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                  <text>43* Annada

N° 85

Novembre 1931.

Saber
Gai

Lo

Revista de l'ESCOLA OCCITANA

c^&gt;

Dis Aup i Pirenèu

F. Mistral.

TOLOZA
1-4,

Carrièra dels Arts, 14

Lo Numéro

:

1 fr. 50

�SABER

LO QAI

Revista de l'ESCOLA

14,

BUREUS :

OCCITANA

( Fransa : un an .
Abonaments : j Estrange
_
: un an
,

,.

TOLOZA

Carrièra dels Arts —
.

.

.

.12
fr.
,, .
.

25 fr.

ENSENHADOR
del N° 85

Jean

LESAFFRE

Jean

d'OCCITANIE:

L'Exemple de la Catalogne.
Quelques Remarques sur le

:

graphique de «Oc».

CALELHON:

Me contèt joan lo Pastre.

JozèpSALVAT:

Libres Novèls.
Bolegadisa occitana.

CR1-CRI

système

Jos l'Estelum.

ESTIEU:

Prosper

(Novembre 1931)

:

Burèu de

l'Escôla Occitana

Prosper Estieu, Capiscòl; Antonin Perbosc,
J.-Rozès de Brousse, Francés de Gélis, Jos-Capiscòls ; Armand Praviel, Clavaire ;
Salvat, Secretari.
ASABER. - Per la Redaccion, escriure al Capiscòl, lo Majorai Prosper Estieu, 45, carrièra Contresti,

Jozèp

CASTÈLNOUDARI.
Per tôt sò que
à la Libraria

pertòca

l'Administracion, escriure
14, Carrièra dels Arts,

Edouard Privât,

TOLOZA.
Compte postal :
Se

parlarà que dels libres

Toloza N•

1673

mandats en dople

etsemplari

�Lo Gai Saber, N°

85.

NOVEMBRE

1931

.

L'Exemple de la Catalogne
Catalogne ont été surpris de voir
quelle froideur la presse méridionale et à plus

Nos amis de
avec

française en général assistè¬
naissance de la Républi¬
que catalane devenue depuis la Généralité de Cata¬
logne. C'est qu'en effet les journaux de droite ne ju¬
gèrent pas bon de célébrer un état de choses résul¬
forte raison

la presse

rent, en avril dernier, à la

tant

en

somme

de la

chute de la monarchie espa¬

gnole ; quant aux feuilles républicaines, si elles se
réjouissaient de l'avènement en Europe d'un régime
démocratique de plus, elles ne pouvaient, par con¬
tre, approuver les mouvements de Catalogne, de
Galice, des Pays Basques, mouvements de franche
décentralisation et donc contraires aux principes
jacobins qui ont façonné la République française.
Il faut tenir compte en outre de l'ignorance regret¬
table de beaucoup de Français relativement à la si¬
tuation de la Catalogne par rapport au reste de l'Es¬
pagne, ignorance de la question catalane, ignoran¬
ce de la nette personnalité racique, économique, in¬
tellectuelle et des aspirations des provinces catala¬
nes. Aussi les habitants de l'Occitanie française (à
fortiori ceux des autres pays de France), félibres et
régionalistes exceptés, n'ont-ils pas accordé à leurs
frères occitans de l'autre côté des Pyrénées toute la
sympathie que méritait leur ténacité et leur indomp¬
table énergie enfin récompensées par le triomphe de
leurs revendications.
Et pourtant

l'exemple des Catalans est riche d'en¬

seignements et peut être l'objet de bien des médita¬
tions de la part des Méridionaux qui ont conscience
de ce qu'est et de ce que pourrait être leur terre d'Oc.

�LO

GAI

SABER

Je sais que nombreuses vont être les personnes
qui, à la lecture de ces lignes, se mettront à hurler
en
levant les bras au ciel ou se voileront la face
d'indignation; elles jetteront contre moi d'abord,
contre les félibres, les régionalistes et les fédéralis¬
tes ensuite, la vieille et ridicule accusation de sépa¬
ratisme. J'ai définitivement renoncé à réfuter de
semblables critiques; les événements et des maîtres
plus autorisés que moi se sont depuis longtemps
chargés de répondre comme il convient et de telle
façon qu'il est inutile d'y revenir. Seul, nous guide
dans nos revendications le désir de rendre la France
plus forte et plus saine, en rendant à chacune des
parties qui la composent sa personnalité d'antan
(tout en tenant compte évidemment des nécessités

modernes) et, partant,

sa

vigueur maximum.

