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                  <text>49a Annada

Lo

N° 165

Julhet 1938

Gai

Revista de l'ESCOLA OCCITANA

Dis Aup i

Pirenèu

...

F. Mistral.

TOLOZA
14,

Carrlèra dels Arts,

14

Lo Numéro: 2 fr.
■

,

rTo

-

�SABER

LO OAI

Revista de l'ESCOLA OCCITANA
8URBUS

14, Carrièl-a

:

.,

Abonaments

:

delà Arts

( Fransa
i

_

: un an

.

—

.

.

.

.

TOUOZA

15 fr.
,

.

( Estrange

: un an

25 tr.

ENSENHADOR
del N» 165

François IACOB

Succès

:

GARCËS:

Thomas

Lo FAID1T

(Julhet 1938)

%

linguistique...

Cantilena

en

Bretagne.

».

Lille-en-Flandre.

s

A la

Copa Santa.
Mont-Segur.
Al Capolhèr Marius Jouveau.

Prosper ESTIEU s

A

Antonin PERBOSC

:

Ugon de Bordèus (VI

:

La Nau).

Bolegadisa Oecitana.

CRI-CRI:

La Santa-Estèla.
Escôla

Rocaguda'.

A l'Escòla Garsinôla.

Suplement, pels escolanse los amies de\ Colètge d'Oecitania,
La, Rampeladu (N° 48, julhet-octôbre 1938): Les Jeux Flo¬
raux Scolaires de langue d'Oc, etc...

BURÊU

DE L'ESCOLA OCCITANA

Prosper Estieu, capiscòl ; Antonin Perbosc, J.-Rozès de
Brousse, Jaques-Emili Abelous, jos-eapiscbls; Armand Praviel,
clavaire; JozèpSalvat, secretari; Joan Séguy, secretari-adjunt.

Filadèlfa
de
de

de

Gerda, Frangés Tresserre, Lois Théron
Joan Ládoux, amiral d'Adhémar

Montaugé, Juli Cubaynes,
Cransac. conselhèrs.

Paul Sibra, jos-capiscól dels Grilhs.del Lauragués; Jordi
Bousquet, capiscòl de l'Escôla Rochegu.de; Fernand Albert,

capiscôl de la Campana d'Agot; Joan Girou, capiscôl de l'Fscòla Audenca; Teofile Ferrie, capiscôl de YEscòla d'Autpol;
Elia Lagarde, capiscôl de YEscàla Dom Vaissete, Calelhon,
capiscôl del Calelh del Roèrgue, conselhèrs.

�Lo Gai Saber, N°

Succès

JULHET

165.

linguistique...

en

iqjS.

Bretagne

à pareille époque, la Commission
l'Enseignement de la Chambre, émue par les vo¬
tes de presque tous les Conseils Municipaux de Bre¬
L'an dernier,

de

avait voté, à l'unanimité, sur les conclusions
Desgranges, député du Morbihan,
une proposition
de résolution invitant le gouverne¬
ment à prendre un décret autorisant l'enseignement
de la langue bretonne dans les écoles. Il y a quel¬
ques jours, les députés du Front breton se sont
présentés au ministère de l'Education Nationale, et
leurs porte-paroles, M.M. Georges Le Bail, député
radical et Desgranges, démocrate chrétien, ont rap¬
pelé à M. Jean Zajr le vote de l'année dernière.
Déjà, lors de la visite de M. Albert Lebrun, pré¬
sident de la République, à Saint-Brieuc, Madame
de Bellaing, présidente du Cercle Celtique de cette
ville, faussant toutes les consignes du protocole,
s'était présentée au premier magistrat de la Répu¬
blique, et lui avait offert le livre de M. Marcel
Guieysse sur La Langue Bretonne en lui disant:«Au
nom
de toutes les mamans de Bretagne, je viens
vous prier, Monsieur le Président, de faire enseigner
tagne,
de M.

le chanoine

le breton dans les

écoles».

Jean Zay vient d'annoncer la prochaine paru¬
décret, qui autorisera les instituteurs à faire
des cours libres de breton dans les Ecoles primaires, et
surtout à ne plus le combattre. Nous n'obtenons qu'une
demi-satisfaction, mais la campagne va contiiiùër.
M.

tion du

�25°

lo

gai saber

Au

Congrès des Bardes, qui doit se tenir à Châjuillet au 3 août, une grande réunion
du Bre^oneh ar Skol (Le Breton à l'École) aura
lieu, et, comme les années précédentes, on y verra
des représentants des deux Enseignements, public et
libre, assis au même bureau pour militer en faveur de
l'adoption générale du Breton à l'École.
Une langue qui n'est pas enseignée est vouée à
la destruction», disait Mistral. Les Français, qui
dépensent tant d'argent et d'énergie pour conserver
les précieux monuments du passé, laisseront-ils dis¬
paraître ce qui reste de la vieille langue de leurs
pères, les Gaulois?
Par ailleurs, une entente générale et complète
teaulin du 30

«

vient d'avoir lieu entre les écrivains bretonnants.
Le lundi de Pâques, à Lorient, ils ont réussi à uni¬
fier les graphies des dialectes de Cornouailles, Léon,

Trégor et Vannes. Celui-ci, très différent des trois
possédait les chefs-d'œuvre de la langue
bretonne. Désormais, les quatre frères pourront se
compénétrer. Des livres scolaires sont à l'impression,
et, le 1" octobre prochain, toutes les écoles de Bre¬
tagne retentiront des chants et des syllabes sonores
de la vieille langue d'Armor.
autres,

Bel

exemple d'abnégation, surtout chez les gens
de Vannes. Bel exemple de ténacité et d'en¬
têtement que nous livrons aux écrivains d'Occitanie,
si enthousiastes, mais aussi, hélas ! quelquefois si
particularistes ! Quand donc les Rhodaniens adop¬
teront-ils les principes de la graphie classique « oc¬
citane », pour la généralisation de la belle langue
de Mistral et de Prosper Estieu?
du pays

François JACOB.

