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                  <text>i73 Annada

N° 128

Janh 1935

Lo Gai Saber
Revisia de l'ESCOLA OCCITANA

Dis Aup i Pirenèu

,

F. Mistral.

TOLOZA
14,

Carrlèra dels Arts, 14

Lo Numéro: 2 fr.

�SABER

LO GAI

Revista de l'ES COLA OCCITANA

BUREUS

:

14, ©arriéra

ciels Arts

Fransa

Abonaraents

:

,

/

(Edicion de luxe

:

un an
.

„

.

.

.

.

„„

Estrange : un an

sus

—

.

TOEOZA

15 fr.

25 fr.

papièr Lafuma : 35 fr.)

ENSENHADOR
del

N° 128

( Junh 1935)

La DIRECTION:

La XVIe Fête de YEscòla
2 mai 1935.

François TRESSERRE:

Lo Pastorellet de la Vall d'Arles.

Cigala d'Or.

lozcp BONAFONT:

A

Pèire GARDES:

L'Amor del Païs.

Prospèr ESTIEU :
Cecilia CCXAC:

ma

Occitana,

Conte de Miéch-Polet.

La Farsa del Ruscadièr

(seguida

e

fin).
lozèp SALVAT:

Libres novèls.

CRI-CRI

Bolegadisa Occitana :

:

L'Escôla Audenca.

Supplément : Rapport sur le Concours de Langue d'Oc, par
M. ].-Rozès de Brousse. — Poèmes occitans couronnés de
M. l'abbé Barthélémy Barcelo, M.M. Paul Bergue, Jean Narach, Antonin Joannon, Mmc Julienne Séguret (Calelhon), M.
Guilhèm de Nauroza, M'"e Simone Gay, M. Albert Pestour.

Burèu de l'Escòla Occitana
Prosper Estieu, capiscòl; Antonin Perbosc,
J.-Rozès de Brousse, Francés de Gélis, jos-capiscòls ; Armand Praviel, clavaire ; Jozëp
Salvat, secretari; Joan Séguy, secretarp-adjunt.

Filadèlfa de Gerda, Francés Tresserre,
Jaques-Emili Abelous, Lois Théron de Montaugé, Juli Cubaynes, Joan Ladoux, conselhèrs.

�Lo Oai

Saber, N° 128.

Jt'NH 1935.

t

La XVIe Fête de

rÈscola

Occitana

2 mai 1935

Après la

messe

traditionnelle

célébrée à Notrer

Dame la Daurade, le Bureau de YEscòla
à la librairie Edouard Privât, où Madame

s'est réuni
Privât, la
digne veuve de notre ami regretté, nous réserve le
même sympathique accueil. Notre clavaire expose
la situation matérielle de Y Escòla, aussi bonnequ'on
peut le souhaiter par ces temps de crise. Les quelques
défections que l'Administration a dû enregistrer se¬
ront compenséespar un redoublement d'efforts de nos
fidèles escolans pour recruter des adhésions, nouvel¬
les. Sur la proposition de notre secrétaire, le Bu¬
décide d'inscrire

reau

comme

d'Honneur
l'Académie des

Membres

de \'Escòla tous les mainteneurs de

Jeux Floraux, afin de témoigner la reconnaissanéè due
pour l'aide précieuse, morale et ma¬
térielle, qu'elle porté à notre mouvement. M. le Se¬
crétaire signale qu'une ancienne école félibréenne,
YEscòla Aitdenca, se réveille et se reconstitue à
Carcassonne, grâce aux efforts conjugués de nos es¬
à l'Académie

colans W"a Baraillé et M.M. Girou et Nelli. Puisse-t-elle prospérer, comme YEscòla Rochegnde
d'Albi !
Un

déjeuner intime réunissait à l'Hôtel Baichère,
Philadelphe de Gerde et du majorai
Antonin Perbosc, jos-c'apiscbl, quelques membres
du Bureau, lauréats etfélibres. Philadelphe de Ger¬
de nous dit l'admirable Ave Maria, son dernier po¬
ème en l'honneur de Bernadette, la Sainte d'Occitaautour de Mme

nie.
A

l'Hôtel d'Assézat s'ouvrait bientôt la

Séance

�LO

GAI

SABER

académique plus spécialement réservée à la langue
d'Oc, sous la présidence de M. Gaston Doumergue.
M. Armand Praviel ditson rapport sur le prix Puet M. de Gélis, rapporteur de la Com¬
mission du Grand Prix de prose Fabien-Artigue,ana¬

Pujol poésie,
lysa,

avec son talent
ronnés: Trencavel,

coutumier, les deux ouvrages cou¬
qui a valu à M. le Docteur Jean
Girou un prix de 3.000 francs de l'Académie et Le
Comté de Foix, de Mme Isabelle Sandy, auquel a
été attribué le Grand Prix de 5.000 francs.
M. Rozès de Brousse, président de la Commission
de langue d'Oc, lut son rapport sur le Concours An¬
nuel de poésie occitane et sur le Grand Prix de po¬
ésie Fabien-Artigue de 10.000 francs, rapport que
nos escolans trouveront en
supplément dans ce nu¬
méro avec les poésies couronnées.
L'auditoire applaudit les distingués rapporteurs et
aussi les lauréats qui vinrent déclamer leurs œu¬
vres : M., l'abbé Barcelo, M. M.
Guilhèm de Nauroza et Albert Pestour,et M. P.-L. Grenier, auteur de
La Dama à L'Unicòrn, lauréat du Grand Prix. M.
Rozès de Brousse lut les poèmes couronnés de M;

Joannon et de la félibresse Calelhon, et M. J.-S.
Pons celui de Mme Simone Gay.
Comme nous l'avions annoncé dans le programme
de la fête, la taulejada annuelle avait été remplacée
par un

dîner

que

l'Académie des Jeux Floraux et

le Bureau de ïEscòla Occitana devaient offrir, dans
les salons du Grand Hôtel, à M. Gaston Doumergue,
modérateur en exercice de l'Académie. A la fin de

banquet, M. Armand Praviel lut le télégramme
notre vénéré capiscòl Prosper Estieu qu'une lér
gère indisposition avait empêché de participer à no¬
tre fête.' Après quelques paroles pleines de finesse
et d'à proposée M. Gaston Doumergue, le grand lau¬
réat de l'année, M. P.-L. Grenier, prit la parole en
ce

de

ces

termes :

�LO

GAI

SABER

127

Senhe Président, Senhes Manteneires, Senhes

Àfèstres en Jòcs Florals.
Vos prègui de recebre
Vhomenatge de mos remerciaments. Avètq coronat mon òbra, e m'avètf
convidat à me venir sèire al-mièch
dins aquesta taulada; ne soi nros e

fier,

encara,

de parlar

en

de

vos-aus

fier;

uros e

lengua d'òc davant

vòstra illustra Companha, fondada per la conservacion e Vespandiment glorios de nòstra len¬

foguet fòrabandida tres-cents ans.
Ara, Senhes Manteneires, los dreits de la lengua
d'Oc son reconeguts
e mantenguts per vos-aus ;

gua que ne

siaguet£ lau^ats e remerciais.
Los VII Tolo^ans fondadors devòstra Academïa, la plus vièlha de tota l'Euròpa, pòdon dor¬
mir en pat\; gracia à vos-aus, gracia à nòstres
mèstres Prosper Estieu e Antonin Perbòsc, gra¬
cia als generoses donadors Teodòr
O^enne e Fabian Artigue, lor lengua es tornada intrar dins
ostal, embelit, enriquit e restaurât.
Es per acò qu aqueste ser, al mièch de vos-aus,
vòli beure à son avenir e à VAcademìa dels Jbcs
Florals.
son

Les applaudissements accueillirent ces fières pa¬
roles. Puis, une soirée intime se déroula dans les
salons de l'Hôtel, où poètes occitans et français,

mainteneurs, maîtres
dans leiirs

et lauréats se firent

applaudir

œuvres.

LA DIRECTION.

�LO

GAI -SABER

Lo Pàstorellet de la Vall

d'Arles

Le Roussillon a perdu son premier majorai. Lo
Pàstorellet de la Vall d'Arles a quitté sa houlette.

demi-siècle, ils étaient dans les Pyrénéesentretenir la flamme occi¬
Justin Pépratx, Oun Tall et Mossen Bona-

Il y a un

Orientales trois poètes à
tane :

font.

penchait sur le passé catalan, fouil¬
parchemins, se liait d'amitié avec Jacinto Verdaguer, et, en attendant de traduire l'At¬
lantide et de donner asile chez lui au grand aède
barcelonais persécuté, affirmait au Banquet littérai¬
re de Banyuls-sur-Mer, le 17 juillet 1883, nos origines
Pépratx

se

lant archives et

latines.

Llengua que Roma eus donà...
disait-il fièrement ; et les Roussillonnais

gueillir

en

songeànt à ce passé de

de s'enor¬

gloire et d'his¬

toire.

reposait dans la fantaisie lyrique de
monologues les chercheurs penchés sur notre

Oun
ses

Tall

folklore.
Dans

son

petit presbytère duVallespir,

l'abbé Bo-

nafont écoutait chanter lo Pardal et traduisait An¬
toine Joffre. Las Bruxas de Carença furent les bon¬
nes fées qui désormais se pencheront sur les

cahiers

poète catalan. Elles éveilleront en lui le sens du
vocabulaire poétique. " Le peuple, a noté Jean Amade, l'a beaucoup aidé à reconstruire cette langue, car
son œuvre recèle un vrai
trésor d'expression popu¬
du

laire ".

L'inauguration de la Vierge d'Oliva à

Banyuls-

sur-Mer en 1887 va lui permettre de proclamer sa foi
en la Muse romane: "Assez d'humilité, s'écrie-t-il ;
Prou

avergonyiment, menguesy menyspreus

Et le bon abbé fait

sa

!..

gerbe poétique, parmi la

fé-

�LO

rigoule et le genêt
rent

GAI

sous

SABER

129

l'olivier des Aspres. Ce fu¬

les Ays !

Nous

nous

sommes

demandés comment l'œuvre

capitale du poète, fils de la lumière et de la séréni¬
té évangélique, avait pu être un recueil d'élégies.
Mossen Bonafont nous a répondu dans sa préface.
L'âme est une exilée. La vie n'est qu'une épreuve et
une attente. Les fleurs mauves qui croissent au bord
des tombes doivent fleurir la table du poète penché
sur l'au-delà.
L'home que no ha plorat, que sab
ell ?.. Jo he cantat cada vegada que he sentit lo
menester de plorar.
Les Ays dépassent d'ailleurs les doléances des ha¬
bituels rimeurs. Le pathétique des épisodes s'y affir¬
me dès les premières
pages. Ce sont les journées de
famine et de révolte de 1475, Fam y Sanch, le conte
lamentablede Guilhem de Cabestany, l'agonie de Jé¬
sus au Mont des Oliviers. L'églogue voisine la tragé¬
die. Et Ma

Vall

nous

berce de tendresse

bucolique:

Que m' trigava te véitre, 0 ma vall anyorada !
D'afecte 1111a visita avuy te vinch à fer.
Ma anima, temps ha, ja marciday cansada,
Baix tafresca alenada,
S'aixampla, delitosa, y respira ab plaher.
Le maître de Maillane avait approuvé la Garbera
Catalana. Cette anthologie, préfacée par le chanoi¬
ne

Boher, avait été le premier contact de l'abbé Bo¬

nafont avec le public, et avait fait œuvre utile. Ce
n'est cependant qu'en 1913 que la gloire visite le pres¬

temps-là, les poètes ca¬
fait oraison à sainte Es¬
telle, mais Mistral, qui connaissait tous les bons ou¬
vriers de la langue occitane, songea à s'attacher l'au¬
teur des Ays, et le Capoulié épingla au camail de
mossen Bonafont la Cigale de Gascogne ou du Gers.
Pendant longtemps nos bibliothèques catalanes
étaient obligées de s'approvisionner en Catalogne,
bytère d'Ille-sur-Têt. En

ce

talans n'avaient pas encore

les Ramblas. Nos libraires perpignanais ne con¬
naissaient que le Pade Casa dej. Pépratx, les Ca-

sur

�lo

gaisaber

talanades de Oun Tall, les Ays! de mossen Bonafont. Aujourd'hui, dans le silence du studio, nous

feuilleter Roses y Xipres de J.-S. Pons,
plou de Caries Grando, Mare terra de Paul
Bergue, Cami fent du chanoine Caseponce, Aygues Vives de Simone Gay, Tochs de Gnerra d'Ho¬
pouvons
Fa sol i

race

Chauvet, FLors d'hivern de Jean Narach.

Le

renaissant

mouvement

est

lancé

:

la

Mainte¬

catalane, si longtemps souhaitée

par Mistral,
Balaguer et Francesch Matheu, a été réalisée par Caries Grando. Le
Genêt d'Or a fourni des disciples à ces maîtres.
Lorsque M8' Patau, sur l'initiative de M81 de Carsalade du Pont, fit entendre pour la première fois le
Sermon de la Passion en catalan, ceux qui se pres¬
saient autour de la chaire de Saint-Jean purent croi¬
re à un hommage d'un
jour. De 1917 à 1934, la thé¬
orie des prédicateurs fidèles à la tradition nous a
permis d'entendre le chanoine Jampjç mossen Barcelo, l'abbé Bo.rateu, l'abbé Castella-Roger... Le
chanoine Bonafont fut une des voix éloquentes de ces
nance

vainement

tentée

par

Victor

Vendredi-Saint.

L'âge n'avait

éteint l'enthousiasme du po¬
trois ans encore, nous vimes
le vénéré octogénaire venir se mêler à nos Jeux,
gravir en séance solennelle l'estrade du Théâtre
Municipal, et, dans un discours magistral, donner ses
conseils aux jeunes poètes catalans.
Maintenant le poète s'est tu. Celui qui au matin de
notre Renaissance évoquait les fées,
groupait au son
du flabiol les figures de notre Epopée catalane, et
nous attendrissait sur le Roure
desfellat et la Veu
de la Fon, est allé rejoindre le grand Evêque qui
releva les ruines de Saint-Martin du Canigou et re¬
mit en honneur les
Goigs de nos vieux sanctuaires.
ète des

A

pas

Ays! Et, il

nous

y a

de maintenir et de

nous

souvenir.

François TRESSERRE.

�L/Ort dels Trobaires

A

Cigai a

ma

d'Or

Avuy dins ton

estoig, de fret boy arrodida,
soniïa en pau, ò ma Cigala d'Or;
Demà, te despertant alegre y espompida,
Rigue-rague far as al baf de la calor.
Dorm y

Desd'are, que ta veu sigui ben amanida;
Tinguin los teus sorolls los clams del trobador,
En tos eterns xius-xius
Lo

diguis-nos, agrahida,
qu'han fet nostres Vells, y 7 que vol nostre

Fes ton

primer coblet per la colla amistosa
t' han dut en mon florit and à ;
Dònd gracies per mi à llur mà bondadosa.

De sabis que

Ja

que, de Canigò à ran de Perpinyà,
Tothoni t'escoltarà, ò Cigala fressosa.

Cànte, fins al morir,

y

clar,

y

català!

JOZÈP BONAFONT
Lo Pastorelht de la

Ays

y

Albades,

p. ig.

Vall d'Arles

cor.

�LO

GAI SABER

L'Amor del Païs

Jan, lo lauraire, de lasièra
Un jorn d'estiu s'èra endormit
bòrd del caminòl e long de la costièra.
Dins l'òrre sòm, somiaba qu'èra

Sul

De

—

son

païs fbrabandit.

Qu'ai fait, di\ià nòstre lauraire
castiamenti

Per aber un tal
Ont

son

partits mos bibus, trigosant mon
terraire,
E vau morir de languiment!

araire?

Ara soi lènc de mon

Ont

es

la pesa

tant plantera

Ont veniai menar mon

E lo camp

granibol, long de nostra ribièra,

Ont veniai revirar

Tre que se

Se

parelh?

la terra,

levaba F solelh?

