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                  <text>7a Annada

Janvier - Febrier 1923

N°33

Lo Gai Saber
Revisia de l'ESCOLA OCCIT/

Dis Aup i Pirenèu

...

F. Mistral.

TOLOZA

Lo Numéro: lfr. 50

�SABER

LO OAI

Revista de l'ESCOLA OCCITANA
BURÈUS

14, Carrièra

:

Abonaments:

t

j

dels Arts

Fransa

: un an

,

Estrange : un an

—
.

.

TOLOZA

10 6r.

15 fr_

ENSENHADOR
del

N° 33

( Janvier-Febrier 1925)

Antonin

LA DIRECTION :

Perbosc Chevalier

de

la

Abbé Joseph SALVAT :

Légion d'Honneur.
Louis Gouyer.

Prosper ESTIEU :

A la Memôria de LhCs Goiër.

Antonin PERBOSC

Guilhèm de NAUROZA
J. D.

.

Los Fausils.

:
:

A-n-un

Capelàft'0ccitan.

Bolegadisa Qófcítańa.

:

Conselh de Direccion
Baron Desazárs de Montgalhard, Capiscòl;
Jozèp Anglade, Prosper Estieu,- Antonin Per¬
bosc, Jos-Capiscòls ; J.-Rozès de Brousse, Secretàri ; Armand Praviel, Clavaire; Ismael Gi¬

rard,

Secrètàri-aâjuint;; Dr- E^Levrat, Clavaire-

adjunt.
ASABER.
cion del

gai

-

Per tôt sò que pertòca l'Administrala Direccion de YEscòla Oc-

saber e

citana, escriure à la Libraria Edouard Privât, 14,
Carrièra dels Arts, TOLOZA.

�ANTONIN
Chevalier de la

PERBOSG
Légion d'Honneur

Le Gai Saber, malgré son modeste budget, a
pu obtenir, non sans peine, communication d'un
rapport adressé à M. le Ministre de VInstruction

Publique au sujet de la nomination de Perbosc
dans la Légion d'Honneur. Au risque d'être tra¬
duit devant les Tribunaux pour divulgation de
documents semi-officiels, le Gai Saber n'hésite
pas à publier ce rapport.
Mon Cher

Ami,

Vous me demandez pour M. le Ministre mon opi¬
nion sur Antonin Perbosc, au sujet d'une promotion
dans la Légion d'Honneur. Je vous la donne en toute
sincérité.

J'estime que Perbosc est actuellement le poète le
plus parfait de la poésie néo-romane.
Il dompta sans la vaincre une langue rebelle,
dit Sainte-Beuve, en parlant de Ronsard. Plus
a
heureux, Perbosc a assoupli à sa poésie une langue
qui a été, au moyen âge, exaltée par Dante et par
Pétrarque, mais qui, depuis, avait perdu son origi¬
nalité.
La

poésie de Perbosc a sa source profonde dans
Ayant passé une grande partie de sa vie,
comme instituteur, au milieu de la
campagne, il en a
senti en poète le charme incomparable et l'a traduit
la

nature.

dans

ses vers

poète. Il nJy

avec

l'émotion

et la

sincérité d'un vrai

a rien d'artificiel dans sa poésie : le na¬
turel seul y a sa place. Chantre des paysans et des
laboureurs, de tous les humbles de la terre, il a com-

�2

LA

GAISABER

pris tous les secrets de leur vie. En demandant ainsi
à la nature son inspiration, Perbosc est dans la tra¬
dition des grands poètes, depuis Ronsard jusqu'à
Mistral.
Perbosc s'est fait

une

âme païenne comme Ron¬
moderne, pour mieux

sard, et panthéiste comme un

comprendre la Nature: il sait lui prêter une âme, il
entend à merveille ses voix innombrables.
Ce poète des champs s'élève d'ailleurs sans effort.
Les questions les plus hautes concernant la vie et
la destinée de l'homme, l'avenir de Phumanité, tous
les problèmes angoissants qui agitent les èsprits éloi¬

gnés du vulgaire, rien de tout cela ne lui est resté
étranger. Il y a, dans le Got Occitan, une pièce,
« La Coupe de l'Avenir », qui peut supporter la Com¬
paraison avec les plus belles pages de Victor Hugo.
Ainsi revit, en ce poète d'élite, toute la tradition
française dans ce qu'elle a de plus noble. L'Esprit
souffle où il veut : il a soufflé sur le noble Poète qui
n'a jamais quitté sa province et qui a trouvé dans
cette fidélité la meilleure source de son inspiration.
Antonin Perbosc est un modeste qui n'a jamais
recherché les honneurs. C'est précisément à ceux-là
que les honneurs doivent aller : les autres se char¬
gent de les solliciter eux-mêmes.
Je crois, pour ma part, que le ministre qui le déco¬
rera fera œuvre juste et qu'il aura, pour ce geste, l'ap¬
probation générale de ceux qui, en France et à l'é¬
tranger, reconnaissent

le talent de Perbosc.
★
,

.*

*

:

.

..

r

On ne saurait mieux dire. Z'Escòla Occitana
est heureuse et fière de la distinction honorifique
dont le Majorai Antonin Perbosc vient d'être

l'objet. Nous prions le nouveau Légionnaire d'a¬
gréer nos plus sincères félicitations.
LA DIRECTION..

�LO

GAISABER

3

Louis GOUYER
note discrète, parue dans VExpress du Midi
novembre 1924, nous annonçait la mort de

Une
du

3

Louis Gouyer, le poète occitan de Pont-Saint-Esprit,
et
Lo Gai Saber
de septembre - octobre expri¬
mait en termes émus les regrets que cette mort cau¬
sait dans le Félibrige et dans YEscòla Occitana.
en

particulier.

pas été donné de connaître ni d'appro¬
jeune poète mort trop tôt, et ce sera pour
nous, toujours, un vif regret. Sa santé précaire ne
lui permettait pas d'assister aux fêtes félibréennes.
Il ne quittait guère son pays, se contentant d'adres¬
ser quelques
vers à des revues hospitalières ou à
l'Académie des Jeux Floraux, qui lui accorda souvent
ses fleurs
les plus estimées. Dame Clémence avait
des attentions particulières pour ce vrai troubadour
qui, des rives du Rhône, lui mandait ses rimes si

Il
cher

ne

nous

a

ce

chantantes.
Cédànt aux sollicitations de

ses amis, qui appré¬
Louis Gouyer se décida à
réunir plusieurs de sès poèmes sous ce titre : Lo
Brande de las Oras (La Ronde des Heures). Ce
volume parut vers la fin de 1913, à Carcassonne,
aux éditions
de la Revue Méridionale, le vaillant
organe des félibres audois. La guerre, qui tua cette
Revue, empêcha, pour une grande part, que le livre
de Gouyer fût remarqué et apprécié comme il le

ciaient

sa

valeur poétique,

méritait.
Mais il n'est jamais trop tard pour courir à la
recherche de la beauté, et la mort du jeune poète
nous incite à exalter ses justes mérites.
Que le lau¬
rier victorieux, dont parle Mistral dans sa légende
de saint Baudile, s'agite au moins sur cette tombe

prématurée !

