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                  <text>18a Annada

N° 153

Julhet 1937

Gai
Saber

Lo

Revisia de l'ESCOLA

0CC1TANA

Dis Au pi

Pirenèu

...

F. Mistral.

TOLOZA
14, Carrièra

dels

Arts, J4

Lo Numéro: 2 fr.

�GAI

LO

SABER

Revista de l'ES COLA OCCITANA
BUREUS

s

14»

Carrièra d&amp;ls Arts

Abonaments

( Fransa : un an
Bstrange; un an
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(Edicion de luxe

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TOL.OZA

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15 fr.

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2S /r.

.

papièr Lafuma

:

35 fr.)

ENSENHADOR
del N° 153

(Julhet 1937)

lean BOCRCIEZ:

Tourtoulon

lozèp SALVAT:

Rèina de la Pats.

Prosper ESTIEU :

Roland

dialectologue.

(d'aprèp Napoléon Peyrat).

Paul-Lois GRENIER:

A Frédéric Mistral.

Frédéric MISTRAL:

A P.-L. Grenier.

LA RÉDACTION:

Doctrine.

CRI-CRI:

Bolegadisa Occitana :
Lo Teatre en lenga d'Oc.

BURÈU DE L'ESCOLA OCCITANA

Prosper. Estieu, capiscôl ; Antonin Perbosc, J.-Rozès de
Brousse, Jaques-Emile Abelous, jos-capiscòls; Armand Praviel,
clavaire; ]ozkpSalvat, secretari; Joan Séguy, secretari-adjunt.

Filadèlea

Gerda, Francés Tresserre, Lois Théron
Joan Ladoux, amiral d'Adiîémar
de Cransac, conselhèrs.
Paul Sibra, jos-capiscôl dels Grilhs del Lauragués ; Jordi
Bousquet, capiscôl de ÏEscòla Rochegude; Fernand Albert,
capiscòl de la Campana d'Agot; Joan Girou, capiscôl de l'Fscoìa Audenca; Teofile Ferrie, capiscôl de VEscòla d'Autpol;
Elia Lagarde, capiscôl de VEscòla Dom Vaissete, conselhers.
de

de

Montaugé, Juli Cubaynes,

�Lo Gai Saber,

n° 153.

Tourtoulon

JULHET

1937-

dialectologue (0
Messieurs,

Je n'ajouterai que peu de mots aux paroles éloquen¬
qui, dans l'idiome sonore et chantant de notre Midi,

tes

viennent de faire revivre un instant la silhouette de
Tourtoulon. On a évoqué le félibre, le juriste et l'his¬
torien. Mon devoir—• et celui de la Société des Lan¬

gues Romanes, que je représente en l'absence de
Monsieur Grammont-—est de rappeler que Tourtou¬
lon est en honneur particulier auprès de tous les dia-

lectologues.
C'est par

le Félibrige que votre compatriote est ve¬
linguistique. Aux alentours de 1870, on s'a¬
perçoit que le mouvement littéraire dont Mistral était
le promoteur ne peut que gagner et s'affermir en s'étayant sur une base scientifique. Ecrire de beaux vers
et montrer qu'un patois méprisé est à même de tra¬
duire les plus hautes conceptions de la pensée, c'est
fort bien. Mais ne faut-il pas aussi donner des titres
scientifiques à ce même patois qu'on a la prétention
bien légitime d'élever au niveau des langues littérai¬
res ? Ne faut-il donc pas étudier dans leur histoire
comme dans leur état présent les dialectes qui se par¬
nu

à la

lent dans le Midi de la France ? Et voilà comment
les Félibres deviennent des grammairiens, comment

(1) Paroles prononcées le 20 décembre 1936, à Montpellier,
l'apposition d'une plaque commémorative à la maison

lors de

natale du baron Charles de Tourtoulon, pour célébrerTe centenai¬
re de sa naissance. A cette cérémonie, organisée par i'EscoJa.
dou Parage, avaient déjà parlé, en langue d'Oc, les màjoraux
Pierre Azéma et Pierre Causse.
"
^

�20Ó

LO

GAI

SABER

poète de Mireille consacre une part de son acti¬
ce grand monument de lexicologie qu'est le
Trésor, comment enfin de Bayonne à Nice on se met
à publier de petites grammaires permettant de mieux
comprendre et de mieux goûter les œuvres savoureu¬
ses qui commencent à paraître dans tout le domaine
le

vité à

occitan.
Homme de science et doué de cette

intelligence et
d'esprit qu'on vous a justement rap¬
pelées, Tourtoulon devait tout naturellement partici¬
per à un mouvement dont il était à même de juger
toute l'importance. Ne soyons pas surpris de le trou¬
ver au nombre des cinq fondateurs de la Société des
Langues romanes, avant d'être un des sept fonda¬
teurs du Par âge de Montpellier. Son activité ne se
borne pas d'ailleurs à présider des réunions. [1 entend
participer lui-même aux recherches. Nul doute que
sa connaissance
du passé et son sens d'historien ne
lui eussent, permis d'étudier les vieux poètes de Pro¬
de cette curiosité

vence.

sont

Mais d'autres savants

se

consacrent

à cette

lieu que certains problèmes tout nouveaux
à peine envisagés. Personne par exemple ne s'est

tâche,

au

soucié de délimiter exactement les différents
dialectes qu'on parle dans le midi de la France ni

encore

une frontière
précise entre les parlangue d'oïl et ceux de la langue d'oc. Per¬
un mot, n'a fait encore de la dialectologie,

même de tracer
lers de la
sonne, en
et

ni le

mot

ni la chose n'existent. Tourtoulon et son

Bringuier prennent conscience de cette lacune.
Ils forment le projet de reconnaître la ligne idéale
qui sépare la Gaule du Nord de la Gaule du Midi.
Se fondant sur quelques traits caractéristiques de
phonétique et de morphologie, ils se mettent à la tâ¬
che, et toute personne qui a tant soit peu la pratique
de ces recherches très spéciales comprendra ce qu'il
a fallu de patience
et d'ingéniosité à ces explorateurs
ami

d'un nouveau genre. Cependant l'enquête se poursuit
et l'on peut dire qu'elle arrive à bonne fin. C'est grâ¬
ce à Tourtoulon et grâce à Bringuier que nous pou-

�LO

GAI

SABER

2

07

faire aujourd'hui une idée de cette limite
vons nous
qui, partant approximativement de l'embouchure de
la Gironde, remonte vers Angoulème, atteint Guéret
et passe au sud de Saint-Etienne, de Lyon et de Gre¬
noble avant de se perdre en Italie.
Tourtoulon et Bringuier consignèrent leurs recher¬
ches dans un Rapport que publièrent en 1876 les Ar¬
chives des Missions Scientifiques (31™ Série, tome

