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                  <text>8a Annada

N° 44

Novembre*Décembre 1926

/A f

Lo

Gai

Revista de l'ESCOLA OCCITANA

Dis Aup i Plr-enèu

...

F. Mistral.

TOLOZA
1-4,

Carrièra dels A.i-t:s, 1-4

Lo Numéro: 1 fr. 50

�L.O GAI SABER
Revista de l'ESCOLA OCCITANA
BURÈUS

14, Carrièra dels

:

( Fransa

j

Abonaments:

.

TOUOZA
.10 fr.

.

.

Arts

: un an

.

Bstrange; un an

—

ts /r.

ENSENHADOR.
del N° 44

FOURÈS

:

e

En Davant !
Las

Prosper ESTIEU :
J. S.

Bucolicas de Vergili en

ritmes

(Eglòga V).
Bolegadisa Occitana.
occitans

J. D. :

Table des matières du tome

Supplément

)

Auguste Fourès.

Joseph SALVAT :
Auguste

( Novembre-Decembre 1926

(1925-26)

Rapport sur le Concours de Poésie en
Langue d'Oc à l'Acadépaie des Jeux

:

Floraux
Brousse.

(1926)

par

m.

JyP&amp;ozès de

Conselh de Direccion
Montgalhard, Capiscòl ;
Jozèp Anglade, Prosper Estieu, Antonin Perbosc, Jos-Capiscòls ; J. Rozès de Brousse, Secretari ; Armand Praviel, Clavaire.
Baron Desazars de

pertòca l'Administraescriure à la Libraria Edouard
14, Carrièra dels Arts, TOLOZA.

ASABER.

-

Per tôt sò que

cion del Gai saber,
Privât,

Compte postal

Per la

:

Toloza N• 1673

Redaccion, escriure al Majorai Prosper

Estieu, 45, carrièra Contresty,

CASTELNOUDARI.

�Supplément

au

N° du GAI SABER, Novembre=Décembre 1926.

��RAPPORT
sur

le

CONCOURS DE POÉSIE EN LANGUE D'OC
Lu

en

Par M.

séance publique, le 2 mai

ROZÈN

J.

L'un des

de

1926

BROUSSE

Quarante Mainteneurs.

Messieurs,
C'est

certainement pour vous tous, et pour moi
premier, une grande désillusion de ne pas
voir notre éminent confrère, M. le baron Desazars
tout

de

le

Montgailhard,

donner lecture

se

de

lever,

son

en ce moment, pour vous
rapport sur le concours de

Langue d'Oc.
Depuis ving-huit
heure, il

vous

ans, chaque année, à pareille
entretenait ici des sentiments de l'A¬

cadémie

et de sa Commission de
langue romane sur
les ouvrages envoyés à l'Hôtel d'Assézat et soumis
à vos suffrages, et nous savons tous avec quelle haute

autorité, qui n'excluait pas la plus exquise bienveil¬
lance, il s'acquittait de cette délicate et laborieuse
mission.

Pourquoi faut-il que nous ne l'entendions pas au¬
jourd'hui ?
L'an dernier, vous vous en souvenez, il se plai¬
gnait avec un mélancolique sourire d'avoir atteint
« l'âge des Patriarches » et il
appréhendait de ne
pouvoir plus répondre à ce que vous attendiez de
lui.

—

Vous

savez

combien

ses

craintes étaient vai¬

lucide pensée et sa noble intelligence
ne montrèrent
plus de belle clarté française et de
pure ferveur occitane et jamais sa grande âme, pour
parler comme Bossuet, ne se montra plus maîtresse
du corps qu'elle anime.
nes.

Jamais

sa

�—

3°6.—

déjà, et même antérieurement, nous eûmes
grand'peine à décider notre vénéré doyen à se plon¬
ger, la plume à la main, dans l'amas de dossiers qui
constitue notre concours occitan. — Cette année,
malgré nos instances, aussi affectueuses que justifi¬
ées, il a supplié ses confrères de lui accorder quelque
Mais

repos.
Nous
pour
de

avons

cette

dû, à notre grand regret, nous rendre,
son désir. Comment refuser un jour
au travailleur vaillant qui, depuis un

fois, à

vacances

siècle, comme rapporteur du concours, et
qui, depuis plus d'un demi-siècle, dans la science
toulousaine, nous donne l'exemple du labeur le plus
constant et le plus fécond, le plus désintéressé et le
plus probe, d'un labeur qui fait, vous le savez, notre
admiration et notre orgueil ?
Comme le grand Laboureur, Lo grand Lauraire
de son illustre ami Auguste Fourès, le vénéré Majo¬
rai d'Avignonet a voulu, cette année, planter son
agulhada dans le long sillon de son œuvre magis¬
trale. Honorons le repos du Maître chargé d'années
et entouré de notre affectueuse gratitude et expri¬
mons-lui le vœu de le voir reprendre, l'an prochain,
le manche de la charrue occitane, au chant immortel
de la Cigale d'Or qu'à sa boutonnière de Félibre
Mistral lui-même épingla.
A son défaut, bien d'autres de nos confrères au¬
raient pu dignement remplir cet interrègne de la
critique de nos concours félibréens. Tous se présen¬
tent à ma pensée ; l'actualité seule me fait saluer
d'un particulier hommage Prosper Estieu et Antonin
Perbosc qui viennent de publier l'un et l'autre de
nouveaux ouvrages qui sont l'honneur de nos lettres
méridionales et la fierté de notre Compagnie. Hier,
c'était Lo libre dels Autels et La Debanadora
d'Antonin Perbosc qui donnent la saveur du terroir
quercynol comme les Fables et les Contes de La Fon¬
taine donnent le goût de la fine terre de France.
quart de

Aujourd'hui, c'est Lo Flahut Occitan, de Prosper
Estieu, qui élève sa note rustique des plus lointaines

�—

3°7

—

profondeurs de la tradition
res

et de la chanson populai¬
dont les modulations agrestes, pures comme
flûte d'argent dans le soir, atteignent parfois,

et

une
sans

y

prendre garde, la grandeur de l'épopée et

la sublimité de la prière.
Les circonstances n'ont pas

voulu que la plume
Majorai d'Avignonet fût reprise par la Cigale de
l'Ort ou par la Cigale de la Liberté ou par ceux de
nos confrères de la Commission de
Langue romane
qui semblaient tout désignés comme eux. Ainsi que
dans la vieille chanson populaire française, le sort
est tombé sur le plus jeune et ce fut lui, oui, ce fut
lui qui fut, non pas mangé, mais désigné pour le
du

redoutable honneur
éminent rapporteur

de

vous

faire

regretter notre

habituel.

Vous le regretterez

d'autant plus

que

le

concours

de cette

année, comme les précédents, du reste, est
des plus remarquables.
De

tous les coins de l'Empire du Soleil, de l'Océan
Méditerranée, de l'Auvergne au Roussillon, dis
Aup i Pirenèu, comme dit Mistral, les œuvres nous
viennent en foule. Et ce ne sont pas des pièces mé¬
diocres de patoisants, des essais d'un jour de rimeurs
apprentis, des vers de circonstance, éphémères com¬
me l'événement
qui les a fait naître, mais de vérita¬
bles œuvres, abondantes et fortes, d'une architecture
puissante et harmonieuse, animées d'un souffle ins¬
piré, écrites dans une véritable langue noble et pure,
aussi savoureuse que riche, et
signées souvent des
noms
les plus appréciés et des plus applaudis du
Félibrige. Cette qualité des œuvres et cet empresse¬
ment des meilleurs Félibres à solliciter nos suffrages
et à briguer nos Fleurs montrent la confiance que
l'on a dans notre Compagnie, son influence toujours
grandissante dans les lettres méridionales et le culte
dont nos Heurs sont partout entourées, His idem
semper Ho no s.

à la

�—

3o8

—

C'est ainsi, Messieurs, que vous avez accordé sept
Fleurs, quatre rappels de Fleurs et cinq mentions.
Sept Fleurs ! Cela peut sembler beaucoup pour
les ressources de l'Académie ; mais c'est peu si l'on
considère la valeur du

concours.

Si

nous

en

avions

moyens, l'Académie, en se montrant plus
généreuse, eût peut-être été plus juste. Vous savez
que, dans un avenir prochain, Clémence Isaure ne
sera, sans doute, plus obligée de se montrer si
parcimonieuse.
Parmi nos poètes mentionnés, par exemple, plu¬
sieurs, comme vous allez le voir, auraient mérité

les

eu

d'être fleuris.
L'Académie

a

été heureuse

d'encourager, l'année

dernière, le talent et l'ardeur occitane de M. Gaston
Vinas, libraire à Béziers, en accordant un Œillet à
son Idylle, L'Egasier
; cette fois, il nous a adressé,
sous le titre l'Oliu
mòrt, un envoi beaucoup plus
considérable, toute une série de pièces consacrées aux
arbres de

son

de notre

Son goût poétique s'y affirme, sa
nous regrettons que les ressources
de langue d'Oc ne nous permettent

pays.

langue s'y épure :
concours

de rappeler à M. Gaston Vinas son succès pré¬
chaude sympathie avec
laquelle nous suivons ses efforts et ses travaux.
Par contre, M. Pierre-Antonin Vayssières, de
que

cédent et de l'assurer de la

Tonneins

(Lot-et-Garonne), est un

nouveau venu

dans

palmarès. Il remporte un Œillet pour un groupe
de sonnets, dont le premier, et le mieux venu, s'in¬
titule La Bodofla.de Sabon. M. Vayssières est un
témoin précieux du développement de la saine action
félibréenne en des milieux qui, jusqu'ici, en étaient
restés au « patoisisme » ingénu de Jasmin. Comme
son illustre compatriote, M. Vayssières ne s'écrierait
pas étonné :
notre

Apelabon

ma

lengo

uno

lengo

roumano

!

