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                  <text>19a Annada

N° 169

Novembre 1938

Lo

Gai
Saber

Revisia de VESCOLA OCCITANA

Dis Aup i

Pirenèu
F.

■

...

Mistral,

gît \

;'T0UL0«SE/

*)

TOLOZA
1-4,

Carrièra

dels

A. i-t«,

1-4

Lo Numéro: 2 fr»

�SABER

L.O GAI

Revista de l'ES COLA OCCITANA
ADMINISTRACION
1-4, Carrièra dels

:

Ubrafia Privât,

Afts, TOLOZA
Fransa

Abonaments

:

:

un

=
an

C&lt; C. Toloza 1673
.

Estrange : un an

.

.

.

.

20 fr.

30 fr.

ENSENHADOR
del N- 169

(Novembre 1938)
prix Fabien-Artigue {10.000
espèces) réservé aux félibres.

La DIRECTION:

Le grand
francs en

Raymond LIZOP:

Deux lettres inédites de Mistral et de
Félix Gras à propos de la fondation
de la première Escolo Audenco.

P.-Ioan ROLDIN:

Traduccions

Lo LEGEIRE:

l'Ajuda de Catalonha.
Reson gapjos.

e

Ùmanisme. L'Exemple e

Prosper ESTIEU :

Lo Morholt d'Irlanda.

CALELHON:

Oda à Omar

ïoan NARACH:

Dia dos de Novembre.

CRI-CRI

Bolegadisa Occitana:
Escôla d'Autpol (M. Bascoul).

S
.

:

•

Ivhayyam.

nplemerit, pels escolans elos amies del Coletge d'Occitanïa,
La Rampelada, (N° 49, nov.-dec. 1938).

BURÈU

DE L'ESCOLA OCCITANA

J.-Rozès de
jos-capiscòls; Armand Praviel,
clavaire; JozèpSalvat, secretari; Joax Séguy, secretari-adjunt.
Prosper

Estieu, capiscòl ; Antoxin Perbosc,

Brousse, Jaques-Emili Abelovs,
Filadèlfa
de

de

Moxtaugé,

de Gerda, Francés
Tresserre, Lois Théron
Juli CubaYnes, Joax Ladoux, amiral d'Adhémar

Cransac. conselhèrs.

Paul Sibra, jos-capiscôl dels Grilhs del Lauragués; Jordi
Bousquet, capiscôl de l'Escôla Rockegude ; Fernand Albert,

capiscòl de la Campana d'Agot; Joan Girou, capiscôl de !.'Es¬
côla Audenca; Teofile Ferrie, capiscôl de l'Escôla d'Autpol;
Elia Lagarde, capiscôl de l'Escôla Dont Vaissete, Calelhon,
capiscôl del Calelli del Roèrgue, conseillers.

�Lo Gai

Le

Saber, n° 168.

novembre

1938.

grand prix Fafoien-Artigue
( 10.000 francs
réservé

en

aux

espèces)

félîtores

Pour la troisième
Floraux décernera le

fois, en 1939, l'Académie des Jeux
grand prix Fabien-Artigue à un ou¬
vrage occitan. Les deux premiers lauréats de cette ré¬
compense magnifique ont été, on s'en souvient, M.M.
Albert Pestour et Paul-Louis Grenier, dont le succès a
été chaleureusement accueilli.

espérons que, l'an prochain, les concurrents
nombreux, et que, parmi eux, on pourra mettre
au premier rang, comme précédemment, un écrivain de
grande valeur.
Nous

seront

Voici les conditions essentielles de
Pourront y

ce concours:

prendre part les volumes de tous dialectes

imprimés dans les années 1935, 36, 37, et 38. Ils devront
être adressés à l'Académie, en cinq exemplaires, avant
le 31 décembre 1938.
A quel genre
t—il attribué ?

d'ouvrages le prix Fabien-Artigue sera-

En principe, à des ouvrages de poésie lyrique, épique,
didactique, etc., les genres dramatique et satiri¬
que demeurant formellement exclus, ainsi que les
adaptations ou traductions.
Toutefois, si aucun ouvrage en vers ne semblait mé¬
riter le prix, l'Académie se réserve de couronner un vo¬
lume de prose occitane, ou môme à son défaut un livre
écrit en français, mais consacré à la langue d'Oc, tel
qu'une étude philologique, linguistique, historique, un
dictionnaire, une grammaire, etc...

�LO

346

Le

GAI

SABER

jury, chargé de choisir le lauréat et de le proposer

à l'Académie, est constitué par le bureau de VEscòla
Occitana et un certain nombre de Mainteneurs et Maî¬
tres. 11 comprend :
M. J.-Rozès de
dent.

Brousse, majorai du Félibrige, prési¬

Mme Philadelphe de Gerde, maître ès Jeux Floraux;
MM. Joseph de Pesquidoux, de l'Académie Française, le

général de Castelnau, Joseph Calmette, membres de l'Ins¬
titut ; François Tresserre, Armand Praviel, Louis Théron
de Montaugé, J.-E. Abelous, abbé Joseph Salvat, mainteneurs des Jeux Floraux; Prosper Estieu, Antonin Perbosc, Emile Ripert, Joseph-Sébastien Pons, abbé Jules
Cubaynes, Albert Pestour, maîtres ès Jeux.
Cinq majoraux, trois membres de l'Institut de France...
en voilà plus qu'il n'en faut pour donner confiance aux
écrivains occitans, et fournir les éléments d'un beau tour¬
noi.
LA DIRECTION.

�LO

Deux lettres

GAI

SABER

inédites de

347

Mistral et de

Félix Gras à propos de la fondation
de la première Escolo Audenco.

En explorant la riche bibliothèque de l'Institut
d'Etudes Méridionales à la Faculté des Lettres de
Toulouse (section des langues romanes) ('), j'ai
trouvé insérées dans deux volumes, l'un de la
Reino Jano de Mistral, l'autre du Romancero prouvençau

de Félix Gras, ayant appartenu à Gaston

Jourdanne et dédicacés, deux lettres adressées par
leurs auteurs au savant et vaillant félibre audois.
Elles intéressent hautement l'histoire des origines
de la première Escolo Audenco.
La lettre de Mistral était placée
miers feuillets d'un exemplaire de

entre les pre¬
la Reino Jano

portant cette dédicace du Maître au
cassonnais qui fut
en Terre d'Aude.

majorai

car-

le grand animateur du Félibrige

E zòu Gastoun Jourdano
Zòu per la reino Jano !

