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                  <text>7a Annada

Lo

Setembre

-

N° 37

Octtibre 1925

Gai
Sabet

Revista de l'ESCOLA OCCITANA

Dis Aup i

Pirenèu
F. Mistral.

...

�UO OAI

SABER

Revista de l'ESCOLA OCCITANA
BURÈUS

14,

:

Carrièra

dels Arts

Í Fransa

: un an

Í Estrange

.

: un an

TOLOZA

—
.

.

.10 ir.
1S fr.
.

ENSENMADOR
del N°

37

( Setembre

-

Octobre 1925 )

Catalogne.

Armand PRAVIEL :

Renaissance littéraire

Lo CLAVAIRE :

Als Escolans.

Jean DURENG :

La

Charles MAURRAS :

Une Circulaire de- M. de Monzie.

La

en

Langue d'Oc à l'Ecole.

Ligue pour la Langue

l'École

Guilhèm de NAUROZA :

Réponse à M. de Monzie.
Ribatge Oceanic (6 sonets).
Fèsta al Campèstre.

J. S.

Bolegadisa Occitana.

d'Oc à

:

Sul

Prosper ESTIEU :

e

J. D.

:

Conselh de Direccion
Baron Desazars

Montgalhard, Capiscòl;
Jozèp Anglade, Prosper Estieu, Ańtonin Perbosc, Jos-Capiscòls ; J.-Rozès de Brousse, Secretàri ; Armand Pravîel, Clavaire.
ASABER.
cion del

gai

-

de

Per tôt sò que pertòca l'Administrala Direccion de VEscòla Oc-

saber e

citana, escriure à la Libraria Edouard Privât, 14,
Carrièra dels Arts, TOLOZA.

�•

•

•

•

•

•

La Renaissance Littéraire
en

Catalogne

se peut-il qu'un peuple, d'abord entraîné
loi fatale dans ce vaste mouvement unitaire qui
a
marqué la vie moderne des grands groupements euro¬
péens, se soit vu, au bout d'une épreuve trois fois sécu¬
laire, ramené dans les voies du particularisme ?
—

Comment

par une

Tel

est

le

problème que s'est posé notre excellent

d'écrire son impor¬
ouvrage sur les Origines et premières manifesta¬
tions de la Renaissance littéraire en Catalogne au
XIXme siècle (Toulouse, Privât, et Paris, Didier, 1 vol.,
20 francs).
confrère, et ami Jean Amade, avant
tant

■

Ce problème nous intéresse au premier chef, puisque,
de sa solution, doit dépendre l'orientation que peut avoir
à suivre l'action félibréenne.

Mais, notons-le tout de suite, il y a de grandes diffé¬
rences

entre la situation de

nos

frères de

Catalogne et

la nôtre.

Leur décadence était relativement récente, nous rap¬

pelle Jean Amade. Au moment de la réunion définitive
de l'Aragon à la Castille, en 1479, leur littérature était
encore à son apogée
; et si la découverte du NouveauMonde, en tournant toute, l'activité de la péninsule ibé¬
rique vers l'Océan, a durement frappé Barcelone, on
peut dire que cette dernière n'a reçu le coup de grâce
qu'avec Philippe V. Alors les Catalans qui avaient pris
parti contre ce Bourbon, achèvent de perdre leurs liber¬
tés (1714). Ce n'est donc qu'au XVIIIme siècle que la¬
mine semble achevée, que la population se prononce
„vV .,P

/y/

�LO

122

GAI

pour la culture castillane,
est forcée de se réfugier

SABER

et que la poésie autochtone
les genres inférieurs

dans

d'inspiration populaire.
Cependant, là, elle triomphait encore, car

le peuple,

avait gardé sa langue. Pas
plus que chez nous, il n'a jamais cessé de la parler ;
mais, de plus, l'aristocratie elle-même continua de l'em¬
ployer dans la vie domestique et familière ; la bour¬
geoisie en usait même pour la correspondance intime ou
d'affaires, les livres de comptes, et certaines pièces de
la vie communale et paroissiale. On prêchait en catalan.
Les conseillers, députés provinciaux, consuls de la Mer,
se servaient de ce parler dans leurs délibérations et leurs
décrets, comme les Prud'hommes dans les réunions de
leurs comités corporatifs, et les négociants à la Bourse.
Dans les écoles, les premiers éléments de l'instruction
étaient donnés toujours dans le même langage. M. de
Monzie n'était pas passé par là.
Ce qui fait que, si Antonio de Capmany pouvait, au
XVIIIme siècle, considérer la langue catalane « comme
un ancien idiome provincial mort pour la république des
lettres et inconnu du reste de l'Europe », elle n'en vivait
pas moins dans les livres religieux (sermons, vies des
saints, catéchismes), dans les chants populaires, les con¬
tes, les légendes, les proverbes. Et comme
Quau ten la lengo ten la clau,
la Catalogne continuait, elle aussi, à vivre avec ses
mœurs, ses costumes, ses coblas, ses sardanas, sa cui¬
surtout celui des campagnes,

sine même ! Toutes les tentatives d'unification du

civil espagnol se
tible.
II

droit

sont heurtées à son hostilité irréduc¬

faut remercier M. Amade d'avoir si bien précisé
Ne le félicitons pas moins d'avoir fortement

tout cela.

souligné que c'est par un regain de prospérité économi¬
que que la renaissance littéraire a été rendue possible.
En 1778, Charles III abolit le décret accordant à
Cadix et à Séville le monopole de charge et de décharge
pour les marchandises venues d'Amérique ou exportées