�LO

"

La

GAI

251

SABER

CANTILENA
nourrie des
De «Roses i Xi-

poésie de J.-S. Pons s'est toujours

paysages de son Roussillon natal.
prers» à «Canta-Perdiu» sa palette va
Elle devient plus colorée, plus dense à chaque nou¬
veau livre. Mais déjà «L'Aire i la Fulla»
com¬
mence de montrer un dénuement volontaire. Dans ce
livre les lignes sont fines et sûres, les
ten¬
dres et claires. Le poète y sacrifie beaucoup

s'enrichissant.
(1930)

couleurs
d'élé¬

ments

secondaires à la pureté

de son arabesque. Les

pleins de

paysages sont des moments du paysage,
vie et de souffle. J.-S. Pons les place, comme
étaient de gracieuses fleurs, au beau milieu des pages
de son livre. Le secret du poète est précisément le sur¬
croît de vie que ses paroles accordent au monde de

s'ils

la

nature.

poèmes, «Cantilena» (1), qui vient
paraître, accentue encore la tendance qui se ma¬
nifestait avec «L'Aire i la Fulla». Le paysage ne gar¬
de dans «Cantilena» que son profil. Il possède une
pureté géométrique. Monts et champs, déserts ; la
terre nue, labourée; la vigne, sèche. A la géométrie
de la feuille s'ajoute le plus souvent celle de l'oiseau.
L'air est de cristal. De la solitude, du silence. On se
croirait devant un paysage d'un autre monde. Du
monde des rêves, où le poète garde son désir et sa
Un recueil de

de

mélancolie.

D'ailleurs, n'allez pas imaginer une nature extati¬
précieuse, mais sans vie. On y trouve, en effet,

que,

quelquefois, du précieux: lorsque, par exemple, dans
une reprise du mythe de Vénus, le poète voit Février
naître,
tout blanc de
Mais la vie

ne

givre.

quitte jamais ces vers. Elle

(1) Joseph-Sébastien Pons.
thographie d'AristideMaillol.

—
—

fait pal-

«Cantilena». — Avec une li¬
Privât, éditeur, Toulouse, 1937.

�LO

GAISABER

piter les hommes et les choses. La cime est déserte,
bien entendu ; les vignes et les arbres se découpent
sous un ciel uni. Peu importe. Tout s'anime au pas¬
sage du vent ou au frottement d'une aile, et trouve
valeur avec la lumière naissante ou dans la lu¬
mière qui meurt. Au centre des choses il est une fi¬
sa

gure. Sa mémoire. Son absence. Aussi le chant de
la terre, enivrant et fort dans « Canta- Perdiu », de¬
vient maintenant une cantilène.

longue élégie, poignante mais pu¬
livre de souvenir. Un souvenir dou¬
loureux, tellement il est vif. Une absence qu'on per¬
çoit, qu'on touche. «Son» bras, «sa» voix, «ses» tres¬
ses... Et, en même temps, le néant. Contre ce néant,
le monde qui verdoie comme naguère. Adorable du¬
Voilà, donc,

dique. C'est

une

un

reté du monde !

Innocence des arbres et des bêtes

:

petit âne «indifférent à toute merveille», la sala¬
mandre et le crapaud, sans hier et sans demain, heu¬
reux; les roses vivant chacune pour elle-même, dans
l'ignorance du regard qui voudrait les refléter...
Par contre, l'homme, seul avec sa douleur. Impuis¬
sant en face du temps et de la mort, plongé dans le
regret qui le noie. Où sont, mon amie— demandet-il
les tresses nouées? Chaque pierre, chaque
coin de la montagne, un «mas» ou une toiture lui
apportent, avec le souvenir, la constatation de. la pré¬
sence évanouie. Et le
jeu délicieux des saisons inspi¬
re au poète le sentiment mélancolique du temps qui
passe. La vie s'écoule du rêve jusqu' à la mort.
Pourquoi? Pourquoi la vie s'écoule-t-elle?. Ah!
l'éternelle plainte inutile!
Non. Pas inutile. Voilà, fruit de cette plainte, un
livre de haute et profonde poésie. Son angoisse, ses
contradictions intimes, ce goût de cendre qui lui vient
de la mort, et ces délices que le printemps lui appor¬
te, ont valu à J.-S. Pons l'humanisme émouvant de
«Cantilena». Cette élégie est, malgré tout, un cha,nt
le

—-

à la vie.

L'homme

espère toujours : «rien ne saurait conte-

�LO

GAI

SABER

253

nir— le désir d'un printemps». Si, dans son deuil,
le poète eût voulu y renoncer, parce qu'il trouvait
son
«ombre trop douce», le cœur ne laisserait pas

répondre à cet appel subtil. «Contre toute raison
cœur espère». La beauté du monde fait l'absen¬
ce plus dure,
mais les fils invisibles de l'existence
tressent une pensée consolatrice. 11 y a, dans ce ba¬
lancement entre la douleur distraite et le bonheur
désormais impossible, une des sources les plus pures
du livre. Livre qui nous laisserait une impression de
désespoir angoissé si ce n'étaient quelques vers où
T.-S. Pons proclame sa foi idéale. Que signifie l'or
de la foi? a-t-il demandé dans un moment de dé¬
tresse. Mais le poète a pu, lui-même, affirmer dans
de

mon

une

composition l'éternité de l'amour:
dépit de la mort tu es mienne encore.
Toujours ton rêve vit en moi.
La distance ne sépare pas le ciel

autre

En

de l'eau où il vient s'endormir.
Ce songe, secret de poésie,
serve le souvenir, transfigure

arrête le temps, pré¬
le monde:
Le monde s'y tient endormi dans le souvenir.
La main du songe y suspend son fanal.
Voilà une saisissante définition du lyrisme. Le fa¬
nal du poète éclaire le passé, le futur. Cette lumière
aiguise en lui le sens du temps. Elle lui prête
des ailes. Oiseau perdu, le seul oiseau du jour,
J.-S. Pons évoquera dans la montagne déserte les
pas éteints de ses aïeux. Il écoutera même leurs pa¬
roles, dans la vigne lointaine où ils allaient jadis.
Sens du temps, sentiment de la vie et de la mort,
paysage brûlé par la douleur : tel est, me semble-til, le fonds de «Cantilena». Il se pourrait bien que,
depuis Mistral, les lettres d'oc n'aient pas produit en
France

tain,
une

un

livre aussi beau et aussi mûr. Il est cer¬

tout cas, qu'on
élégie plus pure.
en

n'a jamais écrit,
Thomas

en

catalan,

GARCÉS.

