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ERS
OE D'UEN PAÏSAN
(segus pèr 'no letro de PR. MlSTRAL)

A-su, nàutris, pé la mountagno,
S' hen coum' aco de clar en l'é,
Re ma pèr l'encauso, sabé,
Lou cia blu qu'is noutro tiéulagno..
Nous autres là-haut, dans la montagne,
si nous avons ainsi de la clarté dans le regard,
(c'est) pour la seule raison, sans doute,
que le ciel bleu est notre toit

Imp. Migeon

���ERS D'UEN PAISAN

�En ma

FÈNNO

, ma

FILHO

mai,

Solas que soun las miéunas Mias !
R. M.

�ERS D'UEN PAISAN

D'àatris Poaèmis daa Itièaradoaès
per R. MICHALIAS

Embei 'no traduciéu literalo en la drit

Reprouducièu reservado

EMBART (Pue-de-Deume)
De vès l'Empremariâ
1908

J. MIGEON

�CHANTS D'UN PAYSAN

flatres Poèmes da ItiVfadois
par R, MICHALIAS
Âvec une traduction littèrale en regard

Reproduction réservée

uM.
BÊZIERS

AMBERT (Puy-de-Dême)
Imprimerie J.

MIGEON

1908
CIRDOC

OC0042609
FONS MIQUÈO CAME

�Du même auteur

Ers dc lous Suts
(Chants des Montagnes)
Avec Lettre préface de

1904

MlSTRAL

Essai dc Gran^rpairc auvcr£i?atc
(Dialecte des environs d'Ambert)

1906-1907

Mar£outou î O 170 batuito au viala^c
(Margoutou! Ou une rixe au village)
Scènes burlesques de la vie rurale
(revue et adaptée)

Pour paraître prochainement :

« Tai?t fa pcr rcirc î
(Contes amusants)

CAB

1907

�NOTE
Règles pour la prononciation

I. VOYELLES

a,
o

a,

se prononce comme Va français, mais néanmoins avec
un son légèrement voilé.
se prononce avec un son très ouvert et appuyé, intermédiaire entre l'a et l'o français. II constitue
le plus généralement la désinence du participe passé
masculin des verbes de la lre conjugaison en a,
et correspond à Vé fermé du participe passé masculin des verbes français en er. II est toujours
tonique (v. ci-dessous) et ne s'élide pas devant
les voyelles.

e, è, é,

se prononcent comme en français.

Toutefois le son de l'e, non affectó d'accent,
reste muet, même devant la double consonne ss,
comme dans : messo, messe ; presso, prise,
etc... II reste encore muet à la fln des mots
terminés par et, comme dans : aret, bélier ;
det, doigt; paret, mur ; set, soif, etc. Et

�8

ÌÏÈGLES POUR LA PRONONCIATION

dans ces mots, la syllabe
tonique. .

et, quoique muette, est

Dans la conjonction e, et, ainsi que dans
j'ai, il se prononce é, fermé.

he,

REMARQUE : L'article masculin le se prononce
tantôt comme le, français, tantòt comme lou,
provençal. On peut donc l'écrire et le prononcer
indifféremment le ou lou.

em, en se prononcent invariablement comme en français,
im, in.

U, se prononce comme u français, excepté dans les diphtongues et polyphtongues ci-dessous, où il prend
nettement le son ou, lorsqu'il est précédé de
l'une des voyelles a, è, ò.
DIPHTONGUES
Dans les diphtongues et polyphtongues, chacune des
voyelles conserve sa valeur propre.
Dans les diphtongues croissantes (v. grammaire, § 27),
la voix domine sur I'avant-dernière voyelle. Ainsi : mai,
pei, rèire, siéu, se prononcent màï, pèï, rèïre,
siéii. De même les diphtongues au, èu, òu, se prononcent : àou, èou, òou (v. § précédent).
ACCENT TONIQUE
L'accent tonique porte sur l'avant-dernière syllabe dans
les cas suivants :

�RÈGLES POUR LA PRONONClATION

1°

y

Lorsque le mot est terminé par un e muet ou par l'o
atone des désinences féminines. Ex : fuguèsse .
souvènte, gènto, ferramènto, etc.

2° Dans les mots féminins pluriels en as, ainsi qu'aux
personnes des verbes terminées par as, en, ès,
is, an, on. Ex : banas, lanas, simplas et
èras, èren, fuguèris, fuguèron.
Exception : II y a exception pour les personnes
du f utur et du conditionnel présent, dont la
dernière syllabe est toujours tonique.
3° Dans certains substantifs en i. Ex. : armàri, avàri.
bàrri, cementèri.
4° Dans certains adjectifs masculins qui font is au pluriel.
Ex. :

gèntis, jolis; nèris,
II.

noirs.

CONSONNES

ch se prononce tch ou ts.
g doux et j se prononcent dj ou ds.
c, k, q, devant i et u, se prononcent t.
g devant u, se prononce d.
II, lh prennent le son mouillé devant a* e, Ò, U.
Dans les groupes bl, cl, fl, gl, pl, l'l, prend le son
mouillé devant les voyelles a, e, o, u.
REMARQUE : Dans les groupes gla, gle, gli,
glò, glu, le g disparaît et I se prononce Ih.

Ex. : aglan, gland, se prononce alhan.
seglo. seigle, se prononce selho.
aglo, aigle, se prononce alho, etc.

�10

RÈGLES POTJR LA PRONONCIATION

C'est cette dernière orthographe que nous adopterons.
PRONONCIATION CHUINTANTE
Les groupes ci, ssi et si dur se prononcent comme
en français, les groupes chi ou che.
Le groupe si, doux, se prononce de même ji ou je.
REMARQUE : C'est en raison de cette seconde prononciation facultative che et je que cet e s'élide devant
les voyelles. Ainsi : cia, counissio, siéu, se prononcent comme s'ils étaient écrits : cha, counicho, chéu.
De mème disio, vesio, etc., se prononcent dijo, vejo,
c'est-à dire avec la prononciation française de ch et de j.

: Les consonnes finales ne se prononcent jamais, pas mème pour faire la liaison, sauf dans
deux ou trois cas. (v. Grammaire).
REMARQUE

L'apostrophe ' placée entre deux mots, dont le second
commence par une voyelle ou une h muette, indique la
contraction en une seule syllabe de la syllabe terminale
du mot précédent avec la syllabe initiale suivante. Ainsi :
Lhi' a ou Ihi' ha, il y a, se prononce lia, monosyllabique.
Li' an ou Ihi' han , lui ont,se prononce lian, également
monosyllabique.
.

�RÈGLES POUR LA PRONONCIATION

11

Cette apostrophe placée après l'article et les pronoms
pluriels lous, nous,ous, las, indique une contraction
identique, avec disparition de l's terminale.
Placée en avant d'un mot elle remplace la voyelle ou
mème la syllabe initiale :
Ex. :

'n pour un.
'no pour uno.
'beî pour embei.

�Prefacic
En quous dau païs :

Iéu ous vole counta diens quet libre ço qu'amo
Le mounde de vès nous ;
Embei vàutris, parla la liengo de la mamo,
Qu' èusissian petitous.
Ous dire deque soun païsans dè la Dore ;
Ous dire mai quicon
De liour vido dediens, de liour vido defouoro...
Lous counisse de fouons.
Enquèro vous diré lous coùntis de nurrissas,
De sero vès le fìò ;
Emai qus garaniâs fasian pé las rèutissas,
Ouont courrian sens eiclot.
Ous desplica ço que sounavon Baragaugnas,
Galipolas,

Leíiens ;

E las pignadas ouont foutian de cops de graugnas
Quand èran galepiens...
E s'acò pariguèsse,
Diens quet doucet parla qu'ous vole fare ama,
Quicon pas trop de biais menimi lè siguèsse....
Gaire n'hi'en viris ma.
R. M.

�Prcf acc
A mes Compatriotes :

Je vous veux conter dans ce livre ce qu'aime —
le monde de chez nous ; — avec vous, parler le
langage de la mère, — que nous entendions tout
pelits.
Vous dire ce que sont les paysans de la Dore; —
Vous dire aussi quelque chose — de leur vie intérieure, de leur vie au dohors... — je les connais à
fond.
Vous redire encore les contes de nourrices, — le
soir près du foyer ; — et quels fieffés polissons nous
faisions au travers les champs incultes, — où nous
courions sans sabot.
Vous expliquer ce que l'on appelait " Baragognes ",
— " Galipotes ", " Démons " ; (1) — et les batailles,
où nous allions à coups de griffes, — quand nous
étions gamins...
Et s'il vous apparaissait, — en ce doux parler que
je vous veux faire aimer, — que quelque chose d'un
peu risqué néanmoins s'y trouvât... — guère vous
n'en verrez.
R. M.
(1) Noms d'êtres fantastiques, épouvantails pour les enfants.

�Viradc
" Ers païsans " ! 'Nas vès Maïano
" SE ", lé lou troubaris beliau :
L'aureto dous suts, pé la plano,
Boufo totjour l'aibre mai naut I
En Eilrat, précò viras solo,
Vès le Pouèto cantali ;
Arpii, pèr dessoubre la niolo,
Ers païsans, vo chantas li !
Ardis I Pouyas vès la " lìelino",
La neiscido en crovo á'Arrens :
Pèr illo, fasias li 'no lino
'Bei las flurissas dau prientèms 1
Ouont mai ? Té I poyo, chetit libre,
Tau 'no lèuveto diens le cia :
D'à-su, saludo lous felibres,
E bailo en tritous 'n adeissia I

�Tournée
" Chants paysans " ! allez à Maillane ; — " LUI ",
vous l'y rencontrerez sans doute : — la moindre brise
des montagnes,

au travers la plaine, — souffle tou-

jours sur l'arbre le plus élevó !

Vers

Ytrac, ensuite,

dirigez vos pas — près du

Poète cantalien ; — là, par-dessus la brume,

Chants

paysans , ò chantez lui !

Courage ! Montez vers " Belline ", — celle qui est
née dans le val d'Arrens ; — pour elle, faites une
petite gerbe glanée — parmi les fleurs printanières !

Où
telle

aller
une

encore ? Tiens!
alouette

dans

monte, petit

le ciel I

—

De

livre, —
là-haut,

salue les félibres, — et donne à tous un bonjour !

�PARTIDO 1°

Em moun Païs
« ...Vo païs m'he pensa re maufare en t'ama... »

En le Tiodore Botrel.

Vo Lièuradouès, toun drole t'amo
Mai que lou marinié la mar ;
Mai noún pas l'éucelou la ramo,
0 la lèuveto lou cia clar !
Prou mai qu'amo pas l'eilaïart
Le souléu d'eitiéu que le cramo ;
Oumi la braveto, que bramo
De set, lou riéulet dau prat vard !
Einiéulado, o d'eivar lusènto,
Tiarro, te sis la Mìo gènto
Mei que s'eras barado en ors !
T'ame d'à ple moun cur en vido...
E, diens la crovo benisido,
Te vole ama d'à ple moun cors !

�PE PARTIE

A mon Pays
A Théodore Botrel.

0 Livradois, ton enfant t'aime — plus que le marin
la mer ; — plus que le petit oiseau la ramure, —
ou l'alouette le ciel limpide !

Bien plus que n'aime le lézard — le soleil

d'été

qui le brùle ; — ou bien la génisse, qui mugit —
de soif, le ruisselet de la prairie verdoyante !

Embrumée, ou luisante de neige, — terre, tu es
la Maîtresse jolie — mieux que si tu étais chamarrée
d'ors !

Je t'aime de mon plein coeur en vie... — et, dans la
fosse bénite, — je te veux aimer à plein mon corps !

�Ma Doro
En Mistral

Ma Dore vai tau 'no chambalho,
Nentour de lous tòrmis fluris.
Fasen chas cop 'no briâ de pialho,
E, quouro he d'eimai, me garis.
« Venis d'en ouont, Doro fricheto?
« Ent sis neiscido? » Que li fau.
— « Vene d'à-su; sourte trecheto,
« Diens l'eiredis, el ped d'uen fau.
« Naisse d'une eiclancho de ruado...
« N'eiclancho e.n'eiclancho fan fiau ,
« Que pèr li couse chau dedau
« Emai la gulho de 'no fado.
« Dentre sous dets, fiau que fai liam,
« Préco liam mai que fai chambalho,
« Que fai riban, memomen tualho,
« E s'eipandis chas liò pèr champ. »

�Ma Dore
A Mistral.

Ma Dore va telle une jarretière — autour cìes
tertres fleuris. —Nous faisons parfois un brin
de causette, — et, si j'ai du souci, elle me
console.
« D'où viens-tu, fraîche Dore ? — Où es« tu née? » lui dis-je. — « Je viens de la
« haut;

je sors touto frêle — d'enlre les

« myrtiles, au pied d'un hêtre.
« Jo nais d'une goutto de rosée... — Une
« goutte et une goutte font un fil, —.mais,
« pour coudre avec, il faut le dé — et aussi
« l'aiguille d'une fée.
« Entre ses doigts, le fil se fait lien, — le
« lien se fait jarretière,—se fait rubanet même
« nappe — et s'étale par
« campagnes.
(d) La rivière du Livradois.

places

dans

les

�MA DORO

— « Que fas, souleto, pé las planas,
« Doro ma mìo, au long dau jour ? »
« — Vèse le mourro de las juanas
« Que risouno en moun miradour.

« Eipienche mai lasjoueinas drolas
« Cé vene en sègre le draïou... »
— « Ma mìo Doro, soun pas solas? »
— « IN'en sabe ro... demando li ' hou !

« He be chas cop èusi 'no lauro
« Beila, recèbrede poutous...
« Basto ! Qu'èro beliau ma l'auro
« Que frosilho en lous verneirous. »

— « Doro, he l'eivejo, — sis tant claro,
« De me bièura... Volis, perai ? »
— « Dé ho be! Dengu te nen paro...
« Bièure l'èucé, la belhomai. »

— « Doro, he l'eivejo, — sis tant gènto,
« De d'uen poutou... Volis, perai? »
— « Dé ho! Mami, sé pas malènto...
« Le souleu me poutouno mai.

�MA DORE

— « Que fais-tu, seulette, dans les plaines,
« — Dore ma mie, au long du jour ? » — « Je
« regafde le minois des narcisses— qui fait
« risette en mon miroir.

« Je guette aussi les jeunes filles — ici venir
« en suivant l'étroit sentier...» — « Ma mie
« Dore, elles ne sont pas seules ? » — « Je n'en
« sais rien... demande-le leur.

« J'ai

bien

parfois entendu une lèvre —

« donner (ou) recevoir des baisers... —Après
« tout, ce n'était peut-être que la brise — qui
« frissonne dahs les jeunes vergnes. »

« Dore, j'ai l'envie (tu es si clairel) — de
« mc désaltérer... Tu veux, n'est-ce pas?» —
« Oui certes! Personne ne te le défend...—
« j'abreuve l'oiseau et l'abeille aussi. »

— « Dore, j'ai I'envie (tu es si jolie! ) —
« d'un baiser... tu veux, n'est-ce pas?— Cer« lainement! Ami, je ne suis pas méchante...
« — le soleil m'embrasse aussi-

�MA DORO

« Dau biais de lienguelas, las fèlhas
« De las vors me venon piada;
« E, dous sàuvis, las soucas vèlhas
« S'eitorson pèr me saluda. »

* *

... Doro redèlo diens la liuènto
Es le païs dè l'Oulerdis :
« Adeissia! fa»... Cò me souvènto
Pèr le cop n'aguèren prou dis.

4v

�MA DORE

« A la manière de petites langues, les feuilles
« — de l'osier me viennent caresser; — et,
« des saules, les vieilles souches — setordent
« pour me saluer. »

* *

... Dore, roule dans le lointain,— vers le
pays d'OHiergues : — « Adieu ! me dit-elle. »...
II me souvient (que) — pour cette fois nous
en eûmes dit assez.

4S.

NOTA. — Cette pièce, en pur dialecte du Uvradoís, a néanmoíns
obtenu la plus haute récompense décernée au Concours des Jeux
Fíoraux de la Coupe de Gyptìs, dans la section : « Poésie en langue

Provençale, ou tout autre diaíecte du Midì de ia France. «
Marseille 1907.

�Patrio î
En Vermenouzo.

Moun armo ! En d'aquot tèms de simplariá que pòyo,
Vo Païs, m'he pensâ re maufare en t'ama.
En fouoro te, dé ho, lé masse ma d'einòyo,
E me nen torne ès te coumo vès la « Mama ».

— «Perque?» — Perdeque l'ort flapis amo la plòyo ?
Perdeque, mau plumâs, l'èucés amon liours nis?...

... Joueine, me rèisis íì. Perai? cò te paris,
Ço qu'is meliour enquèro is l'amour de ta Mio,
E que te dise, is pas ticon virâ de biais.
Dé bouto! Peito ma quaucas nadas de mai ,
Vèiras!... 'Cò meliour is l'amour de sa Patrìo!

En naisse, poutouné lous tetous de ma mamo;
E, d'autre biais, quelous de ma Mio, ès vient ans!
A ouro 'n autre amour is ma ti que me cramo,
E tot l'aure acò is souvenènço d'antan.

�Patrie î
A Vermenouze.

Par ma foi! En ce temps de démence qui monte, —
ô Pays, j'ai cru bien fairc en t'aimant. — Oui, loin de
toi, je ne recueille que de la tristesse, — et je reviens
vers toi comme vers la « Mère »■
« Pourquoi ?... » Pourquoi le jardin flétri aime-t il la
pluie? — Pourquoi, mal emplumés, les oiseaux aimentils leurs nids ?
Jeune homme tu souris malicieusemant: N'est-ce pas,
il te semble — que ce qui est meilleur encore c'est
l'amour de ta Maîtresse, — et que ce que je te dis,
n'est pas cbose sensée. —Ah laisse donc ! Attends seulement quelques années de plus, — et tu verras I... Ce
qui est meilleur, c'est l'amour de sa Patrie?
Lorsque je naquis, j'embrassai les seins de ma mère;
— et,

d'autre

manière,

ceux de ma

maîtresse.

à

vingt ans! — Maintenant, il n'est qu'un amour qui
m'enflamme,
d'autrefois.

—

et tout

le

reste

est un

souvenir

�26

PATRIO

Que soun de plagne lous que venon : « las Patrìas !...
« Paure mounde, qu'is 'cò? Ouont que siage neisci
« 'N ome viéu tot parei, tabe liuen coumo eici;
E, lou sèu, lou fougei... 'cò is re ma de gìas! »
Gìas, che voulés! Mas, deque diguèsson niéu,
Re, nimé mai dengu, pouot me vera 'bei ièu
'N eitacho en moun Païs ; le goust de ma mountagno ;
Dau chetit cabanou que vèse la tieulagno
Pèr desoubre las vors vel quartei de moun riéu.
Iéu! Vole ama lous sáps de ma tiarro chanido ;
N'ama las fouonts, lous prats encledás d'angoulans.
Précò, vès l'endarei, 'na fare ma dermido
E me gèire en moun tour ouont soun jagus Ious grands I

o

�PATRIE

Qu'ils sont à plaindre ceux qui disent: « Les Patries I...
— « Pauvres gens, qu'est cela? En quelqu'endroit qu'il
« soit né — un homme vit de même, aussi bien au loin
« qu'auprès; —et le sol, le Ibyer... ce n'esl rien d'autre
« que des lubies ! »
Lubies, si vous voulez ! Mais, quoi qu'on puisse dire,
— rien,

ni

personne,

ne peut m'enlever à moi —

l'attachement à mon pays; l'amour de ma montagne ;
— de la chétive cabane dont j'aperçois le toit — par
dessus les osiers qui bordent mon ruisseau.
Moi! Je veux aimer les sapins de mon âpre sol; — en
aimer les sources,

les prés cntourés d'églantiers. —

Ensuite, vers la íin, aller faire mon sommeil — et me
coucher à mon tour où sont couchés les ancêtres I

�Viro que viraras
el païs teurnaras!
« Rode que rodaras.... »
MISTRAL.

Te podis 'na el païs liuen,
Pé la campagno
De Limagno...
Te podis 'na el païs liuen ,
Pèr vèire ço que n'is alin :
Mas d'encountrado
Mei pignado,
Qu'is pas le Lièuradouès d'eici,
Tant que te courrias
Pé las bòurias,
Ent siagc, nen trobaras gi !
Te podis 'na fouoro lous suts,
Ouonte bransolo
La piniolo
Te podis 'na fouoro lous suts,

�Tourne qae tourneras
au pays ta reviendras î
A Mistral.

Tu

peux

aller au pays lointain, —

dans les champs — de la Limagne... —
tu peux aller au pays lointain, — pour
voir ce qu'il en
de

est là-bas :

contrée — mieux

cultivée

— mais
—

que

n'est le Livradois de chez nous, — tant
que tu coures — par les domaines, —
nulle part tu n'en trouveras 1

Tu peux aller en dehors des montagnes, — où se balance — le babiauli&gt;...—
tu peax aller en dehors des 'montagnes,

(1) Gône du pin.

�VIRO QUE VIRARAS

Ès bas galanpina d'a-su :
Mas, pinatellas
Pèr d'eitellas,
De bèus de saps oumi de faus,
Us qu'lian d'eipinas,
Us de feinas,
En liò lé creiscisson ta nauts!
Podis 'na vèire aútris païs
Mai qu'han de brimas
Pé las cimas...
Podis 'na vèire aùtris païs,
Diens le Velai, diens le Fouris :
Mas, de rabèiras,
De trièulèiras,
Per mena lat 'bei lou beitiàs,
Li fare pousso
Couílo e douço,
Fouoro de noutris suts n'is pás !
Te podis 'na el païs d'ai,
Diens la Prouvènço
Demourenço
Dau souléu... 'na el païs d'ai
E d'aïoli: has be te mai,
Tant que nen vòlis,
Dau boun òli,

�T0URXE QUE TOURXERAS

— vagabonder

de

haut

en

bas :

—■

mais, les pinières — pour bûches, —
les
les

bois
uns

autres

de

sapins

qui
des

ont

ou de
des

faînes,

hêtres, —

épines,

—

les

nulle

part

ne

—

croissent si grands !

Tu peux aller
qui

ont

aussi

voir d'autres pays —
des

brouillards — sur

les crêtes... —- tu peux aller voir d'autres pays,

—

dans le Velay,

dans

le

Forez : — mais, des champs de raves,
— de trèíle, — pour
au

bétail, —

lui

donner du

faire

lait

mamelle

—

gonílée ct lisse, — en dehors de

nos

montagnes il n'en est pas !

Tu peux aller au pays de
dans

la Provence

—

l'ail, —

demeure

— du

soleil... aller au pays de l'ail — et de
l'aïoli : tu as bien toi aussi, — autant
que tu en veux, — de la bonne huile,

�VIRO QUE VIRARAS

« Padèlo que padelaras! »
Trifas grilhadas,
E pandalas,
Jamai pus bounas tataras!
Te podis 'na en Barbounès,
Ouont is de drolas
Levo-solas...
Te podis 'na en Barbounès:
Trobas gi mai qu'en Lièuradouès
De filhas gèntas
E valèntas !
Au bouneron ílos de riban,
Soun d'eiperletas,
Ta freichetas,
Qu'en liò mai trobaras las tant.
* *
Tabe, demoro en toun païs,
Ouont lè is l'amo
De ta mamo...
Tabe, demoro en toun païs
Ouonte counissis quau lé is:
Dau brave mouonde,
Nen ripouonde,
Meliour qu'en liò, ço que n'on dis.

�TOURNE QUE TOURNERAS

— à poêle que veux-tu 1

— Pommes

de tcrre frites — et farinades, — jamais
meilleures ne goûteras !

