<?xml version="1.0" encoding="UTF-8"?>
<item xmlns="http://omeka.org/schemas/omeka-xml/v5" itemId="16604" public="1" featured="0" xmlns:xsi="http://www.w3.org/2001/XMLSchema-instance" xsi:schemaLocation="http://omeka.org/schemas/omeka-xml/v5 http://omeka.org/schemas/omeka-xml/v5/omeka-xml-5-0.xsd" uri="http://occitanica.eu/items/show/16604?output=omeka-xml" accessDate="2026-04-26T17:45:52+02:00">
  <fileContainer>
    <file fileId="99024" order="1">
      <src>http://occitanica.eu/files/original/1b532fa35700b49446a7b03341b5e91d.jpg</src>
      <authentication>35af8ad80b93adfea19d8be280f4a4f9</authentication>
    </file>
    <file fileId="99025" order="2">
      <src>http://occitanica.eu/files/original/614f098363583af4effbe3a7f5b96659.jpg</src>
      <authentication>14fe9698c41b48f7c9bdfeb2eb84f20f</authentication>
    </file>
    <file fileId="99026" order="3">
      <src>http://occitanica.eu/files/original/d0d5e80df40974a25adcdc7be2453062.jpg</src>
      <authentication>127501ae8fe6dcfc7773f7c29afa2e00</authentication>
    </file>
    <file fileId="99027" order="4">
      <src>http://occitanica.eu/files/original/91a38680a693a125869f7d3a303011ef.jpg</src>
      <authentication>1d579eff7f61b69761f70ab35988e4b8</authentication>
    </file>
    <file fileId="99028" order="5">
      <src>http://occitanica.eu/files/original/0282e00c7908738cfa8233f42256eab9.jpg</src>
      <authentication>d8fa51c5152b49fe943ba8d73aa1b5d6</authentication>
    </file>
    <file fileId="99029" order="6">
      <src>http://occitanica.eu/files/original/cd0af855856e67f82b9a1116a21d2ed3.jpg</src>
      <authentication>37f28d726fd31a7bdb8b791340c6c638</authentication>
    </file>
    <file fileId="99030" order="7">
      <src>http://occitanica.eu/files/original/f81f3078eb31f737c2d9980376f82ed3.jpg</src>
      <authentication>d2238310563daa30cc9221e7b1da7322</authentication>
    </file>
    <file fileId="99031" order="8">
      <src>http://occitanica.eu/files/original/679a0a98a6a2439dcb89572f5a170f31.jpg</src>
      <authentication>a5649c444b7fd5cf6baf5fd3f5d084c7</authentication>
    </file>
    <file fileId="99032" order="9">
      <src>http://occitanica.eu/files/original/957edeaeaf4c91d9ec93f64c0c57dd29.jpg</src>
      <authentication>5407d7b51178d20ff56b55b06574e941</authentication>
    </file>
    <file fileId="99033" order="10">
      <src>http://occitanica.eu/files/original/f6f98064dc1a93af3427997050d408dd.jpg</src>
      <authentication>a88e4f80c5cc20445f50978c6827eb8b</authentication>
    </file>
    <file fileId="99034" order="11">
      <src>http://occitanica.eu/files/original/3c013c708ede8388d9398792866a475d.jpg</src>
      <authentication>e6af0eeb11a11eb31f91e9cd04b94164</authentication>
    </file>
    <file fileId="99035" order="12">
      <src>http://occitanica.eu/files/original/d31a067a1c0fd767320ff4aa484da51e.jpg</src>
      <authentication>f9fd8033f473b0e0f195de2e6872a4d8</authentication>
    </file>
    <file fileId="99036" order="13">
      <src>http://occitanica.eu/files/original/03e9da481f6a746d7cbec8256d12da93.jpg</src>
      <authentication>dd5fbebec32ef0c1f51e14fadb04ac90</authentication>
    </file>
    <file fileId="99037" order="14">
      <src>http://occitanica.eu/files/original/b3c90a73639c51db83b6a9f47a0b72dc.jpg</src>
      <authentication>ee3b947f132275da2c67bb829f95e44c</authentication>
    </file>
    <file fileId="99038" order="15">
      <src>http://occitanica.eu/files/original/235edf46b7ffcc7a07091f469bc61195.jpg</src>
      <authentication>36052717eb1b2863d8d798c6a784dbdf</authentication>
    </file>
    <file fileId="99039" order="16">
      <src>http://occitanica.eu/files/original/2aa8aa4955e1cbca2f8043eee2500580.jpg</src>
      <authentication>1eb83dca100363064f545b5834ed3d72</authentication>
    </file>
    <file fileId="99040" order="17">
      <src>http://occitanica.eu/files/original/c75aa5848fee3774b77f76b3be7333ef.jpg</src>
      <authentication>19d3c46c1d4f592994103c8a4ebd5df6</authentication>
    </file>
    <file fileId="99041" order="18">
      <src>http://occitanica.eu/files/original/d6ed19ff7ab570d28b4bdd376eb2fc66.jpg</src>
      <authentication>51cae471aefdcfba55460ff634bb2692</authentication>
    </file>
    <file fileId="99042" order="19">
      <src>http://occitanica.eu/files/original/b833fcbeac33e1232192289064333072.jpg</src>
      <authentication>8c41c5f187e09570aecc8b7d3d6ce8ad</authentication>
    </file>
    <file fileId="99022" order="20">
      <src>http://occitanica.eu/files/original/093bc45c123f47d720448010879a25d1.xml</src>
      <authentication>b7c9b0f9a1b25c983bd704d8ed3e5f17</authentication>
    </file>
    <file fileId="99023" order="21">
      <src>http://occitanica.eu/files/original/271d45df2045c1c453bc2420c05f1c26.pdf</src>
      <authentication>7d0058879a9bba99a36cf4194dd88922</authentication>
      <elementSetContainer>
        <elementSet elementSetId="9">
          <name>PDF Text</name>
          <description/>
          <elementContainer>
            <element elementId="175">
              <name>Text</name>
              <description/>
              <elementTextContainer>
                <elementText elementTextId="613066">
                  <text>�Les principautés dans le Midi de la France au XII e siècle :
comtes de Toulouse, vicomtes Trencavel et autres seigneurs
La région située entre la Garonne et le Rhône, au sud du massif central, appartient
pleinement au royaume de France, mais depuis le milieu du X e siècle jusqu’au milieu du XIIe siècle,
c’est une région sans roi. À partir de 944, le roi ne s’occupe plus de ce Midi et les princes méridionaux
l’ignorent. La réorganisation du pouvoir à l’époque féodale s’effectue donc sans le roi. Ce dernier ne
revient dans le jeu qu’à partir du milieu du XIIe siècle, à un moment où les pouvoirs supérieurs
tentent de reprendre la main sur les seigneurs féodaux. Il va s’agir ici de dresser un tableau du jeu des
différents pouvoirs en l’absence de roi, et de suivre le développement et l’évolution des grandes aires
de domination jusqu’au XIIe siècle. Qui détient donc le pouvoir ? Comment s’exerce-t-il ? Sur quels
territoires ? Et, in fine, comment peut-on expliquer l’engrenage qui mène à la croisade ?

