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                  <text>28» Annada

Julhet=octàbre

N° 221

1947

Saber
Gai

Lo

Revisia de l'ESCOLA OCCITANA
—m—
Ois Aup 1

Pirenèu

...

F. Mistral.

NUMERO CONSACRAT A

LOÏZÀ PAULIN

TOLOZA
14,

Carrlèra

delfï

Arts,

Aqueste

14

numéro :

60 frs.

�LO

OAI

SABBR

Revista de l'BSCOLA OCCITANA
Administration

:

EDOUARD

14, Rue des Arts, TOULOUSE,
.,

Àbonaments

:

( Pransa
„

:

PRIVAT

&amp;

Cic

c/c. Toulouse 117.240
un an

...

100 fr.

.

( Estrange

,,

: un an

.

.

200 fr.

ENSENHAOOR de! N° 221 (julhet-octèbre 1947)

LA DIRECTION:

Lonisa

Paulin, notice biographique,

notice

bibliographique.

Émilie BATIGNE-MAGE: Premiers pas dans la vie.
Lilian DOIRE

Trois

:

portraits.

Marguerite CAMPAN':

L'Œuvre

Filadèlla de YERDA

:

Marcelle DOUMENG

:

AqucraI
Hommage d'enfants.

CALELIÍON

française de Louisa Paulin.

A Loïzà Paulin.

:

Maria BARAILLÉ

:

Marguerite CAMP AN í
Pascale OLIVIER
Maria BARAILLÉ

L'Obra occitana de Loïzà Paulin.
Présence de Louisa Paulin.
Ce

:

:

qui demeure.

A la trobairis môrta.

:

Souvenir.

Loïzà PAULIN:

Joglaires.
Pregaria.

CRI-CRI:

Bolegadisa occitana.

Lily BOUS ARD

L'ôbra de l'Escòla Carsinôla

Teste).
L'Activita.t dels
ga

«

(Léon

Amies de la Len-

d'Oc» (Joan Lesaftre).

��Louisa

PAULIN

(1 888-1 944)

�Lo Gai

JU

Saber, N° 221

LHET-OGTOBRE

1947-

Louisa PAULIN
Notice

biographique

naquit le 2 décembre 1888 à Réalmont,
centre géométrique du département du

Louisa Paulin
gros bourg,
Tarn.

Là s'écoula

son

de sa car¬
elle aimait à venir retrouver

enfance. Tout au long

rière, lors des vacances,

petite ville.

sa

une bourse d'études à l'Ecole Primaire
Castelsarrasin, elle fut reçue au con¬
l'Ecole Normale dans le département du Tarn.

Ayànt obtenu
Supérieure de

de
Institutrice à dix-huit ans,

cours

elle occupa

successivement

postes de Veilles près de Lavaur, Saint-Sernin-deGrauthet, Barre près de Lacaune, Salvagnac près de
les

Rabastens.

de professeur
à l'E. P. S. de
Tulle, ou elle devait rester dix-sept ans, enchantée par
ce pays d'eaux vives. C'est de Tulle que l'on peut dater
le commencement de sa vie littéraire. Elle collabora,
en vers et en prose, à des revues de Limoges, La Vie
limousine, La Vie provinciale. Beaucoup de ses œuvres
publiées après 1930 datent cependant de la période
limousine » de sa vie : les poèmes des Airs villageois,
de Sorgas pour l'inspiration, même les
Elle fut, en 1912, déléguée en qualité
adjoint à l'E. P. S. d'Albi, puis en 1913,

«

d'une

Symphonie d'automne, hymne au pay;

�78

LA

DIRECTION

Nommée à l'E. P. S. d'Albi en
1930, elle n'y exerça
deux ans, obtenant à quarante-quatre ans,
pour.
raisons de santé, une retraite
prématurée.
que

Elle résida désormais à Réalmont
auprès de sa mère.
En 1935, la Société des Ecrivains de
Province la dé¬
signa comme lauréate de son concours de
prose, avec
les Fragments d'une
Symphonie d'automne. En 1937,
son premier recueil de
poèmes, Airs villageoist obtint
le prix de poésie du Goéland.
Diverses jeunes revues
de poésie :
Ygdrasill, Corymbe, publièrent de ses poè¬
mes. Des poèmes
pour enfants furent insérés dans les
anthologies d'Armand Got : Pin pon

d'Or, La Poème-

raie.

C'est

1935 que Louisa Paulin
commença à écri¬
1937 publia
sa Bresairòla
per la Nena. Dès 1938, l'Académie des
Jeux Floraux lui accorda une
violette d'argent pour
une suite de poèmes occitans relatifs
à la Croisade con¬
tre les Albigeois.
re

en

vers

langue d'oc, et Lo Gai Saber d'août

De 1940 à 1943, elle
publia six recueils de poèmes.
Mais sa santé s'était altérée d'année en
année. Et
Louisa Paulin s'éteignit à Réalmont le 23 avril 1944.

INTotioe

1936.—

bibliographique

Fragments d'une Symphonie d'Automne fprose), petit
— Bordeaux, Editions de la Renaissance
pro¬

in-8, 24 p.

vinciale.

1938.— Airs Villageois
(poésie), in-8, 44 p.— Paraméen Bre¬
tagne, Editions du Goéland.— Préface de Théophile Briant.

1940.—

Sorgas (poésie\ petit in-4, 46 p. — Toulouse, Privât.
(poème\ petit in-8°, 32 p.— Albi,
Bibliothèque de la Revue du Tarn.

1941.— La Ronda dels Mòrts

1942.— Fresca
(poèmes), gr.
de la Revue du Tarn.

in-12 carré, 108 p.— Albi, Bibl.

�79

PAULIN

LOTJISA

1942.— Variations (poèmes), iru8,
tion «Les Veillées Albigeoises».

40 p.

—

Lavaur, Collec¬

(poèmes), grand in-4, 28 p. —
Imprimerie Artistique.— Dessins de A. Puel.

1943.— Cour d'Amour

Lavaur,

vww-v

Collaboration à La Vie Limousine, La Vie provinciale, Le
Goéland, Ygdrasill, Corymbe, Lo Gai Saber, La Campano,
La Revue du Tarn, La Revue du Languedoc, Terra d'Oc, et à
Quatuor (poèmes). — Lavaur, Coll. «Les
ses
1943.

Veillées Albigeoi¬

Pour

paraître: L'Escalier

Lo

de Verre, poèmes

français pour

; Contes à la Poupée, contes en français pour enfants;
Vièlh Libre d'Images, souvenirs en prose occitane; Bclors

enfants

nòstras, impressions d'art en
Amie, poèmes occitans.

prose

occitane; Poèmes per mon

WA VW

Vient de

paraître

volume gr. in-12 carré,
Languedoc. Ce volume contient
poésies françaises et occitanes de
L. Charles-Bellet, deux

1947.— Rythmes et Cadences, beau
286 p.— Albi, Editions du
la grande majorité des
Louisa Paulin, une introduction par

portraits, un autographe.

LA

DIRECTION.

�Premiers pas
Louisa Paulin. Ce

dans la vie

nom sonne

moi joyeusement.

pour

J'évoque Louisa à

douze ans, à l'âge où les souvenirs
s'impriment jeunes, simples et clairs. Je revois une fil¬
lette gaie, enjouée, rieuse et
spirituelle.
Je viens de relire

«
Sorgas » et j'ai cherché en vain
phrases musicales, émouvantes, meurtries,
l'âme de ma petite amie enivrée de vie et de
mouve¬

dans

ces

ment.

J'ai

connu

Primaire

Louisa Paulin dans la

cour

Supérieure, à Castelsarrasin.

d'une Ecole

Le

Département
du Tarn ne possédait
pas encore de Collège Moderne
et les petites boursières étaient
expédiées dans le Tarnet-Garonne. Elles arrivaient de leur
ferme, de leur ha¬
meau, de leur village, un peu tristes, étonnées et dé¬
paysées
naisès

:

».

elles formaient le groupe amical des
Je retrouve dans

«

Tar-

ce

groupe, avec précision,
Louisa Paulin.

après quarante-cinq ans,
J'éprouve un plaisir religieux à la faire revivre. Elle
est petite, jolie, et ce qui
frappe dans cette physionomie
de brune, ce sont ses yeux
bleus, très bleus. Elle rit
et son visage s'illumine, radieux: elle
parle et sa voix
de petite Méridionale chante, sonore. Sa
finesse et sa
grâce sont indiscutables, son long tablier de cotonnade
noire n'arrive pas à
l'enlaidir, ses lourds souliers de
paysanne laissent à sa démarche aisance et
distinction.
Elle est bonne, et sa générosité
souriante, son besoin

d'affection et sa douceur la rendent très
sympathique.
Louisa est une excellente
élève, une bonne compagne;
elle laisse après elle un souvenir
agréable et son nom
reste dans la mémoire et dans le
cœur.
Je la revois un
jour, au retour des grandes vacances:
elle rentre, comme toutes les
boursières, seule et char¬
gée de colis. Voici la passerelle construite sur le Canal

�8

DANS I.A VIE

PREMIERS PAS

je marche, rêveuse, à

latéral à la Garonne :

I

côté de

de vrais sanglots. Elle
pleure. Elle regrette sa mère, sa maison, son village,
son pays; mais on l'entoure, on l'embrasse et, conso¬
lée, elle retrouve à l'instant même sa joie et son rire.
Je la revois une fois encore. Nous nous promenons
sur les routes qui longent le canal. Elles sont plates,
Louisa.

J'entends

de

gros,

tristes, monotones : elles sont différentes de nos rou¬
tes tracées dans une région variée, changeante et si
belle à nos yeux. Nous récitons des vers, nous chan¬

l'existence, sur les arts, car
Je suis, dit Louisa, une petite
païenne. J'aime la joie, la beauté, et toutes mes aspira¬
tions tendent à vivre et à sentir. » Elle traduisait, à
cette heure, notre besoin d'idéal, nos songes secrets,

tons, nous discutons sur
nous avons quinze ans. «

pensionnaires.
Mon amitié, mon affection se recueillent. La clarté
rayonnante qu'une femme portait en elle nous a révélé
des beautés, des richesses insoupçonnées. Et je pense
au destin de ma petite amie, à la misère
de sa vie

nos

enthousiasmes de petites

inspiratrice de chants

merveilleux.
Emilie Batigne-Mage.

Trois
C'est

avec

les yeux du

Portraits
souvenir que je vous vois,

mais pas en un portrait
effacé. Vous êtes vivante. Si vivante.

Louisa Paulin,

fané

ou

à demi

enfant dans une école, cette école de
village qui porte le si joli nom de la Coustette.
avez douze ans peut-être. Je vous regarde, et dès

Vous êtes une
votre
Vous

qu'on
rire.

vous

regarde, votre bouche se fleurit d'un sou¬
sourire. Comme votre regard.

Une offrande ce

�82

LILIAN

DOIRE

Vos yeux paraissent bleus. Vos cheveux, très blonds et
dorés, sont des cheveux follets qui sautent et dansent

épaules, sur le tablier « à patte » qui est bleu
me semble, le
simple tablier d'écolière mais
égayé comme toujours d'une petite chose blanche au¬
tour du col. Voyez comme je me souviens.
sur vos

aussi il

Vous êtes une élève parmi les autres. On me dit
que
aimez la lecture, et l'histoire, et le « devoir de

vous

style

» ;

mais il

Peut-être

vous

plaît aussi de jouer et de rire.

été bavarde ce jour-là avec votre
Et la maîtresse est sévère. On vous

avez-vous

voisine de table.

punie, Louisa, et les coins de votre bouche se sont
avez pleuré. Ce poids a été sans doute
trop lourd à votre jeune conscience, car vous revenez
le soir-même frapper à la porte de
la maison d'école.
Il fait presque nuit, et vous vous dissimulez derrière
la bonne tante qui vous accompagne...
Comment auriez-vous pu dormir en vous croyant exclue de l'estime
a

abaissés. Vous

et de l'affection de votre maîtresse ?