Laissons brailler les niais et

poursuivons.

l'exposé suivant, je vais m'appliquer à déga¬
quelques leçons de l'exemple catalan. Tout d'a¬
bord, sur le terrain politique, les Occitans français
n'ont certes pas de raisons de pousser leurs revendi¬
cations aussi loin que leurs frères d'Espagne qui, eux,
virent leur langue officiellement traquée, le port de
Dans

ger

leur coiffure nationale interdit ainsi que

l'exécution

de leurs sardanes si chères, cela malgré la contribu¬
tion énorme apportée à l'Espagne par leur commer¬

prospères ; ils
toujours amenés à demander beaucoup pour
essayer d'obtenir un peu. Mais ce qu'il convient de
retenir dans le mouvement catalan, c'est l'union, ré¬
alisée au moment critique, par tous les partis poli¬
tiques, dans la poursuite d'un idéal national commun.
C'est aussi le succès d'une doctrine fédéraliste qui,
sans doute, n'a
pas encore donné sa mesure, mais
qui constitue un précieux encouragement pour les fé¬
déralistes de tous les pays. De l'heureuse application
du Statut catalan on peut attendre, dans un avenir
plus ou moins prochain, bien des initiatives en di¬
ce

et

leur industrie merveilleusement

furent

verses

nations.

�LO GAI SABER

255

C'est

principalement sur le plan culturel, où rien
empêche de suivre les Catalans jusqu'au
bout, que je tiendrais à me placer à présent. La ma¬
gnifique renaissance littéraire catalane qui suivit
la renaissance économique et dont le point de départ
peut être situé aux environs de 1.833 (Oda à la Patria, d'Aribau) fut à ses débuts analogue à la re¬
naissance littéraire provençale, mais elle ne tarda
pas à la dépasser de beaucoup dans ses conséquen¬
ne

nous

ces.

Une chose Surtout contribua à donner une portée
immense aux efforts tentés par les écrivains pour
restaurer leur langue : l'unification orthographique
de celle-ci. Il y a une vingtaine d'années, la Catalo¬
gne était, orthographiquement, dans un état anarchique analogue à-celui qui existe actuellement dans
l'Occitanie française. Cette unification fut l'œuvre
de l'Institut d'Estudis Catalans et des philologues

qui, autour de Pompeu Fabra et d'Anton Griera, ont
réussi à doter leur pays d'un instrument linguistique
efficace dans la lutte entreprise pour la culture cata¬
lane. Mais ce fut aussi l'œuvre de toutes les bonnes
volontés qui surent consentir certains petits sacrifi¬
ces

d'amour-propre

et se plier à une discipline né¬
cela fut réalisé et que l'on eut

cessaire. Et, dès que

pris la peine d'initier le peuple aux modifications
apportées, il fut possible de présenter à ce peuple
des journaux écrits en sa langue familière et aux
intellectuels des

revues

d'une haute

tenue

littéraire,

artistique ou scientifique. On compte actuellement
en
Catalogne de nombreux quotidiens rédigés en
catalan comme La Publicitat, La Nau, El Mati,
La Veu, La Opinio. Il s'est trouvé des hommes
d'action, à la fois journalistes brillants, orateurs ar¬
dents, fins lettrés nourris d'une forte culture grécolatine, tels que A. Rovira i Virgili, Caries Cardò,
Josep Carbonnel, etc... qui n'ont pas craint de se
lancer crânement dans la voie du grand journalis¬
me

et de

se

coleter

avec

de terribles difficultés. Leur

�256

LO

GAI SABER

a reçu sa récompense : ils ont gagné tout le
peuple de Catalogne à leurs doctrines.
Je mentionne simplement l'existence et la vitalité
des nombreuses maisons d'édition, admirablement
outillées, qui publient sans trêve les ouvrages des
écrivains catalans, et j'en arrive à cette fondation
Bernât-Metge, créée en 1922, qui, sous la direction
de l'étonnant Joan Estelrich, telle la Guillaume Budé française, a reçu pour mission de publier d'im¬
peccables traductions des écrivains grecs, latins et
juifs. J'ai déjà souligné dans une de mes chroniques
de «l'Eclair» de Montpellier la place importante ac¬
cordée en Catalogne aux traductions des auteurs an¬
ciens et modernes. C'est là un puissant indice de la
vitalité de la langue catalane.
Il faut aussi noter la fondation, il y a vingt ans,

ténacité

l'établissement d'Estudis Universitaris Cata¬
lans. Ne pouvant obtenir des pouvoirs publics une
chaire de littérature catalane à Barcelone et à Va¬
de

lence, on songea à créer un organisme indépendant
de l'Université officielle. Grâce aux subventions du
Conseil provincial et aux dons de nombreux particu¬

liers, il fut possible de fonder en 1907 une chaire de
littérature, une de droit, une d'histoire; depuis quel¬

