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                  <text>41* Annada

Mars

»

Abrilh

N° 58

1929.

Gai
Saber

Lo

Revista de VESCOLA OCCITANA

Dis Aup i Pifenèu

..

F. Mistral.

TOLOZA
14, Carrièra

dels

Arts, 14

Lo Numéro

:

1 fr. 50

�LO

GAI

SABER

Revista de l'ESCOLA OCCITANA
BUREUS

1-4, ©arriéra

s

Aboiements

dels Arts

( Fransa

:

(

: un an

Estrange:

.

un an

--

TOLOZA

.

.

10 fr.

.

.

15 fr.

ENSENHADOR
del N° 58

(Mars-Abrilh 1929)

Académie des Jeux Floraux:

Concours de Poésie occitane

Jean d'OCCITANIE

La

en

1929.

Abbé Joseph SALVAT :

Langue d'Oc au Sénat.
Contribution au Vocabulaire Occitan

Prosper ESTIEU

Aquelas Montanhas.

:

:

A.-Maria PONROCH-PETIT :

Los Grilhs del

Lauragués:

Jozèp SALVAT

:

CRI-CRI:

(fin).

Las Socas.

Jeux Floraux Scolaires
Libres novèls.
Bolegadisa occitana.

en 1929.

Burèu de l'Escòla Occitana
Jozèp Anglade, Capiscòl ; Prosper Estieu,
Perbosc, J. Rozès de Brousse, Jos-Capiscòls ; Armand Praviel, Clavaire ; Jozèp
Salvat, Secretari.
ASABER. - Per tôt sò que pertòca l'AdministraAntonin

cion del Gai

Saber, escriure à la Libraria Edouard

Privât, 14, Carriera dels Arts, TOLOZA.
Compte postal : Toloza N" 1673

Per la

Redaccion, escriure

al

Majorai Prosper

Estieu, 45, carriera Contresti, CASTELNOUDARI.

Se

parlarà que dels libres mandats
en dople etsemplari.

�ACADÉMIE

DES JEUX FLORAUX

Concours de Poésie
en

en

Langue d'Oc

1929

Le

jury du Concours de langue d'Oc s'est réuni le y mars à
sous la présidence
de M. J. Anglade, capiscol de l'Escôla Occitana. Etaient présents : MM. Prosper Estieu, Antonin
Perbosc, J. Rozès de Brousse, François Tresserre, F. de Gélis,
Armand Praviel, Joseph-Sébastien Pons.
A la suite des propositions de la Commission, l'Académie des
Jeux E'ioraux, dans sa séance du 15 mars, sous la présidence de
M. J. Declareuil, modérateur, a décerné les récompenses sui¬
Toulouse

vantes :
i°
cent

A

la

Dordonha, ode, par M. Louis Delluc, à Saint-Vin¬
(Dordogne), a obtenu un Souci.
Melhora Part, poème, par M. l'abbé Jules Cubaynes,
Gréalou, par C'ajarc (Lot), a obtenu la Violette d'Argent,

de Cosse

2° /.a
curé de

prix du genre.
30 Placer de Tardor, poème, par M. Clovis Roques, majorai
du Félibrige, à Clermont-l'Hérault, a obtenu un Rappel d'Églan»
tine d'Argent.

4° Le Mouli de Pay bon, poème,
Pau, a obtenu une Primevère.
50 Pels Bàses, poème,
un

Œillet.

par

par

M. Charles Bertrou, à

M. J. Vaylet, à Espalion,

a

obtenu

6° Platge Catalana, pièce, par M.Charles Grando, secrétaire
général du Genêt d'Or, à Perpignan, a obtenu une Églantine
d'Argent.
y° Los Clasis de l'Estiù et Plora, enluiat, pièces de M. Paul
Sabathé, à Tournecoupe (Gers), ont obtenu une Eglantine d'Argent.
8° Arremides d'amou, pièce de M. A.
Dupin, à Mérignac (Gi¬
ronde), a obtenu une Eglantine d'Argent.
q° Lous Clucarous, pièce de M. Marcel Fournier, instituteur
à Chancelade
(Dordogne), a obtenu un Œillet.
Les félibres, empressés au concours de l'Académie des
Jeux
Floraux, ont oublié, malgré le rappel du Gai Saber, que, cette
année, le prix Pujol (1500 fr.) était réservé à un poème en lan¬
gue d'Oc sur Toulouse et sa région, son histoire, ses grands
hommes, ses monuments, ses paysages. Ce prix, si important et si
rare dans les concours occitans, n'a donc
pu être décerné. Tou¬
tefois, l'Académie, dans le but spécial d'encourager la littéra¬
ture féli'oréenne, a tenu à décerner les
récompenses en espèces
ci-après :

�20

LO

Un

1.

mouzis,

GAI

SABER

Prix

per

(Dordogne).

de 1000 francs
à Chante-Merle, pouemas liM. Albert Pestour, à Chantemerle, par Coulounieix

Un Prix de 600 francs

à Al Cant de l'
Alau\eto ou TrenRouergue, par M. Henry Mouly, insti¬
tuteur à Compolibat
(Aveyron).
3.
Un Prix de 600 francs à De Rampan à Guilhanèu, par
Méry, raèstre en Gai Saber, à Bergerac (Dordogne).
4.
Un Prix de 300 francs à Pèire Puget vo Marsiho souto
Loueis XIV, drame en un acte, de M. Antoine Conio,
majorai
du Félibrige, à Marseille.
2.

to

ans

d'Agriculturo

L'Académie

a

en

enfin décerné les Mentions

Mentions très honorables

ci-après

:

:

Calelh et Darrier

Lo

Adiu, pièces, par M. Julien Galéry,
Ytrac (Cantal).
2.
Cantadisso en quinto et Sus Quatre Tems, pièces, par M.
Martial Dedréa, greffier du Tribunal de Commerce, à Clermont1.

à

Cambian,

l'Hérault

par

(Hérault).

L'Estiou es fenit, pièce, par Mme Victoria Pradines, à Bou¬
let, par Puylaroque (Tarn-et-Garonne).
3.

Antres Mentions
1.

:

Revèi-e Poucto, et Vincèn

Poudevigne, maître-bottier

toujoun viéu, poèmes,

2.

Subre la mort

de

Sabina

Barthe, à Béziers.
3.
4.

par

M.

194""-' régiment d'artillerie, à

au

Nîmes.

Sicaud, élégie,

par

M. Roger

Mater Generosa, hymne à la Vierge, par M. Clovis Roques.
De Profundis, sonnets, par M. Martial Dedréa.

