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                  <text>21a Armada

N" 191

Novembre-decembre 1940

Saber
Gai

Lo

Revista de VESCOLA OCCITANA

Dis Aup i

Pirenèu

...

F. Mistral.

TOLOZA
14,

Carrièra

dels

Arts,

Lo

14

numéro:

2 fr.

�SABER

LO GAI

Revista de l'ESCOLA OCCITANA
AOMINISTHAOION
1-4, Caméra dels

Libi-aria Privât,

:

Arts, TOLOZA

Abonaments

:

( Fransa

O- C. Toloza 1673

-

20 fr.
„_30 /r.

: un an

Bstrange ;

un

.

.

.

ENSENHADOR
del N° 191

(novembre-decembre 1940)

de Mistral.

Maurice BONNEL :

Racine

A. P.

Romivage al Ortde Caries De-

au

pays

rennes.

Caries DERENNES:

Poèmes.

Lolza PAULIN:

Cant de Nadal.

Joan NARACH :

Revelaciô.

Lolza PAULIN :

Nadalet.

Antonin PERBOSC:

La «Societat d'estudis occitans».

LA

DIRECTION

:

A

l'Académie des Jeux Floraux.

Bolegadisa Occitana.

CRI-CRI:

Lo Teatre d'Oc.

Saplement, pels escolans e los amies del Colètge d'Occitania,
La Rampelada N° 61 (setembre-decembre 1940) : Principes
de lecture et d'écriture occitanes (Paul Lasserre), novelum
del Colètge.
■■■■■■■

BURÈU DE L'ESCOLA OCCITANA
capiscol ; J.-R. de Brousse, Jaques-Emili
Tresserre, jos-capiscòls ; Armand Praviel,
Jozèp Salvat, secretari; Joan Séguy, secretari-adjunt.

Antonin Perbosc.

Abelous, Francés
clavaire;

Filadèlfa
nes,

de

Yerda, Lois Théron

Joan Ladoux, Amiral

de MontaugA, Juli Cubay-

d'AbnÉMAR de Cransac, conselhèrs.

Paul Sibra, jos-capiscôl dels Grilhs del
Bousquet, capiscòl de YEscòla Rochegude ;

Ĺauragués; Jordi
Fernand Albert,

capiscol de la Campana d'Agot; Joan Girou, capiscòl de 17? scola Audenca; Xeofile Ferrie, capiscòl de YEscbla d'Autpol ;
Elia Lagarde, capiscol de YEscàla Dorn Vaissete ; Calelho.m,
capiscòl del Calelh del Roérgue, conselhèrs.

�Lo Gai Saber N° 19T

RACINE

NOVEMBRE-DECEMBRE

au

pays

K)40

«le MISTRAL

A l'occasion du Tricentenaire de Racine

(I)

Du coche

qui vient d'accoster le quai du Rhône à Ly¬
humide matinée de novembre i66i,sort
un
jeune élégant de vingt-et-un ans, qui, dédaigneux
et énervé, presse le pas vers l'Hôtel de Ville pour
avoir le «billet de sortie» sans lequel les chaînes du
Rhône ne se lèvent point. L'échevin de service fait les
dépêches gravement, et ne quitte un instant.sa digni¬
té officielle que pour obtenir de ce Parisien de belle
mine, fraîchement arrivé de la capitale, des nouvelles
de dernière heure. Celui-ci répond évasivement, mais
le magistrat se rengorge et prédit que la guerre avec
l'Angleterre est imminente, car «le Roi n'est pas
parent du Père Suffren », le bon confesseur de Louis
XIII, dont le nom se prononçait comme «souffrant».
Ce pitoyable calembour a le don d'exaspérer le visi¬
teur, qui fait bien paraître « qu'il ne l'est pas non
plus», et qui s'esquive en brusquant sa révérence et
murmurant des imprécations contre le
quolibétier.
Tel fut le premier contact de Jean Racine avec le
«Midi». Pareil à un enfant que l'on écarte violem¬
ment du fruit défendu, il a
pris son parti de mani¬
fester sa mauvaise humeur à tout propos. Ah ! on
prétend l'arracher à la Grand' Ville, lui interdire de
nouvelles équipées avec Pégase sur les bords de la
on, en cette

(1). Article retardé

par la Guerre. —
Œuvres de Jean

sont tirées

du volume

«Lettres de

J. Racine, écrites dans

vantes...

sa

Toutes les références
Racine (Didot, 1865)
jeunesse», pp. 467 et sui¬

�LO

246

GAI

SABER

aux nymphes séductrices ! On lui reproche ses
amis, Jean de La Fontaine, Le Vasseur, son cou¬
sin Vitart
La Mère Agnès et Port-Royal ont
fait le coup.
L'oncle Sconin a précisément of¬
fert sa complicité, et le conseil de famille a décidé
qu'il valait mieux pour cet Éliacin de naguère une
tonsure rapide et un bénéfice immédiat que les bé¬
nédictions monnayées et compromettantes de Cha¬
pelain. Justement à cette heure, au Chapitre d'Uzès,
Lévêque a nommé, et le prévôt aussi: c'est mainte¬
nant au tour du Grand Vicaire. Jean n'aura qu'à

Seine

...

prendre le premier coche pour Lyon,
barquera pour

d'où il s'em¬

Pont-Saint-Esprit, où il arrivera vers

le 8 novembre : de là

il fera à cheval le chemin vers

Uzès.

L' «exil» a donc commencé. Le jeune postulant ne
s'y résignera jamais, conservant la nostalgie de
Paris, de ses amitiés, de la Muse qui l'obsède.
Pourtant il fait demander par Vitart son extrait baptistaire à Monsieur le Prieur de La Ferté, afin d'ob¬
tenir le dimissoire de l'évêché de Soissons. D'autre
part, l'oncle Sconin est d'un naturel si doux, il lui
témoigne tant de tendresse que Racine aurait mau¬
vaise grâce à refuser d'apprendre un peu de théologie,
dans saint Thomas. Monsieur d'Uzès lui-même s'est
fait présenter le futur ecclésiastique et accepte
l'hommage de l'Ode à la Paix. Du coup tous les
chanoines en reçoivent un exemplaire, et l'auteur se
trouve désormais bien en cour dans le palais épiscopal. On lui fait force caresses à cause de l'onclegrand vicaire : à l'occasion, il n'y a pas un curé, ni
un maître d'école, qui ne récite le compliment gail¬
lard, auquel il ne sait répondre que par des révé¬
rences, car il n'entend pas le «français» de ce paysci, et on n'y entend pas le sien ; ainsi il tire le pied
fort humblement, et quand tout est fait, il s'empresse
de répondre «Adiousias», écorchant le mot que sa
voix d'or ne sait pas rendre sonore. Tout marri de
s'adapter si lentement à une nouvelle existence dont

