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                  <text>10a Annada

N" 54

Julhet'Agost 1928.

Lo

Gai
Saber

Revista de l'ESCOLA OCCITANA

——

Dis Aup i Pirenèu

...

F. Mistral.

TOLOZA
14, Carrièra

delà

Arts,

14

Aqueste Numéro

:

2 fr.

�SABER

LO OAI

Revista de l'ESCOLA OCCITANA
BURËUS

dels Arts

14, Carrièra

:

Abonaments

Fransa
:

:

Bstrange

un

an

.

: un an

--

.

.

TOUJZA

.10 ir.
.

ÍS fr.

ENSENHADOR
del N" 54

La Direction

( Julhet-Agost 1928)
La Fête de Y Ame Occitane à Carcas-

:

sonne

Prosper ESTIEU

Los Grilhs del

Cri-Cri.

Allocucion.

:

GÈRDA

Filadèlfa de

(15 juillet 1928).

Lengadòc ! Provensa ! Gasconha !

:

Lauragués

:

Jôcs Florals Escolaris : Rapôrt del
abat Salvat, secretari ; Palmarès.
Bolegadisa.

:

Gabriel SARRAUTE :

Prosper Estieu traducteur de Virgile.
/

Burèu de l'Escôla Occitanà
Jozèp Anglade, Capiscòl ; Prosper Estieu,
Perbosc, J. Rozès de Brousse, Jos-Ca-

Antonin

piscòls

;

Armand

Praviel,

Clavaire

;

Jozèp

Salvat, Secretari.
ASABER.
cion del

Per tôt sò que

pertòca l'AdministraGai saber, escriure à la Libraria Edouard
-

Privât, 14, Carrièra dels Arts, TOLOZA.
Compte postal

Per la

:

Toloza N• 1673

Redaccion, escriure al

Majorai Prosper

Estieu, 45, carrièra Contresti, CASTELNOUDARI.
Mandat los libres

en

dople etsemplari.

�T

■

i

LA FÊTE DE L'ÂME OCCITANE
A

CARCASSONNE
&lt;15

JUILLET

1928)

Le Comité des Fêtes du Bi-Millénaire de la Cité de
Carcassonne avait fait appel à M. l'abbé Salvat, se¬
crétaire de VEscòla Occitana, pour l'organisation
d'une fête du Costume; celle-ci devait .inaugurer la.
série des fêtes et clôturer le Congrès de la Fédéra¬
tion Régionaliste
Française. Notre Secrétaire fit
au Comité qu'il y aurait tout avantage
à transformer cette fête du Costume en fête de l'A¬

comprendre

Occitane, où seraient remis

en honneur, non seu¬
d'Occitanie, mais aussi la lan¬
gue, les danses, les chants, etc... Et c'est ainsi que
peu à peu cette journée prit les proportions d'une
manifestation éclatante, grandiose, où palpiterait,
vibrerait l'Ame du pays d'Oc.
me

lement les

costumes

Des difficultés matérielles d'organisation empêchè¬
M. l'Abbé Salvat de s'adresser à toutes les pro¬
vinces du Midi, et il dut se borner à solliciter les
rent

concours

qui lui paraissaient

des informations

inexactes

ou

réalisables.

Malgré

même tendancieuses

qui auraient peut-être pu compromettre le succès de
la journée, les forces vives du Félibrige dans le Lan¬
guedoc vinrent se grouper autour du jeune majorai
qui les conviait à une fête incomparable.
Le Congrès de la Fédération Régionaliste Fran¬
çaise s'était

tenu

à Carcassonne les. vendredi et
'

sa-

/&lt;0^

�346

LO

GAI

SABER

medi 13 et 14, sous la présidence de notre clavaire
Armand Praviel. Plusieurs de nos escolans y avaient
lu d'intéressants rapports, tels que le docteur Girou,
les

majoraux Charles-Brun et abbé Joseph Salvat,
Raymond Lizop, etc... Une conférence de Paul Sentenac suivie d'une soirée littéraire au Théâtre, la ré¬
ception des Congressistes par la Municipalité, une
visite de la Cité, avaient bien préparé la journée du
15. Celle-ci va se dérouler dans le plus grand enthou¬
siasme.
LE

DÉFILÉ

Dès le

matin, arrivent des délégations des pays
des autos-cars où flotte la
bannière du Languedoc : Saint-Félix du Lauraguais,
Ouveillan,Villegly, Narbonne,etc... La cour delag-are
est bientôt peuplée d'une foule pittoresque, où se mê¬
lent légères coiffes blanches et larges chapeaux de
feutre. Des poignées de main s'échangent, des saluts
retentissent. Voici Philadelphe de Gerde, la reine de
la journée, causant avec le majorai Prosper Estieu.
Voici la jeune reine des Grilhs del Lauraguès, Magali de Sévérac, et Madame Anne-Marie PonrouchPetit, la poétesse de la Cigalo Narbouneso, qui
vont
assister aujourd'hui la grande Bigourdane.
Charles-Brun est là, avec son escorte de la Fé¬
dération Régionaliste. A côté du barde breton Fran¬
çois Jacob en costume de velours noir à boutons de
nacre blanche et grand chapeau, voici le félibre Ferrières, de Montréjeau, vêtu de bure, en guêtres, sa¬
bots, béret, veston court et culotte jusqu'aux genoux.
voisins,

Mais

que transportent

un

remous

se

produit dans la foule. Par la

porte de sortie se déverse un flot de costumes aux
couleurs éclatantes

qui resplendissent sous le soleil.
visage rasé, à l'œil noir, s'a¬
vance entouré d'un essaim de jeunes filles : c'est Fontbernat i Verdaguer, le célèbre musicien, qui, la
veille, à Castelnaudary, a dirigé les chœurs des
Un homme

brun,

au

�LO

Grilhs del

GAI

SABER

347

Lauragués. Derrière lui, c'est

toute l'ar¬
capitale du Lauraguais : voici
Mireille Estieu, la fille du majorai, et Thérèse Dalga-Hermet, la petite nièce de Fourès, et Juliette
Peine, la remarquable actrice qui s'est naguère fait
applaudir sur les théâtres de Barcelone, et Germaine
Foyssac, la cantatrice, fille du regretté félibre Xa¬
vier Rivière ; voici le peintre Sibra, le sculpteur
Malacan, les poètes Guilhèm de Nauroza et Thalabas, le potier Perrutel, le romancier Dr Thiébaut ;
voici le Dr Baïsset, jos-capiscòl, ier adjoint au maire
de Castelnaudary ; voici, en blouse bleue du Laura¬
guais, le clavaire Delestaing, avec son équipe de
commissaires tous en costume du pays. Mais de nou¬
veaux costumes
apparaissent : ce sont les félibres du
Grelh Roergat, Séguret et Calelhon, Mouly, Vaymée félibréenne de la

let

en

blouse noire

ou

coiffe blanche surmontée d'un

grand chapeau de paille. Puis ce sont les Bigourdans,
les filles portant des fichus éclatants et des capulets rou¬
ges, les hommes vêtus de la courte veste écarlate.
Encore un autre vol de blanches coiffes à tuyaux des
Pyrénées ; ce sont les filles de la Terre Privilégiée,,
conduites par la vaillante félibresse Cécile Cuxac.
Le gros des troupes est maintenant arrivé. Le cor¬
tège difficilement s'organise : en tête, Mèstre Fenayrou, le plus fameux cabretaire du Rouergue, com¬
mence à dévider sur sa cabreta les
plus jolis airs
qu'il fera retentir, infatigable, jusqu'à la nuit. Philadelphe de Gerde vient ensuite, entourée de ses de¬
moiselles d'honneur, et suivie de son escorte fleurie.
Elles sont là plus de deux cents : Narbonnaises et
Biterroises à la coiffe plate serrant la tête et s'élançant en avant comme deux ailes d'oiseau ; Carcassonnaises et Lauraguaises à la coiffe tuyautée ; Rouergates, Toulousaines et Albigeoises au grand cha¬
peau ; Bethmalaises et Massadèles à la grande coiffeailée ; Bigourdanes au capulet resplendissant : lu¬
mineux serpentin de coquelicots, de jonquilles et de
marguerites se déroulant au milieu d'une foule sym-

�34-8

LO

GAI

SABER

pathique extasiée devant ces beautés insoupçonnées:
Que son polidas ! s'écrient quelques vieilles, heu¬
reuses de voir ressusciter la coiffe
qu'elles-mêmes por¬
tent encore.
aux

Des femmes de la halle offrent des fleurs

jeunes Occitanes.

Les félibres suivent. D'abord ce sont les majoraux
arborant la cigale d'or : M.M. Prosper Estieu et abbé

Joseph Salvat, capiscòl et secrétaire des Grilhs del

Lauragués, Charles-Brun, président de la Fédération
Régionaliste Française, J.-Rozès de Brousse, jos-capiscòl de YEscòla Occitana; le félibre Pierre Azéma, syndic de la Maintenance de Languedoc, Jean
Lombard, mèstre d'òbra, à la cigale d'argent, avec
toute une délégation de la
Cigalo Narbouneso ;
Armand Praviel, de l'Académie des Jeux Floraux ;
Raymond Lizop, capiscòl de 1' Escolo deras Pireneos ; Charles-Cros Mayrevieille, président du Grou¬
pe Occitan de Paris, avec le critique Paul Sentenac,
le poète limousin P.L. Grenier, le Dr Girou, les
poètes
Jean Lebrau et Mengué, les romanciers Joseph Delteil et Henri Duclos, le professeur Clapier ; le Dr Duplessis de Pouzilhac, directeur de Septimanie ; le
poète catalan Tomàs Garcés ; les félibres J. Azéma,
Ch. Lebrau; J. Poux, l'archiviste historien de la Ci¬
té ;
Pierre Embry, conservateur du Musée Lapi¬
daire ;
Lordat, secrétaire du Syndicat d'Initia¬
tive ; MM. Lauth et Olive, président et vice-prési¬

dent des Amis de la
Par la

rue

Cité, etc.

de la Gare,

...

la place aux

Herbes et la

Courtejaire, à travers une foule enthousiaste qui
acclame les jeunes filles et les félibres difficilement
contenue par un service d'ordre
imposant, le cortège
se
dirige vers l'Hôtel de Ville. Monsieur le Maire
avait promis d'offrir un Vin d'Honneur aux mainterue

neurs

de la

vant

le

cour

de

touré de

tradition, mais on a dû y renoncer de¬
grand nombre des participants. Dans la
l'Hôtel de Ville, M. le Docteur Tomey, en¬
M. le Docteur Sempé, président du Comité

�lo

gai

saber

349

des

Fêtes, et de plusieurs membres du même Comité,
souhaite, en termes excellents, la plus cordiale bien¬
Félibres.
Le majorai Prosper Estieu, capiscòl
VEscbla Audenca, lui répond ainsi :
venue aux

Senhe

Al

nom

d'honneur de

Conse,

dels Grilhs del

Lauragués

e

dels antres

felibres aici présents,

vos remèrci de tôt còr de
la bêla recepcion que nos
fa\èt\. Acò proba que
sabet\ sb qu'es lo Felibrige e que Vaimat^. Podià
pas n'èstre autrament dins una vila ont cantet

tant plan lo felibre majorai Achile Mir, l'autor
preqat de la Cansou de la Lauseto ; dins una vila
enfin ont venguèron, i a trenta-e-cinq ans, per i
celebrar la Santa-Estèla, lo grand Mistral e lo
Capolher Fèlis Gras. Dempèi, quanta aiga es pasada jol Pont -Vièlh e quantis de- valents son
morts ! Mas lo qu'a lo grand onor de vos parlar
à-n-àquesta ora debrembarà pas jamai qu'en
i8çj, dins la Ciutat de Carcasona, beguèt pel
primièr cop à la Copa Santa e i po\èt
Del pasat la remembransa
E la fe dins l'an que ven.

