<?xml version="1.0" encoding="UTF-8"?>
<item xmlns="http://omeka.org/schemas/omeka-xml/v5" itemId="20753" public="1" featured="0" xmlns:xsi="http://www.w3.org/2001/XMLSchema-instance" xsi:schemaLocation="http://omeka.org/schemas/omeka-xml/v5 http://omeka.org/schemas/omeka-xml/v5/omeka-xml-5-0.xsd" uri="http://occitanica.eu/items/show/20753?output=omeka-xml" accessDate="2026-05-30T01:53:24+02:00">
  <fileContainer>
    <file fileId="140171">
      <src>http://occitanica.eu/files/original/e39392a19683a692f4c5c5ec8ab1ac7d.jpg</src>
      <authentication>d8699b7e3e29dd66dab3a4263a94ffef</authentication>
    </file>
    <file fileId="140172">
      <src>http://occitanica.eu/files/original/3f493dc6bd367f2e7d5332e7d0daaee2.pdf</src>
      <authentication>c13d5f98cc3c59b0fc591fd79414f4e7</authentication>
      <elementSetContainer>
        <elementSet elementSetId="9">
          <name>PDF Text</name>
          <description/>
          <elementContainer>
            <element elementId="175">
              <name>Text</name>
              <description/>
              <elementTextContainer>
                <elementText elementTextId="653618">
                  <text>29* Annada

N° 224

Mars-Abrilh 1948

Lo Gai Saber
Revisia de l'ESCOLA OCCITANA
—m—
Dis Aup 1

Pironèu

..«►

F. Mistral.

TOLOZA
I4i

Carrlèra dels

Arts,

Lo

14

numéro :

30 1rs.

�SABER

LO GAI

OCCITANA
Administration : EDOUARD PRIVAT &amp; C"
Rue des Arts, TOULOUSE, c/c. Toulouse 117.240
Revista de l'ESCOLA

14,

Pransa : un an

Abonaments :

ENSENHADOR del N'° 224

LOS GRILHS
DEL LAURAGUÉS:

Joseph SALVAT :

SALVAT:
Sully-Prudhomme :

lozèp

Achile Mir:

.

Estrange : un an

Centenaire de la Naissance d'Au¬
guste Fourès.
Auguste Fourès et la renaissance de
la langue d'Oc.
Omenages.
Lettre à Fourès.
Letra à Fourès.

Lettre à Fourès.
Lettre à Fourès.
Lettre à de

Ricard.

Lettre à Fourès.
Letra à Fourès.

Félix Gras :
Paul Mariéton :
Léon Cladel :

Lettre à Fourès.

Frédéric Mistral :

Lettre à la

Arnavielle :
Frederi Amouretti,

La mort

Caries Maurras,

Antonin Perbosc :
L.-Savièr de

Ricard

Prosper Estieu :
CRI-CRI:

.300 tr.

Le

L.-Xavier de Ricard
Auguste Fourès :
Lydie de Ricard :
Napoléon Peyrat :

Auguste Marin :

.

.

(mars-ahrilh 1948)

Frédéric Mistral :

Albert

ISO tr.

.

Letra à
Letra à

Fourès.
Fourès.

famille de Fourès.
d'Auguste Fourès.

Declaracion federalista (très).
Britide à la membria de Fourès
: Brinde à la membria de Forés
Fédéralisme.
A

la
grando
Fourès.

Oumbro

Bolegadisa Occitana :

d'Auguste

de la Lenga d'Oc.
Rôcaguda d'Albi.
Remembre à Narbona.

Los Amies

Escèla
Lo

(très).
(très):

�Lo Gai Saber,

n°224.

mars-abrilh

1948.

Le Centenaire de la Naissance

d'AUGUSTE

FOURÈS

L'École félibréenne des GRILHS DEL

LAURAGUÉS,

de l'ESCOLA OCCITANA et de
la MUNICIPALITÉ de Castelnaudary, se dispose à
célébrer le premier Centenaire de la Naissance
d'Auguste FOURÈS, le dimanche 27 juin 1948. La
fête sera présidée par
sous

le patronage

Monsieur Albert SARRAUT
Capiscol d'honneur de l'ESCOLA DE LA CROTZ-JAUNA
Voici les

grandes lignes du programme :
9 h. 10, réception des Félibres à l'Hôtel-de-Ville par
la Municipalité de Castelnaudary.
9 h. 30, cortège félibréen, inauguration d'une pla¬
que commémorative sur la maison natale du
poète.
12 h. 30, banquet félibréen pour lequel on n'accep¬
tera plus d'inscription après le 20 juin (prix ap¬
proximatif: 400 frs.)
L'après-midi, divertissements régionalistes et fes¬
tival musical.

