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                  <text>lla Annada

N° 61

Agost*Setembre 1929.

Lo Gai Saber
Revisia de VESCOLA OCCITANA

Dis Aup i Pirenèu

...

F. Mistral.

TOLOZA
1-4,

Carrièra

delà Arts,

1-4

Lo Numéro

:

1 fr. 50

�SABER

L.O OAI

Revista de l'ESCOLA OCCITANA
BUREUS

14, Carrièra ciels Arts

:

Fransa

Abonaments

:

:

Bstrange

un an

—
.

.

: un an

.

TOLOZA

.10 fr.
.

15 fr.

ENSENHADOR

( Agost-Setembre 1929)

del N° 61

Mgr de Garsalade du Pont, animateur
de la Langue catalane.
La Langue d'Oc au VIIe Centenaire de

François TRESSERRE :
Proi. J. ANGLADE:

l'Université de. Toulouse.
Academia dels Jôcs Florals:

A Mossenher lo Rector de l'Universitat de Toloza.

Prosper ESTIEU

Antonin PERBOSC :

La Canson de le vièlha Auzina.
Lo Rosinhòl e la Rôza.

Guilhèm de NAUROZA:

Lo

Prosper ESTIEU

Jòb se remembra son bonur passai.

Jozèp SALVAT

:

:

Lauraguais

en

Junh.

Libres novèls.

:

Cri-Cri:

Bolegadisa Occitana.

Burèu de l'Escôla Occitana
Jozèp Anglade, Capiscòl ; Prosper Estieu,
Perbosc, J. Rozès de Brousse, Jos-Capiscòls ; Armand Praviel, Clavaire ; Jozèp
Salvat, Secretari.
Antonin

ÂSABER.

Per tôt sò que pertòca l'AdministraSaber, escriure à la Libraria Edouard
Privât, 14, Carrièra dels Arts, TOLOZA.
-

cion del Gai

Compte postal

Per la

:

Toloza N• 1673

Redaccion, escriure al Majorai

Prosper

Estieu, 45, carrièra Contresti, CASTELNOUDARI.

Se

parlarà
en

dels libres mandats
dople etsemplari.
que

�Mgr. de Carsalade du Pont
Animateur

En

Roussillon,

été de

tous

comme au

de

la

bien

Langue

que

Catalane

la langue populaire ait

temps familière aux cercles

mondains

jardinier de Saint-Jacques, la Renaissance

littéraire fut tardive.
Pendant que le Félibrige auréolait de prestige la
colline de Font-Ségugne et que la Catalogne, avec
Milà y Fontanals, Victor Balaguer et Teodor Llau-

rente, voyait se lever l'aurore d'un renouveau, nous
n'avions au pied du Canigou que quelques chants de
flûte intermittents. Perpignan semblait ignorer Maillane et notre régionalisme berçait son isolement aux
seules voix du Pardal et de Montanyas Regaladas.
Les plus avertis de nos fouilleurs de bibliothèques
avaient bien rencontré sur les rayons poudreux les
Flors del Canigo, de Pierre Courtais, Catalanes

Catalanadas, de François Roux, et se passaient
le manteau les Fables de Puiggari; mais il ap¬
paraissait que toute la poésie catalane se fût réfu¬
giée sur les bords du Llobregat.

y

sous

Vers 1882, lo Pastorellet de la Vall d'Arles pu¬
une réédition des œuvres de Joffre. Cette version
et la lumineuse préface dont elle s'accompagnait fu¬
rent une révélation. Le coup de cloche parti du clo¬
cher d'Illes réveilla l'attention de tous ceux qui a vaient chez nous la religion du dialecte et l'amour
de la race. Las Brussas de Carença enchantèrent
la foule qui lit. La légende émut ; le commentaire
édifia.
blia

�LO

170

GAI

SABER

Toute la littérature catalane ne se
avec
diome de
pas

les seuls Forasters à la Comedia ? l'i¬
nos vignerons pouvait, avec les mœurs et

le paysage,
l'idée et le

et

exprimer la pensée, l'émotion abstraite,
symbole ?

Les poètes profitèrent de
affirmèrent leur ambition.
Le

15

réalisait donc

l'enthousiame ambiant

Juin 1883, Catalans de Catalogne et Cata¬

lans du Roussillon se rencontrèrent à Banyuls-surMer. Et l'on vit se mettre en marche, sur le chemin

première étape, tous ces vétérans de la bataille
:
Justin Pépratx, Pierre Talrich, Mossen
Boixada, le chanoine Bonafont, depuis majorai du
Félibrige.
Pendant que Pau Farriol, de Céret, dédie ses odes
à la langue,

de la

occitane

Llenga que Roma 'ns dona
Quant cova '1 mon la seva ala,
Quina altra llenga t'iguala,
Tu, qu'en Cicerô parla. . .

joyeusement Oun Tal arrête aux carrefours mar¬
chands de salades et pêcheurs de sardines qui s'esbaudissent aux joyeusetés àl El Casamen Tremblan.
La Société Agricole et Littéraire des PyrénéesOrientales admet la langue populaire dans ses con¬
cours. Le geste
est significatif. La Ilustracio Catalana de Barcelone (15 Mai 1884) souligne cette
consécration et dédie à notre Pléiade naissante un

propagande. Jacinto Verdaguer est l'hô¬
Peprax.

numéro de
te de

Mais les jours passent.... et malgré la vigilance de
Jules Delpont qui souffle sur la cendre et s'essaye à
à sauver l'étincelle, malgré sa Revue, placée sous le
signe des Montanyas Regaladas, malgré ses polé¬
miques sur la graphie et la syntaxe et ses brillantes

�LO

GAI

SABER

escrimes avec Mossen Alcover, qui auraient dû se¬
l'indifférence de nos compatriotes, la belle
flambée des journées de Banyuls défaille.

couer

Enfin, aux premiers jours de Mars 1900, Monsei¬
de Carsalade du Pont entre en sa bonne ville de
Perpignan. L'évêque monte en chaire et salue le
gneur

Roussillon d'un tel élan d'amour que toutes
sont

clef.

les âmes
conquises. Il a les cœurs ; seule, lui manque la
La clef, c'est la langue.

