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                  <text>Jean-François COUROUAU
Des avant-textes au texte :
le destin éditorial des poèmes occitans
de Denis Saurat (1954-1960)

�Des avant-textes au texte :
le destin éditorial des poèmes occitans
de Denis Saurat (1954-1960)
par Jean-François COUROUAU
Communication donnée dans le cadre de la journée d’études

Les manuscrits du poème (1930-1960)

Université Paul Valéry, Montpellier, le jeudi 23 octobre 2014

�Parmi les manuscrits d’auteurs de langue occitane du XXe siècle accessibles dans des bibliothèques publiques,
ceux du fonds Denis Saurat de l’Institut français du Royaume-Uni, à Londres, sont certainement sinon les plus
riches, du moins parmi les plus complets. Cet ensemble volumineux a été légué à la bibliothèque de l’Institut
français du Royaume-Uni, que Denis Saurat avait dirigé de 1924 à 19451, après la mort de sa veuve, Ella Saurat,
par son fils aîné Harold Saurat. Le terme manuscrits est à vrai dire assez impropre pour désigner les différents
éléments qui composent ce fonds puisque, comme on le verra, il comprend des manuscrits autographes des
œuvres occitanes de Saurat, mais aussi des textes dactylographiés de ces mêmes œuvres, des photographies, une
correspondance particulièrement abondante avec les principaux acteurs de la vie littéraire de langue occitane
des années 1950, des coupures de presse, des notes, le tout n’occupant qu’une partie, certes non négligeable,
d’un ensemble plus vaste encore rassemblant les documents en langue française et en langue anglaise produits
par ou liés à un auteur qui a déployé toute sa vie durant une activité d’écriture absolument considérable dans
ces deux langues.
Rappelons que la bibliographie de Denis Saurat, telle qu’elle peut être établie à partir des travaux de John
Colombo (2004), Cédric Auglans (2008) et mon propre travail (2010), comprend 46 ouvrages et 433 articles
en français, en anglais et en occitan. À quoi il convient d’ajouter des émissions de radio, des conférences ainsi
que des cours puisque Denis Saurat, de 1926 à 1949, enseigne la littérature française au King’s College de
Londres.
La liste des documents composant le fonds Denis Saurat comprend ainsi 89 dossiers (88 numérotés et un
dossier annexe) et la description de ces dossiers (une ligne par document), effectuée avec un soin considérable,
occupe 107 pages. Doté d’un esprit très méticuleux, à la fois administrateur et universitaire, Saurat a accordé une
grande attention à la conservation de ses papiers. Pour l’œuvre occitane, on dispose ainsi d’une documentation
à la fois abondante et riche qui permet de jeter un jour nouveau non seulement sur l’élaboration du texte
poétique, mais aussi sur son destin éditorial.
La carrière de poète de langue occitane de Denis Saurat est à la fois tardive et brève. Si on laisse de côté le cas
épineux des « Poèmes cathares » parus dans la NRF en 1953, elle ne dure que quatre ans, d’avril 1954, quand il
rédige At digues pos, jusqu’à, disons, sa mort survenue le 7 juin 1958. Durant ces quatre années, Saurat publie
trois ouvrages de poésie :
- Ac digas pas. Poëma ante-catar, en 1954, dans la collection « Messatges » de l’IEO ;
- La Bierjo lhi diguec, la même année, chez Aubanel, à Avignon ;
- Encaminament catar. Poëmas, en 1955, à nouveau dans la collection « Messatges » de l’IEO, qui reprend
le poème Ac digas pas et La Verge li diguèc auxquels sont adjoints Lo soldat, La veusa et Los gigants catars.
À ces trois œuvres d’ampleur inégale, on pourrait ajouter la traduction occitane qui paraît en 1956 sous son
nom des Poemas mistics de son amie Laurence de Beylié dans la collection « Messatges » de l’IEO. Saurat n’étant
toutefois que le traducteur – concept qu’il eût peut-être récusé en outre –, cette participation n’entre pas à
proprement parler dans ses propres créations. Il convient en revanche de faire figurer parmi celles-ci le recueil
Encaminament catar II. Lo caçaire, publié à titre posthume, deux ans après sa mort, en 1960, toujours dans la
collection « Messatges » de l’IEO. La publication de ce texte en occitan, sans traduction, parti chez l’imprimeur
en février 1958, n’avait pu être menée à son terme du fait de la mort de l’auteur. Ce sont donc en tout quatre
publications (1954, 1954, 1955, 1960) et six ensembles poétiques qui sont accessibles au public via l’imprimé.
Dans l’ordre chronologique de rédaction :
- At digues pos, rédigé une première fois le 14 avril 1954 (323 vers), publié deux fois : 1954 (a), texte occitan
seul, et 1955, avec texte occitan et traduction
- Le souldat, premier jet les 13-15 juillet 1954 (547 vers), publié une fois (1955), texte occitan et traduction
- Les gigants catars du 29 juillet 1954 (246 vers), publié en 1955, texte occitan et traduction
-La Bierjo lhi diguec du 28 août 1954 (151 vers), publié deux fois (1954 (b) texte occitan seul dans la
graphie de l’auteur, et 1955, avec texte occitan et traduction)
- La beuso des 29 et 30 novembre 1954, publié en 1955, texte occitan et traduction
- Le Cassaire, rédigé en plusieurs jours entre le 22 janvier et le 27 février 1957, publié seulement en 1960,
texte occitan seul.
1. Sur cet aspect, v. Dupray / Lacombe / Poivre d’Arvor 1996 (manque à la bibliographie de l’éd. 2010).