à Prosper ESTIEU, au cimetière de
Fendeille, à 5 km. de Castelnaudary.
Tous les félibres de l'Occitanie sont invités à cette

17 h., hommage

fête en l'honneur du grand majorai, du
GRILHS et des CANTS DEL SOULELH.
Pour tous

renseignements, s'adresser à M"° Suzanne de Mé

nard, Secrétaire du Comité,

{Aude).

poète des

Hôtel-de-Ville de Castelna

LOS GRILHS DEL LAURAGUES.

��Auguste

FOURÈS

( 1848-1891 )

�Auguste

IFOUIRfS

et la renaissance de la

langue d'oc

Auguste Fourès naquit à Castelnaudary (Aude) le
1848. Nous savons peu de chose sur ses étu¬
des, sauf qu'il eut pour premier maître son propre
père, professeur d'enseignement mutuel, et que, sur
son billet de mobilisation, du 2
septembre 1870, il
8 avril

était déclaré

«

élève de

commerce ».

Mais

déjà cet 0 élève de commerce » s'était trou¬
mêlé, à Toulouse, au mouvement littéraire de la
fin du Second Empire, écrivant dans de nombreuses
publications comme Le Méphistophélès (1868) et La
vé

Barricade

(1871).

Après la guerre de 1870-1871, il s'installa à Cas¬
telnaudary, gérant avec sa mère un commerce de
quincaillerie, et publiant, de 1872 à 1875, quel¬
ques poèmes français, qui lui valurent les compli¬
ments de Sully-Prudhomme, Champfleury, Michelet,
Quinet, Mistral, Victor Hugo, etc... Il écrivait aussi
en
langue d'oc, comme en témoignent des poèmes
datés de novembre 1871 et du 4 août 1873. Castel¬
naudary était alors un petit centre littéraire, où Ga¬
briel Peyronnet, Jean-Paul Vidal', Auguste Galtier
continuaient la tradition occitane du curé Belmas

—

qui devait mourir archevêque de Cambrai -—, du
curé Cazaintres, du curé Revel, du chansonnier
Combette, de Labouisse-Rochefort, etc.
Au

cours

relations

de l'année

avec

1875, Auguste Fourès entra en
Carcassonne.

le félibre Achille Mir, de

Celui-ci, qui avait été couronné l'année précédente
grandioses fêtes d'Avignon en l'honneur de
&amp;

aux

■

�176

AUGUSTE

FOURÈS

était à l'affût de toutes les recrues qu'il
Félibrige. Le mouvement de ré¬
surrection occitane, né en Provence avec le Félibrige
en 1854,
avait passé le Rhône. Albert Arnavielle,
d'Alès, et Louis Roumieux, de Nîmes, avaient porté
la flamme à Montpellier, où, dès le mois de février
1869, se fondait, sous l'impulsion du comte Charles
de Tourtoulon, là Société pour VEtude des Lan¬
gues Romanes. Celle-ci publiait, dès 1870, la Re¬
vue des
Langues Romanes, où paraissaient, à côté
des études littéraires et philologiques de Montel,
Cantagrel, Boucherie, Glaize, des poèmes de Mistral,
Aubanel, Achille Mir. Romanistes et félibres joi¬
gnaient leurs efforts pour la résurrection de la langue
d'oc, et tendaient la main à la Société Archéolo¬
gique de Béliers qui, depuis 1838, couronnait la
poésie occitane.
trarque,

pourrait

amener au

La Société
d'accord avec

pour VEtude des Langues Romanes,
Mistral, organisa pour 1875 un con¬
cours philologique
et littéraire. Le 31 mars de cette
année, un jury qui comptait Emile Egger, Michel
Bréal, Gaston Paris, Milà y Fontanals, Mistral, Bou¬
cherie, Revillout, couronnait de nombreux poètes :
Félix Gras, Tavan, Langlade, Arnavielle, Joseph
Roux et Achille Mir. On annonça un prochain con¬
cours pour 1878, et la Municipalité de Montpellier
adressa à l'Assemblée Nationale un vœu demandant
la création de chaires de langue d'oc à Toulouse,

Montpellier, Aix.
Le 6 septembre, Achille
Fourès de plusieurs envois

Mir remerciait Auguste
poétiques, dont deux piè¬
ces en langue d'oc qu'il adressait
à Albert Arna¬
vielle. Celui-ci, qui avait publié en 1875 l'Armand
Cevenòu, transformait cette publication en Armanà
de Lengadò où devait paraître en 1876 la poésie de
Fourès Fai-m'un poutou. Achille Mir envoyait
aussi à Fourès VAvans-prepaus que Mistral avait
écrit pour sa Cansou de la Lauseto.

