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                  <text>8a Annada

Janvier

=

N° 39

Febrier 1926

Gai

Lo

Revisia de l'ESCOLA OCCITANA

Dis Aup i Pii'i

F. Mistral.

TOLOZA
14,

Carrièra

dels Arts, 14

Lo Numéro: I fr. 50

�OAI SABBR

LO

Revista de l'ESCOLA OCCITANA
BUREUS

:

Carrièra dels Arts

14,

Abonaments:

( Fransa
(

: un an

Estrange

.

TOLOZA

-.

.

. un an

10 fr.
l5 /r.

ENSBNHADOR
del N°

Prof.

Abbé

Joseph ANGLADE
Joseph SÁLVAT :

Prosper ESTIEU

39

( Janvier-Febrier 1926 )

:

Le Félibrige et les Universités.
" L'Institut d'Estudis Catalans "
Las Bucolicas de Vergili en Ritmes

:

A-n-un novèl Bisbe.

:

Occitans

GUILHÈM

de NAUROZA

(Egloga I).

LA CIGALA DE L'ORT :

Lo Molin de las très Molinièras.

J. S.

Bolegadisa Occitana.

e

J. D. ;

Conselh de Direccion
Baron Desazars de Montgalhard, Capiscòl;
Jozèp Anglade, Prosper Estieu, Antonin Perbosc, Jos-Capiscòls ; J.-Rozès de Brousse, Secretàri ; Armand Praviel, Clavaire.

ASABER. - Per tôt sò que pertòca l'Administracion del Gai Saber escriure à la Libraria Edouard

Privât, 14, Carriera dels Arts, TOLOZA.
Compte postal

Per la

:

Toloza N- 1673

Redaccion, escriure al Majorai

Prosper

Estieu, 45, carriera Contresty, CASTELNOUDARI.

�Le

Félibrige et les Universités

question ici de la circulaire de
son sujet beaucoup de choses,
pas toujours très justes, d'ailleurs. Laissons pour le
moment cette question ; elle se posera souvent enco¬
re, et quelquefois d'elle-même.
Je voudrais examiner plutôt quelles sont les rela¬
tions du Félibrige avec l'Université et plus spéciale¬
ment avec l'Enseignement supérieur.
Je ne mets pas de hiérarchie dans les enseigne¬
ments : je ne m'occupe que de l'enseignement supé¬
rieur parce qu'il faut se borner, parce que je le
Il ne
Monzie.

sera

On

a

pas

écrit à

les autres, et surtout parce qu'on
jouit de loisirs (chèrement achetés d'ailleurs) qui
permettent les « longs espoirs et les vastes pensées ».
Nos collègues de l'enseignement primaire et secon¬
daire sont souvent trop pris par le « métier ». Leur
activité félibréenne n'en a que plus de mérite. Pour
ne prendre qu'un exemple, M.
Césaire Fabre, ancien
directeur de l'Ecole Normale du Puy, a montré ce
que pouvait une volonté tenace mise au service d'une
érudition étendue. Ce qui sera dit de l'enseignement
supérieur sera d'ailleurs souvent valable pour les
autres ordres d'enseignements.
Certes, une bonne place a été faite aux univer¬
sitaires dans notre Compagnie : parmi les majoraux
il y a : neuf professeurs appartenant à l'enseigne¬
ment primaire (technique,
écoles normales, libre,
etc), en retraite ou en activité ; quatre professeurs
de l'enseignement secondaire et un seul de l'ensei¬
gnent supérieur.
Il y a au moins quatre Universités méridionales
où l'enseignement de la langue d'Oc existe : trois de
connais mieux que

y

�i6o

LO

SABER

ne sont pas représentées au Consis¬
doute le Consistoire n'est pas un
Comité consultatif de l'enseignement public » ; de

ces

Universités

toire.
«

GAI

Et

sans

plus, les professeurs des Universités méridionales ne
sont pas hostiles — ou du moins ne le sont pas tous —
au mouvement félibréen.
Mais il est fâcheux qu'ils
n'aient pas leur place dans l'Aréopage. Je sais
d'ailleurs que l'un d'eux a refusé l'honneur d'y siéger
pour des raisons sérieuses, dignes de son caractère
et de sa probité intellectuelle.
L'enseignement supérieur devrait avoir une part
plus grande à nos délibérations et à nos décisions.
Il y apporterait des vues souvent originales, des idées
ou
générales ou précises suivant les cas, et tout ce
que l'indépendance et le savoir peuvent donner de
meilleur. Il ne serait pas nécessaire que ces profes¬
seurs appartiennent tous aux Facultés des Lettres.
Ceux qui ont connu l'homme aimable et exquis qu'é¬
tait Antonin Glaize savent combien un professeur
de droit peut honorer un Consistoire. Je connais
un
doyen de Faculté de Médecine qui a prononcé
plusieurs fois, dans des cérémonies officielles, des
allocutions en langue d'Oc : celui-là pourrait être
marqué pour le majoralat.
Il y a quelques malentendus entre félibres et pro¬
fesseurs d'Université. Côté félibréen : on nous con¬
sidère comme des gens un peu ffistants, trop sages

trop vieux, inaptes à comprendre le mouvement,
jeunesse et la vie, trop graves peut-être pour nous
intéresser à une littérature où, à côté d'œuvres sé¬
rieuses, pullulent les contes, les chansons et trop de
galéjades de tout ordre. Bref il semble bien
qu'on nous aime — et surtout qu'on nous respecte
beaucoup ; mais je ne sais pas si on fait le nécessaire
pour nous attirer à la famille félibréenne et nous
réserver une bonne place à son foyer.
Il y a là une erreur évidente. Tous les majoraux
ne sont pas, ou ne sont plus, des hommes d'action ;
il ne le faut pas d'ailleurs, il y en aurait trop et
ou

la

�GAI

LO

SABER

161

ils feraient trop de « bruit ». On trouverait
aussi des hommes d'action dans les Universités ; et

surtout

« action » serait peut-être, tout en étant discrète,
plus étendue et plus profonde que celle de beaucoup
d'autres : on pourrait en tout cas essayer.

