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N° 14

1921

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Si X'Á,
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ÌSST *j

-,

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Lo

GaiSab

Revista de l'ESCOLA OCCITANA

Dis Aup i Pir-enèu

.

F. Mistral.

è;

i

TOLOZA

Lo Numéro

:

1 ír.

�LO QAI SABER
Revista de l'ES COLA OCCITANA
BUREUS

:

9, Carrièra

Duranti, 9

Fransa

Abonaments

:

:

Estrange

un

an.

==

TOL.OZA

...

: un an.

.

.

5 fr.

6 fr.

ENSENHADOR
del

N*

14

( Novembre-Decembre 1921

Antonin PERBOSC :
Félix BERTRAND :
Prosper ESTIEU

:

Feu Nouveau.
La Langue d'Oc à l'École.
A la Memària del Manteneire

0\enne.
Antonin PERBOSC :

Sus la Mort d'Aladern.

Jules CUBAYNES :

La Menina.

Guilhèm

de

NAUROZ A:

Très Joventas sul L

Bolegadisa O^citana

J. D.

Conselh de Redaccion
Baron Desazars de Montgalhard, Capiscòl;
Jozèp Anglade, Prosper Estieu, Antonin Perbosc, Jos-Capiscòls ; J.-Rozès de Brousse, Secretàri ; Armand Praviel, Clavaire ; Ismael Gi¬
rard, Secretàri-adj ont ; Dr E. Levrát, Clavaireadjont.

ASABERS. - Per tôt sò que pertòca la Redaccion
l'Administracion del gai saber e la Direccion de
VEscòla Occitana, escriure al Dr E. LEVRAT,
e

clavaire-adjont, Mèstre en Gai

Saber, 9, Carrièra

Duranti, TOLOZA.
—

obratges en lenga d'Oc seran mencios'ôc cal, analizats, à condicion que nos sian

Tots los

nats e,

mandats
—

en

dople etsemplàri.

Com los recobraments per

la Posta son ara subne-costozes,

l'ESCOLA OCCITANA qu'an pas encara
pagat lor escotison per 1921 son pregats de mandar 5 frs. per aoo
los Membres aderents de
al Dr E.

Levrat, nostre clavaîre-adjont, que lor delibrarà quitansa.
GAI SABER sera retardât ... pels retardatàris !

Lo servici del

�Pages Choisies
FEU

NOUVEAU

W

peuple ne peut pas se contenter d'exprimer sa
pensée en d'innombrables parlers. Les parlers
populaires, éclosions vigoureuses mais assauvagies
d'une langue en décadence, ont une fin naturelle :
c'est de s'écarter peu à peu de la langue-mère, de
s'abâtardir de plus en plus. D'un côté, le peuple laisse
s'apauvrir son langage en restreignant le vocabu¬
laire aux seuls besoins locaux ; de l'autre, après cet
apauvrissement dont il pâtit à un moment donné, le
peuple augmente le vocabulaire en empruntant de
nouveaux mots à la langue officielle. Dire : « Il faut
conserver les parlers populaires», ce n'est pas assez;
T tn

^

dire : «Il faut épurer les parlers populaires », ce
n'est pas assez encore. Avec cela, vous maintiendrez

de la langue ancestrale, si vous voulez ; mais
n'aurez jamais, ainsi, cette langue qu'éparpillée
lambeau par lambeau, et non la langue intégrale. Il
faut conserver et épurer les parlers populaires, non
un

peu

vous

pas pour les maintenir incomplets comme ils sont,
mais pour faire servir ce que chacun d'eux a gardé
de franc à la restauration complète, intégrale de la

langue d'Oc. Nos parlers s'élèveront à la dignité de
langue à la condition de se compléter, non pas en
empruntant ce qui leur manque au français, mais en
reprenant les mots occitans qu'ils ont perdus et qui
se sont conservés dans d'autres terroirs occitans.
Il y a des félibres qui ne peuvent pas supporter
d'entendre dire des parlers occitans : « Ce sont des

patois

».

Dans la bouche de nombreux Francimans,

(i) Extrait de la préface de Flors d'Occitania, par
(1906).

