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                  <text>20* Annada

N" 177

Julhei 1939

Lo Gai Saber
Revista de TESCOLA OCCITANA

c--&gt;

Dis Aup i Pirenèu

...

F. Mistral.

TOLOZA
1-4,

Carrièra dels

A.rts,

1-4

Lo Numéro: 2 fr.

�SABER

OAI

LO

Revista de l'ESCOLA OCCITANA
AOMINISTRACION
Cafrièra deSs Afts,

Abonaments

:

•( Fransa
:

f

Ubraria Privât,

TOL,OZA

_

=

: un an

C. C. Toloza 1673
.

.

.

.

.

,

Bstrange : un an

20 fr.
,
30 fr.

ENSENHADOR

(Julhet 1939)

del N- 177

vingt ans de l'Escôla Occitana.
Felibrige (I, II).

Armand PRAVIEI.

Les

lozèp SALVAT i

Lo

LAMARTINE

L'apparition de Mireille.

:

Prosper ESTIEU:

Lo Beure d'Amor.

Simon» GAY :

Lluita amb l'àngel.
Bolegadisa Occitana :

CRI-CRI

:

La Lenga

d'Oc à l'Escôla.

BUR'ÈU DE L'ESCOLA OCCITANA

capiscôl ; Antonin Perbosc, J.-Rozès de
Jaques-Emili Abelous, jos-capiscôls; Armand Praviel,
clavaire; Jozèp Salvat, secretari; Joan Séguy, secretari-adjunt.
Filadèlfa de Gerda, Francés Tresserre, Lois Tiiéron
de Montaugé.'Juli Cubaynes, Joan Ladoux, amiral d'Adhémar
Prosper Estieu,

Brousse,

de

Cransac. conselhèrs.

Paul Sibra, jos-capiscôl dels Grilhs .del
Bousquet, capiscôl de 1 'Escòla Rochegude ;

Lauragués; Jordi
Fernand Albert,

capiscôl de la Campana d'Agot; Joan Girou, capiscôl de l'Es¬
côla Audenca; Teofile Ferrie, capiscôl de l'Escôla d'Autpol;
Elia Lagarde, capiscôl de l'Escôla Dont Vaissete, Calelhon,
capiscôl del Calelh del Roèrgtte, conselhèrs.

�HsSrí

'■m

KWJ

Lo Gai Saber, N° 177.

Les

vingt

ans

JULHET

1939.

de l'Escôla Occitana

Le 6

juillet, l'Escôla Occitana et Lo Gai Saber ont
leur vingtième année : date que l'on
peut marquer d'un caillou blanc par le temps qui
doublé le cap de

court.

On peut encore trouver le compte rendu de notre
premier acamp dans le n° 1 de cette revue; mais,
peut-être, après vingt ans, n'est-il pas inutile d'en rap¬
porter quelques circonstances peu connues.

L'Escôla Occitana est née, au printemps de 1919, de
amicales veillées, où se rencontraient, au sortir de
l'Académie des Jeux Floraux, Joseph Anglade, Emile

nos

Cartailhac, J.-R. de Brousse et moi-même. Le chemin
est long de l'hôtel d'Assézat au bourg, de Saint-Sernin
et à l'extrémité de la rue des Chalets, surtout quand on
le parcourait avec Emile Cartailhac, qui avait la douce
manie de s'arrêter tous les trois pas.
Un

de

nos

thèmes favoris

était

de

rechercher les

de rattacher plus étroitement l'Académie des
Jeux Floraux, héritière des troubadours, avec le Félibrige. L'Académie, itère de sa longue histoire, ne vou¬
lait en renier aucune période, mais ne pouvait consi¬
dérer le Consistoire ni comme un rival, ni comme un
pôle autour duquel elle viendrait graviter. Nous cher¬
chions un biais. Un soir, sur le coup de minuit, avant
de rentrer dans le jardinet qui précédait sa porte,
Anglade nous dit :
moyens

—

Et pourquoi ne pas

constituer

en

Escôla la Com¬

mission de Langue d'Oc de l'Académie? Cette

derniqjet

P&amp;
&lt;-

�LO

2o6

aurait ainsi, dans son

SABER

au

pourrait s'af¬
elle-même, mais

sein, un organe qui

Félibrige, qui ne serait pas
émanation !...

filier
son

GAI

creusâmes l'idée. Elle était belle
ingénieuse, mais délicate à réaliser, car il ne fallait
à aucun prix que la nouvelle Escòla apparût comme
une sorte d'Etat dans l'Etat, surtout étant donné que
son futur chef, le baron Desazars de Montgailhard, pré¬
sident de la Commission, avait été le concurrent très
actif du marquis de Suffren pour la charge de Secré¬
taire Perpétuel.
Heureusement, avions-nous parmi nous des Mainteneurs comme François Tresserre, alors secrétaire des
Assemblées, le comte Etienne de Rességuier, censeur, et
François de Gélis, bibliothécaire, tous membres du Bu¬
reau, qui avaient l'autorité et le doigté nécessaires pour
émousser les angles.
En revenant, nous

et

Bref, le 6 juillet, le baron Desazars nous convoqua
Avignonet, dans son manoir de Montgailhard. Ré¬
pondirent à son appel Anglade, Cartailhac, Tresserre
et le signataire de ces lignes, venus de Toulouse; Prosper Estieu, et sa fille Mireille, arrivant de Castelnaudary; Antonin Perbosc, accouru de Montauban, et
François de Gélis, de Villenouvelle. Quant à J.-R. de
Brousse, qui était parvenu à la gare au moment où,

en

hasard, le train omnibus partait, nous ne le vîmes,
qu'en descendant à Avignonet ! Sur le quai, le baron
Desazars était venu nous attendre, malgré son âge et
ses infirmités. Il était radieux de voir se réaliser son
rêve le plus cher.

par

On causa, sous les ombrages, autour de la vieille
église, et dans la noble demeure, où nous réunit un
somptueux déjeuner. Et, au dessert, ce fut Emile Car¬
tailhac, le grand préhistorien, membre correspondant
de l'Institut, qui prit la parole en langue d'oc, dans un
brinde où il évoqua l'estieu, la brousso, lou prat vièi
en se promenant per bosc... Notre amphytrion lui ré¬
pondit en buvant à la future Escòla, et, au chant de La

�I.O GAI

Coupo,

nous nous

SAHER

207

levâmes de table.

Toutes les difficultés étaient résolues. Anglade avait

acquis la certitude que YEscolo Moundino, dont il avait
fait partie et qu'il ne voulait pas contrecarrer, était défi¬
nitivement en sommeil. Et l'on put ainsi former le pre¬
mier bureau

Capìscòl

:

:

le majorai baron Desazars de Montgail-

hard.