�GAI

LO

254

SABER

LilIe-en-Flandre

C'est du Nord, dit-on, que nous

vient la lumière.
parfois aussi elle vient du
et que même,
Midi
à l'occasion, c'est du Midi
qu'elle éclaire le plus extrême Nord.
Une controverse qui se déroule actuellement dans
Avouons

pourtant que

—

les colonnes de l'un de nos confrères de la presse
lilloise fournit aux Méridionaux bon teint le plaisir,

d'ironie, de le rappeler à
compatriotes septentrionaux.
Un honorable fonctionnaire, qui exerça longtemps
son
petit métier administratif au chef-lieu du dépar¬
tement du Nord, profite du supplément de loisirs et
de la liberté de parole que lui a apportés sa mise à la
retraite pour affirmer que Lille, «Lille-en-Flandre»,
n'est pas une ville de Flandre. Nous avouons ne pas
bien saisir, à distance, d'aussi subtiles nuances.
Lille, à l'en croire, serait weppoise (?) ou, au choix,
barœuloise (??). Notre science des «races de la Fran¬
ce» est, hélas, si courte
que nous devons confesser
exempt de malice, sinon
nos

n'avoir jamais

encore

rencontré dans

nos

lectures

qualificatifs ethniques.
En poussant plus à fond l'étude du problème, cet

ces

honnête

bureaucrate

nous

fournit

une

solution

sus¬

ceptible de rallier des suffrages plus nombreux. La
pratique prolongée de la statistique administrative
permet en effet à certains esprits privilégiés de sim¬
plifier les questions les plus ardues et d'y porter la
lumière de l'évidence. Lille, tout simplement, serait...
«lilloise». A vrai dire, on s'en doutait

un peu.

Ce qui surprend, c'est la suite de la démonstration:
les Lillois, paraît-il, n'ont jamais su «ce qu'ils étaient».

�LO GAI SABER

Nous
cette

255

hésitons, pour notre part, à prendre à la lettre
affirmation peu flatteuse pour l'honneur lillois.

Quoi qu'il en soit, et heureusement pour les habi¬
là-haut, les Français des autres régions sa¬
vent parfaitement et ont
toujours su ce que sont les
Lillois. Pour les gens de chez nous, ceux de Lourestants de

Barousse
ges,

comme ceux

de Saint-Bertrand-de-Commin-

les Lillois sont des Flamands.

L'usage universel de notre Midi est de nommer la
grande cité du Nord «Lille-en-Flandre».
Nous lisions, il y a peu, dans l'un de nos confrères
languedociens, une version pittoresque de l'histoire
du Juif Errant. Parmi les villes de l'itinéraire d'Ahas¬
vérus figure «Lille-en-Flandre».
Récemment aussi, un organe littéraire de la ca¬
pitale citait, dans une aimable nouvelle militaire, un
refrain familier aux régiments béarnais, sous Napo¬
léon 1":

Je pars pour Lille-en-Flandre,
Adieu, belle Ysabeau!
Rejoindre mon drapeau,
Adieu, belle ysabeau!

L'usage du Midi est resté conforme, jusqu'à nos
jours, sur ce point, à ce qui était jadis la tradition
française unanime.
Le consciencieux Froissart

se

dit,

en

tête de

ses

Chroniques, « chanoine de Lisle-en-Flandre ». Le
joyeux et dolent Villon écrit dans son Grand Tes¬
tament

:

S'il

ne

le sait, voise

l'apprendre

S'il m'en croit, ains qu'il soit plus
A Douai, ou à Lille en Flandre.
Et

les écrivains

été d'un autre avis.

lillois eux-mêmes

n'ont

tard,
jamais

�LO

256

GAI

SABER

Leur ancêtre à tous, Jacquemars Griélée, qui, aux
environs de 1280, composait les 8.000 vers de son Renart le Novel, signait son œuvre
en

mie

ville

Que on apiele en Flandres

L'Isle.

XVIIme siècle, Antoinette Bourignon,
dont André Thérive raconte, dans Le troupeau ga¬
leux, les aventures d'égarement mystique, marquait
ses livres aux armoiries de la
« ville de Lisle en
A la fin du

Flandre

».

modernes, le plus célèbre sans doute,
Samain, 1'« enfant de Lille», qui trouva des
accents si prenants pour chanter 1'« air de sainte
femme» de sa «terre de Flandre», le constatait dans
une lettre à Rodenbach:« Lille-en-Flandre, comme
on disait autrefois».
Parmi les

Albert

Lille-en-Flandre, comme on dit. . . aujourd'hui,
pourrions-nous ajouter. Car les Lillois, de plus en
plus, remettent en honneur l'ancien usage. L'agré¬
able tableau que vient de tracer de la capitale de la
Flandre M.. André Mabille de Poncheville ne s'intitule-t-il pas: Lille-en-Flandre (Renaissance du Li¬
vre)? L'emploi de cette locution devient de jour en
jour plus courant dans la vie publique de la cité: les
journaux à qui mieux mieux nous parlent des «dra¬
peaux de Lille-en-Flandre», de la «médaille d'or de
Lille-en-Flandre», de la «Reine de Lille-en-Flandre».
Le défunt maire de Lille, qui, toute politique et
toute... aventure mises à part, était aussi bon Fla¬
mand que M. Vincent A.uriol, maire de Muret, est
bon Méridional et parfait Occitan, — le très peu
socialiste Eclair, de Montpellier se plaisait récem-

�LO

ment à

GAI

lui rendre

ger Salengro
Flandre».

cet impartial hommage —, M. Ro¬
aimait à se dire «Rewart de Lille-en-

Si les Lillois nomment
dre »,

SABER

leur cité

«

Lille-en-Flan¬

n'est pas, apparemment, pour signifier
qu'elle est wallonne, picarde, hennuyère... ou l'on
ne sait quoi.
ce

Un

prélat, aussi éminent par le talent que par la
dignité, un prince de l'Eglise auquel les Lillois ont
justement élevé un noble mémorial, car il fut l'inou¬
bliable évêque de l'Occupation, a tiré par avance la
leçon d'un tel débat. Inaugurant, parmi les siens,
en
Bretagne, une statue du roi Judicael, le cardinal
Charost prononçait cette mémorable parole:*Un
peuple, pas plus qu'un homme, ne doit se dire né de
père inconnu.»
L'enseignement du premier évêque de Lille ne
s'adresse pas seulement aux Bretons de Paimpont et
aux Flamands de Lille. Il vaut pour tous les humains.
On ne s'honore pas en mettant son point d'honneur
à être un peuple d'enfants trouvés, (i)
Lo

(i) Ces lignes
citans habitant

FAIDIT,

nous ont été adressées par un de nos amis oc¬
Lille, membre de LouPais, association des Mé¬

ridionaux du Nord.

