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                  <text>I1 Annada

Lo

Mars

-

Abrilh

N° 34

1925

Gai
Saber

Revisia de VESCOLA OCCITANA

Ois Aup i Pirenèu

...

F. Mistral.

TOLOZA

Lo Numéro : 1 ir. 50

�LO «Al

SABER

Revista de l'ESCOLA OCCITANA
Carrièra ciels Arts

14,

:

.

.

BURÉUS

Abonaments:

.( Fransa

»

: un an

Bstrange;

—

...

un an

.

.

TOl.O/.A
10 ir.
ls ir.

ENSENHADOR
del

N"

34

(Mars-Abrilh 1925)

ACADÉMIE DES JEUX FLORAUX

:

Concours

de Langue

d'Oc

en

1925.
LO CLABAIRE

Als Escolans.

:

Jean BONNAFOUS

La

:

Abbé Joseph S AL V AT :
Lois GOIER

.

Emmanuel DELBOUSQUET :

Prosper ESTIEU :
J. S.

e

J. D.

:

Langue d'Oc à

l'École.

L'Abbé

Bergey, poète,
A mon Mèstre Prosper Estieu.
A Prosper Estieu.
Lo vièlh Case enjovenit.
Bolegadisa Occitana.

Conselh de Direccion
Baron Desazars de

Montgalhard, Capiscbl;

Jozèp Anglade, Prosper Estieu, Antonin Per-

Jos-Capiscòls ; J.-Rozès de Brousse, SecrePraviel, Clavaire ; Ismael Gi¬
rard, Secretàri-adjunt;T)r E. Levrat, Clavairebosc,

tàri ; Armand

adjunt.
ASABER.
cion del

gai

-

Per tôt sò que pertòca l'Administrala Direccion de VEscòla Oc¬

saber e

citana, escriure à la Libraria Edouard Privât, 14,
Carrièra dels Arts, TOLOZA.

�ACADÉMIE DES JEUX FLORAUX
Concours de
La Commission de
raux,
baron

Langue d'Oc

en

1925.

langue d'oc de l'Académie des Jeux Flo¬
vénéré capiscol, le
d'attribuer les ré¬

réunie

sous la présidence de notre
Desazars de Montgailhard, a décidé

compenses

suivantes

:

a) PRIX PUJOL
Un Prix de300 francs à M. Emile

pièce

pour sa

en

trois actes et

Barthe, à Béziers,
Lou Perdou

en vers :

de la Terro.
Un Prix de 300 francs à M. Louis

de las

Cabras), à Montpellier,

Stehlé (Delpon

pour son

ode

:

Mas

Cevenas.

( Il est bien regrettable qu'un défaut de publicité
auquel nous avons notre part — ait empêché un
plus considérable de félibres de briguer ces
prix, qui ne sont distribués que tous les quatre ans.

—

nombre

b) JEUX
Poésies manuscrites

FLORAUX
:

A l'Aflat dou Gregau, recueil
M. Paul Eyssavel, 3, rue de Lyon,
une

Violette

Fe

de poèmes, par
Paris, a obtenu

d'argent.

Dius, poème, par M. l'Abbé Jules Cubaynes,
Gréalou, par Cajarc (Lot), a obtenu un Souci.
Una Gavèla, recueil de poèmes, par M. Louis
Delhostal, majorai du Félibrig-e, à Thiézac (Cantal),
en

curé à

a

obtenu

une

Bglantine d'argent.

�2

6

LO

GAI

SABER

Los Cants d'una Ama, recueil de poèmes,
M. Julien Galéry, à Cambiau, par Ytrac

par

(Cantal ), a

obtenu

une

Primevère.

Confesion, pièce par M. Armand
tuteur, à

Béziers,

a

Arnaud, insti¬

obtenu une Primevère.

L'Egasier, idylle, par M. Gaston Vinas,
Béziers,
Lo

a

Riù, poème de M. Gaston Lavergne,

obtenu

un

libraire, à

obtenu un Œillet.

d'Oran,

a

Rappel de Souci.

Poésies

Imprimées :

Un recueil de poèmes de M. Charles Grando, à
Perpignan, a obtenu une Eglantine d'Argent.
Une Mention honorable a été décernée à M. A.
Dupin, d'Arcachon (Gironde), pour son poème : Lou

Ben de Ma.
Nous adressons nos félicitations aux lauréats qui
invités à assister à la séance solennelle de
l'Académie des Jeux Floraux et au banquet annuel
sont

l'Escòla. Occitana, dont la date sera avancée
quelque peu, cette année, à cause des élections muni¬
cipales. La fête aura donc lieu le mercredi 29 avril.
Le banquet, dont l'annonce sera répétée par les
journaux quotidiens, sera servi dans les salons du
Belvédère, 77, allée Jean-Jaurès. Le prix en est fixé à
15 francs. Nous prions instamment nos adhérents
d'envoyer le plus tôt possible leur adhésion aux
bureaux du Gai Saber, librairie Privât, 14, rue des
Arts, Toulouse. Ces adhésions ne seront reçues que
de

jusqu'au

25 Avril.
Le matin, à 10 heures, le
Occitana se réunira chez le

Bureau de YEscòla
baron

Desazars

de

Montgailhard et préparera les décisions qu'il sou¬

ensuite à la ratification des membres deVEscòla réunis en assemblée générale pour la
sixième fois.
mettra

�LO

GAI

27

SABER

Escolans

Als

obligés, à la fin de l'année 1924,
parla poste, avec une majoration
désagréable, mais indispensable, le montant des coti¬
sations de nos adhérents pour cette année écoulée.
Nous ne pouvions attendre davantage, et nous espé¬
rons que tous nos adhérents ont compris la nécessité
de ce procédé.
Mais nous ne désirons rien tant que d'être obligés
d'y renoncer. Donc, dès ce numéro, nous faisons
parvenir à tous nos adhérents un chèque postal qui
Nous

de faire

avons

été

recouvrer

leur permettra
notre

frais de

sans

se

libérer vis-à-vis de

administration.

d'entre eux n'ont pas été tou¬
recouvrements. Nous les prions donc
instamment de vouloir bien se servir aussi de ce
chèque postal pour nous adresser sans retard au
moins le montant de leur cotisation encore impayée
Un certain nombre

chés par nos

pour 1924,

soit dix francs. Par la même occasion

ils auraient tout
autres,

l'année

Sinon,
veau

intérêt à

forcés de procéder à un nou¬
majoré des frais postaux. Nous

nous serons

recouvrement

n'avons,

solder aussi, comme les

en cours.

effet, que trop attendu. Certains de nos
négligent depuis longtemps de solder leur

en

Escolans

cotisation, et nous sommes décidés à faire cesser ces
irrégularités qui nous empêchent de donner au
Gai Saber toute l'importance qu'il doit avoir.
LO

CLAVAIRE.

