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FOUSDAT EN 1903

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— Lucien NA.NE, Successeur
NICE — 33, Rus Gloffredo, 33 — NICE

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Négociation de tous coupons Français et Etrangers
Avances sur Titres Français et Étrangers
Régularisation et Remboursement de Titres
GARDE

DE TITRES St OBJETS

PRÉCI1

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Location de compartiments de Coffres-Fort s

�On frappe à la porte de mon siudio au clair joui
paissant ; et — je ne sais pourquoi — je songe aux
façons matinales des bons félibres d'autrefois qui jamais n'hésitèrent à réveiller quelqu'un pour lui confier
Soc un « vers a nouveau-né ou l'engager à quelque c ten- les
son » impromptue.
Or, je suis réveillé depuis longtemps déjà, et le
passé félibréen m'apparaît si lointain, hélas, au-delà de
la brume sanglante î... Bonne fée des collines niçoises
qui, là, devant nos yeux, vous enivrez d'aurore, gardezmoi, s'il vous plaît, des importuns ; ou, alors, faites
un miracle, et, s'il entre quelqu'un, que ce soit un
félibre !
, Et la bonne fée, m'exauçant, me montre aussitôt sur
le seuil le félibre Jules Eynaudi qui m'apporte en
personne, tout frais tiré des presses, cet Armanac
mçarî dont il est à la fois le père, le directeur, le
rpoète, le prosateur, le grammairien, l'éditeur, et, s'il
vous plaît, le typographe, à ses heures de loisir.
Pour mener à bien tant de travaux et de démarchtes
il faut une foi solide : Eynaudi est possédé de ferveur
pour la langue niçarde, cantilène chérie de son berceau;
et, contre vents et marées, avec une persévérance
douce, un peu naïve et fort têtue, il va devant lui,
réveillant les dormeurs, bousculant les distraits ; et il
Usines Sp arrive, en dépit des difficultés de toute sorte, à faire SALES
paraître son Armanac.
« Un félibre doit tout savoir faire », disait Mistral.
Et il estimait Eynaudi, qui sait faire tant de choses.
Il a su, cette fois, ranger sous sa bannière une
équipe gaillarde de félibres et nouveaux troubadours
qui célèbrent, chacun selon son art et sa viole, la
jgloire du parler niçois. Après ceux d'Eynaudi et de
jGiordan, Ìe bon poète des Terignoun, on écoute
■ Volontiers sonner les vers d'Aymard, de Blanchi, de
Borriazi, de Jarnach, d'Eugène Rancher, de Jean
Régis, de Menica Rondelly, de Charles Salamïtte,
d'Auguste Sauvan. Pour intermèdes aux rimes ces
français
gentils chanteurs. Y Armanac nous donne
une chronique d'Eugène Jaubert sur F. Mistral et une
remarquable étude de Georges Doublet sur « Les
Boches de jadis en Provence », dont G. Maurevert
nous a dit ici-même le mérite éminent.
Voilà donc re»ouée la tradition de Y Armanac
Niçart, interrompue par la guerre. Ce genre de publication annuelle consacré à la langue locale est fort en Espagne
honneur dans tout le Midi, depuis ïe succès de
YArmana Prouvençau de Roumanille, On peut dire
que. de Périguèux à Nice, les divers parlera de notre
vieille langue d'oc n'ont guère en ce moment d'autres
expressions écrites. Elles sont souvent charmantes et
I s'élèvent parfois à la haute poésie. Elles maintiennent
ifjet exaltent, par la voix profonde et directe de la
8 GRA^3niUe ^J berceau, fout ce f'il ,,y' a de plus noble
Tjfdans le patrimoine d'une race : "traditions de famille,
__
j - ujte du foyer, intelligence et respect des Coutumes,
JjiHXX'0 jj des chants populaires, des proverbes, dictons et sornettes ; religion, en un mot, de tout ce qui est le
substratwn même de la Patrie.
h'A rmanac Niçart forme déjà une collection des
plus intéressantes. Sa naissanoç, à la fin de 1902, fut
un événement félibréen. Mistral avait envoyé une
adorable pastorale inédite : Dim lou Trescamp (Dans
la lande), qui est l'un des joyaux les plus pur? de sa
couronne impériale. (O.i là retrouve dans les Olivaties).
Et je me rappelle l'émotion profonde, faite d'enthousiasme et de.; mystère, qui s'empara des Niçois,
écrivains et ouvriers, rénuîs ce jour-là dans un ateïïet
d'imprimerie, cniand leur fut révélé îe poème divin
arrivé de MaJÌUae,..

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L'ÉCLAIR EUR DÛ «01R.

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�Ajudaire de 1'« ARMANAC NIÇART »
M. Juu EYNAUDI, Diretour - Foundatour

M. Aladern (Jòusè).... 1907
M. Arène (Ed.).. 1908-1909
1910-1914.
M. Aymard (F.).. 1908-1910
1920.
M. Biasini (M.)
1904
M. Blanchi i Màrius). .. 1920
M. Borriaxzi (Viaor).. 1920
M. Capatti (J.)
1913
M. Casai (Jli.)
1907-1908
1909-1920.
M. Ciaudo (Ch.) . 1907-1908
M. Comba (P.) .1909-1910
M. Constantin (de).... 1914
M. Devoluy (P.)
1903
M. Doublet (G.)
1920
M. Emanuel (V.)
1903
M. Esiiéu (P.)
1907
M. Fenouille (A.)
1920
M. Funei (Louis) 1907 1908
1909 1910-1913.
M. Gasiglia (Dr Th.)... 1907
1908 1909 1910.
M. Gillv (Aus.)....... 1910
M. Giordan (Jh). .1907 1908
1909-1910-1911-1912-1920
M. Jarnach (E.)
M. Jaubert (Eug.)
1908 1909-1920.
M. Martin
M. Martiny (L.)

1920
1903
1910
1908

M. Massini (Edg.)
1910
1911-1912.
M. Menu (Dr A.)
1908
1909-1910.
M . Maurandi (V.)
1914
M. Mistral (Fréd.)
1903
1907- 1908-1909-1910.
M. Pellegrin (abbé J.).. 1911
M. Padovani (Jean).... 1910
1911-1912.
M. Perbosc (Ant.)
1907*
M. Pin (Louis)
1910
M. Plana/Dorca(DrJ.)..i9i3
M. Rance-Bourrey (A.-J.). .
1908- 1909-1912-1913-1914
M. Rancher (P.)
1920
M. Régis (Jean).. 1909-1920
M. Rolland (Ant.)
1903
1904 1907-1908-1909 1912
M. Rolland (Victor) ... 1903
M. Rondelly (M. ... 1907-20
M. Salamitte (Ch.).... 192a
M. Sartorio (Ed)
1909
M. Sauvan (A.),.. 1903-1907
1908-1909-1914-1920.
M. Suppo (Joseph) .... 1910
M. Tarelli (Cinto)
M.
M.
M.
M.

1910

Vieil (Ch.)... 1908-1909
Vincy (René)
1903
Viborel (Fr.)
1909
Viret (Jean)
1912

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S. Fructueux
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9 M S. Mathurin
10 M «S. Juste
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12 V S. René
13 S S. Brice
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18 J 3 S. Eudes
19 V S' Elisabeth
20 -S S. Edmond
21 D Prés, de N.-D.
22 L S'Cécile
2.3 M S. Clément
24 M S' Flora
25 J S' Catherine
26 V OS'Delphine
27 S S. Maxime
2L D Avent
29 L S. Saturnin
3o M S. André
, 'on Urie Prbrrny

DÉCEMB. 1920
h. 24 à 3 h. 55

*

2
3
4
5
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M
J
V
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S. Éloi
C S' Aurélie
S. Franç. Xav.
S' Barbe
S. Sabat
S. Nicolas
S. Ambroise
Imm.Cohcep.
S'Léocadie
•S'Valère
S. Damase
S'Constance
S' Lucie
S. Nicaise
S. Mesmin 5T
S' Adélaïde
S'OIympia.QT
3 S. Catien QT
0 S.Timoléon
L S' Philogone
M S. Thomas
M HIVER
J S' Victoire
V S'Émilienne
S ONOEU
D S. Etienne
L S. Jean ap.
M SS. Innocents
M S'Éléonore
J S. Sabin
V S.Sylveslre

Lisez - "Le Petit Niçois" - Nice

�— 4 —

ARMANAC NICART
COUMPUT ECLESIASTICO

Noumbre d'or
Epato (Gregori)
Cicle soulari
Endkioun roum

2
10
25
3

1920

QUATRE-TËMS

Febrié
Mai
Setèmbre
Desèmbre....

Letra douminicala....

25,
26,
15,
15,

27
28
17
17

e
e
e
e

28
29
18
18

D C

BANQUE GARLONE &amp; GIE
MAISON ÉTABLIE EN 1811

Jfice — 8, Jîvenue Verdun, 8 — Jfice
TÉLÉPHONE 21-62

FESTA MOUBILI E FISSI
Epifania
6janv.
Sepiuagesima .. .. i"febr.
Purificacioun
2 —
Sexa«esima
8 —
Q_uin.|U igesima... 15 —
Cendre .
18 —
Quadregesima... . 22 —
Reminisceri
29 —
Oculi
7 mars.
Lietari
14 —
Passioun..
21 —
Rampàu
28 —
Divendre Sant.... 2 abriéu.
Pasca
4 —
Quasimodo
11 —
Rougacioun.. 10-11-12 mai

Ascencioun.
Pandecousta
Trinità
Festa de Diéu....
N.-D. dau Carme.
Asoumpcioun....
Natività de la V..
N.-D. dei 7 doul..
Quatre tèms
Sant Rousari
Santa Reparada...
Toui lu Sant
Lu Mouort......
Santi Reliquia....
Avènt
Calèna

13 Mai.
23 —
30 —
3 jun.
16 juliet
15 aoust
8 setem,
15 —
15 —
6 out.
8 —
1 nouv.
2 —
3 —
28 —
25 des.

Ji rjJrt Catholique, ]}run, Libraire, Rue de la Préfecture.

�VIGÍLIA — JEUNI
3 Abriéu (Pasca, 4 Abriéu) — 12 Mai (Ascencioun, 13 Mú)
22 Mai (Pandecousta, 23 mai) — 14 Avoust (Asoumpcioun, 15)
31 outoubre (To ii lu Sant, 1" Nouvembre)
24 Desembre (Caléna)

MEMENTO — QUAUQUI FESTA
Lu Quatre Tèms soan lu dimècre, divendre e dissata : a) après
lou premier dimenegue de Carema ; b) après Pandecousta ;
c) après l'esaltacioun de la Santa Crous ; d, après lou 3 e dimenegue de l'Avènt.
SI CELEBRA :

La festa dôu S. N. de Jesù lou segound dimenegue après
l'Epifania Ju Rei).
La festa dòu Scapulari lou 16 juliet o lou dimenegue seguènt.
La festa dóu S. N. de Maria lou dimenegue que sègue la Natività de la Santa Vierge.
La festa dóu S. Rousari lou premier dimenegue d'outoubre.
La festa de N. D. Ausiliatriça lou segound dimenegue de
nouvèmbre.
La festa dau Patrounage de S. Jóusè lou troisième dimenegue
après Pasca.
La festa dau S. Couor de Jesù lou divendre après l'outava dau
San Sacramen.
Santa Àgata (la festa dei frema) lu 5 febrié.
Sant Ounouré (patroun dei fourniéi lu 16 mai.
Sant Crespin (patroun dei sabalié), lu 25 outoubre.
Sant Jóusè (patroun dei fustié), lu 19 mars. Si fa li bigneta.
Lou premier dimenegue de juliet, la Vierge de li Gracia. —
(Gléia S. Jouan-Batista).
Santa Apolonia, lu 9 febrié, envoucada dintre li nouostri
mountagna pèr gari lu màu de dènt.
La festa dti orne, lu 2 d'avoust.
La Candeliera (2 febrié), festa dei tai usi. Si fa li bigneta.
Santa Catarina (25 nouvembre), patrouna dei courdié.
Lu 4 Encourounat, festa dei muradou (8 nouvèiubre).

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Malheur à ceux qui oublient.
EDGARD

OUINET.

Coura au cours d'una passegiada m'au vouostre enfan, vous
surven la bouona fourtuna de rescountrà cauche vièi amie m'au
cal v'eravas plus vist despi lountèms, es rar ch'après la toucada de
man e lu coumplimen d'usage, noun li escape achel' esciamassioun estounada :
— Ma, es lou tiéu grilou ?
— Couma vées, caro amie, es l'eritié.
— Es pas poussible, la darriera fes que l'hai vist era la mitan,
couma ha creissut !
U Armanac Nigart, car letour e be'n aimahli letrissi, ha fach
parié, ha creissut. Lu an passon pèr toui e passon lèu bouoi
o marrit. Noun sighès dounca estounat se après l'avé vist enfan,
en gianvié 1914, lou retrouvas, en 1920, souta l'aspet d'un bèu
giouvenet de 17 an, ben plantat, la boutouniera flourida e la labra
soubrana garnida d'un duvet naissènt.
M'ha demandat de lou vous presentà en touta la grassia de la
siéu virila metamourfosa, e es pèr iéu, vièi amie de la maïoun, un
ôunour e un plesi.
Brave e simpatico Armanac, mé che gioia mi rememori la
siéu esistensa despi ch'es nat, en 1903, giusche au cotimensamën
de 1914, achela anada terribla che preparava au mounde tant de
duei e tant de doulou !
Au moumen de la siéu naissensa, cauche esprit crentous si
soun demandat, couma pèr lou nouostre plus gran pouèta dau
siècle passat, se l'enfan viéuria. Ha viéugut e noun poudia que

�- 8 —
vièure e prousperà, car avia ressut lou giou de la maire la plus
sana e la mai bella ch'un bambin pouosche souetà. La mitoulougia a mes de dieu d.ipertout, a divinisât lu astre e lu element. Ha
fach Anfitrita, deessa de la mar, Giunoun, regina de li estela,
Phébus, diéu dàu soulèu, Silvan, diéu dei fouré, e a populat li
soursa e lu bouosc de ninfa, de faune, de dryada e d'hamadryada.
Touti acheli divinità, e ben d'autri encara, si soun trouvadi ensen
autour dòu bres enfantin, en la persounificassioun de Nissa, maire
de touti li beutà ; de Nissa. au soulèu e au ciel unie, doun li nuech
soun puri e clari couma una trena de perla fini, doun l'azur de la
mar rivalisa mé l'azur dau ciel en la tranchilità armounioua de la
siéu baia angèlica, doun lu site plus bei l'un che l'autre e tant
variat pouorion su lu siéu flanc, l'àubre de Minerva e touti
li richessa àudouranti e meravioui de Flora !
La tradissioun nen rapouorta che lou premié orne en l'entousiasma prouduch pèr la sublimità de la creassioun che coumtemplava pèr la premicra fes, cantet avant de parlà e che entounet
un inno de recounouissènsa e d'admirassioun. VArmanac Nissart,
subissen à soun tour l'influensa capitoua dòu siéu adourable mitan, ha cantat en venen au mounde
E ha seguit à cantà d'una vous tougiou plus assegurada
à mesura che crèissia e n'ha dich de ben belli càuva. Ha celebrat
li virtù e lu delissi de Nissa, li siéu glòria passadi, la siéu istoria,
n'ha rapelat li iiéu tradissioun, lu siéu vièi prouverbi, n'ha
descrich lu blasoun de li siéu famiha, n'ha fach entrevèire li proumessa counsoulanti de l'aveni e en l'escoutan aven sentit lou
nouostre couor de Nissart batre de bouonur e de fiertà à l'unissoun dóu siéu, car achelu che nen counouisson ben han pouscùt
escrièure mé veriià che nautre noun haven pas soulamen la religioun ma lou fanatisme dòu clouchié.
Lou prouclami en touta sincerità, nautre Nissart, si fen un
gnn meriti de gardà au fount dóu nouostre couor achéu noble
sentimen che óunoura touta counsciènsa d'ome, l'amour dóu païs,
e li agiougnen voulountié touta la nouostra recounouissènsa pèr
achilu che l'aime &gt;n couma l'aiman. Lou valènt Armanac Nissart
ha dounca drech à la simpatia courdiala e à la soulidarità dei veritable Seguran, car s'es plassat à l'avan-gardia dei bouoi Nissart
e cresé-vous pura t h'es mai fassile de sègre en marcan lou pas
che de giugà dóu tambàu.
Pèr la durada de la gherra Y Armanac Nissart s'es taisat.
Noun era plus lou moumen de parlà de literatura e d'istoria

�retrouspetiva. L'epoupea tràgica desplegava lu siéu cant enterminable e la mitraia enlassahla, de giou e de nuech, reboumbava
fourmidabla en coro sinistre. L'istoria, lu enfan de Nissa mé
toui lu autre coumpagnoun d'arma anavon à tour de rôle la
countinuà. Lu coumbatènt e li siéu famiha devion en achel
estrage si moustrà encara plus erouïc e plus stouïc che lu ansien ;
lu paire, li maire, li espousa en acetan touti li doulou, en legan
sensa regret e sensa feblessa à la patria, lu estre car che li
demandava ; lu defensour en courènt couma un soulet orne au
davan de soufransa encounouissudi, en pourtan au païs lou
renounssiamen, la coustansa, lou courage e lou sang frei che
li han dounat la vitoria e li han permès d'agiougne à li siéu
annala, degià tant belli, una pagia de gloria che degun temp
passat, même lu plus gran, noun ha égalât.
Ma, se Y Armanac Niçart s'es taisat, acó noun vóu pas dire
che nonn aghe viéugut la gherra, touta la gherra. Ha tout vist,
touplen pensat, recueìt touplen d'empressioun e touti li fes che
l'ha pouscut ha fach discretamen la siéu moudesta part de ben.
Plen de l'enspirassioun natala ha visitat lu camp de bataia e
li tranciada, pèr toui lu tèms cagnart o tempié, frei intens o càut
estoufant ; ha tougiou vist la valour, l'òubediensa, lou mespres
de la mouort au couor de cadun. Ha vist lu ravage de la mitraia,
ha audit en fremissen lu crit dei blessât, ha pourtat à toui Poumage recounouissènt de la patria e ai nouostre l'encouragiamen
dóu clouchié ; s'es descubert, lou couor angouissat, davan li
rouïna, a flourit en plouran li crous dei sourdà toumbat. Dapertout ha vist, en touti li classa dòu poble, la passiènsa, la fermetà
e la vo ilountà dòu trioumfle. A Nissa, ha visitat li gleja, pregat
mé li famiha e lagnat courà li taca soumbri dei abiamen si faion
tougiou plus noumbroui à mesura che la gherra si prouloungava.
Es intrat au fusairoun dòu pàure e au saloun dóu ric, li ha rescountrat li même ansietà, li même doulou, ha veïat m'ai
malurous en li nuechada tristi e sensa fin che la privassioun
dòu lume rendia tant longhi e plus doulouroui, ha vist la villa
sensa esclarsiíà, couma un cementeri de viéu, e mancan cauca-fes
de pan ha dounat lou siéu tabac pèr lu sourdà e la sièu rassioun
de sucre pèr lu malàut. S'es penchtat su lou liech dei blessât en lu
espitàu, a admirat lou devouamen dei ome de l'art, la grassia
afetuoua e plena de passiènsa de li ínfirmiera, ha fach escorta à li
vitima, sourdà che sucoumbavon o parènt à cu l'isolamen e la
doulou brisavon lou couor, ma se minga ramarico li es estat

�estrangié, ha counouissut parié touta la fouorsa mourala dòu
patrioutisme, de la soulidarità, dóu devouamen. Tamben acheli
oura soumbri o recounfourtanti de la longa tragèdia si soun
gravadi inefassabli en lou siéu couor, e se càucun sighesse tentât
de li denembrà, pouodi vous proumetre che Y Armanac Nissart
noun li denembrerà giamai !
A l'anounsà de Parmistissi che metia fin au massacre, Y Armanac Nissart n'ha ressentit, couma toui, una gioia inmènsa, però
la plaga era encara tròu fresca e souleta la pax establida poudia li
rendre la vóus. L'haven aguda achela pax benedida, grassia au
genia dei Joffre, dei Foch, dei Petain e dei autre chef admirable,
grassia à Clemenceau, l'ourganisatour magnifico de la resistensa,
e soubre tout, grassia à l'enduransa, à la dissiplina e au courage
dei nouostre admirable e invincible « poilus ! »
Ma es pas lou tout, ahura deven pensà à deman e lou preparà.
Cinq an de gherra n'han fach una sagnia proufounda e deven
recounstitul la vida che n'ha fugit. Lou deven ai nouostre mouort,
à li siéu famiha, à toui nautre e à l'estrangié che ven cercà su lou
nouostre bèu litoural lou délassait&gt;en e la sanità. Pèr realisà
l'inmènse prougrama fau l'unioun, l'unioun coumpleta e permanènta — Y Armanac Nissart li vous counvida — e fau tamben lou
travai. Es indispensable che faghen revièure au plus lèu ]i nouostri
festa loucali. Couma si sian dounat tout entié pèr la gherra à la
nouostra Fransa adourada, fau che sensa ren denembrà, si dounen
en la sesoun à veni ai nouostre ivernant e che li renden lou segiou
gai, plasènt, afessiounat, pèr lu encouragià à restà lountèms e à
reveni.
Pouren repihà la vida ativa sensa denembrà lu estre dévouât
ai cal deven la nouostra counservassioun e la libertà, se saben
counsilià li cauva, se en même tèms che counvidan l'estrangié à
giouî dei plesi che crean pèr éu, haven lou tat de lou faire
panissipà à li òubligassioun che n'han creat cinq an de gherra
e lou vuei inmènse dei nouostre che mancon.
E l'estrangié li si presterà d'autan voulountié che noun auren
à Nissa che de nassional de païs aliat o amie, se voulen e se saben
escartà de nautre lu elemènt dangeirous.
Vous devi su d'un parié sugèt tout lou miéu sentimen.
Moussu lou proufessour Doublet, un amie sincère de Nissa, e
erudit eminènt, autour de ben de travai istorico che li han méritât lu éloge dòu mounde sapiènt, a augut l'aimabla pensada
d'escriéure spessialamen pèr Y Armanac Nissart lou memori che

�troverès plus luen. Ligé-lou e religé-lou mé touta l'atensioun che
mérita achéu travai counsiensious e doucumentat e fes lu raprouciamen. Li gagnerès lou vouostre avenl se sabès proufità d'achela
letura, car v'espargnerès d'esperiensa che couston car.
Nen parla dei « Boche » ai siècle passat e nen di senche
sigheron tougiou, reitre, soudard, ivrougna, voulur e assassin pèr
mestié, destrutour coura noun poudion tuà ni ràubà. Nissa, car
letour e doussi letrissi, couma lou sabès, ha passat pèr de fourtuna
diversi en lou cours de la siéu istoria, ha counouissut lou ben e
lou màu. S'es trovada. mai che d'un còu en countat m'acheli
banda de maufatan. Lu nouostre ansien n'han soufert crudelamen, tamben de moumen couma lou 70 e 1914, noun soulamen
nen transpouorton de febre patrioutica ma desvïon en nautre pèr
atavisme, l'ourour ansestrala.
Faire, maire, enfan e fiha de Nissa, Y Armanac Nissart vous
rapela che lu bandit che han brulat, destruch, vioulentat, che han
assassinat lu vouostre, apartenon en achela rassa che trovavas
dapertout à Nissa e en lou nouostre departamen avan la gherra,
couma lu trouvavas dapertout en Fransa. Subito après lou 70 augieron pas tróu veni, ma pàu à pàu devengheron plus ardit.
Umble e soutamès au debut si soun fach autaurous en creissèn en
noumbre, han cercat a faire louvuei à Nissa pèr n'en deveni plus
fassilamen lu mèstre. Mé li siéu brutalità, mé li siéu entriga,
han tentât d'escartà de nautre lu ivernant lu mai aimât. Si soun
faufilât en lu establissamen finansié, en li maïoun de coumers li
plus impourtanti, n'han ràubat li premieri plassa, couma li
n'aurion ràubadi touti mé l'agiuda dóu tèms. Si soun emplegat à
descurbi toui lu secret deli nouostri fabricassioun. N'han esjiiounat en touti li fourma. Lu giou de festa s'en partion en estrop,
tougiou tra élu, e achelu pàu ourdinari escursiounista de li
nouostri mountagna e de li nouostri valada, reperavon li nouostri
routa, lu nouostre pouont, lu nouostre fouort, croumpavon lu
terren che poudion counveni à li siéu empresa crimineli, e
s'alestission, counouissen lou païs couma la siéu pocha, achela
pocha che Berlin ramplissia car avion besoun de gran argen
pèr faire lou siéu abouminable mesiié.
E pas soulamen à Nissa, ma dapertout en Fransa e autre luec,
doun han pouscut plantà la siéu grifa, han emplegat lou même
biais.
Bei e dous aulivié, orgueil e fourtuna dôu nouostre païs,
aubre de sagessa e de pax, cu àuria pensat, sinoun l'aberrassioun

�12 —
toudesca a fa servi lou vouostre baume, à la fabricassioun
d'esplousif.
• Enfan de Nissa, enfan de Fransa, si souvenghen che pèr
roumpre e metre en ferpia l'arrêt mounstruous ch'achelu bandit
avion tendut, a faugut si batre e soufri cinq an , ch'aven augut
besoun de grani agiuda pèr trioumfà, que li pena seran ben
longhi, che fra lu 1.800000 vitima che xien cousta la gherra, 4.000
soun nissardi e noun cuenti pas lu avugle, lu mutilat, lu malàut
de touta categouria che pagon pèr l'empouisounamen de la
siéu esistensa l'orguei e la barbaria toudesca.
Aughen lu uès continuelamen ben dubert e faghen la cassa
dapertout doun s'entraficherà au cameleoun alleman. Es un dever
de recounouissènsa envers lu brave sacrificat e una sauvegarda pèr
eu resta.
Fra lu miéu bouoi souveni d'enfansa, m'es restat achéu
de la prounta counvalescènsa dóu nouostre glorious païs. Esta fes
la counvalescènsa stra plus longa, couma la maladia ela même
e auren besoun de mai de souin, de mai de devouamen de toui pèr
gari e counsoulà lou gran blessât. Si meten à l'obra e li dounen
tout, lou couor soudisfach. Fra tantu desastre una gran counsoulassioun nen resta achela che si sian mantengut tàu ch'eravan, che
lu enfin de Nissa noun han pas degenerat. La nouostra imourtala
Catarina Segurana, che d'un cóu de massa lanset lou Turc estramourdit e pantelant au pen dei rampar dòu bastioun de Sincaire,
doun voulia plantà lou drapèu, lou nouostre ilnstre Massena,
tougiou urous dintre li siéu luta contra lu Tudesc, lou eró
moundial, lou nouostre gran Pépin, che póu coumtemplà mé
fiertà la siéu ambissioun de l'unità coumpleta de l'Italia realisada,
lanson vers la siéu bella Nissa, tougiou fidelissima e valouroua un
regart de recounouissènsa entraduisible.
Vitòria dóu sacrifici, vitoria santa, che n'has rendut li nouostri do ui souore ben aimadi : l'Alsasa e la Lorena, c h'as libérât lou
Trentin e lou Triestin, la Pologna e la Serbia, che fas planà su lou
mounde un' era de tranchilità e de pax ti benedissen e ti demandan pèr H anada que van sègre de nen counservà l'unioun afin che
sighe tougiou musulada la belva umana, terrour dei poble, pische
lou nouostre dever umanitari, che counouissen e che praticân,
n'ha defendut de la tuà.
PAUL NADIR.

�— 13 —

L'EURE E L'OULIVIÉ

En un luèc souleious, dau coustà de Passable,
Crèissïa, magnifie, un aubre remarcable :
Un óulivié
Que, dau quartié,
Era l'ourguei e la belessa.
— Un jour, emb'un toun de caressa,
Un paure broutet d'èure, à l'aubre auguèt recours
E li tenguèt aquéu discours :
— « Tu, qu'auturousamen, drisses au ciel la tèsta,
« Que, dòu maïstralas, afrontes li tempesta,
« Tu, que recounouissèn pèr rèi,
« Urous de si plegar en touti li tiéu lèi,
« Escouta 'n pau la miéu preguièra :
et Siéu qu'un paure mesquin e la miéu vida 'ntiera
« Noun es qu'umelità ;
« Eaisse-mi 'n pau mountà
« Soubre tu ; dòu tiéu trounc, una nova verdura
v
« Serà, crese-ti pura,
« La pu bella parura. »
L'aubre siguèt counsènt. Si laissèt embular
D'aquéu faus que, tant bèn, sabia l'adular.
L'èure, s'aproufitant d'una tala fourtuna,
Un' à una,
Planta li siéu veruna,
Coumençant de mountar e fa tant e tant bèn
Qu'au bout de quauque tèmp,
De l'óulivié roubust, suça touta la saba
E l'acaba.
Orne ! siés l'óulivié ; l'èure, soun li passioun
Que, de ce qu'as de bouon, vouolon la finicioun.
JÓUSÈ GlORDAN.

�LA

LEGENDA

DOU

RIGAU

Lou Crist, en s'amusan proce d'un baragnas,
— En tan ch'un pâu pu luen la siéu Maire Divina
Lou tenia da ment en suiven lu siéu pas, —
En un dei siéu penin si plantet un' espina.
L'enfan pousset un crit e vitou, en lu siéu bras
La Vierge lou pihet, desoulada, tendrina,
Ma s'esfourset en van de li rendre la pax ;
Noun poudia calmà la doulour enfantina.
Un rigàu — gris unit era lou siéu plumage
D'achelu tèms — Fàuden, voulet embé courage
Au bambin, e m'au bec l'espina li trajé...
Lou sang venghet perla su l'orle de la plaga,
E lou Crist s'en bagnan lou det, pèr la siéu paga,
Au passeroun pietous dessinet un coulié.
MÀRIUS

BLANCHI.

PROUVERBI, BOUOI MOT COUNSÈU E DICH
La preguiera vàu mai que lu sant.
Pèr San Martin
La nèu es pèr camin.
Quoura lu partit soun d'acordi, lu avoucat soun d'aë.