Estieu

Prosper

�LO

GAISABER

il faut reconnaître que ces

paroles sont de niaiserie
sont qu'à moitié
avions une lan¬

que de mépris ; mais elles ne
inexactes. La vérité, c'est que nous
autant

gue, et que cette langue s'est abâtardie en parlers
locaux. Chacun de ces parlers demeure une langue,
si tant vous voulez, mais en tout cas une langue in¬

complète. Comment la compléter? Il faut revenir à
langue, — ou, pour mieux dire, il faut forger la
langue nouvelle, la langue occitane vivante de notre
temps, par la fusion de tous les éléments utilisables
conservés dans les parlers populaires.

la

Cette œuvre, nous ne pensons pas qu'elle puisse
être ni qu'elle doive être l'œuvre d'un homme, cet
homme fût-il le Dante ou Mistral ; elle peut et doit
être l'œuvre commune de tous les écrivains occitans.
Nous n'avons donc pas la prétention d'avoir résolu
la question ; nous avons posé et mis en application

principes qui nous semblent bons : voilà tout.
principes consistent :
i° A adopter la graphie classique des Trobadors,
en la simplifiant ;

des

Ces

2° A remonter aux vraies sources occitanes, en
n'employant, cependant, les vocables anciens que

où ils ont été maintenus par l'un ou l'autre
ou dans le cas où les bons voca¬
bles modernes font défaut ;
dans le
des

cas

parlers actuels,

3° A bannir tous les mots français qui ont pris la
place des mots occitans disparus dans tel terroir,
mais conservés dans

un

autre ;

4° A créer des mots nouveaux, en les tirant autant

possible des parlers populaires et subsidiairelangues qui sont, dans le passé ou dans le
présent, sœurs de la nôtre.
Enfin, la pensée qui doit diriger tous les efforts
dans l'application de ces principes, c'est qu'il faut
œuvrer avec l'âme du peuple ; c'est que l'écrivain
occitan doit partir du peuple de maintenant pour
retrouver, à travers les siècles et les terroirs, la lan¬
gue des générations passées, renouer la chaîne qui
que

ment des

�lo

gai

saber

aux morts. On peut dire qu'avec les
parlers actuels tels qu'ils sont, en prenant tantôt
dans un terroir, tantôt dans un autre les formes
pures qui s'y sont conservées, il est possible d'écrire
une langue qui, faite de mots tous vivants, sera ni
plus ni moins la langue des Trobadors telle ou peu
s'en faut qu'elle serait si elle s'était maintenue comme
langue littéraire. Voilà justement ce qu'il faut faire.
Nous savons bien que c'est là tout le contraire de
ce qui a été fait jusqu'ici. Les félibres ont été le plus
souvent des rimeurs de clocher. Le peuple est porté
à se gausser de tout parler qui n'est pas, mot pour
mot, celui de son village, et voilà pourquoi les féli¬
bres se sont gardés comme de la gale de changer
quelque chose au parler de leur village. Et, sûrement,

lie les vivants

elle n'est pas toute vaine cette
cher. Le bien qu'elle peut faire,

est

quelquefois grand

:

littérature de clo¬

dans son petit coin,

c'est grâce à elle que les

voir

pacans qui ont eu la bonne fortune de
sur leur terre un beau poète ont connu

se

lever

la joie de
communier avec sa pensée, joie qu'ils n'auraient
jamais eue pleinement en lisant les plus parfaites
œuvres françaises. Mais le plus grand poète écrivant
dans le parler de son village, qui le lira hors de son
terroir, si vous mettez à part les rares félibres qui
ont assez de culture pour comprendre tous les par¬
lers d'Occitanie? Qu'elle se maintienne, cette littéra¬
ture de clocher, dont nous n'avons voulu montrer
que le bon côté : nous n'y vojmns pas de mal, en
espérant mieux ; mais nous pensons qu'au-dessus des
parlers populaires et de la littérature populaire il
faut édifier la langue nationale d'Occitanie, la grande
littérature Occitane.
Voilà le feu nouveau que nous

voulons allumer au

foyer de la Patrie ressuscitée avec tous les feux de
pâtres qui ont sauvé les étincelles sacrées, qui ont
maintes fois flamboyé merveilleusement, mais qui,
somme toute, ont fait plus de fumée que de lumière.
Antonin

PERBOSC.

�LO

132

GAISABER

LA LANGUE D'OC A

L'ÉCOLE &lt;*&gt;

provençal, du languedocien à
primaire ou secondaire est celle à
laquelle Prosper Estieu tient par-dessus tout. Elle
n'a cessé de le préoccuper : il y est revenu très sou¬
vent dans ses vers, dès le Terradou ( A mes devan¬
ciers (1. 2, p. 6), et voici un extrait d'une lettre
...

