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                  <text>12* Annada

N° 71

Setembre 1930.

Lo Gai Saber
Revista de l'ESCOLA OCCITANA

—m—

Dis Aup i Pirenèu

...

F. Mistral.

Numéro

spécial consacré au
professeur Joseph ANGLADE.

TOLOZA
1-4,

Carrièra dels

Arts, 14

Aqtieste Numéro
BIBLIOTHEQUE MUNICIPAL

DE TOULOUSE

01 70 00181 437 0

j

:

5 lr.

�SABER

LO OAI

Revista de l'ESCOL A
BUREUS

14.

s

OCCITANA

Carrièra dels Art»
Fransa : un an

Abonaments

:

.

Estrange : un an

TOUOZA

..
.

.12 fr.

.

.

25 fr.

ENSENHADOR
del N» 71

(Setembre 1930)

Anglada es mort.
Joseph Anglade: sa vie, l'homme.
Le mainteneur et le félibre.

Prosper ESTIEU:
Abbé Joseph SALVAT :
Armand PRAVIEL :

Le romaniste.

Elle GRIFFE :

l'exemple d'Anglada.
d'Anglade.
Le Maître, l'Ami des Catalans.
Bibliographie de Joseph Anglade.
Les obsèques du professeur Joseph
Anglade.
A Toloza, dabant son atahut.
A Lezinhan, dabant son cròs.
Omenatge à Jozèp .Anglada.
Bolegadisa Occitana.

Antonin PERBOSC :

La vida

François de GÉLIS:
Joseph-S. PONS :
Jules AZÉMA :

Souvenirs

La

DIRECTION:

J.-ROZÈS

de BROUSSE:

Jozèp SALVAT:
A.-M.

PONROUCH-PETIT :

CRI-CRI

:

Burèu de

e

l'Escôla Occitana

Jozèp Anglade, Capiscòl ; Prosper Estieu,
Perbosc, J. Rozès de Brousse, Jos- Ca-

Antonin

; Armand
Salvat, Secretari.

piscòls

Le N°

Praviel, Clavaire ;

Jozèp

prochain du GAI SABER sera consacré
à l'occasion du Cente¬
grand poète occitan.

à Frédéric MISTRAL,
naire de la naissance du

Collaboration de

:

Joseph ANGLADE,

Philadelphe de GER-

DE, Valère BERNARD, Prosper ESTIEU, Jean LADOUX, Frédé¬
ric MISTRAL neveu, Albert PESTOUR, J.-Sébastien PONS, Ar¬
mand PRAVIEL,

Joseph SALVAT, etc...

Retenir le n° :

5 fr. l'exemplaire

�*»

V,

*

��Anglada

es

mòrt !

Anglada

es mòrt! B011 companhon, egregi Mèstre,
Dont lo bel gauch e lo saber metian trelus

Sabre

Tolo^a e son campèstre,
Malastros sort, lo veirem plus

!

Au^irem plus sa vots tindant clara per òrta
Pels Aliseamps sant-estelencs ara es partit...
E, mentrestant, son òbra fòrta

:

Tendra 'sclairat nbstre esperit.

Sempre

brembarem, dins nòstra Occitanìa,
e son
precios ensenhament,
E nòstra lenga d'armonia
Li deurà pron son salvament !
nos

Son còr d'amie

Prosper ESTIEU.
17 de

Julhet

1930.

�346

LO

GAI

SABER

Joseph ANGLADE
Sa vie

Joseph Anglade, né à Lézignan (Aude) le n oc¬
1868, est mort à Toulouse le 13 juillet 1930.
Orphelin de bonne heure, il quitta son pays natal,
dès ses jeunes ans, pour aller étudier au Petit Sémi¬
naire de Carcassonne, puis au Lycée de Toulouse.
Visiblement il avait un goût très marqué pour le

tobre

travail intellectuel. Tour à tour inscrit aux Facultés
des Lettres de Toulouse et de Montpellier, il conquit

grades de licencié (1892) et d'agrégé (1896). A
Montpellier se dessina sa vocation de romaniste. Il
y fut l'élève et bientôt Lami de Camille Chabaneau,
ce remarquable travailleur à
qui l'Université avait
ouvert ses portes quoiqu'il n'eût aucun diplôme offi¬
ciel. Admis dans l'intimité du grand romaniste, il
garda pour Chabaneau, jusqu'à la fin de sa vie, une
admiration respectueuse, une affectueuse vénération
très rares chez les disciples quand ils deviennent
ses

maîtres

à leur

tour.

Chabaneau devait l'en récom¬

lui léguant

ses manuscrits et ses notes.
Ayant obtenu une bourse de voyage, il alla en Al¬
lemagne, aux Universités de Bonn et de Fribourgen-Brisgau, suivre les cours des maîtres réputés de
la philologie romane. Il rapporta de ce séjour de
penser en

deux

ans

(1898-1899),

une

connaissance approfondie

de la

langue et de la littérature allemandes, en mê¬
me temps que la pratique très exercée des méthodes
de linguistique et de philologie en honneur outre¬
Rhin.

D'abord
ça

professeur

successivement

au

aux

Collège de Béziers, il exer¬
Lycées de Tulle, La Roche-

�LO

GAI

SABER

347

sur-Yon, Montpellier et Bordeaux. Dans ces divers
postes, il ne négligeait aucune occasion de se fami¬
liariser avec les divers dialectes des pays occitans.
Mais
ses

l'Enseignement Supérieur lui ouvrit bientôt

portes. Il s'était déjà fait connaître par une in¬

téressante étude de

phonétique sur Le Patois de Lè\ignan (1897) et d'autres publications de moindre
importance,quand il soutint brillamment en Sorbonne
thèse de doctorat-ès-lettres sur Le troubadour
Guiraud Riquier (1905). Aussi fut-il bientôt nom¬
mé maître de conférences de langue et littérature
françaises à la Faculté des Lettres de Nancy (xer dé¬
sa

cembre

1905) après avoir exercé

comme

suppléant, pendant

ces

un an,

mêmes fonctions,
à la Faculté des

Lettres de Rennes.
C'est à
Les

Nancy que Joseph Anglade publia son livre
Troubadours, le premier ouvrage de vul¬
garisation sur la vie et les œuvres des grands poètes
occitans du Moyen-Age.
sur

Le ier février 1910, la chaire de langue et de litté¬
méridionales de Toulouse étant vacante, Jo¬

rature

seph Anglade

y

vint recueillir la succession de MM.
Désormais, il se
romanistes de

Antoine Thomas et Alfred Jeanroy.
classe au premier rang parmi les
France et du monde.
Il veut créer à Toulouse

organisme quelque

un

centre

d'études

roma¬

indépendant, rappe¬
lant les "Séminaires" d'Allemagne, et il fonde, en
1914, Y Institut d'Etudes Méridionales, où il se
charge, pour sa part, de la philologie. Je ne dirai
pas son travail de professeur. Je ne dirai pas non
plus son travail d'académicien. Les Académies de
Toulouse ne tardent pas en effet à se l'incorporer :
la Société Archéologique du Midi de la France (1910),
l'Académie des Jeux Floraux (1911), et l'Académie
des Sciences, Inscriptions et Belles-Lettres (1918).
nes, un

Désormais

peu

Joseph Anglade est

en

pleine production

�34§

LO

GAI

SABER

littéraire. Celle-ci

s'accumule, et les volumes s'entas¬
grammaires, littératures, anthologies, publica¬
tions de textes, études historiques et philologiques
se succèdent sans interruption. Communications aux
diverses Académies, cours publics, missions fréquen¬
tes à l'étranger, en Italie, en Catalogne, qui lui per¬
sent :

d'établir des relations étroites avec les roma¬
nistes de ces pays comme il les pratiquait avec ceux
mettent

d'Allemagne et d'Autriche, collaboration à différen¬
publications de Toulouse, de Paris et de l'é¬
tranger, Joseph Anglade ne néglige aucune oc¬
casion pour répandre partout la connaissance et l'a¬
mour de notre pays occitan, de son histoire et de sa
langue.
Le 7 juillet 1918, au Consistoire de Marseille, il fut
élu majorai du Félibrige et reçut la cigale d'or portée
avant lui par le professeur Constans. Il joua un rôle
important dans le Félibrige dont il fréquentait les
assemblées, surtout en Languedoc. Après avoir con¬
tribué à fonder YEscòla Occitana, il devait en être
nommé j os-capiscòl, puis capiscòl en 1927 à la mort
du regretté baron Désazars de Montgaillard.
Les deux dernières manifestations publiques aux¬
quelles je l'ai vu participer ont été la fête mistralienne organisée à Coursan, le ier juin, par les félibres de La Cigalo Narbouneso et la cérémonie de
ma
propre installation à l'Académie des Jeux Flo¬
raux, le 19 du même mois, qu'il présida et où il vou¬
lut m'accueillir par un discours pétillant d'esprit.
Je ne devais le revoir, hélas! que sur son lit de
mort. J'étais accouru, aux premières nouvelles de
l'attaque d'hémiplégie qui l'avait paralysé du côté
droit, lui apporter le témoignage de mon dévouement
et de mon affection. A cause de son état de faiblesse,
je ne pus rester auprès de lui que quelques instants:
ils me suffirent, ils nous suffirent pour communier
une dernière fois, intensément, dans le même amour
tes

de

notre

Patrie Occitane.

�LO

GAI

SABER

349

Je sortis de sa chambre, bouleversé, les yeux no¬
yés de larmes. Je courus à la chapelle recommander
à Dieu l'âme de ce grand Occitan qui, je le sentais,
allait quitter cette terre où elle avait tracé un pro¬
fond sillon.
Deux jours après, au matin du 13 juillet,
celui qui
avait été mon maître et mon ami
s'éteignait douce¬

assisté par notre commun ami M. le Chanoine
Tournier, bercé par la foi de son enfance, par la foi
ment,
de

ses

aïeux.