Aqui, dins la pats sobeirana,
Lo matin, quand la for que nbl
durbts als potons del jorn subre la plana,
Ai au\it tindar la campana
De nbstre cloquièr carsinol;

�LO

GAI

SABER,

Mai ai vist

Ai

fugir de l'erheta f} |
retipaba
Que
un vert vélos,
vist fugir sobent, al bruch de ma carrela,
Dins la pradela, una laupeta, .
Que montàba dïii's lo "tel bl'os.
\î

■

Ont es, ara,

J.. ;

i i

,

f i f '~t

i;:,,

lo miu campes tre,

; •

,

'

Mon

pais, mon car terrador, ; :-, ^
pair al, Postal ont fa bóń• estrei
Qui donc se- ri serà'réndut mèstre,
E per qui sab qun iraïdor?—

Lo vièlh ostal

Mas

un

Dins lo

ventolet que

pasaba

felhum ambe 'ls autels;

Aupiguèt, d'amont-naut,

a quel

planh
E, del valent que somejaba,
Faguet sulcòp durbir losèlhs.
-

■

que

.

montaba,

\

Un ventolet, d'una

bufada,
Faguet durbir sos èlhs ri^ents...
Jan lo lauraire, uros, se ri tornèt sus l'arada-,
Subre
Per i

sa

terra tant aimada

seguir

sos

biò us lurent s.
PÈIRE GARDES.

...

I'

�GO

Lo

GAI SABER

Fogal dels Contaires

Conte de Mièch=Polet
còp, dins una bòrda de la Pièja lauragueza, i
polet mal nascut qu'abià res qu'una ala,
qu'un èlh e qu'una pata. A eauza d'acò, l'apelàban
Un
abià

un

Mièch-Polet.

jorn, Mièch-Polet

Un

Vòli

—

anar veze

E lo garaqui
fèlhas secas, e

diguèt à la Cloca, sa maire:

lo rei à Paris. Cocorico !

partit. Lèu vejèt

un

riu tôt comol de

lo riu li parlèt atal:
Mièch-Polet, mon amie, neteja-me un pauc,

—

m'estofi !

que

plan lènh e som presat. Neteja-te tu-mèirespondèt Mièch-Polet.
Un pauc plus lènh, Mièch-Polet vejèt un petit fòc
qu'ensajaba de cremar de brancas banhadas, e lo
fòc li parlèt atal :
Mièch-Polet, ventalha-me ambe ton ala, o vau
—

me

Vau

! li

—

morir !

plan lènh e som presat. Ventalha-te turespondèt Mièch-Polet.
Plus lènh encara, còsta un bartàs, auziguèt lo
vent que li cridaba:
Mièch-Polet, escarta un pauc los branquets
d'aquel garrabièr, per que pògui pasar plus aizidaVau
mèime ! li
—

—

ment
—

!

plan lènhe som presat, li respondèt lo mal
pracò, se te cal qu'acò, tè, pasa vite, mentre

Vau

nascut;

garrabièr!

mon ala escarti los branquetsdel
Enfin arribèt à Paris. Pensatz plan qu'èra un pauc
las. Acò 's pracò que lo cozinièr del rei lo poguèt

qu'ambe

�lo

gai

saber

lèu

agafar. Acò fait, lo metèt dins una ola plena
d'aiga.
Aiga, braba aiga, cridaba aqui Mièch-Polet,
montes pas tant naut, que me vas negar!
L'aiga respondèt:
Mièch-Polet, bremba-te sò que me diguères
l'autre jorn ! Ieu tant-ben, som presada, que lèu me
cal èse bolhon per la taula del rei !
E l'aiga montèt encara plus naut. Quand aquesta
comensèt à èse cauda, Mièch-Polet, dezesperat, cri—

—

dèt:
—

Fòc, brabe fòc, atuda-te, o vau morir!

Lo fòc li

respondèt:

Bremba-te, Mièch-Polet, sò que me diguères
l'autre jorn ! Ieu tant-ben, Som presat, pramor que
—

lèu

,

te

cal èse còit per

la taula del rei !

E lo fôc flambèt e pètejèt mai que jamai. Mas g.araicl que lo gat e lo gos se disputèron la milhora plasa dabant lo fogal. Tant se disputèron que n'arribèron als còps de dent. Dins la
batèsta, escampèron
l'ola ont Mièch-Polet fazià son acte de contricion.
L'ola escampada, Mièch-Polet tombèt mièch-mòrt
dins las cendres, e lo cozinièr lo jetèt per la fenèstra. Alavets cridèt:

Vent, brabe vent, pòrta-me subre tas alas al
païs lauragués ont som nascut e qu'auriai pas degut
quitar !
E lo vent li respondèt:
*-!
Coma me brembi encara sò que faguères per
ieu l'autre jorn, ai pietat de tu e te farai reveze ton
païs.
:)|;
,
"
.
E, dins un res de temps, lo brabe vent d'Autan lo
pauzèt al cimèl del cloquièr de Fendelha, ont es èricara ambe son èlh, sa pata e son ala.
—

—

'

c'

(Contes

e

Legendas.)

prosper estieu:

l

�ï3 6

s,

nu'

«

i.-io

jîîi;;

lo gai saber

-4.*

'•

:

La Farsa del Ruscadièr
« La Farce du Cuvier &gt;&gt;

Adaptation, modèrna de
(seguida

e

fin)

,

;

PERSONATGES:

laquinôl,
Sa femna,

faqueta, la maire de sa femna.

SÈNA III
La femna. Mon

Dius, venètz à

mon

secors,

ajetz

ma paura ama. Tiratz-me d'aqui, JaquiPortatz sècors à vòstra femna, sortisètz-la

pietat de
nòt.

d'aquel barquet.
Jaquinot. Acò, es pas sus mon rollet.
LA femna. Som perduda, me som tota macada,
tofì. Ailàs ! per Nòstre-Senhe, mon brabe
tiratz-me d'aqui.

Jaquinot. E,

as que te

virar del autre costat.

La

femna. Mon bon òme, salvatz-me
coneisensa. Donatz-me la man.

Jaquinot. Acò,

es pas sus
mòrt m'i tendrai.

La Femna.

Ailàs!

Qui

m'ésòme,

me

mon

! Pèrdi déjà

rollet. Duscas à la

delibrarà ? Lo trespàs,

segur.

Jaquinot, legisent son rollet. Pastar, enfornar,
lavar, cèrne la farina, far la ruscada.

�lo

LA Femna. ' La
se

gai

saber

ven tota

sang me

freda. Me mòri,

rn'ajudatz :pas.

■,

Jaquinot, legisent totjorn.
Anar, venir, trotar, corre.
La Femna. Arribarai pas

Jaquinot. Faire lo

pan,

La Femna. La raan,

à-n-aqueste

ser.

calfar lo forn.

Jaquinot; sentisi qu'es la fin.

Jaquinot. Portar lo blat al molin.
La Femna. Abètz lo còr mai dur

qu'un

gos.

Jaquinot. De grand maitin faire lo lèit.
La Femna. Ai ! crezètz donc que

sia

per

rire ?

Jaquinot. E pèi, metre l'ola sul fòc.
La Femna. Ai ! Ai ! ont

es

ma

maire Jaqueta ?

Jaquinot. Tene la cozina pròpra.
La Femna. Anatz

me cercar

lo rector !

Jaquinot. Ai legit mon papier duscas al cap, e vos
prometi sens mai de paraulas qu'acò es pas sus
mon

rollet.

La Femna. E

perqué?

Jaquinot. Per la bona razon que me n'abëtz pas
parlai. Salvatz-vos d'aqui coma voldretz. Per ieu,
vos

n' tirarai pas.

La Femna.

qualcun

Agaitatz dins la carrièra se i aurià pas
secorir.

per me

JaqUinot. Acò,

es pas tant-pauc sus mon

La Femna. La raan, mon
de me levar tota sola.

rollet.

dos amie ! Ai pas la fòrsa

�138

lo

gai

saber

jaquinot. Ton amie, ieú? Pòdes plan dire «ton plusgrand enemie». Te voldriai veze mòrta.

SÈNA

IV

Jaquinòt, Sa femna,

e

Jaqueta.

Jaqueta, de defòra. E! Durbisètz donc.
Jaquinot. Qui truca à la porta?
Jaqueta. Som ieu,
veze

cosin

tôt

som

vòstra maire Jaqueta. Veni

marcha aici.

Jaquinot. E ! Tôt marcha plan, ja
mòrta. Totis

mos

que ma

vòts.son comolats ;

femna

e gara

es-

m,'a-

qui rie.
Jaqueta. An tuat la miu filha ?
Jaquinot, tranquillament. S'es negada dinslo

rus-

cadièr.

Jaqueta. Asasin, qu'es quedizes?
Jaquinot. Prègui Dius

s'emportar

son ama,

e sant Danìs qu'abant de
lo diable li fague petar los

rens.

Jaqueta. Ailàs!

ma

filha

es

mòrta !...

Jaquinot. S'es acatada en torsisent la farda, aquesta li i a escapat, e es tombada de rens aqui-dedins.
La Femna. Ma maire, som mòrta
secors de vòstra filha.

Jaqueta. I

vau

Jaquinot. Acò,
Jaqueta. Abètz

se

venètz

pas

al

! Jaquinot, ajudatz-me, se vos plai.
es pas sus mon

pas

vergonha ?

rollet.

�lo

La Femna. Al

gai

saber

139

secors.

Jaqueta. Canalha ! la laisaretz morir atal ?
Jaqùinot. S'a que ieu per ne la sortir, i demorarà.
Vôli plus èstre son bailet.
La Femna.

Ajudatz-me !

Jaquinot. Acò, es pas sus
cèrqui, i òc tròbi pas.
Jaqueta. Anem, Jaquinot,
me

mon

rollet. Per tant

pron

que

de fadezas ! Ajuda-

à levar ta femna.

Jaquinot. Per mon ama, cedarai pas, se me promet
pas que, d'ara en dabant, serai lo mèstre dins mon
ostal.
La Femna. Se
còr.

me

sortisètz d'aicì, òc

prometi de bon

Jaquinot. Es plan vertat?
La Femna. Farai tôt lo recate, e vos
sò plus mens.

demandarai

que

Jaquinot. Alavets, la cal tirar del barquet. Mas, al
nom de totis los sants del Paradis, vôli que tenguetz
paraula.
La
es

Femna. Mon

amie, jamai plus vos contradirai,

promés.
Sortison la

maluro\a del ruscadièr.

Jaquinot. D'ara en dabant; serai donc lo mèstre,
ja que ma femna ôc vol.
Jaqueta. Un ostal ont senhoreja lo dezacòrd pôd pas
prosperar.

se ven de veze ;
siu ôme, per tant bèstia o mal

Jaquinot. Atal,

la femna que, del
après que siague,

�ló gai sá'ber

140

vòl faire
La

son

Femna.

bailet,

Plan

un

mal

jorn
me

o

n'

Tant-ben, à partir de uèi,

l'autre
som

es

ieu

dedins. Serai la sirventa, com es

Jaquinot. Qun bonur,

se

se

n' repentis..

trobada, ailàs !
farai tôt lpmon deber.
que

lo mercat ten ! Vjurai sens?

socin.
La

Femna. Sens socin, vos òc prometi, e es plan,
juste. A partir d'aquesta ora, seretz lo mièstre dins
Postal, es entendut.

Jaquinot. Pas mai que vos, d'ara en dabant, serai
pas dolent. Mas, vos òc dizi dosament, vòstra fadeza m'abia mes lo cap al envèrs.
Se virant

vers

Vauditòri.

M'auzisèfz totis vos-aus ? Ma femna vòl plus
faire de ieu son bailet. S'acò 's atal, e atal cal que-

siague, l'aimarai totjorn,

e

la pats serà dins Pos¬

tal..
Adisiatz !

(RIDÈU)
Cecilia CUXAC.

;

�Libres Novèls
Cadichoun e Caddetou, per Simin Palay (in-8, 20 p.) Libr. de
l'Escòla Gaston Febus.— Nonce Gasconne, pér Cesari Daugé
(in-8, 32 p.) Pau, Marrimpouey. — La Repatriado, per Mery dé'

Bergerac (in-8, 16 p.) Bergerac, Ed. «Les Abeilles». — Lou
Malerant, per Renat Farnier (in-8, 22 p.) Lemôtges, Irripr. Dupuy-Moulinier. — La Farso d'al Bugadou, per l'abat Farenc (in8, 20 p.) Lavaur, Imp. artistica. — Taritatous, per A. Benazet
(in-8, 128 p.) Vilafranca-del-Roèrgue, Salingardes. — Lo Metge de Cucunhan, per jan de la Rôca, 2» ed. (in-8, 30 p ) Castèlnòudari, Edicions Occitanas.— La Bounéto de Bépou, per Loïs
Rouquier (in-8, 78 p.) Paris, Peyre. — Lou Cami dal Bouniir,
per A. Macabiès (in-8, 28 p.) Narbona, Est. del Lengadôc. —
.Lotis Dous Gavach.es, per Emili Barthe (in-8, 38 p.) Narbona,
Est. del Lengadôc. — Las Palmos de Banodor, per Emili Bar¬
the (in-8, 32 p.) Bezièrs, Ed. «des Pages d'Oc». — Nino, per
Emili Barthe

(in-12,

Loti Barbie de

112

p.) Bezièrs, Ed. «des Pages d'Oc».

Sauset, La Calandro de Basco,

per

—

Alcidi Blavet

{in-12, 126 p.) Avinhon, Romanilha.
En sò que pertòca lo teatre d'Oc, nos cal reconeise
que las grandas, las bêlas comedìas o tragedias que fan sensacion màncan. Acò vòl pas dire
encara

pels felibres à escriure
pògue pas trobar dins
lors èbras, per tant pichonas que siaguen, de cauzas
polidas e dinnas d'èstre senhaladas.
De Gasconha, Simin Palay, qu'a déjà alinhat una
bona tièra d'òbras per la cèna, nos a mandat una
comedia en un acte, en vèrses, que retipa una farsa
del atge mejan, totjorn popularia : un landés e un
que i aje pas grand meriti
de pèsas de teatre, e que se

biarnés tòmban del Paradis per

venir faire

un

viat-

ge sus tèrra; coma an plan bon còr, fan l'almòina à
dos pelerins que pàsan, e dont un sembla que siague
Nôstre-Senhe; recébon d'el l'estèc per metre lo dia¬
ble dins un sac. Esclaires e troneires son aqui de la
se compren. I a de vida,
mêmes un polit raconte descriptiu
braus landeza:

fèsta, acò

de moviment, e

d'una

corsa

de

�LO

142

GAI

SABER

Se sabét

Que la

pas ço qu'es, ne me biénits
course per nous n'é pas que

pas dise

trufandise !
joc noble, un joc de baient, de coumbat,
joc mè bèt que tout!...
Cadichonn e Caddetou deu far plan rire. E belèu tant-ben la Notice Gasconne del
majoral-abat:
Ou'es

un

Un

Daugé, qu'es, sens cap d'intriga, la reconstitucion, sul
teatre, d'una nòsa en païs de Gasconha, en uëit tablèus, ambe fòrsa reprovèrbis e cansons e las costu¬
mas
del païs. Ai pas bezonh de dire que la
lenga
dels dos autors gascons
es una lenga coma sols pòdon l'escriure de mèstres-obrièrs.

Mery de Bergerac, bon poèta del Perigòrd, a esun agradiu acte en vèrses, mièch-francés mièchoccitan, ont las doas grandas lengas de Fransa,
qu'èran enemigas, finison per se reconciliar. Recomandi La Repatriado
(La Réconciliation) als organizators de vespradas que sàbon pas gaire ont trobar
de pèsas per comensar. Lo Felibre i dis un
polit poè¬
crit

me

del

autor

paregut antan dins son libre De Ram-

pan à Guilhanèu:
la dins lo Perigàrd
Un tant bel

e

tin lengage cantaire !
tant clar, un tant dos paraul'is,

Talament amistos, talament calinhaire,
Que degun sab l'escriure, e degitn lo legts!

Dins Loil Malerant (Le
Renat Farnier nos mòstra

Chemineau), lo majorai
un

ostal lemozin

ont

i

a

l'izanha perque lo Janton e la Mimi vòlon maridar
lor filh Lucian, cadun li cauzisent una nòbia à son
grat, alavets que lo jovent a déjà fait sa cauzida.
Arriba un malerant que, asabentatpel Julian, dezen-

catèla als parents, mentre que
manja e que beu, sos
remembres d'antan : los tracases del Janton
quand
los sius vièlhs lo volian maridar contra son
grat, e
lor bonur de totis dos quand se
foguèron mandats,
e la valensa de la Mimi al
temps de la guèrra, etc...

Esmôuguts, los vièlhs dònan lor consentida à Lucianper que se maride coma li plai. Es un acte agràdiu,
plan menât, ont i a d'observacion justa, en pròza

�LO

•simpla

e

GAI

SABER

popularia, e per aquela
galicismes.

razon

clecada per de

143

de còps

ea-

Cadun conei la Farsa del
Bugadon, o Farsa del
Ruscadièr, la vièlha comedia del atge mejan, totjorn interesanta, ont l'òme finis per trïomfar de la
femna que voldria faire d'el son bailet.
L'adaptacion
■en vèrses de uèit silabas
que n'a fait lo canonge Farenc, de la Campana del Agot, es de recomandar.

