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                  <text>�LO

SABBR

QA1

Revlsta de l'ESCOLA
ADMINISTRACION
1-4,

Carrièra ciels Arts,

:

Ubi-aria Privât.

TOLOZA

( Pransa

Abonaments : &lt;

OCCITANA

_

-

C. C. Toioza 1673
. . 20 fr.

: un an-.

,

,

( Bstrange : un an

.

.

30 fr.

ENSENHADOR
del N° 210 (

janvièr-febrièr-1044)

LA DIRECTION :

Armand Praviel est mort.

Henriette DIBON s

Folco de

Baroncelli.

(Farfantello)
Caries

CAMPROS :
MATHIEU

Cristian

Jozèp

Me^itacion.

:

SALVAT :

loan-de Montsegur :

Enric MOLLY :
CRI-CRI

:

Las Genibrièras.
Los Imnes Sacrats

dé Manzoni, II, La

Pasion.
Los Gentenaris

Occitans.

La Vida del Païzan.

Bolegadisa Occitana.
Lo Colég-e d'Occitania.

BURÈU DE L'ESCOLA OCCITANA

Juli Cubayńes»
clavaire /

Antonin Perbosc, capiscòl ; J.-R. de Brousse,
Maurras, jos-capiscòls ; Armand Praviel,-

Caries

jozèp Salvat, secretari; Joan Séguy, sccretari-adjunt.
Filadèlfade Yerda, Loïs Théron de Montaugé, Joan Ladoux,
Amiral d'anhemar de Cransac, conselhèrs.

Lauragués; Jôrdi
Fernand Albert,
capiscôl de la Campana d'Agot; Joan Girou, capiscôl de l'2?scàla Àudença; Teofile Ferrie, capiscôl de ì'Escòla d'Autpol ;
Paul Sibra, jos-capiscòl dels Grilhs del
Bousqijet, capiscôl de l'Escòla Rocliegude ;

Elia Lagarde, capiscôl de VEscola Dom Vaissete ;
capiscôl del Calelh del Rocrguc, conselhèrs.

Calblhon,

�LO GAI

SABER

Tomé XVI
(Annadas 1944=194S)

��Lo

Gai

Revisia de TESCOLA OCCITANA
—m—

Dl« Aup I PIrcnèu

F. Mistral.

Tôme XVI
(Annadas 1944-1945)

TOLOZA
1-4,

Cai-rlèra dois Arts, 14

,

��Lo Gai Saber, N°

janvièr-febbièb

210

ARMAND PRAVIEL
est mort

La nouvelle

nous

atterra, en ce matin du

janvier. Notre ami avait dû quitter
Toulouse, en août dernier, pour aller soigner,
dans sa famille, à Saint-Paul-de-Fenouillet
(Pyrénées-Orientales) des douleurs, rhumatis¬
males persistantes.
lundi 17

Nous attendions la nouvelle
à

qu'il s'apprêtait
hémorragie céré¬
l'emportait le samedi 15 janvier. Sa

nous

brale
mort

revenir. Hélas !

une

fut celle d'un chrétien.

L'JEscòla Occitana est

en

En attendant de rendre à

son

deuil.
clavaire dé¬

l'hommage qui lui est dû, et de louer
il convient la vie et l'œuvre du grand
écrivain régionaliste, elle remercie tous ceux
qui déjà, de tous les pays d'Occitanie, lui ont
manifesté leur sympathie.

voué

comme

LÀ DIRECTION.

1944.

�6

LO

GAI

SABER

FOLCO DE BARONCELU
La Provence et le

Bas-Languedoc viennent de faire

perte irréparable
roncelli-Javon.
une

Le

Marquis,

en

la personne de Folco de Ba-

comme on

l'appelait familièrement, était

extrêmement populaire entre Mer, Cévennes et Durance
où sa disparition a été ressentie avec une acuité si
vive
que pour en retrouver l'équivalence il faut remonter à
la mort de Mistrai.

Qui n'a

assisté à ses obsèques au matin du
peut se faire une idée du remous que
causa un tel
départ dans notre pays. On évoquait irré¬
sistiblement l'image de quelque fin voilier
qui, levant
l'ancre pour la dernière fois, laissait derrière lui « sur
pas

18 décembre

la

mer

ne

de l'histoire

sillage éblouissant.
à donner ici un portrait
complet de Folco de Baroncelli, mais nous pensons être
agréable aux lecteurs de cette revue en soulignant le
double aspect de ce gentilhomme
provençal dont la vie
oscilla sans cesse de l'action à la
poésie, la première
ayant si vite empiété sur l'autre que l'œuvre littéraire
devait fatalement être reléguée au deuxième
plan.
Nous

ne

pouvons

»

un

songer

Issu d'une illustre famille florentine dont on trouve
nom dès 995 et dont les
descendants s'étaient instal¬
lés en Avignon au XV siècle, Folco de Baroncelli avait
le

de

qui tenir.
On

ne comptait, en
effet, dans cette famille qui avait
diversement couru le monde, « pas moins de
quatorze
chevaliers de Malte, un grand-prieur de Saint-Gilles,
un baile de
Manosque qui commandait les galères de
Malte à la bataille de Lépante, une
grand'prieuresse des
Dames Maltaises, un page de la
Dauphine, un major
des garde-françaises, etc., etc. »
\

�LO

GAI

SABER

7

Héritier de ces grands courriers de la terre, le Mar¬
quis allait apporter das sa vie provençale cette poésie
aventureuse, ce sens de la grandeur et cette haute élé¬
gance qui avaient caractérisé ses ancêtres.
Trouvant trop étroite l'enceinte dorée des remparts
de cette ville d'Avignon qu'il a pourtant chérie plus que
toute autre au monde, renonçant même à la besogne
de

qualité

que

lui à dix-huit

lui avait réservée Mistral

L'Aiòli, Baroncelli
l'áttirait

une

le rédacteur

en

chef de

faisant de

journal
fixa dès 1899 en Camargue où
vie plus conforme à ses goûts.
ans

en

son

se

Il

s'y voua entièrement à la reconstitution des manades de taureaux et de chevaux sauvages-que la cupi¬
dité de quelques-uns, la négligence de beaucoup d'au¬
tres et l'indifférence générale avaient, en cette fin de
siècle, laissé à

peu

près éteindre.

