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                  <text>Support[s] et contenus littéraires des productions
occitanes contemporaines.

[in actes des Journées d’étude « Présence des littératures contemporaines en langues régionales de
France » Lille, 28-29 septembre 2010, Bien dire et bien aprandre n° 28, Centre d’études médiévales et
dialectales Lille 3, p. 69-87, article revu et complété le 1 er février 2019]

Mille ans de littérature occitane… Si les troubadours sont connus des milieux de la
culture – ils le sont paradoxalement plus à l’étranger qu’en France où l’ignorance sur la
réalité de leur art ne peut que provoquer l’indignation 1 –, si quelques noms apparaissent
parfois dans la presse nationale (Frédéric Mistral, Max Rouquette, Bernard Manciet ou
Robert Lafont…) la vitalité actuelle de la littérature occitane est insuffisamment connue. La
langue occitane que Pey de Garros en 1565, avant Mistral en 1859, disait mespresada
[méprisée], cette langue dont la plupart des écrivains ont eu dès la première renaissance des
XVIe-XVIIe siècles la conscience diffuse de son fonctionnement diglossique n’a pourtant
jamais cessé de susciter une littérature abondante.
Mon collègue François Pic dresse ici un panorama de l’édition sur un peu plus d’un
demi-siècle, après le renouveau de l’après-guerre. En ce qui me concerne, j’ai voulu
concentrer le point de vue sur la période plus contemporaine : la fin du XXe siècle et le début
du XXIe.
À l’aube du XXIe siècle, au fur et à mesure que s’éteignent inexorablement les
derniers locuteurs naturels, dont le nombre est encore insuffisamment compensé par les
néo-locuteurs, des livres en occitan continuent de s’écrire. Un des signes de cette vitalité est
l’émergence de jeunes écrivains de moins de 30 ans qui assurent ainsi la continuité de la
chaîne de l’expression littéraire occitane. Tous les genres sont concernés, dans une diversité
de niveaux de qualité littéraire et ces textes sont véhiculés par des supports qui se
diversifient. C’est de ce foisonnement que je voudrais essayer de rendre compte ici. Je
m’interrogerai sur les genres de cette création contemporaine et sur les supports qui lui
permettent d’accéder à la connaissance d’un public, limité certes, mais bien réel.

1. Supports et canaux de diffusion de la création littéraire occitane
En ce début du XXIe on peut observer un réseau diversifié de structures qui assurent
l’existence et la circulation de la littérature occitane. Il y a d’abord les lieux traditionnels,
maisons d’éditions, revues occitanes, certaines revues françaises, les anthologies, les prix
littéraires. Mais il y a aussi le phénomène récent d’Internet 2, avec l’explosion des blogs qui
1

Sur ce point, on pourra consulter notre article : « Images et représentations de la langue et de la littérature
occitane dans quelques manuels de français (1970 - 1995) », Lengas n° 49, PULM, Montpellier, 2001.
2
Cf. Henri Boyer et Philippe Gardy, Dix siècles d'usages et d'images de l'occitan – Des troubadours à l'internet,
Paris, l’Harmattan, 2001

�viennent relayer le canal de la chanson occitane comme support populaire de l’expression
poétique, phénomène connu depuis les années 60-70.
Notons aussi la réactivation, il y a 3 ans, du PEN-Club de langue d’oc
(http://www.jfbrun.eu/penclub/) fondé en 1963 par Max Rouquette.

1.1-L’édition d’ouvrages
Deux sources donnent un aperçu des éditions récentes :
-

les catalogues des maisons d’édition, pour une bonne part disponibles sur Internet

-

la bibliographie 2002-2006 établie par le CIRDOC (Centre interrégional de
développement de l’occitan), consultable à l’adresse
http://fr.calameo.com/read/000292115c0aca610c225

Nous avons dénombré une vingtaine de maisons d’édition occitanes, certaines
professionnelles, d’autres gérées par de façon militante. Mais la simple consultation des
parutions en occitan sur une année montre qu’à côté de ces structures clairement
identifiées, à l’existence pérenne, des livres sont éditées dans des lieux extrêmement variés,
associations, collectivités, autoéditions à compte d’auteur, etc. Ces éditions se spécialisent
souvent spatialement : ainsi peut-on identifier des œuvres d’écrivains locaux, à la langue et
aux thématiques nettement liées au lieu d’édition. Le genre des récits de vie, des souvenirs
est bien entendu abondant, de même que celui des chroniques villageoises. Ces textes n’ont
pas toujours l’exigence littéraire dont on pourrait rêver, mais témoignent souvent d’une
belle qualité de langue naturelle et d’une grande expressivité comme ils témoignent de ce
désir d’écrire en occitan.
Si nous nous en tenons aux maisons d’édition identifiées comme telles, la diversité
prévaut là aussi. Certaines se veulent spécialisées dans la littérature (Jorn [Jour], Reclams
[Échos], Letras d’òc), voire plus précisément dans la poésie (Jorn). D’autres sont généralistes
et publient conjointement des outils pédagogiques, des documents de civilisation, des
essais… (IDECO, Vent Terral, CRDP-Centres régionaux de documentation pédagogique).
Certains éditeurs, Trabucaire pour la prose, Jorn pour la poésie, Letras d’òc pour les deux
modes d’écriture, ont un parti pris affirmé d’exigence. À l’inverse, le principal responsable
d’IDECO au début des années 2000, Robert Marti (lui-même écrivain occitan de talent)
revendiquait avant tout l’éclectisme de son catalogue : donner à lire de tout, pour tous, sans
exigence de qualité préalable, et aussi servir de laboratoire à de premières œuvres ; en cela,
IDECO joue un rôle similaire à celui des revues.
Nous nous contenterons ci-après de rappeler les noms des principales maisons
d’éditions, en précisant que la bibliographie du CIRDOC révèle quantité d’autres lieux dont
les publications sont plus ponctuelles. Pour ne prendre qu’un exemple de ces derniers,
l’Ostau dau País Marselhés la Maison du Pays Marseillais, association gérée par de jeunes