Non, il est bien convaincu, au contraire, que sa
langue est une langue romane, et il s'efforce de la
ramener au vocabulaire et à la graphie de l'Ecole

�—

309

—

Occitane. Peut-être même s'y efForce-t-il un peu
trop.
Mais son exemple patient et tenace nous a
paru
mériter nos suffrages.
A côté de lui, il sied de mettre en bonne
place M.
Antoine Rey, d'Agen, qui, avec
plus de naturel et
de simplicité, a suivi, lui aussi, la bonne voie et

apporté,

nous

a

dèle,

une sorte

a

avec

L'Esclopier,

un

de petit chef-d'œuvre

été heureuse de fleurir d'une

véritable mo¬
l'Académie

que

Eglantine.

C'est une histoire terrienne, populaire, pleine de
sève racique, le poème, digne
de Jasmin, d'un sabo¬
tier de

village qui poursuit joyeusement

son

la

métier,

vieille arcade tombant de sommeil au
pied
du clocher. L'homme est heureux,
jusqu'au jour où
celle qu'il aime vient lui commander une
paire de
sabots. Pour en prendre la mesure, il est
obligé de
saisir dans sa main le pied nu de la jeune
fille...
Et voilà notre esclopier tellement troublé
qu'il en
perd la tête et qu'il fabrique, pour la première fois
de sa vie, des chaussures difformes et hideuses...
sous

Paurot ! de la veire

aqui, descausada,
pèd blanc dins l'or dels rufèls,
sentie tôt d'un cop coma una elhausada
i traucar lo cor, i treblar los èls.
pauzant son

Alonguèt, pâlot, sa man vergonjoza
cap à la raior d'aquels artels blancs.
O gauch ! far d'esclops
per son amoroza !
soscaba Guiral, los dits tremolants...
T

fasquèt d'esclops lares et

à la far venir

amb'aco,
—

Il

est

corts de morre

torta, se, per cas,

pecaire ! abia volgut corre.
» i
diguèt, « es atal que fas ? »
à la fois ridicule et déshonoré. Il ne lui
«

Gandorla

teste

plus qu'à abandonner la chère boutique, à quitter le
village, à s'enfuir dans les bois...
Vous le voyez, c'est la même veine
que l'Abuglo
de CasteLculié, ou que la Semniano d'un Filh...
Mais M. Antoine Rey,
depuis, a appris à rimer et à
écrire correctement. Sa
langue est riche. Elle puise
directement

plus

en

aux sources

présence de

ce

ancestrales. Nous
«

patois

»,

ne sommes

auquel trop de

�méridionaux sincères ont le tort de croire, mais en
présence d'un véritable idiome, dont la correction

parfaite n'enlève rien à l'émotion du poète ni à la
clarté de

sa pensée.
Si, de l'Agenais, nous passons au Quercy, nous
avons le plaisir d'y rencontrer deux bons écrivains,
qui, en se conformant aux mêmes directives, ne ces¬

sent de

renouveler leur talent.

Jules Cubaynes, curé de Gréalou, par
Cajarc (Lot), est un habitué de notre palmarès. Dès
longtemps nous avons admiré la sincérité, la force,
la ferveur de son inspiration religieuse, servie par
des connaissances linguistiques de premier ordre*
Cette année, il a tout à fait changé de genre. Piqué
au vif par la fameuse circulaire de son compatriote,
le ministre de Monzie, contre la langue d'Oc, il nous
a communiqué
une sorte d'épître, la Reguinnada
de la Vièlha, en petites strophes octosyllabiques,
où se révèle chez notre poète spiritualiste un esprit
frondeur et un dialecticien de premier ordre.
Malheureusement, il a oublié les articles de notre
règlement qui mettent en dehors de nos concours et
les ouvrages satiriques et ceux qui dépassent deux
cent vers. M. l'abbé Cubaynes devra se contenter,
pour cette année, du Rappel honorifique de ses ré¬
compenses antérieures.
Au contraire, M. Cayrou, vétérinaire à Montauban,
nous revient avec un enrichissement, désiré et atten¬
du, de son talent, enrichissement qui lui mérite une
M. l'abbé

Eglantine. Nous connaissions, jusqu'à présent, en M.
Cayrou, un poète terrien, rustique, vigoureux et
réaliste, ne craignant pas les relents de l'étable et
le naturalisme pimenté de l'auberge. Sa muse sait
s'élever, quand il le veut, vers les sommets. Il nous
a envoyé, sous le titre
lo Laurier de las Augustinas,
un beau
poème lyrique consacré à la gloire de nos
sept fondateurs, poème qui ne pouvait que nous sé¬
duire. Et ce qui nous a enchanté davantage encore,
c'est que, suivant l'exemple de son compatriote, no¬
tre éminent confrère le Majorai Antonin
Perbosc,

�AUGUSTE FOURÈS
I.

-

Sa Vie

Une caricature due à
Ka-Mill, qui n'est autre que
M. Ournac, l'ancien Maire de
Toulouse, représente
le poète
Auguste Fourès chevauchant un maigre che¬
val ailé monté sur un ressort. Le
poète tient dans sa
main droite une lyre, tandis
que de sa main gauche
il fait un geste pacificateur. En
exergue, on lit ces
deux vers de Petrus Borel :
Ne charter pour personne et n'avoir rien sur terre
cape trouée, un poignard et les cieux.

Qu'une

Remplaçons le poignard
rons

là

un

exact

par la lyre et nous au¬
portrait moral d'Auguste Fourès :

Ne chanter pour personne
et n'avoir rien
Qu'une cape trouée, une lyre et les cieux.

Et voici le

sur terre

portrait physique dû à la plume d'un
contemporains, Hippolyte Devilliers : « Une
tête étrange, bien
plantée sur un cou solide, peu
de barbe, des cheveux
abondants, line physiono¬
mie hardie avec l'air
doux, de l'assurance dans
le regard et de
l'ampleur dans le front, rien
d'ordinaire, une tête enfin de redresseur de torts
venu quelques siècles
trop tard ».
Fourès fut un vrai poète, et il voulut être aussi
un redresseur de torts.
Transposons cela dans le do¬
maine de l'Occitanie, et nous dirons
que Fourès fut
un
vrai poète occitan et un
vengeur des libertés
occitanes : deux raisons qui
expliquent pour une large
part qu'il'soit si méconnu, non seulement en France,
mais même dans sa
propre patrie. Nous trouvons
chez lui les grandes qualités des héros de
Cervantès,
de

ses

�LO

GAI

SABER

Don Quichotte et le licencié Vidriera. Noble et dé¬
sintéressé, luttant sans relâche pour les idées qui
lui étaient chères, charitable et bon sans réserve,
il souffrit beaucoup de l'égoïsme et du prosaïque in¬
térêt auxquels il se heurtait constamment. Ardem¬
ment, farouchement méridional, il rêva de
la Patrie occitane, son histoire, sa langue, ses liber¬
tés. Pour cela, il fut un grand travailleur, un auda¬
cieux novateur, à peu près incompris de ses compa¬
triotes. Malheureusement, sa santé s'épuisa vite.
Achille Mir, le félibre carcassonnais, lui écrivait le

ressusciter

janvier 1876 : «Siots malaut e toujour trabaenratjat. Fasèts-ne prou, mes ne
faguets pas trop, paimens. Mantenèts lou four30

Ihats coumo'11

l'espaso demore lu\ento ».
Hélas !
son âme,
vraiment comparable à une
éblouissante épée, eut tôt fait d'épuiser sa frêle en¬
veloppe. Et l'ardent chevalier, sentant combien il

rèu,

se

boulets

que

encore à faire, et voulant en quelque sorte
jusque par delà la tombe, voulut être en¬
terré debout, la face tournée vers le soleil, attendant
anxieusement l'aurore bénie pour sa patrie.

lui restait
travailler

La famille de Fourès est de souche carcassonnaise.
Son grand'père, Philippe Fourès, notaire à

Carcas-

fut ruiné par la banqueroute des assignats.
Il avait un frère, Sébastien, qui, après une vie quel¬
que peu aventureuse dans la carrière diplomatique,
se
retira à Bordeaux où sa fille, Suzanne, élève
de Boïeldieu, se fit une réputation méritée d'artiste :
elle devait venir mourir à Castelnaudar)q à l'âge de
84 ans, en chantant au piano. Le père d'Aug-uste
Fourès vint s'établir à Castelnaudary comme pro¬
fesseur d'enseignement mutuel. Il y épousa une de¬
moiselle Maury et eut deux enfants : Auguste et sa
sœur Louise. La famille est actuellement représen¬
tée à Castelnaudary par le neveu de Fourès, M.
Adolphe Hermet, de qui nous tenons beaucoup de
détails inédits relatifs à la vie, aux relations et aux
sonne,

�LO

œuvres

de

son

GAI

oncle, et

SABER

que nous

281

remercions ici.

