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                  <text>14* Annada

Lo

N° 62

Novembre*Decembre 1929.

Gai

Revisia de l'ESÇOLA OCCITANA

Dis Aup i Pirenèu

...

F. Mistral.

TOLOZA
14, Carrièra dels Arts, 14

Lo Numéro

:

1 fr. 50

�LO GAI SABER
Revista de l'ESCOLA
BUREUS

14,

:

OCCITANA

Carrièra dels Arts

Abonaments

:

( Fransa

j

: un an

.

Estrange: un an

-.

.

TOEOZA
12 fr.

/r.

.

ENSENHADOR

( Novembre-Decembre

del N° 62

Abbé
C.

Joseph SALVAT

GANDILHON
D'ARMES

•

Le Docteur Paul Albarel.

:

GENS

1929)

-

Lo Vièlh Gos.

Antonin PERBOSC :

A la Memôria de Pèire Fons.

Abat J. CUBAYNES :

Imne à l'Italia. (Revirat de las
ens, de Vergèli).

Jozèp SALVAT :

Libres Novèls.
^ O*
Bolegadisa Occitana'-,
Al-.-.o"

CRI-CRI

d'Oc.

Traducteurs deVirgile en .langue

:

Prosper ESTIEU :

:

Burèu de l'Escôla

Géorgi¬

j
■

/K-'

Occitana

Jozèp Anglade, Capiscòl ; Prosper Estieu,
J. Rozès de Brousse, Jos-Capiscòls ; Armand" Praviel, Clavaire ; Jozèp
Salvat, Secretari.
Antonin Perbosc,

Per tôt sò que pertòca l'AdministraSaber, escriure à la Libraria Edouard
Privât, 14, Carrièra dels Arts, TOLOZA.
ASABER.

-

cion del Gai

Compte postal : Toloza N•

Per la

1673

Redaccion, escriure al Majorai

Estieu, 45, carrièra Contresti,

Se

parlarà
en

que

Prosper

CASTELNOUDARI.

dels libres mandats

dople etsemplari.

�2a Armada

-

Nov.

N- 4.

La

-

Dec. 1929

Rampelada
del

Colètge d'Occitania
(Suplement al Gai Saber n° 62)

Redac.

e

Adm.

:

2,

Plasa Montmorenci

CASTÈLNOUDARÏ

( Aude )

de Grammaire

L,a Page

Orthographe et Prononciation
Les Voyelles

i.

Les

qui

voyelles occitanes sont

se prononcent
a

:

e

:

è :

i

:

ò

:

o

:

a:

:

rr.

©,

©,

1.

rr»

o.

a,

e,

è,

Ì,

o,

OU, U.

u.

(plant)
(vent),
pèl (peau),
vin (vin),
còp (coup),
flor (fleur),
punt (point).
plant

vent

dans le corps d'un mot, accentué ou non,
en français : pastre, amie.
S'il constitue une terminaison atone, soit dans les
substantifs ou adjectifs féminins, soit à la 2mc per¬
du singulier et à la 3me personne du pluriel
sonne
a, seul

ou

sonne comme

�(présent et imparfait), il se prononce en

des verbes

beaucoup de

et o :

pays entre a

lenga, lengas (langue).
granda, grandas (grande).
cantas, cantabas (tu chantes, tu chantais).
cantan, cantaban (ils chantent, ils chantaient).
Cet
cienne
mors,

de la
siècle.

final

a

langue d'Oc, ainsi appelé dans les Leys

Il n'a

jamais muet.

(nos),

toujours le

prononce

(vin),

vin

L'i final

non

de

mèstré.

pr.

toujours i et n'a jamais le son nasal
pr.

:

bi et

non

vein.

doit porter un accent : aqui

atone

O avec accent

grave se prononce o :

(porte),

pr.

porto.

O sans accent se prononce ou :

(coq),

pol
E

a

le

son

Iuna

II

de

pr.
u

(lune),

est muet

poul.
français :

pr.

luno.

après g et q :

que vengue

:

e.

*

porta

toujours é

nostrés.

pr.

son

français

en

se prononce

son

(maître),

mèstre

comme

Il

nasal comme en français
(sentir), pr. sénnti et non santir.

jamais le

sentir

se

doit porter un accent: cantarà.

non atone

nostres

I

d'A-

du Consistori
Subregaya Companhia de Toulouse au XIV"

E n'est
fermé :

a

"semissonan " de l'an¬

a

code grammatical et poétique

L'a final

È

le

atone est

(qu'il vienne).

�quatre
seguir
quicôm

(quatre),
(suivre),

(quelque chose).
jamais le son nasal comme en français :
cadun (chacun), pr. cadunn et non cadeùn.
Après une voyelle avec laquelle il forme diphton¬
gue, il a le son de ou : (v. les Diphtongues):
Il n'a

autre

(autre),

pr.

a outré.

La

langue d'Oc n'a pas de voyelles muettes.
peuvent se terminer par l'une des trois vo¬
yelles atones a, e, i.
—

Les

mots

a :

lenga.

e :

mèstre.

i

sacrifici.

:

Abbé

J. SALVAT.

Al-s Escolans

Nos escolans doivent accompagner chacun
leurs envois de devoirs d'un timbre de 0 fr. 50 pour

de
la

réponse.
Tout escolan qui nous procurera 10 nouveaux
escolans recevra en récompense Lou Terradou, de

doyen Prosper Estieu, avec dédicace du poète;
en procurera 6 recevra un des autres volu¬
de P. Estieu, à son choix, également avec dé¬

notre

celui
mes

qui

dicace.
—

Lo libre recomandat.

...Et

nous verrons Berre,
pages de doctrine et
critique félibréennes
par Frédéric Mistral ne¬
veu
Aix-en-Provence, Editions du Feu, 12 fr.

de

,

.

�Dictionnaires Occitans
Quelques escolans du Coletge d'Occitanla travail¬
composition d'un lexique occitan. Nous leur
signalons les ouvrages qui peuvent leur être utiles et
qu'il leur sera facile de se procurer dans les bibli¬
othèques publiques.
lent à la

Dictionnaires généraux.

I.

G.
—
Dictionnaire des idiomes ro¬
du Midi de la France, comprenant les
lectes du haut et du bas Languedoc, de la Provence^
etc... Paris et Montpellier, .1877 et sq. 3 volumes.
AZAIS

dia¬

mans

BOUCOIRAN L.
et

—

Dictionnaire analogique

étymologique de tous les

idiomes méridionaux

qui sont parlés depuis Nice jusqu'à Bayonne et de¬
puis les Pyrénées jusqu'au centre de la France.
1875-1885. 2 vol.
MISTRAL F. — Lou Trésor dóu Felibrige ou

Paris,

Dictionnaire

provençal-français, embrassant les
la langue d'Oc moderne. Aix-en-

divers dialectes de

Paris, 1878 et sq. 2 vol.
Dictionnairefrançais-occitanien
donnant l'équivalent des mots français dans tous les
dialectes de la langue d'Oc moderne. Montpellier,
Provence, Avignon,
PIAT

L.

—

1893-1894. 2 vol.
Le Dictionnaire de Gabriel Azaïs, publié sous
auspices de la Société Archéologique de Béziers,
fournit d'excellents rapprochements avec les autres
I.

les

langues romanes,

des étymologies à peu

près sûres,

quelques citations d'auteurs de Montpellier et
Béziers, ainsi que d'assez nombreux proverbes.
II. Le Dictionnaire de Boucoiran porte tous
termes

vulgaires de la flore et de la

de

les
faune méridio-

�nales,

un

grand nombre de citations prises dans les

meilleurs auteurs de toutes les provinces, et des pro¬
verbes locaux tirés des moralistes populaires.
III. Lou Trésor don Felibrige est, de tous les dic¬
tionnaires, le plus complet et le plus'sûr.
Il contient

:

mots usités dans le Midi de la France,
leur signification française, des exemples et des
citations d'auteurs.
1.

tous

les

avec

2.

variétés dialectales

les

chaque mot,

avec

et archaïques à côté de
les similaires des diverses langues

romanes.

3. les radicaux, les formes bas-latines et les étymologies.
4. la synonymie de tous les mots dans leurs divers
sens.

5.

le

dans les

tableau comparatif des verbes auxiliaires
principaux dialectes.