4). Puis Tourtoulon, fort des premiers résultats qu'il
avait obtenus, en
un

tira d'intéressantes conclusions dans
important article de la Revue des Langues Ro¬

(1890) qui porte ce titre suggestif: Des dia¬
lectes, de leur classification et de leur délimita¬
tion géographique. Les études pénétrantes de votre
compatriote furent loin de passer inaperçues. Elles
furent même l'objet de critiques serrées de la part de
Gaston Paris, et, dans le Bulletin des Parler s de
France, le grand romaniste n'hésita pas à railler «les
vaillants et consciencieux explorateurs qui ont voulu
tracer une ligne de démarcation entre les deux pré¬
tendues langues». Il s'ensuivit une polémique assez
confuse où plus d'un savant officiel — français ou étran¬
ger — voulut dire son mot. L'avis général ne fut pas
favorable aux théories de Gaston Paris, et c'est en
somme l'érudit provincial qui sortit victorieux de la
lutte où s'était imprudemment engagé un professeur
du Collège de France, futur membre de l'Académie.
Quand le temps eut commencé de faire son œuvre et
que tout ce bruit se fut à peu près calmé, on revint
très naturellement aux idées qu'avait soutenues Tourtouton. Elles sont maintenant classiques en dialecto¬
logie, et tous les spécialistes—ou peu s'en faut — s'y
conforment. Il suffit d'ouvrir soit la Grammaire pro¬
vençale d'Anglade, soit la Grammaire Istorique
(sic) de Jules Ronjat, pour se rendre compte des ser¬
vices importants que Tourtoulon a rendus à la lin¬
guistique. Il avait une vue claire des choses, le sens
des problèmes à résoudre et la méthode correcte qui
manes

�208

LO

GAI

SABER

d'obtenir de bons résultats. N'est-ce pas suffi¬
qu'il ait sa place marquée dans le nombre
ceux qui ont consacré leur activité à l'étude de nos

permet

sant pour

de

dialectes méridionaux?

Vous
lébrer

n'ignorez pas, iVlessieurs, qu'on vient de cé¬
Allemagne le centenaire de la Grammai¬

en

re de Diez, —et Diez fut sans doute le véritable ini¬
tiateur des études romanes —; vous n'ignorez pas non

plus qu'on s'apprête à célébrer en Provence le cen¬
mort de Raynouard, — et Raynouard
fut sans doute le père de la philologie provençale—.
Mais l'éclat de ces deux grands noms ne doit pas nous
faire oublier des gloires plus modestes. J'ai tâché de
vous montrer comment Tourtoulon a porté sa pierre
à l'édifice commun et comment, s'étant attaché à étu¬
dier des faits précis, il a quelque chance de laisser
une œuvre durable. Laissez-moi ajouter en toute fran¬
chise que vous pouvez vous recueillir avec émotion
tenaire de la

et

fierté devant la maison natale de votre éminent

compatriote.
JEAN BOURCIEZ,
professeurs la Faculté des Lettres de Montpellier.

�LO

GAI

SABER

209

Rèina de la Patst1)

SENHE

ALMONIÈR

Amb

aquela finesa d'esperit e de còr dont cada an
regalatz, abètz complimentât l'Academia d'aber
complit, un còp de mai, son gèste tradicional.
Sabètz plan qu'aquela fidelitat à la Tradicion es
sô plus mens que pòd far nòstre Consistòri del Gai
Saber. E l'ora de uèi, marcada per de revolums e de
trebolèris belèu mai grands que jamai, demanda de
nos-aus una fidelitat mai
granda als principis d'estabilitat. Filadèlfa de Gerda a dit justament:
nos

Hòra

era

Sola,

era

tradicio, tôt s'eslurra e s'esbrenha;
tradicio, dera flo tira frut.
Ed Présent no-ei arre s ed Pasat no l'ensenha. (2)
L'ensenhament del Pasat, l'escotam quand dizèm
ambe nòstre Mistral:
Ounour à nòstis àvi
Tant sàvi... (3)

Adonc,

coma

fazian, i

a

mai de sièis cents

ans,

los

VII Trobadors de Toloza,

tot\ affars
tot\ negocis delaysliat\, (4)
auzit cantar los auzèls, e nos sèm
E

abèm

acampats

viure am gaug e alegrier, e per fugir ad ira e
tristicia, enemigas del Gay Saber»(5). Clemensa Izaura nos a fait sinne e li abèm
respondut :
«per

Entre que dins
Autant-lèu que

loti bos un aucelotm babiho,
la primo escampo sa calour,

(1) Alocucion del abat Salvat, prezident de la Delegacion de l'Acade¬
mia

dels

Jôcs Florals à Nòstra-Dama la Daurada

Flors

(3 de mai 1937).
(2} Eds Crids, p. 162.

(3) Lis Oulivado, La Cansoun dis Avi.
(4) Leys d'Amors, ed. Anglade, t. I., p. 11.
(5) Leys d'Amors, ed. Anglade, t. I, p. 8.

per

la Fèsta de las

�L0

2 10

GAI

SABER

Un nouvelun de vido au cor s'escarrabiho,
E pouèmo e cansoun vènon coume diabiho
A la Fésto di Flour.
E li

flour benesido à la glèiso Daurado,
Liflour que vosto man cuei e distribuas,
Reviéudon, an pèr an, nosto glòri sacrado,
E gounflon mai-que-mai
l'ourguei de l'encountrado
E l'alen doupais, (i)
Sèm venguts à Nòstra-Dama, e de la Glèiza Daurada anam partir, cargats d'una meison florida e be-

nezida, à travèrs las plasas e las carrièras de Toloza.
Lo pòple ramondenc remirarà, saludarà,
aplaudirà,
e, al estrangèr que li demandarà sò qu'es, l'òme de
Toloza respondrà :« Es la poezia que pasa&gt;/.

Aquel cortètge qu'anam entreprene me fa pensar
jorns, uèi, deman, deblanquinozas de nòstra
tèrra fegonda, entre las vinhas que
déjà borronan e
los blats que s'aprèstan à canonar, van
pregar lo
Dius poderos e benfazent de gardar los fruts de la
tèrra. Demest aquelas Rogazons
suplicantas, ont lo
brezilbadis dels auzèls e lo cri-cri dels grilhs fan
rampèu à las litanlas crestianas, n'i a una que sem¬
bla mai que totas la pregaria del
jorn: A peste, fa¬
mé etbello, libéra nos Domine:
deliura-nos, Senhor, de la pesta, de la fam e de la guèrra... Als
reines e als princes crestians dona la pats e la
concòrdia vertadièra... A tôt lo
pòple crestian
dona la pats e l'unitat... O Senhor, dona donc à
tos servidors aquela
pats que lo monde non lor
pòd donar (a).
La pats ! Es qu'i pòd aber sus tèrra un ben tant
precios ? E aquel ben tant precios, es que jamai lome
à las procesions qu'aquestis
man pasat,
per las randuras

n'a
e

tant

ne

sentit lo bezonh

trobam la

bia pas encara

coma

uèi? Sembla que non,

pròba dins lo gèste de la Glèiza qu'apensât à dire à Maria, rèina d'amor,

(1) Lis Isclo d'Or, A Na Clemènço Isauro.

