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                  <text>Philippe GARDY
Max Rouquette et la fabrique des songes
1936-1950 (et au-delà)
Repères, hypothèses, réflexions
sur les processus de création à partir des manuscrits

�Max Rouquette et la fabrique des songes,
1939-1950 (et au-delà)
Repères, hypothèses, réflexions sur les processus de création à partir des manuscrits1

par Philippe GARDY
Communication donnée dans le cadre de la journée d’études

Les manuscrits du poème (1930-1960)

Université Paul Valéry, Montpellier, le jeudi 23 octobre 2014

1 On pourra lire en complément de ce texte ma contribution au numéro 2015 des Cahiers Max Rouquette : « Dau libre dels sòmis… Du livre des
songes… Onze poèmes inédits de Max Rouquette ».

�Les manuscrits permettant d’accéder aux débuts d’écrivain occitan de Max Rouquette sont finalement peu
nombreux. Il s’agit pour l’essentiel, si on laisse de côté le théâtre et les textes journalistiques, de quatre ensembles
actuellement conservés au CIRDOC (Béziers) :
Ms 445 Paraulas per l’erba
Volume composé de 30 ff., 180 x 135 mm
Don Yves Rouquette
http://www.calames.abes.fr/pub/ms/Calames-201481168463962
Ms 435 Somnis qu. III
Volume (cahier d’écolier à grands carreaux) composé de 39 p., 220 x 170 mm
Don Yves Rouquette (1957)
Ce manuscrit comporte des corrections (de la main d’Yves Rouquette ?).
http://www.calames.abes.fr/pub/ms/Calames-20135310533281
Ms 436 Bestiari
1940-1950
Volume (cahier d’écolier à grands carreaux) de 17 ff., 220 x 170 mm
Donné à Yves Rouquette par l’auteur en 1957.
Ce manuscrit comporte des corrections (de la main d’Yves Rouquette ?).
http://www.calames.abes.fr/pub/ms/Calames-201353115146211
Ms 443 Somnis IV
1947
Volume (cahier d’écolier à grands carreaux) de 36 ff., 220 x 170 mm
Ce manuscrit comporte des corrections (de la main d’Yves Rouquette ?).
http://www.calames.abes.fr/pub/ms/Calames-201353105203321
Note d’étape :
On peut émettre l’hypothèse que c’est dans les trois derniers de ces recueils manuscrits qu’ont été puisés
les poèmes figurant en 1963 dans la seconde partie (largement inédite) du recueil composite La pietat dau
matin (soit La pietat dau matin proprement dite, aux pages 31-61). La revue ÒC (n° 195, octobre 1954)
annonçait, dans la liste des volumes à paraître de la collection « Messatge » (« jos la direccion d’Enric Espieu ») :
« En preparacion : Obras de Max Roqueta (Somnis) ». On y annonçait aussi Verd Paradís, à paraître dans la
collection « Pròsa ».
On trouve en outre dans le fonds du Collège d’Occitanie déposé au CIRDOC (CQ 17/12) le manuscrit
autographe non daté d’un (assez long) poème isolé de Max Rouquette, intitulé Canson lunari. On ne sait
pour quelle raison ce manuscrit figure dans ce fonds : Max Rouquette n’a jamais été publié dans la revue liée
au Collège, Lo Gai Saber, il n’a semble-t-il pas davantage concouru dans la section « langue d’oc » des Jeux
floraux toulousains. Ce poème paraît avoir été copié à la fin des années 1930 ou au tout début des années 1940,
alors que Rouquette se trouvait en Provence, essentiellement à Toulon. Les allusions (géographiques ?) trop
vagues que l’on peut y relever ne permettent pas de le situer plus précisément. Mais sa thématique, comme sa
graphie (à mi-chemin entre le système d’Alibert et celui de la revue Calendau), montrent que cette pièce est très

1

�probablement contemporaine de l’écriture des Somnis dau matin ou de peu postérieure à celle-ci1. (Ce poème
n’est cependant pas mentionné dans les échanges de correspondance entre Rouquette et son ami et confident
Henri Frère2).
On peut adjoindre à ces cinq manuscrits :
* le Cahier noir
Conservé jusqu’à sa disparition par l’écrivain, il est aujourd’hui déposé dans le Fonds Max Rouquette de
la Médiathèque Émile Zola de Montpellier (Voir Philippe Gardy, « Le poète et les songes. À propos du
Cahier noir », Cahiers Max Rouquette, n° 7, 2013, 30-37 ; nombreux fac similés). Ce cahier contient des
textes vraisemblablement consignés entre le début des années 1930 et celui des années 1950.
* Un manuscrit (incomplet des deux premiers feuillets) de la prose Pluma que vòla, prose qui devait
prendre place, après plusieurs publications partielles dans la revue ÒC, dans le premier tome de Verd
Paradís (Toulouse, Club du livre occitan, 1962). Ce manuscrit, longtemps conservé par l’écrivain, fit
l’objet d’un don à une personne privée. Il est actuellement entre les mains de Philippe Gardy (édition en
préparation). Ce manuscrit est contemporain de l’écriture de Pluma que vòla, si l’on se fie aux indications
fournies par Max Rouquette à son sujet (soit « à bord du Cuirassé Courbet / été 1935 »)
* Les deux derniers feuillets (numérotés 28 et 29) de ce qui fut sans doute la première version manuscrite,
mise au net, de ce qui s’appelait alors Sicret de l’erba et parut dans ÒC en 1934 (numéro de janvieravril, p. 97-107) revisité graphiquement (et linguistiquement) par Louis Alibert (CIRDOC, ms 445 b)
http://www.calames.abes.fr/pub/ms/Calames-201481168464003).
* Une version du récit Espèra d’estiu, qui fut publié pour la première fois en 1947 dans L’Ase negre (n°
12, setembre-octobre, p. 3). Ce manuscrit figure parmi « les textes envoyés à Robert Lafont » en 1947,
avec un certain nombre de poèmes (CIRDOC, Fonds Robert Lafont, LAF.H.014). Il semble dater du
milieu des années 1940, et avoir servi de base à publication de ce récit dans L’Ase negre, dont Lafont,
qui l’avait fondé en 1946, était le directeur. Les manuscrits de poèmes (au nombre de 9) paraissent plus
récents, et leur datation reste problématique.
En français, il faut ajouter, parmi d’autres de la même époque, le manuscrit intitulé La mort de Mirza (3
feuillets), « Devoir Français », du 23 février 1922, alors que Max Rouquette était élève de 4ème A2 au Lycée
de Montpellier. Ce texte, qui avait obtenu la note de 9,5 sur 10 avec l’appréciation « Excellent. Continuez,
mais gare aux fautes d’orthographe », annonce en effet par beaucoup d’aspects les premières nouvelles de Verd
Paradís.

1. Paraulas per l’erba
Abréviations : al. = orthographe prônée par Louis Alibert et utilisée dans la revue ÒC ; cal. = orthographe utilisée dans
la revue montpelliéraine Calendau. Max Rouquette a publié avant 1937 des poèmes dans ces deux revues.
On donne en gras l’intitulé de l’édition de 1937, qui, comme le manuscrit, ne comporte pas de version française.
On peut suivre en pointillé l’élaboration de ce premier recueil :
‑ dans la correspondance conservée entre Max Rouquette et Henri Frère (fonds Max Rouquette, Médiathèque Émile
Zola, Montpellier agglomération) ;
‑ dans l’édition de la correspondance entre Louis Alibert et Josep Carbonell i Gener (Manuel Alquézar i Montañés, La
1 - On verra plus loin qu’à propos d’un autre poème, Rouquette écrivait en 1930 à Henri Frère : « Et puis Fous, fontaine. Image nocturne
de nuit d’été. Rossignolade que je n’aime plus guère » (Toulon, 9 janvier 1933). Or la Canson lunari est elle-même peuplée de rossignols :
de là, peut-être, sa mise à l’écart par le poète ? Notons encore que la première lettre conservée de la correspondance Rouquette-Frère
est de juin 1939. La Canson lunari pourrait être antérieure à cette date.
2 - Le n° 6 (2012) des Cahiers Max Rouquette (Montpellier, publication annuelle des « Amitiés Max Rouquette », depuis 2007) contient de
larges extraits de la correspondance croisée avec Henri Frère, édités par Jean-Guilhem Rouquette.

2

�correspondència entre Loîs Alibert i Josep Carbonell i Gener, Barcelona, Institut d’estudis catalans, Biblioteca filològica,
XXIII, 1992 ; il existe un document intéressant de Jaume Figueras i Trull, « Max Roqueta en cò dels catalans o de
brigalhas d’un temps enanat », qui présente et reproduit tous les passages de cette correspondance où il est question
de Max Rouquette) ;
‑ dans la bibliographie établie par François Pic, « Essai de bibliographie de l’œuvre imprimée et inédite de Max
Rouquette », in Philippe Gardy et François Pic (éditeurs), Max Rouquette. Actes du Colloque international, Montpellier,
8 octobre 1993, Montpellier, SFAIEO, 1994, p. 100-134.
La numérotation est celle des pages.