�-

ÎS

-

XXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXAX -KXXXAXAX

CROUNICA NIÇARDA

19141919! doui data proun requisti, doui milerme counsignan ben de fach e souveni que pèr lontèms un noun póu
denembrâ. Jamai si pensava, à l'auba 1914, qu'au principi dau
mès d'avoust una gran bataia europeana anava metre à fuec
e à sang tant de païs ! H pura sian estat testemoni d'aquesta
lucha, e fouguesse remountà lou cours de l'istoria dei poble, ai
tèms lu mai reculat de l'antiquità, noun si pòu trouva un isemple
à metre en paragoun.
Jamai s'era vist un tal massacre !... La poudra a fach de
milioun de vitima, e sigue su terra, su mar, pèr aria, aven
ia
agut à supourtà lou ferre rouge dóu Tudesque e C .
Raça d'esbiro ! — Germania maladida ! — poble au quai
deven refudà lou titre d'uman, an talamen coumès de sauvajaria
que lou mounde, nacioun civilisadi, si soun messi dau coustà
dóu drech, de la justícia; emé rasoun soun vengudi nen prestà
ajuda e assistença !... La França, maire de la civilisacioun, couor
de l'Europa, la pichouna Bèlgica, lachamen atacadi, si soun'defendudi fin au bout, e fin au dernié soufle, sagnant, fin au djrnié
badai, lu siéu enfan li an dounat la vida, lou sang jusqu'au dernié
degout !
Italia ! Britania ! America ! Serbia ! Roumania ! avès coumplit un gran dever de fratelança eu escassant l'aigla emperaira
allemanda, rapace de marrit auguri, nen despegouissen d'aquel
strop d'assassin de gran camin !
Salut i brave sourdà de França ! A vautre tnui, coumpagnoun
d'arma, deven la gran Vitòria, avès ben méritât de la Pairia !
Avès demplit lou dever sacrât emb'ounour, resignacioun e courage ; lu vouostre noum seran gravat en letra d'or au gran libre
de l'imourtalità !

�— i6 —
Es un pïous dever pèr YArmanac Niçart de saludà emé
respèt e recounouissença lou gran Francès : M. Georges.Clémenceau ! Aquí un noum que jamai denembreren. Se Thiers, en
1870, es estat lou « liberatour dóu territori, » ancuei pouden
dire emé fiertà que lou Tigre a moustrat ai manjaire de candela
de cèu de dènt ben pounchudi, emb'ai siéu grifa a sauput devesà
l'arouganta famiha dei Hohenzollern, la faguen regoulà coum'un
paquet d'ourtiga !
Gloria ! au nouostre premié ministre ensinda qu'ai valènt
Foch e Joffre lu quai pèr la siéu diplomàcia e strategia an mès en
dérouta l'enemic que si cresïa douminà lou mounde. Maugra que
la nouostra publicacioun loucala sigue de pichouna statura, —
ma noun bastarda ! - si fa un dever de v'adressà lu siéu sincère
coumplimen, e Niça-la-Bella, païs dei flou, dóu pourteg ilié, de
l'aulivié, vous tressa una bella courouna de laurié, courouna
d'eternela recounouissença !
*

*

*

Aura, car councitadin, laissen lu maucountènt si lagnà, laissen
dire à quauque mourtal que li afaire van pas, que lu bei tèms
revendran plus, qu'an manjat lou pau qu'avion, que soun rouïnat...
Lou mercant vous di que lou burre si vende vint à vint à cinq lira
lou kiló ; lou lachié fraudulous adiciouna lou lach tant que pòu,
lou vinachié l'imita, lou fournié v'enfarina couma vóu, lou froumagié v'entourtïa qu'es un plesi, lou bouchié.., basta la seqüela
d'especulatour de touta mers, soucietà de « vida cara » en gros e
en détail, amagon de fourtuna mal aquistt ; ier n'avïon p.is lou
sóu, au jou d'ancuei menon un tren de gen couma fau, es lou poudès crèire lou regno dei peoui parvengut....
Laissen tout aquéu bèu mounde, aquela gentaia, denedà en
l'aïga treboula, saupran lèu que déuran rendre de conte, justificà
la poussessioun d'un ben aquistat pèr lou ràu !.., — Li es estat
un tèms, un avia crènta de travesà l'Esterèu de pau destre raubat, — au jou d'ancuei va mihou, su lou Marcat, en plena cità,
v'estignon, v'estrangouolon sensa vous faire cridà. Lou jou dóu
jujamen es vengut, e vous mercant de tantifla, embuscat de
prima man, vous courà pagà, ma paguerès jamai assé emé la vila
mouneda qu'avès ! quoura pensas que tantu brave sourdà — que
de niçart soun malurousamen dóu mas ! — si soun sacrificat,
laissan la siéu pèu, ademplissen un dever que vautre rabatur avès

�renegat !... Vous diéu à auta vòus : « Traditour 1 sias- de traditour
de la Patria !
Pèr touplen, se justícia si fa, dirai emb'au pouèta :
Le bien de la fortune est un bien périssable ;
Quand on bâtit sur elle, on bâtit sur le sable.

Dounca, au travail ! poble niçart; emé couor mete-ti à l'obra
cadun à sa plaça e la plaça à ctdun ; tu, paï&gt;an, noun quità
la terra que lu tiéu rèire t'an laissât, abandouna la villa ai
bourguès ; que pouòdes gagna mespresan lou magiu ?... Ren i
Pihà sinoun un'aria de gen de tón que noun ti counven, que
ti ridiculisa au lmjc de t'enausà; noun avé vergougna quoura
ti diran : « siés qu'un gros païsan !... » Ma que subi, es pas
païsan qu vau. Un citadin tara toujou un marrit païsan e un
païsan aura jamai lou plec dóu citadin.
Tu, bourguès, moudera la tiéu ambicioun. marcha seloun ta
boursa e sabata à toun pen; laissa ai marquis, conte e baroun
lou mantèu d'ermina o se vouos de lustrina, sigues un bouon
éducateur pèr la fnmiha e que lou lusso noun t'ótibliga à serrà
de doui cran la centa, vouòli dire, manja seloun lou raport
dóu tiéu gagna-pan, dóu tiéu emplec, car se vouos sègre la moda
de toui lu jou, sensa pihà de leçoun de dansa, baieras mai que d'un
cóu davant l'armari, e à l'oura de miejou, t'abitueras à faire
lou tour de la taula!

La Moda.
Despi quauque tèms en ça, la moda deven estravaganta ; noun
si distinga plus una gran dama d'una ouvriereta, lou païsan dóu
citadin, cadun si poussa de couol, si crés parisien, anglès, anerican
e la lenga niçarda bouona à dounà ai can. CaJui, toui si plagnon
que la vida es cara, que noun si g.igna au jou d'ancuei d^ pan à
poudé vièure.
Courrïa, una fes pèr touti, poudé tirà au clar toui aquelu
busbi, metre un fren à una moda gaire en arm.&gt;unia e né la
boursa plata de touplen. La vida es cara ! d'acordi... De mercantil
2

�— i8 —
proufiton, d'acordi !... Ma l'envidia, l'egouisme e lou Iusso soun
passai à l'estat de caprici, toui vouolon si pagà cen que noun
poLidion avé e cen que noun pensavon si pagà avant la guerra.
Vous diéu, toui cridon couma d'aglai, toui si lagnon, toui
trovon que la vida es cara, e pura noun s'es jamai vist despendre
tant couma au jou d'aura, es la furia de la despensa, si remplaça
un capèu o un parèu de soulié dau jou au lendeman, blanc lou
cilun, jaune lou dimar&gt;, o coulou tartuga lou dijòu; lou lusso,
vous diéu, prima la manjuga. .
Regardas su li terrassa dei café, li a de taula dapertout fin
à l'orle uau camin ; lu teatre fan plena toui lu jou ; lu cinema
soun clafit... Lu sastre noun sabon plus- à que sant si recoumandar, perdon la testa, an toujou la poussada ; lu sabatié soun
dévaluât de gros moussu, mèstre en fourma di primo cartello !
pius de p^goun, toui vouolon lou nóu, soun su li dent, e lu
dentista MI pen dau matin au sera pèr rafistoulà la maissela de
Madama Squissa, ploumbà lou caisselà de Moussu Petresc.
La plus moudesta ouviiereta pouorta de bas de sèda à vint
lira lou parèu ; li frema soun messi su lou trent'un e lu orne
pourrii uire su lou trenta doui. A lu vèire, dirias de gen de
marca; passat lou tèms dei marca-màu ; touplen si pagon un
« costbin taiileur »... la despensa?... 400 lira, es pèr ren.
Ensin irincat o trincadi, su li terrassa dóu caté s'esposon, pagon
un sourbet quaranta sòu o ben un vermouth trenta.
Tout marcha qu'es un plesi !... Cridas quoura lou saboun
crèisse d'un sóu, ma regardas pas à despendre set o uech lira pèr
pihà 1' « apéritif ».
Tout es car, d'acordi !... ma cadun si paga lou caprici que
vòu... E su lou Marcat, l'autre matin, una dameta pintada couma
lu ôu de pasca :
— Can vendès aquelu faïôu fin ?
— Lu fin ?... Dès lira !ou kilo, madama...
■— O bella Vierge !... dès lira !... que soun car !... — Dounam'en un kilô...
Poudès mi dire qu'aquela o aquéu que despende sensa negocià soun pas aquelu que si lagnon ; s'es póu estre, ma counvenès
que cadun vóu si pagà una pichouna fantasia, e mai que d'una
les es pas toujou lou ricas que despende xou de mai... Passat lou
tèms qu'anava màu... aura va pejou !... — Ma aloura, couma

�— 19 —
voulès qu'aquelu que vendon dev.ngon rasounable, quoura lou
soun tant pau aquelu que croumpon !...

Vout pèr l'an 1920.
U Armanac Niçart fa de vóut pèr que l'an 1920 signe pèr
toui, gran e pichoui, annada de pas e de councordia. Touplen
d'amour au travail afin de poudé jougne lu bout, ma pèr carità,
noun v'aloungas pas tróu au soulèu couma lu lambert !... Bouon
principi e mihour fin !... L'an que ven v'en dirai d'autri.
L'ARMA MAC NIÇART

PROUVERBI, BOUOI MOT, COUNSÈU E DICH

Qu pissa contra lou vènt si bagna la camïa.
La recounouissènça noun si trova plus qu'au Mount-de-Pietà.
Gratua contra gratua noun fan froumai.

�2,0 —■*

XXXXXXXXXXXX v y &gt;rxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxx

LOU

CLOUCHIÉ

Coura lou Ciisr, en Palestina,
Ademplisset 1» Reden-sioun.
Voughet che pèr favotir divina,
S'en pemeluesse l'assioun ;
E, se li deven la doutrina
Che lou t'aradis ne" destina,
Creslian, li deven parié :
Luu Clouchié.

Bella l'immensa Basilica,
Donn li poumpa si fan en gran,
E bella la gleja rústica,
Doun s'aginouia lou païsan,
E doun 1 u gai, la cresta aussada,
Lansa la premiera ciamada
Vers lou levant, à plen gousié,
Dau clouchié.

Vincèn l'era dei Cataeoumba,
Li pei secussioun dei l'agan,
I u Çrestian bravon la tonmba,
Tougi' ii pu noumbri'use pu gian ;
E temple gotliico. rounian,
Maraviuus esl'ouors uti:an,
Naisîon en brout, imens flourié,
Mei clouchié.

De gran matin souonon l'aubada,
Si respoui nd n de lueu en luen,
E su la fin de la serada
Nen dion lo vespral refien ;
« Avan d'amuersi lou calen,
Pregas, eufan... duerniès ben,
N'en vau faire autan voulountié,
léu clouchié. »

Coura lu nouostre vièi de Fransa,
Contra la Feodalità,
Luterou mé tan de counstansa
Pèr buleni la Libertà,
Pèr assetà la siéu fourtuna,
Founderon la "Maïoun Coumuna"
E la douteron, gran pensié,
D'un cloucbié.

La siéu vous despassan la terra,
Pouorta lu nouostre vout à Diéu.
Giamai lassa la siéu pregli era,
Li parla dei mouoi t e dei viéu,
Car sàu ch'es pè l eleruità
Ch'es creada l'umani à,
E che dòu &lt; iel sian eriiié,
Lou clouctiié.

Lou "Beffroi", ensiu si noumava
Lou cloucliié d'aipiéu moumen,
E Itiéti sau se c mpaneava,
Se ça-mpaneav» souven,
C enta, ieiil, tout anounsava,
E lou poble si railiinava,
Dè clie cridava lou ilangié
Lou cluuciiié.

De la gleja canton li festa,
La vanetà de li sesoun,
E se surven un' eseàufestra,
S'alarmon, doublon lou canoun.
A'a r*abi che ben mai li plas
De poudé n'anounsà la pax,
Lou retour dei brave gherrié
Au clouchié.

A u jou d'ancuei. clouchié Je gleja,
Soun lu soiilet à si diissà,
Douiiiinan lé le, ciamiiieja,
La siéu vous veu u'eiii|iressiounà,
( ai bot, o terignoun, o clar,
Lou siéu lengage es tougiou clar.
Se che sau ben lou siéu mestié
Lou clouchié.

En H fasa de l'esistensa,
Tan dei gran couma dei picioui,
Sensa faire de diferensa,
Souonon loujou, souonon pèr toui ;
E coura la si defilan,
Cu nen di, ss lou demandai],
Au noum de toui, l'adiéu darrié :
Lou clouchié.

�— 21

—

Tamben l'aiman d'amour de rassa
Cadun lou nouostre bèu clouchié,
E se W vida nen desplassa,
Li gardan lou nouostre pensié.
En asperan l'oura proupissa
De revèire lou ciel de Nissa,
D'avé lou bouongiou familié
Dbu clouchié.

Sossi, lou nouostre crussi mèstre.
Era de ciàusi lou clouchié,
E couma toui voulion l'estrp,
Vechi lou counsèu d&lt;? Nike ;
Noun n'aurès minga de rival,
Se vVn créas on ideal.
En giougnen l'ailla, l'àulivié
Au clouchié.

Bêu San Fransé, e tu la Toure,
Noun cregnès che vou denembren,
O non, car se la pluma coure,
L'amour dòu clouchié la reten.
Fier testemoni dau passat,
Vous saludan, gran mutilat,
Relori de toui lu cartié,
O clouchié (

Clouchié noustral. o pur simbole,
Plen d'esp ir si viran vers tu,
Pèr che trasses lou nouostre rôle,
Che nen dounes li t éu venu :
Virtu d'unioun e d'assîslensa,
De travai, de recouno issensa,
Ch'asperes dei tiéu campanié,
Bêu Clouchié !

MARIUS BLANCHI.

Xùsa, 24 Giuillel igiyÂuuivci sari de lu luiissensa de mouu paire regretal.

xxxxx&gt;c&lt;xxxxxxxxxxxxx&gt;ooo&lt;xxxxxxxxxxxxxxxxxxxx
MANDA-MI LOU NOUTARI

— Pépin ! va-mi cercà lou noti tari, véu que d'un moumen à
l'autre devi rendre l'anima à Diéu. e teni, avant que Caroun mi
passe en l'autre mounde, metre li miéu afaire en regla...
Envinda parlava Bertoumiéu Issuga au siéu amie d'enfourtuna
Pépin Veruga que lou souinava. Bertoumiéu I-sauga avia touplen
viéuout, un sensa souci, bouon couor, manjant lou pan gagnât,
dóu jou au lendeman. Era toujou, couma dion, pata davant,
pata darrié. Bouon vivant, avia toujou lou rire su li labra, e
si pòu dire, fin au siéu damier badai, la bouon' umour era de
receta... una plesentaria noun asperava l'autra.
— Lou noutari, Bertoumiéu, ma pèr faire ?
— Noun ti crussià pèr tant pàu, ti diéu, va-mi cercà lou
noutari.

�22 —

E Pépin que noun capissia, noun s'esplicava cen que Bertoumiéu poudia pousstdre... — Basta, s'encamina e va cercà lèu lou
noutari en plaça Massena.
Aquesto arriba en courènt, e toucant la man au malàut :
— Eh ben, Bertoumiéu, couma va ?... E que trest poudès
avé da mi dire pèr mi mandà cercà, iéu que vous counonissi
brave ome, ma noun...
— Véu, Monssù lou noutari, que nequilisse toui lu jou,
mi cóu pensà de rendre de conte avant de faire lou gran viage ;
v'ai mandat cercà pèr vous dità li mié.u darnieri voulountà, faire
lou miéu testanien...
— Testanien !... ma que poudès ben...
— Escrivès, Moussu lou noutari... Escrivès e noun denembras lu pounto e li virgula...
— Aqnela pi empesa, à part si di l'orne de lei, iéu que sabi
Bertoumiéu pousseoant ren, n'anguen de siéu que la pèu e
lu ouos... aquilí pi de tantiflada !... — Basta... li siéu, escrivi;
ditas, Bertoumiéu...
— Iéu, Bertoun iéu Issuga, pèr testamen en data d'ancuei e
da iéu siguat, laissi la mai. .un dau Piol, au luec dich : Bel
Respiro, à ma neça Filoumena ooutarga...
— A ma neça Boutarga... e pi ?
— Escrivès, noutari... Laissi la campagna de la Lanterna
â moun nep, Pin Caramela...
— Pin Caramela... escrivi, pounto e virgula...
— Laissi touti li miéu acioun dai tram, camin de ferre
e turqui, au miéu vièi amie, Pépin Veruga...
— Laissi...
— Laissas, laissas... ma, escusa-mi, Bertoumiéu, doun trouveran, lu vouostre eritié, tout cen que venès de li laissà ?...
— O Mouvsii lou noutari, vous fes de crussi pèr gran cauva;
cresé-mi, lu miéu eritié, auran mai de pena élu à trouvà toui lu
ben que li legui, que iéu de lu laissà !...
E lou bouon noutari soudifach metet lu siéu ôunourari su
la même nota... Sabi pas, se despi, lu eritié l'an pagat dòu siéu
destourbe.
JULES EYNAUDI.
I

MIC

1

'

�— 23 —

ROSA

NISSARDA

Su d'esta terra benedida,
En la bella sesoun d'abriéu,
Un certen n atin siéu sourlida
D'un boutoun, pèr voulé de Diéu...

E moumen urous o ravagée, —
L'avenì n un lou sôu deg .n, —
Fau sensa perdre lou courage,
Que d'eli reste lou parfum...

En la csmpagna recreada,
Pèr un dous soulèu levantin,
Siéu naissuda touta perlada
Dei plour de l'aigai matutin.

La matinada signet bella,
Lou miéu ciel era toujou pur,
Ma l'api ès-dinà, la seqiela
De li nebla cuerbet l'azur,

Lu passeroun jouious cantavon
L'inno d'amour, l'inno divin
Li campana terignounavon
Au soubran d'un clouchié vesin.

E la raïssa, la gragnoulada,
Du'eron un brave moumen ;
Ma lou booissoun m'a pruùtejada
E soufrisseri pas touplen.

Sigiieri d'abor vergougnida
De deure moustrà descubert,
Lou sen que faïa saida
Dau coursage de satin vert.

E quoura venguet la serada
Touta plena de l'idéal
Qu'aquel &lt; sesoun fourtnna'la
Garda pèr lu co or virginal,

Ma mi counfaguen à l'usage,
Que nen coumanda d'aubedi,
En fihela de bouon litrnage,
Mi pressèri lèu de rougi...

Mi trouveri tout' estounada
De vèire que lou cremesin
De la miéu ràuba denteUda,
E lou coursage de satiu,

La miéu tigia si balançava
En lu bras d'un zefir crentous,
E lou bouissoim repetenava
De repececiéu delicious.

Luen de subi lou dur outrage
D'aquéu tempoural assendut,
Avion gagnai à 1 ourage,
Un ton de mouora e de velut,

Una tendra vous de fam ha
Mi bressava m'aquéu can in :
Qu d'una rosa nai se fiha,
Sigue rosa jusqu'à la fin.

E che. lou couor franc de 'a crenta
D'estre acabat pèr lou destin,
Palpitava sensa countienta,
Fouort e pur couma lou matin...

Car li rosa sonn li regina
Que degun pou descourounà,
Destilan l'essensa divina,
An lou dever d'embarsemà.

Mé la natura tout' entiera,
Aquéu sera dòu
es d'abriéu,
La miéu vous inontel en pn guiera
De recounouissença vers Dieu !
PAULINE B...

�— 24 —

La testa áuta, lou regard assegurat,
Ensinda va tougiou Tome plen de franchisa,
Di lou siéu sentimen d'una fassoun precisa,
La siéu presensa fa taise lou selerat.
Ma l'infamc couchin che davan d'éu deghisa,
Lou piiian ver darié s'es vitou revengtat.
Dintre l'ounibra, l'óunest es pèr éu poignardât.
Pèr si desbarassà de l'oustacle lou brisa.
« Ai terassat achéu che poudia lutà;
Ai plus,ren davan iéu che venghe m'arrestà, »
Si di lou criminel en tant che l'autre toumba.
« Car l'audaça d'ancuei mi fa poutent e rie,
Iéu siéu l'eternità, lou dever, lou castic. »
Crida la même vóus dau ciel e de la toumba.
PAUL NADIR.

PROUVERB1, BOUOI MOT, COUNSÈU E DICH

Crit dau couor d'un napouletan doun la frema avia ficat
lou velou m'un senegalès, emb'au pouorta-mouneda :
— P.uienza la moglie, ma cinquecento lire ! ! !...
Aiguès d'argen, manqués pas de parènt.
L'argen fa cantà li borgni.
A la frema, couma à la barca, li a toujou quaucaren à faire.

�— 25 -

xxxxxxxxxxyyxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxx

Quelques souvenirs des Boches
DE JADIS A NICE

Les Boches de jadis, les Tedeschi, comme on les appelait ici,
ont laissé, tant les soldats de l'Empire, autrement dit de la
maison d'Autriche, que ceux d'autres états allemands qui prirent
les armes pour elle, de mauvais souvenirs dans l'esprit des
Niçois d'autrefois. On va en juger.

Le duc de Savoie Charles III fait cesser, en 1522, la période,
déjà longue de quarante-quatre ans, durant laquelle le duché avait
été sous l'influence de la France. Oncle de François I", il s'était
marié, à Nice, en septembre 1 521, avec l'infante Béatrix de
Portugal, dont le pèreavait pris pour troisième femme, en 1519,
la sœur aînée de Charles-Quint; un frère de l'infante épousa, en
1525, une sœur de l'empereur, et une de leurs sœurs devint,
en 1526, l'épouse de Sa Majesté Césarienne.
L'oncle de François Ier laisse un traître, le connétable de
Bourbon, envahir, en 1524, juillet, la Provence, avec le marquis
de Pescarà, qui conduisait dix-sept mille hommes, Espagnols,
Italiens, ainsi que « des Bourguignons et des Français ayant
trahi » tout comme Bourbon, et des « Todesch », comme nous
lisons dans la Chronique de Jean Badat. Montmorency les rejette
au début d'octobre sur Nice. Je ne sais s'ils l'avaient pillée ; je
le suppose. Ce qui est sûr, c'est qu'il la saccage.

�— 26 —

,

En 15^6, Charles-Quint envahit la Provence par Nice et
passe le Var, le 25 juilkt. Qui ne connaît Te poème macaronique
de 2400 vers, dans lequel Antoine Arena, juge à Saint-Remy, a
bafoué la « Meygra entreprizji » dont il avait été l'un des témoins
oculaires? Le 25 septembre, l'empereur rentrait à Nice, en pleine
déconfiture, et se sauvait vite à Gênes. Badat a raconté comment
ses Tedetchi, deux mille « Spagnols », dit-il, — l'Espagne était
embochisée pour près de deux siècles, — ont vilipendé les Niçois :
« nos tratavam mal ». Quand ils partent à leur tour, en 1537,
leur commandant, qui avait cherché, selon Badat, à empêcher
« che non fasiam tot lo mal auriam pogut far
conseille ironiquement, sur le pont du Paillon, aux autorités municipales de ne
plus jamais laisser des troupes étrangères entrer dans leur ville.
Aussi les Niçois se gardent-ils, en 1538, lors de la célèbre
conférence, d'autoriser, malgré le duc qui l'aurait permis, et
l'empereur et le pape, ces deux moitiés de Dieu, à s'installer
au château. Ce fut très sage.

** *
En 1543, lorsque l'armée française du comte d'Enghien et
l'escadre ottomane de Barberousse menacent Nice, le drapeau
impérial est arboré sur la plus haute tour du château : on le
distingue sur la curieuse vue d'Enea Vico, qui se rapporte à
ce fait de guerre. Nous ne savons pas si les Niçois eurent à se
plaindre des Te ieschi : ceux-ci s'enfermèrent vite dans la forteresse, à l'ombre de l'étendard où l'aigle à deux têtes déployait ses
ailes, pendant que les assiégeants, retenus un instant par l'assaut
infructueux du 15 août — la tradition locale l'a transformé en un
« triomphe » d'une héroïne, dont l'histoire et la critique se
refusent à connaître les prétendus exploits, — prennent la ville
dès le 22. Elle est pillée par les Turcs le 8 septembre, puis incendiée par les Français le 9 au matin. Un peu avant midi, un groupe
de « chevaulx impériaux » arrive au secours du château. Le 13,
le duc,accompagné par le lieutenant général de l'empereur, arrive
à Nice, devant les portes de laquelle les Musulmans reviennent
un instant, le 23, « avec grande crierie à la mode turquesque ».
C'est le drapeau de l'Empire, non celui de la Savoie, qui avait
flotté au-dessus des canonnades, dont un témoin oculaire dit
qu'elles furent « si impétueuses que le ciel, la terre et la mer

�— 27 —
semblaient devoir s'abysmer » ; phrase qui a permis à Durante
d'écrire : « L'enfer vomissait ses fureurs ».

Lorsque le cardinal Maurice de Savoie, révolté, ainsi que son
frère Thomas-François, contre leur belle sœur, la régente Christine, sœur de Louis XIII, s'entoure d'Espagnols et de Tedescbi,
durant la minorité du duc Charles-Emmanuel II, et qu'il s'est
instailé à Nice en 1639, 6 août, nous voyons le conseil municipal s'émouvoir, en 1641, 14 octobre, de tout ce que les officiers
et les soldats exigent des habitants, bois, fourrage, chandelles,
matelas, draps, couvertures; en 1642, 4 juin, de ce que le bruit
court que, pour payer tous ses Boches, le prince de l'Église
va émettre des monnaies et qu'elles ne vaudront à peu près rien.
Aussi, dès que, quelques jours après, les deux princes ont fait,
grâce à Mazarin.ieur paix avec la régente et que Maurice informe
le conseil, le 13, qu'il va se séparer des étrangers le dimanche
suivant, la municipalité s'empresse d'offrir à leur sergent major
des fruits, seize rups de fromage et douze bouchardes (tomi) de
vin. Le 17, le cardinal se débarrasse de tous ces malandrins, grâce
à une ruse qui lui permet d'aviser le conseil, par l'entremise d'un
sénateur, qu'il les a fait « andur via » ; il les embarque de force
pour Finale, jette les meubles et les affaires de leur mestre de
camp sur un navire, l'oblige à y monter sans tambour ni trompette. Adieu les « Marranes », — les porcs, — comme Godeau,
évêque de Grasse et membre de l'Académie française, aimait
à qualifier les soudards de la maison d'Autriche.