�L'Ort dels Trobaires

i

A la

Copa Santa

BRINDE PORTAT A LA
DE

LA

SANTA-ESTÈLA

DE FOIS,

TAULEJADA
LO 6 DE JUNH

Copa, t'ai fait cauda potona
aguda dins las mans
Pel primièr còp à Carcasona,
l'a d'acò quaranta e cinq ans!
E t'ai

Copa, bel don d'un pòple fraire,

Majorai
Que, per cantar son car terraire,
Volguèt seguir lo grand Mistral!
Torna escotar

un

Copa, VEngeńh t'a consacrada
valgut un renom grand.
Onor als que t'an potonada
Coma als que te potonaràn!

E t'a

1938

�LO

GAI

SABER

Copa, es ditis tu nòstra esperansa,
Qu'es de salvar la lenga d'Oc!
Pels Occitans la bêla Fransa

Aje l'eu plus

un cor

de r'oc!

Copa d'argent escrincelada,
Ton vin tant blos, lo vin de Dius,

Fague pasar, estrambordada,
L'ama dels Morts dins la dels Vins!

Copa, Montf'ort sus nòstra terra
Venguèt asasinar lo Dreit.
Vana fogu'et aquela guèrra :
Lo ròc de Fois es totjorn dreit!

Copa, al terraire d'Esclarmonda
Uèi los Felibres
Nòstra

son

venguts...

alegrìa sià prigonda :
los grands Vincuts!

Seràn venjats

Copa, en Espanha, n'ostra s'orre,
Demp'ei dos ans, quantis combats!
Finigue aquel espetacle òrre
E tome l'eu la santa Pat%!

2

5#

�2ÔO

LO

A

GAI

SABKR

Mont=Segur

Quand lo lenher orresc flambèt à Mont-Segur,
Faguèt en terra d'Oc tant espesa fumada
Que la nòstra memòria encara es entrumada
E qu'abèm un sadolh de viure dins Vescur.

Sèt sectes

pasats dempèi un tal malur ;
s'èra d'aièr, Occitania aimada,
Pel be^onh de claror abem Varna a^imada,
E serià temps de ve^e al cèl un pauc d'azur...

Mas,

son

com

Dabant lo ròc sacrat ont dormis

Esclarmonda,

Sèm

venguts esperar amb una fe prigonda
Que seràn remendats los crimes istorics,

Per que tome florir nòstra anciana
E sian glorificats los
Aujòls eroïcs

Cremats

en

alegria

aparant Voccitana Patrïa!

�i.o

gai

saber

iii

Al
aprèp

Dins

Capolhèr Marius Jouveau

la

un

santa-estèla

an

de fois e de

intrarai dins

mos

mont-segur

quatre-vints

ans.

Acò rail

Quand voldrà, venguema darrièra
T'aurai fait a tindar, C ans on encantadora,
Filha del verbe d! Oc servat
pels païqans!

or a:

Ara que Provensals, Gascons,
Lengadocians
Se sentison comols d'ardor
aparadora
E

véqon subre Fois VEstèla salvadora,

Lor

ama

fa quuna

ama

ambe la dels Ancïans.

D'abòrd que Mont-Segur a vist la
La Cauqa felibrenca es
E tôt bon Occitan

a

l'

Copa-Santa,
déjà trïomfanta,
dreit de se gaudir...

Ieu, dabant Vesplendor d'aquela respelida,
Lo còr estrambordat, ai res
plus qu'à morir
Pr'anar dire à Mistral

:«

La grand

Obra

es

complida !

PRosper ESTIEU.

»

�3Ó2

LO

GAI

SABER

Ugon de Bordèus
Tròses cauzits

(1)

VI

LA NAU

Dis Alberon:

«.Aqui pron bel agrum
mescre^ents virats de malafacha;
« lo cèl de Dius es ara un
pauc mens trum.
« M'entòrni siaud. Tu, mon amie, agacha
« de
sempre obrar segond la drecha lèi.
«

«
«
«
«

de

Per ta molher pren la filha del rèi,
ton Esclarmonda à ta fe convertida.
Lo que per bps sus terra coma al cèl

fa plan tôt sb que fa la

t'a cau^ida;

garda-te de tôt acte ganèl,
e
majament jura-me, sus ta vida
e ton onor, de
faire pas al lèch
de ton amiga abans la prima nèch
ont n'auras drech, quand VApbstol de Roma

« mas
«
«
«
«

«

aura

senhat vbstres anèls nobials.

S'ès enganos,

prè^i mens qu'una poma
«poirida ton amistat; de rambals
« en marriments,
ploraras bêla patina,

«

(i) Cf. Lo Gai Saber (nov.-dec.
octòbre 1937): -

1937,

1919,

janv.-febr.

1920, agost

�LO

« e
«

tombaras

—

en

263

SABER

malastres mortals.

Per lo sant lum, far ai en tota cau^a

«sò que volèt^y&gt;,
«amies sarem, e
De la
Roma
e

GAI

delà de la

man
es

dis Ugon. —« S'atal fas,
plan te n' trobaras. »
mar

felona,

bèlament lenc de Babilona,

l' camin

quH

Alberon

mena es aventuros;

subre-poderos.
pasada aqui-lo qu'aparelha
un bastiment sul
còp à merabelha
mastat, velat dins lo temps d'un clucal,
una
grand nau de cap en popa ondrada
coma un autar, de blanc
engarlandada
e bandièrada, ont i a tôt sò
que cal
per contentar de plec à plec, tant aula
que sia la mar, los que la pasaran
à son abric segur : i trobaran
sempre gai temps, mofle lèch, bona taula,
mas

es

Per la

fma vitalha
En barca!

e

blos chue de borron.
barca!

Ugon ris ; Alberon
aqui qu'el plora.
« O! Diusl
qu'abètq à plorar d'aquesta orai
«—
Ve^i lo cèl cande e linde entrumat ;
«.soi, mon amie, en trista pensadura
« del fruch sencèr
que pracb s amadura
en

i

fa

«

al rescondut vermenèc

son

abrasada,

—

0

gamat.

»

Vòga la nau sus l'onda movedisa;
Ugon e sos barons cap al ponent,
jos un cèlsin, dins' l'aura cantadisa,
à punta d'alba an largat vela al vent.