Rentrée chez vous,

vous voilà tranquille pour courir
commissions, rapporter les légumes du jardin et

aux

pour

jouer

sous «

les couverts

»

avec

les petits cama¬

rades.
Et

quand vient la Saint-Jean,

talle

sur

ques

jours

sités,

les allées

avec

aux

un centre

que «

la fête

platanes, devenues

»

s'ins¬

quel¬
palpitant de joie et de jeux inu¬

quelle ardeur

vous

pour

tournez, tournez,

sur

les chevaux de bois ! Un jour, bien
plus tard, vous écri¬
rez cet adorable poème qui a
pour titre « Saint-Jean
'

de mon village ». Et nous aimerions
philosopher là—
dessus... Mais non. Nous laisserons l'enfant être l'en¬
fant. Et vous étiez une si charmante enfant. Ah ! Loui¬
sa Paulin, les bonnes joues
que vous aviez en ce tempslà. Et je suppose que je les
que,
que

embrassai, ces joues, lors¬
à mon arrivée dans le village, la jeune débutante
j'étais vous fut confiée pour que vous la condui¬

siez chez les fournisseurs !

�83

TROIS PORTRAITS

d'années ont passé. Je vous revois encore.
plutôt un « instantané » : une brève ren¬
chemin de fer et presque au moment de des¬

Beaucoup
Mais c'est
contre

en

cendre tandis que vous

continuez la route. Je vous

très élégante. Il y a du blond dans votre cos¬
tume « tailleur » et dans la paille de votre chapeau
fleuri. Vous êtes bien belle. Cependant, sous la fraî¬
cheur de votre teint, dans l'ovale délicieux de votre
visage, dans le sourire peut-être un peu
s'offrir, je sens une précoce sagesse. Vous partez pour
le Limousin vers des travaux qui seront durs et aux¬
trouve

plus lent à

insou¬

quels vous vous donnerez avec prodigalité et
ciance. Car vous êtes naturellement prodigue, Louisa,
de vos dons et de vous-même.

d'été de
plaine qui,
maisons du
bourg sont blanches à vous aveugler. Mais la fraîcheur
des
couverts » est accueillante. Et, sous l'un de ces
couverts, dans l'une de ces pittoresques maisons à cour
Des années ont encore passé. C'est un jour
1942. L'air surchauffé brasille sur la petite
de Réalmont, s'étend jusqu'au Dadou. Les
«

intérieure entourée de

boiseries sculptées, je

viens vous

Car, cette fois, notre rencontre n'est pas
prévue et je sais à présent, Louisa Paulin, tout ce
s'agitait et voulait naître dans ce royaume
dont nous n'avions vu jadis que le reflet.
trouver.

im¬

qui

intérieur

Le
Et

cœur un

vous

peu

battant, je monte

m'accueillez. Et vous me

l'escalier de bois.

souriez, avec un brin

bon tour que vous

m'auriez

Est-ce là le sourire d'une malade ? N'était
Immatérialité de votre corps, vous donneriez

l'extrême
le change

de

malice, comme d'un

joué.

�84

LILIAN

DOIRE

à n'importe
qui. Il y a tant de vivacité dans

tant
dans

vos

yeux,

d'esprit dans votre conversation, tant
d'énergie
vos projets, tant de
noblesse dans vos pensées...

Et tant de beauté dans votre

œuvre

!

Nous bavardons. Je vous raconte comment
je vous
ai découverte dans «
Corymbe », puis dans un An¬
nuaire des Lettres composé
par Paul Reboux. Vous
n'aimez pas beaucoup parler de
vous. Mais vous venez
de donner dans notre belle
langue occitane cet admi¬
rable recueil de poèmes
lyriques : « Sorgas », et cette
non moins admirable
épopée qu'est « Fresca », et je
m'extasie, et je voudrais savoir... Mais vous, vous ex¬
pliquez tout par la richesse de la langue d'oc. « Vous
ne sauriez croire à
quel point cette langue vous porte ! »
Nous goûtons
maintenant, comme les enfants, d'une
bonne tartine de confitures
que nous sert votre si jo¬
lie vieille maman et nous nous
sentons

simplement, d'être
Je songe

—

heureuses, tout

et de penser ensemble.

mais

ces

choses-là

ne

que vous êtes

se

disent pas

—•

toujours belle, peut-être plus encore qu'à
l'époque où vous ne saviez « quelle rose choisir ». Vos
cheveux ont un peu foncé; et comme
vous les nouez
à la nuque, ils encadrent
harmonieusement votre vi¬
sage amenuisé : le front haut et pur, les
yeux immenses
où se jouent des lueurs fauves et
vertes, la bouche si¬
nueuse où passe parfois votre
sourire offert de fillette.
Je crois bien qu'un
moment, je suis tentée de me ré¬
ce que le mal vous ait
arrachée à votre noble
mais dure profession d'éducatrice
pour vous donner
tout entière à la poésie.

jouir de

Quelle imprudence !
Nous

ne

devions plus

nous

revoir...
Lilian Doire.

�L'Œuvre

française de Louisa

Paulin

Paulin
eut
tirage séparé
limité à cent exemplaires — fut
les Fragments d'une Symphonie d'automne en Albi¬
geois, œuvre couronnée au concours de prose de la Re¬
naissance Provinciale. Louisa Paulin vivait alors reti¬

Jusqu'en 1935, l'activité littéraire de Louisa
s'était manifestée que par sa collaboration à deux
revues locales limousines. La première œuvre qui

ne

—

un

rée depuis

trois ans à

Réalmont.

modeste, de
s'agit en réa¬
albigeoisQuelques brèves données d'histoire locale sont mê¬
lées à la peinture géographique originalement présen¬
tée par les voix des rivières, qui forme le premier
fragment » de la Symphonie. Ces données d'histoire
contiennent peut-être déjà en puissance certains poè¬
de la grande « Fresque » dont l'auteur devait,

Malgré la qualification, volontairement
«
fragments » que comporte le titre, il
lité d'une évocation très poussée du pays

«

mes

sept ans plus
La
une

tard, réunir les

éléments.

ensemble, se déroule comme
folkloriques dont les notations

Symphonie, dans son
suite de couplets

pittoresques, saisies sur le vif,
dons d'observation de Louisa
attachement au sol natal.

témoignent surtout des
Paulin et de son

lucide

cha¬
Villageoise»,
bur¬
lesque », « Andante tranquille », « Adagio »... Le goût
de Louisa Paulin pour là composition musicale se ma¬
nifeste dans la distribution des divers tableaux de
cette
aussi bien que dans l'harmonie de ses
phrases. On ne dira jamais assez la parenté des (eufragments » de la Symphonie ont
dénomination musicale : «Mélodie
Rondos bachiques », « Nocturne », « Concerto
Les divers «

cun une
«

œuvre

�86

MARGUERITE CAMP AN

de Louisa

vres

Paulin,

prose ou vers, avec la musique,
plus perceptible à mesure qu'évo¬
lue son art. La musique était pour elle un besoin vital
et elle en était si intimement
imprégnée que le cours
naturel de ses pensées était
musique.

parenté de plus

La

en

Symphonie, d'ailleurs, est

encore

essentiellement

descriptive. Elle offre des tableaux hauts en couleur,
se complétant de scènes animées : marché de
village,
vendanges, effeuillage des épis de maïs, arrivée des
oies, qui sont tfun réalisme bien méridional, parfois
presque espagnol serait-on tenté de dire, n'était la par¬
faite mesure qui, chez Louisa Ipaulin, intervient tou¬
jours, non pour étouffer l'ardeur, mais pour la main¬
tenir dans les limites de l'harmonie
qui est le climat
de toutes ses œuvres. D'autres «
fragments », comme
le labourage ou la présentation de
quelques cimetières
champêtres dans le temps de Toussaint, prennent une
ampleur émouvante. On retrouvera cette même am¬
pleur, avec une émotion grandie, dans les deux plus
beaux poèmes de Fresca : La Ronda del
Morts, Per
los qu'an pas de nom.
Partout, dans la Symphonie, chante l'amour puis¬
sant, à la fois intuitif et raisonné, du terroir, des êtres
et des choses qui le composent :
grands paysages, gens
de la glèbe ou menus détails. Ce n'est
pas encore la
lenga mairala, mais c'est bien déjà l'emprise de la
terra mairala.
A

titre, cette œuvre mérite d'être mentionnée un
des œuvres en français de Louisa Paulin.
Œuvre de début, elle n'ouvre pas la série de ses œuvres
en français, mais se rattache
plutôt, par l'inspiration,à la veine d'où jaillirent ses
grands poèmes de langue
ce

peu en marge

d'Oc.

L'œuvre française de Louisa Paulin est essentielle¬
poétique. Trois plaquettes en forment la princi¬
pale substance.
ment

�L'ŒUVRE FRANÇAISE DE LOUISA

PAULIN

87

aisé de
poète-né.
Louisa Paulin joue d'abord de ses dons merveilleux,
laissant jaillir les poèmes du seul besoin d'exercer des
dons trop riches pour que la vie — une vie déjà rava¬
De l'une

à l'autre de ces

plaquettes, il est

suivre les étapes parcourues par ce

absorber.

gée par des épreuves morales — suffise à les
Trop tôt repliée sur elle-même, par l'effet de la ma¬
ladie, on la sent ensuite se chercher avec une
tude de plus en plus poignante, chercher le sens de
son destin, de nos destins.
Elle s'affirnie enfin avec une plénitude qui traduit le

inquié¬

potentiel moral dont elle s'est enrichie
source morale qui lui donna assez de

dans l'épreuve,

grandeur pour

dernière limite, pour
mois et sa mort
Quelqu'un, poè¬

pousser ses forces jusqu'à leur
dominer les souffrances de ses derniers
même, comme en témoigne l'étonnant

posthume paru dans la Revue du Languedoc.
trois recueils sont plus évocateurs que
les meilleures épithètes : ils marquent une progression
depuis les chansons des Airs villageois à
qui montre la diversité des voies où le poète
sa
quête, et à Quatuor dont les émouvants accords
me

Les titres des

vrent le message

définitif du poète.

Variations,
mène
déli¬

villageois, ainsi que les poèmes
dans des revues poétiques (Corymbe,

Les Airs

parus

l'ardent épanouissement d'une
faille, conservée intacte malgré bien des

traduisent
sans

de début

Ygdrasill)

jeunesse
épreuves.

Théophile Briant a jugé avec beaucoup de péné¬
ce premier recueil d'un poète inconnu, quand
il parle, dans sa préface, de ces poèmes « clairs et vivivants comme certains virelais ou certaines chansons
M.

tration

folklore ». C'est bien une impression
d'harmonie, toute de simplicité et de
«
fausse naïvèté » que laissent ces quinze

du

passent

«

tous les

languedocien

».

de clarté,

pureté, sans
poèmes où
aspects d'une journée de printemps

�MARGUERITE

CAMPAN

Th. Briant note

« un
dépouillement franciscain » et
l'amour de Louisa Paulin pour la nature vierge ».
«
Louisa Paulin, ajoute-t-il, a retrouvé le sillage de
l'oiseau bleu, le jardin féerique de l'innocence. » C'est
cette préhension de plus en plus ferme et consciente
de la pureté, celle de la nature et celle de
l'âme, le
«

plus souvent indissociées d'ailleurs, qu'ont le privilège
d'offrir les poèmes de Louisa Paulin avec des qualités
bien personnelles d'élan et de mesure (Sonate du
matin,
Le beau

Voyage).

La lumineuse et vibrante douceur qui émane de

poèmes

ces

quelques très légères et furtives
ombres : regrets, inquiétudes, non explicitement
formulés en général, sens de l'éphémérité des roses et
ne va pas

sans

du bonheur...