Des lois, des années se passèrent à piétiner, lutter,
batailler. A se ruiner aussi. Vie difficile, incertaine,

quelquefois tragique. Vingt ans plus tard la race était
définitivement épurée, améliorée, florissante.

sauvée,

Autour des

courses

de taureaux la Provence et le Lan¬

guedoc reprenaient conscience d'eux-mêmes,
laient, s'enflammaient.
Aux

se

réveil¬

jeux héroïques du ciïque, Baroncelli devait lier

les jeux équestres des gardians, renouvelés des tour¬
nois du temps de la Reine Jeanne, ceux-là même qui
étaient exécutés à la Cour des Papes d'Avignon.
Il suscitait simultanément

un

réveil de toutes les tra¬

ditions, qui devait se traduire en Avignon comme aux
Saintes, à Nîmes comme en Arles, à Lunel comme à
Beaucaire et dans tout le pays taurin, par un renouveau
du costume absolument surprenant. Rubans de velours
et blanches chapelles reparurent miraculeusement, et
les mots de la douce langue provençale et languedo¬
cienne refleurirent comme par enchantement sur les
lèvres de toute une jeunesse émerveillée.
Ce qu'il y a de plus surprenant dans cette action, ce

�LO

8

GAi SABER

tellement sa rareté, d'autres mouvements si¬
identiques, du moins voisins, ayant également
prospéré pendant cette même période. Ce qui est éton¬
nant, c'est d'abord sa continuité, et c'est ensuite l'esprit
qui y a présidé.
Baroncelli a ensorcelé tous ceux qui l'ont approché
et cet envoûtement persiste. Bien mieux, avec sa mort,
il va grandir encore.
n'est pas

non

L'exemple de cet homme qui avait mis la Provence
cessé de vivre et de tra¬
vailler pour elle est trop particulier et trop haut pour
que sa mort, par le bouleversement qu'elle cause, n'en¬
au-dessus de tout et n'avait

traîne pas un renouveau de la
brûlait et dont aucun de ceux

flamme magnifique qui le
qui l'approchèrent ne fut

sauf.
Ceux qui ne l'ont pas connu, ceux qui viendront
après, le chercheront dans ses livres. Léger bagage
d'une qualité étonnante : « Le peu qu'il fit était bien

fait.

»

Une nouvelle : Babali. Un récit excellent :
Tiaro d'Avignoun. Un recueil de vers : Blad

Souto la
de Luno.

Quelques études sur les Peaux Rouges, les chevaux, etc.
Et une vingtaine de poèmes épars ou inédits dont l'ad¬
mirable Biou. C'est tout.
un son d'une pureté exceptionnelle.
recherchera un jour une des expressions les plus
authentiques de notre Race et on sera confondu par
la richesse et par la hauteur de cette iceuvre conçue
dans la plus belle ligne mistralienne.
Il est difficile de terminer ce bref hommage sans rap¬
peler l'admirable sirventés, demeuré secret, connu des
seuls initiés, qui prouve que notre Folco papalin avait
le cœur assez haut pour relier d'une manière perma¬
nente, dans le présent comme elles le furent dans le
passé, notre Avignon à votre Toulouse.

Mais cela rend

On y

« Toulouso eirì Avignoun » est le vieux cri de guerre
qui n'a cessé d'étinceler, brodé en lettres d'or sur le ve-

�lo

gai

lours rouge de l'étendard
dont pas un n'ignorait la
tait ainsi

saber

9

de ces gardians de Camargue
poignante chanson qui débu¬

:

Avignoun la deliciouso,
vers

Toulouso

viro-te que sian au tèms,
oublidant cansoun e dono,
anen, sono
lou

trignoun de l'an

que

vèn !

qui toute sa vie arbora au faîte de ses cabanes
la croix tournée vers le Nord, en souvenance
guerre des Albigeois, était resté fidèle à l'amitié

Celui

de sagno

de la

de six cents

ans.

Jeunes gens du Haut-Languedoc qui me
l'homme dont je viens de vous entretenir était

lirez,
plus

qu'un marquis : c'était un prince des lettres et de la
race.

Ecoutez

encore

ceci

:

ei la clau di porto de lumiero;
tu, qu'enchuscla de fe, brûles coume un faidit,
veiras tout-à-n'un cop, dins toun ouro radiero,
La mort soulo

reau, ço que

d'ajougne en pantai t'ères di :

Car, tau qu'un fabre d'art qu'escrincello un cìbòrì,
pèr sèmpre escrincelan chasque gèst que fasèn.
La vido es un prefa coumplèt d'oumbro o de glòri,
un tablèu que pintan pèr lou vèire toustèms.

Alor, dequé me fan li sôu, li joio palo
que gounflon li catau, 'mai qu'au camin d'alis
escrigue escretamen ma vido prouvençalo
e qu'elo, sènso fin, siègue moun paradis!
en

Comprenez-vous maintenant pourquoi la
deuil reste inconsolable ?

Provence

Henriette DIBON.

(Farfantello).

�L'Ort dels Trobaires

MEDITACION
Où sont les morts,
L'art

les phrases familièrest
personnel, les âmes singulières ?
P. V.

De subre l'inmobilitat

d'un

vapc eterne

Que dormis, la mar,
inmensament blava, canta
Lo superbi grazilhàs
que va sempre cerne
La fonsor de l'autura,
capada d'acanta
Dintre la vanella
dau pensament interne.

Lo bofe clar de l'ersa

bela li

Lo salabros branle

rajadas,
miracle,
s'esmòu de si pojadas,

La blancor de ròca

s'enèbria

Lo cremador alena

l'aur de si

La blavor redolenta

mira lo

d'espetacle,
clujadas.

MEDITATION
Par dessus l'immobilité d'un, élan éternel

qui dort, la mer,
le superbe embrasement qui va
sans cesse entourer
la profondeur des cimes,
enchapée d'a¬
canthe
parmi l'indolence de la pensée intérieure.

immensément bleue, chante

—

—

—

—

Le souffle clair de la vague

soleil,
l'initial

—

aspire avidement les rasades de
l'étendue bleue pleine d'odeurs admire le miracle, —

mouvement à la saveur de sel s'émeut de ses
poussées
haut, — la blancheur de roche s'enivre du grandiose
spectacle, — l'embrasement des lieux respire l'or de ses chauvers

mes.

le

�GAI

LO

Mila
De
Di
Lo

milanta bocas

e

perlan sis
faises de

lònga beluguéjan
fonsors qu'alenan
prefum esquilha

3S

dins lo blanc incendi

long de la

pensativa

Ont lo lahut d'eime
Moment

La

sus

la

l'auba di brumas.

brèsa l'asoluda

sempiterna

Amiracion de l'èse
De lutz

escumas,

regiscles,

au trefolir di
gumas
ins lo verdum di viscles

E lo soleu varalha

JMai l'ersa

SABER

bestira

planura

que

aluda
compendi,
lo Diéu saluda.
mar

son

subrabondoza

tampis la calanca,
gracia
dins la carn de cauma ;
L'ersa que refofa,
largada, s'espalanca
Sot lo respir amaire
d'una pura bauma :
Tôt es ben, tôt es caste,
sens clôt ni restanca.
mar

Santificanta

Mille et mille lèvres laissent échapper
sans cesse scintillent des faisceaux de

leurs perles d'écume,
jaillissements, — des
profondeurs qui respirent aux tressaillements des cables — le
parfum se glisse dans le verdoiement des guis — et le soleil
—

vacille dans l'aube des brumes.