6. les

la

paradigmes de beaucoup de verbes réguliers,
conjugaison des verbes irréguliers.
7. les expressions techniques de l'agriculture, de

la marine, de tous les arts et métiers.
8. les termes
leur traduction

populaires de l'histoire naturelle, avec
scientifique.
9. la nomenclature des villes, villages, rivières et
montagnes du Midi.
10. les dénominations et
sobriquets particuliers aux
habitants de chaque localité.
11. les
noms propres
familles méridionaux.

12. les
locutions

13.

proverbes,
et

formules

des explications

mœurs,

historiques et les

noms

de

dictons, énigmes, idiotismes,
populaires.

sur les coutumes, usages,
institutions, traditions et croyances des pro¬

vinces méridionales.

�—

6

—

14- des notions biographiques, bibliographiques et
historiques sur la plupart des célébrités, des livres
ou des faits appartenant
au Midi.
Le sonnet liminaire par lequel Mistral présente son
Dictionnaire au peuple du Midi se termine ainsi :
O pople d'où Miejour, escouto moun arengo:
Se vos recounquista l'empèri de ta lengo,
Per t'amesca de non, pesco en aquéu Trésor.

C'est un véritable Trésor que le Dictionnaire de
Mistral. Le grand écrivain y travailla plusieurs an¬
nées. Il avait recours à de nombreux correspondants
et collaborateurs dans les diverses régions d'Occitanie. Il écrivait à AchilleMir,de Carcassonne, le 16 avril
avez le flair de tout ce qui peut m'être
compléter l'œuvre philologique à laquelle
je travaille". Et, au même, le 12 novembre de la même
année: "Que vous êtes heureux, mon cher Mir, de n'a¬
voir qu'une manufacture à diriger ! Je suis, moi, forcé
d'écrire près de 2.000 lettres par an et de faire des re¬
cherches interminables pour le Dictionnaire que j'ai
eu la folie d'entreprendre..."
(lettres inédites).
Evidemment, il y a dans l'œuvre de Mistral quel¬
ques lacunes, quelques erreurs de détail, mais c'est
vraiment peu de chose à côté de la richesse extraor¬

1874

:

" Vous

utile pour

dinaire enfermée

colossale,

œuvre

dans

ces

deux volumes :

œuvre

magistrale.

Le Dictionnaire de Mistral

est épuisé depuis quel¬
années et les exemplaires d'occasion que l'on
rencontre parfois sont cotés de 1.000 à 2.000 francs.
Il se trouve, heureusement, dans mainte bibliothèque
publique.

ques

IV. Le Dictionnaire de L. Piat

est appelé, malgré
faiblesses, à rendre de grands services pourvu
qu'on l'utilise à bon escient.
On peut se le procurer chez les libraires, ou chez,
l'auteur: la Tourèle, route de Lyon, Périgueux. Le se¬
crétariat du Colètge peut en fournir des exemplai¬
res avec réduction
consentie aimablement par l'au¬
teur.
Prix de librairie : 30 fr.
X.
ses

�Lo Canton dels Escolans
Nous
ge

sommes

heureux de donner la

natal (région du Minervois)

lanas.

(Devoir de

mars 1929

MON

description de son villa¬
de nos meilleures esco-

par une

).
VILATGE

Qualques ostals grimes, als teuLats color de
posca, al pèd d'una vièlha torre e d'un cloquitr
pe^uc. I a pas g air eb en d'arbres. Sembla que la
plasa siague estada me^urada als òmes, que
qualqun aje dit als ostals de se sarrar un contra
Vautre. Una par et espesa, faita de p tiras negras
e

coronada d'un camin de ronda, cinta lo vilat-

ge ancian, apuada d'un costat
cada. Al ptd de la torre del

à la glèi^a fortifi-

castèl, veici una
dorbisià i a pas gaire la boca
sombra d'un pots.Jost la glèi^a, al bòrd del riu,
s'espandis una granda plasa solombrada per
quatre 0 cinq plataniers gigants. Mos pèds de
mainatge an fait sobent cricar las felhas secas
à la sortida de l'escòla ; me sembla qu'au\isi
encara lor canson jost los
miunis esclòps. Es
aqui tant-ben que veqi pasar com una ombra mos
quinze ans qu'aimaban tant la dansa, lo rambal

plaseta ont

se

las festas.
Al fon^e del vilatge, la font. Om i davala per
un escalher de peira.
Dos canèls, gròsis coma
l' bras, laisan pasar un bel rajòl d'aiga clara
que se n' va comolar tina estreita conca. Acò 's
la font de mon enfansa, la font ont las femnas,
e

portant la botelha à dòs ansas, se n' venian à
l'or a del repais. Sens res sul cap, jol grand solelh, i anabi tant-ben, quand picaba inièchjorn,
per que l'aiga fresca ajèse pas temps de se calfar sus la taula. 1 tornabi lo vèspre, cada jorn
à la mèma ora, lo còr bategant, segura de cro£ar pel camin qualcun que me saludarià d'un
—•"
agach, sens res dire.
(A seguir)

M. B.

�Al Ooletge
Es la trezièma

nia

annada que lo Colctge

cïOccita-

bezonh de dire lo trabalh
s'es fait al Colètge dempèi lo mes de novembre-

es

dobèrt. Abèm pas

que
1927.
Cada disate nèit, los majorais Estieu e
an
fait lors litsons de gramatica, literatura,
occitanas. Cada semmana, los debers èran corregits e
mandats als escolans per correspondensa.
De conferensas especialas foguèron donadas per
Armand Praviel, Loïs Thomas, Francés de
Lo trabalh seguis. Ongan, com es lo

Salvat
istòria

Gelis.
Centenari de
de literatura portaran mai que

Mistral, las litsons
mai sus l'òbra mistralenca. En istòria,

estudiarem

pasada de

la

La Cro\ada Albige^a, qu'es la
temps
mai cargada pel pòple mièchjornal. Ongan
aurem de profesors especials que nos vendran
de conferensas.
Las litsons se fan lo disate nèit, à 8 oras e mièja,
dins una sala de l'Anciana Comuna.

1ant-ben,
donar

de julhet es mòrt à Montpelhèr lo majorai
Albarel, capiscòl de la Cigalo Narbouneso,
qu'èra profesor al Colètge cbOccitania. Debià venir
faire, lo 3 de mars 1929, una conferensa sus Lou
Curât de Cucunhan : lo mal que lo debià emportar li permetèt pas de venir.
A Castèlnòudari es mòrta, lo 26 de julhet, una
de nòstras escolanas las mai valentas, Maria-Jana
Fleureusse. Anaba complir sos vint ans e abià demandat al nòstre mèstre aimat Estieu de li far qua¬
tre bordons. Lo mèstre los pauzèt, ailàs ! sus son cròs :
—

Lo 15

Paul

—

joventa, aici los bordons occitans
Ou'esperabas per tu de la man del Felibre...
Vai ! Dins sab sà qu'a fait, en tampant lo tiu
A la milhora part qui moris à vint ans !

Braba

libre :

Lo Grilh.
Impr. Lauraguaise, Castelnaudary.

Le Gérant : J. SALVAT-

�Le Docteur Paul ALBAREL
Il était né le 11 décembre 1873,
à St-André de
Roquelongue, petit village situé au milieu d'un vi¬
gnoble luxuriant, au pied des collines où viennent
mourir les Corbières Orientales. Son père, charron,
voulut que son fils aîné étudiât, l'envoya au Petit Sé¬
minaire

de Narbon-

niversité de Montpel¬
lier. Docteur en mé¬

decine, il s'établit d'a¬
bord à Carcassonne,

§ne,etplustardàl'U¬

puis à Névian où il
épousa unejeune fille
du pays qui devait
être la douce compa¬

gne de toute sa vie.
C'est à Névian que

naquirent en lui le
goût pour les études
rabelaisiennes et sur¬
tout l'amour des let¬
tres occitanes : les ri¬
mes

en

langue d'Oc

chantaient dans

lèvres

son

quand il allait sur les routes
jument—al trot de la cavalo—gisaitil, visiter ses malades.
Dès 1902, il fit paraître ses premières productions
poétiques dans La Terro d'Oc,Me Toulouse. En 1911,
après avoir gagné plusieurs fleurs et médailles aux
cœur

au

et sur ses

trot

de

sa

�LO

194

concours

GAI

SABER

félibréens, il fonda à Narbonne La Ciga-

lo Narbouneso. Cette même année, il était nommé
mèstre en Gai Saber ; l'année d'après, il était syn¬
dic de la Maintenance de Languedoc.
La guerre, que

le docteur fit sur le front de Salo-

nique comme médecin-major, interrompit seule son
activité félibréenne, qui devint encore plus intense
le jour où, après la guerre, il s'installa définitivement
à Narbonne. Le Consistoire de Marseille, le 7 juillet
1918, l'élut majorai du Félibrige, en même temps que
Plantadis, Ruat, Fontan, Anglade, Charles-Brun,
d'Arbaud, Vinas, Lefèvre, Marius André : Albarel
hérita de la cigale d'or du naturaliste Fabre, jadis
portée par Achille Mir, la Cigalo de Carcassouno
ou

de l'Amouriè.

