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                  <text>7» Annada

Novembre

-

N° 38

Décembre 1925

Gai
Saber

Lo

Revisia de l'ESCOLA OCCITANA

—

Dis Aup i Pirenèu

...

F. Mistral.

TOLOZA
14, Carrlèra dels Arts,

14

Lo Numéro: lfr. 50

�LO OAl

SABBR

Revista de l'ESCOLA OCCITANA
BURÈUS

14,

:

Carrièra ciels Arts
Fransa

Abonaments

:

:

un an

Estrange :

.

un an

--

.

TOLOZA

.10 f,r.

.

.

15 fr.

ENSENHADOR
38

del N°

(Novembre-Décembre 1925)

Emile RIPERT :

La Langue d'Oc au Baccalauréat.
Langue française et Langues de

Joseph ROUQUET :

Les Idiomes locaux à

Abbé Joseph SALVAT

Lo

Armand PRAVIEL :

France.

Prosper ESTIEU :
J. S.

e

J. D.

:

l'École.

Pelegrinatge de Compostèla.r
Soscaments (4 sonets).
Bolegadisa occitana.

Conselh de Direccion
Baron Desazars de Montgalhard, Capiscòl;
Jozèp Anglade, Prosper Estieu, Antonin Perbosc, Jos-Capiscòls j J.-Rozès de Brousse, Secretàri ; Armand Praviel, Clavaire. ■

ASABER.
cion del

gai

-

Per tôt sò que pertòca l'Administrala Direccion de VEscòla Oc¬

saber e

citana, escriure à la Libraria Edouard Privât, 14,
Carrièra dels Arts, TOLOZA.
Compte postal

:

Toloza N• 1673

�La Langue

d'Oc

au

Baccalauréat

Parce qu'une circulaire
méridional de l'Instruction
crire à nouveau la langue
gues
nous

maladroite d'un Ministre
Publique vient de pros¬
d'oc — et toutes les lan¬
provinciales — de l'enseignement primaire,
n'avons garde de nous décourager; au contraire,

redoublerons d'activité. Et il faut remercier M.
Emile Ripert d'avoir rallumé le combat sur le terrain
de l'enseignement secondaire, en publiant en volume
les résultats de son enquête de 1922 sur cette question :
Doit-on admettre la langue de Mistral au bacca¬
nous

lauréat ?

(1)

On connaît cette

enquête. Nous avons tenu à re¬
produire la réponse excellente entre toutes qu'y fit
le majorai Charles Brun.(2) Cette enquête menée dans
la Renaissance politique et littéraire tendait à
faire promulguer le décret suivant :
« Est ajouté, à la liste des langues autorisées aux
examens oraux
du baccalauréat la langue proven¬
çale, telle qu'elle a été fixée par les travaux et les
œuvres du poète Frédéric Mistral et des
membres
du Félibrige ; les divers textes de langue d'oc, établis
d'après les mêmes principes, pourront être soumis
1.

vol.

aux

2.

Cf.

Gai Saber

éditions du

Feu, Aix-en-Provence, 6 fr.

n° 22,

(Mars-Avril 1923).

�LO

146

par

GAI

SABER

les Facultés intéressées (Aix, Marseille, Bor¬

deaux, Lyon, Nancy, Toulouse, Paris) à l'agrément
du Ministre de l'Instruction publique et seront ad¬
mis dans les mêmes conditions aux examens du
baccalauréat s'ils paraissent offrir les mêmes garan¬
ties littéraires et philosophiques ».
Ce

vœu

élargit déjà heureusement le titre trop

Ripert. C'est bien la langue
dialectes, qu'il s'agit de faire
pénétrer régulièrement dans l'enseignement secon¬
daire, et non plus au moyen de quelques cours

étroit choisi par Emile
d'oc, avec ses grands

bénévoles.
Au
notre

fond, la question est très simple, comme le dit
confrère. Il

s'agit de savoir si

un

citoyen fran¬

çais d'origine occitane aura devant nos Facultés moins
de droits qu'un étranger ou qu'un indigène de nos
colonies. Il s'agit de savoir s'il vaut mieux, sur ce

point, être le fils de sujets annexés depuis cinquante
à peine ou le descendant de générations qui ont
donné depuis des siècles à la France leur travail,
leur sang, leur or, leur dévoûment dans la paix et

ans

dans la guerre.

r

A cette question, il faut voir comment ont répondu
les esprits indépendants et très divers, qui vont de
Paul Bourget à Jaurès, de l'abbé Brémond à Léon

Daudet, des députés de la région provençale à nos
grands professeurs de langue romane. Il y a quelques
taches : des journalistes méridionaux que les lauriers
de Clément Vautel empêchent de dormir, quelques
pédants rabougris, enfin un de ces régionalistes à la
manque qui, après avoir tout dérobé aux félibres,
seraient bien aises de supprimer les sources auxquel¬
les ils ont puisé.
Mais l'ensemble des réponses est fort net. Et, en
effet, comment peut-on discuter le problème ?
N'est-ce pas un comble que, dans les Facultés franv
çaises où la langue d'Oc est enseignée officiellement,
on ne puisse pas présenter cette langue au
bacca

�lo

gai

saber

lauréat ? Alors, dans ce cas,
des chaires d'Aix, Bordeaux,

147

à quoi rinje la création
Toulouse ,Lyon, Nan¬

cy, Paris ? A quoi rime l'autorisation de professer
librement cette langue dans nos lycées, nos collèges,
libres et nos séminaires ? Nous nageons en plein

illogisme, et, quelque beau jour, il faudra bien à toute
force

en

sortir.

par sa courageuse et persévérante
vient de faire éclater plus vivement cet
illogisme. Nous devons l'en féliciter et nous réjouir

Emile

Ripert,

campagne,

qu'il soit des nôtres.
Armand PRAVIEL.

�LO.