Frédéric Mistral.
1890.
Cette lettre est dátée du 28 octobre 1890. Mistral
s'étonne en termes assez véhéments de l'apathie
et des

incompréhensions

que

rencontrait l'idée de

(1) Le fond principal de cette bibliothèque romane est
formé de livres ayant appartenu à notre si regretté capiscol
de l'Escola Occitana, le professeur et majorai Joseph Anglade, héritier lui-même de la bibliothèque de son maître,
le

grand romaniste Chabaneau, et aussi d'ouvrages prove¬
bibliothèque de Gaston Jourdanne.

nant de la

�34§

la

LO

création

d'une

SABER

GAI

nouvelle

école

félibréenne

en

audois, lancée par Gaston Jourdanne. Ces
difficultés, qui font dire généralement aux pessi¬
mistes et aux éternels semeurs de découragement :
« Il
n'y a plus rien à faire chez nous ! » tous ceux
qui ont voulu ou qui veulent créer dans leur terroir
un nouveau foyer d'action félibréenne les connais¬
sent, certes ! Mais elles ne font qu'exalter l'ardeur
de ceux qui ont « l'amo nauto, li valen, li majourau ! » et le succès remporté contre vents et marées
vient récompenser leur foi ! Après son premier
sursaut d'étonnement quelque peu indigné, Mistral
prédit malgré tout que la terre des ardents faidits,
la terre où les paysans déterrent l'espaso de Fourès,
ne
restera pas longtemps sourde à l'appel de
pays

Gaston Jourdanne.
Maillane (B.-du-Rhône)
28 Octobre 1890.
Cher

Confrère,

Je vous remercie pour le bon et fort gracieux
article que vous avez consacré à la Reino Jano,
article que j'avais déjà lu clans la Rev. Mérid.

(puisque je l'ai signalé dans la bibliographie de
l'Armana prouvençau).
Quant à l'apathie que vous rencontrez autour de
vous au sujet de la création de l'Escolo Audenco,
c'est inconcevable. Quoi, dans la région où les sou¬
venirs épiques du Midi et de sa plus haute gloire
sont écrits sur d'incomparables monuments, dans
la région où les laboureurs déterrent /'espaso de
Fourès, dans la région si allègrement remuée par la
verve d'Achille Mir, on ne
pourrait pas, en 1890,
réunir un groupe de patriotes autochtones ! Vous
auriez donc mérité vraiment d'être clans vos ancê¬
tres foulés et saccagés et dénationalisés par la Croi¬
sade ! Cela n'est pas possible et VEscolo Audenco,

�lo

gai

saber

j'y ai foi, protestera avant
sa

peu

349

de ta vitalité de

sève.
Je

dimanche pour Aix où je vais siéger
juré aux Assises. Envoyez-moi donc tout
de suite, par grande vitesse, les volumes que vous
désirez me faire autographier ou épigraphier. Je
vous les expédierai avant mon départ.
pars

comme

Bien à

vous

en

Santo Estello

Emai mai.
F. Mistral.

P. S.
On voudrait une école autonome ? Mais
rien n'est plus autonome que les écoles félibréennes. Le lien qui les unit au consistoire est
—

pareil

au

liame qui unit ensemble les madriers d'un
désuni doit périr.
vieux comme le

radeau flottant. Tout ce qui est
C'est simple comme bonjour et
diable.
Si le
mes,

temps

vous manque pour

l'envoi des volu¬

attendez jusqu'au 20 Novembre.

Tout Mistral est dans cette belle lettre avec
enthousiasme tempéré par la claire vision

son

des

réalités, sa foi dans l'avenir, son bon sens magni¬
fique exprimant de hautes vérités sous une forme
imagée et familière. Le post-scriptum nous donne
nettement toute sa pensée sur les rapports des
écoles particulières et du Consistoire dans ce règle¬
ment de 1876 qui fut son œuvre : autonomie dans
la vie de l'école et l'action locale, lien fédéral pour
l'action
au

commune

Consistoire,

reliant les écoles entre elles et

comme

celui qui relie les madriers

d'un radeau.

Mistral condamnait ainsi de longues années à
l'avance la réforme si grave qui sous le capouliérat de Pierre Dévoluy tranchera tous les liens

�LO

350

entre les écoles

çant

ainsi

GAI

SABER

particulières et le Félibrige, mena¬

désorganisation et
plus fortes
priori, de ces réalités dont

d'engendrer

l'anarchie ! Sous

la

l'empire des réalités

que toutes les thèses a
Mistral avait un sens si vif, il a fallu depuis
à une sorte de cote mal taillée entre le règlement
de 1876 et celui qui lui succéda, reformer

revenir

tenances, rétablir, sous forme d'adhésion
tion des écoles, le lien entre les madriers

des main¬

et d'affilia¬
du radeau

qui commençaient à flotter à la dérive !
La lettre du capoulié Félix Gras est insérée dans
un exemplaire du Romancero prouvençau portant
une dédicace à Gaston Jourdanne. Elle est datée
d'Avignon, le 31 mai 1892, et rédigée en provençal.
Presque deux ans se sont écoulés depuis la lettre
de Mistral. Le soleil a percé les nuages. UEscolo
Audenco va être enfin effectivement fondée grâce
aux efforts de Gaston Jourdanne et de quelques
autres afogats. Le félibre ardent et vibrant qui fut
le beau-frère de Roumanille et le plus beau des
Capouliés, l'auteur de Toloza, du Romancero, des
Carbounié, célèbre en termes d'un beau lyrisme la
naissance de la nouvelle école sur ce terrain géné¬
reux du Languedoc audois que tout le disposait à
comprendre et à aimer. Le tempérament poétique
du chantre de l'épopée albigeoise et de la Romance
du roi En Peire n'est-il pas beaucoup plus langue¬
docien que provençal ? Il prédit des triomphes
prochains à YEscolo naissante. De fait, ce triom¬
phe se manifestera dès l'année suivante 1893, avec
l'éclatante Santo Estello de Carcassonne, signalée
par l'apparition fulgurante au firmament félibréen
de deux astres nouveaux et de première grandeur :
Philadelphe de Gerde et Prosper Estieu !
Avignoun, 13 de Mai 1892.
Moussu

e

gai counfraire,

Siéu tout esmeraviha de veire que

li fiéu de la

�LO

GAI

SABER

noblo ciéutat de Carcassouno
Audenco.

351

van

founda l'Escolo

Li vièi barri de la Ciéutat, de la porto

Narbou-

la porto de l'Audo, li tourre dóu Tresau e
de Cahuzac e di Visigoth e de Justiço e li merlet dóu
Castèu e li vitrau esbrihaudant de Sant Nazàri van
neso

a

trefouli a vòsti cant. Emé l'ajudo de la gento e
inspirado felibresso Margarido Sol, emé l'aflat de
noste valent felibre majourau Achile Mir, emé de
felibre valerous coume Gourdou, Peyrusso, Mountagné, Mouneger e vous Jourdano que siás lou tron
e l'uiau, vosto escolo segur fara flòri.
Siéu emé vàutri de

cor.