Jos-Capiscòls : les majoraux J. Anglade,
Estieu, Antonin Perbosc.
Secretavi
Clavaire

:

:

Prosper

le majorai J.-Rozès de Brousse.
Armand Praviel.

Membres

fondadors : Emile Cartailhac, François
Tresserre, F. de Gélis — puis le comte de Rességuier
et Emile Ripert, dont nous obtînmes sans tarder l'ad¬
hésion.

Ainsi ì'Escòla était entièrement dirig.ée par des mem¬
bres de l'Académie des Jeux Floraux; nous pouvions
donc

sans

danger introduire dans

son

bureau le majo¬

rai

Charles Ratier, d'Agen, et comme clavaire adjont
le bon félibre Emile Levrat, qui nous a été prématuré¬
ment

enlevé, mais qui, durant les premières années,
beaucoup de dévouement la vie matérielle

assura avec

de YEscàla.
Il

s'agissait enfin de baptiser cette dernière : Escàla
Clamensa, proposaient certains. Antonin Per¬
bosc, plus simplement, nous dit : « Pourquoi pas
Escàla Occitana, avec la devise de Mistral : Dis Aup
i Pirenèu ?»
Ce qui fut adopté sans discussion.
de dòna

—

Depuis cette belle journée de juillet, YEscàla Occi¬
a connu bien des traverses; elle a perdu
ses deux
premiers capiscols, le baron Desazars de Montgailhard
et Joseph Anglade, son dévoué clavaire Levrat; mais,
installée sous l'égide de la grande maison d'éditions
tana

méridionales
par

Edouard

Privât, soutenue efficacement

les fondations Fabien-Artigue, elle

a vu

venir à elle

�208

lo

gai

saber

précieuses recrues que sont le majoral-abbé Salvat,
Louis Théron de Montaugé, le doyen Abelous, JosephSébastien Pons, l'abbé Cubaynes, et encore les hautes
autorités de Joseph de Pesquidoux, de l'Académie Fran¬
les

çaise, du général de Castelnau et de M. J.

Calmette, de

l'Institut, de l'amiral d'Adhémar, secrétaire perpétuel
de l'Académie des Jeux Floraux, sans compter le pas¬

trop rapide du président Gaston Doumergue.
fleuri sous son influence,
lo Coletge d'Occitania s'est développé à Toulouse et se
prolonge dans les cours professés à l'Institut Catho¬
lique par l'abbé Salvat... Mai-s ceci est déjà de l'actualité
vivante. Nous n'en parlons que parce qu'elle fait admi¬
rablement augurer de l'avenir.
sage

De nombreuses écoles ont

Armand PRAVIEL.

�LO

LO

GAI

SABER

FELIBRIGE

dònas,
Damaizèlas,
e Senhes,
I a déjà plan de temps que vos voliai parlar de quioòm; solamenl cada oòp se prezentaba un autre « quicôm » que m'empachaba de realizar sò que voliai. Uèi,
enlin, i arribi. Laisant los libres occitans s'amontairar
sus mon burèu, vos parlarai del Felibrige.

S'enten

plan parlar de Felibrige; mas i a pas fòrsa
sàpien sò qu'es. Tant lèu qu'arribi endacôm,
n'i a que me dizon : « Bonjour, Monsieur le Capoulié...
Bonjour, Monsieur le Capiscol..., etc. » sens saber su
que v'òlon dire aquels mots. D'autris me dizon : « Mon¬
sieur le Félibre... Monsieur le Majorai... » Aoò va plan.
Mas n'i a que se crézon plus sabents, e que m'apèlan
« Majorai du Félibre », o mêmes «
Monsieur le Félibrige »... E que te sabi encara !
gents

que

O ! ieu preni tôt acò en rizent, e me pensi : « Perdrias plan lo temps à lor dire sô que n'es, de tôt aoò !»

Perque n'i

a,

de gents, sobent,

que se

meritarian de

bèls oòps d'engranièra sus l'esquina. Se qualcun vos
anoncia coma « felibre », crézon d'aber l'aire plan de-

gordit en vos regardant amb un sorire entendut e trufarèl, coma se d'èstre felibre volia dire qu'òm es un
pauc inocent. Fôrsa, que se trùfan pas, vàlon pas gaire
mai, e vos méton tôt dins lo même sac : « « Capolièr,

de

(1) Lo Gai Saber comensa, jost aquela rubrica, la publicacion
quatre conferencias faitas al poste de Toloza-Pirenèus per

nôstre secretari lo majorai abat Salvat. — La primièra, que publicam uèi, foguèt donada lo 2 de febrièr 1939.

�L0

2 10

GAI

SABER

majorai, capisoòl, Felibrige, Jòcs Florals, rèinas e manteneires, cigalas e grilhs, etc... » Mas n'i a que, sobent,
voldrian saber, e que sàbon pas. Es per élis que parlarai.
Lor dirai donc, vos dirai donc, plan simplament, sò
qu'es e sò que vòl, lo Felibrige, così espeliguèt, cosi s'organizèt, un pauc de son istòria, sò qu'a fait, sò que se
pòd esperar d'el.

I

Sò

qu'es

confóndon lo Felibrige ambe la lenga d'Oc.
Lo Felibrige s'ocupa de la lenga d'Oc
e de quicòm mai; e tôt sò que s'ocupa de la lenga d'Oc
es pas lo Felibrige. Per exemple, à Toloza, l'Academia
dels JÒCS Florals, que s'ocupa de la lenga d'Oc e de
quicòm mai, es pas lo Felibrige; la Facultat de las Letras, ont s'ensenha la lenga d'Oc, es pas lo Felibrige;
lo Colètge d'Occitania, ont s'apren la lenga d'Oc per
correspondencia, es pas lo Felibrige.
N'i

Es

a

que

una

error :

Societat, regulièrament declaamies, « per
gardar lônga-mai à la nacion occitana sa lenga, sis us,
son gaubi e tôt sô que constituïs son èime nacional ».
Lo

Felibrige

es

una

rada, fondada, en 1854, per Mistral e sos

Lo 9 de setembre

1868, à Sant-Romié de Provensa,

dabant los trobaires catalans eizilats que los Provensals
abian reculhits, Mistral faguèt un bèl discors ont res-

pondèt à-n-aquela question :
Cigalo de la terro, aucèu campèstre, que nous voulès,
vejan, emé vòsti cansoun, au mitan d'aquesto epoco atrava...

lido

Ço

e

maugraciouso.
voulèn ? escoutas-me.

maucourado
que

e

�LO

GAI

SABER

2 I I

Voulèn que nòsti drôle, au-liò d'èstre eleva dins lou
mesprés de nosto lengo (ço que fai que, plus tard, mespredaran la terro, la vièio terro maire ounte Diéu lis a fa
naisse), voulèn que nôsti drôle countùnion de parla la lengo
de la terro, la lengo ounte soun mèstre, la lengo ounte soun
fièr, ounte soun fort, ounte soun libre
—