�militants actifs dans les milieux musicaux 3, a publié en 2008 le dernier recueil du grand poète
Roland Pécout, après avoir donné une édition en graphie classique des chansons de Victor
Gelu, célèbre auteur marseillais du XIXe siècle.
Parallèlement, l’observation de la bibliographie des auteurs qui ont une production
importante (Serge Bec, Robert Lafont, Bernard Manciet, Roland Pécout, ou Max Rouquette,
par exemple), est révélatrice de cet éparpillement des lieux d’édition.
Jean-Claude Forêt nous a fourni récemment un utile recensement commenté du « réseau
éditorial occitan »4. Nous y renvoyons le lecteur et nous contenterons ici de dresser un
tableau synthétique des principaux éditeurs, qui va bien au-delà des quelques-uns
mentionnés ci-dessus et qui demanderait sûrement d’être complété :

3

Cf. Elisabeth Cestor, La vie en oc. Musique !, sur des photos d’Augustin Le Gall, Marseille, Carnets
Méditerranéens, 2010 : « À la fin des années quatre-vingt, ce sont les Marseillais Massilia Sound System (MSS)
qui associent reggae et « patois » de la cité phocéenne : les jeunes générations sont séduites. Elles s’identifient
à ces rythmes citadins […] et finalement intègrent dans leur univers une culture locale jusqu’alors ignorée. […]
une chourmo (terme provençal signifiant une « équipe », sorte de fan-club) accompagne et prolonge la vie de
cette joyeuse bande, regroupant près d’un millier de personnes. », p. 15.
4
Jean-Claude Forêt et James Sacré, L’aujourd’hui vivant de la poésie occitane, avec introduction de Philippe
Gardy, supplément revue Triages, Tarabuste Editions, 2009, p. 22-29.

�Édition

Localisation

Littérature / généraliste

IDECO (IEO)
www.ideco-dif.com/
Vent Terral
http://www.ventterral.c
om/

Puylaurens
(Tarn)
Valderiès
(Tarn)

Reclams
http://www.reclams.org
/
Per Noste
http://www.pernoste.co
m/
Novelum
et
le
Leberaubre
http://novelum.ieo24.o
nline.fr/

Pau (Béarn)

Littérature

1897

Plutôt gasconne

Béarn

généraliste

1960

Exclusivement
gasconne

Périgord

généraliste

Plutôt Limousin,
volonté affirmée
d’élargissement

Lo Chamin
Jaume

Limousin

Littérature

Limousin

Lo Gai Saber

Près de
Toulouse

Littérature

1919

OC
http://www.ocrevista.co
m/

Entre
Toulouse et
la Côte
d’Azur
Languedoc

Littérature

1923

Plutôt
languedocien, sans
exclusive
interoccitane

Littérature

1980

interoccitane

2

Périgord

généraliste

1975

interoccitane

1

Aude

Poésie – musique
médiévale et
méditerranéenne

de

Sent

Jorn
http://www.editionsjorn.com/
Fédérop
http://www.federop.co
m/
Troba
Vox
http://trobavox.wixsite.
com/editions

date de
création

Interoccitane /
régionale

Données chiffrées&lt;

Degré
d’exigence

Genres littéraires

Remarques

généraliste

Interrégionale

De 5 à 6 titres /an

généraliste

Plutôt
languedocienne

Publication de littérature
abondante dans les
années 1970-80, plus
généraliste depuis.

Tous
publics
Tous
publics

Tous, avec niveau
d’exigence variable
Au début, création
d’une collection de
poésie, mais existence
d’autres genres

Adossé à l’Institut d’Estudis Occitans,
créé en 1945
Spécialisé, entre autres sur l’écrivaine
de l’entre-deux guerres Louisa Paulin

interroccitane

Public
cultivé
1à2

Édite aussi la revue du même nom

Tous
publics

Tous, y compris théâtre

Tous
publics

Tous, y compris
théâtre.
Forte tendance au
fantastique
Poésie principalement

5 ou 6 titres depuis la
création de la collection
« Òc passatges »

Littératu
re grand
public
Exigence
de
qualité

Tous, une part
importante de
traduction en oc
Tous, y compris
traduction

Exigence
de
qualité
Exigence
de
qualité

Poésie

Prose et poésie

poésie

D’abord section départementale IEO,
devenu indépendant.
Édite une revue « País gascons »
Edite une revue : Paraulas de novelum
Novelum, section périgourdine de
l'Institut d'Estudis Occitans.
Idem revue Lo Leberaubre
Auteur phare : Joan Ganhaire.
Un auteur phare : Marcelle Delpastre.
L’éditeur est son héritier littéraire,
Dau Melhau
Revue et éditions de l’Escòla occitana,
au départ liée au Félibrige
Revue et éditions. Depuis le début,
volonté d’ouverture au catalan
« Germanor ». Place pour l’expression
plastique.
D’abord revue, puis maison d’édition

Créée par Bernard Lesfargues,
collection spécialisée « Fédéroc ». Les
successeurs continuent d’éditer un
titre occitan de temps en temps.
Créé par Gérard Zuchetto, musicien et
spécialiste des troubadours, récente
collection de poésie contemporaine

�Catalogne –
Pyrénées
Orientales
Toulouse

généraliste

1985

interoccitan

1à2

Exigence
de qualité

Essentiellement prose,
un seul livre de poésie

Littérature

2005

interoccitan

3à4

Exigence
de qualité

Tous

Cantal

généraliste

1988

Auvergnat et
limousin surtout

1à2

Tous
publics

Prose

Lo convise

Cantal

généraliste

Auvergnat

Une quinzaine

Une part « tradition »,
une part savante

Lié au Félibrige

Aura productions

Hérault

Maison de disques

interoccitan

1à2

Poésie

Collection « trésors d’Occitanie »
Anthologies personnelles des grands
écrivains contemporains avec CD
des textes lus par les auteurs.

CRDP Bordeaux /
CANOPE, Cap’oc :

Généraliste,
principalement
pédagogique

Gascon - Limousin

3à4

Scolaire 1er
– 2nd degré

Albums contes et
histoires

CRDP Montpellier

principalement
pédagogique

Languedocien provençal

15 albums enfants
7 albums adolescents

Enfants
adolescent
s

Plusieurs collections,
dont des albums pour
enfants traduits

panoccitan

11 titres au début des
années 2000- arrêt
brutal en 2005
41 titres

Public large
cultivé

Chaque production littéraire est
accompagnée de fiches
pédagogique – Production
brutalement arrêtée en 2015.s
coll. « Occitanas » ; bilingue, belle
qualité éditoriale.