�LO

GAI

SABER

247

tous les détails le déconcertent, il s'en console dans
les lettres qu'il expédie à ses correspondants deParis. Il voudrait remédier à son mutisme forcé qui
lui vaudrait bientôt la réputation d'un incivil ou d'un
homme non lettré, dans ce pays où les villageois,,

nus ou ensabotés, font des révérences, comme
s'ils avaient appris à danser toute leur vie, et causent
«des mieux».

pieds

Il semble que Jean Racine fut d'abord agréable¬
sensible aux charmes de la Provence: « J'es¬

ment

père, dit-il, que l'air du pays me va raffiner de moi¬
tié, car je vous assure qu'on y est fin et délié plus
qu'en aucun lieu du monde ». Le vert persistant des
arbres en plein hiver, la chaleur des journées de
novembre plus douces qu'à Paris, le plaisir pitto¬
resque des premiers voyages aux environs d'Uzès,
à Nîmes en particulier, dont il vante le prodigieux
amphithéâtre — «La ville est assurément aussi belle
et aussi «polide», comme on dit ici, qu'il y en ait
dans le royaume» —, en voilà assez pour conquérir
son cœur. Mais le poids de l'exil ne tarde pas à ac¬
cabler cette âme dépaysée. Sa mauvaise humeur
éclate dans

ses

confidences à l'abbé Le Vasseur à

qui il demande la charité de l'entretenir souvent
dans la langue de France qu'il désapprend tous les
jours, obligé qu'il est à parler «le langage de ce pays,
qui est aussi peu français que le bas-breton». Il se
compare au galant Ovide réduit au milieu des bar¬
bares à parler scythe, déplorant de n'être plus in¬
telligible, s'il revient jamais à Paris. Pas plus que
leur langue, les mœurs des gens du pays d'Oc n'ont
l'heur de lui plaire. L'exubérance de la pompe des
cérémonies catholiques agace son esprit préoccupé
de séduire telle beauté hqguenote plutôt que de jouir
de la compagnie cléricale; les Jésuites n'ont pas sa
sympathie : il est vrai que les «Lettres Provinciales»
qui circulent en ville connaissent un rapide succès
aux dépens
des Pères, et la renommée de Monsieur
d'Aleth, qui est adoré dans le Languedoc, leur fait

�248

LO

GAI

SABER

grand tort. L'humeur des gens qui portent leurs
passions au dernier excès est insupportable à sa rai¬
son équilibrée, qui se complaît
pourtant à raconter
le suicide d'une violente Eripnile. Ajoutez à tout
cela les énervants malentendus qui résultent de son
ignorance ! Il demande à une servante de Valence
«un pot de chambre» pour la nuit, et on lui
apporte
un maudit réchaud !
Pour ajuster sa chambre à Uzès,
il réclame de petits clous à broquette, et le valet de
son oncle ne trouve à lui présenter que trois boîtes
d'allumettes ! Jugez s'il y a sujet d'enrager, d'autant
que cela irait à l'infini, s'il voulait dire tous les in¬
convénients dont il pâtit. Aussi n'est-ce pas à ce pays
que Furetière a laissé le galimatias en partage, en
disant qu'il s'était relégué au delà de la Loire, car
«nous appelons ici la France tout le
pays qui est au
delà de la Loire: celui-ci passe comme une province
étrangère ...»
On montre encore à Uzès à demi-ruiné le «Pavil¬
lon de Racine» : c'est là que le candidat à vocation
forcée attendait la prébende qui tardait à venir. La

plus petite chapelle, dit Louis Racine, lui aurait paru
une fortune, mais l'oncle Sconin, tiraillé par toutes
sortes d'embarras, tombait d'incertitude en incerti¬
tude, laissant échapper certaines chances, tandis
qu'un moine nommé dom Cosme faisait renaître con¬
tinuellement des obstacles. Une fois Jean Racine fut
sur le point de partir pour Nîmes se faire tonsurer,
mais la collation du bénéfice se faisait trop attendre
et le projet fut ajourné. Heureux délai, qui permit à
l'Église de compter un intrus de moins et aux Let¬
tres le futur auteur d' «Andromaque» et d' «Athalie».
Il

évident

effet que

le jeune clerc eût man¬
qué totalement d'intention droite et qu'il n'avait rien
de l'élu du sanctuaire, lui qui pensait aux bonnes
grâces de la cour de Vénus. Par complaisance pour
son oncle, il feuilletait la Somme de
saint Thomas,
mais il préférait lire L'Arioste et les poètes grecs.
est

en

�lo

gai

saber

Son

goût pour la tragédie lui fait commencer «Thégène et Chariclée», puis, laissant le romanesque pour
le drame psychologique, il retourna à Euripide au¬
quel il prit le sujet de «La Thébaïde», qu'il ne devait
pas achever sous le ciel d'Uzès.
En effet, las des difficultés incessantes qu'il éprou¬
vait dans un milieu où il ne consentait pas à s'adap¬
ter, toujours séduit par le mirage de Paris et l'amitiéensorceleuse de ses correspondants, Jean Racine se
décida presque brusquement à regagner la capitale.
Sa dernière lettre d'Uzès est pour Vitart et s'achève
par ces mots significatifs : «Je meurs d'envie de voir
voir vos deux infantes». Il partit probablement dans
les premiers jours d'août 1662, n'emportant, de son
bref séjour dans le Midi incompris, qu'un regret
à peu près sincère pour «l'âme tendre et généreuse»
de l'oncle Sconin. L'exil n'avait duré que dix mois.
La grande aventure littéraire allait commencer
Port-Royal déjà s'alarmait.
Le grand pays d'Oc «au delà de la Loire» n'a
jamais gardé rancune à Racine pour son incompré¬
hension, péché de jeunesse. N'est-ce pas une revan¬
che suffisante de retrouver à chaque page de sa
grande œuvre cette lumineuse beauté dont les bru¬
mes du Nord ne sont pas p'orteuses ?
Uzès la Ro¬
maine n'est pas loin de Mantoue.

Maurice

BONNEL.