Le

prélat gentilhomme, qui nous vient de Gasco¬

gne, se met sans retard à l'étude. Cet érudit, fami¬
lier des archives et du folklore, porte un cœur de poè¬
te sous le camail violet de l'apôtre. Notre dialecte,
si proche du latin, l'émerveille. Il feuillette fiévreu¬

manuscrits, lexiques et grammaires; il veut
pouvoir, au cours de ses prochaines tournées pasto¬
rales, à travers nos paroisses montagnardes, se pen¬
cher vers les plus humbles et les interroger, les en¬
courager avec les mots du parler ancestral.
Il recommande à ses prêtres, pour les prônes et
les prières, l'emploi régulier du catalan. N'est-ce pas
d'ailleurs répondre à l'appel du Concile dé Trente
qui prescrit la langue populaire aux confesseurs char¬
gés d'instruire les catéchumènes? Les vieux goigs
sement

sont

retrouvés et mis

en

honneur.

pèlerin de Font-Romeu qui se trouble et s'ex¬
ne pouvoir répondre en français «comme les
gens de la ville » : — Mais, ne rougissez pas de la
langue de votre mère, dit le doux pontife. Parlez ca¬
talan, mon ami. La Vierge vous entendra bien mieux
si vous l'invoquez avec les mots qu'elle entendit pour
la première fois lorsqu'Elle vit s'agenouiller devant
son image,
dans la forêt, le berger d'Odeillo et le Tau¬
Au

cuse

de

reau.

»

Dès lors chacun se hâte de suivre un exemple ve¬
nu
de haut. Mossen Boher publie son épopée mys¬

tique

:

l'Inmaculata. Mossen Bonafont Les Ays.

�LO

172

GAI

SABER

Monsieur le chanoine Caseponce, sous le pseudonyme
d'En Mir y Nontoquis, glane ses Contes Vallespireus tout parfumés des fleurs sauvages des Aspres.
L'idiome honoré à l'église ne tarde pas à repren¬
dre

son

prestige à l'école, dans les cercles, dans les

cénacles.

L'instituteur Pastre, maître d'école laïque et fils
Corbières, prolonge en belle indépendanco l'ac¬

des

épiscopale et réunit les éléments d'une Gram¬

tion

maire.
Le vénérable évêque ne se contente pas d'animer
notre seconde Renaissance. Il se mêle à ses travaux.
Avec Charles Grando, il s'initie aux variantes du
sous-dialecte roussillonnais, dont l'étude avait valu
à notre ami Yhomenatge de l'Institut d'Estudis
catalans de Barcelone. Il ouvre à J.-S. Pons le tré¬
ses quatre mille Goigs et disserte avec le sa¬
poète des Mystères de notre vieux théâtre mo¬
yen ageux. Il est en correspondance suivie avec
Francesch Matheu, Narcise Oller, l'Abbé de Mont¬
serrat et, paternellement,
offre au poète du Lampourdan que sa robe n'a pu protéger contre les ri¬
gueurs d'une dictature ennemie de tout régionalisme
l'asile d'une de ses chapelles privées.
sor

de

vant

Les manifestations littéraires

se

succèdent dès lors

éphémérides triomphantes. Le 5 Juin 1910, les
Félibres viennent célébrer la Santa-Estêla à Perpi¬

en

de l'estrambord, leur
Filadelphe de Gerde,
Mgr. de Carsalade arbore au clocher de la cathédra¬
le la bannière aux quatre barres ; et M. le chanoine
Patau, déjà promis à la mitre, monte en chaire, et,
dans la langue savoureuse des meneurs de chèvres
de sa Cerdagne natale, prononce le panégyrique de
Jacinto Verdaguer, le Mistral de Folguerolles.
Quelques mois plus tard, c'est à St-Martin-du-Canigou, la réception triomphale des Jocs Florals de
gnan. Pour recevoir les aèdes
reine et la poétesse bigourdane

Barcelone.

�LO

L'abbaye,
relevée

de

GAI

SABER

173

par les soins du savant évêque, a été
ruines. C'est Vabrassada de germa-

ses

qui efface dans la joie de la famille retrouvée le
des diplomates et des traités. La similitude des
dialectes rapproche si bien les âmes qu'il semble vrai¬
ment, en cette heure de communion lyrique, que, de
Montserrat à Font-Romeu, il n'y a plus qu'une âme,
l'âme ardente de la Catalogne indivisible.
nor

texte

Les années ont passé.

C'est la

guerre.

De l'autre

Albères, les Catalans ne nous oublient pas.
Pendant que 12.000 de leurs volontaires sont venus
retrouver nos poilus dans les tranchées de Champagne,
les poètes barcelonais passent les cols et nous appor¬
côté des

pathétique sympathie. La cérémonie a lieu
municipal. Mgr. de Carsalade n'hésite pas.
Il monte sur le plateau des comédiens, Il s'assied en¬
tre Angel Guimerà et Francesch Matheu et préside la
séance. La scène, ce jour-là, fut éloquente et sacrée
comme une chaire.
Qu'importe le cadre pourvu que
le geste soit beau ? L'heure solennisait l'acte. L'a¬

tent leur
au

théâtre

mour

de la terre catalane attestait le consentement au

sacrifice

et

proclamait l'amour de la France meurtrie.

1926, les fêtes du Couronnement de la Vierge
une occasion nouvelle d'affirmer
notre bilinguisme. L'évêque maître ès jeux adresse un
appel aux poètes; et, de tous les coins de l'Occitanie,
du comté du Roussillon, du Confient, de la Cerdagne
et d'Urgell, du Vallespir et du Capcir, du principat
En

de Font-Romeu sont

de

Catalog'ne et du

royaume

de Majorque, du Langue¬

Provence, les porteurs de lyre accourent
chacun en son parler provincial chante le laus de
Moreneta de la Montanya, la piété du Pèlerin à

doc et delà
et

la

la Fontaine.

Et c'est sous les pins de la forêt, en présence de S.
E. le cardinal Dubois entouré d'un concile de robes

violettes, de M. Louis Bertrand, de l'Académie fran¬
çaise, des délégations des Jochs Florals de Barcelone,

�LO

174

GAI

SABER

Félibrige, de l'Académie des Jeux Floraux, un pa¬
thétique acte de foi en la beauté du Verbe occitan, en
du

la Race catalane.

maintien de la langue
laisser indifférente une
population qui aime, vibre en élans de tramontane et
Tant de sollicitude pour le
la Tradition ne pouvait

et de

s'exalte

au

souffle de tout idéal.