années fonctionnent une chaire de grammaire
de préhistoire. Cette université privée publia ~
jusqu'en 1918 une intéressante revue qui, en 1926,reparut grâce à VInstitut Patxot, qui la prit sous sa
protection. Il faudrait parler longuement encore de
l'apport culturel fourni par les moines bénédictins de
Montserrat, et du magnifique labeur du Foment de
Pietat, dont les dirigeants actuels de la Catalogne
ne devraient pas oublier l'immense mérite.
Nous venons de voir se manifester la générosité pri¬
ques

et une

vée à l'occasion de la création de l'Université cata¬

bien d'autres cas, les Catalans ont ainsi su
secours de la culture
de leur pays autre¬
que par des vœux et des souhaits, et nous ne

lane ; en
venir au
ment

�LO

GAI

SABER

257

faisons que citer les noms des mécènes Cambò et
Patxot. On ne peut malheureusement en dire autant

d'Oc français!
heure, grâce surtout à l'impulsion don¬
née en ce sens par Milà i Fontanals, érudits et cher¬
cheurs s'intéressèrent à la poésie et aux chansons
populaires en lesquelles se retrouvent les traits es¬
sentiels d'une race. En s'appliquant à les faire revi¬
vre, ils contribuèrent grandement à remettre en lu¬
mière une partie de l'âme de la Catalogne. De nom¬
breux groupements intellectuels ont publié depuis
près d'un siècle de précieux recueils de mélodies soi¬
gneusement notées, répertoriées et classées. Les mê¬
mes sociétés se
sont appliquées à remettre au jour
les trésors artistiques de leur province et, au cours
en

pays

De bonne

de

dernières années, sous le titre de «Monuments

ces

de la

Catalogne», parut une collection de reproduc¬
tions de «toutes les richesses, peintures, sculptures,
architectures qui font la gloire et l'originalité de cet
art catalan que

l'on connaît si

Cette collection
qui, devant ce
souci de puiser dans le passé, s'écria un
jour: «Un
tel respect du passé est l'apanage des forts aux en¬
treprises fécondes.»
fit

l'admiration

Mais

de

peu».
Mario Meunier

«forts aux entreprises fécondes», tout
compte des leçons de l'histoire, ont su té¬
moigner d'un esprit moderne en exacte harmonie
en

ces

tenant

les

idées

et

les

conceptions du monde actuel.
sujet de réflexion pour beau¬
coup de nos félibres et de nos régionalistes.
On le voit, l'exemple des Catalans est fécond. Il
faudrait, de ce côté-ci des Pyrénées, s'appliquer à le
méditer et y prendre d'utiles leçons d'énergie, de té¬
nacité, d'abnégation et aussi de courage.
avec

Et là

encore

serait

un

JEAN LESAFFRE.

�LO

258

GAI

SABER

Questions philologiques

Quelques Remarques
sur

le

système graphique de "OC"

premier fascicule (Juillet-Août) de la
fait quelques remarques au
sujet du système graphique employé dans cette pu¬
blication et nous allons les consigner ici dans le seul
but de servir utilement la Cause occitane, laissant à
Oc le soin de nous convertir à sa manière de voir.
Nous l'assurons d'ores et déjà que mous reconnaîtrons
nos erreurs de bonne grâce, s'il lui est possible de les
bien établir. Errare humanum est... En revanche,
En lisant le

revue

nous

Oc,

nous avons

voulons

que notre confrère fera
la même courtoisie. Ceci dit,

bien croire

preuve à notre égard de
tranchons dans le vif.

Oc déclare qu'il faut «crear una grafia que conci¬
lie lo sistema Mistralenc, lo sistema restaurât de
e lo sistema catalan per facilitar las
relacions entre tots los Occitans e nos far profeitar
de la meravilhosa florida literaria de nostres fraires
de delà los Pireneus. Es plan entendut que podem

Perbosc-Estieu

pas demandar als Catalans de modificar lor gra¬
fia recentament fixada».
En principe, nous sommes aussi pour la concilia¬
tion susdite; mais, en fait, nous ne sommes disposés
à faire les concessions nécessaires que dans le cas
où nos frères les Catalans voudront en faire aussi et
ne se retrancheront pas, comme Oc le laisse prévoir,
derrière le non possumus de leur réforme graphi¬
que récente. Cette réforme serait-elle intangible
parce que récente? Le bon billet! Mais, alors, pour-

