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                  <text>Lo

Gai

Revista de l'ESCOLA OCCITANA

—m—

Dis Aup i

PIrenèu
F. Mistral.

TOLOZA

Lo Numéro

:

1 fr.

...

�LO GAI SABER
Revista de l'ESCOLA OCCITANA
BUREUS

9, Carrièra

:

Duranti. 9

Fransa

Abonaments

.

:

Estrange

un

an.

--

TOLOZA

...

: un an.

.

.

S fr.

6 fr.

ENSENHADOR
del

13

N'

Paul PROUHO

( Setembre-Oetòbre 1921 )

:

A Jean d'Occitapie. (II)

Jean d'OCCITANIE :

A Paul ProuM. (Il,

Posper ESTIEU

A Foràs-sus-Mar.

:

Bolegadisa O'ccitana.

J. D.

Conselh de RedaccTon
Baron Desazars.de Montgalhard, Capiscòl;
Jozèp Anglade, Prosper Estieu, Antonin Perbosc, Jos-Capiscòls ; J.-Rozès de Brousse, Secretàri ; Armand Praviel, Clavaire ; Ismael Gi¬
rard, Secretàri-adj ont ; Dr E. Levrat, Clavaireadjont.

ASABERS. - Per tôt sò que pertòca la Redaccion
l'Administracion del gai saber e la Direccion de
VEscòla Occitana, escriure al Dr E. LEVRAT,
e

clavaire-adjont, Mèstre en Gai Saber, 9, Carrièra
Duranti, TOLOZA.
—

lenga d'Oc seran mencios'òc cal, analizats, à condicion que nos sian

Tots los obratges en

nats e,

mandats

en

dople etsemplàri.

la Posta son ara subre-costozes,
l'ESCOLA OCCITANA qu'an pas encara
pagat lor escotison per 1921 son pregats de mandar 5 frs. per aco
al Dr E. Levrat, nostre clavaire-adjont, que lor delibrarà qultansa.
Lo servici del GAI SABER serà retardât ... pels retardatàrls !
—

Com los recobraments per

los Membres aderents de

�A

JEAN D'OCCITANIE
il

qu'en répondant à votre appel, dans
Saber, je n'ai pas su me faire
comprendre. En effet, i° je n'ai pas dit que ce mau¬
dit/ soit passible de la peine de mort ; j'ai dit seule¬
ment que sa prononciation en dialecte albigeois était
intraduisible. J'admets très bien que l'on écrive :
Jésus, jardin, etc. 20 Je n'ai pas dit que la langue
d'Oc moderne doive être orthographiée d'après sa
phonétique. 3e Mon grief le plus solide contre la gra¬
phie que vous appelez Occitane ne se réduit pas à
la déformation de l'esthétique visuelle de la langue
d'Oc. Ce grief n'a été présenté que comme une consi¬
dération qui a son importance. La déformation de
l'esthétique visuelle de la lang-ue d'Auger Gaillard
et même de Goudouli ne me navre pas. Je vous dirai
plus loin ce qui me navre réellement. 40 J'ai bien dit
que Mistral s'était servi de son dialecte tel qu'il l'en¬
tendait parler, mais j'ai complété ma pensée en ajou¬
tant qu'il l'avait embelli et purifie sans le déformer.
Après ces rectifications nécessaires, permettez-moi
de vous dire que je ne suis ni déconcerté, ni épou¬
vanté par le système graphique que vous voudriez
imposer à tous ceux qui écrivent la langue d'Oc mo¬
derne. Je suis seulement attristé, parce que je crois
que ce système compromet son avenir.
Je n'ai pas la prétention de vous faire accepter ma
manière de voir, mais je sais que les amis de notre
TL est

évident

la Revue Zo Gai

�LO

ii4

GAI

SABER

langue ancestrale qui pensent comme moi sont très
nombreux. C'est, comme vous, en songeant à eux
que j'écris. Je vais donc vous présenter mes objec¬
tions sous une autre forme, afin de me faire mieux
comprendre.
Vous dites que vous et moi, nous ne voyons pas du
même côté de la lorgnette. C'est parfaitement exact.
Nous regardons tous deux l'arbre roman (veuillez
cette image) que nous admirons également.
Vous le regardez par le gros bout de la lorgnette :
celui qui éloigne. Vous le voyez ainsi loin, bien loin
dans le recul des siècles. C'est un arbre magnifique
excuser

qui n'a qu'un tronc et dont les branches verdoyantes,
couvertes de fruits, s'étendent sur tout le Midi. En
voyant que cet arbre était si beau il y a neuf siècles,
vous

avez

fait le rêve merveilleux de lui rendre la

vigueur qu'il a perdue pendant sa longue vie. Vous
le voyez de si loin que vous le croyez encore vivant.
Regardez-le bien... Il est mort.
Je regarde par l'autre bout de la lorgnette : celui
qui rapproche au lieu d'éloigner. Je vois bien que
l'arbre, si vigoureux il y a neuf cents ans, a fini par
mourir ; mais je vois aussi que des rejetons bien
vivants ont poussé autour de son tronc desséché. Quel¬
ques-uns ne sont que des sauvageons, mais les autres
sont très vivaces et portent de beaux fruits. Leur
végétation est un peu folle ; ils ont besoin d'être
émondés. C'est ce que notre grand Mistral a fait à
l'un d'eux qui, quoique n'étant pas le plus beau, a
produit, après l'émondage, des fruits si savoureux
qu'ils sont appréciés dans le monde entier.
A côté de ce rejeton, né en Provence, j'en vois un
autre bien plus beau, le plus beau de tous, né en terre
d'Oc, en Lenguedoc. Mais qui saura l'émonder ?
Hélas ! au lieu de consacrer leur beau talent à ce
travail qui serait si fécond, nos meilleurs ouvriers,
Estieu et Perbosc, perdent leur temps et leur peine
en

ressusciter le vieux tronc d'où est
magnifique rejeton.