Mais la vague éternelle berce la complète — admiration
l'être dans le blanc incendie — de lumière pensive le long
la mer ailée — où la tartane d'idées étire son embarras,
moment

sur

la

plaine

que

le Dieu salue, ggg--:

de
de
—

-,

La mer surabondante submerge la calanque, ■— sanctifiante
grâce dans la chair de touffeur ; — la vague, qui rejaillit, lâ¬
chée, s'étale largement — sous le souffle amoureux d'une grotte
pure : — tout est bien, tout est chaste, sans gouffre ni barrage.

�LO

12

Sus

mon

cadavre

GAI

nus

se

SABER

jôgan li potonas,

lo cristau multiplica,
Silencïozament
van lis anjas mistonas :
sus mon front manhifica
D'aleta' una meison
Delicïozament

E mi boca'

en

combor

penjada' à si tetonas !

pensada
'mé la sau dau monde,
compés fernisenta
per li caranchonas
Di bezonhas marinas
qu'i nais sens desbonde,

Personala
Dau

Voluptozas migas
bresairas de richonas
Dins la matèria plena
sus son ritme donde.

bleuja
d'una mar esterla
groadis cande
de sis avivadas,
Mis uelhs l'entendon,
miracle de la posterla,
Sensa fin recreansa
qu'azuelha i levadas
Di bélugas, cristaus
de la pura boserla.
La semblansa tant
Dins lo

Sur mon corps nu se jouent les baisers, — délicieusement le
cristal multiplie, — silencieusement vont les anges délicats : —
de petites ailes une moisson
lèvres ardemment pendues à

sur mon

front magnifie

leur sein !

—

et mes

Personnelle pensée avec le sel du monde, — de l'équilibre
frémissante à travers les caresses — des créatures marines qui
y

naissent

rires

—

sans

reflux,

voluptueuses amies berceuses de sou¬
pleine sur son rythme dompté.

—

dans la matière

L'apparence si immaculée d'une mer stérile ■— dans le grouil¬
primitif de ses poussées de vie, — mes yeux la com¬
prennent, miracle de l'ouverture lointaine, — sans fin création
recommencée qui apparaît à l'horizon des jetées — d'étincelles,
cristaux purs de frêles ampoules.
lement

�LO

Am

GAI

SABER

13

chale

qu'es pas de dire,
sò ieu nada,
pensaire
di revòus de la ganhòla
Qu'agacha, severa,
la verda molonada
Dau varage fons
sota la teuna linhòla
Que, deïtat bodica,
gacha una esquinada.
un

Freirau

pensada
s'a bastit sa grupia ;
manda son sòupre,
barbare
animau,
coma ieu : supia
Qu'agacha, pasmens pépia,
lo mai pèpi pòupre
Que laisa una rascasa
escupir sus sa lupià ;
Cadun

en

sa

Per escapar l'uelh
De còps, lo cadun

Arapeda gosta-soleta

di marèlas
quejustse desrena,
Amoroza di cambiadisas
petarèlas
Que, sute, florison,
au dalh de la carena
Cordurada d'ilhaus
di saurinas girèlas.
Marinas, carn-marina

Avec des délices

indicibies, mon moi nage, — fraternel pen¬
des détours du cheval marin — qui regarde, sévèrement,
le vert amoncellement
des algues, a a fond, sous la frêle
seur

—

nappe
meur.

du filet

—

qpe,

déïté boudhique, examine

un

crabe dor¬

•

Chacun en sa pensée a bâti pour lui sa crèche ; — pour se
dérober à l'œil barbare il envoie son soufre, — parfois, le toutun animal comme moi : sèche — qui regarde, cependant niaise,
le poulpe plus niais •— qui laisse un crapaud de mer saliver sur
sa bosse ;

Lépas égoïste et gourmand des marguerites — marines, mé¬
qui à l'instant tord ses reins,— amoureuse des changean¬
tes larmes de verre
qui, soudainement, fleurissent au tran¬
chant du dos
cousu d'éclairs des girelles blondes.
duse

—

—

�LO

H

E

mon

GAI

cadavre blanc

SABER

canta

dins la fresquièra,

d'aiga,*] la nota prevista :
primièr jorn
fern'ls sus la jonquièra,
li vergèlas sònan
l'encantada mista
tremuda la preguièra ;
l'inmobila mar

Entre li taulas
L'aura dau
E
E

Preguièra movedisa
d'un cant sens relambi
dau balans regonfle,
Que canta dins lo cande
Mestresa, la mar granda
mezura l'escambi,
A l'òrle de la flamba
que se crèma à ronfle,
L'escambi de mon mòure
que mòu sens engambi

Lis

ersas

concientas

di clari potonas ;

granda
delarga li cargas
alargaire de donas ;
Ninfenca, la mar granda
remaisa li targas
lo pè blanc di chatonas.
E mòtla au ribeirés
Preiresa, la

mar

Au branle creador

la fraîcheur, — entre les-ta¬
brise du premier jour frémit
sur le champ
de jonc, — et les verges appellent le mystique
envoûtement
et l'immobile mer transforme la prière ;
Et mon corps blanc chante dans
bles d'eau, la note prévue : — la
—

ininterrompu — qui chante dans
limpidité du rythme plein, — maîtresse, la mer grande me¬
sure l'échange, —
à l'orée de la flamme qui se consume ar¬
demment, — l'échange de mon mouvoir qui meut sans entrave
Prière mouvante d'un chant

la

conscientes des clairs baisers ; — prêtresse, la
grande répand largement les charges — suivant l'impul¬
sion créatrice dispensatrice de dons ; — nymphéenne, la mer
grande apaise les luttes —- et sculpte sur le rivage le pied blanc
des jeunes filles.
Les vagues

mer

�LO

GAI

SABER

E fernisent i caranchonas
Mon

de

sa

15

druda,

pitre brun dins la grand Blua

Librament. La
Di milanta

mar

divenca

bélugas

Sens forsar la sabla

Ieu sabe la calanca

se

caup

dona ande

l'esmoguda

d'un andare cande
qu'es estada voguda.