0. Titre (ms MR)
1. Souvets (dactyl. / cal. ; « à Henri Frère ») ; Vots (a Enric Frère)
2. Camin vielh (ms MR / cal.) ; Camin vielh
3. [Veni pausar…] (ms MR ; cal.) ; Veni pausar…
4. Mentastre (dactyl. / cal. ; « à Roger Barthe ») ; Mentastre (a Roger Barthe)
5. Per Jordi (dactyl. / cal.) ; Per Jordi (per Jordi Dezeuze)
6. Comba de la trelha (dactyl. / al. + cal. ; « per Ramon Donnadieu ») ; Comba de la trelha (per Ramón
Donnadieu)
7. La vielha (dactyl. / cal.) ; La vielha
8. L’autouna dis… (dactyl. / cal. ; « a Jan Lesaffre ») ; L’automne dis… (a Joan Lesaffre)
9. Fons (Fous ?) (dactyl. / cal.) ; Fonts
10. Lo ven (dactyl. / al. ; « en memori / de Peire Hugonenq » ; première rédaction : « per Peire Hugonenq » ;
« en memori » et « per » ont été ajoutés ou corrigés de la main de MR ; sans doute après la mort du
dédicataire3) ; Lo vent (En memòria de Peire Hugonenq)
11. Paraulas per l’erba (ms MR / al. ; sur papier à entête « Docteur Max Rouquette / 14, rue Saunerie /
Montpellier4 ») ; Paraulas per l’erba
12. [Ara es vengut lou tems de la becassa] (dactyl. / cal.) ; Ara es vengut…
13. Auceus de l’er (dactyl. / al. ; « à S. C. », rayé la main) ; Auceus de l’er
14. Daphné (ms MR / al. + cal.) ; Dafné (a Josep Carbonell5)
15. Plan m’agradon (dactyl. / cal.) ; Plan m’agradan…
16. [Venié dau camin de la plana] (dactyl. / cal.) ; Lo passant6
17. Cant de nioch (ms MR / al. + cal. ; ff. 17, 18, 19 et 20) ; Cant de nuoch
21. Los iols de fous (ms MR / al. ; sur papier à entête « Docteur Max Rouquette / 14, rue Saunerie /
Montpellier ») ; Los uolhs de fos
22. Las erbas d’aigas (ms MR / al.) ; Las erbas d’aiga
23. Poema [En las carrieiras d’or de Mount Pelié] (ms MR / al. + cal. ; en bas : « Bailat a OC ») ; Poema
24. Cantic de la bruga (ms MR / al. + cal.) ; Cantic de la bruga
25. Planh (ms MR / cal. ; ff. 25 et 26) ; Planh
27. Velha (ms MR / cal.) ; Velha7
28. [Miejour a la carrieira cauda e muda] (ms MR / cal. ; ff. 28 et 29) ; Lo vielh8
30. [Table]
3 - Max Rouquette évoque la mort, brutale et inattendue, de P. Hugounenq dans sa correspondance avec Henri Frère (« fervent du
Larzac que je retrouvai à Toulon et qui, durant un an assez orageux, fut pour moi le compagnon des bons et des mauvais instants »
(lettre à Henri Frère, mai 1933). On peut estimer que ce poème a été écrit, dédicacé et dactylographié du vivant de P. Hugounenq, donc
avant mai 1933.
4 - Max Rouquette demeura à cette adresse « de 1929 à novembre 1931 », avant son départ pour Toulon Il utilisait encore ce papier à
entête depuis Toulon pour ses correspondances avec Henri Frère (courriel de Jean-Guilhem Rouquette du 17 août 2011).
5 - « …Carbonell se l’est dédié lui-même, car j’avais mis de lui en dédier un ou mon livre, jugeant tout cela trop mince pour lui » (Lettre à
Henri Frère, Aniane, 1937, datation de Jean-Guilhem Rouquette).
6 - Cet intitulé apparaît dans la table finale du manuscrit.
7 - Ce poème et le précédent apparaissent dans l’ordre inverse dans le manuscrit ; on trouve entre eux dans l’édition de 1637 Pastorala.
8 - Titre présent dans la table du manuscrit.

3

�La table intercale entre Velha et Lou vie &lt;l&gt;h (titre de la dernière pièce, [« Miejour a la carrieira cauda e
muda »]), un poème intitulé en latin Beati (soit « Heureux »), dont on peut penser qu’il s’agit de la pièce
Pastorala de l’édition de 1937 (« Urosa la formiga au sou », p. 34).
Document complémentaire :
« Quelle chose étrange que la poésie : tu me félicites de Dafné et d’y avoir condensé tant de choses. Et Dafné
est pour moi un échec, un pis aller, tout ce qui est resté d’un poème long et mal conçu. Il doit pourtant avoir
son charme puisque tu l’as aimé et que Carbonell se l’est dédié lui-même, car j’avais mis de lui en dédier un ou
mon livre, jugeant tout cela trop mince pour lui. Je dois te dire que Carbonell m’a fait imprimer à Barcelone
ces Somnis dau matin dont il a surveillé l’impression et conçu et dirigé la mise en page et présentation. Il était
ici il y a 8 jours. C’est un être parfait, un vrai Catalan, de la bonne manière. Son encouragement me pousse à
travailler, car je sais maintenant que je serai imprimé et somptueusement par lui. Je vais terminer la 3e partie
de Secret de l’erba. Le tout devrait paraître en volume avec une couverture style Livre de Nature de Georges
Dezeuze et peut-être un dessin ou aquarelle de lui et une ravissante image de Descossy : une tête de huppe
à l’œil luisant “coma una grana de sambuc” » (Lettre à Henri Frère, Aniane, sans enveloppe, 1937 ; datation
établie par Jean-Guilhem Rouquette).

2. Somnis qu[asern ?]. III
Tous les poèmes contenus dans ce manuscrit sont écrits de la main de Max Rouquette.
La numérotation est celle figurant en haut et à droite de la page du cahier manuscrit. Cette numérotation semble plus
récente que la copie des poèmes, d’une main qui n’est sans doute pas celle de Max Rouquette.
AN = L’Ase negre
Cal. = Calendau (revue)
DL = D’aicí mil ans de luz, Montpeyroux, Jorn, 1995
PM = La pietat dau matin, I.E.O., coll. Messatges n° 32, mars 1963
MU = Lo maucòr de l’Unicòrn, Marseille, Sud, 1988

1. Comba de l’Erau (inédit ; 4 x 5 vers de 5 syllabes ;)
2. Lo gavach de la montanha (PM, 38-39)
3. Canson de l’iranha (ce poème a été rayé de deux traits en diagonale ; au-dessus du titre : « per lo Bestiari » ;
AN, n° 4, novembre 1946, 3 ; PM, 34-35)
4. La votz (PM, 52-53)
5. Las oras nostras (ÒC, [n° 159] estiu 1942, 7)
6. Lo banh de la luna (p. 6 et 7 ; ÒC, [n° 160] automne 1942, 10 ; MU, 16-19)
8. Lo vent del serre (inédit ; 13 vers)
9. Lo Castel d’Aumelas (on lit au-dessus d’Aumelas rayé « de Rimbaut d’Aurenja » ; inédit, 4 x 4 vers)
10. Baila-me… (p. 10 et 11 ; « per Andriu Chamson » ; PM, 32-33 ; la dédicace a disparu)
11. Lausa escricha (au bas de la p. 11 ; intercalée avant ce poème, une feuille d’un format plus petit, portant
une version française, probablement de la main de Henri Espieux ; PM, 46-47)
12. Planh per Magalona (« per Peire Darmangeat » ; p. 12-14 ; intercalées avant ce poème, trois feuilles d’un
format plus petit, portant une version française, de la main de Max Rouquette, sous le titre Chant funèbre
pour Maguelone9 ; ÒC, [n° 176] abril 1950, 4-5 ; MU, 12-15, Lamento pour Maguelone)
15. Dins lo potz… (inédit ; 15 vers)
16. Ara siés assetat (titre rayé et remplacé par « Enfant perdut » ; inédit ; 10 décasyllabes)
17. Beu d’amara fuolha… (inédit ; 20 heptasyllabes)
18. De ton pensar…(inédit ; 10 décasyllabes)
19. Per tres camins… (p. 19 et 22 ; PM, 48-49)
23. Faula del potz (inédit ; 10 vers)
9 - Sur la page suivante, une ligne : Eretz per ieu e jamai non seretz (de la main d’Yves Rouquette probablement ?) En dessous, quelques
mots ont été rayés.

4

�24. Avetz agut… (inédit ; 3 x 4 décasyllabes)
25. En ges de luoc… (inédit ; 4 x 4 décasyllabes)
26. Agost (« per Andriu Boussac » ; inédit ; 12 décasyllabes)
27. Sonet (titre rayé et remplacé par « Lo vielh pecat » ; PM, 54-55 = Lo vielh pecat)
28. Zodiac (dédicace rayée « per Josep Lobet », au-dessus de laquelle avait été ajouté ensuite « in memoriam »,
également rayé ; inédit ; un souvenir en demeure dans une nouvelle de VP II, Una figuièra per Caçòla, IEO,
Atots n° 13, 1974 ; 163)
29. Vida estrecha… (« per Enric Espieux » ; dédicace apparemment ajoutée après coup ; ÒC, n° 198,
automne 1955, 152-153)
30. Aquela estela (Cal., n° 83, novembre 1940, 234 ; version très différente de celle du manuscrit)
31. Perlas d’aiga (inédit ; 13 octosyllabes)
32. Onte mos iols (le texte de ce poème a été rayé de deux traits en diagonale ; inédit ; 4 x 4 octosyllabes)
33. Festa Dieu (p. 33 et 34 ; ÒC, n° 198, automne 1955, 154)
35. Bosc de Valena (« per Joan Lesaffre » ; inédit ; 16 heptasyllabes)
36. Rauba de seda (« per Robert Lafont » ; inédit ; 5 x 3 octosyllabes)
37. D’un grand seguit… (« per Felix Castan » ; ÒC, n° 198,automne 1955, 152)
38. Cap d’an (inédit ; 4 x 4 heptasyllabes)
39. Dins la pauma (le texte de ce poème a été rayé de deux traits en diagonale ; inédit ; 20 heptasyllabes)
40. Terra tas mans… (inédit ; 12 vers)
[41] Taula (Cette table recense en les numérotant 40 poèmes ; 4 y ont été rayés : Canson de l’iranha ; Fable du
puits. Faula del potz ; Onte mos iols ; Dins la pauma… En outre, certains numéros ont été sautés, sans qu’on
sache pour quelle raison : 7, 13, 14, 20, 21, 22, 34.
On trouve en dessous, en bas, à droite de la page, le comptage suivant, sur quatre lignes : III = 29 ; IV =
13 : Bestiari : 6 ; 48. Peut-être s’agissait-il de composer à partir de ce manuscrit, de celui du Bestiari et du
manuscrit Somnis IV un unique recueil, qui ne vit jamais le jour ? Les remarques de la main d’Yves Rouquette
en tête des poèmes pourraient le confirmer : elles évaluent, avec des étoiles, chaque poème, et donnent un
avis sur sa publication, plus ou moins ou pas du tout envisageable.)
A été inséré à la fin du cahier un ensemble de deux feuillets, soit un jeu d’épreuves, corrigées, du poème
Planh per Magalona dédié « A Peire Darmangeat »(voir ÒC, [n° 176] abril 1950, 4-5).

