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                  <text>Castan blues, La pensée de Félix-Marcel Castan au cœur du
renouveau musical occitan des années 1990 (Fabulous Trobadors et
Massilia Sound System)
Sylvan Chabaud, docteur en études occitanes, Université Paul-Valéry

En 1998, âge d'or du rap et des musiques dites « urbaines » en France, les Fabulous
Trobadors posaient la voix du penseur occitaniste Félix-Marcel Castan sur une boucle
rythmique entêtante pour un titre au nom révélateur : Castan blues1. L'un des acteurs majeurs
de l'occitanisme des années d'après-guerre (héritier des travaux pionniers d'Ismaël Girard ou
René Nelli et tant d'autres...) se retrouvait ainsi cité au centre d'une création musicale occitane
qui clôturait le XXe siècle et ouvrait le suivant, avec intelligence et innovation. Le « blues »,
c'est-à-dire le cœur, le noyau dur des musiques d'influence afro-américaines donnait un
souffle nouveau à une pensée occitaniste originale et ouverte axée sur l'une des grandes
préoccupations des artistes périphériques : l'anti-centralisme. L'élan musical de cette période
activait alors un nouveau réseau, dans toutes les grandes villes du pays et notamment, dans le
sud à Marseille, Toulouse ou encore Nice. Nous ne nous attarderons pas ici sur l’immense
parcours de Castan avant la période qui nous concerne, d’autres s’en chargent ici même, lors
de cette journée de réflexion. Notre aventure musicale commence à la fin des années 1980 et
court jusqu'au début des années 2000, cette période correspond à la fin de sa vie, elle vient,
après son immense travail, le poursuivre, le parachever, peut-être le synthétiser.
Nous allons tenter ici de remonter aux sources de cette influence, aux origines de cette
confluence. Nous verrons, notamment, le rôle majeur de « passeur » que joua le musicien
Claude Sicre. Comment la pensée de Castan a-t-elle pu activer et régénérer la création
musicale en occitan ? Y a-t-il eu un aller et retour fécond entre les artistes et le penseur ?
Comment cette rencontre a-t-elle pu installer des liens transversaux et redonner des couleurs
au pan-occitanisme tout en s'appuyant sur les richesses et les originalités locales ? Voilà les
questions que nous aborderons en nous appuyant sur les chansons de l'ensemble des groupes
ayant fait référence au penseur de Montauban. Ces réflexions nous amèneront enfin à mettre
en lumière la « pédagogie occitaniste2 » qui organise profondément ce mouvement musical,
culturel, social, humain...

1- La pensée de Castan, un socle, une base pour structurer la création
Nous voilà donc aujourd’hui en présence de deux utopies symétriques : d’un côté une
décentralisation vouée à un demi-échec tant qu’elle n’appelle pas sur son chantier ceux qui sont
porteurs d’une altérité véritable, d’une identité périphérique, inverse de l’identité centrale. De
l’autre des mouvements périphériques autonomes qui, après un siècle d’efforts déçus, doivent
comprendre que leur rôle n’est pas de s’isoler, mais d’entrer dans la dynamique d’une sensibilité
en pleine mutation sur l’étendue entière du sol national, afin d’y provoquer des réactions en
chaîne, et faire apparaître d’autres systèmes culturels que celui du centre. (Manifeste
Multiculturel et antirégionaliste, Au-dessus de l’ordre des régions, la force des cultures, éditions
Cocagne, Montauban, 1984, p. 16)
1
2

Album On the linha imaginòt, Mercury, 1998.
Nous renvoyons ici à l'ouvrage de Félix Castan, Occitanisme pédagogique, éditions Cocagne, Montauban, 2011.

�Nous ouvrons notre propos avec cette citation, elle déploie des idées fondamentales :
- L'erreur de la décentralisation voulue et organisée depuis le centre.
- L'erreur du régionalisme et de l'isolement des forces, localement.
- La possibilité d'une troisième voie : celle d'une dynamique de contre-capitales
réactivant la culture de toutes parts sur le territoire.
C'est à partir de ce socle que les musiciens qui se revendiquent du penseur de
Montauban vont structurer leur proposition artistique. Félix-Marcel Castan leur fournit là, en
quelque sorte, une grille de lecture et un plan d'action qui leur permettra de trouver leur place
malgré le système centraliste français, de s'emparer de la langue d'oc mais aussi de porter
cette langue au-delà, au cœur de la création contemporaine française, sur les scènes
nationales et internationales. Généralement issus des grandes villes d'Occitanie et vivant au
cœur des échanges cosmopolites que génèrent des cités comme Marseille, Toulouse ou Nice,
ces artistes avaient aussi une réticence face au discours des « racines » et du « terroir ». Pour
eux, la langue d'oc ne pouvait être qu'un outil d'approche du pluralisme culturel et linguistique
tout autant qu'une réappropriation d'une culture populaire et rebelle qui pouvait redonner à
leur espace de vie une dimension libre et ouverte. Ils vont d'ailleurs s'emparer, comme d'un
slogan, d'une phrase de Félix-Marcel Castan : « On n'est pas le produit d’un sol, on est le
produit de l’action que l’on y mène ».
C'est donc, à partir de ce postulat, l'attachement à l'action et le refus du simple héritage,
l'occitan comme culture choisie et active à l'inverse d'une identité passive, que ces musiciens
vont parler à la France et au monde entier. Leur recherche artistique dépasse les
revendications autonomistes et parfois régionalistes de la période 1960/70 de la Nouvelle
Chanson Occitane pour s'attaquer à un autre projet : La construction d’une nation plurielle, la
décentralisation réelle et concrète, depuis la périphérie.