leur

Côté universitaire

:

disons-le franchement, le Fé-

renom dans le monde universitaire.
On ne nous accuse pas, comme on fit pour Socrate, de
corrompre la jeunesse ; mais on nous a souvent re¬
proché le manque de sérieux du mouvement félibréen ;
etdes sourires d'indulgence ou même de pitié accom¬
pagnent d'ordinaire les félicitations et les éloges que
l'on accorde, par' politesse, aux professeurs qui sont

librige

a

mauvais

l'objet de quelque distinction félibréenne.
Et cependant de Saint-René Taillandier, qui com¬
prit un des premiers le mouvement félibréen, à
Chabaneau et à Constans, en passant par Paul
Meyer, le Félibrige a trouvé des amis fidèles dans
l'enseignement supérieur : amis de la première heure,
de l'époque militante du Félibrige, où le talent et le
génie n'avaient pas encore donné à ce mouvement
littéraire le

sceau

de l'immortalité.

Eh ! oui, il faut à un professeur d'Université une
certaine dose, sinon de courage (le mot serait peutêtre trop fort), mais au moins de volonté pour entrer
dans le monde félibréen : la médisance universitaire
a
vite fait de vous transformer en un homme peu
sérieux qui aime banquets et beuveries plus que « les
moines n'aiment la paix », comme dit Peire Vidal.
On est traité de « troubadour », ce qui est bien, mais

plus souvent de « jongleur », peut-être de « bouf¬
fon », comme disait Guiraut Riquier dans la « Supplicatio » qu'il adressait au roi de Castille Alfonse
X. Comment résister à ces brocards ? Encore un
le

coup,

il

y

faut

un peu

de philosophie.

Or ceci aussi est un grave malentendu, aussi fâ¬
cheux pour les universitaires que pour le Félibrige.
Le mouvement félibréen n'est léger qu'en apparence.

�I

62

LO

GAI

SABER

Il est bien dans la tradition française ; nous avons
fait en souriant de grandes choses, disait à peu près

Montesquieu. Le côté sérieux dans l'œuvre félibréen:
ne existe
il faut savoir le chercher et surtout le
reconnaître.

à cette litté¬
d'humanité »
( humaniores litterœ) et de classicisme, qui plaît
tant à nos esprits latins et qui ne laisse pas indiffé¬
rents les esprits élevés des autres pays. Mais c'est le
côté sérieux et surtout le côté social du félibrige qu'il
serait important de dégager de toute la poussière
littéraire, de tous les mouvements' désordonnés qui
croient incarner le félibrige. Or ce côté existe : il
est prévu par le statut félibréen : « Lou Felibrige
es establi per garda longo-mai à la nacioun óucitano sa lengo, sis us, soun gàubi e tout ço que
Les

œuvres ont déjà donné
caractère de généralité, «

grandes

rature

ce

constituïs

soun

eime naciounau.

»

Reconstituer une langue, recréer une poésie, re¬
faire une littérature, faire renaître tant de choses
que

l'on croyait disparues (multa renascentur !),
miracle ne va pas sans de solides appuis. Si

tout ce

artificiel, s'il était dû à une élite,
il y a de beaux jours qu'on apercevrait des germes
de décadence. Une littérature artificielle ne dure pas.
le mouvement était

Mais au-dessous des
a sauvé le trésor le

« lettrés » il y a le peuple, qui
plus précieux de la tradition, et

qui n'est autre chose que la langue.
Dira-t-on que le peuple a eu peu de part à la Re¬
naissance méridionale ? On l'a dit en effet, et c'est
un
grand esprit qui nous a lancé ce grave reproche,
c'est Jean Jaurès. Nous venons de publier (i) un
article où nous résumons ses idées sur ce point. Jau¬
rès ne connaissait pas à fond le mouvement félibréen,
tout en lui étant très sympathique ; il ne se doutait
pas de ce que la Renaissance méridionale doit au
« peuple » entendu dans
le sens le plus large et le
(i) Mercure de France (ier janvier 1926)

:

Jaurès et le Félibrige,

�LO

GAI

163

SABER

plus élevé du mot. Les érudits et les poètes n'au¬
raient pas suffi, en France pas plus qu'en Catalogne,
à créer

un

mouvement durable

onnels y ont

:

les éléments traditi¬

aussi contribué, chacun

leur part.
sphère à déga¬
ger ces éléments. Ils ont apporté leur appui à tous
les grands mouvements littéraires modernes. Les
frères Grimm ou Schlegel en Allemagne, les Raynouard et les Fauriel en France, les Milà en Catalo¬
gne ont préparé les voies aux littérateurs et même
aux poètes ; l'érudition et la
poésie ne s'excluent pas.
L'érudition n'exclut même pas la vie, la vido
Les érudits

ont

pour

travaillé dans leur

vidanto. Sans doute le Consistoire n'est pas une
Académie ;
que Sainte Estelle
le préserve de
cette transformation ! Des érudits qui n'en ont ja¬
mais fait partie ont travaillé avec fruit à la Renais¬
sance méridionale. Mais
il serait sage d'y appeler,

peut-être plus souvent, quelques professeurs ; jugeant
les hommes et les choses avec cette sagesse qui est
une des principales vertus
universitaires, ils appor¬
teraient â leurs collègues des éléments nouveaux de

pondération, de mesure et de goût. Tout en recon¬
naissant que l'agitation a son charme et qu'elle peut
avoir son utilité, ils insisteraient sur le côté sérieux
de l'action félibréenne, sur des questions de méthode
et de discipline (vertus qui
nous manquent quelque¬
fois), sur tout ce qui peut donner à notre mouvement
de l'importance et de la profondeur. Je voudrais
pour ma part que chacune des grandes Universités
méridionales eût un représentant au Consistoire. On
les trouverait sans peine, et le
Félibrige qui agit et
qui travaille ne pourrait quJy gagner. Les Universités
ne
peuvent plus ignorer le Félibrige ; il serait dom¬
mage que celui-ci les ignorât.
Prof.

JOSEPH ANGLADE.