essayant de

sorti

ce

�LO

GAISABER

115

Voilà

ce qui réellement me navre, car je ne peux
espérer que ces bons ouvriers renonceront à leur
vaine tentative... puisque nous ne voyons pas du
même côté de la lorgnette. Qu'il me soit permis
cependant de faire, à mon tour, un beau rêve. Je sup¬

pas

à sacrifier quelques-unes
vigueur au XIIe siècle. Je
suppose que vous renonciez à écrire le son 0 avec un
a et le son ou avec un 0. Nous écririons : Toulou^o
et non Toloqa. Cette seule concession enlèverait aux
très belles poésies d'Estieu et de Perbosc leur aspect
pose que vous consentiez
des règles graphiques en

simili-roman. Serait-ce un mal ? Je suppose que vous
renonciez à écrire les infinitifs des verbes avec un r

qui ne se prononce jamais en langue d'Oc, tandis
qu'en langue française il se prononce toujours, et que
vous renonciez aussi (ce qui va vous paraître insensé)
à

mettre

qu'ils

à la fin des substantifs les

n et

les

r

lors¬

ne se prononcent pas. Nous écririons ainsi :
e trusa lou boun pa de Tou-

Tasta lou boun vi

vin e trusar lo
loup es vengut
chapa lou poul qu'èro su'l' sol tout soul per
canta, au lieu de : lo lop es vengut chapar lo pol
qu'èra sul soi tôt sol per cantar, ce qui évidem¬
au lieu de : tastar lo bon
bon pan de Tolo\a, et encore : lou

lou^o,

serait moins
facile à lire.
ment

archaïque, mais assurément plus

Je suppose enfin que les livres de nos romanisants
soient ainsi orthographiés. Cesseraient-ils, de ce fait,
d'être écrits en langue littéraire ? Je ne le crois pas.
Mais je crois qu'ils ne resteraient plus immobilisés
dans les rayons

des bibliothèques publiques et qu'ils

seraient lus et appréciés, comme ils le méritent, non
seulement par une élite, mais par le grand public et
même par le peuple.
Après votre réponse, ce rêve paraît irréalisable.
Mais j'aime tant mon vieux dialecte albigeois, si

expressif, si imagé, si coloré, si souple, si prenant et
si doux, que je veux espérer contre toute espérance.
Un jour viendra peut-être où nos poètes romanisants
* V—
DUS

�116

lo

gai

saber

emploieront leur beau talent, non à poursuivre la
chimère de l'unification de la langue d'Oc, mais à
épurer nos principaux dialectes en les conservant.
Un jour viendra peut-être où ils comprendront que,
la langue d'Oc étant une langue populaire, il faut,
pour

qu'elle puisse vivre, qu'elle soit écrite avec un

système graphique simple et facilement intelligible ;
en un mot, qu'elle soit écrite pour le peuple qui seul
la parle. Peut-être comprendront-ils aussi que ce
peuple s'intéresse beaucoup plus aux incidents jour¬
naliers de sa vie simple et laborieuse qu'aux méfaits
de Simon de Monfort et aux exploits des paladins
du moyen âge.
Cela, Goudouli, Jasmin, Mistral et l'abbé Bessou
l'ont compris. Ils ont écrit pour le peuple. Le peuple
les a lus et leur a élevé des statues. Que nos poètes
les imitent et comme eux ils deviendront populaires.

langue ancestrale :
plus en plus mena¬
cée, mais cependant encore si bien parlé par nos
paysans que, pour les vieux félibres impénitents,
c'est une joie de causer avec eux, qui seuls pensent
en langue d'Oc et expriment leurs idées avec des
mots intraduisibles en langue d'Oïl ; le patois si mé¬
prisé qui, malgré tout, est la seule langue d'Oc en¬
core parlée, la seule par conséquent qui puisse vivre,
se développer et devenir la vraie langue d'Oc mo¬
Alors ils pourront sauver notre
le patois, dont l'existence est de

derne. Alors

mon

rêve

sera

réalisé.
Paul PROUHO.