I. Les cadres du pouvoir dans la première moitié du XII e siècle
LES PRINCIPAUTÉS
Les grands ensembles territoriaux appartiennent à la province ecclésiastique de Narbonne, mais
aussi au sud de la province de Bourges (figure 1). Les diocèses sont ceux de Toulouse, Carcassonne,
Narbonne, Béziers, Agde, Lodève, Maguelone, Nîmes et Uzès (province de Narbonne) et ceux de
Cahors, Albi, Rodez et Mende (province de Bourges). Dans cet espace, ce sont les comtes qui
constituent la strate supérieure de l’aristocratie régionale. L’institution comtale a été généralisée et
systématisée par les Carolingiens. Ceux-ci ont délégué leur pouvoir à des comtes dans tous les
comtés, qui sont des entités territoriales qui correspondent assez parfaitement dans le Midi aux
diocèses, sauf dans le grand diocèse de Narbonne, où il existe un comté sans évêque, le comté de
Razès.
À l’époque carolingienne, des comtes sont nommés dans tous les comtés : ils sont les
représentants du pouvoir royal, ils détiennent leur fonction par délégation, ils sont désignés et
peuvent être destitués par le roi. À partir du X e siècle cependant, les comtes acquièrent une certaine
autonomie à cause de la distance avec le centre du pouvoir et celle-ci devient complète avec la fin des
interventions royales (944). Il devient impossible pour le roi de nommer ou destituer des comtes : le
pouvoir comtal est désormais héréditaire et des dynasties se constituent, les comtes détiennent le
pouvoir dans chaque cité de concert avec l’évêque, parfois en accord avec lui, parfois en concurrence.
À côté de ces pouvoirs comtaux, la grande nouveauté qui marque le X e siècle, c’est l’affirmation
des pouvoirs vicomtaux. À l’origine, le vicomte est un auxiliaire ou un lieutenant du comte, un vicecomte. Dans le courant du Xe siècle, ces vicomtes se sont ancrés dans leur cité et la charge est devenue
elle aussi héréditaire. Le pouvoir comtal s’est trouvé de plus en plus concurrencé par celui de ces
anciens lieutenants. Certaines de ces lignées vicomtales ont duré deux ou trois générations puis ont
disparu, comme celle des vicomtes de Lodève, ou comme la première dynastie des vicomtes de
Béziers-Agde, d’autres ont perduré beaucoup plus longtemps.
1

�COMTES ET VICOMTES
Il y a tout d’abord au premier rang, une dynastie de « cumulards », ceux que l’on appelle les
comtes de Toulouse, par facilité. De fait, ils sont comtes d’une dizaine de comtés, outre Toulouse :
Cahors, Rodez, Albi, Narbonne, Béziers, Agde, Lodève, Nîmes et sans doute Uzès. À côté d’eux,
subsistent peu de concurrents de niveau comtal : dans le diocèse de Maguelone, il y a une dynastie
qui se fait appeler comtes de Melgueil ou de Substantion — ce comté est un cas particulier, la cité
épiscopale n’y coïncidant pas avec le centre du pouvoir comtal. Cette dynastie est ancienne et
prestigieuse, riche grâce à la monnaie qu’elle contrôle, le denier melgorien qui irrigue les échanges
dans tout le Languedoc. Mais aux Xe-XIe siècles, les principaux rivaux des Raimondins sont les
comtes de Carcassonne. Ceux-ci détiennent les comtés de Carcassonne et de Razès, mais aussi une
partie du Comminges et du Couserans, et ils ont acquis par mariage le titre de vicomtes de Béziers et
d’Agde. Ils contrôlent aussi le Minervois et le sud du Toulousain — ce qui va devenir le comté de
Foix, qui n’existe pas encore. Ils ont constitué aux X e-XIe siècles un pôle de résistance au pouvoir des
comtes de Toulouse, prenant en écharpe tout le piémont pyrénéen. Mais ces comtes de Carcassonne
disparaissent dans les années 1060-1070, au milieu d’épisodes mal élucidés de guerres internes.
Le pouvoir supérieur est aussi représenté par les vicomtes, qui se sont ancrés dans leur cité. Il s’agit
à Narbonne, de la lignée des vicomtes de Narbonne ; dans le sud du Rouergue, des vicomtes de
Millau ; et surtout de ceux que l’on appelle les Trencavel qui sont à l’origine vicomtes d’Albigeois
(avec Ambialet pour base) et vicomtes de Nîmes.

2

�LES POUVOIRS AU DÉBUT DU XII E SIÈCLE
Le pouvoir des comtes est vacillant. On assiste en effet à une crise générale des pouvoirs princiers,
en particulier au plus haut niveau, au niveau comtal. Dans la deuxième moitié du XI e siècle, a lieu
une exacerbation des conflits à l’intérieur des groupements lignagers. Il s’agit d’une conséquence de
la territorialisation des pouvoirs : chaque lignage s’ancre dans un territoire et entre en conflit avec ses
voisins. C’est particulièrement clair dès le deuxième tiers du XI e au sein de la dynastie des comtes de
Carcassonne qui disparaît en tant que telle. Seules subsistent une branche du lignage qui fonde la
dynastie des comtes de Comminges (qui va perdurer jusqu’au début du XV e siècle) et une autre
branche qui s’installe à Foix et crée un nouveau comté ; ou plutôt, les membres de la dynastie des
comtes de Carcassonne qui tenait le pays de Foix commencent à partir des années 1060 à se dire
comtes de Foix (comtes d’un comté qui n’existait pas auparavant). Eux aussi auront une longue
postérité avec la captation de l’héritage de la vicomté de Béarn à la fin du XIII e siècle, puis par l’union
avec la dynastie des rois de Navarre à la fin du XVe siècle.
Dans le reste des domaines des anciens comtes de Carcassonne, l’histoire est plus compliquée. Les
comtes de Barcelone se rendent maîtres des titres de comte de Carcassonne et de Razès dans les
années 1060-1070, mais le pouvoir effectif y passe aux mains des vicomtes Trencavel, qui ne peuvent
cependant revendiquer que les titres de vicomtes de Carcassonne et de Razès. Les Trencavel héritent
aussi du titre de vicomtes de Béziers et d’Agde. Cette captation de l’héritage comtal carcassonnais est
la conséquence du mariage du vicomte Raimond Bernard Trencavel avec Ermengarde, descendante
des derniers comtes de Carcassonne. Donc, à partir de la fin du XI e siècle, les Trencavel sont

3

�vicomtes de six vicomtés, mais pour Albi, Nîmes, Béziers et Agde leur seigneur supérieur est le comte
« de Toulouse », et pour Carcassonne et Razès, c’est le comte de Barcelone .

Du côté de Melgueil, le pouvoir comtal s’affaiblit progressivement dans le courant des XI e et XIIe
siècles : il est en butte à la montée en puissance de la lignée de seigneurs de Montpellier ; il disparaît
dans le deuxième tiers du XIIe.
Qu’en est-il pour les comtes de Toulouse ? Ils pourraient sembler au faîte de leur puissance avec
Raimond IV de Saint-Gilles, l’un des chefs de la Première croisade. Celui-ci est parvenu à réunir tous
les comtés de ses ancêtres, dispersés entre diverses branches de la famille : il a repris le comté de
Rouergue dans les années 1060, et il a évincé son frère Guilhem IV qui disparaît dans des
circonstances inconnues en 1093. Il est désormais comte d’une dizaine de comtés, depuis Toulouse
et le Quercy jusqu’à Rodez, et sur la côte languedocienne jusqu’au grand port de Saint-Gilles ; il a de
plus hérité de droits sur le comté de Provence. Mais il part en Terre sainte en 1096, laissant en
Occident le pouvoir à son fils Bertrand.
Si l’on peut parler de crise, c’est que le début du XII e siècle est très compliqué pour la dynastie
toulousaine. Les titres comtaux à Albi, Béziers, Agde ou Narbonne ne semblent plus que nominaux,
ce sont les vicomtes qui détiennent la réalité du pouvoir. Le sud du Toulousain leur échappe par la
création du comté de Foix. Ils sont menacés dans Toulouse même par les revendications des comtes
de Poitiers et ducs d’Aquitaine, qui se prétendent comtes de Toulouse et qui ont pris possession de la
ville en 1097-1099, puis de 1108 à 1119 environ. À Rodez, sans que l’on sache très bien comment, le
titre comtal passe à la lignée des vicomtes de Millau : les comtes auraient peut-être vendu le titre. Les
4