Le majorai Albarel vécut à Narbonne les dix der¬
nières années de sa vie, se mêlant au mouvement in¬
tellectuel et artistique de l'antique cité: il était membre
de la Commission Archéologique, et, quelques mois
avant sa mort,

il était élu président du Syndicat d'I¬
assez brusquement, dans

nitiative. Sa mort survint

clinique de Montpellier, à la suite d'une interven¬
chirurgicale, le 15 juillet. Il fut enterré le 17,
dans le cimetière de Névian ; sur sa tombe, le majo¬
rai Vinas au nom du Félibrige, et Jules Azéma au
une

tion

nom

ge

de La

Cigalo Narbouneso, firent de lui l'élo¬

mérité.

Le docteur Albarel était grand, brun. Toujours
joyeux comme l'aube que rappelait son nom, toujours
accueillant et souriant, il répandait autour de lui la
bonne humeur et la gaieté. Les jeunes étaient sûrs
de trouver auprès de lui la plus franche hospitalité
et les plus paternels encouragements. Il était la bonté
même.

�LO

GAI

SABER

'95

amours commandaient
et réglaient sa vie :
religion, la famille, la terre occitane. Pour ce qui
est de ses convictions religieuses, son œuvre parle
éloquemment à ceux qui ne l'ont pas approché, et les

Trois

la

sonnets de

son

le sent, un pur

Cami de la Crouts

ne

sont pas, on

jeu littéraire.

le bon docteur ! Il
de retour : on res¬
pirait dans sa maison une atmosphère de douceur et
d'intimité qui impressionnait tout visiteur et ravissait
Sa famille, comme il l'aimait,
vrai que cet amour était payé

est

Ne me disait-on pas qu'il transcrivait
poèmes pour chacune de ses trois filles ? Il
pouvait certes écrire :
les habitués.
tous

ses

La vido

es un loung
jour de Mai
Quand per l'Amour es enlusido.

Et son pays occitan, avec quelle foi, avec quel en¬
thousiasme n'en a-t-il pas été le mainteneur ! Il en
a chanté la tragique histoire, les beaux paysages, il
en a surtout défendu la langue :
O bèlo

lengo del Mièchjour !

O lengo encantarèlo
Dotent la voues bressarèlo
Seml'lo un dous parauli d'amour

*

!

*

Albarel est mort à 56 ans, en pleine
de
possession
son talent. Je sais qu'il laisse dans ses
cartons de nombreux manuscrits, des poèmes inache¬
vés. Et cependant déjà sa bibliographie est consi¬
Le docteur

dérable.

Je

ne

travaux

que pour mémoire de ses intéressants
Rabelais et de ses études d'histoire lo¬

parle
sur

cale. Son
ici.

œuvre en

langue d'Oc seule nous intéresse

�196

LO

Mistralien

GAI

SABER

fervent, Albarel

ne

voulut jamais

ac¬

cepter les principes de graphie étymologique préco¬
nisés par YEscòla Occitana. Souvent, j'ai parlé avec
lui sur ce sujet, et aujourd'hui je puis dire sa pensée
intime. " Comment! lui disais-je, vous qui avez une
culture littéraire autrement sérieuse qu'Achille Mir,

qui connaissez le latin et le castillan, ne comprenezvous pas qu'il faut à tout prix nous
dégager du phonétisme routinier ?— Mais, me répondait-il, " vos "
réformes ne sont pas opportunes ; le peuple, ne vous
comprenant pas, ne vous suivra pas. — Et si, com¬
me
chacun dit, le salut de la langue d'Oc est à l'é¬
cole, quelle langue enseignerez-vous, la langue de
chaque village ou la langue littéraire de l'Occitanie?
Oh ! alors, certes oui ! Le jour où l'on enseignera
la langue d'Oc à l'école, il faudra accepter la graphie
—

de YEscòla Occitana.

»

Nous étions d'accord. C'est

ainsi que

le docteur Albarel était, depuis sa fonda¬
tion, membre de YEscòla ; et c'est ainsi que lorsque,
au mois-de
mars dernier, nous lui demandâmes de
venir donner une leçon au Colètge d'Occitania, il
n'hésita pas ; la maladie seule l'empêcha de répon¬
dre à notre appel : son nom figurera toujours parmi
les professeurs du Colètge d'Occitania. Albarel au¬
ra fait
comme Mistral, lequel, proclamant en 1874
qu'il fallait revenir à "l'orthographe des troubadours
du XIIIe siècle", se contentait d'écrire Lis Oulivado
en 1912 comme il avait écrit Mirèio en 1859.
Il

est

vraiment

dommage qu'Albarel n'ait

pas

voulu

appliquer

ce qu'il reconnaissait devant moi comme
nécessaire. Comme il possédait à merveille son dia¬
lecte! Quelle richesse de vocabulaire! Quelles images

pittoresques et évocatrices! Quels tableaux renfermés
dans un mot, un vers! Voyez le bourgeon :
Lou bourrou se desencatèlo.
Al soulel alando soun cor.

Voyez la vigne :

�LO

La vinlio

GAI

SABER

espandits

soun

197

mantèl

Conmo '110 bèlo castellano.

Et le malheureux mendiant :
Pensats al

pesoalhous

que

lou malur aganto.

Quand Jésus tombe pour la première fois sur le che¬
min du Calvaire, on le frappe pour le faire relever :
Las cordos

Heureux

fiulant cisampoun sas

espallos.

néologisme que ce verbe ci^ampar formé
ci^ampa, vent glacial du nord, bi¬

le substantif
froide !

sur
se

en

Le docteur Albarel

a

chanté surtout la nature, non

indéterminée, mais celle de son
pays. Son principal recueil de poèmes a pour titre
significatif La Voues de la Pinedo (La Voix de la
Pinède). La Pinède est une grande forêt de pins qui
s'étend, en forme d'éventail, à l'est de Saint-André
de Roquelongue, le village natal du docteur. Il y est
allé tout jeune, il y est revenu adolescent, il l'a par¬
courue, il en a senti et savouré l'harmonie. Sias intra dius li pinedo, moun car Albarel, e n'avès
tasta l'agradanço e n'avès devina la voues. Avès
coumprés ço que disien dins si murmur, dins si
fremin, dins si senglut prefouns: canton, rison,
plouron, e n'es touto la raço oucitano que canto, que plouro e que ris. (Valère Bernard, dans sa
Préface).
Dans le Murmure (lou Mourmoul) de la Pinède,
Albarel chante le Dégel, les Giboulées, le Bourgeon,
les Feuilles sèches, la Cigale, la Vigne et le vent de
Cers ; dans le Frémissement (Lou Fruniment), il cé¬
lèbre l'Amour et les-Fleurs ; dans la Brise (l'Alenaune

nature

vague,

�198

LO

GAI

SABER

do), il rappelle le Passé, le temps où vivaient Trou¬
badours et Chevaliers; dans le Souffle (lou
Bufal),
il exalte sa Langue, les Félibres,
et il écrit un sirventes fougueux A la
qu'espoutiguèt Mountfort.
La contemplation de la nature lui a inspiré aussi ses
douze

gracieux rondeaux

but de

son

rondeau

sur

sur

les Mois. Voici le dé¬

le mois de

Septembre

:

Bacus

meno la farandolo
Quand, lou mati, cantoun lous pouls.
Carinhanos e pico-pouls
Dins lou gorb fan pipo-redolo.

Mais

la nature,

qui parle au poète, lui dicte des
enseignements et lui rappelle des souvenirs presque
toujours empreints de tristesse et de mélancolie, quel¬
que peu surprenants chez un fervent disciple de Ra¬
belais.
Le
vre

dégel, qui emporte la neige en hiver, fait revi¬
lui ses illusions de jeunesse :

en

Al founse de moun cor siot\ qu'uno
souvenenço,
Un cendras que lou temps demesits cado

jour.