GAI

SA BK R

Pages choisies
Langue française &amp; Langues de France (r)
La nation, a dit justement Renan, est une unité
morale, une volonté de vivre ensemble, de mourir,
s'il le faut, ensemble, d'accepter les mêmes lois, de
...

courir les mêmes dangers. Sans doute, une langue
nationale partout répandue n'est pas inutile à son
existence ; mais elle ne lui est pas non plus absolu¬
ment nécessaire. Et d'ailleurs la question ne se pose

France, où tout le monde parle et comprend
langue française, même s'il est des citoyens qui,
pour leur usage personnel, préfèrent employer un
autre langage qui leur est plus familier ou plus cher.
De quel droit les priverait-on de ce langage ? Au
nom
de quel principe vraiment digne d'une démo¬
cratie ? Et comment les républicains arrivent-ils à
mépriser les langues populaires ? Car c'est des lan¬
gues populaires qu'il s'agit. Et, quand on admet aux
honneurs du baccalauréat l'annamite, l'arabe et le
malgache, langues de sujets français, comment oset-on exclure du certificat d'études la langue d'oc, le
breton ou le basque, langues de citoyens français ?
Il s'agit de savoir, une fois pour toutes, si l'unité
nationale doit s'obtenir en fabricant par séries des
êtres amorphes, semblables du Nord au Midi, de l'Est
à l'Ouest, ou bien en cultivant l'originalité de ces
êtres divers, de façon à obtenir cette diversité dans
l'unité, qui est la formule de l'harmonie, laquelle
n'est pas la monotonie.
Mais, d'ailleurs, l'unité française n'est pas en cause.
En vain, reprenant un argument usé, la circulaire
pas en

la

(i) Cf. Le Feu du i" septembre 1925.

�lo

gai

saber

149

invoque-t-elle l'exem¬
ple des Flamingants, comme si l'on pouvait assimi¬
ler la France, dont la formation complète date de
quatre siècles, à la Belgique, constituée depuis moins
d'un siècle. C'est à peu près comme si l'on disait que
ministérielle de M. de Monzie

le vin est nuisible à
au

l'homme, parce qu'il est interdit

nourrisson.

Le vin pur de la liberté ne doit pas faire peur à
la France. Généreuse, supérieure à toutes les circu¬
laires et aux ministres éphémères, elle sait reconnaî¬
tre ses enfants fidèles, en quelque langue qu'ils l'ap¬

pellent, que ce soit celle de Victor Hugo ou celle de
Mistral, celle de Joffre le Catalan ou celle des Alsa¬
ciens revenus à la patrie française.
Du reste, si les puissances officielles s'obstinent à
fermer l'école aux langues locales, les enfants de ces
écoles les aimeront peut-être d'autant mieux qu'elles
seront proscrites ; ils sont nombreux déjà ceux qui
sont venus à l'étude du provençal, sans qu'on leur en
ait parlé dans leurs classes. A la Ciotat, où j'écris
ceci, les élèves de l'Ecole primaire, qui ont formé une
Escolo Calend.au, viennent me prier de leur com¬
menter

Mistral.

signes sont consolants. « La France est
grande pour avoir deux littératures », disait
Villemain, faisant couronner Mirèio par l'Académie
Française. Disons après lui : « La France est assez
grande pour avoir plusieurs langues, elle est assez
généreuse pour les aimer toutes, pour n'en déshéri¬
De tels

assez

ter

aucune ».

Emile RIPERT.

�LO

LES IDIOMES

GAI

SABER

LOCAUX A

L'ÉCOLE

question de l'enseignement des idiomes locaux
en particulier, de l'utilisation des idiomes
locaux pour l'enseignement du français mérite d'être
étudiée et traitée à fond, car elle est pour tous, et
La

à

l'école, et,

principalement pour nous, du plus haut intérêt. Je
n'ai pas la prétention de l'épuiser dans ce modeste
article. Je voudrais simplement attirer l'attention du
public sur certaines énormités absolument antipéda¬
gogiques contenues dans la circulaire de M. de
Monzie sur l'enseignement des idiomes locaux à
l'école.

vrai, dit le ministre, que le dialecte
puisse servir à enseigner le français ? Ce n'est,
à cette heure, l'avis d'aucun pédagogue qualifié ».
Ici, M. de Monzie se trompe étrangement. On pour¬
rait lui citer de nombreux pédagogues qualifiés qui
sont précisément de notre avis, entre autres un des
meilleurs, Michel Bréal, —- justement cité par M.
Charles Maurras dans VAction Française du 11 sep¬
tembre
qui a écrit tout un petit traité sur cette in¬
téressante question, traité publié, si je ne me trompe,
par la librairie Hachette. On fera bien de le lire et
de le méditer, en particulier M. de Monzie, à qui on
pourrait demander si lui-même est un pédagogue qua¬
lifié pour trancher si résolument et si nettement la
question.
Mais-ce n'est là qu'un petit détail. Poursuivons.
Faudra-t-il, dit la circulaire ministérielle, édicter
des règles différentes selon les régions et classer les
idiomes d'après les services qu'ils seraient suscepti¬
bles de rendre à la pédagogie primaire ? Comment,
au surplus,
accorder une telle proposition avec les
méthodes générales de l'enseignement, avec la mé¬
thode dont il est usé pour apprendre l'allemand ou
»

Est-il donc

local

—

«

�LO

GAISABER

151

l'anglais ? Se servira-t-on du languedocien comme
truchement du français, tandis que le mot d'ordre
moderne est l'apprentissage du français par le fran¬
çais ? Les objections valables se multiplient sans
qu'apparaisse; en sens contraire, aucun argument
décisif.

»

Voilà, à
tièrement
raisonner

mon avis, un bien gros morceau, mais en¬
dépourvu de toute substance. Essayons de
un

peu.

