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                  <text>19a Annada

Agost°Setembre 1938

Nos 166-167

Gai

Lo

Revisia de VESCQLA OCCITANA

Dis Aup i Pirenèu

..

F. Mistral.

TOLOZA
14, Carrièra

dels

A.rts, 14

Aqueste Numéro: 4 fr.

�Revista de
8UREUS :

SABER

a AI

LO

l'ESCOLA OCCITANA

Oarrièfa dels Arts --

14,

Abonaraents

I

:

Fransa

:

un an

.

Bstrange : un an

TOL.OZA

.

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20 fr.

.

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30 fr.

ENSENHADOR

166-167

dels Nos

En l'honneur de

DIRECTION:

LA

(agost-setembre 1938)

«

ïozèp

Premiers éveils verdagueriens.
« Canigô », legenda pirenenca del
temps de la Reconquista.
Chor Final.

AMADE:

SALVAT :

VERDAGUER :
loseph-Sébastien PONS:

lacinto

«Canigô», de J. Verdaguer.
«Canigô»,
poemaessencialment popular.

losèp VILARMAU:
A.

Verdaguer et du

Verdaguer.

loseph SALVAT:
lean

Canigó ».

La Llengua i les

GRIERA:

«

Mossen Bartomen

Canigô

BARCELO: El Geni

».

tradicions en el

del Canigô.

Canigô.

BRAZËS:
Caries GRANDO :
Ed.

Canigô.
Bolegadisa Occitana.

CRI-CRI:

Cronica

Academica

(Lo

Se-

cretari).
La

Lenga d'Oc al Xeatre

( E.

Vieul.

L'abonnement
la cotisation

Gai Saber, qui se

au

confond avec

I'EscòIa Occitana, est
France, 30 fr. pour l'étranger,

de membre de

porté à 20 fr. pour la
à partir du Ier janvier

1939.

priés d'envoyer le montant de
Librairie Privât, 14, rue des Arts,

Nos escolans sont
leur abonnement,

Chèques Postaux

Toulouse 1673.

�Lo Gai Saber, N°

En

166-167.

AGOST-SETEMBBE

l'honneur
et du

«

de

1938.

Verdaguer

Canigó »

En 1886, Jacinto Verdaguer, le grand poète de
Catalogne, publiait son poème Canigô . Cin¬
quante ans après, nous eûmes l'idée de consacrer
un numéro spécial du Gai Saber à cette commé¬
moration. Les événements qui ensanglantèrent
VEspagne en juillet 1936 nous empêchèrent alors
de donner suite à ce projet, pour la réalisation
duquel nous avions fait appel à des collaborations
diverses, d'un côté et de l'autre des Pyrénées.
Malgré le grand retard que nos lecteurs excu¬
seront, nous sommes heureux d'offrir cet hom¬
mage à la mémoire de « Mossèn Cinto~&gt;&gt;. Cet
hommage sera une manifestation nouvelle de
l'amour qui unit les Occitans de France et les
Occitans d'Espagne, du désir que nous avons,
tous de voir bientôt la paix refleurir dans cette
Catalogne endolorie, vers laquelle soupirent tant
de cœurs exilés, chantant sous d'autres deux,
avec
Verdaguer :

Dolça Catalunya,
pàtria del meu cor,
quant de tu s'allunya
d'enyorança 's mort. (1)
LA
'

DIRECTION.

(1) Douce Catalogne, patrie de mon cœur, lorsqu'il s'éloigne
toi, il meurt de nostalgie.

de

�GAI

LO

-274

SABF.R

VERDAGUER
i Santaló naquit dans une famille
mai 1845, à Folgaroles, petit village
et il fut baptisé le même jour.
Toute sa vie, le poète devait garder un amour fidèle à
son estimât jioblet de Folgaroles, où sa mère lui apprit
Jacinto Verdaguer

de paysans, le 17
des environs de Vich,

tout à la

fois à prier et à

chanter.

plus jeunes ans, il se sentit fortement attiré
vers la vocation sacerdotale, et sa onzième année le
vit étudiant au Séminaire de Vich, d'où il rentrait
chaque soir à Folgaroles. Comme ses parents
Dès

ses

étaient

bientôt, à l'exemple de beaucoup
de ses camarades, un emploi de précepteur à la ferme
voisine de Ca'n Tona, d'où il partait chaque jour pour

pauvres,

il accepta

continuer ses études au

Séminaire. Auprès des paysans,

jeune séminariste faisait ample provision de chants
populaires et de légendes.
Ses premiers essais poétiques, en langue catalane,
datent de 1863. Il fut lauréat des Jeux Floraux de Bar¬
celone en 1865, et alla se faire couronner coiffé de la
barretina catalane. Il connut alors le maître majorquin
Marian Aguilo ainsi que Pelay Briz dont il devint le
collaborateur pour le célèbre Calendari català. Il fut
encore lauréat l'année suivante.
le

L'année 1867 vit la

première réunion du Groupe

de

Vich, Esbart de Vich, auprès de la fameuse Fontaine
de la Douce Joie, Font del Desmai (•). L'année sui¬
vante, Verdaguer était présenté à Mistral qui lui dit :
Tu Marcellus eris.
Ordonné prêtre le

24 septembre 1870,

il célébra ses

connaître, sur ses vieux jours, le
Verdaguer, l'un des dix poètes
survivant, M. Marti Genis, ac¬
compagna, en août 1932, les professeurs et élèves des Cours de
Vacances Catalans-Occitans de Ripoll dans leur excursion à Vich
(1) J'ai

eu

le bonheur de

chanoine Collell, le grand ami de
assemblés à l'Esbart. Le dernier

et

Folgaroles.

�LO

GAI

SABER

premières messes dans les chapelles rurales

275

de Sant-

Sant-Francesc, près de Folgaroles. Nommé
vicaire à Vinyoles d'Oris, il passa trois ans dans cette
paroisse, où l'on peut voir encore le laurier planté
de ses mains, et que des maux de tête violents et fré¬
quents l'obligèrent à quitter.
Il demeura quelques mois à Folgaroles, entreprit un
voyage d'excursion dans le Rou'ssillon, et fut attaché
comme chapelain au service d'un vapeur de la Compa¬
gnie Transatlantique. Il s'embarqua à Cadix, empor¬
tant dans sa valise le manuscrit de son grand poème
L'Atlantida, qu'il devait terminer au cours de ses voya¬
ges à Cuba sur le vapeur « Guipuzcoa ».
En 1876, la famille Lopez, de Barcelone, se l'attacha
en qualité de chapelain; elle devait payer généreuse¬
ment l'édition de L'Atlantida 0) qui fut couronnée aux
Jordi,

de

Floraux de Barcelone en 1877. L'été de cette
année, le poète entreprit avec son ami Mossen Collell
un
voyage aux Pyrénées qui le mena, par Ax-lesThermes, jusqu'à Toulouse où il salua « la noble figura

Jeux

de la Clemència Izaura

».

publication, les éditions successives, les nom¬
traductions de L'Atlantida lui avaient valu
une renommée mondiale, et quand, à l'automne 1878,
il alla en pèlerinage à Rome, le pape Léon XIII, le
distinguant parmi la foule des pèlerins, lui demanda
son poème.
La

breuses

publication de ses Idilis i Cants misticsi2), en
fit qu'accroître sa gloire. On le vit séjourner
Roussillon pour y préparer son poème du CanigO,

La

1879,
en

ne

(1) Le thème de ce poème est l'effondrement d'un ancien
continent; l'Hercule mythologique y accomplit l'œuvre voulue
par Dieu. C'est une vision fantastique, gigantesque de la lutte
soutenue par les forces de la nature. La fin du poème évoque la
Continent, ingénieusement rattachée à
description de la catastrophe de l'Ancien.

découverte du Nouveau
la

(2) C'est
On y lit Lo
de la mare,

recueil tendre et délicat de poésies religieuses.
plor de la tôrtora, Sant Francesch s'hi moria, Lo noi

un

Santa Teresa de Jesús, etc...

�LO

276

GAI

SABER

présider les Jeux Floraux en 1881, ainsi que des fêtes
poétiques en l'honneur de Notre-Dame de Montserrat;
son ode A Barcelona fut publiée, en 1883, par la Muni¬
cipalité de Barcelone, à des milliers d'exemplaires;
il présida les
Fêtes poétiques roussillonnaises de
Banyuls; il fit de nombreuses excursions dans les
Pyrénées, des voyages en Algérie, à Paris où il re¬
trouva Mistral. Il ne cessait pas cependant de composer
des chants et des poèmes qu'il recueillit et publia sous
le titre Caritat (J) en 1885.
L'année suivante, avec la publication du poème
Canigó, Mossen Cinto atteignit au plus haut sommet
de la gloire littéraire. Le célèbre critique castillan
Menendez y Pelayo salua en lui « le poète le mieux
doué de tous ceux qui vivent en Espagne » ; ses compa¬

leurs hommages; Mistral
l'accueillaient solennellement à Mont¬
pellier; le 21 mars, à Ripoll, son évêque Morgades, le
restaurateur de l'antique monastère, déposa sur son
front une couronne, tressée par Mossen Collell de bran¬
ches de lauriers coupées au laurier de Vinyoles, en
disant : Vos corono en nom de Catalunya. Un pèleri¬

triotes de Vich lui offraient
et les Félibres

Lieux Saints, diverses manifestations litté¬
patriotiques et religieuses où Mossen Cinto
apparaissait de plus en plus comme le poète représen¬
tatif de Catalogne, occupèrent les années 1886-1888 et,
cette même année 1888, parut le recueil de poésies
nage aux

raires,

Patria (2).

jours, hélas ! se préparaient pour Mos¬
marquis de Comillas, si généreux pour
lui, était heureux de lui procurer tous les avantages
matériels et de lui permettre de s'adonner sans aucun
souci à ses occupations de prêtre et de poète. Mossen
Cinto, naturellement bon et peu soupçonneux, devint
peu à lieu la victime de quémandeurs indiscrets, de
De mauvais

sen

Cinto. Le

(1) Recueil de poèmes de circonstance. On
Mort de

l'Escolá, Amor de

mare.

y

lire La

sentiment patriotique :
Barretina, etc...

(2) Recueil de poésies ayant trait au
Oda à Barcelona, L'Emigrant, La

pouvait

�lu

gens

gai

saber

illuminés qui l'amenaient à

une

277

pratique incon¬

sidérée des exorcismes, de voyantes qui, abusant de sa

crédulité,

se

faisaient proclamer saintes

par

lui.

Son

évêque et ami Morgades essaya de le soustraire
emprise et Verdaguer passa deux ans à l'ermi¬
tage de Notre-Dame de la Gleva près de Yich, auprès
de saints prêtres qu'il édifiait par sa piété fervente,
son humilité profonde, son ardente charité. Malheu¬
reusement, ses mauvais anges arrivèrent jusqu'à lui,
le persuadèrent que son évêque le persécutait, voulait
l'enfermer dans un asile d'aliénés. Il quitta l'ermitage,
voulant conserver sa liberté, et revint à Barcelone en
compagnie de ses prétendus amis; son évêque crut le
ramener par un acte de sévérité, et c'est ainsi que
Mossen Cinto fut privé du droit de dire la messe de
à cette

1895 à 1898.
On devine l'amertume de

ces

années douloureuses

notre poète, âme tendre et délicate qui ne com¬
prenait rien à ses infortunes. Sa foi ne sombra pas
dans cet orage, et il écrivait à un ami : La corona d'espines és lo joyell mes gran que Nostre Senyor pot
enviar aïs, que estima; demaneli V. que la sàpiga mereixer y que la sàpiga portar. Dieu permit la réconci¬
liation, et son évêque lui redonna tous ses pouvoirs.
pour

Attaché

bénéficier à l'église de Betlem, il
quelques années, publiant des poésies
religieuses et des cantiques, présidant des cérémonies
vécut

comme

encore

littéraires.
Il tomba malade au mois de mai 1902. Quelques
semaines après, il s'éteignait, le 10 juin, à Vallvidriera,
chez son ami Ramon Miralles. La ville de Barcelone
lui fit des funérailles officielles et solennelles. Quand
le cercueil passa sur la Rambla des Fleurs, il fut litté¬

ralement couvert

de roses et d'oeillets par les mar¬
chandes, tendre et délicat hommage des filles du peu¬
ple envers le populaire poète des fleurs.