Voulèn que noste pople, en-liogo de groupi dins l'ignourènço de sa propro istòri, de sa grandour passado, de sa
persounalita, aprengue enfin si titre de noublesso, aprengue
que si paire se soun counsidera toujour coume uno raço,
aprengue qu'an sachu, nôsti vièi prouvençau, viéure sèmpre
en ome libre, e toustèms se defèndre coume tau
Fau que sache, noste pople, que se soun, nôsti rèire,
apounda libramen, mai dignamen, à la generouso Franço :
dignamen, valènt-à-dire en reservant sa lengo, si coustumo,
sis us e soun noum naciounau. Fau que sache, noste pople,
que la lengo que parlo es estado, quand a vougu, la lengo
pouëtico e literàri de l'Europo, la lengo de l'amour, dóu GaiSabé, di liberta municipalo, de la civilisacioun.
Pople valènt, vaqui ço que voulèn t'aprene : à pas rougi,
davans degun, coume un vincu, à pas rougi de toun istôri, à
pas rougi de ta patrio, à pas rougi de ta naturo, à reprene
toun rèng, toun premié rèng entre li pople dóu Miejour...
E quand chasco Prouvènço, e chasco Catalougno, aura
d'aquelo sorto recounquist soun ounour, veirés que nôsti
vilo redevendran ciéuta; e mounte noun i'a plus qu'uno
póusso prouvincialo, veirés naisse lis art, veirés crèisse li
letr.0, veirés grandi lis ome, veirés flouri uno nacioun (1).

Lo salvament de la

lenga serà la primièra tòca del
dirà plus tard Mistral, à Marselha, lo
25 de novembre 1882, dins son Discors sus « Lou Feli¬
brige e l'Empèri dôu Soulèu ».

Felibrige,

coma

Li Felibre se soun douna aquest pres-fa : de counserva la
lengo prouvençalo dins li rode poupulàri ounte se parlo
encaro, e de ié rendre lou respèt, à tout lou mens lou respèt,
dins l'esperit d'aquéli que, pèr un prejujat d'educacioun o
d'abitudo, la descounèisson, la desdegnon e memamen ié
fan la guerro.

(1) Discours

e

Dicho,

pp.

16-17.

�LO

2 I 2

GAI

SABER

Li Felibre, en voulènt reabili lou prouvençau, an la persuasioun de faire uno obro fièro, pas soulamen obro d'artisto

pouèto, mai obro de patrioto, obro de digneta pèr
e noste païs.
Car tóuti li pople tenon e an toujour tengu à sa lengo naturalo : pèr-ço-que dins la lengo se molo e trelusis lou caratère escrèt de la raço que la parlo. Uno lengo, en un mot,
es lou retra de tout un pople, es la Biblo de soun istôri, lou
mounumen vivent de sa persounalita (1).
e

de

nosto raço

La

mèma

1 troubaire

idèa, Mistral l'abia dita dins
catalan, en 1861 :

son

ôda

Intrépide gardian de noste parlà gènt,
Garden-lou franc e pur e clar coume l'argènt,
Car tout un pople aqui s'abéuro;
Car, de mourre-bourdoun qu'un pople toumbe esclau,
Se tèn sa lengo, tèn la clau
Que di cadeno lou deliéuro (2).
Ambe la

lenga, lo Felibrige vol salvar tôt sô que conresplendir e florir l'èime de
pôd, conservar se son vivas,
reviscolar se son môrtas, las vièlhas costumas, tôt sô
qu'empacha qu'un pòple sia nivelât, tôt sô que li pôd

tribuïs à mantene, à faire
nôstra rasa : autant que se

donar de varietat
E i

a

e

d'encantament.

tant-ben l'istôria de nôstre païs, la bêla istôria,

sobent doloroza

e sannoza, sobent glorioza, mas nôstra
Quand la coneisèm pas, l'istôria de nôstra tèrra,
quand sabèm pas sô qu'an fait de grand e de bèl nôstres ancians, sèm coma los enfants d'una familha que
saurian pas res, que voldrian pas saber res d'aquelis
qu'abant élis an portât lor nom.

enfin.

E es, fin finala, la rasa, que vol mantene e salvar lo
Felibrige. Pas una rasa, coma n'i a, que dezire creise
e grandir per escrazar las autras, mas una rasa que
siague mèstra dins son païs, que siague fièra d'ela-

(1) Discours e Dicho, p. 45.
(2) Lis Iscio d'Or, I troubaire catalan.

�LO

mêmes. Acò

GAI

SABER

èstre enemic del progrès, segur. Lo
e belèu, qualque jorn, coma
dis Mistral, es dins sa doctrina que los òmes vendran
cercar la solucion de mantuns problèmes socials, nacionals e internacionals. Mas lo progrès farà pas jamai
que los pins pòrten de figas, e que del oòr del òme s'arranque l'amor del terrador.
es

pas

progrès, lo Felibrige lo vòl,

Tout

tremudo, acò se saup. Mai l'umanita viro dins un
revoulun; e, se la trasfourmacioun es uno lèi
d'aqueste mounde, una aulro lèi es la persis'tençi di raço.
Perqué se dis : Raço racejo (1).
se

eterne

Sabètz,

cars

auditors, sò

que

dis

un

poèta de Pro-

vensa :

Li vagoun,

dins de canestello,
Carrejon tout, e lèu, lèu, lèu !
Mai carrejon pas lou soulèu,
Mai carrejon pas lis estello ! (2)

II

Cosi

foguèt préparât

Es donc per gardar à la nacion occitana sô que constituïs son èime nacional que foguèt fondât, un jorn, lo

Felibrige.
Aoô

se

faguèt

pas

tôt sol.

Vos vòli pas faire l'istòria de nòstra lenga
comola d'ensenhaments. Mas, escotatz.

d'Oc, tant

Segur, es pas mòrta, nòstra lenga. Tenètz... Vos auria
calgut èstre à Crotz-Daurada (3) dimenge pasat. Oc !

Dimenge pasat, vèrs las quatre

oras,

i èri ieu-mèmes,

(1) Discours e Dicho, p. 63.
(2) Adóufe Dumas : Souveni a mis ami de Prouvènço.
(3) Crotz-Daurada, prèp Toloza.

�LO

GAI

SABER

que m'abian demandât de venir parlai-, al pòple, de sa
lenga, e de li n' parlar dins sa lenga. I abia, aqui, de
cantaires remirables, d'òmes de la tèrra e del atelièr,
que vos cantàban à plena garganta :

o encara

:

.

■

■

Aquelas montanhás
Que tant nautas son...
.

