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                  <text>6a Annada

Lo

Novembre

=

N° 32

Décembre 1924

Saber
Gai

Revisia de VESCOLA OCCITANA

Dis Aup i Pii*enèu

...

Fi Mistral.

TOLOZA

Lo Numéro: 1 fr. 50

�SABER

LO QAI

Revista de l'ESCOLA OCCITANA
BUREUS

1-4,

:

Carrièra

ciels Arts

Fransa

Abonaments

:

:

un

an

—
.

.

Estrange : un an

.

.

.

TOLOZA
10 ir.

15 fr.

ENSENHADOR
del N° 32

(Nòvembre-Decembre 1924)
Pour Arsène Vermenouze,
Les Contes populaires de la

J.-R. de BROUSSE :
J.

MOMMÉJA

:

Vallée de la Bonnette.
Gabriel AZAIS

Sur l'Orthographe de la Langue

:

d'Oc.

Prosper ESTIEU :

•

Las Clamors dels Engenhs ( 4
sonets).

J. D.

Bolegadisa Occitana..'

:

Table des Matières du Tome III

(1923-1^4^/

.

C:

Conselh de Direccion
Baron Desazars de Montgalhard, Capiscòl;
Jozèp Anglade, Prosper Estieu, Antonin Per-

bosc, Jos-Capiscòls ; J.-Rozès de Brousse, Secretàri ; Armand Praviel, Clavaire ; Ismael Gi¬

Secretàri-adjunt;Dr E. Levrat, Clavaireadjunt.
rard,

ASABER.
cion del

gai

-

Per tôt sò que pertòca l'Administrala Direccion de VEscòla Oc-

saber e

citana, escriure à la Libraria Edouard Privât,
Carrièra dels Arts, TOLOZA.

14,

�Pour Arsène
C'est

au

nom

VERMENOUZE^

de Toulouse

Jeux Floraux

que

célébrer

année

et

de l'Académie des

je viens apporter l'hommage qui
lui est dû, au grand Majorai d'Auvergne, dont no¬
tre légendaire Clémence Isaure fut, je crois bien,
la première à couronner les premiers vers.
La vieille Compagnie toulousaine, érigée en Aca¬
démie par Louis XIV, et qui est la plus ancienne
société littéraire de l'Europe, puisqu'elle vient de
cette

même

le

sixième

centenaire de

les Sept Trouba¬
dours de la « Subre Gaia Companhia del Gai Saber », — l'Académie des Jeux Floraux, dis-je, lors¬
qu'elle couronna les débuts littéraires de Vermenouze, ne tournait pas lès yeux pour la première
fois, à la vérité, vers l'Auvergne et vers Aurillac.
Déjà, elle vous avait envoyé, il y a bien long¬
temps — en 1618 — l'un de ses plus infortunés,
mais aussi l'un de ses plus illustres fils, François
Maynard, l'ami de Malherbe, l'un des premiers
membres de l'Académie Française, qui, né à Tou¬
louse, fut pendant presque toute sa longue vie pré¬
sa

fondation, le

3

mai

1324,

par

sident au Présidial d'Aurillac.
Il se plaignit quelque peu, comme vous le savez,
de n'avoir jamais d'avancement; mais s'il ne se plai¬
sait pas beaucoup à Aurillac, il ne se contentait guère

plus de Toulouse. Ce qu'il demandait à Richelieu,
c'était Paris. S'il fut un admirable poète, il faut
avouer qu'il n'entendit jamais rien au régionalisme.
En 1697, M. Combes, avocat à Figeac, obtenait
(1) Discours prononcé à Aurillac, lors de l'inauguration du
monument élevé à Arsène Vermenouze.

�LO

320

GAI

SABER

Roi »,
dernier,

violette d'argent pour une ode:« Eloge du
bien longtemps après, à la fin du. siècle

une

et

1888, l'Académie des Jeux Floraux vous envoya
un de ses Œillets d'argent. Ce fut un tout
petit abbé, né à Aurillac, alors élève au Grand-Sémi¬
naire de Salnt-Flour, qui vint le cueillir au Capitole,

en

ici même

A la Mémoire d'un
Francis Courchinoux, car
peut-être pas
qu'il serait bientôt l'un des précurseurs du Félibrige
d'Auvergne -et qu'il allait semer dans le vent de vos
montagnes les graines fécondes de ses « Pousco

avec une

Ami

».

d'Or

».

élégie

en vers

français,

«

époque, le jeune abbé
c'était lui, ne se doutait

A cette

où

moment

en 1895, au
venait de rouvrir ses portes à la

l'Académie reçut un jour,

Enfin,

elle

langue d'Oc, un gros manuscrit « Flour de Brousso »,
signé d'un nom alors encore inconnu. : Arsène Vermenouze.

fois, Clémence Isaure fit vraiment connais¬
l'Auvergne.
A la suite du vaillant Capiscol, elle apprit la rude
Cette

sance

avec

beauté de vos puys et de vos montagnes, de vos lan¬
des et de vos sombres châtaigneraies ; elle connut vos
robustes bouviers et vos vieilles fileuses de que¬

nouilles; elle sut ce que c'est qu'une vraie soupe aux
choux « dont on se lèche les lèvres » et, si elle fit
connaissance avec les malins braconniers et avec les
chasseurs de vos forêts et les pêcheurs de vos riviè¬
res, elle savoura les airs aigrelets de vos « cabrettes »
à l'outre

gonflée

sous

la flûte docile et elle aima la
aussi,

robuste cadence des bourrées qui sont, elles
une
de nos plus authentiques danses de la
France

Cette belle
des paysans

langue saine et drue, cette franche gaîtè
de la terre, cette pénétrante odeur des

feuilles humides et ce geste qui se
l'Angélus tinte au vieux clocher, —
la

vieille

provinciale.

poésie

découvre quand
tout cela c'était

généreuse de la magnifique

C'était la P-oésie !

Auvergne.