Ces ombres
ser
ne

ne

paraissent être là

que pour

rehaus¬

la

lumière, la beauté aérienne des poèmes. Qu'on
conclue pas de ces dernières épithètes et malgré

l'affirmation de Louisa Paulin elle-même d'avoir
lu faire quelque chose avec rien »,
que ces
peu

consistants; il y a, dans chacun d'eux,
» qui les nourrit de sève drue.

directe

« vou¬

poèmes sont
une «

prise

On relit toujours avec la même émotion des poèmes
Soir de Fête-Dieu, et Mains bien-aimées de ma

comme

mère, si souvent répétés dans des récitals et à la radio.
Enrichissant
rieur de sa
au fur et à

sa poétique perception du monde exté¬
pathétique vérité intérieure, vérité élaborée
mesure que se resserrait sa vie
même, elle

réalise cette confrontation inlassable du Cosmos et de
l'âme humaine qui est la règle de toute
poésie. Ses poè¬
mes

s'imposent de plus

en

chansons mais comme des
mais comme un besoin.

plus à elle, non comme des
chants, non comme un jeu

�L'ŒUVRE FRANÇAISE DE LOUISA

PAULIN

j

89

poèmes de Variations sont bien ce qu'indique
: une suite de recherches musicales, soutenant,
travers des thèmes variés, un essor évident. Ces poè¬
Les

le titre
à

ont souvent une

mes

dans les

phes qui le révèlent
mettant que

s'épanouissent sans réticence, n'ad¬
quelques regrets fondus
de l'ensemble, dans les poèmes de

très discrètement

confiance

dans la

double résonnance : tandis que
monde sensible et les stro¬

Airs villageois le

contre-poids déjà
final de la
joie n'y est pas mis en discussion; il s'impose même
plus de relief parce qu'il est devenu plus pathé¬
tique. Le chant d'appel et d'affirmation du bonheur
vibre toujours, mais des harmoniques douloureux lui
servent d'accompagnement, lui donnant de la profon¬
deur, révélant l'abîme à franchir. Ainsi dans cette stro¬

Variations se fait sentir davantage le
lourd des misères humaines. Le triomphe
avec

phe

:

Quelque part fleurit une rose...
Quelque part un signe d'amour
magiquement l'appelle à la lumière,
et délivre, aimantée, son âme prisonnière,
ce parfum, le chant de sa vie
lisse et baigné de l'harmonie
d'un souverain bonheur
Quelque part une âme espère, rose
et lentement se meurt.
Nous sommes

dans « l'harmonie
mais les deux derniers vers
pour y glisser une inquiétude.

enlevés, confiants,

d'un souverain bonheur »,

pénètrent en nous
Et les exemples, plus précis, pourraient être
pliés, telle cette brève invocation où
fois une impatience avide de joie et l'angoisse de
ver, dans un poème inspiré par le jour de
fête votive du village :

mrfltifrémissent à la
l'hi¬
Saint-Jean,

des lis, délivrez la lumière,
bien que l'hiver nous attend.

Saint-Jean, pâtre
nous

savons

poème français le plus connu
rêve impétueusement boi

Forêts même, le
Louis a

Paulin,

de

�go

MARGUERITE

s'achève
chanter

CAMPAN

apothéose, mais ne peut s'empêcher de
du fardeau dont il fallut se dé¬

en

l'allégement

gager :
nous

rien

de

ruisselons de vie allègre et de
puissance,

ne

peut altérer la souveraine aisance

délivrés du long passé humain.
Elle sut cependant ne jamais
perdre son optimisme
foncier, lié à une inébranlable foi en cet « univers de
beauté » que, dit-elle, « mon âme
cherche et chante
avec ferveur » (A una
Pèira, poème dédié à M. l'abbé
Salvat). Et sa confiance s'affirme pour elle-même et
nos

corps

pour nous tous
reconnu

en

même temps que pour le
frère d'âme

Sibelius, le compositeur finlandais pour
qui, après avoir chanté « sa petite plaine d'automne
»,
afin de lui en faire le don
efficace, elle affirme : « Si¬
belius, le Printemps reviendra. »
en

Plus que tout autre, le titre de
Quatuor évoque une
recueil fut suscité'
par Louisa
Paulin ; il se compose de
sept poèmes d'elle-même
et d'un nombre
égal de poèmes de trois poètes de ses
amis : Pascale Olivier, Hervé
Quinté, René Rouquier.
Au moment d'assembler ces trois

technique musicale. Ce

groupes,

aux

affinités

certaines malgré leur diversité, Louisa
Paulin conçut
l'ensemble comme une sonate à
quatre mouvements, à
quatre instruments : un « Andante », un « Rondo Caprichoso » (ses sept poèmes
personnels), un «Scherzo
un

«

Adagio

»,

».

Pour la participation
personnelle de Louisa Paulin
composition, il s'agit bien de musique et non
seulement pour l'oreille, mais
pour l'esprit, non seule¬
ment pour l'harmonie parfaite des
vers,'mais
à cette

piration. Chacun

de

pour

ces

sept poèmes

motif musical. Ils sont
assurément,
tres de la même époque et

sans

l'ins¬

titres est

un

quelques au¬
qui furent révélés après sa
avec

mort, la plus directe traduction de sa vérité
intime.
pas d'effusions. Pour Loui-

Qu'on n'y cherche pourtant

�L'ŒUVRE FRANÇAISE DE LOUISA PAULIN

gi

Paulin, la musique, la poésie, sont une décantation,
sublimation de la vie. Intimes et dépouillés, ses

sa

une

sont jamais une confidence bien qu'ils ne
d'être son essence même. Louisa Paulin se
donne, elle ne s'étale pas.

poèmes

ne

cessent

Ce recueil marque pour Louisa Paulin la pleine cons¬
cience de son destin, du message qu'elle se reconnaît
dès lors la tâche de révéler.

Emotions, intuitions ou pensées, les sept poèmes du
»
de Quatuor peuvent avoir des sujets divers,
ils sont un même chant enthousiaste et contenu, dou¬
«

Rondo

loureux

sans

désespoir, d'une densité rarement at¬

teinte.

de départ extérieur du poème n'y a que
d'importance; il n'est qu'un prétexte pour intro¬
duire la variété des images, il est la simple chiquenau¬
de qui met en branle l'émotion personnelle aux pro¬
fondes résonnances intérieures. La poésie de Louisa
Paulin, si musicale en cela, s'élève bien au-dessus des
prétextes.
Le point

peu

En des vers souverains, le poète coule son « De profundis clamavi», selon la pénétrante présentation de

la

préface due à M. Lucien Naves.
Cet

abîme, elle nous l'offre en symboles

engloutissement des villes d'Is, ou de

saisissants:

l'Atlantide, évo¬

cations d'univers oubliés.

rayonnantes visions viennent l'atteindre,
la délivrer de ces abîmeá : tantôt, par
une alchimie impénétrable de l'insconcient, affleure à
sa conscience le singulier et furtif souvenir
« d'une
vie abolie » : celle de « deux bouleaux au bord d'une
eau polie » ; tantôt, par une secrète communion avec
les choses, la pureté d'une haie d'aubépine s'impose à
son esprit pour y raviver de mystérieuses réminiscen¬
Mais

de

l'émouvoir,

ces

:

�92

MARGUERITE

CAMPAN

candide voie lalctée dans la terrestre
nui't,

parfum, seul

souvenir d'un univers détruit
où tremble le secret des mondes
disparus...

Un lucide poème
qu'il faudrait citer tout entier for¬
la plainte déchirante d'Eve
bannie du paradis
dont elle garde, dans l'amertume de
son état présent,
la poignante nostalgie.
mule

Eve je suis,

hélas, la mal, la trop aimée

Souveraine exilée
Un flot

au

royaume de chair...
entre nos mains
unies,
nous semons la douleur et la mort.

d'amour coulait

Aujourd'hui,

Le poète alors éprouve la nécessité
d'un appel à la
nature initiée, fragile cependant :

Ah, te sauverons-nous, printemps de notre
si

terre

frêle et si heurté dans le torrent des
mondes
naïvement nous rêvons éternel ?

et que

Cet appel est renouvelé encore
pour l'invocation plus
pressante de tout ce qui et pur, efficace :

Accourez,

accourez, vives joies du matin,
léger revêtant la terre d'innocence,
souffles purs qui puisez la vie à sa
naissance.
enfance d'un jour vierge où l'âme enfin
s'éploie.
recomposez pour nous un univers de joie.
Chantre angoissé ou enivré de cette
incessante re¬
cherche d'un monde et d'un bonheur
révélés et perdus,
Louisa Paulin livre dans ce recueil
la quintessence de
son être. Qui mieux
qu'elle, en effet, poète de
air

l'enfance,
des enfants et des
sources, saura jamais nous conduire
vers les retraites
simples de la pureté pour nous aider
à retrouver la -joie ?
Réalmont, avril 1947.

P. S.

Marguerite Campan.

Une quatrième
plaquette, composée de sept
Cour d'amour, parut du vivant de
Louisa
Paulin, entre Variations et Quatuor. Ce sont, comme
l'indique le titre archaïsant, des chansons d'une mo¬
derne trobairitz, renouvelant les
lais d'amour cour-

poèmes

-—

:

�l'œuvre française de louisa paulin

tois. Cette manière

qu'elle avait cultivée un temps avec

bonheur, Louisa Paulin
née à
offre
tide

l'avait complètement abandon¬

l'époque où elle fit paraître ces poèmes. Elle les
comme survivants témoignages « d'une Atlan¬

».

Un

autre

aspect peu connu de

Paulin, méritera d'être
ses

93

contes pour

révélé

: ce

l'œuvré de Louisa
sont ses poèmes et

enfants.

Un recueil de poèmes : L'Escalier de Verre, mis au
point au cours de son dernier hiver, sera édité un jour
prochain, comme elle le désirait. Jusqu'ici, quelquesuns seulement de ces poèmes, ont paru dans des an¬
thologies.

elle fut

Les dons pédagogiques de Louisa Paulin —
institutrice, puis professeur —, sa connaissance pro¬
fonde, intuitive de l'âme enfantine, dont elle sut rester

près, lui permirent d'éviter l'afféterie qui est géné¬
majeur de tels poèmes.
Certains sont de simples amusettes mais sans miè¬
vrerie, tirées du folklore ou de sa fantaisie; la plupart
sont des chansons qui, sans dépasser les limites de
l'univers enfantin, sont soutenues d'une pointe d^émotion, de pathétique qui ne peut laisser indifférents les

si

ralement le défaut

adultes.

fraîche

La transparence de ces petits poèmes, leur
naïveté font d'eux une réussite rarement atteinte

dans

et vraiment digne de cette enfance dont Louisa
Paulin avait le culte. Louisa Paulin attachait pour son
compte une grande importance à cette partie de son
œuvre dont la réussite jette un jour significatif sur sa

ce

genre

personnalité.
Ses Contes à la

Poupée, encore à paraître, sont

de

petits chefs-d'œuvre alliant à de gracieuses imagina¬
tions de vives réalités et où vibre toute sa sensibilité
de poète et de femme.
M. C.

�Aquera !
Tantòs u còrn e tantòs ùa esquera,
Tostem mesura e tostem beròi so,

Aquera... Aquera!

...

Parlat-me d'Era !

Que m'i conechi

en

mu^ica

e canso

!

Aquera, quand canta,
Ed aire s'encanta
E boha en doso...

Tantòs sorelh

e

De-còps au^èt

e

tantqs clar de lùa,

d'autres còpsgrilho...

O ! 'ra vot\ sua !
No-n i'a sonqu'ùa
A

qui pensar

...

Que pensi à

yo

!

CELLE-LA !
Tantôt

un

cor, tantôt une

clochette, toujours mesure et tou¬
jours joli son, celle-là!
Parlez-moi d'Elle ! Je
m'y connais
en
musique et chanson !
Celle-là, quand elle chante, la brise s'enchante et souffle en
...

■douceur

...

Tantôt soleil

grillon

Oh 1
pense à moi !
...

et tantôt
sa

voix!

clair de lune, parfois
Il n'en est qu'une à

oiseau, parfois
qui penser
Je
...

�aquera

!

95

Aquera, quand plora,

Que sembla ua eslora
Pre^a en arrastèt ...
Que m' i conechi en langor e regret

E honnit sié

!

qui s'en escandali^e !

Era Vertat ei permer

qu' ed Orgulh

E

qu'ed Arrive,
Qu aimi d'ac dije :

Aquera e yo,

qu'èm Esquera e Esquerulh !

Aquera, quand crida,

Qu'òm sent era hida
Que temps venguerà ...
Que m'i conechi en « qui viurà,

veirà » !

Filadèlfa de YERDA.
Aqueste 2 de mai 1947.

Celle-là, lorsqu'elle pleure, on voit une fleur
Je m'y connais en langueur et regret !

râteau

foulée sous le

...