Auguste Fourès naquit à Castelnaudary le 8 avril
1848 et
seconde

sur son

berceau flottèrent les drapeaux de la
Son père, qui était poète, musi¬

République.
cien, peintre et bon
mière formation qu'il
goût passionné de la

pédagogue, lui donna la pre¬
perfectionna lui-même par son
lecture.

Ayant perdu son père vers l'âge de quinze ans, il vint
Toulouse, à l'époque de sa vingtième année ; là,
il collabora, sous divers pseudonymes, à des feuilles
passagères. Il écrivait des vers français, et bientôt
il les publia sous le titre Oiselets et Fleurettes. Ces
à

premières poésies lui valurent quelques critiques,
mais aussi des encouragements précieux, parmi les¬
quels nous trouvons ceux de Michelet, Quinet, Jules
Troubat, Champfleury et Frédéric Mistral. Celui-ci
disait : « Vous écrive^ avec l'entrain et la fraî¬
cheur delà jeunesse et aussi avec cette mélancolie
précoce qui est la note vraie des organisations
poétiques. » C'était le 24 avril 1873. Fourès avait
vingt-cinq ans.
Poèmes et nouvelles se succédaient encore pendant
quelque temps, et le poème Le Lion lui valut, en 1875,
ces deux lignes de Victor Hugo : «
Je lis ces beaux
vers : « Le Lion »
; poète, je salue votre noble
esprit ». Sully-Prudhomme le félicitait et l'encoura¬
geait. Mais déjà Auguste Fourès tournait d'un autre
côté ses regards.
Vers l'année 1871, il
sa mère avait fait

était revenu à Castelnaudary,
l'acquisition d'un magasin de
quincaillerie. Fourès se retrouva avec bonheur dans
son
pays natal, aima à coudoyer le peuple toujours fi¬
dèle à ses mœurs et à sa langue. De temps en temps,
il se prenait à rimer dans l'harmonieuse langue d'Oc.
Il y avait là des poètes, qui, sans grand talent peutêtre, mais avec beaucoup d'amour, cultivaient la
langue ancestrale : Gabriel Peyronnet, Auguste Gaioù

�282

LO

GAI

SABER

Vidal, le musicien dTssel. Les, années 1874
1875 virent le carcassonnais Achille Mir rompre
avec les patoisants vulgaires et s'en aller cueillir des
tier et

et

lauriers poétiques à Avignon et Montpellier. Les
succès d'Achille Mir, répandus par la presse, furent
une révélation pour Auguste Fourès. Il adressa quel¬

félibre de Carcassonne, et celui-ci, en¬
thousiasmé, l'enrôla dans le Félibrige et le mit en

ques vers au

relations avec Arnavielle qui organisait alors
Société des Félibres du Languedoc. « Lou bent es

la
al

Felibrige, lui écrivait-il le 20 septembre 1875, e
me sentissi pourtat sus las alos del bent.
Cal
que siogue rete, car soui pas de plumo... Se sabèts de pouëtos dins lotis enbirouns, lebats-lous
en l'aire, e que bengoun al batalhou cantourlejaire.

»

Ce fut le 4 novembre de la même année que
rès prit contact pour la première fois avec les

Fou¬

féli¬

bres, à Montpellier, où s'organisa la Société des Fé¬
libres du Languedoc. C'est vers cette époque que

publia La Croux del Grand Aigat, poème
par la trop célèbre inondation de Toulouse.
En même temps, il écrivait un petit opuscule où il
faisait en prose languedocienne l'éloge du volume de
poésies d'Achille Mir : La Cansou de la Lauseto.
Fourès

inspiré

Les

Félibres, enchantés, saluèrent

en

Fourès l'un

des meilleurs ouvriers de la Renaissance méridionale.

Mais de Maillane lui venait alors la

plus précieuse
récompenses : « Je suis bien en retard avec
vous, lui écrivait Mistral, le 6 décembre 1875...
des

mais votre entrée aussi brillante qu'imprévue
dans le monde félibréen me fait Veffet d'une au?
rore de printemps ; je m'éveille ravi et je vous
tends les bras ...Au lieu de nous inspirer, des
échos d'Outre-Loire, écoutons le vent qui souffle
dans les arbres du pays, et nous aurons une rai¬
son d'être au milieu de tout ce qui vit... Je vous

applaudis, je

vous

remercie et je crois

en vous».

�LO

C'est

GAI

SABER

2

83.

janvier 1876, qui
Félibrige.
Louis-Xavier de Ricard
la lettre était de lui, —
avait épousé Mlle Lydie Wilson, d'origine écossaise
par son père et flamande par sa mère, et était venu
s'installer dans le Midi, au Mas-du-Diable, près de
Castelnau-sur-Lez, aux environs de Montpellier. C'est
là qu'il donna rendez-vous à Auguste Fourès et que
les deux amis se connurent, le 19 mai 1876. Fourès
allait à la grande assemblée du Félibrige qui se tint
à Avignon le 21 mai et au cours de laquelle le Fé¬
librige reçut sa première organisation ; cinquante
Majoraux y furent nommés, parmi lesquels Achille
Une

lettre de Paris, du 20

détermina l'orientation de Fourès dans le
—

Mir.
De cette

époque date l'entrée définitive de Fourès
1876 à 1880, ce
fut pour lui un temps de très grande production et
aussi de lutte. Disons tout d'abord qu'un gracieux
dans la littérature méridionale. De

d'amour s'ébaucha alors entre A uguste Fourès
la belle-sœur de Xavier de Ricard, Mlle Jeanne
Wilson. Le poète l'appelait « nia Janourèlo ». Hé¬
las ! de santé délicate, Jeanne Wilson devait bientôt
roman

et

mourir, laissant inconsolé le

de Fourès. Mais
Fourès, de Ricard et
Lydie de Ricard, artiste,
musicienne, poétesse, s'était violemment éprise du
Midi, dont elle fit « la patrie et le climat de son
amitié s'était établie
la femme de ce dernier.
une

àme ». Comme
l'Occitanie et sa
elle écrivait des

cœur

entre

son
mari, elle apprit l'histoire de
langue enchanteresse dans laquelle
pages magnifiques. Fourès l'avait
baptisée du nom de Dulciorella, et c'est sous ce
pseudonyme qu'elle signait toutes ses publications.
Que de choses curieuses, intéressantes, il y aurait
à dire sur cette période qui va de 1876 à 1880 ! Que
de discussions ! Que d'entreprises ! Fourès et de Ri¬
card veulent lutter contre l'emprise de la Provence
et travaillent de toutes leurs forces à organiser un
mouvement de Félibrige purement languedocien.
D'autre part, ils veulent que la tradition méridionale

�384

LO

GAI

SABER

soit libertaire,

républicaine et anti-catholique. En¬
ils sont ouvertement fédéralistes et adversaires
de la centralisation. C'est pour faire triompher leurs
idées que Fourès et de Ricard, soutenus et excités
par Lydie, fondent l'Almanach delà Lauseto. Avec
eux, y écrivent : Jean Aicard, la félibresse d'Arè¬
ne, Jules Troubat, Alexandre Langlade, Destrem,
Félix Gras, Bourrelly, Edmond Thiaudière, Tavan,
Crousillat, Emmanuel des Essarts, Léon Cladel, Ma¬
ry Lafon et Napoléon Peyrat, l'historien des Albi¬
geois, sans compter de nombreux écrivains de Cata¬
logne, de Castille et d'Italie.
fin,

Ce temps

du félibrige rouge, du fédéralisme ré¬
publicain, fut le plus rempli pour Fourès. Il fit alors
quelques voyages à Paris, se mit en relations avec
un
grand nombre de personnalités littéraires. Un
brillant avenir s'ouvrait pour celui qui aimait à s'ap¬
peler « le dernier des Albigeois ».
Hélas !

les

catastrophes et les malheurs s'abatti¬
Successivement,
la mort ou les circonstances, disparu¬

rent sur son cœur et sur son œuvre.

emportés

par

meilleurs amis. L'année 1880 vit mourir Ar¬
mand Tiffou et Alban Germain, de Carcassonne ; puis
rent ses

Dulciorella, sa filleule, succomba à une cruelle
maladie, à Montpellier, à peine âgée de trente ans.
Ce furent ensuite Napoléon Peyrat, qu'on appelait
VAujòl, et l'historien méridional Mary Lafon, de
Montauban, lo Vièlh Garric.
Ayant voulu,

mêler à la politique
maire de sa petite
ville, Fourès voulut même, en 1881, se présenter à
la députation. Il ne recueillit de cet essai que d'amères désillusions. Enfin, son seul .véritable ami, de
Ricard, partait pour l'Amérique du Sud. Ses succès
littéraires et félibréens ne suffisaient pas à le conso¬
ler de ses infortunes. En 1881, il reçut pour son
poème VAbuclo le Laurier d'argent à la Société
Archéologique de Béziers. La même année, le nombre
locale

et étant

un moment, se

devenu

adjoint

au

�LO

GAI

SABER

des

Majoraux français ayant été élevé jusqu'à cin¬
quante, Fourès fut élu Majorai, et il appela sa cigale
«