(2) Liturgia Romana, Litanias dels Sants.

�LO

lo titol
Pacis.

tant

GAI

SABER

2 11

prezat de Rèina de la

Pats, Regina

Es pas de uèi solament, pracò, que los òmes an
demandai à Maria de lor procurar la pats. L'an 1468,
Pèire de la Ròca, trobaìre mondin, ganhèt una en-

glantina als nòstres Jòcs Florals
Pat^ e Guerra (1).

per un

Vers sobre

Entre la

Pat\ e Guerra s'es moguda
Questio molt gran, davan l'auta Justecia...

La

Pats, als primièrs jorns, gobernaba lo monde,
qu'estandart emai lansa èran al demembrièr. E, quand Jèzus lo Salvador venguèt del cèl
per la redemcion de l'umanitat,
de tal biais

Era, de cert-, la général Pat\ vista
Per tôt lo

mon

sobirana mestressa.

Mas la Guèrra respond que s'endintrèt dins los
cors ambe la trista révolta de Lucifèr e lo
pecat d'A¬

dam,

dempèi lo plus vièlh temps, los òmes
bâton. Lo rei Dàvid, Jozue, los Macabèus, an sempre batalhat, e pèi los Grècs e los
Romans, e duscas al rey des Francs que fa tant
bèl mortalatge dels Angles.
Coma la Pats reconei pas las razons de la Guèrra,
aquesta la menasa de far valer sos dreits per las ar¬
mas. Es
alavets que la Justicia interven ; quand a
pezat un e pezat l'autre, proclama que la Pats es
mai gracioza envèrs Dius e mai plazenta à tôt lo
e que,

s'aziran

monde

e

se

:

Mas be

Pat\
e,

sus

vos

envers

die que

plus es graciosa
Dieus, y a tôt lo monplasenta...,

acô, defen à la Guèrra de demorar demest los

ômes.
Lo trobador, s'adresant à la Vièrge, li fa son
mandadis, que redirem amb el à Nòstra-Dama la
Daurada

:

(1) Les Joies du Gai Savoir, ed. Jeanroy,

pp.

T96

e sq.

�lo

212

gai

saber

Resplandens lums, el cet tant gloriosa,
Dat\ nos la Pat\, coma vertut plus genta,
Quar es a nos a vieure condescenta,
E que jamays Guerra plus nos vesite.
A !

Vièrge benfazenta, los òmes que, coma nos-aus,
guèrra. e que n'an vistas las
orrors, te dizon suplicants :
an

fait la malastroza
E que

jamays Guerra plus nos vesite !

Per acò, Vièrge poderoza, abèm bezonh que de ta
luzenta clartat fòrabandigues de sus tèrra aquelis
malfazents que seménan lo juèlh de lors doctrinas
d'aziransa. Per acò, lums resplandens, escota nòstra

pregaria qu'empruntam à Mistral :
Mario, fai nous lume !
Que nosto raço noun s'embrume
l'embriagamen, dins lou fum e l'ourguei
De la matèri !... (i)
Santo

Dins

O tu,

Nòstra-Dama la Daurada, ò tu la benurada,
esclat sens parièr, escafas l'aur pur

ò tu que, per ton

del

solelh'(2), tu,
Nosto-Damo de Lumiero,
Tiro-nous de la sourniero

Que rend nàsti jour amar,
Bello estello

matiniero,

Bello estello de la mar!

(3)

Jozèp SALVAT.

(1) Lis Oulivado, A l'Inmaculado Councepcioun.
(2) Ibidem.
(3) Lis Isclo d'Or, ed. 1876, Pèr Nosto-Damo de Lumiero.

�L'Ort dels Trobaires

Roland
D'aprèp Napoléon Peyrat

(Les Pyrénées)

(1809-1881)

1
Los Maures

vincut Don

Rodrigue à Xérès,
aqui dins los graits,
garbas desgranadas.

ait

E los batalhons Gòts
Coma de

son

Los Aràbis, darrièr lor

Musà-el-Kebir,

Fan volar lors cabals del blau

Guadalquivir

Dusc' à las blancas Pirenèas.

Mas

jorn que l'Emir amibe sos léopards

un

Tracaba
Am

un ors

furios tacant lo vert

peLkehc

esgruma sanguino^a,
Monta al acrin nevenc del Vàllièr...
son

Remira

un

Ont,

—

ori^on à

coma una

Emblavait,
pèds espandit
rò^a, es Tolo^a.
sos

Desforrelat^ los vòstres sabres, filhs d'Allah!
Pasat% los monts! Afanat^-vos!

Vite à cabalh!
La; Fransa

es

darrièr la montanha !

Aqui Carles-lo-Grand fa rampèu à Cegar!
Cabals

e

E lo

carris, tôt, vos òc cal conquista'r,

sèptre de Carles-Manhe !

—

�LO

214

Atal dis

e

GAI

SABER

desend dels acrins

d'Aragon,
dragon.
temps de sègas.

Gingolant, on^adenc, lurent
Èra alavets lo

coma un

Los émirs, à cabalh subre lors elefants
E subre léopards, volàban trïomfants,

Seguits per

una

nibol d'aclas.

Campais sus nbstra terra, aquelis
Bebian à nòstras fonts, sadolhats
E tant-ben de nòstras

Sarrasins
de rafms
milgranas.

Cantàban subre lors lahuts adornats d'aur
Nòstras

joves beutats

que

dins los miradors

Escotdban lors serenadas.

Di\ian: — Per te mirar arribi d'Iëmen;
Ai quitat lo Levant ; ai seguit lo camin
Se desplegant prèp las on^adas.
Sut miu destrier Gafel rabent coma un au^èl
Ai pasat lo defert, pèi ai pasat l'Atlàs
E las Colonas erculencas !

Te

pòrti 'n blanc ramier qu'es parier al Fenits;
joves lions, de talismans d'onits,

Ai dos

De

perlas, ò bêla Romana !

Del Crist

e

de Brahmd Mahom

es

vencidor!