Lou

Capoulié,

Felis Gras.

Parmi les collaborateurs de

Gaston Jourdanne,.

voyons citer le grand félibre Achille Mir, dont
le nom chante et galèje encore dans toutes les mé¬
moires (') et aussi le bon félibre Gourdou décédé
tout récemment après une verte vieillesse qui
faisait l'admiration de tous : n'a-t-il pas assisté au
reviscol de 1'Escòla Audenca, en 1935, avec un
entrain et une robustesse presque quadragénaires ?
J'eus l'honneur d'être son voisin de table à la
nous

grande taulejada de cette belle félibrée. Mais nous
trouvons, à côté des leurs, d'autres noms moins
connus
des générations d'aujourd'hui : la félibresse Marguerite Sol, Peyrusse, Montagné, Monéger... Le nom de ces vaillants de la première heure,,
dont certains
survivent peut-être encore, mérite
d'échapper à un injuste oubli. Je fais appel aux
(1) On peut s'étonner

que

Félix Gras

ne

cite

pas

parmi

les premiers animateurs de l'Escolo Audenco Prosper Estieu
à côté de Gaston Jourdanne et d'Achille Mir. Ne fut-il pas
un des plus vaillants ouvriers de la première heure ? Mais
Félix Gras écrivait de Provence et pouvait n'avoir qu'une

information incomplète.

�lo

352

vieux Carcassonnais,
bien tout proche que
pour

renseigner

lités,

leurs

nos
œuvres

gai

saber

aux amis du passé, aussi
lointain de la terre audoise
lecteurs sur leurs personna¬
littéraires, leur action féli-

bréenne.

Sur un exemplaire de Toloza envoyé par Félix
Gras à Gaston Jourdanne en 1893 — l'année de la
Sainte Estelle de Carcassonne — j'ai relevé une
dédicace de l'auteur en cinq octosyllabes flam¬

boyants et sonores que les lecteurs du Gai Saber
me sauront gré d'avoir transcrits à leur intention :
A Gastoun
Audenco.

Jourdanno, porto drapèu de YEscolo

Podon boufa li tramountano,
Pòu faire de tron e d'uiau,
Bel estendard rouge e leiau,
Restaras fier, floutaras siau

Quand t'aussara Gastoun Jourdanno.
Félix Gras.
1893.
Avec

des

parrainages tels

que ceux

de Mistral

et de Félix

Gras, la jeune Escolo Audenco ne pou¬
vait que voir s'ouvrir devant elle une voie triom¬

phale. De fait, elle

connaîtra plusieurs années

d'une vie glorieuse et féconde. Si, depuis, elle a
subi une éclipse temporaire, l'année 1935 l'a vue
ressusciter glorieusement grâce à l'initiative victo¬
rieuse de jeunes et ardents continuateurs de Gas¬
ton Jourdanne et d'Achille Mir, sous le regard des

grands aînés qui avaient été associés à ses pre¬
triomphes quarante-deux ans auparavant !

miers

Raymond

LIZOP,

Majorai du Félibrige.

�LO

GAI

353

SABER

Pcr la Nòstra Cultura
Traduccions

L'Exemple

e

e

Umanisme

l'Ajuda de Catalonha

la
(e

Totas las lengas renaisentas an emplegat
viradura dels caps d'òbra ancians e modems
mai que mai dels ancians) coma mejan
de tornar laurar e semenar lor camp lenguistic,.

literari

tornamai

erme e embartasit, per fin d'i far grelhar
las Hors e fruchas mai bêlas de l'èime uman. Generalament aquela pruzor de traduccions ven

just

las primièras esposcadas originalas del parlar
renadiu; mas acò non es concebut com un instru¬
ment colectiu de cultura fin que s'esperte, dins
l'elèit del pòple, l'idéal cultural e lo sentiment
umanista. En Catalonha aquel idéal e aquel sen¬
timent se son congreats d'ora, mercé à l'espandiment
mai primeirenc qu'ai nòstre, de la consciència
nacionala ! D'aqui un fum de viraduras independentas, des del temps del grand Verdaguer fin qu'à
la comensansa d'aquest sècle, puei de colleccions
seguidas de traduccions de tôt biais, de tota lenga e
de tôt temps. Perôc calguèt esperar mai (fins aprèp
l'unificacion grafica e lenguistica) abant qu'espeliguèson d'institucions definitivas coma la Fundació
Bernât Metge (per l'edicion e la traduccion dels
aprep

escribans grecs e

latins), la Fundació Biblica Cata-

Chas¬

(per la viradura dels Libres Sants), Els
sies del Mon (per la traduccion dels autors màgers
de l'epòca moderna). Al nôstre, an grelhat ja
lana

e lo sentiment umanista, mas ne
'ncara aqui emai ajan espelit, ambe la
sistematizacion de l'unificacion grafica, lo Colètge
d'Occitania e la Societat d'Estudis Occitans, aquesta

l'idéal cultural
sem

pas

�LO

354

GAI

SABER

ambe sas colleccions de reviradas clasicas, biblicas
■e modernas. Volèm
pas comparar lôs desvolopaments

desparièrs d'Occitania e Catalonha; volèm

soletament marcar las condicions e l'importancia
d'un fenomen de cultura, qu'amai se fague veze
clar dins nòstra Renaisensa a de bezonh del trabalh e de la volontat de totis per s'afortir e

s'espandir.
Volèm tant-ben mostrar de quant nos pôdon
ajudar las viraduras catalanas en esperant que
siám lestes à trobar dins de traduccions nôstras los
instruments que nos

fan mestièr.

