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                  <text>-JF-&lt;

X
/

21a Ánnada

N° 1901

Setembre*octòbre

Gai
Saber

Lo

Revista de VESCOLA OCCITANA

*

Dis Aup i Pirenèu

...

F.- Mistral.

TOLOZA
1-4,

Carrlèra

dels Arts,

Lo

1-4

numéro:

2 fr.

�LO

SABER

QA1

Revista de l'ESCOL A
ADîMUNISTRAGIOIV
Carrièra dels Arts,

Abonaments

s

Ubraria Privât,

TOL.OZA

( Fransa

■

14,

OCCITANA
C. C. Toloza 1673

=

: un an

:

.

.

20 fr.

.

„„

ENSENHADOR
del N° 190

(Selemlire-ocîòbre 19-40)

PÉTAIN :

Philippe

Raymond ÎLIZOP:

Marcel

CARRIÈRES :

Mistral et la Renaissance
A propos

Un

precurseire

Trobèri

lozèp DENGERNA :
Inii CUBAYNES :

Georges

RIPERT :

:

baud.

Triptic.

PONKOUCH-PETIT :

des inondations de

Catalogne. (Quelques vers
oubliés de Mistral et d'Aubanel).

CALELHON:
A.-M.

fran¬

çaise.

mon

Damase Ar-

côr.

Vinha d'Autona.

Pèire-sens-pôu.
l'enseignement de l'his¬
toire locale et de l'a langue

Pour

d'Oc.
CRI-CRI:

Bolegadisa Occitana.
Lo Colètge d'Occitania.
L'Escôla d'Autpol (Marius
Bascoul).
La Mantenensa

de Lengadóc.

BURÈU DE L'ESCOLA OCCITANA
Antonin Perbosc, capiscòl ; J.-R. de
Abelous, Francés Tresserre,
clavaire; Jozèp Salvat, secretari; Joan
Filadèlfa de Yerda, Lois Thérox de

Brousse, Jaques-Emili

jos-capiscòls ; Armand Praviel,
Séguy, secretari-adjunt.

Montaugé, Juli Cubay-

Amiral d'adhémar de Cransac, conseillers.
Paul Sibra, jos-capiscòl dels Grilhs del Lauragués ; Jórdi
Bousquet, capiscôl de YEscòla Rochegude ; Fernand Albert,
capiscôl de la Campana d'Agot; Joan Gîrou, capiscôl de l'Escola Audenca; Teofile Ferrie, capiscôl de 1 'Escòla d'Autpol ;

nes,

Joan Ladoux,

Elia Lagarde, capiscôl de VEscola Dorn Vaissete ; Calelhon,
capiscôl del Calelh del Roèrgue, conseillers.

�Lo Gai Saber n° 190.

sf.tembre-OCTObre 1940

MISTRAL
et la Renaissance

française

A l'occasion du cent-dixième anniversaire de la
naissance de Mistral, le 8 septembre 1940, le Maré¬
chal Pétain a fait porter à Madame Frédéric Mistral,
à

Maillane, le message suivant.

Je tiens à m'associer du plus profond de mon
esprit et de mon cœur à la célébration, qui ne
fut jamais si opportune, de la mémoire de
Frédéric Mistral, parce qu'il est l'évocateur su¬
blime de la France
instaurer en même

nouvelle que nous voulons
temps que de la France tra¬

ditionnelle que nous

voulons redresser.

J'adresse mon fe?-vent hommage au poète, égal
plus grands, qui consacra la Jorce et la
grâce de son génie à glorifier tout ce qu'il y a de
noble et de pur dans l'univers et dans l'homme.
aux

Au sage, l'égal des plus sages, qui, joignant
au précepte, ne cessa de répandre au¬
tour de lui la contagion des plus hautes vertus:

l'exemple

courage optimiste, mâle persévérance, charme
des choses de la terre et humbles rites de la vie

domestique, culte des autels, des foyers et

des

tombeaux
Au

citoyen,

non

au

patriote, dont l'œuvre et la vie

que Vattachement à la petite patrie,
seulement n'ôte rien à l'amour de la grande,

témoignent

�lo

222

gai

saber

contribue à Vaccroître en opposant une
résistance invincible à tout ce qui peut nous dé¬
classer, nous niveler, nous déraciner.
mais

Au chantre inspiré de la race latine et des
trésors spirituels dont elle est Vhéritière et qui
constituent pour elle une promesse dé éternité.

Et
en

puisse notre renaissance française trouver
son guide et son maître, son anima¬
et son inspirateur.

Mistral

teur

Philippe

PÉTAIN,

de France,
Chef de l'Etat Français.
Maréchal

^5^

�LO

A propos
de

Quelques

vers

GAI

SABER

22J

des Inondations
Catalogne

oubliés de Mistral et d'Aubanel

Les affreux désastres causés par les inondations
d'octobre 1940 dans la Catalogne espagnole en mê¬

temps que dans notre Roussillon et notre Lan¬
guedoc, rendent une triste actualité à quelques vers
de circonstance écrits par Mistral et Aubanel à l'oc¬
casion d'une catastrophe analogue survenue à l'autre
extrémité de l'Occitanie d'outre-Pyrénées, dans la
province de Murcie, il y a soixante et un ans.
me

Les lecteurs du Gai Saber
les leur faire connaître.

nous sauront

gré de

A l'automne de

1879, de terribles inondations, cau¬
la rivière Segura — au nom trompeur ! —
avaient désolé la ville de Murcie et sa région. Ce
cataclysme avait provoqué dans toute la France et
à l'étranger un vif élan de charité à l'égard des vic¬
times. Un comité de la Presse française s'était formé
sous la présidence de L. Lebey, directeur de l'agence
Havas, auxfins de réunirdes secours pour les inondés.
Ce comité fit paraître, pour être vendu à leur profit,
un illustré à numéro unique (1) : Paris-Murcie, à la
date de décembre 1879. Ce numéro, luxueusement
édité, est de l'ancien format de YIllustration.
sées par

(1) Les exemplaires de ce n° sont aujourd'hui rarissimes. J'en
garde précieusement un qui fut acquis par ma famille à l'époque
où il

parut.