�28

LO

GAI

SABER

La Langue d'Oc à

l'École

RAPPORT PRÉSENTÉ
AU CONGRÈS DE LA PÉDÉRATION
RÉGIONALISTE FRANÇAISE (P
La Ligue pour la Langue
d'obtenir un succès marqué.

d'Oc à l'École vient

Par l'intermédiaire de
M. Jules Véran, elle a pu atteindre en temps utile
M. Ducos, député de Toulouse et rapporteur du bud¬
get de l'Instruction publique. M. Ducos a bien voulu
consacrer plusieurs pages de son rapport à la ques¬
tion qui nous préoccupe. Il y a transcrit presque
mot pour mot le texte de notre manifeste et les sug¬
gestions de notre ami Véran ; il y a joint son com¬
mentaire le plus approbateur et a terminé par la
superbe page de Jaurès que vous avez pu lire dans
le Provençal de Paris, du mois dernier. Ce rapport
a été adopté par la Chambre en novembre 1924; s'il
est repris par le Sénat, le
Gouvernement se verra
dans l'obligation d'organiser l'enseignement officiel
de la Langue d'Oc dans les Pays d'Oc.
Malheureusement, il y a l'administration. Certes,
dès 1875, nous avons eu parmi les nôtres, l'inspec¬
teur Athané et, depuis lors, pas mal d'autres dans le
genre de MM. Brémond, Roubiès, Hustach ou Biron,
celui qui travaille à organiser le bilinguisme corse.
Nous avons eu le
Michel Bréal qui

célèbre

Cartailhac

et

l'excellent

voulait faire du provençal le latin
du pauvre. Nous comptons parmi nous MM. les ins¬
pecteurs généraux, Julien Luchaire et Jean Gai, et
même un peu M. Lanson, directeur de l'Ecole Nor¬
male Supérieure.
(1) A notre grand regret, le défaut de place nous empêche de
reproduire in-extenso ce magnifique rapport. Nous en donnons,
du moins, la seconde partie, qui est la plus importante et que
nous recommandons vivement à nos lecteurs. L'Occitama far à
da sè ! ( N. D. L. R. ).

�LO

GAI

SABER

29

Mais M.

l'inspecteur Crouzet, qui voulut bien me
bureau et publier notre manifeste dans
Y Ecole et la Vie, ne crut pas devoir nous donner
son adhésion. M. l'Inspecteur général Albert Cahen,
et M. Gendame de Bévottes, aujourd'hui
directeur
de l'enseignement secondaire, firent bien des objec¬
tions à M. Ripert. M. Lapie, directeur de l'ensei¬
gnement primaire, ne paraît guère moins méfiant : il
craint pour le ciment de la Patrie. Quant à M. Fer¬
dinand Brunot, doyen de la Sorbonne — sauf conver¬
mander à

son

sion in-extremis,

il était résolument hostile, aux

—

dernières nouvelles. Devant la marée montante de
l'estrambord félibréen, l'Aima Mater s'est faite moins

hostile, plus tolérante ; elle accepte des essais qu'elle
ne
peut empêcher, mais non sans appréhension, et
avec le secret espoir d'un
échec prochain. C'est elle
qui freine tout.
Tiraillé entre l'enthousiasme parlementaire et la
réticence administrative, M. François Albert, qui est
né à Bordeaux, mais ne paraît pas entendre grand
chose au gascon, manifeste une bonne volonté bien¬
veillante relevée de scepticisme et de quelque can¬
deur. C'est ainsi qu'il décore les majoraux Charles-

Brun, d'Arbaud et Perbosc, et M. Ripert (promotion
Ronsard), et qu'il adresse, en date du 20 novembre
1924, la circulaire suivante à MM. les recteurs des
Académies du Midi
« M. le président

:

de l'Union historique et archéo¬
logique du Sud-Ouest, dont le siège est à Bordeaux,
m'a adressé, au nom de la Fédération régionale, un
vœu tendant à ce que soient autorisées :
i° L'utilisation, dans l'enseignement primaire, des
idiomes locaux (basque, breton, gascon et langue
d'Oc en général) ;
20 L'organisation dans les lycées, collèges et écoles
normales du Midi de la France, de quelques confé¬
rences concernant la
langue d'Oc.
En ce qui concerne l'enseignement du français
dans les écoles élémentaires, la méthode qui consiste

�lo

30

à

user

des idiomes

gai

saber

locaux est très

discutable, et

ne

pourrait être employée en tout cas que s il s'agissait
d'idiomes d'origine latine. On ne voit pas, en effet,
comment le basque et le breton pourraient servir à
l'enseignement du français (sic).
Au sujet de l'organisation, dans les établissements
d'enseignement secondaire et dans les écoles nor¬
males du Midi de "la France, de conférences sur la
langue d'Oc, je n'ai pas d'objection à formuler, mais
à la condition que ces conférences ne soient pas trop
nombreuses.»

Signé : François ALBERT.
Je laisse à d'autres mieux qualifiés le soin de jus¬
tifier les malheureux idiomes qui refusèrent de
s'éclipser devant César, et je constate que nous, Oc¬
citans, nous avons, vaille que vaille, cause gag'née

depuis novembre 1924, dans l'enseignemeut secon¬
daire et dans le primaire supérieur ; de plus, à titre
d'auxiliaires, il est vrai, nous recouvrons droit d'en¬
trée dans les

écoles élémentaires.