Taritatons

es

lo darnièr libre del felibre de Vila-

franca-del-Roèrgue
ven

que

lo Consistôri de Clarmont

d'elegir majorai. En Auguste Benazet abia donat,

•duscas ara, mantuns libres de poèmes o de contes

en

pròza. Aqueste còp, es pel teatre qu'a escrit. I a
quatre comedias, vertadièras farsas sens pretencion,
que nos contan la vida de Vilafranca al temps vièlh:
•cènas de plaidejaments, que se
pàsan à l'audiencia,
à la Comuna, sul Guiraudet, la
pasejada de Vila¬
franca. M'an agradat encara mai las uèit
pichonas sainetas escritas per un
Guinhòl, e dedicadas « A Janet,
moun
efant, per que, ambe sous taritatous de bouès,
fague ausi à sous joubes escoutaires afransimandejats cauco.s paraulos en Lengo Nostro.w Dizi pas que
tôt i siague perfèt e
reprezentable dabant d'enfants,
mas
s'i pòd trobar de bonas cauzas
per garnir un
repertòri de «GuinbòE). Que que ne siague, es lo primièr teatre de «Guinhòl» occitan, e nos ven del

Roèrgue.
Acò

fa sovenir que Lo Mètge de Cucunhan,
jols èlhs la segonda edicion, e que m'alasi
de recomandar, foguèt créât al Guinhôl de Casme

•dont ai
pas

tèlnòudari

-calpradas

en

per

1925, ambe de tostonas subrebèlas

Malacan

e

de ries décors pintrats

es-

per

Paul Sibra. Tèxte e ilustracions fan
d'aquel libròt,
dizon los castilhans, «una preciosidad ».

-coma

Ambe Loïs Rouquier, cônse de
Levallois-Perret,
natiu de Pechserguièr, demoram en
Lengadòc.
Sa comedia en dos actes en vèrses auria
pas grand'

mas

•cauza

d'original

—

eternala istòria del

amoros

que

�LO

;i44

GAI SABER

reusis à espozar sa
li fazent creire qu'a

nòbia malgrat son bèl-paire en
demembrat sa boneta ont calia.
pas(!) — se la lenga, granada, saboroza, èra pas
aqui ambe tota sa riquesa, tindant com una muzica
alegraira suis pòts del pagés Frescat, de sa filha.
Biebou, de Bepou lo calinhaire, e del pelhaire Gargalhau que canta la lauzenja del vin e de la tèrra
maire. Los vèrses plan fargats, sobent en biais de
reprovèrbis, son abondozes :
Qu'un moucadou

—

Pur élo que s'en créi coumo s'avio pas d'ancos!
Quand un autre es pel sol tout courts à las

—

La

grafia,

coma se

vei,

se

—

trancos.

—

meritaria d'èstre mçlhor
qualques goo

sonhada. A la fin del libre, un lexic de
o

)ooo

mots.

Lo felibre Macabiès a escrit una corta «pèço mutualisto en vèrses patouèses», per mostrar que Lou
Cami dal Bounur es dins lo sentiment e la pratica.
de la mutualitat. I auria de cauzas à dire sul moviment cenic que mànca de vida, sus la lenga qu'auria

plan bezonh d'espurgar. L'autor, segur, farà melhor,.
perque comensa à pena d'escriure en lenga d'òc e
ja que tròba de polits vèrses com aquestis:
Quand l'èrnha
E la vida deven

es

dins lo

una

cor,

carga

lo malttr s'encatèla

crtidèla.

Per aquel exemple, me permeti de mostrar al amie
Macabiès cosin se deu escriure la lenga d'Oc, quand
òm vòl ne faire quicòm mai qu'un pâtés sens tenguda literaria. E, amb el, podrian profitar de la litson
los felibres del Narbonés e de Bezièrs. Es pas al

majorai Emili Barthe que mandarai una litson d'escritura, perque s'el escriu pas en grafia clasica, essolament que vòl pas. Mas sa lenga s'es retament
amelhorada, e i caldria pauc de cauza per la metre
al punt que vòli dire. Tôt just s'ai relevât, dins sos.
très darnièrs libres, qualques mots coma «caractère,,
cadèu, rêve, ressut o reçu, mespris, soufrit». En escambi, qun vocabulari pintoresc, qunas espresions

�LO

Taras,' qua
•dels

GAI

SA REK

'45

e viu ! E quna coneisensa
de las femnas! A la Prefecturo, Ba-

dialogue natural

ornes...

c

nodor, pèrdou que lous doussiès que vòlou pas
.troub.a!... Fa toujoùr plasé as deputats d'i fa
■creire que vous où rendut seroici, quand mêmes
i siogou pas per res, etc...
Dins Lous Dons Gavaches,
Emili Barthe nos
môstra doas joves postièras dins lor burèu de Com-

ba-Florida,

se

trufant del brabe monde,

e susprezas

per dos inspectors que s'èran mudats en gavaches.
La pèsa es de recomandar, de tôt punt. Ne dirai pas
•autant de Las Palmos de Banodor, ont la femna
del cansonièr es trop lèu prèsta à pagar, siague al
•conse

Gafarot, siague al emplegat Gisclet, las palmas

•academicas de

son

òme.

lo moviment màncan pas dins aquelas
un acte e en pròza. Lo moviment
manca pas tant-pauc dins Nino, pèsa en très actes
en vèrses tirada del roman de Vigné d'Octon
«Les
Amours de Nine»; e aie! l'esperit laisa la plasa à

L'esperit

doas

pèsas

e

en

l'emocion. Es

una

bêla trancha de vida del terraire

qu'Emili Barthe ven d'ajustar à son òbra déjà pron
granda. Nina, polida pastorèla, a donat son còr al
pastor Simonet; mas son paire Pibrou, qu'a bezonh
d'argent per remontar sos afaires, li voldria trobar
un partit mai abantajos.
Urozament, lo vièlh pastre
Vedrinèl, que Pibrou a retirât dins son ostal en
■comptant qu'eiretarà de son argent, prend lo partit
■dels amorozes contra Pibrou, e contra Prospèr, lo
prétendent veuze e vicios, mas rie, e creancièr de Pi¬
brou. Tôt finis coma cal, aprèp de cènas aurajozas,
per la mòrt de Vedrinèl, que laisa tôt son argent à
Nina e Simonet à condicion que se mariden.
L'autor es estât geinat dins lo moviment de la pèTsa perqu'a volgut belèu trop
plan seguir lo roman,
■e i a, subretot als actes II e III, de cènas que se se.guison pas trop naturalament. A la lenga d'Emili
Barthe farai totjorn los mêmes reproches de galicis-

�146

LO

GAI

SABER

coma «frissou,
resta, festa, silenço». Epracòlegis totjorn ambe plazer, e i a de vèrses que so-

mes
se

nan e

tindan clar

:

Nous tournarem trouba

quand monto l'aubo lindo ;
toumainai, à Vouro ounte VAngélus tindo,
Dins la moufo desprats, à l'oumbro del brancum,
Nòstres troupèls, veiras, ne far ou tourna qu'un...
Lo majorai Emili Barthe demòra encara lo
lhor de nòstres escribans occitans
pel teatre.
E

doaspèsas

que nos a

laisadas

en

me-

Las.

moriguent lo

regremetentsus-

tat Alcidi Blavet son res
que dos tablèus
lacènadosevenimentsdela vida vidanta, sens capd'intriga. Lou Barbie de Sauset es l'istòria d'un perru¬

quier d'aprép-guèrra que se roïna en razant totjorn
per très sòus e en fazent beure de bon muscat à sas
praticas

; una

joventa, à qui ensenha

una

canson

,

salva generozament de la mizèra lo
perruquièr-poèta. Dins La Calandro de
Basco, vezèm una femna
maluroza qu'es maltratada per son òme, à-n-un tal

punt que son filh, per l'aparar, tua l'òme menasant^
e, del espant, rètròba l'uzatge de la paraula qu'abia perdut. Malgrat de galicismes e de vèrses
trop
"

francimans", i a de
poeticas, coma

tiradas

rai cevenòl.

vertat

ne

psicologica,

e

de bêlas

sabia escriure lo fièr majo¬

Tôt compte fait, se vei que lo teatre occitan nos a
pasdonat encara los caps-d'òbra qu'esperam, e
que sortiran un jorn, n'abèm l'aseguransa.

Jozèp SALVAT.
Cadichoun

e Caddetou : 5 ornes
(1 fr. 75). — Nouce Gascon¬
femnas, figuracion. —La Repatriado: 4 ômes, 2
femnas.
Lou Malerant: 3 ômes, 1 femna
(3. 50). — La Farsod'al Bugadou : 1 òme, 2 femnas. — Taritatous : òmes e
femnas,
figuracion (8.50). — Lo Mètge de Cucunlian : 5 òmes, 4 femnas,
figuracion (5 fr.). — La Bounéto de Bépou: 4 ômes, 2 femnas
(6 fr.). —• Lou Cami dal Bounur: 4 ômes, 2 femnas. — Lous
Dous Gavaclies : 7 ômes, 5 femnas. —Las Pahnos de Banodor r
6 ômes, 2 femnas. — Nino: 6 ômes, 2 femnas. — Lou Barbie
de Sauset : 2 ômes, 2 femnas. — La Calandro de Basco:
3 ômes,.
ne :

òmes

e

—

3

femnas (8 fr. las doas).

�BOLEGADISA

OCCITANA

L'Escòla Audenca

A Carcasona se ven de
■denca antan fondada

reviscolar, oficialament, 1 'Escòla AuAchile Mir. S'èra mantenguda duscas
guèrra, gracias à La Revue Méridionale que bailejaba en
Achile Rouquet.
Es lo 10 d'abrilh que
tenguèt son primièr acamp, ont parlèTon
lo Doctor Girou, lo profesor Renat Nelli e l'abat Salvat.
Sulcôp foguèt establit lo burèu.
Capiscòls d'onor : Prosper Estieu, Paul Gourdou, Jozèp Poux,
J.-F. Jeanjean.
per

■à la

Membres d'onor: Fernand
Lois Alibert, M. Lauth.

Cros-Mayrevieille, Jozèp Salvat,

Capiscôl : Doctor Joan Girou.
Jos-capiscôls : ML Maria Baraillé, M. Aribaut.
Secretari-clavaire

:

Renat Nelli.

Secretari-adjunt : Jaques Doumerg.
Asesors : M.M. Embry e Olive.
L'Escòla Audenca prépara, coma primièra
manifestacion, la
Jornada de VAma Occitana, comensament de las Fèstas de la
•Ciutat de Carcasona, lo
dimenge 7 de julhet. La Jornada compren las manifestacions ordenarias d'unaFèsta felibrenca: Re•cepcion per la Municipalitat, Cortège, Mesa felibrenca, Taule¬
jada felibrenca, Cort d'Amor. La trobairis Filadèlfa de Gerda
ne sera
prezidenta, amb una seguida de dônas e damaizèlas
portant lo vestit del pais.
Per totis entresinnes : vestiduras,
taulejada, jócs florals escolaris, etc... s'adresar al Secretari, lo Senhe Profesor Nelli, 20,

•carrièra del
Las
cas

al

Palais, Carcasona.
inscripcions per la taulejada (22 fr.) son recebudas dus5 de julhet al plus tard. (Hôtel Terminus, Carcassonne).

ABÈ.H LEGIT :
Le

Temps (4. III. 35): article de Jaques Boulenger

sus

" La

Vraie Renaissance" ont legisèm aquelas linhas
que son de notar :
« Comme nos manuels d'«histoire
littéraire de la France»

igno¬
langue d'oc, et notamment
l'apparition subite, au douzième siècle, en Limousin et Gasco.gne, de poètes exquisdontla forme est presque parfaite, ilsignoxent aussi que toute la littérature italienne dérive de nos troubarent notre

littérature

en

latin et

en

�148

LO

GAÎ

SABER

dours et donc de la France. Elle en dérive même si directement
et les premiers poètes italiens sont si bien les élèves de nos
ly¬

riques

imiter plus étroitement, ils composent pres¬
italien, mais en langue d'oc, et cela durant
plus d'un demi-siècle-: si bien qu'il n'y a pas dans l'histoire des
littératures de filiation plus nette. D'ailleurs, les idées platoni¬
ques des troubadours sont encore exactement celles de Dante, de
Pétrarque et du « petit Français », saint François, qui a pour
« dame »
la Pauvreté. Au seizième siècle, malgré l'éclat de Pé¬
trarque et de tant d'autres, un raffiné comme Bembo se vantera
que, pour les
que tous non pas en

encore

dans

ses

Proses d'avoir lu cent de

nos

troubadours,

pas-

moins.

Joignez que les moeurs brillantes et raffinées des coursdu Quattrocento procèdent tout aussi directement de. la civilisa¬
tion «courtoise» de notre France méridionale, que la littérature
d'outre-monts de celle de

loppé

troubadours... Nous

nos

avons

déve¬

idées plus d'une fois dans ce journal et ailleurs, elles
commencent à se faire jour: et l'on aurait aimé qu'en tête de

son

ces

volume

nouveau

sur

s'appliquât à examiner

La

Renaissance

un peu

M.

Furick-Brentano

à quelle date et dans quel

pays

celle-ci s'est faite».
Le Fen ( 15. ni. 354 Pantai lunari, poème de V. Bernard;
Provence, terre séculaire, centre d'Empire méditerranéen, per
G. Boissy, qu'escriu : « La
Provence redevient le centre
d'une action capitale, reprend son grand rôle dans les destins
méditerranéens, dans la sauvegarde de notre indépendancecommune»; Lettres catalanes, per M. Jouveau; trôses delà
Letra pastorala del novèl archabesque d'Aix, S. E. Mgr. Ro¬
ques, que dis: «Qui êtes-vous ?.. Les fils d'une terre d'élection
où, sous un ciel ruisselant de lumière, voisinent la plaine, lesmonts et la mer, décor
féerique chanté par l'un des plus glo¬
rieux enfants de la Provence: Mistral, qui a su définir et carac¬
tériser votre âme toute éprise de religion, de beauté et d'art;
Mistral, poète chrétien, qui, résistant au mal romantique, re¬
trouva dans

l'union de l'idéalisme chrétien

avec le
lyrisme grecoubliée de la pure beauté classique». — SudMagazine (13.
35): Une Exposition d'art roman à Aix-enProvence (nombrozas ilustracions de monuments de Catalonha
franceza e espanhéla).—Le Cadet de Gascogne (,23. m. 35)n
Traditions et Chants du Carnaval, per dôna M. Dufaur.

la formule

un

peu
ni.

CRI-CRI.

Le Gérant

:

E. LEVRA.T.

Impr. Lauraguaise

-

Castelnaudary.

�Supplément

au

N"

128 du Gai Saber

(Juin 1935).

�Y:-'■X•."rY; ;\S

'.

Y.
.

;. .

■.

.

"'•VAi

'■

■

'•'■

■

fYY

V

'

�RAPPORT
SUR

LE

GRAND PRIX DE POÉSIE FAB1EN-ARTIGUE
ET

CONCOURS

f»

m

ifeaiicc

DE

LE

LANGUE

puéítíj UCf 6e

2

D'OC

Jllbai 1935,

PAR

J.

ROZÈS

DE

BROUSSE,

Majorai du Félibrig-e,
quarante Mainteneurs.

l'un des

Messieurs,
A tant de

sujets d'inquiétude qui nous assail¬
Français — même du Midi
que
nous sommes, Clémence Isaure va-t-elle être obli¬
gée d'en ajouter un autre, tout au moins inattendu ?

lent,

pauvres

—

Le nombre de

nos

concurrents

au concours

de

langue d'oc

ne fait que
En 1933 les félibres

diminuer depuis trois ans.
nous avaient
envoyé cent
dix poèmes; en 1934 il n'en ont envoyé que cent
le compte-rond. — Cette année nous n'en aurons
reçu que quatre-vingt-trois.
Alors que nous avons trop de blé — du moins
dans nos greniers — et trop de vin — du moins

—

dans

nos caves

—

nous

faudrait-il constater,
2*

avec

�—

102

—

stupéfaction que d'angoisse, que nous
de cigales dans notre Empire du

autant de

n'avons pas assez
Soleil?