Tu peux aller dans le Bourbonnais, —
où sont des íilles — aimant à danser...(1)
— tu peux aller daus le Bourbonnais :
—
le

tu

ne trouves pas mieux que dans

Livradois

—

des

íilles jolies ■— et

vaillantes ! — Avec le
à leur bonnet,

noeud de ruban

— ce sont

de

petites

perles, — si fraîches, — que nullo part
tu ne trouveras les pareilles.
*

* *
Aussi, reste dans ton pays, — où est
l'âme — de ta mère... — aussi, reste
au pays, — où tu connais ceux qui y
sont : — de braves gens, — je l'aflìrme,
— meilleurs que

paitout ailleurs, à ce

qu'on dit!

(1) Mot à mot : Lève-semelles.

�Pé Païs
Vivo moun fougei clar ouont ma grando fialé ! '
Al entour dau courmai toto l'eimai s'eubledo.
Vivo moun tiéulagnou, moun ort, embei sa cledo
D'amouras ! Mous prats vards chambalhâs d'ar-de-sedo !(1)
Vivo mous suts, moun cia, que fa de blu en l'é !
Buvaire de souléu, eipienchaire d'eitialas,
Ame vèire, l'eitiéu, pé lous selhous roustis,
Lé s'eivenla lous blads sèut le dai que crìalo ;
Vèire dau missounei la suasou que riéuvialo
En soun pitras bourrut emai sous rèns toursis.
Me plase vèire mai la belho barradouno
En fouoro de soun brus courandina la flour ;
0 be 'no demisello em' d'alas de coulour
Bèubado en la Chambalho, e quouro vai, bravouno ,
Se bièura diens las vors au rasebu dau gour.

(1) Chambalhas, c'est-à-dire, ceints d'une jarretière. Ne pourrait se traduire
exactement en français que par le participe passé inexistant, jarretiéré. Dans
notre région, l'arc-en-ciel porte aussi le nom gracieux de " Jarretière de la Vierge ".

�Par Cljamps
Vive mon

âtre

clair

où

fìla

mon

aïeule !

—

Autour de la crémaillère, tout souci s'oublie. — Vive
mon humble toit, mon jardin avec sa haie — de ronces ;
mes vertes prairies que ceignent les arcs-en-ciel ! —
Vive mes pics, mon ciel, qui met du bleudans lesyeux I
Buveur

de

soleil

ou contemplateur

d'étoiles,

—

j'aime à voir, l'élé, dans les sillons desséchés, — s'y
écrouler les blés sous la faux qui crisse ; — voir, du
moissonneur, la snenr qui ruisselle — sur sa poitrine
velue et son torse courbé.
Je me plais à voir aussi l'abeille bigarrée, — hors
du rucher vagabonder dans les íleurs; — ou

bien

une libellule, avec ses ailes d'une couleur — dérobée
à l'arc-en-ciel, lorsqu'elle va, gracieuse, — s'abreuver
dans l'oseraie à la surface du gour.

�36

PÉ PAÏS

De sero, mai-que-mai, m'en vene pé la coumbo
Qu'antan cavé le riéu diens lous suts dau Fouris ;
Aqui, l'aigo dendrelo e la sàuvio flouris.
E vès le bord de nut, adoun le sere toumbo,
Lagromas, diasso be, dau souléu que mouris,
Iéu salude la luno ! Embei sas finas banas,
La crèirion 'n aret d'or, o b' un voulam lusènt.
En soun clar, diens lous prats, lé eitialon las juanas ;
Vèse au cia de niéulous lé courre en flocs de lanas...
D'une alo èussisse lou moulet frefrounamen.
Vèse s'eiperlounja alin lous bèus de garno.
En de mousso jagu, lé me sènle crossft...
Eicò que derme... eicò reibia? Boutas, quau sâp !...
Mijaire d'ali-su, piencado aus crits dous sâps,
Coumo en grands candeliés, n'eitialo lé eiluarno.
De mèidis, gentamen, sègon liouro chalèiro,
INeirardo proucecieu ; tràion d'à-crapeudous
Un bourdis o 'no gravo emtremi liours pèutous :
Acò torno, acò vai, de countùnio, à-per-tèiro...
Rude trebai aquel prefas de petitous !
Vò !' Que se Irobon li nen dau marand de la vialo !
Han clau. Quauque agnelou proche sa fedo bialo ;
Un grelet, dous grelits, de milo de grelits,
Diens le terme eicoundus, secoudon liour tienbalo,
Mentre mai qu'en chas liò fìaulon quauquis cutis.

�PAR CHAMPS

37

Le soir, de próférence, je m'en viens par la vallée
— que jadis creusa le

ruisseau dans les

monts du

Forez. — Là, tinte l'onde et la sauge fleurit.— Et
vers les approches de la nuit, lorsque le serein tombe,
— pleurs, on dirait, du soleil qui se meurt,
je salue la lune. Avec ses fines cornes, — on
croirait un bélier d'or, ou bien une luisante faucille.
— A sa lueur, dans les prés, les narcisses y brillent
en étoiles ; — je vois au ciel de légers nuages y
courir en ílocons de laines... — j'entends le mou
froufroulement d'une aile.
Je vois s'étendre au loin les bois d'essence résineuse.
— Couché sur de la mousso, je m'y sens bercé... —
Est-ce dormir... est-ce rêver ? Qui sait !... — II me
semble, qu'accrochée aux pointes des sapins, —comme
en de grands chandeliers, y brille une étoíle.
Des fourmis, doucement suivent leur foulée, — (en)
noire procession ; elles tirent à plat ventre — un fétu
ou quelque gravier entre leurs pattes menues. — Et,
tout cela va, revient, par files ininterrompues... —
Rude travail cette tâche de tout petits !
Oh ! qu'on se trouve loin du fracas de la ville ! —
Le bétail est rentré. Quelque petit agneau bêle près
de sa brebis ; — un grillon, deax grillons, des milliers
de grillons, — cachés dans le tertre, agitent leurs
cymbales, — pendant que çà et là flùtent quelques
crapauds.

�38

PÉ PAÏS

La niolo de la nut n'is gaire mai couniènto :
Un sut... onquèro un sut... eipelis diens la liuènto ;
'No briâ d'auro fregis d'entremi lous garnâs
Que traucon de liour pèd le vé sèu ouvargnâs,
Tandiéu que s'eiredis liour gulho en ferramènto.
L'èubeto s'is setado à-su vès lous Pradaus,
Bilhado en de ribans,

tau 'no gènto madamo ;

E d'aqui lou souléu, en eissugna la ramo,
Eubledo de rais d'or dessoubre lous janiaus.
« Tó ! que vene : Aqueti qu'injirié tot acò
« Ero pas simple mai, e mancavo pas d'eime.
« Quau siage, prejo-le, quel èubrei subelime...
« Ouro qu'is gis de brut, io t'ôusirâ de cop ! »

�PAR CHAMPS

.39

Le brouillard de la nuit n'est plus guère visible :
— Un sommet... encore un sommet... apparaît dans
le lointain. — Un peu de brise souíïle au travers des
pins — qui trouent de leur pied le vieux sol auvergnat,
—■ tandis que se dressent leurs aiguilles rigides
comme

fer.

La première aube s'est assise là haut, vers les Pradeaux, — revêtue de rubans, telle unejolie dame ; —
et de là le soleil, en séchant les ramures, — oublie
des rayons d'or sur les genêts.
«
«
«
«

Tiens, me
n'était pas
Quel qu'il
maintenant

dis-je I Celui qui agença tout cela —
un sot et ne manquait pas de sagesse. —
soit, prie-le, cet ouvrier sublime ; —
qu'il n'est plus de bruit il t'entendra

« peut-ètre ! »

�Dé î pauvo tc Gran§ei
En lou professeur

DESDEVISES DAU DÉZERT.

Veli lo mis de Mai, mis que las margaritas
De lous prats badtjn liour gènti courselou blanc.
Ouro se clau l'araire e s'eitremou l'eiplitas...
Eipio creisci lous blads que sc sègon de-rang,
Tabe vès le meitan qu'en dessoubre las lilas,
E pauvo-te, Grangei ! Pareilho ma lous liams,
La verjado e l'eissau : l'eipijo prèn l'eililas
E vai coufla soun grau 'n atendiéu lous voulams.
Pauvo-te, Grangei, mas poutouno ta fènneto,
E dijo em' la lèuveto
Que poye vès lou cia crida toun mis de Mai.
Dijo-li qu'au bouon Dièu, illo demande enquèro
Pèr te, diens sa prejèiro,
Tant lìlhas coumo gas, bouno recordo mai !

�Repose-toi permier
A M.

le professeur

DESDEVISES DU DÉZERT.

Voici le moìs de Mai, mois où les marguerites —
des prés

ouvrent leur joli corselet blanc. — Main-

tenant se rentre la charrue et se rangent les outils...
— Regarde croître les blés qui se suivent pareils,
aussi bien dans le milieu (du champ) que sur lcs
bords, — et repose-toi, fermier ! Prépare seulement les
liens, — la verge et le manchc de fléau : l'épi prend
ses barbes — et va gontler son grain en attendant la
faucille.
Repose-toi fermier, mais caresse la jeune femme,
— et dis à l'alouette — qu'elie monte jusqu'au ciel
chanter ton mois de Mai.
Dis-lui qu'au bon Dieu elle demande encore — pour
toi, dans sa priere, — tant en fìlles qu'en garçons, bonne
récolte aussi !

�Er de Lèuveto
En lou Felibre di lauseto.

Re de re branlo enquèro en la vialo sumido ;
Mas, del Fouris, flameto un picoutou de jour.
Coumo s'illo poussavo, ès la tiarro crebido,
Rasebu lé fumeiro, e la nut beilo tour.
A-su tot bellamèn lé se chabo n'eitialo,
'Bei quet lume darrei d'uen fiò que se mouris.
Is tot de blu le cia, emai tritous fluris
A ouro soun lous prats, pèr-alin, vès Bèuvialo.
'No lèuveto partis d'uen triéule ount is soun nis ;
Diasso be qu'acò is un bourrassou que volo.
Diens le prigond, aujas-la me que s'eicourniolo,
Que pòyo, pòyo .. e tot pèr-un-cop s'eivanis !
« Rou-piou-piou! Rou-piou-piou! » A ple gourgei la pàuro...
« Rou-piou-piou! Rou-piou-piou! » senen vai vel bouonDiéu.
Mas que l'ajuède I'alo emai la busse d'àuro,
« Rou-piou-piou/ »... s'anarâ biéure un rai dau soulóu !...
De countùnio illo fa sa mignoto musico :
« Rou-piou-piou ! » que bricoulho à nen pas mai poudi.
S'èusis be totjour, mas, de lèuveto pas pico...
Ouro dièu pioupioula segur en Paradi !

�Cljant d'Alouette
A J. R...

Rien derien ne bouge encore en la ville endormie ; —mais,
du côté dn Forez (de l'Est) s'allume un soupçon de jour. —
Comme si elle respirait, du ras de la terre hersée, — monte
une légère buée, et la nuit cède la place.
Là-haut, tout doucement, s'y éteint une étoile — avec cc
dernier éclat d'un feu qui se meurt. — Tout bleu est le ciel, et
tout íleuris — maintenant sont les prés, là bas, vers Bostviale.
Une alouette part d'un champ de trèíle où elle a son nid ;
—

on

dirait que

c'est

un

petit

chiffon

qui

vole.

—

Dans le loinlain profond, enteadez-la qui s'égosille, —qui
monte, monte, et tout d'un coup disparaît !
« Hou-piou-piou ! Rou-piou-piou!» 4 plein gosier , Ia pauvre... — « Rou-piou-piou '■ Rou-piou-piou '■ » elle va vers le
bon Dieu. — Pourvu que lasoutienne l'aileet la pousse la brise...
— « Rou-piou-piou '■ »... elle ira boire un rayoa de soleil !...
Sans discontinuer elle fait sa petite musique... — « Roupiou-piou ■' » gazouille-t-elle, à n'en plus pouvoir. — On l'entend bien toujours, mais d'alouetle, plusde trace... — à cette
heure elle doit piou-piouler sûrement en paradis I

�Voues de las JPouonts
Noulro mountagno, cmbei soun riéu,
Is tau 'no béitio bèn peissado ;
De ployo emai d'eivar s'embiéu,
E fouorço ayo(1) un lat argentiéu
Fa d'aquelo aigo qu'a massado.
Quouro is le sèu biéurâ de fouons,
Tet l'amo dau riéu en ricoualho...
Ardis, la molo que trebalho !
Ardis mai ! I'aigueto que pialho
Totèms, mas que ràyon las fouonts !
D'aquelas fouonts ! Las ame véire
Naisse ; de contro, lé me gèire ; —
E quouro torne bada lou ' és,
Proumeiras l'ause, e m'is de crèire
Que vau coumprene liouras vouès.

(1) Aya ou aía, v. n. Se dit de la première émission du lait.

�Les Voix des Soarces
Notre
comme

montagne, avec
une

vache

son

ruisseau

—

est

à bonne mamelle ; — elle

s'imprègne de pluie et de neige, — et donne en
abondance

un lait argenté — fait de cette eau

qu'elle a recueillie.
Lorsque le sol est abreuvè à fond, — il tient
l'àme du
meule

ruisseau en

travaille !

—

réserve... — Hardi ! La
Hardi

bavarde — continuellement,

encore

I l'eau qui

pourvu que fluent

les sources !
Oh, les sources ! J'aime à les voir — naîlre ;
près d'elles me coucher; — el lorsque je rouvre
les yeux, — ce sont elles que premières j'entends,
et je
voix.

crois

—

que je

vais

comprendre

leurs

�VOUES DE LAS FOUONTS

— Parei le sang de d'uno blasso,
En le métan d'eiboulhadis,
Ount creiscis pus ma d'eiredis,
D'aigo sourtis de 'no crebasso
Vès le quartei de ros parlis.
Soubre que lous ros de las cimas,
Us de queirous, us de redonds,
En chas liò que traucon las brimas,
D'aigo lé riéuvialo en lagrimas...
Adoun, ause " pura " Jas fouonts I
«
«
«
«

Puro, fouonleto,
Soubre toun rò ;
lìeliau, paurelo,
Rèiras demò I »

E précò, diens la pinatello,
L'aigo crouchado, lé redèlo :
Un cop se motro, un cop s'eicond,
Gailo, clareto e barantello...
Adoun, ause " rèire " la fouont !
«
«
«
«

lliso, simpleto,
Riso cn barda ;
Eura, l'aiguelo,
Que s'eiranda I »

�47

LES VOIX DES SOURCES

— Semblable au sang d'une blessure, — au
milieu d'éboulis, — où ne croît plus que l'airelle, — de l'eau sourd d'une crevasse — au
flanc de rocs fìssurés.

Sur ces rochers des crêtes, — les nns anguloux, les autres arrondis, — qui trouent par places
les nuages, — de l'eau y ruisselle en larmes... —
Alors, j'entends " plcurer " les sources I

« Pleure, peíite source, — sur ton rochcr ;
« —peul-êlre, pauvrette , —riras-lu demain! »

Et

ensuite,

dans le

bois

de pins, — l'eau

rassemblée y coule, — tantòt se montrant, tantôt
se cachant,

— gaie,

claire

et

dansante... —

Alors, j'entends " rire " la source.

« Ris, folletle, — risenzigzagua.nl; — elle
« aura, l'eau, — de quoi se mettrc en colère! »

�VOUES DE LAS FOCONTS

— ...Ta pau mai liuen, en devalado,
Is de ròíìas n' eichampelado,
Ouont l'aigo bourro en revouliouon ,
Coumo d'egas 'no cavalado...
Is doun qu'ause " eiranda " la fouont!
«
«
«
«

Chaba, paureto,
De loun eiinai ;
Ouro douceto,
Lagne pas mai'. »

N'efèt. Précò le sèu se plano
E la draisso liro de-long ;
A ouro, re mai que l'engano,
L'aigo, gentamen lé cancano...
Ause adoun " jangoulha " la fouont !
«
«
«
«

Vai, fouont bravouno !
Toun eichenlou
Que dendrelouno
E-mai-e-prou '■ »

* *
Teisado, vai l'aiguelo bluvo
Pé lou prat iluri coumo 'n ort ;
E menimi, enquèro vuvo,
Au souléu trai la sablo en or !

�49

LA VOIX DES SOURCES

Un peu plus loin, dans une pente, — il est
un éparpiilement de roches, — où l'eau écume
en tourbillon, comme (écument) des juments en
course... — C'est alors que j'entends "s'irritcr"
la source !

« C'en esl fini, paucrette, — de ion souci;
« — maintenanl calmée, ne te fâche plus ! »

Effectivement.

Le sol ensuite s'aplanit, — et

l'aplanissement longtemps se prolonge; — maintenant que plus rien la gêne, — l'eau caquette
doucement... — J'entends donc
la source !

" gazouiller "

« Va, source jolie ! — Ta clochelle — fait
« drelin dindin — toul à son aise ! »

*

Muette, la petite source bleue — va au travers
le pré, íleuri comme un jardin ; — et néanmoins,
vive encore,
soleil !

— elle charrie

le sable

d'or au

�D'Eijaire
Banado tau 'n aret, la luno mai-vengudo
Pòyo pé Iou cia blu en rouca lous picous
D'or I Quouro d'auro vet bussa quàuquis nièulous,
Diasso, luno e nièulous fason la ricondudo.
Mas, che l'aigo dau gour miro la persegudo,
S'en l'erbo de lous prats soun tiâs lous chaletous,
De veijaire acò is, toumbado de sèubudo
Coumo 'no briâ dau cia!... — Parei, diens lous letous,
Lons tant gèntis letous de ma Juano bravouno,
Lé se miro, perai,
Le se miro lou rai
D'uen clar soulèu d'Abria! Parei mai, se chantouno,
Lèuveto au mis de Mai,
Devalo be dau cia aquel èr de chatouno !

Traduit en

suédois par le professeur D' Goran Bjorkman, membre de l'Aca-

démie de StockhoIm.

�Mira$es
Cornue tel un bélier, la lune revenue — monte dans
le ciel bleu en heurtant les points — d'or ! Et, lorsque
do la brise vient pousser quelques légers nuages, —
on dirait que, lune et nuages, jouent à cache-cache.
Mais, si l'eau du ruisseau reflète la poursuite ; — si,
dans l'herbe des prés, se sont allumées les pelites lampes (vers luisants), — il semble qu'il est tombé tout à
coup — comme un peu du ciel !... De même, dans les
yeux,

les si jolis yeux de ma « Jeanne » jolie, — se reflète,
n'est-ce pas, — se reflète le rayon
d'un clair soleil d'Ávril! De mème aussi, quand elle
fredonne, — alouette de Mai, — c'est bien du ciel que
descend ce chant de jeune fille !

�La Crossairo
En l'Enri

POURRAT.

« Son-son, (1)
« Venio, venio, venio !
« Son-son,
« Venio, venio don '■
« Le son-son vòul pas veni,
« Le drole pouot pas dermi...
« Son-son,
« Venio, venio, venio !
« Son-son,
« Vetiio, venio don! »
La mama que dis sa chansouno,
E dau ped crosso le mami,
Embei se, que vòut pas dermi,
Procho n'estoumo coufladouno
E torno fare menimi :

« Son-son,
« Venio, venio, venio...
elc... »
(1)

S'écrit aussi som, plus conforme à l'étymologie.

�La Berceuse
A Henri

POURRAT.

« Sommeil,
« Viens, viens, viens!
« Sommeil,
« Viens, viens donc!
« Le sommeil ne veul pas venir,
« Le petit ne peul pas dormir...
« Sommeil,
« Viens, viens, viens!
« Sommeil,
« Viens, viens, donc t »
La

mère qui dit sa chanson, ■— et

du pied berce le petit enfant, — à lui,
qui

ne veut pas dormir, — approche

un sein gentiment gonflé — et reprend
néanmoins :

« Sommeil,
« Viens, viens, viens 1
etc... »

�LA CROSSAIRO

E 'ti lou cros que mai bransolo,
Un cop n'arrei, un cop n'avans,
Quand la mama chaucho la solo ;
Mentre, le blanc ridé que volo
Retrais n ' alo d'ange gardian.

« Son-son,
« Venio, venio, venio...
elc... »
Pamens el cros re mai lé puro :
Bièurâ, crossâ, dert le drelou.
Diasso que lè roufo un minou,
A ouro soubre la coussuro...
Mai gentamen vet la chansou :

« Son-son,
« Venio, venio, venio !
« Son-son,
« Venio, vcnio donc!
« Le son-son ouro is vengu
Au drole quis bien jagu...
« Son-son,
« Demoro, demoro !
« Son-son,
« Demoro cê donc! »

�LA BERCEUSE

Et voici le berceau qui se balance de plus
en plus, — tantòt en arrière, tantôt en
avant,

—

pied; —

lorsque la
en

même

mère presse du
temps,

le

blane

rideau qui s'agite — semble une aile
d'ange gardien.

« Sommeil,
« Viens, viens, viens!
elc... »
Pourtant dans le berceau plus rien ne
pleure : — abreuvé, bercé, dort le petit.
— On dirait qu'y ronfle un jeune chat —
maintenant, sur la couette... — Plus doucement fait la chanson :

« Sommeil,
« Viens, viens, viens !
« Sommeil,
« Viens, viens donc!
« Le sommeil mainlena.nl esl venu
« Au pelil qui esl bien couché...
« Sommeil,
« liesle, resle, rcste!
« Sommeil,
« lleste donc là! »

�La Cigalo
Uno cigalo,
Le bouon tèms passâ,
Uno cigalo,
Le bouon tèms passâ
N'ha re massâ.

Vès la vesino,
Quand l'eivar vengué,
Vès la vesino,
Quand l'eivar vengué
Se nen fugué :

« Bonjour ma mìo,
« Iéu crèbe de fam,
« Bonjour ma mio,
« léu crèbe de fam
« Embei mou' eifans. »

(1) Virenéiro que disio ma Grando.

�La Ci£ale

Une cigale, — au beau lemps passé, —
une cigale, — au beau temps passé —
n'a rien amassé.

Chez la voisine, — lorsque l'hiver arriva,
— chez

la voisine, — lorsque l'hiver

arriva, — elle se rendit:

« Bonjour,

ma chère, ■— je crève de

« faim, — bonjour, ma chère, — je crève
« de faim, — avec mes enfants. »

(i)

Ronde que chantait mamère Grand.

�LA CIGALO

— « Quand iéu linavo,
« Que fasias tritous,
« Quand iéu linavo,
« Que fasias tritous
« Pé la missous ? »

— « Vo, pàuro mìo,
« Chantaven tritous,
« Vo, pàuro mìo,
« Chantaven tritous
« Pé las missous. »

— « Danso ma mìo,
« Ouro

em' tous petits.

« Danso ma mìo,
« Ouro em' tous petits..
« Viro d'ati I »

�LA CIGALE

— « Lorsque je glanais, — que faisiez« vous tous, — lorsque je glanais, — que
« faisiez-vous tous — pendant la moisson ? »

— «0 pauvre amie, — nous chantions
« tous, — ô pauvre amie, — nous chan« tions lous — pendant les moissons. »

— « Danse ma mie, — maintenant avec
« tes petits, — danse ma mie, — main« tenant avec tes petits... — et fiche le
« camp de là ! »

�E viro, fus de
ma Coulegno î
(Chansou de Ia Pialarello)

En Iou D' F. Gourbeiro

Ero piencado em' 'n anelou...
— E viro, fus de ma coulegno! —
Ero piencado em' 'n anelou,
Quartei manse dè ma pitregno,
Soubre au tetou. (bis)
Èro de vaisso le batou...
— E viro, fus de ma coulegno! —
Èro de vaisso le batou,
Garni de cberbe fi que venio
Dau riteliou. (bis)
Quand 'navo para moun berou...
— E viro, fus de ma couiegno ! —
Quand 'navo para moun berou,
Èro Labri que la me prenio
D'à ple gourjou. (bis)

�Tourne, fuseau
de ma Cuencuille!
(Chanson de la Fileuse)

Au D' F. Gourbeyre

Elle était accrochée à l'aide d'un petit anneau,
— El lourne, fuseau de ma quenouille l —
Elle était accrochée à l'áide d'un petit anneau
Au côté gauche de ma poitrine,
Sur le sein. (bis)
II était en noisetier le bâton,
— Et íourne, fuseau de ma quenouille! —
II était en noisetier le bâton,
Garni du chanvre fîn tiré
De la chenevotte. (bis)
Lorsque j'allais garder mon petit mouton,
— El tourne, fuseau de ma quenouille! —
Lorsque j'allais garder mon petit mouton,
C'était Labri qui la prenait
A pleine gueule. (bis)

�E VIRO, FUS DE MA CODLEGNO !