3. Somnis IV
Tous les poèmes contenus dans ce manuscrit sont écrits de la main de Max Rouquette.
La numérotation est celle figurant en haut et à droite de la page du cahier manuscrit. Cette numérotation semble plus
récente que la copie des poèmes, d’une main qui n’est sans doute pas celle de Max Rouquette. Un numéro a été porté
au-dessus de chaque poème, peut-être de la main qui a numéroté les pages du cahier. Ce numéro a été conservé ici.
Au dessus du titre, en haut et à droite de la page, « 1.II.47 »
En dessous : « Ieu sui Arnaut que plor e vai cantan »

1. L’Atahut d’Arnaut Daniel / Sextina (p. 2 à 4 ; ÒC, [n° 171] janvier 1949, 10-11 ; MU, 8-11)
2. Lo Porge (inédit ; p. 5 à 6 ; 4 x 4 octosyllabes ; intercalée avant ce poème, une feuille d’un format plus
petit, portant une version française de la main de Max Rouquette : Le Porche)
3. Sans titre [« Anatz, la nuoch m’emparadisa »] (p. 6 ; inédit ; 24 octosyllabes)
4. Chivalier perdut (p. 7 ; le premier mot rayé, remplacé au-dessus par Cavalher ; intercalée avant ce poème,
une feuille d’un format plus petit, portant une version française de la main de Max Rouquette : Chevalier
perdu ; ÒC, n° 198, automne 1955, 151 ; PM, 36-37)
5. Passat lo sant (p. 8-9 ; intercalée avant ce poème, une feuille d’un format plus petit, portant une version
5

�française de la main de Max Rouquette : Passé le saint… ; MU, 92-93)
6. Non sabe (p. 10 ; PM, 56-57)
7. Lo vielh ivern (p. 11 ; intercalée avant ce poème, une feuille d’un format plus petit, portant une version
française de la main de Max Rouquette : Mars ; PM, 44-45, sous le titre de Març/ Mars)
8. Los aucels de l’auba (p. 12 ; intercalées avant ce poème, deux feuilles d’un format plus petit, portant une
version française de la main de Max Rouquette : Oiseaux de l’aube ; PM, 50-51)
9. Quand Satan torna au Paradis (p. 13 ; inédit ; 4 x 4 octosyllabes)
10. La rosa banhada (p.14 ; « per Gumersind Gomila » ; 5 x 4 vers de cinq syllabes ; intercalées avant ce
poème, deux feuilles d’un format plus petit, portant une version française de la main de Max Rouquette : La
Rose mouillée ; DL, 46-47 sans la dédicace)
11. Los sàvis (p. 15 ; « per Joan Mouzat » ; intercalée avant ce poème, une feuille d’un format plus petit,
portant une version française de la main de Max Rouquette : Les sages ; PM, 42-43, sans la dédicace)
12. [Los somnis s’encontran la nuoch] (p. 16 ; le texte de ce poème a été rayé de deux traits en diagonale ;
24 octosyllabes)
13. Lo lach d’estelas (p. 17 ; intercalée avant ce poème, une feuille d’un format plus petit, portant une
version française de la main de Max Rouquette : Le lait d’étoiles ; PM, 60-61, La pietat dau matin/La pitié
du matin)
14. Litania (4 feuillets ajoutés, d’un format plus petit ; avant ce poème, trois feuillets d’un autre format,
portant une version française de la main de Max Rouquette : Litanie ; inédit)
18. [Table] (Cette table, de la main de Max Rouquette, reprend, numérotés de 2 à 18 – il s’agit de leur
pagination ‑, les poèmes contenus dans le cahier, de L’Atahut d’Arnaut Daniel à Litania ; curieusement, la
seconde partie, renvoyée à la page suivante, de la pièce Passat lo sant…, est considérée ici comme un poème
à part, intitulé dans la table à l’aide de son premier vers : Lo monde escondut…, alors que dans sa première
publication, en décembre 1953, dans la revue liégeoise Marche romane, sous le titre de Vertolhon/Tourbillon,
ce poème forme un ensemble unique ; notons encore que dans le manuscrit, une flèche au bas de la p. 8
indique que la suite du poème se trouve à la page suivante ; mais de quand peut être datée cette flèche par
rapport à la copie de ce poème « double » ?... ; le titre de deux pièces a été rayée dans la table : Quand Satan
et Los somnis s’encontran)
On trouve insérés à la fin du cahier deux feuillets (épreuves d’imprimerie corrigées) intitulés Poemas de Max
Roqueta et comprenant les trois poèmes suivants figurant dans ce recueil : Non sabe… ; Març ; Los aucels de
l’auba… Ces épreuves sont celles de trois poèmes qui ont paru dans le n° 1946-1947-1948 de la revue ÒC (=
n° 169) p. 49-50. Figurent également dans cette même livraison trois proses de Max Rouquette, dont un extrait
de Pluma que vola.

4. Bestiaire / Bestiari
B1= Bestiari / Bestiaire, Biarritz, Atlantica (Occitanas n° 1), 2000.
1. La cocodrilla (p. 2 ; B1, 36-37)
2. Lo lasert (p. 3 ; ce texte est suivi sur une feuille volante de plus petit format d’une version française de la
main de Max Rouquette : Le lézard ; B1, 30-31)
3. Lo Prega-Dieu, oratorio minuta (oratorio a remplacé un autre mot plus court, illisible ; p.4 ; ce texte est
suivi sur une feuille volante de plus petit format d’une version française d’une autre main que celle de Max
Rouquette ‑ sans doute celle d’Henri Espieux ; B1, 44-45)
4. L’Unicorn (dédicace « per Enric Frère » ; p. 5 ; ce texte est suivi sur une feuille volante de plus petit format
d’une version française de la main de Max Rouquette : La Licorne, pour Henri Frère ; PM, 58-59 ; B1, 52-53)
5. Lo Grilh (p. 6 ; ce texte est suivi sur une feuille volante de plus petit format d’une version française de la
main de Max Rouquette : Le Grillon ; PM, 40-41 ; B1, 54-55)
6

�6. Canson de l’iranha (p. 7 ; PM, 34-35 ; B1, 20-21)
7. Lo sabaud (p. 8 ; ce texte est suivi sur une feuille volante de plus petit format où on lit : « voir traduction
in Somnis de la nuoch », mention suivi, d’une autre écriture, de la mention : « main d’H. Espieux » ; ÒC,
[n° 162] printemps 1943 ; effectivement dans SN, 10-13 ; B1, 56-57)
8. Lo ciune (p. 9 ; ce texte est suivi sur une feuille volante de plus petit format d’une version française de la
main de Max Rouquette : Le Cygne ; B1, 48-49)
9. Canson del cocut (p. 10-11 ; inédit ; ce texte a été biffé d’un trait en diagonale de gauche à droite des
deux pages qu’il occupe
[Table] Bestiari (cette table, de la main de Max Rouquette, est numérotée de 1 à 28 ; les numéros 1 à 9
renvoient, dans l’ordre, aux poèmes contenus dans le manuscrit
[Seconde table] (de la main de Max Rouquette, sur une feuilles séparée, à petits carreaux, de format plus
petit ; le titre Bestiari est suivi des dix intitulés de poèmes suivants : Lo lasert ; Lo Prega Dieu ; L’Unicorn ; Lo
Grilh ; Lo Ciune ; Canson de l’iranha ; Un second titre, Cants d’aucel [qui peut aussi être lu comme Cants dau
cel] est suivi des intitulés suivants : Passat lo sant ; Litania ; Zodiac ; Los Sàvis ; Lo Porche ; Magalona ; Aucel
d’auba ; Març ; Non sabe)
Le Cahier noir fait écho à plusieurs reprises aux trois recueils manuscrits inédits conservés au CIRDOC.
Consigné, comme ces derniers, sur un cahier d’écolier à l’enseigne de la papeterie montpelliéraine de François
Dezeuze, on y trouve tout un ensemble de textes qui sont autant de notes, d’esquisses de poèmes et de textes
en cours d’élaboration. On peut en outre estimer que ce cahier a été composé, pour une partie importante, à
peu près pendant la période où ont été réunis nos trois recueils. Les poèmes présents dans le Cahier noir et l’un
ou l’autre de ces trois recueils sont :
‑ Sous la rubrique Bestiari, des versions, souvent pourvues de corrections nombreuses, des pièces suivantes :
L’unicorn (qui n’a pas alors quitté le Bestiari en devenir pour intégrer La pietat dau matin)
Lo Grilh
Lo Ciune (deux versions, la deuxième sans doute plus « récente »)
La cocodrilla
Lo Prega Dieu
Lo Lasert
‑ Des versions des poèmes (dans l’ordre) :
Los sàvis vestits de luna (sans titre), dans Somnis IV ;
Los somnis s’encontran la nuoch (24 octosyllabes), dans Somnis IV ;
Litania (en trois fragments séparés, au milieu desquels figure le poème précédent, Los somnis s’encontran
la nuoch ; Litania a été intercalé – quand ? – à la fin du manuscrit Somnis IV, mais il y figure bien, à sa
place, dans la table) ;
La pietat dau matin (sans titre ; trois versions successives sur une même page, dans lesquelles la formulation
« la pietat dau matin » n’apparaît nulle part ; cette formulation est en revanche présente dans le ms de
Somnis IV, mais seulement dans une correction, d’une encre différente, au premier vers du second tercet,
où elle vient remplacer Lo matin pietados, formulation déjà présente dans le Cahier noir, où on trouve
également : Pietados lo matin)
Document complémentaire :
« Bèla nuòch lisa e pura doça coma une franca dolor. Lo jorn que ven coma lo mau, amb aquela ansiá, lo
pes de viure ; la nuòch, baume amar e suau qu’esvarta tota messòrga e nos daissa nus davant la realitat nusa ;
espandits coma mòrts dins son cròs, sens movement tant coma eles, mas l’uòlh dubèrt, e la boca amb adejà
son pauquet d’amarum. Non pas distrach d’aquel estranh estat, au lindau de la sòm e de la vida ; non pas
distrach de sa navigacion sus las aigas de la nuòch, la mar incababla de la nuòch dels monds, que sens o
saupre sèrva en ela la vida, coma una mosidura de l’azard, coma tres còps pas res.
7

�A la semblança dels manits dins sos jòcs, èra au còp mòrt mas sachent o èstre, e viu, e s’agachant o èstre amb
la mirada afeccionada d’un autre. E la nuòch, indiferenta, la nuòch granda, la freg sens fin, l’espandida sens
agach, aiga au còp linda e fosca, ont anam, enrebalats coma aqueles qu’entredormits van caminant au rebòrd
d’un teulat.
Se recòrda d’un còp d’aquel vèrs unenc, montat d’el coma un flòc de fust subran desliure dau fons de la mar
giscla sus las èrsas :
« … dau Zodiac vira lo lent bestiari… »
Òc, èra l’agach d’aquela nuòch sens nom, aquela paraula sens racinum, aquela dicha qu’aviá reculhida dins
son èime a dètz-e-sèt ans. E se recòrda qu’a quinze ans aviá, per la vida, vist adejà la cara prigonda de la
nuòch. »
Verd Paradís II, Una figuièra per Caçòla, IEO, Atots n° 13, 1974 ; 163.
(Vert Paradis, traduction française d’Alem Surre-Garcia, Arles, Actes Sud, 2012, 243-244)
*
L’examen des manuscrits conservés au CIRDOC, comme celui du Cahier noir, nous aident à approcher de
plusieurs façons la genèse de l’œuvre poétique de Max Rouquette.