�LO

GAI

SABER

II7

A PAUL PROUHO
11

/Vest
^

un

dre

à

vrai
un

régal, mon cher félibre, que
contradicteur tel que vous.

de réponA travers

argumentation, on sent qu'on a affaire à un
homme de bonne foi, ce que l'on ne rencontre pas
tous les jours. On soupçonne bien, cependant, que
votre

des griffes ; mais vous vous efforcez à les
courtoisement, et cela ne vous empêche pas
de donner vos raisons. Je ferai aussi patte de velours,
sans rien sacrifier de mes convictions, pour qu'il soit
bien établi que, dans notre chaud Midi, il est encore
des champions qui ont hérité de leurs ancêtres latins
le sens du tact et de la mesure. Je vous donne donc
acte des quelques «rectifications» que vous avez faites
à votre premier article pour atténuer la force de mes
arguments, et j'aborde rapidement le fond du débat.
D'après vous, le système graphique de Perbosc et
d'Estieu « compromet l'avenir de la langue d'Oc ».
Vous parlez sans ambages. Malheureusement, com¬
me preuve de cette grave affirmation, vous vous bor¬
nez à dire :
«Je sais que les amis de la langue d'Oc
qui pensent comme moi sont très nombreux». C'est
tout à fait insuffisant. La loi implacable du nombre
vous

avez

rentrer

n'a rien à faire ici et ne saurait être considérée comme
un critérium philologique.
Un semblable argument
ne

vaut

qu'en matière politique, et encore ! Si vous

demandiez à Maurras son opinion là-dessus, vous
savez bien ce qu'il vous répondrait... Mais voici bien
une autre affaire : le bon bout de la lorgnette ! Je vois,
dites vous, par

le bout qui éloigne, et vous croyez

voir par le bout qui rapproche. Qui nous départa¬
gera ? Chacun voit comme il peut. Ainsi, vous sup¬
posez que j'aperçois dans le lointain des âges un bel
arbre

«

chargé de branches verdoyantes et couvert

�118

LO

GAI

SABER

de fruits »,

tandis que vous n'y voyez qu'un « arbre
Que voulez-vous que j'y fasse ? Je dois être
bien malhabile, ou c'est une simple affaire de mise
au point.
En tout cas, comment expliquez-vous que
cet arbre « mort depuis neuf cents ans » — n'exagé¬
rons
pas : sept cents, tout au plus ! — ait autour de
mort».

son

tronc

«

desséché

»

tant

de

«

sauvageons », une
pas en¬

végétation si «folle»? C'est donc qu'il n'est

à fait «mort», ou les mots n'ont plus de
Ces sauvageons, les dialectes et les sous-dialectes, les patois, en un mot, que, dans votre pre¬
mier article, vous vouliez voir « s'épanouir libre¬
core

tout

sens.

ment
«

»,

émonde

vous
».

demandez

maintenant

qu'on

les

D'accord. Mais, après Mistral, Roux et

Fourès, c'est précisément ce que s'acharnent à faire
Perbosc, Estieu et leurs amis de VEscòla Occitana.
Vous n'avez qu'à lire leurs œuvres, pour vous con¬
vaincre qu'ils ne se sont pas bornés à écrire a pour
o, a la fin des vocables féminins, et o pour ou. Ils
ont fait bien autre chose. Ils ont chassé sans pitié les

métèques de la langue d'Oc, et Dieu sait s'ils étaient
nombreux, avant et même après Mistral ! Ils n'ont
pas voulu admettre : pèro, mèro, frèro pour paire,
maire, fraire ; sur pour sbr ou mieux sòrre; proumena pour pasejar ; troumpur pour
enganaire ;
bouèlo pour vel; fantastic pour fanta^ios (cf. Auger Gaillard); chéri pour carir (cf. Vestrepain);
esperenço pour esper, esperansa ( cf. Mengaud ) ;
moulet pour pompilh (cf. A. Yerdié); larmo pour
lagrema (cf. Jasmin) et des milliers d'autres gal¬
licismes ou corruptions qui n'ajoutent rien à la beauté
de la langue d'Oc.
Est-ce là « perdre son temps et sa peine » ? Et
connaîtriez-vous, par hasard, un autre moyen « d'émonder les rejetons» de «l'arbre desséché»? Perbosc
et Estieu remplacent donc les vovables étrangers ou
corrompus par les vocables autochtones et épurés
qui sont encore bien vivants, des Alpes aux Pyré¬
nées. Dante s'y prit ainsi pour la sélection de la

�LO

GAI

SABER

119

langue Italienne, et nul n'a osé l'accuser d'avoir
poursuivi la chimère » et fait une œuvre «vaine».
Si, plus tard, Machiavel y trouva un peu à redire,
il n'en est pas* moins vrai
que l'Italie moderne doit
au grand Florentin l'unité et la beauté de sa
langue.
«

Vous dites que Perbosc et Estieu veulent
citer le vieux tronc », et, au lieu de

« ressus¬

justifier cette

accusation,

qui aurait été intéressant — vous
héroïquement quelquesunes des
«règles graphiques en vigueur auxn" siècle».
Cette supplique est bien superflue en ce qui concerne
de nombreuses particularités graphiques usitées à
l'époque médiévale et périmées depuis. Cela, ainsi
que tout ce qui leur parut bien mort dans la langue
des Troubadours : le cas sujet, le cas régime, cer¬
taines désinences delà conjugaison, les constructions
tout à fait spéciales, les contractions,
etc., ils le reje¬
tèrent résolument, au même titre que les gallicismes
et les solécismes,
quand, voilà déjà trente ans, ils
entreprirent de rénover la langue d'Oc. Consultez à
ce
sujet une grammaire romane, celle de Raynouard
—

ce

leur demandez de sacrifier

ou

d'Anglade,

et vous vous rendrez à l'évidence. Ce

n'est que la langue parlée, la langue bien vivante
de nos jours, qui a été leur grande directrice et que,
loin de la «déformer», ils se sont bornés à nettoyer
de ses scories et de ses tares. Si tant vous voulez, ils
écrivent dans la langue des Trobadors, mais «telle

s'en faut qu'elle serait si elle s'était main¬
langue littéraire», selon la forte expres¬
sion de Perbosc (cf. préface des Flors d'Occitania).
Et voilà que, pour récompense de ce travail aussi
ardu qu'énorme, nos poètes-philologues se heurtent
à l'incompréhension des uns et à la malveillance des
autres. Ils s'y attendaient.
Vous faites un rêve. Vous croyez que, s'ils renon¬
ou

peu

tenue

comme

çaient à Va terminal des vocables féminins, usité
dans la haute-vallée de l'Aude, en Limousin,
Cette, à Montpellier, dans le Velay, la Haute-Au¬
vergne, les Hautes-Alpes, les Alpes-Maritimesỳ-en
encore