Tous
publics

Tous genres,
principalement prose

Auteurs principaux : Giély, Galtier,
Blacas

Plus 300 titres depuis la
création

Public
cultivé
Public
cultivé

Plutôt poésie

Editeur de qualité, diffusion un peu
confidentielle hors Provence
Belle présentation, choix éclectique
et ouvert.

Public
cultivé

Classiques provençaux,
et mistraliens

Trabucaire

http://www.trabuca
ire.com/

Letras d'òc
http://www.letras
doc.org/
Ostal del libre

http://ostal.del.libre
.cantalpassion.com/
http://www.loconvise.com/
http://www.auraoccitania.com/treso
rs.php

https://capoc.crdpaquitaine.fr/

http://accueil.crdpmontpellier.fr/

Atlantica

Biarritz

Littérature

Prouvenço d'aro

Marseille

généraliste

1980

Provençal graphie
mistralienne

L’Astrado

Var

généraliste

1965

L’Aucèu libre

Sommières
(34)

Littérature

Provençal, graphie
mistralienne
Interoccitane / bigraphique

A l’azar Bautezar

Montfaucon
(30)

Littérature

http://www.atlantic
a.fr/
http://www.prouve
nco-aro.com/

http://lauceulibre.c
om/
http://www.alasard
bautezar.com/

Uniquement
Provence

Poésie et prose

La collection « Pròsa occitana » est
dirigée par Philippe Gardy

Beaux ouvrages… éditions
scientifiques très fiables

�1-2. Les revues.
Les revues ont un rôle irremplaçable pour permettre à de jeunes auteurs de faire
leurs premières armes. Les trois plus anciennes, Reclams (née en 1897), Gai saber (1919), et
Òc (1923), continuent de remplir cette fonction. Elles publient entre 3 et 4 numéros par an
et sont aussi le lieu d’existence d’une critique, hélas pas assez développée faute de
disponibilité des uns et des autres. Dans Òc, il faut noter le travail précis et continu dans ce
domaine de Jean-Frédéric Brun et de Philippe Gardy.
La revue Òc : sur le site http://www.ocrevista.com/ est présentée par une phrase de
son fondateur, Ismaël Girard : « Apartenèm au monde » [Nous appartenons au monde],
reprise un peu plus loin par l’expression «poténcia creadoira de tot l’espaci occitan dins lo
concèrt de las literaturas del monde » [puissance créatrice de tout l’espace occitan dans le
concert des littératures du monde]. L’accent est mis sur la volonté de publier, à côté de
textes occitans qui couvrent l’ensemble des variétés de la langue, des textes traduits
d’autres langues mais aussi sur la place insigne faite au catalan, depuis la création de la
revue. Dans la période récente, la revue a décidé de donner une place importante à des
plasticiens dont les œuvres accompagnent les textes publiés. Elle s’inscrit ainsi dans le travail
pionnier de Félix Castan qui créa dans les années 1970-1980 La Mòstra del Larzac,
conjointement lieu d’exposition d’art contemporain et de rencontres littéraires. À noter la
création récente, par l’équipe d’animation de la revue, de la collection « Òc/passatges » qui
a notamment permis la publication de premières œuvres comme celles de Joan Francés
Mariòt ou Olivier Lamarca.
La revue Reclams a aussi un site Internet dédié http://www.reclams.org/ et encore
plus que Òc elle s’adosse à une maison d’édition. Si la littérature gasconne est privilégiée
dans la revue comme dans la maison d’édition, l’ouverture interoccitane est effective depuis
au moins une dizaine d’années.
Gai saber (http://lo.gai.saber.free.fr/) publie aussi, à côté de la revue, des œuvres
complètes (Yves Rouquette, Max Lafargue, André Lagarde, etc.)

1.3- Les anthologies
L’histoire de la littérature occitane du XX e siècle témoigne du rôle des anthologies
dont Claire Torreilles a montré récemment 5 que leur nombre était directement lié à des
périodes de floraison d’œuvres occitanes. Notre période ne fait pas exception, qui a vu
naître plusieurs anthologies, dont cinq depuis 2000. Sur les 30 dernières années, nous
pouvons relever les titres suivants :
- 1981, Jean Bernard VAZEILLES : Poësia occitana d'ara [Poésie occitane d'aujourd'hui],
revue Vent Terral n°s 4 et 5. Énergues (81).
- 1981, Frédéric-Jacques TEMPLE : Poètes de langue d'oc, revue Vagabondage, 32/33, Paris.
5

Claire Torreilles, « Les premières anthologies occitanes et l’ouverture d’un champ littéraire », dans Philippe
Gardy et Marie-Jeanne. Verny, Max Rouquette et le renouveau de la poésie occitane - La poésie d'oc dans le
concert des écritures poétiques européennes (1930-1960) : actes du colloque des 3 et 4 avril 2008, Montpellier

�- 1985, Tristan CABRAL, La Lumière et l'exil, Anthologie des poètes du Sud, de 1914 à nos
jours, Marseille, Var matin / le Temps parallèle.
- 1991, Jaumes PRIVAT e Felip GARDY Poesia occitana, numéro spécial 50-51de Reduccions
(Vic, Catalogne).
- 1996-1997 (hiver), Claude Mauron, Serge Bec et Marc Dumas, « Poètes provençaux
d’aujourd’hui » précédé d’un « Hommage à Max-Philippe Delavouët », Polyphonies n° 21-22,
Paris, Éditions de la différence.
- 2001, 7305 Jorns, vint ans d'escritura occitana, Jorn, Montpeyroux, Hérault.
- 2004, Jean Eygun, Poésie d'Oc au XXe siècle. Anthologie bilingue, Letras d'Oc / Les lettres
occitanes, Toulouse.
- 2004, Giovanni Agresti, Antologia de la nòva escritura occitana / Anthologie de la nouvelle
écriture occitane, Jorn / Le temps des cerises. Paris – Montpeyroux (34).
- 2005, Jaume Figueras, A cau d’orella, narrativa breu occitana del segle XX [Au creux de
l'oreille, la nouvelle occitane au XXe siècle], antologia, Barcelona, Llibres de l’Índex.
- 2009, Jean-Claude Forêt et James Sacré, L’aujourd’hui vivant de la poésie occitane, avec
introduction de Philippe Gardy, supplément revue Triages, Tarabuste Editions. Saint-Benoîtdu-Sault (36).
- 2019, Norbert Paganelli et Marie-Jeanne Verny, coord., Par tous les chemins, florilège
poétique des langues de France, éd. Le Bord de l’eau. Cet ouvrage de près de 460 pages
contient 200 pages dédiées à la poésie occitane contemporaine.
Ces anthologies sont précieuses parce que, dans le choix subjectif fait à l’intérieur des
productions recensées par leurs auteurs, elles ont révélé à un public plus large nombre
d’écrivains. Leur relecture, des années après la parution, s’avère toujours passionnante,
preuve de la pertinence de ces choix. Les anthologies sont également précieuses parce
qu’accompagnées de préfaces, notes, éléments d’études littéraires, biobibliographies des
auteurs.
À noter également des anthologies plus « scolaires » publiées par le CRDP de
Montpellier, soit dans sa collection « Florilègi occitan », soit dans la revue Lenga e País d’òc,
et aussi des ouvrages circonscrits à une région de l’espace occitan comme la publication
récente de Jean-Baptiste Martin et Jean-Claude Rixte Huit siècles de littérature
francoprovençale et occitane en Rhône-Alpes. Morceaux choisis, Lyon, EMCC, 2010.
Toutes ces anthologies font une place aux « jeunes » poètes ou plutôt, d’une manière
générale, aux nouveaux poètes.