�Les documents de l’IFRU ont permis de découvrir un septième texte dont il est fait état à plusieurs reprises
dans la correspondance entre Denis Saurat et ses interlocuteurs de l’IEO, Robert Lafont, Pierre Bec ou Ismaïl
Girard. Le poème Blaco (1101 vers) a été rédigé par Saurat un mois après Le Cassaire, entre le 18 et 23 mars
1957. Dans les mois qui précèdent sa mort, Saurat a entrepris de le traduire en anglais, mais la traduction ne le
satisfait pas. Il ne semble pas, à en juger par les quelques parties conservées, qu’elle ait beaucoup avancé entre
sa rédaction et la mort de l’auteur, celle-ci interrompant visiblement tout projet de publication puisque le texte
est resté inédit jusqu’en 2010.
L’intérêt des documents conservés dans le fonds Saurat de l’IFRU est multiple. Outre ce texte inconnu
pendant plus de cinquante ans, on peut directement accéder à quelques-unes des différentes étapes de la
rédaction. Saurat, en effet, note ses œuvres poétiques en occitan, dans des petits carnets à spirales. Non
seulement, il précise s’il s’agit des premiers manuscrits, fruit d’un premier jet, mais aussi, on l’a compris, il note
le jour de la rédaction ou le début et la fin de la campagne de rédaction. Il va même plus loin. Pour certains
textes, c’est même l’heure à laquelle il écrit qu’il porte sur son petit cahier. Une main heureuse a ainsi rassemblé
dans un seul dossier (n° 31, A dans notre liste) les textes dans leurs premières versions, y compris Le Cassaire qui
est postérieur mais sans Blaco. Comme on peut s’en apercevoir pour At digues pos (fig. 1), ces premiers textes
sont travaillés, des ratures signalent des mots ou des lettres remplacés. Sans doute pour disposer de versions plus
lisibles et définitives, Saurat recopie ces premiers manuscrits, toujours dans des petits carnets à spirales. C’est à
deux reprises qu’il se livre à ce travail, transformant à l’occasion toujours légèrement son texte. Les manuscrits
B (IFRU n° 32) et C (IFRU n° 69) représentent ainsi deux, voire trois états successifs des textes de 1954 (At
digues pos, Le souldat, Les gigants catars, La Bierjo li diguec), sauf La beuso qui est hors de B. En fait, on le voit,
à ce stade des manuscrits qui ne sont qu’à usage interne, chaque texte dispose de sa propre tradition d’écriture
et celle-ci pourrait faire l’objet, comme il est d’usage dans la pratique ecdotique des médiévistes, de stemma
distincts.

Fig.1. At digues pos, Londres, Institut français du Royaume-Uni, fonds Denis Saurat, dossier 31, f° 1.

�L’itinéraire du processus d’écriture ne s’arrête pas au stade du manuscrit.
Sauf pour At digues pos qui est sa première composition personnelle et apparemment pour Blaco dont
l’itinéraire final ne nous est pas bien connu, Saurat envisage une publication. Il s’agit donc de donner à l’éditeur,
puis à l’imprimeur un texte lisible et c’est à ce niveau qu’intervient la saisie dactylographique. À Nice, Saurat
dispose d’une secrétaire, Mlle Mayrargue. Celle-ci est à la peine lorsqu’il s’agit de transcrire les textes occitans
de Denis Saurat. Les versions dactylographiées dont le nombre est important, augmenté par l’usage du double,
sont de deux types : celles qui n’ont pas été revues par Saurat, remplies d’un nombre important d’erreurs de
frappe ou de lecture (IFRU n° 19, D) et celles que Saurat corrige de sa main (IFRU n° 76, E).
Troisième ensemble qui intéresse les œuvres occitanes de Saurat : les traductions. Toutes ne sont pas réalisées
par Saurat lui-même. Ainsi, At digues pos a été spontanément traduit par son ami le médiéviste René Lavaud.
Une bibliothèque privée possède le manuscrit de cette traduction, annoté par Saurat, retourné à Lavaud qui
l’a à son tour envoyé à Lafont. De fait, c’est ce texte de Lavaud revu par Saurat qui fait office de traduction
dans l’édition de de 1955. De la même façon, Henri Espieux réalise spontanément la traduction du Souldat.
Réparties entre plusieurs dossiers (IFRU n° 76, E ; n° 77, G ; n° 5, H, n° 30, I ; n° 76, K), ces traductions, toutes
effectuées vers le seul français hormis pour Blaco pour lequel on possède également une tentative en anglais,
forment un ensemble volumineux de données.
Enfin, quelques mois avant sa mort, entre avril et juin 1957, tandis que Le Cassaire et Blaco sont à l’IEO où
Pierre Bec s’emploie à les transcrire, Saurat consigne au propre l’ensemble des sept textes dans un cahier de la
marque Everest (IFRU n° 76, K, voir fig. 2). Sa démarche s’explique par le besoin qu’il éprouve, apparemment
pour lui-même, de disposer d’une version alors définitive, dans le parler et la vêture graphique qui lui sont
familiers et qu’il s’est forgés lui-même, indépendamment des normes mistralienne et alibertine. Ce cahier qui
comprend la totalité de l’œuvre – dont Blaco qui n’est connu qu’à travers cet unique témoin – constitue donc
le dernier état du texte, celui auquel l’auteur a consacré une ultime révision et c’est donc lui qui a servi de base
à l’édition critique d’Encaminament catar que j’ai procurée en 2010.
Au total, ce sont donc une douzaine de témoins, textes et traductions, qui constituent la base documentaire2,
ainsi répartie en fonction des textes :

A (IFRU 31)
B (IFRU 32)
C (IFRU 69)
D (IFRU 19)
E (IFRU 76)
G (IFRU 77)
L (Bdx, c. p.)
L' (Bdx, c. p.)
H (IFRU 5)
I (IFRU 30)
K (IFRU 76)
L3 (Bdx, c. p.)