Debrem barà pas tapauc qu'aquel jorn una bê¬
la trobairis devint ans, portant lo dol dels Martirs de la Cro^ada Albige^a e, à
cailla d'acb, cofada del negre Capulet de son pais de Bigbrra,
coronèt triomfalament dabant totis los Carcasone^es lo buste del immortal Malhanenc qu'escribèt Mirèio e tantis d'autres caps- d'bbra. Uèi, en
sortint d'aicï, aquela trobairis, espèr e glbria de

l'Occitan)a, tornarà montar à- la Ciutat de Car¬
e, aques+e cop, sera per i pre^idar la
fèsta deYAma Occitana renascuda.
casona,

Senhe
de

Conse, vos veni de parlar de Filadèlfa
Gèrda, e la vos pressenti, enrodada de á-a Cort

�LO

35°

GAI

SABER

de Dòims e de Daniai^èlas
la vestidnra de nòstras

tant polidas jos la còfa
aujòlas !
Visque iOccitanïa ! E triomfen lèu sas lèimas

e

revendicacions !
Grossi de

nouveaux

arrivants, le cortège s'organi¬

à nouveau,

et, précédé du cabretaire, se dirige,
par la rue de la Mairie et la place Ste Cécile, vers
se

le monument Achille Mir, près duquel se tient Ma¬
demoiselle Amélie Mir, la fille du félibre carcassonnais. Le cortège, épanoui sur les allées du jardin,
débordant sur les pelouses, entoure le monument.

Prosper Estieu lit un sonnet, le même qu'il déclama
jadis sur la tombe d'Achille Mir. Philadelphe de
Gerde offre à la fille du poète une gerbe de fleurs
que celle-ci, soutenue par Mireille Estieu, vient dé¬
poser au pied du monument. L'émotion est intense,
et des pleurs mouillent les paupières quand Made¬
moiselle Mir, en un geste gracieux, envoie à son
père des baisers.
Ce juste hommage rendu à celui qui fut, dans l'Au¬
de, le premier disciple de Mistral et qui, suivant les
termes du maître de Maillane, « planta sur les tours
de Carcassonne la bannière des félibres »,

le cortè¬

ge se dirige, par la rue des Calquières, le Pont-Vieux,
la rue Trivalle, vers la Cité. Le soleil est brûlant.
Malgré la chaleur accablante, aux accents de la

cabreta, le cortège fleuri, salué par les acclamations
de la foule, monte vers la Cité. Au-dessus des blan¬
ches coiffes et des rouges capulets, flottent les ban¬
nières du Languedoc. C'est une nouvelle armée de
Croisés, mais de Croisés Occitans cette fois, qui
semble monter à l'assaut de la citadelle sous l'aver¬
ruisselante du soleil. Ce sont les « fidèles amants

se

de la terre » qui viennent exalter l'âme de la race
dans ces remparts au pied desquels se sont heurtées
tant de civilisations.
A la Porte

Narbonnaise,

un

nouveau

groupe

de

�LO

GAI

SABER

félibres est là. Ce sont les majoraux Albarel,
capiscòl de la Cigalo Narbouneso, et Vinas, de la Cigalo Le iig adoucian o. Voici encore le majorai Jo¬

seph Anglade, le capiscòl de VEscòla Occîtana.
Voici

même

une

vieille habitante de la

Cité, la
les jeunes occi¬
tanes, et qui, portant coiffe et châle fleuri, sera de
la fête toute la journée.
La musique d'opérette qui sert aux fêtes du BiMillénaire accueille les félibres, et, jouant la marche
des Grilhs del Lauragués, pénètre avec eux dans la
Cité jusqu'à la Basilique Saint-Nazaire où le cortè¬
ge entre triomphalement, tandis que les grandes or¬
gues, sous les doigts de M. le Chanoine Vidal, reten¬

Delfina, joyeusement accueillie

par

tissent.
LA MESSE

FÉLIBRÉENNE

Le spectacle est des plus émouvants. Dans le
chœur, illuminé de ses éblouissantes verrières, s'a¬
genouillent Philadelphe de Gerde et ses deux demoi¬
selles d'honneur. Auprès d'elles, dans les stalles,
les
majoraux et autres dignitaires du Félibrige, les Con¬
gressistes de la Fédération Régionaliste Française,
les délégués des Sociétés savantes, les
représentants
de la presse, etc... Dans le transept gothique et dans
la nef romane, c'est un fourmillement de coiffes et
de capulets, image de nos provinces ressuscitées dans
leurs vieux atours et leur foi traditionnelle, sous leursdrapeaux languedociens fièrement plantés au seuil
du sanctuaire.

Le reste de la vaste église est rempli d'une foule
très dense, où nous reconnaissons, parmi des mem¬
bres du clergé, M. le Vicaire Général Pradiès. La
messe est célébrée
par notre escolan M. Labbé Cathala, nouvellement nommé vicaire de la Basilique. Et
nous tenons à noter
que l'éminent curé de la Basili¬
que, M. le chanoine Cals, est aussi membre de l'Escò-

la Occitan a.

�LO

GAI

SABER

Bientôt, des accents s'élèvent. C'est d'abord le Sa¬
lut à la

Ba^ilica, d'Estieu, sur un air populaire oc¬
citan; c'est ensuite le Dius Poderos, admirable priè¬
re d'Estieu
sur un air de Déodat de Sévérac,
que
Los Grilhs del Lauragués, dirigés par M. l'abbé
Salvat
avec

et

accompagnés

par

Mme Thiébaut, exécutent

art.

A l'Évangile, l'infatigable abbé Salvat monte en
chaire. Il y prononce, avec une flamme et une émo¬
tion qui entraînent son auditoire, un des plus beaux
sermons occitans qu'il nous a été donné d'entendre.

large fresque il déroule l'histoire du Langue¬
libre, puis détourné de sa voie par
la malheureuse hérésie cathare et parles excès de la
Croisade, mais retrouvant sa vie normale et prospè¬
re
au signal du Félibrige, et grâce à la bonté de
Notre-Dame, reine des troubadours, venant à Lour¬
des, au cœur de nos Pyrénées, dire aune pastoure,
sœur de Philadelphe : Que soy era Immaculada
Concepcion.
Ce discours, plein d'une foi à soulever les monta¬
gnes, est religieusement écouté, (i)
En

une

doc heureux et

Et bientôt s'élèvent

C'est Madame

chants.

vers

les voûtes de

nouveaux

Foyssac qui interprète avec

piété Coin una fu\ada, de P. Estieu; c'est M. Brieu,
la voix puissante fait retentir l'Inné à Santo
Estèlo du majorai Albarel ; et de nouveau los Grilhs
del Lauragués se font entendre dans Rèina del Cèl,
hymne d'Estieu sur un air catalan.
Un Te Deum solennel est chanté, et la nombreu¬
se assistance s'écoule aux accents de La Coupo San¬
to jaillissant des puissantes orgues.
Le spectacle de cette messe félibréenne, dans cette

dont

(i) Le

de M. l'abbé Salvat a été édité par la Société
Occitanes,Castelnaudary (in-8, 14 p. 2 fr. 25 franco;
quelques exemplaires de grand luxe, sur papier Rives, numé¬
rotés et dédicacés par l'auteur, 10 fr.)
sermon

d'Editions

�LO

GAI

SABER

353

basilique historique de Sâirit-Nazaire chargée de
et de souvenirs, laissera un souvenir
impé¬
rissable dans le cœur de ceux qui auront pu y assis¬
beautés
ter.