�LO

GAI

SABER

259

quoi parler de conciliation? Expliquons-nous. Le di¬
alecte catalan a ses qualités que nous n'hésitons pas
à lui reconnaître, d'autant plus que, pour la plupart;
il les tient de nos aïeux communs qui parlaient la
langue « lemozina», dénomination que le dialecte
catalan conserva pendant plusieurs siècles. Il a aussi
ses défauts, — comme
le nôtre avant sa restaura¬
tion —, qu'il doit à une longue inculture et à son
contact immédiat avec le castillan. Ces défauts, la
récente réforme graphique de Pompeu Fabra les at-elle fait disparaître en totalité? Certainement non.
C'est pourquoi nous lui demandons de ne pas rester
figé dans certaines formes trop particulières et de
se retremper résolument aux sources de ses
origines,
qui sont celles de l'occitan du Midi de la France.
Notre collaboratrice Euphemîa Llorente a suffisam¬
ment indiqué dans Lo Gai Saber
(n° 74, dec. 1930)
les réformes que devraient opérer les écrivains cata¬
lans. Si ceux-ci sont bien disposés à entrer dans
cette voie, nous applaudirons et nous leur emprun¬
terons délibérément les richesses dialectales qu'ils
possèdent et qu'ils voudront bien nous proposer.
Mais il est temps d'en venir au système graphique
de Oc. Il faut croire que celui que cette Revue em¬
ploie est aussi celui qu'elle préconise. Or, tout ne
nous
y paraît pas acceptable. Voici ce que nous re¬
levons dans son premier article: profeitar, au lieu
de profiter, forme classique, des Alpes au Pyré¬
nées. Pourquoi ce catalanisme, dont le besoin ne se
faisait nullement sentir? Pourquoi meravilhosa, au
lieu de merabilho^a (mirabilis), escrivian, au lieu
de escribiam (scribere), davant au lieu de dabant

(ab ante)? Pourquoi remplacer, dans tous ces cas et
les cas analogues, le b latin par le v francimand?
Quant
server

au s

doux entre deux voyelles, pourquoi con¬

cette

nous avons

graphie également française, alors que

le p pour

le remplacer avantageusement?

Pourquoi donner à la préposition après sa pure for¬
me française, puisque
nous avons aprèp et apròp ?

�2

6o

LO

GAI

SABER

Pourquoi employer le ç, qui n'a jamais appartenu
à l'occitan ancien, et écrire forçat, au lieu de forsat,
marc, au lieu de mars ? Est-ce une réforme bien jus¬
tifiée que de supprimer le il euphonique dans à-11aquela, oçi' Oc écrit a aquela, ce qui constitue un bel
hiatus ? Est-ce une réforme indispensable que de ne
pas distinguer graphiquement à, préposition, de a,
3° pers. du sing. du verbe aber, è ouvert de e fermé
ò ouvert de

et

0

fermé

[ou français) ? La restitution

du k grec

changé en c dans practica peut paraître
scientifique de prime abord. Elle l'est trop ou trop
peu, car elle va à l'encontre d'une des grandes lois
de l'évolution des langues, qui est celle du moindre
effort. Nous nous demandons pourquoi ensag (essai)
est

terminé par g,

puisque

nous avons

ensaj,

ensa-

jar, formes incontestablement classiques. Nous igno¬
rons si
pueg (puis) est un catalanisme graphique,
mais il nous paraît excessif de donner à ce mot une
graphie exotique, alors que nous avons au choix les
formes normales pei, pièi, pioi.
Pour

aujourd'hui, bornons-nous à ces quelques re¬
à ces points d'interrogation. En atten¬
qu'on y réponde, voici notre conclusion.

marques et

dant

En comparant

attentivement le système graphique

de Perbosc-Estieu, établi depuis plus de trente ans,
à celui que Oc emploie, et qui est récent, on ne tar¬
de pas

deux systèmes, d'âge si
grande ressemblance et
ne diffèrent
que sur quelques points, comme ceux
que nous venons de signaler. Qu'est-ce à dire, si ce
n'est que le second a emprunté au premier la plupart
de ses éléments et que, sous prétexte de conciliation
graphique avec les Catalans, Oc ambitionne de faire

à constater

que ces

différent, ont néanmoins

à

son

tour œuvre

réformatrice ? C'est

rément, à condition
nes

et de bon

une

que ses

son

droit

assu¬

réformes soient opportu¬

aloi.

JEAN D'OCCITANIE.

�L'Ort dels Trobaires

ïos FEstelum

S'enlaira cap al cèl lo
son mantèl
fosc

Ambe

Lo silenci

se

perfum dels rosiers ;
la nèit corbis la terra;

fa, de la comba à la

L'aura subre 'ls tombèls brèsa los

serra;

supresièrs.

Amont, los Astres, innombrables lampefièrs,
Màndan lor viu trelus duscas à nòstra esf'era;
Als camps del Infinit diamantina polvèra,
Se balànsan, parius à milanta encensièrs.
Anant

lo ponent

dins lor etèrna corsa,
Vegà, Casiopèa, Arcturus, la Granda-Orsa
vers

A11 l'aire de voler tombar dins l'Océan.
Mas lor decenta

en

acension

es

l'eu mudada,

E tôt

lugar retrai l'ama de cada uman
S'enfonçant dins la Mòrt per i estre reviudada.
Prosper ESTIEU.
Las Oras Cantairas.