L'Homme
Ce

qui caractérisait Anglade tout d'abord, c'était
une inaltérable
simplicité. Enfant du peuple, il l'est
demeuré toute sa vie, et ni ses titres, ni ses distinc¬
tions ne l'ont jamais grisé. Au lendemain d'un dîner
de gala offert par l'Académie des Jeux Floraux où il
avait coudoyé les plus distingués représentants de la
haute société méridionale, il ne dédaignait pas d'al¬
ler faire aux jeunes gens de son paj's natal une con¬
férence littéraire, et la dernière de ces conférences,
résumée par lui en quelques pages, à la veille de sa
mort, pour le n° spécial du Gai Sader sur Mistral, a
pour titre : Mistral et le Peuple. Anglade était la
droiture même et je ne crois pas que l'idée seule de
la moindre compromission ait effleuré son âme hère.
Si parfois, dans ses travaux, il y avait des faiblesses
ou
des erreurs, il était le premier à les reconnaître
et n'hésitait pas à rectifier. Bon dans toutes ses
ap¬
préciations, il a souftert lui-même des critiques acer¬
bes dont il fut parfois l'objet. Mais une chose le con¬
solait, c'était de se voir suivi par de fidèles disciples
qui lui avaient voué une inaltérable amitié. Il était
toujours prêt à leur faciliter la tâche, à leur ouvrir
les trésors de ses bibliothèques et de ses notes per¬
sonnelles. Savait-il refuser un service? Je ne le crois
pas. Combien de fois ne m'a-t-il pas dit: " Il faudra
que je fasse décorer un tel delà Légion d'Honneur;
j'écrirai à mon ami X. " Cet ami, ces amis haut pla-

�LO

35°

GAI

SABER

cés n'ont jamais pensé à le
décorer, lui, et le pre¬
mier romaniste de France est mort sans être cheva¬
lier de la Légion d'Honneur.

Joseph Anglade était un travailleur acharné. On
l'eût pas dit, à le voir s'attabler et s'attarder sou¬
vent, devant plusieurs chopes de bière, au café Bibent, sur la place du Capitole. Mais ses oeuvres sont
là qui parlent. Il avait le travail facile,
et il savait
parfois s'enfermer dans sa retraite. Il fallait le voir,
la tête obstinément penchée à
gauche pour mieux lire
de son œil le moins invalide,
corrigeant avec soin
ses épreuves,
ou écrivant pour quelque ami une af¬
fectueuse dédicace. Il avait une passion,
celle de la
bibliophilie. Ne lui était-il pas arrivé de me jalouser
parce que j'avais découvert le Gedichte der Trou¬
badours de Mahn ou tel autre ouvrage rare C'était
?
un
vrai bonheur pour lui d'avoir des
tirages à part
de ses publications, sur beau
papier, pour les adres¬
ser à ses amis. Et avec
quel soin jaloux recueillait-il
les ouvrages de tout genre en
langue d'Oc ou inté¬
ressant la langue d'Oc !
ne

Car

grande passion, celle qui fut l'inspiratrice
vie, ce fut son amour de la langue et du
pays d'Oc. Et cet amour se résumait pour lui, comme
pour Mistral, dans l'amour de son pays natal. Lézignan ! Quelle saveur avait ce nom sur ses lèvres !
Lézignan était pour lui plus que tout. Presque tou¬
tes les semaines, le
jeudi soir, on voyait descendre
de l'express de Toulouse un homme de haute
taille,
à la moustache blanchie, la canne éternellement
pen¬
due au bras gauche, traînant un
peu la jambe sur le
trottoir et se dirigeant lentement, comme un
seigneur
dans son domaine, vers la porte de
sortie, sans salu¬
er les personnes
qu'il coudoyait et que sa forte my¬
opie l'empêchait de reconnaître. A Lézignan, il était
vraiment chez lui, partageant son temps entre l'étu¬
de, la chasse et la fréquentation de ses amis. De Lé¬
zignan, il savait l'histoire, il connaissait la langue.
sa

de toute

sa

�lo

gai

saber

351

Conseiller municipal depuis de
longues années, il
s'intéressait à la vie de son
pays natal, et suivait pas¬
sionnément les parties de foot-ball où la

jeunesse
sportive de sa ville disputait les premières places. A
Lézignan, enfin, il a consacré sa dernière publica¬
tion, Les Origines de Lézignan, comme il lui avait
consacré la première.
C'est à Lézignan qu'il repose, au sein de cette
Terre occitane qu'il a tant aimée et dont il a su
communiquer le culte à ses disciples.
Abbé

Joseph SALVAT.

�LO

35^

GAI

SABER

Le mainteneur et le félibre
Comme tous ceux qui ont honoré Toulouse, Anglade fut mainteneur des Jeux Floraux. Il y occupait
depuis vingt ans bientôt le 29e fauteuil, où s'assi¬
rent avant lui le joyeux Palaprat et le sinistre Barère, « l'Anacréon delà guillotine». Et ne croyez pas
qu'il fut de ceux-là qui se laissent traîner négligem¬
ment dans les sociétés académiques de province, n'y
jouent qu'un rôle lointain et dédaigneux : il aimait
l'hôtel d'Assézat, dont il fréquentait tous les étages.
Dès son arrivée à l'Université de Toulouse, il était
entré à la Société archéologique du Midi de la Fran¬
ce, à l'Académie des Sciences, Inscriptions et Bel¬
les-Lettres. Mais, on peut bien le dire, c'était l'A¬
cadémie des Jeux Floraux qui l'attirait surtout.

J'allai au temple de Clémence-Isaure, disait-il lui-même, pour
faire mes dévotions devant l'autel où dorment d'un sommeil
léger les "Lois d'Amour". Clémence Isaure m'est témoin que le
jour n'était pas plus pur que le fond de mon cœur. C'était la
passion de la philologie qui m'amenait vers son sanctuaire.
Une saine curiosité me poussait à venir voir les manuscrits
y

vénérables où sont inscrites lesv"Lois d'Amour" immuables et

éternelles, comme les lois de la nature nu plutôt de la poésie.
Après cette visite un grand trouble s'empara de moi. J'ap¬
pris à mes dépens qu'on ne badine pas avec les "Lois d'A¬
...

mour..."

Et voilà

Anglade candidat à la succession de Char¬

Arnaud, ancien professeur de littérature françai¬
se à
l'Institut Catholique : c'était faire succéder le
miel au vinaigre. Je le vois encore arrivant chez
moi en redingote et en haut-de-forme. Parfaitement.
•"Moi, qui ne fais pas dix visites par an, disait-il,
les

en trois jours."
triomphale. « Les aristocrates
amateurs qui siègent aux Jeux Floraux», pour par¬
ler comme M. Pol Neveux, savent parfois apprécier
le talent et la science : "Je croyais parler à des in-

j'en fis trois douzaines
Il eut

une

élection

�LO

GAI

SABER

353

différents, a déclaré Anglade lui-même, et je ne
trouvais que sympathie et même enthousiasme !"
Tous ses collègues l'admiraient et l'aimaient.
Quels regrets j'ai éprouvés en apprenant les obsèques de Jo¬
seph Anglade! — m'écrivait ces derniers temps le baron de Bouglon, successeur chez Clémence Isaure de Jean-François Bladé.
Mais de quoi est mort cet homme puissant, dont la vitalité était
encore si grande au repas
que nous fîmes ensemble avec lui
-en
mai dernier! Ma surprise est bien douloureuse, car, si je
ne connaissais rien de ses opinions
politiques, en revanche son
esprit clair et si bien averti, son aimable accueil dont la bana¬
lité était exclue, sa science si profonde en littérature occitane
et un ensemble de qualités réelles, en même temps qu'un lan¬
gage net et ferme, me l'avaient rendu, depuis des années, vrai¬
ment sympathique. Quelle perte pour le Félibrige, pour la pe¬
tite Patrie, pour tous ceux qui l'appréciaient à son mérite!...
.

■

Et M.

d'Welles,

censeur

d'origine cependant

de l'Académie,

un

Picard

:

J'éprouve le besoin de dire à un ami la peine profonde, le
chagrin que je ressens en face de ce cercueil qui ne contient
plus que les restes de ce qui fut notre cher Anglade ! Comme
il va nous manquer ! Nous ne le comprendrons que trop tôt...
Cet événement m'a tellement troublé et déconcerté que je ne
pense qu'à ce malheur...
...

C'est que Joseph Anglade n'était pas, ne fut ja¬
mais un mainteneur honoraire. Il suffit de feuilleter
les recueils de l'Académie pour voir qu'il y était

toujours sur la brèche comme modérateur, rappor¬
délégué officiel ; quinze jours avant sa mort, il
présidait la belle séance où fut reçu notre cher se¬
crétaire l'abbé Salvat. Mais il faisait bien plus :
chaque année, il communiquait en séance privée
quelqu'un de ses beaux travaux, il signalait les évé¬
nements, les livres qui pouvaient intéresser ses con¬
frères ; il exerçait la plus bienfaisante influence sur
la marche, les progrès, la vie même de l'Académie:
les heureux bénéficiaires des prix Fabien-Artigue
ignoreront toujours sans doute ce qu'ils lui doivent.
Le chemin était long pourtant, les soirs d'hiver,
de l'hôtel d'Assézat à sa garçonnière de la rue des
teur,

�LO

354

GAI

SABER

Châlets ! Mais, en sa compagnie, il paraissait court,
Combien de fois l'accomplîmes-nous avec joie ! Aux
environs du Capitole, on laissait M. Emile Cartai-

lhac, l'illustre paléontologue; à Saint-Sernin, on se
séparait du chanoine Tournier, qui devait, avec tant
de charité fraternelle, assister notre cher capiscol
pendant son agonie; et J.-R. de Brousse et moi,
plus habitués au noctambulisme, nous nous achemi¬
nions vers les lointains parages où résidait Anglade.
On causait longtemps devant sa porte. Il nous en¬
tretenait de ses ouvrages en cours, qui tous
gravi¬
taient autour de Toulouse et des Jeux Floraux. Cer¬
tes, il nous a quittés trop tôt, mais quelle œuvre ad¬
mirable ne nous laisse-t-il pas, quand ce ne serait,
que cette édition des Leys d'Amors, où il a fixé
définitivement les origines du Gai Savoir, où il a
promulgué en quelque sorte les titres de noblesse
de la vieille Académie toulousaine? Très
il s'était associé à sa vie traditionnelle

loyalement
:

il

ne

re¬

chignait pas à accompagner sa délégation à la
Daurade, à se mêler aux réunions intimes qui en
font une grande famille. Vous en souvenez-vous,
Philadelphe, Ripert, Muchart, de ce dernier dîner
chez le marquis de Suffren, où Anglade, modérateur
du trimestre, sut porter la santé du secrétaire per¬
pétuel avec tant de tact, de finesse, de bonhomie?
Sian