à

�120

LO

GAISABER

Corse,

en Roussillon et dans toute la Catalogne ; que,
s'ils abandonnaient Vo fermé, employé jusqu'au xvie

siècle, Vr des infinitifs, qui est muet aussi, ne vous
en déplaise, dans tous les verbes de la ire conjugai¬
son française non suivis d'un mot commençant par
une voyelle
; qu'enfin, s'ils rejetaient certaines con¬
sonnes étymologiques muettes, mais indispensables
pour la formation des dérivés, ils pourraient avoir
un
plus grand nombre de lecteurs. Détrompez-vous !
Ce qui « compromet l'avenir de la langue d'Oc »,
mon cher félibre, ce n'est pas
la graphie néo-romane,
dont les gens peu cultivés ignorent même l'existence,
c'est l'Ecole primaire, d'où notre langue est exclue
et où elle est considérée comme une grande malfaitrice, sous le nom flétrissant àe patois. Voilà le grand
péril, et celui-là n'est pas illusoire. Si nous n'y parons
au plus
tôt, dans un demi-siècle ce sera trop tard.
Alors, le fond même de la langue d'Oc aura disparu
irrémédiablement, et nos paysans qui, dites-vous,
emploient encore quelques mots «intraduisibles » et
que, pour plus d'exactitude, j'appellerai pittoresques,
ne
s'exprimeront plus qu'en Un langage si adultéré
qu'il ne sera ni l'occitan ni le français, mais un affreux
jargon, une dégoûtante olla-podrida. Et ce sera cela
que nous aurons «conservé» -et qui sera «la vraie
langue d'Oc moderne » !
Il n'y a pas à le nier, nous assistons déjà à cette
décadence, et c'est le plus tangible résultat de l'ins¬
truction obligatoire malentendue. De même que les
paysans désertent la campagne, de même ils rougis¬
sent de la langue de leurs aïeux.
Croyant se raffiner,
ils mettent leur amour-propre à ne parler que fran¬
çais, et quel français ! Ce français-là, non seulement
il se parle, mais encore il s'écrit. Les reporters de
village l'étaient sans sourciller dans les colonnes de
nos Grands Régionaux, qu'ils
transforment ainsi
en vraies plates-bandes de barbarismes et de cacologies... Quand notre peuple revient par atavisme et
comme malgré lui à son idiome ethnique, il ne l'em-

�LO

GAI

SABER

121

vie matérielle, les
des sentiments un
peu élevés lui faisant totalement défaut. Comment
voulez-vous que, dans ces conditions, il puisse com¬
munier avec la pensée intime de nos poètes Occitans?
Dénationalisé systématiquement et réduit à l'état de
troupeau bêlant par la centralisation actuelle, est-il
capable de s'intéresser aux œuvres hautement poé¬
tiques et de se guérir de son vieil engouement pour
les rimailleries burlesques, sinon scatologique, aux¬
quelles la langue d'Oc a servi trop souvent ?
Perbosc et Estieu
qui n'ont jamais eu, quoi que
vous en disiez, la prétention «d'imposer» leur sys¬
tème graphique, mais qui croient fermement que
celui-ci s'imposera par sa propre valeur —- sont donc
condamnés provisoirement à n'être appréciés que dé
l'élite. Voilà pourquoi c'est l'élite qu'ils doivent d'a¬
bord intéresser à leur cause. Ils y parviendront, en
lui présentant, avec de beaux vers, une langue digne
d'elle, une Comtesse dans ses riches atours, indices
de sa noble origine et de son ancienne splendeur,
non une
pauvresse en haillons, une maritorne à la
voix éraillée. Fatalement, quand notre peuple verra
sa langue prise en haute estime, étudiée,
admirée
par les esprits les plus distingués, il s'en montrera à
la fois orgueilleux et jaloux et finira par trouver tout
naturel qu'on veuille l'enseigner à l'école. Qui vous
dit qu'un jour il ne demandera pas lui-même cette
grande réforme à ses représentants ? C'est dans l'or¬
dre des choses. Pour le moment, hélas ! il est loin
d'être dans cet état d'âme. Malgré trois quarts de
siècle d'efforts félibréens pour lui dessiller les yeux,
il ne voit pas encore son mal et continue à être son
propre ennemi. Ce n'est pas en vain qu'il est vaincu
et opprimé depuis sept cents ans... Comme l'a dit le
rand Maillanais, il n'y a qu'un moyen de le rendre
„nscient et libre : c'est de le remettre en possession
e sa vraie langue ancestrale, et ce n'est que par en
ploie
mots

que pour les besoins de la
nécessaires pour exprimer

—

haut que nous pourrons

arracher celle-ci du gouffre

�LO

122

GAI

SABER

d'oubli où elle tend à disparaître. Préparons donc
l'avenir dans ce but ; mais, de grâce ! ne jouons plus
sur les mots et ne mettons
pas la charrue avant les
bœufs !
Vous dites que Mistral a écrit pour le peuple. Il
faut bien le croire, puisqu'il nous le déclare au début
de Mirèio :
Car cantan que

pèr vautre,

o pastre e

gènt di

mas

!