�L'Ort dels Trobaires

Romivage al òrt de Caries Derennes
I

dètz

a

ans

qu'es mòrt lo bèl trobaire Caries De-

rennes,

Se n'a gaire escrich qu'en
dire : « dans la langue

francés,

—

coma

aima-

des barbares d'outreLoire», — a sobent fogozament manifestai sa predileccion per la lenga de sa tèrra mairala,
ba à

patria, mon ben e mon amor (i).
1924 que paresquèt son sol libre en lenga
d'òc : Romivatge, publicat pels «Amies del Libre
occitan». Fòra dels tretze poèmes reculits dins aquel
volum, n'i a sèt o uèit qu'an parescut dempèi dins
de revistas (Oc, Feuilles au Vent, etc.); mas n'i a
d'inconescuts, o pauc se n' manca, qu'an parescut
abans Romivatge, — tota una garbeta poetica à mi¬
tât resconduda dins un libre en pròza qu'es à recomandar mai-que-maî als felibres : La Petite Faunesse ( Paris, L Edition,
1918, e Paris-Vienne,
Editions Larousse, s. d.)
Ma
Es

8

en

capitols d'aquel roman pòrtan à'epigrafas (2 en

en occitan) que ne son coma
zicions liricas al encòp escuras e lindas,
de mistèri e de combor.

francés, 6

Es deremarcar que

de transpobategantas

las 6 epigrafas occitanas^ qu'an

parescut en primier (edicion de 1918) en grafia non
reformada, son estadas reproduzidas dins la segonda
edicion, non datada, espelida dos o très ans aprèp,
(1) Romivatge, p. 18.

�LO

GAI

SABER

25»

ambe la novèla

grafia adoptada per l'autor. Es donc
aquela segonda edicion de La Petite Faunesse que
cal recomandar; mas se pòd pensar qu'es ara plan
malaizit de la trobar. Es per acò quepublicam aquels
poèmes de Caries Derennes, que cal s'estonar de
trobar pas dins Romivatge, dont sarian la subreflor, e que sos amies de Paris coma los d'Occitania
auran
plazer, n'abèm l'aseguransa, de trobar aici
arremozats dètz ans aprèp sa mòrt.
A.

P.

I

Canta la luna

«Neich
Casa ta

es

a

Vaurelha dels canhs

Fesfrai,

casa

Cueicha de

e

:

bel batan;
plan,

sornura a

vai-i mais que

foc, garganhol raumelant...»
II

So que diran lo monde sus teus pases,
Lo contaras al pepe dels teus cases ;

E, saquela,

te cales sovent:
Malfi^a-te dels amies e del vent.
que

Mais que

mal es l'esperit que Dieu balha
Pa^e, al porc, al verme, a la sernalha,
l'orne, qu'es d'agir e paura fe.

A
A

I
La lune chante à l'oreille des chiens

« C'est nuit
d'épouchasse ta chasse et
rondement,— cuisse de feu, gosier râlant... &gt;

:

vantement, obscurité à beau vacarme ;
vas-y

—

—

II

Ce que

diront les gens derrière toi, — tu le raconteras au
grand-père de tes chênes; ■— et que cela ne t'empêche pas de
te taire souvent

au

:

—

méfie-toi de tes amis

et

du vent.

—

Plus

mauvais est l'esprit que Dieu accorde — à l'âne, air porc,
vermisseau, au lézard, — à l'homme, lequel est de haine et

que

�LO

GAI

SABER

pot virar qu'abe
junh, agradieu, a ta boca.
sap la, la flor, quora te toca.

Malastre

non se

Pot que se

Prener

III

pairal, aneich com ar'un-an,
Adu^e-nos als Ihocs d'ont davalam,
Al dur pais quercinol ont la cro^a
In sa neich ten la pou que s'arremo\a,
Ont vieu jo'l sol un aurifie bestial.
Minjem, bebem e dromem a bel tal,
Tiem e cantem, amem e sieguem crânes.
Perferariei, o Diable, que m'escanes,
Se n abiei pas, a l'abric de la Crot\,
Dents dels singlars, emais pautas dels lops.
Flume

IV
O ramelon que

S'al camp

■de pauvre foi.
à une lèvre

te sentes pe^uc,

nadieu

n

amai^es mais ton chue,

Mauvais destin ne se peut tourner que grâce
qui se joint, plaisante, à ta bouche. — Sache
prendre toute fleur quand elle est près de toi.
—

—

III
Fleuve
nous

aux

paternel, aujourd'hui

comme

l'an passé,

lieux d'où descend notre race,

—

au

—

conduis-

dur pays quer¬

cinol où la caverne — tient la peur blottie dans sa nuit, — où
vit sous le sol un horrifique bétail. — Mangeons, buvons et
dormons fortement, — tuons et chantons, aimons et soyons
flambards. — J'aimerais mieux, Diable, que tu m'étrangles, —
si je ne possédais pas, à l'abri de la Croix, — dents de sanglier
et

pattes de loup.
IV

O jeune rameau, si
nourriture te semble

tu te sens lourd, — si au champ natal ta
insuffisante, — mieux vaut mourir, non

�lo

gai

saber

25 3

Mielh val morir, non sans

jitar ta grana,
Avans, al volh de l'aura quoand batana...

Perferaries, dinqu 'al Jutge damier,
Jamais borreu, demorar preisonier i
V

Remembra-te
Siave

es

so

amar,

qu'ai dich adeja:

melhor potoneja ;

Mais que poton que f agrade capinha !
Balha mais sanc vin que raqim de vinha;

Trata ta vita
In

cops durs, coma fai
camps peiros lo vailet de Varai.
a

VI

S'als

arrome.cs

te veqes

agrifat,

Crida lo

satge, au\is tanben lo fat,
Saris aublidar, siegues tu jove o d'atge,
Que val lo fat, de cops, tant que lo satge.
Carles

DERENNES.

jeter ta graine, — auparavant, dans le vol du vent quand
fort 1 — Préférerais-tu, jusqu'au Juge suprême, — n'étant,
jamais bourreau, rester prisonnier?
sans

il y va

V

Rappelle-toi

ce que

je t'ai dit déjà:

—

L'amour est

suave,

meilleur est le baiser; — plus que le baiser puisse te plaire la
caresse ! — Le vin enrichit plus le sang que le raisin sur pied;
sache traiter ta vie à coups durs, comme fait, -— si le sol est

—

pierreux, le serviteur de la charrue.
VI
Si tu t'es laissé

prendre dans les ronces, — appelle le sage à
écoute aussi le fou, — sans oublier, que tu sois
vieux, — que le fou vaut, parfois, autant que le sage.

ton secours,

jeune

ou

C. D.

�LO

254

SABER

GAI

Cant de Nadal

Balin, balan! tindatq, campanas ;
espertaretq las nòstras planas

qu'aniran cercar los planòls,
los plaiíòls, las montanhetas,

e

—

Tindatcampanas, campanetas !
los tarons,

las montanhetas,

—Sonat^, sonat\, bons companhons !
e

los tarons,

—

las esteletas.