Le fiau fialavo en moun delhou...
— E viro, fus de ma coulegrio 1
Le fiau fìalavo en moun delhou,
Mas se restavo quouro tenio
Moun Juan bravou ! (bis)
« Mio, que fasio le Juantou...
— E viro, fus de ma coulegno!
« Mio, que fasio le Juantou,
« Vole prene diens ta pitregno...
« Un bouon poutou. (bis)
« Fajo d'aise moun petitou...
— Resto-le, fus de ma coulegno !
« Fajo d'aìse moua petitou
« Anu is tiéuno ma pitregno...
« Prenio nen dous ! » (bis)
Eijas, vàutris, quet vauriendou I..
■— Viro doun fus de ma coulegno!
Eijas vàutris, quet vauriendou...
Ardis petit! Io me nen prenio
Et mai e prou ! (bis)
Mas, tant l'amavo moun Juantou.
— E viro fus de ma coulegno ! ■
Mas tant l'amavo moun Juantou..
Cò demenavo en ma pitregno
Le cur e tout! (bis)

�TOURNE,

FUSEAU DE MA QUENOUILLE

!

Le fil filait sous mon doigt léger,
— El lourne, fuseau de ma quenouille! —
Le fil filait sous mon doigt iéger,
Mais il s'arrêtait lorsque j'avais
Mon Jean joli I (bis)
« Chère, disait mon petit
— Et tourne, fuseau de
« Chère, disait mon petit
« Je veux prendre dans
« Un bon baiser. » (bis)

Jean,
ma quenouille! —
Jean,
ta poitrine

« Fais à ton aise, mon petit chéri,
— Arrête-toi, fuscau de ma quenouille! —
« Fais à ton aise, mon petit chéri,
« Aujourd'hui est tienne ma poitrine...
« Prends-en deux ! (bis)
Yoyez, vous autres, ce petit vaurien!...
— Tourne donc, fuseau de ma quenouille 1 —
Voyez, vous aulres, ce pelit vaurien...
Et allez donc!... qui m'en prenait
Et plus et assez ! (bis)
Mais, je l'aimais tant mon pelit Jean,
— El lourne, fuseau de ma quenouille! —
Mais je l'aimais tant mon petit Jean...
Que remuait en ma poitrine
Le coeur et tout! (bis)

63

�Cljansou dau Pastrc
(Er de « La que paro l'Oursas »)

En A.

PLANTÉ

I
Sé le pastour dè la mountagno :
Veti mas vouilhas, moun Labri !
A-su, soulet, dengu me lagno...
Lhi sé rei d'enjuco le crit.
— « Jà nen que sègon pas la draïo...
« Labri, japo me l'agnelous ■'
« Ardis, meno la mèuíenaïo...
« A rdis moun chi, pico me lous,
Hou '1 »
.: Tra laïdi, Irala lalèro... etc...
II
En pé de sauve is la fiéuloto,
Que fase l'argno au roussignéu;
Io s'eifranlho la courniouloto
E nen fa pas tant coumo ióu.

�Cljanson du Pâtre
(Air de la « Gardeuse d'Ours »)

A Adrien

PLANTÉ

I
Je suis le pâtre de la montagne: — Voici mes
brebis et mon chien ! — Là-haut, tout seul, personne ne m'y importune... —J'y suis roi jusqu'au
sommet.
— « Vois-en qui ne suivení par le senlier...
« — Aboie, mon chien, après les agneaux ! —
« Hardi ! conduis le troupeau de moutons... —
« Hardi mon chien, pique-les! » — Hou I
liefr.: Tra laïdi, trala lalère, elc.

II
En écorce de saule est le iluliau — avec lequel
je fais la pige au rossignol; — il se déchire
l'étroit gosier — et ne chante pas aussi bien
que moi.

�CHANSOU DAU PASTRE

— « Labri, viro me quelo fedo
« Que tiro-pelho lou bouissou,
« E vai dicoumpasso la cledo l...
« Ardis Labri, ardis chinou,
Hou.' »
: Tra laïdi, trala lalèro, etc...
III
'No briâ de pò, 'no briâ de toumo,
'Ti de que vuve... pas malènt!
E d'aigo claro fa tant coumo
Fariâ de vi o d'aigardènt.
— « lìapo me nen uon pé la pauto,
« Labri, pico me quous mèutous
« Prenio nen 'n autrc pé la jauto...
« Ardis Labri, draisso me lous,
Hou ! »
: Tra laïdi, trala lalèro, elc...
IV
•Pèr tot reloge be ma n'eitialo,
Que vet de sero el bouord de nut;
E vel mati l'agné que bialo
Pèr 'na paqueira ti n'-à-su.

�CHANSON DU PATRE

— « Labri, délourne cetíe brebis — qui tiraille
« le buisson — el va franchir la haie !... — Hardi
« Labri! hardi mon chien! » — Hou !
Bcfr.: Tra laïdi,

trala lalère, etc.

III

Un peu de pain, un peu de caillé, — voilà ce
dont je vis...

ce n'est pas compliqué! — Et de

l'eau claire fait aussi bien — que ferait du vin ou
de l'eau-de-vie.
— « A tlrapes-en un par la jambc. — Labri,
« et pique-moi ces moutons! —■ Prends-en un
« autre par lc museau... — Hardi mon chien,
« redresse-les l » Hou !
Refr.: Tra laïdi, trala lalère, ctc.

IV

Pour toute horloge je n'ai qu'une étoile, — qni
vient le soir à la tombee de la nuit; — et vers
le matin, l'agneau qui bèle — pour aller paîlre.
tout là-haut.

67

�68

CIIANSOU DAU PASTRE

— « Volon ma sègre liouro mamo,
(« Bialo que bialon l'agnelous!)
« Que s'is marido sèul la ramo...
« Vai (e lous care, meno lons,
Hou! »
Befr.: Tra laïdi, trala lalèro, etc...
V
Me pense, mai, en la Mariète
Qu'is demourado vès le mas;
Con se selavo, lé me sète...
E, beliau m'èusirâ d'ès bas.

— « Beliau que m'èusis laMarìo...
(E fiaulo fiaulo moun fiéulou!)
« Aquelo ma tant gènto Mìo...
« An! un cop mai pèr Maritou,
Hou! »
Befr.:Tra laïdi, trala lalèro, etc.

�CHANSON DU PATRE

— « lls ne veulent quc suivre leur mèrc —
« (bêlent que bêlenl les agnelels!) — qui s'csl
« égarée sous la futaie... — Va les chercher et
« mène-les ! » Hou !
Refr.: Tra laïdi, trala lalèrc, etc.

V
Je pense

aussi à Mariette — qui est restée à

la ferme ; — Où elle s'asseyait, je m'y asseois... —
et, peut-être m'entendra-t-elle (i'en bas!...

— « Peut-êlre que m'entend Marie... — (Et
« siffle siffle mon sifflel!) — celle qui cst ma si
« jolie amie... — Allons! encore un coup pour
« Marilou ! » Hou !
Refr.: Tra laïdi, trala lalère, elc.

32

69

�Cops d'Eicoussour
Pi-pan-pan, pi-pan-pan !
E anen doun! bofo que volo,
Ardis garsous, soubre la solo...
Pi-pan-pan!

Pi-pan-pan, pi-pan-pan !
'Bei l'eissau e 'bei las verjadas
Soubre las classas diliamadas!...
Pi-pan-pan !

Pi-pan-pan, pi-pan-pan !
Soubre au palhis, soubre l'eipijo !
Pertout le grâu que nen vourtijo !
Pi-pan-pan!

Pi-pan-pan, pi-pan-pan!
E anen doun ! Bouon grâu que grèlo,
'Co is de pò pèr la ganello...
Pi-pan-pan!

�Coups de pléau
Pi-pan-pan, pi-pan-pan!
Et allons donc I que la glume vole, — hardi
garçons, sur l'aire...
Pi-pan-pan!

Pi-pan-pan, pi-pan-pan !
Du manche et de la vergeade, — sur les gerbes
déliées I...
Pi-pan-pan !

Pi-pan-pan, pi-pan-pan !
Sur la paille, sur l'épi I — Que de toutes
parts le grain voltige I...
Pi-pan-pan !

Pi-pan-pan, pi-pan-pan!
Et allons donc I Bon grain qui (tombe cn) grèle,
— c'est du pain pour la ménagère...
Pi-pan-pan !

�COPS D'EICOUSSOUR

Pi-pan-pan, pi-pan-pan!
'Cò fara mai bounas leissolas
Pèr lous dròlis emai las drolas...
Pi-pan-pan !
Pi-pan-pan, pi-pan-pan !
Bouon grâu de tremio e de pamoulas,
IN'i a pèr le mounde e pèr las poulas...
Pi-pan-pan!
Pi-pan-pan, pi-pan-pan !
De l'eicoussour nen vet de vido !
Tot l'an l'eicudello is garnido...
Pi-pan-pan !
Pi-pan-pan, pi-pan-pan t
Enquèro n'autro demenado !
L'eipijo is pas prou digranado...
Pi-pan-pan !
Ardis petits! Ouro, dau van 1
La pousso fus, parei 'no niolo...
Blad diens lous sâs, grau en la molo,
Pò au levan !

�73

COUPS DE FLÉAU

Pi-pan-pan, pi-pan-pan!
Cela fera aussi de la bonne bouillie au lait,
— pour les petits et les petites...
Pi-pan-pan!
Pi-pan-pan, pi-pan-pan!
Bon grain de trémois et d'orges, — il y en
a pour les gens et la volaille...
Pi-pan-pan!

Du

Pi-pan-pan, pi-pan-pan!
íléau vient de la vie! — Toute l'année

l'écuelle est pleine...
Pi-pan-pan!
Pi-pan-pan, pi-pan-pan !
Encore une autre secouée! — L'épi n'est pas
assez égrené...
Pi-pan-pan!
Pi-pan-pan, pi-pan-pan !
Hardi enfants I Maintenant au

van ! —

La

poussière s'en va comme un nuage...— Blé dans
les sacs, grain à la meule, pain au levain !

�Van claure
La nut toumbo e lou cia se picouto d'eitialas;
Ouro li veson grèu cad liuen.
En lous suts memomen las critas se fan ralas...
« An' doun, Labri , venio te nenl
« Meno me lous mèutous e japo la Marcado;
« Jâ ! iéu mai masse moun sachou.
« Couro-lé, couro-lé ! Foueito li 'no virado!..
« Cbau 'na ditapa le bichou. »

* *
Entremi douas cledas d'amouras,
Mounde e bèitiàs se nen van pél draïou prigond;
Las fedas ranchon tot dau long
Quàuco fèlho en la ronso e li piencon de bourras.
Sèut mai que milo pèutous viéus,
La sablo dau chami, carcido, fa fumèiro;
Acò is, soubre la viéulèiro,
Tot parei 'no nièulasso en dessoubre lous riéus.

�On rentre

La nuit tombe et le ciel se poinlille d'ótoiles; —
maintenant on n'y voit qu'à courte distance. — Même
des sommets, les crêtes deviennent rares... —« Allons,

Labri! viens-t'en.
« Ramène les moutons, et aboie la Marcade. —
Vois, moi aussi je prends mon sac. — Cours, cours,
fais leur faire demi tour... — il faut aller manger la
soupe. »

(1)

Entre deux haies de mûriers sauvages, — bêtes et
gens s'en vont par le sentier encaissé; — les brebis
arrachent tout le long — quelque feuille à la ronce
et y accrochent de leur toison.
Sous plus de mille pelits pieds alertes, — le sable
du chemin, desséché, fait une fumée. — C'est, sur
le sentier, tout semblable au lourd brouillard qui
traîne sur les ruisseaux.
(lj Mot à mot : dêcouvrïr le pot.

�7G

VAN CLAURE

De lous bièus, que van ploco-ploco,
La pousso nen retrais le pèd large e tardiéu.
D'en liour lauro, chas cop 'no loco,
Tau un grand eicoupis, devalo soubre au séu.
D'om', en d'eiclots gouliards, que liour solo lé branlo,
Sègon darrei; dengu re dis.
De la bisso e dau dai, le far, en liour eipanlo,
Foueito chas cop 'n eiluciadis.
1 tiron be 'no briâ la pauto :
Le souleu tot quet jour lous cramé per-alin.
De pousso e de suasou mascarinon la jauto..
Basto ! demù, n'is pus couniènt.

* *
... Et gentamen la nut ribo de ratounado
Dessoubre l'obras dau bouon Diu,
Acò n'is prou trebai aniu...
Dermo te, païsan, as garni ta journado!

�77

ON RENTRE

Des bceufs, qui suivent pesamment, — Ia poussière
garde
De

l'empreinte

leur

lèvre,

du

parfois

pied
une

large

et

attardé.

bave, — tel

—

un grand

crachat, descend sur le sol.
Des hommes en larges sabots, où leur pied est trop
à I'aise, — suivent

par derrière; aucun ne parle.—

De la bêche ou de la faux, le fer, sur leur épaule,—
lance par moments un bref éclair.
Ils
toule

Iraînent bien un
celte journée,

peu la jambe : — le soleil,

les a roussis

par

là-bas. — La

poussière et la sueur mâchurent les joues... —Bah!
le lendemain il n'y paraît plus.

* *
... Et
sur
pour

les

la

nuit

ceuvres

doucement arrive,
de

aujourd'hui...

rempli ta journée !

Dieu.
—

Va

—

sournoise,

C'est assez de

dormir,

paysan,

—

travail
tu as

�Counte de la Grando

Eifans, he viéugu 'n d'aquet tèms
De Galipoto e Baragaugnas !
N'èro de qus embei de graugnas
Emai 'no quouâ, tau lous letiens.

« Garo ! Veli la Galipoto ! »
Venion au drelou diens le cros,
Que fasio tialas 'bei sas pautas,
E voulio pas dermi de cops.

Quouro mai viravan la gaugno,
Oumi jonlavan sens resta...
« Chau hou souna la fíaragaugno ? »
N'èro ti prou pèr fare eita.

He counigu la grando Fado
Que sa coulegno èro d'uen sâp !
Vès lous ménut l'avio massado
De pèr un bèu que dengu sâp.

�Ccnte de TAïeule
Enfants j'ai vécu au temps — de la Galipoíe
et des Baragognes. — C'étaient des êtres
des

griffes,

avec

— et aussi une queue, comme en

ont lcs diables.
« Gare ! Voilà la Galipole !
au

petit enfant dans

» — disait-on

le berceau, — qui

sans

cesse faisait la navette avec ses jambes(1), — et
parfois ne voulait pas dormir.
Lorsque aussi
que
«

nous

nous faisions la moue, — ou

pleurions

sans

nous

arrêter...

—

Vaul-il appeler la Baragogne ? » — C'était

suffisant pour nous faire tenir tranqmlles.
J'ai

connu

aussi

la grande

quenouille était faite d'un

Fée —

sapin !

—

dont la
Vers les

minuit, elle l'avait cueillie — dans un bois que
personne ne connaît.
(1) Mot à mot : faïsait la toile

�80

COUNTE DE LA GUANDO

Tiravo de-long sa coulegno I
Tiravo de-long mai soun fia,
Que devalavo dè le cia
D'enjuco davans sa pitregno.

— « Toucavo le souleu, perai ? »
— Dé ho ! E diens n'eissèureliado
lllo fasio 'no coulegnado
De cherbe d'or embei sous rai.

— « Hau Grando ! E quelo dous letiens ? »
— Is prou tard ! En la palbo,
Canalho !
Anas ous gèire, galepiens !

�CONTE

Elle était

longue,

II était long,
cendait

du

DE

«1

L'AÏEULE

longue, sa quenouille! —

long, aussi son fil, — qui desciel

•—

jusqu'au

devant

de

sa

poitrine.

— « Elle touchait le soleil n'est-ce pas? » —
Certainement! Et dans
(la fée) faisait une

une

ensoleillée

— elle

quenouillée — de chanvre

d'or avec les rayons.

— « Grand-mère ! Et cellc
— C'est assez tard !

des diables ? »

Á la paille, — canaillc !

— Allez-vous coucher, polissons !

w

�Lcu Grelet

Cre-cri ! Cre-cri ! Grelet mami,
Branlo l'eichènlo
Au souléu le long tlau chami,
Oumi
Dediens la prado con s'eivènlo
Quauque grand bièu mito sumi.
Mami grelet, quelo chansouno
Au clar d'eitièu,
Pèr moun eurelho is tant bravouno
Que iéu
Crèse èusi 'n ange dau bouon Dieu,
En fouoro dau cia,
Prou

eichenlâ

qu'eicbenlouno.

d'ati - n - açai

Soubre la lando.
Ti l'eivar ! Venio vel courmai
Ouro que l'eitello s'abrando,
Emai
Que lé viro soun fus, la grando.

�Le Grillop

Cri-cri I Ami grillon, — agite la
sonnette — au soleil, le long dn
chemin,
prairie
grand

—
où

011

se

bien
vautro

—

dans la

— quelque

boeuf somnolent.

Ami grillon, cette petite cbanson —
dans la clarté de l'été, — à mon
oreille

est

si

agrèable

— que jo

— crois entendre un ange du bon
Dieu, — échappé du ciel, qui sonne
doucement.

Assez sonné d'ici de là — sur le
guéret. — Voici l'hiver 1 Viens vers
la crémaillère, — maintenant que la
bùche flambe, — et aussi, — qu'y
tourne son fuseau, l'aïeule.

�LOU GRELET

Eusiren

dau

cantaire

nei

La marro gènto,
Que laisso fusse de quartei ,
Dentre las

pèiras

dau

fougei,

'No juènto,
Dau mentre

lé belis le brei.

* *
'N eitialo is eipelido...
« Eichènlo , eichènlo , greletou !
E pipo , pipo mai ,

bichou ,

En prene la belido I
E fìalo, íìalo, fuselou ,
De laneto eicherpido !
E te mai, fajo toun rou-rou,
Minou !... »
Coumo

acò,

Tour dau fiò,

tritous
lé fan

Chansou !

ouro,
liouro

�V

LE GRILLON

Nous
noir,

entendrons,
—

Ie

bruit

du
joli,

côté,

chantre
—

laisse fuir

par

pierres du

foyer, — un joint,

que

— entre les
—

pendant que bout la soupe.

Une

étoile

vient

d'éclore...

—

« Sonne, sonne, petit grillon ! — Et
souffle,
en

souffle aussi,

petit pot, —

prenant I'ébullition ! — Et fde,

fde, petit fuseau, — ta fine laine
cardée ! — Et toi aussi, fais ton ronron, — Minet !... »

Ainsi, lous maintenant, — autour
du feu, y font leur — chanson !

�Van Gèire

La Nano;i ha piencâ soun chalet fumeirous
Es le rebouord d'uen plot, proche la chaminèio
Ouont mourigué lou vé nòvi de la Mirèio,
Acjuet paure Vincèn... fa ti tris ans, garsous.1^

An'! is tèms de leva le lièu de la chadeiro,
Ouro qu'han dimarfi las solas de l'eiclols
En ritelha de cherbe o dicuéucla do nots...
Las dèz han eichenlâ l'oro de la prejeiro.

En dous mouchous cramâs que maujon diens la ílour,
Pel travar dau fougei s'is partido l'eitello;
L'ome, eirampâ se mai pèr le prcfas dau jour
Donco(2\ en tot leissa 'na soun cors soubre la sello.
(1) V. dans Ers dè lous suts : « La fl dau Mandiand ».
(2) Donca, v. n. Se dit du geste alternatif d'abaissement et de relèvement
de la tête, précurseur du sommeil.

�On va se ccucljer

La Nanon a posé sa lampe fumeuse — sur le bord
d'un ploí, près de la cheminèe — oú mourut le vieux
fiancé de Mireille, — ce pauvre Vincent... voici trois
ans, mes enfants.

Allons !

il

est

temps

de quitter

la

chaise,

—

maintenant qu'on s'est réchauffé la semelle des sabots
— tout en teillant du chanvre ou en cassant des noix.
— Dix heures ont sonné le moment de la prière.

En deux fumerons charbonneux qui plongent dans la
cendre, — par Ie travers du foyer s'est partagée la bûche.
— L'homme, fatigué lui aussi de latàche quotidienne, —
donque, en s'abandonnant de lout le corps sur l'escabeau.

�88

VAN GÈIRE

« Hau Juan ! 'cò t'ha rapâ? — que li vet Ia Nanon. —
Mous ès se sarron, mai; vese pus la couduro.
Tous dous scn las, tous dous nous sono la coussuro...
Perai moun Juan : Qu'ha prou trebalhâ masso son? »

Son e trcbai, — sc dis, — fason mouonde sandable :
E, coumo drei demò se chau tourna tiala,
Dau ped loardar de biéus que tiron d'ès l'eitable,
Lou Juan e sa Nanon, au leit van s'eivenla!

�89

ON VA SE COUCIIER

« Hé, Jeanl ça t'a pris? lui dit h Nanon. — Mes yeux
se ferment aussi; je ne distingue plus la couture. — Tous
les deux sommes las, tous les deux nous appelle la
couette... —N'est-ce pas, mon Jcan : celui qui a assez
travaillé prend sommeil? »
Sommeil

ct

travail,

dit-oa,

font les

gens

bien

portants: — et, comme dès demain il faut de nouveau
s'atteler (à la besogne), — du pas pesant de boeufs se
dirigeant vers l'étable, — le Jean et sa Nanon, sur le
lit vont s'allonger.

�L'Arpadc

Ouro le jour que se ramparo,
E chabo le lèms dau moulia,
Pèr un cop d'arpo 'bei liour tiarro,
L'omis, de grand mati, van lia.
« Froumènlo, ho ! sègo la Pijo ! »(,)
Quouro eifouonson las pias de far,
Se n'eiclargis tot le metar
Diens le selhou qu'acò parijo.
« Pijo, ho ! Te mai segras-hou ? »
De la mouto que s'eicaliocho
L'erbo de grame se nen crocho
Que faron crama en pouyou.
« Pijo, Froumènlo, ho! Bougrèssas,
« Che lé passe, eitaris, sabé !
« Anen!... ai pas di vous reslèssas...
« Ho-la-ho ■' Garo l'eilombé '■ »
(1) Froumènto, couleur de froment. P'tjo, tachetée. Noms
donnés aux vaches suivant la couleur de leur robe.

�Lc Hersa^e

Maintenant que le jour domine — et qu'est
fini

le

temps

de pluie,

— afin de donner un

coup de herse à lour champ, — les hommes,
de grand matin, vont lier (atteler les vaches).
« Fromente,
Lorsque

holà •'

s'enfoncent

suis

la

les dents

Pije !

de fer,

»

—

—

en-

tièrement s'en fourbit le métal — dans le sillon
qui se nivelle.
Pige,

holà!

De la motte

Toi aussi,

suioras-lu ? » —

qui s'effrite, — l'herbe de chien-

dent se rassemble — que l'on

fera

consumer

lentement en tas.
« Pije,
« passe,

Fromenle,
vous

holà •' Mâtines, — si j'y

vous liendrez

tranquilles

sans

« doute! — Allons •'... je n'ai pas dit de vous
« arrêler... — Holà-ho ! Gare à l'aiguillon •' »

�L'ARPADO

Quouro la Pijo e la Froumònto
Dau biais que voulio se nen van,
A ple gourgei, le païsan
Chanto, tau dirias 'no coumplènto :
« Quand la Marion gazo le riéu, (bis)
» Pèr 'na para sas vouilhas
» 'Llo levo sas coutilhas
» Quase pus naul courno le tiéu. (bis) »

Mas le tèms fa pouya dau mentre
Le souleu en dessoubre se.
Meijour ! 'Cò is l'oro de sentre
S'eimèure le fouom e Ie set.