** *
Louis XIV fut en guerre deux fois, chacun le sait, avec le duc
de Savoie Victor Amédée II. Les armées françaises ont occupé
Nice à deux reprises. D'abord durant la guerre de la Ligue
d'Augsbourg ; Catinat fait capituler la ville en 1691, 26 mars, et
bombarde le château, qui se rend le 2 avril ; elles évacuent, après
la paix, en 1696, 29 septembre. Puis durant la guerre de la
Succession d'Espagne; La Feuillade bombarde la ville en 1705,

�du 15 mars au 10 avril, la fait capituler et laisse les troupes
ducales occuper le château; les françaises se retirent du 18 août
au 6 novembre; Berwick fait capituler la ville le 14 novembre, le
château en 1706, 4 janvier; les soldats de Louis XIV se replient
en 1707, du 29 juin au 3 septembre, lorsque le duc de Savoie et
le prince Eugène envahissent la Provence et sont finalement
refoulés ; Nice est de nouveau occupée par l'armée française
jusqu'en 1713, 29 mai.
Quand Victor- Amédée II rentre à Nice en 1707, c'est avec le
prince Eugène qui commandait les hordes de l'empereur Joseph Ier.
Elles n'ont épargné, bien que le duc fût l'allié de l'empereur, ni la
ville ni la banlieue. Lisons Y Histoire de Nice de Durante : il
cite nous ne savons quel « Récit de l'arrivée de l'armée impériale
à Nice », conservé, dit il, à la Bibliothèque de Turin, et nous
ignorons quelle « Histoire de Victor Amédée et du prince Eugène ». Étudions surtout deux documents de grande valeur,
publiés dans l'excellent organe de l'Academia Nissarda, le Nice
historique : le Journal niçois, qui est relatif aux événements de
1675 á 1724, et les Mémoires d'une risitandine de Nice. Il n'y est
question que des pillages des « Allemands », en particulier des
« Hussards », c'est-à-dire de la cavalerie hongroise, des Brandebourgeois, des Hessois, durant ces huit semaines, surtout au
ébut et à la fin, où ces alliés du duc de Savoie passèrent à Nice,
'abord avec l'orgueil de se ruer sur la Provence, puis avec
l'humiliation d'en être rejetés par l'épée de Tessé. Regardons
défiler ces sales Boches.
Le 9 juillet, dit le Journal niçois, cinquante hussards, sous les
ordres du marquis de Senantes, fils du gouverneur du château, le
marquis de Caraglio. Le 10, le duc de Savoie, le prince Eugène,
feld maréchal, et « plusieurs piinces allemands » : ils entrent par
la porte Saint-Éloi, vont au palais, boivent « une tasse de vin »,
et, réconfortés par le pinard qui devait être ce Bellet que Catinat
avait trouvé si délicieux, chevauchent vers le Var.
Durante semble avoir mis la main sur les noms de ces « princes
allemands ». Ce furent,à l'en croire, un prince de Saxe-Gotha 1 :
Johann-Wilhelm, frère du duc Friedrich II et major-général de
l'armée impériale, qui fut tué devant Toulon. « Le prince de
Hesse-Casscl ». Donc, ou bien le landgrave Karl, fondateur de
Karlsberg, que Ton appela depuis Wilhelmshoehe, ou bien son
fils Friedrich. Celui-ci, généralissime des troupes de Charles XII
de Suède depuis 1705, avait perdu sa première femme, Louise-

�Dorothée-Sophie de Hohehzollem, fille de l'électeur de Brandebourg Frédéric III, roi en Prusse depuis 1700. Il commanda
les troupes de son père au siège de Toulon, y fut blessé, se
remaria en 1715 avec une sœur de Charles XII et devint ainsi roi
de Suède en 1725. « Le prince d'Anhalt », ajoute Durante.
Lequel ? Soit Luitpold d'Anhalt-Dessau, qui, général-major dans
l'armée prussienne depuis 1699, commanda les troupes prussiennes en Italie, puis dans les Pays Bas, et fut pris à Denain ;
soit Karl-Wilhelm d'Anhalt Zerbst, ou son frère Guntber, qui fut
major général dans l'armée prussienne. « Un feld maréchal, le
baron de Rebinder, les comtes de Breiner et de Falkensiein,
les barons de Haagen et de Blumner », ajoute l'auteur de l'Histoire de Nice. Voilà le G. Q. G. boche.
Ce qui est sûr, c'est que le rédacteur du Journal niçois et
la Visitandine parlent, pour le 2 septembre, du prince de HesseCassel, que la religieuse, déformant son titre, appelle « le prince
Scasel », et que l'auteur du foin nul niçois mentionne, le 19 août,
le passage d'un régiment du prince en question, le 2 septembre,
celui des troupes de ladite principauté, le 3, les ravages que
les soldats « de la princesse de Hesse » — elle était morte en
1705 — firent à Cimiez. Pendant que le duc de Savoie et
ces personnages boches, ses alliés, entraient à Nice « sous une
pluie de fleurs », comme dit Durante, les Tedeschi, qui étaient
sous leurs ordres, causaient, selon le Journal niçois, « un dommage énorme aux fourrages de la campagne ». Et c'étaient
des alliés de Victor-Amédée II !
Le 12 juillet, voici huit mille cent Brandebourgeois, qui campent à la Buffa. Ce chiffre, donné par le Journal niçois, ne correspond guère à celui, qu'il cite d'autre part d'après un état
dressé le 7 juillet à Sospel, de sept mille quatre cent cinquante
Prussiens. En était-il survenu six cent cinquante autres en cinq
jours ? « Vêtus de vert, avec leurs tambours recouverts de feuilles
de cuivre », ils avaient, on le sent à travers les lignes du document, ému le témoin oculaire de ce défilé de barbares. Le 14,
selon lui, « les Hussards, hommes effrayants •», puis « les cuirassiers et la cavalerie de l'empereur, avec leurs drapeaux, ti-nrules
et trompettes, gens sans foi ni pitié, qui volent le fourrage,
pillent les maisons, assassinent les amis aus^i bien que le-, ennemis ». Le 16, encore deux milliers. Examinons, d'autre part,
dans ce curieux Journal, l'état qui avait été établi, nous venons de
le dire, le 7 à Sospel. Il évalue les fantassins, qui allaient marcher

�/

— 30 —
sur Toulon, à trente-cinq mille cent, dont douze mille quatre cents
Impériaux, sept mille quatre cent cinquante soldats de la Prusse,
six mille six cents de la Hesse-Cassel, trois milie huit cents
du Palatinat — Johann Wilhelm de Bavière-Neubourg était du
côté de l'Empire, d'autant plus qu'une de ses sœurs avait été la
seconde femme du dernier Habsbourg ayant régné sur l'Espagne,
la jeune reine de Ruy Blas, et que l'autre avait été la troisième
femme de l'empereur Léopold I" — et quatre mille huit cent
cinquante de la Savoie; les cavaliers, à dix mille huit cents, dont
cinq mille Impériaux, trois mille cent soldats de la Hesse-Cassel,
dix-neuf cent cinquante du Palatinat et sept cent cinquante de la
Savoie. Beaucoup de gaillards « effrayants ».
Que de Boches à Nice et dans la banlieue ! Remarquons
d'ailleurs que l'auteur du Journal dit que certains évaluaient les
fantassins seulement à trente et un mille cent ; les dix mille huit
cents cavaliers, il les compose ailleurs de Hussards, d'Allemands,
de Brandebourgeois, de soldats &lt;■ délia principessa Des » —
c'est-à-dire de cette princesse de Hesse-Cassel qui étsit décédée en
1705 — et de dragons du duc de Savoie. La Visitandine a encore
moins de précision. Elle parle brièvement des « troupes piémontaises, allemandes et anglaises » et de « ceux qu'on appelle les
Usards ». Plusieurs de ces soldats tombèrent malades à Nice.
Nous avons relevé, dans les registres des décès de la paroisse
Saint-Martin, les noms de trois Impériaux, originaires de la
Bohême, qui moururent les 26 et 28 juillet et le 2 août, l'un
d'eux « à la chapelle du Saint-Esprit, où sont les malades », ainsi
que d'un soldat natif de la Pologne, qui finit ses jours le 13 août
« à l'hôpital du Saint-Esprit ». Quatre Boches à qui il ne fut pas
donné de lamper le jus des treilles provençales.
On sait ce qui suivit la ruée de nos ennemis : pillage de
la Provence, victoire de Tessé, recul de l'invasion, à propos
duquel Durante ne dissimule pas que le sud-est de la France
avait été, « pour la quatrième fois, le tombeau des troupes allemandes '&gt; et que, durant leur débâcle, elles traitèrent « même le
pays allié comme celui des ennemis ». De là, cette jolie chanson
française que M. Antoine-Nicœus Emanuel a réimprimée il y a
dix ans. Elle avait vingt couplets de huit vers et se chantait sur
l'air du « Branle de Metz », peut être la « Madelon » de ce
temps-là. Nous n'en reproduisons que quelques mots, qui s'appli-

�— 3i —
quent fort bien aux monstres qui ont finalement plié sous le
glaive du maréchal Foch :
« Oh ! quelle foule burlesque
De barbares nations !...
Gens à figure groiesque...
Et quelle effroyable bande !... »

Les voici donc qui décanillent, comme aux jours où CharlesQuint buttait en retraite devant Montmorency, abandonnant une
partie de ses malades et de ses bagages, si piteusement qu'à Rome,
sur 1 impitoyable Pasquin, il était représenté à cheval sur un
cancre, avec l'inscription Plus rétro, qui parodiait la devise au
Kaiser d'alors, Plus oultre. Ils se sauvent, comme Jans cet
automne où les Tedesc n du héros à'Hernani s'empitfraient de
verjus à pleins casques, où l'abus des fruits verts développait
de terribles maladies parmi eux, où un apothicaire marseulais,
Honoré de Valbelle, qui n'aimait pas les escargots, plaisantait les
Espagnols de Charles-Quint pour la voracité avec laquelle ils se
bourraient de ces mollusques. Ils filent vers les Alpes, les Boches,
mais aussi brutalement que ceux dont la Chronique de Jean Badat
raconte comment ils pillèrent Nice, au XVT siècie, dans leur
seconde débâde.
Lisons le Journal niçois. Le ié août, huit cents Boches, dont
cinq cents fantassins, le reste, de ta cavalerie, repassent par not-re
ville et saccagent. Le 19, un régiment hessois, puis cent allemands. Le 20, encore un régiment allemand. Le 22, deux. Le 23,
deux bataillons et trois cent cinquante cavaliers. Le 28, encore
des Boches. Le 30, encore des reitres tudesques. Le 2 septembre,
arrivée du prince Eugène, qui dîne chez le prince de Hesse-Cassel,
puis de cavali ;rs allemands et de troupes hessoises. Ces brutes
menacent de piller la ville. Le fils du marquis de Caraglio leur
signifie qu'il va leur tirer dessus. Le prince de Hesse intervient :
ils se contentent d'exiger du foin. « Ce fut », dit le mémorialiste,
« une épouvante terrible ». La Visitandine parle un peu autrement
de ce qui se passa ce jour-là. A l'en croire, « le prince Scasel »
soutenait que ses soldats entreraient à Nice, la ville faillit être
saccagée, les « Usards » dévastèrent la campagne. Le Journal
niçois ne cesse de se lamenter sur tous ces excès commis par des
alliés et de pleurer sur l'état des vignobles et des fourrages.
« Les Allemands réduisent à riên nos foins, pailles et légumes,
enlèvent les portes, poutres et toits, coupent les vignes et arbres...
que Dieu nous aide ! » Les arbres fruitiers, qui ne sait ce que les

�Boches en ont fait dernièrement chez nous ? C'est donc une
tradition chez eux. Le 3 septembre, ils volent tout :e qu'avaient
les moines de Cimiez : les soldats « de la princesse de Hesse » se
signalent alors tout particulièrement.
L'un de ces bandits n'arriva pas aux Alpes. Nous avons relevé,
dans les registres des décès de Sainte-Réparate, la mort, survenue
le 23 août, d'un soldat au régiment de « Reynendans, nelle
truppe imperiali », natif de' Prague et prénommé Wenceslas.
D'autre part, dans ceux de Saint-Martin, le décès, survenu le
même jour, d'une fille, âgée de 18 mois, d'un soldat du « régiment impérial du prince Louis ». Quel prince Louis? Si le
Journal niçois et les Mémoires d'une Visitandine ne parlaient
expressément du prince de Hesse-Cassel, nous croirions que le
prince « d'Asso », que nous mentionnons plus loin, le prince
Louis, dont parle le registre de Saint-Martin, était le landgrave
de He; se-Darmstadt, Ernst-Ludwig, qui avait eu un fils prénommé
Ludwig. Ni l'empereur l.éopold I '' ni son fils aîné Joseph Ier n'a
eu un fils qui portât ce prénom. Enfin, dans les registres des
baptêmes de Saint Martin, nous avons noté la naissance, survenue
le 2 septembre, d'un fils d'un soldat brandebourgeois du régiment
du prince « d'Asso » ; peut-être un de ceux sur qui les canons du
château taillirent tirer, tandis que les pauvres Visitandines, épouvantées à la nouvelle du passage des Hussards, fixaient une image
de la Sainte Vierge à la porte de leur couvent et pensaient
naïvement que les adorateurs du « vieux bon Dieu allemand » le
respecteraient. Bonnes religieuses ! s'il leur était donné de ressusciter, et d'aller faire leurs prières dans les ruines de notre cathédrale de Reims, et de lire ce que Monseigneur Chapon a si
éloquemment écrit au sujet de nos ennemis !
La débâcle des Boches et du petit contingent ducal qui
les accompagnait est donc complète, mais désastreuse pour les
Niçois de 1707, ainsi que pour les Provençaux. Le duc AntoineCharles de Grammont, ancien ambassadeur en Espagne, pouvait
bien écrire au duc d'Orléans.le futur Régent, le 28 août : « Notre
acharné beau-père » — nul n'ignore que le duc de Savoie avait
marié ses deux filles à deux des petits-fils de Louis XIV, le duc
de Bourgogne et le roi d'Espagne Philippe V — « il fait la guerre
comme Mahomet; nous voici réduits à l'huile de nos lampes
pour nos salades ; celle de Provence, nous n'en tât ;rons plus de
notre vie ». Déjà, on le voit, et même pour les grands personnages, les restrictions alimentaires : presque la carte d'huile et de

�— 33 —
salade ! Puis, le 4 septembre, avec une expression dont la crudité
doit être élégante sous la plume d'un aristocrate : « Le beau-père
se retire plus vite qu'au pas, un doigt à la bouche, l'autre au cul ».
Le terme rabelaisien de cet ancien diplomate, nous le retrouvons
dans la chanson patriotique de 1707 :
« Il s'en va la botte au eul »,

et ce petit poème, que purent chanter les poilus de Tessé, indique
d'autre part avec quelle goinfrerie les Kaiserlicks d'alors, les alliés
de Victor-Amédée II, avaient, comme les iansquenets de CharlesQuint en 1536, abusé des fruits, surtout des raisins, même du
verjus. « Trop vert, et bon pour des goujats ».
Et ce que les Niçois apprirent alors ! On conçoit que les
Visitandines aient redoublé de prières et appréhendé les pires
horreurs. M. le comte Guillaume de Grasse signalait, en janvier
dernier, à la Société d'études de Draguignan, les hauts faits
accomplis par les Boches à quelques lieues de Nice, d'après une
lettre d'un terrible relief, que le président du Sénat français de
Nice, M. de Gourdon, envoya, le 1.7 septembre, à Chamillard et
qui est aux Archives de la Guerre. Les lecteurs de Y drmanac
Niçart aimeront à connaître ce dont les antenati de 1707 ont
entendu parler et frémi. Dans cette lettre, on voit Cannes pillé à
fond par les Boches, le Cannet, brûlé, Mouans, saccagé, le seigneur
de ce village envoyé « tout nu » à Biot, Vallauris dévasté : et de
quelle façon ! Le général hessóis y avait obligé les gens à s'enfermer dans l'église ; il en fait assassiner un grand nombre, à coups
de sabre, au pied de l'autel, y compris des femmes, qui venaient
d'être violées, et des enfants en bas âge ; finalement on crève les
yeux aux survivants, on leur tranche les jambes et les bras, on
profane les Saintes Espèces, sans doute pour la plus grande gloire
de Luther et aux accents de son choral, et l'on tire vingt coups de
fusil au crucifix. « Eme feste Burg ist unser alter Gott », devaient
chanter ces pieux Hessois.

** *
Passons en 1712. Chacun sait ce que fut la victoire de Villars
à Denain. La longue guerre de la Succession d'Espagne semblait
tirer à sa fin. Les conférences d'Utrecht étaient ouvertes depuis le
29 janvier. La reine d'Angleterre s'était détachée de la coalition
contre laquelle Louis XIV luttait avec les plus grandes difficultés.
3

�34 Le gouvernement britannique avait conclu, le 26 mai, avec la
France une suspension d'armes, qui fut publiée le 17 juillet. Les
troupes anglaises s'étaknt retiiées le jour où les alliés avaient
refusé d'adhérer à la trêve de quatre mois réglée entre Londres et
Veisailles. Il est vrai que les mercenaires boches à la solde de
la Grande Bretagne ne s'étaient pas conformés aux ordres du duc
d'Ormond, qui leur disait de rester tranquilles ; ils avaient déclaré
qu'ils ne connaissaient que le prince Eugène de Savoie, feldmaréchal et président, depuis 1703, du conseil de la Guerre.
« Eugenio von Savoie », ainsi qu'il aimait à signer en trois langues, c'était le Hincienburg d'alors. Les troupes de l'Empire et de
ses autres alliés continuaient les opérations. Eugène et Viliars
étaient en face l'un de l'autre. Songez combien la situation semblait critique pour la France, et évoquez les jours graves de
la mi juillet 1918. L'ennemi a, le 2 mars 1712, brûlé les faubourgs
d'Arras ; il a investi Landrecies. L'anxiété la plus poignante pèse
sur le royaume, où chacun est impatient de voir, après onze mois
d'hostilités, l'issue des négociations d'Utrecht. Certains personnages conseillent à Louis XIV de se retirer au sud de la Loire.
Le vieux roi, confiant sa dernière armée à Viliars, lui a dit, sinon
de vaincre, du moins d'attaquer et, en cas d'échec, de l'avertir
personnellement ; qu'il monterait a cheval, circulerait dans Paris,
la lettre de son généralissime à la main, amènerait deux cents
mille hommes de renforts et, s'il se fallait, périrait avec eux
« sous les débris de la monarchie ».
Viliars, le jour de la bataille de Denain, n'a que quatre-vingt
seize mille soldats, cent trente bataillons et deux cent cinquante
escadrons, avec cent canons. Eugène dispose de cent quinze mille
hommes, de cent cinquante huit bataillons et de deux cent
septante-deux escadrons, avec cent vingt bouches à feu. Il est
trompé par une démonstration adroite de Viliars. Un de ses
meilleurs lieu enants, le comte d'Albemarle, « mylord Albemarle », cornu e on l'appelait — non pas un Monk, ni un Anglais
d'ailleurs, mais un Hollandais, Van Keppel, ancien favori de
Guillaume III,
qui commandait les troupes néerlandaises, se
trom e isolé à Denain. Le prince Eugène, qui couvrait le siège de
Landrecies, dirigé par un feld-inaréchal prussien, le prince Luitpold d'Anhalt Dessau, n'arrive à Denain que lorsque Viliars était
vainqueur. Le carnage avait été terrible. Albemarle, fait prisonnier
sous les pieds du cheval de Viliars. Deux princes de Nassau, un de
Holstein, un d'Anhalt, également pris par les Français. Corneille,

�55
comte de Nassau, seigneur de Woudenberg, descendant d'un
bâtard d'un des princes d'Orange, entraîné dans un cours d'eau,
où il se noya. 8.000 Impériaux, mis à mort. 12 de leurs canons et
60 de leurs drapeaux, enlevés. 500 Français seulement, tués.
La victoire de Viliars devait être brillamment exploitée. Le
30 juillet, il s'empare de Marchiennes ; le 2 août, il débloque
Landrecies ; il reprend Douai le 8 septembre, le Quesnoy le
4 octobre, Bouchain le 19. Nos ennemis évacuèrent la Fl indre.
Une telle victoire était appelée à être citée comme un exemple
presque unique d'une opération militaire renversant complètement l'équilibre des forces au prix d'une perte très légère pour
le vainqueur. Elle avait sauvé la France et hâté la paix qui fut
signée, à Utrecht, en 1713, le 11 avril.
Un si brillant succès, obtenu en une heure si critique, ne
pouvait point ne pas être célébré par les autorités françaises de
Nice, qui organisaient des réjouissances â la nouvelle d'un avantage de quelque importance. Or, si nous lisons le journal niçois,
nous remarquons que, parmi les cérémonies qui eurent lieu dans
notre ville en 1712, il indique, pour le diminche 21 août, un
Te Deum chanté à Sainte-Réparate, « en vue de têter la prise par
les Français d'une place forte en Flandre, où l'ennemi avait perdu
18 bataillons et quelques escadrons ». Il dit que le gouverneur, le
Sénat en robes rouges, les consuls « avec une grande suite ",y
assistèrent ; que, le soir, on illumina les fenêtres de la ville;
qu'on fit des feux de joie, comme dans les circonstances analogues,
dans les rues et au Parc; qu'un feu d'artifice fut tiré « sur les
remparts du Parc, devant la porte du jardin du palais ». L'auteur de
ce Journal a mentionné, pour les années antérieures, nombre de
réjouissances analogues, qui se déroulaient selon un cérémonial
assez uniforme ; on s'explique qu'il n'entre pas, cette fois, dans
des détails plus abondants. Le traducteur de ce document, frappé
de ce qu'il n'a pas nommé la place forte que nous avons prise en
Flandre, rappelle que, le 24 juillet, Viliars avait battu le prince
Eugène à Denain. Il est certain que c'est à propos de cette victoire
des armées françaises sur les troupes de l'empereur Charles VI
que l'on" célébra, à Nice, en 1712, la fête du 21 août.
Mais voici qui nous semble très curieux, surtout au lendemain des fêtes de la Victoire et de la Paix, où nos trois
maréchaux, ainsi que des délégations de nos armées et de celles de
nos alliés, viennent de passer, avec les drapeaux glorieux de
l'Entente, sous l'Arc de Triomphe. C'est un document inédit,

�- 36 -

•dont l'Armanac aura la primeur : il nous paraît avoir un vif
intérêt pour notre histoire locale.
r

Les Archives communales de Nice possèdent, entre autres
pièces qui ne sont pas encore classées, une relation anonyme,
— intitulée : « Te Deum per la vittoria sopra gli Imperiali », — de
ce qui eut lieu à Nice, en 1712, le dimanche 2ï août. Elle permet
de compléter utilement ce que le Journal niçois n'a dit qu'en peu
de mots. En voici un résumé.
Le 21 août, vers les 5 heures, les cloches sonnent le carillon.
Le maître autel de la cathédrale est « illuminé avec 24 cierges
(candelle) ». L'église est « merveilleusement (vagamente) tapis^sée ». Le sénat se rend à Sainte-Réparate, précédé des 4 huissiers
portant leurs baguettes et leurs manteaux de gala. En tête, les
deux présidents et les deux « chevaliers du sénat ». Deux
chanoines, choisis parmi les dignités (délie dignitd), reçoivent
le sénat, qui est en robes rouges. Puis viennent « le gouverneur
et les consuls, précédés par la noblesse de la ville, et suivis
des officiers, de leurs gardes (dalle sue guardie), de leurs
serviteurs et du peuple. Deux chanoines les reçoivent et conduisent le. gouverneur dans le chœur ; à son passage, le sénat se lève
et le salue. Le Te Deum chanté, le gouverneur sort, puis les
consuls, les nobles, et les officiers, ensuite le sénat, enfin « un
chien appelé L'Allemand et un autre, qui appartenait à un officier
français ». A la sortie de l'église, feux d'artifice sur le bastion de
la Marine, de grands feux (mascoli lumî) aux fenêtres, feux dans
les rues. A la tombée du jour, le gouverneur va au Parc avec les
consuls. Avec des torches, ils y allument un grand tas de
sarments, en font le tour trois fois, criant : « Vive le Roy ! » — en
français dans la relation qui est, on l'a vu, en italien.— L'artillerie
tiie des sab es, puis, à trois reprises, les soldats qui étaient autour
du bûcher et le long de la mer (lungo il lido del mare). Puis on
met le feu à la machine placée sur le bastion, devant le palais.
Elle portait notamment un soleil avec la devise Nec pluribus
impur, et une image en habit d'Allemand (un effigie in habito
d Alemano), qui brûla la première, il y avait aussi divers chaudrons (padelle) de goudron, « qui rendaient plus merveilleux
(vago) et plus lumineux l'aspect de la machine, laquelle était
carrée et projetait d'une façon remarquable \con gran maestria)
beaucoup de fusées, dont plusieurs formaient de belles cascades
d'étoiles, à la grande admiration de la foule innombrable qui les
regardait voler vers la mer et sur la ville », tandis que les cloches

�— 37
carillonnaient. Quand les deux tiers des sarments eurent brûlé, le.
gouverneur retourna au palais, qui était « superbement illuminé
de grosses torches au centre et de grosses chandelles aux ailes,
ainsi que sur la façade qui regarde la mer ». Les consuls l'y accompagnèrent. Il y fut servi un dîner somptueux. Le premier
président et l'intendant avaient fait mettre beaucoup de lumières
« tant aux ienêtres que le long de la galerie » (sic) ; beaucoup de
mortiers étaient tirés « dans la campagne voisine » ; des feux de
joie « innombrables » éclairaient « les hauteurs » ; dans la ville, il
faisait « aussi jour qu'en plein midi. Bref, cette fête a été l'une
des plus belles qu'on ait vues de notre temps ».
Il est certain que le programme en ressemble tout à fait
à celui des autres réjouissances dont le Journal niçois parle, pour
les années précédentes, d'abord avec beaucoup de détails, puis
avec une sobriété qu'explique la monotonie de ces fêtes. Néanmoins, cette relation mérite d'être signalée, puisqu'elle se rattache
à l'une des grandes victoires de Viliars, celle où la dernière armée,
dont Louis XIV pût disposer, sauva la France. Les reprises de
Douai, du Quesnoy et de Bouchain furent fêtées les 3 et 30
octobre et le 13 novembre.
Je constate la joie que les Niçois manifestèrent alors. On dira
qu'ils ne pouvaient faire autrement ; que le duc de Savoie, allié de
l'empereur Charles VI, n'avait réussi, durant cette longue guerre,
qu'à rentrer pour quelques semaines en possession de notre ville ;
qu'ils étaient, somme toute, obligés, comme on dit vulgairement,
de hurler avec les loups et qu'il leur était malaisé de s'abstenir de
participer à une fête organisée par les vainqueurs. Je suppose, d'autre part, que les Niçois les moins bien disposés pour les Français
n'avaient pas dû oublier les faits et gestes des Allemands; et que
ceux-ci, dont Victor-Amédée II était l'allié, aient été aussi barbares
que nos ennemis d'aujourd'hui, les documents de ce temps-là
l'établissent. Beaucoup de Niçois n'aimaient guère les Français en
raison des trois terribles sièges de 1691 et d • 1705, de la capitulation que la ville avait dû signer au camp de Catinat et à celui
de Berwick, de ce que La Feuillade l'avait soumise à un bombardement, de ce que le château avait dû -e rendre à Catinat
et à Berwick, si La Feuillade, que Louis XIV n'avait pas chargé ■
de le prendre, s'était borné à y enfermer les troupes ducales, de la
ruine, — consommée sur l'ordre de Louis XlV, malgré les
conseils de Vauban et de Catinat, — des murailles de Nice, des
lourdes charges qu'avait causées notre occupation. Mais ceux-là

�-

38

-

pouvaient se rappeler aussi que, en 1707, lorsque leur ville était
revenue aux mains de Vktor-Amédée II du 29 juin au 3 septembre, les Tedeschi de l'empereur Joseph Ier n'avaient ménagé rien
ni dans la ville ni dans la banlieue.
Qu'on ne s'étonne pas si les Niçois, cinq ans après tous
ces exploits de ceux avec qui le duc de Savoie s'était allié, célébrèrent leur défaite et regardèrent sans tristesse flamber, dans la
machine placée sur le bastion, au-dessous du soleil symbolique et
du Nec pluribus impar, un mannequin in habito d'Alemano. Ces
Allemands, les exécrables alliés du duc de Savoie, les Niçois les
avaient assez vus et suffisamment appréciés, en 1707, eux et leurs
costumes verdâtres et leurs tambours recouverts de feuilles de
cuivre et leurs drapeaux et leurs timbales et leurs trompettes et
leur amour effréné du pillage.

Un dernier mot sur !a bataille de Denain. Le prince Eugène
avait élevé, près de cette ville, un double retranchement qui
s'étendait presque jusqu'à Marchiennes. C'était la ligne Hindenburg de ce temps là. Les soldats de l'empereur Charles VI
donnaient à cette levée de terre le nom de « chemin de Paris ».
Déjà le « nach Paris ! » Leurs chefs ne connaissaient pas encore,
pour prêter à de tels travaux un attrait de plus et garantir qu'ils
seraient inexpugnables, les héros du poème des Nibelungen et les
divinités Scandinaves. Viliars a passé outre.
Quand les Boches entreprirent, au printemps de 1918, leur
suprême effort, rêvèrent d'entrer à Dunkerque, à Calais, à
Amiens, à Paris et à Londres, mirent en jeu les torpilles de leurs
Gothas 'et les obus de leur « Grosse Bertha », nous pouvions
dire : vienne le jour où notre Viliars réalisera les vœux que la foi
et les espoirs de notre patriotisme mettent en nos chefs, en nos
soldats, en ceux de nos alliés, qui forment, sous les ordres d'un
commandement désormais et enfin unique, un seul front! où les
lignes Hindenburg seront brisées, comme fut rompu, en 1712,1e
« chemin de Paris &gt;&gt; ! où l'on aimerait — si ce n'était pas trop
carnavalesque — à voir brûler, comme dans le crépuscule du
21 août de cette nuit-là, au son des cloches, non pas une seule
effigie m hubilo d'Alemano, mais les quatre mannequins de nos
ennemis de Berlin, de Vienne et Buda-Pesth, de Constantinople,
de Sofia ! L'Entente a vaincu et imposé à ses quatre adversaires les
conditions des armistices qu'ils ont dû solliciter tour à tour.

�— 39 —
Mahomet V était mort avant d'avoir vu le désastre de la
mauvaise cause à laquelle il s'était attaché. Chez les Boulgres,
Ferdinand a perdu son trône ; son fils l'a-t-il conservé ? Charles Ier- IV n'a plus ses deux couronnes, l'impériale de Vienne et la
royale de Buda-Pesth. Guillaume II a fini par abdiquer en Hollande,
où il avait fui, et par y scier des sapins. Le successeur de Mal .omet V
a seul gardé, après sa défaite, le sceptre. L'homme de guerre qui,
généralissime des troupes de l'Entente sur notre front, a vu,
ainsi que l'amiral anglais qui i'assistait, les plénipotentiaires allemands signer, le n novembre 1918, les conditions de l'armistice
sollicité par les débris de l'édifice de Bismarck, a conduit une
affaire autrement importante que la bataille de Denain, pour
laquelle il y eut, à Nice, les réjouissances indiquées brièvement
dans le Journal niçois et mieux dans le document, non encore
classé, des Archives communales. Au moment où le maréchal
Foch venait d'être élu membre de l'Académie française, je lisais
dans tel journal que le fauteuil qu'il y occuperait est celui du
vainqueur de Denain ; dans tel autre, que son prédécesseur,
le marquis de Vogiié, descendait de Viliars.
Quoi qu'il en soit, Nice a fêté — et avec quelle émotion
et quelle fougue ! — l'armistice du lundi 11 novembre. Le
Te Deum de la victoire de l'Entente a été chanté à SainteRéparate, où, lors de celui de 1712, un chien, surnommé
L'Allemand soit par les Français soit par les Niçois, s'était faufilé au milieu des autorités et était ressorti à la suite du sénat. Et
l'incinération des quatre mannequins in habUo d'Alemano ? Non,
vraiment elle ne saurait avoir lieu à l'emplacement où l'on
a brûlé jadis tant de bons souverains, de rois charmants et débonnaires, ceux du Carnaval de Nice, qui n'avaient rien de commun
avec François-Joseph et Guillaume II, Ferdinand et Mahomet V,
même avec Charles Ier IV et Mahomet VI du Vahreddine, qui ont
recueilli si malencontreusement un pouvoir que l'un n'a plus et
que l'autre ne possède que dans des conditions qu'il peut qualifier
mieux que personne.