�164

"

LO

GAI

SABER

L'Institut d'Estudis Catalans "

A peu près exactement au milieu du vieux Barce¬
lone, à l'ombre des tours de la cathédrale, presque
au

point culminant de la colline où furent posés les

fondements de la primitive et étroite citadelle qui
devait devenir le noyau d'une capitale, dans le palais
même de la Diputació provincial (Chambre des

députés de la Province), se trouve VInstitut d'Estu¬
dis Catalans.
Il n'a pas encore vingt ans d'existence, puisqu'il
fut fondé en 1907, et son œuvre est déjà immense.
Aux résultats acquis par cette institution, on peut

juger de ce que peut la volonté de quelques esprits
d'élite lorsqu'ils sentent derrière eux marcher tout un
peuple et que de ce peuple ils savent cristalliser tou¬
tes les aspirations parfois désordonnées et confuses.
L'Institut est le produit immédiat de cette renais¬
catalane qui a commencé aux premières années
du xix" siècle, et dont un fin lettré français, M. Jean
sance

Amade, maître de conférences à la Faculté des let¬
tres de Montpellier, vient d'étudier les premières
manifestations dans un livre du plus haut intérêt(i).
Il s'agissait de rendre un rang littéraire à cet idiome
qui, après trois siècles de nuit et de langueur, était
considéré comme mort, d'en refaire un instrument
noble et puissant pour la culture proprement catala¬
ne, de procurer à cette culture les moyens de déve¬
loppement et d'accroissement. C'est pour « obéir aux
exigences de l'opinion publique » que le 18 juin 1907,
la Diputació provincial décréta la fondation d'un
Institut d'Estudis Catalans, organisme nouveau
susceptible de produire la science, de faciliter les
recherches des savants, centre de critique historique
et

sociale

où

l'on travaillerait

avec

les

méthodes

(1) Origines et premières manifestations de la renaissance lit¬
en
Catalogne au xixe siècle. (Toulouse, Privât, 1924.)

téraire

�LO

vraiment
recherche

GAI

SABER

165

scientifiques : dépouillement des archives,
publication des manuscrits inédits, etc.
Comme tous les autres pays d'Europe, la Catalogne
devait enfin posséder les moyens matériels indispen¬
sables pour recueillir les restes de son passé, ses ri¬
chesses intellectuelles et le trésor de ses productions
artistiques et littéraires. Ce serait l'œuvre du nouvel
Institut, composé d'hommes jeunes et supérieurement
doués, distribués en quatre sections : histoire, arché¬
ologie, littérature et droit. Massó Torrents, Rubió i
Lluch, Puig i Cadafalch, Miret i Sans, pour ne par¬
ler que de quelques-uns, figuraient parmi les membres
et

fondateurs de l'Institut. La Diputació fournissait
subvention annuelle assez importante permettant
la publication des travaux, les recherches en Catalo¬
une

à Tétranger.
Après quelques années,

gne et

on

jugea nécessaire 1a.

création de nouvelles sections et la réorganisation
définitive de l'Institut. Les sciences proprement dites,

depuis les mathématiques pures jusqu'à la psychologie
expérimentale, manquaient à Barcelone d'un organis¬
me capable de grouper les efforts individuels,
d'un
centre de travail qui
donnât à ceux-ci une vigoureuse
impulsion. On créa donc une section des sciences.
Mais le besoin se faisait sentir encore davantage
d'une section philologique. La langue catalane devait
être fixée par un travail patient, autorisé et définitif.
Il fallait corriger la décomposition interne dont elle
avait souffert et l'adapter aux exigences de la civili¬
sation contemporaine ; il fallait la régulariser en
fixant sa graphie, son lexique, sa syntaxe. La Cata¬
logne avait perdu toute tradition littéraire, ne pos¬
sédait aucun centre de cohésion ; l'anarchie était
complète. Il y avait autant de langues écrites que
d'écrivains ou de régions ; il y avait non pas une
grammaire, mais des grammaires ; non pas une or¬
thographe, mais des orthographes. Hélas ! qu'était
devenu le bel idiome de Ramon Lull, d'Auzias March
et de saint Vincent Ferrier

! Tout, ou presque tout,

�166

LO

&amp; AI

SABER

était à refaire. Il fallait découvrir et formuler les
lois grammaticales, dresser l'inventaire de tout le

phonétique, ses va¬
devait négliger
aucun moyen d'obtenir des résultats complets et dé¬
cisifs : recherches historiques et géographiques,
excursions et études comparées, concours, et organiser
lexique

avec son:

étymologie,

riétés dialectales. Pour

cela,

sa

on ne

la collaboration intime de tous les éléments intellec¬
tuels du pays, depuis Perpignan jusqu'à Valence,

depuis les limites d'Aragon jusqu'aux Baléares..
Mais cela ne suffisait pas. Il fallait, en même temps,
travailler à développer et à répandre la langue ca¬
talane, lui assurer l'existence et la personnalité sur
son propre territoire et la faire connaître au dehors,
car la production littéraire dépend nécessairement
des lecteurs : sans lecteurs, pas de production possi¬
ble, et, sans livres, non plus, pas de lecteurs. Il fallait
faire connaître en catalan les œuvres maîtres¬
des littératures antiques et des littératures con¬

encore
ses

&lt;

temporaines étrangères.
Besogne écrasante, dont peuvent comprendre toute
la grandeur les Méridionaux fervents de la langue
d'Oc, qui souffrent de la voir morcelée en dialectes
paraissant inconciliables. Dante a pu, par son œuvre
géniale, fixer la langue toscane que plus tard l'Aca¬
démie délia Criisca sut ordonner et cataloguer,
parce que cette langue était à ses débuts pleine de
sève. Mistral, le sauveur, sans qui la langue d'Oc eût
péri, .n'a pu, malgré son génie et son travail immense,
opérer une restauration qui s'imposât définitivement
et sans conteste, parce que l'œuvre à accomplir était
trop considérable. Une langue qui a mis six siècles
à se dégrader, à se défigurer et à se perdre ne peut
relever, se refaire et ressusciter comme miraculeu¬
sement, comme obéissant à une baguette magique.
Ni les premiers poètes de la renaissance catalane,
se