�LO

4

Les
sont

GAI

SABER.

poésies, dans Lo Brande de las Or as,
groupées sóus .plusieurs titres, significatifs :

La Cansori d'Amor
(La Chanson
Dins mon Rode ( Dans mon Pays ),

d'Amour),
Per Orta
(Par les Champs), Lo Raibe (Le Rêve). L'amour
et la terre constituent les deux grandes sources d'ins¬

piration de Gouyer : la religion est absente de son
œuvre ou plutôt elle
sè confond pour lui avec la
nature.
son premier sonnet A tu adressé à celle
l'objet de son amour, on croirait enten¬
dre l'invocation mille fois répétée des troubadours à
leur dame. Le premier vers lui-même nous rappelle

A

qui

lire

est

le début d'une chanson

tadorn

célèbre de Bernât de Ven-

:

Quand vei lalaudeta mover
de joi sas alas contra l'rai...

Quand je vois l'alouette mouvoir de joie

ses

ailes

le soleil... "
Voici en quels termes commence

contre

Una calandra canta à las

Vers

sa

Goujœr :
portas d'azur, (p. 8)

bien-aimée s'élève

Mon cant dezaviat

Comme les

vers

tu

son

cantique éperdu:

s'enaura. Escota !

(p. 8)

chantres inspirés de
l'amour, Louis Gouyer voit partout celle qu'il aime;
de nuit, de jour, sur les hauteurs ou aux bords du
fleuve, son amie est toujours devant ses yeux. Le
vent, que Peire Vidal aspirait avec bonheur, séntant
qu'il venait de Provence, c'est la voix de son amie ;'
et, en l'entendant chanter'à travers les branches, la
nuit, il croit voir, parmi l'obscurité, les formes blan¬
troubadours,

ces

ches de sa dame.
Comme chez les troubadours, nous trouvons chez
lui des accents passionnés et ardents, qui sont l'ex¬

pression forte d'un amour païen d'où
la sensualité. C'est ainsi què nous
chant à Vénus :

n'est pas absente
lisons dans son

Ton ventre bategant de las oras d'àmor
Encàfa trefolir la Jovensa e lo Monde.

i

�GAI

LO

SABER

5

ou encore :

O

Venus, te vezèm ufanoza

e sens

vêlas, (p. 46)

Ces vers, et

d'autres encore, ne seraient certes
déplacés dans la Vénus d'Arles d'Aubanel.

pas

Cependant,

ne nous y trompons pas : comme chez
troubadours, comme chez Dante, comme chez
Aubanel, c'est, ' malgré le cri bientôt étouffé de la
passion, un amour noble et grand, un amour qui
emporte le poète vers l'idéal dans un vol sublime.
Son cœur '■ déborde de chant et de clarté " et " toute
sa
passion se fond en harmonie ". Il veut mêler son

les

,

âme à celle de

son

aimée

:

Nostra Dama d'Amor de las labras floridas
O bêla de las nèits e dels jorns comols d'or,

Tu, que fas espandir las flors alangoridas
E g'relhar lo printems al fons de nostre cor
Fai que son ama siague emmesclada à mon ama,
Com mon Idéal blos à sa bèltat de Mai. (p. 10-12)
...

Le

poète

cache

l'ambition qu'il avait caressée
sa dame comme l'avaient fait
les maîtres de l'amour courtois dont il se proclame
le disciple ; du moins, il a tressé sur sa tête que la
grâce fleuronne toutes les fleurs d'Occitanie ; qu'im¬
porte si elles " se fanent sous l'autan froid des dou¬
leurs " (p. 22). L'Amour est plus fort que la Mort:
ne

de " rendre

pas

glorieuse "

A la Mort subreviu

Gouyer

chanté

l'Amor,

ma

tant amada. (p,

70)

.

Dame, a chanté l'Amour. Il a
a
aussi chanté son pays. Sans doute, ce Grec du
XX° siècle aime à s'imaginer la Nature non pas
seule, dans sa beauté simple et souveraine, mais
hantée par les divinités païennes, " qui n'ont jamais
quitté nos champs ". Ronsard n'a pas mieux peuplé
ses sources et ses forêts de
Nymphes, Satyres, Dry¬
ades, Naïades, Sylvains et Faunes.
Nous préférons l'entendre chanter le bonheur qui
descend calme dans son âme " au retour du prin¬
temps, ou son apostrophe au soleil :
a

sa

"

O Dius de flama

O sorgent

e d'or,
congrelhaire de Vida,
de vigor e d'immortal Estiu... (p. 58)

�6

LO

GAI

SABER

Mais, si Gouyer aime la Nature, avec laquelle il
un panthéisme enivrant, il
l'environne, qui l'enserre,
dans laquelle il vit. Il aime son pays de Provence,,
son
pays d'Occitanie. Et, dans cette terre méridio¬
nale dont peu ont senti comme lui l'attirance, c'est
surtout à sa petite ville de Pont-Saint-Esprit qu'il
est attaché par un aimant, un lien mystérieux. Là il
veut dormir son éternel
sommeil, " bercé par les
rires du vent dans les peupliers verts, " par " la ru¬
meur lointaine du fleuve ", par " le clair tintement
voudrait s'identifier dans
aime surtout la nature qui

de la

langue occitane."
cette ville,
qui est pour lui la plus belle
perle de ce collier dont se pare, de Toulouse à Nice,
la Mer Méditerranée, " l'amoureuse du soleil, la
souveraine des terres d'azur
il se plaît à évoquer
le passé. En revoyant " la fontaine au murmure
clair
la place riante de soleil et les marronniers
ombreux, il pense avec tristesse à sa jeunesse dis¬
Dans

parue :
O

Il

ma

jovensa! O

mos

perfums dels primiers ans! (p. 72)

visité la maison des ancêtres

qu'il a dû aban¬
tremblé quand la porte a
grincé douloureusement"', et il a contemplé avec
peine, " dans le foyer sans flammes, avec les es¬
poirs morts les cendres du passé " :
a

donner ;

"

son

âme

a

dins lo
Ambe los espers

fogal sens flama
morts las cendres del pasat. (p. 66)

Ge passé, il ne le rejette pas au loin comme une
image encombrante ; au contraire, il aime vivre dans
la compagnie de ses aïeux qui lui font un incessant
cortège. " Je le sens, dit-il, cheminer doucement et
tremblant dans l'ombre radieuse ; c'est tout le Passé
renaissant qui, derrière moi, vient s'épanouir dans
mon

âme.
Los senti caminar

plan-plan;

E tremolant
Dins l'ombra flama ;

�LO

GAI SABER

7

Es tôt lo Pasat renadieu
Ven

Que darrier ieu
s'espandir dedins mon

ama.