Lors de la guerre de la Succession d'Autriche, les troupes
espagnoles et françaises occupent Nice de 1744, 3 avril, à 1746,
18 octobre, l'évaeuent, y rentrent en 1747, 3 juin, et en sortent
en 1749, 26 février. Le roi de Sardaigne Charles-Emmanuel III
était allié de Marie-Thérèse et de George II d'Angleterre ;

�— 40
Frédéric II de Prusse et Frédéric de Suède, landgrave de HesseCassel, s'étaient unis à l'entente hispano-française. On sait que
les Austro Sardes envahirent la Provence et y commirent des
horreurs sous les ordres du comte Brown de Camus, général
d'infanterie et d'artillerie d s armées de la reine de Bohême. Il ne
fut pas donné au roi de Sardaigne de reprendre la route de son
père et de Charles-Quint : arrivé à Nice en 1746,1e 19 octobre, il
y tombe gravement malade et en repart pour Turin, en 1747, le
7 janvier. J'ignore ce qu'était la « canzone nissarda sul passaggio
del Varo », que ses sujets firent entendre, tandis que Brown
pillait Venceet Grasse, qu'il assiégeait, d'ailleurs en vain, Antibes,
que l'amiral anglais Byng prenait les îles de Lérins, qu'il bloquait
Toulon et Marseille. On pouvait chanter ; mais les hussards,
croates, pandours et talpaches de Marie-Thérèse étaient de terribles alliés, aux dents longues.
Ce que ces gens là exigent de bois de chauffage, de lits, de
paillasses, de draps de toile blanche ! Le conseil municipal, qui en
a déjà fourni infiniment aux réquisitions des Hispano-Français,
n'en trouve plus. Et l'intendance sarde, talonnée par les Boches,
parle de contraindre « à main armée ». Dans la campagne, plus
d'arbres que l'on puisse abattre ; plus de foins que les bêtes de
boucherie puissent consommer. Les Autrichiens, campés au quartier du Var, qu'on appelait alors le Petit Saint Laurent, y pillent
le peu qui reste. Cette bonne municipalité avait bien trouvé de
l'argent pour des prodigalités qui faisaient un certain effeE :
1547 liv. 7 sous 9 deniers, pour offrir au roi vingt caisses de vin
rou ^e, quatorze de vin blanc, quatorze de vin muscat, six de
ligueurs, quatorze d'huile fine, et des fruits, ainsi que 358 liv.
16 sous 4 denieis, pour présenter au gouverneur général neuf
caisses de vin blanc et de liqueurs et douze dames-jeannes, dont
moitié de vin clairet et moitié d'huile. Mais la voici aux prises
avec un lieutenant-colonel autrichien qui, ayant choisi la maison
que le comte Cais de Gilette possédait au Piol et décidé d'y installer l'hôpital de ses Boches, ne peut obtenir que le propriétaire
en répare les portes et les fenêtres. Le 14 février 1747, le conseil
constate que la campagne est nue comme la main, « pillée par les
Austn» Sardes, entièreme nt dépeuplée : maisons ruinées, oliviers
-et autres arbres domestiques taillés ». Le 19, que les Autrichiens
■continuent à brîser le peu d'oliviers qui restaient, malgré les
défenses des autorités tudesques et piêmontaises. L'invasion
Teculait en Provence, devant l'épée de Belle-Isle, qui rentre à Nice
'sans -coup férir. Pour la ruiner ? non.

�— 4i —
L'occupation hispano-française, qui recommence, est la
source d'une extraordinaire prospérité pour Nice. Qu'on lise
le Mémoire de J.-B. Guide, qui, daté de 1818, a été publié, il y a
deux ans, par M. L. Martiny : il prouve que, si les alliés avaient
ruiné, les ennemis ont enrichi.

** *
Un dernier mot sur la notoriété qu'avaient ici, au XVIII0 siècle, ces Tedeschi dont Victor-Amédée II fut l'allié contre
Louis XIV, puis Charles-Emanuel III contre Louis XV, Philippe V et Ferdinand VI, et tout spécialement — nous finissons
par eux — ces Prussiens qui venaient de participer à une guerre
dont la conclusion, le traité d'Aix-la-Chapelle, si la France n'y
gagna rien — Louis XV avait tenu à traiter, « non en marchand,
mais en roi » — rapporta gros à Charles-Emmanuel III, et plus
encore à Frédéric II.
Il s'agit d'un conflit que l'évêque Cantono eut, en 1759, avec
le curé de Monaco, Lanciarez. Celui-ci, convoqué en mai pour le
synode d'août, ne s'y rendit pas, estimant que, aux termes du
concordat de 1751 entre l'évêque et le prince de Monaco, elle
n'était pas régulière, puisqu'elle n'était passée ni par Honoré III
ni par le vicaire forain. Alors on peut voir quelle belle opinion
le prélat se faisait de certains des Boches. Lanciarez, blâmé par
Cantono, le 11 septembre, de n'être point venu, se rend à Nice. Il
y expose ses raisons à l'évêque, qui le reçoit d'abord — la relation
du curé est aux archives du Palais — fort durement. Il lui dit,
entre autres, qu'il avait la « conscience d'un Prussien ». Cette
expression fait partie de toute une série de mots à propos desquels
l'ecclésiastique ajoute : « L'évêque vomit tout ce qu'un forcené
peut dire... quatre officiers, qui m'accompagnaient, déclarèrent
qu'il était fou, emporté, furieux ».
Nous ne savons pas si Lanciarez avait pleinement raison. Mais
qui blâmera, au sortir de la guerre que la Prusse a voulue,
conduite d'une façon atroce et infâme et finalement perdue,
le prélat d'avoir eu une telle opinion de c&lt; la conscience d'un
Prussien », même à l'époque où l'ami de Voltaire, « le Salomon
du Nord », régnait à Berlin ?
GEORGES DOUBLET.

�— 42 —
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LOU VIÈI

BASTIMEN

Era 'n vièi, ben viëi bastimen,
Avia fach ben de viage,
Escapat à mai d'un naufrage...
Navigava despi lountèms...
D'un darrié viage en Russia
Sighet long à si remoucà,
Tamben la Capitanaria
Parlava de lou refourmà.
Ma pèr malur lou temp pressa va,
Pèr lou ramplassa su lou còu,
Noun si poudia tarsà tròu,
Car fau dire lou gran mancava.
Che sighe au bouon voulé de Diéu
D'aiur lou siéu vièi capitani
Diia : « Viêurà mai che iéu,
« Trovi li vouostri crenta vani. »
En lou fount e ben entestat,
Lou vièi marin aimava gaire,
Ai siéu vièi giou de si desfaire
Dôu siéu bastimen préférât.
Lou paire, au sen de la famiha,
Passa lou siéu temp lou pu bèu ;
Lou marin a la simpatia
Pèr lou siéu car e vièi batèu...

�~ 43 —
Su la siéu figura brounzada
Si legia ben de tempié !...
D'una natura ben trempada,
Mesprisava toui !u dangié.
Ch'impouorta la mar bourrascoua,
Tempesta, marroun, tròn, uiàu,
Ardit, l'anima couragiouva,
Noun cregnen ni mar ni diàu,
Poudia veni Levantin,
Grec, algerian, voulur de rassa,
Tan capitani che marin,
Eron prount à lu vèire en fassa.

Lou radouberon en couren ;
Ma, au sourtl dau carénage,
Si veiia che lu ravage
Eron proufount e ben ansien.
E coura franchisset la passa
Dòu pouort, davant la Sanità,
Lu marin digheron en massa,
Cu sau se pourra retourna ?
L'anà sighet assé proupissi,
Ma lou retour... En lou Levant,
Pregheron en van Diéu e sant,
Li trouveron lou pressipissi !
Giamai de memòria umana,
Pariera tempesta venghet
En lutan contra la ciavana,
Lou pàure bastimen soumbret ;
E moussi, marin, capitani,
Fra lu tròn, marroun, vent, uiàu,
Aneron trouvà lou repàu
Dintre li profoundour soutrani !

�— 44 Se cáuche jou pèr coumpassioun,
La soumbra mar — de Diéu l'esclava, —
Dóu drama doun taisi lou noum,
Ven remandà càuchi epava,
Plagnen l'infourtuna, lou màu,
L'esfouors ramplit embé counsiènsa,
Luta doun soumbra l'esistènsa,
Sighen segur que Diéu lou sàu.

Courà la nebla s'amoulouna
E que l'uiàu noun ha de fin...
Se veès que la mar moutonna,
Pregas pèr lu pàure marin !
MÀRIUS BLANCHI.

PROUVERBI, BOUOI-MOT, COUNSÈU E DICH

Marchand que prega, vende pas.
Proucessà es pistà d'aiga en un mourtié.
Pounènt aiga e vènt.

�- 45

DOUI PICIOUNI NOVA DE MENICA RONDELLY

PREMIÈRA

NOVA

Xou Curat de Sani' Jîgousfin, Çian-lou pefouin,
l'anima de la sléu /rema e fou Purgatori.
En l'an de grassia 1830, lou brave curat de la parochia
de Sant' Agoustin, adressava de reproce à Gian-lou-Petouin,
perché noun faïa dire de messa pèr lou repàu de l'anima de
la siéu frema che era mouorta.
*
— Perché faire, respoundet Gian, la miéu frema es au siel o
ben dintre l'infer. Se la miéu Catarina es au siel, ela noun a plus
besoun de preghiera ; se ela es dintre l'infer, noun li ha plus ren
à faire.
— Ma, respoundet lou brave curat, pourria si faire che la tiéu
Catarina sighesse au purgatori për sen o doui sen an...
— Ah ! aloura, replichet lou plen d'esprit Gian, li messa pèr
li diminuà la pena, serion inutili ; counouissi la miéu freina
couma se l'aughessi facia ; es testarda couma li mula, aceteria pa
de grassia, e demanderia à faire lou siéu tèm.

SECONDA NOVA

Un doumestica touplen discret e naïf.
Moussu Vesta d'Arpagà, gran ricoun che abitava la miéu
adourabla Carrièra Dreça, doun hai ressut lou giou, avia piat au
siéu servissi un discret doumestica che calava dau rient e bèu
xillage de Bonson. Lou giou même de la siéu arivada, lou picioun

�_46 avouât che avia lu pel long couma un escagnoun à faire la tela,
emandet à soun mestre la permissioun d'anà lu si faire coupà,
acó dóu peruchié dau cantoun de la Crous.
— Aneras estou sera, li dighet Moussu Vesta d'Arpagà.
Lou sera, en efet, e au moumen même che soun mestre avia
una noumbroua coumpagnia de dama e de moussu dintre lou
siéu saloun, l'innossent doumestica s'aproucet d'éu e li dighet à
miegia vous, ma de maniera à estre audit da toui :
— Permetés, bouon moussu, c he vaghi aura mi faire coupà
senche sabès ?
Letour, poudès vou figurà la testa che fagheron lu orne,
surtout, la doulou de li dama.

f

MENICA RONDELLY.

XXXXXXXKXXXXX&gt;C&lt;XXXXXXXXXXXXX&gt;&lt;XXXXXXXXXXXXX&gt;^

A FIGARO
Inmourtal Figaro, barbié plen de malissia,
Abil à manegià lou truc e lou rasoir,
De la revoulussioun as fa naisse l'espoir,
Siés da toui lou ben vist e noun es che giustissia.
Ti mancava, pourtan, una gran amicissia
Pèr ti faire de mai ciarmà lu nouostre couor,
Enfan de « Beaumarchais », coura toun paire mouor,
Troves pèr t'adoutà l'orne de la pigrissia :
Rossini, che t'escriéu, en men de chinze giou,
E t'èmbelisse tan, che mi sembla tougiou
Ch'es ier che siés naissut entié dóu siéu genia.
Gavroche parisien — e noun à la mitan, —
Ch'es vengut inspirà lou décor venessian,
Cu diria che siés nat en Andalousia.
MARIUS BLANCHI.

��C.l.D.O.
BÉZ1ERS

�— 49 —

;x&gt;oooo^xx&gt;c&lt;x&gt;c&lt;xx&gt;â s^X&gt;0&lt;XXXXXXXXXXXXXX^i
■XXX300C»5&lt;XXXXXXXX&gt;^g g^XXiOC&lt;XXXXXAX&gt;0&lt;XX&gt;^

Anniversari de Rosalindo Rancher
20 JULIET 1785. — 11 JULIET 1843.

Un pious pèlerinage aiguet luec, lu 20 de Juliet 1919, en
Castèu, su la toumba dóu regretat pouèta niçart, Jóusè-Rosalindo
Rancher, l'autour tant aimât dóu pouèma La Nemaïda.
Ren de poumpous, ren d'alestit, couma di lou journal
Le Petit Niçois renden conte lou lendeman de la ceremounia, ma
ben un ver pèlerinage d'amie, d'admiratour e de pouèta ; cadun
avia pourtat un pichoun mas de flou, de rosa, viouleta o pansèîa.
Ben avant l'oura fissada, ourganisatour e invitat, si raduneron
dintre la court dóu nouostre Palai de Villa. Cadun charra, l'esprit
giscla, e es un ver regal d'audì M. Luiz Daniel, — un niçart de
vièia roca, — Nemaïda en man, recitant quauque passage de l'obra
mestressa de Rancher.
Es 8 1 2, lou pichoun estrop si fourma souta la presidença
dóu simpatico ajount au mera, M. lou Dr J. Fighiera ; remarcat à
la fila indien,! : lou cansounié Menica Rondelly, lou Dr Kodet,
MM. Luiz Daniel, Juli Eynaudi, diretour de YArmanac Ntçart,
lu bouoi pouèta Marius Blanchi (P. Nadir), Antony Fenouille,
Firmin Aymard ; Jóusè Casal (Pipou), l'autour de 1' • Armouiïàu
Nobiliari de l'ancien Coumtat de Niça 0 ; MM Pèire Rancher,
Jouan Mascarelly, Fe is Levesi, C Riva, Borriazzi, Lattes, Ribollet,
Lauro, Tribaudini, Charvoulin, etc. — MM. Adolfe Isnard, lou
Dr Th. Gasiglia, counseiê general, P. Bounin, administrateur dei
Ospici, lou pouèta Gusta Sauvan, s'eron escusat, emé gran regrèt,
de noun poudé assistre à la ceremounia.
Tra li carriera estrechi dóu nouostre vièi Niça, aquesta
pleiada de Niçart si rende, avant de mounti en Casièu, su la
Placeta Vièia (Plao,ta dei Boulèti, divunt la mû'ouri doan Rosalindo Rancher es nat (20 Juliet 1785), e mo;iret (11 Juliet 1843),
aquí doun lou pouèta a escrich lou sav &gt;uro is pouèma L iN maida,
cap d'obra publicat à Niça, en i823,e tantu autre escrich, ensinda
i

�— 50 que La tno'uostra ràubada, fàula, pouesia, etc., li quali obra inedichi ben de persouna si diguen biblioufile, escoundon au .sóun d'un
tiradou de biblioutèca, plen de pous, e que malurousamen noun
counouissen encara. Cresi que lou rnoumen sigue vengut pèr
que aqueiu poussedan d'obra inedichi de Rancher, pihon lou partit de nen restutui un bcii li apartenguen pas, ma apartenguen à
toui, e doun la poussessioun mérita contrôle e justificacioun.
Es ai archiva de la nouostra Biblioutèca de la villa que de tal
manuscrich déurion estre.
Déjà, en 1903, quoura aven empres la restauracioun de
la toumba dóu pouèta, en Castèu, MM. Juli Eynaudi e Menica
Rondelly, an fach depauvà ai nouostri archiva coumunali, lou
manuscrich de prima man de La Nemaïda, e lou felen de Rancher, M. Euzures de la Valette, — à Niça en aquéu rnoumen, —
manuscrich que tenia ne sa mai'grana, souore dòu regretat
pouèta, s'apresset de remetre à la villa de Niça. Es en li man de
M. Fh. Randon, aloura ajount au mera, que si faguet la dounacioun. Couma veès la pouorta es espalancada, e se veramen
vénéras Rancher, couma lou diès, prouva-lou, en nen faguen counouisse l'obra inediclia qu'aven à couor de liège. Ensinda faguen,
meriterias una fes de mai lou noum de Niçart I

*
Après avé charrat un rnoumen su la placeta, lijut la placa que
lu felibre d'Avignoun, fagueron metre, en 1891, la pichouna
caravana s'en camina vers lou Castèu, en passant pèr la carrkra
dóu même noum, arutan aqueli vièii muraia dei Iguourantin,
rememouiant à cadun ben de souveni d'enfança...
Basta, ientran dintre lou cimenteri, es touta l'istoria dóu païs
gravada su ben de toumba e ai noum dei quai si leven lou capèu !
Li testa si descuerbon, lu felibre, invitat e admirateur fan lou
rodou, autour de la toumba de Rancher.
M. lou Dr J. Fighiera, ajount au mera, lou premié piha
la paraula au noum de la Municipalité. Vequi lou siéu discours,
dich d'una vòus ferma emé touplen d'elevacioun d'anima :
«

MESSIEURS,

« Je voudrais employer la langue qui a bercé notre enfance,
pour apporter à Rancher l'hommage de la Ville de Nice, mais je
veux laisser aux organisateurs de cette belle manifestation, le soin
de parler « en niçois ».

�— 5t« La Municipalité ne pouvait rester étrangère à la visite que
font aujourd'hui ceux qui gardent le culte du passé, sur la tombe
du plus grand poète de notre vieille cité. Aus^, le Maire de Nice
a t il voulu être parmi vous, et m'a chargé de 1 représenter dans
cette cérémonie, où de bons citoyens sont venus célébrer un
poète qui a fait honneur à sa ville natale...
« Rancher aimait Nice passionnément ; il l'a chantée dans ses
poèmes, avec la tendresse d'un fils parlant de sa mère. Notre
ciel et notre soleil, nos fleurs et nos jardins s'épanouissent dans
des vers que le temps semble avoir ciselés davantage et rendus
plus touchants. En lisant La Nemiid.i on revit cette époque du
siècle passé, où la vie niçoise toute entière concentrée dans ce
que nous appelons encore « Nissa vieia » était simple et patriarcale. Que cette époqi e était belle et touchante !... Les Niçois
n'avaient d'autre ambition que celle de voir prospérer leur famille
et de vivre simplement autour de leur vieille cath^draie Sainte
Réparate, qui était alors le centre de la cité.
« Leurs goûts étaient simples comme leurs mœurs, et les fils
continuaient à entretenir h lampe familiale, quand le père,
la tâche achevée, venait ici, dans la vieille nécropole du Château,
dormir son dernier sommeil.
« De même, des hommes épris du passé, poètes délicats,
chantres de notre pays ensoleillé, ont organisé la manifestation
d'aujourd'hui, pour entretenir la flamme sacrée qui brille sur la
tombe de notre poète.
« En célébrant la mémoire de Rancher, les Niçois veulent
dire qu'ils restent fidèles à eux mêmes, à leur passé, à leurs traditions, aussi la Municipalité leur exprime toute sa reconnaissance
et toute sa gratitude.
« Au nom de la Ville de Nice, qui garde fidèlement le souvenir de ses enfants, je salue les mânes de Rancher ».

Moussu lou Doutour Fighiera reçéu, de cadun, toucada de
man e vivi felicitacioun.
M. lou Dr Rodet piha la paràula, e en quauque mot ben sentit
fa l'éloge dòu pouèta Rancher. Es un admiratour dóu nouostre
dialète, e li sien grat dei sentimen e counsèu que n'a dounat en la
circoustança.
M. Luiz Daniel, en un' emprouvisacioun niçarda, nen dj tout

�— 52 -

cen- qu'un, alountanat despi de longui annada, ressente en ven&lt;
guent si souleià dnpé lou clouchié doun es nat e repihà la vida dóu
païs natal. Que de belii cauva dichi sensa pretencioun, ma emb'un
couor teridrit. Felicita lu siéu coumpatrioie de l'amour que
meton à counservà aquéu fuec, aquela Unga niçarda cara à toui lu
couor ben nat, linda es m'aplausi que cadun lou felicita.
Vengut es lou rnoumen, lou tour dei pouèta ; lou silensi es
religious, e cadun pèr rang d'âge, dau plus jouve au plus vièi.
Es un nouvèu vengut, su lou camin de la musa, M. Antony
Fenouille, que duerbe lou fuec, li laissi la paràula.
Nouvèu venghut su lou cam n de la Musa,
Vouoli ancuei |ièr tu, una Iressada de flou,
La depauà su la pi ira che ren n'usa,
Flou au miéu p. ïs, ai sen mile coulou ;
Car lu tiéu vers, o Rancher ! lou miéu gran Mèstre,
Lou lieu esprit fin, la liéu sincerità,
De Nissa soun la glòria, e tougiou estre
Vourii, pèr canlà la tiéu granda clartà !

Bravo ! lu miéu sincère coumplimen. Faras, amie miéu, couma
tant d'autre lou tiéu camin ; as pihat la bouona draia, couma un
pichoun autour dòu brès, ti souineren ; sias, acò si vé, proun
desmamat, e tout nen di, que as jà mès la dènt de l'uei, coumences à caminà soulet. L'Armanac Niçart t'alarga lu siéu bras.
Es lou tour de M. Juli Eynaudi, diretour-foundatour de
Y Armanac Niçart, au quai emé l'amie Menica Rondelly, li deven
la renaissença dialetala, en 1900. — Vequi lou sounet que Juli
Eynaudi dedica à Rosalindo Rancher :
La Musa m'inspirant ti mand' aquéu sounèt ;
Lou tiéu noum es gravat au Temple de Memòria,
Pèr nantie siés un Mèstre, dòu païs una glòria l
De t'admirà, Rancher, noun siéu pas lou soulet.
Pèr poudé ti cantà n'ai pas lou tiéu archet,
Lou rimà capricious mi roumjie la chicoria ;
Puia n'es pas 'na fàula, enca men un' istoria,
Emé quatorze vers mi coupa lou sublet.
La tiéu bella NemaïJa, de tu obra mestressa,
Pèr loutéms charmera ben de generacioun,
Pouèuia savourous, lutrin plen de riquess* ;
Pe'lont giscla l'esprit} animad' es l'acionn,
Disciicioun pitouresqui, caressai!' es l'auriha,
Lou triuuuifle de Nom counsacra lou néu noum !

M. Juli Eynaudi reçéu ben d'aplausi de l'assistença. Emé respet depàuva quanqui flou su la toumba de Nino Rancher.

�53 —

M. Firmin Aymard, un amourous dóu nouostre dialète, prega
M. Juli Eynaudi de liège la siéu pouesia en le. ga prouvençala':
Per li glorificà, ô lou miéu bèu pouèto,
Una garba flourida ai vogut depisi
Sobre lou gros làuvas ounte soun ajassat
Glori, talent, gaictà, segat pèr la Peleto.
Avii ben adoubo, en païsan de bastido,
Un complimen rimat, ma iéu non sabe pas
En lenga dou païs escauprà ni pintà,
Couma l'has tant ben fa 'mé la tiéu Nemaïdo.
Pamens tu qu'as amà lou bmzi de cigalo,
Rancher, galoï Niçart, tu qu'iias tant ben cantà,
De Cirniez lou f'eslin, e de Nem li combat,
Accepio moun bouquet de rimo proveoçalo.
Per tu poulit troubaire,
Per tu l'hai acampat,
E iéu paure rimaïre,
Veni lou li porgeà,
Coma l'enfant au paire,
Aquéu que l'ha abailat !

( Lou bouon e talentnous pouèta niçart, Marius Blanchi, nen
di un bèu sounèt, coumpousat de man de mèstre ; es un perla
que counsignan tra d'autri, sounèt parfet, que fa lou plus bel
éloge dòu siéu autour :
Pouschesse nen parlà. Parmi toui tant, che sien,
Se pouschesse calà de la sima dau Pindou, '
Lou nouostre mèstre à toui, l'imourtal RosaSindou,
Diria soudisfaç, en nen recounouissen :
Che nautre noun sien pas d'achelu che si ghindou,
Che de li tradissioun seguen lu sentimen,
Ch'aven la fedeltà dei nouostre bouoi vièi tèms,
E che noun n'aven pas la memòria dòu. dindou...
Sighen tougiou parié. Plen d'un pietous amour,
Saupen entreteni lou fuec enspiratour
Su lou siéu mounumen, à ginoui su la dala,
E counfounden ensen lou païs e l'enfan,
Da li Musa cerit, couma dai tèms rouman,
Li garden en lou c^uor un culte de vestala !

Encara una fes, amic Blanchi, bravo ! tres cóu bravo !...
As lou fuec sacrât, emé bouonur la musa ti caressa, e véu que pèr
tu, la bella, noun es ingrata.

�— 54 —
L'âge a vougut que lou nouostre bouon amie, lou pouètacansounié, Menica Rondelly, piliesse la paraula lou darnié, ma
n'aven ren perdut á l'aspera... Couma manifestacioun, festa, si pòu
dire, que la pouesia dicha pèr Menica, n'es estat lou briant fuec
d'artifici !... Pouesia d'una bella envoulada, que ven encara mal
enriqui la nouostra literatura loucala.
0 tu, ilustratour dòu parlà de ma maire,
Dòu festin de Simié 'ou sublime cantaire,
Pouèla dòu siel blu dòu printèrns de li flou,
Lou tiéu noum, ô Rancher, lou canterai tougiou !
D'un proufount pensié, en li tiéu longhi veja,
Has entat l'amour, lou travai dei abeja,
E la foga dei tiéu vers embelisson tougiou
La miéu mar, lou Paioun, l'astre pur d'un bèu giou !
Lou tiéu rire, ô Rancher, d'un esclat indiscrèt,
Counfoi nde lu vissious, lu plus ontous secrèt,
E lou tiéu fier parlà, ô sublime lengage,
Dei pouèta nissart t'ha faç lou pu sage !
Adiéu, ô Rosalinde ! enfan de la miéu Nissa !
Pouèta luminous dei miéu vieji tàulissa,
Tougiou ti cauterai, coura vendra l'estiéu,
La cansoun de ma maire ch'es acheta de Diéu !

Menica Rondelly es vivamen aplaudit. Pouesia dicha mé
fuec e dicioun impecabla. Bravo ! e coumplimen amistous de
YArmanac Niçart.
La ceremounia es finida, cadun es soudisfach d'avé ademplit
lou dever de recounouissença que deven au nouostre gran pouèta
Nino Rancher.

LOU

CLOUCHIÊ

Dès oura picavon à la vièia Toure San Doumènegue, lu felibre, calan d'en Castèu, si soun radunat au Café de l'Univers, e
an foundat una soucietà literària d' scritour e coumpousitour
niçart, que pouorte à lou noum : Lou Clouchie.
La soucietà Lou Clouch é aurà pèr principala toca de manteni e faire revièure li nouostri vièii tradicioun, lou nouostre pur
dialète, en touti li siéu fourma, prosa e pouesia, ensinda qu'es-

�— 55 —
pandi de mai en mai li obra dei siéu pouèta,escritour e conmpousitour niçart, e pihà part ai manifestacioun artistiqui que 'pouòdon
avé luec à Niça e en li Alpa Mantima.
Vequi la coumpousicioun dóu Chuchié pèr l'annada 19 20 :
MM. Luiz Daniel, mèstre campanié ; Menica Rondelly e
Juli Eynaudi, vice-ptesidènt campanié ; Antony Fenouille, secretari ; J. Mascarellv, tresorié ■ Marius Blanchi e Pèire Uancher,
assessour campanié ; Pipo Casal, Firmin Aymard e Ch. Riva,
biblioutecari ; C. Bousquet, V. Borriazzi e F. Levesi, veriùcatour ;
L. Pin, dessinateur campanié.

Zou ! au travai, espanteguen la bouona grana...
L'ARMANAC

NIÇART.

XXXXXXXXXXXXXXXX -j^AA^XXXXgfr. xxxxxxxxxxxxxxxx

UNA DESCUBERTA PLENA DE GIUDICI
Hai descubert, l'an passà, dintre un picioun bournigoun d'un
vièi armari una fueia de papié giaune embé l'escriturassioun che
suive : ■&lt; L'orne che noun ha pa de fourtuna. noun póu gioui de
minga de credi ; achéu che malurousamen pouss da una frema
supèrbia, noun póu avé de repàu ni nueç, ni giou ; se a minga
d'enfan, es tougiou rampüt de tristessa e ben souven gilous dei
- mainage che n'en poussedon ; se noun ha minga de parènt, noun
póu avé minga d'apountèu ; se noun ha minga d'amie, si póu
counsiderà couma un muort che camina dintre li carrieia de
Nissa ; ma achéu che ha lou bouonur de noun avé ren de tout
acô, es l'orne lou pu felice d'achesta terra.
Amic letour, e ben, cresès che noun aighi faç una giudissioua
descuberta.
MKNICA RON'DELLY.

Qu douna counsèu, noun presta ajuda.
A la frema, couma la barca, li a toujou quaucaren à faire.
Audi dire, mieja mensonega.

�-* $6iXXXXXXXXXXXXXXAXEXXXXXXXXiiXXXXXXXXXXXXXXXXH

Aubada
Cada matin, à pena l'àuba spounta,
Vâu countemplà lou levà dóu soulèu ;
Lou globo d'or fa l'efet d'un flambèu
Que vers lou ciel de i'òurizoun s'en mounta.
Lu pescadou pihon lu ren en man
Pèr s'en anà retirà li siéu nansa ;
Tout en vougan, calculon à l'avansa,
Se farà vènt o se plóura deman.
Audès cantà dintre l'escudaria,
Lou gal que fà lou siéu cocorico ;
Un pàu plus luen, coum'un fidel' echo,
Un autre gai éu finda s'esgousïa.
Lou roussignóu, soubre d'un auliviè,
Canta déjà l'àubada matinala ;
Un pàu plus luen, lou cricri dei cigala
Ven timbalà su lu pourtegalié.
Es lou réveil de la natura entiera ;
Pèr l'atelà destacon lou cavàu,
E lou pai\an, embé lou siéu magàu,
Lu pen dcscàus souorte de la paiera.
Ma lou soulèu mounta su I'òurizoun,
Lu siéu rai d'or câufon la terra umida,
E la fiheta, enca miej' endurmida,
Prova déjà la siéu vous de quinsoun.
O bèu soulèu que lou pouèta canta,
Fai madurà lou raïn ben granat,
Fai veni dur lou gran dintre lu prat,
E senti bouon tant li flou que li planta.
GUSTA SAUVAVÏ.