2- Claude Sicre, le passeur

La pensée castanienne a trouvé un écho auprès de cette génération d'artistes grâce à
un Toulousain, passionné de musique. Il s'agit de Claude Sicre, le passeur, un personnage clé
qui fait le lien entre la pensée, les idées de l’homme et leur mise en œuvre concrète dans la
pratique artistique. On pourrait alors dire que c’est la pensée castanienne, vue par Claude Sicre,
qui va se diffuser dans un premier temps. Sicre est un occitaniste
urbain, sa réalité est celle du quartier des Minimes et du
bouillonnement de la ville rose. Il est musicologue, amateur de
philosophie, de littérature (notamment le polar noir : il a travaillé
pour Gallimard et sa Série Noire). Très tôt, il se pose des questions
sur la fascination qu’exerce la culture américaine sur la jeunesse
française. Il découvre le blues et se demande comment faire le
lien entre ces musiques afro-américaines et la musique populaire
en France et en Occitanie. Toutes ces réflexions, il les développe
dans un livre, paru en 1988, au titre étonnant : Vive l’Américke3.
Ce livre s’appuie sur une théorie précise : La France a tourné le
dos à ses cultures populaires, à ses langues, à ses musiques. Elle
3

Paris, Publisud.

�a fait le vide et s’est repliée sur la seule capitale parisienne, ignorant totalement le folklore
occitan, breton, basque, de langue d'oïl etc... Ce vide attire, on essaie de le combler en allant
chercher ailleurs, notamment en Amérique, une culture populaire qui a été niée ici. Mais pour
véritablement accueillir cet ailleurs, il faut retrouver la culture populaire en France. Ce que l’on
comprend en s’intéressant au blues d'Outre-Atlantique c’est que cette même énergie musicale
profonde existe aussi dans les musiques populaires françaises, dans la richesse des expressions
artistiques en langues de France. Mais pour réaliser cela, il faut un outil de reconquête : c’est
là qu’intervient l’occitanisme. Il permet de repenser la création musicale de tout le pays. Il faut
faire de l’occitanisme une arme, un outil pour régénérer la culture française, pour revitaliser
tout le pays par le bas, par la périphérie. On le comprend bien, Félix-Marcel Castan est derrière
cette
Citons Claude Sicre à propos de son livre lors d’une interview accordée à l’Humanité
« Un Américkain à Toulouse », le 11 mars 1988 (propos recueillis par Louis Destrem) :
Mon problème n'est pas
spécialement
la
culture
occitane, mais plutôt la culture
française, et même la culture
en général... Donc, je ne vais
pas chercher de modèle en
Amérique. Je dis simplement
que la culture médiatique de
notre enfance, celle qui nous a
dirigés vers notre propre
recherche, c'est la culture
américaine. Alors, si nous
avions fonctionné dans une
culture française où il n'y
aurait pas eu de hiatus, la
pénétration de la culture
anglo-saxonne aurait été
moins importante. Et il n'y
aurait pas eu cette fascination
pour l'ailleurs... Ou alors, elle se serait exprimée autrement. Et, lorsqu’il y a fascination, ambition,
pour un ailleurs et un demain mythiques, c'est que la culture dans laquelle tu vis ne fonctionne
pas bien. Donc, cette fascination pour l'Amérique vient des creux et des vides de la culture
française.

Nous découvrons donc bien là une connexion, théorique dans un premier temps, entre
un musicien et la pensée castanienne. Mais Claude Sicre ne se contente pas de théoriser, il
passe aussi à la mise en pratique. Une première expérience avec Daniel Loddo (chanteur du
groupe La Talvèra) voit le jour dans les mêmes années, ils enregistrent ensemble, en 1986, un
album artisanal Batèstas e Cantariás4 dans lequel les principales expériences musicales qui
feront le succès des Fabulous Trobadors (comme les explorations futures de La Talvèra) sont
déjà présentes. Puis c’est la naissance des Fabulous Trobadors, en 1992, avec un premier

4

Batèstas e Cantariás, Regiophon, 1986.

�disque Era pas de faire5. Claude Sicre et Jean-Marc Enjalbert (les deux membres du groupe),
dès ce premier opus, chantent en l'honneur de Félix-Marcel Castan (titre Félix Castan, Aliénor
dub mescla) :
Félix Castan, Félix Castan, un escrivan de Montalban
Félix Castan, Félix Castan un cap pensaire per l'occitan6.

En 1988, Claude Sicre invite Massilia Sound System à participer au Carnaval de la ville
de Toulouse dont il est alors l'un des organisateurs, cette rencontre sera déterminante et va
faire circuler la pensée de Castan. Les Fabulous et Massilia vont se nourrir les uns des autres,
échanger des idées et participer dans une même énergie au renouveau de la scène occitane.
L’un des chanteurs du groupe marseillais, Tatou (pseudonyme de François Ridel), rencontre
Castan à Toulouse. La graine est semée. De cet échange avec Sicre et avec Castan, les
marseillais vont repartir gonflés d’énergie et décidés à s’emparer de la langue d’oc dans leur
création7.