(p. 124)

_

C'est que, dans cette fidélité au Passé, le poète
voit la résurrection de l'Avenir. Son rêve politique,

semble-t-il, est de voir se dresser, " géante et paci;
fique, la grande République des peuples latins
Il
fait des vœux pour que " notre Race forte ait bien¬
tôt un nouvel épanouissement " et que "notre douce
Patrie ressuscite aux baisers du soleil,
Per que nostra

dosa Patria
Regrèlhe als potons del Solèl. (p. 142)
Il la sent palpiter, lui, cette âme de la Patrie méri¬
dionale qui a inspiré des vers si puissants, depuis

Calendal, du maître de Maillane, jusqu'aux flambo¬
Cants del Solelh de Fourès. Et, s'il a tant
admiré et aimé Prosper Estieu, le chantre fougueux
et
inspiré des revendications méridionales, c'est
parce qu'il a trouvé en lui " l'Ame du Pays ",
source
d'enthousiasme et maîtresse d'énergie ; et
nous
ne pouvons pas ne pas citer cette apostrophe
au
grand poète d'Occitanie :
yants

Es l'Ama del Païs qu'alenas à
Es l'Ama del Païs que te dona

Los remembres d'antan

ta porta,

estrambord.

trampelant dins ton cor,

O mon Mèstre, as l'auzor que fa la Rasa forta.
Dins tos bordons preclars, as mes lo nostre cèl
Ambe dels Paladins ancians tota la gloria
E las ardors e los espèrs de la Victoria ...
Tôt aco bèl grelharà 'n jorn, sot lo solèl. (p. 130)

Tout cela beau germera un jour, sous le soleil ".
Tu avais raison, Gouyer, et nombreux sont ceux qui
ont au cœur les mêmes espérances. Comme toi, ils
croient à " la renaissance de la race ", et ils veulent
"
rebâtir la maison des aïeux ". Mais combien se¬
"

qui apporteront à la reconstruction du nou¬
temple une pierre à la fois solide et précieuse
comme la tienne? Tu ne te glorifies pas de tes hum¬
bles refrains. Tu n'es fier que d'une chose : d'avoir,
alors que certains oublient leur pays, dit la beauté
ront-ils

veau

�8

L0

GAI

de ton

petit terroir dans

laient

tes

SABER

langue d'Oc que par¬
tu l'aimais, cette
langue d'Oc, cette langue splendide de l'agréable
pays occitan " !
Oh!

ancêtres.

cette

comme

"

La lenga d'or, la lenga flama
Del plazént païs Occitan, (p.

Tu

es

un

de

ceux

116)

qui l'ont le mieux exaltée. Peut-

être la valeur de ton

œuvre

modeste

n'a-t-elle

pas-

été suffisamment

appréciée. Qu'importe!
La pierre que tu as apportée au temple est solide.
C'est avec de pareilles que se fera la montjbia.
Gouyer, à tous les- villages, préfère le sien ; à tou¬
tes les provinces, il préfère la sienne; mais, comme
les bons Occitans fidèles à la célèbre devise de

tous

Félix

Gras, il aime la France par-dessus tout. Ne
pouvant lui offrir son sang, il a du moins pleuré les
malheurs de la grande Patrie et chanté ses espéran¬
ces
immortelles par une
magnifique Oda à la
Fransa (i).
Il célèbre d'abord les charmes de ce pays " où
le monde naquit la lumière ". Les dons
qui lui gardent une éternelle jeunesse
sont cause du terrible assaut que lui livre la Germa¬
nie. Puis, c'est la description des ravages semés par
pour tout

merveilleux

les hordes barbares

:

Auzisètz dins l'azur

plen de flamas porpralas
L'espantant cremadis de nostras catedralas.
Mais, au cri horrible de la bataille poussé par le
Dieu de la guerre répond l'élan de tous les vaillants
qui, avec le rêve de paix, portent dans leur cœur lesens
de la Patrie. Soudain, dominant les armées
qui les acclament, " les Vierges immortelles, les
Vierges au front pur, trouent de leurs grandes ailes
le

limpide azur."
Las Vierges i.mmortalas,
Las Vierges del front pur,
Ambe lors grandas alas
Traucan lo linde

Ce

sont

azur.

les nobles filles de France qui, les cheveux.

(i) Cf. Recueil des Jeux Floraux, 1915-1917,

p.

81-91.

�GAI

LO

SABER

9

vent, le sourire aux lèvres, tendent les deux
mains aux fils du Nord comme aux fils
d'Occitanie,
baisent les drapeaux frémissants, mêlent le baume
au

dur pommeau des glaives et frôlent du baiser de
leurs voiles l'homme qui a au cœur l'amour du ter¬
roir. Et voici que des sœurs nouvelles : l'Yser, la
au

Marne, Verdun, répondent à leur appel. C'est le
triomphe de la France et, avec lui, le triomphe de
la Paix qui refleurira et régnera sur l'Humanité.
A cette Ode, qui rappelle l'art d'André Chénier
par son émotion, sa sincérité, l'harmonie variée des
strophes et la progression ascendante des sentiments,
l'Académie des Jeux Floraux accorda l'une de ses
plus belles fleurs, la Violette d'Argent.

Gou3œr a-t-il

donner à

ces idées saines, vigou¬
inspiratrices de l'amour et
de la patrie une expression originale, personnelle?
Gouyer recherche l'image, peut-être avec excès,
imitant, jusque dans leurs défauts, les Troubadours.
C'est ainsi qu'il fait boire à son amour les larmes de
reuses

son

et

su

essentiellement

aimée

:

Mon amor,

foc brandant, a begut tas lagremas. (p. 20)
C'est ainsi qu'il veut voir, dans les yeux, la bouche,
la chevelure et la chair d'or de sa Dame un raccourci
des quatre

saisons.

