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                  <text>&amp;

7a Annada

Lo

Mai-Junh

1925

N° 35

Gai
Saher

Revisia de l'ESCOLA OCCITANA

Dis Aup î Pirenèu

...

F. Mistral.

TOLOZA

Lo Numéro: lfr. 50

�GAI SABER

UO

Revista de l'ESCOLA OCCITANA
BURÈUS

:

Carrièra dels Arts

14,

Abonaments :

i

Fransa

;

Estrange;

:

un an

.

TOLOZÀ

«
.

.

10 fir.

15 /r.

ENSENHADOR
del

LA

DIRECTION

Prosper

N°

35

(Mai-Junh 1925)
VIm,: Fête del'Escàla Occitana.

:

Subre la Crots d'Onor d'Anto-

ESTÍEU :

nin Perbosc.

Lo Sosc del Ser.
Sirbèntes (En ounou de Mada-

Antonin PERBOSC :

FILADÈLFA DE GÈRDA

:

ma

»

»

J. S.

e

J. D.

:

SUPPLÉMENT
gailhard sur

Isaura.

La Granda Pirenenca.
La Canson del Vièlh.
Bolegadisa Occitana.

Prosper ESTIEU :

:

Rapport du baron Desazars de Mo.vx-.
poésie en langue d'Oc (1925). -

le Concours de

Conselh de Direccion
Baron Desazars de

Montgalhard, Capiscòl ;

Jozèp Anglade, Prosper Estieu, Antonin Per¬
bosc, Jos-Capiscòls; J.-Rozès de Brousse, Secretàri ; Armand Praviel, Clavaire; Ismael Gi¬
rard, Secretari-adjuni ; Dr E. Levrat, Clavaireadjunt.
ASABER.

-

Per tôt sò que pertòca

l'Administra-

Direccion de YEscòla Oc¬
citana, escriure à la Libraria Edouard Privât, 14,

cion del gai saber e la

Carrièra dels Arts, TOLOZA.

�Supplément au N° 35 du Gai Saber
(Mai-Juin 1925).

��RAPPORT
SUR LE

CONCOURS DE

POÉSIE EN LANGUE D'OC

Lu le 29 Avril 1925
EN

SÉANCE PUBLIQUE DE

PAU M.

LE

LARON

L'ACADEMIE

DESAZARS

L'un des

DES JEUX FLORAUX

DE

MONTGAILHARD

Quarante Mainteneurs.

Messieurs,
«

a

La Poésie est l'art d'annoncer le

dit Théodore de Ban-ville. En effet,

Printemps »,
nulle saison

les Poètes avec plus
d'impatience, saluée avec plus d'enthousiasme,
exaltée avec plus de frénésie. C'est sans doute
sous l'empire de leur estrambord printanier, au
de l'année n'est attendue par

moment où les violiers

empruntent au soleil ses

plus ardentes et suocèdent fièrement
que les -VIT- Trouba¬
dours de Toulouse ont fixé aux premiers jours de
mai les Jeux Poétiques qui se tiennent depuis six
cents ans avec la même ferveur juvénile pour
encourager les Poètes à chanter le renouveau des

couleurs les
aux

modestes violettes,

choses divines et humaines.

Mais, par un contraste singulier, ce n'est pas
jeune Canéphore, porteur des couronnes à
distribuer aux Lauréats, que l'Académie a confié
le soin de lui rendre compte de la nouvelle

à

un

bataille

qui s'est livrée en son hôtel ensoleillé;

�—

c'est

1-4

—

plus âgé de ses membres. Les Anciens
avaient ainsi coutume de faire les vieillards juges
au

de leurs combats

pacifiques. Mais j'ai tout lieu
qu'ils n'attendaient pas que ces vieil¬
lards eussent atteint, comme moi, l'âge légen¬
daire des Patriarches pour faire appel à leur
expérience, et surtout pour leur demander de mo¬
tiver leur verdict, car je sais, par une cruelle
expérience, combien sont à redouter les défail¬
lances de la sénilité. En sorte que, malgré l'aide
secourait!e qu'ont bien voulu me prêter quelquesde croire

d'entre vous,

Messieurs et chers Confrères,
(ce dont je les remercie de tout cœur), je me
demande avec anxiété comment je pourrai rem¬
plir, à votre satisfaction, le mandat que je dois
à votre extrême indulgence, et auquel je ne sau¬
rais consacrer que les derniers accents d'une voix
qui tombe avec les dernières lueurs d'une intel¬
ligence qui s'éteint.
Très heureusement, le Concours de cette année
se suffit à lui-même pour justifier vos suffrages;
et ses progrès sont dus aux précieux enseigne¬
ments de nos Maîtres, tels que Frédéric Mistral
pour la Provence, Auguste Fourès et Prosper
Estieu pour le Languedoc, Antonin Perbosc pour
le Quercy, Yermenouze, amendé par l'abbé Four,
pour l'Auvergne, l'abbé Joseph Roux pour le
Limousin, Charles Ratier pour la Guyenne, Isi¬
dore Salles pour la Gascogne, Jean-Sébastien
Pons pour le Roussi!Ion, Philadelphe de Gerde
pour la Rigorrè. Et, lorsque l'un d'eux, comme

uns

Perbosc, en est récom¬
juste promotion dans l'Ordre de

tout récemment Antonin

pensé
;

par une

�la

Légion d'Honneur, c^est tout le Pays Occitan
qui applaudit, en même temps qu'il compte sur
une pareille glorification
pour d'autres Maîtres
non moins méritants. Au Pays Occitan viennent
se joindre les pays étrangers, où la langue d'Oc
est cultivée par les Humanistes pour l'honneur
de l'Humanité tout entière. C'est ainsi que nous

d'Angleterre une lettre de félicitations
pure langue d'Oc par un poète qui n'est
jamais venu en France et qui est plein d'admi¬
ration pour les œuvres d'Antonin Perbosc. Il le
compare à Jasmin « la bouche pleine de petits
oiseaux » et ses chants lui rappellent ceux de
l'alouette chantant près de la porte du Ciel :
Perbosc es coumo Jansemi, « la bouco pleno
d'auzelous »,'e soun cant es coumo aqueu de la
calandro que canto près de la porto dôu cèu.
Tout aussi justifiés sont les applaudissements
qui ont accueilli, dans la même promotion
qu'Antonin Perbosc, la nomination d'Emile
Ripert, notre maître ès Jeux Floraux, professeur
avons

reçu

écrite

en

de littérature méridionale

Marseille,
à la
ses

car

lui aussi

a

en

l'Université d'Aix-

rendu de grands services

Occitane par ses cours publics et par
belles études sur la langue d'Oc et sur sa
cause

littérature.

Enfin,
de

nous

devons

nous

l'entrée à l'Académie

Mme Piiiradelphe

de

Lettres de Maîtrise,

féliciter grandement

des Jeux Floraux

de

Gerde. En lui décernant des

après l'avoir couronnée plu¬
fois, l'Académie n'a fait que consacrer ses
mérites d'une façon plus notoire. Cet hommage
lui était d'autant plus dû que, non seulement
sieurs

�—

elle

76

—

fìgure au premier rang parmi les

Poètes

actuels de la Pléiade Occitane, mais encore
continue

elle

glorieusement la tradition poétique de
de la toulousaine Na Lomdes autres Trobairitz de l'ère médiévale.

la Comtesse de Die,
barda et
Mais

paulô minora canamus! Ce n'est pas des

Maîtres, qu'il s'agit, aujourd'hui;

Disciples. Et nous
dans deux
de

c'est de leurs
devons apprécier leurs œuvres

concours

bien distincts

:

le Concours

chaque année fondé par M. Ozenne et le
quadriennal fondé par M. Pujol.

concours

Prix Ozenne.
Poésies inédites.

.

C'est par un nouveau venu à nos Concours que
commence le Palmarès de cette année. Il nous
arrive d'Arcachon. Mais il

ne

parle

pas

le dialecte

local, auquel nous a habitués M. Emilien

Bar-

reyre, un professionnel de la Mer. La langue de
M. A. Dupin est plus conforme à celle des anciens
Troubadours. La
de Mer

»

pièce est consacrée au

Lou Ben de Mar. Il

de violence,

nous

«

le montre

Vent
plein

soulevant les flots et brisant tout

passage. Les goélands lui répondent par
leurs cris sauvages, tandis que les courlis épou¬
sur

son

vantés cherchent

ses brutalités.
multiplient les naufrages.
Mais, peu à peu, comme à bout de forces, le vent
diminue d'intensité. Il semble gémir et pleurer.
On dirait qu'il se repent des méfaits qu'il a
un

Sur l'Océan démonté

refuge contre
se

�—

commis.
vécus

77

—

Il

y a là toute une série de tableaux
qui ont valu à M. Dupin une Mention

honorable.
Le recueil de

poésies intitulé Los Canls d'una
Galéry, cultivateur à
Cambian, près Ytrac (Cantal). Il est écrit, comme
nous le dit l'auteur, en « dialecte du Carladez,
selon la graphie de l'abbé Four évoluée ». La
plupart de ces petits poèmes ont pour sujet la
campagne vue à travers les souvenirs du poète.
L'inspiration est bonne et sincère : tantôt l'auteur
nous fait revivre sa jeunesse laborieuse; il nous
dépeint avec émotion l'aube naissante, dans un
paysage d'Auvergne; puis c'est la vie de famille,
avec ses ennuis, mais surtout avec ses
joies. L'au¬
teur aborde aussi la poésie philosophique, mais
il semble qu'il y réussisse moins bien.
Ces œuvres sont imparfaites, et cependant bien
attachantes. C'est que nous sommes en présence
d'un vrai paysan d'Auvergne, d'un de ces poètes
évoqués par l'auteur du Libre dels Auzèls qui se
lèvent quelquefois « parmi les pâtres et les labou¬
A ma est dû à M. Julien

reurs ».