(Libre

vin, sonet

xn).

�2Ó2

LO

GAI SABER

Me contèt loan lo Pastre

A Marc Robert,
mèstre-escalpraire de Joan lo Pastre_

Quand la vejeri aquel matin,
ri^ià sus la landa florida;

—

l'alba
e

dins lo cèl de blanc satin

solelh clar

fa^ià son espelida.
Quand la vejeri aquel matin,
Jè^us! qu'èra polida!
un

Sai venià vestida de

lum,
pèds nuds jimpant dins la ro^adag
escampilhaba un dos perfum
en floquejant sa tresa
desno^ada.
Sai venià vestida de lum;
mon Diu! la
genta Fada!
e

sos

E ieu, lo còr embelinat,
en la fintant me sarrabi,
pecaire...
La Fagelièira n'abià anat,

abià fugit viste coma l'esclaire.
E ieu, lo còr embelinat,
sercabi de tôt caire.
A! l'ai cercada tôt un briu.
Sa sovenensa à mon ama èra dosa...
Mas la vejeri un jorn d'estiu
dins un rais d'òr dansar subre la
A ! l'ai cercada toi un briu,
ma

bêla Fada

rosa

!

mosa..

�LO

Com

GAI

263

SABER

cascalh de

ribatèl,
perlas d'argent, son rire s'engrunaba.
Mas plus viva qu'un estrebèl
s'avaliguèt coma mièch-jorn sonaba.
un

Coma
son

un

rire

cascalh de ribatèl

perlejaba.

Un sèr

d'ibèrn, à l'angélus,
long del estanh pasabi, l'ama

en pena.
aubar, dins l'entrelus,
ai entrevist, alai, son pel d'englena
e l'ai
au^ida, à l'angélus,
Darrièr '11

plorar

com una orguena.

Dendespièi, lo

cor regretos,
pastencant ma longa tropelada
per las bartas de Ginestos,
de jorn, de nuèch, plan sobent l'ai sonada,
E, dendespièi, soi regretos,
de son plorar, de son rire de Fada ! —
en

Aital, un sèr que son tropèl
paisià dins lo serpol e lo mentastre,
lo front à l'ombra del capèl,
los uèlhs perduts enlamont dins un astre,
del temps que paisià son tropèl,
me contèt Joan lo Pastre !
CALELHON.

(Roèrgue)

�Libres INovèls

I

Profumi di l'Isula,

per

Carulu Giovoni (in-12, 164 p.) Mar-

selha, Ëd. de «l'Annu Corsu» (15 fr.). — Li Cant dón %erraire
per Charloun Riéu (in-8, 232 p.) Avinhon, Pinguet. — Vi'oulando, per Marius Fousson (in-12, 224 p.) Viladieu del Comtat, Jacomet (12 fr.). — Coume
finiguè mèstre Francés Villon, per
Nouno Judlin (in-8, 144. p.) Marselha, Ed. «dóu Ferre» (15 fr.)
Sioi lou Vi, per Jozèp Tellier (in-8, 8 p.) Clarmont d'Eraut,
Rambal.
Gardians t)oune\ans e La Mort de l'Astanh, per
Juli Palmade (in-8, 36 p.) Toloza, Estamp. Regionala. — Moun
Fiutarol, per Jozèp Dengerma (in-8, 50 p.) Fois, Estamp. Subra.
Los Vims, per Juli Cubaynes (in-8, 16
p.) Toloza, Douladoure.
LAutura enviblada, per Albert Pestour (in-12, 176
p.) Clarmont-d'Auvèrnha, Ed. «Jean Vissouze» (20 fr.).
—

—

—

—

Carulu Giovoni, dins son libre de poèmes en dialècte còrsa
ambe traduccion franceza
escriu a—

—

queste vèrs à la memòria del poèta Lucciardi:
E mortu

Lucciardi

mòrt,
voni

e
es

un

rossignolu in

a

nostra ftir esta.

mòrt, òc! mas lo dialècte còrsa es pas
Giovoni n'es un dels melhors cantaires, Gio¬
es

un

novèl rosinhòl.

Que digue

sos

remembres dejovent,

o

la beltat de

la natura, o l'istòria legendaria de son païs, Giovo¬
ni fa resontir un cant d'amor per son «lia perfumada». Ai legit amb un especial plazer son poème

Artistu, ont canta lo grilh modèste, artista diuzenc,
que s'es fait un violon amb una palha :
U grillu mudestu
artistu divinu

dipaglia di granu
ha fattu un viulinu!
e son salut de la Còrsa à la Provensa
per las fèstas
mistralencas ont met en opozicion Napoléon emperador de la guèrra, e Mistral profèta e rei de la
pats
latina.