e

lo chale

e

l'empèri

E que la mar etèrna
a comptât li caladas
E qu'ela saup ma vida
e que ten lo mistèri,
E que fai lo soleu
mirar sus si giscladas
La blua veritat

Sus

mon

dins l'uman batistèri.

esquina mofla

Sus lo cabesièr

d'aiga

Ai clucat mi
E

mon

parpèlas
pitre batega

Canta la

mar

vestala

lo balans s'agrada,
mon cotet repauza,

dins la lutz sacrada
la santa lauza :
jamai demembrada !

sus

Et frémissant aux caresses de son amante, — ma
poitrine
brune dans la grande Bleue se donne cours — librement. La
mer divine renferme l'émotion
des milliers d'étincelles d'une
allure irréprochable — sans forcer les sables qui ont été voulus.
—

-

Moi, je connais la calanque et les délices et l'empire — et
la mer éternelle a compté les galets — et qu'elle sait, elle,
ma vie et qu'elle
tient le mystère, — et qu'elle fait que le soleil
fait resplendir sur ses giclées — la bleue vérité dans l'humain
baptistère.
que

Sur ma hanche molle le balancement se
complaît, — sur l'o1
reiller d'onde ma
nuque repose, — j'ai fermé mes paupières
dans la lumière sacrée
et ma poitrine bat sur la dalle sainte :
la mer vestale jamais oubliée, chante.
—

—

�i6

LO

XJnenc

es

lo bofe

L'ersa que
La

sau

Pénétra

mon

tresalis à l'aura,
s'esclafìs e m'encanta,
sus ma pèu
que se daura

èime

En riba divenca

SABER.

que

s'enauta

solelhada

GAI

d'ardor santificanta ;
lo pensament

s'enaura.

E sieu pasmens solet

dins l'unitat mistica,
lo balans
de la mar sus li ròcas
Arresta pas jamai
la suavor melodica,
E lo pensar de Dieu
desvertolha si tòcas
E la vida d'amor
sempre sè multiplica.
E pasmens

E quora per
sot la

la sabla
part lo brun nadaire,
la
canson marcada ;
pinedá
La nimfa marina,
sèrva de l'Encantaire,
Fai gonflar son anca,
blanca nau alargada,
E sus la grand Mar
pensa l'etèrne Mudaire.
Cánta

CARLES CAMPROS.
(parlar de Provensa).

Unique est le souffle qui travaille à la brise, — la vague qui
se brise et
m'enchante, — le sel plein de soleil sur ma
peau qui se dore — pénètre mon, être intime d'ardeur sanctifi¬
ante ; — au
rivage divin la pensée se hausse.
s'élève

Et je
dant le

suavité
—

et la

suis cependant seul dans l'unité mystique, — et cepen¬
rythme de la mer sur les roches — n'arrête jamais la
mélodique, — et la pensée de Dieu déroule son œuvre
vie d'amour toujours se multiplie.

Et lorsque sur le sable
part le brun nageur, — il chante sous
les pins la chanson marquée ; — la
nymphe marine, esclave
de l'Enchanteur, —
gonfle sa hanche, blanche nef au large, -—
et sur la grande Mer
songe l'éternel Magicien.

C.C.

�lo

LAS

gai

saber.

17

GENIBRIÈRAS

Qand l'autona ven capinhar
Las garrigas e las peirièras,
Que sèt$ polidas, genibrièras,
Jol autan que vos ven frelhar !

Sèt\ verdencas

e set3 maurèlas
De la ròise dusca al cabés ;

E que nòl, vòstre fruch
Al mièch de las ponjas

espés,
crudèlas !

La g riva e

lo mèrlhe golut,
D'aqueles fruches savoro^es
Tant

Que

e

se

tant

ne son

amoro^es

n'empifran à-tengut !

E sul aste, lor'carn ro^enca

Engulhada amb un tròs de lard,
Tant se rufis al fiòc galhard
Que ven rosèla, porporenca,
E

crufisenta dins

son

fum !

A de que n'i a benlèu fa fasti,
Mas ieu me sembla, quand ne

tasti,

Potonejar vòstre ferum !
Soi

aquel filh de la Terra
Que prenià fòrsa en la tocant.
Ieu soi filh de la Genibrièra,
E m'afortisi en la polsant.
coma

cristian

(parlar del Albigés).

mathieu.-**f

At P

�i8

LO

LOS

IMNES

GAI

SABER

SACRATS

DE

A.

MANZONI

II

LA PASION
Lo

poèta,

que la liturgia del temps porta à la tristor, re¬
prediccions del profètq Izaia, e mòstra lo con¬
traste que i a entre la grandor poderoza del Filh de Dius e
la mizerabla condicion de condamnât qu'accepta per nàstre
salut. E vénon à la seguida las òrras sofrensas, mai que mai
moralas, de la Pasion : trdizon del apóstol, flaquièra del
procònse romdn, malediccion del pòple elegit pjer qui, en
acabant, prèga lo poèta.

membra las

Nos-aus,

que

crenhisèm la colèra à venir,

anguem

uèi al temple, siaus e greus coma de gents pensant àn-un malastre que còpsec s'es auzit anonciar. Esperem

lo clam de la soneta; ôc permet pas lo rite sorne :
los vestits de la femna que plora son ôme son
aquelis del altar aveuzat.

pas

coma

Se càlhan los imnes

e

los mistèris benurozes demest

qunis decend, per un camin misterïos, à l'ombra dels
pans tremudats, l'òstia viva de patz e d'amor. S'auzis
un cant : Izaïa à l'espéra delarguèt aquela lamentacion
sacrada lo jorn qu'un espant diuzenc carcanhaba son
cor inspirât.
De

qui parlas, ò Vezent de Judà ? Quai

es aquel que,
pecol de la tèrra
nuda, lènh d'una font de vida ? Quai es aquel ôme
freule paisut d'escarniment, que se corbis la facia d'un
vel coma s'èra maldit del cèl, lo darrièr de totis los

dabant l'Eternal, puntejarà coma un

mortals ?