�LO

GAI

SABER

321

ne s'y trompa point. L'Académie
Jeux Floraux, qui avait couronné trois fois Hugo
avant ses vingt ans, couronna tout de suite Verme¬
nouze inconnu, et, à ce livre, où elle devina le prin¬
temps d'une gloire future, elle donna la Primevère
d'argent.
Complétant la victoire, la Cigale des Majoraux du
Félibrige vint aussitôt y poser ses ailes d'or.
Depuis ce jour, Vermenouze resta fidèle, de cœur,

Clémence Isaure

des

à Toulouse et à son Académie.
En 1907, le poète d' « En
((
Mon Auvergne », déjà lauréat

Plein Vent » et: de
de l'Académie Fran¬
çaise, venait cueillir au Capitole, avec son émouvant
poème du « Héros », la Violette, la plus noble des
fleurs, celle qui fut donnée la première et la seule,
en 1324, et, quand il publia « Jous la Cluchado », en
1909, il soumit encore sa nouvelle chanson aux Jeux
Floraux qui lui donnèrent une nouvelle violette, ne
trouvant nulle autre fleur digne de lui.
Vermenouze, qui a été glorieusement suivi chez
Clémence Isaure par les excellents Félibres Delhostal
et Benezet Vidal,
n'avait pas conquis seulement à
Toulouse la modeste gloire que peut donner l'Aca¬
démie des Jeux Floraux; il y avait conquis aussi de
jeunes et profondes amitiés.
L'Académie, dont j'apporte ici la pensée, ne m'en
voudra pas si je salue encore Vermenouze au nom
de la vaillante Revue Toulousaine

«

L'Ame Latine

»

qu'il combla, jusqu'à la fin, de ses plus beaux poè¬
mes

et

de

sa

meilleure affection.

Chaque fois qu'il venait à Toulouse, c'était une
fête pour Armand Praviel, pour François Tresserre,
pour Théron de Montaugé, pour Henry Muchart et
pour Pierre Fons qui, lui aussi, nous a été ravi, c'était
une fête de le recevoir, de l'entourér, de l'applaudir,
en un mot, de l'aimer, lui qui, à son tour, nous aimait
si bien, de ses deux bras tendus et de son cœur
ouvert.

C'est

donc aussi

au.

nom

de

«

L'Ame Latine

»,

�LO

322

SABER

GAI

si généreusement enrichi les volumes, c'est
du Félibrige toulousain : « L'Escola Occiet les « Toulousains de Toulouse », au nom

dont il

a

nom

au

tana

»

Majoraux Baron Desazars de Montgaillard,
Prosper Estieu, Antonin Perbosc, que je viens rendre
hommage au grand poète et au grand Félibre, en
qui nous vîmes toujours à la fois un Maître et un
des

Ami.

Dans

nos

Félibrige, où
Praviel
avons

Anthologies des Jeux Floraux et du
nous avons

moi,

et

dit, bien

une

en

fait à Vermenouze, Armand

place justement privilégiée, nous

connaissance de

cause, que

l'Aca¬

démie des Jeux Floraux s'apprêtait à se l'attacher
au titre de Maître ès Jeux, comme elle avait fait pour
Victor Hugo, pour Jasmin et pour Mistral, lorsque
la mort le ravit à la dilection de Clémence Isaure
et

a

l'affection de

ses

amis.

Aujourd'hui, l'Académie des Jeux Floraux, fidèle
au
grand Majorai d'Auvergne, vient applaudir avec
joie à sa juste et pure gloire, et, après sa Prime¬
vère et ses Violettes, elle dépose au pied de son buste
la fleur suprême du Souvenir.
J.-R. DE BROUSSE.

LES CONTES POPULAIRES
DE LA
Voici
recueillis
par
sous

VALLÉE DE LA BONNETTE (')

une

dans

nouvelle série de contes populaires
le département du Tarn^et-Garonne

de jeunes écoliers, ceux de la commune de Loze,
la très intelligente direction de leur maître,

(i) Extrait de la Préface de ce recueil de contes

populaires.

�LO

GAI

SABER

323

M. Jean Hinard, dont je suis heureux de pouvoir
louer de tout cœur l'esprit d'initiative et à qui nul ne
marchandera les éloges pour l'œuvre accomplie.
Le recueil fourni par ses soins est non moins inté¬

point de

pédagogique qu'au point de
également honneur aux élè¬
ves qui en ont assemblé et
rédigé les éléments, au
maître qui les a incités et dirigés, à la « Société des
Etudes locales dans l'Enseignement public », qui l'a
ressant

vue

au

vue

traditionniste. Il fait

édité; enfin, au corps entier des instituteurs.
Certes, ce n'est pas d'aujourd'hui que les maîtres
de l'Enseignement primaire s'intéressent à nos études.
Voici
une
bonne trentaine d'années qu'Anatole
France constatait l'empressement qu'ils avaient mis
à documenter Albert Mevrac en quête des traditions
et
ses

légendes ardennaises, mais faisait les plus
réserves sur l'esprit qui les animait alors.

secours

lui fut

sans

doute très utile,

expres¬
«

Leur

disait-il. Mais,

général, l'instituteur n'est pas l'homme qu'il faut
pouf recueillir les traditions populaires. Il manque de
simplicité. Il est enclin à embellir, à corriger. Quel¬
que soin qu'il ait pris pour se défendre contre le zèle
de ses collaborateurs, M. Meyrac a admis dans son
recueil plus d'un récit dont le style rappelle moins
le paysan que le magister. » (La Vie littéraire, t. IV,
p. 92.)
Anatole France n'était que juste quand il écrivait
ces lignes sévères,
et c'est pourquoi j'ai tenu à les
reproduire, car elles permettent d'apprécier du che¬
min parcouru. Aujourd'hui, il n'y a plus de magisters. L'évolution intellectuelle les a complètement éli¬
minés. Désormais l'instituteur, réalisant un de nos
vœux
les plus ardents, est le collaborateur éclairé,
souvent l'émule, du folk-loriste, de l'archéologue, de
l'érudit, dont il pratique les méthodes, et il devient
le plus important agent du grand régionalisme, j'en¬
tends celui qui ne veut rien laisser du splendide patri¬
moine des ancêtres. Le petit livre que voici en est la
preuve éclatante.
en

�LO

GAI

SABER

Ce petit livre, en effet, est une très
contribution à l'étude de notre folk-lore

importante

régional, si

jusqu'aux pre¬
il est autre chose

complètement dédaigné, sinon ignoré,
miers

travaux

encore

le

veut

M.