At digues
pos
X

Souldat

Gigants

Bierjo

Beuso

Cassaire

X

X

X

X

X

X

XT

X

X

X

X

X

X

Y

Y - T (f)

Y

Y

YX

YX - T (f)

YX - T (f)

T (f)

Blaco

X
T (f)
YX -T (f)

T (f)

X
X

X

X
T (f)

T (e)

Y
X

X

X

X

X

X

T (f) - X

X = texte occitan manuscrit
Y = texte occitan dactylographié
YX = texte occitan dactylographié avec annotations manuscrites de Denis Saurat
T (f ) = Traduction en français (sans distinction de support)
T (e) = Traduction en anglais (sans distinction de support)
italiques = texte incomplet
gras = auteur autre que Denis Saurat

et à laquelle il faut ajouter les quatre éditions (1954 a et b, 1955, 1960) ainsi que deux publications éparses
réalisées dans la revue Òc (Les Gigants catars en 1954, un passage du Cassaire en 1957).
2. À cet ensemble, il conviendrait d’ajouter le ms. 185 conservé au CIRDOC (Béziers) qui rassemble des brouillons de textes occitans et français de
l’édition de 1955 (textes dactylographiés avec mentions manuscrites, éditions de 1954 et 1955 également annotées), visiblement établis par les
éditeurs.

�Fig.2. Cahier Everest, Institut français du Royaume-Uni, fonds Denis Saurat, dossier 76, f° 1.

�Toutes ces versions du texte ne s’équivalent pas. Leur statut, leur fonction et partant, pour nous, leur utilité
sont différents. Grâce toutefois à cette masse importante de textes, différentes approches sont possibles. Pour
les textes les plus documentés, ceux de 1954, mais aussi, dans une moindre mesure, pour Le Cassaire, toutes les
informations concernant les changements successifs contenus dans les avant-textes (manuscrits et transcriptions
dactylographiées) qu’apporte Saurat pourraient permettre, dans l’absolu, de reconstituer les itinéraires de pensée
et d’écriture, voire les mécanismes mentaux, qui ont présidé au processus de création poétique. Une telle
entreprise, qui relèverait de la critique génétique, demanderait une masse de travail considérable. Sans entrer
dans la question de l’intérêt au final de résultats rendus peut-être hasardeux par la multiplicité des inductions
nécessaires, il faut reconnaître que la masse documentaire constituée par le fonds Saurat de l’Institut français
de Londres offre une remarquable mine de matériaux à qui voudrait tenter pareille aventure.
Ces manuscrits et autres avant-textes présentent un intérêt supplémentaire. Ils permettent de suivre l’itinéraire
qui mène de l’avant-texte au texte imprimé, non pas dans l’esprit du poète comme dans l’approche génétique,
mais au niveau de la lettre du texte. On sait, depuis qu’Élodie de Oliveira (2012) et Jean-Pierre Chambon
(2012) ont étudié les mésaventures des textes de Jean Boudou, ce que certaines interventions éditoriales
peuvent avoir de regrettable d’un point de vue linguistique, littéraire et esthétique.
Pour reconstituer l’itinéraire des textes de Denis Saurat, quelques exemples devraient suffire. Dans un
premier temps, nous proposons d’observer les modifications apportées non pas tout au long de la chaîne des
manuscrits, mais en partant du tapuscrit dont on peut penser qu’il constitue le dernier maillon de la chaîne
des avant-textes, d’une part, et du texte édité, d’autre part. Le conte 1 du Cassaire offre un exemple, parmi
d’autres possibles, du traitement opéré par les éditeurs de 1960. En l’occurrence, ce texte n’est pas connu par
un premier manuscrit. Le dossier 31 de l’IFRU qui rassemble les premiers manuscrits, quelle que soit leur
date d’écriture, sauf Blaco, est, pour Le Cassaire, incomplet des contes 1 et 2. On verra que, à un ou deux cas
près, cette absence n’est pas préjudiciable à la démonstration. Le dossier G (IFRU n° 77) est constitué des
transcriptions dactylographiées des versions occitane et française du Cassaire. Ces transcriptions ne comportent
que peu d’erreurs de typographie et il n’y a pas trop lieu de douter que le texte envoyé par Saurat à son éditeur
était sinon identique, du moins fort semblable à la version de G.
Donnons pour commencer le texte tel qu’il est dans le dossier G, assorti de quelques commentaires.
Ero la grando montanho l’estiu quan le solelh bat
L’omo gardabo lai bacos su l’erbo dei gran comelhs
trot naut ero per de bilatjes e per omes de trabalha
s’i podio poi biure al dur del tems me que serbio per le bestia			
Le benguec beire como cad’an le cassaire de la montanho
escambiabon pelhs de lhoups que fan tapis dins ostau
ambe leit fresco de bacos e burre salat per l’iber
aio uno maiso de peiros espessos a miei nauto pui bas quel’ bosc		
sabio ce que fasion lai bestios quan la neu lhor ero dessu
i arribabo de tua lhops’ de son fusilh per la fenestra
quan passabon folhs de talent’ d’ana roda ber lei bilatjes
le pople de la Barguilhero sabio que l’cassaire ero bo				
les protejabo de la mountanho : ausission son cop de fusilh
			
e se gardabon
de cops benion Espanhols que lhi parlabon aban de passa
el pastou aquelh estiu aio menat and’elh un drole				
		
qu’ero l’gojat del siu gojat
qu’anabo e l’escolo l’iber e aro ajudabo l’siu gran
qu’ero balent ande lai bacos e qu’aio din les quinz’ans
ta pla beleu sa maire se pensabo qu’un jon siro priaire tabes			
			
e riddo sacrat
aro lhi fasio tan de ben d’estr’an del gran pel l’aire de montanh3

4

8

12

16

20

3. Une déchirure dans le papier empêche de lire la dernière lettre et de distinguer s’il y a un signe de ponctuation à la fin de la ligne.