Joseph SALVAT.

�27 8

LO

Premiers

GAI

SABER

éveils

verdagueriens

Jacinto Verdaguer est né le 17 mai 1845 dans un
petit village de Catalogne nommé Folgaroles, lequel,
situé à peu de distance de Vich, se trouve d'autre part
à 70 kilomètres environ

au

nord de Barcelone et à

une

cinquantaine seulement de la frontière française du
Roussillon.
Le

de Vich (&gt;), foyer de traditionalisme, éveille
lui-même bien des souvenirs littéraires et quel¬
ques autres encore. C'est à Vich, notamment, qu'était
né en 1810 le célèbre philosophe Balmes. En outre, l'air
qu'on y respire est tout chargé de religiosité, ainsi qu'en
témoignent, entre autres choses, d'abondantes publica¬
tions. Mais la poésie surtout y eut toujours de nom¬
breux représentants. Ces poètes, groupés en cercles et
sociétés littéraires, entretenaient ainsi à Vich une at¬
mosphère intellectuelle d'assez rare qualité. Au milieu
d'eux, et particulièrement dans l'Esbart vigatà{2),
Verdaguer devait faire ses premiers essais et prendre
conscience de sa vocation poétique. Son mysticisme y
trouva tout de suite, lui aussi, un terrain favorable.
Il ne peut donc être négligeable de savoir que, par sa

déjà

nom

par

(1) On trouvera

sur

Vich et

ses

valeurs spirituelles de tous

ordres d'assez nombreux détails dans le gros ouvrage de Fran¬
cisco M. Tubino, Historia del Renacimiento literario contempo-

ràneo

en

Cataluńa, Baléares
p. 413 et suiv.).

y

Valencia (Madrid, 1880; voir,

en

particulier,

(2) 'Les membres de cette société littéraire aimaient à se réu¬
en plein air, non loin de la petite ville, près
d'une roman¬
tique fontaine, ombragée par un saule pleureur, La Font del
Desmay. On a reproduit dans une plaquette posthume (Discursos
de Jacinto Verdaguer, Barcelone, 1905) le discours en prose qu'y
lut notre poète en 1867 et où se trouvent déjà réunis les prin¬
cipaux éléments du sentimentalisme verdaguerien : à ce titre,
il est indispensable de le connaître.
nir

�LO

GAI

SABER

2/9

naissance et la nature même de

son esprit,
Verdaguer
région marquée des signes d'une pré¬
dilection spirituelle.

appartient à

une

*

Il est

venu

monde

au

en

plein printemps,

au

mois

des fleurs et des rossignols, ce mois de mai qu'il a tou¬
jours tant célébré dans ses vers; et c'est parmi les mo¬
dulations de ces charmants oiseaux (dont il évoquera
si souvent la grâce juvénile) qu'il est porté,
baptisé, à la vieille paroisse de ses pères.

pour

être

Il était fils de Joseph Verdaguer, un honnête tailleur
de pierres qui, à ses heures, devenait travailleur des

champs, et de Josepha Santaló, parfait modèle de la
montagnarde catalane. On est frappé du caractère à la
fois terrien et méditatif de ces deux êtres, qui devaient
donner le jour à un poète naturiste et à un mystique.
La mère surtout semble avoir joué un très
grand rôle
dans la formation de son cœur et de son esprit : l'em¬
preinte maternelle paraît avoir été profonde sur sa vie
intérieure. Il parle souvent d'elle, et toujours avec émo¬
tion, que ce soit dans ses proses autobiographiques ou
ailleurs : « C'est ma mère bien-aimée, écrit-il en
effet ('), qui m'emplit la tête de traditions chrétiennes
et

mon cœur de sentiments. » Elle avait
coutume, nous
apprend-il encore (2), de lire El Devoto Peregrino du
P. Castillo, ouvrage qui se trouvait alors partout dans
la plaine de Vich; c'est, notamment, en lui entendant
lire, assis sur ses genoux, quelque beau passage de ce
livre de dévotion que Verdaguer sentit naître en lui
le désir de visiter un jour la Terre Sainte, voyage qu'il
accomplit en 1886.

(1) Prosa florida,

«

Records de

ma

missa

nova ».

(2) Dictari d'un pelegrí à Terra Santa (Introduction).

�LO

28o

GAI

SABER

Lorsque, ayant été ordonné prêtre, il célébrera sa
première messe, les ferventes prières de cette mère ai¬
mante et adorée lui donneront le courage de gravir pour
la première fois, comme officiant, les marches de l'autel,
et viendront réconforter son âme défaillante à l'appro¬
che du plus auguste des sacrifices. Jour de véritable
allégresse, aussi bien pour elle que pour lui, le meilleur
jour peut-être de sa vie à elle. La mort de cette sainte
femme, qui devait survenir quelque temps après, fut
douce et heureuse, autant que peut l'être la mort dans
cette vallée de larmes. « Si je la pleurai et la pleure en¬
core, ajoute-t-il 0), c'est moins pour elle que pour moi,
et parce que, depuis lors, je me sens privé des ailes de
ses prières et de l'amour de son âme. »
Elle ne tardera pas à être rejointe par son époux.
De sorte que le père et la mère de Verdaguer n'ont pu
assister seulement qu'à l'éclosion de la vocation poéti¬
que et religieuse de leur fils. Leur souvenir est toujours
demeuré présent au fond du cœur de ce dernier.

ce n'est pas seulement auprès des auteurs de
jours que Verdaguer a puisé l'amour des champs et
du peuple, ce goût de l'enivrante solitude, la rêveuse
contemplation de la nature. La vie même qu'il menait
en son enfance autour du village de Folgaroles, dans la
belle plaine de Vich, ses courses à travers les guérets
et les bois, l'âme attentive aux moindres détails du
spectacle rustique, à toutes les palpitations des êtres
et des choses, aux démarches diverses des animaux (2)

Mais

ses

(loc. cit.).
aimé les bêtes et s'est toujours plu
voir, par exemple, dans le recueil posthume inti¬
CBarcelone, 1907), les adorables pages « Qué

(1; Prosa florida

(2) Verdaguer a toujours
à les observer :
tulé Folk-tore
diuen els aucells ? t&gt;

�LO

GAI

SABER

281

à l'éveil des humbles plantes, les minutes de
recueillement devant la beauté dè la terre, que ce fût
aux heures de soleil, où elle
s'exprime tout entière, ou
comme

par

les nuits d'étoiles peuplées de mystère et de divin

silence, tout cela ne
jeune sensibilité vers
ne la marquait-il pas
biles, qui devaient se
dans chacune de

ses

conduisait-il pas chaque jour sa
les voies choisies par le destin et

à chaque instant de traits indélé¬
retrouver plus tard certainement
œuvres poétiques ?

L'idée de Dieu suivait

en lui le même développement.
quelque sorte dans le lait de sa mère, ali¬
mentée ensuite dans son cœur par les paroles qui cou¬
laient des lèvres maternelles et par l'exemple même
d'une existence consacrée à tous les devoirs, cette idée
montait et gagnait à toute heure; et le jeune Jacinto
sentait peu à peu jaillir en son sein des sources de fé¬

Puisée

en

licité.
Jaume Collell, qui a connu ses premiers émois, nous
apprend (') que c'est « dans la quiétude de l'ermitage
solitaire de la Demunt »
petite chapelle sise au pied
du village de Folgaroles — que « se révéla à lui de très
bonne heure la vocation ecclésiastique ». A peine donc
avait-il cessé d'être un enfant, c'est-à-dire vers sa dou¬
zième année (2), qu'il suivait déjà les classes du sémi¬
naire de Vich. Mais, pour pouvoir faire ses études, il
était obligé de gagner son pain : et, dans cette inten¬
tion, il se plaçait comme « instituteur » dans une mé¬
tairie, à Ca'n Tona, située à une heure seulement de
cette ville, suivant ainsi l'exemple de nombreux cama¬
rades du séminaire. Selon la jolie expression de Jaume
Collell, cette métairie de Ca'n Tona est toujours demeu¬
rée pour Verdaguer « le sanctuaire de ses poétiques
souvenirs de jeunesse ».
—

(1) Epistola biográfica, en tête de l'édition de VAtlantide, par
Pépratx, avec traduction française en vers (Paris, Ha¬
chette, 1897), p. XV.

Justin

p.

(2) Cf. Dr J. Falp Plana
30.

:

Mossèn Verdaguer (Barcelone, 1902),

�LO

282

GAI SABER

pauvreté et d'austère labeur n'était pas,
lui déplaire, et, dans tous les cas, il la
avec humilité, résignation et même bonne
humeur. Ne lui permettait-elle pas de satisfaire en
même temps ses trois plus chères aspirations : déchar¬
ger ses parents du soin de pourvoir à sa subsistance,
arriver par ses propres ressources jusqu'au temps de
l'ordination, doubler enfin sa vie studieuse de cette vie
rustique et plébéienne qui répondait tant à son carac¬
tère et aussi, de toute évidence, à ses besoins corporels?
Cette vie de

vérité,
supporta
en

A

pour

Vich, après les classes du séminaire (au cours des¬
sa timidité et sa sauvagerie naturelles!1) fai¬

quelles

peut-être parfois de lui une victime et assuré¬
méconnu), il se séparait de ses camarades,
qu'attiraient les jeux et les promenades, pour se rendre
à la Bibliothèque épiscopale, dans ces mêmes salles où
le philosophe Balmes l'avait devancé jadis, poussé par
d'identiques préoccupations de culture intellectuelle.
Et là, il s'initiait fiévreusement aux œuvres de la lit¬
térature
nationale
et
des
littératures
étrangères.
Ces premières lectures ont eu, selon toute apparence,
un grand retentissement sur le développement
de sa
pensée.
saient
ment

un

De retour à la métairie de Ca'n Tona, où il rendait les
services et s'acquittait des devoirs qui lui assuraient

l'existence, il lui arrivait souvent de prendre sa part
aux travaux de la terre, surtout les jours de vacances,

aider ses maîtres ou se livrer à un exercice
qui lui paraissait enviable de tous points, soit aussi
pour gagner quelques piécettes qui lui permettaient non
soit pour

seulement

d'entretenir et d'améliorer

rieure, mais

encore

sa

tenue exté¬

d'acquérir tel bon livre désiré.

(1) Sur le caractère et le tempérament du poète,

on

lirait

avec

fruit l'ouvrage de Valeri Serra i Boldû : Mossen Jacinto Verdaguer

(Bellpuig, 1915), de même

Plana
pp.

:

Mossèn

40 à 51).

que la plaquette du Dr J. Falp
Verdaguer, déjà mentionnée (voir en particulier

�LO GAI

Ainsi

se

à la

rose

«

SABER

283

formait-il, comme il l'a djt lui-même 0), pareil
du berger dans un coin de montagne ».