Lor sol èime

La médiocrité de

es

sa

estât lor mèstre.

traduction française, aussi

bien que ses fautes d'orthographe, permettent
lui appliquer encore ces vers :
A

cap d'escôla an trabucat
nimai à cap de lelradura,

e n'an
legit d'autra escritura
qu'aquela que l'araire escriu
sus
aquel libre sens pariu
qu'es una arada plan laurada.

de

�—

78

—

illettré, et c'est un vrai poète.
fait penser à Paul Froment.
En lie saluant avec joie à ses débuts par une
Primevère, nous croyons pouvoir attendre de lui
une œuvre qui fera honneur à son terroir.
L'Egasier (conducteur de chevaux destinés à
dépiquer le blé), de M. Gaston Vinas, libraire à
Béziers, est un poème simple, mais d'une
agréable originalité. M. Yinas y résume la vie
d'un de ces humbles de la terre, pour lesquels
nos
poètes occitans ont, avec raison, tant de sym¬
pathie. L'été, pendant les longs jours de juillet
et d'août, l'Egasier vivait une vie ardente et tré¬
pidante, au milieu de l'aire, dans Ha poussière
C'est presque un

Encore

qui

un

et le bruit.

Le reste de l'année, il le passait, sou¬

vent dans la

chevalin.
lui

solitude, à surveiller

C'est

au

sation
se

son

troupeau

milieu de cette solitude que

apparut un j&lt;^ur une

charmante bergère.

pastorales antiques, une conver¬
s'engage entre les deux solitaires. La jeune

Comme dans

fille

nous

nos

nous

laisse deviner, par

d'une strophe

obscure, le triste

défend et Hauteur

la mélancolie

dénouement du dialogue.
Puis, c'est la description vivante

du dépiquage.
L'Egasier est le maître de l'aire; dans la pous¬
sière, dans le bruit, le fouet en main, il excite
bêtes et gens; puis rapidement, le travail ter¬
miné, il emmène ses chevaux exténués boire dans
l'étang. M. Vinas a choisi ces deux épisodes dans
la vie de il'Egasier. On sent qu'il y a des lacunes
dans le poème, l'auteur n'a pas pu nous raconter
toute la vie de son humble héros, que l'on
oubliera bien vite

au

cimetière. M. Vinas manie

i

�79

~

—

langue, qui est d'une très bonne facture
graphie. On sent vibrer dans
son œuvre une âme de poète; nous attendons de
lui les mômes qualités dans une nouvelle œuvre.
bien

sa

et d'une excellente

L'Académie lui

a

décerné

un

Œillet.

La

Confession de M. Armand Ahnaud, insti¬
tuteur à Béziers, n'est pas celle d'un enfant du
siècle, ou du moins cet enfant est du siècle
dernier. C'est le souvenir tendre de beaux jours
évanouis. Le poète rappelle à sa compagne sa
jeunesse et même son âge mûr. La vie de famille
n'a pas été mauvaise pouf eux; de beaux enfants
et môme des petits-enfants — sont leur
orgueil. Mais, à travers cette jeunesse, le poète
remonte à ses jeunes ans. Il aime ceux qui font
revivre son nom; il aime encore davantage celle
qui lui a donné ses premières joies. Cette pièce
est un éloge de la vie de famille embellie par
un
amour qui triomphe des années. La pensée
est élevée, la langue facile, la métrique est aisée.
L'Académie accorde à ce poème d'inspiration

—

saine

une

Primevère.

Una Gavela est l'œuvre d'un bon

l'Académie connaît bien
toire

talent,

du
en

Félibrige

a

le mérite.

poète dont
Le Consis¬

également reconnu son

le nommant encore jeune majorai.

poésie de M. Louis Dei.hostau, directeur de
(Cantal), est tantôt descriptive,
tantôt purement lyrique. Ce poète excelle dans la
description. Quand on a vu une vraie chaumière,
avec un vrai toit de chaume, il n'est pas peutôtre facile d'en tirer un poème. Il vous reste
l'impression d'une maisonnette ou d'une pailLa

l'Ecole de Thiézac

%

�—

8o

—

lotte peu confortable, bonne pour des nègres ou
des demi-blancs; le toit est gris, noir ou jaune,
ou suivant l'âge; mais il est
l'ensemble paraît peu intéressant à
décrire, ou du moins la description, pour pitto¬
resque qu'on la fasse, ne peut être que brève;
c'est de cette humble chose que M. Delhostal tire
une poésie excellente. Ce qui nous semblait mort
s'est éveillé, il nous le rend vivant; ce qui parais¬
sait uniforme, il nous le montre varié; il donne
une âme à
cette pauvre petite chose qu'est la

suivant la saison

monotone;

cluchdda

ou

chaumière

:

et

l'ensemble forme

un

poème fait de main de maître, dans une langue
fraîche et colorée, variée et pittoresque; et bro¬

discrètement dans la
pointe d'émotion qui distingue la poésie
de Ha prose, et mcme de la versification.
M. Delhostal évoque aussi avec une émotion
plus apparente les souvenirs de sa jeunesse, les
souvenirs d'une jeunesse austère consacrée au

dant

sur

le tout, ou passant

trame la

travail. Le

«

sombre dans

pièce

sur

Soir des Morts

» jette une note plus
recueil; mais il est suivi d'une

ce

Ile Printemps, qui fait oublier les idées

trop tristes. L'ensemble de ces poésies dénote un

poète de bonne race, qui puise autour de lui ou
ses souvenirs une inspiration sincère. Le

dans

vocabulaire de M. Delhostal est abondant. On est
étonné de voir tout

ce que lui fournit la langue
populaire pour ses descriptions. Ceux qui préten¬
dent dédaigneusement que les « patois », comme
ils disent, ne sont pas faits pour la poésie n'ont
qu'à lire des poètes tels que M. Delhostal : ils

verront la sottise

qu'ils profèrent. Avec

#

une

âme

�—

de

8i

—

on fait dire à un dialecte tout ce que
mais où sont les âmes de vrais poètes?

poète

veut

:

l'on

aujourd'hui curé à
Gréalou, p-rès de Cajarc (Lot), est un de nos poètes
Occitans les plus fidèles aux Concours de l'Aca¬
démie. Tantôt, il emprunte ses sujets à la vie
locale et à sa propre vie soit dans son pays natal,
soit au front pendant la dernière guerre; et il les
traite de la façon la plus pittoresque et la plus
sentie. Tantôt, il se livre aux méditations les plus
élevées de la Religion. C'est ainsi qu'il nous
apporte aujourd'hui une Ode intitulée Fe en Dius
(Foi en Dieu), où il expose loutes les raisons de
croire en Dieu, de le servir et de l'honorer. Son
œuvre n'a rien de la fougue lyrique des Psalmistes de la Judée. Elle ne rappelle pas non plus
la forme ampoulée et de pure rhétorique de JeanBaptiste Rousseau. Elle se rapproche plutôt de la
manière persuasive et douce de Louis Racine.
Psychologique et dogmatique, elle semble éga¬
lement procéder de l'école de Sully-Prudhornme
qui estimait qu'il n'y a dans le domaine de la
poésie rien de trop haut ni de trop profond que
le poète ne puisse traiter pour éclairer l'esprit et
pour former le cœur.
Dans l'œuvre nouvelle de M. l'abbé Cubaynes
il s'agit d'une foi que grandit la lumière. Il per¬
suade et il convainc par la noblesse de ses sen¬
timents et par l'élévation de son idéal. Et il
montre que la langue d'Oc, telle qu'il la parle,
et qu'il l'écrit, n'est inférieure à aucune autre
langue et peut rivaliser avec le français pour la
clarté et pour l'élégance du style. Aussi l'AcaM. l'abbé Jules Cubaynes,

�82

démie lui a-t-elle accordé
ses

un

Souci,

avec

toutes

félicitations.

L'Académie

a

couronné l'an dernier Iles

que M. Paul Eyssayel,
avait envoyées sous le

poésies

demeurant à Paris, lui

titre Au beu Soulèu dis
Avi (Au beau Soleil des Aïeux); et ces poésies
furent pour elle une révélation. Ces sonnets qui
sentaient la Méditerranée, ces pièces qui évo¬
quaient les temps héroïques d'Arles ou de Mar¬
seille, frappèrent le Jury de langue romane par
l'élégance de la facture, la splendeur de la langue
et la beauté de l'inspiration.
M. Eyssavel nous envoie cette année un recueil
où se retrouvent les mêmes qualités du recueil
précédent : A l'Aflat dóu Gregau, « Au Souffle
du Vent grec ».
Disons un mot d'abord de la

petite préface qui
précède le recueil. Elle est consacrée à une ques¬
tion de métrique intéressante. M. Eyssavel est un
poète qui connaît son métier et qui ne croit pas,
avec raison,
que le Gai Savoir s'apprend sim¬
plement en entendant chanter le rossignol.
A l'imitation des Italiens (et il aurait pu ajou¬
ter des Catalans et des Espagnols), notre poète
a

abandonné l'alexandrin. Il

a

choisi

comme vers

héroïque l'hendécasyllabe français; mais il y a
mis trois temps forts, à la troisième syllabe, à la
septième et à la onzième. Exemple :
Davaris Róumo que

M.

trémolo soul

sa

mán.