Pensez-vous, néanmoins, qu'il ait atteint complè¬
tement son but ? Pensez-vous
que tous les paysans
de Provence font
de Mirèio, de Calendau, des
Isclo d'Or, de Nerto, de la Rèino Jano, du Pouèmo dbu Rose e des Oulivado leurs livres de che¬
vet? Gaston Paris, dont vous reconnaissez sans doute
la haute compétence en cette matière, ne le
croyait

puisqu'il écrivait en 1894: «Mistral est parfois
difficile à comprendre aux gens simples ». Du reste,
le père de Mireille lui-même ne s'illusionnait pas
pas,

sur ce

point, et, dans

le fond de

sa

pensée

son

ode I Catalan, il dévoilait

:

Dis aup i Pirenèu, e la man dins la man,
Troubaire, aubouren dounc lou iiièi parla rouman !
C'est très explicite. Bien avant nos Occitans, le
Maître demandait
qu'on ressuscitât « le vieux
tronc» !
Lou Terradou, de Prosper Estieu, dont vous con¬
naissez au moins le titre, a été, lui aussi, écrit
pour
...

le

peuple, et il l'a été

graphie analogue à
Mistral l'appelait « le Can¬
tique de nos cantiques» (cf. L'Aiòli, 17 avril 1895),
et, soyez-en persuadé, il n'y est guère question des
« méfaits de Simon de Montfort» et des «
exploits des
Paladins ». Eh bien ! je peux vous assurer que ce
livre
qui, dès son apparition, valut à son auteur
une belle notoriété
eut cependant moins de lec¬
teurs que les
ouvrages subséquents du même poète
qui, depuis 1899 (cf. Bordons Pagans), emploie la
graphie néo-romane.
Tout ceci prouve que, s'il est très louable,
pour les
avec une

celle que vous proposez.

—

—

�LO

GAI

SABER

123

poètes d'Oc, de vouloir être lus par les pâtres et les
gens des mas, il ne leur est pas commode d'y par¬
venir, même en adoptant la graphie mistralienne.
Hors du phonétisme pur, — dont vous ne voulez
pas
plus que moi, car, avec ce procédé simpliste et bar¬
bare, notre langue écrite varierait de village à vil¬
lage et périrait dans le ridicule — tous les systèmes
graphiques sont forcément conventionnels et «décou¬
ragent» les ignorants. Vous trouvez le vôtre tout
naturel et tout « simple ». En réalité, il est artificiel
et compliqué, pour un
paysan sans culture, même
pour un jeune pâtre ayant fréquenté l'école primaire.
Pour que celui-ci puisse s'y reconnaître, il est indis¬
pensable que vous le lui expliquiez. Livré à luimême, il lira vos diphtongues à la française et dira :
è pour ai, u pour eu, o pour au ; vous devrez lui
faire remarquer que, si dans loup le groupe ou doit
se prononcer comme en
français, il ne peut en être
de même dans biou

(bœuf), iou (œuf), non (neuf),
faudra bien écrire ainsi : biòu, iòu, nòu,
ce
qui sera la justification de notre graphie de l'ò
ouvert, employée dans ce cas seulement par les Pro¬
vençaux, qui n'ont pas poussé cette réforme jusqu'au
bout ; — vous devrez l'avertir, en outre, que Ih égale
ill et que nh équivaut à gn ; que s entre deux
voyelles a toujours le son dur et sifflant, puisque avec
juste raison vous ne l'employez pas jumelé ; que v se
prononce b ; que u sonne comme ou, après une
voyelle, sauf dans votre gallicisme graphique ou;
que votre / se rend par t\ ou quelque chose d'appro¬
chant, etc. Et passerez-vous sous silence l'accent
tonique, dont le déplacement n'est pas rare dans la
conjugaison ? Si vous ne l'initiez pas à tous ces mys¬
tères et à quelques autres que j'oublie, votre pâtre
ne
pourra se dépétrer et bredouillera pitoyablement.
J'ai fait souvent cette expérience avec des textes de
poètes très peu romanisants : chaque fois elle a été
concluante, et je vous la recommande. Vous m'ob¬
jecterez peut-être que vos règles phonétiques n'ont
qu'il