LE

BANQUET

Dans la cour du Château-Comtal, un banquet ad¬
mirablement servi réunit près de trois cents convives
la

sous

présidence de Philadelpb'e de Gerde. Une

centaine ont dû être évacués vers la Ville-Basse à
l'hôtel Bristol, ce qui constitue un second banquet félibréen.
Pendant le

déjeuner, la musique joue la Marche
Glorieuse, et aussi la Marche des Grilhs
que les convives chantent avec entrain.
Au dessert. M, Bougouin, préfet de l'Aude, et M.
Stephen Valot au nom des journalistes parisiens,
rendent hommage aux organisateurs et saluent, en
très bons termes, les régionalistes et les félibres.
de la Cité

Et alors commence la série des brindes félibréens.
M. l'abbé Salvat présente les excuses des majoraux
Vabre et Sarrieu, de Madame Marguerite Dufaur, et
salue brièvement tous les groupements représentés
à cette fête de l'Ame Occitane.
Il donne aussitôt la
ne

qui, dans

une

parole au Maire de Carcassonexcellente allocution en français (il

s'excuse' d'avoir oublié la langue maternelle dans les
écoles de France), montre que la fête d'aujourd'hui
est tout à la fois la fête du Régionalisme et celle
de la Patrie.
M. le professeur Anglade, notre capiscòl, lui suc¬
cède par un brinde'qui s'élève du ton le plus fami¬
lier jusqu'aux plus hautes pensées. M. Pierre Azéma,

syndic
un

de la Maintenance de Languedoc, prononce
patriotisme et de foi félibréil est chaleureusement acclamé.

discours vibrant de

enne

;

�LO

354

Les

GAI

SABER

journalistes parisiens et quelques invités ayant

manifesté le désir de se retirer pour aller assister à
d'autres réunions dans la Cité, M. Brieu, de la Ci-

galo Narbouneso, entonne le chant de la Coupo,
repris

avec

Et alors

tiques

enthousiasme
se

par tous

les convives.

succèdent les brindes tour-à-tour

fougueux,

poé¬

langue d'oc et en langue
d'oïl. Le majorai Albarel, qui porte la cigale d'A¬
chille Mir, fait des vœux pour que se réveille à Carcassonne l'Escola Andenca depuis trop longtemps
endormie. Au nom de l'Académie des Jeux-Floraux,
notre clavaire Armand Praviel, très applaudi, expo¬
se
l'œuvre félibréenne accomplie par l'Académie
Toulousaine, et tous les espoirs qu'elle promet pour
l'avenir. Charles-Brun récite un poème vibrant de
jeunesse à la gloire de Prosper Estieu. Le majorai
Vinas porte le salut de la Cigalo Lengadouciano
de Béziers et demande l'usage continuel de la lan¬
gue d'Oc. Le professeur Clapier dit un poème
provençal de Madame Génina Clapier. Madame Ponrouch-Petit dit de beaux vers occitans à la gloire de
Carcassonne, ainsi que Guilhèm de Nauroza. Le bar¬
de Jacob, au nom de la Fédération Régionaliste de
Bretagne, réclame l'enseignement des dialectes à
l'Ecole ; et le félibre Mouly, du Grelh Roergat,
prend aussitôt l'initiative d'une quête pour la Ligue
de la Langue d'Oc à l'Ecole qui produit 225 francs.
ou

en

Tour à tour parlent encore Raymond Lizop, capiscòl de l'Escolo deras Pireneos, Fernand CrosMayrevieille, président du Groupe Occitan de Paris,
les félibres Thiébaut et Thalabas. M. Gordeaux, ré¬
dacteur de l'Eclaireur de Nice, porte aux félibres
le salut du Comté, terre frontière de l'Ocçitanie vers
le Levant. Et notre jos-capiscòl le majorai Rozès de
Brousse, président des Toulousains de Toulouse,
lève son verre en l'honneur des jeunes filles du pays
d'Oc qui, suivant la recommandation de Mistral, de¬
meurent

fidèles

aux costumes

des aïeules.

�LO

GAI

SABER

355

LA COUR D'AMOUR
Les autos-cars ont ramené à la Cité les convives de

Ville-Basse qui depuis longtemps ont fait irrup¬
dans la cour du Château. Les
photographes et

la

tion

les cinématographistes sollicitent l'honneur de filmer
les félibres qui, disciplinés, se prêtent de bonne grâ¬
ce à ce que l'on
demande d'eux, et l'on s'en va
au

grand soleil défiler et danser d'interminables fa¬
au
pied des remparts bi-millénaires.

randoles

Sous la direction de M.

Olive,

on va

ensuite visi¬

l'Exposition Artistique de la Cité, et là, on se
prélasse dans les jardins ombreux où l'on boit, où
l'on chante, tandis que le soleil déverse à torrents
ter

sa

se

chaleur.
La place est intenable au Théâtre Antique où va
dérouler la Cour d'Amour. Orateurs, chanteurs,

danseurs, spectateurs, cherchent à

se tasser

dans le

moindre coin d'ombre.

Cependant, l'orchestre, ayant pour chef M. Michel
Mir, attaque la "Rhapsodie sur des airs du Pays
d'Oc" du regretté Paul Lacombe. Et Los Grilhs del
Laur agnés, aidés des Cigales de Narbonne, enlè¬
vent magnifiquement le chant populaire Los
Esclòps,
entraînés par

le fougueux Fontbernat.
Pourquoi faut-il qu'alors, contrevenant au pro¬
gramme qui avait été fixé, un diseur de Paris nous
vienne déclamer un interminable poème français de
F.-P. Alibert, indisposant, de ce fait, une grande par¬
tie de l'auditoire,? Le majorai Charles-Brun, prési¬
dent de la Fédération Régionaliste Française, prend
enfin la parole.
Héroïque, en plein soleil, il expose le sens de la
manifestation et précise le programme du Régiona¬
lisme dont le Félibrige est l'aspect méridional. Jus¬
tes paroles, où le grand orateur montre l'avenir rê¬
vé : les provinces restaurant dans un harmonieux en¬
semble les forces traditionnelles de la France, l'or-

�356

LO

GAI

SABER

dre, la discipline, le travail, le sens de la continuité
l'effort, en face d'un Paris qui se déforme dans

dans

la blague de Montmartre, les modes impudiques, le
cosmopolitisme de l'esprit, le matérialisme des affai¬
res.

Certains spectateurs,

fatigués par la chaleur, in¬
terprètent à ce moment fort mal la pensée de Char¬
les-Brun, ce qui cause un peu de houle. Un M. Coquemard, fort irrité, prend le créateur de la Fédé¬
ration Régionaliste pour un séparatiste.
Vive la

—

dans

France

français

unique ! s'égosille-t-il à crier

moins imprécis.
Enfin, à la suite d'assez vives discussions, M. l'ab¬
bé Salvat proteste du patriotisme des félibres.
un

au

regrettable en lui-même, mais excel¬
effets, empêche tout de même l'auditoire
surexcité d'entendre les strophes enflammées et ven¬
geresses du Refnembrat^-vos, que déclame, dans
une attitude de prophète inspiré,
le majorai Prosper
Cet incident,

lent par ses

Estieu.
Le programme se déroule ensuite normalement.
danseurs de la Haute-Bigorre, qui s'appellent

Les

pittoresquement Nos Auts, exécutent quelques-unes
de leurs plus belles danses, comme Las Cintas, Los
Abricotets, et provoquent des applaudissements mé¬
rités. Le groupe du Grelh Roergat, au son de la cabreta, danse avec beaucoup d'entrain plusieurs bour¬
rées. Et c'est merveille de voir ces vaillants, trempés
de sueur sous un soleil implacable, danser, tourbil¬
lonner dans la poussière pour la gloire du paj^s d'Oc.
Mademoiselle Cuxac déclame L'Amouriè d'Ëscalos,
d'Achille Mir ; on entend l'Ode à Limoux, de Jo¬

seph Delteil
Las

; et

Los Grilhs del Lauragués chantent

Bâterons, de P. Estieu.

Après Ventana d'Amor, de Déodat de Sévérac,
enlevé par l'Orchestre, los Grilhs entonnent Ai!
mon Amie ! de Prosper Estieu, sur l'air populaire

�LO

GAI

SABER

357

lauraguais du Boièr. Le temps presse, il faut céder
la place à d'autres artistes. Aussi supprime-t-on à
contre-cœur quelques chants et
poèmes. Le puissant
organe de M. Brieu fait retentir l'amphithéâtre du
Cant de la Cigalo, et Mademoiselle Peine, l'admi¬
rable diseuse occitane, fait monter vers le ciel em¬
brasé le vol de la Lau^eto, d'Auguste Fourès.
Encore une danse, et, calme, sereine, Philadelphe
de Gerde s'avance et déclame

force,

son

sirventes

avec une

vibration, un pathétique incroyables. On
n'anatyse pas un crid de Philadelphe. On l'écoute,
les yeux pleins de larmes, et on l'acclame. Voici
d'ailleurs ces strophes, où la pensée mistralienne se
transpose avec une vigueur farouche.
une

I

Lengadòc ! Provensa ! Gasconha !
Cau pas que-se posquie di^e enlòc
Qìte-d-pòble noste aye vergonha
De reconeche ed parlà d'Oc!
Cau pas qu'enlòc es posquie créie
E quèm assi ta pla ha vèie,
Qii' autant en ivèr qu'en estiu,
Dera mar verda à ra mar bluct,
Ra rasa d'Oc es tostem ua
E sab sò qui vò, gracia à Diu !
II

Ra rasa d'Oc !.
O Carcasona !
Partit ded ped d'aquestas Tors,
.

.

Languedoc ! Provence ! Gascogne ! il ne faut pas qu'il puisse
être dit nulle part que notre peuple ait honte de revendiquer le
parler d'Oc ! 11 ne faut pas qu'on le puisse croire en aucun lieu!
Et nous sommes ici pour affirmer qu'en toute saison, de la mer
verte à la mer bleue, la race d'Oc est
toujours une et qu'elle
sait ce quelle veut, grâce à Dieu !
La

race

d'Oc !.... O Carcassonne !

parti d'au pied de

ces

�35«

LO

GAI

SABER

Aquet vielh crid, de tant

que sona,
Sembla voulè desvelhà-ds-Morts...
E sembla que-ds-Morts es desvèlhen
E que ras hòrdas aparèlhen,
De tôt estrem, cap à Muret...
O Mal de Diu, Vièryes Maria,

Aquestc còp, à ra Patria,
Q'abem espèr que harat dret !
III

Lengadòc ! Gasconha ! Provensa !
Cau pas que-s posquie di^e mes
Quòm sïa estât de connivensa
Dab Paris n ara ne yames !
l'a set cents ans qu'òm ei en guèrra
Ed còt ligat e-ds pugns en terra,

Sempre tra^its, sempre trompais !
No, no ! Paris, que Diu l'asiste,
Mes .tant que ra lenga en patisque,
Cau pas que sié parlât de pats!
IV

Pramo,

no

i'a progrès qui tenga:

A cada rasa ra sua lenga !
E-d- franses, pusque franses

i'a.

.

.

Tours,

ce vieux cri, tant il sonne, semble vouloir réveiller les
Morts ! Et l'on dirait que les Morts se réveillent et que les hor¬
des s'acheminent de toute part devers Muret...
O Mère de Dieu, Vierge Marie, cette fois-ci, à la Patrie, nous
avons

l'espoir

que vous

ferez droit !