Eyssavel revendique l'honneur d'avoir
ce rythme
et de l'avoir appliqué avec
rigueur, non sans peine, dit-il, dans son recueil.
trouvé

�—

83

—

qu'il y a, dans l'œuvre mistraquelques-uns de ses disciples, des
vers rythmés, fondés sur le même principe; mais
ce sont en général des alexandrins.
Dans la poésie lyrique, M. Evssavel a emprunté
des formes strophiques aux Italiens et même aux
Anglais, en appliquant toujours le même sys¬
tème rythmique d'accents forts à l'intérieur du
vers. Nous ne pouvons pas entrer dans le détail
de cette rythmique, qui indique un poète digne
du Gay Savoir, connaissant toules les ressources
Il

semble

nous

lientie

de

son

ou

chez

art.

Cependant nous devons déclarer qu'à la lecture
le tour de force qu'il a fait amène une certaine
Hugo
d'effet, dans la Légende des Siècles

monotonie. L'alexandrin trimètre de Victor
ferait moins

par
son

exemple, s'il était constamment employé. Par
emploi soudain et inattendu, il produit des

effets d'une étonnante variété.
le livre de Maurice Grammont

çais et

ses moyens

Il suffit de lire

Le vers fran¬
d'expression pour s'en con¬
sur

vaincre.

de faire un choix dans l'œu¬
Chaque poème est un joyau
travaillé et poli avec soin. Le recueil, après quel¬
ques pièces consacrées au monde antique (ce qui
était le fond de son premier recueil), contient
deux séries de pièces. Dans l'une, il s'adresse non
plus comme Mistral — qui était un terrien — aux
pâtres et gens des mas, mais aux pêcheurs et
aux gens de mer. Il les aime de toute son âme :
Il n'est pas facile
de M. Eyssavel.

vre

0

l'enveje vosto viclo, gai pescaire !

�Il voudrait vivre leur vie et

soir,

se

E

me

creire, Ira d'esquino
vèspre, en Galileio,

Un bèu

Ounte Jesu

se

mesclavo i

un beau
mêlait aux

trouver,

Galilée, à l'heure où Jésus
pêcheurs :
en

se

trepadou,
la passado

au
a

pescadou.

Le

poète connaît la vie simple et dure des
pêcheurs; il connaît, en provençal, les noms des
poissons les plus variés : plusieurs strophes d'une
de ses pièces feraient la joie d'un ichthyologiste :
il y a là une soixantaine de noms, tous plus pit¬
toresques les uns que les autres et intraduisibles
en français. Un autre tour de force est constitué
parla pièce La Broufounié (La Tempête), où
alternent les vers longs et courts et au milieu
de laquelle s'épanouit gracieuse et apaisante une
prière à la Vierge, imitée du vieux troubadour
Peire de Gorhian. Il faudrait relever également
la plupart des pièces qui forment le dernier
groupe du recueil : Mar Noslro, « Notre Mer ».
Citons seulement la belle invitation mystique de
la mer au poète, le sirventès Aux Provençaux, où
revit l'âme de Calendau, et surtout le sonnet du
Dixmude, d'une poésie si sereine, qui se termine
par ces deux tercets, où transparaît l'âme du
marin

:

Dins lis

O

mar

aigo embarluganlo

nostro, recatères,

Eridoulido
E

e

pietadouso

car saunouso,

l'équipage pelcgrin,

vouguères sus li facho ouncho d'esglari,
qu'èron de la raço di marin,
L'espandido de ta raubo per susàri.
D'abord

�—

85

Au poète d'élite qui a su chanter d'aussi belles
idées dans la pure langue Mistralienne, l'Acadé¬
mie est
heureuse de décerner une de ses

plus hautes récompenses, une Violeile d'argent.
Rappel de fleurs.
L'an
dans

dernier,

une

classe

l'Académie avait dû honorer
spéciale les lauréats de ses pré¬

auxquels, faute de fonds, elle
pouvait accorder de nouvelles Fleurs. C'est
dans cette classe qu'elle fait aujourd'hui de nou¬
veau figurer M. Gaston Lavergne, juge de paix
à Oran, qui lui a envoyé une pièce intitulée Lo
Riu (Le Ruisseau). Une jeune fille mire ses
charmes dans les eaux souriantes qui coulent à
ses pieds, et
se désole des dédains de celui qu'elle
aime. Il s'agit d'une idylle dans le genre de Théocrite, mais traitée avec la manière de Florian.
Soigneusement écrite dans une langue correcte,
elle a mérité à M. Gaston La vergue un Rappel des
Fleurs qui lui ont été déjà décernées.
cédents

concours

ne

Imprimés.
Les

poésies roussi! lonnaises de M.

Charles

le chemin des écoliers,
par Barcelone. Elles nous parviennent sous un
aspect un peu vulgaire, imprimées en lettres mi¬
nuscules sur du papier journal. Barcelone nous a
habitués à plus de somptuosité : le beau papier
de fil, marque Guarrô, est l'orgueil de la CalaGrandó

nous

arrivent par

�—

86

—

logne; et il serait un bel ornement pour les jolies
poésies de M. Charles Grande"). Elles sont écrites
en un excellent dialecte roussillonnais, dans une
langue pure et distinguée, qui montre comment,
le talent aidant, on transforme un patois abâtardi
en
une
langue poétique. L'inspiration de
M. Grandó est surtout d'origine populaire; il a vu
les balls catalans, il a dansé les cerdanas, il a
entendu les bruits joyeux des battoirs sous le

pont de Céret et écoulé les devis non moins
joyeux des lavandières. Ce sont ces bruits, ces
échos de la vie ardente élu Roussillon qu'il rap¬
pelle dans ses vers, le tout embelli et relevé par
la poésie. Nous croyons M. Grandó capable de
chanter des sujets plus élevés et nous serons
heureux de faire le meilleur accueil à

ses

nou¬

velles

inspirations lyriques. Il parle une bonne
langue. Son vocabulaire est riche et la facture
de

ses

vers

est facile. L'ensemble de

fait honneur à
ses

été

de

son

œuvre

provinces qui a gardé
traditions les plus originales. L'Académie a
heureuse de lui décerner une Eglantine.
une

nos

Prix Pujol.

Le Prix

Pujol est un prix quadriennal qui de¬
davantage nos Poètes Occitans, car

vrait tenter
une

somme

Mais il

de

i.5oo francs

lui

est

consacrée.

exige des conditions que semblent ignorer
qui sont susceptibles de se mettre sur les
rangs. Ce n'est pas sans difficulté que l'Académie
ceux

�—

y a

87

—

adapté l'ode intitulée Mas Cevenos (Mes Cé¬

vennes) et due à M. Louis Steiilé (Delpon de las
Cabras), demeurant à Montpellier.
La pièce a de l'allure. Elle rappelle tout'ce qui
caractérise les Cévennes, son sol, ses productions,
ses monuments antiques,
ses traditions ancestrales. Elle invite les jeunes gens à rester fidèles
à là race et à honorer ses grands hommes : le

marquis de Montcalm, le chevalier d'Àssas, les
poètes La Fare, Florian, d'OHivet, les audacieux
comme Montgolfier perçant les
nues; les utili¬
taires, comme Planchon, rénovateur de la vigne
méridionale anéantie par le phylloxéra. « 0 mon
Pays, s'écrie le Poète, que tu es beau avec les
chônes puissants, tes châtaigniers couverts de
fruits, tes oliviers d'argent, tes mûriers ver¬
doyants. Et vous, rivières abondantes, soyez
bénies, vous qui procurez la force à tant d'usines
pour

moudre le blé, pour faire couler l'huile,

pour filer la soie. Après
t'aime plus que tout, ô

Dieu, qui t'a créé, je
beau et bon pays des

Cévennes, où je suis né. »
Nous avions entendu des chants pareils sur le
pays Cévenol, dus également à
mais celui d'aujourd'hui a paru
bien venu; et

M. Louis Stehlé;
particulièrement

l'Académie lui a décerné une partie

prix Pujol, s'élevant à 3oo francs.
de Béziers, a commencé de
réunir ses nombreuses pièces en un recueil inti¬
tulé Teatre Poupulari (t. I, Béziers, 1922). Ces
pièces sont au nombre d'une vingtaine, et la
du

M. Emile Bauthe,

près de voir tarir sa
populaire est bien le titre qui

Muse de l'auteur n'est pas

fécondité. Théâtre

I

�—

88

—

convient. Ce théâtre est fait pour

le peuple. La
plupart des sujets sont pris au domaine de la vie
ordinaire : yie de famille, surtout à la campagne,
vie sociale dans les villages ou les petites villes.
Les scènes sont assez bien agencées, avec des
effets un peu gros, des incidents inattendus, des
dénouements tristes ou gais, mais en général
plutôt optimistes. La satire sociale tient de la
place dans ce théâtre populaire; mais elle n'est
jamais haineuse. Les paysans et les ouvriers ont
bon cœur, comme leurs maîtres; les amis sont
serviables; ce monde est une image un peu idyl¬
lique, mais assez juste du monde occitan.
Le caractère de l'œuvre étant tel, on ne pourra
pas trop chicaner Emile Barthe sur sa langue et
sa versification. Disons tout de suite que l'une et
l'autre témoignent d'une grande facilité; mais on
sait bien quels sont les défauts qui font d'ordi¬
naire contrepoids à cette éminente qualité.
Ce qu'il faut louer en M. E. Barthe, c'est d'avoir
écrit des pièces vraiment populaires : elles ont
subi l'épreuve capitale de toute pièce dramatique
qui est la représentation; de modestes acteurs
volontaires les ont fait connaître dans de
breux

villages du Midi et le peuple s'y est

reconnu avec

vrai

nom¬

ses

défauts et

ses

qualités. C'est

un

triomphe pour l'art dramatique populaire,
qui est peu représenté dans le.Midi. Nous croyons
qu'il faut récompenser cet effort constant et dé¬
sintéressé, qui d'ailleurs n'est pas près de finir.
M. E. Barthe, qui a tant de facilité, saura sans
doute donner à sa poésie une couleur plus artis¬
tique en lui gardant son caractère populaire.