/^ette

idée du

^ l'école

récente où il affirme encore sa volonté de la faire
aboutir, de la voir réalisée :
«
Certes, tous les félibres sont d'excellents
Français qui ont fait leurs preuves de bons patriotes,
surtout pendant la dernière guerre. Et précisément,
parmi ceux-là, ils sont nombreux, ceux qui sont bien
décidés à faire entrer dans les écoles à tous les degrés
l'enseignement de la langue d'Oc. Comme vous le
dites avec juste raison, ce ne sont pas des carbonari.
N'a}rant rien à cacher, ils ne sauraient rien taire. Ils
veulent, et tout le Félibrige avec eux, sans distinc¬
...

tion

d'opinions politiques

ou

religieuses, que soient

octroyées au Midi toutes les libertés

compatibles

maintien de l'unité nationale. Il n'y a là
aucune «idée de derrière la tête»,
car jamais nul
félibre n'a eu la folie de vouloir séparer le Midi du
Nord de la France ou, tout au moins, de vouloir sup¬
avec

le

primer le français des écoles de Provence ou de Lan¬
guedoc. Cette accusation toute gratuite s'est produite,
il y a déjà longtemps, et les patriotes du Midi feraient
bloc pour la repousser du pied si elle était remise en
circulation. La vérité, c'est que les Provençaux et
les Languedociens, comme les Alsaciens, les Bre¬
tons et les Catalans de France, demandent que leurs
idiomes respectifs soient enseignés officiellement au
même titre que le français, l'anglais et l'allemand.
Est-ce trop exiger ? Continuer à ne pas tenir compte
« Un Poète d'Occitanie » que
collaborateur, M. Félix Bertrand, vient de publier dans

(i) Extrait de l'étude littéraire
notre

La Nouvelle Revue
l'œuvre poétique de

(du 15' septembre
Prosper Estieu.

au

Ier novembre) sur

�lo

gai

saber

133

d'un vœu si peu subversif serait, de la part du pou¬
voir central, approuver de gaieté de cœur le jacobi¬
nisme de l'abbé Grégoire, de funeste mémoire. Et
c'est cela qui serait un danger. En résumé, les félibres ne veulent plus être traités en naturels d'un

dis-je ! En Algérie, la langue
dans les écoles primaires, et, en
Languedoc, la langue d'Oc en est systématiquement
exclue. Est-ce admissible? Il devient chaque jour évi¬
dent que le centralisme absolu est un système néfaste,
et il est de toute nécessité, pour la paix sociale, qu'il
compose avec les justes desiderata du régionalisme.
Qu'on le veuille ou non, les peuples de plus en plus
conscients de leurs droits ne consentiront pas toujours
pays conquis. Que
arabe est enseignée

à être conduits comme moutons en foire ...»
Un commencement, tout petit, de satisfaction a été
donné à ce pieux désir : en Provence, on a fini par
laisser entrer le provençal, sinon à l'Ecole primaire,
du moins au Lycée ; c'est ainsi- que, depuis le mois

l'enseignement de la langue pro¬
lycées d'Aix et de Marseille,
dans les classes de 4" et de 3e. Il faut souhaiter que
l'on n'en reste pas. là ; il faudra d'abord continuer à
donner cet enseignement à tous ceux qui en expri¬
meront le désir en 2°, en ire, en philosophie ; car
pourquoi s'arrêter en chemin ? Il faudra ensuite éten¬
dre la mesure prise en Provence au Languedoc, à
l'Occitanie tout entière. Ce qui est bon à Aix ne doit
pas être jugé mauvais dans le pays de Lang-lade,
d'Estieu ou de Jasmin. Il faudra, dans les écoles
normales d'instituteurs du Midi, former des maîtres
capables d'enseigner un jour leur langue maternelle;
c'est par là même qu'il faudrait commencer, car je
doute qu'il y ait assez, maintenant, d'instituteurs ou
de professeurs, dans les quatre grandes académies du
Midi, suffisamment exercés à bien écrire cette langue.
Tel maître, tel disciple. Si l'on veut réunir et conser¬
ver un auditoire d'élèves attentifs, mettez devant lui
un maître digne de ce
nom, sans quoi l'expérience
tentée sera vite abandonnée, et l'on aura fait beau¬
coup de bruit pour rien.
de novembre 1919,

vençale est donné

aux

Félix BERTRAND.