Languedoc! Gascogne! Provence! il ne faut plus qu'on puis¬
se dire
que nous avons, ni aujourd'hui ni jamais, avec Paris été
d'accord! Il y a sept cents ans qu'on est en guerre, le cou bri¬
dé, les bras cassés, toujours trahis, toujours bernés... Non;
non ! Paris,
que Dieu l'assiste, mais tant que notre langue en
souffrira, il ne faut pas qu'il soit parlé de paix !
Parce qu'il n'y a
ler ! Et le français

progrès qui tienne ; à chaque race son
—• puisque français il y a — trop il y

par¬
en a

�LO

—

GAI

SABER

Trop qu'en Ta per tant pòc qu'en i'aya !■—

A nosta ed

E-d

parla. d'Oc s'arraya,
franses ques'ane arrayà!
V

Pranio
qui s'òc pòd
Cada lengatye ei u

desovengue !—
trésor.
Qu'en abem u, qu'eu eau mantengue
E ha prévale, eyi tôt i
tengue
Mes qu'at aryent e mes qu'at or !
—

VI

Qui-n ha mesprèts o qui-u tracasa,
Qui no-u apren o qui no-u sab,
Manca de cò, de sens, de trasa
E pèca autant contra ra rasa
Que se-u escopiva decap.
VII

Nos auts aumen, o yent de nosta,

Haqem-ne

cas d'ara-en-enlà
peds camps, peds bòscs, per a brosta,
Sièm ded païs dentiò ra crosta
E parlem ed noste
parlât
E

pour
à

qu'il y en ait ! Chez nous la langue d'Oc
soleil; que le français au sien s'aille chauffer !

peu

son

Car,

nul

se

chauffe

doit l'oublier
chaque verbe est un trésor.
il faut le maintenir, le faire prévaloir et y
demeurer plus attachés qu'à l'or et à l'argent
!
Nous

—

en

ne

avons

—

un,

Qui le méprise ou le persécute, qui l'ignore ou néglige de
l'apprendre, manque de cœur, de sens et de noblesse, et pèche
aussi gravement contre la race
que s'il lui crachait au visage.
Nous autres, au moins, 6 gens

de chez nous, faisons-en grand
désormais, et, aux champs, par les bois, dans la plaine, so¬
yons du pays jusqu'à la garde et parlons notre parler !
cas

�360

LO

SABER

GAI

VIII
cor qu'ei vielh e qu'ei praube
u Senho fier e 'smerit,
U Setiho pompos e galaube,
U gui compai ded "Noste Enric" /
U Senho ? Aubé melhe encòra :

Ed brut

?

Qu'ei

Qu'ei u baro dera Bigòrra
A qui cent ans deguèrra à
E cent cinquanta tirannias
An het péri ras baro nias
E hèt mori ra sua amor !

mort

IX

E-ds qui sauvant era memòria,
E-ds qui véiem tôt ed pasat
E qui sabem tota r'Istòria,

Qu'abem ed cò triste e 'mpensat,
E que dirent :« Hodra e pericle
An a petà, n'ei pas posible !
Eds Auyòs no son pas contents :
Eds us. ed vestit, ed lengatye
Qui nos dechèn en airetatye
Belhèu no veiran ed printems

!...»

Le

bruit court qu'il est vieux et pauvre ?
C'est
Seigneur fier et plein d'esprit, un Seigneur superbe et affa¬
ble, un gai compagnon de "Notre Henri" !. Un Seigneur ?
Hé, bien mieux encore : c'est un baron de la Bigorre à qui cent
ans de
guerre à mort et cent cinquante tyrannies ont ruiné les
un

baronnies et fait mourir les
Et nous qui en gardons
Passé et qui savons toute
et

soucieux... Et

nous

amours.

le souvenir, nous qui voyons tout le
l'Histoire, nous avons le cœur triste

disons

c'est inévitable ! Les Aïeux

ne

Foudre et tonnerre éclateront,

contents : les us, le cos¬
ne verront peut-

firent héritiers,
le prochain printemps !... »

tume, la langue, dont ils nous
être pas

•.«.

sont pas

�LO

GAI

SABER

36r

X

E

donc,

e

donc,

es

pòd sostengue,

E-d tems es carga d'òc provà —
Arré de sò que-s vei à vengue
No valerà sò que s'en va !
Grand ors, sapiensas e riches as
Davant qui hèm tant de bachesas,
Ed progrès en qui créiem tant
E-d òr prélat mes que ded conde,
Botan mes pòc de gài ped monde
—

Qu'u crabe qui pasa

en

cantant.

XI

Basta! esta dìa ei u gran
Yo m'èi botat sb de mes bèt\
Ed cotilho de Sant- Yulïa,
Ed davantau, ed ca^abèt,
..

.

E,

coma

dia !

Yanada pasada,

Esta colereta empe^ada
Dab era crots e-d arruban..
E nos òc venguien dise encbra,
Eds fransimands, que pj-'asi hbra
Eras vielhas mbdas s'en van !
.

Cependant,... et cependant on peut affirmer, — et le temps se
charge d'en donner la preuve — que rien de ce qu'on voit venir
ne vaudra ce
qui s'en va. Honneurs, sciences et richesses à qui
l'on fait tant de courbettes, le progrès en qui l'on croit tant, et
l'or, prisé plus qu'il ne vaut, mettent moins de joie par le mon¬
de qu'un chevrier qui passe en
chantant.
Mais, bah ! ce jour est un grand jour ! J'ai mis ce que j'ai
: la jupe des jours de fête, le devantier, le boléro
et, comme l'an dernier, la collerette amidonnée, avec la croix et
.

de

.

.

plus beau

le ruban.
que par

..

Hé !

chez

qu'ils viennent le dire encore, les francimands,
les modes anciennes s'en vont !

nous

�3Ó2

LO

GAI

SABER

XII

Se s'en anèn, que son tornadas
E mercés à-d-èstes luros,

!

Mercés

à-d-aquestas mainadas,
grand pialè d'armadas-,
Eras vertuts qu'encan panadas,
Que tornan hà de bèts garos !

Après

u

XIII
no sia à ca^a, s'i hique !
Nos auts i'èm, e, sayes o hòs,
No volem pas. que s'esparrique
Ed patrimòni ded auyòs !
Paciensa e fê, hòrsa e coratye,
Audacia fiera e bèt lengatye,
Tôt so que eau, qu'òrn òc aura.
Mes s'ei abesogri qu'òm batalhe,
A pos e patacs, tant que calhe,
S'à Diu plats, qiTòrn batalharà !

Qui

Des acclamations délirantes saluent la

poétesse de

Bigorre, qui, souriante, se retire et reçoit, aux ap¬
plaudissements de l'auditoire, la fraternelle accolade
du poète Prosper Estieu : n'incarnent-ils pas, tous
deux, aussi ^riques, aussi tenaces l'un que l'autre,
l'âme impérissable de l'Occitanie ?
Si elles s'en

étaient

allées, elles sont

revenues

! Et merci à

jeunes gens, et merci à ces jeunes filles, au bout d'un grand
nombre d'années, les vertus qu'on nous avait prises, aujour¬
d'hui poussent de beaux germes !

ces

Que celui qui n'est

pas chez lui, s'y mette ! Nous autres y
fous, nous ne souffrirons pas qu'on l'épar¬
pillé, le patrimoine des Aïeux ! Patience et foi, force et courage,
audace fière et beau langage, tout ce qu'il faudra sera donné,
et si, de plus, il faut se battre, avec les pieds et avec les poings,
s'il plaît à Dieu, on se battra !
sommes, et, sages ou

�lo

Et, tandis

gai

saber

3.63

le soleil semble vouloir se cacher
Mipadre après avoir solennellement
présidé ce prestigieux concert de grillons et de ciga¬
les, montent vers le ciel les couplets d'Aqtielas M011tanhas dont le refrain, repris en chœur
par plus de
deux cents voix, roule et déferle sur
l'amphithéâtre,
l'église Saint Nazaire, les remparts, et semble vou¬
loir se répandre sur la plaine, sur tout le
pays occitan.
La fête ne se termine pas là. Jusqu'aux derniers

■derrière la

que

tour

trains

et autos-cars de nuit, dans Carcassonne illumi¬
née, aux heures de l'embrasement féerique de la
■Cité, félibresses et félibres continuent à chanter, à
tous les carrefours, les vieux refrains du
pays d'Oc
que la foule sympathique chante avec eux. C'est
vraiment l'Ame Occitane qui triomphe et qui
salue,
joyeuse, les fêtes célébrant le JBi-Millénaire de la
Cité glorieuse. L'Ame d'Oc n'est pas morte, l'Ame

•d'Oc

ne

veut

pas

mourir

...

La Direction.

�364

LO

GAI

SABER

PROSPER ESTIEU
TRADUCTEUR

DE

VIRGILE

André

Chénier, grec par sa mère, mais audois par
père(i), traduisit des frag'ments des Bucoliques à.
seize ans. Et, parmi les brouillons nombreux qui
seuls nous restent de sa grande œuvre ébauchée, il
écrivit ce canevas d'épilogue pour mettre « à la fin
de toutes les Bucoliques » :
« Adieu donc, mes
jeunes et rustiques chalumeaux
avec
qui j'ai célébré les champs... Les vallons du
Languedoc... ne retentiront plus de vos douces chan¬
son

sons...

«Adieu,

reposez-vous, passez en

Ces mains

d'autres mains.&gt;A2)

seraient-elles pas celles de Prosper
Estieu, et le fils du consul de Montfort n'a-t-il pas

désigné pour
telnaudary ?

ne

son successeur le

grand félibre de Cas-

C'est la pensée qui me venait à l'esprit en lisant
l'admirable traduction des Bucoliques de Virgile

Prosper Estieu vient de publier et dont les lec¬
du Gai Saber ont eu la primeur.
Le poète préparait depuis longtemps ce livre. Il
avait eu un moment la pensée de publier son texte
avec, en regard, le texte latin, commenté, annoté,
entouré de tout un appareil technique. L'entreprise
était audacieuse. Il serait d'ailleurs souhaitable qu'on
la réalisât un jour, je dirai ensuite pourquoi. En tout
que

teurs

'

(1) A. Chénier n'a jamais renié cette origine. Cf. i) le brouillon
l'Hymne à la France : « Ajoutez mille fleuves.
L'Aude,
où j'ai passé mon enfance ^ ;
2) le morceau célèbre sur la fon¬
taine de N.D. de Marceille à Limoux ; 3) le passage, d'un ton
pascalien, sur " La Chapelle " (œuvres inédites de A. Chénier,.
publiées par Abel Lefranc, Champion, édit., p. 25).
(2),Œuvres complètes de A. Chénier, édition Dimofi, tome I,.
de

..