�-

8c,

-

espoir que l'Académie — à laquelle
genre de talent n'est indifférent — lui
décerne un prix de 3oo francs.
C'est

avec

cet

aucun

*
*

*

saurions terminer le

présent rapport
suprême hommage à la mé¬
moire du poète occitan Louis Gouyeh, décédé au
mois d'août dernier en son pays d'origine, à
Pont-Saint-Esprit, plusieurs fois lauréat de l'Aca¬
démie des1 Jeux Floraux et, en particulier, l'an
passé à pareil jour, pour l'ode vibrante qu'il avait
Nous

sans

ne

consacrer

consacrée

aux

un

-

VII

-

Troubadours de Toulouse, à

l'occasion du VIe Centenaire de la fondation de

Subregaia Companhia del Gai Saber. Malgré
voisinage de la Provence et malgré le pres¬
tige de Frédéric Mistral, il s'était toujours refusé
à suivre l'exemple des Félibres attardés de sa
région. De bonne heure, il avait compris qu'il
faut écrire les dialectes du Midi suivant des prin¬

la

son

cipes communs empruntés aux Troubadours mé¬
diévaux selon la méthode de

nos

maîtres ès Jeux.

Prosper Estieu et Antonin Perbosc,
consacrée par 1 'Escòla Occitana. C'était un de nos
meilleurs poètes indigènes, l'auteur réputé de Lo
Brandc de las Oras (La Ronde des Heures), où se
lit tout son coeur « débordant de chant et de
clarté », de foi et de dévouement patriotiques. Le
voilà, maintenant, tombé, suivant ses propres
expressions, « dans le foyer sans flam
les espoirs morts »

Floraux

dins lo

fogal

sens

Ambe les espers

ilama,
morts.

�go

—

—

Nous

ne l'y oublierons pas, malgré l'éternité
séparation. Il restera vivant dans notre
mémoire reconnaissante comme un des plus

de

la

vaillants

de

animateurs
et

romane

l'Ecole Occitane.
fidèles à

sa

la

meilleurs

des

un

Nous

renaissance

représentants de
en particulier

resterons

suprême adjuration de

Portes Latines

néo¬

«

veiller

aux

».

Sans doute, il ne faut

jamais cesser de se tenir
les
garde contre
retours de la fortune. Mais il
y a lieu d'espérer que, désormais, l'avenir nous
appartient. En tout cas, nous ne sommes plus
au temps
où, dans un sirventés devenu célèbre,
le vieux troubadour Sieard de Marvéjols s'écriait
mélancoliquement :
en

Ai, Toloza

e

E la Terra

d'Argensa

Bezers et

Quo
À la tristesse
nous

pouvons

Marvéjols
«

vos

Proensa,

Carcassey,
vi e quo-us vey!...

succédé la joie; et, de nos jours,
redire le sirventés de Sicard de
un tout autre sentiment :

a

avec
Ah! Toulouse et Provence,

et Terre d'Ar-

comme l'on
voyons!... »
Non! Grâce à Dieu, nous n'avons plus à gémir
sur les méfaits de la « Conquête d'Albigeois ».
Malta renascenlur quae jeun cecidere. La poésie
indigène nous est revenue comme un rayon d'au¬
rore en un ciel de printemps. De nouveau, tout
germe, tout fleurit, tout chante en l'Empire du
Soleil rendu à ses destinées. Et le Poète, que chargence,
vous

Béziers et Carcassonne

—

a vues

et

comme nous

—

vous

�/

—

ment les

gr

—

richesses de la Nature, les bienfaits de

de la Famille clame à tous
joie de vivre, en parfaite communion

la Paix, les douceurs
les échos
avec

sa

la Terre et le Ciel.

Mais la

saurait suffire à exprimer tous
répondre à toutes les préoccu¬
pations, à satisfaire toutes les consciences. Il y a
aussi des pensées morales à méditer, des devoirs
à remplir, des modèles à fournir. Il y a enfin la
recherche du Beau pour la meilleure forme litté¬
raire à donner aux productions de U'e$prit et du
cœur.
On n'a pas laissé aux Troubadours mé¬
diévaux assez de temps pour arriver à la perfec¬
tion idéale. Mais ils avaient déjà multiplié, sinon
même exagéré les règles poétiques à suivre. Ils y
ajoutaient la préoccupation d'élever autant que
possible les âmes suivant les préceptes de la Che¬
valerie. Auzor! Auzor! s'écriaient-ils pleins d'en¬
thousiasme : (( Plus haut! toujours plus haut! »
Que nos Poètes Occitans se conforment pieuse¬
joie ne
les sentiments, à

ment à

ces

traditions ancestrales. Ainsi

se

duira l'œuvre
par

pro¬

d'Art, susceptible d'être applaudie
les Contemporains et digne d'arriver à la

Postérité.

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VIme Fête de î'Escòla Occitana

Ainsi que nous

l'avions annoncé dans notre dernier

numéro, la VIme fête annuelle de YEscòla Occitana a
été avancée au 29 avril, pour éviter la coïncidence des
élections
Le

municipales.

matin, à 10 heures, le bureau s'est réuni chez

notre vaillant et vénéré

Capiscol, le baron Desazars de
Montgailhard. Il a approuvé les comptes du Clavaire, et
a envisagé de très importantes améliorations à appor¬
ter à notre propagande, améliorations que nous ferons
connaître prochainement.
Grâce à Sainte Estelle, notre Bureau se retrouvant
le même après deux périodes triennales, a décidé de
se représenter sans changement à l'Assemblée générale.

Toujours galant e cortés, notre Caspiscol a retenu
déjeuner les membres du Bureau, et l'on a devisé
gaiement autour de sa table somptueusement servie.
On a parlé, en particulier, des grandes fêtes projetées
pour le 24 mai à Castelnaudary en l'honneur d'Arnaut
à

Vidal.

LA

SÉANCE DES JEUX FLORAUX

Nous nous sommes retrouvés nombreux à deux heu¬
de l'après-midi, dans la grande salle de l'Hôtel
d'Assézat et Clémence-Isaure, pour assister à la distri¬
bution des prix de langue d'oc aux lauréats de l'Aca¬
démie des Jeux Floraux.
res

�LO

5°

M.

GAI

SABER

François Tresserre, membre fondateur de

VEscôla

M. le marquis
Philadelphe de
gauche MM. le
Montgailhard, Anglade, Estieu, Per-

Occitana, présidait, ayant à sa droite
de Suffren, secrétaire perpétuel, et Mme
Gerde, maître ès Jeux Floraux, et à sa
baron Désazars de

bosc, majoraux du Félibrige.
M. F. de Gélis, membre fondateur de VEscôla Occi¬
tana, a ouvert la séance en donnant lecture de son rap¬
port sur le concours Pujol (prose).
Le

sujet de ce concours était très ardu, cette

11 avait été ainsi formulé

année.

:

«
Etude sur les Humanistes et leurs adversaires à
Toulouse et aux Jeux Floraux dans la première moitié
du seizième siècle : Jean de Baysson, Etienne Dolet,
Gratien du Pont, Biaise d'Auriol, etc... »

Le prix Pujol (poésie) était réservé, cette année, à la
langue d'oc. Il est bien regrettable que cette circonstance
n'ait pas été mieux connue dans les milieux félibréens,
car
peu de concurrents ont brigué cette récompense.
Cependant, à ce qu'il nous semble, les prix de poésie
de 1.500 francs en espèces ne courent pas précisément

les chemins où s'avancent les Escòlas !

Quoi qu'il en soit, l'Académie a tenu cependant à ré¬
compenser deux vaillants félibres, qui ont consacré tout
leur talent et tout leur cœur à exalter et défendre la
terre

languedocienne. Elle a rempli de son mieux les

intentions de M. Pujol, donateur, en accordant un prix
de 300 francs à M. Emile Barthe, le vaillant promo¬
teur biterrois du théâtre occitan, pour sa pièce en trois
actes et'en vers, lou Perdou de la Terro, et un autre
prix de 300 francs à M. Louis Stehlé, de Montpellier,

pour son

ode pleine de couleur et d'entrain, Mas Ce-

venas.