I. La constitution, et donc la composition, des recueils
Ceux qui ont effectivement été publiés en tant que tels, mais aussi ceux qui paraissent être restés à l’état de
projets, abandonnés pour diverses raisons.
Le manuscrit de Paraulas per l’erba comprend des textes dactylographiés, de provenance (unique selon toute
vraisemblance) difficile à identifier, et des textes manuscrits, de la main de Max Rouquette. Cette hétérogénéité
n’est pas révélatrice de ce qui a présidé au choix des poèmes du recueil imprimé : il y a très peu de différences,
à cet égard, entre manuscrit et imprimé. Mais elle l’est d’une autre sorte d’hésitation, graphique, et, plus
largement, linguistique. En gros, certains textes se présentent dans la graphie « félibréenne montpelliéraine »
des revues La campana de Magalouna et surtout Calendau, dirigée par Pierre Azéma, dont Max Rouquette fut
un collaborateur assidu. Soit 11 poèmes sur les 16 que comporte le manuscrit. D’autres sont rédigés selon la
graphie mise au point et préconisée par Louis Alibert, dans la revue ÒC. Soit 3 textes seulement. D’autres
encore sont écrits dans une graphie que l’on qualifiera de mixte, mêlant donc, à des dosages divers, les deux
systèmes. Deux textes peuvent être rangés dans cette catégorie intermédiaire. L’usage de la machine à écrire ne
semble pas lié à ces différences : on trouve des textes dactylographiés employant l’un ou l’autre système ; et ceux
attribuables à la main de Max Rouquette penchent tantôt d’un côté, tantôt de l’autre.
Sans entrer dans le détail de comparaisons intéressantes mais dont les conclusions restent largement
contestables (on ne connaît pas l’origine des dactylogrammes ; on ne sait pas davantage si Max Rouquette
a recopié de sa main des textes où une autre main était déjà intervenue…), on peut s’attacher à comparer
deux versions « extrêmes » d’un même poème, celui intitulé Vots dans l’imprimé de 1937, et Souvets dans le
manuscrit, aussi bien d’ailleurs que dans sa première version imprimée, largement antérieure à 1937 (dans le
n° 392, du 15 mars 1929, de La campana deMagalouna ; il s’agit d’ailleurs du premier poème imprimé de Max
Rouquette, sous le pseudonyme de Cantagril). Notons en outre que ce poème, pourtant inaugural à plus d’un
titre, n’a jamais été repris par la suite, pas plus dans La pietat dau matin que dans Les psaumes de la nuit.

8

�Souvets (manuscrit)

Vots (1937)

à Henri FRÈRE

a Enric Frère

Que l’oulieu me baile l’ouliva
douça e la vigna lou rasin
l’hort ente passa l’aiga viva
e clara dau valat vesin
me baila* la blanca ensalada
las ravetas e l’artichau
e cranirai pas la jalada
ni lou bufa dau ven terrau.
Pourrira la fiolha au valat
lous nivous faran sa courrida
Mès se las lècas qu’ai calat
me bailou’n tourdre o cauqua trida
faren** vira l’aste au gran fioc
e tout chourlant nosta clareta
seguiren** entre chaque floc
lou clar pantai das beluguetas.

Que l’oliu me baile l’oliva
doça e la vinha lo rasim ;
l’ort ont rajola l’aiga viva
e clara dau valat vesin,
me baile la blanca ensalada,
las rabetas e l’artichau,
e crenherai pas la gelada
ni lo bufar dau vent terrau.
Poirirà la fuolha au valat,
los nivols faràn sa corrida.
Mas se las lecas qu’ai calat
me bailan tordre o quauque trida,
farem virar l’ast au grand fuoc
e, tot chorlant nostra clareta,
seguirem, entre cada floc,
lo clar pantais das beluguetas.

* on lit baila, sans doute par erreur (1929 : baile)
** À la place de faren et seguiren, la dactylographie porte fareu et seguireu, qui ont été corrigés, car il s’agit
sans nul doute de « simples » erreurs de frappe.
1929 : Souvèts – ouliéu – ensalada, ‑ bufà – vent terrau – mès – bailoun – clareta, ‑
La version dactylographiée, très proche de celle publiée dans La campana de Magalouna, comme celle du
recueil de 1937, obéissent l’une et l’autre à tout un ensemble de préconisations graphiques et linguistiques
appliquées de façon cohérente. La première est d’obédience mistralienne, adaptée au parler montpelliérain. La
seconde est « alibertine », et doit sans doute possible être attribuée à la main même de Louis Alibert. « Sortiront
bientôt mes poèmes. Alibert les a. Il s’en occupe. Mais je n’ai encore aucun détail » (à Henri Frère, depuis
Toulon, avant octobre 1935). Si Alibert veille sur l’orthodoxie linguistique des poèmes de Max Rouquette,
on peut penser qu’il en allait de même pour les textes confiés d’abord à La campana de Magalouna, ensuite à
Calendau. François Dezeuze dans le premier cas, Pierre Azéma dans le second, ont dû, seuls ou aidés, faire de
leur côté le travail de mise au net effectué par Alibert. L’œuvre de Max Rouquette semble ainsi avoir oscillé
pendant une dizaine d’années entre ces deux systèmes d’écriture : dès 1931, Alibert s’était « occupé » du poème
qui allait pendant quelque temps donner son titre au premier recueil, Paraula per l’erba, publié dans le numéro
de novembre-décembre [n° 134] de la revue ÒC (p. 201-202). Comme il mit au net Secret de l’erba, publié
dans la même revue en 1934 (janvier-avril). Le texte alors imprimé n’est pas exactement celui copié de la main
de Rouquette dans le manuscrit conservé à Béziers ; il changea encore en 1937 :
Secreta patz, ombra dau carrairón,
monde escondut de la forniga,
tant doça jos lo pas en la foscor,
m’as aculit coma una amiga ;

Secreta pas, ombra dau carrairon
monde escondut de la forniga
Tant doça jot lo pas en la foscor
m’as aculit coma una amiga

E beviás drecha a las fonts de la nuoch,
drecha en l’escura muda,
despuoi que dau front lis dau puog
l’ombra t’era venguda ;

E buvies drecha a las fonts de la nioch
drecha en l’escura muda
despioi que dau front lis dau pioch
l’ombra t’era venguda
9

�E de saupre l’envou dau perdigal
e lo siave pausar de la palomba
mires lo fons dau cel, linde miralh,
tant desert que ta comba ;

E de saupre l’envoù dau perdigal
e lo siave pausar de la palomba
miraves lo cel nus, linde miralh
tant desert que ta comba

E pura antau la flor dau trentanel
e mai umila que la mauva,
amb las estelas dins lo palle cel
tressalisses au vent de l’auba.

Mes pura antau la flor dau trentanel
e mai umila que la mauva
ambe las estellas au cel
tressalisses au vent de l’auba

En 1937 : formiga ‑ tan doça ‑ amiga. ‑ E beves – venguda. – E de saber – suave – mires lo cel nud, linde
miralh – tan desert – Mas pura aitau – del trentanel – ambe las estelas – Les vers sont tous alignés à gauche.
La version du manuscrit semble avoir été copiée sur celle donnée en 1929 dans La campana de Magalouna,
avec quelques légères différences.
C’est la version de 1937, légèrement retouchée par une autre main « alibertine », qui fut reprise dans La
pietat dau matin en 1963 (p. 8-9), et encore en 1984 dans Les psaumes de la nuit (p. 24-25 ; où l’on sent la
présence sous-jacente de l’édition de 1931).
Seule, finalement, la version du manuscrit conservé à Béziers peut être considérée comme sortie de la main
de Max Rouquette. Jusqu’à un certain point seulement : on ignore de quoi est issue cette copie autographe (le
texte imprimé en 1931 ? un autre manuscrit du poète ?...). Et l’on peut seulement émettre l’hypothèse que les
différences substantielles observables dans les différentes versions imprimées sont l’œuvre du poète, retravaillant
son texte. Sauf, probablement, quand il s’est agi de retouches destinées à plier sa « langue » aux normes et aux
systèmes en vigueur. Mais ces retouches elles-mêmes ont pu rejaillir sur les variantes substantielles attribuables
à Max Rouquette, par exemple quand elles changeaient le nombre de syllabes d’un vers devenant faux.
Avaient été d’abord publiées en écriture félibréenne montpelliéraine les 9 pièces suivantes : Vots (= Souvèts) ;
Veni pausar… ; Per Jordi ; Comba de la trelha ; La vielha ; L’automne dis… ; Aucèus de l’er ; Velha ; Pouèma.
On trouve encore dans Calendau le poème Aucèls, qui ouvrit en 1942 le deuxième recueil de Max Rouquette,
Somnis de la nuoch, et encore Aquela estella (en 1940) qui figure sous une forme très différente dans le manuscrit
Somnis III.
En graphie « alibertine », avaient été publiés avant 1937 : Paraulas per l’erba (ÒC, 1931) ; Ara es vengut…
(Le Nouveau Languedoc. Annales 1932). Soit deux poèmes seulement.
Dans le manuscrit, les textes n’obéissent pas tous à cette répartition : Aucèus de l’er est en graphie alibertine
(dactyl.) ; Ara es vengut en graphie « montpelliéraine » (dactyl.), mais on ne sait rien de l’origine de ces
dactylogrammes…
On retiendra surtout cette dualité, voire cette hétérogénéité, graphique et linguistique, de l’examen du
manuscrit Paraulas per l’erba et de sa publication imprimée comme Los somnis dau matin, après un certain
nombre de publications séparées dont la bibliographie de François Pic permet de suivre le déroulé chronologique.
Max Rouquette écrit ses poèmes (et sans doute aussi ses proses) dans cet entre-deux, dont les échanges de
correspondance avec Henri Frère fournissent d’autres exemples. On découvre dans ces écrits toute une série
d’informations concernant la genèse de certains poèmes, ainsi que leur texte, tel qu’il vient d’être établi par le
poète :
Paraulas per l’erba
« J’ai passé mon après-midi dans la cabane de pierres qui veille sur le lac où nous entendîmes des tourterelles
tandis que nous étions allongés sur l’herbe.
Je n’y ai pas gagné ma vie comme chasseur puisque je n’ai tué que deux merles. Mais j’y ai mis au point un
poème qui me trottait depuis quelques jours et qui s’appellera : Paraulas per las erbas. Je ne sais si j’oserai
jamais le montrer. » (Argelliers, 23 juillet 1931)
10