�LQ

GAI

SABER

19

Es lo Juste que los marrits an traforat; mas el se
calha, mas el se torna pas; El es lo Juste; e lo Senhor
a escampat sul siu cap los pecats de totis. El es lo Sant,
lo Samson prédit, que moriguent deliura Israël, e
qu'a
plan volgut laisar à l'espoza infldèla sa poderoza cabe-

ladura.
Es aquel qu'es sietat suis cèrcles diuzencs e que s'es
fait filh d'Adam : a pas refuzat de despartir ambe sos
fraires malurozes lo funèste eiretage : a volgut esprobar las ontas, e lo dòl dins l'ama, e las ancias de la

mort,

e

la terror que seguis lo pecat, El que jamai a

conegut lo pecat.
A endurât que son

umbla pregaria foguès embanPaire l'abandonès. O espant ! a sofèrt
l'òrre poton d'un amie perjure. Mas aquela ama venguèt parièra à la nèit del ôme omicide : entend plus
que los crits d'aquel Sang e se soven qu'aquel Sang,
dida,

e que son

ela l'a liurat.

O espant ! La banda dels trufaires escarnis sens vergonha aquel vizage diuzenc ont gàuzan pas jitar lor
agait los enfants del cèl incapables de pecar. Coma lo
bandat demanda qu'à beure, dins las injurias aquel òdi
s'encolerìs, e al plus grand dels crimes lo buta lo gauch
crudèl del crime.
Mas qui podia èstre aquel acuzat silencïos que dabant son tribunal profane lo Joziu marrit trigosaba
coma

una

victima dabant l'autar, ôc

pèrbe Roman;
ambe lo

sang

sapièt pas lo supensèt, lo juge escalabèrt, que podia
inocent crompar sa vergonhoza aseguse

ransa.

Amont dins lo cèl que la dolor acampa es arribat lo
d'una pregaria maldita : los esperits celestials se

son

amagats la cara. Dius a dit : Sera fait coma demanaquel Sang cridat per l'imprecacion dels paires
tomba encara sus la rasa mizerabla que, se renovelant
d'âge en âge, l'a pas encara secotit de sus son cap.
son

datz. E

E

gar'aqui qu'amb

pron pena

la diuzenca Victima a

�20

lo

gai saber

pauzat son front sul lèit d'infamxa e, jitant un grand
crit, fait son darrièr badal, la colèra déjà granda de
Dius

menasa

tanha;
dire

e

déjà

los asasins
se

Tornarai

:

se regaudisent sus la monmôstra à las gaitas carudas coma per
sens estar gaire.

O Paire poderos ! al nom d'aquel que s'immola, que
finiga enfin aquela orroza colèra; e que la paraula fada
dels abucles se cambie en melhor, ò Senhor pietados !
Oc, qu'aquel Sang sus élis decenda; mas que siague
pluèja d'un dos netejament : nos sèm totis trompats;
qu'aquel Sang venerat lave l'error de totis !
E tu,

Maire, que sens monar as vist morir un tal
la crotz, prèga per nos-aus, Rèina dels atristezits, per que lo poguem veire dins sa glòria; que las
dolors ambe que lo monde crudèl fa mai triste l'eizil
dels bons, mescladas à las santas sofrensas de ton Filh,

Filh

sus

siàguen

per nos-aus un gage

d'eternala joïsensa.
Alexandre Manzoni.

•

Revirat per

LOS

1844.
rous,

—

CENTENARIS

Lo 7 de

l'abat Salvat.

OCCITANS

janvièr naisia à Lorda Bernadeta Soubi-

la santa Joventa ambe qui la Vièrge debia parlar en

bigordan.
Lo 21 de febrièr naisia à Bèlagarda
Batista Bonnet, l'autor de Vido d'Enfant.
—

Joan

de

(Gard) lo majorai

MONTSEGUR.

�LO

GAI

SABER

LA VIDA DEL

21

PAÏZAN

Anem ! enquèra (') un autre que vòl parlar dels
païzans ! Quai sab s'es anat plan sobent pels estables
prestir la fomerada (2), e misonar per las estolhas (3)
à la raja del solelh !... »
T
«

t

E ben !

raseguratz-vos, mos amies, mos fraires. Vantarai pas mai que si cal vôstre mestièr perque ne coneisi la trima e lo ravaladis (4). Lo mesprezarai pas
non plus, perque vos aimi e d'abòrd que
z'oc voldriatz
:pas que lo mesprezèsi. Dempèi que lo monde es monde,
vôstre mestièr es lo prumièr de totes, e lo laisarai en
tèsta, cregatz-oc !
Soncas que à-n-aquelses escampadôts (5) que sàbon
pas d'ont ven lo pan, que s'afigùran que los patanons i
a pas qu'à los amasar pels camps à plenas carrugas (6),
è que los vedèls i a pas qu'à los menar à la fièira,
dirai
«

:

Cosi li vénètz pas à la campanha ont tôt es

solelh

abondancia e prosperitat ? Vautres, los fenhants qu'aimatz de vos regalar d'un fege d'auca o d'un
tèfle (7) de cambajon saboros, cosi li venètz pas trabaIhar la tèrra, al lèc de gofir (8) à la vila dins las carrièiras sans solelh ? Cosi li venètz pas ?
e

•

cansons,

«

A ! Es que

la vida del païzan,

se

fa enveja à mai

d'un, sustot al jorn d'aduèi, es una vida ruda que fa
rugar

(1)
(2)
(3)
(4)
(5)
(6)

las pôtas à totes los morre-fìnòts. E ne veirem
Encore.
Gâcher le purin.
L'éteule.
Les mille petits travaux.
Enfaints gâtés.
A pleins tombereaux.

(7) Un gros morceau.

(8) Croupir.

�22

LO

GAI

SABER

pas gaires abandonar las carrièiras
venir respirar l'aire sanitos de las

nôls. Ne veirem pas
consolats.

empudicinadas per
combas e dels plagaires, z'oc sabèm, tiratz, e ne sèm

«
Sabèm que, nôstre mestièr de boriaire, per l'ainiar, li cal èstre nascuts. Cal aber crescut al mièch del
bestial e de la polalha; à dètz ans se cal èstre alimenats (9) per las aradas; cal aber escabelat (10) sus las
pialas de fen que nôl; se cal èstre pintats d'aquela babor (u) que vos entestezis. De longa man, e pesuc per
pesuc, cal aber après lo mestièr de païzan, aquel mes¬
tièr qu'es long à-z-aprene, perqu'es pas la repeticion
banasta (12) d'un même gèste, e luèn d'aqui ! Aici, cap
de trabalh es pas lo même; acò cambia ambe l'ora,
ambe lo jorn, ambe la sazon; acò fa mila trabalhs, e
que los cal aprene totes, un aprèp l'autre, e los aprene

coma

cal ! Acò

se

fa pas dins un jorn, ni dins un an,

tant de bona volontat
«

e

d'intelligensa qui li metetz.