�LO

224

GAI

Les plus grands artistes
Gustave Doré, Meissonier,

Lepage,

SABER

de l'époque, entre autres

Gérôme, Hébert Bastien,

Tony-Robert-Fleury, Neuville, Détaillé,

Jean-Paul Laurent, Cabanel, Bouguereau,
Duran, etc... ont

Carolus-

collaboré à sa riche illustration.

plus célèbres personnalités de l'Europe: le Pape
lui-même, des souverains, des diploma¬
tes, des généraux — entre autres de Moltke, Garibaldi, Osman-pacha, le glorieux vaincu de Plewna,—
des ministres, des hommes politiques, parmi eux
Gambetta, ont envoyé leurs autographes. Les plus
grands noms de la littérature française en ce tempslà : Victor Hugo, François Coppée, Alexandre Du¬
mas fils,
Paul Déroulède, Henri de Bornier, Al¬
phonse Daudet, Jules Simon, Littré, Edouard Pailleron, M1"" Juliette Adam et bien d'autres, ont en¬
voyé des textes de prose ou des vers inspirés par le
tragique événement et le devoir de charité qu'il dic¬
tait. Dans cet ensemble, la littérature d'Oc est re¬
présentée par les deux grands maîtres du Félibrige:
Frédéric Mistral et Théodore Aubanel, alors à l'a¬
pogée de leur gloire. Les malheurs de l'Espagne leur
ont inspiré de beaux vers de solidarité latine. Nous
en donnons ici la reproduction intégrale.

Les

Léon XIII

L'envoi de Mistral

PER

Alin

figure à la page 7. col. 3.
LESPAGNO

l'Espagno crido : Au

secours! afougado

Franco, aunoum deDieu,
pourgi la man à ta sorre ennegado,

Aunoum d óu sang latin, o
Courre
E

largo ie toun or; en

bellis espigado

l'estièu,

L'or que semenaras granara dins
E van te saluda li pople renadiéu.
Maiano,

11

de Nouvèmbrc 1879,

F. Mistral.

�lo gai

Qui

ne

saber

225

reconnaîtrait dans ces six vers d'une si
d'un si noble sentiment, l'inspiration
Raço latino et du sirventés 1 trou-

belle envolée,
de l'ode A la

baire catalan ?
D'un lyrisme aux teintes plus calmes,
sentiment non moins sincère, est l'envoi
de la Miòugrano (p. 11, col. 3) :

mais d'un
du Felibre

A la Franco jamai ges de dòu soun estrange:
Espagno, assolo te ! t'adus emé bonur
Sa pieta la plus tendro e soun or lou mai pur ;
Per flouri ti rousiè, pèr daura tis arange
I a 'ncaro proun soulèu dins toun immense a\ur.
Théodore Aubanel.

A remarquer

derniers

la noble et lumineuse ligne des deux

vers.

Ainsi, les deux illustres félibres, à ce moment où
vibrait encore l'écho des Fêtes latines de Montpellier,
ont-ils affirmé en face du malheur de nos voisins

d'outre-Pyrènées l'amitié fraternelle des Occitans
que nos montagnes

unissent plus qu'elles ne séparent.

La France de 1879 avait eu le temps de se relever
du désastre de 1870. Elle pouvait envoyer largement
son
La France de 1940,
or à ses frères infortunés.
exsangue et mutilée, est encore sous le coup de là
défaite. Elle ne peut renouveler le geste d'alors. Elle
a
tant de blessures à panser sur son propre sol !

Mais, du moins, en face du désastre de Catalogne,
le cœur des félibres d'aujourd'hui vibrera-t-il comme
celui des Maîtres dont l'âme vit toujours parmi eux!
Le malheur n'a-t-il pas fait la France et l'Espagne
doublement sœurs? Chez l'une et chez l'autre, le dé-1

luge des eaux torrentielles
déluge de sang et de feu?

n'a-t-il

pas

Raymond

succédé au1

LIZOP.

�22Ó

LO

GAI

En

Un

precurseire

SABER

pensant à Prosper ESTIEU...

:

Damase ARBAUD

La mòrt de Prosper Estieu e los estudis que se son
faits, aquestes darrièrs temps, de son ôbra, an tornat botar per un-moment al primièr plan son ôbra
de restauracion de nôstra lenga, ôbra complida en
collaboracion amb son fraire de lucha Antonin Perbôsc. Sense dintrar aie! dins de vanas discutidas que
nos sémblan fora de sazon, crezèm pamens de plan
far en reviudant la memôria del doctor Damase
Arbaud, que se pôd considerar coma un precurseire
d'aquela restauracion.
Damase Arbaud publiquèt en 1862, à Marselha, un
abondos reculh de cansons popularas provensalas.
Dins un long estampèl, bailava d'esclariments sus la

grafia emplegada dins lor transcripcion, grafia sietada sus de bazes etimologicas. Se sab que Mistral e
son
escôla recomandàvan als autors de seguir « le
système orthographique des troubadours du XIIIe
siècle » (Letra à Aquilles Mir, 1874), mas que lo sistème qu'emplegàvan élis èra plan diferent del que
preconizàvan. Tamben D. Arbaud podia escriure
dins son estampèl : « l'orthographe suivie par l'École
avignonnaise est radicalement différente de celle des
Troubadours » ; ajustava : « elle n'est pas l'ortho¬
graphe qui convient à la langue provençale », e clavava en constatant : « les tendances de cette école
sont d'arriver à une orthographe purement phoné¬
tique ». Aquelas remarcas l'empachàvan pas de reconeise los meritis dels joves felibres, de far de vôts
pel trïomfe de lor prefach e de citar elogiozament
una estrôfa del poème de « Mirèlha ».