P- 307•

�LO

cas,

que,
une

GAI

SABER

365

c'est aujourd'hui sa traduction pure et simple
dans un mince volume, Estieu nous offre avec
orgueilleuse simplicité.

Traduire Virgile, n'était-ce pas jadis un travail de
chanoine érudit ou de gentilhomme
campagnard
«

près d'un chêne brûlant insultant l'Aquilon

»

? (1)

Chez les bouquinistes nous trouvons ainsi la trace
de bien des admirations des grands classiques, sou¬
venirs fanés d'un temps où, dans la conversation,
on faisait des citations latines.
Pour Estieu,

une

traduction

des Bucoliques n'a

pas ce sens de passe-temps délicat d'un retraité.
Comme Amyot a traduit Plutarque, comme Mistral
a
traduit la Genèse, Estieu traduit les Bucoliques.
Une œuvre pareille est le signe d'une époque clas¬

sique dans une langue. Heureuse la littérature oc¬
citane renaissante ! Alors que la poésie française se
meurt de complications byzantines, elle n'a pas peur
d'employer le ton majeur et d'aborder les sujets tout
simples qu'aime le cœur de l'homme.
Dans l'œuvre du poète, il ne faut pas négliger
l'élément d'un exercice excellent entrepris par un es¬
prit supérieurement souple.
Mais son livre n'est pas une pure gymnastique.
Essayer de mettre les Bucoliques dans une langue
issue du latin et qui en demeure très proche, c'est
enrichir de l'esprit de Virgile l'esprit occitan. Et si
la chose est faite avec conscience, non par un péda¬
gogue timide, mais par un poète de la famille de
celui qu'il traduit, cette œuvre devient originale et
prend une valeur propre que n'aura jamais la plus
scrupuleuse des versions.
On pourrait, à'ce propos, redire, toutes proportions
gardées, le mot de Frédéric II lisant une traduction
des Géorgiques : « Cette traduction est l'ouvrage le
(1) Delille. Géorgiques françaises, chant 1.

�366

LO

plus original qui ait

GAI

paru

SABER

en

temps. »
Cela
soit

ne veut

une

pourront

pas

dire

que

belle infidèle. Les

disputer

avec

lui

France depuis long¬

l'œuvre de Prosper Estieu
spécialistes, les critiques
sur

tel

ou

tel détail. Mais-

croyons difficile de trouver une traduction
semblable à celle-ci. qui essaie de nous rendre non
seulement le sens de l'auteur, mais, aussi fidèlement
nous

que

possible,

son

rythme lui-même.

La tentative était très ardue. Comment suivre
pas à
pas et transposer Virgile dans la pensée occitane et
dans la musique de ses mots ?
La rime était la
pierre d'achoppement. L'adopter,
c'était se condamner à l'artificiel, à la froideur. Auda-

cieusement, en homme qui sait innover quand il faut,
le poète nous offre un
arrangement d'alexandrins et

d'octosyllabiques. Des

vers blancs,
avec des asso¬
loin, lorsque le sens le permet, et
parfois quelques belles rimes, sceau royal, pour ne
pas oublier à quel maître-ouvrier nous avons affaire.
nances

Cela

de loin

fait

en

ensemble

intéressant, curieux à l'o¬
musique impressionniste,
mais surtout extrêmement libre et
agile de ton.
Malgré ces précautions techniques, le texte occitan
des Bucoliques pouvait être empesé
et laisser soup¬
çonner la « translation ». Mais Prosper Estieu a fait
son travail avec bonhomie dans une
langue savante,
certes, mais qui sait être aimable et gaie. On n'a
pas l'impression glaciale du profane qui visite un
musée des Antiques. La traduction ne sent
pas du
tout l'huile.
Un lettré qui, par extraordinaire, ne
connaîtrait pas l'œuvre de Virgile
(et pourtant, de
nos
jours...), en entendant les vers d'Estieu, pourrait
s'imaginer qu'il est devant une œuvre originale.
Aurait-il la même impression devant Y Iliade de
reille, subtil

un

comme

une

Leçon te de Lisle ?

Notons

qu'Estieu

a su

voiler délicatement

et

pré-

�lo

gai

saber

adroitement, sans bousculer le texte, ces sen¬
ambigus qui se font jour parfois dans les
Eglogues et qui nous écœurent, alors qu'à l'époque
corrompue où vécut Virgile, ils étaient arrivés à pa¬
senter

timents

raître naturels.

Si j'étais Ministre de l'Instruction
Publique (vœu
stérile), je mettrais le livre d'Estieu entre les mains
de tous les enfants de nos collèges du Midi,
qui sont
supposés, dans l'ennui mortel des classes de latin,
traduire les Bucoliques. Il y aurait tout
profit, et
pour la langue d'Oc, et pour la langue latine.

En terminant

qui

devenir

ces

réflexions

de

sur

ce

livre

nouveau

classiques, que son auteur
nous
permette une supposition. Peut-être est-elle
inexacte. Toujours est-il qu'elle satisfait notre
esprit.
« Pour bien connaître le
poète, il faut connaître le
pays du poète ». C'est Gœthe qui a dit cela. Ne pou¬
vons-nous pas
imaginer que Lou Terradou et Flors
d'Occitania ont été rêvés par Prosper Estieu dans
le Fendeille de sa jeunesse ; que la terrible Canson
et lo Romancero ont été
prophétisés sur le plateau
sauvage de Rennes-le-Château, cet autre Montségur ;
que Lo Flahlit exprime Castelnaudary s'élevant
sereinement au-dessus des foins qui embaument sous
va

un

nos

le soleil ?
Mais
citans

Las Bucolicas de
sont-elles pas le

Vergili en ritmes oc¬
fruit des méditations de
Raissac-sur-Lampy, et la grâce virgilienne, avec sa
lente mollesse, ne s'est-elle pas révélée au poète au
cours de ses promenades sous les
chênes et les pins
de la Montagne-Noire et le long des prés
qui ont bu ?
ne

Gabriel SARRAUTE.

�368

LO

GAI

SABER

LOS JOCS FLORALS ESCOLARIS
dels Grilh s del
34 de Junh

RAPORT

Es uèi la

DEL

Lauragués
1938.

SECRETARI

quatrièma fèsta dels Grilhs del Laura¬
Los Grilhs comensèron à cantar
per las fèstas en onor d'Arnaut Vidal. Dos ans a, se
cauziguèron una Rèina, la genta Magall que vezètz
aqui al mièch de sa cort florida. L'an pasat, festejèron
Auguste Forés, lo grand felibre lauragués, en
arborant son buste dins l'ôrt de la Terrasa.
Aprèp
acò, un valent Grilh me dizià : " E l'an que ven,.
que farem ? " Li respondèri : " Ajetz pas d'èrnha,
l'an que ven nos portarà quicòm de bèl. " E
vejatz!
tôt l'ibèrn, dins lor tuta,
los Grilhs an trabalhat.
Sabètz qu'an fait? E ! an fait l'Escòla, com los ancians trobadors, que, dins la sazon freda, estudiaban
lors cansons, e, quand venià lo temps
del solelh,
s'enanaban escampilhar lors cants à travèrs lo
païs
que verdejaba.
Tôt aqueste ibèrn, abèm estudiat. Abètz auzit
parlar, segur, del Colètge d'Occitania. « E ara ? diguèron
qualques-uns quand acò se mormolèt. Es que n'i
a
pas pron, de colètges e d'escòlas, à Castèlnôu ? "
Sabiam pas, nos aus, se n'i abià pron o se n'i abià
tròp. Sò que sabiam, es que dins cap d'aquels colèt¬
ges, d'aquelas escòlas, o gaireben, s'apren pas la lenga
dels Grilhs, lo bèl e clar parlar occitan." Es
qu'es
pas una vergonha, nos demandabem, de laisar dins
lo debrembièr nòstra parladura? Per veze se n'i
aura,
de fièrs occitans, à Castèlnôu, e dins tôt lo
terraire,
que voldran nos seguir ?" E, un bèl jorn, un plan bèl

gués. I

a très ans,

�LO

GAI

SABER

069

jorn, lo 19 de novembre de 1927, al entorn dels ma¬
jorais de Castèlnòu, dirïs una sala de la Comuna,
quinze escolans venguèron estudiar. Lo Colètge d'Occitanla èra dobèrt.

Dempèi aquel jorn, cada disate al vèspre, profee escolans sè retrobaban
per trabalhar. Jornals
e
revistas del Mièchjorn e de Paris
parlèron ambe
cortezia e felicitacions
d'aquela fondacion novèla. N'i
ajèt qu'anoncièron res qu'acò : " Une Université
sors

Occitane ".

Nos aus, que volèm pas
escupir trop naut, anam
pas cercar de mots tant tindaires que sobent vòlon

dire. Mas,

pas res

fait al

es que

volètz saber sò

Colètge d'Occitania ? Vos

òc

vau

que

dire

en

tre mots.

s'es
qua¬

27 litsons son estadas donadas. E aici, à quicòm
proche, lo programe de cada litson. En primièr, una
corta litson de
g-ramatica, qu'ajpermés als escolans
d'aprendre l'article, lo nom, l'adjectiu e lo vèrbe dins
la lenga occitana.

Aprèp, lo majorai Estieu fazià la correccion
debers
fait un
taba

—

o

una

dels
car, dins la semmana, cada escòlan abià
dos debers, una version, un tème — e dicnovèla poezla. Es atal qu'una trentena de

poezias occitanas
una

son estadas reviradas al franses e
dotsena de fablas fransezas reviradas al occitan.

Lo

majorai

que vos

sià

parla fazià alabets

un cors,

d'istòria, sià de literatura mièchjornalas. E los
escolans, qu'abian pas jamai res estudiat del pasat

de lor païs, sabon ara l'istòria de l'Occitania e subretot del
Lauragues dempèi los tempses los mai ancians duscas al Atge-Mejan. Coneison tamben la vida
e las òbras dels
primièrs trobadors, aquels

poètas

grands

que

cantaban tant finament abant que los

cribans de Fransa

es-

sapièsen parlar, aquels artistas
•que foguèron los mèstres de Dante e de Petrarca,
Bernât de Ventadorn, Bertran de Born e los autres.