�2Ó4

LO

GAI

SABER

Mèjorn sonant i a bèl dinnar ont manca
ni pan ni vin ni carn ni fruch ni res
de tôt sò que fa l' paladèl codés.
O Dius potent / » dis Vgon, « grand
à tu que vas cap à bona calanca
en salvetat
guidar ma vela blanca,
tu que nos as

duscas

ara

mercè§„

gandits

per ton secors de tant de mal-or dits !
Que soi astruc ! per io tôt s enramela
sus terra e mar e tôt lo cèl s'estèla,
ai tôt lo
Ai
ai

gauch de la vida à plendat.

una nau

de brava

veladura;

albèrc de

ferma paradura;
ai una espaça africa al bon combat ;
ai aquel gòt, ont beu que boca blo^a,
de vin jamai tarit diu^enc toron,
que val tôt Vòr de Roma e de Tolo^a,
qu'en amistat me donèt Alberon,
amb aquel corn que pasa en bron^idura
l'olifant d'Orland tram monts e combéls:
en mal
péril, à prima cornadura,
d'òmes, autant o mai que i a d'autels
dins lo campèstre e de peises dins fonda,
me

un

fan

un

òst que, trasant mar

e

monts,

au^ardament quilhant sos gonfanons,
vòla al mafel mai viste qu'una ironda;
ai tôt acò, ai subretot ap'ei
lo bel amor de la fifha de rèi
que, renegant de Mahom l'òrra lèi,
lèu, s'à Dius plai, sara meuna, Esclarmonda.
O ! l'aimi tant, que soi trefolidor

�LO

«

de l'abrasar

«

de

«

Se cal pas

e

GAI

265

SABER

d'estre culidor

potets, e que mon còr s'abronda...
trop fi^ar als bosuts. Fat
que soi! aquel nan gibos s'es trufat
« de ìò
segur. Que jagui pas amb ela!...
« Lescotarai Ì Non,
pas un jorn de mai. »
Jiralme i dis : «O! faret\ pas aquela!
sos

«

«

«

«

«

«

Oc

sabèt£ plan, Alberon n'a jamai
vertat, e d'espavent trembli
en
pensant al malastre subregrand
qu' aparelhatq en vos de^onorant.
Laisa-m'estar; l'aimi, l'aurai, la vòli.

dich que

—

ZJgon a fach un bel lèch arnescar.
Degun, vejent la mannada piusèla
torse

sas

mans, sos

cabels s'arrancar,

que n ajes pas pietat. La
dis en plorant : «O car e

jovensèla
dos amie,

esperat^ l'ora ont m'auret£ espo^ada. »
El i respond: « Non farai, trop afric
«

«

es

lo

de^ir dont

vos

ai cobeqada.

»

A donc Va

preqa à sarrada abrasada
e l'a
jaguda al lèch à son costat;
sut corps aimat plasa n'a pas laisada
per sos potets alambrats non baigada;
ni per pecat ni per ton amistat,
0

Alberon!

à la mala

Va brica arrestât,

res

or a

a

fach

sa

volontat.

colpa à Dius fa tant orror e fàsti,
que n'aura pas perdon del drechurier
qu'a dins sa m an lo guerdon e lo càsti

Sa

»

�266

LO

GAI

SABER

diuguts à brave o à mar rit obvier.
Quai càsti grèu, Ugon, lo que t'espéra!
Tant lèu

complit lo pecat malastros,

à tôt abrand
elhausa
La

e

sus

trôna

la
una

mar

en

corros

tempèsta fera.

abandona e, dins

l'espavent,
quilha à la mastadura,
lèu sa veladura e sa vergadura
vòlan tròs per très en pelhandra al vent.
Coma un rascal barandèla, trantòla,
monta al acrin d'un a èrsa e capuriòla ;
de ranc en ranc, rota de naut en bas,
nau

s

crincant de la

son

ont
ont
tôt

carenal truca
s

sus

un

rocàs

espotis, darrièra sopacada

sornament, la nau e la naucada,
bricalhat, englotit, negat,

es

rebondut al cròs de la
Sus

una

mar

prigonda.

pòst Ugon s'es encrancat,

à bel brasat sarra?it

Esclarmonda,
barons, rullant e capusant,
butats al grat de l'aurasa que bufa,
à corps per dut cridan secors: à
l'ufa!
degun vendra, se Nòstre-Senhe amont
n'a pas pietat, lor portar
adjutòri.
son

los

e

Per lo voler del que
e

vei tôt, Ugon
amiga an trobat salvatòri;
grau d'una iscla arronsats totes dos,

son

al

nuts coma à lor

La

espelida, aqui-los.
a fach acampada

paura Esclarmonda

�lo

dins

un

gai

saber

randuràs d'èrba

e

267

de ramils ;

pecaire, en plorant, se n'es estropada
afanadament del pitre als pompils.
Atlas! que soi,» dis ela, « en grand
de\ondrel
Ont poirai iò ma vergonha rescondre ?
«

«

«

«

«

«

«

«
«
«

«

«

«

«

Al cèl irat

fa\èm òdi,

e sarem

damnats à l'ora ont aici morirem.
Abèm pecat, à drech Dius nos castiga.
Fe que vos

dìbi», i dis Ugon, « amiga,
perque vos metre en tant mal pensament ?
—

Abrasem-nos, morirem baudament
en nos aimant :
aqui Vguerdon que solda
tota

dolor, tôt malcòr, tôt torment.
Remembrat^-vos de Tristan e d'I^òlda,
que còr à còr an gaudit e plorat
duscas à l'ora ont la mòrt a barrat
lors paures èls. Atal, se vos agrada,

«

esperarem nòstra

«

dusca al darrier badal embelinats

«

pèr nòstre

Adonc

or a

malastrada

qu'aici nos a menats.
plens pòts potonats.

amor,

se son

à

Antonin

»

PERBOSC.