ni

Balaguer, ni Verdaguer, malgré leur valeur in¬

contestée, ni les Jeux floraux reconstitués de Barce¬
lone n'ont pu

fixer la langue catalane. Ils l'ont

arra-

�LO

GAI

SABER

chée au tombeau, ce qui n'est
pas une mince gloire :
leur Comtesse n'est plus en
captivité! Leur travail,
le travail de tout le XIXe siècle, des
poètes, des pro¬

sateurs, des savants, sera utilisé, mis largement à

profit par la nouvelle section philologique ; c'est elle
qui assurera à la langue catalane le triomphe défini¬
tif, incontesté, en lui restituant sa forme classique et
en l'imposant en
Catalogne et en dehors de la Cata¬
logne.
Trois sections composent donc l'Institut d'Estudis
Catalans: la section historico-archéologique, prési¬
dée par M.
Puig i Cadafalch, dont les études sur la
filiation des églises gothiques de la Catalogne et
du
midi de la France sont si connues ; la section des
sciences présidée par M. Bonfill ; celle de
philologie
catalane présidée par M. Fabra, le grammairien ré¬

puté dont les

œuvres font autorité.
Comment ces différentes sections ont travaillé et
travaillent encore à la restauration intellectuelle de

Catalogne, il serait

trop long de le rapporter ici. Mais

il suffit de lire le
catalogue des
titut pour se rendre compte

publications de l'Ins¬
du résultat acquis par
les sections dans leur domaine respectif. Je ne men¬
tionnerai qu'en passant les principales productions
de la section philologique : la Biblioteca
filològica
en est à son
quinzième volume ; des traductions de
la Bible, d'Homère, de Virgile, de Tacite, de Mistral
ont vu le
jour ; un Atlas linguistique de Catalogne,
par un prêtre érudit autant que modeste, M. Antoni
Griera, sur le modèle de l'Atlas linguistique de la
France de Gilliéron, est prêt, et déjà trois volumes ont
vu le
jour sur huit ; un dictionnaire qui comprendra
les principaux dialectes est là, dans les tiroirs, sur des
milliers de fiches, attendant l'heure de l'impression ;
de nombreuses publications de tout genre complè¬
tent cet ensemble de travaux, et
je ne parle pas du
Buttleti de dialectologia catalana, qui paraît ré¬
gulièrement depuis 1913. Je n'ai nulle compétence
pour apprécier la valeur de toutes ces publications,

�i68

lo

gai

saber

je sais l'intérêt que leur portent tous les savants
entier, je sais que leurs auteurs sont très
considérés et qu'on attache un grand prix à leurs
productions.
Je serais incomplet, forcément injuste envers
VInstitut d'Estudis Catalans si je ne disais un mot,
en terminant, de la Biblioteca de Catalunya (Bi¬
bliothèque de Catalogne,) qui est adjointe à l'Insti¬
mais

du monde

tut, tout en ayant une administration indépendante.
On peut la considérer comme la Bibliothèque Natio¬
nale de Catalogne. Avec ses centaines de manuscrits
et
d'incunables (dont quelques-uns sont d'un prix

inestimable, relatifs surtout à la littérature ancienne
d'Occitanie), avec ses milliers de volumes, ses rares
collections, elle offre des instruments de travail in¬

comparables. Plus de 300 revues, catalanes, castilla¬
et étrangères sont à la disposition des lecteurs.
nes
Le directeur est M. Jordi Rubiô, homme éminent et
distingué, ayant d'ailleurs de qui tenir, car il est le
fils du professeur renommé Rubió i Lluch et le petit
fils du célèbre Rubió i Ors, le Gayter del Llobregat,
un des premiers
poètes de la renaissance catalane.
A la Bibliothèque, on est reçu avec amabilité, traité
avec courtoisie
par un personnel de choix. On y
rencontre les membres de l'Institut qui rivalisent de
prévenance.
Il faut souhaiter que le gouvernement espagnol,
sous le prétexte d'enrayer et d'étouffer l'idée sépara¬
tiste, ne porte pas des entraves au labeur probe et
admirable de ces savants et au développement de
cet organisme déjà lourd de fruits et encore plein
de promesses

qu'est VInstitut d'Estudis CatalansAbbé

Joseph SALVAT.

�w

w

w

w

w

w

w

w

Las Bucolicas de

w

Vergili

EN RITMES OCCITANS

Eglòga I

Melibèu.
O

Titire, colcat jol fau tant espandit,
Ensajas qualque cant silvèstre
Subre

ton

tèunhe calamèl

:

Nos aus, nos cal laisar nòstres camps
Nos cal fugir nôstra patrla.

w

agradius,

Tu, canhos à l'ombrum, ensenhas à las selvas
nom de la
polida Amarillis.

A dire 1'

Titire.

O Melibèu, un dius m'a fait aquel lezer,
E sempre aquel serà mon dius ;
Un anhelet dels miunis pargues

Enrojirà sobent son autar am son sang.
Com òc vezes, es el que vòl que mas vedèlas

Pòguen landrar aici, e 's el que m'a permes
De jogar com voldrai sul miu flahut campèstre.

�lo

170

gai

saber

Melibèu.

Segur, non som gelos : som pulèu estonat.
Qun grand treboladis demèst los nòstres camps !
Ieu-mème, entristezit, me cal menar mas cabras
Lènh d'aicital ;

mêmes aquesta

Plan dificilament la

trigòsi, Titire.
Aici, demèst aquels avelanièrs espesis,
A cabridat tôt ara, e, pietat ! sul ròc nut
Laisa sos dos cabrits, espèr de mon tropèl.
Se non abiai agut l'èime d'un fotralàs,
Me n' brembi, auriai compres qu'un garric folzejat
Me prediguèt sobent aqueste grand malastre.
Mas enfin, aquel dius, quai es ? Parla, Titire !
Titire.
O

Melibèu, aquela vila qu'a nom Roma,
èri pèc, qu'èra semblabla
A-n-aquela ont nos aus, simples pastres d'òuvelhas,
Abiai cregut, tant
Abiam
De

antan

menar

l'acostumada

nòstres anhelets.