(1)

De pèr-alin 'no clocho branlo :
Ban ! Ban ! Ban ! Cò is YAngelu.
Le païsan plejo l'eipanlo,
Se segno e dis lc Jousalu.
Prè, se nen viso d'uno couado,
En l'oumbro d'uen bèu pèr-ati,
Ouont l'erbo, freicheto de ruado,
Fara tualho pèr l'eiperti.

(1)

Set, prononcez se —

V.

prononciation p. 7.

�93

LE HERSAGE

Lorsque
l'allure

Pige et la Fromcnte, — vont à

la

qu'il

voulait,

—

à

plein

gosier,

le

paysan — chante, on dirait une complainte :
« Quand la Marion traverse le ruisseau, (bis)
» Pour aller garder ses moutons,
» Elle lève ses jupons
» Prcsque plus haut quc le derrière. (bis) »

Mais
le

en

soleil

l'heure

attendant,
au-dessus

de

le temps
de

lui.

sentir — s'éveiller

fait monter —

—
la

Midi !

C'est

faim

et la

soif.
Tout

là-bas,

Ban ! Ban !

une cloche s'ébranle : — Ban !

C'est

chit l'épaule,

ÏAngelus. — Le paysan ílé-

— se

signe el récite le Je vous

salue.
Ensuite,

il s'avise d'un

abri, — à

l'ombre

d'un bois tout près, — où l'herbe, humide de
rosée, — fera une nappe pour le repas.

�Fedas
En Iou D' G.

CARMÉ DE BOISSY.

1° La Paro
Vel prat se nen vai la bargèiro
Ouont lé se bouto d'assetou
En ple meitan d'uen èubeirou
Que se n'is fato 'no chadèiro,
E paro un

troupé de mèutous.

'No chino, em' la quouèto bourrudo,
E dous letous vicus, que l'ajudo :
E japo, c viro, e torno, e cour !...
Mas, pré hi fa la persegudo,
Bado 'no gorjo pei qu'ucn four.
D'asar, che l'auro barantello,
L'auro-de-vent(1) grand boufarello
E simplo, arribo del meijour,
Se vai seta sôut 'no sancllo
En d'uen liò fouoro la tefour.
L'auro de vènt, m. à m. le vent du vent, désigne le vent
du midi.

�Brebis
Au

D' G. CARRIER DE BOISSY.

1° La Garde
Au pré
— en

s'en

plein

va la bergère

milieu d'une

— qui s'assied

meulette de foin —

dont elle s'est faite une chaise, — et elle garde
un troupeau de moutons.

Une cliienne,
aux

deux

qui

jappe,

à la courte queuc

petits yeux vifs,
et

qui

tournoie,

poilue,

—

la seconde : — et
et qui revient, et

qui galopel... — Mais, après avoir fait la poursuite, —

elle

ouvre unc bouche plus grande

qu'un four.

Si

d'aventure le vent

agité, —

Ie

venl-du-

vent, grand souffleur — et fou, arrive du sud,
— elle

va

s'asseoir

sous une haie d'aubépine

— en un lieu hors de l'almosphère étouffante.

�FEDAS

En soubre plejo la ramillo
Do d'uen lia-bèu que difluris.
Pèr alin lou blad s'aclapis ;
E de l'andins, mito flapis,
Toto lou fe se n'eicampillo.
Menimi, catounado ati,
Noutro drolo trai de la saco
Gouliardo, el quartei que la llaco,
'Jîa rougno de pò 'bei no caco,
E d'aise fa soun eiparti.

11° La Draïado
Acò se fa tard,
E la troupeleto,
Couflo de triéuleto,
Sét l'aret banard,
Que pend l'eichenleto...
Acò se fa tard !
'Doun, la mèutenaïo,
Ès le bouord de nut,
Vai pé prats, pé draïo,
En fare le brut,
— Siâ devalo o pòyo —
De d'uen ran de plòyo
Que taqueto drud.

�BliEBIS

Au-dessus

d'elle ploie le

mince rameau

—

— d'un clièvrefouille. qui s'effleurit; — au loin
le blé se couche; ;— et des andains, à demi-sec,
— tout le foin s'éparpille.

Néanmoins, bien bloltie là, — la jeune fille
tire de la poche — béante,

qui ballotte à son

côté, — un quignon de pain avec un fruit, —
et fait tranquillement son goûter.

11° Lc Cben?ii?cn?ci?t
II se fait tard, — et le petit troupeau,
— rassasié de trèfle rampant, — suit le
bélier cornu — auquel est suspendue la
sonnaille... — II se fait tard!...

Alors,

le troupeau des moutons, — à

l'approche de la nuit, — va à travers prés
ou par le sentier, — en faisant le bruit,
— soit à la descente soit à la monlée, —
d'une grosse averse de pluie — qui
résonne en tic-tacs vigoureux.

�98

FEDAS

Las pautas, dé bouto,
De la mouto en l'er,
De l'er en la mouto,
Aclapisson touto
L'erbo dau coudert.
Ra-ta-plan de solas
Soubre lou chami,
Finetas massolas
Qu'han pas lou dermi!
Pèutous fason grèlo,
Tot acò martèlo
Dau biais de tanlbours ;
E la sablo en flours,
Pré hi fa la passo,
Laisso 'no nièulasso
Prou liuen darrei liours...

* *
E gentamen, dediens la combo,
Pèr aquet jour d'anu,
Acò lé tombo
La nut...

�BREBIS

Les jambes, certes, — de la motte en
l'air, — de l'air à la motte, — couchent
entièrement — l'herbe de la pelouse.

(C'est) un

ran-ían-plan de semelles

— sur le chemin, — minuscules battoifs — qui n'ont point sommeil I

Les petits pieds fonl grêle, — tout
cela martèle — à la façon des tambours ;
— et

le

après

leur passage, — laisse un lourd

sable à l'état de cendres, —

nuâge — bien loin derrière eux...

* *

Et doucement, dans la vallée,—pour
aujourd'hui, — y tombe — la nuit...

�Scut lc Palljis
Tau le méunei diens soun mouli,
Le païsan sènt soun palhis
Is coumo un rèi dessoubre tiarro.
Ati, dau mouèns, sens gi d'embarro,
Lé pouot se mèure en soun vouti.

Tant que fa de clar io trebalho :
Quand levo le jour e se mai.
Zou! le flò, la bisso, la dalho!....
E, quand vet gréu cad, se nen vai.

Torno pèr ditapa le douèire
Que bransolo vès le courmai,
Ouont la ganello a boutâ couèire
Pourado, trifas, mai que mai.

Aquclo-ti pienco sa losso
Dreit, archo-qu'archo ! au micladis;
Un cop'no petito... 'no grosso...
'Bei tritous fa le trempadis.

�Scus le Cljaume
Tel le meunier dans son moulin, — Ie paysan
sous son chaume — est comme un roi sur terre.
— Là, du moins, sans aucune gène, — il peut
s'y mouvoir à sa guise.

Aussi longtemps qu'il fait clair il travaille : —
— Quand se lève le jour et lui aussi. — Hop!
Le fléau, la bêche, la fauxl... —Et lorsqu'il n'y
voit plus beaucoup, il s'en va.

II s'en retourne pour découvrir la marmite, —
qui

se balance

à

la

crémaillère, — et où la

ménagère met à cuire — poireau,

pommes de

terre à foison.

Celle-ci enfonce

la louche — droit, aílrape

qui alírape! dans mélange; — par petite el
grosse (cuillerée) — à tous elle fait la trempée.

�SÈUT LE PALHIS

Se nen van de-rang l'eicudellas
Soubro la taulo de nugei;
Tritous, setâs soubre de sellas,
Valon liour brei d'a ple gourgei.

Au fouons dau bichou lé rebico
Enquèro un grèu talhou de pouèr :
Illo, embei soun grafie lou pico
E, tritous 'no briâ, li nen sèrt.

E ardis doun! chacuen que sito
Em' d'uen. mourcelou de couté,
Soubre 'no rongno dau chanté,
Quet bouon gras defouondu à mito.

N'is chabâ dau pò e dau lard :
Ouro re pus dediens le douèire;
Acò coumenço vene tard...
Mounde, acò sirâ de se gèire!

�SOUS LE CHAUME

103

Les écuelles se suivent à la íìle — sur la
table de noyer; —tous, assis sur des escabeaux,
— avalent leur bouillon à plein gosier.

Au fond du pot s'y dresse — encore un gros
morceau de porc : — la femme, avec sa longue
fourchetle à deux dents (grafìe), le pique — et
à tous en sert un morceau.

A l'envi, chacun scie — avec un petit couteau,
— sur un quignon du chanteau, — ce bon gras
à demi fondu.

C'en est fini du pain et du lard : — mainlenant pius rien dans la marmite; — il commence
à se faire tard... — Enfants, c'est l'heure d'aller
se coucher!

�L'Eiciro
Quouro boufo aquet vcnt que nètio las tiéulagnas,
E íìaulo pel païs, manièro dau letien ;
Quouro eiborlho l'eivar, cmai, diens las mountagnas
Draio nimé draiou en liò n'is pus counient;
Quouro, on fis mourcelous, de pélalhas juridas
Danson ti la bourrèio e fan de revoulious,
Coumo chas cop l'eitiéu, 'n eissam de parpalious
Que van barantela diens las pradas lluridas,
Garo-ti! Qu'is YEiciro endemouniâ que bramo...
D'ès la pláno en lous suts acò n'en fumo, eifans!
L'aibre s'eitors, e diens lous bèus jumis Ia ramo...
Pauro mounde ! han pas jai, e le diaple is pé chams..!
De graulas, quous èucés bilhâs de mantés nèris,
Aquous-ti qu'han longs bés e gourgeis eirèucis,
Virenon pé Ie cia nièulous, quand vet lous sis...
Diasso seditrâs que tornon dous cementèris.

Dessoubre lous couvars s'eibouron lous palhis:
Yèson pas dous pas liuen, che telamen fournèlo.

�LÉcir
Lorsque souffle ce vent qui balaie les toitures, —et
siffle dans la campagne à la manière du lutin; — lorsque aveuglc Ia neige, et aussi, que dans les montagnes,
— de route ni de sentier nulle part n'est visible; —
lorsque, en menus fragments, des pelures givrées —
dansent là

la

bourrée

et

font des

comme parfois, I'été, un essaim de
vont

folàtrer

dans

les

prés

tourbillons, —
papillons — qui

fleuris, gare-là! C'est

l'ÉCIR démoniaque qui hurle... — De

la plaine aux

sommets ça en fume, enfants! — L'arbre se
et dans les bois, gémit

tord,

sa ramure... — Pauvres de

nous! il ne fait pas bon, et le diable est par champs!

Des corbeaux, ces oiseaux revêtus de manteaux noirs,
—

qui

ont

longs

tournoient dans

becs

et de

rauques gosiers, —

le ciel brumeux quand viennent les

soirs... — On dirait croque-morts revenant des cimetières.

Sur les toitures s'échevèlent leschaumes; — on ne voit
pas à deux pas loin, tellement il fait de la tourmente.

�106

L EICIRO

D'eivar, tau de las ílours, dieas las crovas redèlo,
E l'entour dau fougei s'eilusson lous doulhis.
Tant fuguèssas catâ, quelo auro vous dibilho;
Pèrquo, coumo de re fare, lous caputous;
Eimarfis voutre nas, nen calho la gourmilho,
Ous barro la courniolo e n'arresto le pous.
La sonon mai Traverso, e, de cop, Barlignasso;
E quouro ause fièula, sabe niéu pas d'en ouont,
L'onlis eiperlounjâs d'aquelo auro foutrasso,
Me paris diens lous bèus de louts bronla de fouom.
Tot dau long dous chamis, prè lé hi fa un bàrri,
Un cop ti, un cop çai, 'bei de pousso d'eivar,
Se teiso oumi l'hi torno em' d'uen brut de tounàri,
Que noun pas nen farion milo babaus d'eifar.
Acò viro, acò roufo,
Acò fiaulo, acò boufo,
Pei que noun pas mouli, noun pas chami de far!
Malur en d'aqueti, quand trobo 'no counzeiro,
En s'en tourna chès se, che s'is boutâ tardiéu!
Mai de mito eibourlhâ, creis sègre la vieuleiro,
Toumbo diens le pertus, e s'encrouèdo tot viéu
Dediens quet frid lansou, sens prestre, sens prejeiro...
Que lou recèbe Dieu!

�L'ÉCIR

107

— De la neige, comme de fines cendres, roule dans
les creux, — et autour dc foyer s'illuminent les doulis(ì&gt;.
Pour autant quo vous soyez protégé, cc vent vous
déshabille; — il perce, comme de ricn faire, les capuchons; — vous engourdit le nez, en fîge le mucus, —■
vous bouche le gosier et arrête la respiration.
On l'appelleaussi la Traverse, et, parfois, la Beríignasse;
— et lorsque j'entends siffler, je ne sais d'où, — les
hurlements

prolongés de ce vent fou, — il me semble

entendrc dans les bois des loups hurler la faim.
Tout lc long des sentiers, après y avoir fait des murs,
— tantôt ici, tantôt là, avec de la poussière de neige, —
(ce vent) s'apaise ou reprend avec un bruit de lonnerre,
— (tel) que ne sauraient en faire mille démons d'enfer.
Cela tourne, cela ronfle,
Cela siffle, cela souffle,
pire qu'un moulin, pire que chemin de fer I
Malheur à celui-là, qui

rencontre une conjère —■

en revenant chez Iui, s'il s'est mis en retard! — Plus
qu'à moitié aveuglé, il croit suivre le sentier, — tombe
dans

le

creux

et s'ensevelit vivant — dans ce froid

linceul, sans prètre ni prière...
Que Dieu le reçoive!
(1) Doulhi — Sorte de bouteille sphérique, remplie d'eau, qui forme lentille
et sert spécialement aux denlellières pour concentrer une vive lumière sur
les points de leur ouvrage nécessitant un fort éclairage.

�Darreiria
La braveto eilonjo sas bourras ;
L'auro dicuèuquèlo l'alhans ;
Las clèdas maduron l'amouras,
Mentre lé sànnon d'angoulans.

La Darreiriâ, qu'is diens sas boun;
Bailo enquèro 'no briâ de chaud.
Pami 'cò chabo ; e lou grand fau
Toumbo tot ple sas fèlhas rounas.

Che las guéupissès 'bei l'eiclots,
Chas cop la solo que n' eicalo
Dessoubre, e tot acò crialo
Em d'uen brut de cuèuclis de nots.

'Cò chabo I Jas : hèiri l'éiroundo,
Au palhis digué l'adeissias ;
Tab', anu vèson ma n' aboundo
De graulas neiras pé le cia.

�Arrière -Saisoij
De

la génisse s'allonge le poil ; — le vent

arrache les glands de leurs cupules; — dans
les

haies mùrissent les mùres sauvages, —

pendant qu'y saignent les fruits des églantiers.

L'arrière-saison, qui est clémente, — donne
encore un peu de chaleur. — Cependant c'est
la fin ;

et le grand hêtre — tombe à foison

ses feuilles rousses.

Si vous les foulez du sabot, — parfois le
pied glisse — dessus, et tòut cela craque —
avec un bruit de coquilles de noix.

C'est la íìn! Voyez : hier l'hirondelle, — au
chaume dit

adieu. — Aussi, aujourd'hui on

ne voit qu'une multitude — de corbeaux noirs
dans le ciel.

�110

DARREIRIA

Paure beiliàs, boutas, 'no grauío...
Paure bèitiàs diens le païs !
Tot li vai pèr garni sa taulo :
Blads semenâs e crebadis.
'No graulo ! Qu' acò sert defouoro ?
Ho, paure moundo, dijas m' hou :
Sa char? acò is juste bou
Tant coumo peliangro de goro.
En las fare, voudriâ prou sèubre
Deque pensavo le bouon Diéu...
Basto ! poudriâ beliau pas chèubre
Diens uen cervé coumo is le miéu.

'N atendièu, !a Neiro m'ha fai
Un vedelou que vòut ma vièurc ;
'Nen li seja d'uen cop de dai
Quàuquis planpougnis de vouyèure.

�111

ARRIÈRE-SAISON

Triste bétail, allez, un corbeau... — triste
bétail dans

les campagnes ! — Tout lui est

bon pour garnir sa table
mencés et cadavres.

: —

blés

ense-

Urt corbeau 1 A quoi cela sert-il dehors ? —
Oui, braves gens, dites-le moi : — Sa viande ?
c'est à

peine

aussi bon — qu'un tendon de

vieille vache.
En les créant, je voudrais bien savoir — à
quoi pensait Ie bon Dieu... —Après tout, (cela)
ne pourrait

peut-être pas cntrer — dans un

cerveau comme le mien.

Pour le moment,
petit

veau

qui

la Noire m'a fait — un

ne demande qu'à vivre ;

—

allons lui faucher d'un coup de faux — quelques poignées de regain.

�jRetrais d'Eivar
L'eivar ha virenâ lous suts en nièulous blancs,
Qne lé fan coumo
Vèson

chas

cop

fare

cn

Ia

testo de lous

grands,

Liour fino coumo.

Précò, le frid juris 'bei sous íîs bourretous,
Las sanelèiras;
En l'armino d'eivar se pauvon lous picous
De graulas nèiras.

Tritous l'oustaus sarrâs; vèson pè le païs
Dengu defouoro ;
Auson pé lous draious grèa cad de brut, so n'is
Aquet de Tauro.

Chas liò, d'angoulans roueis qu'han biais de pendilhotis
En I'cilianceiro;
En se sègre de-rang, se nen van d'aperteiro
Piiolo e nièulous.

�Croqais d'Hiver
L'hiver a entouré les sommets de légers
nuages blancs, — qui y font comme —
on voit parfois sur la tête des anciens,
— faire la chevelure.

Ensuite, le froid givre de ses fines
aigrettes, — les aubépines; — et sur
l'hermine de neige, se posent Ies points
— des corbeaux noirs.

Tous les logis sont clos; on ne voit
par le pays ■— personne dehors. — On
n'entend dans les chemins peu de bruit,
si ce n'est — celui du vent.

Par places, des baies rouges forment
comme des pendeloques—à l'églantier;
— et, se suivant de près, vont à la file
— nuages et brouillards.

�114

RETRAIS D'EIVAR

Gis de fèlho, se n'is aquelo totjour vardo
De d'uen grifou;
Gis crido mai, se n'is d'uno jasso neirardo,
0 be dau lout.

Le fournèl ha crouchâ de prigoundas counzèiras
En lous chamis;
E, diens lour bèus, toursi las ramas nèiras
De lous sapis.

Vès iou sero, ha piencâ soun chalet, la Miéto,
Pré le chabrou;
Quartei dau fiò, Minou, setâ soubre sa quouèto,
Fa soun rou-rou.

Las dèze !

E la Mìon : « An' eifans, la prejeiro! »
E menimi,

Tritous se soun quienlhâs en tira liour chadeiro,
Pèr 'na dermi.

�CROQUIS

D'HIVER

Jíulle feuille, si ce n'est celle toujours
verte — d'un houx; — nul cri aussi,
sinon

celui

d'une

pie

brune,

—

ou

du loup.

La tourmente a accumulé de profondes

conjères — dans les chemins; — et, dans
les bois, tordu
des sapins.

les ramures noires —

Vers le soir, la Miette a accroché sa
lampe — au chevron; — à côté du feu,
Minet, assis sur sa queue, — fait
ron-ron.

son

Dix heures! Et Mïon : « Allons enfants,
la prière! » — Et enfìn, — tous se sont
levés, écartant
aller dormir.

leur

chaise,

—

pour

�Retrais de Jeueino
Païsando
En M' et M- Ribèiro

Alin fumo un palhis. —Meidio. —'No païsando,
Que le mourre is cramâ pèr lous rais dau soulèu,
Se nen torno dau bèu
Bei 'no classo de brando.
'Llo dis quàuque refrèn dau tant gènti patouès,
E vai quienlhado drit. Cò n'is, la que se carro,
'No íìlho de la tiarro,
Neiscido en Liéuradouès.
Eipias-la me quand vai, vàutris, coumo se masso,
Tau un lebrau, la païsando de vès nous!
Pas ti la fènno trasso
De chòs lous vialeirous.
'Llo tet un paret d'és que fan douas picas bluvas;
Fricheto mai-que-mai, tant coumo un pouon chani.
Ho ! flour que s'eiparnis
Ha gis coulours mai vuvas.

�Croquis de Jeune
Paysanne
A M' et M™ L

RIBEYRE.

Tout tà-bas ftime un toit de chaume. Midi. Une
paysanne, — dont le visage est brûlé par les
rayons du soleil, — s'en revient du bois —
avec un fagot de bruyère.
Elle dit quelque refrain de son si joli patois,
— et va marchant très droit. Celle qui fièrement
se redrosse, — c'est une fille des champs, —
née en Livradois.
Regardez-la, mus autres, lorsqu'elle va, comme
elle marche prestement,(1) — tel un levraut, la
paysanne de chez nous! — Ce n'est pas là la
femme chétive — de chez les citadins.
Elle a une paire d'yeux qui font deux taches
bleues; (elle est) — merveilleusement fraîclie ainsi
qu'une pomme sauvage. — Certes! la fleur qui
s'épanouit — n'a point couleurs plus vives.
0) Mot à mot : comme elle se ramasse.

�18

HETRAIS DE JOUEIXO PAÏSANDO

Camino [)è lous prats en fouoro lou draïou.
Quant ha ? Sedje, pas mai; mas, drudo emai bravouno,
N'estoumo redondouno
Couílo soun coursetou.
En de rias la suasou pé sas jautas riéuvalo.
Sous dous bras eitoursis, tau las quouas d'uen bichou
Manlenon le cuchou
Mentre qu'illo devalo.
Soun labri bourrudous la sét de pèr darrei, —
En sortre dau gourgei soun petassou de liengo.
Tiro, le paure, e jingo...
Mas la drolo li reit
E li te fai : «Ardis m'ami! Sènto le douèire,
« De trifas prou garni, que bransolo el courmai.
« Le brei que prèn le couèire...
« Ardis labri, un cop de mai! »

Soun ti tris que van d'à-per-teiro,
Tris que se sègon tot de-rang:
Le chi enrei, n'oumbro davan,
Einbei la drolo mitandeiro;
Vel tieulagnou que fa fumeiro,
Ribon tous tris, meidio petant.

�119

CROQUIS D'UNE JEUNE PAYSANNE

Elle chemine à travers les prés en dehors du
sentier. — Quel âge a-t-elle?

Seize (ans), pas

davantage; mais, vigoureuse et gentille, — une
poitrine rondelette — gonfle son petit corsage.
En sillons, la sueur, sur ses joues, ruisselle.
— Ses

deux.

bras

contournés,

ainsi

que

les

anses d'une amphore, — maintiennent le l'agot —
pendant qu'elle descend.
Son petit chien velu la suit par derrière, —
en sortant de

sa gueule

langue. — II traîne,

le

un mince chiffon de
pauvre, et

boîte... —

mais la jeune íìlle lui sourit
et lui dit: « Courage mon ami I Sens la marmite,—de pommes de terre bien garnie, qui se
balance à la crémaillère. — La soupe commence
de bouillir... — Courage labri, encore un effort!

Ils

sont

là

trois qui s'en vont à la file, —

trois qui se suivent bien en rang : le chien en
arrière, l'ombre devant,—avec la jeune fille au
milieu. — Vers

le

petit toit qui

arrivent tous trois à midi sonnant.

fume, — ils

�Vé Païsan
En

M.