�LO

■se

GAI SABER

La doctrina federalista del autor,
tròba dins son poème U Lion di

265

qu'es la nòstra,
Roccapina, que

retipa Lou Lionn d'Arle de Mistral. Aici sp que
dis lo Lion à la Còrsa: « Siàs, ò rasa de lions, lo
mai fièr dels campeons de la Republica latina :
Sij,
a

0 rix\\a

di lioni,

pu fiera d'i campioni

d'à

Republica latina.

Caries Brun, dins sa corta prefasa, a dit coma calià
lo laus de l'òbra federalista de Carulu Giovoni.
Mencioni solament

en

pasant Li

Cant dóu Ter¬

naire, novèla edicion compléta dels cants de Charloun Riéu. Quand soscribèri, l'an pasat, à-n-aquela
•edicion, cò de Cornille, dins son aubèrja dels Baus,
aurià degut m'avizar que l'edicion portarià pas la
muzica. Li n' vòli pas pracò, perqué, aquel jorn, nos
faguèt regalar — ieu e mos companhs — en nos

Jogant

e cantant La Mazurka souto li Pin emai
Lis Estello d'Aubanel. Vos n' soven, brabe Cornille ?
L'edicion porta la prefasa de Mistral, uèit pajas de

pròza

coma lo
illustracions.

Mèstre las sabià escriure,

e

qualquas

Som en retard ambe lo poème de Vióulando de
Marius Fousson que legiguèri, me soven, tôt d'una
seguida, un jorn del ibèrn pasat, dins lo tren. Aquel
poème en sèt cants, en estròfas de 6 bordons de 8
:sillabas, nos conta los malurs de Vióulanda, princesa olandeza
que, malgrat son grand amor per Ra-

Provensa, se marida ambe Conrad d'AlemaAqueste mòrt, la princesa es recercada per
Pèire de Savòia; Ramon, en la défendent, moris, e
tamben son filh Conradin ; e Pèire es asasinat, perdonat per Viôulanda que moris de dolor. Dirai pas res
del poème el-mème, tôt d'imaginacion, e pron plan
bastit. Mas la lenga a de dècas que vòli pas calhar:
en
fòra de gallicismes coma amo bouianto, compreni pas per que l'autor escriu l'espaço al lòc de
•«
l'espaci », descurbi (part.) al lòc de «descubèrt»,
mon

nha.

de

�206

GAI SABER

LO

proufitent al lòc de «profitant», per que tamben
escriu penitenci quand vòl far rimar ambe repentenci, e penitenso quand cèrca una rima à recoumpenso. Tôt acò probarà al amie Fousson qu'ai legit
libre ambe atencion. E me coiti de dire que, se
d'estròfas de côps trop prozaïcas, n i a (p. 194,
2a ;
p. 152, 3a , etc...) que s'i sentis pasar lo buf poetic.
son

i

a

Nouno Judlin, novèla felibresa espelida jol cèl de'
Provensa, nos prezenta un libre original ont conta
la mort de Villon.
dat

sus

tèrra per

Mèstre Francés Villon

es reman¬

la

Damo dou

Ceu, regènto terrenalo,
Emperiero dis infernau palus,
que

lo vol

pas receure

dins lo Paradis abant qu'aje

fait penitensa per sos pecats, e Villon s'encarna
dins lo poèta Verlaine, que moris abandonat. Lo li¬
bre es escrit mitât en pròza, mitât en vèrs e, acò secompren, la partida versificada es tota en complantas e baladas. Dins aqueste darrièr genre, mes de

costat, malastrozament, pels Felibres, com ôc regrèta
ambe

razon lo
prefasièr Emili Ripert, Nouno Judlin
reûsis pron plan, e m'a subretot agradat la Balada
de la Ribièra ont Villon, devengut Fraire Gile, es

tentât per

tôt son pasat de fadeza :

Vai! Gau di sèn

passo jun d'abadié!

La

lenga es bona. La traduccion es arcaïca e retrai
gaireben trop lo provensal. Léon Daudet aimarià
segur de legir: «Trois coups de campane du clo¬
cher...», el que traduzis «manger des castagnes»,
dins Lou Renegat. Serai pas tant lauzenjaire d'aquela òbra coma l'es Emili Ripert; crezi pracò justede dire qu'es una bona pèira portada à la Montjbia
(e pas au Mountjoio, coma dis Nouno Judlin).
Ai legit ambe gost l'Oda al Vin de Jozèp Tellier,.
qu'a valgut à son autor, un còp de mai, la Copa de
la C.G.V.