1-4. L’édition française, ouvrages, revues et anthologies
Les grandes maisons d’éditions françaises font peu de place aux littératures en
langues minoritaires, ni en traduction, ni en édition bilingue. Si l’on excepte les rééditions
des classiques du Félibrige comme Mistral ou D’Arbaud chez Grasset, la littérature
contemporaine est par contre pratiquement absente.

�La parution récente de l’œuvre de Bernard Manciet, L’enterrament à Sabres, en
édition bilingue, dans la collection « Poésie Gallimard », est donc un événement, dont on
espère qu’il sera le premier d’une série. On attend notamment un Max Rouquette…
Cependant la place de notre littérature dans les revues françaises, si elle est
insuffisante, est bien réelle. C’est le cas de la revue Europe6, qui poursuit une tradition
ouverte dans les années 50 suite aux relations de l’après résistance, poursuivies par Charles
Camproux et Robert Lafont avec les intellectuels communistes. La littérature occitane avait
alors une place de choix dans les revues Les Lettres françaises, ou encore Action poétique.
Europe a consacré récemment un dossier à Max Rouquette (dans le même numéro qui
contenait un dossier « Troubadours ») et un deuxième à Bernard Manciet (mars 2010). La
revue publie régulièrement des chroniques sur les ouvrages parus.
D’autres éditeurs, moins connus, font un travail comparable, malgré des conditions
d’existence souvent précaires. C’est le cas des revues – mentionnées supra – Vagabondages,
Polyphonies ou encore de Triages dont la belle anthologie récente rencontre le succès
qu’elle mérite. En 2001, Poésie / première7 fit une place à Max Rouquette dans son numéro
19 ; Le Jardin d’essai8 consacra son numéro 25, au printemps 2002, à une anthologie de la
poésie occitane réunie par François Pic. Par sa dimension, cette anthologie aurait pu figurer
dans la liste que nous avons établie supra. Citons encore Friches9, qui publie Marcelle
Delpastre, Bernard Manciet ou Jean Claude Roulet, à côté de Senghor, Hikmet, Bonnefoy ou
Guillevic.
Certes, ce bilan pourrait paraître bien maigre. Il n’en est pas moins le signe d’une
reconnaissance de la littérature occitane dans le monde de la culture hexagonale.

1.5- Poésie et chanson.
La littérature occitane, dès ses origines médiévales, reposait sur trois piliers, la razon
(le sujet), les motz (paroles) et les sons, englobant la mélodie, ainsi que le système de rimes
et les sonorités.
Or, le phénomène de la Novèla cançon occitana, né à la fin des années 1960 a
accompagné une diffusion populaire de la poésie d’oc 10. À partir de la fin des années 1960,
dans le sillage du médecin gardois Guy Broglia, plusieurs chanteurs et chanteuses,
généralement accompagnés d’une simple guitare, la plupart non professionnels, sillonnèrent
les pays d’oc (et au-delà bon nombre de scènes militants, à Paris où dans d’autres régions de
France riches d’une langue minoritaire). Leur répertoire était pour partie militant, dans la
mouvance du romantisme tiers-mondiste des années autour de 1968, pour partie issu de
textes de grands auteurs. Nombreux sont ceux qui ont accédé à l’œuvre poétique de Robert
Lafont ou de Joan Bodon par ce canal.
6

Europe, 64, boulevard Auguste Blanqui, 75013 Paris, http://www.europe-revue.info/
POÉSIE PREMIÈRE, Maison Allegera, quartier Ibai ondoa, 64220 ISPOURE, http://poesiepremiere.free.fr/
8
Le Jardin d'essai, 7 rue Square Dunois 75646 PARIS CEDEX 13 http://jardindessai.free.fr/
9
Friches, Cahiers de poésie / Verte Le gravier de Glandon / 87500 Saint Yrieix, http://www.friches.org/
10
À ce sujet, on consultera notamment :
- Valérie MAZEROLLE, 2000, Les identités régionales mises en scène. L’exemple des chansons occitanes. 19681995, D.E.A. Histoire et civilisations, Université Blaise-Pascal de Clermont-Ferrand, 232 p. + pl.
- Lengas, 67 — « Chanson occitane et chansons en occitan dans la seconde moitié du vingtième siècle »,
Montpellier, Presses universitaires de la Méditerranée, Université Paul-Valéry, 2010.
7

�Après des années où ce type de chanson à texte a été éclipsé par la mode folk et
l’émergence de formes musicales nouvelles dans lesquelles le texte était secondaire, on
assiste aujourd’hui à un renouveau spectaculaire de ce mariage entre littérature et chanson.
De nombreux groupes ou chanteurs écrivent des textes d’une certaine exigence littéraire.
Des auteurs comme Max Rouquette ou Jean Boudou (Joan Bodon) ont de nombreux
interprètes. D’autres inspirent plus précisément tel ou tel artiste. Si l’on s’en tient aux trois
dernières années, elles ont vu Eric Fraj continuer à chanter Boudou ou Robert Marti, Jean
Louis et Roseline Courtial interpréter Boudou, Robert Marti ou encore Jaumes Privat. JeanClaude Forêt a écrit des textes pour l’Ardéchois Marc Nouailles. Les poèmes de Roland
Pécout et de Jean-Yves Royer ont été mis en musique, dans des styles très différents, par
René Sette, le Trio Hum ou Eric Fraj ; Jan-Mari Carlotti chante Robert Lafont ; Bernard Lubat
interprète Bernart Manciet. Un magnifique spectacle associant plusieurs chanteurs et
musiciens de renom a été créé autour de la poésie de Max Rouquette, sous le titre Rasim de
luna [Raisins de lune] cf. http://www.max-rouquette.org/rasims_de_luna/presentation.htm
Le dernier recueil poétique bilingue de Roland Pécout, Laissarem degun [Nous n’oublierons
personne] est accompagné d’un disque dans lequel une dizaine de chanteurs et musiciens
interprètent chacun un ou deux des textes qu’ils ont choisis dans le recueil.