Ce serait la fin de tout.
Rassurons-nous

:

nous

n'en

sommes

pas

à ce

point. La diminution est minime et la qualité
compense la quantité. Et puis les catalans —•
Mare de Dèu!
les catalans sont là. Je dirais
—

qu'ils sont « un peu là » si je n'avais l'hon¬
neur de parler devant une auguste Académie.
Vous allez voir, en effet, que sur huit fleurs de
même

Clémence Isaure les catalans au
or
«

»

s'en

maillot

« sang

et

adjugent quatre. Et encore ils ont le
» chez eux. Le Castillet s'annexe de

Genêt d'or

plus en plus le Verger des Augustines et Toulouse,
de plus en plus, devient une colonie de Perpignan.
Sur tous les terrains... Parfaitement! Même sur
celui de la poésie. Pour celui-là, comme pour les
autres, nous y sommes depuis longtemps habitués
et, le comble, c'est que nous en sommes tout heu¬
ayant en somme conquis nous-même à
Clémence Isaure des mainteneurs et des maîtres

reux,

qui,

comme

François Tresserre, Henry Muchart,

Mme Barrère-Affre et

J.-Sébastien Pons ont ici

autant d'admirateurs que de
La série, comme vous allez

confrères et d'amis.
voir, continue.

a conquis cette année le prix de l'Ode ?
catalan, M. l'abbé Barcelo, du Boulou —
Pyrénées-Orientales, — comme on sait. S'il ne
peut s'agir dans l'espèce du maillot sang et or,

Qui donc

On

ce

sont

du blason catalan
dire, dans le cœur du

bien l'or et la pourpre

qui bouillonnent, si l'on ose

�—

153

—

fougueux félibre dont nous
couronné le lyrisme ardent.
Cette fois

envoi,

une

avons

déjà souvent

retenu, de son abondant
La Columna de Foch.

nous avons

belle ode

:

Cette colonne de feu c'est Sainte-Cécile d'Albi

clocher de pourpre dont le poète évoque en
strophes lyriques la majesté sanglante qui fait
penser aux massacres albigeois et l'élan infini dans
l'azur et dans lé soleil, qui est une ascension de
prière et d'amour. « En haut! Excelsior! Cathé¬
drale albigeoise! Tu incendies le coeur du ciel et
tu fais flamboyer le sang de ton fleuve au charme
vénitien; Cathédrale, c'est d'amour que je te vois
embrasée... Louange à ta splendeur, suprême
orgueil de l'aire! Sois le choeur fraternel des Muses
d'oc! Sois, face au destin, la colonne de feu qui les
et

son

conduise

sans

Sans s'abuser

retard
sur

au

seuil de leur Chanaan!

»

des traces d'un goût un peu espa¬

gnol de rhétorique, et de redondance et sur une
langue parfois alambiquée et surchargée qui peut
frapper de purs catalanisants, l'Académie, il faut
l'avouer, s'est laissé séduire par le souffle de l'inspi¬
ration un peu tumultueuse mais originale et puis¬
sante et, en tenant compte des critiques, elle n'a
pas donné l'Amarante, qui est la fleur de l'ode, mais
une Violette
qui est la fleur de la modestie et du
poème et, en somme, l'une de nos plus belles fleurs.
Dans les poèmes ce sont encore
du Roussilion et,

enfin,

un

deux catalans
provençal qui ont con¬

quis les prix.
De

Pézilla-de-la-Rivière, qui

petite église Saint-Sernin

un

conserve dans sa
autel antique à Diane

�—

154

—

et à

Apollon, M. Paul Bergue, couronné l'an dernier
linguistique Catalan et
envoyé le Poema de la
Platana, le platane qui est le légitime orgueil de la
célèbre allée perpignannaise et aussi le gardien et
le protecteur des vieilles routes royales du Roussillon. Le poète, qui le connaît bien et qui l'aime, le
fait chanter ou frissonner au souffle du printemps,
aux brises de l'hiver et aux
bourrasques de la tra¬
montane, gai compère du soleil, patriarche des
villages et dte la plaine, indulgent aux gitanes et
aux amoureux et insoucieux des « autos »
qui le
négligent — quand elles ne s'y écrasent pas —
et des avions qui
méprisent les routes du sol, leurs
méandres pittoresques et leurs ombrages bienfai¬
pour sa précieuse étude
vieux Français, nous a

sants. Nous

avons

aimé cette évocation vivante

colorée, fi ère et pleine de verve. Si nous avons
apprécié ses développements un peu abon¬
dants, ses dialectalismes parfois qui reproduisent
inutilement toutes les particularités de la pronon¬
ciation, au dire des meilleurs juges, nous nous
rappelons, comme eux, que le poète de Mare Terra:
a eu des
inspirations qui comptent parmi les joyaux
de la poésie catalane du Roussillon et qui ont une
ampleur mistralienne.
moins

Sans valoir les

plus belles pages de M. Paul Ber¬
le Poème du Platane a conquis les suffrages de
l'Académie qui suspend une Eglantine d'argent à
gue

la branche harmonieuse où chantent les oiseaux.
De

Perpignan

El Roure
couronné

nous est venu l'autre poème,
(Le Chêne), de M. Jean Narach, souvent
par nous, auteur d'un beau livre, Flors

�—

155

—

d'Hibern, très apprécié au concours Artigue, et qui,
cette fois, obtient une Primevère. On dirait
que
Clémence Isaure a signé avec les catalans un pacte
le mot est à la mode
aux termes
duquel,
en
échange de leurs arbres, elle leur envoie ses
—

—

fleurs. Mais c'est qu'aussi le chêne de M. Narach

grande allure. Blessé par la foudre, par les siècles
les hommes, son dôme puissant est l'orgue
de l'orage, le musicien de la tramontane, le berceau
des nids et le confident des amants qui gravent,
pour l'éternité, leurs noms enlacés sur sa rude
écorce. « Hélas, dit le poète, plus tard, secouant ses
bras puissants sur les chevelures blanches, bien
plus d'illusions que de glands tomberont alors de
a

et par

ses

branches. Et quand les rameaux les plus secs

réchaufferont dans la cheminée les membres fri¬
leux du vieux poète, peut-être la flambée
crépi¬
tera des chansons des nymphes sylvestres, des
oiselets du printemps et de la jeunesse passée ».
Il

n'y

huit strophes de fiers huitains, d'un
qu'on voudrait peut-être plus expres¬
sif, mais le poème est d'une discrète mélancolie
et d'une sagesse sereine.
Le vieux chêne de
M. Narach, comme le patriarche de la Légende des
siècles, verra fleurir une Primevère à ses pieds.
a que

vocabulaire

Enfin, le dernier poème est, cette fois, d'un
provençal dont le nom paraît pour la première
fois dans nos concours. M. Antonin Joannon, avo¬
cat à Marseille.

Rasin de Crau,! Ce raisin de la

Crau

c'est, à la fois, pour le félibre, celui qu'au
de Mireille portait à Lamartine, « avec
toutes ses feuilles», un jeune «paysan» immortel,
matin

3*

�—

i5G

—

généreux des coteaux de
Chateauneuf-du-Pape, de Tavel et de Cassis, qui
donne la fierté, la jeunesse et la joie et qui porte
au loin la gloire
du pays. C'est le vin dont le
Christ se sert en disant la messe au Paradis. C'est
et

c'est

aussi le

vin

qui donne aux fils de la Provence
sang, ses vertus et ses espoirs. Ces jolies stro¬
phes harmonieuses et entraînantes, qui ne souf¬
frent pas trop de l'ombre rayonnante de la Coupo
Santo, ont valu à notre nouveau lauréat la bien¬

le raisin de Crau
son

venue

d'un Œillet.

Après ces trois poèmes il nous est donné, cette
année, de saluer et de fleurir une pièce rare que
Clémence Isaure ne voit pas souvent dans son

vraie ballade de
celles de Villon,
Marot, de-La Fontaine, de Banville et de Lau¬

: une ballade. Oui, une
forme stricte et régulière comme

palmarès
de

rent

Tailhade

:

Balada Nadalenca. Cette forme

exigeante et diflicile de la ballade, le ton très
spécial qu'elle impose, ont fait qu'on en compte
peu en français et encore moins en langue d'oc.
Je ne vois guère qu'un curieux majorai de la
première heure, W. Bonaparte-Wyse, ami de Mis¬
tral, qui l'ait employée, et quoique irlandais et
par conséquent de langue anglaise, avec une
virtuosité étourdissante, dans un livre rarissime,
Uno Siblado is Arquin (Un Sifjlet d'appel aux
Arquins). La Balada Nadalenca (La Ballade de
Noël), qui est de l'excellente félibresse Calelhon
(Mme Julienne Séguret-Fraysse), institutrice à
Rodez,mèstre en Gai Saber, aussi connue qu'appré¬
ciée dans le Félibrige et ici-même, chante dans la

�—

157

—

sonorité de ses rimes tintinnabulantes, quoique
discrètes, la détresse des pauvres enfants maltrai¬
tés et abandonnés, quand ils ne sont pas lâchement

assassinés,

comme on

le voit trop souvent dans les

faits divers des journaux. « Le vieux malheur nous
a

moulus, pauvrets,

s'étonner si l'on
Prince
nous

Jésus,

sommes

sous sa dent féroce. Comment
voit si souvent mal tourner?

nous

ouvrez-nous

votre

les enfants de la

Sèm los mainats de la

cœur

fraternel,

grande misère.

»

granda mizèra.

Il y a

dans cette ballade la pure langue du
Rouergue, une jolie musicalité, une brillante tech¬
nique et un bon brin d'émotion et de cœur, ce qui
ne
gâte rien. A toutes ces qualités nous avons donné
une

Primevère bien méritée.

Le Sonnet libre est

représenté à notre palmarès
celui de Guilhèm de Nauroza, d'Airoux, dans
l'Aude, l'auteur des Cants d'un Grilh, que nous
avons
déjà souvent couronné. Ce sonnet A Nòstre
Senhe, d'une bonne langue occitane et d'une haute
inspiration, est la prière du laboureur lauraguais
c'est bien Guilhèm de Nauroza
qui demande
à Dieu non la vaine gloire du monde terrestre
mais, quand le jour viendra, la pure lumière du
Paradis. Que ce soit le plus tard possible, cher
félibre! En attendant, comme dans l'Evangile,
vous avez demandé la seule chose
nécessaire, et
une Ëglantine d'argent réservée vous a été donnée
par surcroît.
par

—

—

�—

158

—

Dans la corbeille des
retenu les
et Laus

au

pièces diverses, deux ont
suffrages de l'Académie : Aigua i Sol
Vent.

Avec Aigua i Sol nous voici revenus en
ion et conduits cette l'ois par une jeune

Roussil-

et char¬
mante félibresse, Mme Simone Gay, en exil, si
j'ose dire, à Versailles. Mme Simone Gay, que
nous avons fleurie en 1931 d'un Œillet, est l'au¬

teur

d'un

exquis petit volume de

vers,

Aiguës

Vives

(Eaux vives) qui a été très remarqué au
concours
Fabien-Artigue et pour lequel nous
aurions bien voulu fragmenter ou multiplier le
prix si les termes de la fondation l'avaient permis.
Nous prenons notre revanche en couronnant
Aigua i Sol dont les trois courts poèmes sont des
impressions légères et fugitives, d'un esprit et
d'une facture.très modernes, d'un art, j'allais dire,
impressionniste. Sans séparer ces trois notes de
cristal, nous pensons surtout à Perles &lt;TAigua,
ces
perles d'eau que la vaillante félibresse, abritée
sur un rocher de la mer catalane, voit rouler de
la vague sur ses bras nus. Que lui veut la mouette
qui passe et l'invite aux tentations des lointains et
de l'inconnu? Rien ne vaut pour elle la pure
allégresse de l'eau et du soleil, de la fraîcheur et de
la flamme, la libre joie des vagues marines qui la
flagellent de perles. Ce n'est rien de plus; ce n'est
qu'une note, mais vive, spontanée, d'une langue
pure et d'un rythme subtil. Les vagues avaient
emporté les roses de la ceinture de Marceline Desbordes-Valmore ; elles apportent à Mme Simone
Gay, avec leurs perles, une Primevère d'argent.

�—

Enfin, Laus

i5g

—

Vent, c'est la louange du vent,
Il a suffi au poète de onze
quatrains rapides d'octosyllabes ailés pour saluer
dans son souffle presque épique ce vent « cruel
comme
un
coup de griffe, soyeux comme un
papillon, suave comme une joue qu'on baise
c'est l'ode

et furieux

au

au

vent.

comme

un

torrent », ce

vent que per¬

dompte, que boivent les taureaux en
folie, qui chante dans les bois, qui gronde sur la
mer, qui effeuille la rose sur les tombes de Roux et
de Mistral et qui soutient Mireille défaillante et la
libellule sur les ajoncs. « Tu t'es roulé dans les fleurs
avant d'aller dans ma poitrine t'assoupir pour
toujours, dit le poète; comme un couteau d'or et
de flamme, comme un désir poignant, le vent me
perce jusqu'à l'âme, le vent m'embrase jusqu'au
sonne

ne

sang. »
Ce fier

poème au fougueux souffle lyrique, en
langue limousine, a conquis tous les
suffrages et' nous y avons reconnu le style et le
talent de l'excellent félibre Albert Pestour, le
poète de Lous Rebats sus VAutura qui, depuis de
nombreuses années, a conquis toutes nos fleurs,
tant en français qu'en occitan, y compris le grand
prix Fabien-Artigue en 1931 avec son beau livre
VAutura enviblada (La Colline enchantée). Nous
lui avons donné un rappel de Souci, mais voyant
que nous n'avons plus assez de fleurs pour son
talent et songeant que depuis dix ans il est
mèstre en Gai Saber du Félibrige, l'Académie l'a
appelé à quitter la foule des concurrents et à siéger
parmi les juges en lui octroyant les lettres de maî¬
trise ès-Jeux Floraux qui conviennent bien, en
nerveuse

�i6o

—

—

effet, à

sa vraie maîtrise reconnue dans tout le
applaudie à Paris même par les meilleurs
esprits comme Charles Maurras. En me félicitant
d'être le premier à le saluer du titre de confrère
chez Clémence Isaure, j'ai avec vous, Messieurs,
l'espoir et la conviction qu'il aura à cœur de
partager nos travaux et de nous aider à rendre
justice aux talents divers qui nous font confiance
en venant briguer de tous les coins de l'horizon
Midi et

les fleurs immortelles des Jeux Floraux.

L'Académie

donc

octroyé huit fleurs. Elle
davantage car les œuvres
de grand mérite dépassent ce nombre. Elle a, du
moins, mis à part les meilleures de ces dernières.
aurait voulu

en

a

donner

Elle

a en effet décerné une mention très honora¬
ble à Poèmes de VAdvent (Poèmes de l'Avent), de
M. Edmond Brazès, à Céret; à Pels Casaires

(Pour les chasseurs), par M. l'abbé Sylvain Toulze,
de Gréalou (Lot), et une mention honorable à un
hymne à la Vierge, A Nostro-Damo de la Gardo, par
M. Lucien Desorgues, à Avignon; à un sonnet,
Record de Jouinesso (Souvenir de Jeunesse), de
M. Emile Freydier, à Marseille, et à une couronne
de sonnets, Sus lou Toumbèu de Mistral, de
M. Antonin Joannon, déjà fleuri cette année même
d'un Œillet.

Enfin, l'Académie

a

décerné

deux

prix de

300 francs chacun à deux charmants volumes
Nanet del
Nanet

d'esprit,

:

Rampan et Lou Papo di Fournie.
del

mais

Rampan, paysan
fort clairvoyant à

un
ses

peu simple
heures, est le

�—

161

—

bon

génie qui veille sur les amours honnêtes et
Flora, la jolie fille d'une bonne
vieille qu'on croit un peu sorcière et de Francès,
le vaillant fils des paysans de Cantarane, une belle
ferme du pays rouergat. Cette idylle rustique et
un peu
étrange, du reste très attachante, sert de
lien à de belles évocations du Rouergue, de ses
paysages, de ses mœurs, de ses traditions, de son
folklore et, tout cela, écrit dans une bonne langue
odorante, colorée et fidèle. Tout cela est très
malheureuses de

vivant

fait honneur

et

au

talent des

auteurs,

M.