Certainement, il

y

aurait lieu d'« édicter des règles

différentes selon les régions », mais seulement selon
les régions qui ont entre elles des différences subs¬
tantielles quant à la langue ou au dialecte. D'ailleurs,
ces
règles différentes, peu nombreuses au fond, ne
trouveraient leur place que dans l'application pra¬

tique drun seul et même principe, commun à toutes
les régions, à tous les pays même, ce qui ne compli¬
querait nullement les choses, Car enfin, qu'on le
veuille ou non, ces différences sont dans la nature,
dans le sol, dans le climat, dans les plantes, dans les
animaux, dans les hommes, dans les langues ellesmêmes. Et s'il y a tant de langues différentes sur la
terre, faut-il s'étonner qu'il y ait des pratiques diffé¬
rentes pour les enseigner ? C'est une pure idéologie et
une utopie que de prétendre
employer un seul et
même système pour des régions si différentes ; les
mêmes lois ne peuvent convenir à tous les peuples de
la terre, ni même toujours à tous les citoyens d'un
même
toutes

Etat.

Toute

l'humanité

ne

peut pas,

pour

choses, être coulée dans le même moule.

Mais parlons du principe que je viens d'invoquer,
c'est là, à mon avis, le nœud de la question.

car

principe, c'est celui de la méthode comparative
l'enseignement des langues modernes, que j'op¬
pose à celui de la méthode directe de M. de Monzie
et des programmes officiels.
La méthode directe ne donne que de très maigres
résultats, et la méthode comparative donne des réCe
dans

�LO

152

GAI

SABER

points. Et je n'invoquerai,
l'appui de ma thèse, que les preuves fournies par
l'expérience.
sultats excellents de tous
à

l'honneur — « enseigner le français, c'est
patrie» a dit Victor Hugo — d'enseigner le
français en Italie pendant plus de vingt ans dans
différentes écoles, notamment à l'Université Com¬
merciale Luigi Bocconi de Milan et à l'Ecole Com¬
merciale du soir de la Chambre de commerce de
Milan. Au début de ma carrière, j'ai eu l'occasion
d'enseigner le français d'après la méthode directe.
Mais je n'ai jamais été satisfait des résultats obtenus,
et je me suis vite rendu compte des lacunes de cette
méthode : les élèves plongés pour ainsi dire dans la
langue étrangère, sans aqcune comparaison, sans
aucun point d'appui avec la leur, pensaient naturel¬
lement dans leur langue et s'exprimaient en français
en employant les formes, les tournures propres à la
langue italienne. Alors, peu à peu, j'ai changé de
méthode et insensiblement, progressivement, j'ai été
amené par la force des choses et pour ainsi dire mal¬
gré moi, à faire la comparaison entre les deux langues,
française et italienne, entre les deux grammaires, et
à employer entièrement la méthode comparative. Or
je puis l'affirmer, les résultats ont été complètement
différents : de médiocres qu'ils étaient, ils sont deve¬
nus
excellents. Les élèves, habitués à noter les
différences entre l'italien et le français, tant dans la
morphologie que dans la syntaxe, ne pensaient plus
en italien, mais s'habituaient peu à peu à substituer
les formes, les tournures françaises aux formes, aux
tournures italiennes et devenaient, petit à petit, ca¬
pables de penser directement en français et de s'ex¬
primer facilement et correctement dans cette langue
qui, d'ailleurs, leur était enseignée d'une façon tout
à fait pratique par de nombreux exercices écrits et
: dictées,
oraux
traductions, compositions, lecture,
J'ai

eu

servir la

conversation.

�LO

GAI

SABER

153

C'est tout à fait la confirmation pleine et entière
des preuves pratiques apportées par Charles Maurras
dans son article : « Les patois à l'école. »
«
La méthode comparative, dit-il, permet aux

de langue d'oc de s'assimiler le français
plètement, vite et bien. »
paysans
Et il

invoque à juste titre le

cas

com¬

du frère Savinien,

citant des fautes grossières évitées par les élèves
de ce dernier. Par la même méthode, j'ai obtenu, en
en

Italie, les mêmes résultats pratiques que le frère Sa¬
en Provence, et
je pourrais citer des fautes
identiques à celles des Provençaux évitées par les
élèves formés d'après la méthode comparative, entre
autres : je suis
ètè pour « j'ai été », et la lièvre pour
vinien

«

le lièvre
M.

».

de Monzie

parle de la « méthode directe dont
apprendre l'allemand ou l'anglais ».
Mais sait-il quels sont les résultats donnés par cette
méthode ? Non, sans doute.
il est usé pour

Eh bien ! ils
nuls. Qu'il me
tit exemple.
Pendant les

sont déplorables, ils sont à peu près
soit permis d'apporter ici un tout pe¬

grandes vacances de 1923, je fus chargé
répétitions à un jeune élève du collège
Béziers. Cet élève venait de faire sa
cinquième ; il avait donc étudié l'allemand pendant
deux ans, d'après la méthode directe. Il n'avait lu et
étudié que dans des livres entièrement écrits en
allemand, toujours sans un mot de français ; son
professeur ne lui avait parlé qu'allemand, toujours
sans un mot de français. Or, le pauvre enfant était
absolument nul en langue allemande ; il ne savait
pas un mot, pas une règle, rien. La plupart de ses
camarades en étaient au même point que lui ; seuls,
quatre ou cinq élèves, particulièrement doués, avaient
appris quelque chose et avaient fait quelques pro¬
grès. Je me suis mis au travail en employant la
méthode comparative. Dès les premières leçons, mon
de donner des
Henri IV, de

�154

LO

GAI

SABER

beaucoup intéressé à l'allemand qui était
lui, auparavant, la plus ennuyeuse des matières.
Petit à petit, il a compris, il a appris, il a retenu,
il a fait des progrès, lents mais sûrs. Enfin, après
deux petits mois de leçons particulières, il avait ap¬
pris plus d'allemand que pendant deux ans au collège
de Béziers, grâce à la substitution de la méthode
comparative à la méthode directe.
élève s'est
pour

point qu'il s'agit ici d'un cas
même chose. Je me suis ren¬
seigné auprès des personnes les plus compétentes :
toujours la même réponse. On n'apprend pas mieux
les langues vivantes qu'autrefois ; avec la méthode
directe, on n'a pas de meilleurs résultats qu'avec

Qu'on ne m'objecte
isolé. C'est partout la

l'ancienne méthode.