Mais ni la vie scolaire de son séminaire, ni la vie
champêtre de sa métairie ne devaient étouffer en lui le
poète naissant; elles l'encouragèrent et le favorisèrent
plutôt, l'une par la méditation des mystères divins,
l'autre par la contemplation de la nature.
Verdaguer
commença très jeune à sentir en lui s'éveiller l'inspi¬
ration poétique et à écrire des vers : son
imagination
en feu et sa sensibilité frémissante rendaient
précoce

son
talent et semblaient annoncer, dès les
premiers
balbutiements, qu'un génie allait éclore... A l'écart des
camarades du séminaire et de ses compagnons de la
ferme, il confiait à d'intimes papiers ses juvéniles effu¬
sions, qu'il se gardait bien d'abord de communiquer à
personne. En été, surtout, au moment des plus rudes
travaux des champs, qui, par bonheur,
correspondaient
aux plus
belles journées de liberté, pendant que les

ni

El Eco

eh prose

religieux

de la

Montana, périodique de Vich (1866)

à la suite d'une de
en

octaves

royales;

ses

œuvrettes de

:

Notes

début, petit poème

�LO

284

GAI

SABER

lui sous les hauts
la nuit, quand tout le monde prenait
le frais et se délassait des pénibles fatigues, ou quand
la maison entière s'endormait dans l'ombre recueillie,
lui, enfermé dans sa petite chambre, s'appliquait amou¬
reusement à donner une forme à ses rêves, reprenant
encore ses manuscrits dès l'aube naissante et ne s'interrompant que pour aller, à l'heure accoutumée, re¬
joindre les valets de la ferme et les instruments ara¬
toires (').
Notons encore, au milieu de cette existence champê¬
tre, qui lui faisait chaque jour, loin des villes, prendre
un goût plus
vif à la familiarité des choses, des bêtes
et des gens, cette affection pour les chansons catalanes
du vieux temps, qui expriment si bien tout cela et sont,
avoue-t-il lui-même, le « lait » dont il se nourrit (détail
bien significatif, étant donnée la place qu'occupera dans
toute l'œuvre du poète le folklore de son pays) (2).
Mais voici un autre document de valeur symbolique
plus significative encore peut-être, bien que moins
autres faisaient la sieste autour de

chênes, et

encore

connu.

mois de sep¬
les souvenirs
émus de sa « première messe » (3). Celle-ci fut célébrée
en la chapelle du petit ermitage de Sant Jordi, situé sur
un plaisant coteau de la plaine de Vich. A cet endroit
même, se dresse également un magnifique dolmen, reste
d'une vieille race celtique disparue et que l'imagination
populaire a entourée de légendes. « La chapelle de
Sant Jordi, écrit-il, est pour moi ce qu'est au marin qui
voyage le port de la patrie d'où il est parti pour la pre¬
mière fois, ce qu'est à l'oiseau qui va par les airs le nid
Dans des pages délicieuses, écrites au
tembre de 1896, Verdaguer nous conte

(1) El Eco de la Montana encore (ioc. cit.).
(2) Verdaguer, dès son enfance, dut aussi écouter les contes
avec

ravissement. On

(Barcelone, 1905),

a

ceux

groupé dans l'oeuvre posthume Rondalles

qu'il avait lui-même recueillis. « Quel
parfum de terroir sut
préface J. Massé Tor¬

enchantement et quelle fraîcheur et quel
leur donner Verdaguer ! », écrit dans la
rents.

(3) Cf. Prosa florida, déjà cité.

�LO

où il

pris

GAI

SABER

285

Il ne manque pas alors de re¬
cette cime, « vivent en une intime
union la légende chrétienne et patriotique et la
légende
cyclopéénne, les deux sources de poésie où, dit-il, j'ai
bu le plus volontiers... Ce n'était pas en vain
que j'avais
chanté ma première messe entre un dolmen et un
a

son essor. »

marquer que, sur

autel.

»

Or les critiques littéraires (') se sont tous plu à rele¬
l'antinomie qui, dès les débuts, caractérise le génie

ver

de

Verdaguer,

contraste frappant et singulier entre
opposés, d'apparence irréductible: l'élé¬
ment païen et l'élément mystique. L'œuvre entière du
grand poète en est pénétrée profondément...
ce

deux éléments

Comme on le voit, rien de ce qui affecte de façon
divers© les années d'enfance et de jeunesse de Jacinto

Verdaguer ne saurait nous être indifférent. Tout ce que,
jusqu'en 1865 (date où, âgé alors seulement de vingt
il fut, pour la première fois, couronné aux « Jeux
» de Barcelone avec sa
poésie Els minyons d'En
Veciana), l'on peut recueillir sur elles, soit directement
par le poète lui-même, soit indirectement par des mem¬
bres de sa famille ou par des amis, soit encore à tra¬
vers les publications plus ou moins éphémères de
l'épo¬
que, est pour nous du plus grand intérêt et de la plus
haute importance. Une étude complète et impartiale
reste encore à faire à ce sujet : il convient de le signaler
ans,

floraux

aux futurs historiens de la littérature catalane. Sans
pa¬
reille étude, en effet, l'on ne pourrait vraisemblablement

tout
gne

pénétrer, tout comprendre dans l'œuvre de l'insi¬
poète catalan.

Jean AMADE.
(1) Cf.
catalana

par

exemple, Manuel de Montoliu, Estudis de Literatura
p. 173 et suivantes.

(Barcelone, 1912),

�286

1.0 G.VI SAISKR

«Cariigó»
( Legertda pirenenca del temps de la
Reconquista ).
L'Aplech. Lo Romiuvage.— Lo comte Talhafèr e
Cerdanha, decéndon del
Canigó cap al ermitage de Sant-Martin, ont Gentil, fil
del comte Talhafèr, es armat cabalhèr per son oncle.
I a granda fësta al ermitage, s'i dansa la sardana. Una
dansaira, Grizelda, s'amorozis de Gentil. Jòcs e lutas
s'arrèstan oôpsec, quand se dis que los Maures son devèrs Elna, e los guerrejaires se n' van à la batalha.
I.

son

fraire Guifre, comte de

II. Flordeneu. Flordenèu.

—

D'estant lo castèl d'Ar-

ria ont monta la

garda, Gentil vei las tacas blancas
de nèu del Canigó : « mantèls d'ermina de las fadas »,
li dis son escudièr. I trobarà son amiga Grizelda.
L'amor es mai fort que tôt. Escalabra la montanha,
e Flordenèu li aparei : es Grizelda, cambiada en rèina
merabilhoza.
dabant lo

Encanta

jovent

es

sos

èlhs

e

son

prezonièr d'amor

D'ara-en-

la montanha.

L'Encantament.
Endormit
pel
jol arbrum d'una ila fresca e florida,
pèi emportât e bresat per elas dins una gondola, Gentil
s'espèrta lèu jol agait embelinaire de Flordenèu. Los
arbres e las Hors per tant polits que siàguen, las nimfas, los aucèls per tant plan que cànten, qu'es res, tôt
acò, al costat del encantament de Flordenèu :
III.

L'Encis.

còr.

sus

—

cant de las fadas

Enlluhernat

pe'l sol de
s'arrossega à sos peuÈ
y, en lo cel de sos ulls

sa bellesa,
com un esclau,
sa ánima presa,

lo cel hermós li sembla

menos

IV. Lo Pirineu. Lo Pirenèu.
Flordenèu s'emporta Gentil à

blau.

un carri alat,
travèrs los Pirenèus,
« cèdre d'una nautor
espantadora ont, coma los auzèls,
los pòples nizan dins son brancum » : aici Camprodon,
—

Sus

�LC)

GAI

28-

SA'BF.R

violeta del bosch, tôt l'Ampordan, Nuria c son santuari,
lo

Puigmal, la Sèrra de Cadi, la Seo d'Urgel; lo carri
lo Segre, la Noguera, e escalabra lo Mont Maldit,
gegant d'Espanya, nozèl d'aquela cordilhèra que prenguèt un jorn
pasa

agegantada forma de fulla de falguera.
Mas lo carri d'ôr laisa lo Mont Maldit, pasa la Val

d'Aran, e, seguisent los penjals dels monts andorrans
del Carlit, torna de vèrs lo Canigó, mentre que lo
pastor, s'espertant sus la sèrra,
e

crei que baixan del cel dues estrelles

qui

per

V.
anar

en

la terra algun

amor

Tallaferro. Talhafèr.— Mentre

somriu.

que

atal al encantament de Flordenèu

Pirenencs,

son

Gentil
e

se

laisa

dels Monts

paire lo comte Talhafèr, avizat

que

los

Maures saquéjan Elna e Ceret, se n' va cap à-n-elis,

acampant al siu entorn los pastres
las Alberas. La batalha ambe los
ruda
es

sus

blasat,

la

plaja de Colliure

près e

emmenât

miraclozament deliurat
son

e

:

e los lauraires de
Pagans es longa e

traitozament, Talhafèr
barca; mas, lèu, es

sus una

garit. Que pòd pracò faire

filh ?

VI.

Nuviatge. Acordalhas, — Dins lo carri de la fada,
a pasat la Tèt, e dintra dins la
gròta de Sidrac,
prèp de Pradas, gròta merabilhoza, vertadièr temple
de jos tèrra. A la font del oblit, Gentil laisa lo remem¬
bre del païs qu'a trait. D'una gròta à l'autra monta,
monta totjorn :
Gentil

per un cor enamorat
cada pas es un colp

Atal arriba al cimèl del

d'ala.

Canigó, e lo solelh levant li
sa riquesa e dins tota sa
glòria. Lo Canigó sera lo reialme de Gentil, li dis Flor¬
denèu, mentre que las fadas sas companhas pôrtan al
jove cabalhèr lors omenages e lors prezents : fadas de
Mirmanda, de Galamus, de Ribas, de Banyolas, de
Rosas, de Fontargent, de. Lanos, que fan alternar lors
mòstra lo Roselhon dins tota

�LO

GAI

SABER

estròfas ambe lo cant famos

:

Montanyes regalades
son les de Canigô,
elles tôt l'any floreixen,
primavera y tardor.
VII. Desencantament. Dezencantament.

—

Fordenèu

las espozalhas, sa plus polida vestidura. Mentrestant, las fadas càntan à Gentil l'istòria
dels Pirenèus : pasage d'Annibal, naisensa de la Noguera e de la Garona, malastres de la princesa Lampegia. E Gentil el tant-ben canta sus l'arpa un cant
se va

cargar, per

d'amor

e

de tristor

:

Lo cor del home es' una mar,
tôt l'univers no l'umpliria;

Griselda mia,
déixam plorar

!

Gar'

aqui qu'aparei lo comte Guifre. La val de Praemplenada de Maures; Guifre s'es enfugit, à
mes al abric sa familha, e es montât sul Canigô per
veze ont li caldrà portar son esfòrs. En vezent Gentil
cantant l'amor demest las fadas, coronat de flors e de
pèiras preciozas, a près una tant granda colèra que se
jita sus son nebot e lo fa redolar dins l'abisi : lo corps
de Gentil se ven espotir als pèds de Flordenèu ondrada
per la nôsa. Flordenèu tomba sens vida sul cadavre de
Gentil. Se reviscolant très jorns aprèp, s'emporta lo
corps sus la barqueta mudada en tombèl, lo mostrant
à las estelas que se tàmpan los èlhs, als auzèls estonats,
das s'es

à las

flors atristezidas,

demandant à la natura

ven-

jansa contra Guifre lo murtrièr.
VIII. La Fossa del

Gegant. Lo Crôs del Gigant.

—

Guifre compren la grandor de son crime. Qu'i farà ?
Se tuarà el-mèmes ? Tant li val anar cercar la mòrt
en

lutant

contra

los

Maures

dont

vei, alà-lènh, las

barcas cremadas per Talhafer. Davalant per Serrabona,
s'es jitat ambe sos cabalhèrs contra los Maures que,

escapant à las doas armadas crestianas, s'enfugison en
montant, long del Tech, cap al Vallespir :

�LQ

Tu que

GAI

289

SABER

d'una gambada

lo Tech,
Ceret,
de fills de Mahoma no'n veurás més.
passas

obre ton ull de pedra, pont de
que

Guifre rejunhìs pracô lo gigant Gedhur que los mena,
e

aprèp

una

luta acarnasida dabant las doas armadas,

lo travèrsa de

son

espaza.

Coin un abet que baixa tôt redolant
de timbera en timbera, quand Gedhur eau,
ressona ab terratrèmol tota la vall.