1.6- Les nouvelles expressions : internet, sites et blogs
Si les jeunes auteurs, selon une tradition bien établie, commencent par la poésie, en
revanche, la prose est bien représentée dans les blogs, un genre qui se développe depuis
deux ou trois ans, où l’on trouve, bien entendu, le pire et le meilleur. Un site internet
répertorie d’ailleurs l’ensemble des blogs existants. : http://bloguitge.free.fr/ Un des blogs
les plus fréquentés et les plus réguliers s’intitule Ma vida amb ieu [Ma vie avec moi],
http://melanizetofre.blogspot.com/ entre humour et émotion et révèle une écriture de
femme qui emprunte cependant au réalisme d’un Florian Vernet. Un style très sûr, très
maîtrisé, tant d’un point de vue strictement linguistique que d’un point de vue littéraire,
avec un jeu conscient sur les écarts de registres de langue. Un blog de photo et poésie, Tèrra
de lutz [Terre de lumière] : http://www.georges-souche.com/blog/) fait une large place à la
poésie occitane. Ses auteurs de prédilection sont Max Rouquette et Philippe Gardy.
Nous avons évoqué l’existence des sites internet des principales revues et éditeurs
occitans. Le site internet de Jorn (http://www.editions-jorn.com/) contient des pages
dédiées à chacun des écrivains publiés. Des sites sont également consacrés à Max
Rouquette : http://www.max-rouquette.org/, ou à Jean Pierre Lacombe (Prix Jaufré Rudel
2010) : http://www.jean-pierre-lacombe.fr/livres/lo-dever-del-vaure et à Roland Pécout
dans le cadre de l’Université Ouverte des Humanités http://www.univmontp3.fr/uoh/pecout/. Par ailleurs, l’encyclopédie Wikipédia est riche en ce qui concerne
les références à la littérature contemporaine, comme le montrent les sections « littérature
occitane » et « poètes occitans ». Au-delà des limites scientifiques que chacun connaît
concernant ces références, leur existence même témoigne de la richesse du corpus recensé.

�1.7- La littérature occitane à la rencontre de son public
De nombreuses manifestations publiques existent qui permettent des échanges
autour de la littérature occitane au-delà du contact singulier du lecteur avec l’œuvre. Des
journées du livre occitan existent comme à Saint-Orens, près de Toulouse ou à Mouans
Sarthoux près de Cannes. Ces journées sont l’occasion de tables rondes qui réunissent
lecteurs et auteurs.
Pendant le festival Estivada de Rodez des rencontres sur la poésie occitane sont
organisées dont chacune réunit de 50 à 100 personnes.
À Montpellier, les rencontres occitanes de la librairie Sauramps, animées par JeanClaude Forêt et Marie-Jeanne Verny, rassemblent 7 à 8 fois par an un public fidèle.
Il faut bien évidemment signaler le travail de large diffusion du CIRDOC, qui a pris
récemment une très grande ampleur, et qui permet de mettre en contact, dans un équilibre
remarquable entre exigence de qualité et recherche d’accessibilité, les écrivains, les œuvres
et les lecteurs.
Des prix littéraires récompensent chaque année les œuvres publiées dont le plus
important est le Prix Jaufré Rudel, du nom d’un célèbre troubadour. Ce prix « a pour objectif
d’encourager la création littéraire occitane et la diffusion du livre occitan » et « récompense
une œuvre écrite en occitan, quelle que soit sa variante ou sa graphie ». Il est organisé par
une association basée en Gascogne mais les écrivains récompensés viennent de tout
l’espace occitan. Moins ambitieux, existent de nombreux concours de textes littéraires, dont
celui organisé par le quotidien La Marseillaise, dans le cadre de sa page hebdomadaire
« Mesclum » [Mélange]. Plusieurs écrivains disent avoir fait leurs premières armes dans ce
cadre.

2- Courants et genres littéraires : continuité et éclectisme
Si la littérature d’oc couvre totalement l’espace de la langue, c’est cependant d’une
façon très inégale. On observe à ce sujet le même paradoxe que pour le développement de
l’enseignement. À une exception près, le Limousin, où la figure de Marcelle Delpastre et
l’école du Leberaubre11 semblent avoir joué un effet d’entraînement de même que le travail
d’édition de Joan dau Melhau aux Chamins de sent Jaume, plus la langue est encore
présente dans la bouche des locuteurs « naturels », moins le réseau des auteurs est dense.
11

Cette « école » est ainsi présentée dans la revue éponyme : « Daus trobadors aus felibres, la literatura
occitana fuguet jamai l'expression de nòstra cultura populara. Tirada ad ilhs per daus Monsurs o fabricada sus
daus modeles esterlisats, fuguet totjorn desempeutada de sas raiç : la natura, sas fòrças, sa mitologia. Sem pas
daus folcloristas que se boinan au costat bravisson de las chausas, pas mai daus cervelaires que se cresen
"progressistas" e que disen, sens i anar veire, que tota expression naturala de l'eime popular es nonmàs
supersticion. Nautres cresèm que lo paganisme, l'animisme e lo fantastic son çò que ten lo mielhs a l'arma
lemosina. » [Des troubadours aux félibres, la littérature occitane n’a jamais été l’expression de notre culture
populaire. Tirée vers eux par des Messieurs ou fabriquée sur des modèles stérilisés, elle a toujours été coupée
de ses racines : la nature, ses forces, sa mythologie. Nous ne sommes pas des folkloristes qui se bornent au
côté gentillet des choses, pas plus que des intellectuels cérébraux qui se croient « progressistes » et qui disent,
sans y aller voir, que toute expression naturelle de l’esprit populaire n’est que superstition. Nous, nous croyons
que le paganisme, l’animisme et le fantastique est ce qui tient le mieux à l’âme limousine. »].