Tindatcampanas, campanetas !
Sonatq, sonatbons companhons!—
N'aiaiet ne vòl prene una

—

plus trelu^enta que la luna
dins la malhun de

sas causons.

—Sonatsonatq, bons companhons !
Ve^i venir la Pastorada,
e dels grands Reis la cavalcada.
Amont, luqïs, la benastrada;
Nadalet la
mas es

nos

a

menada,

Nadal que

tota nòv'a

sus

—

Va pau^ada

VEnfanton.
LOIZA

Reialmont,

PAULIN.
21

de décembre 1939.

�GAI

LO

SABER

255

Revelació

Qu'es graciós L'infant amb l'anima simpleta
dels

tots

primers anys,
fe joveneta
fàcil als enganys!
seus

amb la credulitat de
tan

En tôt

va

de

peu pla car en tôt és novici

dins d'un
Mes

sa

mon

tôt novell.

d'engany

no n'hi ha, car tôt
sol ésser per ell.

en

Ai! beneït engany que ens ha
del bon Pare Nadal,

el benefici

valgut l'idea

amb tôt el bé de Dcu que, per
sol baixar d'alla dalt.

la xemeneia,

RÉVÉLATION
Comme il est charmant,
ses

premiers

sée à

ans, avec

l'enfant,

avec

la crédulité de

sa

l'âme toute simple de
foi toute jeune si ai¬

tromper !

En toute chose il va sans difficulté, car il est novice en toute
chose dans un monde tout nouveau. Mais de tromperie il n'y
en

a

pas, car tout

Ah !

Père

le bénéfice est habituellement

bienheureux mensonge

Noël,

coutume de

avec tous

pour

lui.

qui nous a valu l'idée du bon
les biens de Dieu qui, par la cheminée, ont

descendre de là-haut.

�LO

GAI

SABER

Nadal, barbut com

Es el Pare

qu'una nit que fa
dorm, o

posa, mentre que

dins de cada

Com s'adorm
la

a

Els

fred,

dolçaina o joguina

esclopet.

confiât suis genolls de

vora

que marxa a

anvs

passen

la mare,

del foc !

ulls aclucats no veuran

sens

Els

Vimagina,

el seu pare

poc a poc.

aixi. Amb ells ve la creixença,

i Vinfant posa seny.

Qui

me

dira d'on ve que la seva
poc a poc se restreny ?

creença

Algun company mes gran, envanit de judici,
potser l'ha confessât.
El bon neci, de cop, descobreix l'artifici
del Nadal quha passai.
C'est le Père Noël, barbu comme l'enfant se le représente,
qui, par une nuit froide, dépose, tandis qu'il dort, ou bonbon
ou jouet dans chaque petit sabot.

s'endort plein de confiance sur les genoux
du feu! Ses yeux fermés ne verront pas son
père qui marche tout doucement.

Comme l'enfant
de sa mère auprès

Ainsi passent
fant devient
ce

peu

les années. Avec eux

vient la croissance, et l'en¬

raisonnable. Qui me dira

à peu

d'où vient que sa croyan¬

diminue?

Quelque compagnon

être l'a-t-il éclairé. Le
du Noël qui est passé.

plus grand, fier de son jugement, peutparfois, découvre l'artifice

bon enfant,

�LO GAI SABER

257

Quan torni Vany vinent, su'ls genolls de la mare
ja farà l'adormit,
i sabra clarament que Nadal es, el pare
que passa aqueixa uit.
De

no

fruir mai
no'n

mes

dolça mentida,

guarda mala humor,

i, dintre del seu cor, per sempre

t'ha sentida,

veritat de l'amor.

JoAN NARACH.

Quand reviendra l'année suivante, sur les genoux de sa mère
clairement.que c'est
Noël, le père qui passe cette nuit.

il fera bien semblant de dormir, et il saura

plus jouir du doux mensonge il ne garde pas de mau¬
humeur, et, dans son cœur, pour toujours il t'a ressen¬
tie, vérité de l'amour.
De

ne

vaise

J. N.

ALS ESCRIBANS,

ALS LEûEIRES

Dempèi qualque temps, Lo Gai Sabir a pas pogut parlar
las publicacions occitanas. Mas res sera
pas perdut. La redaccion demanda que li siague perdonat lo
.retard, degut als treboladises del temps.
•dels libres novèls e de

LA REDACCION.

�258

LO

GAI

SABER

Lo vièlh libre

d'imatges

NADALET

Tre que nos encaminam cap al ibèrn, vaqul que
lèvan los remembres del temps que ma vilôta èra,
per ieu, un libre d'imatges, lo primièr dubèrt dabant
se

mos

èls

e

lo

plus bèl quejamai m'es estât donat.

Al contrari de sô que se pòd
creire; èra subretot
à l'intrada del ibèrn que las carrièras, per ieu, s'ani-

màban.'I abia,

es

vertat,

gaireben digus defòra,.

cadun obraba dedins, darrièr la vitra del atelièr
o la vitrina de la
botiga, jos la lampa que s'alucaba
d'ora. Alara, la mainadeta qu'èri, deliurada de l'esmas

còla, comensaba de carrièra

en carrièra de s'asadins lo sol libre que sos èls e son còr totisposquèsen legir sens ajuda. De mitas à las

bentar
nôus
mans,

d'esclòps als pèds, ni fred ni nèu m'arrestà-

ban,

sabiai

las

e

botigas

o

pron trobar lo lezer de badar dabant
los atelièrs.