Et

gdu-roumaii

e

gentilome...

délégué du Roi et conseiller radical-socialiste
Languedoc, leur com¬

de fraterniser dans l'amour du

patrie...
qui donnait à Joseph Anglade cette largeur
d'idées, cette cordialité, ce rayonnement, c'étaient
ses profondes convictions félibréennes. Rien
en lui
du philologue pète-sec, de l'érudit orgueilleux et
ai¬
gri, du colleur de fiches qui considère la langue d'Oc
mune

Ce

comme

dans le

une

chose

morte:

il aimait à la sentir vivre

peuple, dans les vastes assemblées de Sain¬
te-Estelle, où sa parole spirituelle et nourrie était

�lo

impatiemment

gai

attendue,

saber

355

longuement

applaudie.

Combien de fois ne l'ai-je pas entendu, au centenai¬
re d'Achille
Mir, à la fête de l'Ame Occitane à la
•Cité de Carcassonne, aux réunions des Grilhs del

Lauraguès, aux tablées de YEscòla Occitana! Cet
•éminent Majorai commençait dans un sourire, il
fi¬
nissait toujours par quelque pensée
grave, utile, émouvante.

Rappelez-vous, à Carcassonne, quand il

montrait la cour du Château, où Trencavel mon¬
ta à cheval pour aller se rendre à Simon de Montfort... Trois cents convives l'écoutaient les larmes
nous

yeux. Et pour les fêtes de Fourès. quand il exal¬
l'âme des vieux troubadours écrasés
par la Croi¬
sade albigeoise, et dont la voix chante encore au
fond de la race, comme dame Guiraude au puits
de
Lavaur.
aux

ta

Ausirés

uno voues

La

Ah!

oui, ainsi

canta :

libertàl

le disait M. d'Welles : "Com¬
!". Ce n'est pas lui qu'il faut
plaindre. Il avait accompli le plus important de sa
tâche. Sa renommée était mondiale, on peut le dire.
La vie ne lui promettait plus grand chose de bon.
Mais pour nous, ses disciples indignes, ses amis incon¬
solables, ses confrères désemparés, la tâche est écra¬
sante. Que sa grande âme de lumière et de bonté
me

il

nous

va

nous

que

manquer

soutienne !
Armand

PRAVIEL.

�356

LO

GAI

SABER

Le Romaniste

C'est à

juste titre que YEscòla Occitana s'enor¬
gueillissait d'avoir à sa tête un des maîtres les plusremarquables de l'ancienne littérature provençale.
M. Anglade était un des rares hommes
qui, en Fran¬
ce, pouvait patronner, avec une autorité incontestée,
les initiatives d'une école qui voulait restaurer la
langue occitane, en s'inspirant résolument de l'an¬
cienne langue littéraire du Moyen Age. Aux
yeux
du Félibrige, le principal mérite de M.
Anglade se¬
ra
d'avoir mis son prestige de savant romaniste au
service de la cause occitane, à laquelle il n'a ména¬
gé ni sa sympathie ni son appui.
On sait combien la langue et la littérature des
Troubadours furent pendant longtemps
négligées
dans les Universités de France. Ailleurs
pourtant,
savait travailler avec profit dans le domaine si
riche et si inexploré de la philologie provençale : de
nombreuses thèses soutenues dans les Universités
allemandes en sont la preuve. Après C. Chabaneau
on

qui fut son maître à l'Université de Montpellier, M.
Anglade comptera parmi les savants français qui ont
le plus fait pour relever chez nous le niveau des étu¬
des provençales.
Il

fit connaître, en 1905, par une thèse de doc¬
ès-lettres consacrée à un troubadour narbonnaisde la fin du XIIIe siècle, Guiraut Riquier. M. An¬
se

torat

glade

ne cessa de s'intéresser dans la suite à l'his¬
toire des troubadours. Si, avec C. Chabaneau, il
donna une nouvelle édition du fameux livre de
Jean,

�LO

GAI

SABER

357

de Nostredame

sur les Vies des
plus célébrés et an¬
poètes provençaux, il eut surtout la préoccu¬
pation de présenter, avec toute la rigueur de la cri¬
tique historique, la vraie physionomie de nos trou¬
badours, si souvent défigurée par la légende. Les ré¬

ciens

sultats de

ses

recherches furent des

œuvres

de haute

vulgarisation [Les Troubadours, 1908; Les Origi¬
nes du
Gai Savoir, 1919 ; Les Troubadours de
Toulouse, 1928).
Dans le

renouveau

des études

romanes,

rien

ne

paraissait plus urgent que de donner des éditions cri¬
tiques des diverses œuvres des troubadours. Plusieurs
de

ces

éditions

nous

sont venues tout

d'abord de l'é¬

tranger, mais les savants romanistes français ont ap¬

porté bientôt leur utile collaboration : leurs éditions
des troubadours ont paru jusqu'à présent soit dans
la Bibliothèque méridionale de l'éditeur Privât,
soit dans la Collection des Classiques français de
l'éditeur Champion, soit dans la revue toulousaine
Les Annales du Midi. M. Anglade a publié, pour sa
part, les poésies de Peire Vidal, de Rigaut de Barbezieux (en collaboration avec M. Chabaneau) et de
Peire

Raimon

de Toulouse.

A côté de

ces

éditions

savantes, il faut

mentionner son Anthologie des
Troubadours, destinée à faire connaître à un public
plus étendu les plus belles poésies de l'ancienne lan¬
gue

d'Oc.

Un des

monuments les plus importants pour l'étu¬
langue et de la poésie provençales au Mo¬
yen Age, est le recueil connu sous le nom de Leys
d'Amors, véritable traité de grammaire et de poéti¬
que rédigé, au XIVe siècle, sous l'inspiration du

de de la

Consistoire du Gai Savoir fondé à Toulouse en 1323.
On doit à M. Anglade une nouvelle édition des Leys
d'Amors en quatre volumes publiée dans la Bibli¬

othèque méridionale ( 1919-20). En 1926, il faisait
paraître, à Barcelone, dans les Memòries de l'Ins¬
titut d'Estudis catalans, les Flors del Gay Saber,

�35»

rédaction

LO

sous

GAI

SABER

forme versifiée des Leys

d'Amors.

*

*

*

Nommé professeur de littérature et de langue mé¬
ridionales à l'Université de Toulouse, M. Anglade
contribua activement, en 1914, à la fondation de

l'Institut d'Etudes méridionales. Cet Institut, an¬
nexé à la Faculté des Lettres, devait promouvoir
l'étude de la philologie romane et de l'histoire mé¬
ridionale. Dans la section philologique, M. Anglade

entrevoyait un magnifique champ d'activité où pro¬
fesseur et étudiants pourraient travailler en commun.
Dans le rapport qu'il présentait, en 1914, au Conseil
de l'Université, il énumérait brièvement ses projetsqui étaient vastes : enquêtes linguistiques sur les
parlers de la région, essais de glossaires des mêmes
parlers, dépouillements de textes, études des manus¬
crits littéraires ou de documents en langue vulgaire,
établissement de textes critiques, études de topony¬
mie méridionale, études des dialectes gascons, lan¬
guedociens, catalans, etc...

Le nouvel Institut fut installé dans les locaux at¬
à la Bibliothèque universitaire. M. Anglade

tenant

réunit les matériaux indispensables pour toutes les;
recherches de philologie occitane. Les étudiantsn'avaient qu'à se présenter, mais, aujourd'hui com¬
me hier, les études romanes ne sont guère en faveur

y

auprès des jeunes étudiants méridionaux. Dans le
petit groupe de disciples qui nous réunissions autour
du maître, dans le cours de l'année scolaire 1925-26,
les étrangers, en particulier étudiants et étudiantesvenus des
Etats-Unis, étaient parfois en majorité.
Tel d'entre eux préparait une thèse sur les écrivains
de langue gasconne de 1850 à 1900! Et cependant
quelle supériorité nous avions, nous méridionaux,
pour comprendre et goûter cette langue d'Oc du

�LO

GAI

SABER

359

Moyen Age que nous sentions vite nôtre ! (i) Mais
on ne
réagit pas facilement contre tout un passé
d'indifférence. Un des meilleurs instruments du tra¬
vail scolaire, que nous avions sans cesse entre les
mains, n'était-il pas le petit Dictionnaire proven¬
çal-français de Levy, composé par un allemand et

imprimé

Allemagne? M. Anglade nous rappelait
la carte de notre frontière linguisti¬
que pyrénéenne avait été dressée naguère par des
étudiants de Halle et de Hambourg! On ne s'éton¬
nait donc pas d'être peu nombreux.
C'est pour venir en aide à ses étudiants que M.
Anglade publia, en 1917, sa Grammaire de l'an¬
cien provençal, riche répertoire au courant de tous
les travaux des maîtres français et étrangers sur la
phonétique et la morphologie de l'ancienne langue
•d'Oc. C'est aussi pour ses étudiants qu'il composait,
•en
1921, une Histoire sommaire de la littérature
méridionale au moyen âge, qui est le premier ma¬
nuel en la matière paru en France.
On voit quel intérêt M. Anglade portait au déve¬
loppement des études provençales en France et prin¬
cipalement à Toulouse. Il les aimait comme une
partie de notre patrimoine méridional. Aussi n'hésitat-il jamais à donner son concours au Félibrige.
D'autres que nous le mettront, ici même, en relief.
Mais puisque nous avons parlé du savant romaniste,
il nous appartient de souligner qu'en lui se faisait
l'union de la science linguistique et de l'idéal féli—
bréen. Il était de ceux qui pensent qu'un philologue
en

lui-même que

(1) L'Institut d'Etudes méridionales a eu cependant de remar¬
quables élèves qui étaient de chez nous. Citons parmi eux le
limousin Jean Audiau, mort jeune encore après avoir publié
une étude sur les
Troubadours et VAngleterre et préparé une
remarquable Anthologie des Troubadotirs publiée par le majo¬
rai Lavaud, les languedociens Louis Alibert et Joseph Salvat.