�LO

370

GAI

SABER

E la

litson, cada còp, s'acababa per una lectura,..
comentari, dels grands felibres. Mistral, Aubanel, Romanilha, Adolphe Dumas, Felis Gras, Clovis Hugues, Marius André e Bremonda de
Tarascon,
Achile Mir, Arnavièla, Auguste Forés, Vermenoza,.
l'abat Bessou, Paul Froment, Lois Goïer,
Langlada,
l'abat Roux, Jansemin, Perbosc, e Filadèlfa de Gèrda
son pasats, ambe lors milhoras
òbras, dabant los escolans, com las pelliculas d'un cinemà.
Qun plazer d'entendre lo Mèstre Estieu parlar de
tots aquels escribans qu'a
coneguts. E ara, que de
profesors de Fransa parlen dels poètas de Fransa
sens
mêmes mencionar Mistral ! Al
Colètge d'Occitania, los escribans occitans son al onor.
«
Mas, me diretz belèu, crezi pas que i aje gaire
d'escolans à-n-aquel Colètge ! » Es vertat, nos cal
reconeise qu'i n' podrià aber mai. E pr'acò, lo
Colètge
comta 22 escolans
inscriuts, e cal ajustar à-n-aquel
nombre 7 escolans per correspondencia.
D'aqui entre aqui, entre-durbisèm las portas, e,
alabets i a cinquanta, setanta auditors libres
per escotar de bêlas litsons d'istòria o de literatura
per de
profesors de primièra borra com Lois Thomas, mès¬
tre de conferencias de l'Universitat de
Montpellier,
que, lo 24 de mars, parlèt dels Estats de Lengadòc,
e com Armand
Praviel, manteneire dels Jòcs Florals, que, lo 12 d'aqueste mes, nos faguèt regalar
ambe

ambe
tral.

una

conferensa subre la vida de Frédéric Mis¬

Vos òcdemandi, dònas e senhes, es qu'es
pas quicòm acò ? E, quand mêmes serià mens encara, serià

totjorn
zansa,

pron per mostrar
que pòd l'amor.

sò

als òmes sò

que

pòd la fi-

La fizansa dins l'Estèla e dins
FAvenidor,
de la tèrra Occitana, ieu los vezi, mos cars
dins aquel trobador que porta barba e

l'amor
amies,
pelses blancs,,

qu'es cargat d'ans e de glòria, e que ven, cada dinèit, malgrat la plèja, malgrat la fred, ensenhar-

sate

�LO

la

GAI

SABER

371

lenga d'Oc als escolans valents, e se faire simplase podrià justament
pauzar, mèstre

ment, à l'ora ont
d'escòla.

Prosper Estieu legiguent La Comtesa de Mistral

al Colètge d'Occitania, acô's lo milhor ensenhament.
E lo jorn ont cada vila del
Mièchjorn aurà son Co¬

lètge Occitan, lo jorn ont cada Escòla felibrenca sera
una
Escòla, e be ! alabets ! aurem

vertadièrament

bezonh de ministres per nos dire òc o non, ala¬
bets lo monument podrà durar,
malgrat que moriguen
los bastiseires ; alabets solament luzirà
per nòstra
pas

cara

lenga d'Oc l'alba salvadora qu'esperam.

Mas lo Colètge d'Occitania es à Castèlnòu. A ! se
podià mudar, sabi fòrsa endreits ont lo recebrian ambe alegria. La pròba n'es dins aquel
vilatjòt de las
Pirenèas ont s'es fondât un pichon
Colètge Occitan.
Aqui perqué Los Grilhs del Lauraguès an volgut faire un Concors Occitan e i an convidat tots los
grilhets del païs. L'an pasat déjà, vos soven, ajèrem
un bèl
concors, e setanta grilhets o grilhetas abian
respondut à nòstre cridadis. Lor diguèri alabets :
« Gracias à
Dius, de bèls jorns luziran encara subre
nòstre terrador. Vos convidam à nos seguir!»
E, sabètz
quantis son los qu'an respondut ongan al nòstre cri¬
dadis? Son gaireben dos cents. A ! Es aqui la pròba
que nò.stra lenga d'Oc es pas mòrta e qu'a pas brica
enveja de trespasar. Amagatz-vos donc, profètas de
malur que venètz, ambe de pots ponchuts, nos dire :
« C'est bien inutile, ce
que vous faites là. Le pa¬
tois est mort, ou bien il va mourir dans une
gé¬
nération. Il n'y a que des paysans qui le par¬
lent ! » E, plan segur. E tant que n'i aura un, un pa¬
ges del Mièchjorn, que parlarà dins sa lenga mairala,

�LO

372

GAI

SABER

caldrà pas

dezesperar del Avenidor. Mas, reviratzvos amagar, profètas de malur, e agaitatz tota
aquela còlha de mainatges, auzisètz aquel
concèrt de grilhets, e dizètz-me s'encara abètz
temps
de coraandar lo suzari per rebondre nòstra
lenga ocvo«,

al lòc de

.citana !

Son venguts d'un pauc pertot al nòstre
rampèl. N'i
del Lauragues — e son los mai nombrozes —■ ; mas
n'i a tamben del Licèu de Bezièrs, n'i a de las dos
Escòlas superioras d'Albi, n'i a de
Perpinhan, del
Licèu de Rodez e d'aquel de Fois, n'i a del Seminari de Toloza
a

...

A ! brabes

grilhets ! Al mens, vos aus, abètz pas
vergonha del parlar dels aujòls, e vos auzisi
cantar ambe alegria :

brica

Es tindant
Coin an ta 11
Nàstre Verbe

Tant

superbe,

Es tindant
Coin antan

Nàstre

lengatge occitan !

Com vos aimam, vos aus que vos levatz
per mantene
l'ama de la rasa ! E tamben, com nos n' costèt de non

poder vos coronar totis, del plus aizit duscas al
degordit ! Mas, èretz trop nombrozes!

mens

E

tamben, òc cal dire, la jurada s'avizèt que fòrsa
en s'ajudant, sià en
se faguent ensenhar. Nos calguèt despietadozament ne
metre de costat un bèl
ramat, subretot demèst los
plus pichons. E es un deber per nos aus de vos far
saber que d'ara-en-dabant serem encara mai
sevères;.
si-que-non, i a pas mejan d'organizar seriozament un
concors. Faretz donc com fan los
grilhs del campèstre, que se meton dabant lor tuta e cantan cadun co¬
abian fait lors debers sià

ma

I
irrl

sab.

abià, dins lo concors d'ongan, dès seccions. La
èra pels jovents de mens de,
quinze ans..

seccion

�LO

GAI

SABER

373

Debian

faire, sià la version La Villa Cri-Cri, sià lo
Autels, sià los dos debers.
Per La Villa Cri-Cri, i
ajèt 82 concurrents.
Quand n'ajèrem mes de costat 14 per las razons que
vos ai
ditas, ne demorèt 68. D'aquels 68 ne coronèrem 36, en donant
5 jòias, 7 encartaments d'onor, e
vocabulari dels

24

mencions.

felicitar tots aquels
mainatges. Sembla
qu'es élis qu'an mes als debers lo mai d'aplicacion.
Cal dire que i abià, dins
aquela version, de cauzas
pas trop aizidas à revirar en franses. coma lo mot
tuta. A ! brabas gents, vos
respondi qu'aquel mot
los faguèt cercar. Cosi dire en franses " la tuta " ?
la demeure? la retraite ? le trou? le
gîte? Ni a
un mêmes
qu'a dit : la cahute ! Urozament que los
grilhs dels prats, quand los dròlles los vòlon engabiar, meton pas tant de temps à la trobar, lor tuta !
Debèm

Lo Vocabulari dels
Autels nos a valgut 63 mandadises. Ne coronèrem solament 27, car,
vertadièrament, n'i abià que montaban pas gaire plus naut qu'à
zéro.

Alas,

en

escambi, n'i abià de compozats de pri-

mièra. Crezi mêmes que los membres de la
jurada an
après, subre aquels debers de mainatges, de mots que
coneisian pas. Es subretot del Albiges e, encara mai,
del Roèrgue que nos son venguts los milhors vocabularis ; de qunis abian 120, duscas 150 noms. Se
n' podrià faire un libre. Sus

aquel punt, lo Lauraarribat bon darnièr. Sabi pas perqué. Belèu
qu'en Lauragues los grilhs empachan los auzèls de
cantar
Donèrem 7 prètses, 4 encartaments d'onor
gues es

...

e

16 mencions.

La lla seccion èra pels escolans de mai de 15 ans.
Aquestis debian revirar en franses un sonet o revi¬
rar en
lenga d'Oc una fabla de La fontaine.
La version La Vots de l'Aiga nos valguèt
86 con¬
currents. Ne coronèrem 47, ambe 8
prètses, 5 encar¬
taments e 34 mencions. Aqui, ja, n'i aurià de cauzas
à dire. N'i a qu'an ensajat de revirar los bordons oc-

�LO

374

GAI

SABER

citans en bordons fransezes, e cal reconeise
qu'acò's un
trabalh malaizit e dangeros. E los
paures mots occi¬
tans, com son estais maltratats ! Es que volètz qualquas

mòstras ?

Delà «pervenca », al 16c de
«pervenche», n'an fait
la « Provence »; de «la lagrema », al lòc
de « larme »,
n'an fait «la lagune»; al lòc de revirar «amaizi la dolor » per «j'apaise la douleur», an dit

«j'amasse, je
espiga » es devengut
«
épiage»; «lo borron», «le grain »; à «pozèt», que vòl
dire «puisa», li fan dire «elle
posa» o « elle baigna ».
Mas n'i a pron de dit, per mostrar qu'encara i a de
ramasse

la douleur

».

Lo

mot «

trabalh à faire
Nos cal dire que fòrsa dècas i serian pas, se los concurrents abian
pogut se servir
d'un diccionari. Acò vendrà un
jorn. Per ara, los
...

qu'an seguit las litsons del Colètge d'Occitania an po¬
gut plus aizidament se traire d'afaire, subretot pel
tème, Las Bestias malautas de la pesta. Aqui, nos
a calgut metre de costat, —e nos
n' costaba, òc podètz creire
19 mandadises sus 42, gaireben la mi¬
—

tât, per la razon que los concurrents abian pas em-

plegat la grafla de l'Escòla Occitana. E, sus aquels
19, n'i abià 10 del Licèu de Rodèz, que, s'èra pas es¬
tât acò, prenian
plasa dels primièrs. Serà per l'an
que ven, se Dius òc vòl
e los grilhets tamben. Donèrem, als 18 que coronèrem, 7 prètses, 2 encartaments e 9 mencions. Yòli
pas mai vos entantinar en
vos parlant del tème, e
pr'acò me vos cal dire qu'abèm trobat, dins qualquas
copias, de mots talament
...

sabents

que

nos

semblaban escriuts

per una

autra

qu'una man de jovent. Mas, pasem lise acabem
en
diguent que los escolans del Colètge d'Occitania
an
obtengut las primièras plasas
Que Serià estât
se totis abian
volgut prene part al concors?
Anem! brabes grilhs! Etz estais à la
pena. Abètz trabalhat, abètz suzat! Venètz dònc recebre vòstras jòiasSe son pas trop bêlas, las vos donam al mens de bon còr.
E es de tôt còr que vos dizèm : Al an
que ven !
JozÈP SALVAT.
man

...