Ch.

RATIÉ.

Ouro, le Batistou qu'èro tant fouort antan ,
Padis de se para dau grand las que le cléuvo
Setâ tour dau courmai, bouno mito de l'an.
Mas tabe, sét io ma d'uno solo tardiéuvo
Quet tros de chaminou que viro pé lous chams.

Soun rebit de grifou, que tet en la mò manso,
Li juédo manteni soun cadabre eitoursi.
Is pas tant joueine mai! Eiçous jours fa l'entranço
Dediens lous quatrevient, e vai 'no briâ pèussi.

En le vèire plejâ, demeni la separo
D'embei se vès le sèu, ous creirias coumo acò :
« Volon fare l'acord, que n'han pro:i de liour guiarro;
» Dé ho! Le Batistou vòut bouca quelo tiarro
» Que sa bisso e l'araire eifranlhé tant de cop. »

�Vieux Paysan
A M.

Ch.

RATÌEH.

Maintenant le Baplistou qui était si robuste jadis, —
a peine à se défendre de la grande fatigue qui le cloue
— assis près de la crémaillère la bonne moitiè de
l'année. — Mais aussi, ne suit-il que d'un pas alourdi
— ce petit sentier qui serpente au travers la campagne.

Son gros bâton de houx, qu'il tientde la main gauche,
— lui aide à soutenir son corps tordu. — C'est qu'il n'est
point jeune, aussi ! Ces jours-ci il entre — dans les
quatre-vingts (ans), et il marche quelque peu essoufflé.

En le voyant courbé, diminuer la distance — de lui
au sol, vous penseriez ceci : —«lls veulent faire la paix,
» car ils en ont assez de leur lutte; — assurément, le
» Bapíistou veut embrasser cette terre — que sa bèche
» ou la charrue déchira tant de fois. »

�122

VÉ PAÏSAN

Le paure, s'is doublâ. Bei 'no tèto que branlo,
Re pus ma diens lous ès coumo ticon de viéu.
Las 'nadas han passâ, en li 'eiroundi l'eipanlo,
Parei l'aigo eiroundis las ròufias diens lou riéu.

Pami, io fa de l'ome, e vet embei soun drole;
— Pèr moun armo, un íìèr gas ! — « He prou gandi le ílò
» E prou sougnâ le doueire! Anu, petit, iéu vole
» M'eissarta... An', te mai, chambeto pas au liò! »

Soun drole que ris íi : « Mas, ous pode pas sègre,
» Paire! Anu caminès, ma fe, mei qu'un Iebrau! »
E lou Tistou countent, ho, sens se n'apercègre
Fa coumo si ma hi lou leste d'uen grapau.

�VIEUX PAYSAN

123

Le pauvre, il s'est courbé endeux. Surunetêtequi vacille, —cen'est plusque dans lesyeux (qu'il reste) quelque
chose d'animé. — Les années ont passé en lui arrondissant
les épaules, —de mème quel'eau arrondit les cailloux du
ruisseau.
Néanmoins, il fait de l'homme, et dit à son fils, —
(par ma foi un beaugars!): « J'ai assez pris soin du feu —
» et assoz gardé la marmite! Aujourd'hui, potit, jo veus
» — me dégourdir... Allons, toi aussi, ne piétine pas sur
» place! »
Soa iìls, qui sourit malicieusement: « Mais, je ne peux
» pas vous suivre, — pòre! Aujourd'hui vous trottez par
» ma foi mieux qu'un jeune lièvre! » — Et Baptistou est
content, certes, sans s'aperoevoir — qu'il (son fils) ne
fait que semblant d'avoir l'allure dégagée d'un crapaud.

�Es la Prejeiro dau Sero
El clouchei, le ban-ban se mouris gentamen ;
Diens l'aer acò n'is ma justamen 'no fresido.
Noutro liso s'eicond toto diens la brounsido,
Mas lé lion... acò is l'oro dau prejamen.
Lé nentre juste quouro un troupelou de fìlhas,
Riban blu au pitras, chanto el métan dau cur;
Coumo iéu, vàutris mai, èurias creigu segur,
Eusi d'èucés, l'eitiéu, piencâs sèut las ramilhas.
Las ceras fan 'n eigoutadis tour dau mouchou;
Lou clei, en surpelis blanc, poyo ès la chadeiro,
Tiro soun caletou nei, e dis la prejeiro,
Dau mentre que fumeiro alin 'n encensadou.
Que voulè ! léu que sé mantèro d'eiganau,
(Sé ma coumo iéu sé, e menimi pas paure
Ome), en sentre aquet goust, èusi quous chants e l'aure,
Me fagué ticon... e, iéu mai prejé ta-pau.

�A la Prière du Soir
Vers le clocher, la sonnerie se meurt peu à peu; —
dans l'air il n'en reste qu'à peine un frémissement. —
Notre église disparaît dans l'ombre du soir, — mais
on y allume... c'est l'heure de la prière.
J'y entrejuste au moment oùune petitetroupe dejeunes
filles, — ruban bleu sur la poitrinc, chante au milieu du
choeur; — comme moi, vousaussi, vous auriez cru certainement — entendre des oiseaux, I'été, perchés sous les
ramilles.
Les cierges font un amas de gouttes autour de la
mêche; — le vicaire, en surplis blanc, monte en cbaire,
— relire

sa petite calotte noire et dit la prière —

pendant que fume là-bas un encensoir.
Que voulez-vous? Moi qui suis une espèce de parpaillot, — (je ne suis que comme je suis et cependant
pas mauvais — hommo),
tendre ces

chants et

de sentir cette odeur, d'en-

tout

le

reste, — cela me fit

quelque chose... et, moi aussi, je priai un peu.

�Es la Messo de Ménat
En

VERMENOUZE.

(1

&gt; Dan-ban! Cò fa ban-ban, l'entour diens las perrochas;
Tél Qu'is 'cò doun anu ?
... La messo de méuut

Qu'eichènlon d'ati-lin à ple balan de clochas.
D'eivar tapo le sèu. Diasso de bourro d'auchas,
Que n'han mito janu;
Tabe, justc lou brut
S'èusis de lous tanais, que se miclon las chauchas,
Emai de l'eiclelous :
Ban-ban! Pé lous draious,
Diens l'nèto de l'eivar, lé se marcon las solas...
Mcnlre que d'ali-su
D'angis, travars dau cia, semenon de leissolas(2)
Pèr l'Efantou-Jesu.
(1) Tìan-ban, Onomntopée enfantine du son des cloches.
(2) F.eissolas, bouillie au lait. — AHusion à la légende naïve de nos montagnes
qui désigne la voie lactée sous le nom de bouillie du petit Jèsus.

�Vers la Mcsse dc Minait
A VERMENOUZE.

Ban-ban! Ça fait ban-ban aux alentours dans
les paroisses;— Tiens! Qu'y a-t-il donc aujourd'hui?

—

(C'est) la messe de minuit qu'on sonne

à pleine yolée de cloches.
De la neige recouvre le sol. On dirait du duvet
d'oies, — dont on a (jusqu'à) mi-genou;— aussi,
à peinc le bruit —■ s'entend-il des lourdes chaussures dont se confondent les foulées,
Ainsi que (celles) des menus sabots : — Banban! Par

les

sentiers, — dans

l'ouate de

la

neige s'y impriment les semelles,
Pendant que tout là-haut, — des anges, par le
travers du ciel, sèment de la bouillie — pour le
Petit-Jésus.

�Missou
En L.-F. POY.

Julì I Yo, maduras bravounas.
Missous, que lous bluvits soun lou 'és
Las niellas mai soun d'eichenlounas,
Gèntas missous 'bei voutris coués.
Eras, quand la lèuveto coué.
Vardas tant qu'anu sès pas rounas :
Blad madur, fa leissolas bounas,
Brave pò mai e fì rébouè.
Té! Is be l'Amour de vijaire,
Relrais en d'aquet missounaire
Que soun ar is fa dau voulam ?
Anen ! Vès se, viras las solas :
Em' voutras lauras, joueinas drolas,
Fajas li 'n coulié d'angoulan!

�\

Moisso»
A L.-F. PoÝ'.

Juillet! 0, mûrissez jolies, — moissons,
dont les bluets sont les yeux! — Les nielles
sont aussi des clochettes, — belles moissons,
à votre cou.
Vous étiez, lorsque l'alouette nicha, —
aussi vertes que rousses aujourd'hui : — Blé
bien mûr fait bonnes bouillies, — d'excellent
pain aussi et fin gâteau.
Tiens!

c'est bien l'Amour, il me semble,

— sous les traits de ce moissonneur, — dont
l'arc est fait de sa faucille?
Allons I Vers lui, dirigez vos pas, et, de
vos lèvres, ô jeunes filles, — faites-lui un
collier de corail I

�Prejeiras dau Païsan
En lon Prouf' GORAN-BJORIÍMAN
de Stoucolme.

Fouoro, gaire-à-dire, dengu!
Ha la nut diplejâ sas alas,
E su, le Gran-Tiaire is vengu
Bouta pèr milo de chandialas.
Parei 'no messo, dirias-ous :
Ee prestre? un sut, 'bei quau 'no niolo
Fa surpelis, le bèu n'estolo,
E le chavaniéu lous ripous.
Dau loung de Doro, las verneiras
Van bellamen en proucecièu,
Qu' em' re de brut l'aigo dau riéu
N'is le clei que dis las prejeiras.
Prejeiras, mas d'amour, segur :
Frefrounamèns d'alo en la cledo,
Emai quelous dau blâd madur,
Em' soun brut d'estofo de sedo.

�Prières du Paysan
Au prof. D' GORAN-BJORKMAN,
de Stockholm.

Dehors, (il n'est) pour ainsi dire, personne! —
La nuit a déployé ses ailes, — et là-haut, le
Grand Allumeur est venn —mettre des chandelles
par milliers.
C'est comme une messe, dirait-on: — leprêtre?
c'est ce sommet, auquel un brouillard — fait le
surplis, la forêt une étole, — et le chat-huant
les répons.
Au long de la Dore, les aulnes — s'en vont
tout doucement en
léger bruit,

procession, — où, avec un

l'eau du ruisseau — est l'officiant

qui récite les prières.
Prières, mais (prières) d'amour sans doute : —
les froufroutemcnts d'aile dans la haic, —• ainsi
que ceux du blé mûr — qui fait un bruit d'étoffe de soie.

�PREJEIRAS DAU PAISAN

Prejeiras, l'auro dions lous sâps,
D'en bas la coumbo o pé la lando!
Fan la prejeiro mai, quau sâp,
Las mèidis que sègon la brando.

— Té I dequ'eichènlon... Ban ! ban ! ban!
Alin el le vialage que tocho?
Sirâ l'angelu... Ban! ban! ban!...
El vé clouchei dè la perrocho.

— Tot prejo adoun! — E, diens la nut,
'Ti moun païsan que se segno,
La mò del froun en la pitregno,
E liarro plejo le janu :

« Segnur, marce! Fan le bouon viéure
Se dis, quous blads que vau seja,
Tant coumo faron dau bouon biéure
Las pignas que dève breja.

« Vo te! fajo l'itablo pleno
En fìèras fedas, en carous,
Que beilaron embei tritous
Lounjo lano e flno coudeno.

�133

PRIÈRES DU PAYSAN

Prières,

le vent dans les sapins, — au fond

de la vallée ou sur le plateau ! — Elles font la
prière aussi, qui sait, — les fourmis qui courent dans la bruyère.

qu'est-ce que l'on sonne... fìan!
ban I ban !... — vers le village là tout près? —
—

Tiens!

C'est l'Angélus... fìan / ban! banl... —au vieux
clocher de la paroisse.

— Tout

prie donc!

— Et, dans la nuit,—

voici le paysan qui fait le signe de la Croix, —
la main allant du front à la poitrine, — et ploie
par terre le genou :

« Seigneur, merci I Ils font la nourriture abondante, — dit-il, ces blés que je vais faucher, — de
môme qu'elles

feront d'excellente boisson — les

grappes que je dois fouler.

» Oh
brebis,

toi!
de

fais

l'étable

pleine

porcelets — qui

— longue laine et fin lard.

— de

belles

donneront à tous

�PREJEIRAS DAU PAISAN

» D'enquèro bailo, e quau-sap-quant,
Drolas, drelous 'bei ma filhado;
Iéu, bièus eisâs en la gulhado
E fenno génto... lant-que-tant.

» Che fas mai, creisci de rabèiro
E dau vouyéure per aya
Noutro Fourmènto emai la Nèiro...
Euriâ gi d'eime en m'eimaya.

» Marce te, su, que tant sis bou!
Hen prou-e-mai pèr bravo vido;
Ha le beitias selho garnido...
A ouro, deque mai chau-hou?»

�FRIÈRES DU PAYSAN

» Donne

encore,

et

en

grand

135
nombre, —

des filles et des garçons à ma bru; — à moi,
des bceufs dociles à l'aiguillon — et une femme
jolie... suffìsamment.

» Si tu

fais encore pousser la ravière, — et

du regain pour faciliter le premier jet du lait —
à la Fromenle et à ì&amp;Noire... — je serais insensé
de me plaindre.

» Merci à toi là-haut, qui es si bon! — Nous
avons assez el plus pour facile existence; — le
bétail a son auge pleine... — Alors, que faut-il
de plus ? »

�'N Eirous
En Jùli Rounjat.

Nen sé uen qu'ha
El pèd de d'uen
La brando is ma
Mas, trobe moun

neisci su-naut diens la mountagno
grand rò qu'à-penas s'apradis.
coussuro et le cia ma tièulagno,
countènt ouont he levâ moun nis.

Me nurrisse dau miau de belhas courandellas,
E me fau 'no groumandio en frùto d'angoulans.
Masse de pè lous bèus de fagoutous d'eitellas,
E, quet boufo moun fiò is l'auro de lou' alhans.'1'
Pèr hi moun
En la primo,
M'eilanguisse
E recèbe de

sèu d'amourgis mitei de las vialas!
me fau calina pèr las floiirs ;
l'eitiéu d'eiclaro et de chalour,
nut, lous poutous de l'eitialas.

« Sis 'no Mio pèr iéu,
Vo tiarro, la que viro !
La sis, se fa souléu,
La sis, boufo l'eiciro !
L'eitiéu, en raubo de coulour,
0 l'eivar, en raubo de nòvio...
Que faje clar, faje de plòvio,
Tiarro, sis ma Mìo totjour ! »
• L'auro de lou' alhans, » mot à mot : he vent des glands. — On nomme
ainsiles grands vents du Sud qui soufflenl cn automne et font tomber les glands.

�Vn Heureux
A J. Ronjat.

Je suis un qui est né là-haut dans la montagne, —
au pied d'un grand rocher sur lequel l'herbe a poussée à peine.
— La bruyère est ma couche et le ciel ma toiture, — mais
je trouve tout mon contenl là où j'ai dressé mon nid.
Je me nourris du miel des abeilles coureuses , — et
je me fais un régal avec les fruits de l'églantier. — Je
récoite dans les bois de petits fagots de bûches, — et, celui
qui souffle mon feu, c'est le grand vent du sud.
Pour mon soulas d'amour, nul besoin des villes ! —
Au printemps, je me fais caresser par les fleurs; —• je
me pâme l'été de Iumière et de chaleur, — et je
reçois, la nuit, les baisers des étoiles.
« Tu es une Amie pour moi, — ò terre qui tourne !
» — Tu l'es s'il fait soleil , — tu l'es quand souffle
» l'écir !
» L'été , en robe de couleur, — ou l'hiver en robe de
» mariée... — Qu'il fasse beau, qu'il fasse de la pluie,
» — terre, tu es mon aimée toujours ! »

�Lou Cfyaine
En lou D' e

Fa mai de
Segur, que
Petitou, de
L'aibre que

M"" P. LAMBRY.

'no semano
l'an plantâ
' no grano ,
sé setâ.

E, ch' anu tant se carro,
Sigué re ma 'n alhand
Que semené lou Grand
D'uen cop de det dicns tiarro.
Ouro tiro de-loung,
E s'eipandis de ramo
En tieuladis prigound.
Lou Jai-de-Bèu lé bramo,
Que soun nis lé s'eicound.
Fourço margaridetas,
Emai de cocudetas,
En soun ombro han creisci ;
E souvènt la braveto
Biéu en la fouont fricheto
Qu'en soun pèd ha neisci.

�Le Cljêne
Au D' et M""

P. LAHERY.

II y a plus d'une semaine, — assurément, qu'on l'a plantó — tout petit
d'une graîne, — l'arbre (sous) lequel je
suis assis.
Et, si aujourd'hui il se redresse si
fièrement, — il ne fut jadis rien qu'un
gland — que sema l'aïeul — d'un coup
de doigt dans la lerre.
Maintenant il a grandi — et il étale
sa ramure — en toiture épaisse. —•
Le Coq-des-Bois (geai) y criaille, — dont
le nid s'y blottit.
Beaucoup de pâquerettes, — et aussi
de frôles primevères,
— sous son
ombre ont poussé1; — et souvent la
génisse — se désaltère à la source fraîche
— née à son pied.

�LOU CHAINE

Mò dreito en la mò manso,
Nòvis mai soun vengus,
Cur e cors eimougus,
Fare ati coumençanço
D'amour ! E, bouna-gènt,
La ramo, coumo n'alo,
En lou clar de l'eitialo,
Lous boufè gentamèn,

'Bei l'aibre :

« La vido is coumo acò ! que volis ?
As be te mai prou cops amâ...
E, l'aibrilhous qu' han eissamâ
Nentour, soun-i liours pas tous dròlis ?

» Mami, as viéugu mai-que-mai :
Au sèu as beilâ prou ta fruto ;
Iéu, au mounde, prou moun trebai.
Ouro, bouto, acò n'is prou fai...
Aujo doun la Mouort que tabuto !

» N'eiluciado eiliandré toun crit ;
L'auro-dau-vènt que te dibranlo ;
Tritous lous nis soun diveris

�LE CHÈNE

La main dans la main, (m. à m. : main
droite

dans

promis

la

sont

main gauche)

venus

aussi

—

—
faire

des
là

apprentissage ■— d'amour I Et, les pauvres enfants, — la branche, comme une
aile, — les éventa doucement.

A l'arbre :

La vie

est ainsi !

que veux-tu ?

Tu as bien, toi aussi,
—

et

les

jeunes

—

souvent aimé...

arbres

qui

ont es-

saimé — autour de toi, ne sont-ils pas,
eux, tes enfants ?
« Cher, tu

as longtemps vécu : —

au sol, tu as donné assez de ta progéniture ; — moi, à l'Humanilé, assez de
mon effort.

— Maintenant, va, c'en est

assez fait... — Ecoute la Mort qui fait
toc-toc !
» Un éclair a déchiré ta cime; — le
Vent
les

du

Sud

nids

sont

te

déracine ;

abandonnés

—
—

tous
dans

�142

LOU CHAINE

Dediens ta ramo que mouris...
Iéu mai qu'à-penas tene drit...
Ho I lou tèms nous busso en l'eipanlo !

» Anen ! Iéu vole, prè hi clau
En l'és las darreiras vegudas,
Siâ te, bei catre pèus fendudas,
Fajas moun cabanou sens clau I »

�143

LE CHÈNE

ton

feuillage

qui

se

meurt...

—

Moi

aussi j'ai peine à me tenir debout!... —
Oui , le Temps nous pousse de ïépaule !

» Allons ! Je veux, après avoir enfermé
—

en

mes yeux

sions, —

que

ce

— les dernières visoit toi (qui),

avec

quatre planches refendues, — fasses ma

pctite maison sans clê ! »

�Iroundas
En

D° J" CARRIÉ DE BOISSY.

I
A ouro que le souléu gaguo
E l'eivar partis de vès nous,
Quite an soun vengus d'ousselous
Es le 'caire de ma tiéulagno.
Venon de Frico emai dìspagno,
Quouro eiparnisson lous minous ;
Soun ribâs de pé la mountagno
Cé leva liouris cabanous.

" E venias, venias, genl' iroundas .' "
Ame la meisounas redoundas
Qu'em ma chanà lhi hes boutâ.
Boutas n'hi nen totas la primas,
'Cò tiro enrei malur, lagrimas,
E n'is moun oustau bounurtâ,

�Hirondelles
A

M ••"

J""

CAnniEn

DE BOISSY.

I
Maintenant que le soleil prend force — et que
la neige disparaît de chez nous, — cette année
sont venus

de mignons oiseaux — vers l'angle

de ma toiture.
Us

viennent

d'Afrique et aussi d'Espagne, —

alors que s'ouvrent
ils

les

chatons de saules ; —

sont arrivés au travers la montagne — pour

ici construire leurs petits abris.

« Ah 1 vencz, venez, jolics hirondelles ! » ■—
J'aime

ces maisonnettes arrondies — qu'à mon

chéneau vous avez appliquées.
Pla:ez - ea

là

éloigne malheur,
est abonheuré.

tous

les printemps :

chagrins,

—

cela

— et mon logis en

�IR0UNDAS

II
Abria tapo de sas fluríssas
Totas las pradas dau païs ;
Lous grangeis ditramon liours bissas
E fan reparo em lous palhis.
L'iroundo mai eigo soun nis :
'Jas la courre diens las ròutissas,
Chas liòs con l'erbas soun ditruissas,
Chèuvi de tiarro que preitis.

« E masso, masso, gcnlo iroundo, »
Pèr ta cabanoto redoundo !
Ardis dau bé bei toun piadis !
Précò parelho 'no coussuro
Em de las plumas, dau bourdis,
Pér coua en fouoro la freichuro.
III
Peilas ma quauquis jours veni :
A ouro la couado is coumplido,
La familheto s'is ramplido,
E lé hâ pialho diens lous nis.

�147

HIROXDELLES

II
Avril
ries

couvre de ses fleurs — toutes les prai-

de la

leurs

campagne; — les fermiers rentrent

bèches — et font la réparation aux chau-

mes (des toits).
L'hirondelle aussi arrange son nid : — Voyezla courant dans Ies guérels, — aux places où les
herbes

ont disparu,

—

choisir

de

la

terre

plastique.

« Ah, cueille, cueille, hirondellcjolie ! » — pour
ta petite cabanc ronde I — Hardi du bec à ton
pisé !
Ensuite, prépare une couette — avec des plumes,

de menus

débris,

— afin

de

couver

à

l'abri du froid.

III
Attendez seulement
— maintenant la
petite famille s'est

quelques jours s'écouler :

couvaison

est

achevée, — la

complétée, — et il y a ba-

vardage dans les nids.

�•148

IROUNDAS

Re ma de bourro, biosenis,
Lous meinas que fan l'eipelido !
Dè boutas! L'alo is liau creiscido...
Peitas ma quauquis jours veni.
« E viras, viras, gent' iroundas, »
Voutras persegudas redoundas !
Oùro qu'lies fussi la chanà,
Chaut lolo quite eitiéu ous nètias
Quet pitit mounde de las bétias,
E, 'n'autro primo, cé tourna.

Dentre le cia tant naut e la tiarro tant basso,
En l'aer que chabo pus, las vèson eilina;
Acò se nen vai, 'cò se passo e dicoumpasso...
Viro quc viraras ! Fason ma virena.

�149

HIRONDELLES

(Elles n'ont) rien que du duvet les pauvrettes,
—

ces

maisonnées qui viennent d'éclore !

—

Qu'importe ! L'aile est tôt poussée, — « attendez
seulement quelques jours s'écouler ».
« Ah! íournez, lournez, jolies hirondellcs, » —
vos

poursuites

en

vous avez quitté
— il faut
chasse — au

que

cercle !

— Maintenant que

le chéneau,
tout

cet été vous fassiez la

monde des petits insectes, — et,

l'autre printemps, ici revenir.

* *
Entre le

ciel si haut et la terre sr basse, —

dans l'espace inlìni, on les voit glisser; — cela
s'en

va,

se

passe et se dépasse : — Vire que

vircras! Elles ne font que tournoyer.