C'est que, au fond de tout cela, il y a une erreur
profonde. On oublie trop qu'il ne faut pas confondre
le langage naturel, qui est l'ensemble des dialectes ou
idiomes qui se parlent dans les différentes régions
d'un pays, avec le langage littéraire, avec la langue
cultivée, c'est-à-dire avec l'un des dialectes ou idio¬
mes du pays purifié des idiotismes locaux et élevé aux
honneurs de la langue nationale.

doute que
directe, et
certes, pour lui, il ne peut pas y en avoir d'autre.
Mais ce que l'enfant apprend, c'est le langage natu¬
rel, qui n'est, au fond, qu'une fonction, comme tou¬
tes les autres ; c'est le dialecte, c'est l'idiome local,
simple, populaire, non cultivé. Par contre, ce qu'on
apprend à l'école, c'est le langage littéraire, la langue
cultivée, la langue nationale. Et alors il est certain
que la méthode devra changer avec l'objet. Pour ap¬
prendre une langue cultivée, savante, il nè faudra
pas s'èn remettre à la pure nature, au hasard, pour
Cela étant posé, on remarquera sans
l'enfant apprend à parler par la méthode

ainsi dire. Il faudra recourir aux méthodes à la fois
les plus perfectionnées et les plus pratiques, pour
ciliter la tâche à l'élève et le mettre sur la bonne

fa¬

�LO

GAI

155

SABER

voie. Il faudra, en particulier, se servir de ce qu'il
sait pour lui enseigner ce qu'il ne sait pas ; on ira
du connu à l'inconnu, du simple au composé, et c'est

précisément ce qui fait l'objet de la méthode com¬
parative, qui ne laisse rien au hasard, mais qui
s'inspire de la science expérimentale et constitue à

là

la fois

une

science et

un

art.

Qu'il me soit permis, en terminant, d'inviter tous
Français à avoir un peu moins de morgue et un
peu moins de dédain pour ce qu'ils appellent, d'un air
pincé, le patois, et à acquérir un peu plus d'esprit
scientifique, car la science étudie tout et ne méprise
rien, vu que tout a sa raison d'être ici-bas.
Les autres peuples sont bien loin d'être aussi lé¬

les

aussi superficiels. Je me contenterai de donner
exemple l'Italie que j'ai appris à connaître,
à apprécier, à aimer. Dans ce pays, les dialectes,
les idiomes locaux sont en très grand honneur. Les
familles les plus aristocratiques se font un honneur
et un devoir de parler la langue de leur ville, de leur
gers et

comme

terroir, et elles la parlent avec toute

l'élégance dé¬

sirable.
« La vraie langue parlée en Italie, me disait un
jour un de mes collègues de l'Université Bocconi, ce

n'est pas

l'italien, c'est le dialecte. L'italien est une

langue superposée à la langue populaire, mais ce
n'est pas la langue habituelle, quotidienne. »
En Italie, il y a toute une littérature dialectale,
très intéressante et très appréciée, dont les produc¬
tions s'élèvent parfois à la hauteur des productions
en
langue italienne. Il y a, en particulier, des trou¬
pes comiques ou même dramatiques qui ne jouent
que des pièces écrites en dialecte milanais, vénitien,

sicilien... Et les théâtres où ces troupes donnent
leurs représentations sont toujours combles. Le pu¬
blic est des plus variés : on n'y voit pas seulement

du peuple, mais des gens
plus grand nombre peut-être.

des gens
en

instruits, cultivés,

�156

lo

gai

saber

Imitons

ce noble exemple, pour la
dignité de cha¬
citoyen en particulier et pour l'intérêt de tous
en
général. Qu'on ne parle pas de Langue des mes¬
sieurs et de langue des paysans! Qu'on parle plutôt
de langue du foyer et de langue nationale. Ai¬

que

les deux d'un même amour, la pre¬
qui contient en elle-même notre
maison, notre terre avec ses paysages, notre province,
notre soleil ; la seconde, comme celle qui représente
la grande famille française dans ce qu'elle a de
mons-les
mière

toutes

comme

celle

qui relie entre eux les différents membres
qu'on ne dédaigne point de faire
entrer la première à l'école, pour y
être relevée dans
sa
dignité et pour y donner la main à la seconde,
afin qu'elles s'aident et se complètent mutuellement!
On n'a rien à perdre à cela, en dépit de toutes les
circulaires ministérielles; au contraire, on a tout à y
gagner. Disons et, surtout, mettons en pratique ce
que dit le poète provençal :
commun

et

de cette famille. Et

J'aime mon village plus que ton village ; j 'aime
province plus que ta province ; j'aime la France
plus que tout. »
«

ma

Joseph ROUQUET.

�W

W

W

La

Lo

w

w

w

w

W

w

Prôza Occitana

Pelegrinatge de Compostèla (l)

Ai ! jòias diu^encas, infinidas, que l'Eucaristia nos procura, seret^jamai pron lau^adas !
Oras de delici paradfenc, flors
perfumadas,
acò 's vos autras, e vos autras solas,
...

qiCondrat^
esclairat\ lo camin de la tèrrèstra vida !
Aquelas pensadas, mos caris praires, me fan
soscar al tems ont los nòstres
aujòls, lo còr comol de fe, s'enanaban en pelegrinatge cap à la
famo^a catedrala de Sant-Jaques de Compostèla,
en
Espanha, de l'autre costat de las Pirenèas,
pregar sul cròs del grand Apòstol.
Saut Jaques, òc sabètç, èra estât un dels diciples préférants de Nòstre-Senhe. Ambe son fraire
Jan l'Evangeliste, abià laisat sos utises de pescair.e e seguit lo mèstre. Foguèt un dels très que
vejèron lo miracle de la Trasfiguracion subre
la montanha del Tabòr, un dels très que, al òrt
dels Olius, Nòstre-Senhe prenguèt mai en dedins,
jols arbres, per pregar ambe el à l'ora de l'agonïa. Era talament ardit e valent que lo Mèstre,
e

à-n-el com à son fraire, lor abià donat lo nom
d'escais de Filhs del Tron. Tamben, aprèp Pente-

costa, quand lo

Sant-Esperit foguèt dabalhat dins
l'ajèt comolada de sos dons, sant
Jaques lo Major partiguèt com un lauset à la
couquista del monde. Pasèt la Mar Mièchterrana
son

ama

e

(i i Trait d'un sermon d'Adoracion prédicat à l'Espital SantJaques de Castèlnóudari, lo dimenge 26 de Julhet 1925.

