayant été informé que par votre délibération
du 29 du mois passé, ledit citoyen Valperga avait été
déclaré émigré, vous représente avec tous les égards

(1) Archives des Alpes-Maritimes, Registre L,. 3, folio 101. L'Arrêté n'est pas signé par le procureur syndic Jean-François Tourre
ni par l'administrateur Jean-L,ouis de Villiers qui ne partageaient
point l'opinion de leurs collègues. A noter que Tourre était d'Antibes
et que de Viliers était un médecin français établi depuis longtemps
à Nice.
I/Arrêté fut pris malgré le réquisitoire de Tourre qui voulait
déclarer Monseigneur Valperga émigré et malgré un violent discours de Villiers soutenant la même thèse qui fut combattue par
Barli Fabri, par Castclinard et par Anglès. J'ai déjà publié in-extenso
cette délibération du 13 avril T793 au cours d'un article sur l'église
de Nice en 1792-1793 inséré dans Nice Historique du Ier avril 1903,
C'est pourquoi je reproduis ici simplement la lettre des
commissaires et l'arrêté du département.

�- 42 —
dûs au pouvoir dont l'exercice vous a été confié par
le peuple souverain que le citoyen Valperga ne peut
ni ne doit sous aucun rapport être considéré comme
émigré, par les motifs ci-après :
i° Qu'il est de notoriété publique qu'il n'a quitté
le pays que contre son gré et par ordre du général
Anselme :
2° Qu'il a constamment été disposé et a offert
de revenir dans son diocèse, moyennant qu'il ne fut
assujetti à prêter qu'un serment relatif au temporel et
non au spirituel.
3° Qu'enfin et par la raison que n'étant point
indigène, mais étranger, son séjour ici n'a été dé terminé que par sa nomination à l'épiscopat, événement casuel qui n'a jamais pu le soumettre à l'obligation de renoncer pour toujours à sa mère-patrie.
Tous ces motifs, soit qu'on les prenne collectivement ou séparément, démontrent suffisamment,
citoyens administrateurs, le droit incontestable, qu'a
le citoyen Valperga de demander et prétendre la
radiation de son nom du tableau des émigrés, et si
le ministre de l'Intérieur n'a fait aucune distinction
entre lui et les autres citoyens, c'est sans doute qu'il
a ignoré les circonstances qui vous sont exposées
ci-dessus, et notamment la dernière, car s'il les eût
toutes connues, il n'est nullement probable qu'il eût
décidé comme il l'a fait. Toute hypothèse contraire
serait une injure faite à ses sentiments et à ses lumières. Un homme tel que lui, dont les vertus civiques, le patriotisme et les talents l'ont appelé au
poste aussi honorable que pénible qu'il occupe, doit
ressembler autant que possible à la Nation pour
laquelle il agit et qui l'a honoré de sa confiance.
Cette nation est grande, généreuse, magnanime,
juste et bienfaisante.Elle ne peut qu'êtreextrêmement
jalouse de sa gloire, et l'un des principaux devoirs de
ses agents est d'éviter soigneusement d'en ternir
l'éclat.
Le refus qui serait fait de rayer de la liste des
Emigrés le nom du citoyen Valperga, refus qui entraînerait avec lui la confiscation des minces propriétés de ce citoyen, serait un acte qui imprimerait à

�-

43

-

jamais une tache ineffaçable à la gloire du nom français ; tache qui ne pourra manquer de frapper également les yeux des contemporains et ceux de la postérité ; tache enfin que les historiens ne manqueront
pas de faire ressortir par des couleurs enluminées, et
le bel effet qu'un pareil tableau produirait, citoyens
administrateurs, serait votre ouvrage.
Mais non, loin de nous, cette idée ! Vous êtes
républicains ! cela suffit. Les républicains sont vertueux. Ils aiment, chérissent, protègent, respectent
la vertu partout où elle se trouve. Et le citoyen Valperga aussi est un homme vertueux ! Qui en doute ?
Nul bon citoyen, nul honnête homme. Souvenezvous, citoyens administrateurs, que ce n'est que par
ses vertus qu'il a mérité l'amour et l'affection du
peuple Niçois et non par sa qualité d'évêque. Et plût
à Dieu que tous les ecclésiastiques lui eussent ressemblé ! La France n'eut point éprouvé d'aussi horribles secousses, pour asseoir, affermir et assurer sa
liberté.
La République a incontestablement le droit de
renvoyer hors de son sein tout individu qui ne lui
convient pas, mais en renvoyant ainsi un étranger
qui, d'ailleurs, n'a pas encouru la peine de la confiscation de ses biens, elle lui permet de les emporter ou
de les vendre et d'en emporter le produit. Tel est
précisément le cas du citoyen Valperga.
L'exposant demande en conséquence, citoyens
administrateurs, qu'il vous plaise prendre dans votre
sagesse une délibération tendante à rendre audit
citoyen Valperga sa qualité de citoyen français non
émigré, à lui accorder un délai compétent pour rentrer dans ce pays soit comme simple citoyen ou
comme fonctionnaire public et à lui assurer dans
tous les cas la restitution de ses propriétés par lui
laissées sous la sauvegarde de la loyauté française
dans la maison épiscopale, lors de sa retraite forcée,
ou la juste indemnité de leur valeur. Et sera justice.
Nice, le 22 juillet 1793, l'an second de la République française, une et indivisible.
Jean-Jacques DONNY.
l
ARCHIVES NATIONALESF/ 4.867 , dossier Valperga.

�- 44 Pièce 5.

Etat de frais de vente pour parvenir à l'inventaire
et vente des effets de l'émigré Valperga Maillone,
citoyen évêque :
5 germinal an III (25 mars 1795)
Pour une séance de trois commissaires dont un du
District et deux de la Commission municipale, fixée
à trois livres par séance par le Directoire du district
et approuvé par les Représentants du
Peuple
L.
9 »
Papier timbré tant de la minute que
des deux extraits
»12
Pour la copie desdits deux extraits . .
» 8
Droits d'enregistrement
13 10
31

2

Nous soussignés certifions le compte ci dessus véritable.
Signés : J.-B. Thomaty, comm. du dist. ; Savigny,
comm. munie. ; Mabil, comm. municip.
Frais de la vente :
Pour quatre séances de deux corn missaires dont un
du District, un de la Commis, mun. sans le membre
de l'administration fixées à trois livres par séance par
le Directoire du district et approuvé par les Représentants du Peuple .
L.
24 »
Au trompette pour publication de
quatre criées
5 »
Au crieur à la vente, quatre séances .
12 »
Aux portefaix qui ont travaillé au
transport des effets
40 »
Papier timbré tant de la minute que
de l'extrait
1 »
Bougie
3 »
Droits d'enregistrement
27 »
Papier timbré du petit état
» 4
A la femme qui a assisté à la vente
pour l'arrangement du linge
» 12
L.
Signés : J.-B. Thomaty, comm. du
district ; Savigny, comm. municip.

1

159 6

�Vu par nous, membres composant la Commission
Administrative du district et d'après l'arrêté du district, approuvé par les Représentants du Peuple et la
loi du il et 12 Mars, arrête l'état des frais ci-dessus
se montant à la somme de cent cinquante neuf livres
trente centimes, qui seront acquittés par le receveur
du droit d'Enregistrement lorsque le Département
aura vérifié ledit état.
Nice, le 29 ventôse an 3"" de la République française une et indivisible (19 mars 1795).
(Suivent les signatures).
Vu l'état des frais ci-dessus pour parvenir à l'inventaire et vente du mobilier de l'émigré Valperga
Maillone ci-devant évêque.
Vérifié et arrêté par le Directoire du district de
Nice, la Commission Administrative du département
des Alpes-Maritimes approuve ledit état et ordonne
au citoyen Maussier, receveur de l'enregistrement
cîudit district de payer aux citoyens J. B. Thomaty
et Savigny, comm. la somme de 159 livres et 30
centimes pour montant des frais pour inventaire et
vente des susdits effets de l'émigré, laquelle somme
lui sera allouée en compte.
Fait à Nice le 5 germinal an 3me républicain ( 25
mars 1795).
Etat des frais pour parvenir d la vente du mobilier de
l'émigré Charles Eugène Valperga Maillone, citoyen
évêque.
Pour trente-neuf séances de trois commissaires
dont un du District et deux de la Commission municipale, fixé à trois livres par séance par le Directoire
du district et approuvé par les Représentants du
peuple
L.
351 »
A deux portefaix, dix-neuf journées et
demi chaque fixées à cinq livres par jour.
195 »
Au trompette pour publication de
trente-neuf criées fixées à une livre cinq
sols chaque
48 r 5
Au crieur à la vente, trente-neuf séan
ces fixées á trois-livres par séance ....
117 »

711 1$

�- 4* Report
Papier timbré tant de la minute que
de l'expédition
Pour copie dudit extrait fixé à quatre
livres
Papier timbré du présent état ....
Bougie
Droit d'enregistrement
Plus deux autres journées de portefaix à cinq livres
Un paquet de plume
L.

148
4
6
421

»
4
»
»

20
5

»
»

1.182

7

Nous soussignés certifions le compte ci-dessus,
véritable.
Nice, le Ier ventôse an 3me de la République (19
février 1795).
Signés : J.-B. Thomaty, commissaire du district ;
Savigny, comm. ; Honoré Mabil, comm. municipal.
Vu par nous, membres composant la Commission Administrative, de ce District, et d'après la loi
du 11 et 12 Mars 1793 (v. s.) et l'arrêté de cette
Commission approuvé par les Représentants en date
1^ Fructidor, oui l'agent national, arrête l'état des
frais se montant à onze cent huitante deux livres et
trente cinq centimes qui seront acquittés par le
receveur de l'agence de l'enregistrement sur le produit de la vente desdits meubles, lorsque le Département aura vérifié ledit état.
Nice le 29 ventôse an 3me de la République
française une et indivisible (19 mars 1795).
(Suivent les signatures).
Vu l'état des frais ci-dessus pour parvenir à la
vente du mobilier de l'Emigré Valperga Maillone cydevant évêque.
Vérifié et arrêté par le Directoire du district de
Nice.
La Commission administrative du département
des Alpes-Maritimes, approuve ledit état et ordonne

�— if au citoyen Maussier, receveur de Penregistrement
dudit district de payer aux citoyens J.-B. Thomati,
Savigni et Honoré Mabil, commissaires, la somme de
mille cent quatre vingt deux livres trente cinq centimes pour montant des frais de la vente des susdits
effets de l'Emigré. Laquelle somme lui sera allouée
en compte.
Fait â Nice le 5 germinal an 3me républicain (25
mars 1795).
Arch. des A. M. L. 15 ancien p. 44-45 N° 34-35

Actes de Notoriété
Pièçe g

1-2-fructidor an III
18-19 août 1795
EGALITÉ, LIBERTÉ

AU NOM DE LA LOI
Ce jourd'hui, premier Fructidor, l'an troisième
(18 août 1795 de la République française, une et indivisible, à Nice, chef-lieu du département des AlpesMaritimes, par devant Nous, Antoine Gautier Juge de
paix de la Ier, 2m" et 3me section et officier de police,
est comparu le citoyen Pierre Joseph Passeron, natit
tic la commune de Contes et habitant en celle de Nice
depuis plusieurs années.
Lequel en sa qualité de procureur du citoyen
Charles Eugène Valperga de Maillone, évêque de Nice,
subrogé par le citoyen Nicolo Giorni, homme de loi,
procureur spécial et général établi (par acte reçu) par
le notaire Pierre Joseph de Bernochio, le 20 Juillet
dernier (v. s.) qu'il présente, légalisé par le résidant
de la République de Gênes auprès de la Cour de Turin, dont il résulte le pouvoir donné au citoyen Giorni, de subroger en son lieu et place, avec tous les
pouvoirs compris au dit acte, et il présente au surplus l'acte de sa dite subrogation faite par le même
citoyen Giorni, reçu en la ville de Gênes le premier

�- 48 du mois d'août dernier (v. s.) par le notaire Antoine
Baglietto, légalisée par le consul de la République
française.
Il expose que le vingt neuvième jour de septembre
de l'année 1792, l'armée de la République, étant arrivée en cette ville, commandée en chef par le citoyen
général d'Anselme, lorsque ce général, vers le soir,
fut arrivé et il eut pris son logement dans la maison
habitée par le ci-devant consul de la République Le
Seurre, ledit citoyen Evêque Charles Eugène Valperga de Maillone s'y étant présenté, ledit général d'Anselme, en présence de tout son Etat-Major, lui signifia
d'abord de devoir partir de cette ville. Sur quoi le
dit évêque ayant répondu qu'il avait cru de pouvoir
continuer sa résidence en cette ville et tellement l'avait cru, qu'il n'avait jamais pensé de distraire et en
faire partir le moindre de ses meubles et effets, qu'il
avait dans la maison d'habitation de l'tvêque et que
si absolument il lui ordonnait de partir, il le priait de
lui accorder la sauvegarde sur tous lesdits effets et
meubles. Le dit général d'Anselme lui répliqua qu'il
dut absolument partir de cette ville, en ajoutant que
le plus tôt en serait le mieux, et qu'à l'égard de ses
meubles et effets qu'il avait, il les mettait dès ce ino
ment sous la sauvegarde et loyauté de la Nation française et qu'il pouvait en être tranquille, après quoi ledit
évêque Valperga de Maillone, tout tremblant, ayant
dit qu'il allait se conformer dès le lendemain au matin à ses ordres, se retira ; ledit général d'Anselme
lui ayant encore répliqué : le plus tôt sera le mieux.
Et comme il importe audit citoyen évêque Valperga de Maillone de constater le fait ci-dessus expo"sé, suivi en présence de tout l'Etat-Major dudit général d'Anselme et de plusieurs citoyens de cette commune, l'exposant, en sa dite qualité vous présente les
citoyens Pierre Le Seurre, ci-dessus nommé, ci-devant
consul en cette ville de la République, le citoyen Honoré Saissi de cette commune qui pour lors était second consul de la même commune, le citoyen Philippe Emmanuel Féraudi qui pour lors était secrétaire de
Ìa même commune et le citoyen Ange Giraudi aussi

�- 49 de cette commune, pour recevoir leurs dépositions
sur ledit exposé et vous fait instance que de tout lui
soit concédé acte, ce que nous lui avons accordé, et a
signé.
PIERRE JOSEPH PASSERON.

Et de suite se sont présenté les susnommés
citoyen Le Seurre, natif de Craon, âgé de 75
ans, bourgeois, le citoyen Saissi, âgé de 70 ans,
négociant, Emmanuel Feraudi, âgé de 68 ans, notaire, Ange Giraudi, âgé de 63 ans, négociant,
natifs et domiciliés dans cette commune, auxquels
après avoir fait lecture dudit exposé fait par ledit citoyen Pierre Joseph Passeron, en sa dite qualité, les
avons interpellés sur serment que leur avons fait prêter, conformément à la loi, de nous dire en leur âme
et conscience si tous les faits énoncés dans le même
exposé sont de leur connaissance et tous les quatre ont
répondu et attesté tant uniment que séparément en
être pleinement informés, s'y étant trouvés présents,
et que le tout contient la vérité, toute la vérité et
rien que la vérité. En foi de quoi ils ont signé :
LE SEURRE, HOSORI'J
SAISSI, PHILIPPE EMMANUEL FÉRAUDI,
ANGE

GIRAUDI.

Et nous, juge de paix, vu les dépositions ci-dessus, avons de tout concédé acte au susnommé citoyen
Pierre Joseph Passeron en sa dite qualité, pour lui
servir et valoir dans tous les cas, à ce que de droit et
de raison. Fait à Nice, l'an et le jour que dessus.
GAUTIER, juge de paix.
BONIFACI, sec. greffier.
Vu par nous, membres du District de Nice, 3 vendémiaire an IV rép. 25 sep. 1795, TOSELLI, JN COPPON
fils, VÉRANI pr. syndic, SAYTOUR Martin.

�— 5o —
EGALITÉ, LIBERTÉ.

AU NOM DE LA LOI
Ce jourd'hui. second jour de Fructidor de l'an 3
août 1795) de la République française une et indivisible, à Nice, chef-lieu du département des AlpesMaritimes, par devant nous, Antoine Gautier, juge de
paix de la iere, 2M* et 3ME section et officier de police,
est comparu le citoyen Pierre Joseph Passeron : natif
de la commune de Contes et habitant en celle de Nice
depuis plusieurs années
Lequel en sa qualité de procureur du citoyen
Charles Eugène Valperga de Maillone, évêque de
Nice, subrogé par le citoyen Nicolo Giorni, homme
de loi, procureur spécial et général établi (par acte
reçu) par le notaire Pierre Joseph de Bernochio, le 20
Juillet dernier (v. s.) qu'il présente, légalisé par le résidant de la République de Gênes auprès de la Cour de
Turin, dont il résulte le pouvoir donné au citoyen
Giorni, de subroger en son lieu et place, avec tous les
pouvoirs compris audit acte, et il présente au surplus
l'acte de sa dite subrogation faite par le même citoyen
Giorni, reçu en la ville de Gênes le premier du mois
d'août dernier (v. s.) par le notaire Antoine Baglietto,
légalisée par le consul de la République française.
Expose : Primo, que le matin du trente septembre 1792, le citoyen Charles Eugène Valperga de
Maillone, évêque de Nice, en partant de cette ville
avec deux domestiques à sa suite, qui portaient un
paquet et quelques effets, fut arrêté à la porte qui conduit en Piémont, ci-devant nommée porte Victoire,
et conduit au vestibule de la maison presque attenante
à ladite porte, appartenant au citoyen Dominique
Castellinard, où se trouva le citoyen Joseph Castellinard, fils dudit Dominique, et malgré que ledit Evêque Valperga déclara aux soldats de la Garde de la
dite porte qui étaient des Marseillais, que c'était en
conséquence d'ordre qui lui avait été signifié par le
citoyen général d'Anselme qu'il partait de cette ville,
lesdits soldats commencèrent par le malmener et lui
(19

�signifier qu'ils voulaient le pendre et ayant ouvert
ledit paquet et y ayant trouvé entre autres effets, une
ceinture d'évêque, ils déterminèrent, à l'instant, de le
pendre avec ladite ceinture, et ayant essayé si la même
était assez forte pour le soutenir, en la préparant, elle
se fit en lambeaux, de façon qu'ils vérifièrent qu'elle
ne pouvait leur servir et demandèrent audit Joseph
Castellinard fils une corde, pour pendre ledit évêque,
à un grand anneau de fer qui était au plafond dudit
vestibule, servant â y passer une verge de fer pour
peser les marchandises, et ledit citoyen Castellinard
fils, leur ayant absolument refusé de leur donner de la
corde, en s'excusant qu'il n'en avait point, comme
dans tous ces entrefaits ledit évêque se trouve mal et
ne peut plus se soutenir, ledit Castellinard fils lui fit
apporter une chaise, par sa servante à qui quelques
uns de ces soldats donnèrent des coups de poing pour
avoir porté ladite chaise et le même Castellinard le
fit ensuite asseoir sur ladite chaise, en le soutenant,
parce qu'il ne pouvait se soutenir droit ; d'autant plus
qu'en attendant, lesdits soldats marseillais lui disaient mille exécrations, lui crachaient dessus et lui
donnaient des soufflets, et assurément ils l'auraient
fini, si dans cet intervalle un de ses domestiques
n'avait été dire au citoyen général d'Anselme ce qui
venait d'arriver, et ledit domestique étant venu avec
un billet dudit général d'Anselme qui ordonnait à la
garde de le laisser partir, puisque c'était de son ordre,
en conséquence de ce billet lesdits soldats marseillais
se bornèrent pour lors à lui dire et crier mille invectives et injures et le laissèrent partir, ce que ledit
évêque, malgré qu'il ne pût se remuer, à l'aide de ses
domestiques fit au mieux possible en tremblant, de
façon qu'il doit son existence au refus ferme et déterminé que ledit citoyen Castellinard fils leur fit de
leur donner une corde, sans quoi avant l'arrivée du
dit domestique portant l'Ordre du général d'Anselme, il aurait été pendu et étranglé.
Secondoque lefaitci-dessusfut d'abord public et notoire, de notoriété publique dans cette ville et encore
plui le lendemain premier octobre, puisque les autres

»

�— 52 —

soldats de la Phalange Marseillaise, arrivés sur le soir
dudit jour trente septembre, d'abord après leur arrivée
cherchèrent l'évêque qu'ils voulaient le lanterner et
mettre en pièces, comme ils s'expliquèrent hautement,
ce qui joint au fait arrivé dans ledit vestibule de la
maison Castellinard, étant devenu d'une notoriété publique donna l'épouvante à tous les gens honnêtes du
pays, qui disaient que le citoyen général d'Anselme en
ordonnant audit évêque de partir, en mettant sous la
sauvegarde de la Nation française ses meubles et ses
effets, avait voulu le sauver.
Et comme il importe audit citoyen Passeron, exposant en sa dite qualité, de constater par témoins le
fait ci-dessus exposé, il nous présente ledit citoyen
Joseph Castellinard fils de Dominique de cette commune, âgé de 21 ans, de profession, négociant, qui se
trouva présent au fait énoncé dans le Ier article de l'exposé ci-dessus, et au surplus informé de la notoriété
des faits énoncés au second et dernier chef, de ladite
exposition et il nous présente les citoyens Jean-Jacques Donny, natif de Neufchâtel en Suisse, âgé de 39
ans, de profession, négociant ; Joseph Poullan, natif
de Clavesana, en Piémont, âge de 48 ans, négociant ;
Jacques Gerbin, âgé de 60 ans, tailleur, Jean-Marie
Thaon, âgé de 56 ans, négociant, natifs et tous domiciliés en cette commune pour déposer sur ladite
notoriété énoncée dans ledit second fait exposé, pour
recevoir leurs dépositions, et nous fait instance que de
tout lui soit concédé acte, ce que nous lui avons accordé et a signé.
Pierre-Joseph PASSERON .
Et de suite se sont présentés les susnommés citoyens Joseph Castellinard, Jean-Jacques Donny, Joseph Poullan, Jacques Gerbin, et Jean-Marie Thaon,
ci-dessus qualifiés, auxquels après avoir fait lecture
dudit exposé fait par ledit citoyen Passeron, en sa
dite quálité, les avons interpellés sur serment, que
leur avons fait prêter, conformément à la loi, de nous
dire en leur âme et conscience, si tous les faits énoncés dans le même exposé sont de leur connaissance,

�- 53 et ledit citoyen Joseph Castellinard a répondu et
attesté en être pleinement informé pour avoir été
présent au fait exposé dans le i" article de ladite exposition, et pour avoir publiquement entendu dire les
faits énoncés dans le second chef qui était en cette
ville notoire de notoriété publique et lesdits citoyens
Jean-Jacques Donny, Joseph Poullan, Jacques Gerbin,
Jean-Marie Thaon, ont répondu et attesté tant uniment que séparément être pleinement informés de
l'énoncé dans le second chef de ladite exposition,
puisque les faits y énoncés étaient notoires, de notoriété publique en cette ville, et tous lesdits citoyens
ont respectivement attesté pour ce qui les concerne
que tout contient la vérité, toute la vérité et rien que
la vérité. En foi de quoi ils ont signé : Joseph Castellinard fils,Jean-Jacques Donny, Joseph Poullan, Jacques
Gerbin, Jean-Marie Thaon.
Et nous, Juge de paix, vu les dépositions ci-dessus,
avons de tout concédé acte au susnommé Pierre Joseph Passeron en sa dite qualité pour lui servir et valoir dans tous les cas, à ce que de droit et de raison.
Fait à Nice l'an et jour que dessus.
GAUTIER,
BONIFACI,

juge de paix.
sec. gref.

Vu par nous, membres Du district de Nice, le 3
vendémiaire anIV rep. (25 sept. 1795).
Jn. COPPON fils, VÉRANi, pr. syndic, TOSELLI, Saytour
MARTIN.

Arch. Nat. F

7

4867 *

�54 -

PÉTITION au DISTRICT de NICE
et AVIS de ce DISTRICT
ÉGALITÉ,

LIBERTÉ

5 vendémiaire
27 septembre 1795 an IV
AUX

CITOYENS ADMINISTRATEURS
DU DISTRICT DE NICE

Le citoyen Pierre Joseph Passeron, natif de la
commune de Contes, habitant en celle de Nice depuis plusieurs années.
Vous expose en qualité de procureur du citoyen
Charles-Eugène Valperga de Maillone, évêque de
Nice, subrogé par le citoyen Nicolo Giorni, homme
de loi, son procureur spécial et général fondé par acte
reçu dans la ville de Turin par le notaire PierreJoseph de Bernochio, le 20 juillet dernier (v. s) légalisée par le résident de la République de Gênes, près
la Cour de Turin, duquel il résulte le pouvoir donné
audit citoyen Giorni de subroger en son lieu et place
avec tous les pouvoirs compris dans le même acte,
qui se trouve copié mot pour mot dans celui de la
subrogation faite par le même citoyen Giorni, reçu
en la ville de Gênes le Ier du mois d'août dernier
(v. s* par le notaire Antoine Baglietto, légalisée par
le consul de la République française, le 13 Thermidor dernier (3 1 Juillet 1795), qu'il vous exhibe qu'étant arrivé dans cette ville le vingt-neuvième jour
du mois de septembre de l'année 1792, l'armée de la
République française, commandée par le citoyen général en chef d'Anselme lorsque celui-ci y fut arrivé
le soir et eut pris son logement dans la maison d'habitation du citoyen ci-devant consul de la République
Le Seurre, ledit évêque Charles-Eugène Valperga de
Maillone, s'étant présenté, le même général d'Anselme
lui signifia d'abord en présence de son Etat-Major de
partir de cette ville, sur quoi ledit évêque lui répondit qu'il avait cru pouvoir continuer sa demeure dans
cette ville et qu'à cet effet il n'avait jamais pensé de

Pièces 7 et 8

�- 55 distraire, ni faire partir le moindre de ses meubles et
effets qu'il avait dans la maison d'habitation de
l'évêque, que si absolument il lui ordonnait de partir,
il le priait de lui accorder la sauvegarde pour tous ses
dits effets et meubles, ledit général d'Anselme lui
répliqua : Le plus tôt sera le mieux, ce qui tout est
constaté par les attestations ci-jointes du premier et
second jour de fructidor dernier qu'il vous présente
également.
Qu'il résulte aussi par lesdites attestations, que
ledit évêque Valperga de Maillone fut forcé par ledit
général d'Anselme de partir de cette ville que tous
ses meubles et effets fussent mis sous la sauvegarde de
la Nation française et qu'étant parti le lendemain 30
dit septembre, il risqu'à d'être pendu ef étranglé paties soldats de la Phalange Marseillaise qui se trouvaient de garde à la porte ci-devant dite Victoire, ce
que tout fut d'abord notoire et de notoriété publique
dans cette ville.
Vous observe que ledit évêque Valperga est natif
du Piémont où il se retira et que s'il a résidé dans
cette ville, ce n'a été que pour raison de son ministère, que tout cela nonobstant il a été porté sur la liste
des émigrés, a été vendu la plus grande partie de ses
meubles et effets, et cela même nonobstant la préalable réclamation que le citoyen Jean-Jacques Donni,
chargé des intérêts dudit évêque avait fait à l'ancien
département par sa pétition du 22 juillet 1793 (v. s)
qui existe dans les Archives de ce district, résultant
ainsi que tout cela a été fait et opéré contre le droit des
gens et la sauvegarde de la loyauté française qui fut
promis audit évêque.
En conséquence, l'exposant demande en sa dite
qualité de procureur dudit citoyen évêque CharlesEugène Valperga de Maillone la radiation de son
nom de la liste des émigrés, la levée des scellés, la
restitution de ses propriétés et l'indemnité de celles
qui ont été distraites et vendues au nom de la Nation,
et sera justice.
(21 août 1795).

�- 56 Nice le 4me jour de Fructidor de l'an 3me de la
République française une et indivisible.
Signé : Pierre-Joseph PASSERON.
Vu la pétition ci-dessus du citoyen Pierre-Joseph
Passeron présentée au nom et comme procureur subs
titué du ci-devant évêque de Nice, Charles-Eugène
Valperga tendante à obtenir la radiation de son nom
de la liste des émigrés, la levée du séquestre et remission de ses effets restant ainsi que l'indemnité de
ceux qui ont été distraits ou vendus.
Vu une première pétition présentée à l'ancienne
administration du département par le citoyen JeanJacques Donni, au nom du citoyen Valperga en date
du 22 juillet 1793 tendante aux mêmes fins.
Vu la procuration en date du premier août 1793
(V. s.) faite à Gênes, par devant le notaire public Antoine Baglietti, légalisée par le Consul de la République française y résidant, ainsi que l'acte de procuration y inséré, en date du 20 Juillet 1795.
Vu l'attestation de quatre témoins faite avec serment par devant le juge de paix de la 1", 2"", 3me section de cette commune, en date du 1" Fructidor dernier '18 août 1795).
Vu autre attestation de cinq témoins faite par
devant le susdit Juge de paix, le 2 dit fructidor, aussi
sous serment.
Considérant que par la première des 2 attestations il est pleinement prouvé que le vingt-neuvième
septembre 1792, aussitôt après l'entrée de l'armée
française dans cette commune, le sus-nommé évêque
Valperga s'étant présenté au général d'Anselme qui
la commandait en chef, celui- ci lui ordonna d'abord
en présence desdits témoins et de tout l'Etat-Major.
u'il n'avait qu'à partir de la ville, et malgré que le
it évêque lui observa qu'il avait cru de pouvoir y
rester tranquillement et qu'à cet effet il n'avait fait
partir aucun de ses effets et meubles, le général lui
répliqua de partir absolument de la ville, en ajoutant
que le plus tôt serait le mieux, l'ayant assuré qu'à

a

�-5;l'égard de ses meubles et effets de sa maison, il les
mettait dès ce moment sous la sauvegarde et loyauté
de la Nation française et qu'il pouvait en être tranquille.
Considérant qu'il résulte par lesdites attestations,
et il est prouvé que l'évêque Valperga, d'après les
ordres précis et réitérés du général d'Anselme, partit
le lendemain 30 septembre de cette ville.
Considérant que par la susdite attestation du deux
Fructidor il résulte que l'évêque Valperga, au moment de son départ de cette commune, ayant été arrêté à la porte qui conduit au Piémont, par les soldats
qui y étaient de garde, lesquels tentèrent de le pendre,
il évita la mort par les soins du citoyen Joseph Castellinard, un des déposants, et il ne fut laissé libre que
d'après un billet du général d'Anselme, qui ordonnait à ladite garde de le laisser partir, puisqu'il s'en
allait de son ordre
Considérant que tous ces faits sont devenus de notoriété publique dans cette commune, dès le même
jour 30 septembre et Ier octobre suivant, ainsi que
quatre témoins l'ont attesté.
Considérant que le citoyen Valperga ne s'est absenté de cette commune et ci-devant Comté de Nice
que d'après les ordres du général d'Anselme auquel il
témoigna son regret.
Considérant que le départ du citoyen Valperga
ayant été forcé il ne peut pas être qualifié d'émigration.
Considérant que son intention de rester dans cette
commune est d'autant plus constatée, que le citoyen
Valperga a été le seul fonctionnaire public, il soit
resté à son poste, n'ayant soustrait aucun des meubles
et effets de sa maison, lesquels ont été ensuite distraits
et vendus par la Nation.
Considérant que le citoyen Valperga ne peut être
non plus considéré comme réfractaire aux lois de la
République, tandis qu'à l'époque de son départ de cette
commune, aucune loi de la République, surtout à
l'égard des ecclésiastiques, n'y avait été encore publiée
à laquelle eut pu contrevenir.

�— 58 —
Considérant que le citoyen Valperga ne pouvant
être considéré ni comme émigré, ni comme réfractaire, ne pouvait être privé de ses propriétés laissées
dans cette commune lors de son départ, sous la sauvegarde de la loi et de la Nation française qui lui fut
accordée par le général d'Anselme, et qui étant digne
de la loyauté de cette Nation, ne pouvait être violée
sans blesser le droit des gens.
Considérant au surplus, que le citoyen Valperga,
originaire piémontais, ne faisait sa résidence à Nice,
qu'à raison de son épiscopat, ce qui ne donne qu'une
résidence easuelle, et que sous tous les rapports, il
n'a cessé d'être étranger à l'égard du pays de Nice et
de la France.
Considérant que l'article 6, section deux, N° 2 de
la Loi du 25 Brumaire (15 novembre 1794) en déclarant émigrés les citoyens domiciliés dans le cidevant comté de Nice, qui sont sortis depuis le 27
septembre 1792, n'a point porté atteinte au droit des
gens dans la personne de l'étranger, qui se trouvait
dans ce même pays, où il n'aurait pas établi son vrai
domicile.
Considérant que le citoyen Valperga, qui avait été
forcé par le gouvernement de partir de Nice, n'a dû
plus y revenir dans le terme même prescrit par les
lois aux citoyens de la ci-devant Comté de Nice,
puisqu'il ne devait point imaginer qu'il fut compris
dans l'invitation, malgré qu'il ait été porté sur la
liste des émigrés.
Considérant que ce nonobstant, lorsqu'il sut qu'il
avait été porté sur la liste des émigrés de cette commune, s'est empressé de présenter sadite pétition
du 22 Juillet 1793 dans laquelle il demanda non seulement la radiation de son nom de ladite liste, mais
encore un délai convenable pour rentrer dans cette
commune, soit comme simple citoyen, ou comme
fonctionnaire public, ainsi que la restitution de ses
propriétés par lui laissées sous la sauvegarde de la
loyauté française dans la maison êpiscopale lors de sa
retraite forcée, ou une juste indemnité de leur valeur.

�- 59 Considérant finalement que,d'après toutes les circonstances sus-ênoncèes, aucune loi concernant les
émigrés ne peut être applicable au citoyen Valperga,
et que toutes celles qui pourraient le regarder relatives au séquestre des biens appartenant aux habitants
des pays en guerre avec la République française ont
été rapportées par le décret du 14 Ventôse dernier
(4 mars 1795). •
Le Directoire du district de Nice, oui le procureur syndic, est d'avis que le citoyen Charles-Eugène
Valperga ci-devant évêque de Nice ne doit point être
considéré émigré.
Qu'il doit être rayé de la liste des émigrés, que le
séquestre apposé sur ses propriétés doit être levé, qu'il
doit être réintégré dans la possession et jouissance
d'iceux, que tous receveurs ou dépositaires doivent
lui restituer les sommes qu'ils ont perçues, résultant
du produit desdites propriétés et qu'il doit recevoir
la juste indemnité des meubles et effets qui seraient
passés au profit de la Nation.
Fait à Nice, dans la salle des séances le 5me Vendémiaire an 4me républicain (27 sept. 1795). Signé
Saytour Martin. Verani,
procureur syndic, Angles v. prés.
Touzelly. Jn Coppon fils.
Enregistré au feuil. 20 registre des prévenus
d'émigration et signé BARRAIA, commis greffier.
Certifié conforme par nous Ve président et secrétaire du district Jn COPPON Fils V,-PRÉSIDENT
BARRAIA Cis greffier.
A rch. Nat. F 7 4867

2

�— 6o —

Pièce 9.

LIBERTÉ (vignette) ÉGALITÉ
BUREAU DES
ÉMIGRÉS

Extrait des registres des délibérations et arrêtés de
l'Administration Centrale du département des Alpes Maritimes.
(2

juin 1797)

Séance du quatorze Prairial an 5mf de
la République française une et indivisible.
Sur le rapport d-e la pétition présentée par le
citoyen Pierre Joseph Passeron, procureur fondé de
Monsieur Charles Valperga, ci-devant évêque de
Nice, dans laquelle il expose que ledit Charles Valperga n'a jamais dû être atteint des lois relatives à
l'émigration, soit qu'on le considère comme parti en
suite d'une force majeure, soit en sa qualité de piémontais et demande en conséquence la radiation de
son nom de la liste des Emigrés, sa réintégration
dans la possession et jouissance de ses propriétés et
une juste indemnité, des meubles et effets qui sont
passés au profit de la République.
L'Administration Centrale du département des
Alpes-Maritimes, considérant que M. Charles Valperga, comme piémontais, n'habitant Nice que pour
cause de son emploi, n'aurait jamais dû être porté
sur la liste des émigrés du département.
Que le seul motif qui a pu déterminer le général
d'Anselme à lui ordonner de partir de la ville de
Nice, ne peut avoir été que la susdite qualité de
piémontais.
Considérant enfin, que comme sujet du roi de
Sardaigne, il est dans le cas de jouir de l'article i,r
de la loi du quatorze nivôse an troisième, (} janvier
1795), ainsi que de l'article neuf de la loi du trente
Floréal an quatrième, (19 mai 1796).
Arrête, oui le commissaire du Directoire Exécutif
que le nom de Valperga, ci-devant évêque de Nice,
qui se trouve inscrit sur la liste des émigrés, sera

�— 6i —

provisoirement rayé ; que tout séquestre qui pourrait
avoir été mis sur ses biens sera levé, qu'il sera réintégré dans la possession et jouissance de ses propriétés,
et que toutes les sommes versées dans les caisses publiques, lui seront rendues, déduction faite des frais
faits conformément aux lois.
Fait et arrêté* en séance publique le jour, mois et
an que dessus.
Signé : Donny, président Payani, fils, Scudéry,
Oberti, Hancy (et en marge Gastaud commissaire
du Directoire Exécutif).
Certifié conforme à l'original par nous président
et secrétaire de l'Administration centrale du départemeni des Alpes-Maritimes.
DONNY, président
BELMONDI, sec. chef au bureau des émigrés.
Arch. Nat. F 7 4867 2

ACTE DE CAUTIONNEMENT
Pièce 10.

11 fructidor anV (2&amp; août 1797)
LIBERTÉ ÉGALITÉ
Ce jourdTiui 11 fructidor an 5 de la République
française une et indivisible (28 août 1797) par devant nous, membres composant l'Administration
centrale du département des Alpes-Maritimes, est
comparu le citoyen Joseph Passeron, natif de Contes,
chef-lieu de canton, domicilié dans cette commune,
procureur fondé de Monsieur Charles Valperga, cidevant évêque de Nice, en vertu d'acte de procuration du 20 juillet et premier août 1795 (v. s.) lequel
en sadite qualité, dépendamment à l'arrêté de cette
administration du quatorze prairial an cinq (2 juin
1797) portant que le nom de Valperga, ci-devant
évêque de Nice, sera provisoirement rayé de la liste
des émigrés, que tout séquestre qui pourrait avoir
été mis sur ses biens sera levé, qu'il sera réintégré
dans la possession et jouissance de ses propriétés, et

�— 62 —

que toutes les sommes versées dans les caisses publiques lui seront rendues, déduction faite des frais
faits, conformément aux lois, désirant de se conformer au porté par l'article 3 de la loi du 5 Brumaire
an 3 (26 octobre 1794) qui exprime que les prévenus
d'émigration seront tenus de donner caution solvable de la valeur mobilier, et ne pourront obtenir
leurs immeubles jusqu'à ce qu'il ait été définitivement statué sur leurs réclamations par qui de droit,
toujours en sa dite qualité a présenté pour caution le
citoyen François Grosson, marchand drapier de cette
commune, lequel ici prése.it et acceptant, s'oblige
conjointement et solidairement avec ledit Valperga
et pour celui-ci ledit Joseph Passeron, et sous l'hypothèque de tous leurs frens présents et à venir, à l'entière exécution de ce qui les concerne en la susdite
loi, et à la représention des mobiliers, effets et sommes à percevoir en dépôt que besoin sera, et quant
aux mobiliers invendus et en dépôt seront soumis
d'en représenter la valeur à laquelle seront estimés
par experts, préalable rémission.
Et nous, administrateurs susdits approuvant lesdits
cautionnement et acte de soumission, à la réquisition
dudit citoyen Joseph Passeron, avons dressé le présent acte que toutes les parties ont signé avec nous,
ayant au préalable fait renoncer audit François Grosson au droit de premier convenir.
Fait à Nice les jours, mois et an que dessus.
Joseph

PASSERON,

François GROSSON,
prés., PAYANY FILS,
MARUN-SAYTOUR, sec. en chef

HANCY, DONNY,
P.

Acte original sur timbre de 20 centime*.
Arch. Nat. F

7 4867^

�— 63 -

CONCLUSION

Il était avéré pour tous, dans la ville de Nice, que Mgr
Valperga était parti contre son gré et si la première Administration départementale, installée au mois de Mai 1793,
l'avait inscrit sur la liste des émigrés de Nice, c'était à la
suite d'une réponse faite par le ministre de l'Intérieur, Garât,
aux questions à lui posées par le Directoire des Colons Marseillais sur la conduite à tenir vis-à-vis de l'évêque.
Les questions avaient été envoyées à Paris, vers la fin
de Février 1793, et la réponse du ministre ne parvint à Nice
qu'au milieu de juin suivant, soit quelques jours avant la
publication de la liste des émigrés. Les réclamations de
l'évêque, retiré à Turin dans sa famille, furent présentées
le 22 juillet 1793 (1) ; mais comme beaucoup d'autres, elles
s'entassèrent dans les bureaux du Département, qui n'y
répondit même pas.
Cette réclamation fut présentée au nom de l'évêque par JeanJacques Donny au Département. lîlle figure en original au dossier
Valperga.
Voir ci-dessus.
Le registre des délibérations du département manque aux Archives pour les derniers mois de 1793, exactement du Ier mai au 10
Novembre, comme pour les six derniers mois de 1797 et l'année entière de 1798, exactement du 8 Messidor an V (26 Juin 1797) au 25
Pluviôse an VII (13 février 1799).
C'est-à-dire pour les deux périodes les plus troublées et cette
disparition est tout au moins étrange.
Elle doit être vraisemblablement attribuée à certains hommes
politiques désireux de laisser dans l'oubli leur conduite durant ces
deux époques.

�- 64 On était dans la période la plus aiguë et, en pleine
Terreur.
Après le 9 Thermidor et, surtout après la venue à Nice
du représentant Beffroy, au mois de Floréal, an III (Mai
I795)»
les esprits devinrent plus calmes, les administrations plus pondérées. C'est alors que, sur de nouvelles demandes présentées au District, et sur avis favbrable de
celui-ci, le département des Alpes-Maritimes accorda à Mgr
Valperga sa radiation provisoire, le 14 Prairial, an V (2 Juin
1797). Comme on le voit, l'affaire avait traîné en longueur.
Il semblait alors que rien ne s'opposait plus à la rentrée
de l'évêque : le 11 Fructidor, an V (28 Août 1797), le Département avait agréé la caution de François Grosson (1) ;
les biens de l'évêque allaient lui être rendus, et il pourrait
rentrer.
Mais huit jours après, le coup d'Etat du 18 Fructidor (4
septembre 1797) remettait le pouvoir aux mains des Jacobins, la guerre aux émigrés et aux ecclésiastiques, en particulier, reprit avec âpreté. Pe département des Alpes-Maritimes se vit accusé d'avoir préparé une rentrée triomphale à l'évêque, son arrêté du 14 Prairial resta sans effet
et, en vertu de la loi du 19 Fructidor (5 septembre), les
scellés furent de nouveau apposés sur les biens de Mgr Valperga par deux commissaires municipaux (2).
En vain, l'évêque de Nice, fit intervenir auprès du Directoire Balbi, l'ambassadeur du Roi de Sardaigne à Paris,
le dossier de sa demande en radiation fut examiné sans
aucune bienveillance.
(1) L/Acte original de ce cautionnement sur timbre est aux
Arch. des Alp.-Maritimes Q. 10.
(2) Mise de scellés sur les biens de Charles Eugène Valperga par
deux commissaires de la municipalité de Nice. Une scéance, 6 livres.
Dépense approuvée par le Département, en Germinal an VI (avril
1798). Arch. des A. M. Q. 11.
Mgr Valperga ne possédait à Nice aucun immeuble et il devait
rester fort peu de chose de son mobilier après la vente qui en avait
été faite en Ventôse an III. La bibliothèque de l'évêché avait été déclarée bien national et la caisse diocésaine avait disparue en octobre 1792
sans laisser de traces dans les pièces administratives. Le séquestre
a été apposé sur les biens de nombreux émigrés rayés provisoirement.
On peut en voir la liste aux Archives des A. M. Q. 10, où Valperga
figure sous le N° 65.

�- 65
Á la suite de la lettre de Balby datée de Paris le 7 février
1798, le ministre de la police demanda à ses Bureaux un
rapport sur l'affaire Valperga. Pe voici tel qu'il se trouve
en minute au dossier.
Attendu que rien ne tend à constater le prétendu ordre
de quitter Nice, d'où il suit qu'il faut en croire sur parole
l'émigré.
Qu'à raison de son domicile, il était tenu de rentrer sur
le territoire dans les délais voulus par les lois.
Qu'il est atteint par la déchéance et n'a réclamé que
l'an V.
Qu'il ne paraît pas y avoir lieu de violer la loi en faveur
de cet ex-évêque dont la rentrée prohibée par la Constitution serait d'une influence dangereuse.
J'estime qu'il y a lieu à proposer la maintenue sauf
à prendre des renseignements si toutefois on les trouve
indispensables.
CAIGNART,
Sous-chef (2e Bureau).
En tête de cette minute est écrit :
« Je pense qu'il y a lieu à instruction et à prendre
des renseignements près les Administrateurs du département_des Alpes-Maritimes. »
Signature illisible (1).
Ces renseignements furent-ils demandés ? C'est probable et cela explique que bien des pièces du dossier Valperga sont en double expédition. Plus d'une année s'écoula
encore, avant que fut prise une décision et finalement sur
un rapport défavorable de la Commission d'examen instituée près le Ministère de la police pour l'étude des demandes en radiation, le Directoire exécutif signa le 7 Floréal
an VII, (26 avril 1799) un arrêté qui maintenait définitivement, sur la liste des émigrés, Mgr Valperga et annulait
toutes les décisions rendues antérieurement, en sa faveur,
par les. autorités locales.
(1) Arch. Nation. F 7 4862 2 dossier Valperga. Rapport de la
3 me Division du Ministère de la police, sans date mais joint à la
lettre de Balbi.
»

�- 66 -

Varrêté du Directoire parvint à Nice les premiers
jours de Prairial an VII (Mai 99) et fut immédiatement
mis à exécution. (1).
*

* *

Ainsi donc Mgr Valperga expulsé ne put jamais obtenir
de rentrer, les lois sur l'émigration étaient tellement embrouillées et tyranniques qu'une fois inscrit sur une liste
d'émigrés, il était extrêmement difficile de s'en faire rayer
malgré toutes les démarches ; car on se heurtait sans cesse
à des questions de forme et de procédure ce qui permettait
à la malveillance de s'exercer tout à fait à l'aise sous le
couvert de la légalité.
A. J.

PvANCE-BOURREY.

(1) De 21 Floréal an VII (10 mai 1799), il fut communiqué
par le ministre de la police générale de la République aux diverses
administrations intéressées et aux Commissaire du Directoire exécutif
près le département des Alpes-Maritimes. Celui-ci par lettre du 3
prairial (22 mai 1799) demanda au Département de le transmettre
à la Municipalité de Nice, ce qui fut fait le même jour avec ordre
de le transcrire sur ses registres, de faire apposer les scellés ou séquestre sur tous les biens meubles et immeubles de l'évêque si ce
n'est déjà fait, et de mi notifier sans délai la décision prise à son égard.
Voir lettre du Département à la Municipalité, celle du Commissaire au Département, 3 Prairial an VII avec la réponse du Département 4 Prairial.
Arch.. des A. M. Q. 1 et 2 et Arch. Nationales, dossier Valperga,

�NIÇA LA BELLA
VERS DE /.

Giordan,

su

DE CARTA POUSTALA

Ai rai dôu nouostre bouon soulèu
Venon s'escaufar toui lu lùssi ;
Es un meravihous tablèu,
Ai rai dôu nouostre bouon soulèu,
Trouvas, dou Var fin au Castèu,
Anglés, Rouman, Danesi, Rùssi :
Ai rai dôu nouostre bouon soulèu
Venon s'escaufar toui lu lùssi.
Pèr tu, as touti li bèuta,
Terra de lus e d'alegria,
D'un ciel d'azur, as la clartà,
Pèr tu, as touti li bèuta.
De l'univers, en verità,
Siès la uechièma meravia ;
Pèr tu, as touti li bèutà,
Terra de lus e d'alegria.
Dintre lou tèmp, Semiramis
Faguet basti, à Babilouna,
Pu siéu jardin, vèr paradis !
Soubre Paioun, degun s'estouna
De vèire, ancuèi, lou paumoulié
Drissar au ciel la siéu coulouna
E lou galofre, e l'anemouna
Flouri emb'au pourtegalié.
De bouon matin, quitant maioun
Pèr la journada touta'ntiera,
S'en va lavar, dintre Paioun
Pa bugadiera.
D'un glourious passat es fiera
Perqué, d'un tèmp, sus lou bastioun
Au Turc, arranquèt la bandiera
Pa bugadiera.

�fet 68 —

Sau de fouora fa freï,
Que brima,
A Niça, sus lou Quèi,
Si rima.
Pescadou, fourestié,
De la mar bressarella,
Escouton voulountié
Pa doussa cantinella.
L'AVOUCAT

PATTA

L'estudi de l'avoucat Patta es en plen aria ; si tèn lou matin
couma lou predinà su la plaça dôu Palai. Es un ome pichounet,
touplen raplot, li pocha enfli de papiè de touta mers. En lu vièi
quartiè es proun counouissut e li capelada, « Bouonjou Moussu
l'Avoucat », noun li mancon. Es ben m'ai juge, proucuradou, etc.
Lu siéu ounourari soun bouon pati e n'a de preferença pèr
qu si sigue. Parla au premier maufatan vengut, couma se fousse
un agnèu que vén de naisse ; lou créancier o lou débiteur soun
tratat su lou même pen... basta que mouson...
L'avoucat Patta es de noutarietà reputat pèr un ome judicious, òunest — au noun si flata de l'estre au jou d'ancuei ; —
finda counouisse, es en relacioun d'afaire emê de gros persou nage que dintre la finança dôu siéu coumerce, soun quasi d'usurari. Sau menajar la cabra e lou caulè ; e pèr que la mouneda
noun li escapa si desbrouïa e si mete dôu cousta dôu manche...
d'aquéu que casca lou de mai...
Acò fa que toui lu matin que lou Bouon Diéu a fach, la siéu
doumestica mete toujou quaucaren au fuec. Lou dimeneghe, coum'un bouon crestian, — tartufaria que lou pauva, — va audi la
gran'messa à Santa Réparada, fa la siesta e à la calada dóu soulèu,
passeja su lou Cours, pastrouia, fa lu cent pas, noun parla que de
lei, proucès, citacioun, ensin alestisse lou travail dôu dilun...
Lendeman empastra ben d'afaire, mete facilamen en lou sac
Moussu Tout'Un emé Moussu Tout'Autre... En éu que li pòu
faire ?... lança dapertout lou broumech, tant pis pèr aquéu que si
laissa agantar. Quaranta sóu es lou près d'atac e vous pregui de
crèire que douna pas la siéu journada pèr doui o tres escut.
L'avoucat Patta counouisse l'usança dôu païs... s'avès touort,
vous rouïa, s'avès pi rasoun, v'espia... Que voulès aima manjar
lou pei, lou pei que noun aiguë d'espina...
JULI EYNAUDI.

�-«9VA

MAU ! !

Va màu, cresé-vous, que va màu 1
En l'orizoun lou voile negre
N'es qu'un gran camp cargat de pebre,
Qu'à pala lou jeten davan,
Avuglan finda lu cavau 1
Lu canoun soun su li frountièra,
Alignât couma de barriera,
N'esperon plus que lou signàu !
Lou soulèu, aquel animàu !
Stan, noun vòu levà la vela,
Si foundon couma des candela
Enb'aquèu coust dôu diàu !
Le Giacouuda à cóu de d/stràu
Li fan petà li sièu moulura...
Ah ! dèu faire bella figura
Se l'an foutuda en quauqua tràu
Lou pan crèise, finda la sàu,
Lou sucre dintre li boutiga
Mounta ben mai que de boufiga !
Van jusque crèise lou rampàu
E la pèu que fau lou tambau ;
Metran de drech su li nourriça,
Su lu chichi, su li saucissa,
Perqué pas soubre lu magàu ?
E lou Prussian, marrit bertàu,
Noun sabon fa que de babïa,
Per lou Maroc e l'Algèria,
Se faran mètre lou mourràu !
Li serreren toui lou pourtàu
E pi veiren touta la França
Davan la sieù grossa arougança
Se noun si sau garda li clàu !
Es de rima d'un manechàu,
Ma sien d'estiéu, vesin, vesina,
Li passeres en la resina
Avant que vegon l'espitau !
CHARLES CIAUDO

�Valère Bernard
Tout en heurtant le marteau contre la porte de M. Valère
Bernard je songeais. Je me suis complu dans le plus souriant
mépris des idoles. L'ironie a tremblé sur mes lèvres quand
la Provence a dans un ravissement de joie acclamé le poète de
Maillanne. Cette mascarade d'apothéose me répugnait.
Et maintenant la curiosité me fourvoyait dans le studio
d'un consciencieux artiste que les felibres couvraient de gloire.
Elève de Puvis de Chavannes M. Valère Bernard pasticha le
Maître. Mais vite il eût l'intuition qu'à se perdre dans les sentiers
battus il courrait risque de compromettre son crédit. Il dit
adieu à Paris et vint dans Marseille, l'opulente cité.
A cette époque vivait un exquis écrivain, J. Lombard. Il venait de publier deux œuvres d'une grandiose beauté, VAgonie et
Bysance. Dans un style étrangement tourmenté il contait les
luttes entre les factions d'Orient, illuminant son œuvre des
splendeurs bysantines.
Valère Bernard vit Jean Lombard, et du même coup les belles
au bois qui dormaient en son âme s'éveillèrent. Il délaissa les
études académiques, les pastiches sans vie, et d'ardentes couleurs
chargèrent ses toiles.
Voici le triomphe des rois Babyloniens. Sur les voûtes d'un
palais impérial passent des gardes étincelants dans la pourpre et
la soie. L'or envahit les hautes colonnes de jaspe bleu. Involontairement on pense aux fantastiques demeures hantées par des
fées émeraudes et des princesses aux perversités troublantes.
Et je m'imagine que le peintre était sous le charme de la
légende quand il a peint cette courtisanne qui sourit à son miroir tout en jouant négligeamment avec sa chevelure d'or. Et
puis passent Venise la rouge, Marseille enveloppé dans la poussière d'or du crépuscule, des motifs à la Watteau peints par un
bysantin, toute une apothéose.
Mais une idée m'obsède, tandis que dans la grise clarté d'un
soir automnal s'éteignent les fauves éclairs jaillis de ces radieuses
toiles. L'idéalisation du passé me paraît cruelle. Les générations
endormies dans la Mort ont eu leurs misères/leurs rancœurs, je
pense qu'il est absurde de s'écrier avec Musset « qu'aux temps
jadis tout était heureux jusqu'aux douleurs humaines. » En vain
l'apostat s'attriste-t-il sur les vieillards immortels de l'antique

�- 7i

—

lonie, â ses oreilles résonnent les paroles de l'Hiérophante : « La
Helladi que tu aimes n'a jamais existé ».
Mais M. Valère Bernard brise ma rêverie, et mes yeux se
portent.sur des portraits appendus au mur. Profils d'espagnol ou
d'américain mitigés d'espagnol, comme on en croise maintes fois
sur la Cannebière.
Homme universel ne puis-je m'empêcher de m'êcrier. M.
Valère Bernard sourit. Il siérait dit-il, à mi voix, de se développer en profondeur. Toutefois il est beau de se dire sur le
tard de sa vie que l'on a fait vibrer toute son âme. Ici le maître
rejoint Néron. Il m'aide à comprendre cet inquiétant empereur.
Mais encore faut-il que tout en étant l'homme universel on ne
sombre pas dans la banalité. De méchantes œuvres d'art peuvent
avoir leur prix.
Une idée se lève devant moi. Labruyère me petsuade que
l'honnête homme de Pascal propre à tout en définitive n'est propre à rien. La spécialisation inintelligente, mène à l'erreur, j'en
conviens, mais en fait elle est une loi générale.
Et ceci est pour me plaire, car j'abhorre dissiper mon énergie,
j'aime le repliement, la frissonnante pudeur qu'effarouche les
vaines ostentations. Je goûte les peintres du passé et malgré ma
philosophie j'adore les peuples disparus. Volontiers j'implorerai
avec la Cassandre de Schiller la cécité, l'exquise cécité. Le sou
venir a plus de puissance sur moi que l'espoir.
Et sous des deux gris, en des pays étrangers désolants de
médiocrité, il m'est arrivé de pleurer plus amèrement que ne
pleura Xerxès aux rives d'Abydos.
J. PADOVANI.
PROUVERB1, BOUOI MOT, COUNSÈU E DICH
Vèuva que si marida,
Dèu perdre la lus e l'audida.
Fiha madura,
Lou pouorta à la centura.
En cuntant su lu det :
Aquéu a fa l'óu ;
Aquéu l'es anat cercar,
Aquéu l'a fa cuèire,
Aquéu l'a manjat,
E lou pichoun n'a ren tastat !

�— 73 —
LE

DÉSESPOIR

Oui, j'ai la mort dans l'âme ; oui, je monte au calvaire ;
Mon horizon, hier si beau, s'est obscurci ;
Je hais tous les devoirs et tout ce qu'on révère :
Mieux vaut mourir que vivre ainsi !
Puisque je n'y puis rien ; que la raison humaine
Ne gagne plus un cœur où mon cœur est entré,
Je veux briser mes jours comme on brise une chaîne
Et m'enfuir en désespéré.
Qu'est-ce donc que la mort ? C'est la paix éternelle,
C'est un beau drap de fleurs sur mon sein endormi,
C'est la nature calme, auguste et solennelle
Qui nous prête un repos ami.
O nature de Dieu contemple ma détresse !
Ecoute tout mon sang dans mon cœur s'épancher
Et, puisque je n'ai plus le lit de ma maîtresse,
C'est au tien que je veux coucher ;
C'est toi la grande mère et la nourrice immense !
L'homme au sort le plus âpre et l'homme au sort plus beau
Retrouvent dans ton sein leur part de ta clémence :
L'un l'amour, l'autre le tombeau
Tu sais, toi qui vois tout, ce qu'ici bas je souffre,
Que je n'ai point béni l'instant de mon réveil
Et que j'ai regardé, toujours, du fond du gouffre,
Les bords ou brillait le soleil ;
Que je n'ai bu jamais que dans la coupe amère,
Que le seuil du bonheur me fut toujours fermé,
Que j'ai perdu mes fils, que j'ai perdu ma mère
Et tous les cœurs qui m'ont aimé !
Maintenant je m'en vais, battant du front, comme ivre,
En proie à ce grand deuil qui me courbe en vainqueur,
Et je veux déchirer ma vie, avec le livre
Des chastes sanglots de mon cœur ;
Et toi, rayon divin, génie, ardent délire,
Flambeau qui n'iras plus briller sur son autel,
Eternise du moins ces larmes de ma lyre
Et que mon cri soit immortel !
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1912

QUATRE-TÈMS

Noumbre d'or...
13
Mars
Epato (Grégori)
Il
Jun
Cicle soulari
17 Setèmbre
Endicioun roum
10 Desembre
Letra doumenicala
G F
LI QUATRE

8,
7,
20,
20,

10
9
22
22

e
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11
10
23
23

SESOUN

Lou printèms coumença lou 21 mars
L'estiéu
—
— 22 Jun
L'autoum
—
— 24 sept,
L'iver
—
— 22 dés.

à 6.55 m.
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dôu sera
dôu sera
dôu matin
dôu sera

FESTA MOUBILI

Septuagesima... 12 Fébrié
Cendre
21 Febrié
Pasca
7 Abrieu
Rougacioun 21, 22, 23, 24 Mai
Ascensioun
16 Mai

Pantecousta
Trinità
Festa de Diéu
1" Dimenegue de
Ie* Desémbre

26 Mai
11 Jun
15 Jun
l'Avènt

LU ESCLISS!

Souliu.

—

ij Abriéu. — Esclissi annulari e coumplet visible

à Paris, en America, en Europa et dintre lou N.-O. de l'Africa.
Coumençamen de l'esclissi à 10,01 dôu matin ; finisse à 1,08
dôu sera.
10 Otitoubre. — Esclissi coumplet invisible à Paris, visible
dintre l'America dôu Sud.
Luna. — 1" Abrièu. — Esclissi parciella visibla à Paris. Entrada de la luna dintre l'oumbra, 9.26 dôu sera; sourtida, 11.03
dôu sera.
26 Setèmbre. — Esclissi parciella, invisibla à Paris, visibla
dintre l'Océan Pacifique.

Jîla providence, %ue de la Préfecture /4, $run, Siàraire

�LU

VÉNT

Lu vènt que souflon à Niça, dintre lou cours de l'armada,
soun au nombre de 16. Vequi li siéu denouminacioun courènti,
pihadi, en general, dai loucalità dei quali parèisson vèni :
Sud
Miejon
Nord... Tramountana
S.-S.-O. Miejou Lebech
N.-O.-E. Grek Tramountana
S.-O
Lebech
N.-E... Grego
O.-S.-O Pounèut Lebech
E. N .E. Levant
Ouest. Pounènt
E.-N.-E. Levant
O.-N-O.V Pounènt Maistràu
E.-S.-E. Levant
N -O . Mastràu
S.-E.... Siroco, vènt marin
N..-N. OMaïstràu Tramount
S.-S.-E.. Miejou Siroc

6
15
25
14
31
24

VIGÍLIA — JEUNI
Abriè
(Pasca, 7 Abrièu).
Mai
(Ascensioun, 16 Mai).
Mai
(Pantecousta, 26 Mai).
Avoust
(Assoumpcioun, 15 Avoust).
Outoubre (Toui lu Sant, Ier Nouvembre).
Desembre (Calena, 25 Desembre).
L'AN NADA RELIGIOUSA

LI FESTA MOUBILI E LI FESTA FISSI
Janvt'è
jYlars
1 Circouncisioun.
1 e 2 Quatre Tèms.
6 Epifania (lu Rei).
3 Reminiscere.
13 Bateja de J.-C.
10
Oculi.
14 Sant Noum de Jesu.
17 Lœtare.
fébrié
24 Passioun.
2 Puriflcacioun.
29 Li 7 Doulou.
4 Setuagesima.
31 Lu Rampàu.
6 Festa de la Pr. de N. S.
11 Sexagesima.
Jîbriéu
13 Coum. de la Passioun.
5 Divendre Sant.
18 Quinquagesima.
7 Pasca.
21 Cendre.
14 Quasimodo.
25 Quadragesima.
28 Patrou. de San Joúsè.
28 Quatre-Tèms.

�Setembre
3 Inv. de la Santa Crous.
13, 14, 15, Rougacioun.
16 Ascensioun.
26 Pantecousta.
29-31 Quatre-Tèms.
1
2
6
9
21
24
29

Quatre-Tèms.
Trinità.
Festa de Diéu.
Festa dôu S. Sacramen.
Sacrat-Couor de'jesu.
Natività de S. jouan-Bat.
SS. Peire e Paul.

8 Natività de la Vierge.
14 Esaltacioun de la Crous.
15 N.-D. dei 7 Doulou.
15 San Noum de Maria.
18, 20, 21, Quatre-Tèms.
29 Dédie, de S. Miquèu.

Ôutoubre
6
13
20
27

Sant Rousari.
Maternità de la Sta Vierge.
Puretà de la Santa Vierge.
Patrounage de la S. Vierge.

J/ouvembre

Juliet
2 Visitacioun de la S. V.
7 Precious Sang.
16 N.-D. dôu Carme.

Jîvoust
6 Transfiguracioun.
15
18
25
25
29

Assoumpcioun.
S. Joachim.
S. Couor de la Vierge.
S. Louis.
Decolac. de S. Jouan-Bat.

1
2
3
21

Toui lu Sant.
Lu Mouort.
Santi Relíquia.
Present, de la Sta Vierge.

2&gt;esembre
1 Avent.
8 Imaculata Councepcioun.
18, 20, 21, Quatre-Tèms.
25 Calena.

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�LA

DÉCIMALISATION

DU

TEMPS ET DES

ANGLES

LA MONTRE DÉCIMALE
Par J. de REY-PAILHADE, président du Comité
pour la propagation des méthodes Décimales.
Le Club Nautique de Nice a offert plusieur fois en prix des
montres décimales aux régates'de 1909. Il était utile de décrire cet instrument, d'y joindre des tables pratiques et des
formules à l'usage des ingénieurs, des sportsmen, des médecins, etc. etc.
DÉCIMALISATION DES ANGLES •
Il est aujourd'hui démontré que la division décimale du
quart de cercle facilite tous les calculs.
Les nouvelles cartes géographiques sont graduées exclusivement dans ce système, devenu officiel en France et dans
d'autres pays. On possède toutes les tables pratiques nécessaires à son essai courant. Nous ne nous étendrons pas
davantage sur cette méthode aujourd'hui enseignée dans les
lycées et collèges.
Nous rappellerons seulement que M. l'amiral Germinet,
membre d'honneur du C. N. N., sous la direction duquel on
fit en 1899 et 1900 des essais de navigation avec un matériel
entièrement décimal, a émis un avis très favorable à la
réforme décimale.
DÉCIMALISATION DU TEMPS
La division décimale du jour décrétée le 4 frimaire an II
rendra aussi de grands services à la science et aux sports.
Principe. — On divise le jour entier en 100 parties égales
appelées cés ; le cé est subdivisé en décisés, ceniicès et millicés
Le cé vaut 14m 24s ou 1T4 d'heure environ ; le décicé est égal
lm 26s 4 ou lm Ij2 environ ; le millicé vaut 0S 864 ou 9T10 de
seconde environ.
Concordance des Temps. — On parvient assez vite à dire
instantanément l'heure à 1 ou 2 minutes près en regardant le
cadran d'une montre décimale. Il suffit d'apprendre par cœur
les concordances décimales de toutes les heures.
0,0
0
50,0

4,2
1
54,2

8,3
2
58,3

12,5
3
62,5

16,7
4
66,7

20,8
5
70,8

25,0
6
75,0

�25,0
6
75,0

29,2
7
79,2

33,3
8
83,3

37,5
9
87,5

41,7
10
91,7

45,8
11
95,8

50,0
12
100,0

Les heures sont au milieu, les concordances des heures
du matin en haut, celles du soir en bas. Ainsi 10 heures du
matin valent 41.7 cés (énoncer 41 cés 7 décicés) et 10 heures
du soir valent 91,7 cés.
Gomme 1 cé vaut presque lj4 d'heure et un décicé une mi •
nute 1]2 ; en partant des concordances du tableau, on dit
l'heure instantanément, ainsi 39,9 cés valent 9 h. 36 m. du
matin. Un ou deux jours suffisent pour atteindre ce résultat.

Description de la montre décimale ou cémètre. — Il y a 3
aiguilles centrales se mouvant sur un cercle divisé en 109
parties égales, numérotées de 0 à 9. Le 0 cé est en bas, c'est
l'origine des temps, car on suppose la Terre au centre du
Cadran.
L'aiguille dorée avec un soleil ne fait qu'un tour par jour ;
l'aiguille épaisse en acier bleu tourne 10 fois par jour, et la
trotteuse fine fait 1000 tours par jour.
L'aiguille-soleil montre la position de l'astre du jour par
rapport au méridien de Paris, qui va du centre au chiffre 5.

�10 —
Les quatre traits bleus indiquent les positions de cette aiguille
à minuit en bas sur 0 ; — à tì h. du matin au milieu entre 2
et 3 ; — à midi, en haut, sur le 5 ; — à 6 h. du soir, entre 7
et 8.
L'aiguille dorée du soleil indique le chiffre des dizaines
de cés, 2 sur le dessin ; l'aiguille épaisse donne d'abord le
chiffre des cés, 6 sur le dessin, et en comptant rapidement à
l'œil le rang de la division entre 6 et 7, on voit, que cette aiguille marque 3 décicés. Le temps du dessin est donc 26,3
cés correspondant à 6 h 20 m. du matin environ. L'aiguille
trotteuse donne les millicés 83. Le temps est donc 26,383
cés.
» Pour la vie courante, on n'a pas besoin d'aller au delà du
clécicé. On lit les milticés pour les applications scientifiques
et sportives.
Le temps en millicés lu sur le cêmèire facilite tous les calculs, car on n'a jamais de réductions à faire.
Examinons le problème des vitesses a l'heure : Les millicés multipliés par 0,00024 donne des heures et fraction décimale d'heure. Ainsi Ì2345 millicés valent 12,345 -f- 24 =
2 h. 9628.
Par conséquent si L est la longueur parcourue et M le
temps en millicés, la vitesse est

ou t

+ 4166,66...

Ces quelques exemples démontrent que la montre décimale simplifie tous les calculs sans exception.
Les rapports de MM. les délégués officiels aux essais de
la montre décimale faits à Nice, par le Club Nautique, le 26
février 1911, concluent unanimement à la supériorité de cet
instrument pour les usages scientifiques et sportifs.
M. Prim, astronome à l'Observatoire de Nice, représen
tait M. le \iinistre de l'Instruction publique.
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P.
D.
N.

Q,
L.
Q.
L.

lu 8, à 7
lu 14, à H
lu 22, à 7
lu 30, à 10

SOULÈU.

1
2
3
4
5
6
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—

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oura
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FE BRIE
20
26
21
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P. Q.
P. L.
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SOULÈU,

1
2
3
4
5
Lu Rei
6
Dim. S. Lucien
7
dil. S. Apoulinari
8
dim. S. Pèire
9
dim. S. Guiermo
10
dij S. Teodose
11
div. S. Arcada
12
dis. Sta Verònica
13
Dim. S. Ilari
14
dil. S. Maurici
15
dim. S. Ounourat
16
dim. S. Antoni
17
dij. Sta Angela
18
div. S. Sulpici
19
dis. S. Bastian
20
Dim. Sta Agnesa
21
dil. S. Vincènt
22
dim. S. Raymound
23
dim. Sta Jacinta
24
dij. Conv. de S. Pàu
25
div. S. Poulicarpa
26
dis. Sta Devota
27
Dim. Sta Paula
28
dil. S. Francès S.
29
dim.
dim.
dij.
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dis.

S.
Sta
S.
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TRIMESÏRÍ;

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div. La Candeliera
dis. S. Blasi
Dim. Setuagesima
dil. SS. Vinc.Oronte
dim Sta Agata
dim. Sta Dorotea
dij. S. Romuald
div. S. Jouan-Matha
dis. Sta Apoulounia
Dim. Sexagesima
dil. Sta Eulàlia
dim. S. Gregori
dim. Sta Eufrasia
dij. S. Onesime
div S. Dounat
dis. S. Simeoun
Dim. Quinquagesima
dil. S. Gabin
dim. Dimars-Gras
dim. Li Cendre
dij. S. Silvan
div. S. Maxime
dis. S. Pascase
Dim. Quadragesima
dil. S. Nestor
dim. S. Leandri
dim. Sta Nourina
dij. S. Nymphas

Plueia de febrié
A la terra vau fumiè.

ZDéSTU-S-bez

NICE

MARS
N. L.
P. Q.
P. L.
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lu 15,
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S. Jôusé
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S. Turibe
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La Passioun
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1 dil.
2 dim.
3 dim.
4 dij.
5 div.
6 dis.
7 Dim.
8 dil.
9 dim.
10 dim.
11 dij.
12 div.
13 dis.
14 Dim.
15 dil
16 dim.
17 dim.
18 dij.
19 div.
20 dis.
21 Dim.
22 dil.
23 dim.
24 dim.
25 dij.
26 div.
27 dis.
28 Dim.
29 dil.
30 dim.

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21, à 7
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S. Albert, ev.
S. Azada.
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Sta Anastasia
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Pichouna plneia d'Abriéa
Bouona récolta pèr l'csliéu

Q.

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D . Q.
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SOULÈU.

TRIMÍÎSTRÈ;

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lu 5,
2 oura
lu 13, a 7 oura
lu 21, à 10 oura
lu 28, à 7 oura
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2 dij. S. Atanase
3 div. In.d.l. Sta Crous
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5 Dim. S. Pio, papa
6 dil. S. Jouan D.
7&lt; dim. S. Peire
8 dim. s. Gregori N.
9 dij. s. Antounin
10 div. s. Isidoro
11 dis. s. Bounifaci
12 Dim. s. Jouan lou S.
13 dil. s. Pouon, m.
14 dim. s. Pacomo
15 dim. s. Sta Denisa
16 dij. Ascensioun
17 div. S. Pascaù
18 dis. S. Teodoto
19 Dim. s. Pèire C.
20 dil. s. Felis.
21 dim. s. Bernardini
22 dim. s. Julia
23 dij Rogaeioun
24 div. s. Vincen, d. L.
25 dis. S. Urbin
26 Dim. Pandecousta
27 dil. S. German
28 dim. S. Cirile
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30 dij. S. Sylve
31 div. S. Justin
Au mes de mai
Longui semana

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P.
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lu 3,
lu 11,
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lu 26,

SOULÈU.

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12 dim.
13 dij.
14 div.
15 dis.
16 Dim.
17 dil.
18 dim.
19 dim.
20 dij.
21 div.
22 dis.
23 Dim.
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25 dim.
26 dim.
27 dij.
28 div.
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dim.

S. Thierry
Vierg.de li Gracia
S. Anatole
S. Pèire de L.
S. Sisoès
S. Elie
Sta Babeta
S. Efrein
Sta Felicita
S. Pio
S. Jouan G.
S. Gene
S. Jaque
Festa Naciounala
S. Enri
N.D.d.M. Carmel
Sta Marcelina
S. Frederic
S. Vincen de P.
Sta Margarida
S. Vi loiSta Maria-Mad.
S. Apoulinari
Sta Cristina
S. Jaque
Sta Anna
S. Pantaleoun
S. Samsoun
Sta Marta
Sta Giulieta
S. Gnaci de L.

Au mes de Juliet
Ni frema ni coulé.

TBIMËSTRÎ;

I1. Q. lu 2, a 0 oura 29 m.
P. L. lu 10, a 3 oura 58 m.
D. Q. l»i 17, a 1 oura 1.1 s.
N. L. lu 21, a 5 oura 14 m.
IV Q. lu 31, &amp; 5 oura 21 s.
souLÈu, —1.5 or -j&gt;. 8 or

dij.
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4 Dim.
5 dil.
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S. Pèire-aï LS. Alfonso
Inv. de S. Estève
S. Domenica
N. D. dei Nèu
Trausf. de J. C.
S. Gaétan
Sta Batilda
S. Camila d. L.
S. Là u ren
S. Septima
Sta Clara
Sta Filoumèna
S. Ousèbi
Asoumpcionn
S. Roc
S. Mamès
Sta Elena
S. Ipoulita
S. Bernar
Sta Chantai
S. Pio V
S. Filipe B.
S. Bartoumiéu
s. Louis, r. F.
s. Seg'oundo
s. Cesari
s. Goustin
s. Mederic
Sta Rosa
S. Fiacre

F.n . ivoast
Figa e moust

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SBTÈMBRE
P. !.. lu 8, a' 4 oura 57
D. Q. lu 15, a 6 oura î&gt;l
N. L. Ju 22, a 3 oura 37
P. Q. lu 30. a 0 oura 08
SOULÈU. - - 1. 5 47V— c.

1
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S. Gili
S. Estève R.
Sta Eufemia
Sta Rosalia
S. Làuren J.
S. Pambon
S. Grat
Natiu, di' la V.
S. Oumer
S. Xicola
S. Félis
S. Veran
S. A nié
Es. (1. l.S. CtQUS
S. Nicomède
S. Conrneilla
S. Lanbert
S. Tournas V.
S. Janvié
S. Euslache
S. Matiéu
S. Maurici
Sta Tecla
S. Girar
S Firmen
S. Nil
S. iN'icandre
S. \\ inceslas
g. Miquèu
S. Jeromo

Lima setembrina
De mai clarina

MOT »

GRANDE MARQUE RECOMMANDÉE

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OUTOUBRE
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lu 22,
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SOULÈU, — 1.

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6 06*

TRIMESTRE

NOUVÈMBRE
P. L. lu
6,
D. Q. lu 43,
N. !.. lu 20,
Q.
lu 29,

r.

SOULÈU. - -

1.

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4 oura 48
8 oura 20
9 oura 49
2 oura 42
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—

c.

5 03'

1 dim. Rosari
1 div. Tout lu Sant
2 dim. S. ■ Léger
2 dis. Eu Mouorl
3 dij. S. Rosari
S. Ubert
4 div. s. Francès d'A. 43 Dim.
dil. S. Carlo B.
5 dis. s. Placido
5 dim. Sta Bertila
6 Dim. s. Bruno
6 dim S. Leounar
7 dil. s. Serge
dij. S. Nestou
/
8 dim. Sta Reparada
8 div. Lu Quatre Incou.
9 dim. S. Denis
9 dis. S. Teodore
10 dij. s. Francès B. 10
Dim. S. Jacintou
11 div. s. Tarasco
11 dil. S. Martin
12 dis. s. Counrad
12 dim. S. René
13 Dim. s. Edouard
13 dim. s. Stanislas
14 dil. s. Calisio
14 dij. S. Pantena
15 dim. Sta Teresa
15 div. Sta Gertruda
16 dim. S. Ospici
16 dis. S. Edme
dij.
17
Sta Edvija
17 Dim. S. Gregori
18 div. S. Luc
18 dil. S. Alfè
19 dis. S. Pèi re
19 dim. Sta Babeta
20 Dim. S. Agrico)
20 dim. S. Edmon
21 dil. Sta Ursula
21 dij. Présent, de la V.
22 dim. S. Filip
22 div. Sta Cecilia
23 dim. S. Teodoret
23 dis. S. Clemen
24 dij. s. Mairloire
25 div. ss. Crespin-Cr. 24 Dim. Sta Flora
26 dis. s. Jouan de K. 25 dil Sta Catarina
26 dim. Sta Pel fina
27 Dim. s. Frumence
27 dim. S. Maxime
28 dil. s. Alfredo
28 dij. S. Sostène
29 dim. s. Narcisse
29 div. s. Saturnin
30 dim. s. Marcel
30 dis. s. Andrièu
31 dij. s. Siri
En ùuloubre
\loii ponorc goûta loti rùare

Tonssan ientra
St A n'driéu lou souorte

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DESÈMBRE

s.
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P. L .
D. Q.
N. L.
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lu 12,
lu 20,
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18 dim.
19 dij.
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24 dim.
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6 oura 46 s.
4 our;i 40 s.
7 OUI;L 48 s.

7 54' — c.

A vent
Sta Bibiana
S. Francès X.
Sta Barba
S. Bassi
S. Nicola
S. Anbrosi
Imac. Conception
Sta Leoucadia
Sta Eulàlia
S. Damase
Sta Rosélina
Sta Lucia
S, Niçoise
S.
S.
Sta
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S.
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S.

Mesuiin
Adon
Olimpíada
Gatien
Ciprian
Filogone
Tournas

S. Onourat
Sta Vitòria
Cacha-fuec
Calèna
S. Estève
S. Jouan
SS. Inoucent
Sta Eleonora
S. Sabîn
S. Sàuvestre

Calena aufuec,
Pasca àu j'aèc.

sin -

GRANDE MARQUE RECOMMANDÉE

4 35

�- i6-

�- 17

-I

CROUNICA NIÇARDA
L'ABADÏA DE SAN POUON.— L'ABAT RANCE-BOURREY.
GLOFFREDO.

—

—

PÈIRE

A PREPAU DOU DIALETE NIÇART.

Ben qne pareissènt tardié, VArmanac Niçart s'empressa de
pourtà la siéu febla vous su tout cen que enteressa lou païs, sigue
au pounch de vista istoria loucala, pouesia, tradicioun, sigue
tamben su la taquinanta questioun dóu dialete niçart souvenri
fès pauvada e su la quala lu escritour mouderne soun luen d'estre
d'acordi.
Parlerai finda de M. l'Abat Rance-Bourrey, un beneditin qne
despi quauque an en ça mete à prouflt la siéu erudiciou n a nen
revelà de fach d'istoria inedieh. Se quauqu'un mérita d'estre
laudat es ben éu ; es en éu que VArmanac Niçart tressa la
pamoula de sapiença. En esprimant la nouostra recounouissença,
à l'Abat Rance-Bourrey, fen cen que touplen an denembrat,
vouoli dire de courounà lu siéu travail, frucha de ben de recerca,
dai quali obra sian fier d'avé prestat la prima ajuda. Pouden cità :
lou Discours sur le Monastère de Sainte-Claire de Nice, par Honoré
Pastorelli, publié d'après l'édition originale de Turin 1608, avec
une introduction et des notes ; — "Le Général J.-B.-M. D'Anselme" (Notices biographiques (1740-1792). E aquest'an
l'istorien nen douna — toujou de prima man — YExpulsion de
Mgr Valperga, evesque de Niça, au tèms de la Revoulucioun,
travail anoutat de peça curiouvi que sian urous de pouder metre
souta lu uès dei nouostre letour.
*
* *
Lou fach de l'annada, lou mai marcant, es estat aquéu de
l'Abadïa de San Pouon. Parlon de tout destruge pèr li basti an
siéu luec un espitau Pasteur... UArmanac Niçart es pas Penemic
dóu prougrès, ni men encara dei Bei-Art, ma si fa lou pious dever
de jougne lu siéu esfouors en aquelu dei siéu councitadin quo
l'istoria dóu passat passiouna, pèr que l'Abadïa de San Pouon
sigue counservada e classada couma mounumen istorique. En la
circonstança feliciti M. l'Abat Rance-Bourrey que mé rasoun s'e.s
demoustrat l'ardènt defensour autourisat que counouissen. La
siéu paràula es estada escoutada e lou Préfet de li Alpa-Maritima,
8

'

�— i8 M. de Joly — respetuous dei nouostri tradicioun — en ortie
avertit a proumès que l'Abadïa de San Pouon seria respetada e de
lèu si crusià pèr lou siéu classamen tra lu mounumen istorique.
Dóu resta vequi ce que l'Abat Rance Bourrey nen di su San
JPouon. Counsignen religiousamen li siéu paràula :
« L'Abbaye de Saint-Pons est le plus ancien monument relitgieux existant dans le Comté de Nice. Il y a dou^e cents ans que
sSiagrius y fonda un monastère. L'histoire de ce monastère est
jintimement liée à l'histoire religieuse, civile et économique de la
iville de Nice.
;
« Ce fut à Saint-Pons qu'en 1388 fut'signé l'acte réunissant
le Comté de Nice au Comté de Savoie. Les abbés de Saint Pons
ifurent pris dans les principales familles du Comté : les Badat, les
tLaugery, les Provana, les Lascaris, les Grimaldi, les Martelli, les
;Tournefort, etc. Plusieurs évêques de Nice furent abbés de Saint[Pons, en particulier Barthélémy Chuet (fin du xve siècle) et Jean
, Uriole, son successeur. Un autre abbé, Claude de Seyselle, fut
,évêque de Marseille, puis archevêque de Turin ; d'autres furent
cardinaux, tels Innocent Cibo, neveu d'Innocent VIII et de
f
;Léon X, et Paul Medeci de Cesis dont on voit encore l'inscription
(funéraire à Sainte-Marie-Majeure, à Rome.
:
« A la fin du xvir siècle, l'abbé de Saint-Pons était Pierre
•Gioffredo, le savant historien niçois. Enfin, un abbé de SaintiPons dont les Niçois n'ont pas encore perdu le souvenir, était
(l'abbé Spitalieri de Cessole qui a doté sa ville natale d'un établissement de bienfaisance si justement apprécié. La plupart des
pbbès de Saint-Pons et plusieurs évêques de Nice ont été enterrés
dans l'église ou sous le cloître et dorment aujourd'hui confondus
avec les moines leurs frères qui depuis dix siècles y sont enterrés.
« Les monuments funéraires ont disparu. Le temps a tout
(nivelé à Saint-Pons, singulièrement aidé cependant par la main
ides hommes. On connaît les dévastations commises par
Iroupes de François Ier et de Barberousse, plus tard par celles d
Catinat et par d'autres encore. Après chaque désastre, SaintPons a retrouvé une nouvelle vitalité et il y a à peine trois quarts
de siècle que Mgr Galvano y a fait d'importantes réparations.
;
« Saint-Pons n'est pas seulement une page de l'histoire de
notre pays, c'est un gros volume de cette histoire ; les Niçois
laisseront-ils dire qu'ils sont restés indifférents devant le danger
qui menace Saint-Pons ? Non, ils feront tous leurs efforts pour

�— 19 -

sauver de la destruction un monument qui doit leur être cher...
Je demande d'urgence le classement de l'Abbaye de Saint-Pons,
c'est-à-dire de l'Eglise et des bâtiments claustraux, comme monument historique. »
Lou councours de YArmanac Niçart es aquist. Emé fiertà e
au près de touplen de sacrifici faren respetà l'istoria dóu passat,
la lenga e lu escrich dei orne qu'an ilustrat lou nouostre bèu
pais.
*
* *
Despi quauque tèms, — maladia que reven per intermitença,
— la gran questioun de la grafia niçarda, de l'ourtougrafa, es
messa su lou tapis. De letra soun estadi publicadi, d'autri lou seran, e cresi qu'après ben de charra pèr dire pas gran cauva de
nóu, quasi dirii pèr predicà dintre lou Desert, noun restera
d'aquela discussioun, — Favén déjà coustatat, — pas gran cauva,
ren!... Cadun escrèu à la siéu moda seloun l'esprit dóu moumen,
e serii ben curious de counouisse aquéu que vendria nen dità
une metoda en nen dïen : « la mièu maniera d'escrièure lou
Niçart es la bouona». Discussioun scientifica que pòu passiounà
quauque lenguista, pas mai ; lou mihou es d'escrèure seloun li
letra ditadi pèr la prounouncia. Lou talènt pèr aquéu qu'escrèu
es de si laissà liège, de si faire acapi. Es qu'en en un entan que
frecuenta l'escola primària poudès li demandà autra cauva ?...
Perta de tèms que tout acò, vourria mai s'engenià à recercà lu
viei mot, espressioun, loucucioun courenti que la pous dóu tèms
a rabaïat, dounà au nouostre bèu dialete la coulou que dèu avè,
en respetant lu emprunt que pouden avè fach sigue à l'Italian, à
l'Espagnòu o à tout autre...
Un dialète noun dèu pas estre une lenga scientifica, encara
m en noun còu avè la pretencioun que sigue ouficiela, seria temerari ; lou dialete d'un païs dèu refletà lou caratere d'un'epoca que
lou tèms dèu respetà, enfin escrèure gramaticalamen, un noun
empedisse l'autre, e laissà à l'esprit, au goust lou coumplemen
d'un stile ouriginal, en de frasa councisi que flaton i'auriha.
Aquí fermi la discussioun, risqui de perdre la civada... l'an
que ven, se Diéu mi presta vida, v'en dirai d'autri e couma
d'usança que mi sigue permès de la vous souvetà : Bouona e
uroûva !
L'ARMANAC

NIÇART.

�20 —

LA CIGALA DOU BOUON DIEU
Una cigala dóu Bouon Dieu
Tout l'estiéu
E l'iver en la chambreta, —
L'aiguesias vista la lebreta ! —
Noun vivïa que d'amour
S'assetava su l'ounour;
La cigala cantarela,
Vau chanja de clientela,
Noun es courta d'amatour,
Que li viron tout au tour !
Ma l'ancien de la cigala,
De gros mot ven que s'embala ;
En l'auriha de la maire
Li ven tout aquéu bousin,
Que deja toui lu vesin
Sabon lou long de l'afaire
— Cenqu'as fach m'au tiéu tip ?
Di la maire enrabiada...
Bella Vierge encourounada !
Sera au mancou m'un bouon rie!!...
CH. CIAUDO

PROUVERBI, BOUOI MOT, COUNSÉU E DICH
Tèms d'iver noun ti fidar.
Lu màu dei enfan si garisson soulet.
Cau naisse pèr estre bèu, si maridar pèr estre rie, e mouri
pèr estre brave.
Per aver de raïn, eau caressar la souca.
Agnèu naissut
Vau un escut.
Dansa mihou ventre plen que rauba nova.
L'oumbra dou mèstre engraissa lou cavau.

�LOU MAGOT DE BERTOUMIÉU ISSUGA
O BEN

UNA RAISSADA DE MACAROUN
Conte menloanasqae trouvât dintre d'un armori
de ma nana e que /'Armanac Niçart es tirons de
transcrièure en niçart à Ventencioun dei sièu
fidèle lotour et lelrissa.