Nous

avons

tout

quelque chemin depuis Font-Ségugne ! A nous d'exploiter ces avantages : en avant !
Vous voyez bien, diront les timorés, que ces
gens-là ne sont jamais satisfaits ! Où veulent-ils en
venir? » Ma foi, nous ne le savons pas nous-mêmes
d'une façon précise. Qui peut prédire l'évolution
d'un peuple ? Mais ce que nous
pouvons affirmer,
c'est que notre marche est fatale, inéluctable. Il est
facile de s'en rendre compte. Le problème occitan est

de même parcouru
«

dilemme dont nul gouvernement ne peut sortir
que par la solution félibréenne. L'alternative était la
suivante : ou laisser les Occitans livrés à eux-mêmes ;
alors ils continueraient à parler leur langue et à

un

ignorer celle de l'Etat ; — ou substituer le français
à la langue d'Oc. C'est à cette dernière solution que
l'on s'arrêta. Les générations presque illettrées qui
nous
précédaient immédiatement, sur la foi de pau¬
vres maîtres d'école
ignares, mais bien stylés,, se lais-

�LO

GAISABER

31

sèrent

persuader sans peine qu'elles parlaient un
affreux patois qu'il fallait éviter de nous transmettre.
Elles nous apprirent donc un peu de français avec

beaucoup de peine et beaucoup de provençal sans le
faire exprès. Mais grâce à ce français qu'on nous avait
ainsi enseigné, nous avons pu lire des livres savants,
des œuvres, des documents qui soudain nous ont
révélé notre glorieux et douloureux passé : le men¬

officiel nous est apparu dans sa grossièreté
mesquine, notre cœur en a été soulevé d'indignation,
songe

et d'enthousiasme. Nous sommes deve¬
félibres. Rien n'est plus contagieux que la « félibrite »; voilà pourquoi notre mouvement, d'abord
faible ruisseau, prend le volume d'un fleuve formi¬
dable qu'il serait vain et imprudent de barrer. Mais,

de

rancœur

nus

dites-moi,

ne

serait-il

à l'enfant d'une vérité
et de lui épargner une

plus sage de ne rien cacher
qu'il découvrira jeune homme,
crise très dangereuse pour son

pas

patriotisme français ?
Pourquoi s'effrayer de la renaissance d'un idiome,
non pas ennemi, comme d'aucuns le disent de l'alle¬
mand, par exemple, mais frère du français plus que
l'italien lui-même? Comment surtout ne pas voir que
débordant les frontières des trois nations sœurs, la
langue d'Oc est le lien le plus efficace que l'on puisse
trouver pour réaliser l'Union latine, rêve d'aujour¬
d'hui, réalité de demain ? Tous les félibres savent
que, pour les Occitans, il n'y a pas d'Alpes ni de
Pyrénées et qu'il serait facile de supprimer nos
frontières du Sud et du Sud-Est, si l'on voulait les
écouter.

M.

Jean Brunhes, professeur au Collège de France,
distingué président de séance, vient de vous
parler en termes chaleureux et énergiques « des
droits de nos minorités linguistiques ». Certes, nous
sommes une minorité dans chaque nation, en France,
notre

Italie. Mais quinze millions d'Occi¬
cinq millions d'Occitans espa¬
gnols, plus treize millions d'Occitans italiens, cela
en

Espagne et

tans

en

français, plus

�LO

32

GAI

SABER

fait trente-trois millions de Gallo-romains

en

face de

vingt-six millions de Franciens, de quatorze millions
de Castillanisants et de vingt-trois millions d'Italiosans
tes
compter les colons de l'Afrique du Nord
qui sont en majorité des Valenciens, des Catalans,
des Languedociens, des Provençaux. Nous sommes
donc le groupe latin le plus nombreux dans l'Ancien
Continent. Pourquoi notre langue, une fois bien re¬
constituée, ne redeviendrait-elle pas, du seul fait de
son internationalité, «l'espéranto» vivant et harmo¬
nieux du Monde occidental qu'elle fut au temps des
—

troubadours ?

■Quels sont nos projets d'avenir? Ici je ne puis par¬
au nom de tous
les félibres qui, le dirai-je, loin
d'être d'accord, tirent souvent à hue et à dia. Je sou¬
lignerai simplement une tendance de plus en plus
ler

marquée

vers

une

certaine unification linguis¬

tique sur la base étymologique, la seule qui
puisse nous affranchir des particularités phoné¬
tiques locales et nous restituer une langue litté¬
raire homogène. C'est ce qui résulte nettement des
derniers ouvrages parus comme desréponses envoyées
par Mme Genina Clapier du Comtat-Venaissin, Simin
Palay, du Béarn, Bénézet Vidal et Gandilhon-Gens
d'Armes, d'Auvergne, l'abbé Salvat, du Lauraguais,
Bourchemin, du Quercy, Sarrieu, des Pyrénées, Delpont, du Roussillon.
Mais si je ne puis exposer les visées des félibres, je
peux vous résumer le plan d'action de la Ligue pour
la Langue d'Oc à l'Ecole. Il repose sur le principe de
l'action directe menée

sur une

les tentatives d'introduction du

vaste

échelle. Toutes

provençal à l'école se
sont produites isolément par le fait d'initiatives indi¬
viduelles et sporadiques et dans les formes les plus
minutieusement protocolaires ; aussi, les résultats,
pour intéressants et très louables qu'ils soient, de¬
meurent minimes, il faut bien l'avouer. Qu'est-ce que
quarante ou-cinquante écoles donnant trois ou quatre
heures de langue d'Oc par semaine en comparaison

�LO

GAI

S ABER

33

des

quinze mille écoles qui continuent à ignorer sinon
le provençal ? Le grignotage a du bon,
mais il ne vaut pas une offensive énergique et géné¬
rale. Du moment que nous avons pour nous le Droit,
l'Opinion et le Parlement, qu'avons-nous besoin d'at¬
à combattre

tendre le bon vouloir de tel administrateur revêche ?

La liberté

ne

sommes

manière de sinn-fein, moins la violence.
autorisons des moindres précédents pour

Nous

se

demande pas,

elle

-se

prend. Nous

une

nous

accorder des

permissions, car il serait bien plus
ces permissions une fois pri¬
ses que de nous les
refuser avant l'acte. Nous affec¬
tons de croire que qui n'est pas contre nous est avec
nous ; cette tactique
a pour effet d'entraîner les hési¬
tants, de ligotter les adversaires timides et de forcer
nos
ennemis à se taire, ou à se déclarer, courage
assez rare ! Nous faisons appel à tous les professeurs,
à tous les instituteurs des Pays d'Oc et nous les invi¬
tons à pratiquer résolument le bilinguisme sans plus
nous

difficile de

nous

retirer

attendre.
Cette conception de l'action ne m'est pas person¬
nelle : elle est aussi celle des fondateurs delà Ligue,
les Amis de la Langue d'Oc, et notamment du majo¬
rai Joseph Loubet, de Maître Julia, d'Adrien Frissant
et du Provençal de Paris, notre organe officieux,
du consul et majorai Marius André, du journaliste

Jules Véran. Elle est pleinement approuvée par les
signataires de notre manifeste : MM. les Professeurs
de Facultés Anglade, Barthélémy, député du Gers,
Docteur Bazy, de l'Institut, Bourciez, Boutaric, Char¬
les-Brun, Clédat, Desdevizes du Dézert, Docteur
Faure, feu Gabriel Fauré, de l'Institut, Gai, inspec¬
teur général, Jeanroy, de l'Institut, Millardet, Ripert,
Sabatier, de l'Institut, Docteur Soula, Docteur Tourneux ; MM. de Nolhac et l'abbé Brémond, de l'Aca¬
démie française, etc., etc., auxquels sont venus se
joindre Monseigneur de Bayonne, et, depuis ce soir,
M. Jean Brunhes.