3- Citations, références et mythification ?

eux,

5

aux

idées

du

Le philosophe est clairement cité dans la
chanson Violent qui figure sur le disque Parla Patois
sorti en 1992 chez Bondage, il va ensuite être
présent à chaque album de Massilia. C'est ainsi que
Félix-Marcel Castan va devenir, entre Toulouse et
Marseille, au fil des disques à venir, une image, un
référent que l’on cite, que l’on chante, que l’on
enregistre et que l’on fait parler aussi sur la musique.
Les artistes de Massilia Sound System s'inspirent des
hommages aux grandes figures du mouvement afroaméricain qui jalonnent la discographie du reggae.
Imitant leurs prédécesseurs jamaïcains, ils renvoient,
combattant
de
l'anti-centralisme.

Era pas de faire, Ròker promocion, 1992.
Trad : Félix Castan un écrivain de Montauban, Félix Castan un maître à penser pour l'occitan.
7
Lire, à ce sujet, Camille Martel, La façon de Marseille, Le mot et le reste, Gémenos, 2014.
6

�Les jeunes Marseillais évoluent dans
un style musical qui s’est largement construit autour d’un mouvement culturel plus large : celui
d'une reconquête de l’identité africaine, d'une prise en main de l’histoire de l’esclavagisme et
de l'anticolonialisme. C’est donc dans ce sens, avec ces influences, qu’ils s’emparent de Castan.
Comme les DJ’s jamaïcains l’ont fait avec Marcus Garvey 8 par exemple, ce militant afroaméricain qui prônait le retour en Afrique et la reconnexion entre les descendants des esclaves
et leurs racines lointaines (au début du XXe siècle), ils s'emparent de la figure castanienne.
Marcus Garvey est devenu un personnage mythique, sa pensée va influencer fortement le
mouvement rastafari en Jamaïque. Les artistes de reggae (Burning Spear, Bob Marley, entre
autres) ne cessent de le citer, de s’en inspirer et même de le sampler (utiliser directement sa
voix enregistrée et mise en boucle). Le penseur Garvey est aussi un orateur, l'un de ses rares
enregistrements audio va être récupéré et posé sur le musique et ainsi devenir une matière
sonore en plus d'être une influence idéologique. C’est exactement ce que va faire Massilia,
bien plus tard, avec la voix du Montalbanais, enregistrée lors d'une intervention publique et
diffusée pour ouvrir les concerts :
Une nation qui refusait les langues les cultures, bref, les identités vivantes sur son territoire se
condamnait elle-même, elle trahissait les idéaux d’humanité qu’elle inscrivait au fronton de ses
monuments.

C'est autant le penseur que l'orateur qui est ici récupéré par la création artistique. Le
ton, le rythme, la façon dont Castan déclame le texte donne le « la » et ouvre le spectacle. Il
est présent dès les premières notes, comme une source où une pulsation première sur laquelle
s'appuie toute l'œuvre des Marseillais. Les Fabulous Trobadors font de même avec le titre
Castan Blues que nous avons cité précédemment. La voix du penseur se déploie cette fois-ci
sur l'ensemble du morceau, défendant et argumentant l'idée fondatrice d'une culture
« polycentrique ».

8

Marcus Garvey, 1887-1940, précurseur du Panafricanisme, promoteur du retour des descendants d'esclaves
noirs en Afrique.

�Le « philosophe occitan » comme l'appellent ces artistes, ne serait-il pas finalement
devenu une icône, un véritable mythe ? Tant de fois citée, samplée, utilisée, sa parole n'auraitelle pas perdu son véritable sens ? Il est légitime de se poser cette question. L'écart étant grand
entre le travail, longtemps mûri, du penseur issu des grandes années de l'occitanisme d'aprèsguerre et l'univers musical aux influences d'Outre-Atlantique des années 1990. Pour aller plus
loin, il faut certainement s'attarder sur tout ce qui accompagne et dépasse la seule démarche
artistique. C'est au-delà de la musique, dans l'élaboration du parcours professionnel et dans
l'ancrage local et urbain de ces groupes musicaux que l'on peut trouver des éléments de
réponse.

4- Ma ville est le plus beau park9

Castan est donc régulièrement convoqué par ces artistes qui vont faire de leurs villes
des capitales culturelles rêvées, décider de créer sans passer par le centre parisien et tenter
de tracer des chemins transversaux, depuis leur réalité, leurs centres urbains : principalement
Marseille et Toulouse (sans oublier Nice et l'expérience d'Uzeste aussi, dont nous parlerons
plus tard). Les deux grandes capitales occitanes deviennent des lieux d’expérimentation, des
lieux d’ouvrage artistique et elles sont connectées via ces deux groupes fondateurs. Il est
évident que l'image d'une véritable « contre-capitale » dans le paysage centralisé français
s'incarne dans la cité phocéenne, première ville de France, toujours rebelle et forte de son
histoire portuaire et périphérique (ce que l'on retrouve dans le football par exemple). Marseille
a assez de puissance culturelle pour pouvoir exister, différemment, malgré des siècles d'effort
pour la mettre au pli. Toulouse n'est pas en reste, mais il semblerait bien que les Fabulous
Trobadors aient voulu activer une connexion avec Marseille pour, justement, amplifier leur
combat anti-centraliste et renforcer leur propre capitale culturelle : utiliser la fabuleuse
énergie marseillaise, en quelque-sorte, pour faire naître d'autres centres possibles. Cet
ancrage dans la cité est aussi un ancrage dans un quartier : Arnaud Bernard pour les Fabulous,
quartiers du Panier ou de la Belle de Mai pour les Massilia. Le discours castanien tourne à plein
régime, les musiciens sont acteurs de leur ville, ils portent leur cité tout comme la cité les porte,
avec son histoire. Depuis leur centre urbain, ils se connectent aux ailleurs, en Occitanie et dans
le monde, échappant ainsi à l'aimant parisien et au vide provincial.
Dans cette même dynamique (même si nous sommes là en zone plutôt rurale), il ne
faudrait pas oublier un autre acteur essentiel, plus à l’ouest, lui aussi musicien (et pas des
moindres puisqu’il a joué avec les plus grands, notamment en Amérique puis en France avec
Nougaro) : Bernard Lubat. Ce dernier, après avoir embrassé une carrière internationale comme
batteur de Jazz, revient en Gascogne, à Uzeste, son village natal. Il rencontre Félix Castan et
Bernard Manciet avec qui il réfléchit à sa place d’artiste « décentralisé ». Il créé la compagnie
Lubat et le festival d’Uzeste10 : il invente, à sa manière, une capitale culturelle en Gascogne.
Castan est invité au festival, régulièrement, après sa mort, on lui consacre des rétrospectives,
on organise des moments de réflexion autour de sa pensée. On retrouve d’ailleurs, là-aussi, ce
dialogue avec le jazz, comme chez Sicre avec le blues ou les Massilia avec le reggae. Il y a
toujours cet aller et retour, cette nourriture extérieure qui vient enrichir la matière locale. La
9