De longa man cal aber après à se levar dabant jorn,

quand las
dinar, las

aucas
vacas

Apasturar à

coménsan à cridar, los porcs à ronà trucar lo rastèl.

tôt aquel pôple
grès, e z'oc far beure, z'oc tene pro¬
pre, z'oc tene lize, aqui un rebaladis (13) tota l'annada
qu'es pas un amuzament, cregatz-oc. E plan brabe enquèra quand tôt acò buta e qu'arriba à bon pron. Perque cal comptar ambe la misca-masca dels accidents
e de las malautias; cal comptar ambe las crèbas que
«

de bestial menut

vos

pet.

son ora e per mezura
e

sàcan d'un virât

d'uèlh lo benefici darrièr lo

co-

»

«
Oc, diretz, lo bestial, pardi !... Es coma nautres, que sèm pas cap asegurats del endeman; mas.
—

(9) Roulés.
(1(1) (Cabriolé.
(11) (Senteur lourde.
(12) Stuipide.
(13) Mille petits travaux.

�LO GAI

ambe la tèrra que
nasis

SABER

laura, riscatz

se

23

pas

(14).

»

aquelses dega-

«
Nani, mas la tèrra la cal bolegar, e es pezucasa
recapia (15). A ! Se, quand ven lo moment, l'ôm
podia atalar, se n'anar pels
camps e trabalhar, tôt anaria
plan ! un bocin cada jorn, lo trabalh se faria que
l'òm
se tracharia
pas. Mas cal comptar ambe lo temps,
pecaire ! Pasa los quinze jorns
que quita pas de plôure.
Presaria de cuèbre (16), mas, que fariatz
aqui ? Cal fintar tombar la pluèja en
bricolejant.
« E
pièi, quand lo bel temps z'oc permetrà, ardit !
coquin de sort ! del matin al ser, sans crentar la
fatiga,
cal ratrapar lo
temps perdut. En una semmana cal far
—

e

lo trabalh d'un mes. E fôrsa
que forsaràs ! Per Nadal
auretz lo temps de prene alen. Se

milhaquejatz (17),

gara !

la secada va venir que barra (18) la tèrra en
l'aclapasant (19). Per laurar, mon amie, esperaràs que
tòrna plôure e d'aquel temps la sazon
pasarà.
«
A ! Se podiam gobernar lo
temps, nôstre mestièr
séria lo Paradis ! Mas

nautres

:

quora nos

es lo temps
ajuda qu'acô's

que nos

trufa de nautres, nos condamna à la

se

roïna, aquel
«

aran

gobèrna

pïazer,

quora

maganha,

e nos

un

(30).

E dizèm pas ren. Abèm après, à
fôrsa, à repotegar

pas contra

el, qu'acô sèrt pas à

ren.

Abèm après à li

far fizansa. Sabèm qu'aprèp lo
plujat e l'aurage lo solelh tornarà luzir. Es dins
aquel esper que lucham con¬

tra

sos

capricis e que
se prèsta.

nos

destrigam de l'aprofechar

quand li
«

Nôstra vida entièira

(14)
(15)
(16)
(17)
(18)
(19)
(20)
(21)

Revers.
Récalcitrante1.
Faire les semailles.

es

lucha capuda (21) :

una

,

Vous lambinez.
Ferme.
La durcissant1 superficiellement.

Ce vaurien.
Têtue.

�f

24

.

LO GAI SABER

Lucham contra la pluèja e contra la secada, contra

lo

vent, las nèblas (22), la grêla, l'aubièira, la jalada. Lu¬
cham contra las pèiras e contra las romècs, contra la
tranuga C23) e cent autras èrbas caninas que conprenètz pas d'ont sôrton ni quai diables las a
Lucham contra l'armada innombrabla dels

semenadas.
aganits (24),
bèstias e bestiòlas de tota mena que se vénon avidar
dins los camps e jusCas dins los granièrs.

E quand abèm aital luchat contra la tèrra, contra
temps, contra las èrbas e las tnanjazons, lèra (25) ré¬
coltant. Recoltam mai o mens. Quora aoò's brabe, quora
acô val pas ren. Recoltam sò que li a. E nos n' contentam. Per fòrsa. Se li a abondancia, va plan : farem aici,
farem alai, e beurem un còp de mai; se li a mizèra, pecaire ! anarem plus dosament : e mai que poguem emplinar lo ventre, de palha o de fen, la misanta annada
pasarà. E cal creire totjorn qu'après una misanta an¬
«

lo

nada las bonas tornaran...

»

Aqui la sagesa vertadièira e la vertadièira fôrsa del
païzan. Sab que, pasat pertot, la tèrra es bona maire.
Sab qu'en la trabalhant, e malgrat totas las enganas,
d'un biais o de l'autre la tèrra noiris sos enfants, e lo
païzan trabalha la tèrra sans li mercandejar sas suzadas. Sab qu'après un reguinnal e una botinada (2S), la
tèrra torna sorire ambe mai d'amor que jamai, e lo
païzan perdona à la tèrra sas reguinnadas ambe l'aseguransa de la veire sorire deman.
E SÒ que li a de brabe es que la tèrra l'a pas jamai
trompât. O ! n'i a qu'es plus estacada, plus morruda (27) o plus generoza. Mas ont que siague, en la
sachent prene, en li demandant pas mai que si pòd

(22)
(23)
(24)
(25)
(26)'
(27)

Les maladies cryptogamigu.es.
Le chiendent.
Affamés.
Alors..
Bouderie.
Revêche.