Bertoumiéu Issuga, mentounasque de viéia roca, abitava en
coumpagnia de sa mouhié, en carriera dóu Paumoulié. La siéu
frema, malurousamen, era sirnplaria e faia lou siéu desespoir.
Cada matin Bertoumiéu, avant de s'en anà au travail, li recoumandava de noun faire de bestialità. Cou vous dire que toui lu
dissata lou nouostre ome metia en un'armari pertuat dintre la
muraia lou gagne de la semana.
— Bertoumiéu ! pèr qu seria tout aquel argen, demandava
Marioun au siéu marit.
— Es pèr Madjou-long, castagnassa !
*
* *
Un jou Bertoumiéu partet pèr anar à la siéu campagna ;
devia même li restar doui ó très jou pèr souïnar e arousar lu
citrouniè. Marioun souleta matin e sera, s'assetava su lou banquet de la pouorta e faïa de bas... Un predinà veguet un ome
de statura mai que mejana, couma si di, un gran carcan. La
frema de Bertoumiéu lou fissa sensa parpelear, pi pihada d'un'
idea, li diguet :
— Moun bèu Moussu, sias bessai vous Madjou-long ?
Lou merlo pita e noun s'en laissa dire autre, léu li
respouonde :
— Noun vous troumpas pas, bella bruneta, sièu ièu Madjoulong !... Ma perqué mi faire tala demanda ?
Perqué ?... dou moumen que sias Madjou-long, intras su lou
cóu. Li a ja pas mau de tèms que moun marit a mes d'argen
amagat pèr vous...
E sensa mai de ceremounia li remeté lou mandiou dintre lou
quai lu sóu eron groupât. L'ome remercia e la s'esbigna lèu.
♦

* *

�Lou sera, Bertoumiéu arriva, la sièu mouhié li di.
— Sabes, ai vist ancuei Madjou-long !
E l'ome de cridar :
— Malurousa ! — m'en a fach encara una 1
Courre à l'armari, lou mandiou e Pargen, mouis !... Issuga
blastema pica dai pen, es décidât de si desiaire de la siéu frema
Lendeman, dóu téms qu'aissesta durmïa, li cuerbe lu uès emé de
pega de sabatié, pi la pihant pèr la man, la mena dapé dóu CapMartin. Arrivât aqui, Bertoumiéu fa mountar Marioun su d'un
nouguié el'abandouna. La paura, bòrnia, noun sabia doun si
trouvava, ni men encara ce que poudia faire.
En aquéu fra-tèms doui voulur venon s'assetar souta
l'aubre ; après aver abrat quauqui branca sequi pèr s'escaufar, pi
si meton à cuentar lou siéu argen.
La calou faguet delegar la pega que curbia Puès destre de
Marioun e aissesta de cridar :
— E d'un !
Lu voulur, d'estuc, s'isson d'emblée.
— Qu'es acó, diguet l'un.
— Un matagan, faguet l'autre.
La calou seguia á faire lou siéu efet pau à pau durbia Puei
senec.
— E de douî, diguet Marioun.
Dóu cou lu voulur escapon, laissant Pargen espantegat soubre
Perba.
Marioun coumença à li veire clar, cala da l'aubre e ramassa
Pargen, pi lèu s'en camina vers maïoun...
Lou sièu marit, pensierons, era assetat dapè dóu fuec, s'escaufant, fumant la sièu pipeta emé beatituda...
— Bertoumiéu !... o Bertoumiéu !... duerbe-mi, siéu iéu,
Marioun...
— Vai au diàu que ti pihe... ièu que cresii de m'en estre
despegouït...
Ma Marioun, toujou picava, un cóu noun asperava l'autre...
L'ome fenisse per li durbi...
— Ten ! regarda cen que ti pouorti.. . e Marioun pauva lou
sac su lou toulié. ..
Bertoumiéu, entartugat, cuenta Pargen e réfléchisse ; — Marioun es simplaria e deman la vila saupra Pistoria de la fouré . ..
Cóu que Bertoumiéu si dispegouïsse pèr empedi li marridi lenga
de bavar...

�— 23 —
Si mete la vesta, lou capèu e souorte fermant la pouorta i..
Faïa nuech dintre la carriera, ma sensa pena s'encamina
vers una boutiga e croumpa pèr mai de dès kilo de macaroun...
Ientra au sièu e di à la sièu mouhié de si metre au liech.
En tant que Marioun durmïa, Bertoumiéu fa bui lu macaroun, pi lu espantega su lu aubre dóu jardin... Lendeman de
matin la siéu frema, desveiada, si mete à la fenestra...
— O ! Bertoumiéu ! Bertoumiéu ! Vene un póu veire!... O
trest ! vè, a plougut de macaroun !...
— O vai fantauma !... n'as toujou una. .. Ten ! ten !... ma
es ver !...
*
* *

A quauque tèms en ça, Bertoumiéu l'avia previst, Marioun
countet à toui que lou siéu ome noun li picava plus, despi lou
jou qu'ela li avia pourtat de sac plen d'escut...
Lou juge aiguent audit parlar de l'afaire, mandet sounar
Bertoumiéu devant lou tribunal ; la siéu mouhié era estada
citada couma testemoni.
Lou juge. — Bertoumiéu, sias acusat d'aver gardât d'argen
que noun era vouostre.
— Iéu !... Ma moussu lou juge, lou negui ; sièu couma
sabès un travaiadou.. .
E Marioun de dire.
— Noun negar, Bertoumiéu, sabés ben qu'es ver ; es iéu en
persouna que t'ai pourtat la mouneda, qu'avii trouvât en la
fouré.. .
Lou juge. — Anas brave ome, noun negués.. .
— E quoura lou m'as pourtat ?... — Vous juri, Moussu lou
juge, que la miéu frema es fouola !...
— E lou sabes ben, Bertoumiéu, es lou jou que plouguet tant
de macaroun !
— Moussu lou juge aves jamai vist ploure de macaroun ?...
— Jamai ! moun beL amic respoundet lou juge que si tenia
lou ventre dóu rire — Amie, vèu que la vouostra frema es
fouola. .. sias aquitat !...
Bertoumiéu si retira emé Marioun... Noun aigueron plus
de disputa e vieugueron, pareisse urous e pèr longtèms !...
J. E.

�CANSOUN ANCIENNA

PÈR LOU

N'aurias pas vist la miêu fiha
Trin-trin
Lou galerin
A'aurias pas vist la miêu Jiha
Trois-wtrois
Le fils du roi
L'ai vista e l'ai baïada
Trin-trin
Lou Galerin
L'ai vista e l'ai baïda
Trois-trois
Le fils du roi.
Douna-mi la miêu fiha
Trin-trin
Lou galerin
Douna-mi la miêu fiha
Trois-trois
Le fils du roi.
Es aqnela la vouostra fiha
Trin-trin
Lou galerin
Es aqaela la vouostra fiha
Trois-trois
Le fils du roi.
La miêu fiha era pas lernia
Trin-trin
Lou galerin
La miêu fiha era pas lernia
Trois-trois
Le fils du roi
La miêu fiha era pas lua
Trin-trin
Lou galerin
La miêu fiha era pas lua
Trois trois
Le fils du roi.
N'es ni guercia ni poutinouva
Trin-trin
Lou galerin
N es ni guercia ni poutinouva
Trois-trois
Le fils du rois.

MAI

�La miéu fiha n'es pas borni a
Trin-trin
Lou galerin
La miêu fiha n'es pas bornia
Trois-trois
Le fils du roi.
Noun faïa pas belugueta
Trin-trin
Lou galerin;
Nonn faïa pas belugueta
Trois-trois
Le fils du roi.
La miêu fiha n'es pas emberrida
Trin-trin
Lou galerin
La miêu fiha n'es pas emberrida
Trois-trois
Le fils du roi.
La m iéu fiha n'es pas pigada
Trin-trin
Lou galerin
La miêu fiha n'es pas pigada
Trois- trois
Le fils du roi.
La miéu fiha noun es pas ranga
Trin-trin
Lou galerin
La miéu fiha noun es pas ranga
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha noun es pas louorla
Trin-trin
Lou galerin
La miéu fiha noun es pas touorta
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha n'es pas crouoada
Trin-trin
Lou galerin
La miéu fiha n'es pas croavada
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha n'es pas gibouva
Trin-trin
Lou galerin
La miéu fia n'es pas gibouva

�— 26 —
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha noun es foularana
Trin-trin
Lou galerin
La miéu fiha noun es foularana
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha n'es pas ingourda
Trin-trin
Lou galerin
La miéu fiha n'es pas ingourda
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha a pas lou peu de pi g nu
Trin trin
Lou galerin
La miéu fiha a pas lou peu de pig nu
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha noun es narvelouua
Trin- trin
Lou qalerin
La miéu ûha noun es narveloiwa
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha noun a la rougna
Trin-trin
Lou galerin
La miéu fiha noun a la rougna
Trois trois
Le fils du roi.
XXX.

PROUVERB1, BOUOI MOT, COUNSÈU E DICH
Qu duerme ben noun cregne li niera.
Qu vè pissar e noun pissa, crêpa de malícia.-'
Qu douna soun ben avan de mouri
Mérita de pati.
L'amour es lou paradis dei fouol.
L'amour es .la flou de la jouinessa.

�LA MOUORT DAU PAURE TOUNIN

Lou paure Tounin, malàut a setant'an, si presenta à l'espitàu
ma li respouondon que li a plus de plaça.
— Coumplet ! ! !
Quauqu'un li fa capi qu'em'un pau de proutecioun li pourria
intrar. Countrariat dei pas que cóu faire, Tounin vira lu taloun e
s'encamina vers la plaça Massena, piha lou tram, si rende da
Graugnard, à l'espitàu dei can, e li di :
— Moussu lou Veterinari, cresi d'estre un pau mai qu'un
can ?... En aquéu cas souîna-mi...
— Vous souînar aici, ma brav'ome perdés la testa. — Basta,
li di que n'a pas de liech pèrcourcar un crestian, que noun douna
de souin qu'ai bestia !...
Tounin, couma pensas, s'en souorte m'au couor gros e noun
sau plus à que sant si recoumandar. Era aqui au mitan dóu
camin, quoura en aquéu moumen arriba un landau, doun cala
una grossa dama, encapelada, aurias dich un ver foungi, segada
d'un varlet que pourtava religiousamen un can enfeloupat emé de
favour rosa au couol, tapat d'un tapis em'ai iniciala. En veèn
aquéu tablèu lou paure Tounin si lamenta, sangluta fouort.
— Qu'avès lou miéu brav'ome, li di la dama.
— Cen qu'ai Madama ?... trovi que lou vouostre can a mai
de chança que iéu. Li a cinquant-cinq an que travaii, pèr la premiera fès que siéu malàut, noun soulamen mi refuson à l'espitàu
dei estre uman, ma encara mi vèu picar la pouorta au nas èn
aquéu dai can.
— Quevoulès, lou miéu paur'ome, ai fach un vout de mimetre
à la Soucietà Proutetriça dei Animau, de pourtar touti li miéu
ecounoumia à la Caissa de secours pèr soulajar lou sort dei bestia.
Lou fau talamen ben, que vouguessi ben vous dounar un sóu
que pourii pas.
La dama li vira l'esquina e ientra couma un coupa-cisèu da
Graugnard. Tounin roumougna :
— Se ti veguessi en un cantoun ti dounerii mancou un gotou
d'aïga !... vièia sansuga !...
Tounin estrassinat, deble s'alonga un pau plus en là, su d'un
mouloun de peira. Quauqui oura après, couma soufrisia, n'ai-

�guènt ren en l'estomegue depi l'auba, coumençava d'aver lou
rangouioun, quoura passet un canipiè que li diguet :
— Que fès aquí, brav'ome ?
— Couma veès siéu aqui pèr tirar lu patoun. M'an refusat â
l'espitàu, même en aquéu dai can, noun mi resta que de mouri
su d'un mouioun de peira. — Avès un carnet su lou quai enregistras lu fach dóu jou, farias ben de li aloungar lou miéu testamen que poudès mentuar couma acô :
— « Bouon Diéu, se mi fes passar encara une fes sur la terra,
fe-mi naisse can au mancou, li aura une Soucietà Proutetriça dei
Animau que si crusira de iéu e pourrai estre amès en un espitau,
estre souïnat, faire bouona vida, menar une vida de can... »
ANT. ROLAND.

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VIGNE
A M. VALÉRE BERNARD.

Dans le ciel doux la Vigne ètreint les pals de buis.
Sous le pampre le merle alourdi des falernes
Tourne son col gris vair et ses paupières lemes
Qu'argenté la blancheur des immuables nuits.
O / fraîcheur, 6 beauté des Igs et des iris,
Que la Vierge éblouie avec les marjolaines
Cueille le soir venu aux vasques des fontaines
Pour colorer en fête, au crépuscule, l'Euis.
Narcisses, ébeniers, œillet et sensitive
Ah ! Versez en mon âme attiédie et pensive
L'orgueil qui souleva les clairs olympiens.
L'amour qui rafraîchit les Madones pieuses
Et qui vêt de clarté les snls athéniens
Et les ravissements des époques heureuses.
JEAN

PADOVANI.

Quauque souvèt :
Vous souveti la bouona annada.
Que siegue mihau que la passada.
Vous souveti la bouona annada acoumpagnada de touplcn
d'autri.

�Eglises et Chapelles de Nice
La vieille ville de Nice se trouvant sur la rive gauche du
Paillon, pour parler de ses églises, nous commencerons par son
église cathédrale, Sainte-Réparate, vierge et martyre, de celles du
canton Est, et en traversant la rive droite nous nous occuperons des paroisses du canton Ouest.
I. — L'Eglise Cathédrale du Diocèse de Nice est la paroisse
de Sainte Réparate, vierge et martyre, sous l'empereur Decius en
253. Sa fête est le 8 octobre. Cette église est au centre de la vieille
ville (8.500 âmes), Avant 1531 la Cathédrale était près du Donjon, plateau de Nice, et dénommée : Sancta Maria in platea,
dédiée à N. D. de l'Assomption. L'édifice actuel, dans son genre,
ressemble beaucoup à Saint Pierre de Rome, au Vatican. C'était
auparavant une simple église paroissiale
desservie par
les Bénédictins du Monastère de Saint-Pons, près Nice.
Dans son ressort se trouvent l'ancienne église de Saint
Jaume (Saint Jacques apôtre), jadis des P.P. Carmes, fermée
depuis 1903. Après le transfert du titre de paroisse à l'église de
Saint Juste, évèquc, au Gesu, elle fut placée sous la vocable de l'Annonciation de la Sainte Vierge, ainsi que la belle Eglise de la
Miséricorde, sur le Cours Saleya, jadis de Saint Gaétan, fondée
e
par les P.P. Theatins au XVIII siècle et cédée à la noble
confrérie des Pénitents Noirs.
La Cathédrale de Nice, paroisse Sainte-Réparate de nos jours,
fut comme l'ancienne au Donjon du Château {Sancta Maria in
platea), le théâtre de plusieurs f lits historiques mémorables dans
les annales de l'histoire de Nice.
II. — L'Eglise de Saint Jacques, an Gesû, dès son érection
en 1612, dédiée à Saint Juste, évêque. Sa fête est le 2 septembre.
En 1665 fut érigée en paroisse sous le titre de Saint Jacques le
Majeur, remplaçant la paroisse de Saint Jaume. On l'appelle
vulgairement le Gesù à cause qu'elle a été fondée et administrée
par les P.P. de la Compagnie de Jésus.
Appartiennent à cette paroisse les deux chapelles des confréries des Pénitents Blancs, la Sainte Croix, — confrérie la

�óo —
plus ancienne de Nice, — et des Pénitents Rouges, Saint Suaire
et de la Sainte Trinité ; l'Eglise du Couvent de là Visitation,
la chapelle de l'ancien séminaire, à la montée du Château, et
jadis l'Hospice franciscain avec chapelle de Saint Joseph des
P.P. Recollets de Cimiez, convertie en maison particulière.
L'Eglise du Gesù est d'ordre corinthien composite, cons truite sur le modèle de l'Eglise des Jésuites de Turin, dite
vulgairement les Saints Martyrs. ( 10.000 âmes).
A l'extrémité de la rue du Malonat, aux racines de l'ancien
château, on voit un oratoire à la Sainte Vierge Marie, sous le
titre de N. D. du Bon Secours. Les habitants de ce quartier érigèrent cet oratoire en l'honneur de la sainte Vierge, en reconnaissance du choléra en 1854.
III. — L'Eglise paroissiale de Saint Martin Evéque dite de
Saint-Augustin est la plus ancienne, elle fut bâtie sur l'emplacement de l'ancienne chapelle de Saint Martin (1205) et appelée
Saint-Augustin parce qu'elle était desservie par les Augustiniens
dont le couvent a été transformé en caserne. (Caserne Filley, près
l'ancienne chapelle Sincaire).
IV. — L'Eglise de Saint-Francois-de-Paule a été édifiée en
1736 d'après le plan de l'architecte
Guarini. En 1838
elle fut érigée en paroisse par décret de Mgr Galvano et appelée
aussi Saint-Dominique en souvenir de l'ancienne église paroissiale
de ce nom qui s'élevait sur la place Saint-Dominique aux lieux et
place de l'actuel Palais de Justice.
V*— L'Eglise du Port ou de l'Immaculée Conception. D'humble
origine. D'abord ce fut une fort modeste chapelle (1835), transformée agrandie par Mgr Galvano, et l'avocat théologue L. Mari
fut son premier curé..
VI. — L'Eglise Saint-Joseph nouvelle paroisse depuis 1911 la
première pierre fut posée le 19 mars 1911, bénie le 29 octobre et
ouverte au public le Ier novembre 1911 sous le patronage de Mgr
Chapon et dirigée par les soins de M. l'abbé Gabrielli.
A cette paroisse appartiennent la chapelle succursale de Saint
Joseph contigüe à l'Evêché, et la chapelle de Notre-Dame des
Anges sur l'ancienne route de Villefranche.
VIL — Saint-Roch. Cette église paroissiale dans la banlieue
de Nice fut érigée après la peste de r68r. Nice fut délivrée de ce
fléau par l'intercession de saint Roch, confesseur, né et mort à

�- Si Montpellier. La paroisse est divisée en deux quartiers, Roquebillière
inférieure et Roquebillière supérieure, jusqu'à la chapelle de NotreDame de Bon Voyage.
VIII. — Rive droite du Paillon, intra muros, se dresse Notre Dame du Vau, paroisse Saint-Jean-Baptiste, qui remplace l'an
cienne église du même nom devenue chapelle inférieure du Lycée.
Cette belle église, vœu delà ville de Nice en 1835, mt érigée en
1842 et terminée en 1852 par Mgr Galvano, évêque de Nice.
La façade ressemble à celle élevée à Turin en l'honneur du retour
du roi dans les états Sardes en 1814.
IX. — Saiiit-Pierre-d' Aréna remplace une chapelle située à la
Croix de Marbre. Elle fut érigée en paroisse en 1803 par Mgr
Colonna d'Istria. Elle doit son nom à ce fait, c'est que lors de sa
fondation elle se trouvait sur le rivage de la mer séparée par une
bordure de sable fin.
X. — Une ancienne chapelle de Sainte-Hélêne-l'Inspiratrice
existait dans ces parages. Elle fut remplacée en face la mer par
une église sous l'épiscopat de Mgr Recrosio (1727).
Six paroisses « extra muros » dépendent de la commune de
Nice.
Sainte-Marie Magdeleine, sise dans le vallon de Magnan, édifiée sur l'emplacement d'une chapelle de même nom, érigée en
1626 et dite vulgairement chapelle « dei cassaire » à cause du
grand nombre de chasseurs. Après le concordat de 1803 sous
l'épiscopat de Mgr Colonna d'Istria, ce quartier qui depuis 1771
dépendait pour le spirituel de la cathédrale fut érigé en paroisse.
Il existe encore aujourd'hui une chapelle de Notre-Dame du Bon
Conseil changée en demeure particulière . Bientôt le besoin de
la population augmentant, une église sera bâtie à la cité Robiony
par les soins du curé actuel de la Madeleine.
Plus à l'est de la ville, toujours dans le canton ouest ce
l'Arquet, se dresse la paroisse de l'Ariane dédiée primitivement à
saint Arnoux, évêque et à saint Pierre, apôtre. Elle fut érigée en
paroisse en 1809 sous l'épiscopat de Mgr Colonna d Istria. Dans
son ressort se trouve l'ancienne chapelle nécropole de l'Abbadie
fondée en 1635 en l'honneur de sainte Claire pour le besoin spirituel de 450 à 500 habitants qui appartiennent aux communes
de Nice, Cantaron Saint-André. Localité d'avenii et à laquelle
le chemin de fer Nice-Coni donnera une valeur stratégique.

�— 32 —
Gairaut avait au moyen-âge une chapelle de secours desservie
par les religieux chevaliers de l'ordre du temple au début, et par
la suite de Rhodes et de Malte. Sous l'épiscopat de Mgr François
Rosini de Martinengo la chapelle fut érigée en église paroissiale
sous le vocable de saint Sauveur o*u de la transfiguration du
Rédempteur.
Dès 1730 les P. Dominicains de Nice fondent à Saint Pancrace un sanatorium pour religieux martyrs avec chapelle en
l'honneur de Saint Pancrace martyr. Cette chapelle est érigée en
paroisse en 1848 par Mgr Galvano.
Sur le couchant de Saint-Pancrace on trouve la paroisse de
saint Roman . martyr ; l'ancienne chapelle fut érigée en paroisse
ainsi que celle de saint-Antoine de Ginestière en 1803 sous Mgr
Colonna d'Istria.
VALENT IN.

NOU VÉ
Tu Çatarina fai lou pan.
Mdumen de jota, d'alegressa,
Fes audi da toui lu couor :
Lu ange canton l'alegressa,
Fuges l'infer, Juges la mouorl.
Chntou !
L'aarika sabla, li a quaucaren aici vesin,
Sembla que senti li joia d'un festin ;
Audi lu tambourin de laen,
Lu Jlajoulet e li musela,
Lu pastre van à Bethelen
Laisson la cabana soaleta ;
Santo nuech, venes aléa nen ralegrà,
Pourtas à toui la pax et la tranquilità !
Tu Catarina fai lou pan,
Manda Lucrecia au safran,
Despende aléa lou lauvaniè,
Chapla la blea su lou taatié ;
Crala de froumai e roumpe d'iiu
E fai la iourta couma fou,
Ché n'aiguen toui en aboundança (bis)
Santa nuech, venes alèu nen ralegrà,
Pourtas à toui la pa.x e la tranquilità .'
En tant faguen etnb'au vesin
t ua santépér lou Bambin,
Toucan lou gotou de bouon vin,
Ernb'aa vesin pér lou Bambin
Ti-ri-tin-tin ! -tinTi-ri tin !

�— 3Î —

L'Expulsion de Mgr Valperga
fEN SEPTEMBRE

1792)

Le 12 octobre 1780 h population de Nice se pressait aux
abords de la porte Pairoliëre pour y recevoir en grandes pompes
le nouvel évêque Charles-Eugène Valperga di Maglione. Ce
prélat avait couché la veille selon l'usage antique à l'abbaye de
Saint-Pons et devait faire ce jour là son entrée solennelle dans
sa ville épiscopale.
Le cérémonial imposant avec lequel on avait reçu jusqu'alors
les évêques fut encore cette fois observé. L'accueil de la population entière fut des plus chaleureux au rapport de Pierre Scaliero
qui en fut témoin (1). Le nouvel évêque, qui remplaçait Monseigneur Astésan nommé archevêque d'Oristano en Sardaigne,
appartenait à une famille de vieille noblesse dont plusieurs membres avaient exercé, à Nice, des fonctions importantes (2). Il
(1) Voir aux Archives municipales le récit détaillé que ce chroniqueur en a laissé dans ses Mémoires. Pierre Scaliero mourut en 1805.
(2) Jacques Valperga, conseiller ducal, fut lieutenant du gouverneur de Nice en 1454 ; Thoma5 Valperga fut gouverneur du château de Nice en 1565 ; Jean Valperga fut également gouverneur de
Nice en 1596 ; Jérôme Valperga fut commandeur du château de
Nice en 1600 ; Pierre Valperga, frère de Jacques Valperga, était
chevalier de Malte (Arch. municipales, registre des gouverneurs,
commandants et chevaliers de Malte) ; Anne Valperga, fille dAmédée
Valperga, épousa, le commandeur de Malte Jean-Paul Lascaris.
(Voir son testament daté de 1683, arch. des Alpes-Maritimes,
registre B, 297.) Joseph Ignace de Valperga reçut de son oncle, Emmanuel Philibert Chiotera, mie partie du fief de Couaraze dont il fut
investi le 20 février 1753. Son fils, Vincent, céda ses droits à H. Novelli. Jérôme Valperga fut sénateur à Nice de 1761 à 1765, puis
ministre plénipotentiaire de Sardaigne à Gênes en 1780 ; plus tard
il fut ministre etsecrétaire d'Etat, ce dernier était le frère de l'évêque
de Nice et fils du comte François Valperga qui vivait encore en
1795Ees armoiries des Valperga étaient fascé d'or et de gueules, à
la plante de chanvre déracinée, d'argent et brochant. Le cimier
était un bouc naissant au naturel et la devise : « Ferme-toy ».
Nous reproduisons les armoiries de Monseigneur Valperga d'après celles qui se trouvent en tête du catéchisme édité par ses ordres
et dont nous devons le dessin à l'obligeance de M. Joseph Casai
(Extrait de 1' « Armoriai Artistique et Nrbiüaire », Ni.e, 1902.
3

�- 34était directeur du collège des Provinces à Turin, lorsque le roi
de Sardaigne le désigna, pour l'évêché de Nice. Il avait été sacré à
Rome où il avait fait ses études. Monseigneur Valperga se distingua immédiatement par sa vigilance et son activité : il releva
le niveau intellectuel et moral des prêtres de son diocèse et s'attacha à mettre en toutes choses la plus grande régularité. Dix-huit
mois après son installation, il publia un nouveau catéchisme
dont le plan avait été préparé par son prédécesseur ^i). Grâce à

ses relations cordiales avec la eour de Turin, il jouissait auprès
des autorités civiles de Nice d'une grande influence. Après douze
(1) Ce catéchisme en italien fut imprimé à Nice par la Société
Typographique. C'est un petit volume in-douze de 612 pages, portant
la date de 1783. En tête se trouve le mandement de Monseigneur
Valperga du 16 février 1782 qui approuve le travail terminé par
le prêtre auquel Monseigneur Astésan en avait confié le soin, ordonne
sa publication et règle l'organisation des catéchismes dans tout le
diocèse. Deux ans plus tard en 1785, Gabriel Floteront, imprima
un autre catéchisme rédigé en dialecte niçois, petit volume in-12
de 228 pages. Un exemplaire de ces deux ouvrages existe à la biblio
thèque de Nice. — Voir Villarey, Série Cronològica dei Vescovi
di Nizza. — Art. Valperga.

�-35 années de séjour dans cette dernière ville il s'était acquis l'estime
et le respect de tous.
*

• *

Lorsque le 28 septembre 1792 dans l'après-midi, les troupes
piémontaises évacuèrent Nice, il y eut dans cette ville une effroyable panique et des milliers d'habitants s'enfuirent dans la direction de Turin. Ce fut un désarroi et une désorganisation complète de toutes les autorités. iMonseigneur Valperga resta à son
poste et s'engagea à ne point quitter la ville. Le lendemain samedi
29 septembre, il accompagna le second consul Honoré Saissi et
quelques membres du Conseil qui se rendirent, vers les onze
heures du matin, à la villa Feraudi, au quartier St Hélène, pour
offrir les clefs de la cité au général d'Anselme qui venait d'y
arriver à la tête des troupes françaises. Le général fit à la délégation assez bon accueil, mais il s'étonna de trouver parmi ses membres, l'évêque dont la place déclara-t-il n était pas là. Du reste,
d'Anselme attacha si peu d'importance à la démarche îles magistrats niçois que dans aucune de ses dépêches officielles il n'en fit
mention.
Sur le soir du même jour, la petite armée française faisait son
entrée dans la ville et le général s'installait dans la maison du
consul de France à la place St Dominique. L'évêque de Nice qui
tenait à rester au milieu de ses diocésains se présenta de nouveau
vers les huit ou neuf heures du soir chez le général auquel il voulait recommander ses prêtres en lui demandant des respecter les
églises. Le général était entouré de tout son état-major, du consul
de France, Pierre Le Seurre, de Honoré Saissi, second consul, de
Féraudi, secrétaire général de la commune. Ces deux derniers
venus probablement pour appuyer les demandes de l'évêque.
L'accueil du général ne fut pas plus encourageant que la première fois ; il intima même avec insistance au prélat l'ordre de
quitter ta ville en ajoutant que le plus tôt serait le mieux et ce
fut sur ces dernières paroles que l'évêque se retira après avoir toutefois reçu du général la promesse que tout ce qu'il laisserait dans
son palais serait placé sous la sauvegarde de la Nation française.
Il n'y avait pas à tergiverser, l'ordre était formel et pressant, il
fallait partir. L'évêque prit ses dernières dispositious et délégua,
au curé de la cathédrale, le chanoine Honoré Navello, tous les
pouvoirs nécessaires pour administrer le diocèse en son absence.
Aux premières lueurs du jour, Valperga quitta son palais, et se

�— 36 dirigea à pied vers la porte Pairolière. Il avait été impossible de
trouver une voiture car tous les moyens de transport avaient été
réquisitionnés et utilisés le 28 septembre pour permettre l'exode
des habitants terrorisés. Il avait ordre de partir, mais cet ordre
n'ayant pas été donné par écrit, les volontaires marseillais, de garde
à la porte de Turin, refusèrent de le laisser passer, l'accablèrent
d'injures, le menacèrent même de le pendre et ne consentirent á
le lâcher que sur un ordre écrit, sollicité et obtenu du général,
grâce à l'intervention courageuse et au sang-froid d'un jeune
niçois, Joseph Castellinard. Monseigneur Valperga se retira à
Turin et y mourut en 1805 sans avoir jamais pu obtenir l'autorisation de rentrer.
*

* *

Il est établi par les documents officiels contemporains que
Monseigneur Valperga ne quitta son siège que sur les ordres arbitraires du général d'Anselme et ces mêmes documents nous
renseignent très exactement sur les incidents fâcheux qui se produisirent au départ de l'évêque. Du reste, on n'ignorait pas à Nice
comment les choses s'étaient passées et la population savait grê à
Valperga de son attitude et de sa fermeté. De son côté, Valperga
avait eu confiance dans la parole à lui donnée par le général au
nom de la Nation française et à plusieurs reprises il manifesta
son étonnement qu'elle n'ait pas été gardée, que ses biens aient
été confisqués, son mobilier vendu, son nom inscrit sur la liste
des émigrés alors qu'en partant il n'avait cédé qu'à la force.
Parmi les nombreux documents qui se trouvent soit aux archives de Nice, soit aux archives nationales il en est quelques-uns
dont la simple reproduction sera plus probante que tous les corn,
mentaires. Il_suffira de citer :
•i° La lettre du Directoire des Colons Marseillais en date du
25 février 1793, adressée aux citoyens Blanqui et Veillon, députés
extraordinaires de la ville de Nice à Paris, au sujet des réclamations présentées le 23 du même mois par Jean-Jacques Donny, au
nom de Mgr Valperga.
20 La réponse du même Directoire à J.-J. Donny, en date du
26 février 1793.
3„ L'arrêté du Département en date du 13 avril 1793.
40 La réclamation présentée au Directoire du département

�Valperga, aussitôt après son inscription sur la liste des émigrés de
la ville de Nice, dressée à la fin de juin 1793.
50 Les états de frais pour l'inventaire et la vente du mobilier
et effets de « l'émigré Valperga Maillone, citoyen évêque » approuvés par le département des Alpes-Maritimes, le 5 germinal an
III (25 mars 1795).
6° Les actes de notoriété dressés le Ier et 2me fructidor an III
(18 et 19 août 1795) par Gautier, juge de paix à Nice, à la requête de Pierre-Joseph Passeron, agissant en qualité de procureur
subrogé par Nicolas Giorni, procureur spécial et général de Mgr
Valperga, par acte de procuration reçu à Turin le 20 juillet 1795,
notaire Pierre-Joseph Bernochio.
70 La pétition adressée au district de Nice le 4 fructidor an III
(21 août 1795) par Pierre-Joseph Passeron, demandant la radiation du nom de Valperga sur la liste des émigrés.
8° L'avis du district de Nice en date du 5 vendémiaire an IV
(27 septembre 1795) déclarant que Mgr Valperga doit être rayé
de la liste des émigrés.
90 L'arrêté du département des Alpes-Maritimes, en date du
14 prairial an V (2 juin 1797) ordonnant la radiation provisoire
du nom de Valperga de la liste des émigrés.
io° L'acte de cautionnement dressé par le département le
11 fructidor an V (28 août 1797), à la requête de Pierre-Joseph
Passeron, procureur de Mgr Valperga en exécution d'une des
clauses de l'arrêté du 14 prairial an V (2 juin 1797).

�- 38 —

DOCUMENTS ET PIÈCES D'ARCHIVES

Pièce 1.

25 février 1793
Aux cit. Blanqui et Veillon
Une lettre du cit. Donny, associé du citoyen LeClerc, défunt président de l'ancienne administration
provisoire, dont vous avez ci-inclus l'extrait ( 1 ), nous
fait connaître que le cit. Valperga, évêque de Nice,
laissa avant son départ (ordonné à son retour par
Anselme) dans sa maison pour environ 34.000 livres,
argent monnayé, et environ pour 17.000 d'effets en
vaisselle, linge, batterie de cuisine etc.
Une portion de ces effets se trouvent encore dans
ladite maison, sous l'inventaire que nous en avons
fait dresser par les commissaires de l'une et l'autre
administration, lorsque nous avons été installés, mais
il s'en faut de beaucoup qu'elle puisse arriver à la
somme de 17.000 livres, pas même le tiers.
Quant à l'argent monnayé entré dans la caisse du
receveur de l'ancienne administration, nous n'y
voyons point la somme que ledit Evêque désigne
avoir laissé dans sa maison. Nous vous remettons cijoint un extrait de l'état des sommes' que le cit.
Bonnet a reçu en espèces, pendant toute sa gestion
de receveur et trouvées parmi les effets des émigrés
français et niçois.
Nous ne voulons rien préjuger sur l'assertion du
cit. Valperga, quoique nous ayons des indices frappants de vérité. Ce ne sera que lorsque nous aurons
pu les convertir en preuves par le témoignage de
quelques citoyens que nous nous procurerons, pour
pouvoir en demander la restitution et la poursuite
contre le pillage.
En attendant, noùs croyons devoir vous faire part
de cette découverte que nous allons communiquer au
Président de la Convention Nationale et au Ministre.
Arch. des A. M. Registre de la correspondance du
Directoire des Colons marseillais L. 5.
Cet extrait manque au registre ainsi que les autres pièces
énoncées dans celte lettre.

�-hLe 2érae février 1793.
Au citoyen Donny, négociant à Nice
Pièce 2.

Votre lettre du 23me de ce mois, citoyen, nous
demande des renseignements sur le temporel du
citoyen Valperga, Evêque de Nice. Nous allons vous
transmettre tous ceux qui sont à notre connaissance
L'administration provisoire en choisissant l'Evêché
pour le lieu de ses séances, vint s'y établir dans les
premiers jours d'octobre, et tout nous porte à croire
qu'elle ne fit aucun inventaire des effets qui s'y trouvaient, du moins nous n'en avons trouvé aucun dans
les papiers qu'elle nous a remis.
En succédant à cette administration provisoire,
uous avons cru que notre premier devoir était de faire
un inventaire de tout le mobilier renfermé dans la maison épiscopale. Nous y avons successivement procédé
en présence des administrateurs provisoires et à mesure qu'ils nous en remettaient les clefs. Tout le mobilier qui s'y trouvait, ne consistait guère qu'en
meubles meublants et ne nous paraît pas avoir la
valeur de 17 mille livres que l'Evêque lui donne.
Vous pourrez, si vous le jugez à propos, faire prendre
à notre secrétariat une copie de cet inventaire. Tout
ce. qui n'est point renfermé dans les appartements
que nous occupons au premier étage, a été laissé à la
garde de Jean Poma, ancien concierge de l'Evêque et
le nôtre.
Pour nous éclairer sur les 34.000 1. argent monnayé que l'Evêque doit avoir laissé en sa maison,
nous avons écrit au cit. Bonnet, receveur de l'administration provisoire, pour lui demander un état des
sommes en numéraires versées dans sa caisse, comme
ayant été saisies et trouvées parmi les effets des Emigrés français et niçois. L'état qu'il nous a remis ne
monte qu'à 74121. 16 s, et aucun article n'a du rapport
avec les réclamations du citoyen Valperga.
Quant à ce qui concerne personnellement le
citoyen, nous avons demandé au Ministre de l'Intérieur de vouloir bien nous dire la manière dont nous
devions l'envisager. Nous savons qu'un ordre arbi-

�— 40 —
traire de Danselme l'obligea de quitter Nice, le jour
de l'entrée des Français. Mais nous pensons aussi que
la proclamation des Commissaires de la Convention
nationale de France et le décret de celle de Nice,
concernant les Emigrés, étaient des motifs suffisants
pour le ramener à son poste et le rassurer sur les
suites de son retour. En persistant à prolonger son
absence, il s'expose à être traité comme émigré, à se
voir déclarer déchu de sa place et confisquer tous ses
biens. Telle est la disposition de la loi, et quoique
nous ayons consulté le ministre sur le cas particulier
de l'Evêque, nous prévoyons que sa réponse sera de
nous en tenir à la rigueur des lois, ainsi que plusieurs
instructions nous l'ont déjà annoncé.
Vous sentez, citoyens, que tout le mobilier de
l'Evêque doit rester séquestré jusqu'à son retour ou à
la décision du Ministre. Il peut être tranquille sur la
conservation de tout ce que nous avons trouvé en
entrant dans sa maison. Ce qui a pu en être enlevé
avant notre entrée en fonctions, est étranger à notre
gestion. Mais nous employerons tous les moyens qui
sont en notre pouvoir pour en trouver les traces, en
acquérir les preuves et en faire punir les coupables.
Les administrateurs, etc.
Archives des A.-M., Registre
suivants.

,L. 5,/°7i verso et

Lettre des commissaires de la Convention
Nationale et arrêté du Département des A. M.
Nice, le 9 Avril 1793, l'an 1 Ie de la Repu bublique Française.
« Vous voudrez bien, citoyens, en nous envoyant
les noms et prénoms de l'évêque de Nice, nous instruire officiellement d'après les "dispositions des lois,
s'il est censé démissionnaire et son siège vacant.
« Les Commissaires de la Convention Nationale
au département des A. M.
GRÉGOIRE, JAGOT (I)

(1)

Archives des A. M. L. 29 ancien. L

7

actuel.

�— 4i (i3 avril 1793)
Le Directoire ; vu la réquisition du citoyen Procureur Général sindic « Considérant que Charles Eugène Valperga, évêque de Nice, n'avait point quitté
son domicile lors de l'entrée des troupes de la République ; considérant qu'il a lui méme-accompagné les
consuls d'alors quand ils furent présenter les clefs
de la ville et inviter le général Anselme à venir en
prendre possession au nom de la République ; considérant que le général Anselme par ses ordres arbitraires et tiranniques, accompagnés même de menaces contre ses jours, l'ont forcé de s'éloigner ; arrête
qu'il ne peut le déclarer émigré, et qu'il sera répondu
aux Commissaires de la Convention nationale d'après
les principes ci-dessus.. »
Sign : PAUMÉ ; BARLI FABRI ; F. CASTKLIMARD ;
ANGLES ; BERNARDI, secrétaire général. (1)
pjj

ce

^

Aux citoyens composant le Directoire du
département des Alpes-Maritimes..
22 juillet 1793.
Citoyens,
Le citoyen Jean-Jacques Donny, soussigné, chargé
des intérêts du citoyen Valperga, évêque de Nice
absent, ayant été informé que par votre délibération
du 29 du mois passé, ledit citoyen Valperga avait été
déclaré émigré, vous représente avec tous les égards

(1) Archives des Alpes-Maritimes, Registre L,. 3, folio 101. L'Arrêté n'est pas signé par le procureur syndic Jean-François Tourre
ni par l'administrateur Jean-L,ouis de Villiers qui ne partageaient
point l'opinion de leurs collègues. A noter que Tourre était d'Antibes
et que de Viliers était un médecin français établi depuis longtemps
à Nice.
I/Arrêté fut pris malgré le réquisitoire de Tourre qui voulait
déclarer Monseigneur Valperga émigré et malgré un violent discours de Villiers soutenant la même thèse qui fut combattue par
Barli Fabri, par Castclinard et par Anglès. J'ai déjà publié in-extenso
cette délibération du 13 avril T793 au cours d'un article sur l'église
de Nice en 1792-1793 inséré dans Nice Historique du Ier avril 1903,
C'est pourquoi je reproduis ici simplement la lettre des
commissaires et l'arrêté du département.

�- 42 —
dûs au pouvoir dont l'exercice vous a été confié par
le peuple souverain que le citoyen Valperga ne peut
ni ne doit sous aucun rapport être considéré comme
émigré, par les motifs ci-après :
i° Qu'il est de notoriété publique qu'il n'a quitté
le pays que contre son gré et par ordre du général
Anselme :
2° Qu'il a constamment été disposé et a offert
de revenir dans son diocèse, moyennant qu'il ne fut
assujetti à prêter qu'un serment relatif au temporel et
non au spirituel.
3° Qu'enfin et par la raison que n'étant point
indigène, mais étranger, son séjour ici n'a été dé terminé que par sa nomination à l'épiscopat, événement casuel qui n'a jamais pu le soumettre à l'obligation de renoncer pour toujours à sa mère-patrie.
Tous ces motifs, soit qu'on les prenne collectivement ou séparément, démontrent suffisamment,
citoyens administrateurs, le droit incontestable, qu'a
le citoyen Valperga de demander et prétendre la
radiation de son nom du tableau des émigrés, et si
le ministre de l'Intérieur n'a fait aucune distinction
entre lui et les autres citoyens, c'est sans doute qu'il
a ignoré les circonstances qui vous sont exposées
ci-dessus, et notamment la dernière, car s'il les eût
toutes connues, il n'est nullement probable qu'il eût
décidé comme il l'a fait. Toute hypothèse contraire
serait une injure faite à ses sentiments et à ses lumières. Un homme tel que lui, dont les vertus civiques, le patriotisme et les talents l'ont appelé au
poste aussi honorable que pénible qu'il occupe, doit
ressembler autant que possible à la Nation pour
laquelle il agit et qui l'a honoré de sa confiance.
Cette nation est grande, généreuse, magnanime,
juste et bienfaisante.Elle ne peut qu'êtreextrêmement
jalouse de sa gloire, et l'un des principaux devoirs de
ses agents est d'éviter soigneusement d'en ternir
l'éclat.
Le refus qui serait fait de rayer de la liste des
Emigrés le nom du citoyen Valperga, refus qui entraînerait avec lui la confiscation des minces propriétés de ce citoyen, serait un acte qui imprimerait à

�-

43

-

jamais une tache ineffaçable à la gloire du nom français ; tache qui ne pourra manquer de frapper également les yeux des contemporains et ceux de la postérité ; tache enfin que les historiens ne manqueront
pas de faire ressortir par des couleurs enluminées, et
le bel effet qu'un pareil tableau produirait, citoyens
administrateurs, serait votre ouvrage.
Mais non, loin de nous, cette idée ! Vous êtes
républicains ! cela suffit. Les républicains sont vertueux. Ils aiment, chérissent, protègent, respectent
la vertu partout où elle se trouve. Et le citoyen Valperga aussi est un homme vertueux ! Qui en doute ?
Nul bon citoyen, nul honnête homme. Souvenezvous, citoyens administrateurs, que ce n'est que par
ses vertus qu'il a mérité l'amour et l'affection du
peuple Niçois et non par sa qualité d'évêque. Et plût
à Dieu que tous les ecclésiastiques lui eussent ressemblé ! La France n'eut point éprouvé d'aussi horribles secousses, pour asseoir, affermir et assurer sa
liberté.
La République a incontestablement le droit de
renvoyer hors de son sein tout individu qui ne lui
convient pas, mais en renvoyant ainsi un étranger
qui, d'ailleurs, n'a pas encouru la peine de la confiscation de ses biens, elle lui permet de les emporter ou
de les vendre et d'en emporter le produit. Tel est
précisément le cas du citoyen Valperga.
L'exposant demande en conséquence, citoyens
administrateurs, qu'il vous plaise prendre dans votre
sagesse une délibération tendante à rendre audit
citoyen Valperga sa qualité de citoyen français non
émigré, à lui accorder un délai compétent pour rentrer dans ce pays soit comme simple citoyen ou
comme fonctionnaire public et à lui assurer dans
tous les cas la restitution de ses propriétés par lui
laissées sous la sauvegarde de la loyauté française
dans la maison épiscopale, lors de sa retraite forcée,
ou la juste indemnité de leur valeur. Et sera justice.
Nice, le 22 juillet 1793, l'an second de la République française, une et indivisible.
Jean-Jacques DONNY.
l
ARCHIVES NATIONALESF/ 4.867 , dossier Valperga.

�- 44 Pièce 5.

Etat de frais de vente pour parvenir à l'inventaire
et vente des effets de l'émigré Valperga Maillone,
citoyen évêque :
5 germinal an III (25 mars 1795)
Pour une séance de trois commissaires dont un du
District et deux de la Commission municipale, fixée
à trois livres par séance par le Directoire du district
et approuvé par les Représentants du
Peuple
L.
9 »
Papier timbré tant de la minute que
des deux extraits
»12
Pour la copie desdits deux extraits . .
» 8
Droits d'enregistrement
13 10
31

2

Nous soussignés certifions le compte ci dessus véritable.
Signés : J.-B. Thomaty, comm. du dist. ; Savigny,
comm. munie. ; Mabil, comm. municip.
Frais de la vente :
Pour quatre séances de deux corn missaires dont un
du District, un de la Commis, mun. sans le membre
de l'administration fixées à trois livres par séance par
le Directoire du district et approuvé par les Représentants du Peuple .
L.
24 »
Au trompette pour publication de
quatre criées
5 »
Au crieur à la vente, quatre séances .
12 »
Aux portefaix qui ont travaillé au
transport des effets
40 »
Papier timbré tant de la minute que
de l'extrait
1 »
Bougie
3 »
Droits d'enregistrement
27 »
Papier timbré du petit état
» 4
A la femme qui a assisté à la vente
pour l'arrangement du linge
» 12
L.
Signés : J.-B. Thomaty, comm. du
district ; Savigny, comm. municip.

1

159 6

�Vu par nous, membres composant la Commission
Administrative du district et d'après l'arrêté du district, approuvé par les Représentants du Peuple et la
loi du il et 12 Mars, arrête l'état des frais ci-dessus
se montant à la somme de cent cinquante neuf livres
trente centimes, qui seront acquittés par le receveur
du droit d'Enregistrement lorsque le Département
aura vérifié ledit état.
Nice, le 29 ventôse an 3"" de la République française une et indivisible (19 mars 1795).
(Suivent les signatures).
Vu l'état des frais ci-dessus pour parvenir à l'inventaire et vente du mobilier de l'émigré Valperga
Maillone ci-devant évêque.
Vérifié et arrêté par le Directoire du district de
Nice, la Commission Administrative du département
des Alpes-Maritimes approuve ledit état et ordonne
au citoyen Maussier, receveur de l'enregistrement
cîudit district de payer aux citoyens J. B. Thomaty
et Savigny, comm. la somme de 159 livres et 30
centimes pour montant des frais pour inventaire et
vente des susdits effets de l'émigré, laquelle somme
lui sera allouée en compte.
Fait à Nice le 5 germinal an 3me républicain ( 25
mars 1795).
Etat des frais pour parvenir d la vente du mobilier de
l'émigré Charles Eugène Valperga Maillone, citoyen
évêque.
Pour trente-neuf séances de trois commissaires
dont un du District et deux de la Commission municipale, fixé à trois livres par séance par le Directoire
du district et approuvé par les Représentants du
peuple
L.
351 »
A deux portefaix, dix-neuf journées et
demi chaque fixées à cinq livres par jour.
195 »
Au trompette pour publication de
trente-neuf criées fixées à une livre cinq
sols chaque
48 r 5
Au crieur à la vente, trente-neuf séan
ces fixées á trois-livres par séance ....
117 »

711 1$

�- 4* Report
Papier timbré tant de la minute que
de l'expédition
Pour copie dudit extrait fixé à quatre
livres
Papier timbré du présent état ....
Bougie
Droit d'enregistrement
Plus deux autres journées de portefaix à cinq livres
Un paquet de plume
L.

148
4
6
421

»
4
»
»

20
5

»
»

1.182

7

Nous soussignés certifions le compte ci-dessus,
véritable.
Nice, le Ier ventôse an 3me de la République (19
février 1795).
Signés : J.-B. Thomaty, commissaire du district ;
Savigny, comm. ; Honoré Mabil, comm. municipal.
Vu par nous, membres composant la Commission Administrative, de ce District, et d'après la loi
du 11 et 12 Mars 1793 (v. s.) et l'arrêté de cette
Commission approuvé par les Représentants en date
1^ Fructidor, oui l'agent national, arrête l'état des
frais se montant à onze cent huitante deux livres et
trente cinq centimes qui seront acquittés par le
receveur de l'agence de l'enregistrement sur le produit de la vente desdits meubles, lorsque le Département aura vérifié ledit état.
Nice le 29 ventôse an 3me de la République
française une et indivisible (19 mars 1795).
(Suivent les signatures).
Vu l'état des frais ci-dessus pour parvenir à la
vente du mobilier de l'Emigré Valperga Maillone cydevant évêque.
Vérifié et arrêté par le Directoire du district de
Nice.
La Commission administrative du département
des Alpes-Maritimes, approuve ledit état et ordonne

�— if au citoyen Maussier, receveur de Penregistrement
dudit district de payer aux citoyens J.-B. Thomati,
Savigni et Honoré Mabil, commissaires, la somme de
mille cent quatre vingt deux livres trente cinq centimes pour montant des frais de la vente des susdits
effets de l'Emigré. Laquelle somme lui sera allouée
en compte.
Fait â Nice le 5 germinal an 3me républicain (25
mars 1795).
Arch. des A. M. L. 15 ancien p. 44-45 N° 34-35

Actes de Notoriété
Pièçe g

1-2-fructidor an III
18-19 août 1795
EGALITÉ, LIBERTÉ

AU NOM DE LA LOI
Ce jourd'hui, premier Fructidor, l'an troisième
(18 août 1795 de la République française, une et indivisible, à Nice, chef-lieu du département des AlpesMaritimes, par devant Nous, Antoine Gautier Juge de
paix de la Ier, 2m" et 3me section et officier de police,
est comparu le citoyen Pierre Joseph Passeron, natit
tic la commune de Contes et habitant en celle de Nice
depuis plusieurs années.
Lequel en sa qualité de procureur du citoyen
Charles Eugène Valperga de Maillone, évêque de Nice,
subrogé par le citoyen Nicolo Giorni, homme de loi,
procureur spécial et général établi (par acte reçu) par
le notaire Pierre Joseph de Bernochio, le 20 Juillet
dernier (v. s.) qu'il présente, légalisé par le résidant
de la République de Gênes auprès de la Cour de Turin, dont il résulte le pouvoir donné au citoyen Giorni, de subroger en son lieu et place, avec tous les
pouvoirs compris au dit acte, et il présente au surplus l'acte de sa dite subrogation faite par le même
citoyen Giorni, reçu en la ville de Gênes le premier

�- 48 du mois d'août dernier (v. s.) par le notaire Antoine
Baglietto, légalisée par le consul de la République
française.
Il expose que le vingt neuvième jour de septembre
de l'année 1792, l'armée de la République, étant arrivée en cette ville, commandée en chef par le citoyen
général d'Anselme, lorsque ce général, vers le soir,
fut arrivé et il eut pris son logement dans la maison
habitée par le ci-devant consul de la République Le
Seurre, ledit citoyen Evêque Charles Eugène Valperga de Maillone s'y étant présenté, ledit général d'Anselme, en présence de tout son Etat-Major, lui signifia
d'abord de devoir partir de cette ville. Sur quoi le
dit évêque ayant répondu qu'il avait cru de pouvoir
continuer sa résidence en cette ville et tellement l'avait cru, qu'il n'avait jamais pensé de distraire et en
faire partir le moindre de ses meubles et effets, qu'il
avait dans la maison d'habitation de l'tvêque et que
si absolument il lui ordonnait de partir, il le priait de
lui accorder la sauvegarde sur tous lesdits effets et
meubles. Le dit général d'Anselme lui répliqua qu'il
dut absolument partir de cette ville, en ajoutant que
le plus tôt en serait le mieux, et qu'à l'égard de ses
meubles et effets qu'il avait, il les mettait dès ce ino
ment sous la sauvegarde et loyauté de la Nation française et qu'il pouvait en être tranquille, après quoi ledit
évêque Valperga de Maillone, tout tremblant, ayant
dit qu'il allait se conformer dès le lendemain au matin à ses ordres, se retira ; ledit général d'Anselme
lui ayant encore répliqué : le plus tôt sera le mieux.
Et comme il importe audit citoyen évêque Valperga de Maillone de constater le fait ci-dessus expo"sé, suivi en présence de tout l'Etat-Major dudit général d'Anselme et de plusieurs citoyens de cette commune, l'exposant, en sa dite qualité vous présente les
citoyens Pierre Le Seurre, ci-dessus nommé, ci-devant
consul en cette ville de la République, le citoyen Honoré Saissi de cette commune qui pour lors était second consul de la même commune, le citoyen Philippe Emmanuel Féraudi qui pour lors était secrétaire de
Ìa même commune et le citoyen Ange Giraudi aussi

�- 49 de cette commune, pour recevoir leurs dépositions
sur ledit exposé et vous fait instance que de tout lui
soit concédé acte, ce que nous lui avons accordé, et a
signé.
PIERRE JOSEPH PASSERON.

Et de suite se sont présenté les susnommés
citoyen Le Seurre, natif de Craon, âgé de 75
ans, bourgeois, le citoyen Saissi, âgé de 70 ans,
négociant, Emmanuel Feraudi, âgé de 68 ans, notaire, Ange Giraudi, âgé de 63 ans, négociant,
natifs et domiciliés dans cette commune, auxquels
après avoir fait lecture dudit exposé fait par ledit citoyen Pierre Joseph Passeron, en sa dite qualité, les
avons interpellés sur serment que leur avons fait prêter, conformément à la loi, de nous dire en leur âme
et conscience si tous les faits énoncés dans le même
exposé sont de leur connaissance et tous les quatre ont
répondu et attesté tant uniment que séparément en
être pleinement informés, s'y étant trouvés présents,
et que le tout contient la vérité, toute la vérité et
rien que la vérité. En foi de quoi ils ont signé :
LE SEURRE, HOSORI'J
SAISSI, PHILIPPE EMMANUEL FÉRAUDI,
ANGE

GIRAUDI.

Et nous, juge de paix, vu les dépositions ci-dessus, avons de tout concédé acte au susnommé citoyen
Pierre Joseph Passeron en sa dite qualité, pour lui
servir et valoir dans tous les cas, à ce que de droit et
de raison. Fait à Nice, l'an et le jour que dessus.
GAUTIER, juge de paix.
BONIFACI, sec. greffier.
Vu par nous, membres du District de Nice, 3 vendémiaire an IV rép. 25 sep. 1795, TOSELLI, JN COPPON
fils, VÉRANI pr. syndic, SAYTOUR Martin.

�— 5o —
EGALITÉ, LIBERTÉ.

AU NOM DE LA LOI
Ce jourd'hui. second jour de Fructidor de l'an 3
août 1795) de la République française une et indivisible, à Nice, chef-lieu du département des AlpesMaritimes, par devant nous, Antoine Gautier, juge de
paix de la iere, 2M* et 3ME section et officier de police,
est comparu le citoyen Pierre Joseph Passeron : natif
de la commune de Contes et habitant en celle de Nice
depuis plusieurs années
Lequel en sa qualité de procureur du citoyen
Charles Eugène Valperga de Maillone, évêque de
Nice, subrogé par le citoyen Nicolo Giorni, homme
de loi, procureur spécial et général établi (par acte
reçu) par le notaire Pierre Joseph de Bernochio, le 20
Juillet dernier (v. s.) qu'il présente, légalisé par le résidant de la République de Gênes auprès de la Cour de
Turin, dont il résulte le pouvoir donné au citoyen
Giorni, de subroger en son lieu et place, avec tous les
pouvoirs compris audit acte, et il présente au surplus
l'acte de sa dite subrogation faite par le même citoyen
Giorni, reçu en la ville de Gênes le premier du mois
d'août dernier (v. s.) par le notaire Antoine Baglietto,
légalisée par le consul de la République française.
Expose : Primo, que le matin du trente septembre 1792, le citoyen Charles Eugène Valperga de
Maillone, évêque de Nice, en partant de cette ville
avec deux domestiques à sa suite, qui portaient un
paquet et quelques effets, fut arrêté à la porte qui conduit en Piémont, ci-devant nommée porte Victoire,
et conduit au vestibule de la maison presque attenante
à ladite porte, appartenant au citoyen Dominique
Castellinard, où se trouva le citoyen Joseph Castellinard, fils dudit Dominique, et malgré que ledit Evêque Valperga déclara aux soldats de la Garde de la
dite porte qui étaient des Marseillais, que c'était en
conséquence d'ordre qui lui avait été signifié par le
citoyen général d'Anselme qu'il partait de cette ville,
lesdits soldats commencèrent par le malmener et lui
(19

�signifier qu'ils voulaient le pendre et ayant ouvert
ledit paquet et y ayant trouvé entre autres effets, une
ceinture d'évêque, ils déterminèrent, à l'instant, de le
pendre avec ladite ceinture, et ayant essayé si la même
était assez forte pour le soutenir, en la préparant, elle
se fit en lambeaux, de façon qu'ils vérifièrent qu'elle
ne pouvait leur servir et demandèrent audit Joseph
Castellinard fils une corde, pour pendre ledit évêque,
à un grand anneau de fer qui était au plafond dudit
vestibule, servant â y passer une verge de fer pour
peser les marchandises, et ledit citoyen Castellinard
fils, leur ayant absolument refusé de leur donner de la
corde, en s'excusant qu'il n'en avait point, comme
dans tous ces entrefaits ledit évêque se trouve mal et
ne peut plus se soutenir, ledit Castellinard fils lui fit
apporter une chaise, par sa servante à qui quelques
uns de ces soldats donnèrent des coups de poing pour
avoir porté ladite chaise et le même Castellinard le
fit ensuite asseoir sur ladite chaise, en le soutenant,
parce qu'il ne pouvait se soutenir droit ; d'autant plus
qu'en attendant, lesdits soldats marseillais lui disaient mille exécrations, lui crachaient dessus et lui
donnaient des soufflets, et assurément ils l'auraient
fini, si dans cet intervalle un de ses domestiques
n'avait été dire au citoyen général d'Anselme ce qui
venait d'arriver, et ledit domestique étant venu avec
un billet dudit général d'Anselme qui ordonnait à la
garde de le laisser partir, puisque c'était de son ordre,
en conséquence de ce billet lesdits soldats marseillais
se bornèrent pour lors à lui dire et crier mille invectives et injures et le laissèrent partir, ce que ledit
évêque, malgré qu'il ne pût se remuer, à l'aide de ses
domestiques fit au mieux possible en tremblant, de
façon qu'il doit son existence au refus ferme et déterminé que ledit citoyen Castellinard fils leur fit de
leur donner une corde, sans quoi avant l'arrivée du
dit domestique portant l'Ordre du général d'Anselme, il aurait été pendu et étranglé.
Secondoque lefaitci-dessusfut d'abord public et notoire, de notoriété publique dans cette ville et encore
plui le lendemain premier octobre, puisque les autres

»

�— 52 —

soldats de la Phalange Marseillaise, arrivés sur le soir
dudit jour trente septembre, d'abord après leur arrivée
cherchèrent l'évêque qu'ils voulaient le lanterner et
mettre en pièces, comme ils s'expliquèrent hautement,
ce qui joint au fait arrivé dans ledit vestibule de la
maison Castellinard, étant devenu d'une notoriété publique donna l'épouvante à tous les gens honnêtes du
pays, qui disaient que le citoyen général d'Anselme en
ordonnant audit évêque de partir, en mettant sous la
sauvegarde de la Nation française ses meubles et ses
effets, avait voulu le sauver.
Et comme il importe audit citoyen Passeron, exposant en sa dite qualité, de constater par témoins le
fait ci-dessus exposé, il nous présente ledit citoyen
Joseph Castellinard fils de Dominique de cette commune, âgé de 21 ans, de profession, négociant, qui se
trouva présent au fait énoncé dans le Ier article de l'exposé ci-dessus, et au surplus informé de la notoriété
des faits énoncés au second et dernier chef, de ladite
exposition et il nous présente les citoyens Jean-Jacques Donny, natif de Neufchâtel en Suisse, âgé de 39
ans, de profession, négociant ; Joseph Poullan, natif
de Clavesana, en Piémont, âge de 48 ans, négociant ;
Jacques Gerbin, âgé de 60 ans, tailleur, Jean-Marie
Thaon, âgé de 56 ans, négociant, natifs et tous domiciliés en cette commune pour déposer sur ladite
notoriété énoncée dans ledit second fait exposé, pour
recevoir leurs dépositions, et nous fait instance que de
tout lui soit concédé acte, ce que nous lui avons accordé et a signé.
Pierre-Joseph PASSERON .
Et de suite se sont présentés les susnommés citoyens Joseph Castellinard, Jean-Jacques Donny, Joseph Poullan, Jacques Gerbin, et Jean-Marie Thaon,
ci-dessus qualifiés, auxquels après avoir fait lecture
dudit exposé fait par ledit citoyen Passeron, en sa
dite quálité, les avons interpellés sur serment, que
leur avons fait prêter, conformément à la loi, de nous
dire en leur âme et conscience, si tous les faits énoncés dans le même exposé sont de leur connaissance,

�- 53 et ledit citoyen Joseph Castellinard a répondu et
attesté en être pleinement informé pour avoir été
présent au fait exposé dans le i" article de ladite exposition, et pour avoir publiquement entendu dire les
faits énoncés dans le second chef qui était en cette
ville notoire de notoriété publique et lesdits citoyens
Jean-Jacques Donny, Joseph Poullan, Jacques Gerbin,
Jean-Marie Thaon, ont répondu et attesté tant uniment que séparément être pleinement informés de
l'énoncé dans le second chef de ladite exposition,
puisque les faits y énoncés étaient notoires, de notoriété publique en cette ville, et tous lesdits citoyens
ont respectivement attesté pour ce qui les concerne
que tout contient la vérité, toute la vérité et rien que
la vérité. En foi de quoi ils ont signé : Joseph Castellinard fils,Jean-Jacques Donny, Joseph Poullan, Jacques
Gerbin, Jean-Marie Thaon.
Et nous, Juge de paix, vu les dépositions ci-dessus,
avons de tout concédé acte au susnommé Pierre Joseph Passeron en sa dite qualité pour lui servir et valoir dans tous les cas, à ce que de droit et de raison.
Fait à Nice l'an et jour que dessus.
GAUTIER,
BONIFACI,

juge de paix.
sec. gref.

Vu par nous, membres Du district de Nice, le 3
vendémiaire anIV rep. (25 sept. 1795).
Jn. COPPON fils, VÉRANi, pr. syndic, TOSELLI, Saytour
MARTIN.

Arch. Nat. F

7

4867 *

�54 -

PÉTITION au DISTRICT de NICE
et AVIS de ce DISTRICT
ÉGALITÉ,

LIBERTÉ

5 vendémiaire
27 septembre 1795 an IV
AUX

CITOYENS ADMINISTRATEURS
DU DISTRICT DE NICE

Le citoyen Pierre Joseph Passeron, natif de la
commune de Contes, habitant en celle de Nice depuis plusieurs années.
Vous expose en qualité de procureur du citoyen
Charles-Eugène Valperga de Maillone, évêque de
Nice, subrogé par le citoyen Nicolo Giorni, homme
de loi, son procureur spécial et général fondé par acte
reçu dans la ville de Turin par le notaire PierreJoseph de Bernochio, le 20 juillet dernier (v. s) légalisée par le résident de la République de Gênes, près
la Cour de Turin, duquel il résulte le pouvoir donné
audit citoyen Giorni de subroger en son lieu et place
avec tous les pouvoirs compris dans le même acte,
qui se trouve copié mot pour mot dans celui de la
subrogation faite par le même citoyen Giorni, reçu
en la ville de Gênes le Ier du mois d'août dernier
(v. s* par le notaire Antoine Baglietto, légalisée par
le consul de la République française, le 13 Thermidor dernier (3 1 Juillet 1795), qu'il vous exhibe qu'étant arrivé dans cette ville le vingt-neuvième jour
du mois de septembre de l'année 1792, l'armée de la
République française, commandée par le citoyen général en chef d'Anselme lorsque celui-ci y fut arrivé
le soir et eut pris son logement dans la maison d'habitation du citoyen ci-devant consul de la République
Le Seurre, ledit évêque Charles-Eugène Valperga de
Maillone, s'étant présenté, le même général d'Anselme
lui signifia d'abord en présence de son Etat-Major de
partir de cette ville, sur quoi ledit évêque lui répondit qu'il avait cru pouvoir continuer sa demeure dans
cette ville et qu'à cet effet il n'avait jamais pensé de

Pièces 7 et 8

�- 55 distraire, ni faire partir le moindre de ses meubles et
effets qu'il avait dans la maison d'habitation de
l'évêque, que si absolument il lui ordonnait de partir,
il le priait de lui accorder la sauvegarde pour tous ses
dits effets et meubles, ledit général d'Anselme lui
répliqua : Le plus tôt sera le mieux, ce qui tout est
constaté par les attestations ci-jointes du premier et
second jour de fructidor dernier qu'il vous présente
également.
Qu'il résulte aussi par lesdites attestations, que
ledit évêque Valperga de Maillone fut forcé par ledit
général d'Anselme de partir de cette ville que tous
ses meubles et effets fussent mis sous la sauvegarde de
la Nation française et qu'étant parti le lendemain 30
dit septembre, il risqu'à d'être pendu ef étranglé paties soldats de la Phalange Marseillaise qui se trouvaient de garde à la porte ci-devant dite Victoire, ce
que tout fut d'abord notoire et de notoriété publique
dans cette ville.
Vous observe que ledit évêque Valperga est natif
du Piémont où il se retira et que s'il a résidé dans
cette ville, ce n'a été que pour raison de son ministère, que tout cela nonobstant il a été porté sur la liste
des émigrés, a été vendu la plus grande partie de ses
meubles et effets, et cela même nonobstant la préalable réclamation que le citoyen Jean-Jacques Donni,
chargé des intérêts dudit évêque avait fait à l'ancien
département par sa pétition du 22 juillet 1793 (v. s)
qui existe dans les Archives de ce district, résultant
ainsi que tout cela a été fait et opéré contre le droit des
gens et la sauvegarde de la loyauté française qui fut
promis audit évêque.
En conséquence, l'exposant demande en sa dite
qualité de procureur dudit citoyen évêque CharlesEugène Valperga de Maillone la radiation de son
nom de la liste des émigrés, la levée des scellés, la
restitution de ses propriétés et l'indemnité de celles
qui ont été distraites et vendues au nom de la Nation,
et sera justice.
(21 août 1795).

�- 56 Nice le 4me jour de Fructidor de l'an 3me de la
République française une et indivisible.
Signé : Pierre-Joseph PASSERON.
Vu la pétition ci-dessus du citoyen Pierre-Joseph
Passeron présentée au nom et comme procureur subs
titué du ci-devant évêque de Nice, Charles-Eugène
Valperga tendante à obtenir la radiation de son nom
de la liste des émigrés, la levée du séquestre et remission de ses effets restant ainsi que l'indemnité de
ceux qui ont été distraits ou vendus.
Vu une première pétition présentée à l'ancienne
administration du département par le citoyen JeanJacques Donni, au nom du citoyen Valperga en date
du 22 juillet 1793 tendante aux mêmes fins.
Vu la procuration en date du premier août 1793
(V. s.) faite à Gênes, par devant le notaire public Antoine Baglietti, légalisée par le Consul de la République française y résidant, ainsi que l'acte de procuration y inséré, en date du 20 Juillet 1795.
Vu l'attestation de quatre témoins faite avec serment par devant le juge de paix de la 1", 2"", 3me section de cette commune, en date du 1" Fructidor dernier '18 août 1795).
Vu autre attestation de cinq témoins faite par
devant le susdit Juge de paix, le 2 dit fructidor, aussi
sous serment.
Considérant que par la première des 2 attestations il est pleinement prouvé que le vingt-neuvième
septembre 1792, aussitôt après l'entrée de l'armée
française dans cette commune, le sus-nommé évêque
Valperga s'étant présenté au général d'Anselme qui
la commandait en chef, celui- ci lui ordonna d'abord
en présence desdits témoins et de tout l'Etat-Major.
u'il n'avait qu'à partir de la ville, et malgré que le
it évêque lui observa qu'il avait cru de pouvoir y
rester tranquillement et qu'à cet effet il n'avait fait
partir aucun de ses effets et meubles, le général lui
répliqua de partir absolument de la ville, en ajoutant
que le plus tôt serait le mieux, l'ayant assuré qu'à

a

�-5;l'égard de ses meubles et effets de sa maison, il les
mettait dès ce moment sous la sauvegarde et loyauté
de la Nation française et qu'il pouvait en être tranquille.
Considérant qu'il résulte par lesdites attestations,
et il est prouvé que l'évêque Valperga, d'après les
ordres précis et réitérés du général d'Anselme, partit
le lendemain 30 septembre de cette ville.
Considérant que par la susdite attestation du deux
Fructidor il résulte que l'évêque Valperga, au moment de son départ de cette commune, ayant été arrêté à la porte qui conduit au Piémont, par les soldats
qui y étaient de garde, lesquels tentèrent de le pendre,
il évita la mort par les soins du citoyen Joseph Castellinard, un des déposants, et il ne fut laissé libre que
d'après un billet du général d'Anselme, qui ordonnait à ladite garde de le laisser partir, puisqu'il s'en
allait de son ordre
Considérant que tous ces faits sont devenus de notoriété publique dans cette commune, dès le même
jour 30 septembre et Ier octobre suivant, ainsi que
quatre témoins l'ont attesté.
Considérant que le citoyen Valperga ne s'est absenté de cette commune et ci-devant Comté de Nice
que d'après les ordres du général d'Anselme auquel il
témoigna son regret.
Considérant que le départ du citoyen Valperga
ayant été forcé il ne peut pas être qualifié d'émigration.
Considérant que son intention de rester dans cette
commune est d'autant plus constatée, que le citoyen
Valperga a été le seul fonctionnaire public, il soit
resté à son poste, n'ayant soustrait aucun des meubles
et effets de sa maison, lesquels ont été ensuite distraits
et vendus par la Nation.
Considérant que le citoyen Valperga ne peut être
non plus considéré comme réfractaire aux lois de la
République, tandis qu'à l'époque de son départ de cette
commune, aucune loi de la République, surtout à
l'égard des ecclésiastiques, n'y avait été encore publiée
à laquelle eut pu contrevenir.

�— 58 —
Considérant que le citoyen Valperga ne pouvant
être considéré ni comme émigré, ni comme réfractaire, ne pouvait être privé de ses propriétés laissées
dans cette commune lors de son départ, sous la sauvegarde de la loi et de la Nation française qui lui fut
accordée par le général d'Anselme, et qui étant digne
de la loyauté de cette Nation, ne pouvait être violée
sans blesser le droit des gens.
Considérant au surplus, que le citoyen Valperga,
originaire piémontais, ne faisait sa résidence à Nice,
qu'à raison de son épiscopat, ce qui ne donne qu'une
résidence easuelle, et que sous tous les rapports, il
n'a cessé d'être étranger à l'égard du pays de Nice et
de la France.
Considérant que l'article 6, section deux, N° 2 de
la Loi du 25 Brumaire (15 novembre 1794) en déclarant émigrés les citoyens domiciliés dans le cidevant comté de Nice, qui sont sortis depuis le 27
septembre 1792, n'a point porté atteinte au droit des
gens dans la personne de l'étranger, qui se trouvait
dans ce même pays, où il n'aurait pas établi son vrai
domicile.
Considérant que le citoyen Valperga, qui avait été
forcé par le gouvernement de partir de Nice, n'a dû
plus y revenir dans le terme même prescrit par les
lois aux citoyens de la ci-devant Comté de Nice,
puisqu'il ne devait point imaginer qu'il fut compris
dans l'invitation, malgré qu'il ait été porté sur la
liste des émigrés.
Considérant que ce nonobstant, lorsqu'il sut qu'il
avait été porté sur la liste des émigrés de cette commune, s'est empressé de présenter sadite pétition
du 22 Juillet 1793 dans laquelle il demanda non seulement la radiation de son nom de ladite liste, mais
encore un délai convenable pour rentrer dans cette
commune, soit comme simple citoyen, ou comme
fonctionnaire public, ainsi que la restitution de ses
propriétés par lui laissées sous la sauvegarde de la
loyauté française dans la maison êpiscopale lors de sa
retraite forcée, ou une juste indemnité de leur valeur.

�- 59 Considérant finalement que,d'après toutes les circonstances sus-ênoncèes, aucune loi concernant les
émigrés ne peut être applicable au citoyen Valperga,
et que toutes celles qui pourraient le regarder relatives au séquestre des biens appartenant aux habitants
des pays en guerre avec la République française ont
été rapportées par le décret du 14 Ventôse dernier
(4 mars 1795). •
Le Directoire du district de Nice, oui le procureur syndic, est d'avis que le citoyen Charles-Eugène
Valperga ci-devant évêque de Nice ne doit point être
considéré émigré.
Qu'il doit être rayé de la liste des émigrés, que le
séquestre apposé sur ses propriétés doit être levé, qu'il
doit être réintégré dans la possession et jouissance
d'iceux, que tous receveurs ou dépositaires doivent
lui restituer les sommes qu'ils ont perçues, résultant
du produit desdites propriétés et qu'il doit recevoir
la juste indemnité des meubles et effets qui seraient
passés au profit de la Nation.
Fait à Nice, dans la salle des séances le 5me Vendémiaire an 4me républicain (27 sept. 1795). Signé
Saytour Martin. Verani,
procureur syndic, Angles v. prés.
Touzelly. Jn Coppon fils.
Enregistré au feuil. 20 registre des prévenus
d'émigration et signé BARRAIA, commis greffier.
Certifié conforme par nous Ve président et secrétaire du district Jn COPPON Fils V,-PRÉSIDENT
BARRAIA Cis greffier.
A rch. Nat. F 7 4867

2

�— 6o —

Pièce 9.

LIBERTÉ (vignette) ÉGALITÉ
BUREAU DES
ÉMIGRÉS

Extrait des registres des délibérations et arrêtés de
l'Administration Centrale du département des Alpes Maritimes.
(2

juin 1797)

Séance du quatorze Prairial an 5mf de
la République française une et indivisible.
Sur le rapport d-e la pétition présentée par le
citoyen Pierre Joseph Passeron, procureur fondé de
Monsieur Charles Valperga, ci-devant évêque de
Nice, dans laquelle il expose que ledit Charles Valperga n'a jamais dû être atteint des lois relatives à
l'émigration, soit qu'on le considère comme parti en
suite d'une force majeure, soit en sa qualité de piémontais et demande en conséquence la radiation de
son nom de la liste des Emigrés, sa réintégration
dans la possession et jouissance de ses propriétés et
une juste indemnité, des meubles et effets qui sont
passés au profit de la République.
L'Administration Centrale du département des
Alpes-Maritimes, considérant que M. Charles Valperga, comme piémontais, n'habitant Nice que pour
cause de son emploi, n'aurait jamais dû être porté
sur la liste des émigrés du département.
Que le seul motif qui a pu déterminer le général
d'Anselme à lui ordonner de partir de la ville de
Nice, ne peut avoir été que la susdite qualité de
piémontais.
Considérant enfin, que comme sujet du roi de
Sardaigne, il est dans le cas de jouir de l'article i,r
de la loi du quatorze nivôse an troisième, (} janvier
1795), ainsi que de l'article neuf de la loi du trente
Floréal an quatrième, (19 mai 1796).
Arrête, oui le commissaire du Directoire Exécutif
que le nom de Valperga, ci-devant évêque de Nice,
qui se trouve inscrit sur la liste des émigrés, sera

�— 6i —

provisoirement rayé ; que tout séquestre qui pourrait
avoir été mis sur ses biens sera levé, qu'il sera réintégré dans la possession et jouissance de ses propriétés,
et que toutes les sommes versées dans les caisses publiques, lui seront rendues, déduction faite des frais
faits conformément aux lois.
Fait et arrêté* en séance publique le jour, mois et
an que dessus.
Signé : Donny, président Payani, fils, Scudéry,
Oberti, Hancy (et en marge Gastaud commissaire
du Directoire Exécutif).
Certifié conforme à l'original par nous président
et secrétaire de l'Administration centrale du départemeni des Alpes-Maritimes.
DONNY, président
BELMONDI, sec. chef au bureau des émigrés.
Arch. Nat. F 7 4867 2

ACTE DE CAUTIONNEMENT
Pièce 10.

11 fructidor anV (2&amp; août 1797)
LIBERTÉ ÉGALITÉ
Ce jourdTiui 11 fructidor an 5 de la République
française une et indivisible (28 août 1797) par devant nous, membres composant l'Administration
centrale du département des Alpes-Maritimes, est
comparu le citoyen Joseph Passeron, natif de Contes,
chef-lieu de canton, domicilié dans cette commune,
procureur fondé de Monsieur Charles Valperga, cidevant évêque de Nice, en vertu d'acte de procuration du 20 juillet et premier août 1795 (v. s.) lequel
en sadite qualité, dépendamment à l'arrêté de cette
administration du quatorze prairial an cinq (2 juin
1797) portant que le nom de Valperga, ci-devant
évêque de Nice, sera provisoirement rayé de la liste
des émigrés, que tout séquestre qui pourrait avoir
été mis sur ses biens sera levé, qu'il sera réintégré
dans la possession et jouissance de ses propriétés, et

�— 62 —

que toutes les sommes versées dans les caisses publiques lui seront rendues, déduction faite des frais
faits, conformément aux lois, désirant de se conformer au porté par l'article 3 de la loi du 5 Brumaire
an 3 (26 octobre 1794) qui exprime que les prévenus
d'émigration seront tenus de donner caution solvable de la valeur mobilier, et ne pourront obtenir
leurs immeubles jusqu'à ce qu'il ait été définitivement statué sur leurs réclamations par qui de droit,
toujours en sa dite qualité a présenté pour caution le
citoyen François Grosson, marchand drapier de cette
commune, lequel ici prése.it et acceptant, s'oblige
conjointement et solidairement avec ledit Valperga
et pour celui-ci ledit Joseph Passeron, et sous l'hypothèque de tous leurs frens présents et à venir, à l'entière exécution de ce qui les concerne en la susdite
loi, et à la représention des mobiliers, effets et sommes à percevoir en dépôt que besoin sera, et quant
aux mobiliers invendus et en dépôt seront soumis
d'en représenter la valeur à laquelle seront estimés
par experts, préalable rémission.
Et nous, administrateurs susdits approuvant lesdits
cautionnement et acte de soumission, à la réquisition
dudit citoyen Joseph Passeron, avons dressé le présent acte que toutes les parties ont signé avec nous,
ayant au préalable fait renoncer audit François Grosson au droit de premier convenir.
Fait à Nice les jours, mois et an que dessus.
Joseph

PASSERON,

François GROSSON,
prés., PAYANY FILS,
MARUN-SAYTOUR, sec. en chef

HANCY, DONNY,
P.

Acte original sur timbre de 20 centime*.
Arch. Nat. F

7 4867^

�— 63 -

CONCLUSION

Il était avéré pour tous, dans la ville de Nice, que Mgr
Valperga était parti contre son gré et si la première Administration départementale, installée au mois de Mai 1793,
l'avait inscrit sur la liste des émigrés de Nice, c'était à la
suite d'une réponse faite par le ministre de l'Intérieur, Garât,
aux questions à lui posées par le Directoire des Colons Marseillais sur la conduite à tenir vis-à-vis de l'évêque.
Les questions avaient été envoyées à Paris, vers la fin
de Février 1793, et la réponse du ministre ne parvint à Nice
qu'au milieu de juin suivant, soit quelques jours avant la
publication de la liste des émigrés. Les réclamations de
l'évêque, retiré à Turin dans sa famille, furent présentées
le 22 juillet 1793 (1) ; mais comme beaucoup d'autres, elles
s'entassèrent dans les bureaux du Département, qui n'y
répondit même pas.
Cette réclamation fut présentée au nom de l'évêque par JeanJacques Donny au Département. lîlle figure en original au dossier
Valperga.
Voir ci-dessus.
Le registre des délibérations du département manque aux Archives pour les derniers mois de 1793, exactement du Ier mai au 10
Novembre, comme pour les six derniers mois de 1797 et l'année entière de 1798, exactement du 8 Messidor an V (26 Juin 1797) au 25
Pluviôse an VII (13 février 1799).
C'est-à-dire pour les deux périodes les plus troublées et cette
disparition est tout au moins étrange.
Elle doit être vraisemblablement attribuée à certains hommes
politiques désireux de laisser dans l'oubli leur conduite durant ces
deux époques.

�- 64 On était dans la période la plus aiguë et, en pleine
Terreur.
Après le 9 Thermidor et, surtout après la venue à Nice
du représentant Beffroy, au mois de Floréal, an III (Mai
I795)»
les esprits devinrent plus calmes, les administrations plus pondérées. C'est alors que, sur de nouvelles demandes présentées au District, et sur avis favbrable de
celui-ci, le département des Alpes-Maritimes accorda à Mgr
Valperga sa radiation provisoire, le 14 Prairial, an V (2 Juin
1797). Comme on le voit, l'affaire avait traîné en longueur.
Il semblait alors que rien ne s'opposait plus à la rentrée
de l'évêque : le 11 Fructidor, an V (28 Août 1797), le Département avait agréé la caution de François Grosson (1) ;
les biens de l'évêque allaient lui être rendus, et il pourrait
rentrer.
Mais huit jours après, le coup d'Etat du 18 Fructidor (4
septembre 1797) remettait le pouvoir aux mains des Jacobins, la guerre aux émigrés et aux ecclésiastiques, en particulier, reprit avec âpreté. Pe département des Alpes-Maritimes se vit accusé d'avoir préparé une rentrée triomphale à l'évêque, son arrêté du 14 Prairial resta sans effet
et, en vertu de la loi du 19 Fructidor (5 septembre), les
scellés furent de nouveau apposés sur les biens de Mgr Valperga par deux commissaires municipaux (2).
En vain, l'évêque de Nice, fit intervenir auprès du Directoire Balbi, l'ambassadeur du Roi de Sardaigne à Paris,
le dossier de sa demande en radiation fut examiné sans
aucune bienveillance.
(1) L/Acte original de ce cautionnement sur timbre est aux
Arch. des Alp.-Maritimes Q. 10.
(2) Mise de scellés sur les biens de Charles Eugène Valperga par
deux commissaires de la municipalité de Nice. Une scéance, 6 livres.
Dépense approuvée par le Département, en Germinal an VI (avril
1798). Arch. des A. M. Q. 11.
Mgr Valperga ne possédait à Nice aucun immeuble et il devait
rester fort peu de chose de son mobilier après la vente qui en avait
été faite en Ventôse an III. La bibliothèque de l'évêché avait été déclarée bien national et la caisse diocésaine avait disparue en octobre 1792
sans laisser de traces dans les pièces administratives. Le séquestre
a été apposé sur les biens de nombreux émigrés rayés provisoirement.
On peut en voir la liste aux Archives des A. M. Q. 10, où Valperga
figure sous le N° 65.

�- 65
Á la suite de la lettre de Balby datée de Paris le 7 février
1798, le ministre de la police demanda à ses Bureaux un
rapport sur l'affaire Valperga. Pe voici tel qu'il se trouve
en minute au dossier.
Attendu que rien ne tend à constater le prétendu ordre
de quitter Nice, d'où il suit qu'il faut en croire sur parole
l'émigré.
Qu'à raison de son domicile, il était tenu de rentrer sur
le territoire dans les délais voulus par les lois.
Qu'il est atteint par la déchéance et n'a réclamé que
l'an V.
Qu'il ne paraît pas y avoir lieu de violer la loi en faveur
de cet ex-évêque dont la rentrée prohibée par la Constitution serait d'une influence dangereuse.
J'estime qu'il y a lieu à proposer la maintenue sauf
à prendre des renseignements si toutefois on les trouve
indispensables.
CAIGNART,
Sous-chef (2e Bureau).
En tête de cette minute est écrit :
« Je pense qu'il y a lieu à instruction et à prendre
des renseignements près les Administrateurs du département_des Alpes-Maritimes. »
Signature illisible (1).
Ces renseignements furent-ils demandés ? C'est probable et cela explique que bien des pièces du dossier Valperga sont en double expédition. Plus d'une année s'écoula
encore, avant que fut prise une décision et finalement sur
un rapport défavorable de la Commission d'examen instituée près le Ministère de la police pour l'étude des demandes en radiation, le Directoire exécutif signa le 7 Floréal
an VII, (26 avril 1799) un arrêté qui maintenait définitivement, sur la liste des émigrés, Mgr Valperga et annulait
toutes les décisions rendues antérieurement, en sa faveur,
par les. autorités locales.
(1) Arch. Nation. F 7 4862 2 dossier Valperga. Rapport de la
3 me Division du Ministère de la police, sans date mais joint à la
lettre de Balbi.
»

�- 66 -

Varrêté du Directoire parvint à Nice les premiers
jours de Prairial an VII (Mai 99) et fut immédiatement
mis à exécution. (1).
*

* *

Ainsi donc Mgr Valperga expulsé ne put jamais obtenir
de rentrer, les lois sur l'émigration étaient tellement embrouillées et tyranniques qu'une fois inscrit sur une liste
d'émigrés, il était extrêmement difficile de s'en faire rayer
malgré toutes les démarches ; car on se heurtait sans cesse
à des questions de forme et de procédure ce qui permettait
à la malveillance de s'exercer tout à fait à l'aise sous le
couvert de la légalité.
A. J.

PvANCE-BOURREY.

(1) De 21 Floréal an VII (10 mai 1799), il fut communiqué
par le ministre de la police générale de la République aux diverses
administrations intéressées et aux Commissaire du Directoire exécutif
près le département des Alpes-Maritimes. Celui-ci par lettre du 3
prairial (22 mai 1799) demanda au Département de le transmettre
à la Municipalité de Nice, ce qui fut fait le même jour avec ordre
de le transcrire sur ses registres, de faire apposer les scellés ou séquestre sur tous les biens meubles et immeubles de l'évêque si ce
n'est déjà fait, et de mi notifier sans délai la décision prise à son égard.
Voir lettre du Département à la Municipalité, celle du Commissaire au Département, 3 Prairial an VII avec la réponse du Département 4 Prairial.
Arch.. des A. M. Q. 1 et 2 et Arch. Nationales, dossier Valperga,

�NIÇA LA BELLA
VERS DE /.

Giordan,

su

DE CARTA POUSTALA

Ai rai dôu nouostre bouon soulèu
Venon s'escaufar toui lu lùssi ;
Es un meravihous tablèu,
Ai rai dôu nouostre bouon soulèu,
Trouvas, dou Var fin au Castèu,
Anglés, Rouman, Danesi, Rùssi :
Ai rai dôu nouostre bouon soulèu
Venon s'escaufar toui lu lùssi.
Pèr tu, as touti li bèuta,
Terra de lus e d'alegria,
D'un ciel d'azur, as la clartà,
Pèr tu, as touti li bèuta.
De l'univers, en verità,
Siès la uechièma meravia ;
Pèr tu, as touti li bèutà,
Terra de lus e d'alegria.
Dintre lou tèmp, Semiramis
Faguet basti, à Babilouna,
Pu siéu jardin, vèr paradis !
Soubre Paioun, degun s'estouna
De vèire, ancuèi, lou paumoulié
Drissar au ciel la siéu coulouna
E lou galofre, e l'anemouna
Flouri emb'au pourtegalié.
De bouon matin, quitant maioun
Pèr la journada touta'ntiera,
S'en va lavar, dintre Paioun
Pa bugadiera.
D'un glourious passat es fiera
Perqué, d'un tèmp, sus lou bastioun
Au Turc, arranquèt la bandiera
Pa bugadiera.

�fet 68 —

Sau de fouora fa freï,
Que brima,
A Niça, sus lou Quèi,
Si rima.
Pescadou, fourestié,
De la mar bressarella,
Escouton voulountié
Pa doussa cantinella.
L'AVOUCAT

PATTA

L'estudi de l'avoucat Patta es en plen aria ; si tèn lou matin
couma lou predinà su la plaça dôu Palai. Es un ome pichounet,
touplen raplot, li pocha enfli de papiè de touta mers. En lu vièi
quartiè es proun counouissut e li capelada, « Bouonjou Moussu
l'Avoucat », noun li mancon. Es ben m'ai juge, proucuradou, etc.
Lu siéu ounourari soun bouon pati e n'a de preferença pèr
qu si sigue. Parla au premier maufatan vengut, couma se fousse
un agnèu que vén de naisse ; lou créancier o lou débiteur soun
tratat su lou même pen... basta que mouson...
L'avoucat Patta es de noutarietà reputat pèr un ome judicious, òunest — au noun si flata de l'estre au jou d'ancuei ; —
finda counouisse, es en relacioun d'afaire emê de gros persou nage que dintre la finança dôu siéu coumerce, soun quasi d'usurari. Sau menajar la cabra e lou caulè ; e pèr que la mouneda
noun li escapa si desbrouïa e si mete dôu cousta dôu manche...
d'aquéu que casca lou de mai...
Acò fa que toui lu matin que lou Bouon Diéu a fach, la siéu
doumestica mete toujou quaucaren au fuec. Lou dimeneghe, coum'un bouon crestian, — tartufaria que lou pauva, — va audi la
gran'messa à Santa Réparada, fa la siesta e à la calada dóu soulèu,
passeja su lou Cours, pastrouia, fa lu cent pas, noun parla que de
lei, proucès, citacioun, ensin alestisse lou travail dôu dilun...
Lendeman empastra ben d'afaire, mete facilamen en lou sac
Moussu Tout'Un emé Moussu Tout'Autre... En éu que li pòu
faire ?... lança dapertout lou broumech, tant pis pèr aquéu que si
laissa agantar. Quaranta sóu es lou près d'atac e vous pregui de
crèire que douna pas la siéu journada pèr doui o tres escut.
L'avoucat Patta counouisse l'usança dôu païs... s'avès touort,
vous rouïa, s'avès pi rasoun, v'espia... Que voulès aima manjar
lou pei, lou pei que noun aiguë d'espina...
JULI EYNAUDI.