Mais, honni soit qui s'en offusque! Vérité doit primer Or¬
gueil et Complaisance, et j'aime à le dire : celle-là et moi, c'est'
Clochette et Grelot !
Celle-là, quand elle crie, on vit l'espoir
Je m'y connais en &lt; qui vivra verra *

dra

...

qu'a» jour vien¬
!
Ph. de G.

�Hommage
Qui eût rêvé

un

plus

pur

d'enfants
hommage

que

celui de

ce

groupe d'enfants offrant à Louisa Paulin, murée dans
sa souffrance, la ferveur de leur
âme tendre ? Hiver

1942, lourd d'angoisse, vrai Noël de vaincus. Une révé¬
lation poétique vient apporter à nos
jeunes Occitanes
la plus belle raison d'espérer : la foi dans les vertus
de notre race.
Le rideau se lève découvrant un des
plus charmants
spectacles que l'on puisse imaginer : groupe compact
de jeunes filles ayant revêtu, pour la
circonstance, d'au¬
thentiques costumes du temps passé. Non de pittores¬
ques atours d'opérette, mais de vrais
corsages cintrés,
d'amples robes moirées et des coiffes de rêve, tuyau¬
tées, ajourées, aux dentelles délicates et aériennes. Leur
variété tient du prodige; leur fraîcheur
témoigne du
culte familial du souvenir. Et sur les
visages graves
de nos écolières transparaît le reflet des
émotions d'an-

tan.

Ainsi parées,

nos

enfants vont communiquer

nombreux spectateurs leur enthousiasme
leur accent sonore, les petites filles

aux

poétique. De
interpréteront tour
à tour La Bresairòla
per la nena, Nadalet, la
Ronda dels Morts. Leur fine sensibilité
exprime d'ins¬

tinct l'âme chantante de Louisa
Paulin. Poèmes
d'amour et d'allégresse, évocations
mélancoliques, tout
cela est dit d'un ton juste qui va droit au
ciœur des
mamans.

Et voici, se détachant du
groupe, une jeune diseuse
de quinze ans qui va murmurer les
plus beaux poè¬
mes de Sorgas, les plus émouvants :

�hommage

d'enfants

9"
Ja

Soscarem, dins la nèit, à de sorgas
La confidence douloureuse

du poète a

perdudas...

trouvé

en

cette

gracieuse Occitane une interprète de qualité dont la
ferveur compréhensive surprend l'auditoire. Fragiles
et profonds, les courts poèmes franchissent la rampe,
chargés d^émotion et de rêve. Comment ne pas goûter
le charme et la fluidité de ces belles incantations qui
expriment, en notre langue musicale, les accents les
plus intimes d'un cœur féminin ?
E belèu, alavetsauras,
Coma t'aimi — belèu.

ò'mon amor,

l'enfance, un grand poète
honoré. Combien nous ai¬
mons Louisa Paulin d'avoir mis au service de sa riche
inspiration la belle langue d'oc de nos troubadours,
le délicat instrument dont elle use avec art ! Dans ce dé¬
corde fête, en une vision, hélas! éphémère, nous sentons
renouée la tradition qui enchaîna de nombreuses gé¬
nérations. Le passé ressuscite qui dormait au fond des
cireurs. Le souffle de la poésie nous fâit prendre cons¬
Ainsi, par le miracle de
de notre terre vient d'être

cience du trésor intact de
Non !

notre race.

l'âme d'Occitanie n'est pas morte

!

Marcelle Doumeng.

�A Loïzà Paulin

Soscarem, dins la niit, à de- sorgas

«

Loiza.

Ai soscat,

perdudas.&gt;
PAULIN, Sorgas.

dins la nuèch, à la sorga perduda,
songent

al mormolant
dont

l'aigueta d'argent
debol^aba, tôt siaud, sa canson esmoguda..
La

conca

de la

revertaba,

fin, lo trelum çelestial
solelh, lo clar de Vestèla

sens

lo rai del
e

de cristal

doq sonjarèla

la

cara

:

de las savons.

Lagranda votq del vent que clantis, podéroba,
li portaba los resons
del pastural e de la sèlva armonïo^a.
Li portèt tant-ben lo long planh uman
de

ièr, uèi, deman.
gauch de la vida ufano^a,
dins lo silenci e la siaudor,
la font au^id, jos la gleba en combor,
la vot\ dels Morts li parlar, consiroqa.
E lo mormol del rajòl
engrunaba, bresairòl,
tescuda d'amor, de lum, d'aiga e d'aire,
Demest lo

Vesmoventa

canson

del occitan ternaire.

�a

99

paulin

loiza

*
*

*

la nuèch, à la sorga perduda.
do\e, ò font d'amor,
songent de pat% e de claror,
Vau^irem donc pas plus, ta canson esmoguda,
l'au^irem donc pas plus, la canson de ton còr,
avalida dins Vombra gri^a ?
L'aiga amara del reicbr

Ai soscat, dins
O bêla

ven

Mas

non

!

negar mon

còr,

Loï\a, ò Loï^a !
Laiga se perd, jos terra,
mas

dins

sempre
son

resurgis

devegadas,

;

clar friutadis

s'abèuran, tornamai, las bocas asetadas.
Aital, à ton songent, sempre clar, sempre
mon ama, sòrre de ton ama,

viu,

repaqimar la grand set que la crama,
songent mai bel que jamai e mai viu,

vendra
à ton

perqu'aurà respelit à la facia de Diu.

esmoguda ;

vot% a parlât à mon ama
ai soscat dins la nuèch, à la sòrre

Vna

perduda.

Calelhon.

�L'Obra occitaria de LoVzà PAULIN
Dempèi longtemps Loïzà Paulin s'èra ensajada

dins lo

poezia franceza, e i abia èutengut bêlas reusidas, quand l'astrada volguèt que descorbiguèse la
lenga e la literatura d'òc. A parlar franc, aquela lenga èra familhèra al enfant de Reialmont, mas sem¬
bla pas qu'ajèse jamai soscat à ne far l'instrument
de la poezia que naisia naturalament de son còr. Calguèt la rencontra de Loïzà Paulin ambe lo Felibrige
per far espelir lo miracle.
Sens comptar de pròzas o de
poèmes pareguts dins
mantas revistas o encara
inédits, dos libres son sortits d'aquela rencontra
benuroza, dos libres : Sorgas
e Fresca,
que nos fan penetrar dins l'intimitat d'una
ama singulièrament
prigonda, delicada e doloroza.

Sorgas.

Qu'es à dire ?
Aquelas pèsas tant
finas, dont la plus longa a pas vint vèrses, son plan de sorgents, de naisents. Nos sembla
las veze montar
gota à gota, lagrema à lagrema,
coma
l'aiga que fiua del ròc. Son l'expresion d'una
sensibilitat fernizenta, durament tocada
per la vida,

freulas,

—

—

tant

nauta, sécréta

e

que se

da

deliura

sens se

poème es un sospir armonïos,
traïs la flamba,
1
borroti

d'aiga

e

confesar. Ca-

una

béluga

que

mu\icala flor de lut\

qu'estrementìs lo còr, impauza lo silenci e nos met
l'espéra d'una revelacion.
Mai o mens, los poèmes de
Sorgas son de poèmes
d'amor. Nos fan endevinar una
pasion cremaira qu'es
belèu sens objèt, qu'es belèu res mai
qu'una granda
fam de tendresa jamai
repazimada. Aquel amor ireà

�molant

L'OBRA OCCITANA DE LOIZA PAULIN

IOI

declarar, a pour d'èstre

impor¬

se

gauza pas

tun :

sò que mon còr
au\a pas dire,

ò Rosinhàl,
de prima,

un ser

jos sa fenèstra
òc cantaràs.

La flamba esconduda se

noiris de raibes secrèts r

un ser l'au\irem lotis dos
d'amor que la mu\ica a deliurada...

Belèu, belèu,
la sorga

potons qu'escàmbian lo pibol
gueta al prigond de la gleba o dins la claror
lelh, l'ama en pena laisa escapar sa deziransa

e

En soscant als

l'ai—

del so-

Los

espèri, Pibol,

icu, à ton ombra,

:

aigueta.

Tôt l'encamina cap à son amor : dins la Dansa
se fóndon, ont se mèsclan amorozament
solelh e l'aiga, vei lo simbèl de
:
mai ont

de

lo

l'union dels còrs

Coma sàbon

La bèltat de la
sentir sola :

s'aimar dins lo matin

maienc !

prima li es un fais pezuc se

la deu

pes embriaigant de la prima novèla,
lo me cal te portar :
sens tu sabi pas res aiinar,
sens tu res espelis dins mon còr que f espéra.
Lo

à

mon amor,

Plus pezuga encara
solitaria :

la tristesa de l'autona per

Ton còr prèp del meu còr,
podriai au\ir lo vent dins
del

paure

cementèri.

Ton cor, ton cor,

S'al mens la
l'intimitat del

ton

l'ama

los ciprièrs

càr prèp del meu còr !

pasejada autonenca
fogal !

s'acababa dins

�102

MARIA

Bona

BARAILLÉ

plèja d'autona,

al ostal;
faudal
plen de fòlas brancas

mena-nos

lo
es

meu

alncarem

un

fiòc brandal,

anem, mena-nos

Ailàs !

al

que son mal
La

:

al ostal!

prigond d'ela-mèmes, l'ama
es sens

meu ama
e

de

remèdi

sab

plan

:

fagaita, ò paure amor tardieu,
en
t'aparant
doas alas esquisadas.

trembla
sas

Es

pracò que se reconeis dins tôt sô que patis,
qu'es menasat o condamnai : la fèlha perduda que
volateja al vent d'ibèrn, la palomba que lo casaire
espéra,
paura, paura Palomba !
E malgrat que lo darrièr
bèl matin, demoram jos

poème cante l'espèr d'un
l'impresion dezesperada deL

Airolet que dorbis lo reculh.

Cantoneja l'aigueta,
Vaigueta risoleta,
perque sab pas ont va.
Oc podem pas li dire,
que Vau\irem mai rire,
mai rire

e

mai cantar.

l'ama macada que canta sa
pena, farem pas saquelà, crenta de l'ofensar, l'almòina de nòstra pietat. Es pas de planhe
lo que sentis ambe aquela fôrsa,
ambe aquela prigondor, la reiala beltat del monde.
Es nos-aus que prenèm conciensa de nòstra
paurièra
dabant l'embrïaigament de la trobairis
que s'encanta
de colors, de perfums, de
muzica, e que coneis, al
mièch mêmes de la dolor, una fèsta
paradizenca. Las
A

armonias de la natura e de
l'ama, las « correspondencias » dont Baudelaire a lo
secrèt, qun poète las
a melhor notadas
que l'autor d'aiceste Nocturne

miraculos

:

�L'OBRA OCCITANA DE

LOIZA PAULIN

IOJ

rajolant de lut\,
lunenca;
blanc dins la nèit s'espandis,

Lo cant del rosinhòl es
de lut\ freni\enta e
la nèu del

terrèstra

e

boison
frèula lut\ nolenta ;

del rosinhòl, riban d'amor, l'unis
la lima primenca.
Nèit de mai, de claror, de mu\ica, d'espèr
armon'io\a e sobeirana
coma l'amor dont a soscat nòstra ama ...
Dins l'ombra, siaudament, una rò\a moris;
lo cant

à la nèu de

lo cant del
de nouent,

fugis
preclara nèit, suspre^a,

la
à l'ala de
e

rosinhòl, dins l'ombra,

la luna

la mort calinejant

Se l'amor doloros,

s'espauris;

trefolis ■

la ro\a.

quistaire, insatisfait,

—

mas

satisfaire un còr
fa l'unitat
Fresca, un

creatura umana auria pogut
d'aquela qualitat ? — se l'amor planhibol
de Sorgas, es encara l'amor qu'inspira

quna

vertadièr es pietat filiala. La destrobaires del Terrador a permés à Loïzà
Paulin de melhor comprene lo ligam que Punisia à
son païs, à sos rèires, à sa rasa. S'es
à las mezolhas la felena d'aquels pacans qu'an laurat
e batalhat al long dels sècles dins las planas de
rona o
suis pèches del Albigés. S'es clinada
respèt sus lòr istòria. Tram La Canson

amor

dont lo nom

cobèrta dels

sentida duscas
Gaambe
de la Cro%ada, a conegut lors malastres, a viscut lor epopèia
li
vengut la pensada d'enaurar un monument à
lor glòria. D'aquel amor patrial son sortits los dètz
e

es

de
l'intencion

Fresca, dont

tablèus

la pèsa

liminaria preciza

:

Rèires, vos ai

culhit un ramelet

Dins la selva

dels ans.

salvage

de demest las ombras
aurius, lo ven-

Fulh aprèp fulh, s'adréitan
Montfòrt tôt trevirat de sos pecats
cit glorïos, lo fièr

cabalhèr En Pèire, lo comte

Ra-

�104

MARIA

mon

rir,

BARAILLÉ

trèva sul camp batalhèr ont sapièt
pas mosubretot lo penjat de Montalban,

que
e

/

lo

paure e laid penjat
Que viu, foguèt lo bel En Baudoin de Tolo\a.
Loïzà Paulin garda lo melhor de son còr
als

plus
abandonats, als plus mesprezats, e aisò es plan fémi¬
nin, plan d'acòrdi ambe una sensibilitat generoza e

sofrenta ; se la bloza memòria de Pèire
d'Aragon la
comola d'ufanos
estrambòrd, coma l'atira mai encara

aquel Baudoin

pauc conegut dont los raibes totjorn
contra la dura realitat ! En el se relo traïdor ; vei res

s'espotiguèron
fuza à

veze

que la victima d'una
fatalitat, eson penjat deven lo simbèl de totis
los que la vida escraza. Es
que se pòd imaginar res
de mai esmovent qu'aquel
clas de dòl al comensaorresca

ment e

à la fin de cada evocacion

:

O ! de'nèu sul
nogal ! O ! de nèu pietado^a,
De carinho\a n'eu, sul
pel saure e boclat !
De nèu ! De nèu ! De nèu sul

fier agait neblat,

Un dos mantèl de nèu sul crestian

Que foguèt Jraire

e

de\anat
de Tolo\a !

fi-lh dels Comtes

La tendresa de Loïzà Paulin se n'va
tant-ben vèrs
los qu'an pas de nom, los
pagezes, los lauraires,
los senh.es de Paurièra e de la
Mala-Fam, dont
la vida e la mòrt
foguèron parièrament escuras

lor vòl pagar

lo deute dels vius trop falords

;

ela

:

Qu'enfin

mon crit d'amor 'trauque vòstras tenèbras
tome à la lut\ l'òst escur dels sens-nom!
Que proclame vòstrá òbra e lo vòstre renom,
E vos tire, un
moment, de las brumas funèbras.
E que

Glorïozas o inhèfradas, totas las ombras
s'arremòdins aquela pivelaira Ronda dels
Morts que dabana sos anèls dins la bruma de
Totsants. Utilizant
una crezensa
popularia tombada un jorn dels pòts de
la menina, Loïzà Paulin se
plai à imaginar que la
nèit de novembre es claufida del
pòple innombrable
dels morts escapats
per qualquas oras à la cròza ; e,
zan

�L'OBRA OCCITANA DE LOIZA PAULIN

105

vertadièrament, es una fresca de jujament darrièr,
una terribla fresca à la Miquèl-Ange, que met jos
nbstre agait espaventat :
De clôt

Bel

0

en

clôt,

mindrôt,

Vestit

nut,

o

Lengut 0 mut,
Mort démembrât o tant

aimat,

Empoi\onat,
Cremat, negat,
O plan penjat,
Cadun, fòra del rebostàri,
Sens relambi e sens adjutôri
Pren reng dins la Ronda sens fin.
Al costat

d'aquelas grandas compozicions

epicas,

sémblan precïozas, requistas, finaudèlas, la Rowiansa del reiet o la Bresairòla de la nena qu'un
coma

juste sentiment del art opauza per
pèsas las plus tragicas :
Reiet que pasas dins lo
Ont portas aquel fiai

las far valer à las

vent,

d'argent,

Volant, voleta ?
Reiet, Reiet, ont l'as trobati
Quna fadeta Va fialat ?
Qiin polit cor Va t'a donat
Per ta reieta ?

.#
*

D'efèt, l'art es pas
bra de Loïzà Paulin.

*

inferior à l'inspiracion dins

l'ò-

podèm relevar, subretot dins los poèmes los
ancians, qualques gallicismes : trambla per^
«trembla» (Sorgas, L'ombra d'unta ombra, p. 29),
Jlama per «flamba» (Fresca, Lo Nadal dels Vencits,
p. 103) ; se las exigencias de la rima fan prene tôt
cbp ambe la lenga qualqua libertat : iremola per
trembla » (Fresca, La Pregaria de Montfbrt, p. 17),
Se

plus

«

�Supplément

au

Gai Saber, nn 221

Vient de

-

juillet 1941

paraître
PAULIN

LOUISA

Rythmes et Cadences
introduction

Un fort volume
et

charles-bellet

l.

de

avec

deux portraits

autographe

un

Sommaire du Volume

I

poèmes français

Choix de

Fragments de la Chanson des regrets

II.

III.

Sorgas

ÉTÉ TIKÉ

IL A

L'ÉDITION

BOUFFANT MONDIAL,

Prix

200

CONDITIONS

:

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NUMÉROTÉS

abonnés du Gai Saber il

Languedoc, 14,

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VI.

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Editions

Compte courant postal: Toulouse

�LOUiSA
J'ai
ment

PAULIN

ET

LA

CRITIQUE

appris à connaître l'œuvre d'une femme qui est probable¬
des grands poètes de ce temps.

un

2 décembre 1941

On

Louis

PIÉRARD

peut ici que crier d'une faible voix : cela est beau, cela
grand! Mais quel Maître — comme jadis Lamartine annonçant
au Monde la naissance de Mireille
quel maître fera connaître
la bonne nouvelle aux amis de la poésie.
ne

est

—

Jean TENANT

28 mai 1942

Voici cette nouvelle révélation: Fresca de Loïza
sublime

en

Paulin, fresque

effet.

3 octobre 1942

Raymond ESCHOLIER

La Ilonda dels morts est l'un des
ques

plus puissants morceaux lyri¬
de la poésie contemporaine, d'oil ou d'oc.
6 avril 1943

René

BRÉCY

Fresca d'une

langue pure, savoureuse, exprimant le tréfonds
forme, eu réalité, qu'un grand poème qui a le ton,
le mouvement, la noble allure de l'épopée. Fresca est une chan¬
son de geste. Loïza Paulin a vraiment le souffle épique et c'est ce
qui lui faisait, et lui assurera, une place à part, et au premier
rang, parmi les poètes de la langue d'oc.
du terroir, ne

Jui.es

8 mai 1944

Éditions du Languedoc, 14,

rue

VÉRAN

Timbal AI h i

Chèques Postaux : Toulouse, 850-58

�io6

MARIA

BARAILLÉ

revenje per « revenja » (Fresca, A la Porta vermelha, p. n), aquelas menudalhas son emportadas dins
l'onzada de la poezia coma l'escruma al fiai d'un
riu
pirenenc.
Lo biais poetic es
plan diferent dins los dos reculhs. Sorgas es escrit en bordons
libres, plan rarament rimats o
asonansats, dont la mezura e lo ritme
espózan fidèlament lo moviment de la pensada, dont
las

sonoritats

jòia

o

del

tindarèlas o estofadas suggèran la
la tristor. L'art de Loïzà Paulin,
parièr al

muzician, fa cantar mêmes lo silenci. Qun reçulhiment, quna serenitat funèbra dins aicesta melodia sospirada :
Silenci del autona
quand lo vent s'es
dos coma una pluma de

palomba

escapada de la negra

Silenci
ont
e

saure

man

pau\at,

del casaire.

del autona

s'autfs la darriera vispa,
prigond del còr.

lo mai escondut al
plus

Los poèmes de Fresca son de factura
clasica, bèlament rimats e ritmats. En
élis, sô mai remirable
es lo
buf, l'alan que sosten sens lasièra una cordilbada d'estròfas e mena los vèrses à la cima
de l'idèa
coma un batalhon
arderos e disciplinât. Als
quatrins regulièrs de Per los
qu'an pas de nom, a l'estròfa solennala de
LaPregaria de Montfòrt s'opàuzan los tercets dels
Dos Cabalièrs dont los vèrses
decasillabics, sus una sola rima, méton dins l'aurelha un reson de
galaup. Sembla que Loïzà Paulin
aje volgut donar la mezura de sa virtuozitat dins La
Ronda dels Morts, vertadièra sintèzi de sa
manièra

poetica

coma

de

son

inspiracion. Dins l'aizidensa

ambe laquala la trobairis
plèga à sa fantezia lo bordon e la fraza, cosin veze
pas en ela la filha espirituala e lo disìpol fervoros d'Antonin

Perbòsc ?

*

*

*

�l'obra occitan a de loiza paudin

Tard

107

venguda à la literatura occitana, trop lèu

raubada per la mòrt, Loïzà Paulin nos laisa lo regrèt
d'una òbra incomplètamënt realizada, pron rica sa-

n' pògue afórtir l'excepcionala valor.
es dins los poèmes de Sorgas
que l'a donada. Es aqui que la cal anar cercar ambe
son
ama muziciana pasionada
de beltat, enlairada
vèrs un imposible raibe o las trebolairas vizions
d'un paradis perdut.
quelà
Sa

per que se

nota

vertadièra,

Maria

BARAILLÉ.

�Présence de Louisa Paulin

Il

me

fut donné d'approcher Louisa Paulin dans son

intimité

pendant les trois dernières années de sa vie:
automnes, trois interminables hivers,
trois terribles printemps. Par le don d'amitié dont Elle
m'a vivifiée, je fui dois d'en porter le témoignage.
trois laborieux

Ces

années d'armistice, sombres pour tous, furent

combien

plus pénibles pour elle qui devait mourir un
de leurs pénuries et sans voir l'aube d'une libéra¬
tion qu'elle avait si ardemment appelée, si vaillam¬
peu

ment attendue. C'est dans le lassant
années-là que devient plus évident
radoxe de sa claire présence.
Le sentiment de

«

présence

»,

marasme

de

ces

le merveilleux pa¬

auprès de Louisa Pau¬

lin, la chaude lumière humaine qu'elle irradiait, dé¬
passent en intensité toute expression.
Je n'ai jamais, au cours de ces trois dernières années,
approché Louisa Paulin malade, sans avoir été, dans
ma santé même, tonifiée d'un don de vigueur et de sé¬
rénité me permettant de reprendre avec une confiance
soudain
renouvelée
mes
occupations quotidiennes.
Tous ceux qui approchaient Louisa Paulin éprouvaient
les effets de sa bénéfique influence.
Ses journées étaient, dès ce moment, une lutte cons¬
tante, une conquête de chaque instant sur une dure
maladie qui lui laissait de moins en moins de répit.
Mais les

aspérités de la lutte, elle était seule — avec
proches — à les connaître, elle en assumait soli¬
tairement tout le poids. Dès qu'elle pouvait accorder
sa présence, même aux tout derniers mois, la maladie
semblait absolument abolie. Elle était plantée dans la

ses

�PRÉSENCE

DE LOUISA

PAULIN

109

vie. Cette vie était

drue, et pourtant comme hors du
la sentait essentielle. C'est
pourquoi sans
doute ses plus intimes
amis n'ont pu, dans les
der¬
niers jours
même, croire possible sa mort

temps tant

on

qui les a
frappés de stupeur. Cette mort, ils
n'y croient pas en¬
core. Louisa Paulin
ne les
attend-elle pas toujours,
dans sa tranquille
maison, assise dans cet ipimobile
fauteuil, pour leur communiquer son

enthousiaste foi
merveilleuse paix ? Ils connaissaient
ses
souffrances pour les avoir vues
s'inscrire impitoya¬
blement sur son
apparence physique de mois en mois
plus altérée. Mais dès qu'elle
parlait, toute misère im¬
dans la poésie,

sa

médiatement s'effaçait.
Son visage s'offrait d'où
le regard ne réussissait
pas
à être absent en
dépit des énormes verres noirs
impé¬
nétrables protégeant les
paupières soudées. Elle sou¬
riait... toutes inquiétudes se
trouvaient

non

pas

chassées pour

sur-le-champ,

un

moment, mais bien transfor¬
durablement,
en certitudes paisibles. Elle
créait un climat
personnel, une ambiance d'espoir, de
joie, d'intense vie.
Ses paroles étaient
toujours les plus simples, les
plus attendues
toujours efficaces —. Jamais de ces
propos vides, futiles,
affectés, qui se distillent dans
l'entourage des malades. Cette remarque paraît
vaine,
tant s'imposait
l'impossibilité absolue de concevoir de
tels propos près de
Louisa Paulin.

mées,

et

—

Elle abordait les
sujets les plus familiers

les

plus
hauts, des difficultés du ravitaillement aux
travaux de
la saison, des
nouvelles mondiales aux menus
d'enfants
dre

la

élargi,

ou aux

robuste
on

l'univers.

se

ou

propos

échos du bourg dont elle faisait
saveur.

sentait

en

Près

paix

sour¬

d'elle, l'esprit détendu,
avec

soi-même et

avec

�MARGUERITE

i 10

Si l'on
toutes

CAMP AN

pensait à la maladie, à la guerre, au mal sous
formes, il apparaissait clairement qu'il ne

ses

vic¬

pouvait remporter qu'une apparente et passagère
toire et devait être anéanti un jour prochain. On pou¬
vait deviser impartialement. Sérieuse ou enjouée, la
conversation, sans jamais perdre sa spontanéité, pre¬
nait, dans cette pièce simple, une plénitude de paix
universelle.

sérénité ne lui venait pas d'une indifférence
événements des jours, aux difficultés de la vie.