La

gelée tue les fleurs précoces de l'amandier

:

Que tantis d'amelliès s'espandissoun souvent
campas uman, al soulel de la vido,
Dount un bufal de fred asseco Vespelido !
Dins lou

Et, à la
il s'écrie

vue

des feuilles sèches qui tourbillonnent,

:

Moun

cor

s'entristesits

...

moun amo

enmalinado

Plouro, car m'a semblât, dins la remoulinado,
Veire empourtats en-là mous raives de jouvent !

Le docteur Albarel travaillait à

une

série de

longs

�LO

GAI

SABER

199

poèmes sur des sujets légendaires ou historiques du
pays narbonnais. Plusieurs avaient déjà paru, et cer¬
tains, comme Pireno, laissaient prévoir un intéres¬
Roumancero Narbounés.

sant

La
barel

poésie religieuse avait aussi tenté le docteur Alqui écrivit, en quatorze sonnets quelque peu
inégaux, un original Cami de la Crouts. Certains
de ces sonnets renferment de véritables trouvailles
telles que cette prière à Dieu, à la Vème station :
O

Dius, dount la bountat piano sul malurous,
Quand gimblarem trop fort joui pes de nostro peno,
Mando-nous en a judo tin Simon de Cireno !
Il
de

me

faudrait

parler encore de nombreuses fables,
récits, de galéjades qui naissaient
spontanément sous la plume du majorai, dans

contes

comme

et

de

la tradition de Roumanille

et

d'Achille Mir.

Je ne devrais pas oublier non plus les comédies et
les farces, où le docteur Albarel, doué d'un réel ta¬
lent d'observation, manie aimablement la satire con¬
tre les superstitieux (L'Esprit
Tustaire) et surtout
qui dédaignent de se servir de la langue
employer un horrible français (La
Lengo Mairalo). Plusieurs fois représentées sur les
théâtres populaires de la région narbonnaise, ces
pièces obtiennent toujours un grand succès.
contre ceux

ancestrale pour

★
»

J'en ai
dite, qui,

*

dit sur l'œuvre littéraire proprement
le voit, est très variée, du majorai Al¬
barel. Il me resterait à parler de ce que j'appellerai
son œuvre de
propagande.
Ah ! Le docteur n'était certes pas un de ces " canounge dourmihous " que certains esprits veulent
voir dans les majoraux du Félibrige. Ecrivain abon¬
dant et consciencieux, il a été aussi un propaganassez

on

�LO

2 00

GAI

SABER

diste inlassable, un de ces vaillants que réclamait
Mistral pour aller à la délivrance de "La Comtesse".

je l'ai déjà dit, il fondait à Narbonne un
félibréen, et commençait la publication
de La Cigalo Narbouneso. C'est à lui donc que re¬
vient le mérite d'avoir, le premier, arboré l'étendard
du Félibrige sur les hautes tours de Saint-Just, dans
l'ancienne capitale de la Gaule Narbonnaise. Je fais
Dès 1911,

groupement

Narbouneso, qui s'é¬
qui avait repris son
la mort de son fonda¬
teur et capiscol. Selon la tradition de Fontségugne,
Albarel joignit à la revue un Almanac Narbounés.

vœux pour que La Cigalo
tait tue pendant la guerre et
chant en 1919, continue après

des

Que dire des fêtes organisées à Narbonne par
docteur Albarel ? En 1912, c'était la SainteEstelle; en 1923, l'inauguration du Boulevard Mis¬
tral ; en 1924, une seconde Sainte-Estelle. Toute
une ville en fête acclamant le nom de Mistral et re¬
cevant les félibres avec un indescriptible enthousias¬
me, des représentations théâtrales parfaitement réus¬
sies, des danses anciennes ressuscitées, les chants
le

languedociens éclatant majestueux sous les voûtes
de l'antique cathédrale Saint-Just ou retombant sur
une foule en délire du haut des majestueuses murail¬
les de l'Hôtel de Ville dans la

nuit étoilée, quel spec¬

tacle émouvant !
Mais les vrais

apôtres savent travailler et se dé¬

penser sans compter, même quand ils ne
de ce travail et de cette peine, retirer pour

doivent,

eux-mê¬

les vrais apôtres ne rougissent
second rang. Aussi voyait-on le
docteur Albarel prêter son concours le plus actif et
le plus efficace à tous ceux qui, comme lui, travail¬
mes

pas

aucun

de

profit

;

se mettre au

laient à l'œuvre de restauration occitane. La Ciga¬
lo Lengadouciano et la Société Archéologique de
Béziers le comptaient parmi leurs plus fidèles amis.
Les lecteurs du Gai Saber savent qu'en toute cir-

�lo

gai

saber

201

constance, YEscòla Occitana et Los Grilhs del Lauraguc.s n'avaient qu'à lui faire signe pour le voir ac¬
courir.

Et maintenant il est mort. Sur sa tombe, à Névian,
les félibres lui dirent un émouvant adieu, réalisant
ainsi le vœu qu'il avait un jour formulé :
E

quand lou clot se dourbirà
Volt, pauro cigalo,

Attsi ta voues mairalo
Dount lou ressou me bressarà.

La

langue d'Oc bercera son éternel repos, car son
durera, et d'autres prendront le mancheron
tombé de ses mains. En attendant, comme ledit Philadelphe de Gerde, "les cigales sont en deuil: il vient
de mourir un si bon laboureur ! Les cigales sont en
deuil pour longtemps en pays d'Oc".
œuvre

Eras

cigalas son en dd :
Veng de morir tant bon lauraire !
Eras cigalas son en do
Per u bèt temps en païs d'O.
Abbé

e/p

Joseph SALVAT.

�LO

202

GAI

SABER

Pages Choisies
TRADUCTEURS
EN

DE

VIRGILE

LANGUE D'OC

la gloire de Virgile d'avoir,
tenté les traducteurs. Que de traductions
françaises, soit en vers, soit en prose, des Bucoliques,
C'est

en

tous

un

des rayons de

pays,

Géorgiques, de VEnéide! Depuis cinq ou six
il en a paru plusieurs en français, plusieurs en
langue d'Oc. J'ai déjà parlé ici d'une traduction des
Géorgiques en prose d'Oc par M. l'abbé Cubaynes,
curé de Gréalou, près Cajarc (Lot), d'une traduction
des Bucoliques en vers rimés par le félibre Paul
Paget, de Béziers, d'une autre traduction des Buco¬
liques en vers non rimés par l'éminent poète de
langue d'Oc Prosper Estieu.
M. l'abbé Cubaynes a, depuis lors, fait paraître (ou
il va le faire incessamment ) sa belle traduction com¬
plète des Géorgiques. En tous cas, la traduction des
Bucoliques par Prosper Estieu a paru à Castelnaudary (Société d'Edicion Occitane, 37, rue de la Baf¬
fe) et j'ai, d'autre part, reçu un nouveau livre de M.
Paul Paget, Las Georgicos revirados en verses
lengodoucians (Editions privées du Faune, 4, rue
d'Alsace, à Béziers, 10 fr.).
J'ai déjà dit que la langue d'Oc, issue et proche
encore du latin, plus concrète que le français, plus
proche de la nature et des choses de la terre, est tout
spécialement propre à une bonne traduction des Bu¬
coliques ou des Géorgiqties. Dès lors, la nouvelle
traduction de Paul Paget a les qualités qu'elle tient
de la langue et celles aussi qui lui viennent du soin
qu'y a apporté l'auteur. La critiquer? L'auteur lui-

des

ans,

�LO

GAI

SABER

203

même l'a

fait en disant dans sa préface que c'était
travail de Romain. Cela veut dire qu'elle est un
peu pénible. Pourquoi? Parce que l'auteur a cru de¬
voir la faire en vers de douze syllabes, rimés deux
un

par deux. Il y avait là un assujettissement
entraînait forcément quelques chevilles,

terrible qui
des inver¬

sions, des rejets, de la monotonie.