En revanche, comme parfois son image est évocatrice ! L'éclosion d'une rose tardive lui rappelle
l'éternité, " Sur le fleuve de vie, dit-il à son aimée,
notre

barque s'en

Npstra

nauca

va

s'en

dans l'aube

va

dins l'albeta

en rumeur.
en rumor.

(p.

"
42

Où il

excelle, c'est dans les descriptions. Certaines
sont courtes, et peu de mots valent un paysage ; c'est
l'Hiver au chefgrison " " l'Ibernal cap gri^on "
(p. 2); c'est la pluie, " jolie chanson qui tombe de
"

l'azur " (p. 62) ; c'est la Lune que le
cliner son baiser sur la montagne et

poète prie d'in¬
la plaine :

Aclina ton poton sus la sèrra e la plana,

(p, 80)

�LO

10

Voici le pauvre, avec
cheminée " (p. 90).

GAI

SABER

" la tristesse sur sa

face

par¬

Ailleurs, la description est plus longue, et c'est
la nature qui intervient dans cet été de Pro¬
" L'heure était languissante et lourde de
vence :

toute

chaleur.''
L'ora

era

alangorida

de calor. (p. 36)
la fontaine, le vol des
bruit lointain des éclu¬

e greuva

La " chanson blanche " de
moucherons et des abeilles, le

ajoutent au mystère.
Cependant, nous aimons mieux encore le sonnet
intitulé Espéra (Attente). " C'est midi : il n'y a per¬
sonne, là-bas, dans le champ. Le soleil rayonne, et,
dans l'air si parfumé, les abeilles s'en yont en essaim
ardent, et la cigale dit sa chanson qui m'agrée. "
Es mièchjorn. I a pas res, eilà, dins laterrada.
ses

dins l'aire tant audoros,
eisam ardoros
cigala dis sa canta que m'agrada.

Lo solèl

raja,

e,

Las. abelhas s'en van en
E la

Sur le seuil de la grange, toute

dorée par le soleil,

près de la treille chargée de " beaux raisins blonds "
et des " rosiers fleuris "
tandis que "le chien aux
poils frisés dort à l'ombre du puits
le poète rêve :
"son cœur est joyeux comme une alouette." Soudain,
le chien aboie, et, sortant de sa douce rêverie, le
poète voit apparaître sa douce femme :
Qualqu'un ven. Lo chin japa, e vezi eilamondaut
Ma tant dosa molher qu'esperabi al lindau. (p. 32)
Ne croirait-on pas voir, tant la ligne est pure, une
évocation de la Grèce antique ?
11 serait trop long de montrer quels beaux vers a
inspirés à Louis Gouyer la venue du printemps, qui
enchante et ensorcèle son cœur ".
E la Prima que canta embelina mon cor. (p. 100)
Ce fils du soleil est vraiment de la race des Trou¬
badours qui, pareils à des cigales, s'échauffaient
aux premiers rayons printaniers, et, chantant lo gen
tems de Pascor, allaient réveiller les échos de
,

"

,

�LO

GAI

SABER

l'Occitanie. Dans la

pièce intitulée La Lu^eta,
ver-luisant de lui prêter sa lu¬
profonde: "Je ne trouverai
jamais le nid frais et gai où l'Aimée a mis son par¬
fum ; petit ver-luisant, prête-moi ta lumière " :
toute

le poète demande au
mière dans la nuit

Pichota luzeta,
Presta-raeton lura.

Ainsi

les

Troubadours

(p. 34)

suppliaient la lune de leur

prêter sa faible clarté pour trouver la maison de leur
dame.

Mais, plus près de nous, d'autres poètes

d'Oc

sem¬

blent avoir

inspiré Gouyer. Sa Canson de VAigueta
peut être rapprochée de la Magali de Mistral ; l'eau
jolie a vu l'amie du poète poser en riant sa bouche
sur
ses vagues d'argent:
" dans mon jardin je te
garderai, eau jolie, eau jolie : dans mon jardin je te

garderai,

eau

jolie, et je te boirai
gardarai,
aigueta,
aigueta;
Dedins mon ort te gardarai,
Polida aigueta, e te beurai. (p. 26!
Dedins.

mon

ort te

Polida
Polida

avons dit plus
haut comment sa conception
païenne de l'amour et ses accents de sensualité diffi¬

Nous

cilement contenus le rapprochaient d'Aubanel. La
visite du poète à la maison de son enfance nous rap¬

pelle la visite d'Aubanel à la chambre de Zani après
le départ de celle-ci pour le couvent. Et ne dirait-on
pas Aubanel lui-même, ce pâtre de Gouyer qui, brûlé
par l'amour, et se voyant éconduit, " avec le déses¬
poir qui lui harcèle l'âme, chante pour enchanter
longtemps sa douleur?"
Ambe lo dezesper que ie ponchona l'ama,
Canta per encantar longa-mai sa dolor.

(p. 40)

faites
suffisamment la pureté de cette langue, sur
les qualités de laquelle nous ne nous étendrons pas.
Nous voulons seulement faire remarquer qu'elle est
conforme à la méthode préconisée par l'Escòla OcLes

nombreuses citations que nous

prouvent

avons

�12

LO

GAI

SABER

citana, dont les chefs sont Estieu

et

Perbosc.

Tant

la sélection linguiste que par le procédé g'raphique, Gouyer appartient à cette école qui veut, tout
en respectant le vocabulaire et la
phonétique des dif¬
férents dialectes, ramener la langue d'Oc, à son unité
pour

ancestrale et traditionnelle.
Mistral écrivait à Achille

Mir, le 10 mars 1874 : «Il
affirmer carrément son
existence, en reprenant les traditions de notre litté¬
rature nationale. Il faut expulser hardiment tous les
gallicismes et appliquer à nos dialectes modernes le
système orthographique des troubadours du XIIIe
siècle. » Ces paroles, que le félibre de Carcassonne ne
sut pas assez comprendre, ont été entendues
par les
poètes de V Escòla Occitana, qui ont, à la suite de
savants romanistes comme Azaïs,
Roque-Ferrier,
Chabaneau, et de poètes comme l'abbé Roux, conti¬
nué l'œuvre entreprise par Mistral et
que le Maître
a laissée inachevée.
Il est permis de voir, dans cet
admirable effort, non une " tentative isolée, qui
semble avoir peu de chances de vitalité "
(1), mais
le véritable épanouissement de la réforme mistralienne. Parmi les plus célèbres disciples provençaux
de Mistral, il en est, comme Marius André, qui
n'hésitent pas à adopter progressivement les métho¬
des de VEscòla Occitana. Pour eux, Mistral doit être
un phare,
et non une borne ; son rôle n'en saurait
être que plus g'rand et plus beau.
Quoi qu'il en soit, nous sommes persuadés que
l'adoption, par Louis Gouyer, des principes linguis¬
tiques et graphiques de 1 'Escòla Occitana, énoncés
magistralement par Prosper Estieu dans la préface
du " Brande de las Oras
explique un peu pour¬
quoi son œuvre n'a pas eu, même dans les milieux
félibréens, la notoriété qu'elle méritait.