Titre d'une chanson de l'album On the linha imaginòt, Fabulous Trobadors, Mercury, 1998.
Uzeste musical, www.uzeste.org et Compagnie Lubat, www.cie-lubat.org.

10

�pensée de Castan donne des outils, des méthodes à suivre, elle paraît être une recette efficace
pour tous ces artistes d’horizons divers en quête d’un nouveau terrain d’expression, plus libre,
en Occitanie. Elle permet surtout de prendre en main un territoire et de trouver des points
d'ancrage essentiels pour asseoir la création et redynamiser des lieux que le centre avait
complètement niés. Chez tous ces artistes c’est l’espace urbain, la cité, la commune (le lieu de
vie, l'espace collectif) qui sert de point d’ancrage. Laissons la parole à Castan :
La culture occitane, comme la culture française, est étrangère au découpage régional, auquel on
voudrait en vain attribuer une identité artificielle, ressuscitant les provinces de l’Ancien Régime.
En revanche elle est capable d’introduire une dimension historique dans l’intimité des villes… Il
n’y a pas d’artifice à attribuer une personnalité aux villes qui ont résisté au rouleau
uniformisateur : la ville a une histoire. Sa personnalité passée, bien comprise, intervient dans le
présent. Elle se dessine sur l’écran de l’avenir : elle pousse l’action vers les cibles de l’imaginaire.
(Le vouloir d’une ville, Éditions Cocagne, Montauban, 1998, p. 73).

5- Nissa rebèla

C'est ainsi, que la pensée de Castan va donc se propager, assez vite, dans les années
80/90 et jusqu’au début des années 2000. En créant des
capitales musicales. Toulouse, Marseille, Uzeste, mais aussi :
Nice. Sur cette « linha imaginòt » qui relierait les grandes
cités occitanes, un autre groupe va apparaître : Nux Vomica.
Chez eux, tout démarre autour des arts plastiques. C’est une
bande de joyeux plasticiens qui travaillent dans un hangar du
quartier Saint Roch et organisent (à l’instar de Sicre à
Toulouse) un Carnaval indépendant qui fait très vite parler de
lui. Nous voilà donc devant des agitateurs culturels au cœur
de la ville de Garibaldi. On connaît l’intérêt de Félix-Marcel Castan pour les arts plastiques,
pour la peinture ; grâce à la Mòstra del Larzac, il a été un acteur important des innovations
artistiques périphériques11. Il cherche sans cesse à mettre en relation des artistes de toute
l’Occitanie, essayant de favoriser l’éclosion de nouvelles écoles libérées du centralisme français
qui prévaut souvent dans ce domaine. Il était donc tout à fait naturel que Castan rencontre
l'équipe de Nux Vomica. Cette connexion se fait grâce à Ben Vautier (ce qui peut paraître
étonnant vu les points de vue radicalement opposés de Ben et de Castan mais nous renforce
aussi dans l'idée d'une ouverture d’esprit et d'une quête du débat permanente et féconde de
la part de Castan) qui les emmène à la Mòstra12 au début des années 90. Les Nux Vomica ne

11

Nous désignons par ce terme les artistes travaillant dans l'espace périphérique français et non au centre, à la
capitale. Castan s'intéressait aux écoles de Nice (école de Nice), Sète (Figuration libre), Montpellier (Supportsurface), Toulouse (Hyperabstraction), entre autres. Voir sur ce sujet l'article « La Mòstra del Larzac, un chantier
artistique et décentralisateur unique » dans Félix Castan ou l'équilibre parfait de l'identité, Actes des Journées
Félix Castan à Larrazet (8 et 9 novembre 2008), Maison de la culture de Larrazet, Toulouse, 2010, p. 91-109.
12
La mòstra del Larzac, ancien relais de Poste des Infruts (Aveyron) sur le Larzac, transformé par Castan en lieu
culturel et d'exposition, de 1969 au début des années 80. Ce fut un espace de rencontres, d'échanges réguliers,
qui marqua l'histoire de l'occitanisme.