Dins una respelida coma l'Occitana, o abèm dich,
la revirada dels caps d'ôbra estrangiers a doas
iôcas : una de literària (de biais estetic e lenguistic),
emai una de culturala. I a un punt ont ambdoas

aqueste : si que non individualament,
la cultura vertadiera
s'aquista res qu'en lenga pròpria. Mentre aurem
pas, en occitan, los utises literaris e scientifics de
cultura qu'an los autres pòples europencs, lo desvolopament de nòstra Renaisensa serà tancat, com
ôc es uei, dintre las raras d'un movement folkloricoacademic simpletament felibrenc. La nòstra amira
deu ese de trabalhar de tôt biais, dins totis los

.s'ajonhon,

es

ni

colectivament,

mens

domenis, per adobar aquelis instruments.
las viraduras dont parlam, segur qu'aquel
tôt bèl just entamenat, caldrà d'annadas

Tocant
trabalh,
per lo
complir. Sô qu'es estât fait, fins ara, es escàs : La
Genèzi, revirada per Mistral, Los Sants Euangelis,
traduccion provensala de Dom Xavier de Forvieras
traduccion lengadociana de l'Abat Cubaynes,
e
L'Odisea d'Omera, dins la version literària polida
(mas non umanista) de Charloun Rieu, Las Bucolicas de Vergèli e Las Faulas de
Lafontaine (aquestas
pas 'ncara acampadas en volum) dins las bêlas
reviradas d'En Prosper Estieu... Que mai ? segurament pas grand'cauza (amai n'oblidèsi) al mens

�LO

GAI

355

SABER

de valor. La S. E. O. anoncia dempièi très ans
Idilis de Teocrit e Lo Satiricon de Petrona per

Eyssavei.

Mas

qu'es

acò

s'agachatz de

d'òbras ancianas e modernas se noiris
d'un òme mejanament letrut ? Aquelas

Leis
Pau

quant

la cultura

ôbras, vertat, se pòdon legir en francés. Mas, mentre nos servirem del francés per aquistar una cultura umana,
veirem fugir luenh de nos-aus la reconquista de
nòstra autonomia esperitala e la formacion de la
nôstra cultura pròpria. Parli pas per los, pauc
nombrozes, que se son botats o se botaran al trabalh de viradura en lenga nôstra dels clasics antics
e
forestiers : aquelis se fargan à-n-elis-meteises
l'instrument cultural que lor fa bezonh. Parli pels
d'erudicion, e, mai que mai,
parli pels estudiants nôstres que, decidits que son
de recobrar la coneisensa prigonda e l'us total de
lor lenga naturala, se senton mancats d'aquelis
ômes de lectura, e non

instruments culturals.

E ben ! que vajan querre en lenga catalana sô
que l'occitana lor porgis pas. I trobaran de traduccions literàrias e de traduccions umanistas que
contentaràn lor gost e lor faran prôdol dins lor
trabalh. Per un occitan que sab la seuna parla,,
valent à dire que pôd legir correntament, emai
comprene,

los

caps

d'ôbra de nôstris grands dia¬

lectes, lo catalan prezenta ges de diflcultat serioza;
un pauc de practica e d'avezament li bastaran per

al profîech del catalan, la concurrència del
Aquest a, de son caire, tôt lo pes de la
costuma e de l'ensenhament, i sem afachs e l'abèm
estudiat d'ans emai d'ans; pracô, un estudi fôrsa
mens
long de la lenga d'Oc esperta al dintre de
superar,

francés.

nôstre èime totis los automatismes reirals que nos
fan trobar mai d'aizidensa encara dins la comprenezon e l'us d'aquesta lenga nôstra. Per la fonetica,.
las formas, lo vocabulari, la sintaxi, lo catalan
es

tris

plan mai acostat que'l francimand als nôs¬
parlars d'Oc, es gaireben un dialecte mai

�356

lò

gai

saber

(peròc mai evolvat) de la nòstra
coneisensas

lenga comuna.

de lo legir e paucas
gramaticalas, i trobarem un ande, un

Leu-leu, ambe la costuma

biais de pensar e d'exprimir las cauzas tant
prigondament parius dels de nòstra parla que los
asaborarem e los aproficharem tant com aquelis.
Atal l'estudi o la lectura d'una traduccion catalana,
del grec o del latin o d'una lenga moderna, nos
porgirà una equivalència, o, al mens, una aproximacion del occitan, que la viradura francesa nos pôd
pas donar. De mai, i trobarem l'exemple viu, pri¬
gondament résonant al dintre del nòstre occitanisme
natural, d'una lenga literària bèlament uniflcada e
depurada, e, per fin (mai que mai dins l'edicion de
las traduccions umanistas)
d'estudis critics de
biais literari e scientific, qu'acabaran, en nos porgisent d'utises de trabalh preciozes, de nos acosson, un

à pensar e à exprimir segond nôstre èime
pròpri totas las cauzas de l'Espirit.
tumar

Peire-Joan ROUDIN.

RESOIN OAUJOS

Lou Felibrige, buletin trimestrau, a rezurgit, e ne sèm totis
regaudits. Per receure aquel buletin, ligam de totis los côrs
occitans, mandar 5, 10, 20, e mêmes 50 francs al Capolièr,
Marius Jouveau, 19, Bolevard Nôstra-Dama, Ais-de-Provensaj
C. C. Marselha, 319.90.
Lo LEGEIRE.

�L'Ort dels Trobaires

Lo Morholt d'Irlanda

i

grand Morholt, qu'es lo conhat del rei d'Irlanda,
es arribat subre nau granda.
Ven guerre lo tribut costumier que l'autre an
Foguèt très cents liuras d'argent e qu'es ongan
Très cents gojats ambe très cents filhas piuzèlas.
Tais dreits de suzeran èran pas bagatèlas...
Dabant lo rei Marc, qu'es asèit jol subrecèl,
Lo Morholt parla atal d'un aire pron crudèl :
Rei Marc, t'ai dit sò que mon mèstre te reclama.
Lo

En Cornoalha

—

Se

vos

Acô

servar

ta terra

e

ton còs

e

ton ama,

fague atal, al mens, rei onorat,
Qu'un del tius c.abalhèrs me desfize al combat !
Aquel Morholt èra un senhor de nauta talha
Qu'abià jamai trobat parier à la batalha.
Tant-ben tots los senhors enrodant lo rei Marc,
se

—

Manejaires d'estòc e forts al tir del arc,
Foguèron muts, ajent al cor sécréta ràbia,
Coma auzelets qu'aurian un falquet dins lor gàbia.
Lavets Tristan de Loonez s'es arborât
E dis

:

—

Acà's per

ieu, Morholt, qu'es desfizat !

—

�GAI

LO

35«

SABER

II

Dins l'ila Sant-Samson lo combat

se

va

faire.

Dius sol coneis lo que sera lo trïomfaire.
Tôt primier, l'irlandez apareis, ufanos,
E

socinos.
subre un barquet qu'arriba,,.
E V buta vès la mar, tre qu'es subre la riba,
En dizent :
Com d'aici res qu'un viu partirà,
Es d'una sola nau que grand bezonh aurà ! —
son

agait dis plan

Tristan, el, es

que non es

res que

—

E lo combat comensa, e

dusc' al vèspre dura.