�JOSEPH SALVAT

177

Auguste Fourès s'enflammait au contact d'Achille
20 septembre, Mir lui donnait
quelques
leçons d'orthographe langufedocienne, et lui annonçait
qu'il-l'enrôlait, avec les écrivains de langue d'oc de
Castelnaudary, dans la Société des Félibres de
Languedoc qui s'organisait à Montpellier. Sollicité
par Mir et Arnavielle, Auguste Fourès vint assister
Mir. Dès le

à la réunion où

se constitua cette société. La séance
lieu le 4 novembre à Montpellier, sous la prési¬
dence de M. Cantagrel, vice-président de la Société

eut

pour l'Etude des Langues Romanes : il y avait,
d'après une lettre d'Achille Mir, vingt-un présents,
parmi lesquels Arnavielle, Clair Gleyzes, Antoine
Roux, Camille Laforgue, Cavallié, Langlade, Chris¬
tian de Villeneuve-Esclapon, etc... Les félibres de
Béziers n'étaient pas venus ; on nomma cependant
Gabriel Azaïs, le vétéran biterrois, romaniste et
poète, président de la Société qui devait quelque
temps après changer son titre en celui de Mainte¬
nance de
Languedoc. Parmi les 66 membres de la
Société naissante, dont les noms figurent dans l'Ar¬
mand de Lengadb pour 1877, se trouvaient les prin¬
cipaux écrivains de la Renaissance occitane à l'ou¬
est du Rhône. « Dans la pensée des fondateurs,
lisons-rious dans la Revue des Langues Romanes
d'octobre 1875, des Sociétés semblables pourront
être formées en Gascogne, en Béarn, en Limousin,
_

et même en

Catalogne

...»

Sur la recommandation
Fourès alla prendre, chez

d'Achille Mir, Auguste
l'imprimeur Hamelin —•
à qui la Renaissance occitane doit tant — les Notes
sur
l'orthographe que M. Cantagrel venait d'écrire
introduction à La Cansou de la Lauseto.
Il n'avait pu les utiliser pour sa première production
poétique en langue d'oc qu'il avait livrée à l'impri¬
meur avant de
partir pour Montpellier, La Crois
de Vlnoundaciu : cela explique la forme défectu¬
euse de ce
poème, que Fourès corrigera pour une
comme

�i78

AUGUSTE

seconde édition

FOURÈS

1879, sous le titre La Croux (1)
Aigat.
Le 19 septembre, Auguste Fourès s'était rendu à
Toulouse, où il avait vu les ruines accumulées d'ans
la capitale languedocienne par l'inondation des 23 et
24 juin. Déjà, il avait publié, dès juillet, un poème
français sans grande valeur, Les Sauveteurs obscurs,
inspiré par cet événement tragique. Après sa visite
de septembre, il écrivit en langue d'oc La Crois
de l'Inoundaciu. Ce poème, précédé d'un Abanprepaus en prose, comprenait 25 strophes de quatre
vers, la première commençant par A, la deuxième
par B, la troisième par C, etc... d'où le nom de Crois
en

del Grand

(Alphabet).
Aï! dins soun brès trenat, de bim,
Un mainatjou durmis encaro,
Paure cassanel ! Sus sa caro
La mort a fait laura soun brim.

—■

Bejats ! L'aion bestit, courriò e bresilhabo
Coumo'n roussignoulet al mièi del mes de Mai ;
Qui ai 0 d'elhous poulits e que les alandabo !
L'aigo les a tampats e tourrats per jamai.
Cinq ans!

...

etc... (2).

Fourès distribua à

ses amis les exemplaires de sa
plaquette à la fin de novembre. Déjà, le 19, Achille

(1) On appelait croux, ou crouès, en Lauragais, l'alphabet,
parce qu'on avait collé une croix de papier sur la couverture
des vieux alphabets. N'es à la crouès : il en est à l'a b c.