�Le système graphique employé par Saurat est indifférent aux normes mistralienne et alibertine. Fréquentant
directement ou par personne(s) interposée(s) cette dernière depuis quatre ans au moment où il fait établir et
corrige cette version, Saurat se montre perméable à quelques-unes des solutions graphiques préconisées par ses
amis de l’IEO. Ainsi, le graphème &lt;nh&gt; voisine avec le graphème &lt;gn&gt;. Le son [u] est parfois noté &lt;o&gt;, parfois
&lt;ou&gt;. On trouve une syllabe post-tonique en &lt;a&gt; (fenestra). La langue est celle dans laquelle Saurat a toujours
écrit son œuvre occitane.
Passons à présent à la version imprimée en 1960 :
Era la granda montanha l’estiu quand lo solelh bat
l’òme gardava las vacas sus l’erba dels grands comelhs
trop naut èra per de vilatges e per òmes de trabalhar
s’i podiá pas viure al dur del temps mas que serviá per lo bestiar		
4
Lo venguèc veire coma cad’an lo caçaire de la montanha
escambiavan pèls de lops que fan tapís dins ostals
amb lait fresca de vacas e burre salat per l’ivern
aviá una maison de pèiras espessas a miei-nautor pus bais que’l bòsc		
8
sabiá çò que fasián las bèstias quand la nèu lor èra dessús
li escasiá de tuar lops de son fusilh per la fenestra
quand passavan fòls de talent per anar rodar vers los vilatges
Lo pòple de la Barguilhèra sabiá que’l caçaire èra bon				
12
los protegissiá de la montanha : ausissián son còp de fusilh
			
e se gardavan
de còps venián Espanhòls que li parlavan abans de passar
e’l pastor aquel estiu aviá menat amb el un dròlle			
16
		
qu’èra ’l gojat del sieu gojat
qu’anava a l’escòla l’ivern e ara ajudava ’l sieu grand
qu’èra valent amb las vacas e qu’aviá dins los quinze ans
			e rector sacrat						20
ara li fasiá tant de ben d’èsser amb lo Grand per l’aire de montanha.
Les interventions de l’éditeur portent sur la graphie. Le passage à la norme alibertine entraîne les modifications
attendues :
- la voyelle post-tonique est notée &lt;a&gt; : Era, granda, montanha, gardava…
- utilisation du graphème &lt;v&gt; par respect de l’étymologie : gardava, vacas…
- introduction d’un système d’accents graphiques : accent grave pour le e ouvert (èra, venguèc…) et le o
ouvert (òmes, pòple), accent aigu sur le i tonique (tapís) ainsi que sur le a de la diphtongue finale notée &lt;-io&gt;
chez Saurat et &lt;-iá&gt; dans le système alibertin (serviá, venián…)
- notation &lt;o&gt; du son [u] : lops, pastou…
- utilisation de consonnes finales ou médianes étymologiques : quand, bon, pastor…
Ces modifications ne sont cependant pas exemptes d’erreurs par rapport aux formes prescrites par Alibert.
L’éditeur note trop au lieu de tròp chez Alibert, ivern pour ivèrn, vers pour vèrs, fenestra pour fenèstra, pòple pour
pòble.
Le second volet important de modifications concerne la langue. Les changements apportés par l’éditeur se
font selon deux directions. La première action vise à éliminer les francismes :
- au vers 4, la forme me (fr. « mais ») est perçu comme un francisme, elle est remplacée par mas
- au vers 9, ce que, trop proche du français ce que, devient çò que
- au vers 10, alors que le texte original porte i arribabo, l’éditeur remplace le verbe senti comme trop proche
du français par un verbe perçu comme plus idiomatique : li escasiá
- au vers 13, Saurat emploie un verbe du premier groupe protejabo, remplacé par un verbe du deuxième
groupe protegissiá

�Dans les deux cas, le nombre de syllabes est inchangé, mais la place des accents toniques, entre autres choses,
est modifiée.
La chasse aux formes dialectales mobilise une intense énergie. On sait que Denis Saurat écrit un occitan
très localisé. Il se sert de la forme de langue qu’il a entendue dans son enfance, en Ariège, dans le pays de Foix
et plus particulièrement dans le hameau de Layrole, commune de Serres-sur-Arget. Si les éditeurs respectent
certaines particularités syntaxiques comme la présence sporadique, attestée en pays de Foix, de l’énonciatif
gascon que (v. 4, 17, 18, 19 deux fois), il n’en va pas de même de traits phonologiques ou d’éléments de lexique
plus ou moins propres à cette région ou en tout cas jugés trop éloignés de la norme alibertine :
- le l interdental, qui est incontestablement le trait le plus distinctif de ce parler, est éliminé au profit de la
forme la plus courante : pelhs &gt; pèls, lhops &gt; lops, lhor &gt; lor, lhi &gt; li
- l’article « fuxéen » le est remplacé par lo (le solelh &gt; lo solelh)
- la vocalisation de s final, phénomène apparemment instable, qui pose en tout cas à Saurat, peu sûr
de sa langue, de nombreux problèmes et engendre bien des hésitations dans ses textes manuscrits ou
dactylographiés, devient invisible : dei gran &gt; dels grands (v. 2), lai bestios &gt; las bèstias (v. 9), lai bacos &gt; las
vacas (v. 19)
- le changement affecte également la négation qui prend la forme, principalement, chez Saurat, de pos &gt;
pas (v. 4)
- la langue de Saurat connaît un polymorphisme pour fr. avec : ambe (v.7) voisine avec ande en forme pleine
(v. 19, 22). Cette forme pleine, atone, peut servir de base à une enclise, notée an del gran (v. 22) dans G et
andel gran dans K.
- Cette même forme ande peut connaître une aphérèse. C’est le cas au v. 10 où Saurat note dans G une
apostrophe à la fin du mot précédent (lhops’) suivie de la forme avec aphérèse de. Le segment e’ de son fusilh
a donc le sens « avec son fusil ». Dans K, Saurat écrit ’nde soun fusilh de même sens. L’éditeur transcrit de
son fusilh, ce qui n’est pas tout à fait la même chose ;
- Le lexème ande a également la valeur de fr. pour et peut alors connaître une aphérèse. C’est le cas au v. 11
où Saurat utilise à nouveau, dans G, une apostrophe à la fin du mot précédent, puis la forme avec aphérèse :
d’ana roda, transposé en per anar rodar dans l’édition ;
La morphologie verbale est également affectée :
- la forme de 3e personne du singulier de l’imparfait aio est remplacée par aviá (v. 8, 15, 19)
- l’infinitif estre est transformé en èsser (v. 22)
ainsi que le phénomène de l’assimilation consonantique, enregistré par Saurat dans la notation pel l’aire (v. 22)
qui a été « normalisée » en per l’aire
Enfin, on notera que des formes qui ne correspondent pas au choix d’Alibert sont remplacées :
- bais (v. 8) par bas
- riddo dont le vocalisme et le consonantisme paraissent sans doute trop éloignés de la norme retenue
devient, en accord avec celle-ci, rector (v. 21)
- Saurat écrit toujours drole (ici v. 16) sans double l mais l’éditeur préfère dròlle
- pour fr. lait, Saurat emploie leit auquel on substitue lait, admis en second choix, après lach, par Alibert
La typographie ne subit aucun changement. On sait que chez Saurat le nombre de syllabes dans le vers
détermine la place du vers sur la ligne d’écriture et il faut porter au crédit de l’éditeur d’avoir respecté ce
principe. En revanche, c’est de toute autorité que le mot gran est pourvu d’une majuscule, absente de tous les
documents émanant de Denis Saurat. Les majuscules initiales (début de vers) sont respectées, du dernier avanttexte supposé au texte, aux vers 1 et 5, mais une majuscule est introduite au vers 12 : Lo pòple. Remarquons
que dans le cahier Everest (K, IFRU n° 76) Saurat élimine toutes les majuscules dans ce texte, sauf aux vers
5 (conservée) et 16 (introduite). Au vers 19, l’élision que Saurat avait tenu à noter (quinz’ ans) n’est pas
maintenue par les éditeurs (quinze ans).
Les phénomènes d’enclise, relativement nombreux dans le texte, sont rendus d’une façon différente de la
solution trouvée par Saurat :