Nissa, 3o Mai igig-

�_ 57 __
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LOU COUNFESSOUR COUNFESSAT
Una brava autan che bella e bouona païsaneta de San Roc,
cartier, che n'era una de li pu belli perla de la courouna de Nissa,
cantoun dei aut bari e dei long careiràu embaumât, paradis doun
flourissiou dintre touta la siéu belessa lu pu bei pourtegalié dóu
mounde e doun lu roundou d'or erou una meravia, un regal dei
uei e dóu palat, luec doun aura noun flourisse plu che de caserna,
de ciamineia e de raï de camin de fere ; — achela bella nissarda
dounca avia couma marit un gran bèu garsoun, lou moudele dei
espous e dei travaiadou, franc de paraula couma de fach, ma che
avia un feble un pau tróu prounounsat pèr lou vin, « lou bouon
vin de Gesù », couma li diia, che fousse de Bellet, de la Gauda,
o de la Seirola, pèr Tounin era tout de bouon vin de Gesù,
e cada sera, achêu bouon vin de Gesù li faïa perdre lou camin
de maïoun ; la bella Mimin, avia bèu lou sermounà. li faire veire
e touca senche avia de laït e de groussié la siéu counduita e la siéu
tenguda, Tounin, n'en faia pa men à la siéu testa, en li dien che
noun faïa pas dau màu.
Fatigada de veire secà una pèu cada sera, un bèu giou, la
grassioua Mimin anet trouvà lou curat, Doun Cotto, che toui lu
nissart an counouissut pèr lou pu brave orne de gleia e de coumpagnia, carateie un pau libre, ma franc de couor e debountà, e en
lou pregan de counfes.^à Tounin, Mimin lou preguet de lou couriège, de lou sermounà, de fassoun à li faire perdre achela marrida
abituda, che desgrada l'orne, ciacrina e inchieta li frema. Lou
brave Doun Cotto, davan li lamentassioun de la pichouna espouseta, proumetet de faire lou poussible, e lou lendeman, juste
au rnoumen de s'eniourtiâ la soutana pèr jugà à li bocia, lou brave
curai si trouvet nas à nas embé Tounin...
— O fan d'un amoulet ! pendoun de souca e de fourca M
toumbes ben, ai justamen caucaren à ti dire... Vene achi, souta
d'achela laupia, che ti tiri li auriha e ti counfessi...
Cu màu noun fa, màu noun pensa, ma un pau estounat,
Tounin si laissa menà, en si demandan senche trón de padienna
póu ben li voulé lou curat.

�•— Pelandroun ! coura penses fini achela vida dei gotou
vuei ! !... Tout lou cartiê es souta à-soubre, la vóus crida : « à tré
sòu li peu ! », li pastrouieri dïou ehe cada sera siés salat, e toui lu
matin embriac ; che lou tiéu Diéu es lou vin e la boutiha la tiéu
Vierge; anen, carou Tounin, un bouon mouvimen,sensa babouneà, di-mi clar senche penses faire, respete-ti un pau, anen, tout
a una fin e tout a lou siéu tèms !...
— Aï, Moussu lou Curat, avès bessai rasoun e iéu noun ai
pa touort, laissas faire e cridà , iéu vou diéu e vou tourni dire,
che siéu dintre la verità, car escouta mi ben, lou bouon vin leva
toui lu ciacrin, fa de bouon sang, fa naisse li bouoni gioia, prouduise la bouona imour, che crea li bouoni pensada, acheli che fan
li bouoni obra, li bouoni acioun, che menou diech, coum'un fus,
m'au « sourire » su li labra, l'orne en paradis ; dounca benedissen
la souca, soursa de tan de bèutà ! Che n'en diès, moussu lou curat ?
— Amen ! ! 1... respoundet interloucat, lou brave Doun Cotto,
e pèr mai de securità, de vin buven, lou matin pur e lou sera
sensa aïga !
ANTONY FENOUILLE.

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LU UGONOTTI
Guerra de religioun, contra lu proutestan,
Meurs de laugieretà d'un siècle deplourable,
La siéu man v'ha descrich en tret inefassable,
Sublime Meyerbeer, lou tiéu talènt es gran.
Valentina, San-Bris, Marcel, Raoul, enfan
D'un pensié creatour e tu temp incroyable
Dai gran devouamen e dai gran màu capable,
M'au burin v'ha gravat en s'inmourtalisan.
« Couvre feu », « Rataplan » e/unebra campana,
Septuor dóu duel e missioun de coundana,
Seres tougiou presènt à li generassioun.
E se d'achelu temp l'istoria nen manchesse,
O ben che càuche giou même dispareissesse,
Pourian la retrouvà dintre la partissioun.
MA RIUS BLANCHI.

�— 59 —

;

xxxxxxxxxŶxy&gt; xxxxxÝxxxxxxx&gt;r xxx&gt; x &gt; xx xfS
LU

NAS

AUT

BALADA

Bèu tèms passat que reven plus !...
Ensin diia ma mai' grana ;
Passat lu jou dei ancien us,
Ràuba d'indiena, bas de lana...
Ancuei danson toui la fourlana,
Soun devengut tròu parisien,
En asperant dau ciel la mana...
Soun lu nas aut poussedan ren !...
Touplen si creson de Crésus!...
La fiha planta la matana,
Vòu un capèu fach à perus ;
La maire vòu una coulana
O ben servici en pourcelana. —
Faran de déut, ma li fa ren,
Pagon pèr mès o pèr semana,
Soun lu nas aut poussedan ren !...
Noun si distinga plus lou gus,
Emboucon toui la renoumada ;
Ceremounious pouorton gibus,
Ganc en pèu, lou lourgnoun, la cana ;
Senton lou nousc, — e fan dardana —
Penson pas que sudon dai pen ;
Couma lou gal an l'aria crana...
Soun lu nas aut poussedan ren !...
M ANDAT

Signour ! d'en carriera soubrana,
Perquè faire de repeten ?
Lou pel luse, cadun vous tana...
Sias de nas aut poussedan ren !...
JULES EYNAUDI.

�— 6o —

Una Aparissioun
(ISTORIA

x

VERITABLA)

Èravan au cartiè dôu pouort despi tantu an coura vengheron
li abità, la maire, restada veua gioue e remaridada à un tre brave
orne, voyagiur de coumers, e lu siéu enfan, toui dôu premié lieç.
Avion l'apartamen souta de nautre, au troisième, ma de l'autre
coustà dau planet.
Au debut li relassioun mei vesin nouvèu soun generalamen
reservadi ; noun es ch'à la longa che la glassa si roumpe suivan
lu cas e che lu rapouort si fan courdial. La bouona grassia, la
fassila parlota, li calità servissiali de Madama X... avion fassilitat
touplen l'establissamen de relassioun che sensa estre devengudi
entimi eron agreabli e de même mé touta la vesinansa. Quant
à l'orne, d'un caratere pau coumunicatif e souven assent, tout si
bournava au salut e à cauchi paràula afetuouvi coura si rescountrava mei miéu parènt.
Augherian cauchi anada pu tardi de gros malur. Perderian
cóu su cóu lou miéu pàure pere e soun pere che vivia mé nautre
e decouragiat chiterian la maioun e lou cartié pèr veni en la villa
nova. Emparerian pu tardi che li pena noun li eron pas stadi de
mai espargnadi. Una maladia terribla era toumbada su la maire
de famiha, maladia doulouroua, maladia sensa espoir, e cauche
mès après n'anounseron la siéu mouort, ma.sensa che achéu
décès aighe dounat luec à de circoustansa meritan d'estre rapourtadi, serion inutili.
Abitavan la Superioura coura si prouduiset lou fach estraour
dinari che vau vous cuentà.
Vous fau grassia de touta descrissioun vana, de la vista admirabla su lou Castèu, su la mar e su la villa, d'achela terrassa
mervioua de l'apartamen che oucupavan, ma mere, ma sore, lou
miéu can Nadir, un cat morou, che souonavan Neluskou, e iéu.

�— 6i —
A éu soulet l'immens e delissious panourama valia touti li proumenada. Es vous dire che eravan toui casanié, che noun s'assentavan che pèr lcu travai o pèr li coumissioun essensiali. Ren noun
venia pourtâ de diversioun à la nouostra vida calma, tranchila de
famiha, sinoun cauchi rari visita de parènt che eron pluto un
derangiamen de li nouostri abituda ch'un plesi.
Si teniavan abituelamen, lou sera après lou soupà, en la gran
couina ; passavi lou miéu temp à legi o à de travai suplementari
coura n'avii. En achéu fra tèms, ma mere e ma sore faion li
afaire de maïoun. Coura dès oura sounavon s'en passavan toui
ensen en la nouostra ciambra respetiva pèr si coucià.
La miéu ciambra à couciâer a una touta piciouna ciambreta, pu
lèu loungouruda che contenia à pena lou lieç en loutoun à una
plassa e miegia, su lou cal couciavi. S'intrava pèr una pouorta
dounan su d'un couredou en fassa de la pouorta d'intrada
de l'apartamen. Fassa à la pouorta una fenestra balcouniera dounava su la terrassa. A distansa, d'un pan à drecia, en lou poustat,
una autra pouorta si durbia su la ciambra de ma mere e de
ma sore, Achela pouorta si rabatia souleta e pèr la fissà aviavan
pihat l'abituda de l'apountelà m'una taula de nueç. D'achela
fassoun poudiavan si parlà d'una ciambra à l'auira en essent
couciat.
La ciambra de ma mere e de ma sore avia una fenestra balcouniera, couma la niiéuva, e una fenestra d'apui che virava su
la carriera. Su la partida de la muraia vers la carriera, tra li doui
fenestra, una coumoda. Una pouorta au fount faia coumunicà la
ciambra m'un àutra pessa doun teniavan lu garda-ràuba e lu miéu
libre su estagiera. Lou lieç era plassat en l'encougnura dei doui
poustat de separassioun.
Un sera mi senteri un pau fatigat e manifesten l'intensioun de
m'ana coucià sensa asperà ma mere e ma sore che avion besoun
de veià encara un moumen. Tan diç, tan faç. Assendi lou lumi,
pihi lou candelié e m'en passi en la miéu ciambra ; lou pauvi su
la taula de nueç ; machinalamen viri lu uès vers lou lieç de
ma mere e eau noun es la miéu souspresa de veire en fassa de iéu,
apountelat contra lou lieç, un orne abihat en negre e couifat d'un
espessa de bolero, che mi regardava fissamen.
Eri inissiat ai misteri dóu spiritisme, sabii dounca la poussibilità de tàu fenoumena. Tout de même mi siéu toucat. Che lou
vpughès o non, ressentès una drola de sensassioun coura sensa li
pensà lou men dôu mounde vous trouvas davan d'una manifestas-

�sioun d'achéu gianre, e endependamen de vautre vous sentès
coure su l'eschina de milioun de fourmiga e la sudou freia vous
glassà li tempa. Però, mèstre de iéu, m'avanseri vers l'aparissioun.
Au miéu aproce s'esvanisset souta lou lieç, ma plan plan, sensa
pressa, couma una fourma che si desagrèga. Revengheri à la taula
de nueç e regarderi mai ; lou fantàume avia repibat la siéu même
plassa, marcieri mai vers éu e s'esvanisset parié. Lou même fach
si renouvelet una troisiema fes, pi plus ren,
Avii parfetamen recounouissut la persouna che venia de si
manifestà à iéu mé tan d'insistensa ; taia, coustume, figura,
silhoueta, pa la poussibilità d'un errour. La souleta cauva che
m'avia frapat era la partida inferioura dôu cors, men assentuada
che lou resta e dirai couma souta la fourma d'un brouiar counfus.
Devii estre un pau pu pâlot coura revengheri à la couïna ;
lou can duermia souta lou t.lnlié e lou cat faia la cassa souta
l'aighié, doun avia agantat una fes una rateta. Ma mere e ma sore
sigheron ben estounadi de mi veire reveni, ma li digheri simplamen che lou souon m'avia passat.
La giournada dau lendeman noun amenet ren de particulié.
Ma lou surlendeman, à miegiou, couma arribavi, ma mere touta
ciacrinada mi dighet :
— Ti diiii ben caucaren, ma ti faria tróu de pena...
—. Parla tougiou, respounderi, counouissi à l'avansa despi
d'avantié au sera la nouvela che vas m'anounsà. Es Moussu X...
ch'es mouort, noun es ver ?
Ma mere restet nèca. M'emparet aloura che la vigilia lou
nouostre ansien vesin, arribat à pena d'una tournada, era estat
atacat d'apouplessia en si meten à tàula e che era mouort escasi
subitamen. Inutile de vous dire che ressenteri can même una
coumoussioun fourmidabla en même temp ch'una pena imensa.
Garantissi l'entiera verità de l'aparissioun che rapouoni, tout
en l'aighen trouvada estraourdinaria iéu même. Lu faç d aparissioun au moumen même de la mouort soun assé frecuent e la gran
distansa suivan li fes de païs, noun li mete degun oústacle. Senche
l'es men es senche pouodi apelà lou dedoublamen d'un estre
m'apareissen escasi vinta-catre oura avan la siéu mouort. Trouveri finda bizare che sighe estat soulamen à iéu che l'aparissioun
s'es manifestada ; counouissii la persouna, es ver, ma ben pau
relativamen à ma mere e à ma sore che eron anadi souven au siéu
e che li avion parlat autramen ben de fes.
Che de misteri en la vida ; che de cauva ensoundabli pèr la
nouostra debla natura.
PAUL NADIR.

�-M -

L'EMBUSCAT

Ben mantengut es l'embuscat,
Lou rescountras su l'Avenguda,
Moustas pounchut, bella tenguda,
Si dandinant e parfumât,
Coustume azur, toujou lustrât ;
Pèr éu la guerra es benvenguda,
Si crès quauqu'un, fin demoucrat,
Lou rescountras su l'Avenguda.
Que póu li faire un nas macat,
Cors matiblat plen de veruga,
S'un tàu li pàuvon de sansuga,
Auxiliari, scrvici armat ;
Es brounchitous, sàu si souïnâ,
Charra, pastrouia, juèg'à pluga,
Mai noun denembra de dinà
Coum'Artabaa su l'Avenguda.
Qu noun es tench, es mascarat ;
Un ren li fa pàu, l'embarluga,
Vé lou Castèu plen de béluga,
En rouïna, tout enflamat !
Ma lou grilo, proun desmamat,
Cou m' asfixiant crègne l'issuga,
Jamai serà dei gran blessât,
Si plas mihou su l'Avenguda !
MANDAT

Bèu grillet ! tant ben counservat !
Lou tiéu dever es l'escounduda,
E lèu seras acouchairat,
Se noun fiques de l'Avenguda !
JULES EYNAUDI.

�— 64 -

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x&gt;c&lt;xxxxxxx&gt;c&lt;xxxx;
x5&lt;x&gt;oo&lt;xxxx&gt;o&lt;xxxx!

LI DOUI MANIERA

Pér un bèu matin de printèms, l'esprit libre ma plen d'independensa e de libertà, embé un gran besoun d'aria pura, e un désir
de mi trouvà soulet, sensa pensié autre che de vagaboundà, m'en
camineri à la Gara dôu Sud e piheri un bihet pèr lou Touët dôu
Var, ciarmant e pitouresc vilage de li nouostri Alpa.
Dintre lou vagoun, long, spassious, soulet seloun lou miéu
désir, lu uei à la pourtiera, admiravi dintre la siéu gran bèutà
achela valada dôu Var tróu pau counouissuda da nautre citadin ;
lou camin de fere anava couma la miéu anima tout plan plan pèr
ben mi faire sesi e capi la diferensa dôu païsage, n'eri emerviat,
touta la natura respirava e era embaumada pèr mile audou diversi,
parfum de li pu beli flou dôu mounde, che déjà douna ou au soulèu li siéu feuia à baià, parfum de la terra, dôu clouchié natal,
tout empregnat dei pu bei souvenl... O ! couma eri urous dintre
lou miéu cantoun, soulet embé la miéu reveria...
Achéu bouonur noun devia durà e foughet troublât pèr l'arribada d'una, pourtan ciarmanta pichouna, touta de dentela, de
poussiera blounda, lou tout iluminat pèr doui uei dôu b!u lou
plu pur, ensemble divin à faire danà toui lu sant dau Paradis,
e che mountet couma un tourbioun dintre lou miéu vagoun à la
la gara de San-Martin-dòu-Var.
Adiéu, païs dai miéu amour, pensié, valada, païsage e dous
mourmouire dai aïga dau Var, lu miéu uei noun poudiou plu si
destacà de la bela vesina, coumpagna mandada da Dieu o dau
diàu, voulii ben ligâ counversissioun, ma noun voulii roumpre
lou charme de la miéu nouvela visioun, tacha touta de grassia, de
jouventura, d'amour, fresca couma una rosa, un aria imbibada de
timiditàe d- candour, digne d'un gran pinsèu ; coura à l'autessa de
Massoins, autre pichin vilage entra la Tinea e lou Var, de la
pichouna bloundineta vegheri la figura si crispa, lou siéu cors si
tourtià, sen che mi faghet li demandà :

�- 65 — Madoumaisela, de cóu series indispousada ?
— Non, aï... e seriés ben brave, ben sage, bjn gentil, se voughessiès regargia senche si passa de l'autre coustà d.iu Var.
Sitôt dich, sitôt lu miéu uei si meterou à reg.irgià un trounc
d'aubre che planplanin derivava en lou Var, pendan che li miéu
labra cuntavou li parpaïola che li viravou autour.
Au bout d'una minuta, li miéu auriha audèrou de dintre lou
vagoun, couma un luugié bousin de cascada terminat pèr un autre
bousin, couma dighesiès, un soufle, un ren, ma touplen significatif, che mi faghet sourire e pèr escoundre la miéu gena, mi meteri
à tuïse, à stournecâ, à mi moucà e à regagnà lt miéu plassa";
la bela fiheta, pu genada che iéu, rougia, couma un.i flou de babi,
voughet s'escusà, e tout estounat, mi dighet. :
— Moussu, mi veès touta pentoua e touta counfusa, ma teni
à vous dire, che, se vautre orne, coura avès ciangiat Taïga ai auliva
cascaïas l'aulivié, nautre freina... li souflan soubre !...
ANTONY FENOUILLE.

XXXXXXXXXXXXXXXX °«° XXXXXXXX

LA CRITICA

XXXXKXXXXXXXXXX*

ENVIDIOUA

Après la creassioun tirada dôu nean,
Astre, Luna, Soulèu, Estela, Mar proufounda,
Aiiimàu variat de la terra, de l'ounda,
Après Eva, cadô d'una couosta d'Adam,
Diéu penset à mandà su la machina rounda
L'estrop che counouissen d'animâu màutatan,
Vipera, Courpatà, lu parasite uman,
Lagramua tamben che couron su li grounda.
Ansuita si viran vers l'archange MLhèu
Dighé : « Cu póu trouvà caucaren de nouvèu ?
O l'ignoble tablèu ; la coulessioun idoua ! »
Ma Michèu mourmouiret càuchi frasa plan plan,
E lou signour counvint, emb'un sig làu de maa,
Creet en coumplemen la Critica eavidioua.
PAUL NADIR.

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xxxxxxxxxxxxxxxx ■» xxxxxxxx °*° xxxxxxxxxxxxxxxx
LA NAISSENSA D'UN ENFAN
BOUTADA UMOURISTICA

— Fina, Catin, Cicca, vitou, vitou, dreviavon, desplegas li
parpela, semblas tanti marmota che non si boulegon se non senton lou canoun dau Castèu ; lesti, lesti, feneantassi, sautas dau
lieç ; ma frema a li.doulou, lou tumour es madur e vóu crepà ;
anas sounà la sagia-frema, diè-li che non perde tèm e che venghe lèu !
Tu, Catin, assende lou fuec e mete-li un pairôu d'aiga, e vou
Cicca, che avès mai l'abituda, alestissès li faïssa, lu peas, lu
bereiin, lou couissin, la poudra de ris, lu cisèu, lou fièu, e
assende doui candela à Sant' Anna, perché fasse che achest' afaire
finisse vitou e ben.
Tout achesto tapage lou fa Mèstre Domeneghe, marit de dès
mes, che era estat reviat dalla siéu espousa au plu bouon dôu
souon en li anounsan che si sentia màu, e màu propi d'achéu.
En efet, cinq oura aprè achêu bousin, lou gran sacrifissi era
au moumen de si consumà.
Touti li batarîa eron en plassa. La coumaire, investida de
l'impourfcinsa de la siéu ciargia, fa courage à la pàura frema,
che, baloutada dalli vaga che si fan touijiou plu grossi e plu
raprochadi couma lou mataló en mitan de la bourasca, fa vout
d'anà à la Vierge de Laghé, se pourrà toucà terra sensa naufrage.
Lou maàt cauca-fès inoucent de tout, caressa embé li lagrima
ai uès l'espousa, e la serventa fa tatà de la pouorta e regarda, pèr
la siéu instrussioun, la marcia dóu proucès.
Lou mouvimen en la maioun es general ; cu plourà, cu prega,
cu crida, cu souspira, cu mangta, cu counsouola, toui fan caucaren, même achéu che déu naisse, che baloutat en la barca, aspera
lou cóu ài vènt favourable pèr gità l'ancoura en lou pouort.
Oh! sèna plena d'emoussioun ! Oh! spetacle miraculous !...
Un crit che v'esgaia 1 anima, v'anounsa che lou moumen es
arrivât. Mèstre Domenèghe plourà couma un vedèu ; l'espousa

�- 6f paia couma un cadavre, fatigada, espuisada, crida couma un cat
espiat ; à la fin, una vous, un ouà ! ouà ! », en clàu de si bémol,
s'aude souta la cuoerta, e un bambin fournit de tout lou siéu
necessari, ven aumentà lou noumbre d'achestu desperat mourtal...
Miracle proudigious de la natura !... cu ti póu descrièure ?...
cu póu pintà la soudisfassioun d'achéu paire, d'achela maire,
ai cal un nouvëu annèu strigne plu fouort la dura cadena ?...
La maioun es touta en counvulsioun... la sagia-frema emb'au
bambin su lu bras, coupa, esamina, arrangia lava, pou ira, e abiat
de festa, presenta au public atendrit la fatura proudi^ioua che un
moumen crea, e nóu mes travail ! Oh ! che siés bèu, sighes benedit!... Che bèu moucèu de creatura : regarda achelu uès, achéu
nasin, tout soun paire, un pau coupât embé si m ure. Lu baià, li
caressa, lu coumplimen soun à l'ordre dôu giou ; si manda
pèr toui lu cantoun de la villa anounsà l'urous avenimen. La
maioun es en lesta, li pouorta spalancadi ; maire, souore, bellisouore, cousini, tanta, nessa, mairina pastrouieri de sen mile
generassioun, venon serrà la man en achéu p:dre urous e à faire
un mounde de demanda. — Couma stà ? couma noun stà ? es un
pepièu o una pissaira ? a soufert touplen ? can li a mès ?... En tan
Lucressoun manda lu óu fresc, Baoeta pouorta la poula, lou coupaire la cicoulata, la nessa lu bescueç.
Oh ! che plesi, oh ! che gust ! Giouissen, giouissen, celebren
la gran festa... e tu, pàure màiurous, vengut au mounde pèr lou
plesi dei autre, sensa che t'aigon mancou demandat un tros
de permissioun, coumensa à tastà li gioia d'achesta bella vida !...
E già, lou ti sentes, pàure mesquin, che à gran pena siés fouira de
la tiéu presoun, ploures, crides, ti desperes, e sembla che dighes :
roumpe-tantifla, perché noun m'avès laissât doun eri ?...
En tan deman coumenson li doulou, la maire noun lou póu
nourri, la baila ven malauta, li si gasta lou laç, eau ciangii
la nourissa perché lou picioun pâtisse, e pi fa li den, li ven lou tuis
galantin, la rosalia es achi che î'aspera, lou cau fa vacinà. li eau un
pau d'oli de fege de merlussa perché es feble ; ma à la fin coumensa à caminà soulet, fa sincanta cambriola pèr giou, ancuei si
fa una hadola, deman si maca lou nas, un autre giou s'escravia lu
ginous e ensin de suita ; la finissen una fes, passat acheli maligna,
coumensa à anà à l'escola dóu magistre, e plu tardi lou manderan
emb'ai proufessour e Diéu fasse che tout vaghe ben.
Lou meten finalamen en mitan dôu siéu bouon prossimo,
e che s'esfoghe, che la si giouisse en achesta mar de rabia, de.

�— 68 —
despieç, de gilousia, de guerra, de calounia !... Giouisse, amour, e
supouorta, se póuodes, la cabala de l'intrigant, la faussetà de
l'amie, l'eafidelità de 1 frema, l'engratituda dôu beneficat, l'ento
leransa dôu preire, lou despotisme dôu puissant, l'egoisme dôu
rie, lou siège dôu paure, la supèrbia dôu noble, l'arougansa
dôu peoui revengut, la prepoutensa dôu sabre, l'enjusticia de
la toga, la rapacità dôu boutighiè.
Giouisse, souta lou rasoir dôu barbiè, emb'ai soulié que ti
maçon, emb'ai agassin che ti pougnon, emb'ai couol che t'estranglon, embé li bartela che peton, emb'ai boutoun che si destacon,
embé li braia che ti calon.. Amuse ti, embé la fam che creisse,
embé li ressoursa che calon, emb'ai empô che ti descarnon, embé
li serventa che ti ràubon, emb'au creansiè che ti persègue, emb'au
debitour che t'escapa, emb'au païs che si rouïna.
Giouisse, giouisse, emb'au càut che t'amassa, emb'au frei
che ti gela, emb'au vènt che ti dessèca, embé la plueia che
ti bagna, embé la gragnola che ti ciapla, emb'au trôn che
t'assende !...
Eviva, eviva, festegien la naissensa d'un enfan !
DELFIN SAUVAIGO.

Nis$a, un giou d'un mes caut de l'an milvuesèn-subla.

Celte modeste composition, lue le 20 décembre 1893, à un banquet
donné en l'honneur du regretté général Ribero, valut à l'auteur d'unanimes
applaudissements.

�— 69 —

;xx&gt;c&lt;&gt;o&lt;xx&gt;o&lt;xxxxxx ês^oqm xxxx&gt;o&lt;xxxxxxxxxxx^
!xx&gt;oo&lt;xxxxxxxxxxx
XX\X&gt;QO&lt;XXXXXXXXXX&amp;3&gt;

TRADITOUR

Coura bravan lou frei, lou fam e la mitraia,
Lu nouostre dévouât e valourous soutdà,
En mesprean la mouort, au sen de la baiaia,
Toumbavon bravamen afin de nen sauvà,
Noun si doutavon pas ch'una vila marmaia,
D'estre tougiou dispost a si laissà croumpà,
D'ignoble traditour, preparaven li maia
D'un arèt assassin, pèr lu recoumpensà,
E che ben d'inoussent, bessai li siéu famiha,
Serion lu màrtir d'achela perfídia...
O revolta dòu couor che si sente frémi !
Giuge, pa de pietà pèr la banda fatala.
Auderen cada fes che subleran li bala,
L'anima dau païs che criderà . Mcrsi !
PAUL NADIR.

PROUVERBI, BOUOI MOT, COUNSÈU E DICH

Sighès d'acordi e Diéu fara ploure.
Travai à prefach,
Es toujou mau fach.
Cadun vé l'oura à la siéu mouostra,
Qu tróu vau prouvà, lou cuou mouostra.
Lou car es toujou bouon pati.
La fiha à maridà, la frema pèr carriera. l'orne que va à l'oste,
soun tres marridi cauva à deipegoui.

�7o

-

J.-Henri FABRE
Tra tanti ilustri inteligènsa che n'han ravit cinq an de guerra,
tant su lu camp de bataia couma en la vida civila, aven agut lou
malur de deplourà la perta de Henri Fabre, lou savènt entoumoulougista universalamen counouissut.
Au siéu départ de vilegiatura de la nouostre bella Couosta
d'Azur, en 1914, lou presidènt Poincaré s'era ounourat d'una
doubla visita au gran autour de Mireia e à Heuri Fabre. Lou
nouostre couor d'orne e de patriote nen laissa ressenti touta la
gioia ininensa che a déugut passà en l'anime d'achelu doui vénérable vièi e t-s embé de lagrima de recounouissènsa ch'aven emparat à la siéu oura la nobla e toucanta demarcia dau Cef de
l'Estat.
Ma se lou noum de Henri Fabre es car à la sciènsa, nen
rapela tan ben à nàutre lu inàublidable souveni de la nouostra
bella periooa d'enfansa, li oura inefabli de l'escola e de l'estudi
coura si penciavan mé touta l'ardourdóu nouostre désir d'emparà
c de counouisse su d'achelu libre de leturr. prestigious che pourtavon lou titre de : Le livre d'histoires de l'Oncle Paul o ben
Le îSlénagt.
,
Se gardan au través dau temp e maugrà li annada che fugisson irep:trabli,Jou souvent dei mèstre che n'han educat, la memòria dei cotimp.ignoun de giouinessa che travaiavon au nouostre
cou.-tà, gardan tan ben fedelamen la souvenènsa dei autour che
nen fan \iéure la pcrioda daurada e ideala dei bei temp passat ;
e, coura lu véen partí, nen sembla che si pouorton ensen emb'elu
— couma lu parènt lu pu car perdut — una parcela de la
nouostra vida !
Fedel à li tradissioun dau passat, à la soulidarità indefetibla
che lou rataca à toui lu souveni gran e picioui, gai o doulourous,
1'« Armanac N'içart » saluda emé respèt e emé regrèt la disparissioun d'Henri Fabre.
L'' « ARMANAC NIÇART »

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LOU

FESTIN

DEI COUGOURDOUN

Belli fîha dei atelié,
Taiusi. rariudista, flourista,
Vous qu° travai.s en artista
Li flou, la sèda, la batista,
Ouvrieri de toui lu meslié,
Pèr un malin, pihas vacansa,
Quiias l'aguia e lou tablié :
Ai cuei • s g&lt;an festa à Cimiez,
Ancuei si dansa !

Proufitas dôu vouostre bèu tèms,
Car la giouinessa dura sfa re ;
Si i ire un pau n'rs pas màu faire ;
En biasseta em'a i calignaire,
Moun as la couola alrgramen;
Avès vint an, l'amour v'encauta
E mete d'ala ai vouostre pen :
Ancuei si festa lou Printêms,
Aucuei si canta I

Es la festa dei Cougourdoun,
Lu camin soun plen d'alegria
Quo' ra pa-sas, ô belli fiba,
Chaiidèu au bras, flou à l'auriha.
En farandola emb'ai garçoun,
Es pèr vautre que l'amour parla,
E que fa dintre lu bouissoun,
Cantà lu merlo, lu quinsoun
E li b-iuscarku
Ma l'aria duerbe l'apetit,
Cau me endà, bella giouinessa,
Lou vin es clar, la tàula es messa,
Li a de parfum plen de proumessa
Souta lu aubre reverdit.
Ancuei si matvja de big eta,
D'archicota embé l'oli verl,
De pan bagnat, e pèr dessert...
Li a de baieta !

Giouvi fiba, amusa-vons ben,
Car lou plesi es dôu vouostre âge,
E pèr avé mai de c urage
Avan de vous metre en m u'nage,
Vou càu pilià un pâu de buon tèms,
Ma gardas pèr lou mariage
Lu doui superbe cou&lt;rourdoun
Que Dieu v'a mes, ferme e redoun,
En lou coursage !
JEAN RÉGIS.