Qui traduit de la poésie, voyez-vous, doit à tout
prix nous donner de la poésie, c'est-à-dire des ima¬
ges, du rythme, de la musique. A tout prix, c'est-à
dire en renonçant à l'emploi de la rime, en mêlant au
besoin aux grands vers des vers plus courts. Et c'est
justement ce qu'a fait Prosper Estieu en sa très belle
traduction des Bucoliques. Elle est harmonieuse et
colorée, cette traduction

en

vers

blancs savamment

rythmés. Peut-être Prosper Estieu aurait-il pu, plus
fréquemment qu'il ne l'a fait, donner à ses vers l'ap¬
pui de la rime simplement assonancée. Ce n'est qu'à
force d'art qu'il a pu • s'en passer. En français, ce
n'eût peut-être pas été possible.
La langue d'Estieu est plus savante que celle de
Paul Paget, et peut-être celui-ci serait-il assez porté
à lui en faire grief. Mais le latin de Virgile n'était
pas du latin populaire. Les pâtres de l'Italie antique
ne
parlaient pas comme Tityre et Mélibée. M. Paul
Paget déclare qu'il écrit « tout bonnement en no¬
tre populaire, sonore et très compréhensible lan¬
guedocien, dialecte biterrois... », et il reste fidèle
à

l'orthographe d'A^aïs. De cette double déclara¬
tion, je n'aurais pas songé à lui faire grief, s'il n'avait
pas, bien inutilement, daubé sur ce qu'il appelle la
religion occitane. Il ne s'agit pas de religion ; il s'a¬
git de savoir s'il doit y avoir 36 façons, voire 136 fa¬
çons, d'écrire la langue d'Oc. L'orthographe de ce
brave Azaïs est peut-être excellente pour Béziers,
mais je ne suis pas Biterrois, et elle ne me permet¬
trait pas de lire, comme je le fais, avec la même fa¬
cilité ou tout au moins au prix d'un seul effort une

�L0

204

GAI

SABER

fois donné, les écrivains de Montauban et de Rodez,
et de Castelnaudary et même de chez
moi. Cela dit, je répète ma rengaine : tende% à l'or¬

de Toulouse

thographe unique et prononce\

comme vous vou-

dre
C. GANDILHON GENS-D'ARMES.
Extrait de

L'Auvergnat de Paris
(26 Octobre 1929)

Concours de l'Académie des Jeux Floraux
signalons à tous les félibres que, vu l'impor¬
l'Académie des Jeux
Floraux a avancé au 31 DÉCEMBRE la clôture du délai
accordé pour l'envoi de tous les ouvrages. Passé le 31
décembre 1929, à dix-buit heures, le concours sera
Nous

tance croissante de ses concours,

IRRÉVOCABLEMENT CLOS.

��Vous vous intéressez à la
l'histoire du pays occitan.

langue, à la littérature, à
Vous n'ignorezjpas que
cette langue, cette littérature, cette histoire sont frap¬
pées d'ostracisme et bannies de l'enseignement qui se
donne dans les écoles.

attendant que

soient couronnés les efforts de
qui désirent que cette langue, cette littéra¬
ture, cette histoire soient admises dans les program¬
mes
officiels comme matière d'enseignement, les
initiatives privées doivent prendre sur elles de veil¬
ler à la conservation du patrimoine légué par nos
ancêtres, et d'éxalter par tous les moyens l'âme oc¬
citane menacée de périr sous le rouleau de la cen¬
En

tous ceux

tralisation.

C'est pourquoi a été fondé, en novembre 1927, à
Castelnaudary, le Colètge ci' Occitania, où des pro¬

fesseurs et des maîtres de conférences exercent leur

enseignement. Des cours de langue, de littérature
et d'histoire occitanes y sont régulièrement donnés.
En outre, afin de permettre aux escolans du dehors
de travailler avec fruit, un service de corrections a
été organisé pour eux, et on a fondé un bulletin
périodique, La Rampelada, qui maintiendra le con¬
tact entre le Colètge et ses membres dispersés dans
toute

l'Occitanie.

paient 10 francs par an comme droits
5 francs s'ils sont encore aux écoles.
( Les frais de correspondance ne sont pas compris
Les escolans

d'inscription, et

dans cette somme).

�Pour les personnes qui ne peuvent ni suivre les
ni faire les devoirs du Colètge, mais qui,
sentant l'utilité de ce dernier, veulent l'aider mo¬
cours

ralement
créé
"

une

et matériellement dans
Société des

Amis du

sa

tâche, il

a

été

Colètge d'Occitania "

comprenant des membres actifs versant une cotisa¬
tion annuelle d'au moins 10 francs ; à ces membres
sera assuré le service du bulletin La Rampelada.
Nous comptons, M.
patriotisme occitan, et
voir figurer soit parmi
"

Amis du

sur votre
nous serions heureux de vous
nos escolans, soit parmi les

Colètge d'OccitaniaL.
Prosper

Abbé

ESTIEU, doyen.

J. SALVAT, professeur.

Envoyer adhésions et souscriptions à M. Prosper Estieu,
doyen, 45, rue Contresty, ou à M. l'abbé Salvat, Petit Séminaire.
On peut s'adresser aussi à M. Joseph Delestaing, trésorier, 11,
rue

du

11

Novembre,

Castelnaudary, C.C. Toulouse, 1758.

�C®DÏ_p$

DEStfaÉ

N° TUS R.

.

REPUBLIQUE F1USCAISE.

•.

(J.5016-19.)

•' "

Timbre-poste

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du

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MONTANT DU MANDAT

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c/c postal.

o

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Timbre horizontal dn bureau de poste.

NOM ET ADRESSE DE L'ElTF.DITEliU

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et centimes en lettres)

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S" DU T1TDE

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tlu

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TOULluáá

le bureau de
Csdre réservé Í
aux rectifications!
que

soit le

somme

versée.

1758

^

iraicois DELESTAIîïG, Gpa:H
Graines &amp;'Fourragea. 11,Rue du
11 Novembre. CAST SLNAUDARY -Aude

présent coupon.*

quelle

:

Ifrî

Wr.

au

Â DIRIGER SUR

S Qr 40'

ci-après :
C/C

:

(Art. 75 ,1. G.,
vne

fasc.V

j

X

chèques de

TOULOUSE

�Timbre

qui
du

spécial du bureau de chèques
porté le mandat au crédit,
compte courant postal du béa

nétieiaire.

��L'Ort dels Trobaires

Lo

Vièlh Oos

la palha. Es malautas.
mordit la mendra feda.
El, autres còps tant degordit, pr'un res es las ;
A pas brica apetis e vòl que d'aiga freda.

Lo vièlh gos jais subre
Dins tôt lo jorn, a pas

Estirat dins l'estable, a lo temps
E de se remembrar sd qu'a fait
Uabord
Ambe

Un

de soscar
dins sa vida :

cadèl, pel prat se n'anaba jogar
praires, pèi am goseta polida.

sos

vèspre, mordiguèt à la fruta d'amor...

.

pastre al quai abian fi^at la tropelada
Trobèt totjom dins el un fidèl servidor.
E fedas als garrons ajèron sa nhacada.

Lo

Fu\aba subre l' pèch autant vite qu'un lamp.
Los lops, tre que l' ve^ian, li viraban Vesquina.
Un jorn,
E li

d'un camp
d'una au^ina.

n'escanèt un à l'aurièra

manjèt lo fetche à l'ombra

�20Ò

lo

gai

saber

Aquel bon temps durèt

una dotqena d'ans.
Qu'alavets crostets durs èran crostets gostoqes l
Qu'un régal d'anar heure als riu\es mormolants
E de
jaupar de gauch dins los vents sanitoqes !

Pracp sab plan que n ajèt pas res que bonur,

Quand faqià son mestièr degos dins lo campestre,
E que tastèt de
cbps de foet, e qu'acò 's dur,
De servir un
ingrat e trop coleros mèstre.
Vòl debrembar acò ;vòl trobar
que l'Pasat
Foguèt un songe bel qu'ajèt pas proti durada,
Songe qu'ara, pietatl qui sab ont es anat,
D'abord que sò qu'aimèt à fons li
de^agrada.
Se sentis

qu'un be^onh: dormir jol solelh bel.
plus que ra^igòts per ro^egar los òses;
La ronha, mal afros, li trabalha la
pèl,
E, subre Vesquinal, lo pel li tomba à tròses...
N'a

Com

polsa espesl Belèu se dis, subre son j as:
picar per ieu l'ora de descaqensa.
Ai fait sò que debiai. Arribe lo
trespas !
E qu'una siaiida mòrt
siague ma recompensa !—
—

Ven de

Prosper ESTIEU.

�LO.

