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                  <text>28a Annada

Janvièr-Febrièr

N° 218

1947

Gai

Lo

Revisia de l'ESCOLA OCCITAISA
t/»

Ois Aup 1

Pirenèu

...

F. Mistral.

TOLOZA
1-4,

Carrlèra

dels

Arts,

Lo

1-4

numéro :

30 frs.

�SABER

OAI

L.O

Revista de l'ESCOLA
Administration

14, Rue des Arts,

OCCITANA

EDOUARD PRIVAT &amp;

:

Cle

TOULOUSE, c/c. Toulouse 117.240

Abonaments :

( Fransa

,

: un an

ENSENHADOR del N" 21S

.100 fr.
. 200
fr.

.

.

Bstrange; un an

.

(janvièr-febrièr 1947)

Frédéric MISTRAL,

Charles Rieu

Ican LESAFFRE :

Jean Charles-Brun.

loan Carlcs-BRIJN :

Lo Jardin de mon ama.

Caries CAMPROS î

La Femna e son

CRICRI:

Bolegadisa Occitana :
Lo Colège d'Occitania.

(1846-1924).

Son-Soneta.

Co

dels

d'Oc

»

dansaire.

«Amies

de la lenga

à Paris.

L'Academia dels Jôcs Florals.
L'Escôla

d'Autpol.

Per lo dezenc

anniversari de la

mort de Valèri Bernard.

Vient de

paraître :

ÈKAFI TRES MAIMAJONS...
adaptacion

en

del canonge

lenga d'Oc de ill était trois petits enfants

Barthas,

per

Lois Mavit

e

j,

Jozèp Salvat.

MiiiiiiimiiiiiiMiiiiim

L'exempl&amp;ri, 40 1rs (46 franci») ; reduccion de 20 % al-desns
exemplaris. « Fatima-Editions », 3, rue de Constantine,
Toulouse, c/c Toulouse 40.33.
de 10

�LO GAI SABER
Tòme XVII

(Ânnadas 1947=1948=1949)

�Gai
Saber

Lo

Revisia de /'ESCOLA OCC1TANA

Di» Aup 1

Pli-enèu
F. Mistral.

Tome XVII
(Annadas 1947=1Q48=1949)

&amp;

C*

ì rwi!ouse£
&lt;=
*&gt;i

s-

&lt;?

*

*

TOLOZA
14,

Carrlèra

dels

Arts,

14

...

�j anvjèr-febriêr 1947-

Lo Gai Saber, N° 318

UN

CENTENAIRE

...

Charles R1EII
(1846=10:24)

Le

nom

et

l'œuvre de Charles Rieu

ne

sont con¬

que d'un public restreint. C'est grand dommage.
Il faut en chercher la cause dans le fait que, l'au¬
teur ayant publié ses chansons sans le soutien d'une
traduction française, les provinces méridionales éloi¬
nus

gnées de Provence n'ont vu en lui qu'un poète pro¬
vençal. Quant au grand public français, il n'a pu
prendre contact avec une œuvre dont la lecture lui

échappait

comme lui aurait échappé celle de Baptiste
Bonnet si divers traducteurs (Alphonse et Léon Dau¬
det— tout au moins nominalement
Joseph Loubet)
n'avaient vulgarisé l'œuvre admirable de l'auteuf de
Vie d'enfant et du Valet de ferme. Cependant, à
maints égards, le poète du Paradou est tout au moins
—-

l'égal du prosateur de Bellegarde. Leur parenté est
qui plus est, ils appartiennent, tous
deux, à ces couches paysannes auxquelles Mistral,
dans son invocation de Mireille, dédiait ses chants.
Oui, mais Mistral avait, lui, traduit son épopée ju¬
vénile... Quoi qu'il en soit, il est nécessaire, à
quelques mois d'un centenaire révolu, d'évoquer ici
à grands traits une des plus hautes et des plus ori¬
ginales figures de la Renaissance provençale.
incontestable et,

*
*

*

Les Rieu ne seraient pas de souche autochtone.
Comme Henri Fabre, l'auteur des Souvenirs Ento-

�6

CHARLES RIETJ

mologiques et de

ces Œuvrettes provençales qui
petit chef-d'œuvre, ils seraient d'origine rouergate. Il est certain que, physiquement, Charles
Rieu avait quelque chose du «gavot». Cependant il
avait adopté l'accent, le parler un peu traînard qui
caractérise les habitants de Saint-Rémy et des envi¬
rons. Qu'il soit né au Paradou, dans une famille
pay¬
sanne, qu'il y ait grandi, qu'il y ait chanté, c'est, au¬
jourd'hui, l'honneur de son village.
sont un

Né le ier novembre 1846, l'enfant se serait, dit-on,
destiné à la prêtrise. Il est certain que, très croyant,
Charles Rieu garda toute sa vie le respect de la re¬

ligion, le goût des cérémonies religieuses et des

no-

ëls et songea, à diverses reprises, à entrer dans les
ordres. Cependant il avait appris quelques rudiments
de latin avant d'être mis, jeune, au travail de la
terre comme journalier agricole, par son père qui,
chargé de famille et ne possédant que quelques lo¬
pins d'oliviers, n'entendait pas que son fils aîné de¬

vînt

un

Crau

savant.

A

la vie de mas,

à

ces

randonnées

Camargue, à cet apprentissage d'une
vie rude Rieu devra ses premières joies et ses pre¬
mières inspirations. Il s'essaiera à les traduire en
vers
français jusqu'au jour où, à l'école de Mistral
qui lui ouvre les yeux, il comprendra que la langue
en

ou en

de Mireille est la sienne et

sionné d'une Cause que

se vouera au

service pas¬

le Maître de Maillane lui dé¬

couvre.

Qu'importe la médiocrité de la vie journalière
quand la poésie chante dans votre cœur ! Or Rieu
est poète d'instinct. Si, très puriste, il est toujours à
la recherche d'un mot plus approprié, d'une rime plus
riche, il n'en est pas moins vrai que l'idée qu'il se
fait de la poésie est très haute, qu'il la pare, pour
lui et pour les autres, d'un halo de mystère. Le don
poétique vient de Dieu, affirmera-t-il ; il ne se vend
ni ne s'achète et on ne saurait- le refuser, quitte à en
souffrir et à en pleurer. Avec la belle sincérité d'une