IX. L'Enterro. L'Entèrrament.

—

L'abesque Oliva,

fraire de Talhafèr e de Guifre, qu'a pregat tant que
duraba la batalha, monta à Sant-Martin del Canigó :
Talhafèr es inquièt per son filh. Just à-n-aquel mo¬

ment, arriba l'escudièr de Gentil portant lo cadavre de
son mèstre
:
l'a raubat à Flordenèu quand aquesta
s'aprestaba à l'enterrar.
Alavets Talhafèr apren l'òrra vertat.. Se jita furios
Guifre que cèrca un abric dins la capèla, mas lèu
Oliva apazima los dos fraires que fan las pats, e totis
sus

ensemble, ambe prigonda emocion, sebelison Gentil sul
costal vezin de Sant-Galdric. Al comte Guifre que
en

esperft de penitensa, morir aqui

Oliva recomanda d'anar

cercar

sus

vòl,
la montanha,

de fraires al mostièr de

Sant-Miquèl de Cuxà dont conta la fondacion que
se
faguèt jos Carlemanhe, per de monges venguts
d'Exalada.
X. Guisla. Guisla.
Es vengut, lo comte Guifre, far
adius à sa femna Guisla dins lo castèl de Cornelhan.
—

sos

E

Guisla, desconsolada, s'ocupa à brodar pel mostièr
una napa d'autar ont a desinat las Barras catalanas. Gòpsec un cant de joventa la fa estrementir.
Sortis del castèl, s'endintra dins lo bòsc. La cantaira
es la pastorèla Grizelda, e son cant es un cant d'espe-

novèl

ransa

de

veure

l'aymador

per

qui sospira.

Ailàs ! Guisla li fa saber la mòrt de Gentil, e totas
doas eòrfalison. Las siventas s'emmenan la castelana

�LO

290

que jamai
zelda pèrd

GAI

SABER

s'alasarà de plorar, mentre que la bêla Grila

razon
hermosa estrella

que

s'acluca

en

la nit de la folia.

XI. Oliva. Oliva.
Lo mostièr s'enaura, mièchpenjat sul abisi : claustre, capèla, cambras dels
monjes, campanal enfin. Mas Guifre es rozegat pel
remembre de son nebot dont lo vent, las aigas, las
flors, la paura Grizelda dizon e tornan dire lo nom.
Se prépara dins la ròca un crûs prèp del crôs de Gentil.
Oliva, que s'aprèsta à fondar lo mostièr de Ripoll, re¬
mira Sant-Martin que li servirà de modèla, e, dins un
raibe, vei la famoza Portada, vertadièr poèma de pèira,
que serà la glôria sens parièra de Santa-Maria de
Ripoll,
—

la Biblia al cor de Catalunya impresa,
présent, passai y es'devenir del mon.

pasant lo Rôze, e lèu tantdemanda à sos monjes
plantar la crotz al plus naut cimèl del Canigó.

Mas Talhafèr

es

mòrt

en

ben morirà lo comte Guifre, que
de

XII. La. Creu del Canigó. La Crotz

del Canigó.

—

Se

complir lo vôt de Guifre. Cargats de la .crotz, los
religiozes montan cap al cimèl, remirant un pauc mai,
à cada pas, las tèrras catalanas. A lors cants respondon los cants de las fadas acampadas al entorn de

va

: sentison que van èstre vincudas; una aprèp
l'autra, fan lors adius al païs ont demoràban : veiran
plus lor dolça Catalunya... Mas la Crotz es plantada
sul cimèl, unisent la Fransa e l'Espanha dins l'amor
del Crist. Es saludada per totis los sants protectors
de la Catalonha, mentre que tindina la campana de
Sant-Martin, anonciant la mort de Guifre, dont l'ama
es aculhida al cèl per dos justes, son fraire Talhafèr e
son nebot Gentil. « Gloria al Senhor ! Gloria à la Cata¬
lonha ! » crida Oliva, convidant los cabalhèrs à la

Flordenèu

Guèrra contra los Maures.

�lo

GAI

saber

Epilogo : Los dos Campanars. Epilogue
Campanals.

:

Los dos

Son dues
que en

formidables centinelles
lo Confient posd l'eternitat.

Se pàrlan Ios dos cloquièrs de Sant-Martin del Canigó e de Sant-Miquèl de Cuxà : lors religiozes son
partits, se son envoladas lors campanas, lor demòra
plus qu'à s'engrunar pel soi.

segle basti, l'altre ho aterra;
'l monument de Deu,
y la tempesta, 'l torb, l'odi y la guerra
al Canigó no 'l tirarán à terra,
no esbrancardn per ara 'l Pirineu (1).
Lo que un

mes

resta sempre

Jozèp SALVAT.

(1) Aquel poème se trobaba pas dins la primièra edicion del
Canigô. — Remembrem, per nôstres legeires, qu'aquelas roïnas,
fazian plorar Verdaguer, an dezaparegut : Mnhor de Carsa-

que

lade

a

tornat

eizilada,

bastir Saint-Martin

e

i

a

fait tornar la campana

la Martina »; los monges de Cistèl an fait reviure
Sant-Miquèl de Cuxà, ont, à l'ora d'ara, se son entreprezes de
grands trabalhs de restauracion.
«

�LO

292

GAI

Chor

SABER

final (1)

Gloria al Senyor: tenim ja

patria amada,
que altivola es, que forta al despertar!
al Pirineu mirailla recolçada,
son front al cel, s os peus dintre la mar.
Branda ab

punk la llança poderosa;
ho guardarà la Creu;
fillada hermosa
'ns fa alletar ab fe y ab amor seu.
son

lo que ella guanye
sobre son pit té sa
que

est breçol de serres,
braços y son cor,
sos braços fem de ferro per les guerres,
mes per la pau umplim son pit dé amor.

Brecemla

encara en

enrobustim

sos

Patria! 't donà
corn

un

ses

aies la Victoria;
va llevant ;

sol d'or ton astre 's

llança à ponent lo carro de ta gloria;
puix Deu t'empeny, ;oh Catalunya! avant.
(s) Texte de l'édition originale, Barcelona, Llibreria Católica,
catalans de la Re¬

pp. 241-242. La langue des premiers poètes
naissance est plus près de la langue occitane

l'est la langue
dis Catalans.
ne

contemporaine que
écrite d'après les règles de VInstitut d'Estu-

�lo

gai

saber

Avant: per monts, per terra y mars
ja t'es petit per trono 7 Pirinen,
per esser gran avay te despertares

293

no

7 pares,

à l'ombra de la Cren.

Jacinto VERDAGUER.

13

d'agost

1932.

—

A Folgaroles, dabant lo monument de Verdaguer,
Genis, mèstres e escolans dels Corses de Va-

al eńtorn del Doctor Marti
cansas catalans-occitans de

Ripoll.

�LO GAI SABER

294

"

Il

CANIGO " de ï.

Verdaguer

est heureux que Verdaguer ait composé des re¬
de poésies mystiques avant d'entreprendre la

cueils

matière du Canigó (1886). Elles l'ont aidé à
assouplir sa strophe, à lui donner une fluidité qui, dès
l'abord, peut paraître inégalable. On peut les comparer
à des gammes ou à des variations dont les richesses
légères devaient se retrouver au centre même de la
symphonie. Il a longtemps erré dans les sentiers
de la mystique populaire avant de gravir une cime.
La même douceur de légende l'accompagnera à travers
les cirques pyrénéens. Déjà nous pressentons ce que
le poème va devenir entre ses mains : une merveille
de suavité, malgré l'apparence épique.
vaste

Il lui est presque

impossible de concevoir la rudesse
ignore
n'était
plus apte que lui à raviver les récits qui accompa¬
gnaient l'édification des abbayes. Il faut avoir entendu
du moyen âge, la dureté romane, parce qu'il
l'art de tracer des caractères. Cependant, nul

le

son

des cloches de Saint-Martin du

Canigou,

comme

elles

peuplent l'air, comme elles se font plus pressantes
à mesure qu'on avance sur le sentier : c'est le son
même de la poésie de Jacinto Verdaguer. Le charme
des cloches est de se tenir penchées au bord des choses
qu'on ne dit pas, de la pensée qui va naître. Au-dessus
des cloches de Saint-Martin, il y a des bois qui mènent
au glacier. Quant au sentiment du
poème, Verdaguer
l'a exprimé dans l'élégie qu'il intitule : Els Dos Campanars. Elle se trouve placée en guise d'épilogue, mais
nous savons
que ce fut la première page qu'il en
écrivit

:

une

conversation

nocturne

entre

deux clo-

�LO

GAI

SABER

chers, celui de Saint-Martin et celui de Saint-Michel,

qui rappellent le temps où les anges
sous

se

dissimulaient

les créneaux.

Passons de la légende à l'histoire, mais

en n'emprun¬
qui est nécessaire à justifier la
légende. La vallée du Confient était le berceau des
Comtes héréditaires de Cerdagne. Ils séjournaient à
Ria, ou encore à Corneilla, dans la maison qu'ils
appelaient « lo palau ». L'un d'eux, Jofïre ou Guifre,
est le fondateur de Saint-Martin du
Canigou. Il y
mourut en 1050, après avoir pris l'habit de SaintBenoît, et ía tradition veut qu'il ait creusé son propre
tombeau dans le granit. Cette excavation, qui
reproduit
la forme d'un corps humain, la forme d'un vase, se
trouve au pied du clocher.

tant à l'histoire que ce

Revenons à la

légende

: le comte Guifre s'est fait
tué le fils de son frère Bernard, dit
Tallaferro, comte de Bésalu. Ce doux neveu, Gentil,

moine parce

qu'il

a

déserté le château du Ria au moment où les Maures
envahissaient la plaine et le Confient. Il s'était endormi
sur le sein de la reine des
fées, au sommet de la' mon¬
tagne; il était couvert de fleurs quand Guifre le préci¬
pita dans l'abîme. Le comte de Bésalu revient au mo¬
nastère et demande à voir son fils. C'est alors que
Guifre déclare son crime, en se retirant dans l'asile
où Oliva le protège. Le poème se termine dans
l'apai¬
sement des musiques saintes : Guifre
dirige les ouvriers
de Saint-Martin et Oliva étudie la création de marbre
a

dont il
ne

ornera

s'agit plus

la

que

façade de Santa-Maria de Ripoll. Il
d'exalter cette architecture naissante.

*

'

Peut-on

le Canigó comme une épopée
l'époque même où il se situe, au début
siècle, la Catalogne n'était pas une nation, et

considérer

nationale ? A

du XIe

�296

LO

GAI

SABF.R

Comtes héréditaires tenaient leur pouvoir de

les

monarchie
D'autre

la

carolingienne.
part, les combats de Maures et de

Chrétiens

la partie centrale, et manquent totale¬
ment de réalité. J'incline à penser que le Canigó est
une épopée religieuse qui se développe en marge d'un
conte de fées, ou inversement. Non pas que le senti¬
ment épique soit absent de ces pages : on le découvre
dans une vision de la montagne, que l'auteur nous
dévoile avec un luxe inouï, sans que jamais son ima¬
gination soit prise en défaut. Cette description est faite
n'y forment

pas

du haut des

airs, où Flordeneu emporte son amoureux
A peine Verdaguer a-t-il réuni les
deux amoureux, et il les fait voyager sans répit. Le
vieil Homère en use autrement quand il dépeint les
amours
d'Ulysse et de Calypso, et le malheur de
Calypso est qu'Ulysse a la manie du voyage. Verda¬
dans

son

carrosse.

montrer le chevalier Gentil se
avec Flordeneu. Du reste, les
premières scènes de séduction sont bien marquées,
puisque Flordeneu prend la forme matérielle d'une
jeune fille de Confient, Griselda : Tu ne me reconnais
pas, dit-elle, et c'est moi que tu as vue dans la vallée,
«
belle cueilleuse de framboises, avec mon tablier
débordant de fraises, endormie à l'ombre des jas¬
guer ne
roulant

mins

»

pouvait
la

sur

pas

mousse

0).
Estrafà la figura de Griselda,
Son caminar suau i sa veu dolça,
Son mig-riure de verge que somia.

Elle
che

se

présente

suave,

sa

avec

l'aspect de Griselda,

voix douce,

sa

démar¬

sourire de vierge qui

son

rêve.
Mais c'est tout

ou

c'est presque tout. Nous sommes

balancés entre la vérité et la fiction. Il fallait cet arti-

(1)

«

amb

de

ma

falda

vessanta

Gerdera hermosa,
de

jessamins endormiscada

maduixes,
l'ombra.

a

»

�LO

fice

ou

cette

osât décrire

GAI

SABER

2

97

équivoque initiale
un

amour

pour que Mossèn Cinto
entre le chevalier et une fille

de la terre.