Perbosc

;

la preuve irréfragable que, même dans les
les plus reculés et les plus « sauvages »,
l'on dirait dans nos villes, on peut, si on
fermement, faire œuvre utile pour la. science

:

districts
comme

de

et trouver

de

jeunes esprits qui s'ouvrent joyeusement

jusqu'ici, le domaine
exclusif, l'auguste « jardin clos » de quelques rares
privilégiés qui pouvaient seuls en franchir le seuil,
en cueillir les fleurs, en savourer les fruits. Si je ne
m'abuse pas, il sera aussi favorablement accueilli par
les spécialistes des choses de l'instruction publiqùe
que par les tenants du traditionnisme. Enfin, les. fon¬
dateurs de la « Ligue pour la Langue d'Oc à l'Ecole »
le verront avec un intérêt tout particulier, parce qu'il
vient au-devant de leurs vœux et parce que c'est
longtemps avant la publication de leur éloquent
manifeste que M. Jean Hinard s'était appliqué' à
mettre ces vœux en pratique, et que le résultat de ses
efforts est de nature à intéresser tous les esprits réflé¬
à

une

vie intellectuelle restée,

chis.
M. Hinard, d'ailleurs, a
tre éminent entre tous, qui,

suivi l'exemple d'un maî¬
il y a plus de trente ans,
avait, sans prendre l'avis de personne, introduit à la
fois dans son école l'étude raisonnée du parler local
et celle du traditionnisme. C'est en 1904 que M. Antonin Perbosc fonda parmi ses élèves de Comberouger
la première « Société fraditionnîsfe scolaire », qui
recueillit ces « Contes de la Vallée du
dont le succès a été si considérable.

Lambon

»,

Et, maintenant que sont dites ces choses qui ne
être omises, je laisserai courir ma plume

devaient pas
au

gré des souvenirs qu'éveillent en moi les contes

de la vallée de la Bonnette. Quel contraste hçureux
avec le temps,
pas très lointain, où non seulement
on

dédaignait les contes populaires, mais même où

#

�LO

GAI

SABER

325

les
proscrivait sévèrement, soit parce qu'ils
péchaient contre ce qu'on croyait être le bon goût,
soit parce qu'on n'y découvrait aucune intention
morale ou éducative. Plus d'une fois je fus tancé,
dans rhès jeunes ans, pour m'être complu aux mer¬
veilleux récits de notre excellent valet de charrue,
Pèirë de! Pensaire, un véritable rapsode, beaucoup
plus qu'aux historiettes, fort bien intentionnées, cer¬
tes ! et pas le moins du monde rabelaisiennes, de la
((
Morale en action » et du soporifique « Simon de
on

Nantua ».
Du moins, maîtres et parents croyaient à l'exis¬
tence de nos récits traditionnels, que j'ai entendu met¬

doute, plus tard, par de doctes membres de
savantes, bourgeois fort lettrés, peutêtre, mais qui, n'ayant jamais vécu à la campagne,
ignoraient tout de la vie rustique et n'avaient que du
mépris pour nos bons cultivateurs. Le grand succès
des &lt;( Contes populaires de la Gascogne », recueillis
par Bládé, les bouleversa; j'en fus le témoin sarcastique... Ils reconnurent que notre région avait ses
tre

nos

en

Sociétés

épopées oràles, aussi belles pour le moins que celles
des pays germaniques, publiées par les frères Grimm ;
mais ils n'osaient guère l'avouer : la suprématie de
la science allemande était un. tel dogme alorSi..
Les yeux s'ouvrirent enfin. On ne nia plus l'exis¬
tence, ni
mais on

même l'intérêt, de nos traditions occitanes ;
fit rien, du moins en Tarn-et-Garonne,

ne

pour les mieux connaître. Arguant des difficultés de
la recherche, ori sé résigna facilement à persévérer
dans leur complète ignorance. Cette difficulté était
réelle. Il y avait cent à parier contre un que lë folkloriste des villes serait mal accueilli des campagnards

auxquels il s'adresserait,
pas mfifeux le comprendre

parce qu'ils ne pourraient
que lui-même ne les com¬

prendrait.
Si Jéan-François Bladé avait si bien réussi, c'est
que, en plus de ses dons naturels, fils d'un pëtit
notaire d?ûhe toute petite ville, il avait, dès son

�LO

326

GAI

SABER

enfance, frayé avec les paysans,

dont il possédait à

langue, les usages, dont il connaissait les
préjugés, les manies, le caractère, de sorte qu'ils
étaient aussi libres et familiers avec lui qu'avec un
congénère. Et pourtant Bladé affirmait que ce n'avait
pas été chose aisée de saisir au1 vol les contes popu¬
laires de sa Gascogne lectouroise. « Les gens qui les
savaient, disait-il, n'aiment pas à les répéter devant
les « Francimans... ». Cazaux lui-même, le parangon
des conteurs, n'eut jamais assez confiance en moi
pour me dire certaines histoires prodigieusement inté¬
fond

la

ressantes,

qu'il craignait de paraître ridicule ;
les vieillards, il aimait à les
mais aux petits polissons de Lectoure seu¬
parce

pourtant, comme tous

raconter,
lement!... »
Cette difficulté, voilà déjà vingt-quatre ans que
M. Perbosc a trouvé la vraie méthode pour la vain¬
cre. Il s'était dit
: « Ce que le maître ne peut guère
obtenir des aïeules, en s'adressant directement à elles,

peine, s'il prend pour intermé¬
dont il a formé l'intelligence,
pleine confiance et qu'il lui est
plus aisé encore d'intéresser au traditionnisme qu'à
la botanique, par exemple, ou à l'histoire géné¬
il

peut l'obtenir sans
diaires les petits-fils,
dont il a conquis la

rale. »
C'était un trait de génie. Le grand poète qu'est
M. Perbosc ne pouvait pas déchoir en reportant sur
le folk-lore sa pensée créatrice. Une voie très féconde

s'ouvrait dès lors, et les résultats déjà obtenus prou¬
vent tout ce qu'on y peut acquérir, si on la suit avec
zèle et méthode. Plaise aux dieux immortels que les

intéressés, je veux dire les maîtres de nos écoles pri¬
maires, en soient de plus en plus convaincus !
Van Gennep, étudiant les modes de trasmission des

légendes, a noté comme particulièrement importants
le degré d'intelligence et les dons littéraires des nar¬
rateurs. Tous ceux^qui ont aimé la littérature popu¬
laire savent assez qu'il y a des conteurs balourds,
diffus, et des conteurs excellents. « Presque chaque