...

�lo

gai

saber

375

PALMARÈS
1"
1" Devoir
ier

Prix

:

Grillon

:

Section

La Version Cri-Cri.

d'Argent, offert

par le Conseil Municipal de
Castelnaudary :
Elie Vaysse, Ecole Prim. Sup. de Garçons d'Albi.
2™ Prix :
Grillon de Bronze, offert par la
Banque de France de
Castelnaudary :
Andrée Nattes, Ecole Prim. Sup.
de Filles d'Albi.
3me Prix : Marin Gély, Lycée de Rodez.
4me Prix : Jacques de Roquette d'Auberjon, à Saint Félix
de Lauraguais
(Haute-Garonne).
5me Prix : Marceau Lacassagne, Lycée de Rodez.

DIPLOMES D'HONNEUR
Auguste Baron, Petit Séminaire de Castelnaudary.
2. Elie Vidal, à Rivel
(Aude).
3. Jean-Louis Galtier, Lycée de Rodez.
4. Andrée Sudre, Ecole Prim. Sup. de Filles d'Albi.
5. Denise Sirgues, à Monestiès-sur-Cérou (Tarn).
6. A. Goste, Ecole Prim.
Sup. de Filles d'Albi.
7. René Tap, Collège de Casteln.
1.

PREMIÈRES MENTIONS HONORABLES
Jean Imbert, Petit Séminaire de
Castelnaudary.
Elise Serres, à St-Cloud, près .Peyrens
(Aude).
Louis Gougaud, à Rivel (Aude).
Louis

Morarau, à St-André de Roquelongue (Aude).
Feneyrou, Lycée de Rodez.
Julien Bilotte, Petit Séminaire de Casteln.
Jean-Paul Pennavayre, Petit Séminaire de Casteln.
Ernestine Vayssière, à Lacapelle. Saint-Martin
(Aveyron).
Gaston

DEUXIÈMES MENTIONS HONORABLES
1.
2.

.3.
4.

3.
6.

Jean Bertrand, Petit Séminaire de Casteln.
Emile Grousset, Lycée de Rodez.

Raymonde Boyer, Cours Jeanne d'Arc, Casteln.
Jean Patau, Petit Séminaire de Casteln.
Marius Laforgue, Petit Séminaire de Gourdan-Polignan
(Hte-Garonne).
Marie-Louise Bordes, à Issel (Aude).

�376

lo

gai

saber

7. Pierre

Degeorge Collège de Castelnaudary.
Joseph Bes, à Rivel (Aude).
Maria Azémar, à Lacapelle St-Martin (Aveyron).

8.

g.

2""-'
i"

Prix

Devoir: Lexicologie
Grillon

d'Argent, offert

(Les Oiseaux).

' le Syndicat Médical du.
Lauraguais :
Feneyrou, Lycée de Rodez.
2nle Prix:
Grillon de Bronze, offert par la Banque Commerciale
:

par

Gaston

de l'Aude de

Denise

Castelnaudary:

Sirgues, à Monestiès-sur-Cérou (Tarn).
3"'e Prix : Michelle Mas, à Cazedarnes (Plérault).
4me Prix : Marceau Lacassagne, Lycée de Rodez.
5me Prix : Ernestine Vayssière, à Lacapelle Saint-Martin
(Aveyron).
6'"° Prix : Jean-Louis Galtier, Lycée de Rodez.
7""1 Prix : Maria Azémar, à Lacapelle Saint-Martin (Avey¬
ron).

DIPLOMES

D'HONNEUR

Marin

Gély, L3'cée de Rodez.
Eugène Bareil, à Souilhanels (Aude).
3. Elise Rocaché, aux Cassés (Aude).
4. Emile Grousset, Lycée de Rodez.
1.

2.

PREMIÈRES MENTIONS HONORABLES
Violette

Pagés, à Lézignan (Aude).
Angèle Batigne, au Cassés (Aude).
3. Paule Mourières, à Lézignan (Aude).
4. Emile Molinier, à Souilhanels (Aude).
5. Marie-Louise Marty, à Ferrand par Belvèze (Aude),.
1.

2.

DEUXIÈMES MENTIONS HONORABLES
Jacques de Roquette d'Auberjon, à Saint Félix (Hte-Gne)
Marie-Louise Bordes, à Issel (Aude).
Elise Serres, à St. Cloud, par Peyrens (Aude).
A. Coste, Ecole Prim. Sup. de Filles d'Albi.
Irène Gély, à Cazedarnes (Hérault)
Jean Patau, Petit Séminaire de Casteln.
Yolande Enjalran, Cours Jeanne d'Arc, Casteln.

1.
2.

3.
4.

5.
6.
7.

2m° Section
ier Devoir;
iër

Prix:

Grillon

Castelnaudary:

Version La Voix

d'Argent, offert

par

de

L'eau.

le Conseil Municipal de

�LO

Maria
.sme

Prix

GAI

SABER

377

Ayrix, institutrice aux Cassés (Aude).
:
Grillon de Bronze, offert
par la Société Générale

de

Castelnaudary.

Henri

Alibert, Ecole Saint Stanislas, à Carcassonne.
Prix: offert par M. Lombard, mèstre d'Obra à Narbonne.
René Bonnafous, Petit Séminaire de
Castelnaudary.
4111e Prix:
offert par M, Armand Praviel, professeur au Colètge d'Occitania :
Paul Belloc, sergent au 8ome d'infanterie à Narbonne.
offert par M. Jouveau, Capouliè du
5me Prix:
Fèlibrige :
Cécile Cuxac, à Rivel
(Aude).
6me Prix:
offert par Mme Marguerite
Dufaur :
Yvette Tranier, Ecole Prim. Sup.
d'Albi.
yme Prix: Marie-Louise Cathala-Sancery, à Castelnau¬
dary.
8me Prix:
offert par M. Louis
Piat, mèstre en Gai Saber, à
Périgueux :
Marie-Louise Serres, à Castelnaudary.
3111e

1.

DIPLOMES D'HONNEUR
Marguerite Cathala-Sancery, à Castelnaudary.

Robert Faure, àCasteln.
Henriette Tap, à Casteln.
4. René Hygonenc, Cours
complémentaire.
(Aveyron. )
S- Madeleine Bastide, à Casteln.
2.

3.

1.
2.

3.
4.

5.
6.

7.
8.

9.

Rieupeyroux

PREMIÈRES MENTIONS HONORABLES
Solange Enjalran, Cours Jeanne d'Arc, Castelnaudary.
Osmin

Teulié, Petit Séminaire, de Casteln.
Jean Serres, àCasteln,
Laure Vidal, à Rivel (Aude).
Philippe Walck, Ecole de Commerce, Béziers.
Julien Saury, Petit Séminaire de
Castelnaudary.
Jean Goure, Lycée de Rodez.
Paul Sada, Grand Séminaire de Carcassonne.
Reine Dassens, Ecole Prim. Sup. d'Albi.

DEUXIÈMES MENTIONS HONORABLES
1.

Jean

Grespy,

aux Cassés, (Aude).
Trouche, Ecole Prim. Sup. de Filles d'Albi.
3. Madeleine Albarel, à Aragon
(Aude).
4. Fernand Forgues, à Castelnaudary.
5. Antonin Arquier, à Caraman (Hte-Garonne).
6. Emile Malapert, Grand Séminaire de
Carcassonne.
7. Edouard Rouquet, Grand Séminaire de Carcassonne.

-2.

Emma

'

�37»

lo

8. Louis

9.
10.
xi.

gai

saber

Bonnel, Grand Séminaire de Carcassonne.

Julienne Bénet, à Rivel (Aude).
Adrienne Sirgues, Ecole Prim. Sup. de Filles d'Albi.
Marie-Jeanne Fleureusse, à Castelnaudary.
2me Devoir

Thème

:

Prix:

1er

:

Les Animaux Malades
Grillon

Castelnaudary

d'Argent, offert

par

Castelnaudary.

Prix : Grillon de Bronze, offert par
Cécile Cuxac, à Rivel (Aude).

ame

Prix

:

offert par

4me Prix:
5me Prix :
6me Prix :

7me Prix:

2.

M. Hermet

:

Henri Alibert, Ecole St-Stanislas, Carcassonne..
le Patronage de Garçons de Castelnaudary.
Robert Faure à Casteln.

René Hygonenc, à Rieupevroux (Aveyron).
Philippe Walck. Ecole de Commerce de Béziers..
Edouard Villa, Lycée de Béziers.

DIPLOMES
1.

le Syndicat Agricole de-

:

Marie-Louise Serres, à

3me

Peste.

de la

D'HONNEUR

Maria

Ayrix, aux Cassés (Aude).
Solange Enjalran, Cours Jeanne d'Arc,

Casteln.

PREMIERES MENTIONS HONORABLES
1.

2.

3.
I.

Osmin Teulié, Petit Séminaire de Casteln.
Jean-Marie Comboul, Grand Séminaire de Toulouse.

Madeleine Albarel, à Aragon (Aude).
Madeleine Calvet, à Casteln.
DEUXIEMES MENTIONS HONORABLES

t.

Edouard Lannes, Petit Séminaire de Casteln.

2.

René Laboucarie, Petit Séminaire de Casteln.
Joseph Courrieux, Petit Séminaire de Casteln

3.

T

�BOLEGADISA OCCITANA

Lo 13 de mai, las

joventas e los jovents de Rivèl
vesprada occitana plan reusida.
Se cantèt de consons de
Prosper Estieu, se joguèt
Lo Mètge de Cucunhan, de
Jan de la Ròca, e lo
majorai abat Salvat prononcièt un bèl discors.