-

•

Cinq sòus costèron... los miuniíì esclòps...
o

tant-ben

:

Auzisètz los auzelets
Cantant pets bartases...

Aquels aires, vièlhs

novèls, èra un plazer de los en¬
jamai, de tota lor vida, aquelas
gents abian pas cantat res plus. E, quand parlèri al
pôple, vos auria calgut veze luzir los èlhs e badar las
e

tendre. Auriatz dit que

bocas.
A ! se n'i a qualcun, ensà enlà, que vòlgue parlar
ponchuc e creire que li estarà mal de parlar coma los
ancians, tant pis per el. Qu'i farem ? Mas, que se figure
pas qu'anam faire coma el. Al contrari. Lo bon poèta
del endreit, nôstre amie Théron de Montaugé, un dels
plus fins esperits del païs tolozenc, que m'abia prezentat al pôple en francés, quand li calguèt me compli¬
mentaiperque totjorn se complimenta, un orator,
mêmes se parla pas trop plan —, ôc faguèt en lenga
d'Oc; e, dins sa lenga, vos òc pôdi dire, coma dins la
lenga de Jan-Francés, del « Lutrin de Ladèr » (•), i
abia pas ni porgas ni coquèls.
—

Es pas mens, pracô, que nôstra lenga d'Oc, antan,
èra la rèina, la sola rèina dins nôstre païs; èra la lenga
del

pôple, ôc,

coma es encara

(1) Obra d'Achile Mir.

la lenga del pôple, mas

�LO

èra tant-ben la

GAI

lenga dels

SABER

papas,

dels reizes

215

e

dels tro-

badors.
Un jorn, à la seguida d'eveniments que séria trop
long de contar, nôstra lenga foguèt plus rèina al siu
ostal. Los pastres e los boièrs, que la gardèron coma
un trezôr, e
l'empachèron de se morir, la degalhèron
pracô, e, cada jorn un pauc mai, se deperisia, s'embastardisia. Era devenguda sô que se dis « un patoès ».
Mas

podia pas faire que se moriguèse quicòm de
Cap al comensament del sècle XIX, ambe lo
moviment istoric e literari que s'apelèt « lo roman¬
tisme », i ajèt de gents que prenguèron gost à las cauzas d'autres còps. Coma se salvàban de la roïna los
vièlhs monuments, las lengas ancianas tant-ben interesèron fôrsa d'esperits e foguèron tornamai al onor. La
lenga d'Oc, coma fôrsa d'autras, ajèt d'amorozes e de
defensors. Sobent, èran d'ômes simples, de botièrs
coma Vestrepain à Toloza, de terralhèrs coma
Peyrottas à Clarmont d'Eraut, de perruquièrs coma Jansemin
d'Agen, que cantàban dins la lenga del terraire e la
fazian tindar als quatre vents.
se

tant bèl.

Nos'tro segoundo may ! De sabens Francimans
La coundannon à mort, dezunpèi très cens ans;

Taplà biù, saquelà, taplà sous' mots brounzinon.
Chez elo, las sazous passon, sònon, tindinon;
Et cent milo milès enquèro y passaràn,

Sounaràn, et tindinaràn (1).

Vestrepain à Toloza, Peyrottas à Clarmont, Janse¬
Agen, e d'autres un pauc pertot cantàban,
ambe mai o mens de reûsida, se serviguent d'un ins¬
trument despietadozament esquisat e rovilhat. Los sabents, arrancant la vièlha lenga d'Oc de las Archivas,
la fazian coneise, e la dolor èra mai granda dins lo cor
d'aquelis qu'aimàban lor parladura, perque la vezian
dins un plan triste estât. Dins las Academias, la lenga
min devèrs

(1) Jansemin, Epitro à Moussu Sylbain Dumoun.

�2 I

6

LO

GAI

SAtER

d'Oc èra mesprezada e li defendian d'intrar. Dins las
Esoòlas, ont s'ensénhan tant de lengas, sola, la lenga
d'Oc èra persecutada, coma s'abia e se portaba la
ronha.
Per lutar contra totis

aquelis prejujats, per ensajar
sa noblesa, sa dinnitat, e, gra^
cias à-n-ela, de tornar al pòple occitan un pauc conciencia de sa personalitat, calia una organizacion fôrta,
ambe d'òmes capables e francamenl decidats. I abia
quicòm dins l'aire, mas que? Qui entreprendria l'òbra?
Qui agafaria l'esteba del araire ?
Lo miracle de la rezurgida s'auria degut complir à
de tornar à la

íenga d'Oc

Toloza.

Toloza, tant de temps la capitala de l'Occitania; To¬
e dels VII Trobadors;
Toloza laisèt aqui pasar l'ocazion de pincar, sus sa corona de poezia, la pèrla mai treluzenta.

loza la ciutat dels comtes Raimon

Lo miracle

se compliguèt en Provensa. Perque, ne
miracle, un miracle Salvador, segon lo mòt
famos de Lamartine saludant l'aparicion de Mirèio, lo
bèi poème de Mistral :

foguèt

un,

Je vais

vous

raconter

aujourd'hui

une

bonne nouvelle !

Un grand poëte épique est né. La nature occidentale n'en

fait plus, mais la nature méridionale
a une vertu dans le soleil ! (1)

en

fait toujours

Lo miracle èra la naisensa de Mistral,

:

il

g

èra la fonda-

cion del Felibrige, èra l'espelizon de Mirèio.
Mirèio ! I a, uèi, tôt bèl just quatre-vints ans que lo
poème mistralenc sortiguèt de l'imprimaria Seguin, en
Àvinhon, per glorificar, per espandir sul monde entièr
lo nom de Provensa, lo nom d'Occitania. Quatre-vints
ans, coma notaba Mistral el-mèmes : A Maiano, lou bèu
jour de la Candelouso, 1859.
Mirèio ! flambèu merabilhos, cièrge benezit esclai(1) Cours familier de Littérature, XL' Entretien.

�LO

GAI

SABER

Tant lo maitin

217

de nòstra Renaisensa, crèmas totjorn,
treluzent. De sècles e de sècles, lo pôple
occitan abia esperat, fizansos e crezent, que se levés
enfin l'alba tant dezirada. I a quatre-vints ans uèi que
l'alba se levaba, e los qu'èran demorats fidèls à l'ama
d'Occitania podian dire : partirai sens regrèt, ja qu'ai
vist luzir lo salut de mon païs dins la claror de la Can-

beluguejant

e

deloza.
Jozëp S AL VA!