Montgailhard, majorai du
Félibrige, l'infatigable doyen d'âge de l'Académie, avait
pour la trentième fois assumé la charge de présenter le
rapport sur tout le concours de langue d'oc. C'est, une
M. le baron Désazars

de

�LO

GAI

SABER

51

plus, une œuvre magistrale qu'il a fait applaudir
hier. On y a trouvé, en sus de l'examen du concours

fois de

Pujol, l'étude détaillée de tous les Jeux Floraux de
langue d'oc, au cours desquels les récompenses sui¬
vantes ont été décernées :

d'argent à M. J. Eyssavel, à Paris, pour
magnifique recueil en vers provençaux, A l'Aflat
Gregau.

Une Violette
son

dou

Une
rai du
réunies

Eglantine d'argent à M. Louis Delhostal, majo¬
Félibrige, à Thiézac (Cantal), pour les pièces
sous

le titre

:

Una Gavèla.

Une Primevère à M. Julien Galéry, à Cambiau, par
Ytrac (Cantal), pour son recueil : Los Cants d'una.
Ama.
Un

Œillet

à

M.

Gaston

Vinas, libraire, à Béziers,

pour l'Egasier, idylle.
Un Souci à M. l'abbé Jules Cubaynes,
lou (Lot), pour sa pièce : Fe en Dius.

curé de Gréa-

Une Primevère à M. Albert Arnaud, instituteur à Bé¬
ziers, pour sa pièce : Confesion.
Une

Eglantine d'argent à M. Charles Grando, à Per¬
pignan, pour son recueil imprimé, contenant un choix de
ses

Poésies.

Enfin, un Rappel de Souci a été accordé à M. Gaston
Lavergne, à Oran, pour Lo Riu, pièce, et une Mention
Honorable à M. A. Dupin, d'Arcachon, pour la pièce :
Lou Bent de Ma.
M. le baron Desazars de

Montgailhard,

vu son

grand

âge, a cédé la parole à M. Anglade, qui a donné lecture
de son remarquable rapport.
Ensuite, de nombreux lauréats sont venus faire ap¬
plaudir leurs œuvres : MM. Barthe, Stehlé, Charles
Grando, Vinas, Albert Arnaud. MM. Anglade, Perbosc,
Rozès de Brousse ont lu les poèmes couronnés de MM.
J. Eyssavel, l'abbé Jules Cubaynes et Julien Galéry.

�/

lo

52

LE

gai

saber

BANQUET

A 7 heures et demie, YEscòla Occitana a fêté les lau¬
Jeux Floraux dans un dîner fraternel, fort bien
servi dans le cadre riant et illuminé du restaurant du

réats des

Belvédère.
Mme Philadelphe de Gerde, maître ès Jeux Floraux,
avait bien voulu accepter de présider ces agapes féli-

bréennes, entourée des majoraux Desazars de Mont-

gailhard, Estieu, Perbosc, Anglade et Rozès de Brousse,
MM. de Gélis,
de Boyer-Montégut et Praviel,
mainteneurs de l'Académie des Jeux Floraux.
M. Rozès de Brousse, secrétaire, donne lecture des
lettres d'excuses de M. Paul Feuga, maire de Tou¬
louse, sénateur de la Haute-Garonne, et de M. François
Tresscrre, retenu par un deuil récent. 11 porte un brinde
aux dames présentes au banquet.
Prosper Estieu lit le sonnet suivant :
et de

SUBRE LA

CROTS D'ONOR

d'Antonin

Perbosc

Se ja remirar d'aquels que nos menan
Nòstra Lenga d'Oc tornada en belor,

sègan un jorn valents que semenan...
Grand laus à Perbosc qu'à la Crots d'Onor

E

Los ancians espers, com

ramèls

en

flor

Jos l'aura malenca, ara se remenan ;
Vezi puntejar l'Alba de baudor ;
Subre mon pais bonis vents alenan.

!

�LO

GAI

SABER

5-â

D'abòrd que

l'tems tram arriba à sa fin
qu'un rai de glòria esclaira l'camin.
Es que rezurgis l'Ama del terraire.
E

Trabalha à-n-acô dezempèi trenta ans
Lo bel trobador que se dis mon fraire...
Bebem à Perbòsc, amies Occitans !

Antonin Perbosc se lève
l'auteur et tout l'auditoire applaudit l'ac¬
donnent les deux nobles poètes, honneur

A la suite de cette lecture,
pour remercier
colade que se
de l'Occitanie.

M. Charles Grando, de Perpignan, apporte aux félibres languedociens le salut amical et le souvenir fer¬
vent des Catalans et des Roussillonnais. Il est longue¬

acclamé, et M. Anglade traduit la pensée de tous
chargeant M. Grando d'offrir à la charmante Reine
des Jochs Florals, toujours présente à notre pensée ra¬
vie, les hommages respectueux des Toulousains.
ment
en

Notre

collaborateur

Armand Praviel fait approuver

l'Assemblée le renouvellement du bureau de l'Escôla,
qui est ainsi constitué :
Capiscol, le baron Desazars de Montgailhard ; souscapiscols, MM. Anglade, Estieu, Perbosc ; secrétaire,
J. Rozès de Brousse ; trésorier, Armand Praviel.
M. l'abbé Joseph Salvat invite tous les félibres pré¬
sents à assister aux fêtes en préparation à Castelnaudary en l'honneur du troubadour Arnaut Vidal, premier
lauréat des Jeux Floraux.
Après quoi, Antonin Perbosc lit le beau poème sui¬
par

vant

:

LO

SOSC

DEL

Èri dabans mon foc de bruga e
tôt lo bôse, dins son flam, me

SER

de garric ;
dizia son cantic:

�LO

54

GAI

SABER

Sol, soscaire, cap clin, mans lasas sus la fauda ,
èls de soin rantelats, dins la nèch sorna e siauda,

agachabl lo foc de nonent s'escantir
coma un còr tremudant, dusca al darrier sospir,
tôt son aluc vidai en flamba beluganta
e qu encara en morent cap al cèl vòla e canta.
Soi semblable al foc de mon fogal.
fòc de pastre o bel foc de Nadal,
que demòra ? Un pilât de cendres qu'escampilha
lo vent. Al bâsc, pracâ, manca pas de ramilha,
de brancs nimai de socs, per mantenlr lo foc
sacrat, que, suis acrins de nâstra terra d'Oc
en tôt caire alambrat, i ten câp à l'aurasa
per mostrar, naut e lenc, als ornes de la rasa

Soscabi :
De tôt flam,
.

.

lo lum reiral, lo sinne astrat de salvament.
Ailas ! à cap de buf, grand sara mon forment,
amor que veirai pas à plec l'Obra complida.

Quai sab ? d'autres belèu aûran fach espellda,
d'auzards jovents qu'auran l'èime, la volontat
e

l'audl de bastir la novèla Ciutat,

lo Monde nôu

qu'enfin grelhara dels malastres...

mon agach,
coma antan lo dels Pastres
vejèt luzir l'Estèla esperada, ... ò baudor !
Mon agach consolât vejèt, dins la trumor,
l'Obra realizada, armonïoza e bêla
coma un arbre espandit que bronda e s'enramèla
drech al cèl, sus sa tèrra, abrondat de vertut.
Èri mort. Jos ma lauza, en mon crâs rebondut,
pracâ veziai mon fâc de garric e de bruga
d'ont s'anaba envolar la darrièra béluga.
Sus las cendres aqui qu'un trâs encara viu
de soc s'espatarrèt, e dins son recaliu
Mostrèt à mon agach l'ombra tota patrada
de mon corps de vivent al fogal arborada,
al mèch d'un innombrable aplec espectaclos
ont tôt èra rizent de gauch preclar e blos.

Alavets

...

�LO

Vos miraban
de las
e

vos

coma

nws

GAI

èls,

SABER

caras

55

inconescudas

generacions aprèp ma mórt nascudas,
reconeisiai plan totas, saqaelà,
s'abiai revist lo monde ont bèl-temps-a,

dlns un sècle avalit, abiai viscut ma vida.
Mos èls, estabozits d'aber fach respelida,
demèch tant de belor, vezian sò de mai bèl

pòsque soscar de veire jos lo cèl :
ufanos tropèl de joventas mannadas
à las môdas d'antan vestidas e cofadas,
jlors de tôt païs d'Oc o lentan o vezin,
dempèi las Isclas d'òr duscas al Lemozin,
dels cloquiers de Toloza als ôrts de Barcelona,
filhas de tôt tèrraire ont bronzina e clarona
la lenga als cent parlars frairals que ne fan qu'un.
Pifres e tambourins à bèl bruch clar e drun,
gauchos e trefolit coma un cant de capurlas,
fazian rebombir l'aire auzent coma las turlas
d'Orland e d'Alberon tram planas, monts e vais,
e s'auzisia, per ôrta, al lentan, trvomfals,
los clams de tôt un pòple anonsant la segada
del blat de mos espers sul campèstre espigada,
saludant ta raior, alba dels temps novèls
bêla à far trefolir los morts dins lors tombèls !
Lo foc sacrat sens pauza èra estât belugaire
que se

un

dins los còrs occitans, de trobaire en
e l'ora èra venguda ont l'èime patrial

abia reviscolat,

flambant

coma un

trobaire,

brandal.