�LO

GAI

SABER

25

donar, la tèrra a totjorn pagat la punhor P8), la
ciensa, e la fizansa del païzan.
E n'i a que li sàbon vieure urozes, autant
pògue raibar de-z-èstre dins aqueste monde.
d'aquelses. E, après aber galopat desà-delà
la campanha, sincèrament, crezi qu'es à la
que l'òme es lo plus uros.

pa-

qu'un ôme
Ne coneisi
las vilas e
campanha

Metem que pague son bonur à-z-un près que fa pour
à totes los fenhants de la vila; mas, èstre libre, èstre
rèi al mièch. de sa borieta, al mièch d'una familhôta

ve'zètz creise e vezètz florir; saure qu'à l'ôrt, als
als fruchèrs, à la vinha li aurà de que noirir
nizada,
aqui, fetibament ! de que donar lo
bonur à-z-un ôme valent e sage e que se chauta del
que

camps,
tota la

...

cinemà.
E séria

enquèra plus uros, lo païzan, se podia comvida robusta e libra amb aquela de tantes
d'emboiricadôts (29), se podia, ambe mai de cultura intellectuala, saborar al torn d'el las jôias que s'espanparar sa

dison.

Trop sobent

son

inhoransa li permet que de veire

la baldra (30) ont trigòsa d'esclôps apegonits (31), e lo
trimadis d'una jornada que s'acaba pas. Trop sobent
de

plan abilhats an profitât de son inhoransa
simplicitat per lo venir plomar jusqu'à la pèl.
Trop sobent, el qu'es lo prumièr dels trabalhadors, e lo
plus utile, rogis de sa blòda, de sos esclôps, de sa lenga
mirgalhada qu'es la lenga del trabalh, la lenga vertadièira de la tèrra, e lo plus bèl eiretage de nôstres dae

mosurs

de

sa

bansièrs.
Cal esperar qu'aprèp la terribla laison d'aquesta revirada qu'a tornat metre lo païzan à la plasa d'onor,
la nacion entièira li saurà grat un brieu d'aber tengut
(28)
(29)
(30)
(31)

L'énergie.
Bouffis1 et prétentieux.
La boue.
Où la terre

s©

colle.

�2

6

LO

GAI

SABER

bon quand tôt lo rèsta s'apatafialaba (32) ; cal esperar
que la corporacion païzana fara lum à totas las corpo-

racions; cal

esperar que

saurà enfin gandir

sos

mel-

hors enfants de las vilas acocolidas f33) en donant à sos
mainats lo mejan de vieure en trabalhant, en lor do¬
nant maitas razons enquèra d'aimar l'ostal e la bòria
que

los

a

vist naise.
ENRIC MOULY.

(Parlar del Roèrgue).

(32) Dégringolait.
(33) S'ains morale

et

sans

énergie.

�BOLEGADISA OCCITANA
L,o

Colège d'Ocoitanîa

L'annada cscolaria 1942-1943 es estada
citania qu'a escrit sus son Cartabèu :
314
114

escolans de

/7
en

tôt

—

1*
i»

—

7.

bona pel Colège d'Oc-

Seccion

;

—
—

643.

Rampelada del Colège de julhet-octòbrc portaba las

La

adresas dels escolans

e

Vindicacion dels gropaments

organisais

dins las escòlas.
Per l'annada 1943-44 se son senhaladas déjà
dins l'cnsenhament primari, mentre que

cions

mantas defec-

Vensenhament

segondari sembla aber près mai de vain.
La Rampelada de novembrc-decembre porta un compendi
del Cors de lenga e literatura occitanas del abat Salvat (13
litsons sus La Canson de la Crozada e 12 sus Lo Felibrige
roje). S'i pàd legir tant-ben lo programe de las 13 litsons consacradas, en 1944, à la vida e à l'òbra de nòstre venerat capiscòl Antonin Perbòsc.

Nùstre secretari l'abat Salvat
lo
lo
lo
lo
lo

a prédicat
julhet, à Concbts (Lot) ;
set., à Rivèl, son pais natal ;
set., à Belestar (Arièja) ;

4 de

lo

19
26
10
21

de
de

:

d'oct., à Sant-Just de Narbona ;
Taur à Toloza

de nov., à N. D. del
12 de dec., à Sant-Paul

;

de Narbona.
Los 4, 6 e 7 d'agost, a fait 5 conferencias sus Mistral à
l'Escôla dels Cadres dels Chantièrs, al Castèl de l'Espinet,
prèp Toloza.
Narbona, La Cigalo Narbouneso enbêla vesprada ont se joguèt La Filho de la Mar

Lo 13 de décembre, à

gimbèt

una

d'Emili Barthe.
vwvx/v

Aici lo calendièr de las manifestacions dels Cigalous Rouergats, bailejats per dôna Julieta Artous long de l'an 1943.
4 d'abrilh

:

2

reprezentacions teatralas à Vilafranca-del-

Roèrgue ;
6 de junh : reprezentacion à
12

e

12 de

Salas-Corbatiers (Avairon)

julhet : 3 reprezentacions à Rieupeiros ;

;

�!

!

28

LO

GAI

SABER

19 de setembre : 2
reprezentacions
18 de décembre : à Vilafranca ;
26
»
»
31

»

Lo 15

à La Salvetat-Peiralès

;

»

d'agost

e

lo 28 de novembre, emision radiôfonica à

Radio-Toloza.
vwwv

Senhalam à nôstres escolans que se pôdon procurai' d'ima¬
ges religiozes reprezentant los sants d'Occitania, ambe corta
notisa istorica (8 modèles: sant Sarnin, santa Germana,

sant

Domenge, sant Vincent Ferrer, etc ...)
negre 1.20 l'unitat, 8 frs. las 8 ;

en
en

color 2.50 l'unitat.

S'adresar à «Les Beaux

Livres», 27,

rue

de Metz, Tou¬

louse, c/c. Toloza, 194.04.
\\/VVW

Lo 12 de novembre, à Castèlnôudari, conferencia plan reiisida sus Prosper Estieu, per nôstre escolan R. Peyre, director de la Sucursala del Colège d'Occitania à Limos (Aude).
'•

VWWV

A

Narbona, nôstre escolan

Nadal una merabilhoza
cians de sa fabricacion.

Pichery abia organizat per
Grepia ambe de Santons lengado/VWVW

Lo concors poétic del Jansemin d'Argent en ciutat d'Agen,
es dobèrt duscas al 5
de mai. Demandar entresinhes al
Senhe Jaques Amblard, 1, carrièra Floirac, Agen.