GAI

SABER

207

A la Memòria de Pèire Fons ( l)

Amie, ara qu'ès plus qu'un patte de cendre escura,
quai pòd dire pracò qu'ara n'es plus vivent?
La vida dels pasants d'un jorn que sèm perdura
tant que sus terra un còr bategant se ri soven.
Coma al temps, i a vint ans, ont, un sèr de setem.br e,
nos pasejant de las andanas de ton òrt
al camp de chapladis d'ont monta lo remembre
del Paraire qu'aqui per nbstra terra es mòrt,
parlabem del pasat reiral e del mistèri
qu'estropa sò qu'es fach e sò que se para,
uèi,—qu'abonda la posca enclaûza al cementeri?—
es aqui dins lo lum arborât saquelà.
Ve^i ta cara franca, au^isi tas paraulas,
amor qu'ara auras bel sempre estar siaud, tospòts
an parlât e cantat, ta man a sus las taillas
de marme escrinselat lo ritme altier dels mots.
Lo mistèri de viure en son astrada immensa

trecola lo destin que mòr. Sens insolensa
ni flaqui^a, sens laus ni blastème per cap
dels diu\es qu'agaubiats l'orne à son umble image,
soscabas qu'ai delà de tôt lo pauc que sab
lo que se crei lo mai reguèrgue à tôt mirage

a quicòm que s'escond per sempre al èl mortal.
Di\ias : Amor, aqui la sola bona estèla
à siègre per s'aviar ; los libres m'an fach mal ;
viurai mos jorns, tota la vida es bêla
dusCa dins l'amaror dels plors e del derrot ;
bufèca es la fiertat que s'escarta de tôt ;
à mon poder laurarai en ma plasa

i

l'òrt social dont s'ennoblis ma rasa

(1) Poème dit à Muret, le 8 septembre 1929, pour l'inaugura¬

tion de la

rue

Pierre Fons.

�2o8

e

lo

saber

dont lo fruch, tot-ben que lentan, m'es tant
I a pas de vertat, i a que d'aparensas
e

i

i

gai

a

dos*

d'endevenensas ;

pas lo Ben blos, i a pas lo Mal blos ;
l'Amor, qu'aculis, largos e poderos,
a

al boisèl de sas maris coralas
las noblesas ambe las miseras frairalas.
Ausar en mon aland tota l'umanitat,

di\ias

encara :

nòbla, encoraira devina

per tôt òme de bon eime e de valenti^a

qu'òbra drech, siague aquel que fa venir lo blat,.
o siague aquel que vòl rebastir la ciutat,
o siague
aquel qu'ordona un poème. Ai memòria
ara de tôt acò que
s'espandis esters
alba de Mai de tos libres dubèrts.
Sabias que varia es tota glòria,
mas que i a
res que n'aje, actes o pensaments,
rebombidura perdurabla tram lo temps,
tala aquela avelana e santa cavalcada
coma

una

—

qu'aisi menèt à la batalha malastrada
l'ufanos Drechurier davalat d'Aragon,
e tal, ò Pèire Fons ! un soscament prigond
espelit siaudament del camp roje e trevaire
en

non, res
es

ton còr de trobaire:

de tôt acò n'es estèrle ; la Mort

la Vida.

Al terraire ont as fach ta mosada,
Pèire Fons, ai redich, evocant ta pensada,
tas paraulas ; acò 's un pauc de ton record
que se

miralha, à l'òrba-lut^, dins ta font canda.
de mai bèlagarlanda.

Ton front non pòds' ondrar

Antonin PERBOSC.

�LO

GAI

SABER

20 9

La Pròza Occitana

Imne

a

l'Italîa

Nòstre terrador, lo laurèron pas los brans que
■bufaban lo fòc per las narias; i semenèron pas
las dents del esfraios dragon; i a pas crescut un à
revoluda sèga de cascols e tôt un abau d'astes

«

pels guerrejaires. Mas las pegugas denadas e lo
Masic, la liquor de Baccùs, n'abèm a refòf. Aqui
los oliviers ; aqui lo caritos bestial; de desai, lo
chabal batalher rebordèla en capejant per la pla¬
na; de délai, los blancs tropèls e lo brau, la victiïna majorala, aprèp s'èstre, ò Clitumni, netejats dins ton rajòl sacrat, an menât als temples
dels dindes los triomfes romans.
Aquital, acò 's la prima al tengut e l'estiu espandis sus de me^es que son pas sens. Dos còps
i anhèlan las fedas ; dos còps, l'arbre servicial i
dòna sa frucha. Jamai aqui de tigres enrabiats
ni l'irèja nhada dels lions e la tòra i enguèrlha
pas los maluro^es que n'amasan; aqui tant-pauc,
la sèrp escamada resòla pas per terra sas largas
anelas e dins son bel trigosadis i se bol^a pas
en

escòu.

A pond tant de vilas requistas e las grandas
bastidas e las ciutadelas qice la man del òme acastelèt a la cresta de las rocadas e los plumes raa la pia\on dels barris antics. Lau^arai ieu
la mar que d'amont e la que d'aval plègan nòstra
Italia e tantes de lacs, tu, Lari, lo Major e tu,

jant

Benac, que t'ennairas am tas

aigadas

e

gornhas

nimai la mari Laugarai ieu los pòrts e las paisièras ajustadas al Lucrin e la planura enferonida en bèls bron^iments drech ont lo Rajòl Julian

�2 IO

LO

GAI

SABER

enlai retronis en i revocant sas nautas
on^adas,
drech ont lo plume Tirrenian amie plan fèti s'es-

canipa dins las igas del Avèrnii
Nòstra terra dins

d'argent

sas venas

nos

espandis regas

ferrairias de coire, amai l'aur, plan
soient, n'a rajat. Es ela qu'a grelhat una vertudo^a rasa d'òmes, los Marsis e la joinesa Saielliana, lo Liguri recapi al mal èstre e los Volques amie lors piquetas. Es ela qu'a grelhat los
e

Deciùs, los Mariùs e los ièls Camillis e los Sci~
pions endur^its dins la guèrra e tu, de totes lo
mai ièl, ò Ce^ar, qii ara meteu, victorios sus las
darrièras li^adas de VA^ia, lènc de las emparas
romanas revòcas l'Indian
despotentat.
Salut, granda maire de las sègas, terrador de
Saturni, granda maire dels Valents. Per tu, ieu
lau^i ton antica glòria e ton èime ; ieu au^i alandar
tôt

a

las fonts sacradas e canti la tròia d'Ascrcc
ièl tal de las ciutats romanas.
Abat

revirat de Vergèil : Georgicas,
lib. II, 140-177.

T

«

Juli CUBAYNES.

�Libres

Novèls

Al Cant de
l'Alau\eto, per Enric Mouly (186 p.
in-12) Rodez, Carrère. — Lo Glebo mairalo, per
Fernand Prax (152 p.
in-12) Orlhat, Estamp. de " Lo

Cobreto

100 Chansons del
Pays, per Chontoclar (280 p. in-8) Mende,
Estamp. "Saint-Privat".—
Li Flour dón Gamin de la
Vido, poèmes, per En-

ri

—

George (154

Es del

p.

in-12) Vaison, Macabet.

Roèrgue

que m'es vengut lo milhor libre de
aquel libre es un libre de pròza occitana.
Es escriut en grafìa
fonetica, e l'autor nos avertis
que, s'escriu atal, es que pòd pas faire autrament. Li
cal donc perdonar. Vejatz sò
qu'escriu dins un Assaber à sa novèla òbra, Rajols d'Antan, que pareis
dins " Le Journal de l'Aveyron " amb una
grafia
mai clasica : Ion cop que be
faren an pas de mai;
Ion cop d'après un autre ; è, se Dieu
^ou bol, dins

la

sazon.

E

cauque temps nous
mo cal.

poudren banta d'escriure

cou-

Acò es plan dit, e sabi personalament
que los felibres roergats son sul bon camin. Es
pracò que fau
pas cap de reproche al amie Mouly. Nos promet de
novèls libres : li demandi de los far interesants e
polits coma lo primièr.