Mai las

botigas foguèsen pas tant grandas coma
ni rajolantas de lum, sabiai descurbir al temps
de Nadal pertot de merabilhas. Res, per ieu, pasarà
ara

jamai
blaus

en delicias aqueles esclopons de sucre ròzes o
dormisia un Jèzus tant saure e tant luzent

ont

lo sentisiai fondre dins la boca. Ni las nenas,
tant-pauc, amb lor cap de porcelana, que se semblàban totas de cara e qu'abian totas lo même aire esque

tabozit. Mas tôt acò èra pas per ieu. Per ieu i abia,
acò de la Marinèla qu'installaba sus la plasa lo di-

mècres, perqu'èra trop paura per tene botiga, depastilhas de menta de quaranta per un sòu e de ne-

�LO

GAI

SABER

259

notas coma lo det

qu'òm las podia comprar per cinq
esclòps de la canson. Mas cinq sòus,
à-n-aquel temps, èran tôt un afar. Urozament,
alara, manjabi autant dels èls que de la boca, e perdiai pas lo meu temps en regrèts. Pracò, me vos cal
dire un Nadal que me costèt calques sospirs.
sòus

coma

los

Un ser
cosi lo demembrar aquel ser de fums ont
la carrièra flairaba à las castanhas que torràban dins
la padena ? — abiai vist, darrièr la vitrina d'un ba•

—

s'èra dubèrt

pel temps de las fèstas,
de las plus grandas,
■se n'manca, mas clucaba los èls.
Aqueles cils de seda
li fregàban la gauta, coflada de vida coma la meuna,
e la remirabi, aquela nena, tant, que n'abiai la boca
dubèrta e seca d'enveja. Comprar aquel trezòr, i calia pas pensar : costaba sèt francs e dètz-e-nòu sòus!
Urozament, Nadalet tindaba.
zart que
una

nena

res que

d'enfant de rie.

JLra pas

Los qu'an pas auzit tindar Nadalet dins lor enfansa pòdon pas se far una idèia de tôt lo gauch que
la vida lor a panat. Lo nòstre campanièr, qu'alara
èra

vièlh, ni pigre, lo nos sonaba, uèit jorns
Nadal, cada ser aprèp l'Angèlus, durant una

pas

abant

E, ajudat per l'autan o per la biza, nòstre cam¬
panièr fazia plòure suis ostals de la vilòta, sus las
bòrias de la nòstra plana, coflada de plèja o forrada
•de nèu, las promesas de Nadal.
ora.

Sò que

Nadalet cantaba,' aquel ser que badabi,
paures, dabant aquela nena que digus sus la tèrra la me donaria, òc' sabiai sens me
trompar d'un viral de campana : me cantaba que
Nadal la me portaria dins mon esclòp rascanhut,
acostumat als calhaus dels camins e dels carrieròls,
aquela nena, e plan plus bêla, ja que me vendria
del cèl. A ! Qun gauch m'emplenaba, e pas brica
parièr als gauchs de cada jorn : aquel gauch abia
-d'alas, mentre que Nadalet tindaba e divinizaba tôt.
Presentida, belèu, d'un gauch subrebèl, promés per
.Nadalet, portât per Nadal à d'unis ...
ieu, drolleta de

�2ÔO

LO

GAI

SABER

portèt pas, la Nena que clucaba los èls,
aquel Nadal. Pracò, ajèri, ieu tamben, ma part de
Paradis : doas pomas, plan milhoras, òc cal reconeise, que las pomas de cada jorn. La Nena, ela,
dormisia totjorn darrièr la vitrina, ambe, sus la
gauta, l'ombra de las cilhas coma una caresa.
La

me

Ne n' vòli pas

à-n'aquel Nadal, ni als autris. Lo

espèr d'un gauch plus bèl que los plus bèls
de la tèrra, Nadalet lo me porta, cada an, quand lo
nòstre vièlh campanièr, en virant las campanas, me
même

torna mon ama

d'enfant.
LOIZA PAULIN.

Reialmont, Autona

IÇ40.

�LO GAI SABER

La

«

2ÓI

Societat d'estudis occitans

»

Se sab, mas non pas belèu pron, que la «Societat
d'estudis occitans» n'a jamai viscut ; que dempèi sa

pretenduda fondacion (1930) i a jamai ajut ni conde sos membres imaginaris; qu'en
realitat, demèch los 7 membres d'onor e los 9 mem¬
bres actius mensonats per lo «secretari-general» Alibert, n'i a un sol qu'a fach tôt lo semblant d'òbra
comuna : acò 's lo dich
secretari-general. S'aqueste
abia dich: «Aqui mon òbra», atal rai ; son fort es de
prétendre qu'acò 's l'òbra de la S. E. O.
vocacion ni acamp

Dins lo n° 1 de la revista Oc (julh-agost 1931),
Alibert escriu que la S. E. O. «vol crear una grafia que concilie lo sistema (sic) Mistralenc, lo sistema restaurât de Perbosc-Estieu e lo sistema ca¬
talan
Es plan entendut que podem pas demandar als Catalans de modificar lor grafia recentament fixada». S'acò vòl dire quicòm, es que sonUW.
...

-,

primiers sistèmes que cal modificar en seLèi hrii
conformant al sisteme catalan, considérât comaJ
los dos

definitiu.
Amb

acò, dins lo n°

vembre-decembre

3

de la dicha revista (no-

), nòstre òme escriu

que la
grafia alibertenca, que tôt lo monde n'apròba pas,
«es solament una grafia provisória que sera ulteriorament sosmesa â la discussion e a l'aprobacion de
la Societat d'estudis occitans». Que se n'es seguit?
Non solament aquela grafia n'a jamai recebut cap
d'aprobacion, mas son enventaire l'a impauzada
tant qu'a poscut als autors de las òbras editadas,
non
pas per la S. E. O., mas per son secretarigeneral.
1931

xfjjr h
^\
•

'

�2Ó2

Per

LO

GAI

SABER

parlar solament d'un

que

pòd

dire arnor
frairalament
escantits po-

res

qu'es dins la tomba, mas que m'a dich
sa pensada al temps ont sos paures èls

plus legir las espròbas de La Legenda d'Esclarmonda, dirai qu'aquel libre es estât graficament falsificat per sos editors : lo de Montréal, Alibert, mascat al bezon per lo de Barcelona, Carbonell. Apondrai que Yestampèl qu'ai escrieh per
l'òbra de Valèri Bernard a comensat per subir parèlha falsificacion : de Barcelona, las esprôbas me
foguèron mandadas ambe tant d'errors viziblament
volgudas, sistematicas, que calguèt, à ma demanda,
las restampar de cap à fons.

dian

Aqui sò qu'a fach

en

dètz ans de tôrta vida, non
occitans, mas ... lo com-

pas la Societat d'esiudis
bin Alibert-Carbonell.