�JLO

GAI

SABER

327

village, dit-il, possède un de ces derniers ; mais la
difficulté pour le collecteur, c'est précisément de les
rencontrer et de gagner leur confiance.
» Et c'est
précisément en cela que la méthode créée par M. Perbosc, et appliquée depuis par M. Hirrard, paraît
devoir être féconde en bons résultats ; car, en inté¬
ressant leurs écoliers aux récits traditionnels, les maî¬
tres doivent intéresser par contre-coup ces conteurs
d'élite qui, par le canal de leurs jeunes auditeurs,
leur transmettront, l'émulation aidant, tout ce qu'ils
ont accumulé de trésors dans leur mémoire.
Euxmêmes viendront apporter indirectement leurs trésors
aux collecteurs de belles histoires. Comment en dou¬

après avoir lu nos deux premières séries 3e « Con¬
populaires » ?
Désormais, grâce aux traditionnistes de nos éco¬
les publiques, les rôles vont être intervertis : jadis,
enfants, nous suppliions les vieillards de nous réga¬
ter,
tes

ler de leurs récits ; vieillards à notre tour, ce seront
les jeunes écoliers qui nous les apporteront, et c'est
une des plus
agréables surprises de mes vieux jours.
Ecoliers de Comberouger, écoliers de Loze, je vous
en

exprime ici ma très sincère reconnaissance!...
Parlons enfin de ces contes de la vallée de la Bon¬

nette. D'abord,
il convient de distinguer dans ces
récits ceux qui forment une histoire bien complète,
se suffisant à elle-même,
de ceux qui, bien que pré¬
sentant, à première vue, le même caractère, ne sont,
en

réalité, que de simples épisodes d'une légende
longue et complexe, que peu de narrateurs
pu savoir en entier. Ces séries cycliques sont

infiniment
ont

nombre de trois :
&lt;(
Le Voleur subtil », à laquelle appartiennent,
dans notre recueil, « le Diable au Cimetière » et « Un
écu par heure » ;
20 « Les Auvergnats », dont « la Messe des Scieurs
de long », « la Salamandre » et « Craches-y » ont'fait
au

i°

partie
30

;

«

Le Renard

»,

épopée animale, dont

«

le Loup

�LO

328

GAI

SABER

le Renard », « le Merle et le Renard », « le Loup
le Grillon » ne sont que des lambeaux.
Ceux qui marcheront sur les traces de nos jeunes
conteurs devront s'attacher à la recherche des par¬
ties ignorées de ces trois cycles plaisants.
et

et

Au besoin,

je pourrais les aider un peu.
Plus importante, parce que d'une inspiration plus
haute, est l'histoire du « Fustier d'Arles » — pourquoi
d'Arles » ?
qui s'apparente, d'une part, aux
Voyages sur terre du Bon Dieu, et de saint Pierre »
et qui, d'autre part, semble une forme éminemment
«

—

«

italienne de la légende
Misère ». La rencontre

normande du

«

Bonhomme

n'est pas banale. On peut,

pourtant, en faire de plus étranges encore, dans cet
aimable recueil. « Je crois à l'âme immortelle de Poli¬

chinelle»,
u); et

a

dit Anatole France (La Vie littéraire, t. II,

voilà-t-il pas qu'il apparaît, bien vivant,
gaillard, dans le troisième de nos contes, cet
authentique descendant du. « Macchus » des anciens
Romains et du « Pulcinella » des vieux Napolitains !
Tout cela dénonce des influences étrangères qu'il
est relativement aisé de préciser; mais, quoique j'en
goûte le charme, je préférerais de beaucoup un conte
fortement poinçonné d'une empreinte unique, celle
du pays même où il a été cueilli. Peut-être est-ce le
cas pour l'ingénieuse histoire de ce « Fi Bailet » qui
dupa si subtilement l'avarieieux « pagés », son maître,
et l'obtus géant, frère peut-être du Polyphème homé¬
rique, dont le nom singulier d' « Aron » fait penser
au monde mystérieux des Etrusques.
Ailleurs, ses congénères sont appelés « ogres »,
parce qu'on a oublié leur nom local; en Gascogne,
ce sont des « Bécuts » ; aussi ai-je été assez surpris
de constater que, dans la vallée du Lambon, on les
confond avec le « Drac », car l'ogre, père de « Soleillette », est un « Drac ». Je proteste, parce que le
Drac » véritable n'a rien de commun avec ces géants
cannibales, aussi bêtes que grands ; c'est tantôt un
dieu-source gaulois, tantôt un farfadet espiègle, coup.

bien

«

ne

�lo

sin,

pour

Le

gai

saber

329

le moins, d'Obéron et de Pu.ck.

conte

de Loze

nous

le montre dans

ce

premier

rôle, frère indiscutable de !'• « Epona »' celtique, qui
était à la fois femme, source et jument, et dont le
nom
correspond exactement à celui d' « Hippocrène

que Ronsard traduisait si exactement pai
caballine ».
Les divinités des sources et des ruisseaux étaient
bienfaisantes en général. Quand, par hasard, elles
entraînaient au fond des eaux de jeunes imprudents,
c'est qu'elles en étaient amoureuses comme les Naïa¬
des le furent du bel Hylas. Y aurait-il une relation
«

»,

source

entre

dans

ce

mythe hellénique et celui dont il est parlé

du « Drac » ? Je l'ignore ; mais il
moins intéressant de constater que, par
deux fois au moins, les contes de Loze nous aient
ramenés à la mythologie antique. Et qu'importe, en
est

notre conte

tout

somme,

au

l'origine véritable de

nels ?
L'immortel Anatole
sible de détacher ma
pas

écrit,

ces

thèmes tradition¬

France, dont il m'est impos¬

pensée

comme pour me

en ce moment, n'a-t-il
permettre en ce jour d'en¬

fermer mes propres
impressions dans l'élégante
splendeur de sa prose : « Mais ces vieilles, ces éter¬
nelles histoires, "en passant dans chaque contrée, s'y
colorent des teintes du ciel, des montagnes, des eaux,
s'y imprègnent des senteurs de la terre. C'est là jus¬
tement ce qui leur donne la nuance fine et le par¬
fum ; elles prennent, comme le miel, un goût de ter¬
roir. Quelque chose des âmes par lesquelles elles ont
passé est resté en elles, et c'est pourquoi elles nous
sont chères. » (La Vie littéraire, t. IV, p. 74.)
Qu'il me soit permis d'ajouter qu'elles sont bonnes
et belles, parce qu'elles n'ont jamais transmigré qu'en
d'humbles âmes d'élite, marquées du sceau de la
bonté et de la poésie ; car tenez pour certain que les
méchants et les
mais qu'ils ne

goujats ont bien pu les entendre dire,
les ont jamais répétées à leur tour.
Jules MOMMÉJA.