�		
v. 8		
v. 12		
v. 17 		
v. 18		

G			
quel’ bosc		
que l’cassaire		
qu’ero l’gojat		
ajudabo l’siu gran

1960
que’l bòsc
que’l caçaire
qu’èra ’l gojat
ajudava’l siu gran

Un cas particulier est représenté par la forme el qui ouvre le v. 15. Dans G, on lit el pastou, interprété par
l’éditeur-transcripteur comme une enclise e + article défini, transcrit en conséquence e’l alors que Saurat, dans
K, reviendra à l’article défini le, sans la conjonction initiale e. À l’inverse, l’article défini placé devant pòple (v.
12) dans G (le) et dans l’édition de 1960 (Lo) sera remplacé dans K… par el, à comprendre comme e + article.
L’absence d’un premier manuscrit pour ce texte se fait ici cruellement sentir.
Dans le passage de l’avant-texte au texte de ce conte1, l’éditeur ne procède à aucun changement au niveau de
la substance, si ce n’est qu’un vers, celui qui porte le n° 20 dans G comme dans K, a totalement disparu dans le
passage du tapuscrit à la version imprimée. Ce vers a été purement et simplement oublié par les éditeurs. Son
absence rend l’enchaînement entre le vers 19 et le vers 21 non pas difficile à saisir, mais incomplet : manquent
le personnage de la mère du garçon, la formulation par elle de l’espoir qu’il soit un jour prêtre, assortie de
modalisations (ta pla belheu). Le garçon n’est pas, comme le laisse entendre le texte édité, un rector sacrat (sousentendu de la religion cathare), il en sera peut-être un un jour si le vœu de sa mère s’exauce. Ce qui n’est pas
exactement la même chose.
Les interventions réalisées par l’éditeur sont toutes post mortem auctoris. On ignore dans quelles conditions
est née, en 1959 ou 1960, l’idée de finalement éditer le texte du Cassaire.
En novembre 1957, les épreuves du Cassaire sont attendues, indique Robert Lafont dans une lettre à Saurat
en date du 5 novembre, mais on ne voit rien dans la correspondance des deux hommes indiquant que le projet
avance. Quelque chose a dû ralentir ce travail jusqu’à la mort de Saurat (7 juin 1958). L’IEO a dû conserver le
texte de ces épreuves et se charger seule de leur correction. L’auteur n’a pu, par la force des choses, relire aucune
épreuve, ce qui eût sans doute évité des erreurs.
Sans doute, disons-nous, mais ce n’est pas sûr. Le traitement effectué sur les textes de 1954 tels que publiés
par l’IEO en 1955 demande lui aussi à être examiné. Il ne saurait être question de relever ici la totalité des
occurrences des phénomènes décrits, simplement d’inventorier les plus manifestes en procédant par sondages.
La transcription des textes en graphie alibertine se fait selon les mêmes principes que ceux identifiés dans les
textes publiés en 1960. Les priorités sont déjà l’élimination des francismes et des localismes, les conséquences
étant en tous points identiques. Le texte At digues pos, publié deux fois par l’IEO, montre que la transcription
a posé des problèmes et a été source d’hésitations. Entre les deux éditions, on relève quelques différences
significatives. Dans la logique de ses choix graphiques (alibertins), l’éditeur corrige dans l’édition de 1955 ce
qu’il considère avoir été des erreurs commises dans l’édition de 1954 :
Vers 			
Saurat (A)			1954			1955
130			poden				podon			pòdon
161			l’en				le’n			lo’n
174			qu’al				qu’l			qu’al
234			Josef				Josèf			Josèp
243			ourdinari’			ordinari		ordinaris
250			diguec				diguèr			diguèt
260			poc				pòc			pauc
288			serben				serven			servon
309			angelh				angel			angèl
313			tresar				tresar			tressar
322			seretz				serètz			seretz
La liste n’est pas exhaustive. Elle permet toutefois de voir que la première édition n’avait pas été réalisée avec
un très grand soin. Des formes locales avaient échappé à la normalisation (poden, le, Josef, poc, serven), une lettre
avait été oubliée (qu’l) ou avait été mise pour une autre créant une forme non attestée (diguèr), des accents