Est-ce timidité de

sa

part ?

ou

ignorance ?

idéalisme ? On découvrirait malaisément

un

ou pur

écrivain

chez

qui l'imagination ait une telle prise. Ses premières
prises dans la réalité, mais par un détour
soudain, il s'en évade. La beauté à laquelle il aspire
veut toujours dépasser celle qui se présente à lui. Cette
évasion est commandée par l'ordre même de la fiction.
Ne sommes-nous pas sur un sommet de la montagne ?
Un glacier trace des sinuosités dans le vide. Des cor¬
neilles lissent leurs plumes au soleil pâle, dans un
silence prodigieux. Voilà qui paraît le prélude d'un
enchantement. Dès que les fées ont accouru autour de
Gentil, les choses ne sont plus ce qu'elles sont.
notes sont

*
* *

Je me souviens de la première lecture que je fis de
Canigó. J'avais pris l'habitude d'en lire plusieurs pages
chaque matin, durant mon premier séjour à Madrid;
et, comme on le comprendra, j'essayais d'y découvrir
des souvenirs de cette montagne. Il faut bien avouer
qu'à chaque reprise j'étais déçu, comme d'une prome¬
nade dans le brouillard. Je n'en rapportais guère que
des noms de fleurs : boix-fLorit, boix de Nuria, corona
de Rey. Le malheur est qu'à mon retour dans cette
haute vallée de Cadi, j'avais quelque peine à reconnaî¬
tre mon itinéraire, car la vision du poète s'était malgré
tout confondue

L'auteur
V Atlantide.
Cette

mes

Canigó

souvenirs.
se

souvient

de

l'auteur

de

plaine de Cadi, nous dit-il, aujourd'hui déserte
était autrefois une conque d'émeraude, vêtue
pinèdes pleines d'ombre. Des angéliques et des jon-

et nue,

de

du

avec

�LO

GAI SABER

quilles la brodaient, en se mirant dans un étang qui
remplissait à demi la monstrueuse vasque du Canigou.
Les Estanyols qui aujourd'hui encore l'argentent sont
les traces de cette petite mer, ce sont les fragments
de ce miroir où toute la nef du firmament se réfléchis¬
sait (').
Verdaguer suppose encore qu'une grotte traverse les
Canigou. D'innombrables piliers, comme des
joncs de marbre, soutiennent des coupoles de gel.
flancs du

l'on sert à Gentil sont d'une frugalité
des perdrix blanches, une salade de chicorée,
du lait de biche. Il écoute une musique douce, les batte¬
ments du ciœur de Flordeneu. Et tout cela est dans la
tradition des romans de chevalerie, dont le dernier,
Lo Comte Partinobles, était encore populaire en Cata¬
logne au siècle dernier.
Les repas que

exquise

Poète

:

primitif, représentant d'une imagination

héré¬

ditaire, Verdaguer se montre supérieur dans l'inven¬
tion de la mélodie. Son oreille était habituée aux ru¬
meurs de la montagne. La mélodie populaire, le chant
des oiseaux, le plain-chant liturgique, il utilise ces res¬
sources tour à tour, et elles donnent à son lœuvre un
caractère d'enchantement. Si toutes ces musiques son¬
naient au long de son poème, si elles ne cessaient de

s'y répondre, le poème serait miraculeux.

On n'y en¬
fées,
part

tendrait que des chiœurs alternés, les rivières, les
les moines, les anges. Mais il faut faire aussi la
du diable. Il est

i

(1)

«

un

diable auquel les

poètes de génie

Aquella plana, avui deserta i nua,

llavors era una conca d'esmeragda,
la vestien ombrivoles pinedes,

angéliques i jonquilles la

brodaven...

»

�LO

GAI

SABER

299

peuvent difficilement se soustraire. Il apparaît le plus
souvent au sommet des montagnes. Il promet toutes les
richesses du monde. C'est le démon de la facilité. Que
sa voix est mielleuse ! Comme il est généreux en ap¬
parence ! On ne distingue pas le fil secret avec lequel
il faut tourner le miroir aux alouettes. Jacinto Verda-

alouette du Seigneur, s'y est laissé prendre bien
Canigó que dans ses
autres oeuvres. Cette facilité n'engendre pas un tumulte
héroïque; elle dégage quelques effluves soporifères, où
passent des bouffées d'aubépines. On éprouve une lé¬
thargie divine, un commencement d'asphyxie, comme
si le génie de Verdaguer avait été atteint du même mal
que le Chevalier Gentil. Cette mollesse, voisine de la
défaillance, nous paraît suspecte. Elle se justifie toute¬
fois dans un chant de séduction. Les lianes magiques
surprennent le chevalier. Les cascades de strophes s'ac¬
cordent avec le labyrinthe où il va perdre ses pas.
Palais inouïs, musiques vaines. Aussi bien, il est un
moment où les paroles paraissent tourner toutes seules,
dans l'inanité. Le lecteur, comme le chevalier, va être
guer,

souvent. Moins toutefois dans le

entraîné dans le vide.
Et cependant, il
prévus de mélodie

de

çà et là, des jaillissements im¬

:

voler ton cœur,
quitte pas le nid, comme l'oiseau
branche. Des eaux de neige te bercent. Des cœurs
vierges veillent sur toi 0). »

«

Elles chantent: rêve, rêve, laisse

tant que
sa

y a,

C'est

(1)

le rêve

une

ne

musique

Sonna

vaporeuse.

—

canten

—

somia,

deixa volar ton cor bell,
mentre el sommi no's desnia
com

de

sa

Aiguës de
te

vetllen

branca l'aucell.
neu
cors

te breçolen,

virginals.

�LO

300

Nous
venues

voici

dans

GAI

SABER

l'assemblée des fées. Elles sont
l'horizon, avec leurs pré¬

de tous les coins de

sents, et toutes s'accordent à gloser l'hymne de la
terre : Muntanyes Regalades. L'une d'elles nous trans¬
porte dans le Val d'Aran, où deux fleuves, après avoir
hésité dans leur cours, se dirigent vers l'Espagne ou.
la France. Des talismans, des légendes, de l'his¬

vers

Lorsque le chevalier est précipité dans le torrent,
au désespoir de Flordeneu. C'est la plus
belle page du poème :
toire.
nous

assistons

Pleurez, doux alcyons...

l'élégie de Chénier, celle-ci fait appel aux
puissances qui gouvernent l'étendue. C'est une élégie
magique. La jeune Tarentine n'est peut-être qu'une
vague plus belle, dont la perfection vient de se dissou¬
dre.Flordeneu n'est peut-être que la neige des sommets
et Gentil le torrent qui s'en détache.
Comme

*

Ici, j'entrevois une question qui peut paraître
à propos d'une
Gentil est-il allé au ciel ?
inattendue

ou

fiction

:

vaine

le chevalier

répond le montagnard de Vich. Il est allé
la mort qui l'a surpris au ciœur de
l'enchantement, entre la coupe et les lèvres, a sulffi à
sa rédemption. Et encore, comme le héros de Caldéron,
le chevalier s'est demandé s'il n'était pas victime d'une
illusion. Parmi tant de charmes, il a désiré le plus pur,
celui de voir la figure du Créateur.
Oui,

au

nous

ciel parce que

«
Si je te possède, d'où vient ma nostalgie? Si tu me
souris, d'où viennent mes pleurs ? Le cœur de l'homme
est une mer. Tout l'univers ne l'emplirait pas. Ah ! ma
Griselda : laisse-moi pleurer. »
.

J'ai défini le

Canigô

comme un

conte de fées qui se-

�LO

déroule

GAI

SABER

301

marge d'un poème épique, et déjà cette
paraît imparfaite. Aux yeux de Verdaguer,
les fées, les légendes, l'histoire, tout n'est qu'illusion,
bien qu'il aime cette illusion, et une seule réalité
compte : la Croix. Son œuvre se termine par une scène
de liturgie. Les belles fées se lamentent et doivent se
disperser, parce que les saints et les religieux de la
contrée portent la croix au sommet de la montagne.

forme

en

me

Joseph-Sébastien PONS.

�L0

302

GAI

SABER

"CANiGQ"
poema

En

eixa

esseneialment popular

cinquanta que el"
Verdaguer, donava a
és grat rendir
dels esbartaires vigatans de la

anyada, quan ja en fa

nostre gran poeta Mossèn Cinto
llum el seu immortal poema Canigó, ens

capdevanter
el més reverent dels homenatges, que
constituirà, ja per ell sol, com una nota lluminosa, en
les jornades doloroses, per les quais travessa la nostra
patria, que éll cantà a manta en la seva Atlàntida.
al mestre i

Font del desmai,

El poema

Canigó de Mossèn Cinto Verdaguer

és es¬

primer :
dins la
musa popular, en aspectes diverses; segon : tôt el que
ha sortit d'eixa musa popular, plau al poble i a ell

seneialment popular, i ho és baix dos caires;
l'obra és construida, amb elements escollits,

torna.

de recerca pel Pirineu, emprà el poeta
a llum la seva obra; cinc anys durant
els quais, no es cansà mai de collir arran de cami, les
flors que més li esquien, i arran de llavi d'aquells montanyencs, tantes i tantes llegendes i tradicions com fan
la constel-lació, que fulgura en la seva obra, amb una
bcllesa de lèxic i una armonia poètica, llum i color, vida
i perfum, copsat pels corriols on les gerderes li oferien
les maduixes fresques, per les boscuries de fagedes i
abetars, entre alirets i corrandes, i per les cimes, vora
els llacs blaus i solitaris i les cavernes ignorades, on
les fades apareixien davant sos ulls de poeta, amb tota
sa bellesa exubérant, franquejant-li el
pas dels seus
palaus encantats, on elles festejaven a Gentil, entre el
deliri de sos cossos blancs com glops de llet, vestits de
raigs de lluna i mirades d'esteis.
Cinc anys

avans

de donar

�LO

GAI

SABER

303

I el fruit de les

seves excursions, fou l'obra admirable
Cada goja de les encontrades pi^renaiques, li decobri la seva vida llegendària; cada paçtor li
oferia el seu gerricô de llet, i amb ell, tota la bellesa folklòrica d'aquelles valls i serralades.

del

seu

poema.

Desde el Cap de Creus fins a les valls de Roncesvalles, el poeta peregrinarà, com un dévot, a la recprca
de tota manifestació

popular, per després, donar-^os,
vull parlar de la trama capdal d'eix poema historico-folklòric, els joiells dels cants de les goges; les
escenes magnifiques de Gentil armat cavalier, entre la
joia dels fallaires, i la de Guifre bastint la capella de la
seva expiació, cavant cada jorn un troç més de la seva
fossa; Exalada, el pas d'Anibal i la Maladeta, cants
ja

no

èpics a més de folklôrics; el plany en recordança
d'aquelles superbes abadies, de Marcévol, Serrabona i
Sant Marti de Canigó, aquesta darrera, avui de nou en
estât floreixent, mercés a l'obra admirable d'aquell
home que fou el bisbe Carselade.

�LO

3°4

GAI

SABER

El poema Canigó de mossèn Cinto Verdaguer, nat del
poble i enfilât en rosaris de perles i d'estels, pel geni
creador de l'artista, no podria deixar de plaure al poble
d'on venia. I aqui escau de dir, que tal vegada pocs
poetes de la humanitat, hauran assolit una popularitat
tan fonda i tan intensa, com el poeta vigatà. Maragall
deia, que, per tots els camins, Verdaguer sabia arribar
al poble, perque de la seva ànima i del que en ella hi
ha de més pur venia.

quantes llars pageses, he tingut la joia de trobar
de tal faisó és entrât en
l'anima popular que ella avui s'ha fet seves, estrofes,,
com tallades per l'anònim. Aqui radica la vertadera, la
única, la màxima glòria a que pugui aspirar un poeta !
O, quan un llavi de donzella en l'inconsciència dels seus
quefers, desgrana aquella corranda, o quan el vellard,.
assegut en el banc escó, la mà balba estesa vers la llar,
deixa ilorir trémolos, les mélodies d'una cançó ! Qué hi
fa que el nom del poeta s'hagi oblidat ? La seva obra
s'ha fet eterna, perque s'ha encarnat en l'ànima popu¬
lar, dins l'oblit de l'anònin. Gloria a ell !
En

les obres de Mossèn Cinto !