Amiga, moriràs crestiana sus mon còr
Per i renaise mu^ulmana ! —

�LO

E las

Ton

GAI

SABER

joventas respondian :

—

215

Dius sià lau^atl
jalos,

es crudèl! Ton arèm es
E ton Aimada a cent rivalas!

profète

Abèm

res

qu'un

Las metian

sus

amor sens fin! — Mas los bregands
lor sèla e darrièr los grands monts

Fafian bondejar lors cavalas!

II

Malastre als

mescre^ents! Malastre als circoncits! —
e, jos sos blancs parpelhs,
Dins sos èlhs verts nàison de flambas.
E Turpin : — Armat^-vos, Senhe! Lo bras de Dius
Vos libra aquels maldits qu'escàmpan nòstres vins
E tenon en pre^on las Dònas! —

—

A dit

Carles-lo-Grand,

Carles-Manhe, Roland, Renaud de Mont-Alban
Son à cabalh:

—

Siague maldit lo vert turban !

Bisbe, fai lo geste de guèrra !

—

Turpin benefiis Vòst dabant Racamador ;
Mas, del deltà del Rò^e al gòlfe del Ador,
Los Maures tornan en Espanha.

Non. S'arrèstan als monts.

Agaitat^lors creisents

Arborais suis acrins, tais

d'astres frefinants

Adornant la

copòla blava.

Merleiant lo cimèl del barri subrenaut,
Cridan:

—

Del lion

abètçtòrt demordir léopards!
respetat\ la coga! —

Canhs,

�LO

E Roland

rugisià,

e

GAI

SABER

de voltors gigants,

grands vois d'aclas que volàban en virant
Fafian clicar lor bec tindaire,
Roland lor difià: — Mius petits au^elets,

De

E

Pacientat\ un pauquet! Auret\ lèu oselets
E bêlas car casas de Maures ! —

V grand Emperador !
Ounis combats! Mas l'òst dels Francs, sabre
Vefià, calabra espetaclo^a,
L'emir El-Momenim e

7s cimèls,

elefant, lo camèl tant gibos,
triste e tôt V eisam mostros
bestial que l'Africa engendra.

Lo tant gros

Lo rinoceròs
Del

Aquelis mostres fan narrejar los destriers,
E Turpin dis, mostrant lo mont e sos espants:
An fadorlencas esperansas
Aquels encantadors, que son filhs de Satan! —
E Roland, e Renaud, e tots los filhs d'Aimon
S'esldnsan ambe l'òst de Fransa.
—

Norà, Mosà e Salaò,
Prefidaba al combat orresc, e, d'amont- naut,
Vefià, d'Elna à Fontarabia,
S'entremesclar los auriflors, los olifants,
Caries, dels monts

Emirs contra barons,

La Fransa contra

cabals contra elefants,
l'Arabïa !

�LO

Cent

GAI

SABER

jorns acò durèt : Roland subre los monts
carn à l'acla e damnats à Satan,

Donaba

Que gingolaba dins l'abisi;
D'amas l'aire èra negre autant qu'una nibol,
E Roland e Renaut, cobèrts de sang, lo sèr,

Se lavàban à las

casçadas.

gigants ! Es lavets que Roland
tal un grifon alut,

O Paladins

Volet sut siu cabal,

Del Marborè duscas al Gèdre;
Es lavets que Roland ambe sa Durandal
Escdlprèt lo cimèl del mont piramidal
Cofat d'un bel turban de brumas.

de^empèi que dins lo cirque
Tots los ibèrns, s'aupis l'aurasa

Es

de frejal,
dels combats ;

de^empèi que 'ls vents nocturnes
Gingòlan tant, en descofant los blancs cimèls
E que l'Ami laisa tombar ambe grand bruch
L'aiga rajant de sas cent urnas.
Es

III

Mahomet.
l'Ibère es aqul suis cimèls
D'ont la tant grand cascada tomba.
A! lo Ce^ar félon, que me vòl per vasal!

Carles-Manhe

S'entorna;
■—•

Ara

vincut los camps de

mas

es mon

Sera

a

sa

pre^onièr ! Lo cirque colosal
colosala tomba!

�2l8

GAI

LO

M'a

SABER

près Toloqa aquel emperaire ufanos,
insultar suis nevo\es cimèls,
Subre 'ls glaciers, mos aparaires !

E

me ven

Avalàncas
Am

e

rècs, siat\ per el sens pietat !

guerrejadors volatq, amas dels morts!
cantat\ ma Victoria, ò bardes ! —

mos

E

Lop, filh de Gaïfèr, cor al filh de Pépin.
Cari e sos dot^e pars, Varquebisbe Turpin
Ròdan sus lor camp que s'espanta.
Pèi Roland mòr. Lo Franc freqinèt, fugitiu,
Quand, entre las doas mars, subre los monts sonet
La tant tronadisa fanfara!

Gloria à Roland vincut! Encara à Gavarni
I

a

òsa, sa vot%, son espaça, son
Sa breca subre la rocada!

son

còrn,

La

nèit, lo pastre auqls son cabal espantat
Que beu à la cascada e pais al Marborè,
En anilhant dins la ventòria!

Gloria à Roland vincut! Son
Lo

cirque
Son

es son

mau^olèu

Encara resoniis

nom es

immortal!

tahut, lo Cône es son autar,
es

son

lo grand istme;
famos olifant
de Narbona à Cordoan,

Subre doas mars, e,
Sa «Canson» es trbba estelenca!

�lo

gai

saber

219

Oc, acò fa qu'es immortal, ò paladin !
Mas sò que subretot far à durar ton nom,
Es lo trevant dels pelses saures,

Auda, ta bêla amiga, arribant sus ton cròs
Per i

plorar, la nèit, duscas que lo solelh
qu'an vist los Maures...

Esclaire 'ls monts

Nòstres

aujòls, usclats pel canon e l' solelh,
Son morts tant-ben, mordint lors sabres brigalhats,
Subre los acrins de l'Espanha !

Los vejères, Roland, quand tombèron atal!
Respond ! Es qu'èra grand lo nòstre Emperador
Coma ton oncle Carles-Manhei

S'anant vès

l'Èbre,

Nàstres soldats

am

E lors cants

un

jorn, pàsan per Ronsevals

lors

canons e

lors cabals,

fanent bruch d'aurasa,

Arbora-te dins ton tombèl

e

vei, lïon!

Es mai que Carles-Manhe e que
Acò 's la Libertat que pasal

Napoléon:

Prosper ESTIEU.

en

Antologia poëtica
(Tòme IV).

ritmes occitans

�2 20

LO

G AI

SABER

A Frédéric Mistral (1 )

Mestre, quand, lo solelh, dolorós tras la nibla,
Sanha coma un a vinha ont hòm vai vendenhar,
Lo

grand astre, endechatper l'Autona inflessibla,
Se coisa dins la

mar.