La

Cigalo de la Libertat

Son activité littéraire

».

ralentissait pas. En
1882, il fondait, à Castelnaudary même, une revue
littéraire, La Poésie Moderne, en collaboration avec
un
poète de vingt ans à peine, qui devait devenir
un des
plus célèbres félibres d'Occitanie, Prosper
Estieu. En 1883, il publiait, après s'être assuré la
collaboration des principaux félibres, un curieux re¬
cueil de poésies sous ce titre : « Per l'Alsacio-I^ourreno ». C'était une éclatante
réponse à ceux qui ac¬
cusaient toujours le
Félibrige de séparatisme. La
même année, des raisons de famille
l'appelaient à
Castres auprès d'un de ses oncles. Là, il essaya de
regrouper, en faisant appel à de nouvelles forces,
les félibres de la Lauseto, et il publia un nouvel
Almanach del Patrioto lati per Van de libertat
1885. On y trouve les signatures de Louis Astruc,
Valère Bernard, Maurice Faure,
Quercy, etc.
ne

se

Ce fut la dernière tentative de groupement
des
félibres exclusivement républicains.
A ce moment,
Fourès se vit confier la direction du Petit Toulou¬
sain. Dès lors, il vécut à Toulouse, écrivant
toujours
des poésies languedociennes, fréquentant
les jeunes
littérateurs qui savaient trouver sa modeste chambre
de la rue de la Colombette. Mais le meilleur de son
temps était pris par sa correspondance et par son

journal. La maladie qui depuis longtemps le minait
finit par le terrasser, et, en 1888,
Castelnaudary le
vit réapparaître. Sous l'immuable feutre mol à lar¬
ges bords, la tête ovale et brune s'était amaigrie, les
yeux s'étaient démesurément agrandis. L'épée avait
usé le fourreau.

Recueilli par sa sœur, qui fut pour lui la meilleure
des infirmières, il vécut là trois ans de souffrances
horribles ; sentant la mort venir, il fut pris alors
d'une intense fièvre de travail. En dehors d'uneabon-

�286

dante

lo

gai

saber

correspondance qu'il entretenait

avec

les poè¬

tes, les écrivains et les félibres, il publia pendant
ces trois années ses
principaux travaux de folkore et
d'histoire locale ; en 1888 paraissaient Les Gri/hs,
et

en

1891 Les Cants ciel Soulelh. Il collaborait à

de nombreuses

publications de toutes sor¬
expédia un
volumineux courrier, dans lequel se trouvait une
lettre destinée à son jeune ami Prosper Estieu. C'é¬
tait le 4 septembre 1891. La Cigalo de la Libertat
avait fini de chanter. Auguste Fourès était mort à
quarante trois ans.
Le deuil fut sur toute la terre occitane. Une pluie
de télégrammes et de lettres de condoléance s'abat¬
tit sur la maison de l'avenue Riquet où venait d ex¬
pirer le grand lutteur. Voici ce que manda Mistral,
le 6 septembre : « Le Midi perd en Auguste Fourès
un de ses plus brillants poètes, la
langue du Midi
un de ses
plus vaillants défenseurs et apôtres.
Nous porterons tous son deuil ». Et voici les pa¬
roles que prononça sur sa tombe M. le docteur Marfan, maire de Castelnaudary : « Nous, ses conci¬
toyens, nous devons surtout honorer la fermeté,
la droiture, la loyauté, Vélévation de son âme,
inébranlable dans ses principes et dans ses con¬
victions. Il avait Vesprit large, ouvert à tous les
revues

et

tes, et, le matin même de sa mort, il

enthousiasmes
illusions. Son

à toutes les généreuses
était accessible à toutes les

comme
cœur

infortunes. Il possédait les mâles vertus d'un ci¬
toyen romain.
Qiiesa vie, toute remplie d'hon¬
neur et de travail,
nous 'serve d'exemple et de
...

modèle !

»

Joseph SALVAT.

(A suivre)

�lo

gai

NOSTRES

saber

287

DABANCIÈRS

I

En Davant !

Al miu fraire En L.-Saviè de Ricard.

L'ast del

nostre drapèu es naut eoumo un piboul.
Fraire, pourtem-le frem, al fort soulelh qu'abraso
La terro, joubs le foulze estripant la niboul
De cadais, toutjoun dreit coumo uno bravo espaso.

Pel terradou famous

e

tant

agradiboul

Le flam del sieu pendoun jamai nou se tabaso ;
Al miei de l'aire fousc e sul flume treboul,

Enluzis,
Anam
Le clar

Cap

as

e

de fé blouso le

cor

s'arraso.

recounquista las belos libertats ;
parla mairal nous va tene alertais.
negres tirans ! Visque l'independencio !

O

fraire, abem de sang que s'escampo à rajols !
Mourirem, se ba cal, per la nostro prouvencio,
Sens fa plèti, parieus as superbis aujols.
Auguste

Junh de 1876.

FOURÈS.

�V

lo

gai

saber

Las Bucolicas de

Vergili

EN RITMES OCCITANS

Eglòga V
Menalc.

Mòpse, d'abòrd que nos trobam, bons totis dos,
Tu, dins lo biais de bufar dins lo flahutet,
Ieu, dins lo de cantar, perqué pas nos asèire
A l'ombra dels ormèls

e

dels abelaniers ?

Mopse.

Ès

mon

e me cal t'obeïr,
jos aquelis ombratges
Que dosament l'aura bolèga,
Sià pulèu qu'intrem dins la cauna.

ainat, Menalc,

Sià que nos apauzem

Vei

com

ambé

sos

La vinha fèra la

razims

rares

tapisa !

Menalc.

Sol, Amintas podrià, subre nòstras montanhas,
Te disputar lo prêts del cant.
Mopse.
Es que

même à Febus lo disputarià pas ?

�gai

lo

289

saber

menalc.

Comensa, Mòpse
Las

amors

;

dis,

de Fillis

e

se te

n' brembas

encara,

la lauzor d'Alcon

O lo

prejit contra Còdrus !
Comensa, mentre que Titire
Gardarà los cabrits que paison dins la prada.
Mopse
Pulèu vòli

'nsajar de te dire de vèrses
Qu'ai compozats sul miu flahut
E qu'ai escrincelats sus la rusca d'un fau.
Auzis-me, e dis apèi qu'Amintas me desfize !
Menalc.

Autant lo
Es

sauze

vimonenc

1' palle oliu
1' bèl rozier,
Oc, autant Amintas es al dejos de tu !
Pastor, aqui n'i a pron ; sèm intrats dins la
mens

prezat que
E l'umble aspic que

cauna.

Mopse.
Sus Dafnis trespasat
Abelaniers

e vos

aus,

las Nimfas lagremaban.
riuzes. abètz vist

Quna granda tristor èra al còr de las Nimfas,
Quand una maire dezolada,
En abrasant lo paure còs de son gojat,
Trataba de crudèls los diuzes
Dins

e

los

astres.

aquels jorns de dòl, ò Dafnis, i ajèt pas
las fonts frescas
sol tropèl
Que freguès l'èrba de las pradas

Un sol pastor per faire beure à
Los siunis biòus, e i ajèt pas un

�GAI

LO

290

SABER

E que tastès l'aiga del riu.
Dafnis, subre ta mòrt los lions de l'Africa
Engemeguèron, els tamben,
E los acrins tant salvatgencs e nòstras selvas

Dizon
Dafnis
Los
En

encara

ensenhèt à

nos

tigres Armenians,
de Baccus

onor

lor dolor:

junhir à-n-un carri
nos ensenhèt las dansas

1' biais d'entremesclar

e

De tendres ramelets als tirses
Com

plegadises.

de vinha ondran los arbres,
Com los razims ondran la vinha,

Los

taures

rams

los

tropèls

e

's blats los

camps

granius,

Tu, Dafnis, ès estât l'onor dels tius companhs !

Dempèi
Apollon

los Destins t'an raubat à

que

nos aus,

e Palès an quitat nòstres camps.
Dins los sélhons ont semenèrem un bèl òrdi
Naison lo

gèl estèrle

Al lòc de la viuleta

I

e

e la cibada fèra.
de la corba-dòna,

cardons e que romècs esgarraunhairas.
Pastors, fazètz pel soi una bêla ramada ;
Ambe un brancatge espés fazétz ombra à las fonts !
Son aquelas onors que Dafnis vos demanda.
Bastisètz-li 'n tombèl e subre aquel tombèl
Escrincelatz aquestis vèrses :
a

que

Ieu, foguèri Dafnis conegut dins las
D'ont

mon

nom

Èri
E

s'enlairèt

pastor

d'un

plan mai bel

selvas

doscas a las
bel

estèlas.

tropèl

que mon

tropèl.

M.ENALC.
Ton cant, per ieu, diuzenc poèta,
Es com la sòm subre 1' pelhenc.
Pels caminaires alasats,

,

�lo

Es

com

gai

saber

2g i

l'aiga d'un riu pr'apazimar la set,
Quand sèm al tems del calimas.

Non solament sul calamèl vales
Mas tamben lo vales

ton

mèstre,
pel cant.

Uros pastor,
Es

un

d'ara-en-abant,

segond Dafnis ! Mentrestant, à

Ambé

mon

melhor biais

te

dirai

mon

torn,

qualques vèrses

E portarai ton car Dafnis duscas als astres.
Ieu tamben per Dafnis me som sentit aimat

!