Quantes suggerencies ens ofereix aquest tema, que
pogut explanar en altres circunstàncies,
en les quais el material de documentació hauria suplert
la nostra memòria defectuosa ! Hauriem volgut oferir
als nostres lectors, diverses anècdotes, algunes inédites,
que posseïem del gran poeta en les seves excursions
pirenàiques. Hauriem volgut penetrar més fondament,
en la tasca insinuada en eix esboç, per l'egoisme — ho
confessem
d'un més llarg plaer en reviure records i
contarelles, escoltades de llavis de companys de Mossèn
Cinto i de guies, casi infants llavors, avui ja vells, que

voldriem haver

—

li mostraren els camins lluminosos de la Maladeta
cil s'extasià tantes vegades.

JOSEP M. VILARMAU.
Juny del 1937.

on

�LO

SLa

GAI

SABER

Llengua i les tradicions

en

305

el " Canigô "

El

Canigô de Mossèn Verdaguer és l'obra mestra de la
culminant de
la Renaixença catalana, que no ha estât superat ni per
inspiraciô ni per l'ús d'un català clàssic, pur i élégant.
literatura catalana moderna. Es el poema

El Canigô és el gran poema dels Pirineus que entreteixeix bellament la história i la llegenda en magnifica

.garlanda de poesia

pura,

de la més alta inspiraciô.

Els éléments que contribueixen a la elaboraciô poètica del Canigô son, en primer Hoc, les imatges. La imatper Verdaguer és rica i variada : és
de les abelles laborioses, l'espill dels estanyols,

geria utilitzada

el

el
guspirejar dels estels, el refilar dels rossinyols, el parrupar dels tudons, tota la bellesa continguda en el gran
llibre de la naturalesa llegit per un montanyenc, que
n'ha sabut copçar tôt el seu encant.
ruse

Però allô que més contribueix a

embellir el gran
pirenenc és el llenguatge popular, mamat a
Folgaroles d'una mare pagesa i intelligent que breçava
el geni de la poesia catalana dintre un gran verger de
ilors que sostenen Montseny, Cabrera i Puigmal.
poema

llenguatge català, redreçat per poetes pédants i
analfabets, és gris, amorfe, sense vida. En canvi
el del poeta que s'alimenta de la llengua popular i de
la sava de la tradiciô, quina inspiraciô no irradia !
En escriure una nota sobre el Canigô, en l'avinentesa
del cinquantenari de la seva publicació, crec oportú
insistir sobre la llengua d'aquest poema i sobre algunes
de les tradicions populares meravellosament poetitEl

mestres

zades.

elevar a ia categoria de llengua
parlar de la Plana de Vie. Eli va incorporar
literari un trésor lèxic extraordinari, que sola-

Mossèn Verdaguer va
literària el
-al català

�LO

3O6

GAI

SABER

ignorant i suicida ha pogut ignopot trobar una publicaciô catalana

ment el barcelonisme
rar.

Dificilment

que,

cinquanta

es

presenti un català tan clàsCanigó. Mossèn Vêrdadonar valor literari-al lèxic abundós i matitzat
anys enrera

sic, tan élégant, tan pur coin et
guer va
de la Plana de Vie.

Repassem alguns mots i frases d'aquesta contrada,.
incorporats pel Canigô a la llengua literària :
cilbe

(arbre).
aligó,

corbelles

adossarse.
alimara (foguera).
almorratxa.
alzinar.
ametlló.

corn de taula.
còrrec.
esbadellar-se.
esbadia (s').

aplech.

esblaimat.
escamarlada.
escarides serres.

arrombollar.
amorrarse.

esbarren

arbossos.
arruixar els balladors.

esllenega.

aubaga.

espona.

badies (très).

esplet.
estanyols.

barbiços.
barririades.
becada (peixer

(falçons).

cornamusa.

(s').

esparpella.

estanys.

la).

bedolls.
blahuet,
boix florit.
boll.
borinor.
cabridet anyivol.

cabuçar (dels morts).
calitjosa.
calma.

camisol.

capçal.
capçana.
carrier.

de la serra,
cingle.
cirera d'arboç.

cayre

estellicons.
eureres.
euro.

falla.
fargayres.
farigola.
febrosenc.
fesomia.

flonjos coixins.
francoli.
gambada.
garrics.
garrotxes.
gerda xicoira.
gerdera,
gerts.

còdols.

ginjol.
glateixen.

condolguda.
congesta.

gorcs.
grenys.

copçar-los (vaig a).

isart.

�IiO

herbei.

GAI

S'ABÈR

,

3°7

rengleres.

jorns de glaça,

renillen.

lladerns.

reraçaga.

llambregar (la lluna).
llamps (va percudint).
llenyataires.
llenç d'or.

resclosa.
rinxos de

llisona.

roselles.
rossola.
ros'toll.

llop udola (lo).
macs rodoladiços.
maduixes.

cabells

es-

bulla.

romaní,

margaridoya.

roure aglaner.
rufagades.
rufagosa pedregada.

masovers,

saiic.

maurar.

sauló.
soleis.
solana.

magrana.

meners.

messana.

soterriana.

papallons.
parrupar

dels tudons.

passarells.
pastorim.
pedraires.
pedreny.

pensívol.

petxìna.
piteja lo pinsà.
pleta.
podadora.
polsos (com un clavell
als).

poltro.
portxes.
pradell.
rabaçuts gegants.
ramellet.

iaçó

en

taçó (de).

teix.
tell.

teranyina.
timbera.
tirandes.
tôrtora.
trèmol.

trinquet.
tudons.
ull

virginal
pella.

ulls

que

blavencs

i

cella

rossa,

ulls

d'aranyô.

verts pletius.
vimets.

reboll.

violes de bosc.
violeta del bosc.

recança.

xaveca.

regalècia.
rellisque.

xisclet.

rapinyell.

s'espar-

El que dóna al poema Canigô un caire més suggestin
és l'element de les tradicions populars incorporât arreu

del poema.
La

glossa de la cançó dels fallaires de la nit de sant

Jôan, recollida per M. Aguiló a la vall de Bohi, vivent
també, juntament ainb el bail de la Clavellineta, a la

�LO

3°8

GAI

SABER

vall d'Aneu, és d'una bellesa incomparable :
Anirem
al

roser

ne

als

collir roses
de son Joan,

a

farem una enramada
fallaires d'aquest any.

Del bosch de
que
ses

La
una

Canigó son els fallayres
dançan, fent coetejar pels ayres
trenta enceses faites com trenta serps de foc.

Ilegenda del bon Déu que demana acolliment a.
pleta de pastors de la Maladeta que

ni llet, ni pa,
per

ni ayyua, ni acolliment li daren,
treurel de la pleta los goços li aquissaren,
goços lladradors,

és meravellosament cantada per càstic del refus :

les ovelles, penyals los blancs anyells,
anyivol, lo boch, lo goç d'atura,
llurs pastors, que encara ne tenen la figura,
penyals eran com ells.

Penyals

son

lo cabridet
y

Es una tradició generahtzada de que l'ombra de lafignera o de la noguera és perjudicial. La gent, espavordida, fuig igualment d'aquest espectacle macabre deramada i pastors convertits en pedregam :
com

Ili ha

flcxa

L'aucell fuig d'aquell ayre,
les migdiades d'estiu fuig
de l'ombra del noguer.

en

lo dallayre

exemple curìós de tradiciô popular que repredisposició de Verdaguer pels sortileal fi del cant quint, Tallaferro jau ferit a

un

una

gis

quan
terra i

certa

Un vell

fallayre senya son dors ferit;
damunt la ferida passa sos dits,
com si tragués a fora lo mal de dins,
y fent très creus exclama : tall fet lall vist,
tan aviat guareixte, com t'ho die,
guareixte en nom del Pare, Fill y Esperit.

per

En un poema que du el nom del Canigó no podiamancar-hi la- cançó popular immortal d'aquesta gran

montanya

: un

chor de gojes, fent la sardana, canta ::

�LO

GAI

SABER

Montanyes regalades
son les del Canigô,
elles lot l'any fioreixen
primavera y tardor.
Hi ha

un proverbi català que ha mantingut el signitipic del mot aiguia — riu: Verdaguer el coneix i
l'adapta perfectament quan el posa a la boca de la goja

ficat

de Mirmanda

:

Quan Barcelona era un prat
ja Mirmanda era ciulat.
La aixecaren fent ensalmps
amb reblums de quatre palms,
amb palets de quatre canes,
entre'l secà y
la vila de

l'aygua-moll,
Ripoll,
entremig de dues aygues.
En la regió del Pallars hi ha un proverbi que singularitza el caràcter dels dos rius que neixen al pla de Beret.
Verdaguer l'ha recollit i el fa jugar admirablement
en Noguera i Garona quan, en el desencantament, fa dir
a la fada de Fontargent :
com

Garona per

Aràn

tôt rondinant,

Noguera per Alôs
tôt joguinós.

coneix les tradicions rosselglossa la cançó popular :

També per altra banda,

loneses;

ens

ho diu

quan

Ay, adeu pont de Ceret,
estàs fet tôt d'una arcada;
de la mar a Canigô
no te veus que una vegada.

Verdaguer sabia la virtut remeiera de les flors. Ens
parla del boix florit, gavet o boix de Núria, de la corona
de rei, que és la reina dels Pirineus; sab també el que
és la clavellinera, ornament de les nostres masies; co¬
neix el perfum de les flors i de les plantes quan en el
desencatament escriu

:

espàs èlla s'inclina,
alfàbrega a son test
quan algun peu la trepitja.

[

Al

1

com

|

,

�LO GAI

3IO

SABER

Encara voldriem fer ressaltar el sentit profondament
cristià i sariament patriòtic de Verdaguer, traspuat en
tôt el poema :
poema :

la Creu del Canigó és el coronament del
el chor de monjos canta :

Ja som al cap d' amant de la montanya,
balcô del Pirineu;
se veuen desde açi Fransa i
Espanya,

junyides amb la Creu.
En descriure la

grandiositat de la Maladeta

ens

saber que :
Los estrangers que

i

oviren de lluny eixa montanya,
aquell gegant, — exclaman — és un gegant d'Espanya,
d'Espanya y català.
Que veuen desde Ibèria, que oviren desde Fransa,
lligant va cada dia mes fort eixos dos pobles :
los que vehins son ara demà seràn germans;
y com una cortina, fent corre'eixa montanya,
la gloriosa Fransa, la heroica y pia Espanya,
se donaran les mans.
A.

GRIERA.

fa

�LO

GAI

SABER

El Geni del

A N' Emili

Canigà

Ripert.
...in tempore

iracundiae

factus est reconciliatio.

Eccls.,

Ver daguer !

xliv, 17

Verdaguer !— Jo que '11 diria

que no fos un a mena de cridar?
O Canigó! li ets monument i altar.
O

Catalunya ! t'hi defensa, pia,
son

ombra tutelar?

! Verdaguer !— On és Veufòria
neguit:
Cantàvem l'Alba i ha caigut la Nit...
Ell, però, resta al cim. Llum de sa glòria;
Ver daguer

de la Reviscolada? Greu

retorne dis el délit !

Catalunya triomfa en son Poeta;
ell li assegura el sobre-imperi august
de VUnivers Hispànic, en ajust

amb Colúmbia

en

flor. La Maladetta (1)

pot caure ; ell no. I és just;
(1) cf. Canigó, cant IV, La Maladetta. Insuperat iinsuperaCatalunya i tota la Ibèria hi reben els màxims elogis en la
personificació sublimissima de l'Angel d'Espanya i Català.
ble!

�312

car

el verb ès de l'anima

i la virtut de Vànima

no

l'efluvi,
mor.

No t'amortallis amb lesveles. Cor:

per véncer el Mar Roig i el gran
sa

lira

es

Diluvi

Arca d'or.