S'auzìson

còps d'estòc subre cada armadura.
ribatge, lo pòple es dins un grand espant.
Côpsec s'enlaira un clam coma aquel d'un gigant...
Com lo pòple vei pas grand cauza sul ribatge,
Crei que per l'irlandez arriba l' mortalatge.
Tant-ben lo gauch succéda à la dezolacion,
Sul

Dins

bel estrambòrd

un

es

tota

una

nacion...

Mas qu'es aisò, praval, que vès lo pòrt s'abansa
Es la nau del Morholt que subre la mar dansa !
Tristan de Loonez pòd èse que vincut...
E ben !

non

! Lo Morholt

es

aquel qu'a viscut !

L'espaza de Tristan dins

son cap es

E

pauc

sus

sa

clòsca dura

un

intrada
s'es embrecada !

III
Ara Tristan auzis milanta
E viu subre la

nau

de

aplaudiments
gloriozes moments;

?

�LO

GAI

SABER

359

Mas, tre qu'a desbarcat, se vei qu'a blesadura;
E garaici déjà que la nèit es escura.
Los Irlandezes

son

tornats

à

Wisefòrt

Ambe, cozit dins pèl de cèrvi, l' Morholt mort.
Aqui son alavets dins la terror prigonda
Lo rei, la rèina e la princesa Izèut la blonda.
Mas lo mal de Tristan

garis pas.
Qui sab ! acò belèu cauzarà son trespàs.
Los mètges, espantats, an un pauc la pensada
Que l'òrre mal ven d'una espaza empoizonada.
E Tristan se dezòla. Un
jorn, dezesperat,
Subre un simple barquet am son arpa es montât.
S'es fîzat à la mar autant qu'à son estela
E s'enva, 'ndolorit, ont lo mena sa vela.
Subre la mar, quand lo vent es apazimat,
Pasa un dos cant qu'es subre
l'arpa acompanhat...
encara

IV
Per bel azard,

Tristan, ò suspreza prigonda !
pais qu'es lo d'una Izèut blonda...
Se fa pasar per un d'aqueiis jogladors
Que landrejàban alavets pels terradors;
Agrada tôt d'un còp à la neboda genta
Del Morholt, e tant fa que
sa plaga escozenta
Ambe un filtre d'izèut es garida pron lèu.
Alavets, comprenent que i aurià danger grèu
A demorar dins tala encontrada
estrangèra,
Torna, dins son barquet, en Cornoalhenca terra.
Arriba à-n-un

Lo Beure d'Amor

(II).

Prosper ESTIEU.

�LO

3Óo

GAI

Oda à Omar

SABER

Khayyam (l)

miravilhos trobaire
d'una tèrra lentana e d'un temps avalit,
quora, dins l'òrt en flor, venias à jorn falit
cantar lo vin, la gau e l'amor fadejaire,

O vièlh Omar Kayyam,

Te
la

pas que la libra canson,
de ton cor, amoroza e leugièra,

figurât as
canson

trobaria dins mila ans un
amar e

Soi
per
las
las

frairenal reson,
estrangièra.

dos relai dins una ama

venguda ambe tu, dins l'òrt comol de lum
culir dosament amb de mans fervorozas,
flors de voluptat, las ràzas ardorozas,
alenar, e me pintar de lor perfum.

pòtas an volgut tastar lo vin que crama,
fort del plazer emplenant ton gobèl,
veire se sentisiai aquel gau subrebèl
à ne poder enfin repazimar mon ama.
Mas

lo vin

flor del rozièr plan viste se pasis,
del plazer se tròba lèu virada,
e lo gau sensual al terrenc paradis,
dura, com lo matin, lo-temps d'una aubierada.

Mas la

la copa

(1) Trait d'un libre

en

preparacion.

�LO

Tant

giierclonat

per

GAI

SABER

Cupidon, ò vièlh Omar,

ton paure cor uman, cal que sempre

crezi

e

dins lo

Pan

«

consire,
qu'as beugut lo dezespèr amar
gòt de Bacchus que lèuas amb un rire.

es

mòrt! Pan

dins lo

es

mòrt!

»

l'as auzit

aquel clam

antic emplenèt lo campèstre.
Tas mezolas an tresalit, Omar Khayyam,
e, l'esperit trebol, cèrcas un autre Mèstre.
que

ser

Asetat al abròa

d'aquel gorg celestial,
fura ton agach saberut d'astronome,
sens poder
définir lo Secret eternal,
en
jurant, as cridat ton torment de paure òme.
ont

Trobaire, bel temps a, la generoza mort
deliurant ton esperit li botèt d'alas,
e durbiguèt
per el las portas d'aquel òrt
ont florison las solas ròzas immortalas.
en

Mas

l'afogat torment que roziguèt ton
l'escampèt en flors de poezia,

cor,

ta Muza
e

me

en

plai d'alucar

mon

levant ambe tu la

Raive à ton lum d'òr,

Copa d'ambrozia.

Solament, dabant beure a ton gòt arderos,
l'embriaiganta liquor de voluptat pagana,
li jitèri dedins l'anèl misterïos,
l'anèl d'òr de

mon

gau e

de

ma

Fe crestiana.

�3Ó2

LO

GAI

SABER

Aital aurai poscut, ò bèl encantador,
auzir ton planch d'amor, d'umana deziransa,
e

respondre à ton cant liric de trobador,
en
gardant al còr la diuzenca esperansa.

tôt

Tant-ben, aqueste

ser,

d'estèlas mirgalhat,

d'abòrd qu'un rausinhòl dins la nuèch
esmoguda,
en notas de cristal canta sos « Rub
aiyat »,
al òrt moste

e

florit, soleta, soi venguda.

Pensativa, asetada al abrôa del camin,
ont la Luna a pauzat son
pèd nud sus la
e

l'òrle lumenos de

à

mon

Mon
del

sa

còr consiros ta remembransa

ama

mosa,

rauba de lin,
es

dosa.

bateganta al ritme armonïos

amoros

reclam de ta lira

lentana,

Omar

Khayyam, per tu, dins lo ser arderos,
lèvi, com una Copa, una ròza occitana.
CALELHON.

�LO

GAI

SABER

Dia dos de Novembre

Rara tradició que, de tantes, nos resta :
les générés d'avui no descuiden els morts.
TJna vegada l'any, celebrem la llur festa :
ès

Es

et sant

dia dels records.

processó que en silenci s'esgrana,
braços carregats de garbes i de rams.
Ja sembla qu'una veu misteriosa ens mana,
nos tira cap els tristos
camps.
una

els

I, per no' Is despertar, sus la terra sagrada,
sus la punta dels
peus, llisquem sobre del soi,
aixi com fa la mare en vetllant la mainada
adormida dins del bressol.