faut, si l'on

veut exister,

Quant à lui, vrai poète et vrai félibre, ne songeant
qu'au triomphe de la cause commune, son succès
(1) Cf. Ripert

:

Le Félibrige, p. 74.

�LO

GAI

SABER

13

personnel lui importait peu. Une fois son instrument
bien choisi, son rêve était de verser la
poésie en feu
dans les âmes
soleil coule et

comme

le

«

fleuve

Rhône brûlé de

engendre la vie dans lé travail et la
poésie » (p. 104). S'adressant à la lune, il s'écrie :
Comme toi, je voudrais, emporté soudain dans le
chemin de ta lumière
souveraine, loin du vice qui
croît comme la mauvaise
graine, avec les esprits
purs errer en liberté " (p. 80). Monter vers le soleil
est sa constante ambition: " Les
peupliers, dit-il à
l'astre du jour, se dressent pour louer ta
réappari¬
tion ; pour te voir, la fleur a crevé son bouton
; l'eau
qui jaillit a la couleur de ton baiser et mon âme vers
'•

toi s'élève tressaillante ''
E

mon

ama vers

tu

:

s'enlaira trefolida.

(p. 58)

Son modèle, c'est l'arbre dont le tronc et les
branches montent vers l'or fécond de la clarté, tan¬
dis que ses racines touchent au cœur d'or de la
terre :
sublime et sainte assomption vers le soleil
avec
le recueillement de la prière: " O bel arbre,
pour nous tu seras un exemple ; tu t'élèves librement
la bonté du ciel ; à ton ombre se mêle un peu
de soleil ; ton ombre est pleine de paix comme un
grand temple ; et je voudrais, tel que toi, m'élever
vers l'Amour, oublier l'amertume
qui trop souvent
vers

m'étreint, entendre le Rêve pur qui chante dans ta
branche et voir, avant ma fin, l'aube de resplendeur ! '"
O bèl

arbre,

per nos-aus un eisemple.
vers la bontat del Cèl ;
A ton ombrum se ntèscla un pauquet de solèl ;
Ton ombrum es comol de pas com un grand
temple.
E voldriai, tal que tu, m'enlairar vers l'Amor,
Debrembar l'amarum que trop sovent m'escranca,
Auzir lo Raibe mond que canta dins ta branca
E vëire, abant ma fin, l'Alba de Resplendor ! (p. 112)
seras

T'enauras librament

Son vœu a été réalisé- Aux inoubliables cérémo¬
nies par lesquelles les Jeux Floraux de Toulouse
ont

célébré,

languie d'Oc

mai 1924, leur VIe centenaire, la
retenti victorieuse au même titre que

en

a

�lo

14

gai

saber

jeune

sœur la langue française et leur sœur com¬
langue catalane, et l'Académie a couronné
la poésie de Gouyer chantant " l'aube splendide qui
annonce, dans son réveil, le triomphe du peuple
sa

mune

la

d'Oc."
E veici

qu'una alba polida
Anoncia, dins sa respelida
Lo triomfe del Pople d'Oc.
O

poète ! la souffrance fut, de longues années, ton
cette terre. Tu aurais voulu, en mourant, em¬
porter avec toi cette souffrance qui pèse sur l'huma¬
nité. Rêve impossible ! Du moins, tu as su puiser
dans la noblesse de tes pensées un baume salutaire.
lot

sur

Tu es semblable au chanteur dont tu nous racontes,
l'histoire. Son maître, rendu jaloux par ses chants,
l'enferma tout vivant dans un coffre de bois, mais les
abeilles lui apportèrent, généreuses, le produit de
leur butin. Malgré la mort, toi aussi, tu vis, et, dans
l'or de la clarté, nous voyons le sourire divin que ta
beauté

épanouit. " Et, comme hier, nous l'enten¬
drons encore, la voix jolie de la fontaine, dans le
bruit amer de la vie ; et, comme hier, tu trouveras,
le

flûteau, la divine douceur d'un chant toujours
Et toutes tes chansons, ressuscitées plus
belles, monteront comme un hymne au ciel criblé
sur

nouveau.

d'étoiles

:

"

E, com aier, l'auzirem mai, la vots
De la font, dins lo bruch amargant
E,

com

polida
de la vida,

aier, atrobaras sul flahutèl

La divenca dosor d'un cant sempre

novèl.

E totas tas cansons, rezurgidas plus bêlas,
Montaran com un inné al cèl clafit d'estèlas.

Abbé

(p. 94)

Joseph SALVAT.

�tëffi ^P féf$ Ef^

ff^ rfc gjg

Çp

L'ORT DELS TROBAIRES

A la Memòria
del Trobaire Loïs Goier

S'èras nascut

Grècia, al tems de Periclès,
quand Octàvi mestrejaba l'Au^onìa,
Seriàs estât de marbre e d'aur dins ta patrìa,
Ont auriàs fait rampèu à l'Apollon-Ermès.
en

O

Com lo Destin

volguèt que ton flahut cantès
A-n-un sècle que ris dels pastors d'Arcadìa,
N'as trobat, per guerdon de ta bèla armonìa,
Qu'una crò^a perduda al pais de ton brès.
Afric remirador de l'Alba sus la còla,
Èras pas fait per conquistar la gloriòla,
Nibol

qu'escond lo blos acrin de VIdéal...

Vai, trobaire barrat à tots soscaments òrres,
nom mesconegut
es un nom immortal,
Pramor qu'es encastrât al còr de las nòu Sòrresl
Ton

Prosper ESTIEU.
Las Oras

Cantairas, (Libre VI).

�i6

LO

GAI

Los

SABER

Fausils

Las pauras turras del campas
laurat que lo cascaire atrida,
acò 's elas que son lo jas
ont nais e trachis tota vida.