�LO

GAI

SABER

123

population ouvrière, en
Catalogne, atteignait le chiffre de 75.000, dont 18.000
ouvriers pour l'industrie du coton, 12.000 pour celle de
la soie et 3.000 enfin pour celle de la laine. Un an après,
les métiers à tisser le coton occupaient à Barcelone
80.000 ouvriers, et l'exportation des toiles dites indien¬
nes produisait deux cents millions de réaux.
Plus tard, de sages mesures prises par Ferdinand VII
ont augmenté cette prospérité. En 1830, on importait
d'Amérique à Barcelone 6 millions de livres de coton
brut ; en 1840, 18 millions ; et la progression a con¬
là-bas. Dès l'année suivante, la

tinué.
Aussi le réveil intellectuel ne s'est-il pas fait attendre.
Songez que, dès 1814, la Sociedad filosofica commence
à grouper les jeunes Catalans, et que Ballot y Torrès
publie sa Gramática y Apologla de la Llengua Cathalana

:

nous, note-t-il, ne se voit obligé d'écrire
catalan ? Les seigneurs à leurs majordomes,
les maîtres à leurs métayers, les dames à leur famille,
les religieuses à leurs parents, les maris à leur femme,
enfin tous les habitants du pays sont par moments con¬
—

Qui de

parfois

en

un billet ou une lettre en catalan. En
outre, les rituels de tous les évêchés de Catalogne sont
en langue catalane : les fêtes, jours de jeûne, célébra¬
tions de messes et anniversaires dans les paroisses se

traints d'écrire

publient en catalan ; c'est en catalan que se fait l'exhor¬
tation quand on administre la plupart des sacrements,
et c'est en catalan enfin que l'on enseigne et explique
la doctrine chrétienne.

les érudits, Félix de
Amat, Prospero de Bofarull, Mila y Fontanals,
les poètes s'émeuvent. La fameuse Ode à la Patrie de
Bonaventura-Carlos Aribau est de 1833 ; aussitôt lui
répondent Juan Cortada, Miquel Anton Marti, J. Rubió
i Ors. Et l'état des esprits est tel qu'une presse en
Catalan peut s'inaugurer dès 1840 avec lo Pare Arcângel. En somme, l'interrègne — si réellement il y en a
Parallèlement à l'effort tenté par

Torres

�lo

124

eu

un

jamais

un

gai

véritable,

saber

—

n'a vraiment pas dépassé

siècle.
Tout ceci résulte des

précisions rigoureuses appor¬
Jean Amade, et qui expliquent mieux l'extra¬
développement du catalanisme. Elles démon¬
trent par suite que, s'il peut nous fournir de très utiles
indications, il ne doit rien à la Renaissance provençale.
La fameuse épître de Mistral ne date que de 1861, et
les relations ne s'établirent entre Balaguer et li Primadié
qu'en 1867-68, époque où déjà les Jochs Florals avaient
été restaurés depuis huit années.
C'est une histoire fort instructive, mais qui doit de¬
meurer à part, non seulement parce qu'elle se complique
de questions politiques et économiques qui nous sont
étrangères, — mais parce que le réveil de la Catalogne
s'est opéré dans des conditions entièrement différentes
tées par
ordinaire

de celles où

nous

vivons. Et tout cela redouble l'intérêt

de

l'ouvrage magistral de Jean Amade qui doit figurer
dans la bibliothèque de tout bon Occitan.
Armand

ALS

PRAVIEL.

ESCOLANS

Nous prions instamment ceux de nos adhérents qui
n'ont pas payé leur cotisation, de 1925 de l'adresser
IMMEDIATEMENT à la librairie Privât, 14, rue des

Arts, Toulouse. Sinon, à notre grand regret, nous nous
verrons obligés, pour la régularisation de nos comptes,
de prier nos administrateurs de procéder à des recou¬
vrements par la poste.
Les recouvrements seront majorés des frais d'envoi
et de présentation que l'ESCOLA ne peut supporter,
surtout alors qu'il s'agit de cotisations dues depuis le
1er Janvier dernier. Nous prions nos ESCOLANS de
vouloir bien le comprendre et de ne pas s'en formaliser.
Lo

Clavaire.

�LO

GAI

SABER

125

Pages choisies

i"

La

Langue d'Oc à

l'École (I)

M. de Monzie vient de répondre par une fin de nonrecevoir au vœu du congrès régionaliste de 1925, qui
tendait à introduire à l'école primaire et même au lycée
la langue d'Oc à titre auxiliaire, pour aider à l'ensei¬

gnement et à la compréhension du français, ou pour
faire goûter aux enfants les belles œuvres écrites, autre¬
fois ou aujourd'hui, dans les dialectes du Midi.
Cette décision est diversement appréciée. L'approu¬
sans réserve les
gens du Nord (au nord du Massif
Central, précisons pour les Parisiens) et ceux qui, tenant
l'unité de langue pour un dogme infrangible, considè¬
rent les dialectes du Midi comme des « patois », des
« instruments d'erreur
», des « signes du fanatisme et
de la féodalité », selon les expressions du Toulousain
Barrère à la Convention, ou, pour parler comme aujour¬
vent

d'hui,

des

langues littéraires admises à faire
», que l'instituteur est
précisément chargé de « faire désapprendre » aux pe¬
tits Français.
A ceux qui n'ont sur cette question aucun parti pris,
comme

«

valoir leurs droits à la retraite

nous recommandons la lecture d'un vivant et chaleureux
article paru dans la revue La Vie des Peuples (10 juin

(1) Cf. La Dépêche du

30 août 1925.