�LO

360

de chez

nous

GAI

doit avoir

SABER

une

revanche, il aurait voulu

âme de félibre. Mais, en

que

les félibres eussent

aussi un peu une âme de philologue. Il y voyait une
condition indispensable pour le relèvement de la

langue d'Oc. On nous permettra de rappeler l'appel
vibrant qu'il adressait, en 1921, aux lecteurs du Gai
Saber, dans un court article dont le titre était un
mot d'ordre (Félibres, travaillons!)'. «Notre histoi¬
re
littéraire, disait-il, ne commence pas au dernier
concours des Jeux Floraux,
pas même à Mireille ;
elle

commence aux

environs de l'an mille et

ce

n'est

rien qu'une aussi longue histoire. La langue aussi
loin, de plus loin encore; il y a là un beau
champ d'études et de recherches. Qui nous aidera à
l'explorer? Rien de sérieux ne sera fait, tant que
nous
ne remonterons pas à
nos origines, tant que
nous ne rechercherons pas, avec des motifs d'un lé¬
gitime orgueil, les raisons d'être de notre mouve¬
pas

date de

ment

intellectuel.

»

(1)
Elie GRIFFE.

(1) Lo Gai Saber,

1921, page

86.

�LO

La vida

e

GAI

SABER

l'exemple d'Anglada

Bêla vida occitana.

Anglada, coma Mistral, a viscut ambe lo pòple
o
mai qu'ambe los libres, — ambe los òmes
de son terraire, l'esprit e lo còr bronzinants de las
autant

tradicions reiralas.
Lezinhan es son Malhana. En 1897,
lis son primier libre : Contribution

aqui qu'espe-

à l'étude du

languedocien moderne : le patois de Lé^ignan, e
trenta-tres ans aprèp, lo darrier, — que sos amies an
recebut cinc o sièis jorns abans la novèla de sa mòrt,
es titolat : Origines de
Lé^ignan. Entre los dos
n'an espelit vint autres qu'an fach mai de bruch
dins lo monde, e dont lo que mai m'agrada es belèu
aquel libròt que fa tant bèl onor à Toloza e ont la
sapiensa es tant veziadament estropada de gracia e
—

d'abeluc : Les Troubadours de Toulouse. « I a pas
ciutat — dis Anglada — qu'aje coma Toloza onorat la poezia, ni qu'aje vist naise tant de trobaires. Sembla que Pallas l'Atenenca,
son asostaira
abans Clamensa Izaura, l'aje destinada à gardar
dusca als temps modèrnes lo flambèl morent de la

una

poezia mejornala e à velhar sus son fogal. »
I a de sabents romanistes à Paris, e n'i a bèlcòp
mai encara en Alemanha, en Italia, en Suèda... e
duscas en America. Lor manca pauc o pron quicòm:
acò 's d'èstre nascuts, coma Anglada, al païs ont es

totjorn viventa la lenga qu'an
los diccionaris

e

dins las

cansons

estudiada que dins
dels trobadors.

�362

lo

gai

saber

Anglada a loncviscut à Toloza, mas n'a jamai perdut pèd de
son
car
Lezinhan ; aquels dos libres qu'ai mensonats, — e d'autres qu'aparelhaba e que veiran lèu
lo lum, — acò 's un sinne e un exemple : es aqui, sus
sa
tèrra natala, que sa pensada a subretot viscut
del brès à la tomba, es aqui qu'es tornat coma l'abelha al bue per la granda dormida sens descluc.
Istorian dels trobadors tolozans,

temps

Antonin PERBOSC.

�LO

GAI

Souvenirs

SABER

d'Anglade

Avant de connaître Anglade, j'avais entendu par¬
ler de lui dans certaine occasion fortuite, qui vaut la

peine d'être contée. Je revenais de Narbonne à Tou¬
louse quand, à la station de Lézignan, deux voya¬
geurs montèrent dans mon compartiment. Celui qui
les avait accompagnés jusqu'au train était un grand
et gros homme au teint blond, qu'à sa tournure on
eût pris volontiers pour un habitant des Flandres ou
de la Picardie. Cependant, son entrain, sa faconde,
son verbe abondant et facile trahissaient une origine
méridionale. Un mélange de bonhomie et de finesse,
un
sourire aiguisé, deux bons yeux ronds, bombés
par la myopie. Pas d'accent, d'ailleurs, et, dans le
langage et le choix des expressions, quelque chose
qui indiquait l'homme cultivé et lettré.
Le train s'ébranla, de cordiales poignées de mains
furent échangées et mes deux compagnons de route
se mirent à parler de celui qu'ils venaient de quitter.
C'est un ami d'enfance, dit l'un d'eux, il vient
de passer huit jours chez moi, à la campagne.
—

—

Vous devez avoir remué des

monceaux

de bou¬

quins ?
—

—

—

—

Pas

nous avons

chassé.

Bon tireur ?

Mais

non

distinguer

—

seul,

Il adore ça !

—

de

un

Chassé, lui ?

!

Myope

un

comme une taupe

! Incapable

lièvre d'un blaireau.

Mais alors ?

—

Saint

Tout le monde l'aime ainsi.

Hubert, jaloux

comme

Nos confrères

en

des tigres, en vertu des

�LO

364

lois de la

GAI

SABER.

corporation, sont trop heureux d'avoir pour

fait

compagnon de chasse un homme qui ne leur
tort
ni d'une caille ni d'un perdreau... Et puis, toujours

souriant, toujours de bonne

humeur, aussi heureux

de voir tomber le gibier d'autrui que si lui-même l'a¬
vait tiré. A vrai dire, il se rattrape à la grand'halte,

quand on déballe les provisions. Pas un qui le vaille
pour le coup de fourchette et le coup de gobelet. Et
quelle verve ! Quel répertoire de bonnes histoires et
de joyeux propos ! Quel galejaire amusant !
Sous ce rapport, je le connais. J'ai lu de lui des
chapitres qui dégotent Rabelais. Le merveilleux est
que cet homme si gai soit en même temps si savant.
—

Après s'être recueilli un peu, le professeur — on
un professeur à sa façon doctorale d'a¬
giter son lorgnon — ajouta :

reconnaissait

instinc¬

Le génie des langues est chez Anglade
tif. Il a le flair de l'étymologie comme un bon chien
a le flair du perdreau. Il suffit qu'un nom de lieu, de
—

personne ou de chose frappe son oreille ou
pour qu'aussitôt il se lance à sa recherche.

qu'après

ses yeux

Et ce n'est
l'avoir trouvé, vérifié, enregistré qu'il prend

peu de repos. Presque toujours une vieille charte,
quelque pièce d'archives lui donne la confirmation
voulue. Aussi ferré, d'ailleurs, sur les langues mo¬
dernes que sur les anciennes. Il en parle couram¬
ment plusieurs et se fait comprendre aussi bien en
Allemagne, en Italie, en Espagne, qu'en Europe cen¬
un

trale et dans la Roumanie.
—

Son initiateur,

m'a-t-on dit, fut Chabaneau?

Celui-là, en effet, distingua tout de suite ses
aptitudes et l'orienta sur la bonne voie. Plus tard, il
s'est perfectionné en voyageant. Il a suivi à Bonn
et à Fribourg les leçons de quelques maîtres réputés.
Il a exploré la pinacothèque de Munich, feuilleté les
manuscrits de la bibliothèque Vaticane, puisé dans
—

�LO

les archives de
ments

GAI

Barcelone une foule de

inédits. Il écrit dans la

manes, on

365

SABER

renseigne¬

plupart des revues ro¬

le connaît à Oxford,

à Cambridge, à To-

kio, à Colombia. Il fait autorité en tout ce qui tou¬
che aux Troubadours, sa réputation est mondiale.

Je
—

me

hasardai à prendre la

Je m'intéresse à la langue

je puisse, sans
—

parole :
d'Oc, croyez-vous que

indiscrétion, m'adresser à lui?
sera votre meilleure recommanda¬
trouver à la Faculté des Lettres de
vient d'être nommé ; vous n'aurez pas

Votre désir

tion. Allez le
Toulouse où il
d'informateur plus

sûr et plus prévenant.
Quelques jours plus tard, je me présentai rue de
l'Université, à l'heure du cours Anglade. Je trouvai
le nouveau docteur en train d'essayer sa robe d'ap¬
parat. La ceinture à glands était beaucoup trop cour¬
te. L'appariteur-tailleur tournait autour du maître
comme le sculpteur autour de sa statue. La toise en
main, il supputait ce qu'il faudrait encore d'étoffe
noire ou jaune pour tout recouvrir et tout envelopper.
Je me nommai, nous évoquâmes quelques souve¬
nirs communs et je lui demandai la permission de
m'asseoir au milieu de ses étudiants.
—

en me tendant la
«patoès».

répondit-il

Ambe placer, me
main. Venèt^, venèt^, parlarem

Je fus charmé, et surtout surpris :
Monsieur le professeur, vous venez d'employer
une expression que je
n'oserais répéter devant cer¬
tains félibres, sans craindre de les faire sauter au
plafond.
Et pourquoi, s'il vous plaît ? « Patois» n'a rien
de méprisant. C'est un terme qui correspond, à peu
de choses près, à celui d' « argot ». Or l'argot est un
langage qui ne manque pas d'intérêt pour les philo¬
logues. Balzac et Victor Hugo s'y sont exercés, rien
ne nous empêche de faire comme eux. Quand nous
—

—

�LO

366

GAI

imaginons un conte, une

SABER

chanson, un dialogue rusti¬
à Pierril ou à
les écrivains

que, pourquoi ne prêterions-nous pas
Toinou le langage des paysans, comme

que je viens de nommer ont prêté à Vautrin et à
Jean Valjean le langage des forçats ?
«Du naturel, toujours! Pas plus dans la langue d'Oc
que dans la langue d'Oïl, nous ne devons rien tra¬
vestir et rien défigurer. Observons les règles qui
nous sont imposées par l'étymologie latine, emplo¬

yons dans nos
thode qui soit
rect,
mais

manifestations littéraires la seule mé¬
bonne et le seul parler qui soit cor¬
aux traditions linguistiques occitanes,

conforme
ne répudions pas 'le patois.

pour nous
rester en

exprimer dans la
contact avec

Il nous sera utile
conversation courante et

le peuple.»