Es atal que creziai parius
Canhòts e canhs, cabrits e cabras ;

Que confondiai sò qu'es petit
Mas Roma arbora
Demèst

totas

las

am

sò qu'es grand.

lo cap
vilas

autant

autras

Que 1' supresièr demèst vidalbas plegadisas.
Melibèu.
E que

donc tant foguèt la

cauza

qu'as vist Roma ?

�lo

gai

saber

Titire.
La

Libertat, qu'èra tardièra,

E que, pracò, me venguèt veze.
Un jorn qu'abiai granda flaquièra
E que ma barba déjà blanca
Jols dits del razaire tombaba ;
Me venguèt veze, mentrestant,
Aprèp una plan longa espéra,
Aprèp enfin qu'Amarillis volguèt m'aber
E que foguèri delaisat per Galatèa.
Me cal t'òc dire : à-n-aquel tems
Ont Galatèa me tenià,
N'abiai ni l'espèr d'èstre libre
Ni.la pensada d'establiar.
Malgrat que mantuna victima
Dels mius estables sortiguèse
E que faguèsi gras formatge
Pr' una ciutat bèlcòp ingrata,

Jamai à

mon

De^moneda d'aram

ostal
non

ma man

tornaba pezuca.

Melibèu.

Amarillis, me demandabi
Perque pregabas, tota trista, nòstres diuzes,
Perque laisabas fruchs madurs penjar à l'arbre.
Es que Titire èra partit d'aquest terraire !
O Titire, èra tu que 's pins, tu que las fonts
E los bartases reclamaban !
Titire.

Que faire ? Non podiai sortir de l'esclavatge
E non podiai endacòm-mai

1.71

�lo

172

gai

saber

Trobar de diuzes favorables.
Es

aqui donc, ò Melibèu,
Qu'ai vist lo jove dius pel quai nòstres autars
Fuman un jorn per mes ; es aqui que, tant-lèu
Que l'ajèri pregat, me respondèt : « Enfants,
Dins vòstres prats menatz com abant
Abarisètz vòstres taurèls ! »

vòstras

vacas ;

Melibèu.
Uros

ancian, aqui perque son tius encara
Aquelis camps pron grands per tu,
Malgrat qu'una rocada nuda
E 'na palum am joncs fangozes
Curbiguen totas tas pradèlas.
Tas fedas plenas non seràn
Tentadas per d'èrbas novèlas,
E d'aquel mal que lèu se carga
Per un tropèl vezin non seràn endecadas.
Uros ancian, aicì, prèp nòstras fonts sacradas,
Prèp nôstres riuzes tant aimats,
Prendras lo fresc à l'ombra ; aici, prèp la randura
Que despartis ton camp d'aquel de ton vezin,
Per abelhas d'Iblà chucant la flor del
E

sens

sauze

relambi bronzinantas

Seràs sobent acovidat à t'endormir ;

Aici, jol naut rocàs, veiràs un boscasièr
Que mesclarà son cant à-n-aquel de las auras,
Mentre que subre un grand ormèl
La palombèla que tant aimas
Rocolarà
E

sense

repaus

gemegarà la tortora.

�lo

gaisaber

173

Titire.
Acò 's

pracò que 's rabents cèrvis
paise dins l'aire,
Que la mar laisarà los peises
Subre l'arena del ribatge
que, tots dos cambiant de cèl e de patria,
Lo Parte beurà dins l'Arar,
Lo German beurà dins lo Tigre,
S'enanaràn

E

Abant que son retrat

s'arranque de

mon

còr.

MelibèU.

Pracò,

nos aus, nos

cal

anar,

Los unis dins la cauda Africa,
Los autres cap à la Sitia,
Subre 's bords de l'Otsus que carreja

de craia,

O dusc' encò dels Britannics

Separats de tôt l'univèrs.
jamai tornarai veze,
Aprèp long tems, mon tèrrador
E 1' cobèrt tôt girbos de ma paura cabana ?
Es que, plus tard, als camps que son lo miu reialme,
Podrai mirar qualquas espigas ?
Es que

Un soldat selerat aurà

qu'ai tant trabalhadas !
salvatge aurà mas meisons !

Mas tèrras
Un

Es à-n-acò que l'òrra izanha
A conduzit de pauras gens !
E gar' aqui per qui semenèrem los camps !
Ara, empeuta perièrs, Melibèu, planta vinhas !
Vai, miu tropèl, antan uros ! Anatz, mas cabras
D'ara-en-abant, colcat dins una cauna verda,
De lènh

vos

veirai plus

penjadas

f

�*74

lo

gai

saber

A la rocada bartasièra ;
Auziretz plus los miunis cants ;

Non,

ieu per pastor, anaretz
Anaretz jamai plus tastar

am

L'alborn claufit de flors

e

lo

plus,

sauze

mas

cabras,

amargant !

Titire.

Pracò, podriàs
Subre

ieu pasar aquesta
lèit de verda rama.

am

mon

nèlt

Ai de frucha

madura, ai de castanhas moflas
formatge en bèl abonde.
Mas, lènh, fuman déjà los teulats de las bordas
E de

E del cimèl de las montanhas

Tomban déjà las grandas ombras.
PROSPER ESTIEU.

�..

•

-- ;

'

:

!

■

V

.

.

.

'

•

:

.

-

■

&gt;

.

L'ORT DELS TROBAIRES
-

•

.

A=n=un novèl Bisbe

En saludant vòstra

Meti dins

Grandor,

tota

fi^ansa,
Dins l'espèr qu' auret^ amistansa
Pel blos parlar del tèrrador.
vos

Dempèi de sècles, Monsenhor,
Vivèm plus libres dins la Fransa.
En saludant vòstra

Meti dins

vos

tota

Grandor,

fi^ansa.

Se

planhs d'esclau vos fan tristor,
Obrat\ per nòstra delibransa !
E Dius, que n'aura remembransa,
Saur à guerdonar vòstra ardor
En bene^int vòstra Grandor.
GUILHÈM

DE NAUROZA.