�CHARLES

RIEU

7

âme ingénue, mais avec la conviction d'obéir à une
mission, avec aussi toute la science rythmique dont
il est capable, Rieu chantera. Et ce n'est pas une
métaphore. En effet, à part un drame, Margarìdo dóu
Destet, et une traduction provençale de Y Odyssée,
le poète du Paradou n'a composé que des chansons.
Pour ma part, je ne l'ai jamais entendu réciter ses
poésies : il les chantait toujours d'une voix un peu
sourde mais prenante, avec un geste de la main tou¬
jours le même qui semblait pousser les strophes ; il
les chantait avec plaisir, fierté, après l'une l'autre.
Dans les trois minces recueils que nous lui devons,
l'air sur lequel la chanson doit se chanter est tou¬
jours indiqué. C'est généralement un de ceux que le
café-concert mit à la mode entre 1880 et 1914, par¬
fois arrangé, pas toujours approprié mais parfois bien
adapté au sujet et rendant, en tout cas, sa populari¬
sation plus facile. Car ces chansons ont été et sont

populaires, Dieu merci, et elles le resteront.
qu'aucun compositeur de talent n'ait
été tenté par la gageure. C'est que, d'une part, Rieu
vivait assez retiré et que, d'autre part, il tenait à
ces
airs même devenus «scies». Défaut dégoût?
peut-être
En tout cas, après avoir entendu un air
à sa convenance, Charles Rieu se l'appropriait et y
adaptait ses vers. Après la période d'incubation plus
ou
moins longue, la chanson voyait le jour, toute
preste, air et poème ne formant qu'un. Il faut se
souvenir avec quel sourire mi-timide, mi-railleur le
le poète du Paradou vous donnait la primeur d'une
de ses œuvres
« aquelo l'ai
jamai encaro cantado.
N'en siéu proun countènt : veiras », — comme il la
cajolait, la distillait. Si, après quelques compliments,
encore

On s'est étonné

...

—

vous

lait

lui réclamiez les autres, les anciennes, il fal¬
voir comme notre homme s'allumait, défendait

dernière-née, en soulignait les détails, concluant,
puis, que tout est affaire de goût et qu'on finirait bien
par rendre justice à la chanson en cause. Ah ! oui,
quel poète sincère et racé !
sa

�8

CHARLES

La
tout

RIEU

véritable originalité de Rieu consiste à avoir
mis de la vie journalière des paysans dans son

de s'y être dépeint lui-même d'un trait cursif,
précise les saisons, les cul¬
tures, les travaux, les outils, les mille détails d'une
vie rustique qu'il pratiquait. Pour le folkloriste les
chansons de Rieu sont précieuses, car tout y est, des
instruments aratoires, des mots techniques ayant
trait aux olivaisons, aux moulins à huile, etc. S'il a
chanté tous les aspects de la nature et ses travaux, il
faut reconnaître que les olivades et tout ce qui se
rapporte à l'arbre cher à Minerve ont été, pour Rieu,
chant de dilection. C'est que la région de Maussanne, Paradou, Mouriès, les Baux produit une des
meilleures huiles de France, c'est que Charloun —
comme on l'appelait familièrement —
cultivait luimême ses oliviers, vivait de cette culture et, sage, se
nourrissait de ses produits.
oeuvre,

d'avoir décrit de façon

Néanmoins il savait s'extérioriser : la Camargue,
les taureaux, une noce de village, des jeunes filles
dansant, les événements heureux ou malheureux de
sa vie quotidienne,
une charrue brisée, son mulet

emballé,

saisie pratiquée à

une

son

domicile,

un

voyage à Paris, tout lui était prétexte à chanter. Rien
de banal, de convenu, de fade, pas de sensiblerie,
mais une inspiration fraîche, sentant bon les herbes
de la

Saint-Jean,

une rare discrétion dans la mise
sujets. On retrouve plus spéciale¬
ment ces qualités dans les quelques chansons
amou¬
reuses de Charloun où, avec une délicieuse
pudeur,
il nous dit ses rêves, ses espoirs, ses désenchante¬
ments. Ah! que nous sommes loin de ces
grivoise¬
ries qui déflorent si souvent les meilleures chansons
françaises ! Comme ici tout est sain, pudique, mo¬
en

œuvre

de

ses

deste ! D'avoir écrit

raissait à Rieu
y

une

chanson sur les mollets pa¬
Il n'aimait guère que l'on

une erreur.

fasse allusion. Par contre, Tristour, V Endouret Mistral disait de Tristour
que c'était

mido

—

�CHARLES

aussi beau que
tres encore lui

plus douce
le sommeil

RIEU

9

le meilleur Verlaine,
étaient chères

pour

et

—

sa

quelques

voix

se

au¬

faisait

décrire la belle jeune fille prise

par

:

En estent

quèro endourmido
flour,
Sentegucre alor ma vido
Rcflourido
Pèr toujour.
Dins li

D'auceloun entre li broundo,
N' entendiéu,
Pèr elo traire à la roundo
Si pién-piéu.
Moun Dièu !
Se poudiêu

Regarda la bello bloundo
Dourmi 'mé iéu !
La bello bloundo
Ou amariéu.

C'était bien en ce sens que M. Chauffard pouvait
écrire que Charloun était un «Verlaine en sabots».

Oui, mais un Verlaine sans le péché,
qui aurait toujours respecté sa plume

un

Verlaine

...

Et
hâlé

ce

et

paysan
aux

authentique,

ce

mains calleuses

travailleur

au

visage

avait des délicatesses

insoupçonnées. Mariéton nous a conté comment, un
jour, il éconduisit la belle Fortunette venue s'offrir à
lui, répondant qu'il ne Voulait pas pécher et que,
étant encore en âge de se marier, il voulait «se
gar¬
der » pour celle qui accepterait sa main. Pour sa
langue natale, pour l'honneur de son doux parler il
s'improvisa entrepreneur de travaux publics, maçon,
tâcheron afin de pouvoir faire inscrire sur la porte
d'entrée du cimetière, sur celle de la mairie, des qua¬
trains provençaux, disant que, de la sorte, on sau¬
rait, plus tard, que notre langue était parlée et ho¬
norée. Et qui sait si ce n'est pas par patriotisme aussi
qu'il n'accompagna son œuvre d'aucune traduction
française, pour prouver que de son temps nul be¬
soin n'était de recourir à la langue d'oïl pour être

�CHARLES RIEU

IO

compris, pour être honoré et connu. Car, si modeste
qu'il ait été, Rieu savait ce qu'il valait. Parfois,
un cri d'orgueil lui échappait: lorsque, par exemple,
écrivant à la jeune fille de ses rêves, il lui dira, tout
net qu'il « s'est élevé au rang des meilleurs poètes
de son temps». Et comme, pour ma part, je préfère
ce Charloun à celui par trop stéréotypé qu'on s'est
plu à nous présenter, plié dans sa cape, riant de ses
dents « claires » avec son strabisme et n'osant pas
dire que l'âme était à lui, ou encore comme ce mala¬
droit, timide et emprunté, qui se serait laissé ridicu¬
liser, lors de son voyage à Paris, par quelque jour¬
naliste
méridional sans doute — en mal de copie.
—

Par contre, comme notre

Charles Rieu était loin de

poète maudit, de ce bohème dépenaillé sans feu
ni lieu, que, au moment de sa mort tragique, une
certaine presse se plut à évoquer. Non, tous ceux
qui le connurent, l'aimèrent et l'admirèrent savent
que son vrai visage d'homme et de poète ne corres¬
pond à aucune de ces caricatures. Un Mistral, qui
guida ses premiers pas et lui ouvrit son cœur et sa
maison, nous servirait de garant devant la postérité,
ce

si besoin était.