—

vous

�LO

124

GAISABER

rien de bien abscons et peuvent s'apprendre en cinq
minutes. Sans doute. Mais, comme je vous l'ai dit
dans ma première réponse, les nôtres n'en deman¬
dent que dix. Aurez-vous la cruauté de les leur refu¬
ser ? En dernière analyse, ce simple point
d'interro¬

gation

paraît résumer tout ce qui nous divise. Je
d'y répondre. Vous auriez
expliquer clairement sur ce
que vous appelez « la déformation de la langue
d'Oc » et que j'ai la faiblesse de ne pas comprendre.
En attendant, mon cher félibre, voici en toute sin¬
cérité ce que je pense de votre conclusion. Puisque
vous aimez à faire des rêves, pourquoi
ne feriez-vous
pas celui-ci, qui, tout bien considéré, est la raison
d'être du Félibrige et représente le terme de ses aspi¬
rations : l'entrée triomphale de la langue d'Oc
dans le grand concert de ses sœurs néo-romanes :
la Française, la Portugaise, la Castillane, la Ca¬
talane, l'Italienne et la Roumaine.? Alors, pour
danser la farandole des peuples Latins, elles seraient
sept, comme les sept rayons de l'Etoile ! Cela, peutêtre, ni vous ni moi ne le verrons. Qu'importe, si l'u¬
topie d'aujourd'hui doit être la réalité de demain !
Mais il est indubitable que ce magnifique résultat ne
pourra être obtenu que dans le cas où notre langue,
épurée et graphiée d'après les principes de Perbosc
etd'Estieu, forcera la porte de l'Ecole primaire, après
celle du Lycée, où elle s'introduit déjà. N'attendez
donc point de ces poètes qu'ils fassent à
l'ignorance
du peuple les concessions
graphiques que vous leur
demandez. Comme le grand Guetteur du barde Calloc'h, ils savent ce qu'ils font. Pour la sauver et
l'illustrer, la langue d'Oc « menacée » et ruinée, il
faut qu'ils foulent aux pieds leur intérêt personnel,
qu'ils soient sourds aux criailleries qu'ils suscitent
et qu'ils osent être un
peu désagréables à leurs « très
nombreux » désapprobateurs !
Certes, il est des gens qui ne vivent que pour
décrocher un jour quelque bout de ruban, et ils sont
me

serais bien obligé
ainsi l'occasion de vous

vous

�LO

GAI

SABER

125

innombrables,

ceux qui finissent par l'épingler à
leur boutonnière ; il en est d'autres, plus ambitieux,
Mistral et Bessou exceptés, bien entendu ! — dont

—

le but

suprême est d'être statufiés après leur mort,
statufiés selon les règles, et ils sont inau¬
gurés avec toutes les pompes municipales, préfecto¬
rales et parfois ministérielles, Mais, comme tous les
goûts sont dans la nature, il est aussi quelques rares
esprits fermés aux vanités de ce monde et acharnés
tout uniment à faire
triompher leur idéal, parce qu'ils
le trouvent juste et beau. C'est leur manière d'aimer
la Gloire, qu'ils ne confondent pas avec la gloriole
et qu'ils ne cherchent pas à cueillir en herbe. Ceuxlà, croyez-le bien, ne se soucient pas d'être «popu¬
laires». Ce sont des apôtres en avance sur leur siècle
et transfigurés par leur foi. Porteurs de flambeaux,
et

ils

sont

ils montrent aux hommes la voie à suivre et se consi¬
dèrent comme suffisamment récompensés par leurs

persévérants efforts et

par

leur

œuvre

accomplie.

JEAN D'OCCITANIE,-

-,

�L'ORT DELS TROBAIRES

A Foràssus=Mar
Fouras fut la dernière étape de Na¬
poléon. Il s'y embarqua, le 8 juillet
1815, en avant des rochers de la Coue.
A cause du manque de fond, le matelot
Brand porta sur ses épaules l'Empe¬
reur
déchu jusqu'à la chaloupe en¬
voyée par la frégate la Saale, qui bien¬
tôt après fit voile vers l'île d'Aix. On

sait le reste...
Guides Diamant.

aici que venguèt, aprèp sa desca^ensa,
Se librar à l'Angles lo grand Emperador,

El, que sempre foguèt un leial vincedor,
Dins la
Cent

fe. d'Albion plasèt mal
aprèp

sa cre^ensa.

mòrt, me tròbi pr' esca^ensa
lugart perdèt tota esplendor,
E, subre aquela arena ont pasèt soscador,
Un fum de banhadors cèrcan gauch e pla^ensa.
ans

Als lòcs ont

sa

son

Uèi, à Foràs, los ries fan fugir los pacans.
Qun bacanal! Pracò, demest rires e cants,
Me sentisi comol de solombras

pensadas.

Com dins un raibe, cref ve^e à Vori\on,
Mentre que lo solelh s'escond dins las on^adas,
Un simple matelot portant Napoléon !
Prosper ESTIEU.
(Las Oras Cantairas.)

�BOLEGADISA

OCCITANA

bèm recebut : Homenatge à la Memòria d'En
Cosme Vidal (Jo^èp Aladern)— i vol. gr.
in-8 illustrât, 83,, carrer Sant-Pau, Barcelona. — Sò
a

que pròba subretot que nòstra sòrre, la Catalonha, a
représ conciensa de sos drets majors e s'acamina per
de bon cap à sas libras destinadas, es que sab bèlament
onorar aquels dels sius filhs
qu'empleguèron lor vida
à faire triomfar las idèas de reviudansa nacionala.
Demest aquels, En Còsme Vidal, subre-nommat Jo-

zèp Aladern, mòrt à Barcelona, en 1918, à l'atge de
49 ans, foguèt un dels mai afogats e dels mai poderozes.
Déjà, un an aprèp sa disparicion, la ciutat
d'Alcover, ont èra nascut, pauzèt una lauza de mar¬
bre subre son ostal pairal. Tôt sò que la Catalonha
comta de mai mercant en poètas, en artistas de tôt
biais, en bon luchaires per la resplendor de lor
patria, èra aqui, per faire l'omenatge degut à l'autor
preclar de La Gent del Llamp, de las Odes Pa-