�176

LO

SABER

GAI

Lo Molin de las très Molinièras
Canson

Per

Lauragueza

mon

jove amie En G. de N.

I

Es que
Es que

l'ai vist per tôt de bon ?
l'ai vist que dins un songe Ì
Oc sàbi plus ; mas voldriai pron
L'aber per mostier, s'èri monge,
Aquel tant polit ostalet
Se miralhant dins dòs ribièras !

Per ton laus rimi

mon

coplet,

Molin de las très molinièras !
Refrin

iV' aber de gran

dins mon granier,
calgut far molinier ;
Mas, com me som volgut pifraire ;
Es clar e net que n'i ai pas gaire ...
Pr' aber de gran dins mon granier,
M'aurià calgut far molinier.
M'aurià

�LO

GAI

í 77

SABER

II

tic-tac
au^ina ;
Blat e milh i rajan del sac
E lèu i tornan en farina.
Se parla, dins aquel ostal,
Que de cinquièmes, de punhèras...
Tas mòlas son pas sens trabal,

Aquel molin fa

son

A l'ombriu d'una vièlha

Molin de las très molinièras !

(Al Refrin).
III
A

son

entorn, los

rosinhòls

Fan tindar lor rosinholada,
Dementre que 's pijons, à vois,
Se pau^an subre sa teulada.

Rò^as embauman dins son òrt,
Figas claufison sas figuièras.
Ai ! s'èras

miu, qun uros

sort,

Molin de las très molinièras

!

(Al Refrin).
IV

Vagradiu molin
ni^ar las irondèlas,
èlhs aurian lo régal fin

S'èra miu,
Ont
Mos

van

D'i remirar très dròllas

bêlas,

qu'an gautas en flor
pòts color de las cerièras.
Plan segur, ès un nis d'amor,
Molin de las très molinièras !
(Al Refrin).
Très dròllas

E

�LO

i&gt;7?

GAI

SABER

V

Atlas !

som

vièlh... Demòra

mal,

Per lo que trigòsa la
De soscar als players

camba,
del bal.
Mas tu, jovent comol de flamba,
Fai ta cau^ida sens mu^ar
Demest las gentas farinièras !
Per mon amie pògues virar,
Molin de las très molinièras !
Darnier Refrin
Aura de gran dins son granier
Lo que se farà molinier ;

Mas s'aima mai èstre

pifraire,
n'i aura gaire
Aura de gran dins son granier
Lo que se farà molinier !
Es clar

e

net que

LA CIGALA DE L'ORT.

�j&amp;nt j&amp;tst j&amp;at JS&amp;IL js&amp;%t jjíía. aat Í&amp;&amp;-

BOLEGADISA
Libres recebuts
dèls

e

sonets

:

^ÎS. £&amp;£&amp;

OCCITANA

Cants d'un Grilh, cansons, ron-

occitans,

Guilhèm de Nauroza

am

traduccion franseza, per

(in-8° XIV-102 p.) Castèlnòuda-

ri, Societat d'Edicion Occitana, 1925. — Dins un
bestiari » del Atge-Mejan, podèm legir aquestas
regas : Del Grilh : lo Grilh a tal natura que
«

tant

ania

son

ca?itar

e

tant s'en delecha que no

's

percassa de vianda e mor cantan. (Cf : Bartsch :
Chrest. prov., 2a ed. col. 325.) Los Grilhs de uèi son
los grilhs de l'Atge-Mejan, e lor vida cambia
com
pas mai que lor color. Quantis de grilhs son rebonduts' dins la plana lauragueza ! Mas, tant-lèu que
torna la prima, s'auzis cada an lor cant dins l'èrba
verdejanta. Los grilhs son una rasa que regrelha !
Escotatz sò que ne dis Fores dins sa Prefàcio à
son primièr libre occitan: «De la
vengudo de la pri¬
mo al delà de l'estieu, joubs
la mirgalhaduro de las
prados, se lèvo, sus la bouco de la nueit, uno musiqueto clarinelo que tindino fort e mort, tant que le
cèl siau a de pimparèlos lugrejantos, jusquos à l'albo,
aquelo fresco droulleto qu'en sentint veni le soulelh

poutounejaire, s'empourpouro e lagremo de gauch.
Qunis soun aquelis musicaires que balhoun amourousoment as lugras serenados valentos e poulidetos
aubados ? Les Grilhs. S'anats à passes de mandro,
le loung des blats e dins las pradèlos, les poudèts
veze sus l'andelièro del trauquet, la cavo neneto ount

s'amagoun per iverna... Salut as Grilhs ! Salut à-n
aquelis troubaires de nostro terro pouderouso !... »
(Les Grilhs, p. x.J
Dequnis diran belèu que lor cri-cri, totjorn pariu,
finis per atisar e.atacar los nèrvis ? Nani ! Nani !
Quantis d'ostals an, penjada al contravent, una gabieta ont los dròlles an embarrat una d'aquelas bestiòlas negras que s'auzison cantar, per las carrièras,

�i8o

LO

GAI

SABEB-

del temps de las pasturas duscas à vendemias
lo monde aima lor cant, talament que, de còps,

! Tôt
n'i a
que s'empòrtan, en viatge, un grilh de lor tèrrador...
Ailàs ! totis los que se laisan destutar reveiran jamai lors prats. Paures engabiats ! L'ibèrn ol'embrum
lor faran lèu virar patas !
Es al mièch de las luzèrnas floridas o dins lo pelhenc dels caminòls que lo cant dels grilhs es lo mai
bèl. Es

jol clarum dels astres
calelhant al cèl,
al nòstre

d'Occitania,

cèl

que

cal auzir lor cri-cri

afanat !
En Guilhèm de Nauroza

es un grilh !
Son cant es
de grilh ! Cansons, rondèls, sonets dizon
gaireben totis la mèma cauza : cantan l'amor e
lo tèrrador. Es qu'a bezonh de res plus, lo trobaire ?

plan

un cant

Escotàtz

sa

canson

:

ma

gauta

s'emporpora,

mon

còr

defalhis, e, jos l'aura agradibola, la flor tremòla
mens que ieu :
En

esperant La qu'a l'agait ensorcelaire,

Tròbi que tôt es

E, sol,

L'amor

me

mon

siaud, pel campèstre e dins l'aire,
còr fa 'n tustadis de gros martel.

trebola ; pr
Dins

ma

'acò, tamben, m'encanta,

e

peitrina bateganta
'un plume de baudor.