�-«9VA

MAU ! !

Va màu, cresé-vous, que va màu 1
En l'orizoun lou voile negre
N'es qu'un gran camp cargat de pebre,
Qu'à pala lou jeten davan,
Avuglan finda lu cavau 1
Lu canoun soun su li frountièra,
Alignât couma de barriera,
N'esperon plus que lou signàu !
Lou soulèu, aquel animàu !
Stan, noun vòu levà la vela,
Si foundon couma des candela
Enb'aquèu coust dôu diàu !
Le Giacouuda à cóu de d/stràu
Li fan petà li sièu moulura...
Ah ! dèu faire bella figura
Se l'an foutuda en quauqua tràu
Lou pan crèise, finda la sàu,
Lou sucre dintre li boutiga
Mounta ben mai que de boufiga !
Van jusque crèise lou rampàu
E la pèu que fau lou tambau ;
Metran de drech su li nourriça,
Su lu chichi, su li saucissa,
Perqué pas soubre lu magàu ?
E lou Prussian, marrit bertàu,
Noun sabon fa que de babïa,
Per lou Maroc e l'Algèria,
Se faran mètre lou mourràu !
Li serreren toui lou pourtàu
E pi veiren touta la França
Davan la sieù grossa arougança
Se noun si sau garda li clàu !
Es de rima d'un manechàu,
Ma sien d'estiéu, vesin, vesina,
Li passeres en la resina
Avant que vegon l'espitau !
CHARLES CIAUDO

�Valère Bernard
Tout en heurtant le marteau contre la porte de M. Valère
Bernard je songeais. Je me suis complu dans le plus souriant
mépris des idoles. L'ironie a tremblé sur mes lèvres quand
la Provence a dans un ravissement de joie acclamé le poète de
Maillanne. Cette mascarade d'apothéose me répugnait.
Et maintenant la curiosité me fourvoyait dans le studio
d'un consciencieux artiste que les felibres couvraient de gloire.
Elève de Puvis de Chavannes M. Valère Bernard pasticha le
Maître. Mais vite il eût l'intuition qu'à se perdre dans les sentiers
battus il courrait risque de compromettre son crédit. Il dit
adieu à Paris et vint dans Marseille, l'opulente cité.
A cette époque vivait un exquis écrivain, J. Lombard. Il venait de publier deux œuvres d'une grandiose beauté, VAgonie et
Bysance. Dans un style étrangement tourmenté il contait les
luttes entre les factions d'Orient, illuminant son œuvre des
splendeurs bysantines.
Valère Bernard vit Jean Lombard, et du même coup les belles
au bois qui dormaient en son âme s'éveillèrent. Il délaissa les
études académiques, les pastiches sans vie, et d'ardentes couleurs
chargèrent ses toiles.
Voici le triomphe des rois Babyloniens. Sur les voûtes d'un
palais impérial passent des gardes étincelants dans la pourpre et
la soie. L'or envahit les hautes colonnes de jaspe bleu. Involontairement on pense aux fantastiques demeures hantées par des
fées émeraudes et des princesses aux perversités troublantes.
Et je m'imagine que le peintre était sous le charme de la
légende quand il a peint cette courtisanne qui sourit à son miroir tout en jouant négligeamment avec sa chevelure d'or. Et
puis passent Venise la rouge, Marseille enveloppé dans la poussière d'or du crépuscule, des motifs à la Watteau peints par un
bysantin, toute une apothéose.
Mais une idée m'obsède, tandis que dans la grise clarté d'un
soir automnal s'éteignent les fauves éclairs jaillis de ces radieuses
toiles. L'idéalisation du passé me paraît cruelle. Les générations
endormies dans la Mort ont eu leurs misères/leurs rancœurs, je
pense qu'il est absurde de s'écrier avec Musset « qu'aux temps
jadis tout était heureux jusqu'aux douleurs humaines. » En vain
l'apostat s'attriste-t-il sur les vieillards immortels de l'antique

�- 7i

—

lonie, â ses oreilles résonnent les paroles de l'Hiérophante : « La
Helladi que tu aimes n'a jamais existé ».
Mais M. Valère Bernard brise ma rêverie, et mes yeux se
portent.sur des portraits appendus au mur. Profils d'espagnol ou
d'américain mitigés d'espagnol, comme on en croise maintes fois
sur la Cannebière.
Homme universel ne puis-je m'empêcher de m'êcrier. M.
Valère Bernard sourit. Il siérait dit-il, à mi voix, de se développer en profondeur. Toutefois il est beau de se dire sur le
tard de sa vie que l'on a fait vibrer toute son âme. Ici le maître
rejoint Néron. Il m'aide à comprendre cet inquiétant empereur.
Mais encore faut-il que tout en étant l'homme universel on ne
sombre pas dans la banalité. De méchantes œuvres d'art peuvent
avoir leur prix.
Une idée se lève devant moi. Labruyère me petsuade que
l'honnête homme de Pascal propre à tout en définitive n'est propre à rien. La spécialisation inintelligente, mène à l'erreur, j'en
conviens, mais en fait elle est une loi générale.
Et ceci est pour me plaire, car j'abhorre dissiper mon énergie,
j'aime le repliement, la frissonnante pudeur qu'effarouche les
vaines ostentations. Je goûte les peintres du passé et malgré ma
philosophie j'adore les peuples disparus. Volontiers j'implorerai
avec la Cassandre de Schiller la cécité, l'exquise cécité. Le sou
venir a plus de puissance sur moi que l'espoir.
Et sous des deux gris, en des pays étrangers désolants de
médiocrité, il m'est arrivé de pleurer plus amèrement que ne
pleura Xerxès aux rives d'Abydos.
J. PADOVANI.
PROUVERB1, BOUOI MOT, COUNSÈU E DICH
Vèuva que si marida,
Dèu perdre la lus e l'audida.
Fiha madura,
Lou pouorta à la centura.
En cuntant su lu det :
Aquéu a fa l'óu ;
Aquéu l'es anat cercar,
Aquéu l'a fa cuèire,
Aquéu l'a manjat,
E lou pichoun n'a ren tastat !

�— 73 —
LE

DÉSESPOIR

Oui, j'ai la mort dans l'âme ; oui, je monte au calvaire ;
Mon horizon, hier si beau, s'est obscurci ;
Je hais tous les devoirs et tout ce qu'on révère :
Mieux vaut mourir que vivre ainsi !
Puisque je n'y puis rien ; que la raison humaine
Ne gagne plus un cœur où mon cœur est entré,
Je veux briser mes jours comme on brise une chaîne
Et m'enfuir en désespéré.
Qu'est-ce donc que la mort ? C'est la paix éternelle,
C'est un beau drap de fleurs sur mon sein endormi,
C'est la nature calme, auguste et solennelle
Qui nous prête un repos ami.
O nature de Dieu contemple ma détresse !
Ecoute tout mon sang dans mon cœur s'épancher
Et, puisque je n'ai plus le lit de ma maîtresse,
C'est au tien que je veux coucher ;
C'est toi la grande mère et la nourrice immense !
L'homme au sort le plus âpre et l'homme au sort plus beau
Retrouvent dans ton sein leur part de ta clémence :
L'un l'amour, l'autre le tombeau
Tu sais, toi qui vois tout, ce qu'ici bas je souffre,
Que je n'ai point béni l'instant de mon réveil
Et que j'ai regardé, toujours, du fond du gouffre,
Les bords ou brillait le soleil ;
Que je n'ai bu jamais que dans la coupe amère,
Que le seuil du bonheur me fut toujours fermé,
Que j'ai perdu mes fils, que j'ai perdu ma mère
Et tous les cœurs qui m'ont aimé !
Maintenant je m'en vais, battant du front, comme ivre,
En proie à ce grand deuil qui me courbe en vainqueur,
Et je veux déchirer ma vie, avec le livre
Des chastes sanglots de mon cœur ;
Et toi, rayon divin, génie, ardent délire,
Flambeau qui n'iras plus briller sur son autel,
Eternise du moins ces larmes de ma lyre
Et que mon cri soit immortel !
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FESTA MOUBILI

Septuagesima... 12 Fébrié
Cendre
21 Febrié
Pasca
7 Abrieu
Rougacioun 21, 22, 23, 24 Mai
Ascensioun
16 Mai

Pantecousta
Trinità
Festa de Diéu
1" Dimenegue de
Ie* Desémbre

26 Mai
11 Jun
15 Jun
l'Avènt

LU ESCLISS!

Souliu.

—

ij Abriéu. — Esclissi annulari e coumplet visible

à Paris, en America, en Europa et dintre lou N.-O. de l'Africa.
Coumençamen de l'esclissi à 10,01 dôu matin ; finisse à 1,08
dôu sera.
10 Otitoubre. — Esclissi coumplet invisible à Paris, visible
dintre l'America dôu Sud.
Luna. — 1" Abrièu. — Esclissi parciella visibla à Paris. Entrada de la luna dintre l'oumbra, 9.26 dôu sera; sourtida, 11.03
dôu sera.
26 Setèmbre. — Esclissi parciella, invisibla à Paris, visibla
dintre l'Océan Pacifique.

Jîla providence, %ue de la Préfecture /4, $run, Siàraire

�LU

VÉNT

Lu vènt que souflon à Niça, dintre lou cours de l'armada,
soun au nombre de 16. Vequi li siéu denouminacioun courènti,
pihadi, en general, dai loucalità dei quali parèisson vèni :
Sud
Miejon
Nord... Tramountana
S.-S.-O. Miejou Lebech
N.-O.-E. Grek Tramountana
S.-O
Lebech
N.-E... Grego
O.-S.-O Pounèut Lebech
E. N .E. Levant
Ouest. Pounènt
E.-N.-E. Levant
O.-N-O.V Pounènt Maistràu
E.-S.-E. Levant
N -O . Mastràu
S.-E.... Siroco, vènt marin
N..-N. OMaïstràu Tramount
S.-S.-E.. Miejou Siroc

6
15
25
14
31
24

VIGÍLIA — JEUNI
Abriè
(Pasca, 7 Abrièu).
Mai
(Ascensioun, 16 Mai).
Mai
(Pantecousta, 26 Mai).
Avoust
(Assoumpcioun, 15 Avoust).
Outoubre (Toui lu Sant, Ier Nouvembre).
Desembre (Calena, 25 Desembre).
L'AN NADA RELIGIOUSA

LI FESTA MOUBILI E LI FESTA FISSI
Janvt'è
jYlars
1 Circouncisioun.
1 e 2 Quatre Tèms.
6 Epifania (lu Rei).
3 Reminiscere.
13 Bateja de J.-C.
10
Oculi.
14 Sant Noum de Jesu.
17 Lœtare.
fébrié
24 Passioun.
2 Puriflcacioun.
29 Li 7 Doulou.
4 Setuagesima.
31 Lu Rampàu.
6 Festa de la Pr. de N. S.
11 Sexagesima.
Jîbriéu
13 Coum. de la Passioun.
5 Divendre Sant.
18 Quinquagesima.
7 Pasca.
21 Cendre.
14 Quasimodo.
25 Quadragesima.
28 Patrou. de San Joúsè.
28 Quatre-Tèms.

�Setembre
3 Inv. de la Santa Crous.
13, 14, 15, Rougacioun.
16 Ascensioun.
26 Pantecousta.
29-31 Quatre-Tèms.
1
2
6
9
21
24
29

Quatre-Tèms.
Trinità.
Festa de Diéu.
Festa dôu S. Sacramen.
Sacrat-Couor de'jesu.
Natività de S. jouan-Bat.
SS. Peire e Paul.

8 Natività de la Vierge.
14 Esaltacioun de la Crous.
15 N.-D. dei 7 Doulou.
15 San Noum de Maria.
18, 20, 21, Quatre-Tèms.
29 Dédie, de S. Miquèu.

Ôutoubre
6
13
20
27

Sant Rousari.
Maternità de la Sta Vierge.
Puretà de la Santa Vierge.
Patrounage de la S. Vierge.

J/ouvembre

Juliet
2 Visitacioun de la S. V.
7 Precious Sang.
16 N.-D. dôu Carme.

Jîvoust
6 Transfiguracioun.
15
18
25
25
29

Assoumpcioun.
S. Joachim.
S. Couor de la Vierge.
S. Louis.
Decolac. de S. Jouan-Bat.

1
2
3
21

Toui lu Sant.
Lu Mouort.
Santi Relíquia.
Present, de la Sta Vierge.

2&gt;esembre
1 Avent.
8 Imaculata Councepcioun.
18, 20, 21, Quatre-Tèms.
25 Calena.

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�LA

DÉCIMALISATION

DU

TEMPS ET DES

ANGLES

LA MONTRE DÉCIMALE
Par J. de REY-PAILHADE, président du Comité
pour la propagation des méthodes Décimales.
Le Club Nautique de Nice a offert plusieur fois en prix des
montres décimales aux régates'de 1909. Il était utile de décrire cet instrument, d'y joindre des tables pratiques et des
formules à l'usage des ingénieurs, des sportsmen, des médecins, etc. etc.
DÉCIMALISATION DES ANGLES •
Il est aujourd'hui démontré que la division décimale du
quart de cercle facilite tous les calculs.
Les nouvelles cartes géographiques sont graduées exclusivement dans ce système, devenu officiel en France et dans
d'autres pays. On possède toutes les tables pratiques nécessaires à son essai courant. Nous ne nous étendrons pas
davantage sur cette méthode aujourd'hui enseignée dans les
lycées et collèges.
Nous rappellerons seulement que M. l'amiral Germinet,
membre d'honneur du C. N. N., sous la direction duquel on
fit en 1899 et 1900 des essais de navigation avec un matériel
entièrement décimal, a émis un avis très favorable à la
réforme décimale.
DÉCIMALISATION DU TEMPS
La division décimale du jour décrétée le 4 frimaire an II
rendra aussi de grands services à la science et aux sports.
Principe. — On divise le jour entier en 100 parties égales
appelées cés ; le cé est subdivisé en décisés, ceniicès et millicés
Le cé vaut 14m 24s ou 1T4 d'heure environ ; le décicé est égal
lm 26s 4 ou lm Ij2 environ ; le millicé vaut 0S 864 ou 9T10 de
seconde environ.
Concordance des Temps. — On parvient assez vite à dire
instantanément l'heure à 1 ou 2 minutes près en regardant le
cadran d'une montre décimale. Il suffit d'apprendre par cœur
les concordances décimales de toutes les heures.
0,0
0
50,0

4,2
1
54,2

8,3
2
58,3

12,5
3
62,5

16,7
4
66,7

20,8
5
70,8

25,0
6
75,0

�25,0
6
75,0

29,2
7
79,2

33,3
8
83,3

37,5
9
87,5

41,7
10
91,7

45,8
11
95,8

50,0
12
100,0

Les heures sont au milieu, les concordances des heures
du matin en haut, celles du soir en bas. Ainsi 10 heures du
matin valent 41.7 cés (énoncer 41 cés 7 décicés) et 10 heures
du soir valent 91,7 cés.
Gomme 1 cé vaut presque lj4 d'heure et un décicé une mi •
nute 1]2 ; en partant des concordances du tableau, on dit
l'heure instantanément, ainsi 39,9 cés valent 9 h. 36 m. du
matin. Un ou deux jours suffisent pour atteindre ce résultat.

Description de la montre décimale ou cémètre. — Il y a 3
aiguilles centrales se mouvant sur un cercle divisé en 109
parties égales, numérotées de 0 à 9. Le 0 cé est en bas, c'est
l'origine des temps, car on suppose la Terre au centre du
Cadran.
L'aiguille dorée avec un soleil ne fait qu'un tour par jour ;
l'aiguille épaisse en acier bleu tourne 10 fois par jour, et la
trotteuse fine fait 1000 tours par jour.
L'aiguille-soleil montre la position de l'astre du jour par
rapport au méridien de Paris, qui va du centre au chiffre 5.

�10 —
Les quatre traits bleus indiquent les positions de cette aiguille
à minuit en bas sur 0 ; — à tì h. du matin au milieu entre 2
et 3 ; — à midi, en haut, sur le 5 ; — à 6 h. du soir, entre 7
et 8.
L'aiguille dorée du soleil indique le chiffre des dizaines
de cés, 2 sur le dessin ; l'aiguille épaisse donne d'abord le
chiffre des cés, 6 sur le dessin, et en comptant rapidement à
l'œil le rang de la division entre 6 et 7, on voit, que cette aiguille marque 3 décicés. Le temps du dessin est donc 26,3
cés correspondant à 6 h 20 m. du matin environ. L'aiguille
trotteuse donne les millicés 83. Le temps est donc 26,383
cés.
» Pour la vie courante, on n'a pas besoin d'aller au delà du
clécicé. On lit les milticés pour les applications scientifiques
et sportives.
Le temps en millicés lu sur le cêmèire facilite tous les calculs, car on n'a jamais de réductions à faire.
Examinons le problème des vitesses a l'heure : Les millicés multipliés par 0,00024 donne des heures et fraction décimale d'heure. Ainsi Ì2345 millicés valent 12,345 -f- 24 =
2 h. 9628.
Par conséquent si L est la longueur parcourue et M le
temps en millicés, la vitesse est

ou t

+ 4166,66...

Ces quelques exemples démontrent que la montre décimale simplifie tous les calculs sans exception.
Les rapports de MM. les délégués officiels aux essais de
la montre décimale faits à Nice, par le Club Nautique, le 26
février 1911, concluent unanimement à la supériorité de cet
instrument pour les usages scientifiques et sportifs.
M. Prim, astronome à l'Observatoire de Nice, représen
tait M. le \iinistre de l'Instruction publique.
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JANVIE
P.
P.
D.
N.

Q,
L.
Q.
L.

lu 8, à 7
lu 14, à H
lu 22, à 7
lu 30, à 10

SOULÈU.

1
2
3
4
5
6
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30
31

—

oura
oura
oura
oura

FE BRIE
20
26
21
45

m.
s.
m.
m.

L. 8 14' — C. 4 42'

dil. Jou de V An

P. Q.
P. L.
D. Q.
SOULÈU,

1
2
3
4
5
Lu Rei
6
Dim. S. Lucien
7
dil. S. Apoulinari
8
dim. S. Pèire
9
dim. S. Guiermo
10
dij S. Teodose
11
div. S. Arcada
12
dis. Sta Verònica
13
Dim. S. Ilari
14
dil. S. Maurici
15
dim. S. Ounourat
16
dim. S. Antoni
17
dij. Sta Angela
18
div. S. Sulpici
19
dis. S. Bastian
20
Dim. Sta Agnesa
21
dil. S. Vincènt
22
dim. S. Raymound
23
dim. Sta Jacinta
24
dij. Conv. de S. Pàu
25
div. S. Poulicarpa
26
dis. Sta Devota
27
Dim. Sta Paula
28
dil. S. Francès S.
29
dim.
dim.
dij.
div
dis.

S.
Sta
S.
S.

TRIMESÏRÍ;

Macari
Genevieva
Tita
Simeoun

dim. Sta Marfina
dim. S. Peire N.
En Janvié
Lou païsan n'a ren

lu 6, à 4 oura 28 s.
lu 13, à 11 oura 38 m.
lu 21, à 4 oura 44 ui.
- L. 7 49' - C. 5 30'

dij. S. Ignaci
div. La Candeliera
dis. S. Blasi
Dim. Setuagesima
dil. SS. Vinc.Oronte
dim Sta Agata
dim. Sta Dorotea
dij. S. Romuald
div. S. Jouan-Matha
dis. Sta Apoulounia
Dim. Sexagesima
dil. Sta Eulàlia
dim. S. Gregori
dim. Sta Eufrasia
dij. S. Onesime
div S. Dounat
dis. S. Simeoun
Dim. Quinquagesima
dil. S. Gabin
dim. Dimars-Gras
dim. Li Cendre
dij. S. Silvan
div. S. Maxime
dis. S. Pascase
Dim. Quadragesima
dil. S. Nestor
dim. S. Leandri
dim. Sta Nourina
dij. S. Nymphas

Plueia de febrié
A la terra vau fumiè.

ZDéSTU-S-bez

NICE

MARS
N. L.
P. Q.
P. L.
D. Q.
N. L.
SOULÈU

1
2
3
4
5
6
7
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10
il

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31

lu 1,
lu 8,
lu 15,
lu 23,
lu 30,
— L.

div.
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Dim.
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Dim.
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div.
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Dim.
dil.
dim
dim.
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Dim.
dil.
dim.
dim.
dij.
div.
dis.

Dim.

i
L
i
i
i
7

1 oura 31 m.
0 oura 02 m.
0 oura 59 m.
1 oura 26 m.
1 oura 38 s.
01' — C. 6 13

S. Eudoxia
S. Simplici
Reminisceri
Sta Cunegonda
S. Casimir
Sta Coleta
S. Jouan de D.
Qaatre-tèms
Sta Margarida C.
Ocali
S. Euloge
S. Gregori
Sta Eufrasia
Sta Matilda
S. Acepsima
Sta Gertruda
Lœtari
S. Apien
S. Jôusé
S. Joachin
S. Lea
S. Turibe
S. Armentari
La Passioun
Anounciada
S. Emanuèu
S. Jouan d'Egt,
S. Gountran
S. Eustase
S. Jouan C.
Lu Rampàu

Lou mes de mars
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L.
Q.
L.

lu
lu
lu
lu

SOULÈU.

1 dil.
2 dim.
3 dim.
4 dij.
5 div.
6 dis.
7 Dim.
8 dil.
9 dim.
10 dim.
11 dij.
12 div.
13 dis.
14 Dim.
15 dil
16 dim.
17 dim.
18 dij.
19 div.
20 dis.
21 Dim.
22 dil.
23 dim.
24 dim.
25 dij.
26 div.
27 dis.
28 Dim.
29 dil.
30 dim.

6 , à 6
13, à
3
21, à 7
28, à 11

—

oura
oura
oura
oura

L. 6 06'

—

55 in.
37 s.
31! s.
25 s.
C. 6 52'

S. Ugo
S. Franç. de P.
S. Richard
Dijàu Sant
Divèndre Sant
Dissata Sant
Pasca
S. Albert, ev.
S. Azada.
s. Isidoro
s. Leoun
s. Juli
s. Justin
Ouasimoi/ii
Sta Anastasia
S. Frutuous
S. Rodolfe
S. Maxime
S. Anselme
S. Teodoro
S. Adalbert
S. Fidèle
s. Jorgi
s. Marco
s. Clet
s. Antime
s. Aimé

s. Roubert
Sta Catarina d. S
SS. Philip. ,Jacq.

Pichouna plneia d'Abriéa
Bouona récolta pèr l'csliéu

Q.

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P. L.
D . Q.
N. L.
SOULÈU.

TRIMÍÎSTRÈ;

MAI

JUN

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lu 5,
2 oura
lu 13, a 7 oura
lu 21, à 10 oura
lu 28, à 7 oura
— L.

5 14'

—

14
10
23
24

s.
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m.
m.

C. 7 29'

1 dim. SS. Félip. Jaq.
2 dij. S. Atanase
3 div. In.d.l. Sta Crous
4 dis. SS. Sindonis
5 Dim. S. Pio, papa
6 dil. S. Jouan D.
7&lt; dim. S. Peire
8 dim. s. Gregori N.
9 dij. s. Antounin
10 div. s. Isidoro
11 dis. s. Bounifaci
12 Dim. s. Jouan lou S.
13 dil. s. Pouon, m.
14 dim. s. Pacomo
15 dim. s. Sta Denisa
16 dij. Ascensioun
17 div. S. Pascaù
18 dis. S. Teodoto
19 Dim. s. Pèire C.
20 dil. s. Felis.
21 dim. s. Bernardini
22 dim. s. Julia
23 dij Rogaeioun
24 div. s. Vincen, d. L.
25 dis. S. Urbin
26 Dim. Pandecousta
27 dil. S. German
28 dim. S. Cirile
29 dim. Sta Petronïa
30 dij. S. Sylve
31 div. S. Justin
Au mes de mai
Longui semana

p
P.
D.
N.

Q.
L.
Q.
L.

lu 3,
lu 11,
lu 19,
lu 26,

SOULÈU.

1
2
3
4
5
6

dis.
Dim.
dil.
dim.
dim.
dij.
7 div.
8 dis.
9 Dim.
10 dil.
11 dim.
12 dim.
13 dij.
14 div.
15 dis.
16 Dim.
17 dil.
18 dim.
19 dim.
20 dij.
21 div.
22 dis.
23 Dim.
24 dil.
25 dim.
26 dim.
27 dij.
28 div.
29 dis.
30 Dim.

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à 11 oura 4 s.
à 10 oura SI s.
à 9 oura 51 s.
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S. Quirin
S. Francès C.
S. Lié
Festa de Dieu
S. Lié
Quatre-tèms
S. Optat
Sta Margarida
S. Barnabe
S. Antoui de P.
S. Basilio
S. J.-F. Régis
S. Moudeste
S. Lambert
Sta Olga
S. Gervai
Sta Juliena F.
S. Louis de G.
S. Paulin
Sta Maria d'O.
S. Jouan-B.
S. Prousper
S. Alban
S. Cresen
s. Iréné.
s. Pèire
s. Pàu
s. Tibàu

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De tres abit l'un

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lu 11, à 1 cura 53 s.
Il 19, a o oura 31 m.
lu 25, a 9 oura 12 s.
SDULÈU. - - L. 4 35' — C. 8 22'

1
2
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Vierg.de li Gracia
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S. Sisoès
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Ni frema ni coulé.

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N. L. lu 21, a 5 oura 14 m.
IV Q. lu 31, &amp; 5 oura 21 s.
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dij.
div.
0 dis.
4 Dim.
5 dil.
6 dim.
7 dim
8' dij.
9 div.
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1

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Djm.
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dim.
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dij.
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dis.

S. Pèire-aï LS. Alfonso
Inv. de S. Estève
S. Domenica
N. D. dei Nèu
Trausf. de J. C.
S. Gaétan
Sta Batilda
S. Camila d. L.
S. Là u ren
S. Septima
Sta Clara
Sta Filoumèna
S. Ousèbi
Asoumpcionn
S. Roc
S. Mamès
Sta Elena
S. Ipoulita
S. Bernar
Sta Chantai
S. Pio V
S. Filipe B.
S. Bartoumiéu
s. Louis, r. F.
s. Seg'oundo
s. Cesari
s. Goustin
s. Mederic
Sta Rosa
S. Fiacre

F.n . ivoast
Figa e moust

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SBTÈMBRE
P. !.. lu 8, a' 4 oura 57
D. Q. lu 15, a 6 oura î&gt;l
N. L. Ju 22, a 3 oura 37
P. Q. lu 30. a 0 oura 08
SOULÈU. - - 1. 5 47V— c.

1
2
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Dim.
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Dim.
dil.

S. Gili
S. Estève R.
Sta Eufemia
Sta Rosalia
S. Làuren J.
S. Pambon
S. Grat
Natiu, di' la V.
S. Oumer
S. Xicola
S. Félis
S. Veran
S. A nié
Es. (1. l.S. CtQUS
S. Nicomède
S. Conrneilla
S. Lanbert
S. Tournas V.
S. Janvié
S. Euslache
S. Matiéu
S. Maurici
Sta Tecla
S. Girar
S Firmen
S. Nil
S. iN'icandre
S. \\ inceslas
g. Miquèu
S. Jeromo

Lima setembrina
De mai clarina

MOT »

GRANDE MARQUE RECOMMANDÉE

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7'02'

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Qüa.TRIÍJMí)
OUTOUBRE
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SOULÈU, — 1.

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6 06*

TRIMESTRE

NOUVÈMBRE
P. L. lu
6,
D. Q. lu 43,
N. !.. lu 20,
Q.
lu 29,

r.

SOULÈU. - -

1.

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4 oura 48
8 oura 20
9 oura 49
2 oura 42
14'

—

c.

5 03'

1 dim. Rosari
1 div. Tout lu Sant
2 dim. S. ■ Léger
2 dis. Eu Mouorl
3 dij. S. Rosari
S. Ubert
4 div. s. Francès d'A. 43 Dim.
dil. S. Carlo B.
5 dis. s. Placido
5 dim. Sta Bertila
6 Dim. s. Bruno
6 dim S. Leounar
7 dil. s. Serge
dij. S. Nestou
/
8 dim. Sta Reparada
8 div. Lu Quatre Incou.
9 dim. S. Denis
9 dis. S. Teodore
10 dij. s. Francès B. 10
Dim. S. Jacintou
11 div. s. Tarasco
11 dil. S. Martin
12 dis. s. Counrad
12 dim. S. René
13 Dim. s. Edouard
13 dim. s. Stanislas
14 dil. s. Calisio
14 dij. S. Pantena
15 dim. Sta Teresa
15 div. Sta Gertruda
16 dim. S. Ospici
16 dis. S. Edme
dij.
17
Sta Edvija
17 Dim. S. Gregori
18 div. S. Luc
18 dil. S. Alfè
19 dis. S. Pèi re
19 dim. Sta Babeta
20 Dim. S. Agrico)
20 dim. S. Edmon
21 dil. Sta Ursula
21 dij. Présent, de la V.
22 dim. S. Filip
22 div. Sta Cecilia
23 dim. S. Teodoret
23 dis. S. Clemen
24 dij. s. Mairloire
25 div. ss. Crespin-Cr. 24 Dim. Sta Flora
26 dis. s. Jouan de K. 25 dil Sta Catarina
26 dim. Sta Pel fina
27 Dim. s. Frumence
27 dim. S. Maxime
28 dil. s. Alfredo
28 dij. S. Sostène
29 dim. s. Narcisse
29 div. s. Saturnin
30 dim. s. Marcel
30 dis. s. Andrièu
31 dij. s. Siri
En ùuloubre
\loii ponorc goûta loti rùare

Tonssan ientra
St A n'driéu lou souorte

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DESÈMBRE

s.
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s.
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JACK

P. L .
D. Q.
N. L.
P. Q.

lu 6,
lu 12,
lu 20,
lu 28,

SOULÈU, -

1
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3
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5
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Dim.
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8 Dim.
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10 dim.
11 dim.
12 dij.
13 div.
14 dis.
15 Dim.
16 dil.
17 dim.
18 dim.
19 dij.
20 div.
21 dis.
22' Dim.
23 dil.
24 dim.
25 dim.
26 dij.
27 div.
28 dis.
29 Dim.
30 dil.
31 dim.

1.

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3 oura
m.
6 oura 46 s.
4 our;i 40 s.
7 OUI;L 48 s.

7 54' — c.

A vent
Sta Bibiana
S. Francès X.
Sta Barba
S. Bassi
S. Nicola
S. Anbrosi
Imac. Conception
Sta Leoucadia
Sta Eulàlia
S. Damase
Sta Rosélina
Sta Lucia
S, Niçoise
S.
S.
Sta
S.
S.
S.
S.

Mesuiin
Adon
Olimpíada
Gatien
Ciprian
Filogone
Tournas

S. Onourat
Sta Vitòria
Cacha-fuec
Calèna
S. Estève
S. Jouan
SS. Inoucent
Sta Eleonora
S. Sabîn
S. Sàuvestre

Calena aufuec,
Pasca àu j'aèc.

sin -

GRANDE MARQUE RECOMMANDÉE

4 35

�- i6-

�- 17

-I

CROUNICA NIÇARDA
L'ABADÏA DE SAN POUON.— L'ABAT RANCE-BOURREY.
GLOFFREDO.

—

—

PÈIRE

A PREPAU DOU DIALETE NIÇART.

Ben qne pareissènt tardié, VArmanac Niçart s'empressa de
pourtà la siéu febla vous su tout cen que enteressa lou païs, sigue
au pounch de vista istoria loucala, pouesia, tradicioun, sigue
tamben su la taquinanta questioun dóu dialete niçart souvenri
fès pauvada e su la quala lu escritour mouderne soun luen d'estre
d'acordi.
Parlerai finda de M. l'Abat Rance-Bourrey, un beneditin qne
despi quauque an en ça mete à prouflt la siéu erudiciou n a nen
revelà de fach d'istoria inedieh. Se quauqu'un mérita d'estre
laudat es ben éu ; es en éu que VArmanac Niçart tressa la
pamoula de sapiença. En esprimant la nouostra recounouissença,
à l'Abat Rance-Bourrey, fen cen que touplen an denembrat,
vouoli dire de courounà lu siéu travail, frucha de ben de recerca,
dai quali obra sian fier d'avé prestat la prima ajuda. Pouden cità :
lou Discours sur le Monastère de Sainte-Claire de Nice, par Honoré
Pastorelli, publié d'après l'édition originale de Turin 1608, avec
une introduction et des notes ; — "Le Général J.-B.-M. D'Anselme" (Notices biographiques (1740-1792). E aquest'an
l'istorien nen douna — toujou de prima man — YExpulsion de
Mgr Valperga, evesque de Niça, au tèms de la Revoulucioun,
travail anoutat de peça curiouvi que sian urous de pouder metre
souta lu uès dei nouostre letour.
*
* *
Lou fach de l'annada, lou mai marcant, es estat aquéu de
l'Abadïa de San Pouon. Parlon de tout destruge pèr li basti an
siéu luec un espitau Pasteur... UArmanac Niçart es pas Penemic
dóu prougrès, ni men encara dei Bei-Art, ma si fa lou pious dever
de jougne lu siéu esfouors en aquelu dei siéu councitadin quo
l'istoria dóu passat passiouna, pèr que l'Abadïa de San Pouon
sigue counservada e classada couma mounumen istorique. En la
circonstança feliciti M. l'Abat Rance-Bourrey que mé rasoun s'e.s
demoustrat l'ardènt defensour autourisat que counouissen. La
siéu paràula es estada escoutada e lou Préfet de li Alpa-Maritima,
8

'

�— i8 M. de Joly — respetuous dei nouostri tradicioun — en ortie
avertit a proumès que l'Abadïa de San Pouon seria respetada e de
lèu si crusià pèr lou siéu classamen tra lu mounumen istorique.
Dóu resta vequi ce que l'Abat Rance Bourrey nen di su San
JPouon. Counsignen religiousamen li siéu paràula :
« L'Abbaye de Saint-Pons est le plus ancien monument relitgieux existant dans le Comté de Nice. Il y a dou^e cents ans que
sSiagrius y fonda un monastère. L'histoire de ce monastère est
jintimement liée à l'histoire religieuse, civile et économique de la
iville de Nice.
;
« Ce fut à Saint-Pons qu'en 1388 fut'signé l'acte réunissant
le Comté de Nice au Comté de Savoie. Les abbés de Saint Pons
ifurent pris dans les principales familles du Comté : les Badat, les
tLaugery, les Provana, les Lascaris, les Grimaldi, les Martelli, les
;Tournefort, etc. Plusieurs évêques de Nice furent abbés de Saint[Pons, en particulier Barthélémy Chuet (fin du xve siècle) et Jean
, Uriole, son successeur. Un autre abbé, Claude de Seyselle, fut
,évêque de Marseille, puis archevêque de Turin ; d'autres furent
cardinaux, tels Innocent Cibo, neveu d'Innocent VIII et de
f
;Léon X, et Paul Medeci de Cesis dont on voit encore l'inscription
(funéraire à Sainte-Marie-Majeure, à Rome.
:
« A la fin du xvir siècle, l'abbé de Saint-Pons était Pierre
•Gioffredo, le savant historien niçois. Enfin, un abbé de SaintiPons dont les Niçois n'ont pas encore perdu le souvenir, était
(l'abbé Spitalieri de Cessole qui a doté sa ville natale d'un établissement de bienfaisance si justement apprécié. La plupart des
pbbès de Saint-Pons et plusieurs évêques de Nice ont été enterrés
dans l'église ou sous le cloître et dorment aujourd'hui confondus
avec les moines leurs frères qui depuis dix siècles y sont enterrés.
« Les monuments funéraires ont disparu. Le temps a tout
(nivelé à Saint-Pons, singulièrement aidé cependant par la main
ides hommes. On connaît les dévastations commises par
Iroupes de François Ier et de Barberousse, plus tard par celles d
Catinat et par d'autres encore. Après chaque désastre, SaintPons a retrouvé une nouvelle vitalité et il y a à peine trois quarts
de siècle que Mgr Galvano y a fait d'importantes réparations.
;
« Saint-Pons n'est pas seulement une page de l'histoire de
notre pays, c'est un gros volume de cette histoire ; les Niçois
laisseront-ils dire qu'ils sont restés indifférents devant le danger
qui menace Saint-Pons ? Non, ils feront tous leurs efforts pour

�— 19 -

sauver de la destruction un monument qui doit leur être cher...
Je demande d'urgence le classement de l'Abbaye de Saint-Pons,
c'est-à-dire de l'Eglise et des bâtiments claustraux, comme monument historique. »
Lou councours de YArmanac Niçart es aquist. Emé fiertà e
au près de touplen de sacrifici faren respetà l'istoria dóu passat,
la lenga e lu escrich dei orne qu'an ilustrat lou nouostre bèu
pais.
*
* *
Despi quauque tèms, — maladia que reven per intermitença,
— la gran questioun de la grafia niçarda, de l'ourtougrafa, es
messa su lou tapis. De letra soun estadi publicadi, d'autri lou seran, e cresi qu'après ben de charra pèr dire pas gran cauva de
nóu, quasi dirii pèr predicà dintre lou Desert, noun restera
d'aquela discussioun, — Favén déjà coustatat, — pas gran cauva,
ren!... Cadun escrèu à la siéu moda seloun l'esprit dóu moumen,
e serii ben curious de counouisse aquéu que vendria nen dità
une metoda en nen dïen : « la mièu maniera d'escrièure lou
Niçart es la bouona». Discussioun scientifica que pòu passiounà
quauque lenguista, pas mai ; lou mihou es d'escrèure seloun li
letra ditadi pèr la prounouncia. Lou talènt pèr aquéu qu'escrèu
es de si laissà liège, de si faire acapi. Es qu'en en un entan que
frecuenta l'escola primària poudès li demandà autra cauva ?...
Perta de tèms que tout acò, vourria mai s'engenià à recercà lu
viei mot, espressioun, loucucioun courenti que la pous dóu tèms
a rabaïat, dounà au nouostre bèu dialete la coulou que dèu avè,
en respetant lu emprunt que pouden avè fach sigue à l'Italian, à
l'Espagnòu o à tout autre...
Un dialète noun dèu pas estre une lenga scientifica, encara
m en noun còu avè la pretencioun que sigue ouficiela, seria temerari ; lou dialete d'un païs dèu refletà lou caratere d'un'epoca que
lou tèms dèu respetà, enfin escrèure gramaticalamen, un noun
empedisse l'autre, e laissà à l'esprit, au goust lou coumplemen
d'un stile ouriginal, en de frasa councisi que flaton i'auriha.
Aquí fermi la discussioun, risqui de perdre la civada... l'an
que ven, se Diéu mi presta vida, v'en dirai d'autri e couma
d'usança que mi sigue permès de la vous souvetà : Bouona e
uroûva !
L'ARMANAC

NIÇART.

�20 —

LA CIGALA DOU BOUON DIEU
Una cigala dóu Bouon Dieu
Tout l'estiéu
E l'iver en la chambreta, —
L'aiguesias vista la lebreta ! —
Noun vivïa que d'amour
S'assetava su l'ounour;
La cigala cantarela,
Vau chanja de clientela,
Noun es courta d'amatour,
Que li viron tout au tour !
Ma l'ancien de la cigala,
De gros mot ven que s'embala ;
En l'auriha de la maire
Li ven tout aquéu bousin,
Que deja toui lu vesin
Sabon lou long de l'afaire
— Cenqu'as fach m'au tiéu tip ?
Di la maire enrabiada...
Bella Vierge encourounada !
Sera au mancou m'un bouon rie!!...
CH. CIAUDO

PROUVERBI, BOUOI MOT, COUNSÉU E DICH
Tèms d'iver noun ti fidar.
Lu màu dei enfan si garisson soulet.
Cau naisse pèr estre bèu, si maridar pèr estre rie, e mouri
pèr estre brave.
Per aver de raïn, eau caressar la souca.
Agnèu naissut
Vau un escut.
Dansa mihou ventre plen que rauba nova.
L'oumbra dou mèstre engraissa lou cavau.

�LOU MAGOT DE BERTOUMIÉU ISSUGA
O BEN

UNA RAISSADA DE MACAROUN
Conte menloanasqae trouvât dintre d'un armori
de ma nana e que /'Armanac Niçart es tirons de
transcrièure en niçart à Ventencioun dei sièu
fidèle lotour et lelrissa.

Bertoumiéu Issuga, mentounasque de viéia roca, abitava en
coumpagnia de sa mouhié, en carriera dóu Paumoulié. La siéu
frema, malurousamen, era sirnplaria e faia lou siéu desespoir.
Cada matin Bertoumiéu, avant de s'en anà au travail, li recoumandava de noun faire de bestialità. Cou vous dire que toui lu
dissata lou nouostre ome metia en un'armari pertuat dintre la
muraia lou gagne de la semana.
— Bertoumiéu ! pèr qu seria tout aquel argen, demandava
Marioun au siéu marit.
— Es pèr Madjou-long, castagnassa !
*
* *
Un jou Bertoumiéu partet pèr anar à la siéu campagna ;
devia même li restar doui ó très jou pèr souïnar e arousar lu
citrouniè. Marioun souleta matin e sera, s'assetava su lou banquet de la pouorta e faïa de bas... Un predinà veguet un ome
de statura mai que mejana, couma si di, un gran carcan. La
frema de Bertoumiéu lou fissa sensa parpelear, pi pihada d'un'
idea, li diguet :
— Moun bèu Moussu, sias bessai vous Madjou-long ?
Lou merlo pita e noun s'en laissa dire autre, léu li
respouonde :
— Noun vous troumpas pas, bella bruneta, sièu ièu Madjoulong !... Ma perqué mi faire tala demanda ?
Perqué ?... dou moumen que sias Madjou-long, intras su lou
cóu. Li a ja pas mau de tèms que moun marit a mes d'argen
amagat pèr vous...
E sensa mai de ceremounia li remeté lou mandiou dintre lou
quai lu sóu eron groupât. L'ome remercia e la s'esbigna lèu.
♦

* *

�Lou sera, Bertoumiéu arriva, la sièu mouhié li di.
— Sabes, ai vist ancuei Madjou-long !
E l'ome de cridar :
— Malurousa ! — m'en a fach encara una 1
Courre à l'armari, lou mandiou e Pargen, mouis !... Issuga
blastema pica dai pen, es décidât de si desiaire de la siéu frema
Lendeman, dóu téms qu'aissesta durmïa, li cuerbe lu uès emé de
pega de sabatié, pi la pihant pèr la man, la mena dapé dóu CapMartin. Arrivât aqui, Bertoumiéu fa mountar Marioun su d'un
nouguié el'abandouna. La paura, bòrnia, noun sabia doun si
trouvava, ni men encara ce que poudia faire.
En aquéu fra-tèms doui voulur venon s'assetar souta
l'aubre ; après aver abrat quauqui branca sequi pèr s'escaufar, pi
si meton à cuentar lou siéu argen.
La calou faguet delegar la pega que curbia Puès destre de
Marioun e aissesta de cridar :
— E d'un !
Lu voulur, d'estuc, s'isson d'emblée.
— Qu'es acó, diguet l'un.
— Un matagan, faguet l'autre.
La calou seguia á faire lou siéu efet pau à pau durbia Puei
senec.
— E de douî, diguet Marioun.
Dóu cou lu voulur escapon, laissant Pargen espantegat soubre
Perba.
Marioun coumença à li veire clar, cala da l'aubre e ramassa
Pargen, pi lèu s'en camina vers maïoun...
Lou sièu marit, pensierons, era assetat dapè dóu fuec, s'escaufant, fumant la sièu pipeta emé beatituda...
— Bertoumiéu !... o Bertoumiéu !... duerbe-mi, siéu iéu,
Marioun...
— Vai au diàu que ti pihe... ièu que cresii de m'en estre
despegouït...
Ma Marioun, toujou picava, un cóu noun asperava l'autre...
L'ome fenisse per li durbi...
— Ten ! regarda cen que ti pouorti.. . e Marioun pauva lou
sac su lou toulié. ..
Bertoumiéu, entartugat, cuenta Pargen e réfléchisse ; — Marioun es simplaria e deman la vila saupra Pistoria de la fouré . ..
Cóu que Bertoumiéu si dispegouïsse pèr empedi li marridi lenga
de bavar...

�— 23 —
Si mete la vesta, lou capèu e souorte fermant la pouorta i..
Faïa nuech dintre la carriera, ma sensa pena s'encamina
vers una boutiga e croumpa pèr mai de dès kilo de macaroun...
Ientra au sièu e di à la sièu mouhié de si metre au liech.
En tant que Marioun durmïa, Bertoumiéu fa bui lu macaroun, pi lu espantega su lu aubre dóu jardin... Lendeman de
matin la siéu frema, desveiada, si mete à la fenestra...
— O ! Bertoumiéu ! Bertoumiéu ! Vene un póu veire!... O
trest ! vè, a plougut de macaroun !...
— O vai fantauma !... n'as toujou una. .. Ten ! ten !... ma
es ver !...
*
* *

A quauque tèms en ça, Bertoumiéu l'avia previst, Marioun
countet à toui que lou siéu ome noun li picava plus, despi lou
jou qu'ela li avia pourtat de sac plen d'escut...
Lou juge aiguent audit parlar de l'afaire, mandet sounar
Bertoumiéu devant lou tribunal ; la siéu mouhié era estada
citada couma testemoni.
Lou juge. — Bertoumiéu, sias acusat d'aver gardât d'argen
que noun era vouostre.
— Iéu !... Ma moussu lou juge, lou negui ; sièu couma
sabès un travaiadou.. .
E Marioun de dire.
— Noun negar, Bertoumiéu, sabés ben qu'es ver ; es iéu en
persouna que t'ai pourtat la mouneda, qu'avii trouvât en la
fouré.. .
Lou juge. — Anas brave ome, noun negués.. .
— E quoura lou m'as pourtat ?... — Vous juri, Moussu lou
juge, que la miéu frema es fouola !...
— E lou sabes ben, Bertoumiéu, es lou jou que plouguet tant
de macaroun !
— Moussu lou juge aves jamai vist ploure de macaroun ?...
— Jamai ! moun beL amic respoundet lou juge que si tenia
lou ventre dóu rire — Amie, vèu que la vouostra frema es
fouola. .. sias aquitat !...
Bertoumiéu si retira emé Marioun... Noun aigueron plus
de disputa e vieugueron, pareisse urous e pèr longtèms !...
J. E.

�CANSOUN ANCIENNA

PÈR LOU

N'aurias pas vist la miêu fiha
Trin-trin
Lou galerin
A'aurias pas vist la miêu Jiha
Trois-wtrois
Le fils du roi
L'ai vista e l'ai baïada
Trin-trin
Lou Galerin
L'ai vista e l'ai baïda
Trois-trois
Le fils du roi.
Douna-mi la miêu fiha
Trin-trin
Lou galerin
Douna-mi la miêu fiha
Trois-trois
Le fils du roi.
Es aqnela la vouostra fiha
Trin-trin
Lou galerin
Es aqaela la vouostra fiha
Trois-trois
Le fils du roi.
La miêu fiha era pas lernia
Trin-trin
Lou galerin
La miêu fiha era pas lernia
Trois-trois
Le fils du roi
La miêu fiha era pas lua
Trin-trin
Lou galerin
La miêu fiha era pas lua
Trois trois
Le fils du roi.
N'es ni guercia ni poutinouva
Trin-trin
Lou galerin
N es ni guercia ni poutinouva
Trois-trois
Le fils du rois.

MAI

�La miéu fiha n'es pas borni a
Trin-trin
Lou galerin
La miêu fiha n'es pas bornia
Trois-trois
Le fils du roi.
Noun faïa pas belugueta
Trin-trin
Lou galerin;
Nonn faïa pas belugueta
Trois-trois
Le fils du roi.
La miêu fiha n'es pas emberrida
Trin-trin
Lou galerin
La miêu fiha n'es pas emberrida
Trois-trois
Le fils du roi.
La m iéu fiha n'es pas pigada
Trin-trin
Lou galerin
La miêu fiha n'es pas pigada
Trois- trois
Le fils du roi.
La miéu fiha noun es pas ranga
Trin-trin
Lou galerin
La miéu fiha noun es pas ranga
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha noun es pas louorla
Trin-trin
Lou galerin
La miéu fiha noun es pas touorta
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha n'es pas crouoada
Trin-trin
Lou galerin
La miéu fiha n'es pas croavada
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha n'es pas gibouva
Trin-trin
Lou galerin
La miéu fia n'es pas gibouva

�— 26 —
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha noun es foularana
Trin-trin
Lou galerin
La miéu fiha noun es foularana
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha n'es pas ingourda
Trin-trin
Lou galerin
La miéu fiha n'es pas ingourda
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha a pas lou peu de pi g nu
Trin trin
Lou galerin
La miéu fiha a pas lou peu de pig nu
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha noun es narvelouua
Trin- trin
Lou qalerin
La miéu ûha noun es narveloiwa
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha noun a la rougna
Trin-trin
Lou galerin
La miéu fiha noun a la rougna
Trois trois
Le fils du roi.
XXX.

PROUVERB1, BOUOI MOT, COUNSÈU E DICH
Qu duerme ben noun cregne li niera.
Qu vè pissar e noun pissa, crêpa de malícia.-'
Qu douna soun ben avan de mouri
Mérita de pati.
L'amour es lou paradis dei fouol.
L'amour es .la flou de la jouinessa.

�LA MOUORT DAU PAURE TOUNIN

Lou paure Tounin, malàut a setant'an, si presenta à l'espitàu
ma li respouondon que li a plus de plaça.
— Coumplet ! ! !
Quauqu'un li fa capi qu'em'un pau de proutecioun li pourria
intrar. Countrariat dei pas que cóu faire, Tounin vira lu taloun e
s'encamina vers la plaça Massena, piha lou tram, si rende da
Graugnard, à l'espitàu dei can, e li di :
— Moussu lou Veterinari, cresi d'estre un pau mai qu'un
can ?... En aquéu cas souîna-mi...
— Vous souînar aici, ma brav'ome perdés la testa. — Basta,
li di que n'a pas de liech pèrcourcar un crestian, que noun douna
de souin qu'ai bestia !...
Tounin, couma pensas, s'en souorte m'au couor gros e noun
sau plus à que sant si recoumandar. Era aqui au mitan dóu
camin, quoura en aquéu moumen arriba un landau, doun cala
una grossa dama, encapelada, aurias dich un ver foungi, segada
d'un varlet que pourtava religiousamen un can enfeloupat emé de
favour rosa au couol, tapat d'un tapis em'ai iniciala. En veèn
aquéu tablèu lou paure Tounin si lamenta, sangluta fouort.
— Qu'avès lou miéu brav'ome, li di la dama.
— Cen qu'ai Madama ?... trovi que lou vouostre can a mai
de chança que iéu. Li a cinquant-cinq an que travaii, pèr la premiera fès que siéu malàut, noun soulamen mi refuson à l'espitàu
dei estre uman, ma encara mi vèu picar la pouorta au nas èn
aquéu dai can.
— Quevoulès, lou miéu paur'ome, ai fach un vout de mimetre
à la Soucietà Proutetriça dei Animau, de pourtar touti li miéu
ecounoumia à la Caissa de secours pèr soulajar lou sort dei bestia.
Lou fau talamen ben, que vouguessi ben vous dounar un sóu
que pourii pas.
La dama li vira l'esquina e ientra couma un coupa-cisèu da
Graugnard. Tounin roumougna :
— Se ti veguessi en un cantoun ti dounerii mancou un gotou
d'aïga !... vièia sansuga !...
Tounin estrassinat, deble s'alonga un pau plus en là, su d'un
mouloun de peira. Quauqui oura après, couma soufrisia, n'ai-

�guènt ren en l'estomegue depi l'auba, coumençava d'aver lou
rangouioun, quoura passet un canipiè que li diguet :
— Que fès aquí, brav'ome ?
— Couma veès siéu aqui pèr tirar lu patoun. M'an refusat â
l'espitàu, même en aquéu dai can, noun mi resta que de mouri
su d'un mouioun de peira. — Avès un carnet su lou quai enregistras lu fach dóu jou, farias ben de li aloungar lou miéu testamen que poudès mentuar couma acô :
— « Bouon Diéu, se mi fes passar encara une fes sur la terra,
fe-mi naisse can au mancou, li aura une Soucietà Proutetriça dei
Animau que si crusira de iéu e pourrai estre amès en un espitau,
estre souïnat, faire bouona vida, menar une vida de can... »
ANT. ROLAND.

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VIGNE
A M. VALÉRE BERNARD.

Dans le ciel doux la Vigne ètreint les pals de buis.
Sous le pampre le merle alourdi des falernes
Tourne son col gris vair et ses paupières lemes
Qu'argenté la blancheur des immuables nuits.
O / fraîcheur, 6 beauté des Igs et des iris,
Que la Vierge éblouie avec les marjolaines
Cueille le soir venu aux vasques des fontaines
Pour colorer en fête, au crépuscule, l'Euis.
Narcisses, ébeniers, œillet et sensitive
Ah ! Versez en mon âme attiédie et pensive
L'orgueil qui souleva les clairs olympiens.
L'amour qui rafraîchit les Madones pieuses
Et qui vêt de clarté les snls athéniens
Et les ravissements des époques heureuses.
JEAN

PADOVANI.

Quauque souvèt :
Vous souveti la bouona annada.
Que siegue mihau que la passada.
Vous souveti la bouona annada acoumpagnada de touplcn
d'autri.

�Eglises et Chapelles de Nice
La vieille ville de Nice se trouvant sur la rive gauche du
Paillon, pour parler de ses églises, nous commencerons par son
église cathédrale, Sainte-Réparate, vierge et martyre, de celles du
canton Est, et en traversant la rive droite nous nous occuperons des paroisses du canton Ouest.
I. — L'Eglise Cathédrale du Diocèse de Nice est la paroisse
de Sainte Réparate, vierge et martyre, sous l'empereur Decius en
253. Sa fête est le 8 octobre. Cette église est au centre de la vieille
ville (8.500 âmes), Avant 1531 la Cathédrale était près du Donjon, plateau de Nice, et dénommée : Sancta Maria in platea,
dédiée à N. D. de l'Assomption. L'édifice actuel, dans son genre,
ressemble beaucoup à Saint Pierre de Rome, au Vatican. C'était
auparavant une simple église paroissiale
desservie par
les Bénédictins du Monastère de Saint-Pons, près Nice.
Dans son ressort se trouvent l'ancienne église de Saint
Jaume (Saint Jacques apôtre), jadis des P.P. Carmes, fermée
depuis 1903. Après le transfert du titre de paroisse à l'église de
Saint Juste, évèquc, au Gesu, elle fut placée sous la vocable de l'Annonciation de la Sainte Vierge, ainsi que la belle Eglise de la
Miséricorde, sur le Cours Saleya, jadis de Saint Gaétan, fondée
e
par les P.P. Theatins au XVIII siècle et cédée à la noble
confrérie des Pénitents Noirs.
La Cathédrale de Nice, paroisse Sainte-Réparate de nos jours,
fut comme l'ancienne au Donjon du Château {Sancta Maria in
platea), le théâtre de plusieurs f lits historiques mémorables dans
les annales de l'histoire de Nice.
II. — L'Eglise de Saint Jacques, an Gesû, dès son érection
en 1612, dédiée à Saint Juste, évêque. Sa fête est le 2 septembre.
En 1665 fut érigée en paroisse sous le titre de Saint Jacques le
Majeur, remplaçant la paroisse de Saint Jaume. On l'appelle
vulgairement le Gesù à cause qu'elle a été fondée et administrée
par les P.P. de la Compagnie de Jésus.
Appartiennent à cette paroisse les deux chapelles des confréries des Pénitents Blancs, la Sainte Croix, — confrérie la

�óo —
plus ancienne de Nice, — et des Pénitents Rouges, Saint Suaire
et de la Sainte Trinité ; l'Eglise du Couvent de là Visitation,
la chapelle de l'ancien séminaire, à la montée du Château, et
jadis l'Hospice franciscain avec chapelle de Saint Joseph des
P.P. Recollets de Cimiez, convertie en maison particulière.
L'Eglise du Gesù est d'ordre corinthien composite, cons truite sur le modèle de l'Eglise des Jésuites de Turin, dite
vulgairement les Saints Martyrs. ( 10.000 âmes).
A l'extrémité de la rue du Malonat, aux racines de l'ancien
château, on voit un oratoire à la Sainte Vierge Marie, sous le
titre de N. D. du Bon Secours. Les habitants de ce quartier érigèrent cet oratoire en l'honneur de la sainte Vierge, en reconnaissance du choléra en 1854.
III. — L'Eglise paroissiale de Saint Martin Evéque dite de
Saint-Augustin est la plus ancienne, elle fut bâtie sur l'emplacement de l'ancienne chapelle de Saint Martin (1205) et appelée
Saint-Augustin parce qu'elle était desservie par les Augustiniens
dont le couvent a été transformé en caserne. (Caserne Filley, près
l'ancienne chapelle Sincaire).
IV. — L'Eglise de Saint-Francois-de-Paule a été édifiée en
1736 d'après le plan de l'architecte
Guarini. En 1838
elle fut érigée en paroisse par décret de Mgr Galvano et appelée
aussi Saint-Dominique en souvenir de l'ancienne église paroissiale
de ce nom qui s'élevait sur la place Saint-Dominique aux lieux et
place de l'actuel Palais de Justice.
V*— L'Eglise du Port ou de l'Immaculée Conception. D'humble
origine. D'abord ce fut une fort modeste chapelle (1835), transformée agrandie par Mgr Galvano, et l'avocat théologue L. Mari
fut son premier curé..
VI. — L'Eglise Saint-Joseph nouvelle paroisse depuis 1911 la
première pierre fut posée le 19 mars 1911, bénie le 29 octobre et
ouverte au public le Ier novembre 1911 sous le patronage de Mgr
Chapon et dirigée par les soins de M. l'abbé Gabrielli.
A cette paroisse appartiennent la chapelle succursale de Saint
Joseph contigüe à l'Evêché, et la chapelle de Notre-Dame des
Anges sur l'ancienne route de Villefranche.
VIL — Saint-Roch. Cette église paroissiale dans la banlieue
de Nice fut érigée après la peste de r68r. Nice fut délivrée de ce
fléau par l'intercession de saint Roch, confesseur, né et mort à

�- Si Montpellier. La paroisse est divisée en deux quartiers, Roquebillière
inférieure et Roquebillière supérieure, jusqu'à la chapelle de NotreDame de Bon Voyage.
VIII. — Rive droite du Paillon, intra muros, se dresse Notre Dame du Vau, paroisse Saint-Jean-Baptiste, qui remplace l'an
cienne église du même nom devenue chapelle inférieure du Lycée.
Cette belle église, vœu delà ville de Nice en 1835, mt érigée en
1842 et terminée en 1852 par Mgr Galvano, évêque de Nice.
La façade ressemble à celle élevée à Turin en l'honneur du retour
du roi dans les états Sardes en 1814.
IX. — Saiiit-Pierre-d' Aréna remplace une chapelle située à la
Croix de Marbre. Elle fut érigée en paroisse en 1803 par Mgr
Colonna d'Istria. Elle doit son nom à ce fait, c'est que lors de sa
fondation elle se trouvait sur le rivage de la mer séparée par une
bordure de sable fin.
X. — Une ancienne chapelle de Sainte-Hélêne-l'Inspiratrice
existait dans ces parages. Elle fut remplacée en face la mer par
une église sous l'épiscopat de Mgr Recrosio (1727).
Six paroisses « extra muros » dépendent de la commune de
Nice.
Sainte-Marie Magdeleine, sise dans le vallon de Magnan, édifiée sur l'emplacement d'une chapelle de même nom, érigée en
1626 et dite vulgairement chapelle « dei cassaire » à cause du
grand nombre de chasseurs. Après le concordat de 1803 sous
l'épiscopat de Mgr Colonna d'Istria, ce quartier qui depuis 1771
dépendait pour le spirituel de la cathédrale fut érigé en paroisse.
Il existe encore aujourd'hui une chapelle de Notre-Dame du Bon
Conseil changée en demeure particulière . Bientôt le besoin de
la population augmentant, une église sera bâtie à la cité Robiony
par les soins du curé actuel de la Madeleine.
Plus à l'est de la ville, toujours dans le canton ouest ce
l'Arquet, se dresse la paroisse de l'Ariane dédiée primitivement à
saint Arnoux, évêque et à saint Pierre, apôtre. Elle fut érigée en
paroisse en 1809 sous l'épiscopat de Mgr Colonna d Istria. Dans
son ressort se trouve l'ancienne chapelle nécropole de l'Abbadie
fondée en 1635 en l'honneur de sainte Claire pour le besoin spirituel de 450 à 500 habitants qui appartiennent aux communes
de Nice, Cantaron Saint-André. Localité d'avenii et à laquelle
le chemin de fer Nice-Coni donnera une valeur stratégique.

�— 32 —
Gairaut avait au moyen-âge une chapelle de secours desservie
par les religieux chevaliers de l'ordre du temple au début, et par
la suite de Rhodes et de Malte. Sous l'épiscopat de Mgr François
Rosini de Martinengo la chapelle fut érigée en église paroissiale
sous le vocable de saint Sauveur o*u de la transfiguration du
Rédempteur.
Dès 1730 les P. Dominicains de Nice fondent à Saint Pancrace un sanatorium pour religieux martyrs avec chapelle en
l'honneur de Saint Pancrace martyr. Cette chapelle est érigée en
paroisse en 1848 par Mgr Galvano.
Sur le couchant de Saint-Pancrace on trouve la paroisse de
saint Roman . martyr ; l'ancienne chapelle fut érigée en paroisse
ainsi que celle de saint-Antoine de Ginestière en 1803 sous Mgr
Colonna d'Istria.
VALENT IN.

NOU VÉ
Tu Çatarina fai lou pan.
Mdumen de jota, d'alegressa,
Fes audi da toui lu couor :
Lu ange canton l'alegressa,
Fuges l'infer, Juges la mouorl.
Chntou !
L'aarika sabla, li a quaucaren aici vesin,
Sembla que senti li joia d'un festin ;
Audi lu tambourin de laen,
Lu Jlajoulet e li musela,
Lu pastre van à Bethelen
Laisson la cabana soaleta ;
Santo nuech, venes aléa nen ralegrà,
Pourtas à toui la pax et la tranquilità !
Tu Catarina fai lou pan,
Manda Lucrecia au safran,
Despende aléa lou lauvaniè,
Chapla la blea su lou taatié ;
Crala de froumai e roumpe d'iiu
E fai la iourta couma fou,
Ché n'aiguen toui en aboundança (bis)
Santa nuech, venes alèu nen ralegrà,
Pourtas à toui la pa.x e la tranquilità .'
En tant faguen etnb'au vesin
t ua santépér lou Bambin,
Toucan lou gotou de bouon vin,
Ernb'aa vesin pér lou Bambin
Ti-ri-tin-tin ! -tinTi-ri tin !

�— 3Î —

L'Expulsion de Mgr Valperga
fEN SEPTEMBRE

1792)

Le 12 octobre 1780 h population de Nice se pressait aux
abords de la porte Pairoliëre pour y recevoir en grandes pompes
le nouvel évêque Charles-Eugène Valperga di Maglione. Ce
prélat avait couché la veille selon l'usage antique à l'abbaye de
Saint-Pons et devait faire ce jour là son entrée solennelle dans
sa ville épiscopale.
Le cérémonial imposant avec lequel on avait reçu jusqu'alors
les évêques fut encore cette fois observé. L'accueil de la population entière fut des plus chaleureux au rapport de Pierre Scaliero
qui en fut témoin (1). Le nouvel évêque, qui remplaçait Monseigneur Astésan nommé archevêque d'Oristano en Sardaigne,
appartenait à une famille de vieille noblesse dont plusieurs membres avaient exercé, à Nice, des fonctions importantes (2). Il
(1) Voir aux Archives municipales le récit détaillé que ce chroniqueur en a laissé dans ses Mémoires. Pierre Scaliero mourut en 1805.
(2) Jacques Valperga, conseiller ducal, fut lieutenant du gouverneur de Nice en 1454 ; Thoma5 Valperga fut gouverneur du château de Nice en 1565 ; Jean Valperga fut également gouverneur de
Nice en 1596 ; Jérôme Valperga fut commandeur du château de
Nice en 1600 ; Pierre Valperga, frère de Jacques Valperga, était
chevalier de Malte (Arch. municipales, registre des gouverneurs,
commandants et chevaliers de Malte) ; Anne Valperga, fille dAmédée
Valperga, épousa, le commandeur de Malte Jean-Paul Lascaris.
(Voir son testament daté de 1683, arch. des Alpes-Maritimes,
registre B, 297.) Joseph Ignace de Valperga reçut de son oncle, Emmanuel Philibert Chiotera, mie partie du fief de Couaraze dont il fut
investi le 20 février 1753. Son fils, Vincent, céda ses droits à H. Novelli. Jérôme Valperga fut sénateur à Nice de 1761 à 1765, puis
ministre plénipotentiaire de Sardaigne à Gênes en 1780 ; plus tard
il fut ministre etsecrétaire d'Etat, ce dernier était le frère de l'évêque
de Nice et fils du comte François Valperga qui vivait encore en
1795Ees armoiries des Valperga étaient fascé d'or et de gueules, à
la plante de chanvre déracinée, d'argent et brochant. Le cimier
était un bouc naissant au naturel et la devise : « Ferme-toy ».
Nous reproduisons les armoiries de Monseigneur Valperga d'après celles qui se trouvent en tête du catéchisme édité par ses ordres
et dont nous devons le dessin à l'obligeance de M. Joseph Casai
(Extrait de 1' « Armoriai Artistique et Nrbiüaire », Ni.e, 1902.
3

�- 34était directeur du collège des Provinces à Turin, lorsque le roi
de Sardaigne le désigna, pour l'évêché de Nice. Il avait été sacré à
Rome où il avait fait ses études. Monseigneur Valperga se distingua immédiatement par sa vigilance et son activité : il releva
le niveau intellectuel et moral des prêtres de son diocèse et s'attacha à mettre en toutes choses la plus grande régularité. Dix-huit
mois après son installation, il publia un nouveau catéchisme
dont le plan avait été préparé par son prédécesseur ^i). Grâce à

ses relations cordiales avec la eour de Turin, il jouissait auprès
des autorités civiles de Nice d'une grande influence. Après douze
(1) Ce catéchisme en italien fut imprimé à Nice par la Société
Typographique. C'est un petit volume in-douze de 612 pages, portant
la date de 1783. En tête se trouve le mandement de Monseigneur
Valperga du 16 février 1782 qui approuve le travail terminé par
le prêtre auquel Monseigneur Astésan en avait confié le soin, ordonne
sa publication et règle l'organisation des catéchismes dans tout le
diocèse. Deux ans plus tard en 1785, Gabriel Floteront, imprima
un autre catéchisme rédigé en dialecte niçois, petit volume in-12
de 228 pages. Un exemplaire de ces deux ouvrages existe à la biblio
thèque de Nice. — Voir Villarey, Série Cronològica dei Vescovi
di Nizza. — Art. Valperga.

�-35 années de séjour dans cette dernière ville il s'était acquis l'estime
et le respect de tous.
*

• *

Lorsque le 28 septembre 1792 dans l'après-midi, les troupes
piémontaises évacuèrent Nice, il y eut dans cette ville une effroyable panique et des milliers d'habitants s'enfuirent dans la direction de Turin. Ce fut un désarroi et une désorganisation complète de toutes les autorités. iMonseigneur Valperga resta à son
poste et s'engagea à ne point quitter la ville. Le lendemain samedi
29 septembre, il accompagna le second consul Honoré Saissi et
quelques membres du Conseil qui se rendirent, vers les onze
heures du matin, à la villa Feraudi, au quartier St Hélène, pour
offrir les clefs de la cité au général d'Anselme qui venait d'y
arriver à la tête des troupes françaises. Le général fit à la délégation assez bon accueil, mais il s'étonna de trouver parmi ses membres, l'évêque dont la place déclara-t-il n était pas là. Du reste,
d'Anselme attacha si peu d'importance à la démarche îles magistrats niçois que dans aucune de ses dépêches officielles il n'en fit
mention.
Sur le soir du même jour, la petite armée française faisait son
entrée dans la ville et le général s'installait dans la maison du
consul de France à la place St Dominique. L'évêque de Nice qui
tenait à rester au milieu de ses diocésains se présenta de nouveau
vers les huit ou neuf heures du soir chez le général auquel il voulait recommander ses prêtres en lui demandant des respecter les
églises. Le général était entouré de tout son état-major, du consul
de France, Pierre Le Seurre, de Honoré Saissi, second consul, de
Féraudi, secrétaire général de la commune. Ces deux derniers
venus probablement pour appuyer les demandes de l'évêque.
L'accueil du général ne fut pas plus encourageant que la première fois ; il intima même avec insistance au prélat l'ordre de
quitter ta ville en ajoutant que le plus tôt serait le mieux et ce
fut sur ces dernières paroles que l'évêque se retira après avoir toutefois reçu du général la promesse que tout ce qu'il laisserait dans
son palais serait placé sous la sauvegarde de la Nation française.
Il n'y avait pas à tergiverser, l'ordre était formel et pressant, il
fallait partir. L'évêque prit ses dernières dispositious et délégua,
au curé de la cathédrale, le chanoine Honoré Navello, tous les
pouvoirs nécessaires pour administrer le diocèse en son absence.
Aux premières lueurs du jour, Valperga quitta son palais, et se

�— 36 dirigea à pied vers la porte Pairolière. Il avait été impossible de
trouver une voiture car tous les moyens de transport avaient été
réquisitionnés et utilisés le 28 septembre pour permettre l'exode
des habitants terrorisés. Il avait ordre de partir, mais cet ordre
n'ayant pas été donné par écrit, les volontaires marseillais, de garde
à la porte de Turin, refusèrent de le laisser passer, l'accablèrent
d'injures, le menacèrent même de le pendre et ne consentirent á
le lâcher que sur un ordre écrit, sollicité et obtenu du général,
grâce à l'intervention courageuse et au sang-froid d'un jeune
niçois, Joseph Castellinard. Monseigneur Valperga se retira à
Turin et y mourut en 1805 sans avoir jamais pu obtenir l'autorisation de rentrer.
*

* *

Il est établi par les documents officiels contemporains que
Monseigneur Valperga ne quitta son siège que sur les ordres arbitraires du général d'Anselme et ces mêmes documents nous
renseignent très exactement sur les incidents fâcheux qui se produisirent au départ de l'évêque. Du reste, on n'ignorait pas à Nice
comment les choses s'étaient passées et la population savait grê à
Valperga de son attitude et de sa fermeté. De son côté, Valperga
avait eu confiance dans la parole à lui donnée par le général au
nom de la Nation française et à plusieurs reprises il manifesta
son étonnement qu'elle n'ait pas été gardée, que ses biens aient
été confisqués, son mobilier vendu, son nom inscrit sur la liste
des émigrés alors qu'en partant il n'avait cédé qu'à la force.
Parmi les nombreux documents qui se trouvent soit aux archives de Nice, soit aux archives nationales il en est quelques-uns
dont la simple reproduction sera plus probante que tous les corn,
mentaires. Il_suffira de citer :
•i° La lettre du Directoire des Colons Marseillais en date du
25 février 1793, adressée aux citoyens Blanqui et Veillon, députés
extraordinaires de la ville de Nice à Paris, au sujet des réclamations présentées le 23 du même mois par Jean-Jacques Donny, au
nom de Mgr Valperga.
20 La réponse du même Directoire à J.-J. Donny, en date du
26 février 1793.
3„ L'arrêté du Département en date du 13 avril 1793.
40 La réclamation présentée au Directoire du département

�Valperga, aussitôt après son inscription sur la liste des émigrés de
la ville de Nice, dressée à la fin de juin 1793.
50 Les états de frais pour l'inventaire et la vente du mobilier
et effets de « l'émigré Valperga Maillone, citoyen évêque » approuvés par le département des Alpes-Maritimes, le 5 germinal an
III (25 mars 1795).
6° Les actes de notoriété dressés le Ier et 2me fructidor an III
(18 et 19 août 1795) par Gautier, juge de paix à Nice, à la requête de Pierre-Joseph Passeron, agissant en qualité de procureur
subrogé par Nicolas Giorni, procureur spécial et général de Mgr
Valperga, par acte de procuration reçu à Turin le 20 juillet 1795,
notaire Pierre-Joseph Bernochio.
70 La pétition adressée au district de Nice le 4 fructidor an III
(21 août 1795) par Pierre-Joseph Passeron, demandant la radiation du nom de Valperga sur la liste des émigrés.
8° L'avis du district de Nice en date du 5 vendémiaire an IV
(27 septembre 1795) déclarant que Mgr Valperga doit être rayé
de la liste des émigrés.
90 L'arrêté du département des Alpes-Maritimes, en date du
14 prairial an V (2 juin 1797) ordonnant la radiation provisoire
du nom de Valperga de la liste des émigrés.
io° L'acte de cautionnement dressé par le département le
11 fructidor an V (28 août 1797), à la requête de Pierre-Joseph
Passeron, procureur de Mgr Valperga en exécution d'une des
clauses de l'arrêté du 14 prairial an V (2 juin 1797).

�- 38 —

DOCUMENTS ET PIÈCES D'ARCHIVES

Pièce 1.

25 février 1793
Aux cit. Blanqui et Veillon
Une lettre du cit. Donny, associé du citoyen LeClerc, défunt président de l'ancienne administration
provisoire, dont vous avez ci-inclus l'extrait ( 1 ), nous
fait connaître que le cit. Valperga, évêque de Nice,
laissa avant son départ (ordonné à son retour par
Anselme) dans sa maison pour environ 34.000 livres,
argent monnayé, et environ pour 17.000 d'effets en
vaisselle, linge, batterie de cuisine etc.
Une portion de ces effets se trouvent encore dans
ladite maison, sous l'inventaire que nous en avons
fait dresser par les commissaires de l'une et l'autre
administration, lorsque nous avons été installés, mais
il s'en faut de beaucoup qu'elle puisse arriver à la
somme de 17.000 livres, pas même le tiers.
Quant à l'argent monnayé entré dans la caisse du
receveur de l'ancienne administration, nous n'y
voyons point la somme que ledit Evêque désigne
avoir laissé dans sa maison. Nous vous remettons cijoint un extrait de l'état des sommes' que le cit.
Bonnet a reçu en espèces, pendant toute sa gestion
de receveur et trouvées parmi les effets des émigrés
français et niçois.
Nous ne voulons rien préjuger sur l'assertion du
cit. Valperga, quoique nous ayons des indices frappants de vérité. Ce ne sera que lorsque nous aurons
pu les convertir en preuves par le témoignage de
quelques citoyens que nous nous procurerons, pour
pouvoir en demander la restitution et la poursuite
contre le pillage.
En attendant, noùs croyons devoir vous faire part
de cette découverte que nous allons communiquer au
Président de la Convention Nationale et au Ministre.
Arch. des A. M. Registre de la correspondance du
Directoire des Colons marseillais L. 5.
Cet extrait manque au registre ainsi que les autres pièces
énoncées dans celte lettre.

�-hLe 2érae février 1793.
Au citoyen Donny, négociant à Nice
Pièce 2.

Votre lettre du 23me de ce mois, citoyen, nous
demande des renseignements sur le temporel du
citoyen Valperga, Evêque de Nice. Nous allons vous
transmettre tous ceux qui sont à notre connaissance
L'administration provisoire en choisissant l'Evêché
pour le lieu de ses séances, vint s'y établir dans les
premiers jours d'octobre, et tout nous porte à croire
qu'elle ne fit aucun inventaire des effets qui s'y trouvaient, du moins nous n'en avons trouvé aucun dans
les papiers qu'elle nous a remis.
En succédant à cette administration provisoire,
uous avons cru que notre premier devoir était de faire
un inventaire de tout le mobilier renfermé dans la maison épiscopale. Nous y avons successivement procédé
en présence des administrateurs provisoires et à mesure qu'ils nous en remettaient les clefs. Tout le mobilier qui s'y trouvait, ne consistait guère qu'en
meubles meublants et ne nous paraît pas avoir la
valeur de 17 mille livres que l'Evêque lui donne.
Vous pourrez, si vous le jugez à propos, faire prendre
à notre secrétariat une copie de cet inventaire. Tout
ce. qui n'est point renfermé dans les appartements
que nous occupons au premier étage, a été laissé à la
garde de Jean Poma, ancien concierge de l'Evêque et
le nôtre.
Pour nous éclairer sur les 34.000 1. argent monnayé que l'Evêque doit avoir laissé en sa maison,
nous avons écrit au cit. Bonnet, receveur de l'administration provisoire, pour lui demander un état des
sommes en numéraires versées dans sa caisse, comme
ayant été saisies et trouvées parmi les effets des Emigrés français et niçois. L'état qu'il nous a remis ne
monte qu'à 74121. 16 s, et aucun article n'a du rapport
avec les réclamations du citoyen Valperga.
Quant à ce qui concerne personnellement le
citoyen, nous avons demandé au Ministre de l'Intérieur de vouloir bien nous dire la manière dont nous
devions l'envisager. Nous savons qu'un ordre arbi-

�— 40 —
traire de Danselme l'obligea de quitter Nice, le jour
de l'entrée des Français. Mais nous pensons aussi que
la proclamation des Commissaires de la Convention
nationale de France et le décret de celle de Nice,
concernant les Emigrés, étaient des motifs suffisants
pour le ramener à son poste et le rassurer sur les
suites de son retour. En persistant à prolonger son
absence, il s'expose à être traité comme émigré, à se
voir déclarer déchu de sa place et confisquer tous ses
biens. Telle est la disposition de la loi, et quoique
nous ayons consulté le ministre sur le cas particulier
de l'Evêque, nous prévoyons que sa réponse sera de
nous en tenir à la rigueur des lois, ainsi que plusieurs
instructions nous l'ont déjà annoncé.
Vous sentez, citoyens, que tout le mobilier de
l'Evêque doit rester séquestré jusqu'à son retour ou à
la décision du Ministre. Il peut être tranquille sur la
conservation de tout ce que nous avons trouvé en
entrant dans sa maison. Ce qui a pu en être enlevé
avant notre entrée en fonctions, est étranger à notre
gestion. Mais nous employerons tous les moyens qui
sont en notre pouvoir pour en trouver les traces, en
acquérir les preuves et en faire punir les coupables.
Les administrateurs, etc.
Archives des A.-M., Registre
suivants.

,L. 5,/°7i verso et

Lettre des commissaires de la Convention
Nationale et arrêté du Département des A. M.
Nice, le 9 Avril 1793, l'an 1 Ie de la Repu bublique Française.
« Vous voudrez bien, citoyens, en nous envoyant
les noms et prénoms de l'évêque de Nice, nous instruire officiellement d'après les "dispositions des lois,
s'il est censé démissionnaire et son siège vacant.
« Les Commissaires de la Convention Nationale
au département des A. M.
GRÉGOIRE, JAGOT (I)

(1)

Archives des A. M. L. 29 ancien. L

7

actuel.

�— 4i (i3 avril 1793)
Le Directoire ; vu la réquisition du citoyen Procureur Général sindic « Considérant que Charles Eugène Valperga, évêque de Nice, n'avait point quitté
son domicile lors de l'entrée des troupes de la République ; considérant qu'il a lui méme-accompagné les
consuls d'alors quand ils furent présenter les clefs
de la ville et inviter le général Anselme à venir en
prendre possession au nom de la République ; considérant que le général Anselme par ses ordres arbitraires et tiranniques, accompagnés même de menaces contre ses jours, l'ont forcé de s'éloigner ; arrête
qu'il ne peut le déclarer émigré, et qu'il sera répondu
aux Commissaires de la Convention nationale d'après
les principes ci-dessus.. »
Sign : PAUMÉ ; BARLI FABRI ; F. CASTKLIMARD ;
ANGLES ; BERNARDI, secrétaire général. (1)
pjj

ce

^

Aux citoyens composant le Directoire du
département des Alpes-Maritimes..
22 juillet 1793.
Citoyens,
Le citoyen Jean-Jacques Donny, soussigné, chargé
des intérêts du citoyen Valperga, évêque de Nice
absent, ayant été informé que par votre délibération
du 29 du mois passé, ledit citoyen Valperga avait été
déclaré émigré, vous représente avec tous les égards

(1) Archives des Alpes-Maritimes, Registre L,. 3, folio 101. L'Arrêté n'est pas signé par le procureur syndic Jean-François Tourre
ni par l'administrateur Jean-L,ouis de Villiers qui ne partageaient
point l'opinion de leurs collègues. A noter que Tourre était d'Antibes
et que de Viliers était un médecin français établi depuis longtemps
à Nice.
I/Arrêté fut pris malgré le réquisitoire de Tourre qui voulait
déclarer Monseigneur Valperga émigré et malgré un violent discours de Villiers soutenant la même thèse qui fut combattue par
Barli Fabri, par Castclinard et par Anglès. J'ai déjà publié in-extenso
cette délibération du 13 avril T793 au cours d'un article sur l'église
de Nice en 1792-1793 inséré dans Nice Historique du Ier avril 1903,
C'est pourquoi je reproduis ici simplement la lettre des
commissaires et l'arrêté du département.

�- 42 —
dûs au pouvoir dont l'exercice vous a été confié par
le peuple souverain que le citoyen Valperga ne peut
ni ne doit sous aucun rapport être considéré comme
émigré, par les motifs ci-après :
i° Qu'il est de notoriété publique qu'il n'a quitté
le pays que contre son gré et par ordre du général
Anselme :
2° Qu'il a constamment été disposé et a offert
de revenir dans son diocèse, moyennant qu'il ne fut
assujetti à prêter qu'un serment relatif au temporel et
non au spirituel.
3° Qu'enfin et par la raison que n'étant point
indigène, mais étranger, son séjour ici n'a été dé terminé que par sa nomination à l'épiscopat, événement casuel qui n'a jamais pu le soumettre à l'obligation de renoncer pour toujours à sa mère-patrie.
Tous ces motifs, soit qu'on les prenne collectivement ou séparément, démontrent suffisamment,
citoyens administrateurs, le droit incontestable, qu'a
le citoyen Valperga de demander et prétendre la
radiation de son nom du tableau des émigrés, et si
le ministre de l'Intérieur n'a fait aucune distinction
entre lui et les autres citoyens, c'est sans doute qu'il
a ignoré les circonstances qui vous sont exposées
ci-dessus, et notamment la dernière, car s'il les eût
toutes connues, il n'est nullement probable qu'il eût
décidé comme il l'a fait. Toute hypothèse contraire
serait une injure faite à ses sentiments et à ses lumières. Un homme tel que lui, dont les vertus civiques, le patriotisme et les talents l'ont appelé au
poste aussi honorable que pénible qu'il occupe, doit
ressembler autant que possible à la Nation pour
laquelle il agit et qui l'a honoré de sa confiance.
Cette nation est grande, généreuse, magnanime,
juste et bienfaisante.Elle ne peut qu'êtreextrêmement
jalouse de sa gloire, et l'un des principaux devoirs de
ses agents est d'éviter soigneusement d'en ternir
l'éclat.
Le refus qui serait fait de rayer de la liste des
Emigrés le nom du citoyen Valperga, refus qui entraînerait avec lui la confiscation des minces propriétés de ce citoyen, serait un acte qui imprimerait à

�-

43

-

jamais une tache ineffaçable à la gloire du nom français ; tache qui ne pourra manquer de frapper également les yeux des contemporains et ceux de la postérité ; tache enfin que les historiens ne manqueront
pas de faire ressortir par des couleurs enluminées, et
le bel effet qu'un pareil tableau produirait, citoyens
administrateurs, serait votre ouvrage.
Mais non, loin de nous, cette idée ! Vous êtes
républicains ! cela suffit. Les républicains sont vertueux. Ils aiment, chérissent, protègent, respectent
la vertu partout où elle se trouve. Et le citoyen Valperga aussi est un homme vertueux ! Qui en doute ?
Nul bon citoyen, nul honnête homme. Souvenezvous, citoyens administrateurs, que ce n'est que par
ses vertus qu'il a mérité l'amour et l'affection du
peuple Niçois et non par sa qualité d'évêque. Et plût
à Dieu que tous les ecclésiastiques lui eussent ressemblé ! La France n'eut point éprouvé d'aussi horribles secousses, pour asseoir, affermir et assurer sa
liberté.
La République a incontestablement le droit de
renvoyer hors de son sein tout individu qui ne lui
convient pas, mais en renvoyant ainsi un étranger
qui, d'ailleurs, n'a pas encouru la peine de la confiscation de ses biens, elle lui permet de les emporter ou
de les vendre et d'en emporter le produit. Tel est
précisément le cas du citoyen Valperga.
L'exposant demande en conséquence, citoyens
administrateurs, qu'il vous plaise prendre dans votre
sagesse une délibération tendante à rendre audit
citoyen Valperga sa qualité de citoyen français non
émigré, à lui accorder un délai compétent pour rentrer dans ce pays soit comme simple citoyen ou
comme fonctionnaire public et à lui assurer dans
tous les cas la restitution de ses propriétés par lui
laissées sous la sauvegarde de la loyauté française
dans la maison épiscopale, lors de sa retraite forcée,
ou la juste indemnité de leur valeur. Et sera justice.
Nice, le 22 juillet 1793, l'an second de la République française, une et indivisible.
Jean-Jacques DONNY.
l
ARCHIVES NATIONALESF/ 4.867 , dossier Valperga.

�- 44 Pièce 5.

Etat de frais de vente pour parvenir à l'inventaire
et vente des effets de l'émigré Valperga Maillone,
citoyen évêque :
5 germinal an III (25 mars 1795)
Pour une séance de trois commissaires dont un du
District et deux de la Commission municipale, fixée
à trois livres par séance par le Directoire du district
et approuvé par les Représentants du
Peuple
L.
9 »
Papier timbré tant de la minute que
des deux extraits
»12
Pour la copie desdits deux extraits . .
» 8
Droits d'enregistrement
13 10
31

2

Nous soussignés certifions le compte ci dessus véritable.
Signés : J.-B. Thomaty, comm. du dist. ; Savigny,
comm. munie. ; Mabil, comm. municip.
Frais de la vente :
Pour quatre séances de deux corn missaires dont un
du District, un de la Commis, mun. sans le membre
de l'administration fixées à trois livres par séance par
le Directoire du district et approuvé par les Représentants du Peuple .
L.
24 »
Au trompette pour publication de
quatre criées
5 »
Au crieur à la vente, quatre séances .
12 »
Aux portefaix qui ont travaillé au
transport des effets
40 »
Papier timbré tant de la minute que
de l'extrait
1 »
Bougie
3 »
Droits d'enregistrement
27 »
Papier timbré du petit état
» 4
A la femme qui a assisté à la vente
pour l'arrangement du linge
» 12
L.
Signés : J.-B. Thomaty, comm. du
district ; Savigny, comm. municip.

1

159 6

�Vu par nous, membres composant la Commission
Administrative du district et d'après l'arrêté du district, approuvé par les Représentants du Peuple et la
loi du il et 12 Mars, arrête l'état des frais ci-dessus
se montant à la somme de cent cinquante neuf livres
trente centimes, qui seront acquittés par le receveur
du droit d'Enregistrement lorsque le Département
aura vérifié ledit état.
Nice, le 29 ventôse an 3"" de la République française une et indivisible (19 mars 1795).
(Suivent les signatures).
Vu l'état des frais ci-dessus pour parvenir à l'inventaire et vente du mobilier de l'émigré Valperga
Maillone ci-devant évêque.
Vérifié et arrêté par le Directoire du district de
Nice, la Commission Administrative du département
des Alpes-Maritimes approuve ledit état et ordonne
au citoyen Maussier, receveur de l'enregistrement
cîudit district de payer aux citoyens J. B. Thomaty
et Savigny, comm. la somme de 159 livres et 30
centimes pour montant des frais pour inventaire et
vente des susdits effets de l'émigré, laquelle somme
lui sera allouée en compte.
Fait à Nice le 5 germinal an 3me républicain ( 25
mars 1795).
Etat des frais pour parvenir d la vente du mobilier de
l'émigré Charles Eugène Valperga Maillone, citoyen
évêque.
Pour trente-neuf séances de trois commissaires
dont un du District et deux de la Commission municipale, fixé à trois livres par séance par le Directoire
du district et approuvé par les Représentants du
peuple
L.
351 »
A deux portefaix, dix-neuf journées et
demi chaque fixées à cinq livres par jour.
195 »
Au trompette pour publication de
trente-neuf criées fixées à une livre cinq
sols chaque
48 r 5
Au crieur à la vente, trente-neuf séan
ces fixées á trois-livres par séance ....
117 »

711 1$

�- 4* Report
Papier timbré tant de la minute que
de l'expédition
Pour copie dudit extrait fixé à quatre
livres
Papier timbré du présent état ....
Bougie
Droit d'enregistrement
Plus deux autres journées de portefaix à cinq livres
Un paquet de plume
L.