�comtes raimondins détiennent désormais une principauté écartelée entre l’ouest (Toulouse) et l’est
(Saint-Gilles et Avignon), sans unité, coupée en deux par les terres de barons qui leur sont le plus
souvent hostiles.
COMMENT EXPLIQUER CETTE FAILLITE DES POUVOIRS COMTAUX ?
Il semble que deux facteurs décisifs sont à prendre en compte. Tout d’abord, la crise du pouvoir
comtal est une conséquence de la féodalisation de la société, et de l’instauration de nouveaux
rapports de pouvoir fondés sur les liens féodo-vassaliques. Ensuite, les pouvoirs laïques ont été
ébranlés dans certains de leurs fondements par la réforme grégorienne. La crise des pouvoirs comtaux
trouve une de ses causes dans la prolifération des châteaux et l’apparition d’une aristocratie
châtelaine. Ce phénomène est une évolution au long cours qui est à l’œuvre en Languedoc depuis la
fin du Xe siècle ; elle fait sentir pleinement ses effets fin XI e-début XIIe. On voit en effet apparaître
une aristocratie châtelaine qui ancre son pouvoir sur un château et qui constitue une seigneurie
autour de celui-ci. Deux marqueurs cette évolution peuvent être soulignés. Tout d’abord, les cadres
territoriaux du pouvoir se transforment : jusqu’au XIe siècle à l’échelle inférieure au comté, on voyait
mentionnées des circonscriptions inférieures appelées vigueries ou ministerium ; elles constituaient la
base du maillage du territoire au niveau inférieur au comté. À partir de la deuxième moitié du XI e
siècle, ces vigueries disparaissent complètement de nos sources. Le cadre de référence, c’est désormais
le château, ou le castrum, village fortifié, et son territoire, le mandement, ou parfois la paroisse.
Lorsqu’on a besoin de situer un bien ou une terre, on désigne le terroir par le castrum ou la paroisse,
plus par une viguerie.

5

�Ces châteaux qui se multiplient sont détenus par une forte classe seigneuriale qui enracine son
pouvoir sur eux. C’est ici qu’intervient le deuxième élément qui marque l’évolution : au XIe siècle,
l’aristocratie modifie son anthroponymie, c’est-à-dire la façon de se désigner. Jusque là tous les
individus sont désignés d’un nom unique, Raimond, Pierre ou Arnaud. À partir de la deuxième
moitié du XIe siècle, l’aristocratie modifie la façon de se dénommer : elle ajoute un toponyme à son
nom de baptême, les individus deviennent Sicard de Murviel ou Imbert de Nissan. Dans
l’aristocratie, ce toponyme est un nom d’un château, la référence du nom devient une fortification.
Tout cela est le signe d’une dissémination et d’une territorialisation des pouvoirs ;
l’aboutissement d’une évolution à l’œuvre depuis la fin du X e siècle. Que ces châteaux aient été
construits avec ou sans l’assentiment des comtes et des vicomtes importe finalement assez peu. Ceux
qui les construisent ou se les approprient sont issus de lignages locaux puissants, qui avaient déjà des
pouvoirs localement. Ils sont issus de l’entourage des princes ou de leurs lieutenants, des lignages
secondaires, des héritiers ou des fidèles des anciens viguiers. Ce qui est important, c’est que les
modalités de la matérialisation du pouvoir, de son inscription dans l’espace se modifient. Cela induit
un profond changement : la « castralisation » ou « castellisation » des territoires. Il ne faut pas
pour autant supposer une anarchie ou une prolifération désordonnée. Au fur et à mesure, dans un
phénomène tout à fait concomitant, les réseaux de pouvoir se reconstituent, grâce à la technique
féodale, grâce au fief. À partir du XI e siècle en effet, on conserve pour ces châteaux des serments
féodaux : ils sont l’instrument de la reconstruction des pouvoirs sur de nouvelles bases, de la
reconstitution d’une hiérarchie. Ces serments instaurent des liens de vassalité entre les seigneurs
châtelains et les pouvoirs supérieurs. Le détenteur d’un château qui prête serment reconnaît un
pouvoir supérieur au sien sur le château : il reconnaît que son château est un fief.
6

�L’ancrage d’une domination aristocratique polarisée sur des châteaux est pleinement achevée fin
XI -début XIIe. Il semble que cette évolution a particulièrement affecté le pouvoir comtal, surtout le
pouvoir raimondin. Certains princes ont été plus habiles ou plus rapides que d’autres dans la maîtrise
de ces nouveaux instruments de pouvoir et dans la constitution de réseaux de châteaux. Il semble que
l’aristocratie de niveau comtal ait comme dédaigné ces tractations autour de simples fortifications ;
les comtes avaient en effet bien d’autres moyens d’affirmer leur pouvoir. De fait, il manquera
toujours aux comtes de Toulouse cette base castrale et ces réseaux de fidélités que les Trencavel, par
exemple, mais aussi les seigneurs de Montpellier ont su se constituer au cours du processus de
féodalisation. Il faut dire que les comtes raimondins ont été absents ou incapables d’agir depuis le
départ à la croisade de Raimond IV jusqu’au retour de son fils, Alfonse Jourdain, dans les années
1120.
e

II. Une reprise en mains inachevée
L’évolution du XIIe siècle est marquée par une tentative de reprise en mains par les pouvoirs
supérieurs, en particulier par les comtes de Toulouse, essentiellement sous Raimond V (1148-1194).
Mais ce processus est freiné par les logiques féodales de fonctionnement de la société, avec des liens
féodo-vassaliques complexes et extrêmement intriqués, ainsi que par les effets pratiques de la réforme
grégorienne et des premières initiatives de l’Église contre l’hérésie.
LES LIENS FÉODO-VASSALIQUES
Les liens féodo-vassaliques ne doivent pas être pensés comme une pyramide qui remonterait des
petits seigneurs jusqu’au roi. On a déjà dit que le roi est absent du Languedoc, il ne recommence à
s’intéresser un peu au Midi qu’à partir de Louis VII dans les années 1150, mais il n’a aucune place
dans la féodalité languedocienne, ni dans la hiérarchie féodale. Il faut tout d’abord réaffirmer le rôle
central du château. Celui-ci est devenu le lieu de vie de l’aristocratie, et même sa référence identitaire
puisqu’elle en prend le nom. Il constitue le centre du pouvoir de l’aristocratie sur la paysannerie. Il ne
sera pas question ici de cet aspect, qui est un autre sujet, mais il ne faut pas oublier que le mot latin de
castrum désigne à la fois le château et l’habitat villageois fortifié qui s’organise autour de lui. C’est un
centre de perception des redevances foncières, c’est aussi le lieu d’exercice des pouvoirs judiciaires du
seigneur dans le cadre de la seigneurie.
Surtout, le château est la base des relations de fidélité et de vassalité qui structurent l’aristocratie.
À partir du XIe siècle, on voit apparaître dans la documentation des serments de fidélité pour des
châteaux : on a conservé plusieurs centaines de tels serments pour tout le Midi des XI e et XIIe siècles.