�LO

33°

GAI

SABER

PAGES CHOISIES

l'Orthographe de la Langue d'Oc 0)

Sur

11 est beaucoup d'œuvres littéraires méridionales
dont l'orthographe est tellement défectueuse qu'il
n'est pas nécessaire de la discuter. Je ferai seulement
observer à leurs auteurs, comme à ceux qui ont adopté
une meilleure orthographe
(les premiers félibres pro¬

vençaux), consacrée par l'emploi qu'ils en ont fait
dans leurs belles compositions, qu.e c'est daos la lit¬
térature du moyen âge qu'il faut chercher les vrais
modèles que doit suivre notre littérature moderne.
Ces modèles sont les poésies des Troubadours. Ces
connus aujourd'hui de ceux qui ont
étudié la littérature méridionale pour que j'aie besoin
d'énumérer leurs nombreuses productions, si goûtées
du 'onzième au treizième siècle, et tenues en si grande
estime par les plus beaux génies de l'Italie du moyen

poètes sont trop

âge. Je ferai seulement observer que les Troubadours
s'occupèrent avec un soin minutieux, non seulement
de la forme de leurs poésies, mais aussi de l'ortho¬
graphe et de l'épuration de leur langue. Dante vante
la correction de Giraud de Bornelh, et Pétrarque,
dans son « Triomphe d'Amour », le « Dir polito e
d'Arnaud Daniel. Les Troubadours avaient,
leur servir de guides, deux grammaires : le
Donatz proensals », de Hugues Faidit, et « Las
rasos de trobai
», de Raymond Vidal, publiées de

bello

»

pour
«

nos

à

jours

une

par

M. Guessard. Ils écrivaient d'ailleurs

latin vul¬
vigueur. Aussi leur orthographe,

époque fort rapprochée de celle où le

gaire était

encore en

(ï) Extrait de Y Introduction du Dictionnaire des Idiomes ro¬
du Midi de la France, par Gabriel Azaïs (Paris-Montpel¬
lier, 1877).
mans

�LO

GAI

SABER

331

qui est toujours étymologique, reproduit-elle fidèle¬
ment celle de ce type commun aux idiomes méridio¬
naux.
Ce n'est que par sa complète adoption que
.l'uniformité et la régularité pourront s'établir dans
la manière de les écrire aujourd'hui.
Cette orthographe se serait naturellement conser¬
vée jusqu'à nous si les chants des Troubadours, que
lit taire brusquement la Croisade albigeoise, n'étaient
demeurés complètement oubliés depuis la fin du
treizième siècle jusqu'à nos jours, où Raynouard et

Rochegude les ont tirés de l'a poussière des bibliothè¬
ques. Pendant cet intervalle de plus de quatre siècles,
la Muse romane, qui n'est pas restée muette, s'est
trouvée abandonnée à elle-même, et chaque poète

s'est fait son orthographe particulière. Rien de fixe
et de
raisonnable n'a donc pu s'établir. L'usage
«

quem penes

arbitrium est et jus et

norma

loquendi

»,

qui doit s'entendre aussi de l'orthographe, n'a
pu imposer des règles invariables, parce que l'usage
implique l'idée d'uniformité, caractère qui manque
ce

essentiellement à nos idiomes. On n'écrit donc que
des pièces « patoises ». C'est cette poésie que la
Société Archéologique de Béziers récompensa lors de
son

des

premier concours. Mais elle reconnut bientôt que
compositions écrites dans des idiomes corrom¬
et avec des formes inadmissibles, n'avaient pas

pus
droit à

encouragements. Elle raya de son pro¬
de 1861 les mots malséants de « poésie
patoise », pour les remplacer par ceux de « poésie
néo-romane », et, dans celui de 1862, elle ajouta,
pour mieux expliquer sa pensée, que les poètes néo¬
romans
devaient suivre, dans leurs compositions,
l'orthographe des Troubadours, prescription répétée
dans les programmes subséquents. Rien de plus juste
et de plus logique. En rattachant par l'orthographe
nos idiomes à la langue des Troubadours, la « So¬
ciété .Archéologique » de Béziers les reconnaît comme
les continuateurs de cette langue — et ils le sont
réellement
et, en leur imposant l'orthographe de
ses

gramme

—

�lo

332

gai

saber

leur donne la seule
leur donner. Je suis
convaincu, en effet, que si tous nos idiomes n'avaient
qu'une seule et même orthographe, les dissemblances
qu'on remarque entre eux seraient moins saillantes et
qu'on pourrait leur appliquer avec vérité ces vers du
maîtres du moyen âge, elle
uniformité qu'il soit possible de

ces

poète latin
«

:

faciès non omnibus una,
Nec diversa tamen, qualem decet esse sororum. »
«

...

Je regrette

que

la

«

Société Archéologique

Béziers n'ait pas inscrit, quelques années
sur ses programmes la prescription
dont

»

de

auparavant,

je viens de

parler. Elle aurait été certainement comprise de quel¬
ques esprits éminents, qui l'auraient mieux propagée
et plus promptement accréditée par leurs belles com¬
positions que je ne puis le faire dans les lignes froides
d'un avant-propos qui a peu de chances d'être lu.
parce que je suis encouragé dans
insistance par le Consistoire des Jeux-Floraux
de Barcelone qui, dans son programme de prix du
mois de mai dernier, a adopté le principe posé par
la « Société Archéologique » de Béziers et parce que

J'insiste néanmoins,
mon

j'ai la conviction qu'à l'observation de ce principe,
à l'uniformité d'orthographe, tient l'avenir de notre
littérature qui, sans cela, finirait par dégénérer en
patois... La bonne orthographe est bien facile à dis¬
tinguer. C'est celle qui reproduit la forme latine. Elle
a
été généralement suivie par les premiers Trouba¬
dours; elle doit l'être par leurs successeurs...
En présentant ces observations, que j'ai écrites
sans aucune intention
de critiquer des œuvres que
j'admire depuis longtemps, j'ai obéi à une convic¬
tion aussi ancienne que sincère de mon esprit. C'est
desideratum » que j'ai exprimé. Sera-t-il com¬
un
«
pris ? Ne rencontrera-t-il pas des obstacles insurmon¬
tables ? Je T'ignore. Je me retranche, quoi qu'il en
soit, dans cette vieille maxime éminemment fran¬
çaise : « Fai que dois, aviegne que puet».
(1877).
Gabriel AZAIS.