Quan tots hauran vinguts sobre la trista serra,
quan tothom ha deixat el seu ram pïadós,
sembla qu'un gros nevcis embolica la terra

d'algun immens llençol de flors

:

�364

lo

Mes

encara,

Que

creus on

que

ningû

1

gai

saber

clots plens d'herba envaidora ï
et rovell ha esborrat fins al nom,

que

no floreix i on ningû no plora,
pobrets, oblidats de tothom !

ja deu

ser morir cada any una vegada
deixar lligams d'amor o d'amistat.

que no

No sentir mai su'l dòt
et

l'amiga deturada,
dotç mormot de pietat !

Passants, que tragineu tes garbes a braçades,
Segur que far eu pler en tots els vostres morts
en oferint al
peu de les creus rovellades
l'almoina de fiors dels records.

Com

sus

de cada clot

si troba el

ram

vostre

sentirà

cor

i

fiorit
la

qu'a pler et

una

aima

com un
veu

vos

que

diu:

voleteja,

record encès,

mormoleja

mer ces.

Joan NARACH.

�BOLEGADISA OCCITANA
Escôla

d'Autpol

Sens s'alasdr, TEscôla d'Autpol persegnls son òbra jol bailatge del secretari Paul Boudou, e nos agrada de senhalar que
lo semen espandit dins son ròdol comensa à grelhar, sà que
li
donarà fòrsa vam per perseguir son prefait felibrenc.
Dempèi aqueste an, l'Escòla es aderenta al Felibrige, e esperam que, per sa bolegadisa, continuarà à se 11' mostrar dinna coma a
fait duscas ara.
Lo g d'abrilh, una vesprada foguèt engimbada ambe l'ajuda
de La Carapana d'Agot que se faguèt aplaudir dins:v.L'Orne
Blanc?., de Sarran, «Las Sòrres enemigas», de Boussac, e r.L'Esprit tustaire », d'Albarel. Aprèp un monologue de Mirpel senhe
Pèire Cros, lo felibre Pinel nos cantèt &lt;cLa luna n'es levada?&gt;,
e la valenta- Scolà Santa-Cezelha clavèt la
vesprada en cantant
ambe estrambòrd qualques còrs lengadocians.
Un parelh de me\es aprèp, una delegacion de VEscôla anguèt
asistir à la Santa Estèla de Fois, que foguèt merabilho^a. Al

retorn, nòstres sôcis faguèron un pelegrinage à Montsegur, e
remirar l'ostal del grand trobaire,

s'arrestèron à Fendelha per
lo majorai Prosper Estieu.

L'Escôla met sempre al profièch las esca\ensas que pôdon espandir l'idèa felibrenca. Tamben, sus la demanda del Comitat
de las Fèstas de Ma\amet, prenguèt part al cortètge florit del
g de juillet. Una vièlha automobila florida, del modèla ipoo,
seguiguèt lo cortètge en carrejant un bodegaire de VEscôla,
ambe doas joventas qu'abian cargat lo vestit ancian. Foguèt
de bona propaganda.
Qualques jorns aprèp, lo aq de juillet, VEscôla d'Autpol engimbèt las Fèstas Mantenencialas de Lengadàc que se tenian
jos la prezjdencia del senhe Andriu-J. Boussac, vice-sendic. La
jornada foguèt espetaclo\a, e fôrsa telibres abian fait lo des-

plasament.

Aprèp una recepcion à la comunapel cònse Caries Ca^enave,
gué sovetèt en lenga d'Oc la benvenguda als Felibres, lo vicesendic Boussac gramercejèt la vila de Ma\amet per sa bona
aculhensa e sa comprension de l'ôbra del Felibrige.
Sul pic de io oras, los felibres anguèron aurjr la mesa feli¬
brenca à la glèi\a de Nôstra-Dama, ont lo majorai abat Jo\èp
Salvat faguèt un prerjc sus Vevangèli del jorn. A las 11 oras,
se tenguèt l'acamp de la Mantenencia de
Lengadàc, ont
guèt de bon trabalh.

se

fa¬

�366

LO

GAI

SABER

Devers una ora, una taulejada de prèp de cent felibres e amies
foguèt plan servida e fórsa gaujo\a. I ajèt de brindes afogats
e
plan granats. S'i aupguèron à-de-reng : Ferrie, capiscàl de
/'Escòla d'Autpol; A.-J. Boussac, vice-sendic de la Mantenencia de Lengadôc; Caries Ca\enave, primièr conse de Ma^amet,
l'abat Jo\èp Salvat, majorai del Felibrige ; Norbert Rouqnette,
mèstre d'bbra ; Pèire Miremont, mèstre d'bbra e capiscàl dels
Grelhous Vilofrancats ; la trobairis be\ierenca Clardeluna
que nos diguèt un polit poème ; Vaylet, mèstre d'bbra; Bous¬
quet, capiscàl de Z'Escôla Rochegude; Paul Sicard, mèstre-felibre de l'Escbla d'Autpol; A. Domergue. Fin finala, lo majo¬
rai abat Salvat cantèt la Copa Santa, dont lo repic foguèt
cantat per tota la taulada.
La Cort d'Amor se tenguèt al teatre de la natura dins las
Pasejadas, ambe lo concors de /'Escòla del Barbichet, pre\entada pel majorai Farnier, que nos faguèt remirar las dansas
del Lemo\in. Pèi los Grelhous Vilofrancats nos regattdiguèron
ambe :«Paures Mede'cis»&gt;, de Miremont, e c.La Femna muda»,.
de Boussac, qi&lt;e joguèron mannadament. La gracio\a dbna Savignac nos faguèt au\ir sa bêla vot\ ambe un cant de Bessou.
Los Grelhous acabèron lor torn ambe de dansas ancianas.