Mopse.

Que me serià mai agradiu qu'un tal prezent ?
Aquel pastor foguèt plan dinne dels tius cants,
E. i

a

bèl tems

qu'Estimicon

M'a fait lo laus dels tiunis vèrses.

Menalc.
Tôt blanc de luts, Dafnis remira
Am grand estonament las
portas de l'Olimp
E vei jols siunis pèds las nibols e los astres.

Lo
Lo

Tamben, la mai viva alegria
Es dins las selvas e
pels camps,
E de grand
gauch son comolats
dius Pan, los pastors e las
joves Driadas.
lop non sosca plus à 'nganar lo tropèl,
Ni los fielats à

'nganar cèrvis.

Lo bon Dafnis aima la
pats.

Déjà los acrins ermasits
Mandan al cèl de clams de gauch,
Los bartases
Es

e

's ròcs fan auzir aquest cant :

dius, es
Dafnis, siàs bon

«

un

dius ! Oc, Menalc, es un dius !
benfazent pels tius amies !

un
e

Son aie! quatre autars. Dos

son

per

tu, Dafnis,

»

�lo

292

gai

saber

E dos son per Febus. Vòli t'ofrir. cada an,
Dos copas ont escrumarà la lait novèla
E dos plens pòts de mon melhor òli d'oliva ;

Pèi, subretot, per regaudir mos convidats,
L'ibèrn, dabant lo fòc, e, l'estiu, à l'ombrina,
Farai

rajar dels flascolets
d'Ariuzium, qu'es un nectar novèl.
Acompanhat per Dametas,
Egon lo Lictian farà tindar sos cants ;
Lo vin

Alfesibèu imitarà 's Satirs dansaires.
E

tôt acò, Dafnis, sera
sempre per tu,
Sià quand farem las
grandas fèstas de las Nimfas,.
Sià quand caldrà purificar los nòstres
camps.

Oc, tant que lo singlar se plairà sus las sèrras,
Tant que 1' peis aimarà las aigas de ribièra,
Tant qué l'abelha chucara la
E la cigala lo rozal,
Seran

Los
E

grand onor e ton nom e ton laus.
Com à Baccus, com à Cerès,

en

lauraires, cada

tos

ferigola

an,

te mandaran lors vòts,

benfaits los forsaran à los

complir.

Mopse.

Qualis prezents te podriai faire pr'

tal cant ?
lèva,

un

Ni lo dos fiuladis de l'Austèr
que se

Ni lo
Ni

plazent mormol de la mar sul ribatge,
l'aiga cascalhant subre 's calhaus d'un riu
Non

me

gaudison

com tos

vèráes.

Menalc.

Abant, te donarai aqueste flahutet.
Es el, antan, que m'inspirèt

�lo

gai

saber

293

Lo pastor Coridon aimaba l' bel Alètsi
;
Es el que m'inspirèt encara
Dis-me donc, Dametas, de qui

Es que

's aquel tropèl ?
n'es pas de Melibèu ?
Mopse.

Tu, te cal prendre aquesta borda.

Malgrat que plan sobent me l'ajès demandada,
Antigèni jamai non la poguèt obtene.
(Pracò, dins aquel tems, meritaba mos cants).
Vei donc,
Am

son

aram

e

Menalc,

sos

nozets

com es

polida

totis parius !

Prosper ESTIEU.

�BOLEGADISA

OCCITANA

Libres recebuts ; Pouèmo Francescan, per Marius
Jouveau (in-16, 40p., Avinhon, Romanilha). — Treize
bèls poèmas escriuts en bloza lenga provensala pel
Capolièr del Felibrige, en onor de sant Francés d'Asiza, pel setième centenari del Poverello.

Las Paloumbos de Sant-Na^ari, Las dos Anjolos, poèmas, per Emili Barthe (in-8, 16p., Beziers,
Ed. Au Gay Sçavoir). — Subrebèla
legenda, la d'aquelas palombas de la glèiza de Sant-Nazari que
fugiguèron, espaventadas, dabant l'òrra Crozada, e
que tornaràn un jorn.
E los qu'auziguèron lo trobaire, lo 27 de junh, jos
l'espesa arbradura de Linhan, dire Las Dos Aujolos,
sentiguèron tôt sò que i a de pertocant dins l'evocacion del pasat que
fugis ambé las còfas lizas de
las aujòlas.
Nos proverbes gascons, 5® e 6a sérias, per l'abat
Dambielle (in-8,
30 e 24 p., Auch, Cocharaux).
Abèm pas bezonh de lauzar aici lo sabent trabalh
del canonge Dambielle, mèstre en Gai Saber, que
perseguis en Gasconha, sens relambi, l'òbra de l'abat
Couture, de Bladé e de tantis d'autres. Fòrsa d'aquels reprovèrbes se deuràn ajustar à tots los que
Mistral estremèt dins son precios Trésor.
Nos Chansons Gasconnes, ier libre (in-8, 16 p.,
Samatan, Editorial Occitan). —Aqui de cansons que
se
pòdon metre còsta lo Cansonier provensal e Lo
Flahut Occitan, de Prosper Estieu. Las qu'auziguèrem
à las fèstas de YEscolo deras Pireneos, son
sò que i a de mai ag'radiu.
La Catalogne et le Problème Catalan, per G.
Dwelshauvers, (in-16, 230 p., Paris, Alcan). — Se
parla sobent del problème catalan, e mai d'un còp plan
—

�LO

GAI

SABER

295

mal, com abèm pogut ôc veze, à l'ocazion del darnièr
■complot separatist. Los que legiran aqueste libre
sauràn tôt sò que cal saber subre la Catalonha, son
istòria, sa rasa, son pòple, e podran dire ambé l'autor : « Los Catalans an probat clar e net
que sabon
comprendre la vida de lor patria, que vòlon e pòdon anausar lor patria al nivèl dels grands pòples
d'Euròpa ».
Lou

Ciclopa, comedia antica en dos actes, en
Pèire Azema (in-16, 88 p. Paris-Toloza,
Guitard). —Bon ensaj de comedia antica, cauza mai
vèrses,

per

que rara dins la letradura
bonas laisas subre lo vin :

occitana. S'i pòd legir de

Bel

presounié de la hôutelha,
Lagrema poulpra de la trelha...

MEMENTO : Contes à L'Alholi, ambe un glosari
lengadocian-francés, per L. Rouquier (in-16, 200 p.,
Paris-Toloza, Guitard).
Madamo

Carpignol ou La Belo-Maire de Picodur, comedia en un acte, (3a edicion, per L. Rou¬
quier (in-16, 52 p., Paris-Toloza, Guitard).
Las Bucolicos de Vergèli, reviradas en vèrses
lengadocians, per Paul Paget (in-18, 64 p., Bezièrs,
Ed. Au Gay Sçavoir).
Floro Miejpurnalo, per P. Vezian (in-8 raisin,
41 p., Nîmes, A. Chastanier).
Font-Romeu, poèma per l'abat J. M. Castella-Roger, (gr in-8,. 96 p., Sanctuari de Font-Romeu), am
l'a traduccion franceza, illustracions e muzica dels

Goigs.
Le Domaine Catalan,

Bibliographie linguistique
catalane, per A. Griera(in-8, 82 p., Paris, Champion).
La. Causseto e l'Escauho-leyt, per H. Dambielle
(in-8, i0 p., Samatan, Editorial Occitan).

�LO

GAI

SABER

La Paraula Cristiana, nov.
1926 : La mistica de Verdaguer, per Joan B. Manya ; Lon Felibrige, sept. 1926 : Sant Francés
d'Assiso, per M. Jouveau ; Le Sol de France, 15
d'octobre : Saint François d'Assise et les Troubadours, per l'abat J. Salvat ; Revue historique et
A LEGIR

dins

:

Perpignan, 9 d'octobre ;
du Pastorellet de la Vail d'Arles, per J.
Lou Bournat, julhet-sept. N° especial,
à las fèstas de Bergerac ; L'Eclair : cro-

littéraire du Diocèse de
La poésie
S. Pons ;
consacrai

nicas felibrencas, de

F. Mistral, nebot.
J. s.

Nòstre escolan l'abat

Jozèp Salvat s'alasa pas de
lenga occitana. Se faguèt auzir : lo 5 de
setembre, dins l'antic sanctuari de Nòstra-Daraa de
Marcelha, proche Limos ; lo 24 d'octobre, à SantNazari de Beziers, per la fèsta del Vin Novèl ; lo 7
de novembre, à Castèlnòudari, suis Morts de la Grand
Guèrra ; lo 28 de novembre, à Pèchsiurà (Aude).
predicar

en

L'Escòla Occitana ven de pèrdre. un dels sius
melhors escolans. Mla Bèrta de Puybusque, Mèstre,
en

Jòcs Florals, de la Societat de las Gens de Letras,
Sant-Sulplci (Auta-

s'es atudada, lo 13 de novembre, à

Garona). Abià escriut fòrsa libres

en pròza e en vèrjol siu nom o jol de Rustica. La Muza occitana
li abià inspirât tamben de bèls bordons e li abià fait
ganhar mantas jòiaS. Apartenià à nòstra Escòla
dempèi la fondacion. Era intrada à l'Academia dels
Jòcs Florals en 1902, acò 's dire la mèma annada que
nôstre grand Majorai Prosper Estieu, que l'Academia.
festejarà en Mai venent, à l'ocazion de son jubilé aca¬
ses,

démie.