�cesseront ensuite de graviter autour des rencontres de la Mòstra, des journées de Larrazet13…
et vont découvrir Massilia, les Fabulous. C'est ainsi que des arts plastiques ils vont ensuite se
tourner aussi vers la musique, dans une réflexion globale de réappropriation de la culture
chère à Castan. Très vite ils développent leur style :
un mélange de raggamufin 14 aux influences
brésiliennes permettant de chanter Nice, son
Carnaval, sa face populaire et rebelle (déjà portée
par Sauvaigo ou Mauris 15 ). Encore une fois, les
artistes se reconnectent avec l’histoire de leur cité
et élaborent un art populaire, franc, libre et
nissard 16 . Leur premier EP 17 Libera Jacquou
(autoproduit, 1994) se moque avec inventivité et
autodérision de la fascination des Niçois pour leur
édile véreux Jacques Médecin… Tout un
programme ! Rapidement ils s’emparent aussi du
niçois et le chantent haut et fort : « la politique n’a
rien à voir avec l’identité, ceux qui mélangent c’est
pour mieux t’embrouiller … ». Castan est là bien sûr,
dès le premier titre.
La pensée de Castan se propage donc via la
musique, peut-être de façon résumée et simplifiée, mais en tous cas auprès d’un public très
large et pas forcément occitaniste, ce qui est très nouveau. Il aurait, en effet, pu rester cette
référence lointaine, un « personnage mythique » à la Marcus Garvey dont le discours peut
souvent être détourné ou vidé de sa substance. Ce ne sera pas le cas parce que Castan est
vivant, les artistes le côtoient, ils discutent avec lui. Lui-même se déplace, il va à leur rencontre,
il arpente l’Occitanie pour tisser un réseau. Certains moments clés sont des rendez-vous
réguliers (comme les journées de Larrazet, déjà évoquées plus haut) qui permettent d’activer
ce réseau. Le témoignage de Louis Pastorelli de Nux Vomica est éloquent :
Après plusieurs allées et venues dans le Sud-Ouest, nous avons été très surpris et honorés
lorsque Félix et Betty nous ont dit « On vient voir votre travail à Nice ». Grande responsabilité
de les recevoir et de pouvoir leur faire partager la vision de notre « Nice ». Les discours sur la
décentralisation c'est très beau, mais nous vivons physiquement plus près de ce qu'on appelle
l'Italie, que de Toulouse. Rares sont ceux qui font le déplacement. (Félix Castan l’équilibre parfait
de l’identité, Actes des Journées Félix Castan à Larrazet (8 et 9 novembre 2008), Maison de la
culture de Larrazet, Toulouse, 2010, « Félix Castan et Nice », p. 341)

13

Les journées de Larrazet : des moments de réflexions, animés sans discontinuer par Alain Daziron, depuis 1983,
à Larrazet dans le Tarn-et-Garonne.
14
Raggamufin : style musical né en Jamaïque, reggae accéléré joué principalement avec des boîtes à rythme,
machines et platines sur lesquelles le chanteur déploie un chant très rythmé proche de la scansion rap.
15
Nux Vomica poursuit, d'une certaine manière, une aventure occitane niçoise originale, dans les pas de Jean-Luc
Sauvaigo (musicien, poète, dessinateur niçois) ou Mauris Sgaravizzi (auteur, compositeur, interprète niçois). Nous
pourrions également citer Alan Pelhon (poète niçois). La Nissa Rebèla est un concept développé par cette
génération (années 1970) qui défend la Nice populaire incarnée par l'animal nocturne de la Ratapinhata (la
chauve-souris) par opposition à l'aigle impérial habituellement associé à la ville.
16
Nissard : niçois, en langue d'oc.
17
Extended Play : cd de format trop court pour être qualifié d'album.

�Dès lors, on échappe à la mythification même si on en joue, avec ironie souvent et avec
un humour débridé. Ce décalage (que n’avaient pas les Jamaïcains) est salvateur et permet
d’échapper au risque majeur de figer son discours : ce qui serait trahir une pensée toujours en
mouvement. Nous pensons là à Claude Sicre, qui, dans une chanson18 récente composée à
propos des élections présidentielles de 2017, a détourné le slogan d'Obama : « Yes we
Castan ! », ou encore à la manifestation occitane de Béziers en 2007, ou Lux B de Massilia
Sound System défilait en brandissant une pancarte « Castan’s not dead ». Finalement, si FélixMarcel Castan n’avait été qu’un mythe, qu’un référent (un peu comme Mistral par exemple,
dans une certaine mesure) éloigné, que l’on invoque pour tisser un arrière-plan philosophique
et se donner un cadre idéologique, mais sans plus, les artistes se seraient arrêtés à la phrase
qui accroche, à la parole. Ils sont allés bien plus loin puisqu'ils ont su joindre les actes à la
parole.