La Reconnaissance catalane voulut se réaliser de

façon souveraine

:

elle fit appel à l'un des maîtres de

la gravure, M. Herbemont, et une médaille d'art fût
fondue et remise solennellement à Mgr. de Carsalade
son abbaye de St-Martin, le n Novembre 1927.—
Vous me donnez de l'immortalité », nous disait en
souriant le prélat animateur de notre Renaissance.
en

«

Ce serait mal connaître la sagesse de notre vénéré
évêque que d'imaginer que ce fut pour satisfaire à je
ne sais
quelle vogue littéraire et pour flatter l'orgueil

racique d'un peuple fier de ses origines que Mgr. de

Carsalade se fit le restaurateur fervent d'un dialecte
menacé d'effacement. Sa piété avait des sources plus

profondes et plus pures.
Un jour du dernier été que nous nous étonnions de¬
lui de sa fièvre linguistique et lui demandions le
secret de son prosélytisme grammatical, le vénérable
vant

philosophe, qui considère toute chose sous son aspect
d'éternité, nous prit par le bras et, nous entraînant
dans les allées du jardin suspendu d'où s'aperçoivent
les derniers vestiges des remparts et des clôtures édi¬
fiés par les rois de Majorque: —« Dieu, voyez-vous,
nous dit-il, Dieu a donné à chaque peuple un carac¬
tère particulier, une personnalité propre qui sont le
reflet de la terre qu'il habite, de la langue qu'il parle
et qui détermine la race.
La
à

terre et

la

race

sont

inséparablement liées l'une

l'autre, et de leur union est née la langue après une

gestation quelquefois séculaire.

�lo

gai

saber

175

Tenter de détruire l'un des trois termes de cette trinité : la terre, la race et la langue, même sous pré¬
texte d'unité nationale, c'est une œuvre impie et chi¬

mérique. On ne peut pas plus niveler les peuples qu'on
ne peut niveler toute la terre.
Le catalan est une langue. Il vivra autant que la
terre catalane et que la race catalane. »
Le silence se fit autour de notre émotion. Je venais
d'entendre le Credo de la religion ancestrale.
François TRESSERRE
de

l'Académie des

T

Jeux Floraux.

�LO

La Langue

GAI

d'Oc

SABER

au

VIIe Centenaire

de l'Université de Toulouse

La langue d'Oc n'avait pas de place officielle aux
fêtes du septième centenaire de l'Université de Tou¬
louse. La langue du peuple, qui fut celle des rois,
n'est pas connue du Protocole. Elle s'est cependant
faufilée dans les fêtes, sans crier gare; on n'avait pas

prévu cela !
Elle .a même failli nous venir du Nord ! Un de mes
anciens étudiants, M. Hilding Ivjelmann, professeur
à

Gœteborg (Suède), avait commencé d'écrire

l'a¬

plana lenga Romana.
Il y a renoncé et c'est dommage. Le savant éditeur
des poésies du troubadour Raimon Jordan, Vicomte
de Saint-Antonin, connaît notre ancienne langue in¬
finiment mieux que la plupart des félibres. Son exem¬
ple aurait été une leçon.
En France même, la Société des Langues Roma¬
nes, de Montpellier, qui porte fort allègrement ses
soixante ans sonnés, et que dirige avec une inlas¬
sable activité le professeur Grammont, Franc-Com¬
tois, a envoyé à l'Université une belle adresse en pu¬
re
langue montpelliéraine.
La Commission Archéologique de Narbonne a
fait mieux. Elle a chargé notre ami, le regretté Dr.
dresse de

son

Université

en

Albarel, de nous envoyer un message en vers
(encore une forme de message que le Protocole ne
Paul

�LO

GAI

SABER

177

connaître !). Et, dans une ode écrite sur un
rythme voisin des strophes de Mireille, Albarel a
chanté en vers narbonnais la gloire sept fois centenaire
veut pas

de l'Université de Toulouse.

J'ai rédigé moi-même, au nom de l'Académie des
Jeux Floraux, une adresse en langue d'Oc, en m'efforçant d'y faire entrer les formules et les termes du
début des Leys d'Amors. A six cents ans de distance,
l'ombre de Guilhem Molinier
Enfin
taire de

a

dû tressaillir d'aise.

personnalité sans mandat (c'est le signa¬
ces lignes) fut amenée par
les circonstances
à prononcer, en langue d'Oc, une allocution qui fail¬
lit se développer en discours
non officiel. A la fin
d'un dîner offert par la Faculté des Lettres aux col¬
lègues étrangers, quelques amis, mal intentionnés
peut-être, ( on ne sait jamais avec les collègues ! )
m'invitèrent bruyamment à parler.
Je me souvins de la formule marseillaise, que les
« Vaillants » de la Joliette emploient pour se donner
du courage: «Zo u ! a n'eu! manda-li lou còu! »
Et, quelque diable me poussant, j'envoyai le coup de
une

...

mon

mieux.

mes collègues, et à nos illustres invités,
que nous pensions, nous, Occitans, de ces
fêtes. Fils de la grande France, et ni court ni cous-

Je dis à

tout

ce

tiè, comme dit Mistral dans l'Ode aux Troubadours
Catalans, nous voulons notre Patrie plus belle et
plus aimée, «depuis Saint-Michel-du-Péril jusqu'à
Xanthen » (Ch. de Roland), depuis Calais jusqu'à
Perpignan. Le passé est mort et oublié ; nous ne re¬
montons ni au Déluge, ni même toujours à la Croi¬
sade. Mais tout ce que nous avons gardé de bon et
de beau de notre passé languedocien, nous le main¬
tiendrons, et notre langue et nos traditions, et ce goût
de la liberté et ce sens de la courtoisie qui nous vien¬
nent de nos

ancêtres.

fut, en bref, le thème que je développai plus
longuement, bien soutenu d'ailleurs par cette « chaleur
Tel

�i78

LO

GAI

SABER

communicative » des banquets, qui permet tant d'im¬
prudences et d'exagérations. Les auditeurs étrangers,
dont plusieurs étaient des romanistes très distingués,
furent ravis d'entendre, au moins une fois, la langue
de notre pays. Même nos collègues «franchimands»
comprirent fort bien, et un sénateur franc-comtois se
flatta d'entendre notre langue aussi bien que celle
d'Homère !
Et voilà comment la

langue d'Oc, aquelo lengo

un peu à l'honneur aux fêtes du sep¬
tième centenaire. « Mòrta dihuen qu'es, mes jo la
dich viva!»

mespresado, fut

Prof. J.

ANGLADE.

L'Academia dels Jocs Florals
a

de

Mossenher lo Rector

l'Universitat de

Toloza

L'Academia dels Jocs Florals, heretiera del Consistori del Gai Saber, manda a la nobla Universitat
de Toloza, a l'ocazio del seten centenari de sa fon-

dacio,

sos

votz mas corals.