En novembre, es mòrt en Lemozin lo

majorai Amadiéu
Folcô de

Muzac (Cigala de la Montanha Negra); lo majorai
Baroncelli es môrt en Avinhon lo 15 de décembre.
A Toloza
Jôcs Florals

Pèire
tôbre ;
lo

son

morts

nôstres escolans manteneires dels

:

Lespinasse, procurador général, asasinat lo 12 d'oc-

profesor Perreau, lo 7 de novembre

Armand Praviel, nôstre clavaire, Sôci
de janvièr.

;

del Felibrige, lo 15

Que Santa Estèla aculhiga dins son Paradis manteneires

majorais'!
WHili—naUIM'
e

,

^

%
Cri-Cri.

o

Imp. d'Editions Occitanes, Castelnaudary. Le Gérant : A. PRAVIEIv^

a

^

�Règles de Phonétique Occitane
i°' VOYELLES.

dans le corps d'un mot,
français; mais s'il
constitue une terminaison féminine, il est semi-son¬
nant et se prononce entre a et o, suivant la région ;
e1 sonne comme é fermé français, et è comme è ou¬
vert français ; — i équivaut à i français ; —- u égale¬
accentué

ou

a,

—

seul

ou

non, sonne comme a

—

mais, après

ment ;

çais
o

;

fermé

comme ou

2° CONSONNES.

suivi de

une

voyelle, il

a

le

son ou

fran¬

ô ouvert se prononce comme o français, et

—

—

français.
b,

c,

d, I,

u), r,.s,.t, z'sonnent

g,

j, 1,

( toujoursfrançais ; mais

m, n, p, q

comme en

devant e et i est sifflant comme s français; — j sonne
tz, dans certaines régions ; — m se prononce
comme ti à la fin de la i" pers. du pluriel des verbes ;
n est muet, sauf quelques rares exceptions, à la fin
des substantifs; —r est souvent muet à la fin des
substantifs et des adjectifs, sauf en Provence, ainsi
c

comme

—

s est toujours dur et sifflant; — t est
participes présents et de la plupart
ment; — y sonne comme b, sauf en Pro¬

qu'à l'infinitif;
muet à

des mots
vence

—

la fin des
en

.

3° GROUPES.

—

çh, lh, nh se prononcent: tch, 111, gn.

ESCOLANS
n'avez pas encore acquitté à la li¬
brairie Privât, 14, rue des Arts. Toulouse (c/c.
Si

vous

1673) le montant de votre abonne¬
1944, maintenu pour cette année
à 20 francs; faites-le sans tarder, si
voulez pas nous obliger à le faire re¬
par la poste — avec les frais en sus —.

Toulouse

ment pour
encore
vous ne
couvrer

�■EN VENTE A

l'Imprimerie d'Editions Occitanes
3, Quai' du Port

-

OASTELNAUDARY

Prosfer ESTIEU.

ambe traduccion
rare fr. 50. »
sonets
ambe
d'Ocçitania,
occitans
traduccion

Terradou,

Lou

fránceza
Flors

franceza

sonets

( i vol. in-8°,

300

occitans

p.)— très

(1 vol. in-8°, 280 p.)

fr.

d'Oc
traduccion franceza (1 vol. in-8°, 264 p.)
fr.
Lo Romancero Occitan, poèmes en lenga d'Oc
traduccion franceza (1 vol. in-8% 344 p.) . fr.
La Canson

Occitana, poèmes en lenga

.

30.

»

ambe
30. »
ambe

35.

»

Occitan, 43 chansons avec musique, texte
occitan et traduct. franç. pouvant se chanter dans les
deux langues (1 vol. iu-8°, 104 p.) . . . fr.
30. •»
Lo Fablihr Occitan, ambe lexic occitan-francés
Lo Flahut

(1 vol. in-8",
Las Oras

franceza

170

p.) ilustracions de P. Sibr.a. fr.

30.

»

Cantairas, sonets occitans ambe traduccion

(1 Ami. in-8° carrat, xvi-276 p.).

30. »
Vergili en ritmes occitans ( 1 volfr. 18. »
Cvcunhan (1 vol in-8% 30 p.) ilustra¬
.

fr.

Las Bucolicas de

in-8°, 68 p.)
Lo Mètge de

cions de P. Sibra

fr.

Las Oras luscralas

15.

»

(Les Heures crépusculaires),
(1 vol. in8°, 200 p.)
fr. 30. »
Hommage à sa mémoire (1 vol. in-8 142 p.) fr. 25. »
sonets

occitans ambe traduccion franceza

(Frais dp-port

en

sus)

t,

�</text>
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              <text>Lo Gai Saber (&lt;a href="http://occitanica.eu/omeka/items/show/13154"&gt;Acc&amp;egrave;s &amp;agrave; l'ensemble des num&amp;eacute;ros de la revue&lt;/a&gt;)</text>
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              <text>&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;em&gt;Lo Gai Saber&lt;/em&gt; est une revue litt&amp;eacute;raire occitane publi&amp;eacute;e depuis 1919. La rubrique &lt;em&gt;L'&amp;Ograve;rt dels trobaires&lt;/em&gt; est consacr&amp;eacute;e &amp;agrave; la po&amp;eacute;sie, la rubrique &lt;em&gt;Bolegadisa occitana&lt;/em&gt; donne des informations sur l'actualit&amp;eacute; de l'action occitane. La revue fait aussi &amp;eacute;cho des publications du domaine occitan et des r&amp;eacute;sultats du concours annuel de po&amp;eacute;sie occitane de l'Acad&amp;eacute;mie des Jeux floraux.&amp;nbsp;&lt;/div&gt;</text>
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              <text>&lt;div style="text-align: justify;"&gt;Lo&amp;nbsp;&lt;em&gt;Gai Saber&lt;/em&gt;&amp;nbsp;es una revista liter&amp;agrave;ria occitana publicada dempu&amp;egrave;i 1919. La rubrica&amp;nbsp;&lt;em&gt;L'&amp;Ograve;rt dels trobaires&lt;/em&gt;&amp;nbsp;es consacrada a la poesia, la rubrica&amp;nbsp;&lt;em&gt;Bolegadisa occitana&lt;/em&gt;&amp;nbsp;balha d'informacions sus l'actualitat de l'accion occitana. La revista se fa tanben lo resson de las publicacions del domeni occitan e dels resultats del concors annadi&amp;egrave;r de poesia occitana de l'Acad&amp;egrave;mia dels J&amp;ograve;cs florals.&lt;/div&gt;</text>
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              <text>Camproux, Charles (1908-1994)</text>
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              <text>Mathieu, Christian (1921-1993)</text>
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              <text>Mouly, Enric (1896-1981)</text>
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