�12

6

LQ

GAI

SABER

1925). C'est un plaidoyer en faveur de l'introduction à
l'école de la langue d'Oc, dû à M. Nouaillac, normalien,
historien d'Henri IV, régionaliste, aimable animateur de
toutes les sociétés limousines de Paris, amoureux fer¬
vent de l'Occitanie et plus que quiconque instruit de
parler et de ses fastes.
ne s'agit, bien entendu, de rien entreprendre con¬
tre l'unité de la langue digne d'une unité morale indes¬
tructible. Ce serait, du reste, une erreur de croire que
l'unité linguistique soit le seul, ou même le principal
support de l'unité morale. S'il en était ainsi, comment
expliquerait-on l'étonnante cohésion du peuple français,
dont la moitié parle, dès l'enfance, d'autres idiomes que
le français, l'allemand, l'alsacien, le flamand, l'italien,
le basque, le breton et les dialectes occitans ?
son

Il

Et l'unité française n'a pas détruit les idiomes locaux,
malgré la centralisation, malgré la propagande de l'école
primaire ; ils sont vivaces comme tout ce qui tient au sol.
Ceci est particulièrement vrai du dialecte d'oc. Il de¬
meure vivant, parce que c'est un dialecte populaire ; il
fut jadis une langue littéraire, celle des troubadours.
Passé lointain, passé aboli, qui ne laisse derrière lui
qu'un indésirable jargon ? Non, puisqu'une renaissance
occitanienne s'est produite, voilà plus d'un demi siècle,
avec le Félibrige. Jeux d'érudits raffinés, d'artistes et
de poètes savants ? C'est vrai pour Mistral, et du reste
pour beaucoup de troubadours du
moyen-âge, c'est
moins exact pour d'autres, le typographe Aubanel, le
coiffeur Jasmin et notre Mengaud, celui de La Toulou¬
saine et de Rosos et Pimpanélos, un poète d'instinct et
de race. Renaissance éphémère ? Qu'en sait-on ?
Ne lançons donc pas l'exclusive contre un langage
qui n'est pas le français, mais qui est français, et qui fait
ses preuves de vitalité et de richesse : il fait partie de
notre patrimoine. La grande patrie abrite sous son aile
les petites patries dont elle n'a pas à être jalouse, et
dont elle n'a rien à redouter, est-il besoin de le dire, pour
sa suprématie.

�LO

GAI

SABER

127

grand tort est de représenter à l'école le « patois »
charabia^ inférieur dont on doit se débarras¬
ser au plus vite. Or, l'enfant a appris à penser dans cet
idiome, qui répond au milieu où il vit, qui dit tout ce
qu'il a besoin de dire. Lui faire honte de son langage,
n'est-ce pas donner au campagnard un motif de plus de
ne vouloir plus être un paysan, et de déserter son champ?
En le déracinant moralement, on risque souvent de ne pas
Le

comme un

l'élever.

Trop fréquemment, le français appris à l'école reste
lui un vêtement qui ne lui va pas, comme ces
chapeaux de ville dont s'affublent nos villageoises et
sous lesquels elles sont mille fois moins charmantes que
pour

sous

leurs traditionnelles coiffes.

parle mal, le vocabulaire est pauvre, la conver¬
savent même
pas le nom des animaux ; ils disent : une grosse bête,
une petite bête. Qu'ils s'expriment en patois, leur visage
s'éclaire, l'imagination se débride, la parole se fait pit¬
toresque, vivante, parfois profonde.
Nombre d'éducateurs ont pensé que l'instruction pri¬
maire gagnerait beaucoup à ne pas faire table rase de
la langue traditionnelle, et, au contraire, à partir d'elle
pour arriver au français ; on sait que le « patois » est
le « latin du pauvre ». Par là, serait facilitée la connais¬
On le

sation courte. En Limousin, des paysans ne

sance des formes et de
heureux écoliers ; la

l'orthographe, bête noire des mal¬
comparaison entre les deux lan¬

éveillerait la réflexion et l'intelligence et rendrait
plus agréable et plus aisé.
Quelques œuvres occitanes seraient-elles indignes
d'être inscrites au programme des écoles primaires ou
des lycées ? Beaucoup d'entr'elles n'auraient-elles pas
plus d'agrément et de valeur éducative que la Chanson
de Roland, par exemple ?...
Cette pédagogie bilingue, qui va du connu à l'in¬
connu, eut pour zélé partisan Michel Bréal, l'illustre lin¬
guiste ; des félibres en ont encouragé la propagande :
Delhostal, Sylvain Lacoste, Bernard Sarrieu ; des instigues

le travail

�128

LO

GAI

SABER

tuteurs, des inspecteurs primaires,

conquis

par

l'idée,

appliquée spontanément. En Que*cy, 102 commu¬
nes sur 243 ont demandé qu'elle fut généralisée. Le mou¬
vement n'est pas spécifiquement régionaliste. Bien des
Français de haute culture y ont adhéré. Les Amis de la
Langue d'Oc ont reçu l'adhésion d'hommes politiques
d'opinions fort diverses : Léon Daudet, Herriot, Leygues, de Magallon, Duclaux-Monteil, Raynaldy, Fribourg, et plus récemment Ducos, député de la Hautel'ont

Garonne.

langue d'Oc ont été autorisés
lycées et les écoles normales primaires par une
circulaire de M. François Albert, le 2 novembre 1924.
Mais rien n'a été fait encore officiellement pour intro¬
duire à l'école primaire une méthode précise.
Des

cours

facultatifs de

dans les

Et

pourtant, s'il vivait, nous entendrions s'élever, en
vœu des Occitans, la grande voix de Jaurès,
dont l'âme si belle et si compréhensive s'ouvrait à tous
les appels venus de l'âme populaire, et qui resta tou¬
jours un homme de chez nous.
En août 1911, il écrivait, dans La Dépêche, une page
éloquente qu'on pourrait demander à M. de Monzie de
relire et de méditer. Qu'on nous permette d'en citer un
faveur du

extrait
«

:

...Pourquoi

enfants de

nos

ne pas profiter de ce que la plupart des
écoles connaissent et parlent encore ce

qu'on appelle d'un nom grossier « le patois » ? Ce ne
serait pas négliger le français : ce serait le mieux ap¬
prendre, au contraire, que de le comparer familièrement
dans son vocabulaire, dans sa syntaxe, dans ses moyens
d'expression, avec le languedocien et le provençal. Ce
serait pour le peuple de France du Midi le sujet de
l'étude linguistique la plus vivante, la plus familière, la
plus féconde pour l'esprit. Par là serait exercée cette
faculté de comparaison et de discernement, cette habi¬
tude de saisir entre deux objets voisins les ressemblances
et les différences qui est le fond même de l'intelligence.
Par là aussi, le peuple de notre France méridionale con-