Tous

prix seront distribués le 2 mai, en séance solennelle,
et Clémence-Isaure, après le
rapport sur
le concours présenté par notre Capiscol, l'éminent
professeur
J. Anglade, majorai du Félibrige.
ces

à l'Hôtel

A cette

d'Assézat

occasion, ÏEscàla Occitana célébrera

anniversaire. Elle convie

tous

ses

louse, et les réunira, le soir, dans
rant du

un

ses

son

dixième

amis à Tou¬

dîner fraternel

au

restau¬

Belvédère, allées Jean-Jaurès.

Cotisation

25

membres et

: 20 francs. Prière
d'envoyer son adhésion avant le
Avril à notre administration, librairie Privât, 14, rue des

Arts, Toulouse.

�lo

gai

saber

LA LANGUE D'OC AU

27

SÉNAT

discours de m.

haute-garonne.
ministre de

feuga, sénateur de la
réponse de m. marraud,
l'instruction publique

{ Séance du

M.

12

février 1929. )

Mario

Roustan, sénateur de l'Hérault, ayant
interpellé, le 12 février, le Ministre de l'Instruction
publique sur la place des langues méridionales dans
l'enseignement, M. Feuga, sénateur de la HauteGaronne, se joignit à son collègue de l'Hérault
en cette
circonstance et termina ainsi son
discours,
que nous citons d'après le Journal Officiel :
« M. Feuga.
J'ai une autre requête à présenter.
Elle est digne d'être examinée avec sollicitude
Je
veux
parler d'une langue qui nous est chère, notre
langue maternelle, « nòstra lenga mairala », la lan¬
gue d'Oc
Je ne peux pas oublier que je suis séna¬
teur de la
Haute-Garonne, ancien maire de Tou¬
louse et félibre de 1 'Escòla
Occitana, dont je m'ho¬
nore d'être l'un
des membres les plus anciens. Tou¬
louse a été la capitale de la
iangue d'Oc, au temps
...

...

de

ses

comtes, protecteurs des troubadours et chefs
Croisade chantée par le Tasse; ils ont
porté
leur langue sonore et vénérable
jusque sous les murs
de Jérusalem et sur les
plages de Syrie, où nous
de la

continuons

aujourd'hui leurs gestes civilisateurs.
Permettez-moi de vous citer ce qu'écrivait un
jour
au sujet
de notre vieille langue, toujours «main¬
tenue » chez nous
par l'Académie des Jeux Floraux,
par les félibres et par le peuple de nos rues et de nos
campagnes, un éminent savant, un pur artiste, M.
Emile Mâle, directeur de l'Ecole
française, à Ro¬
me, membre de l'Académie française : « La lan¬
gue des Troubadours, disait-il un jour aux jeunes
gens du lycée de Toulouse, est l'aînée des langues

�LO

GAI

SABER

de l'Europe, C'est elle qui est parvenue à traduire
pour la première fois des formes toutes nouvelles de
la sensibilité, que les hommes souffraient de ne pou¬
voir exprimer. Elle a fait couler, comme une eau
vive, toute cette passion douloureuse et secrète des
âmes du mojren
tes de l'Italie, à

a appris aux grands poè¬
Dante, à Pétrarque, le nombre et
l'harmonie, que leur langue n'avait pas encore. Nous
lui devons tous une reconnaissance filiale, et il serait
impie de laisser mourir sans gloire cette vénérable
mère, qui a tenu jadis toutes nos littératures sur ses

âge. Elle

genoux. »

Après cet hommage rendu par un homme émifrère de notre Nord, à la langue de notre
Midi, vous pouvez comprendre que je vienne à cette
tribune la défendre avec orgueil, cet orgueil dont
parlait le poète lorsqu'il disait : « Fier comme un
Toulousain qui chante Omoun pais ! &gt;&gt; Nous chan¬
tons là-bas, d'abord la Marseillaise, puis la Toulou¬
nent, un

saine !

Je viens donc

demander, monsieur le Ministre,
son étude, tout au .moins à
titre auxiliaire, dans l'enseignement primaire et dans
l'enseignement secondaire, puisqu'elle est enseignée
déjà pour elle-même dans nos Facultés.
d'autoriser

vous

et de

faciliter

Comme le disait

un éminent
journaliste toulousain,
regretté, trop tôt disparu, Remy Cousinet, dans
La Dépêche de Toulouse, « au midi de la France,
que demandent Languedociens, Gascons, Proven¬
çaux et Catalans? Ceci seulement, que dans la Fran¬
ce unifiée par la
langue française, comprise et parlée
de tout le monde, chacune des libertés et des origi¬
nalités puisse continuer à fleurir, dans l'harmonie,
particulière de la langue qui lui est propre, Ils ne
veulent pas réduire les modes d'expression, mais les
augmenter, au contraire. Mieux, faire servir le lan¬
gage qui chanta aux oreilles de l'enfant, dès son ber¬
ceau, à faire une connaissance plus rapide et meil-

notre

�LO

GAI

SABER

29

avec la
langue française. C'est une excellente
gymnastique pour l'esprit de pouvoir confronter une
langue apprise d'instinct et sans peine avec celle
qu'il importe d'apprendre de façon plus méthodique.
Le dialecte natal et le français se prêteraient ainsi

leure

aide naturelle. »
Messieurs, en dehors de

une

son

utilité d'éducation lin¬

guistique, chaque dialecte provincial, par ses quali¬
tés originelles, adéquates aux traditions, à l'atmos¬
phère, au terroir de la race, possède une saveur spé¬
ciale, une richesse de locutions expressives et d'ima¬
ges qui n'ont pas d'équivalent. Nous perdrions beau¬
coup de nos qualités natives, de notre originalité
d'esprit, de notre fierté, si nos langues natales ve¬
naient à disparaître.
L'unité de la patrie, que nous chérissons de toute
la ferveur ardente de notre âme, n'a rien à craindre
du respect de nos dialectes locaux, de nos coutumes.
La guerre de 1914 l'a prouvé.
En terminant, mes chers collègues, permettez-moi
me souvenir avec une reconnaissante émotion d'un
admirable discours de Jaurès, qui fut professeur à
la Faculté des Lettres, conseiller municipal, adjoint
au maire de Toulouse, où, avec sa fougueuse et ar¬

de

flamme, le grand orateur plaida la cause d'Oc,
langues méridionales, et, plus récemment
encore, permettez-moi de rappeler la mémorable
séance de la Chambre des Députés, où l'on discutait
la réforme des programmes de l'enseignement élabo¬
rés par M. Léon Bérard. Il y fut question de la lan¬
gue d'Oc, et ce fut M. Léon Daudet qui se fit son
apologiste et l'interprète éloquent des félibres pour
la plus chère de leurs aspirations. M. Gaston Des¬
champs dit à cette séance : « Nous avons repoussé
l'invasion des agresseurs de 1914. Ce n'est pas chez
les vaincus d'hier, ce n'est pas dans les méthodes du
germanisme que nous irons chercher, après notre
victoire méritée, les leçons et les modèles de qui doit
s'inspirer notre vie morale et intellectuelle.
dente