�34

LO

GAI

S ABER

Selon la formule à la mode, nous «
noyautons »
les départements occitans un
par un. Nous envoyonsdans chaque école le texte
imprimé de notre mani¬
feste et des bulletins d'adhésion tout à fait
explicites.
Nos collègues adhèrent dans une
proportion qui va
de 25 à 65 pour cent selon les

régions. Dans- les

Basses-Pyrénées, nous comptons une soixantaine
d'instituteurs, grâce à Camélat, plus les écoles diocé¬
saines, grâce à Monseigneur Gieure, plus les ljmées
de Bayonne et de
Pau, grâce à MM. Agostino et
Gavel. Dans le Var, nous en
comptons une ving¬
taine, plus le lycée de Toulon, grâce à MM.
Reynier
et Fontan. Dans la
Corrèze, nous avons des adhé¬
rents au lycée de
Tulle, à l'Ecole normale et dans les
campagnes. Dans la Dordogne, l'inspecteur Hustach

nous a conduit en
bloc les Ecoles normales et
pri¬
maires supérieures ; nous avons
pris pied au collègue
de Bergerac et dans les communes
voisines, grâce à
M. Cambos ; M. Jean
Camp nous a fait entrer -dans
les lycées de Nîmes et de
Carcassonne, et dans le
collège et les écoles de Narbonne. Dans EAude, l'abbé
Salvat nous a rallié la
presque totalité de l'enseigne¬
ment libre ; l'officiel suivra
bientôt. Mlle

Maruéjouls

noyauté le collège de Milhau et M. Mouly travaille
de l'Avej'ron. Dans le
Lot, j'ai recueilli
cent
cinq adhésions, dont le collège de Figeac, le ly¬
cée de jeunes filles et l'Ecole normale de
Cahors.
Nous avons encore fait des
adeptes dans l'Pférault,
les
Bouches-du-Rhône, le Vaucluse, la Drôme, l'Ardèche, la Lozère, la Haute-Loire, le Cantal, le
Puyde-Dôme, la Haute-Vienne, le Lot-et-Garonne, le
Gers, les Pyrénées-Orientales, la Corse, les- HautesPyrénées, l'Ariège, la Haute-Garonne, le Tarn, etc.,
tous de
l'enseignement public ou privé, bien entendu.
Nous en compterions bien
davantage si nous avions
assez
d'argent pour faire des tirages de manifestes et
de tracts à trente mille
exemplaires, pour nous faire
connaître de tous nos
collègues, dont la plupart igno¬
a

les écoles

rent

encore notre

existence.

Une

souscription

per-

�LO

GAI

SABER

35

manente est ouverte
nant

pour les personnes qui, compre¬
notre action scolaire, veulent nous
devenir membres honoraires de la

l'urgence de

seconder

et

Ligue

la Langue d'Oc à l'Ecole. Les souscriptions sont
reçues par votre serviteur, M. Jean
Bonnafous, pro¬
fesseur adjoint au Lycée
Henri-IV, Paris (5e).
Nous avons prévu des cadres
bénévoles, non par
académies, mais par dialectes et sous-dialectes. Les
présidences générale, régionales et locales sont offer¬
tes aux personnalités
officielles les plus élevées :
ministre, recteurs, inspecteurs.
Nous sommes très heureux,
lorsqu'ils les acceptent,
■ce
qui est plutôt rare. S'il leur plaît plus souvent de
s'abstenir, libre à eux; nous nous passons du con¬
cours qu'ils ne croient
pas devoir nous accorder et
nous
désignons d'office un suppléant, parmi nos
amis, pour l'expédition des affaires.
Nous avons prévu une « Revista »,
mais jusqu'ici,
nous n'avons
pas eu assez de fonds pour la lancer.
Le
Provençal de Paris et Oc ont bien voulu nous
pour

servir

d'organes,

grands espoirs

en

attendant.

Nous

fondons

de

la librairie « Occitania » (Tou¬
de notre ami dévoué M. Guitard,

sur

louse et Paris),
l'éditeur toulousain bien connu. Si les industriels et
les commerçants du
Midi savaient comprendre,
comme l'ont
compris ceux de Catalogne, qu'en défen¬
dant l'âme de l'Occitanie, nous défendons du même
coup sa prospérité économique, leur prospérité par
conséquent! Que n'ouvrent-ils les yeux, que ne nous
aident-ils ? Quoi qu'il en soit, nôus progressons à
pied
si nous n'avons, pas d'auto, mais nous
progressons
toujours.
Nous n'envisageons pas, pour l'heure, une solution
complète et définitive du bilinguisme franco-occitan :
c'est un problème plus complexe que ne sont
vastes
nos
moyens actuels. Nous demandons simplement à
nos
collègues de renverser le préjugé du « patois »,
de réhabiliter la langue d'Oc, de la
parler le plus
possible dans les relations journalières, d'enseigner le

�36

LO

GAI

SABER

français par comparaison avec le dialecte local, d'ex¬
pliquer selon l'ordre chronologique et simultanément
l'histoire des deux littératures jumelles d'Oïl et d'Oc,
enfin, de travailler sur les textes de nos meilleurs
auteurs occitans, en allant de ceux du terroir à ceux
des dialectes les plus différenciés.
Pas de dogmatisme, pas de système rigide. Lorsque
nous aurons des correspondants dans toutes les com¬
munes, que nous aurons extrait de tous les hameaux
les moindres éléments de notre langue encore en
poussière de dialecticules, alors le moment sera venu
de les fondre et de les codifier dans des dictionnaires

complets et des grammaires définitives : œuvre de lon¬
gue haleine que nous remettons à demain.