Sioi lou

Vi

es

un

inné estrambordat à

�LO

la

GAI

267

SABER

giòria de la licor de nòstre terraire. Se lo vinhai-

ron

Tellier sab

far venir de bèls

e

bons razims

—

òc sab

qui n' tasta! —-sab tamben fargar lo bordon oc¬
una lenga
granada.
Del païs d'Arièja me son vengudas doas brocaduras de vèrses dont los autors son de jovents, afogats
per l'amor de lor lenga e de lor terrador, mas qu'an
bezonh de trabalhar e lor lenga e lo mestièr poetic.
E parli pas aqui de la grafia : comprenon pas encara
que cal unificar, se volèm, pas solament mantene
l'amor de la lenga dins un pichon rôde — sô qu'es
déjà quicôm de bèl — mas fargar una vertadièra
lenga literaria per nôstre païs occitan. Dins los corts
poèmes de Dengerma, del terraire de Fois, se trôba
lo sentiment del ritme muzical (Nadalet). Dins- los
dos poèmes mai longs de J. Palmade, adornats de gravaduras e doplats d'una traduccion franseza, ôm trô¬
ba de tèrmes rares del naut païs pirenenc, que podrian enriquir Lou Trésor dóu Felibrige. Cal notar que, dins aquel païs del Querigut, s'es consercitan dins

vada

encara

la finala atôna

a com

à Barcelona

e

à

Montpelhèr.
rapèli lo bèl poème del abat Cubaylo libre de Pestour, coronats ongan per l'Academia dels Jocs Florals, e dont parlèri pron longament dins mon Rapôrt que totis nôstres escolans an
recebut. A Dengerma e à Palmade recomandi de
legir Cubaynes e Pestour per i veze cosi lo vèrs oc¬
citan, lo long tant plan coma lo cort, se farga de
Per memôria,

nes, e

man

de mèstre.

JozÈP SALVAT.

�BOLEGADISA

OCCITANA

Load'agost, à LaCaza-Diu(Auta-Lèira), la Mantenensa d'Aufaguèt una bêla felibrejada. Le Mémorial de S'. Estèfe
(7 de setembrej portèt lo bèl discors del majorai B. Vidal.
vèrnha

Tôt lo mes d'agost, à Posan (Eraut), s'es jogat,
ambe una
granda reiisida e dabant fòrsa monde, Lou Poutou, del felibre

Renat Tulet.
Lo 3
Lois

de setembre, à Graisasac (Eraut), la damaizèla Azéma
Barthés, fraire de la felibresa Clardeluna, escambièron
l'anèl nobial. Totas las damaizèlas e dònas de la nòsa portàban
las vestiduras del pais. Lo canonge Blaquière diguèt justament
lo simbèl del polit costume lengadocian. Compliments, e vôts de
prosperitat.
e

La Mantenensa de Provensa
vila

d'Aurenja lo 6
inauguracion d'un «
l'escòla, La «Revue
Occitana», etc... Lo
sa de Lengadòc.

a tengut son
acamp annadièr en
de setembre. S'i parlèt de mantas cauzas :
bòsc sacrat &gt; dels felibres, la lenga d'Oc à
Occitane», la «Federacion de la Joventut
sendic Azéma i reprezentaba la Mantenen¬

A Malhana, lo 8 de
Latinité faguèron un
Lo même jorn, la vila

setembre, los membres del gropament
pïos romaviatge à la tomba del Mèstre.
de Fois c'elebraba la memôria del grand

muzician Gabriel Fauré

en

arborant

son

buste.

Los felibres de Marselha an fait à Tascours, lo 20 de setem¬
bre, de bêlas manifestacions d'art, dont a parlai longament lo
jornal Marseille-Matin dels 22, 24 e 29 setembre. Osca per Conio, RebouL, Fallen, etc...
VAraire

es

lo

jornalet de la Federacion de la Joventut Occi¬

tana, dont lo grand bolegaire es nôstre amie Caries Camproux.
Recomandam à nôstres escolans que son

dins la flor de lors
d'ajudar aquela bêla òbra, en s'adresant à Caries Cam¬
proux, Colètge de Menda ( Lozèra ) o al délegat de Lengadòc
Roger Barthe, 19 bis, carrièra Casimir-Péret, Bezièrs.
ans

Per parestre

lèu

en

soscripcion, à

10

fr. l'etsemplari ordinari,,

30 fr. subre Lafuma, «Poésies Complètes» del regretat Paul
Froment (1875-1898). Escriure à nôstre confraire Paul Mesplé,.
e

18, camin de Revel, Toloza.
Le Gérant: E. LEVRAT.

CRI-ÇRJ.
Impr. Lauraguaise

-

Castèlnaudary

�Règles de Phonétique Occitane
i° VOYELLES.