En l'an MCCCXXIII, li Set Trobador que fonderon lo Consistori
del Gai Saber manleveron a l'U¬
niversitat de Toloza sas ordenansas e sas costumas.
Lo primiers canceliers del Consistori, Guilhem Mo-

linier,

que

compilet las Leys d'Amors, era mestre
qu'era adoncs l'Univer¬

dreit à l'Estudi Tolzan,
sitat de Toloza.

en

Depois lo temps passât lo Consistori a servat fizella tradicio d'elegir mantenedors de maestres de

men

l'Universitat. Lo Gai Saber e la Sciensa amezuran
d'un pas égal lo camin de la vida de l'esperit. Le
Gai Saber conforta la Sciensa e dona als Savis gaug,

alegria

e

solatz.

�LO

GAI

SABER

Mantendrem la tradicio antica dins lo
dor. Tota

179

tems

aveni-

hondrara l'Universitat de Toloza
fara gauch als Mantenedors del Gai Saber. De nostra part em
assegurat que trobarem sempre demest
los Maestres de la nobla Universitat de Toloza,
quant ops sara, amies fizels e verais accosselhadors.
A honor e gloria de l'Universitat de Toloza, sempre
ren

que

auzor!
Las prezens

letras foron donadas a Toloza, sotz lo
sagel autentic de l'Academia dels Jocs Florals, lo
nòu del mes de junh de l'an de la Encarnacio que
om

contava

MCMXXIX.

L'Académie des Jeux Floraux
à Monsieur le Recteur

de l'Université de Toulouse
L'Académie des Jeux Floraux, héritière du Consistoire du Gai
Savoir, envoie à la noble Université de Toulouse, à l'occasion
du septième centenaire de sa fondation, ses vœux les plus cor¬
diaux.
En l'an 1323,
du Gai Savoir

les Sept Troubadours qui fondèrent le Consistoire
empruntèrent à l'Université de Toulouse ses rè¬
glements et ses lois.' Le premier chancelier du Consistoire,
Guilhem Molinier, qui rédigea les Leys d'Amors, était professeur
en droit au Studium
Tolozanum, qui était alors l'Université de
Toulouse.

Depuis ce temps, le Consistoire a gardé fidèlement la tradition
de choisir dss mainteneurs dans l'Université. Le Gai Savoir et
la Science marchent d'un pas égal dans le chemin de la vie
spirituelle. Le Gai Savoir réconforte la Science et il donne aux
joie, allégresse et consolation.
Nous maintiendrons dans l'avenir notre antique tradition.
Tout ce qui honorera l'Université de Toulouse réjouira les Mainteneurs du Gai Savoir. De notre côté, nous sommes sûrs de trou¬
ver
toujours parmi les Maîtres de l'Université de Toulouse,
quand besoin sera, des amis fidèles et de sincères conseillers.
Pour l'honneur et la gloire de l'Université de Toulouse, tou¬
jours plus haut !
Donné à Toulouse, sous le sceau authentique de l'Acadé¬
mie des Jeux Floraux, le 9 Juin 1929.
Savants

�L'Ort dels Trobaires

La Canson de la vièlha Auzina

que mila ans
Crèma dins lo fogal e

L'au^ina
—

A

s'es agafada al ròc,
dis aquesta canta :

Concisi los Trevants

quiam

cara

trebolanta

miej a-nèit d'espaventar se fan un jòc.

qu'es ara escardenc fòc,
qu'abian calor abla^iganta,
Als longs ibèrns, à la clamor tant pertocanta
Dels Autans qu'an bufat subre la terra d'Oc.
Cadun dels miunis brancs,

Sosca als estius

Bre^ilhs dels au^elons, potons de las Aimadas,
Planhs de tortoras, pets de tron dins las trumadas,
Vos ai audits al bòsc que barra l'orifon !
Ara

èt% totis aici com antan pels terraires,
dins ma vots s'au^is vòstre reson,
totjorn dins los cants dels Trobaires!—

D'abòrd que
E tindaret$

Prosper ESTIEU.
Las Oras Cantairas

( lib. III ).

�LO

GAI

l8l

SABER

*

*

Lo Rosinhol

e

la Roza

Dins los

boscages del Iran,
Bulbul, lo Rosinhol, aimaba
Gui, la Ro^a del Gulistan ;
acò 's per ela que cantaba.
Als òrts de la terra
la

e

del cèl,

Rò^a

es la reina mannada
de las flors, mila ans potonada
per los potets del dos ghazel.
Milanta

ghazels abrondaires
bre^ilhan dins lo gargalhòl
de Bulbul ; es lo Rosinhol
qu'es lo rei dels autels cantaires.
Gui

e

Bulbul

los bèls

son

totes dos

companhons de la Prima,

temps cande ont tôt mal s'apa^ima,
ont tôt renais, jove e gauchos.

Alavet% la Flor, espandida
dins sa belor qu embalau^is,
nòl, s'estoloira e resplendis,
tôt a uf ano^a e trefolida,

�i82

lo

e

V Aufèl,

dins

son

gai

saber

del luscre à l'albor,
sirventesc clar

dis la baudor

e

e

monde

Vamaror

del amor, sobeiran del monde.

Lo còr de la Rò^a es comol
d'un encantament que se cala

soscant, friutaire e tremol,
à l'estelada nèch nobiala.

en

Es muda,

— e lo potet d'amor
solet fara floridura
s'espandira dins la siaudor,

que

sens

sadol

e

sens

bla\idura.

L'Au\el dis ambe sa canson
sò que dis ambe sa nolensa
la Flor preclara, à la saqon
d'amor, de gauch e de jovensa
dirait dusca al darrier
el cantant, ela boca
la vanitat de tota

:

sospir,

clauqa,

cau\a

fòra lo De^ir,

—

lo De^ir.

Antonin PERBOSC.

�lo

Lo

gai

Lauragues

Terra dels viulhèrs d'aur
E dels

saber

e

en

183

Junh

de las amarantas

linlàs, ont tant fadejan los autels,

L'aura porta resons de lentans calumèls
Dins tos randals bordant estradas serpejantas.

Jol solelh daurejant tas meisons ondejantas,
D'eisams bronfinan dins los prats dels tins combels
E, jol calelhadis dels lugars subrebèls,
S'estèlan de flairons tas còlas verdejantas.
Ai landrat al ternaire ont floris l'aloès,
Mas n'ai

jamai conegut res que m'agradès
pais à la fin de la Prima.