Cette
aux

d'un dilettante ou d'un ha¬
elle se sentait au contraire
engagée singulièrement dans tout ce qui se vivait au¬
tour d'elle, à quoi elle savait rester mêlée malgré sa
réclusion. Mais, parvenue au faîte de la courbe de sa
vie, elle avait une vue transcendante et familière à la
fois des faits comme des êtres. Tout lui était trans¬
parent, tout lui était « source », et elle savait d'inou¬
bliable façon se pencher sur les sources.
Marguerite Campan.

Louisa Paulin n'avait rien
bitant des tours d'ivoire ;

Ce

qui demeure
«

nous

Les morts n'ont

n'avons

viennent.

pas

disparu;

qu'à Tes appeler, ils

»

M. Maeterlinck.

Se

peut-il qu'elles aient

été si rares, si brèves

aussi,

jamais?

rencontres dont ma vie est restée enrichie à
Combien de fois ai-je eu la joie — le privilège —* de
rencontrer Louisa Paulin ? Une fois en 1938, deux fois

ces

1939, deux fois encore en 1940, et dans quelle at¬
mosphère d'angoisse et d'horreur ! C'est .tout. Car je
n'ose compter comme une rencontre cette conversa¬
tion téléphonique exécrable que nous avons eue en
juillet 1942, au cours de laquelle nos voix, perdues

en

�CE

QUI DEMEURÉ

I I I

dans

une « friture »
agressive, furent brusquement en¬
sevelies dans un silence sans
espoir, absolu comme la

mort.

Absolu

la mort, en vérité... Louisa Paulin est
1944, alors que, sentant approcher la
Libération, nous nous faisions l'une et l'autre une telle
joie de penser que l'été nous réunirait peut-être sous
le même ciel, que nous pourrions enfin nous revoir,
et reprendre dans le calme et la paix retrouvés nos
heureux entretiens d'avant-guerre.
morte

comme

en

avril

C'est pourtant de ces cinq trop brèves rencontres
qu'est née une amitié parfaite, qui a duré jusqu'à la
mort de Louisa Paulin, qui dure encore tant sa pré¬
sence reste pour moi proche et vivante et certaine.
*

Je venais de lire
dont l'intense

avec

poésie,

ravissement les Airs villageois

la forme légère et familière,
profondément émue, et de découvrir, grâce
préface de Théophile Briant, que le poète demeu¬
sous

m'avait
à la

rait à Réalmont.
Dès

arrivée

Montagne-Noire, où comme cha¬
j'écrivis à Louisa
Paulin pour lui demander l'autorisation d'aller la voir.
Elle me répondit aussitôt par une petite lettre, vive et
charmante à sa façon, me donnant rendez-vous pour
un jour prochain.
que

mon

en

année je passais

mes vacances,

Pour moi

qui descendais de la montagne où l'air,
plus fort de l'été, reste tonique et fluide com¬
me une eau de roches, Réalmont ce
jour-là paraissait
particulièrement étouffant.
même

au

Des orages

erraient en troupeaux serrés sur les pen¬
l'horizon, et.de la terre au ciel, l'air était une
masse compacte et brûlante brassée
par le vent du
Sud. Dans l'étrange petite galerie où Louisa Paulin
tes de

�112

PASCALE

OLIVIER

passé tant d'années de sa vie, je me rappelle avoir
une
impression de fraîcheur, de repos, de
silénie même qui me surprit d'autant
plus que cette
pièce était comme suspendue au-dessus d'une salle de
café assez bruyante à cette heure de la
journée.
Je compris d'où me venait cette
paix aussitôt que
j'eus rencontré le rayonnement de ses yeux « extraordinairement perçants et tout à là fois remplis de'
jeu¬
nesse et de sérénité »,
ai-je noté, le soir-même.
a

ressenti

Louisa Paulin était assise à

sa

table d'où elle

ne

bou¬

geait guère, dans la position où je l'ai à chaque fois,
année après année, retrouvée. Sur la
table, son livre
et les miens, côte à côte. Derrière elle se tenait sa
mère
en une attitude
pleine de noblesse, avec son admirable
et douloureux visage
de Madone vieillie, ses yeux las
où se lisaient tant de bonté, d'amour et de
peine, ses

mains (« mains bien-aimées de ma mère... »)
pour un
instant inactives, appuyées au dossier de la chaise
en

geste de tendre protection.

un

Avec cette ardeur, cette vivacité de

cœur et d'esprit
conservées, si j'en crois ses lettres, jusqu'à la
fin (« Aux jours de répit,
m'écrivait-elle, il me semble
que j'ai en moi toute la jeunesse du monde »), Louisa
Paulin menait la conversation, parlait de
moi, d'ellemême, de nos poèmes, des poètes, de la vie et de la
terre que l'une et l'autre nous aimions avec
passion.

qu'elle

a

J'étais sous le charme
un
charme au premier
abord indéfinissable. « Comment le définir ? »
Ai-je
encore noté. « Elle a l'air d'une fée
enchantée, que l'on
sent prête à briser le maléfice
par la seule force et par
la beauté de son âme ! »
—

Peu à peu, je découvrais en elle ce
ce « besoin d'être rassurée »
maine énergie; cette tendresse

blesse

—

mélange de fai¬
—

et de surhu¬

qui jamais n'affecta ni
son sens de
l'ironie, ni son esprit critique, un des plus
clairvoyants et dès plus objectifs quej'aie connus; cette
irréductible jeunesse enfin qui, dès l'abord, m'avait

�CE

QUI DEMEURE

113

frappée, en laquelle les plus
jeunes d'entre nous euxmêmes
allaient, comme5me le disait l'un
cher une nouvelle
d'eux, «cher¬
ardeur ».
Je ne savais
pas ce qui
m'émerveillait le plus. Etaitce le
miracle de cette poésie
fraîche, lumineuse et vi¬
vante, jaillie de sa
claustration même, de cette
claus¬
tration dont elle
souffrait de façon si
aiguë et contre
laquelle elle réagissait en
esprit avec une sorte de fu¬
reur
désespérée ? Ne m'écrivait-elle
pas, parlant de son
poème Forêts, dont elle
m'a fait le don
«
C'est le drame de ma
magnifique :
vie présente, ce
poème : une
passion de
mouvement, ce mouvement que mon
encore me refuse...
corps
»
Etait-ce l'extraordinaire
rayonnement de cette
sonnière d'une inexorable
pri¬
maladie ?
«
Dans la réclusion où
la tenait le
mal, quelle dis¬
pensatrice de joies et
cher Rouquier,
a, l'un comme
mon

de richesses

en

l'autre,

»,

m'annonçant

m'écriviez-vous,

le deuil qui
si cruellement blessés.

Ce don
royal qu'elle avait et dont elle
fut si
reuse, j'ai pu déjà, ce
jour-là,
le deviner. Une
écrite une semaine
plus tard, en

bouquet d'hortensias bleus

avais apporté,

diguait

sans

sonnalité.

une

longue

nous

géné¬
lettre,

remerciement d'un
de la
montagne que je lui
lettre enthousiaste me

pro¬
réserve les richesses de sa'
puissante per¬

Telle fut ma première
rencontre avec Louisa
Paulin.
Notre ultime entrevue
eut lieu après
l'exode,
alors
que
je m'apprêtais à
regagner, tant bien que mal, la zone
occupée. De quoi avons-nous
pu parler, tout en cher¬
chant à nous cacher
l'une à l'autre notre
commune an¬
goisse ? De poésie,
surtout poésie,
refuge, espoir, hâvre dans le
grand chaos de ce monde
vaincu, but et
raison de
vivre, disait-elle, de vivre envers et
contre

�PASCALE

OLIVIER

étaient brisés de tristesse sous le
visages. Nous pressentions que -la sépara¬
serait longue, le revoir incertain...

tous. Mais nos ciœurs

sourire des
tion

séparation, de

n'y eut, hélas, pas de revoir, et la
côté-ci de la vie,- n'aura pas de fin...

Il
ce

Les lettres que, de 1938 à 1944, m'a écrites Louisa
Paulin, les voici toutes devant moi, une poignée de
lettres, un inestimable trésor. Lettres prodigues non seu¬
lement de toutes les.richesses de l'âme et de l'amitié,
mais encore de celles de l'intelligence la plus aiguë,
la plus sensible et compréhensive qui fût. Entre la
première lettre, datée du 27 juillet 1938, et la dernière
du 7 mars 1944, écrite, celle-là, comme toutes-les let¬
tres de la fin de sa vie, d'une écriture qui n'était pas
la sienne, mais dictée d'un seul jet lucide, sans une
hésitation, sans une rature, entre ces deux lettres,
pour moi si émouvantes, toute une correspondance, où
je viens souvent puiser, avec la confiance et le courage,
le secours intellectuel, et l'amitié qui jamais ne fait
défaut : longues lettres aux lignes entrecroisées, dont
l'écriture toujours plus torturée marquait les progrès
de ce mal que reniaient farouchement son cœur et son
âme ; cartes interzônes qui, de loin en loin, ve¬
naient éclairer la route obscure et m'apporter, avec
l'air du pays et les nouvelles de « ma belle montagne
d'or et d'azur, et de ma forêt », un radieux éclair de
tendresse et de poésie...
Les voici toutes entre mes mains, comme un signe
éternel de sa présence...
Et voici son œuvre, ces minces volumes eux aussi
riches en résonnances, en beauté ravissante, depuis les
Airs villageois, signés pour moi de sa main encore fer¬
me en ce beau jour d'un orageux juillet, jusqu'aux Va¬
riations qu'elle était parvenue à me « faire passer »

�CE

avec

cette dédicace

QUI DEMEURE

jetée

comme

un

"5

cri de douleur et

d'espérance, et qui la résumait tout entière : « Du
fond de notre
abîme, avec ma profonde amitié
et
mon espoir» : Fresca :
Sorgas, dont j'aime infiniment
la -tendresse un peu
voilée, comme d'une source sous
le couvert des hautes herbes
forestières; et le dernier
venu, Quatuor, ce recueil de
l'amitié, dans lequel les
—

poèmes de Louisa Paulin montrent un éclat, une den¬
sité, une plénitude qu'ils n'avaient, excepté dans Fo¬
rêts, jamais, atteint jusque là.
Une poignée de
lettres, quelques livres, les souvenirs
d'une
viç tout entière vouée à la poésie et à famitié, le
don sans réserve d'une âme dont la

voici,

au

fond de notre

chesses que notre amie

qualité fut unique,

abîme, les incomparables ri¬

a laissées. Peut-être nous
espoir tenace, nécessaire, cette
force, cette joie au sein même de la
souffrance, qui fu¬
rent son essence et
qu'elle a fait rayonner, sans jamais
défaillir, sur chacun d'entre nous qui l'aimions.

nous

a-t-elle aussi laissé cet

Louisa Paulin m'écrivit
le silence est vivant.

nous

plus

jour : « Je crois qu'entre
Ah ! certes, et maintenant

un
»

jamais, il reste vivant, ce silence que nulle
ne viendra
plus rompre, mais qui vibre
d'un chant secret, d'un chant
plus intense, plus par¬
fait encore, et plus
proche, peut-être, de nos tristes
que

voix terrestre

coeurs.,..