Vequi per que m'es greu de la veire enniblada
Questa lengua qu'an tan parlàvan nòstres mòrts;
Vequi perqùè m'es greu de la veire endechada
Per la lengua dau Nord.
Aiives,- tu, la monarda

e sombra bujadiera,
de
pestel,
longs còps
adobar lo linsòl
Dau Mieijorn oblidant questa chansô galiera
D'autel prenent son vòl?

A

Maître, quand le soleil/douloureux à travers la brume,—
saigne comme une vigne où l'on va vendanger, — le grand as¬
tre, blessé par l'Automne inflexible, — se couche dans la mer !
Voici pourquoi il m'est pénible de la voir embrumée, — cette
langue qu'autrefois parlaient nos morts; — voici pourquoi il
m'est pénible de la voir blessée — par la langue du Nord.
Entends-tu la camarde et sombre buandière,

— à longs coups
battoir, préparer le linceul — du Midi oubliant cette chanson
légère— d'oiseau prenant son vol?

de

(i) Nous sommes heureux de publier ici les vers que le poète
Grenier, grand prix de Poésie Fabien-Artigue 1935, avait
adressés à Mistral en 1904, et la lettre que le Maître de Maillane envoya en remerciement au jeune limousin.
P.-L.

�lo

gai

saber

221

Mestre, nòstre pais a perdut la memòria
Dans trobadors famós qui, dius los temps passais,
Teissèron mais d'un pam de son mantel de glòria
Sots los cels estelats.

Quand Vabastardiment, tant de vet\ seculari,
oblidôs me trebolina entau,
Lege tas Islas d'aur, dont ai fait mon himnari

Dau pais
E

mon

libre

messau.

Maugrat tôt, maugrat tôt, maugrat l'inconsciensa,
Maugrat lo desgaunhós mau voler dau veqi,
Maugrat los renegats de ta bela Provensa
E de mon Lemo\i,
Maugrat lo vent d'hivern, maugrat las nueits rebelas„
lumenós,
d'estelas,
Germena en los rejós !

Sente que lo grand blat superbe e
Per ton geste sacrat de semnador

Genier 1904

Paul-Lois GRENIER.

Maître, nôtre pays a perdu la mémoire — des troubadours
fameux qui, dans les temps passés, — tissèrent plus d'un pan
de son manteau de gloire — sous les cieux étoilés.

Quand l'abâtardissement, tant de fois séculaire, — du pays
me tourmente
ainsi, —je lis tes Iles d'Or, dont j'ai
mon
hymnaire — et mon missel.

oublieux
fait

Malgré tout, malgré tout, malgré l'inconscience, — malgré
vouloir du voisin, — malgré les renégats
et de mon Limousin,

le dédaigneux mauvais
de ta belle Provence

—

Malgré le vent d'hiver, malgré les nuits rebelles, — je sens
le grand blé superbe et lumineux, — grâce à ton geste sa¬
cré de semeur d'étoiles, ■— germe dans les sillons!
que

Janvier 1904

P.-L.G.

�LO

22 2

Maiano

en

GAI

SABER

Prouvènço,

jo

de janviè 1904

BÈU DROLE,
Li

superbe que m'avès dedica, au sujet de nose de soun abandounamen e de la guerro
basso que se ié fai de longo toco e au-jour-d'uei mai
que jamai, m'an regala lou cor e l'amo.
Aquéu noble counort, venènt d'un jouine limousin
que n'en saup mai que d'autre e qu'en éu represènto
la flour, Tinteligènci e la counsciènci d'uno raço, sufirié pèr me rèndre lou courage e l'enavans, se li
poudiéu avé perdu !
Mai coume vous iéu sènte que lou «grand blad» deDiéu grano dins li regoun. Que nous enchau que li
nèsci, li bedigas, li renegat, li traite e lis arlèri, fugon de milioun contro la lengo maire? Uno fes mort,
es
coume se
n'avien pas viscu. E l'obro bello d'un
poueto, que date de vuei o de sèt cènts an, es proun
forto souleto pèr manteni lou noum, la glòri e la ca-:
vers

to

Lengo

ro

de Limousin

o

de Prouvènço. Dóu rèsto, en regar¬

à noste entour, i'a pulèu, m'es
que de se descounsoula. Jamai
li troubadou èron esta estudia, dins tóuti li païs dóu
mounde, coume dins aquest siècle. E dins noste miejour, jamai s'èro vist tant d'orne, d'orne d'engèni e
d'amour, se metre en boulegado pèr uno reneissènço.
Adounc, au\or, moun bèu, e óubliden jamai que
i'a sèmpre de soulèu à rèire di mountagno! Vous
mande mi salut courau e moun caud gramaci.
dant ço que se passo

avis, de

que se

rejouï

F.
Maillane
Bel

en

MISTRAL.

Provence, 30 Janvier 1904.

Enfant,

superbes que vous m'avez dédiés, au sujet de notre
langue et de son abandonnement et de la guerre basse qu'on,
lui fait de longue date et aujourd'hui plus que jamais, m'ont
réjoui le cœur et l'âme.
Les

vers

�LO

GAI

SABER

223

Ce noble encouragement, venant

d'un jeune Limousin qui en
plus que d'autres et qui en lui représente la fleur, l'intelli¬
gence et la conscience d'une race, suffirait à me rendre le cou¬
rage et l'énergie si je pouvais les avoir perdus!
Mais comme vous je sens que le «grand blé» de Dieu graine
dans les sillons; que nous importe que les sots, les niais, les
renégats, les traîtres et les fats soient des millions contre la
langue maternelle? Une fois morts, c'est comme s'ils n'avaient
pas vécu; et la belle œuvre d'un poète, qu'elle date d'aujour¬
d'hui ou de sept cents ans, est assez forte toute seule pour main¬
tenir le nom, la gloire et le visage du Limousin ou de la Pro¬
vence. Du reste, en regardant ce qui se passe autour de nous,
il y a plutôt, à mon avis, de quoi se réjouir que de se désoler.
Jamais les troubadours n'ont été étudiés, dans tous les pays du
monde, comme dans ce siècle, et dans notre Midi, jamais il ne
s'était vu tant d'hommes, d'hommes de génie et d'amour, se
mettre en mouvement pour une Renaissance.
Donc, en avant, mon cher, et n'oublions jamais qu'il y a tou¬
jours du soleil derrière les montagnes! Je vous envoie mes sasait

luts cordiaux et

mon

chaud merci.
F.

MISTRAL.