�LO

GAI

SABER

del

venguèt en Espanha predicar la religion
Crist. La Santa Vierge, encara viva, li apareguèt
subre un pilhèr de marbre blanc, à Sarragòsa,
ont s'adreita encara lo bel santuari de NòstraDama del Pilar. Quand tornet à Jérusalem, sos
enemics Vagafèron leu, e, lo primièr dels
e

tols, dèts ans aprep la mòrt

Apbs-

de Nòstre-Senhe,

paguèt am son martiri la fe prigonda qu'abià
agnda en Dius.
Plus tard, sos disiples d'Espanha venguèron
cercar son òsa e se l'emporter on dins lor païs,

Sant-Jaques-de-Compostela ; aqui, lo grand
faguet los plus merabilho^es miracles, talament que son nom glorios resontiguèt d'un caire
à

sant

à l'autre del monde crestian.

Tamben, al Mejan-Atge, quand los nòstres
aujòls volian partir en devocion, s'enanaban
pregar sul cròs de sant Jaques, à Compostèla,
tant plan com sul cròs de sant Pèire, à Roma.
JJèi, anam à Lordas ; alabets, anaban à SantJaques.
Lo viatge se fajà à ped e duraba mai d'un
jorn. Leumens, lospelegrins, los Santjacaires, com
los apelaban, seguisian lo même camin. Partisian
en
còlhas, cantant e pregant, lo bordon à la
man, un pan de tonha dins las biasas, e, penjada
à la vestidura, una cauquilha per atudar la set
ambe l'aiga dels rècs.
Quoique còp, arribaba que, causais o malauts,
s arrestaban un pauc, e, alabets, laisaban partir
lors companhs e esperaban que pasès una autra
còlha. Mentrestant, demoraban dins un ostal
bastit sul bòrd de l'estrada, sobent en defòra de
las ciutats, per los acostoQr. Es atal que, prèp
Castèlnòudari, sul grand camin que seguisian
los pelegrins, se bastiguet, i'a mai de sièis cents
ans, l'ostal ont sèm ara, l'espital dont sant Jaques
es
lo patron glorios. A Castelnòudari com à

�LO

GAI

SABER

1

59

Narbona, à Le^inhan, à Carcasona, à Labastida,
espitals abian perpatron sant Jaques, lo protector, l'aparaire dels pelegrins e dels malauts.
Dins sa demòra, trobaban un lèit per se pau^ar,
un fòc
per s'escaudurar, de farda per se cambiar,
la taula me^a per se refar. E, tant lèu garits,
tornaban reprendre lor camin.
los

Sobent, arribaba que, la nèit venguda, los
Santjacaires podian pas mai ve^e, lo long del
camin, los montairons de pèiras que mercaban
la direccion de Sant Jaques ; alabets, viraban
los èlhs cap al cèl, e amont, dins los espàcis estelencs, vefan s alucar e beluguejar un fum de
pichonas esteletas. enrengadas à travès lo cèl ;
acò èra lo Camin de Sant Jaques. Lo còr alègre e
content, s'enanaban dreit cap à las negras Pirenèas que los raises del solelh colc fafan pas
mai rojejar e que s'estompaban lèu dins la fos'cor de la nèit. E, dins los espitals, los malauts
s endormisian subre lor
palhasa, en soscant al
camin de Sant-Jaques, que, lèulèu, podriàn

seguir per arribar al tombèl del grand
Apòstol.
tornar

fraires, se, com los nòstres aujòls,
pas mai à Sant-Jaques-de-Compostèla,
demòra pas mens que sèm totjorn de romius,
Mo s caris

anam

de pelegrins per la Patria eternala, ont Paura
ni cansats ni malauts. Duscas alabets, nos cal,

tamben, seguir lo camin que nos i menarà. Lasièra, malautia, paurièra, vièlhum, tôt acò nos

derenga
abèm,

e nos

com

espital,

una

retarda, subretot lo pecat. Mas,

los Santj acaires d'antan, abèm un

ostalaria ont trobarem lo pan, lo
Agaitat^-lo : es lo

vin, los remèdis e lo respaus.
Tabernacle.

A qui, dembra lo Rei sobeiran, lo pan de vida
dabalhat del cèl, lo vin blos que fa las Vierges,
lo Mèstre de l'Amor que nos arrigolarà, como-

�16o

lo

gai

saber

larà de gaucli e de placer nòstras amas e nòstres
còrs. Ambe Dius al fon^e de nos ans, abèm pas
res à crenhe, abèm
pas be^onh de res plus.
E, quand, mantis còps, la nèit negra e espantadora del vici, de la tahina, del malcòr ensajarà
de nos trebolar e
d'escure^ir nbstre camin, agai-

tem

cap al tabernacle ! I veirem beluguejar la
qu'embabarilha, i veirem lo Camin
de Sant-Jaques, que nos menarà,
de segur, al
Luts etèrna
Paradis.

Atal sià.
Abat

T

Jozfp SALVAT.

�Vf Vf vf$ v&lt;f! vf vf Vf Vf Vf Vf
L'ORT DELS TROBAIRES

SOSCAMENTS

I

Vida siauda
Jos

umble teulat ai solàs en abonde
gaujos qu'un grilhet dins son trauc,
D'abòrd que tôt m'encanta e qu'ai compres un pauc
La granda lei d'amor dins la bèltat del monde.
E

mon

som

autant

Abant que dins lo cròs mon òsa s'aprigonde,
Me parle V Océan, tant espetaclos nauc
D'oui monta nèit e jorn un gingolament rauc,
E lo cèl estelat de

D'autres

son

trelus m' inonde !

faguen tindar mescre^enta

Un sol rai de solelh esclaira
E sabi triomfar de

ma

canson :

ra^on,

las idèas sombras.