148
4
6
421

»
4
»
»

20
5

»
»

1.182

7

Nous soussignés certifions le compte ci-dessus,
véritable.
Nice, le Ier ventôse an 3me de la République (19
février 1795).
Signés : J.-B. Thomaty, commissaire du district ;
Savigny, comm. ; Honoré Mabil, comm. municipal.
Vu par nous, membres composant la Commission Administrative, de ce District, et d'après la loi
du 11 et 12 Mars 1793 (v. s.) et l'arrêté de cette
Commission approuvé par les Représentants en date
1^ Fructidor, oui l'agent national, arrête l'état des
frais se montant à onze cent huitante deux livres et
trente cinq centimes qui seront acquittés par le
receveur de l'agence de l'enregistrement sur le produit de la vente desdits meubles, lorsque le Département aura vérifié ledit état.
Nice le 29 ventôse an 3me de la République
française une et indivisible (19 mars 1795).
(Suivent les signatures).
Vu l'état des frais ci-dessus pour parvenir à la
vente du mobilier de l'Emigré Valperga Maillone cydevant évêque.
Vérifié et arrêté par le Directoire du district de
Nice.
La Commission administrative du département
des Alpes-Maritimes, approuve ledit état et ordonne

�— if au citoyen Maussier, receveur de Penregistrement
dudit district de payer aux citoyens J.-B. Thomati,
Savigni et Honoré Mabil, commissaires, la somme de
mille cent quatre vingt deux livres trente cinq centimes pour montant des frais de la vente des susdits
effets de l'Emigré. Laquelle somme lui sera allouée
en compte.
Fait â Nice le 5 germinal an 3me républicain (25
mars 1795).
Arch. des A. M. L. 15 ancien p. 44-45 N° 34-35

Actes de Notoriété
Pièçe g

1-2-fructidor an III
18-19 août 1795
EGALITÉ, LIBERTÉ

AU NOM DE LA LOI
Ce jourd'hui, premier Fructidor, l'an troisième
(18 août 1795 de la République française, une et indivisible, à Nice, chef-lieu du département des AlpesMaritimes, par devant Nous, Antoine Gautier Juge de
paix de la Ier, 2m" et 3me section et officier de police,
est comparu le citoyen Pierre Joseph Passeron, natit
tic la commune de Contes et habitant en celle de Nice
depuis plusieurs années.
Lequel en sa qualité de procureur du citoyen
Charles Eugène Valperga de Maillone, évêque de Nice,
subrogé par le citoyen Nicolo Giorni, homme de loi,
procureur spécial et général établi (par acte reçu) par
le notaire Pierre Joseph de Bernochio, le 20 Juillet
dernier (v. s.) qu'il présente, légalisé par le résidant
de la République de Gênes auprès de la Cour de Turin, dont il résulte le pouvoir donné au citoyen Giorni, de subroger en son lieu et place, avec tous les
pouvoirs compris au dit acte, et il présente au surplus l'acte de sa dite subrogation faite par le même
citoyen Giorni, reçu en la ville de Gênes le premier

�- 48 du mois d'août dernier (v. s.) par le notaire Antoine
Baglietto, légalisée par le consul de la République
française.
Il expose que le vingt neuvième jour de septembre
de l'année 1792, l'armée de la République, étant arrivée en cette ville, commandée en chef par le citoyen
général d'Anselme, lorsque ce général, vers le soir,
fut arrivé et il eut pris son logement dans la maison
habitée par le ci-devant consul de la République Le
Seurre, ledit citoyen Evêque Charles Eugène Valperga de Maillone s'y étant présenté, ledit général d'Anselme, en présence de tout son Etat-Major, lui signifia
d'abord de devoir partir de cette ville. Sur quoi le
dit évêque ayant répondu qu'il avait cru de pouvoir
continuer sa résidence en cette ville et tellement l'avait cru, qu'il n'avait jamais pensé de distraire et en
faire partir le moindre de ses meubles et effets, qu'il
avait dans la maison d'habitation de l'tvêque et que
si absolument il lui ordonnait de partir, il le priait de
lui accorder la sauvegarde sur tous lesdits effets et
meubles. Le dit général d'Anselme lui répliqua qu'il
dut absolument partir de cette ville, en ajoutant que
le plus tôt en serait le mieux, et qu'à l'égard de ses
meubles et effets qu'il avait, il les mettait dès ce ino
ment sous la sauvegarde et loyauté de la Nation française et qu'il pouvait en être tranquille, après quoi ledit
évêque Valperga de Maillone, tout tremblant, ayant
dit qu'il allait se conformer dès le lendemain au matin à ses ordres, se retira ; ledit général d'Anselme
lui ayant encore répliqué : le plus tôt sera le mieux.
Et comme il importe audit citoyen évêque Valperga de Maillone de constater le fait ci-dessus expo"sé, suivi en présence de tout l'Etat-Major dudit général d'Anselme et de plusieurs citoyens de cette commune, l'exposant, en sa dite qualité vous présente les
citoyens Pierre Le Seurre, ci-dessus nommé, ci-devant
consul en cette ville de la République, le citoyen Honoré Saissi de cette commune qui pour lors était second consul de la même commune, le citoyen Philippe Emmanuel Féraudi qui pour lors était secrétaire de
Ìa même commune et le citoyen Ange Giraudi aussi

�- 49 de cette commune, pour recevoir leurs dépositions
sur ledit exposé et vous fait instance que de tout lui
soit concédé acte, ce que nous lui avons accordé, et a
signé.
PIERRE JOSEPH PASSERON.

Et de suite se sont présenté les susnommés
citoyen Le Seurre, natif de Craon, âgé de 75
ans, bourgeois, le citoyen Saissi, âgé de 70 ans,
négociant, Emmanuel Feraudi, âgé de 68 ans, notaire, Ange Giraudi, âgé de 63 ans, négociant,
natifs et domiciliés dans cette commune, auxquels
après avoir fait lecture dudit exposé fait par ledit citoyen Pierre Joseph Passeron, en sa dite qualité, les
avons interpellés sur serment que leur avons fait prêter, conformément à la loi, de nous dire en leur âme
et conscience si tous les faits énoncés dans le même
exposé sont de leur connaissance et tous les quatre ont
répondu et attesté tant uniment que séparément en
être pleinement informés, s'y étant trouvés présents,
et que le tout contient la vérité, toute la vérité et
rien que la vérité. En foi de quoi ils ont signé :
LE SEURRE, HOSORI'J
SAISSI, PHILIPPE EMMANUEL FÉRAUDI,
ANGE

GIRAUDI.

Et nous, juge de paix, vu les dépositions ci-dessus, avons de tout concédé acte au susnommé citoyen
Pierre Joseph Passeron en sa dite qualité, pour lui
servir et valoir dans tous les cas, à ce que de droit et
de raison. Fait à Nice, l'an et le jour que dessus.
GAUTIER, juge de paix.
BONIFACI, sec. greffier.
Vu par nous, membres du District de Nice, 3 vendémiaire an IV rép. 25 sep. 1795, TOSELLI, JN COPPON
fils, VÉRANI pr. syndic, SAYTOUR Martin.

�— 5o —
EGALITÉ, LIBERTÉ.

AU NOM DE LA LOI
Ce jourd'hui. second jour de Fructidor de l'an 3
août 1795) de la République française une et indivisible, à Nice, chef-lieu du département des AlpesMaritimes, par devant nous, Antoine Gautier, juge de
paix de la iere, 2M* et 3ME section et officier de police,
est comparu le citoyen Pierre Joseph Passeron : natif
de la commune de Contes et habitant en celle de Nice
depuis plusieurs années
Lequel en sa qualité de procureur du citoyen
Charles Eugène Valperga de Maillone, évêque de
Nice, subrogé par le citoyen Nicolo Giorni, homme
de loi, procureur spécial et général établi (par acte
reçu) par le notaire Pierre Joseph de Bernochio, le 20
Juillet dernier (v. s.) qu'il présente, légalisé par le résidant de la République de Gênes auprès de la Cour de
Turin, dont il résulte le pouvoir donné au citoyen
Giorni, de subroger en son lieu et place, avec tous les
pouvoirs compris audit acte, et il présente au surplus
l'acte de sa dite subrogation faite par le même citoyen
Giorni, reçu en la ville de Gênes le premier du mois
d'août dernier (v. s.) par le notaire Antoine Baglietto,
légalisée par le consul de la République française.
Expose : Primo, que le matin du trente septembre 1792, le citoyen Charles Eugène Valperga de
Maillone, évêque de Nice, en partant de cette ville
avec deux domestiques à sa suite, qui portaient un
paquet et quelques effets, fut arrêté à la porte qui conduit en Piémont, ci-devant nommée porte Victoire,
et conduit au vestibule de la maison presque attenante
à ladite porte, appartenant au citoyen Dominique
Castellinard, où se trouva le citoyen Joseph Castellinard, fils dudit Dominique, et malgré que ledit Evêque Valperga déclara aux soldats de la Garde de la
dite porte qui étaient des Marseillais, que c'était en
conséquence d'ordre qui lui avait été signifié par le
citoyen général d'Anselme qu'il partait de cette ville,
lesdits soldats commencèrent par le malmener et lui
(19

�signifier qu'ils voulaient le pendre et ayant ouvert
ledit paquet et y ayant trouvé entre autres effets, une
ceinture d'évêque, ils déterminèrent, à l'instant, de le
pendre avec ladite ceinture, et ayant essayé si la même
était assez forte pour le soutenir, en la préparant, elle
se fit en lambeaux, de façon qu'ils vérifièrent qu'elle
ne pouvait leur servir et demandèrent audit Joseph
Castellinard fils une corde, pour pendre ledit évêque,
à un grand anneau de fer qui était au plafond dudit
vestibule, servant â y passer une verge de fer pour
peser les marchandises, et ledit citoyen Castellinard
fils, leur ayant absolument refusé de leur donner de la
corde, en s'excusant qu'il n'en avait point, comme
dans tous ces entrefaits ledit évêque se trouve mal et
ne peut plus se soutenir, ledit Castellinard fils lui fit
apporter une chaise, par sa servante à qui quelques
uns de ces soldats donnèrent des coups de poing pour
avoir porté ladite chaise et le même Castellinard le
fit ensuite asseoir sur ladite chaise, en le soutenant,
parce qu'il ne pouvait se soutenir droit ; d'autant plus
qu'en attendant, lesdits soldats marseillais lui disaient mille exécrations, lui crachaient dessus et lui
donnaient des soufflets, et assurément ils l'auraient
fini, si dans cet intervalle un de ses domestiques
n'avait été dire au citoyen général d'Anselme ce qui
venait d'arriver, et ledit domestique étant venu avec
un billet dudit général d'Anselme qui ordonnait à la
garde de le laisser partir, puisque c'était de son ordre,
en conséquence de ce billet lesdits soldats marseillais
se bornèrent pour lors à lui dire et crier mille invectives et injures et le laissèrent partir, ce que ledit
évêque, malgré qu'il ne pût se remuer, à l'aide de ses
domestiques fit au mieux possible en tremblant, de
façon qu'il doit son existence au refus ferme et déterminé que ledit citoyen Castellinard fils leur fit de
leur donner une corde, sans quoi avant l'arrivée du
dit domestique portant l'Ordre du général d'Anselme, il aurait été pendu et étranglé.
Secondoque lefaitci-dessusfut d'abord public et notoire, de notoriété publique dans cette ville et encore
plui le lendemain premier octobre, puisque les autres

»

�— 52 —

soldats de la Phalange Marseillaise, arrivés sur le soir
dudit jour trente septembre, d'abord après leur arrivée
cherchèrent l'évêque qu'ils voulaient le lanterner et
mettre en pièces, comme ils s'expliquèrent hautement,
ce qui joint au fait arrivé dans ledit vestibule de la
maison Castellinard, étant devenu d'une notoriété publique donna l'épouvante à tous les gens honnêtes du
pays, qui disaient que le citoyen général d'Anselme en
ordonnant audit évêque de partir, en mettant sous la
sauvegarde de la Nation française ses meubles et ses
effets, avait voulu le sauver.
Et comme il importe audit citoyen Passeron, exposant en sa dite qualité, de constater par témoins le
fait ci-dessus exposé, il nous présente ledit citoyen
Joseph Castellinard fils de Dominique de cette commune, âgé de 21 ans, de profession, négociant, qui se
trouva présent au fait énoncé dans le Ier article de l'exposé ci-dessus, et au surplus informé de la notoriété
des faits énoncés au second et dernier chef, de ladite
exposition et il nous présente les citoyens Jean-Jacques Donny, natif de Neufchâtel en Suisse, âgé de 39
ans, de profession, négociant ; Joseph Poullan, natif
de Clavesana, en Piémont, âge de 48 ans, négociant ;
Jacques Gerbin, âgé de 60 ans, tailleur, Jean-Marie
Thaon, âgé de 56 ans, négociant, natifs et tous domiciliés en cette commune pour déposer sur ladite
notoriété énoncée dans ledit second fait exposé, pour
recevoir leurs dépositions, et nous fait instance que de
tout lui soit concédé acte, ce que nous lui avons accordé et a signé.
Pierre-Joseph PASSERON .
Et de suite se sont présentés les susnommés citoyens Joseph Castellinard, Jean-Jacques Donny, Joseph Poullan, Jacques Gerbin, et Jean-Marie Thaon,
ci-dessus qualifiés, auxquels après avoir fait lecture
dudit exposé fait par ledit citoyen Passeron, en sa
dite quálité, les avons interpellés sur serment, que
leur avons fait prêter, conformément à la loi, de nous
dire en leur âme et conscience, si tous les faits énoncés dans le même exposé sont de leur connaissance,

�- 53 et ledit citoyen Joseph Castellinard a répondu et
attesté en être pleinement informé pour avoir été
présent au fait exposé dans le i" article de ladite exposition, et pour avoir publiquement entendu dire les
faits énoncés dans le second chef qui était en cette
ville notoire de notoriété publique et lesdits citoyens
Jean-Jacques Donny, Joseph Poullan, Jacques Gerbin,
Jean-Marie Thaon, ont répondu et attesté tant uniment que séparément être pleinement informés de
l'énoncé dans le second chef de ladite exposition,
puisque les faits y énoncés étaient notoires, de notoriété publique en cette ville, et tous lesdits citoyens
ont respectivement attesté pour ce qui les concerne
que tout contient la vérité, toute la vérité et rien que
la vérité. En foi de quoi ils ont signé : Joseph Castellinard fils,Jean-Jacques Donny, Joseph Poullan, Jacques
Gerbin, Jean-Marie Thaon.
Et nous, Juge de paix, vu les dépositions ci-dessus,
avons de tout concédé acte au susnommé Pierre Joseph Passeron en sa dite qualité pour lui servir et valoir dans tous les cas, à ce que de droit et de raison.
Fait à Nice l'an et jour que dessus.
GAUTIER,
BONIFACI,

juge de paix.
sec. gref.

Vu par nous, membres Du district de Nice, le 3
vendémiaire anIV rep. (25 sept. 1795).
Jn. COPPON fils, VÉRANi, pr. syndic, TOSELLI, Saytour
MARTIN.

Arch. Nat. F

7

4867 *

�54 -

PÉTITION au DISTRICT de NICE
et AVIS de ce DISTRICT
ÉGALITÉ,

LIBERTÉ

5 vendémiaire
27 septembre 1795 an IV
AUX

CITOYENS ADMINISTRATEURS
DU DISTRICT DE NICE

Le citoyen Pierre Joseph Passeron, natif de la
commune de Contes, habitant en celle de Nice depuis plusieurs années.
Vous expose en qualité de procureur du citoyen
Charles-Eugène Valperga de Maillone, évêque de
Nice, subrogé par le citoyen Nicolo Giorni, homme
de loi, son procureur spécial et général fondé par acte
reçu dans la ville de Turin par le notaire PierreJoseph de Bernochio, le 20 juillet dernier (v. s) légalisée par le résident de la République de Gênes, près
la Cour de Turin, duquel il résulte le pouvoir donné
audit citoyen Giorni de subroger en son lieu et place
avec tous les pouvoirs compris dans le même acte,
qui se trouve copié mot pour mot dans celui de la
subrogation faite par le même citoyen Giorni, reçu
en la ville de Gênes le Ier du mois d'août dernier
(v. s* par le notaire Antoine Baglietto, légalisée par
le consul de la République française, le 13 Thermidor dernier (3 1 Juillet 1795), qu'il vous exhibe qu'étant arrivé dans cette ville le vingt-neuvième jour
du mois de septembre de l'année 1792, l'armée de la
République française, commandée par le citoyen général en chef d'Anselme lorsque celui-ci y fut arrivé
le soir et eut pris son logement dans la maison d'habitation du citoyen ci-devant consul de la République
Le Seurre, ledit évêque Charles-Eugène Valperga de
Maillone, s'étant présenté, le même général d'Anselme
lui signifia d'abord en présence de son Etat-Major de
partir de cette ville, sur quoi ledit évêque lui répondit qu'il avait cru pouvoir continuer sa demeure dans
cette ville et qu'à cet effet il n'avait jamais pensé de

Pièces 7 et 8

�- 55 distraire, ni faire partir le moindre de ses meubles et
effets qu'il avait dans la maison d'habitation de
l'évêque, que si absolument il lui ordonnait de partir,
il le priait de lui accorder la sauvegarde pour tous ses
dits effets et meubles, ledit général d'Anselme lui
répliqua : Le plus tôt sera le mieux, ce qui tout est
constaté par les attestations ci-jointes du premier et
second jour de fructidor dernier qu'il vous présente
également.
Qu'il résulte aussi par lesdites attestations, que
ledit évêque Valperga de Maillone fut forcé par ledit
général d'Anselme de partir de cette ville que tous
ses meubles et effets fussent mis sous la sauvegarde de
la Nation française et qu'étant parti le lendemain 30
dit septembre, il risqu'à d'être pendu ef étranglé paties soldats de la Phalange Marseillaise qui se trouvaient de garde à la porte ci-devant dite Victoire, ce
que tout fut d'abord notoire et de notoriété publique
dans cette ville.
Vous observe que ledit évêque Valperga est natif
du Piémont où il se retira et que s'il a résidé dans
cette ville, ce n'a été que pour raison de son ministère, que tout cela nonobstant il a été porté sur la liste
des émigrés, a été vendu la plus grande partie de ses
meubles et effets, et cela même nonobstant la préalable réclamation que le citoyen Jean-Jacques Donni,
chargé des intérêts dudit évêque avait fait à l'ancien
département par sa pétition du 22 juillet 1793 (v. s)
qui existe dans les Archives de ce district, résultant
ainsi que tout cela a été fait et opéré contre le droit des
gens et la sauvegarde de la loyauté française qui fut
promis audit évêque.
En conséquence, l'exposant demande en sa dite
qualité de procureur dudit citoyen évêque CharlesEugène Valperga de Maillone la radiation de son
nom de la liste des émigrés, la levée des scellés, la
restitution de ses propriétés et l'indemnité de celles
qui ont été distraites et vendues au nom de la Nation,
et sera justice.
(21 août 1795).

�- 56 Nice le 4me jour de Fructidor de l'an 3me de la
République française une et indivisible.
Signé : Pierre-Joseph PASSERON.
Vu la pétition ci-dessus du citoyen Pierre-Joseph
Passeron présentée au nom et comme procureur subs
titué du ci-devant évêque de Nice, Charles-Eugène
Valperga tendante à obtenir la radiation de son nom
de la liste des émigrés, la levée du séquestre et remission de ses effets restant ainsi que l'indemnité de
ceux qui ont été distraits ou vendus.
Vu une première pétition présentée à l'ancienne
administration du département par le citoyen JeanJacques Donni, au nom du citoyen Valperga en date
du 22 juillet 1793 tendante aux mêmes fins.
Vu la procuration en date du premier août 1793
(V. s.) faite à Gênes, par devant le notaire public Antoine Baglietti, légalisée par le Consul de la République française y résidant, ainsi que l'acte de procuration y inséré, en date du 20 Juillet 1795.
Vu l'attestation de quatre témoins faite avec serment par devant le juge de paix de la 1", 2"", 3me section de cette commune, en date du 1" Fructidor dernier '18 août 1795).
Vu autre attestation de cinq témoins faite par
devant le susdit Juge de paix, le 2 dit fructidor, aussi
sous serment.
Considérant que par la première des 2 attestations il est pleinement prouvé que le vingt-neuvième
septembre 1792, aussitôt après l'entrée de l'armée
française dans cette commune, le sus-nommé évêque
Valperga s'étant présenté au général d'Anselme qui
la commandait en chef, celui- ci lui ordonna d'abord
en présence desdits témoins et de tout l'Etat-Major.
u'il n'avait qu'à partir de la ville, et malgré que le
it évêque lui observa qu'il avait cru de pouvoir y
rester tranquillement et qu'à cet effet il n'avait fait
partir aucun de ses effets et meubles, le général lui
répliqua de partir absolument de la ville, en ajoutant
que le plus tôt serait le mieux, l'ayant assuré qu'à

a

�-5;l'égard de ses meubles et effets de sa maison, il les
mettait dès ce moment sous la sauvegarde et loyauté
de la Nation française et qu'il pouvait en être tranquille.
Considérant qu'il résulte par lesdites attestations,
et il est prouvé que l'évêque Valperga, d'après les
ordres précis et réitérés du général d'Anselme, partit
le lendemain 30 septembre de cette ville.
Considérant que par la susdite attestation du deux
Fructidor il résulte que l'évêque Valperga, au moment de son départ de cette commune, ayant été arrêté à la porte qui conduit au Piémont, par les soldats
qui y étaient de garde, lesquels tentèrent de le pendre,
il évita la mort par les soins du citoyen Joseph Castellinard, un des déposants, et il ne fut laissé libre que
d'après un billet du général d'Anselme, qui ordonnait à ladite garde de le laisser partir, puisqu'il s'en
allait de son ordre
Considérant que tous ces faits sont devenus de notoriété publique dans cette commune, dès le même
jour 30 septembre et Ier octobre suivant, ainsi que
quatre témoins l'ont attesté.
Considérant que le citoyen Valperga ne s'est absenté de cette commune et ci-devant Comté de Nice
que d'après les ordres du général d'Anselme auquel il
témoigna son regret.
Considérant que le départ du citoyen Valperga
ayant été forcé il ne peut pas être qualifié d'émigration.
Considérant que son intention de rester dans cette
commune est d'autant plus constatée, que le citoyen
Valperga a été le seul fonctionnaire public, il soit
resté à son poste, n'ayant soustrait aucun des meubles
et effets de sa maison, lesquels ont été ensuite distraits
et vendus par la Nation.
Considérant que le citoyen Valperga ne peut être
non plus considéré comme réfractaire aux lois de la
République, tandis qu'à l'époque de son départ de cette
commune, aucune loi de la République, surtout à
l'égard des ecclésiastiques, n'y avait été encore publiée
à laquelle eut pu contrevenir.

�— 58 —
Considérant que le citoyen Valperga ne pouvant
être considéré ni comme émigré, ni comme réfractaire, ne pouvait être privé de ses propriétés laissées
dans cette commune lors de son départ, sous la sauvegarde de la loi et de la Nation française qui lui fut
accordée par le général d'Anselme, et qui étant digne
de la loyauté de cette Nation, ne pouvait être violée
sans blesser le droit des gens.
Considérant au surplus, que le citoyen Valperga,
originaire piémontais, ne faisait sa résidence à Nice,
qu'à raison de son épiscopat, ce qui ne donne qu'une
résidence easuelle, et que sous tous les rapports, il
n'a cessé d'être étranger à l'égard du pays de Nice et
de la France.
Considérant que l'article 6, section deux, N° 2 de
la Loi du 25 Brumaire (15 novembre 1794) en déclarant émigrés les citoyens domiciliés dans le cidevant comté de Nice, qui sont sortis depuis le 27
septembre 1792, n'a point porté atteinte au droit des
gens dans la personne de l'étranger, qui se trouvait
dans ce même pays, où il n'aurait pas établi son vrai
domicile.
Considérant que le citoyen Valperga, qui avait été
forcé par le gouvernement de partir de Nice, n'a dû
plus y revenir dans le terme même prescrit par les
lois aux citoyens de la ci-devant Comté de Nice,
puisqu'il ne devait point imaginer qu'il fut compris
dans l'invitation, malgré qu'il ait été porté sur la
liste des émigrés.
Considérant que ce nonobstant, lorsqu'il sut qu'il
avait été porté sur la liste des émigrés de cette commune, s'est empressé de présenter sadite pétition
du 22 Juillet 1793 dans laquelle il demanda non seulement la radiation de son nom de ladite liste, mais
encore un délai convenable pour rentrer dans cette
commune, soit comme simple citoyen, ou comme
fonctionnaire public, ainsi que la restitution de ses
propriétés par lui laissées sous la sauvegarde de la
loyauté française dans la maison êpiscopale lors de sa
retraite forcée, ou une juste indemnité de leur valeur.

�- 59 Considérant finalement que,d'après toutes les circonstances sus-ênoncèes, aucune loi concernant les
émigrés ne peut être applicable au citoyen Valperga,
et que toutes celles qui pourraient le regarder relatives au séquestre des biens appartenant aux habitants
des pays en guerre avec la République française ont
été rapportées par le décret du 14 Ventôse dernier
(4 mars 1795). •
Le Directoire du district de Nice, oui le procureur syndic, est d'avis que le citoyen Charles-Eugène
Valperga ci-devant évêque de Nice ne doit point être
considéré émigré.
Qu'il doit être rayé de la liste des émigrés, que le
séquestre apposé sur ses propriétés doit être levé, qu'il
doit être réintégré dans la possession et jouissance
d'iceux, que tous receveurs ou dépositaires doivent
lui restituer les sommes qu'ils ont perçues, résultant
du produit desdites propriétés et qu'il doit recevoir
la juste indemnité des meubles et effets qui seraient
passés au profit de la Nation.
Fait à Nice, dans la salle des séances le 5me Vendémiaire an 4me républicain (27 sept. 1795). Signé
Saytour Martin. Verani,
procureur syndic, Angles v. prés.
Touzelly. Jn Coppon fils.
Enregistré au feuil. 20 registre des prévenus
d'émigration et signé BARRAIA, commis greffier.
Certifié conforme par nous Ve président et secrétaire du district Jn COPPON Fils V,-PRÉSIDENT
BARRAIA Cis greffier.
A rch. Nat. F 7 4867

2

�— 6o —

Pièce 9.

LIBERTÉ (vignette) ÉGALITÉ
BUREAU DES
ÉMIGRÉS

Extrait des registres des délibérations et arrêtés de
l'Administration Centrale du département des Alpes Maritimes.
(2

juin 1797)

Séance du quatorze Prairial an 5mf de
la République française une et indivisible.
Sur le rapport d-e la pétition présentée par le
citoyen Pierre Joseph Passeron, procureur fondé de
Monsieur Charles Valperga, ci-devant évêque de
Nice, dans laquelle il expose que ledit Charles Valperga n'a jamais dû être atteint des lois relatives à
l'émigration, soit qu'on le considère comme parti en
suite d'une force majeure, soit en sa qualité de piémontais et demande en conséquence la radiation de
son nom de la liste des Emigrés, sa réintégration
dans la possession et jouissance de ses propriétés et
une juste indemnité, des meubles et effets qui sont
passés au profit de la République.
L'Administration Centrale du département des
Alpes-Maritimes, considérant que M. Charles Valperga, comme piémontais, n'habitant Nice que pour
cause de son emploi, n'aurait jamais dû être porté
sur la liste des émigrés du département.
Que le seul motif qui a pu déterminer le général
d'Anselme à lui ordonner de partir de la ville de
Nice, ne peut avoir été que la susdite qualité de
piémontais.
Considérant enfin, que comme sujet du roi de
Sardaigne, il est dans le cas de jouir de l'article i,r
de la loi du quatorze nivôse an troisième, (} janvier
1795), ainsi que de l'article neuf de la loi du trente
Floréal an quatrième, (19 mai 1796).
Arrête, oui le commissaire du Directoire Exécutif
que le nom de Valperga, ci-devant évêque de Nice,
qui se trouve inscrit sur la liste des émigrés, sera

�— 6i —

provisoirement rayé ; que tout séquestre qui pourrait
avoir été mis sur ses biens sera levé, qu'il sera réintégré dans la possession et jouissance de ses propriétés,
et que toutes les sommes versées dans les caisses publiques, lui seront rendues, déduction faite des frais
faits conformément aux lois.
Fait et arrêté* en séance publique le jour, mois et
an que dessus.
Signé : Donny, président Payani, fils, Scudéry,
Oberti, Hancy (et en marge Gastaud commissaire
du Directoire Exécutif).
Certifié conforme à l'original par nous président
et secrétaire de l'Administration centrale du départemeni des Alpes-Maritimes.
DONNY, président
BELMONDI, sec. chef au bureau des émigrés.
Arch. Nat. F 7 4867 2

ACTE DE CAUTIONNEMENT
Pièce 10.

11 fructidor anV (2&amp; août 1797)
LIBERTÉ ÉGALITÉ
Ce jourdTiui 11 fructidor an 5 de la République
française une et indivisible (28 août 1797) par devant nous, membres composant l'Administration
centrale du département des Alpes-Maritimes, est
comparu le citoyen Joseph Passeron, natif de Contes,
chef-lieu de canton, domicilié dans cette commune,
procureur fondé de Monsieur Charles Valperga, cidevant évêque de Nice, en vertu d'acte de procuration du 20 juillet et premier août 1795 (v. s.) lequel
en sadite qualité, dépendamment à l'arrêté de cette
administration du quatorze prairial an cinq (2 juin
1797) portant que le nom de Valperga, ci-devant
évêque de Nice, sera provisoirement rayé de la liste
des émigrés, que tout séquestre qui pourrait avoir
été mis sur ses biens sera levé, qu'il sera réintégré
dans la possession et jouissance de ses propriétés, et

�— 62 —

que toutes les sommes versées dans les caisses publiques lui seront rendues, déduction faite des frais
faits, conformément aux lois, désirant de se conformer au porté par l'article 3 de la loi du 5 Brumaire
an 3 (26 octobre 1794) qui exprime que les prévenus
d'émigration seront tenus de donner caution solvable de la valeur mobilier, et ne pourront obtenir
leurs immeubles jusqu'à ce qu'il ait été définitivement statué sur leurs réclamations par qui de droit,
toujours en sa dite qualité a présenté pour caution le
citoyen François Grosson, marchand drapier de cette
commune, lequel ici prése.it et acceptant, s'oblige
conjointement et solidairement avec ledit Valperga
et pour celui-ci ledit Joseph Passeron, et sous l'hypothèque de tous leurs frens présents et à venir, à l'entière exécution de ce qui les concerne en la susdite
loi, et à la représention des mobiliers, effets et sommes à percevoir en dépôt que besoin sera, et quant
aux mobiliers invendus et en dépôt seront soumis
d'en représenter la valeur à laquelle seront estimés
par experts, préalable rémission.
Et nous, administrateurs susdits approuvant lesdits
cautionnement et acte de soumission, à la réquisition
dudit citoyen Joseph Passeron, avons dressé le présent acte que toutes les parties ont signé avec nous,
ayant au préalable fait renoncer audit François Grosson au droit de premier convenir.
Fait à Nice les jours, mois et an que dessus.
Joseph

PASSERON,

François GROSSON,
prés., PAYANY FILS,
MARUN-SAYTOUR, sec. en chef

HANCY, DONNY,
P.

Acte original sur timbre de 20 centime*.
Arch. Nat. F

7 4867^

�— 63 -

CONCLUSION

Il était avéré pour tous, dans la ville de Nice, que Mgr
Valperga était parti contre son gré et si la première Administration départementale, installée au mois de Mai 1793,
l'avait inscrit sur la liste des émigrés de Nice, c'était à la
suite d'une réponse faite par le ministre de l'Intérieur, Garât,
aux questions à lui posées par le Directoire des Colons Marseillais sur la conduite à tenir vis-à-vis de l'évêque.
Les questions avaient été envoyées à Paris, vers la fin
de Février 1793, et la réponse du ministre ne parvint à Nice
qu'au milieu de juin suivant, soit quelques jours avant la
publication de la liste des émigrés. Les réclamations de
l'évêque, retiré à Turin dans sa famille, furent présentées
le 22 juillet 1793 (1) ; mais comme beaucoup d'autres, elles
s'entassèrent dans les bureaux du Département, qui n'y
répondit même pas.
Cette réclamation fut présentée au nom de l'évêque par JeanJacques Donny au Département. lîlle figure en original au dossier
Valperga.
Voir ci-dessus.
Le registre des délibérations du département manque aux Archives pour les derniers mois de 1793, exactement du Ier mai au 10
Novembre, comme pour les six derniers mois de 1797 et l'année entière de 1798, exactement du 8 Messidor an V (26 Juin 1797) au 25
Pluviôse an VII (13 février 1799).
C'est-à-dire pour les deux périodes les plus troublées et cette
disparition est tout au moins étrange.
Elle doit être vraisemblablement attribuée à certains hommes
politiques désireux de laisser dans l'oubli leur conduite durant ces
deux époques.

�- 64 On était dans la période la plus aiguë et, en pleine
Terreur.
Après le 9 Thermidor et, surtout après la venue à Nice
du représentant Beffroy, au mois de Floréal, an III (Mai
I795)»
les esprits devinrent plus calmes, les administrations plus pondérées. C'est alors que, sur de nouvelles demandes présentées au District, et sur avis favbrable de
celui-ci, le département des Alpes-Maritimes accorda à Mgr
Valperga sa radiation provisoire, le 14 Prairial, an V (2 Juin
1797). Comme on le voit, l'affaire avait traîné en longueur.
Il semblait alors que rien ne s'opposait plus à la rentrée
de l'évêque : le 11 Fructidor, an V (28 Août 1797), le Département avait agréé la caution de François Grosson (1) ;
les biens de l'évêque allaient lui être rendus, et il pourrait
rentrer.
Mais huit jours après, le coup d'Etat du 18 Fructidor (4
septembre 1797) remettait le pouvoir aux mains des Jacobins, la guerre aux émigrés et aux ecclésiastiques, en particulier, reprit avec âpreté. Pe département des Alpes-Maritimes se vit accusé d'avoir préparé une rentrée triomphale à l'évêque, son arrêté du 14 Prairial resta sans effet
et, en vertu de la loi du 19 Fructidor (5 septembre), les
scellés furent de nouveau apposés sur les biens de Mgr Valperga par deux commissaires municipaux (2).
En vain, l'évêque de Nice, fit intervenir auprès du Directoire Balbi, l'ambassadeur du Roi de Sardaigne à Paris,
le dossier de sa demande en radiation fut examiné sans
aucune bienveillance.
(1) L/Acte original de ce cautionnement sur timbre est aux
Arch. des Alp.-Maritimes Q. 10.
(2) Mise de scellés sur les biens de Charles Eugène Valperga par
deux commissaires de la municipalité de Nice. Une scéance, 6 livres.
Dépense approuvée par le Département, en Germinal an VI (avril
1798). Arch. des A. M. Q. 11.
Mgr Valperga ne possédait à Nice aucun immeuble et il devait
rester fort peu de chose de son mobilier après la vente qui en avait
été faite en Ventôse an III. La bibliothèque de l'évêché avait été déclarée bien national et la caisse diocésaine avait disparue en octobre 1792
sans laisser de traces dans les pièces administratives. Le séquestre
a été apposé sur les biens de nombreux émigrés rayés provisoirement.
On peut en voir la liste aux Archives des A. M. Q. 10, où Valperga
figure sous le N° 65.

�- 65
Á la suite de la lettre de Balby datée de Paris le 7 février
1798, le ministre de la police demanda à ses Bureaux un
rapport sur l'affaire Valperga. Pe voici tel qu'il se trouve
en minute au dossier.
Attendu que rien ne tend à constater le prétendu ordre
de quitter Nice, d'où il suit qu'il faut en croire sur parole
l'émigré.
Qu'à raison de son domicile, il était tenu de rentrer sur
le territoire dans les délais voulus par les lois.
Qu'il est atteint par la déchéance et n'a réclamé que
l'an V.
Qu'il ne paraît pas y avoir lieu de violer la loi en faveur
de cet ex-évêque dont la rentrée prohibée par la Constitution serait d'une influence dangereuse.
J'estime qu'il y a lieu à proposer la maintenue sauf
à prendre des renseignements si toutefois on les trouve
indispensables.
CAIGNART,
Sous-chef (2e Bureau).
En tête de cette minute est écrit :
« Je pense qu'il y a lieu à instruction et à prendre
des renseignements près les Administrateurs du département_des Alpes-Maritimes. »
Signature illisible (1).
Ces renseignements furent-ils demandés ? C'est probable et cela explique que bien des pièces du dossier Valperga sont en double expédition. Plus d'une année s'écoula
encore, avant que fut prise une décision et finalement sur
un rapport défavorable de la Commission d'examen instituée près le Ministère de la police pour l'étude des demandes en radiation, le Directoire exécutif signa le 7 Floréal
an VII, (26 avril 1799) un arrêté qui maintenait définitivement, sur la liste des émigrés, Mgr Valperga et annulait
toutes les décisions rendues antérieurement, en sa faveur,
par les. autorités locales.
(1) Arch. Nation. F 7 4862 2 dossier Valperga. Rapport de la
3 me Division du Ministère de la police, sans date mais joint à la
lettre de Balbi.
»

�- 66 -

Varrêté du Directoire parvint à Nice les premiers
jours de Prairial an VII (Mai 99) et fut immédiatement
mis à exécution. (1).
*

* *

Ainsi donc Mgr Valperga expulsé ne put jamais obtenir
de rentrer, les lois sur l'émigration étaient tellement embrouillées et tyranniques qu'une fois inscrit sur une liste
d'émigrés, il était extrêmement difficile de s'en faire rayer
malgré toutes les démarches ; car on se heurtait sans cesse
à des questions de forme et de procédure ce qui permettait
à la malveillance de s'exercer tout à fait à l'aise sous le
couvert de la légalité.
A. J.

PvANCE-BOURREY.

(1) De 21 Floréal an VII (10 mai 1799), il fut communiqué
par le ministre de la police générale de la République aux diverses
administrations intéressées et aux Commissaire du Directoire exécutif
près le département des Alpes-Maritimes. Celui-ci par lettre du 3
prairial (22 mai 1799) demanda au Département de le transmettre
à la Municipalité de Nice, ce qui fut fait le même jour avec ordre
de le transcrire sur ses registres, de faire apposer les scellés ou séquestre sur tous les biens meubles et immeubles de l'évêque si ce
n'est déjà fait, et de mi notifier sans délai la décision prise à son égard.
Voir lettre du Département à la Municipalité, celle du Commissaire au Département, 3 Prairial an VII avec la réponse du Département 4 Prairial.
Arch.. des A. M. Q. 1 et 2 et Arch. Nationales, dossier Valperga,

�NIÇA LA BELLA
VERS DE /.

Giordan,

su

DE CARTA POUSTALA

Ai rai dôu nouostre bouon soulèu
Venon s'escaufar toui lu lùssi ;
Es un meravihous tablèu,
Ai rai dôu nouostre bouon soulèu,
Trouvas, dou Var fin au Castèu,
Anglés, Rouman, Danesi, Rùssi :
Ai rai dôu nouostre bouon soulèu
Venon s'escaufar toui lu lùssi.
Pèr tu, as touti li bèuta,
Terra de lus e d'alegria,
D'un ciel d'azur, as la clartà,
Pèr tu, as touti li bèuta.
De l'univers, en verità,
Siès la uechièma meravia ;
Pèr tu, as touti li bèutà,
Terra de lus e d'alegria.
Dintre lou tèmp, Semiramis
Faguet basti, à Babilouna,
Pu siéu jardin, vèr paradis !
Soubre Paioun, degun s'estouna
De vèire, ancuèi, lou paumoulié
Drissar au ciel la siéu coulouna
E lou galofre, e l'anemouna
Flouri emb'au pourtegalié.
De bouon matin, quitant maioun
Pèr la journada touta'ntiera,
S'en va lavar, dintre Paioun
Pa bugadiera.
D'un glourious passat es fiera
Perqué, d'un tèmp, sus lou bastioun
Au Turc, arranquèt la bandiera
Pa bugadiera.

�fet 68 —

Sau de fouora fa freï,
Que brima,
A Niça, sus lou Quèi,
Si rima.
Pescadou, fourestié,
De la mar bressarella,
Escouton voulountié
Pa doussa cantinella.
L'AVOUCAT

PATTA

L'estudi de l'avoucat Patta es en plen aria ; si tèn lou matin
couma lou predinà su la plaça dôu Palai. Es un ome pichounet,
touplen raplot, li pocha enfli de papiè de touta mers. En lu vièi
quartiè es proun counouissut e li capelada, « Bouonjou Moussu
l'Avoucat », noun li mancon. Es ben m'ai juge, proucuradou, etc.
Lu siéu ounourari soun bouon pati e n'a de preferença pèr
qu si sigue. Parla au premier maufatan vengut, couma se fousse
un agnèu que vén de naisse ; lou créancier o lou débiteur soun
tratat su lou même pen... basta que mouson...
L'avoucat Patta es de noutarietà reputat pèr un ome judicious, òunest — au noun si flata de l'estre au jou d'ancuei ; —
finda counouisse, es en relacioun d'afaire emê de gros persou nage que dintre la finança dôu siéu coumerce, soun quasi d'usurari. Sau menajar la cabra e lou caulè ; e pèr que la mouneda
noun li escapa si desbrouïa e si mete dôu cousta dôu manche...
d'aquéu que casca lou de mai...
Acò fa que toui lu matin que lou Bouon Diéu a fach, la siéu
doumestica mete toujou quaucaren au fuec. Lou dimeneghe, coum'un bouon crestian, — tartufaria que lou pauva, — va audi la
gran'messa à Santa Réparada, fa la siesta e à la calada dóu soulèu,
passeja su lou Cours, pastrouia, fa lu cent pas, noun parla que de
lei, proucès, citacioun, ensin alestisse lou travail dôu dilun...
Lendeman empastra ben d'afaire, mete facilamen en lou sac
Moussu Tout'Un emé Moussu Tout'Autre... En éu que li pòu
faire ?... lança dapertout lou broumech, tant pis pèr aquéu que si
laissa agantar. Quaranta sóu es lou près d'atac e vous pregui de
crèire que douna pas la siéu journada pèr doui o tres escut.
L'avoucat Patta counouisse l'usança dôu païs... s'avès touort,
vous rouïa, s'avès pi rasoun, v'espia... Que voulès aima manjar
lou pei, lou pei que noun aiguë d'espina...
JULI EYNAUDI.

�-«9VA

MAU ! !

Va màu, cresé-vous, que va màu 1
En l'orizoun lou voile negre
N'es qu'un gran camp cargat de pebre,
Qu'à pala lou jeten davan,
Avuglan finda lu cavau 1
Lu canoun soun su li frountièra,
Alignât couma de barriera,
N'esperon plus que lou signàu !
Lou soulèu, aquel animàu !
Stan, noun vòu levà la vela,
Si foundon couma des candela
Enb'aquèu coust dôu diàu !
Le Giacouuda à cóu de d/stràu
Li fan petà li sièu moulura...
Ah ! dèu faire bella figura
Se l'an foutuda en quauqua tràu
Lou pan crèise, finda la sàu,
Lou sucre dintre li boutiga
Mounta ben mai que de boufiga !
Van jusque crèise lou rampàu
E la pèu que fau lou tambau ;
Metran de drech su li nourriça,
Su lu chichi, su li saucissa,
Perqué pas soubre lu magàu ?
E lou Prussian, marrit bertàu,
Noun sabon fa que de babïa,
Per lou Maroc e l'Algèria,
Se faran mètre lou mourràu !
Li serreren toui lou pourtàu
E pi veiren touta la França
Davan la sieù grossa arougança
Se noun si sau garda li clàu !
Es de rima d'un manechàu,
Ma sien d'estiéu, vesin, vesina,
Li passeres en la resina
Avant que vegon l'espitau !
CHARLES CIAUDO

�Valère Bernard
Tout en heurtant le marteau contre la porte de M. Valère
Bernard je songeais. Je me suis complu dans le plus souriant
mépris des idoles. L'ironie a tremblé sur mes lèvres quand
la Provence a dans un ravissement de joie acclamé le poète de
Maillanne. Cette mascarade d'apothéose me répugnait.
Et maintenant la curiosité me fourvoyait dans le studio
d'un consciencieux artiste que les felibres couvraient de gloire.
Elève de Puvis de Chavannes M. Valère Bernard pasticha le
Maître. Mais vite il eût l'intuition qu'à se perdre dans les sentiers
battus il courrait risque de compromettre son crédit. Il dit
adieu à Paris et vint dans Marseille, l'opulente cité.
A cette époque vivait un exquis écrivain, J. Lombard. Il venait de publier deux œuvres d'une grandiose beauté, VAgonie et
Bysance. Dans un style étrangement tourmenté il contait les
luttes entre les factions d'Orient, illuminant son œuvre des
splendeurs bysantines.
Valère Bernard vit Jean Lombard, et du même coup les belles
au bois qui dormaient en son âme s'éveillèrent. Il délaissa les
études académiques, les pastiches sans vie, et d'ardentes couleurs
chargèrent ses toiles.
Voici le triomphe des rois Babyloniens. Sur les voûtes d'un
palais impérial passent des gardes étincelants dans la pourpre et
la soie. L'or envahit les hautes colonnes de jaspe bleu. Involontairement on pense aux fantastiques demeures hantées par des
fées émeraudes et des princesses aux perversités troublantes.
Et je m'imagine que le peintre était sous le charme de la
légende quand il a peint cette courtisanne qui sourit à son miroir tout en jouant négligeamment avec sa chevelure d'or. Et
puis passent Venise la rouge, Marseille enveloppé dans la poussière d'or du crépuscule, des motifs à la Watteau peints par un
bysantin, toute une apothéose.
Mais une idée m'obsède, tandis que dans la grise clarté d'un
soir automnal s'éteignent les fauves éclairs jaillis de ces radieuses
toiles. L'idéalisation du passé me paraît cruelle. Les générations
endormies dans la Mort ont eu leurs misères/leurs rancœurs, je
pense qu'il est absurde de s'écrier avec Musset « qu'aux temps
jadis tout était heureux jusqu'aux douleurs humaines. » En vain
l'apostat s'attriste-t-il sur les vieillards immortels de l'antique

�- 7i

—

lonie, â ses oreilles résonnent les paroles de l'Hiérophante : « La
Helladi que tu aimes n'a jamais existé ».
Mais M. Valère Bernard brise ma rêverie, et mes yeux se
portent.sur des portraits appendus au mur. Profils d'espagnol ou
d'américain mitigés d'espagnol, comme on en croise maintes fois
sur la Cannebière.
Homme universel ne puis-je m'empêcher de m'êcrier. M.
Valère Bernard sourit. Il siérait dit-il, à mi voix, de se développer en profondeur. Toutefois il est beau de se dire sur le
tard de sa vie que l'on a fait vibrer toute son âme. Ici le maître
rejoint Néron. Il m'aide à comprendre cet inquiétant empereur.
Mais encore faut-il que tout en étant l'homme universel on ne
sombre pas dans la banalité. De méchantes œuvres d'art peuvent
avoir leur prix.
Une idée se lève devant moi. Labruyère me petsuade que
l'honnête homme de Pascal propre à tout en définitive n'est propre à rien. La spécialisation inintelligente, mène à l'erreur, j'en
conviens, mais en fait elle est une loi générale.
Et ceci est pour me plaire, car j'abhorre dissiper mon énergie,
j'aime le repliement, la frissonnante pudeur qu'effarouche les
vaines ostentations. Je goûte les peintres du passé et malgré ma
philosophie j'adore les peuples disparus. Volontiers j'implorerai
avec la Cassandre de Schiller la cécité, l'exquise cécité. Le sou
venir a plus de puissance sur moi que l'espoir.
Et sous des deux gris, en des pays étrangers désolants de
médiocrité, il m'est arrivé de pleurer plus amèrement que ne
pleura Xerxès aux rives d'Abydos.
J. PADOVANI.
PROUVERB1, BOUOI MOT, COUNSÈU E DICH
Vèuva que si marida,
Dèu perdre la lus e l'audida.
Fiha madura,
Lou pouorta à la centura.
En cuntant su lu det :
Aquéu a fa l'óu ;
Aquéu l'es anat cercar,
Aquéu l'a fa cuèire,
Aquéu l'a manjat,
E lou pichoun n'a ren tastat !

�— 73 —
LE

DÉSESPOIR

Oui, j'ai la mort dans l'âme ; oui, je monte au calvaire ;
Mon horizon, hier si beau, s'est obscurci ;
Je hais tous les devoirs et tout ce qu'on révère :
Mieux vaut mourir que vivre ainsi !
Puisque je n'y puis rien ; que la raison humaine
Ne gagne plus un cœur où mon cœur est entré,
Je veux briser mes jours comme on brise une chaîne
Et m'enfuir en désespéré.
Qu'est-ce donc que la mort ? C'est la paix éternelle,
C'est un beau drap de fleurs sur mon sein endormi,
C'est la nature calme, auguste et solennelle
Qui nous prête un repos ami.
O nature de Dieu contemple ma détresse !
Ecoute tout mon sang dans mon cœur s'épancher
Et, puisque je n'ai plus le lit de ma maîtresse,
C'est au tien que je veux coucher ;
C'est toi la grande mère et la nourrice immense !
L'homme au sort le plus âpre et l'homme au sort plus beau
Retrouvent dans ton sein leur part de ta clémence :
L'un l'amour, l'autre le tombeau
Tu sais, toi qui vois tout, ce qu'ici bas je souffre,
Que je n'ai point béni l'instant de mon réveil
Et que j'ai regardé, toujours, du fond du gouffre,
Les bords ou brillait le soleil ;
Que je n'ai bu jamais que dans la coupe amère,
Que le seuil du bonheur me fut toujours fermé,
Que j'ai perdu mes fils, que j'ai perdu ma mère
Et tous les cœurs qui m'ont aimé !
Maintenant je m'en vais, battant du front, comme ivre,
En proie à ce grand deuil qui me courbe en vainqueur,
Et je veux déchirer ma vie, avec le livre
Des chastes sanglots de mon cœur ;
Et toi, rayon divin, génie, ardent délire,
Flambeau qui n'iras plus briller sur son autel,
Eternise du moins ces larmes de ma lyre
Et que mon cri soit immortel !
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Cicle soulari
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Endicioun roum
10 Desembre
Letra doumenicala
G F
LI QUATRE

8,
7,
20,
20,

10
9
22
22

e
e
e
e

11
10
23
23

SESOUN

Lou printèms coumença lou 21 mars
L'estiéu
—
— 22 Jun
L'autoum
—
— 24 sept,
L'iver
—
— 22 dés.

à 6.55 m.
à 2.36 m.
à 5.18 m.
à 11.53 m.

dôu sera
dôu sera
dôu matin
dôu sera

FESTA MOUBILI

Septuagesima... 12 Fébrié
Cendre
21 Febrié
Pasca
7 Abrieu
Rougacioun 21, 22, 23, 24 Mai
Ascensioun
16 Mai

Pantecousta
Trinità
Festa de Diéu
1" Dimenegue de
Ie* Desémbre

26 Mai
11 Jun
15 Jun
l'Avènt

LU ESCLISS!

Souliu.

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ij Abriéu. — Esclissi annulari e coumplet visible

à Paris, en America, en Europa et dintre lou N.-O. de l'Africa.
Coumençamen de l'esclissi à 10,01 dôu matin ; finisse à 1,08
dôu sera.
10 Otitoubre. — Esclissi coumplet invisible à Paris, visible
dintre l'America dôu Sud.
Luna. — 1" Abrièu. — Esclissi parciella visibla à Paris. Entrada de la luna dintre l'oumbra, 9.26 dôu sera; sourtida, 11.03
dôu sera.
26 Setèmbre. — Esclissi parciella, invisibla à Paris, visibla
dintre l'Océan Pacifique.

Jîla providence, %ue de la Préfecture /4, $run, Siàraire

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VÉNT

Lu vènt que souflon à Niça, dintre lou cours de l'armada,
soun au nombre de 16. Vequi li siéu denouminacioun courènti,
pihadi, en general, dai loucalità dei quali parèisson vèni :
Sud
Miejon
Nord... Tramountana
S.-S.-O. Miejou Lebech
N.-O.-E. Grek Tramountana
S.-O
Lebech
N.-E... Grego
O.-S.-O Pounèut Lebech
E. N .E. Levant
Ouest. Pounènt
E.-N.-E. Levant
O.-N-O.V Pounènt Maistràu
E.-S.-E. Levant
N -O . Mastràu
S.-E.... Siroco, vènt marin
N..-N. OMaïstràu Tramount
S.-S.-E.. Miejou Siroc

6
15
25
14
31
24

VIGÍLIA — JEUNI
Abriè
(Pasca, 7 Abrièu).
Mai
(Ascensioun, 16 Mai).
Mai
(Pantecousta, 26 Mai).
Avoust
(Assoumpcioun, 15 Avoust).
Outoubre (Toui lu Sant, Ier Nouvembre).
Desembre (Calena, 25 Desembre).
L'AN NADA RELIGIOUSA

LI FESTA MOUBILI E LI FESTA FISSI
Janvt'è
jYlars
1 Circouncisioun.
1 e 2 Quatre Tèms.
6 Epifania (lu Rei).
3 Reminiscere.
13 Bateja de J.-C.
10
Oculi.
14 Sant Noum de Jesu.
17 Lœtare.
fébrié
24 Passioun.
2 Puriflcacioun.
29 Li 7 Doulou.
4 Setuagesima.
31 Lu Rampàu.
6 Festa de la Pr. de N. S.
11 Sexagesima.
Jîbriéu
13 Coum. de la Passioun.
5 Divendre Sant.
18 Quinquagesima.
7 Pasca.
21 Cendre.
14 Quasimodo.
25 Quadragesima.
28 Patrou. de San Joúsè.
28 Quatre-Tèms.

�Setembre
3 Inv. de la Santa Crous.
13, 14, 15, Rougacioun.
16 Ascensioun.
26 Pantecousta.
29-31 Quatre-Tèms.
1
2
6
9
21
24
29

Quatre-Tèms.
Trinità.
Festa de Diéu.
Festa dôu S. Sacramen.
Sacrat-Couor de'jesu.
Natività de S. jouan-Bat.
SS. Peire e Paul.

8 Natività de la Vierge.
14 Esaltacioun de la Crous.
15 N.-D. dei 7 Doulou.
15 San Noum de Maria.
18, 20, 21, Quatre-Tèms.
29 Dédie, de S. Miquèu.

Ôutoubre
6
13
20
27

Sant Rousari.
Maternità de la Sta Vierge.
Puretà de la Santa Vierge.
Patrounage de la S. Vierge.

J/ouvembre

Juliet
2 Visitacioun de la S. V.
7 Precious Sang.
16 N.-D. dôu Carme.

Jîvoust
6 Transfiguracioun.
15
18
25
25
29

Assoumpcioun.
S. Joachim.
S. Couor de la Vierge.
S. Louis.
Decolac. de S. Jouan-Bat.

1
2
3
21

Toui lu Sant.
Lu Mouort.
Santi Relíquia.
Present, de la Sta Vierge.

2&gt;esembre
1 Avent.
8 Imaculata Councepcioun.
18, 20, 21, Quatre-Tèms.
25 Calena.

BANQUE GARLONE &amp; GIE
MAISON ÉTABLIE EN 1811

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l-fi«

�LA

DÉCIMALISATION

DU

TEMPS ET DES

ANGLES

LA MONTRE DÉCIMALE
Par J. de REY-PAILHADE, président du Comité
pour la propagation des méthodes Décimales.
Le Club Nautique de Nice a offert plusieur fois en prix des
montres décimales aux régates'de 1909. Il était utile de décrire cet instrument, d'y joindre des tables pratiques et des
formules à l'usage des ingénieurs, des sportsmen, des médecins, etc. etc.
DÉCIMALISATION DES ANGLES •
Il est aujourd'hui démontré que la division décimale du
quart de cercle facilite tous les calculs.
Les nouvelles cartes géographiques sont graduées exclusivement dans ce système, devenu officiel en France et dans
d'autres pays. On possède toutes les tables pratiques nécessaires à son essai courant. Nous ne nous étendrons pas
davantage sur cette méthode aujourd'hui enseignée dans les
lycées et collèges.
Nous rappellerons seulement que M. l'amiral Germinet,
membre d'honneur du C. N. N., sous la direction duquel on
fit en 1899 et 1900 des essais de navigation avec un matériel
entièrement décimal, a émis un avis très favorable à la
réforme décimale.
DÉCIMALISATION DU TEMPS
La division décimale du jour décrétée le 4 frimaire an II
rendra aussi de grands services à la science et aux sports.
Principe. — On divise le jour entier en 100 parties égales
appelées cés ; le cé est subdivisé en décisés, ceniicès et millicés
Le cé vaut 14m 24s ou 1T4 d'heure environ ; le décicé est égal
lm 26s 4 ou lm Ij2 environ ; le millicé vaut 0S 864 ou 9T10 de
seconde environ.
Concordance des Temps. — On parvient assez vite à dire
instantanément l'heure à 1 ou 2 minutes près en regardant le
cadran d'une montre décimale. Il suffit d'apprendre par cœur
les concordances décimales de toutes les heures.
0,0
0
50,0

4,2
1
54,2

8,3
2
58,3

12,5
3
62,5

16,7
4
66,7

20,8
5
70,8

25,0
6
75,0

�25,0
6
75,0

29,2
7
79,2

33,3
8
83,3

37,5
9
87,5

41,7
10
91,7

45,8
11
95,8

50,0
12
100,0

Les heures sont au milieu, les concordances des heures
du matin en haut, celles du soir en bas. Ainsi 10 heures du
matin valent 41.7 cés (énoncer 41 cés 7 décicés) et 10 heures
du soir valent 91,7 cés.
Gomme 1 cé vaut presque lj4 d'heure et un décicé une mi •
nute 1]2 ; en partant des concordances du tableau, on dit
l'heure instantanément, ainsi 39,9 cés valent 9 h. 36 m. du
matin. Un ou deux jours suffisent pour atteindre ce résultat.

Description de la montre décimale ou cémètre. — Il y a 3
aiguilles centrales se mouvant sur un cercle divisé en 109
parties égales, numérotées de 0 à 9. Le 0 cé est en bas, c'est
l'origine des temps, car on suppose la Terre au centre du
Cadran.
L'aiguille dorée avec un soleil ne fait qu'un tour par jour ;
l'aiguille épaisse en acier bleu tourne 10 fois par jour, et la
trotteuse fine fait 1000 tours par jour.
L'aiguille-soleil montre la position de l'astre du jour par
rapport au méridien de Paris, qui va du centre au chiffre 5.

�10 —
Les quatre traits bleus indiquent les positions de cette aiguille
à minuit en bas sur 0 ; — à tì h. du matin au milieu entre 2
et 3 ; — à midi, en haut, sur le 5 ; — à 6 h. du soir, entre 7
et 8.
L'aiguille dorée du soleil indique le chiffre des dizaines
de cés, 2 sur le dessin ; l'aiguille épaisse donne d'abord le
chiffre des cés, 6 sur le dessin, et en comptant rapidement à
l'œil le rang de la division entre 6 et 7, on voit, que cette aiguille marque 3 décicés. Le temps du dessin est donc 26,3
cés correspondant à 6 h 20 m. du matin environ. L'aiguille
trotteuse donne les millicés 83. Le temps est donc 26,383
cés.
» Pour la vie courante, on n'a pas besoin d'aller au delà du
clécicé. On lit les milticés pour les applications scientifiques
et sportives.
Le temps en millicés lu sur le cêmèire facilite tous les calculs, car on n'a jamais de réductions à faire.
Examinons le problème des vitesses a l'heure : Les millicés multipliés par 0,00024 donne des heures et fraction décimale d'heure. Ainsi Ì2345 millicés valent 12,345 -f- 24 =
2 h. 9628.
Par conséquent si L est la longueur parcourue et M le
temps en millicés, la vitesse est

ou t

+ 4166,66...

Ces quelques exemples démontrent que la montre décimale simplifie tous les calculs sans exception.
Les rapports de MM. les délégués officiels aux essais de
la montre décimale faits à Nice, par le Club Nautique, le 26
février 1911, concluent unanimement à la supériorité de cet
instrument pour les usages scientifiques et sportifs.
M. Prim, astronome à l'Observatoire de Nice, représen
tait M. le \iinistre de l'Instruction publique.
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JANVIE
P.
P.
D.
N.

Q,
L.
Q.
L.

lu 8, à 7
lu 14, à H
lu 22, à 7
lu 30, à 10

SOULÈU.

1
2
3
4
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31

—

oura
oura
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FE BRIE
20
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21
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L. 8 14' — C. 4 42'

dil. Jou de V An

P. Q.
P. L.
D. Q.
SOULÈU,

1
2
3
4
5
Lu Rei
6
Dim. S. Lucien
7
dil. S. Apoulinari
8
dim. S. Pèire
9
dim. S. Guiermo
10
dij S. Teodose
11
div. S. Arcada
12
dis. Sta Verònica
13
Dim. S. Ilari
14
dil. S. Maurici
15
dim. S. Ounourat
16
dim. S. Antoni
17
dij. Sta Angela
18
div. S. Sulpici
19
dis. S. Bastian
20
Dim. Sta Agnesa
21
dil. S. Vincènt
22
dim. S. Raymound
23
dim. Sta Jacinta
24
dij. Conv. de S. Pàu
25
div. S. Poulicarpa
26
dis. Sta Devota
27
Dim. Sta Paula
28
dil. S. Francès S.
29
dim.
dim.
dij.
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S.
Sta
S.
S.

TRIMESÏRÍ;

Macari
Genevieva
Tita
Simeoun

dim. Sta Marfina
dim. S. Peire N.
En Janvié
Lou païsan n'a ren

lu 6, à 4 oura 28 s.
lu 13, à 11 oura 38 m.
lu 21, à 4 oura 44 ui.
- L. 7 49' - C. 5 30'

dij. S. Ignaci
div. La Candeliera
dis. S. Blasi
Dim. Setuagesima
dil. SS. Vinc.Oronte
dim Sta Agata
dim. Sta Dorotea
dij. S. Romuald
div. S. Jouan-Matha
dis. Sta Apoulounia
Dim. Sexagesima
dil. Sta Eulàlia
dim. S. Gregori
dim. Sta Eufrasia
dij. S. Onesime
div S. Dounat
dis. S. Simeoun
Dim. Quinquagesima
dil. S. Gabin
dim. Dimars-Gras
dim. Li Cendre
dij. S. Silvan
div. S. Maxime
dis. S. Pascase
Dim. Quadragesima
dil. S. Nestor
dim. S. Leandri
dim. Sta Nourina
dij. S. Nymphas

Plueia de febrié
A la terra vau fumiè.

ZDéSTU-S-bez

NICE

MARS
N. L.
P. Q.
P. L.
D. Q.
N. L.
SOULÈU

1
2
3
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lu 23,
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— L.

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dim.
dim.
dij.
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dis.

Dim.

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L
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7

1 oura 31 m.
0 oura 02 m.
0 oura 59 m.
1 oura 26 m.
1 oura 38 s.
01' — C. 6 13

S. Eudoxia
S. Simplici
Reminisceri
Sta Cunegonda
S. Casimir
Sta Coleta
S. Jouan de D.
Qaatre-tèms
Sta Margarida C.
Ocali
S. Euloge
S. Gregori
Sta Eufrasia
Sta Matilda
S. Acepsima
Sta Gertruda
Lœtari
S. Apien
S. Jôusé
S. Joachin
S. Lea
S. Turibe
S. Armentari
La Passioun
Anounciada
S. Emanuèu
S. Jouan d'Egt,
S. Gountran
S. Eustase
S. Jouan C.
Lu Rampàu

Lou mes de mars
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lu
lu
lu
lu

SOULÈU.

1 dil.
2 dim.
3 dim.
4 dij.
5 div.
6 dis.
7 Dim.
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9 dim.
10 dim.
11 dij.
12 div.
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18 dij.
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21 Dim.
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23 dim.
24 dim.
25 dij.
26 div.
27 dis.
28 Dim.
29 dil.
30 dim.

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13, à
3
21, à 7
28, à 11

—

oura
oura
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L. 6 06'

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37 s.
31! s.
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S. Franç. de P.
S. Richard
Dijàu Sant
Divèndre Sant
Dissata Sant
Pasca
S. Albert, ev.
S. Azada.
s. Isidoro
s. Leoun
s. Juli
s. Justin
Ouasimoi/ii
Sta Anastasia
S. Frutuous
S. Rodolfe
S. Maxime
S. Anselme
S. Teodoro
S. Adalbert
S. Fidèle
s. Jorgi
s. Marco
s. Clet
s. Antime
s. Aimé

s. Roubert
Sta Catarina d. S
SS. Philip. ,Jacq.

Pichouna plneia d'Abriéa
Bouona récolta pèr l'csliéu

Q.

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N. L.
SOULÈU.

TRIMÍÎSTRÈ;

MAI

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lu 5,
2 oura
lu 13, a 7 oura
lu 21, à 10 oura
lu 28, à 7 oura
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C. 7 29'

1 dim. SS. Félip. Jaq.
2 dij. S. Atanase
3 div. In.d.l. Sta Crous
4 dis. SS. Sindonis
5 Dim. S. Pio, papa
6 dil. S. Jouan D.
7&lt; dim. S. Peire
8 dim. s. Gregori N.
9 dij. s. Antounin
10 div. s. Isidoro
11 dis. s. Bounifaci
12 Dim. s. Jouan lou S.
13 dil. s. Pouon, m.
14 dim. s. Pacomo
15 dim. s. Sta Denisa
16 dij. Ascensioun
17 div. S. Pascaù
18 dis. S. Teodoto
19 Dim. s. Pèire C.
20 dil. s. Felis.
21 dim. s. Bernardini
22 dim. s. Julia
23 dij Rogaeioun
24 div. s. Vincen, d. L.
25 dis. S. Urbin
26 Dim. Pandecousta
27 dil. S. German
28 dim. S. Cirile
29 dim. Sta Petronïa
30 dij. S. Sylve
31 div. S. Justin
Au mes de mai
Longui semana

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P.
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L.
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lu 3,
lu 11,
lu 19,
lu 26,

SOULÈU.

1
2
3
4
5
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15 dis.
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19 dim.
20 dij.
21 div.
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23 Dim.
24 dil.
25 dim.
26 dim.
27 dij.
28 div.
29 dis.
30 Dim.

—

à 11 oura 4 s.
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Sta Margarida
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S. Antoui de P.
S. Basilio
S. J.-F. Régis
S. Moudeste
S. Lambert
Sta Olga
S. Gervai
Sta Juliena F.
S. Louis de G.
S. Paulin
Sta Maria d'O.
S. Jouan-B.
S. Prousper
S. Alban
S. Cresen
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lu 11, à 1 cura 53 s.
Il 19, a o oura 31 m.
lu 25, a 9 oura 12 s.
SDULÈU. - - L. 4 35' — C. 8 22'

1
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S. Thierry
Vierg.de li Gracia
S. Anatole
S. Pèire de L.
S. Sisoès
S. Elie
Sta Babeta
S. Efrein
Sta Felicita
S. Pio
S. Jouan G.
S. Gene
S. Jaque
Festa Naciounala
S. Enri
N.D.d.M. Carmel
Sta Marcelina
S. Frederic
S. Vincen de P.
Sta Margarida
S. Vi loiSta Maria-Mad.
S. Apoulinari
Sta Cristina
S. Jaque
Sta Anna
S. Pantaleoun
S. Samsoun
Sta Marta
Sta Giulieta
S. Gnaci de L.

Au mes de Juliet
Ni frema ni coulé.

TBIMËSTRÎ;

I1. Q. lu 2, a 0 oura 29 m.
P. L. lu 10, a 3 oura 58 m.
D. Q. l»i 17, a 1 oura 1.1 s.
N. L. lu 21, a 5 oura 14 m.
IV Q. lu 31, &amp; 5 oura 21 s.
souLÈu, —1.5 or -j&gt;. 8 or

dij.
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4 Dim.
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7 dim
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Dim.
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dis.

S. Pèire-aï LS. Alfonso
Inv. de S. Estève
S. Domenica
N. D. dei Nèu
Trausf. de J. C.
S. Gaétan
Sta Batilda
S. Camila d. L.
S. Là u ren
S. Septima
Sta Clara
Sta Filoumèna
S. Ousèbi
Asoumpcionn
S. Roc
S. Mamès
Sta Elena
S. Ipoulita
S. Bernar
Sta Chantai
S. Pio V
S. Filipe B.
S. Bartoumiéu
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s. Seg'oundo
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N. L. Ju 22, a 3 oura 37
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28
29
30

Dim.
dil.
dim.
dim.
dij.
div.
dis.
Dim.
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dim.
d'un.
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dim.
dim.
dij.
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dim.
.dij.
div.
dis.
Dim.
dil.

S. Gili
S. Estève R.
Sta Eufemia
Sta Rosalia
S. Làuren J.
S. Pambon
S. Grat
Natiu, di' la V.
S. Oumer
S. Xicola
S. Félis
S. Veran
S. A nié
Es. (1. l.S. CtQUS
S. Nicomède
S. Conrneilla
S. Lanbert
S. Tournas V.
S. Janvié
S. Euslache
S. Matiéu
S. Maurici
Sta Tecla
S. Girar
S Firmen
S. Nil
S. iN'icandre
S. \\ inceslas
g. Miquèu
S. Jeromo

Lima setembrina
De mai clarina

MOT »

GRANDE MARQUE RECOMMANDÉE

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:
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7'02'

�- '5 -

Qüa.TRIÍJMí)
OUTOUBRE
P.
D.
N.
P.

L.
Q.
L.
Q.

lu 8,
lu 15,
lu 22,
lu 30,

SOULÈU, — 1.

a
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5
1

6 H

oura H m.
oura 46 m,
oura 09m;
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m.

ii

— c.

6 06*

TRIMESTRE

NOUVÈMBRE
P. L. lu
6,
D. Q. lu 43,
N. !.. lu 20,
Q.
lu 29,

r.

SOULÈU. - -

1.

a
a
a
a

4 oura 48
8 oura 20
9 oura 49
2 oura 42
14'

—

c.

5 03'

1 dim. Rosari
1 div. Tout lu Sant
2 dim. S. ■ Léger
2 dis. Eu Mouorl
3 dij. S. Rosari
S. Ubert
4 div. s. Francès d'A. 43 Dim.
dil. S. Carlo B.
5 dis. s. Placido
5 dim. Sta Bertila
6 Dim. s. Bruno
6 dim S. Leounar
7 dil. s. Serge
dij. S. Nestou
/
8 dim. Sta Reparada
8 div. Lu Quatre Incou.
9 dim. S. Denis
9 dis. S. Teodore
10 dij. s. Francès B. 10
Dim. S. Jacintou
11 div. s. Tarasco
11 dil. S. Martin
12 dis. s. Counrad
12 dim. S. René
13 Dim. s. Edouard
13 dim. s. Stanislas
14 dil. s. Calisio
14 dij. S. Pantena
15 dim. Sta Teresa
15 div. Sta Gertruda
16 dim. S. Ospici
16 dis. S. Edme
dij.
17
Sta Edvija
17 Dim. S. Gregori
18 div. S. Luc
18 dil. S. Alfè
19 dis. S. Pèi re
19 dim. Sta Babeta
20 Dim. S. Agrico)
20 dim. S. Edmon
21 dil. Sta Ursula
21 dij. Présent, de la V.
22 dim. S. Filip
22 div. Sta Cecilia
23 dim. S. Teodoret
23 dis. S. Clemen
24 dij. s. Mairloire
25 div. ss. Crespin-Cr. 24 Dim. Sta Flora
26 dis. s. Jouan de K. 25 dil Sta Catarina
26 dim. Sta Pel fina
27 Dim. s. Frumence
27 dim. S. Maxime
28 dil. s. Alfredo
28 dij. S. Sostène
29 dim. s. Narcisse
29 div. s. Saturnin
30 dim. s. Marcel
30 dis. s. Andrièu
31 dij. s. Siri
En ùuloubre
\loii ponorc goûta loti rùare

Tonssan ientra
St A n'driéu lou souorte

« wmmm

DESÈMBRE

s.
m.
s.
ru.

JACK

P. L .
D. Q.
N. L.
P. Q.

lu 6,
lu 12,
lu 20,
lu 28,

SOULÈU, -

1
2
3
4
5
6

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Dim.
dil.
dim.
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div.
dis.

8 Dim.
9 dil.
10 dim.
11 dim.
12 dij.
13 div.
14 dis.
15 Dim.
16 dil.
17 dim.
18 dim.
19 dij.
20 div.
21 dis.
22' Dim.
23 dil.
24 dim.
25 dim.
26 dij.
27 div.
28 dis.
29 Dim.
30 dil.
31 dim.

1.

a
a
a
a

3 oura
m.
6 oura 46 s.
4 our;i 40 s.
7 OUI;L 48 s.

7 54' — c.

A vent
Sta Bibiana
S. Francès X.
Sta Barba
S. Bassi
S. Nicola
S. Anbrosi
Imac. Conception
Sta Leoucadia
Sta Eulàlia
S. Damase
Sta Rosélina
Sta Lucia
S, Niçoise
S.
S.
Sta
S.
S.
S.
S.

Mesuiin
Adon
Olimpíada
Gatien
Ciprian
Filogone
Tournas

S. Onourat
Sta Vitòria
Cacha-fuec
Calèna
S. Estève
S. Jouan
SS. Inoucent
Sta Eleonora
S. Sabîn
S. Sàuvestre

Calena aufuec,
Pasca àu j'aèc.

sin -

GRANDE MARQUE RECOMMANDÉE

4 35

�- i6-

�- 17

-I

CROUNICA NIÇARDA
L'ABADÏA DE SAN POUON.— L'ABAT RANCE-BOURREY.
GLOFFREDO.

—

—

PÈIRE

A PREPAU DOU DIALETE NIÇART.

Ben qne pareissènt tardié, VArmanac Niçart s'empressa de
pourtà la siéu febla vous su tout cen que enteressa lou païs, sigue
au pounch de vista istoria loucala, pouesia, tradicioun, sigue
tamben su la taquinanta questioun dóu dialete niçart souvenri
fès pauvada e su la quala lu escritour mouderne soun luen d'estre
d'acordi.
Parlerai finda de M. l'Abat Rance-Bourrey, un beneditin qne
despi quauque an en ça mete à prouflt la siéu erudiciou n a nen
revelà de fach d'istoria inedieh. Se quauqu'un mérita d'estre
laudat es ben éu ; es en éu que VArmanac Niçart tressa la
pamoula de sapiença. En esprimant la nouostra recounouissença,
à l'Abat Rance-Bourrey, fen cen que touplen an denembrat,
vouoli dire de courounà lu siéu travail, frucha de ben de recerca,
dai quali obra sian fier d'avé prestat la prima ajuda. Pouden cità :
lou Discours sur le Monastère de Sainte-Claire de Nice, par Honoré
Pastorelli, publié d'après l'édition originale de Turin 1608, avec
une introduction et des notes ; — "Le Général J.-B.-M. D'Anselme" (Notices biographiques (1740-1792). E aquest'an
l'istorien nen douna — toujou de prima man — YExpulsion de
Mgr Valperga, evesque de Niça, au tèms de la Revoulucioun,
travail anoutat de peça curiouvi que sian urous de pouder metre
souta lu uès dei nouostre letour.
*
* *
Lou fach de l'annada, lou mai marcant, es estat aquéu de
l'Abadïa de San Pouon. Parlon de tout destruge pèr li basti an
siéu luec un espitau Pasteur... UArmanac Niçart es pas Penemic
dóu prougrès, ni men encara dei Bei-Art, ma si fa lou pious dever
de jougne lu siéu esfouors en aquelu dei siéu councitadin quo
l'istoria dóu passat passiouna, pèr que l'Abadïa de San Pouon
sigue counservada e classada couma mounumen istorique. En la
circonstança feliciti M. l'Abat Rance-Bourrey que mé rasoun s'e.s
demoustrat l'ardènt defensour autourisat que counouissen. La
siéu paràula es estada escoutada e lou Préfet de li Alpa-Maritima,
8

'

�— i8 M. de Joly — respetuous dei nouostri tradicioun — en ortie
avertit a proumès que l'Abadïa de San Pouon seria respetada e de
lèu si crusià pèr lou siéu classamen tra lu mounumen istorique.
Dóu resta vequi ce que l'Abat Rance Bourrey nen di su San
JPouon. Counsignen religiousamen li siéu paràula :
« L'Abbaye de Saint-Pons est le plus ancien monument relitgieux existant dans le Comté de Nice. Il y a dou^e cents ans que
sSiagrius y fonda un monastère. L'histoire de ce monastère est
jintimement liée à l'histoire religieuse, civile et économique de la
iville de Nice.
;
« Ce fut à Saint-Pons qu'en 1388 fut'signé l'acte réunissant
le Comté de Nice au Comté de Savoie. Les abbés de Saint Pons
ifurent pris dans les principales familles du Comté : les Badat, les
tLaugery, les Provana, les Lascaris, les Grimaldi, les Martelli, les
;Tournefort, etc. Plusieurs évêques de Nice furent abbés de Saint[Pons, en particulier Barthélémy Chuet (fin du xve siècle) et Jean
, Uriole, son successeur. Un autre abbé, Claude de Seyselle, fut
,évêque de Marseille, puis archevêque de Turin ; d'autres furent
cardinaux, tels Innocent Cibo, neveu d'Innocent VIII et de
f
;Léon X, et Paul Medeci de Cesis dont on voit encore l'inscription
(funéraire à Sainte-Marie-Majeure, à Rome.
:
« A la fin du xvir siècle, l'abbé de Saint-Pons était Pierre
•Gioffredo, le savant historien niçois. Enfin, un abbé de SaintiPons dont les Niçois n'ont pas encore perdu le souvenir, était
(l'abbé Spitalieri de Cessole qui a doté sa ville natale d'un établissement de bienfaisance si justement apprécié. La plupart des
pbbès de Saint-Pons et plusieurs évêques de Nice ont été enterrés
dans l'église ou sous le cloître et dorment aujourd'hui confondus
avec les moines leurs frères qui depuis dix siècles y sont enterrés.
« Les monuments funéraires ont disparu. Le temps a tout
(nivelé à Saint-Pons, singulièrement aidé cependant par la main
ides hommes. On connaît les dévastations commises par
Iroupes de François Ier et de Barberousse, plus tard par celles d
Catinat et par d'autres encore. Après chaque désastre, SaintPons a retrouvé une nouvelle vitalité et il y a à peine trois quarts
de siècle que Mgr Galvano y a fait d'importantes réparations.
;
« Saint-Pons n'est pas seulement une page de l'histoire de
notre pays, c'est un gros volume de cette histoire ; les Niçois
laisseront-ils dire qu'ils sont restés indifférents devant le danger
qui menace Saint-Pons ? Non, ils feront tous leurs efforts pour

�— 19 -

sauver de la destruction un monument qui doit leur être cher...
Je demande d'urgence le classement de l'Abbaye de Saint-Pons,
c'est-à-dire de l'Eglise et des bâtiments claustraux, comme monument historique. »
Lou councours de YArmanac Niçart es aquist. Emé fiertà e
au près de touplen de sacrifici faren respetà l'istoria dóu passat,
la lenga e lu escrich dei orne qu'an ilustrat lou nouostre bèu
pais.
*
* *
Despi quauque tèms, — maladia que reven per intermitença,
— la gran questioun de la grafia niçarda, de l'ourtougrafa, es
messa su lou tapis. De letra soun estadi publicadi, d'autri lou seran, e cresi qu'après ben de charra pèr dire pas gran cauva de
nóu, quasi dirii pèr predicà dintre lou Desert, noun restera
d'aquela discussioun, — Favén déjà coustatat, — pas gran cauva,
ren!... Cadun escrèu à la siéu moda seloun l'esprit dóu moumen,
e serii ben curious de counouisse aquéu que vendria nen dità
une metoda en nen dïen : « la mièu maniera d'escrièure lou
Niçart es la bouona». Discussioun scientifica que pòu passiounà
quauque lenguista, pas mai ; lou mihou es d'escrèure seloun li
letra ditadi pèr la prounouncia. Lou talènt pèr aquéu qu'escrèu
es de si laissà liège, de si faire acapi. Es qu'en en un entan que
frecuenta l'escola primària poudès li demandà autra cauva ?...
Perta de tèms que tout acò, vourria mai s'engenià à recercà lu
viei mot, espressioun, loucucioun courenti que la pous dóu tèms
a rabaïat, dounà au nouostre bèu dialete la coulou que dèu avè,
en respetant lu emprunt que pouden avè fach sigue à l'Italian, à
l'Espagnòu o à tout autre...
Un dialète noun dèu pas estre une lenga scientifica, encara
m en noun còu avè la pretencioun que sigue ouficiela, seria temerari ; lou dialete d'un païs dèu refletà lou caratere d'un'epoca que
lou tèms dèu respetà, enfin escrèure gramaticalamen, un noun
empedisse l'autre, e laissà à l'esprit, au goust lou coumplemen
d'un stile ouriginal, en de frasa councisi que flaton i'auriha.
Aquí fermi la discussioun, risqui de perdre la civada... l'an
que ven, se Diéu mi presta vida, v'en dirai d'autri e couma
d'usança que mi sigue permès de la vous souvetà : Bouona e
uroûva !
L'ARMANAC

NIÇART.

�20 —

LA CIGALA DOU BOUON DIEU
Una cigala dóu Bouon Dieu
Tout l'estiéu
E l'iver en la chambreta, —
L'aiguesias vista la lebreta ! —
Noun vivïa que d'amour
S'assetava su l'ounour;
La cigala cantarela,
Vau chanja de clientela,
Noun es courta d'amatour,
Que li viron tout au tour !
Ma l'ancien de la cigala,
De gros mot ven que s'embala ;
En l'auriha de la maire
Li ven tout aquéu bousin,
Que deja toui lu vesin
Sabon lou long de l'afaire
— Cenqu'as fach m'au tiéu tip ?
Di la maire enrabiada...
Bella Vierge encourounada !
Sera au mancou m'un bouon rie!!...
CH. CIAUDO

PROUVERBI, BOUOI MOT, COUNSÉU E DICH
Tèms d'iver noun ti fidar.
Lu màu dei enfan si garisson soulet.
Cau naisse pèr estre bèu, si maridar pèr estre rie, e mouri
pèr estre brave.
Per aver de raïn, eau caressar la souca.
Agnèu naissut
Vau un escut.
Dansa mihou ventre plen que rauba nova.
L'oumbra dou mèstre engraissa lou cavau.

�LOU MAGOT DE BERTOUMIÉU ISSUGA
O BEN

UNA RAISSADA DE MACAROUN
Conte menloanasqae trouvât dintre d'un armori
de ma nana e que /'Armanac Niçart es tirons de
transcrièure en niçart à Ventencioun dei sièu
fidèle lotour et lelrissa.

Bertoumiéu Issuga, mentounasque de viéia roca, abitava en
coumpagnia de sa mouhié, en carriera dóu Paumoulié. La siéu
frema, malurousamen, era sirnplaria e faia lou siéu desespoir.
Cada matin Bertoumiéu, avant de s'en anà au travail, li recoumandava de noun faire de bestialità. Cou vous dire que toui lu
dissata lou nouostre ome metia en un'armari pertuat dintre la
muraia lou gagne de la semana.
— Bertoumiéu ! pèr qu seria tout aquel argen, demandava
Marioun au siéu marit.
— Es pèr Madjou-long, castagnassa !
*
* *
Un jou Bertoumiéu partet pèr anar à la siéu campagna ;
devia même li restar doui ó très jou pèr souïnar e arousar lu
citrouniè. Marioun souleta matin e sera, s'assetava su lou banquet de la pouorta e faïa de bas... Un predinà veguet un ome
de statura mai que mejana, couma si di, un gran carcan. La
frema de Bertoumiéu lou fissa sensa parpelear, pi pihada d'un'
idea, li diguet :
— Moun bèu Moussu, sias bessai vous Madjou-long ?
Lou merlo pita e noun s'en laissa dire autre, léu li
respouonde :
— Noun vous troumpas pas, bella bruneta, sièu ièu Madjoulong !... Ma perqué mi faire tala demanda ?
Perqué ?... dou moumen que sias Madjou-long, intras su lou
cóu. Li a ja pas mau de tèms que moun marit a mes d'argen
amagat pèr vous...
E sensa mai de ceremounia li remeté lou mandiou dintre lou
quai lu sóu eron groupât. L'ome remercia e la s'esbigna lèu.
♦

* *

�Lou sera, Bertoumiéu arriva, la sièu mouhié li di.
— Sabes, ai vist ancuei Madjou-long !
E l'ome de cridar :
— Malurousa ! — m'en a fach encara una 1
Courre à l'armari, lou mandiou e Pargen, mouis !... Issuga
blastema pica dai pen, es décidât de si desiaire de la siéu frema
Lendeman, dóu téms qu'aissesta durmïa, li cuerbe lu uès emé de
pega de sabatié, pi la pihant pèr la man, la mena dapé dóu CapMartin. Arrivât aqui, Bertoumiéu fa mountar Marioun su d'un
nouguié el'abandouna. La paura, bòrnia, noun sabia doun si
trouvava, ni men encara ce que poudia faire.
En aquéu fra-tèms doui voulur venon s'assetar souta
l'aubre ; après aver abrat quauqui branca sequi pèr s'escaufar, pi
si meton à cuentar lou siéu argen.
La calou faguet delegar la pega que curbia Puès destre de
Marioun e aissesta de cridar :
— E d'un !
Lu voulur, d'estuc, s'isson d'emblée.
— Qu'es acó, diguet l'un.
— Un matagan, faguet l'autre.
La calou seguia á faire lou siéu efet pau à pau durbia Puei
senec.
— E de douî, diguet Marioun.
Dóu cou lu voulur escapon, laissant Pargen espantegat soubre
Perba.
Marioun coumença à li veire clar, cala da l'aubre e ramassa
Pargen, pi lèu s'en camina vers maïoun...
Lou sièu marit, pensierons, era assetat dapè dóu fuec, s'escaufant, fumant la sièu pipeta emé beatituda...
— Bertoumiéu !... o Bertoumiéu !... duerbe-mi, siéu iéu,
Marioun...
— Vai au diàu que ti pihe... ièu que cresii de m'en estre
despegouït...
Ma Marioun, toujou picava, un cóu noun asperava l'autre...
L'ome fenisse per li durbi...
— Ten ! regarda cen que ti pouorti.. . e Marioun pauva lou
sac su lou toulié. ..
Bertoumiéu, entartugat, cuenta Pargen e réfléchisse ; — Marioun es simplaria e deman la vila saupra Pistoria de la fouré . ..
Cóu que Bertoumiéu si dispegouïsse pèr empedi li marridi lenga
de bavar...

�— 23 —
Si mete la vesta, lou capèu e souorte fermant la pouorta i..
Faïa nuech dintre la carriera, ma sensa pena s'encamina
vers una boutiga e croumpa pèr mai de dès kilo de macaroun...
Ientra au sièu e di à la sièu mouhié de si metre au liech.
En tant que Marioun durmïa, Bertoumiéu fa bui lu macaroun, pi lu espantega su lu aubre dóu jardin... Lendeman de
matin la siéu frema, desveiada, si mete à la fenestra...
— O ! Bertoumiéu ! Bertoumiéu ! Vene un póu veire!... O
trest ! vè, a plougut de macaroun !...
— O vai fantauma !... n'as toujou una. .. Ten ! ten !... ma
es ver !...
*
* *

A quauque tèms en ça, Bertoumiéu l'avia previst, Marioun
countet à toui que lou siéu ome noun li picava plus, despi lou
jou qu'ela li avia pourtat de sac plen d'escut...
Lou juge aiguent audit parlar de l'afaire, mandet sounar
Bertoumiéu devant lou tribunal ; la siéu mouhié era estada
citada couma testemoni.
Lou juge. — Bertoumiéu, sias acusat d'aver gardât d'argen
que noun era vouostre.
— Iéu !... Ma moussu lou juge, lou negui ; sièu couma
sabès un travaiadou.. .
E Marioun de dire.
— Noun negar, Bertoumiéu, sabés ben qu'es ver ; es iéu en
persouna que t'ai pourtat la mouneda, qu'avii trouvât en la
fouré.. .
Lou juge. — Anas brave ome, noun negués.. .
— E quoura lou m'as pourtat ?... — Vous juri, Moussu lou
juge, que la miéu frema es fouola !...
— E lou sabes ben, Bertoumiéu, es lou jou que plouguet tant
de macaroun !
— Moussu lou juge aves jamai vist ploure de macaroun ?...
— Jamai ! moun beL amic respoundet lou juge que si tenia
lou ventre dóu rire — Amie, vèu que la vouostra frema es
fouola. .. sias aquitat !...
Bertoumiéu si retira emé Marioun... Noun aigueron plus
de disputa e vieugueron, pareisse urous e pèr longtèms !...
J. E.