Eugène Séguret, de Rodez, et sa charmante
femme la bonne félibresse Calelhon, dont nous

venons

de

couronner

la Balada Nadalenca et dont

vivement

apprécié, dans le concours du
prix Artigue, le beau livre Al fiai de las Sazons
{Au fil des Saisons), qui est plein de mérites et
d'agrément et qui n'a eu que le tort de se trouver
en concurrence avec une œuvre un peu plus remar¬
quée.
nous avons

Lou

Papo di Fournié, de M. François Jouve, le
majorai de Carpentras, évoque le Pape de
ceux qui font au four, le Pape des boulangers,
Benoît XII, Jacques Fournier qui fut lui-même
petit boulanger à Saverdun avant de ceindre la
bon

tiare.
Les rudes
ou

se

boulangers d'Avignon qui

disent malheuieux

riche et brillante cité

et

se croient
déshérités dans la

papale, veulent exposer et
exposent en effet leurs doléances au nouveau Pape
qui a été de leur corporation. Le Saint-Père les
reçoit avec une bonté qui n'exclut pas un

�IÔ2

■—

brin de malice

fait un petit livre déli¬
cieux, plein de verve, de bonne humeur et de
gaieté, d'une langue extrêmement pittoresque et
savoureuse. Ce joli livret,
écrit par un félibre
qui est, lui aussi, si j'ose dire, dans le pétrin de
père en fils depuis de longues générations, fait
penser au Sermon du Curé de Cucugnan et au
Lutrin deLadern de notre
regretté maître ès-Jeux
Achille Mir et aux contes si joliment embaumés
et cela

de Roumanille.
Je voudrais

pouvoir parler plus longuement de
petits livres qui méritent bien
les prix décernés, mais j'ai hâte en terminant de
donner le résultat du concours du
grand prix
Fabien-Artigue de 10.000 francs qui, cette année,
ces

deux excellents

échoit à la

langue d'oc.
*
*

*

L'Académie avait reçu pour ce concours

onze

volumes

imprimés de poèmes.
Aucun n'était négligeable. Beaucoup
faisaient
preuve d'un réel talent; quelques-uns, signés de
maj oraux du Félibrige ou de nos plus brillants
lauréats occitans, étaient très remarquables. Mais
le prix Artigue, on le sait, est indivisible.
Après une longue étude, aussi laborieuse qu'at¬
tentive, la Commission de langue d'oc a retenu
deux de ces volumes : La Dame à la
Licorne,
de M. P.-L. Grenier, limousin, attaché à la Biblio¬
thèque nationale, et VOliveda (L'Olivette), de

�—

M.

Jean

163

—

Amade, roussillonnais, professeur à la
Montpellier.

Faculté des lettres de

C'est maintenant surtout que

je voudrais avoir
parler de ces deux œuvres comme
elles le méritent, mais leur étude approfondie nous
entraînerait un peu loin; donnons-en, autant que
possible, une idée rapide et suffisante.
le loisir de

vous

La Dame à la Licorne évoque la fameuse et
mystérieuse tapisserie aujourd'hui orgueil du
Musée de Cluny et surtout l'infortuné
prince
Djem, dit Zizim (1459-1495), fils de Mahomet II,
pour qui elle aurait été faite et dont elle aurait,
suivant la légende, orné les appartements dans la
tour du château de
Bourganeuf, dans la Creuse,
aux limites des marches
limousines où le grand
Maître de Rhodes, Pierre d'Aubusson, tenait le
prince fugitif sous sa protection, une protection
qui ressembla vite à une prison dorée.
M. P.-L. Grenier, en parfait chartiste, a retracé
dans

son

introduction la vie belle et touchante

légende du jeune prince infortuné qui
poète comme cet autre prince captif
Charles d'Orléans, et à qui, malgré son âme et ses
vertus chevaleresques, rien n'a souri, ni la
gloire,
ni le bonheur, ni l'amour. Quoi qu'un peu loin¬
tain pour nous, le sujet était attachant. M. P.-L.
Grenier, au lieu de le traiter véritablement, a
préféré broder en marge de ce thème, en seize petits
poèmes qui sont de courtes notations, une tapisse¬
rie de rêves d'un symbolisme un peu flou qui
rappelle Tel qu'en Songe et la première manière
d'Henri de Régnier. On y voit des fées et des
comme une

fut

un

doux

4*

�—

164

—

enchanteurs, des magiciens et des anges, des fillesfleurs endormies et des sirènes amoureuses qui ne
se

rattachent

au

prince Djem que par un fil très

ténu et, semble-t-il, un peu artificiel. Le poème, en
ce qui supprime une difficulté —
vers libres
—

mais

harmonieux, est écrit en une belle langue
limousine, pourtant pas tout à fait impec¬

littéraire

cable, qui
mais

sans

se rattache un peu aux troubadours,
les archaïsmes de la Chanson de Com-

brailles du même

poète. La Commission a été
tenue de l'œuvre, par sa
et poétique et par sa gra¬

séduite par la haute
mélancolie distinguée

phie occitane que le poète limousin a héritée de
Joseph Roux et a plus étroitement observée en¬
core à la suite de P. Estieu et d'Antonin Perbosc.
L'autre livre, VOliveda, de M. Jean Amade, est
l'œuvre d'une âme et d'une vie. On y sent à

chaque

page

l'émotion profonde, quoique expri¬

mée discrètement et

sans

vaine littérature, d'un

poète en intime communion avec son sol natal,
avec sa chère terre catalane, berceau de ses pre¬
miers éveils, de ses rêves et de ses amours et aussi

reliquaire de ses tombes et de ses souvenirs. Le
Canigou domine sa pensée et ses pages, avec les
amandiers du Tech, les grenades duVallespir et les
œillets des Albères. Le poète, près de la terre, mal¬
gré sa haute culture, nous ferait aimer ce pays,
ces

filles
ves,

pins,
si

aux barratines rouges, ses brunes
qui reviennent de la fontaine, ses fêtes voti¬
ses sardanes, ses cimetières à l'ombre des

paysans

sa mer

nous ne

vermeille

les aimions

aux anses

déjà

avec

des golfes bleus,
ferveur. Mais, en

�—

outre, dans

165

—

livre nous sentons palpiter une âme
ont blessée, que la grande tempête
meurtrie, que la méditation a con¬
duite et maintenue par la résignation et la sagesse
dans la voie des immortelles espérances par delà
les grandes lumières et les grandes ombres de
l'amour et de la mort. UOliveda emploie avec
une suprême aisance toutes les strophes et tous les
rythmes et est écrite dans une belle langue cata¬
lane qui joint heureusement la pureté littéraire au
juste souci d'être comprise de tous, ce qui est
nécessaire si l'on veut que se répande, même dans
le peuple, l'usage de la langue et le réconfort de
la poésie et de l'idéal.
ce

que les deuils
de la guerre a

A la haute valeur de UOliveda la Commission

savait que

s'ajoute, pour M. Jean Amade, la valeur
l'écrivain, poète tant en français qu'en cata¬
lan, romancier, critique, trois fois couronné par
l'Académie française, remarquable historien de la
Renaissance littéraire en Catalogne au dix-neuvième
siècle et, depuis sa prime jeunesse, propagandiste
ardent du régionalisme par le livre, l'enseigne¬
ment, la conférence et même le journalisme.
de

La

Commission, après

s'est trouvée exactement

long échange de vues,
partagée en nombre égal

un

de voix entre la Dame à la Licorne et UOliveda.

Chacun restait

opinion. Enfin, comme le
grand prix Fabien Artigue est indivisible et qu'il
fallait bien soumettre à l'Académie une proposi¬
tion positive, la Commission s'est résignée à suivre
sur

son

la haute autorité de
per

ses

membres illustres Pros-

Estieu et Antonin Perbosc à laquelle s'est

�—

i66

—

jointe celle du général de Castelnau et, finalement,
La Dame à la Licorne l'a emporté à une voix de
majorité, mais la Commission a voté à l'unani¬
mité un prix d'Académie de 3.000 francs à UOlioeda, récompenses ratifiées par la Compagnie
entière qui salue d'une même estime les deux
œuvres et les deux poètes.

Messieurs, si notre concours a été
peu moins nombreux, la qualité des œuvres le
relève singulièrement et, à l'heure ou le Félibrige
porte le deuil du grand chanoine Bonafont, l'inspiré
Pastorellet de la Vall d'Arles », le patriarche de
la Renaissance catalane au dix-neuvième siècle,
nous voyons avec joie ces lettres catalanes fleurir
plus que jamais au milieu de la moisson lyrique,
qui ne leur est pas inférieure, de la Provence, du
Limousin, du Rouergue et du Languedoc et Clé¬
mence isaure, sœur de Sainte Estelle, se félicite
d'avoir un palais pour toutes leurs cigales et des
fleurs pour toutes leurs chansons.
Vous le voyez,

un

«

�LA COLUMNA DE

FOCH,

ODE

06teww

qui a

wwe

Aîiotfette S' aiqewt,

par

M. l'abbé Barthélémy BARCELO, à

Perpignan

(Pyrénées-Orientales).

Sempre, claregi 0 110, qui una volta t'ha vista,
Sempre més portarà dins séu un'alba en flor;
Áixí l'enamorat du l'aimia al
Tal

tragina el

seu mon

seu

cor,

de bells somnis l'artista.

Quinze dies durant la llum de ta presència
Va mantenir-me
Tots els cinc
Com si

en

en

en

l'aire

els cinc brots dels sentits

aguait als ulls embadalits

tu reílorís Beatriu de

LA

Florència.

COLONNE DE FEU

Toujours, que le soleil brille ou non, celui qui une fois t'a vue,
toujours portera en lui une aube en fleurs; — tel l'amant
porte en son cœur la bien-aimée, — tel l'artiste, où qu'il aille,

•—

traîne

son

beau monde de rêves.

Ce fut

pendant quinze jours que l'éclat de ta présence ■—
suspendus les cinq rameaux de mes sens, — tous les
cinq à l'affût, les yeux ravis, — comme si de nouveau fleurissait
maintint

en

toi Béatrix de Florence.

�168

—

Oh l'amor dels ulls
Caricies

arreu

meus

del teu

cos

—

esmunyint-se

en

devotes

tôt rosat!

Movia-hi el silenci invisible teclat ?

Se.u de Santa Cecilia, 'n fluïes les notes ?
I ténia

l'esguard subtilissim olfacte

D'abella al bat del sol, d'insecte llaminer.
Ah ! si ets color de bes i boca de roser,
Com nò beure

en

tes ilums sentors

de

rosa

intacta ?

Quinze dies durant, — oh cèlica pastura! —
Contemplí, amoixi, amb délit sempre nou,
Tes formes i callava : El respir deia prou!
Sols l'encens del glatir t'assolia en l'altura!
Silenci, cant profund...! D'esclafir-me aleshores
Tu i el Tarn i la Dretzo i tôt l'ample Albigés
Que l'altiu campanar sublima a pois i en pes,
Com Pontifex suprem

de la urbs i els afores;

O l'amour de

mes yeux glissant en dévotes — caresses par tout
rosé! — Le silence y mouvait-il un invisible clavier?
Quelles notes jaillissaient de toi, o cathédrale Sainte-Cécile?

ton corps
—

Mon regard avait comme un odorat subtil — d'abeille en plein
soleil, d'insecte épris de douceur. — A voir ta couleur de baiser
et de bouche de rosier, — comment ne pas boire en ta lumière
ces

parfums de rose intacte!

Pendant

quinze jours

—

— mon regard par¬
nobles formes et je me taisais :

ô pâture céleste!

courut d'un désir incessant— tes

je ne faisais que respirer! — Seul l'encens montant de mon
cœur haletant pouvait te saisir dans ta hauteur!

—

Silence, chant profond! D'avoir pu lui donner l'expression due,
toi et le Tarn et Notre-Dame de la Drèche et le large Albi¬

geois— que le plus superbe des clochers élève de tout son élan,
comme suprême Pontife de la ville et ses alentours;

—

�—

i6g

—

Tu i tôt el

pais amorosit d'aromes,
Haurieu, quasi bé, vist lluir de tan clars

Versets i més versets d'un
En cel flor-lliriat de

nou

Cant dels Cantars

briques colomes.

Bo i restant boca-eixut d'amor

Et cobria de fiors l'anhel

a

meravellada,
raig seguit :

Tu la Filla del Rei i Torre de David!
Tu de

l'Espós de

Esposa apassionada!

sang

La tenda de Cedar sols

a

dins

era

bella

:

Tu ets

pulcra al defora i no menys part
I el teu aire 'ns eleva i dilata els confins

De la pensa

i el

cor en mars

—

de dins,

de meravella.

Salve, o de Déu, — el Fort! — sagrada fortalesa !
Quin vent de serafins t'abrusa? En tôt lloc
Els

crepuscles

Enorme

en

son breus; cristal-litzen en
l'encesor de ta casta nuesa?

bloc

Toi et tout le pays,

si doux dans la buée de ses parfums multi¬
resplendir — des versets et des
versets d'un nouveau Cantique des Cantiques — dans un ciel
fleurdelysé de lyriques colombes.
ples,

—

Tout
sur

toi

vous

en

auriez

vu presque

restant muet d'amour

une averse

et la Tour de

émerveillé,— celle-ci répandait
étais, pour moi, la Fille du Roi
tu étais l'Epouse passionnée de l'Époux

de fleurs

David,

■—

:

—

tu

ensanglanté.
La tente de Cédar n'était belle

l'es autant

au

qu'à l'intérieur; — mais tu
qu'au dehors, —ton air nous soulève et
de la pensée et du cœur au large d'une mer

dedans

dilate les horizons

—

de merveilles.

Salut à toi, ô forteresse sacrée de Dieu, le Fort! — Quel vent
ailes de séraphin avive ta flamme? — Où que ce soit, les

aux

beaux

grâce

crépuscules sont brefs; — se cristallisent-ils,
au flamboiement de ta chaste nudité?

en

bloc énorme,

�—

170

—

Las! quan

el dia 's mor, com l'atleta 's moria,
s'endú, colltorcent, nit avall;
Puix llanguir, com Narcis, s'és vist dins el mirall
I eternitzar no pot s'esplèndida agonia !

Greu recança

Las! quan el fred cru i nu a la Tardor
Amb urc saquejador de pirata i cobeu,
Ella pensa :
Es perdre,

despulla

Morir ? aixó rai ! el més greu
morta ja, l'esplendor fulla a l'ulla!
—■

—

I bé. No més

Cremant

neguit! Tu llur ànsia consumes,
desdir com l'eritja d'Oreb!
l'esperit i el teu flam és l'estreb

sense

I abranda's

D'on s'arrenca
«

a

Passait dels encanteris

Encanta't! Tôt és bo i bell

en

summes.

l'Harmonia!

»

Tal és la teva magna, impérial llicó.
Felibre universal, d'Assis el Pobrissó
Atuí els

Maniqueus

car

de

cor

s'ho sabia.

quand meurt le jour, comme mourait l'athlète,
emporte, courbé au fond de la nuit, un lourd regret,— car
il s'est vu, ainsi que Narcisse, languir dans le miroir — et il n'a
pu éterniser sa rayonnante agonie!
Hélas! voici que,

—

il

quand le froid, tout nu, vient dépouiller l'automne —
la brutalité de l'avare et d'un pirate en saccage, — elle a

Hélas!
avec

rêvé de dire
morte

:

Mourir? bah! la déchirante chose

—

c'est de perdre,

déjà, la splendeur feuille à feuille.

d'angoisse! tu calmes leur véhément désir— en
t'éteindre jamais, ô buisson ardent du mont Horeb !

Eh bien! Plus
brûlant
—

sans

L'esprit s'y embrase et ton flamboiement est l'étrier — d'où il

s'élance à l'assaut des enchantements souverains.

qui existe est bon et beau dans l'har¬
grande, ton impériale leçon. — Félibre
universel, le Poverello d'Assise — n'a vaincu les Manichéens
qu'en ayant une telle norme de vie!
«

Enchante-toi! Tout

monie »!

—

Telle est ta

ce

�-

I7I

—

Encanta't!

«

» Qui sabés votar-Ii obediència
régla d'or, efluvi del teu pit!
encantament més pur, més dinàmic délit,
més llecor d'ends, més fruits de sapiència.

A semblant
A
A

«

Encantat' !

Qui

va
Déu la
Bah!

»

Si.

Del tôt ! Com maleir la

crossa

dreçar-te enmig de fogueres fatals?
jutjà, i Déu... sap treure bé dels mais.

si núvols i vents et prenen per carrossa

D'Elies, torb de zel i d'Israël l'auriga,
D'altre foc, — el foc nou que va dur-nos el Crist
En tu, o Gloriosa! emmirallar-se be vist,
Donant al teu cloquer raigs de calze i espiga...

—•

L'espiga s'arma? Cert. I s'eriça gelosa.
Mare, defensa els fills. — El martiri, perô,
La sublima en el pa tan pacient, tan bo,
I àdhuc l'Hòstia 'n serva el regust bondadosa.
—

» Qui manquerait de jurer obéissance — à une
règle d'or qui émane de toi?—Plus l'enchantement est pur,
plus prompt est l'élan—Plus la sève du ravissement est puissante,
plus nombreux doivent être les fruits de la sagesse.
«

Enchante-toi!

telle

«

Enchante-toi!