Caldrià

dire,

e

sériai longanha, perqué

e

cosin

es

estât

compozat Al Cant de l'Alau^eto. Lo jost-titol
Trento Ans d'Agriculturo en Roèrgue indica
pron

plan qu'acò es pas un roman ordenari, amb una intriga mai o mens pebrada. Es lo raconte de la vida
que s'es menada dins una bòria del Roèrgue, ont de

�LO

212

SABER

an saput s'arrancar à
faire vite e plan à las

gents

avizats

zenta

e

se

GAI

la rotina malfanovèlas metòdas

d'agricultura.
pintrar de polidis tablèus : las
lôga dels meisonièrs e la sèga
(p. 29), las batezons (pp. 34-36), la pregaria en familha (p. 51), la vida simpla e uroza del pagés (pp. 7071), la mobilizacion (p. 96), l'arribada del permisionari (pp. 103-106). Bêla ocazion tant-ben per dire
son mot contra la lei de uèit oras aplicada al trabalh
dels camps (p. 32), per recomandar la morala dels
Bêla ocazion per
dalhazons (p. 25), la

fe, de trabal è de droites.
Moul}' es rie que se pòd pas di¬
re e sa
lenga es gostoza. Espracò que—aisò a pas res
à veze ambe la grafia — li dirai que m'an pas agradat de mots coma aproupecieu, ramplacent, éter¬
nel (dins la mèma paja 51 se legis immourtal),
bouaturo o bouoturo, bouèses umanos, cur, Sento
Bierjo, paun ( paon ), trètoment. Mas, en escambi, auzisètz qunas espresions granadas : Fasio
mounto dabalo amb sas baquetos (p. 21); cado an,
passabou joui bentre la Prado de la Pagesio (p.
23) ; lous blads (madurs) fasion coueto de calel
(p. 29); arribo la fougasso coumo uno rodo demouli (p. 40) ; per un mal te boli s'es tournât mé¬
tré à plbure (p. 55) ; cal crida sebo (se sometre)
ou se cal sauba (p. 99), etc... Lo vocabulari de 500
mots, à la fin del libre, mòstra la riquesa de la len¬

vièlhs

:

la

Lo vocabulari d'Enric

ga roergata.
Per acabar ambe Mouty, vòli transcriure, en gra¬
fia occitana, un escapolon de son libre (p. 136). S'a-

gis d'un pastre : lo majorai, quilhat sus un

ròc,

mut e rette com un pal, apareisià com un dius
antic jost son larg capèl borrut, e los grelhons,
al ento.rn, dins l'èrba, li jogaban un aire per

l'acosomir (endormir).
TJna bòla blanca al nòstre escolan

Mouly !

e

amie Enric

�LO

GAI

SABER

2

l3

Pòdi pas, vertadièrament, far miu lo
jutjament d'En
Jozèp Volpilhac sus l'òbra de Fernand Prax, f'elibre
de l'Escòla de " Lo Cobreto " : "c'est lui
qui a res¬
suscité le vers de Vermenouze, le vers aux
larges
horizons, simple, harmonieux et émouvant comme la
nature elle-même". Non !
aquel barrejadis de francés e d'occitan, aquelas istòrias de casa e de braconatge, aquelas " fotraladas " que se legisiàn, antan, dins "l'Almanach patouès de l'Arièjo", del poulissoun de Botistou e del moridatchi mancat ajustan pas res de plan nòu à la montjòia felibrenca. E
pracò s'i pòdon legir, subretot cap à la fin del libre,
de polits vèrses sus Les Esclops de boues :
Les

esclops de boues sou de lo fomilho,
Quond sons toutes soûls, meparlou potai...

e

sus

Les bielhs Oustaus:
E, dins lou grond lièt, loi billiados
Dirias que jious lou ridèu blonc
Mouontou de loi boues

estouffados
Que parlou lo lengo d'onton !

Mas quala lenga !
Mistral es nascut i a

quala grafia ! Om dirià pas que
dempèi, s'es fait
quicòm per tornar son lustre à La lenga d'antan
La mèma cauza se podrià dire del libre de cansons
que me ven de la Lozèra. Aquì, i a de plan bonas cauzas, d'idèas sanas, de muzicas reiisidas, d'ilustracions
nombrozas ont se vezon gaireben totis los monuments
del païs (las ilustracions reprezentant de personatges son d'orrors). Ai cantat ambe plazer Moun Pa¬
ys, La Chanson del Sounaire, Lou Nada del Rous-

signol

cent ans e que,

:
Del

Roussignol saubage
poulit parladis
Ai ci finis.
Quond o fa soun message

Lou

Tourna à
Abal dins lou

soun

nis,

bouscage.

�lo

sa

gai

saber

Dirai à Chontoclar que sobent sab pas pron retene
pluma : 34 coplets à La Mendeso !

lenga es pron bloza, malgrat de galicismes, que,
còps, estan pas mal dins las cansons rizolièras.
Mas encara, i a de trabalh à far. Belèu es pas trop
aizit, òc sabi. E pracò ! Aicì sô que m'escribià un dels
nòstres escolans : "Je suis Lozérien... J'ai essayé
bien des fois d'écrire en dialecte gévaudanais. Tou¬
jours j'ai été embarrassé par l'orthographe à adopter.
Aussi suis-je heureux de connaître la graphie adop¬
tée par l'Ecole Occitane. C'est la plus parfaite à mon
humble avis. Je crois qu'elle peut très bien s'adapter
au
dialecte lozérien". Que ne pensatz, mon brabe
Sa

de

Chontoclar? E, se vos sentisètz trop
nètz ambe nos-aus.

sol, amont,

ve-

Lo Felibre del Autar, abat Enric George, dont abiai
déjà legit qualques poèmes dins Lou Bartavèu, ven
de publicar sas tròbas de jovent e decapelan. Li di¬
rai sens tardansa que las segondas m'agradan plan
mai que las primièras : l'inspiracion i es mai simpla,
mai franca, mai fòrta. Es pas que tôt i siague bon,
e sobent la sintatsa ela-mèmes es un pauc maltratada, coma ^.1 comensament del sonet A l'Inmaculado. Bêla Idèa poetica dins La Conmunioun dou
Soulèu (p. 112) ont, à l'elevacion, lo solelh ven d'un
rais caresar lo calici e sembla, el tant-ben, voler comuniar. Nosto Mar (p. 120) es un polit sonet dont
vòli donar la fin als lectors del Gai Saber:
Me rend bèn

pichoutet

sa

bello immensita

E de monn cor, alor, vers la Divinita,
Monnton piousamen d'adouracioun fervento.
Es pas tout: me pivello e me ten pensatiéu,
Car lou plus e reflus de soun aigo mouvènto
Me semblo un pitre uman que respiro e que

viéu.

Jozèp SALVAT.

�BOLEGADISA

Un

OCCITANA

polit numerò-doble de Ĺempu^i (agost-septem-

bre) nos dona, ambe de bêlas gravaduras, lo raconte
de la 29ma fèsta de l'Englantina, lo 15 d'agost.
Lo Cobreto parla de las fèstas de YEscòla
vernhata à Ayrens en l'onor del majorai Duc
Salle de Rochemaure, lo 8 de setembre.

Déjà lo
lébrât
e

sa

11

Oude la

d'agost, VEscòla de Limanha abià

cé¬

fèsta annadièra à Brassac.

Lo 22 de setembre, à Moissac, YEscòla Carsinòla
La Clocada dels Clastres abian organizat de bèls

Jòcs Florals jost la presidensa de nòstre jos-capiscòl
Antonin Perbòsc.

de la fèsta organizada
amie lo majorai Ro¬
ques e YEscòla Peyrottes, se joguet Nino, la novèla pèsa del majorai Barthe, e se tenguèt l'acamp
de la Mantenensa de Lengadòc. S'i parlèt subretot
Lo 20 d'octobre, à l'ocazion
à Clermont-l'Eraut per nòstre

del Centenari
brar

de Mistral

aquel Centenari

e

del milhor biais de cele-

per totas

las Escôlas de la Man¬

tenensa.

majorai abat Salvat a prédicat
lenga occitana à La Malor (Eraut) lo 21 de julhet,
e, per la fèsta del Vin Novèl, à Corsan lo 27 d'octo¬
bre, à S. Nazari de Bezièrs lo 10 de novembre.
Nòstre secretari lo

en

La Mantenensa de Lengadòc prépara l'edicion
d'una Antologia Lengadociana Escolaria, fizada
à la direccion de la felibresa Clardeluna. Serà un
bon libre d'estudis e lo recomandam als nòstres escolans. (Prêts pels
Mla Jana Barthés,

xant).

soscribeires

: 7

francs.

—

CÒ de

à Cazadarnas, per Cessenon, fi¬

�2l6

LO

GAI

SABER

S'anoncia d'un pauc pertot que cadun se prépara

festejar lo Centenari de Mistral. Lou Flourege,
Avinhon, a engimbat una tièra de conferensas
sus Mistral e son òbra
per Jouveau, Farfantello, de
Montaut-Manse, Reynier, Brunon Durand, Bernard,
P. Azema, Fontan, Fr. Mistral, Devoluy. Acò es de
per
en

bon trabalh.