�L'ORT DELS TROBAIRES

A la Memoria

de1 Manteneire Ozenne

qzenne,

plafa^ent Manteneire occitan,

Qiie donères ton aur per nòstra reviudansa,
Ta gèsta foguèt bêla, e plan la meritam,
D'abòrd qu'abèm l'ardor sacrada e Vesperansa.

tròp lèu, per ve^e dins nòstre Ort,
Aqnel vièlh òrt ont an pregat las Augustinas,
Reflorir lo Ganjet, lo Mamòis del còlh tòrt,
L'Ulhet, la Primavèra ambe las Aglentinas.
Ailas !

es

mòrt

trepejas l'Estelum,
Aquï pòs plan rasegurar Clemensa I^aura:
Dins los rams verdejants s'espèrta Vaugelum,
A l'ori^on del pals d'Oc lo cèl se daura.
Mentrestant,

ara que

�LO

GAI SABER

135

Gom, aprèp long ibèrn, ve^èm los dalhadors
S'escampilhar gaujo^ament demest las pradas,
Dins lor ternaire

E tindan

com

son

tornats los Trobadors

antan lors causons encoradas.

Quand Godelin vòl resurgir l'èime reiral,
son encara dormilho^es ;
Mas aicì Jansemin, Aubanèl e Mistral,
Tots très parius à de lugarts mirabilho^es.
Sos escotaires

Fransoneta, Mirèlha e lo pros Calendal

Rajan del vièlh grifol d'amor e de valensa,
E Zani, se fanent sorreta d'espital,
Ne fa plorar mai d'un que n'es pas de Provensa.

Toloqa, vos vejèrem .contentais
d'aquels cants arribant prèp Garona
Uèi, vòstres Cantadors se son enfin mastats,
E l' Gai Saber fa reflorin vòstra corona!
Filhs de
Dels

resons

...

Comolat\-vos degauch diu^enc ! Dins aquel bòsc
Ont Apollon mena lo còr de las nòu Mu^as,
Anat^ au^ir los qu'an seguit nòstre Perbòsc
E fan, à son entorn, cantar las còrnamu^as !
Plorat^ tamben! L'òrra Camarda am son grand dalh
Es venguda amudir una vot\ ufano^a.
Las campanas d'Orlhac bolègan lor batalh:
Plorat% subre la mòrt d'Arsèni Vermeno^a !

�136

lo

gaisaber

Canson,
Temple de Membria.
O Toloqa, jamai veiràs la fini^on
De las lau^enjas enlairadas per ta glbrial

Pracò, d'autres, fidèls à la vièlha
Saurait intrar

com

el al

sempre anaran s'espasejar
cerquant las rimas abrandantas;
Cade an, al mes de Mai, per los plan festejar,
Ton Ostal d'Assenât aura portas badantas.

Dins tos Ramiers
Los bèls jovents

E 's sècles que

vendran, dabant la resplendor

Qui0 Tienne aura valguda à la lenga Occitana,
Faran tindar lo nom d'aquel Mantenedor,
De la

mar

Enteriora à la

mar

Oceana !

Prosper ESTIEU.
( Per

mon

Solàs. )

�LO

GAI

SABER

I37

Sus la Mort d'Aladern

Aladern! 'nos rencontrarem plus

jf^LADBRN

als

camps d'Occitanïa,
entrelus,
as, romiu del pasat, cercat, per tota via
s'afrairant des à monts à tots rèirals camins,
Ont tôt

sus

un

bel estiu, de l'alba al

la boca del

Tolo^a

pòple e dins los
lo còr de la Patria.

e

pargamins

Barcelona
as

als airals ont

as mes en parangon ;
culit de mentastres

pasèt En Pèire d'Aragon.