celle des

�L0

30

«

ces

GAI

SABER

M. Louis Marin.
Alors,
principes chez nous-mêmes.

nous

irons chercher

M. Léon Daudet. Eh bien ! oui, mon cher col¬
lègue. Chez nous-mêmes, en effet, de toutes façons,
depuis une quarantaine d'années, nous négligeons
singulièrement nos richesses, et cela, c'est une ques¬
tion d'enseignement. On parle toujours, quand on
parle de la littérature française, de la littérature fran¬
çaise en langue courante, qui est, en somme, la lan¬
gue d'oïl ; il ne faut pas oublier qu'il y a une autre
littérature française, qui est la littérature en langue
d'Oc. La littérature en langue d'Oc est une de nos
«

richesses nationales.
M. Herriot. Mistral est aussi
«

grand

que

M. Léon Daudet. Vous le dites très

Virgile!

justement,

cher

mon

ble à

collègue. Le poète x\ubanel est compara¬
Catulle et supérieur à Henri Heine. Vous avez

un homme comme Roumanille
un
des dons de
terroir comme on ne peut en retrouver que dans les
fabliaux.

dans

«

M. Xavier Vallat.

conteur
«

M.

Et,
eu
en

Roumanille

est

le meilleur

français.

Georges Leygues. N'oubliez

pas

Jasmin !

M. Léon Daudet, j'aurais dit, si j'avais
l'honneur de siéger au Palais-Bourbon : « Oh ! il y
a beaucoup d'autres ! »
comme

Le maintien d'une littérature
de notre

comme

la littérature

langue d'Oc est indispensable. Et M. Léon
Daudet dit, aux applaudissements de l'assemblée, la
grande formule du Félibrige : « J'aime mon village
plus que ton village, j'aime ma province plus que
ta province, j'aime la France plus
que tout ! », for¬
mule qui a été donnée dans des vers fameux de Mis¬
tral, que M. Léon Daudet déclama à la tribune, en
regrettant de ne pouvoir les chanter. Jamais au Par¬
lement notre langue et notre littérature n'avaient été
à pareil honneur, et ce fut la première fois, je crois,

�LO

GAI

SABER

31

le verbe d'Oc retentit à la tribune de notre Par¬
Aujourd'hui ce sera la seconde, car moi,
messieurs, je vous demande la permission de vous
en donner
un
spécimen pour que vous en sentiez
que

lement.

vous-mêmes la beauté.

Ce

sont deux

vers

d'un

grand félibre de chez

nous,

ami Antonin Perbosc ; ils sont gravés,
dans un
humble cimetière du Languedoc (1), sur une stèle fu¬
néraire de nos héroïques poilus. C'est une admirable
mon

pensée pacifique et sereine, qui possède la concision
magnifique de notre langue d'Oc :
La guerre qu'ils ont voulue est la guerre
à la
guerre. Ils sont morts pour notre terre et pour
toute la terre.

Laguèrra qu'anvolguda
Son mòrts per

es

la guèrra à la guèrra.
e per tota la terra.

nòstra terra

Ainsi parla M. le sénateur Feuga. Au nom de VEscòla Occitana nous lui adressons ici nos plus sincè¬
res félicitations.
Depuis longtemps, nous n'avions

entendu un représentant de notre Midi parler si
noblement et si fièrement de notre langue et de no¬
tre littérature d'Oc et se faire ainsi l'interprète à la
fois ferme et mesuré des revendications actuelles du
pas

Félibrige. Hélas ! le beau discours de M. Feuga lais¬
insensible le cœur de M. Marraud, ministre de
l'Instruction publique. Celui-ci, sous une forme dou¬
cereuse
qui ne fit illusion à personne, lui répondit
en somme en
parfait jacobin et en digne successeur
sa

de M. de Monzie.

«Ai. le Ministre. Notre éminent collègue M. Paul
Feuga fut tout à l'heure vibrant et émouvant dans
l'évocation des dialectes méridionaux. Ces dialectes,
je les comprends et je les parle comme lui. Ils en¬
chantent mon oreille quand je foule le coin de terre

(1) Le cimetière de St. Félix-de-Lauraguais (Hte-Gne).

�LO

32

d'où

GAI

SABER

vie est
relient à la

partie et où ma vie s'achèvera. Ils
longue chaîne des ancêtres obscurs
qui vécurent avant nous dans le cadre où se dresse
le toit familial ; ils nous viennent de la tradition po¬
pulaire et trouvent en elle la source abondante de
créations savoureuses, alertes, toujours jeunes, auda¬
cieuses parfois, impures jamais : c'est un peu de l'â¬
me
locale qui chante en eux. Mais combien y per¬
draient-ils, s'ils n'étaient plus appris par la tradition
verbale des générations qui se succèdent? Que devien¬
draient leur originalité et leur spontanéité ! Les voyezvous soumis aux contraintes de l'enseignement et de
la méthode, livrés aux supplices inséparables de la
pédagogie ? Et puis, mon cher collègue, avez-vous
réfléchi que cela se traduirait par une surcharge des
programmes, alors que partout aujourd'hui on me
demande de les alléger? «Mon devoir, écrivait mon
prédécesseur M. de Monzie, est de limiter à l'essen¬
tiel ce qui doit être enseigné, et l'essentiel, dans l'or¬
dre d'idées qui nous préoccupe, c'est l'enseignement
nous

du

ma

français.

»

de l'enseignement supérieur peuvent
chercher dans l'étude des dialectes locaux un peu de
l'histoire de notre langue ; mais l'unité de la langue
officielle est un des ciments de notre unité nationale,
Nos savants

l'œuvre
défen¬
due. « Lire, écrire et parler la langue nationale sont
des connaissances indispensables à tout citoyen. L'u¬
et pour vous, M. Feuga, comme pour moi,
de la Révolution de 1789 doit être respectée

et

nité de la République commande l'unité de l'idiome,
les Français doivent s'honorer de connaître

et tous

langue qui, désormais, sera par excellence celle
courage, des vertus et de la liberté. » Cette ré¬
daction indique tout de suite sa date : ainsi parlait
une

du

Grégoire, à la séance du

3 pluviôse, an II, à propos
les livres élémentaires. ( Voir Brunot,
Histoire de la langue française, tome ix, p. 181).
Les dialectes ne demandent qu'à vivre dans l'uni¬
du décret

té

sur

indispensable de la France républicaine

;

mais

�lo

gai

saber

pas d'incorporation dans la langue officielle!
Nous commençons à connaître un peu le problème
du bilinguisme. Que rien n'écarte les esprits, dans
notre enseignement populaire, de l'unité de notre
langue ! Laissons à l'âme populaire le soin de faire
revivre, s'ils doivent vivre, les dialectes locaux. Lais¬
sons la liberté
s'y refléter. Avez-vous réfléchi, mon
cher monsieur Feuga, que, même à l'occasion de la
question d'Alsace, jamais nos collègues alsaciens
n'ont demandé que leur dialecte fût enseigné dans
les écoles de la

République?