En terminant, il me reste à remercier la presse qui
bien voulu publier ou commenter gratuitement notre
manifeste: le Provençal de Paris, l'Express du
a

Midi, la Petite Gironde, l'Eclair de Montpellier,
le Courrier et le Quotidien du Midi, l'Avenir du
Puy-de-Dôme, le Courrier des Alpes, l'Echo de
Paris, le Télégramme de Toulouse, la Galette du
Centre, Excelsior, l'Information universitaire,
l'Ecole et la Vie, le Mercure de France, et une foule
d'autres qui m'ont été signalés, mais dont je n'ai pu
obtenir les coupures, en tout, plus de deux cents pé¬
riodiques de Paris et des provinces au sud de la Loire,
oublier les revues félibréennes.
Merci enfin à la Fédération régionàliste

sans

qui
ce

nous

seconde de

son

mieux et qui

française
fourni

nous a

soir l'occasion d'une manifestation retentissante.
Merci enfin à vous tous qui avez bien voulu écouter

jusqu'au bout un aussi long rapport. Excusez-moi, je
vous prie : il ne m'était pas possible de résumer
plus
brièvement un aussi vaste sujet.
JEAN BONNAFOUS.

�LO

L'abbé

GAI

SABER

37

BERGEY

poète de langue d'Oc

Qui

connaît,

France, l'abbé Bergey? Sa ro¬
visage dont la mâle énergie s'é¬
claire d'un sourire parfois malicieux, ont été
popula¬
risés par la presse à travers tout le pays. Les milliers
d'hommes qui l'ont applaudi à Strasbourg, à Bayonne, et partout où l'on a fait appel à lui, ont été sai¬
sis, remués, par son éloquence vigoureuse, par son
entrain, par l'habileté avec laquelle il manie tour à
tour l'indignation et l'ironie. A sa
voix, les prêtres
combattants se sont dressés pour revendiquer leurs
ne

en

buste carrure, son

droits menacés.
Mais sait-on, en France, que l'abbé Bergey, le cé¬
lèbre aumônier du 18e d'infanterie, cet orateur remar¬
quable, cet homme de foi que la Gironde a choisi

représentant, est un poète, un vrai poète du
d'Oc? Vers la fin de l'année 1923, paraissait à
Bordeaux, aux éditions de la vaillante Revue Méri¬
dionale ,un petit livre intitulé : Ma Garbetto (Ma
petite gerbe), où le curé de Saint-Emilion livrait au
public des récits et des poésies en langue d'Oc. Cet
ouvrage fut justement apprécié par le jury du con¬
cours
organisé en 1924 par la Ligue Guyenne et
Gascogne et obtint un prix exceptionnel, la Grappe
comme

pays

d'Or.
Sans doute, l'auteur n'a pas de prétentions, et il
« s'excuse humblement de n'avoir jamais été favorisé
des confidences des Muses ». Il a voulu simplement
« contribuer
à ce mouvement félibréen qui révèle
une des sources les plus fécondes de la
renaissance
du

pays, — s'accorder la grande douceur de faire
chanter publiquement sa langue maternelle, — glo¬
rifier sa terre natale, — glorifier aussi les camarades

�3«

LO

GAISABER

ou obscurs
qui ne donnèrent tout si bellement
à la France que parce que leur cœur fidèle sut con¬
connus

server,

du

devant la mort, les sains et larges battements
de leur petite patrie, — rappeler les authen¬

cœur

tiques et bienfaisantes traditions de foi religieuse,
d'amour du travail, d'honnêteté proverbiale, de dis¬
cipline et de respect de cette rude et saine race » des
campagnes médocaines.
Mais ne sont-ce pas là de grandes sources de poé¬
sie ? Or, l'abbé Bergey a pleinement atteint le but
qu'il poursuivait. Quand on a lu ses contes et ses
poèmes, on est plus attaché à sa terre natale, on est
honteux de n'avoir pas aimé, comme on le devait, sa
petite Patrie, surtout on affectionne davantage le
parler des aïeux, « celui qui rythma, dès le berceau,
notre àme aux strophes diverses
du grand poème
d'ici-bas. »
Une émotion

poignante saisit à la lecture de la
pièce intitulée Le Miracle du Mort, où le poète, qui
semble s'inspirer de Dorgelès, anime la statue du sol¬
dat qu'on va inaugurer : le héros harangue la foule,
fustigeant les lâches et les profiteurs, qui, penauds,
s'enfuient, et disant aux vaillants et à ceux qui ont
vraiment souffert de la guerre le pourquoi de son
sacrifice et de sa mort. « Pauvre, ignorant, il sem¬
blait que je n'étais pas grand chose. J'étais pourtant
le grand chevalier d'une Cause qui donne à celui qui
la sert plus de grandeur qu'à un roi ...»
L'abbé Bergey aime le Médoc, son pays natal, dont
il décrit avec complaisance les vignes épamprées et
les pins couverts d'argent.
« O mon
Médoc, ma terre aimée, terre du blé et
des raisins, des bois feuillus, des sombres pins, par
le

vent

de

mer

caressée...

O moun Medoc, ma terro aymado,
Terro daou blat et das radins,
Das bos heilluts, das soumbres pins,
Daou gran ben de ma parounado... »

Ce

sont des accents

dignes d'un Mistral, d'un Estieu,

�lo

gai

saber

39

d'une Philadelphe de Gerde chantant leur
Provence,
leur Lauraguais, leur
pays de Bigorre ; la Chanson
du paysan, dédiée par le poète
à son père, est toute
vibrante de ce sentiment d'amour
pour la terre nour¬
ricière. Après une vie de labeur
paysan, tout courbé, s'en
l'ai toujours aimée, dit-il;

m'appelle.

incessant, le vieux
sa terre : «
Je
que je me repose elle

va trouver

pour

»

L'océan qu'on entend gronder tout
proche, inspire
aussi au poète de beaux mouvements.
Parfois, il dé¬
crit « le soleil couchant
enveloppé dans le linceul du

crépuscule,

Engouloupat dens lou

linsoou de l'escuragno,
frissonnant dans ses franges d'écume. »
Mais, le plus souvent, il «écoute» la chanson de
l'Océan, qui « prie pour les pauvres bateliers endor¬
mis dans ses bras, —
gémit au souvenir de tous ceux
que mangea la guerre, — brame avec les vieilles
mamans
pleurant leurs jeunes gens, - chante en
l'honneur du bon Dieu pour ceux
ou

«

la

mer

qui l'ont oublié,

—

rit avec nos tout-petits poursuivis
par son écume, —
écoute les promesses d'amour des
jeunes fiancés, —
travaille pour ceux qui
mangent leur pain sans vou¬
loir le gagner, — berce de la
part du Bon Dieu l'âme
du pauvre vieux ». C'est le dernier vœu du
dormir son dernier sommeil bercé
par
chantant dans les rayons du soleil ».
Nous ne parlons pas des

veut
«

l'amour de la

poète qui
les flots

poèmes qui expriment
famille, qui exaltent la vie d'apostolat

et de
sacrifice, et dont Mistral eût dit, comme des
poésies d'un autre félibre lang-uedocien : « L'émotion
de Jasmin y bourdonne cachée ». Il nous suffit d'avoir
montré l'inspiration terrienne et méridionale du
poète
qu'est l'abbé Bergey. On comprend mieux ainsi la
grande popularité dont il jouit dans la région du sudouest : l'âme du
pays palpite dans ses vers ; les fou¬
les le suivront parce
qu'il saura leur parler.