7

�De quoi s’agit-il ? On trouve dans ces textes l’engagement d’un homme envers un autre à propos
d’un château. Il lui promet de ne pas le tromper, de ne pas enlever le château à son autorité, de le lui
rendre à toute semonce et de lui fournir une aide.

8

�C’est ainsi qu’est exprimée la vassalité en Languedoc, beaucoup plus que par l’hommage, qui n’est
pas inconnu mais qui n’est pas essentiel. De fait, ces centaines de textes expriment un fait
fondamental : celui qui prête serment reconnaît sur le château une autorité supérieure à la sienne. Ce
qui est central, c’est la promesse de rendre le château à toute semonce, cela fait du château un château
jurable et rendable, c’est-à-dire un fief. Celui qui le jure n’a sur le château qu’une détention médiate.
Dans la société féodale du Midi du XII e siècle, toute la hiérarchie des pouvoirs est basée sur ces
relations interpersonnelles, sur le « lien d’homme à homme ». Cela signifie que le serment et la
reconnaissance du seigneur doivent être renouvelés à chaque génération.
Ces pratiques ont permis la constitution de réseaux féodo-vassaliques. À chaque serment, le
seigneur supérieur acquiert un fidèle, un vassal. La vassalité ne préexiste pas au serment et elle n’est
pas absolue : elle est toujours relative à un fief, à un château. Cette vassalité repose en Languedoc plus
sur des serments et sur des textes, que sur des rites. Le vassal s’engage clairement à l’aide et au conseil
envers son seigneur supérieur ; et à lui rendre son château en cas de semonce. Cela veut dire aussi que
ce qui a été promis par un serment peut être modifié par un autre serment : ce qui apparaît dans le
cas du château de Bernis en Nîmois. On conserve des serments aux vicomtes Trencavel pour ce
castrum depuis la fin du XIe siècle ; mais en 1138, les seigneurs se tournent vers Alfonse Jourdain,
comte de Toulouse, et lui font serment ; après la paix de 1143, le château est à nouveau juré aux
Trencavel. Les principautés féodales méridionales sont donc construites sur ces innombrables
serments. Les vicomtes, les seigneurs grands et petits se constituent ainsi des troupes de vassaux.
Mais aussi les serments nous révèlent une autre complexité : chaque château a rarement un vassal
unique. On rencontre le plus souvent des groupes de seigneurs qui prêtent serment, des coseigneurs.
Chaque château connaît de fait sa propre situation de seigneurie : la métaphore de la pyramide
féodale ne fonctionne pas. La féodalité en Languedoc donne une image de réseaux de fidélité
9

�enchevêtrés et coalescents, sans cesse en mouvement. Chaque seigneur gagne de nouvelles fidélités,
mais aussi il peut en perdre : tout se construit dans un rapport de forces permanent, à chaque
génération. La vassalité et le fief ont donc permis de construire des principautés féodales, mais
l’ensemble est marqué par une grande instabilité. Dans un contexte de guerre entre les grandes
alliances, pour ou contre Toulouse, pour ou contre Barcelone —comme c’est le cas pendant tout le
XIIe siècle—, les réseaux sont mouvants au gré des revirements, même et surtout au plus haut
niveau : les Trencavel ont eux-mêmes tour à tour prêté serment à leurs deux seigneurs, leurs seigneurs
« naturels » les comtes de Toulouse et leurs seigneurs « contractuels » les comtes de Barcelone.
La technique féodale a permis de construire des hiérarchies mais non de les stabiliser. En
Languedoc, aucun roi, aucun prince n’a pu s’imposer radicalement aux autres et réordonner audessous de lui la hiérarchie féodo-vassalique.
LA TENTATIVE DE REPRISE EN MAINS PAR RAIMOND V
Le comte de Toulouse Raimond V a mené une grande offensive à la fois sur le terrain, mais aussi
sur un plan symbolique pour restaurer son autorité supérieure. Ce comte est le petit-fils du
Raimond IV de la Première croisade et le fils d’Alfonse Jourdain. Au moment où il hérite des
domaines de son père, Raimond V n’est pas en position de force, loin de là. Alfonse Jourdain avait
subi plusieurs échecs dans la grande guerre méridionale (dans l’affaire de Narbonne en 1134 ou face
aux Trencavel en 1142-1143). Raimond parvint à retourner la situation : en 1153, il obtient une
nette victoire sur Raimond Trencavel qu’il fait prisonnier, en compagnie d’autres barons procatalans comme Guilhem VII de Montpellier. Cette victoire est certainement fondatrice ; on n’en
connaît malheureusement pas les circonstances, ni où elle eut lieu, mais ce fut un franc succès pour le
nouveau comte face à une forte alliance. Le véritable coup de poker du comte de Toulouse fut
cependant son mariage avec Constance, fille de Louis VI et sœur de Louis VII. Cette alliance eut lieu
juste après le remariage d’Aliénor d’Aquitaine avec Henri II Plantagenêt. Le but de l’opération
semble clair : Raimond V était pris en tenaille par deux rois : le roi d’Angleterre, héritier des
prétentions sur Toulouse des ducs d’Aquitaine, et le roi d’Aragon successeur des comtes de
Barcelone. Il n’a trouvé d’autre solution pour résister que de s’allier avec un troisième roi. Ainsi se
profile une alliance France-Castille-Toulouse pour s’opposer à la coalition anglo-aquitaine (et Anjou
et Normandie) avec la couronne d’Aragon-Catalogne, forte de l’alliance de la majorité des barons du
Midi. Ce mariage fut bien utile au Toulousain pour contrer une nouvelle offensive en 1159 : le siège
de Toulouse fut levé à l’arrivée du roi de France. L’alliance française a prouvé son efficacité,
Raimond V entreprit alors une reconstruction politique et une restauration du pouvoir comtal.
Le premier aspect de cette reconstruction politique est l’accroissement du domaine. La contreattaque de Raimond V commence par les vicomtés du Toulousain. Dans les années 1170, il parvient
à éliminer les dynasties les plus gênantes : celle des vicomtes de Bruniquel et celle des vicomtes de
Toulouse. Il arrive ainsi à rétablir l’autorité comtale au cœur d’un de ses domaines principaux. On
peut estimer qu’il est bien tard : les comtes de Barcelone ont effectué la même opération à peu près
un siècle plus tôt, au milieu du XI e siècle. Ils sont depuis maîtres incontestés du comté de Barcelone.
Même si l’entreprise est tardive, elle est cependant couronnée de succès : en 1180, Raimond V
nomme un bayle comtal au château de Bruniquel et il prend possession des terres des Bruniquel :
elles constitueront l’apanage de Baudouin, le fils cadet de Raimond V et de Constance. La deuxième
attaque est lancée de l’autre côté de ses possessions : Raimond V voit un de ses vassaux capturer le
vicomte Trencavel qui détenait Nîmes et Agde, Bernard Aton VI. Ce dernier est alors soumis à une
énorme rançon qu’il ne peut payer : il est contraint de céder la vicomté de Nîmes en contrepartie.
10