De la langue, nous passâmes aux dialectes, et
c'est avec la même franchise que le maître déclara :
Ils sont nécessaires si nous voulons nous faire
comprendre à Aix comme à Toulouse, à Dax comme
à Perpignan. Supposez Mistral, Philadelphe de Gerde et Verdaguer employant les mêmes mots, il n'y
aura plus ni provençal, ni gascon, ni catalan, tout le
génie de ces trois dialectes aura disparu.
« J'en veux même à Vermenouze d'avoir supprimé
les o, les uo et les ch. qui faisaient de ses personna¬
ges des Auvergnats authentiques. Aujourd'hui on ne
reconnaît plus ses paysans des paysans tarnais, quercinois, narbonnais ou niçois. »
Pendant qu'Anglade parlait, ses élèves étaient en¬
trés et faisaient cercle autour de lui. La leçon pro¬
prement dite commença. On expliquait Peire Vidal.
Chaque mot prenait vie sous la parole du maître ex¬
pliquant ses origines et sa formation. Aucun pédantisme chez le professeur, pas de gêne chez les élè¬
ves ;
on ne sentait, de part et d'autre, que le désir
—

d'instruire et d'être instruits.

Je suis revenu souvent à ce cours

où la leçon était

�LO

GAI

367

SABER

camarade plus âgé, plus expérimenté,
j'en sortais avec une admi¬
ration nouvelle pour cet homme, ennemi des petites
écoles et des petites chapelles, hostile aux partis pris.
La tolérance était sa devise. Son bon sens naturel le

donnée par un

plus instruit. Chaque fois

maintenait, autant que sa science, dans

la voie de

la vérité.

Sa

Institut

cet
en

est une perte immense pour l'enseigne¬
Quand je songe qu'on ne le reverra plus dans

mort

ment.

d'Etudes Méridionales

grande partie fondé, les larmes me

yeux

qu'il avait

viennent aux

!
F. de

GÉLIS.

�LO

368

GAI

SABER

Le Maître, l'Ami des

Catalans

Je ne sais quelle inspiration m'a fait choisir par¬
mi mes livres, aux premiers jours de juillet, le Guiraut Riquier de Joseph Anglade. Tandis que je re¬
lisais ses chapitres sur les pastourelles et sur les po¬
ésies religieuses, j'ignorais que mon maître et ami
venait d'être terrassé par une attaque et transporté
à l'Hôtel-Dieu de Toulouse. Je n'aurai pu lui appor¬
que ce témoignage lointain d'une
mais toute traversée de souvenirs.

ter

lecture fortuite,

Joseph Anglade demeurait l'ami de tous ceux
enseignement.

qui

avaient reçu son

arrivée à la Faculté des
succédait à Alfred Jeanroy, et de la première leçon qu'il y fit. Nous l'atten¬
dions avec une impatience déjà affectueuse ; à peine
publié, son livre sur les Troubadours était déjà
classique parmi nous. Il se présenta comme un bon
géant et consacra la première heure à nous donner
l'essentiel de la bibliographie, souvent rédigée en
Je me souviens de son
Lettres de Toulouse, où il

abondance de
l'acquisition de notre vieille
langue d'Oc, mais les expositions qui suivirent nous
démontrèrent que sa simple initiative suffisait. Un
enseignement ferme et direct, dépourvu de phraséo¬
logie, exactement adapté à son auditoire, et comme
soutenu par une large respiration, une bonté qui se
laissait deviner dans les moindres gestes, si rayon¬
nante qu'elle effaçait la rigueur grammaticale, une
délicatesse voilée, telles étaient les qualités que nous
allemand. Nous étions surpris de cette

matériaux nécessaires à

admirions

en

lui.

Il voulait même nous donner l'illusion qu'il s'ins¬
truisait auprès de nous; tous les dialectes vivants du
Midi collaboraient à l'explication d'un vieux texte ;

�LO

GAI

SABER

369

•c'était merveille de noter que des mots comme voluntat et seny gardaient le sens précis qu'ils avaient
au moyen âge, comme pour préserver dans sa fines¬
se
l'éthique des Troubadours. Joseph Anglade ne
nous détachait
pas de nos origines rurales et nous

transportait ainsi dans

une

clairière.

Suivant en cela l'exemple de Guiraut Riquier
.(entre els catalans valents-e les dones avinents),
il avait une particulière affection pour le pays ca¬
talan. Ce ne sera pas son moindre mérite que d'avoir
renouvelé par son savoir de courtoises relations entre
Barcelone et Toulouse ; certaines de ses études ont
honoré le Bulletin de l'Institut d'Estudis, comme
autrefois les essais de Milà y Fontanals étaient ac¬
cueillis par la Revue des Langues Romanes. S'il
s'est appliqué à nous rendre le texte des Leys d'Amors, s'il a rétabli à la fois la grammaire et l'an¬
thologie du vieux provençal, les travaux de Nicolau
d'Olwer et de Massò-Torrents répondent naturelle¬
ment aux siens et nous invitent à poursuivre une
œuvre

commune.

Joseph Anglade a encore donné au félibrige une
de science qui le justifie ; je n'en veux comme

parure

VAnthologie de VAmour Provençal, de
J. Véran, pour laquelle il a écrit des
pages cordiales sur l'Amour Courtois, reliant ainsi
par une trame idéale le Moyen Age et Font-Ségugne.
Cet amoureux des faits savait les dominer par fart
de l'expression, mais encore un pragmatisme géné¬
preuve que

Gaubert

reux

et

animait la conduite de

ses

travaux.

Il avait cet

esprit mistralien, qui ne doute pas et qui prévoit.
Ceux qui pouvaient goûter l'abandon de sa gaîté —
elle passe légèrement, a dit La Fontaine — con¬
naissaient aussi

ce,

droiture.

qu'il entrait dans son logis, un grave esprit
s'emparait de lui ; il aimait à montrer
livres, sobrement reliés, un trésor de gaie scien¬
et il vous faisait passer de l'un à l'autre, comme

Dès

de recherche
ses

sa

�lo

370

gai

saber

vigneron vous promène à travers les souches. Il
confondait dans un même amour ses livres et ses
un

vignes de Lézignan.
Joseph Anglade, bon géant, maître et ami, je re¬
vois votre tête solide et colorée, légèrement rejetée
en arrière, et la buée azurée de vos yeux. Vous avez
fait pour nous tous ce que vous avez pu faire. Notre
Midi

vous en

remercie.

Joseph-S. PONS.

?

�LO

GAI

371

SABER

BIBLIOGRAPHIE
DE

JOSEPH

ANGLADE

de VEscòla Occitana, on décida de pu¬
régulièrement dans Lo Gai Saber la Bibliographie des

Lors de la fondation
blier

membres adhérents.

A la lettre de notre

clavaire A. Praviel lui

bliographie, Joseph Anglade

demandant sa Bi¬

répondit :
Lésign an-Aude, le 5 sept. 1919.

de

Infandum, Pratum vêtus, iubes renovare laborem !
ces biblios !
Mais on va nous accuser de fonder un

En ai-je dcja fait
bulletin réclame !

envoie une notice de mes principales publications ; le reste
l'honneur d'être nommé.
Je n'ai ici à peu près aucun de mes bouquins. Je ne puis pas vous don¬
ner le nombre des pages. Je crois que Lefèvre écrit ma Bio-bibliographie.
Mais, au prix où est encore le papier, je ne sais si elle paraîtra jamais.
Toutes mes amitiés, et à la disposicion de Su Senoria, si mes fiches ont
besoin de complément.

Enfin je
vaut

ne

vous

pas

Votre

J.

ANGLADE.

bibliographie de mon ami. Elle sera in¬
suffira pour donner udu travail énorme fourni par Joseph An¬

J'ai tâché d'écrire la

complète sans doute,
ne

idée assez exacte

mais, telle quelle,

glade.
l'étude du languedocien moderne. Le patois
Lé\ignan (Aude). Phonétique (in-8, 102 p.) Montpellier,
let, 1897. (Extrait de la Revue des Langues Romanes). (Ouvrage
couronné par la Faculté des Lettres de Montpellier,
Bou¬
cherie).
Les Troubadours. Leur vie, leur œuvre. Troubadours limou¬
sins (in-12, 34 p.) Brive, Roche, 1898. (Extrait de
Notice sur un livre de comptes de l'église de Fournes (Aude)
■(in-8, 44 p.) Montpellier, Coulet, 1900. (Extrait de la Rev.
Lang. Rom).
Notes languedociennes (in-8, 16 p.) Montpellier, Coulet, 1900.
(Extrait de la Rev. des Lang. Rom.)
Contribution à

Cou-

de

Prix

Lemou\y).

des

�LO

372

SABER

GAI

Deux troubadours narbonnais.
Guilhem Fabre. Bernard'
Alanlian (in-8, 36 p.) Narbonne, Caillard, 1903.
Bulletin de la Commission Archéologique de Narbonne).