6- Pédagogie occitaniste

Ces artistes ne se sont pas arrêtés à leur expression artistique. Leur engagement
musical entre dans un ensemble plus large, plus complexe et complet : une action globale, que
l'on pourrait définir par le terme même d'occitanisme.
Ce n'est pas pour rien que Massilia Sound System
a nommé l'un de ses disques majeurs : Occitanista, mais
bien pour insister sur le caractère « actif » qu'implique
son engagement. Il ne s'agit pas d'être simplement
« Occitan » mais bien d'ajouter la dimension active avec
le suffixe substantif « -iste ». Nous retrouvons là l'idée
fondatrice : « on n'est pas le produit d'un sol, on est le
produit de l'action qu'on y mène » maintes fois citée
(tellement qu'il nous a été, pour l'heure, impossible de
savoir de quel discours de Castan cette phrase a été tirée).
Finalement ces artistes font de la pédagogie, ils
développent des outils qui nourrissent la pensée mais
fournissent aussi des méthodes, des recettes efficaces qui sont ensuite mises à profit. C’est là,
clairement, un héritage de la pensée castanienne. Le penseur montalbanais le dit très bien luimême dans Argumentari19, dès 1950 : « I a cap d’accion occitanista que siá possible, se pòrta
pas dins sa fòrma un contengut pedagogic20. »

18

Oh ! Dites-moi, qui choisir comme Président ?, production Escambiar / Bleu citron/ 2017.
https://www.youtube.com/watch?v=cj7fxyUdTos
19
Argumentari, IEO, colleccion Ensages, Puèglaurenç, 1994.
20
Trad : Il n'y a pas d'action occitaniste possible si elle ne porte pas, dans sa forme, un contenu pédagogique.

�La transmission et l’art de transmettre : c’est ce que font ces musiciens, ils transmettent
la langue, comme Massilia le fait dans le titre Occitan leiçon n°121. Ils transmettent aussi des
idées pour revivifier les villes comme dans le titre Ma ville est le plus beau park des Fabulous
qui sera récupéré, notamment, par une association
montpelliéraine qui lutta contre la destruction du parc
Clémenceau en centre-ville. Transmission de l'histoire
aussi, avec la chanson « Olympe de Gouges », d’après
une figure chère à Félix-Marcel Castan, écrite par
Claude Sicre et chantée par les Femmouzes T.
Pédagogie carnavalesque et populaire chez Nux
Vomica qui réinvente le carnaval indépendant niçois
ou chante l'héroïne historique Catarina Segurana. Une
pédagogie qui développe des outils concrets, instaure
des pratiques collectives et structure tout un réseau.
Bien avant l'apparition d'internet, c'est via la création
de journaux que se maintiennent les échanges :
Massilia lance à travers l'association Chourmo un
journal intitulé Vé qui y’a22, véritable lien et lieu de
réflexion et d'imagination qui dépasse le seul cercle
des fans du groupe, autour du travail des Fabulous, un
collectif intitulé
GRQM (Grande Révolution des Quartiers du Monde)
publie la revue trimestrielle Linha imaginot qui met en
avant la pensée de Castan et ouvre des espaces de
débat23 . L'idée c'est de créer du lien autour de ces
projets artistique, autour des groupes, des associations
naissent pour faire bouger Marseille, Toulouse, Nice. Les
gens qui suivent les musiciens s'impliquent à leur tour,
ils deviennent acteurs. Comme le chante Massilia 24 :
« Pas de spectateur et pas de spectatrice / Tout le
monde dans la danse est une roue motrice »
L'association Chourmo créée dans le sillage des Massilia
entre tout-à-fait dans cette dynamique : il faut « faire
communauté ». Castan, à nouveau, est là : « L’Occitan,
s’il ne trouve pas une communauté à laquelle s’intégrer,
ne peut pas prendre racine » écrit-il dans une réflexion
sur la pédagogie et sur Perbosc en 198525. Le nom de
l'association Chourmo renvoie clairement à cette idée :
c'est la « chiourme », les rameurs de la galère, ceux qui, ensemble, font avancer le navire.

21

Album Commando Fada, Ròker Promocion, 1995.
Vé qui y'a, journal de l'association Massilia Chourmo, distribution papier puis numérique pour tous les
adhérents.
23
Nous pensons ici à l'usage pédagogique des journaux de classe que développa Célestin Freinet. Cette même
idée est reprise ici, hors contexte scolaire, comme outil du lien social.
24
Commando Fada, Album éponyme, Ròker promocion, 1995.
25
Félix Castan l’équilibre parfait de l’identité, Actes des Journées Félix Castan à Larrazet (8 et 9 novembre 2008),
Maison de la culture de Larrazet, Toulouse, 2010, « Pédagogie communale, pédagogie de la langue », p. 385.
22

�Il faut donc organiser les gens, les relier ; la
musique est un très bon moyen pour les unir, mais elle est
une étape ici : les artistes et les auditeurs, mêlés, vont
ensuite s’impliquer autour de l'éclosion musicale,
ensemble. Le concept même d'« artiste » est également
revisité : il n'est plus question d'un rapport vertical entre
un artiste et son public mais d'une horizontalité, d'un
échange, d'une relation étroite entre l'artiste et son milieu
et entre l'artiste et la communauté qui l'entoure. Une fois
de plus, le schéma centraliste est brisé. Car c'est bien cette
culture française autocentrée qui a isolé l'artiste du pays,
et de l'espace réel et imaginaire qui devrait le nourrir26.
Dans l'action, dans le souhait de s'emparer de la langue
d'oc et dans l'implication quotidienne et concrète, le
musicien retrouve sa place au cœur du fameux
« polycentrisme » : la naissance de « contre-capitales »
capables de dialoguer entre elles et de redonner du
souffle à la pluralité culturelle de toute la nation. Vont alors éclore des initiatives toutes plus
originales les unes que les autres qui, tout autant que la qualité musicale des groupes cités,
fera connaître et diffuser ce courant musical. Le carnaval indépendant de Saint Roch chanté et
animé par Nux Vomica à Nice, le carnaval ou la sardinade de la
Plaine, le loto de la maison hantée à Marseille27 etc... sont des
exemples criants. Bien sûr, la création des repas de quartier par
Claude Sicre est une application concrète et réussie de la pensée
castanienne : Réunir les gens et créer du folklore, inventer
quelque-chose de simple qui entre dans la vie quotidienne, qui
fait partie de la vie courante de la cité, qui devient inhérent à la
vie de la cité. Le même constat peut-être fait avec le Forum des
langues du monde de Toulouse (Carrefour culturel Arnaud
Bernard) où la ville mondine 28 (et l'occitan) invite toutes les
langues du monde et se fait chantre de l'égalité entre les cultures,
les langues et les peuples.
Il ne faut pas non plus oublier Bernard Lubat et son travail
autour du festival d’Uzeste qui dépasse largement le monde de
la musique : là aussi, il y a création d’une capitale culturelle en
milieu rural, naissance d'un lieu de rencontres, de débats.