Lo

de

novembre, l'Academìa dels Jòcs Florals
festejat, al castèl de Pibrac, lo 4ème centenari del
escritor mièchjornal Guy du Faur de Pibrac, jost la
presidensa de M. Diirrbach, membre del Institut. Los
io

a

Francés de Gelis e Armand Praviel
l'òbra del poèta. La Schola Cœcilia, de

mantenedors

lauzèron

Toloza, cantèt de bèlis cants, subretot
armonizada de

Abèm

una

version

Aquelas Montanhas.

après ambe

granda dolor la mòrt, arriseptembre, de nòstre escoBordèle. Losjornals an dit
los meritis d'aquel grand occitan: (Oc del 15 d'octo¬
bre, Le Cadet de Gascogne del 19 d'octobre). Lo
Gai Saber de janvièr portarà l'omenatge fervoros
del Doctor Jan Girou à la memòria de Bordèle.
una

bada à Vezinet lo 30 de
lan lo célébré escalpraire

CRI-CRI.

Le Gérant

Impr. Lauraguaise,

37,

:

E. LEVRAT

Rue de la. Baffe

-

Castelnaudary.

�Règles de Phonétique Occitane
i° VOYELLES.
a, seul ou dans le corps d'un mot,
accentué ou non, sonne comme a français
; mais s'il
constitue une terminaison
féminine, il est semi-son¬
nant et se prononce entre a et o,
suivant la région ;
e sonne comme é fermé
français, et è comme è ou¬
vert français ; —- i
équivaut à i français ; — u égale¬
ment ; mais, après une
voyelle, il a le son ou fran¬
çais ; — ô ouvert se prononce comme o français, et
o fermé comme ou
français; — y n'existe pas en oc¬
citan.
—

—

2° CONSONNES. — b, c, d, f, g, j,
1, m, n, p, q ( toujours
suivi de u ), r, s, t, z sonnent comme en
français ; mais
c devant i est sifflant
comme s français; —
j sonne
comme tz, dans certaines
régions ; — m se prononce
comme n à la fin de la i"
pers. du

pluriel des verbes

est

;

muet, sauf quelques rares exceptions, à la fin
des substantifs ; — r est souvent muet à la fin des
substantifs et des adjectifs, sauf en
Provence, ainsi
—

n

qu'au présent de l'infinitif;

— s est toujours dur et sif¬
flant ; — t est muet à la fin des
participes présents et
des mots en ment; — v sonne comme
b, sauf en Pro¬
vence ; —
ç, k, x, w n'existent pas en occitan.

iiiiiiimiiiiiiiiiiiiiiimiiiimiiiiiiiiimimimiiiiii
EXTRAIT DU

CATALOGUE

de la

Societat d'Edicion Occitana
37, Rue de

la Baffe

-

CASTEL.NAUDARY

Prosper ESTIEU
Lou

Terradou, sonnets en langue d'Oc, avec trafranç. (i vol. in-8°, 300p.) — rare. fr.
30. »
Flors d'Occitania, sonnets en langue d'Oc,
avec tra¬
duction française, (1 vol. in-8°, 280
p.) fr.
20. »
La Canson Occitana, poèmes en
langue d'Oc, avec
traduction française, (1 vol. in-8°, 264
p.) fr.
20. »
Lo Romancero Occitan, poèmes en
langue d'Oc, avec
traduction française, (1 vol. in-8",
344 p.) fr.
20. »
duct.

.

�Lo Flahut

Occitan,

43 chansons avec musique, texte
franç. pouvant se chanter dans les
vol. in-8°, 104 p.)
fr.
16. »
de Vergili en ritmes occitans
( 1 vol.

occitan et traduct.
deux langues, (1
Las Bucolicas

in-8, 68 p.)

.

.

Edition de luxe numérotée
Edition ordinaire

Jan

.

.

.

.

.

fr.
fr.

25.
10.

»
»

de la ROCA

Lo

Mètge de Cucunhan,

dramatique occitan,

conte

illustrations de Paul Sibra, (1 vol.
in-8°3op.)
Edition de luxe numérotée
fr.
8. »
Edition ordinaire
fr.
4. »

avec

xi

Guilhèm

de

NAUROZA

Cants d'un

Grilh, chansons, rondels et sonnets oc¬
citans, avec traduction française et portrait de l'au¬
teur, (1 vol. in-8°, XVI- 100 p. )
fr.
10. »
Abat Jozèp SALVAT
.

.

.

.

La

Langue d'Oc à l'Ecole, (in-8°, 16 p.) fr.
5. »
Lenga d'Oc e la Glbiza, (in-8°, 16 p.)fr.
3. »
Sant Francés d'Asiza etsemple e
aparaire dels Fe=
libres, (in-8°, 8 p.)
fr.
2. »
Auguste Fourès, sa Vie et son Œuvre, suivies
d'un choix de poésies et d'un
lexique, (1 vol. in-8°,
122
p.)
12. »
fr.
L'Ama Occitana, (in-8°
14 p.)
La

Edition de luxe
Edition ordinaire

fr.
fr.

CANTIQUES
1. Rèina del
Cèl,
aire catalan-,

2.

Se canta, que
Las Batezons,

»

Estieu subre

un

paraulas de P. Estieu subre

un

CHANSONS
1.

»

:

paraulas de P.

2. Cantem Nadal!
vièlh aire occitan.

10.
2.

:

cante! paraulas e aire popularis.
paraulas de P. Estieu subre un

vièlh aire.
3.

La Canson de Castelnòu, paraulas de P. Estieu

subre

un

vièlh aire.

(L'unité
MPI*.

:

i

DE

LA

fr.

—

aOCIETAT

La douzaine

D'EDICIOH

OCCITANA

:

10

CA8TELMAUDARY.

fr.)

�</text>
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              <text>Lo Gai Saber. - Annada 11 n° 062 novembre-decembre 1929 </text>
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              <text>&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;em&gt;Lo Gai Saber&lt;/em&gt; est une revue litt&amp;eacute;raire occitane publi&amp;eacute;e depuis 1919. La rubrique &lt;em&gt;L'&amp;Ograve;rt dels trobaires&lt;/em&gt; est consacr&amp;eacute;e &amp;agrave; la po&amp;eacute;sie, la rubrique &lt;em&gt;Bolegadisa occitana&lt;/em&gt; donne des informations sur l'actualit&amp;eacute; de l'action occitane. La revue fait aussi &amp;eacute;cho des publications du domaine occitan et des r&amp;eacute;sultats du concours annuel de po&amp;eacute;sie occitane de l'Acad&amp;eacute;mie des Jeux floraux.&lt;/div&gt;</text>
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              <text>&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;span&gt;Lo&amp;nbsp;&lt;/span&gt;&lt;em&gt;Gai Saber&lt;/em&gt;&lt;span&gt;&amp;nbsp;es una revista liter&amp;agrave;ria occitana publicada dempu&amp;egrave;i 1919. La rubrica&amp;nbsp;&lt;/span&gt;&lt;em&gt;L'&amp;Ograve;rt dels trobaires&lt;/em&gt;&lt;span&gt;&amp;nbsp;es consacrada a la poesia, la rubrica&amp;nbsp;&lt;/span&gt;&lt;em&gt;Bolegadisa occitana&lt;/em&gt;&lt;span&gt;&amp;nbsp;balha d'informacions sus l'actualitat de l'accion occitana. La revista se fa tanben lo resson de las publicacions del domeni occitan e dels resultats del concors annadi&amp;egrave;r de poesia occitana de l'Acad&amp;egrave;mia dels J&amp;ograve;cs florals.&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;</text>
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      <name>Occitanica</name>
      <description>Jeu de métadonnées internes a Occitanica</description>
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          <name>Portail</name>
          <description>Le portail dans la typologie Occitanica</description>
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              <text>Mediatèca</text>
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              <text>Bibliotèca</text>
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          <name>Type de Document</name>
          <description>Le type dans la typologie Occitanica</description>
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              <text>Numéro de revue</text>
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          <name>Catégorie</name>
          <description>La catégorie dans la typologie Occitanica</description>
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              <text>Documents</text>
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          <name>Contributeur</name>
          <description>Le contributeur à Occitanica</description>
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              <text>Bibliothèque de Toulouse</text>
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      <name>Escòla occitana</name>
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      <name>grafias de l'occitan = graphies de l'occitan</name>
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      <name>Poesia occitana = poésie occitane</name>
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