�Sèut

ÌOVLS

Bèzis

Dc sero quand venien tous dous
Lé nous seta, m'is de vejaire,
Eran tant coumo péuvinous
Que se becavou de poutous,
Catas vès l'alo de liour maire.
La luno, en sègre soun chami,
Eiblanchissio la pé d'uen béze;
Cò òro ti le perjumi
Ouont miclaven le T de Trèse
E le B de Bertelemi.
Proufitous d'aquet pau d'eiclaire,
Ero le couté l'empremaire
De noutre libretou d'amour
Eiligi diens lous bèus... e gaire,
D'en dipus n'he ligi meliour.
— Ouro que sèn vengus de vés,
Iéu e la Trèse, en la velhado,
Setâs ma vès l'eitello tiado,
Vet chas cop davans noutris és
Quet brave tèms sôut la felhado.

�Sous les Bouleaux
Le soir, lorsque nous venions tous deux — nous
y asseoir, il me semble — que nous étions comme
deux poussins qui se bécotaient, — réfugiés sous
l'aile de leur mère.

La lune, en suivant son chemin, — blanchissait l'écorce d'un bouleau; — c'ètait là le parchemin — sur lequel nous mèlions le T de " Thèrèse "
— et le B de " Barthélcmy ".

Mettant à proíìt cette faible lueur,—c'était
un couteau, l'imprimeur — de notre petil livre
d'amour — épelé dans les bois... et je n'en ai
guère, — depuis lors, lu de meilleur.

Maintenant que nous sommes devenus des vieux,
— moi et Thérèse à la veillée, — simplement assis
près de la bûche allumée, — il nous revient parfois
devant les yeux — ce bon temps sous la feuillée.

�La Ojadeno
En

VERMENOUZE.

Ouro qu'he prou chantâ tous eivars abouriéus,
Vo Lieuradouès!... tous ros ouont paqaeiro la fedo...
Chantâ tous prats 'bei quau d'amouras fan 'no cledo,
E lous tèrmis fluris que clinon vès tous riéus...
A quelous riéus frischis que redèlon tant viéus!...
Prou chantâ mai tous suts que la grimpio n'is redo,
Le prigound de tous saps ouonte trobé l'èubledo
D'eimais... chantâ lou clar de tous gèntis eitiéus,
M'he di : « Ouro, en qucn liò 'naras vira ta molo? »
Mas quouro, en decon mai, iéu vougué vira solo,
Mous peds s'èron piencâs diens le sèu ouvargnâs,

E moun asc fugué de pas gis bouno meno.
Adoun sentigué ma quno fouorto chadeno
Me tenio pèr ati plàntâ coumo un garníts.
(1) Sounet ispira pèr uon de Vermenouze.

�La Cljaîne
A

VERMENOUZE.

Maintenant que j'ai assez chanté tes hivers hâtifs, — ô
Livradois!... tes rochers où pacage la brebis... — chanté
tes prés auxquels des ronces font la haie, — et les tertres
fleuris qui penchent vers tes ruisseaux ,
— ces ruisseaux frais qui roulent si alertesl... — assez
chanté aussi tes sommets dont l'escalade est dure, —
et le

profond des

sapins où je trouvai l'oubli — de

soucis... chanté la luminosité de tes jolis étés,
je me suis dit: « Maintenant, où iras-tu tourner ta

meule ?» — Mais lorsque, vers d'autres régions, je voulus
diriger mes pas, — mes pieds s'étaient fichés dans le sol
auvergnat,
et ce ne fut pas chose facile à exécuter(2). — Ce n'est
qu'alors que je sentis quelle forte chaîne — me retenait
ici planté comme un garnas. (pin)
(1)

Adaptation d'un sonnet de Vermenouze en ìanguedocien.

(2) Mot à mot : « mon âne ne fut point de facile conduite. »

�Menimi î
En lou

CAPOULIÉ.

En le mièu Liéuradôs, l'eivar chas cop demoro
Mito mai qu'en liò pus, dessoubre dau païs;
Mas n'is tant blu soun cia, tant bravouno la Doro,
Qu'eichènlo menimi dentre lous jaladis !
Lou Rose, per-alin, prou-e-mai rebrounsis,
E toutèms, diens la Crau, le soulèu cramo enfouoro
De lous mas; menimi, prou cop l'eitiéu, vès l'oro
De meidio, el miéu païs, èusisson lous grelits,
Qu'is mai doucet liour brut noun pas que las cigalas!
De jour, hès mai de clar; de nut hen mai d'eitialas;
E valon lous ciprôs lous noutris pinatés.
En le voutre païs ló creiscis de Iavando;
Vès nous, soubre lous ros, ma justamen de brando...
Fa de re, menimi, vivo moun Lièuradès I

�Ouand même !
A P. DEVOLUY.

Dans mon Livradois,

la neige parfois demeure —

la moitié plus longtemps qu'ailleurs, sur le sol ; —
mais,

si

bleu en est le ciel, si jolie la Dore — qui

sonne gentiment quand même entre les glaçons I
Le

Rhòne,

là-bas,

gronde fortement, — et conti-

nuellement, dans la Crau, le soleil arde en dehors —
des

mas; quand même, souvent en été, vers l'heure

— de midi, dans mon pays, on entend les grillons,
dont est plus doux le bruit que (celui) des cigales!
— Le jour, vous avez plus de lumière ; la nuit nous
avons

plus d'étoiles ; — et ils valent les cvprès les.

pins de chez nous.
Dans

votre

les rochers,

région
rien

y croît Ia lavande ; — ici, sur

qu'un peu de bruyère... — Ça ne

fait rien, quand même... vive mon Livradois I

�Adeissias î
Vel sero, l'èucelous, que tositéu cridavon,
Se soun teisâs; el prât, lou grelet s'is dermi...
Pèr iéu mai, lou Gran-Sero is vengu menimi I
— Coumo aquet païsan, gis de tèms qu'encruèdavon,
Venio 'bei sa Touénon dedavans que mouri:
« Iéu pode pus manpia la quouâ de moun araire,
« Moun vé cors eirampâ is grèu cad bou defaire... »
Ho! Iéu sente be, mai, lou las me devouri.
A ouro he prou chantíi le soulèu e le plèure;
He prou chantâ, l'eitiéu tabe coumo l'eivar;
Chantâ, quand n'èro tèms, l'amour e le bouon viéure...
* Is chaba, moun presfas... me chau « beila le cart! »(1)
Dé bouto ! En deque sert d'ôtre ma 'n eimayaire !
Mai le bouon tèms, perai, duro pas gis totjour.
Jas, vès la darreiriâ, che tiron pas de caire
L'eipijo digranado em' lous cops d'eicoussour!
«(d) Beila le cart, » disposer du quart, c'est-à-dirc

faire son testament. (Très usité).

�Adieux î
Vers le soir, les petits oiseaiu, qui tout à l'heure pópiaient, — sesonttus; danslepré, legrillon s'estendormi.
— Pour moi aussi, le Grand-Soir est venu enfin !

— Comme ce paysan, qu'on enterrait récemmcnt, —
disait à sa Toinon, avant de mourir : « Je ne peux plus
« manier le manche de la charrue, — mon vieux corps
« usé n'est plus bon à grand'chose »... — Oui! Je sens
bien, moi aussi, la lassilude m'accabler.
Maintenant, j'ai assez chanté le soleil et la pluie; —
j'ai assez chanté, l'élé aussi bien que l'hiver; — chanté
quand il fut temps, l'amour et la joic de vivre... —
ma tâche est achevée... je n'ai plus qu'à disparaître.

Allons! Quesert-ilde ne faireentendre que des plaintes?
— Le beau temps, lui aussi, n'est-ce pas, ne dure pas
toujours —Voyez, à l'arrière-saison, si on ne rejette pas
de còté — l'épi égrenè sous les coups de íléau !

�138

ADEISSIAS !

— A ouro soun teisâs l'èucés dediens la ramo;
Soun teisâs lous grelits coumo quouro ha plèugu.
Chantaire, en toun chalet, ma le mouchou quo cramo...
Pèr te, coumo en tritout, le Gran-Sero is vengu!

Quand 'naré vel Bouon Dieu, menaré gis de marro;
Li vendré bounamen: « Pèr que m'has fa neisci?
T'avio-hou demandâ de có vene? Dé garo !...
He fa tant qu'he pougu, vès bas, dessoubre tiarro,
E ouro manco ma me bien recèbre eici. »

�ADIEUX !

139

— Maintenant se sont tus les oiseaux dans la branche;
— se sont tus les grillons comme lorsqu'il a plu. — Poéte,
à ta

lampe,

il n'y a plus qu'un bout de mèche qui

charbonne... — pour toi, comme pour tout, le GrandSoir est venu I
Lorsque j'irai vers Dieu, je ne ferai pas d'esclandre;
— je lui dirai

simplement: « Pourquoi m'as-tu fait

naître ? — T'avais-je demandé à venir? Non, certes !...
— J'ai fait

tout mon

possible, là-bas, sur la terre,

— ct maintenant il ne reste qu'à bien m'accueillir ici. »

��MICLAGNAS

�PARTIDO 11°
Lou Cljetit Bèse
Raubeto blanclio e como d'or
Dau petit bèse,
Me passo ticon pé le cors
Quand iéu ous vèse;
Me passo ticon pè le cors,
Pèr-ço-que crèse
Vèire la raubo de ma sor,
La pauro Trèse!
Vèire la como de ma sor
Qu'avio ma dèze
Ans quouro la prengué la mouort!...
Ti ço que vêse
E quo tant fa fresi moun cors
Pèr-ço-que crèse
Tourna vèirc enquéro ma sor
En d'aquet bèse.
(\) V. Jirs dé lous Suts.

�Lou Picljcun Bes
Raubeto blanco e como d'or
dòu pichoun bes,
me passo quicon pòr lou cors
quand iéu vous vese ;
me passo quicon pèr lou cors,
pèr-co-que crese
vèire la raubo de ma sor,
la pauro Trèse!
vèire la como de ma sor,
qu'avié que dès
ans quouro la prenguè la mort!...
vaqui que vese
e que fai tant fresi moun cors,
pèr-ço-que crese
tourna vèire encaro ma sor
en d'aquéu bes!
Revira de l'ouvergnas, dou felibre d'Ambert.
F. MISTRAL
tradusèire prouvenr.au.

�Di de " Peiro-Coubarto
El bouon mètan de d'uen semenadis de triéule,
Proche vès Richardou, ensoubre lous Virans,
N'is coumo un cabanou scns d'eipouor nimé tiéule,
Cont venion fare antan sabat lous revenans.
Quouro eiciro l'eivar, e I'auro endemounido
De sero vet bronla nentour dau roucadis,
Aqueti qu'is tardiéu, beliau b'adoun se dis :
« Acò is l'Arvernio, enquèro endoulentido,
Que lè puro la mouort dau Vercengetoris. »

* *
Prou davans vinguèsse Cesar,
— Au jour d'anu quau sc souvènto
D'aquet tèms marri diens la lieunto ? —
D'omis levèron ti 'n èutar,
En pienca tris peiras de pouènto,
'Bei n'autro, soubre, en tapadour.

�Lé£ende de la
" Pierre-Couverte "

1

En plein milieu d'un champ de trèíle, — près de
chez le

Fils-Richard,

au-dessus des Virans, — est

une sorte de cabane sans cloisons ni tuile, — où jadis
venaient faire Sabbat les revenants.
L'hiver, quand souile l'écir, et que ce vent endiablé
— vient hurler le soir autour du rocher, — ie passant
attardé, peut-être se dit alors : — « c'est l'Arvernie,
encore

inconsolée, — qui

y pleure la mort de Ver-

cingétorix. »

*
Bien avant que vìnt Cósar, — (aujourd'hui qui se
souvient — de cette époque perdue dans le lointain?)
— des hommes érigèrent là un autel, — en dressant
trois

pierres deboul, — avec une autre par-dessus, en

(1) " Pierre-Couverte ", appellation locale du Dolmen.

�166

DI DE PEIIÎO-COUBAUTO

En la paret, gis escuturo,
Gis talho mai ; 'no badaduro
Solo se vet quartei dau jour.
A ouro, rasebu l'entour,
Creiscis quàucas tros de garnassas,
D'eiredis, de bòzis nentous ;
Mas de bregeiras, pèr miliassas,
Lé badon liours és rouïetous.
Dequ'is cò que poudio doun ètre,
E deque sèrvio aquel èutar ?
Moun armo, anu, 'n plaço de prètre,
Vèson ma courre lou rinar.
Pèr proucecièu un vòu de gròlas
Que vireno diens la nèutour ;
E la fumèiro de la niolas
Pèr quelo de I'encensadour.

Dison qu'antan lè se sànnavo
Dau mounde pei coumo beitià,
Quand la luno fino tournavo,
— Tau 'n aretou que s'enbanavo, —
E, de sero, venio se tia ;

�167

LÉGENDE DE LA PIERRE C0LVEUTE

couvercle. — Sur la paroi, point de sculpture, — point
de

taille non plus;

une large ouverture— seule se

voit du côlé de jour (au levant).

Maintenant, tout près autour, — il y croît quelques
pins chétifs,—des
mais

des bruyères,

airelles,
par

des bouleaux nains; —

milliers, — y ouvrent leurs

petits yeux roses.

Que pouvait donc être, — et à quoi

servait

cet

autel ? — Ma foi, aujourd'hui, en guise de prêtre — on
n'y voit courir que le renard.

— Pour

procession,

un

vol de corbeaux — qui

tournoie dans la hauteur; — et Ia vapeur des nuages
— pour celle de l'encensoir.

On

dit

que jadis on

y sacrifiait — des gens plus

facilement que des animaux, — lorsque la lune fine
(nouvelle) réapparaissait, — (tel un jeune bélier faisant
ses cornes) — et, vers le soir, venait s'allumer;

�168

Dl DE I'EIIiOCOUBABTO

Que 'n ome, embei 'no lounjo coumo,
Raubo senlhado mìto cors,
E 'no barbo juco l'estoumo,
Sànnavo embei le couté d'or.
E, dau sannadis viéu que gise*lo
De pèr la nafro dau metar,
Lou Drueide, em d'uen rapan de visclo
N'eipersounavo lous soudar.
Aquel ourrible sacreíìce,
Diris, mas le faguèron-hou ?
D'acò d'ati re nen fourtisse,
léu Ihi ' èro pas... mas cò se pòu.
Ço qu'is segur, hou sabon gaire :
Ti que countavo, au bouon tèms vé,
Ma grando vel fougei, mijaire,
En eichèutena l'eichavé,
Prè hi pèuvâ soun eipoursello :
« M'han dis, fasio la fialarello,
Is d'acò un brave moumèn,
Mario la Maire-Pièucello,
Un cop vengué tot bellamèn
Embei soun fus e sa coulegno

�LÉGENDE DE LA PIERRECOUVERTE

169

qu'uo homme, avec longue chevelure, — une tunique
sanglée à mi-corps, — et une barbe (descendant) jusqu'à la poitrine, — saignait avec un coulel d'or. —Et,
du jet de

sang vif qui jaillit — de la blessure faite

par le méial,— Ie Druide, avec un rameau de gui,—
aspergeait les soldats.

Cet horrible sacrifice, — direz-vous, mais le fit-on ?
— De cela, je n'affirme rien, — je n'y étais pas...
mais cela se peut.

Ce qui est certain, on ne Ie sait guère. — Voici ce
que racontait, au bon vieux temps, — ma grand'mère
près du foyer, i[ me semble, — en pelotonnant
l'écheveau, — après avoir déposé sa béquille :

« On

m'a

cela bien

raconté,

disait la íìleuse, — il

longtemps, — (que) Marie,

y a de

la Mère-Vierge,

— un jour vint doucement, — avec son fuseau et sa
quenouille — de chanvre

roux;

et qu'elle portait —■

�170

DI DE PEIR0C0UBART0

De ehèrbe rouei ; e qu'illo tenio,
Tris peiras diens soun davanté,
'N'autro, manièro de chapé ;
Menimi, 'navo che lugeiro,
Qu'en las flurissas dau seliou,
Vesion pas pico de chaleiro
Qu'èuriâ leissado soun pèutou.
Fialènt de countùnio sa fîado,
S'anavo sens diparija
Re de l'eipijas diens la riado ;
Las fasio niéu pas mai pleja
Que se plejon pas las minaudas
De sauve, en lous lous tèrmis dau rièu,
Quand se pauvon las parpaliaudas !
... D'avans le souléu abouriéu,
Levavo ti sa cabaneto,
Badavo re dau coursetou,
E, au clar d'éitialas, souleto,
Lé bièuravo soun petitou. »

�171

LÉGENDE DE LA PIERRE-COUVERTE

Irois pierres dans son tablier, — et une autre en guise
de chapeau; — néanmoins, elle allait si légòre, — que
dans

les fleurs

trace

de

du

sillon, — on

ne

voyait aucune

la foulée — qu'aurait laissé son pied menu.

Filant sans interruption sa filéc, — elle allait sans
déniveler — aucun des épis dans le sillon; — olle ne
les faisait même

pas

plus plier — que se

ploient

les chatons — de saule, aux tertres des ruisseaux, —
lorsque s'y posent les papillons 1

... Avant le soleil
petite

matinal, — elle dressait Ià

sa

cabane, — entr'ouvrait à peine son corsage, —

et, à la clarté des étoiles, — elle allaitait son petit. »

�Primo en la
Crovo d'Arrens
En Miquèu

DE CAMELAT.

'Bei quelo languisou de fènno qu'lia lassado
'No nut de dous prefas d'amour, la tiarro dèrt
Quito primo de Jun. 'Llo mai, l'ha eilrossado
L'araire dau bouïei toto le jour d'aièr.
Ès l'èubeto, pami, acò se dibourrumo,
E, bellamen, la nut coumenço à beila tour.
Ouro, lous jaus piencâs soubre lou cuchadour
An trai liour crito rouyo eicondudo en la plumo.
Soubre Arrens, d'au souléu, lous rais tiron de-long,
Dau mentre mai, chas pau mourisson las eitialas;
E le iiaut Marmuré, tant que se prenio d'alas,
Poyo à-su mai que mai diens le grand blu prigond.
Soubre soun front d'eivar lé s'is fa 'no vengudo
De nièiilous eibourrâs taus lous piaus de moun grand
Soun cors mai is vesti tot d'uen surpelis blanc...
Quau is' cò ? prètre, dieu ? — Me barre la vegudo

�Le Matin dans le
Val d'Arrens
A Michel

CAMÉLAT.

Dans la molle langneur de I'amante qu'a lassée —
une nuit de douce tâche amoureuse,

la terre dort —

en cette matinée de Juin. Elle aussi, l'a fatiguée — la
charrue du bouvier toute la journée d'hier.
Dès l'aube cependant,

l'atmosphère se désembrume,

— et, doucement, la nuit commence à céder la place.
— Maintenant

les

coqs juchés sur le perchoir — ont

dressé leur crête rouge enfouie sous la plume.
Sur Arrens, les rayons du soleil s'allongent, — pendant
que peu à peu meurent les étoiles; —et le haut Marmuré,
comme

s'il

prenait

des

ailes, — s'élève

de plus en

plus dans le grand bleu profond.
Sur son front de neiges, il est survenu — delégers nuages,
hérissés comme les cheveux de mon aïoul ; — de plus
son corps est entièrement vètu d'un surplis blanc... —
Qui est-il? un prêtre, un dieu?... Je ferme les yeux,—

�174

PRIMO EN LA CROVO D'ARRENS

E ouro, coumo acò, me vene : « Diens la Crau,
Fa 'ti grèu cad de tèms, n'he be la memourènço,
Hen vegu 'n autre " Sut " enquèro prou pus naut
Que se quienlhavo en ple metan de la Prouvènço ! »
... E tiarro janulhâ, coumo davans Diéu fau,
Vo Marmuré-Mistral... Pyrenòio-Prouvènço...
Vous prejé touti dous embei pareiro ardènço ;
E 'cò me pareigué m'èusissias be ta-pau!

Meidio ! L'aigo au souléu riéuvialo diens la crovo,
Dau sut, de soun quartei 'moubile, de sous rèns;
S'eipandis pé lous ros, la prado que fa novo
E fluris ! « 'Jâ, Mistral, aquet Gave d'Arrens I
» Io sort en revoulioun, lou riéu de Pirenèio ;
» Rc pouot pas l'arresta ! De pè le mounde vai,
» Ricoualh de pouésio e de frichuro mai...
» Parei de toun cervé n' is sourtido " Mirèio ! "
to

ìín Arrens, vès Miquèu de Caraelat, uu soi'lre de la S

Estello d'Arle.

Jun de 1905.

II. M.

�175

LE MATIN DANS LE VAL D'ARRENS

et alors je me dis : « Dans la Crau, — voici peu de
temps,

il m'en

souvient bien, — nous avons vu

un

autre " Sommet" encore plus haut, — qui se dressait en
pleine Provence! »
... Et, à terre agenouillé, comme je fais devant Dieu, —
ô

Marmuré-Mistral...

priai tous

Pyrénée-Provence... — je vous

deux avec une égale ferveur ; — et il me

parut que vous m'écoutiez un pou !
* *
Midi! Au soleil l'eau ruisselle dans lavallée, —(venant)
de la montagne, de son flanc immobile, de ses reins; —
elle

se

répand

sur les rochers, sur la prairie qu'elle

renouvelle — et fleurit... « Vois, Mistral, ce gave d'Arrens !
« II sort en tourbillon, le fils de laPyrénée; — rien ne
peut l'arrêter! II s'en va par le monde, — réserve de
poésie et de fraîcheur aussi...

—

de même, de

ton

cerveau est sortie " Mireille!" »
Arrens, chez Michel Camélat, au sortir de la Sainte-Estelle d'Arles.
Juin 1905.

R. M.
(1) Le Marmuré, hr 3146 m., est souvent désigné, mais à tort, sous le nom de
Balaïtous, e'est-à-dire Val la'deux.

�Le Cournàire dau Jeavo-Sènt

Eifans, quand éran petitous,
— Lhi' a d'acò brave tèms, hou crèse —
Au Jeuvo-Sènt, soubre las dèze,
Nous fasion crèire embei tritous
Que, l'eichenlou emai la cloclio
Dau vé clouchei de la perrocho ,
Se nenvoulavon quet mati
Vès Roumo,
Tot coumo
D'oussés

e crejan 'cò d'ati!

Quant de cop mai, ma pauro Grando,
— Davans Diu sia — venio : « An' garçous!
Tiène, Grabié

toto la bando,

Valas vitamen lous bichous
De sepo de trifo e 'nas foro ;
Vel Pouont, viris soubre la Doro
L'oumbras de las clochas passa. »

�177

LE COURNAIRE DAU JEUVOSÈNT

Zou ! Sens cranitre d'eipeça
Lou' eiclots nimé mai las galochas,
— Vou' ai iéu pas dis qu'èran de broch

iS —

Courian per vèire deque ? Re.
Menimi, ayan de vere,
E voulian pas que pariguèssen
Per re-ma cò d'ètre vengus ;
Nou' eurias sànnâs 'vans quo diguèssen
Que nàutris ayan re vegli.

* *

En la Liso, pami ouro re pus demèno;
Vel clouchei vengu mét,
Li vèson ma chas cop 'n ome quc s'eipermèno
Embei 'no corno de mai de sei pèd dimé.
N' hi' a, en vèire d'ès bas, dreissâ dc vés las niolas,
Quel eiplit de far-blan
Sortre tot de d'uen cop dessoubre le cadran,
Que fan : « Qu'ei un fugi per sachina las grolas! »

De qûs (mas quous d'ati beliau de fachinei),
Venon : « Aquet Cournàire,
Eipias ma bien, acò is le Ducouen, mijàire,
Que gulo à-su soun : " fíé Joyeux! " à ple gourgei.