S'es campa

Mas la

joventa en flor m'a dit
s'enfangar, que
L'estèla
Per

Te

es

amor

que

pas

donas lo reviscòl

au\èl, mon cor s'enlaira
sabi quala esplendor...
Qu'es donc acà que tant m'esclaira ?
Vès

còr deu

claro\a
qu'es blo\a.

compreni, pasion abrazanta
Com

que son

un

non

L'amor.

:

�LO

GAI

SABER

I

8l

Es atal que lo Grilh del
Lauragués nos remembra
los Trobadors. Es que los a
legits ? Oc crezi pas.
Mas lo cant dels Trobadors
i

rezurgìs

dins lo solelh, i
dins la tèrra. Los
a

de
«

una

vertut

grilhs de uèi

l'Atge-Mejan,

e

morison

troubaires de nostro

Aquela tèrra,

terro

a

e

resontis. Se

tamben

son

una

vertut

parius als grilhs

pas jamai los valents
pouderouso ».

l'aima Guilhèm de Nauroza !
lo Fresquelh sode Nauroza, lo
argentats, lo campanal d'Airos ont tinda l'Angelus, lo costalet de
Montferrand ont bufan lo Cèrs e l'Autan, lo polit
bosquet, ont lo cap bron^inant com un eisam d'abelhas, lo trobaire va escotar los cants que rajan
de son còr, tôt acò es la « terro pouderouso », tèrra
fegonda que « lèvo blat e milh », terra al &lt;( parladis
com

Sa bordeta, la Leza al
gris teulat,
lombros gorrinant prèp la
Rigola
Mares cascalhant jols tremols

triât

e tindant clar ».
Agafats à-n-aquela tèrra, los
grilhs escotan la canson melodioza que se n'arranca,
e, am lor cri-cri, l'espandison als quatre vents.
Atal a fait Guilhèm de Nauroza. Vos aus, los cantadors subregrands, vos aus que lauza dins son libre,
Mistral, Fores, Estieu, e vos, Filadèlfa, la granda
Bigordana, bèl fruch dèl solelh e de la tèrra d'Oc,
crezi plan que laisaretz se mesclar à vostra ronda

immortala lo

cant

del novèl trobador.

Es un pages-cantaire,
laisar destutar, viurà e

pages, que, sens se

morirà pages cantaire : lo
montarà un jorn dins los brancs

de sos cants
florits dels sabucs de
reson

gojat de

son

terraire. Enfin debrembem

lenga es bloza com son còr, e que, i a
dos ans, Clemensa Izaura li donèt, al Capitòli de
Toloza, lo Viulhèr d'Or d'Arnaut Vidal, lo Viulhèr
d'Or que, ara, perfuma lo Lauragués !
Segrçn e Cascai, Recuei de Pouësio prouvençalo, per Jan Bessat (in-120, 142 p.) Avignon, Roumanille, 1925. — Aqul son, en très partidas, las tròbas
d'un felibre afogat que met, al servici de la Comtesa,
un amour ferverous di causo de Prouvènço.
pas que sa

—

�l82

LO

GAI

SABER

Vejàtz sò que ne dis lo prefacièr, A Berthier :
La proumièro (partido) es bèl e bèn, uno siavo
leiçoun de filousoufio poupulàri ; la segoundo, uno
poulido garbeto de flour entremesclado de bonis espigo de blad ; la tresenco, d'un bout à l'autre es un
cacalas capable de gari touti lis ipoucoundri e li
nerasteni, de Marsiho à Lioun.»
«

J. S.
Sèm urozes d'anonciar que
Armand Praviel, Manteneire

nòstre Clavaire En
de l'Academia dels,
Jòcs Florals, ven d'obtene, à l'Academia Franseza,
un
prêts de 2.000 francs per son Histoire tragique
de la belle Violante. AcòJs pas tôt. La «Société des
Gens de Lettres » a decernit à Praviel lo prêts Balzac
de 1000 francs per son Histoire anecdotique des
Jeux Floraux. Li mandam nòstras melhoras félici¬
tations.

En décembre pasat, nòstre amie, l'egrègi abat
Jozèp Salvat, obtenguèt, à la Facultat de Letras de
Toloza, lo « Diplôme d'Etudes supérieures Méridio¬
nales » ambe la mencion « Bien ». Es atal qu'aquel
escolan de santa Estèla ven de pasar mèstfe. E s'arrestarà pas aquì. L'Escòla Occitana es fièra d'el.

J. D.

Le Gérant

:

E.

ĹEVRAT.

Imŷr. de la "Societat d'Edicton Occitana"

—

Castelnaudary.

�Règles de Phonétique Occitane
i° VOYELLES.

seul

dans le corps

d'un mot,
français ; mais s'il
constitue une terminaison féminine, il est semi-son¬
nant et se prononce entre a et o, suivant la
région ;
e sonne comme é fermé
français, et è comme è ou¬
vert français ; — i
équivaut à i français ; —■ u égale¬
ment ; mais, après une
voyelle, il a le son ou fran¬
çais ; — ô ouvert se prononce comme o français, et

-accentué

ou

—

a,

ou

non, sonne comme a

—

fermé
citan.

comme

o

français ;

ou

—

y

n'existe

pas en oc¬

2° CONSONNES. — b, c, d, f, g, j, 1, m, n, p, q,
(toujours
suivi de u ), r, s, t, z sonnent comme en français ; mais
c devant i est sifflant
comme s français ; — j sonne
comme

tz, dans certaines régions ; — m se prononce
à la fin de la i" pers. du pluriel des verbes ;

comme n

muet, sauf quelques rares exceptions, à la fin
— r
est souvent muet à la fin des
substantifs et des adjectifs, sauf en Provence, ainsi
—

n

est

des substantifs ;

qu'au présent de l'infinitif;
flant ;

—

des mots
vence

;

— s est toujours dur et sif¬
t est muet à la fin des participes présents et

en

—

ç,

ment ;

k,

—

x, w

v sonne comme

n'existent

pas en

b, sauf en Pro¬

occitan.