26

La même idée de lien entre l'enfant et son milieu, son espace de vie, sa ville, son quartier ou son village et les
cultures et langues présentes, est au cœur des réflexions pédagogiques de Castan (à propos de Perbosc, par
exemple).
27
Nous pourrions également citer l'expérience de l'association MICMAC qui a développé des actions culturelles
sur Marseille et dans toute l'Occitanie et a soutenu activement la création musicale de cette période. Aujourd'hui,
sur Toulouse, l'association Escambiar œuvre également dans ce sens.
28
Mondine : surnom de la ville de Toulouse issu de la dynastie des Raimond, anciens Comtes de Toulouse.

�Finalement, ce concept de «Linha imaginòt» a bien fonctionné, mais principalement
autour de trois groupes sur l'axe Nice-Marseille-Toulouse ;
Lubat a une place à part, tant par son style musical que par son
ancrage plus rural. Le message, il est vrai, est d'abord porté par
Claude Sicre, personnage clef du mouvement. Mais, très vite,
la mise en pratique de l’idée de réseau (idée que l'on retrouve
chez Castan dans sa réflexion sur l’époque baroque29) a permis
de semer des graines de ville en ville et de faire circuler cette
pensée entre des artistes aux sensibilités différentes.
Mouvement, circulation : tout est dans cette volonté de
réactiver des connexions transversales et de s'appuyer sur les
richesses et forces locales pour élargir le champ d'action, sans
cesse, parce que Castan le répète : « Le tout prévaut sur la
partie. Il n’efface pas l’accidentel, il l’intègre » (« Contre le
discours des racines », échange entre C Sicre et F M Castan
publié dans la Linha imaginòt du 1er trimestre 2006).
On le comprend bien, ces implications et ces actions locales, parfois d'apparence
anodine (un loto, un concours de pétanque, un repas de quartier) visent à expérimenter
concrètement des idées que l'on peut qualifier de castaniennes. Le penseur trouve donc un
écho dans la vie et dans le réel ; il réussit à mettre en pratique une « pédagogie occitaniste »
qui, dans une certaine mesure, pourrait changer la société.

7- Perspectives

Aujourd’hui, ce mouvement musical s’est un peu essoufflé, même s'il a porté de
nouveaux artistes sur les scènes internationales comme Gacha Empega30, Lo còr de la plana
ou Dupain que l'on peut associer à cette aventure. Massilia sound system vient de fêter ses 30
ans de carrière en 2014 (Nous renvoyons au film de Christian Philibert, Massilia Sound System,
le film31), les Fabulous troubadours et Nux Vomica n'ont pas sorti de nouvel album depuis
plusieurs années. Claude Sicre poursuit son travail en tant que directeur artistique avec Les
bombes de bal et reste actif au sein de son association Escambiar. Mais il est clair qu'une page
29

Félix-Marcel Castan est l'un des inventeurs et des grands théoriciens du concept de baroque occitan largement
associé aujourd'hui aux travaux de Robert Lafont, certes fondamentaux, mais qui ont quelque peu éclipsé les
réflexions du Montalbanais. À propos des écrivains du Baroque occitan, citons Castan : « écrivant en occitan, ces
écrivains tournent le dos aux politiques de la démesure, à la jungle des puissants, aux querelles des États, aux
impérialismes, aux forces affrontées : la communauté à laquelle ils s'adressent est celle de leur langue. Au niveau
de la société qu'occupe cette langue, la notion de communauté l'emporte sur la notion restrictive de pouvoir […].
Monde d'extrême civilisation et de profonde urbanité, pour qui les fondements de la morale sont à chercher dans
la familiarité des choses et dans les lois de la cité » (Une identité ouverte, esquisse d'une phénoménologie de
l'Occitanie, éditions Cocagne, Montauban, 2002, p. 35).
30
Gacha Empega a représenté une véritable révolution dans l'approche du chant « traditionnel » occitan, en
puisant aux sources méditerranéennes et en faisant appel à des rythmiques populaires (bendir marocain ou
tamburello et tammora italiens). Dupain a su développer un style musical original, alliant l'énergie du rock aux
sonorités de la vielle à roue et de la voix unique de Sam Karpiénia.
31
Massilia Sound System, le film, Les films d'Espigoule, Belavox Films et Manivette Records, 2016.
https://www.youtube.com/watch?v=eIApBjdsuF8