Invoquem-lo, germans, en aquest' hora
que la Pàtria ès Job en son femer.
Semblava mort i ja riu Vametller...-—
Recobrem el respir i pit i fora:
Es nostre en Verdaguer !
—

Hauria estât Vincaut

Gentil(2) figura
fatidica de nostre infaust destìì
(Las! en malhora el deure negligi,
cor
près de Flordeneu amb oradura.
L'abisme Vengoli... )
No pot ser, no pot ser
la Llengua arrabaçar

doble

epopeia (3) va

Encara

mes

mes

ruines,

! Podria Ibèria
qui amb mes amor
cenyirli ? Horror !

mes

misèria,

sacrïleg terrori

(2) El protagonista de l'epopeia, magna i màgica, de Verda¬
oriental i e Occidental s'hi donen el

guer, El Canigó ; el Geni
bes de pau en l'altura.

(3) L1Atlàntida i El Canigó..

�i.o

—

—

Prou!—

ens

gai

saber

313

crida el Poeta de VAltura.

Prou !— i pren

aires d'arrencar-se al cim

per sublimar amb citara sublim
Z'Anima nostra, en

guis a d'Hòstia pur a,

per sobre el llim i el crim.

Si el

temps és d'iracúndia i sevicia,

trenqui l'alba d'Orfeu i d'Amfiól
Sie 'ns tu reconciliaciô,
a Vombra oberta de la Creu propicia,
Geni del Canigó !

I el gran
veurem

de ta

Redreçament irrefrenable

florir, per gràcia i virtut

bondat, Poeta benvolgut

de tots— Triomf divil— quan,

l'Odi

arreu

implacable,

ha vençut...

Mossen Bartometj

Perpinya, 8. VT. 1938.

BARCELO,

català de Mallorca.

�LO

3i4

GA.I SABER

Canigó

Gest de sembraire amb la ma
arrestada

en son

plena de forment,.,

vol dins el somni celeste.

Ofrena d'una raça al sol,
d'ideals que no

al firmament
pot emportar la tempesta.

la falda, entre el caire dels munts,.
planes i les valls esperant sens espera
que baixi de l'at^ur, pels aires vagabunds,
la renaixença qui poc a poquet s opéra.
Entorn par en
les

Ed.

BRAZÈS.

�l.ò gai saber

315

Canigò

Al

L'ombra dels vells records

majorai M" Salvat.

s'allargava ensopida

Canigó avall, quan Verdaguer la despertà.
d'ala, el poema ha tornat llum i vida,
als segles ofegats, a la fe redimida
D'un cop

en

les

neus

d'un etern altâ.

El monestir reviu, com
on

la font encantada

Mossén Cinto recollî

i l'ànima de Monsenyor

l'inspiraciô :
de Carsalada

ampara a Sant-Marti la muntanya
i del poeta la visió.
I retrobats el còs i l'aima, a
no

mes

sagrada

l'alba altura

del sovenir li faltava la veu.

Ja ha tornat ! La Campana alça sa cançó pur a
i quan ompla la vall, algun Català plora...
i, la mirada enllà,... fa el signe de la Creu.
Carles GRANDO.
13.

VI. 1938.

�BOLEGADISA OCCITANA
Cronica

academica

Abèm rendut compte de nòstras fèstas de i'Escóla Occitana,
los 2 e 3 de mai. A-n-aquelas fèstas, VAcademla s'asOfièt de

-

biais, en particulier per la pre\encia del siu eminent Secretari Perpétuai. Lo Senhe Amiral d'Adhemar anèt tant-ben lo
8 de mai à Perpinhan per las fèstas de La Ginèstad'Aur, e, dins
la se\ilha del 13, 11e rendèt compte à sos confraires, en senliatôt

punt foguèt coralament actilhit en Rosilhon.
seflha del 20 de mai se tenguèt jos la prefidencia del
Senhe Francés Trèsserre, moderator, que foguèt iiros de remerciar VAcademla per la part qu'abia pre^a à la commemolant à qun
La

racion de

son

80anniversari.

Begouen entretenguèt, lo ç de junh, VAcademla de
la plaça commemorativa que debia èstre plasada subre Postal
del regretat Emili Cartailhac, manteneire. — Remembram
qu'Emili Cartailhac foguèt un dels fondators de Z'Escôla Oc¬
citana, e que, à la fin de la taulejada d'Avinhonet de içiq, que
prerjdèt en fasa del baron Desa\ars de Montgailhard, es el que
propau\èt lo primièr, dins un brinde occitan dels mai gosto\es,
la fondacion de l'Escòla —. LAcademla s'asocièt al omenatge
que li debia èstre fait e soscribèt una soma per Vereccion de
la plaça.
\
Lo 27 de mai, lo Senhe abat Salvat, qu'asabenta VAcademla,
à cada se\ilha, del moviment felibrenc e de sas revistas, faguèt
una
interesanta lectura subre la Contribucion de Tolo\a als
estudis occitans, contribucion mai importanta que sò que se
figuran los esperits pauc avertits.
Lo 3 de junh, VAcademla recebèt del Senhe majorai Ramond
Li\òp, capiscòl de Z'Escola deras Pirenèos, una invitacion oficiala à las fèstas de la Santa-Estèla à Fois. Deleguèt sulcbp àn-aquel efèt los majorais Ro\ès de Brousse e abat Salvat e lo
Senhe Norbert Casteret, que, malastro\ament, se vejèt empaLo comte

chat al darnièr moment.
Lo

10

de

junh, lo Senhe abat Salvat rendèt compte de Lous

Poèmes daoii Païsan, del Senhe abat Gardette, e faguèt acordar à-n-aqueste, en remèrciament, un jeton dfargent. Lo ma¬

jorai Ro\ès de Brousse senhalèt divèrses libres e manescrits
crompats per la Bibliotèca, e rendèt compte de las fèstas de la
Santa-Estèla de Fois.
En

tuai,

seguida d'una letra oficiala del Senhe Secretari Perpé¬
e aprèp las explicacions-del Senhe Praviel, censor, l'Aca-

�LO

GAI

SABER

317

demïa, per encoratjar Vensenhament e la propagation de la
lenga d'oc, decidèt, à l'unanimitat, d'acordar una subvention

importanta al Colètge d'Occitania, dont lo sièti sera transfé¬
subvention serà fixada per Vannada acaà la soma de 6000 francs, que serà instrita
al budget venent.
Citam, sens comentaris, lo texte oficial de la deliberacion,
e lo liuram à la
reflexion dels felibres imparcials.
rât à Tolo\a. Aquela
demica içq8-içqp

LO

L,a

SECRETARI.

Lenga d'Oc al Teatre

Los primièrs mezes de l'annada 1938 an provezit lo Teatre
Nòstre d'una bolegadisa pron consequenta. L'ibèrn a pas amauzat l'activitat dels grops d'amators ; dins l'Occitanìa, e dins
lo Lengadôc mai que mai, lo palmarès de las tropas s'es hèlament estirat.
Un mot d'abord per senhalar l'abondos remenadis dels Grelhous Vilofrancats, de L'Estèlo de Bessou, de La Tonrre de

qu'an donat dins lo primièr semèstre d'aquesta annada
respectivament 15, 12, 11 reprezentacions en ôc.

Sauvian

Notem

tant-ben la creacion d'ôbras novèlas, totas manes-

ailàs !: Lou vin dèi Padre (4 a.) de Francis Gag,
portada à la cèna per l'autor e sa còlha nisanenca; Prudòn de
la Luna (3 a.) de Léon Cordes e Norina (1 a.) d'Ernèst Vieu per
Lous Cigaloas Narbouncses; Las Sòrres enemigas (1 a.) de A.J. Boussac per La Campana d'Agot; La Soupo de mourres (la.)
d'Emili Barthe per La Tonrre de Sauvian; Lo Catèt de Pascal
(1 a.) d'Enric Mouly e Lo Contrat (1 a.) de Calelhon e Seguret
per L'Estèlo de Bessou.
critas encara,

LousGrelhous Vilofrancats, Vilafranca del Roèrgue, an jogat:
de janvièr Sant Andriu, 16 Laguepia, 23 Sant-Antòni ; 30 Riupeyros; 6 de febrièr Vilafranca, 13 Septfonds e Caylus, 22 Capdenac ; 6 de mars Viviez, 20 Sant-Andriu ; 3 d'abrilh Causada,
24, Montbazens e Aubin; 8 de mai Malevila, 22 Lanuejols — e
donat: La Posta (1 a.), Sirbento (1 a.) de Benazet; La Femna mùda (1 a.) d'A.-J. Boussac ; Las Gentilhos (ia.), Sagan d'amourouses (1 a.),
Lou darniè vespre de permisiu (1 a.) de Clardeluno ; Lo Bilhet de femna (1 a.) Paures Médecins (1 a.), la Nora
(2a.) de Miremont.
4

�3i8

lo gai saber

L'Estèlo de

Besson, Vilafranca del Roèrgue,

a jogat: 27 de
d'abrilh Laguepia, ti Lanuejols, 13 Figeac,.
19 Capdenac; 22 de mai Carcenac-Peyralès e Naucela, 26 Limonha; 6 de junh Fois, 10 Rocafòrt, 12 Còus, 19 Lunac— e
donat Molins d'un cop era (4 a.), Lo Contrat
(1 a.) de Calelhon
e
Seguret; La femna encabrada (1 a.) de S. Palay; Lo Caièt de
Rascal (1 a.) d'Enric Mouly.
La Tourre de Sauvian, Sauvian, a jogat: iler de janvièr Caus¬
ses e Veyran, 29 Serignan, 30 Sant-Chinian ; 12 de febrièr Valras, 19 Quaranta, 23 Corsan ; 12 de mars Laurens ; 9 d'abrilh
Sauvian, 23 Laurens; 14 de mai Bezièrs— e donat; Lou Perdou de la Terro (3 a.), Lous Vielhs (3 a.), Lous dous Gabaches
(1 a.), La soupo de montres (1 a.) de E. Barthe ;'F» velhant lou
mort (2 a.) de Clardeluno.
Lous Cigalous Narbouneses, Narbona, an jogat lo 23 d'abrilh
Nevian; 7 de mai La Redôrta, iiPeyriac del Menerbés, 29 Dur¬
ban ; 6 de junh Fois, 18 Siran, 24 Narbona — e donat Prudònde la Luna (3 a.), la L. C. P. (1 a.) de L. Cordes; Nino
(3 a.) d'E.
Barthe; Ne parlent pas mai (1 a.) de G. Vinas; Louiset (1 a.),
Norino (1 a.) de E. Vieu.
Lo Polin de Montblanc, Montblanc, a jogat lo 30 de janvièr
Montblanc; 25 de mai Meza— e donat La Filho de la Mar (3 a.)
de E. Barthe; la Novia (1 a.) de L. Cordes.
La Lauseta, Montpelhèr, a jogat lo 16 de janvièr Montpelhèrradiò, 23 Aspiran ; 13 de mars Montpelhèr-radiò; 20 Montpelhère donat Michel lou
repoutegaire (3 a.) de Monlobois; Nadaude Balta\ar (past.), L'ase de l'ouncle (ta.) de Dezeuze; Carnavar en Eitiu de R. Farnier
; La cour couculairio (1 a.) de R.
mars

kiupeyros,

3

Tulet.

La Caïupana d'Agot, St Somplezi, a jogat lo 19 de febrièr
Albi ; 3 d'abrilh Mazamet — e donat: L'Esprit tustaire (2 a.) de
P. Albarel ; L'Orne blanc (4 a.) de Sarran ; Las Sortes

(1 a.) d'A.-J. Boussac.

enemigas

En despart d'aquelas reprezentacions donadas per de tropas
ja organi\adas, nos fa gauch de senhalar: Lo grop artisticde
Salas d'Aude que dona dins sô seu, lo 26 de febrièr La Tisano
de gabèl (1 a.) e L'afaire Becadèl
(1 a.) de Mac-Biès.
Lo grop de Serînhan que jòga Jordino cerco uno bono (1 a.) e
Lou pèis d'abrial (1 a.) lo 2
de junh à Serinhan.
Los lardinièrs de Lescura que

prezéntan La Bugada (1 a.) de
Jouveau lo 28 de mai à Lescura.
La Cigalo de Loudevo que pòrta Lous très menturs (1 a.) de P.