Borrèia de l'Escôla Rochegude., pre\entada pel"
A.-J. Boussac, dansèt ambe gracia las dansas del pais
albigés. Aquelis jovents cantèron tamben de polidas causons, e
faguèron miranda. La tropa renomada dels Cigalous Narbouneses
joguèt ambe son vam acostumat la farcejada de Vinas r
&lt;Ne parlem pas mai». Pèi lo sbei Joan Amalvy nos cantèt lo
cant istoric «.Lo Boièr» e « Me parles pas mai-». Per clavar, la
Scôla Santa-Cezelha cantèt : « Rigodon», &lt;Los Esclbps», tlo
Sonson de la Barriqueta», e «.La Pastora delaisada». Ambe
acompanhament de bodèga, qualques jovents d'aquela cblha
faguèron ve^e lor biais per las dansas ancianas.
La valenta

senhe

Lo vèspre, la fèsta s'acabèt aprèp la repre\entacion de iPrudon de la luna », comedia dramatica en très actes de Léon Cor¬

des,

jogada pels Cigalous Narbouneses dabant mai de milaperque piquèron de las mans.
Per sb que pertèca l'activitat dels socis, sèm uro\es de senhalar que, long d'aquesta annada, los acamps me^adièrs Joguè¬
ron
seguits per una cblha d'afogats - totjorn los mêmes - que
mantènon lo foc felibrenc dins l'Escbla. Debèm mencionar
tamben que nostre Mèstre-felibre Paul Sicard foguèt plan
guerdonat per son trabalh : d'efèt, comensèt per una mencion
d'onor al concors de las Flors de Z'Academia dels Jôcs Florals,
pèi enlevèt una medalha d'aram al Concors de la Societat Arqueologica de Bezièrs, e una medalha d'argent à-n-aquel de
Z'Escòla Carsinôla de Montalban. Sabèm que s'arrestarà pas
aqul... Relevam tamben lo nom de nostre bibliotecari, Mausonas

�LO

GAI

SABER

rici Bascoul, als Jòcs Florals del
Colètge d'Occitania, amb un
..grilh d'argent e una mencion d'onor.
Dempèi la Felibrejada, l'Escòla s'es me^a en vacansas e los
acamps me\adièrs tornaran comensar lo segond dimècres d'oc¬
tobre per establir los
projets per Van que vtn. Pregam nòstres
sòcis d'i venir nombro\es e de nos menar
plan de monde.

M. BASCOUL.
Lo XXe aniversari de la môrt del

majoral-abat fustin Bessou
Roèrgue per de fèstas merabilhozas. « La
pèrla del Roèrgue » Vilafranca, Sant-Salvador, Mejalanor,
S. Andriu de Najac an vist los
afogats felibres del Roèrgue,
-ambe totas las autoritats del pais,
seguir, dins la fervor e l'estrambòrd, lo camin seguit antan pei mèstre «del brès à la
•

es estât

célébrât

en

tomba».

Lo 8 d'agost, las fèstas èran
engimbadas per
ambe l'ajuda del Calelh del

sou

pels Grelhous Vilofrancats.
Los

Roèrgue; los

L'Estèlo de Bes¬
d'agost,

14 e 15

d'agost, L'Estèlo de Bessou faguèt miranda à
e à
Milhau, ont se donèrontres vespradas
occitanas, ambe de cants e de dansas, e très pèsas de teatre:
«Molins d'un côp èra», « Lo Mèstre Vailet», de Calelhon e Seguret, e «Lo Catèt de Rascal», d'Enric Mouly. L'abat Fournier
faguèt à S. Roma un bèl prezic occitan.
20 e 21

Sant-Roma de Tarn

■■■■■■■■

De
lo 7

polidas manifestacions occitanas se son faitas
d'agost, à Nòstra-Dama de Primacomba, ambe los ma¬
jorais Abric, Causse, Salvate L'Escotaire, jos laprezidensa de
Mnhor Goun'ot, abesque coadjutor de
Cartaja;
lo 15 d'agost, à Ercé (Arièja), ambe Silvan
Sartre, lo doctor
Voivenel, l'embasador Clauzel, Lois Pons, acampats jol simbèl de la Terra Santa;
lo 28 d'agost, à LaTorrede Farjas, ambe
JuliVeran, L'Esco¬
taire, lo profesor Thomas, los majorais Azéma, Abric, Arnaud,
■convidats qu'èran pel senhe Pommier-Gros e sa dôna ;
lo 4 de setembre, à Sant-Paul de Jarrat
(Arièja) ambe dónas
Dufaur e Isabèla Sandy, los poètas Xardel e Gratelot-Lemer•cier, e la genta Ivona Micholet bailejant satropa, La Polideta
de

Sant-Pau;
jorn

lo même

encara, à Monestiès (Tarn), ont lo majoral-abat
Salvat, prezentat al pòple, dins la Comuna, per Mla Adriana
Sirgue, parlèt sul Felibrige.
Lo

majoral-abat Salvat a prédicat en lenga d'Oc
junh, à Labastida-d'Anjou (Aude) ;
10 de
julhet, à Auvilars (T. et G.);

lo 26 de
lo

:

�368

LO

lo 17
lo 15
lo 23
lo 28

—
,
à La Malor (Eraut);
d'agost, à L'Espinasièra (Aude);
—
als Banhs de Rènas (Aude);
à La Malor;
,

—

los 8

e

lo

de

11

SABER

GAI

10

,

de setembre, à Nôstra-Dama del

La libraria Caffin

succesion

Crôs (Aude);

setembre, à Aguts (Tarn).

(80,

de la libraria

Catalogue, ont i

rue

Saint-Lazare, Paris, IXe) après la

Occitania. Li demandar

plan d'òbras

a

en

son

darnièr

lenga d'Oc.

Nòstres

compliments à nôstres escolans e amies Caries Camdirector d'Occitania, e Laporte, secretari-adjunt de
L'Escolo diras Pirenèos, recebuts lo primièr à l'agregacion deletras, lo segond à l'agregacion de ciencias.
proux,

ABÈM

LEOIT

:

ilustrada (un an, 20 f.
Toulouse 323.17»^. —
(janv. 1937): Faïences auvillaraises, per P. d'Aubila, La Vie
d'une Cathédrale, per J.-L. Gilet. — (avril 1937): Le comte de
Pibrac, per J. Rozès de Brousse, Marcel Lenoir, per P. Mesplé. — (août 1937): Louis de Planet, per P. Mesplé. — (sept.
1:937) : Philadelphe de Gerde, per J.-Rozès de Brousse, bon estudi comol de documentacion, e poèmes de la trobairis bigordana; La Menina als Gâtons, poème de P. d'Aubila. — (octo¬
bre 1937): Cloîtres catalans, per J. Médina, estudi serios bèlament ilustrat; La Mort del Penin, poème occitan de P. d'Au¬
bila.
(nov. 1937) : Le Cloître de Moissac, La Sculpture ro¬
mane à S. Pierre de Moissac,
per M. Vidal; Fragonard, per
A. Fajol; Une exposition d'autographes au musée Saint-Ray¬
mond, per J.-L. Gilet. — (déc. 1937) : Tapisseries de S. Etienne,
(Toulouse) per P. d'Aubila, ambe de bêlas reproduccions ; Les
Soirées de Noël de Marins Léger, per P. Mèsplé ; poèmes occi¬
Art Méridional, bêla revista mezadièra
«rue de la Brasserie, 4, Toulouse, C. C.