�178

LE COURNAIRE DAU JEUVO SÈNT

— « Ducouen, cò ? Dé non non ! Diensquelo lonjo corno,
(Fai uon de lous Bibti soubre au Pouont-dous-Feignans),
Queti que bronlo, se resto e précò li lorno,
Qu'ei le fìeri vous dise

e iéu sé pas garliand !'... »

Las gorjas se n'eibadon à fouorço de rèire,
E chacu dis cò siéu.
Soun be ti vut ou not, tritous bounas cauciéus :
De dipolhas pus macharâs qu'un tièu de douèire,
D'eubreis fusso-trebai, que s'eitiron lou'arpiéus.

* *
Virâ de vès la Sagno, o be de vès Chamboufo,
Précò dé Sènt-Marti,
Ou be del Mounitei, moun Beri te lé boufo,
Sens re n'en sèubre, de besugnas de lati.
'Cò vai juco lous suts, diens las crovas founsudas,
Ount las ployas de Mar
'Bei lou souleu d'Abria, soubre le manté vard,
Fan eipeli las flurissas de las cocudas.
Corno tris jours tris cops dau jour. Le Jeuvo-Sent :
« Vexilla regis prodeunl »....

�LE COURNAIRE I)AU JEUVO-SÈNT

179

Ribo d'à-su, sabès niéu qunje pas d'en vonte.
Le vèndre : « Stabal dolorom, » bounagènt!

Le sate, à ouro qu'ei las darreiras cournadas :
« 0 Filii et FilioB! »
Filhas, garçotis, venias ! las clochas soun tournadas,
Venias messa.... Rex celestis rex gloriw,
A lleluia !

N. — Ducoucn, les Bibis, types ambertois. Bcrì, le sonneur.

�Lous Mouinis
dc vès la Cl?as-Diea
Air dcs Chanoines de l'Auxerrois.

i

Lous mouinis de vès la Chas-Dieu,
Prè hi fa liouras devoucièu,
'INèron se boutre en taulo,
Embei l'eivejo de goula
E de neja lous secula
Diens le fouond de la fiolo.
Couflis d'enjuc' au goulaïou,
Au dissèr chantavon tritous :
« 'Bei que petit vi nièuren-nous!...
» Rousen-nous la courniolo.... »

II

Au métan d'aquous sapis vards,
Tapâs de niolas et d'eivars,
Diens las lounjas velhadas,

�L0US MOUIN'IS DE VÈS LAS CHAS DIEU

Che d'aquet vi nous bailon pus,
Siren tritous d'omis foutus,
Quand vendron las jaladas.
Noutro maucho dicouílarâ,
Euren milèi dau seditrâ

(1)

An'! Pèr nous manteni chaudra
Bièure quauquas tassadas.

III
Quand tritous éuren prou begu,
Poudrcn brama 17« csitu
Sens cranitre la biso.
Las muralhas demenaroa,
Toto lous Sents n'en brantaron,
Diens noutro vèlho liso.
En dire YOra pro nobi,
Le mouine dreit coumo un sapi,
Trapo que Dieu, sens de bouon v
Cò is ma 'no beitiso.
IV
Dè la cavo, dau bouon pouyou,
Prochas-me quauque boutelhou
(1) Seditra, croque mort.

�LOL'S MOUINIS DE VÈS LA CHASDIEU

D'aquous ples de ragnado.
Bougrc! chaut re diproufita,
Gi d'aigo èuris de li bouta,
Nous foutren 'no nièurado!
Quouro sènte quel' oliqur
Qu'eicalo en m'eichandre le cur,
Dise : « Beni siâ le Seniur
Que sogno la cuvado ! »
V
Embci le vi qu'ai demandâ,
Vole bièure en voutro sandâ,
Mon bouon frèro Suplice,
En voutro mio buve mai,
Quelo que bargnés d'ati-Iai
La gènto sor Alice.
Dé, n'ajas pas pòu de dengu,
Ièr, per l'eichalei ricondu,
Vès noutre abé, dequ'ai vegu'?....
Mounta la sor Clarìsse!....
VI
E te, frèro Juan le Sentou,
Embei la sor Trèse, tous dous,
Vous vèso.í be, mijaire,

�LOL'S MOUINIS DE VÈS LA CHASDIEU

De cop en sortre dau sermon,
Chas cop mai d'aprè l'oréson,
Vous bica diens le caire.
Eito doun te mai bounagèn,
Chau ma lé 'na tot belamèn,
Se vuso, quand sèrt tant sevènt,
La gulho de l'araire.
VII
An be d'eime diens le païs,
Chès lous grands coumo lous petits,
De nous souna : " Moun Pèro".
Mai que d'uon que dision doubâ,
Sa fènno grousseiro a troubâ,
D'aprè noutro prejèiro.
'Cò fai de petits capuchins
Que nous saborï pas liours parents...
Mas chau leva d'àutris cuevens,
Quand venon d'a-pèr-tèiro.
VIII
Sens de vi, coumo sens-t-amour,
Qu'ei s'em

beitia toto le jour,

Garçous, à faire pido.

�L0US MOUINIS DE VÈS LA CHAS-DIEU

Moun armo, nous dinouïarènl
Cherâ prou tèut quand chabarèn
Quelo puto de vido.
Dau pechâ, foutan nou' en à-mort,
Chourlan le vi, aman las sors
Dau mouens quand cheren vengus morts
Eurèn pas la pepido1 -

Aclapté de lu chanson de Vuissièi*e.

�Mito Boa
Meliour poap pas Paure

De fe mito fenei,
De blad mito granei,
Mito botino sirvènto.
Jagudo en voutre leit,
Fènneto dimé gènlo...
N'hès prou ! Voujas pas mei.

Mouralo :
Acò dis, pèr ous fare vèire :
Quouro cresès ht mei, beliau,
Se trobo ma qu'hès prou pus mau...
Is tot ço que nen voulio dire.

*

�Partido dau Counscri
En l'Enri PounRAT,

Pàure counscri, soudar en grano,
S'eissuègno l'é dau mouchadour
E vet gentamen 'bei la Juano:
« Pure pas, t'amaré totjour!
» Anu chau fusse las tiéulagnas
De l'endrei ouonte sé neisci;
Mas, fariâ be cranto campagnas
A milo cent légas d'eici;
» Vendriâ memomèn capitène,
Embei d'argaus barrâs en or,
Pèr te demouraré le Tiène,
0 be siriâ que siriâ mouort I
» Dé ho ! te sis tant bravouneto
Que iéu t'ame d'à ple moun cur!...
Vo, che m'èubledéssas, Juaneto,
'Cò mè siriâ trop dau malur!

�Bépart du Conscrit
A Henri PouitRAT.

Pauvre

conscrit,. soldal en

graine, —

qui s'essuie l'ceil avec le mouchoir — et dit
doucement à sa Jeanne : — « Ne pleure pas,
je t'aimerai toujours!
» Aujourd'hui

il faut m'éloigner des toi-

tures—de l'endroit où je suis né; — mais,
je ferais bien quarante campagnes — à cent
mille lieues d'ici;
» je

viendrais

mêmement

capitaine, —

avec un costumc chamarré d'or, — que pour toi
je demeurerai l' " Etienne, " — ou bien ce
serait que je serais mort!
» Ah oui! tu es si genlille — que je t'aime
d'à plein mon caiur! — Oh ! si tu m'oubliais,
pelite

Jeanne, — ça

malheur!

me serait

trop

du

�PARTIDO DAU COUNSCRI

» Pénso 'bei iéu, ma mìo gènto,
ïant liuen iéu siage menìmi;
E prèjo la Viarjo à mò juènto
Pèr poudi dounda l'enemi.
» Chas cop mai, vès le bouord dau sero,
Cbe pensas: « Ouont is quilo nut?»
Vai t'ès la liso tia 'no cero
E dijo m'un " Je vous salu.
» Torno précò sèut le (Ìrand-Fraisse,
Ouont nàutris soulian nous seta,
Quand l'eitialas venion de naisse...
Beliau creiras lé me peita.
» Adoun, che fase santinello,
Embei te mai iéïi reibiaré :
'Bei te que seras ma ganello,
Pas pus tard ma quand tournarè. »

�DÉPART DU CONSCRIT

» Pense

à moi,

aimée jolie, — si loin

que cependant je sois; — et prie la Yierge
à main jointe — pour que je puisso vaincre
l'ennemi.
» Parfois aussi, vers le bord du soir, —
si tu songes : « Où est-ií, cette nuit? » — vas
à l'Église, allume un cierge — et dis à mon
intention, un " Je vous salue. "
» Revicns ensuite sous le Grand-Frêne, —
où nous avions coutume de nous asseoir, —
alors que les étoiles venaient d'apparaître...
— peut-ètre, croiras-tu m'y attendre.
» Alors,
aussi

je

si je fais sentinelle, — à toi
rèverai : — à toi,

femme — pas

plus

lard

reviendrai. »

t

qui seras ma
que quand je

�" El Païs î
" 'ÍNa el païs ! " ■— Fa ti prou 'nadas
Que l'eivejo me nen prengué ;
La mamo, en micla de renadas
E de lagremas me vengué :
« Is pèr de bou, drole ? » Ho ! li fase...
— Quant avio? diasèt ans, pas mai,
E grèu cad mai d'eime que 'n ase...
Dé ! creson prou sèubre, perai ? —
— «. Perque te nen 'na, paure Blase,
» Te, que ta lauro a pas tris piaus,
» Qu'en l'eurelhû sis niéu pas seche ?
» Ch'en l'oustau cò cé is pas rechc,
» Hen noutrc prou de pouò, beliau,
» E pèr nen preiti, prou fareno !
» Diens uen caire is le tounelou ;
» Dau trau bransolo 'no coudeno...
» Dé pàure, que te manco-hou ? »
« — Mamo, me manco deque vole :
» Vèire que n'is el païs liuen,

�" Au Pays î
" Aller au Pays ! " Voilà bien des années — que
l'envie m'en

prit ; — la mère, en mèlant des gron-

deries — et

des larmes,

me dit : — « C'est pour

de bon, petit ? » « Oui ! » liii dis-je. — (Quel àge
avais-je ?

dix-sept

ans,

pas

davantage,

—

et

pas

beaucoup plus de bon sens que notre bourricot... —
Bah I

on

croit

assez

savoir,

n'est-ce

pas) ? —

« Pourquoi t'en aller, pauvre Blaise ? — toi, dont la
» lèvre n'a pas trois poils, — (toi) qui vers l'oreille
» n'est

même pas sec ?(2). — Si à la maison ce n'y est

» pas riche, — nous avons notre suffisance de pain,
» peut-être, — et,

pour en pétrir, assez de farine !

» — En un coin est le petit tonneau ; — à la poutre se
» balance lc lard... — Hé pauvre ! que te manque» t-il ? »
« — Mère, il me manque de ce que je veux : —
» voir ce qu'il en est au pays lointain, — ce qu'il
(1) Aller au Pays, c'est, pour les jeunes gens, aller dans les départements,
proches ou éloignés, chercher du travail et s'employer comme scieurs-de-long,
terrassiers, peigneurs de chanvre, etc...
(2) N'êlre pas sec derrière Voreille. — Expression courante pour désigner les
premiers jours qui suivent la naissance.

�192

EL PAÏS !

» Que n'is dau mounde, e lii d'argènt...
» Mamo, veti que vòut loun drole.
» N'he prou de manpia le voulan,
» 0 tcne la quouâ de l'aradire,
» En m'eirampa pèr grand cad faire,
» Lous tris quarts-e-dimé de l'an.
» Vole counisse la grand-hialo,
» Ouont lè se viéu sens tant trebai ;
» Ouont han lansous de fino tialo,
» Bouno coussuro e... licon mai ;
» Ouont han 'no briâ, de bravo vido,
» En lé hi ço que volon hi :
» De mounudo saco garnido,
» De gèntas drolas e dau bouon vi !
» Mamo, sabis que voulias sèubre...
» Bouto-me ma diens moun sachou
» Tant d'argaus que lé poudron chèubre
» E... adeissias! Fajo un poutou. »
* *
Io se nenfus pé le pourtou ;
Mentre que la pàuro s'eimayo,
Labri le rapo au tiéu de brayo...
Mas cò fai 'bei quel andialou

�193

AU PAYS !

» en est du monde et avoir de l'argent... — mère,
» voilà ce que veut ton íils. — J'en ai assez de ma» nier la fancille, — ou tenir le manche de la cliarrue
» — en

m'éreintant pour

peu gagner, —

les trois

» quarts et demi de l'an.

» Je

veux connaître la

grand-ville, — où l'on y

» vit sans autant de travail ; — oú l'on a des draps
» de fine

toile, — bonne couette et... quelque chose

» en plus; — où l'on a un peu d'agréable existence,
* —

y

ayant

tout

ce

qu'on

peut

avoir

:

—

» d'argent la poclie fournie, — de jolies fìlles et du
» bon vin !

» Mére,

tu

sais

ce

que tu

voulais

» mets-moi seulement dans mon
» frusques

qu'il

pourra

contenir

sac
—

savoir...

—

— toutes

les

et...

adieu !

» embrasse-moi.

* *

II

s'en

va par la porte basse. — Pendant que la

pauvre (mère) gémit, — le chien le saisit par le fond
de

sa culotle... — Mais qu'est-ce que cela fait à cet

�194

EL PAÏS !

Que sa mamo niéu be purèsse,
Oumi que le chi li japèsse ?...
Li fa tant coumo re dau tout.
Countènt, e lugei de las pautas,
Se nen vai en coufla las jautas
'Bei la fumeiro d'uen pipou ;
Li paris be dengu le dounde !
« En liò, segur, Ihi' hâ gi païs
Ouont siage drolis mei batis,
Pus gèntas drolas mai, — se dis —
M'en le païs de quite mounde 1 »
Le 'ti que fa peta l'eicliots,
Tau dous martés soubre n'enclumo ;
Sèut la solo la mouto fumo,
E niéu las ròfias fason íiò.
— Coué branlant, un bouon vé, d'assetou ès sa pouorto,
Casque eiblanchi, tau lous sardeis dau mis de mai,
Vengué, en vèire 'na moun drole d'aquet biai :
« Quant n'he vegu, dipus que la tiarro me pouorto,
» D'aquous joueinis rinars que s'eimoulon les piàs !
» fìoutas ! quouro han rèujìl de goro enrabinado,
» Vel doueire e le courmai, liau fason liour tournado...
» Leissas ma pissa le beiliàs ! »

�19o

AU PAYS !

étourneau — que sa mère ploure, — ou que le chicn
lui aboie après?...

— Cela lui fait lant comme ricn

du toul.

Satisfait,

et

la jambe légère, — il ya en gonflant

les joues — avec la fumée d'une courte pipc. — II lui
semble

bien que

« Nulle

part

personne ne puisse

assurément,

il n'y a

soient des garçons mieux
filles aussi, — dit-il

—

de

l'arrêter I —■
pays —

bàtis, — de plus
que dans

le pays

où

jolies
de

ce

monde 1 »

Lo

voilà qui fait claquer les sabots, — tels deux

marteaux sur une enclume;

— sous

sa semelle

la

motte fume, — et même les cailloux font feu.

— Le cou branlant, un bon vieux assis au seuil de
sa porte, — la tête blanche comme les cerisiers du
mois de mai,

— dit

en

voyant aller le garçon de

cette manière : — « Combien en ai-je vu, depuis quo
» la terre me
» s'aiguisent

porte, —

les

dents !

de ces jeunes renards qui
—

Laissez donc! lorsqu'ils

» ont mangé de Ia vaclie enragée, —vcrs la marmitc
» et la crémaillère,

ils ont vite fait rctouiv.. — Pa-

» lience seulement ! »

�196

EL PAÏS !

De fé, illo fugué pas lounjo
La courrigudo ès quet Paris !
De tot ço que li n'avion dis,
— Quau sâp ? beliau le Paradis ! —
Vegué liau qu'èro ma moussonjo.

Tab', ès l'oustau se nen tourné
Flapis. — Ai ! qu'acò le lagnavo ! —
Bado le pourtou con s'en 'né :
— « Hau mamo ! » — « Que ? » — « 'Ti toun einé... »
— « Sèto-te drole, te peitavo. »

�AU I'AYS !

197

En effet, elle ne fut pas longue — l'escapade vers
ce

Paris !

— De tout ce qu'on lui en avait dit, —

(savoir quoi ? que c'était peut-être le Paradis!) — il
vit bientôt que ce n'était que mensonge.

Aussi, vers le Iogis s'en revint-il — vanné... Ah !
qu'il lui en coùtait! — II ouvre la petite porte par
laquelle il parlit : — « Hé, mére ! » — « Qu'est-ce
que c'est ? » — « Voici ton fìls aîné... » — « Assiedstoi petit, je t'attendais. »

�Sebcuturas
Pàure Bartau, ve de mouri !
'Cò is pèr se chabá de viéure ;
Chabâ mai las pias de li déure...
A poríâ inferì!
A ouro que re mai l'eimoudo,
A cop de garlopo e d'eissès,
Li fan, en la darreiro moudo,
Un panetot de seis mourcòs.
Pas mitei íìau uimé couduro :
De tachas d'uen pouce e dimé,
Toûticha de bròn pèr coussuro,
E... lou seditrâ l'eitremé.
En le lansou d'ensebclido,
Se bouto un Bouon-Diu de bèu nei ;
'No ramo de rapan de bouei
Sausso diens d'aigo benesido,
Soubre 'no selio, de quarlei.

�punérailles
Le
Pour

pauvre

Bartaut

vient

de

mourir I

—

lui c'est lìni de vivre; — fini aussi les

dents de lui faire mal ... — A portd inferi!

Maintenant
coups de

que

plus

rien ne

l'émeut,

— à

rabot et de hachette , — on lui fait,

à la dernière mode,
morceaux.

—

un

paletot

en

six

Nul besoin de íìl ni de couture : — des clous
(longs)

d'un

pouce

et

demi,

— un

peu de

sciure pour matelas, — et... le croque-mort l'a
emballé.

Sur le drap
met un
de

qui

recouvre le cercueil, — se

Bon-Dieu de bois noir; — un morceau

rameau

de

buis — trempe dans de

bénite, — (placée) sur un escabeau à côté.

l'eau

�SEBÈUTURAS

Chacuen, mò manso en la pitregno,
Se proclio en se sègre de - rang,
Qne fa : uen, dous, tris, catrc... e segno
'Bei lous càtris cops clau rapan.
Tritous, em' liour pus gènto vesto,
Diens la meisou se soun crouchâs :
De parènts, d'amis... che nen resto...
Qu'han d'ers féugnars o d'ès machâs.
Filhèu, quc sap soun peiri reche ;
Nebout, quc peitavo la mouort ;
0 filhado, que jonlo à-mort,
E, menimi, puro de seche.
De bas, que dis : « Vo ! menimi,
Quite cop lé sis bc, dipolho ! »
E, de naut, en siéula, bricolho :
« ... 'Cò pous-sible ... Ber-te-le-mi!...
» Vohio moun Diu!... Vo, paure papo I...
Deque faren ? »
de bas :

« Ouro le be
Qu'is noutre, èuré tot le Iebc
E goularé moun séu de gàpo. »

�201

FUNÉRAILLES

Cliacun,
proche

main

en

gauche

à la poitrine, — s'ap-

se suivant à la file ,

deux , trois,

— fait :

un,

quatre... traçant un signe de croix

— avec les quatre coups du rameau.
Tous,

avee

leur plus

bel habit,

—

dans la

maison se sont rassemblés : — des parents, des
amis...

s'il en reste... — avec des mines sour-

noises ou des yeux battus.
Filleul, qui sait son parrain riche ; — neveu,
qui

attendait la

mort ;

—

ou belle-fìlie,

qui

hurle abondamment, — et, néammoins , pleure
à sec.
Elle dit, tout bas : « Ah ! enfin, — cette fois
tu y es, canaille ! » — Et, tout haut, en pleurnichant, elle balbutie : — « ... est-ce pos - sible... Bar - the - le - my !
« Hólas,

mon Dieu !

Ah !

pauvre

père ! —

Que ferons-nous ?
tout bas :

Maintenant que
— est à nous, j'aurai tout le premier
lait, — et je mangerai mon saoul de gdpe. »

le bien

�SEBÈUTURAS
de naut :

« Quau, ouro, eigarâ mas massolas
Ouro, quau garnirâ mous fus ? »
de bas :

« Te sis crebâ... tant de foutu !
A ouro que tu lé sis pus,
Euras pas mitei de leissolas. »

La Partido

Tot acò puro em' de sèuliau ;
Omis, fènnas, drelous et drolas,
Sègon la boueitio dau Bartau,
Soubre d'eipanlas coumo un trau,
Mentre que tabuton las solas.

Dau caire de soun davanté,
N'is uno qu'issuègno sas jautas ;
N'autre sét, que tiro las pautas,
Couè tors, e plejo dau raté.

�203

FUNÉRAILLES
haut :

« Qui, maintenant, réparera mes massoles ?(battoirs). — Maintenant, qui garnira mes fuseaux ?... »
tout bas :

« Tu
tu

n'y

es crevé... tant pis I — Maintenant que
es

plus,

— tu

n'auras

nul besoin de

bouillie... »

Le Départ

Tous
mes,

pleurent avec des boquets ; — les hom-

les femmes,

les garçonnets et les fillettes,

— ils suivent Je cercueil du Bartaut, — (porté)
sur

les épaules,

ainsi

qu'un tronc de bois, —

pendant que claquent les semelles.

Avec
qui

le coin de son tablier, — il en est une

s'essuie

traînant

les

joues ;

les jambes,

bant les reins.

— une

autre

suit,

— le cou penché et cour-

�204

SEBÈUTURAS

Tritous, vès las Crovas-dau-Mas,
Han vougu sègre en quet vouïage,
Pré hi plantâ 'ti liour èubrage,
Queti que mai tournarâ pas.

El Ccn?et&gt;tèri
Ouro, chabâ dau mouchadour !
Soubre las pèus cléuvadas,
De tiarro, pèr palladas,
Devalo em' d'uen brut de tambour.
Précò, chacuen le laisso ,
Ouro que l'han metu,
Eivenlà diens sa caisso,
Au prigond dau pertu.
Ouont èro cavado la crovo,
Que lé vesion re ma de nei,
Ouro, ta-pau de tiarro novo
Fa coumo un pouyou de téupei.

Peitas I Le Tèms, grando gadoueiro,
Diens quasi-re, hou planarâ;
Soubre, précò, 'no fouorto peiro
Escutado se boutarâ.

�205

FUNÉRAILLES

Tous,
suivre

vers les Croves-du-Masw, — ont voulu
dans ce voyage, — après avoir suspendu

leur travail, — celui qui ne reviendra plus.

Au Cinjetière
Maintenant, c'en est fini
Sur

du

mouchoir !

—

les planches clouées, — la terre, à pelle-

tées, — descend avec un bruit de tambour.
Ensuite, chacun le laisse, —maintenant qu'on
l'a mis,

-— étendu dans sa caisse,

— tout au

fond du creux.
A la place où était creusée la fosse, — dans
laquelle on ne voyait que du noir,

— mainte-

nant, un peu de terre fraîche — y fait comme
le monticule d'une taupinière.

* *
Attendez I Le temps,
bientòt

l'aplanira ;

ce

grand

— ensuite,

grosse pierre — sculptée s'y posera.
()) Les Croves-du-Mas, nom du cimetière.

niveleur,

—

au-dessus, une

�SEBÈLTURAS

Coummenço sa pus lounjo eènso,
Acò is pas de dire non.
Ati, van eicrièure soun nom,
Embei sa mouort e sa neissènço.
Fugué io niéu pei que Mandrèn !
Fugué io pas prtm mai rèubaire
Qu'is pas le pelliarot pesaire!...
Ouro, de se, n'is re couniènt.
Que le sounèsson Come,
Que fuguèsse Bastien...
Fa de re ! Ti, pas mouen,
Le sonon un brave ome...