L'ardent Fausil, que, tôt l'estiu,
de son ala al naut
a\ur dalha,
tant
en

plan cal que s'abaise ont viu,
grapant pel soi, la Polalha.

L'au^èl del cèl blos

es esclau
tot-ben que sosque
qu'à montar naut, sempre mai naut,

de la terra ;

cal

qu'aval s'embròle

S' i pau^a pas son

e

s'emposque.

pèd,

que val
òrra cadena
saquelà Vestaca en aval :
cal quangue ont son papach lo mena.
res

per corre,

una

Son

papach à tota ora vòl
sadol, amor qu'à bel andi,
sens
flaqui'era, son potent vòl
son

p'osque s'alargar dins l'espandi.

�LO

GAI

SABER

Debas baralha lo
groïin
qu'avitalha lo rèi del aire

!7

:

l'au^èl adoraire del lum,
cal qne se

fasque moscalhaire.

Es tant pauc que

pòd, saquelà,
davala;

que s'agorrina, que
sul mai bas airal,

sempre i a

quicòm que monta

i

—

coma una

ala:

parets, pibols e garbiers,
ponts e torres à barbacanas,
e

a

subretot i

a

los

cloquiers

alandant al cèl lors campanas.

Acò 's

aqui que los Fausils,
plus naut que las plus nautas brondas,
en s'apitarrant
de mosquils,
aiman de far lors revirondas.

Dins

l'azur cande, amont, al còr
lum, los mosquils bolfnaires
semblait èstre de mosquils d'òr
claufits de raises belugaires.
del

Es de solel emberlucant
que

l'aufèl qu'amont-naut baralha

dempèi l'alba dusca al colcai.it
se

noiris

e

s'esperdigàlhc,

�LO

GAI

Aisi lo luscre,

la negra
que

l'or afosca ;

nèch

L'auzelum,

en

lo solel

SABER

va

s'espandir.

pensament, sosca-

va

s'avalir.

Que fan las alas uauturièras ?
S'ennairan mai dins lo cèl truni ;
van,

au^ardas aventurièras,

dins la nèch

Los Fausils

acorsar

van

lo lum.

à tira-dlala,

lènc de la terra, cap ensus ;

aval, ont de contun davala
d'ombra, davalaran plus.

mai

Amont, amont, lo cèl s'estèla.
Acò n'es pas la respleyidor
del astre à claror subrebèla,
mas

aval i

Ailas ! lor

a

que

nèch

: au^or

!

s'espaventa !
lor vòl
ala ardenta
s'avigoris d'un esper fol ;
ama

Acò 's de bada que
s'ennaira ; que lor

�lo

gaisaber

i9

que, mòrt, aquel esper regrelha :
sempre l'astre adorat s'escond,
mentre que

l'estelum calelha

sempre autant lènc al cèl prigond.

l'escur, la luna barbàna
lana, de lin
A qui lo Pol e la Campana
qu'anonsan lo novèl matin!
Dins

debana de

...

O

gauch ! la claror n'es pas mòrta
aqui l'astre reviscolat
qu'escampilha son flani per orta
ont tôt

es

;

resperdigalhat.

Dins l'alba

ufano^a, àgranda erra,
airals, de^estelats
per Vastre diu^enc, sus la terra
dels nauts

los Fausils

son

redavalats.
Antonin PERBOSC.

{Lo Se gond Libre dels Autels)*

�20

LO

A=n=un

GAI

SABER

Capelan Occitan

Vos, capelan, e ieu, trobaire,
Volèm tots dos

am

mèma ardor

Poder mirar la
Del

resplendor
parlar de nòstre terraire.

Com

mostratò

predicaire,
grand valor,
vòli faire bel onor
vos

Un Occitan de
Me

De caminar à vòstre caire.

Vejatse daura l'ori^on !
Vendrà lo tems de la meison
Subre V costal

e

dins .la

plana

...

Donc, al prèsfait siaguem tenents !
Bona òbra non pòd èstre vana:
L'Avenidor

es

als valents!
Guilhèm

( Cants d'tin QriUi ).

de

NAUROZA.

�BOLEGADISA

OCCITANA

Libres recebuts : Lo Libre dels Autels, per Antonin Perbòsc (in-16, 206 p., E.-H. Guitard, edit.,
Toloza e Paris). — L'abèm enfin, aquel Libre dels

Autels tant espérât! Nôstres legeires

ne coneisian
déjà qualquas bêlas pajas paregudas pel primier còp
dins aquesta revista, e tots voldran legir lo libre,
qu'es un verai cap-d'òbra de poezia occitana pozada
à la sorga de las tradicions populàrias. Mistral tamben, com cadun òc sab, abià pozat à-n-aquela sorga;
mas serà la
grand glòria de Perbòsc d'òc aber fait
d'un tal biais que se pòd dire qu'a enriquit atal, non
solament la poezia occitana, mas la Poezia tôt cort.
E n'abèm pas finit ambe el, pramor que nos anoncia
Lo Segond Libre dels Autels. Quand l'òbra serà
compléta, serà necesàri de ne faire aici l'estùdi que
mérita. En atendent, que lo Mèstre grazigue nòstras

felicitacions las mai coralas !
Ma Garbeta, tròbas en dialècte occitan

del Medôc, per l'abat C.-M. Bergey (in-8 raisin, 100 p.,
edicion de la Revue Méridionale, Bordèus. — Es
pas solament un grand orator, aquel abat Bergey,
que sab se faire escotar à la Cramba, es tambèn un
poèta de rasa. I a qu'à dorbir sa Garbeta, per se
n
asegurar. Demest de pertocants racontes de guèrra
e autras poezias mescladas, se tròban
aqui qualques
—

terradorencs que, francament, venon ;d'un
grand còr e d'una bona farga. A verai dire, la lenga
-e la grafia ne son pas à la perfeccion ;
mas, aprèp
tôt, i a remèdis per un tal mal. Sò que cal subretot
dins una òbra poetica, es la poezia, e aquesta raja en
abonde dins los sonets de l'abat Bergey. Dins nòstre
n° venent, reparlarem d'aquela Garbeta tant polida
e tant granada !
■
.sonets

�LO

—

GAI SABER

Lou Perdou de la Terro, très actes en vèrses

lengadocians (dialècte de Beziers), per Emili Barthe
(in-16, 132 p., Clareton, edit., Beziers). — Aici una
òbra dramatica de l'autor dels