�Ainsi les zones de montagne du Nord de l’espace d’oc ont-elles, proportionnellement, peu
d’écrivains d’expression occitane…
La fin du XXe siècle et la première décennie du XXI e ont vu disparaître des géants de la
littérature d’oc : Boudou, Nelli, Delpastre, Manciet, Rouquette et Lafont nous ont quittés,
ainsi que Delavouët ou Galtier en ce qui concerne la littérature mistralienne.
Côté occitaniste (la chose est beaucoup moins vraie côté mistralien), le relais se fait
cependant, même si les statures de ces géants sont difficilement atteignables. La diffusion
de leurs œuvres, voire l’édition (Les poèmes de Boudou n’ont été intégralement publiés
qu’en 2010, l’œuvre de Delpastre a été éditée peu à peu depuis son décès en 1998, le
centenaire Rouquette, en 2008, a donné lieu à l’édition de plusieurs inédits) continue
cependant et la modernité de ces auteurs ne fait aucun doute : ils suscitent l’intérêt des
lecteurs comme des pédagogues et des chercheurs : colloques dédiés et présences des
textes dans les manuels scolaires en témoignent.
Si on considère l’histoire de la littérature occitane à partir du XIX e siècle, on sait qu’un
des défis, tant du Félibrige comme de l’occitanisme, a été d’encourager la naissance et le
développement de la prose, à côté de l’expression poétique.
Au début du XXIe siècle, on peut considérer le combat comme gagné : ce qui se publie
couvre tous les genres, et la prose, comme la poésie, y sont représentées, de même que le
théâtre, même si on peut regretter, dans ce domaine, que l’édition des textes n’accompagne
pas toujours la création des pièces.
Si l’on considère le théâtre qui se joue comme faisant partie de la littérature, au sens
large, la création est bien là, entre troupes « historiques » : la Rampe, La Carrièra (avec la
haute figure de Claude Alranc, auteur, acteur et metteur en scène), Gargamèla, Art Cie et
jeunes troupes comme Lilô Théâtre, Papagais [perroquets] ou Cocha-Vestits [mot à mot
« qui couchent tout habillés », à peu près synonyme de gueux ou S.D.F]. Sur un plan
sociolinguistique, le théâtre est révélateur d’une double posture par rapport à un public chez
lequel la connaissance de la langue est très inégale : faut-il choisir un théâtre bilingue ou un
théâtre monolingue ? Des auteurs comme Max Rouquette ou Robert Lafont avaient fait le
pari d’un théâtre monolingue, n’hésitant pas à donner des versions traduites de leurs
œuvres. C’est ainsi que le théâtre de Max Rouquette a été joué bien plus en traduction que
dans la langue d’origine, comme en témoigne la récente interprétation (2003) de sa Médée
(Medelha) par Jean-Louis Martinelli au théâtre des Amandiers de Nanterre.
D’autres choix ont été faits par des auteurs - metteurs en scène - acteurs comme
Claude Alranc (créateur au début des années 70 du mythique Teatre de la Carrièra [théâtre
de la Rue]. Ce théâtre inspiré de l’agit-prop avait fait le choix de l’efficacité militante et donc
du bilinguisme, les passages français facilitant la compréhension du public que la seule
gestuelle ne permettait pas. Un travers cependant, induit par ce choix : le bilinguisme se
révéla très vite un simple calque des pratiques sociolinguistiques et on courait ainsi le risque
de figer encore plus dans la population les usages sociaux des deux langues en contact. Pour
le dire rapidement, l’occitan était mis dans la bouche des ruraux et des vieux et le français
dans celle des jeunes et des urbains…
Depuis quelques années, la pratique du sous-titrage par les troupes de théâtre
permet heureusement la diffusion de pièces écrites tout ou partie en occitan, comme cela a

�été le cas de en 2008-2009 La Pastorala dels volurs [La Pastorale des Voleurs] de Max
Rouquette par la compagnie Gargamèla.
En dehors de rares auteurs qui privilégient un genre littéraire (c’est le cas de Florian
Vernet avec la prose), la plupart des écrivains occitans qui écrivent en prose écrivent aussi
en poésie, et nombre d’entre eux s’expriment dans plusieurs genres de prose ; celui qui a
exploité le plus systématiquement cet éclectisme, par une sorte de virtuosité volontariste l’occitan devait pouvoir tout dire -, c’est Robert Lafont, que Philippe Gardy a pu récemment
qualifier de « polygraphe », lors de deux journées d’études sur les permanences de cette
pratique aux XIXe XXe siècles, au-delà de la perception réductrice qui aurait voulu la voir
« réservée aux petits érudits de province »12.

2.1-La poésie :
Un essai d’anthologie composé en 2003 pour le PEN-club de Galicia nous avait livré
une quarantaine de noms chez les contemporains méritant de figurer dans ce panthéon.
C’est aussi le chiffre approximatif de l’anthologie de Jean Eygun pour la deuxième moitié du
XXe siècle. L’anthologie de la revue Triages a retenu 25 noms. Mais le dépouillement des
sommaires des revues Gai Saber, Òc ou Reclams aboutirait à quelques centaines d’écrivains,
dont certains occasionnels.
À côté des auteurs confirmés publiés par Jorn, Trabucaire, Fédérop ou Letras d’Oc
(Jean-Marie Petit, Yves et Max Rouquette, Jean Larzac, Serge et Pierre Bec, Philippe Gardy,
Jean-Yves Casanova, Roland Pécout, Jean-Yves Royer, Bernard Lesfargues, Jean-Luc
Sauvaigo, etc.), de nouveaux auteurs de poésie continuent à émerger, dont les âges varient.
Si nous nous en tenons à ceux dont des œuvres ont été publiées en recueil, certains
nouveaux auteurs sont nés autour de 1960, comme Jean-François Mariot, qui excelle dans la
déclamation de sa poésie (éditions Letras d’òc). D’autres sont nés dans les années 1980-90,
comme Aubin Bonnet (Jorn), Aurélia Lassaque (Letras d’oc), ou encore Estève Salendres
(Jorn).
À l’intérieur même de la forme poétique, aucun sous-genre ne domine. Si de
nombreux auteurs privilégient le vers libre, d’autres choisissent la forme fixe, comme JeanYves Royer dont les sonnets font résonner à l’aube du XXI e siècle une voix inspirée par le
grand poète baroque Bellaud de la Bellaudière. Philippe Gardy choisit tour à tour la liberté
formelle ou la forme fixe comme dans son recueil Mythologies alors que Jean Yves Casanova
privilégie la forme fixe. À côté des poèmes courts qui composent la majorité des publications
des auteurs choisissent parfois le poème long ou plus largement ce que Philippe Gardy
appelle « de larges compositions ». Citons notamment Roland Pécout avec Mastrabelè,
Bernard Manciet avec L’enterrament a Sabres [L’enterrement à Sabres], Robert Lafont avec
La gacha a la cistèrna [Le guetteur à la citerne], Félix Castan avec Lo sègle de fèr – Epòs /
Ethòs [Le siècle de fer – Épos-Éthos] ou Serge Javaloyès avec Sorrom Borrom [Le rêve du
gave].