»

On ne saurait commenter le vide. Or, les palabres
de M. Marraud sont vides d'arguments sérieux, vides
de raisons solides, vides de tout, sauf de déclarations
cauteleuses et redondantes et de fanatiques déclama¬
tions à la Grégoire... Voilà, s'il en était encore be¬

soin, une nouvelle preuve de l'hostilité farouche et
injustifiée de nos gouvernants contre les dialectes
locaux qu'ils ont condamnés à mort et qui réclament
plus que jamais leur droit à la vie.
Nous répétons encore une fois ce que nous avons
dit et redit ici même, à savoir que le salut de la cause
éminemment patriotique que nous défendons ne nous
viendra pas de l'Etat, mais seulement de nous-mê¬
mes. Groupons-nous donc, organisons-nous,
ouvrons
de nombreux Jeux Floraux scolaires, fondons des
cours de langue et d'histoire occitanes, dans le
genre
du Colètge d'Occitania de Castelnaudary; œuvrons
par tous les moyens licites : la presse, les fêtes po¬
pulaires, le théâtre, la chaire ; en un mot, secouons
l'Ame occitane, encore apathique dans de trop nom¬
breuses régions, et, confiants, attendons le réveil !
Ainsi fait, depuis de longues années et avec un suc¬
cès toujours croissant, notre vaillante sœur la Cata¬
logne, qui, malgré les misérables tracasseries aux¬
quelles elle est actuellement en butte, n'est pas sur
le point de se décourager.
Jean d'OCCITANIE.

�LO

34

Contribution

GAI

SABER

Vocabulaire Occitan

au

(Fin)

différents noms suivant leur
leur forme.
L'esqnelha : sonnette ordinaire.

Les sonnettes portent

grosseur ou

Le cascarbt et la borromba

désignent les

gros¬

sonnailles, les énormes grelots des mulets. Mistral
fait venir ce dernier mot du basque burrumba ; il
suffit d'y voir, à mon avis, une onomatopée. Le mot
ses

cascarbt, déformation languedocienne de cascabèl,
vient du latin scabellum. Sur borromba s'est for¬
mé le mot borrombil, qui, sous sa forme de diminu¬
a cependant le sens d'un augmentatif.
La tindarèlha, forme catal. detindarèla, sonnette

tif,

me
a

allongée. Le

son en est

le substantif masculin

de "chose

qui tinte

aux
nare, tintinnabula m.

à for¬

plus retentissant. Mistral

tindarèl,

avec

le

sens vague

oreilles". Etym : latin tintin-

La mijana, sonnette à forme très allongée. Se vend,
plutôt se vendait beaucoup dans le Mijanés, région
au sud de l'Ariège. De là viendrait son nom.

ou

La bastarda, sonnette à

forme démesurément allon¬

vendant beaucoup au nord de l'Ar'agon et en
Andorre. Dans ces pays, elle s'appelle carbonèla. Etym.

gée,

se

inconnue.
La cairada, sonnette à forme aplatie, presque rec¬
tangulaire. Etym : roman cairat, carré, devenu au¬
jourd'hui carrat, latin quadratum. Sur la frontière
espagnole, vers les Hautes-Pyrénées, elle s'appelle
aussi metala. Etym : latin metallum.
III

peignes en bois, penche, par
penchenièr, ne demande pas moins de. dix-huit
opérations successives. Comme je ne m'occupe ici que
La fabrication des

le

�LO

GAI

SABER

35

des mots

rares,à forme ou à signification particulières,
je noterai seulement quelques-unes de ces opérations.
Toretar : débiter, aujourd'hui à la scie à ruban, jadis
à la main, ou à la scie dite " circulaire", les rondins
de bois en rondins plus petits, d'une épaisseur cor¬
respondant à la largeur que doit avoir le peigne. Le
petit rondin obtenu s'appelle toret (ce substantif est
dans Mistral). Ce verbe est évidemment un diminu¬
tif de torar, diviser en billots. Etym : latin turrem,
tour
(?).
Cantelhar, forme catal. de cantelar : débiter, égale¬
ment à la scie, les petits rondins, en cantèlhas, mor¬
ceaux ou éclats
(cf. n° 57, p. 8, pour l'étymologie).
Tabletar : débiter, toujours à la scie, les cantèlhas
en estèlhas,
forme catal. de estèlas, petites plan¬
chettes qui ont la grandeur et l'épaisseur du peigne,
et qui vont être désormais travaillées. Tabletar n'est
que le diminutif de tablar. Etym : latin tabulare.
Estèla vient du latin astlila. Les noyaux des ron¬
dins, inutilisés, sont appelés estelhons, forme catal.
de estelons.

Quarrar : au moyen d'un équerre gradué et d'une
grande varlope à couteaux, équarrir Vestèla, et faire
l'ébauche du peigne. Ce mot a formé le mot quar=
radis, qui désigne le résidu inutilisable obtenu par
cette opération et la suivante.
Lhunar, forme catal. de lunar, mot qu'on pourrait
traduire en français parle néologisme "croissanter' :
donner à Y estèla la forme " croissantée"

faces,

scie à ruban.

Afai sonar
seur

sur

les deux

de deux scies adaptées à même une
Etym : latin liina.
: affiner Y estèla, en enlevant de l'épais¬

au moyen

du centre

vers

les deux bords. La machine

em¬

ployée à cet effet s'appelle afaisonaira. Etjrm : roman

faison, latin factio.
Asetar :

moins

faire les dents

avec une

machine

plus

ou

perfectionnée. Etym. incertaine. Asetar veut

�36

LO

dire

GAI

SABER

ne faut pas chercher là l'origine du
Gascogne, asetar s'emploie, d'après Mistral,
avec
sens de " agacer les dents " ; on se sert aussi
de l'adjectif aset, agacé, rugueux. Ces mots viennent
du latin aceo, acidus, être acide, aigre. Je verrais
là l'origine du mot asetar, employé par les penchenièrs, car le bruit monotone et criard produit par
la pointe métallique dans le bois n'a rien de doux et
d'agréable à l'oreille. Sur le mot asetar s'est formé
le mot asetaira, qui désigne, soit la machine employée
à cet usage, soit la femme qui dirige cette machine.
Le mot n'existe qu'au féminin, cet emploi étant ré¬