Ses

Chants du

Terroir

(i), Rieu les répandit

partout où il put, partant à pied bien souvent, s'intégrant à une soirée, figurant à une pastorale, pre¬
nant sa place dans une fête religieuse ou votive. C'é¬
tait sa croisade à lui. De grandes villes du Midi l'ac¬
cueillirent. Le Languedoc à son tour le fêta. Cepen¬
dant les amours malheureuses de Marguerite du Desté seront oubliées qu'on chantera encore la Mazurka
souto li pin, Ma Sesido, La Mazurka de St. An-

diòu, L'Araire rout, Moun Sant-Miqueu,

Tris-

tour, VEndourmido et vingt autres. Quelque jour
aura-t-on sans doute la surprise de voir quelqu'un

�charles rieu

s'atteler à la traduction de cette

œuvre

et ce ne seront

plus alors seulement les ondes suisses qui nous ap¬
porteront un hommage à Charles Rieu (2)... En atten¬
dant ce jour de la grande réparation méridionale et
française, le poète dort son dernier sommeil dans le
petit cimetière du Paradou, fidèle amant d'une terre
qu'il exalta et qui a déjà sauvé son nom de l'oubli.
Frédéric MISTRAL, neveu.

(1) L'œuvre de Charles Rieu parut en trois recueils : Li Cant
(1897) avec préface de Mistral; Li Nouveu Cant
(1900) ; Li Darrié Cant dòu Terraire{ 1901). Trois
éditions, contenant des extraits de ces trois volumes, parurent
en
1911, 1924, 1936. Parmi les autres œuvres de Rieu, seule la
traduction de VOdyssée (VOudissèio) a été publiée. Nous sou¬
haitons une édition complète de ses chansons et de ses inédits.
dóu Ternaire
dôu Ternaire

Puisse
cette

la Société

«

Les Amis de Charles Rieu» mener à bien

entreprise.

Une traduction allemande d'une trentaine de chansons fut
publiée en 1909, à Halle. Il existerait également une traduction
anglaise, parue en Amérique. Il ne nous a pas été possible de

vérifier la chose.

(2) Le Ier novembre 1946, M. Eugène Wiblé, professeur à

l'Université de Genève et associé du Félibrige, a fait une inté¬
communication sur l'œuvre de Charles Rieu, illustrée

ressante

par

la lecture de quelques traductions françaises.

�In memoriam

.

Jean Charles-Brun
arrivé à la fin d'une circu¬
je venais de rédiger au nom des Amis de
la Langue dé Oc, au moment de faire figurer par¬
mi les noms des signataires celui de Charles-Brun,
président d'honneur de notre société en même temps
que le majorai Joseph Loubet, ma plume resta un
instant en suspens... Deux jours plus tôt, au cours
Le soir du 13 octobre,

laire que

d'une réunion de notre bureau, nous étaient parve¬
nues les nouvelles les plus alarmantes sur l'état de
santé de notre grand et cher ami. Mais, espérant en¬

et avec le confus désir de conjurer le mauvais
je traçais d'une main que je voulais ferme les
syllabes que depuis cinquante-cinq ans l'on avait pu
lire au bas de tant et tant de poèmes français et oc¬
citans, d'articles, d'études, de projets, de proclama¬
tions, ou sur la couverture de livres si riches de
substance. Et, préoccupé par la pensée de celui qui
m'avait si souvent témoigné sa bienveillance, j'ache¬

core,

sort,

vais la soirée

en

recherchant dans de vieilles

revues

montpelliéraines ces strophes où, jeune félibre, il
avait exprimé en bonne langue de là-bas les délica¬
tesses et

les enthousiasmes d'une âme sensible et

ar¬

dente.

Hélas! quelques heures plus tard, à l'aube du 14,
Charles-Brun s'éteignait, et sa disparition jetait dans
la consternation ses amis du Félibrige parisien et de
la Fédération Régionaliste Française et, bientôt

après, les admirateurs et les disciples qu'il comptait
dans la France entière.

�JEAN

CHARLES-BRUN

13

D'autres que nous diront le lyrisme et 1 harmonie
vers français contenus dans les recueils
qui ont

des

titres Chants d'èphèbe ( 18g 1 , Onyx et pastels
(1895), Commemoratio mortui (1896), Les Voya¬
ges (1901) ou Le Sang des Vignes (1907) ; d'autres
encore, la profondeur et l'originalité d'études litté¬
raires comme Les Littératures provinciales (1907),
pour

Le roman social en France (1910) ou Renée Vi¬
vien (1911). ou historiques comme Olivier de Ser¬
res (1943) ; d'autres surtout rendront l'hommage qui
est dû au véritable créateur du régionalisme français,
au théoricien qui en a posé les principes dans ce
li¬

capital Le Régionalisme (1911), et qui, pendant
quarante-cinq ans, de la fondation de la Fédération
Régionaliste (1901) à sa mort, n'a cessé d'être, ain¬
si qu'on La appelé, le Pierre l'Ermite du Régiona¬
lisme, poursuivant avec une activité inlassable et
une
foi inébranlable son apostolat à travers toutes
les régions de France et mettant sa haute intelligen¬
ce et son
admirable lucidité, sa plume agile et sa
parole aisée, son érudition et son tact au service
dhine cause dont il estimait le triomphe propre à as¬
surer
l'épanouissement et une renaissance de son
vre

pays.
A

il

appartient de dire ce que fut Charleset occitaniste, de rappeler ce qu'il dut
Félibrige et ce que, en échange, il lui apporta.
nous

Brun félibre
au

Charles-Brun n'avait pas encore atteint sa ving¬
tième année lorsque, étudiant en lettres à l'Univer¬
sité

de

Montpellier, où il était né le

29

décembre

1870, il adhéra au mouvement félibréen qui, depuis
quelques années, connaissait une magnifique vitalité

grâce à des hommes comme Roque-Ferrier, de Tourtoulon, Louis-Xavier de Ricard, Alexandre Langlade, Antoine Roux, Antonin Glaize, Albert Arna-

querelles qui séparèrent
partisans de Fhégémonie littéraire du parler proven¬
çal et défenseurs des droits du dialecte languedovielle. Lors des fameuses