�est en train de se tourner. La nouvelle génération reprend-elle ce flambeau ? Difficile à dire.
Des musiciens professionnels proposent de nouvelles expérimentations musicales, une
explosion de groupes « polyphoniques » enrichit le répertoire actuel, sur les traces de Manu
Théron et Laurent Cavalié. Mais n’a-t-on pas oublié l’action décentralisatrice ? A-t-elle était
vraiment comprise ? La « linha imaginòt » semble s'être distendue, l'écho national qu'ont pu
connaître Massilia ou les Fabulous n'a pas été amplifié, ensuite, par une autre génération. Il
est d'ailleurs assez cruel de remarquer que ce sont des groupes d'expression française qui
étaient dans le giron des Occitans qui ont acquis une remarquable notoriété : IAM pour
Massilia et Zebda pour les Fabulous. Le travail est long, patient, les embûches nombreuses et
les risques du provincialisme partout présents et multiples. S’il fallait retenir une chose de ce
parcours musical : c’est bien l’omniprésence de Castan. Sa pensée irrigue tout ce mouvement
des années 1990 à 2000 mais demeure en partie insaisissable. Il est impossible d'essentialiser
cette pensée, elle ne peut pas être mythifiée : parce qu'elle échappe elle-même à toute
centralisation. C’est ce qui la rend complexe. La seule façon de la transmettre efficacement,
c'est ce qu'ont compris ces artistes, c'est de la mettre en pratique, d'en tirer toute une
pédagogie active. Cette pensée est avant tout un art de la mise en réseau, un art de la
rencontre : la fameuse « linha », un internet d'avant internet mais avec de vrais échanges
humains et un ancrage géographique. L’exploration des parcours musicaux que nous venons
d’aborder nous aident à mieux comprendre cela. Les Fabulous, Massilia, Nux Vomica, Lubat,
Ils ont tous, à leur manière, intégré la pensée de Castan, ils se la sont appropriée (comme ils
se sont approprié les musiques venues de l’extérieur). Le public, lui, accède à Castan à travers
leurs œuvres et les événements portés par les artistes (rencontres, balètis, repas de quartier
etc.) ; ils s’imprègnent, souvent sans le savoir, d’une réflexion sur la culture occitane et sur la
culture française, de façon naturelle. Nous pensons par exemple à Christian Philibert (les films
d’Espigoule) : en réalisant son documentaire sur Massilia, il se rend compte qu’il est dans une
action décentralisatrice et que, à travers son lien avec la musique, il a peut être affiné son
regard de cinéaste et appris des choses sur lui-même : sur sa façon de créer, indépendante,
loin des réseaux officiels de la capitale32. Mais, laissons le mot de la fin à un artiste, un acteur
de cette aventure qui n'a pas fini de faire parler d'elle, le niçois Louis Pastorelli du groupe Nux
Vomica33 :
De toutes ces expériences, de ces rencontres, qu'est-ce que nous avons retenu ?
Chacun vous dira la sienne, mais ce que personnellement je retiens c'est peut-être, cette
recherche.
La recherche de chacun pour donner un sens à un nouveau Mot de la langue française.
Occitaniste.

32

Nous avons pu échanger avec Christian Philibert sur la dimension occitaniste de son travail, notamment lors
d'un entretien réalisé pour la rédaction d'un article sur son film sur Massilia pour la revue Lo Diari n°39,
septembre-octobre 2017. Entretien disponible en téléchargement sur le site du Diari:
https://www.lodiari.com/lo-magazine-1/cap-als-numer%C3%B2s-ancians/
33
Félix Castan l’équilibre parfait de l’identité, Actes des Journées Félix Castan à Larrazet (8 et 9 novembre 2008),
Maison de la culture de Larrazet, Toulouse, 2010, Félix Castan et Nice, p. 342.

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              <text>&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&#13;
&lt;p&gt;Communication de Sylvan Chabaud dans le cadre de la Journ&amp;eacute;e d'&amp;eacute;tudes &amp;laquo; Autour de F&amp;eacute;lix Castan &amp;raquo; organis&amp;eacute;e par l'&amp;eacute;quipe de recherches&amp;nbsp;LLACS (EA 4582, Universit&amp;eacute; Paul-Val&amp;eacute;ry, Montpellier) et le CIRDOC le 05 mai 2017.&lt;/p&gt;&#13;
&lt;/div&gt;</text>
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              <text>&lt;div style="text-align: justify;"&gt;Comunicacion de Silvan Chabaud dins l'encastre de la jornada d'estudis&amp;nbsp;&amp;laquo; Autour de F&amp;eacute;lix Castan &amp;raquo; organizada per l'equipa de rec&amp;egrave;rcas&amp;nbsp;LLACS (EA 4582, Universitat Paul-Val&amp;eacute;ry, Montpelhi&amp;egrave;r) e lo CIRD&amp;Ograve;C lo 05 de mai de 2017.&lt;/div&gt;</text>
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              <text>Vignette :  http://occitanica.eu/omeka/files/original/590ae2915f2f7b563607b15a8cf28e1e.jpg</text>
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              <text>Poésie occitane -- 20e siècle -- Histoire et critique</text>
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              <text>Castan, Félix-Marcel (1920-2001)</text>
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              <text>Chansons occitanes -- 20e siècle -- Histoire et critique</text>
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              <text>Fabulous Trobadors</text>
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              <text>Massilia Sound System</text>
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              <text>Sicre, Claude</text>
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          <description>A related resource from which the described resource is derived</description>
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              <text>Mediatèca occitana, CIRDOC-Béziers</text>
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              <text>© Sylvan Chabaud</text>
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