�L'ORT DELS TROBAIRES

LAS

CLAMORS DELS ENGENHS

I

Los Quenòmes
Sèm tos

engenhs, ò Terra,

e

sèm los servadors

De las

riquesas que dins tu son escondudas ;
Sabèm las votas d'aur, e las gèrnas fondudas,
E subretot los talismans encantadors.

Sa que nos fauta, dins las nòstras prigondors.
Son los raises de luts, merabilhas perdudas.

Nos remembram las

enfinidas estendudas

E, sosterrans, raibam celèstas esplendors.
potent, que com anèl diamantin porta
son det, nos alande la porta
laise montar dins l'azur cdar e blos !

Lo Ditis

L'Estelum à
E

nos

l'a pron te-ms que trevam pels tenebro^es
Volèm reconquistar l'êspàci 'spectaclos
E

nos

amiralhar dabant lo

clastres

front dels Astres!

�LO

334

GAISABER

II

Los Silfes

Dins l'escur

1' clarum, lau\enj a al Subrefòrt
Silfes, dona 1' buf reviscolaire
E nos fa, quand H plai, los bons
Engenhs de l'aire
Butant la vela del pescaire vès lo pòrt!

Qu'à

o

nos ans,

Es El taniben, pracò, que dona Vestrambòrd
Al negre temporal que carreja l'esclaire.
S'es lo grand Benfa^ent, es lo grand

De^o ladre ;

Son respir

fa la vida

e son

aspir la mort.

Tremolatbastiments, subre la mar tant granda,
Quand nos cal metre las onqadas en desbrandal
Com, alavets, 'de l'Eternal sèm los sirvents !

Grand Dius, i'a de pasions jol cèl descadenadas
Qu'espaventan plan mai que la ràbia dels vents...
Quora lo còr uman n'aura, plus sas trumadas ?

�LO

GAI

SABKR

335

III

Los

Ondins

Sèm los Ondins, e te pregam,

Dius sob'eiran !
plantas,

Es que non i a pron tems que, dins arbres e
Sèm condamnais à far sabas reviscolantas ?
S'òc

voliàs,

sens nos ans

fariàs grelhar lo gran.

Segur, pels carbenals, nòstre placer es grand,
Quand farandolejam dins sorgas mormolantas ;
Mas trop sobent clamam dins las mars jingolantas,
E 'spaventables son los torments qu'enduram.

Mèstre dels Océans, que dins ton sen estremas
De plumes de pietat, agaita las lagremas

Que fan rajar vès tu los èlhs dels tins enfants !

Quora, delargant plus malastro^es lavàsis,
Sul delòvi del Mal nos veirem triomfants
E montarem enfin als estelencs espàcisì

�336

LO

GAISABER

IV

Las Blandas

Quand, del fon^e del pots, montam dusc'à la gra^a,
Blandas que tridolam jois freds potons del Cèrs,
I remiram las esplendors de l'Univers
E d'embriaigament abèm nòstra ama ra\a.

O Solelh rajolant, ta fòrsa nos escraça!
Pracò, dabant ta luts, tenèm visions dobèrts,
E te bebèm autant e mai que los lau^èrts,
Nos autras que podèm viure demest la bradai

Ailas ! trevar dins
Lo
A

l'aiga es nòstre triste sort ;
perdèm quasiment, lo bel flam d'estrambòrd,
l'ora ont decendèm dins las clò.tas prigondas.

E ben! que lo Destin nos mçstre un còr de ròc!
Conestrem saquelà de diu\encas segondas,

S'escalam ambe l'èime à la sorga

del foc !

Prosper ESTIEU.
Lus Oras

Cantairas, (Libre VII)..

�BOLÉGADISA OCCITANA
r

Libres recebuts

La

Langue d'Oc a l'Ecole, per
l'abat Jozèp Salvat (in-8, 14.p., Editions de la Revue
Méridionale, Bordeaux).
La Lenga d'Oc e la Glèi^a, sermon prédicat
:

—

à la catedrala de

Sant-Just, à Narbona, lo 8 de Junh
la Mesa de la Santa-Estèla, per l'abat Jozèp
(in-40, 8 p., Impr. Brieu, Narbonne).1

1924, per

Salvat
Le
—

Lengodoucian Literàri,-çer L. Alibert (inToulouso).

8, 50 p., Estamp. Bertoumiu,

Darnièrament, lo députât Ducos, raportaire del
budget de l'Estruccion publica, parlèt com se debià
de l'ensenhament de la lenga d'Oc dins las escòlas.
Que sortirà de tôt acò ? Faguem una novèla òsca e
esperem. La vida es una longa espéra...
Dins lo

Correspondant del iode novembre, José

Vincent, l'egrègi autor d'un Théodore Atibanel que
ven de faire sensacion, a publicat un bèl article titolat : L'enseignement des langues
mandam acò à nòstres legeires.

de terroir. Reco-

Recomandam tamben lo discors de recepcion à l'Academia franceza del grand istorian Camil Jullian
subre la lenga d'Oc modèrna. Acô mercarà dins las
annalas telibrencas.

Aprenem

am

granda tristor la mòrt d'Adrian Fe-

dières, sendic de la Mantenensa de Lengadòc, bon
companh e bon cansonejaire. Esperam plan lo reveze
un

jorn als Aliscamps de Santa-Estèla !

Nòstre

n° venent serà consacrât à

la memôria del

preclar trobaire Loïs Goier, trop lèu disparegut.
J.D.

�———

—

TABLE

DES

DU TOME III

-

MATIÈRES
(1923-1924),

ACADEMIE DES JEUX FLORAUX
Concours de
Concours de
Concours de

Langue d'Oc
Langue d'Oc
Langue d'Oc

en
en
en

17
105
194

1923
1924
1924

JOSEPH ANGLADE
Patois ou Dialectes
La Langue d'Oc et le Baccalauréat
Discours pour le VIe Centenaire du

2

93

Gai Savoir

143

GABRIEL AZAIS
Sur

l'Orthographe de la Langue d'Oc

320

B. V.
Le VIe Centenaire du Gai Savoir

106

COMITE D'ACTION
Aux Membres de

l'Enseignement (tes Pays d'Oc

76

C. B.

Utilisation des dialectes occitans à l'Ecole pri¬
maire
'

298

CHARLESBRUN
Doit-on admettre la
réat ?
J.