(2) Ah! dans son berceau tressé, d'osier, un petit enfant dort
encore, — pauvre petit mignon ! Sur son visage la mort a fait
tracer des sillons à son venin.
Voyez ! On l'avait habillé pour la première fois, il marchait
gazouillait comme un petit rossignol en plein mois de Mai ;
qu'il avait de jolis petits yeux et comme il les ouvrait bien !
L'eau les a fermés et glacés pour jamais.
Cinq ans !
etc...
et

...

�JOSEPH SALVAT

'79

Mir lui avait envoyé sa Cansou de la Lauseto.
Ravi de cett^-œuvre, Fourès écrivit immédiatement

langue d'oc

en

une

notice qu'il fit imprimer à Car-

titre : Les Felibres. Achïlo Mir
la Cansou de la Lauseto. Nous y lisons, sous la

cassonne
e

sous

ce

même

orthographe rendue
coquilles d'imprimerie

des

encore

plus incertaine

par

Qu'un pl'asé abèn agut
relugin aquelos oubretos que halo un
:

lu g in e
mai que perlos d'or ! Ne sabion quasquos unos,
abant de las bese estampados, e nous brembaen,
en

las

tournait recita, le joun que Moussu Mir
diguèt, pel prumie cop. La Clouco e lou Pouletou ; besèn sous èls clars e bius, sas
g autos sourisentos, soun bel froun, — ausissèn sa bouts
francasso, — e coussi brassejo al punt que caly
en

nous

coussi amasero les bèlis mots de nostro
d'Oc ! etc...

e

lenguo

Auguste Fourès reçut beaucoup de compliments
deux petits opuscules. Citons Arnavielle :

pour ces

Te laisse

en

te

félicitant tourna de ta Crous. Ai

très

pichots mainatges que, per aprene lour licou,
n'aurait de long-tems d'autros bessarolos que las
tèus. (2 décembre). Achille Mir: Que bous dire
d uquel libretou de
bert-espèro ount me fasets
mounta jusquôs à las brumos ! (6
décembre). Et
Mistral : « Votre entrée aussi brillante qu'imprévue
dans le monde félibréen
de

printemps

bras

».

fait l'effet d'une

me

; je m'éveille ravi, et je

(6 décembre).

,

vous

aurore

tends les

.

Fourès commença aussitôt de beaux poèmes, et le
janvier 1876 Achille xMir le félicitait pour les pre¬
mières strophes de son Cant des Poutiès. Celui-ci
devait paraître, cette même année, dans la Revue
des Langues Romanes, après La Cansou des Pou3

tous.
Mais voici
et

de

Fourès recevait, venant de Paris
janvier, une lettre de Louis-Xavier
Ricard, à qui il avait sans doute envoyé ses œu-

datée du

que

20

�i8o

AUGUSTE

vres

:

«

Je

ne

saurais

vous

FOURÈS

dire le plaisir que j'ai à

trouver, en vous, un coreligionnaire, si viril et si
convaincu, et d'un talent qui m'est si sympathique... »
Cette lettre est à l'origine d'une orientation décisive:
Fourès allait être désormais le chantre de la patrie
occitane écrasée par la Croisade.contre les Albigeois.

Chaque jour,
en

même

son

programme

devait

se

préciser

en

temps que s'affirmerait son talent.

Il retrouvait L.-X. de Ricard à

assistait

Castelnau-le-Lez,

lui, Lydie de Ricard et la sœur de
celle-ci, à la Sainte-Estelle d'Avignon où, le 21 mai
1876, s'organisa le Félibrige, et où furent nommés
les premiers majoraux, parmi lesquels Arnavielle,
Mir, et l'abbé Couture, directeur de la Revue de
et