�LO

D'autres

autors

GAI

SÀBER

provensals

zilhat abant son afilhacion al
zia « Eis estellos » citada per

Cl. Brueys, CrouFelibrige (veire sa poeK. Voretsch dins son

coma

Antologia), Honnorat dins son diccionari que foguèt
utile à Mistral per son «Trésor dôu Felibrige»,
Benedit dins las «Œuvres de Chichois», seguisian
tamben un biais d'escriure etimologic mai o mens

tant

estrech.
Las criticas de D. Arbaud foguèron pas plan aculidas e, dins l'Armanà Provençau, Anselme Mathieu,

de son reculh de cansons, volia trapar una contradiccion entre son biais d'escriure
una citation de « Las Leys d'Amors » ont ne trobava
la fondamenta, e, manca d'arguments seriozes, enrendent compte

sajava d'ironizar. Malastrozament, aquela citacion de
«Las Leys d'Amors», Anselme Mathieu n'avia debrembada la mitât dins son escritòri, e es per restablir
la vertat que D. Arbaud publiquèt en 1865 à Aisde-Provensa

una

«

Lettre à M. Anselme Mathieu

»

amistos mas energic, tornava
justificar son biais d'escriure e pauzava de principis
que retrobarem mai tard cò d'Estieu e de Perbôsc.
ont, d'un ton sempre

Que dizia ?
de l'R dels infinitius : «Tous les peu¬
ples de langue romane ont, à cet effet (per diferenciar l'infinitiu dels autres modes verbals); adopté l'R
des infinitifs latins »... E n'es atal, se sab, en francés, en espanhôl, en italian, en portugués, sens
comptar lo catalan, tant vezin de nòstres dialèctes...
A prepaus

A prepaus de l'S del plural : «Du Rhône à l'Océan,
le peuple fait sonner ses pluriels et je sais même plus
d'un canton de la Provence où la prononciation est
entachée du même défaut»... Mêmes los auvernhats e
los lemozins, que prononcian pas gaire aquela letra,
se

gardarian plan dé la quitar de câire dins l'es-

cri tu ra !

Enfin, tocant la vocala O, sô que dis es encara

�'t

228

LO

GAI

SABER

mai interesant

: « Il importe peu qu'on représente par
par une autre une syllabe muette, d'au¬
tant qu'au fond L'O ne représente guère mieux que
l'A l'ancien son terminal des féminins»... E cita
une

lettre

ou

exemple l'A final dels Catalans que se prononcia pas brica A mas entre A, E e O.
Coma se pòd veire, Damase Arbaud pauzava de

coma

principes qu'anàvan aplicar lo canonge Jozèp Roux
e, mai tard, los regents Prosper Estieu e Antonin
Perbòsc.
Es atal que

Jozèp Roux adoptava l'A final, encara
emplegat dins de caires del Lemozin, tornava escriure
l'R dels infinitius, l'M de la primièra persona del
plural des vèrbes, lo TZ de la segonda, e que preconizava lo retorn à l'O latin, en opauzicion al grop
francimand OU.
De son costat, Antonin Perbòsc — en acòrdi amb
Prospèr Estieu — escribia dins la revista « MontSegur»en 1904: «... N'abem pas la pretencion d'aber rezolvut la question; abem pauzat e botat en
aplicacion de principes que nos semblan bons : aqui
tôt. Aquelis principes consiston : à adoptar la grafia
clasica dels trobadors en la simplificant... »
La dralha era marcada, e numerozes èran los escribans nòstres que s'i anàvan endralhar.
Cal pas pèrdre de vista que Damase Arbaud èra
provensal, un provensal prigondament estacat à son
rôde e à sa lenga, coma ò fuguèron mai tard Valèri
Bernard, Paul Èyssavel, Jòrgi Reboul, DanisValverane, P.-J. Roudin, lo nisart A. L. Blanchi.
An sentit, élis tamben, la necesitat d'aquela reforma.
L'unificacion de la grafia es donc pas «unencatablado sus de councessioun di Prouvençau »,
d'abòrd que, coma en literatura, son élis, los Provensals, qu' an sonat lo rampèl. E es un omenatge
plan méritât que rendèm à Damase Arbaud, precurseire un pauc debrembat e un dels melhors obrejaires
de la Respelida.
Marcel CARRIÈRES.
men

�L'Ort dels Trobaires

Trobèri

mon

còr

Aval, dins la comba estrecha
ont la prima ris e nòl,
jol vièlh pomièr que neveja
al abroa del caminòl,
dins Vombrina de las brancas,
trobèri

mon còr mainat
tôt nibu, pas entemenat
e blanc coma las
flors blancas.

Dins Port, claufit del perfum
de las rò^as espandidas
dins la calor e lo lum,
demèst las fuèlhas sonsidas,
cor jovent ai trobat;
copie de pasion dura,
èra roge e badasclat
mon

tôt

com

una

rò^a madura.

Plus tard, trobèri mon cor
sus la landa curvelada

pel vent de la Davalada;
ploraba de gremas d'òr.
O do^e jamai tarida
de jòias e de dolors,
ò mon cor, ara tos plors,
an la sabor de la vida !

CALELHON.

�LO

GAI SABER

TRIPTIC

i

Moun

amo es

pleno de cansoun

...

Th. Atibanel.

plena de causons
Que vòlen prendre la volada.
Amiga, se volèt% qu'àjan espeli^on,
Que lor pre\on sia brigolada.
Mon

ama es

Misto^ament, de vbstre dit
Venèt% butar la portanèlha.
E per que lo boquet se n tròbe mai polit,
Del bon gran cernaret^ Vanhèlha.
Per

aqueste maitin de jun,

Tant de belor s'es

alargada,

gauch esplandit nos fa mirar son
Que n'aurai lèu biasa cargada,

Tant de

Se

vos

venètde vòstra

Donar valam à ma

lum,

man,

pensada,

jE, per qu'à vbstre torn ajet% placer
Vos culhirai tala brasada

diaimar,

perfums, de flors, de causons,
Que n' sireti mai que mai aimanta.
Migueta, di^èt^-me s'es plus gentils resons.
De

Mon

ama

canta, canta, canta.

�LO

GAI

SABER

231

II

Mon

ama es

JE voldria

plena d'amarum

regantar lo mal que Vencadena ;

Esperabi lo bon arum
lo que vos embrena.
...

Es vengut

Ara n'es la sa^on

dels nis,
potons e la sa^on de l'èrba,
ont, quand lo cèl sorts,
li respon, supèrba.