(Extrait du

Guiraud Riquier. Etude sur la décadence depoésie provençale (in-8, xx-350 p.) Bordeaux, Péret;
Paris, Fontemoing, 1905. (Thèse de doctorat couronnée par l'A¬
cadémie Française, prix Saintour).
De latinitate libelli qui inscriptus est peregrinatio ad loca
sancta (in-8, xvi-134 p.) Paris, Fontemoing, 1905. (Thèse de
Le troubadour

l'ancienne

doctorat).
Sur
noms

le traitement du suffixe latin " anum"
de lieux des départements de l'Aude et de

dans certains
l'Hérault (in-8,

p.) Toulouse, Privât, 1907. (Extrait des Annales du Midi).
Troubadours. Leurs vies, leurs œuvres, leur influence
(in-12, vm-328 p.) Paris, Colin, 1908. —■ 4e éd. 1929.
Essai de reconstitution du Chansonnier du Comté de Sault
(d'après les documents de C. Chabaneau). (in-8, 80 p.) Paris,
12

Les

Bomania).

1911. (Extrait de
Remerciement de M. Joseph

Champion,

Anglade, nommé mainteneur, et.

Réponse de M. François de Gélis, lus en séance publique
mai 1911 (in-8, 50 p.) Toulouse, Douladoure-Privat, 1911.
trait du Recueil de VAcadémie des Jeux Floraux.

le 21
(Ex¬

Notes complémentaires sur la vie de saint Hermentaire (in8, 8 p.) Montpellier, Société des Langues Romanes, 1911.
trait de la Rev. des Lang. Rom.)
Nostradamica, I. Encore le Moine des Iles d'Or (in-8, 10 p.)
Paris, Champion, 1912. (Extrait de Romania).
Extraits de la Vie de Jules-Raimond de Soliers, par G. deHaiçe (in-8, 16 p.) Toulouse, Privât, 1912. (Extrait des Annales

(Ex¬

du

Midi.)

Jehan de Nostredame et les Troubadours provençaux, Con¬
férence faite à l'Association des Amis de l'Université de Mont¬
pellier le 12 février 1913 (in-8, 16 p.) S. 1. [
n.
[1913]. (Extrait des Conférences sur VHistoire de Montpellier).
Les poésies de Peire Vidal (in-12, r88 p.) Paris, Champion,.
1913. — 2e éd. revue, 1923.
Discours prononcé à l'inaugiiration de la statue de la "Po¬
ésie Romane" le 2 mai rp/7 (in-8, 14 p.) Toulouse, Douladoure-

Montpellier]

Privat, 1913. (Extrait du Rec.
Discours prononcé
rative en l'honneur
içi2 (in-8,
la Comm.

d.

de l'Ac. des J. Fl.)

à l'inauguration de la plaque commémodes Troubadours Narbonnais le 26 mai

18 p.) Narbonne, Caillard, 1913.

Arch. de Narbonne).

Conférences sur les Chansons

(Extrait du Bull, de

toulousaines (in-8, 10 p.) Pa-

�LO

ris, Desfossès, 1913.

373

SABER

GAI

(Extrait du Compte-rendu du 40' Congrès
du Ga\ en France, tenu

de la Société technique de VIndustrie
.à Toulouse du 17 au 20 juin iqij.)

Jehan de Nostredamc.— Vies des plus célèbres poètes proven¬
(Nouvelle édition publiée par C. Chabaneau et J. Anglade (in-8, clxxvi - 406 p.) Paris, Champion, 1913.
La Bataille de Muret, d'après la Chanson de la Croisade
(in-12, 100 p.). Toulouse, Privât, 1913.

çaux.

La Bataille de Muret

(in-8,

14

p.) S.l.n.d.

Nostradamica, II. Deux lettres adressées à
tredame
nia.

(in-8, 6 p.) Paris, Champion, 1914.

)

Jehan de Nos-

(Extrait de Roma-

Méridionales de VUniversité de Totilouse
(in-8, 16 p.) Toulouse, Privât, 1914.
Rapport adressé à M. le Ministre de VInstruction Publique
par le Conseil de l'Université de Toulouse, et lu dans la séance
du Conseil de l'Université le 10 décembre 1915 (in-8, 20 p. ) S.
1. [Toulouse, Privât] n. d. [1916].
Onomastique des Troubadours. Liste des noms propres qui
se rencontrent dans les poèmes des troubadours, publiée d'après
les papiers de Camille Chabaneau. (in-8, xn-296 p.) Montpel¬
lier, Société des Langues romanes, 1916. (Extrait de la Rev. des
Lang. Rom.)
Pour étudier les Troubadours. Notice bibliographique (in-8,
10 p.) Toulouse, Privât, 1916. (Extrait du Bulletin de la Société
Archéologique du Midi de la France). ■—• 2' éd. (in-12, 24 p.)
Toulouse, Privât; Paris, Didier, 1930.
Quatre poésies de Peire Guilhem de Tolosa. Texte et traduc¬
tion (in-8, 18 p.). Toulouse, Gay, 1917.
Las Flors del Gay Saber. Notice et extraits (in-8, 20 p.) Tou¬
louse, Douladoure, 1917. (Extrait du Rec. de l'Ac. des J. Fl.)
En mission à Barcelone (in-8, 12 p.) Toulouse, Privât, 1917.
(Extrait du Bull, de la Soc. Arch. du Midi de la France).
Poésies religieuses du XIVe siècle en dialecte toulousain (in8, 48 p.) Toulouse, Privât, 1917. (Extrait des Annales du Midi).
A propos des Troubadours toulousains (in-8, 60 p.) Toulouse,
Privât, 1917. (Extrait du Bull, de la Soc. Arch. du Midi de la
France).
Rapport sur l'Institut d'Etudes Méridionales (années 19151916), (in-8, 10 p.) Toulouse, Privât, 1917. (Extrait des Annales
L'Institut d'Etudes

■

du

Midi).
Grammaire élémentaire

p.) Paris, Colin, 1918.

de l'ancien français (in-12,

vm-276

�LO

374

GAI

Les Chansons du troubadour

SABER

Rigaud de Barbeçieux (Texte

par Camille Chabaneau ; introduction, traduction et
notes par Joseph Anglade), (in-8, 112 p.) Montpellier, Société

préparé
des

Langues Romanes, 1919. (Extrait de la Rev. des Lang-. Rom.)
Origines du Gai Savoir (in-8, 58 p.) Paris, de Boccard,

Les

-1920.

Leys d'Amors, manuscrit inédit de l'Académie des Jeux

Las

Floraux. (4

vol. in-8: Ie vol. viu-204

p.,

IIe vol. 186

p.,

IIIe vol.

4e vol. Etudes, notes, glossaire et index, 188 p.) Tou¬
louse, Privât; Paris, Picard, 1920. (Ouvrage couronné par l'A¬

184

p.

—

cadémie des

Inscriptions et Belles-Lettres.)

Poésies du troubabour Peire Raimon de Toulouse (Texte et

traduction), (in-8, 84 p.) Toulouse, Privât ; Paris, Picard, 1920.
Extrait des Annales du Midi).

Grammaire de Vancien provençal ou ancienne langue d'Oc.
Phonétique et Morphologie (in-16, xxxvn-448 p.) Paris, Klinck-

sieck, 1921.
Histoire sommaire de la Littérature méridionale au

Moyen

Age (in-8, ix-274 p.) Paris, de Boccard, 1921.
Remise d'un Jeton de vermeil à M. Joseph Anglade. Discours
de M. le baron Desazars de Montgaillard. Réponse de M.Jo¬
seph Anglade (i'n-8, 14 p.) Toulouse, Douladoure, 1921. (Extrait
du Rec. de l'Ac. des J. Fl.)
Pour étudier les

patois méridionaux. Notice bibliographique
p.) Paris, de Boccard, 1922.
Commémoration de l'Assemblée tenue par les Sept Trouba¬
dours de Toulouse, le premier mardi après La Toussaint 1323.
Discours de M. Joseph Anglade (in-8, 46 p.) Toulouse, Doula¬
doure, 1923. (Extrait du Rec. de .l'Ac. des J. Fl.)
Deux textes languedociens du XVP siècle (in-8, 14 p.) Tou¬
louse, Privât, 1926. (Extrait du Bull, de la Comm. Arch. de

(in-12,

34

Narbonne).
Le Roman de Flamenca

(in-16, xvi-115 p.) Paris, de Boccard,

1926.
Fragment d'un manuscrit du "Breviari d'Amor" (in-8, 6 p.)
Paris, Champion, 1927. (Extrait des Mélanges Thomas).
Rapport sur le Concours de poésie en langue d'Oc, lu en sé¬
ance
publique le 2 mai 1927, et Remise d'un Jeton de vermeil à
M. Prosper Estieu (in-8, 32 p.) Toulouse, Douladoure, 1927.
(Extrait du Rec. de l'Ac. des J. Fl.)
Anthologie des Troubadours (in-8, 86 p.) Paris, de Boccard,.
s.d.

(1927).

Las Flors del Gay Saber
tudis Catalans, 1926.