avec

Gascogne.
C'est alors qu'il décida, avec L.-X.'de Ricard, de
publier La Lauseto, armanac dal patrioto lengodoucian, recueil infiniment précieux qui parut en
1877, 1878, 1879, et 1885, et où se trouvent les plus
belles œuvres du poète lauragais. Ce Félibrige nou¬
veau, républicain, anticlérical, fédéraliste, qu'on de¬
vait appeler « le Félibrige rouge », groupait un grand
nombre de poètes et d'hommes d'action des provinces
françaises et des pays voisins ; il n'empêchait pas
Fourès de participer aux manifestations du Félibrige
officiel qui s'étendait de plus en plus vers l'ouest.
Si Fourès alla à Paris, en janvier 1877, avec la
famille de Ricard, pour y connaître les félibres de
la capitale, et saluer, 'à Saint-Germain en Laye, le
pasteur protestant Napoléon Peyrat, historien des
Albigeois, qui devait être comme «le père du Féli¬
brige rouge», il assistait, le 25 mars, à Montpellier,
à la première assemblée de la Maintenance de Lan¬
guedoc, où l'on reconnut officiellement l'existence des
trois premières Ecoles félibréennes du Languedoc :
VEscolo de la Mióugrano à Nîmes, la Soucietat
das felibres gardounencs en Alès, VEscolo dau
Par âge à Montpellier.

�Joseph

Il revint
de

181

Avignon

pour la Sainte-Estelle de mai
mai 1878, à la célèbre SainteMontpellier où Mistral déclama sa fa¬

en

1877. Il assista, le
Estelle

salvat

24

Ode A la Raço latino. Les félibres
rouges
tinrent à manifester leur indépendance
par l'orga¬
nisation d'un banquet spécial, « le Banquet de l'A¬
louette ». Il s'ensuivit des froissements et des
que¬
relles qui amenèrent Fourès à démissionner du Fémeuse

librige au début de 1879 (Lettre à Jules Troubat du
17 février 1880).
Cette décision

ne
fut sans doute pas prise au sé¬
le sage Mistral, mais Fourès se tint un peu
à l'écart. On ne l'avait pas vu, en 1877, à Toulouse
où-s'organisait la Maintenance d'Aquitaine (8 octo¬
bre) avec Paul Barbe, le comte de Toulouse-Lautrec,
Caries de Carbonnières, Castella, Chastanet,-etc...
On ne le vit pas davantage quand Mistral, ayant été
nommé maître ès-Jeux Floraux le 14 juin
1878, prit
place dans la vieille Compagnie le 3 mai 1879. Il
n'était pas non plus dans les rangs de l'éphémère
Escolo de Goudouli, fondée par Mistral le 4 mai

rieux par

dans les salons de l'Hôtel Tivollier.

Toulouse ouvrait alors officiellement

ses

portes au

Félibrige. Jusqu'ici, les Toulousains qui rimaient en
oc, tels que Vestrepain et Mengaud, ne savaient rien
du

mistralien. Cette année 1879 voyait
Jeux Floraux, le Félibrige installé sur la
Garonne, la langue romane enseignée à l'Institut Ca¬
tholique par le majoral-abbé Couture. Le majorai
CHabaneau l'enseignait aussi à Montpellier depuis
mouvement

Mistral

aux

novembre

1878.

Fourès, lui, souffrait de désillusions profondes. Il
perdu, dès 1877, sa jeune fiancée Jeanne Wilson, belle-sœur de L.-X. de Ricard ; beaucoup de
ses amis étaient morts ; de Ricard s'apprêtait à par¬
tir pour chercher fortune en Amérique du Sud. Fou¬
rès, hélas ! fit de la politique. Conseiller municipal
avait

'

�AUGUSTE

FOURÈS

maire de Castelnaudary en février 1878,
journaux, dirigeait La Cité de
Carcassonne (1879-1880), prenait part à des campa¬
gnes électorales, se présentait sans succès à la dépu-

et

adjoint

il

écrivait dans les

tation

en

au

1881, etc...

Félibrige fit cependant de lui un majorai à la
Sainte-Estelle de Marseille en 1881, et le Consistoire
baptisa sa Cigale d'or du nom de Cigalo de la Libertat. Il prenait part'aux fêtes et aux concours lit¬
Le

téraires. La Société Archéologique
donnait en 1881 son rameau d'olivier

de Béliers lui
d'argent. Mais,

juillet de cette année, il n'assistait pas aux réu¬
d'Aquitaine tenues à Tou¬
louse sous la présidence de son ami le comte de Tou¬
louse-Lautrec. En revanche, il se trouvait à la SainteEstelle d'Albi, le 4 mai 1882, et peut-être y eut-il à
table, pour voisin, un professeur du Lycée d'Albi
qui s'appelait Jean Jaurès. Cette même année, il
avait fondé avec Prosper Estieu un revue, La Poésie
moderne, où la langue d'oc n'avait pas la première
place. En 1883 en revanche, pour prouver les senti¬
ments patriotiques des écrivains occitans, il prenait
l'initiative d'un recueil poétiquev Per l'AlsacioLourreno, qui groupait les plus célèbres signatures.
le