�lo

gai

129

saber

plus direct, plus intime, plus pro¬
origines latines. Même sans apprendre le
latin, il serait conduit, par la comparaison systématique
du français, du languedocien et du provençal, à entre¬
voir, à reconnaître le fond commun de latinité d'où éma¬
naîtrait
fond de

un

sentiment

ses

nèrent le dialecte du Nord et le dialecte du Midi. Les
siècles d'histoire s'éclaireraient en lui, et, penché sur cet

abîme, il entendrait le murmure lointain des sources pro¬
ce qui donne de la profondeur à la vie
grand bien. J'aimerais que les instituteurs met¬
tent cette question à l'étude dans leurs congrès. »
A la vérité, tous ces arguments développés par la voix
d'outre-tombe valent surtout pour les dialectes d'oc avec
une force irrésistible. N'y aurait-il pas quelque incon¬
vénient à s'en prévaloir pour réclamer le même privilège
en faveur des langues moins apparentées au français,
comme l'alsacien, le breton et le basque ? Et ne 'risquerait-on pas, ailleurs que dans le Midi, d'encourager une
sorte de particularisme dialectal qui pourrait avoir de
fâcheuses répercussions politiques, en dépit de la cohé¬
sion morale de la France ? Ou je me trompe fort ou ce
sont là les raisons qui ont déterminé M. de Monzie à
faire une réponse dont tous les amis de la langue d'oc

fondes. Et tout
est

un

seront fort contristés.

Jean DURENG.
II

Une circulaire de M. de Monzie

(l)

Comment M. de Monzie n'a-t-il pas vu les deux gran¬
des utilités de l'emploi des dialectes à l'école primaire ?
L'une est mentale, éducative, pédagogique : il n'y a pas

(1) Cf. Y Action Française du 2 Septembre 1925.

�LO

GAI

SABER

de meilleur moyen d'enseigner le français dans les
trois départements où se parle la langue d'oc.

trentePerte de
temps, dit la circulaire. Eh ! non, gain de temps ! Ce qui
s'apprend très lentement, très incomplètement, très mal
par les méthodes ordinaires est appris vite et bien par
la
de

comparative. Celle-ci permet aux paysans
langue d'oc de s'assimiler le français complètement,

méthode

vite et bien.

amis, mort depuis peu d'années, éduca¬
éminent, le frère Savinien, avait établi le cycle com¬

Un de nos
teur

plet de cet enseignement comparatif

du dialecte popu¬

laire et du français courant. Le frère Savinien
contre la routine de l'enseignement public et

s'est élevé
la servilité

l'enseignement libre, et son école d'Arles portait té¬
moignage pour lui. M. Albert Petit a bien tort de se
moquer de la formule du « latin du pauvre » ; c'est bien
le terme exact qui n'est pas indigne de Michel Bréal à
qui on l'attribue. J'ai vu des jeunes gens du peuple for¬
més par le frère Savinien ; grâce à l'enseignement du
français par le provençal, ils ont été rapidement amenés
a parler un
français très pur, absolument exempt du
hideux franco-provençal qui estropie et déshonore les
deux langages. Ils ne disaient pas : Mail, nous allons
de

s'amuser à la sable pour: « maman, nous
amuser sur le sable ». Ils ne disaient pas :

allons nous
Ménicle va

bayer de civade au cival pour : « Dominique va donner
de l'avoine au cheval ». Ils ne disaient pas : je suis été
pour « j'ai été », ni la lièvre pour « le lièvre ». Choses
précieuses en un temps où les mots règlent la vie publi¬
que, les élèves du frère Savinien connaissaient
des mots. Ils ne les employaient pas à tort et à
et

cette

le sens
travers,

pleine possession du langage avait beaucoup
progrès dans les autres branches.

favorisé leurs
Il y a

autre chose, d'ordre moral, d'ordre

social et

précieux, plus précieux que
jamais, et c'est le point vif qu'a senti M. de Kerguezec
dans l'ardente protestation qui fait le tour de la presse.
M. Paul Souday ne comprendra jamais que, hors des

national, qui est aujourd'hui

�LO

GAISABER

soit pas indifférent à un
bas
peuple de parler «
breton, agrache ou javanais ».
Mais M. Paul Souday joint à la palme des nigauds celle
des esprits malhonnêtes et des mauvais citoyens. Sans
discuter fédéralisme ou jacobinisme, qui nous mène¬
raient loin, il est certain que l'honneur du bas breton et
du provençal fait partie de l'honneur français. Pratique¬
ment, la mise en paralèle du français et du dialecte à
l'école apporte au dialecte une sorte de réhabilitation,
le relève aux yeux des enfants comme des parents et fait
ainsi valoir une multitude d'objets, d'usages, de maxi¬
mes, de pensées, de façons d'être et de vivre, dont jus¬
qu'ici l'école s'est détournée malheureusement. Pour
éclaircir ce grand bienfait, il faudrait reprendre tout ce
qui a été dit dans les Déracinés de Barrés, livre plein
de génie et aussi de bon sens. Il faudrait rouvrir les
pénétrantes études du docteur Labat sur l'abandon des
campagnes dans le Sud-Ouest, sur les raisons de cet
exode effroyable, dont la plupart tiennent à la dénata¬
lité, mais la dénatalité elle-même tient en grande partie
au déracinement systématique par les voies de l'école et
du petit journal. Il faudrait enfin considérer l'état de la
France depuis la guerre. Nous a-t-on assez dit qu'elle
doit être un peuple de cadres ? qu'elle doit encadrer des
travailleurs manuels de partout ? Si l'on veut ériger,
comme il serait facile, notre admirable France paysanne
en une sorte de patriciat, encore faudra-t-il que le ca¬
dre rustique soit muni des solides vertus patriciennes,
dont la première est l'attachement au sol, aux particula¬
rités matérielles, spirituelles et morales du sol. La lan¬
gue locale en est une. Non seulement il ne faut pas la
diminuer, il faut la relever et la glorifier. Ce devrait
être œuvre nationale, œuvre d'Etat. L'Etat fait le con¬
circonstances officielles, il ne