�JEAN CHARLES-BRUN

14

cien, il

rangea résolument dans les rangs de ces
participant à la fondation du Félibrige
Latin dont il devint le chancelier en 18g i après
avoir été, dès 1889, le secrétaire de Y Association
des Félibres Montpellièrains. Roque- Ferrier, qui
avait distingué en ce jeune homme d'exceptionnelles
dispositions intellectuelles et de remarquables qua¬
lités de propagandiste, en fit l'un de ses plus sûrs
collaborateurs. C'est aux côtés de ce maître, dont il
vénéra le souvenir toute sa vie, que Charles-Brun
se
perfectionna dans la connaissance des lettres
se

derniers,

d'oc

et

notamment

des

œuvres

des

écrivains

du

Moyen Age. Après s'être exercé à rimer en langue
du douzième siècle, il publia en 1893, l'année qui
vit l'étudiant montpelliérain devenir le plus jeune
agrégé de France, une étude remarquée sur Les
Troubadours à la

cour

pellier, sujet qui fit de
munication

en

des Guilhems de Mont¬
sa

part

l'objet d'une

com¬

Sorbonne, à la réunion des Sociétés

Savantes.
Les collections de la
de L'Armanac

revue Le
Félibrige Latin et
Mountpelieirenc témoignent des

dons de poète languedocien que manisfestait CharlesBrun en ces années 1890. Ses poèmes, qui parfois
laissent deviner l'influence de Roque-Ferrier et, à
travers elle, celle de la poésie courtoise des trouba¬
dours, portent néanmoins la marque d'un lyrisme très
personnel. Et il y aurait un beau recueil à constituer

par la réunion de ces
Litanias per una que

pièces où le poète égrène ses
passet..., chante La Bela descounouguda et la dame de ses rêves, célèbre Lou
Perfum de soun ama ou La Joia d'abrieu, de cel¬
les où il exprime son amour de la terre languedo¬

cienne,

ou encore

de

ces

délicieux

morceaux

d'ins¬

piration populaire que sont sa Soun-souneta, sa
Pregaria per Nadau et son Nadau de très cau¬
sons dau
pople d'Oc.
C'est

déjà pendant la jeunesse montpelliéraine de

�JEAN

CHARLES-BRUN

15

Charles-Brun que la doctrine mistralienne
apparut
à celui-ci dans tout son développement
possible : un
livre tel que son Mistral précurseur

composé d'après

et prophète,

professé
Sciences Sociales (1911-12) et publié

Maître l'année

Collège des
hommage au
son
centenaire (1930), vint mon¬
ce que le disciple avait su extrai¬

un cours

de

au

en

plus tard tout
re des
idées exprimées dans l'Armana Prouvençau, dans Discours e Dicho ou dans l'Aiòli. Et ce
sont des félibres apparentés à l'école
montpelliéraine, Charles de Tourtoulon et Louis-Xavier de Ri¬
card, qui contribuèrent à révéler au futur leader du
régionalisme le contenu sociologique des conceptions
du poète provençal. De Tourtoulon, qui abandonna
la charge de majorai pour, entre autres raisons, pro¬
trer

tester

contre

le désintéressement

du

Consistoire à

l'égard de la tâche sociale du Félibrige, devait être
considéré par Charles-Brun comme «l'un de ceux qui
dégagèrent le plus utilement les linéaments de la doc¬
trine régionaliste et, des premiers, en virent toute
l'ampleur». Quant à de Ricard, fondateur de l'Almanach de la Lauseta et auteur du Fédéralisme, il
fut, de la part de son jeune ami, l'objet d'«un culte
passionné». A l'un et à l'autre, Charles-Brun devait
de l'avoir affermi dans

point dévier de

son

cette

but et

conviction que, pour ne
fidèle à ses promes¬
se contenter de préoccu¬

rester

le Félibrige ne saurait
pations d'ordre littéraire et linguistique mais que,
répondant en cela aux vues de son créateur, il doit
étendre son action jusque dans le domaine des ins¬
ses,

titutions.
Pour défendre

vit,

cette

conception, Charles-Brun écri¬

1876, L'Evolution félibréenne, une mince
brochure que beaucoup pourraient, encore de nos
jours, lire et méditer utilement.
en

Quand, après 1901, la F.R.F. ayant été fondée,
l'ancien escolan de Roque-Ferrier, depuis quelque
temps déjà fixé à Paris

comme

professeur, devien-

�I.Ò

JEAN CHARLES-BRUN

dra l'âme du

mouvement,

les ramifications à travers

s'appliquant à
toute

en étendre
la France et dres¬

pierre à pierre son édifice doctrinal, c'est un es¬
prit d'essence mistralienne qu'il apportera dans la
sant

réalisation de

cette œuvre.

Mistralien, Charles-Brun le sera jusque dans son
se montrer
conciliant, jusque dans sa foi,

souci de
son

optimisme,

sa

patience.

C'est l'honneur de l'Occitanie d'avoir
homme

vu

naître

un

l'écrivait un jour Pierre
Lhorte, « un cœur capable de comprendre dans un
même amour toutes les provinces de France», et qui
entreprit «avec tant de générosité la grande tâche de
les révéler à elles-mêmes, de les mettre en valeur et
de les protéger contre une dangereuse uniformité».
Et c'est l'honneur du Félibrige, dont il était Majorai
depuis 1918, d'avoir contribué à orienter l'esprit de
cet

qui porta,

comme

homme.

En

lui, qui vécut si longtemps loin de sa province
natale, le félibre ne disparut jamais : il ne cessa d'ap¬
porter sa contribution à de multiples entreprises
d'intérêt occitan, fonda la Ligue occitane, prit, à di¬
verses reprises, une part active à la lutte
pour l'ensei¬
gnement de la langue d'oc; auprès de lui, toutes les
initiatives nées

sur

la

terre

d'oc recevaient

encoura¬

gements et conseils... Comme le disait déjà en 1900
Paul Redonnel : en Charles-Brun vibrait
ment l'âme méridionale.
Avec lui vient de

disparaître

une

grande et noble

figure d'oc.
JEAN
10

novembre

1946.

puissam¬

LESAFFRE

�L'Ort dels Trobaires

LO JARDIN DE MON AMA

i

I

a

Lo

de flors e sens compte au jardin de mon ama,
jorn qu'onchalament (i) i pasejatq, ma dama.

E i

podèt\ pau^ar vòstre iòlh treboladìs
mirgalhament (2) que per vos s1 espandis.