�gai saber

lo

224

DOCTRINE
Notre secrétaire de rédaction, l'abbé Salvat, a reçu
de l'Université de Pécs (Hongrie), la lettre suivante.
Pécs, le 3
Monsieur

avril 1937.

l'Abbé,

Excusez-moi de vous déranger par ma lettre. Je travaille sous
Birkàs à ma thèse de doctorat dont
provençale moderne vue à travers la
pensée mistralienne*. C'est pourquoi je vous prie, Monsieur, de
me communiquer quelques données relatives à l'évolution et l'i¬
dée directrice de votre poésie et de me renseigner sur la part
qu'y eut l'idée mistralienne.
Je vous prie aussi de me donner quelques indications sur l'é¬
tat actuel de la langue provençale. Croyez-vous, p.e., qu'on réus¬
sira à introduire la langue provençale dans tous les établisse¬
ments publics du Midi (enseignement primaire, secondaire et
supérieur)? N'est-ce peut-être qu'une chimère irréalisable? Et
Vous, voudrie\-vous diviser par cela l'unité lin guistiquef appa¬
rente) de la Francei Que pensez-vous enfin du rôle des 1 lan¬
gues provinciales* dans le destin de votre pays?
Je suis loin de vouloir abuser de votre bonté et de votre temps,
mais je suis sûr que, vu l'importance de ma thèse pour la pro¬
pagande provençale et félibréenne en Hongrie, vous ne refuse¬
rez Pas de répondre à ma demande.
Dans l'espoir que vous voudrez bien me renseigner le plus tôt
possible, je vous prie d'agréer, Monsieur, avec mes remercie¬
ments anticipés, l'assurance de mes sentiments respectueux.
la direction de M. le prof.
le sujet est «La littérature

Guillaume

BAJOMY,

licencié ès lettres,
bibliothécaire de l'Institut Français
à l'Université de Pécs.

Notre secrétaire n'a pas
cette

lettre à tous

nos

répondu. Il communique

escolans, demandant lui-même

réponse à tous ceux qui s'intéresseront à cette
question. Les réponses, en français, qui doivent être
adressées à notre secrétaire, 2, place Montmorency,
Castelnaudary, constitueront un dossier qui sera
communiqué à M. Guillaume Bajomi. Lo ,Gai Saber
pourra peut-être rendre compte de cette sorte d'en¬
quête et publier les meilleures pages.
une

La Rédaction.

�BOLEGADISA

Lo Teatre

en

OCCiTANA

lenga d'Oc

Francament, sembla-que cada jom se pàgue notar de progrèses vertadièrs dïns lo teatre en lenga d'Oc. Parlant aici
res que de sò que
s'es pogut ve\e i a paucde temps dins loròdol
lengadocian, ont autorse actors fan miranda.
Per la Santa Estèla, à Befèrs, vejèrem très tropas d'actors:
La Tourre de Sauvian, Lou Poulin de Mountblanc, Lous Cigalous Narbouneses, que joguèron de pèsas de De\eu^e, Vieu,
Bartlie. Qualques-uns dels melhors actors, se junhisent d Alla
Julieta Dissel, del Teatre d'Oc, creèron un drame pai\an de
Clardeluna.
En ciutat d'Auvilars, lo 23 de mai, vejèrem, demest de nombro\as tropas, los autors e actors de L'Escòlo Carsinolo e de
La Cloucado des Clastres interpretar comedïas de Cayrou,
A Revel, lo 13 de junh, es La Campana d'Agot que faguèt

drame del abat Sarran e una comedia d'Albarel.
establir un Palmarès. Volèm pas dire que tôt i
siague estât perfèt, siague dins las òbras elas-mèmes, siague
dins lo jàc dels actors, siague mai que mai dins Vorganisation
cenica. Sò que podèm dire, es que lo repertòri pauc à pauc se
constituis, es que i a dins cada tropa d'actors remirables, es
que lo public occitan pren gost al teatre dins sa lenga, es que
ve\èm dabant lo teatre d'Oc lufr un bel avenidor.
aplaudir

un

Volèm pas

Bêla
taure

fèsta

à

Nimes, lo 15 de mai, per inaugurar lo famos
de la Vila de Paris.

del Trocadero, don

Fèsta mai

qu'interesanta en ciutat d'Auvilar, los 22 e 23 de
de Sant-Noë, patron dels Vinhairons: procesion
pintoresca dels «arbudets», cortètge dels * fochaires», planta¬
tion de la vinha, etc... A la rampelada de la Clocada Marcabrun, de felibres èran venguts de tôt caire: i ajèt, lo maitin,
mesa felibrenca ambe sermon
del abat Salvat e cants pels
Boscasièrs de Montclar, e, lo vèspre, polida felibrejada, ambe
cants, dansas, comedìas pels Cantaires Carsinòls, Las Bélu¬
gas de Montalban, Las Catètas Carsinblas, La Clocada dels
mai,

en onor

Clastres

e

VEscbla Ca-rsinàla.

�22Ó

LO

GAI

SABER

A Revel, en tèrra lauragueza, i ajèt granda fèsta, lo 13 de
junh, jos la prezidensa de dôna Magali Blacque-Belair de Séverac, e jos l'aflat del Sendicat d'Iniciativas de Revel. Aculhensa e discors à la Comuna, sermons als Oficis catolic e protestant,,
taulejada, cort d'amor, tôt foguèt merabilhos. Lo Colètge d'Occitanïa, ambe los majorais Estieu e Salvat, i tenguèt sos Jôcs
Florals. La Campana d'Agot i joguèt L'Orne blanc de Sarran e
VEsprit tustaire. d'Albarel. Lo Grel de Sant-Ferreol i cantèt
bèlament en lenga d'Oc. Mai de 400 damas, joventas e jovents
fazian cortège à la rèina. Quatre bodegaires fazian reviure los
vièlhis aires. Lo decan Abelous i reprezentaba l'Academîa dels
Jôcs Florals, e En Andriu-J. Boussac la Mantenencia de Lengadòc. Esperem qu'aquì tant-ben espelirà una novèla Escôla.

qu'ai poste de Tolo\a-Pirenèus, ont l'abat Salvat
Cayrou pàrlan totjorn en lenga d'Oc, à la Maitinaenfantina, cada dijôus, i a un cant occitan, demest los cants

Senhalam
e

En Frédéric

da
francezes.

Nôstres escolans e amies que voldrian de remembres fotografics de la Santa-Estèla se pôdon adresar à nôstre escolan
Leonce Beaumadier, 83, carrièra Boïeldieu, Bezièrs.