(Aude) donèron

una

Lo 12 de junh, al
Colètge d'Occitania, à Castèlnòudari, nòstre clavaire Armand Praviel faguèt, dabant un centenat d'escolans e
auditors, una bêla litson

subre La Vida de Frédéric Mistral. Atal s'a-

«abèt la

primièra annada del Colètge d'Occitania.

Lo 16 de junh, al teatre de Novetats de
Barcelona,
nòstra escolana Julieta Peine
faguèt aplaudir de po¬
èmes d'Estieu, J.-S. Pons e Tomàs Garcès.
Lo 17 de

junh, al teatre de las Arenas de Bezièrs,
joguèt, amb un grand succès, Arribo la Traïno,
del majorai Emili Barthe.
se

Lo même

jorn, per las fèstas de la vila d'Espalion,
Jozèp Vaylet, del Grelh Roergat, faguèt reprezentar lo

Martiri de Sant Ilarian.

Lo 24 de junh, Los Grilhs del
Lauraguès celebrèron lor 4ma fèsta annadièra, ambe lo
programe
acostumat: Recepcion à la
gara de las delegacions,

cortètge ambe la muzica, vin d'onor à la Comuna,
mesa ambe sermon e cants
occitans, salut al monu¬
ment de Forés,
taulejada, jòcs florals escolaris e

�380

LO

GAI

SABER

Cort d'Amor. Una cinquantena dejoventas acompanhaban la rèina Magali de Severac. Al entorn dels-

majorals Estieu e Salvat èran lo majorai Albarel,
capiscòl de la Cigala Narbone^a ; Armand Praviel,
clavaire de l'Escòla Occitana ; Lombard, mèstre
d'òbra ; Mla Margarida Navarre, de l'Escòla Mondina ; lo barde breton Jacob, etc ... Prèp de dos
cents escolans abian près part al concors. Aqueste
numéro

porta lo Rapòrt del majorai

abat Salvat e

lo Palmarès.
Los 9 e io de setembre, la Mantenencia de Procelebrarà de grandas fèstas en Avinhon e à
Castèlnòu per comemorar lo centenari del primadièr Ansèlme Mathieu. A-n-aquela ocazion, à l'es-

vensa

tamparia Macabet, de Vaison (Yaucluse), se publilas òbras del autor de La Farandoulo : (prêts
pels socribeires : 18 francs).
can

La novèla edicion de Los Cants de L'Aubo, d'Ar-

navielle,

ven

escolans

de soscriure

de parestre. Recomandam a.ls nòstres
al

seg-ond volume

:

Las Ra-

iolos, encô del majorai Fournel, carrièra del CabalVert, Montpelhèr. (Prêts : 20 francs.)
Abèm après

ambe una granda dolor la mort, lo 3
julhet, d'A. Maffre de Baugé, lo grand escriban
mièchjornal. Malgrat que tota son òbra, o gaireben^.
sià escriuta en fransés, nos cal pas debrembar que
foguèt un grand amie del Felibrige, un companh
d'Auguste Forés, un vertadièr Occitan. Mandam à
sa familha, al majorai Vinas, nòstres testimònìs de
simpatìa. E que Santa Estèla dorbigue à nòstre amie
lo paradis felibrenc !
de

CRI-CRI.

Le Gérant

:

E. LEVRAT

Impr. Lauraguaise, 37,Rue de la Baffe

-

Castelnaudary.

�paraître

Vient de

:

Las Bucolicas de

Vergili

EN RITMES OCCITANS
par

Prosper ESTIEU

Édition de luxe : 50 exemplaires
Monfourat, numérotés à la presse :
Edition ordinaire

sur

:

Supérieur
fr. 25.

»

fr. 10.

»

Règles de Phonétique Occitane
dans le

corps d'un mot,
français ; mais s'il
constitue une terminaison féminine, il est semi-son¬
nant et se prononce entre a et 0, suivant la région ;
e sonne comme é fermé français, et è comme è ou¬
vert français ; — i équivaut à i français ; — u égale¬
ment ; mais, après une voyelle, il a le son ou fran¬
çais ; — ô ouvert se prononce comme 0 français, et
o fermé comme ou français
—-y n'existe pas en oc¬
i° VOYELLES.

accentué

ou

—

a,

seul

ou

non, sonne comme a

-—

citan.
20 CONSONNES. — b, c, d, f, g, j, 1, m, n, p, q, (toujours
suivi de u ), r, s, t, z sonnent comme en français ; mais
c devant i est sifflant comme s français;
— j
sonne

tz, dans certaines régions; — m se prononce
à la fin de la ir* pers. du pluriel des verbes ;
n est muet, sauf quelques rares exceptions, à la fin
des substantifs ; — r est souvent muet à la fin des

comme

comme n
—

substantifs et des adjectifs, sauf en Provence, ainsi
qu'au présent de Pinfinitif; — s est toujours dur et sif¬
flant ; — t est muet à la fin des participes présents et
des mots en ment; — v sonne comme b, sauf en Pro¬
vence ; —
ç, k, x, w nJexistent pas en occitan.
AL

BIJOTIÈR BARET

Bijotièr Baret, quantis grilhs cantaires
Comolan de gauch nôstre terrador !
Mas lor fan rampèu lors tant polits fraires
Que fas espelir dins ton obrador !
■CASTÈLNOUDARI
17, Carrier a del Coletge.

�CATALOGUE

DU

EXTRAIT

de la

Societat d'Edicion Occitana
37, Rue de la Baife

-

CASTELNAUDARY

Prosper ESTIEU
Lou Terradou,

duct.

sonnets

en

langue d'Oc,

300p.)

franç. (i vol. in-8°,

avec tra-

fr.
30. »
Flors d'Occitania, sonnets en langue d'Oc, avec tra¬
duction française, (1 vol. in-8°, 280 p.)
fr.
20. »
La Canson Occitana, poèmes en langue d'Oc, avec
traduction française, (1 vol. in-8°, 264 p.) fr.
20. »
—

rare.

.

Lo Romancero Occitan, poèmes en langue d'Oc, avec
traduction française, (1 vol. in-88, 344 p.) fr.
20. »

Occitan, 43 chansons avec musique, texte
franç. pouvant se chanter dans les

Lo Flahut

occitan et traduct.
deux

langues, (1 vol. in-8°,

104

p.)

.

.

fr.

16.

»

jan de la ROCA
Lo Mètge de Cucunhan, conte dramatique occitan,
avec 11 illustrations de Paul Sibra, (1 vol. in-8°3op.)
fr.
fr.

Edition de luxe numérotée
Edition ordinaire
.

Guilhèm

de

Cants d'un

.

.

8.
4.

»
»

NAUROZA
Orilh, chansons, rondels et sonnets oc¬

traduction française et portrait de l'au¬
teur, (1 vol. in-8°, xvi- 100 p. )
fr.
10. »
citans,

avec

.

Abat

.

,

.

Jozèp SALYAT

Langue d'Oc à l'Ecole, (in-8°, 16 p.) fr.
5. »
La Lenga d'Oc e la Glèiza, (in-8°, 16 p.)fr.
3. »
Sant Francés d'Asiza etsemple e aparaire dels Felibres, fin-8°, 8 p.)
fr.
2. »
Auguste Fourès, sa Vie et son Œuvre, suivies
d'un choix de poésies et d'un lexique, (1 vol. in-8°,
122
p. )
fr.
12. »
La

IMPR.

DE

LA

SOCIETAT

DiEDICION

OCCITANA

CASTELNAUDARY.

�</text>
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              <text>impr. de la Societat d'Edicion Occitana (Castelnaudary)</text>
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              <text>2018-01-19 Françoise Bancarel</text>
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              <text>Sarraute, Gabriel (1893-1991)</text>
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              <text>Vignette : http://occitanica.eu/omeka/files/original/20322f2db85b70c586a77deae5ef62bc.jpg</text>
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              <text>&lt;!DOCTYPE html&gt;&#13;
&lt;html&gt;&#13;
&lt;head&gt;&#13;
&lt;/head&gt;&#13;
&lt;body&gt;&#13;
Lo Gai Saber (&lt;a href="http://occitanica.eu/omeka/items/show/13154"&gt;Acc&amp;egrave;s &amp;agrave; l'ensemble des num&amp;eacute;ros de la revue&lt;/a&gt;)&#13;
&lt;/body&gt;&#13;
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              <text>1 fasc. (pp. 346-380) ; 22 cm</text>
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              <text>&lt;!DOCTYPE html&gt;&#13;
&lt;html&gt;&#13;
&lt;head&gt;&#13;
&lt;/head&gt;&#13;
&lt;body&gt;&#13;
&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;em&gt;Lo Gai Saber&lt;/em&gt; est une revue litt&amp;eacute;raire occitane publi&amp;eacute;e depuis 1919. La rubrique &lt;em&gt;L'&amp;Ograve;rt dels trobaires&lt;/em&gt; est consacr&amp;eacute;e &amp;agrave; la po&amp;eacute;sie, la rubrique &lt;em&gt;Bolegadisa occitana&lt;/em&gt; donne des informations sur l'actualit&amp;eacute; de l'action occitane. La revue fait aussi &amp;eacute;cho des publications du domaine occitan et des r&amp;eacute;sultats du concours annuel de po&amp;eacute;sie occitane de l'Acad&amp;eacute;mie des Jeux floraux.&lt;/div&gt;&#13;
&lt;/body&gt;&#13;
&lt;/html&gt;</text>
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              <text>&lt;!DOCTYPE html&gt;&#13;
&lt;html&gt;&#13;
&lt;head&gt;&#13;
&lt;/head&gt;&#13;
&lt;body&gt;&#13;
&lt;div style="text-align: justify;"&gt;Lo&amp;nbsp;&lt;em&gt;Gai Saber&lt;/em&gt;&amp;nbsp;es una revista liter&amp;agrave;ria occitana publicada dempu&amp;egrave;i 1919. La rubrica&amp;nbsp;&lt;em&gt;L'&amp;Ograve;rt dels trobaires&lt;/em&gt;&amp;nbsp;es consacrada a la poesia, la rubrica&amp;nbsp;&lt;em&gt;Bolegadisa occitana&lt;/em&gt;&amp;nbsp;balha d'informacions sus l'actualitat de l'accion occitana. La revista se fa tanben lo resson de las publicacions del domeni occitan e dels resultats del concors annadi&amp;egrave;r de poesia occitana de l'Acad&amp;egrave;mia dels J&amp;ograve;cs florals.&lt;/div&gt;&#13;
&lt;/body&gt;&#13;
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