Pertot, qu'an vist tos èlsi Dels trobair es alspastres,
dels camps à las ciutats, dels blats als aladèrns,
an vist que tôt ten còp als présents malgobèrns
coma

als ancians malastres.

soscat que belèu
Tolo^a
faran quicòm de mai, e qu'acò sara lèu.
O soscament dels pois, tram la nèch cautèlo^a,
d'africs regrelhaments, de potents reviscols,
d'albas espeliguent de nòstres solels-colcs
en raior subreblo^a !
Ai trobat tôt

frairal;

Barcelona

as
e

—

(i) Trait de Homena-tge à la Memòria d'En Cosme
{]. Aladern. )

Vidal,

�138

lo

gai

saber

Aladernl Aladern! que
sus

nòstra

ton front s'es clinat
maja istòria !

nòstra

poefia, ont s'es embelinat
l'esper avenidor d' « aquels qu'an la memòria » /
sus nòstra parladura,
ont reviu lo melhor
dels mòrts, l'òscle preclar ont lor pensada en flor
perdura dins sa glòrià !
sus

■»
'

E sérias

plus qu'una ombra, ara, se lo tonibèl
Claudia dins son mistèri
ton ardor de luchaire e par aire fidèl,
l'èime amai l'abeluc qu'en ton agach vejèri ;
òc, mas n'es pas acò, trobaire, qu'en plorant
los fils de Barcelona e d'Alcover auran
portât al cementèri.

Tôt acò sempre

viu,

e,

de la mòrt gandit,

fara congrelhadura

per ton Obra. Es coma un boier qu'a plan curbit,
que la Dalhaira atuca en plena lauradura :
acò n'empacha pas que los bèls jorns vendran
ont, à « bon còp défais», los Segadors far an
la

granda Segadura.
Antonin PERBOSC.

22 de Mai 1919.

Vr

�LO

GAISABER

139

La Menina

que plus non pòd se trigosar, la vielha
Sul solhet del ostal, tôt l'estiu, se solelha;
Se

calfa, al solelhon,

un

pauc com al canton,

mans cro^adas sul baston:
Plan ramalhèt: dempèis, s agremolis, pecairel

Agrepida, las
—

Ambe lo mocador

—

pasit, que «peta al aire»,
Son cotilhon de fri\a e sa tonha en riban,
Demòra com acòs, apilada sul banc
E sosca, sans saber, davegadas, que dire ...
Saquelai, d'agachar lo solel la fa rire:
Lo solel que lu^is sul cloquier de Vailat,
Lo solel tant polit per las pesas de blat,
A! coma lo solel d'en sega^ons i agrada!
Los contes d'ancian temps, l'ibèr ni la velhada .
L'agaian plus; son òme es mòrt (lo paure Andriul)
E vièls, ambe nos-aus abèm plus sonca Diu :
L'ainat es à la guerra e la nòra, amont, bina;
La laisan, saquelai, mena pas de languina :
Es tôt clar ; lo solel fa d'ombra suis cledons.

�140

lo

gai

saber

Bresaba ambe lo

pèd, n'a '11 briu, los mainadons;
son
grands ; aqueles au^elons
An franhat: alavets, servis plus que s'en trache:
E la vielha qu'es un pauc dins l'en fantilhage
A pas un quite brès a poder trantolhar.
Encara, se pòd plan que sauria pron fialar
La conolhada, am lo fu^e que rebordèla :
Mas, d'aqueles linsòls grimes d'estopas gros,
Los paures morts ri an tant neportats dins lo
cròs,
Qu'ara vòl plus tornar fialar per far de tèla.
A calgut cargar crespe e quitar folard ros
Sobent e pregar Diu còsta mai d'una cros,
Pel cemetèri plen de bois e de laurier a :
Dempèis, tant-ben, s'entresomis sus la cadièra;
Dempèis, retortoirada e piètra, tôt lo temps,
Agacha, dedelai, virolar los torrens
Que se crubèlan, nauts : nimai vejès, pecaire,
Las amas de sos morts volatejar dins l'aire.
Mas los mainats

Jules CUBAYNES.

�LO

gaisaber

141

Très Joventas sut Camin

jyoN lènh d'Avinhonet, anant cap à Nauro^a,
Cro^èrï ièr très flors d'amor e de beutat.
A l'ora ont lo solelh èra à

Landrejaban
Abian

am

quinze

Ont Vèrnha

e

pena colcat,

gauch sut camin de Tolo^a.

0 set^e ans, tems de la vida uroqa
la dolor encara an pas trucat.

Espandint lo perfum del primier fen copat,
Jogaba dins lor pel l'aureta amistado^a.
un pauc de mon aire rustic,
los grilhs mesclaban lor cantic

Trufandièras
Pasèron,

e

A lor rire tindant sul

Lauragués terraire.

Blo^as mainadas que 's galants vòlon aber
E que me veiret^ plus, auret\ sens òc saber
Un remembre eternal dins mon còr de trobaire

Guilhèm

de

NAUROZA.