L'Escòla Palatina (Institut d'Estudis Mièjornals)
del Palais dels Papas, en Avinhon, ven de nomenar

�LO

GAI

SABER

297

Asociat per la Gasconha nòstre amie
viel. Cal notar que i a res que très
cada

Armand PraAsociats per

provincia.

L'Amistanço dei Joueine

,

de Marselha, a estam¬

pai de bêlas cartas postalas que pòrtan las tròbas
■cauzidas dels melhors poètasd'Occitania. Las demandar al sèti de l'Asociacion, 4, Boulevard des Dames,
Marselha.

(Prêts

:

la tièra de

10 : 1

fr. 50).

fin de l'estiu foguèron
subrebèlas. Caldrià parlar de la Semma-

Las fèstas felibrencas de la
nombrozas
na

e

Regionalista de Briva, de l'acamp de VEscola de

Limanha à Brioda, de l'acamp dels felibres del Carcl
a Castelnau-Montratier e de las manifestacions espetaclozas de Y Escolo Gastou Febus à Peyrehourade.
Lo jornal Oc d'octobre a dit sò que calià de las très

dins

premièras ; e lo raconte de la 4a se pòd legir
lo n° d'octòbre-novembre dels Reclams de Biarn e

Gascougne.
L'Eveil Catalan del 1" d'octobre es consacrât

al

-omenatge estrambordant e tant méritât que los
felibres del Rosilhon faguèron al canonge Bonafont,
lo 26 de setembre, à Ilha-sur-Tèt.

debrembar dòs cauzas :
Que lo Concors de poezia en lenga d'Oc per 1927

Nòstres escolans debon pas
i°

«erà dubèrt à YAcademia

delsJòcs Florals del ieral

de janvier. Ne demandar lo programa al Secréta¬
riat de l'Academia, Ostal d'Asezat e de Clemensa
Izaura, Toloza;
31

monument A. Forés
Los Grilhs del Lauragués se fizan,
per acò, als membres de l'Escòla Occitana. (M. Delestaing, clavaire del Comitat, II, Carrièra del II de
Novembre, Castèlnòudari, Compte Postal Toloza :
20

•es

Que la soscripcion pel

dubèrta

e

que

J758.)
J. D.

�LO

298

TABLE

SABER

GAI

MATIERES

DES

DU TOME IV

ACADEMIE DES
Concours de
Concours de

(1925-1926)

JEUX FLORAUX

Langue d'Oc en 1925
Langue d'Oc en 1926

.

.

.

.

.

.

.

.

25.

183

Dr. PAUL ALBAREL
Brinde portât à la
à Castèlnòudari

Le

taulejada del 16 de Mai 1926,
236

Prof. JOSEPH ANGLADE
Félibrige et les Universités

159.
255

Inquisition et Prohibition
Docteur MARC BAISSEE
Discors
naut

pel VP Centenari del Trobador Arnaut
Vidal

75

la taulejada del 24 de Mai 1925
à la taulejada del 2 de Mai
[926 à Toloza
Brinde portât à la Taulejada del 16 de Mai
1926, à Castèlnòudari
Brinde portât à
Brinde portât

La

JEA N B ONNA FOUS
Langue d'Oc à l'Ecole

92
215
234

28

J.-ROZÈS

DE BROUSSE
Rapport sur le Concours de Poésie en Langue
d'Oc à l'Académie des Jeux Floraux (1926)
.

ARTHUR CAMBOS
La Lana de Gasconha

Abbé J.
Estèla del Matin

.

.

.

.

.

CUBAYN_

....

./Ý

,

-

-L'

303.

�LO

GAI

SABER

299

LO CLAVAIRE

J. D.
Bolegadisa Occitana
182, 206, 228,

: 20, 47, 71, 119, 142, 168,

2,98

253, 275

Baron DESAZARS DE MONTGALLHARD

Rapport

le Concours de poésie en Langue
Floraux (1925)
24 Mai 1925 à
.Castelnaudary
Discours prononcé au Banquet du 2 Mai 1926,
sur

d'Oc à l'Académie des Jeux
Brinde porté au Banquet du

à Toulouse
Préface de « Flòc de Gasconha

EMMANUEL
A

.

73
94
210

»

,

.

.

.

259

DELBOUSQUET

Prosper Estieu

44

LOUIS DELHOSTAL
La

Graphie Occitane

en

Auvergne

.

.

.

.

193

LA DIRECTION
Antonin Perbosc Chr de la Légion d'Honneur
VF Fête de « l'Escòla Occitana »
Fêtes d'Arnaut Vidal
Fêtes Félibréennes en l'honneur du Troubadour
Castelnaudarien Arnaut Vidal (24 Mai 1925)
VIP Fête de « l'Escòla Occitana »
« Los Grilhs del Lauragués » à Castelnaudary,
le 16 mai 1926
.
.

La

JEAN DURENG
Langue d'Oc à l'Ecole

1

49

65

63
207

231

125

PROSPER ESTIEU
A la Memòria de Loïs Goier

Lq vièlh Case enjovenit

15

•

45

�LO

3°°

GAI

SABER

Subre la Crots d'Onor d'Antonin Perbosc
La Granda Pirenenca
La Canson del Vièlh
•
Lo Reviscoladis
Marina
Dabant una Garba de Ròzas
Lo vièlh Pescaire
Los Salvadors
Los très Drollets dins la Barqueta .
.
Vau plus subre la Plaja
Vida siauda

.

.

105
134
133

136
137
.

.

una

162

163

Gleiza

164

Jos l'Estelum
Las Bucolicas de

Eglòga
Eglòga
Eglòga
Eglòga
Eglòga

Yergili

en

Ritmes Occitans

I
II
III

•

.

.

:
.

169

IV

201
220
271

V

288

176

Lo Molin de las Très Molinièras

Allocucion prononciada
de Mai 1926, à Toloza
A

138
139
161

Sapiensa
Dins

52

65
68

à la Taulejada

del

2

213
239

Magali de Severac.
AUGUSTE

FOURÈS

En Davant

237

F. DE GFLIS
Discours pour le VIe
dour Arnaut Vidal

Centenaire du Trouba¬
67

LOUIS GOUYER
A

mon

Mèstre

Prosper Estieu (4 sonets)

LIGUE POUR LA LANGUE D'OC A

Réponse à M. de Monzie

.

.

40

L'ÉCOLE
132

�LO

GAI

301

SABER

RAYMOND LIZOP
Brinde portât
à

1926 237

à la taulejada del 16 de Mai

Castèlnòudari

237

CHARLES MAURRAS
Une Circulaire de

M. de Monzie

GUILHÈM
A-n-un

129

DE NAUROZA

Capelan Occitan

20

106

A Filadèlfa de Gèrda
Fèsta al Campèstre

140

A-n-un novèl Bisbe
A

175

Magali de Severac

240

ANNE-MARIE PETIT
Un

grand Remembre

117

.

ANTONIN PERBOSC
Los Fausils

16

Lo Sosc del Ser

53

d'Auguste Forés (Aisi pel
còp venguèri)

Sul Cròs

primier
99
265

Lo Cant dels Grilhs

PHILADELPHE DE GERDE
Sirbentes en aunou de Madama Isaura.
Discors prononciat à Castelnòudari, lo
Mai 1925

.

.

24

de

58
107

ARMAND PRA VIEL
Discours

Mai

prononcé à Castelnaudary, le 24

1925
La Renaissance littéraire en Catalogne.
La Langue d'Oc au Baccalauréat
. &gt;
.

JEAN-PAUL
Sò nòstre

102
.

.

121

.

.

145

RÉGIS
197

�302

LO

GAI

SABER

EMILE RIPERT

Langue française et Langues de France

148

JOSEPH ROUQUET
locaux à l'École

Les Idiomes

A bbé

150

JOSEPH S AL VA T

Louis Gouyer
L'Abbé Bergey, poète de Langue d'Oc.
Libres recebuts : 46, 71, 141, 165, 179. 192, 205,

228,

253

294

Predic felibrenc

prononciat à la Colegiala SantMiquèl de Castèlnòudari, lo 24 de Mai 1925.
Lo Peregrinatge de Compostèla
L'Institut d'Estudis Catalans »
Préface du « Flahut Occitan »
Notice nécrologique sur Xavier Rivière-Cros
«

Auguste Fourès (Sa Vie et

son

MA GALI DE
Remèrciament

Lauragués

3

37

de la

164
185
.

Œuvre)

SÉ VERA

Rèina dels

«

83
157

218
2

79.

C

Grilhs del

»

239'

FRANÇOIS TRES S ERRE
A propos

d'Auguste Fourès

Le Gérant

:

241

E. LEVRAT.

luiỳr. de la &lt;( Socictat d'Edicton Occitana "

—

Castelnaudary.

�—

M.