Coma lo miu
Acò 's

pracò

que

fau tindar mos remenilhs,

E, tenent de Febus lo secrèt de la rima,
Canti'pels caminòls per far rampèu aïs grilhs.
Guilhem

{ Novèls Cants d'un Grilh ).

de

NAUROZA.

�LO

184

GAI

SABER

La Pròza Occitana

Jòb

se

remembra

son

bonur

pasat

Jòb continuât sa parabòla e digiièt :
Oui far à que siai coma al temps ont Dius
soscaba à ieu e m'aparaba;
3. Al temps ont la lampa flambaba sul miu cap,
1.

2.

e

ont caminabi dins las tenèbras ambe

la luts de

Dius;
4 Al temps de ma joventut, quand Dius demoraba en secret dins mon ostal;
5. Al temps ont lo Tot-Potent èra ambe ieu e
tota ma familha à mon entorn ;
6. Al temps ont me lavabi los pèds dins lo burre e ont mos olius,
plantais dins las pèiras, fafian per ieu de ruines d'òli ;
y. Al temps enfin ont anabi à la porta de lavila
e ont m'ofrisian, una cadièra subre la
plasa publica Ì
8.

Tre que

los jovents

per me faire plasa, los

me vefian, se reculaban
vièlhs s'arboraban e de-

moraban dreits.
ç). Los princes s'arrestaban
ban lo det subre lor boca.

de parlar

e pau^a-

Oc, còpsec los princes èran silencioyes, e
lenga demoraba estacada al cèl de lor boca.
11. Laurelha que m'escotaba me probaba qu'èri
un òme uros ; l'èlh que me vefià
abià Vaire de
10.

lor

dire
12.

Ou'abiai

que cridaba e
secorir.

delibrat de sa misera lo paure
l'orfanèl qu'abià pas degun per lo

13. Los qu'èran estais sul punt de périr memandaban lors benediccions, e comolabi de consolacions lo còr de la veuqa.

�LO

GAI

SABER

185

14. Me som emmantelat de justicia e me som
servit d'ela coma d'una vestidura e d'una corona.

Som estât l'èlh del abugle

/5.

e

lo pèd del tor-

tej aire.
16. Som estât lo paire dels paures, e me som
asabentat tant qu'ai pogut dels afaires que coneisiai

e

pas.

77. Ai embrenicat las maisas del òme injuste
li ai arrancat de las dents so qu'abià
raubat.
18.

Dipiai alavets : « Morirai dins lo ni^et que
fait e multiplicarai mos jorns coma lo
palmier.
19. Som coma un arbre, dont la rapic s'espandis long de las aigas, e lo ròs se
pauqarà subre
me

som

mas

brancas.
Ma

glòria se renovelarà de jorn en jorn,
arquet se fortificarà dins ma man. »
21. Los que
m'escotaban me copaban pas la paraula e recebian mon avejaire dins un silenci
respectuos.
22.
Auqaban pas ajustar res à mas paraulas,
e
aquestas tombaban subre élis coma de gotas de
20.

e

mon

ròs.

29.
ca

se

M'esperaban
dorbisià

coma

coma

l'aiga del cèl,

e

lor bo-

fa la terra, quand las pluè-

tardièras.
Se qualque còp riqiai ambe élis, òc podian
pas creire ; mas la lut s gaujo^a de ma car a tombaba pas duscas à terra.
2p. Quand anabi demest élis, m'asietabi lo primièr, e, quand eri asietat coma un rei al mièch
de son armada, debrembabipas d'èstre lo consojas

son

24.

lador dels endolorits.
Prosper ESTIEU.
Lo Libre de Jàb (ch.
en occitan d'aprèp

revirat

XXIX)
la Vuígata.

�Libres

Novèls

Brancasd'Euse,poèmes e pròza, perl'Escotaire(390
in-12 ), Montpelhèr, Dezeuze. — Crid noviau,
per Filadèlfa de Gèrda ( 12 p. in 8° ), s. 1. n. d. —
Coutumes de Verlhac-Tescou, per Antonin Perbosc
e Severin Canal
( 24 p. in 8° ) Toloza, Occitania. —
Coutumes de Cour don, per Antonin Perbosc e
p.

Severin Canal ) 24 p. in-12) Toloza, Occitania. —
Raimon Escrivan, per Edmond de Rivais (30 p. in

8°) Toloza, Estamp. Sant-Subrà. — Théodore Aubanel, per A.-H. Chastain (46 p. in-16 ) Avinhon,
Et nous verrons Berre, per Frédéric
Aubanel.
—...

Mistral

nebot(32o

Me cal dire

sens

p.

in-12) Ais, Ed. «Le Feu».

res

amagar

sò

que

pensi del libre

que ven de publicar VEscoutaire, lofelibre Dezeuze,
de Montpelhèr. Dempèi plan de temps, se parlaba

d'aquelas Brancas d'Euse; tant lèu que las recebèri,
las legiguèri gaireben sens reprene alen, e foguèri
uros
de veze que sò que m'abian dit de l'òbra occitana del Escotaire èra vertat. E, justament per aquela
razon, agaiti com un deber de mostrar à nòstres escolans que mêmes los milhors escribans an bezonh
enoara de perfeccionar lor lenga.
Compreni pas perque l'Escotaire escriu progrèt
(progrès), p. 207, assenta ( absinthe), p. 173, plenta
(plainte), p. 197,phar (phare ), p. 190. Totis aquels
mots son mal fargats e se tròban pas dins lou Trésor
dóu Felibrige de Mistral; se deurià escriure : pro¬
grès, absent, planh, fare. Perque escriure tranquinlas (tranquilles ), p. 205, al lòc detranquilLas.
Sabi ben que se dis tranquinlas al Clapàs, mas es
una forma vertadièrament garrèla que cal
fòrabandir

�LO

coma

ta

GAI

187

SABER

tant-ben lo

darnièra

"Trésor",

motgraça ( grâce ), p. 183 : aquesforma, que Mistral a recatada dins son
e qu'es à tòrt emplegada pel pòple, deu

s'enanar tant-ben del vocabulari occitan

e

laisar la

plasa à gracia. E pracò, à la rigor, se podrià conservar ; mas una orror lenguistica es lo mot silença

(silence )

que

rima ambe immens a,

p. 91,

al lòc de

silenci.
Mon amie Dezeuze me n'voldrà pas d'aber notât
dins son libre sò que, segon ieu, i deurià pas èstre.
Brancas d'Euse es un bèl libre, e lo profesor Tho¬
mas l'a lauzat justament dins sa prefacia. Déjà, per
la Santa-Estèla de 1927, abiai auzit, als Disatièrs,
l'Escotaire nos dire qualques-unis d'aquels poèmes,

los legisent, los ai trobats encara mai polits.
quais cauzir per los recomandar à nòstres
escolans, mas à tôt azard mencioni La Garriga, Loti
e, en