Langue d'Oc

au

Baccalau¬
20

CUBAYNES

L'Auquièra

85
CHARLES DERENNES

Lo Guierdon

12

LA
A

nos

DIRECTION

Amis

4e Fête de 1'

1

«

Escola Occitana

VIe Centenaire du Gai Savoir
A nos Amis

»

33

89

167

�LO

GAI

SABER

339

Le VI6 Centenaire du Gai Savoir
Les Fêtes du Gai Savoir

101

215 et

271

BARON DESAZARS DE MONTGAILHARD
Discours pour le Centenaire d'Achille Mir ....
Discours prononcé au 4e Banquet de 1' « Escola
Occitana »

le Concours de Poésie en Langue
d'Oc (1923)
Discours prononcé devant le Buste de L. Mengaud
Discours prononcé au 50 Banquet de 1' « Escola
Rapport

d'Oc

35

sur

Occitana

Rapport

5

51
220
225

»

le Concours de Poésie
(1924)
sur

en

Langue
241

PROSPER ESTIEU
Allocucion

pel Centenàri d'Achille Mir

un Pin
Lo Bastiment
Cant Occitan
Discors prononciat

jos

8
24
25
42

à Narbona, lo 24 de Junh

1923, per l'inauguracion del Bolevard Frederic-Mistral
A la Memoria dels Mèstres d'Escola Audencs
morts per la Fransa
Eraclès à Stimfala

L'Ostal del Bolanger
Als VII Trobadors
Subre un Camin
&gt;
La Barca
Lo Basin
A très Tremols
Al Pintre Lauragués I. Bringuier
Lo jove Coletgian
La Vots de las Campanas
Lènh dels Gamins de Fèrre
A Filadèlfa de Gèrda
A la Memoria del Trobador Arnaut Vidal

73

83
98
125
158
180
181
182
183

184
206
207
208
234

237

�GAI

LO

34°

SABER

A Pèire Godelin
Dabant lo Monument d'Auguste
A Toloza
A la granda Ombra de Frédéric
A Castèlalhon-Plaja

283

Forés

289

Mistral

291

290

306

Clar-Sejorn

307

Demest las Flors
Subre la Mort d'un Grilh
Dabant l'Océan
La Mar parla
Los Guenomes
Los Silfes
Los Ondins
Las Blandas

308
309
310
311

!

333
334

335

336

LOUIS FUNJtiL
Flor d'Ivèr
La Réforme

44

orthographique

en

Provence

96

FHILADELPHE DE GERDE
Ed

Crid

232

GANDILHON GENSD'ARMES
Vermenouze

l'Orthographe de la Langue d'Oc
L'Orthographe de Bessou et encore celle de Ver¬
et

menouze

175
203

FRANÇOIS DE GELIS
le VIe Centenaire du Gai Savoir

Allocution pour

123

LOUIS GOUYER

Epigramas
La Ciutat

13
en

roïna

187
J. D.

Bolegadisa Occitana
188, 212, 292, 316

:

14,

28, 45, 86,

102,

118,
.

337

JEAN JAURES
Sur

l'Enseignement de la Langue d'Oc

305

�LO

GAI

SABER

341

A. JOURDAIN

Un Livre

sur

le

Félibrige

280

MARIUS JOUVEAU
Lettre du

Capoulié du Félibrige

230

JOSEPH LOUBET

Visite d'Antonin Perbosc
gue

d'Oc

aux«

Amis de la Lan¬

38

»

FREDERIC MISTRAL
Une

neveu

198

grande Pitié
J. MOMMEJA

Sur les Contes
Bonnette

populaires de la Vallée de la
322

...,

GUILHEM DE NAUROZA

84

Remembre d'Africa
Als Sabucs en Flor
En espérant l'Aimada
Ma Bordeta

JEAN
A M.

210

236
313

D'OCCITANIE

Bruno Durand

22

SIMIN PALAY
Descort

27
ANTONIN PERBOSC

Lo Cant dei Choc
Lo Miracle dels Auzèls
Als Felibres acampats à

10

26

Narbona, lo 24 de junh

82

1923
Sus un Niuc de
-uos

Cardelins
Auzèls de la Pasion

Los VII Trobadors
A mèja-sèrra
Escrich subre 1' « Album
Paris

99

116
139
»

d'una Occitana de

185
209

�LO

342

Elucic'àri per «
Dabans Forés
Renovèl

GAI

SABER

La Debanadora

276

»

286
312

ARMAND PRAVIEL
Pour un vrai Théâtre gascon
Mistral et les Jeux Floraux

169

Sur Théodore Aubanel

295

90

EMILE RIPERT
Poème pour

le VP Centenaire du Gai Savoir

161

JAN DE LA ROCA
A-n-una Dona que se
Lo Sauze

dizià Menina

211
314

*

JOSEPH ROUX
&lt;(

O

»

A

pour «

»

et « Ou

» pour «

O

41

»

J.ROZES DE BROUSSE
Discours prononcé devant la maison natale de
L. Vestrepain
Discours prononcé à l'inauguration du Boule¬
vard Frédéric-Mistral, à Toulouse
Discours prononcé au 5" Banquet de 1' « Escola
Occitana »
Pour Arsène Vermenouze
ABBE JOSEPH
Revirada del

«

Girventes

222

225
319

S AI. VAX

d'Arnaut Vidal

»

217

....

196

ARNAUT VIDAL
Cirventes

172

MARIE VINAS
Lettre de la Reine du

Félibrige

Liste

:

230

XXX

bibliographique

Le Gérant

16,
:

32,

48.

E. LEVRAT.

Impr. de la "Societat d'Edicion Occitana"

—

Castelnaudary.