�Après deux siècles d’absence, le comte de Toulouse reprend donc pied à Nîmes, et il ajoute
immédiatement le titre de comte de Nîmes dans sa titulature officielle. En revanche, il n’arrive pas à
rééditer l’opération sur Agde, malgré ce que semble démontrer une série de chartes de la fin du XII e
qui sont des faux produits après la Croisade albigeoise, comme l’a démontré Pierre Chastang. Le
vicomte Bernard Aton VI conserve de fait son titre de vicomte d’Agde jusqu’à ce qu’il le cède à
Simon de Montfort en 1214. Dernière opération d’envergure de Raimond V sur le front politicomilitaro-matrimonial : il s’empare de l’héritage du comté de Melgueil par le mariage de son fils, le
futur Raimond VI, avec Ermessinde, l’héritière du comté. Cela lui permet d’acquérir un certain
nombre de forteresses en Bas-Languedoc, dans une zone où il était particulièrement faible ; et
surtout il prend désormais une part des profits de l’atelier monétaire de Melgueil, la plus forte
monnaie du Languedoc féodal.
Le bilan est donc un accroissement réel des possessions comtales directes sous Raimond V. En
quarante ans, il est parvenu à reprendre une partie du terrain perdu dans les cent cinquante ans
précédents. Il est parvenu à constituer deux blocs compacts de possessions à l’ouest (Toulousain et
Bas Quercy) et à l’est (Saint-Gilles, Beaucaire, Nîmes, Avignon).
Le deuxième champ d’action de Raimond V est la réorganisation interne de ses domaines. La
mouvance des Raimondins est mobile et fluctuante, comme toutes les mouvances, mais Raimond V
renforce sa base castrale, en particulier en Toulousain et Bas-Quercy, avec les fortifications de
Moissac, Gandalou, Castelsarrasin, Montech ou Verdun. Son père avait fondé Montauban en 1144
pour reprendre la main sur l’abbaye de Saint-Théodard, lui même fonde Grisolles en 1155. Il
organise aussi une ligne de défense face à l’Agenais, autour de Lauzerte, Montcuq, Montaigu,
Touffailles, Beaucaire et Miramont ; et l’Agenais sera finalement acquis sur l’Aquitaine par mariage
en 1196, juste après sa mort. Il prend aussi possession des castra des comtes de Melgueil, puis des
vicomtes de Nîmes. Un autre point d’ancrage de son pouvoir est le Venaissin : dans le couloir
rhodanien, le comte tient fermement une série de châteaux : Pont-Saint-Esprit, Bollène,
Mondragon, Mornas. La grande étendue de ses domaines conduit ensuite Raimond V à nommer des
agents pour le représenter. Il désigne des viguiers en Bas-Quercy, à Montauban, Moissac ou
Castelsarrasin, mais on ne rencontre aucun officier comtal en Albigeois et en Rouergue : on trouve
seulement un viguier comtal à Bruniquel, après la reprise en mains de la vicomté. Le comte nomme
aussi des agents à Nîmes (des bayles puis des viguiers) ainsi qu’un bayle à Beauvoisin ancien castrum
vicomtal ; de même à Mauguio. C’est surtout dans le Bas-Rhône que la présence comtale est la plus
tangible, essentiellement dans le Venaissin avec un viguier à Avignon et un bayle à Vaison.
L’offensive la plus marquante de Raimond V est cependant à trouver sur le plan symbolique. À
partir des années 1150, on peut en effet reconstituer ce qu’il est légitime d’appeler une campagne de
propagande. Le comte est alors est entouré par d’éminents juristes, dont le célèbre Raoul de SaintGilles, l’auteur du Codi, une compilation de droit romain en occitan. Cette campagne exprime une
idéologie princière fondée sur la paix et la justice, c’est-à-dire les attributs du pouvoir souverain, dans
une veine à la fois traditionnelle, avec des réminiscences carolingiennes, et savante avec un usage
raisonné du droit romain. Plusieurs manifestations de cette nouvelle mise en scène de son pouvoir
peuvent être relevées. Il se donne une nouvelle titulature : la triple titulature de « comte de
Toulouse, duc de Narbonne et marquis de Provence ». Il s’agit là d’une re-création de Raimond V et
de son entourage, avec la remise à l’honneur de titres anciens tombés en désuétude comme duc et
marquis, références éminemment archaïsantes. Mais cette titulature marque aussi la difficulté à
11

�qualifier son pouvoir au-delà du niveau comtal : il est un « plus que comte » car comte de dix
comtés, mais aucune titre ne marque cette supériorité, la revendication du titre ducal sur Narbonne
étant simple prétention. Deuxième élément de cette campagne, Raimond V se dote d’un sceau. La
première attestation date de 1156, mais celui-ci n’est connu que par des descriptions. Au revers, il
comporte une figuration équestre qui ressemble à celle qui est présente sur sa bulle (sceau en plomb),
qui, elle, est conservée.

Beaucoup plus intéressant est l’avers de son sceau. L’image en est perdue, mais elle devait
ressembler au sceau de son fils : une représentation en majesté, où le comte est assis, de face, sur une
cathèdre, et surtout avec une épée dégainée sur les genoux.

12

�Laurent Macé a mis en évidence l’influence de Constance, la femme de Raimond V, fille et sœur de
rois de France, dans l’adoption de ce type de sceau. Il ne s’agit pas d’une compétition avec le roi ou
d’une prétention à la souveraineté. Ce type de représentation en majesté doit plutôt être compris
comme un manifeste d’alliance politique avec les Capétiens et d’adhésion à un programme : le prince
est le garant de la paix et de la justice dans ses états, idéologie portée par les Capétiens à partir du
règne de Louis VII, sous l’influence de Suger, reprise par Raimond V et par son entourage de juristes.
Dernier élément de ce riche programme, Raimond V a adopté l’emblème d’une croix, la croix
« occitane » ou « de Toulouse ».

13

�Au XIIe siècle, c’était la croix raimondenque, la croix des Raimond. Laurent Macé a bien montré
que son origine n’est pas languedocienne ou toulousaine, mais provençale : elle apparaît en effet en
Provence dès les années 1140, avant d’être adoptée à l’ouest. Elle rend manifeste que le cœur que la
principauté de Raimond V —là où il réside le plus souvent—, ce sont ses domaines orientaux, en
particulier le Comtat venaissin. Raimond V adopte cette croix comme symbole héraldique sur son
écu, et il la place à l’avers de sa bulle. Cette nouvelle symbolique participe de ce que l’on pourrait
appeler le mirage provençal des comtes de Toulouse.
Ainsi se révèle une véritable entreprise de communication politique, en opposition évidente aux
comtes de Barcelone et aux ducs d’Aquitaine, deux dynasties qui viennent de capter un titre royal, et
dans une alliance claire avec le Capétien, comme si le comte pouvait récupérer par ce biais un peu de
la sacralité des rois de France. Mais sous Raimond V, on peut véritablement parler d’une reprise en
mains inachevée. Sa vaste principauté n’a pas de capitale : les comtes ont fait construire plusieurs
palais où ils séjournent de façon alternée, à Toulouse, c’est le Château Narbonnais, les autres
résidences privilégiées étant Saint-Gilles, Beaucaire, Avignon, Vaison. Ils investissent aussi les anciens
centres de pouvoir comme le palais vicomtal à Nîmes, au sud du castrum des Arènes, et le palais des
comtes à Mauguio. Les comtes n’ont pas non plus de sanctuaire dynastique ou de nécropole
privilégié. À Toulouse, après le divorce entre Raimond V et Constance en 1165, l’échec est patent :
les Toulousains envoient même une lettre au roi de France pour se plaindre de l’absence du comte et
pour lui demander le retour de Constance, leur « bonne reine ». Cet éloignement de leur ville se
solde par une grave révolte à Toulouse en 1188-1189. On n’en connaît pas précisément les raisons,
on ne peut non plus identifier exactement les camps en présence. Il ne nous reste que le témoignage
14

�d’une cérémonie de réconciliation entre le comte et les consuls urbains dans l’église Saint-Pierre des
Cuisines le 6 janvier 1189. Ces troubles dans la cité censée être leur capitale illustrent cependant la
fragilité du pouvoir de Raimond V. Comme l’a souligné Gérard Pradalié, la pression aquitaine et les
revendications des ducs d’Aquitaine sur Toulouse ont accentué le caractère bipartite de la cité
toulousaine. Les comtes n’ont longtemps trouvé leur salut qu’en s’appuyant sur leurs territoires
provençaux.