Sabi pas

Crist dau Pioch de Sant-Loup, ont
dis à la rasa mièchjornala :

Nòstre-Senhe

Car vous aime, o raça jouiousa
Que tout lou mounde noun coumprend,
Raça galejaira e seriousa
Que ris e canta dins lou vent... (p. 21 ),

las cansons
La Prensa,
poème de guèrra com n'i a pas belèu cap dins tota
la literatura de lenga d'oïl, e que s'acaba subre alo

à J. Sebastia Pons, catalan,
Lous Èmplegats de la Coumuna,

sonet

com

questa bêla

pregaria

:

lèu, fai leva l'auba nouvèla, o Paire!
Chapla l'ourribla prensa e quau s'en servissiè,
E manda un bèl issam d'anjous dau cèl per traire
Sus lou mounde engrunat de brassais d'ouliviè. (p. 199).

Au pus

La pròza del Escotaire, quai es lo felibre que non
la coneis ? Cada mes l'escampa à grands rajòls dins
La Campana de Magalouna, pròza granada, gos-

dins lo libre, qualquas mòstras remiraLou Métro e Lou Mercat dau Dimars.

toza, donti a,

blas,

com

�188

LO

Brancas d'Euse

qu'ajen paregut

es

GAI

un

SABER

dels milhors libres occitans

en 192g.

La granda trobairis bigordana Filadèlfa de Gèrda
m'a mandat lo Crid noviau
( Cri nuptial ) que di-

guèt al castèl de Bèudia ( Beaudéan ) pel maridatge
de damaizèla Privât ambe senhe Didier.
Aquel Crid
es dinne dels
autres, tant prezats pels lectors del Gai
Saber, e acò es pron dire.
Vòli solament donar très bordons
clama la fbrsa de la tradicion :
Hóra

era

Sola,

era

tradicio, tôt s'esclurra e s'esbrenha
tradicio dera flo tira ed hrut,

Ed Prezent n'ei arré s'ed Pasat

no

la trobairis

ont

;

l'ensenha.

(Hors de la tradition, tout s'effrite et s'écroule; seule, la tra¬
ne peut rien si le Passé
ne
l'étaye. )
dition de la fleur tire fruit. Le Présent

E ara, es que l'avenidor — un avenidor pas trop
lentan
veirà se realizar la profecia de Filadèlfa ?
—

Ed yo qui ac veyi tôt dab eds oelhs dera rasa,
Que disi qu'èste dia ei u voler de Diu,
Qu'ed esprit deds auyôs dessus nos-autis pasa,
E qu'il tant bèt
printems pormet u bèt estiu.

( Et moi qui vois tout avec les yeux de la race, ie dis qu'un
pareil jour est un bienfait de Dieu, que l'esprit des aïeux plane
sur nous et
qu'un si beau printemps annonce un bel été. )
Un disate d'agost del estiu de
1929, las parets del
castèl de Beudia auzîguèron tindejar un reson del
Crid noviau...
Se

parli aie! de las Costumas de Verlhac-Tesde Gordon, publicadas, ambe de sabentas
introduccions e de glosaris, per A. Perbosc e S. Ca¬
nal, es pas per ne dire tôt l'interès que prezentan
del punt de vista del dreit e de las institucions occitanas, mas solament per que nòstres escolans sapien
ont trobar las pròbas, claras e
netas, que la lenga
con

e

�LO

GAI

SABER

189

d'Oc es "una" dempèi los trobadors duscas als felibres, e que lo pôple occitan, en 1473, comprenià sa
lenga escriuta dins lo biais trobadorenc, ja que, aquela annada, las costumas de Verlhac-Tescon foguèron
reviradas del latin al roman : quar rasonabla e necessaria causa que quascun entenda la ley a'ila-

quala es subiugat... acconselhat$ los consols, sindix et autres de la universitat de la vila de VerIhac de Tesco,... requisisegonme... que lor agues
declarar los statut$ en tal maniera que los entendessan... e tant contenon en romans com en lati,
mens (p. 19). La lenga que comprenian
Mièchjornals d'alavets, mirais may que autras
gens, es que los Mièchjornals de uèi la pòdon pas comprene tant-ben ?
ne

plus ni

los

Debèm al senhe E. de Rivais la publicacion e la
traduccion franceza d'un poème escriut, vèrs 1220,

pel trobador Raimon Escrivan, que fogmèt tuât, en
1243, en Avinhonet, ambe los Inquizitors. Aquel po¬
ème es pas autra cauza que lo raconte d'un epizòdi
del sièti de Toloza per Montfort en 1218 ; es escriut
dins lo biais d'una tenson entre la cata (la chatte)
reprezentant l'armada dels Crozats e lo trabuquet
(le trébuchet) reprezentant l'armada mièchjornala.
Un bon estudi del senhe de Rivais tira ambe razon
del debrembièr lo nom de Raimon Escrivan troba¬

dor, canonge e martir.
Lo centenari

d'Aubanèl, festejat

un

pauc pertot

d'Oc, a pas fait naise cap de libre novèl subre lo poèta de la Mióugrano. Es peracò que
subre la tèrra

saludi ambè

plazer la brocadura de A.-H. Chastain,

a sapiut, aprèp tantis d'autris, dire son mot
subre lo drame intime d'Aubanèl apasionat e cres-

loqual

tian, e subre la valor psicologica, tant pauc coneguda, del Pan dóu Pecat.
En Frédéric Mistral

nebot, que nos promet un ro-

�lo

100

gai

saber

provensal. demòra, duscas ara, un dels milhorsSas cronicas felibrenMontpelhèr, son legidas e justament prezadas dins tôt lo Mièchjorn. Diguèri un jorn aicì sò que pensabi de son libre sus lopoèta Adòlfe Dumas. Uèi som uros de dire tôt lo ben
que pensi de son novèl libre... Et nous verrons
Berre, ont lo nebot del Mèstre a ligat, dins una bêla
garba, un ramat d'articles pareguts, ensà-enlà, dins
de revistas e de jornals, duscas al an 1926.
Recomandi à totis los que vòlon coneise la boleg-adisa felibrenca del'temps d'aprèp-guèrra de legir
la primièra partida del libre ; i trobaran tôt sò que
cal saber subre la question del ensenhament de la
lenga d'Oc e sus lo fédéralisme. Aqui-subre, ai pasd'autras idèas que l'autor, e crezi que la maja part
dels felibres, dels felibres d'accion, pensan pas auman

critics occitans en leng'a d'oïl.
cas del jornal "L'Eclair
de

trament.