�avaient été oubliés ou ajoutés indûment (seretz) renvoyant à des prononciations non documentées (podon,
angel, tresar). La publication de 1955 porte également la marque d’hésitations des transcripteurs confrontés aux
localismes et aux francismes de l’auteur :
Vers 			
Saurat (A)			1954			1955
56			ande				endà			andà
139			Bierjo				Verges			Verge
253			Jac’				Jaime			Jacme
296			me				mès			mas
Dans les deux éditions ainsi transcrites, le nombre de changements portant sur les formes linguistiques
(« variantes linguistiques » [VL] dans notre édition) est particulièrement important (éd. 2010, 231-232). En
tout état de cause, le changement de vêture graphique a entraîné un changement de langue.
Le travail des éditeurs ne s’est pas fait que par action. Il s’est aussi fait par omission. On a vu que dans le
conte 1 du Cassaire un vers avait été oublié. Dans cette œuvre, ce genre d’oublis ne se limite pas à un seul cas :
Conte 4 :
Conte 5 :
Conte 9 :
Conte 11 :
Conte 12 :
Conte 17 :
Conte 20 :

v. 61
v. 13-14
v. 6-7, 14-15, 21, 60
v. 33
v. 6
v. 50
v. 15, 32-42, 54-55

Ce sont donc 25 vers qui ont été oubliés dans le passage de l’avant-texte (G) au texte édité, vers évidemment
présents dans le manuscrit K. Les textes de 1954 ont subi pareille infortune.
Dans l’édition de 1955, les oublis sont également nombreux :
Le souldat : 		
La beuso :		
Les Gigants catars :
At digues pos :

v. 48-50
v. 44-47, 126-128, 267
v. 141
v. 10-11, 17-20, 42, 68-70, 190-196, 210, 262-271, 312, 315-316

soit 43 vers manquants. Dans La beuso, on assiste même, à deux reprises, à un phénomène d’inversion des
vers4. Dans un cas, le texte reste compréhensible malgré l’inversion. Aux vers 297-298 (« La sèrp e lo camèl ») :
un còp
Nos contava qu’aviá vist (1955, 67)
mais dans l’autre, la succession initiale de trois vers
aion poi bist bi ou pa blan
le prumie que fec mounta bi
èro l’pourtur de la coumuno (éd. 2010, 143, v. 235-237)
devenant par inversion des vers 235 et 236 :
lo primièr que fèc montar vin
aviam pas vin o pan blanc
èra’l portaire de la comuna (1955, 61)
modifie le déroulement du discours : le vers 235 change de statut en devenant incise. La traduction, elle, ne
tient pas compte de cette inversion puisqu’on lit en face des trois vers occitans :
on n’avait jamais vu de pain blanc ni de vin
le premier qui a fait monter un tonneau de vin
c’était le facteur qui habitait à moitié chemin de la commune (1955, 60)
4. Contrairement à ce qui est signalé dans l’apparat critique de l’éd. 2010, 157, il n’y a pas d’inversion aux vers 328-329 de « La beuso ».

�Si on n’est pas étonné de voir le francisme pourtur remplacé par un portaire, on remarquera la disparition du
participe bist dans la transcription qui fait passer le verbe du plus-que-parfait à l’imparfait et modifie le sens de
la phrase. Plus encore, on remarquera la différence entre les versions occitane et française. Pour composer les
textes qui forment La beuso, Saurat s’est servi de textes qu’il avait rédigés avant-guerre en français, puis traduits
en anglais. Ces textes, publiés successivement dans Le Mercure de France (1937), La Fin de la Peur (1937),
The End of Fear (1938), Death and the Dreamer (1946) et La Mort et le Rêveur (1947), ne correspondent
pas exactement au texte occitan. En d’autres termes, Saurat n’a pas traduit le texte occitan à partir du texte
français, c’est une autre version qu’il a établie, très proche mais non identique au texte de base français. La
traduction qui figure dans l’édition de 1955 n’est pourtant rien d’autre, à peu de choses près, que le texte de
1937, introduit sans tenir compte des changements auxquels a pu se livrer Saurat dans l’établissement du texte
poétique occitan. La distorsion entre les deux textes de l’auteur, parfois considérable, est donnée au lecteur sans
explications. Elle est particulièrement sensible lorsque, comme dans « La malautiá » (La veusa, 1955, 54-55),
quatre vers sont absents de la version occitane, remplacés par un blanc typographique, alors que, sur la page en
français, le texte est complet, comme il l’est dans les avant-textes5.
D’autres erreurs pourraient être relevées.
Erreurs typographiques comme un acliá dans lequel il faut reconnaître un caliá (« Los lops », 1955, 69) ou
erreurs de lecture de la part des éditeurs. La plus spectaculaire, assurément, a été réalisée dans l’édition de 1960
du Cassaire au niveau du titre du conte 19. Ce titre indique dans tous les avant-textes « La fi del bouiatje ».
De fait, le contenu correspond au terme du voyage mystique entrepris par les protagonistes du Cassaire. Dans
l’édition, ce titre devient « Lo fidèl viatge » (1960, 55), ce qui n’a évidemment aucun sens rapporté au contenu
du texte.
Dressons un bilan du passage des avant-textes de Saurat aux éditions réalisées par l’IEO en 1954, 1955 et
1960. On peut retenir les deux points généraux suivants :
- la mise en graphie alibertine a gommé les spécificités locales du parler de l’auteur
- les francismes ont été éliminés et remplacés par des formes jugées plus communes
Au chapitre des erreurs, on a relevé :
- des vers oubliés
- des vers inversés
- des traductions ne correspondant pas à l’original, données sans explications
- des erreurs typographiques et de lecture
Par la disparition des traits locaux et des francismes, c’est la langue qui a été modifiée et donc la lettre
même du texte. Cette opération n’est pas sans conséquences. Si chaque mot est porteur d’un sens qui lui est
propre, assorti de connotations, remplacer un mot par un autre n’est pas un acte neutre. Les modifications ont
également un effet d’un point de vue stylistique et plus particulièrement, puisqu’il s’agit de poésie, prosodique.
Dans le vers du conte 1 du Cassaire où un verbe du premier groupe a été remplacé, on l’a vu, par un verbe du
deuxième groupe, le schéma rythmique a été modifié. En passant à « los protegissiá de la montanha : ausissián
son còp de fusilh », le vers a gagné un écho d’allitérations et d’assonances (protegissiá / ausissián) qui n’a jamais
été voulu par l’auteur. Ce genre d’interventions qui modifient la texture même du texte poétique, regrettable
dans l’absolu, est peut-être d’autant plus dommageable que Saurat, fin connaisseur de plusieurs types d’écriture
poétique dans les différentes langues qu’il connaît, est attentif au rythme prosodique de l’occitan. Le dossier
7 du fonds Saurat de l’IFRU conserve la transcription manuscrite de passages du Cassaire avec, sous chaque
ligne, le décompte des accents toniques. Si les modifications des éditeurs n’ont pas toujours une incidence
sur la place des accents, elles changent assurément les éléments phoniques constitutifs du vers. De fait, les
changements sont si nombreux entre les versions de Saurat lui-même et celles qui sont éditées, au niveau de
la langue (systèmes phonologique et morphosyntaxique, lexique) et à celui de la lettre, qu’on peut considérer
que c’est à un autre texte qu’on a affaire, différent, bien au-delà la simple vêture graphique, de celui composé
par l’auteur. Ce n’est pas seulement de transcription qu’il est question, mais de transdialectalisation, autrement
dit d’une forme de… traduction.
5. La traduction peut être inexacte. Ainsi, dans « La cara amagada » (La veusa, 1955, 54-55), le segment jova nòra est traduit par « jeune mariée »
alors que dans les textes français et anglais la narratrice parle bien de sa belle-mère (mother-in-law).