Joseph SALVAT.

�L'ORT DELS TROBAIRES

A

mon

Prosper Estieu

Mèstre

i

Mèstre

Prosper Estieu, quand au^isi ta canta
resplendor de nòstre cèl latin,
Es com lo fresc armonios d'un bel matin
Que s'espèrta dedins mon còr e que m'encanta.
Rica de

Com
Lo

en

Occitanïa

fait òbra

as

mer canta,

laurier d'Apollon

Tos libres
Ont

se

ven

son

corona ton destin.
comols d'un manhific butin

congostar Varna qu'es afiscanta.

escolan, subre lo flahutèl
Asaji vanament un aire un pauc novèl ;
Mas mon èime e ma vots mancan de fernepta.
Ailàs ! paure

Com carisi la

Mu^a

e

l'etèrna bèltat,

Mcna-me, dins lo terrador qu'as enartat,

Cap à tos caminòls ondrats de poe\ïa !

�LO

GAI

SABER

41

II

Bèn souvent ai vist l'alba

am

son

colier

d'eiganha,

D'un

agach sobeiran e dins los jorns astrats,
pau^ar al cresten florit de la montanha
potonar lo riu e la verdor dels prats

Se
E

.

Los castèls

qu'ai bastits

Car subran los nibols

E lo

son que
vite

se son

castèls d'Espanha,
a^emprdts

lamp

a lu^it que lo sorne acompanha :
L'alba s'es esconduda am sos raises daurats.

Lo solèl m'abià

fait una jovensa uroqa
jitant sus mon front sa claror verturo^a;
Mas la jòia a durât sò que dura la for.
En

L'auratge espectaclos

es vengut abant l'ora,
E, dins aicesta andana ontlo vent de mar plora,
Ai rescontrat, perma companha, la Dolor.

�LO

42

GAI

SABER

III

sortit, dempièi cinq me^es, de l'ostal.
Mai gauchos arriba am son escorta,
Podrai, de tems en tems, m'espasejar per òrta
E segre los dralhòls dus' al pèd del costal.
Som pas
Ara que

Per viure,

Vivi,
Per
Al

cal sofrir de lònga. Acò's atal.

car ma

dolor

casar mon

es

cadajorn plus fbrta.

malcòr, subran duèrbi la porta

pantais qu'agrelhat dins un ombrum

mortal.

pantais, uros de la nòva espelida,
perfums de las flors comènsa la culida,
Escota las causons dels riu^es e dels nids

E

mon

Dels

E

se

mèscla tant bèn à V aire, à la ver dur a

Que, tant que la sa\on merabilho^a dura,
ma sofrensa e cre^i al Paradis.

Debrembi

�LO

GAI

SABER

43

IV

fugit la Prima ambe de /lors vestida!
fugit, comol de recbrdes, l'Estieu !
E ieu lo fugirai, aicest monde catieu,
Quand la campana sonar à ma despartida...
Com

a

Coni

a

Miga, quantis regrets de quitar la bastida
Onte

mon

raibe blos

se

maridaba al tien,

E Vandrona onte aièr cantabi,

Nòstre amor, dont la

Com

Per

pensatieu,

es

pa'ncara escantida.

partirai bèn lèu sense espèr de retorn
al pais sense luna e sens jorn,

anar

Voldriai que

E,

flamba

com

tota pena am ieu siague

emmenada.

ai tant plorat de lagremas de sang,
sus mon crbs aicestis mots : « Pasant,

Gravaràs

Que lo Destin t'acbrde una vida mannada! »
Loïs
Pont-Sant-Esỳrìt, Mars

1924.

GOIER.

�lo

44

A

gaisaber

Prosper Estieu

Be, dinc' adara s'èy escriut en franciman
e bersets, que boy dens
la lenga mayrana
Canta, pous aonlhès1 e pous boues 2 de la lana,
Lou gran pais dou sable en boun parla rouman.
Prose

Que dirèy la planhensa eternala e la grana
d'aqueras piedas 3 qu'aymi tan,
Quan lou sourelh debara entau cèu, arrajan4
Las carras 5 d'or, dens lou desert sablut d'abrana. &amp;
Estenuda

Dous bos

toustems berds

e

sou

noste cèu ta

dous,

Lou herum
Dab

qu'es mountat dens moun co pietadous
Vaudou de la hlou dous pins e de las sègas ...

E que bau, cambian-me d'aret, couma lous boues,
En tout canta lous cants d'auts cops à hauta boues,

Laura dret

e

pregoun mas nauèras arrègas.
Emmanuel

(

i.

DELBOUSQUET.

Capbat la Lana).

Bergers.

de rayons.

—

—

5.

2. bouviers. — 3. forêts de pins. —4. criblant
entailles dans l'écorce des pins. — 6. bruyère..

�lo

gai

saber

Lo vièlh Case

L'arbre tôt desfelhat raiba

45

enjovenit

s libre

la còla.

Quantis dels sius branquets a vistis s'asecar !
Qiiantas d'aurasas son vengudas lo trucar !
E, soscant à l'Ibèrn, de tristum s'arrigòla.
Aquì

que cap à-n-el rabentament s'envòla
Un bel fum d'auqelons cercant à s'ajocar.

Tots,

en

fanent la ronda abant de lo fregar,
gais adius al solelh que trescòla.

Mandan lors

E

còpsec lo vièlh

case es com

enjovenit,

Tant per aletas bategantas es jlorit,
Tant los clars gargalhòls cantan dins son

brancatge.

Com el, som cargat

d'ans que me fan l'èime trum ;
Mas, parias als bre^ilhs que tindan pel boscatge,
Los bordons occitans encautan

mon

Prosper
Las Oras

Cantairas, Libre I.

vièlhum.

ESTIEU.