(p. 61)

Le Fédéralisme est

l'espoir de demain

acò èra vertat en 1922 ; es mai vertat encara
en 1929 ; e ieu, que veni de faire un viatge
en Bretanha, pòdi asegurar que la Fransa trobarà pas una
autra vertut per se mantene. Lo jorn s'abansa ont.
picarà l'ora del Fédéralisme pratic en Fransa.
:

Dels articles sus la vida e l'òbra d'autors provensals e lengadocians, qu'ai legits o relegits ambe-

grand plazer (Fraire Savinian, A. Dumas, C. Rieu,.
B. Bonnet, A. Arnavièla, M. Jouveau, V. Bernard,
J. d'Arbaud), lo que m'a lo mai agradat, e que voldriai lauzar com òc mérita, es l'article subre las Muzas d'Oc, ont Mistral nebot parla d'Antonieta de Beu—
caire, de Bremonda de Tarascon, de Filadèlfa de Gèr~
da e de Farfantèla : nos Muses saines, belles, sont
les gardiennes de la Race dont elles ont les qua¬
lités (p. 274). Se pòd pas milhor parlar.
Abat

Jozèp SALVAT.

�LO

GAI

BOLEGADISA

SABER

I9I

OCCITANA

A las fèstas organizadas pel Centenari
dacion de Decazevila, i ajèt una vesprada

de la fonfelibrenca

jos l'aflatde nòstres valents amies del Grel Roergat.
Na Julieta Dissel, dels Grilhs del Lauraguès, i foguèt aplaudida dins las òbras dels felibres roergats,
e nòstre escolan Joan Lacout, sarralhèr à Rodez, obtenguèt la primièrajòia del Concors poetic.

Canas, la Mantenensa de Provensa festejèt co¬
debià, lo ièr de setembre, lo centenari d'Aubanèl. Aqui se trobèron, ambe lo capolièr Jouveau,
los majorais Raimbaud, Ruat, Bruneau, etc. Se vei
plan que lo nom del cantaire de Zani es glorificat per
totas las provincias occitanas, com òc serà, l'an que
ven,lo nom del Mèstre, l'immortal cantaire deMirèlha.
Al concors literari, nòstres escolans Barcelo e Delluc obtenguèron la ira e la 2da jòias poeticas.
A

ma

se

La fèsta annadièra de YEscòla deras Pirenèas se
•celebrèt ongan à xMuret, e foguèt subrebèla. Lo disate 7 de setembre, al teatre, vesprada occitana plan
reusida, ont s'aplaudiguèron los cantaires e dansaires de Nauta-Bigòrra e de Saurai, e la tropa de Fi-

ladèlfa que
un

joguèt Ed Biroulet. L'endeman, aprèp

omenatge pertocant al poèta

Pèire Fons, los feli¬

bres, ambe la Rèina del Felibrige dòna Romaneta
de nombrozes majorais, foguèron recebuts pel Municipe à la Comuna, ont lo cônse-deputat Vincent
Auriôl faguèt un bèl discors en lenga d'Oc. A la mesa, prediquèt en gascon lo canonge Dambielle, mès¬
tre en Gai Saber. Al vèspre, los felibres saludèron
lo monument que remembra la batalha de 1213, se
faguèt l'inauguracion de plasas, carrièras e paseja•das portant de noms occitans e se tenguèt Cort d'Amor, prezidada per dòna Romaneta e Filadèlfa de
e

�I

LO

92

SABER

GAI

Gèrda. A la nèit, i ajèt una taulejada ont s'auziguèron
de brindes pertocants. Lo dilus, una agradiva

escorreguda à Pinsaguèl acabèt remirablament aquelas fèstas.

U Academìa dels Jòcs FLorals e
tana èran reprezentadas per la rèina

VEscòla OcciFiladèlfa, pels
majorais Anglade, Perbosc, Rozès de Brousse, Ro¬
ques, los manteneires de Gelis, Praviel e de Palaminy. Na Julieta Dissel e Na Jana Auriffeuille, dels
Grilhs del Laur agités, faguèron auzir de poèmes e
de cants de Forés, Estieu, Mir, Albarel, etc... e foguèron aplaudidas, coma tant-ben Na Anna-Maria
Ponroch, de La Cigalo Narbouneso.
Coralas felicitacions à

nòstres amies Raimon Li-

zòp, capiscòl de l'Escòla, e Bernât Sarrieu, majo¬
rai del Felibrige, totis dos valents organizators d'aquelas bêlas fèstas.
Fazèm asaber à nòstres escolans que Lo Colètge
va comensar sa 3ma annada.
Cors pu¬
blic e per correspondensa : lenga, literatura, istòria
d'Occitanla. Escotison annadièr: 10 frs. Secrétariat :

d'Occitanïa

45,

carrièra Contresti, Castèlnòudari.

Ambe grand malcòr abèm après la mòrt de ńòstre
escolan l'abat Cazanave, profesor al Seminari de
Castèlnòudari. N'abià à pron-pena que 36 ans. Era
un bèl dizeire occitan—Estieu l'abià nommât son
«jo-

glar » — e prometià d'èstre un afogat predicaire en
lenga d'Oc. Que santa Estèla lo recebe dins lo Pa¬
radis !
CRI-CRI.

Le Gérant

Impr. Lauraguaise,

37,

:

E. LEVRAT

Rue de la Baffe

-

Castelnaudary.