traire. Il est fou.
la

Ainsi, d'ailleurs, le veut la nécessité démocratique de
centralisation. Trente ministres ou rapporteurs du

budget de l'Instruction publique

originaires du Midi et

de formation félibréenne ont tenté de mettre en

que

le salubre régionalisme de Mistral ou

prati¬

d'introduire

�lo

132

gai

saber

longtemps heurtés aux
à sa tradition jacobine
et à sa loi centralisatrice, leurs cinquante ans de péni¬
ble effort incertain se trouvent annulés en un jour par le
brusque refus d'un ministre périgourdin qui a eu le cou¬
rage de ses opinions.
la méthode du frère Savinien :
résistances de leur propre parti,

Charles

MAURRÀS.

III

Réponse à M. de Monzie (l)
Monsieur le Ministre,

Comme l'a fort justement souligné notre ami Charles
Brun dans le Provençal de Paris du 26 juillet dernier,
votre lettre nous refuse ce que nous ne demandions pas
dans notre

requête du 18 juin. Mais par la forme même
qu'il revêt, dans cette lettre et dans la circulaire qui
est venue l'accentuer encore, votre refus élargit le débat.
Vous nous déclarez en somme que l'école primaire n'a
pas le temps de s'occuper des « patois », qu'elle doit
les ignorer et même les redouter. Voilà posé un principe
qui risque de créer tôt ou tard un malentendu très grave
entre les pays d'Oc et le Gouvernement français. Le
Midi, dont nous sommes (et qui s'étend, ne l'oubliez
pas, de Vichy aux Pyrénées et à la Mer Latine), le jeune
Midi qui se lève ne croit plus du tout, comme le Midi
de votre génération, que sa vieille langue d'Oc soit 1.111
patois. Aujourd'hui il en demande poliment, demain il
en exigera avec force la réhabilitation. Plus on attendra,
plus ses revendications seront véhémentes. Gouverner,
c'est prévoir !
(1) Lettre qui vient d'être adressée à M. de Monzie par le Bu¬
de la Ligue pour la Langue d'Oc à l'Ecole. Nous nous y

reau

associons entièrement.

�LO

Nul

GAI

SABER

J33

conteste que, dans un Etat moderne, il ne
langue commune à tous les citoyens de toutes
les régions. Mais cette nécessité n'implique ni la des¬
truction, ni l'inculture des autres langues parlées par
les minorités linguistiques de la Nation. Ces minorités
étant bilingues, leurs écoles doivent être bilingues aussi.

faille

ne

une

Nous

reconnaissons

avec

vous,

Monsieur le Ministre,

qu'il est essentiel d'enseigner partout le français, et c'est
en vertu de cette conviction que notre Ligue avait signé
la requête du 18 juin. Mais nous tenons pour non moins
essentiel l'enseignement officiel de notre langue mater¬
nelle partout où elle est parlée.
Poser en principe que chaque Etat ne doit admettre
qu'une seule langue officielle, c'est inciter les minorités
linguistiques à retourner la proposition et à dire : « A
chaque Langue doit correspondre un Etat ». C'est donc
les rejeter dans l'alternative du suicide ou du sépara¬
tisme, comme cela s'est produit naguère en AutricheHongrie, en Russie, en Allemagne, et comme cela se
produit sous nos yeux en Catalogne espagnole. L'Angle¬
terre a su résoudre un tel problème dans le Pays de
Galles. Permettez-nous, Monsieur le Ministre, de vous
proposer cet exemple.
Nous ne vous ferons pas l'injure de croire que vous
estimerez une lettre et une circulaire ministérielles

capables de supprimer, ni même d'éluder une
aussi vaste difficulté. Mais nous devons vous avertir
de notre volonté absolument inébranlable d'aboutir à
une solution juste, conforme à la fois aux intérêts de
comme

Pays d'Oc et de l'Etat, digne de la France, cham¬
pion du Droit et des vaincus de l'Histoire. Enfin, nous
tenons à décliner toute responsabilité sur les consé¬
quences que pourrait avoir votre refus — s'il devait
être maintenu
pour la bonne harmonie entre les
Français.
Veuillez bien agréer, Monsieur le Ministre, nos hom¬
mages respectueux.
La Ligue pour la Langue d'Oc à l'École.
nos

—

�L'ORT DELS TROBAIRES

SUL

RIBATGE

OCEANIC (0

VII

Marina
Mar siauda. Sus l'arena

una

barra d'escruma

Potoneja

mos pèds ont moris son mormol.
Perdut demèst las gens, raibi com s'èri sol.

Ve^i dins lo lent an

un

bastiment

que

fuma.

Lo

cèl, dusc' à mièchjorn emmantelat de bruma,
larg ara n'a plus una nibol.
De tems en tems se mòstra un gabian faribol
Que ven regar l'azur ambe sa blanca pluma.
Gracia al vent

De dròllas que

V solelh crèma mens que l'amor
l'on^ada amarganta escondon lor bèlor
bremban qu'Afrodita espeliguèt de fonda.

Dins
E

Que m'es placent, cada an, à la cauda sa^on,
De tornar aicital, com à son nis l'ironda,
Per perdre mon agait sul marin ori^on !

(i) Cf. Lo Gai Saler, N*

31

(Setembre-Octobre 1924).