•&gt;
Oui, tout à fait! Comment pourrait-on
épiscopale— qui t'a dressée jadis au milieu des
fatals?
Dieu porta sur elle son jugement... et Dieu sait
le bien du mal. —Ah! si les nuages orageux te confondent
le char d'Elias,

maudire la
feux
tirer
avec

crosse
—

Tourbillon de zèle et
le feu

rieuse!
ments

meneur

d'Israël,

■—

un

autre feu,

—

que nous a porté le Christ,
je l'ai vu, ô Glo¬
réfléter en toi—donnant à ton clocher des rayonne¬

nouveau
se

d'épi et de calice.

Certes, l'épi s'arme et se hérisse, jaloux; — il est père et défend
fils, mais le martyre — le sublimise dans le pain si patient,
si bon, — et l'hostie eucharistique en garde la saveur.
ses

�—

172

Tal t'albir! Tal et vull! No

:

—

Tu

no cremes

d'ira,

goig la rapaç adusta al teu cloquer :
Pau, •— on tants n'hi han — colomar se'n va
nimba's-lii d'esbarts que l'atzur en délira.

Ni fa
La
I

fer

comprenc,bé'l vise,— a mig morir-ne,—el drama
Per què, tan lluminics com son,
Acolliren un Credo ennegridor del mon,
Credo orb contra el quai tôt el Migdia clama... ?

Ah ! bé'l

Dels Pobles d'Oc...

Excélsior! Osea! Sus, catedral albigesa!
Incendies el cor del cel i flamejar

—

del teu riu d'encís venecià! —
Catedral, és d'amor, d'amor que't veig encesa !
Fas la sang

el de santa Cecilia,
relligats acords, —
Alba't diries, Alba on la nit dels records
Trenca en mati d'encants de verge i flor de Clivia.
No

-—

portessis

per nom

Font de música

sacra en

vois! C'est ainsi que je te veux! Non :
— et l'on ne voit pas luire la bête
ajoutée à ton clocher : -—la Paix — si nombreux l'y goûtent •—
va s'en faire un colombier — et s'y nimber d'auréoles à faire
C'est ainsi que je te

tu

ne

brûles pas

de colère,

délirer l'azur du ciel.
— à en mourir presque,
peuples occitans... Pourquoi, alors qu'ils sont
d'un génie si lumineux, — ont-ils accepté un Credo qui assombrit
le monde,— Credo aveugle contre lequel tout le Midi proteste...?

Ah!

—

je comprends bien, je vois bien

le drame des

Excélsior! «Osca!
dies le

cœur

»

— Tu incen¬
le sang de ton fleuve au
Cathédrale, c'est d'amour que je te vois

En haut, cathédrale albigeoise!

du ciel et tu fais flamboyer —

charme vénitien!

—

embrasée!
Si tu n'avais pas ce nom

de sainte Cécile, — source de musique
Aube, Aube où la
enchantements de

accords si unis, — je t'appellerais
nuit des souvenirs ■— éclôt en un matin aux
sacrée

aux

vierge et de fleur de Clivia.

�—

i73

—

Ets severa, ets sublim i, ensems,
agraciada :
Tal la cima alterosa,
imposant pel volum,
En manta flor humil infantira's
presum
I juga als rierols si trôna a la cascada.

Més, perô, qu'el Jubé on l'art de l'escultura
S'afdigrana aixi la neu flonja als pibets,
Àdhuc més que ta nau on triomfen esplets
De Santoral, estim ta
superba estatura.
Lloança

t'esplendor, suprem orgull de l'aire!
pel chor fratern, chor de les Muses d'Oc,
Sies, cara al Desti, la Columna de Foc
Qui a la llur Canaan les meni abans de gaire.
a

Sies

Tu es sublime et en même
temps gracieuse; — telle la montagne
altière, dont la masse s'impose, •— rit et, coquette en mainte
petite fleur, s'amuse — en ruisseaux et tonne en ses cascades...

Mais plus encore que ton jubé, où l'art du sculpteur ■— trace des
filigranes pareils à ceux de la neige sur les sapins, — plus encore
que ta nef où triomphent, en éclosion magnifique, —les fleurs
du Santoral, c'est ta superbe stature que
j'aime.

Louange à ta splendeur, suprême orgueil de l'air!

—■

Sois

pour le cœur fraternel des Muses d'Oc, — sois, face au destin, la
Colonne de Feu — qui les conduise, sans retard, au seuil de leur

Chanaan!

�—

174

—

Lloança en terra i cels a tu, la Violenta !
Lloança, Emperadriu que el martiri emporprà!
Lloança! Tal subjuga el geni lul-lià
Lloança!! — en Pentecosta immortalment roenta!
—•'

Louange, sur terre et dans les cieux, à toi, la Violente! —•
Louange, Impératrice que le martyre empourpra! — Louange!
Ainsi brûlait le génie Lullien — Louange!! dans un souffle de
Pentecôte immortellement enflammé!

�LA

PLATANA,
POÈME

qui a

obtenu

(CŷHautine ò'atgeut,

une

par

M. Paul

BERGUE, à Pézilla-de-la-Rivière

(Pyrénées-Orientales).

I

Mentre

caminant

pel cel la broma blanca,
puntejà 'ls borrós,
i per munt i per vall s'escampà en cada branca
un sang bullent generós.
va

lo llarc dels brots

me

senti

Frescal Primavera ! Delici

negant tôt record d'aquell suplici,
la fret!

Jò, l'aibre excels, trefugeixi del destret

LE

PLATANE

Tandis que va cheminant par le ciel Je nuage
mes branches je sens poindre les bourgeons,

de

blanc,
—

—

le long

et de ci de là

répandre dans chaque rameau — un sang bouillant généreux. —
Frisquet Printemps! Délice— noyant tout souvenir de ce supplice,
le froid!
Moi, l'arbre élevé, je frémis de l'angoisse •— de
se

—

—

�176

—

d'enflocà

—

tôrta.

ma rama

Viva Déu! Viva Déu! L'ohiu,

pel bòsc, pel riu,
la bufada armoniosa i

fôrta,
vergé i hòrta

pel

camp,

del

regatiu,

La bufada incansable de la Tramontana
reviscolant

mon

aima somòrta de Platana ?

De la sòca squamosa al
canti l'himne del Yent

capilló del
en un

ram,

clam;

canta que

canta;
i, m'escotant, la més menuda planta,
de ma valenta cançò
modestament se posa à l'unissó.
*
*

*

De quina encontrada ignòta
veni, rebrot novell?
A quina epòca remòta
de les fosques del temps vell ?
(&gt;

vai

torse. — Vive Dieu! Vive Dieu! L'entendezbois et rivière, •— la bouffée harmonieuse et forte, —
champ, verger et jardin — à l'arrosage, •—la bouffée infatiga¬

pavoiser

ma ramure

vous,

par

par

■—

ble de la Tramontane— ressuscitant

mon

âme moribonde de Pla¬

Du tronc squameux au

fin bout du rameau,— je chante
l'hymne du Vent en une clameur; — chante que chante; •— et, en
m'écoutant, la plus menue plante,— de ma vaillante chanson —
tane?

■—

modestement

se

met à l'unisson.
*
*

De

A

*

quelle contrée inconnue — vins-je, surgeon nouveau? •—
quelle époque reculée — des ténèbres du vieux temps? —Etais

�—

(î

Eri

une

*77

—

branca escapçada

per la rossa Shererazada
al mevavellós jardí?

Ó pervinc de « L'Hòrt de roses
poblat de nines formôses
pel suau persià Saadi ?

»

la

gleva algeriana
va poà saó ?
ó en l'arena egipciana

ma

rel

ê
del colossal Faraó?
Mon

origin ont s'escaigui,
m'ennaigui :
aiga i sol ma vida son ;
D'aspres altre s'acontenti
ó boires, jò quin plé senti,
aiga als peus i sol al front!
de dues còses

De

l'util, diu, el criteri

per tots aibres la fruita és.
Dôncs me cal cridà miseri
si trec rama,

je

i

ré més?

pas

branche coupée — par la blonde Shéhérazade — dans le
jardin? — Ou proviens-je du « Jardin de roses » —
peuplé de filles belles — par le suave persan Saadi?
une

merveilleux

A la

glèbe algérienne — ma racine puisa-t-elle humidité? —
égyptien ■— du colossal Pharaon? ■— Où qu'échoie
mon origine, — de deux choses j'ai envie folle : — eau et soleil
sont ma vie.
D'un terrain sec qu'un autre se contente, •—
ou de brumes; moi, quel plaisir j'éprouve, — l'eau aux pieds et le
Ou dans le sable

—

soleil
De
—

il

au

front !

l'utile, dit-on, le critère
me

—

faut donc crier misère

pour
—

tous les arbres c'est le fruit,
je pousse des branches, et

si

�De

puixança, en tinc de sobres.
al rang dels pòbres
que vui està, en de-sa part.

Tabé és pas
Jò

tôt lo més bel

m'arrimi;
riquesa estimi;
pel superflú i l'Art.

a

noblesa i
són

II

Istiu

d'òrt, d'abundó pel terme esclates.

Vòra del côrrec sorralenc,

flingacen, balancejant, les liâtes
canyé, per tant que faci escardalenc.
Ara, de llegues lluny, senyali la carretera
pel meu dòmo verdós espompit
omplint de remingòls la plana entera,
i dant reparo al vianant com sòta ampit.
del

plus? -— De la vigueur, j'en ai de reste; — aussi n'est-ce
des pauvres — que je veux me tenir à part. — Moi,
je vais vers tout le plus beau; — j'aime noblesse et richesse; —
je suis pour le superflu et l'Art.
rien de

pas au rang

Il

Été d'or, tu éclates d'abondance par le territoire. — Tout au
sablonneux,—fouettent en se balançant les baguet¬
tes
de la cannaie, maigriote quoi qu'elle fasse. — Maintenant,
de plusieurs lieues je marque la voie charretière — par mon dôme
verdâtre touffu
emplissant de méandres la plaine entière, —
et abritant le voyageur comme sous un auvent. — Oui, je me vois
bord du ravin
—

•—

�—

179

—

Si, que me vei à l'apogeu de la glòri.
Ignorant pugó i malôri,
Jô, brava filla del Plà,
i majorment del català,
amb el Sol beneït que

centella

amies corals, de jovent.
No veieu com para l'orella
sem

aviat, al mendre alé de vent,
aixequi jô ma cantarella?
Ré que de senti el meu clam
vibrant de la sôoa al capillô del ram,
tant

amorôs el Sol

me

somriu.

I

jô, de gana i sempre més briu,
canta;
i, m'escotant, la més menuda planta,
de ma valenta cançô
modestament se posa à l'unissò.

canta que

Ignorant insectes et maladie, ■— moi,
et surtout catalane, — avec le Soleil
béni qui scintille — rous sommes amis de cœur, depuis la jeu¬
nesse.
Ne voyez-vous pas comme il tend l'oreille — aussitôt
qu'au moindre souffle de vent — je lance ma ritournelle? — Rien
que d'entendre ma clameur — vibrant du tronc au fin bout du
rameau, — amoureux le soleil me sourit. — Et moi, avec de
plus en plus d'entrain et do brio, — chante que chante; — et, en
m'écoutant, la plus menue plante, — de ma vaillante chanson —
à

l'apogée de la gloire.

brave fils de la

Plaine,

—

—

—

modestement

se

met à l'unisson.

�i8o

-—

—

*
*

Garni avall, a

*

per'quí per'llí me giri

cap aïs entorns ratllats de cavallós.
Amb un reiill de condolenci miri

l'aibròt

fruité, de son fato
Pòbre d'ell! Envés jò, bé
Pót vení

orgullós.

és pòca côsa!
el llenyaté, perqué fa nòsa

el bulto del

meu

brancatge esbandit,

ho tallà tôt a-ran,
dos anys després,

hasta la força;

vei als

tôt un pòble arrodit.

meus

peus

rei

que

del trôno llurca,

de la carreta,
palla fent sotracs
i retrucs, su la ruta sempre estreta,
mentre el fuet repicava sos flic-flacs.

Antany seguii el

pas
amb el fei d'herba ó

*
*

*

ci par là je me tourne — vers les alentours
Avec un regard de côté, compatissant, j'ob¬
serve
le misérable arbre fruitier, orgueilleux de son fardeau. —
Pauvre de lui! A côté de moi, comme il est peu de chose! — Le
bûcheron peut venir, parce que gêne — la masse de mon bran¬
chage épandu, — tailler tout au ras, jusqu'à la fourche; — deux
ans après, roi qui contemple du haut de son trône, — je vois à
mes pieds tout un peuple accroupi.
Chemin faisant, par

rayés de sillons.

—

—

je suivais le pas de la charrette, — avec la charge d'herbe
paille faisant ressauts •— et cahots, sur la route toujours
étroite, — tandis que le fouet redoublait ses flic-flac. — J'aimais
Jadis

ou

de

�—

i8i

—

M'agradava, al diumenge, quand de fila
els hortolàs

anaven

à la Vila

peu, els escarpins al braç penjant.
M'en reii, bon-infant, quan gitanalla
a

aquí, tothòm, ase i canalla,
l'agram ó '1 ranxo als bells aires menjant.
parava

sopluig avui ningú s'abriga,
ningú. L'otò traspassa com un llamp.
D'anà qui sab aront, à tothòm triga,
sense un côp d'ull su la splendó del camp.

Al

meu

El còtxe fôll contra ma sôca toma,

tròços i s'alluma;
plós cauen su'l foc.
JÒ, és pas sols a la pell que duc la plaga;
al côrt metei una altra me s'amaga,

se

i

revòlca

en

fulles

me

cent

en

que, com corc, me rosega a

pòc

a

pòc.

bien, le dimanche, quand à la file •—• les jardiniers allaient à la
à pied, les escarpins pendant au bras. — Je riais, bon
Ville
enfant, lorsque la horde bohémienne— s'arrêtait là, tous, âne
et marmaille, — mangeant le chiendent ou le « rancho » au grand
—

air.

refuge aujourd'hui je ne sers plus à personne, — à personne.
devant moi comme l'éclair. — Il tarde à tous d'aller
qui sait où, — sans un coup d'œil sur la splendeur de la campa¬
gne. — Le coche fou bute contre mon tronc, —• se roule en cent
morceaux et s'enflamme; — et mes feuilles tombent en pleurs sur
De

L'auto passe

le
la

foyer.
plaie;

—

—•

comme un

Moi,

ce

n'est pas seulement à l'épiderme que je porte
même une autre se cache en moi, — qui,

au cœur

ver, me ronge peu

à peu.

�IIÍ

L'Hivern trauca. Su la terra fredeluca
un airet passa. Dellà
el Sol tristoi s'acluca.

ni

dels espais emboirats,

I

jò, com los malaventurats,
alci braços desesperats
de

platana nuda i rigida

silenci encongida.
Més, soni l'hòra del Vent geliu,
tôt d'un còp ma veu muntâ, fôrta;
pel camp, vergé i hòrta
dins la campanya en son

del

regatiu,

entoni l'Absòlta per la Natura
« A
les animetes ohiu...! »
Ré que

mòrta

:

de senti el meu clam,
tôt no reviu ?

l com va que

III

L'Hiver montre le

nez.

Sur la terre frileuse'— pas un zéphyr ne

Par delà les espaces brumeux—•' le Soleil piteux ferme l'œil.
moi, comme les malheureux, ■— je dresse des bras déses¬
pérés •— de platane nu et rigide •— dans la campagne ratatinée
dans son silence. — Mais, que sonne l'heure de l'autan, — tout à
coup ma voix monte, forte; — par champ, verger et jardin •—
à l'arrosage, — j'entonne l'absoute pour la Nature morte : •—
Ecoutez les pauvres âmes du Purgatoire...! » — Rien que
d'entendre ma clameur, — comment tout ne revit-il pas? —
passe.
Et

—

«

�183

—

—

Ala! Ala! Canta que canta.

I, m'escotant, la més menuda planta,
de ma valenta cançó
modestament se posa à l'unissó.
Sense fi
la ruta

s'allarga
en plén sol.

Bé '1 die és

a

earga,

quand hôm està sol!
Se diu que qui canta
el seu mal espanta;
més, quin anyoré
munta de la terra,
a

dreta i

mai
De

se

a

esquerra

passant ré!

repent, en l'aire,
potent,

amb soroll

l'Aviô volâire

s'ou, pales-batent.
En renglera i cua
ne

sali

una rua.

chante. — Et, en m'écoutant, la plus
vaillante chanson — modestement se

Allons! Allons! Chante que
menue

met à

plante,

—

de

ma

l'unisson.