�CANSOUN ANCIENNA

PÈR LOU

N'aurias pas vist la miêu fiha
Trin-trin
Lou galerin
A'aurias pas vist la miêu Jiha
Trois-wtrois
Le fils du roi
L'ai vista e l'ai baïada
Trin-trin
Lou Galerin
L'ai vista e l'ai baïda
Trois-trois
Le fils du roi.
Douna-mi la miêu fiha
Trin-trin
Lou galerin
Douna-mi la miêu fiha
Trois-trois
Le fils du roi.
Es aqnela la vouostra fiha
Trin-trin
Lou galerin
Es aqaela la vouostra fiha
Trois-trois
Le fils du roi.
La miêu fiha era pas lernia
Trin-trin
Lou galerin
La miêu fiha era pas lernia
Trois-trois
Le fils du roi
La miêu fiha era pas lua
Trin-trin
Lou galerin
La miêu fiha era pas lua
Trois trois
Le fils du roi.
N'es ni guercia ni poutinouva
Trin-trin
Lou galerin
N es ni guercia ni poutinouva
Trois-trois
Le fils du rois.

MAI

�La miéu fiha n'es pas borni a
Trin-trin
Lou galerin
La miêu fiha n'es pas bornia
Trois-trois
Le fils du roi.
Noun faïa pas belugueta
Trin-trin
Lou galerin;
Nonn faïa pas belugueta
Trois-trois
Le fils du roi.
La miêu fiha n'es pas emberrida
Trin-trin
Lou galerin
La miêu fiha n'es pas emberrida
Trois-trois
Le fils du roi.
La m iéu fiha n'es pas pigada
Trin-trin
Lou galerin
La miêu fiha n'es pas pigada
Trois- trois
Le fils du roi.
La miéu fiha noun es pas ranga
Trin-trin
Lou galerin
La miéu fiha noun es pas ranga
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha noun es pas louorla
Trin-trin
Lou galerin
La miéu fiha noun es pas touorta
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha n'es pas crouoada
Trin-trin
Lou galerin
La miéu fiha n'es pas croavada
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha n'es pas gibouva
Trin-trin
Lou galerin
La miéu fia n'es pas gibouva

�— 26 —
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha noun es foularana
Trin-trin
Lou galerin
La miéu fiha noun es foularana
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha n'es pas ingourda
Trin-trin
Lou galerin
La miéu fiha n'es pas ingourda
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha a pas lou peu de pi g nu
Trin trin
Lou galerin
La miéu fiha a pas lou peu de pig nu
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha noun es narvelouua
Trin- trin
Lou qalerin
La miéu ûha noun es narveloiwa
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha noun a la rougna
Trin-trin
Lou galerin
La miéu fiha noun a la rougna
Trois trois
Le fils du roi.
XXX.

PROUVERB1, BOUOI MOT, COUNSÈU E DICH
Qu duerme ben noun cregne li niera.
Qu vè pissar e noun pissa, crêpa de malícia.-'
Qu douna soun ben avan de mouri
Mérita de pati.
L'amour es lou paradis dei fouol.
L'amour es .la flou de la jouinessa.

�LA MOUORT DAU PAURE TOUNIN

Lou paure Tounin, malàut a setant'an, si presenta à l'espitàu
ma li respouondon que li a plus de plaça.
— Coumplet ! ! !
Quauqu'un li fa capi qu'em'un pau de proutecioun li pourria
intrar. Countrariat dei pas que cóu faire, Tounin vira lu taloun e
s'encamina vers la plaça Massena, piha lou tram, si rende da
Graugnard, à l'espitàu dei can, e li di :
— Moussu lou Veterinari, cresi d'estre un pau mai qu'un
can ?... En aquéu cas souîna-mi...
— Vous souînar aici, ma brav'ome perdés la testa. — Basta,
li di que n'a pas de liech pèrcourcar un crestian, que noun douna
de souin qu'ai bestia !...
Tounin, couma pensas, s'en souorte m'au couor gros e noun
sau plus à que sant si recoumandar. Era aqui au mitan dóu
camin, quoura en aquéu moumen arriba un landau, doun cala
una grossa dama, encapelada, aurias dich un ver foungi, segada
d'un varlet que pourtava religiousamen un can enfeloupat emé de
favour rosa au couol, tapat d'un tapis em'ai iniciala. En veèn
aquéu tablèu lou paure Tounin si lamenta, sangluta fouort.
— Qu'avès lou miéu brav'ome, li di la dama.
— Cen qu'ai Madama ?... trovi que lou vouostre can a mai
de chança que iéu. Li a cinquant-cinq an que travaii, pèr la premiera fès que siéu malàut, noun soulamen mi refuson à l'espitàu
dei estre uman, ma encara mi vèu picar la pouorta au nas èn
aquéu dai can.
— Quevoulès, lou miéu paur'ome, ai fach un vout de mimetre
à la Soucietà Proutetriça dei Animau, de pourtar touti li miéu
ecounoumia à la Caissa de secours pèr soulajar lou sort dei bestia.
Lou fau talamen ben, que vouguessi ben vous dounar un sóu
que pourii pas.
La dama li vira l'esquina e ientra couma un coupa-cisèu da
Graugnard. Tounin roumougna :
— Se ti veguessi en un cantoun ti dounerii mancou un gotou
d'aïga !... vièia sansuga !...
Tounin estrassinat, deble s'alonga un pau plus en là, su d'un
mouloun de peira. Quauqui oura après, couma soufrisia, n'ai-

�guènt ren en l'estomegue depi l'auba, coumençava d'aver lou
rangouioun, quoura passet un canipiè que li diguet :
— Que fès aquí, brav'ome ?
— Couma veès siéu aqui pèr tirar lu patoun. M'an refusat â
l'espitàu, même en aquéu dai can, noun mi resta que de mouri
su d'un mouioun de peira. — Avès un carnet su lou quai enregistras lu fach dóu jou, farias ben de li aloungar lou miéu testamen que poudès mentuar couma acô :
— « Bouon Diéu, se mi fes passar encara une fes sur la terra,
fe-mi naisse can au mancou, li aura une Soucietà Proutetriça dei
Animau que si crusira de iéu e pourrai estre amès en un espitau,
estre souïnat, faire bouona vida, menar une vida de can... »
ANT. ROLAND.

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VIGNE
A M. VALÉRE BERNARD.

Dans le ciel doux la Vigne ètreint les pals de buis.
Sous le pampre le merle alourdi des falernes
Tourne son col gris vair et ses paupières lemes
Qu'argenté la blancheur des immuables nuits.
O / fraîcheur, 6 beauté des Igs et des iris,
Que la Vierge éblouie avec les marjolaines
Cueille le soir venu aux vasques des fontaines
Pour colorer en fête, au crépuscule, l'Euis.
Narcisses, ébeniers, œillet et sensitive
Ah ! Versez en mon âme attiédie et pensive
L'orgueil qui souleva les clairs olympiens.
L'amour qui rafraîchit les Madones pieuses
Et qui vêt de clarté les snls athéniens
Et les ravissements des époques heureuses.
JEAN

PADOVANI.

Quauque souvèt :
Vous souveti la bouona annada.
Que siegue mihau que la passada.
Vous souveti la bouona annada acoumpagnada de touplcn
d'autri.

�Eglises et Chapelles de Nice
La vieille ville de Nice se trouvant sur la rive gauche du
Paillon, pour parler de ses églises, nous commencerons par son
église cathédrale, Sainte-Réparate, vierge et martyre, de celles du
canton Est, et en traversant la rive droite nous nous occuperons des paroisses du canton Ouest.
I. — L'Eglise Cathédrale du Diocèse de Nice est la paroisse
de Sainte Réparate, vierge et martyre, sous l'empereur Decius en
253. Sa fête est le 8 octobre. Cette église est au centre de la vieille
ville (8.500 âmes), Avant 1531 la Cathédrale était près du Donjon, plateau de Nice, et dénommée : Sancta Maria in platea,
dédiée à N. D. de l'Assomption. L'édifice actuel, dans son genre,
ressemble beaucoup à Saint Pierre de Rome, au Vatican. C'était
auparavant une simple église paroissiale
desservie par
les Bénédictins du Monastère de Saint-Pons, près Nice.
Dans son ressort se trouvent l'ancienne église de Saint
Jaume (Saint Jacques apôtre), jadis des P.P. Carmes, fermée
depuis 1903. Après le transfert du titre de paroisse à l'église de
Saint Juste, évèquc, au Gesu, elle fut placée sous la vocable de l'Annonciation de la Sainte Vierge, ainsi que la belle Eglise de la
Miséricorde, sur le Cours Saleya, jadis de Saint Gaétan, fondée
e
par les P.P. Theatins au XVIII siècle et cédée à la noble
confrérie des Pénitents Noirs.
La Cathédrale de Nice, paroisse Sainte-Réparate de nos jours,
fut comme l'ancienne au Donjon du Château {Sancta Maria in
platea), le théâtre de plusieurs f lits historiques mémorables dans
les annales de l'histoire de Nice.
II. — L'Eglise de Saint Jacques, an Gesû, dès son érection
en 1612, dédiée à Saint Juste, évêque. Sa fête est le 2 septembre.
En 1665 fut érigée en paroisse sous le titre de Saint Jacques le
Majeur, remplaçant la paroisse de Saint Jaume. On l'appelle
vulgairement le Gesù à cause qu'elle a été fondée et administrée
par les P.P. de la Compagnie de Jésus.
Appartiennent à cette paroisse les deux chapelles des confréries des Pénitents Blancs, la Sainte Croix, — confrérie la

�óo —
plus ancienne de Nice, — et des Pénitents Rouges, Saint Suaire
et de la Sainte Trinité ; l'Eglise du Couvent de là Visitation,
la chapelle de l'ancien séminaire, à la montée du Château, et
jadis l'Hospice franciscain avec chapelle de Saint Joseph des
P.P. Recollets de Cimiez, convertie en maison particulière.
L'Eglise du Gesù est d'ordre corinthien composite, cons truite sur le modèle de l'Eglise des Jésuites de Turin, dite
vulgairement les Saints Martyrs. ( 10.000 âmes).
A l'extrémité de la rue du Malonat, aux racines de l'ancien
château, on voit un oratoire à la Sainte Vierge Marie, sous le
titre de N. D. du Bon Secours. Les habitants de ce quartier érigèrent cet oratoire en l'honneur de la sainte Vierge, en reconnaissance du choléra en 1854.
III. — L'Eglise paroissiale de Saint Martin Evéque dite de
Saint-Augustin est la plus ancienne, elle fut bâtie sur l'emplacement de l'ancienne chapelle de Saint Martin (1205) et appelée
Saint-Augustin parce qu'elle était desservie par les Augustiniens
dont le couvent a été transformé en caserne. (Caserne Filley, près
l'ancienne chapelle Sincaire).
IV. — L'Eglise de Saint-Francois-de-Paule a été édifiée en
1736 d'après le plan de l'architecte
Guarini. En 1838
elle fut érigée en paroisse par décret de Mgr Galvano et appelée
aussi Saint-Dominique en souvenir de l'ancienne église paroissiale
de ce nom qui s'élevait sur la place Saint-Dominique aux lieux et
place de l'actuel Palais de Justice.
V*— L'Eglise du Port ou de l'Immaculée Conception. D'humble
origine. D'abord ce fut une fort modeste chapelle (1835), transformée agrandie par Mgr Galvano, et l'avocat théologue L. Mari
fut son premier curé..
VI. — L'Eglise Saint-Joseph nouvelle paroisse depuis 1911 la
première pierre fut posée le 19 mars 1911, bénie le 29 octobre et
ouverte au public le Ier novembre 1911 sous le patronage de Mgr
Chapon et dirigée par les soins de M. l'abbé Gabrielli.
A cette paroisse appartiennent la chapelle succursale de Saint
Joseph contigüe à l'Evêché, et la chapelle de Notre-Dame des
Anges sur l'ancienne route de Villefranche.
VIL — Saint-Roch. Cette église paroissiale dans la banlieue
de Nice fut érigée après la peste de r68r. Nice fut délivrée de ce
fléau par l'intercession de saint Roch, confesseur, né et mort à

�- Si Montpellier. La paroisse est divisée en deux quartiers, Roquebillière
inférieure et Roquebillière supérieure, jusqu'à la chapelle de NotreDame de Bon Voyage.
VIII. — Rive droite du Paillon, intra muros, se dresse Notre Dame du Vau, paroisse Saint-Jean-Baptiste, qui remplace l'an
cienne église du même nom devenue chapelle inférieure du Lycée.
Cette belle église, vœu delà ville de Nice en 1835, mt érigée en
1842 et terminée en 1852 par Mgr Galvano, évêque de Nice.
La façade ressemble à celle élevée à Turin en l'honneur du retour
du roi dans les états Sardes en 1814.
IX. — Saiiit-Pierre-d' Aréna remplace une chapelle située à la
Croix de Marbre. Elle fut érigée en paroisse en 1803 par Mgr
Colonna d'Istria. Elle doit son nom à ce fait, c'est que lors de sa
fondation elle se trouvait sur le rivage de la mer séparée par une
bordure de sable fin.
X. — Une ancienne chapelle de Sainte-Hélêne-l'Inspiratrice
existait dans ces parages. Elle fut remplacée en face la mer par
une église sous l'épiscopat de Mgr Recrosio (1727).
Six paroisses « extra muros » dépendent de la commune de
Nice.
Sainte-Marie Magdeleine, sise dans le vallon de Magnan, édifiée sur l'emplacement d'une chapelle de même nom, érigée en
1626 et dite vulgairement chapelle « dei cassaire » à cause du
grand nombre de chasseurs. Après le concordat de 1803 sous
l'épiscopat de Mgr Colonna d'Istria, ce quartier qui depuis 1771
dépendait pour le spirituel de la cathédrale fut érigé en paroisse.
Il existe encore aujourd'hui une chapelle de Notre-Dame du Bon
Conseil changée en demeure particulière . Bientôt le besoin de
la population augmentant, une église sera bâtie à la cité Robiony
par les soins du curé actuel de la Madeleine.
Plus à l'est de la ville, toujours dans le canton ouest ce
l'Arquet, se dresse la paroisse de l'Ariane dédiée primitivement à
saint Arnoux, évêque et à saint Pierre, apôtre. Elle fut érigée en
paroisse en 1809 sous l'épiscopat de Mgr Colonna d Istria. Dans
son ressort se trouve l'ancienne chapelle nécropole de l'Abbadie
fondée en 1635 en l'honneur de sainte Claire pour le besoin spirituel de 450 à 500 habitants qui appartiennent aux communes
de Nice, Cantaron Saint-André. Localité d'avenii et à laquelle
le chemin de fer Nice-Coni donnera une valeur stratégique.

�— 32 —
Gairaut avait au moyen-âge une chapelle de secours desservie
par les religieux chevaliers de l'ordre du temple au début, et par
la suite de Rhodes et de Malte. Sous l'épiscopat de Mgr François
Rosini de Martinengo la chapelle fut érigée en église paroissiale
sous le vocable de saint Sauveur o*u de la transfiguration du
Rédempteur.
Dès 1730 les P. Dominicains de Nice fondent à Saint Pancrace un sanatorium pour religieux martyrs avec chapelle en
l'honneur de Saint Pancrace martyr. Cette chapelle est érigée en
paroisse en 1848 par Mgr Galvano.
Sur le couchant de Saint-Pancrace on trouve la paroisse de
saint Roman . martyr ; l'ancienne chapelle fut érigée en paroisse
ainsi que celle de saint-Antoine de Ginestière en 1803 sous Mgr
Colonna d'Istria.
VALENT IN.

NOU VÉ
Tu Çatarina fai lou pan.
Mdumen de jota, d'alegressa,
Fes audi da toui lu couor :
Lu ange canton l'alegressa,
Fuges l'infer, Juges la mouorl.
Chntou !
L'aarika sabla, li a quaucaren aici vesin,
Sembla que senti li joia d'un festin ;
Audi lu tambourin de laen,
Lu Jlajoulet e li musela,
Lu pastre van à Bethelen
Laisson la cabana soaleta ;
Santo nuech, venes aléa nen ralegrà,
Pourtas à toui la pax et la tranquilità !
Tu Catarina fai lou pan,
Manda Lucrecia au safran,
Despende aléa lou lauvaniè,
Chapla la blea su lou taatié ;
Crala de froumai e roumpe d'iiu
E fai la iourta couma fou,
Ché n'aiguen toui en aboundança (bis)
Santa nuech, venes alèu nen ralegrà,
Pourtas à toui la pa.x e la tranquilità .'
En tant faguen etnb'au vesin
t ua santépér lou Bambin,
Toucan lou gotou de bouon vin,
Ernb'aa vesin pér lou Bambin
Ti-ri-tin-tin ! -tinTi-ri tin !

�— 3Î —

L'Expulsion de Mgr Valperga
fEN SEPTEMBRE

1792)

Le 12 octobre 1780 h population de Nice se pressait aux
abords de la porte Pairoliëre pour y recevoir en grandes pompes
le nouvel évêque Charles-Eugène Valperga di Maglione. Ce
prélat avait couché la veille selon l'usage antique à l'abbaye de
Saint-Pons et devait faire ce jour là son entrée solennelle dans
sa ville épiscopale.
Le cérémonial imposant avec lequel on avait reçu jusqu'alors
les évêques fut encore cette fois observé. L'accueil de la population entière fut des plus chaleureux au rapport de Pierre Scaliero
qui en fut témoin (1). Le nouvel évêque, qui remplaçait Monseigneur Astésan nommé archevêque d'Oristano en Sardaigne,
appartenait à une famille de vieille noblesse dont plusieurs membres avaient exercé, à Nice, des fonctions importantes (2). Il
(1) Voir aux Archives municipales le récit détaillé que ce chroniqueur en a laissé dans ses Mémoires. Pierre Scaliero mourut en 1805.
(2) Jacques Valperga, conseiller ducal, fut lieutenant du gouverneur de Nice en 1454 ; Thoma5 Valperga fut gouverneur du château de Nice en 1565 ; Jean Valperga fut également gouverneur de
Nice en 1596 ; Jérôme Valperga fut commandeur du château de
Nice en 1600 ; Pierre Valperga, frère de Jacques Valperga, était
chevalier de Malte (Arch. municipales, registre des gouverneurs,
commandants et chevaliers de Malte) ; Anne Valperga, fille dAmédée
Valperga, épousa, le commandeur de Malte Jean-Paul Lascaris.
(Voir son testament daté de 1683, arch. des Alpes-Maritimes,
registre B, 297.) Joseph Ignace de Valperga reçut de son oncle, Emmanuel Philibert Chiotera, mie partie du fief de Couaraze dont il fut
investi le 20 février 1753. Son fils, Vincent, céda ses droits à H. Novelli. Jérôme Valperga fut sénateur à Nice de 1761 à 1765, puis
ministre plénipotentiaire de Sardaigne à Gênes en 1780 ; plus tard
il fut ministre etsecrétaire d'Etat, ce dernier était le frère de l'évêque
de Nice et fils du comte François Valperga qui vivait encore en
1795Ees armoiries des Valperga étaient fascé d'or et de gueules, à
la plante de chanvre déracinée, d'argent et brochant. Le cimier
était un bouc naissant au naturel et la devise : « Ferme-toy ».
Nous reproduisons les armoiries de Monseigneur Valperga d'après celles qui se trouvent en tête du catéchisme édité par ses ordres
et dont nous devons le dessin à l'obligeance de M. Joseph Casai
(Extrait de 1' « Armoriai Artistique et Nrbiüaire », Ni.e, 1902.
3

�- 34était directeur du collège des Provinces à Turin, lorsque le roi
de Sardaigne le désigna, pour l'évêché de Nice. Il avait été sacré à
Rome où il avait fait ses études. Monseigneur Valperga se distingua immédiatement par sa vigilance et son activité : il releva
le niveau intellectuel et moral des prêtres de son diocèse et s'attacha à mettre en toutes choses la plus grande régularité. Dix-huit
mois après son installation, il publia un nouveau catéchisme
dont le plan avait été préparé par son prédécesseur ^i). Grâce à

ses relations cordiales avec la eour de Turin, il jouissait auprès
des autorités civiles de Nice d'une grande influence. Après douze
(1) Ce catéchisme en italien fut imprimé à Nice par la Société
Typographique. C'est un petit volume in-douze de 612 pages, portant
la date de 1783. En tête se trouve le mandement de Monseigneur
Valperga du 16 février 1782 qui approuve le travail terminé par
le prêtre auquel Monseigneur Astésan en avait confié le soin, ordonne
sa publication et règle l'organisation des catéchismes dans tout le
diocèse. Deux ans plus tard en 1785, Gabriel Floteront, imprima
un autre catéchisme rédigé en dialecte niçois, petit volume in-12
de 228 pages. Un exemplaire de ces deux ouvrages existe à la biblio
thèque de Nice. — Voir Villarey, Série Cronològica dei Vescovi
di Nizza. — Art. Valperga.

�-35 années de séjour dans cette dernière ville il s'était acquis l'estime
et le respect de tous.
*

• *

Lorsque le 28 septembre 1792 dans l'après-midi, les troupes
piémontaises évacuèrent Nice, il y eut dans cette ville une effroyable panique et des milliers d'habitants s'enfuirent dans la direction de Turin. Ce fut un désarroi et une désorganisation complète de toutes les autorités. iMonseigneur Valperga resta à son
poste et s'engagea à ne point quitter la ville. Le lendemain samedi
29 septembre, il accompagna le second consul Honoré Saissi et
quelques membres du Conseil qui se rendirent, vers les onze
heures du matin, à la villa Feraudi, au quartier St Hélène, pour
offrir les clefs de la cité au général d'Anselme qui venait d'y
arriver à la tête des troupes françaises. Le général fit à la délégation assez bon accueil, mais il s'étonna de trouver parmi ses membres, l'évêque dont la place déclara-t-il n était pas là. Du reste,
d'Anselme attacha si peu d'importance à la démarche îles magistrats niçois que dans aucune de ses dépêches officielles il n'en fit
mention.
Sur le soir du même jour, la petite armée française faisait son
entrée dans la ville et le général s'installait dans la maison du
consul de France à la place St Dominique. L'évêque de Nice qui
tenait à rester au milieu de ses diocésains se présenta de nouveau
vers les huit ou neuf heures du soir chez le général auquel il voulait recommander ses prêtres en lui demandant des respecter les
églises. Le général était entouré de tout son état-major, du consul
de France, Pierre Le Seurre, de Honoré Saissi, second consul, de
Féraudi, secrétaire général de la commune. Ces deux derniers
venus probablement pour appuyer les demandes de l'évêque.
L'accueil du général ne fut pas plus encourageant que la première fois ; il intima même avec insistance au prélat l'ordre de
quitter ta ville en ajoutant que le plus tôt serait le mieux et ce
fut sur ces dernières paroles que l'évêque se retira après avoir toutefois reçu du général la promesse que tout ce qu'il laisserait dans
son palais serait placé sous la sauvegarde de la Nation française.
Il n'y avait pas à tergiverser, l'ordre était formel et pressant, il
fallait partir. L'évêque prit ses dernières dispositious et délégua,
au curé de la cathédrale, le chanoine Honoré Navello, tous les
pouvoirs nécessaires pour administrer le diocèse en son absence.
Aux premières lueurs du jour, Valperga quitta son palais, et se

�— 36 dirigea à pied vers la porte Pairolière. Il avait été impossible de
trouver une voiture car tous les moyens de transport avaient été
réquisitionnés et utilisés le 28 septembre pour permettre l'exode
des habitants terrorisés. Il avait ordre de partir, mais cet ordre
n'ayant pas été donné par écrit, les volontaires marseillais, de garde
à la porte de Turin, refusèrent de le laisser passer, l'accablèrent
d'injures, le menacèrent même de le pendre et ne consentirent á
le lâcher que sur un ordre écrit, sollicité et obtenu du général,
grâce à l'intervention courageuse et au sang-froid d'un jeune
niçois, Joseph Castellinard. Monseigneur Valperga se retira à
Turin et y mourut en 1805 sans avoir jamais pu obtenir l'autorisation de rentrer.
*

* *

Il est établi par les documents officiels contemporains que
Monseigneur Valperga ne quitta son siège que sur les ordres arbitraires du général d'Anselme et ces mêmes documents nous
renseignent très exactement sur les incidents fâcheux qui se produisirent au départ de l'évêque. Du reste, on n'ignorait pas à Nice
comment les choses s'étaient passées et la population savait grê à
Valperga de son attitude et de sa fermeté. De son côté, Valperga
avait eu confiance dans la parole à lui donnée par le général au
nom de la Nation française et à plusieurs reprises il manifesta
son étonnement qu'elle n'ait pas été gardée, que ses biens aient
été confisqués, son mobilier vendu, son nom inscrit sur la liste
des émigrés alors qu'en partant il n'avait cédé qu'à la force.
Parmi les nombreux documents qui se trouvent soit aux archives de Nice, soit aux archives nationales il en est quelques-uns
dont la simple reproduction sera plus probante que tous les corn,
mentaires. Il_suffira de citer :
•i° La lettre du Directoire des Colons Marseillais en date du
25 février 1793, adressée aux citoyens Blanqui et Veillon, députés
extraordinaires de la ville de Nice à Paris, au sujet des réclamations présentées le 23 du même mois par Jean-Jacques Donny, au
nom de Mgr Valperga.
20 La réponse du même Directoire à J.-J. Donny, en date du
26 février 1793.
3„ L'arrêté du Département en date du 13 avril 1793.
40 La réclamation présentée au Directoire du département

�Valperga, aussitôt après son inscription sur la liste des émigrés de
la ville de Nice, dressée à la fin de juin 1793.
50 Les états de frais pour l'inventaire et la vente du mobilier
et effets de « l'émigré Valperga Maillone, citoyen évêque » approuvés par le département des Alpes-Maritimes, le 5 germinal an
III (25 mars 1795).
6° Les actes de notoriété dressés le Ier et 2me fructidor an III
(18 et 19 août 1795) par Gautier, juge de paix à Nice, à la requête de Pierre-Joseph Passeron, agissant en qualité de procureur
subrogé par Nicolas Giorni, procureur spécial et général de Mgr
Valperga, par acte de procuration reçu à Turin le 20 juillet 1795,
notaire Pierre-Joseph Bernochio.
70 La pétition adressée au district de Nice le 4 fructidor an III
(21 août 1795) par Pierre-Joseph Passeron, demandant la radiation du nom de Valperga sur la liste des émigrés.
8° L'avis du district de Nice en date du 5 vendémiaire an IV
(27 septembre 1795) déclarant que Mgr Valperga doit être rayé
de la liste des émigrés.
90 L'arrêté du département des Alpes-Maritimes, en date du
14 prairial an V (2 juin 1797) ordonnant la radiation provisoire
du nom de Valperga de la liste des émigrés.
io° L'acte de cautionnement dressé par le département le
11 fructidor an V (28 août 1797), à la requête de Pierre-Joseph
Passeron, procureur de Mgr Valperga en exécution d'une des
clauses de l'arrêté du 14 prairial an V (2 juin 1797).

�- 38 —

DOCUMENTS ET PIÈCES D'ARCHIVES

Pièce 1.

25 février 1793
Aux cit. Blanqui et Veillon
Une lettre du cit. Donny, associé du citoyen LeClerc, défunt président de l'ancienne administration
provisoire, dont vous avez ci-inclus l'extrait ( 1 ), nous
fait connaître que le cit. Valperga, évêque de Nice,
laissa avant son départ (ordonné à son retour par
Anselme) dans sa maison pour environ 34.000 livres,
argent monnayé, et environ pour 17.000 d'effets en
vaisselle, linge, batterie de cuisine etc.
Une portion de ces effets se trouvent encore dans
ladite maison, sous l'inventaire que nous en avons
fait dresser par les commissaires de l'une et l'autre
administration, lorsque nous avons été installés, mais
il s'en faut de beaucoup qu'elle puisse arriver à la
somme de 17.000 livres, pas même le tiers.
Quant à l'argent monnayé entré dans la caisse du
receveur de l'ancienne administration, nous n'y
voyons point la somme que ledit Evêque désigne
avoir laissé dans sa maison. Nous vous remettons cijoint un extrait de l'état des sommes' que le cit.
Bonnet a reçu en espèces, pendant toute sa gestion
de receveur et trouvées parmi les effets des émigrés
français et niçois.
Nous ne voulons rien préjuger sur l'assertion du
cit. Valperga, quoique nous ayons des indices frappants de vérité. Ce ne sera que lorsque nous aurons
pu les convertir en preuves par le témoignage de
quelques citoyens que nous nous procurerons, pour
pouvoir en demander la restitution et la poursuite
contre le pillage.
En attendant, noùs croyons devoir vous faire part
de cette découverte que nous allons communiquer au
Président de la Convention Nationale et au Ministre.
Arch. des A. M. Registre de la correspondance du
Directoire des Colons marseillais L. 5.
Cet extrait manque au registre ainsi que les autres pièces
énoncées dans celte lettre.

�-hLe 2érae février 1793.
Au citoyen Donny, négociant à Nice
Pièce 2.

Votre lettre du 23me de ce mois, citoyen, nous
demande des renseignements sur le temporel du
citoyen Valperga, Evêque de Nice. Nous allons vous
transmettre tous ceux qui sont à notre connaissance
L'administration provisoire en choisissant l'Evêché
pour le lieu de ses séances, vint s'y établir dans les
premiers jours d'octobre, et tout nous porte à croire
qu'elle ne fit aucun inventaire des effets qui s'y trouvaient, du moins nous n'en avons trouvé aucun dans
les papiers qu'elle nous a remis.
En succédant à cette administration provisoire,
uous avons cru que notre premier devoir était de faire
un inventaire de tout le mobilier renfermé dans la maison épiscopale. Nous y avons successivement procédé
en présence des administrateurs provisoires et à mesure qu'ils nous en remettaient les clefs. Tout le mobilier qui s'y trouvait, ne consistait guère qu'en
meubles meublants et ne nous paraît pas avoir la
valeur de 17 mille livres que l'Evêque lui donne.
Vous pourrez, si vous le jugez à propos, faire prendre
à notre secrétariat une copie de cet inventaire. Tout
ce. qui n'est point renfermé dans les appartements
que nous occupons au premier étage, a été laissé à la
garde de Jean Poma, ancien concierge de l'Evêque et
le nôtre.
Pour nous éclairer sur les 34.000 1. argent monnayé que l'Evêque doit avoir laissé en sa maison,
nous avons écrit au cit. Bonnet, receveur de l'administration provisoire, pour lui demander un état des
sommes en numéraires versées dans sa caisse, comme
ayant été saisies et trouvées parmi les effets des Emigrés français et niçois. L'état qu'il nous a remis ne
monte qu'à 74121. 16 s, et aucun article n'a du rapport
avec les réclamations du citoyen Valperga.
Quant à ce qui concerne personnellement le
citoyen, nous avons demandé au Ministre de l'Intérieur de vouloir bien nous dire la manière dont nous
devions l'envisager. Nous savons qu'un ordre arbi-

�— 40 —
traire de Danselme l'obligea de quitter Nice, le jour
de l'entrée des Français. Mais nous pensons aussi que
la proclamation des Commissaires de la Convention
nationale de France et le décret de celle de Nice,
concernant les Emigrés, étaient des motifs suffisants
pour le ramener à son poste et le rassurer sur les
suites de son retour. En persistant à prolonger son
absence, il s'expose à être traité comme émigré, à se
voir déclarer déchu de sa place et confisquer tous ses
biens. Telle est la disposition de la loi, et quoique
nous ayons consulté le ministre sur le cas particulier
de l'Evêque, nous prévoyons que sa réponse sera de
nous en tenir à la rigueur des lois, ainsi que plusieurs
instructions nous l'ont déjà annoncé.
Vous sentez, citoyens, que tout le mobilier de
l'Evêque doit rester séquestré jusqu'à son retour ou à
la décision du Ministre. Il peut être tranquille sur la
conservation de tout ce que nous avons trouvé en
entrant dans sa maison. Ce qui a pu en être enlevé
avant notre entrée en fonctions, est étranger à notre
gestion. Mais nous employerons tous les moyens qui
sont en notre pouvoir pour en trouver les traces, en
acquérir les preuves et en faire punir les coupables.
Les administrateurs, etc.
Archives des A.-M., Registre
suivants.

,L. 5,/°7i verso et

Lettre des commissaires de la Convention
Nationale et arrêté du Département des A. M.
Nice, le 9 Avril 1793, l'an 1 Ie de la Repu bublique Française.
« Vous voudrez bien, citoyens, en nous envoyant
les noms et prénoms de l'évêque de Nice, nous instruire officiellement d'après les "dispositions des lois,
s'il est censé démissionnaire et son siège vacant.
« Les Commissaires de la Convention Nationale
au département des A. M.
GRÉGOIRE, JAGOT (I)

(1)

Archives des A. M. L. 29 ancien. L

7

actuel.

�— 4i (i3 avril 1793)
Le Directoire ; vu la réquisition du citoyen Procureur Général sindic « Considérant que Charles Eugène Valperga, évêque de Nice, n'avait point quitté
son domicile lors de l'entrée des troupes de la République ; considérant qu'il a lui méme-accompagné les
consuls d'alors quand ils furent présenter les clefs
de la ville et inviter le général Anselme à venir en
prendre possession au nom de la République ; considérant que le général Anselme par ses ordres arbitraires et tiranniques, accompagnés même de menaces contre ses jours, l'ont forcé de s'éloigner ; arrête
qu'il ne peut le déclarer émigré, et qu'il sera répondu
aux Commissaires de la Convention nationale d'après
les principes ci-dessus.. »
Sign : PAUMÉ ; BARLI FABRI ; F. CASTKLIMARD ;
ANGLES ; BERNARDI, secrétaire général. (1)
pjj

ce

^

Aux citoyens composant le Directoire du
département des Alpes-Maritimes..
22 juillet 1793.
Citoyens,
Le citoyen Jean-Jacques Donny, soussigné, chargé
des intérêts du citoyen Valperga, évêque de Nice
absent, ayant été informé que par votre délibération
du 29 du mois passé, ledit citoyen Valperga avait été
déclaré émigré, vous représente avec tous les égards

(1) Archives des Alpes-Maritimes, Registre L,. 3, folio 101. L'Arrêté n'est pas signé par le procureur syndic Jean-François Tourre
ni par l'administrateur Jean-L,ouis de Villiers qui ne partageaient
point l'opinion de leurs collègues. A noter que Tourre était d'Antibes
et que de Viliers était un médecin français établi depuis longtemps
à Nice.
I/Arrêté fut pris malgré le réquisitoire de Tourre qui voulait
déclarer Monseigneur Valperga émigré et malgré un violent discours de Villiers soutenant la même thèse qui fut combattue par
Barli Fabri, par Castclinard et par Anglès. J'ai déjà publié in-extenso
cette délibération du 13 avril T793 au cours d'un article sur l'église
de Nice en 1792-1793 inséré dans Nice Historique du Ier avril 1903,
C'est pourquoi je reproduis ici simplement la lettre des
commissaires et l'arrêté du département.

�- 42 —
dûs au pouvoir dont l'exercice vous a été confié par
le peuple souverain que le citoyen Valperga ne peut
ni ne doit sous aucun rapport être considéré comme
émigré, par les motifs ci-après :
i° Qu'il est de notoriété publique qu'il n'a quitté
le pays que contre son gré et par ordre du général
Anselme :
2° Qu'il a constamment été disposé et a offert
de revenir dans son diocèse, moyennant qu'il ne fut
assujetti à prêter qu'un serment relatif au temporel et
non au spirituel.
3° Qu'enfin et par la raison que n'étant point
indigène, mais étranger, son séjour ici n'a été dé terminé que par sa nomination à l'épiscopat, événement casuel qui n'a jamais pu le soumettre à l'obligation de renoncer pour toujours à sa mère-patrie.
Tous ces motifs, soit qu'on les prenne collectivement ou séparément, démontrent suffisamment,
citoyens administrateurs, le droit incontestable, qu'a
le citoyen Valperga de demander et prétendre la
radiation de son nom du tableau des émigrés, et si
le ministre de l'Intérieur n'a fait aucune distinction
entre lui et les autres citoyens, c'est sans doute qu'il
a ignoré les circonstances qui vous sont exposées
ci-dessus, et notamment la dernière, car s'il les eût
toutes connues, il n'est nullement probable qu'il eût
décidé comme il l'a fait. Toute hypothèse contraire
serait une injure faite à ses sentiments et à ses lumières. Un homme tel que lui, dont les vertus civiques, le patriotisme et les talents l'ont appelé au
poste aussi honorable que pénible qu'il occupe, doit
ressembler autant que possible à la Nation pour
laquelle il agit et qui l'a honoré de sa confiance.
Cette nation est grande, généreuse, magnanime,
juste et bienfaisante.Elle ne peut qu'êtreextrêmement
jalouse de sa gloire, et l'un des principaux devoirs de
ses agents est d'éviter soigneusement d'en ternir
l'éclat.
Le refus qui serait fait de rayer de la liste des
Emigrés le nom du citoyen Valperga, refus qui entraînerait avec lui la confiscation des minces propriétés de ce citoyen, serait un acte qui imprimerait à

�-

43

-

jamais une tache ineffaçable à la gloire du nom français ; tache qui ne pourra manquer de frapper également les yeux des contemporains et ceux de la postérité ; tache enfin que les historiens ne manqueront
pas de faire ressortir par des couleurs enluminées, et
le bel effet qu'un pareil tableau produirait, citoyens
administrateurs, serait votre ouvrage.
Mais non, loin de nous, cette idée ! Vous êtes
républicains ! cela suffit. Les républicains sont vertueux. Ils aiment, chérissent, protègent, respectent
la vertu partout où elle se trouve. Et le citoyen Valperga aussi est un homme vertueux ! Qui en doute ?
Nul bon citoyen, nul honnête homme. Souvenezvous, citoyens administrateurs, que ce n'est que par
ses vertus qu'il a mérité l'amour et l'affection du
peuple Niçois et non par sa qualité d'évêque. Et plût
à Dieu que tous les ecclésiastiques lui eussent ressemblé ! La France n'eut point éprouvé d'aussi horribles secousses, pour asseoir, affermir et assurer sa
liberté.
La République a incontestablement le droit de
renvoyer hors de son sein tout individu qui ne lui
convient pas, mais en renvoyant ainsi un étranger
qui, d'ailleurs, n'a pas encouru la peine de la confiscation de ses biens, elle lui permet de les emporter ou
de les vendre et d'en emporter le produit. Tel est
précisément le cas du citoyen Valperga.
L'exposant demande en conséquence, citoyens
administrateurs, qu'il vous plaise prendre dans votre
sagesse une délibération tendante à rendre audit
citoyen Valperga sa qualité de citoyen français non
émigré, à lui accorder un délai compétent pour rentrer dans ce pays soit comme simple citoyen ou
comme fonctionnaire public et à lui assurer dans
tous les cas la restitution de ses propriétés par lui
laissées sous la sauvegarde de la loyauté française
dans la maison épiscopale, lors de sa retraite forcée,
ou la juste indemnité de leur valeur. Et sera justice.
Nice, le 22 juillet 1793, l'an second de la République française, une et indivisible.
Jean-Jacques DONNY.
l
ARCHIVES NATIONALESF/ 4.867 , dossier Valperga.

�- 44 Pièce 5.

Etat de frais de vente pour parvenir à l'inventaire
et vente des effets de l'émigré Valperga Maillone,
citoyen évêque :
5 germinal an III (25 mars 1795)
Pour une séance de trois commissaires dont un du
District et deux de la Commission municipale, fixée
à trois livres par séance par le Directoire du district
et approuvé par les Représentants du
Peuple
L.
9 »
Papier timbré tant de la minute que
des deux extraits
»12
Pour la copie desdits deux extraits . .
» 8
Droits d'enregistrement
13 10
31

2

Nous soussignés certifions le compte ci dessus véritable.
Signés : J.-B. Thomaty, comm. du dist. ; Savigny,
comm. munie. ; Mabil, comm. municip.
Frais de la vente :
Pour quatre séances de deux corn missaires dont un
du District, un de la Commis, mun. sans le membre
de l'administration fixées à trois livres par séance par
le Directoire du district et approuvé par les Représentants du Peuple .
L.
24 »
Au trompette pour publication de
quatre criées
5 »
Au crieur à la vente, quatre séances .
12 »
Aux portefaix qui ont travaillé au
transport des effets
40 »
Papier timbré tant de la minute que
de l'extrait
1 »
Bougie
3 »
Droits d'enregistrement
27 »
Papier timbré du petit état
» 4
A la femme qui a assisté à la vente
pour l'arrangement du linge
» 12
L.
Signés : J.-B. Thomaty, comm. du
district ; Savigny, comm. municip.

1

159 6

�Vu par nous, membres composant la Commission
Administrative du district et d'après l'arrêté du district, approuvé par les Représentants du Peuple et la
loi du il et 12 Mars, arrête l'état des frais ci-dessus
se montant à la somme de cent cinquante neuf livres
trente centimes, qui seront acquittés par le receveur
du droit d'Enregistrement lorsque le Département
aura vérifié ledit état.
Nice, le 29 ventôse an 3"" de la République française une et indivisible (19 mars 1795).
(Suivent les signatures).
Vu l'état des frais ci-dessus pour parvenir à l'inventaire et vente du mobilier de l'émigré Valperga
Maillone ci-devant évêque.
Vérifié et arrêté par le Directoire du district de
Nice, la Commission Administrative du département
des Alpes-Maritimes approuve ledit état et ordonne
au citoyen Maussier, receveur de l'enregistrement
cîudit district de payer aux citoyens J. B. Thomaty
et Savigny, comm. la somme de 159 livres et 30
centimes pour montant des frais pour inventaire et
vente des susdits effets de l'émigré, laquelle somme
lui sera allouée en compte.
Fait à Nice le 5 germinal an 3me républicain ( 25
mars 1795).
Etat des frais pour parvenir d la vente du mobilier de
l'émigré Charles Eugène Valperga Maillone, citoyen
évêque.
Pour trente-neuf séances de trois commissaires
dont un du District et deux de la Commission municipale, fixé à trois livres par séance par le Directoire
du district et approuvé par les Représentants du
peuple
L.
351 »
A deux portefaix, dix-neuf journées et
demi chaque fixées à cinq livres par jour.
195 »
Au trompette pour publication de
trente-neuf criées fixées à une livre cinq
sols chaque
48 r 5
Au crieur à la vente, trente-neuf séan
ces fixées á trois-livres par séance ....
117 »

711 1$

�- 4* Report
Papier timbré tant de la minute que
de l'expédition
Pour copie dudit extrait fixé à quatre
livres
Papier timbré du présent état ....
Bougie
Droit d'enregistrement
Plus deux autres journées de portefaix à cinq livres
Un paquet de plume
L.

148
4
6
421

»
4
»
»

20
5

»
»

1.182

7

Nous soussignés certifions le compte ci-dessus,
véritable.
Nice, le Ier ventôse an 3me de la République (19
février 1795).
Signés : J.-B. Thomaty, commissaire du district ;
Savigny, comm. ; Honoré Mabil, comm. municipal.
Vu par nous, membres composant la Commission Administrative, de ce District, et d'après la loi
du 11 et 12 Mars 1793 (v. s.) et l'arrêté de cette
Commission approuvé par les Représentants en date
1^ Fructidor, oui l'agent national, arrête l'état des
frais se montant à onze cent huitante deux livres et
trente cinq centimes qui seront acquittés par le
receveur de l'agence de l'enregistrement sur le produit de la vente desdits meubles, lorsque le Département aura vérifié ledit état.
Nice le 29 ventôse an 3me de la République
française une et indivisible (19 mars 1795).
(Suivent les signatures).
Vu l'état des frais ci-dessus pour parvenir à la
vente du mobilier de l'Emigré Valperga Maillone cydevant évêque.
Vérifié et arrêté par le Directoire du district de
Nice.
La Commission administrative du département
des Alpes-Maritimes, approuve ledit état et ordonne

�— if au citoyen Maussier, receveur de Penregistrement
dudit district de payer aux citoyens J.-B. Thomati,
Savigni et Honoré Mabil, commissaires, la somme de
mille cent quatre vingt deux livres trente cinq centimes pour montant des frais de la vente des susdits
effets de l'Emigré. Laquelle somme lui sera allouée
en compte.
Fait â Nice le 5 germinal an 3me républicain (25
mars 1795).
Arch. des A. M. L. 15 ancien p. 44-45 N° 34-35

Actes de Notoriété
Pièçe g

1-2-fructidor an III
18-19 août 1795
EGALITÉ, LIBERTÉ

AU NOM DE LA LOI
Ce jourd'hui, premier Fructidor, l'an troisième
(18 août 1795 de la République française, une et indivisible, à Nice, chef-lieu du département des AlpesMaritimes, par devant Nous, Antoine Gautier Juge de
paix de la Ier, 2m" et 3me section et officier de police,
est comparu le citoyen Pierre Joseph Passeron, natit
tic la commune de Contes et habitant en celle de Nice
depuis plusieurs années.
Lequel en sa qualité de procureur du citoyen
Charles Eugène Valperga de Maillone, évêque de Nice,
subrogé par le citoyen Nicolo Giorni, homme de loi,
procureur spécial et général établi (par acte reçu) par
le notaire Pierre Joseph de Bernochio, le 20 Juillet
dernier (v. s.) qu'il présente, légalisé par le résidant
de la République de Gênes auprès de la Cour de Turin, dont il résulte le pouvoir donné au citoyen Giorni, de subroger en son lieu et place, avec tous les
pouvoirs compris au dit acte, et il présente au surplus l'acte de sa dite subrogation faite par le même
citoyen Giorni, reçu en la ville de Gênes le premier

�- 48 du mois d'août dernier (v. s.) par le notaire Antoine
Baglietto, légalisée par le consul de la République
française.
Il expose que le vingt neuvième jour de septembre
de l'année 1792, l'armée de la République, étant arrivée en cette ville, commandée en chef par le citoyen
général d'Anselme, lorsque ce général, vers le soir,
fut arrivé et il eut pris son logement dans la maison
habitée par le ci-devant consul de la République Le
Seurre, ledit citoyen Evêque Charles Eugène Valperga de Maillone s'y étant présenté, ledit général d'Anselme, en présence de tout son Etat-Major, lui signifia
d'abord de devoir partir de cette ville. Sur quoi le
dit évêque ayant répondu qu'il avait cru de pouvoir
continuer sa résidence en cette ville et tellement l'avait cru, qu'il n'avait jamais pensé de distraire et en
faire partir le moindre de ses meubles et effets, qu'il
avait dans la maison d'habitation de l'tvêque et que
si absolument il lui ordonnait de partir, il le priait de
lui accorder la sauvegarde sur tous lesdits effets et
meubles. Le dit général d'Anselme lui répliqua qu'il
dut absolument partir de cette ville, en ajoutant que
le plus tôt en serait le mieux, et qu'à l'égard de ses
meubles et effets qu'il avait, il les mettait dès ce ino
ment sous la sauvegarde et loyauté de la Nation française et qu'il pouvait en être tranquille, après quoi ledit
évêque Valperga de Maillone, tout tremblant, ayant
dit qu'il allait se conformer dès le lendemain au matin à ses ordres, se retira ; ledit général d'Anselme
lui ayant encore répliqué : le plus tôt sera le mieux.
Et comme il importe audit citoyen évêque Valperga de Maillone de constater le fait ci-dessus expo"sé, suivi en présence de tout l'Etat-Major dudit général d'Anselme et de plusieurs citoyens de cette commune, l'exposant, en sa dite qualité vous présente les
citoyens Pierre Le Seurre, ci-dessus nommé, ci-devant
consul en cette ville de la République, le citoyen Honoré Saissi de cette commune qui pour lors était second consul de la même commune, le citoyen Philippe Emmanuel Féraudi qui pour lors était secrétaire de
Ìa même commune et le citoyen Ange Giraudi aussi

�- 49 de cette commune, pour recevoir leurs dépositions
sur ledit exposé et vous fait instance que de tout lui
soit concédé acte, ce que nous lui avons accordé, et a
signé.
PIERRE JOSEPH PASSERON.

Et de suite se sont présenté les susnommés
citoyen Le Seurre, natif de Craon, âgé de 75
ans, bourgeois, le citoyen Saissi, âgé de 70 ans,
négociant, Emmanuel Feraudi, âgé de 68 ans, notaire, Ange Giraudi, âgé de 63 ans, négociant,
natifs et domiciliés dans cette commune, auxquels
après avoir fait lecture dudit exposé fait par ledit citoyen Pierre Joseph Passeron, en sa dite qualité, les
avons interpellés sur serment que leur avons fait prêter, conformément à la loi, de nous dire en leur âme
et conscience si tous les faits énoncés dans le même
exposé sont de leur connaissance et tous les quatre ont
répondu et attesté tant uniment que séparément en
être pleinement informés, s'y étant trouvés présents,
et que le tout contient la vérité, toute la vérité et
rien que la vérité. En foi de quoi ils ont signé :
LE SEURRE, HOSORI'J
SAISSI, PHILIPPE EMMANUEL FÉRAUDI,
ANGE

GIRAUDI.

Et nous, juge de paix, vu les dépositions ci-dessus, avons de tout concédé acte au susnommé citoyen
Pierre Joseph Passeron en sa dite qualité, pour lui
servir et valoir dans tous les cas, à ce que de droit et
de raison. Fait à Nice, l'an et le jour que dessus.
GAUTIER, juge de paix.
BONIFACI, sec. greffier.
Vu par nous, membres du District de Nice, 3 vendémiaire an IV rép. 25 sep. 1795, TOSELLI, JN COPPON
fils, VÉRANI pr. syndic, SAYTOUR Martin.

�— 5o —
EGALITÉ, LIBERTÉ.

AU NOM DE LA LOI
Ce jourd'hui. second jour de Fructidor de l'an 3
août 1795) de la République française une et indivisible, à Nice, chef-lieu du département des AlpesMaritimes, par devant nous, Antoine Gautier, juge de
paix de la iere, 2M* et 3ME section et officier de police,
est comparu le citoyen Pierre Joseph Passeron : natif
de la commune de Contes et habitant en celle de Nice
depuis plusieurs années
Lequel en sa qualité de procureur du citoyen
Charles Eugène Valperga de Maillone, évêque de
Nice, subrogé par le citoyen Nicolo Giorni, homme
de loi, procureur spécial et général établi (par acte
reçu) par le notaire Pierre Joseph de Bernochio, le 20
Juillet dernier (v. s.) qu'il présente, légalisé par le résidant de la République de Gênes auprès de la Cour de
Turin, dont il résulte le pouvoir donné au citoyen
Giorni, de subroger en son lieu et place, avec tous les
pouvoirs compris audit acte, et il présente au surplus
l'acte de sa dite subrogation faite par le même citoyen
Giorni, reçu en la ville de Gênes le premier du mois
d'août dernier (v. s.) par le notaire Antoine Baglietto,
légalisée par le consul de la République française.
Expose : Primo, que le matin du trente septembre 1792, le citoyen Charles Eugène Valperga de
Maillone, évêque de Nice, en partant de cette ville
avec deux domestiques à sa suite, qui portaient un
paquet et quelques effets, fut arrêté à la porte qui conduit en Piémont, ci-devant nommée porte Victoire,
et conduit au vestibule de la maison presque attenante
à ladite porte, appartenant au citoyen Dominique
Castellinard, où se trouva le citoyen Joseph Castellinard, fils dudit Dominique, et malgré que ledit Evêque Valperga déclara aux soldats de la Garde de la
dite porte qui étaient des Marseillais, que c'était en
conséquence d'ordre qui lui avait été signifié par le
citoyen général d'Anselme qu'il partait de cette ville,
lesdits soldats commencèrent par le malmener et lui
(19

�signifier qu'ils voulaient le pendre et ayant ouvert
ledit paquet et y ayant trouvé entre autres effets, une
ceinture d'évêque, ils déterminèrent, à l'instant, de le
pendre avec ladite ceinture, et ayant essayé si la même
était assez forte pour le soutenir, en la préparant, elle
se fit en lambeaux, de façon qu'ils vérifièrent qu'elle
ne pouvait leur servir et demandèrent audit Joseph
Castellinard fils une corde, pour pendre ledit évêque,
à un grand anneau de fer qui était au plafond dudit
vestibule, servant â y passer une verge de fer pour
peser les marchandises, et ledit citoyen Castellinard
fils, leur ayant absolument refusé de leur donner de la
corde, en s'excusant qu'il n'en avait point, comme
dans tous ces entrefaits ledit évêque se trouve mal et
ne peut plus se soutenir, ledit Castellinard fils lui fit
apporter une chaise, par sa servante à qui quelques
uns de ces soldats donnèrent des coups de poing pour
avoir porté ladite chaise et le même Castellinard le
fit ensuite asseoir sur ladite chaise, en le soutenant,
parce qu'il ne pouvait se soutenir droit ; d'autant plus
qu'en attendant, lesdits soldats marseillais lui disaient mille exécrations, lui crachaient dessus et lui
donnaient des soufflets, et assurément ils l'auraient
fini, si dans cet intervalle un de ses domestiques
n'avait été dire au citoyen général d'Anselme ce qui
venait d'arriver, et ledit domestique étant venu avec
un billet dudit général d'Anselme qui ordonnait à la
garde de le laisser partir, puisque c'était de son ordre,
en conséquence de ce billet lesdits soldats marseillais
se bornèrent pour lors à lui dire et crier mille invectives et injures et le laissèrent partir, ce que ledit
évêque, malgré qu'il ne pût se remuer, à l'aide de ses
domestiques fit au mieux possible en tremblant, de
façon qu'il doit son existence au refus ferme et déterminé que ledit citoyen Castellinard fils leur fit de
leur donner une corde, sans quoi avant l'arrivée du
dit domestique portant l'Ordre du général d'Anselme, il aurait été pendu et étranglé.
Secondoque lefaitci-dessusfut d'abord public et notoire, de notoriété publique dans cette ville et encore
plui le lendemain premier octobre, puisque les autres

»

�— 52 —

soldats de la Phalange Marseillaise, arrivés sur le soir
dudit jour trente septembre, d'abord après leur arrivée
cherchèrent l'évêque qu'ils voulaient le lanterner et
mettre en pièces, comme ils s'expliquèrent hautement,
ce qui joint au fait arrivé dans ledit vestibule de la
maison Castellinard, étant devenu d'une notoriété publique donna l'épouvante à tous les gens honnêtes du
pays, qui disaient que le citoyen général d'Anselme en
ordonnant audit évêque de partir, en mettant sous la
sauvegarde de la Nation française ses meubles et ses
effets, avait voulu le sauver.
Et comme il importe audit citoyen Passeron, exposant en sa dite qualité, de constater par témoins le
fait ci-dessus exposé, il nous présente ledit citoyen
Joseph Castellinard fils de Dominique de cette commune, âgé de 21 ans, de profession, négociant, qui se
trouva présent au fait énoncé dans le Ier article de l'exposé ci-dessus, et au surplus informé de la notoriété
des faits énoncés au second et dernier chef, de ladite
exposition et il nous présente les citoyens Jean-Jacques Donny, natif de Neufchâtel en Suisse, âgé de 39
ans, de profession, négociant ; Joseph Poullan, natif
de Clavesana, en Piémont, âge de 48 ans, négociant ;
Jacques Gerbin, âgé de 60 ans, tailleur, Jean-Marie
Thaon, âgé de 56 ans, négociant, natifs et tous domiciliés en cette commune pour déposer sur ladite
notoriété énoncée dans ledit second fait exposé, pour
recevoir leurs dépositions, et nous fait instance que de
tout lui soit concédé acte, ce que nous lui avons accordé et a signé.
Pierre-Joseph PASSERON .
Et de suite se sont présentés les susnommés citoyens Joseph Castellinard, Jean-Jacques Donny, Joseph Poullan, Jacques Gerbin, et Jean-Marie Thaon,
ci-dessus qualifiés, auxquels après avoir fait lecture
dudit exposé fait par ledit citoyen Passeron, en sa
dite quálité, les avons interpellés sur serment, que
leur avons fait prêter, conformément à la loi, de nous
dire en leur âme et conscience, si tous les faits énoncés dans le même exposé sont de leur connaissance,

�- 53 et ledit citoyen Joseph Castellinard a répondu et
attesté en être pleinement informé pour avoir été
présent au fait exposé dans le i" article de ladite exposition, et pour avoir publiquement entendu dire les
faits énoncés dans le second chef qui était en cette
ville notoire de notoriété publique et lesdits citoyens
Jean-Jacques Donny, Joseph Poullan, Jacques Gerbin,
Jean-Marie Thaon, ont répondu et attesté tant uniment que séparément être pleinement informés de
l'énoncé dans le second chef de ladite exposition,
puisque les faits y énoncés étaient notoires, de notoriété publique en cette ville, et tous lesdits citoyens
ont respectivement attesté pour ce qui les concerne
que tout contient la vérité, toute la vérité et rien que
la vérité. En foi de quoi ils ont signé : Joseph Castellinard fils,Jean-Jacques Donny, Joseph Poullan, Jacques
Gerbin, Jean-Marie Thaon.
Et nous, Juge de paix, vu les dépositions ci-dessus,
avons de tout concédé acte au susnommé Pierre Joseph Passeron en sa dite qualité pour lui servir et valoir dans tous les cas, à ce que de droit et de raison.
Fait à Nice l'an et jour que dessus.
GAUTIER,
BONIFACI,

juge de paix.
sec. gref.

Vu par nous, membres Du district de Nice, le 3
vendémiaire anIV rep. (25 sept. 1795).
Jn. COPPON fils, VÉRANi, pr. syndic, TOSELLI, Saytour
MARTIN.

Arch. Nat. F

7

4867 *

�54 -

PÉTITION au DISTRICT de NICE
et AVIS de ce DISTRICT
ÉGALITÉ,

LIBERTÉ

5 vendémiaire
27 septembre 1795 an IV
AUX

CITOYENS ADMINISTRATEURS
DU DISTRICT DE NICE

Le citoyen Pierre Joseph Passeron, natif de la
commune de Contes, habitant en celle de Nice depuis plusieurs années.
Vous expose en qualité de procureur du citoyen
Charles-Eugène Valperga de Maillone, évêque de
Nice, subrogé par le citoyen Nicolo Giorni, homme
de loi, son procureur spécial et général fondé par acte
reçu dans la ville de Turin par le notaire PierreJoseph de Bernochio, le 20 juillet dernier (v. s) légalisée par le résident de la République de Gênes, près
la Cour de Turin, duquel il résulte le pouvoir donné
audit citoyen Giorni de subroger en son lieu et place
avec tous les pouvoirs compris dans le même acte,
qui se trouve copié mot pour mot dans celui de la
subrogation faite par le même citoyen Giorni, reçu
en la ville de Gênes le Ier du mois d'août dernier
(v. s* par le notaire Antoine Baglietto, légalisée par
le consul de la République française, le 13 Thermidor dernier (3 1 Juillet 1795), qu'il vous exhibe qu'étant arrivé dans cette ville le vingt-neuvième jour
du mois de septembre de l'année 1792, l'armée de la
République française, commandée par le citoyen général en chef d'Anselme lorsque celui-ci y fut arrivé
le soir et eut pris son logement dans la maison d'habitation du citoyen ci-devant consul de la République
Le Seurre, ledit évêque Charles-Eugène Valperga de
Maillone, s'étant présenté, le même général d'Anselme
lui signifia d'abord en présence de son Etat-Major de
partir de cette ville, sur quoi ledit évêque lui répondit qu'il avait cru pouvoir continuer sa demeure dans
cette ville et qu'à cet effet il n'avait jamais pensé de

Pièces 7 et 8

�- 55 distraire, ni faire partir le moindre de ses meubles et
effets qu'il avait dans la maison d'habitation de
l'évêque, que si absolument il lui ordonnait de partir,
il le priait de lui accorder la sauvegarde pour tous ses
dits effets et meubles, ledit général d'Anselme lui
répliqua : Le plus tôt sera le mieux, ce qui tout est
constaté par les attestations ci-jointes du premier et
second jour de fructidor dernier qu'il vous présente
également.
Qu'il résulte aussi par lesdites attestations, que
ledit évêque Valperga de Maillone fut forcé par ledit
général d'Anselme de partir de cette ville que tous
ses meubles et effets fussent mis sous la sauvegarde de
la Nation française et qu'étant parti le lendemain 30
dit septembre, il risqu'à d'être pendu ef étranglé paties soldats de la Phalange Marseillaise qui se trouvaient de garde à la porte ci-devant dite Victoire, ce
que tout fut d'abord notoire et de notoriété publique
dans cette ville.
Vous observe que ledit évêque Valperga est natif
du Piémont où il se retira et que s'il a résidé dans
cette ville, ce n'a été que pour raison de son ministère, que tout cela nonobstant il a été porté sur la liste
des émigrés, a été vendu la plus grande partie de ses
meubles et effets, et cela même nonobstant la préalable réclamation que le citoyen Jean-Jacques Donni,
chargé des intérêts dudit évêque avait fait à l'ancien
département par sa pétition du 22 juillet 1793 (v. s)
qui existe dans les Archives de ce district, résultant
ainsi que tout cela a été fait et opéré contre le droit des
gens et la sauvegarde de la loyauté française qui fut
promis audit évêque.
En conséquence, l'exposant demande en sa dite
qualité de procureur dudit citoyen évêque CharlesEugène Valperga de Maillone la radiation de son
nom de la liste des émigrés, la levée des scellés, la
restitution de ses propriétés et l'indemnité de celles
qui ont été distraites et vendues au nom de la Nation,
et sera justice.
(21 août 1795).

�- 56 Nice le 4me jour de Fructidor de l'an 3me de la
République française une et indivisible.
Signé : Pierre-Joseph PASSERON.
Vu la pétition ci-dessus du citoyen Pierre-Joseph
Passeron présentée au nom et comme procureur subs
titué du ci-devant évêque de Nice, Charles-Eugène
Valperga tendante à obtenir la radiation de son nom
de la liste des émigrés, la levée du séquestre et remission de ses effets restant ainsi que l'indemnité de
ceux qui ont été distraits ou vendus.
Vu une première pétition présentée à l'ancienne
administration du département par le citoyen JeanJacques Donni, au nom du citoyen Valperga en date
du 22 juillet 1793 tendante aux mêmes fins.
Vu la procuration en date du premier août 1793
(V. s.) faite à Gênes, par devant le notaire public Antoine Baglietti, légalisée par le Consul de la République française y résidant, ainsi que l'acte de procuration y inséré, en date du 20 Juillet 1795.
Vu l'attestation de quatre témoins faite avec serment par devant le juge de paix de la 1", 2"", 3me section de cette commune, en date du 1" Fructidor dernier '18 août 1795).
Vu autre attestation de cinq témoins faite par
devant le susdit Juge de paix, le 2 dit fructidor, aussi
sous serment.
Considérant que par la première des 2 attestations il est pleinement prouvé que le vingt-neuvième
septembre 1792, aussitôt après l'entrée de l'armée
française dans cette commune, le sus-nommé évêque
Valperga s'étant présenté au général d'Anselme qui
la commandait en chef, celui- ci lui ordonna d'abord
en présence desdits témoins et de tout l'Etat-Major.
u'il n'avait qu'à partir de la ville, et malgré que le
it évêque lui observa qu'il avait cru de pouvoir y
rester tranquillement et qu'à cet effet il n'avait fait
partir aucun de ses effets et meubles, le général lui
répliqua de partir absolument de la ville, en ajoutant
que le plus tôt serait le mieux, l'ayant assuré qu'à

a

�-5;l'égard de ses meubles et effets de sa maison, il les
mettait dès ce moment sous la sauvegarde et loyauté
de la Nation française et qu'il pouvait en être tranquille.
Considérant qu'il résulte par lesdites attestations,
et il est prouvé que l'évêque Valperga, d'après les
ordres précis et réitérés du général d'Anselme, partit
le lendemain 30 septembre de cette ville.
Considérant que par la susdite attestation du deux
Fructidor il résulte que l'évêque Valperga, au moment de son départ de cette commune, ayant été arrêté à la porte qui conduit au Piémont, par les soldats
qui y étaient de garde, lesquels tentèrent de le pendre,
il évita la mort par les soins du citoyen Joseph Castellinard, un des déposants, et il ne fut laissé libre que
d'après un billet du général d'Anselme, qui ordonnait à ladite garde de le laisser partir, puisqu'il s'en
allait de son ordre
Considérant que tous ces faits sont devenus de notoriété publique dans cette commune, dès le même
jour 30 septembre et Ier octobre suivant, ainsi que
quatre témoins l'ont attesté.
Considérant que le citoyen Valperga ne s'est absenté de cette commune et ci-devant Comté de Nice
que d'après les ordres du général d'Anselme auquel il
témoigna son regret.
Considérant que le départ du citoyen Valperga
ayant été forcé il ne peut pas être qualifié d'émigration.
Considérant que son intention de rester dans cette
commune est d'autant plus constatée, que le citoyen
Valperga a été le seul fonctionnaire public, il soit
resté à son poste, n'ayant soustrait aucun des meubles
et effets de sa maison, lesquels ont été ensuite distraits
et vendus par la Nation.
Considérant que le citoyen Valperga ne peut être
non plus considéré comme réfractaire aux lois de la
République, tandis qu'à l'époque de son départ de cette
commune, aucune loi de la République, surtout à
l'égard des ecclésiastiques, n'y avait été encore publiée
à laquelle eut pu contrevenir.

�— 58 —
Considérant que le citoyen Valperga ne pouvant
être considéré ni comme émigré, ni comme réfractaire, ne pouvait être privé de ses propriétés laissées
dans cette commune lors de son départ, sous la sauvegarde de la loi et de la Nation française qui lui fut
accordée par le général d'Anselme, et qui étant digne
de la loyauté de cette Nation, ne pouvait être violée
sans blesser le droit des gens.
Considérant au surplus, que le citoyen Valperga,
originaire piémontais, ne faisait sa résidence à Nice,
qu'à raison de son épiscopat, ce qui ne donne qu'une
résidence easuelle, et que sous tous les rapports, il
n'a cessé d'être étranger à l'égard du pays de Nice et
de la France.
Considérant que l'article 6, section deux, N° 2 de
la Loi du 25 Brumaire (15 novembre 1794) en déclarant émigrés les citoyens domiciliés dans le cidevant comté de Nice, qui sont sortis depuis le 27
septembre 1792, n'a point porté atteinte au droit des
gens dans la personne de l'étranger, qui se trouvait
dans ce même pays, où il n'aurait pas établi son vrai
domicile.
Considérant que le citoyen Valperga, qui avait été
forcé par le gouvernement de partir de Nice, n'a dû
plus y revenir dans le terme même prescrit par les
lois aux citoyens de la ci-devant Comté de Nice,
puisqu'il ne devait point imaginer qu'il fut compris
dans l'invitation, malgré qu'il ait été porté sur la
liste des émigrés.
Considérant que ce nonobstant, lorsqu'il sut qu'il
avait été porté sur la liste des émigrés de cette commune, s'est empressé de présenter sadite pétition
du 22 Juillet 1793 dans laquelle il demanda non seulement la radiation de son nom de ladite liste, mais
encore un délai convenable pour rentrer dans cette
commune, soit comme simple citoyen, ou comme
fonctionnaire public, ainsi que la restitution de ses
propriétés par lui laissées sous la sauvegarde de la
loyauté française dans la maison êpiscopale lors de sa
retraite forcée, ou une juste indemnité de leur valeur.

�- 59 Considérant finalement que,d'après toutes les circonstances sus-ênoncèes, aucune loi concernant les
émigrés ne peut être applicable au citoyen Valperga,
et que toutes celles qui pourraient le regarder relatives au séquestre des biens appartenant aux habitants
des pays en guerre avec la République française ont
été rapportées par le décret du 14 Ventôse dernier
(4 mars 1795). •
Le Directoire du district de Nice, oui le procureur syndic, est d'avis que le citoyen Charles-Eugène
Valperga ci-devant évêque de Nice ne doit point être
considéré émigré.
Qu'il doit être rayé de la liste des émigrés, que le
séquestre apposé sur ses propriétés doit être levé, qu'il
doit être réintégré dans la possession et jouissance
d'iceux, que tous receveurs ou dépositaires doivent
lui restituer les sommes qu'ils ont perçues, résultant
du produit desdites propriétés et qu'il doit recevoir
la juste indemnité des meubles et effets qui seraient
passés au profit de la Nation.
Fait à Nice, dans la salle des séances le 5me Vendémiaire an 4me républicain (27 sept. 1795). Signé
Saytour Martin. Verani,
procureur syndic, Angles v. prés.
Touzelly. Jn Coppon fils.
Enregistré au feuil. 20 registre des prévenus
d'émigration et signé BARRAIA, commis greffier.
Certifié conforme par nous Ve président et secrétaire du district Jn COPPON Fils V,-PRÉSIDENT
BARRAIA Cis greffier.
A rch. Nat. F 7 4867

2

�— 6o —

Pièce 9.

LIBERTÉ (vignette) ÉGALITÉ
BUREAU DES
ÉMIGRÉS

Extrait des registres des délibérations et arrêtés de
l'Administration Centrale du département des Alpes Maritimes.
(2

juin 1797)

Séance du quatorze Prairial an 5mf de
la République française une et indivisible.
Sur le rapport d-e la pétition présentée par le
citoyen Pierre Joseph Passeron, procureur fondé de
Monsieur Charles Valperga, ci-devant évêque de
Nice, dans laquelle il expose que ledit Charles Valperga n'a jamais dû être atteint des lois relatives à
l'émigration, soit qu'on le considère comme parti en
suite d'une force majeure, soit en sa qualité de piémontais et demande en conséquence la radiation de
son nom de la liste des Emigrés, sa réintégration
dans la possession et jouissance de ses propriétés et
une juste indemnité, des meubles et effets qui sont
passés au profit de la République.
L'Administration Centrale du département des
Alpes-Maritimes, considérant que M. Charles Valperga, comme piémontais, n'habitant Nice que pour
cause de son emploi, n'aurait jamais dû être porté
sur la liste des émigrés du département.
Que le seul motif qui a pu déterminer le général
d'Anselme à lui ordonner de partir de la ville de
Nice, ne peut avoir été que la susdite qualité de
piémontais.
Considérant enfin, que comme sujet du roi de
Sardaigne, il est dans le cas de jouir de l'article i,r
de la loi du quatorze nivôse an troisième, (} janvier
1795), ainsi que de l'article neuf de la loi du trente
Floréal an quatrième, (19 mai 1796).
Arrête, oui le commissaire du Directoire Exécutif
que le nom de Valperga, ci-devant évêque de Nice,
qui se trouve inscrit sur la liste des émigrés, sera

�— 6i —

provisoirement rayé ; que tout séquestre qui pourrait
avoir été mis sur ses biens sera levé, qu'il sera réintégré dans la possession et jouissance de ses propriétés,
et que toutes les sommes versées dans les caisses publiques, lui seront rendues, déduction faite des frais
faits conformément aux lois.
Fait et arrêté* en séance publique le jour, mois et
an que dessus.
Signé : Donny, président Payani, fils, Scudéry,
Oberti, Hancy (et en marge Gastaud commissaire
du Directoire Exécutif).
Certifié conforme à l'original par nous président
et secrétaire de l'Administration centrale du départemeni des Alpes-Maritimes.
DONNY, président
BELMONDI, sec. chef au bureau des émigrés.
Arch. Nat. F 7 4867 2

ACTE DE CAUTIONNEMENT
Pièce 10.

11 fructidor anV (2&amp; août 1797)
LIBERTÉ ÉGALITÉ
Ce jourdTiui 11 fructidor an 5 de la République
française une et indivisible (28 août 1797) par devant nous, membres composant l'Administration
centrale du département des Alpes-Maritimes, est
comparu le citoyen Joseph Passeron, natif de Contes,
chef-lieu de canton, domicilié dans cette commune,
procureur fondé de Monsieur Charles Valperga, cidevant évêque de Nice, en vertu d'acte de procuration du 20 juillet et premier août 1795 (v. s.) lequel
en sadite qualité, dépendamment à l'arrêté de cette
administration du quatorze prairial an cinq (2 juin
1797) portant que le nom de Valperga, ci-devant
évêque de Nice, sera provisoirement rayé de la liste
des émigrés, que tout séquestre qui pourrait avoir
été mis sur ses biens sera levé, qu'il sera réintégré
dans la possession et jouissance de ses propriétés, et

�— 62 —

que toutes les sommes versées dans les caisses publiques lui seront rendues, déduction faite des frais
faits, conformément aux lois, désirant de se conformer au porté par l'article 3 de la loi du 5 Brumaire
an 3 (26 octobre 1794) qui exprime que les prévenus
d'émigration seront tenus de donner caution solvable de la valeur mobilier, et ne pourront obtenir
leurs immeubles jusqu'à ce qu'il ait été définitivement statué sur leurs réclamations par qui de droit,
toujours en sa dite qualité a présenté pour caution le
citoyen François Grosson, marchand drapier de cette
commune, lequel ici prése.it et acceptant, s'oblige
conjointement et solidairement avec ledit Valperga
et pour celui-ci ledit Joseph Passeron, et sous l'hypothèque de tous leurs frens présents et à venir, à l'entière exécution de ce qui les concerne en la susdite
loi, et à la représention des mobiliers, effets et sommes à percevoir en dépôt que besoin sera, et quant
aux mobiliers invendus et en dépôt seront soumis
d'en représenter la valeur à laquelle seront estimés
par experts, préalable rémission.
Et nous, administrateurs susdits approuvant lesdits
cautionnement et acte de soumission, à la réquisition
dudit citoyen Joseph Passeron, avons dressé le présent acte que toutes les parties ont signé avec nous,
ayant au préalable fait renoncer audit François Grosson au droit de premier convenir.
Fait à Nice les jours, mois et an que dessus.
Joseph

PASSERON,

François GROSSON,
prés., PAYANY FILS,
MARUN-SAYTOUR, sec. en chef

HANCY, DONNY,
P.

Acte original sur timbre de 20 centime*.
Arch. Nat. F

7 4867^

�— 63 -

CONCLUSION

Il était avéré pour tous, dans la ville de Nice, que Mgr
Valperga était parti contre son gré et si la première Administration départementale, installée au mois de Mai 1793,
l'avait inscrit sur la liste des émigrés de Nice, c'était à la
suite d'une réponse faite par le ministre de l'Intérieur, Garât,
aux questions à lui posées par le Directoire des Colons Marseillais sur la conduite à tenir vis-à-vis de l'évêque.
Les questions avaient été envoyées à Paris, vers la fin
de Février 1793, et la réponse du ministre ne parvint à Nice
qu'au milieu de juin suivant, soit quelques jours avant la
publication de la liste des émigrés. Les réclamations de
l'évêque, retiré à Turin dans sa famille, furent présentées
le 22 juillet 1793 (1) ; mais comme beaucoup d'autres, elles
s'entassèrent dans les bureaux du Département, qui n'y
répondit même pas.
Cette réclamation fut présentée au nom de l'évêque par JeanJacques Donny au Département. lîlle figure en original au dossier
Valperga.
Voir ci-dessus.
Le registre des délibérations du département manque aux Archives pour les derniers mois de 1793, exactement du Ier mai au 10
Novembre, comme pour les six derniers mois de 1797 et l'année entière de 1798, exactement du 8 Messidor an V (26 Juin 1797) au 25
Pluviôse an VII (13 février 1799).
C'est-à-dire pour les deux périodes les plus troublées et cette
disparition est tout au moins étrange.
Elle doit être vraisemblablement attribuée à certains hommes
politiques désireux de laisser dans l'oubli leur conduite durant ces
deux époques.

�- 64 On était dans la période la plus aiguë et, en pleine
Terreur.
Après le 9 Thermidor et, surtout après la venue à Nice
du représentant Beffroy, au mois de Floréal, an III (Mai
I795)»
les esprits devinrent plus calmes, les administrations plus pondérées. C'est alors que, sur de nouvelles demandes présentées au District, et sur avis favbrable de
celui-ci, le département des Alpes-Maritimes accorda à Mgr
Valperga sa radiation provisoire, le 14 Prairial, an V (2 Juin
1797). Comme on le voit, l'affaire avait traîné en longueur.
Il semblait alors que rien ne s'opposait plus à la rentrée
de l'évêque : le 11 Fructidor, an V (28 Août 1797), le Département avait agréé la caution de François Grosson (1) ;
les biens de l'évêque allaient lui être rendus, et il pourrait
rentrer.
Mais huit jours après, le coup d'Etat du 18 Fructidor (4
septembre 1797) remettait le pouvoir aux mains des Jacobins, la guerre aux émigrés et aux ecclésiastiques, en particulier, reprit avec âpreté. Pe département des Alpes-Maritimes se vit accusé d'avoir préparé une rentrée triomphale à l'évêque, son arrêté du 14 Prairial resta sans effet
et, en vertu de la loi du 19 Fructidor (5 septembre), les
scellés furent de nouveau apposés sur les biens de Mgr Valperga par deux commissaires municipaux (2).
En vain, l'évêque de Nice, fit intervenir auprès du Directoire Balbi, l'ambassadeur du Roi de Sardaigne à Paris,
le dossier de sa demande en radiation fut examiné sans
aucune bienveillance.
(1) L/Acte original de ce cautionnement sur timbre est aux
Arch. des Alp.-Maritimes Q. 10.
(2) Mise de scellés sur les biens de Charles Eugène Valperga par
deux commissaires de la municipalité de Nice. Une scéance, 6 livres.
Dépense approuvée par le Département, en Germinal an VI (avril
1798). Arch. des A. M. Q. 11.
Mgr Valperga ne possédait à Nice aucun immeuble et il devait
rester fort peu de chose de son mobilier après la vente qui en avait
été faite en Ventôse an III. La bibliothèque de l'évêché avait été déclarée bien national et la caisse diocésaine avait disparue en octobre 1792
sans laisser de traces dans les pièces administratives. Le séquestre
a été apposé sur les biens de nombreux émigrés rayés provisoirement.
On peut en voir la liste aux Archives des A. M. Q. 10, où Valperga
figure sous le N° 65.

�- 65
Á la suite de la lettre de Balby datée de Paris le 7 février
1798, le ministre de la police demanda à ses Bureaux un
rapport sur l'affaire Valperga. Pe voici tel qu'il se trouve
en minute au dossier.
Attendu que rien ne tend à constater le prétendu ordre
de quitter Nice, d'où il suit qu'il faut en croire sur parole
l'émigré.
Qu'à raison de son domicile, il était tenu de rentrer sur
le territoire dans les délais voulus par les lois.
Qu'il est atteint par la déchéance et n'a réclamé que
l'an V.
Qu'il ne paraît pas y avoir lieu de violer la loi en faveur
de cet ex-évêque dont la rentrée prohibée par la Constitution serait d'une influence dangereuse.
J'estime qu'il y a lieu à proposer la maintenue sauf
à prendre des renseignements si toutefois on les trouve
indispensables.
CAIGNART,
Sous-chef (2e Bureau).
En tête de cette minute est écrit :
« Je pense qu'il y a lieu à instruction et à prendre
des renseignements près les Administrateurs du département_des Alpes-Maritimes. »
Signature illisible (1).
Ces renseignements furent-ils demandés ? C'est probable et cela explique que bien des pièces du dossier Valperga sont en double expédition. Plus d'une année s'écoula
encore, avant que fut prise une décision et finalement sur
un rapport défavorable de la Commission d'examen instituée près le Ministère de la police pour l'étude des demandes en radiation, le Directoire exécutif signa le 7 Floréal
an VII, (26 avril 1799) un arrêté qui maintenait définitivement, sur la liste des émigrés, Mgr Valperga et annulait
toutes les décisions rendues antérieurement, en sa faveur,
par les. autorités locales.
(1) Arch. Nation. F 7 4862 2 dossier Valperga. Rapport de la
3 me Division du Ministère de la police, sans date mais joint à la
lettre de Balbi.
»

�- 66 -

Varrêté du Directoire parvint à Nice les premiers
jours de Prairial an VII (Mai 99) et fut immédiatement
mis à exécution. (1).
*

* *

Ainsi donc Mgr Valperga expulsé ne put jamais obtenir
de rentrer, les lois sur l'émigration étaient tellement embrouillées et tyranniques qu'une fois inscrit sur une liste
d'émigrés, il était extrêmement difficile de s'en faire rayer
malgré toutes les démarches ; car on se heurtait sans cesse
à des questions de forme et de procédure ce qui permettait
à la malveillance de s'exercer tout à fait à l'aise sous le
couvert de la légalité.
A. J.

PvANCE-BOURREY.

(1) De 21 Floréal an VII (10 mai 1799), il fut communiqué
par le ministre de la police générale de la République aux diverses
administrations intéressées et aux Commissaire du Directoire exécutif
près le département des Alpes-Maritimes. Celui-ci par lettre du 3
prairial (22 mai 1799) demanda au Département de le transmettre
à la Municipalité de Nice, ce qui fut fait le même jour avec ordre
de le transcrire sur ses registres, de faire apposer les scellés ou séquestre sur tous les biens meubles et immeubles de l'évêque si ce
n'est déjà fait, et de mi notifier sans délai la décision prise à son égard.
Voir lettre du Département à la Municipalité, celle du Commissaire au Département, 3 Prairial an VII avec la réponse du Département 4 Prairial.
Arch.. des A. M. Q. 1 et 2 et Arch. Nationales, dossier Valperga,

�NIÇA LA BELLA
VERS DE /.

Giordan,

su

DE CARTA POUSTALA

Ai rai dôu nouostre bouon soulèu
Venon s'escaufar toui lu lùssi ;
Es un meravihous tablèu,
Ai rai dôu nouostre bouon soulèu,
Trouvas, dou Var fin au Castèu,
Anglés, Rouman, Danesi, Rùssi :
Ai rai dôu nouostre bouon soulèu
Venon s'escaufar toui lu lùssi.
Pèr tu, as touti li bèuta,
Terra de lus e d'alegria,
D'un ciel d'azur, as la clartà,
Pèr tu, as touti li bèuta.
De l'univers, en verità,
Siès la uechièma meravia ;
Pèr tu, as touti li bèutà,
Terra de lus e d'alegria.
Dintre lou tèmp, Semiramis
Faguet basti, à Babilouna,
Pu siéu jardin, vèr paradis !
Soubre Paioun, degun s'estouna
De vèire, ancuèi, lou paumoulié
Drissar au ciel la siéu coulouna
E lou galofre, e l'anemouna
Flouri emb'au pourtegalié.
De bouon matin, quitant maioun
Pèr la journada touta'ntiera,
S'en va lavar, dintre Paioun
Pa bugadiera.
D'un glourious passat es fiera
Perqué, d'un tèmp, sus lou bastioun
Au Turc, arranquèt la bandiera
Pa bugadiera.

�fet 68 —

Sau de fouora fa freï,
Que brima,
A Niça, sus lou Quèi,
Si rima.
Pescadou, fourestié,
De la mar bressarella,
Escouton voulountié
Pa doussa cantinella.
L'AVOUCAT

PATTA

L'estudi de l'avoucat Patta es en plen aria ; si tèn lou matin
couma lou predinà su la plaça dôu Palai. Es un ome pichounet,
touplen raplot, li pocha enfli de papiè de touta mers. En lu vièi
quartiè es proun counouissut e li capelada, « Bouonjou Moussu
l'Avoucat », noun li mancon. Es ben m'ai juge, proucuradou, etc.
Lu siéu ounourari soun bouon pati e n'a de preferença pèr
qu si sigue. Parla au premier maufatan vengut, couma se fousse
un agnèu que vén de naisse ; lou créancier o lou débiteur soun
tratat su lou même pen... basta que mouson...
L'avoucat Patta es de noutarietà reputat pèr un ome judicious, òunest — au noun si flata de l'estre au jou d'ancuei ; —
finda counouisse, es en relacioun d'afaire emê de gros persou nage que dintre la finança dôu siéu coumerce, soun quasi d'usurari. Sau menajar la cabra e lou caulè ; e pèr que la mouneda
noun li escapa si desbrouïa e si mete dôu cousta dôu manche...
d'aquéu que casca lou de mai...
Acò fa que toui lu matin que lou Bouon Diéu a fach, la siéu
doumestica mete toujou quaucaren au fuec. Lou dimeneghe, coum'un bouon crestian, — tartufaria que lou pauva, — va audi la
gran'messa à Santa Réparada, fa la siesta e à la calada dóu soulèu,
passeja su lou Cours, pastrouia, fa lu cent pas, noun parla que de
lei, proucès, citacioun, ensin alestisse lou travail dôu dilun...
Lendeman empastra ben d'afaire, mete facilamen en lou sac
Moussu Tout'Un emé Moussu Tout'Autre... En éu que li pòu
faire ?... lança dapertout lou broumech, tant pis pèr aquéu que si
laissa agantar. Quaranta sóu es lou près d'atac e vous pregui de
crèire que douna pas la siéu journada pèr doui o tres escut.
L'avoucat Patta counouisse l'usança dôu païs... s'avès touort,
vous rouïa, s'avès pi rasoun, v'espia... Que voulès aima manjar
lou pei, lou pei que noun aiguë d'espina...
JULI EYNAUDI.

�-«9VA

MAU ! !

Va màu, cresé-vous, que va màu 1
En l'orizoun lou voile negre
N'es qu'un gran camp cargat de pebre,
Qu'à pala lou jeten davan,
Avuglan finda lu cavau 1
Lu canoun soun su li frountièra,
Alignât couma de barriera,
N'esperon plus que lou signàu !
Lou soulèu, aquel animàu !
Stan, noun vòu levà la vela,
Si foundon couma des candela
Enb'aquèu coust dôu diàu !
Le Giacouuda à cóu de d/stràu
Li fan petà li sièu moulura...
Ah ! dèu faire bella figura
Se l'an foutuda en quauqua tràu
Lou pan crèise, finda la sàu,
Lou sucre dintre li boutiga
Mounta ben mai que de boufiga !
Van jusque crèise lou rampàu
E la pèu que fau lou tambau ;
Metran de drech su li nourriça,
Su lu chichi, su li saucissa,
Perqué pas soubre lu magàu ?
E lou Prussian, marrit bertàu,
Noun sabon fa que de babïa,
Per lou Maroc e l'Algèria,
Se faran mètre lou mourràu !
Li serreren toui lou pourtàu
E pi veiren touta la França
Davan la sieù grossa arougança
Se noun si sau garda li clàu !
Es de rima d'un manechàu,
Ma sien d'estiéu, vesin, vesina,
Li passeres en la resina
Avant que vegon l'espitau !
CHARLES CIAUDO

�Valère Bernard
Tout en heurtant le marteau contre la porte de M. Valère
Bernard je songeais. Je me suis complu dans le plus souriant
mépris des idoles. L'ironie a tremblé sur mes lèvres quand
la Provence a dans un ravissement de joie acclamé le poète de
Maillanne. Cette mascarade d'apothéose me répugnait.
Et maintenant la curiosité me fourvoyait dans le studio
d'un consciencieux artiste que les felibres couvraient de gloire.
Elève de Puvis de Chavannes M. Valère Bernard pasticha le
Maître. Mais vite il eût l'intuition qu'à se perdre dans les sentiers
battus il courrait risque de compromettre son crédit. Il dit
adieu à Paris et vint dans Marseille, l'opulente cité.
A cette époque vivait un exquis écrivain, J. Lombard. Il venait de publier deux œuvres d'une grandiose beauté, VAgonie et
Bysance. Dans un style étrangement tourmenté il contait les
luttes entre les factions d'Orient, illuminant son œuvre des
splendeurs bysantines.
Valère Bernard vit Jean Lombard, et du même coup les belles
au bois qui dormaient en son âme s'éveillèrent. Il délaissa les
études académiques, les pastiches sans vie, et d'ardentes couleurs
chargèrent ses toiles.
Voici le triomphe des rois Babyloniens. Sur les voûtes d'un
palais impérial passent des gardes étincelants dans la pourpre et
la soie. L'or envahit les hautes colonnes de jaspe bleu. Involontairement on pense aux fantastiques demeures hantées par des
fées émeraudes et des princesses aux perversités troublantes.
Et je m'imagine que le peintre était sous le charme de la
légende quand il a peint cette courtisanne qui sourit à son miroir tout en jouant négligeamment avec sa chevelure d'or. Et
puis passent Venise la rouge, Marseille enveloppé dans la poussière d'or du crépuscule, des motifs à la Watteau peints par un
bysantin, toute une apothéose.
Mais une idée m'obsède, tandis que dans la grise clarté d'un
soir automnal s'éteignent les fauves éclairs jaillis de ces radieuses
toiles. L'idéalisation du passé me paraît cruelle. Les générations
endormies dans la Mort ont eu leurs misères/leurs rancœurs, je
pense qu'il est absurde de s'écrier avec Musset « qu'aux temps
jadis tout était heureux jusqu'aux douleurs humaines. » En vain
l'apostat s'attriste-t-il sur les vieillards immortels de l'antique

�- 7i

—

lonie, â ses oreilles résonnent les paroles de l'Hiérophante : « La
Helladi que tu aimes n'a jamais existé ».
Mais M. Valère Bernard brise ma rêverie, et mes yeux se
portent.sur des portraits appendus au mur. Profils d'espagnol ou
d'américain mitigés d'espagnol, comme on en croise maintes fois
sur la Cannebière.
Homme universel ne puis-je m'empêcher de m'êcrier. M.
Valère Bernard sourit. Il siérait dit-il, à mi voix, de se développer en profondeur. Toutefois il est beau de se dire sur le
tard de sa vie que l'on a fait vibrer toute son âme. Ici le maître
rejoint Néron. Il m'aide à comprendre cet inquiétant empereur.
Mais encore faut-il que tout en étant l'homme universel on ne
sombre pas dans la banalité. De méchantes œuvres d'art peuvent
avoir leur prix.
Une idée se lève devant moi. Labruyère me petsuade que
l'honnête homme de Pascal propre à tout en définitive n'est propre à rien. La spécialisation inintelligente, mène à l'erreur, j'en
conviens, mais en fait elle est une loi générale.
Et ceci est pour me plaire, car j'abhorre dissiper mon énergie,
j'aime le repliement, la frissonnante pudeur qu'effarouche les
vaines ostentations. Je goûte les peintres du passé et malgré ma
philosophie j'adore les peuples disparus. Volontiers j'implorerai
avec la Cassandre de Schiller la cécité, l'exquise cécité. Le sou
venir a plus de puissance sur moi que l'espoir.
Et sous des deux gris, en des pays étrangers désolants de
médiocrité, il m'est arrivé de pleurer plus amèrement que ne
pleura Xerxès aux rives d'Abydos.
J. PADOVANI.
PROUVERB1, BOUOI MOT, COUNSÈU E DICH
Vèuva que si marida,
Dèu perdre la lus e l'audida.
Fiha madura,
Lou pouorta à la centura.
En cuntant su lu det :
Aquéu a fa l'óu ;
Aquéu l'es anat cercar,
Aquéu l'a fa cuèire,
Aquéu l'a manjat,
E lou pichoun n'a ren tastat !