3° GROUPES.
—

—
ch, lh, nh se prononcent : tch, ill, gu ;
ph n'existe pas en occitan.

VIENT DE PARAITRE

:

CANTS D'UN GRILH
Cansons, Rondèls

e

Sonets occitans

Am Traduccion franseza
per

Guilhèm

de

NAUROZA

6 fr. 50
SOCIETAT D'EDICION OCCITANA, 37, Rue de la Baffe
CASTELNAUDARY

�EXTRAIT

CATALOGUE

DU

de la

Societat d'Edicion Occitana
37, Rue de la Baffe

CASTELNAUDARY

-

langue d'Oc, avec traduc¬
Prosper Estieu ( i vol. in-8",

Lou Terradou, sonnets en

tion
300
Flors

française,

p.) — rare
d'Occitania, sonnets en langue

duction
280

par

française,

par

fr.

20.

»

d'Oc, avec tra¬
Prosper Estieu (1 vol. in-8°,

fr.

p.).

12.

»

poèmes en langue d'Oc, avec traduction française, par Prosper Estieu (1 vol. in-8°,

ha Canson Occitana,
-,

fr.
12. »
poèmes en langue d'Oc, avec
traduction française, par Prosper Estieu (1 vol. in8", 344 P-)
frM- »
Cants d'un Grilh, chansons, rondels et sonnets occi¬
tans, avec traduction française par Guilhèm de
Nauroza. (1 vol. in-8, xvi - 100 p. ) . fr.
6.50
Lo Gai Saber numéro spécial donnant le compte
rendu des Fêtes félibréennes de Castelnaudary en
l'honneur du troubadour Arnaut Vidal, (24 Mai
264.p.)

Lo Romancero Occitan,

fr.

1925)
SOUS PRESSE

3

»

:

LO FLAHUT OCCITAN
43

chanson^

édites

du Maître Prosper ESTIEU

musique, texte occitan &amp; traduction française
(pouvant donc être chantées dans les deux
langues)
fr. 15 »
avec

en

vers

LIBRAIRIE

OCCITAN 1A

6, passage Verdeau, Paris ( IX )
IMM'i

DE

LA

«OCIETAT

D'EDICION

OCCITANA

-

CA8TECNAUDANY.

�</text>
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              <text>Lo Gai Saber. - Annada 08, n° 039 janvier-febrier 1926 </text>
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&lt;html&gt;&#13;
&lt;head&gt;&#13;
&lt;/head&gt;&#13;
&lt;body&gt;&#13;
Lo Gai Saber (&lt;a href="http://occitanica.eu/omeka/items/show/13154"&gt;Acc&amp;egrave;s &amp;agrave; l'ensemble des num&amp;eacute;ros de la revue&lt;/a&gt;)&#13;
&lt;/body&gt;&#13;
&lt;/html&gt;</text>
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&lt;html&gt;&#13;
&lt;head&gt;&#13;
&lt;/head&gt;&#13;
&lt;body&gt;&#13;
&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;em&gt;Lo Gai Saber&lt;/em&gt; est une revue litt&amp;eacute;raire occitane publi&amp;eacute;e depuis 1919. La rubrique &lt;em&gt;L'&amp;Ograve;rt dels trobaires&lt;/em&gt; est consacr&amp;eacute;e &amp;agrave; la po&amp;eacute;sie, la rubrique &lt;em&gt;Bolegadisa occitana&lt;/em&gt; donne des informations sur l'actualit&amp;eacute; de l'action occitane. La revue fait aussi &amp;eacute;cho des publications du domaine occitan et des r&amp;eacute;sultats du concours annuel de po&amp;eacute;sie occitane de l'Acad&amp;eacute;mie des Jeux floraux.&lt;/div&gt;&#13;
&lt;/body&gt;&#13;
&lt;/html&gt;</text>
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              <text>&lt;!DOCTYPE html&gt;&#13;
&lt;html&gt;&#13;
&lt;head&gt;&#13;
&lt;/head&gt;&#13;
&lt;body&gt;&#13;
&lt;div style="text-align: justify;"&gt;Lo&amp;nbsp;&lt;em&gt;Gai Saber&lt;/em&gt;&amp;nbsp;es una revista liter&amp;agrave;ria occitana publicada dempu&amp;egrave;i 1919. La rubrica&amp;nbsp;&lt;em&gt;L'&amp;Ograve;rt dels trobaires&lt;/em&gt;&amp;nbsp;es consacrada a la poesia, la rubrica&amp;nbsp;&lt;em&gt;Bolegadisa occitana&lt;/em&gt;&amp;nbsp;balha d'informacions sus l'actualitat de l'accion occitana. La revista se fa tanben lo resson de las publicacions del domeni occitan e dels resultats del concors annadi&amp;egrave;r de poesia occitana de l'Acad&amp;egrave;mia dels J&amp;ograve;cs florals.&lt;/div&gt;&#13;
&lt;/body&gt;&#13;
&lt;/html&gt;</text>
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          <name>Sous-Menu</name>
          <description>Le sous-menu dans la typologie Occitanica</description>
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              <text>Bibliotèca</text>
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          <name>Type de Document</name>
          <description>Le type dans la typologie Occitanica</description>
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          <name>Catégorie</name>
          <description>La catégorie dans la typologie Occitanica</description>
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              <text>Documents</text>
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          <name>Contributeur</name>
          <description>Le contributeur à Occitanica</description>
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              <text>Bibliothèque de Toulouse</text>
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      <name>Escòla occitana</name>
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      <name>grafias de l'occitan = graphies de l'occitan</name>
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      <name>Poesia occitana = poésie occitane</name>
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