LE POIDS DES NOUVELLES ORIENTATIONS DANS L’ÉGLISE
La faiblesse générale des pouvoirs laïcs en Languedoc au XII e siècle est aussi dû aux nouvelles
orientations prises dans l’Église : ce sont à la fois les conséquences de la réforme grégorienne et les
débuts de la lutte contre l’hérésie. La réforme dite « grégorienne » a été initiée dans l’Église à partir
du milieu du XIe siècle, mais elle ne n’a fait bien souvent sentir ses effets sur le terrain qu’au XII e
siècle. Le discours grégorien comportait une condamnation radicale de l’osmose entre princes laïques
et prélats qui était de mise au XIe siècle. Les grandes familles détenaient à la fois les titres comtaux ou
vicomtaux et la nomination aux évêchés. Ce n’est pas que l’Église était « aux mains des laïcs »
comme on le disait autrefois, c’est que les grands lignages détenaient à la fois les comtés et les évêchés.
Or l’objectif fondamental des réformateurs a été la lutte pour la liberté de l’Église : ce qu’ils
entendaient par là était la construction d’une structure ecclésiastique autonome dégagée des liens
avec l’aristocratie laïque. Les moyens qu’ont pris les Grégoriens pour y parvenir ont été dévastateurs
pour les pouvoirs princiers : ils les ont privés de leurs bases dans les diocèses. À l’échelle locale,
l’Église a imposé l’élection des évêques par les chanoines : cela a entraîné la fin du contrôle des sièges
épiscopaux par la haute aristocratie. L’action des légats pontificaux a été assez violente et radicale
dans le Midi où ils ont déposé de nombreux évêques, ils ont de fait mis fin à la cogestion des cités
entre comte et évêque, qui était en vigueur jusque là. Cette évolution a été doublement préjudiciable
pour les pouvoirs comtaux : ils ont perdu leur assise ecclésiastique, et les revenus qui allaient avec,
mais aussi cela a entraîné la construction de seigneuries ecclésiastiques autonomes et concurrentes :
par exemple, à Cahors, à Lodève ou à Mende, ce sont les évêques qui sont devenus les seigneurs
supérieurs de la cité. Cette évolution a affecté tous les lignages de la haute aristocratie, et les comtes
au premier chef, mais aussi les plus petits lignages qui se sont vus progressivement dépossédés de leurs
revenus ecclésiastiques. On peut trouver là une des causes de l’appauvrissement de la petite
aristocratie castrale, qui s’est conjuguée avec l’émiettement de leurs droits dans des coseigneuries.
L’autre phénomène qui a marqué le XIIe siècle dans le Midi, c’est la lutte contre l’hérésie. Depuis
les années 1120 en effet, des prédicateurs sillonnaient le Midi et inquiétaient l’Église : les plus
connus, Henri de Lausanne et Pierre de Bruys, prêchaient un christianisme évangélique radical, en
rupture avec l’institution ecclésiastique et la société féodale. Les clunisiens, par la voix de leur abbé
Pierre le Vénérable, et surtout les cisterciens ont réagi immédiatement par des traités dénonçant ce
qu’ils qualifiaient d’hérésie. En 1145, Bernard, abbé de Clairvaux (futur saint Bernard), est venu en
personne dans le Midi mener une mission de prédication pour défendre l’orthodoxie. Le comte
Alfonse Jourdain était directement visé, il fut sans doute à l’origine d’un détournement lourd de
conséquences : il a désigné à saint Bernard l’Albigeois des Trencavel comme le grand foyer de
l’hérésie. Le mauvais accueil que saint Bernard y a reçu, à Lavaur, à Verfeil, à Albi, a eu un écho
durable dans les milieux cisterciens, c’est l’origine du nom d’« albigeois » pour désigner ces
dissidents. Après l’échec du siège de Toulouse (1159), le roi d’Angleterre a organisé la réunion d’un
grand concile à Tours en 1163 : l’hérésie y est décrite et dénoncée. Ce concile convoqué sur les terres
15

�des Plantagenêt manifesta la convergence d’intérêts entre le pape en exil, Alexandre III, et le roi
Henri II. Le 4e canon de ce concile désigne clairement le Toulousain comme la région la plus touchée
par la propagande hérétique. On voit bien, après l’échec de la tentative d’invasion en 1159, les
nouvelles voies empruntées par Henri II dans ses menées contre la principauté toulousaine. Cela
confirme pour tous que le Toulousain et le Midi sont terre d’hérésie.
On rencontre en effet en Languedoc, comme dans d’autres régions d’Occident, la naissance au
XIIe siècle de groupes dissidents qui prônent à la fois un retour à l’évangile (humilité, pauvreté,
itinérance) et un refus des nouvelles formes d’institutionnalisation de l’Église grégorienne (refus de
la médiation des clercs, de la hiérarchie ecclésiastique, des sacrements). Ceux qui se nomment les
« bonshommes » étaient particulièrement actifs dans deux milieux : les élites urbaines qui ne
trouvaient pas dans la liturgie catholique des pratiques de piété adaptées à leurs exigences, et la petite
noblesse castrale, en voie d’affaiblissement, particulièrement touchée par les conséquences pratiques
de la réforme grégorienne (elle se voyait privée de ses revenus ecclésiastiques). Cette dissidence n’est
donc pas au XIIe une religion populaire, mais une pratique élitiste et minoritaire. Jean-Louis Biget a
pu avancer des chiffres entre 5 et 15% des populations dans les zones les plus touchées par ce que
l’Église a dénommé hérésie. Les hérétiques n’étaient sans doute pas plus nombreux en Languedoc
qu’ailleurs, l’offensive de l’Église s’est focalisée sur la région sous l’action des Cisterciens, dans le
contexte du regain d’attention pour ces régions de la part de Louis VII, mais aussi des intérêts
d’Henri II. Le comte de Toulouse Raimond V, conscient de ces enjeux, écrivit en 1177 au chapitre
général de Cîteaux une lettre pour dénoncer l’hérésie qui sévissait sur ses terres, mais surtout sur
celles de ses principaux vassaux, et pour en appeler à l’aide du roi. Le comte désignait en effet
implicitement les Trencavel qu’il n’arrivait pas à réduire à la fidélité par les armes, cependant la
dénonciation était dangereuse en ce qu’elle accréditait l’idée d’une hérésie omniprésente en
Languedoc. Une nouvelle mission ecclésiastique fut envoyée en 1178, composée de cisterciens et de
prélats de l’entourage anglo-normand. Fidèle à sa ligne de défense, Raimond V détourna les membres
de la mission vers l’Albigeois, mais aussi il désigna l’oligarchie toulousaine comme fauteur d’hérésie
(c’est la condamnation de Pierre Maurand, 1178 ).