(in-4, 92 p.) Barcelona, Institut d'Es-

�lo

gai

saber

Notice sur un registre
Montrabech (commune de

375

d'état-civil de Vancienne paroisse de
Lézignan), (in-8, 10 p.) Toulouse, Pri¬
vât, 1927. (Extrait du Bull, de la Comm. Arch. de Narbonne).
Les Troubadours de Toulotise (in -i2, 212 p.) Toulouse, Pri¬
vât ; Paris, Didier, 1928.
Textes provençaux du XIVe siècle (in-8, 10 p.) Paris, Droz,
(1928; Extrait des Mélanges Jeanroy).
Les Troubadours provençaux en Biscaye (in-8, 12 p.) Madrid,
Hernando, 1928. (Extrait de la Revista de Filologra espannla).
Rapport sur le Concours de langue d:Oc, lu en séance publi¬
que le 2 mai 1929 (in-8, 18 p.) Toulouse, Douladoure, 1929.
(Extrait du Rec. de l'Ac. des J. Fl.).
Rapport sur le Concours de langue d'Oc, lu en séance publi¬
que le 2 mai 1930 (in-8, 22 p.) Toulouse, Douladoure, 1930.
(Extrait du Rec. de VAc. des J. Fl.).
Origines de Lé\ignan (in-8, 34 p.) Toulouse, Privât, 1930.
(Extrait du Bull, de la Comm. Arch. de Narbonne).
Articles nombreux, dont certains ont l'importance de vrais
volumes, dans : Romania (Paris), La Revue des Langues Ro¬
manes (Montpellier), Les Annales du Midi (Toulouse),
Revue
de Dialectologie romane (Hamburg), Biblioteca filologica de
l'Institut de la Llengua Catalana (Barcelona), Revista de
Filologîa espanola (Madrid), Studi Medievali (Torino), Le
Mercure de France (Paris), Lo Gai Saber (Toulouse), La Terro d'Oc
(Toulouse), L'Auta (Toulouse), La Cigalo Narbouneso
{Narbonne), La Dépêche (Toulouse), etc...
Volumes en préparation : Iconographie des Troubadours,
L'article français, etc...

Jules AZÉMA.

�376

LO

Mort

de

GAI

et

SABER

Obsèques

Joseph ANGLADE

Depuis quelque temps déjà, la santé de notre ami
avait été légèrement ébranlée, mais sa forte consti¬
tution avait triomphé de ces secousses passagères et
l'émoi fut général quand on apprit soudainement:

dans la nuit du 8 au 9 juillet, une violente at¬
d'hémiplégie l'avait abattu. Transporté, sur
son désir, à l'Hôtel-Dieu, il y mourait le dimanche
matin 13 juillet, malgré les soins les plus énergiques
et les plus dévoués.
Le lendemain 14 juillet, au moment où son corpsallait quitter l'Hôtel-Dieu de Toulouse pour Lézignan
où devaient avoir lieu ses obsèques, notre jos-capiscòl le majorai J.-Rozès de Brousse vint apporter au
Maître un salut émouvant en langue occitane :
que,

taque

A Toloza dabant son atahut
Podèm pas laisar partir per totjorn lo Mèstre e
l'Amie En Jozèp Anglada d'aqueste terrador tolo-

òbra a enartat e enluzit, sens
darnièr adius de nòstres còrs endolorits.

zan, que son

Al

li dire lo-

del

Felibrige, al nom del Consistòri e del
Capolièr, saludi lo Mèstre saberut que, nascut dinsnôstre terraire lengadocian, a, per tant d'òbras mercantas, renozat la cadena d'aur que religa los Tronom

badors ancians als Felibres

lenga
man.

romana

d'ara

e

nòstra antica

à la lenga occitana d'auèi

e

de do-

�LO

Èra
trat

estât

GAI

SABER

377

Felibrige e èra din1918 ; portaba la Çigala

elegit Majorai del

dins lo Consistòri en

d'Aquitanha qu'èra tenguda d'ara-en-là per un tolozan
de l'Academìa dels Jòcs Florals, lo comte de
Toloza-Lautrèc e per Leopòld Constans, lo sapient
profesor à la Facultat d'Ais-en-Provensa.
Aubanèl dizià : « Es meiour d'estre ama que d'estre renouma».— Dins lo Felibrige, Anglada èra re¬
nommât per sa ciensa prigonda e èra egalament aimat per la bonomia amistadoza de son èime, per
sa
paraula galejaira e rizorèla que sabià montar
d'un còp d'ala als acrins del estrambòrd quand s'agisià de la lenga mairala e de la Patrìa dels Aujòls.
Saludi tant-ben nòstre Amie, segat en plena meison, al nom de l'Escòla Occitana qu'abià fondada
ambe l'Majoral Desazars de Montgalhard e que n'èra
devengut lo Capiscòl totjorn valent e fidèl, totjorn
atentiu à sa revista Lo Gai Saber.
E lo saludi, enfin, al nom de la Societat felibrenca
dels «Tolozans de Toloza», que doblida pas tôt sò
qu'Anglada a fait per ela, per son jornal l'Alita,
e, subretot, per Toloza, dont a fait coneise dins lo
monde entièr los Trobadors trop debrembats e qu'a
mostrada Capitala vertadièra de la parladura e de
l'engèni occitans.
L'òrra Mòrt es venguda, malastroza, nos raubar,
plan dabant l'ora, lo Mèstre e l'Amie que ploram.
Son òbra nos demòra, e, dins nostre-dòl, volèm
gardar l'espèr que santa Estèla e Clemensa Izaura
li an dubert lo Paradis muzicaire dels Trobadors e
dels Felibres, ont Pèire Vidal e l'Alighieri, Petrarca
e Mistral li an donat un brot amistados de laurièr.
♦♦♦

Lézignan fit à son
grandioses
glorieux enfant de
funérailles. Sur le
parcours du cortège, la foule émue et recueillie for¬
mait la haie. En tête, marchaient les élèves des Cours
Le mardi

15

juillet, la ville de

�378

LO

GAI

SABER

complémentaires, des écoles laïques de garçons et
jeunes filles; venaient ensuite les draps d'honneur
du Cercle du Commerce, des amis personnels, des
jeunes étudiants lézignannais. Le cercueil, recouvert
de la toge et de la toque du professeur, était entou¬
ré de gerbes de fleurs et de couronnes.
Le Conseil municipal, ayant à sa tête M. Léon
Castel, maire-député, assistait aux obsèques. On re¬
marquait encore M. Diirrbach, membre de l'Institut,
doyen de la Faculté des Lettres de Toulouse; M.M.
Magnien et Boussagol, professeurs à la même Fa¬
culté ; M. Graillot, directeur de l'Institut Français
de Florence (Italie) ; M. Paul Hue, de La Dépêche;
M. l'abbé Salvat, secrétaire de VEscòla Occitana ;
Mme et M. Ponrouch-Petit, représentant Lo Reviscòl
d'Ouveillan ; M.M. Cros-Mayrevieille et Rossignol,
de la Commission Archéologique de Narbonne, etc...
Après un solennel office religieux présidé par M.
le chanoine Parayre, curé-doyen de Lézignan, le
cortège s'achemina vers le Cimetière.
Là, M. Diirrbach, au nom de ses collègues de l'U¬
niversité, dit au professeur Anglade un suprême
adieu. Après avoir exposé longuement son œuvre
littéraire et la prodigieuse activité de sa vie, il ter¬
mina en ces termes : '.'Ce n'est pas ici, dans ce cer¬
cle d'amis dont plusieurs l'ont connu dès l'enfance et
dans la familiarité desquels il a vécu, qu'il sera né¬
cessaire de m'étendre longuement sur l'homme que
fut Anglade. Ils le jugent certainement, ils l'appré¬
de

comme nous le faisons nous-mêmes : le cœur,
lui, valait le talent et la science. Aimable et
courtois, indulgent et bienveillant, sincère, loyal et
fidèle à l'amitié, les sympathies allaient à lui, et on
ne
lui connaissait pas d'ennemis. C'est pour cela

cient
chez

qu'aujourd'hui notre pensée ne s'arrête pas seulement
sur les titres que lui a valus sa haute autorité de sa¬
vant, sur la perte que subissent notre Université et
savantes ; à ces regrets, le cœur à une
nos sociétés

�lo

gai

379

saber

large part ; et c'est avec une indicible tristesse que
nous séparons de celui qui
nous
fut, avec ses rares
qualités de professeur et d'érudit, un brave homme,
un
honnête homme, dans toute la force de ce terme

.

Notre secrétaire l'abbé Salvat prit ensuite la pa¬
role en langue occitane et nous donnons le texte

in¬

tégral de son discours :
A Lezinhan dabant son
Bon

Mèstre,

Car

Amic,

cròs

Grand Occitan,
Es amb un còr comol de dolor amarganta que fau
resontir nòstra aimadalenga occitana, al nom del Felibre e de YEscòla Occitana, dabant lo cròs d'aquel
que podèm
citan.

apelar bon mèstre, car

amic, grand oc¬

pertot se dira lo sabent romaniste que
perdèm ; sa prigonda coneisensa de la lenga e de la
literatura occitana èra coneguda de tôt l'univèrs.
Mas los sius diciples, subretot, pòdon diretotala bonBon Mèstre :

que metià dins son ensenhament. Qun plazer
grand èra d'estudiar amb el e de lo seguir dins lo camin de la sapiensa !
Car Amic : totis aici, à Lezinhan, sabon com aquel
grand mèstre e profesor èra demorat pitchon ambe
los pitchons, com èra fidèl à sos amies. Sos escolans
pòdon tant-ben dire tôt sò que i abià dins el d'amistoza prevenensa. Per ieu, que foguèri un dels darnièrs à sentir bategar son còr, es un deber de cridar
naut e fort los regrèts que laisarà sa mort.
Grand Occitan : quai foguèt mai qu'el estacat à
son païs ? Lezinhan !
Ja t'aimaba, aquel que pòdes
agaitar com lo milhor de tos filhs : es à tu que con¬
sacrât lo primièr de sos libres ; es à tu, Dius ôc volguèt, que consacrèt lo darnièr. Èra juste que, jols sutat

�LO

380

GAI

SABER

presièrs de ton cementèri, bresat pel cant del vent e
de las cigalas, dormiguès son darnièr sòm. Per eli
Lezinhan èra l'imatge de la Patria occitana, dont sabià tant plan l'istòria e la lenga. Lenga d'òc ! Lenga
d'òr ! Es mòrt aquel qu'a tant fait per te tornar, al
lum de sos estudis magistrals, ton lustre d'antan. A!
ploratz dins- lo cèl clar, cigalas, ploratz. Per Jozèp
Anglada se pòd dire sò que dizià i a un an Filadèlfa de Gèrda, à la mòrt del regretat Doctor Albarèl

:

cigalas son en dà

Eras

Ven de
Eras
Per

:

morir tant bon lauraire I
son en dà
bèt temps en païs

cigalas

u

d'O.

pòdes èstre segur, grand mèstre, car amie,
grand occitan, que ton òbra morirà pas. Tos diciples
son aqui per agafar l'esteba tombada de tas mans.
Elis seguiran la rega, e marcharan dins la clartat
de YEmpèri dóu Soulèu.. Vendran à Lezinhan com
à Malhana pozar lo vam e l'estrambòrd.
Ara, te regaudises, tu, dins lo Paradis sant-estelenc. La fe dels Aujòls dins l'eternala vida, qu'abià
illuminât ta joventut, a fait dosas e treluzentas d'espèr tas oras darnièras. Es sò que me diziàs quand,
sus ton cabés d'agonia, una lagrema d'amor perlejaba jos ta parpèlha en agaitant la man del diciple
aimat que te benezisià. Amont-naut, dins la luts de
Clemensa Izaura e de santa Estèla, Frédéric Mistral
e Achile Mir t'auran aculhit en te fazent rizenta,
Mas

Amont-naut

al

reveire, bon

mèstre, car amie,

grand occitan !
Mazel, conseiller municipal, au nom du groupe
jeunesse radicale-socialiste, rendit, avec une
profonde émotion, un dernier hommage à l'ami, au
conseiller des jeunes qui, voulant être toujours jeune,
avait tenu à être le président d'honneur de leur
M.

de la

groupe.