Pascale Olivier.

�A la írobairìs mòrta
Lo flambèu qu'as laisat tombar
De ta man tant frèula e tant fòrta,
Ai ensajat de l'enaurar

Pietoqament, ò dosa mòrta !
S'ai pas ton

biais encantador,

Mon ama es sòrre de ton ama ;
As plan sofèrt ; e la dolor,

Uèi, de

ma

vida, teis la trama.

Amb las lagremas de ton èl
As fait jòias escrinceladas
Ont tremòlan rebats del cèl
Com.a sul ro^al de las pradas.
Ambe los sospirs de ton còr
As fait mu^ica embelinaira
Ont palsema l'uman malcòr
Dins l'ombra de la neit soscaira.

Bèlament, de la prigondor
De ton ama, an gisclat de sorgas
Ont s'abèuran ambe bandor
Los qu'an un fasti de mesorgas.

Nos ensenhas que de cantar
Son òrre forment, òm Vencanta ;

Que per l'endormir, cal bresar
o lancejanta.

La dolor sorda

Pogufsi faire ambe

mon mal
fma e fbrta,
E sens bruch, sens crids, sens rambalh,.
Sebelir mon espéra mòrta.
Maria BARAILLÉ.
Coma tu

agost 1944.

canson

�Souvenir

Au dehors, je vois un rectangle de terre nue, une
croix, un incommensurable ciel; au dedans les intan¬
gibles souvenirs.
,

...

Je

vois,

pour

la première fois, dans une pièce obs¬

cure, sans autre éclairage que l'or des reliures, cette
femme dont les poèmes m'avaient enchantée. Le corps

disparaissait

des fourrures, les yeux disparais¬
fumés et, de cette inexistence
matérielle, une voix chaudement timbrée montait en
paroles d'accueil. Elle évoquait mon oncle, mort en
noble service et qui avait figuré, disait-elle, à ses yeux
d'enfant, un prince de légende.
sous

saient derrière des

verres

Plus tard, elle me parla de mes petits, de la pous¬
sière d'or qui nimbait le front de Véronique, puis elle
vint à m'entretenir de moi-même et à m'appeler « pe¬
tite fille ».
Et tel est

l'égocentrisme de

ceux

du monde qui limi¬

tent l'univers à leurs prolongements, que je
moi aussi sur les miens, mes soucis, mon

m'étendais
personnage

ténu. C'est ainsi que près d'elle, j'ai beaucoup bavardé,
un peu écouté,
insuffisamment retenu : mauvais dépo¬
sitaire d'un trésor de paroles
harmonieuses, de pen¬
sées nobles, de sentiments purs, d'observations sages.
Elle m'a

toujours apporté l'enseignement

grave et

souriant qui naît du mariage de la connaissance avec
l'humilité. Aux jours où, s'étant levé trop tôt et ayant

jeûné,

affirmerait volontiers la primauté de l'esprit,
spiritualité savait vous arracher à la
présomption par une simple phrase : « parce que je
suis privée d'une côtelette, mon pauvre cerveau
ne,^.
peut penser qu'à cette côtelette ».
on

cet être tout de

�A la trobairis mòrta
Lo flambèu qu'as laisat tombar
De ta man tant frèula e tant fòrta,
Ai ensajat de l'enaurar

Pietoqament, ò dosa mòrta !
S'ai pas ton biais encantador,
Mon ama es sòrre de ton ama ;
As plan sofèrt ; e la dolor,

Uèi, de

ma

Amb las

vida, teis la trama.

lagremas de ton èl

As fait jòias escrinceladas
Ont tremblan rebats del cèl
Coma sul roqal de las pradas.

Ambe los sospirs de ton còr
As fait mu\ica embelinaira
Ont palsema l'uman malcòr
Dins l'ombra de la ncit soscaira.

Bèlament, de la prigondor
De ton ama, an gisclat de sorgas
Ont s'abéuran ambe baiidor
Los qu'an un fasti de mesorgas.

Nos ensenhas que de cantar
Son òrre torment, òm Vencanta ;

Que per l'endormir, cal bresar
o lancejanta.

La dolor sorda

Poguë'si faire ambe

m,on

mal

Coma tu c ans on fina e fòrta,
E sens bruch, sens crids, sens
Sebelir mon espéra mòrta.
Maria

agost 1944.

rambalb,.

BARAILLÉ.

�Souvenir

Au

dehors, je vois un rectangle de terre nue, une
croix, un incommensurable ciel; au dedans les intan¬
gibles souvenirs.
,

...

Je

vois,

pour

la première fois, dans

une

pièce obs¬

cure, sans autre éclairage que l'or des reliures, cette
femme dont les poèmes m'avaient enchantée. Le corps

disparaissait

des fourrures, les yeux disparais¬
fumés et, de cette inexistence
matérielle, une voix chaudement timbrée montait en
paroles d'accueil. Elle évoquait mon oncle, mort en
noble service et qui avait figuré, disait-elle, à ses yeux
d'enfant, un prince de légende.
sous

saient derrière des

verres

Plus tard, elle me parla de mes petits, de la pous¬
sière d'or qui nimbait le front de Véronique, puis elle
vint à m'entretenir de moi-même et à m'appeler «
pe¬
tite fille

».

Et tel est

l'égocentrisme de

ceux

du monde qui limi¬

tent l'univers à leurs prolongements, que je m'étendais
moi aussi sur les miens, mes soucis, mon personnage

ténu. C'est ainsi que près d'elle, j'ai beaucoup bavardé,
un peu écouté, insuffisamment retenu
: mauvais dépo¬
sitaire d'un trésor de paroles harmonieuses,
de pen¬
sées nobles, de sentiments purs, d'observations sages.
Elle m'a toujours apporté l'enseignement grave et
souriant qui naît du mariage de la connaissance avec
l'humilité. Aux jours où, s'étant levé trop tôt et ayant

jeûné,

on

affirmerait volontiers la primauté de l'esprit,
spiritualité savait vous arracher à la

cet être tout de

présomption par une simple phrase : « parce que je
suis privée d'une côtelette, mon pauvre cerveau
peut penser qu'à cette côtelette

�1)8

BOULARD

LILY

Dans les instants où les

ambitions et l'avidité livrent

chevauchées l'imagination, on la trouvait irradiée
d'une pure et concrète joie, car ses yeux mourants

aux

avaient,

en un

sursaut de vitalité, discerné les

ramiers

des hirondelles.
Elle avait dit
matin
...

aux

»

;

:

«

Je voudrais écrire une prière du

et la grâce lui

Je vois,

répondit.

transfiguré,

matin choisi, ce front
bouche d'où avait

en un

dimensions d'âme; j'entends la

jailli l'interrogation tragique :
0 mains bien-aimées de ma
M'abandonnerez-vous quand

mère,
il faudra mourir ?

Cette bouche qui venait de recevoir le Dieu
l'entends crier l'alleluia de la délivrance :
«

Il y aura un

paradis...

vivant, je

»

...Je vois, dans l'attente des

Pâques, des témoignages

paix, de foi, d'amour : mots rares, mais de ceux qui,
lorsqu'ils ont pénétré dans une mémoire, n'ont plus le
de

droit d'en sortir.

Je vois enfin... mais qu'importe le tunnel de l'ago¬
nie, et que la douleur grimace son dernier assaut, et
que, dans ses dernières exigences, le corps n'autorise à
...

la volonté que le gémissement,
sère de la condition humaine,

naturelle

a

qu'importe l'ultime mi¬

lorsqu'une flambée sur¬
révélé à la créature son éternelle vie.
Lily BOULARD.

�Joglaires

Abem que trop

dormit, mos fraires:
e sos aucèls.
Cal far cantar jois nòstres cels
L'ardoro^a vot% dels joglaires.

Aqui la prima

Cantarem de bòrda
Cantarem de vila
E
E

en

castèl,

vilage,
per la filha e pel mainage,
pel jovenòt e pel viel.
en

Cantarem als camps

pels lauraires
pels dalhaires dins los prats,
E pels segaires dins los blats,
Dins las vinhas pels vendémiaires.
E

E cantarem dins los mercats

:

Sus las

plasetas solelho^as
Las nòstras votses podérobas
Cantar an los sècles pasats.

Aqui lor direm la Croqada
E Trencavèl lo fier lion,
Los Ramons, Pèire d'Aragon,
Esclarmonda la tant aimada.

�LOIZA

I 20

PAULIN

Atal, quand tornaran
La Tèrra nòstra

laur,ar

mespre^ada,

sacrada
qu'an saput l'aimar.

Los fils d'uèi la veiran
Tels rèires

Lor cantarem las bresairòlas
E los cants vièlhs

qu'an demembrat;
Espertarem lo fiòc sacrat
Dins lo gaucli de las farandòlas.
novèls,
Perbòsc, rei dels joglaires,

Dìrem tant-ben los cants
Los de

qu'an, embelinaires,
gaubi blos dels cants d'aucèls.

Los d'Estìeu

Lo

Lor cantarem los vièlhs

trobaires,

grand Arnaut, Jaufrè Rudèl ;
Tot nòstre tre^òr subrebèl
Lescamparem suis camps, joglaires;
Lo

E totis diran encorats
«

:

Mas, la sabiam pas tant polida,

La nbstra

lenga respelida.

Ara, nos abèt^ espertats ! »
Anem !

nos

cal partir, mos fraires,

Lo

lop Montfòrt es plus als forts,
Lop Montfòrt es dins los còrs,
Cantem per lo casar, joglaires !

Lo

LOÏZA PAULIN.

Reialmont, 1947..

�Pregaria

Mon nom,

degun l'a trobat.
degun podi respondre
Qui sab ont se pòd escondre
O se qualqu'un l'a raubat ?

A

...

Amie meu,

Que
La

cercat% lo

nom

tornarià la vida.

me

meuna

Lau^iguèt

ama

que

sebelida

dins la

som.

Mon còr
A vos,

se voldria
fi^ar
beleu, pòd respondre.
...

Es alasat de s escondre
E d1 au\ar pas se pau^ar.

Mon amie, cercatf

Que

me

lo

nom

tornarià la vida.

Espertatq la sebelida
D'aquela marrida som.
Loïza PAULIN.
3

Reialmont,
de julhet 1937.

�BOLEGADISA OCCITANA
L,'Obra de l'Bsoôla

Oarsinôla

fiait concise dins nòstrc numéro de setembre 1946 lo
faguet, l'annada pasada, Z'Escôla Carsinòla.
Ongan, sèm uro\es, al tnoment ont los felibres de Montalban se méton en vacansas, de jitar un càpd'èlh sut fegond prefait que s'acaba.
D'abord, cal dire que los acamps, engimbats per Pèire Gar¬
des e présidais pel capiscàl Frédéric Cayrou, atiran de salas
comolas d'aufigueires que vénon ambe pla\er profitar de las
conferencias plenas d'interès que lor son ofèrtas.
Lo 1" de desembre 1946, Jo\èp Rou\oul faguèt, en lenga nàstra, una polida parladisa sus L'Ama del Vilage, enòstre amie
Jòrdi Machicòt, profesor al licèu de Montalban, dont lo Colège d'Occitania a resapiut tant de probas d'afogament, parlèt
Abèm

bel trabalh que

de Marcabrun et les Femmes.

Lo 12 de ginièr 1947, la sesfilha foguèt consacrada à Teodòre
Calbet, regent del pats gascon, que viu dins sa retirada de

Grifàlas. Andrèu Mittelhauser, qu'es estât son escolan, parlèt
faguèt concise las poefiias ineditas

de l'òme e Pèire Gardes
d'a quel bon felibre.