�LO

GAI

SABER

!35

VIII

Dabant

una

Qarba de Ròzas

Qu'auriai placer de vos lauqar, rò^as polidas,
d'aquelas que cantèt Anacreon !
Mas los bordons que méritâtqui sab ont son !
Sorgas de mon engenh pels ans son estorridas...

Filhas

Segur, arribat\ pas de las òrtas floridas
De l'Italia, de la Pèrsa o del Japon.
Pracò, m'embelinatq dins mon blanc ostalon,
Vos autras que prèp VAtlantic èt% espelidas.
Lo que mèscla son ama al perfum d'una flor
Pòd dire que coneis sò que i a de melhor
Subre la terra pr' adosir un pauc la vida.

flaira e rica de bèltat,
Tre que picarà l'or a ont te veirai marfida,
Reviuràs dins mon cor qu'as tant embriaigat
Garba rica de

!

�136

LO

GAI

SABER

IX

Lo

Lop de

Vièlh Pescaire

n' manca pas gaire,.
vejèt batsacat !
Faguèt lo torn del monde, al tenis qu'èra soldat,
Pèi, coin los sius aujòls, se volguèt far pescaire.
mar

cinquanta

ans, o se

Subre quantas de mars se

Jol solelh
Mai
Mas

e 's embruns,
barca e trobèt

pèl tanada per l'aire,
peis dins son fielat.
d'un cop per la Mòrt se sentiguèt fregat ;
sempre del grand g org finiguèt per se traire.

Menèt

sa

es vièlh e compren qu'a
plus lo pèd segur.
En atendent d'anar dormir al cròs escur,
De l'alba al luscre trèva sol subre V ribatge.

Ara

E, soscant als sius filhs qu'à-n-aquesta ora
Subre l'on^ada enfuronida per l'auratge,
En alucant sa pipa agaita l'orfon.

son

�LO

GAI

SABER

137

X

Los Salvadors

La

tant bêla

granda trahidora.
Jol clar solelh, com un miralh vos emblau^is,
Vos refresca, vos brèsa e vos acosto\is ;
mar

Pèi, dins

es

non res, se

un a

descadena la tempora.

Pietat

pels enfantons qu'à-n-aquela mala ora
l'on^ada en plen bolegadis !
Aquesta los capvira e los aprigondis,
E l'òrra Mòrt se mòstra lèu triomfadora.
Se tròban dins

Mas, sul ribal de l'Océan, los imprudents

Qualque còp son salvats pels mariniers valents
Qu'an per mestièr de tene cap à la trumada.
O

Mu^a d'Oc qu'as inspirât los Trobadors,

A-n-un tems ont los asasins

Janiai

non sauras

son una

armada,^

pron lau^ar los salvadors !

�138

LO

GAI

SABER

XI

Los très Drollets dins la

Barqueta

Los très drollets dins la

barqueta son montais.
Jos lo cèl blos, com la mar siauda lor agrada !
Cap al ponent veiran belèu nòva encontrada...
Pel ventolet lènh de la plaja son butats.
Los très drollets rabentament

son

espantats :

Una nibol à

l'ori^on s'es arborada.
l'auratge ! La barqueta es capvirada,
très cadavres sul ribal son rejitats.

Aici
E

Los très drollets subre

l'on^ada bresadora

Cre^ian pasar
Mas

n an

una jornada encantadora ;
trobat que la trumada e que la Mòrt.

Com los drollets embriaigats per l'esperansa,
Quantis d'umans, sus l'Océan de l'estrambòrd,
Non soscan gaire à la mala ora que s'abansa !

�lo

gai

saber

139

XII

Vciu

plus subre la plaja...

Vau

plus subre la plaja ont son apareguts
qu'ai mes d'Agost quitan las vilas.
Castèlalhon es refofant d'autòmobilas,
E s'i va faire lo grand branle dels escuts.
Los novèls ries

Ont
O

son

anats los

jorns tranquilles qu'ai viscuts,

mar, dabant las tiunas ilas
de Ré ? Ont son, auras sutilas,

ponentala

D'Oleron
Vòstres

e

potons tant agradius del larg venguts .?

Ara,.com cèrqui pas lo gauch
Dins la

d'aquesta vida

anca arredondida,
soscador dins mon ostal.

c.ontemplacion d'una

Demòri siaud

e

Mas, tre que V femelan coin un vòl d'irondèlas
fugit per 'mon solàs lènh d'aicital,
Suis tius bords, Océan, dirai cantas novëlas '!

Aura

Prosper

(Las Oras

Cantairas. )

ESTIEU.

�LO

140

Fèsta al

Lo solelh colc manda
Dels
E las

SABER.

GAI

Campèstre

sos

raises sul cimèl

garrics capelant una sèrra lentana,
sagetas que delarga sus la plana

Meton subre 's bladals

Mas lo luscre

es

Lo calandre fins

un

vel color de mèl.

vengut. Dins las nautors del cèl,
sa canson

abelana,

Dementre que

A dire

son

1' grilhet amorozit s'afana
cri-cri pel pelhenc d'un supèl.

Los lauraires tamben

gauch dins lo campèstre.
Prèp d'un riu clar, al pèd d'un tuculet rupèstre,
An fait

un

an

bal ondrat de flors

e

de fèlhum.

E, los jovents e las joventas del terraire
Dansant embriaigats pels aires d'un pifraire,
Lo bruch de lors potons s'espandis jos l'arbrum.
GUILHÈM DE NAUROZA.
(Cants d'un Grilh).

�JMSt j&amp;ìt.

j££t iiîs. -aMa. -aMt

-akia-

£&amp;£&amp;.