La sa^on dels
Lo temps
La terra

Mas
—

l'esper qu'abiai semenat,
au^elhon que s'afortis, valenta

Ala d'un

LJn delòvi Va derenat.
O vida! vida!

qu'es dolenta!

Pramor, sò d'autre, enfestolit,
Rosinholets al bòsc, floretas dins la
Tôt sò qu es bèlh, tôt sò polit,

prada,

Espremis Jo gauch de l'orada.

Mormolant l'etèrna canson,
La terra

palsemant dis la jòia requista
Que la voluda al mai prigond ...
Mon ama es trista, trista, trista.
en

—

�lo gai saber

III

Mon

ama es un

A tôt sò bèlh

calelh

brodent

pasant per òrta ;

Mas, quand lo mal es esco^ent,
E lo bufal

tròp fòrt, alavet\ el s'amòrta.

Ges de causons, voit es

E

lo nis,

Cà^on pluèja, tòr e granisa.
Al plus fonsut la carn fernis,
l'èime a pas de mai pe^uca soscadisa.
Fa neit, fa fred o fa trop caud.
Del mal la tiera se debana.

Mas,
Se veirà

se gau^am gaitar per naut,
puntejar.la pat% encà lentana.

Vesperamal prigond
la paret esquèrje
Empacha pas de veire, amont,
cèl resplendisent, mai luminos qu'un cierge.
Tant sia

E torrat,

Lo

A Venta mercada per

Torna

Diu,
florir la printaniera

Aici-bas tôt
Del fons de son

es

...

renadiu ;

embaus sempre

mon ama

espéra.

Jozèp DENGERMA.

�LO GAI SABER

Vinha

233

dAutona

Ara

qu'as tôt donat, ò ! vinha tant aimada,
Qu'as balhat al solelh ta beltat en présent,
Ton fruch à tos efants e tas fèlhas al vent,
Ennauras cap al cèl ta vi^e descarnada.
A solelh

colc, subre V morèl, dedins la prada,

Tos brases alandats fan fru\ir d'espavent.
Semblas dire al Senhor: « Gar' aqui, Dius potent,
Tôt sò que me

Mas

encara

demòra

en

ofrenda sacrada

vendrem te raubar los

».

gabèls,

Per que posquem, l'ivern, plan recaufar los
Arredolats davant la granda cheminièra.

vièlhs

T'enveji, vinha d'Oc, afogada al trabal:
Ieu voldriai

coma

tus à

mon ora

Abeire tôt donat à cadun

sens

darnièra,

rambal.

ANNA-MARIA PONROUCH-PETIT.

�LO

234

GAI

Pèire

SABER

sens

pòu

Un còp, i avià un soldat que tornava de la guèrra.
Se virèt, lo ser, à un ostal pagés pertal de demandar
la retirada de la nèch. Dins aquel ostal demoravan
los mèstres de la bòria amb lor ainada, una dròlla

maridadora, amai, per môitas,

pron

polida.

Lo soldat èra tôt lòza dusca al ginol e tôt espeIhansat ; mas amb acò plazent de visatge, plan coma
cal e plan complimentos amb totes.
I endevenètz,

l'Amie, nos botavem à taula:
E tu, Trezoneta, davala
—
una asièta de
mai del vaiselier ! » diguèt tôt d'una
alen lo mèstre d'ostral parlant ara al soldat, ara à
—

«

soparetz amb nos-aus !

son

ainada.

Trezon trespasét coma un
sièta del soldat èra sus la

lius e, dins un res, Tataula, drech-e-drech la
seuna, atal : drech-e-drech la seuna ! Amai la i avià
pas botada esprès, aquel falcon de dròlla, botatz !
Tota l'ostalada

s'enrenguèron à taula

e nòstre sol¬
qu'avià vist e fach e dich. « Son
monde èran bordiers enlai pel païs-bas; el seguià
las armadas dempèi siès o sèt ans; avià corregut
amb de sang dusca à la cabilha ; avià jagut suis
morts ; avià luchat amb tota rasa de pòple sens resaure jamai
una quita escarronhada ; totes cridavan
d'el e lo General de las armadas, un ser de bêla batalha i avià dich: Tu, tôt sol, as fach lo trabal de
dètz à masa; tant-ben, t'apelarai plus, ara-meteus,
que € Pèire-sens-Pòu ! »
dat

mensonèt sò

Botèt ben pron un

parel d'oras per devolzar aquepatrocadas, tant talament que los mèstres d'ostal s'adormiguèron totes dos e sul finiment, i avià.
las

�LO

plus
plan

GAI

SABER

235

Trezoneta que l'escotès — mas l'escotava
lo conte dis que lo soldat se tratava
mai, ara qu'avià solament Trezoneta per

que

per très e

encara

l'escotar...
Sabi pas

s'i ajèt entre eles quicòm de dich o conqu'aquela nèch lo soldat somièt de
Trezoneta e Trezoneta, aquela nèch, somièt del sol¬
dat... S'acò 's pas un Dius vòl ? L'endeman matin,
nòstra drollata parlèt als seunes « de se maridar », e,
aquel matin, una orada aprèp, Pèire-sens-pòu, un
bocin vergonjos per un guerrier, anguèt trobar lo
mèstre de bòria e i diguèt que «Trezoneta i agradava
diablament, qu'amb bèl plazer, tant-plan, se maridarià amb ela, mas-que son paire foguès, coma de
juste, consent de la li balhar. »
vengut: lo tôt es

«Mon Ainada, la balhi pas atal, diguèt lo Paire.
Sèm de pagezes aici e tu, portas tota ta bôria dins
las biasas : avèm refudat de partits pus crânes qu'a—

quel un bocinòt. Ela, saquelai, te tròba de son gost;
me dezagradas pas à ieu. Per que la me pòs pas pagar, la te caldrà ganhar, la dròlla. T'apèlas Pèiresens-pòu, m'es avist : e ben, se n'endevèni pas à la
te botar dins lo fetge, la pòu, vos apariarem amb la
nòstra Trezoneta.
—

«

»