�— 73 —
LE

DÉSESPOIR

Oui, j'ai la mort dans l'âme ; oui, je monte au calvaire ;
Mon horizon, hier si beau, s'est obscurci ;
Je hais tous les devoirs et tout ce qu'on révère :
Mieux vaut mourir que vivre ainsi !
Puisque je n'y puis rien ; que la raison humaine
Ne gagne plus un cœur où mon cœur est entré,
Je veux briser mes jours comme on brise une chaîne
Et m'enfuir en désespéré.
Qu'est-ce donc que la mort ? C'est la paix éternelle,
C'est un beau drap de fleurs sur mon sein endormi,
C'est la nature calme, auguste et solennelle
Qui nous prête un repos ami.
O nature de Dieu contemple ma détresse !
Ecoute tout mon sang dans mon cœur s'épancher
Et, puisque je n'ai plus le lit de ma maîtresse,
C'est au tien que je veux coucher ;
C'est toi la grande mère et la nourrice immense !
L'homme au sort le plus âpre et l'homme au sort plus beau
Retrouvent dans ton sein leur part de ta clémence :
L'un l'amour, l'autre le tombeau
Tu sais, toi qui vois tout, ce qu'ici bas je souffre,
Que je n'ai point béni l'instant de mon réveil
Et que j'ai regardé, toujours, du fond du gouffre,
Les bords ou brillait le soleil ;
Que je n'ai bu jamais que dans la coupe amère,
Que le seuil du bonheur me fut toujours fermé,
Que j'ai perdu mes fils, que j'ai perdu ma mère
Et tous les cœurs qui m'ont aimé !
Maintenant je m'en vais, battant du front, comme ivre,
En proie à ce grand deuil qui me courbe en vainqueur,
Et je veux déchirer ma vie, avec le livre
Des chastes sanglots de mon cœur ;
Et toi, rayon divin, génie, ardent délire,
Flambeau qui n'iras plus briller sur son autel,
Eternise du moins ces larmes de ma lyre
Et que mon cri soit immortel !
[EDGAR DE MASINI

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13
Mars
Epato (Grégori)
Il
Jun
Cicle soulari
17 Setèmbre
Endicioun roum
10 Desembre
Letra doumenicala
G F
LI QUATRE

8,
7,
20,
20,

10
9
22
22

e
e
e
e

11
10
23
23

SESOUN

Lou printèms coumença lou 21 mars
L'estiéu
—
— 22 Jun
L'autoum
—
— 24 sept,
L'iver
—
— 22 dés.

à 6.55 m.
à 2.36 m.
à 5.18 m.
à 11.53 m.

dôu sera
dôu sera
dôu matin
dôu sera

FESTA MOUBILI

Septuagesima... 12 Fébrié
Cendre
21 Febrié
Pasca
7 Abrieu
Rougacioun 21, 22, 23, 24 Mai
Ascensioun
16 Mai

Pantecousta
Trinità
Festa de Diéu
1" Dimenegue de
Ie* Desémbre

26 Mai
11 Jun
15 Jun
l'Avènt

LU ESCLISS!

Souliu.

—

ij Abriéu. — Esclissi annulari e coumplet visible

à Paris, en America, en Europa et dintre lou N.-O. de l'Africa.
Coumençamen de l'esclissi à 10,01 dôu matin ; finisse à 1,08
dôu sera.
10 Otitoubre. — Esclissi coumplet invisible à Paris, visible
dintre l'America dôu Sud.
Luna. — 1" Abrièu. — Esclissi parciella visibla à Paris. Entrada de la luna dintre l'oumbra, 9.26 dôu sera; sourtida, 11.03
dôu sera.
26 Setèmbre. — Esclissi parciella, invisibla à Paris, visibla
dintre l'Océan Pacifique.

Jîla providence, %ue de la Préfecture /4, $run, Siàraire

�LU

VÉNT

Lu vènt que souflon à Niça, dintre lou cours de l'armada,
soun au nombre de 16. Vequi li siéu denouminacioun courènti,
pihadi, en general, dai loucalità dei quali parèisson vèni :
Sud
Miejon
Nord... Tramountana
S.-S.-O. Miejou Lebech
N.-O.-E. Grek Tramountana
S.-O
Lebech
N.-E... Grego
O.-S.-O Pounèut Lebech
E. N .E. Levant
Ouest. Pounènt
E.-N.-E. Levant
O.-N-O.V Pounènt Maistràu
E.-S.-E. Levant
N -O . Mastràu
S.-E.... Siroco, vènt marin
N..-N. OMaïstràu Tramount
S.-S.-E.. Miejou Siroc

6
15
25
14
31
24

VIGÍLIA — JEUNI
Abriè
(Pasca, 7 Abrièu).
Mai
(Ascensioun, 16 Mai).
Mai
(Pantecousta, 26 Mai).
Avoust
(Assoumpcioun, 15 Avoust).
Outoubre (Toui lu Sant, Ier Nouvembre).
Desembre (Calena, 25 Desembre).
L'AN NADA RELIGIOUSA

LI FESTA MOUBILI E LI FESTA FISSI
Janvt'è
jYlars
1 Circouncisioun.
1 e 2 Quatre Tèms.
6 Epifania (lu Rei).
3 Reminiscere.
13 Bateja de J.-C.
10
Oculi.
14 Sant Noum de Jesu.
17 Lœtare.
fébrié
24 Passioun.
2 Puriflcacioun.
29 Li 7 Doulou.
4 Setuagesima.
31 Lu Rampàu.
6 Festa de la Pr. de N. S.
11 Sexagesima.
Jîbriéu
13 Coum. de la Passioun.
5 Divendre Sant.
18 Quinquagesima.
7 Pasca.
21 Cendre.
14 Quasimodo.
25 Quadragesima.
28 Patrou. de San Joúsè.
28 Quatre-Tèms.

�Setembre
3 Inv. de la Santa Crous.
13, 14, 15, Rougacioun.
16 Ascensioun.
26 Pantecousta.
29-31 Quatre-Tèms.
1
2
6
9
21
24
29

Quatre-Tèms.
Trinità.
Festa de Diéu.
Festa dôu S. Sacramen.
Sacrat-Couor de'jesu.
Natività de S. jouan-Bat.
SS. Peire e Paul.

8 Natività de la Vierge.
14 Esaltacioun de la Crous.
15 N.-D. dei 7 Doulou.
15 San Noum de Maria.
18, 20, 21, Quatre-Tèms.
29 Dédie, de S. Miquèu.

Ôutoubre
6
13
20
27

Sant Rousari.
Maternità de la Sta Vierge.
Puretà de la Santa Vierge.
Patrounage de la S. Vierge.

J/ouvembre

Juliet
2 Visitacioun de la S. V.
7 Precious Sang.
16 N.-D. dôu Carme.

Jîvoust
6 Transfiguracioun.
15
18
25
25
29

Assoumpcioun.
S. Joachim.
S. Couor de la Vierge.
S. Louis.
Decolac. de S. Jouan-Bat.

1
2
3
21

Toui lu Sant.
Lu Mouort.
Santi Relíquia.
Present, de la Sta Vierge.

2&gt;esembre
1 Avent.
8 Imaculata Councepcioun.
18, 20, 21, Quatre-Tèms.
25 Calena.

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l-fi«

�LA

DÉCIMALISATION

DU

TEMPS ET DES

ANGLES

LA MONTRE DÉCIMALE
Par J. de REY-PAILHADE, président du Comité
pour la propagation des méthodes Décimales.
Le Club Nautique de Nice a offert plusieur fois en prix des
montres décimales aux régates'de 1909. Il était utile de décrire cet instrument, d'y joindre des tables pratiques et des
formules à l'usage des ingénieurs, des sportsmen, des médecins, etc. etc.
DÉCIMALISATION DES ANGLES •
Il est aujourd'hui démontré que la division décimale du
quart de cercle facilite tous les calculs.
Les nouvelles cartes géographiques sont graduées exclusivement dans ce système, devenu officiel en France et dans
d'autres pays. On possède toutes les tables pratiques nécessaires à son essai courant. Nous ne nous étendrons pas
davantage sur cette méthode aujourd'hui enseignée dans les
lycées et collèges.
Nous rappellerons seulement que M. l'amiral Germinet,
membre d'honneur du C. N. N., sous la direction duquel on
fit en 1899 et 1900 des essais de navigation avec un matériel
entièrement décimal, a émis un avis très favorable à la
réforme décimale.
DÉCIMALISATION DU TEMPS
La division décimale du jour décrétée le 4 frimaire an II
rendra aussi de grands services à la science et aux sports.
Principe. — On divise le jour entier en 100 parties égales
appelées cés ; le cé est subdivisé en décisés, ceniicès et millicés
Le cé vaut 14m 24s ou 1T4 d'heure environ ; le décicé est égal
lm 26s 4 ou lm Ij2 environ ; le millicé vaut 0S 864 ou 9T10 de
seconde environ.
Concordance des Temps. — On parvient assez vite à dire
instantanément l'heure à 1 ou 2 minutes près en regardant le
cadran d'une montre décimale. Il suffit d'apprendre par cœur
les concordances décimales de toutes les heures.
0,0
0
50,0

4,2
1
54,2

8,3
2
58,3

12,5
3
62,5

16,7
4
66,7

20,8
5
70,8

25,0
6
75,0

�25,0
6
75,0

29,2
7
79,2

33,3
8
83,3

37,5
9
87,5

41,7
10
91,7

45,8
11
95,8

50,0
12
100,0

Les heures sont au milieu, les concordances des heures
du matin en haut, celles du soir en bas. Ainsi 10 heures du
matin valent 41.7 cés (énoncer 41 cés 7 décicés) et 10 heures
du soir valent 91,7 cés.
Gomme 1 cé vaut presque lj4 d'heure et un décicé une mi •
nute 1]2 ; en partant des concordances du tableau, on dit
l'heure instantanément, ainsi 39,9 cés valent 9 h. 36 m. du
matin. Un ou deux jours suffisent pour atteindre ce résultat.

Description de la montre décimale ou cémètre. — Il y a 3
aiguilles centrales se mouvant sur un cercle divisé en 109
parties égales, numérotées de 0 à 9. Le 0 cé est en bas, c'est
l'origine des temps, car on suppose la Terre au centre du
Cadran.
L'aiguille dorée avec un soleil ne fait qu'un tour par jour ;
l'aiguille épaisse en acier bleu tourne 10 fois par jour, et la
trotteuse fine fait 1000 tours par jour.
L'aiguille-soleil montre la position de l'astre du jour par
rapport au méridien de Paris, qui va du centre au chiffre 5.

�10 —
Les quatre traits bleus indiquent les positions de cette aiguille
à minuit en bas sur 0 ; — à tì h. du matin au milieu entre 2
et 3 ; — à midi, en haut, sur le 5 ; — à 6 h. du soir, entre 7
et 8.
L'aiguille dorée du soleil indique le chiffre des dizaines
de cés, 2 sur le dessin ; l'aiguille épaisse donne d'abord le
chiffre des cés, 6 sur le dessin, et en comptant rapidement à
l'œil le rang de la division entre 6 et 7, on voit, que cette aiguille marque 3 décicés. Le temps du dessin est donc 26,3
cés correspondant à 6 h 20 m. du matin environ. L'aiguille
trotteuse donne les millicés 83. Le temps est donc 26,383
cés.
» Pour la vie courante, on n'a pas besoin d'aller au delà du
clécicé. On lit les milticés pour les applications scientifiques
et sportives.
Le temps en millicés lu sur le cêmèire facilite tous les calculs, car on n'a jamais de réductions à faire.
Examinons le problème des vitesses a l'heure : Les millicés multipliés par 0,00024 donne des heures et fraction décimale d'heure. Ainsi Ì2345 millicés valent 12,345 -f- 24 =
2 h. 9628.
Par conséquent si L est la longueur parcourue et M le
temps en millicés, la vitesse est

ou t

+ 4166,66...

Ces quelques exemples démontrent que la montre décimale simplifie tous les calculs sans exception.
Les rapports de MM. les délégués officiels aux essais de
la montre décimale faits à Nice, par le Club Nautique, le 26
février 1911, concluent unanimement à la supériorité de cet
instrument pour les usages scientifiques et sportifs.
M. Prim, astronome à l'Observatoire de Nice, représen
tait M. le \iinistre de l'Instruction publique.
Prix : 60 fr. avec brochure explicative.

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JANVIE
P.
P.
D.
N.

Q,
L.
Q.
L.

lu 8, à 7
lu 14, à H
lu 22, à 7
lu 30, à 10

SOULÈU.

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—

oura
oura
oura
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21
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L. 8 14' — C. 4 42'

dil. Jou de V An

P. Q.
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1
2
3
4
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Lu Rei
6
Dim. S. Lucien
7
dil. S. Apoulinari
8
dim. S. Pèire
9
dim. S. Guiermo
10
dij S. Teodose
11
div. S. Arcada
12
dis. Sta Verònica
13
Dim. S. Ilari
14
dil. S. Maurici
15
dim. S. Ounourat
16
dim. S. Antoni
17
dij. Sta Angela
18
div. S. Sulpici
19
dis. S. Bastian
20
Dim. Sta Agnesa
21
dil. S. Vincènt
22
dim. S. Raymound
23
dim. Sta Jacinta
24
dij. Conv. de S. Pàu
25
div. S. Poulicarpa
26
dis. Sta Devota
27
Dim. Sta Paula
28
dil. S. Francès S.
29
dim.
dim.
dij.
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dis.

S.
Sta
S.
S.

TRIMESÏRÍ;

Macari
Genevieva
Tita
Simeoun

dim. Sta Marfina
dim. S. Peire N.
En Janvié
Lou païsan n'a ren

lu 6, à 4 oura 28 s.
lu 13, à 11 oura 38 m.
lu 21, à 4 oura 44 ui.
- L. 7 49' - C. 5 30'

dij. S. Ignaci
div. La Candeliera
dis. S. Blasi
Dim. Setuagesima
dil. SS. Vinc.Oronte
dim Sta Agata
dim. Sta Dorotea
dij. S. Romuald
div. S. Jouan-Matha
dis. Sta Apoulounia
Dim. Sexagesima
dil. Sta Eulàlia
dim. S. Gregori
dim. Sta Eufrasia
dij. S. Onesime
div S. Dounat
dis. S. Simeoun
Dim. Quinquagesima
dil. S. Gabin
dim. Dimars-Gras
dim. Li Cendre
dij. S. Silvan
div. S. Maxime
dis. S. Pascase
Dim. Quadragesima
dil. S. Nestor
dim. S. Leandri
dim. Sta Nourina
dij. S. Nymphas

Plueia de febrié
A la terra vau fumiè.

ZDéSTU-S-bez

NICE

MARS
N. L.
P. Q.
P. L.
D. Q.
N. L.
SOULÈU

1
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lu 15,
lu 23,
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7

1 oura 31 m.
0 oura 02 m.
0 oura 59 m.
1 oura 26 m.
1 oura 38 s.
01' — C. 6 13

S. Eudoxia
S. Simplici
Reminisceri
Sta Cunegonda
S. Casimir
Sta Coleta
S. Jouan de D.
Qaatre-tèms
Sta Margarida C.
Ocali
S. Euloge
S. Gregori
Sta Eufrasia
Sta Matilda
S. Acepsima
Sta Gertruda
Lœtari
S. Apien
S. Jôusé
S. Joachin
S. Lea
S. Turibe
S. Armentari
La Passioun
Anounciada
S. Emanuèu
S. Jouan d'Egt,
S. Gountran
S. Eustase
S. Jouan C.
Lu Rampàu

Lou mes de mars
Es amar.

tous le -vrai

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lu
lu
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SOULÈU.

1 dil.
2 dim.
3 dim.
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6 dis.
7 Dim.
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12 div.
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27 dis.
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13, à
3
21, à 7
28, à 11

—

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oura
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L. 6 06'

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55 in.
37 s.
31! s.
25 s.
C. 6 52'

S. Ugo
S. Franç. de P.
S. Richard
Dijàu Sant
Divèndre Sant
Dissata Sant
Pasca
S. Albert, ev.
S. Azada.
s. Isidoro
s. Leoun
s. Juli
s. Justin
Ouasimoi/ii
Sta Anastasia
S. Frutuous
S. Rodolfe
S. Maxime
S. Anselme
S. Teodoro
S. Adalbert
S. Fidèle
s. Jorgi
s. Marco
s. Clet
s. Antime
s. Aimé

s. Roubert
Sta Catarina d. S
SS. Philip. ,Jacq.

Pichouna plneia d'Abriéa
Bouona récolta pèr l'csliéu

Q.

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P. L.
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N. L.
SOULÈU.

TRIMÍÎSTRÈ;

MAI

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lu 5,
2 oura
lu 13, a 7 oura
lu 21, à 10 oura
lu 28, à 7 oura
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C. 7 29'

1 dim. SS. Félip. Jaq.
2 dij. S. Atanase
3 div. In.d.l. Sta Crous
4 dis. SS. Sindonis
5 Dim. S. Pio, papa
6 dil. S. Jouan D.
7&lt; dim. S. Peire
8 dim. s. Gregori N.
9 dij. s. Antounin
10 div. s. Isidoro
11 dis. s. Bounifaci
12 Dim. s. Jouan lou S.
13 dil. s. Pouon, m.
14 dim. s. Pacomo
15 dim. s. Sta Denisa
16 dij. Ascensioun
17 div. S. Pascaù
18 dis. S. Teodoto
19 Dim. s. Pèire C.
20 dil. s. Felis.
21 dim. s. Bernardini
22 dim. s. Julia
23 dij Rogaeioun
24 div. s. Vincen, d. L.
25 dis. S. Urbin
26 Dim. Pandecousta
27 dil. S. German
28 dim. S. Cirile
29 dim. Sta Petronïa
30 dij. S. Sylve
31 div. S. Justin
Au mes de mai
Longui semana

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P.
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L.
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lu 3,
lu 11,
lu 19,
lu 26,

SOULÈU.

1
2
3
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19 dim.
20 dij.
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22 dis.
23 Dim.
24 dil.
25 dim.
26 dim.
27 dij.
28 div.
29 dis.
30 Dim.

—

à 11 oura 4 s.
à 10 oura SI s.
à 9 oura 51 s.
a
2 oura 20 s.
L. * 34'

C. 8 1!"

S. Potin
Trinità.
S. Quirin
S. Francès C.
S. Lié
Festa de Dieu
S. Lié
Quatre-tèms
S. Optat
Sta Margarida
S. Barnabe
S. Antoui de P.
S. Basilio
S. J.-F. Régis
S. Moudeste
S. Lambert
Sta Olga
S. Gervai
Sta Juliena F.
S. Louis de G.
S. Paulin
Sta Maria d'O.
S. Jouan-B.
S. Prousper
S. Alban
S. Cresen
s. Iréné.
s. Pèire
s. Pàu
s. Tibàu

En Jun
De tres abit l'un

Dégustez tous le vrai

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lu 3, a 10 mira 20 m.
lu 11, à 1 cura 53 s.
Il 19, a o oura 31 m.
lu 25, a 9 oura 12 s.
SDULÈU. - - L. 4 35' — C. 8 22'

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dim.
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S. Thierry
Vierg.de li Gracia
S. Anatole
S. Pèire de L.
S. Sisoès
S. Elie
Sta Babeta
S. Efrein
Sta Felicita
S. Pio
S. Jouan G.
S. Gene
S. Jaque
Festa Naciounala
S. Enri
N.D.d.M. Carmel
Sta Marcelina
S. Frederic
S. Vincen de P.
Sta Margarida
S. Vi loiSta Maria-Mad.
S. Apoulinari
Sta Cristina
S. Jaque
Sta Anna
S. Pantaleoun
S. Samsoun
Sta Marta
Sta Giulieta
S. Gnaci de L.

Au mes de Juliet
Ni frema ni coulé.

TBIMËSTRÎ;

I1. Q. lu 2, a 0 oura 29 m.
P. L. lu 10, a 3 oura 58 m.
D. Q. l»i 17, a 1 oura 1.1 s.
N. L. lu 21, a 5 oura 14 m.
IV Q. lu 31, &amp; 5 oura 21 s.
souLÈu, —1.5 or -j&gt;. 8 or

dij.
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5 dil.
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dis.

S. Pèire-aï LS. Alfonso
Inv. de S. Estève
S. Domenica
N. D. dei Nèu
Trausf. de J. C.
S. Gaétan
Sta Batilda
S. Camila d. L.
S. Là u ren
S. Septima
Sta Clara
Sta Filoumèna
S. Ousèbi
Asoumpcionn
S. Roc
S. Mamès
Sta Elena
S. Ipoulita
S. Bernar
Sta Chantai
S. Pio V
S. Filipe B.
S. Bartoumiéu
s. Louis, r. F.
s. Seg'oundo
s. Cesari
s. Goustin
s. Mederic
Sta Rosa
S. Fiacre

F.n . ivoast
Figa e moust

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SBTÈMBRE
P. !.. lu 8, a' 4 oura 57
D. Q. lu 15, a 6 oura î&gt;l
N. L. Ju 22, a 3 oura 37
P. Q. lu 30. a 0 oura 08
SOULÈU. - - 1. 5 47V— c.

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Dim.
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S. Gili
S. Estève R.
Sta Eufemia
Sta Rosalia
S. Làuren J.
S. Pambon
S. Grat
Natiu, di' la V.
S. Oumer
S. Xicola
S. Félis
S. Veran
S. A nié
Es. (1. l.S. CtQUS
S. Nicomède
S. Conrneilla
S. Lanbert
S. Tournas V.
S. Janvié
S. Euslache
S. Matiéu
S. Maurici
Sta Tecla
S. Girar
S Firmen
S. Nil
S. iN'icandre
S. \\ inceslas
g. Miquèu
S. Jeromo

Lima setembrina
De mai clarina

MOT »

GRANDE MARQUE RECOMMANDÉE

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oura 09m;
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TRIMESTRE

NOUVÈMBRE
P. L. lu
6,
D. Q. lu 43,
N. !.. lu 20,
Q.
lu 29,

r.

SOULÈU. - -

1.

a
a
a
a

4 oura 48
8 oura 20
9 oura 49
2 oura 42
14'

—

c.

5 03'

1 dim. Rosari
1 div. Tout lu Sant
2 dim. S. ■ Léger
2 dis. Eu Mouorl
3 dij. S. Rosari
S. Ubert
4 div. s. Francès d'A. 43 Dim.
dil. S. Carlo B.
5 dis. s. Placido
5 dim. Sta Bertila
6 Dim. s. Bruno
6 dim S. Leounar
7 dil. s. Serge
dij. S. Nestou
/
8 dim. Sta Reparada
8 div. Lu Quatre Incou.
9 dim. S. Denis
9 dis. S. Teodore
10 dij. s. Francès B. 10
Dim. S. Jacintou
11 div. s. Tarasco
11 dil. S. Martin
12 dis. s. Counrad
12 dim. S. René
13 Dim. s. Edouard
13 dim. s. Stanislas
14 dil. s. Calisio
14 dij. S. Pantena
15 dim. Sta Teresa
15 div. Sta Gertruda
16 dim. S. Ospici
16 dis. S. Edme
dij.
17
Sta Edvija
17 Dim. S. Gregori
18 div. S. Luc
18 dil. S. Alfè
19 dis. S. Pèi re
19 dim. Sta Babeta
20 Dim. S. Agrico)
20 dim. S. Edmon
21 dil. Sta Ursula
21 dij. Présent, de la V.
22 dim. S. Filip
22 div. Sta Cecilia
23 dim. S. Teodoret
23 dis. S. Clemen
24 dij. s. Mairloire
25 div. ss. Crespin-Cr. 24 Dim. Sta Flora
26 dis. s. Jouan de K. 25 dil Sta Catarina
26 dim. Sta Pel fina
27 Dim. s. Frumence
27 dim. S. Maxime
28 dil. s. Alfredo
28 dij. S. Sostène
29 dim. s. Narcisse
29 div. s. Saturnin
30 dim. s. Marcel
30 dis. s. Andrièu
31 dij. s. Siri
En ùuloubre
\loii ponorc goûta loti rùare

Tonssan ientra
St A n'driéu lou souorte

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DESÈMBRE

s.
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JACK

P. L .
D. Q.
N. L.
P. Q.

lu 6,
lu 12,
lu 20,
lu 28,

SOULÈU, -

1
2
3
4
5
6

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Dim.
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8 Dim.
9 dil.
10 dim.
11 dim.
12 dij.
13 div.
14 dis.
15 Dim.
16 dil.
17 dim.
18 dim.
19 dij.
20 div.
21 dis.
22' Dim.
23 dil.
24 dim.
25 dim.
26 dij.
27 div.
28 dis.
29 Dim.
30 dil.
31 dim.

1.

a
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a
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3 oura
m.
6 oura 46 s.
4 our;i 40 s.
7 OUI;L 48 s.

7 54' — c.

A vent
Sta Bibiana
S. Francès X.
Sta Barba
S. Bassi
S. Nicola
S. Anbrosi
Imac. Conception
Sta Leoucadia
Sta Eulàlia
S. Damase
Sta Rosélina
Sta Lucia
S, Niçoise
S.
S.
Sta
S.
S.
S.
S.

Mesuiin
Adon
Olimpíada
Gatien
Ciprian
Filogone
Tournas

S. Onourat
Sta Vitòria
Cacha-fuec
Calèna
S. Estève
S. Jouan
SS. Inoucent
Sta Eleonora
S. Sabîn
S. Sàuvestre

Calena aufuec,
Pasca àu j'aèc.

sin -

GRANDE MARQUE RECOMMANDÉE

4 35

�- i6-

�- 17

-I

CROUNICA NIÇARDA
L'ABADÏA DE SAN POUON.— L'ABAT RANCE-BOURREY.
GLOFFREDO.

—

—

PÈIRE

A PREPAU DOU DIALETE NIÇART.

Ben qne pareissènt tardié, VArmanac Niçart s'empressa de
pourtà la siéu febla vous su tout cen que enteressa lou païs, sigue
au pounch de vista istoria loucala, pouesia, tradicioun, sigue
tamben su la taquinanta questioun dóu dialete niçart souvenri
fès pauvada e su la quala lu escritour mouderne soun luen d'estre
d'acordi.
Parlerai finda de M. l'Abat Rance-Bourrey, un beneditin qne
despi quauque an en ça mete à prouflt la siéu erudiciou n a nen
revelà de fach d'istoria inedieh. Se quauqu'un mérita d'estre
laudat es ben éu ; es en éu que VArmanac Niçart tressa la
pamoula de sapiença. En esprimant la nouostra recounouissença,
à l'Abat Rance-Bourrey, fen cen que touplen an denembrat,
vouoli dire de courounà lu siéu travail, frucha de ben de recerca,
dai quali obra sian fier d'avé prestat la prima ajuda. Pouden cità :
lou Discours sur le Monastère de Sainte-Claire de Nice, par Honoré
Pastorelli, publié d'après l'édition originale de Turin 1608, avec
une introduction et des notes ; — "Le Général J.-B.-M. D'Anselme" (Notices biographiques (1740-1792). E aquest'an
l'istorien nen douna — toujou de prima man — YExpulsion de
Mgr Valperga, evesque de Niça, au tèms de la Revoulucioun,
travail anoutat de peça curiouvi que sian urous de pouder metre
souta lu uès dei nouostre letour.
*
* *
Lou fach de l'annada, lou mai marcant, es estat aquéu de
l'Abadïa de San Pouon. Parlon de tout destruge pèr li basti an
siéu luec un espitau Pasteur... UArmanac Niçart es pas Penemic
dóu prougrès, ni men encara dei Bei-Art, ma si fa lou pious dever
de jougne lu siéu esfouors en aquelu dei siéu councitadin quo
l'istoria dóu passat passiouna, pèr que l'Abadïa de San Pouon
sigue counservada e classada couma mounumen istorique. En la
circonstança feliciti M. l'Abat Rance-Bourrey que mé rasoun s'e.s
demoustrat l'ardènt defensour autourisat que counouissen. La
siéu paràula es estada escoutada e lou Préfet de li Alpa-Maritima,
8

'

�— i8 M. de Joly — respetuous dei nouostri tradicioun — en ortie
avertit a proumès que l'Abadïa de San Pouon seria respetada e de
lèu si crusià pèr lou siéu classamen tra lu mounumen istorique.
Dóu resta vequi ce que l'Abat Rance Bourrey nen di su San
JPouon. Counsignen religiousamen li siéu paràula :
« L'Abbaye de Saint-Pons est le plus ancien monument relitgieux existant dans le Comté de Nice. Il y a dou^e cents ans que
sSiagrius y fonda un monastère. L'histoire de ce monastère est
jintimement liée à l'histoire religieuse, civile et économique de la
iville de Nice.
;
« Ce fut à Saint-Pons qu'en 1388 fut'signé l'acte réunissant
le Comté de Nice au Comté de Savoie. Les abbés de Saint Pons
ifurent pris dans les principales familles du Comté : les Badat, les
tLaugery, les Provana, les Lascaris, les Grimaldi, les Martelli, les
;Tournefort, etc. Plusieurs évêques de Nice furent abbés de Saint[Pons, en particulier Barthélémy Chuet (fin du xve siècle) et Jean
, Uriole, son successeur. Un autre abbé, Claude de Seyselle, fut
,évêque de Marseille, puis archevêque de Turin ; d'autres furent
cardinaux, tels Innocent Cibo, neveu d'Innocent VIII et de
f
;Léon X, et Paul Medeci de Cesis dont on voit encore l'inscription
(funéraire à Sainte-Marie-Majeure, à Rome.
:
« A la fin du xvir siècle, l'abbé de Saint-Pons était Pierre
•Gioffredo, le savant historien niçois. Enfin, un abbé de SaintiPons dont les Niçois n'ont pas encore perdu le souvenir, était
(l'abbé Spitalieri de Cessole qui a doté sa ville natale d'un établissement de bienfaisance si justement apprécié. La plupart des
pbbès de Saint-Pons et plusieurs évêques de Nice ont été enterrés
dans l'église ou sous le cloître et dorment aujourd'hui confondus
avec les moines leurs frères qui depuis dix siècles y sont enterrés.
« Les monuments funéraires ont disparu. Le temps a tout
(nivelé à Saint-Pons, singulièrement aidé cependant par la main
ides hommes. On connaît les dévastations commises par
Iroupes de François Ier et de Barberousse, plus tard par celles d
Catinat et par d'autres encore. Après chaque désastre, SaintPons a retrouvé une nouvelle vitalité et il y a à peine trois quarts
de siècle que Mgr Galvano y a fait d'importantes réparations.
;
« Saint-Pons n'est pas seulement une page de l'histoire de
notre pays, c'est un gros volume de cette histoire ; les Niçois
laisseront-ils dire qu'ils sont restés indifférents devant le danger
qui menace Saint-Pons ? Non, ils feront tous leurs efforts pour

�— 19 -

sauver de la destruction un monument qui doit leur être cher...
Je demande d'urgence le classement de l'Abbaye de Saint-Pons,
c'est-à-dire de l'Eglise et des bâtiments claustraux, comme monument historique. »
Lou councours de YArmanac Niçart es aquist. Emé fiertà e
au près de touplen de sacrifici faren respetà l'istoria dóu passat,
la lenga e lu escrich dei orne qu'an ilustrat lou nouostre bèu
pais.
*
* *
Despi quauque tèms, — maladia que reven per intermitença,
— la gran questioun de la grafia niçarda, de l'ourtougrafa, es
messa su lou tapis. De letra soun estadi publicadi, d'autri lou seran, e cresi qu'après ben de charra pèr dire pas gran cauva de
nóu, quasi dirii pèr predicà dintre lou Desert, noun restera
d'aquela discussioun, — Favén déjà coustatat, — pas gran cauva,
ren!... Cadun escrèu à la siéu moda seloun l'esprit dóu moumen,
e serii ben curious de counouisse aquéu que vendria nen dità
une metoda en nen dïen : « la mièu maniera d'escrièure lou
Niçart es la bouona». Discussioun scientifica que pòu passiounà
quauque lenguista, pas mai ; lou mihou es d'escrèure seloun li
letra ditadi pèr la prounouncia. Lou talènt pèr aquéu qu'escrèu
es de si laissà liège, de si faire acapi. Es qu'en en un entan que
frecuenta l'escola primària poudès li demandà autra cauva ?...
Perta de tèms que tout acò, vourria mai s'engenià à recercà lu
viei mot, espressioun, loucucioun courenti que la pous dóu tèms
a rabaïat, dounà au nouostre bèu dialete la coulou que dèu avè,
en respetant lu emprunt que pouden avè fach sigue à l'Italian, à
l'Espagnòu o à tout autre...
Un dialète noun dèu pas estre une lenga scientifica, encara
m en noun còu avè la pretencioun que sigue ouficiela, seria temerari ; lou dialete d'un païs dèu refletà lou caratere d'un'epoca que
lou tèms dèu respetà, enfin escrèure gramaticalamen, un noun
empedisse l'autre, e laissà à l'esprit, au goust lou coumplemen
d'un stile ouriginal, en de frasa councisi que flaton i'auriha.
Aquí fermi la discussioun, risqui de perdre la civada... l'an
que ven, se Diéu mi presta vida, v'en dirai d'autri e couma
d'usança que mi sigue permès de la vous souvetà : Bouona e
uroûva !
L'ARMANAC

NIÇART.

�20 —

LA CIGALA DOU BOUON DIEU
Una cigala dóu Bouon Dieu
Tout l'estiéu
E l'iver en la chambreta, —
L'aiguesias vista la lebreta ! —
Noun vivïa que d'amour
S'assetava su l'ounour;
La cigala cantarela,
Vau chanja de clientela,
Noun es courta d'amatour,
Que li viron tout au tour !
Ma l'ancien de la cigala,
De gros mot ven que s'embala ;
En l'auriha de la maire
Li ven tout aquéu bousin,
Que deja toui lu vesin
Sabon lou long de l'afaire
— Cenqu'as fach m'au tiéu tip ?
Di la maire enrabiada...
Bella Vierge encourounada !
Sera au mancou m'un bouon rie!!...
CH. CIAUDO

PROUVERBI, BOUOI MOT, COUNSÉU E DICH
Tèms d'iver noun ti fidar.
Lu màu dei enfan si garisson soulet.
Cau naisse pèr estre bèu, si maridar pèr estre rie, e mouri
pèr estre brave.
Per aver de raïn, eau caressar la souca.
Agnèu naissut
Vau un escut.
Dansa mihou ventre plen que rauba nova.
L'oumbra dou mèstre engraissa lou cavau.

�LOU MAGOT DE BERTOUMIÉU ISSUGA
O BEN

UNA RAISSADA DE MACAROUN
Conte menloanasqae trouvât dintre d'un armori
de ma nana e que /'Armanac Niçart es tirons de
transcrièure en niçart à Ventencioun dei sièu
fidèle lotour et lelrissa.

Bertoumiéu Issuga, mentounasque de viéia roca, abitava en
coumpagnia de sa mouhié, en carriera dóu Paumoulié. La siéu
frema, malurousamen, era sirnplaria e faia lou siéu desespoir.
Cada matin Bertoumiéu, avant de s'en anà au travail, li recoumandava de noun faire de bestialità. Cou vous dire que toui lu
dissata lou nouostre ome metia en un'armari pertuat dintre la
muraia lou gagne de la semana.
— Bertoumiéu ! pèr qu seria tout aquel argen, demandava
Marioun au siéu marit.
— Es pèr Madjou-long, castagnassa !
*
* *
Un jou Bertoumiéu partet pèr anar à la siéu campagna ;
devia même li restar doui ó très jou pèr souïnar e arousar lu
citrouniè. Marioun souleta matin e sera, s'assetava su lou banquet de la pouorta e faïa de bas... Un predinà veguet un ome
de statura mai que mejana, couma si di, un gran carcan. La
frema de Bertoumiéu lou fissa sensa parpelear, pi pihada d'un'
idea, li diguet :
— Moun bèu Moussu, sias bessai vous Madjou-long ?
Lou merlo pita e noun s'en laissa dire autre, léu li
respouonde :
— Noun vous troumpas pas, bella bruneta, sièu ièu Madjoulong !... Ma perqué mi faire tala demanda ?
Perqué ?... dou moumen que sias Madjou-long, intras su lou
cóu. Li a ja pas mau de tèms que moun marit a mes d'argen
amagat pèr vous...
E sensa mai de ceremounia li remeté lou mandiou dintre lou
quai lu sóu eron groupât. L'ome remercia e la s'esbigna lèu.
♦

* *

�Lou sera, Bertoumiéu arriva, la sièu mouhié li di.
— Sabes, ai vist ancuei Madjou-long !
E l'ome de cridar :
— Malurousa ! — m'en a fach encara una 1
Courre à l'armari, lou mandiou e Pargen, mouis !... Issuga
blastema pica dai pen, es décidât de si desiaire de la siéu frema
Lendeman, dóu téms qu'aissesta durmïa, li cuerbe lu uès emé de
pega de sabatié, pi la pihant pèr la man, la mena dapé dóu CapMartin. Arrivât aqui, Bertoumiéu fa mountar Marioun su d'un
nouguié el'abandouna. La paura, bòrnia, noun sabia doun si
trouvava, ni men encara ce que poudia faire.
En aquéu fra-tèms doui voulur venon s'assetar souta
l'aubre ; après aver abrat quauqui branca sequi pèr s'escaufar, pi
si meton à cuentar lou siéu argen.
La calou faguet delegar la pega que curbia Puès destre de
Marioun e aissesta de cridar :
— E d'un !
Lu voulur, d'estuc, s'isson d'emblée.
— Qu'es acó, diguet l'un.
— Un matagan, faguet l'autre.
La calou seguia á faire lou siéu efet pau à pau durbia Puei
senec.
— E de douî, diguet Marioun.
Dóu cou lu voulur escapon, laissant Pargen espantegat soubre
Perba.
Marioun coumença à li veire clar, cala da l'aubre e ramassa
Pargen, pi lèu s'en camina vers maïoun...
Lou sièu marit, pensierons, era assetat dapè dóu fuec, s'escaufant, fumant la sièu pipeta emé beatituda...
— Bertoumiéu !... o Bertoumiéu !... duerbe-mi, siéu iéu,
Marioun...
— Vai au diàu que ti pihe... ièu que cresii de m'en estre
despegouït...
Ma Marioun, toujou picava, un cóu noun asperava l'autre...
L'ome fenisse per li durbi...
— Ten ! regarda cen que ti pouorti.. . e Marioun pauva lou
sac su lou toulié. ..
Bertoumiéu, entartugat, cuenta Pargen e réfléchisse ; — Marioun es simplaria e deman la vila saupra Pistoria de la fouré . ..
Cóu que Bertoumiéu si dispegouïsse pèr empedi li marridi lenga
de bavar...

�— 23 —
Si mete la vesta, lou capèu e souorte fermant la pouorta i..
Faïa nuech dintre la carriera, ma sensa pena s'encamina
vers una boutiga e croumpa pèr mai de dès kilo de macaroun...
Ientra au sièu e di à la sièu mouhié de si metre au liech.
En tant que Marioun durmïa, Bertoumiéu fa bui lu macaroun, pi lu espantega su lu aubre dóu jardin... Lendeman de
matin la siéu frema, desveiada, si mete à la fenestra...
— O ! Bertoumiéu ! Bertoumiéu ! Vene un póu veire!... O
trest ! vè, a plougut de macaroun !...
— O vai fantauma !... n'as toujou una. .. Ten ! ten !... ma
es ver !...
*
* *

A quauque tèms en ça, Bertoumiéu l'avia previst, Marioun
countet à toui que lou siéu ome noun li picava plus, despi lou
jou qu'ela li avia pourtat de sac plen d'escut...
Lou juge aiguent audit parlar de l'afaire, mandet sounar
Bertoumiéu devant lou tribunal ; la siéu mouhié era estada
citada couma testemoni.
Lou juge. — Bertoumiéu, sias acusat d'aver gardât d'argen
que noun era vouostre.
— Iéu !... Ma moussu lou juge, lou negui ; sièu couma
sabès un travaiadou.. .
E Marioun de dire.
— Noun negar, Bertoumiéu, sabés ben qu'es ver ; es iéu en
persouna que t'ai pourtat la mouneda, qu'avii trouvât en la
fouré.. .
Lou juge. — Anas brave ome, noun negués.. .
— E quoura lou m'as pourtat ?... — Vous juri, Moussu lou
juge, que la miéu frema es fouola !...
— E lou sabes ben, Bertoumiéu, es lou jou que plouguet tant
de macaroun !
— Moussu lou juge aves jamai vist ploure de macaroun ?...
— Jamai ! moun beL amic respoundet lou juge que si tenia
lou ventre dóu rire — Amie, vèu que la vouostra frema es
fouola. .. sias aquitat !...
Bertoumiéu si retira emé Marioun... Noun aigueron plus
de disputa e vieugueron, pareisse urous e pèr longtèms !...
J. E.

�CANSOUN ANCIENNA

PÈR LOU

N'aurias pas vist la miêu fiha
Trin-trin
Lou galerin
A'aurias pas vist la miêu Jiha
Trois-wtrois
Le fils du roi
L'ai vista e l'ai baïada
Trin-trin
Lou Galerin
L'ai vista e l'ai baïda
Trois-trois
Le fils du roi.
Douna-mi la miêu fiha
Trin-trin
Lou galerin
Douna-mi la miêu fiha
Trois-trois
Le fils du roi.
Es aqnela la vouostra fiha
Trin-trin
Lou galerin
Es aqaela la vouostra fiha
Trois-trois
Le fils du roi.
La miêu fiha era pas lernia
Trin-trin
Lou galerin
La miêu fiha era pas lernia
Trois-trois
Le fils du roi
La miêu fiha era pas lua
Trin-trin
Lou galerin
La miêu fiha era pas lua
Trois trois
Le fils du roi.
N'es ni guercia ni poutinouva
Trin-trin
Lou galerin
N es ni guercia ni poutinouva
Trois-trois
Le fils du rois.

MAI

�La miéu fiha n'es pas borni a
Trin-trin
Lou galerin
La miêu fiha n'es pas bornia
Trois-trois
Le fils du roi.
Noun faïa pas belugueta
Trin-trin
Lou galerin;
Nonn faïa pas belugueta
Trois-trois
Le fils du roi.
La miêu fiha n'es pas emberrida
Trin-trin
Lou galerin
La miêu fiha n'es pas emberrida
Trois-trois
Le fils du roi.
La m iéu fiha n'es pas pigada
Trin-trin
Lou galerin
La miêu fiha n'es pas pigada
Trois- trois
Le fils du roi.
La miéu fiha noun es pas ranga
Trin-trin
Lou galerin
La miéu fiha noun es pas ranga
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha noun es pas louorla
Trin-trin
Lou galerin
La miéu fiha noun es pas touorta
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha n'es pas crouoada
Trin-trin
Lou galerin
La miéu fiha n'es pas croavada
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha n'es pas gibouva
Trin-trin
Lou galerin
La miéu fia n'es pas gibouva

�— 26 —
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha noun es foularana
Trin-trin
Lou galerin
La miéu fiha noun es foularana
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha n'es pas ingourda
Trin-trin
Lou galerin
La miéu fiha n'es pas ingourda
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha a pas lou peu de pi g nu
Trin trin
Lou galerin
La miéu fiha a pas lou peu de pig nu
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha noun es narvelouua
Trin- trin
Lou qalerin
La miéu ûha noun es narveloiwa
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha noun a la rougna
Trin-trin
Lou galerin
La miéu fiha noun a la rougna
Trois trois
Le fils du roi.
XXX.

PROUVERB1, BOUOI MOT, COUNSÈU E DICH
Qu duerme ben noun cregne li niera.
Qu vè pissar e noun pissa, crêpa de malícia.-'
Qu douna soun ben avan de mouri
Mérita de pati.
L'amour es lou paradis dei fouol.
L'amour es .la flou de la jouinessa.

�LA MOUORT DAU PAURE TOUNIN

Lou paure Tounin, malàut a setant'an, si presenta à l'espitàu
ma li respouondon que li a plus de plaça.
— Coumplet ! ! !
Quauqu'un li fa capi qu'em'un pau de proutecioun li pourria
intrar. Countrariat dei pas que cóu faire, Tounin vira lu taloun e
s'encamina vers la plaça Massena, piha lou tram, si rende da
Graugnard, à l'espitàu dei can, e li di :
— Moussu lou Veterinari, cresi d'estre un pau mai qu'un
can ?... En aquéu cas souîna-mi...
— Vous souînar aici, ma brav'ome perdés la testa. — Basta,
li di que n'a pas de liech pèrcourcar un crestian, que noun douna
de souin qu'ai bestia !...
Tounin, couma pensas, s'en souorte m'au couor gros e noun
sau plus à que sant si recoumandar. Era aqui au mitan dóu
camin, quoura en aquéu moumen arriba un landau, doun cala
una grossa dama, encapelada, aurias dich un ver foungi, segada
d'un varlet que pourtava religiousamen un can enfeloupat emé de
favour rosa au couol, tapat d'un tapis em'ai iniciala. En veèn
aquéu tablèu lou paure Tounin si lamenta, sangluta fouort.
— Qu'avès lou miéu brav'ome, li di la dama.
— Cen qu'ai Madama ?... trovi que lou vouostre can a mai
de chança que iéu. Li a cinquant-cinq an que travaii, pèr la premiera fès que siéu malàut, noun soulamen mi refuson à l'espitàu
dei estre uman, ma encara mi vèu picar la pouorta au nas èn
aquéu dai can.
— Quevoulès, lou miéu paur'ome, ai fach un vout de mimetre
à la Soucietà Proutetriça dei Animau, de pourtar touti li miéu
ecounoumia à la Caissa de secours pèr soulajar lou sort dei bestia.
Lou fau talamen ben, que vouguessi ben vous dounar un sóu
que pourii pas.
La dama li vira l'esquina e ientra couma un coupa-cisèu da
Graugnard. Tounin roumougna :
— Se ti veguessi en un cantoun ti dounerii mancou un gotou
d'aïga !... vièia sansuga !...
Tounin estrassinat, deble s'alonga un pau plus en là, su d'un
mouloun de peira. Quauqui oura après, couma soufrisia, n'ai-

�guènt ren en l'estomegue depi l'auba, coumençava d'aver lou
rangouioun, quoura passet un canipiè que li diguet :
— Que fès aquí, brav'ome ?
— Couma veès siéu aqui pèr tirar lu patoun. M'an refusat â
l'espitàu, même en aquéu dai can, noun mi resta que de mouri
su d'un mouioun de peira. — Avès un carnet su lou quai enregistras lu fach dóu jou, farias ben de li aloungar lou miéu testamen que poudès mentuar couma acô :
— « Bouon Diéu, se mi fes passar encara une fes sur la terra,
fe-mi naisse can au mancou, li aura une Soucietà Proutetriça dei
Animau que si crusira de iéu e pourrai estre amès en un espitau,
estre souïnat, faire bouona vida, menar une vida de can... »
ANT. ROLAND.

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VIGNE
A M. VALÉRE BERNARD.

Dans le ciel doux la Vigne ètreint les pals de buis.
Sous le pampre le merle alourdi des falernes
Tourne son col gris vair et ses paupières lemes
Qu'argenté la blancheur des immuables nuits.
O / fraîcheur, 6 beauté des Igs et des iris,
Que la Vierge éblouie avec les marjolaines
Cueille le soir venu aux vasques des fontaines
Pour colorer en fête, au crépuscule, l'Euis.
Narcisses, ébeniers, œillet et sensitive
Ah ! Versez en mon âme attiédie et pensive
L'orgueil qui souleva les clairs olympiens.
L'amour qui rafraîchit les Madones pieuses
Et qui vêt de clarté les snls athéniens
Et les ravissements des époques heureuses.
JEAN

PADOVANI.

Quauque souvèt :
Vous souveti la bouona annada.
Que siegue mihau que la passada.
Vous souveti la bouona annada acoumpagnada de touplcn
d'autri.

�Eglises et Chapelles de Nice
La vieille ville de Nice se trouvant sur la rive gauche du
Paillon, pour parler de ses églises, nous commencerons par son
église cathédrale, Sainte-Réparate, vierge et martyre, de celles du
canton Est, et en traversant la rive droite nous nous occuperons des paroisses du canton Ouest.
I. — L'Eglise Cathédrale du Diocèse de Nice est la paroisse
de Sainte Réparate, vierge et martyre, sous l'empereur Decius en
253. Sa fête est le 8 octobre. Cette église est au centre de la vieille
ville (8.500 âmes), Avant 1531 la Cathédrale était près du Donjon, plateau de Nice, et dénommée : Sancta Maria in platea,
dédiée à N. D. de l'Assomption. L'édifice actuel, dans son genre,
ressemble beaucoup à Saint Pierre de Rome, au Vatican. C'était
auparavant une simple église paroissiale
desservie par
les Bénédictins du Monastère de Saint-Pons, près Nice.
Dans son ressort se trouvent l'ancienne église de Saint
Jaume (Saint Jacques apôtre), jadis des P.P. Carmes, fermée
depuis 1903. Après le transfert du titre de paroisse à l'église de
Saint Juste, évèquc, au Gesu, elle fut placée sous la vocable de l'Annonciation de la Sainte Vierge, ainsi que la belle Eglise de la
Miséricorde, sur le Cours Saleya, jadis de Saint Gaétan, fondée
e
par les P.P. Theatins au XVIII siècle et cédée à la noble
confrérie des Pénitents Noirs.
La Cathédrale de Nice, paroisse Sainte-Réparate de nos jours,
fut comme l'ancienne au Donjon du Château {Sancta Maria in
platea), le théâtre de plusieurs f lits historiques mémorables dans
les annales de l'histoire de Nice.
II. — L'Eglise de Saint Jacques, an Gesû, dès son érection
en 1612, dédiée à Saint Juste, évêque. Sa fête est le 2 septembre.
En 1665 fut érigée en paroisse sous le titre de Saint Jacques le
Majeur, remplaçant la paroisse de Saint Jaume. On l'appelle
vulgairement le Gesù à cause qu'elle a été fondée et administrée
par les P.P. de la Compagnie de Jésus.
Appartiennent à cette paroisse les deux chapelles des confréries des Pénitents Blancs, la Sainte Croix, — confrérie la

�óo —
plus ancienne de Nice, — et des Pénitents Rouges, Saint Suaire
et de la Sainte Trinité ; l'Eglise du Couvent de là Visitation,
la chapelle de l'ancien séminaire, à la montée du Château, et
jadis l'Hospice franciscain avec chapelle de Saint Joseph des
P.P. Recollets de Cimiez, convertie en maison particulière.
L'Eglise du Gesù est d'ordre corinthien composite, cons truite sur le modèle de l'Eglise des Jésuites de Turin, dite
vulgairement les Saints Martyrs. ( 10.000 âmes).
A l'extrémité de la rue du Malonat, aux racines de l'ancien
château, on voit un oratoire à la Sainte Vierge Marie, sous le
titre de N. D. du Bon Secours. Les habitants de ce quartier érigèrent cet oratoire en l'honneur de la sainte Vierge, en reconnaissance du choléra en 1854.
III. — L'Eglise paroissiale de Saint Martin Evéque dite de
Saint-Augustin est la plus ancienne, elle fut bâtie sur l'emplacement de l'ancienne chapelle de Saint Martin (1205) et appelée
Saint-Augustin parce qu'elle était desservie par les Augustiniens
dont le couvent a été transformé en caserne. (Caserne Filley, près
l'ancienne chapelle Sincaire).
IV. — L'Eglise de Saint-Francois-de-Paule a été édifiée en
1736 d'après le plan de l'architecte
Guarini. En 1838
elle fut érigée en paroisse par décret de Mgr Galvano et appelée
aussi Saint-Dominique en souvenir de l'ancienne église paroissiale
de ce nom qui s'élevait sur la place Saint-Dominique aux lieux et
place de l'actuel Palais de Justice.
V*— L'Eglise du Port ou de l'Immaculée Conception. D'humble
origine. D'abord ce fut une fort modeste chapelle (1835), transformée agrandie par Mgr Galvano, et l'avocat théologue L. Mari
fut son premier curé..
VI. — L'Eglise Saint-Joseph nouvelle paroisse depuis 1911 la
première pierre fut posée le 19 mars 1911, bénie le 29 octobre et
ouverte au public le Ier novembre 1911 sous le patronage de Mgr
Chapon et dirigée par les soins de M. l'abbé Gabrielli.
A cette paroisse appartiennent la chapelle succursale de Saint
Joseph contigüe à l'Evêché, et la chapelle de Notre-Dame des
Anges sur l'ancienne route de Villefranche.
VIL — Saint-Roch. Cette église paroissiale dans la banlieue
de Nice fut érigée après la peste de r68r. Nice fut délivrée de ce
fléau par l'intercession de saint Roch, confesseur, né et mort à

�- Si Montpellier. La paroisse est divisée en deux quartiers, Roquebillière
inférieure et Roquebillière supérieure, jusqu'à la chapelle de NotreDame de Bon Voyage.
VIII. — Rive droite du Paillon, intra muros, se dresse Notre Dame du Vau, paroisse Saint-Jean-Baptiste, qui remplace l'an
cienne église du même nom devenue chapelle inférieure du Lycée.
Cette belle église, vœu delà ville de Nice en 1835, mt érigée en
1842 et terminée en 1852 par Mgr Galvano, évêque de Nice.
La façade ressemble à celle élevée à Turin en l'honneur du retour
du roi dans les états Sardes en 1814.
IX. — Saiiit-Pierre-d' Aréna remplace une chapelle située à la
Croix de Marbre. Elle fut érigée en paroisse en 1803 par Mgr
Colonna d'Istria. Elle doit son nom à ce fait, c'est que lors de sa
fondation elle se trouvait sur le rivage de la mer séparée par une
bordure de sable fin.
X. — Une ancienne chapelle de Sainte-Hélêne-l'Inspiratrice
existait dans ces parages. Elle fut remplacée en face la mer par
une église sous l'épiscopat de Mgr Recrosio (1727).
Six paroisses « extra muros » dépendent de la commune de
Nice.
Sainte-Marie Magdeleine, sise dans le vallon de Magnan, édifiée sur l'emplacement d'une chapelle de même nom, érigée en
1626 et dite vulgairement chapelle « dei cassaire » à cause du
grand nombre de chasseurs. Après le concordat de 1803 sous
l'épiscopat de Mgr Colonna d'Istria, ce quartier qui depuis 1771
dépendait pour le spirituel de la cathédrale fut érigé en paroisse.
Il existe encore aujourd'hui une chapelle de Notre-Dame du Bon
Conseil changée en demeure particulière . Bientôt le besoin de
la population augmentant, une église sera bâtie à la cité Robiony
par les soins du curé actuel de la Madeleine.
Plus à l'est de la ville, toujours dans le canton ouest ce
l'Arquet, se dresse la paroisse de l'Ariane dédiée primitivement à
saint Arnoux, évêque et à saint Pierre, apôtre. Elle fut érigée en
paroisse en 1809 sous l'épiscopat de Mgr Colonna d Istria. Dans
son ressort se trouve l'ancienne chapelle nécropole de l'Abbadie
fondée en 1635 en l'honneur de sainte Claire pour le besoin spirituel de 450 à 500 habitants qui appartiennent aux communes
de Nice, Cantaron Saint-André. Localité d'avenii et à laquelle
le chemin de fer Nice-Coni donnera une valeur stratégique.

�— 32 —
Gairaut avait au moyen-âge une chapelle de secours desservie
par les religieux chevaliers de l'ordre du temple au début, et par
la suite de Rhodes et de Malte. Sous l'épiscopat de Mgr François
Rosini de Martinengo la chapelle fut érigée en église paroissiale
sous le vocable de saint Sauveur o*u de la transfiguration du
Rédempteur.
Dès 1730 les P. Dominicains de Nice fondent à Saint Pancrace un sanatorium pour religieux martyrs avec chapelle en
l'honneur de Saint Pancrace martyr. Cette chapelle est érigée en
paroisse en 1848 par Mgr Galvano.
Sur le couchant de Saint-Pancrace on trouve la paroisse de
saint Roman . martyr ; l'ancienne chapelle fut érigée en paroisse
ainsi que celle de saint-Antoine de Ginestière en 1803 sous Mgr
Colonna d'Istria.
VALENT IN.

NOU VÉ
Tu Çatarina fai lou pan.
Mdumen de jota, d'alegressa,
Fes audi da toui lu couor :
Lu ange canton l'alegressa,
Fuges l'infer, Juges la mouorl.
Chntou !
L'aarika sabla, li a quaucaren aici vesin,
Sembla que senti li joia d'un festin ;
Audi lu tambourin de laen,
Lu Jlajoulet e li musela,
Lu pastre van à Bethelen
Laisson la cabana soaleta ;
Santo nuech, venes aléa nen ralegrà,
Pourtas à toui la pax et la tranquilità !
Tu Catarina fai lou pan,
Manda Lucrecia au safran,
Despende aléa lou lauvaniè,
Chapla la blea su lou taatié ;
Crala de froumai e roumpe d'iiu
E fai la iourta couma fou,
Ché n'aiguen toui en aboundança (bis)
Santa nuech, venes alèu nen ralegrà,
Pourtas à toui la pa.x e la tranquilità .'
En tant faguen etnb'au vesin
t ua santépér lou Bambin,
Toucan lou gotou de bouon vin,
Ernb'aa vesin pér lou Bambin
Ti-ri-tin-tin ! -tinTi-ri tin !

�— 3Î —

L'Expulsion de Mgr Valperga
fEN SEPTEMBRE

1792)

Le 12 octobre 1780 h population de Nice se pressait aux
abords de la porte Pairoliëre pour y recevoir en grandes pompes
le nouvel évêque Charles-Eugène Valperga di Maglione. Ce
prélat avait couché la veille selon l'usage antique à l'abbaye de
Saint-Pons et devait faire ce jour là son entrée solennelle dans
sa ville épiscopale.
Le cérémonial imposant avec lequel on avait reçu jusqu'alors
les évêques fut encore cette fois observé. L'accueil de la population entière fut des plus chaleureux au rapport de Pierre Scaliero
qui en fut témoin (1). Le nouvel évêque, qui remplaçait Monseigneur Astésan nommé archevêque d'Oristano en Sardaigne,
appartenait à une famille de vieille noblesse dont plusieurs membres avaient exercé, à Nice, des fonctions importantes (2). Il
(1) Voir aux Archives municipales le récit détaillé que ce chroniqueur en a laissé dans ses Mémoires. Pierre Scaliero mourut en 1805.
(2) Jacques Valperga, conseiller ducal, fut lieutenant du gouverneur de Nice en 1454 ; Thoma5 Valperga fut gouverneur du château de Nice en 1565 ; Jean Valperga fut également gouverneur de
Nice en 1596 ; Jérôme Valperga fut commandeur du château de
Nice en 1600 ; Pierre Valperga, frère de Jacques Valperga, était
chevalier de Malte (Arch. municipales, registre des gouverneurs,
commandants et chevaliers de Malte) ; Anne Valperga, fille dAmédée
Valperga, épousa, le commandeur de Malte Jean-Paul Lascaris.
(Voir son testament daté de 1683, arch. des Alpes-Maritimes,
registre B, 297.) Joseph Ignace de Valperga reçut de son oncle, Emmanuel Philibert Chiotera, mie partie du fief de Couaraze dont il fut
investi le 20 février 1753. Son fils, Vincent, céda ses droits à H. Novelli. Jérôme Valperga fut sénateur à Nice de 1761 à 1765, puis
ministre plénipotentiaire de Sardaigne à Gênes en 1780 ; plus tard
il fut ministre etsecrétaire d'Etat, ce dernier était le frère de l'évêque
de Nice et fils du comte François Valperga qui vivait encore en
1795Ees armoiries des Valperga étaient fascé d'or et de gueules, à
la plante de chanvre déracinée, d'argent et brochant. Le cimier
était un bouc naissant au naturel et la devise : « Ferme-toy ».
Nous reproduisons les armoiries de Monseigneur Valperga d'après celles qui se trouvent en tête du catéchisme édité par ses ordres
et dont nous devons le dessin à l'obligeance de M. Joseph Casai
(Extrait de 1' « Armoriai Artistique et Nrbiüaire », Ni.e, 1902.
3

�- 34était directeur du collège des Provinces à Turin, lorsque le roi
de Sardaigne le désigna, pour l'évêché de Nice. Il avait été sacré à
Rome où il avait fait ses études. Monseigneur Valperga se distingua immédiatement par sa vigilance et son activité : il releva
le niveau intellectuel et moral des prêtres de son diocèse et s'attacha à mettre en toutes choses la plus grande régularité. Dix-huit
mois après son installation, il publia un nouveau catéchisme
dont le plan avait été préparé par son prédécesseur ^i). Grâce à

ses relations cordiales avec la eour de Turin, il jouissait auprès
des autorités civiles de Nice d'une grande influence. Après douze
(1) Ce catéchisme en italien fut imprimé à Nice par la Société
Typographique. C'est un petit volume in-douze de 612 pages, portant
la date de 1783. En tête se trouve le mandement de Monseigneur
Valperga du 16 février 1782 qui approuve le travail terminé par
le prêtre auquel Monseigneur Astésan en avait confié le soin, ordonne
sa publication et règle l'organisation des catéchismes dans tout le
diocèse. Deux ans plus tard en 1785, Gabriel Floteront, imprima
un autre catéchisme rédigé en dialecte niçois, petit volume in-12
de 228 pages. Un exemplaire de ces deux ouvrages existe à la biblio
thèque de Nice. — Voir Villarey, Série Cronològica dei Vescovi
di Nizza. — Art. Valperga.

�-35 années de séjour dans cette dernière ville il s'était acquis l'estime
et le respect de tous.
*

• *

Lorsque le 28 septembre 1792 dans l'après-midi, les troupes
piémontaises évacuèrent Nice, il y eut dans cette ville une effroyable panique et des milliers d'habitants s'enfuirent dans la direction de Turin. Ce fut un désarroi et une désorganisation complète de toutes les autorités. iMonseigneur Valperga resta à son
poste et s'engagea à ne point quitter la ville. Le lendemain samedi
29 septembre, il accompagna le second consul Honoré Saissi et
quelques membres du Conseil qui se rendirent, vers les onze
heures du matin, à la villa Feraudi, au quartier St Hélène, pour
offrir les clefs de la cité au général d'Anselme qui venait d'y
arriver à la tête des troupes françaises. Le général fit à la délégation assez bon accueil, mais il s'étonna de trouver parmi ses membres, l'évêque dont la place déclara-t-il n était pas là. Du reste,
d'Anselme attacha si peu d'importance à la démarche îles magistrats niçois que dans aucune de ses dépêches officielles il n'en fit
mention.
Sur le soir du même jour, la petite armée française faisait son
entrée dans la ville et le général s'installait dans la maison du
consul de France à la place St Dominique. L'évêque de Nice qui
tenait à rester au milieu de ses diocésains se présenta de nouveau
vers les huit ou neuf heures du soir chez le général auquel il voulait recommander ses prêtres en lui demandant des respecter les
églises. Le général était entouré de tout son état-major, du consul
de France, Pierre Le Seurre, de Honoré Saissi, second consul, de
Féraudi, secrétaire général de la commune. Ces deux derniers
venus probablement pour appuyer les demandes de l'évêque.
L'accueil du général ne fut pas plus encourageant que la première fois ; il intima même avec insistance au prélat l'ordre de
quitter ta ville en ajoutant que le plus tôt serait le mieux et ce
fut sur ces dernières paroles que l'évêque se retira après avoir toutefois reçu du général la promesse que tout ce qu'il laisserait dans
son palais serait placé sous la sauvegarde de la Nation française.
Il n'y avait pas à tergiverser, l'ordre était formel et pressant, il
fallait partir. L'évêque prit ses dernières dispositious et délégua,
au curé de la cathédrale, le chanoine Honoré Navello, tous les
pouvoirs nécessaires pour administrer le diocèse en son absence.
Aux premières lueurs du jour, Valperga quitta son palais, et se

�— 36 dirigea à pied vers la porte Pairolière. Il avait été impossible de
trouver une voiture car tous les moyens de transport avaient été
réquisitionnés et utilisés le 28 septembre pour permettre l'exode
des habitants terrorisés. Il avait ordre de partir, mais cet ordre
n'ayant pas été donné par écrit, les volontaires marseillais, de garde
à la porte de Turin, refusèrent de le laisser passer, l'accablèrent
d'injures, le menacèrent même de le pendre et ne consentirent á
le lâcher que sur un ordre écrit, sollicité et obtenu du général,
grâce à l'intervention courageuse et au sang-froid d'un jeune
niçois, Joseph Castellinard. Monseigneur Valperga se retira à
Turin et y mourut en 1805 sans avoir jamais pu obtenir l'autorisation de rentrer.
*

* *

Il est établi par les documents officiels contemporains que
Monseigneur Valperga ne quitta son siège que sur les ordres arbitraires du général d'Anselme et ces mêmes documents nous
renseignent très exactement sur les incidents fâcheux qui se produisirent au départ de l'évêque. Du reste, on n'ignorait pas à Nice
comment les choses s'étaient passées et la population savait grê à
Valperga de son attitude et de sa fermeté. De son côté, Valperga
avait eu confiance dans la parole à lui donnée par le général au
nom de la Nation française et à plusieurs reprises il manifesta
son étonnement qu'elle n'ait pas été gardée, que ses biens aient
été confisqués, son mobilier vendu, son nom inscrit sur la liste
des émigrés alors qu'en partant il n'avait cédé qu'à la force.
Parmi les nombreux documents qui se trouvent soit aux archives de Nice, soit aux archives nationales il en est quelques-uns
dont la simple reproduction sera plus probante que tous les corn,
mentaires. Il_suffira de citer :
•i° La lettre du Directoire des Colons Marseillais en date du
25 février 1793, adressée aux citoyens Blanqui et Veillon, députés
extraordinaires de la ville de Nice à Paris, au sujet des réclamations présentées le 23 du même mois par Jean-Jacques Donny, au
nom de Mgr Valperga.
20 La réponse du même Directoire à J.-J. Donny, en date du
26 février 1793.
3„ L'arrêté du Département en date du 13 avril 1793.
40 La réclamation présentée au Directoire du département

�Valperga, aussitôt après son inscription sur la liste des émigrés de
la ville de Nice, dressée à la fin de juin 1793.
50 Les états de frais pour l'inventaire et la vente du mobilier
et effets de « l'émigré Valperga Maillone, citoyen évêque » approuvés par le département des Alpes-Maritimes, le 5 germinal an
III (25 mars 1795).
6° Les actes de notoriété dressés le Ier et 2me fructidor an III
(18 et 19 août 1795) par Gautier, juge de paix à Nice, à la requête de Pierre-Joseph Passeron, agissant en qualité de procureur
subrogé par Nicolas Giorni, procureur spécial et général de Mgr
Valperga, par acte de procuration reçu à Turin le 20 juillet 1795,
notaire Pierre-Joseph Bernochio.
70 La pétition adressée au district de Nice le 4 fructidor an III
(21 août 1795) par Pierre-Joseph Passeron, demandant la radiation du nom de Valperga sur la liste des émigrés.
8° L'avis du district de Nice en date du 5 vendémiaire an IV
(27 septembre 1795) déclarant que Mgr Valperga doit être rayé
de la liste des émigrés.
90 L'arrêté du département des Alpes-Maritimes, en date du
14 prairial an V (2 juin 1797) ordonnant la radiation provisoire
du nom de Valperga de la liste des émigrés.
io° L'acte de cautionnement dressé par le département le
11 fructidor an V (28 août 1797), à la requête de Pierre-Joseph
Passeron, procureur de Mgr Valperga en exécution d'une des
clauses de l'arrêté du 14 prairial an V (2 juin 1797).

�- 38 —

DOCUMENTS ET PIÈCES D'ARCHIVES

Pièce 1.

25 février 1793
Aux cit. Blanqui et Veillon
Une lettre du cit. Donny, associé du citoyen LeClerc, défunt président de l'ancienne administration
provisoire, dont vous avez ci-inclus l'extrait ( 1 ), nous
fait connaître que le cit. Valperga, évêque de Nice,
laissa avant son départ (ordonné à son retour par
Anselme) dans sa maison pour environ 34.000 livres,
argent monnayé, et environ pour 17.000 d'effets en
vaisselle, linge, batterie de cuisine etc.
Une portion de ces effets se trouvent encore dans
ladite maison, sous l'inventaire que nous en avons
fait dresser par les commissaires de l'une et l'autre
administration, lorsque nous avons été installés, mais
il s'en faut de beaucoup qu'elle puisse arriver à la
somme de 17.000 livres, pas même le tiers.
Quant à l'argent monnayé entré dans la caisse du
receveur de l'ancienne administration, nous n'y
voyons point la somme que ledit Evêque désigne
avoir laissé dans sa maison. Nous vous remettons cijoint un extrait de l'état des sommes' que le cit.
Bonnet a reçu en espèces, pendant toute sa gestion
de receveur et trouvées parmi les effets des émigrés
français et niçois.
Nous ne voulons rien préjuger sur l'assertion du
cit. Valperga, quoique nous ayons des indices frappants de vérité. Ce ne sera que lorsque nous aurons
pu les convertir en preuves par le témoignage de
quelques citoyens que nous nous procurerons, pour
pouvoir en demander la restitution et la poursuite
contre le pillage.
En attendant, noùs croyons devoir vous faire part
de cette découverte que nous allons communiquer au
Président de la Convention Nationale et au Ministre.
Arch. des A. M. Registre de la correspondance du
Directoire des Colons marseillais L. 5.
Cet extrait manque au registre ainsi que les autres pièces
énoncées dans celte lettre.

�-hLe 2érae février 1793.
Au citoyen Donny, négociant à Nice
Pièce 2.

Votre lettre du 23me de ce mois, citoyen, nous
demande des renseignements sur le temporel du
citoyen Valperga, Evêque de Nice. Nous allons vous
transmettre tous ceux qui sont à notre connaissance
L'administration provisoire en choisissant l'Evêché
pour le lieu de ses séances, vint s'y établir dans les
premiers jours d'octobre, et tout nous porte à croire
qu'elle ne fit aucun inventaire des effets qui s'y trouvaient, du moins nous n'en avons trouvé aucun dans
les papiers qu'elle nous a remis.
En succédant à cette administration provisoire,
uous avons cru que notre premier devoir était de faire
un inventaire de tout le mobilier renfermé dans la maison épiscopale. Nous y avons successivement procédé
en présence des administrateurs provisoires et à mesure qu'ils nous en remettaient les clefs. Tout le mobilier qui s'y trouvait, ne consistait guère qu'en
meubles meublants et ne nous paraît pas avoir la
valeur de 17 mille livres que l'Evêque lui donne.
Vous pourrez, si vous le jugez à propos, faire prendre
à notre secrétariat une copie de cet inventaire. Tout
ce. qui n'est point renfermé dans les appartements
que nous occupons au premier étage, a été laissé à la
garde de Jean Poma, ancien concierge de l'Evêque et
le nôtre.
Pour nous éclairer sur les 34.000 1. argent monnayé que l'Evêque doit avoir laissé en sa maison,
nous avons écrit au cit. Bonnet, receveur de l'administration provisoire, pour lui demander un état des
sommes en numéraires versées dans sa caisse, comme
ayant été saisies et trouvées parmi les effets des Emigrés français et niçois. L'état qu'il nous a remis ne
monte qu'à 74121. 16 s, et aucun article n'a du rapport
avec les réclamations du citoyen Valperga.
Quant à ce qui concerne personnellement le
citoyen, nous avons demandé au Ministre de l'Intérieur de vouloir bien nous dire la manière dont nous
devions l'envisager. Nous savons qu'un ordre arbi-

�— 40 —
traire de Danselme l'obligea de quitter Nice, le jour
de l'entrée des Français. Mais nous pensons aussi que
la proclamation des Commissaires de la Convention
nationale de France et le décret de celle de Nice,
concernant les Emigrés, étaient des motifs suffisants
pour le ramener à son poste et le rassurer sur les
suites de son retour. En persistant à prolonger son
absence, il s'expose à être traité comme émigré, à se
voir déclarer déchu de sa place et confisquer tous ses
biens. Telle est la disposition de la loi, et quoique
nous ayons consulté le ministre sur le cas particulier
de l'Evêque, nous prévoyons que sa réponse sera de
nous en tenir à la rigueur des lois, ainsi que plusieurs
instructions nous l'ont déjà annoncé.
Vous sentez, citoyens, que tout le mobilier de
l'Evêque doit rester séquestré jusqu'à son retour ou à
la décision du Ministre. Il peut être tranquille sur la
conservation de tout ce que nous avons trouvé en
entrant dans sa maison. Ce qui a pu en être enlevé
avant notre entrée en fonctions, est étranger à notre
gestion. Mais nous employerons tous les moyens qui
sont en notre pouvoir pour en trouver les traces, en
acquérir les preuves et en faire punir les coupables.
Les administrateurs, etc.
Archives des A.-M., Registre
suivants.

,L. 5,/°7i verso et

Lettre des commissaires de la Convention
Nationale et arrêté du Département des A. M.
Nice, le 9 Avril 1793, l'an 1 Ie de la Repu bublique Française.
« Vous voudrez bien, citoyens, en nous envoyant
les noms et prénoms de l'évêque de Nice, nous instruire officiellement d'après les "dispositions des lois,
s'il est censé démissionnaire et son siège vacant.
« Les Commissaires de la Convention Nationale
au département des A. M.
GRÉGOIRE, JAGOT (I)

(1)

Archives des A. M. L. 29 ancien. L

7

actuel.

�— 4i (i3 avril 1793)
Le Directoire ; vu la réquisition du citoyen Procureur Général sindic « Considérant que Charles Eugène Valperga, évêque de Nice, n'avait point quitté
son domicile lors de l'entrée des troupes de la République ; considérant qu'il a lui méme-accompagné les
consuls d'alors quand ils furent présenter les clefs
de la ville et inviter le général Anselme à venir en
prendre possession au nom de la République ; considérant que le général Anselme par ses ordres arbitraires et tiranniques, accompagnés même de menaces contre ses jours, l'ont forcé de s'éloigner ; arrête
qu'il ne peut le déclarer émigré, et qu'il sera répondu
aux Commissaires de la Convention nationale d'après
les principes ci-dessus.. »
Sign : PAUMÉ ; BARLI FABRI ; F. CASTKLIMARD ;
ANGLES ; BERNARDI, secrétaire général. (1)
pjj

ce

^

Aux citoyens composant le Directoire du
département des Alpes-Maritimes..
22 juillet 1793.
Citoyens,
Le citoyen Jean-Jacques Donny, soussigné, chargé
des intérêts du citoyen Valperga, évêque de Nice
absent, ayant été informé que par votre délibération
du 29 du mois passé, ledit citoyen Valperga avait été
déclaré émigré, vous représente avec tous les égards

(1) Archives des Alpes-Maritimes, Registre L,. 3, folio 101. L'Arrêté n'est pas signé par le procureur syndic Jean-François Tourre
ni par l'administrateur Jean-L,ouis de Villiers qui ne partageaient
point l'opinion de leurs collègues. A noter que Tourre était d'Antibes
et que de Viliers était un médecin français établi depuis longtemps
à Nice.
I/Arrêté fut pris malgré le réquisitoire de Tourre qui voulait
déclarer Monseigneur Valperga émigré et malgré un violent discours de Villiers soutenant la même thèse qui fut combattue par
Barli Fabri, par Castclinard et par Anglès. J'ai déjà publié in-extenso
cette délibération du 13 avril T793 au cours d'un article sur l'église
de Nice en 1792-1793 inséré dans Nice Historique du Ier avril 1903,
C'est pourquoi je reproduis ici simplement la lettre des
commissaires et l'arrêté du département.

�- 42 —
dûs au pouvoir dont l'exercice vous a été confié par
le peuple souverain que le citoyen Valperga ne peut
ni ne doit sous aucun rapport être considéré comme
émigré, par les motifs ci-après :
i° Qu'il est de notoriété publique qu'il n'a quitté
le pays que contre son gré et par ordre du général
Anselme :
2° Qu'il a constamment été disposé et a offert
de revenir dans son diocèse, moyennant qu'il ne fut
assujetti à prêter qu'un serment relatif au temporel et
non au spirituel.
3° Qu'enfin et par la raison que n'étant point
indigène, mais étranger, son séjour ici n'a été dé terminé que par sa nomination à l'épiscopat, événement casuel qui n'a jamais pu le soumettre à l'obligation de renoncer pour toujours à sa mère-patrie.
Tous ces motifs, soit qu'on les prenne collectivement ou séparément, démontrent suffisamment,
citoyens administrateurs, le droit incontestable, qu'a
le citoyen Valperga de demander et prétendre la
radiation de son nom du tableau des émigrés, et si
le ministre de l'Intérieur n'a fait aucune distinction
entre lui et les autres citoyens, c'est sans doute qu'il
a ignoré les circonstances qui vous sont exposées
ci-dessus, et notamment la dernière, car s'il les eût
toutes connues, il n'est nullement probable qu'il eût
décidé comme il l'a fait. Toute hypothèse contraire
serait une injure faite à ses sentiments et à ses lumières. Un homme tel que lui, dont les vertus civiques, le patriotisme et les talents l'ont appelé au
poste aussi honorable que pénible qu'il occupe, doit
ressembler autant que possible à la Nation pour
laquelle il agit et qui l'a honoré de sa confiance.
Cette nation est grande, généreuse, magnanime,
juste et bienfaisante.Elle ne peut qu'êtreextrêmement
jalouse de sa gloire, et l'un des principaux devoirs de
ses agents est d'éviter soigneusement d'en ternir
l'éclat.
Le refus qui serait fait de rayer de la liste des
Emigrés le nom du citoyen Valperga, refus qui entraînerait avec lui la confiscation des minces propriétés de ce citoyen, serait un acte qui imprimerait à

�-

43

-

jamais une tache ineffaçable à la gloire du nom français ; tache qui ne pourra manquer de frapper également les yeux des contemporains et ceux de la postérité ; tache enfin que les historiens ne manqueront
pas de faire ressortir par des couleurs enluminées, et
le bel effet qu'un pareil tableau produirait, citoyens
administrateurs, serait votre ouvrage.
Mais non, loin de nous, cette idée ! Vous êtes
républicains ! cela suffit. Les républicains sont vertueux. Ils aiment, chérissent, protègent, respectent
la vertu partout où elle se trouve. Et le citoyen Valperga aussi est un homme vertueux ! Qui en doute ?
Nul bon citoyen, nul honnête homme. Souvenezvous, citoyens administrateurs, que ce n'est que par
ses vertus qu'il a mérité l'amour et l'affection du
peuple Niçois et non par sa qualité d'évêque. Et plût
à Dieu que tous les ecclésiastiques lui eussent ressemblé ! La France n'eut point éprouvé d'aussi horribles secousses, pour asseoir, affermir et assurer sa
liberté.
La République a incontestablement le droit de
renvoyer hors de son sein tout individu qui ne lui
convient pas, mais en renvoyant ainsi un étranger
qui, d'ailleurs, n'a pas encouru la peine de la confiscation de ses biens, elle lui permet de les emporter ou
de les vendre et d'en emporter le produit. Tel est
précisément le cas du citoyen Valperga.
L'exposant demande en conséquence, citoyens
administrateurs, qu'il vous plaise prendre dans votre
sagesse une délibération tendante à rendre audit
citoyen Valperga sa qualité de citoyen français non
émigré, à lui accorder un délai compétent pour rentrer dans ce pays soit comme simple citoyen ou
comme fonctionnaire public et à lui assurer dans
tous les cas la restitution de ses propriétés par lui
laissées sous la sauvegarde de la loyauté française
dans la maison épiscopale, lors de sa retraite forcée,
ou la juste indemnité de leur valeur. Et sera justice.
Nice, le 22 juillet 1793, l'an second de la République française, une et indivisible.
Jean-Jacques DONNY.
l
ARCHIVES NATIONALESF/ 4.867 , dossier Valperga.

�- 44 Pièce 5.

Etat de frais de vente pour parvenir à l'inventaire
et vente des effets de l'émigré Valperga Maillone,
citoyen évêque :
5 germinal an III (25 mars 1795)
Pour une séance de trois commissaires dont un du
District et deux de la Commission municipale, fixée
à trois livres par séance par le Directoire du district
et approuvé par les Représentants du
Peuple
L.
9 »
Papier timbré tant de la minute que
des deux extraits
»12
Pour la copie desdits deux extraits . .
» 8
Droits d'enregistrement
13 10
31

2

Nous soussignés certifions le compte ci dessus véritable.
Signés : J.-B. Thomaty, comm. du dist. ; Savigny,
comm. munie. ; Mabil, comm. municip.
Frais de la vente :
Pour quatre séances de deux corn missaires dont un
du District, un de la Commis, mun. sans le membre
de l'administration fixées à trois livres par séance par
le Directoire du district et approuvé par les Représentants du Peuple .
L.
24 »
Au trompette pour publication de
quatre criées
5 »
Au crieur à la vente, quatre séances .
12 »
Aux portefaix qui ont travaillé au
transport des effets
40 »
Papier timbré tant de la minute que
de l'extrait
1 »
Bougie
3 »
Droits d'enregistrement
27 »
Papier timbré du petit état
» 4
A la femme qui a assisté à la vente
pour l'arrangement du linge
» 12
L.
Signés : J.-B. Thomaty, comm. du
district ; Savigny, comm. municip.

1

159 6

�Vu par nous, membres composant la Commission
Administrative du district et d'après l'arrêté du district, approuvé par les Représentants du Peuple et la
loi du il et 12 Mars, arrête l'état des frais ci-dessus
se montant à la somme de cent cinquante neuf livres
trente centimes, qui seront acquittés par le receveur
du droit d'Enregistrement lorsque le Département
aura vérifié ledit état.
Nice, le 29 ventôse an 3"" de la République française une et indivisible (19 mars 1795).
(Suivent les signatures).
Vu l'état des frais ci-dessus pour parvenir à l'inventaire et vente du mobilier de l'émigré Valperga
Maillone ci-devant évêque.
Vérifié et arrêté par le Directoire du district de
Nice, la Commission Administrative du département
des Alpes-Maritimes approuve ledit état et ordonne
au citoyen Maussier, receveur de l'enregistrement
cîudit district de payer aux citoyens J. B. Thomaty
et Savigny, comm. la somme de 159 livres et 30
centimes pour montant des frais pour inventaire et
vente des susdits effets de l'émigré, laquelle somme
lui sera allouée en compte.
Fait à Nice le 5 germinal an 3me républicain ( 25
mars 1795).
Etat des frais pour parvenir d la vente du mobilier de
l'émigré Charles Eugène Valperga Maillone, citoyen
évêque.
Pour trente-neuf séances de trois commissaires
dont un du District et deux de la Commission municipale, fixé à trois livres par séance par le Directoire
du district et approuvé par les Représentants du
peuple
L.
351 »
A deux portefaix, dix-neuf journées et
demi chaque fixées à cinq livres par jour.
195 »
Au trompette pour publication de
trente-neuf criées fixées à une livre cinq
sols chaque
48 r 5
Au crieur à la vente, trente-neuf séan
ces fixées á trois-livres par séance ....
117 »

711 1$

�- 4* Report
Papier timbré tant de la minute que
de l'expédition
Pour copie dudit extrait fixé à quatre
livres
Papier timbré du présent état ....
Bougie
Droit d'enregistrement
Plus deux autres journées de portefaix à cinq livres
Un paquet de plume
L.

148
4
6
421

»
4
»
»

20
5

»
»

1.182

7

Nous soussignés certifions le compte ci-dessus,
véritable.
Nice, le Ier ventôse an 3me de la République (19
février 1795).
Signés : J.-B. Thomaty, commissaire du district ;
Savigny, comm. ; Honoré Mabil, comm. municipal.
Vu par nous, membres composant la Commission Administrative, de ce District, et d'après la loi
du 11 et 12 Mars 1793 (v. s.) et l'arrêté de cette
Commission approuvé par les Représentants en date
1^ Fructidor, oui l'agent national, arrête l'état des
frais se montant à onze cent huitante deux livres et
trente cinq centimes qui seront acquittés par le
receveur de l'agence de l'enregistrement sur le produit de la vente desdits meubles, lorsque le Département aura vérifié ledit état.
Nice le 29 ventôse an 3me de la République
française une et indivisible (19 mars 1795).
(Suivent les signatures).
Vu l'état des frais ci-dessus pour parvenir à la
vente du mobilier de l'Emigré Valperga Maillone cydevant évêque.
Vérifié et arrêté par le Directoire du district de
Nice.
La Commission administrative du département
des Alpes-Maritimes, approuve ledit état et ordonne

�— if au citoyen Maussier, receveur de Penregistrement
dudit district de payer aux citoyens J.-B. Thomati,
Savigni et Honoré Mabil, commissaires, la somme de
mille cent quatre vingt deux livres trente cinq centimes pour montant des frais de la vente des susdits
effets de l'Emigré. Laquelle somme lui sera allouée
en compte.
Fait â Nice le 5 germinal an 3me républicain (25
mars 1795).
Arch. des A. M. L. 15 ancien p. 44-45 N° 34-35

Actes de Notoriété
Pièçe g

1-2-fructidor an III
18-19 août 1795
EGALITÉ, LIBERTÉ

AU NOM DE LA LOI
Ce jourd'hui, premier Fructidor, l'an troisième
(18 août 1795 de la République française, une et indivisible, à Nice, chef-lieu du département des AlpesMaritimes, par devant Nous, Antoine Gautier Juge de
paix de la Ier, 2m" et 3me section et officier de police,
est comparu le citoyen Pierre Joseph Passeron, natit
tic la commune de Contes et habitant en celle de Nice
depuis plusieurs années.
Lequel en sa qualité de procureur du citoyen
Charles Eugène Valperga de Maillone, évêque de Nice,
subrogé par le citoyen Nicolo Giorni, homme de loi,
procureur spécial et général établi (par acte reçu) par
le notaire Pierre Joseph de Bernochio, le 20 Juillet
dernier (v. s.) qu'il présente, légalisé par le résidant
de la République de Gênes auprès de la Cour de Turin, dont il résulte le pouvoir donné au citoyen Giorni, de subroger en son lieu et place, avec tous les
pouvoirs compris au dit acte, et il présente au surplus l'acte de sa dite subrogation faite par le même
citoyen Giorni, reçu en la ville de Gênes le premier

�- 48 du mois d'août dernier (v. s.) par le notaire Antoine
Baglietto, légalisée par le consul de la République
française.
Il expose que le vingt neuvième jour de septembre
de l'année 1792, l'armée de la République, étant arrivée en cette ville, commandée en chef par le citoyen
général d'Anselme, lorsque ce général, vers le soir,
fut arrivé et il eut pris son logement dans la maison
habitée par le ci-devant consul de la République Le
Seurre, ledit citoyen Evêque Charles Eugène Valperga de Maillone s'y étant présenté, ledit général d'Anselme, en présence de tout son Etat-Major, lui signifia
d'abord de devoir partir de cette ville. Sur quoi le
dit évêque ayant répondu qu'il avait cru de pouvoir
continuer sa résidence en cette ville et tellement l'avait cru, qu'il n'avait jamais pensé de distraire et en
faire partir le moindre de ses meubles et effets, qu'il
avait dans la maison d'habitation de l'tvêque et que
si absolument il lui ordonnait de partir, il le priait de
lui accorder la sauvegarde sur tous lesdits effets et
meubles. Le dit général d'Anselme lui répliqua qu'il
dut absolument partir de cette ville, en ajoutant que
le plus tôt en serait le mieux, et qu'à l'égard de ses
meubles et effets qu'il avait, il les mettait dès ce ino
ment sous la sauvegarde et loyauté de la Nation française et qu'il pouvait en être tranquille, après quoi ledit
évêque Valperga de Maillone, tout tremblant, ayant
dit qu'il allait se conformer dès le lendemain au matin à ses ordres, se retira ; ledit général d'Anselme
lui ayant encore répliqué : le plus tôt sera le mieux.
Et comme il importe audit citoyen évêque Valperga de Maillone de constater le fait ci-dessus expo"sé, suivi en présence de tout l'Etat-Major dudit général d'Anselme et de plusieurs citoyens de cette commune, l'exposant, en sa dite qualité vous présente les
citoyens Pierre Le Seurre, ci-dessus nommé, ci-devant
consul en cette ville de la République, le citoyen Honoré Saissi de cette commune qui pour lors était second consul de la même commune, le citoyen Philippe Emmanuel Féraudi qui pour lors était secrétaire de
Ìa même commune et le citoyen Ange Giraudi aussi

�- 49 de cette commune, pour recevoir leurs dépositions
sur ledit exposé et vous fait instance que de tout lui
soit concédé acte, ce que nous lui avons accordé, et a
signé.
PIERRE JOSEPH PASSERON.