0000000000

BOLEGADISA

OCCITANA

Libres recebuts : Lou Cor en Flou, pouesios bezièrencos, per Renat Fournier (in-16, 220 p.) Empr.
Generalo, Beziers. — Lo Majorai Renat Fornier abià
promes dempèi plan de tems lo libre que ven de pu-

blicar. Fòrsa gens coneisian déjà mai d'una d'aquelaS
poezias que l'autor dizià, de sa vots fbrta, à la fin de
las taulejadas felibrencas. Seran urozes de las trobar
aici, ambe d'autras flors que fan una bêla garba.
N'i a de tota qualitat: flors de maitin e flors de vesprada, flors de jovetut e de fogal, flors d'amistat e
de raibe, flors del terraire, flors felibrencas e patrialas. Mèrcan las oras de jòia o de malcòr, d'estramo d'ablazigament
que se mèsclan dins la vida
poèta com dins la vida de cadun. Aquels bordons
rajat del siu còr, e se pòd dire que Lou Cor en

bòrd

del
an

Flou
I
que
que

es

lo libre de

sa

vida.

d'òdas, de fablas, de rondèls. Mas sò
mai m'agrada, son las cansons. Parlarai res
d'una : la Cansou del Rastèlat.

a

de sonets,

A cada trabalhaire son utis : al pastre la bòrda, al
boièr l'agulhada, à l'olivaire sa pèrga (gaula), à l'obrièr sa lima o son martèl ; lo pacan de Bezièrs, el,
l'òme del païs del vin, a son rastèlat, e lo canta com
un amie :
Aco 's la

Del

lanço amai l'espaso

chfvàliè de Valïcant.

�LO

142

GAI

SABKR

A l'ora de
sa

s'enanar, quand aurà acabat son
butada, dira à sos felens :

prefait,

Al constat de moun vièlli rousdri,
Per laura lou Camp estèlat

Metès-m' al mens dins Ion susàri
Coumo un sceptre moun rastèlat.

Dizètz-me s'acò 's pas polit, e s'aquel rastèlat vos
fa pas soscar al volam d'aur jitat dins lo camp de las
estèlas per un segaire de l'eternal estiu.
Lo

majorai Fornier coneis sa lenga, e la bolèga,
pòd dire, tant plan com l'araira bolèga lo terraire.
Mas perquei amelhora pas sa grafia ? Se vòl pas far
siunis tots los principis de YEscòla Occitana, debrià
al mens se remembrar sò que prepauzaba lo Burèu
mantenencial de Lengadòc, en 1911 :
se

restablir l'r à l'infinitiu dels vèrbes ;
en
t\ e en 11 la segonda e la trezenca perpluralas ;
metre lo t als mots en ent o en ant, que siaguen

acabar
sonas

noms,

advèrbes

o

donar sempre
lo son dos.

participes
à 1'

s

lo

;

son

dur de

ss e

escriure

£

Lo
de
i

majorai Fornier nos anoncia un autre libre
poezias : Sul graile d'Oc. Aimariam de lo veze
aplicar aquels principis que, com òc dizià Be-

dard

dins

la

Cigala Lengadouciano de julhet,

s'asartar à toutes lous dialectes d'Oc, lous
metre toutes d'acòrdi sèns ne favourizar cap al despens d'un autre, sèns ne mesprezar cap. »
J. s.
pòdon

«

MEMENTO : Su la Taupineyre, «
Banliu Bourdelese », per Gric de Prat

estudes de la
(in-16, 98 p.)

Impr. Castera, Bordèus.
Manualettu de la Storia di

Corsica, per
J.-P. Lucciardi (in-24 p.) Impr. E. Cordier, Bastia.
—

a

�LO

—

Discours

en

GAI

SABER

143

Langue d'Oc prononcés à Briou-

de, le 16 Août 1925, par H. Gibert et L. Delhostal
(in-8, 12 p.) Libr. Delaunay, Clermont-Ferrand.
La Santa Vierge e V Occitant a, sermon pré¬
dicat, lo 24 de Mai 1925, à Castèlnòudari, per l'abat
J. Salvat (in-8 8 p.) Societat d'Edicion Occitana,
—

Castèlnóudari.
—

La

Langue Occitane et la Prononciation dit
(in-8 jesus, i4p.)Imp. des

Latin, par Joseph Rouquet
Arts, Toulouse.

setembre, la vilatge de Luzech, en Carsi,
à la memòria del poèta Lefranc
de Pompinhan, jos la presidensa de M. de Monzie,
senator carsinôl e Ministre de LEstruccion publica.
Lo 27 de

arborèt

un

monument

Muzica, discorses, banquet, res nou manquèt, oc
pensatz plan, à-n-aquela manifestacion. M. de Mon¬
zie debèt mêmes trobar que las gens de son païs

pasaban l'òsca... Aicì la cauza. Al bèl mitan de la
fèsta, sens que degun l'esperèse, s'arborèt un enconegut, paure mèstre d'escòla d'un vilatge vezin,
M. E. Laffont, que clamèt en lenga d'Oc una òda
remirabla à la glòria de Lefranc de Pompinhan. Se

foguèt aplaudit, abètz pas bezonh d'òc demandar. Jamai, à Luzech, s'èra vi'st tal estrambòrd populari.
E es atal que, dins son païs, M. de Monzie racebèt una
bona responsa à sa circularia contra los dialèctes de
« luxe »... Qui cèrca tròba !
Lo

dimenge, 18 d'octobre,

l'asociacion felibrenca

Prouvenço ! » faguèt à Marselha, dins la grand
sala delà Mutualitat, una bêla manifestacion en favor

«

lenga d'Oc tant azirada per M. de Monzie !
Remy Roux, députât de Marselha, prezidaba,
ajent à sa dreita nôstre amie Armand Praviel, de
l'Academia dels Jocs Florals, e à son esquèrra M.
Pèire, ancian Conse. Eran a.qui mai de mila Provensals estrambordats e fidèls à lors tradicions. Demest
de la

M.