Sans fin s'allonge — la route au grand soleil. — Comme la
journée est à charge, — quand on reste seul! •— On dit que qui
chante
son mal épouvante; •— mais quelle nostalgie — monte
de la terre, ■— à droite et à gauche •— parce qu'il ne se passe rien !
•—

— avec une rumeur puissante, — l'Avion
s'entend, hélice battante. —■ En rangée et queue —
une foule.
Moi, clamant plus fort : — « Où courez-

Soudain dans les airs,
volant
il

en

—

sort

—

�—

184

—

Jò, clamant més fòrt :
«
Que corriu ? — pregunti,
Vos erreu, jò compti,
Si cerqueu el Nòrd.
—

—

Ont terra millona

«

qu'aquesta escaureu?
Tot bé-de Déu dona
ella

areu-arreu. »

Respònen

: « Platana,
de ta tramontana
ne

tenim bé prou.

Desviant la

vela,
seguim nòstra estela
vers un pais nou.
No

«

pòdes comprendre,
casulà,
l'agla i l'aulendra
gusta el volà.

aibre
com

z'hi

Amb elles

fem nombre.

Malagonyada ombra

vous?

—

Je demande,

—

vous vous

trompez, je pense,

—

si

vous

cherchez le Nord.
«

Où terre meilleure

que celle-ci trouverez-vous? — Toute
elle, vite, vite. » — Ils répondent : « Platane,
tramontane,— nous n'en avons que trop. ■— Déviant la
nous suivons notre étoile •— vers un pays nouveau.

récolte elle donne,
de ta

—

voile,
«

—

Tu

ne

peux

et l'hirondelle

nombre.

—

•—

■—

comprendre,

—

se

—

arbre casanier,

délectent à voler.

—

Quel dommage, cette ombre

—

Avec
•—

combien l'aigle

eux nous

que

faisons

tu portes sur le

�-—

i85

—

portes su'l camí!
La terra és tant baixa!
el

Ce], que la laixa,
el Gel és per mi.
«

Tes rutes de terra

a

qui fas abric,

les haurà la Guerra
d'un mossec, jò
Aixi la destròça
d'aibres serà

ho die.

gròssa;

no'n

quedarà ré.
Vés, vés, pòca-sòlta !
Són jô que l'Absòlta
per

—

tu cantaré.

«

»

Ja,— 'lshifai, — me'ndoni!
parti,

Parti per

gaiment m'abandoni
a

l'obscur Desti.

Com la
vessi

chemin!

—

desmasia

La terre est si basse!

ciel est pour
«

Poesia,

en

—

Le

ciel, qui la ceinture,— le

moi.

— la guerre en viendra à
le dis. —■ Ainsi le massacre — d'ar¬
grand; — il n'en restera rien. •— Va, va! écervelé! •—
qui ■— pour toi l'absoute chanterai. »

Tes routes de terre

—

que

tu abrites,

d'un coup de dent, je

bout

—

bres

sera

C'est moi

je leur fais, — je m'en moque ! — Partir pour partir,
gaiement je m'abandonne — à l'obscur Destin. — Comme la
Poésie, — je verse en surabondance, •— la fraîcheur et la paix. •—
—

—

«

Hé !

—

�186

—

—

la frescura i pau.

D'aparenci inútil,
més per molts no fútil,
alegrà me plau.
«

Si'l

gorbàs abrigui

quan xiula el fullet,
tant-si pó el cel rigui,
cridi l'aucellet.
La

bonança esperi;

de l'intemperi
hòm vén a
Pujà ò decaure,

que

sempre
ont el

cap.

mon va a raure

Déu tôt sol ho sab.

»

#

D'apparence inutile,
donner de la
«

Si

—■

mais

pour

j'aime

quand siffle la bise, — que le ciel
l'oiselet. — J'attends l'embellie; —
voit toujours la fin. — Monter ou
où le monde doit aboutir — Dieu seul le sait. »

j'abrite le corbeau,

—

—

joie.
—

rie tant soit peu, •— j'appelle
car du mauvais temps — on

déchoir,

beaucoup non futile,

�ROURE,

EL

POÈME
qui a

oíkeitu

uue

iFumeuète,

PAR

M. Jean NARACH,

Perpignan (Pyrénées-Orientales).

à

estén sobre d'un prat,

Un

roure

en

vorada de la

una

riberà,

ufanosa cabellera

espantosa de majestat.

Que n'és d'ampla la seva soca!
Qu'és profunda la seva arrel!
El cimal és tan prop del cel
que, de baix, nos sembla qu'el toca.

LE

CHÊNE

pré, — en bordure de la rivière, —•
opulente chevelure — effrayante de majesté. — Qu'il est
large son tronc! — Comme sa racine est profonde! — La cîme
est si près du ciel — que, d'en bas, il nous semble qu'elle le
Un chêne étend sur un

une

touche.

�188

-

—

Els

ségles han passai sus d'ell
—ja té l'aire d'un patriarca —,
no li deixant per sola marca
que claps de molsa sus la pell.
Dels assalts de la tramuntana,
el bon gegant en fa cançons.
Els ecos son plens dels ressons
de l'orgue que bufa en l'ufana.
Bé n'ha vistes de

tempestats,

bé n'ha rebudes de ferides!
Din's

branques atapeïdes,
llamp, sovint s'ha fet forats.
Dins del fullam, quin rebombori!
ses

el

Dominant el fracàs dels trons,
Se retopen sus dels turons
els crits de nimfes

en

desori.

Es una gran ciutat d'ocells,
perpétuai remoreig d'ales
dels brunziments de les cigales
en

fan vibrar tots els ramells.

Les siècles sont

passés sur lui
il a bien l'air d'un patriar¬
lui laissant pour seule marque — que des paquets
de mousse sur l'écorce.
Des assauts de la tramontane, — le
bon géant fait des chansons. — Les échos sont pleins de résonnances
de l'orgue qui souffle dans les frondaisons.
che,

ne

—

—

Qu'il

a vu

de tempêtes,

qu'il

—

a reçu

de blessures!

—

Dans

branches serrées, — la foudre a fait souvent des trous. —
Dans le feuillage, quel vacarme! — Dominant le fracas du ton¬
ses

nerre,
en

■—

C'est
—

répercutent

se

sur

les sommets

—

les cris de nymphes

désordre.
une

grande cité d'oiseaux, — perpétuel l.ruissement d'ailes
cigales — en font vibrer tous les

et les bourdonnements des

�—

189

—

Dintre dels nius de les ramades

qu'el vent trontolla en gronxadors,
s'amaguen pùdiques amors
i s'aixequen les refilades.
Pels

jovents, quin feliç sojorn!

Sota de la rient ombrera,
venen, à cada primavera,
ballar la ronda tôt l'entorn.

Embriagats de benanança,
amb prou petons i juraments,
pengen
a cada

al balandreig dels vents,
ram

una

esperança.

Amb la
han
dos

punta d'un ganivet,
entrellaçat dins l'escorça
noms per que tingui més lorça

s'han fet.
mentides
te fan dur aquests bons infants!
Que Peres que tornen Joans
i que Maries, Margarides!
el gran jurament que
Ai! pobre roure, que

rameaux.

—

escarpolettes,
les

le vent secoue en
cachent de pudiques amours — et s'élèvent

Dans les nids de la ramée— que
—

se

gazouillements.

jeunes, quel heureux séjour! — Sous le riant ombrage,
chaque printemps — danser la ronde tout
autour.
Grisés de bonheur, — avec bien des baisers et des.
serments, — ils pendent au balancement des vents,— à chaque
rameau, une espérance.
Pour les

—

ils

viennent à
—

Avec la

pointe d'un couteau,— ils ont

entrelacé dans l'écorce

—

qu'ait plus de force — le grand serment qu'ils se
sont fait. —Ah! pauvre chêne, que de mensonges — te font porter
ces bons enfants! —Que de Pierres deviennent des Jeans — et
que de Maries, des Marguerites!
deux

noms

pour

�i9o

—

—

Més d'un

vindrà, desconsolat,
pie de pena
i l'aima, de recances plena,
espers decebuts del passât.
el

cor

fred i tôt

Sobre les cabelleres

blanques

trontollant tos

molt més

braços puixants,
il-lusions que glands

baixeran de les teves

branques.

Roure, dels teus ramells més
l'hivern fa fred a casa,

secs,

quan a

escalfa d'una bona brasa
els
I

meus

membres tan fredolecs.

potser que ta flamarada

crepitarà dels refilets
de les nimfes, dels ocellets
i de la joventut passada.

Plus d'un viendra, affligé, — le
peine —et l'âme, de regrets pleine,

froid et tout plein de
espoirs déçus du passé.—•
Sur les chevelures blanches
secouant tes bras puissants, —
bien plus d'illusions que de glands— tomberont de tes branches.
.

cœur

—

—

Chêne, de tes rameaux les plus secs, — quand l'hiver il fait
maison,—réchauffe d'une bonne braise — mes membres
si frileux.
Et peut-être ta flambée — crépitera-t-elle des chan¬
sons
des nymphes, des oiselets — t de la jeunesse passée.
froid à la

—

—

�RASIN DE

CRAU,

POÈME
qui a

ofiteuu,

uu

©«Cifíet,

par

M. Antonin

JOANNON, à Marseille.

Aquéu rasin de Crau que ta man prouvençalo
Mèstre, un jour culiguè dins un rai de soulèu,
Rasin encantaréu qu'uno glôri inmourtalo
Deviè rèndre divin l'enaurant fin qu'au cèu,
Tant lou voudriéu beisa
Tant lou voudriéu canta
Tant lou voudriéu
lé voudriéu

coume
coume

ama coume on

counsacra un

RAISIN

l'òsti, lou prèire;
l'aucèu, la lus;
amo si rèire;

autar de trelus.

DE GRAU

Ce raisin de Crau que ta main provençale, — maître, cueillit un
jour dans un rayon de soleil, — raisin enchanteur, qu'une gloire
immortelle
devait rendre divin, l'élevant jusqu'au ciel,
—

le prêtre baise l'hostie; —je
l'oiseau chante la lumière; — je
voudrais l'aimer comme on aime ses ancêtres; — je voudrais lui
consacrer un autel d'un éclat resplendissant.
Je voudrais le baiser comme

voudrais le chanter comme

•

�—

iga

—

Bèu rasin prouvençau,

coungrèies l'ambrousio
Qu'enebrio li fiéu de toun sant terradou,
Desboundes dins soun cor li îlot de pouësio
Qu'embugon lou Miejour fin qu'à n'èstre sadou.
Premier

nord fouscous

carrejes la lumiero,
la calour, lou reviéure, la gau,
Espoumpi dóu soulèu cremant nôsti coustiero,
Enfioucant nôsti crau, nôsti plan, nôsti vau.
au

lé porges

Fas

mai; i Prouvençau ié regales toun amo;
sang dins lou destré l'escampes à desbord;
Es toun moust generous qu'abrè la noblo flamo
Qu'àutri-fes ispirè si plus bèus estrambord.

Toun

Vin prouvençau sacra,

visquerias nosto istôri;
Castèu-nôu, Sant-Enri, Gaudo, Tavèu, Cassis,
Dins li siècle passa
Noste

renoum

Beau raisin

veguerias nôsti glôri

canta dins tôuti li

païs.

provençal, tu engendres l'ambroisie — qui grise
— tu verses dans leur cœur les
le midi jusqu'à l'enivrer.

les fils de ton saint territoire,
flots de poésie ■— qui saturent

premier tu apportes la lumière au nord sombre, — tu lui
chaleur, un renouveau de vie, la joie, — toi gonflé du
soleil qui brûle le versant de nos coteaux, — qui enflamme nos
déserts caillouteux, nos plaines, nos vallées.
Le

offres la

Tu fais

plus; aux Provençaux tu donnes ton âme; — ton sang,
pressoir tu le déverses à pleins bords; — c'est ton moût
généreux qui alluma la noble flamme — qui inspira autrefois
leurs plus beaux enthousiasmes.
dans le

vécu notre histoire; —
Saint-Henri, vin de la
Gaude, vin de Tavel, de Cassis, — dans les siècles passés vous
avez vu nos gloires — notre renommée chantées dans tous les p ays.

Vins provençaux sacrés, vous avez
vin de Château-Neuf du Pape, vin de

.

�—

igB

—

E dins lou Paradis

quand lou Crist dis la messo,
vuejo dins soun got;
coumpli sa divino proumesso,

Es tu, vin prouvençau, que

Car, soulet,

pos
E te tremuda'n Diéu abéurant si dévot.

Bèu rasin prouvençau,
Verso nous toun sang

flame sourgènt de vido,
caud, arderous, inmourtau;
E que pèr ta vertu vengue la respelido
De nòsti sants espèr, o bèu rasin de Crau.

Et dans le

Paradis, quand le Christ dit la messe, — c'est toi,
provençal, qu'il verse dans son gobelet; — car, seul, tu peux
accomplir sa divine promesse, — et te changer en Dieu désalté¬

vin

rant

ses

fidèles.

Beau raisin
ton sang

provençal, brillante
chaud, ardent, immortel;

le retour à la vie
Crau.

—

de

nos

de vie, — verse-nous
et que par ta vertu vienne
saintes espérances, ô beau raisin de
source

—

�BALADA NADALENCA,
BALLADE

cjtw a

otëteuu

(Ptttueuèïe,

uue

par

Julienne

SÉGURET-FRAYSSE (Calelhon),
à Rodez

(Aveyron).

Abèm auzit dins la nuèch lumenoza

:

Dius, un fraironèl! »
E sèm partits sus la nèu palinoza,
totes pèds-nuds, sens capa ni capèl,
tram lo ventàs que nos trauca la pèl.
Paures e nuds, ongan com un còp èra,
quand miècha-nuèch repica al campanal,
sôla-batuts, de ginols sul lindal,
«

Vos

es

nascut

venèm aici

vos

un

dire nôstre mal

Sèm los mainats de la

granda mizèi'a!

BALLADE DE
Nous

avons

NOËL

ouï dans la nuit lumineuse

Dieu,

un

» —

Et nous

:

—

«

Il

vous

est né

partis sur la neige
pâle, — pieds-nus, sans cape ni chapeau, — à travers le vent qui
nous perce la peau. — Pauvres et nus, cette année comme autre¬
fois, — lorsque minuit sonne au clocher, — les pieds meurtris,
à genoux sur le seuil, — nous venons ici vous dire notre mal : •—
Nous sommes les enfants de la grande misère!
un

petit frère!

:

sommes

�—

ig5

—

S'abèm agut una maire amistoza,
òc sabèm pas; ni fauda, ni fornèl
per abrigar nòstra carn mizeroza;
abèm pas res jos la capa del cèl.

Lo vièlh

malur, sord, abucle e crudèl,
molguts, pauròts, jos sa dent fèra,
coma lo truèl
espotis lo nogal;
e, tenètz, uèi qu'es lo ser de Nadal,
la fam, la frech son nôstre festenal :
Sèm los mainats de la granda mizèra!
nos

a

Pel rebelut

e

la

cara

negroza,

fôrabandits de la bôria al castèl,
belèu abèm l'ama un bocin fangoza;
ventre

aganit nos fa l'èime ganèl.
Pracô, s'abiam lo corps plan redondèl,
nos veirian pas
sobent virar d'esquèrra,
los que, morruts, nos apèlan « pauc val »,
en

nos

Es del

butant fòra de lor ostal.

del pan que nos
Sèm los mainats de la granda

Si

amor e

cal :
mizèra!

— nous ne le savons
abriter notre chair misérable; —
nous n' avons rien sous la chape du ciel.—Le vieux malheur, sourd,
aveugle et cruel, — nous a moulus, pauvrets, sous sa dent féroce,
comme le pressoir écrase l'amande; — et, tenez, aujourd'hui,
soir de Noël, — la faim, le froid sont notre festin : .— Nous
sommes les enfants de la grande misère!

pas;

nous

avons eu une

ni genoux, ni foyer

mère affectueuse,

—

pour

—

Hirsutes, le visage souillé,
chassés de la ferme au château,
peut-être avons-nous l'âme un peu fangeuse, — ventre affamé
nous fait un esprit faux. — Pourtant, si nous avions le corps bien
rebondi, — ils ne nous verraient pas si souvent mal tourner, —
ceux qui, hargneux, nous appellent « vaurien »— en nous jetant
C'est de l'amour et du pain qu'il nous
hors de leur maison.
faut :
Nous sommes les enfants de la grande misère!

—

.