«asseoir»; il

mot.

servé

En
le

aux

femmes.

et cap=finar. Ces deux verbes désignent
opération des asetairas, suivant qu'elles
font les dents grosses ou fines du peigne. Ils sont
composés sur cap-gròs, tête grosse, et cap-fin, tête
Cap=grosar,

la double

fine.
Finir : terminer le peigne. Ce travail est fait à do¬
micile, généralement par des femmes nommées fini=
seiras. Il consiste

en

trois

opérations successives

:

a) deborrar : enlever, avec une ganibeta, couteau
long, la bourre laissée par les scies.
b) aplanar : enlever toute scorie, toute trace d'ou¬
peigne. Cette opération se fait au moyen
appelé scofina : instrument de fer mu¬
ni, au-dessus, d'un manche et au-dessous, de dents,
sur toute sa
longueur, faisant l'office de grosse râpe.
Il rappelle l'écoine, ou écouenne, dont se servent les
ajusteurs des monnaies. Le vieux français avait le
mot escohine, et le castillan a escofina, dans le sens
de "grande lune à dents". Etym : latin scobina.—
Les dents de la scofina s'affilent avec un petit ins¬
trument de fer appelé afilor.
Cette forme me paraît
défectueuse, et on devrait dire afilador. Du moins
ce mot n'est pas un gallicisme, comme le mot afilur,
qui désigne l'homme chargé, à l'usine, d'affiler les
til sur le
d'un outil

�lo

dents des scies

gai

saber

37

des asetairas, et qui est formé di¬
néologisme français " affileur
On
a éprouvé sans doute le besoin de
distinguer l'hom¬
me de
l'outil, mais la forme normale, qui existe d'ail¬
leurs ( cf. Mistral ) devrait être
afilaire. Affiner les
extrémités des dents du peigne avec la
scofina se
dit faire los morres, faire les pointes.
c) brosar : enlever toute poussière, toute sciure,
sarrilha, au moyen d'une brosse.
rectement

sur

et

le

cabuchonar : appointer le bout des dents au moyen
d'une vis sans fin. Ce travail se fait à l'usine.
Etym.
incertaine : ce mot est peut-être dérivé du latin ca-

put, tête.

Quelle conclusion tirer de cette courte étude ? Qu'il
intéressant, du point de vue philologique et aussi
du point de vue purement littéraire, de dépouiller
le vocabulaire des gens de métier dans toutes les
pro¬
vinces occitanes, aussi bien que les vieilles archives.
C'est un moyen très sûr d'enrichir encore notre lan¬
gue occitane déjà si riche en allant puiser chez le
peuple les mots qu'il a si bien conservés et parfois
est

si bien créés.
Mon

enquête, certes rudimentaire, est loyale et
Je n'ai rien omis de ce que j'ai cru suscep¬
tible d'intéresser, alors même que des problèmes se
sont posés insolubles
pour moi. Le résultat, franche¬
ment exposé, montre que le peuple, a, d'une façon
générale, conservé la langue et qu'il l'a enrichie sui¬
vant des règles vivantes et sûres.
Que reste-t-il à faire ? Recueillir ce trésor, le dé¬
pouiller de sa gangue en lui donnant une digne pa¬
sincère.

graphique, et, par une inlassable propagande,
comprendre au peuple occitan la valeur de ce
trésor dont il ne soupçonne pas le prix.
rure

faire

Abbé

Joseph SALVAT.

�L'Ort dels Trobaires

Aquelas Montanhas
Alceu els ulhs al mur qu'ara 'ns sépara
S'acosta '1 dia que serem tots uns !

Joan Maragall.

Aquela montanha al naut ori^on,
Aquel Canigò que, de ma fenèstra,
Vefi s'arborar cap à ma senèstra
M'ajuda à cercar mas amors ont son.

Aquel mont Tabòr ont es Mont-Segur,
Aprèp jorns de dòl e de felonia,
Au^is resontir causons d'armonia
E de dos esper, jos lo clar aqur.
Aquela cadena, antan tota en fòc,
A servat quicòm de sa lu^or blo^a,
E, de Barcelona enjuse à. Tolo^a,
Acò's l'esplendor de la lenga d'Oc.
A

quels fiers acrins capelats de neus
M'empacharan pas de faire abrasadas
Als bons Catalans • qu'an miunas pensadas,
E

s

abaisaran los monts Pireneus !
Prosper ESTIEU.

!.

�LO

GAI

Las

SABER

39

Socas

Quand lo Cèrs semena las fèlhas
Que son tombadas dels gabèls,
Quand de l'Ibèrn sèm à las vèlhas,
Arribat^, podaires crudèls !
Mentre que la resa marrida
S'acarnasis subre tos brancs,
Paura soqueta, crida, crida!
Degun non vòl au^ir tos planhs.

E11

Mars, la soqueta espertada

Sentis la saba dins

Bron^inar, maitin

son

còs

e vesprada,
Malgrat lo vent, malgrat lo ròs.
E mentrestant, à-n-aquela ora,
Demest la plana e pels morrèls,
Cada soqueta plora, plora
Totis los plors dels siunis èls.

�4°

LO

GAI

SABER

Quand, ven Agost, socas valentas,
Vos et£ ondradas am
grand biais
De bèls
ra^ims. Com èt\ contentas
De vos
plegar fos vòstre fais !
Pietat ! aici jovents, joventas
Son arribats de bon maitin

:

Venon raubar, socas placentas,
Vòstre sang blos que fa lo vin !

Unjorn, vos sentisètj cansadas,
Socas, pramor qu'abètf vièlhit.
Mas, alavets,
De

nos

etf pagadas
plan servit Ì

com

aber tant

Vos mandam dins las cheminieras
Ont lèu

vos

crèma l'auriu fòc...

Plorat£ las lagremas darnièras,
PloraQ, socas del pais d'Oc !
ANNA-MARIA PONROCH-PETIT...

�JEUX

FLORAUX

GRiLHS

des

DEL

SCOLAIRES
LAURAGUÉS

A l'occasion de leur vrae fête annuelle, les Grilhs
del Lauragués organisent, comme les années précé¬

dentes, des Jeux Floraux

Scolaires, où seront dis¬

tribués des grillons d'argent, des grillons de bronze,
des ouvrages littéraires importants, des livrets de
caisse d'épargne, des diplômes d'honneur et des men¬
tions honorables.
Pourront y

prendre part tous les élèves des deux se-.
fréquentant les écoles publiques ou libres des dé¬
partements formés par les anciennes provinces sui¬
vantes : Languedoc, Auvergne, Rouergue, Limousin,
Périgord, Agenais, Quercy, Comté de Foix et Rousxes

sillon.
En voici le programme :

ïre SectÌOíl (Élèves de
i°

Traduire

en

prose

10

à

14

française la chanson occitane

ci-dessous.