Au printêms touti li magagna souorton.
Un viei amourous es un tros de bouosc vert que fuma mai
que noun brûla.
Audi dire, mieja mensonega.

�TRES VALON MIHOU CH'UN

Salestièra es una coumuna agreabla dau Miegiou, en même
temp ch'un cef luec de cantoun assé poupulat.
Petou Banastra e lou siéu mera, Titoun Ribas, noun vivion
pas en bouon'armounïa. Gran pronpriet.tri tout'ai doui, cadun
gilousava l'autre e de pougnaun en pougnaun eron vengut à si
regardà couma lu loup e lu can de pastre.
Lou mera era touplen pu ben vist, pu poupulari, ma Banastra
cra puenstruit e fourbo coum'un reinart. Un an, pèr la festa dôu
14 Juliet, lou mera óutenguet lipaumoula e Banastra ren. Pensas
se siglíeron (estadi, arousadi e « via dicendo » ; se li aughet de
tirada de mòurtairet, de bal e de Marsihèsa. Giugias tamben la
bila dan brave B.mastra che de rabia noun faiia che moustrà lou
pougne en la diressioun de la maïoun dau mera che s'era mès à
la boutouuicra un ruban vioulèt talamen larg che aurias diç en
lou veen noun un ruban ma un plantun.
Pctou si giuret che à l'oucassioun saupria outeni touplen mai
e de faç li circoustansa si presenteron favourabli pèr li permetre
de giugà au mera un tour de la siéu fassoun. A li seghenti elessioun legislativi, si trouvot che lou departamen sighet reduç d'un
députât e che doui candidat egalamen aimât dai eletour si dis—
putavon lou siège unico de l'arroundissamen dau cal la coumuna
de Salestièra faiia partida. Che gioia pèr Petou e couma si fretet
alegramen li nian coura lou mera aughet faç sentí lou siéu chois
tra lu doui coumpetitourBanastra metet pluma en man e escriéughet au députât sourtènt che representava gia l'arroundissamen la letra seghenta :
« Moussu lou Députât,
« Sabès che la luta serà cauda; mi counouissès dévouât ente tièramen à vous ma siéu egalamen ambissious. Demandi che
« mi sigon dounadi li paumoula e se li outèni, couma l'asperi,
a- noun li a ren che noun i'arai en vouostre favour. De la vouostra
« respouosta dependtra senche devi faire e vous preghi de mi dire
« lou pu lèu poussible se pouodi cuntà su de vous pèr senche
« demandi.

�— 73 —
Au bout de cauche giou arribet la respouosta dau députât
anounsan cite la demanda era estada enregistrada, e che su la siéu
viva recoumandassioun li paumoula serion acourdadi avan li
elessioun.
Mèstre Banastra si dighet m'un bouchin de rire : « E d'un ;
ahura passen à l'autre... » Emé la siéu bella pluma escriéughet au
councurrènt en achelu terme :

«
«
«
«
«
«
«
«

« Moussu lou Députât,
« Devi à l'enfluensa dau vouostre councurrènt li paumoula
academichi ; ma acheta decourassioun che m'es venguda sensa
che la demandessi noun es pas en rapouort mé la miéu proufessioun d'agricultour. La crous dau meriti agricole seria estada
pu ben à sa plassa e cresi dôu men la meritâ. Se vous fes fouort
de la mi faire avé, serai lou vouostre orne, d'autant mai che
noun siéu pas countènt dau vouostre oupousant. La vouostra
respouosta diterà la miéu counduita à li elessioun prossimi e
l'asperi m'una viva empàssiensa. »

La segounda respouosta noun tarset gaire à veni. Lou candidat l'assegurava che l'avia caudamen recoumandat au ministre de
l'agricnltura e che lou « pouorre » tant désirât li seria dessernat
avan lou renouvelamen de la Chambra.
« Giamni doui sensa tres, » dighet Petou, e faghet en sorta
che lou prouverbi noun fousse mensouneghié. Pihant una tersa
fès la pluma faghet un'autra epistola au senatour :

«
«
«
«
«
«
«
«

« Moussu lou Senatour,
« Sabès che la nouo :tra circouscrissioun es lou siège d'una
luta acanida e che lu doui candidat han de ciansa egali de
passa. Sabi d'autra part che patrounas Moussu X... Devi la miéu
recounouissensa à l'un couma à l'autre dei candidat ; ma souorterai voulountié de la miéu reserva se siés dispousat à faire
caucarcn pèr iéu. Ai li paumoula e lou meriti agricole. Coumblas lu miéu désir en mi fen acourdà lou ruban rouge e se vous
dounas la pena che meriti e che mi respoundès subitou che la
cauva es facia serai prount à marcià pèr vous. »

Ben entendut, lou senatour s'apresset de li respouondre ch'avia
faç diligensa pèr senche li demandava e che lou ruban mérita: li
seria dounat en la prournoussioun en preparassioun au ministeri.
Noun restava autre au nouostre bouon mèstre Petou ch'à
faire d'alen e d'asperà nié passiensa l'acoumplissamen de la siéu
rusa. En lou fra temp s'era abounat au Journal Officiel e aighet la

�— 74 —

doussa souspresa de li legi au bout de cauche temp e à cauche
giou d'entervale la reussida coumpleta de la siéu margatm souta
la fourma d'una tripla nouminassioun d'aufissié d'acadèmia, de
civalié dau meriti agricole e de civalié de la legioun d'ounour.
Un dimeneghe matin cadun poudé vèire su la plassa Petou
Banastra mé li tres decourassioun en estagiera su lou revers de la
vesta e couma pensas cadun saupet de la siéu bouca la maniera
ch'avia emplegat pèr li avé. En la coumuna, achcla galegiada, car
n'era una, prouvouchet d'esdiilassada e de farandola. Sighet impoussible ai candidat de teni una reunioun. l.ou mera menasset de
dounà la siéu demissioun e ensen em'éu lou counsèu munissipal.
Lou matagoun che n'en ressentet sighet talamen dur che l'aubliget à pihà lou lieç e lou siéu estat s'agravet tant che lou siéu
entourage cregnet de Ion perdre empourtat pèr una coungestioun
cerebrala. En lou siéu deliri veiia dansà davan d'éu li tres gigiouolà
grossi couma de mostrou de Petou Banastra e avia bèu aloungà
lu bras pèr poudé li li arancà, si teuion crampounadi à la boutouniera dóu siéu rival.
PAUL NADIR.

CACHAFUEC

CAMPESTRE

Soubre de gran taulié lu t"ule déjà fiimon,
l i bigneta si fan su d'un fu'C de gavèn,
I ou lart e lou jamboun la couina parfumon,
Dapé âi í'ascou pl n de via vièi e nou\èu.
La messa v feni e lu mo h si counnimoc,
L'audou dau oachafiiec veu rampli lu c rvèu ;
En plcna nuech si vé lu calen que s'alun on
E ben de group jouious que si despachon lèu.
Peiqué fa taut plesi dapé l'escaufa-pïnsa,
D i faire loui lu an una belbi bouiubança,
Que ri nde alègre un pau lu vièi de la maïoun,
S'acoumpagna souven d'una doussa musica,
Tandis que s'aude encà lu darnié terignoun
Sourli dau vièi clouchié de la gleia rústica.

VICTOR BORRIAZZI.

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8^&gt;ooo&lt;xxxxxxxxxxxxxxx^&lt;xx&gt;&lt;xxxxyxxx
*»

(( Nota d'Archivio » pèr G.

BRES

Lou nouostre ounourable e ben simpatico councitadin,
Moussu Giausè Bres, ba fach pareisse en lou courènt de l'annada,
souta lou titre veritablamen tròu moudeste de Nota d'Archivio,
un'obra ch'es un niounumen grandious elevat pèr li siéu man
piouvi de fedel nissart à la gloria de la siéu villa natala. Ha agut
i'aimabla coundessendensa de favourisà d'un esemplari Y Armanac
N.cart che counouisse despi longa data couma un fervènt de
Nissa e l'en remarsian de gran couor. Avant de rendre conte de
l'obra inmènsa che li deven, — de n'en rendre conte ben entendut d'una fassoun tre resumada, car serian óubligat de cità tout
e un travai couma lou vourrian despasseria de touplen lou cadre
de la nouostra publicassioun, — che nen sighe permès de li
esprimà lou plesi, l'emoussioun, la'soudisfassioun che n'a dounat
à tanti reprisa la litura dòu siéu remarcable travai. Resumen li
nouostri empressioun en dighen che n'ha prouduch l'cfet d'un
bouonur che vous surven inesperat, d'una plueia aboundanta e
regeneratrissa soucedan à una longa perioda de secaressa.
L'obra es dedicada à la memòria de Cais de Pierlas, un dei
siéu bouoi amie d'enfansa e coundissiple, savènt e escrivan nissart, doun lou talent n'avia d'égal che la moudestia. En una
prefassa coumouvènta retrassa la siéu amistà tougiou soustenguda,
tougiou pu vivissima, maugrà certeni diferènsa d'apreciassioun
impuissanti à separà lu esprit d'elita e saluda la mouort primairenca de l'amie ch'es estat en càuca sorta l'inissiatour e l'enspiratour de la bel'obra che nen presenta.
Li Noia d'Archivio si divison en cinq partida prinsipali, enteressanti au même degré, e cada partida en capitoulo plus o men
noumbrous suivan la matèria. Nen dion tout senche s'es fach à
Nissa pandan doui siècle, la vida munissipala e particuliera, li siéu
ressoursa naturali o autri, li tradissioun, lu dangié courut o

�— 76 —
subert, li mesura de soulidarità e d'assistènsa de l'epoca, l'esprit
religious, li ambissioun d'art o de literatura, e giusche à certen
detai, despi passat en prouverbi, car si soun transmès de generassioun en generassioun.
Pèr poudé apressià couma si déu un semblable estudi deven si
rapresentà la massa de veia, de travai e de minussioui resserca
che ha coustat, li fouia espinoui; li litura counsiderabli de l'autour,
lou chois dei elemènt, lou siéu classamen e coura auren dich che
ren de parié noun era estat fach giusch'aloura, seren tout-à-fé
calificat pèr recounouisse touta l'ouriginalità d'un tal travai, pèr
decernà à Moussu Bres la gran part de laut che li reven.
L'istoria es una càuva sacrada e noun sauprian tròu li s'enteressà, car en même temp che nen di li facenda e l'evoulussioun dei
poble, nen dita l'esperiensa, es lou rapel escrich e,permanènt dei
nouostre dever ; ma l'istoria tala che n'es ensegnada es tròu ginerala ; Ibursatamen si ten trou en lu aut esplassi. En senche councerna Nissa li Nota d'Archivio n'en soun un coumplemen admirable. Soun l'istoria munissipala e si pòu dire endividuela che ven
s'entercalà entrà lu fach essenssial de l'istoria ginerala, che la
ramplis.se en l'esplican, en ressussitan lu temp dispareissut en una
evoucassioun creatrissa, en nen meten en rapouort entime mé li
generassioun dóu passat. En même temp che lu gran persounage
counservon lou siéu relief, la nouostra imaginassioun vé s'agitâ
lu nouostre ansetra dintre la siéu vida familiera de toui lu giou,
liège en lou siéu pensié, pressènte lu siéu besoun o li siéu crenta,
suive li transfourmassioun che lou temp coumplisse e lu fach d'ancuei li soun esplicat pèr lu fach d'ier.
Seria assouhitamen necessari che dintre touti li nouostri
escola, autan primari che segoundari, un cours d'istoria loucala
fach en touta emparssialità sighesse creat. L'assensa d'un cours
d'achéu gianre es una deplourabla lacuna. Che stimulant seria pèr
la nouostra bella giouinessa ; seguramen tanti enteressanti crou nica che duermon dòu souon dóu giust en la nouostra Biblioutèca
munissipala si derviherion voulountié en li man estudioui dei
ccunsultant. L'istoria ginerala nen mete brutalumen en presensa
dau fach acoumplit. Tra tanti prouvincia de coustuma, de mers e
de geni diferènt, foundudi en un gran tout, la Patria, noun fa pas
ressourti li diversità, li calità espessiali de cadun, pas mai che li
circoustar sa che han countribuìt à li faire una. Restan en càuca
sorta couma de gen che i^noron la siéu rasoun d'estre, o che
noun sabon couma soun vengut.

�~ 77 —
Li Nota a"Archivio noun remounton ch'au xvne siècle. Couma
lou simpatico autour lou nen di trè ben, un travail anteriour era
empoussible \ist l'ensunsensa dei doucumen ; es regretable, 11 a
l'evoucassioun integrala dei temp pu mouderue cli'a pouscut
menà à bouona fin es fâcha pèr nen counjoulà. Edile, pouèta,
escrivan, istourien e même simple particuliè che lou p issat de
Nissa interessa, han cadun una bella récolta à faire dintre l'obra
mestressa de Moussu Bres.
Certeni persouna si seran bessai demandadi perché li Nota
à' Archivio soun estidi escriehi en italian. Au nouostre umble avis
cresen ch'es en l'interès même de l'obra.
Lou dialète nissart es la nouostra lenga naturela. Ientra en
nàutre couma lou soulèu pèr !a pouorta, pèr la fenestra, pèr la
tabaehiera dei téule, pèr li fissura ; lou buven au sen de la mère,
de la nourissa. — Es particulieramen countagious. — Lou can
che bàuba en la carriera, lu cat che pandan la nuech fan de
soulorma espaventabli che nen dervihon en ressaut, lu passeroun
su lu aubre, bàubon, gnàugnon e canton en nissart. Nouten en
passan che lou nouostre dialèt noun ha che de relassioun ben distanti mé li lenga fransesa e italiana. Enfan legitimo de la lenga
à'oc, soumès couma de rasoun A la siéu ourtougrafia — l'esprit
poulitico noun ha assoulutamen ren à vèire dintre d'achela cb.estioun — enrichit d'una multituda de terme adequat che li a
legat la frecuentassioun libra o foursada de li rassa diversi che han
passat su lou nouostre terraire despi lu siéu foundatour, ha counservat lou siéu caratera particuliè e l'obra de Moussu Bres escri cha en nissart àuria gardât un simboulisme loucal, pu lèu nuisible,
au pounch de vista de la siéu necessària difusioun.
La lenga fransesa es achela de la nouostra bella pàtria, achela
dei ome de la nouostra generassioun naissut fransès, achela
ch'aven emparat su lu banc de l'escola e que noun denembran pa
mai che noun denembran lou nouostre païs car fa partida integranta de la vida.
Moussu Bres ha préférât faire usage de la lenga de la siéu
enfansa e de la siéu giouinessa, de l'armounioua lenga dau « si »
ch'an egalamen parlat lu nouostre père e gran-père, la lenga
ch'aven emparat nàutre même pèr un esprit de divinassioun e
d'afinità. Ha trouvât tout natural che dau moumen che lu fach
che nen rapouorta si soun passat dau temp dei prince de Savoia,
che lu doucumen ouriginal, cheto de rari ecessioun, eron escrich
en italian e puisât à de soursa italiani seria estat precari de li faire

�-78 subi una tradussioun e lu n'ha dounat tàu ch'esistion, en italian
o en fransès, suivan lou cas, e en emplegan finda l'italian en touta
la partida counstitutiva de l'obra. Au nouostre avis ha ben fach.
Tan à Nissa ch'aiur noumbrouvi soun li persouna che s'enteresson à tout senche toca lou nouostre païs e pau li impouorta
la lenga choisida. Sien dounca persuas che li Nota d'Archivio
òutendran la renoumada e lou favourable acuei che meriton, che
seran bessai discutadi, che faran coulà de penié d'ancra e achela
perspetiva d'atività noun es pas fâcha pèr nen desplase.
En senche toca lu nouostre councitadin, serian ben urous de
vèire li No n d'Archivio en touti li siéu biblioutèca e frecuentamen
counsultadi. Mai encara soueterian, pische Moussu Bres n'ha dounat lou precete e l'isemple, che touplen d'entra élu s'en enspiresson pèr sègre li même trassa. Lou patrioutisme es un gran
sentimen, lou patrioutisme en assioun lou despassa e cadun ha pèr
dever de dounà touta la mesura dei siéu moyen. Che&gt; cadun
dounca pouorte la siéu pichina peira au clapié. Lou nouostre envit
s'adressa pas soulamen ai escrivan o ai futur escrivan dau terraire,
visa finda achelu che soun detentour de doucumen, che lu tal
doucumen li vengon de diversi soursa, eritage, crompa, etc.
Se noun n'en giouissès pèr lou vouostre conte, che v'impouorta de
lu counservà pèr vautre, vivès em'au bèu en ignouran sench'es
bèu. Se n'en giouissès pèr vautre soulet en dilettante souhtari, lou
vouostre egouisme vous plasserà dintre la categouria de l'avaro
Grandet, achéu tipe inòublidable che n'ha descrich tan finamen
Balzac e la vouostra giouissensa serà sterila. En toui lu cas es un
ate de lèse patria, de lèse-Nissa, de lu counservà escoundut e lou
travai che Moussu Bres ven de metre au giou e au cal tenen
à renouvelà en finissen li nouostri felicitassioun, deven la vouostra
esclatanta coundanassioun.
PAUL NADIR.

(I) Li Xota d'Archiuio de M. G. Bres si trovon pas dintre lou couine s. Es à l'emprimana de M. A.-N. Ëmauuel, à Nissa, che l'obra dbu
nouostre dot councitad n es estada estampada. Li obra de M. G. Bres
souu à la Biblioutèca Muuicipala de Niça.

�79 —

La grand'mère
Tous ne sont pas partis. Il reste quelques vieilles
Que le canon trouva faisant la dure oreille.
Combien leurs cheveux blancs sont plus blancs qu'autrefois 1
L'une d'elle, montrant les crevasses du toit,
Se rappelle le jour où la maison voisine
Reçut deux grus obus qui vinrent en sourdine...
Malheur à qui dort trop sur son mol oreiller !
Elle passa d'abord plusieurs nuits à veiller ;
Puis la peur du danger devint une habitude.
La mort a quelquefois la main vraiment trop rude !
Avec les vieilles gens qui n'ont plus grand espoir
De vivre bien longtemps, elle devrait avoir
Quelques égards, il semble. Avant d'entrer, on frappe.
Mais l'obus tout à coup éclate, siffle, sape
De ses éclats de fer. L'obus ne prévient pas !
La grand'mère mourant de la mort des soldats.
Celà se voit parfois dans un logis bien sombre.
La pauvre est là, sanglante, au milieu des décombres.
Si les fils expirant ont ce cri de « maman ! »
A leur dernier soupir, à leur dernier moment,
Que diront à leur tour les mères que l'on tue ?...
Oh ! ce cri de « mon fils ! » d'une voix éperdue...
— Demain l'humble clocher, épargné par l'obus.
Oubliant la chanson des anciens angélus,
Sonnera quelques glas pour la vieille grand'mère...
Une prière courte, un « requiem » sommaire
Dans l'église où l'obus a brisé les vitraux ;
On est expéditif pour les morts : ils sont trop !
Puis la tombe au milieu des fosses anonymes...
Dors en paix, toi aussi, parmi tant de victimes.
Le poète, à défaut du fils, ferma tes yeux,
O grand'mère si douce avec tes blancs cheveux 1
CHARLES SALAMITTÏ.
Mai 1917, « Croquis de Guerre ».

�Counversioun. - A qu lou tour ?

[Veni de recéure dóu. miéu bouon e vièi amie, lou pouèta
Marius Blanchi, una letra de counversioun que YArmanac Niçart
si fa un dever e un plesi de counsignà. Vequi la letra.]

Nissa, lu

7

Desèmbrt iŷlŷ.

« Lou miéu car Giuli,
« Si fa, couma di lou prouverbi, de foulia à tout âge. Ma
counra-sabes lu prouverbi soun un pau couma lu pouèta. Rancher
l'ha dich,
S éu fouol aco si pau, ma noun siéu !ou soulet,

e noun fau pa li prestà tróu de creansa.
« Li gen ben enfourmat soun au countrari d'avis que l'âge es
tamben perioda de refiessioun e de decisioun sani. Mi trovi dintre
d'achéu cas e couma lou Sicambre que coumensa la nouostra
istoria, siéu perfetamen dessidat à brulà senche avii adourat e
adourà senche avii brulat. Autramen dich, teni à ti dire che l'ourtougrafia nissarda che hai suivit giusch'ahura, souta l'empèri de
tradissioun faussi, noun mi counven plus, car noun ha minga de
basa giustiricadi.
« Mi ralii dounca à l'ourtougrafia dôu felibrige — ourtougrafia che souleta courespouonde à li nouostri tradissioun dialetali
e souleta es propra en même temp à n'assurà fouora lou succès,
che desiran toui, noun pèr nàutre même, car noun seria ch'un
meschin prinsipi de vanità, ma pèr la nouostra adourabla Nissa I
« De tout couor à tu,
« MARIUS BLANCHI. »

�— 8i -

LA

NUIT

Au poêle Jales Eynaudi.

Le soleil a plongé sa gerbe de lumière
Dans le gouffre béant et profond de la mer,
Et la nuit apaisante a voilé le ciel clair
De son voile idéal de paix et de mystère.
C'est l'heure où les amants, abrités dans ses voiles,
Sous le ciel constellé des moules inconnus,
Cherchent le doux profil d'un visage connu,
Dans la calme cité que peuplent les étoiles.
C'est l'heure où le grillon blotti dans sa tanière,
Trille dans le repos des échos endormis,
Et c'est l'heure où le pâtre en gardant ses brebis,
Regarde voyager la lune familière,
Sous les rustiques toits, couchés près du berceau,
Le laboureur attend l'aube du jour nouveau.
E.JARNACH.

LOU PAIRE ETERNO

— Eh ben, car amie, quoura penses mi pagà lou mountant
dau bihet à ordre que m'as souscrich, li a doui an ?
— Couma vées, siéu ben penat, lou ti paguerai à l'eritança
que farai ; francamen, capisseras, pouòdi pas mancou desirà la
mouort à moun paire ?
— Toun paire ?... Ma toun paire noun es encara mouort ?
— Diéu merci ! pas encara.
— Pèr isemple... pura à la miéu counouissénça, pensivi que
noun li era qu'un paire eternol... Jamai, au gran jamii, poudii
pensà que n'i en fousse doui !...
'
PIERRE RANCHER.
6

�- 82 -

Vouoli Papà
CONTE DE

CALÈNA

Sian lou 24 desembre 1914 au sera, lou sinchième mès
de la guerra.
Mé touti li pena dòu mounde, la maire desoulada e passiènta
venïa de coucià e d'endurmi lou siéu enfan, lou picin Gaston,
bloundin de siei an che fin à la darniera segounda noun avia faç
che lagnà e plourà e de li dire : « Vouoli papà ! » En van, avia
sercat à lou counsoulà en li dien che soun paire revendria, che
anava li escriéure pér lou faire veni, e che pèr lou recoumpensà
de voulé tan de ben au siéu papà lou bambin Gesù li pouorteria à
la miegia nueç de bei « jouets », che troveria lendeman de matin
en la ciamineia subitou levât. Ren li avia faç e si póu dire che la
lassituda souleta avia agut rasoun de l'enfan che venia de plegà lu
uès en li dien encara una fès de la siéu vous d'ange : « Vouoli
papà !... vouoli papà !...»
Lou paire dóu picin Gaston, couma touplen d'autre, era estat
moubilisat au coumensamen de la guerra descadenada su lou
mounde pèr l'ambissioun d'achelu maladit ludesc e faïa bravamen lou siéu dever en Champagna, en lou setour che li era
designat. Orne de fèt e patriota, aiman la siéu frema e lou siéu
enfan de tout l'amour dóu siéu couor, lou siéu pensié si partagiava tra élu e la pàtria che li demandava toui lu sacrifissi. Noun
era pa sensa un gran serramen de couor che veiia la dlferensa che
li faïa, couma à tan d'autre, la destinada d'un an à l'autre. Che
countraste doulourous tra li calena de l'an davan passadi en la
gioia calma dau fugairoun familial e acheli d'aquéu premié an de
guerra, luen de la terra natala, livrât à toui lu tempié, à touti li
privassioun, à la fusiada e au boumbaruamen countinuat che pèr
rafala n'en couciavon tan e li laissavon gaire de moumen tranchile ; ma rassurât su li respounsabilità d'achela bouciaria e

�- 83 counfiant en Diéu su li destinada dóu siéu païs, ademplissia lou
siéu dever sensa feblessa, demand.m siniplamen au Signour de
noun abandounà la siéu famiha en lou cas che si fousse trouvât
marcat éu même per estre olocausta à soun tour.

* *
L,ou dindin de la gleia vesina ven de lansà en la nueç vers li
estela che brihon couma tantu diaman en lou siel escur, li siéu
nota perladi counvidan lu crestian à anà s'agenouià ai pen dau
Redentour che va naisse. L,i gleia touti iluminadi, coumenson à
si ramplî d'una foula uoumbroua ch'atira la festa e lou besoun de
pregà en achelu terrible moumen. i^a maire repauvava en una
pessa à coustà. En la ciambra, lou picin Gaston duerme su lou
siéu picioun lieç ben tapat à l'assousta dóu frei, e la veiusa prougieta un' esclarsita doussa che la bagna d'una penoumbra misterioua. Dreç, à la testa dau lieç, l'Ange Custodi vestit de blanc,
mounta la garda li man giounci. L,a campana de la Toure pica
lou premié bot de la miegia-nueç, l'oura tatidica. L/enfan che
l'oubsessioun de soun paire sembla avé perseghit giusch'en lou
siéu souon si desvia en ressàut e la siéu bouca mourmouira :
« Vouoli papà !... »
Subitamen, la ciambra si ramplisse d'un' esclarsità estraourdinaria. Un picin enfan vestit de blanc, re.-&gt;plenJissènt couma la
nèu, la testa nimbada, li gàuta rosa e lu civus blound ven si pauvà
contra lou couissin dóu picioun Gaston e li di :
— T'ai pourtat achest'an de ben bei amusamen ; lu veiras
deman matin coura ta maire ti leverà.
— Gaston respouonde : « Vouoli pas d'amusamen, vouoli
papà I... vouoli papà !... »
— Ma lou tiéu papà póu pas veni, es à la guerra e noun
pouodi pas lou ti douuà.
— Vouoli pas d'amusamen, vouoli papà ! Toui lu sera mamà
mi di : « Prega Gesu afin che papà retourne de la guerra, se lou
preghes ben papà revendrà. Vouoli papà ! — E l'entan empjssiènt e m.mcountèntnoun fa, tan che lou Bambin li parla, che de
li dire : « Vouoli papà ! vouoli papà !... »
L,ou futur Crist ligèn en aehel'anima candida d'enfan touta la
proufoundour de l'amour filial noun cessa de sourire e pèr lou
tentà li respouonde :

�- 84 — Pouodi pas ti dounà papà, ma se vouos pouodi lou ti
faire veire.
• —
—
—
—
—
—
—
—

Es ver ?... Coura ?
D'achi un moumen.
Achi en acheta ciambra ?
Non, tioun es ahura.
Mamà m'a diç ch'es luen, couma fau pèr li anà ?
Veres emé iéu.
Mamà, aloura, restera souleta ?
Pas lountèms, seren de retour avan che sighe desviada.

— O, aloura oui... — E Gaston s'es aussat dreç su lou picin
lieç, prount à parti.
— Ma sai che fa frei doun si trova papà, agiusta lou Bambin, tremouoleras touplen coura seras fouora, e fa tan bouon caut
souta d'acheli cuberta espessí. Pi, sabes pas, si tira tamben lou
canoun e lou fusiéu doun vouoles anà, d'achelu pér dóu bouon.
che tuon li gen, auras pàu.
— Tan pis se fa frei respouonde Gaston, lou m'as proumês,
vouoli vé papà. E pi dei canoun e dei fusiéu aurai pas pàu, noun
serai mé papà, moun paire a pas pàu.
—- Anen, aloura.
Au même moumen, Gaston si sentet poussà su l'eschina de
picini ala de gaza, e su d'un regart de l'Enfan Diéu à l'Ange
Custodi lu tres viagiur passan au través de la fenestra serrada
s'ehvouleron en l'inmensità.
Diéu sau cantu pais traverseron e se pèr l'Enfan Diéu e lu
ange es fassile de voulà, Gaston che noun avia pas l'abituda
d'achelu vi.ge aérien si trouvava crentous couma lou passeroun
che s'aprova ; la nueç era de glassa. Maugrà la fatiga e lou irei
tougiou pu viêu à mesura che lou viage perseghia faïa bouona
figura tra lu siéu doui coumpagnoun, soustengut pèr l'idea dóu
bouonur ch'anava retrouvà soun paire. Si raprouciavori. Maugrà
la santetà de la nueç, la gueria countinuava diabòlica la siéu obra
de devastassioun e de mouort, lou canoun trounava au luen sensa
s'arrestà. jou foùnt dóu siel s'iluminava de tèms en tèms de
luour s.inglami alumadi pèr lu obus che toumbavon en si fracassan. Gaston tremoulava de toui lu siéu membre e à cada uiàu che
ztbrava lou siel si pressava contra lou Bambin. iva figura de
l'Enfan Diéu s'era rambrunida ; era devengut tout pensierous e
de lagrima brulanti coulavon lou long de li siéu gàuta.