Sus lo

Flors blancas, dins .Vorguiòlh
Sus son grel (3), mai que mai,

de sa blancor celesta,
çhacuna ausa la testa,

E Vaucel voldria pas, per tant que
Venir faire l'aleta(f) au mitan de

siague auqos (4),
las flors,

D'abòrd que

l'eli siau, amai la tuberoqa,
S'espetan (6) pas jamai que per la vierja bloqa.
E, solet, lo sorelh espincha en dardalhant
Au jardin que las flors s'atròban mirgalbant.
II

Mas quand
E lo jardin

vòstre sorïs a quitat nòstra dralha
qu'es pas per vos qu'una jogalha^i

#1
*

�i8

LO

De

JARDIN DE MON AMA

pas veire aquel ris d'alegrta comol,

Se clinaii dòrs la terra

ploran

e

son

sadol

E Veli

majestos amai la tubero^a,
Qu'abian pas espelit que per la vierja blo\a.

E tôt Vòrt

s'ensorneja e tôt s'adolentis
vei orfanel d'aquel ris,

Entremens que se
E
I

quand abet^ obrat tant f blâment, ma dama,
pas pus de sorelh au jardin de mon ama.

a

Ze

Félibrigô Latin, t. IV, 1893

SON=SQNE TA

—

—

«

De que

/as aqui

Vira, vira ta fialo^a

,

—

De que

fas aqui
Quilhada ras dau camin Ì
Es Venfant dau rei,
—

Vira, vira,

ma

fialo^a,

—

Es l'enfant dau rei

Que deu

me

pasar l'anel.

(1) nonchalamment; (2) diaprure; (3) tendron ; (4) auda¬
cieux; (5) voleter; (6) s'épanouissent.

�SON-SONETA

19

Lo rei dau

—

pages,
Vira, vira ta fialo^a,

—

Lo rei dau pages

D'enfant,

—

se

dis, n'a pas

Acò fai pas mai,
Vira, vira, ma falo^a,
Acò fai pas mai :
Lo d'un autre

De tant
—

—

esperarai.

»

qu'esperèt,

Vira, vira, la fialo^a, —
De tant qu'esperèt
Son peu tôt blanc n'en venguèt.

l'esperar,
Mignòta filha de fada, —
Tu, sens l'esperar,
L'enfant dau rei te prendra.
Tu,

—

ges.

sens

Le

Félibrige Latin, t. IX, 1898.

JoAN CARLES-BRUN.
abrilh

1898

�LA FEMNA E SON DANSAIRE

LA FEMNA IMMOBILA

Dansa, dansa,

mon

dins li rò^as, mon
dins l'encendi dau

:

dansaire, dansa, dansa

dansaire, bala, vira

soleil, leu, nos ti gansas
que m'ensarran dins l'amor blos que capvira
Vembelida de mon anma sens trevansa.
LO

DANSAIRE :

Danse, danse, mon escreta, danse, vire
ti piadas dins l'andare qu'embelina

sus

lo secret de mis enganas. Bòrd qu'amire
lo tant negre, la tant dos, dos que plovina
de tis uelhs tôt l'amor qu'en ion sang trevire;

vire, vire, delicio^a, vire, baie
dins li gansas dau soleil per l'esbleugida
que me porta sot l'espatla sens que cale
lo pur ritme de Vardència, Vesclargida
de ti bocas. Com un plume que davale!

LA

FEMME ET SON

DANSEUR

La Femme immobile : Danse, danse, mon danseur, danse,
danse dans les roses, mon danseur, valse, tourne dans l'in¬
cendie du soleil, sans larder noue tes ganses qui m'envelop¬

pent dans l'amour

pur

qui bouleverse l'embellie de

mon

âme

vide de hantise.
Le Danseur

: Je danse,
je danse, ma toute pure, je danse,
sur tes traces en l'allure qui enjole le secret de mes
séductions. Du moment que je contemple le noir profond,

je tourne
la

profonde douceur, si douce qu'elle bruine de tes
qu'en ton sang je soulève ;

yeux

tout

l'amour

Je tourne,

je tourne, délicieuse, je tourne, je danse dans
du soleil à travers l'éblouissement qui me porte
sous l'épaule sans
que cesse le pur rythme de l'ardeur, l'arcen-ciel de tes lèvres. Comme une fleur qu'il descende !
les ganses

�LA. FEMNA

LA

E SON DANSAIRE

ZI

IMMOBILA :

FEMNA

Dansa, vèni ; dansa, mon dansaire,

jonhe, mon quistaire, sens relambi
-vèni, dansa. Dins ti las purs, sens mau-traire,
Docelina, me j air ai fòra d'engambi,
nnitat mistica que l'ardor vai jaire.
vers

LO

mon

DANSAIRE :

te mògues, tota blo\a
pasan, pasan
e
trespasan jamai la bola neblo^a
de l'en-defòra, puei laisa que t'enliasan
l'univers de mis arquemis, Vanelo^a.
Tota

blo^a,

non

dins lo centre de mi pas que

Dins Vespandi viran viran, li sole^as
à la fàcia dau soleu. An tengut vida.
Solas viran e pYe^entas ponenteqas
e

tornar-mai novelencas

sens

destorbis,

sens

re^urgidas
vergonha, sens a grevas.

: Danse, viens ; viens, danse, mon dan¬
seins, mon quêteur, sans relâche viens,

La Femme immobile
seur,

vers

mes

danse. Dans tes purs

lacets, sans déchoir, Douceline, je m'al¬

longerai libre d'entraves, unité mystique que
en

sa

l'ardeur met

couche.

Le Danseur: Pure vierge, ne te meus, pure
•centre de mes pas qui passent, passent et ne

vierge dans le

dépassent ja¬

mais la borne brumeuse de l'en-dehors, puis permets que
t'enlace l'univers de mon alchimie, ô Nonchalante.

l'espace, tournent, tournent les solitudes à la face
vie. Perdues elles tournent et
présentes au couchant et de nouveau jeunes couronnées,
résurrections sans contre-temps, sans honte, et sans incrus¬
Dans

du soleil. Elles connurent la

tations.

�LA FEMNA

22

LA

FEMNA

E SON DANSAIRE

IMMOBILA :

Dansa doncas, mon dansaire, dansa, t'anie
dins tis envancs. Dansa, que mon pitre bute
lo moviment de mi sens qu'es nòstre Liame

inconeigut. E sus mi bocas non mute
de la vòia que non desmame.

lo poton

DANSAIRE :

LO

é?

Dins lo banh de luna es blanca Vencantada
de ti lòngui mans moflas lo simple sinhe,
e la dosor dau rosinhòu escotada
entre
sus

lo

l'entre-crot£ de mon moviment linhe
plegadîs d'una esquina prestada,

dosament va, va, dansa

la languituda
l'aiga dormiho^a dins lo vas largue
va, va, dansa, dormiho^a va batuda,
l'anma va, dansa, dansa dins son relargue
e la lach de la luna à ti dets
venguda.
de

La Femme immobile

:

Danse

donc,

mon

danseur, danse, je

t'aime dans tes élans. Danse pour que ma poitrine élance
le mouvement de mes seins qui est notre lien inconnu. Et
lèvres que

sur mes

tense que

ne se

taise point le baiser de la vie in¬

je ne sèvre pas.