Ara la S. E. O. fa mina de

se

renovelar

am

plan

per prezentar als que loconeison pas encara aquel mot que dabans la subresabenta reforma d'Alibert (o de Pompeu Fabra!)
pauc

de canviament,

—

s'es

jamai vist afiblat atal dins cap de lenga latina.
sò que n'a pas cambiat, es la cròia e l'a^
bauziment dels menaires de l'ôbra : a! se parla plus
de «grafia provisoria», mas de forsar los collauraires de Terra d'Oc à adoptar sens lo mendre escart
la grafia novèla !
Aqueste oòp, los que figuran sus la lista delsmembres son pas estats mai consultais qu'en 1930.
Demèch los que son aqui sens òc saber, n'i a de
Paris e d'endacòm mai que poiran pas dire lor nonconsentiment ; d'autres, coma ai fach dètz ans du¬
rant, pensaran que tant val laisar corre l'aiga. Iò,
per la fin, ai volgut simplament dire qu'aquela aiga
n'es pas trop canda.
En tôt cas,

Antonin

PERBOSC.

�LO

GAI

SABER

263

A l'Académie des Jeux Floraux

Le 6 novembre 1940 marquera dans les annales de
l'Académie : ce jour-là, elle recevait solennellement
le Maréchal Pétain, Chef de l'Etat français.

Celui-ci, après avoir été salué, dans la Cour de
d'Assézat, par le groupe du Castet de Garona, de Muret, qui chanta La Coupo, fut accueilli
dans le grand salon de l'Académie par les mainteneurs ayant à leur tête le Comte de Pesquidoux, mo¬
l'Hôtel

dérateur.

Dans

beau

discours, M. le Comte de Pesqui¬
: «
L'hommage est monté de tou¬
tes parts autour de vous, dans cette noble cité toulou¬
saine, capitale d'une de ces anciennes provinces que
vous voulez faire renaître,
rétablissant la diversité
régionale, si souple et si féconde, dans l'unité natio¬
nale. Cette province était le modèle de ce régime or¬
son

doux dit notamment

ganique. Elle portait, elle porte toujours le nom de
son parler natal :
«Languedoc», idiome où son âme
respire, où revivent ses mœurs, ses us et coutumes,
joie,

son

ses manifestations de douleur ou de
attitude devant la vie et la mort. Ce parler

nous

est

cher. Nous

ses

traditions,

autoriser

vous

demandons de continuer à

enseignement. Le français et lui se compénètrent et se complètent pour nous, parfois se sup¬
pléent ...»
M. Armand Praviel exposa, en une fresque histo¬
rique, l'œuvre six fois centenaire de l'Académie :
«Certes, dit-il, nous connaissons nos déficiences et
faiblesses. Nos premiers, fondateurs voulaient
nos
garder à la langue d'Oc sa primauté littéraire : ils y
son

�264

ont

du

LO

GAI

SABER

échoué devant le rayonnement de la Pléïade et:
Grand Siècle ; mais, depuis cinquante ans, à

l'exemple du Félibrige, nous reprenons leur œuvre
et nous espérons y réussir ...»
M. l'Amiral d'Adhémar, Secrétaire Perpétuel, re¬
mercia de sa visite le Chef de l'Etat, lui exprima la
gratitude de l'Académie pour l'œuvre accomplie, la
restauration des valeurs morales et spirituelles, et ce
réveil des provinces, foyers de nos traditions, d'où
sortira la renaissance de la Patrie. Il offrit au Maré¬
chal un jeton d'or et lui demanda de vouloir bien, en
souvenir de cette visite à peu près unique dans l'his¬
toire de l'Académie, accepter le titre de Protecteur
des

Jeux Floraux.

Le Maréchal accepta
Vous êtes dévoués à

le jeton et le titre en disant :
votre province et vous vou¬
driez la voir renaître. Il faudra nous y aider, car nous
y travaillons, mais il faut que la réforme vienne du
fond du pays lui-même. »
«

LA DIRECTION.

�BOLEGADISA

OCCITANA

Lo Teatre d'Oc
Fondât à Parts

en

/&lt;???,

lo Teatre d'Oc s'es

ara

instalat à

Tolo\a, totjorn jos la direccion de Dòna Julieta Dissel.
La tropa del Teatre, que la guèrra abia jitada als quatre
caires del pais, se torna constituïr jol patronage del Centre
dramatic Leon-Chancerel, el-mèmes patronat pel
Ministèri
de la Joventut.
Lo Teatre d'Oc s'adrèsa abant tôt als paï\ans. Lo 10 de no¬
vembre, jòguèt à Sant-Somple^i ( Tarn) La Femna Muda de
A.-J. Boussac e Las Gentilhos de Clardeluna ; donèt lo même
programe à Castanet-Tolo\an al comensament de décembre.
Lo 2ç de décembre, Julieta Dissel e Caries Mouly participèron
à la subrebèla vesprada donada al Teatre del Capitòli de Tolo\a en onor de la Joventut, jos la prejdensa del Sentie Lami■

rand.

Los jornals an contât longament lo viatge del Marescal
Pétain' en Provensa à la fin cle novembre. Cal notai' que
pertot los felibres li anèron al endabant per lo saludar e li
portar l'omenage de tôt lo païs. En Arles 1 'Escòlo Mistralenco, les Cigaloun Arlaten et les Gardian de la Camar¬
gue ; à Marselha l'Escolo de la Mar e la Couqueto ; à Tolon
la Targo e la Respelido; en Avinhon enfin, la rèina del Felibrige, Mla Suzana Imbert, saludèron l'ilustre Cap del Estât.
vwwv

A la

seguida de las reformas administrativas

e de las Circularias ciel Ministre de l'Instruccion Publica, lo movement
en favor de la lenga d'Oc à l'Escôla fa que grandir.
A Montpelhèr, lo Decan de laFacultatde las Letras a cargai lo majorai Pèire Azema d'un cors de lileratura occitana.
Lo Coletge d'Occitanïa a vist una quinzenada d'Escôlas
d'ensenhament segondari o primari superior li dorbir lors
pôrtas.
Dins l'Albigés, lo majorai A.-J. Boussac es estât convidat
per lo Senhe Inspector d'Academia del Tarn à faire de conferencias pedagogicas sus la lenga d'Oc als mèstres d'Es-

cola.
Al Arsenal de Tolon, lo felibre Bachas s'es vist fizar la di¬
reccion de dos cors : lenga e literatura prov.ensalas, galobet
e tamborin.
VWWV

�266

LO

Lo Senhe rector de

GAI

SABER

Sant-Esperit-Sant-Jerôni, à-z-Ais de

Provensa, ajent restablit dins sa glèiza la predicacion provensala al temps del Avent, — predicacion lizada al P. Vial,
S.J., — lo Senhe Arcbabesque d'Ais li escribèt, lo 7 de no¬