Et de suite se sont présenté les susnommés
citoyen Le Seurre, natif de Craon, âgé de 75
ans, bourgeois, le citoyen Saissi, âgé de 70 ans,
négociant, Emmanuel Feraudi, âgé de 68 ans, notaire, Ange Giraudi, âgé de 63 ans, négociant,
natifs et domiciliés dans cette commune, auxquels
après avoir fait lecture dudit exposé fait par ledit citoyen Pierre Joseph Passeron, en sa dite qualité, les
avons interpellés sur serment que leur avons fait prêter, conformément à la loi, de nous dire en leur âme
et conscience si tous les faits énoncés dans le même
exposé sont de leur connaissance et tous les quatre ont
répondu et attesté tant uniment que séparément en
être pleinement informés, s'y étant trouvés présents,
et que le tout contient la vérité, toute la vérité et
rien que la vérité. En foi de quoi ils ont signé :
LE SEURRE, HOSORI'J
SAISSI, PHILIPPE EMMANUEL FÉRAUDI,
ANGE

GIRAUDI.

Et nous, juge de paix, vu les dépositions ci-dessus, avons de tout concédé acte au susnommé citoyen
Pierre Joseph Passeron en sa dite qualité, pour lui
servir et valoir dans tous les cas, à ce que de droit et
de raison. Fait à Nice, l'an et le jour que dessus.
GAUTIER, juge de paix.
BONIFACI, sec. greffier.
Vu par nous, membres du District de Nice, 3 vendémiaire an IV rép. 25 sep. 1795, TOSELLI, JN COPPON
fils, VÉRANI pr. syndic, SAYTOUR Martin.

�— 5o —
EGALITÉ, LIBERTÉ.

AU NOM DE LA LOI
Ce jourd'hui. second jour de Fructidor de l'an 3
août 1795) de la République française une et indivisible, à Nice, chef-lieu du département des AlpesMaritimes, par devant nous, Antoine Gautier, juge de
paix de la iere, 2M* et 3ME section et officier de police,
est comparu le citoyen Pierre Joseph Passeron : natif
de la commune de Contes et habitant en celle de Nice
depuis plusieurs années
Lequel en sa qualité de procureur du citoyen
Charles Eugène Valperga de Maillone, évêque de
Nice, subrogé par le citoyen Nicolo Giorni, homme
de loi, procureur spécial et général établi (par acte
reçu) par le notaire Pierre Joseph de Bernochio, le 20
Juillet dernier (v. s.) qu'il présente, légalisé par le résidant de la République de Gênes auprès de la Cour de
Turin, dont il résulte le pouvoir donné au citoyen
Giorni, de subroger en son lieu et place, avec tous les
pouvoirs compris audit acte, et il présente au surplus
l'acte de sa dite subrogation faite par le même citoyen
Giorni, reçu en la ville de Gênes le premier du mois
d'août dernier (v. s.) par le notaire Antoine Baglietto,
légalisée par le consul de la République française.
Expose : Primo, que le matin du trente septembre 1792, le citoyen Charles Eugène Valperga de
Maillone, évêque de Nice, en partant de cette ville
avec deux domestiques à sa suite, qui portaient un
paquet et quelques effets, fut arrêté à la porte qui conduit en Piémont, ci-devant nommée porte Victoire,
et conduit au vestibule de la maison presque attenante
à ladite porte, appartenant au citoyen Dominique
Castellinard, où se trouva le citoyen Joseph Castellinard, fils dudit Dominique, et malgré que ledit Evêque Valperga déclara aux soldats de la Garde de la
dite porte qui étaient des Marseillais, que c'était en
conséquence d'ordre qui lui avait été signifié par le
citoyen général d'Anselme qu'il partait de cette ville,
lesdits soldats commencèrent par le malmener et lui
(19

�signifier qu'ils voulaient le pendre et ayant ouvert
ledit paquet et y ayant trouvé entre autres effets, une
ceinture d'évêque, ils déterminèrent, à l'instant, de le
pendre avec ladite ceinture, et ayant essayé si la même
était assez forte pour le soutenir, en la préparant, elle
se fit en lambeaux, de façon qu'ils vérifièrent qu'elle
ne pouvait leur servir et demandèrent audit Joseph
Castellinard fils une corde, pour pendre ledit évêque,
à un grand anneau de fer qui était au plafond dudit
vestibule, servant â y passer une verge de fer pour
peser les marchandises, et ledit citoyen Castellinard
fils, leur ayant absolument refusé de leur donner de la
corde, en s'excusant qu'il n'en avait point, comme
dans tous ces entrefaits ledit évêque se trouve mal et
ne peut plus se soutenir, ledit Castellinard fils lui fit
apporter une chaise, par sa servante à qui quelques
uns de ces soldats donnèrent des coups de poing pour
avoir porté ladite chaise et le même Castellinard le
fit ensuite asseoir sur ladite chaise, en le soutenant,
parce qu'il ne pouvait se soutenir droit ; d'autant plus
qu'en attendant, lesdits soldats marseillais lui disaient mille exécrations, lui crachaient dessus et lui
donnaient des soufflets, et assurément ils l'auraient
fini, si dans cet intervalle un de ses domestiques
n'avait été dire au citoyen général d'Anselme ce qui
venait d'arriver, et ledit domestique étant venu avec
un billet dudit général d'Anselme qui ordonnait à la
garde de le laisser partir, puisque c'était de son ordre,
en conséquence de ce billet lesdits soldats marseillais
se bornèrent pour lors à lui dire et crier mille invectives et injures et le laissèrent partir, ce que ledit
évêque, malgré qu'il ne pût se remuer, à l'aide de ses
domestiques fit au mieux possible en tremblant, de
façon qu'il doit son existence au refus ferme et déterminé que ledit citoyen Castellinard fils leur fit de
leur donner une corde, sans quoi avant l'arrivée du
dit domestique portant l'Ordre du général d'Anselme, il aurait été pendu et étranglé.
Secondoque lefaitci-dessusfut d'abord public et notoire, de notoriété publique dans cette ville et encore
plui le lendemain premier octobre, puisque les autres

»

�— 52 —

soldats de la Phalange Marseillaise, arrivés sur le soir
dudit jour trente septembre, d'abord après leur arrivée
cherchèrent l'évêque qu'ils voulaient le lanterner et
mettre en pièces, comme ils s'expliquèrent hautement,
ce qui joint au fait arrivé dans ledit vestibule de la
maison Castellinard, étant devenu d'une notoriété publique donna l'épouvante à tous les gens honnêtes du
pays, qui disaient que le citoyen général d'Anselme en
ordonnant audit évêque de partir, en mettant sous la
sauvegarde de la Nation française ses meubles et ses
effets, avait voulu le sauver.
Et comme il importe audit citoyen Passeron, exposant en sa dite qualité, de constater par témoins le
fait ci-dessus exposé, il nous présente ledit citoyen
Joseph Castellinard fils de Dominique de cette commune, âgé de 21 ans, de profession, négociant, qui se
trouva présent au fait énoncé dans le Ier article de l'exposé ci-dessus, et au surplus informé de la notoriété
des faits énoncés au second et dernier chef, de ladite
exposition et il nous présente les citoyens Jean-Jacques Donny, natif de Neufchâtel en Suisse, âgé de 39
ans, de profession, négociant ; Joseph Poullan, natif
de Clavesana, en Piémont, âge de 48 ans, négociant ;
Jacques Gerbin, âgé de 60 ans, tailleur, Jean-Marie
Thaon, âgé de 56 ans, négociant, natifs et tous domiciliés en cette commune pour déposer sur ladite
notoriété énoncée dans ledit second fait exposé, pour
recevoir leurs dépositions, et nous fait instance que de
tout lui soit concédé acte, ce que nous lui avons accordé et a signé.
Pierre-Joseph PASSERON .
Et de suite se sont présentés les susnommés citoyens Joseph Castellinard, Jean-Jacques Donny, Joseph Poullan, Jacques Gerbin, et Jean-Marie Thaon,
ci-dessus qualifiés, auxquels après avoir fait lecture
dudit exposé fait par ledit citoyen Passeron, en sa
dite quálité, les avons interpellés sur serment, que
leur avons fait prêter, conformément à la loi, de nous
dire en leur âme et conscience, si tous les faits énoncés dans le même exposé sont de leur connaissance,

�- 53 et ledit citoyen Joseph Castellinard a répondu et
attesté en être pleinement informé pour avoir été
présent au fait exposé dans le i" article de ladite exposition, et pour avoir publiquement entendu dire les
faits énoncés dans le second chef qui était en cette
ville notoire de notoriété publique et lesdits citoyens
Jean-Jacques Donny, Joseph Poullan, Jacques Gerbin,
Jean-Marie Thaon, ont répondu et attesté tant uniment que séparément être pleinement informés de
l'énoncé dans le second chef de ladite exposition,
puisque les faits y énoncés étaient notoires, de notoriété publique en cette ville, et tous lesdits citoyens
ont respectivement attesté pour ce qui les concerne
que tout contient la vérité, toute la vérité et rien que
la vérité. En foi de quoi ils ont signé : Joseph Castellinard fils,Jean-Jacques Donny, Joseph Poullan, Jacques
Gerbin, Jean-Marie Thaon.
Et nous, Juge de paix, vu les dépositions ci-dessus,
avons de tout concédé acte au susnommé Pierre Joseph Passeron en sa dite qualité pour lui servir et valoir dans tous les cas, à ce que de droit et de raison.
Fait à Nice l'an et jour que dessus.
GAUTIER,
BONIFACI,

juge de paix.
sec. gref.

Vu par nous, membres Du district de Nice, le 3
vendémiaire anIV rep. (25 sept. 1795).
Jn. COPPON fils, VÉRANi, pr. syndic, TOSELLI, Saytour
MARTIN.

Arch. Nat. F

7

4867 *

�54 -

PÉTITION au DISTRICT de NICE
et AVIS de ce DISTRICT
ÉGALITÉ,

LIBERTÉ

5 vendémiaire
27 septembre 1795 an IV
AUX

CITOYENS ADMINISTRATEURS
DU DISTRICT DE NICE

Le citoyen Pierre Joseph Passeron, natif de la
commune de Contes, habitant en celle de Nice depuis plusieurs années.
Vous expose en qualité de procureur du citoyen
Charles-Eugène Valperga de Maillone, évêque de
Nice, subrogé par le citoyen Nicolo Giorni, homme
de loi, son procureur spécial et général fondé par acte
reçu dans la ville de Turin par le notaire PierreJoseph de Bernochio, le 20 juillet dernier (v. s) légalisée par le résident de la République de Gênes, près
la Cour de Turin, duquel il résulte le pouvoir donné
audit citoyen Giorni de subroger en son lieu et place
avec tous les pouvoirs compris dans le même acte,
qui se trouve copié mot pour mot dans celui de la
subrogation faite par le même citoyen Giorni, reçu
en la ville de Gênes le Ier du mois d'août dernier
(v. s* par le notaire Antoine Baglietto, légalisée par
le consul de la République française, le 13 Thermidor dernier (3 1 Juillet 1795), qu'il vous exhibe qu'étant arrivé dans cette ville le vingt-neuvième jour
du mois de septembre de l'année 1792, l'armée de la
République française, commandée par le citoyen général en chef d'Anselme lorsque celui-ci y fut arrivé
le soir et eut pris son logement dans la maison d'habitation du citoyen ci-devant consul de la République
Le Seurre, ledit évêque Charles-Eugène Valperga de
Maillone, s'étant présenté, le même général d'Anselme
lui signifia d'abord en présence de son Etat-Major de
partir de cette ville, sur quoi ledit évêque lui répondit qu'il avait cru pouvoir continuer sa demeure dans
cette ville et qu'à cet effet il n'avait jamais pensé de

Pièces 7 et 8

�- 55 distraire, ni faire partir le moindre de ses meubles et
effets qu'il avait dans la maison d'habitation de
l'évêque, que si absolument il lui ordonnait de partir,
il le priait de lui accorder la sauvegarde pour tous ses
dits effets et meubles, ledit général d'Anselme lui
répliqua : Le plus tôt sera le mieux, ce qui tout est
constaté par les attestations ci-jointes du premier et
second jour de fructidor dernier qu'il vous présente
également.
Qu'il résulte aussi par lesdites attestations, que
ledit évêque Valperga de Maillone fut forcé par ledit
général d'Anselme de partir de cette ville que tous
ses meubles et effets fussent mis sous la sauvegarde de
la Nation française et qu'étant parti le lendemain 30
dit septembre, il risqu'à d'être pendu ef étranglé paties soldats de la Phalange Marseillaise qui se trouvaient de garde à la porte ci-devant dite Victoire, ce
que tout fut d'abord notoire et de notoriété publique
dans cette ville.
Vous observe que ledit évêque Valperga est natif
du Piémont où il se retira et que s'il a résidé dans
cette ville, ce n'a été que pour raison de son ministère, que tout cela nonobstant il a été porté sur la liste
des émigrés, a été vendu la plus grande partie de ses
meubles et effets, et cela même nonobstant la préalable réclamation que le citoyen Jean-Jacques Donni,
chargé des intérêts dudit évêque avait fait à l'ancien
département par sa pétition du 22 juillet 1793 (v. s)
qui existe dans les Archives de ce district, résultant
ainsi que tout cela a été fait et opéré contre le droit des
gens et la sauvegarde de la loyauté française qui fut
promis audit évêque.
En conséquence, l'exposant demande en sa dite
qualité de procureur dudit citoyen évêque CharlesEugène Valperga de Maillone la radiation de son
nom de la liste des émigrés, la levée des scellés, la
restitution de ses propriétés et l'indemnité de celles
qui ont été distraites et vendues au nom de la Nation,
et sera justice.
(21 août 1795).

�- 56 Nice le 4me jour de Fructidor de l'an 3me de la
République française une et indivisible.
Signé : Pierre-Joseph PASSERON.
Vu la pétition ci-dessus du citoyen Pierre-Joseph
Passeron présentée au nom et comme procureur subs
titué du ci-devant évêque de Nice, Charles-Eugène
Valperga tendante à obtenir la radiation de son nom
de la liste des émigrés, la levée du séquestre et remission de ses effets restant ainsi que l'indemnité de
ceux qui ont été distraits ou vendus.
Vu une première pétition présentée à l'ancienne
administration du département par le citoyen JeanJacques Donni, au nom du citoyen Valperga en date
du 22 juillet 1793 tendante aux mêmes fins.
Vu la procuration en date du premier août 1793
(V. s.) faite à Gênes, par devant le notaire public Antoine Baglietti, légalisée par le Consul de la République française y résidant, ainsi que l'acte de procuration y inséré, en date du 20 Juillet 1795.
Vu l'attestation de quatre témoins faite avec serment par devant le juge de paix de la 1", 2"", 3me section de cette commune, en date du 1" Fructidor dernier '18 août 1795).
Vu autre attestation de cinq témoins faite par
devant le susdit Juge de paix, le 2 dit fructidor, aussi
sous serment.
Considérant que par la première des 2 attestations il est pleinement prouvé que le vingt-neuvième
septembre 1792, aussitôt après l'entrée de l'armée
française dans cette commune, le sus-nommé évêque
Valperga s'étant présenté au général d'Anselme qui
la commandait en chef, celui- ci lui ordonna d'abord
en présence desdits témoins et de tout l'Etat-Major.
u'il n'avait qu'à partir de la ville, et malgré que le
it évêque lui observa qu'il avait cru de pouvoir y
rester tranquillement et qu'à cet effet il n'avait fait
partir aucun de ses effets et meubles, le général lui
répliqua de partir absolument de la ville, en ajoutant
que le plus tôt serait le mieux, l'ayant assuré qu'à

a

�-5;l'égard de ses meubles et effets de sa maison, il les
mettait dès ce moment sous la sauvegarde et loyauté
de la Nation française et qu'il pouvait en être tranquille.
Considérant qu'il résulte par lesdites attestations,
et il est prouvé que l'évêque Valperga, d'après les
ordres précis et réitérés du général d'Anselme, partit
le lendemain 30 septembre de cette ville.
Considérant que par la susdite attestation du deux
Fructidor il résulte que l'évêque Valperga, au moment de son départ de cette commune, ayant été arrêté à la porte qui conduit au Piémont, par les soldats
qui y étaient de garde, lesquels tentèrent de le pendre,
il évita la mort par les soins du citoyen Joseph Castellinard, un des déposants, et il ne fut laissé libre que
d'après un billet du général d'Anselme, qui ordonnait à ladite garde de le laisser partir, puisqu'il s'en
allait de son ordre
Considérant que tous ces faits sont devenus de notoriété publique dans cette commune, dès le même
jour 30 septembre et Ier octobre suivant, ainsi que
quatre témoins l'ont attesté.
Considérant que le citoyen Valperga ne s'est absenté de cette commune et ci-devant Comté de Nice
que d'après les ordres du général d'Anselme auquel il
témoigna son regret.
Considérant que le départ du citoyen Valperga
ayant été forcé il ne peut pas être qualifié d'émigration.
Considérant que son intention de rester dans cette
commune est d'autant plus constatée, que le citoyen
Valperga a été le seul fonctionnaire public, il soit
resté à son poste, n'ayant soustrait aucun des meubles
et effets de sa maison, lesquels ont été ensuite distraits
et vendus par la Nation.
Considérant que le citoyen Valperga ne peut être
non plus considéré comme réfractaire aux lois de la
République, tandis qu'à l'époque de son départ de cette
commune, aucune loi de la République, surtout à
l'égard des ecclésiastiques, n'y avait été encore publiée
à laquelle eut pu contrevenir.

�— 58 —
Considérant que le citoyen Valperga ne pouvant
être considéré ni comme émigré, ni comme réfractaire, ne pouvait être privé de ses propriétés laissées
dans cette commune lors de son départ, sous la sauvegarde de la loi et de la Nation française qui lui fut
accordée par le général d'Anselme, et qui étant digne
de la loyauté de cette Nation, ne pouvait être violée
sans blesser le droit des gens.
Considérant au surplus, que le citoyen Valperga,
originaire piémontais, ne faisait sa résidence à Nice,
qu'à raison de son épiscopat, ce qui ne donne qu'une
résidence easuelle, et que sous tous les rapports, il
n'a cessé d'être étranger à l'égard du pays de Nice et
de la France.
Considérant que l'article 6, section deux, N° 2 de
la Loi du 25 Brumaire (15 novembre 1794) en déclarant émigrés les citoyens domiciliés dans le cidevant comté de Nice, qui sont sortis depuis le 27
septembre 1792, n'a point porté atteinte au droit des
gens dans la personne de l'étranger, qui se trouvait
dans ce même pays, où il n'aurait pas établi son vrai
domicile.
Considérant que le citoyen Valperga, qui avait été
forcé par le gouvernement de partir de Nice, n'a dû
plus y revenir dans le terme même prescrit par les
lois aux citoyens de la ci-devant Comté de Nice,
puisqu'il ne devait point imaginer qu'il fut compris
dans l'invitation, malgré qu'il ait été porté sur la
liste des émigrés.
Considérant que ce nonobstant, lorsqu'il sut qu'il
avait été porté sur la liste des émigrés de cette commune, s'est empressé de présenter sadite pétition
du 22 Juillet 1793 dans laquelle il demanda non seulement la radiation de son nom de ladite liste, mais
encore un délai convenable pour rentrer dans cette
commune, soit comme simple citoyen, ou comme
fonctionnaire public, ainsi que la restitution de ses
propriétés par lui laissées sous la sauvegarde de la
loyauté française dans la maison êpiscopale lors de sa
retraite forcée, ou une juste indemnité de leur valeur.

�- 59 Considérant finalement que,d'après toutes les circonstances sus-ênoncèes, aucune loi concernant les
émigrés ne peut être applicable au citoyen Valperga,
et que toutes celles qui pourraient le regarder relatives au séquestre des biens appartenant aux habitants
des pays en guerre avec la République française ont
été rapportées par le décret du 14 Ventôse dernier
(4 mars 1795). •
Le Directoire du district de Nice, oui le procureur syndic, est d'avis que le citoyen Charles-Eugène
Valperga ci-devant évêque de Nice ne doit point être
considéré émigré.
Qu'il doit être rayé de la liste des émigrés, que le
séquestre apposé sur ses propriétés doit être levé, qu'il
doit être réintégré dans la possession et jouissance
d'iceux, que tous receveurs ou dépositaires doivent
lui restituer les sommes qu'ils ont perçues, résultant
du produit desdites propriétés et qu'il doit recevoir
la juste indemnité des meubles et effets qui seraient
passés au profit de la Nation.
Fait à Nice, dans la salle des séances le 5me Vendémiaire an 4me républicain (27 sept. 1795). Signé
Saytour Martin. Verani,
procureur syndic, Angles v. prés.
Touzelly. Jn Coppon fils.
Enregistré au feuil. 20 registre des prévenus
d'émigration et signé BARRAIA, commis greffier.
Certifié conforme par nous Ve président et secrétaire du district Jn COPPON Fils V,-PRÉSIDENT
BARRAIA Cis greffier.
A rch. Nat. F 7 4867

2

�— 6o —

Pièce 9.

LIBERTÉ (vignette) ÉGALITÉ
BUREAU DES
ÉMIGRÉS

Extrait des registres des délibérations et arrêtés de
l'Administration Centrale du département des Alpes Maritimes.
(2

juin 1797)

Séance du quatorze Prairial an 5mf de
la République française une et indivisible.
Sur le rapport d-e la pétition présentée par le
citoyen Pierre Joseph Passeron, procureur fondé de
Monsieur Charles Valperga, ci-devant évêque de
Nice, dans laquelle il expose que ledit Charles Valperga n'a jamais dû être atteint des lois relatives à
l'émigration, soit qu'on le considère comme parti en
suite d'une force majeure, soit en sa qualité de piémontais et demande en conséquence la radiation de
son nom de la liste des Emigrés, sa réintégration
dans la possession et jouissance de ses propriétés et
une juste indemnité, des meubles et effets qui sont
passés au profit de la République.
L'Administration Centrale du département des
Alpes-Maritimes, considérant que M. Charles Valperga, comme piémontais, n'habitant Nice que pour
cause de son emploi, n'aurait jamais dû être porté
sur la liste des émigrés du département.
Que le seul motif qui a pu déterminer le général
d'Anselme à lui ordonner de partir de la ville de
Nice, ne peut avoir été que la susdite qualité de
piémontais.
Considérant enfin, que comme sujet du roi de
Sardaigne, il est dans le cas de jouir de l'article i,r
de la loi du quatorze nivôse an troisième, (} janvier
1795), ainsi que de l'article neuf de la loi du trente
Floréal an quatrième, (19 mai 1796).
Arrête, oui le commissaire du Directoire Exécutif
que le nom de Valperga, ci-devant évêque de Nice,
qui se trouve inscrit sur la liste des émigrés, sera

�— 6i —

provisoirement rayé ; que tout séquestre qui pourrait
avoir été mis sur ses biens sera levé, qu'il sera réintégré dans la possession et jouissance de ses propriétés,
et que toutes les sommes versées dans les caisses publiques, lui seront rendues, déduction faite des frais
faits conformément aux lois.
Fait et arrêté* en séance publique le jour, mois et
an que dessus.
Signé : Donny, président Payani, fils, Scudéry,
Oberti, Hancy (et en marge Gastaud commissaire
du Directoire Exécutif).
Certifié conforme à l'original par nous président
et secrétaire de l'Administration centrale du départemeni des Alpes-Maritimes.
DONNY, président
BELMONDI, sec. chef au bureau des émigrés.
Arch. Nat. F 7 4867 2

ACTE DE CAUTIONNEMENT
Pièce 10.

11 fructidor anV (2&amp; août 1797)
LIBERTÉ ÉGALITÉ
Ce jourdTiui 11 fructidor an 5 de la République
française une et indivisible (28 août 1797) par devant nous, membres composant l'Administration
centrale du département des Alpes-Maritimes, est
comparu le citoyen Joseph Passeron, natif de Contes,
chef-lieu de canton, domicilié dans cette commune,
procureur fondé de Monsieur Charles Valperga, cidevant évêque de Nice, en vertu d'acte de procuration du 20 juillet et premier août 1795 (v. s.) lequel
en sadite qualité, dépendamment à l'arrêté de cette
administration du quatorze prairial an cinq (2 juin
1797) portant que le nom de Valperga, ci-devant
évêque de Nice, sera provisoirement rayé de la liste
des émigrés, que tout séquestre qui pourrait avoir
été mis sur ses biens sera levé, qu'il sera réintégré
dans la possession et jouissance de ses propriétés, et

�— 62 —

que toutes les sommes versées dans les caisses publiques lui seront rendues, déduction faite des frais
faits, conformément aux lois, désirant de se conformer au porté par l'article 3 de la loi du 5 Brumaire
an 3 (26 octobre 1794) qui exprime que les prévenus
d'émigration seront tenus de donner caution solvable de la valeur mobilier, et ne pourront obtenir
leurs immeubles jusqu'à ce qu'il ait été définitivement statué sur leurs réclamations par qui de droit,
toujours en sa dite qualité a présenté pour caution le
citoyen François Grosson, marchand drapier de cette
commune, lequel ici prése.it et acceptant, s'oblige
conjointement et solidairement avec ledit Valperga
et pour celui-ci ledit Joseph Passeron, et sous l'hypothèque de tous leurs frens présents et à venir, à l'entière exécution de ce qui les concerne en la susdite
loi, et à la représention des mobiliers, effets et sommes à percevoir en dépôt que besoin sera, et quant
aux mobiliers invendus et en dépôt seront soumis
d'en représenter la valeur à laquelle seront estimés
par experts, préalable rémission.
Et nous, administrateurs susdits approuvant lesdits
cautionnement et acte de soumission, à la réquisition
dudit citoyen Joseph Passeron, avons dressé le présent acte que toutes les parties ont signé avec nous,
ayant au préalable fait renoncer audit François Grosson au droit de premier convenir.
Fait à Nice les jours, mois et an que dessus.
Joseph

PASSERON,

François GROSSON,
prés., PAYANY FILS,
MARUN-SAYTOUR, sec. en chef

HANCY, DONNY,
P.

Acte original sur timbre de 20 centime*.
Arch. Nat. F

7 4867^

�— 63 -

CONCLUSION

Il était avéré pour tous, dans la ville de Nice, que Mgr
Valperga était parti contre son gré et si la première Administration départementale, installée au mois de Mai 1793,
l'avait inscrit sur la liste des émigrés de Nice, c'était à la
suite d'une réponse faite par le ministre de l'Intérieur, Garât,
aux questions à lui posées par le Directoire des Colons Marseillais sur la conduite à tenir vis-à-vis de l'évêque.
Les questions avaient été envoyées à Paris, vers la fin
de Février 1793, et la réponse du ministre ne parvint à Nice
qu'au milieu de juin suivant, soit quelques jours avant la
publication de la liste des émigrés. Les réclamations de
l'évêque, retiré à Turin dans sa famille, furent présentées
le 22 juillet 1793 (1) ; mais comme beaucoup d'autres, elles
s'entassèrent dans les bureaux du Département, qui n'y
répondit même pas.
Cette réclamation fut présentée au nom de l'évêque par JeanJacques Donny au Département. lîlle figure en original au dossier
Valperga.
Voir ci-dessus.
Le registre des délibérations du département manque aux Archives pour les derniers mois de 1793, exactement du Ier mai au 10
Novembre, comme pour les six derniers mois de 1797 et l'année entière de 1798, exactement du 8 Messidor an V (26 Juin 1797) au 25
Pluviôse an VII (13 février 1799).
C'est-à-dire pour les deux périodes les plus troublées et cette
disparition est tout au moins étrange.
Elle doit être vraisemblablement attribuée à certains hommes
politiques désireux de laisser dans l'oubli leur conduite durant ces
deux époques.

�- 64 On était dans la période la plus aiguë et, en pleine
Terreur.
Après le 9 Thermidor et, surtout après la venue à Nice
du représentant Beffroy, au mois de Floréal, an III (Mai
I795)»
les esprits devinrent plus calmes, les administrations plus pondérées. C'est alors que, sur de nouvelles demandes présentées au District, et sur avis favbrable de
celui-ci, le département des Alpes-Maritimes accorda à Mgr
Valperga sa radiation provisoire, le 14 Prairial, an V (2 Juin
1797). Comme on le voit, l'affaire avait traîné en longueur.
Il semblait alors que rien ne s'opposait plus à la rentrée
de l'évêque : le 11 Fructidor, an V (28 Août 1797), le Département avait agréé la caution de François Grosson (1) ;
les biens de l'évêque allaient lui être rendus, et il pourrait
rentrer.
Mais huit jours après, le coup d'Etat du 18 Fructidor (4
septembre 1797) remettait le pouvoir aux mains des Jacobins, la guerre aux émigrés et aux ecclésiastiques, en particulier, reprit avec âpreté. Pe département des Alpes-Maritimes se vit accusé d'avoir préparé une rentrée triomphale à l'évêque, son arrêté du 14 Prairial resta sans effet
et, en vertu de la loi du 19 Fructidor (5 septembre), les
scellés furent de nouveau apposés sur les biens de Mgr Valperga par deux commissaires municipaux (2).
En vain, l'évêque de Nice, fit intervenir auprès du Directoire Balbi, l'ambassadeur du Roi de Sardaigne à Paris,
le dossier de sa demande en radiation fut examiné sans
aucune bienveillance.
(1) L/Acte original de ce cautionnement sur timbre est aux
Arch. des Alp.-Maritimes Q. 10.
(2) Mise de scellés sur les biens de Charles Eugène Valperga par
deux commissaires de la municipalité de Nice. Une scéance, 6 livres.
Dépense approuvée par le Département, en Germinal an VI (avril
1798). Arch. des A. M. Q. 11.
Mgr Valperga ne possédait à Nice aucun immeuble et il devait
rester fort peu de chose de son mobilier après la vente qui en avait
été faite en Ventôse an III. La bibliothèque de l'évêché avait été déclarée bien national et la caisse diocésaine avait disparue en octobre 1792
sans laisser de traces dans les pièces administratives. Le séquestre
a été apposé sur les biens de nombreux émigrés rayés provisoirement.
On peut en voir la liste aux Archives des A. M. Q. 10, où Valperga
figure sous le N° 65.

�- 65
Á la suite de la lettre de Balby datée de Paris le 7 février
1798, le ministre de la police demanda à ses Bureaux un
rapport sur l'affaire Valperga. Pe voici tel qu'il se trouve
en minute au dossier.
Attendu que rien ne tend à constater le prétendu ordre
de quitter Nice, d'où il suit qu'il faut en croire sur parole
l'émigré.
Qu'à raison de son domicile, il était tenu de rentrer sur
le territoire dans les délais voulus par les lois.
Qu'il est atteint par la déchéance et n'a réclamé que
l'an V.
Qu'il ne paraît pas y avoir lieu de violer la loi en faveur
de cet ex-évêque dont la rentrée prohibée par la Constitution serait d'une influence dangereuse.
J'estime qu'il y a lieu à proposer la maintenue sauf
à prendre des renseignements si toutefois on les trouve
indispensables.
CAIGNART,
Sous-chef (2e Bureau).
En tête de cette minute est écrit :
« Je pense qu'il y a lieu à instruction et à prendre
des renseignements près les Administrateurs du département_des Alpes-Maritimes. »
Signature illisible (1).
Ces renseignements furent-ils demandés ? C'est probable et cela explique que bien des pièces du dossier Valperga sont en double expédition. Plus d'une année s'écoula
encore, avant que fut prise une décision et finalement sur
un rapport défavorable de la Commission d'examen instituée près le Ministère de la police pour l'étude des demandes en radiation, le Directoire exécutif signa le 7 Floréal
an VII, (26 avril 1799) un arrêté qui maintenait définitivement, sur la liste des émigrés, Mgr Valperga et annulait
toutes les décisions rendues antérieurement, en sa faveur,
par les. autorités locales.
(1) Arch. Nation. F 7 4862 2 dossier Valperga. Rapport de la
3 me Division du Ministère de la police, sans date mais joint à la
lettre de Balbi.
»

�- 66 -

Varrêté du Directoire parvint à Nice les premiers
jours de Prairial an VII (Mai 99) et fut immédiatement
mis à exécution. (1).
*

* *

Ainsi donc Mgr Valperga expulsé ne put jamais obtenir
de rentrer, les lois sur l'émigration étaient tellement embrouillées et tyranniques qu'une fois inscrit sur une liste
d'émigrés, il était extrêmement difficile de s'en faire rayer
malgré toutes les démarches ; car on se heurtait sans cesse
à des questions de forme et de procédure ce qui permettait
à la malveillance de s'exercer tout à fait à l'aise sous le
couvert de la légalité.
A. J.

PvANCE-BOURREY.

(1) De 21 Floréal an VII (10 mai 1799), il fut communiqué
par le ministre de la police générale de la République aux diverses
administrations intéressées et aux Commissaire du Directoire exécutif
près le département des Alpes-Maritimes. Celui-ci par lettre du 3
prairial (22 mai 1799) demanda au Département de le transmettre
à la Municipalité de Nice, ce qui fut fait le même jour avec ordre
de le transcrire sur ses registres, de faire apposer les scellés ou séquestre sur tous les biens meubles et immeubles de l'évêque si ce
n'est déjà fait, et de mi notifier sans délai la décision prise à son égard.
Voir lettre du Département à la Municipalité, celle du Commissaire au Département, 3 Prairial an VII avec la réponse du Département 4 Prairial.
Arch.. des A. M. Q. 1 et 2 et Arch. Nationales, dossier Valperga,

�NIÇA LA BELLA
VERS DE /.

Giordan,

su

DE CARTA POUSTALA

Ai rai dôu nouostre bouon soulèu
Venon s'escaufar toui lu lùssi ;
Es un meravihous tablèu,
Ai rai dôu nouostre bouon soulèu,
Trouvas, dou Var fin au Castèu,
Anglés, Rouman, Danesi, Rùssi :
Ai rai dôu nouostre bouon soulèu
Venon s'escaufar toui lu lùssi.
Pèr tu, as touti li bèuta,
Terra de lus e d'alegria,
D'un ciel d'azur, as la clartà,
Pèr tu, as touti li bèuta.
De l'univers, en verità,
Siès la uechièma meravia ;
Pèr tu, as touti li bèutà,
Terra de lus e d'alegria.
Dintre lou tèmp, Semiramis
Faguet basti, à Babilouna,
Pu siéu jardin, vèr paradis !
Soubre Paioun, degun s'estouna
De vèire, ancuèi, lou paumoulié
Drissar au ciel la siéu coulouna
E lou galofre, e l'anemouna
Flouri emb'au pourtegalié.
De bouon matin, quitant maioun
Pèr la journada touta'ntiera,
S'en va lavar, dintre Paioun
Pa bugadiera.
D'un glourious passat es fiera
Perqué, d'un tèmp, sus lou bastioun
Au Turc, arranquèt la bandiera
Pa bugadiera.

�fet 68 —

Sau de fouora fa freï,
Que brima,
A Niça, sus lou Quèi,
Si rima.
Pescadou, fourestié,
De la mar bressarella,
Escouton voulountié
Pa doussa cantinella.
L'AVOUCAT

PATTA

L'estudi de l'avoucat Patta es en plen aria ; si tèn lou matin
couma lou predinà su la plaça dôu Palai. Es un ome pichounet,
touplen raplot, li pocha enfli de papiè de touta mers. En lu vièi
quartiè es proun counouissut e li capelada, « Bouonjou Moussu
l'Avoucat », noun li mancon. Es ben m'ai juge, proucuradou, etc.
Lu siéu ounourari soun bouon pati e n'a de preferença pèr
qu si sigue. Parla au premier maufatan vengut, couma se fousse
un agnèu que vén de naisse ; lou créancier o lou débiteur soun
tratat su lou même pen... basta que mouson...
L'avoucat Patta es de noutarietà reputat pèr un ome judicious, òunest — au noun si flata de l'estre au jou d'ancuei ; —
finda counouisse, es en relacioun d'afaire emê de gros persou nage que dintre la finança dôu siéu coumerce, soun quasi d'usurari. Sau menajar la cabra e lou caulè ; e pèr que la mouneda
noun li escapa si desbrouïa e si mete dôu cousta dôu manche...
d'aquéu que casca lou de mai...
Acò fa que toui lu matin que lou Bouon Diéu a fach, la siéu
doumestica mete toujou quaucaren au fuec. Lou dimeneghe, coum'un bouon crestian, — tartufaria que lou pauva, — va audi la
gran'messa à Santa Réparada, fa la siesta e à la calada dóu soulèu,
passeja su lou Cours, pastrouia, fa lu cent pas, noun parla que de
lei, proucès, citacioun, ensin alestisse lou travail dôu dilun...
Lendeman empastra ben d'afaire, mete facilamen en lou sac
Moussu Tout'Un emé Moussu Tout'Autre... En éu que li pòu
faire ?... lança dapertout lou broumech, tant pis pèr aquéu que si
laissa agantar. Quaranta sóu es lou près d'atac e vous pregui de
crèire que douna pas la siéu journada pèr doui o tres escut.
L'avoucat Patta counouisse l'usança dôu païs... s'avès touort,
vous rouïa, s'avès pi rasoun, v'espia... Que voulès aima manjar
lou pei, lou pei que noun aiguë d'espina...
JULI EYNAUDI.

�-«9VA

MAU ! !

Va màu, cresé-vous, que va màu 1
En l'orizoun lou voile negre
N'es qu'un gran camp cargat de pebre,
Qu'à pala lou jeten davan,
Avuglan finda lu cavau 1
Lu canoun soun su li frountièra,
Alignât couma de barriera,
N'esperon plus que lou signàu !
Lou soulèu, aquel animàu !
Stan, noun vòu levà la vela,
Si foundon couma des candela
Enb'aquèu coust dôu diàu !
Le Giacouuda à cóu de d/stràu
Li fan petà li sièu moulura...
Ah ! dèu faire bella figura
Se l'an foutuda en quauqua tràu
Lou pan crèise, finda la sàu,
Lou sucre dintre li boutiga
Mounta ben mai que de boufiga !
Van jusque crèise lou rampàu
E la pèu que fau lou tambau ;
Metran de drech su li nourriça,
Su lu chichi, su li saucissa,
Perqué pas soubre lu magàu ?
E lou Prussian, marrit bertàu,
Noun sabon fa que de babïa,
Per lou Maroc e l'Algèria,
Se faran mètre lou mourràu !
Li serreren toui lou pourtàu
E pi veiren touta la França
Davan la sieù grossa arougança
Se noun si sau garda li clàu !
Es de rima d'un manechàu,
Ma sien d'estiéu, vesin, vesina,
Li passeres en la resina
Avant que vegon l'espitau !
CHARLES CIAUDO

�Valère Bernard
Tout en heurtant le marteau contre la porte de M. Valère
Bernard je songeais. Je me suis complu dans le plus souriant
mépris des idoles. L'ironie a tremblé sur mes lèvres quand
la Provence a dans un ravissement de joie acclamé le poète de
Maillanne. Cette mascarade d'apothéose me répugnait.
Et maintenant la curiosité me fourvoyait dans le studio
d'un consciencieux artiste que les felibres couvraient de gloire.
Elève de Puvis de Chavannes M. Valère Bernard pasticha le
Maître. Mais vite il eût l'intuition qu'à se perdre dans les sentiers
battus il courrait risque de compromettre son crédit. Il dit
adieu à Paris et vint dans Marseille, l'opulente cité.
A cette époque vivait un exquis écrivain, J. Lombard. Il venait de publier deux œuvres d'une grandiose beauté, VAgonie et
Bysance. Dans un style étrangement tourmenté il contait les
luttes entre les factions d'Orient, illuminant son œuvre des
splendeurs bysantines.
Valère Bernard vit Jean Lombard, et du même coup les belles
au bois qui dormaient en son âme s'éveillèrent. Il délaissa les
études académiques, les pastiches sans vie, et d'ardentes couleurs
chargèrent ses toiles.
Voici le triomphe des rois Babyloniens. Sur les voûtes d'un
palais impérial passent des gardes étincelants dans la pourpre et
la soie. L'or envahit les hautes colonnes de jaspe bleu. Involontairement on pense aux fantastiques demeures hantées par des
fées émeraudes et des princesses aux perversités troublantes.
Et je m'imagine que le peintre était sous le charme de la
légende quand il a peint cette courtisanne qui sourit à son miroir tout en jouant négligeamment avec sa chevelure d'or. Et
puis passent Venise la rouge, Marseille enveloppé dans la poussière d'or du crépuscule, des motifs à la Watteau peints par un
bysantin, toute une apothéose.
Mais une idée m'obsède, tandis que dans la grise clarté d'un
soir automnal s'éteignent les fauves éclairs jaillis de ces radieuses
toiles. L'idéalisation du passé me paraît cruelle. Les générations
endormies dans la Mort ont eu leurs misères/leurs rancœurs, je
pense qu'il est absurde de s'écrier avec Musset « qu'aux temps
jadis tout était heureux jusqu'aux douleurs humaines. » En vain
l'apostat s'attriste-t-il sur les vieillards immortels de l'antique

�- 7i

—

lonie, â ses oreilles résonnent les paroles de l'Hiérophante : « La
Helladi que tu aimes n'a jamais existé ».
Mais M. Valère Bernard brise ma rêverie, et mes yeux se
portent.sur des portraits appendus au mur. Profils d'espagnol ou
d'américain mitigés d'espagnol, comme on en croise maintes fois
sur la Cannebière.
Homme universel ne puis-je m'empêcher de m'êcrier. M.
Valère Bernard sourit. Il siérait dit-il, à mi voix, de se développer en profondeur. Toutefois il est beau de se dire sur le
tard de sa vie que l'on a fait vibrer toute son âme. Ici le maître
rejoint Néron. Il m'aide à comprendre cet inquiétant empereur.
Mais encore faut-il que tout en étant l'homme universel on ne
sombre pas dans la banalité. De méchantes œuvres d'art peuvent
avoir leur prix.
Une idée se lève devant moi. Labruyère me petsuade que
l'honnête homme de Pascal propre à tout en définitive n'est propre à rien. La spécialisation inintelligente, mène à l'erreur, j'en
conviens, mais en fait elle est une loi générale.
Et ceci est pour me plaire, car j'abhorre dissiper mon énergie,
j'aime le repliement, la frissonnante pudeur qu'effarouche les
vaines ostentations. Je goûte les peintres du passé et malgré ma
philosophie j'adore les peuples disparus. Volontiers j'implorerai
avec la Cassandre de Schiller la cécité, l'exquise cécité. Le sou
venir a plus de puissance sur moi que l'espoir.
Et sous des deux gris, en des pays étrangers désolants de
médiocrité, il m'est arrivé de pleurer plus amèrement que ne
pleura Xerxès aux rives d'Abydos.
J. PADOVANI.
PROUVERB1, BOUOI MOT, COUNSÈU E DICH
Vèuva que si marida,
Dèu perdre la lus e l'audida.
Fiha madura,
Lou pouorta à la centura.
En cuntant su lu det :
Aquéu a fa l'óu ;
Aquéu l'es anat cercar,
Aquéu l'a fa cuèire,
Aquéu l'a manjat,
E lou pichoun n'a ren tastat !

�— 73 —
LE

DÉSESPOIR

Oui, j'ai la mort dans l'âme ; oui, je monte au calvaire ;
Mon horizon, hier si beau, s'est obscurci ;
Je hais tous les devoirs et tout ce qu'on révère :
Mieux vaut mourir que vivre ainsi !
Puisque je n'y puis rien ; que la raison humaine
Ne gagne plus un cœur où mon cœur est entré,
Je veux briser mes jours comme on brise une chaîne
Et m'enfuir en désespéré.
Qu'est-ce donc que la mort ? C'est la paix éternelle,
C'est un beau drap de fleurs sur mon sein endormi,
C'est la nature calme, auguste et solennelle
Qui nous prête un repos ami.
O nature de Dieu contemple ma détresse !
Ecoute tout mon sang dans mon cœur s'épancher
Et, puisque je n'ai plus le lit de ma maîtresse,
C'est au tien que je veux coucher ;
C'est toi la grande mère et la nourrice immense !
L'homme au sort le plus âpre et l'homme au sort plus beau
Retrouvent dans ton sein leur part de ta clémence :
L'un l'amour, l'autre le tombeau
Tu sais, toi qui vois tout, ce qu'ici bas je souffre,
Que je n'ai point béni l'instant de mon réveil
Et que j'ai regardé, toujours, du fond du gouffre,
Les bords ou brillait le soleil ;
Que je n'ai bu jamais que dans la coupe amère,
Que le seuil du bonheur me fut toujours fermé,
Que j'ai perdu mes fils, que j'ai perdu ma mère
Et tous les cœurs qui m'ont aimé !
Maintenant je m'en vais, battant du front, comme ivre,
En proie à ce grand deuil qui me courbe en vainqueur,
Et je veux déchirer ma vie, avec le livre
Des chastes sanglots de mon cœur ;
Et toi, rayon divin, génie, ardent délire,
Flambeau qui n'iras plus briller sur son autel,
Eternise du moins ces larmes de ma lyre
Et que mon cri soit immortel !
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Mars
Epato (Grégori)
Il
Jun
Cicle soulari
17 Setèmbre
Endicioun roum
10 Desembre
Letra doumenicala
G F
LI QUATRE

8,
7,
20,
20,

10
9
22
22

e
e
e
e

11
10
23
23

SESOUN

Lou printèms coumença lou 21 mars
L'estiéu
—
— 22 Jun
L'autoum
—
— 24 sept,
L'iver
—
— 22 dés.

à 6.55 m.
à 2.36 m.
à 5.18 m.
à 11.53 m.

dôu sera
dôu sera
dôu matin
dôu sera

FESTA MOUBILI

Septuagesima... 12 Fébrié
Cendre
21 Febrié
Pasca
7 Abrieu
Rougacioun 21, 22, 23, 24 Mai
Ascensioun
16 Mai

Pantecousta
Trinità
Festa de Diéu
1" Dimenegue de
Ie* Desémbre

26 Mai
11 Jun
15 Jun
l'Avènt

LU ESCLISS!

Souliu.

—

ij Abriéu. — Esclissi annulari e coumplet visible

à Paris, en America, en Europa et dintre lou N.-O. de l'Africa.
Coumençamen de l'esclissi à 10,01 dôu matin ; finisse à 1,08
dôu sera.
10 Otitoubre. — Esclissi coumplet invisible à Paris, visible
dintre l'America dôu Sud.
Luna. — 1" Abrièu. — Esclissi parciella visibla à Paris. Entrada de la luna dintre l'oumbra, 9.26 dôu sera; sourtida, 11.03
dôu sera.
26 Setèmbre. — Esclissi parciella, invisibla à Paris, visibla
dintre l'Océan Pacifique.

Jîla providence, %ue de la Préfecture /4, $run, Siàraire

�LU

VÉNT

Lu vènt que souflon à Niça, dintre lou cours de l'armada,
soun au nombre de 16. Vequi li siéu denouminacioun courènti,
pihadi, en general, dai loucalità dei quali parèisson vèni :
Sud
Miejon
Nord... Tramountana
S.-S.-O. Miejou Lebech
N.-O.-E. Grek Tramountana
S.-O
Lebech
N.-E... Grego
O.-S.-O Pounèut Lebech
E. N .E. Levant
Ouest. Pounènt
E.-N.-E. Levant
O.-N-O.V Pounènt Maistràu
E.-S.-E. Levant
N -O . Mastràu
S.-E.... Siroco, vènt marin
N..-N. OMaïstràu Tramount
S.-S.-E.. Miejou Siroc

6
15
25
14
31
24

VIGÍLIA — JEUNI
Abriè
(Pasca, 7 Abrièu).
Mai
(Ascensioun, 16 Mai).
Mai
(Pantecousta, 26 Mai).
Avoust
(Assoumpcioun, 15 Avoust).
Outoubre (Toui lu Sant, Ier Nouvembre).
Desembre (Calena, 25 Desembre).
L'AN NADA RELIGIOUSA

LI FESTA MOUBILI E LI FESTA FISSI
Janvt'è
jYlars
1 Circouncisioun.
1 e 2 Quatre Tèms.
6 Epifania (lu Rei).
3 Reminiscere.
13 Bateja de J.-C.
10
Oculi.
14 Sant Noum de Jesu.
17 Lœtare.
fébrié
24 Passioun.
2 Puriflcacioun.
29 Li 7 Doulou.
4 Setuagesima.
31 Lu Rampàu.
6 Festa de la Pr. de N. S.
11 Sexagesima.
Jîbriéu
13 Coum. de la Passioun.
5 Divendre Sant.
18 Quinquagesima.
7 Pasca.
21 Cendre.
14 Quasimodo.
25 Quadragesima.
28 Patrou. de San Joúsè.
28 Quatre-Tèms.

�Setembre
3 Inv. de la Santa Crous.
13, 14, 15, Rougacioun.
16 Ascensioun.
26 Pantecousta.
29-31 Quatre-Tèms.
1
2
6
9
21
24
29

Quatre-Tèms.
Trinità.
Festa de Diéu.
Festa dôu S. Sacramen.
Sacrat-Couor de'jesu.
Natività de S. jouan-Bat.
SS. Peire e Paul.

8 Natività de la Vierge.
14 Esaltacioun de la Crous.
15 N.-D. dei 7 Doulou.
15 San Noum de Maria.
18, 20, 21, Quatre-Tèms.
29 Dédie, de S. Miquèu.

Ôutoubre
6
13
20
27

Sant Rousari.
Maternità de la Sta Vierge.
Puretà de la Santa Vierge.
Patrounage de la S. Vierge.

J/ouvembre

Juliet
2 Visitacioun de la S. V.
7 Precious Sang.
16 N.-D. dôu Carme.

Jîvoust
6 Transfiguracioun.
15
18
25
25
29

Assoumpcioun.
S. Joachim.
S. Couor de la Vierge.
S. Louis.
Decolac. de S. Jouan-Bat.

1
2
3
21

Toui lu Sant.
Lu Mouort.
Santi Relíquia.
Present, de la Sta Vierge.

2&gt;esembre
1 Avent.
8 Imaculata Councepcioun.
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25 Calena.

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pour la propagation des méthodes Décimales.
Le Club Nautique de Nice a offert plusieur fois en prix des
montres décimales aux régates'de 1909. Il était utile de décrire cet instrument, d'y joindre des tables pratiques et des
formules à l'usage des ingénieurs, des sportsmen, des médecins, etc. etc.
DÉCIMALISATION DES ANGLES •
Il est aujourd'hui démontré que la division décimale du
quart de cercle facilite tous les calculs.
Les nouvelles cartes géographiques sont graduées exclusivement dans ce système, devenu officiel en France et dans
d'autres pays. On possède toutes les tables pratiques nécessaires à son essai courant. Nous ne nous étendrons pas
davantage sur cette méthode aujourd'hui enseignée dans les
lycées et collèges.
Nous rappellerons seulement que M. l'amiral Germinet,
membre d'honneur du C. N. N., sous la direction duquel on
fit en 1899 et 1900 des essais de navigation avec un matériel
entièrement décimal, a émis un avis très favorable à la
réforme décimale.
DÉCIMALISATION DU TEMPS
La division décimale du jour décrétée le 4 frimaire an II
rendra aussi de grands services à la science et aux sports.
Principe. — On divise le jour entier en 100 parties égales
appelées cés ; le cé est subdivisé en décisés, ceniicès et millicés
Le cé vaut 14m 24s ou 1T4 d'heure environ ; le décicé est égal
lm 26s 4 ou lm Ij2 environ ; le millicé vaut 0S 864 ou 9T10 de
seconde environ.
Concordance des Temps. — On parvient assez vite à dire
instantanément l'heure à 1 ou 2 minutes près en regardant le
cadran d'une montre décimale. Il suffit d'apprendre par cœur
les concordances décimales de toutes les heures.
0,0
0
50,0

4,2
1
54,2

8,3
2
58,3

12,5
3
62,5

16,7
4
66,7

20,8
5
70,8

25,0
6
75,0

�25,0
6
75,0

29,2
7
79,2

33,3
8
83,3

37,5
9
87,5

41,7
10
91,7

45,8
11
95,8

50,0
12
100,0

Les heures sont au milieu, les concordances des heures
du matin en haut, celles du soir en bas. Ainsi 10 heures du
matin valent 41.7 cés (énoncer 41 cés 7 décicés) et 10 heures
du soir valent 91,7 cés.
Gomme 1 cé vaut presque lj4 d'heure et un décicé une mi •
nute 1]2 ; en partant des concordances du tableau, on dit
l'heure instantanément, ainsi 39,9 cés valent 9 h. 36 m. du
matin. Un ou deux jours suffisent pour atteindre ce résultat.

Description de la montre décimale ou cémètre. — Il y a 3
aiguilles centrales se mouvant sur un cercle divisé en 109
parties égales, numérotées de 0 à 9. Le 0 cé est en bas, c'est
l'origine des temps, car on suppose la Terre au centre du
Cadran.
L'aiguille dorée avec un soleil ne fait qu'un tour par jour ;
l'aiguille épaisse en acier bleu tourne 10 fois par jour, et la
trotteuse fine fait 1000 tours par jour.
L'aiguille-soleil montre la position de l'astre du jour par
rapport au méridien de Paris, qui va du centre au chiffre 5.

�10 —
Les quatre traits bleus indiquent les positions de cette aiguille
à minuit en bas sur 0 ; — à tì h. du matin au milieu entre 2
et 3 ; — à midi, en haut, sur le 5 ; — à 6 h. du soir, entre 7
et 8.
L'aiguille dorée du soleil indique le chiffre des dizaines
de cés, 2 sur le dessin ; l'aiguille épaisse donne d'abord le
chiffre des cés, 6 sur le dessin, et en comptant rapidement à
l'œil le rang de la division entre 6 et 7, on voit, que cette aiguille marque 3 décicés. Le temps du dessin est donc 26,3
cés correspondant à 6 h 20 m. du matin environ. L'aiguille
trotteuse donne les millicés 83. Le temps est donc 26,383
cés.
» Pour la vie courante, on n'a pas besoin d'aller au delà du
clécicé. On lit les milticés pour les applications scientifiques
et sportives.
Le temps en millicés lu sur le cêmèire facilite tous les calculs, car on n'a jamais de réductions à faire.
Examinons le problème des vitesses a l'heure : Les millicés multipliés par 0,00024 donne des heures et fraction décimale d'heure. Ainsi Ì2345 millicés valent 12,345 -f- 24 =
2 h. 9628.
Par conséquent si L est la longueur parcourue et M le
temps en millicés, la vitesse est

ou t

+ 4166,66...

Ces quelques exemples démontrent que la montre décimale simplifie tous les calculs sans exception.
Les rapports de MM. les délégués officiels aux essais de
la montre décimale faits à Nice, par le Club Nautique, le 26
février 1911, concluent unanimement à la supériorité de cet
instrument pour les usages scientifiques et sportifs.
M. Prim, astronome à l'Observatoire de Nice, représen
tait M. le \iinistre de l'Instruction publique.
Prix : 60 fr. avec brochure explicative.

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PREMIÏ)

JANVIE
P.
P.
D.
N.

Q,
L.
Q.
L.

lu 8, à 7
lu 14, à H
lu 22, à 7
lu 30, à 10

SOULÈU.

1
2
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31

—

oura
oura
oura
oura

FE BRIE
20
26
21
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m.
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L. 8 14' — C. 4 42'

dil. Jou de V An

P. Q.
P. L.
D. Q.
SOULÈU,

1
2
3
4
5
Lu Rei
6
Dim. S. Lucien
7
dil. S. Apoulinari
8
dim. S. Pèire
9
dim. S. Guiermo
10
dij S. Teodose
11
div. S. Arcada
12
dis. Sta Verònica
13
Dim. S. Ilari
14
dil. S. Maurici
15
dim. S. Ounourat
16
dim. S. Antoni
17
dij. Sta Angela
18
div. S. Sulpici
19
dis. S. Bastian
20
Dim. Sta Agnesa
21
dil. S. Vincènt
22
dim. S. Raymound
23
dim. Sta Jacinta
24
dij. Conv. de S. Pàu
25
div. S. Poulicarpa
26
dis. Sta Devota
27
Dim. Sta Paula
28
dil. S. Francès S.
29
dim.
dim.
dij.
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dis.

S.
Sta
S.
S.

TRIMESÏRÍ;

Macari
Genevieva
Tita
Simeoun

dim. Sta Marfina
dim. S. Peire N.
En Janvié
Lou païsan n'a ren

lu 6, à 4 oura 28 s.
lu 13, à 11 oura 38 m.
lu 21, à 4 oura 44 ui.
- L. 7 49' - C. 5 30'

dij. S. Ignaci
div. La Candeliera
dis. S. Blasi
Dim. Setuagesima
dil. SS. Vinc.Oronte
dim Sta Agata
dim. Sta Dorotea
dij. S. Romuald
div. S. Jouan-Matha
dis. Sta Apoulounia
Dim. Sexagesima
dil. Sta Eulàlia
dim. S. Gregori
dim. Sta Eufrasia
dij. S. Onesime
div S. Dounat
dis. S. Simeoun
Dim. Quinquagesima
dil. S. Gabin
dim. Dimars-Gras
dim. Li Cendre
dij. S. Silvan
div. S. Maxime
dis. S. Pascase
Dim. Quadragesima
dil. S. Nestor
dim. S. Leandri
dim. Sta Nourina
dij. S. Nymphas

Plueia de febrié
A la terra vau fumiè.

ZDéSTU-S-bez

NICE

MARS
N. L.
P. Q.
P. L.
D. Q.
N. L.
SOULÈU

1
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lu 1,
lu 8,
lu 15,
lu 23,
lu 30,
— L.

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Dim.

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7

1 oura 31 m.
0 oura 02 m.
0 oura 59 m.
1 oura 26 m.
1 oura 38 s.
01' — C. 6 13

S. Eudoxia
S. Simplici
Reminisceri
Sta Cunegonda
S. Casimir
Sta Coleta
S. Jouan de D.
Qaatre-tèms
Sta Margarida C.
Ocali
S. Euloge
S. Gregori
Sta Eufrasia
Sta Matilda
S. Acepsima
Sta Gertruda
Lœtari
S. Apien
S. Jôusé
S. Joachin
S. Lea
S. Turibe
S. Armentari
La Passioun
Anounciada
S. Emanuèu
S. Jouan d'Egt,
S. Gountran
S. Eustase
S. Jouan C.
Lu Rampàu

Lou mes de mars
Es amar.

tous le -vrai

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ABRIÉU
P.
P.
D.
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L.
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lu
lu
lu
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SOULÈU.

1 dil.
2 dim.
3 dim.
4 dij.
5 div.
6 dis.
7 Dim.
8 dil.
9 dim.
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12 div.
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18 dij.
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21 Dim.
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23 dim.
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25 dij.
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27 dis.
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29 dil.
30 dim.

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13, à
3
21, à 7
28, à 11

—

oura
oura
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L. 6 06'

—

55 in.
37 s.
31! s.
25 s.
C. 6 52'

S. Ugo
S. Franç. de P.
S. Richard
Dijàu Sant
Divèndre Sant
Dissata Sant
Pasca
S. Albert, ev.
S. Azada.
s. Isidoro
s. Leoun
s. Juli
s. Justin
Ouasimoi/ii
Sta Anastasia
S. Frutuous
S. Rodolfe
S. Maxime
S. Anselme
S. Teodoro
S. Adalbert
S. Fidèle
s. Jorgi
s. Marco
s. Clet
s. Antime
s. Aimé

s. Roubert
Sta Catarina d. S
SS. Philip. ,Jacq.

Pichouna plneia d'Abriéa
Bouona récolta pèr l'csliéu

Q.

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P. L.
D . Q.
N. L.
SOULÈU.

TRIMÍÎSTRÈ;

MAI

JUN

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lu 5,
2 oura
lu 13, a 7 oura
lu 21, à 10 oura
lu 28, à 7 oura
— L.

5 14'

—

14
10
23
24

s.
m.
m.
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C. 7 29'

1 dim. SS. Félip. Jaq.
2 dij. S. Atanase
3 div. In.d.l. Sta Crous
4 dis. SS. Sindonis
5 Dim. S. Pio, papa
6 dil. S. Jouan D.
7&lt; dim. S. Peire
8 dim. s. Gregori N.
9 dij. s. Antounin
10 div. s. Isidoro
11 dis. s. Bounifaci
12 Dim. s. Jouan lou S.
13 dil. s. Pouon, m.
14 dim. s. Pacomo
15 dim. s. Sta Denisa
16 dij. Ascensioun
17 div. S. Pascaù
18 dis. S. Teodoto
19 Dim. s. Pèire C.
20 dil. s. Felis.
21 dim. s. Bernardini
22 dim. s. Julia
23 dij Rogaeioun
24 div. s. Vincen, d. L.
25 dis. S. Urbin
26 Dim. Pandecousta
27 dil. S. German
28 dim. S. Cirile
29 dim. Sta Petronïa
30 dij. S. Sylve
31 div. S. Justin
Au mes de mai
Longui semana

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P.
D.
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L.
Q.
L.

lu 3,
lu 11,
lu 19,
lu 26,

SOULÈU.

1
2
3
4
5
6

dis.
Dim.
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dim.
dim.
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10 dil.
11 dim.
12 dim.
13 dij.
14 div.
15 dis.
16 Dim.
17 dil.
18 dim.
19 dim.
20 dij.
21 div.
22 dis.
23 Dim.
24 dil.
25 dim.
26 dim.
27 dij.
28 div.
29 dis.
30 Dim.

—

à 11 oura 4 s.
à 10 oura SI s.
à 9 oura 51 s.
a
2 oura 20 s.
L. * 34'

C. 8 1!"

S. Potin
Trinità.
S. Quirin
S. Francès C.
S. Lié
Festa de Dieu
S. Lié
Quatre-tèms
S. Optat
Sta Margarida
S. Barnabe
S. Antoui de P.
S. Basilio
S. J.-F. Régis
S. Moudeste
S. Lambert
Sta Olga
S. Gervai
Sta Juliena F.
S. Louis de G.
S. Paulin
Sta Maria d'O.
S. Jouan-B.
S. Prousper
S. Alban
S. Cresen
s. Iréné.
s. Pèire
s. Pàu
s. Tibàu

En Jun
De tres abit l'un

Dégustez tous le vrai

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—

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JULIE T
P.
P.
D.
N.

lu 3, a 10 mira 20 m.
lu 11, à 1 cura 53 s.
Il 19, a o oura 31 m.
lu 25, a 9 oura 12 s.
SDULÈU. - - L. 4 35' — C. 8 22'

1
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dim.
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dim.
dim.
dij.
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Dim.
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dim.
dim.

S. Thierry
Vierg.de li Gracia
S. Anatole
S. Pèire de L.
S. Sisoès
S. Elie
Sta Babeta
S. Efrein
Sta Felicita
S. Pio
S. Jouan G.
S. Gene
S. Jaque
Festa Naciounala
S. Enri
N.D.d.M. Carmel
Sta Marcelina
S. Frederic
S. Vincen de P.
Sta Margarida
S. Vi loiSta Maria-Mad.
S. Apoulinari
Sta Cristina
S. Jaque
Sta Anna
S. Pantaleoun
S. Samsoun
Sta Marta
Sta Giulieta
S. Gnaci de L.

Au mes de Juliet
Ni frema ni coulé.

TBIMËSTRÎ;

I1. Q. lu 2, a 0 oura 29 m.
P. L. lu 10, a 3 oura 58 m.
D. Q. l»i 17, a 1 oura 1.1 s.
N. L. lu 21, a 5 oura 14 m.
IV Q. lu 31, &amp; 5 oura 21 s.
souLÈu, —1.5 or -j&gt;. 8 or

dij.
div.
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4 Dim.
5 dil.
6 dim.
7 dim
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Dim.
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dim.
dim.
dij.
div.
dis.

S. Pèire-aï LS. Alfonso
Inv. de S. Estève
S. Domenica
N. D. dei Nèu
Trausf. de J. C.
S. Gaétan
Sta Batilda
S. Camila d. L.
S. Là u ren
S. Septima
Sta Clara
Sta Filoumèna
S. Ousèbi
Asoumpcionn
S. Roc
S. Mamès
Sta Elena
S. Ipoulita
S. Bernar
Sta Chantai
S. Pio V
S. Filipe B.
S. Bartoumiéu
s. Louis, r. F.
s. Seg'oundo
s. Cesari
s. Goustin
s. Mederic
Sta Rosa
S. Fiacre

F.n . ivoast
Figa e moust

wmmm mm

SBTÈMBRE
P. !.. lu 8, a' 4 oura 57
D. Q. lu 15, a 6 oura î&gt;l
N. L. Ju 22, a 3 oura 37
P. Q. lu 30. a 0 oura 08
SOULÈU. - - 1. 5 47V— c.

1
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dis.
Dim.
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S. Gili
S. Estève R.
Sta Eufemia
Sta Rosalia
S. Làuren J.
S. Pambon
S. Grat
Natiu, di' la V.
S. Oumer
S. Xicola
S. Félis
S. Veran
S. A nié
Es. (1. l.S. CtQUS
S. Nicomède
S. Conrneilla
S. Lanbert
S. Tournas V.
S. Janvié
S. Euslache
S. Matiéu
S. Maurici
Sta Tecla
S. Girar
S Firmen
S. Nil
S. iN'icandre
S. \\ inceslas
g. Miquèu
S. Jeromo

Lima setembrina
De mai clarina

MOT »

GRANDE MARQUE RECOMMANDÉE

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lu 15,
lu 22,
lu 30,

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oura 46 m,
oura 09m;
oura
m.

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— c.

6 06*

TRIMESTRE

NOUVÈMBRE
P. L. lu
6,
D. Q. lu 43,
N. !.. lu 20,
Q.
lu 29,

r.

SOULÈU. - -

1.

a
a
a
a

4 oura 48
8 oura 20
9 oura 49
2 oura 42
14'

—

c.

5 03'

1 dim. Rosari
1 div. Tout lu Sant
2 dim. S. ■ Léger
2 dis. Eu Mouorl
3 dij. S. Rosari
S. Ubert
4 div. s. Francès d'A. 43 Dim.
dil. S. Carlo B.
5 dis. s. Placido
5 dim. Sta Bertila
6 Dim. s. Bruno
6 dim S. Leounar
7 dil. s. Serge
dij. S. Nestou
/
8 dim. Sta Reparada
8 div. Lu Quatre Incou.
9 dim. S. Denis
9 dis. S. Teodore
10 dij. s. Francès B. 10
Dim. S. Jacintou
11 div. s. Tarasco
11 dil. S. Martin
12 dis. s. Counrad
12 dim. S. René
13 Dim. s. Edouard
13 dim. s. Stanislas
14 dil. s. Calisio
14 dij. S. Pantena
15 dim. Sta Teresa
15 div. Sta Gertruda
16 dim. S. Ospici
16 dis. S. Edme
dij.
17
Sta Edvija
17 Dim. S. Gregori
18 div. S. Luc
18 dil. S. Alfè
19 dis. S. Pèi re
19 dim. Sta Babeta
20 Dim. S. Agrico)
20 dim. S. Edmon
21 dil. Sta Ursula
21 dij. Présent, de la V.
22 dim. S. Filip
22 div. Sta Cecilia
23 dim. S. Teodoret
23 dis. S. Clemen
24 dij. s. Mairloire
25 div. ss. Crespin-Cr. 24 Dim. Sta Flora
26 dis. s. Jouan de K. 25 dil Sta Catarina
26 dim. Sta Pel fina
27 Dim. s. Frumence
27 dim. S. Maxime
28 dil. s. Alfredo
28 dij. S. Sostène
29 dim. s. Narcisse
29 div. s. Saturnin
30 dim. s. Marcel
30 dis. s. Andrièu
31 dij. s. Siri
En ùuloubre
\loii ponorc goûta loti rùare

Tonssan ientra
St A n'driéu lou souorte

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DESÈMBRE

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D. Q.
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P. Q.

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lu 12,
lu 20,
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11 dim.
12 dij.
13 div.
14 dis.
15 Dim.
16 dil.
17 dim.
18 dim.
19 dij.
20 div.
21 dis.
22' Dim.
23 dil.
24 dim.
25 dim.
26 dij.
27 div.
28 dis.
29 Dim.
30 dil.
31 dim.

1.

a
a
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3 oura
m.
6 oura 46 s.
4 our;i 40 s.
7 OUI;L 48 s.

7 54' — c.

A vent
Sta Bibiana
S. Francès X.
Sta Barba
S. Bassi
S. Nicola
S. Anbrosi
Imac. Conception
Sta Leoucadia
Sta Eulàlia
S. Damase
Sta Rosélina
Sta Lucia
S, Niçoise
S.
S.
Sta
S.
S.
S.
S.

Mesuiin
Adon
Olimpíada
Gatien
Ciprian
Filogone
Tournas

S. Onourat
Sta Vitòria
Cacha-fuec
Calèna
S. Estève
S. Jouan
SS. Inoucent
Sta Eleonora
S. Sabîn
S. Sàuvestre

Calena aufuec,
Pasca àu j'aèc.

sin -

GRANDE MARQUE RECOMMANDÉE

4 35

�- i6-

�- 17

-I

CROUNICA NIÇARDA
L'ABADÏA DE SAN POUON.— L'ABAT RANCE-BOURREY.
GLOFFREDO.

—

—

PÈIRE

A PREPAU DOU DIALETE NIÇART.

Ben qne pareissènt tardié, VArmanac Niçart s'empressa de
pourtà la siéu febla vous su tout cen que enteressa lou païs, sigue
au pounch de vista istoria loucala, pouesia, tradicioun, sigue
tamben su la taquinanta questioun dóu dialete niçart souvenri
fès pauvada e su la quala lu escritour mouderne soun luen d'estre
d'acordi.
Parlerai finda de M. l'Abat Rance-Bourrey, un beneditin qne
despi quauque an en ça mete à prouflt la siéu erudiciou n a nen
revelà de fach d'istoria inedieh. Se quauqu'un mérita d'estre
laudat es ben éu ; es en éu que VArmanac Niçart tressa la
pamoula de sapiença. En esprimant la nouostra recounouissença,
à l'Abat Rance-Bourrey, fen cen que touplen an denembrat,
vouoli dire de courounà lu siéu travail, frucha de ben de recerca,
dai quali obra sian fier d'avé prestat la prima ajuda. Pouden cità :
lou Discours sur le Monastère de Sainte-Claire de Nice, par Honoré
Pastorelli, publié d'après l'édition originale de Turin 1608, avec
une introduction et des notes ; — "Le Général J.-B.-M. D'Anselme" (Notices biographiques (1740-1792). E aquest'an
l'istorien nen douna — toujou de prima man — YExpulsion de
Mgr Valperga, evesque de Niça, au tèms de la Revoulucioun,
travail anoutat de peça curiouvi que sian urous de pouder metre
souta lu uès dei nouostre letour.
*
* *
Lou fach de l'annada, lou mai marcant, es estat aquéu de
l'Abadïa de San Pouon. Parlon de tout destruge pèr li basti an
siéu luec un espitau Pasteur... UArmanac Niçart es pas Penemic
dóu prougrès, ni men encara dei Bei-Art, ma si fa lou pious dever
de jougne lu siéu esfouors en aquelu dei siéu councitadin quo
l'istoria dóu passat passiouna, pèr que l'Abadïa de San Pouon
sigue counservada e classada couma mounumen istorique. En la
circonstança feliciti M. l'Abat Rance-Bourrey que mé rasoun s'e.s
demoustrat l'ardènt defensour autourisat que counouissen. La
siéu paràula es estada escoutada e lou Préfet de li Alpa-Maritima,
8

'

�— i8 M. de Joly — respetuous dei nouostri tradicioun — en ortie
avertit a proumès que l'Abadïa de San Pouon seria respetada e de
lèu si crusià pèr lou siéu classamen tra lu mounumen istorique.
Dóu resta vequi ce que l'Abat Rance Bourrey nen di su San
JPouon. Counsignen religiousamen li siéu paràula :
« L'Abbaye de Saint-Pons est le plus ancien monument relitgieux existant dans le Comté de Nice. Il y a dou^e cents ans que
sSiagrius y fonda un monastère. L'histoire de ce monastère est
jintimement liée à l'histoire religieuse, civile et économique de la
iville de Nice.
;
« Ce fut à Saint-Pons qu'en 1388 fut'signé l'acte réunissant
le Comté de Nice au Comté de Savoie. Les abbés de Saint Pons
ifurent pris dans les principales familles du Comté : les Badat, les
tLaugery, les Provana, les Lascaris, les Grimaldi, les Martelli, les
;Tournefort, etc. Plusieurs évêques de Nice furent abbés de Saint[Pons, en particulier Barthélémy Chuet (fin du xve siècle) et Jean
, Uriole, son successeur. Un autre abbé, Claude de Seyselle, fut
,évêque de Marseille, puis archevêque de Turin ; d'autres furent
cardinaux, tels Innocent Cibo, neveu d'Innocent VIII et de
f
;Léon X, et Paul Medeci de Cesis dont on voit encore l'inscription
(funéraire à Sainte-Marie-Majeure, à Rome.
:
« A la fin du xvir siècle, l'abbé de Saint-Pons était Pierre
•Gioffredo, le savant historien niçois. Enfin, un abbé de SaintiPons dont les Niçois n'ont pas encore perdu le souvenir, était
(l'abbé Spitalieri de Cessole qui a doté sa ville natale d'un établissement de bienfaisance si justement apprécié. La plupart des
pbbès de Saint-Pons et plusieurs évêques de Nice ont été enterrés
dans l'église ou sous le cloître et dorment aujourd'hui confondus
avec les moines leurs frères qui depuis dix siècles y sont enterrés.
« Les monuments funéraires ont disparu. Le temps a tout
(nivelé à Saint-Pons, singulièrement aidé cependant par la main
ides hommes. On connaît les dévastations commises par
Iroupes de François Ier et de Barberousse, plus tard par celles d
Catinat et par d'autres encore. Après chaque désastre, SaintPons a retrouvé une nouvelle vitalité et il y a à peine trois quarts
de siècle que Mgr Galvano y a fait d'importantes réparations.
;
« Saint-Pons n'est pas seulement une page de l'histoire de
notre pays, c'est un gros volume de cette histoire ; les Niçois
laisseront-ils dire qu'ils sont restés indifférents devant le danger
qui menace Saint-Pons ? Non, ils feront tous leurs efforts pour

�— 19 -

sauver de la destruction un monument qui doit leur être cher...
Je demande d'urgence le classement de l'Abbaye de Saint-Pons,
c'est-à-dire de l'Eglise et des bâtiments claustraux, comme monument historique. »
Lou councours de YArmanac Niçart es aquist. Emé fiertà e
au près de touplen de sacrifici faren respetà l'istoria dóu passat,
la lenga e lu escrich dei orne qu'an ilustrat lou nouostre bèu
pais.
*
* *
Despi quauque tèms, — maladia que reven per intermitença,
— la gran questioun de la grafia niçarda, de l'ourtougrafa, es
messa su lou tapis. De letra soun estadi publicadi, d'autri lou seran, e cresi qu'après ben de charra pèr dire pas gran cauva de
nóu, quasi dirii pèr predicà dintre lou Desert, noun restera
d'aquela discussioun, — Favén déjà coustatat, — pas gran cauva,
ren!... Cadun escrèu à la siéu moda seloun l'esprit dóu moumen,
e serii ben curious de counouisse aquéu que vendria nen dità
une metoda en nen dïen : « la mièu maniera d'escrièure lou
Niçart es la bouona». Discussioun scientifica que pòu passiounà
quauque lenguista, pas mai ; lou mihou es d'escrèure seloun li
letra ditadi pèr la prounouncia. Lou talènt pèr aquéu qu'escrèu
es de si laissà liège, de si faire acapi. Es qu'en en un entan que
frecuenta l'escola primària poudès li demandà autra cauva ?...
Perta de tèms que tout acò, vourria mai s'engenià à recercà lu
viei mot, espressioun, loucucioun courenti que la pous dóu tèms
a rabaïat, dounà au nouostre bèu dialete la coulou que dèu avè,
en respetant lu emprunt que pouden avè fach sigue à l'Italian, à
l'Espagnòu o à tout autre...
Un dialète noun dèu pas estre une lenga scientifica, encara
m en noun còu avè la pretencioun que sigue ouficiela, seria temerari ; lou dialete d'un païs dèu refletà lou caratere d'un'epoca que
lou tèms dèu respetà, enfin escrèure gramaticalamen, un noun
empedisse l'autre, e laissà à l'esprit, au goust lou coumplemen
d'un stile ouriginal, en de frasa councisi que flaton i'auriha.
Aquí fermi la discussioun, risqui de perdre la civada... l'an
que ven, se Diéu mi presta vida, v'en dirai d'autri e couma
d'usança que mi sigue permès de la vous souvetà : Bouona e
uroûva !
L'ARMANAC

NIÇART.

�20 —

LA CIGALA DOU BOUON DIEU
Una cigala dóu Bouon Dieu
Tout l'estiéu
E l'iver en la chambreta, —
L'aiguesias vista la lebreta ! —
Noun vivïa que d'amour
S'assetava su l'ounour;
La cigala cantarela,
Vau chanja de clientela,
Noun es courta d'amatour,
Que li viron tout au tour !
Ma l'ancien de la cigala,
De gros mot ven que s'embala ;
En l'auriha de la maire
Li ven tout aquéu bousin,
Que deja toui lu vesin
Sabon lou long de l'afaire
— Cenqu'as fach m'au tiéu tip ?
Di la maire enrabiada...
Bella Vierge encourounada !
Sera au mancou m'un bouon rie!!...
CH. CIAUDO

PROUVERBI, BOUOI MOT, COUNSÉU E DICH
Tèms d'iver noun ti fidar.
Lu màu dei enfan si garisson soulet.
Cau naisse pèr estre bèu, si maridar pèr estre rie, e mouri
pèr estre brave.
Per aver de raïn, eau caressar la souca.
Agnèu naissut
Vau un escut.
Dansa mihou ventre plen que rauba nova.
L'oumbra dou mèstre engraissa lou cavau.

�LOU MAGOT DE BERTOUMIÉU ISSUGA
O BEN

UNA RAISSADA DE MACAROUN
Conte menloanasqae trouvât dintre d'un armori
de ma nana e que /'Armanac Niçart es tirons de
transcrièure en niçart à Ventencioun dei sièu
fidèle lotour et lelrissa.

Bertoumiéu Issuga, mentounasque de viéia roca, abitava en
coumpagnia de sa mouhié, en carriera dóu Paumoulié. La siéu
frema, malurousamen, era sirnplaria e faia lou siéu desespoir.
Cada matin Bertoumiéu, avant de s'en anà au travail, li recoumandava de noun faire de bestialità. Cou vous dire que toui lu
dissata lou nouostre ome metia en un'armari pertuat dintre la
muraia lou gagne de la semana.
— Bertoumiéu ! pèr qu seria tout aquel argen, demandava
Marioun au siéu marit.
— Es pèr Madjou-long, castagnassa !
*
* *
Un jou Bertoumiéu partet pèr anar à la siéu campagna ;
devia même li restar doui ó très jou pèr souïnar e arousar lu
citrouniè. Marioun souleta matin e sera, s'assetava su lou banquet de la pouorta e faïa de bas... Un predinà veguet un ome
de statura mai que mejana, couma si di, un gran carcan. La
frema de Bertoumiéu lou fissa sensa parpelear, pi pihada d'un'
idea, li diguet :
— Moun bèu Moussu, sias bessai vous Madjou-long ?
Lou merlo pita e noun s'en laissa dire autre, léu li
respouonde :
— Noun vous troumpas pas, bella bruneta, sièu ièu Madjoulong !... Ma perqué mi faire tala demanda ?
Perqué ?... dou moumen que sias Madjou-long, intras su lou
cóu. Li a ja pas mau de tèms que moun marit a mes d'argen
amagat pèr vous...
E sensa mai de ceremounia li remeté lou mandiou dintre lou
quai lu sóu eron groupât. L'ome remercia e la s'esbigna lèu.
♦

* *

�Lou sera, Bertoumiéu arriva, la sièu mouhié li di.
— Sabes, ai vist ancuei Madjou-long !
E l'ome de cridar :
— Malurousa ! — m'en a fach encara una 1
Courre à l'armari, lou mandiou e Pargen, mouis !... Issuga
blastema pica dai pen, es décidât de si desiaire de la siéu frema
Lendeman, dóu téms qu'aissesta durmïa, li cuerbe lu uès emé de
pega de sabatié, pi la pihant pèr la man, la mena dapé dóu CapMartin. Arrivât aqui, Bertoumiéu fa mountar Marioun su d'un
nouguié el'abandouna. La paura, bòrnia, noun sabia doun si
trouvava, ni men encara ce que poudia faire.
En aquéu fra-tèms doui voulur venon s'assetar souta
l'aubre ; après aver abrat quauqui branca sequi pèr s'escaufar, pi
si meton à cuentar lou siéu argen.
La calou faguet delegar la pega que curbia Puès destre de
Marioun e aissesta de cridar :
— E d'un !
Lu voulur, d'estuc, s'isson d'emblée.
— Qu'es acó, diguet l'un.
— Un matagan, faguet l'autre.
La calou seguia á faire lou siéu efet pau à pau durbia Puei
senec.
— E de douî, diguet Marioun.
Dóu cou lu voulur escapon, laissant Pargen espantegat soubre
Perba.
Marioun coumença à li veire clar, cala da l'aubre e ramassa
Pargen, pi lèu s'en camina vers maïoun...
Lou sièu marit, pensierons, era assetat dapè dóu fuec, s'escaufant, fumant la sièu pipeta emé beatituda...
— Bertoumiéu !... o Bertoumiéu !... duerbe-mi, siéu iéu,
Marioun...
— Vai au diàu que ti pihe... ièu que cresii de m'en estre
despegouït...
Ma Marioun, toujou picava, un cóu noun asperava l'autre...
L'ome fenisse per li durbi...
— Ten ! regarda cen que ti pouorti.. . e Marioun pauva lou
sac su lou toulié. ..
Bertoumiéu, entartugat, cuenta Pargen e réfléchisse ; — Marioun es simplaria e deman la vila saupra Pistoria de la fouré . ..
Cóu que Bertoumiéu si dispegouïsse pèr empedi li marridi lenga
de bavar...

�— 23 —
Si mete la vesta, lou capèu e souorte fermant la pouorta i..
Faïa nuech dintre la carriera, ma sensa pena s'encamina
vers una boutiga e croumpa pèr mai de dès kilo de macaroun...
Ientra au sièu e di à la sièu mouhié de si metre au liech.
En tant que Marioun durmïa, Bertoumiéu fa bui lu macaroun, pi lu espantega su lu aubre dóu jardin... Lendeman de
matin la siéu frema, desveiada, si mete à la fenestra...
— O ! Bertoumiéu ! Bertoumiéu ! Vene un póu veire!... O
trest ! vè, a plougut de macaroun !...
— O vai fantauma !... n'as toujou una. .. Ten ! ten !... ma
es ver !...
*
* *

A quauque tèms en ça, Bertoumiéu l'avia previst, Marioun
countet à toui que lou siéu ome noun li picava plus, despi lou
jou qu'ela li avia pourtat de sac plen d'escut...
Lou juge aiguent audit parlar de l'afaire, mandet sounar
Bertoumiéu devant lou tribunal ; la siéu mouhié era estada
citada couma testemoni.
Lou juge. — Bertoumiéu, sias acusat d'aver gardât d'argen
que noun era vouostre.
— Iéu !... Ma moussu lou juge, lou negui ; sièu couma
sabès un travaiadou.. .
E Marioun de dire.
— Noun negar, Bertoumiéu, sabés ben qu'es ver ; es iéu en
persouna que t'ai pourtat la mouneda, qu'avii trouvât en la
fouré.. .
Lou juge. — Anas brave ome, noun negués.. .
— E quoura lou m'as pourtat ?... — Vous juri, Moussu lou
juge, que la miéu frema es fouola !...
— E lou sabes ben, Bertoumiéu, es lou jou que plouguet tant
de macaroun !
— Moussu lou juge aves jamai vist ploure de macaroun ?...
— Jamai ! moun beL amic respoundet lou juge que si tenia
lou ventre dóu rire — Amie, vèu que la vouostra frema es
fouola. .. sias aquitat !...
Bertoumiéu si retira emé Marioun... Noun aigueron plus
de disputa e vieugueron, pareisse urous e pèr longtèms !...
J. E.

�CANSOUN ANCIENNA

PÈR LOU

N'aurias pas vist la miêu fiha
Trin-trin
Lou galerin
A'aurias pas vist la miêu Jiha
Trois-wtrois
Le fils du roi
L'ai vista e l'ai baïada
Trin-trin
Lou Galerin
L'ai vista e l'ai baïda
Trois-trois
Le fils du roi.
Douna-mi la miêu fiha
Trin-trin
Lou galerin
Douna-mi la miêu fiha
Trois-trois
Le fils du roi.
Es aqnela la vouostra fiha
Trin-trin
Lou galerin
Es aqaela la vouostra fiha
Trois-trois
Le fils du roi.
La miêu fiha era pas lernia
Trin-trin
Lou galerin
La miêu fiha era pas lernia
Trois-trois
Le fils du roi
La miêu fiha era pas lua
Trin-trin
Lou galerin
La miêu fiha era pas lua
Trois trois
Le fils du roi.
N'es ni guercia ni poutinouva
Trin-trin
Lou galerin
N es ni guercia ni poutinouva
Trois-trois
Le fils du rois.

MAI

�La miéu fiha n'es pas borni a
Trin-trin
Lou galerin
La miêu fiha n'es pas bornia
Trois-trois
Le fils du roi.
Noun faïa pas belugueta
Trin-trin
Lou galerin;
Nonn faïa pas belugueta
Trois-trois
Le fils du roi.
La miêu fiha n'es pas emberrida
Trin-trin
Lou galerin
La miêu fiha n'es pas emberrida
Trois-trois
Le fils du roi.
La m iéu fiha n'es pas pigada
Trin-trin
Lou galerin
La miêu fiha n'es pas pigada
Trois- trois
Le fils du roi.
La miéu fiha noun es pas ranga
Trin-trin
Lou galerin
La miéu fiha noun es pas ranga
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha noun es pas louorla
Trin-trin
Lou galerin
La miéu fiha noun es pas touorta
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha n'es pas crouoada
Trin-trin
Lou galerin
La miéu fiha n'es pas croavada
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha n'es pas gibouva
Trin-trin
Lou galerin
La miéu fia n'es pas gibouva

�— 26 —
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha noun es foularana
Trin-trin
Lou galerin
La miéu fiha noun es foularana
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha n'es pas ingourda
Trin-trin
Lou galerin
La miéu fiha n'es pas ingourda
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha a pas lou peu de pi g nu
Trin trin
Lou galerin
La miéu fiha a pas lou peu de pig nu
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha noun es narvelouua
Trin- trin
Lou qalerin
La miéu ûha noun es narveloiwa
Trois-trois
Le fils du roi.
La miéu fiha noun a la rougna
Trin-trin
Lou galerin
La miéu fiha noun a la rougna
Trois trois
Le fils du roi.
XXX.

PROUVERB1, BOUOI MOT, COUNSÈU E DICH
Qu duerme ben noun cregne li niera.
Qu vè pissar e noun pissa, crêpa de malícia.-'
Qu douna soun ben avan de mouri
Mérita de pati.
L'amour es lou paradis dei fouol.
L'amour es .la flou de la jouinessa.