�jjM»

jMS

yMjt

jMH jMji

yMjt

jjiji jjMS

0000000000
BOLEGÂDISA

OCCITANA

Romivatge, poèmes de Caries
"Amies
Malgrat
siaguen corts, aquestis cants pòrtan una nota

Libres

recebuts

:

Deren nés, gascon, (in 16, 50 p. Edicion dels
del Libre Occitan " à Samatan, Gers ). —

que
novèla dins la literatura occitana. Lor autor, un dels
escribans fransezes los mai prezats, a volgut tamben
escriure en lenga d'Oc, e, d'un còp, nos dona de poezias de primièra mèrea. Venguen los que dizon que

la lenga d'Oc es bona que per dire contes e galejadas :
veiran aqui, un còp de mai, com las nautas pensadas
se
rescondon jos una forma escrincelada. Trop

sobent, los qu'an

pas

legit ni los

fan dels

los

escolans dels

felibres

uns

ni los autres

trobadors

:

mas

del

gascon Derennes jà se pòd dire qu'es un novèl
trobador. Aicì, gaireben tôt nos remembra los cantaires d'antan : lo tème de las poezias, qu'es sempre
l'amor cortés, e la lenga, tant bloza que pareis sortida del calam de Jaufre Rudèl. Direm même que,
d'à begadas, la pensada, à fòrsa d'èstre prigonda, es

ennibolada, e l'on creirià legir los bordons
Danièl, lo mèstre del «trobar dus ». S'efià
trop long de parlar aicl com òc caldrià de la tecnica
e delà prozodia de Caries Derennes. Per ara, podèm
dire que preferam, à sas «Pauzas» en verses blancs,
tant per la forma
que per la pensada, son «Jòc
un

pauc

d'Arnaut

d'una

tenson»

o

son

«

Sonet de las dès FlorellaS».

Que non s'arrèste à mièch camin e
autre manat de pèiras finas !

Capbat la Lana,

per

nos

done lèu

un

Emmanuel Delbousquet, (in-

16, xxvi - 29 p. même editor). — En legint aqueste
libre, abèm lo cor sarrat. Perque donc la mòrt raubèt
lèu à la Patria occitana lo poèta esmaugut de la
landa gascona ? Es quand anaba, com dis, cambiar
d'aret ( araire ) per laurar dret e pregond sas novèlas
tant

�LO

GAISABER

47

regas dins la lenga d'òr dels trobadors, que la negra
dalhaira se l'emportèt als Aliscamps sant-estelencs.
Ailàs! com debèm regretar lo que cantèt « las lavadèras » e pintrèt « l'escurada » de son païs ! Son en-

genh poetic anaba pozar l'inspiracion à las sorgas
las mai blozas: l'amor del terraire e de la rasa. Quala
bêla pèira aurià portada à la montjòia aquel valent
obrier ! La remarcabla prefacia d'Antonin Perbòsc
nos òc fa comprendre
encara mai.
L'Almanach. Occitan (1925, in-8° 160p. Samatan,
Gers ) es à sa trezenca annada. S'i pòd legir la
lista de tots los periodics de lenga d'Oc, de las societats literarias e d'accion occitana, la bibliografia occitana per l'an 1924, un bon compendi de l'istòria de
la Literatura occitana, per J. Rouquet, e lo raconte
de las fèstas que tota la tèrra d'Oc celebrèt l'an pasat en l'onor de sa lenga e de sos escribans. Enfin,
acòs 's un bon libre per la propaganda felibrenca,
lo

precios vade-mecum de tôt bon Occitan.
J. Ladoux
( in-8° 94 p. Edicion dela«Cigalo Lengadouciano »,

es

—

Essai de Grammaire Occitane, per

Beziers

).

— L'autor n'a volgut faire qu'un «ensaj »,
còp d'ensaj, acò 's un còp de mèstre. Gra¬
cias à-n-el, se podran ara legir plus aizidament las
òbras dels grands poètas d'Occitania, Estieu e Perbòsc, e de tota YEscòla Occitana. Que degun nos

e, per un

vengue

dire

: «

Abèm

pas una

gramatica» ! Aqui n'i

enfin, pels mèstres e los escolans, quand la
lenga d'Oc non serà plus forabandida de l'ensenhament. Mas quora ? Ara, Mèstre Ladoux debrià plan
nos donar un petit diccionari...
L'aseguram que tots
a

una,

los Occitans

Paplaudirian

am

las dès mans.
J. S.

Los Grilhs

del

Lauragués, afilhats à YEscòla

Occitana, tenguèron sezilha, lo 14 de Mars, à Castèlnòudari, encò del Majorai Prosper Ëstieu ( 45, car-

�48

LO

GAI

SABER

rièra Contresty ), al entorn d'un casolet
l'audor sola reviscolaba
Lo Majorai

daurat, dont
Desazars de
Montgalhard s'èra escuzat en mandant una letra en
vèrses occitans. Foguèt à la bona apostolica qu'aquels grilhets tratèron de lors menuts afars, prencipalament de l'inauguracion de l'Avenguda Arnaut
Vidal, à Castèlnòudari, que se deu faire cap à la fin
de Mai que ven. Pèi, cadun diguèt o cantèt la siuna.
Fin finala, agradiva felibrejada de familha.
...

Lo ii de Mars, à Castèlnòudari, M. Deodat Roché,
Prezident del Tribunal civil e membre de YEscòla

Occitana, faguèt una subrebèla conferensa publica
Lauragués, son istòria e sos poètas. Foguèt
bèlament aplaudit, tant abià espertat dins tots los
còrs lo sentiment de la rasa e l'amor de nòstra lenga
reirala. Dos cansons del Majorai Prosper Estieu foguèron cantadas per las joventas de FEscòla Supe-

subre lo

riora.
Al damier acamp de la Mantenensa de
Lengadòc, tengut à Montpellier, lo 25 de Janvier, nòstre
amie, lo felibre Juli Azemà, de Sant-Nazari d'Aude,
foguèt elegit Sendic e L. Stehlé, Secretari. Que tots
dos graziguen nòstras felicitacions !

La Santa-Estèla

vèrnha, los

31

se

de Mai

farà ongan
e

à Clermont d'Au-

ie" de Junh.

Lo
en

majorai Renat Fournier nos anoncia la meza
soscripcion de son libre, Loti cor en flou, al prêts
10 fr. Escriure à l'Autor, 13, carrièra
Guibal, Be-

de
ziers.

J. D.
Le Gérant

:

E. LEVRAT.

Imỳy. de la "Societat d'Edicion Occitana"

—

Castelnaudary.