!

�BOLEGADISA

OCCiTANA

ôra, aprenèm qu'es mòrt, lo 25 de novembre, à Genèva, ont èra anat faire una conferensa sientifica,
nòstre car amie Emili Cartailhac,
la darrièra

A

Manteneire de l'Academìa dels

Jòcs Florals, corres¬
pondent de l'Institut, oficier de la Légion d'Onor.
Era un sabent antròpòlogist conegut dins lo monde
entier e un afogat aparaire de la lenga d'Oc. L'Escòla Occitana, dont foguèt un dels fondadors, fa
dins el una pèrda subregranda e s'aclina tristament
dabant

son

Abèm

cròs.

recebut

:

Flours

de

Mountagno, trò.bas

jos-dialecte d'Auta-Auvernha, am traduccion
franseza, per Benezet Vidal, prefàcia de Gandilhon
Gens-d'Armes (iń-18, 160 p., edicion de la France
Littéraire, Royan). — L'ombra de Michalias, lo
mèstre-felibre d'Ambert, deu trefozir de gauch, à-naicesta ora, pramor que la bêla e clara lenga qu'empleguèt dins Ers de tous Suis e dins Ers de d'un
en

Pais an torna resondir dins las Flours de Mounta¬

gno

son afeccionat escolan. Aicest
los trabalhs de la terra, los riuzes e las ribiè-

de Benezet Vidal,

canta

de

païs, la cobreto, la bourrèio, enfin tôt
li agrada dins sa Limagno carida, e òc canta
sens pretencion, tôt, naturalament, com lo riu mormola, com l'auzelet brezilha. Aqui perque sas tròbas
nos
pertòcan. Quantis fan de literatura e an l'èime
barrat à tôt sentiment verai ! Volèm esperar que Be¬
nezet Vidal s'arrestarà pas à-n-aquel prelùdi e que
nos farà lèu entendre tota la canson... Son préfacier,
M. Gandilhon Gens-d'Armes, mérita tamben totas
nòstras felicitacions per sas idèas personalas subre
ras

sò que

son

�LO

GAI

SABER

143

la respelida de la lenga d'Oc. Aquelas idèas, espauzadas dins una proza subre-agradiva e gostoza à fons,
se

son

un

sòrres de las nòstras,
de parentat. Osca !

pas

pauc

an

pracò ambe elas

Lotis Ulhals de Mountlaures,

legenda narbopel Majorai Dr P. Albarel ( gr. in-8, 15 p., A.
Brieu, edit., Narbona).—Aquela bêla legenda, rimada
en jos-dialecte narbonés, fa onor al Majorai Albarel.
Aicest coneis à fons son parlar mairal e fa tôt sò
que pòd per ,1'espurgar. Podriam pas ne dire autant
de tots los felibres. Mas perque s'arrèsta à miècncamin e demòra un simple rimaire de cloquier ?
—

neza,

—

Memento

:

Le Théâtre

Régionaliste Gascon,

H. Dambielle (Albi).
Grels de Lauriè, per Delpon-Delascabras, G.
Courtiol, L'Escoutaire (Mont-Pelher ).
A Clemenceau, à Toccasion de son voyage en
Corse, per J.-P. Lucciardi e Louis Villat (Bastia).
per

Un Poèta dialettale Corso ( J.-P.
estùdi trait de la Rassegna Nationale

Lucciardi ),

(Roma).

L'espector d'Academia del Yar, M. Léon Gistucci,
déjà parlai (cf. Lo Gai Saber, n° 9),
menciona nòstra Revista dins son Rapport annadier
e torna atal sul picar
de la dalha :
« Ce que l'on veut, avec Mistral, dont ce fut le
rêve dans les dernières années de sa vie, c'est que la
langue provençale soit introduite, non plus subrep¬
dont abèm

ticement et comme occasionnellement dans tel ou
tel établissement d'enseignement secondaire, mais
officiellement et qu'on lui ouvre les portes sur le vaste

champ de l'enseignement primaire, à la base même
de l'éducation du peuple... Nous applaudissons à cet
effort, qui ne peut alarmer que des ignorants ou des
sots. Nos vœux, à nous, sont pour la renaissance des
études provençales, que Mistral rêva, à laquelle Mi¬
chel Bréal eût applaudi. Elles ne peuvent, ces études,

�LO GAI SABER

144

généralisées soient-elles, qu'aider, par ces temps
trouble moral né de la guerre, à l'affermis¬
sement de l'amour de la grande Patrie. »
Aqui un espector d'Academia que gauza parlar
clar e qu'a pas bezonh, per faire sò que cal, d'esperar
si

de vague

lo

mot

d'ordre de Paris !