�Denis Saurat, que sa correspondance montre à l’occasion occupé à la relecture d’épreuves, n’a pas toujours
été attentif au détail du texte. C’est que, comme il explique dans sa lettre à Camproux (22 avril 1958 ; éd.
2010, 55), le système graphique que ses amis (Camproux, Berthaud, Lafont…) lui ont conseillé d’adopter,
n’est pas le sien.
Peu sûr de sa langue, commettant à l’occasion lui-même des erreurs6, Saurat est en réalité d’abord dominé par
sa joie d’être édité. Les questions de langue lui paraissent. L’énumération (non exhaustive) des imperfections
de ces éditions ne devrait cependant pas conduire au procès des acteurs intervenus dans l’entreprise éditoriale.
Si les noms de Pierre Bec et de Robert Lafont reviennent souvent lorsqu’il est question des transcriptions des
textes de Saurat, on ignore la part exacte que chacun des deux y prit et surtout le fait que d’autres personnes
peuvent être intervenues (Berthaud, Nelli, Ismaïl Girard…). Jean-Pierre Chambon a prudemment proposé de
baptiser Instance ce conglomérat de personnes, difficiles, parfois impossibles, à connaître précisément dans leur
rôle et dans le détail de leurs interventions, qui s’activent à la réécriture des textes occitans de Jean Boudou. Le
concept semble ici pleinement opérant. Cette Instance éditoriale est, il convient d’insister là-dessus, animée
des meilleurs sentiments (en faveur de la langue qu’il faut exhausser, d’une graphie qu’il s’agit de promouvoir,
d’un auteur dont on apprécie l’œuvre… et le statut international). Les effets de ses interventions sont louables
(des œuvres sont éditées, des livres sont publiés) mais ils sont aussi désastreux du point de vue de la fiabilité
du texte édité. Un tel traitement serait assurément inimaginable dans le cas d’une autre littérature (française
par exemple) et pas seulement parce que la question de la langue ne s’y pose pas dans les mêmes termes que
dans le cas de la littérature en langue occitane. C’est un rapport à la lettre du texte qui n’est pas le même. Dans
le cas des poèmes de Denis Saurat, comme pour les textes de Jean Boudou, l’objectif sociolinguistique (ou
idéologique, selon la perspective) a pris le dessus sur le respect du texte tel que créé par son auteur.
Si la lettre du texte poétique est altérée, que devient la lecture ? Que devient l’analyse littéraire ? Quel texte
s’agit-il de lire, d’apprécier et d’élucider ? L’œuvre de Denis Saurat ou le texte recréé par l’IEO à partir de
l’œuvre de Denis Saurat ? C’est précisément là où l’approche philologique, appliquée aux textes du XXe siècle
comme elle l’est aux productions des siècles antérieures, révèle son impérieuse nécessité. Si la philologie a pu
(Vaillant 2010, 47) et peut encore être considérée comme une « discipline-mère » dans l’étude des textes, ce
n’est pas par l’effet de la vanité des philologues : une herméneutique fiable, qui rend compte de l’intention de
l’auteur, ne peut se fonder que sur la connaissance de textes établis de façon fiable.
Jean-François Courouau
Université Toulouse-Jean Jaurès
PLH-ELH - LAHIC (IIAC, CNRS)

6. C’est le cas du toponyme Brassac (Ariège) que Saurat orthographie correctement dans A et B, puis à partir d’un certain moment (D) se met à écrire
Bressac, forme constamment recopiée par lui et reprise par ses éditeurs (At digues pos, v. 179, éd. 2010, 325). Dans le conte 1 du Cassaire, la forme
l’omo, unique dans toute l’œuvre occitane de Saurat, non attestée à ma connaissance, doit être considérée comme une erreur de sa part, mais étant
recopiée dans tous les avant-textes et correspondant peut-être à une réalisation individuelle ponctuelle, elle a été conservée dans l’édition critique
de 2010. Les éditeurs de 1960 avaient corrigé en l’òme.