�Règles de Phonétique Occitane
1° VOYELLES.
accentué

—

a,

seul

ou

dans le corps d'un mot,

a français; mais s'il
féminine, il est semi-son¬
nant et se prononce entre a et o, suivant la
région ;
e sonne comme é fermé
français, et è comme è ou¬
vert français ; — i équivaut à i français ; — u
égale¬
ment ; mais, après une voyelle, il mie son ou fran¬
çais ; — ô ouvert se prononce comme o français, et
o fermé comme ou
français; — y n'existe pas en oc¬

constitue

ou

non, sonne comme

une

terminaison

—

citan.
2° CONSONNES. — b, c, d, f, g, j, 1, m, n, p, q,
(toujours
-suivi de u ), r, s, t, % sonnent comme en français ; mais
c devant i est sifflant
comme s français ;
— j sonne
comme

tz, dans certaines régions ; — m se prononce
à la fin de la irc pers. du pluriel des verbes ;

comme n

n est muet, sauf
quelques rares exceptions, à la fin
des substantifs ; — r est souvent muet à la fin des
substantifs et des adjectifs, sauf en Provence, ainsi
—

qu'au présent de l'infinitif;
flant ;

—

des mots

— s est toujours dur et sif¬
t est muet à la fin des participes présents et
en ment; — v sonne comme
b, sauf en Pro¬

— ç, k, x, w n'existent pas en occitan.
3° GROUPES. — ch, lh, nh se prononcent : tch, ill,

vence;

—

ph n'existe pas en

PARAITRA

gn ;

occitan.

PROCHAINEMENT:

CANTS D'UN GRILH
per

Gtjilhèm
Sonets Occitans

En

de
am

NAUROZA
Traduccion franseza
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souscription

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CASTELNAUDARY

�EXTRAIT

CATALOGUE

DE

de la

Societat d'Edition Occitana
37, Rue de la Baffe

Lou

-

OASTEUNACDARY

Terradou, sonnets

en langue d'Oc, avec traduc¬
Prosper Estieu ( t vol. in-8°,
300 p.) — rare
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20. »
Bordons Pagans, sonnets en langue d'Oc, avec tra¬
duction française, par Prosper Estieu (1 vol. in-8°
32 P- )
f"r3. »
Flors d'Occitania, sonnets en langue d'Oc, avec tra..duétioii française, par Prosper Estieu (1 vol. in-8°,
280 p.)
fr.
12. »
La Canson Occitana, poèmes en langue d'Oc, avec tra¬
duction française, par Prosper Estieu (1 vol. in-8°,
264 p.)
fr.
12. »
Lo Romancero Occitan, poèmes en langue d'Oc, avec
traduction-française, par Prosper Estieu (1 vol. in8", 344 P-)
fr.
14. »
Canson pel Cabalet, paroles Occitanes et Françai¬
ses
de Prosper Estieu, mélodie pour voix avec
accompagnement de piano de Déodat de Séverac
( 8 p. gr. in-40)
fr.
10. »
Contes Populaires ( xre série). Contes de la Vallée du
Lambon, (texte occitan et traduction française),
recueillis par Antonin Perbosc. 1 vol. in-16, XVI-

tion

française,

par

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96

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poèmes en langue d'Oc, avec
traduction française, par Louis Gouyer
(1 vol. in8° raisin, 160
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Canti Corsi ( Chants Corses ), avec traduction fran¬
çaise en regard et portrait de l'Auteur, par J.-P.
Lucciardi (1 vol. in-8, 250 p.)
fr.
11.50
.

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La SOCIETA.T D'EDICION OCCITANA se charge d'éditer et de
mettre en vente tous les ouvrages que MM. les Auteurs vou¬
dront bien lui confier.
IMPR.

DE

LA

SOCIETAT

D'EDIClON

OCCITANA

-

CA8TELNAUDARY.

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              </elementTextContainer>
            </element>
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      <name>Dublin Core</name>
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              <text>Lo Gai Saber. - Annada 07, n° 034 mars-abrilh 1925 </text>
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&lt;html&gt;&#13;
&lt;head&gt;&#13;
&lt;/head&gt;&#13;
&lt;body&gt;&#13;
Lo Gai Saber (&lt;a href="http://occitanica.eu/omeka/items/show/13154"&gt;Acc&amp;egrave;s &amp;agrave; l'ensemble des num&amp;eacute;ros de la revue&lt;/a&gt;)&#13;
&lt;/body&gt;&#13;
&lt;/html&gt;</text>
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              <text>&lt;!DOCTYPE html&gt;&#13;
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&lt;/head&gt;&#13;
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&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;em&gt;Lo Gai Saber&lt;/em&gt; est une revue litt&amp;eacute;raire occitane publi&amp;eacute;e depuis 1919. La rubrique &lt;em&gt;L'&amp;Ograve;rt dels trobaires&lt;/em&gt; est consacr&amp;eacute;e &amp;agrave; la po&amp;eacute;sie, la rubrique &lt;em&gt;Bolegadisa occitana&lt;/em&gt; donne des informations sur l'actualit&amp;eacute; de l'action occitane. La revue fait aussi &amp;eacute;cho des publications du domaine occitan et des r&amp;eacute;sultats du concours annuel de po&amp;eacute;sie occitane de l'Acad&amp;eacute;mie des Jeux floraux.&lt;/div&gt;&#13;
&lt;/body&gt;&#13;
&lt;/html&gt;</text>
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              <text>&lt;!DOCTYPE html&gt;&#13;
&lt;html&gt;&#13;
&lt;head&gt;&#13;
&lt;/head&gt;&#13;
&lt;body&gt;&#13;
&lt;div style="text-align: justify;"&gt;Lo&amp;nbsp;&lt;em&gt;Gai Saber&lt;/em&gt;&amp;nbsp;es una revista liter&amp;agrave;ria occitana publicada dempu&amp;egrave;i 1919. La rubrica&amp;nbsp;&lt;em&gt;L'&amp;Ograve;rt dels trobaires&lt;/em&gt;&amp;nbsp;es consacrada a la poesia, la rubrica&amp;nbsp;&lt;em&gt;Bolegadisa occitana&lt;/em&gt;&amp;nbsp;balha d'informacions sus l'actualitat de l'accion occitana. La revista se fa tanben lo resson de las publicacions del domeni occitan e dels resultats del concors annadi&amp;egrave;r de poesia occitana de l'Acad&amp;egrave;mia dels J&amp;ograve;cs florals.&lt;/div&gt;&#13;
&lt;/body&gt;&#13;
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          <name>Contributeur</name>
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      <name>Escòla occitana</name>
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      <name>grafias de l'occitan = graphies de l'occitan</name>
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      <name>Poesia occitana = poésie occitane</name>
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