18 d'abrilh, per lor primièra sortida de

l'annada,

Lo dimenge
los Grelhons

Vilafrancats abian tengut de portar lor omenat-

ge pietados e
Bessou. Es à

Sant-Salvador, ont lo regretat majorai es sebelit,

que se

filhal al bel cantaire occitan del Roèrgue,

l'abat

debanèt aquela felibrejada prezidida pel majorai Auguste
del Mèstre, lo majorai

Benazet. Al cementéri, dabant lo clôt
Benazet legiguèt son poème à Bessou;

lo mèstre d'ôbra Pèire

Grellions, i faguèt un flame discors e
dôna Savinhac i faguèt auzir un dels mai bèlis trôses de l'ôbra
majora de Bessou. Lo vèspre, dins la sala Lagarrigue comola
à petar, los Grelhons joguèron très comedias: La Posta d'Endacòm mai, de Benazet, Paures médecins, de Miremont, e La
Miremont, capiscôl dels

Femna

muda, de Boussac.

Bailejada pel bel felibre Enric Mouly, YEstèlo de Bessou, no¬
Vilafranca del Roèrgue, fa miranda

vèla Escôla felibrenca de
dins lo païs. Aici la tièra

de sas manifestacions (teatre, cant,

dansas): lo 21 de mars, àLaguepia; lo 3 d'abrilh, à Vilafranca;
lo 18, à S. Antonin ; lo 23 de mai, à Lanuejols. Aici cosi la feli—
bresa Calelhon acababa lo compte-rendut que faguèt d'aquesta
darnièra repiezentacion dins « Le Narrateur » de Vilafranca del
29 de mai:«Soui urouzo d'aplaudir l'Estèlo de Bessou coumo
estent la bertadièro troupo teatralo de nostre Grel Rouergat»,
A

l'Academia dels

Jôcs Florals, En Norbert Casteret,

qu'a

�LO

SABER

227

bèlament fait coneise las

riquesas josterranas de nôstra
elegit manteneire en plasa de nôstre regrejos-capiscòl Francés de Gélis. Compliments.

tant

Occitania,
tat

GAI

es estât

de L'Ec-lair d'Oc, lo mèstre d'ôbra Paul
d'Esquieu, ven d'establir las fondamentas d'una Escolo Cantarello, qu'aura per tôca d'adurre una renaisensa mu.zicala dins los païzes d'Oc. Li escriure, «27, rue de l'Aiguillerie,
Montpellier*.
Lo valent director

Bouchard

majorai Benezet Vidal « 1, rue Ramond, Clermontaber programe e condicions dels Jôcs Florals de
î'Escòla de Limanha, que seran dobèrts duscas al 31 d'agost.
Escriure al

Ferrand» per

ABÈM L.EGIT

:

(març 1937): Elperill de la raça catalana, per
E. Brazès que dis justament\'cLa questiò catalana es troba en
presèneia de l'amenaça del castellanisme de Franco i la dominaciò arbitrària de la F. A. /... Dictatura blanca, dictatura
vermella : quines seran les reaccions de Catalunya, quina sera
mes
afavorible a la renaixença del catalài Sens voler saber les
concessions de l'una o de l'altra, no ens podem resoldre a entreveure una catalanitat endogalada... Poe importa la conclusiò
d'aquesta lluita fratricida : es pot comptar amb una espiritualitat resolta a no admetre cap dominador sigui blanc 0 ver¬
meil. La veu de la raça no pot morir.
Peuples et Frontières (1" avril 1937) : Les Basques sont-ils
alliés du marxismei per E. Guichaoa. — La Revue hebdoma¬
daire (3.IV.37): Le Désenchantement populaire en Catalogne,
per Oraci Chauvet. — Lo Cobreto (15 d'obrièu 1937): poèmes e
prózas de E. Prax, J.-S. Mathieu, E. Dommergues, J. Fa}', E.
Blancharel.
Journal de l'Aveyron (18.IV.37): Clar de Lima,
poème de Calelhon; Dans l'ombre de Claude Peyrot, per Enric
Bédel.
Tolosa (18.IV.37): Louis Palauqui, per A. Got.
Aprèp un auvari dont abèm pas parlât, aqui qu'Occitania, lo
valent diari dels joves occitanistas, torna pareise. Ambe son n°
del 7 d'abrilh, nos môstra qu'a comprés la dralha que li cal seguir amai que la maja part de sos redactors afrancimandéjen
un pauc trop la sintaxi de la lenga d'Oc. A part acô, es un jornalet plan vivent, onèste, net, e demandant als nôstres legeires
de li tornar far fizansa. Per uèi, nos acontentarem de notar
l'apèl que fan à totis de mandar los noms e las adresas dels
regents e profesors que son partizans de l'ensenhament de la
lenga d'Oc dins las escólas. Aquela adezion fôrsa pas en res
se-que-non de sostene moralament, ara, e quand caldrà, la
campanha per l'ensenhament de la lenga nôstra. Escribètz à
Occitania, 12, carrièra Viollet-le-Duc, à Narbona.
Nôstra Terra

—

—

�228

LO

GAI

SABER

Calendau (janv. 1937): Couirouno per lou cros de
nard, poème esmogut del capolièr Jouveau:

Valëri Ber¬

M'aviés di'.'iLa Coupo es pesanto
quand auto la voulès teni!&gt;
Au pëd de nosto Coupo Santo
viro despièi toun souvent ...
Crounica artistica, per P. Azema, ilustrada pelretrat e per de
gravaduras de V. Bernard. — (febr. 1937): Moréas e Mistral,
interesant estudi de critica literaria per L. Teissier; en apondon à son article, lo majorai Teissier dis per que li agrada pas
la candidatura de Caries Maurras al majoralat: i a de majorais
que pénsan pas com el, e que pénsan que Maurras onoraria
grandament lo Consistôri ; Coussi, al jotir de uei, se fargoun
las legendos, bon estudi istoric de A.-J. Boussac pertocant la
familha de Toloza-Lautrec ; Crounica legendaria des Trotibadours, per Max Rouquette, que comensa aqui un trabalh de
grand interès, las Vidas dels Trobadors mezas en ordre e modernizadas.
(mars 1937): Una illusioun: un '(partit felibre-»,
per P. Azema, que porta son avejaire al problème d'un «partitfelibre» dejàestudiat per Simin Palay.
—

Lo 29

de mai

se

morisia en ciutat d'Albi lo mèstre d'ôbra En-

( Mèste Piarre). Vengut de Provensa en terra
albig-eza, abia, en bon occitan, donat son adezion à l'Escòla
ric

Colombon

Rochegude.
junh es mort à Aigas-Vivas (Gard) l'ancian preziRepublica Gaston Doumergue, manteneire de l'AcaJôcs Florals.
Que Santa Estèla emparadize aquels dos filhs de nòstra OcLo 18 de
dent de la
demia dels
citanla !

CRI-CRI.