Voir : http://www.garae.fr/spip.php?article203. Lire également l’ouvrage de Gardy : Robert Lafont
Polygraphe, l’arbre et la spirale, Vent terral, 2017
12

�2.2- La prose
La plupart des grands poètes que nous avons nommés sont également des
prosateurs, qu’il s’agisse des deux Rouquette (Max et Yves, pure homonymie), de Robert
Lafont, Manciet, Delpastre, Boudou, lui-même prosateur plus abondant que poète.
En ce qui concerne la prose, les publications concernent d’abord le genre
romanesque, et ses sous-catégories, roman réaliste, roman historique comprenant parfois
une veine parodique représentée par le Limousin du Périgord Joan Ganhaire (qui excelle
également dans le genre fantastique), roman policier (collection Crimis de l’IEO). Dans ce
dernier genre la veine parodique est également présente à travers les romans de Florian
Vernet. Les recueils de textes courts sont bien représentés et ont donné lieu, récemment, à
une thèse remarquable d’Evelyne Faïsse13 qui a recensé 66 auteurs différents entre 1970 et
le début du XXIe siècle.
L’éclectisme des genres n’empêche pas une forte proportion (spécifique à
l’occitan ?) d’ouvrages fantastiques. Après d’autres (Jean-Claude Serres ou Philippe
Gardy notamment), Evelyne Faïsse pense que l’écriture fantastique « qui repose sur
l’incertitude et sur l’ambiguïté, trouve des résonances dans [la] situation particulière
des écrivains occitans » :
« L’écriture du fantastique a véritablement trouvé un écho chez les écrivains occitans.
Peut-être ont-ils une disposition naturelle au fantastique ; peut-être leur situation paradoxale
à bien des égards les conduit-elle vers des courants et des modes d’expression originaux et
l’exploration de mondes parallèles »,

remarque Evelyne Faisse.
Florian Vernet est un des auteurs les plus connus dans cette veine, depuis ses
Qualques nòvas d’endacòm mai (1976) [Quelques nouvelles d’ailleurs] jusqu’à son récent
Jardin de las delíci@s.com. [J@rdin des délices.com]. Comme tous les auteurs de
fantastiques « classiques » du XIXe siècle, Vernet réussit également dans l’écriture réaliste, et
parmi ses nouvelles les plus abouties, il y a celles qui hésitent – et font hésiter le lecteur –
entre la réalité crue du XXIe siècle et une dérive fantastique.
Philippe Gardy, pratique également la prose courte. Non réunies encore en recueil,
ses courtes nouvelles paraissent régulièrement dans la revue Òc. Leur écriture est proche, le
plus souvent, de la prose poétique qui environne d’un halo poétique une atmosphère
fantastique souvent inquiétante.
La prose poétique est aussi un genre où excelle Roland Pécout, depuis son Portulan
(1978, pour le tome 1, 1980 pour le tome 214).

Evelyne Faïsse, La nouvelle d’expression occitane depuis 1970, entre réalisme et fantastique, 2 vol. de 600 p.,
thèse de doctorat d’études occitanes sous la direction de Florian Vernet, Montpellier, Université Paul Valéry,
2010.
14
Portulan a été réédité en un seul volume par Vent Terral en 2013. Cf. notre étude en ligne sur le site de
l’Université Ouverte des Humanités http://www.univ-montp3.fr/uoh/pecout/
13

�2.3- De quelques auteurs émergents
La permanence têtue d’une littérature occitane, malgré la situation sociale de la
langue est une réalité observable à travers les siècles. Ce début du XXI e a vu naître nombre
de nouvelles plumes, dont certaines ont déjà accédé à la publication (Aubin Bonnet, Estève
Salendres chez Jorn, Aurélia Lassaque chez Letras d’òc, Magali Bizot, Sarah Laurent, Anne
Regourd ou Bénédicte Bonnet chez IEO-IDECO, ou encore Josí Guillot à l’Ostal del Libre). Ce
que nous remarquions à propos de la poésie (apparition de nouveaux auteurs dont certains
sont très jeunes et d’autres découvrent tardivement l’écriture se révèle aussi pour la prose.
En témoignent la parution récente de trois œuvres d’auteures de plus de 50 ans : Josi Guillot
(Ostal del Libre), Magali Dargent-Bizot (IEO-IDECO) ou Chantal Fraisse (Letras d’òc).
Il y a quatre ans, dans le cadre d’une table ronde sur la jeune littérature 15, j’avais
recueilli les témoignages de nouveaux auteurs et noté la richesse et la variété de leurs
réponses concernant leurs influences littéraires, leurs motivations et leur avènement à
l’écriture occitane. Parmi les influences littéraires, les auteurs cités sont nombreux, en
langue occitane ou dans d’autres langues dont bien sûr le français. Si plusieurs de ces
nouveaux auteurs ont ou ont eu un contact avec des locuteurs naturels (les figures de grands
parents sont présentes dans la plupart des témoignages) tous, sans exception, revendiquent
le rôle de la lecture dans leur formation et l’influence déterminante de la découverte de la
littérature occitane. On notera une proportion importante de jeunes femmes parmi ces
nouveaux auteurs. Nous vivons peut-être la première décennie qui voit s’inverser la
proportion des auteurs masculins et féminins en faveur de ces dernières…
Parmi ces nouveaux écrivains je retiendrai en particulier deux jeunes femmes :
- Anne Regourd : son premier ouvrage, Nomades, paru aux éditions IDECO, a été une
réussite immédiate. Il a été épuisé en deux ans… Il s’agit d’un recueil de petits textes de
prose poétique, écrits à partir d’un séjour chez les nomades du désert, un désert qu’elle
refuse de nommer et de situer. Comme vingt-cinq ans plus tôt Roland Pécout avec son
Portulan, l’auteure choisit la « déterritorialisation », échappant ainsi à la fatalité diglossique
qui voudrait que l’expression littéraire occitane se cantonne à dire l’ici (de préférence rural)
et l’autrefois.
- Aurelia Lassaque : cette jeune auteure pratique plutôt la poésie. Interrogée sur son
accession au monde de l’écriture, elle nous répondait ceci :
…mon paire estent bibliofil e professor de letras, ai crescut dins un univèrs que m’a iniciada al
monde de l’escrich.
Poiriái apondre que l’imaginari es estat per ieu una mena de tèrra d’exilh dempuèi mon temps
de mainatge e que quita pas de créisser.
Enfin poiriái convocar mas primièras experiénças d’escritura que foguèron tresvirantas quand
descobriguèri qu’èra possible e que dependiá pas que de ieu d’exprimir, a mon torn, un imaginari
pròpri amb mos mots.