311

—

Cayrou est passé de la graphie de Fourès à celle
Occitane, qu'il applique déjà avec une par¬

de l'Ecole

faite maîtrise.
Peu à peu, dans toutes nos provinces, ces mêmes
principes sont adoptés par les meilleurs écrivains.
En Rouergue, l'Académie a eu déjà l'occasion de le
signaler. Cette année, elle a la joie d'y fleurir un
poète qu'elle avait déjà remarqué favorablement, M.
E. Séguret, de Rodez, dont la pièce: Lo Vièl Cumin,
démontre encore, après L'Esclopier, de M. Antoine
Rey, que l'on peut écrire une langue excellente sans
s'éloigner du peuple.
En ajoutant une Primevère aux fleurs qui étoilent
déjà les talus du Vièl Cumin, nous désirons encou¬
rager M. Séguret et ses vaillants amis du Grelh
Rouergat, dans la voie qu'il ont choisie.
L'Auvergne aussi — malgré quelles résistances ! —
vient à la lumière que, le premier, lui révéla le grand
Vermenouze. M. julien Galéry, son compatriote d'Ytrac, la représente dans notre concours avec un dé¬
licieux recueil, /'Ama d'un Pacan, qui nous a fait
songér parfois à Paul Froment, — un Paul Froment
qui aurait connu les Troubadours. C'est un ensemble
de petites pièces brèves, de la plus directe inspiration
rustique et de la meilleure graphie, auxquelles l'Aca¬

démie

a

décerné

une

Primevère.

d'Oc, si nous
plus ensoleillées, nous
ne cessons d'y saluer des félibres, riches déjà d'œuvres et de talent. Nous ne voulons pas traverser le
Languedoc sans accorder un sourire de chaleureuse
sympathie à ces vaillants qui se nomment : Clovis
Roques, mèstre en Gai Saber, à Clermont-L'Hérault,
De

ces

hauts sommets de la Terre

descendons

vers

des régions

dolentas, série de sonnets belle¬
parnassiens, auraient obtenu plus qu'une Men¬
tion honorable, si notre corbeille n'eût été déjà épui¬
sée ; Louis Bousquet, à Armissan, près Narbonne,
dont les deux beaux morceaux lyriques : la Canson
de la Mar et surtout lo Clam d'Ermengarda, ont
révélé à notre attention un poète de race avec lequel,
et

dont les Oras

ment

�—

312

—

à

l'avenir, il faudra compter ; — M.. Lamourdedieu,
déjà connu et apprécié à Toulouse, dont les strophes
Al Fotbal montrent que notre vieille langue ne
craint pas le modernisme des sujets, ni le modernis¬
me des vers blancs, dont l'élan nerveux
bouscule les
rimes dans le vol de la balle ; — Guilhèm de Nauroza, dont l'éloge n'est plus à faire parmi nous, de¬
puis qu'il a repris si glorieusement la tradition d'Arnaut Vidal, en remportant le Violier d'Or aux Jeux
Floraux du VI0 centenaire ; Guilhèm de Nauroza,
qui nous apporte l'édition entière de ses Cants d'un
Grilh, auxquels nous ne pouvons que rappeler leur
grand succès initial : toute autre de nos fleurs leur
serait inférieure !
Et

voici
où

Roussillon, province qui nous
pléiade de poètes, français
et catalans, a répondu à l'appel de nos confrères
François Tresserre, Henry Muc.hart, Mme BarrèreAffre. Le Roussillon nous envoie, cette année en¬
core, M. Charles Grando, des poèmes plein les bras,
comme il sied à un des
coryphées du Genêt d'Or.
est

nous

chère

et

en

toute une

M. le baron Desazars de Montgailhard a déjà'trop
bien analysé, devant vous, le talent de M. Charles
Grando pour que je m'y essaie à nouveau. La série
des

pièces qu'il nous a soumises, de Crépuscule à
Collioure à Cendres d'Ahir, nous a confirmés dans
l'excellente impression que nous avions de cet écri¬
vain, à la fois populaire et savant, que nous regret¬
de

pouvoir fleurir d'une Eglantine. Il n'en
plus, hélas ! dans le Verger des Augustines.
Mais le souvenir, que nous aimons à rappeler, du
premier succès de M. Charles Grando, l'engagera,
nous l'espérons,
à nous demeurer fidèle.
tons

ne

reste

Continuons

ariégeoises
mèstre

en

voyage circulaire : les Pyrénées
ne nous oublient pas, et M. J.-M. Servat,
Gai Saber, reçoit une Mention honorable
notre

poème préhistorique en sonnets, l'Orne
Ker, dont nous aurions aimé à voir corriger
quelque peu le vocabulaire et l'orthographe ; le Béarn,
pour

del

son

�313

~

—

permet de saluer en passant le Majorai Simin
Palay, dont une œuvre importante va bientôt nous
retenir plus longtemps ; et enfin la Gironde ellemême, éveillée par l'exemple et par la parole de no¬
tre éminente Reine de Poésie, Mme Philadelphe de
Gerde, maître ès Jeux Floraux, est venue à nous avec
M. Adrien Dupin, dont les sonnets révèlent une âme
vraiment poétique : nous leur avons accordé aussi,
très sympathiquement, une Mention.
Enfin, c'est le Limousin, terre illustre des Trouba¬
dours, qui se tourne vers Toulouse, avec M. Jean
Mouzat, professeur au Collège de Sillé-le-Guillaume
nous

(Sarthe).
Il

nous a

envoyé tout

un

livre manuscrit de poèmes,

inédits encore, Chansos de davans lo Jom (Chan¬
sons d'avant le Jour).
Si nous en croyons l'harmonieuse confession de
ses
ne

strophes

—

et comment

croirions-nous pas

ici, chez Clémence Isaure,

à la sincérité des Poètes ?

—

professeur d'un collège lointain, perdu dans le
centre, ce félibre dont le nom nous est inconnu, est
un tout jeune
homme. Les fleurs qu'il nous envoie
sont précoces et hâtives ; il demande qu'on lui par¬
donne s'il les a trop tôt amassées et. évoquant joli¬
ment les fleurs du prunier qui sont la promesse des
beaux fruits charnus, il souhaite qu'on lui fasse
ce

confiance

:

Lo prez de la flor del prù
de far venir à son hora
la brava charn del gentie fruch
...

es

—

Esperatz-me.

poète donc qui confesse, ailleurs, n'avoir pas
tout à fait vingt ans, nous offre timidement
peut-être, mais fièrement aussi, — et ce n'est pas
pour nous déplaire, — sa chanson d'amour. Mais son
amour n'est pas celui de Properce ni d'Aubanel. Il
ne chante ni Cynthia ni Zani, ni, si vous le voulez,
Dalila. Il chante uniquement la terre limousine, il
exalte la patrie perdue. Son livre est l'Elégie et peutêtre plus encore : l'Ode de l'exilé.
Ce

encore

�—

314

—

Cette terre limousine hante sa tristesse juvénile et
impatiente du souvenir des aïeux couchés dans ses
sillons, du parfum de ses bruyères, du bleu murmure
de ses ruisseaux sauvages, de l'ombre saine de ses
bois et de la splendeur nostalgique de son ciel. Le
poète « s'ennuie sur la terre étrangère » et, dans un
beau sonnet, Une nuit à Toulouse, il lui semble
que l'azur languedocien est moins fin pour ses yeux
accoutumés à

ses

fleurs fines.

A travers les minces

«

peupliers, dit-il, à la borne des jardins, — ô trem¬
blantes et brûlantes muettes d'or, — vous êtes plus
douces, ô nos étoiles lointaines... »
sei lonh del païs,
lengadociâ me sembla esser mens fi
mos uels 'costumais à las nostras flors finas.

Mas, tôt jorn maucontent que
l'azur
per

Trà los lenhes

pibols à la bôla dels horts,

O tremolantas e borlantas brizas
Setz mais dosas, nostras estialas

d'or,

lemozinas.

aveu
n'est pas pour nous déplaire non plus,
Toulousains, qui avons toujours compris Félix
Gras préférant sa Provence à la province du voisin
et du Bellay pleurant près du Tibre latin son petit
Lyré et la douceur angevine.

Cet

nous,

Mais si la nature limousine

a

fait

un

chanteur de

strophes musicales, ce
de la Patrie méridio¬
qui exaltent son ly¬
livre qui s'appellent
Sirventes et les In¬
térieurs, il chante le Languedoc qu'il veut revoir,
Marseille, la belle provençale, le Théâtre romain,,
symbole de notre race latine, et aussi cette Maheut,
sœur de la fameuse Comtesse de Mistral, qui était
princesse et qui est maintenant servante, jusqu'au
jour où les félibres, les « gens des livres », comme
il dit, la mèneront « à la ville comme une reine au
cet

exilé,

comme

il le dit

en

aussi les grands souvenirs
nale et de la langue ancestrale
risme. Dans les parties de son
l'Occitanie triomphante, les
sont

sang pur ».
Le livre de ce jeune poète, dont nous avons en vain
cherché le nom dans le Cartabèu du Félibrige, nous
a vivement intéressé.