Aprèp Un Poète d'Occitanie, bèl estùdi literàri
poetica d'En Prosper Estieu, que Félix
Bertrand a fait parestre dins La Nouvelle Revue
(del 15 de setembre al ir de novembre), trobarem
lèu, dins la mèma Revista e del même Autor,' un
subre l'òbra

estùdi titolat : L'Œuvre littéraire de Félix
Gras. Lo recomandam à nôstres legeires.

autre

Ajustem

que

que ven, en un
Occitana.

Un Poète d'Occitanie parestrà l'an
vol. in-8, à la Societat d'Edicion
■■

■■

Los 11 e 12 de setembre, VEscòla de
bus faguèt sa fèsta annadièra à Orthez,
densa de M. Léon Berard, ministre de
Publica. Se compren qu'ambe un tal

Gastou-Fe-

jos la preziPEstruccion

Prezident,

aquela manifestacion podià qu'aber una bêla reusida.
Mas taulejadas son que taulejadas, e sò que comta,
aprèp tôt, es lo rezultat d'una tala bolegadisa. Es que
nôstres bons amies de Biarn non podrian nos asabentar un pauc aqui-subre ? Lo Gai Saber lor es
dubert.

Lo Concors de lenga d'Oc à l'Academìa dels Jôcs
Florals per 1922 serà dubèrt del 1" al 31 de Janvier
que ven. Per tots entresinhes complementàris, escriure al Secretàri de l'Academia, Ostal d'Assezat,
Toloza.

J. D.
le Gérant

:

E. LEVRAT.

Impr. de la "Societat d Edicion Occitana"

—

Castelnaudary.

�REVISTAS E JORNALS RECOMANDATS

I. Publicacions

en

lenga d'Oc

Lou Felibrige, — Malhana-en-Provensa.
La Cigalo Lengadoiicia.no, — Beziers.
La Terro d'Oc, — Toloza.

L'Autà,

—

Toloza.

Reclams de Biarn e Gascounhe, — Pau.
Era Bouts dera Mountanho, — Sant-Gaudens.

Montany es Regalades, — Perpinhan.
— 81, rue Boursault, Paris.

Lemou^i,

II.

Publicacions

en

fransés

La Revue Critique des Idées et des Livres, — 155,
Bould S'-Germain, Paris.
La Revue Universelle, — 157, Bould S' - Germain,
Paris.
Le Courrier de la Presse, — 21, Bould Montmartre,
Paris.
La Tramontane, — Prades, (Pyr.-Or.)
La Nouvelle Revue, — 80, rue Taitbout, Paris.

Imprimerie Lauraguaise
37, Rue de la Baffe

= -

Travaux en tous Genres

-

&gt;.

DE

.

m

■■

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NAISSANCE

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BROCHURES

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BILLETS &amp; CARTES

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PROGRAMMES
a

Exécution Rapide k Soignée

PÉRIODIQUES

PROSPECTUS

Castelnaudary (Aude)

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DE

MARIAGE

CARTES DE VISITE

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PRIX AVANTAGEUX

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..

�EXTRAIT DU CATALOGUE
de la

Societat (TEdition Occitana
37, Rue de la Baffe

CASTELNAUDARY

-

langue d'Oc, avec traduc¬
Prosper Estieu (i vol. in-80,.

Lou Terradou, sonnets en

tion

1

300

p.)

française,

Bordons

— rare
Pagans, sonnets

duction
32 p.

par

française, par

.

fr.

20.

»

langue, d'Oc, avec tra¬
Prosper Estieu (1 vol. in-8°
en

)

fr-

3.

»

langue d'Oc, avec tra¬
duction française, par Prosper Estieu (1 vol. in-8°,
280 p.)
fr.
12. »
La Canson Occitana, poèmes en langue d'Oc,, avec tra¬
duction française, par Prosper Estieu Ci vol. in-8°,

Plors d'Occitania, sonnets en

.

.