20

nions de la Maintenance

en proie à de croissantes difficultés
matériel, Fcurès vivait à Castres dans l'ex¬
pectative d'une situation toujours fuyante, ou à Tou¬
louse adonné au journalisme. Il dirigeait avec le
marseillais Jean Lombard T^a Revue Provinciale en
1884 ; il publiait pour 1885 un quatrième et dernier

Désormais;

d'ordre

almanach de La Lauseto ;

il fondait

avec

François

Audiger, de Tours, en 1886, la Société des Amis de
Rabelais ; il dirigeait, de 1885 à 1888, à Toulouse,
Le Petit Toulousain, supplément hebdomadaire de
La Dépêche ; il organisait, en 1886 et 1887, les con¬
cours
poétiques bilingues de La Muse Toulousaine ;
il. faisait quelques voyages à Marseille, Bordeaux,
Barcelone, écrivait dans de nombreux journaux et

�joseph

français

183

salvat

langue d'oc, et prépa¬
premier volume de vers
occitans, Les Grilhs, qui parut en décembre 1887.
Mais la maladie qui le guettait, et contre laquelle
il luttait avec énergie, eut raison de lui et l'obligea à
une
retraite prématurée à Castelriaudary en avril
revues

en

rait enfin

1888. Ce

comme en

l'édition de

son

furent alors trois

ans

de

souffrances

cru¬

elles, pendant lesquels il publia de nombreux opus¬
cules de folklore et d'histoire locale, correspondit
avec de nombreux écrivains,
dirigea même quelque
temps, de son lit de.malade, le Supplément littéraire
et artistique du Gril, journal des patoisants de Tou¬
louse, et prépara l'édition de son deuxième recueil,
Les Cants del Soulelh, qui parut au printemps de
1891.
Cette même

année, le

4

septembre, il mourait. Sur

tombe, qui fut la cause et le témoin de violentes
querelles, se rencontrèrent Antonin Perbosc et Prosper Estieu, qui devaient continuer son œuvre. Tout
sa

aussitôt naissaient des Ecoles vivantes

et

fécondes,

VEscolo Audenco à Carcassonne ayant pour organe
La Revue Méridionale, et Y Escolo Moundino à
Toulouse, avec Le Lengodoucian et Terro d'Oc.
Trois ans après la mort de Fourès, l'Académie des

Jeux Floraux, après de rudes polémiques, rouvrait
ses concours à la langue d'oc.
Désormais, le Félibrige allait s'étendre sur le
Pays de Foix, la Gascogne, le Béarn, le Quercy, le
Eimousin, l'Aquitaine et tout le Sud-Ouest.
Joseph SALVAT.

�0MEN4GES
Dins la

pòd veze quna
trobaire lauragués. Me som

correspondencia d'Auguste Fourès óm

e fôrta personalitat èra lo
pensât que fariai plazer à nòstres escolans en
tras ineditas, omenages cauzits entre rnila. E finirai
chona cauzida en fazent concise qualques documents

granda

per

publicant de leaquela piinspirais

la mórt de Fourès.

Aici d'abord cosi un dels plus grands parnasians, SullyPrudhomme, remerciaba Fourès dels poèmes escrits en francés :
Antée, Marsyas.

Paris,

5

juin 74.

Monsieur e.t cher Confrère,

Je viens de relire votre beau poème

de Marsyas,

la bonté de m'adresser ; de nom¬
breuses occupations ne m'avaient pas permis encore
d'apporter à cette lecture tout le soin que l'ouvrage
mérite. C'est avec une pleine conscience de mon im¬
pression que je puis aujourd'hui vous féliciter d'avoir

que vous avez

eu

si francs ; il y a, ce
progrès encore sur votre Antée qui
m'avait déjà singulièrement frappé ; l'épithète est
plus sobre, rarement redoublée, ce qui est un signe
d'absolue justesse ; je regrette quelques mots d'un
archaïsme inquiétant, mais en revanche, vous faites
trouvé

me

des accents si mâles et

semble,

un

rusti¬

bel usage de certains vieux vocables d'une
cité puissante, qu'il est bon de remettre en honneur.
un

d'expression qui
mien
que je sais être parfois timide. La témérité se corrige
trop d'elle-même avec le temps; elle est mille fois
préférable au scrupule excessif qui énerve le style.
Aussi je m'en tiens à admirer votre amour profond
de la nature, l'énergie et la richesse de vos images,