Vièls, dont
parlèrem l'an pasat e que guerdonèt l'Academia
dels Jòcs Florals. Lou Perdou de la Terro nos
agrada encara mai que los Vièls, e acò 's pas pauc
dire. Es clar qu'à-n-aquesta ora Barthe es un des melhors autors dramatics occitans. Nos prezenta uèi un
drame de familha subrepertocant dins sa simplicitat.
Acò's lo teatre que cal à nòstre pòple pel moralizar
en lo distrazent, sèm urozes que sià un
Lengadocian
que l'aje comprés atal. Malastrozament, Barthe emplèga una lenga trop endecada e fa pas grand cauza
per la netejar.
Contes à la troubilho, per L. Rouquier (in-8,
248 p., L. Rouquier, edit., Levallois-Perret). —Nostrès legeires se remembran belèu sò que diguèrem
dels Contes à fioc de sal, e de las Ra^imaduros de
L. Rouquier. Los Contes à la troubilho son de
prunas del même prunier. Adonc abèm pas res à
traire e pas grand cauza à ajustar à sò qu'abèm déjà
dit d'aquel autor abondos, rizolier e pasionat de mots
populàris que son pas totjorn sens dècas. Contaire
d'elei, n'a qu'à prendre la pluma, e tôt naturalament
lo conte e la galejada rajan de son èime com lo vin
dé la barrica adozilhada. Mas perque donc, aqueste
côp, a sentit lo bezonh de prendre un préfacier ? Acò
nos
regardarià pas, s'aqueste abià parlât solament
de sò que coneis. Malastrozament, a volgut, à tôt
pèrdre, s'enfonzar lo det dins l'èlh, en criticant la
grafia emplegada per VEseòla Occitana. Ne direm
pas mai aqui-subre : time is money
Précis d'Histoire du Gévaudan, per Albert
Grimaud e Marius Balmelle (in-8, 368 p., E. Cham¬
pion-, édit., Paris). — Es un libre com aquel que
caldrià per caduna de nòstras provincias. Nos fa
gauch que sià Un de nòstres vièlhs amies, Albert
Grimaud, autor d'una antologia prezada, La Race et
novèla

—

...

—-

�LO

GAI

SABER

23

le

Terroir, que ne sià un dels autors, e podèm pas
empachar de traire aquestas regas de la prefàcia
sinnada de M. Camille Jullian, de l'Academia Frannos

ceza :

« Comme les auteurs de ce livre
l'écrire ! Ils ont fait acte de bons

ont eu

raison de

Français, car la
grandeur, la beauté de la France résident en partie
dans la variété de ses provinces. Ils ont fait aussi
acte de bons terriens, car ils ont appris ou rappelé
autour d'eux le charme en quelque sorte divin de la
terre de Gévaudan. Etre patriote
en travaillant, être
travailleur pour servir sa patrie, ne point séparer la
terre des aïeux et l'avenir d'une famille nationale,
voilà ce qui a été la pensée directrice de nos deux
historiens. Puisse leur exemple, qui est d'ordre moral
autant que scientifique, être partout suivi, des Pyré¬
nées jusqu'au Rhin !»
—

in

Die De^eichnungen der taglichenMahl\eiten
den romanischen Sprachen und Dialekten

(Las apelacions dels repaises de la jornada dins las
lengas e los dialèctes romans), peldoctor en filologia
Paul Herzog (in-8,
143 p., Leeman &amp; Cia, edit.,
Zurich). — Crezèm qu'en Fransa se fa pas gaire de
trabalhs hlologics com aqueste, e cal que lo bon
etsemple

de la libra Elvecia... Demest
correspondents qu'an ajudat lo Dr P.
Herzog, trobam, pel Mièchjorn de la Fransa : S. Palay, R. Michalias, B. Sarrieu, J. Anglade, P. Estieu,
G. Millardet, R. Fournier, etc.
nos vengue

los nombrozes

Brises de Provence, poèmes francezës, per
Antony Berthier (in-8, 94 p., A. Gomès, edit., Nî¬
—

Ploratz, Muzas d'Occitanla ! A. Berthier,
bon felibre e que coneis à fons lo dialècte
provensal, ven d'escriure en francirnan un libre de
vèrses, dont la maja part es consacrada à la Provensa... Se Jan Aicard caminèt dins aquela estrada,
es
pas necesàri de faire com el. Acò dit, nos còsta
pas gaire d'ajustar que, mai d'un còp, los vèrsës fran-

mes).
qu'es

—

un

�LO

24

cimans de Berthier

GAI

an

SABER

de

qualitats majoras e valon
fan à Paris. Mas com
Belcaire !

que d'autres que se
serian melhors en lenga de
autant

: Las Femnas reguèrgas, raconte
en
occitans, per Antonin Perbòsc (in-16, 16 p.,
Guitard, edit., Toloza). — Armanac Rouergas per

MEMENTO

vèrses

1925. —Armanac dera Mountanha. — Almanach
Illustrât de Toulouso. —Alman'ac de VArièjo. —
Almanac d'Auvèrnha.
Almanach Occitan, etc.
—

—

Notti di

Maggio (edicion Ricordi), bêlas

Gan¬

napolitanas, per l'egrègi profesor Francesco
Cimmino, de l'Academia reiala de Naples, que debremba pas sos amies tolozans.
sons

Nòstres legeires aprendran ambe plazer que l'abat
Jozèp Salvat fa dempèi lo comensament de l'annada,
un cors d'Istòria
mièchjornala e un autre de Lenga
e Literatura occitanas, al Petit Seminàri de Castèlnòudari.

Abèm après am grand malcòr la mòrt del Majorai
Victor Lalanne, de Bidache,- en Biarn. i^ra un filh

apasionat de sa tèrra mairala e un valent aparaire
de la lenga d'Oc.
Es mòrt tamben lo Majorai J. Ronjat conegut per
sos nombrozes trabalhs filologies.
Santa

Estèla

los recebe totis dos dins

sos

clars

Aliscamps !
J. D.