Le Danseur : Dans le bain de lune,
ment de tes longues mains souples, le
ceur

du

vement

blanc est l'enchante¬

simple signe et la dou¬
rossignol écoutée emmi le carrefour de mon mou¬
jailli sur la cambrure d'une taille prêtée,

doucement va, va, danse la mélancolie de l'eau endormie
dans le large bassin elle va, va. danse, endormie, elle va

battue, l'âme
la lune à tes

va, danse, danse dans
doigts descendu.

son

étendue et le lait de-

�la femna

la

e son

dansaire

^3

femna, fazent dos pas :

Dansa, dansa,

mon

dans aire, dansa, prèga

dins lis ielis, mon dansaire, bala, sosca
dins la glasa de la luna nòsta sega,
e m ensarre dins la frescor que destosca

quietuda de mon sòmni que

la

lo

se

nèga.

dansaire :

Pregue, danse, delicio^a, pregue, vene,
ti piadas danse, pregue, ieu m'afane,
lo fin fons de mis enganas non lo tene,
danse, pregue, l'escret tant dos.lo profane
dau secret fons, pregue, danse, lo te prene.

sus

l'egipań que bada :
Oïmé ! Dioniqiòs ! òi ! bèstia ferona !
Tôt es mòrt ! Oïmé ! dins tma potona

!

Carles CAMPROUX.

La Femme, faisant deux pas en avant : Danse, danse, mon
■danseur, danse, prie dans les lis, mon danseur, valse, rêve

dans la

glace de la lune notre moisson, etqu'elle m'enveloppe
qui déniche la quiétude de mon songe qui

dans la fraîcheur
se noie.

Je prie, je danse, délicieuse, je prie, je viens,
je danse, je prie je me hâte, moi, le plus pro¬
fond de ma séduction je ne le possède pas, je danse, je prie,
l'extrême pureté si douce je la profane du secret profond,
je prie, je danse, je te la dérobe.
L'Œgipan stupéfait : Hélas 1 Dyonisios ! holà 1 bête sau¬
vage ! Tout est mort ! Hélas ! dans un baiser.
Le Danseur
tes traces

:

sur

C. C.

�&amp;

BOLEGADiSA OCCITANA

COLÈQE

LO

D'OCOITAMA

Aicì la tiera de las litsons dcl
tas

per l'annada escolaria

beau

Un

majoral-abat Salvat prévis-

1946-1947:

livre du XIII" siècle:
FLAMENCA

1.

—

2.

—

3.

—

4.

—

5.

—

6.

—

7.

—

8.

—

9:

—

10.

—

11.

—

12.

—

13.

—

14 nov.

—

28

—

5

nov.

déc.

La Littérature narrative occitane an
Moyen Age.
Manuscrit, éditions de Flamenca.
Analyse de Flamenca.

1946

7 nov.

—

—

—

—

Que sait-on sur Vauteur de Flamenca
19 déc. — Flamenca est-il un roman historiquei
9 janv. 1947 — Flamenca roman de mœurs.
16 janv. — Les personnages du roman.
29 janv. — L'amour courtois dans Flamenca.
90 janv. — Psychologie du jaloux.
6 févr. —L'art du contetir.
19 févr. — Le linguiste et le poète.
20 févr. — Jugement sur Flamenca.
12

déc.

—

Un

grand poète du XIX" siècle

?

:

AUBANEL
1.

—

2.

—

3.

—

La vie de Théodore Aubanel ( 1829-1886).
œuvre : La Miougrano -entre-duberto,.
Li Fiho d'Avignoun, Lou Rèire-Soulèu,.

27 févr. 1Ç47 —
Son
6 mars
—

Lou Pan dóu Pecat, etc...
19 mars

—
—

4.

—

20 mars

5.

—

27 mars

6.

—

17 avril

—

avril

—

7.

—

8.

—

24

1" mai

—

—

—

—

Aubanel chantre de Zani.

Aubanel chantre de l'amour.
Aubanel chantre de la beauté.
Aubanel chantre de la mort.
Aubanel

dramaturge.

�BOLEGADISA

9.

10.
11.
12.

—

8 mai

—

—

/5 mai

—

—

22

mai

—

2Ç)

mai

—

OCÇITANA

25

Aubanel

païen et chrétien, dualisme tragique.
L'artiste et l'inspiré.
Le patriote provençal.
La place d'Aubanel dans les Lettres.
W\VW

Lo 12 de décembre, per lo setenc anniversari de la mort del
Mèstre, se fa guet al sièti del Colège l'ina:uguracion d'un buste
■de Prospèr Estieu, àbra de
Gregòri Calvet, ofert al Colège per
dbna Mirèlha Prat-Estieu, lafilha del trobaire. I abia
aqui,
.al entorn d'ela e de la Direccion del Colège, una còlha d'escolans e d'amies. Aprèp lo majorai J.-R. de Brousse,
président
dels Amies del Colège, e Pèire Fauré, clavaire, que lau\èron
la membria del poète e del mèstre, Mla Maria Baraillé, direc■tora del Colège, diguèt à sa membria lo sonet que seguis :
■

Aisb, Mèstre,

es

lo vbstre ostal,

L'ostal ont viu vbstra membria ;
Umbles servidors de la
servam un blos idéal.

I

glbria,

A perseguir un sant obral,
Jamai s'es ganhat cap de bbria
Aeb rai ! L'aicrem, la Victoria,
Ja que farem tôt so que cal !

Pel revisebl de la

...

Patria,

Lo Colège d'Occitanla
Es atelat à son prefait,
E li fa gauch, à-n-aicesta ora,
De trabalhar jos vbstre agait
A la granda obra salvadora.
Lo

■

majoral-abat Salvat clavèt la scçilha en contant la fondel Colège,
en présentant la bibliotèca de Prospèr
Estieu, donada al Colège ambe lo buste, e en fa\ent remirar
dacion

las bbras

e

mants remembres del trobaire.

CO DELS

22
■

de

2ç

de

AMICS DE LA LENGA D'OC

»

A PARIS

nov.

—

Bernard

nov.

—

Felibrejada per la venguda à Paris de Léon

d'Oc.
Cordes.

«

Lasfargues parla de la joina poefia

6 de dec. — Charradisa de Joan
Mari de l'Escole Gastou-Febus.

Bou\et

sus

lo Cinquante-

�20

BOLEGADISA OCCITANA

13 de dec.— Acamp occitano-catalan,
Senhe Santalb, ancian cap de gobèrn

ambe charradisa del
de la Generalitat de-

Catalonha.
20

de dec.

27

de dec.

l'Escòla de

—

Visprada nadalenca.