�LO

144

GAI

SABER

aquels, citarem : Dr Fallen et V. Bernard, tots dos
ancians Capolhèrs del Felibrige, E. Ripert, profesor de literatura occitana à la
Facultat d'Ais, ma¬
jorai F. Clément, etc. Discorses nombrozes e afogats. L'allocucion d'Armand Praviel boleguèt tots
los cors. Un ordre del jorn de protestacion contra la
circulària de M. de Monzie, prezentat pel majorai
Clement, foguèt votât à l'unanimitat.
La Provensa se laisarà pas faire, e lo Lengadòc
tapauc !
a

Regretam prigondament de non aberpogut anonlèu la mòrt subita, à Gòrdes (Vau-Cluza),
Julbet pasat, del Canonge Paul Payan,
Majorai del Felibrige. Acò 's una granda pèrda, non
solament per 1a, Provensa, dont èra un filh afeccionat e un aparaire valoros, mas per tota l'Occitania.
Predicaire en lenga d'Oc, poèta d'elei, òme d'accion,
èra tôt acô, aquel bon Comtadin, dont la disparicion
ciar plus
lo 12 de

tantis de còrs en dòl. L'Escòla Occitana
mes
s'aclina respectuozament dabant son cròs.
a

J. D.

Le Gérant

:

E. LEVRAT.

Impr. de la "Societat d'Edicion Occitana"

—

Castelnaudary.

�Règles de Phonétique Occitane
i° VOYELLES.

accentué

—

seul

a,

ou

dans le corps d'un mot,

a français ; mais s'il
féminine, il est semi-son¬
nant et se prononce entre a et o, suivant la
région ;
e sonne comme é fermé
français, et è comme è ou¬
vert français ; — i
équivaut à i français ; — u égale¬
ment ; mais, après une voyelle, il a le son ou fran¬
çais ; — ô ouvert se prononcé comme o français, et
o fermé comme ou français ;
— y n'existe pas en oc¬

constitue

ou

non, sonné comme

une

terminaison

—-

citan.
2° CONSONNES. — b, c, d, f, g, j, 1,'m, n, p, q,
(toujours
suivi de u ), r, s, t, z sonnent comme en français ; mais

devant i est sifflant

c

comme
comme

comme s français ;
— j sonne
tz, dans certaines régions; —- m se prononce
n à la fin de la i"
pers. du pluriel des verbes ;

n est muet, sauf
quelques rares exceptions, à la fin
des substantifs ; — r est souvent muet à la fin des
substantifs et des adjectifs, sauf en Provence, ainsi
—

qu'au présent de l'infinitif;
flant ;

—

des mots

—

s

est toujours dur et sif¬

t est muet à la fin des participes présents et
en ment; —- v sonne comme
b, sauf en Pro¬

; — ç, k, x, w n'existent pas en occitan.
3° GROUPES. — ch, lh, nh se prononcent : tch, 111,

vence

—"

ph

n'existe.pas

en

gn ;

occitan.

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20. »
d'Oc, avec tra¬
duction française, par Prosper Estieu (1 vol. in-8°
32 p. ) . . ."
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3. »
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duction française, par Prosper Estieu (1 vol. in-8°,
280 p.)
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12: »
La Canson Occitana, poèmes en langue d'Oc., avec tra¬

p.)

300

Bordons

—- rare
Pagans, sonnets en langue

duction

264

française,

par

p.)*

Prosper Estieu ('1 vol. in-8°,

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12.

»

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Canson

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�</text>
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              <text>Vignette : http://occitanica.eu/omeka/files/original/b3c78f254fefc7c4415346083227762b.jpg</text>
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&lt;/head&gt;&#13;
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Lo Gai Saber (&lt;a href="http://occitanica.eu/omeka/items/show/13154"&gt;Acc&amp;egrave;s &amp;agrave; l'ensemble des num&amp;eacute;ros de la revue&lt;/a&gt;)&#13;
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&lt;/head&gt;&#13;
&lt;body&gt;&#13;
&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;em&gt;Lo Gai Saber&lt;/em&gt; est une revue litt&amp;eacute;raire occitane publi&amp;eacute;e depuis 1919. La rubrique &lt;em&gt;L'&amp;Ograve;rt dels trobaires&lt;/em&gt; est consacr&amp;eacute;e &amp;agrave; la po&amp;eacute;sie, la rubrique &lt;em&gt;Bolegadisa occitana&lt;/em&gt; donne des informations sur l'actualit&amp;eacute; de l'action occitane. La revue fait aussi &amp;eacute;cho des publications du domaine occitan et des r&amp;eacute;sultats du concours annuel de po&amp;eacute;sie occitane de l'Acad&amp;eacute;mie des Jeux floraux.&lt;/div&gt;&#13;
&lt;/body&gt;&#13;
&lt;/html&gt;</text>
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              <text>&lt;!DOCTYPE html&gt;&#13;
&lt;html&gt;&#13;
&lt;head&gt;&#13;
&lt;/head&gt;&#13;
&lt;body&gt;&#13;
&lt;div style="text-align: justify;"&gt;Lo&amp;nbsp;&lt;em&gt;Gai Saber&lt;/em&gt;&amp;nbsp;es una revista liter&amp;agrave;ria occitana publicada dempu&amp;egrave;i 1919. La rubrica&amp;nbsp;&lt;em&gt;L'&amp;Ograve;rt dels trobaires&lt;/em&gt;&amp;nbsp;es consacrada a la poesia, la rubrica&amp;nbsp;&lt;em&gt;Bolegadisa occitana&lt;/em&gt;&amp;nbsp;balha d'informacions sus l'actualitat de l'accion occitana. La revista se fa tanben lo resson de las publicacions del domeni occitan e dels resultats del concors annadi&amp;egrave;r de poesia occitana de l'Acad&amp;egrave;mia dels J&amp;ograve;cs florals.&lt;/div&gt;&#13;
&lt;/body&gt;&#13;
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          <name>Contributeur</name>
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              <text>Bibliothèque de Toulouse</text>
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      <name>Escòla occitana</name>
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      <name>Poesia occitana = poésie occitane</name>
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