�Règles de Phonétique Occitane
x° VOYELLES.

accentué
constitue
e

seul

a,

ou

dans le corps d'un mot,

non, sonne comme a

une

nant et se
—

—

français ; mais s'il
terminaison féminine, il est semi-son¬
prononce entre a et o, suivant la région ;
comme é fermé français, et è comme è ou¬

ou

sonne

français ; — i équivaut à i français ; — u égale¬
mais, après une voyelle, il a le son ou fran¬
çais ; — ò ouvert se prononce comme o français, et
o fermé comme ou français ;
— y n'existe pas en oc¬
vert

ment ;

citan.
2° CONSONNES. — b, c, d, f, g, j, 1, m, n, p, q, (toujours
suivi de u ), r, s, t, z sonnent comme en français ; mais
c devant i est sifflant comme s français ;
— j sonne

dans certaines régions ; — m se prononce
à la fin de la irc pers. du pluriel des verbes ;
est muet, sauf quelques rares exceptions, à la fin

comme

tz,

comme n
—

n

des substantifs ;

—

est souvent muet

r

à la fin des

adjectifs, sauf en Provence, ainsi
qu'au présent de l'infinitif; — s est toujours dur et sif¬
flant ; — t est muet à la fin des participes présents et
des mots en ment; — v sonne comme b, sauf en Pro¬
substantifs et des

; — ç, k, x, w n'existent pas en occitan.
3° GROUPES. — ch, lh, nh se prononcent : tch,

vence

—

ph

n'existe

pas en

ill, gn ;

occitan.

PARAITRA PROCHAINEMENT:

CANTS D'UN GRILH
per

Guilhèm
Sonets Occitans

de
am

NAUROZA

Traduccion franseza

souscription jusqu'au 31 décembre
Après le 31 décembre
En

S0C1ETAT D'EDITION OCCITANA, 37, Rue
CASTELNAUDARY

.

.

4 fr.
6 fr.

de la Baffe

�EXTRAIT

CATALOGUE

DU

de la

Societat d'Edicion Occitana
37, Rue de la Baffe

CASTELNAUDARY

-

langue d'Oc, avec traduc¬
Prosper .Estieu (i vol. in-8°,

Lou Terradou, sonnets en

tion

française,

par

.
fr.
20. »
langue d'Oc, avec tra¬
duction française, par Prosper Estieu (1 vol. in-8°
32 P- )
fr3- »
Flors d'Occitania, sonnets en langue d'Oc, avec tra¬
duction française, par Prosper Estieu (1 vol. in-8°,

300

p.)—rare

Bordons

Pagans, sonnets

en

,

fr.
12. ».
poèmes en langue d'Oc, avec tra¬
duction française, par Prosper Estieu,(T vol. in-8",
É64 ]&gt;.:
fr.
12. »
^Romancero Occitan, poèmes en langue d'Qc, avec
traduction française, par Prosper Estieu (1 vol. in8", 344 P-)
•
■
•
■
fr14- "
Canson pel Cabaietj paroles Occitanes et Erançaisès de Prosper Estieu, mélodie pour, voix avec
accompagnement de piano de Déodat de Séverac
p.).......

280

.

La ( ïanson Occitana,

■

(8

p. gr.

in-40)

.

fr.

.

10.

»

Vallée dit
française);
recueillis par Antonin Perbosc. 1 vol. in-16, XVI96 p.)
fr.
3.50
Lo Brande de las Oras, poèmes en langue d'Oc, avec
traduction française, par Louis Gouyer ( 1 vol. in8° raisin, 160 p.).
:.
fr.
7.50
Canti Corsi ( Chants Corses ), avec traduction fran¬
çaise en regard et portrait de l'Auteur, par J.-P.
Lucciardi (1 vol. in-8, 250 p.)
fr.
11.50
Populaires (ire-série). Contes de la
Lambon, (texte occitan et traduction

Contes

.

.

.

.

.

.

La SOCIETAT D'EDICION OCCITANA se change
mettre en vente tous les ouvrages que nfllVl. les
dront bien lui confier.
IMPR.

DE

LA

80CIETAT

D'EDICION

OCCITANA

-

CASTELNAUDARY.

d'éditer et de
Auteurs vou¬

�</text>
                </elementText>
              </elementTextContainer>
            </element>
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      <name>Dublin Core</name>
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              <text>Lo Gai Saber. - Annada 06, n° 032 novembre-decembre 1924</text>
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&lt;html&gt;&#13;
&lt;head&gt;&#13;
&lt;/head&gt;&#13;
&lt;body&gt;&#13;
Lo Gai Saber (&lt;a href="http://occitanica.eu/omeka/items/show/13154"&gt;Acc&amp;egrave;s &amp;agrave; l'ensemble des num&amp;eacute;ros de la revue&lt;/a&gt;)&#13;
&lt;/body&gt;&#13;
&lt;/html&gt;</text>
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              <text>&lt;!DOCTYPE html&gt;&#13;
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&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;em&gt;Lo Gai Saber&lt;/em&gt; est une revue litt&amp;eacute;raire occitane publi&amp;eacute;e depuis 1919. La rubrique &lt;em&gt;L'&amp;Ograve;rt dels trobaires&lt;/em&gt; est consacr&amp;eacute;e &amp;agrave; la po&amp;eacute;sie, la rubrique &lt;em&gt;Bolegadisa occitana&lt;/em&gt; donne des informations sur l'actualit&amp;eacute; de l'action occitane. La revue fait aussi &amp;eacute;cho des publications du domaine occitan et des r&amp;eacute;sultats du concours annuel de po&amp;eacute;sie occitane de l'Acad&amp;eacute;mie des Jeux floraux.&lt;/div&gt;&#13;
&lt;/body&gt;&#13;
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              <text>&lt;!DOCTYPE html&gt;&#13;
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&lt;head&gt;&#13;
&lt;/head&gt;&#13;
&lt;body&gt;&#13;
&lt;div style="text-align: justify;"&gt;Lo&amp;nbsp;&lt;em&gt;Gai Saber&lt;/em&gt;&amp;nbsp;es una revista liter&amp;agrave;ria occitana publicada dempu&amp;egrave;i 1919. La rubrica&amp;nbsp;&lt;em&gt;L'&amp;Ograve;rt dels trobaires&lt;/em&gt;&amp;nbsp;es consacrada a la poesia, la rubrica&amp;nbsp;&lt;em&gt;Bolegadisa occitana&lt;/em&gt;&amp;nbsp;balha d'informacions sus l'actualitat de l'accion occitana. La revista se fa tanben lo resson de las publicacions del domeni occitan e dels resultats del concors annadi&amp;egrave;r de poesia occitana de l'Acad&amp;egrave;mia dels J&amp;ograve;cs florals.&lt;/div&gt;&#13;
&lt;/body&gt;&#13;
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          <name>Contributeur</name>
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              <text>Bibliothèque de Toulouse</text>
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      <name>Escòla occitana</name>
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      <name>grafias de l'occitan = graphies de l'occitan</name>
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      <name>Poesia occitana = poésie occitane</name>
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