Un jorn, la Mòrt vendra. Mon èime non la crenh.
Duscas que siai partit pel pais de las Ombras,
Dins ma fi^ansa en Dius po^arai mon engenh.

�IÓ2

LO

GAI

SABER

II

Sapiensa
De^empèi Salomon que cantèt la Sapiensa,
Quantis d'umans perduts dins mant camin escur
An cercat lo bel òrt ont floris lo Bonur
E ri an trobat que

l' cròs per suprèma cabensa !"

Qui sab se l'auriai pas entrevist pr escaqensa
Prbp mon ostal brembant lo d'Oraci à Tibur Ì
Aqui, l'èime en repaus, teni donc per segur
Que tôt sò qu'es pecat mérita penitensa,

Qu'empoiqonan sobent plaqers trop agradius,
Que mentrestant debèm, sense desplaire à Dius,
Subre la mar del gauch flotejar com lo dure,
Faire sò que se pòd per pas totjorn sofrir
E jamai debrembar que, s'es bon de plan viure
Es encara melhor de saber plan morir.

�LO

GAI

SABER

163

III

Dins

una

Glèiza

Som intrat per

a^ard dins una glèiza escura,
plus aqui lo mendre cant.
Qui sab ! belèu qu'un jorn, negadis suplicant,
Finirai per trobar la calanca segura...
A l'or a ont s' au\is

Lèu, jos la vota nauta, ai solàs e frescu.ra,
Dementre que defòra Agost es ensucant,
Com lo mistèri del sant lòc es pertocant !

Déjà flaquison
Ni

mon

orguèlh

e ma rancura.

fum d'encens, ni punts de flamba als candelhèrs.

Los

prèires son partits. Dins l'ombra dels pilhèrs,
una aujòla, lo cap clin, es en pregària.

Sola,

Mas ieu, que

la Dotansa abeura de dolor,
Quora farai lo simpla cau^a necesària
Per que la Fe me siague un baume apai^ador Ì

�164

lo

gai

saber

IV

Jos VBstelum

S'enlaira cap al cèl lo
son mantèl fosc

Anibe

Lo silenci

se

perfum dels rosiers ;
la nèit curbis la terra

fa de la comba à la

L'aura subre 's tombèls brèsa los

;

serra ;

supresièrs.

Amont, los Astres, innombrables lampe^ièrs,
Mandan lor viu trelus

sus

nòstra sombra

esfèra;

Als camps de l'Infinit, diamantina polvèra,
Se balansan, parius à milanta encensièrs.

Anant vès lo

ponent dins lor etèrna corsa,
Vegà, Casiopèu, l'Arctura, la Granda-Orsa

An l'aire de voler tombar dins l'Océan.

Mas lor desenta

en

asencion

es

lèu mudada,

E tôt

lugar retrais Varna de cada uman
S'enfonçant dins la Mòrt per i èstre reviudada..
Prosper

(Las Oras Cantairas).

ESTIEU.

�^ìgÎL

jíSî

_JÍÍÍÈ, jSít ÌÍ&amp;

iSîÊ.

BOLEGADISA OCCITANA
Libres recebuts

:

Contribution à l'Etude de la

Langue Provençale

au XV" siècle, par Bruno Du¬
(in 8°, 20 p.), s.l.n.d. — Aqui un libret que,
s'es pas long, conten pracò fòrsa cauzas. M. Bruno
Durand, bon poèta de Provensa e tamben bon ńlològue, nos mòstra que, s'emplèga com òc vòl la lenga de
uèi, coneis à fons aquela dels Aujòls. Son estudi
subre la lenga d'Oc
al quinzième sècle d'aprèp un
manescrit de Tolon nos a bèlament
agradat. I trata
de la fonetica e subretot de la morfologìa. Com òc
dis, vòl pas nos donar un tablèu entièr de la lenga
rand

de Provensa al mitan del XVe sècle. Vòl solament
/

portar un a pèira à la bastisa. Ajustarem qu'acò 's
una bona pèira, e caldrià que, dins tôt nòstre Mièch-

jorn,

se

faguèse de trabalhs com aquel per seguir lo
d'òc dezempèi lo tems dels troD'aquel bon estudi trazèm aques-

camin de la lenga
badors duscas ara.
tas concluzions :
i° La

lenga dJOc emplegadadins los tèstes «escriuts
l'utilitat publica, testimònis fidèls de l'uzatge del
pòple » èra, o pauc se n' mancaba, la même que la
lenga emplegada pels trobadors dins lors cansons e
lors sirventes, e, se i a de cambiaments, son pauc
nombrozes. Volèm parlar de sò que i a de mai caper

racteristic

:

long tonic que se prononcia
pgadorXBruno Durand, p. 4);
0

1 finala conservada, com

ou, com

dins

com-

dins ostal (p. 4);
lo, los (p. 6) ;
la letra s mercant lo plural, com dins las ordenansas (p.
7) ;
lo femenin dels adjectius en a, com dins la sala
bassa (p. 7) ;
l'article

.

�i66

LO

GAI

SABER

las terminazons dels vèrbes : / à la primièra perdel singular del prezent de l'indicatiu, r à l'in-

sona

íìnitiu, t al participe pasat e à la trezenca persona
del singular del prétérit ;
la forma

en

ment dels advèrbes.