�« Tu me demandes mes projets, ce que j’ai fait. Peu. J’ai fait Paraulas per l’erba qui a échappé au massacre
et paraît dans OC. Mais la la haute conception que j’ai de la Poésie et le désir de perfection qui me possède
me paralyse et je déchire ce que je fais. C’est une chose décevante et dure. » (Argelliers, 17 octobre 1931)
Aucèus de l’èr10
« Je t’envoie un nouveau poème. En le lisant, pense au “lac de Capion” où nous reposâmes un jour et où
tu pris une si belle photo avec des joncs au premier plan. Il est du même esprit que Ara es vengut. Barthe
me pousse à publier les quelque 15 poèmes que j’ai en main et publiables. J’en ai bien envie si le prix ne
m’arrête. J’ai songé qu’un seul titre conviendrait : Paraulas per l’erba. Qu’en penses-tu ? » (Toulon, 24
octobre 1932)
Dans sa réponse, datée du 11 novembre 1932, Frère cite quelques courts passages, pour en faire la critique. Le
texte final montre que Max Rouquette a tenu compte des critiques de son ami : « de la vesprada », vers jugé
« trop court », sera remplacé par « de la teuna vesprada ». De même, « n’en parlaran au vent que passa » deviendra
« ne parlaràn : ombra que passa ».
Lo vent
« Ce soir, j’ai mis au point un poème mien sur le Vent. C’est du vent du Larzac qu’il s’agit, ce Larzac pour
lequel j’envierai toujours Panaït Istrati d’avoir trouvé un titre qui lui correspond admirablement, celui-ci :
Les chardons du Baragan. Je ne sais si tu ressens ce que ces quatre mots contiennent de la poésie désolée
des immenses plateaux où le vent courbe les herbes et fait crépiter les chardons desséchés. » (Toulon, 16
novembre 1932)
Lo vent / Fonts
« Je n’ai pas fait grand chose de bien nouveau en tant que poésie. J’ai Lou vent poème gauche et maladroit
où j’ai voulu mettre la course brutale du « vent d’aut » sur le Larzac.
Et puis Fous, fontaine. Image nocturne de nuit d’été. Rossignolade que je n’aime plus guère.
Il me semble que le cycle sylvestre et lacustre est fini. Avec plus de volonté et de travail, j’en aurais pu tirer
quelque chose de mieux peut-être. Mais l’effort est fait : le suffisant. D’ailleurs je ne sais pas moi-même si
cela ne reviendra pas. Mais je suis porté actuellement sur autre chose.
Je garde l’éternel regret de la musique. » (Toulon, 9 janvier 1933)
Las erbas d’aiga
« J’ai fait un poème ce soir, de quatre strophes sur une après-midi passée dans la délicieuse crique de Port
Magaud, ombragée de pins, avec une fille aux yeux d’eau. Le point de départ en est la grâce mouvante des
algues au fond de l’eau.
Ce poème ne me satisfait pas. Mais depuis cette nuit, je me suis dit que ne pouvant faire de la musique, je
pouvais du moins tenter d’en mettre dans mes vers, seuls moyens d’expression pour moi. J’espère cependant
que le théâtre me donnera cette ampleur et cette profondeur que ne peut avoir un poème. L’imagination
est reine au théâtre. Je ne crois pas en manquer. La poésie, on l’a ou on ne l’a pas. Que ferai-je ? » (Toulon,
18 février 1933)
Cant de nuoch
« J’ai fait cette semaine un poème d’une genre et d’une longueur différentes de ceux que je pratiquais
jusqu’à aujourd’hui. C’est 7 strophes de 8 vers chaque en vers de 7 pieds, le thème en est l’abandon. Mais
un abandon qui, s’il évoque Ariane, s’applique davantage aux espoirs de conquêtes – en allés – comme
aimait à dire Verlaine. Il n’est d’ailleurs pas au point. Et je veux le reprendre. » (Toulon, 2 mars 1933)
Poema / Cant de nuoch
« J’ai fait un nouveau poème sur les Cévennes-telles-qu’elles-étaient-dans-mon-esprit-au-temps-où-nouserrions-dans-les-rues-de-Montpellier-dans-les-soirées-blondes-du-printemps. Voilà un titre un peu longuet
10 - Ara es vengut avait été publié la même année dans les Annales du Nouveau Languedoc.

11

�mais qui dit bien ce qu’il veut dire. Je n’en suis pas ravi-ravi, mais à la retouche peut-être sera-t-il acceptable.
Je n’ai pas eu l’occasion de reprendre mon « Cant de nioch », poème sur l’abandon. J’attends l’heure propice.
Et ces derniers huit jours, je n’avais pas la tête à ça. Voici la dernière strophe :
			
Mes ara que se prefounde
			
touta dòu au som espes
			
que touta la pas dau mounde
			
leu l’engreva de soun pes
entre qu’au sounge propici
d’un lum de luna bagnat
lous astres au ceu clinats
s’abeuron au pur silenci.
J’ai suivi ton conseil. Je me suis laissé aller à l’abandon. Et je crois que cela vaut mieux. Car la crispation
raidit le poème et le rend âpre tant dans son esprit que dans sa lettre. Mon poème sur les Cévennes-tellesqu’elles-etc., etc., relève de cette méthode.
Je crois d’ailleurs que c’est la seule façon de faire quelque chose. Il faut faire beaucoup et souvent pour
arriver à faire bien. » (La Garde, 22 mars 1933)
Las erbas d’aiga
« Mes souvenirs de poussière et d’herbe, je les écrirai cet été quand, libre de tout souci médical, je me
baignerai dans la délicieuse petite crique de Port Magaud ombragée de grands Pins qui se penchent sur les
jardins et la falaise pour se mirer dans les eaux.
		
		

La mar d’estieu oumbrousa e bella
jout la pineda de Magaud…

comme je chantais l’an passé à une naïade. » (Toulon, 16 mai 1933)
Cantic de la bruga / Dafné / L’automne dis… / Poèma
J’ai deux ou trois poèmes en cours : un qui s’appellera : Cantic de la bruga, un autre Daphné, sur les lauriers
de mon vieux jardin. Un autre est né d’un disque : Messe solennelle de St Hubert où les cors et l’orgue
tiennent un émouvant dialogue – surtout pour un chasseur, amateur de combes solitaires dont la musique
épouse les contours.
J’en ai donné un à Roger Barthe pour OC. Il n’a pas de titre, sinon Poèma. J’ai tenté d’y traduire certaines
sensations d’étudiant quand nous errions tout devisant, ou tout rêvant par les rues de Montpellier, les soirs
d’été – surtout quand, remontant vers le Peyrou, sur la Rue Nationale, nous voyions le château d’eau dans
la gloire du couchant. Le voici :
En las carrieiras d’or de Mont-pelié
ount lou tantost voujava sa pas blounda
avem seguit d’un sounge sens parié
lou fieu dau tems de la nostra jouvença
a son ceu fernissent, de touta mena
s’assecutavon las sasons
e lo ven d’aut sus lou Peyrou
cantava lou sicret de las Cevennas
Lou beu sicret nevous de l’hort de Dieu
quand ven la prima douça
lou beu sicret de las coumbas d’abrieu
ambe sas flous traucan la moussa
Lous mases souls, lous villages, las villas
12

�detras lous serres enfosquits
lous bosses muts amb d’esquillas
entre las matas de garric
Las Cevenas soun bludas e lountanas
la villa vieu de nostre esper ;
ara que picon las campanas
tornarem en silenci, dau desert » (Toulon, 16 mai 1933)
Cantic de la bruga
« J’ai presque terminé Cantic per la bruga qui s’appellera peut-être : Paraulas per la bruga – qu’en pensestu ? Je n’en suis pas ravi-ravi ! Je vais le laisser mijoter quelque temps dans le tiroir aux poèmes. Puis je le
reprendrai. » (Toulon, 10 juin 1933)
« Mes poèmes »
« Sortiront bientôt mes poèmes. Alibert les a. Il s’en occupe. Mais je n’ai encore aucun détail. » (ToulonSaint-Mandrier, avant octobre 1935)
« Mes vers vont paraître à Barcelone, c.à.d. que dans 1 an ou 2 je pourrai peut-être t’en envoyer un
exemplaire. Me disant devant un emmerdement que j’ai l’éternité devant moi pour n’y plus songer, je me
dois d’appliquer la même méthode aux événements agréables (si l’on peut dire) de la vie, qui n’a jamais
pour moi si bien mérité le nom de pute que lui donnent les charretiers-penseurs de mon pays. (Aniane, 18
juin 1936)
Los somnis dau matin
« J’ai hâte de lire enfin Cantilena que les affreux bolcheviks de Barcelone n’ont pas complètement bouffé.
Il en va de même pour mon recueil de vers “Los somnis dau matin” dont Josep Carbonell me porta il y a un
mois les épreuves. (Aniane, janvier 1937)
Dafné
« Quelle chose étrange que la poésie : tu me félicites de Dafné et d’y avoir condensé tant de choses. Et
Dafné est pour moi un échec, un pis aller, tout ce qui est resté d’un poème long et mal conçu. Il doit
pourtant avoir son charme puisque tu l’as aimé et que Carbonell se l’est dédié lui-même, car j’avais mis de
lui en dédier un ou mon livre, jugeant tout cela trop mince pour lui. Je dois te dire que Carbonell m’a fait
imprimer à Barcelone ces Somnis dau matin dont il a surveillé l’impression et conçu et dirigé la mise en
page et présentation. Il était ici il y a 8 jours. C’est un être parfait, un vrai Catalan, de la bonne manière.
Son encouragement me pousse à travailler, car je sais maintenant que je serai imprimé et somptueusement
par lui. » (Aniane, 1937)
Ces lettres sont précieuses : elles nous apprennent beaucoup sur la genèse du recueil, poème après poème,
sur le rôle joué à ce sujet par Frère, lecteur attentif et scrupuleux, sur celui de Joseph-Sébastien Pons aussi, dont
Frère rapporte les remarques à Max Rouquette. Et, plus encore, sur la conception que ce dernier se forge alors
de la poésie, de sa poésie en chemin. Deux éléments semblent ici se détacher du reste : d’un côté, la quête de
la musique des mots (sons et sens) ; d’un autre, la découverte progressive d’une nécessité poétique, celle de
l’abandon.

II. Sounge, somni, somi, sòmi…
On y remarque aussi comment, sans que les circonstances en soient précisément élucidées, le premier recueil
de Rouquette s’est finalement appelé Los somnis dau matin après avoir eu pour titre, assez longtemps, Paraulas
per l’erba. Ce changement s’est produit entre 1932 et 1936, selon un processus dont nous ignorons tout. À la
fin de 1932, Paraulas per l’erba s’impose. Par la suite, il n’est plus question de titre, soit pour conserver celui-ci,
soit pour en chercher un autre. Max Rouquette, en 1935, parle seulement de ses poèmes, l’année suivante de
13