Se cal pas res

nadòta,

me

de mai per la vos ganhar, l'Aipodètz apelar vòstre gendre. »

Acò Js sò

qu'anam veire » diguèt lo Paire.
al cap d'un travèrs, i avià
un castelàs de senhor alont dempèi planas generacions degun auzava pas jaire la nèch, ni mai quitament dintrar de plen jorn. Aqui, del luscre à l'alba,
èra un fracatge que s'auzisià doas lègas à tôt torn.
« Es aqui que jairàs aquesta nèch», diguèt lo
Paire, creguent plan que l'endeman matin demorarià
pas fèr ni fum del maluros.
Aquel set1, à sopar, plan monha foguèt la paura
Trezoneta e son bèl' amie un còp partit al castelàs de
—

«

Amont, dins

—

una greza

�236

LO

GAI

SABER

per las grezas, de pensament per el se
à plorar tota sola dins son cambret.

botèt à plorar,

Lo soldat

durbiguèt lo castèl. Dins lo còrs d'ostal
focàs naut coma un joanal e s'asetèt al
canton, sens aver cap de pòu de res. S'auzisià pas
enlôc cata ni miau ; se vezià pas de per la fenèstra
son-que las estèlas escampilhadas dins lo cèl. Esperèt un briu ; pèi, cluquèt los èls e, coma res venià
pas, tôt espalancat sus la cadièra aqui tôt siaud s'entresomiguèt.
Pecaire, faguèt pas long sòm !
A mèja-nèch, un quicòm de bèl e de negre davala
de pel fornèl, tomba sul èl del fòc, cap-lèva las tuzas, fa regitar la braza, rebombìs pel paziment e vòla
se sèire al autre canton sus una cadièra, aqui, drechaluquèt

un

e-drech el!
—

«

zaurar,

Acô 's
en se

d'aver trobat

tu ? » diguèt lo soldat,
bregant las mans coma
un
companhon.

s'estreòme uros

sens
un

E quai companhon saquelai avià trobat lo paure
soldat! Acòs èra Rapaton, lo diable banut amb son
mantèl rotge coma lo sang, amb sas arpas negras
la sutja e sos onglons virais en dedins al biais
gafets de romana. Sus la cadièra el tant-ben
s'espalanquèt, amb una garramaja sul trafoguièr e
Eautra sul guin del parabraza. Alavetz, agachèt
Pèire-sens-pòu, escarcalhant sos elhases totes verdes
que calelhejavan ; badalhèt un parel de còps, descatant doas rengadas blancas de dentasas e de caisals;
pèi, d'una votz dont lo castèl retroniguèt tôt entier:
« A las cartas ! »
faguèt.
S'abiaisèron un drech l'autre ; se crozèron los ginols ; Rapaton tirèt de son falset son jàc de cartas
e las
partidas s'amodèron.
Era plan coma cal, Rapaton, coma se dis: trop
coma cal per èstre onèste ; tant-ben Pèire li se fizèt
pas — amai plan que li ne valguèt.
coma

dels

—

�LO

GAI

SABER

237

A-n

un moment,
Rapaton daisa lizar una carta
paziment, amb l'idèa que Pèire s'acocolarià per
Lamasar e qu'el aprofitarià d'aquela postadura
per

sul

i volar desus
—

—

e

lo neportar :

«

Amasa-la

«

Acò 's pas

me

!

ieu

»

que

l'ai tombada !

»

Pèire
que

se doleguèt pas e, à tota fin,
foguèt lo diable
s'acocolèt, lo diable que s'enganèt à sa tenda!

Del temps que Rapaton s'agromoirava,
dat amb son mantèl lo sailèt tôt e, d'una

nòstre sol¬
espencha,
Tabrasadèt, l'ensaquèt, lo rebortoirèt, lo condamnèt,
lo bilhèt aqui, lo se carguèt sus las espallas e lo davalèt al Mas.
Lo faure venià d'alucar, à l'alba, e ennairava sa
primièra canson tôt martelejant sul enclutge. Dins
la farga, Pèire se dezafaisèt de son diable, diguèt al
faure sô que n'èra e alavetz, sus las esquinas e sus
la clôsca de Rapaton se degaièron las maludas. Ra¬
paton gingolèt, gisclèt, reneguèt, escupiguèt, liambrèt— e sens se poder destrafilhar
...

■

Entrement que

lo faure acabava de l'ateunhir, Pèire
anguèt trobar de triga lo Paire de Trezoneta e li
diguèt :
—

«La nèch es pasada,
vòstra dròlla es

escanat :
—

«

Ma

paraula val

Aqueste còp, la

un

paura

lo castèl delibrat, lo diable
ganhada ! »
papier !

»

diguèt lo Paire.

dròlla qu'avià plorat tota

la nèch de pensament per aquel qu'aimava, se boisèt
n'avià lo drech, ara, -— i volèt al còl,
los elhons e
i acatant las gautas de potets : « Lo Paire èra con¬
sent ! Al segond-det ela, deman, aurià Panèl novial!&gt;
—

E totes dos à bèl tal de pradas s'anguèron pasejar.
Pèire se gardèt plan, segur, de mensonar à son aimadora l'esfraioza nèch que per amor d'ela el avià pa-

�23»

LO

GAI

SABER

sada al castèl de per las grezas. I parlèt pas son-que
plan polidament e graciu — e lors rinsadas darrier
los randals al piutadis del auzelum se mesclavan, frescas e

candas.

Saquelai, entrement que nòstres jovents bolegavan
espers e floretas, lo Paire, qu'acòs i sabià mal d'aver
per gendre un patarin, se soscava una guerlheza.