Aquela lenga èra quaziment la même que la
lenga literaria dels poètas de l'Escòla de Toloza que
ganhaban las jòias al Consistòri del Gai Saber dus2°

cas

de
P-

l'an 1513 : (cf. Jeanroy : Les Joies
Gélis : Histoire Critique des

du Gai Savoir ;
Jeux Floraux,

73)30 Aquela lenga èra la même, o gaireben,

dins tôt

lo Mièchjorn, « dis Aup i Pirineu », al XVe sècle.
La podèm legir dins los registres dels Clavaires de
Narbona encara inédits, que van duscas lo XVIe

sècle, dins las Deliberacions de la Comuna de Tarascon de 1422 (cf. Bartsch, Chrestomathieproven¬
çale, 2a.ed., col. 387), dins lo libre de Comptes de
la Glèiza Sant-Miquèl de Carcasona (cf. Mahul,
Cartulaire de Carcassonne, t. vi, ia partida, p.
325), dins una Costuma de Montcuq (Lot) de 1463
(cf : Meyer, Recueil d'Anciens textes, p. 186), dins
un Enventari dels
Privilegis de la Villa de Cas-

tèlnòudarri, encara inédit, de 1508, etc. etc.
4° Aquela lenga, emplegada als quatre caires del
Mièchjorn, al XVe sècle, retrais bèlcòp mai lo dialècte lengadocian de uèi que lo dialècte provensal,
los tenents de VEscòla Occitana son, abant tots
los autres, dins la bona rega de la tradicion. Perse
n' asegurar, i a qu'à legir las pajas ont lo felibre
Bruno Durand parla del dialècte lengadocian dins
sa Gramatica provensala.
Le Chanoine Paul Payan (in-16 32 p.). Impr.
e

Macabet.

Vaison,

— Aquela brocadura es un
al regretat majorai Paul Payan,
egrègi predicaire e poèta de lenga d'òc. S'i pòd
legir lo raconte de sa mòrt, los discorses prononciats

1925.

fervoros omenatge

dabant son cròs e uèit sonets subre los Morts de la
Grand Guèrra e la Vièrge de Lordas.

�1

LO

GAI

167

SABER

La

Montagne-Noire, Essai de Monographie géo¬
graphique, par André David. Préface de Emm. de
Martonne (in-8°, 226 p.), impr. Bonnafous, Carcas1925. — Bèl libre d'un jovent occitan mòrt,
malurozament, à la guèrra, abant d'aber pogut acabar son òbra. Cal remerciar los qu'an fait tôt sò
qu'an pogut per la metre à punt e la publicar. Son
de trabalhs parius* que, subretot, fan coneise e aisonne,

mar

la tèrra mairala.

Retour de

Sant-Andriu-de-Rocoloungo,

per

A.

Mir(in-8°,

12 p.), Impr. Gabelle, Carcassonne, 1925 —
Lo valent felibre Artur Franc, de Sant-Andriu-deRòca-longa, ven, malgrat sos quatre-vints ans, de
faire estampar pel segond còp aquel raconte d'una
bêla fèsta que foguèt donada à Sant-Andriu, en 1891,
en l'onor d'Achille Mir, e ont Prax, son joglar, fa-

guèt aplaudir Lo Lutrin de Lader. Aquel raconte
èra estât estampai la même annada à Narbona. Ne
trazèm aquestis bordons que remembran qualquas
bêlas felibrejadas d'antan, à Carcasona. Auzisètz :
Oh! loti cèl

'spelit joust sa bluo caloto
qu'an fait al Lutrin soun renoum :
Prax, loti felibre de la noto,
E Salièros, loti dal craioun.
Aquelis dous amies an quilhat su la brumo
Mir, lou felibre de la plumo.
a

Dons artistes

Lou^ero per Chontoclar (in-i-6, 112
S. Privât, Mende. (s.d.J 5 fr. 30 franco. —
Aquelas cansons venon d'un còr afogat per son païs
e sa lenga. Crezèm plan que ganharian en frescura
e subretot en tenguda literaria s'èran espurgadas dels
mots fransimans e de lor grafia vertadièrament trop
fonetica. Subre d'aires coneguts, vièlhs e novèls, lo
Chansons de

p.) Imp.

cantaire de Lozèra a tratat fòrsa tèmes, dels mai
simples als plus nauts. Preferam las cansons d'inspiracion popularia, com la Bresairòla e la Canson
del Sonaire, aquesta subre l'aire de Frère Jacques.

J. S.

�i68

LO

GAI

SABER

Lo i" de Janvièr 1926, se durbirà lo g'rand Conannadièr de l'Academìa dels Jòcs Florals. Remembram als felibres que l'Acaderma, à costat de
son concors
de poezia e de pròza fransezas, a un
concors de poezia occitana qu'es'coronat de las mê¬
mes flors. Demandar lo programa al senhe Secretari
cors

Perpétuai de l'Academia dels Jôcs Florals, Ostal
e
Clemensa Izaura, Toloza. Aquel pro¬
grama es mandat à gratis à los que lo demandan.
Lo Concors de poezia en lenga d'Oc, que sera
jutjat per una Comision compozada dels membres,
del Burèu de l'Escòla Occitana, sera claus definitivament lo 31 de Janvièr, tèrme de rigor.

d'Assezat

Dins nòstre

numéro

venent, comensarem la publi-

cacion de las Bucolicas de Vergili mezas en
occitans pel majorai Prosper Estieu.

ritmes

La Revue Méridionale, de Bordèus, ven de fuzionar ambe la Revue Fédéraliste, de Lion. Aquesta

pareis cada mes subre 94 pajas. Buréus : 11, carGrôlée, Lion ; 25, carrièra Roquelaine, Toloza
5, carrièra Fondaudège, Bordèus.

rièra

J. D.

V i

Le Gérant

:

E. LEVRAT.

ïmpr. de la "Socictat d'Edicton Occitana"

—

Castelnaudary.

�Règles de Phonétique Occitane
i° VOYELLES.

accentué
constitue

ou

sonne

e

vert

a,

seul

ou

dans le corps d'un mot,

français

;

mais s'il

terminaison féminine, il est semi-son¬
prononce entre a et o, suivant la région ;
comme é fermé français, et è comme è ou¬

une

nant et se
—

—

non, sonne comme a

français

;

—

i équivaut à i français ;

—

égale¬

u

a le son ou fran¬
çais ; — ô ouvert se prononce comme o français, et
o fermé comme ou français ;
— y n'existe pas en oc¬
citan.

mais, après

ment ;

une

voyelle, il

2° CONSONNES. — b, c, d, f, g, j, 1, m, n, p, q, (toujours
suivi de u), r, s, t, z sonnent comme en français; mais
c devant i est sifflant comme s français ;
— j sonne

tz, dans certaines régions ; — m se prononce
à la fin de la i" pers. du pluriel des verbes ;
n est muet, sauf quelques rares exceptions, à la fin
des substantifs ; — r est souvent muet à la fin des
substantifs et dés adjectifs, sauf en Provence, ainsi

■comme

comme n
—

qu'au présent de l'infinitif; — s est toujours dur et sif¬
— t est muet à la fin des participes présents et
des mots en ment; — v sonne comme b, sauf en Pro¬

flant ;
vence

—

;

—

ç, k, x, w

n'existent

pas en

occitan.