�ses vers, et c’est seulement au tout début de 1937, peu de temps donc avant leur parution, qu’il emploie le titre
finalement retenu à l’adresse de son ami Henri Frère. De l’herbe aux songes (Max Rouquette devait employer à
plusieurs reprises la formule l’herbe des songes11, qui établit un lien fort entre eux), ce sont les derniers qui l’ont
emporté, avant d’envahir pour un temps au moins toute la poésie de Rouquette. J’ai supposé qu’il y avait là le
signe d’une sorte de révélation, progressive ou soudaine, et sans doute les deux éléments combinés, par un lent
travail de prise de conscience12. À partir, peut-être, des premiers mots du texte fondateur de l’écriture du poète,
Secrèt de l’erba : « Los primiers passes dau record caminan dins l’erba rasa que vou viure au grand soleu e beure als
somis banhats de la nuoch » (version de 1934 dans la revue ÒC).
L’examen du manuscrit de Paraulas per l’erba fait apparaître un fait anodin, mais finalement assez troublant :
le mot somni(s), qui figure dans le titre des deux premiers recueils de Max Rouquette, n’y est jamais présent en
tant que tel. On y relève en effet13 :
« Devers lou sounge dau cipres » (« Devers lo somni dau ciprès ») (Camin vielh) Ms / cal.
« Tressalis e sounja au bos siau » (tressalís e sosca au bosc suau »(Mentastre) Ms / cal.
« Quant sounges i aurien14 tenguts » (« quant de somnis i aurián tengut ! ») (Lo passant) Dactyl. / cal.
« Un sounge greu d’amarun » (« un somni greu d’amarum ») (Cant de nuoch) Ms / al. + cal.
« Ai sounja15 l’abandounada » (« Ai somniat l’abandonada ») (Cant de nuoch) Ms / al. + cal.
« Seguissie lou sounge amar » (« seguissiá lo somni amar ») (Cant de nuoch) Ms / al. + cal.
« Per tot dou sounges16 e som » («per tot dou somnis e som » (Cant de nuoch) Ms / al. + cal.
« Entre qu’au sounge17 propici » (« entre qu’au somni propici ») (Cant de nuoch) Ms / al. + cal.
« Nostre songe au founs de l’aigada » (« Nostre somni au fons de l’aigada » (Las erbas d’aiga) Ms al.
« Lo fieu de mon songe ondejava » (« lo fiu de mon somni ondejava ») (Las erbas d’aiga) Ms al.
« Avem seguit d’un sounge18 sens parié » (« avem seguit d’un somni sens parier ») (Poema) Ms / al. + cal.
« Teu plagnun au founs dau sounge » (« Teu planhum au fons dau somni ») (Velha) Ms / cal.
« Dau mieu sounge19 costa gaire » (« dau mieu somni costa gaire ») (Velha) Ms/ cal.
Au total, 7 poèmes du recueil manuscrit comportent les mots sounge ou *soumia(r), avec une insistance
particulière sur ces mots dans Cant de la nuoch, comme si ce poème marqué par l’abandon, ainsi que le confiait
Max Rouquette à Henri Frère, avait favorisé l’éclosion du songe (5 occurrences en tout). En 1937, toutes ces
mentions du songe ont été transformées en somni / somniar (à l’exception de l’une d’entre elles : dans Mentastre,
sounja est devenu sosca). Quelques années plus tard (1942), le deuxième recueil de Rouquette, Somnis de la
nuoch, en affichant une nouvelle fois les somnis comme consubstantiellement liés à son écriture poétique,
reconduit les choix graphiques et linguistiques du recueil de 1937, et entérine la place éminente des songes
(somnis) dans l’imaginaire du poète.
11 - « Baila-me l’erba del somni » (on lit, rayé, dels somnis) (Litania, Somnis IV ; notons que ce poème figure également dans le Cahier noir,
où ce vers a fait l’objet de plusieurs repentirs qu’il semble possible de reconstituer ainsi : Baila l’erba que somnia &gt; Baila me l’erba dels
soms &gt; Baila me l’erba dels somnis (en français : Donne-moi l’herbe du songe. On peut en déduire que la version « stabilisée » de Somnis
IV est sans doute postérieure à celle du Cahier noir. L’èrba dels sòmis est par ailleurs le titre de l’une des six proses réunies sous le titre
générique de Desèrts dau sòmi dans Lo Corbatàs roge (Canet, Trabucaire, 2003, 139-141). La première phrase de ce texte affirme ce que
disent déjà ses premiers poèmes : « Son cinc o sièis, los sòmis peregrins que passan e que se’n van, e tòrnan espelir au fons de mon èstre,
e que l’an fach tot de long de ma vida ». (« Ils sont cinq ou six, les songes pèlerins qui passent et repassent et s’en vont, et remontent du fond
de mon être, et qui l’ont fait tout au long de ma vie » (L’herbe des songes, Le corbeau rouge, Paris, Les Éditions de Paris, 1997, p. 126). La
formule revient encore dans Lo cant de la Chicana, Nice, ed. OC revista, 2008, p. 25 : « Ai vist levar l’èrba dels sòmis ». Cette continuité est
assurément remarquable.
12 - Philippe Gardy, Paysages du poème. Six poètes d’oc entre XXe et XXIe siècle, Montpellier, Presses universitaires de la Méditerranée, 2014
(Chapitre 2, « Max Rouquette : du matin vers la nuit, le chemin des songes », 27-46).
13 - On donne entre parenthèses la version imprimée en 1937.
14 - On lit aurieu ; le vers s’achève alors par un point virgule.
15 - Le mot a été souligné (pour correction ?) comme plus bas apugada, devenu en 1937 apilada.
16 - Le mot a été souligné, comme au dernier vers de la mêmes trophe triste, devenu cendrós en 1937.
17 - Le mot a été souligné.
18 - Le mot n’a pas été souligné, alors même que dans la dernière strophe du ce poème l’ont été bludas (1937 blavas) et lontanas
(lonhdanas).
19 - Sounge a été souligné dans le manuscrit, comme, au vers précédent, regrets. Ce dernier mot a été conservé tel quel en 1937, mais il
a alors été mis en italique.

14

�De ce choix et de cette mise en exergue par substitution d’un mot par un autre, témoignent les derniers
textes publiés par Max Rouquette dans la revue Calendau, alors même que Los somnis dau matin ont été édités
et diffusés. Il s’agit de deux récits en prose, qui prirent place en 1961 dans le premier volume de Verd Paradís :
Jirome, ou lous camins dau cèl (Calendau, n° 93, mai-jun 1942, 210-215) et La nioch dau papa-rous (Calendau,
n° 96, nouvembre-desembre 1942, 274-278). Dans le premier de ces récits, intitulé en 1961 Jiròni o los camins
dau cèu20, ce sont les formes des recueils poétique de 1937 et 1942 qui sont présentes : « Soumniavem un briéu
as rèires qu’avièn levat aqui, davant las Cevenas bludas » (1961 : « Somiàvem un brieu als rèires qu’avián levat aquí,
davant las Cevenas blavas », 80) ; « lou tems d’un somni » (1961 : « lo temps d’un sòmi », 83). Dans le second, un
Raconte de Nadau dédié à l’animateur de Calendau, Pierre Azéma, on lit en revanche : « aquel sounge tèune »
(1961 : « aquel somi tèunhe », 93) ; « es qu’an pas jamai sounjat » (1961 : « Es qu’an pas jamai pensat », 93 ; « a
sounjat a vostra souletat » (1961 : « a somiat de vòstra soletat », 94) ; « aquela musica de sounge » (1961 : « aquela
musica de sòmi », 94)… Cette hésitation entre, pour faire simple, sounge et somni à quelques mois d’intervalle,
est d’interprétation malaisée dans le détail. Elle montre bien, malgré tout, comment, au début des années
1940, Max Rouquette a adopté la forme préconisée par Louis Alibert21 : somni et somniar, alors que ce dernier
avait en 1934 préféré écrire somi, comme ce sera d’ailleurs le cas un peu plus tard, à l’accent grave près (en
1963, La pietat dau matin, donnant à lire des extraits des deux premiers recueils, s’ouvre par Lo libre dels sòmis).
Comme on s’en serait douté, les poèmes ou fragments de poèmes destinés à prendre place dans Los somnis
dau matin et mentionnés dans les lettres de Max Rouquette à Henri Frère ne contiennent que la forme sounge
(dans Cant de nuoch et Poèma). Et tous sont rédigés dans la graphie de la revue Calendau. On rappellera que
Max Rouquette « abandonne » au même moment d’autres mots « magiques » de son écriture, en prose ou en
poésie. Par exemple blu / bluda et lountan / lountana (on lit dans la lettre à Frère où figure la pièce Poèma, tout
comme dans le manuscrit de Paraulas per l’erba conservé au CIRDOC : « Las Cevenas soun bludas e lountanas »).
Ces formes vont elles aussi être peu à peu remplacées par blau / blava et lonhdan / lonhdana.

III. Ponctuer ?
L’examen du manuscrit de Paraulas per l’erba, comme d’ailleurs celui des trois autres recueils manuscrits
conservés au CIRDOC, nous apporte un enseignement d’une autre sorte. Max Rouquette ponctue ses poèmes
avec beaucoup de parcimonie. Certains textes22 ne comportent aucune espèce de ponctuation (Camin vielh ;
Paraulas per l’erba ; Daphné ; Cant de nioch ; Los iols de fous…). Et ceux qui en comportent en sont plutôt
avares : un point parfois ; rarement un point virgule ; tout aussi rarement une virgule. Dans Los somnis dau
matin, comme dans Somnis de la nuoch, la ponctuation est en revanche davantage présente. Mais ne s’agitil pas d’interventions des éditeurs (Louis Alibert) ? (Comme d’ailleurs dans les recueils manuscrits, où, pas
systématiquement, mais souvent, elle est le fait, comme pour les accents et d’autres ajouts ou corrections,
d’une autre main que celle de Max Rouquette). On remarque en tout cas que le recueil de Max Rouquette Le
tourment de la licorne/Lo maucòr de l’unicòrn (Marseille, Sud, 1988) ne comporte que très peu de ponctuation.
Celle-ci, quand elle est présente, se résume à quelques points, parfois une virgule, sauf pour les pièces du début
qui avaient déjà fait l’objet, parfois longtemps avant, d’une première publication en revue. Or on sait que
ce recueil, dont les manuscrits (ou tapuscrits ?) n’ont pas été retrouvés, a dû être composé à partir des textes
20 - On lit à la fin du texte, p. 215 : « Tros de Verd Paradis, pèr pareisse à las Ediciouns de la S.O.E., Toulousa) » (S.O.E. pour S.E.O. sans aucun
doute, soit Societat d’Estudis Occitans).
21 - Une lettre envoyée par le jeune poète Henri Espieux le 8 septembre 1947 à son contemporain Robert Lafont (CIRDOC, Fonds
Robert Lafont) porte témoignage des discussions que l’adoption de cette forme préconisée par Alibert a pu soulever alors. Espieux
écrivait en effet à Lafont : « … E mai siágues rodanenc, lo fons lengadocián vei prón dins ton obra. Emplegues “somni” en luega de “sounge”,
qu’escrive “somje” (au debut, emplegave “somnis” per te seguir, que non sabieu qu’eres de l’autre man dau Rose). Cò de tu, era naturau, cò
de ieu, era coma “somnhe” sot la ploma de V. Bernard. Segur, “somni” es mai etimologic, mai fau pas trop me demandar » (Merci à Claire
Torreilles de m’avoir fait connaître ce passage). Espieux, en fait, ignore que Lafont lui-même n’a selon toute vraisemblance adopté la
forme somni que récemment : sous bénéfice d’un inventaire plus minutieux, dans son premier recueil poétique, Paraulas au vielh silenci
(avril 1946), comme dans ses poèmes inédits plus anciens (en « mistralien » puis en « alibertin »), on ne rencontre que raive et pantai(s).
Sauf un somniarèla (texte non daté, antérieur à 1946), qui semble être formé sur la forme mistralienne sounjarello. Sans entrer dans
le détail d’une question assez embrouillée, somni peut être considéré comme un archaïsme ou plutôt un catalanisme auquel Max
Rouquette, en lui donnant des lettres de noblesse littéraire, ménagea un certain avenir…
22 - Je ne prends pas en compte les poèmes dactylographiés de Paraulas per l’erba, la plupart du temps davantage ponctués, mais
dont l’origine demeure inconnue. Je conserve pour les titres indiqués ici la graphie du manuscrit.