Conferencia de Gaston Galtier, director de
Comèrci de Montpellier, sus Francés De\eu\e, l'Es■—

cotaire.

L'ACADEMIA DELS ÏOCS ELORALS

Lo 22 de décembre, VAcademia dels Jòcs Florals aculhisia en
se\illia solenna nòstre escolan Pèire de Gorsse, elegit en plasa
d'Armand Praviel. Lo majoral-abat Salvat diguèt lo laus de
■nbstre regretat clavaire, que foguèt en 1919 un dels fondators
de TEscòla Occitana al castèl d'Avinhonet, que, vint-e-cinc
ans d'arreu,
mantenguét lo vam del Gai Saber, e qu'èra sôci
del Felibrige dempei 1930.
Es nbstre capiscol lo majorai J.-Ro^ès de Brousse que, respondent al cloquent discors de Pèire de Gorsse, l'aculliiguèt
ambe
plan d'esperit dins la vièlha Academia.
L'ESCOEA

D'AITl'OI.

S'acampèt lo 1" de décembre, alprèp del majoral-abat Salvat,
qu'èra vengut predicar à Ma^amet. L'Escôla li ofriguèt un vin
d'onor. Lo vèspre, lo Grope d'Autpol donèt una bêla manifestacion teatrala, en jogant Coucourdou e La Soupo deMourres, d'Emili Barthe. Lo majoralfaguèt una charradisa
sus la vida de l'Escôla de la
Crotz-Jauna del Camp de Concentracion de Neuengamme.
VVVWV

A Biza, dins lo Menerbés, ont. l'abat Salvat èra anat pre¬

dicar lo 3 de novembre per

la fèsla del Vin Novèl, se faguèt
felibrejada intima ont Mla Cecilia Gardel, felibresa de
valor qu'abia escrit per la fèsta de polits cants occitans, ofri¬
guèt al majorai un precios remembre : la cigala d'ôr d'Achile Mil', lo trobaire de Carcasona. Tant-ben se poguèt cantar:
una

Ounour à nbstis Avi

A Narbona.

lo

15 de

décembre,

...

se

festejèt, ambe lo Vin-

Novèl, lo glorios patron de la ciutat, sant Paul de Narbona.
A las ceremonias del maitin

coma del sèr se faguèt de bêlas
procesions ambe de cants occitans. Lo sèr, las joventas del.

.

�BOLTÎGADISA

OCCITANA

27

Reviscòl

en vestit narbonés legiguêron en lenga d'Oc la consecracion de la ciutat. Los narbonezes, venguts en cùlha al
entorn dels felibres de La Cigalo Narbouneso, auziguèron
ambe plazer los prezics del majoral-abat Salvat en lenga
mairala.

Francés SABAT1ER.
V\A W/V

Lo majoral-abat Salvat a prédicat encara en lenga d'Oc:
lo 20 d'octôbre, à Ouvelhan, ont secantèt Lo Cantic del Vin,

de dôna Anna-Maria Ponrouch-Petit ;
lo 27 d'octobre, à Opian e à Bèufòrt (Eraut), per
Vin Novèl ;

la Fèsta del

lo 24 de

novembre, à Toloza, cô dels Dominicans, sus Santa
la mu^ica ;
lo 25 de décembre, à Ladèrn (Aude), sus Lo Mistèri de Nadal : aquì nòstre escolan l'abat Lamarque, rector de la
par;rôquia, faguèt cantar una bêla tièra de nadals lengadocians ;
lo 27 de décembre, à Tuchan (Aude), sus lo Sacerdbci.
Lo majoral-abat Cubaynes a prédicat
lo 20 d'octôbre, à Cailutz (T.eG.) per la Fèsta del Vin Novèl;
lo 25 de décembre, à Concôts (Oit), sus Lo Mistèri de Nadal.
L'abat Silvan Toulze a prédicat tant-ben en lenga d'Oc:
lo 21 d'octôbre, à Fontanas-del-Cause (Oit) : L'Eucaristid ;
lo 23 d'octôbre, à Senalbac-Lauzés (Oit) : L'Eucaristia ;
Cecilia

e

1" de novembre à

lo

à

—

lo

2

Trespotz

à Vilaseca

—

—

Lacapèla

à Flôtas

à Bernaguet, que son las cinc parrôquias de nôstre valent escolan, sus Los Morts.
—

vw vw

La Federacion

Regionalista France^a a constituit

un

Comi-

tat, «Les Amis de Charles-Brun», per donar à nôstre bel
amie dins un cementèri de Paris un monument dinne d'el, e
tant-ben per gardar son remembre e asegurar que son
tant bêla sia perseguida.

ôbra

Recomandam à nôstres escolans de s'i faire inscriure :
membre fondator: soscripcion de 3.000 frs minimum
membre actiu :
de 1.000 frs
—
membre aderent:
de mens de 1.000 frs
—
Mandar la soma à «M. Bernard Appert, trésorier de la F—

F., 10,

rue

de Sèvres, Paris VII, c/c Paris 1636-86.»
,'VV\/VV\

R.

�28

BOLFGADISA

OCCITANA

Nòsíre secretari-adjunt lo profesor Joan
Séguy donèt à
Toloza, lo 23 de novembre, una conferencia plan documentada e d'un grand interès sus «L'Accent de Toulouse».
Lo 29 de

acamp

décembre, l'Institut d'Estudis Occitans tenguètun&lt;
à Montpelhèr. Demest los raportaires d'aquela jor-

nada, abèm notât lo

nom

de mantuns de nôstres escolans.

Per Pentàcosta de 1947, la Federacion de las Societats Academicas e Sabcntas de Lengadòc-Pirenèus-GasconJia tendra
son trezenc

Congrès d'Estudis à Toloza. Que nôstres

esco¬

lans dezirozes de prezentar un rapôrt à-n-aquela ocazion escriben à «M. le Doyen Faucher, secrétaire général Nie la Fé¬

dération, Faculté des Lettres, Toulouse».
Recomandam à nôstres escolans los
bérts à la lenga d'Oc :

concors

poetics, do-

Le GenSt d'Or, de Perpinhan, ambe seccion especiala
pels
joves: «M. Charles Grandô, rue des Augustins, 29, Perpignan»..
La Société Archéologique de Béliers: «M. Ros, 13, rue Guibal, Béziers».
Le Jasmin d'Argent,
d'Agen: «M. Jacques Amblai'd, 1, rueFloirac, Agen».
L'Escbla de Limanha, d'Auvèrnha: «M. Bénézet Vidal, 1,.
rue Ramond, Clermont-Ferrand».
iiiiiiiiiimiiiiimmiiii

PER LO DEZENC ANMVERSARI DE LA MORT DE

VALËRI (BERNARD,
se

publica à Marselha

volume

de vèrses provensalstrobaire de L'Aubrc
flour quand comensaba de pèrefre la vista.
Mandar la soscripcion per Letanio, de Valèri
Bernard, à
«Monsieur Georges Michel, 98, Boulevard Vauban, Marseille,,
c/c Marseille 154.805». 65 francs pôrt comprés.
un

ambe traduccion franceza escrits per lo

en

Cri-Cri.