Le Gérant

:

E. LEVRAT.

Imŷr. de la "Societat d'Edicion Occitana"

—

Castelnaudary,

�Règles de Phonétique Occitane
i° VOYELLES.

dans le corps d'un mot,
français ; mais s'il
constitue une terminaison féminine, il est semi-son¬
nant et-se prononce entre a et o, suivant la région;
e sonne comme é fermé
français, et è comme è ou¬
vert français ; — i équivaut à i français ; — u égale¬
accentué

ou

•—

a,

seul

ou

non, sonne comme a

—

mais, après une voyelle, il a le son ou fran¬
ò ouvert se prononce comme o français, et
fermé comme ou français; — y n'existe pas,en oc¬

ment ;

çais
o

;

—

citan.
2° CONSONNES. — b, c, d, f, g, j, 1, m, n, p, q, (toujours
suivi de u ), r, s, t, z sonnent comme en français.; mais
c devant i est sifflant comme s français ;
— j sonne

tz, dans certaines régions ; — m se prononce
à la fin de la ire pers. du pluriel des verbes ;
n est muet, sauf quelques rares exceptions/à la fin
des substantifs ; — r est souvent muet à la fin des
substantifs et des adjectifs, sauf en Provence, ainsi
comme

còmme

n

—

qu'au présent de l'infinitif;

—

s

est toujours dur et sif¬

flant ; — t est muet à la fin des participes présents et
des mots en ment; — v sonne comme b, sauf en Pro¬
; — ç, k, x, w n'existent pas en occitan.
3° GROUPES. — ch, lh, nh se prononcent : tch, ill,
ph n'existe pas en occitan.

vence

—

PARAITRA

gn ;

PROCHAINEMENT:

CANTS D'UN GRILH
per

Guilhèm
Sonets Occitans

En

de
am

NAUROZA

Traduccion franseza
4 fr.

souscription

En librairie

.

6 fr.

.

S0C1ETAT D'EDITION OCCITANA,

37, Rue de la Balle

CASTELNAUDARY

�EXTRAIT

DE

CATALOGUE

de la

Societat d'Edicion Occitana
37, Rue de la Baffe

-

CASTEL,NAUDARY

Lou Terradou, sonnets en

tion

française,

langue d'Oc,
Prosper Estieu (

avec

traduc¬

vol. in-8°,
30Q/ p.) — rare
fr.
20. »
Bordons Pagans, sonnets en langue d'Oc, avec tra¬
duction française, par Prosper Estieu (1
vol. in-8°
32 P- )
fr.
3. »
par

x

Flors d'Occitania, sonnets en langue d'Oc, avec tra¬
duction française, par Prosper Estieu
280

(1 vol. in-8°,

p.)

fr.

12.

»

La Canson Occitana, poèmes en langue d'Oc, avec tra¬
duction française, par Prosper Estieu
(1 vol. in-8°,

264 p.)

fr.

Lo Romancero Occitan,

traduction

8e,

française,

12.

»

poèmes
par

P-)

en langue d'Oc, avec
Prosper Estieu (1 vol. in-

14. »
paroles Occitanes et Françai¬
ses
de Prosper Estieu, mélodie
pour voix avec
accompagnement de piano de Déodat de Séverac( 8 p. gr. in-40)
10. »
fr.
Contes Populaires (irc série). Contes de la Vallée du
Lambon, (texte occitan et traduction française),
recueillis par Antonin Perbosc. x vol. in-16, XVI06 p.)
fr.
3.50
Lo Brande de las Oras, poèmes en
langue d'Oc, avec
traduction française, par Louis Gouyer
(1 vol. in8° raisin, 160 p.)
fr.
7.50
Canti Corsi ( Chants Corses), avec traduction fran¬
çaise en regard et portrait de l'Auteur, par J.-P.
Lucciardi (1 vol. in-8, 250 p. )
fr.
11.50
344

fr-

Canson pel Cabalet,

.

La SOCIETAT D'EDICION OCCITANA

se

mettre en vente tous les ouvrages que
dront bien lui confier.
IMPR.

BE

LA

BOCIETAT

D'EDICION

OCCITANA

.

-

.

.

charge d'éditer et de

MM. les Auteurs
CABTELNAUBARY.

vou¬

�</text>
                </elementText>
              </elementTextContainer>
            </element>
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      <name>Dublin Core</name>
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&lt;html&gt;&#13;
&lt;head&gt;&#13;
&lt;/head&gt;&#13;
&lt;body&gt;&#13;
Lo Gai Saber (&lt;a href="http://occitanica.eu/omeka/items/show/13154"&gt;Acc&amp;egrave;s &amp;agrave; l'ensemble des num&amp;eacute;ros de la revue&lt;/a&gt;)&#13;
&lt;/body&gt;&#13;
&lt;/html&gt;</text>
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              <text>&lt;!DOCTYPE html&gt;&#13;
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&lt;/head&gt;&#13;
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&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;em&gt;Lo Gai Saber&lt;/em&gt; est une revue litt&amp;eacute;raire occitane publi&amp;eacute;e depuis 1919. La rubrique &lt;em&gt;L'&amp;Ograve;rt dels trobaires&lt;/em&gt; est consacr&amp;eacute;e &amp;agrave; la po&amp;eacute;sie, la rubrique &lt;em&gt;Bolegadisa occitana&lt;/em&gt; donne des informations sur l'actualit&amp;eacute; de l'action occitane. La revue fait aussi &amp;eacute;cho des publications du domaine occitan et des r&amp;eacute;sultats du concours annuel de po&amp;eacute;sie occitane de l'Acad&amp;eacute;mie des Jeux floraux.&lt;/div&gt;&#13;
&lt;/body&gt;&#13;
&lt;/html&gt;</text>
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              <text>&lt;!DOCTYPE html&gt;&#13;
&lt;html&gt;&#13;
&lt;head&gt;&#13;
&lt;/head&gt;&#13;
&lt;body&gt;&#13;
&lt;div style="text-align: justify;"&gt;Lo&amp;nbsp;&lt;em&gt;Gai Saber&lt;/em&gt;&amp;nbsp;es una revista liter&amp;agrave;ria occitana publicada dempu&amp;egrave;i 1919. La rubrica&amp;nbsp;&lt;em&gt;L'&amp;Ograve;rt dels trobaires&lt;/em&gt;&amp;nbsp;es consacrada a la poesia, la rubrica&amp;nbsp;&lt;em&gt;Bolegadisa occitana&lt;/em&gt;&amp;nbsp;balha d'informacions sus l'actualitat de l'accion occitana. La revista se fa tanben lo resson de las publicacions del domeni occitan e dels resultats del concors annadi&amp;egrave;r de poesia occitana de l'Acad&amp;egrave;mia dels J&amp;ograve;cs florals.&lt;/div&gt;&#13;
&lt;/body&gt;&#13;
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          <name>Contributeur</name>
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              <text>Bibliothèque de Toulouse</text>
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      <name>Escòla occitana</name>
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      <name>grafias de l'occitan = graphies de l'occitan</name>
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      <name>Poesia occitana = poésie occitane</name>
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