�_ g5 Basta, arriberon e aterisseron. Ma lou moven de trouvà caur
ch'un sensa demanda, dintre d'achelu budèu à pena de vista,
doun lusion su la terra glassada o espanteg.ida de fla^a d'aiga, de
cascou, de baiouneta e de fusiéu, acheli tranciada che ressemblavon à d'inmensi fossa, f.ou Crist, l'Ange e Gaston passavon
enviable en l'ouscurità casi coumplèta davan lu sourdà au ghèt,
traversavon de filagna d'ome aloungat che. dòu temp che d'autre
veiavon, pihavon un repàu precari. Era una tranciada de premier*
ligna achela doun si trouvava lou paire de Gaston. L'enfan
coumensava à si desoulà, isoulat, tra tant de mounde. Lou Crist
li demandèt :
— 1 ou vées pa encara ?
— Non.
— Vene, anan pu luen e lou troveras, lou ti mouostrerai.
— Tu, ma counouisses pas moun paire.
— Si, counouissi toui...
E, couma Gaston duerbia de gran uès estounat, lou Bambin
li moustret un sourdà che durmia aloungat, mesclat en un group,
en li dighen :
— Vé-lou, lou troisième d'achelu che duermon.
Gaston si lanset vers soun paire en cridan : « Papà ! papà ! »
ma lou sourdà restet imoubile, rout de fitiga. Lou Crist s'aprocian li touchet laugieramen l'espala e lou fantassin desvihat en
ressàut si trouvet en presensa dòu siéu enfan che li faiia un
coulié dai siéu picioui bras.
O la gioia inmensa dòu paire de retrouvà au moumen che
lou s'asperava lou pu pau lou siéu enfan, si pòu dire toumbat dau
siel. Che d'assioun de grassia, che de caressa e che de plour
d'atendrissamen ; che d'embrassada e de baieta dòu Bambin.
Gaston noun faghet grassia à soun paire de minga détail.
Lou Crist e l'Ange Custodi lu avion laissât soulet e parcourion la tranciada. La man de l'Enfan Diéu s'abaissava de tèms en
tèms en benedissioun su lu defensour e la siéu divina presensa
devia avé escoungiurat li arma car lou silensi lou pu proufount
regnava ahura en lu doui camp nemic.
L'auba s'alestissia à espountà, una d'acheli auba tristi che
soucedon endecisi e couma à regret à li longhi nueç d'iver. Gaston tougiou pendut au couol de soun paire voulia lou si menà.
En van, lou Crist li parlèt de sa maire che l'asperava. Envariablanien s'audia respouondre : « Ai trouvât papà e vouoli lou mi
menà 1 » Lou Crist li proumetet che la guerra fenida retrouveria

�— 86 soun paire sensa maladia e sensa blessura, che lou dighesse à sa
maire e lou paire li ourdounet d'òubedì Après una derniera embrassada, la caravana repihet pèr li aria lou camin de Nissa.
lou matin, la maire si trouvava à la testa dau lieç dòu pichoun. a figura de l'enfan reiounava d'una gioia celesta e lu
siéu doui picioui bras fouora de li cubérta tendut en cèucle, semblavon encara coustregne lou couol dòu paire. L'Enfan Diéu avia
faç ben li cauva ; avia simplamen garnit la ciamineia d'amusamen
de nmta sorta. Gasti &gt;n n'en sighet urous, ma lou siéu pu gros
plesi sighet de racunià à sa maire lou viage che venia de faire m'au
bambin Gesù. i,a maire lou baiava mé tendressa e au fount encredula pensan che venia de pantaià, ma cauche giou après una letra
dau siéu ome la laisset louta pensieroua ; semblava li counfirmà
lou recit dòu siéu car enfan. Dau même giou coura Gaston veiia
sa maire pu ciagrinada che d'abituda, e lu uès bagnat, au luec de
la siéu paraula de li matana d'avan : &lt;■ Vouoli papà ! » li diia :
— Papà revendrà à la fin de la guerra, Gesù l'a proumès.
E tant che duret la guerra, en li nueç dòu 24 au 25 desembre,
Gaston poudé veire en la siéu picina ciambra, iluminada d'una
esclarsità surnaturela, lou même enfan vestit de blanc e resplendissent couma l'archange, che assetat au siéu coustà e li parlan mé
la bounti che a rendut lou siel à la rassa umana degenerada, li
renouvelava la siéu proumessa d'espargnà soun paire. E coura
venghet l'armLtissi che mena fin à toui lu angouis, lou paire de
Gaston vivia tougiou maugrà lu dangié ai cal s'era trouvât espousat. K per calèna uóu 1918, decourat de la crous de guerra e de
la medaia militaria ch'avia noblamen gagnadi, poudia pressà en lu
siéu nras la siéu frema e lou siéu enfan.
J ou divin Bambin avia tengut la proumessa facia au picin
Gaston en la nueç dóu 24 desembre 1914.
PAUL NADIR.

/7

oatoabre tgig.

�- 87—
xxxxxxxxÝxx&gt;^x&gt;o&lt;xŶxxxxxxxxÝxxxxxxx&gt; *

3t

AI MANJAIRE DE CANDELA
Vous tenen ben, manja candela !
Noun poudès plus v'apountelà
L'aragna a tendut la siéu tèla,
Couma voulès l'escapoulà?
De gros squibo vous càu cascà.
Van destanat e fes la bava,
Couma de brut devès ficà.
Adiéu tèms que Berta filava !
Cresiavas d'avé la bela,
D'estregne tout, n'estrangoulà ;
Ma sias que cesur de querela,
De guerra lassa fau caïà,
Un àutre Diéu lèu adourà !
A Verdun ja ctidavas fava,
Ancuei cercas à v'esbignà,
Adiéu tèms que Berta filava !
Vous tracassa lou bouta-sela,
Pura vous càu ben resignà
Abandounà la citadèla,
Moucèu ben dur à mastegà ;
Lou màu noun si póu denembrà,
Dins lou sang la plaga si lava,
Va coumensà lou Galgotha...
Adiéu tèms que Berta filava !
MANDAT

Kaiser ! la tiéu gran Maestà
Mé touta l'Europa jounglava ;
Vé la fourca pèr t'em pica !
Adiéu tèms que Berta filava !
JULES EYNAUDI.

Niça, lu ii Nouvèmbre igig-

�LU AVOUCAT AIMAT DOU NOUOSTRE BARÈU

MÉSTRE

PAUL CHAVRIER

(Retrat à la pluma)

Taia elansada e courpoulensa proupourssiounada, tirat à catre
esplinga, !a demarcia c lma e reguliera de Tome che si sàu segur
d'éu, la figura rcdouna e sourienta ournada d'un parèu de picioui
moustas blound e de doui uès de pervenca ben espressif, tau si
presenta mettre Chavrier.
Bra\ i gen che aimas lu cascai serès dessut car li ha pas un orne
pu pau frascous. Pas de ghindage, ma lou salut es tougiou poulit
e la toucada de man ben leala. Coura li racountas un vouostre
afaire vous laissa parlà, piha plesi à vous vèire vuà lou sac e
se cauca fès v'inaroumpe es pèr vous faire precisà un detai che
l'enteressa. Avès fenit, avès ben esposat lou vouostre afaire e
sui\an l'ilusioun ben coumuna à tantu pledagiur asperas che vous
counfirme ch'avès rasoun. Tac ! après avé un pau pensat, lou simpatico mèstre, familiarisât mé toui lu microbe, de la proussedura,
vous souorte un argumen marrit au cal aviavas pas pensat; es lou
pounç negre de l'afaire, lou soulet che li enspira de crenta e che
ha tengut à descurbí. Basta vous proumete de faire pèr lou mihou
e poudes e&gt;tre segur che la parâula sera tenguda, car noun cregne
pas lou fuec e noun avès ch'à lou vèire à li audiensa pèr vous
rendre conte che li courre bravamen. Coura lou prousès es
gagnât, senche li arriba lou pu souven car es tout entié à la siéu
proutessioun e très escoutat, noun si desinteressa pas de vàutre e
sàu vous guidà au través de touti li fourmalità de definimen se
noun ha lou temp de lou faire êu même.
Estrangié à toui lu clan poulitic, ben vist dei siéu counfraire e
dei magistrat dóu nouostre Palai, la siêu vida si partagia entrà
lu dever noumbrous de la siéu proufessioun d'avoucat e li siéu
ciargia de famiha.

�- 89 Moubilisat pendan la guerra, Mèstre Chavrier ha faç la campagna en lou servissi dei automobile, ha vist mai che d'un càu
esclatà li pignata dei Boche proç d'éu en lu luec lu pu perihous ;
ha pas gardât un tróu marrit souvenî dau temp passat souta li
arma e se couma tout lou mounde souèta au giou d'ancuei de
plus vèire lou retour d'achelu moumen doulourous, ren noun
égala lou siéu plesi coura lou asard favourable lou mete en
rapouort mé càuchc coumpagnoun de garnisoun o de vida coumuna su li routa e soun aloura de récit de souvenî sensa fin...
PAUL NADIR.

13 Outoubre 1919.

AI

TRAVAIUR DEI VILLA

Maugrà l'aquiloun frei un ome su la plana
En geste regulié semena à plena man
Au sen dau souol laurat una fecounda grana
Qu'embê trasfourmassioun mangeren toui deman.
Ben de fes lou malur su la siéu testa plana,
Es vist embé mesprès da touplen dei uman,
Ma tranquil, connfiènt fin la nèu dei siéu an,
Travaia toui lu jou à l'aria que lou fana.
Ma toui nautre artisan de la cità febrila,
N'acoumplissen toujou que un'obra sterila,
Pisque lou ver paisan es sempre malurous.
E lu travaiadou d'aquela nobla classa
An besoun de repau quoura la vida es lassa,
E noun d'un sort ingrat, aride e besougnous.
VICTOR BORRIAZZI.

Se la barba blanca faïa lou sage, li cabra deurion l'estre.
Ben mau aquist manja l'autre.

�— 90 —

Mouort dôu

DR A. BARÉTY

Emé touplen de pena counsignen la mouort dôu doutour
Alissandri Baréty, que s'es estench à Niça, lu 27 dau mès de
febriè 1918, à l'âge de 74 an.
Es una granda perta, e 1' « Armanac Niçart » en n'en faguènt
viva part ai siéu letour, si fa un pious dever de saludà la siéu
memòria. L'Academia Nissarda perde en soun presidènt-foundatour un dei plus soulide apountèu. Es finda una perta pèr lou
païs, car lou médecin Baréty es toujou estat un fedtl amourous
de l'istoria dau passat e un religious counservatour dei nouostri
vièii tradicioun.
Couma médecin s'era creat, à Niça, una plaça marcanta, lou
siéu gran sabé n'avia fach una persounalità recercada ; ren noun
li era estrangié, sigue bei art, istoria, sigue literatura, archéologia, bibliografia. Seria fastidious de cità touti li siéu obra, laissen
à de pluma plus sipienti lou soin de lou faire, ma diren pas men
que lu siéu escrich soun proun counouissut pèr tantu estudious
s'enteressan ai fach dau pais natal, à la pichouna patria.
Es au doutour Baréty que si déu la foundacioun de l'Academia
Nissarda, li a tout dounat, lou siéu tèms, li counsacrant ben
d'estudi requist, enriquissènt ensinda la coulecioun dôu Nice
historique, n'en doublan l'enterès e lou près.
Avia fach dôu Nice historique, — revista foundada dôu regretat proufessour Sappia, — la publicacioun atitrada de l'Academia
Nissarda ; li avia dounat una coulou, una vitalità que lu passiounat dau passat li devon avé grat.
Que diren de l'orne, toujou en camba, toujou prount à pres tar ajuda à una obra de vulgarisacioun. Counouissia Niça e la
siéu istoria, era un passiounat dôu bèu, doublât d'un esprit à la
recerca de la verità, couleciounur e bibliouiïle avisat.
Faïa partida de ben de soucietà literari, artistiqui, scientifiqui,
ma aquela que li tenia lou de mai à couor era l'Academia
Nissarda. Ajusterai neanmen que despi longa data faïa partida de
la Coumissioun de surveiança e de crompa de la Biblioutèca
municipala de Niça.
L' « Armanac Niçart » repihan après la guerra lou cours de
la siéu publicacioun, si fa un dever de presentà à la famiha Baréty
li siéu moudesti ma finda tamben sinceri coundouleança. J. C.

*

�/V/

KM

tx^

^

�— 92 —

FRÉDÉRIC MISTRAL
SA

MORT.

- SON

TOMBEAU.

JUGÉE PAR UN AMI

- « LES OLIVADES

D'ALFRED DE

»,

- « MIREILLE

MUSSET. — « LE TRÉSOR

FÉLiBRiGE ». - MISTRAL ET L' « ARMAMAC NIÇART
À L' « ACADÉMIE... NIÇARDE ».

».

»

DU

- MISTRAL

La Provence a perdu son grand poète : il est mort au commencement de l'année fatidique de la Grande Guerre, 1914.
En tête de son dernier ouvrage paru en 1912, Les Olivades, il
avait mis ce quatrain mélancolique :
Le
—
et
eu

temps qui devient froid et la mer qui déferle,
tout me dit que l'hiver est arrivé pour moi --qu'il faut, sans retard, amassant mes olives —
offrir l'huile vierge à l'autel du bon Dieu.

Déjà en 1907, il paraissait hanté par cette pensée de la mort,
et de cette année date la pièce Moun toumbèu, la dernière et la
plus belle peut-être des pièces de ce recueil : il y règne comme
une sorte de hautain désenchantement, en même temps qu'une
conscience ferme de son génie poétique :
Sous mes youx je vois l'em-los — et la coupole
blanche — où comme les colimaçons, — je me tapirai
à l'ombielte.
Et quaud les gens demanderont — à Jean de
Figues; à Jean Guêtre : — « Qu'est-ce que ce dôme? »
ils répondront ; — « Çà, c'est la tombe du poète,
— Poète qui fit des chansons — pour une belle
Provençale — qu'on appelait Mireille...
— Et puis un jour on dira : « C'est celui — que
l'on avait élu roi de Provence... — Mais son nom
ne survit plus guère — que d»ns le chant des grillons
bruns. »
— Enfin, à bout d'explications — on dira : « C'est
le tombeau d'un mage, — car d'une étoile à sept
rayons — le monument porte l'image. »

Quoi qu'il en dise, le chant des grillons bruns ne seront pas
les seuls à redire longtemps encore le nom de Mistral, mêlé à

�— 93 celui de Magali et de Mireille, l'une grâce à l'air que lui avait
appris le laboureur Jean Roussière, et sur lequel il composa sa
délicieuse aubade chère à tous les mélomanes provençaux :
O Magali ma tant amado,

l'autre qui donna le nom à l'admirable poème traduit dans toutes
les langues littéraires de l'Europe.
A ce propos il me revient un fait qui ne manque pas d'intérêt.
Tout récemment, on a écrit, soit dans la presse, soit en volume,
des détails sur des relations d'Alfred de Musset avec son ami
Ulrich Guttinguer, dont le nom serait bien oublié aujourd'hui,
s'il ne bénéficiait encore de cette amitié-là.
Guttinguer, qui était né à Rouen, a écrit dans la Gazette de
France du 13 mai 1859, un article où il écorchait le nom de
Mistral lui-même en l'appelant Mistrat, où il appelait notre langue provençale un patois, où il déclarait que la lecture de Mireille
l'enthousiasmait,en ajoutant: Le « Mirèio » afait cette conversion
au patois, » et qui concluait ainsi : « Son jeune auteur ne s'est
décidé que cette année à nous en donner la traduction, et, grâce à
cela, ce qui n'était qu'un succès local deviendra uae gloire, un
triomphe universel, et le « Mirèio » sera traduit dans toutes les
langues, nous osons le lui prédire. » Cette prédiction était précoce,
mais sacrifiait carrément le texte provençal.

On se figure ce que dut penser Mistral, s'il connut cet article,
lui qui, sans doute, travaillait déjà à ces recherches de vingt
années, d'où devait sortir Le Trésor du Félibrige, œuvre d'ér jdition profonde, louée par des linguistes autorisés, Gaston Paris en
tête, et dotée d'un prix de 10.000 francs par l'Académie des inscriptions et Belles-Lettres. Je dois dire ici que le Trésor du Félibrige doit beaucoup au Dictionnaire Provençal-Français du docteur
S.-J. Honnorat, de Digne, qui s'intéressa à mes premières études,
en me recevant dans son cabinet d'histoire naturelle, plein de
choses amusantes pour l'enfant que j'étais alors.
Mistral demeura toujours, on le sait, très attentif aux manifestations où les parlers du Midi étaient en jeu : il admettait
tous les dialectes de langue d'oc, sans en excepter le dialecte de
Nice. Il encouragea les débuts de VArmanac Ni,art et félicita
plus d'une fois notre ami Eynaudi pour l'utilité et la vitalité de
son œuvre : je crois bien qu'il lui donna pour son Armanac de

�— 94 —
1903 la primeur de cette pièce Dins lou Trescamp que j'ai retrouvée dans Les Olivades, et qui est, à mon avis, une pure idylle,
savoureuse, à la fois ingénue et délicatement sensuelle.
Il appelait Nice Niço la Blanco : il l'aimait ; il l'a bien prouvé
dans sa magnifique évocation de la scène VIII du IVe acte de son
poème dramatique de la Reine Jeanne : « Nice, chef de Provence !
« Nice, avec des arcs de-triomphe, attend son idole... Oh ! reine,
« quelle affluence de peuple ! Le château, les tours, les balcons,
« les toits, les quais, la darse, tout est plein... Et ils crient 1 Et
« dans l'eau jusqu'aux reins, ils vous portent à la nage des touffes
« de verdure. » (V. Y Armanac Niçart de 1908).
Mistral s'intéressa au mouvement linguistique qui se produisit
a Nice en 1906 sous l'inspiration de l'Académie Niç.irde : il
approuvait avec beaucoup de bienvei lance mes articles du Petit
À içois et de VEclaireur sur le dialecte niçard, ainsi que ma lettre
au président de cette académie, insérée dans le Ntce-Htstorique
du Ier février.
Cette lettre fit du bruit dans la docte assemblée : j'y fus vivement pris à partie par un de ses membres, M. de Orestis, bien
qu'il n'y eût en litige qu'une question d'orthographe, posée au
public par l'Académie elle-même.
Ce qui mettait surtout hors de lui M. de Orestis, c'était mon
opinion, admise d'ailleurs par la plupart des historiens, que le
Comté de Nice n'a jamais perdu sa langue ou sa nationalité provençales, et il partait de là pour affirmer que le fond de ma lettre
était un procès au dialecte niçard, une continuelle excitation á
l'abandonner pour adopter le provençal. Je crus devoir répondre à
ces accusations sans fondement , mais l'Académie ne tint nul
compte de cette réponse, ne m'accusa pas même réception, et
lorsque, un peu plus tard, je demandai qu'on me rendît au moins
mon manuscrit, on ne m'êcouta pas davantage, — et depuis
13 ans cette réponse dort quelque part dans les cartons de l'Académie, ou fut jetée au panier.
Il est cependant juste d'ajouter que dans cette séance, les deux
orateurs qui parlèrent après M de Orestis, émirent la même opinion que moi : M. le D Gasiglia et mon ami Antoine Rolland
firent retentir les échos de la salle du grand nom de Mistral.
Mistral, mis au courant, m'adressa quelques lignes d'une fine
et mordante ironie, comme il savait les écrire, et elles nie consolèrent peu à peu de ma déconvenue. Sur ma demande, il m'envoya
pour la Bibliothèque municipale ceux de ses ouvrages qu'il avait à

�95 ~
sa disposition, avec dédicaces à Nice, et signées de sa main. La
dédicace des lies a"Or est celle-ci :
A Vilo-Fraoco,
Au fort de Mont-Auban,
Niço la Blanco,
Volon estre Franc.
(Viêio cansoun de iygo).
F.

MISTRAL,

1903.

EUGÈNE JAUBERT.

l'NA

DESCUBERTA

ARQUEOULOUGICA

Quauque mes avant la guerra, lu empresari travaiavon à la
Cournicha Mejana, aquéu camin meravihous que dèu doublar la
routa de Niça à Mounegue.
Un bèu jour, la nova s'espanteguèt que d'ouvrié, en fènt sautar à la mina un tros de vièi barri, avion trouvât una pèira escricha de gran interès.
Lou bàrri si trouvava soubre d'un bèn vesin dôu vilage d'Esa,
un bèn que moun paire — bouon' anima ! — aurïa batejat un
mau, e qu'èra la prouprietà dóu miéu vièi amie Asso.
Aquestou, quoura saupèt acô, faguèt pourtar la pèira au siéu
e, en même tèmp, mandèt preveni Moussu Taulaigo, qu'es un vièi
rentié fissat à Esa, vagamèn frétât de latin, que li descuberta dôu
vicàri de Bèuluèc, à Olivula, empachon de durmî.
Lou jour même, Moussu Taulaigo arribava.
Asso, plèn d'amabilità, lou menèt davan la pèira. Era un moucèu, proun endôumajat, ma doun si poudïon vèire aquesti letra :
ESA
LOC
N

QVI
AMI
DEI
AE

Lou sapiènt, curious, s'apressèt e si metèt lu belicre. L'atencioun regouïssïa lou siéu front couma una vièia jourjina. Au bout
d'un bouon moumènt, si virèt radious :
— Crèsi, diguèt, que si trouvan en presènça d'un' escricionn
counsacrada ai diéu dei aria, reverit à Esa... Es ben acô. wou mot
Esa es clar ; li letra que si trovon sus la même rega dèvon signi-

�—■ &lt;)(&gt; —
ficar quietus, tranquil, mot qu'es coumpletat da loc que, li a pas à
si troumpar, vôu [dire luèc locus;ami, m'embarassa bèn un pau,
mai, dei ae es seguramen dei aèrius, diéu dei ària.
Avïa à pena fenit la siéu demoustracioun quoura Carlin, lou
pichoun dóu paisan, que s'éra ficat au mitan couma fan lu enfan,
si metèt à cridar :
— Ai trouvât ! Ai trouvât !
— E qu'as trouvât ?
— Acò : Es aquí lou cantin dei ae' li
Despí d'aquéu jour, Asso e Moussú Taulaigo si parlon plus...

UN

FAMOUS

REMÉD1

Lou brave Moussú Tiburci, qu'èra òuficié de santà, s'éra
establit à... E pi, perquè lou vous dirii ? que li a encara tanti
gènt que l'an counouissut.
Que vous baste de saupre qu'èra en un pichoun trau dei nouostri mountagna e que li menava una vida tranquila, lu malaut
essènt rar e, couma diia l'autre, n'auguènt pas besoun dóu médecin pèr mouri.
Touta la siéu distracioun counsistïa à faire de partida : de
bocha, l'estiéu e de carta, l'ivèr.
Un jour que faïa frèi, Moussú Tiburci,emé lou juge, lou grefié
e l'esatour èron en trèn de faire lou cinq cènt, quoura venguèt
una fiheta que diguèt :
— Moussú lou médecin ! la frema de Jouanin, d'en carrièra
soubrana, vous fa dire se voulès anar au siéu, pèr lou siéu ome
qu'es malaut,
— Di-li que fenissi la partida e que li vau.
E coupèt, qu'èra au siéu tour.
Ma, la partida fenida, si vouguèt faire la revenja e l'avïon à
pena encapada que, tourna-mai, la fiheta revenguèt :
— Moussu ! se vouliavas veni..,
— Ma que tron a, Jouanin ?
— A m au à l'esquina.
— A mau à l'esquina ? E ben, que si grate 1
E tranquilamen, repihèt li carta e counrinuèt la partida.
JÓUSÈ

GIORDAV.

�— 97 —

i

Heures de tranchée
Il pleut. Des sacs crevés sort de la terre rouge.
Chacun, à son créneau, se dresse. Rien ne bouge.
Quelques balles sifflant fouettent le parapet.
Tout près de moi, son pied large effleurant ma tête,
Un machabée étrange au corps puissant d'atblète,
Gît encor à l'endroit où la mort l'a frappé.
Entre les fils de fer, cachés par l'herbe haute,
Dans leurs haillons blanchis que la brise ballotte
Des cadavres épars s'essaiment çà et là.
Il pleut. Dans le ciel gris vont d'opaques fumées
Qui traînent lourdement, par le canon semées,
L'haleine des combats que la terre exhala.
Le soir tombe. Un soir froid. Les torpilles funèbres
Avec leur flamme rouge au milieu des ténèbres
Echancrent de lueurs le voile de la nuit.
La profonde cahute au fond de la tranchée,
S'éclaire faiblement, sous la terre cachée ;
Comme on se trouve bien dans ce pauvre réduit !
On y fume, on y lit, on y dort à son aise,
La tête sur le sa,c et les pieds dans la glaise
Les jours de mauvais temps où l'eau gagne partout.
Elle est de lourds rondins puissants consolidée.
On y rit quelquefois, la face déridée,
Et le poilu grognard peut y tuer ses poux.

�-98 -

Il pleut. L'homme au créneau s'enlise dans la boue.
Une fusée éclate et met sa lueur floue,
Rasant de près le sol par l'obus labouré.
Alors ce qui semblait frôler la terre trempe,
Bruissement incertain, fantôme, être qui rampe
Sous ce flot de rayons brusquement disparaît.
L'homme tousse. La guerre a ses nuits de relâche.
Et quelqu'un a fermé, sans que cela nous fâche,
La bouche des canons tapis dans la forêt.
CHARLES SALAMITTE.

Mai 1917, « Croquis de Guerre ».

Bibliougrafia Niçarda
(/7'6}-17'6j), traduites et
précédées d'un aperçu biographique, par M. le Dr EDOUARD
PILAITE. — Nice, Imp. de Y Eclair eur, 1919.

Smolett. ■— Lettres de Nice sur Nice

Encara un bouon travai que ven enriqui li nouostri arquivi,
obra que fa lou plus bèu laut au tradutour, Moussu lou doutour
Edouard Pilatte. Li letra de Smolett nen soun presentadi en una
lenga francesa ciselada de man de mèstre, clara, en un stil marchant de paragoun em'au texte anglès.
Ai ressentit à la letura d'aquéu recuei un ver plesi, car marca
un'epoca déjà luentana, quoura Niça, pichouna villeta, n'avia pas
encara l'espandimen dóu jou d'ancuei. Es un travai. una traducioun ben requista, es un estudi retrospetif nen fissant la soucietà
e lu us dôu nouostre païs à la fin dau xvnie siècle.
Véen que lu Niçart d'aloura avion lou respèt de l'estrangié, si
faguent estimà, avent counservat aqu la ôubediença dau servitour au mèstre : lou mestierant era à l'obra toui lu jou e entretenia ensin t a lou capital e lou travai una justa proupourcioun deî
cauva, Vivia óunestamen, em'armounia.

�—

99

—

Segur Smolett, malàut, venguènt à Niça cercà la santà, pèr
si restabeli, era couma tantu estrangié counvalescènt, un óuriginal, trouvant de fès ren à la siéu counvenènça, ma en ben de
passage,, au cours dóu siéu sejou e suivant la luna, soulèu o
marrit tèms, lauda lou clima de Niça ensindi que lu nouostre
prouduch. Si trova dintre li letra de Smolett proun J'ouservacioun judiciousi, descricioun, usança dóu païs, indústria, fabricacioun de l'oli e dei magnan, etc.
Ma que chanjamen despi l'oura. Lou Niçart dóu jou d'ancuei
s'es plegat à ben d'autri indústria, sègue lou prou^rès, e de transfourmacioun si fan cada jou, au pounch que se Smolett siguesse
encara d'aquestou mounde, noun couuouisseria plus la pichouna
villa de Niça toujou de mai ospitaliera. La prouvât en tèms de
guerra. — Pihas lou quartié dóu Riquier, pèr isemple, remarquerès n'es plus lou Riquier de li a quarant' an. Aüra trouvas manifatura, usina de touta mers, e l'aboucauien vers lou Pouort n'a
fach una gran cità ouvriera.
Vous diéu l'obra que nen presenta Moussú lou Dr Edouard
Pilatte mérita atencioun e mi plasi aqui sinceramen de li renouvela lu miéu coumplimen. Que toui lu biblioufile, amatour dóu
passat, aquiston lou libre, se lou trouvon un pau car, lèu li dirai
que pèr lu tèms que courron, lou bouon n'es jamai car.
Li Béluga Nissardi, de MENICA RONDELLY e ANTONY FENOUILLE,
préface de M. DOMINIQUE DURANDY, introduction de M. |OSEPH
LEVROT et frontispice de M. JEAN RÉGIS. — Imprimerie FREY
et TRINCHIERI, Nice, 1919.
Lu nouostre bouoi amie Menica Rondelly e Antony Fenouille
an fa pareisse un bèu e enteressant recuei, /1 Be'uga nissardi.
L'esprit es espantegat en paieta d'or, si proufilant souta lou ciel
toujou blu, coum'un gisclet, umour niçart, conte, pouesia, belli
nova, prouverbi, basta un mas de flou presentat emé ben de gaube,
edicioun de lusso e souin tipograflco de Frey e Tnnchieri, emprimur à Niça, carriera Longchamp.
Couma de gran signour lu nouostre doui councitadin, Menica
Rondelly e Antony Fenouille, an agut un pairinage princié, —
tres pairin, l'esprit (M. Dominique Durandyj, lou fin letrat
(M. Joseph Levrot), e la verva (M. Jean Régis).
Menica Rondelly s'es ajounch un « nouvèu vengut su lou
camin de la musa », Antony Fenouille. Bouona coulabouracioun

�— IOO —

cT« Armanac Niçart » pica dei man ai Beluga nissardi que jà en
aquest'oura ornon la biblioutèca de tout bouon niçart. Bravo !
En asperant d'autri « beluga », amic, abras lèu lou fuec
mnmenès ben la fiarà e una fes de mai faguès repetenà li nouostri
vièii e sani tradicioun !
Lu Terignoun, pèr JÓUSÈ GIORDAN. — Recueil de poésies en
dialecte niçard, avec traduction française en regard, précédé
d'un sonnet de M. Louis GENARI, et d'une composition de
M. PIERRE COMBA. — Nice, Imp. du Commerce.
Lou pouèta niçart, Jóusè Giordan, a fach pareisse au principi
de l'anna»ja 1914 un gènt recuei de pouesia dialctali souta lou
titre i. ajat de : Lu Terignoun.
L' « Armanac Niçart » en counsignant lou libre de Jóusè
Giordan es urons de li presentà li siéu amistousi felicitacioun, es
finda fier d'estre estat lou premié pairin à publicà una bouona
partida de l'obra, au cours de la siéu publicacioun despi 1907.
Lou leiour póu dau resta s'en rendre conte en ligènt la taula
de 1'« Armanac Niçart » ajounoha à la fin.
Jóusè Giordan, coum'un mèstre campanié, s'es mes à l'obra e
terignounea qu'es un plesi. Edicioun ben fâcha, tamben souinada,
sigue au pounch de vista tipografico, qu'au pounch de vista dispousicioun. Acô es de bouona grana ben espintegada. Lou pouèta
fa lou vers emé facilità, es poulit, ciselât, e cenque n'en fa encara
un gran merito, es l'emplec dei vièi mot e esprecioun.
M. l'avoucat Louis Genari, un fin letrat, a escrich pèr l'obra de
Giordan un bèu sonrèt lou quai nen chanja un pau dei préfaça de
counvenènça e souventi fes gaire sinceri. Es un moudèle couma
fourma, e que mi sigue permès, en passant de lou coumplimentà.
De prima man, lou bonon artista Dintre, Pèire Comba, a
dessinât una ouriginala vista de San Dalmas Valdebloura. Bouona
frucha dau terraire doublant lou près dai Terignoun.
Recoumanden Lu Terignoun ai nouostre letour e que lou
pouèta Giordan saupe que 1' « Armanac Niçart » es toujou à la
proua dau bastimen pèr faire floutà lou drapèu de Niça e pèr faire
adourà lou nouostre franc parià !
L'a

ARMANAC NIÇARD ».