3° GROUPES. — ch, lh, nh se prononcent : tch, ill, gn ;
ph n'existe pas en occitan.

VIENT DE PARAITRE

:

GANTS D'UN GRILH
Cansons, Rondèls e Sonets occitans
Am Traduccion franseza

»

per

Guilhèm

de

NAUROZA

6 fr. 50
SOCIETAT D'EDICION OCCITANA, 37, Rue
CASTBLNAUDARY

de la Baffe

�EXTRAIT DU

CATALOGUE

de la

Societat d'Edicion Occitana
37, Rue de la Baffe

Lou

Terradou, sonnets

tion

française,

par

-

CASTELiNAUDARV

en langue d'Oc,
Prosper Estieu (

p.) — rare
d'Occitania, sonnets

'300

avec traduc¬
i vol. in-8°,
20. »
fr.

en langue d'Oc, avec tra¬
Prosper Estieu (1 vol. in-8°,
280 p.).
fr.
12. »
La Canson Occitana, poèmes en langue d'Oc,, avec tra¬
duction française, par Prosper Estieu (1 vol. in-8°,
264 p.)
fr.
12. »
Lo Romancero Occitan, poèmes en langue d'Oc, avec
traduction française, par Prosper Estieu (1 vol. in8% 344 P-)
14. »
fr.
Cants d'un Grilh, chansons, rondels et sonnets occi¬
tans, avec traduction française par Guilhèm de
Nauroza. (1 vol. in-8, xvi - 100 p. )
fr.
6.50
Lo Gai Saber numéro
spécial donnant le compte
rendu des Fêtes félibréennes de Castelnaudary en
l'honneur du troubadour Arnaut Vidal, (24 Mai
fr.
3 »
1925)

Flors

duction

française,

par

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SOUS PRESSE

:

LO FLAHUT OCCITAN
43
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chansons inédites

du Maître Prosper ESTIEU

musique, texte occitan &amp; traduction française
(pouvant donc être chantées dans les deux
langues)
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en

vers

LIBRAIRIE

OCCIT AIM IA

6, passage Verdeau, Paris ( IX )
IMPH.

DE

LA

SOCIETAT

D'EDICION

OCCITANA

-

CASTELNAUDARY.

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              <text>Vignette : http://occitanica.eu/omeka/files/original/83de126d054b1f70387a82d38251d369.jpg</text>
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&lt;head&gt;&#13;
&lt;/head&gt;&#13;
&lt;body&gt;&#13;
Lo Gai Saber (&lt;a href="http://occitanica.eu/omeka/items/show/13154"&gt;Acc&amp;egrave;s &amp;agrave; l'ensemble des num&amp;eacute;ros de la revue&lt;/a&gt;)&#13;
&lt;/body&gt;&#13;
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&lt;head&gt;&#13;
&lt;/head&gt;&#13;
&lt;body&gt;&#13;
&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;em&gt;Lo Gai Saber&lt;/em&gt; est une revue litt&amp;eacute;raire occitane publi&amp;eacute;e depuis 1919. La rubrique &lt;em&gt;L'&amp;Ograve;rt dels trobaires&lt;/em&gt; est consacr&amp;eacute;e &amp;agrave; la po&amp;eacute;sie, la rubrique &lt;em&gt;Bolegadisa occitana&lt;/em&gt; donne des informations sur l'actualit&amp;eacute; de l'action occitane. La revue fait aussi &amp;eacute;cho des publications du domaine occitan et des r&amp;eacute;sultats du concours annuel de po&amp;eacute;sie occitane de l'Acad&amp;eacute;mie des Jeux floraux.&lt;/div&gt;&#13;
&lt;/body&gt;&#13;
&lt;/html&gt;</text>
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              <text>&lt;!DOCTYPE html&gt;&#13;
&lt;html&gt;&#13;
&lt;head&gt;&#13;
&lt;/head&gt;&#13;
&lt;body&gt;&#13;
&lt;div style="text-align: justify;"&gt;Lo&amp;nbsp;&lt;em&gt;Gai Saber&lt;/em&gt;&amp;nbsp;es una revista liter&amp;agrave;ria occitana publicada dempu&amp;egrave;i 1919. La rubrica&amp;nbsp;&lt;em&gt;L'&amp;Ograve;rt dels trobaires&lt;/em&gt;&amp;nbsp;es consacrada a la poesia, la rubrica&amp;nbsp;&lt;em&gt;Bolegadisa occitana&lt;/em&gt;&amp;nbsp;balha d'informacions sus l'actualitat de l'accion occitana. La revista se fa tanben lo resson de las publicacions del domeni occitan e dels resultats del concors annadi&amp;egrave;r de poesia occitana de l'Acad&amp;egrave;mia dels J&amp;ograve;cs florals.&lt;/div&gt;&#13;
&lt;/body&gt;&#13;
&lt;/html&gt;</text>
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          <description>Le portail dans la typologie Occitanica</description>
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              <text>Mediatèca</text>
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          <name>Sous-Menu</name>
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              <text>Bibliotèca</text>
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          <name>Type de Document</name>
          <description>Le type dans la typologie Occitanica</description>
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              <text>Numéro de revue</text>
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          <name>Catégorie</name>
          <description>La catégorie dans la typologie Occitanica</description>
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              <text>Documents</text>
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          <name>Contributeur</name>
          <description>Le contributeur à Occitanica</description>
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              <text>Bibliothèque de Toulouse</text>
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      <name>Escòla occitana</name>
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      <name>grafias de l'occitan = graphies de l'occitan</name>
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      <name>Poesia occitana = poésie occitane</name>
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