�LA MOUORT DAU PAURE TOUNIN

Lou paure Tounin, malàut a setant'an, si presenta à l'espitàu
ma li respouondon que li a plus de plaça.
— Coumplet ! ! !
Quauqu'un li fa capi qu'em'un pau de proutecioun li pourria
intrar. Countrariat dei pas que cóu faire, Tounin vira lu taloun e
s'encamina vers la plaça Massena, piha lou tram, si rende da
Graugnard, à l'espitàu dei can, e li di :
— Moussu lou Veterinari, cresi d'estre un pau mai qu'un
can ?... En aquéu cas souîna-mi...
— Vous souînar aici, ma brav'ome perdés la testa. — Basta,
li di que n'a pas de liech pèrcourcar un crestian, que noun douna
de souin qu'ai bestia !...
Tounin, couma pensas, s'en souorte m'au couor gros e noun
sau plus à que sant si recoumandar. Era aqui au mitan dóu
camin, quoura en aquéu moumen arriba un landau, doun cala
una grossa dama, encapelada, aurias dich un ver foungi, segada
d'un varlet que pourtava religiousamen un can enfeloupat emé de
favour rosa au couol, tapat d'un tapis em'ai iniciala. En veèn
aquéu tablèu lou paure Tounin si lamenta, sangluta fouort.
— Qu'avès lou miéu brav'ome, li di la dama.
— Cen qu'ai Madama ?... trovi que lou vouostre can a mai
de chança que iéu. Li a cinquant-cinq an que travaii, pèr la premiera fès que siéu malàut, noun soulamen mi refuson à l'espitàu
dei estre uman, ma encara mi vèu picar la pouorta au nas èn
aquéu dai can.
— Quevoulès, lou miéu paur'ome, ai fach un vout de mimetre
à la Soucietà Proutetriça dei Animau, de pourtar touti li miéu
ecounoumia à la Caissa de secours pèr soulajar lou sort dei bestia.
Lou fau talamen ben, que vouguessi ben vous dounar un sóu
que pourii pas.
La dama li vira l'esquina e ientra couma un coupa-cisèu da
Graugnard. Tounin roumougna :
— Se ti veguessi en un cantoun ti dounerii mancou un gotou
d'aïga !... vièia sansuga !...
Tounin estrassinat, deble s'alonga un pau plus en là, su d'un
mouloun de peira. Quauqui oura après, couma soufrisia, n'ai-

�guènt ren en l'estomegue depi l'auba, coumençava d'aver lou
rangouioun, quoura passet un canipiè que li diguet :
— Que fès aquí, brav'ome ?
— Couma veès siéu aqui pèr tirar lu patoun. M'an refusat â
l'espitàu, même en aquéu dai can, noun mi resta que de mouri
su d'un mouioun de peira. — Avès un carnet su lou quai enregistras lu fach dóu jou, farias ben de li aloungar lou miéu testamen que poudès mentuar couma acô :
— « Bouon Diéu, se mi fes passar encara une fes sur la terra,
fe-mi naisse can au mancou, li aura une Soucietà Proutetriça dei
Animau que si crusira de iéu e pourrai estre amès en un espitau,
estre souïnat, faire bouona vida, menar une vida de can... »
ANT. ROLAND.

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VIGNE
A M. VALÉRE BERNARD.

Dans le ciel doux la Vigne ètreint les pals de buis.
Sous le pampre le merle alourdi des falernes
Tourne son col gris vair et ses paupières lemes
Qu'argenté la blancheur des immuables nuits.
O / fraîcheur, 6 beauté des Igs et des iris,
Que la Vierge éblouie avec les marjolaines
Cueille le soir venu aux vasques des fontaines
Pour colorer en fête, au crépuscule, l'Euis.
Narcisses, ébeniers, œillet et sensitive
Ah ! Versez en mon âme attiédie et pensive
L'orgueil qui souleva les clairs olympiens.
L'amour qui rafraîchit les Madones pieuses
Et qui vêt de clarté les snls athéniens
Et les ravissements des époques heureuses.
JEAN

PADOVANI.

Quauque souvèt :
Vous souveti la bouona annada.
Que siegue mihau que la passada.
Vous souveti la bouona annada acoumpagnada de touplcn
d'autri.

�Eglises et Chapelles de Nice
La vieille ville de Nice se trouvant sur la rive gauche du
Paillon, pour parler de ses églises, nous commencerons par son
église cathédrale, Sainte-Réparate, vierge et martyre, de celles du
canton Est, et en traversant la rive droite nous nous occuperons des paroisses du canton Ouest.
I. — L'Eglise Cathédrale du Diocèse de Nice est la paroisse
de Sainte Réparate, vierge et martyre, sous l'empereur Decius en
253. Sa fête est le 8 octobre. Cette église est au centre de la vieille
ville (8.500 âmes), Avant 1531 la Cathédrale était près du Donjon, plateau de Nice, et dénommée : Sancta Maria in platea,
dédiée à N. D. de l'Assomption. L'édifice actuel, dans son genre,
ressemble beaucoup à Saint Pierre de Rome, au Vatican. C'était
auparavant une simple église paroissiale
desservie par
les Bénédictins du Monastère de Saint-Pons, près Nice.
Dans son ressort se trouvent l'ancienne église de Saint
Jaume (Saint Jacques apôtre), jadis des P.P. Carmes, fermée
depuis 1903. Après le transfert du titre de paroisse à l'église de
Saint Juste, évèquc, au Gesu, elle fut placée sous la vocable de l'Annonciation de la Sainte Vierge, ainsi que la belle Eglise de la
Miséricorde, sur le Cours Saleya, jadis de Saint Gaétan, fondée
e
par les P.P. Theatins au XVIII siècle et cédée à la noble
confrérie des Pénitents Noirs.
La Cathédrale de Nice, paroisse Sainte-Réparate de nos jours,
fut comme l'ancienne au Donjon du Château {Sancta Maria in
platea), le théâtre de plusieurs f lits historiques mémorables dans
les annales de l'histoire de Nice.
II. — L'Eglise de Saint Jacques, an Gesû, dès son érection
en 1612, dédiée à Saint Juste, évêque. Sa fête est le 2 septembre.
En 1665 fut érigée en paroisse sous le titre de Saint Jacques le
Majeur, remplaçant la paroisse de Saint Jaume. On l'appelle
vulgairement le Gesù à cause qu'elle a été fondée et administrée
par les P.P. de la Compagnie de Jésus.
Appartiennent à cette paroisse les deux chapelles des confréries des Pénitents Blancs, la Sainte Croix, — confrérie la

�óo —
plus ancienne de Nice, — et des Pénitents Rouges, Saint Suaire
et de la Sainte Trinité ; l'Eglise du Couvent de là Visitation,
la chapelle de l'ancien séminaire, à la montée du Château, et
jadis l'Hospice franciscain avec chapelle de Saint Joseph des
P.P. Recollets de Cimiez, convertie en maison particulière.
L'Eglise du Gesù est d'ordre corinthien composite, cons truite sur le modèle de l'Eglise des Jésuites de Turin, dite
vulgairement les Saints Martyrs. ( 10.000 âmes).
A l'extrémité de la rue du Malonat, aux racines de l'ancien
château, on voit un oratoire à la Sainte Vierge Marie, sous le
titre de N. D. du Bon Secours. Les habitants de ce quartier érigèrent cet oratoire en l'honneur de la sainte Vierge, en reconnaissance du choléra en 1854.
III. — L'Eglise paroissiale de Saint Martin Evéque dite de
Saint-Augustin est la plus ancienne, elle fut bâtie sur l'emplacement de l'ancienne chapelle de Saint Martin (1205) et appelée
Saint-Augustin parce qu'elle était desservie par les Augustiniens
dont le couvent a été transformé en caserne. (Caserne Filley, près
l'ancienne chapelle Sincaire).
IV. — L'Eglise de Saint-Francois-de-Paule a été édifiée en
1736 d'après le plan de l'architecte
Guarini. En 1838
elle fut érigée en paroisse par décret de Mgr Galvano et appelée
aussi Saint-Dominique en souvenir de l'ancienne église paroissiale
de ce nom qui s'élevait sur la place Saint-Dominique aux lieux et
place de l'actuel Palais de Justice.
V*— L'Eglise du Port ou de l'Immaculée Conception. D'humble
origine. D'abord ce fut une fort modeste chapelle (1835), transformée agrandie par Mgr Galvano, et l'avocat théologue L. Mari
fut son premier curé..
VI. — L'Eglise Saint-Joseph nouvelle paroisse depuis 1911 la
première pierre fut posée le 19 mars 1911, bénie le 29 octobre et
ouverte au public le Ier novembre 1911 sous le patronage de Mgr
Chapon et dirigée par les soins de M. l'abbé Gabrielli.
A cette paroisse appartiennent la chapelle succursale de Saint
Joseph contigüe à l'Evêché, et la chapelle de Notre-Dame des
Anges sur l'ancienne route de Villefranche.
VIL — Saint-Roch. Cette église paroissiale dans la banlieue
de Nice fut érigée après la peste de r68r. Nice fut délivrée de ce
fléau par l'intercession de saint Roch, confesseur, né et mort à

�- Si Montpellier. La paroisse est divisée en deux quartiers, Roquebillière
inférieure et Roquebillière supérieure, jusqu'à la chapelle de NotreDame de Bon Voyage.
VIII. — Rive droite du Paillon, intra muros, se dresse Notre Dame du Vau, paroisse Saint-Jean-Baptiste, qui remplace l'an
cienne église du même nom devenue chapelle inférieure du Lycée.
Cette belle église, vœu delà ville de Nice en 1835, mt érigée en
1842 et terminée en 1852 par Mgr Galvano, évêque de Nice.
La façade ressemble à celle élevée à Turin en l'honneur du retour
du roi dans les états Sardes en 1814.
IX. — Saiiit-Pierre-d' Aréna remplace une chapelle située à la
Croix de Marbre. Elle fut érigée en paroisse en 1803 par Mgr
Colonna d'Istria. Elle doit son nom à ce fait, c'est que lors de sa
fondation elle se trouvait sur le rivage de la mer séparée par une
bordure de sable fin.
X. — Une ancienne chapelle de Sainte-Hélêne-l'Inspiratrice
existait dans ces parages. Elle fut remplacée en face la mer par
une église sous l'épiscopat de Mgr Recrosio (1727).
Six paroisses « extra muros » dépendent de la commune de
Nice.
Sainte-Marie Magdeleine, sise dans le vallon de Magnan, édifiée sur l'emplacement d'une chapelle de même nom, érigée en
1626 et dite vulgairement chapelle « dei cassaire » à cause du
grand nombre de chasseurs. Après le concordat de 1803 sous
l'épiscopat de Mgr Colonna d'Istria, ce quartier qui depuis 1771
dépendait pour le spirituel de la cathédrale fut érigé en paroisse.
Il existe encore aujourd'hui une chapelle de Notre-Dame du Bon
Conseil changée en demeure particulière . Bientôt le besoin de
la population augmentant, une église sera bâtie à la cité Robiony
par les soins du curé actuel de la Madeleine.
Plus à l'est de la ville, toujours dans le canton ouest ce
l'Arquet, se dresse la paroisse de l'Ariane dédiée primitivement à
saint Arnoux, évêque et à saint Pierre, apôtre. Elle fut érigée en
paroisse en 1809 sous l'épiscopat de Mgr Colonna d Istria. Dans
son ressort se trouve l'ancienne chapelle nécropole de l'Abbadie
fondée en 1635 en l'honneur de sainte Claire pour le besoin spirituel de 450 à 500 habitants qui appartiennent aux communes
de Nice, Cantaron Saint-André. Localité d'avenii et à laquelle
le chemin de fer Nice-Coni donnera une valeur stratégique.

�— 32 —
Gairaut avait au moyen-âge une chapelle de secours desservie
par les religieux chevaliers de l'ordre du temple au début, et par
la suite de Rhodes et de Malte. Sous l'épiscopat de Mgr François
Rosini de Martinengo la chapelle fut érigée en église paroissiale
sous le vocable de saint Sauveur o*u de la transfiguration du
Rédempteur.
Dès 1730 les P. Dominicains de Nice fondent à Saint Pancrace un sanatorium pour religieux martyrs avec chapelle en
l'honneur de Saint Pancrace martyr. Cette chapelle est érigée en
paroisse en 1848 par Mgr Galvano.
Sur le couchant de Saint-Pancrace on trouve la paroisse de
saint Roman . martyr ; l'ancienne chapelle fut érigée en paroisse
ainsi que celle de saint-Antoine de Ginestière en 1803 sous Mgr
Colonna d'Istria.
VALENT IN.

NOU VÉ
Tu Çatarina fai lou pan.
Mdumen de jota, d'alegressa,
Fes audi da toui lu couor :
Lu ange canton l'alegressa,
Fuges l'infer, Juges la mouorl.
Chntou !
L'aarika sabla, li a quaucaren aici vesin,
Sembla que senti li joia d'un festin ;
Audi lu tambourin de laen,
Lu Jlajoulet e li musela,
Lu pastre van à Bethelen
Laisson la cabana soaleta ;
Santo nuech, venes aléa nen ralegrà,
Pourtas à toui la pax et la tranquilità !
Tu Catarina fai lou pan,
Manda Lucrecia au safran,
Despende aléa lou lauvaniè,
Chapla la blea su lou taatié ;
Crala de froumai e roumpe d'iiu
E fai la iourta couma fou,
Ché n'aiguen toui en aboundança (bis)
Santa nuech, venes alèu nen ralegrà,
Pourtas à toui la pa.x e la tranquilità .'
En tant faguen etnb'au vesin
t ua santépér lou Bambin,
Toucan lou gotou de bouon vin,
Ernb'aa vesin pér lou Bambin
Ti-ri-tin-tin ! -tinTi-ri tin !

�— 3Î —

L'Expulsion de Mgr Valperga
fEN SEPTEMBRE

1792)

Le 12 octobre 1780 h population de Nice se pressait aux
abords de la porte Pairoliëre pour y recevoir en grandes pompes
le nouvel évêque Charles-Eugène Valperga di Maglione. Ce
prélat avait couché la veille selon l'usage antique à l'abbaye de
Saint-Pons et devait faire ce jour là son entrée solennelle dans
sa ville épiscopale.
Le cérémonial imposant avec lequel on avait reçu jusqu'alors
les évêques fut encore cette fois observé. L'accueil de la population entière fut des plus chaleureux au rapport de Pierre Scaliero
qui en fut témoin (1). Le nouvel évêque, qui remplaçait Monseigneur Astésan nommé archevêque d'Oristano en Sardaigne,
appartenait à une famille de vieille noblesse dont plusieurs membres avaient exercé, à Nice, des fonctions importantes (2). Il
(1) Voir aux Archives municipales le récit détaillé que ce chroniqueur en a laissé dans ses Mémoires. Pierre Scaliero mourut en 1805.
(2) Jacques Valperga, conseiller ducal, fut lieutenant du gouverneur de Nice en 1454 ; Thoma5 Valperga fut gouverneur du château de Nice en 1565 ; Jean Valperga fut également gouverneur de
Nice en 1596 ; Jérôme Valperga fut commandeur du château de
Nice en 1600 ; Pierre Valperga, frère de Jacques Valperga, était
chevalier de Malte (Arch. municipales, registre des gouverneurs,
commandants et chevaliers de Malte) ; Anne Valperga, fille dAmédée
Valperga, épousa, le commandeur de Malte Jean-Paul Lascaris.
(Voir son testament daté de 1683, arch. des Alpes-Maritimes,
registre B, 297.) Joseph Ignace de Valperga reçut de son oncle, Emmanuel Philibert Chiotera, mie partie du fief de Couaraze dont il fut
investi le 20 février 1753. Son fils, Vincent, céda ses droits à H. Novelli. Jérôme Valperga fut sénateur à Nice de 1761 à 1765, puis
ministre plénipotentiaire de Sardaigne à Gênes en 1780 ; plus tard
il fut ministre etsecrétaire d'Etat, ce dernier était le frère de l'évêque
de Nice et fils du comte François Valperga qui vivait encore en
1795Ees armoiries des Valperga étaient fascé d'or et de gueules, à
la plante de chanvre déracinée, d'argent et brochant. Le cimier
était un bouc naissant au naturel et la devise : « Ferme-toy ».
Nous reproduisons les armoiries de Monseigneur Valperga d'après celles qui se trouvent en tête du catéchisme édité par ses ordres
et dont nous devons le dessin à l'obligeance de M. Joseph Casai
(Extrait de 1' « Armoriai Artistique et Nrbiüaire », Ni.e, 1902.
3

�- 34était directeur du collège des Provinces à Turin, lorsque le roi
de Sardaigne le désigna, pour l'évêché de Nice. Il avait été sacré à
Rome où il avait fait ses études. Monseigneur Valperga se distingua immédiatement par sa vigilance et son activité : il releva
le niveau intellectuel et moral des prêtres de son diocèse et s'attacha à mettre en toutes choses la plus grande régularité. Dix-huit
mois après son installation, il publia un nouveau catéchisme
dont le plan avait été préparé par son prédécesseur ^i). Grâce à

ses relations cordiales avec la eour de Turin, il jouissait auprès
des autorités civiles de Nice d'une grande influence. Après douze
(1) Ce catéchisme en italien fut imprimé à Nice par la Société
Typographique. C'est un petit volume in-douze de 612 pages, portant
la date de 1783. En tête se trouve le mandement de Monseigneur
Valperga du 16 février 1782 qui approuve le travail terminé par
le prêtre auquel Monseigneur Astésan en avait confié le soin, ordonne
sa publication et règle l'organisation des catéchismes dans tout le
diocèse. Deux ans plus tard en 1785, Gabriel Floteront, imprima
un autre catéchisme rédigé en dialecte niçois, petit volume in-12
de 228 pages. Un exemplaire de ces deux ouvrages existe à la biblio
thèque de Nice. — Voir Villarey, Série Cronològica dei Vescovi
di Nizza. — Art. Valperga.

�-35 années de séjour dans cette dernière ville il s'était acquis l'estime
et le respect de tous.
*

• *

Lorsque le 28 septembre 1792 dans l'après-midi, les troupes
piémontaises évacuèrent Nice, il y eut dans cette ville une effroyable panique et des milliers d'habitants s'enfuirent dans la direction de Turin. Ce fut un désarroi et une désorganisation complète de toutes les autorités. iMonseigneur Valperga resta à son
poste et s'engagea à ne point quitter la ville. Le lendemain samedi
29 septembre, il accompagna le second consul Honoré Saissi et
quelques membres du Conseil qui se rendirent, vers les onze
heures du matin, à la villa Feraudi, au quartier St Hélène, pour
offrir les clefs de la cité au général d'Anselme qui venait d'y
arriver à la tête des troupes françaises. Le général fit à la délégation assez bon accueil, mais il s'étonna de trouver parmi ses membres, l'évêque dont la place déclara-t-il n était pas là. Du reste,
d'Anselme attacha si peu d'importance à la démarche îles magistrats niçois que dans aucune de ses dépêches officielles il n'en fit
mention.
Sur le soir du même jour, la petite armée française faisait son
entrée dans la ville et le général s'installait dans la maison du
consul de France à la place St Dominique. L'évêque de Nice qui
tenait à rester au milieu de ses diocésains se présenta de nouveau
vers les huit ou neuf heures du soir chez le général auquel il voulait recommander ses prêtres en lui demandant des respecter les
églises. Le général était entouré de tout son état-major, du consul
de France, Pierre Le Seurre, de Honoré Saissi, second consul, de
Féraudi, secrétaire général de la commune. Ces deux derniers
venus probablement pour appuyer les demandes de l'évêque.
L'accueil du général ne fut pas plus encourageant que la première fois ; il intima même avec insistance au prélat l'ordre de
quitter ta ville en ajoutant que le plus tôt serait le mieux et ce
fut sur ces dernières paroles que l'évêque se retira après avoir toutefois reçu du général la promesse que tout ce qu'il laisserait dans
son palais serait placé sous la sauvegarde de la Nation française.
Il n'y avait pas à tergiverser, l'ordre était formel et pressant, il
fallait partir. L'évêque prit ses dernières dispositious et délégua,
au curé de la cathédrale, le chanoine Honoré Navello, tous les
pouvoirs nécessaires pour administrer le diocèse en son absence.
Aux premières lueurs du jour, Valperga quitta son palais, et se

�— 36 dirigea à pied vers la porte Pairolière. Il avait été impossible de
trouver une voiture car tous les moyens de transport avaient été
réquisitionnés et utilisés le 28 septembre pour permettre l'exode
des habitants terrorisés. Il avait ordre de partir, mais cet ordre
n'ayant pas été donné par écrit, les volontaires marseillais, de garde
à la porte de Turin, refusèrent de le laisser passer, l'accablèrent
d'injures, le menacèrent même de le pendre et ne consentirent á
le lâcher que sur un ordre écrit, sollicité et obtenu du général,
grâce à l'intervention courageuse et au sang-froid d'un jeune
niçois, Joseph Castellinard. Monseigneur Valperga se retira à
Turin et y mourut en 1805 sans avoir jamais pu obtenir l'autorisation de rentrer.
*

* *

Il est établi par les documents officiels contemporains que
Monseigneur Valperga ne quitta son siège que sur les ordres arbitraires du général d'Anselme et ces mêmes documents nous
renseignent très exactement sur les incidents fâcheux qui se produisirent au départ de l'évêque. Du reste, on n'ignorait pas à Nice
comment les choses s'étaient passées et la population savait grê à
Valperga de son attitude et de sa fermeté. De son côté, Valperga
avait eu confiance dans la parole à lui donnée par le général au
nom de la Nation française et à plusieurs reprises il manifesta
son étonnement qu'elle n'ait pas été gardée, que ses biens aient
été confisqués, son mobilier vendu, son nom inscrit sur la liste
des émigrés alors qu'en partant il n'avait cédé qu'à la force.
Parmi les nombreux documents qui se trouvent soit aux archives de Nice, soit aux archives nationales il en est quelques-uns
dont la simple reproduction sera plus probante que tous les corn,
mentaires. Il_suffira de citer :
•i° La lettre du Directoire des Colons Marseillais en date du
25 février 1793, adressée aux citoyens Blanqui et Veillon, députés
extraordinaires de la ville de Nice à Paris, au sujet des réclamations présentées le 23 du même mois par Jean-Jacques Donny, au
nom de Mgr Valperga.
20 La réponse du même Directoire à J.-J. Donny, en date du
26 février 1793.
3„ L'arrêté du Département en date du 13 avril 1793.
40 La réclamation présentée au Directoire du département

�Valperga, aussitôt après son inscription sur la liste des émigrés de
la ville de Nice, dressée à la fin de juin 1793.
50 Les états de frais pour l'inventaire et la vente du mobilier
et effets de « l'émigré Valperga Maillone, citoyen évêque » approuvés par le département des Alpes-Maritimes, le 5 germinal an
III (25 mars 1795).
6° Les actes de notoriété dressés le Ier et 2me fructidor an III
(18 et 19 août 1795) par Gautier, juge de paix à Nice, à la requête de Pierre-Joseph Passeron, agissant en qualité de procureur
subrogé par Nicolas Giorni, procureur spécial et général de Mgr
Valperga, par acte de procuration reçu à Turin le 20 juillet 1795,
notaire Pierre-Joseph Bernochio.
70 La pétition adressée au district de Nice le 4 fructidor an III
(21 août 1795) par Pierre-Joseph Passeron, demandant la radiation du nom de Valperga sur la liste des émigrés.
8° L'avis du district de Nice en date du 5 vendémiaire an IV
(27 septembre 1795) déclarant que Mgr Valperga doit être rayé
de la liste des émigrés.
90 L'arrêté du département des Alpes-Maritimes, en date du
14 prairial an V (2 juin 1797) ordonnant la radiation provisoire
du nom de Valperga de la liste des émigrés.
io° L'acte de cautionnement dressé par le département le
11 fructidor an V (28 août 1797), à la requête de Pierre-Joseph
Passeron, procureur de Mgr Valperga en exécution d'une des
clauses de l'arrêté du 14 prairial an V (2 juin 1797).

�- 38 —

DOCUMENTS ET PIÈCES D'ARCHIVES

Pièce 1.

25 février 1793
Aux cit. Blanqui et Veillon
Une lettre du cit. Donny, associé du citoyen LeClerc, défunt président de l'ancienne administration
provisoire, dont vous avez ci-inclus l'extrait ( 1 ), nous
fait connaître que le cit. Valperga, évêque de Nice,
laissa avant son départ (ordonné à son retour par
Anselme) dans sa maison pour environ 34.000 livres,
argent monnayé, et environ pour 17.000 d'effets en
vaisselle, linge, batterie de cuisine etc.
Une portion de ces effets se trouvent encore dans
ladite maison, sous l'inventaire que nous en avons
fait dresser par les commissaires de l'une et l'autre
administration, lorsque nous avons été installés, mais
il s'en faut de beaucoup qu'elle puisse arriver à la
somme de 17.000 livres, pas même le tiers.
Quant à l'argent monnayé entré dans la caisse du
receveur de l'ancienne administration, nous n'y
voyons point la somme que ledit Evêque désigne
avoir laissé dans sa maison. Nous vous remettons cijoint un extrait de l'état des sommes' que le cit.
Bonnet a reçu en espèces, pendant toute sa gestion
de receveur et trouvées parmi les effets des émigrés
français et niçois.
Nous ne voulons rien préjuger sur l'assertion du
cit. Valperga, quoique nous ayons des indices frappants de vérité. Ce ne sera que lorsque nous aurons
pu les convertir en preuves par le témoignage de
quelques citoyens que nous nous procurerons, pour
pouvoir en demander la restitution et la poursuite
contre le pillage.
En attendant, noùs croyons devoir vous faire part
de cette découverte que nous allons communiquer au
Président de la Convention Nationale et au Ministre.
Arch. des A. M. Registre de la correspondance du
Directoire des Colons marseillais L. 5.
Cet extrait manque au registre ainsi que les autres pièces
énoncées dans celte lettre.

�-hLe 2érae février 1793.
Au citoyen Donny, négociant à Nice
Pièce 2.

Votre lettre du 23me de ce mois, citoyen, nous
demande des renseignements sur le temporel du
citoyen Valperga, Evêque de Nice. Nous allons vous
transmettre tous ceux qui sont à notre connaissance
L'administration provisoire en choisissant l'Evêché
pour le lieu de ses séances, vint s'y établir dans les
premiers jours d'octobre, et tout nous porte à croire
qu'elle ne fit aucun inventaire des effets qui s'y trouvaient, du moins nous n'en avons trouvé aucun dans
les papiers qu'elle nous a remis.
En succédant à cette administration provisoire,
uous avons cru que notre premier devoir était de faire
un inventaire de tout le mobilier renfermé dans la maison épiscopale. Nous y avons successivement procédé
en présence des administrateurs provisoires et à mesure qu'ils nous en remettaient les clefs. Tout le mobilier qui s'y trouvait, ne consistait guère qu'en
meubles meublants et ne nous paraît pas avoir la
valeur de 17 mille livres que l'Evêque lui donne.
Vous pourrez, si vous le jugez à propos, faire prendre
à notre secrétariat une copie de cet inventaire. Tout
ce. qui n'est point renfermé dans les appartements
que nous occupons au premier étage, a été laissé à la
garde de Jean Poma, ancien concierge de l'Evêque et
le nôtre.
Pour nous éclairer sur les 34.000 1. argent monnayé que l'Evêque doit avoir laissé en sa maison,
nous avons écrit au cit. Bonnet, receveur de l'administration provisoire, pour lui demander un état des
sommes en numéraires versées dans sa caisse, comme
ayant été saisies et trouvées parmi les effets des Emigrés français et niçois. L'état qu'il nous a remis ne
monte qu'à 74121. 16 s, et aucun article n'a du rapport
avec les réclamations du citoyen Valperga.
Quant à ce qui concerne personnellement le
citoyen, nous avons demandé au Ministre de l'Intérieur de vouloir bien nous dire la manière dont nous
devions l'envisager. Nous savons qu'un ordre arbi-

�— 40 —
traire de Danselme l'obligea de quitter Nice, le jour
de l'entrée des Français. Mais nous pensons aussi que
la proclamation des Commissaires de la Convention
nationale de France et le décret de celle de Nice,
concernant les Emigrés, étaient des motifs suffisants
pour le ramener à son poste et le rassurer sur les
suites de son retour. En persistant à prolonger son
absence, il s'expose à être traité comme émigré, à se
voir déclarer déchu de sa place et confisquer tous ses
biens. Telle est la disposition de la loi, et quoique
nous ayons consulté le ministre sur le cas particulier
de l'Evêque, nous prévoyons que sa réponse sera de
nous en tenir à la rigueur des lois, ainsi que plusieurs
instructions nous l'ont déjà annoncé.
Vous sentez, citoyens, que tout le mobilier de
l'Evêque doit rester séquestré jusqu'à son retour ou à
la décision du Ministre. Il peut être tranquille sur la
conservation de tout ce que nous avons trouvé en
entrant dans sa maison. Ce qui a pu en être enlevé
avant notre entrée en fonctions, est étranger à notre
gestion. Mais nous employerons tous les moyens qui
sont en notre pouvoir pour en trouver les traces, en
acquérir les preuves et en faire punir les coupables.
Les administrateurs, etc.
Archives des A.-M., Registre
suivants.

,L. 5,/°7i verso et

Lettre des commissaires de la Convention
Nationale et arrêté du Département des A. M.
Nice, le 9 Avril 1793, l'an 1 Ie de la Repu bublique Française.
« Vous voudrez bien, citoyens, en nous envoyant
les noms et prénoms de l'évêque de Nice, nous instruire officiellement d'après les "dispositions des lois,
s'il est censé démissionnaire et son siège vacant.
« Les Commissaires de la Convention Nationale
au département des A. M.
GRÉGOIRE, JAGOT (I)

(1)

Archives des A. M. L. 29 ancien. L

7

actuel.

�— 4i (i3 avril 1793)
Le Directoire ; vu la réquisition du citoyen Procureur Général sindic « Considérant que Charles Eugène Valperga, évêque de Nice, n'avait point quitté
son domicile lors de l'entrée des troupes de la République ; considérant qu'il a lui méme-accompagné les
consuls d'alors quand ils furent présenter les clefs
de la ville et inviter le général Anselme à venir en
prendre possession au nom de la République ; considérant que le général Anselme par ses ordres arbitraires et tiranniques, accompagnés même de menaces contre ses jours, l'ont forcé de s'éloigner ; arrête
qu'il ne peut le déclarer émigré, et qu'il sera répondu
aux Commissaires de la Convention nationale d'après
les principes ci-dessus.. »
Sign : PAUMÉ ; BARLI FABRI ; F. CASTKLIMARD ;
ANGLES ; BERNARDI, secrétaire général. (1)
pjj

ce

^

Aux citoyens composant le Directoire du
département des Alpes-Maritimes..
22 juillet 1793.
Citoyens,
Le citoyen Jean-Jacques Donny, soussigné, chargé
des intérêts du citoyen Valperga, évêque de Nice
absent, ayant été informé que par votre délibération
du 29 du mois passé, ledit citoyen Valperga avait été
déclaré émigré, vous représente avec tous les égards

(1) Archives des Alpes-Maritimes, Registre L,. 3, folio 101. L'Arrêté n'est pas signé par le procureur syndic Jean-François Tourre
ni par l'administrateur Jean-L,ouis de Villiers qui ne partageaient
point l'opinion de leurs collègues. A noter que Tourre était d'Antibes
et que de Viliers était un médecin français établi depuis longtemps
à Nice.
I/Arrêté fut pris malgré le réquisitoire de Tourre qui voulait
déclarer Monseigneur Valperga émigré et malgré un violent discours de Villiers soutenant la même thèse qui fut combattue par
Barli Fabri, par Castclinard et par Anglès. J'ai déjà publié in-extenso
cette délibération du 13 avril T793 au cours d'un article sur l'église
de Nice en 1792-1793 inséré dans Nice Historique du Ier avril 1903,
C'est pourquoi je reproduis ici simplement la lettre des
commissaires et l'arrêté du département.

�- 42 —
dûs au pouvoir dont l'exercice vous a été confié par
le peuple souverain que le citoyen Valperga ne peut
ni ne doit sous aucun rapport être considéré comme
émigré, par les motifs ci-après :
i° Qu'il est de notoriété publique qu'il n'a quitté
le pays que contre son gré et par ordre du général
Anselme :
2° Qu'il a constamment été disposé et a offert
de revenir dans son diocèse, moyennant qu'il ne fut
assujetti à prêter qu'un serment relatif au temporel et
non au spirituel.
3° Qu'enfin et par la raison que n'étant point
indigène, mais étranger, son séjour ici n'a été dé terminé que par sa nomination à l'épiscopat, événement casuel qui n'a jamais pu le soumettre à l'obligation de renoncer pour toujours à sa mère-patrie.
Tous ces motifs, soit qu'on les prenne collectivement ou séparément, démontrent suffisamment,
citoyens administrateurs, le droit incontestable, qu'a
le citoyen Valperga de demander et prétendre la
radiation de son nom du tableau des émigrés, et si
le ministre de l'Intérieur n'a fait aucune distinction
entre lui et les autres citoyens, c'est sans doute qu'il
a ignoré les circonstances qui vous sont exposées
ci-dessus, et notamment la dernière, car s'il les eût
toutes connues, il n'est nullement probable qu'il eût
décidé comme il l'a fait. Toute hypothèse contraire
serait une injure faite à ses sentiments et à ses lumières. Un homme tel que lui, dont les vertus civiques, le patriotisme et les talents l'ont appelé au
poste aussi honorable que pénible qu'il occupe, doit
ressembler autant que possible à la Nation pour
laquelle il agit et qui l'a honoré de sa confiance.
Cette nation est grande, généreuse, magnanime,
juste et bienfaisante.Elle ne peut qu'êtreextrêmement
jalouse de sa gloire, et l'un des principaux devoirs de
ses agents est d'éviter soigneusement d'en ternir
l'éclat.
Le refus qui serait fait de rayer de la liste des
Emigrés le nom du citoyen Valperga, refus qui entraînerait avec lui la confiscation des minces propriétés de ce citoyen, serait un acte qui imprimerait à

�-

43

-

jamais une tache ineffaçable à la gloire du nom français ; tache qui ne pourra manquer de frapper également les yeux des contemporains et ceux de la postérité ; tache enfin que les historiens ne manqueront
pas de faire ressortir par des couleurs enluminées, et
le bel effet qu'un pareil tableau produirait, citoyens
administrateurs, serait votre ouvrage.
Mais non, loin de nous, cette idée ! Vous êtes
républicains ! cela suffit. Les républicains sont vertueux. Ils aiment, chérissent, protègent, respectent
la vertu partout où elle se trouve. Et le citoyen Valperga aussi est un homme vertueux ! Qui en doute ?
Nul bon citoyen, nul honnête homme. Souvenezvous, citoyens administrateurs, que ce n'est que par
ses vertus qu'il a mérité l'amour et l'affection du
peuple Niçois et non par sa qualité d'évêque. Et plût
à Dieu que tous les ecclésiastiques lui eussent ressemblé ! La France n'eut point éprouvé d'aussi horribles secousses, pour asseoir, affermir et assurer sa
liberté.
La République a incontestablement le droit de
renvoyer hors de son sein tout individu qui ne lui
convient pas, mais en renvoyant ainsi un étranger
qui, d'ailleurs, n'a pas encouru la peine de la confiscation de ses biens, elle lui permet de les emporter ou
de les vendre et d'en emporter le produit. Tel est
précisément le cas du citoyen Valperga.
L'exposant demande en conséquence, citoyens
administrateurs, qu'il vous plaise prendre dans votre
sagesse une délibération tendante à rendre audit
citoyen Valperga sa qualité de citoyen français non
émigré, à lui accorder un délai compétent pour rentrer dans ce pays soit comme simple citoyen ou
comme fonctionnaire public et à lui assurer dans
tous les cas la restitution de ses propriétés par lui
laissées sous la sauvegarde de la loyauté française
dans la maison épiscopale, lors de sa retraite forcée,
ou la juste indemnité de leur valeur. Et sera justice.
Nice, le 22 juillet 1793, l'an second de la République française, une et indivisible.
Jean-Jacques DONNY.
l
ARCHIVES NATIONALESF/ 4.867 , dossier Valperga.

�- 44 Pièce 5.

Etat de frais de vente pour parvenir à l'inventaire
et vente des effets de l'émigré Valperga Maillone,
citoyen évêque :
5 germinal an III (25 mars 1795)
Pour une séance de trois commissaires dont un du
District et deux de la Commission municipale, fixée
à trois livres par séance par le Directoire du district
et approuvé par les Représentants du
Peuple
L.
9 »
Papier timbré tant de la minute que
des deux extraits
»12
Pour la copie desdits deux extraits . .
» 8
Droits d'enregistrement
13 10
31

2

Nous soussignés certifions le compte ci dessus véritable.
Signés : J.-B. Thomaty, comm. du dist. ; Savigny,
comm. munie. ; Mabil, comm. municip.
Frais de la vente :
Pour quatre séances de deux corn missaires dont un
du District, un de la Commis, mun. sans le membre
de l'administration fixées à trois livres par séance par
le Directoire du district et approuvé par les Représentants du Peuple .
L.
24 »
Au trompette pour publication de
quatre criées
5 »
Au crieur à la vente, quatre séances .
12 »
Aux portefaix qui ont travaillé au
transport des effets
40 »
Papier timbré tant de la minute que
de l'extrait
1 »
Bougie
3 »
Droits d'enregistrement
27 »
Papier timbré du petit état
» 4
A la femme qui a assisté à la vente
pour l'arrangement du linge
» 12
L.
Signés : J.-B. Thomaty, comm. du
district ; Savigny, comm. municip.

1

159 6

�Vu par nous, membres composant la Commission
Administrative du district et d'après l'arrêté du district, approuvé par les Représentants du Peuple et la
loi du il et 12 Mars, arrête l'état des frais ci-dessus
se montant à la somme de cent cinquante neuf livres
trente centimes, qui seront acquittés par le receveur
du droit d'Enregistrement lorsque le Département
aura vérifié ledit état.
Nice, le 29 ventôse an 3"" de la République française une et indivisible (19 mars 1795).
(Suivent les signatures).
Vu l'état des frais ci-dessus pour parvenir à l'inventaire et vente du mobilier de l'émigré Valperga
Maillone ci-devant évêque.
Vérifié et arrêté par le Directoire du district de
Nice, la Commission Administrative du département
des Alpes-Maritimes approuve ledit état et ordonne
au citoyen Maussier, receveur de l'enregistrement
cîudit district de payer aux citoyens J. B. Thomaty
et Savigny, comm. la somme de 159 livres et 30
centimes pour montant des frais pour inventaire et
vente des susdits effets de l'émigré, laquelle somme
lui sera allouée en compte.
Fait à Nice le 5 germinal an 3me républicain ( 25
mars 1795).
Etat des frais pour parvenir d la vente du mobilier de
l'émigré Charles Eugène Valperga Maillone, citoyen
évêque.
Pour trente-neuf séances de trois commissaires
dont un du District et deux de la Commission municipale, fixé à trois livres par séance par le Directoire
du district et approuvé par les Représentants du
peuple
L.
351 »
A deux portefaix, dix-neuf journées et
demi chaque fixées à cinq livres par jour.
195 »
Au trompette pour publication de
trente-neuf criées fixées à une livre cinq
sols chaque
48 r 5
Au crieur à la vente, trente-neuf séan
ces fixées á trois-livres par séance ....
117 »

711 1$

�- 4* Report
Papier timbré tant de la minute que
de l'expédition
Pour copie dudit extrait fixé à quatre
livres
Papier timbré du présent état ....
Bougie
Droit d'enregistrement
Plus deux autres journées de portefaix à cinq livres
Un paquet de plume
L.

148
4
6
421

»
4
»
»

20
5

»
»

1.182

7

Nous soussignés certifions le compte ci-dessus,
véritable.
Nice, le Ier ventôse an 3me de la République (19
février 1795).
Signés : J.-B. Thomaty, commissaire du district ;
Savigny, comm. ; Honoré Mabil, comm. municipal.
Vu par nous, membres composant la Commission Administrative, de ce District, et d'après la loi
du 11 et 12 Mars 1793 (v. s.) et l'arrêté de cette
Commission approuvé par les Représentants en date
1^ Fructidor, oui l'agent national, arrête l'état des
frais se montant à onze cent huitante deux livres et
trente cinq centimes qui seront acquittés par le
receveur de l'agence de l'enregistrement sur le produit de la vente desdits meubles, lorsque le Département aura vérifié ledit état.
Nice le 29 ventôse an 3me de la République
française une et indivisible (19 mars 1795).
(Suivent les signatures).
Vu l'état des frais ci-dessus pour parvenir à la
vente du mobilier de l'Emigré Valperga Maillone cydevant évêque.
Vérifié et arrêté par le Directoire du district de
Nice.
La Commission administrative du département
des Alpes-Maritimes, approuve ledit état et ordonne

�— if au citoyen Maussier, receveur de Penregistrement
dudit district de payer aux citoyens J.-B. Thomati,
Savigni et Honoré Mabil, commissaires, la somme de
mille cent quatre vingt deux livres trente cinq centimes pour montant des frais de la vente des susdits
effets de l'Emigré. Laquelle somme lui sera allouée
en compte.
Fait â Nice le 5 germinal an 3me républicain (25
mars 1795).
Arch. des A. M. L. 15 ancien p. 44-45 N° 34-35

Actes de Notoriété
Pièçe g

1-2-fructidor an III
18-19 août 1795
EGALITÉ, LIBERTÉ

AU NOM DE LA LOI
Ce jourd'hui, premier Fructidor, l'an troisième
(18 août 1795 de la République française, une et indivisible, à Nice, chef-lieu du département des AlpesMaritimes, par devant Nous, Antoine Gautier Juge de
paix de la Ier, 2m" et 3me section et officier de police,
est comparu le citoyen Pierre Joseph Passeron, natit
tic la commune de Contes et habitant en celle de Nice
depuis plusieurs années.
Lequel en sa qualité de procureur du citoyen
Charles Eugène Valperga de Maillone, évêque de Nice,
subrogé par le citoyen Nicolo Giorni, homme de loi,
procureur spécial et général établi (par acte reçu) par
le notaire Pierre Joseph de Bernochio, le 20 Juillet
dernier (v. s.) qu'il présente, légalisé par le résidant
de la République de Gênes auprès de la Cour de Turin, dont il résulte le pouvoir donné au citoyen Giorni, de subroger en son lieu et place, avec tous les
pouvoirs compris au dit acte, et il présente au surplus l'acte de sa dite subrogation faite par le même
citoyen Giorni, reçu en la ville de Gênes le premier

�- 48 du mois d'août dernier (v. s.) par le notaire Antoine
Baglietto, légalisée par le consul de la République
française.
Il expose que le vingt neuvième jour de septembre
de l'année 1792, l'armée de la République, étant arrivée en cette ville, commandée en chef par le citoyen
général d'Anselme, lorsque ce général, vers le soir,
fut arrivé et il eut pris son logement dans la maison
habitée par le ci-devant consul de la République Le
Seurre, ledit citoyen Evêque Charles Eugène Valperga de Maillone s'y étant présenté, ledit général d'Anselme, en présence de tout son Etat-Major, lui signifia
d'abord de devoir partir de cette ville. Sur quoi le
dit évêque ayant répondu qu'il avait cru de pouvoir
continuer sa résidence en cette ville et tellement l'avait cru, qu'il n'avait jamais pensé de distraire et en
faire partir le moindre de ses meubles et effets, qu'il
avait dans la maison d'habitation de l'tvêque et que
si absolument il lui ordonnait de partir, il le priait de
lui accorder la sauvegarde sur tous lesdits effets et
meubles. Le dit général d'Anselme lui répliqua qu'il
dut absolument partir de cette ville, en ajoutant que
le plus tôt en serait le mieux, et qu'à l'égard de ses
meubles et effets qu'il avait, il les mettait dès ce ino
ment sous la sauvegarde et loyauté de la Nation française et qu'il pouvait en être tranquille, après quoi ledit
évêque Valperga de Maillone, tout tremblant, ayant
dit qu'il allait se conformer dès le lendemain au matin à ses ordres, se retira ; ledit général d'Anselme
lui ayant encore répliqué : le plus tôt sera le mieux.
Et comme il importe audit citoyen évêque Valperga de Maillone de constater le fait ci-dessus expo"sé, suivi en présence de tout l'Etat-Major dudit général d'Anselme et de plusieurs citoyens de cette commune, l'exposant, en sa dite qualité vous présente les
citoyens Pierre Le Seurre, ci-dessus nommé, ci-devant
consul en cette ville de la République, le citoyen Honoré Saissi de cette commune qui pour lors était second consul de la même commune, le citoyen Philippe Emmanuel Féraudi qui pour lors était secrétaire de
Ìa même commune et le citoyen Ange Giraudi aussi

�- 49 de cette commune, pour recevoir leurs dépositions
sur ledit exposé et vous fait instance que de tout lui
soit concédé acte, ce que nous lui avons accordé, et a
signé.
PIERRE JOSEPH PASSERON.

Et de suite se sont présenté les susnommés
citoyen Le Seurre, natif de Craon, âgé de 75
ans, bourgeois, le citoyen Saissi, âgé de 70 ans,
négociant, Emmanuel Feraudi, âgé de 68 ans, notaire, Ange Giraudi, âgé de 63 ans, négociant,
natifs et domiciliés dans cette commune, auxquels
après avoir fait lecture dudit exposé fait par ledit citoyen Pierre Joseph Passeron, en sa dite qualité, les
avons interpellés sur serment que leur avons fait prêter, conformément à la loi, de nous dire en leur âme
et conscience si tous les faits énoncés dans le même
exposé sont de leur connaissance et tous les quatre ont
répondu et attesté tant uniment que séparément en
être pleinement informés, s'y étant trouvés présents,
et que le tout contient la vérité, toute la vérité et
rien que la vérité. En foi de quoi ils ont signé :
LE SEURRE, HOSORI'J
SAISSI, PHILIPPE EMMANUEL FÉRAUDI,
ANGE

GIRAUDI.

Et nous, juge de paix, vu les dépositions ci-dessus, avons de tout concédé acte au susnommé citoyen
Pierre Joseph Passeron en sa dite qualité, pour lui
servir et valoir dans tous les cas, à ce que de droit et
de raison. Fait à Nice, l'an et le jour que dessus.
GAUTIER, juge de paix.
BONIFACI, sec. greffier.
Vu par nous, membres du District de Nice, 3 vendémiaire an IV rép. 25 sep. 1795, TOSELLI, JN COPPON
fils, VÉRANI pr. syndic, SAYTOUR Martin.

�— 5o —
EGALITÉ, LIBERTÉ.

AU NOM DE LA LOI
Ce jourd'hui. second jour de Fructidor de l'an 3
août 1795) de la République française une et indivisible, à Nice, chef-lieu du département des AlpesMaritimes, par devant nous, Antoine Gautier, juge de
paix de la iere, 2M* et 3ME section et officier de police,
est comparu le citoyen Pierre Joseph Passeron : natif
de la commune de Contes et habitant en celle de Nice
depuis plusieurs années
Lequel en sa qualité de procureur du citoyen
Charles Eugène Valperga de Maillone, évêque de
Nice, subrogé par le citoyen Nicolo Giorni, homme
de loi, procureur spécial et général établi (par acte
reçu) par le notaire Pierre Joseph de Bernochio, le 20
Juillet dernier (v. s.) qu'il présente, légalisé par le résidant de la République de Gênes auprès de la Cour de
Turin, dont il résulte le pouvoir donné au citoyen
Giorni, de subroger en son lieu et place, avec tous les
pouvoirs compris audit acte, et il présente au surplus
l'acte de sa dite subrogation faite par le même citoyen
Giorni, reçu en la ville de Gênes le premier du mois
d'août dernier (v. s.) par le notaire Antoine Baglietto,
légalisée par le consul de la République française.
Expose : Primo, que le matin du trente septembre 1792, le citoyen Charles Eugène Valperga de
Maillone, évêque de Nice, en partant de cette ville
avec deux domestiques à sa suite, qui portaient un
paquet et quelques effets, fut arrêté à la porte qui conduit en Piémont, ci-devant nommée porte Victoire,
et conduit au vestibule de la maison presque attenante
à ladite porte, appartenant au citoyen Dominique
Castellinard, où se trouva le citoyen Joseph Castellinard, fils dudit Dominique, et malgré que ledit Evêque Valperga déclara aux soldats de la Garde de la
dite porte qui étaient des Marseillais, que c'était en
conséquence d'ordre qui lui avait été signifié par le
citoyen général d'Anselme qu'il partait de cette ville,
lesdits soldats commencèrent par le malmener et lui
(19

�signifier qu'ils voulaient le pendre et ayant ouvert
ledit paquet et y ayant trouvé entre autres effets, une
ceinture d'évêque, ils déterminèrent, à l'instant, de le
pendre avec ladite ceinture, et ayant essayé si la même
était assez forte pour le soutenir, en la préparant, elle
se fit en lambeaux, de façon qu'ils vérifièrent qu'elle
ne pouvait leur servir et demandèrent audit Joseph
Castellinard fils une corde, pour pendre ledit évêque,
à un grand anneau de fer qui était au plafond dudit
vestibule, servant â y passer une verge de fer pour
peser les marchandises, et ledit citoyen Castellinard
fils, leur ayant absolument refusé de leur donner de la
corde, en s'excusant qu'il n'en avait point, comme
dans tous ces entrefaits ledit évêque se trouve mal et
ne peut plus se soutenir, ledit Castellinard fils lui fit
apporter une chaise, par sa servante à qui quelques
uns de ces soldats donnèrent des coups de poing pour
avoir porté ladite chaise et le même Castellinard le
fit ensuite asseoir sur ladite chaise, en le soutenant,
parce qu'il ne pouvait se soutenir droit ; d'autant plus
qu'en attendant, lesdits soldats marseillais lui disaient mille exécrations, lui crachaient dessus et lui
donnaient des soufflets, et assurément ils l'auraient
fini, si dans cet intervalle un de ses domestiques
n'avait été dire au citoyen général d'Anselme ce qui
venait d'arriver, et ledit domestique étant venu avec
un billet dudit général d'Anselme qui ordonnait à la
garde de le laisser partir, puisque c'était de son ordre,
en conséquence de ce billet lesdits soldats marseillais
se bornèrent pour lors à lui dire et crier mille invectives et injures et le laissèrent partir, ce que ledit
évêque, malgré qu'il ne pût se remuer, à l'aide de ses
domestiques fit au mieux possible en tremblant, de
façon qu'il doit son existence au refus ferme et déterminé que ledit citoyen Castellinard fils leur fit de
leur donner une corde, sans quoi avant l'arrivée du
dit domestique portant l'Ordre du général d'Anselme, il aurait été pendu et étranglé.
Secondoque lefaitci-dessusfut d'abord public et notoire, de notoriété publique dans cette ville et encore
plui le lendemain premier octobre, puisque les autres

»

�— 52 —

soldats de la Phalange Marseillaise, arrivés sur le soir
dudit jour trente septembre, d'abord après leur arrivée
cherchèrent l'évêque qu'ils voulaient le lanterner et
mettre en pièces, comme ils s'expliquèrent hautement,
ce qui joint au fait arrivé dans ledit vestibule de la
maison Castellinard, étant devenu d'une notoriété publique donna l'épouvante à tous les gens honnêtes du
pays, qui disaient que le citoyen général d'Anselme en
ordonnant audit évêque de partir, en mettant sous la
sauvegarde de la Nation française ses meubles et ses
effets, avait voulu le sauver.
Et comme il importe audit citoyen Passeron, exposant en sa dite qualité, de constater par témoins le
fait ci-dessus exposé, il nous présente ledit citoyen
Joseph Castellinard fils de Dominique de cette commune, âgé de 21 ans, de profession, négociant, qui se
trouva présent au fait énoncé dans le Ier article de l'exposé ci-dessus, et au surplus informé de la notoriété
des faits énoncés au second et dernier chef, de ladite
exposition et il nous présente les citoyens Jean-Jacques Donny, natif de Neufchâtel en Suisse, âgé de 39
ans, de profession, négociant ; Joseph Poullan, natif
de Clavesana, en Piémont, âge de 48 ans, négociant ;
Jacques Gerbin, âgé de 60 ans, tailleur, Jean-Marie
Thaon, âgé de 56 ans, négociant, natifs et tous domiciliés en cette commune pour déposer sur ladite
notoriété énoncée dans ledit second fait exposé, pour
recevoir leurs dépositions, et nous fait instance que de
tout lui soit concédé acte, ce que nous lui avons accordé et a signé.
Pierre-Joseph PASSERON .
Et de suite se sont présentés les susnommés citoyens Joseph Castellinard, Jean-Jacques Donny, Joseph Poullan, Jacques Gerbin, et Jean-Marie Thaon,
ci-dessus qualifiés, auxquels après avoir fait lecture
dudit exposé fait par ledit citoyen Passeron, en sa
dite quálité, les avons interpellés sur serment, que
leur avons fait prêter, conformément à la loi, de nous
dire en leur âme et conscience, si tous les faits énoncés dans le même exposé sont de leur connaissance,

�- 53 et ledit citoyen Joseph Castellinard a répondu et
attesté en être pleinement informé pour avoir été
présent au fait exposé dans le i" article de ladite exposition, et pour avoir publiquement entendu dire les
faits énoncés dans le second chef qui était en cette
ville notoire de notoriété publique et lesdits citoyens
Jean-Jacques Donny, Joseph Poullan, Jacques Gerbin,
Jean-Marie Thaon, ont répondu et attesté tant uniment que séparément être pleinement informés de
l'énoncé dans le second chef de ladite exposition,
puisque les faits y énoncés étaient notoires, de notoriété publique en cette ville, et tous lesdits citoyens
ont respectivement attesté pour ce qui les concerne
que tout contient la vérité, toute la vérité et rien que
la vérité. En foi de quoi ils ont signé : Joseph Castellinard fils,Jean-Jacques Donny, Joseph Poullan, Jacques
Gerbin, Jean-Marie Thaon.
Et nous, Juge de paix, vu les dépositions ci-dessus,
avons de tout concédé acte au susnommé Pierre Joseph Passeron en sa dite qualité pour lui servir et valoir dans tous les cas, à ce que de droit et de raison.
Fait à Nice l'an et jour que dessus.
GAUTIER,
BONIFACI,

juge de paix.
sec. gref.

Vu par nous, membres Du district de Nice, le 3
vendémiaire anIV rep. (25 sept. 1795).
Jn. COPPON fils, VÉRANi, pr. syndic, TOSELLI, Saytour
MARTIN.

Arch. Nat. F

7

4867 *

�54 -

PÉTITION au DISTRICT de NICE
et AVIS de ce DISTRICT
ÉGALITÉ,

LIBERTÉ

5 vendémiaire
27 septembre 1795 an IV
AUX

CITOYENS ADMINISTRATEURS
DU DISTRICT DE NICE

Le citoyen Pierre Joseph Passeron, natif de la
commune de Contes, habitant en celle de Nice depuis plusieurs années.
Vous expose en qualité de procureur du citoyen
Charles-Eugène Valperga de Maillone, évêque de
Nice, subrogé par le citoyen Nicolo Giorni, homme
de loi, son procureur spécial et général fondé par acte
reçu dans la ville de Turin par le notaire PierreJoseph de Bernochio, le 20 juillet dernier (v. s) légalisée par le résident de la République de Gênes, près
la Cour de Turin, duquel il résulte le pouvoir donné
audit citoyen Giorni de subroger en son lieu et place
avec tous les pouvoirs compris dans le même acte,
qui se trouve copié mot pour mot dans celui de la
subrogation faite par le même citoyen Giorni, reçu
en la ville de Gênes le Ier du mois d'août dernier
(v. s* par le notaire Antoine Baglietto, légalisée par
le consul de la République française, le 13 Thermidor dernier (3 1 Juillet 1795), qu'il vous exhibe qu'étant arrivé dans cette ville le vingt-neuvième jour
du mois de septembre de l'année 1792, l'armée de la
République française, commandée par le citoyen général en chef d'Anselme lorsque celui-ci y fut arrivé
le soir et eut pris son logement dans la maison d'habitation du citoyen ci-devant consul de la République
Le Seurre, ledit évêque Charles-Eugène Valperga de
Maillone, s'étant présenté, le même général d'Anselme
lui signifia d'abord en présence de son Etat-Major de
partir de cette ville, sur quoi ledit évêque lui répondit qu'il avait cru pouvoir continuer sa demeure dans
cette ville et qu'à cet effet il n'avait jamais pensé de

Pièces 7 et 8

�- 55 distraire, ni faire partir le moindre de ses meubles et
effets qu'il avait dans la maison d'habitation de
l'évêque, que si absolument il lui ordonnait de partir,
il le priait de lui accorder la sauvegarde pour tous ses
dits effets et meubles, ledit général d'Anselme lui
répliqua : Le plus tôt sera le mieux, ce qui tout est
constaté par les attestations ci-jointes du premier et
second jour de fructidor dernier qu'il vous présente
également.
Qu'il résulte aussi par lesdites attestations, que
ledit évêque Valperga de Maillone fut forcé par ledit
général d'Anselme de partir de cette ville que tous
ses meubles et effets fussent mis sous la sauvegarde de
la Nation française et qu'étant parti le lendemain 30
dit septembre, il risqu'à d'être pendu ef étranglé paties soldats de la Phalange Marseillaise qui se trouvaient de garde à la porte ci-devant dite Victoire, ce
que tout fut d'abord notoire et de notoriété publique
dans cette ville.
Vous observe que ledit évêque Valperga est natif
du Piémont où il se retira et que s'il a résidé dans
cette ville, ce n'a été que pour raison de son ministère, que tout cela nonobstant il a été porté sur la liste
des émigrés, a été vendu la plus grande partie de ses
meubles et effets, et cela même nonobstant la préalable réclamation que le citoyen Jean-Jacques Donni,
chargé des intérêts dudit évêque avait fait à l'ancien
département par sa pétition du 22 juillet 1793 (v. s)
qui existe dans les Archives de ce district, résultant
ainsi que tout cela a été fait et opéré contre le droit des
gens et la sauvegarde de la loyauté française qui fut
promis audit évêque.
En conséquence, l'exposant demande en sa dite
qualité de procureur dudit citoyen évêque CharlesEugène Valperga de Maillone la radiation de son
nom de la liste des émigrés, la levée des scellés, la
restitution de ses propriétés et l'indemnité de celles
qui ont été distraites et vendues au nom de la Nation,
et sera justice.
(21 août 1795).

�- 56 Nice le 4me jour de Fructidor de l'an 3me de la
République française une et indivisible.
Signé : Pierre-Joseph PASSERON.
Vu la pétition ci-dessus du citoyen Pierre-Joseph
Passeron présentée au nom et comme procureur subs
titué du ci-devant évêque de Nice, Charles-Eugène
Valperga tendante à obtenir la radiation de son nom
de la liste des émigrés, la levée du séquestre et remission de ses effets restant ainsi que l'indemnité de
ceux qui ont été distraits ou vendus.
Vu une première pétition présentée à l'ancienne
administration du département par le citoyen JeanJacques Donni, au nom du citoyen Valperga en date
du 22 juillet 1793 tendante aux mêmes fins.
Vu la procuration en date du premier août 1793
(V. s.) faite à Gênes, par devant le notaire public Antoine Baglietti, légalisée par le Consul de la République française y résidant, ainsi que l'acte de procuration y inséré, en date du 20 Juillet 1795.
Vu l'attestation de quatre témoins faite avec serment par devant le juge de paix de la 1", 2"", 3me section de cette commune, en date du 1" Fructidor dernier '18 août 1795).
Vu autre attestation de cinq témoins faite par
devant le susdit Juge de paix, le 2 dit fructidor, aussi
sous serment.
Considérant que par la première des 2 attestations il est pleinement prouvé que le vingt-neuvième
septembre 1792, aussitôt après l'entrée de l'armée
française dans cette commune, le sus-nommé évêque
Valperga s'étant présenté au général d'Anselme qui
la commandait en chef, celui- ci lui ordonna d'abord
en présence desdits témoins et de tout l'Etat-Major.
u'il n'avait qu'à partir de la ville, et malgré que le
it évêque lui observa qu'il avait cru de pouvoir y
rester tranquillement et qu'à cet effet il n'avait fait
partir aucun de ses effets et meubles, le général lui
répliqua de partir absolument de la ville, en ajoutant
que le plus tôt serait le mieux, l'ayant assuré qu'à

a

�-5;l'égard de ses meubles et effets de sa maison, il les
mettait dès ce moment sous la sauvegarde et loyauté
de la Nation française et qu'il pouvait en être tranquille.
Considérant qu'il résulte par lesdites attestations,
et il est prouvé que l'évêque Valperga, d'après les
ordres précis et réitérés du général d'Anselme, partit
le lendemain 30 septembre de cette ville.
Considérant que par la susdite attestation du deux
Fructidor il résulte que l'évêque Valperga, au moment de son départ de cette commune, ayant été arrêté à la porte qui conduit au Piémont, par les soldats
qui y étaient de garde, lesquels tentèrent de le pendre,
il évita la mort par les soins du citoyen Joseph Castellinard, un des déposants, et il ne fut laissé libre que
d'après un billet du général d'Anselme, qui ordonnait à ladite garde de le laisser partir, puisqu'il s'en
allait de son ordre
Considérant que tous ces faits sont devenus de notoriété publique dans cette commune, dès le même
jour 30 septembre et Ier octobre suivant, ainsi que
quatre témoins l'ont attesté.
Considérant que le citoyen Valperga ne s'est absenté de cette commune et ci-devant Comté de Nice
que d'après les ordres du général d'Anselme auquel il
témoigna son regret.
Considérant que le départ du citoyen Valperga
ayant été forcé il ne peut pas être qualifié d'émigration.
Considérant que son intention de rester dans cette
commune est d'autant plus constatée, que le citoyen
Valperga a été le seul fonctionnaire public, il soit
resté à son poste, n'ayant soustrait aucun des meubles
et effets de sa maison, lesquels ont été ensuite distraits
et vendus par la Nation.
Considérant que le citoyen Valperga ne peut être
non plus considéré comme réfractaire aux lois de la
République, tandis qu'à l'époque de son départ de cette
commune, aucune loi de la République, surtout à
l'égard des ecclésiastiques, n'y avait été encore publiée
à laquelle eut pu contrevenir.

�— 58 —
Considérant que le citoyen Valperga ne pouvant
être considéré ni comme émigré, ni comme réfractaire, ne pouvait être privé de ses propriétés laissées
dans cette commune lors de son départ, sous la sauvegarde de la loi et de la Nation française qui lui fut
accordée par le général d'Anselme, et qui étant digne
de la loyauté de cette Nation, ne pouvait être violée
sans blesser le droit des gens.
Considérant au surplus, que le citoyen Valperga,
originaire piémontais, ne faisait sa résidence à Nice,
qu'à raison de son épiscopat, ce qui ne donne qu'une
résidence easuelle, et que sous tous les rapports, il
n'a cessé d'être étranger à l'égard du pays de Nice et
de la France.
Considérant que l'article 6, section deux, N° 2 de
la Loi du 25 Brumaire (15 novembre 1794) en déclarant émigrés les citoyens domiciliés dans le cidevant comté de Nice, qui sont sortis depuis le 27
septembre 1792, n'a point porté atteinte au droit des
gens dans la personne de l'étranger, qui se trouvait
dans ce même pays, où il n'aurait pas établi son vrai
domicile.
Considérant que le citoyen Valperga, qui avait été
forcé par le gouvernement de partir de Nice, n'a dû
plus y revenir dans le terme même prescrit par les
lois aux citoyens de la ci-devant Comté de Nice,
puisqu'il ne devait point imaginer qu'il fut compris
dans l'invitation, malgré qu'il ait été porté sur la
liste des émigrés.
Considérant que ce nonobstant, lorsqu'il sut qu'il
avait été porté sur la liste des émigrés de cette commune, s'est empressé de présenter sadite pétition
du 22 Juillet 1793 dans laquelle il demanda non seulement la radiation de son nom de ladite liste, mais
encore un délai convenable pour rentrer dans cette
commune, soit comme simple citoyen, ou comme
fonctionnaire public, ainsi que la restitution de ses
propriétés par lui laissées sous la sauvegarde de la
loyauté française dans la maison êpiscopale lors de sa
retraite forcée, ou une juste indemnité de leur valeur.

�- 59 Considérant finalement que,d'après toutes les circonstances sus-ênoncèes, aucune loi concernant les
émigrés ne peut être applicable au citoyen Valperga,
et que toutes celles qui pourraient le regarder relatives au séquestre des biens appartenant aux habitants
des pays en guerre avec la République française ont
été rapportées par le décret du 14 Ventôse dernier
(4 mars 1795). •
Le Directoire du district de Nice, oui le procureur syndic, est d'avis que le citoyen Charles-Eugène
Valperga ci-devant évêque de Nice ne doit point être
considéré émigré.
Qu'il doit être rayé de la liste des émigrés, que le
séquestre apposé sur ses propriétés doit être levé, qu'il
doit être réintégré dans la possession et jouissance
d'iceux, que tous receveurs ou dépositaires doivent
lui restituer les sommes qu'ils ont perçues, résultant
du produit desdites propriétés et qu'il doit recevoir
la juste indemnité des meubles et effets qui seraient
passés au profit de la Nation.
Fait à Nice, dans la salle des séances le 5me Vendémiaire an 4me républicain (27 sept. 1795). Signé
Saytour Martin. Verani,
procureur syndic, Angles v. prés.
Touzelly. Jn Coppon fils.
Enregistré au feuil. 20 registre des prévenus
d'émigration et signé BARRAIA, commis greffier.
Certifié conforme par nous Ve président et secrétaire du district Jn COPPON Fils V,-PRÉSIDENT
BARRAIA Cis greffier.
A rch. Nat. F 7 4867

2

�— 6o —

Pièce 9.

LIBERTÉ (vignette) ÉGALITÉ
BUREAU DES
ÉMIGRÉS

Extrait des registres des délibérations et arrêtés de
l'Administration Centrale du département des Alpes Maritimes.
(2

juin 1797)

Séance du quatorze Prairial an 5mf de
la République française une et indivisible.
Sur le rapport d-e la pétition présentée par le
citoyen Pierre Joseph Passeron, procureur fondé de
Monsieur Charles Valperga, ci-devant évêque de
Nice, dans laquelle il expose que ledit Charles Valperga n'a jamais dû être atteint des lois relatives à
l'émigration, soit qu'on le considère comme parti en
suite d'une force majeure, soit en sa qualité de piémontais et demande en conséquence la radiation de
son nom de la liste des Emigrés, sa réintégration
dans la possession et jouissance de ses propriétés et
une juste indemnité, des meubles et effets qui sont
passés au profit de la République.
L'Administration Centrale du département des
Alpes-Maritimes, considérant que M. Charles Valperga, comme piémontais, n'habitant Nice que pour
cause de son emploi, n'aurait jamais dû être porté
sur la liste des émigrés du département.
Que le seul motif qui a pu déterminer le général
d'Anselme à lui ordonner de partir de la ville de
Nice, ne peut avoir été que la susdite qualité de
piémontais.
Considérant enfin, que comme sujet du roi de
Sardaigne, il est dans le cas de jouir de l'article i,r
de la loi du quatorze nivôse an troisième, (} janvier
1795), ainsi que de l'article neuf de la loi du trente
Floréal an quatrième, (19 mai 1796).
Arrête, oui le commissaire du Directoire Exécutif
que le nom de Valperga, ci-devant évêque de Nice,
qui se trouve inscrit sur la liste des émigrés, sera

�— 6i —

provisoirement rayé ; que tout séquestre qui pourrait
avoir été mis sur ses biens sera levé, qu'il sera réintégré dans la possession et jouissance de ses propriétés,
et que toutes les sommes versées dans les caisses publiques, lui seront rendues, déduction faite des frais
faits conformément aux lois.
Fait et arrêté* en séance publique le jour, mois et
an que dessus.
Signé : Donny, président Payani, fils, Scudéry,
Oberti, Hancy (et en marge Gastaud commissaire
du Directoire Exécutif).
Certifié conforme à l'original par nous président
et secrétaire de l'Administration centrale du départemeni des Alpes-Maritimes.
DONNY, président
BELMONDI, sec. chef au bureau des émigrés.
Arch. Nat. F 7 4867 2

ACTE DE CAUTIONNEMENT
Pièce 10.

11 fructidor anV (2&amp; août 1797)
LIBERTÉ ÉGALITÉ
Ce jourdTiui 11 fructidor an 5 de la République
française une et indivisible (28 août 1797) par devant nous, membres composant l'Administration
centrale du département des Alpes-Maritimes, est
comparu le citoyen Joseph Passeron, natif de Contes,
chef-lieu de canton, domicilié dans cette commune,
procureur fondé de Monsieur Charles Valperga, cidevant évêque de Nice, en vertu d'acte de procuration du 20 juillet et premier août 1795 (v. s.) lequel
en sadite qualité, dépendamment à l'arrêté de cette
administration du quatorze prairial an cinq (2 juin
1797) portant que le nom de Valperga, ci-devant
évêque de Nice, sera provisoirement rayé de la liste
des émigrés, que tout séquestre qui pourrait avoir
été mis sur ses biens sera levé, qu'il sera réintégré
dans la possession et jouissance de ses propriétés, et

�— 62 —

que toutes les sommes versées dans les caisses publiques lui seront rendues, déduction faite des frais
faits, conformément aux lois, désirant de se conformer au porté par l'article 3 de la loi du 5 Brumaire
an 3 (26 octobre 1794) qui exprime que les prévenus
d'émigration seront tenus de donner caution solvable de la valeur mobilier, et ne pourront obtenir
leurs immeubles jusqu'à ce qu'il ait été définitivement statué sur leurs réclamations par qui de droit,
toujours en sa dite qualité a présenté pour caution le
citoyen François Grosson, marchand drapier de cette
commune, lequel ici prése.it et acceptant, s'oblige
conjointement et solidairement avec ledit Valperga
et pour celui-ci ledit Joseph Passeron, et sous l'hypothèque de tous leurs frens présents et à venir, à l'entière exécution de ce qui les concerne en la susdite
loi, et à la représention des mobiliers, effets et sommes à percevoir en dépôt que besoin sera, et quant
aux mobiliers invendus et en dépôt seront soumis
d'en représenter la valeur à laquelle seront estimés
par experts, préalable rémission.
Et nous, administrateurs susdits approuvant lesdits
cautionnement et acte de soumission, à la réquisition
dudit citoyen Joseph Passeron, avons dressé le présent acte que toutes les parties ont signé avec nous,
ayant au préalable fait renoncer audit François Grosson au droit de premier convenir.
Fait à Nice les jours, mois et an que dessus.
Joseph

PASSERON,

François GROSSON,
prés., PAYANY FILS,
MARUN-SAYTOUR, sec. en chef

HANCY, DONNY,
P.

Acte original sur timbre de 20 centime*.
Arch. Nat. F

7 4867^

�— 63 -

CONCLUSION

Il était avéré pour tous, dans la ville de Nice, que Mgr
Valperga était parti contre son gré et si la première Administration départementale, installée au mois de Mai 1793,
l'avait inscrit sur la liste des émigrés de Nice, c'était à la
suite d'une réponse faite par le ministre de l'Intérieur, Garât,
aux questions à lui posées par le Directoire des Colons Marseillais sur la conduite à tenir vis-à-vis de l'évêque.
Les questions avaient été envoyées à Paris, vers la fin
de Février 1793, et la réponse du ministre ne parvint à Nice
qu'au milieu de juin suivant, soit quelques jours avant la
publication de la liste des émigrés. Les réclamations de
l'évêque, retiré à Turin dans sa famille, furent présentées
le 22 juillet 1793 (1) ; mais comme beaucoup d'autres, elles
s'entassèrent dans les bureaux du Département, qui n'y
répondit même pas.
Cette réclamation fut présentée au nom de l'évêque par JeanJacques Donny au Département. lîlle figure en original au dossier
Valperga.
Voir ci-dessus.
Le registre des délibérations du département manque aux Archives pour les derniers mois de 1793, exactement du Ier mai au 10
Novembre, comme pour les six derniers mois de 1797 et l'année entière de 1798, exactement du 8 Messidor an V (26 Juin 1797) au 25
Pluviôse an VII (13 février 1799).
C'est-à-dire pour les deux périodes les plus troublées et cette
disparition est tout au moins étrange.
Elle doit être vraisemblablement attribuée à certains hommes
politiques désireux de laisser dans l'oubli leur conduite durant ces
deux époques.

�- 64 On était dans la période la plus aiguë et, en pleine
Terreur.
Après le 9 Thermidor et, surtout après la venue à Nice
du représentant Beffroy, au mois de Floréal, an III (Mai
I795)»
les esprits devinrent plus calmes, les administrations plus pondérées. C'est alors que, sur de nouvelles demandes présentées au District, et sur avis favbrable de
celui-ci, le département des Alpes-Maritimes accorda à Mgr
Valperga sa radiation provisoire, le 14 Prairial, an V (2 Juin
1797). Comme on le voit, l'affaire avait traîné en longueur.
Il semblait alors que rien ne s'opposait plus à la rentrée
de l'évêque : le 11 Fructidor, an V (28 Août 1797), le Département avait agréé la caution de François Grosson (1) ;
les biens de l'évêque allaient lui être rendus, et il pourrait
rentrer.
Mais huit jours après, le coup d'Etat du 18 Fructidor (4
septembre 1797) remettait le pouvoir aux mains des Jacobins, la guerre aux émigrés et aux ecclésiastiques, en particulier, reprit avec âpreté. Pe département des Alpes-Maritimes se vit accusé d'avoir préparé une rentrée triomphale à l'évêque, son arrêté du 14 Prairial resta sans effet
et, en vertu de la loi du 19 Fructidor (5 septembre), les
scellés furent de nouveau apposés sur les biens de Mgr Valperga par deux commissaires municipaux (2).
En vain, l'évêque de Nice, fit intervenir auprès du Directoire Balbi, l'ambassadeur du Roi de Sardaigne à Paris,
le dossier de sa demande en radiation fut examiné sans
aucune bienveillance.
(1) L/Acte original de ce cautionnement sur timbre est aux
Arch. des Alp.-Maritimes Q. 10.
(2) Mise de scellés sur les biens de Charles Eugène Valperga par
deux commissaires de la municipalité de Nice. Une scéance, 6 livres.
Dépense approuvée par le Département, en Germinal an VI (avril
1798). Arch. des A. M. Q. 11.
Mgr Valperga ne possédait à Nice aucun immeuble et il devait
rester fort peu de chose de son mobilier après la vente qui en avait
été faite en Ventôse an III. La bibliothèque de l'évêché avait été déclarée bien national et la caisse diocésaine avait disparue en octobre 1792
sans laisser de traces dans les pièces administratives. Le séquestre
a été apposé sur les biens de nombreux émigrés rayés provisoirement.
On peut en voir la liste aux Archives des A. M. Q. 10, où Valperga
figure sous le N° 65.

�- 65
Á la suite de la lettre de Balby datée de Paris le 7 février
1798, le ministre de la police demanda à ses Bureaux un
rapport sur l'affaire Valperga. Pe voici tel qu'il se trouve
en minute au dossier.
Attendu que rien ne tend à constater le prétendu ordre
de quitter Nice, d'où il suit qu'il faut en croire sur parole
l'émigré.
Qu'à raison de son domicile, il était tenu de rentrer sur
le territoire dans les délais voulus par les lois.
Qu'il est atteint par la déchéance et n'a réclamé que
l'an V.
Qu'il ne paraît pas y avoir lieu de violer la loi en faveur
de cet ex-évêque dont la rentrée prohibée par la Constitution serait d'une influence dangereuse.
J'estime qu'il y a lieu à proposer la maintenue sauf
à prendre des renseignements si toutefois on les trouve
indispensables.
CAIGNART,
Sous-chef (2e Bureau).
En tête de cette minute est écrit :
« Je pense qu'il y a lieu à instruction et à prendre
des renseignements près les Administrateurs du département_des Alpes-Maritimes. »
Signature illisible (1).
Ces renseignements furent-ils demandés ? C'est probable et cela explique que bien des pièces du dossier Valperga sont en double expédition. Plus d'une année s'écoula
encore, avant que fut prise une décision et finalement sur
un rapport défavorable de la Commission d'examen instituée près le Ministère de la police pour l'étude des demandes en radiation, le Directoire exécutif signa le 7 Floréal
an VII, (26 avril 1799) un arrêté qui maintenait définitivement, sur la liste des émigrés, Mgr Valperga et annulait
toutes les décisions rendues antérieurement, en sa faveur,
par les. autorités locales.
(1) Arch. Nation. F 7 4862 2 dossier Valperga. Rapport de la
3 me Division du Ministère de la police, sans date mais joint à la
lettre de Balbi.
»

�- 66 -

Varrêté du Directoire parvint à Nice les premiers
jours de Prairial an VII (Mai 99) et fut immédiatement
mis à exécution. (1).
*

* *

Ainsi donc Mgr Valperga expulsé ne put jamais obtenir
de rentrer, les lois sur l'émigration étaient tellement embrouillées et tyranniques qu'une fois inscrit sur une liste
d'émigrés, il était extrêmement difficile de s'en faire rayer
malgré toutes les démarches ; car on se heurtait sans cesse
à des questions de forme et de procédure ce qui permettait
à la malveillance de s'exercer tout à fait à l'aise sous le
couvert de la légalité.
A. J.

PvANCE-BOURREY.

(1) De 21 Floréal an VII (10 mai 1799), il fut communiqué
par le ministre de la police générale de la République aux diverses
administrations intéressées et aux Commissaire du Directoire exécutif
près le département des Alpes-Maritimes. Celui-ci par lettre du 3
prairial (22 mai 1799) demanda au Département de le transmettre
à la Municipalité de Nice, ce qui fut fait le même jour avec ordre
de le transcrire sur ses registres, de faire apposer les scellés ou séquestre sur tous les biens meubles et immeubles de l'évêque si ce
n'est déjà fait, et de mi notifier sans délai la décision prise à son égard.
Voir lettre du Département à la Municipalité, celle du Commissaire au Département, 3 Prairial an VII avec la réponse du Département 4 Prairial.
Arch.. des A. M. Q. 1 et 2 et Arch. Nationales, dossier Valperga,

�NIÇA LA BELLA
VERS DE /.

Giordan,

su

DE CARTA POUSTALA

Ai rai dôu nouostre bouon soulèu
Venon s'escaufar toui lu lùssi ;
Es un meravihous tablèu,
Ai rai dôu nouostre bouon soulèu,
Trouvas, dou Var fin au Castèu,
Anglés, Rouman, Danesi, Rùssi :
Ai rai dôu nouostre bouon soulèu
Venon s'escaufar toui lu lùssi.
Pèr tu, as touti li bèuta,
Terra de lus e d'alegria,
D'un ciel d'azur, as la clartà,
Pèr tu, as touti li bèuta.
De l'univers, en verità,
Siès la uechièma meravia ;
Pèr tu, as touti li bèutà,
Terra de lus e d'alegria.
Dintre lou tèmp, Semiramis
Faguet basti, à Babilouna,
Pu siéu jardin, vèr paradis !
Soubre Paioun, degun s'estouna
De vèire, ancuèi, lou paumoulié
Drissar au ciel la siéu coulouna
E lou galofre, e l'anemouna
Flouri emb'au pourtegalié.
De bouon matin, quitant maioun
Pèr la journada touta'ntiera,
S'en va lavar, dintre Paioun
Pa bugadiera.
D'un glourious passat es fiera
Perqué, d'un tèmp, sus lou bastioun
Au Turc, arranquèt la bandiera
Pa bugadiera.

�fet 68 —

Sau de fouora fa freï,
Que brima,
A Niça, sus lou Quèi,
Si rima.
Pescadou, fourestié,
De la mar bressarella,
Escouton voulountié
Pa doussa cantinella.
L'AVOUCAT

PATTA

L'estudi de l'avoucat Patta es en plen aria ; si tèn lou matin
couma lou predinà su la plaça dôu Palai. Es un ome pichounet,
touplen raplot, li pocha enfli de papiè de touta mers. En lu vièi
quartiè es proun counouissut e li capelada, « Bouonjou Moussu
l'Avoucat », noun li mancon. Es ben m'ai juge, proucuradou, etc.
Lu siéu ounourari soun bouon pati e n'a de preferença pèr
qu si sigue. Parla au premier maufatan vengut, couma se fousse
un agnèu que vén de naisse ; lou créancier o lou débiteur soun
tratat su lou même pen... basta que mouson...
L'avoucat Patta es de noutarietà reputat pèr un ome judicious, òunest — au noun si flata de l'estre au jou d'ancuei ; —
finda counouisse, es en relacioun d'afaire emê de gros persou nage que dintre la finança dôu siéu coumerce, soun quasi d'usurari. Sau menajar la cabra e lou caulè ; e pèr que la mouneda
noun li escapa si desbrouïa e si mete dôu cousta dôu manche...
d'aquéu que casca lou de mai...
Acò fa que toui lu matin que lou Bouon Diéu a fach, la siéu
doumestica mete toujou quaucaren au fuec. Lou dimeneghe, coum'un bouon crestian, — tartufaria que lou pauva, — va audi la
gran'messa à Santa Réparada, fa la siesta e à la calada dóu soulèu,
passeja su lou Cours, pastrouia, fa lu cent pas, noun parla que de
lei, proucès, citacioun, ensin alestisse lou travail dôu dilun...
Lendeman empastra ben d'afaire, mete facilamen en lou sac
Moussu Tout'Un emé Moussu Tout'Autre... En éu que li pòu
faire ?... lança dapertout lou broumech, tant pis pèr aquéu que si
laissa agantar. Quaranta sóu es lou près d'atac e vous pregui de
crèire que douna pas la siéu journada pèr doui o tres escut.
L'avoucat Patta counouisse l'usança dôu païs... s'avès touort,
vous rouïa, s'avès pi rasoun, v'espia... Que voulès aima manjar
lou pei, lou pei que noun aiguë d'espina...
JULI EYNAUDI.

�-«9VA

MAU ! !

Va màu, cresé-vous, que va màu 1
En l'orizoun lou voile negre
N'es qu'un gran camp cargat de pebre,
Qu'à pala lou jeten davan,
Avuglan finda lu cavau 1
Lu canoun soun su li frountièra,
Alignât couma de barriera,
N'esperon plus que lou signàu !
Lou soulèu, aquel animàu !
Stan, noun vòu levà la vela,
Si foundon couma des candela
Enb'aquèu coust dôu diàu !
Le Giacouuda à cóu de d/stràu
Li fan petà li sièu moulura...
Ah ! dèu faire bella figura
Se l'an foutuda en quauqua tràu
Lou pan crèise, finda la sàu,
Lou sucre dintre li boutiga
Mounta ben mai que de boufiga !
Van jusque crèise lou rampàu
E la pèu que fau lou tambau ;
Metran de drech su li nourriça,
Su lu chichi, su li saucissa,
Perqué pas soubre lu magàu ?
E lou Prussian, marrit bertàu,
Noun sabon fa que de babïa,
Per lou Maroc e l'Algèria,
Se faran mètre lou mourràu !
Li serreren toui lou pourtàu
E pi veiren touta la França
Davan la sieù grossa arougança
Se noun si sau garda li clàu !
Es de rima d'un manechàu,
Ma sien d'estiéu, vesin, vesina,
Li passeres en la resina
Avant que vegon l'espitau !
CHARLES CIAUDO

�Valère Bernard
Tout en heurtant le marteau contre la porte de M. Valère
Bernard je songeais. Je me suis complu dans le plus souriant
mépris des idoles. L'ironie a tremblé sur mes lèvres quand
la Provence a dans un ravissement de joie acclamé le poète de
Maillanne. Cette mascarade d'apothéose me répugnait.
Et maintenant la curiosité me fourvoyait dans le studio
d'un consciencieux artiste que les felibres couvraient de gloire.
Elève de Puvis de Chavannes M. Valère Bernard pasticha le
Maître. Mais vite il eût l'intuition qu'à se perdre dans les sentiers
battus il courrait risque de compromettre son crédit. Il dit
adieu à Paris et vint dans Marseille, l'opulente cité.
A cette époque vivait un exquis écrivain, J. Lombard. Il venait de publier deux œuvres d'une grandiose beauté, VAgonie et
Bysance. Dans un style étrangement tourmenté il contait les
luttes entre les factions d'Orient, illuminant son œuvre des
splendeurs bysantines.
Valère Bernard vit Jean Lombard, et du même coup les belles
au bois qui dormaient en son âme s'éveillèrent. Il délaissa les
études académiques, les pastiches sans vie, et d'ardentes couleurs
chargèrent ses toiles.
Voici le triomphe des rois Babyloniens. Sur les voûtes d'un
palais impérial passent des gardes étincelants dans la pourpre et
la soie. L'or envahit les hautes colonnes de jaspe bleu. Involontairement on pense aux fantastiques demeures hantées par des
fées émeraudes et des princesses aux perversités troublantes.
Et je m'imagine que le peintre était sous le charme de la
légende quand il a peint cette courtisanne qui sourit à son miroir tout en jouant négligeamment avec sa chevelure d'or. Et
puis passent Venise la rouge, Marseille enveloppé dans la poussière d'or du crépuscule, des motifs à la Watteau peints par un
bysantin, toute une apothéose.
Mais une idée m'obsède, tandis que dans la grise clarté d'un
soir automnal s'éteignent les fauves éclairs jaillis de ces radieuses
toiles. L'idéalisation du passé me paraît cruelle. Les générations
endormies dans la Mort ont eu leurs misères/leurs rancœurs, je
pense qu'il est absurde de s'écrier avec Musset « qu'aux temps
jadis tout était heureux jusqu'aux douleurs humaines. » En vain
l'apostat s'attriste-t-il sur les vieillards immortels de l'antique

�- 7i

—

lonie, â ses oreilles résonnent les paroles de l'Hiérophante : « La
Helladi que tu aimes n'a jamais existé ».
Mais M. Valère Bernard brise ma rêverie, et mes yeux se
portent.sur des portraits appendus au mur. Profils d'espagnol ou
d'américain mitigés d'espagnol, comme on en croise maintes fois
sur la Cannebière.
Homme universel ne puis-je m'empêcher de m'êcrier. M.
Valère Bernard sourit. Il siérait dit-il, à mi voix, de se développer en profondeur. Toutefois il est beau de se dire sur le
tard de sa vie que l'on a fait vibrer toute son âme. Ici le maître
rejoint Néron. Il m'aide à comprendre cet inquiétant empereur.
Mais encore faut-il que tout en étant l'homme universel on ne
sombre pas dans la banalité. De méchantes œuvres d'art peuvent
avoir leur prix.
Une idée se lève devant moi. Labruyère me petsuade que
l'honnête homme de Pascal propre à tout en définitive n'est propre à rien. La spécialisation inintelligente, mène à l'erreur, j'en
conviens, mais en fait elle est une loi générale.
Et ceci est pour me plaire, car j'abhorre dissiper mon énergie,
j'aime le repliement, la frissonnante pudeur qu'effarouche les
vaines ostentations. Je goûte les peintres du passé et malgré ma
philosophie j'adore les peuples disparus. Volontiers j'implorerai
avec la Cassandre de Schiller la cécité, l'exquise cécité. Le sou
venir a plus de puissance sur moi que l'espoir.
Et sous des deux gris, en des pays étrangers désolants de
médiocrité, il m'est arrivé de pleurer plus amèrement que ne
pleura Xerxès aux rives d'Abydos.
J. PADOVANI.
PROUVERB1, BOUOI MOT, COUNSÈU E DICH
Vèuva que si marida,
Dèu perdre la lus e l'audida.
Fiha madura,
Lou pouorta à la centura.
En cuntant su lu det :
Aquéu a fa l'óu ;
Aquéu l'es anat cercar,
Aquéu l'a fa cuèire,
Aquéu l'a manjat,
E lou pichoun n'a ren tastat !

�— 73 —
LE

DÉSESPOIR

Oui, j'ai la mort dans l'âme ; oui, je monte au calvaire ;
Mon horizon, hier si beau, s'est obscurci ;
Je hais tous les devoirs et tout ce qu'on révère :
Mieux vaut mourir que vivre ainsi !
Puisque je n'y puis rien ; que la raison humaine
Ne gagne plus un cœur où mon cœur est entré,
Je veux briser mes jours comme on brise une chaîne
Et m'enfuir en désespéré.
Qu'est-ce donc que la mort ? C'est la paix éternelle,
C'est un beau drap de fleurs sur mon sein endormi,
C'est la nature calme, auguste et solennelle
Qui nous prête un repos ami.
O nature de Dieu contemple ma détresse !
Ecoute tout mon sang dans mon cœur s'épancher
Et, puisque je n'ai plus le lit de ma maîtresse,
C'est au tien que je veux coucher ;
C'est toi la grande mère et la nourrice immense !
L'homme au sort le plus âpre et l'homme au sort plus beau
Retrouvent dans ton sein leur part de ta clémence :
L'un l'amour, l'autre le tombeau
Tu sais, toi qui vois tout, ce qu'ici bas je souffre,
Que je n'ai point béni l'instant de mon réveil
Et que j'ai regardé, toujours, du fond du gouffre,
Les bords ou brillait le soleil ;
Que je n'ai bu jamais que dans la coupe amère,
Que le seuil du bonheur me fut toujours fermé,
Que j'ai perdu mes fils, que j'ai perdu ma mère
Et tous les cœurs qui m'ont aimé !
Maintenant je m'en vais, battant du front, comme ivre,
En proie à ce grand deuil qui me courbe en vainqueur,
Et je veux déchirer ma vie, avec le livre
Des chastes sanglots de mon cœur ;
Et toi, rayon divin, génie, ardent délire,
Flambeau qui n'iras plus briller sur son autel,
Eternise du moins ces larmes de ma lyre
Et que mon cri soit immortel !
[EDGAR DE MASINI

�-73 -

Grand Théâtre de Monte-Carlo
DIRECTEUR : R. GUNSBOURG

CONCERTS CLASSIQUES — GRANDS OPÉRAS
— COMÉDIES —

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              <text>Funel, Louis (1859-1928)&#13;
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