MANDADIS
a

Na Maria Vinas,

Rèina

Rèina, à

vos que belèu
ont al còr dels jovents

del

Felibrige.

veiretz las oras bêlas

belugara mens fosc
fòc sacrat dels vièls flambant d'ardors novèlas,
jove Rèina mannada, à vos qu'angue mon sosc !
lo

�56

LO

Il

est

GAI

SABER

difficile de

reproduire en détail les tré¬
poésie qui sont alors dispensés sans compter
autour de cette rare tablée. Citons simplement de char¬
mantes strophes de M. de Gélis au baron Desazars de
Momgailhard ; des vers forts galants et fort bien tour¬
nés de M. Albert Arnaud, de Béziers ; un beau poème
à Toulouse, de M. Emile Barthe, le célèbre auteur du
théâtre biterrois ; des vers occitans remplis de poésie
de M. Raymond Lizop, sous-capiscol de YEscolo deras
Pireneos, un brinde en jolis quatrains, adressé à Phila¬
delphie de Gerde, par notre excellent ami, M. Xavier
Rivière-Cros ; et encore des vers tour à tour vibrants,
enthousiastes, mélancoliques ou d'une rudesse toute rus¬
tique de MM. Gaston Vinas, de Béziers, Guilhem de
Nauroza, l'heureux lauréat du Violier d'or, l'an dernier,
L. Stehlé, secrétaire de la maintenance de Languedoc,
Cayrou, de Montauban, Mouzac, du Limousin, SaintRaymond, des Toulousains de Toulouse, etc., etc. Et il
faut encore mentionner les spirituels souvenirs félibréens
de M. Anglade, les chansons de Prosper Estieu, inter¬
prétées par M. l'abbé Salvat, le monologue d'Oun-Tal
(Albert Saisset), dit par M. Charles Grando, etc.
Pour terminer cette séance de poésie, et pour la cou¬
ronner, Mme Philadelphe de Gerde, dans son beau cos¬
tume de la Bigorre, dit d'une voix inspirée son poème
grave et puissant : Ed Serrameti. Elle est frénétiquement
applaudie, et Prosper Estieu, se levant, lui dit le sonnet
qui traduit si bien la pensée de tous :
sors

nous

de

Filadèlfa, acò's

vos,

riòstra Clemensa Izaura !

Tout le monde chante la Coupo Santo, et lo Pardal, en
l'honneur des Catalans, et l'on se quitte en se donnant
rendez-vous à Castelnaudary pour les grandes fêtes en
l'honneur d'Arnaut Vidal.

Ce sera la première sortie de
de Toulouse ; tout fait prévoir

triomphale.

l'Escola Occitana hors
qu'elle sera réellement

�L'ÉLOGE

LO

GAI

SABER

DE

CLÉMENCE

57

ISA DRE

Bien que la séance du 30 avril de l'Académie des Jeux
Floraux ait été en grande partie consacrée à la langue

française, nous ne devons pas manquer de mentionner
le fait important qui s'y est produit.
Mme Philadelphe de Gerde a prononcé, en langue d'oc,
l'Eloge de Clémence Isaure.
C'est, dans l'histoire de la Renaissance méridionale,
une
grande date. Que l'on y songe bien, en effet, l'Eloge
de Clémence Isaure n'a été fait en langue d'oc qu'une
fois jusqu'ici par Mistral, en 1879. Jasmin et les grands
félibres ont pris la parole aux Jeux Floraux dans leur
dialecte ; mais ici, c'est une harangue officielle que
l'Académie fait prononcer en langue d'oc. Le fait est
d'importance. Il montre la haute admiration que les
Mainteneurs professent pour l'œuvre de Mme Phila¬
delphe de Gerde.
Aussi son chant
car sa
harangue est une pièce
lyrique d'une merveilleuse envolée — est-il un chant de
triomphe. Il célèbre la revanche et la gloire du vieux
Parler, qui rentre avec honneur dans l'antique Collège
des Sept Troubadours. Il loue la courtoisie, la fidélité,
la hauteur d'esprit des Mainteneurs d'aujourd'hui, dignes
héritiers d'une longue tradition.
Tout cela est exprimé en larges strophes, terminées
par deux vers placés en leit motiv, écrites en une langue
difficile certes, ce rude dialecte de la Bigorre, plus loin
du Toulousain peut-être que le catalan ou même que le
Castillan, mais que Mme Philadelphe de Gerde inter¬
prète avec une telle âme de grande inspirée, que tout le
—

monde saisit le

sens

de

ses vers.

Vibrante et fière, toujours égale à elle-même, la poé¬
tesse de Lourdes et des Cantos d'Eisil a fait vibrer le

magnifique auditoire de la Salle des Illustres, et a sou¬
levé de longues acclamations.

�GAI

LO

58

Nous

sommes

SABER

heureux de publier

ici cette œuvre si

importante.

S1RBÈNTBS
En

aunou

de Madama Isaura

Frais, este dia ei u bèt dia !

Nouste-Ségne a Ihebat ed dit,
E, segoutit per quauca aidia
Ou coumandat per quauque edit,
Ed Bielh Parlà hora-bandit
S'ei deshèt, oué, dera cadia
E, libramen, — qui-ac auré dit ?

—

at aute ded Meidia,
ba, resoulbut e hardit.

D'u cap
En

Frais, este dia ei u bèt dia !
Tout ço

qui biu sié benadit !

Ed Bielh Parlà, hauta era tèsta,
En bà seguit de oueit ou nau
Qui-an era pèd à flou de bèsta,
De oueit ou nau qu'arré n'arrèsta

E,

se

!

Diu éus guèrda de mau

E que ra

Patria e-sié prèsta,

I aura bèt-lèu de ço de nau...
Ed Bielh Parlà, hauta era tèsta,
A

gahat, oué, ped cami-nau.

Frais, èste dia ei ua hèsta
At dessus dera hèsta annau !

Aqueste dia arrememària
Ed passât flourit, ed bèt tems,
Ed tems de courtesia e glària,
E, tout d'u cop, qu'ei ed printems.
En

casau

de Madama Isaura

�L, O

GAI

SABKR

59

A tournât bouhà ra douça aura ;
Ed Parla Bielh i canta at cès

plagnéncia ahiranta e blousa.
moun Diu ! Mercés, Toulousa !
Bous, Oustessa, gran-mercès !

Sa

Mercés,
E

E se Lutècia en ei yelousa,
Tant pis per era e soun Francés

!

Aqueste dia, ed Dret que passa !
—Ed Cèu ac bo de cops atau ! —
Ed Parlà Bielh ei à sa plaça,
A loc que, hilh dera auta raça
E-ntrat ped esquerrè pourtau,
Ed Francés qui guèrda tant haut
E sus nouste abé s'accarrassa,
N'ei pas ena sua aciatau !

Mes, nvau estregn qui trop abrassa,
E, d'ora ou tard, pagà que eau !
En-atretant, Carboué que passa
E hè déu mèstre en soun oustau !

Aqueste dia, ed Bielh es bénya.
Ai ! praube Bielh ! despuch Muret
Que-d u t'escana e-d aute et penya !
Dentiò ra Lei qui t'escuménya
Flora counciéncia e hora dret,
E que-d tué poble e-s'en arrénya

Couma qui càmbia
Oh !
Oh !

ra
ra

de berret...

rebénya, ra rebénya !
rebénya de Muret !...

Muret... E bè ! que-s eau

soubéngue

D'ara-en-adès, qu'om ei esclau,
Nou ta plega, mes ta manténgue
Mau ena plaga e sanc en blau.

�6o

LO

SABER

GAI

Arrebroumba-s qu'ei béie à bengue.
Pais ! Pais ! se t'i bos tengue,
A ra punta arrebira ed clau !
En ed Passai ei ed

Quau tèn

sa

Abéngue :
Iènga tèn la clau !

Frais, èste dia ei r'entre-sinne
Que ra Patria ei de tenou.
Madama Isaura a hèt ed sinne,
E, que Lutècia ac boulhe ou nou,

Quand a cridat : « Plaça at mes dinne ! »
Ed Bielh Parlà, fier couma u cinne,
S'ei apressat e, gran Segnou,
A hèt : « Madama ! à bous ed imne !
A nous era espada e r'aunou ! »
E-d

pople

a

dit

Pet-de-Perinne !

: «

Era Patria ei de tenou !
Era Patria... Aimabla

»

Oustessa,

Ed casau boste ei tant flourit,
Tant de sapiéncia e de hautessa
I tenguen cap à tant d'esprit

Que,

sense

ed sort dera Coumtessa,

Ed ancian crid

: «

Hora tristessa !

»

Oué, tournaré sta-d nouste crid...
Mes tant de gracia e de noublessa
At houns d'u coumbent estarit !...
Coumbent d'Ihèr ! ardut estesse !
Se pensa ed poble encoulerit.

«

Coumbent de mourt

Bespè d'embéya

e

e d'agounia,
de yelou

Countra era luts e r'armounia,
Countra era gràcia e ra calou
E be-n a calut satania,
Persecutimi e tirannia

!

»

�lo

gai

6l

saber

Ent' amourti

ra bèra flou,
Ra fina flou d'Occitama...
E de sanc blous, quante en

calou !...

Coumbent de mourt

e d'agounia,
Qui, de tout tems enz'en boulou !