�\

Règles de Phonétique Occitane
i° VOYELLES. — a, seul ou dans le
corps d'un mot,
accentué ou non, sonne comme a français ; mais s'il
constitue une terminaison féminine, il est semi-son¬
nant et se prononce
e sonne Comme é

a et o, Suivant la région ;
français, et è comme è ou¬
vert français ; —- i équivaut
à i français ; — u égale¬
ment ; mais, après une voyelle, il a le son ou fran¬
çais ; — ô ouvert se prononce comme o français, et
o fermé comme ou français ;
— y n'existe pas en oc¬
—

entre
fermé

citan.
2° CONSONNES. — b, c, d, f, g, j, 1, m, n, p,
q ( toujours
suivi de u ), r, s, t, i sonnent comme en français ; mais
c devant i est sifflant comme s
français; — j sonne
comme

tz, dans certaines régions ; — m se prononce
à la fin de la i" pers. du pluriel
des verbes ;

comme n
—

n

est

muet, sauf quelques rares exceptions, à la fin

des substantifs ; —, r est souvent muet à la fin des
substantifs et des adjectifs, sauf en Provence, ainsi
•qu'au présent de l'infinitif; —• s est toujours dur et sif¬
flant ; — t est muet à la fin des participes
présents et
des mots en ment; — v sonne comme b, sauf en Pro¬
vence ; —
ç, k, x, w n'existent pas en occitan.
Illlllllllllllllllllillilllllllllllllllllllllllllllllllllllll

EXTRAIT

DU

CATALOGUE

de la

Societat d'Edicion Occitana
37, Rue de la Baffe

-

CASTEL.NAUDARY

Prosper ESTIEU
Lou

Terradou, sonnets en langue d'Oc, avec trafranç. (i vol. in-8°, 300p.) — rare. fr.
30. »
Flors d'Occitania, sonnets en langue d'Oc, avec tra¬
duction française, (1 vol. in-8°, 280 p.)
fri
20. »
La Canson Occitana, poèmes en langue d'Oc, avec
traduction française, (1 vol. in-8°, 264 p.)
fr.
20. »
Lo Romancero Occitan, poèmes en langue d'Oc, avec
traduction française, (1 vol. in-8% 344 p.) fr.
20. »
duct.

.

�Occitan, 43 chansons avec musique, texte

Lo Flahut

occitan et traduct. franç. pouvant se chanter
deux langues, (1 vol. in-8°, 104 p.) . . fr.

dans les

Vergili en ritmes occitans

Las Bucolicas de

(

1

16. »
vol.

in-8, 68 p.)
Edition de luxe numérotée
Edition ordinaire

.

.

.

.

fr.
fr.

25.
10.

»
»

Jan de la ROCA
Lo Mètge de Cucunhan, conte dramatique occitan,
avec n illustrations de Paul Sibra, (1 vol. in-8°3op.)
Edition de luxe numérotée

fr.

8.

»

Edition ordinaire

fr.

4.

»

Guilhèm

de

NAUROZA

Cants d'un Grilh, chansons, rondels et sonnets oc¬
citans, avec traduction française et portrait de l'au¬
teur, (1 vol. in-8°, xvi- 100 p. ) . . . . fr.
10. »
Abat Jozèp SALVAT
La Langue d'Oc à l'Ecole, (in-8°, 16 p.) fr.
5. »
La Lenga d'Oc e la Gleiza, (in-8°, 16 p.) fr.
3. »
Sant Francés d'Asiza etsemple e aparaire dels Felibres, (in-8", 8 p.)
fr.
2. »
Auguste Foures, sa Vie et son Œuvre, suivies
d'un choix de poésies et d'un lexique, (1 vol. in-8°,

p. )
L'Ama

122

(in-8°

Occitana,

14

Edition de luxe
Edition ordinaire

1.

Rèina del Cet,

fr.

12.

»

fr.
fr.

10.
2.

»

p.)
»

CANTIQUES :
paraulas de P. Estieu subre un

aire catalan.
2.

Cantem Nadal

!

paraulas de P. Estieu subre un

vièlh aire occitan.

CHANSONS

:

cante ! paraulas e aire popularis.
Batezons, paraulas de P. Estieu subre un

1.

Se canta, que

2.

Las

vièlh aire.
3.

La Canson de Castèlnòu,
un vièlh aire.

paraulas de P. Estieu

subre

(L'unité:
MRR.

DE

1
LA

fr.

—

aOCIETAT

La douzaine:

D'EDICION

OCCITAHA

10

CAtTELHAUDARY.

fr.)

�</text>
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&lt;html&gt;&#13;
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&lt;/head&gt;&#13;
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Lo Gai Saber (&lt;a href="http://occitanica.eu/omeka/items/show/13154"&gt;Acc&amp;egrave;s &amp;agrave; l'ensemble des num&amp;eacute;ros de la revue&lt;/a&gt;)&#13;
&lt;/body&gt;&#13;
&lt;/html&gt;</text>
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              <text>&lt;!DOCTYPE html&gt;&#13;
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&lt;/head&gt;&#13;
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&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;em&gt;Lo Gai Saber&lt;/em&gt; est une revue litt&amp;eacute;raire occitane publi&amp;eacute;e depuis 1919. La rubrique &lt;em&gt;L'&amp;Ograve;rt dels trobaires&lt;/em&gt; est consacr&amp;eacute;e &amp;agrave; la po&amp;eacute;sie, la rubrique &lt;em&gt;Bolegadisa occitana&lt;/em&gt; donne des informations sur l'actualit&amp;eacute; de l'action occitane. La revue fait aussi &amp;eacute;cho des publications du domaine occitan et des r&amp;eacute;sultats du concours annuel de po&amp;eacute;sie occitane de l'Acad&amp;eacute;mie des Jeux floraux.&lt;/div&gt;&#13;
&lt;/body&gt;&#13;
&lt;/html&gt;</text>
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              <text>&lt;!DOCTYPE html&gt;&#13;
&lt;html&gt;&#13;
&lt;head&gt;&#13;
&lt;/head&gt;&#13;
&lt;body&gt;&#13;
&lt;div style="text-align: justify;"&gt;Lo&amp;nbsp;&lt;em&gt;Gai Saber&lt;/em&gt;&amp;nbsp;es una revista liter&amp;agrave;ria occitana publicada dempu&amp;egrave;i 1919. La rubrica&amp;nbsp;&lt;em&gt;L'&amp;Ograve;rt dels trobaires&lt;/em&gt;&amp;nbsp;es consacrada a la poesia, la rubrica&amp;nbsp;&lt;em&gt;Bolegadisa occitana&lt;/em&gt;&amp;nbsp;balha d'informacions sus l'actualitat de l'accion occitana. La revista se fa tanben lo resson de las publicacions del domeni occitan e dels resultats del concors annadi&amp;egrave;r de poesia occitana de l'Acad&amp;egrave;mia dels J&amp;ograve;cs florals.&lt;/div&gt;&#13;
&lt;/body&gt;&#13;
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      <description>Jeu de métadonnées internes a Occitanica</description>
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          <name>Contributeur</name>
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              <text>Bibliothèque de Toulouse</text>
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      <name>Escòla occitana</name>
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      <name>grafias de l'occitan = graphies de l'occitan</name>
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      <name>Poesia occitana = poésie occitane</name>
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