: « Je viens d'apprendre avec la plus vive satisfaction
qu'ayant repris une très ancienne tradition, vous alliez pro¬
chainement faire donner dans votre église du Saint-Esprit,
à l'occasion de l'Avent et des fêtes de Noël, un prône en lan¬
gue provençale. Je tiens à vous féliciter de cette très heu¬
reuse initiative, que je désire voir imiter partout où elle sera
possible. Je considère comme une œuvre sainte tout ce qui
est de nature à maintenir ou â ressusciter ces antiques tra¬
ditions, qui sont une des gloires et une des principales ri¬
chesses de la Provence et qui, parce qu'elles sont toutes pé¬
nétrées de l'esprit chrétien, peuvent si largement contribuer,
pour leur part, au relèvement de notre cher pays ... Je bé¬
nis d'avance ces « prunes provençaux », assuré que je suis
du charme qu'ils auront pour les fidèles et, mieux encore,
du bien qu'ils leur feront » !

vembre

VWWV

L'actualitat de la doctrina mistralcnca es estada espauzada
mantun endreit dabant de nombrozes auditôris ont i abia

en

personaiitats civilas, religiozas, militarias. Mencioconferencia del Capolièr Jouveau en Avinhon lo
novembre, e una del majorai abat Salvat à Carcasona

totas las

narem una

24 de
lo 11 de décembre.

vw, vw

Occitan a tengut à Marselha son quapintura, gravadura, etc. ... clel 26 d'octôbre al

La Societat d'Art
trenc salon de

10 de novembre.

wx vw&lt;

L'Ofici del Teatre d'Oc organiza, dempèi qualque temps,
solament lo prèst de pèsas de teatre, monològues e cansons de tota mena, mas tant-ben la venda de tôt sô que pertôca l'organizacion de vespradas teatralas en lenga d'Oc.
Los autors li pôdon fizar lors ôbras en dépôt. Pertots entresinnes, i a qu à escriure al Senhe Ernest Vieu, Ofici del Te¬
atre.d'Oc, à Puichéric (Aude).
non

vw vw

L'Institut Pastoral d'Ercé (Arièja), bailejat per nôstre amie
mèstre d'Obra Silvan Sartre, entrepren la publicacion
d'una revista dont lo titol Terra Santa e l'esperit son occitans,.

lo
e

l'organizacion d'un ensenhament variai.
vwwv

Los trobaires occitans màncan pas

de juradas totjorn près--

�LO

tas à

receure

e

à

GAI

SABER

267

jujar lors productions. Mencionam :
lor de mai (Es-,
Foirac, Agen»).

1. lo Jansemin d'Argent, clobèrt duscas al
criure à «M. Jacques Amblard, avocat, 1, rue

2. la Ginesta d'Aur, dobèrt duscas al 10 de

mars. (Escriure
des Augustins, Perpignan » —
pel catalan —. e pel francés à « M. François Tresserre, 2,
rue St. Jean, Perpignan »).
3. la Societat Arqueologica de Be\ièrs (Escriure à « M. Ros,
37, Avenue de Beli'ort, Béziers »).
4. l'Escola de Limanha, dobèrt duscas al 31 de julhet (Es¬
criure à « M. Bénézet Vidal, 1, rue Ramond, Clermont-Fer-

à «M. Charles

Grando, 29,

rue

rand» ).
wvwv

Lo Baile del

ber que son

Felibrige, lo majorai Lois Bechet, nos fa sa-

filh Estièine s'es maridat lo 3 d'octôbre, à Veizon (Valcluza), ambe M&gt; Luciana Tramier ; lo Capolièr, Marius Jouveau, que lo 16 de novembre, es nascut lo siu felen
Estièine Chapal. Nôstres vôts de bonauransa.
vwwv

Compliments à nôstres escolans Marcèl Carrières e Juli
Marcellin, qu'an obtengut prêts e mencion al Concors de poezia de YEscòla de Limanha per

1940.

w\ vw

Senhalam à nôstres escolans lo

jornal Fe, nascut al temps
guèrra, e qu'es de grand interès. Om se pôd abonar an-aquel jornal mezadièr, redigit en provensal, per 12 francs,
cô ae « M. René Jouveau, 19, Boulevard Notre-Dame, Aixen-Provence, C.C. Postal, Marseille 529.98».

de la

Lo 20 de novembre, es môrt à Mazamet lo Senhe Decan
Jaques Abelous, manteneire de l'Academia dels Jôcs Florals,
jos-capiscôl de l'Escòla Occitan a. La môrt d'aquel grand sa-

bent, côr generos e afogat felibre, es una granda pèrda per
nôstra Escôla. Los manteneires Amalric e Bascoul reprezentèron à son entèrrament ï'Escôla d'Autpol e l'Escôla Occitana.
Nos cal encara plorar
colans e nôstres amies.

.

-

qualques môrts demest nôstres es¬

Al mes de mai, moriguèt sul camp batalhèr, devës Lo Toquet, lo capitaine Pèire Servage, del 181" R. A. L. T. — Pèire
Servage, natiu de Pecheric, ancian estudiant de l'Escôla Politecnica, era l'autor d'una pacienta e saberuda « Chronique
de Puichéric » e d'una pèsa en 3 actes en lenga d'ôc « Adam

�268

LO

GAI

SABER

de Trausso » reprezentada fa un parel d'ans ambe bêla reiisida. Lo Gai Saler se clina dabant la memôria d'aquel bon
Occitan môrt per la Fransa e prezenta als seus sos compli¬
ments de simpatia entristezida.

Lo 30 de

junh moriguèt à Canas, ont l'abian menât los
Vinas, qu'èra
qu'abia escrit.
de poèmes, Nòstra-Dama del Grau, L'Egassier, de comedias,
é fait bêla propaganda occitana à Bezièrs, ont èra librari.
Lo 8 de setembre nos quitèt lo bèl felibre Lois Verdier,
d'Auvilar, capiscôl de la Clocada Marcabrun.
Vèrs lo même temps se morisia à Lunèl lo bèl artiste Ed¬
mond Baissai; à prepaus d'aquela môrt lo majorai Lois
Abric nos escriu : « Felibre-na, countaire, Baissât savié, coume pas un bessai, faire sourgi de la gau d'un raconte la leiçoun d'un eisèmple o d'un ensegnamen. Avié d'imaginacioun
à revèndre, e de mot que retrasiën d'image e pourtavon dins
éli de resson de gaieta. Vous n'en souvèn, de segu, de si dicho sabourouso que fasièn s'eigreja lou rire franc dis auditôi'i e lou mantenièn sèmpre en bono imou. Orne de tradicioun e de fe, Baissai èro resta fidèu à n'aqueli principi de
soun jouvent. Artisto de talent, avié lou sens e lou culte de la
Bèutà. S'èro fa gravaire sus bos, en amatour, pas mai que pèr
servi soun pais e sa fe. La mort l'a près de traitige, coume
sourtié de soun ataié de l'Oustau Catouli de Brignac. Venié
de metre en relèu
dins un pichot cap d'obro de fino esli paraulo flsançouso de Pétain : « La terre
crinceladuro
ne ment pas
! » enlu.minado d'aqueli de Mistral: « La terromaire, la Naturo nourris toujour sa pourtaduro ...» obro que
azarts de la vida, nôstre brabe amie Gaston
estât lauréat de l'Academia dels Jôcs Florals,