del Diccionàripopular de la Llengua Cad'autres libres de maja valor.
e de tantis
Poèta, istorian, publicist, autor dramatic, filològue,
èra tôt acò aquel grand Aladern, que nos onoraba
de son amistat e que venguèt nos veze en 1911. An-aquel tems, èra delegat pel Ministèri de l'Estruccion publica d'Espanha per estudiar nòstra lenga
d'Oc, de las Alpas à las Pirenèas. Sièis ans abant,
abià fondât ambe En Prosper Estieu la revista literària Occitania, que pareisià en même tems à Toloza e à Barcelona e que los felibres an pas debrembada... E gar'aici que YAjuntament de Barcelona
ven de faire estampar à sos
fraises una bêla publicacion illustrada ont son recatadas per la posteritat
las opinions dels melhors escribants de Catalonha
subre l'òbra literària d'Aladern. Son aqui mai de
cent que fan lor omenatge esmogut à sa memòria.

ganes,

talana

�128

LO

GAI

SABER

A nòstre torn,

mesclam nòstra vots à-n-aquela dels
remiraires, en esperant lo jorn ont
plantar subre son cròs un branc de lau¬

sius nombrozes

podrem

anar

rier Occitan.

Œuvres Gasconnes de Meste Verdie, poète
bordelais ( iqqp-1820 ), edicion novèla, prefacia de
—

Ed. Bourciez, profesor à l'Universitat de Bordèus,
noticia biò-bibliografica, per Léon Bonnet ( in-12,

edit., Bordèus). — Aquel Verdié, d'a¬
pèi panièraire, empleg'uèt sa vida à
bambochar e à rimalhar de farsas pebradas e saladas,
mièch-francezas e mièch-gasconas, que vendià elmèmes dins las carrièras de Bordèus. Aquelas basas
produccions esplican que Verdié sià encara populàri
dins los bàrris bordelezes e que las edicions de sas
òbras se mozisquen pas dins las bibliotècas publiAuzisètz acô, mèstre Prouho ! Cal dire, mencas...
trestant, qu'abià pron dins l'èime sò que non s'apren ;
mas
quna paura lenga e quna paura grafia ! L'una
e l'autra non
podian tombar plus bas e, francament,
son una
vergonha per la lenga d'Oc. Lo felibre Léon
Bonnet, bon biograf de Verdié, parla d'aicest atal :
« Il se borne à saisir l'idiome bordelais et le patois
310 p., Féret,
bord fornier,

francisé dans l'état confondu où ils se trouvaient et
de les reproduire tels quels dans ses œuvres, sans
chercher à séparer le bon grain de l'ivraie ». Acô se
vei sens longa-vista, e serà pas am las
Verdié e de sos parius que mantendrem
e

que

rimalhas de
nòstra lenga
refargarem l'ama de nòstre pòple !

Sèm urozes d'anonciar que
decernit lo prêts annadier

l'Universitat de Toloza
de la Société Archéo¬
logique du Midi de la France à nòstre escolan
Jan Audiau per sos trabalhs cri tics subre los Trobaa

dors. Coralas felicitacions.
Le Gérant

:

t

-p,

E. LEVRAT.

Impr. de la "Societat d'Edicion Occitana"

—

Castelnaudary.

�REVISTAS E JORNALS RECOMANDATS

I. Publicacions

en

lenga d'Oc

Loti Felibrige, — Malhana-en-Provensa.
La Cigalo Lengadoaciano, — Beziers.
La Terro d'Oc, — Toloza.

L'Autà,

—

Toloza.

Reclams de Biarn e. Gascoitnhe, — Pau.
Era Bouts dera Mountanho, — Sant-Gaudens.

Montantes Regalades,
Lemou^i,

—•

81,
II.

— Perpinhan.
Boursault, Paris.

rue

Publicacions

en

fransés

La Revue Critique des Idées et des Livres, — 155,
Bould S'-Germain, Paris.
La Revue Universelle, — 157, Bould S' - Germain,
Paris.
Le Courrier de la Presse, — 21, Bould Montmartre,
Paris.
La Tramontane, — Prades, (Pyr.-Or.)
La Nouvelle Revue, — 80, rue Taitbout, Paris.

Imprimerie Lauraguaise
37, Rue de la Baffe

=»

Castelnaudary (Aude)

Travaux en tous Genres

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Exécution Rapide &amp; Soignée

--

PÉRIODIQUES

PROSPECTUS
DE

NAISSANCE

PROGRAMMES
■

■

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.

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■■

BROCHURES

■■

■■

■■

■■

i
\
!
î

-■

BILLETS &amp; CARTES

-■

■■

DE

MARIAGE

CARTES DE VISITE

njTG

s

■■

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PRIX AVANTAGEUX

■■

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2

*3

:

J

�EXTRAIT DU CATALOGUE
de la

Societat d'Edicion Occitana
37, Rue de la Baffe

-

CASTEL.NAUDARY

Lou Terradou, sonnets en
.

française,

tion

p.)

300

Bordons

par

langue d'Oc,
Prosper Estieu (

française,

i

française,

par

p.)

duction

264

française,

poèmes
par

.