15

�fournis par Max Rouquette ou dactylographiés sous sa direction. On y retrouve en effet la plupart des habitudes
graphiques du poète, habitudes déjà anciennes pour lui, et qu’il est sans doute le seul à mettre en œuvre.
Cette absence ou quasi-absence de ponctuation doit-elle être mise au compte d’une négligence ? Peutêtre. Mais sans doute aussi pas seulement. Je formulerais l’hypothèse que la ponctuation, sauf quand elle
vient délimiter des séquences dans le poème, constitue plutôt un obstacle à l’écriture (poétique). Elle vient
rompre un fil, une continuité, qui se situe probablement en deçà de la logique disons plus rationnelle que la
ponctuation viendrait substituer à une autre sorte d’articulation du langage. Cette dernière reposerait pour
l’essentiel sur la contiguïté, le « fondu enchaîné », un certain effacement de la clarté syntaxique et sémantique,
au profit d’une confusion à la fois sonore et sémantique. Une disparition, partielle ou quasi-totale, des limites
et des frontières entre les divers éléments qui composent le poème et en déterminent l’avancée.

IV. Du sounge au somni et aux somnis
Curieusement, mais de façon décisive, la révélation du mot somni par le truchement puriste de Louis Alibert
(celui-ci cherche à purifier, porgar, l’occitan des locuteurs et d’abord celui des écrivains23) a été transférée
du domaine de la grammaire prescriptive à celui de l’écriture poétique. Max Rouquette adopta le terme, au
détriment de sounge (mais non de pantais, il est vrai moins fréquent chez lui, et qui n’a pas besoin d’être purgé),
mais en le transmuant : il devint le désignant d’une réalité poétique majeure, à laquelle il devait vouer l’essentiel
de sa démarche en poésie pendant les années qui suivirent la publication des deux recueils de Somnis.
Témoignent de cette authentique révélation les deux recueils manuscrits de Somnis conservés au CIRDOC.
Et sans doute aussi l’ébauche de Bestiari, recueil qui commence de se construire par rapport à ces nouveaux
ensembles de Somnis.

V. Trois recueils pour la moitié d’un ?
Les trois recueils manuscrits conservés au CIRDOC paraissent inégalement achevés. Somnis III comporte
une table détaillée, comprenant 33 poèmes. Somnis IV comporte également une table, mentionnant14 poèmes.
La date figurant sur ce recueil (1er février 1947) semble indiquer que le recueil portant le numéro 3 lui serait
antérieur. Bestiari, enfin, comprend deux tables, l’une de 9 poèmes (mais destinée à en accueillir 28 ; une autre,
double, regroupe 6, puis 9 poèmes, sous deux titres différents (Bestiari ; Cants d’aucel / Cants dau cel).
Si l’on observe les annotations placées au début de chaque poème de ces trois recueils, on observe que
bénéficient dans Somnis III d’une appréciation positive (soit : « oui », ou « plutôt oui ») les pièces suivantes : Lo
gavach de la montanha ; La votz ; Baila me… ; Lausa escricha ; Per tres camins… ; Sonet (titre rayé et remplacé
par Lo vielh pecat). Les autres poèmes ont été rejetés, soit catégoriquement (« non »), soit de façon moins
catégorique (« plutôt non » ; point d’interrogation). La Canson de l’iranha est elle précédée de la mention per
lo Bestiari.
Ont par ailleurs été retenues dans Somnis IV les pièces suivantes : Chivalier perdut ; Non sabe ; Lo vielh
ivern (= Març) ; Los aucels de l’auba ; Los sàvis ; Lo lach d’estelas (= La pietat dau matin). Dans Bestiari enfin,
où les indications portées sont moins aisément interprétables, ont été jugées publiables Lo Prega-Dieu ( ?) ;
L’Unicorn ; Lo grilh ; Canson de l’iranha ; Lo sabaud ( ?).
Ces poèmes sont ceux, au nombre de 15, qui prirent place en 1963 dans la seconde partie de La pietat dau
matin (à l’exception du Prega-Dieu).
Et ce sont ainsi deux recueils de Somnis (et un Bestiari en devenir) qui ont été mis à profit pour composer
un recueil nouveau, placé sous le signe du matin et de la pietat, les songes proprement dits étant renvoyés aux
commencements déjà anciens d’une œuvre devenue classique au dire même de l’éditeur dans l’avertissement
signé « Messatges » qui ouvre le recueil. L’intérêt des trois recueils, deux restés inédits et l’un seulement
ébauché, est de nous ouvrir, comme, d’une autre façon, le Cahier noir, l’atelier du poète, après la parution et
la réception très positive de ses deux premiers livres de poésie. Les pièces écartées, pour nombre d’entre elles
23 - Louis Alibert tenait à partir de 1950 dans la revue ÒC une chronique régulière intitulée Porguem nòstra lenga.

16

�jamais publiées ou seulement en revues pour quelques-unes, l’ont sans doute été à bon escient, et probablement
avec l’assentiment de leur auteur. Mais ces pièces, jointes à celles réunies en 1963, présentent le double intérêt
de rendre visible le cheminement des songes comme lieu poétique central à partir du milieu des années 1940 ;
et de nous révéler de quelle façon ce cheminement s’était alors concrétisé en plusieurs séries de textes se
complétant et se faisant écho.
Ces pièces écartées, en effet, pour beaucoup d’entre elles, expérimentent la voie des songes, désormais somnis,
que les deux premiers recueils avaient explorée de façon essentiellement intuitive, avant que se soit précisée
son identité profonde. Car le songe est alors devenu une discipline poétique pour Max Rouquette, une voie
intérieure à prolonger le plus loin possible.

VI. La voie des songes
Dans le manuscrit de Paraulas per l’erba, on trouve des occurrences de sounge / sounja dans 7+ 1 (pantai)
poèmes, le terme étant présent trois fois dans Cant de nioch et deux fois dans las erbas d’aiga (on donne en gras
le terme utilisé dans l’édition des Somnis dau matin) :
Devers lou sounge dau cipres (Camin vielh)
(somni)
L’aucel dins l’oumbra que l’aparra
tressalis e sounja au bos siau (Mentastre)
(sosca)
Quant de sounges i aurien tenguts (Lou passant)
(somnis)
Ai sounja l’abandounada
a la riba de la mar (Cant de nioch)
(somniat)
Per tota set bagnadura
per tot dou sounges e som (Cant de nioch)
(somnis)
Entre qu’au sounge propici
d’un lum de luna bagnat (Cant de nioch)
(somni)
Nostre songe au founs de l’aigada (Las erbas d’aiga)
(somni)
Lo fieu de mon songe, ondejava
couma las erbas de la mar (Las erbas d’aiga)
(somni)
Avem seguit d’un sounge sens parié
lou fieu d’un tems de la nostra jouvença (Poema)
(somni)
Bruga dau vespre clar pantai
dau souleu [mort rayé] las e que s’en vai (Cantic de la bruga)
(pantai)
Dau mieu sounge costa gaire
de counouisse lou sicret (Velha)
(somni)

17

�Cette présence est donc relativement dense, malgré la valeur considérée comme particulièrement « poétique »
d’un tel mot. Elle est en quelque sorte soulignée par… l’absence du mot dans le second recueil de Somnis :
Somnis de la nuoch, où il n’apparaît que dans le titre. On sait d’ailleurs que le recueil ne devait pas s’appeler
ainsi, mais Oblit de la darriera luna24, qui est aussi le vers 13 du deuxième poème du recueil, Oblit (« Long
de la comba de l’Erau »…) Ce changement de titre est difficile à interpréter. A-t-on voulu prolonger le recueil
initial par un effet d’écho ? Le titre préalablement choisi a-t-il finalement été considéré comme inadapté ? Ou
le poète a-t-il désiré inscrire les songes au cœur de son deuxième livre de poèmes, malgré l’absence du mot dans
les textes, pour en marquer clairement le lieu d’écriture, dont il aurait eu dès lors clairement conscience ? Que
deux autres recueils de Somnis aient ensuite, et peu de temps après semble-t-il, été réunis par lui inciterait à
penser cela.
Ces deux recueils s’affichent dans la continuité des précédents par leur intitulé (si bien sûr Max Rouquette
est effectivement celui qui a choisi de les appeler ainsi, et rien ne permet vraiment d’en douter). Mais aussi et
surtout par leur contenu. Somnis III est le plus fourni des deux : 33 pièces (inexplicablement, la table finale,
qui va jusqu’à 40, comporte, outre des poèmes rayés, des blancs : les numéros 7, 13, 14, 20, 21, 22, 34 n’y
figurent pas25). Les mots somni / somniar y apparaissent dans huit poèmes (dont à trois reprises dans un seul) :
E l’erba dels somnis (Comba de l’Erau26)
En subre nostres somnis (Lo banh de la luna)
Vent de somni e d’aucelilha (Baila me…)
Ai ! Magalona que somnies (Planh per Magalona)
Las ersas del somni amar (Planh per Magalona)
Magalona del mieu somni (Planh per Magalona)
Beu d’amara fuolha trissa
lo juc de somni e de som
boca d’ombra e d’amaressa (Beu d’amara fuolha…)
un somni s’endaura de ser (Per tres camins…)
Somnis au cel de la carn tremolanta
que vira e se revira dins la som (Zodiac)
Filha que debana
e mescla lo fieu
d’un somni de prima
e de festa-Dieu. (Festa-Dieu)
Cette fréquence relativement élevée de somni / somniar est révélatrice de l’importance de ce terme dans
l’écriture des poèmes. Certains même paraissent avoir été bâtis autour ou à partir de lui. Ou, du moins, de
ce qu’il représente et exprime : une sorte de tournoiement, ou de vertige, qui dessine la trajectoire du texte et
en détermine le mouvement d’ensemble. Depuis Comba de l’Erau, poème jumeau de celui intitulé Oblit dans
Somnis dau matin, jusqu’à Terra tas mans…, les somnis rassemblés dans ce recueil, sous des formes apparemment
diverses, sont tous peu ou prou pris dans une même oscillation : une spirale, parfois surlignée grâce au jeu des
rimes (ou plus souvent de « simples » assonances), qui produit un double effet d’élévation et de descente, tout
cela concourant à créer une impression de perte de conscience à la fois volontaire et inexorable. Dans cette
24 - Voir par exemple la dernière page du numéro de l’été 1942 (= n° 149) de la revue ÒC où est ainsi annoncé pour paraître ce recueil.
25 - D’autres poèmes devaient-ils occuper ces « cases » laissées vides dans l’esprit du poète ? On ne sait. On ne sait d’ailleurs pas
davantage quand cette page de table a été dressée.
26 - Les corrections d’une main étrangère sur ce poème rendent malaisée, voire impossible, la lecture de certains passages. On a vu la
fortune que devait connaître cette formule dans l’œuvre à venir.