Impr. Lauraguaise

-

Castelnaudary.

Le Gèrent : A. PRAVIEL.

�Règles de Phonétique Occitane
i° VOYELLES.

accentué
constitue

ou

seul

a,

—

non,

ou

dans le corps d'un mot,

sonne comme a

français

;

mais s'il

terminaison féminine, il est semi-son¬
nant et se prononce entre a et o, suivant la région ;
e sonne comme é fermé français, et è comme è ou¬
vert français ; — i équivaut à i français ; — u égale¬
une

—

mais, après

ment ;

çais
o

;

fermé

une

voyelle, il

a

le

ò ouvert se prononce comme o

—

comme ou

fran¬
français, et

son ou

français.

c, d, f, g, j, 1, m, n, p, q ( toujours
t, i sonnent comme en français ; mais
e et i est sifflant comme s français; — j sonne
comme tz, dans certaines régiońs ; — m se prononce
comme n à la fin de la ir° pers. du pluriel des verbes ;
n est muet, sauf quelques rares exceptions, à la fin
des substantifs ; — r est souvent muet à la fin des
substantifs et des adjectifs, sauf en Provence, ainsi

2° CONSONNES.

suivi de
c devant

u

),

—

b,

r, s,

—

s est toujours dur et sifflant; — t est
participes présents^et de la plupart
ment; — v sonne comme b, sauf en Pro¬

qu'à l'infinitif;
muet

—

à la fin des

des mots

en

vence.

3° GROUPES. —ch, lh, nh se prononcent: tch, ill, gn.
Illlllllllllllllllllllllllllllillllllllllllllllllllllllllllt

La

Rampelada

las vièlhas
del Colètge
d'Occitanïa, en s'adresant al Secrétariat 2, plasa
Montmorency, Castèlnòudari.

Los
annadas

escolans se pòdon procurar
de La Rampelada, buletin

ia annada,
1928-29: 3 buletins, de 4 pajas cadun,
piats, rares que se pôd pas mai, ajent res qu'un interès
riozetat bibliografica : 30 francs.
2a an., 1929-30, Nos 4-8, plan rares: 20 fr.

3a

—

4«

— ,

,

5a

— ,

6a

—

,

7a

—

,

8®

—

,

9°

— ,

Nos 9-13: 15 fr.
i93b N° T4 : 2 fr.
1932, Nos 15-19: 10 fr.

1930-31,

N°s 20-24: 10 fr.
Nos 25-29: 5 fr.
1935, N°s 30-33: 5 fr.
1936, N°s 34-39: 5 fr.
1933,
1934,

policode cu-

�EN VENTE A.

l'imprimerie d'Editions Occitanes
3, Quai du Port

•

CASTELNALDARY

Prosper ESTIEU.
Loti

Terradou,

franceza, (
Flors

sonets

vol. in-8",

j

occitans

300

j.)

—

ambe

rare

.

Iraduccicn

fr.

30.

»

d'Occitania, sonets occitans ambe tratluccien

franceza, (1 vol. in-80, 280 p.)
fr.
20. »
La Canson Occitana, poèmes en lcnga d'Oc, ambe
traduction franceza, (1 vol. in-8°, 264 p.) fr.
20. »
Lo Romancero Occitan, poèmes en lcnga
traduccion franceza, (1 vol. in-8", 344. p.)

d'Oc, ambe
20. »
fr.
Lo Flahut Occitan, 43 chansons avec musique, texte
occitan et traduct. franc;, pouvant se chanter dans les
deux langues, (1 vol. in-8°, 104. p.)
fr.
16. »
Las Bvcolicas de Vergili en ritmes occitans ( 1 volin-8, 68 p.) . .
fr.
10. »
.

Lo

Fablièr Occitan,

(1 vol. in-8,

170

.

ambe lexic o-cci ! an-francés

p.)

fr.

20.

»

Centairas, soncts occitans ambe traduccion
franceza, (1 vol. in-8 carrai xvi-276 p.) . fr.
20. »
Las Oras

POÌ f is OCCITANS,
""iiiiiiiiiiiiiiiiimiiiiimiiuiimiimiiimiiimiiiiiiiiimimiiimiimiiiiiiii

n'oubliez pas qu'en 1938, l'Académie
des Jeux Floraux ajoutera, au Concours Ordi¬
naire des

Fleurs,

attribuée à

portant au

une

Violette d'Or qui sera

poème en langue d'Oc
pays occitan.
un

se rap¬

(Clôture du Concours, 31 décembre 1937. — Demandez
le programme à M. le Secrétaire de l'Académie des
Jeux Floraux, Hôtel d'Assézat, Toulouse).
impr.

d'editions

occitane6

-

castelnaudary.

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              <text>Lo Gai Saber (&lt;a href="http://occitanica.eu/omeka/items/show/13154"&gt;Acc&amp;egrave;s &amp;agrave; l'ensemble des num&amp;eacute;ros de la revue&lt;/a&gt;)</text>
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              <text>&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;em&gt;Lo Gai Saber&lt;/em&gt; est une revue litt&amp;eacute;raire occitane publi&amp;eacute;e depuis 1919. La rubrique &lt;em&gt;L'&amp;Ograve;rt dels trobaires&lt;/em&gt; est consacr&amp;eacute;e &amp;agrave; la po&amp;eacute;sie, la rubrique &lt;em&gt;Bolegadisa occitana&lt;/em&gt; donne des informations sur l'actualit&amp;eacute; de l'action occitane. La revue fait aussi &amp;eacute;cho des publications du domaine occitan et des r&amp;eacute;sultats du concours annuel de po&amp;eacute;sie occitane de l'Acad&amp;eacute;mie des Jeux floraux.&amp;nbsp;&lt;/div&gt;</text>
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              <text>&lt;div style="text-align: justify;"&gt;Lo&amp;nbsp;&lt;em&gt;Gai Saber&lt;/em&gt;&amp;nbsp;es una revista liter&amp;agrave;ria occitana publicada dempu&amp;egrave;i 1919. La rubrica&amp;nbsp;&lt;em&gt;L'&amp;Ograve;rt dels trobaires&lt;/em&gt;&amp;nbsp;es consacrada a la poesia, la rubrica&amp;nbsp;&lt;em&gt;Bolegadisa occitana&lt;/em&gt;&amp;nbsp;balha d'informacions sus l'actualitat de l'accion occitana. La revista se fa tanben lo resson de las publicacions del domeni occitan e dels resultats del concors annadi&amp;egrave;r de poesia occitana de l'Acad&amp;egrave;mia dels J&amp;ograve;cs florals.&lt;/div&gt;</text>
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              <text>Grenier, Paul-Louis (1879-1954)</text>
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