Occitan, poèmes

française,

12.

»

langue d'Oc, avec tra¬
Prosper Estieu (1 vol. in-8°,
.

traduction

fr.

en

p.)

Lo Romancero

»

langue d'Oc, avec tra¬
Prosper Estieu (1 vol. in-8°,
en

.

La Canson Occitana,

8°,

3.

fr.

duction

»

langue d'Oc, avec tra¬
Prosper Estieu (1 vol. in-8°

par

d'Occitania, sonnets

280

20.

en

32 p
Flors

traduc-

vol. in-8°,
fr.

— rare
Pagans, sonnets

duction

avec

par

p.)

.

fr.

12.

»

langue d'Oc, avec
Prosper Estieu (1 vol. inen

14. »
fr.
pel Cabalet, paroles Occitanes et Françai¬
ses
de Prosper Estieu, mélodie pour voix avec
accompagnement de Piano de Déodat de Séverac
fr.
( 8 p. gr. in-40
10. »
Contes Populaires (ire série). Contes de la Vallée du
Lambon, (texte occitan et traduction française),
recueillis par Antonin Perbosc. 1 vol. in-16, XVI96 p
fr.
3.50
344

Canson

Lo Brande de las

Oras, poèmes en

langue d'Oc, avec
Louis Gouyer (1 vol. in8° raisin, 160
p.)
fr.
7.50
Canti Corsi ( Chants Corses), avec traduction fran¬
çaise en regard et portrait de l'Auteur, par J.-P.
Lucciardi (1 vol. in-8, 250 p. ) .
fr.
11.50
traduction

française,

par

.

.

.

La SOCIETAT D'EDICION OCCITANA se charge
mettre en vente tous les ouvrages que MM. les
dront bien lui confier.
IMPR.

DE

LA

SOCIETAT

D'EDICION

OCCITANA

-

d'éditer et de
Auteurs

vou¬

CA8TELHAUDARY.

Vf)

�</text>
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                <text>Ce set contient les périodiques numérisés par le CIRDÒC issus des collections des partenaires d'Occitanica</text>
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              <text>Lo Gai Saber. - Annada 03, n° 013 setembre-octobre 1921</text>
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              <text>Lo Gai Saber. - Annada 03, n° 013 setembre-octobre 1921 </text>
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              <text>Estieu, Prosper (1860-1939). Directeur de publication</text>
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              <text>impr. de la Societat d'Edicion Occitana (Castelnaudary)</text>
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              <text>Prouho, Paul (1849-1931)</text>
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              <text>Vignette :  http://occitanica.eu/omeka/files/original/031464a3cd5f19507278a76b02e57746.jpg</text>
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          <name>Is Part Of</name>
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              <text>&lt;!DOCTYPE html&gt;&#13;
&lt;html&gt;&#13;
&lt;head&gt;&#13;
&lt;/head&gt;&#13;
&lt;body&gt;&#13;
Lo Gai Saber (&lt;a href="http://occitanica.eu/omeka/items/show/13154"&gt;Acc&amp;egrave;s &amp;agrave; l'ensemble des num&amp;eacute;ros de la revue&lt;/a&gt;)&#13;
&lt;/body&gt;&#13;
&lt;/html&gt;</text>
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              <text>&lt;!DOCTYPE html&gt;&#13;
&lt;html&gt;&#13;
&lt;head&gt;&#13;
&lt;/head&gt;&#13;
&lt;body&gt;&#13;
&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;em&gt;Lo Gai Saber&lt;/em&gt; est une revue litt&amp;eacute;raire occitane publi&amp;eacute;e depuis 1919. La rubrique &lt;em&gt;L'&amp;Ograve;rt dels trobaires&lt;/em&gt; est consacr&amp;eacute;e &amp;agrave; la po&amp;eacute;sie, la rubrique &lt;em&gt;Bolegadisa occitana&lt;/em&gt; donne des informations sur l'actualit&amp;eacute; de l'action occitane. La revue fait aussi &amp;eacute;cho des publications du domaine occitan et des r&amp;eacute;sultats du concours annuel de po&amp;eacute;sie occitane de l'Acad&amp;eacute;mie des Jeux floraux.&lt;/div&gt;&#13;
&lt;/body&gt;&#13;
&lt;/html&gt;</text>
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&lt;html&gt;&#13;
&lt;head&gt;&#13;
&lt;/head&gt;&#13;
&lt;body&gt;&#13;
&lt;div style="text-align: justify;"&gt;Lo&amp;nbsp;&lt;em&gt;Gai Saber&lt;/em&gt;&amp;nbsp;es una revista liter&amp;agrave;ria occitana publicada dempu&amp;egrave;i 1919. La rubrica&amp;nbsp;&lt;em&gt;L'&amp;Ograve;rt dels trobaires&lt;/em&gt;&amp;nbsp;es consacrada a la poesia, la rubrica&amp;nbsp;&lt;em&gt;Bolegadisa occitana&lt;/em&gt;&amp;nbsp;balha d'informacions sus l'actualitat de l'accion occitana. La revista se fa tanben lo resson de las publicacions del domeni occitan e dels resultats del concors annadi&amp;egrave;r de poesia occitana de l'Acad&amp;egrave;mia dels J&amp;ograve;cs florals.&lt;/div&gt;&#13;
&lt;/body&gt;&#13;
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