—

a,

seul

ou

dans le corps d'un mot,

français ; mais s'il
féminine, il est semi-son¬
nant et se prononce entre a et o, suivant la région ;
e sonne comme é fermé français, et è comme è ou¬
vert français ; — i équivaut à i français ; — u égale¬
ment ; mais, après une voyelle, il a le son ou fran¬
çais ; — ô ouvert' se prononce comme o français, et

accentué
constitue

ou

non, sonne comme a

une

terminaison

—

o

fermé

français.

comme ou

2° CONSONNES.

suivi de
c devant

u

e

—

b,

c,

d, f, g, j, 1, m, n, p, q

( toujours

r, s, t, z sonnent comme en français ; mais
et i est sifflant comme s français; —- j sonne

),

tz, dans certaines régions ; — m se prononce
comme n à la fin de la ire pers. du pluriel des verbes ;
n est muet, sauf quelques rares exceptions, à la fin
comme

—

r est souvent muet à la fin des
adjectifs, sauf en Provence, ainsi
qu'à l'infinitif; — s est toujours dur et sifflant; ■—- t est
muet à la fin des participes présents et de la plupart
des mots en ment; — v sonne comme b, sauf en Pro¬

des

substantifs;

—

substantifs et des

vence.

3° GROUPES. —ch, lh, nh se prononcent: tch, ill, gn.
rBHBBBHBBBBSHHSSBBaBBBfflBBEHHHBBBBSaHBHHH»

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Societat d'Edicion Occitana
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—

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fr.

d'Oc,

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avec tra¬

française, (1 vol. in-8°, 280 p.) . fr.
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en
langue
d'Oc,
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pouvant se chanter dans les
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VIENT 135 PgRfllTKE:

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�AVIS
Les membres de YEscòla Occitana lecteurs du
Gai Saber ne doivent pas ignorer que Lo Colètge
d'Occitania reprend ses leçons à partir de novem¬

la 5e année. Les escolans du Colètge
plus en plus nombreux, les frais sont de
plus en plus importants. Nous prions nos lecteurs de
s'inscrire parmi les amies del Colètge d'Occitania.
afin de contribuer ainsi à la prospérité de cette ins¬
titution. A cette fin, ils peuvent utiliser le mandatcarte ci-joint (Droits d'inscription minimum: IO
francs). Les membres déjà inscrits en 1930 qui
n'auront pas renouvelé leur inscription avant le ï"
décembre recevront, à cette date, un mandat-carte
remboursement augmenté des frais d'envoi.
bre 1931 pour

devenant de

LE DOYEN.

P. S.

—

Les escolans et les amies du

Colètge cCOccitania

re¬

çoivent gratuitement un bulletin périodique, La Rampelada.
Noter que l'administration du Colètge d'Occitama est complè¬
tement

indépendante de celle de la revue Lo Gai Saler.

�</text>
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              <text>Lo Gai Saber (&lt;a href="http://occitanica.eu/omeka/items/show/13154"&gt;Acc&amp;egrave;s &amp;agrave; l'ensemble des num&amp;eacute;ros de la revue&lt;/a&gt;)</text>
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              <text>1 fasc. (pp. 254-267) ; 22 cm</text>
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              <text>19..</text>
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              <text>&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;em&gt;Lo Gai Saber&lt;/em&gt; est une revue litt&amp;eacute;raire occitane publi&amp;eacute;e depuis 1919. La rubrique &lt;em&gt;L'&amp;Ograve;rt dels trobaires&lt;/em&gt; est consacr&amp;eacute;e &amp;agrave; la po&amp;eacute;sie, la rubrique &lt;em&gt;Bolegadisa occitana&lt;/em&gt; donne des informations sur l'actualit&amp;eacute; de l'action occitane. La revue fait aussi &amp;eacute;cho des publications du domaine occitan et des r&amp;eacute;sultats du concours annuel de po&amp;eacute;sie occitane de l'Acad&amp;eacute;mie des Jeux floraux.&lt;/div&gt;</text>
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              <text>&lt;div style="text-align: justify;"&gt;Lo&amp;nbsp;&lt;em&gt;Gai Saber&lt;/em&gt;&amp;nbsp;es una revista liter&amp;agrave;ria occitana publicada dempu&amp;egrave;i 1919. La rubrica&amp;nbsp;&lt;em&gt;L'&amp;Ograve;rt dels trobaires&lt;/em&gt;&amp;nbsp;es consacrada a la poesia, la rubrica&amp;nbsp;&lt;em&gt;Bolegadisa occitana&lt;/em&gt;&amp;nbsp;balha d'informacions sus l'actualitat de l'accion occitana. La revista se fa tanben lo resson de las publicacions del domeni occitan e dels resultats del concors annadi&amp;egrave;r de poesia occitana de l'Acad&amp;egrave;mia dels J&amp;ograve;cs florals.&lt;/div&gt;</text>
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          <name>Contributeur</name>
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              <text>Bibliothèque de Toulouse</text>
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      <name>Escòla occitana</name>
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      <name>grafias de l'occitan = graphies de l'occitan</name>
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      <name>Poesia occitana = poésie occitane</name>
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