Las Aîetas
1

Un bruch ensorcelaire

S'aujs montar dins l'aire,
Un bruch ensorcelaire

Qiie resontis
Tôt-

ans!

prèp d'un nis.

�LO

42

GAI

SABER

Refrin

:

Sò que s'aiijis,
Tre que luqis
Lo solelh sus las combetas,
SÒ que s'allais
Es lo bruch de las aletas.

II

Van

portar la becada
Auqèls qu'an fait cogada,
Van portar la becada
lors petits
Tant aberits !

A

III

Quand au^elets sortison
gauch sentison
Quand au^elets sortison,
Son degordits
Suis rams florits.

De lor nis,

P.

2°

Faire

;

E.

français la liste aussi complète que
possible des travaux agricoles de votre région, en
faisant suivre chaque nom français de son ou de ses
correspondants occitans. Les noms en français seront
inscrits alphabétiquement.
en

2me Section (Élèves de
i°

Version Occitane.
occitan ci-dessous.

sonnet

—

14

à 18 ans)

Traduire

en

français le

�LO

Lo

GAI

SABER

43

Grapaud

Tre que dins la nèit negra a pron mes sa finalisa,
Un grapaud, mo n ve^in, s'arrancant de son trauc,
Tôt d'un còp met un chut à son cridadis rauc

E, ventrut

e

patut, cap à mon òrt s'abansa.

Com s'.i plai, tôt l'estiu, per i cercar pitansa,
A quel engorma udit del verni e del limauc !
Trevant dins los legums, los salva pauc à pauc
Del canilhum e de qui sab quanta manjansa.

Lo vexent tant afric, me som fait son bailet.
Com la porta del claus a pr'el trop naut sulhet,
Ai mes aquï 'n peirard per li servir de lòca.

Enfin, que vos dirai Ì M'agrada sa laidor ;
E vejat£ ont ne som : un grapaud me pertòca,
E fòrsa gents, que T valon pas, me fan orror.
P. E.
2°

Thème occitan.

et avec

Traduire en prose occitane
graphie de VEscòla Occitana le texte fran¬
—

çais suivant.

Jour Automnal
Poète attentif

au vent dans les haies, aux nues errant
ciel, aux chants d'un clocher, d'un grillon ou
d'un oiseau, je trouve dans tout cela mille enchante¬
ments. Voici que les peupliers ont feuillage jauni, ainsi
que les platanes et le moindre arbrisseau. C'est octobre
qui arrive et qui avec son pinceau dore la campagne,
avant le temps des frimas. Me promenant vers les
écluses de St.-Roch, je voudrais reproduire avec des

dans le

langue occitane mon pays si embelli par
mais je suis un trop faible rejeton des
peintres de génie : aux couleurs de ma palette féli—
bréenne je ne sais pas mêler les rayons de soleil...
mots

en

l'Automne ;

�LO

44

GAI

SABER

3me Section (Él. de plus de 18
Trouver le

i°
vers

qui

manque

limite d'âge)-

à la fin de chaque

du sonnet occitan ci-dessous et traduire ensuite-

sonnet en

ce

mot

ans, sans

prose

française.

La Cansoti de la vièlha Auzina
L'au^ina,

que mila ans s'es agafada
Crèma dins lo fogal e dis aquesta
Coneisi los Trevants qu'am cara
A mièja-nèit d'espaventar se fan un

al

...

,

:

—

...

.

Cadun dels miunis bran es, qu'es ara escardenc......
Sosca als estius qu'abian calor
,
Als longs ibèrns, à la clamor tant
Dels Autans qu'an bufat subre la terra d'.. .

Breplhs dels auqelons, potons de las
Plantas de tortoras, pets de tron dins las
Vos ai audits al bòsc que barra l'
/
Ara ètq totis aici com antan pels
D'abord que dins ma vois s'augis
E tindaret\ totjorn dins los cants

,

vòstre
dels
P.

2" Traduire

,

,

/

—

E.

langue d'Oc de votre région, mais
épurée et avec graphie de 1 'Escòla Occitana, la fa¬
en

de La Fontaine intitulée : Les Frelons et lesMouches à miel (Livre 1, fable xxi).
ble

Avis

Important. Les envois ne seront pas signés;
porter, avec l'indication du lieu d'o¬
rigine, un nombre de cinq chiffres qui sera reproduit
sur une enveloppe cachetée contenant le nom et l'a¬
mais ils devront

dresse

très

exacte

de l'auteur. Ils

seront

reçus

au

siège social des Grilhs del Lauragués, 45, rue Contresty, Castelnaudary, jusqu'au /5 Mai prochain,
dernier délai.

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Libres

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INovèls

Zo« Pastre d'Artemount(in-8, 24 p.); Titinot au
Paradis, galejada (in-8, 16 p.), per J. Tellier. Montpelhèr, Montane.—De Rampan à Guilhanèu, poè¬
mes am trad. franseza,
per Mery, de Bergerac (in12, 260 p.) Paris-Toloza, Ed. " Oc.citania". — Lou
Medeci sens pratiques, farsa en un acte (in-12, 16
p.) ; La Ribote à boun coumpte, farsa en dos actes
(in-12, 28 p.) per Simin Palay Pau, Estamp. Leseher-Mantoué.
Vivo lou VU, farcejada en un acte,
—

pel Dr. P. Albarel (in-8, 32 p.) Narbona, Estamp. del
Lengadòc. —Peire Puget, drame en un acte, per A.
Conio (in-8, 28 p. ) Marselha, Estamp. de " l'Amistanço dei Jouine". — Peipin d'Aigo, estudi en pròza,.
per Félix Dalazil (in-8, 14p.) Marselha, Est. de "l'Am.
dei Jouine".
Lo Cigalon de la Ramasiera—nom d'escais del
felibre J. Tellier —■ fa pròba dins sos dos contes en
vèrses de pron d'esperit e d'una pron granda coneisensa de la lenga occitana, M'a subretot agradat Lou
Pastre d'Artemount, imitacion de La Trapadelo
de Sant Jousèp, lo tant polit conte del abat Bessou.

poezias de Mer y, de Bergerac, lo còr se
pataquejar e, de còps, l'emocion i cascalheja coma dins los vèrses de Jansemin. M'an agra¬
dat mai que mai las poezias ont lo trobaire canta son
païs, lo Perigòrd, ambe tôt son pasat comol de bê¬
las legendas e d'agradivas costumas com aquela
Dins las
sentis mai

d'espigos que la joventa clavèla subre la porta
ostal. Lo pasat se n'va, ailas ! ambe la conolha, la vièlha limanda ; mas demòran la tèrra, lo
vièlh cementèri :
Crous

de

son

Urous lou que

s'endert demé lei de sa raço.