Faguèt aparelhar un bráve repais. La taula foguèt
toalhas, ondrada de ramèls. Bulit, mortairòl, rostit e fogasa, res i mancava. Sò primier,
pracò, èra la sopa, bonhada dins una polida sopièra
acatada de

florada.
Totes

se botèron à taula, — Pèire bras-e-bras amb
Trezoneta, coma dos nôvis qu'èran.
Segon lo biais, calguèt que lo rèi de fèsta donès
lo balans del repais en descatant la sopièra.

sa

Sens

se

dezescuzar

e

sens aver

la mendra mesfi-

Pèire-sen-Pòu descatèt la sopièra : mas d'aqui
vrrr ! i rata als èls una
perdic, las alas espandidas...
E Pèire, lo guerrier tôt fòc e coratge, se n' estrementiguèt tôt !
« Aqui t'esperavi! diguèt lo Paire. Sò que fazià
ta verquièra, ton coratge que tant nos prezavas, lo te
vezèm ara, pecaire ! As frenezit de pòu : as perdut!
Ma dròlla esperarà ; ma dròlla trobarà partit melhor
zansa,

—

endacòm mai.

»

Pèire-sens-Pòu s'ennairèt de taula. Sens desclavar
las dents, aparèt francament la man, en biais de
mercés

e

d'adisiatz, al Mèstre de bòria

son

òste

—

balhèt un agach amistos e dolent à Trezoneta.
Pèire-sens-Pòu s'ennairèt de taula e s'aparélbèt per
se n' anar.
e

Trezoneta, pecaire, tota còrferida e desfigurada
coma una mòrta, volèt al còl de son Paire,
sens poder desclavar las dents ela tant-pauc e plo—
rava, plorava

qu'èra

...

�LO

GAI

SABER

Lo Paire, d'auzir sa dròlla plorar, acòs i trebolèt
lo sang e, se soscant un moment,
diguèt à Pèire-sensPòu :
« As perdut e soi dins mon drech en te botant
fòra de mon ostal. Solament ai
conegut que sabiàs
—

èstre

ciu

e

coratjos quand cal
complimentos :

e,

quand

ne

vira, èstre

gra-

As

julhat Rapaton; e la meuna mainada
ve\i que fa julhat tu tant-ben fèrme e dur!
Se mon consentiment deu far vòstre bonur,
estant que l'aimas e que f aima, à tu l'Ainada!»
Pèire-Sens-Pòu
-eles lo bèl paire

e

Trezoneta

se

maridèron. Amb

s'endevenguèt coma la man amb
los dets. Visquèron urozes; ajèron un plen ostal de
dròlles ; venguèron plan vièls e dusca à la fin, de
totes foguèron aimats de la pus bêla amistalt
que se
pògue sus tèrra trobar.
Conte

carsinòl reculit per

Juli CUBAYNES.

�LO

240

GAI

SABER

DOCUM BINT-S
Pour

renseignement de l'histoire locale
et de la langue d'Oc.

Secrétariat d'Etat à l'Instruction

direction de

l'enseignement

SECRÉTAIRE D'ÉTAT

LE

publique et à la Jeunesse
primaire

A L'INSTRUCTION PUBLIQUE.

ET A LA JEUNESSE
A Messieurs les Recteurs,
avec

prière de communiquer à Messieurs les Préfets
et à Messieurs les Inspecteurs d'Académie.

Tous voudrez bien appeler l'attention des instituteurs
certaines modifications que l'arrêté du 14 septembre
dernier a apportées au programme de l'enseignement

sur

primaire élémentaire et que je juge importantes pour la
formation de l'esprit des élèves.
Il leur est demandé dans l'étude de l'Histoire de France
d'insister sur la continuité de l'effort qui a été fait à tra¬
vers les siècles pour construire, maintenir et relever la
France. Trop souvent la passion politique enlève à l'his¬
torien l'impartialité qui lui serait nécessaire pour juger
l'œuvre qui a été accomplie sous des régimes politiques
très différents. Trop souvent aussi on a, de nos jours,
tendance à croire que l'œuvre civilisatrice de la France
est née d'hier et se trouve liée à une certaine politique
ou à une certaine philosophie.
Il faut avoir une concep¬
tion plus libérale de l'histoire. Si on ne saurait trop in¬
sister sur l'importance que présente, pour notre pays, la

Révolution de 1789, il ne faut pas la représenter comme
ayant rompu complètement avec tout le passé et encore
moins croire qu'avant 1789 la France n'avait pas déjà
dans le monde

une

grande influence. On

ne

doit

pas

�L.O

GAI

SABER

241

•chercher à opposer les régimes et à diviser les esprits.
L'œuvre utile est, bien au contraire, de montrer aux en¬
fants quelle a été l'œuvre de chaque siècle et de leur
faire comprendre que, si de grandes choses ont été ac¬
complies de nos jours, elles n'ont été possibles que grâce
aux lents efforts de nos ancêtres.

J'ai inscrit au programme quelques leçons sur l'his¬
toire et la géographie locales. J'attends beaucoup de cette
étude qui, par la suite, pourra être développée. Il faut que
les enfants des écoles connaissent le petit pays où ils sont

appelés à vivre. Les maîtres pourront organiser des pro¬
menades à des lieux historiques, faire admirer des monu¬
ments
resse

ou des curiosités naturelles. L'histoire locale inté¬
les enfants souvent plus que l'histoire générale,

puisqu'ils peuvent voir les lieux où les faits historiques
se sont passés. Il faut leur dire le rôle joué par leur ville
ou par leur province, leur montrer le château ou l'ab¬
baye qui a dominé la vie locale, leur expliquer la parti¬
cularité géographique de la région où ils vivent. Cet en¬
seignement est difficile, car il n'existe pas partout de pe¬
tits livres bien faits sur l'histoire et la géographie locales.
Faute de mieux, les maîtres pourront, pour l'instant, se
servir de guides touristiques. Mais déjà quelques mono¬
graphies ont été composées qui m'ont paru excellentes.
Les instituteurs pourront rédiger eux-mêmes ces petits
ouvrages et j'encouragerai volontiers ceux qui se livre¬
ront à

ce

travail si utile.