16

�L’affaire fut ensuite au cœur des discussions du 3e concile du Latran réuni en 1179, qui condamna
par l’anathème les hérétiques et leurs soutiens : le canon 27 contient un appel à prendre les armes et
promet déjà aux défenseurs de l’orthodoxie la rémission de tous leurs péchés, un véritable privilège
de croisade. Il y eut peu d’effets immédiats, mise à part une petite croisade contre Lavaur. L’hérésie
méridionale disparut ensuite de l’actualité dans les vingt dernières années du XII e siècle, jusqu’à
l’élection d’Innocent III au pontificat, à l’échec de la Quatrième croisade et à l’assassinat du légat
Pierre de Castelnau. L’enchaînement de ces circonstances est mieux connu, jusqu’à la bulle de
croisade de 1208, au sac de Béziers à l’été 1209 et à l’élimination du dernier vicomte Trencavel. Les
ressorts de l’engrenage qui mènent à la Croisade contre les « Albigeois » étaient cependant en place
dès les années 1160-1180 : l’identification du Languedoc comme terre hérétique, la dénonciation de
l’impuissance ou de la complaisance des princes et des prélats régionaux, le rôle des cisterciens dans la
construction de l’hérésie. La « conquête » capétienne du Midi fut finalement la conséquence des
luttes pour la formation des premiers États nationaux et de la prise en tenaille de la principauté
toulousaine entre de trop puissants voisins, de la construction d’une théocratie pontificale qui
connut un tournant décisif sous Innocent III, mais aussi des conflits incessants entre les princes
régionaux au XIIe siècle et de l’absence de cohésion de la grande principauté des comtes de Toulouse.

17

�La société a donc été profondément féodalisée aux XI e et XIIe siècles ; les pouvoirs se sont
organisés de façon locale avec des réseaux de fidélité enchevêtrés, à l’échelle de petits pays ou à
l’échelle des comtés, mais aucun prince n’a réussi à les polariser à son profit au niveau régional. Au
milieu du XIIe siècle, le comte de Toulouse Raimond V a tenté de prendre le dessus en imposant sa
puissance supérieure. Son entreprise se solda cependant par un demi-échec, il ne parvint pas à
assujettir la haute aristocratie sous son autorité, en particulier les Trencavel. Il se résolut à faire appel
au roi et à l’Église pour essayer de les réduire, en détournant vers eux les accusations de complaisance
envers l’hérésie dirigées contre lui. La situation à la veille de la Croisade contre les Albigeois est celle
d’un émiettement généralisé des pouvoirs. Dans le contexte de la formation des premiers États
nationaux (français, anglais, catalano-aragonais), la principauté toulousaine fut prise en tenaille entre
de trop puissants voisins. L’absence de cohésion des domaines comtaux et les conflits incessants
entre les princes aboutirent finalement à la défaite des Méridionaux et à la conquête capétienne.
L’histoire de la principauté des comtes de Toulouse est finalement celle d’un État manqué : une
maison comtale dépourvue de capitale, un lignage sans sanctuaire dynastique, une principauté qui
n’a jamais été plus que la somme des comtés. Il a manqué un élément unificateur au-delà de la
personne du prince. Cette principauté est restée à l’état de conglomérat, elle ne parvint jamais à une
homogénéité territoriale, à la différence de la Provence ou de la Catalogne, d’où sans doute
l’insistance générale sur la dynastie des Raimondins et sur la croix raimondine : ce furent des outils
de communication utiles pour valoriser l’image du pouvoir, mais la réalité est restée
fondamentalement atomisée. Le siège de Toulouse de 1159 constitue sans doute le tournant de la
« Guerre de cent ans du XIIe siècle », qui vit s’affronter sur le terrain languedocien les grands
princes européens, et marque le surgissement de motivations qui ne se limitent plus à des litiges
territoriaux, mais qui commencent à impliquer de graves accusations d’hérésie, à l’origine des
bouleversements politiques du XIIIe siècle.