�2 I

8

LO

GAI

,

SABER

Pages à relire
L'APPARITION DE MIREILLE

Je vais vous raconter aujourd'hui une bonne nou¬
velle ! Un grand poète épique est né. La nature occi¬
dentale n'en fait plus, mais la nature méridionale en
fait toujours : il y a une vertu dans le soleil! Un vrai
en ce temps-ci; un poète né, comme
les hommes de Deucalion, d'un caillou de la Crau; un

poète homérique

poète primitif dans notre âge de décadence; un poète
g,rec à Avignon; un poète qui crée une langue d'un
idiome comme Pétrarque a créé l'italien; un poète qui,,
d'un patois vulgaire, fait une langue classique d'ima¬
ges et d'harmonie ravissant l'imagination et l'oreille;
un poète qui joue sur la guimbarde de son village des
symphonies de Mozart et de Beethoven; un poète de
vingt-cinq ans qui, du premier jet, laissa couler de sa
veine, à îlots purs et mélodieux, une épopée agreste où
les scènes descriptives de l'Odyssée d'Homère et les.
scènes innocemment

passionnées du Daphnis et Chloé

Longus, mêlées aux saintetés et aux tristesses du
christianisme, sont chantées avec la grâce de Long.us
et avec la majestueuse simplicité de l'aveugle de Chio,
est-ce là un miracle ? Eh bien ! ce miracle est dans ma
main; que dis-je ? il est déjà dans ma mémoire, il sera
bientôt sur les lèvres de toute la Provence. J'ai reçu
le volume il y a deux jours, et les pages en sont aussi
froissées par mes doigts, avides de fermer et de rouvrir
le volume, que les blonds cheveux d'un enfant sont,
froissés par la main d'une mère, qui ne se lasse pas de
passer et de repasser ses doigts dans les boucles pour
en palper le soyeux duvet et pour les voir dorés au
rayon du soleil.
de

�LO

SABËR.

GAI

Quant à toi, ô poète de Maillane, inconnu il

2

y a

19

quel¬

ques jours aux autres et peut-être inconnu à toi-même,
rentre humble et oublié dans la maison de ta mère;

attelle tes

blancs

quatre taureaux

santes à la charrue

comme

ou tes six mules lui¬
tu faisais hier; bêche avec

ta houe le

pied de tes oliviers; rapporte pour tes vers
soie, à leur réveil, les brassées de feuilles de tes mû¬
riers; lave tes moutons au printemps.dans la Durance
ou dans la Sorgue; jette là la plume et ne la reprends
que l'hiver, à de rares intervalles de loisirs, pendant
que la Mireille que le ciel te destine sans doute étendra
la nappe blanche et coupera les tranches du pain blond
sur la table où tu as choqué ton verre avec Adolphe
Dumas, ton voisin et ton précurseur. On ne fait pas
deux chefs-d'œuvre dans une vie; tu en as fait un :
rends grâce au ciel et ne reste pas parmi nous : tu
manquerais le chef-d'œuvre.dë ta vie, le bonheur dansla simplicité. Vivre de peu ! Est-ce donc peu que .le
nécessaire, la paix, la poésie et l'amour ? Oui, ton
poème épique est un chef-d'œuvre; je dirai plus, il n'est
pas de l'Occident, il est de l'Orient; on dirait que pen¬
dant la nuit une île de l'Archipel, une flottante Délos
à

s'est détachée de

son groupe d'îles grecques ou ionien¬
et qu'elle est venue, sans bruit, s'annexer au conti¬
nent de la Provence embaumée, apportant avec elle un
de ces chantres divins de la famille des Mélésigènes.

nes,

Sois le bienvenu parmi les chantres de nos climats !
es d'un autre ciel et d'une autre langue, mais tu as

Tu

apporté

avec

toi ton climat, ta langue et ton ciel ! Nous
d'où tu viens ni qui tu es : Tu

te demandons pas
Marcellus eris !
ne

LAMARTINE
Cours familier de Littérature,.
XL' Entretien (1859).

�L'Ort dels Trobaires

Lo Beure d'Amor

i

Quand lo temps arribèt, aprèp fòrsa ripalhas,
De fi^ar I^èut als senhors de Còrnoalhas,
Sa maire preparèt am d'èrbas e de flors
Un beure sobeiran congrelhant las amors
E V jì\èt à Brangien, serventa de sa filha,
En li dirent: — Aicì 'n remèdi de familha
Que deuraù beure I^èut e son reial espos
Lo primier còp qu al lèit intraran totis dos,
E fai plan atencion que degun plus ne taste !
Aqui 11 i a pron, Brangien ; sò qu'as au^it fabaste ! —
Una ora aprèp, lo bastiment subre la mar,
Butât per un bon vent, fendià lo flòt amar.
Pauc à pauc fugisià lo ribatge d'Irlanda,
E lèu se vejèt plus que l'cèl e la mar granda.
E garaqui qu'un jorn lo bon vent sarrestèt
E que lo bastiment prèp una ila arribèt.
Com se sentisià pas la mendre aura leugèra,
Mariniers e senhors desendèron à terra,
E tant-ben desendèt la serventa Brangien,
Laisant qiïl^èut e que Tristan sul bastiment.

�LO

GAI

SABER

221

II

I^eut la Blonda
prigonda.
En cercant de tôt caire, an finit per trobar,
Dins un cofret, un vin per los de^alterar.
Mai ne bébon, e mai an la boca afiambada,
De tal biais que lor set es jamai atudada.
Segurament, era pas vin, sò qu'an begut,
Mas lo gran fòc d'amor dins lor còr desendut:
An begut la pasion cremant lo còs e Vama !
Tre que Brangien los vei, espaventada, clama:
O malastrucs, de vos quitar qu'ai agut tòrt!
Ef condamnais à vos aimar dusc'à la mòrt!
Que devendrem ? Tristan, as begut lo beuratge
Destinât al rei Marc per lo siu maridatge !
Ifeut! per vòstra maire aquel fort vin erbat
Per qu'aimèsetf lo Rei es estât préparât :
Demorats sols

à-n-aquela

E lo valent Tristan

ora,
set

an una

—

Lo

vos

debiai servir la nèit de vòstra nòsa.

Ai dins lo còr dolor atròsa...—
Iqèut e Tristan, tots comols de pasion,
Als planhums de Brangien fan pas brica atencion:
Se ténon abrasats, long-temps se potonèjan
E, per s'aimar afons, dosament s'espaséjan ...