los arbres aimats, coma

lo laurièr

e

. .

lo codonièr, lo

�46

LO

GAI

SABER

vilatge tant polit, dont lo poète coneis lo mendre re¬
canton, e l'ostal, e subretot l'ama dels Ancians. La
Mort del Païsan es segurament la melhora tròba
d'aquel libre. Cap à la fin, a quicòm de la grandor
biblica : lo vièlh pages, sentiguent venir la mòrt,
vòl veire un darnièr còp lo terrador ont a penat e
suzat,

e

moris tant lèu tornat dins

son

ostal,

en par¬

lant à sos biòus. I a d'observacion dins la descripcion de la fièra, de la benediccion del bestial, de
pensadas generozas dins YArai. Regrèti que l'Autor
acò ten subretot à son dialècte
mèscle trop sa
—

—

lenga de galicismes, e que tamben se tengue à-n-una
grafia encara trop fonetica, que li fa escriure fat e
fas (p. 15), segond qu'aquel mot se prononcia d'un
biais diferent.
Simin Palay es

totjorn l'òme del teatre gascon. Es
d'estonant se las farsas qn'escriu dins una
lenga gostoza e ambe un bon biais dramatic agradan
al pòple de Gasconha. Dins aquel païs mai qu'en cap
d'autre païs d'Occitania lo teatre fa flòri, e acò se
deu un brabe pauc à Simin Palay. La primièra farsa,
mai literaria que la segonda, es una adaptacion à la
sèna del Mètge de Cucunhan de Romanilha. Los
Grilhs del Lauragués an reprezentat mai d'un còp
l'adaptacion del même conte faitaper Jan delà Ròca.
La farsejada del Dr. Albarel es com un imne al
vin. Los mètges Vipur, Aigatiu e Barrejat son mezis
d'acòrdi per lo pintaire Potechut. L.'accion es menada rondament, los personatges son totis simpatics,
la lenga es gostoza e lo rire cascalheja del primièr
al darnièr vèrs. D'agradivas ilustracions de Dantoine ajustan à la valor d'aquela farsejada, qu'es estada aplaudida dins mai d'un teatre del Narbones.
Voldriai la mèma reùsida per lo drame del majorai
Conio, Pèire Puget, ont se trata d'un epizòdi de la
vida de Marselha, al temps de Loïs XIV. Lo valent
Nieusèla, qu'a réclamai contra l'omnipotensa del gobernador Mercòr vengut de Fransa, es mandaten prezon ; mas lo pòple marselhes lo delibra,
gracias à la
pas

res

�LO

jove Fina

e

GAI

SABER

47

al escalpraire Puget. La sèna se pasa
Acò's un bon ensaj
fbrsa encara dins la

dins l'obrador del grand artiste.
de drame istoric, com n'i a pas
literatura occitana.
De

L'Amistanço dei Joueine m'es arribat, ambe
Puget, un cort estudi en bona pròza provensala subre l'origina del nom de la comuna de Pèipiu d'Aigo (Podium-Pini-Aquae) seguit d'un glosari toponimic. Mas, perqué donc l'Autor dis (p.
9) que
Pèire

Mistral

plurau.

a

»

«forobandit emé

justa

ALMANACS

PER

rasoun

I'î di mot

?
1939.

Lo

capolièr Jouveau e los felibres de Provensa an
volgut que despareguèse VArmand Prouve/icau,
e l'an de
gracia 1929 a vist espelir tornamai lo vièlh
Armand. Se dorbis per una corta cronica felibrenca
del an 1928. Pèi ven tota una seguida de poèmes e
de contes, que pòrtan la sinnatura de V. Bernard,
E. Ripert, P. Eyssavel, J. Loubet, Farfantello, F.
Mistral nebot, L. Bechet, lo Cascarelet, etc... N'i a
que son estonats de veze dins Y Armand Prouvençau de poèmes nisards de Giordan e Genari e un po¬
ème clapasièr de P. Azema. Que regarden l'A.P. de
1875, ont se legis un poème d'Achile Mir, en grafla
carcasoneza ! Jouveau
seguis Mistral....
L'Armana Marsihés, bailejat per YEscolo doit
Calen, malgrat sa prezentacion un pauc endecada, es
comol, pas belèu de caps-d'òbra, mas d'estrambòrd
e de fe
occitana. Las doas pajas subre la vida del
Calen en 1928 mòstran sò que se fa à Marselha per
pas

l'òbra felibrenca.
Per la 9a annada ven d'espelir YAlmanac Naront, al entorn del majorai Albarel, los feli¬
bres de La Cigalo Narbouneso an jitat sens comtar
farsas e galejadas.
(A Seguir).

bounés,

JOZÈP SALVAT.

�BOLEGADISA

OCCITANA

Demèst las nombrozas conferensas donadas ongan
tèrra d'Oc subre la literatura e la lenga
occitanas, sèm urozes de mencionar aquelas de nòstre Caen

piscòl Jozèp Anglade faitas à Florensa (Ital'ia) subre
Mistral e à Toloza subre las
Originas de la lenga
d'Oc, e aquelas de nòstre clavaire Armand Praviel
à Toloza subre Mistral e à Vièna
(Izèra) subre Au~
banèl. Dins aquesta vila, nòstra escolana G. MartinFoyssac, portant còf'a e dabantal dels Grilhs del
Lauragués, cantèt de cansons d'Aubanèl.
Nòstre escolan Ph. Fauré-Fremiet

a

prêts Hervieu, de l'Academia Franseza,

obtengut loper sa bêla

òbra dramatica La. Grand' Geste du Monde.
Rostre escolan Ramon Lizòp, capiscòl de YEscòla

—•

deras Pirenèas, ven d'èstre décorât de la
d'Onor. Coralas felicitacions à totis dos.
A l'ocazion de la Santa-Estèla à

Légion

Rodez, lo Grel

Roergat organiza de Jòcs Florals occitans. Demandar los

entresinnes

al

felibre E.

Seguret,

41,

av.

Victor-Hugo, Rodez.
Es

grand tristor qu'abèm après la mòrt de nòsJozèp Bourrilly, mèstre en Gai-Saber,
que foguèt grand lauréat dels Jòcs Florals sètenarisde 1927, e del majorai Edoard Marsal, de
Montpelhèr, conegut subretot per sas ilustracions de nom¬
brozas òbras felibrencas. Que Santa Estèla los recebe dins sos clars Aliscamps !
tre

am

escolan

CRI-CRI.