Lo g de mars, novèl acamp consacrât à Francés Rigal, ancian
capiscàl de l'Escàla, defuntat à Tolo\a lo 20 de desembre 1946.
Lo decan Ernest

Pefourque, jos-capiscàl, parlèt de son

vièlh

amie e de son obra. Lo doctor Caperan, président de l'Academia de Montalban, asocièt aquela companhia al omenage rendut à son ancian confraire.
Lo 10 de mai, es lo baile Pèire Gardes que parlèt, en fran¬
cés, de Mistral e de la naisensa de Mirèlha. L'Abat Miquèl e
los melhors cantaires de la Schola del Mostièr illustrèron

aquela b'ela parladisa onorada de lapre\ensa
de la vila.

de las autoritats

Enfin, lo 7 de junh, aprèp aber au\it la tre\enca partida del
triptic de Jo\èp Rou\oul, titolada L'Ama del Campèstre, es lo
Secretaride l'Escàla Occitana, lo majoral-abat Salvat, que venguèt entretenir los escolans e lors nombro\es amies de la Vida
e de
VObra d'Auguste Forés, « lo darrièr albigès». Dabant
una bêla sala s'acabèt, sus aquel estudi plen d'interès e d'ensenhaments, l'annada escolaria de nàstra societat.
L'endeman 8 de junh, TEscòla Carsinôla anèt d Moisac per
revelhar sa filhala La Clocada dels Clastres, fondada en 1907
e

qu'èra en sbm dempèi la mort de son ancian

Gardes

en

1943.

capiscàl Lotis

�BOLEGADISA

OCCITANA

123

A det\ oras,
cada foguèron

al cementèri, las tombas dels ancians de la Clofondas e, à on\e oras, lo majora l-aba t Salvat
faguet, dins la bêla catedrala de Sant-Pèire, un de. sos plus
bèls prerjcs sus La Litson del Razim.
A doas oras, los montalbanc\es qu'arribàban per autocar
virjtèron los trésors artisiics de la auiat del ra\im d 'or e
las ivstallacions de l'estacion uvala. A cinc oras,
enfin, lo cbnse de la vila, lo senhe
Roger Delthil, aculhisquit los felibres
à la comuna ont los convidats esperàban dins la salai d'aunor del Conselh
Municipal. Lo jos-capiscbl Ernest Pefourque,
sot survivent de V espeli\on de la Clocada, diguèt
un polit poè¬
me, pii lo capiscbl Cayrou pre\entit los palabrairi s : Jbrdi
Machicòt que faguet lo laus e parl'etde la vida e de l'bbra del
darrièr capiscbl Lovis Gardes,
fo\èp Rnurpul que cantèt L'Ama del
Vilage, .e enfin l'abat ]o\cp Salvat, que port'et los vbts
del Felibrige e tiret las
conclurions de la jornada.
Lo burèu de la Clocada es cauft e nostre amie Pèire Gardes
es nommât
per aclamacions e succéda à son paire coma capiscbl.
Aqueste, sut cbp, compléta lo burèu qu'es lo seguent : président
d'aunor : Ivan Lacassagne; jos-capiscbls : Jordi Bacou e Lamolinairie ; clavaire: tstièine Auge ; secretaris : German Bacou
e Desmons ;
cargat de la Biblioièca e del Mu\éu del Ternaire:
Berges e Fossat.
Dembra qu'a sovetar prosperitat à La Clocada dels Clastres
dont la destinada

es

en

bonas

mans.

Lo secretari de servici
Léon TESTE.

L.*ActI-vltat clefs "Amies de la Lenga d'Oc"

(seguida)
Réception d'Auguste Domergue, sendic de la Mantenencia de Lengadôc.

10-1-47
24-1-47

—

—

Charradisa de Marius-A. Amouroux

sus

I.ou Pastre

d'Aubanel, jos la prezidencia d'Edoard Aubanel.
7-3-47
Vesprada en memôria del majorai Joan CariesBrun, jos la prezidencia del profesor Fouilbé, prezident
—

dels «Enfants de l'Hérault»: conferencia de Joan Lesaflre
SUS Caries-Brun felibre montpelherenc.

21-3-47

Vesprada mistralenca, jos la prezidencia dels Ma¬
jorais J. Loubet et R. Lizôp.
25-4-47
Lo poêla gascon Cassaigneau, charradisa de MariusA. Amouroux; cants per «La "Violette de Toulouse ».
9-5-47
Catarisme e Cro\ada albige\a, per Joan Mozat,
profesor agrégat.
—

—

—

�CRI-CRI

12 4

23-5-47

—Vespradaen memòriadeNicolau Lasserre: l'orne,..

Eer
Amouroux,
re, M.-A.
per Rogièr
Roux. l'istorian, per Ivan Gaussen, lo feli30-5-47

—

librige,

Charradisa dePèire-Loïs Berthaud, majorai del Fesus Lo Catarismc e la Cro\ada, en seguida de la de

Mozat.
6-6-47

La Camarga e lo Marqués de Baroncelli, per lo senhe
Toussaint, jos la prezidencia de dòna Bonis, fllha del Mar¬
qués.
20-6-47
Jasmin, conferencia del senhe Jaume Augarde, dé¬
putât à l'AsembladaNacionala, jos la prezidencia del senhe
Delcoustal, prezident dels «Enfants de Fumel».
—

—

27-6-47
Las
Véran.
—

11-7-47

—

Le

poetèsas d'òc de VAtge Mejan

de ubi,

e

per

Juli

journalisme catalan, per Emili Graoner-Barrera

(sezilha occitana-catalana).

Dempuèi lo mes d'abrilh, Rogièr Roux balha un cors de
lenga provensala à qualques joves escolans dels «Amies*-.
JOAN LESAFFRE.

Lo 31 de julhet es mort à Marselha lo majorai Antôni Conio, que, dempèi 1927, portabala Cigala del Trelus o de Sant
Maime. Abant el l'abia portada, de 1876 à 1926, Victor Lieutaud.
Bon trobaire

en

dialècte marselhés, Antôni Conio s'èra

aplicat mai que mai à publicar d'ancians tèxtes. Abia fondât
lo jornal L'Araire que, de janvièr 1937 à décembre 1938, ajét
26

numéros.

Santa Estèla

l'aculhigue dins

Imp. Lauraguaise

-

Castelnaudary.

son

paradis

!

Le Gérant

:

j.

SALVAT.

�Règles de Phonétique Occitane
i° VOYELLES. — a, seul ou dans le
corps
accentué ou non, sonne comme a français;

d'un mot,
mais s'il

terminaison

féminine, il est semi-son¬
nant et se prononce entre a et o, suivant la
région ;
e sonne comme é fermé
français, et è comme è ou¬
vert français ; — i équivaut à i français ; — u
égale¬
ment; mais, après une voyelle, il à le son ou fran¬
çais ; — ò ouvert se prononce comme o français, et
o fermé comme ou
français.
constitue une

—

2° CONSONNES. — b, c, d, f, g, j, 1, m, n, p, q
( toujours
suivi de u ), r, s, t, z sonnent comme en français ; mais
c devant e et i est sifflant comme s
français; -— j sonne

tz, dans certaines régions ; — m se prononce
à la fin de la ire pers. du pluriel des verbes ;

comme

comme n
n

—

est

muet, sauf quelques rares exceptions, à la fin

des substantifs ; —■ r est souvent muet à la fin des
substantifs et des adjectifs, sauf en Provence, ainsi
qu'à l'infinitif; — s est toujours dur et sifflant; —- t est
muet à la fin des participes
présents et de la plupart
des mots

en

ment;

—•

v sonne comme

b, sauf en Pro¬

vence.

3° GROUPES. —ch, lh, nh

se

prononcent: tch, ill,

gn.

IIIIBIIIlIIIIIIRIBailllllllllBIIIIIÎBIIIIItiailll

Pour
chez

Privât, Toulouse

Se
-

oantl,

canti

paraître bientôt
;

Que

pas

eantl,

per

yo

(Si je chante, quand je chante
je ne chante pas pour moi)
POÈMES,

OCCITANS
DE

Philadelphe de Gerde

:

�Les

Beaux

Collection

t.—

2.—
3.4.—

Livres

Occitans

" LO GAI SABER"

Phlladeiphe de Gerde, Eds Crids (Les Harangues),
sirventes en dialecte bigourdan.
Prosper Estieu, Las Oras cantairas (Les Heures
chantantes), sonnets oc ' .ans.
Antonin Perbosc, Lo Oôt occitan
(La Coupe occi¬
tane), poèmes occitans (Prix des Vignes de France).
Abbé Joseph Salvat, Paraulas crestianas (Paroles
chrétiennes), sermons en langue d'Oc, illustrations
de Paul Sibra.

5.—

Philadelphede Gerde,

Bernadeta, poème pastoral.

Beaux volumes in-12 carré, de 200 à
ges, avec traduction
ché, 50 francs.
chez

360 pa¬
française. Le volume, bro¬

Edouard

PRIVAT

«S:

Oie

14, Rue des Arts, TOULOUSE
0/0 Toulouse ll7.24o

A la même librairie

Abbé

Joseph Salvat. - Gramatica occitana (Grammai¬
occitane ). Texte occitan et
français, in-12,
xxiv- 178
p. cartonné, 40 fr.
re

Le Chant languedocien et pyrénéen, recueil de chants
populaires, texte languedocien et" traduction fran¬
çaise, nouvelle édition in-8, xn -138 p., carton¬
né, 33 fr.
Paul Proulio, Meisons per la Garbihra del Felibrige
(Moissons pour le Gerbier du Félibrige), poèmes
occitans et traduction française,
in-12, 248 p. 50 fr.
iiiiiiiiiimiiiiiiiiniiiii

�</text>
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              <text>Salvat, Joseph (1889-1972). Directeur de publication</text>
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              <text>impr. d'Editions Occitanes (Castelnaudary)</text>
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              <text>Vignette : https://occitanica.eu/files/original/1f825978eaceaab2b4b52b50e77687a6.jpg</text>
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              <text>Lo Gai Saber (&lt;a href="http://occitanica.eu/omeka/items/show/13154"&gt;Acc&amp;egrave;s &amp;agrave; l'ensemble des num&amp;eacute;ros de la revue&lt;/a&gt;)</text>
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              <text>1 fasc. (pp. 78-124) ; 22 cm</text>
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              <text>&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;em&gt;Lo Gai Saber&lt;/em&gt; est une revue litt&amp;eacute;raire occitane publi&amp;eacute;e depuis 1919. La rubrique &lt;em&gt;L'&amp;Ograve;rt dels trobaires&lt;/em&gt; est consacr&amp;eacute;e &amp;agrave; la po&amp;eacute;sie, la rubrique &lt;em&gt;Bolegadisa occitana&lt;/em&gt; donne des informations sur l'actualit&amp;eacute; de l'action occitane. La revue fait aussi &amp;eacute;cho des publications du domaine occitan et des r&amp;eacute;sultats du concours annuel de po&amp;eacute;sie occitane de l'Acad&amp;eacute;mie des Jeux floraux.&amp;nbsp;&lt;/div&gt;</text>
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              <text>&lt;div style="text-align: justify;"&gt;Lo&amp;nbsp;&lt;em&gt;Gai Saber&lt;/em&gt;&amp;nbsp;es una revista liter&amp;agrave;ria occitana publicada dempu&amp;egrave;i 1919. La rubrica&amp;nbsp;&lt;em&gt;L'&amp;Ograve;rt dels trobaires&lt;/em&gt;&amp;nbsp;es consacrada a la poesia, la rubrica&amp;nbsp;&lt;em&gt;Bolegadisa occitana&lt;/em&gt;&amp;nbsp;balha d'informacions sus l'actualitat de l'accion occitana. La revista se fa tanben lo resson de las publicacions del domeni occitan e dels resultats del concors annadi&amp;egrave;r de poesia occitana de l'Acad&amp;egrave;mia dels J&amp;ograve;cs florals.&lt;/div&gt;</text>
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              <text>Philadelphe de Gerde (1871-1952)</text>
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              <text>Calelhou (1891-1981)</text>
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              <text>Baraillé, Marie (1895-1968)</text>
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          <name>Contributeur</name>
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