Je signale à cette occasion aux maîtres l'utilité que
peut présenter pour eux l'étude du dialecte local. Si, pour

l'instant tout

au

moins, il n'a

pas paru

possible de faire

�lo

242

gai

saber

enseigner ces dialectes dans les écoles primaires, je re¬
commande aux maîtres de les étudier. Ils peuvent, quand
ils les connaissent, faire mieux comprendre à leurs élè¬
ves les noms des lieux, les proverbes locaux, le caractère
région ; ils peuvent aussi user, pour l'étude
française, de la comparaison avec le dialecte
local, familier à certains de leurs élèves. Dans tous les
pays du Midi, la langue d'Oc a une littérature magnifique
qui ne doit pas être inconnue des élèves. Partout, il y a
intérêt à ce que le maître, à propos de l'histoire locale,
signale à ses élèves les noms des grands écrivains et des
grands poètes de la région et leur explique la beauté de
propre de la
de la langue

leur

oeuvre.

C'est

s'inspirant de ces idées que les maîtres pour¬
développer l'esprit national des enfants qui leur sont
confiés. L'attachement à la petite patrie est la première
forme du patriotisme. Celui qui aime son village aime
en

ront

d'autant mieux la France. L'étude de l'histoire est d'une

importance capitale

pour donner aux jeunes Français
l'amour de leur pays et la confiance dans l'avenir.
Georges RIPERT.

Vichy, le

p

octobre IÇ40.

�BOLEGADISA OCCITANA
Lo
A

Colètge

d'Ocoitania

entreprés una novéla annada, malgrat las dificultats de
pre\enta. La circularia del Senhe Ministre Ripert, que
Gai Saber reproduits, a donat de vam à la Direccion. E

l'ora

Lo

las litsons tornaran

comensar

al

mes

de novembre.

Déjà los escolans son arribats nombro\es, subretot dins mantunàs Escblas, ont se son instituïts gaireben pertot de gropaments independents : à Carcasona, Castèlnbudari, Agen, Pamias, Tolo\a, Sant-Somple\i, Rodés, Gordon, Sant-Afric,
Montpellier, etc ...
Lo Senhe abat Salvat dorbirà la
annada de son Cors pu¬
sus la Literatura occitana, dont estudiarà ongan lo reviscol al comensament del sècle XIX.

blic

L'Esoòla
Per c.ontinuar

lo

d'Autpol

prefait malastro\ament arrestat per la

guèrra, /'Escòla d'Autpol tenguèt son primièr acamp lo dimècres g d'octobre dins una sala de la Comuna de Ma\amet.
Una quin\ena d'escolans, totis autant aflambats un coma Vau¬
tre, respondèron à la rampelada del Capiscol Ferrié.
Per l'encau^a de la situation présenta, se compta pas poder
entrepr-ene de grandas festas, mas se continuaran los acamps
me\adiers; long d'aqueste ibèrn s'organi\aran qualquas conferencias per expau^ar la doctrina mistralenca, e, enfin, la
tropcL de teatre de VÈscòla, «.Las Abelhas autpolencas», bailejada pel valent felibre F. Pinel, sera me\a suspèd, per tornar,
coma abant la guèrra, paire aplaudir lo teatre d'Oc dins los
vilatges del ròdol de Ma^amet.
Ara que la doctrina e losprincipis felibrencs son reconescuts
per l'Estat, e à l'ora ont se parla tant, e de totis los caires, de
la Renaisensa del Pais, nos cal pas perdre una esca^ensa per
proclamar que los felibres — que segutson dempèi mai de 8g
ans la draia de lor mèstre Frédéric Mistral — son los primièrs
à obrar à-n-aquela respelida, en mantenguent la lenga e las
costumas reiralas.
Es lo moment de faire d'escolans novèls, car
ni a forsa mai que se podrian interesar al

dins l'Autpolés

prefait nbstre, mas
qu'espèran qu'àm angue los quèrre. Anetn,

que gàu\an pas o
arditl Totis al trabalh !
seu

entorn, afin que

Que cadun fague de propaganda al
nbstra Escbla aje mai de vida e mai de

vam.

Maurici BASCOUL

�LO

244

GAI

SABER

La Mantenensa de

Lengadòc

S'acampet lo dimenge 20 d'octobre à Be\iers. Mandèt una
simpatìa e de felicitacions al Ministre Ripert.
Donèt à son Bnrèu mision per publicar e propagar de libres
se
raportant al ensenhament de la lenga d'Oc.
Faguèt lo vòt que se publiquèse tina Istòria de Lengadòc, que
la plasa de nòstra lenga foguèse mai granda à la radiò, elegiguèt tornamai lo majorai A\ema coma setidic e donèt al Jelibre Léon Cordes la foncion de jos-sendic.

adresa de

Las fèstas del 8 de setembre à Malhana foguèron ongan
niai esmoventas que jamai. Subrelot s'i auziguèt la letra subrebèla del Marescal Pétain à dôna Mistral, letra que publicam dins aqueste numéro.
L'Esc'ola Occitana e lo Colètge
d'Occitania èran reprezentats per Farfantela (Enriqueta Di-

bon), que diguèt: «Se la voues de Toulouso noun s'èro facho entèndre vuei, au rampèu de la Raço latino aurié manca
la mita de

soun

cant».

Lo 6 d'octòbre s'acampèt à Marselha la Mantenensa de
Provensa que. proclamé! los lauréats de sos Jôcs Florals:
los dos primièrs prètz de poezia foguèron atribu'its à dos es-

colans nôstres, Rénal Nelli, de Carcasona (mobilizat), e Eugèni Martin, de Montsegur sus l'Auzon (non mobilizat). Com¬
pliments à nôstres amies.
La Mantenensa mandèt al Ministre de las Comunicacions
un vôtpertocant la creacion d'un timbre Mistral, e lo Minis¬
tre

a

respondut favorablament à-n-aquela demanda.

Als Jôcs Florals de 1 'Escoló deras Pirenèos, abèm notât
d'escolans nôstres demest los lauréats. Dins la seccion poe¬
zia, Francés Barriè, d'Auvilar, a obtengut la flor d'ôr e una
medalba d'argent; Marcel Carrières, de Toloza, una medaIha d'argent; dins la seccion prôza, dôna Artous, de Vila-

franca,

una

medalba de bronze.