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�spirale, le sens des mots à son tour vacille, comme vacille l’ordre syntaxique, auquel on a parfois peine à se
rattacher. Maladresses du poète ? Peut-être. Mais plutôt recherche répétée du vertige, de la perte, relative mais
réelle, de conscience, de l’oubli de soi-même à travers le tourbillon des mots, comme on se noie, ou comme on
s’étourdit, emporté par une force intérieure qui disloque le moi, le disjoint jusqu’à l’éparpiller.
Le puits (potz), le tourbillon / tournoiement (revolum, vertolhon, rodar), le tremblement (trefoliment),
l’évanouissement (s’esvanir), les effets de miroir (mirar, miralhar), le vide (vieude), le gouffre (gorg) sont quelquesuns des mots qui font se mouvoir l’écriture du poème.
Somnis IV se présente comme le développement de Somnis III à cet égard. Sur 15 poèmes réunis ici, 6
mentionnent les somnis, avec une insistance particulière dans la pièce sans titre « Los somnis s’encontran la
nuoch », la treizième du recueil, où le mot apparaît à quatre reprises. (Les somnis constituent d’ailleurs le motif
central de ce poème) :
De longs suspirs e de rosas de giure
floris l’ivern son somni ben astruc (L’Atahut d’Arnaut Daniel)
Mon somni baile obrat d’orgulh e d’aura
au record vieu de desir ede giure (L’Atahut d’Arnaut Daniel)
Dins un oliu un vent de somni
Se derevelha entredormit (sans titre, « Anatz, la nuoch m’emparadisa »)
Vira la mar, carn espandida
qu’un somni nou, e, formiguier
lo formiguier de las estelas (Lo monde escondut…)
Los somnis s’encontran la nuoch
ambe d’enganairas paraulas (Sans titre, « Los somnis s’encontran la nuoch »)
Lo lach de la nuoch aclapada
lo fuolhum lo beu molament
e los somnis van dins un vent
que, tot escas, baisa sa rauba (Sans titre, « Los somnis s’encontran la nuoch »)
Los somnis van, rebats de somnis (Sans titre, « Los somnis s’encontran la nuoch »)
Las mans dels somnis se retròban
quand la messorga jai al nis (Sans titre, « Los somnis s’encontran la nuoch »)
Rajan espès coma aquel somni (Lo lach d’estelas)
Baila-me l’erba dels somnis
baila-me lo vent de l’ora (Letania)
Le poème sans titre « Los somnis s’encontran la nuoch », comme d’autres, est une exploration quasi physique
du monde du songe, une sorte de dérive dont on retrouve le rythme et le déroulé dans des poèmes tels que Lo
lach d’estelas, devenu plus tard La pietat dau matin, ou Los sàvis, pour ne mentionner que les plus connus des
lecteurs de Max Rouquette. On pourrait sans doute dire la même chose de la sextina L’Atahut d’Arnaud Daniel,
qui ouvre le recueil et en donne doublement le ton, puisque c’est une citation du troubadour de Ribérac, via
Dante (Purgatorio, XXVI, 142), qui sert d’exergue à Somnis IV : « Ieu sui Arnaut que plor e vai cantan ». En
apparence, le choix de cette forme constitue une contrainte forte, destinée à brider l’écriture songeuse du poète.
Mais peut-être en apparence seulement : à l’intérieur d’une telle architecture, les mots défilent et s’échangent
dans un cadre qui leur procure paradoxalement une liberté sans bornes. La sextine n’aurait-elle pas été alors
pour Max Rouquette, au-delà du défi qu’elle pouvait représenter, l’occasion de repousser les limites du somni,
en le coupant totalement du monde réel ? Certes, il s’intéresse depuis longtemps aux troubadours, dont il
aimerait rendre la poésie plus directement accessible à ses contemporains, alors même que c’est essentiellement
19

�le monde des érudits philologues et romanistes qui s’y consacre. À cet effet, il a publié en 1937 dans la revue
Calendau, puis sous la forme d’un élégant tiré-à-part, une Crounica legendària das Troubadours, où il a restitué
à l’occitan moderne les vidas médiévales de ses lointains prédécesseurs. Mais cet intérêt, précisément, s’inscrit
dans une démarche de poète, désireux, comme le fait aussi au même moment à sa manière son ami René
Nelli, d’en réactualiser la force originelle. Cette intrusion dans l’univers de la sextine opère ainsi une fusion
entre les époques, et c’est à son propre univers poétique que Max Rouquette l’intègre, en en faisant un mode
d’exploration du songe, à côté du sonnet, qu’il cultive alors aussi, et qui prête son architecture à quelquesuns de ses poèmes les plus personnels et les plus fascinants à cet égard : Lo lach d’estelas ; Lo vielh pecat ;
L’unicorn. Roberta Capelli a montré dans une analyse très précise27 comment Max Rouquette, tout en faisant
en sorte que « la présence d’Arnaut Daniel […] imprègne la composition tout entière […] avait adapté le
lexique du troubadour à ses exigences poétiques personnelles et révélé de nouvelles possibilités expressives d’un
modernisme étonnant ». Dans une démonstration très convaincante, elle remarque notamment comment,
« dans sa tornada, Max Rouquette ne parle pas de “poésie” mais de “sòmi” (v.37) : dans le rêve l’esprit se libère
du corps (v.8, “e despulhat del còrs que tot oblida”) et on passe du plan matériel et du sensuel au plan du
spirituel. »
L’Atahut d’Arnaut Daniel, par sa forme même, s’inscrit dans la quête de Max Rouquette à la recherche du
poème-songe : une forme capable de faire surgir, en subvertissant les contraintes librement choisies par le poète,
les figures et les ondoiements de cette autre face du réel où les distinctions qu’on croyait les plus sûrement
établies s’abolissent pour donner naissance à des scènes jusqu’alors inimaginables. Le poème du troubadour a
dû séduire Rouquette par l’éclat particulier, surgi de sa complexité formelle, qu’il pouvait y déceler. S’immiscer
au cœur même de ce dispositif pour s’y contempler et s’y révéler à soi-même représentait une gageure qui
ouvrait grandes les portes des somnis.
Bestiari, malgré les apparences, ne rompt pas avec cet univers. On y relève :
Dins sa testa se recorda
d’un gran somni ten lo fieu (Lo lasert)
Quant i somnie qu’ai de làguis28 (Lo lasert)
Bel unicorn dolça bestia de somni29 (L’Unicorn)
En lo miralh de l’aiga plana
un fenis blanc somnia al lenier30 (Lo ciune)
Les animaux de cette ébauche de bestiaire possèdent, en tout cas certains d’entre eux, des facultés songeuses
qui en font, sinon des doubles, pour le moins des alliés substantiels du poète dans ses plongées au plus obscur
des mots et des êtres.

27 - Roberta Capelli, « Les troubadours dans l’œuvre poétique de Jean Boudou et Max Rouquette », in Georg Kremnitz,
BarbaraCzenilofsky, Peter Cichon, Robert Tanzmeister (éditeurs), Le rayonnement de la civilisation occitane à l’aube d’un nouveau
millénaire. Actes du sixième Congrès international de l’Association internationale d’études occitanes, Wien, Edition Praesens, 2001, p. 631642.
28 - La lecture de certains mots est rendue difficile par les corrections.
29 - Traduit sur la feuille insérée « douce bête de songe ».
30 - Traduit sur la feuille insérée « songe au bûcher ».

20

�Un poème en devenir : une version occitane et une version française (Béziers CIRDOC, ms 433, « Somnis
IV ») du poème publié à partir de 1963 comme «La pietat dau matin», et qui donna son titre au troisième
recueil de Max Rouquette. On y voit notamment apparaître, sans doute révélée au poète rêvant sur son sonnet, la première occurrence de cette formulation «magique».

21

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&lt;a href="http://occitanica.eu/omeka/items/show/17058"&gt;Les manuscrits du Po&amp;egrave;me (1930-1960) &amp;ndash; Journ&amp;eacute;e d&amp;rsquo;&amp;eacute;tudes RedOc&lt;/a&gt;&#13;
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&lt;body&gt;&#13;
&lt;div style="text-align: justify;"&gt;En 1937 et 1942, Max Rouquette publiait ses deux premiers recueils po&amp;eacute;tiques, plac&amp;eacute;s sous le signe des &lt;em&gt;songes &lt;/em&gt;(&lt;em&gt;Los somnis dau matin&amp;nbsp;; Somnis de la nuoch&lt;/em&gt;). Quatre manuscrits (ou pour partie tapuscrits) conserv&amp;eacute;s datant de cette &amp;eacute;poque, plus un &amp;laquo;&amp;nbsp;cahier noir&amp;nbsp;&amp;raquo; contenant des po&amp;egrave;mes d&amp;rsquo;&amp;eacute;poques diverses, nous font p&amp;eacute;n&amp;eacute;trer dans la fabrique des songes, ou dans le m&amp;eacute;canisme de leur capture, pour employer un terme sans doute plus rouquettien. Et d&amp;rsquo;abord dans celle du mot lui-m&amp;ecirc;me, qui mit un certain temps &amp;agrave; s&amp;rsquo;imposer, comme embl&amp;egrave;me et forme-sens du po&amp;egrave;me d&amp;rsquo;abord, puis sous sa forme occitane &amp;laquo;&amp;nbsp;d&amp;eacute;finitive&amp;nbsp;&amp;raquo; (soit &lt;em&gt;s&amp;ograve;mi&lt;/em&gt;). Pr&amp;eacute;cieux pour p&amp;eacute;n&amp;eacute;trer dans l&amp;rsquo;atelier du po&amp;egrave;te, ses choix graphiques, ses h&amp;eacute;sitations, ses choix proprement linguistiques aussi, cet ensemble de manuscrits nous montre que les diverses &amp;eacute;tapes de ce cheminement sont intimement li&amp;eacute;es &amp;agrave; la d&amp;eacute;couverte du po&amp;egrave;me, &amp;agrave; son &amp;eacute;criture, et, plus largement, &amp;agrave; la fa&amp;ccedil;on dont celui-ci s&amp;rsquo;est &amp;eacute;labor&amp;eacute; (&amp;agrave; la fa&amp;ccedil;on d&amp;rsquo;un r&amp;ecirc;ve) en ces ann&amp;eacute;es-l&amp;agrave; pour Max Rouquette, entre &amp;eacute;criture ma&amp;icirc;tris&amp;eacute;e et qu&amp;ecirc;te &amp;laquo;&amp;nbsp;automatique&amp;nbsp;&amp;raquo; d&amp;rsquo;un monde qui se d&amp;eacute;robe.&lt;/div&gt;&#13;
&lt;/body&gt;&#13;
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              <text>© Philippe Gardy</text>
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          <description>Le portail dans la typologie Occitanica</description>
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              <text>Article scientifique</text>
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          <name>Contributeur</name>
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              <text>LLACS Univ MTP 3</text>
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      <name>Archius d'escrivans = archives d'écrivains</name>
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      <name>Poesia occitana = poésie occitane</name>
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