Mes, este dia ei près dera auba ;
Ed bent qui-s Ihèba ei sane e dous.
A pitou-pàtou, ed Loup es sauba
Decap at bos, seguit ded Ous.
Oustessa abenenta e galauba,
Ara qu'a punat bosta rauba,
Mercés à Diu e gràcia à Bous,

S'aperara pas mes « La Prauba »,
La lenga d'or deds Troubadous !
Ço que Diu
Ed bent qui

bo saubat es sauba.
bouha ei fresque e dous.

{ Dialècte bigourdà)

Traduction

Française

ce jour est un beau jour ! Le Seigneur a levé
doigt et, entraîné par quelque force ou commandé
par quelque loi, le Vieux Parler persécuté s'est débar¬
rassé de sa chaîne et, librement, — qui l'aurait cru ? —

Frères,

le

d'un bout à l'autre du

Frères,
soit

ce jour est
louangé !

Midi, marche hardi et résolu.
un

beau jour. Que tout

ce

qui vit

Le Vieux Parler, la tête altière, marche suivi de

quel¬

qui ont la peau près de l'habit, de quelquesuns que rien n'arrête, et, si Dieu les garde de mal et
-que la Patrie les seconde, il y aura de l'imprévu avant
ques-uns

�LO

02

GAISABER

longtemps... Le Vieux Parler, la tête
soir, par la grand'route.
Frères,

ce

altière, a pris, ce

jour est une fête au-dessus de

la fête an¬

nuelle !
Ce

jour-ci remet en mémoire le passé fleuri, le

beau

courtoisie... Et, tout d'un
c'est le printemps. Au jardin de Madame Isaure,

temps, le temps glorieux de

coup,
la douce brise a ressoufflé. Le Vieux Parler y chante en
liberté sa complainte émouvante et pure. Merci, mon
Dieu ! Merci Toulouse ! et vous, Hôtesse, grand merci !

Et, si Lutèce en est jalouse, tant pis pour

elle et son

Français !

Aujourd'hui, c'est le Droit qui prime ! •— Le ciel
l'exige ainsi parfois. — Le Vieux Parler est à sa place,
tandis que, fils de l'autre race et entré par la porte du
malheur, le Français qui parle si haut et se repaît de
nos richesses, n'est pas à la sienne en ce lieu ! Mais,
mal étreint qui trop embrasse, et, tôt ou tard, les comp¬
tes se règlent !
En attendant,
son

Charbonnier passe et fait le maître en

logis !

Aujourd'hui, le Vieux se venge ! Aïe ! pauvre Vieux !
depuis Muret, l'un t'égorge et l'autre te pend... Jusqu'à
la Loi qui te pourchasse sans justice et sans raison, et
ton peuple s'en accommode comme qui change de
-berret...

Oh ! la
Muret !
Muret...

revanche, la revanche ! Oh ! la revanche de

Eh bien ! il

faut

se

temps qu'on est esclave, non pour

souvenir de temps en
plier, mais pour main-

�LO

GAI

63

SABER

tenir la douleur dans la

plaie et le sang à la blessure.
Se souvenir, c'est voir venir... Pays ! pays ! si tu veux
être, à la pointe oppose le clou !
Dans le Passé est l'Avenir
clé !

:

Qui tient

sa

langue tient la

Frères, ce jour nous est la preuve que la Patrie en¬
tend tenir. Madame Isaure a fait le signal, et, que Lutèce le veuille ou non, à son cri : « Place au plus digne ! »
le Vieux Parler, fier comme un cygne, s'est avancé, et,

grand seigneur : « Madame, a-t-il dit, à vous l'hymne !
A nous l'épée et l'honneur ! »
Et le
tenir ! »

peuple

a

crié

: «

Tonnerre ! la Patrie entend

La Patrie... Aimable Hôtesse, votre

jardin est si fleuri,
tiennent tête à tant
d'esprit que, sans le sort de la Comtesse, notre ancien
cri : « Hors, la tristesse ! » serait, aujourd'hui, notre cri.
Mais tant de grâce et de noblesse au fond d'un couvent
tant de savoir et de distinction y

stérile !...
«

avec

Couvent maudit ! brûlé
colère.

fût-il !

»

pense

le peuple

Couvent de mort et d'agonie, guêpier d'envie jalouse
contre la lumière et l'harmonie, contre la grâce et l'en¬
thousiasme... Et en aura-t-il fallu, des ruses, des per¬
sécutions et des tyrannies pour étouffer la belle fleur,
la fine fleur d'Occitanie !... Et de sang pur, en fallutil !...
Couvent de mort et
détesta !
Mais

ce

d'agonie qui, de tout temps, nous

jour-ci est près de l'aube

;

le vent qui

se

lève

�64

LO

est salubre et doux.

suivi de

l'Ours,

au

GAI

A pas

SABER

pesants, le Loup se retire,

fond du bois. Hôtesse avenante et

gracieuse, maintenant qu'elle a baisé votre robe, merci
à Dieu et grâce à vous, on ne l'appellera plus « La
Pauvre », la langue d'or des Troubadours !
Ce que

Dieu veut sauvé se sauve. Le vent qui souffle

est frais et doux.

FÊTES D'ARNAUT

VIDAL

Nous avions

prévu que les fêtes félibréennes organi¬
Castelnaudary par nos amis, les Grilhs del Lauragués, en l'honneur d'Arnaut Vidal, premier lauréat du
Gai Savoir, en 1324, seraient belles ; mais nous n'avions
pas deviné leur ampleur, leur profondeur d'émotion, ni
la touchante unanimité d'enthousiasme qu'elles ont sou¬
levée. Nous leur consacrerons notre prochain numéro.
sées à

LA DIRECTION.

T

�L'ORT DELS TROBAIRES

La

Granda

Pirenenca

La Patrïa occitana èra dins lo

Mas s'arborèt Mistral

Alavets

e

non-res

;

s'arborèt Forés.

qunis cants demèst l'aura tebe^a,
Provensala, en terra Laurague\a !

En terra

Pietat ! aici Forés que decend dins lo cròs,
Forés que reviurà dins l'aram o l'Paròs !

Aici Mistral-lo-Grand
E

qu'à son. ora s'atuda,
sempre la Comtesa es dins l'esclavituda ...

Lo cél d'Oecitania

es

—

devengut tant trum

Que s'au^is plus cants de cigalas dins l'arbrum.

�66

LO

GAI

SABER

Pracò, resurgira nòstra nation vincuda:
La

granda Salvadora

en

Bigorna

es

nascuda!

Qu'es donc que resontis e nos trebola tots ?
Perque tant bel esperi Qu'es donc aquela votsi

Retracent tôt d'un còp

un olifant que sona,
Es la de Filadèlfa intrant à Carcasona !

Campanas, trinholat3/ Clareje l'oriqonl
tots los còrs una nova Canson.

A flamba

Es l'ora del

Triomfe. Avinhon e Tolo^a
flors à la Joventa blo\a.

Mandan totas lors

Jol

capulet, jol capulet de dòl,
jamai s'alasar va cap à sò que vòl.

negre

Sens

Pega\e, es Ela que te donda e t'esperona !
Embalau\is las gens, del Ròne à la Garona...

Dempèi de sècles, n'èras plus, Pòple occitan,
Qu'un esclau debrembant ta libertat d'antan;
Mas

luflt los èlhs de la grand Pirenenca,
embriaigat à lor claror diu^enca !

an

E t'es

�lo

Los mots dels

Te

gai

Fransimans, s'arrancant de tos pòts,

fa^ian degalhar tos mu\icaires mots

Mas

67

saber

;

l'Inspirada t'a brembat ta vièlha glòria,

E lo Parlar reiral torna dins ta memòria

...

Au^is la Trobairis qu'ambe sos cants tant bèls
Fa trefo^ir los Morts al fon^e dels tombèls !
S'escaudnre à
E per

vots tôt lo

sang de tas venas,
encantament tombaran tas cadenas !
sa

Prosper ESTIEU.

Sant-Emilion, lo 7 de Junh 1925.

�68

LO

La

GAI

SABER

Canson del

Vièlh

i

Enfin, gaE te aqui revengut,
Mon paure

droite, de la vila !
aganit e mitât nut :
T'an fugit los bilhets de mila
Carga la blòda e los esclòps,
Torna à l'esteba de l'araire,
Trabalha com los autres còps
E viu uros prèp ton vièlh paire !
Es

...

Jos lo teulat ont sèm nascuts,
Val mai lo gauch que los escuts.

�LO

GAI

SABER

II

Quand t'enanères, l'an pasat,
Cre^iàs aber lèu borsa plena.
L'aur qu'esperabas, miu gojat,
Pel carrierat

non se semena.

La mofa

s'agafa jamai
pèira que redòla.
Ve^i qu'as plan sofèrt ; nias, vai,

Subre la

Acò te servira d'escòla!

Jos lo teulat ont sèm nascuts,
Val mai lo gauch que los escuts.
III

Abfem santat jol grand solelh ;
la fortuna.

Acò val mai que

Quand mancam d'òli pel calelh,
Nos esclairam al clar de luna.
S'ès pas nascut pr'èstre
Garda las vacas dins la

banquier,

prada.
cloquier,
asegurada.