Nôstre escolan Albin Amouroux, dels Amies de la lenga
d'Oc à Paris, es pasat als nôstres burèus de Toloza, à l'ocazion d'un viatge, e nos a portât de bonas novèlas dels ma¬

jorais Caries-Brun e Loubet, dels i'elibres Roger Roux, Joan
Suberville, Paul-Lo'is Grenier, Mihura, Nicolas Bourgeois,
lo senlie Teissier e sa dôna que s'ocupa totjorn de recrutar
cantaires e dansaires. Lo libraire Peyre es prezonièr de
guèrra.
CRI-CRI.
Imp. d'Editions Occitanes Castelnaudary. Le Gérant: A.PRAVIEE.

�Règles de Phonétique Occitane
i° VOYELLES. —- a, seul ou dans le corps d'un
mot,
accentué ou non, sonne comme a français ; mais s'il
constitue une terminaison féminine, il est semi-son¬
nant et se prononce entre a et o, suivant la
région ;
e sonne comme é fermé
français, et è comme è ou¬
—

français ; ■—■ i équivaut à i français
mais, après une voyelle, il a le

vert

;

ment ;

çais
o

;

—

fermé

ò ouvert se prononce comme
comme

2° CONSONNES.

suivi de
c devant

u),

r, s,

ou

et i est

e

a

égale¬
fran¬

français, et

français.

c, d, f, g, j, 1, m, n, p, q
( toujours
sonnent comme en français ; mais
sifflant comme s français; — j sonne

b,

—

t,

o

—

son ou

^

tz, dans certaines régions ; — m se prononce
comme n à la fin de la i™
pers. du pluriel des verbes ;
n est muet, sauf
quelques rares exceptions, à la fin
des substantifs ; — r est souvent muet à la fin des
substantifs et des adjectifs, sauf en Provence, ainsi
comme

—

qu'à l'infinitif;
muet

—

à la fin des

des mots

en

ment;

s est toujours dur et sifflant; — t est
participes présents et de la plupart
—■

v sonne comme

b, sauf en Pro¬

vence.

3° GROUPES. —ch, lh, nh

Vient de

se

prononcent: tch, ill, gn.

paraître

HOMMAGE A PROSPER ESTÍEU
( 150 p.

—

in-8) 20 francs

(frais de port

Tout

bon escolan

en

sus)

doit

avoir

dans

sa

bibliothèque cet Hommage à notre regretté
capiscol, où se trouvent réunies les signatures

des principaux écrivains contemporains régionalistes et de langue d'Oc.
S'adresser à

l'Imprimerie d'Editions Occcitanes

3, Quai du Port, Castelnaudary

(Aude).

�A NOS ESCOLANS

Tout

souscripteur aux ORAS LUSCRALASf
Prosper Estieu pourra obtenir les œuvres sui¬
vantes, non encore épuisées, du majorai avec une
réduction atteignant 30 ou 40 °/0 sur le prix actuel
de vente. Voici donc les prix pour les souscripteurs :

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d'Oc ambe
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Lo

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Las Oras

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Cantairas, sonets occitans ambe traduccion
carrat, xvi-276 p.). . fr.
13. »

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Lo Mètge de Cucunhan
cions de P. Sibra

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toutes

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Castelnaudary (Aude).
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des ouvrages demandés sera acquitté dans les huit
jours après réception, par chèque postal, pour éviter
les frais de recouvrement (frais de port en sus).

_

�</text>
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              <text>Lo Gai Saber. - Annada 21, n° 190 setembre-octòbre 1940</text>
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              <text>Salvat, Joseph (1889-1972). Directeur de publication</text>
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              <text>Vignette : https://occitanica.eu/files/original/44de0fcf486ad5f0af84a4ba03dba681.JPG</text>
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          <name>Is Part Of</name>
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              <text>Lo Gai Saber (&lt;a href="http://occitanica.eu/omeka/items/show/13154"&gt;Acc&amp;egrave;s &amp;agrave; l'ensemble des num&amp;eacute;ros de la revue&lt;/a&gt;)</text>
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              <text>1 fasc. (pp. 222-244) ; 22 cm</text>
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              <text>&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;em&gt;Lo Gai Saber&lt;/em&gt; est une revue litt&amp;eacute;raire occitane publi&amp;eacute;e depuis 1919. La rubrique &lt;em&gt;L'&amp;Ograve;rt dels trobaires&lt;/em&gt; est consacr&amp;eacute;e &amp;agrave; la po&amp;eacute;sie, la rubrique &lt;em&gt;Bolegadisa occitana&lt;/em&gt; donne des informations sur l'actualit&amp;eacute; de l'action occitane. La revue fait aussi &amp;eacute;cho des publications du domaine occitan et des r&amp;eacute;sultats du concours annuel de po&amp;eacute;sie occitane de l'Acad&amp;eacute;mie des Jeux floraux.&amp;nbsp;&lt;/div&gt;</text>
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              <text>&lt;div style="text-align: justify;"&gt;Lo&amp;nbsp;&lt;em&gt;Gai Saber&lt;/em&gt;&amp;nbsp;es una revista liter&amp;agrave;ria occitana publicada dempu&amp;egrave;i 1919. La rubrica&amp;nbsp;&lt;em&gt;L'&amp;Ograve;rt dels trobaires&lt;/em&gt;&amp;nbsp;es consacrada a la poesia, la rubrica&amp;nbsp;&lt;em&gt;Bolegadisa occitana&lt;/em&gt;&amp;nbsp;balha d'informacions sus l'actualitat de l'accion occitana. La revista se fa tanben lo resson de las publicacions del domeni occitan e dels resultats del concors annadi&amp;egrave;r de poesia occitana de l'Acad&amp;egrave;mia dels J&amp;ograve;cs florals.&lt;/div&gt;</text>
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              <text>Calelhou (1891-1981)</text>
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              <text>Carrières, Marcel (1911-1982)</text>
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              <text>Lizop, Raymond (1879-1969)</text>
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              <text>Dengerma, Joseph (1904-1982)</text>
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              <text>Ponrouch-Petit, Anne-Marie (1905-1977)</text>
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              <text>Cubaynes, Jules (1894-1975)</text>
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              <text>Ripert, Georges (1880-1958)</text>
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          <name>Contributeur</name>
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      <name>Poesia occitana = poésie occitane</name>
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