�lo

gai

saber

Enfin, M. Castel, maire-député, en un discours qui
impressionna fortement l'assistance, rappela le grand
attachement de Joseph Anglade pour son pays natal,
son
amour des
jeunes, l'intérêt qu'il prenait aux
questions rurales et viticoles. Après avoir finement
brossé le portrait du disparu, M. Castel acheva ain¬
si : " Au moment où la terre va le recouvrir de son
brun suaire, je tiens à me pencher vers sa dépouille
mortelle et à l'assurer que la ville de Lézignan sau¬
ra conserver le souvenir impérissable de son œuvre
littéraire et humaine, et que la génération actuelle

générations qui viendront le flam¬
latine que
portait si haut le maître Joseph Anglade.
"Ta vie ayant été bien remplie, mon cher et grand
Joseph, la terre te sera légère et ton repos paisible
transmettra aux

beau

et

d'idéal fraternel et de haute culture

éternel. "
♦-M-

Nous ne dirons pas les nombreux et éloquents té¬
moignages d'estime et de regret qui affluèrent de
toutes les parties d'Occitanie, dé France et de l'étran¬

Nous mentionnerons seulement la démarche si¬
gnificative de la Colonia Catalana de Toulouse qui
vint, le 17 août, conduite par son président M. Domenech de Rico, apporter sur le tombeau du Maître,
avec des fleurs, sa vibrante sympathie.
Déjà, le 1" août, par décision unanime, le Conseil
Municipal de Lézignan avait donné le nom d'Anglade à la rue où le Maître avait sa demeure. De plus,
il a décidé la formation d'un Comité en vue d'ériger
un
buste de Joseph Anglade dans le Jardin public
ger.

de

Lézignan.

sommes heureux de publier, en terminant, les
qu'a inspirés à notre escolana Anne-Marie
Ponrouch-Petit la mort de notre cher Capiscòl.

Nous

vers

La Direction.

�382

LO

GAI

SABER

Subre lo cròs d'Anglada

Los

Majorais del pais d'Oc
van al
temps de la cigala,
Quand lo solelh manda bel fòc

Se ri

Sus tota la terra mairala.

Mas,

se

l'an pasat, à Nevian,

Zon^onejèron de^oladas,
Uèi, dins l'enclaus de Leqinhan,
cigalas se son caladas.

Las

Decendut al cròs, l'atahut
Demorèt sol, e, pel campèstre,
Lo cigalum sempre era mut...

Perqué ploraba pas lo Mèstre Ì
Au^isèti plan ! Estaboqit,
Son èlh miraba

espectacle
polit
Que faqià creire à-n-un miracle.
Tant trebolant

un

e

tant

Demest los brancs dels supresiers,
En mantèls blaus, en capas

ròqas,
Apareisian bèls cabalièrs
Davalant del cèl sus las crb^as.
Tots los inspirais Trobadors,
Lo de Narbona e 'ls de
Toloqa,
Vers V « aman£» de las « Leis d'Amors
Venian dins una claror bloqa.

»

�LO

Laus

GAI

SABER

glòria à-n-Aquel qu'a fait
ufano^a
E del cròs nòstre engenh a trait ! —
Clamaba la tropa nombro^a.
Vexent aqui Pèire, Ramon,
E los martirs de la Cro^ada,
E V rei En Pèire d'Aragon,
De genolbons som lèu tombada...
—

e

Reviure nòstra Obra

Còpsec, plus res subre l' tombèl,
Sonque, quitant Vespesa rama
D'un arbre ve\in, un au^èl,
Com se diAnglada èra estât l'ama.
ANNA-MARIA PONROUCH-PETIT.

383

�ammmmmmmmmp
BOLEGADISA

OCCITANA

de junh, à S. Ceré e à Gordon, Lo Grel Carorganizat de bêlas fèstas felibrencas ambe de concororiginals.

Lo 26 et lo 29

sinòl
ses

a

Als Gatets dels Gabals (Menda), nôstre
fait de conferensas sus la lenga d'Ôc.

Lo 3 d'agost, Lons Cigalous
occitana de Barthe à Saissac ;

escolan Camprox a

de Narbona jôgan una pèsa
lo même jorn, la Mantenensa

d'Alvèrnha, ambe nôstres amies Delhostal e Vidal, es en fèsta
à S. Flor.

Lo 10 d'agost, es Lunèl (Eraut) que festeja Mistral ambe l'o
Capolièr ; aquel jorn, los felibres d'Aquitanha s'acampan à Solac per i far lo salut al Océan : l'abat Bergey predica en len¬
ga d'Oc.
La Malor

(Eraut), gracias al abeluc de la felibresa Clardeluparla

na, festeja merabilhozament Mistral lo 17 d'agost : aqui
lo majoral-sendic Azemà, e nôstre secretari l'abat Salvat,
bià déjà prédicat lo 3, predica sus la Sta Vierge, e

qu'a-

TOccitania.

parlar tant-ben de las fèstas felibrencas organizadas
Eymoutiers en Lemozin, e à Sauvetèrra (Roèrgue) ont se faguèt aplaudir nôstra escolana Julieta Dissel.
Caldrià

à

encara los Acamps dels Flamands à Cassel
parlèt de Mistral lo majorai Caries-Brun, e dels Bretons à
Guiscriff, à la fin de julhet, ont quatre abesques de Bretanha.
prediquèron en breton. E es ambe plazer que los pelerins de
Lorda an entendut lor abesque Mgr Gerlier, originari de Paris,,
saludar sos fidèls en lenga de Bigôrra.

Caldrià mencionar

ont

Per celebrar lo centenari de Mgr. de Cabrières, lo ''Cardinal
del Lengadoc", l'Escola del Parage organiza de jocs
Demandar entresinnes à M. Brousse, 12, carrièra de la Caba-

florals.

laria, Montpelhèr.
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Sant Francés d'Asiza etsemple e aparaire dels Fe~
libres, (in-8°, 8 p.)
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2. »
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Cel, paraulas de P. Estieu subre

Nadal! paraulas de P.

Estieu subre

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»

un
un

vièlh aire occitan.

Dius Poderos, paraulas de P. Estieu,

3.

muzica de

Deodat de Severac.

CHANSONS

:

! paraulas e aire popularis.
Batezons, paraulas de P. Estieu subre un

1.

Se canta, que cante

2.

Las

vièlh aire.
3.

La Canson de Castelnòu,

subre

un

paraulas de P. Estieu

vièlh aire.

(L'unité:
HP*.

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1
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La douzaine:

D-EDICION

0CCI7ANA

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10

CAiTELNAUDARYi

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        <name>Dublin Core</name>
        <description>The Dublin Core metadata element set is common to all Omeka records, including items, files, and collections. For more information see, http://dublincore.org/documents/dces/.</description>
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              <text>Ponrouch-Petit, Anne-Marie (1905-1977)</text>
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              <text>Lo Gai Saber (&lt;a href="http://occitanica.eu/omeka/items/show/13154"&gt;Acc&amp;egrave;s &amp;agrave; l'ensemble des num&amp;eacute;ros de la revue&lt;/a&gt;)</text>
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              <text>&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;em&gt;Lo Gai Saber&lt;/em&gt; est une revue litt&amp;eacute;raire occitane publi&amp;eacute;e depuis 1919. La rubrique &lt;em&gt;L'&amp;Ograve;rt dels trobaires&lt;/em&gt; est consacr&amp;eacute;e &amp;agrave; la po&amp;eacute;sie, la rubrique &lt;em&gt;Bolegadisa occitana&lt;/em&gt; donne des informations sur l'actualit&amp;eacute; de l'action occitane. La revue fait aussi &amp;eacute;cho des publications du domaine occitan et des r&amp;eacute;sultats du concours annuel de po&amp;eacute;sie occitane de l'Acad&amp;eacute;mie des Jeux floraux.&lt;/div&gt;</text>
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              <text>&lt;div style="text-align: justify;"&gt;Lo&amp;nbsp;&lt;em&gt;Gai Saber&lt;/em&gt;&amp;nbsp;es una revista liter&amp;agrave;ria occitana publicada dempu&amp;egrave;i 1919. La rubrica&amp;nbsp;&lt;em&gt;L'&amp;Ograve;rt dels trobaires&lt;/em&gt;&amp;nbsp;es consacrada a la poesia, la rubrica&amp;nbsp;&lt;em&gt;Bolegadisa occitana&lt;/em&gt;&amp;nbsp;balha d'informacions sus l'actualitat de l'accion occitana. La revista se fa tanben lo resson de las publicacions del domeni occitan e dels resultats del concors annadi&amp;egrave;r de poesia occitana de l'Acad&amp;egrave;mia dels J&amp;ograve;cs florals.&lt;/div&gt;</text>
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