�BOLEGADISA OCCITANA

La Santa Estèla

Foguèt, ongan, merabilho\a... Los organi\ators an méritât
compliments del Felibrige per aber tant plan engimbat
aqttels jorns de fèsta. Era Bouts dera Mountanho, l'organer
oficial de Z'Escolo deras Pirenèos, donarà de totas las manifestacions un long compte-rendtit, ambe lo texte de las dichas
poèmes e prò\as — mai dinnas d'interès.
Per que contariam, pel menut, tôt ac'o tant bèli Tôt foguèt
reùsit. Cortège,
manifestacion dabant lo Monument dels
Morts, recepcion à la Comuna, Mesa felibrenca, Cort d'Amor,
taulejada de la Copa, Jòcs dels Gardians, Vesprada teatrala, e escorreguda à Montsegur.
Lo Consistòri elegiguèt majorai lo mufician d'Auvèrnha
Lois Desbrons, en plasa del regretat Joan Brabo, d'Alès. Donèt
de cigalas d'argent de mèstre en Gai Saber — mencionam
nòstres escolans Frédéric Cayrou e Pèire Gardes, de Z'Escôla
Carsinôla
e.de mèstre d'òbra (Norbert Rouquette, de Z'Escôla
Rochegude, Dayma, d'Agen, e Silvan Sartre, d'Ercé). Se faguèt
al Consistbri de bon trabalh, dins tin grand esperit de concòrdia e de pats.
L'Escôla Occitana èra repre\entada per son venerat capiscbl
Prosper Estieu, que ve\ia enfin reali\adas sas espéras d'an tan
d'una Santa-Estèla à Fois amb una escorreguda à Montsegur.
Volguèt montar, malgrat son grand âge, demest los quatorze
majorais présents, al pèd de la Santa Montanlia, calvari e autar de la Patria Occitana, per i dire los bordons inspirais à
sa
mu\a per aquela fèsta subrebèla. Nòstras Escòlas afilhadas
èran aqui: Los Grilhs del Lauragués, Z'Escôla Rochegude amb
una
delegacion nombro\a e una tropa de cantaires e dansaires,
Z'Escôla Audenca, Z'Escôla d'Autpol, lo Calelh del Roèrgue.
Los majorais Ro\ès de Broitsse e Salvat repre\entàban l'Academia dels Jòcs Florals.
Entre totis los que, d'un biais o d'un attire, demest n'ostres
escolans, ajudèron à la reusida de la Santa-Estèla, complimentaren especialament los majorais Li\op e Roques, la di\eira
Julieta Dissel, los actors Mouly, Cordes e Vieu.
los

—

—

Escèla

Nostre-Senhe metèt sièis
lo setenc. L'Escôla

Rocaguda

jorns per far lo Monde e se pau\èt
Rocaguda ajentpas d'otises tant forts, dem-

�LO

GAI

SABER

269

pèi l'an içqq qu es fondada, reiisiguèt ongan solament à mitre
sus
pèds sò que cèrca de far dempèi cinc ans: una tropa que
li permetria d'espandir dins son ròdol l'idèa felibrenca.
Coma se dis, las moscas se trdpan pas ambe de vinagre. Tamben, abèm comensat ambe de mufca e de dansa. Lo demai ven¬
dra aprep perqu'es pas question, com òc pensat\, de se pau\ar.
Albi es à la limita de la borrèia que se dansa encara aqui e
aquì dins qualques vilatges. Una còlka de borreiaires èra pas
■de sobre dins la ciutat de Rocaguda e se montât pron aifldament ambe l'ajuda requista del senhe Guiches, profesor de
gimnastica al Licèu. Uèit joventas de las mai polidas e de las
mai avenentas, que d'unas fa\ian ja partida de l'Escòla, nos
venguèron e tamben uèit jovents que son totis — es de remarcar
d'aprendises de la fabrica de S. Juèri (fabres, ajustaires, mecanicians, etc...) Gracias al Norbert Rouquette qu'es
cap de servici à la fabrica e qui fa à ronfles una subrebèla
propaganda felibrenca, aquel monde joves nos venguèron, contra-mèstre al cap, e tamben los acordeonistas.
La Borrèia d'Albi dansèt pel primièr còp al teatre comunal
lo iç de febrièr e faguèt miranda. Un fum depbple (ont i abia
fbrsa droites e drollas de las escblas de la ciutat) li piquet de
las mans, e segurament que s'arrestarà pas aqui, per que los
borreiaires càntan tamben e que nbstre sàci, lo compoftor
Jbrdi Dau\ats, que foguèt director de la Corala de Pau alcomensament de sa carrièra, escriuper élis la muflca de polidas
causons sus las paraulas del Norbert Rouquette qu'es un
cansonièr populari de primièra... Se dis que los veirem lèu dins
tma
farcejada de Boussac, La Cabra. Mas aco's lo trabalh de
—

■deman.

Aquel iç de febrièr, i ajèt pas que la Borrèia. I ajèt tamben
lo cantaire occitan GèniSibrà que se sab son talent subregrand,
los Jardiniers de Lescura amb la polidetat de lors cants folclorics e la Campana d'Agot, que joguèt ambe son vam acos-

tumat L'Esprit tustaire d'Albarel e que donèt la primièra repre^entacion de Las Sorres enemigas de Boussac. Per obrir
aquela vesprada teatrala, lo capiscbl Jbrdi Bousquet abia escrich e mes à la scèna un prolbg que maluro\ament nos es pas
posible de l'anali^ar aict. Nos cal dire praco que religaba, dins
lo présent, lo pasat e Vavenidor d'Occitania. D'una concepcion
mai que modèrna, aquel prolbg que podia aifdament èse costièr, foguèt mai que mai esmovent e plan de monde lagremejà■

ban.
Coma

l'an pasat,

los Rocagudians prestèron lor concors à

las Velhadas Albige\as ambe doas charradisas de Bousquet e
de Boussac. Norbert Rouquette e Na Dolorès Berdié i legiguèron

d'bbras d'autors occitans.

Qualques acamps me\adièrs se

�LO

2JO

GAI

SABER

tenguèmn à l'Escbla ont
ment

d'Estieu

e

se legiguèt d'òbras divèrsas,
de Perbosc e de qualqtiesprovensals.

notada-

Que dire de mai sus aquela bolegadisa, se que non que nos
plan fiers del succès remportât per n'ostra s'ocia, Loi\a
Paulin, als J'ocs Florals de Tolo\a, ont li donèron la Viuleia
d'Argent per son po'ema &lt;A Muret»... Trobaires, muficaires,.
autors, charraires, datisaires, cantaires e di\eires, l'Escòla Pbcaguda a tôt sò que li cal, ara, per trabalhar d'arranca-pèd,
e es de
pensar qu'als sièis primiers me\es de iqj8, que se pòdon
mercar d'una peireta blanca, succediran d'autres
esfbrses pel
renom d'Albi e la
gl'oria sempre viva d'Occitania.
trobam

Lo SeCRETARI

GENERAL.

A L'EscòIa Carsinòla

L'activitat dont a fait prôbâ, aquestis darníérs mezes, l'Escbla
Carsinola, dibia trobar lo dimenche 12 de junh son apoteôzi
dins las doas manifestacions regionalistas e felibrencas
qu'abia
engimbadas.
A nòu oras del matin, nôstris felibres se mudèron dins la
vièlha ciutat d.'Auvilar, al bord de Garona, à una cinquantena de kiloméstres de Montalban,
per la celebracion de la SantNoë qu'es la fèsta dels Vinhairons.
A dètz oras e mièja, dins la glèiza ont los gropes costumais
fazian polida ondradura, s'auziguét de cants del terraire e un
bèl prezic del majorai abat Salvat.
A la sortida de la Mesa, los felibres anguèron, en
cortège, al
cementèri ont una garba de flors foguèt pauzada per dòna Batut sus la lauza sacrada

del monument als Morts de la Guèrra.