—

•—

�i96

—

—

MANDADIS :

Senhor
vos

Jèzus, qu'abètz poder reial,

podètz cambiar plors en rozal,
pauc de jòia aici sèm à l'espéra.

que

d'un

Dubrisètz-nos vòstre
Sèm los

cor

mainats de la

ENVOI

frairenal.

granda mizèra !

:

Seigneur Jésus, qui avez pouvoir royal, — vous qui pouvez
changer pleurs en rosée, — d'un peu de joie nous sommes dans
l'attente.

■—

Ouvrez-nous votre

les enfants de la

cœur

grande misère!

fraternel

:

—

Nous

sommes

�A

JNÒSTRE-SENHE,
SONNET

qui a

oiiteuu

une

LIBKE

£g£autiue ô aïqeut íe'áetuee,
PAR

M. Guilhèm

de

NAUROZA, à Airoux (Aude).

Dins lo

bordon, man à l'esteva del arnés,
Canti ton nom, mon Dius, e ta lutz esplendida,
Sens van espèr de faire un jorn ma respelida
Subre la

tèrra, dins l'aram

o

dins lo grés.

Que me faria lo laus del pòple d'alavets,
S'abiai pas conquistat ton ajuda solida?
Tota ufaneza de mon cor siague bandida!
Fora de ton

amor res

plus

non

m'es plus rés.

A NOTRE-SEIGNEUR
sillon, en tenant le mancheron de l'araire, — je chante
ô mon Dieu, et ta lumière resplendissante, — sans avoir
le vain espoir de revivre — sur la terre, dans l'airain ou la glaise.
Dans le

ton nom,

Que me ferait le los du peuple d'alors, — si je n'avais point con¬
quis ton aide solide? — Que tout orgueil de mon cœur soit banni!
Hors de ton amour rien ne m'est plus rien.

—

�—

i

g8

—

S'ai recebut de tu lo don de poezia,

L'emplegarai

a te lauzar amb armonia
Dusc' à l'ora ont voldràs me prendre

al Paradis.

E, dabant de complir obradura marrida.
pregarai, jol cèl qu'als tius pèds resplendis,
De trencar vite l'fièl que m'estaca à la vida.

Te

Si
avec
me

j'ai

reçu de toi le don de poésie,—je l'emploierai à
harmonie — jusqu'à l'heure où en ton Paradis tu

te louer
voudras

prendre.

Et, plutôt que d'accomplir une œuvre néfaste,'—je te prierai,
le ciel qui resplendit à tes pieds, •— de trancher vite le fil
qui m'attache à la vie.
sous

�A1GUA I

SOL,

PIÈCES

obtenu

ont

qui

une

wtiiueoète,

par

mme Simone

GAY, à Versailles.

Perles

Al

mig del

mar

d'aigua.

és el penya-segat

que ens ha abrigat;
la mar l'assalta
d'un

embat que s'exalta,

i

ferm, el roc
espeia el joc.

EAU

ET

SOLEIL

Perles d'eau.
Au milieu de la
mer

le

l'assaille

jeu.

—

mer

est le rocher

—

qui

nous a

abrités;

—

la

d'un flot qui s'exalte,— et ferme, le roc—attend

�200

De l'ona que s'esberla
s'axeca un vol de perla:
si m'acosti del pas,
que

perles al

meu

bras!

M'agrada aquesta joya
i s'esbrava ma joia :
és

de les
Flama i

igual

el vol

com

perles al sol.

frescor, aigua i sol, el meu cant

com l'ona és fort i
d'una lliure alegria;

relliscant

meu, gavinot, qui te guia?
que'm vols a mi? Tens l'espai in finit;
passa de llarc, no escolti el teu convit.

mes

vora

Ton

aleteig,
desig i caricia,

veus, no

el lliure

assoleix

goig, més

gran

delicia.

De la vague qui se fend — s'élève un vol de perle, —
m'approche du passage, — que de perles sur mon bras!
Ce

vol

joyau me plaît — et ma joie
des perles au soleil.

éclate

•—

si je

elle est comme le

—

et soleil, mon chant — comme la
est fort et rebondissant — d'une libre allégresse; — mais

Flamme et fraîcheur, eau
vague

près de moi, mouette, qui te
as

l'espace infini;
libre

passe au

guide? — Que me veux-tu? Tu
large, je n'écoute pas ton invite.

plané, — désir et caresse,
joie, plus grande délice.

Ton vol
•—

—

—

vois-tu, n'atteint pas

�Peresa.

No

vingui la son, somnio desperta
sé el dormir, un somni tan clar.
joia inconeguda, aéria, incerta,
mon cor és musica i també joglar.
i

no

Pesa

els

en

la fruita

ulls

meus

sucosa

es

talment invencible
no

un

sol de tendresa,

madura

en

va,

aquesta peresa,

obrir els ulls ni allargar la mà.

pue

No hi ha més per

mi ni temps ni mesura,
llarga i l'hora un moment;
en un ample riu, hi ha una flor que sura,
crec que per la flor s'atura el corrent.

la minuta és

Paresse.

Que

mon cœur

Sur

mûrit
ne

mes
en

-— et le sommeil
songe-si clair,— joie inconnue, aérienne, incertaine, —
est musique et aussi musicien.

vienne le sommeil, je rêve éveillée

ne

n'a pas un

yeux

vain,

pèse un soleil de tendresse, — le fruit juteux
tellement invincible est cette paresse, — je

—

puis ouvrir les yeux ni allonger

la main.

Il n'y a plus pour moi ni temps, ni mesure, — la minute est
longue et l'heure un moment,— dans un fleuve il y a une fleur
qui surnage, — je crois que pour la fleur s'arrête le courant.

�202

Setembre.
Porta

serena

oberta

l'or de la tardor,

vers

generosa

abundor

prometença complerta.
de l'estiu llu

El sol
en

La
tôt

el

pampol madu.
és descansada,

branca
arbre

l'aire és

ara

és collit.

alleugerit.

La fruita descuidada
si

ha

sort l'abasteu
prés un gust d'adeu.

per

D'una linia més pura
el Canigó més blau

puja en el cel suau.
De

renùncia

madura

l'aire esdevé sublim
i s'acosta tôt cim.

Septembre.
Porte sereine ouverte

abondance,

—

dans le pampre
est maintenant

—

vers

l'or de l'automne,

—

généreuse

accomplie. — Le soleil de l'été luit —■
mûr. — La branche est déchargée, — tout arbre
cueilli, — l'air est allégé. — Le fruit oublié, —

promesse

chance vous l'atteignez, — a pris un goût d'adieu. —
ligne plus pure — le Canigou plus bleu — monte dans le
ciel suave.
D'un renoncement mûr — l'air devient sublime —
et toute cîme s'approche.

si par

D'une

—

�LAUS AU

VENT,

PIÈCE
qui a

odteuu

Ubappef de Souci,

uw

PAR

M. Albert

PESTOUR, à Chante-Merle (Dordogme).

Coma
Coma

un

fiso d'òr mais de
dezei subre

un

Lo vent

me

trauca la

E m'abranda lo

quite

flama,

esquisant,
quita ama
sang.

*
*

Vent rufe

*

engraunhada,
parpalhòl,
Siau coma jauta potonada,
Enferonat coma rajôl,
coma una

Vent sedos

coma

un

LOUANGE AU
Comme

poignant,

jusqu'au

un
—

VENT

aiguillon d'or et de flamme, —
le vent me perce jusqu'à l'âme,

désir
et m'embrase

comme un
—

sang.
*
*

Vent cruel

papillon,
un

—

torrent.

comme un

coup

suave comme une

*

de griffe, — vent soyeux comme un
joue qu'on baise, — furieux comme

�2o4
Domdaire blos que degun domda
Si n'es lo brau fol que te beu,
Fôrsa enviblairis, chanso monda,
Dau

Vèrbe, ò vent,

ses

lo simbeu.

Governas tôt dins la natura,

L'aigua, las nivols mais lo fueg,
Mudas la chara de l'autura,
Esmeras lo jorn mais la nueg.
Los bôscs

son

Entre los faus

teus, sabes te plaire
e los betols,

E quo es ton ama,

grand socbaire,
Que los fai safronar tôt sols.
Frai de

l'engenh mais de la glôria,
jòcs mais daus pantais alats,
Besicas, los sers de victôria,
Aus plegs daus drapeus espelhats.
Daus

Dompteur étincelant que personne ne dompte — hormis le
en folie qui te boit, — force magique, chanson pure, —
du Verbe, ô vent, tu es le symbole.

taureau

règles tout dans la nature, — l'eau, les nuages, le feu, —
changes la facp de la colline, — tu purifies le jour et la nuit.

Tu
tu

toi, tu te plais — parmi les hêtres et les bouleaux,
âme, grand rêveur, •— qui les fait sangloter tout

Les bois sont à
—

et c'est ton

seuls.

génie et de la gloire, — des jeux et des songes ailés, —
t'endors, les soirs de victoire, — aux plis des drapeaux déchirés.

Frère du
tu

�2O5

—

Es ton halenada

—

qu'esfelha,

Suis cròs de Mistrau mais de
La

sorna

Dins

son

Huei

as

Dins los
As ris

Ros,

ròza, e ten Mirelha
romivatge feuros...

jugat sus la mar granda
cordatges de la nau,

sus

l'ajòc de la landa
e lo rigau.

Ambe la fada

As volât

em la parparela
peschiers mais sus los prats,
Sabes si la vendenha es bela,
Si los bigarroeis son daurats.

Sus los

banhat dins

Te

ses

Te

ses

l'aigua lena,

rodelat dins las flors

d'anar, dins ma peitrena,
T'asumir, ò vent, per totjorn.
Avans

C'est ton souffle qui effeuille,

sur

—

les tombes de Mistral et
— dans son pèle¬

la rose sombre, et soutient Mireille
rinage fiévreux...
de Roux,

—

Aujourd'hui tu
du vaisseau,

—

as

joué sur la mer grande

—

tu as ri sur l'ajonc de la lande

dans les cordages
—

avec la fée et

le rouge-gorge.
Tu

as

volé

tu sais si la
Tu
—

avec

la libellule

t'es baigné dans

avant

toujours.

•—

vendange est belle,

d'aller, dans

les étangs et sur les prés,
si les maïs sont dorés.

sur
—

—

l'eau lisse, — tu t'es roulé dans les fleurs
ma poitrine, — t'assoupir, ô vent, pour

�2oê

■

—

*
*

Coma

un

coteu d'òr mais de

Coma

un

dezei subre

Lo vent

me

un

couteau

le vent

poignant,

—

jusqu'au

sang.

flama,
esquisant,

trauca la

Lo vent ricla

Comme

*

mon

quita ama,
quite sang.

d'or et de flamme,

me perce

jusqu'à l'âme,

—

—

comme

un

désir

le vent m'embrase

���Règles de Phonétique Occitane
i° VOYELLES. — a, seul ou dans le corps d'un mot,
accentué ou non, sonne comme a français ; mais s'il
constitue une terminaison féminine, il est semi-son¬
nant et se
—

e

prononce entre a et o, suivant la région ;
é fermé français, et è comme è ou¬

sonne comme

français ; —• i équivaut à i français ; — u égale¬
mais, après une voyelle, il a le son ou fran¬
çais ; — ô ouvert se prononce comme o français, et
o fermé comme ou français.
vert

ment ;

2° CONSONNES. — b, c, d, f, g, j, 1, m, n, p, q ( toujours
suivi de u), r, s, t, z sonnent comme en français ; mais
c devant e et i est sifflant comme s français; — j sonne
comme tz, dans certaines régions ; — m se prononce
comme n à la fin de la ire pers. du pluriel des verbes ;

sauf quelques rares exceptions, à la fin
— r est
souvent muet à la fin des
substantifs et des adjectifs, sauf en Provence, ainsi
qu'à Pinfinitif; — s est toujours dur et sifflant; — t est
muet à la fin des participes présents et de la plupart
—

n

est muet,

des substantifs ;

des mots

en

ment;

—

v sonne comme

b, sauf en Pro¬

vence.

3° GROUPES. —ch, lh, nh se prononcent: tch, ill, gn.

Vient de

paraître.

TÈRRA

La

e

l'OSTAL

poèmes occitans amb traduccion franceza,
per

l'abat luli CUBAYNES

(in-i6, 206 p.)
Barcelona, Editorial Altés

le procurer chez l'auteur, à Gréalou, par Cajarc
le prix de 18 frs. franco. C.C. 20.437, Toulouse.

On peut se

(Lot),

pour

�Biblîotèca ciel Gai Saber
Toloza

s

PRIVAT.

Paris

:

DIDIER.

ï. PHILADELPHE
Eds Crids,

de

Les Harangues.

II. Prosper ESTIEU
Las Oras

GERDE:
—

Poèmes.

:

Chantantes.

Cantairas, I-.es Heures

—

Sonnets.
III. Antonin PERBOSC
Lo Gòt Occitan,

IV. Abbé
Paraulas

:

La Coupe Occitane.

—

Poèmes.

Joseph SALVAT :
Crestianas,

Paroles

Chrétiennes.

Sermons.

V. PHILADELPHE de GERDE:

Bernadeta, Bernadette.

Poème pastoral.

—

Chaque volume: 20 frs.
(Texte occitan et traduction française.)

IMPN.

D'EDITIONS

OCCITANES

-

CASTELNAUDANY.

—

�</text>
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              <text>Estieu, Prosper (1860-1939). Directeur de publication</text>
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              <text>Lo Gai Saber (&lt;a href="http://occitanica.eu/omeka/items/show/13154"&gt;Acc&amp;egrave;s &amp;agrave; l'ensemble des num&amp;eacute;ros de la revue&lt;/a&gt;)</text>
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              <text>&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;em&gt;Lo Gai Saber&lt;/em&gt; est une revue litt&amp;eacute;raire occitane publi&amp;eacute;e depuis 1919. La rubrique &lt;em&gt;L'&amp;Ograve;rt dels trobaires&lt;/em&gt; est consacr&amp;eacute;e &amp;agrave; la po&amp;eacute;sie, la rubrique &lt;em&gt;Bolegadisa occitana&lt;/em&gt; donne des informations sur l'actualit&amp;eacute; de l'action occitane. La revue fait aussi &amp;eacute;cho des publications du domaine occitan et des r&amp;eacute;sultats du concours annuel de po&amp;eacute;sie occitane de l'Acad&amp;eacute;mie des Jeux floraux.&lt;/div&gt;</text>
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              <text>&lt;div style="text-align: justify;"&gt;Lo&amp;nbsp;&lt;em&gt;Gai Saber&lt;/em&gt;&amp;nbsp;es una revista liter&amp;agrave;ria occitana publicada dempu&amp;egrave;i 1919. La rubrica&amp;nbsp;&lt;em&gt;L'&amp;Ograve;rt dels trobaires&lt;/em&gt;&amp;nbsp;es consacrada a la poesia, la rubrica&amp;nbsp;&lt;em&gt;Bolegadisa occitana&lt;/em&gt;&amp;nbsp;balha d'informacions sus l'actualitat de l'accion occitana. La revista se fa tanben lo resson de las publicacions del domeni occitan e dels resultats del concors annadi&amp;egrave;r de poesia occitana de l'Acad&amp;egrave;mia dels J&amp;ograve;cs florals.&lt;/div&gt;</text>
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              <text>Salvat, Joseph (1889-1972)</text>
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              <text>Tresserre, François&#13;
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              <text>Bonafont, Joseph (1854-1935)</text>
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              <text>Gardes, Pierre (1902-1996)</text>
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              <text>Cuxac, Cécile (1905-1986)</text>
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              <text>Rozès de Brousse, Jean (1876-1960)</text>
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              <text>Bergue, Paul</text>
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              <text>Narach, Jean</text>
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              <text>Joannon, Antonin</text>
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              <text>Calelhou (1891-1981)</text>
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              <text>Lèvefaude, Guillaume (1898-1993)</text>
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              <text>Gay, Simone</text>
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              <text>Pestour, Albert (1886-1965)</text>
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      <name>Occitanica</name>
      <description>Jeu de métadonnées internes a Occitanica</description>
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          <name>Portail</name>
          <description>Le portail dans la typologie Occitanica</description>
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              <text>Mediatèca</text>
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              <text>Bibliotèca</text>
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          <description>Le type dans la typologie Occitanica</description>
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          <name>Catégorie</name>
          <description>La catégorie dans la typologie Occitanica</description>
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              <text>Documents</text>
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          <name>Contributeur</name>
          <description>Le contributeur à Occitanica</description>
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              <text>Bibliothèque de Toulouse</text>
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      <name>Escòla occitana</name>
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      <name>grafias de l'occitan = graphies de l'occitan</name>
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      <name>Poesia occitana = poésie occitane</name>
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