Le

Impr. Lauraguaisé,

Gérant
37,

:

E. LEVRAT

Rue de la Baffe

-

Castelnaudary.

�Règles de Phonétique Occitane
dans le corps d'un mot,
français; mais s'il
une terminaison féminine, il est semi-son¬
nant et se prononce entre a et o, suivant la région ;
e sonne comme é fermé français, et è comme è ou¬
vert français ; — i équivaut à i français ; — u égale¬
i°

VOYELLES.

accentué
constitue

ou

—

non,

a,

seul

ou

sonne comme a

—

mais, après

ment ;

o

voyelle, il

une

a

le

son ou

fran¬

ò ouvert se prononce comme o français, et
fermé comme ou français ; — y n'existe pas en oc¬

çais

;

—

citan.
2° CONSONNES. — b, c, d, f, g, j, 1, m, n, p, q ( toujours
suivi de u), r, s, t, z sonnent comme en français ; mais
c devant i est sifflant comme s français; — j
sonne

tz, dans certaines régions ; — m se prononce
à la fin de la ire pers. du pluriel des verbes ;
n est muet, sauf quelques rares exceptions, à la fin
des substantifs ; — r est souvent muet à la fin des
substantifs et des adjectifs, sauf en Provence, ainsi
comme

comme n

—

qu'au présent de l'infinitif; — s est toujours dur et sif¬
flant ; — t est muet à la fin des participes présents et
des mots en ment; — v sonne comme b, sauf en Pro¬
vence

;

—

ç,

k,

x, w

n'existent

pas en

occitan.

Illllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllll

EXTRAIT

CATALOGUE

DU
'

de la

Societat d'Edicion Occitana
37. Rue de la Baffe

-

CASTELNAUDARV

Prosper ESTIEU
Lou Terradou, sonnets

duct. franç.

en

langue d'Oc,

(i vol. in-8°, 300p.)

Flors d'Occitania, sonnets en

duction

—

rare.

avec tra-

fr.

30.

»

langue d'Oc, avec tra¬

française, (1 vol. in-8°, 280 p.) . fr.
20. »
poèmes en langue d'Oc, avec
traduction française, (1 vol. in-8°, 264 p.) fr.
20. »
Lo Romancero Occitan, poèmes en langue d'Oc, avec
traduction française, (1 vol. in-8% 344 p.) fr.
20. »
La Canson Occitana,

�Lo Flahut

Occitan,

43

chansons

musique, texte

avec

occitan et traduct. franç. pouvant se chanter dans les
deux langues, (1 vol. in-8°, 104 p.) . . fr.
16. »
Las Bucolicas de

Vergili en ritmes occitans

(

vol.

1

in-8, 68 p.)
Edition de luxe numérotée
Edition ordinaire

....

fr.
fr.

25.
40.

»

»

Jan de la ROCA
Lo

Mètge de Cucunhan, conte dramatique occitan,

11 illustrations de Paul
Sibra,
Edition de luxe numérotée
Edition ordinaire

(1 vol. in-8°

avec

Guilhèm

de

fr.
fr.

30 p.)
8. »
4. »

NAUROZA

Cants d'un Grilh, chansons, rondels et sonnets oc¬
citans, avec traduction française et portrait de l'au¬
teur, (1 vol. in-8°, xvi- 100 p.)
fr.
10. »
Abat Jozèp SALVAT
La Langue d'Oc à l'Ecole, (in-8°, 16 p.) fr.
5. »
La Lenga d'Oc e la Glèiza, (in-8°, 16 p.) fr.
3. »
.

Sánt Francés d'Asiza

etsemple

.

e

.

.

aparaire dels Fe*

libres, (in-8°, 8 p.)
Auguste Fourès, sa

fr.
2. »
Vie et son Œuvre, suivies
d'un choix de poésies et d'un lexique, (1 vol. in-8°,
122
p. )
fr.
12. »
L'Ama Occitana, (in-8° 14 p.)
Edition de luxe
Edition ordinaire

fr.
fr.

CANTIQUES
1.

Reina deI

10.
2.

»
»

:

Cèl, paraulas de P. Estieu subre

un

aire catalan.
2.

Cantem Nadal !

paraulas de P. Estieu subre

un

vièlh aire occitan.

CHANSONS
1.

Se canta, que

2.

Las Batezons,

:

cantel paraulas

aire popularis.
paraulas de P. Estieu subre un
e

vièlh aire.

(L'unité
IMM.

:

1

DE

LA

fr.

—

iOCIETAT

La douzaine

D'EDICION

OCCITANA

:

10

CADTELNAWDANT.

fr.)

�</text>
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Lo Gai Saber (&lt;a href="http://occitanica.eu/omeka/items/show/13154"&gt;Acc&amp;egrave;s &amp;agrave; l'ensemble des num&amp;eacute;ros de la revue&lt;/a&gt;)&#13;
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&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;em&gt;Lo Gai Saber&lt;/em&gt; est une revue litt&amp;eacute;raire occitane publi&amp;eacute;e depuis 1919. La rubrique &lt;em&gt;L'&amp;Ograve;rt dels trobaires&lt;/em&gt; est consacr&amp;eacute;e &amp;agrave; la po&amp;eacute;sie, la rubrique &lt;em&gt;Bolegadisa occitana&lt;/em&gt; donne des informations sur l'actualit&amp;eacute; de l'action occitane. La revue fait aussi &amp;eacute;cho des publications du domaine occitan et des r&amp;eacute;sultats du concours annuel de po&amp;eacute;sie occitane de l'Acad&amp;eacute;mie des Jeux floraux.&lt;/div&gt;&#13;
&lt;/body&gt;&#13;
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&lt;/head&gt;&#13;
&lt;body&gt;&#13;
&lt;div style="text-align: justify;"&gt;Lo&amp;nbsp;&lt;em&gt;Gai Saber&lt;/em&gt;&amp;nbsp;es una revista liter&amp;agrave;ria occitana publicada dempu&amp;egrave;i 1919. La rubrica&amp;nbsp;&lt;em&gt;L'&amp;Ograve;rt dels trobaires&lt;/em&gt;&amp;nbsp;es consacrada a la poesia, la rubrica&amp;nbsp;&lt;em&gt;Bolegadisa occitana&lt;/em&gt;&amp;nbsp;balha d'informacions sus l'actualitat de l'accion occitana. La revista se fa tanben lo resson de las publicacions del domeni occitan e dels resultats del concors annadi&amp;egrave;r de poesia occitana de l'Acad&amp;egrave;mia dels J&amp;ograve;cs florals.&lt;/div&gt;&#13;
&lt;/body&gt;&#13;
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          <name>Contributeur</name>
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      <name>Poesia occitana = poésie occitane</name>
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