18

�</text>
                </elementText>
              </elementTextContainer>
            </element>
          </elementContainer>
        </elementSet>
      </elementSetContainer>
    </file>
  </fileContainer>
  <collection collectionId="33">
    <elementSetContainer>
      <elementSet elementSetId="1">
        <name>Dublin Core</name>
        <description>The Dublin Core metadata element set is common to all Omeka records, including items, files, and collections. For more information see, http://dublincore.org/documents/dces/.</description>
        <elementContainer>
          <element elementId="50">
            <name>Title</name>
            <description>A name given to the resource</description>
            <elementTextContainer>
              <elementText elementTextId="260537">
                <text>Campus</text>
              </elementText>
            </elementTextContainer>
          </element>
        </elementContainer>
      </elementSet>
    </elementSetContainer>
  </collection>
  <itemType itemTypeId="57">
    <name>Acte de colloque</name>
    <description/>
    <elementContainer>
      <element elementId="129">
        <name>Aire Culturelle</name>
        <description/>
        <elementTextContainer>
          <elementText elementTextId="522257">
            <text>Languedoc</text>
          </elementText>
        </elementTextContainer>
      </element>
      <element elementId="127">
        <name>Région Administrative</name>
        <description/>
        <elementTextContainer>
          <elementText elementTextId="522258">
            <text>Languedoc-Roussillon</text>
          </elementText>
          <elementText elementTextId="522259">
            <text>Midi-Pyrénées</text>
          </elementText>
        </elementTextContainer>
      </element>
      <element elementId="135">
        <name>Zone Géographique</name>
        <description>Région(s) liée(s) à la personnalité/au sujet traité dans l'article</description>
        <elementTextContainer>
          <elementText elementTextId="522260">
            <text>Languedoc</text>
          </elementText>
        </elementTextContainer>
      </element>
    </elementContainer>
  </itemType>
  <elementSetContainer>
    <elementSet elementSetId="1">
      <name>Dublin Core</name>
      <description>The Dublin Core metadata element set is common to all Omeka records, including items, files, and collections. For more information see, http://dublincore.org/documents/dces/.</description>
      <elementContainer>
        <element elementId="50">
          <name>Title</name>
          <description>A name given to the resource</description>
          <elementTextContainer>
            <elementText elementTextId="522240">
              <text>Les principautés dans le Midi de la France au XIIe siècle : comtes de Toulouse, vicomtes Trencavel et autres seigneurs / Hélène Débax</text>
            </elementText>
          </elementTextContainer>
        </element>
        <element elementId="86">
          <name>Alternative Title</name>
          <description>An alternative name for the resource. The distinction between titles and alternative titles is application-specific.</description>
          <elementTextContainer>
            <elementText elementTextId="522241">
              <text>Les principautés dans le Midi de la France au XIIe siècle : comtes de Toulouse, vicomtes Trencavel et autres seigneurs / Hélène Débax </text>
            </elementText>
            <elementText elementTextId="527823">
              <text>Les principautés dans le Midi de la France au XIIe siècle : comtes de Toulouse, vicomtes Trencavel et autres seigneurs / Hélène Débax </text>
            </elementText>
          </elementTextContainer>
        </element>
        <element elementId="41">
          <name>Description</name>
          <description>An account of the resource</description>
          <elementTextContainer>
            <elementText elementTextId="522242">
              <text>&lt;div style="text-align: justify;"&gt;La r&amp;eacute;gion situ&amp;eacute;e entre la Garonne et le Rh&amp;ocirc;ne, au sud du massif central, appartient pleinement au royaume de France mais, depuis le milieu du Xe si&amp;egrave;cle jusqu&amp;rsquo;au milieu du XIIe si&amp;egrave;cle, c&amp;rsquo;est une r&amp;eacute;gion sans roi. &amp;Agrave; partir de 944, le roi ne s&amp;rsquo;occupe plus de ce Midi et les princes m&amp;eacute;ridionaux l&amp;rsquo;ignorent. La r&amp;eacute;organisation du pouvoir &amp;agrave; l&amp;rsquo;&amp;eacute;poque f&amp;eacute;odale s&amp;rsquo;effectue donc sans le roi. Ce dernier ne revient dans le jeu qu&amp;rsquo;&amp;agrave; partir du milieu du XIIe si&amp;egrave;cle, &amp;agrave; un moment o&amp;ugrave; les pouvoirs sup&amp;eacute;rieurs tentent de reprendre la main sur les seigneurs f&amp;eacute;odaux. Il va s&amp;rsquo;agir ici de dresser un tableau du jeu des diff&amp;eacute;rents pouvoirs en l&amp;rsquo;absence de roi, et de suivre le d&amp;eacute;veloppement et l&amp;rsquo;&amp;eacute;volution des grandes aires de domination jusqu&amp;rsquo;au XIIe si&amp;egrave;cle. Qui d&amp;eacute;tient donc le pouvoir&amp;nbsp;? Comment s&amp;rsquo;exerce-t-il&amp;nbsp;? Sur quels territoires&amp;nbsp;? Et, in fine, comment peut-on expliquer l&amp;rsquo;engrenage qui m&amp;egrave;ne &amp;agrave; la croisade&amp;nbsp;?&lt;/div&gt;</text>
            </elementText>
          </elementTextContainer>
        </element>
        <element elementId="39">
          <name>Creator</name>
          <description>An entity primarily responsible for making the resource</description>
          <elementTextContainer>
            <elementText elementTextId="522243">
              <text>Débax, Hélène</text>
            </elementText>
          </elementTextContainer>
        </element>
        <element elementId="45">
          <name>Publisher</name>
          <description>An entity responsible for making the resource available</description>
          <elementTextContainer>
            <elementText elementTextId="522244">
              <text>CIRDOC-Mediatèca Occitana (Béziers)</text>
            </elementText>
            <elementText elementTextId="522245">
              <text>Histoire et Cultures en Languedoc (Nébian)</text>
            </elementText>
          </elementTextContainer>
        </element>
        <element elementId="40">
          <name>Date</name>
          <description>A point or period of time associated with an event in the lifecycle of the resource</description>
          <elementTextContainer>
            <elementText elementTextId="522246">
              <text>2016-10-15</text>
            </elementText>
          </elementTextContainer>
        </element>
        <element elementId="94">
          <name>Date Issued</name>
          <description>Date of formal issuance (e.g., publication) of the resource.</description>
          <elementTextContainer>
            <elementText elementTextId="522247">
              <text>2017-07-06 Marion Ficat</text>
            </elementText>
          </elementTextContainer>
        </element>
        <element elementId="47">
          <name>Rights</name>
          <description>Information about rights held in and over the resource</description>
          <elementTextContainer>
            <elementText elementTextId="522248">
              <text>© Hélène Débax</text>
            </elementText>
          </elementTextContainer>
        </element>
        <element elementId="98">
          <name>License</name>
          <description>A legal document giving official permission to do something with the resource.</description>
          <elementTextContainer>
            <elementText elementTextId="522249">
              <text>Certains droits réservés</text>
            </elementText>
          </elementTextContainer>
        </element>
        <element elementId="46">
          <name>Relation</name>
          <description>A related resource</description>
          <elementTextContainer>
            <elementText elementTextId="522250">
              <text>Vignette : http://www.occitanica.eu/omeka/files/original/1b532fa35700b49446a7b03341b5e91d.jpg</text>
            </elementText>
          </elementTextContainer>
        </element>
        <element elementId="104">
          <name>Is Part Of</name>
          <description>A related resource in which the described resource is physically or logically included.</description>
          <elementTextContainer>
            <elementText elementTextId="522251">
              <text>&lt;a href="http://www.occitanica.eu/omeka/items/show/16602"&gt;Actes du colloque "Les Comtes de Toulouse (XI&lt;sup&gt;e&lt;/sup&gt;-XIII&lt;sup&gt;e&lt;/sup&gt; si&amp;egrave;cle)&lt;/a&gt;</text>
            </elementText>
          </elementTextContainer>
        </element>
        <element elementId="42">
          <name>Format</name>
          <description>The file format, physical medium, or dimensions of the resource</description>
          <elementTextContainer>
            <elementText elementTextId="522252">
              <text>application/pdf</text>
            </elementText>
          </elementTextContainer>
        </element>
        <element elementId="44">
          <name>Language</name>
          <description>A language of the resource</description>
          <elementTextContainer>
            <elementText elementTextId="522253">
              <text>fre</text>
            </elementText>
          </elementTextContainer>
        </element>
        <element elementId="51">
          <name>Type</name>
          <description>The nature or genre of the resource</description>
          <elementTextContainer>
            <elementText elementTextId="522254">
              <text>Text</text>
            </elementText>
          </elementTextContainer>
        </element>
        <element elementId="43">
          <name>Identifier</name>
          <description>An unambiguous reference to the resource within a given context</description>
          <elementTextContainer>
            <elementText elementTextId="522255">
              <text>http://www.occitanica.eu/omeka/items/show/16604</text>
            </elementText>
          </elementTextContainer>
        </element>
        <element elementId="116">
          <name>Temporal Coverage</name>
          <description>Temporal characteristics of the resource.</description>
          <elementTextContainer>
            <elementText elementTextId="522256">
              <text>11..</text>
            </elementText>
          </elementTextContainer>
        </element>
      </elementContainer>
    </elementSet>
    <elementSet elementSetId="8">
      <name>Occitanica</name>
      <description>Jeu de métadonnées internes a Occitanica</description>
      <elementContainer>
        <element elementId="173">
          <name>Portail</name>
          <description>Le portail dans la typologie Occitanica</description>
          <elementTextContainer>
            <elementText elementTextId="610242">
              <text>Mediatèca</text>
            </elementText>
          </elementTextContainer>
        </element>
        <element elementId="174">
          <name>Sous-Menu</name>
          <description>Le sous-menu dans la typologie Occitanica</description>
          <elementTextContainer>
            <elementText elementTextId="610243">
              <text>Campus</text>
            </elementText>
          </elementTextContainer>
        </element>
        <element elementId="172">
          <name>Type de Document</name>
          <description>Le type dans la typologie Occitanica</description>
          <elementTextContainer>
            <elementText elementTextId="610244">
              <text>Colloque</text>
            </elementText>
          </elementTextContainer>
        </element>
        <element elementId="182">
          <name>Catégorie</name>
          <description>La catégorie dans la typologie Occitanica</description>
          <elementTextContainer>
            <elementText elementTextId="641911">
              <text>Ressources scientifiques</text>
            </elementText>
          </elementTextContainer>
        </element>
        <element elementId="171">
          <name>Contributeur</name>
          <description>Le contributeur à Occitanica</description>
          <elementTextContainer>
            <elementText elementTextId="878756">
              <text>Histoire et cultures en Languedoc</text>
            </elementText>
          </elementTextContainer>
        </element>
      </elementContainer>
    </elementSet>
  </elementSetContainer>
</item>