Lo tantôs, débat los castanhèrs de la pasejada del castèL se
debanèt la fèsta, malastrozament contrariada pel maisant

temps. Lo défilât dels vinhairons, la plantacion de la socasimbolica
A

e

la

meza

al encant del becat

son

cauza

curioza,

quatre oras, lo senhe Lovis

Boucoiran, prefèt de Tarn e
Garona, acompanhat de las autoritats, faguèt son intrada à la.
Cort d'amor ont siaguèt saludat pel Cant de la
Copa jos la direccion del bariton Ravos Cun.

Apèi, lo majorai Salvat, dins una bêla improvizacion, exaltèt l'ideial felibrenc e espinglèt solennalament la
cigala d'argent
sul cor dels felibres Frédéric Cayrou e Pèire
Gardes, capiscôl
e secretari
général de l'Escbla Carsinola, nomenats totis dos
mèstres

en

Gai Saber à la darrièra Santa-Estèla.

Un tronoire

d'aplaudiments aculisquèt aquela ceremonia. Pèi se debanèt lo
programe ont vejèrem Las Bélugas de Montalban, Los Cantai-

�LO

GAI

SABER

271

Carsinòls, Las Lambruscas Carsinòlase tamben Julieta Dise enfin Cayrou.
Lo ser, après aber vizitat al pasage, à Moisac, la glèiza e los.
clastres del sècle XII, caps d'òbra occitáns, nòstris felibres
dintrèron à Montalban ont, per probar lor simpatia als felibres
Cayrou e Gardes, las societats felibrencas afilhadas à YEscàla
Carsinòla èran convidadas à s'agrumelar dins los salons d'un
grand café de la vila. Mai de seisanta felibres èron venguts
que fazian una bêla taulejada.
Lo jos-capiscòl Pefourque prend lo primièr la paraulaper di¬
re l'ôbra
complida per nôstris dos novèls cigalièrs. Pèi es Cay¬
rou
que d'una votz esmolguda gramaceja YEscàla e Pèire
Gardes que se junhis à son capiscôl. Lo majorai 'Salvat legis
una adresa de simpatia que li ven défaire tenir lo senhe Prefèt
e tira la litson d'aquela jornada que profitarà à YEscàla Carsinàla e al Felibrige tôt entièr. Lo majorai canta, per acabar,
los coplets de la «Copa santa», dont lo repic es cantat per tota
la taulejada.
Pèi, jos la direccion de Na Boisselier, Los Cantaires Carsinàls de Ravos Cun e Las Bélugas de Montalban de dôna Batut
se fan auzir e la fèsta s'acaba pron tard dins la nèit ambe de
contes, de cansons, dins l'estrambòrd.
Bêla jornada de frairenala amistat que comptarà demètz las
res

sel,

melhoras de la valenta Escôla Carsinola.

amies de La Ginèsta d'Aur de Perpifestejèron los 80 ans del mantenedor Francés Tresserre,
■conselhèr de YEscàla Occitana, decan de l'Academia dels Jôcs
Florals qu'abia mandat, per la reprezentar, son Secretari Per¬
pétuai l'amiral d'Adhémar. Contarem pas aquelas fèstas del
esperit, cada an mai bêlas dins la capitala del Roselhon. Es
nôstre escolan e amie Edmond Brazès, de Ceret, que foguèt lo
grand lauréat dels Jôcs Florals.
Lo 8 de mai, nôstres

nhan

Lo 29 de mai, jol atlat dels Penitents de lenga d'Oc, foguèt
inaugurada, dins l'antica ciutat dels Baus, en Provensa, la capèla restaurada en onor de Santa Estéla. Al entorn de dôna
Mistral, veuza del Mèstre, del Archabesque d'Ais, del Prior dels
Penitents Blancs de Montpelhèr, i abia lo Capolièr del Felibri¬
ge, la Rèina e de nombrozes majorais. Fôrsa Escôlas de Pro¬
vensa prenguèron
part à la Cort d'Amor, tant polida dins un
lòc tant bèl.

Aquel même jorn, una granda felibrejada èra

engimbada à

Bourret, ont se festejaba lo centenari d'aquel pont famos sus la
Garona, per YEscàla Carsinola. Demest los lauréats dels Jôcs

�LO GAI SABER

272

Florals

organizats à-n-aquela ocazion, trobam los.noms de nôsLasserre, Joana Saint-Hugues, Enric Mouly, Paul Sicard, Lois Verdier, Pèire Miremont, Francés Barrié,.
abat Anglas, à qui mandam nôstres compliments.
tres escolans: Paul

Los

Jôcs Florals de YEscòla de Limanha son dobèrts duscas
d'agost. Mandar poèmes e prôzas, en dople exemplari, al.
majorai Benezet Vidal, 1, rue Ramond, Clermont-Ferrand.
al 30

ABÈM

LEQIT:

Les Annales du Midi (janvier 1938) : Dins una nota sus las
originas delà fondacion de Montalban, S. Canal môstra cosi
es
important de plan legir los tèxtes ancians — «ses toca re»,
traduzit en francés «sans toucher rien», se deu legir ses tota
re, «sans que rien...» — Lo profesor Gavel fa un laus méritât
de la Gramatica Occitana (t. I) de L. Alibert: reconei l'utilitat
de l'unificacion grafica permetent de melhor comprene las ôbras.
modèrnas escritas dins dialèctes diferents, etant-ben las ôbras
dels trobadors.

L'Archer (mars 1938) : Locutions populaires et proverbes du
pays provençal, per Enric Algoud, estudi que prezenta un interès segondari. Senhalarem ais redactors de L'Archer, que se
tant sevères per la correccion de
mòstran
e ambe razon
la lenga e de la grafia francezas, qu'abèm notât una bêla manada de cauquilhas dins la lenga d'Oc :« d'école » per d'escolo,
«
pau pas» p er pòu pas, «se.tenèm» per se tèn, «lou moundo»
per lou mounde, « qu'agado » — horresco referens — per qu'agrado. E parlam pas de l'accentuacion, que demôstra cô del
autor una mesconeisensa compléta de l'ôbra mistralenca. —
Anem, los Redactors de Y Archer... la lenga d'Oc se mérita lo
respèt, e pas solament l'amor.
—

—

Es mort à Carcasona nôstre amie Jozèp Poux, ancian archivaire del Aude, lo renomat istorian de l'antica Ciutat. Foguèt

antan,

capiscôl de YEscbla Audenca.