Ara, que faire ?
Mas

�lo

222

gai

saber

III

vogaba tornamai ves Tintagèl,
maldisià l' sort crudèl :
Ailàs ! sèm totis très dins la mala aventura !'
Legisi vòstra mòrt dins vòstra agaitadura!
Malastruga que som ! e maldit sià lo jorn
Ont ai aperegut sul terrestre sejornl
Subretot sià maldit lo jorn ont som montada
Sus la nau ont abèt% begut licor erbada!
Vos, mon amiga bêla, e vos, Tristan lo Fort,
Abèt\ begut VAmor, la Dolor e la Mòrt! —
Tristan, en Vescotant, à son oncle soscaba:
Qun tòrt abià l'rei Marc qu'à ieu tant se fi^aba
De la que vòl pr' espo^a ara som amoros !
Es ela qu'ambe ieu trahirà son espos ! —
I^èut, la paura Ifieut, per lo filtre enfadada,
Per un culpable amor se sentis ro^egada:
Aquel Tristan, com l'aimi! E V voldriai afirar!
QiTes fòrta la dolor que me cal endurar !

La

nau

E la serventa atal
—

■—

—

Ara, tôt me tormenta, e mon còs, e ma vida,
E, duscas à ma mòrt, serai plus regaudida ! —
Totis très, de^olats de tant caler
Pòdon plus ni manjar, ni beure,

sofrir,
ni dormir.

Prosper ESTIEIE
Lo Beure d'Amor

(IV).

!'

�LO

GAI

223

SABER

Lluita amb

fàtigel{l)

Sola, ben sola en la tenebra,
l'inquietud em dava febre ;
vinguê l'Inconegut, sense tocâ
les portes de la nit, i contra mi
Si era foll, si era savi,

lluità.

jo no ho sabia, i com desesperava
de poguer el vencer, era tant fort,
lluitava de valent, amb tôt el cor,
en la via insegura

d'aquella nit obscura.
perdia Vaie

Ne

sense

eri

voler mercé;

en

on me

la

mar

atormentada

feria cada onada ;

LUTTE

AVEC L'ANGE

Seule, bien seule dans les ténèbres, — l'inquiétude m'en¬
fiévrait, — lorsque vint l'inconnu, sans toucher — les portes
de la nuit, et contre moi il lutta. — S'il était fol, s'il était
sage, —je l'ignorais, et comme je désespérais — de le vain¬
cre, il était si fort, — je luttais vaillamment et de tout coeur
dans la voie incertaine — de cette nuit obscure. ■— Je per¬
dais le souffle — sans vouloir merci ; —j'étais dans une mer
—

(1) Trait del libre Lluita ami l'àngel, de dôna Simona
l'Academìa dels Jôcs Florals (Grand Prètz de
Fabian-Artiga 1939).

■coronat per

-zia.

Gay,

Poe-

�lo

224

gai

saber

sempre dreta pel combat
esperava Vcmbat.
i

Quan la fosca esdevingué blava
i l'alba puntejava,
l'Inconegut em tocà els ulls ;
del llibre de la vida es giraven els fulls.
Dintre la nit el meu voler s'entenebria,
contre d'un àngel combatia.
Com un sentit amagat que es desclou,
m'era ensenyat el neixer de bell nou ;
veia amb goig verdader la pagina nevada ;
calia aquesta nit pel crit d'alba gemada.
LAngel digue : « l'aurora veus lluir,
Déu t'ha probat, ja tens la llum, deixa'm partir».
« Si em tens de beneir, ; Angel ! », i el retenia.
—

Llavors embenei

...

S'aixecava el nou dia

...

Simona GAY.

tourmentée

—

où

chaque

vague me

blessait;

—

et toujours

droite pour le combat — j'attendais l'assaut. — Quand l'om¬
bre devint bleue — et que l'aube perçait, — l'Inconnu tou¬
cha mes yeux ; — du livre de la vie tournaient les feuillets. —
Dans la nuit la volonté s'enténébrait, — contre un ange je
Comme un sens caché qui éclôt, — il m'était
combattais.
—

enseigné comme il faut naître de nouveau ; — avec une
vraie joie je voyais la page neigeuse ; — il fallait cette nuit
pour ce cri d'aube gemmée. — L'Ange dit : « tu vois luire
l'aurore, — Dieu t'a éprouvée, tu as déjà la lumière, laissemoi partir».
«Non pas avant que tu ne m'aies bénie,
Ange ! » et je le retenais. — Alors il me bénit... Le jour nou¬
veau se

levait.
S. G.

�BOLEGADISA OCCITANA
L,a Lenga

d'Oc à l'Escòla

La Comìsion permanenta del Ensenhament
mandat al Ministre de l'Educacion nacionala la
a

provensal abia

letra que seguis.

l'Education Nationale.

Monsieur le Ministre de

juillet 1938 vient d'intro¬
langues qui peuvent être présen¬
originaires de Madagascar

U11 récent décret en date du 18
duire le «malgache» parmi les
tées comme seconde langue par les
à l'examen du Baccalauréat, série
Par ailleurs

B.
bénéficient déjà d'une pareille mesure

le cam¬

bodgien et l'annamite.
Cest

pourquoi nous avons l'honneur de

sement à Monsieur le Ministre de
dre le bénéfice de cette mesure à
naires des

Pays d'Oc.

demander respectueu¬

VEducation Nationale d'éten¬

la langue d'Oc pour les origi¬

Considérant :

ladite mesure n'est en aucune façon susceptible de créer
difficultés dans les emplois du temps de nos élèves, pas plus
que dans les horaires de nos établissements du second degré;
qu'elle ne nécessite en aucune façon la création de cours de
langue d'Oc dans lesdits établissements et qu'elle ne saurait
par conséquent être une charge nouvelle pour le budget, ni ré¬
clamer une nouvelle spécialisation des professeurs ;
que

des

français, que cette me¬
cambodgiens et
malgaches de notre Empire, ne saurait être logiquement refu¬
sée à nos compatriotes méridionaux qui désireraient en profi¬
que la sollicitude du Gouvernement
marque pour nos compatriotes annamites,

sure

ter ;

que cette mesure ne peut que contribuer à développer l'ensei¬
gnement du provençal déjà organisé dans l'enseignement supé¬
rieur de nos facultés, et que l'on ne peut prétendre rendre vi¬
vant cet enseignement sans aucune préparation antérieure;
que, enfin, la valeur humaine et universelle de civilisation
contenue dans la littérature d'Oc, qui peut s'enorgueillir d'un
génie universellement reconnu, et, à coté de Mistral et depuis
lui, d'une floraison littéraire et intellectuelle intense qui ne
cesse de s'amplifier, est de toute évidence au moins égale à la
valeur humaine et universelle des littératures de langues anna¬
mite, cambodgienne ou malgache.
A Marseille, le 10 Mars 1939,
19, rue Berthelot, Sainte-Marthe.

�22Ó

LO

E aici la responsa

GAI SABER

qu'a fait lo ministre.
Paris, le

Monsieur le

25

avril

1939.