—

francezes de Filadèlfa de Gerda

e

d'Albert Pestour.

Compliments al director, J.-L. Gilet,
supèrba publicacion.

e

als redactors d'aquela

tans

e

CRI-CRI.

O

Impr. Lauraguaise

-

Castelnaudary.

Le&gt;Gérant\ A. PRAVIEL.

.

�Règles de Phonétique Occitane
i°' VOYELLES.
accentué

ou

■constitue

a,

—

seul

ou

dans le corps d'un mot,

non, sonne comme a

français

;

mais s'il

terminaison

féminine, il est semi-son¬
nant et se prononce entre a et o, suivant la
région ;
e sonne comme é fermé
français, et è comme è ou¬
vert français ; — i équivaut à i français ; — u
égale¬
ment ; mais, après une voyelle,
il a le son ou fran-'
çais ; —- ô ouvert se prononce comme o français, et
une

—

fermé

o

comme

ou

2° CONSONNES.

—

suivi de
■c devant
comme
comme
—

n

est

français.
b,

c,

d, f,

g,

j, 1,

m, n,

u),
e

p, q

( toujours

r, s, t, z sonnent comme en français; mais
et i est sifflant comme s français; — j sonne

tz, dans certaines régions ; —■ m se prononce
n à la fin de la ir*
pers. du pluriel des verbes ;

muet, sauf quelques rares exceptions, à la fin

des substantifs ; — r est souvent muet à la fin des
substantifs et des adjectifs, sauf en Provence, ainsi

qu'à l'infinitif;
muet à

—

la fin des

des mots

en

ment ;

s est toujours dur et sifflant; — t est
participes présents et de la plupart
—

b, sauf en Pro¬

v sonne comme

vence.

3° GROUPES. —ch, lh, nh

se

prononcent: tch, ill,

gn.

iimiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiifiiiiiiiiiimiiiiii
VIENT DE PARAITRE

:

Ensach de Catalogue del Teatre d'Oc
per

Ernest VIEU.

En 64

pajas in-8, compren !os titols de 550 pèsas
lenga d'Oc, lo nom del autor, lo nombre d'ac¬
tes, de personatges (ômes e femnas), lo prètz, etc...
en

Per lo receure,

Ernest

adresar un mandat de 10 frs. à «Monsieur
Vieu, à Puichérie (Aude). C.C.Montpellier, 260.80».

�Répertoire

populaire

DE CHANTS OCCITANS
+VX+

GANSONS:
Se canta, que cante

1.

! paraulas e aire popularis.
P. Estieu subre un

Las Batezons, paraulas de
vièlh aire.
2.

La Canson de Castelndu, paraulas de P. Estieu

3.

subre

un

vièlh aire occitan.

Los Esclôps, paraulas e aire popularis.
5. Auzisètz los Auzelets, paraulas de P. Estieu
4.

subre
6.

bre

un

aire

populari.

Me parles pas
un

mai! paraulas de P. Estieu

CANTICS
1.
Reina del
aire catalan.

2.

su¬

vièlh aire occitan.

Cantem

:

Cèl, paraulas de P. Estieu subre

un

Nadal, paraulas de P. Estieu subre

un

vièlh aire occitan.
3.

Dius Poderos, paraulas de P. Estieu, muzica de

D. de Severac.
4.

No'stra-Dama dels Camps,

muzica de
5.

aire
6.

J

paraulas de M. B.,

S.

.

A santa Germana, paraulas de M.

B. subre

un

populari.
Uèi, subre de palha torrada... (Nadalet), parau¬
Estieu, muzica de D. de Severac.

las de P.

7. Patrona de Limos,
muzica del abat Prax.
8. A sant

de

paraulas del abat Bouichèref

Cristôl, paraulas de M. B. subre

un

aire

gòig catalan.
L'unité 1

iranc; la douzaine 10 francs.

Colètge d'Occitania, 2, plasa Montmorenci, Castèlnùudari
IMPR.

D'EDITION» OCCITANE»

-

CASTELNAUDARY.

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                <text>Ce set contient les périodiques numérisés par le CIRDÒC issus des collections des partenaires d'Occitanica</text>
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              <text>Lo Gai Saber. - Annada 19, n° 169 novembre 1938</text>
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              <text>Vignette : https://occitanica.eu/files/original/cecaff2502828def5666b7d4dbfc7da8.JPG</text>
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              <text>Lo Gai Saber (&lt;a href="http://occitanica.eu/omeka/items/show/13154"&gt;Acc&amp;egrave;s &amp;agrave; l'ensemble des num&amp;eacute;ros de la revue&lt;/a&gt;)</text>
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              <text>1 fasc. (pp. 346-368) ; 22 cm</text>
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              <text>&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;em&gt;Lo Gai Saber&lt;/em&gt; est une revue litt&amp;eacute;raire occitane publi&amp;eacute;e depuis 1919. La rubrique &lt;em&gt;L'&amp;Ograve;rt dels trobaires&lt;/em&gt; est consacr&amp;eacute;e &amp;agrave; la po&amp;eacute;sie, la rubrique &lt;em&gt;Bolegadisa occitana&lt;/em&gt; donne des informations sur l'actualit&amp;eacute; de l'action occitane. La revue fait aussi &amp;eacute;cho des publications du domaine occitan et des r&amp;eacute;sultats du concours annuel de po&amp;eacute;sie occitane de l'Acad&amp;eacute;mie des Jeux floraux.&amp;nbsp;&lt;/div&gt;</text>
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              <text>&lt;div style="text-align: justify;"&gt;Lo&amp;nbsp;&lt;em&gt;Gai Saber&lt;/em&gt;&amp;nbsp;es una revista liter&amp;agrave;ria occitana publicada dempu&amp;egrave;i 1919. La rubrica&amp;nbsp;&lt;em&gt;L'&amp;Ograve;rt dels trobaires&lt;/em&gt;&amp;nbsp;es consacrada a la poesia, la rubrica&amp;nbsp;&lt;em&gt;Bolegadisa occitana&lt;/em&gt;&amp;nbsp;balha d'informacions sus l'actualitat de l'accion occitana. La revista se fa tanben lo resson de las publicacions del domeni occitan e dels resultats del concors annadi&amp;egrave;r de poesia occitana de l'Acad&amp;egrave;mia dels J&amp;ograve;cs florals.&lt;/div&gt;</text>
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              <text>Salvat, Joseph (1889-1972)</text>
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              <text>Rouquette, Pierre (1898-1988)</text>
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              <text>Calelhou (1891-1981)</text>
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