—

—

restara lou darrié testimôni de savoulounta de servi.»

de décembre, es mort à Castras lo Senhe Doctor
Vidal, nôstre escolan, qu'abia escrit mantuns librespertocant l'istôria del pais castrés, e mêmes un polit libre
en
lenga d'Oc, Nàstra Co\ina.
Dius aje recatat als ôrts paradizencs. las amas de nôstres
Lo 17

Garles

amies !

CRI-CRI.

Imp. d'Editions Occitanes Castelnaudary. Le Gérant: A. PRAVIEL.

�Règles de Phonétique Occitane
i° VOYELLES.

a,

—

seul

ou

dans le corps d'un mot,

français ; mais s'il
féminine, il est semi-son¬
nant et se prononce entre a et o, suivant la région ;
e sonne comme é fermé français, et è comme è ou¬
vert français ; — i équivaut à i français ; — u égale¬
ment ; mais, après une voyelle, il a le son ou fran¬
çais ; — ô ouvert se prononce comme o français, et

•accentué
•constitue

ou

non, sonne comme a

une

terminaison

—

o

fermé

comme ou

français.

b, c, d, f, g, j, 1, m, n, p, q ( toujours
t, z sonnent comme en français ; mais
e et i est sifflant comme s français; — j sonne
•comme tz, dans certaines régions ; — m se prononce
comme n à la fin de la i" pèrs. du pluriel des verbes ;
n est muet, sauf quelques rares exceptions, à la fin
des substantifs ; — r est souvent muet à la fin des
substantifs et des adjectifs, sauf en Provence, ainsi
2° CONSONNES.

suivi de
c devant

u),

—

r, s,

—

s est toujours dur et sifflant; — t est
participes présents et de la plupart
ment; —- v sonne comme b, sauf en Pro¬

qu'à l'infinitif;
des mots

—

fin des

muet à la

en

vence.

3° GROUPES. —ch, lh, nh se prononcent: tcta, 111, gn.
Vient de

paraître

HOMMAGE A PROSPER ESTIEU
( 150

p.

—

in-8 ) 20 irancs

(frais de port

Tout

bon escolan

en

sus)

doit avoir

dans

sa

bibliothèque cet Hommage à notre regretté
capiscol, où se trouvent réunies les signatures
des principaux écrivains contemporains régionalistes et de langue d'Oc.
S'adresser à

l'Imprimerie d'Editions Occcitanes

3, Quai du Port, Castelnaudary

(Aude).

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Prosper Estieu pourra obtenir les œuvres sui¬
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14.

»

lenga d'Oc ambe
traduccion franceza Ci vol. in-8°, 264 p.) . fr.
44. »
Lo Romancero Occitan, poèmes en lenga d'Oc ambe
traduccion franceza (1 vol. in~8e, 344 p.) . fr.
13. »
Lo Flahut Occitan, 43 chansons avec musique, texte
occitan et traduct. franç. pouvant se chanter dans les
deux langues (1 vol. in-8°, 104 p.) . . . fr.
11. »
Lo Fablièr Occitan, ambe lexic occitan-francés
(1 vol. in-8°, 170 p.) ilustracions de P. Sibra. fr. 13. »
Las Oras Cantairas, sonets occitans ambe traduccion
franceza (1 vol. in-8° carrat, xvi-276 p.). . fr.
13. »
Las Bucolicas de Vergili en ritmes occitans ( 1 volin-8°, 68 p.)
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jours après réception, par chèque postal, pour éviter
les frais de recouvrement (frais de port en sus).

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              <text>Vignette : https://occitanica.eu/files/original/93f35777c4c68899023bf069ba423dff.JPG</text>
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              <text>Lo Gai Saber (&lt;a href="http://occitanica.eu/omeka/items/show/13154"&gt;Acc&amp;egrave;s &amp;agrave; l'ensemble des num&amp;eacute;ros de la revue&lt;/a&gt;)</text>
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              <text>&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;em&gt;Lo Gai Saber&lt;/em&gt; est une revue litt&amp;eacute;raire occitane publi&amp;eacute;e depuis 1919. La rubrique &lt;em&gt;L'&amp;Ograve;rt dels trobaires&lt;/em&gt; est consacr&amp;eacute;e &amp;agrave; la po&amp;eacute;sie, la rubrique &lt;em&gt;Bolegadisa occitana&lt;/em&gt; donne des informations sur l'actualit&amp;eacute; de l'action occitane. La revue fait aussi &amp;eacute;cho des publications du domaine occitan et des r&amp;eacute;sultats du concours annuel de po&amp;eacute;sie occitane de l'Acad&amp;eacute;mie des Jeux floraux.&amp;nbsp;&lt;/div&gt;</text>
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              <text>&lt;div style="text-align: justify;"&gt;Lo&amp;nbsp;&lt;em&gt;Gai Saber&lt;/em&gt;&amp;nbsp;es una revista liter&amp;agrave;ria occitana publicada dempu&amp;egrave;i 1919. La rubrica&amp;nbsp;&lt;em&gt;L'&amp;Ograve;rt dels trobaires&lt;/em&gt;&amp;nbsp;es consacrada a la poesia, la rubrica&amp;nbsp;&lt;em&gt;Bolegadisa occitana&lt;/em&gt;&amp;nbsp;balha d'informacions sus l'actualitat de l'accion occitana. La revista se fa tanben lo resson de las publicacions del domeni occitan e dels resultats del concors annadi&amp;egrave;r de poesia occitana de l'Acad&amp;egrave;mia dels J&amp;ograve;cs florals.&lt;/div&gt;</text>
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              <text>Paulin, Louisa (1888-1944)</text>
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              <text>Perbosc, Antonin (1861-1944)</text>
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