�en dialecte du Bas-Limousin, celui
Tulle, qu'il estime, non sans quelque raison, se

M. Mouzat écrit

de

rapprocher probablement le plus de la langue des
Troubadours de l'époque classique, surtout de celle
de Bernard de Ventadour, d'ailleurs originaire de
l'est de cette région. Et ce dialecte, il l'a écrit non
comme Joseph Roux, le grand félibre de la Chanson
lemon^ina, mais avec la graphie de Perbosc et
d'Estieu « pour les raisons, écrivait-il, qui de jour en
jour amènent la fleur des écrivains de langue d'Oc
aux
méthodes, à la graphie occitane ». Cela est
très caractéristique. Le même mouvement s'affirme
de plus en plus chez tous les Félibres, dignes de ce
nom. Nous l'avons vu en Auvergne, en Provence, en
Roussillon, en Gascogne, en somme dans toutes les
Maintenances d'Oc. Aussi, sans qu'aucun des dialectes
perde rien de sa saveur, tous deviennent-ils pleine¬
ment compréhensibles aux lecteurs des provinces les
plus éloignées. Maintenant on peut dire que la vérité
s'est

imposée.

Si nous avons cru
l'œuvre de M. Mouzat

pouvoir noter çà et là dans
quelques gallicismes et quel¬

formes douteuses, si nous avons hésité devant des
hasardeuses et si nous avons ressenti par¬
fois l'influence peut-être un peu trop directe de Mis¬
tral, de Baudelaire et même de Verlaine, cela ne nous
a paru
qu'un petit défaut, si défaut il y a, qui est
l'effet de la jeunesse de l'auteur. Mais nous avons
trouvé dans son livre une si belle tenue littéraire, de
si louables recherches de rythmes, parfois suggérés
de nos vieux Troubadours, parfois puisés aux sou¬
plesses de la prosodie la plus moderne, — nous avons
cru enfin y discerner une si
noble pensée et une si
heureuse inspiration que nous , n'avons pas hésité à
fleurir d'une Eglantine cette « Chanson d'avant le
Jour » qui semble promettre, pour plus tard, quelque
midi triomphant.

ques

assonances

Si

nous avons

eu

plaisir à saluer d'une belle

fleur

�—

316

—

cet Angélus du matin, notre joie n'a pas été moins
grande de pouvoir offrir l'une de nos fleurs les plusimportantes, le Souci, à ce pur Angélus du soir que
sonne, au fond des vallées pyrénéennes, près du Gave
de Pau, M. Simin Palay, avec son noble livre Las

Pregaries
nous

e

avons

las Gracies, recueil de poèmes que

reçu

en

épreuves et qui

va

paraître de¬

main.

Palay est également cher à Clé¬
qui l'a si souvent fleuri déjà et à sainte
Estelle qui a piqué, jadis, à son béret de Béarnais,
la Cigale d'Or des Majoraux du Félibrige. Le vaillant
poète qui a fait applaudir dans tout le Midi ses vers
généreux du Franchiman, des Causons enf ausMainatyes et de Case et qui, avec sa Rebiscoulado, a
fait couronner à Cologne, sur les bords mêmes du Rhin,
la langue sonore et douce de nos gaves, Simin Palay
voit un peu de la neige des sommets descendre dans
sa barbe d'apôtre, ' et
il s'assied au bord du chemin
comme celui qui croit voir la fin du jour tomber des
montagnes prochaines. Il se recueille, il jette un loug
regard derrière lui sur la chaîne de ses années et,
Le

de Simin

nom

Isaure

mence

croisant ses deux mains sur sa veste de bure, il adresse
à Dieu la prière de son cœur fervent.

Non,

n'est pas le soir pour le généreux félibre
toujours éloquente et sonore, dont
est toujours ferme et le front toujours haut.
ce

dont la voix est
le pas

S'il
sera

se

recueille avant de

encore

reprendre sa route, qui
longue et belle, Dieu aidant, profitons

avec bonheur de sa chanson nouvelle dont
chrétien a fait un émouvant cantique.

sa

foi de

Une

prière ne s'analyse pas, une confession ne se
dissèque pas dans les vaines balances de la critique lit¬
téraire, un hymne d'amour ne se mesure point au
compas des rimes, surtout quand il s'agit d'un maître
dont la valeur est partout reconnue et applaudie.
Ceux qui liront las Pregaries e las Gracies,
quand le livre aura paru, y trouveront uue inspira¬
tion nouvelle du talent, disons mieux, de l'âme de

(

/

'

�—

Simin
vers

317

—

Palay ; ils aimeront à comparer les sons di¬
la foi fait rendre aux cœurs des poètes,

que

depuis les Fioretti d'Assise jusqu'aux recueillements
de Lamartine, aux sanglots de Verlaine, aux caril¬
lons de Roumanille et aux rêveries de Francis Jammes. Quant à nous, nous relirons dans ce beau livre
de Palay les pures prières à la Vierge qui choisit le
Béarn pour illuminer de sa douce lumière le rocher
de Lourdes et le torrent de Bétharram et nous cueille¬
rons, au pied de la Vierge de la Daurade, le Souci
qu'elle a destiné, par notre humble entremise, au bon
Félibre qui a su si noblement l'invoquer.

Vous le voyez, Messieurs, toutes les voix se sont
fait entendre, toutes les cordes de la grande lyre hu¬
maine ont vibré dans notre chère langue occitane, dont
ce concours vient de nous montrer l'épanouissement

toujours plus rayonnant aux quatre

coins de notre Mi¬

plus riches, lui sont venus de tous

les horizons. Et,

di. C'est avec joie et avec orgueil que l'Académie peut
lier cette magnifique gerbe dont les épis, toujours
devant

une

moisson si abondante et si

glorieuse qui

antique Langue d'Oc pleine, plus que
jamais, de sève et d'avenir, elle peut considérer avec
montre notre

sérénité les circulaires ministérielles éphémères, qui
tombent les unes sur les autres, aussi vaines qu'ou¬

comme ces feuilles d'automne qui jonchent nos
pyrénéennes et y engraissent inconsciemment
la terre féconde où les chênes puisent la force pour
s'enrichir d'une poussée nouvelle à chaque renouveau
du printemps.

bliées,
forêts

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du Maître Prosper
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(pouvant donc être chantées dans les deux

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duction française,, par Prosper Estieu (1 vol. in-8°,
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      <name>Dublin Core</name>
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              <text>Fourès, Auguste (1848-1891)</text>
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              <text>Salvat, Joseph (1889-1972)</text>
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              <text>Rozès de Brousse, Jean (1876-1960)</text>
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          <name>Relation</name>
          <description>A related resource</description>
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              <text>Vignette : http://occitanica.eu/omeka/files/original/eb14cb3c31b3e59025f204405a6fdcc1.jpg</text>
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          <name>Is Part Of</name>
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              <text>&lt;!DOCTYPE html&gt;&#13;
&lt;html&gt;&#13;
&lt;head&gt;&#13;
&lt;/head&gt;&#13;
&lt;body&gt;&#13;
Lo Gai Saber (&lt;a href="http://occitanica.eu/omeka/items/show/13154"&gt;Acc&amp;egrave;s &amp;agrave; l'ensemble des num&amp;eacute;ros de la revue&lt;/a&gt;)&#13;
&lt;/body&gt;&#13;
&lt;/html&gt;</text>
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              <text>1 fasc. (pp. 306-317) ; 22 cm</text>
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              <text>19..</text>
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              <text>&lt;!DOCTYPE html&gt;&#13;
&lt;html&gt;&#13;
&lt;head&gt;&#13;
&lt;/head&gt;&#13;
&lt;body&gt;&#13;
&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;em&gt;Lo Gai Saber&lt;/em&gt; est une revue litt&amp;eacute;raire occitane publi&amp;eacute;e depuis 1919. La rubrique &lt;em&gt;L'&amp;Ograve;rt dels trobaires&lt;/em&gt; est consacr&amp;eacute;e &amp;agrave; la po&amp;eacute;sie, la rubrique &lt;em&gt;Bolegadisa occitana&lt;/em&gt; donne des informations sur l'actualit&amp;eacute; de l'action occitane. La revue fait aussi &amp;eacute;cho des publications du domaine occitan et des r&amp;eacute;sultats du concours annuel de po&amp;eacute;sie occitane de l'Acad&amp;eacute;mie des Jeux floraux.&lt;/div&gt;&#13;
&lt;/body&gt;&#13;
&lt;/html&gt;</text>
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              <text>&lt;!DOCTYPE html&gt;&#13;
&lt;html&gt;&#13;
&lt;head&gt;&#13;
&lt;/head&gt;&#13;
&lt;body&gt;&#13;
&lt;div style="text-align: justify;"&gt;Lo&amp;nbsp;&lt;em&gt;Gai Saber&lt;/em&gt;&amp;nbsp;es una revista liter&amp;agrave;ria occitana publicada dempu&amp;egrave;i 1919. La rubrica&amp;nbsp;&lt;em&gt;L'&amp;Ograve;rt dels trobaires&lt;/em&gt;&amp;nbsp;es consacrada a la poesia, la rubrica&amp;nbsp;&lt;em&gt;Bolegadisa occitana&lt;/em&gt;&amp;nbsp;balha d'informacions sus l'actualitat de l'accion occitana. La revista se fa tanben lo resson de las publicacions del domeni occitan e dels resultats del concors annadi&amp;egrave;r de poesia occitana de l'Acad&amp;egrave;mia dels J&amp;ograve;cs florals.&lt;/div&gt;&#13;
&lt;/body&gt;&#13;
&lt;/html&gt;</text>
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          <name>Contributeur</name>
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              <text>Bibliothèque de Toulouse</text>
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