�Bibliographie
Œuvres de Denis Saurat
- Ac digas pas. Poëma ante-catar de Denis Saurat, Tolosa, Institut d’estudis occitans, 1954, coll. « Messatges ».
- La Bierjo lhi diguec, Avignon, Aubanel, 1954.
- Encaminament catar. Poèmas, Tolosa, Institut d’estudis occitans, 1955, coll. « Messatges ».
- Encaminament II. Lo caçaire, Tolosa, Institut d’estudis occitans, 1960, coll. « Messatges ».
- Encaminament catar, introduction, traduction et notes par Jean-François Courouau, Toulouse, Presses
universitaires du Mirail, 2010.
Études
- AUGLANS, Cédric, “Marsyas”. Une revue littéraire provençale au XXe siècle (1921-1961), thèse de
l’Université Paul-Valéry (Montpellier III), 2008.
- CHAMBON, Jean-Pierre, « Problèmes philologiques d’une œuvre occitane du XXe siècle : le traitement
éditorial post mortem auctoris des textes de Jean Boudou », Estudis romànics 34, 2012, 231-257.
- COLOMBO, John Robert, The Denis Saurat Reader, Toronto, C &amp; C, 2004.
- DE OLIVEIRA, Élodie, La première œuvre poétique de Jean Boudou : édition philologique, commentaire
littéraire et glossaire lexicologique, thèse de l’Université Paris-Sorbonne, 2012.
- DUPRAY, Virginie / LACOMBE, René / POIVRE d’ARVOR, Olivier, Londres sur Seine. Une histoire de
l’Institut français du Royaume-Uni. 1910-1980, Paris, L’Harmattan, 1996.
- VAILLANT, Alain, L’histoire littéraire, Paris, Armand Colin, 2010.

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              <text>LLACS (Langues, Littératures, Arts et Cultures des Suds) Université Paul-Valéry, Montpellier 3</text>
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&lt;/head&gt;&#13;
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&lt;a href="http://occitanica.eu/omeka/items/show/17058"&gt;Les manuscrits du Po&amp;egrave;me (1930-1960) &amp;ndash; Journ&amp;eacute;e d&amp;rsquo;&amp;eacute;tudes RedOc&lt;/a&gt;&#13;
&lt;/body&gt;&#13;
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              <text>&lt;!DOCTYPE html&gt;&#13;
&lt;html&gt;&#13;
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&lt;/head&gt;&#13;
&lt;body&gt;&#13;
&lt;div style="text-align: justify;"&gt;L&amp;rsquo;&amp;oelig;uvre occitane de Denis Saurat (1890-1958) a &amp;eacute;t&amp;eacute; principalement publi&amp;eacute;e par l&amp;rsquo;IEO, une premi&amp;egrave;re fois en 1955, une seconde fois &amp;agrave; titre posthume (1960) &amp;agrave; partir de textes d&amp;rsquo;&amp;eacute;preuves laiss&amp;eacute;es pendantes par la mort de l&amp;rsquo;auteur. &amp;Agrave; partir du moment o&amp;ugrave; il red&amp;eacute;couvre, de fa&amp;ccedil;on subite selon son t&amp;eacute;moignage, la langue de ses anc&amp;ecirc;tres, Saurat note tout ce qu&amp;rsquo;il &amp;eacute;crit dans des petits carnets qu&amp;rsquo;il recopie ensuite enti&amp;egrave;rement de temps en temps en apportant parfois certains changements. Dans la perspective d&amp;rsquo;une &amp;eacute;dition, chaudement recommand&amp;eacute;e par ses nouveaux amis de l&amp;rsquo;IEO, il confie la transcription de ses textes &amp;agrave; sa secr&amp;eacute;taire qui les tape &amp;agrave; la machine, non sans erreurs. Saurat &amp;eacute;crit dans sa propre graphie, soucieux des particularit&amp;eacute;s de son dialecte ari&amp;eacute;geois qu&amp;rsquo;il croit &amp;ecirc;tre le dernier &amp;agrave; conna&amp;icirc;tre. Les &amp;eacute;diteurs de l&amp;rsquo;IEO se chargent de la transposition de ces textes en graphie alibertine, non sans erreurs &amp;eacute;galement. Enfin, parall&amp;egrave;lement &amp;agrave; ces efforts de l&amp;rsquo;IEO, Saurat, apparemment pour lui-m&amp;ecirc;me, consigne, un an avant sa mort, l&amp;rsquo;ensemble de son &amp;oelig;uvre occitane dans un cahier qui a servi de base &amp;agrave; l&amp;rsquo;&amp;eacute;dition critique procur&amp;eacute;e en 2010 (Toulouse, PUM).L&amp;rsquo;ensemble des documents, conserv&amp;eacute;s de nos jours dans le fonds Denis Saurat de l&amp;rsquo;Institut fran&amp;ccedil;ais de Londres, permet de suivre quasiment pas &amp;agrave; pas l&amp;rsquo;itin&amp;eacute;raire d&amp;rsquo;une cr&amp;eacute;ation, &amp;agrave; travers des versions successives et des v&amp;ecirc;tures graphiques profond&amp;eacute;ment divergentes. L&amp;rsquo;approche philologique, rarement adopt&amp;eacute;e pour les textes occitans du XXe si&amp;egrave;cle, s&amp;rsquo;impose d&amp;rsquo;elle-m&amp;ecirc;me. Elle fait appara&amp;icirc;tre le r&amp;ocirc;le des &amp;eacute;diteurs ou plut&amp;ocirc;t des transcripteurs, interm&amp;eacute;diaire crucial entre les manuscrits, ici constitu&amp;eacute;s d&amp;rsquo;un ensemble volumineux de documents qu&amp;rsquo;il s&amp;rsquo;agit de hi&amp;eacute;rarchiser, et le public, lectur d&amp;rsquo;une &amp;oelig;uvre qui s&amp;rsquo;&amp;eacute;loigne parfois du texte voulu par l&amp;rsquo;auteur dans la solitude de son &amp;eacute;criture.&lt;/div&gt;&#13;
&lt;/body&gt;&#13;
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              <text>Vignette : http://occitanica.eu/omeka/files/original/910d46c70dcfd10632a752365761ee38.jpg</text>
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              <text>Saurat, Denis (1890-1958) -- Critique génétique</text>
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      <name>Archius d'escrivans = archives d'écrivains</name>
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      <name>Poesia occitana = poésie occitane</name>
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