�— loi
XXXXXXXXXXXXXXXXXX&gt;S^^

TAULA
DE

« L'^ARMANAC IsLIÇART »
1903-1920

I. —

Annada 1903

Armanac Niçart.
Annuari pèr l'an de gracia 1903, fenoumena, estela, etc...
Salut e Merci !
Frédéric Mistral, pouèta prouvençau (1833 1914)
François Guisol, pouèta niçart (1803-1874)..

5-8
13
42
11 r

Anonymes,
Aliboron. — Divagacioun d'un aë
Liliéu de San Bertoumiéu. — Lou boufèt de D. Maulandi.
Lou couguou
Misé Mion. — Couïna niçarda
Sant Auber. — La nieleta au lart

94
63
81
125
85

AUBANEL (L.)
Odo II d'Anacreoun (trad. dóu grée) en 1840

110

(Communiquée par Frédéric Mistral).

CORINALDI (Edouard)
Souvent dóu Vièi Niça (trad. de J. Eynaudi)

22

DEVOLUY (Pèire)
Envoucacioun à la mountagno
h'Armanac Niçurd

19
88

�— 102 —

EMANUEL (Eugène)
La miéu Bella Niça ! (cansoun)
Lou brandi dóu village
Lou tràu
La pesca

15
49
67
71

EMANUEL (Victor)
(Seguran. — Lou Valai).
Louisoun (vers)
Lou babi e l'ome (vers)
La niera e la frema (vers)
Lou puorc e l'ome (sounèt)

-

46
103
106
123

EYNAUDI (Jules)
(Juli dan Bahazpuc).
Lu doui pàure diàu (faula)
Lou det de Carlo Felice (prosa)
San Miquéu (prosa).
« Lou Cagancio » (cant)
« Lou Terno » (coumèdia en prosa, sèna I")

37
39
50
75
99

GUISOL (François)
La bouquetiera (cansoun)
La païsaneta. — L'argen (cansoun)

113
114

JAUBERT (Eugène)
Crònica felibrenco

116
MARTIN SAYTOUR
91

Nouvé
MISTRAL (Frédéric)
Letra à Juli Eynaudi, autour de la coumèdia Lou Cagancio.
Dins lou Trescamp (vers)

35
43

�— 103 —
ROLLAND (Autoine)
Li doni giba (vers)
Mèstre Salun (monologo)
Lou Puis de Rancher (sounèt)
Picà dau cuòu (vers)
Lu can si venjon (vers)
Lou prougrès e lu feneant (vers)

.
"

17
55
61
62
7*&gt;
97

ROLLAND (Victor)
(Vitor de San Martin).
Lu òu de Miquéu la Buga (prosa)
Vout, souvet e désir (vers)
Li meravia de Niça (prosa)

68
79
47

RANCHER (Rosalinde)
Lou lapin e lou grihèt (faula)
Lou Festin dei Cougourdoun

51
83

(Extrait de La Nemnida).

SAU VAN (Auguste)
Lou revei dóu pouèta (vers)

109

VINCY (René)
Nas reyertegat, fai tirà la mula !....,

IL—

73

Annada 1904

Armanac Niçart.
Annuari pèr l'an de gracia 1904, esclissi. calandari, etc
Aî nouostre Letour e Amie
Fach Chronologique
Clau pèr jugà à la loutaria
Clàu dei persounage de La Nemaida
Per la curious

■ •

4-8
9
13
32
37
41

�:

— I04 —
Anonymes.
Nicaeus. — L'alapia e lou pescadou (faula)
Pica-Tcrra. — Lu dès coumandamen dòu cassaire

n
43

BARBERIS (Fr.)
La blea (cansoun)

17
BIASINI (M1.)

La riquessa dei mot niçart
Lou Rei de la Foulia (cansoun)

30
51

DABRAY
Nouvé

55
EMANUEL (Eugène)

L'iver (cansoun)
Lou fantôme Pellegrin
La boutilla
Lu reveuan,
La chavana

44
45
46
47
48
EYNAUDI (Jules)

Discours dich en Castèu, lu 27 setèmbre, su la toumba de
Rosalinde Rancher (restauracioun)
Doui mot
'
La Niçarda (cansoun i
Lou tfion deman matin (prosa)
Carneval de Niça-la Florida (cansoun)
BMwug afin. — Armourial Nobiliari e Istoric de l'Ancien
Coumtat de Niça e de li Alpa Marítima, de J. Casal.

33
20
21
27
49
57

ROLLAND (Antoine)
( Toina de la Btiffa)
Conferença su lu nas (monologo)
Candidat à la deputacioun

24
52

�— »°5 —

III. —

Annada 1907

Armanac Niçart.

.

Annuari pèr l'an de gracia 1907, fenoumène, calandari... 6-10
Crounica niçarda
*5
Lou vocabulari dei pichoui
35
Anonymes.
La caboula dei pantai
Medecina pèr toui
Tablèu dòu fabet dei Jesuita
Lou libraire e lou païsan
Armanac e publicacioun miejournali
Couina dei lec

• •

"

125
131
132
133
134
l35

ALADERN (Jòusè)
Els palaus del Deus (catalan)

24

CASAL (Joseph)
Armoriai Nobiliaire et Historique de l'Ancien Comté de
Nice et des Alpes-Maritimes
Introduction (J. Eynaudi)
Armoiries de l'Ancien Comté et de la Ville de Nice
Armoiries des Evêques de Nice, comtes de Drap
Armoiries des Familles Niçoises (extrait)

65
67
71
74
81

Planches : A — B — C — D — E — F — G — H — I.

CIAUDO (Charles)
Lou froumai dejouan (prosa)

39

DEVOLU Y (Pèire)
« Lou Terno », coumèdia de Juli Eynaudi (Extrait du
journal Prouvêngo du 7 oct. 1905)

63

ESTIÉU (Pròsper)
Eva (vers)

26

�— ïOé —
EYNAUDI (Jules)
Tounin lou pichoun de l'estrassié Ceiramola (prosa). ...
Lou Clavèu e la Taqueta (vers)
Balada à la F rema (vers)
Pensada de Mèstre Pas_-àu
Vilegiatura (vers)
Lou pous dòu Mascoïnat (prosa)
A la miéu dama (ver*)
• • •
La Fiera (vers)
Istoria dei carriera de Niça
Carriera dòu Gouvernamen
Plaça de la Prefetura
Carriera Papon
Carriera Pacho
Carriera Boyer
Carriera Badat
Carriera Andrioli
Carriera Brea
Carriera Pellegrino
Carriera Papacino
Camera Cassini
Carriera Maraldi
Plaça dòu Marcat ai Erba
Plaça dóu Jesu
Carriera Pairouliera
Lou Proufessour Enri Sappia (mortuoro)
Bibliougrafia
Visita au Fournèu Economique
••••

20
36
45
46
57
5&amp;
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62
99
—
—
101

102
—
io3
—
io4
—
—
i°5
—
106
—
107
m
ir
5
121

FUNEL (Louis)
Pèr camin (sounèt)

23
GASIGL1A (Dr Th.)

Temp viéugut (vers)

27

GIORDAN (Joseph)
(Gardoirì).
Lou vièi pastre (conte de Calèna)
Bouona e urousa (prosa)

53
59

�— 107 —
Mi fes rire (prosa)
Fin de viage (sounèt)

61
109
GUISOL (François)

Epitre en vers niçart

108
MISTRAL (Frédéric)

Letra à M. Juli Eynaudi, autour dóu Temo

63

PERBOSC (Ant.)
Lo Pastenc (sounèt)

25

RANCHER (Rosalinde)
L'Estocafic à la branlada (extrait)

18

RESSÉGUIER (F. de)
Lou curat avisat (prosa), traduch pèr Juli Eynaudi

29

ROLLAND (Antoine)
(Toina de la Bufa).
La cansoun dòu travail..
Loa calabrun (sounèt)
Eternela musica

33
47
97

RONDELLY (Menica)
La rouseta de Nanoun (cansoun)
La paisana niçarda (cansoun)

50
51

SAUVAN (Auguste)
(Gusta dòu PouortJ.
La figa (sounèt)
Illustrations.
Portrait de Juli Eynaudi, foundatour de Y Armanac Niçart.
La Ville et le Château de Nice, en 1610 (Hon. Pastorelli).

31

5
9

�— M&gt;8

—

Portrait de Rosalinde Rancher
Portrait de Menica Rondelly
Planches Armoriai Nobiliaire et Historique de l'Ancien
Comté de Nice et des Alpes-Maritimes, par J. Casai...
Lu dernié moumèn de Pépin Garibaldi

IV. —

29
49
65
113

Annada 1908

Armanac Niçart.
Annuari pèr l'an de gracia 1908, fenoumene e calandari.. 8-12
Crounica Niçarda
,
17
La renaissença dau « Mai »
58
Anonymes.
Viva la rouseia dóu joli mès de mai (cansoun)
Béluga. — Otel de l'Esterèu
Medecina pratica
Cura de li maladia nervoui emb'au pan tai
Li ancieni fiera de Niça
Pèr lu curious
Couina pèr toui
Bibliougrafia niçarda

59
62
65
146
153
154
176
141

ARÈNE (Edouard)
San Joan Chrysostome e lou Demoni

53

AYMARD (Firmin)
La lardiera e la « mésange »

55

CASAL (Joseph)
Armoriai Nobiliaire et Historique de l'Ancien Comté de
Nice et des Alpes-Maritimes (avec planches, documents
et originaux communiqués. (V. année iyoj)
Armoiries de l'Ancien Comté et de la Ville de Nice

93
98

�Armoiries des Évêques de Nice ou nés dans le Comté
Armoiries des familles niçoises
Armoiries des Gouverneurs de Nice

102
106
126

CIAUDO (Charles)
91

Niça ! (vers)..
EYNAUDI (Jules)
Oda à Pépin Garibaldi (1807-1907),
Lou galant'ome 1 prosa)
Souvent de famiha
Paraula d'Evangeli
Sausissoun de Martigue
Lou vièi fourgeiroun
La marcha dei cou-cri (cansoun)
Lou mès dei vènt (prosa)
Istoria dei carriera de Niça
Carriera Sulzer
Quei San Jouan-Batista
Carriera Malounat
Carriera Mascoïnat
Carriera Fodéré

29
40
41
46
48
50
54
60
66
—
—
69
—
7°

FUNEL (Louis)
Lou foùlatoun (sounèt)

49

GASIGLIA (Dr Th.)
Aux mânes de Garibaldi (vers)

Si

GIORDAN (Joseph)
Li pescairis de la regina (prosa)
La sieta (conte)
Un garibaluin
La figa-flou
L'an passat. — Bei Art

64
87
-88
89
92

GUISOL (François)
L«u trompaire trompât (farsa en 1 ate e en vers)

73

�— HO —

JAUBERT (Eugène)
A propos de la Reine-Jeanne de Mistral

22

MARTINY (Louis)
Lettre de la mère de Napoléon Ier à Mgr Colonna d'Istria,
évêque de Nice (document inédit)

31

MENU (Alexandre)
A l'aigla de Niça (vers)

45

MISTRAL (Frédéric)
Lou dourmihous (vers)
Letra à Y Armanac Niçart
Letra à M. Léon Barbe pèr la « Renaissença dau Mai »...

19
56
58

RANCE-BOURREY (abbé A.-J.)
Discours sur le Monastère de Sainte-Claire de Nice, par
Honoré Pastorelli, publié d'après l'édition originale de
Turin (1608), avec une introduction et des notes. —
Pièces justificatives

81

ROLLAND (Antoine)
Redoublegui pèr lu quinsoun (sounèt)
Una cassia, doui pervenca (sounèt)

47
61

SAUVAN (Auguste)
Balada dau Mai

57
VIEIL (Charles)

Soveneusa (vers)
Premiera calignera (vers)

28
33

Illustrations.
Armoirie de Nice
Portrait de M. Honoré Sauvan, maire de Nice
—
de Frédéric Mistral

'.

5
7
19

�— III —

Portrait de la Reine Jeanne
—
de Joseph Garibaldi
—
de Louis Funel
—
de Joseph Giordan
—
dej. G. Sulzer
—
de Fr. Guisol
—
de l'abbé A.-J. Rance-Bourrey
Marque employée par l'imprimeur François Castelli
Portrait de M. G. Tatin, adjoint au maire
Anciennes armoiries de Nice
—
—
emblématiques de Nice
—
—
des Evêquer de Nice
—
—
des Familles niçoises
—
—
des Alberti.
Lettres patentes des Alberti
Armoiries des familles niçoises
Portrait de la comtesse de Mirafiori et de Fontanafredda. .
Armoiries Mirafiori
Armoiries des Gouverneurs de Nice
Marquis de Faverges et de Chablis.
Portrait du gouverneur La Forest (de)
Armoirie

V.—

21
29
49
63
67
71
85
86
95
99
101
103
107
111
113
119
123
125
127
133
140

Annada 1909

Armanac Niçart,
Annuari pèr l'an de gracia 1909
Li principali cultura dau païs
Calandari
Crounica Niçarda
Biougrafia de A.-L. Sardou
Icihioulougia vulgaria
Bibhougrafia

8
11
12
17
50
76
125

ARÈNE (Edouard)
Couma que es prouvât que li a de diàu au paradis

IIJ

�112

BURNAT (Emile)
Biographie de l'abbé Montolivo
CASAL et EYNAUDI
Catalogue alphabétique du fonds de Nice
CASAL (Joseph)
Armoriai Nobiliaire et Historique de l'Ancien Comté de
Nice et des Alpes-Maritimes
Armoiries des anciennes familles niçoises
Planches
—
—
(

113

I_I74

129
131
137

CAIS DE PIERLAS (E.)
Crounica de Jouan Badat

37

COUDRAY (M. de)
Nice vers 1760. — Deux lettres traduites d'après le texte
anglais de Smolett

58

EYNAUDI (Jules)
Biougrafia d'Eugène Emanuel
Balada dei cougourdoun
La pèu dòu peoui
Lou brave mèstre Panlin
Istoiia dei carriera de Niça
Carriera Smolett
— Caissotti
— Colonna-d'Istria
— Drecha
— dei Seraié
— dóu Senat
Letra dau troumbetaire de la villa de Niça souta la
premiera republicà
Au clar de luna
Doui timbre pèr doui sòu

20
34
53
56
65
—
—
66
6j

—
—
79
80
175

FIGHIERA (Eugène)
Une lettre de Louis Durante à M. l'avocat Camous

117

�— ii3 —

FUNEL (Louis)
Mutumbal (sounèt)
L'Arc
L'Adous
La Sirins

72
73
74
75
GASIGLIA (Dr Th.)

Brout rimatat (vers)

29
GIORDAN (Joseph)

Biougrafia d'Ercule Trachel (1820 1872)
La fenestra e lou cubert
Una bella nidagna
,
Signour e pastressa (cansoun emé musica)
La mousca
Biougrafia de l'abat J. Pellegrino
En mountagna (nouvé)
L'an passat. — La XXP Espousicioun enternaciounala de la
« Société des Beaux-Arte de Nice »...

30
32
54
54
63
71
77
123

JAUBERT (Eugène)
Chronique de Provence

22

MENU (Alexandre)
Ritournela malenconica (vers)
Merlitounada (vers)
La caucada (sounèt)

46
51
69

MISTRAL (Frédéric)
Pèr una damiselo de Seloun (en Prouvènco) qu'en francès
me demandavo quaucarèn pèr soun album

21

PADOVANI (Jean)
A Rimiez (vers)
Comèdia (sonnet)

52
57

RANCE-BOURREY (A.-J.)
Le général d'Anselme (notes biographiques)
8

1

85

�— 114 —

Au dejeunà de

1'

RÉGIS (Jean)
« Estocaficada » (26 oct. 1907)

ROLLAND (Antoine)
Lou Castèu de Cremat, en Bellet
Lou cassaire (vers)

172

29
62

SAUVAN (Auguste)
La balade de l'Iver
Proumenada soulitaria (sounèt)

120
176

SARTORIO (Ed.)
Nice-la-Belle (sonnet)

114
VIBOREL'(Frédéric)

Les peintres du Midi. — La Vierge de Miralheti

122

VIEIL (Charles)
Premier bal (vers)
Amor (vers)

47
33

Illustrations.

Portrait de M. Honoré Sauvan, maire de Nice, sénateur...
7
—
M. Eugène Emanuel (1817-1880)
19
—
M. Frédéric Mistral (1830-1914)
22
—
M. Hercule Trachel (1820 1872)
31
—
M. Sardou (A.-L.) 1803 1894
49
Salut, égalité. — Joseph Crescentin, trompette
79
Un volontaire du Var. dessin de Pierre Comba
82
Portrait de M. l'abbé Montolivo (Justin-Ignace), 1809 81. 113
—
M. Sauvan (Auguste
121
—
M. Toselli (J Bte). — Catal. du fonds de Nice. II. 1
—
M. Sulzer (J -G.), 1720-1779
7
Anciennes armoiries de Ni^e.
H
Costume de Nice, poissarde et pêcheur en habit de fête,
d'après une ancienne gravure
19

�— ii5 -

Marque employée par François Castelló qui imprima à Nice
de 1619 à 1626
39
Portrait de Mgr Colonna d'Istria, évêque de Nice (1802-35)
67
—
Joseph Garibaldi..
95
—
Pierre Gioffredo, d'après une ancienne gravure. 101
—
François Guisol (1803-1874)
m
Marque de l'imprimeur Cavallerij (1635)
120
Monument d'André Masséna, à Nice
130
Frontispice du « Rituale e Statuti del Monasterio délie
Monache di Santa Chiara », 1608, d'après l'édition
originale, etc
143
Armoiries emblématiques de la Ville de Nice, croquis
dessiné à la main par Scaliero
175

VI.—

Annada 1910

Armanac Niçart.

Annuari pèr l'an de gracia 1910, fenoumèna, calandari, etc.
Lou jou de l'an à Niça. — Chamada
Crounica niçarda
Bibliougrafia niçarda
Anonymes.

Don Soulina. — Au vintième siècle
Li nouostri tradicioun
G. P. — Au general Pépin Garibaldi
,
Au Counservatori de Musica de Paris (1909)
Mlle Henriette Rostagni (G. J.)
M. Léon Ponzio (E. J.)
,
Curat e evesque
L'esprit dôu païsan

30

33
S1
66

68

ARÈNE (Edouard)
La lune et les deux explorateurs (propos interlunaires)....
Un sourdà francès (nouvela e souveni)... .,

58
75

AYMARD (Firmin)
Pàura pichouna ! (vers)

74

�— né —
CIAUDO (Charles)
Niça 1 (vers)

47

EYNAUDI (Jules)
Lu par vengut (balada)
Pèr la miéu d.una (cansoun), musica de A. Gilli
Maridon la fiha (prosa)
Lou blagaire (balada)
Un pretendut .sage (prosa)
Lou coust dòu lapin (balada)
L'auqueta (balada)

24
31
38
41
44
63
69

FUNEL (Louis)
Lei golifard (sounèt)

60
GASIGLIA (Dr Th.)

Angélus (boutada)

37
GILLI (Joseph)

(Pépin de la Bourgada).

L'incounsciença d'un mera de Villafranca
Una leçoun d'ecounoumia poulitica.,
L'incounvemènt de nuun counouisse lou bretoun

22
$6

81

GIORDAN (Joseph)
A F. Mistral, pèr lou cinquantenari de Mirèio (vers)
L'ouvriereta (vers)
Lou cantica dei cantica (prosa).
Loü mouribound (vers)
Lou brout d'aurangié (conte de Calèna)

20
34
42
64
70

MARTIN (H.)
Lou païsan (vers)

61
MASINI (Edgard de)

A Garibaldi (il 2 giugno) vers
Le maître d'école (vers)

56
80

�MENU (Alexandre)
Rima rimassadi (vers)

32
PADOVANI (Jean)

Tristesse de la Reme Jeanne (prose)
Le lion d'Arles (so met)..
Aux dilettanti provençaux (prose)
Le dernier des grands mystiques (prose)
Les jardins du roi René (sonnets)

28
43
45
62
82

PILATTE (Franck)
La calignera (cansoun), musica de Cinto Tarelli

26

RÉGIS (Jean)
Pèr lu mai (vers)

35
SUPPO (Joseph)

Carlone (Augustin-Théophile) 1812-1873,

Illustrations.
Couverture de T « Armanac Niçart » et vignettes, par
M. Louis Pin, graveur
Portrait de Frédéric Mistral
—
Cinto Tarelli
—
Reine Jeanne
Pèr la miêu dama, cansoun de Aug. Gil H
Portrait de M. Léon Barbe, rénovateur des traditions locales
Concours de • Mai ». — Diplôme souvenir de P. Comba..
Fusièu d'ounour oufert au general J. Garibaldi (don fait
par souscription ouverte à Paris)
Portrait de Joseph Garibaldi
Disegno dell'elsa délia spada offerta dagli italiani à Garibaldi
Portrait de Mlle Henriette Rostagni
—
M. Léon Ponzio
—
Augustin Carlone

I-XXVI

r
20
25
28
31
3r
35
49
51
53
65
67
88

�— i iS

VIL—

Annada 1911

Armanac Niçart.
Annuari pèr Fan de gracia 1911, fenoumèna, calandari, etc.
Gleia parouquiali
Crounoulougia dei evesque de Niça
Crounica niçarda

5
7
8
17

Anonymes.
Placidità
Un bouon counsèu

22
22
CIAUDO (Charles)

Pèr una naissènça (vers)

19

EYNAUDI (Jules)
Lou pelandroun 'sounèt)
&lt;
19
En campagna vers)
26
L'orne que rjgnouola (prosa)
27
Ientron (prosa)
29
La voucacioun (prosa)
35
Dúisl Pounchmn, coumèdia en 1 ate e en prosa niçarda,
préfaça de J. Giordan, illustrations de P. Trachel
1-55
GIORDAN (Joseph)
Un aviatour d'espressi (prosa)
Balada de la pesca
Lou suicidât (prosa)
Mai (vers)
Pasca (vers)

20
23
24
30
30

MASINI (Edgard de)
La cassa dóu ciciribèu (roundèu)

22

�PADOVANI (Jean)
La Reine Jeanne (vers)
Au bord de la Sorgue (sonnet)

31
32

VIRET (Gaston)
Message (vers)
La mer (sonnet)

28
34

Illustrations.

1
TRACHEL (Paul)

Misé Pounchoun (port.). — Vallée du Paillon. — Porte marine.
(planches hors texte)

Vin.—

Annada 191S

Armanac Niçart.
Annuari pér l'an de gracia 1912, fenoumèna, calandari, etc.
Crounica niçarda

5
17

Anonymes.
Nouvè
Cansoun ancien na pèr lou « Mai »

32
24

CIAUDO (Charles)
La cigala dau Bouon Dieu (vers)
Va màu ! (vers)

*...

20
69

EYNAUDI (Jules)
Lou magot de Bertoumiéu Issuga (prosa)
L'avoucat Patta (prosa)

21
68

�120 —

GIORDAN (Joseph)
Niça-la-Bella ! (vers)

67
MASINI (Edgardde)

Le désespoir (vers)

72
PADOVANI (Jean)

La vigne (sonnet)
Valère Bernard (prose)

28
70

PELLEGRINI (Jean Valentin)
Eglises et chapelles de Nice

26

RANCE-BOURREY (abbé A.-J.)
L'expulsion de Mgr Valperga (en septembre 1792)

33

ROLLAND (Antoine)
La mouort dóu pàure Tounin (prose)

27

Illustrations.

Portrait de Pierre Gioffredo

-

16

Armanac Niçart.
Annuari pèr l'an de gracia 1913, fenoumène, calandari, etc.
Crounica niçarda

6
17

A nonymes.
Jouan l'Aë. — Siguesses un armanac
Patusso. — La favour d.iu juge
Le Bourguignon. — Vandales
Mémorandum
Un curat dintre l'embarras

22
23
24
27
95

IX. —

Annada 1913

•

�— 121 —
Pei vulgari de la mar de Niça
Cau que Titoun fasse
Nizza-la-Bella
Bouona respouosta

'

28
30
32
93

CAPATTI (Jean)
Monaco et Monte-Carlo (sonnet)

95

EYNAUDI (Jules)
Lou jouin' ome e lou bouon vièi (d'après Florian)
Lou lioun e lou moussioun (d'après La Fontaine)
Lu doui armanac (d'après Viennet)
Li tres goûta (d'après Rosalta Sandoval)

20
21
91
94

FUNEL (Louis)
Melcart (sonnet)

22
PLANA (Dr J.)

Melcant (revirad en catalan)

23

RANCE-BOURREY (abbé A.-J.)
Installation de Monseigneur Colonna d'Istria, évêque de
Nice (25 fructidor an X, 22 sept. 1802)
I-XLVIII
SAUVAIGO (D" E.)
Noum dei figa, li siéu varietà

92

Illustrations.

Portrait de M. François Malaussena, maire de la ville de
Nice (27 Juin 1860-1865)
L'ancienne église de Saint Dominique
—.
Portrait de Mgr Colonna d'Istria

5
24
35

�—» 122

Armada 1914

X. —

Armanac Niçart.
Annuari pèr l'an de gracia 1914, fenoumèna, calandari, etc.
Lu préfet de li Alpa-Maritima despi l'annessioun
Crounica niçarda
Mortuorum. — M. Vitor Emanuel, M. S. M. Biasini

5
6
19
60

Anonymes.
A la terra dei niçart (vers)
Béluga. — Mesclun

42
63

ARÈNE (Edouard)
Joseph-Albert Bovis (notice biographique)
Viage d'un pàpa au Paradis (conte fantastico)

23
43

CONSTANTIN (M. de)
Curiosités d'archives (communication)

14

EYNAUDI (Jules)
A lou ver... d'aran (balada)
Supersticioun de l'ancien tèms (prosa)
L'estocaficada (balada)

22
35
50

FUNEL (Louis)
Lei volaire (vers)

33
MAURANDI (Victor) ,

Les Grimaldi de Levens (étude historique)

51

MENU (Alexandre)
Touorca blanca (vers)

32

RANCE-BOURREY (abbé. A.-J.)
Le vieux Lycée de Nice (1803-1811), d'après les documents
originaux

65

�123 —
SAUVAN (Auguste)
Istoria de l'estocafic (vers)

$6

Illustrations.
L'abbé Justin-Ignace Montolivo (i 809-1881), conservateur
de la Bibliothèque municipale de Nice (1844-1881)..
M. Louis Martiny (bibliophile niçois)
Armoiries de la ville de Nice (par décret du 6 juin 1881)..
Le vieux lycée de Nice en démolition (novembre 1913)...

.7
17
66
67

XL—

Annada 1920

Armanac Niçart.
Ajudaire de 1' « Armanac niçart »'(1903-1920)
Annuari pèr l'an de gracia 1920, festa moubili, calandari..
Crounica niçarda
Anniversari de Rosalindo Rancher (20 juliet 1919)
J.-Henri Fabre
Dr Alexandre Barèty
Bibliougrafia niçarda
Taula de 1' « Armanac niçart » 1903-1920

2
3
15
47
7°
9°
9^
101

AYMARD (Firmin)
A Rancher (vers)

53
BLANCHI (Màrius)

(Nadir — Wanda — N. B.)
Auba nouvela (prosa)
La legenda dôu rigàu (sounèt)
Lou clouchiè (vers)
Rosa nissarda (vers) Pauline B
Lu doui orne (sounèt)
Lou vièi bastimen (vers)
A Figaro (sounèt)

7
14
20
23
24
42
4^

�= 124
A Rancher (sounèt)
I u Ugonotti (sounèt)
Una aparissioun (isioria veritabla)
La critica envidioua (sounèt)
Traditour (sounèt)
Très, valon mihou ch'un (prosa)
&lt; Nota d'Archivîo », de G. Bres
Counversioun. — Letra de M. Blanchi á J. Eynaudi
Vouoli papà !... (conte de Calèna)
Mestre Paul Chavrier (retrat à la pluma)

53
58
60
65
69
72
75
80
82
88

BORRIAZZI (Victor)
Cachafuec campestre (sounèt)
Ai travaiur dei villa (sonnet)

74
89

DOUBLET (Georges)
Quelques souvenirs des Boches de jadis à Nice

25

EYNAUDI Ouïes)
Manda-mi lou noutari
Lu nas aut (balada)
L'embuscat —
Ai manjaire de candela (balada)

21
59
63
87

FENOUILLE (Antony)
Lou counf ssour counfessat
Li doui maniera

57
64

GIORDAN (Joseph)
L'èure e l'òulivié (faula)
Una descuber ta arqueoulougica
Un famous remedi

13
95
96

JARNACH
La nuit (sonnet)

81
JAUBERT (Eugène)
91

Frédéric Mistral
RANCHER (Pierre)
Lou paire Eterno

81

�— I2J —

RÉGIS (Jean)
Lou Festin dei Cougourdoun (vers)

71

RONDELLY (Menica)
Doui piciouni nova.
Una descuberta plena de giudici

45
55

SALAMITTE (Charles)
La grand'mêre (vers)
Heures de tranchée (vers)

79
97

SAUVAIGO (Delphin)
La naissènsa d'un enfan (boutada umouristica)

66

SAUVAN (Auguste)
Aubada (vers)

56

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          <description>An alternative name for the resource. The distinction between titles and alternative titles is application-specific.</description>
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              <text>Armanac nissart. - 1920 </text>
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              <text>Mediatèca occitana, CIRDOC-Béziers AL 11</text>
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      <description>Jeu de métadonnées internes a Occitanica</description>
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          <name>Portail</name>
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          <name>Contributeur</name>
          <description>Le contributeur à Occitanica</description>
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              <text>CIRDOC - Institut occitan de cultura</text>
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      <name>Conte occitan = Conte occitan</name>
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      <name>Fablas occitanas = Fables occitanes</name>
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      <name>provèrbis e expressions en occitan = proverbes et expressions en occitan</name>
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