Ainsen-souét-il, amen !

t

�FUNÉRAILLES

207

11 (Bartauí) commence son plus long bail, —
il

n'y

a pas à dire

non. — Là, on va écrire

son non, — avec sa mort et sa naissance.

Fut-il pire que Mandrin ! — íut-il plus
voleur — que le pelharol(1&gt; peseur !... — maintenant, de lui, on ne connaît rien.

Qu'on
lien...

le

nommàt Côme, — que ce fût Bas-

— cela

ne fait rien ! Là, du moins, —

on l'appelle un brave homme...

Ainsi soil-il, amen !

f

(1) Pelharot. Chiflonnier ambulnnt.

�'No Messo dc lous Mouorts
(Di)

El païs de lous Mouorls,
— M ' han dis o iéu hoii crèse —
Un cop, soubre las dèze,
Lé se quienlhèron de cors
E faguèron : « Quous dediens liarro,
Quous-ti " quiescunl in pace ",
Anen I del sero venias cé,
Que sés jagus... la nut is claro !
» Adoun, sounaren lou curat
Que io vene dire la messo,
E précò soun estolo presso,
Io chante mai lou " libera ".
» Vejas quet bèse embei sa coumo,
S'acò is pas un lume d'or !
Soun trau blanc, s'acò is pas coumo
'Nó grando cero de lous mouorts !

�Cne Mcsse Macabre
(Légende)

Dans le cliamp des Morts, — (on me l'a affirmé ot
je

le

crois) — unc fois, sur les dix licures, — s'y

dressèrenl des corps

qui dirent : « Ce:ix (qui sont) dans la terrc, —
ceux-là

qui

"

reposent en paix ", —

soir venez ici, — (vous)

qui ètes

allons !

couchés..1.

ce

la nuit

est claire !

» Alors nous
vienne dire

la

appellerons
messe,

— et

le Curé — pour

qu'il

qu'ensuite, ayant pris

spn étole, — il chanto encore le " libera ".

•
» Voyez
n'est pas

ce

une

bouleau, avec sa chevelure, — si cc
flamme d'or !

— Son tronc blanc, si

cc n'ost pas comme — un grand cierge des morts !

�210

'XO MESSO DE LOUS MOUORTS

» Quau fara clei ? Quelo pibouno I
ïa pau de ruado, l'eiparsou ;
L'auro que fiaulo, lou-s ripous,
'Bei lou cre-cri pèr l'eichenlouno. »

* *
Veguèron s'eibada las toumas
I)c tiarro és las Crovas-dau-Mas.
Quen pau de brut quelas fantoumas
Fasion sens gi marco de pas I
Ch'avias vougu prene quaucuno,
Que venio en rasebu dau sèu,
Eurias ma tengu un lansèu
Fa en tialo de clar de luno.
Précò tournèron diens la crovo
Pèr lé reprenc liour grand som,
Ouonl dengu ha set nimé fouom,
E fason la mai lounjo pauvo.

+

�211

UNE MESSE MACABRE

» Qui

fera

de

rosée

les

répons,

l'assistant ? Ce peuplier ! — Un pen

(fera)

l'aspersoir ;

— avec

—

le vent ipii souffle,

le cri-cri du grillon pour clo-

cliette. »

* *

On
vers

vit s'entr'ouvrir

les

Croves-du-Mas.

les

monticules

— Que

— de terre

peu de bruit,

ces

fautômes — faisaient sans aucune trace de pas !

Si vous aviez voulu
s'approchait au

ras

prendre

du sol,

l'un

d'eux,

— qui

— vous n'aurjez tcnu

qu'un linccul — fait en toile de clair dc lune.

Ensuite,
prendre

leur

il

revinrent à leur fosse — pour y regrand

sommeil,

— où

personne

n'a

soif ni faim, — et où l'on goûte lc plus long repos.

�Eimàyo
Tau dôvon rèire au cia, tau iéu mai he reigu,
En prene lous totous redonds d'à plenas graugnas.
Me poutounavon hou, doun 1 A ouro, dengu...
Lous vés prenon, perai, lou biais de Baragaugnas.

Joueine, quant n'he segu d'aquous mourres gentous
Vel bèu, ouont he begu d'amour à pleno lauro !
E ouro, mai-que-mai flapis, is de lansous
Que sègue... — Lountèrns vièure is ma de vido pauro !

El jour d'anu, nen sé vès l'oro dau sere :
S'he 'gu plasi he 'gu enquèro mai de peno.
Mas, deque fai 'bei Quet d'à-su, quau reit quau reno ?
... Re !

�Mélancolie
Ainsi que l'on doit rire au ciel, moi aussi j'ai ri, — en
saisissant la rondeur des seins à pleins doigts. — M'embrassait-on, alors ! Maintenant personne...—Les vieux
prennent, n'est-ce pas, l'aspect d'épouvantails.
Jeune, combien en ai-je suivi de ces jolis minois —
sous le taillis, où j'ai bu l'amour à pleine lèvrc ! — Et
maintenant, de plus en plus lassé, ce sont des linceuls —
que j'accompagne... Vivre longtemps n'e'st que de la vie
misérable I
Aujourd'hui, j'en suis à l'heure du crépuscule : —
si j'ai eu de la joie j'ai eu encore plus de peines. —
Mais, que fait à Celui d'en haut,
gémit ? — ... Rien !

qui

rit (ou) qui

�Lc Jujamcn dc S*-Piarrc
(Hèn mitei d'Eifans).

« Maridas - ous, fajas d'eifans ! »
Le Seniur digué 'cò d'eijaire.
Demore gis d'eiplito au caire...
IN'lièn tant mitei pèr nòutris chams !
— Un cop, Sent-Piarre el Paradis ,
Que nen tet la clau de las pouortas,
Veç;ué ma riba un bourdis
De moundo de totas las sortas :
De païsans, de vialeirous,
E de moussus e de madamas,
— Chacuon re ma embei liours amas , —
De maridâs e de garçous,
De dròlis mai, embei de íìihas....
Ero coumo un tropé de vouilhas
Que se bussavon 'ti tritous.
Un medeci, proumei tabuto ;
Un fourmancien, précò 'no puto.
Pèr darrei, 'cò venio de quouas

�Lc Ju§cmcnt dc S*-Picrrc
( Nous avons besoin d'Enfants ).

« Mariez-vous,

faites

des

enfants I » — Le Soi-

gneur a dit cela, il me semble. — Qu'il ne resle aucun outil dans les coins... — Nous en avons si grand
besoin pour nos champs 1

— Un jour Saint-Pierre au Paradis, — dont il a la
clef des portes, — vit subitement arriver une cohue
— de gens de toutes sortes : — des paysans, des citadins, — des messieurs et des madames, — (n'ayant
chacun rien

que leurs âmes), — des mariés et des

célibataires, — des jeunes gens et des jeunes íìlles...
— c'était comme un troupeau de moutons — qui se
poussaient là tous.

Un médecin, frappe le premier ; —■ un pharmacien,
et ensuite,

une fdle de joie. — En arrière, il venait

des queues —

d'avocats suivis d'avoués , —■ et des

�LE JUJAMEN DE SAINTPIARRE

D'avoucats segus d'avouats,
E de cleis embei de noutàris;
D'ussiés, de curâts, de vicàris....
— Tot acò is d'omis de be,
E soubre-tout quelous d'afaire,
Que volon ma, tritous le be...
Aquet dau maleirous pleidiaire. —
Pèr chaba 'cò ribo ès le cia
'No vèlho fdho eicarcassado,
Que bàilo dau tièu 'no bussado
Sens que pouguèsson l'empeicha.
Piarre paris diens 'n'eilussiado
E fa : « Venias vàutris vès iéu,
Que sé le Juge dau bouon-Diéu!
» An' ! Procho - te 'ti, medeci,
E, venio te mai fourniancien!...
Perai? sens vàutr', en re de tèms,
De tant de mounde que neiscis,
La tiarro vengudo petito
Dé ho, nen tendriâ pas h mito,
Mas nen tués be che telamcn !
Seriengado en eilavamen,
Emplàtris, drogo incounigudo...

�217

LE JUGEMENT DE SAINT PIERRE

clercs avec des notaires ; — des huissiers, des curés,
des

vicaires... — (Tout cela

bien , — et surtoul

c'est des

hommes

de

ceux (les hommes) d'affaires, —

qui lous, ne veulent que le bien... — celui du malheureux plaideur).

Pour finir, arrive vers le ciel, — une vieille fille
toute cassée,

— qui donne du derrière une poussée

— sans qu'on puisse l'en empêcher.

Pierre paraît dans
autres, venez vers
le Bon-Dieu!

un éclair

—

et dit : « Vous

moi, — qui suis le Juge pour

»Allons! approche-toi ici, médecin; — et, viens toi
aussi,

pharmacien !... — N'est-ce

pas ?

sans vous,

en peu de temps, — de tant de monde qui naît, —
la terre, devenue trop petite, — certes, n'en contiendrait pas la moitié, — mais vous en tuez bien tanl!
—

Coup

drogues

de

seringue

inconnues...

en

lavement, — emplâtres,

— Bah ! Tout cela fait de l'ar-

�LE JUJAMEN DE SAINTPIARRE

Basto! Tot acò fa mounudo.
E le mounde mouris ma mei...
Nentras ! fasés voutre mitei.

» À te , bravouno Madalène ,
Anu, chau l'amour que te mène
El Paradis tot drit.
Sis gudo tant amado,
Que te sis perdounado,
Coumo ha dis Jesu-Chrit.
L'amour is 'no prejeiro...
Passo 'ti, te proumeiro !

» E vàutris, mounde de íìlous,
— Dise le mounde de chicano, —
Omis de liso embei soutano,
Vautris, las drolas, lous garçous,
Nenlras, venias, Diéu ous perdeno!
Chacuon, davans qu'ètre vengu,
Hès be gu voutre séu de peno,
Perai ? Sufis de hi viéugu.
Ta pau de mouens, ta pau de mai,
Mas, de que ous faguèssas niéu
Es bas, chacuon agué 'cò siéu,
E chacuon agué be soun fai. »

�219

LE JUGEMENT DE SAINT-l'IERRE

gent, — et

les gens ne meurent que mieux !... —

Entrez ! vous exercez votre profession.

»Toi, gentille MaJeleine, — anjourd'hui il faut qne
l'amour te
as

TLI

ainsi

été
qu'a

conduise
si

— au Paradis directement. —

aimée —

que

dit Jésus - Christ.

tu
—

cs pardonnée, —
L'amour

est

une

prière... — passe là, toi, première !

» Et

vous autrcs, monde des íîlous, — (je dis le

monde de chicane), — hommes d'église en soulane, —
vous, les filles et les garçons, — entrez, venez, Dieu
vous pardonne ! —Chacun de vous, avant d'être venu,
—a
il

bien

suffit

eu

son

d'avoir

plus , — ìnais ,

saoul

vécu.

de

peine, — n'est-ce pas ?

— Un peu

moins,

un

peu

quoi que vous ayez fait, — sur terre,

chacun a eu son lot (ça sien), — et chacun a eu son
faix. »

�LE JUJAMEN DE SAINT-PIAURE

Mas, qu'acò is que se ricond
Alin ? Quaucu o be quicon ?
M'engane pas, pardino,
Is la vèlho bedino :
« De qu'has fai diens la vido,
Embei toun dinouïaní ?
Te nen sis pas servido...
E pami, chau d'eifans
Pèr manpia lous voulams.
Pèr fare la crebido
E juda le grangei !
Sis coumo aquet vé benitei,
Alin, ouont fìalo la ragnado,
El caire ricoundu ,
E se procho dengu...
Re ma te de dànnado !
Vai prene pèr galant
Lou diable que s'einoyo...
Anen doun, gènto nòyo,
Anen, foueito le camp!

�LE JUGEMENT I)E SAINTPIERRE

Mais,
bas ?

qu'est-ce

Quelqu'un,

221

que c'est qui sc dissimule — làOQ

quelque chose ? — Je ne me

trompe pas, parbleu, — c'est la vieille béguine :

« Qu'as-tu

fait

pendant ta

vie ,

— de tes char-

mes ? — Tu ne t'en es pas servie... — et cependant, il faut des enfants — pour manier les faucilles,
— pour façonner la terre — et aider au fermier!

» Tu

es commc ce vieus bénitier,

tisse l'araignée, — caclié
personne ne va...

dans un

— là-bas, où
coin, — et oú

»II n'y a que toi de damnée ! — Va prendro pour
amoureus — le diable qui s'ennuie... — Allons donc,
jolie mariée, — allons, íîche le camp ! »

�Di de Païsans
L'eitiéu, prou d'oro ; lou Beni e lou Grabié que soun vesis, bouton
le nas fouoro.

B. — Sis tant abouriéu, del mati!
G. — Dé bo !

las neiras me goulavon e me poudio

pus dermi. Ma ganello, coum' acò m'is
vengudo : « Dé ! chabo de demena, e laisso
dermi

le

paure

mouonde.

» Adoun, me sé

plantâ. Mas, tc mai, sis pas tardiéu, mijaire...
B.,

viso ie tèms:

—

Ho! Me sé levâ d'oro rapouort le tèms ;

pléurâ, sabé...
G. — Pléurâ ? 'No bouno m... ! N'ha pissâ tris goutas
ahéiri, e anu n'is pu couniènt.
B. — Monimi, lou tèms is confle.
G. — Lou tèms is prou couíle, che volis, mas quelo
puto d'auro
pas creba.
mantet.

dispartis
E, 'n

las niolas que podon

plaço de

B. — Pami, n'èurian gran 1 mitei

de

pléure,

acò

se

ta-pau d'aigo !

Eijo me quelous vouyèuris... pas mai longs
que 'no barbo dau sate.

�Propos dc Païsans
L'été, de bonne heure; Benoit et Gabrìel qui sont voisins, mettent
le nez dehors.

Tu est bien si vaillant, ce matin !
Oui, certes ! Les puces me dévoraient et je ne
pouvais

plus me rendormir. Ma femme m'a

dit, comme çd : « Allons, íìnis de t'agiter, et
laisse dormir le pauvre monde. » Alors, je me
suis planté. Mais, toi aussi, tu n'es pas en
en retard, il me semble.
regarde ie temps

:

— Oui ! jo me suis levé de bonne

heure en raison du temps ;

il pleuvra, sans

doute...
II pleuvra ? Jc t'en fiche ! II en est tombé trois
gouttes hier, et aujourd'hui il n'y paraîtplus.
Cepondant le temps est chargé.
Le temps est bien chargé, si tu veux,

mais ce

maudit vent disperse les nuages qui ne peuvent
pas crever; ct, au lieu de pleuvoir, le temps
persiste.
Pourtant,

nous aurions grand besoin d'un peu

d'eau I Regarde ces regains... pas plus longs
que ma barbe du samedi.

�224

Dl DE PAÏSANS

G. — N'éfé I Quant fa, ouro, qu'ha pus pléugu?
B.,

que se penso:—

G. — Is

be

Fa ati dous mis, gaire à dire.

loag, per acj 1 Loa vouyóure?...

E las

rabeiras que vuvon niraé crèbon ! Adoun, ma
Bardello e ta
aya ?

FroumèntOv..

coumo

las

fare

B. — Cheti pàure tèms !
G. — Ho, foutu tèms, s'acò countùnio.
B. — Que lé doun faire ? Re.

Aqueli su-nau fa ma

coumo vòut... — Tè ! boujan nàutris d'ati...
Me chau na difare quet planjou...
G. — E iéu, 'na digrama las trifas...
partisson.

FI.

Avoust de 1908.
R. M.

�223

PROPOS l»ì PAÏSANS

G. — En elïet! Combieri y a-t-il,

mainlenant,

qu'il

n'a pas plu ?
B.,

qui rédéchit:—

Voilà deux mois, à peu près.

G. — C'est bien long, par ma foi! Le regain?... Et les
raviòres qui vivent ni ne crève.it ! Alors, ma
Bardellc et la Fromenïe,,.. comment leur faire
donner le lait?
B. — Mauvais temps !
G. — Oui, temps de misère, si ça dure.
B. — Qu'y faire ? Rien. Celui d'en haut ne fait que
comme il vcul...

—■ Tiens ! ôtons-nous de

Ià... il faut que j'aille défaire cette meule de
blé...
G. — Et moi, aller désherber

le

champ

de pommes

de terre...
ils partent.

FIN.

Août 1908.
R. M.

��227

Corrections

P. 12, 5e vers, lire Doro au lieu de Dore
P. 18, 1er vers,

id.

id.

id.

P. 32, 3" vers, lire panladas au lieu de pandalas.
P. 40, dédieace, lire proufessour au lîeu de professeur.
P. 124, 13" vers, lire que voulès au lieu de que voulé.

�Taulo
PAJAS

Règlos pour la prononciation

7-11

Prefacio.

'2

Virado

U

Partido 1°
Em moun Païs (sounet)

16

Ma Doro
Patrio!

18

24

Viro que viraras

28

Pè Païs
Pauvo-te Grangei (sounet)

3i

40

Er de Lèuveto

.

£2

Voues de las Fouonts

44

.

.

D'eijaire (sounet)

50

La Crossairo

52

La Cigalo

36

E viro ,

Fus de ma Coulegno

Chansou dau Pastour

60
64

�Table
PAGES

Règles pour la prouonciation

7-11

Préface

13

Tournée

*8

Ire Partie
A mon Pays (sonnet)
Ma Dore

17
•

19

Patrie!

25

Tourne que tourneras

29

Par Champs

35

Repose-toi, Fermier (sonnet)

41

Chant d'Alouetle

43

Les Voix des Sources

45

Mirages (sonnet)

51

La Berceuse

53

La Cigale
Tourne, Fuseau de ma Quenouille ...

57
61

Chanson du pâtre

65

�230

TAULO

PAJAS

Cops d'Eicoussour

70

Van claure

74

Counte de la Grando

78

Lou Grelet

82

Van gèire

86

L'Arpado
Fedas.

1° La Paro

90
94

II» La Draïado

96

Sèut le Palhis

100

L'Eiciro

104

Darreiriâ

108

Retrais d'Eivar

112

Joueino Païsando

116

Vé Païsan

120

Es la Prejeiro dau Sero

124

Es la Messo de Ménut (sounet)

126

Missou (sounet)

128

Prejeiras dau Païsan

130

'N Eirous

136

Lou Chaine

138

Iroundas

144

Sèut lous Bèzis
La Chadeno (sounet)
Menimi ! (sounet)
Adeissias !

' •

•

130

152
154
156

�231

TABLE

PAGES

Coups do Fléau

71

On rentre

75

Conte de l'Aïeule

79

Le Grillon

«3

On va se coucher

87

Le Hersage

91

Brebis.

1° La Garde
II" Le Cheminement

...

95
97

Sous le Chaume

101

L'Ecir

105

Arrière-Saiso:i.
Croquis d'Hiver

•

'09
113

Jeune Paysanne

117

Vieux Paysan

121

A la Prière du soir
A la Messo de Minuit (sonnet)

125
127

Moisson (sonnet)

129

Prières du Paysan
Un Heureux

131
137

Le Chêne

139

Hirondelles
Sous les Bouleaux
La Chaîne (sonnet)
Quand même ! (sonnet)
Adieux !

I*5
131
133
133
15"

�232

TAULO

PartîdO 11°

(Miclaçnas)

PAJAS

162

Lou Chetit Bèse

164

Di de " Peiro-Coubarto "
.

172

.

176

Lous Mouinis de vès la Chas-Dieu

180

Mito bou, meliour noun pas paure

185

Primo en la Crovo d'Arrens

. .

Le Cournaire dau Jéuvo-Saint.

Partido

.

186

dau Counscri

190

" El Païs I "

198

Sebèuluras
No Messo vès lous Mouorts.

.

.

.

Eimàyo
Lou Jujamen de Sent-Piarre

. .

.

Dis de Païsans

208
212
214
222

�233

TABLE

IIe Partie

(Mélanges)

PAGES

Lou Pichoun Bes

163

Légende du Dolmen

165

Le matin dans le val d'Arrens

173

Le sonneur de trompe du Jeudi Saint.

.

176

Chanson des Moines de la Chaise-Dieu.

.

180

Demi bon, meilleur que mauvais .

.

185

.

.

Départ du Conscrit

187

" Au Pays I "

191

Funérailles

193

Une Messe macabre

209

Mélancolie

213

Le Jugement de Saint-Pierre
Propos de Paysans

215
.....

Corrcctions

223

227

0

��Maillane (Provence)
26 Août 1908.

Mon Ami et cher Félibre,
J'ai lu et relu avec grande attention et un réel plaisir
vos " ÈRS DE D'UEN PAÏSAN ". Grâce à l'orthographe
absolument classique que vous avez su appliquer à votre
dialecte, le parler du Livradois devient compréhensible à
tout notre Midi, et je vous en félicite.
II fait bien chaud, mais vos chants rustiques viennent
me rafraîchir. Je hume à petits coups ces haleinées de
votre plantureuse Auvergne, de ses " combes ", de ses
" puys ", de ses bouleaux et de ses chênes. Tous ces
" ÈRS ", toutes ces inspirations si naturelles,
sentent
bon et nous reposent de la poésie livresquc, de la littérature
de cabinet.
Je vous remercie pour les hommages et souvenirs qui
émaillent ces floraisons des bords de la Dore; j'en garde
le bouquet sur mon coeur de poète et d'ami, et en ce peu
de mots, je vous adresse ma sincère louange : « vous êtes
un charmant et franc Félibre du bon crû... »
FR. MISTRAL.

��IMP.

MIGEON — AMBERT

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        <description>The Dublin Core metadata element set is common to all Omeka records, including items, files, and collections. For more information see, http://dublincore.org/documents/dces/.</description>
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                <text>Ce set contient les imprimés numérisés par le CIRDÒC issus des collections  des partenaires d'Occitanica</text>
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      <name>Dublin Core</name>
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              <text>Chants d'un paysan : autres poèmes du Livradois / R. Michalias ; avec une traduction littérale en regard</text>
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              <text>Èrs d'uen païsan : d'autris pouèmis dau Lièuradoués / R. Michalias ; avec une traduction littérale en regard</text>
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              <text>&lt;p style="text-align: justify;"&gt;&lt;em&gt;&amp;Egrave;rs d'uen pa&amp;iuml;san&lt;/em&gt;&amp;nbsp;est le deuxi&amp;egrave;me recueil de po&amp;egrave;mes de R&amp;eacute;gis Michalias (1844-1916), paru en 1908. Il est &amp;eacute;crit dans le parler d'Ambert, avec la traduction fran&amp;ccedil;aise en regard.&lt;br /&gt;Il est consacr&amp;eacute; presque uniquement &amp;agrave; la vie et aux m&amp;oelig;urs locales &lt;span&gt;de la r&amp;eacute;gion natale de l'auteur&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt;</text>
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              <text>&lt;em&gt;&amp;Egrave;rs d'uen pa&amp;iuml;san&lt;/em&gt;&lt;span&gt;&amp;nbsp;es lo second recu&amp;egrave;lh de po&amp;egrave;mas de R&amp;eacute;gis Michalias (1844-1916), paregut en 1908. Es escrich dins lo parlar d'Emb&amp;egrave;rt, amb la traduccion francesa en regard.&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;span&gt;Es consacrat a la vida e a las mors localas&amp;nbsp;&lt;/span&gt;&lt;span&gt;del pa&amp;iacute;s natal de l'autor&lt;/span&gt;&lt;span&gt;.&lt;/span&gt;</text>
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              <text>Michalias, Régis (1844-1916)</text>
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              <text>J. Migeon (Ambert)</text>
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              <text>Èrs d'uen païsan : d'autris pouèmis dau Lièuradoués [avec traduction en regard] / Régis Michalias </text>
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              <text>Mediatèca occitana, CIRDOC-Béziers. Cote : CAB 270</text>
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          <description>Le contributeur à Occitanica</description>
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