Directeur,

voulu me saisir d'un vœu relatif à l'introduc¬
d'Oc parmi les langues qui peuvent être pré¬
Baccalauréat, série B.
Vous prene\ occasion de l'inscription du malgache, de l'an¬
namite, du cambodgien sur la liste de ces langues. Mais l'assi¬
milation que vous établisse$ ne me semble pas devoir être rete¬
nue. Les raisons qui ont motivé ma décision après avis du Con¬
seil Supérieur, tiennent à la nécessité de tenir compte du fait
que, dans l'Unité de l'Empire, des groupes conservent leur in¬
dividualité culturelle, asse\ distincte de la nôtre pour que nous
devions la respecter. Cette reconnaissance qui se marque déjà
dans le statut national de quelques-uns de ces groupes est de
haute convenance politique et de nature à fortifier les liens
qui nous unissent à nos sujets ou à nos protégés d'outre-mer.
Ceci ne touche en rien à la portée éducative de l'œuvre mistralienne qui fait partie de notre patrimoine national.
Mais en dehors du fait, que contrairement à ce que vous deve\ penser, le baccalauréat ne saurait sanctionner que des étu¬
des régulièrement faites dans nos établissements secondaires et
que l'inscription d'une matière nouvelle suppose l'institution
d'un enseignement impossible à envisager pour le présent, je nesaur ais prendre aucune mesure qui fût susceptible d'être invo¬
quée comme un précédent sur le territoire métropolitain.
Veuillei agréer, Monsieur le Directeur, l'assurance de ma
considération distinguée.
Jean ZAY.
Vous ave\ bien
tion de la langue

sentées à l'examen du

Anem! Anem !

qu'es acò? «Enseignement impossible à envi¬

sager pour le présent»? Volètzrire, Senhe Ministre?
lètz pas rire. Fazètz que vos trufar de nos-aus, coma
fait los ministres de Paris.

Non, vototjorn.

an

descorajar pracó, e complimentam la Comision.
d'aquela iniciativa. — E, en atendent qu'un jorn
vengue un ministre mai complazent, trabalhem, ensenhem, farguem d'utises e preparem d'ômes per qu'alavetz aquel ensenhament siague pas imposible d'organizar.
Se cal pas
Permanenta

Las

Brugas Carsinèlas de Côus (Caors) an

l'aire de voler plan

florir. An donat déjà de bêlas reprezentacions, jogant,.
dansant e cantant, ajudas, d'aqui entre aqui, pel dizeire Galy,,
vengut del Roèrgue. Aici una polida tièra:
raisejar

e

�LO

lo

7
13

—

14

—

SABER

227

de mai à Praisac,
—
Côus,
—
Pech l'Abesque,

21

—

GAI

—

Luzech,

Côus,
iodejunhà Côus.

31

—

—

—

gaireben pertot, La Solenca, de Fabre, traduzida
Enric Mouly.
A las joventas, als jovents de Las Brugas Carsinòlas, à lor
capiscôl afogat Caries Mouly mandam nòstres compliments

Al programe,

per

■corals.

Compliments al senhe Barrière,

cónse de Sant-Adornin,

d'engimbar un Buletin d'Union e de Propaganda pels
Amies del Rocàs de las Vièrges, ont i a lo Bósc dels Felibres e
l'inscripcion en onor dels Felibres morts per la Patria. Les Amis
du Rocher des Felibres pòd qu'ajudar la Comuna de Sant-Ador¬
nin à gardar dinnament lo remembre dels nòstres morts. Dins
lo primièr numerô trobam las sinnaturas de P. Barrière, G.
Combarnous, Cl. Roques, A. Vaillé, J. Salvat. Om se pód abonar en mandant 10 frs. per an à «M. le maire de Saint-Satur¬
nin» (Hérault).
que ven

Institut

Al mes de febrièr pasat, lo canonge Médan donèt, al
Catolic de Toloza, très interesantas conferencias sus los
tes

Con¬

popularis de Gasconha.

Nôstre secretari l'abat Salvat a prédicat en
6 d'abrilh à Montréal (La Pasion),

lenga d'Oc,

lo
—

—

—

.

—

—

7
21
2

Labastida-Roairos (La Pasion),
Quilhan (L'Accion Catolica),
Laura (Lo Martiri),
Caunas (La Litson dels Côrps Sants),
—
Castèlnôudari (St. Joan-Bta).
parlar sus «Mistral», lo 26 de mai, als Catalans réfu¬
—

de mai à
de junh à

18

25

Es anat

—

giais à Toloza.
La Fèsta del Blat Novèl (Va. annada) s'es faita à Montjard
(Lauragués) lo dimenge 9 de julhet, jos la prezidensa del Senhe
Théron de Montaugé, manteneire dels Jòcs Florals, amb una fe
e un estrambôrd renovelats. Discorses occitans à la Comuna,
■sermon del majoral-abat Salvat à la mesa, cortège pintorèse
del Blat novèl à travèrs las carrièras del vilatge,
librenca e vesprada ambe dansas e cants

taulejada fe-

popularis. Lo Senhe
Théron de Montaugé diguèt al pôple la bêla litson d'union frairenala que donaba aquela jornada de poezia.

�228

LO

GAI

SABER

Senhalam, ambe plazer,

una interesanta conferencia que nôsSecretari-adjunt, Joan Séguy, faguèt lo disate 8 de julhet
posta de Toloza-Pirenèus sus lo Folklôre comingés.

tre

al

ABÈM

LEGIT:

Bulletin de la Société des Bibliophiles deGuienne (2 trim.1939):
Gric de Prat et la littéraUire gasconne du Bordelais, estudï

interesant,

per

P.-L. Berthaud.

L'Éclair
per

(26.IV. 1939) : Le régime municipa l et les décrets-lois,
Juli Véran. A prepaus dels decrèts portats pel Gobèrna-

ment contra las

vilas de Marselha

Cette

réforme sera discutée.
Marseille a protesté, au nom
«

évidemment, s'en

trouvent

feu. Elle n'a trouvé

aucun

e

de Paris,

l'autor escriu:

La

municipalité socialiste dedes libertés communales, qui,
atteintes. Sa protestation a fait long
écho.