15

« Actualitat de la creacion poetica occitana », dans Jòrgi Peladan, Actes de l’Université d’été 2005 et 2006,
MARPOC-IEO Gard, Nîmes, 2008.

�Mas pensi que res pòt vertadièrament desvelar lo mistèri de l’escritura, mistèri que n’ai benlèu
compres lo sens gràcias a Schelling en acceptar que l’escritura es pas la nòstra possession, es mai
que mai un desir que nos atraversa, e dins un sens, es el que nos possedís16.

Une expérience singulière, comme le sont celles de tous ces jeunes écrivains, loin des
clichés d’une littérature enfermée dans le régionalisme et la nostalgie passéiste.

Une belle vitalité
Ce trop rapide panorama montre le paradoxe de la création culturelle occitane
contemporaine : dans un contexte de recul inexorable du nombre de locuteurs naturels, le
désir de langue et de culture a créé un public et révèle constamment de nouveaux écrivains.
Les lectures publiques, les présentations d’ouvrages ont un auditoire fidèle et les ouvrages
rencontrent un lectorat. Le dynamisme de la littérature occitane est inséparable de celui des
expressions artistiques contemporaines, musicales notamment, mais aussi plasticiennes.
La critique littéraire existe également, même si elle souffre du faible nombre de
rédacteurs dont la plupart sont aussi des créateurs, ce qui limite quelque peu le potentiel de
ces lectures critiques.
La littérature qui se publie, bien qu’écrite dans le contexte diglossique d’une langue
minorisée, bien que limitée en nombre et en moyens matériels, témoigne cependant de la
même variété de genres, de tons, de contenus que les littératures qui s’écrivent dans les
langues majoritaires. Cet éclectisme révèle la non réductibilité de la littérature occitane,
aujourd’hui comme hier, aux clichés régionalistes.
Marie-Jeanne VERNY, (Montpellier 3, LLACS, RedOc)
Compléments bibliographiques : quelques études critiques
Outre les références qui figurent dans le cœur de cet article, nous renverrons à deux
ouvrages de Philippe Gardy :
- Une écriture en archipel, éd. Fédérop, 1992.
- L'écriture occitane contemporaine : une quête des mots, Paris, L’Harmattan, 1996.

16

… mon père étant bibliophile et professeur de lettres, j’ai grandi dans un univers qui m’a initiée au monde de l’écrit.
Je pourrais ajouter que l’imaginaire a été pour moi une sorte de terre d’exil depuis mon enfance et qu’il n’arrête pas de
grandir.
Enfin je pourrais convoquer mes premières expériences d’écriture qui ont été bouleversantes quand j’ai découvert que
c’était possible et que cela ne dépendait que de moi d’exprimer, à mon tour, un imaginaire propre avec mes mots.
Mais je pense que rien ne peut vraiment dévoiler le mystère de l’écriture, mystère dont j’ai vraiment compris le sens grâce
à Schelling en acceptant que l’écriture n’est pas notre possession, qu’elle est surtout un désir qui nous traverse, et dans un
sens, c’est lui qui nous possède.

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          <name>Relation</name>
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              <text>Vignette : https://occitanica.eu/files/original/3b835799c49ca31366d672b1da6279eb.jpg</text>
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          <name>Bibliographic Citation</name>
          <description>A bibliographic reference for the resource. Recommended practice is to include sufficient bibliographic detail to identify the resource as unambiguously as possible.</description>
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              <text>Premi&amp;egrave;re publication : &lt;br /&gt;VERNY, Marie-Jeanne. &lt;strong&gt;Support[s] et contenus litt&amp;eacute;raires des productions occitanes contemporaines &lt;/strong&gt;In &lt;br /&gt;LANDRECIES, &lt;span&gt;&lt;span&gt;Jacques (Ed.). &lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;em&gt;&lt;span class="navigation_product"&gt;Pr&amp;eacute;sence des litt&amp;eacute;ratures contemporaines en langues r&amp;eacute;gionales de France.&lt;/span&gt;&lt;/em&gt;&lt;span class="navigation_product"&gt; Lille : centre d'&amp;eacute;tudes &lt;/span&gt;&lt;span class="navigation_product"&gt;m&amp;eacute;di&amp;eacute;vales et dialectales&lt;/span&gt;&lt;span class="navigation_product"&gt;, 2012, p. 69-87&lt;/span&gt;&lt;span class="navigation_product"&gt;&lt;/span&gt;&lt;em&gt;&lt;span class="navigation_product"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/span&gt;&lt;/em&gt;</text>
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          <name>Source</name>
          <description>A related resource from which the described resource is derived</description>
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              <text>Mediatèca occitana, CIRDOC-Béziers</text>
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          <name>Contributeur</name>
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              <text>LLACS Univ MTP 3</text>
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          <name>Catégorie</name>
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              <text>Ressources scientifiques</text>
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      <name>Universitat Occitana d'Estiu de Nimes = Université Occitane d'Été de Nîmes</name>
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