Imp. d'Editions Occitanes, Castelnaudary.

Le Gèrent: J. SALVAT..

�Règles de Phonétique Occitane
i° VOYELLES.
accentué

a,

—

seul

ou

dans le corps d'un mot,

français ; mais s'il
féminine, il est semi-son¬
nant et se prononce entre a et o, suivant la
région ;
e sonne comme é fermé français, et è comme è ou¬
vert français ;
—- i équivaut à i français ; — u égale¬
ment ; mais, après une voyelle, il a le son ou fran¬
çais ; —- o ouvert se prononce comme o français, et
ou

•constitue

non, sonne comme a

une

terminaison

—

o

fermé

comme

2° CONSONNES.

ou

français.

c, d, f, g, j, 1, m, n, p, q ( toujours
suivi de u), r, s, t, z sonnent comme en français; mais
c devant e et i est sifflant comme s français; —
j sonne
comme

—

b,

tz, dans certaines régions; — m se prononce
à la fin de la i™ persi du pluriel des verbes ;

comme n
—

n

est

muet, sauf quelques rares exceptions, à la fin

des substantifs ; — r est souvent muet à la fin des
substantifs et des adjectifs, sauf en Provence, ainsi

qu'à l'infinitif;

— s est toujours dur et sifflant; — t es.t
la. fin des participes présents et de la plupart
des mots en ment; —- v sonne comme b, sauf en Pro¬

muet à

vence.

3° GROUPES.

—-

ch, lh, nh se prononcent; tch, 111,

gn.

!■■■■■■■■■■ ■■■■■■■■!!■ SB ■■■■■■■■■BBBBBSBBBBI ■ ■■■■(

Vient de

paraître:

Antonin Perbosc

=

Hommage à

sa

mémoire

(Beau volume in-8°)

Études et poèmes de J. Salvat, A. Roussilhe, G. Maehieot, M. Baraillé, J.-S. Pons,
E. Durand, A. Perbose, J. Cubaynes, P.L. Grenier, A. Pestour, P. Gardes, Calelhon,
R. Barthe, D. Cazelles, M. Navarre, Fr.
Cayrou, H.

Mouly, F. Mistral neveu, R.
J.-Rozès de Brousse,

de Boyer-Montégut,
A.-Hinard.

En vente au Secrétariat du Collège d'Occitanie, 19, rue de
la Fonderie, Toulouse (50 frs franco, M. Fauré,. trésorier, 34,
allée St. Simon, Toulouse, c/c Toulouse 122.89).

�ElSf VENTE A..

l'Imprimerie d'Editions Occitanes
3. Quai du Port

.

CASTELNAUDARV

■liiiiinimiiiiiiiiiiiiiiiiimii

Prosper ESTIEU.
Lou

Terradou,

franceza

sonets

occitans

(i vol. in-8°, 300p.)

—

traduccion

ambe

très

rare

fr.

350.»

Flors

d'Occitania, sonets occitans arribe traduccion
franceza (1 vol. in-8", 280 p.)
fr.
200.»
La Canson

Occitana, poèmes en lenga-

d'Oc ambe
(1 vol. in-8°, 264 p.) . fr. 200.»
Lo Romancero Occitan, poèmes en lenga d'Oc ambe
qraduccion franceza (1 vol. in-88, 344 p.)
fr. 250.»
Lo Flahiit Occitan, 43 chansons avec musique,
texte
occitan et traduct. franç. pouvant se chanter dans lesdeux langues (1 vol. in-8°, 104 p.)
fr. 200.»
traduccion franceza

.

.

.

.

Fablièr Occitan,

Lo

ambe lexic o ccitan-frein ces
(1 vol. in-8", 170 p.) ilustracions de P. Sibra. fr. 200.»
Las Oras Cantairas, sonets occitans ambe traduccion
franceza (1 vol. in-8° carrat, xvi-276
p.). . fr. 200.»
Las Bucolicas de

Vergili

en

ritmes occitans ( 1 volfr. 100.»

in-8% 68 p.).
Lo Mètge de Cucunhan (1 vol in-8°,
Las Oras luscralas
sonets

8°,

200

occitans ambe

.

sa

fr.

150.»

(Les Heures crépusculaires),
traduccion franceza (1 vol. in-

p.)

Hommage à

mémoire (1 vol. in-8

( Frais de port

/

p.) ilustra¬

30

cions de P. Sibra

en sus.

Baisse

142

10

fr.

200.»

p.) fr.

100.»

%.)•

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              <text>Lo Gai Saber (&lt;a href="http://occitanica.eu/omeka/items/show/13154"&gt;Acc&amp;egrave;s &amp;agrave; l'ensemble des num&amp;eacute;ros de la revue&lt;/a&gt;)</text>
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              <text>&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;em&gt;Lo Gai Saber&lt;/em&gt; est une revue litt&amp;eacute;raire occitane publi&amp;eacute;e depuis 1919. La rubrique &lt;em&gt;L'&amp;Ograve;rt dels trobaires&lt;/em&gt; est consacr&amp;eacute;e &amp;agrave; la po&amp;eacute;sie, la rubrique &lt;em&gt;Bolegadisa occitana&lt;/em&gt; donne des informations sur l'actualit&amp;eacute; de l'action occitane. La revue fait aussi &amp;eacute;cho des publications du domaine occitan et des r&amp;eacute;sultats du concours annuel de po&amp;eacute;sie occitane de l'Acad&amp;eacute;mie des Jeux floraux.&amp;nbsp;&lt;/div&gt;</text>
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              <text>&lt;div style="text-align: justify;"&gt;Lo&amp;nbsp;&lt;em&gt;Gai Saber&lt;/em&gt;&amp;nbsp;es una revista liter&amp;agrave;ria occitana publicada dempu&amp;egrave;i 1919. La rubrica&amp;nbsp;&lt;em&gt;L'&amp;Ograve;rt dels trobaires&lt;/em&gt;&amp;nbsp;es consacrada a la poesia, la rubrica&amp;nbsp;&lt;em&gt;Bolegadisa occitana&lt;/em&gt;&amp;nbsp;balha d'informacions sus l'actualitat de l'accion occitana. La revista se fa tanben lo resson de las publicacions del domeni occitan e dels resultats del concors annadi&amp;egrave;r de poesia occitana de l'Acad&amp;egrave;mia dels J&amp;ograve;cs florals.&lt;/div&gt;</text>
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