A l'ombra de nòstre

Auràs la vida

Jos lo teulat ont sèm nascuts,
Val mai lo gauch que los escuts.
IV
Mon bel
Los

Per

gojat, dins las ciutats,
cafés son que pudef na.
un

bon fòc escaudurats,

Trincarem dins nòstra

cofna;

E, quand serem à la sa^on
Que fa tornar las irondèlas,
Direm ensemble la canson
Del

fen novèl dins las pradèlas.

69

�lo

70

gai

saber

Jos lo teulat ont sèm nascuts,
Val mai lo gauch que los escuts!
V

Trobaràs

plan, per t'agradar,
Qualqua polida e fòrta filha
Qii'am tu se voldrà maridar
Lo bonur es dins la familha.

...

Reten

acò, descabestrat

Ou'orrisiàs la

rasa

pacana!

Fai que,

quand serai enterrât,
Pòsqui reviure dins ta grana!

Jos lo teulat ont sèm nascuts,
Val mai lo gauch que los escuts !
Prosper ESTIEU..

( Lo Flahut Occitan ').

�BOLEGADISA
Libres recebuts

La

OCCITANA

Cançò provençal

la Lite1923)0
L'antiga Escola poètica de Barcelona (in-8° 128 p.
Barcelona, 1923), per Jaume Massó Torrents.
Dins
lo primier d'aquelis dos libres, lo sabent barcelonés
a fait pel catalan sò qu'abià fait antan pel castilhan
lo grand Milà jr Fontanals. Tots losque voldràn estudiar la lenga e la literatura dels trobadors lo deuràn
legir.
Dins lo segond, encara mai enteresant, J. Massó
Torrents nos mòstra los rapòrts dels primiers poètas
catalans ambe lo Consistòri de la Gaya Sciensa
de Toloza, la creacion del Consistòri de Barcelona,
e dona una
precioza bibliografia. Nos permetrem de
lo chicanar un briconet. A la paja 9, dis «la (lenga)
usada pels actuals felibres n'està més distanciada (de
la lenga dels trobabors ) que no pas la catalana.»
Acô se pòd plan, s'es question de la lenga de fòrsa
ratura

:

catalana ( in-8"

en

126 p. Barcelona,

felibres de l'Escòla Mistralenca e Rodanenca ; mas
acò's lènh d'estre verai, s'abèm en vista la lenga emplegada pels felibres, cada jorn mai nombrozes, que
caminan dins las regas de YEscola Occitana.

J. S.
MEMENTO : Obres de Nabarrot, ambe una prefacia de M. Camelat (in-16, 78 p.) Edicion dels «Amies
dou Libe Occita», Samatan (Gers).
Li Coucardo, poezias provensalas, pel Dr Fernand Clement (in-16, 102 p.) Impr. Mistral, Cavalhonen-Provensa.
—

Lou Cor en Flou,
Renat Fournier, Majorai
—

p.

poezias bezièrencas, per
del Felibrige,. (in-16, 220

) Impr. Generala, Beziers.

Na Maria Mistral, veuza del grand Malhanenc,
farà parestre lèu las trôbas postumas del Mèstre, jol
titol : Rapngo (Glanes). Es l'ancian Capolher En

�LO

72

GAI

SABER

Pèire Devoluy qu'es estât cargat de preparar aquela
publicacion.
Bêla fèsta de

de Mai

los 31

e

Santa-Estèla, à Clarmont-Ferrand,
1" de Junh. Novèls Majorais qu'i fo-

guèron elegits pel Consistòri : Emìli Barthe, de Beziers ; Benezet Vidal, d'Auvèrnha ; Dr Fernand Clé¬
ment, de Marselha. — Novèls Mèstrès en Gai-Saber : Mla Dibon, d'Avinhon ; M. Pastour, del Limozin. Novels Sòcis : Maria Salva Antonia
Colomb y Ferra, de Malhòrca.

e

Guilhèm

de Junh, la Liga de Guièna e Gasconha,
sièti à Bordèus, tenguèt sa fèsta annadièra
e sos
Jòcs Florals à Sant-Emilion (Gironda), jos la
prezidensa de la granda Filadèlfa de Gèrda. Nòstres.
legeires sabon que Sant-Emilion es una bêla e rica
paròquia girondina, dont l'abat Bergey, deputat-felibre, es lo rector. Tamben, aquela manifestacion regionalista i foguèt merabilhozament reusida e ajudarà bèlcòp à l'espandida de l'idèa felibrenca dins
tota la partida ponentala de l'Occitanla. A la mesa,
l'abat Bergey faguèt un sermon en fransés e en occi¬
tan, e, com sempre, s'i mostrèt orator de grand enLo 7

qu'a

son

de poderoza pensada. A la taulejada, parlèron:
Eiladèlfa de Gèrda, Prosper Estieu, Léon Berard,
ancian Ministre de l'Estruccion publica, Combrouze,
conse de Sant-Emilion, e de nombrozes felibres. A

vanc e

vesprada, Cort d'Amore Jòcs Florals dins lo bèl
del castèl de Soutard. De centenas de joventas
vengudas del païs Bàsco, de las Landas, del Biarn,
de la Bigòrra, de Bètmala, de Bordèus, de l'Agenés,
etc., i faguèron remirar lor beutat e los costumes
d'ancians tems. Mai que jamai lo Felibrige fa taca
la

parc

d'òli

...

J. D.
Le Gérant

:

E. LEVRAT.

Im'pr. de la "Societat d'Edïcion Occitana"

—

Castelnàudary.

�Règles de Phonétique Occitane
i° VOYELLES. — a, seul ou dans le
corps
accentué ou non, sonne comme a français ;

constitue

d'un mot,
mais s'il

terminaison

féminine, il est semi-son¬
nant et Se prononce entre a et o, suivant la région;
e sonne comme é fermé français, et è comme è ou¬
vert français ; — i équivaut à i français ; — u
égale¬
ment ; mais, après une voyelle, il a le son ou fran¬
çais ; — ò ouvert se prononce comme o français, et
o fermé comme ou français ;
— y n'existe pas en oc¬
une

—

citan.
'2° CONSONNES. — b, c, d, f, g, j, 1, m, n, p, q,
(toujours
suivi de u ), r, s, t, z sonnent comme en français ; mais
c devant i est sifflant
comme s français ; — j sonne

tz, dans certaines régions; — m se prononce
à la fin de la r™ pers. du pluriel des verbes ;
n est muet, sauf quelques rares exceptions, à la fin
des substantifs ; — r est souvent muef à la fin des
substantifs et des adjectifs, sauf en Provence, ainsi
comme

comme n
—

qu'au présent de l'infinitif;

—

s

est toujours dur et sif¬

flant ; — t est muet à la fin des participes présents et
des mots en ment; — v sonne comme b, sauf en Pro¬
; — ç, k, X,, w n'existent pas en occitan.
3° GROUPES. — ch, lh, nh se prononcent; tch, ill,
ph n'existe pas en occitan.

vence

—

gn ;

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Guilhèm
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Prosper Estieu (i vol. in-8",

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OCCITANA

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                <text>Ce set contient les périodiques numérisés par le CIRDÒC issus des collections des partenaires d'Occitanica</text>
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      <name>Dublin Core</name>
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              <text>Lo Gai Saber. - Annada 07, n° 035 mai-junh 1925 </text>
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              <text>Estieu, Prosper (1860-1939). Directeur de publication</text>
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              <text>Perbosc, Antonin (1861-1944)</text>
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              <text>Vignette : http://occitanica.eu/omeka/files/original/edce0a30409fadd8e51e436bf0977565.jpg</text>
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              <text>Lo Gai Saber (&lt;a href="http://occitanica.eu/omeka/items/show/13154"&gt;Acc&amp;egrave;s &amp;agrave; l'ensemble des num&amp;eacute;ros de la revue&lt;/a&gt;)</text>
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              <text>1 fasc. (pp. 50-91) ; 22 cm</text>
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              <text>&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;em&gt;Lo Gai Saber&lt;/em&gt; est une revue litt&amp;eacute;raire occitane publi&amp;eacute;e depuis 1919. La rubrique &lt;em&gt;L'&amp;Ograve;rt dels trobaires&lt;/em&gt; est consacr&amp;eacute;e &amp;agrave; la po&amp;eacute;sie, la rubrique &lt;em&gt;Bolegadisa occitana&lt;/em&gt; donne des informations sur l'actualit&amp;eacute; de l'action occitane. La revue fait aussi &amp;eacute;cho des publications du domaine occitan et des r&amp;eacute;sultats du concours annuel de po&amp;eacute;sie occitane de l'Acad&amp;eacute;mie des Jeux floraux.&lt;/div&gt;</text>
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              <text>&lt;div style="text-align: justify;"&gt;Lo&amp;nbsp;&lt;em&gt;Gai Saber&lt;/em&gt;&amp;nbsp;es una revista liter&amp;agrave;ria occitana publicada dempu&amp;egrave;i 1919. La rubrica&amp;nbsp;&lt;em&gt;L'&amp;Ograve;rt dels trobaires&lt;/em&gt;&amp;nbsp;es consacrada a la poesia, la rubrica&amp;nbsp;&lt;em&gt;Bolegadisa occitana&lt;/em&gt;&amp;nbsp;balha d'informacions sus l'actualitat de l'accion occitana. La revista se fa tanben lo resson de las publicacions del domeni occitan e dels resultats del concors annadi&amp;egrave;r de poesia occitana de l'Acad&amp;egrave;mia dels J&amp;ograve;cs florals.&lt;/div&gt;</text>
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