La tradition des libertés

com¬

munales, même dans notre Midi où elles ont fleuri pendant des
siècles, et que les Méridionaux avaient, pour ainsi dire, dans
le sang, s'est bien perdue. De temps
à autre, on en agite le
mot, mais les réclamations ne vont pas loin. La centralisation
qui a passé son niveau sur les esprits comme sur l'organisation
administrative du pays, les a vidés même du souvenir de l'épo¬
que où nous avions des «consuls» qui, comme dit Mistral dansson Ode
aux
Catalans, «quand ils sentaient le droit dedans,
savaient laisser le roi dehors ». Il y avait même, dans le Midi,
tradition fédéraliste. Son dernier
une
représentant est mort
avec Xavier de"Ricard.
Nous avons des «régionalistes», mais
qui jusqu'ici, n'ont réussi, malgré leur activité, qu'à organiser
des banquets où on mange des mets régionaux, et des exhibi¬
tions, charmantes d'ailleurs, de danses et de costumes des di¬
verses
provinces. Les félibres, seuls, représentent l'élément le
plus vivace de la résistance à la centralisation, car ils se ser¬
vent de l'arme la plus sûre pour qui veut
garder à son pays,
au moins une certaine
indépendance, une autonomie tout au
moins spirituelle, et, cette arme, c'est la
langue. Mais, parmi
les félibres même, combien sont-ils, qui connaissent réellement
la doctrine mistralienne pour l'avoir étudiée? Et
quelle pru¬
dence, en outre, chez ceux auxquels Mistral faisait appel, «les
vaillants, les majoraux » !
«Voilà pourquoi ces atteintes si graves,
portées au régime
municipal, ne trouvent guère d'opposition que chez certains
directement touchés par ces décrets, qui, au fond, s'en
moquent
parfaitement et ne les mettent en avant que d'un point devue partisan, pour combattre
un Gouvernement qui les gêne.
«Puis, il faut bien dire que si on tient aux libertés communales,,
on

doit les mériter...

»

CRI-CRI.

Impr. Lauraguaise

-

Castelnaudary.

Le Gérant: A. PRAVIEL.

�Règles de Phonétique Occitane
i° VOYELLES.

dans le corps d'un mot,
français ; mais s'il
constitue une terminaison féminine, il est semi-son¬
nant et se prononce entre a et o, suivant la région ;
e sonne comme é fermé français, et è comme è ou¬
vert français ; —- i équivaut à i français ; — u égale¬
accentué

ou

a,

—-

seul

ou

non, sonne comme a

—

mais, après une voyelle, il a le son ou fran¬
ò ouvert se prononce comme o français, et
fermé comme ou français.

ment ;

çais
0

;

—•

b, c, d, f, g, j, 1, m, n, p, q ( toujours
t, z sonnent comme en français ; mais
c devant e et i est sifflant comme s français; —- j sonne
comme tz, dans certaines régions ; — m se prononce
2° CONSONNES.

suivi de

comme n

u),

—

r, s,

à la fin de la i" pers.

du pluriel des verbes

;

muet, sauf quelques rares exceptions, à la fin
des substantifs ; —■ r est souvent muet à la fin des
—-

n

est

substantifs

des

adjectifs, sauf en Provence, ainsi
est toujours dur et sifflant; — t est
muet à la fin des participes présents et de la plupart
des mots en ment; — v sonne comme b, sauf en Pro¬
et

qu'à lfinfinitif;

—

s

—

ch, lh, nh se prononcent: tch, ill, gn.

vence.

3° GROUPES.

munit iiiimiiiiiiiiiimmiiiiiiimiimiiiiiimiiii

LA CiS-SÏA m SAISIT DOSflEMGE
ESI
1
|
1
|

ÏËRRA LAUXAGUEZA

(18 tableaux de Paul Sibra et autant de médaillons historiques en langue d'Oc de l'abbé
Salvat), a paru dans un N° spécial de SEPTIMANIE (40 francs).

Adresser toute demande à M. le Docteur

zilhac,

rue

Turgot, Narbonne (Aude).

§
|
|
|

Duplessis de Pou-

�eisr VENTE A

l'Imprimerie d'Editions Occitanes
3. Quai du Port

-

CASTEL.NAUDARY

Prosper ESTIEU.
Lou

Terradou,
i vol.

franceza, (

sonets

in-8°,

occitans

300

p.)

Flors d'Occitania, sonets

ambe

■—rare

.

traduccion

fr.

30.

»

occitans ambe traduccion

franceza, (1 vol. in-8°, 280 p.)
fr.
20. »
La Canson Occitana, poèmes en lenga d'Oc, ambe
traduccion franceza, (1 vol. in-8°, 264 p.) fr.
20. »
Lo Romancero Occitan, poèmes en lenga d'Oc, ambe
traduccion franceza, (1 vol. in-8% 344 p.) fr.
20. »
Lo Flahut Occitan, 43 chansons avec musique, texte
occitan et traduct. franç. pouvant se chanter dans les
deux langues, (1 vol. in-8°, 104 p.)
fr.
16. »
Las Bucolicas de Vergili en ritmes occitans ( 1 volin-8, 68 p.)
fr.
10. »
.

.

.

Lo Fablier

(1 vol. in-8,

Occitan, ambe lexic
170

p.).

occitan-francès
fr.
20. »

Las Oras Cantairas, sonets occitans ambe traduccion
franceza, (1 vol. in-8 carrat xvi-276 p.) . fr.
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L'IMPRIMERIE

D'ÉDITIONS

OCCITANES
( Imprimerie Lauraguaise )
3, Quai du Port

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              <text>Lo Gai Saber (&lt;a href="http://occitanica.eu/omeka/items/show/13154"&gt;Acc&amp;egrave;s &amp;agrave; l'ensemble des num&amp;eacute;ros de la revue&lt;/a&gt;)</text>
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              <text>&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;em&gt;Lo Gai Saber&lt;/em&gt; est une revue litt&amp;eacute;raire occitane publi&amp;eacute;e depuis 1919. La rubrique &lt;em&gt;L'&amp;Ograve;rt dels trobaires&lt;/em&gt; est consacr&amp;eacute;e &amp;agrave; la po&amp;eacute;sie, la rubrique &lt;em&gt;Bolegadisa occitana&lt;/em&gt; donne des informations sur l'actualit&amp;eacute; de l'action occitane. La revue fait aussi &amp;eacute;cho des publications du domaine occitan et des r&amp;eacute;sultats du concours annuel de po&amp;eacute;sie occitane de l'Acad&amp;eacute;mie des Jeux floraux.&amp;nbsp;&lt;/div&gt;</text>
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              <text>&lt;div style="text-align: justify;"&gt;Lo&amp;nbsp;&lt;em&gt;Gai Saber&lt;/em&gt;&amp;nbsp;es una revista liter&amp;agrave;ria occitana publicada dempu&amp;egrave;i 1919. La rubrica&amp;nbsp;&lt;em&gt;L'&amp;Ograve;rt dels trobaires&lt;/em&gt;&amp;nbsp;es consacrada a la poesia, la rubrica&amp;nbsp;&lt;em&gt;Bolegadisa occitana&lt;/em&gt;&amp;nbsp;balha d'informacions sus l'actualitat de l'accion occitana. La revista se fa tanben lo resson de las publicacions del domeni occitan e dels resultats del concors annadi&amp;egrave;r de poesia occitana de l'Acad&amp;egrave;mia dels J&amp;ograve;cs florals.&lt;/div&gt;</text>
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