Santa Estèla l'aura aculhit al Paradis!

�Règles de Phonétique Occitane
i* VOYELLES.

accentué
constitue

ou

—

a,

seul

ou

dans le corps d'un mot,,

non, sonne comme a

français; mais s'il

terminaison féminine, il est semi-son¬
nant et se prononce entre a et o, suivant ia région ;
•fr— e sonne comme é fermé français, et è comme è ou¬
vert français ; —■ i équivalut à i français ; — u égale¬
ment ; mais, après une voyelle, il a le son ou fran¬
çais; —• Rouvert se prononce comme o français, et
o fermé comme ou français.
une

2° CONSONNES. — b, c, d, i, g, j, 1, m, n, p, q ( toujours
suivi de u ), r, s, t, z sonnent comme en français ; mais
c devant e et Lest sifflant comme s français; —j sonne
comme tz, dans certaines régions; — m se prononce
comme n à la fin de la i™ pers. du pluriel des verbes ;
n est muet, sauf quelques rares exceptions, à la fin
des substantifs ; — r est souvent , muet à la fin des
substantifs et des adjectifs, sauf en Provence, ainsi
—

■qu'à l'infinitif;
muet à la

des mots

—

fin des
en

ment;

s est toujours dur et sifflant; — t est
participes présents et de la plupart
—

v sonne comme

b, sauf en Pro¬

vence.

3° GROUPES. —ch, lh, nh se prononcent: tch, ill, gn.

Le

prochain (août-septembre) du

numéro

Gai Saber
sera

au

consacré

Cinquantenaire du

«

Canig© »

poème de Verdaguer:
collaboration

de J. Salvat, J. Amade, J.-S.

Pons, J. Vilarmau,

Grando, E. Brazès.

A. Griera, B. Barcelo, C.

�BIS VEINTE A

l'Imprimerie d'Editions Occitanes
3. on ni du port

-

castelnaudary

Prosper ESTIEU.
Lou Terradou, sonets occitans ambe traduccion
franceza, ( i vol. in-8°, 300 p.) ■—rare . fr.
30. »
Flors d'Occitania, sonets occitans ambe traduccion
franceza, (1 vol. in-8°, 280 p.)
fr.
20. »
La Canson Occitana,
traduccion franceza, (1

poèmes en lenga d'Oc, ambe
vol. in-8°, 264 p.) fr.
20. »

d'Oc, ambe
fr.
20. »
Lo Flahut Occitan, 43 chansons avec musique, texte
occitan et traduct. franç. pouvant se chanter dans les
deux langues, (x vol. in-8°, 104 p.) . . fr.
46. »
Las Bucolicas de Vergili en ritmes occitans ( 1 volin-8, 68 p.)
fr.
10. »
Lo Fablier Occitan, ambe lexic occitan-francés
(1 vol. in-8, 170 p.)
fr.
20. »•
Las Oras Cantairas, sonets occitans ambe traduccion
franceza, (1 vol. in-8 carrat xvi-276 p.) . fr.
20. »
Lo Romancero Occitan, poèmes en lenga
traduccion franceza, (1 vol. in-S", 344 p.)

Teatre

populari del Colèige d'Occitania

Mètge de Cucunlian, adaptacion d'un conte de
per Joan DE la Roca (in-8, 30 p.). 11
ilustracions de Paul Sibra
6 fr.
La Farsa del Ruscadièr, adaptacion modèrna de
«La Farce du Cuvier», per Cecilia Ctjxac (in-8, 16
p.) 3 ilustracions de Robert de Montcabrièr . 4 fr.
La Trapèla de sant Jozèp, adaptacion d'un conte
del abat Bessou, per La Fielaira (in-8, 8 p.).
2 fr.
La Femna muda, comedia en un acte en pròza
per A.-J. Boussac (in-8, 16 p.).
.
.4 fr.
.
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La Cheminièra que fuma, comedia en un acte en
pròza, per Adriana Sirgue (in-8, 8p.).
.
2 fr.
Lo

Romanilha,

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IMPR.

D'EDITIONS

OCCITANES

?

.

.

CASTELNAUDARY.

.

.

■

�</text>
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              <text>Lo Gai Saber. - Annada 19, n° 165 julhet 1938</text>
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              <text>Vignette : https://occitanica.eu/files/original/622c372717a9ea9a705d931763dae3ae.JPG</text>
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              <text>Lo Gai Saber (&lt;a href="http://occitanica.eu/omeka/items/show/13154"&gt;Acc&amp;egrave;s &amp;agrave; l'ensemble des num&amp;eacute;ros de la revue&lt;/a&gt;)</text>
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              <text>1 fasc. (pp. 250-272) ; 22 cm</text>
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              <text>&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;em&gt;Lo Gai Saber&lt;/em&gt; est une revue litt&amp;eacute;raire occitane publi&amp;eacute;e depuis 1919. La rubrique &lt;em&gt;L'&amp;Ograve;rt dels trobaires&lt;/em&gt; est consacr&amp;eacute;e &amp;agrave; la po&amp;eacute;sie, la rubrique &lt;em&gt;Bolegadisa occitana&lt;/em&gt; donne des informations sur l'actualit&amp;eacute; de l'action occitane. La revue fait aussi &amp;eacute;cho des publications du domaine occitan et des r&amp;eacute;sultats du concours annuel de po&amp;eacute;sie occitane de l'Acad&amp;eacute;mie des Jeux floraux.&amp;nbsp;&lt;/div&gt;</text>
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              <text>&lt;div style="text-align: justify;"&gt;Lo&amp;nbsp;&lt;em&gt;Gai Saber&lt;/em&gt;&amp;nbsp;es una revista liter&amp;agrave;ria occitana publicada dempu&amp;egrave;i 1919. La rubrica&amp;nbsp;&lt;em&gt;L'&amp;Ograve;rt dels trobaires&lt;/em&gt;&amp;nbsp;es consacrada a la poesia, la rubrica&amp;nbsp;&lt;em&gt;Bolegadisa occitana&lt;/em&gt;&amp;nbsp;balha d'informacions sus l'actualitat de l'accion occitana. La revista se fa tanben lo resson de las publicacions del domeni occitan e dels resultats del concors annadi&amp;egrave;r de poesia occitana de l'Acad&amp;egrave;mia dels J&amp;ograve;cs florals.&lt;/div&gt;</text>
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              <text>Perbosc, Antonin (1861-1944)</text>
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