M.

�LO

GAI

SABER

319

■Gely e Fani (1 a.) d'S. Barthe lo 26 de febrièr à Clarmont-d'Eraut.

L'amicale

laïque de Rojan que jôga Lou Perdou de la Terro
20 e 28 de mai à Rojan e lo it de junh à

{3 a.) d'E. Barthe los
Graisasac.

Se jôga encara Bibo lou Bi, (1 a.) de P. Albarel à Rius del
Menerbés, Plego-Sardos (1 a.) de Cayrou à Bezièrs ; Cougomel
e Trabuco d'E. Barthe à
Espondelhan, Pincardeto e Cantoclar
del meteis à Abelftan, Lous Salibataris encara del meteis à Ouvelhan...

Ajustem enfin que la Tropa de Gans a donat à Bazàs, lo 22
d'abrilh, Lou Crit de la Race (2 a.) del abat Costedoat.
Ernest

V1EU.

La Fésta de! Blat Novèl se faguèt à Montjard en
Lauragués, amb una bêla reiisida, jos la prezidensa d'A.-J.
Boussac, vice-sendic de la Mantenencia de Lengadôc.
Jôcs equèstres, recepcion à la Comuna, mesa ambe predicacion del abat Lois Mavit, cortège del Blat, taulejada, cort d'amor, tôt foguèt subrebèl. Nôstre capiscôl Prosper Estieu poguèt
complimentar lo cònse Delga e sa dôna. L'Escòla Àudenca èra

reprezentada

per

dôna Rouanet.

Complimentant nôstre jos-capiscôl lo majorai J.-Rozès de
Brousse, que ven de receure la Crotz d'Onor. Sabèm los meritis eminents de nôstre amie, trobaire, artista, cronicaire, regionalista

afogat,

e

...

bon côr.

e amies lo profesor Joan Amade,
majorai, lo poèta P.-Lois Grenier, qu'an recebut tant-ben la
Crotz, e lo trobaire Touny-Leris, nommât oficièr de la Légion

Felicitam nôstres escolans

d'Onor.
Nôstra escolana e
son

libre

amiga dôna Margarida Dufaur ven de veze
son village &gt; coronat per l'Academia

Germaine et

(prètz Maillé-Latour Landry).
compliments.

Franceza
tres

«
—

--

Li mandam nôs¬

ABÈM LEQIT:
Sud-Magasine (avril 1937, mai 1937): VHumanisme et la culoccitane, Prosper Estieu, perP.-J. Roudin, que nos dona,
sus la vida e sus l'ôbra felibrenca de
nôstre capiscôl, l'estudi
mai complèt qu'encarase siague escrit. Liempruntam per nôs¬
tres escolans las linhas que seguison:

dure

�LO

32°

«

GAI

SABER

Grand fondateur d'écoles félibréennes et chantre

passionnélauraguaise, et de la Croisade, Prosper Estieu est.
disciple génial du politique Xavier de Ricard et de l'Al¬
bigeois Fourès...
de la terre

bien le

«
En 1896,
tôt retentira

il fonde la revue de combat Montségur où bien¬
l'appel d'Antonin Perbosc en faveur d'une graphievraiment nationale et logique, traditionnelle et
moderne, ins¬
trument adéquat de notre culture
régénérée...
«
La fondation de YEscòla Occitana et la
publication du Gai
Saber nous apparaissent comme l'épanouissement du
long tra¬
vail d'élaboration patriotique et d'influence
personnelle qui a.
placé Prosper Estieu à la tête des nouvelles générations lan¬
guedociennes...
«
L'Escòla Occitana, c'est le mariage fécond du Félibrige
languedocien et de l'Académie des Jeux Floraux; c'est le triom¬
phe dans une institution conforme à la lettre et à l'esprit félibréen, de l'évolution de l'idée de Renaissance, l'affirmation dans
la souple armature fèdérative imaginée par Mistral, d'un
prin¬
cipe et d'une action d'unité nationale qui, mal comprise des par¬
ticularismes conservateurs, n'en aura
pas moins l'adhésion de
plus en plus large de tous les éléments dynamiques des Pays

d'Oc...
«

L'Escàla Occitana, c'est la substitution, dans

de la propagande félibréenne, d'un idéal
à la conception purement populaire, qui

l'organisation

de culture supérieure

avait,

en

jusque-là...

fait, prévalu

Il n'est pas d'institution félibréenne (à propos des Grilhs
Lauraguès) qui, en si peu d'années, ait eu une influence aussi
grande, aussi décisive sur l'avenir du Félibrige occitan en Lan¬
guedoc. Imbue des principes de YEscàla Occitana, elle les a
fait pénétrer et fructifier
rapidement sur un immense territoire
où commémorations, escôlas, fêtes, initiatives de tout
genre
n'ont cessé de fleurir depuis. On ne peut passer
sous silence
les principales de ces manifestations, car elles
appartiennent
aussi à l'activité et au rayonnement
personnel de son capiscol...
« Ainsi l'œuvre
culturelle dont Prosper Estieu a établi les
principes est entrée, sous son impulsion et son égide, dans la.
voie des réalisations pratiques...»
«

del

CRI-CRI.

Impr. Lauraguaise

-

Castelnaudary.

Le Gérant

:

A. PRAVIEL.

�BURÈU DE L'ESCOLA OCCITANA

Prosper

Estied, capiscôl; Antonin Perbosc, J.-Rozès de
Brousse, Jaques-Emili Abelous, jos-capiscòls; Armand Praviel,
clavaire; JozèpSalvat, secretari; Joan Séguy, secretari-adjunt.
Filadèlfa
de

de

Montaugé,

de

Gerda, Francés Tresserre, Lois Tréron

Juli Cubaynes, Joan Ladoux,

amiral

d'Adhémar

Cransac. conseillers.
Paul

Sibra, jos-capiscòl dels Grilhs del Lauragués ; Jordi
Bousquet, capiscôl de 1 'Sscòla Rochegude ; Fernand Albert
capiscôl de la Campana d'Agot; Joan Girou, capiscôl de l'5s■còla Audenca; Teofile Ferrie, capiscôl de YEscòla d'Autpol;
Elia Lagarde, capiscôl de YEscòla Dom Vaissete, Calelhon,
•capiscôl del Calelli del Roèrgue, conseillers.

Vous, qui voulez apprendre la langue catalane
illustrée par
1.

Verdaguer,

Inscrivez-vous

aux

cours

de catalan par cor¬

respondance du Colètge d'Occîtania (Delestaing, rue
Barbés, Castelnaudary, C. C. Toulouse 253.68). 20
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oficial de la Joventut catalanista de Rossellô, Val-

lespir, Cerdanya, Confient i Capcir: (Alfons Mias,
Sol, Palalda, Pyr9S-Orles, C.C. Montpel¬
lier, 215.30): 6 frs. par an.

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Prosper ESTIEU.
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Terradou,

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Flors d'Occitania, sonets

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franceza, (1 vol. in-8°, 280 p.)
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La Canso
Occitana, poèmes en lenga d'Òc,"ambe
traduccion îxanceza, (1 vol. in-8°, 264 p.) fr.
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Lo Romancero Occitan, poèmes en lenga
traduccion franceza, (1 vol. in-8*, 344 p.)

d'Oc, ambe
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Lo Flahut Occitan, 43 chansons avec musique, texte
occitan et traduct. franç. pouvant se chanter dans lesdeux langues, (1 vol. in-8°, 104 p.)
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16. »
Las Bucolicas de Vergili en ritmès occitans ( 1 volin-8, 68 p.)
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10. »
.

.

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Lo Fablihr

Occitan, ambe lexic

(1 vol. in-8, 1*70 p.)

occitan-francés
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Las Oras Cantairas, sonets occitans ambe traduccion
franceza, (1 vol. in-8 carrat xvi-276 p.) . fr.
20. »

Teatre populari del

Colètge d'Occitania

Lo Mètge de Cucunlian, adaptacion d'un conte de
Romanilha, per Joan de la Roca (in-8, 30 p.). 11

ilustracions de Paul Sibra
«

6 fr.

La Farsa del Ruseadièr, adaptacion modèrna de
La Farce du Cuvier», per Cecilia Ctjxac (in-8, 16

p.)

ilustracions de Robert de Montcabrièr
4 fr.
Trapèla de Sant lozèp, adaptacion d'un conte
del abat Bessou, per La Fielaira (in-8, 8 p.).
2 fr.
La Femna muda, comedia en un acte en pròza
per A.-J. Boussac (in-8, 16 p.)
4 fr.
La Cbeminièra que fuma, comedia en un acte en
pròza, per Adriana Sirgue (in-8, 8 p.).
,
2 fr.
3

.

La

impr.

d'editions oocitaneb

-

castelnaudary

•

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          <name>Relation</name>
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              <text>Vignette : https://occitanica.eu/files/original/0dfcaaf6796009e551b7fca924ed04a8.JPG</text>
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          <name>Is Part Of</name>
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              <text>Lo Gai Saber (&lt;a href="http://occitanica.eu/omeka/items/show/13154"&gt;Acc&amp;egrave;s &amp;agrave; l'ensemble des num&amp;eacute;ros de la revue&lt;/a&gt;)</text>
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              <text>1 fasc. (pp. 274-320) ; 22 cm</text>
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              <text>19..</text>
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          <name>Identifier</name>
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          <name>Description</name>
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              <text>&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;em&gt;Lo Gai Saber&lt;/em&gt; est une revue litt&amp;eacute;raire occitane publi&amp;eacute;e depuis 1919. La rubrique &lt;em&gt;L'&amp;Ograve;rt dels trobaires&lt;/em&gt; est consacr&amp;eacute;e &amp;agrave; la po&amp;eacute;sie, la rubrique &lt;em&gt;Bolegadisa occitana&lt;/em&gt; donne des informations sur l'actualit&amp;eacute; de l'action occitane. La revue fait aussi &amp;eacute;cho des publications du domaine occitan et des r&amp;eacute;sultats du concours annuel de po&amp;eacute;sie occitane de l'Acad&amp;eacute;mie des Jeux floraux.&amp;nbsp;&lt;/div&gt;</text>
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              <text>&lt;div style="text-align: justify;"&gt;Lo&amp;nbsp;&lt;em&gt;Gai Saber&lt;/em&gt;&amp;nbsp;es una revista liter&amp;agrave;ria occitana publicada dempu&amp;egrave;i 1919. La rubrica&amp;nbsp;&lt;em&gt;L'&amp;Ograve;rt dels trobaires&lt;/em&gt;&amp;nbsp;es consacrada a la poesia, la rubrica&amp;nbsp;&lt;em&gt;Bolegadisa occitana&lt;/em&gt;&amp;nbsp;balha d'informacions sus l'actualitat de l'accion occitana. La revista se fa tanben lo resson de las publicacions del domeni occitan e dels resultats del concors annadi&amp;egrave;r de poesia occitana de l'Acad&amp;egrave;mia dels J&amp;ograve;cs florals.&lt;/div&gt;</text>
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          <description>An entity responsible for making contributions to the resource</description>
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              <text>Salvat, Joseph (1889-1972)</text>
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              <text>Amade, Jean (1878-1949)</text>
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              <text>Verdaguer, Jacint (1845-1902)</text>
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              <text>Pons, Josep Sebastià (1886-1962)</text>
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              <text>Vilarmau i Cabanes‎, Josep Maria‎ (1900-1947)</text>
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              <text>Griera y Gaja, Antonio (1887-1974)</text>
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              <text>Barcelo, Bartomeu</text>
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              <text>Grandó, Carles (1889-1975)</text>
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      <description>Jeu de métadonnées internes a Occitanica</description>
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              <text>Mediatèca</text>
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              <text>Bibliotèca</text>
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          <description>La catégorie dans la typologie Occitanica</description>
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          <name>Contributeur</name>
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              <text>Bibliothèque de Toulouse</text>
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      <name>Escòla occitana</name>
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      <name>grafias de l'occitan = graphies de l'occitan</name>
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      <name>Poesia occitana = poésie occitane</name>
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