.

p.)

fr..
12. »
d'Oc, avec
traduction française, par Prosper Estieu (1 vol., in8°, 344 P-)
fr14. »
Canson pel Cabalet, paroles Occitanes et Françai¬
264

Lo Romancero

ses

de

Occitan, poèmes en langue

Prosper Estieu, mélodie

pour

voix

avec

accompagnement de Piano de Déodat de

Séverac
( 8 p. gr. in-40)
10. »
:
fr.
Contes Populaires (ire série). Contes de la Vallée du
Lambon, (texte occitan et traduction française),
.

recueillis par

.

Antonin Perbosc.

vol. in-16, XVI-

1

3.50
fr.
poèmes en langue d'Oc, avec
traduction française, par Louis Gouyer ( 1 vol. in8° raisin, 160 p.)
7.50
fr.
Canti Corsi ( Chants Corses ), avec traduction fran¬
çaise en regard et portrait de l'Auteur, par J.-P.
Lucciardi (1 vol. in-8, 250 p. )
fr.
11.50
96

p.)

Lo Brande de las Oras,

.

.

.

.

.

La SOCIETAT D'EDICION OCCITANA se charge
mettre en vente tous les ouvrages que IVIIVI. les
dront bien lui confier.
IMPR.

DE

LA

SOCIETAT

D'EDICION

OCCITANA

-

CASTELNAUDARY.

d'éditer et de
Auteurs vou¬

�</text>
                </elementText>
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              <text>Estieu, Prosper (1860-1939). Directeur de publication</text>
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              <text>Perbosc, Antonin (1861-1944)</text>
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              <text>Bertrand, Félix</text>
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              <text>Cubaynes, Jules (1894-1975)</text>
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              <text>Lèvefaude, Guillaume (1898-1993)</text>
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          <name>Relation</name>
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              <text>Vignette : http://occitanica.eu/omeka/files/original/056df0a4434da3e1be87a678f1f7c70e.jpg</text>
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          <name>Is Part Of</name>
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&lt;/head&gt;&#13;
&lt;body&gt;&#13;
Lo Gai Saber (&lt;a href="http://occitanica.eu/omeka/items/show/13154"&gt;Acc&amp;egrave;s &amp;agrave; l'ensemble des num&amp;eacute;ros de la revue&lt;/a&gt;)&#13;
&lt;/body&gt;&#13;
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              <text>1 fasc. (pp. 130-144) ; 22 cm</text>
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              <text>&lt;!DOCTYPE html&gt;&#13;
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&lt;/head&gt;&#13;
&lt;body&gt;&#13;
&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;em&gt;Lo Gai Saber&lt;/em&gt; est une revue litt&amp;eacute;raire occitane publi&amp;eacute;e depuis 1919. La rubrique &lt;em&gt;L'&amp;Ograve;rt dels trobaires&lt;/em&gt; est consacr&amp;eacute;e &amp;agrave; la po&amp;eacute;sie, la rubrique &lt;em&gt;Bolegadisa occitana&lt;/em&gt; donne des informations sur l'actualit&amp;eacute; de l'action occitane. La revue fait aussi &amp;eacute;cho des publications du domaine occitan et des r&amp;eacute;sultats du concours annuel de po&amp;eacute;sie occitane de l'Acad&amp;eacute;mie des Jeux floraux.&lt;/div&gt;&#13;
&lt;/body&gt;&#13;
&lt;/html&gt;</text>
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&lt;head&gt;&#13;
&lt;/head&gt;&#13;
&lt;body&gt;&#13;
&lt;div style="text-align: justify;"&gt;Lo&amp;nbsp;&lt;em&gt;Gai Saber&lt;/em&gt;&amp;nbsp;es una revista liter&amp;agrave;ria occitana publicada dempu&amp;egrave;i 1919. La rubrica&amp;nbsp;&lt;em&gt;L'&amp;Ograve;rt dels trobaires&lt;/em&gt;&amp;nbsp;es consacrada a la poesia, la rubrica&amp;nbsp;&lt;em&gt;Bolegadisa occitana&lt;/em&gt;&amp;nbsp;balha d'informacions sus l'actualitat de l'accion occitana. La revista se fa tanben lo resson de las publicacions del domeni occitan e dels resultats del concors annadi&amp;egrave;r de poesia occitana de l'Acad&amp;egrave;mia dels J&amp;ograve;cs florals.&lt;/div&gt;&#13;
&lt;/body&gt;&#13;
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          <name>Contributeur</name>
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