Je n'insiste pas sur des hardiesses
tiennent à'votre

tempérament, si différent du

vos vers. Il y a dans ce que vous
quelque chose de grand qui prend l'âme. C'est
excellemment de la poésie.

la. forte facture de
faites

�hj.

achile

Je
avec
mon

185

mir

prie, Monsieur et cher Confrère, d'agréer,
remerciements, l'assurance nouvelle de
entière sympathie. '

vous

mes

Sully- Prudhomme.
Achile Mil", lo felibre de Carcasona, foguèt uros de menar
Fourès al Felibrige. Ambe quna fe, arabe qun estrambôrd li

escribia,

en

li donant los primièrs conselhs per una grafia mens

endecada!

Carcassouno, lou

Moun brabe

e

20

de ybre 1875.

ardent felibre,

Soui rabit de bous, car, à mous els,' balèts un
pesant d'or per nostro soucietat frairenalo. Brabississimo ! manejats ta pla lou Lengadoucièn
courno lou franciman. Ei parlât de bous à l'amie
Albert d'Alès. Bous sang-beu, e i atrïo de fa
bostro couneissenço. Nebara pas, osco seguro,
•abant que bous escrïgue. Lous felibres de Castelnaudàri soun enroullats joust la banièro à bras¬
ses alàndats. Felicitacius sus touto la ligno ! Aro

d'uno questiu dalicado, s'agits
Nous cal, autant que poussible
faire, sustout lous dal même pais amé

que bous parle
de l'ortografo.

pouira

se
lous dal besinat, escriure de la mémo
Ma Cansou de la Lauseto pourtara, en

faissou.
noto, un

pichou tratat d?ortografo e de prounounciaciu
que Nostre-Senhe de Malhano, Mistral, lou mèstre subre toutis lous

mèstres,

a

counsacrat. Pen-

faren pla de nou'n tene aqui. Dounquets
pas pus de âou, !ou, ï de aire, y de jamay, é de
béndrai, brésilha, etc. Lou mens de titoulets (ac¬
cents) poussible.
Escriguen : fau, lèu, biu, parauto; póu, biòu; naciu, litçou; aire, pa'isan, embio, etc. Goudouli, à
pauc de causo proche, pot nous serbi de moudèlo. Pensi que sarets de moun abis.
Aprenèts la bouno noubèlo : à l'ouro presento, la soucietat coumto mai de 40 Felibres felisi■ que

�i86

OMENAGES

brejants. Tout acò canto coumo las cigalos sus
sauses al mes
de la cagno. Crèbets pas bostris
miralhets que cal que tindoun à l'abant-gardo ;
bous coumtan per un das bous. Lèu-lèu ajoustaren uno tièro de Manteneires pas felibres, mes
que fournirait de courdèlo ou de flour de ginèsto, me coumprenèts. Mistral sara président dé ounou; lou beteran Gabriel A^aïs de Be^iès, pré¬
sident das felibres e Laforgue de Quaranto, un
richard afougat, président das Manteneires.
Daissats courre l'aigo, bel amie de Dius, lou cèl
es

ame

nous

autris.

Bibo

Mistral ! Bibo

Mièchjour ! Lou bent es al Felibritge, e
tissi pourtat sus las alos dal bent. Cal
gue rete, car soui pas de plumo ...
A bous de tout

lou

me senque sia-

cor.

"A. Mir.
La letra d'Achile Mir, tant pintoresca, deguèt regaudir lo
libre de Castèlnôudari. Mas que dire d'aquela que recebia
Mistral dos mezes plus tard.

fede

Maillane, 6 Xbre 1875.
Monsieur

Je suis bien

en

et

cher

retard

Confrère,

avec vous.

Le Lion, Les Sau¬

veteurs, Les. Nouvelles méridionales me criaient
depuis longtemps: tu dois un grand bravo à Augus¬
te Fores (sic). Et je paressais toujours, mais votre
entrée aussi brillante

qu'imprévue dans le monde fé(sic) me fait l'effet d'une aurore de printemps.
Je m'éveille ravi, et je vous tends les bras. Si vous
arriviez par l'étude à vous faire en languedocien un
style fort et clair comme celui de vos œuvres fran¬
çaises, vous trouveriez la récompense dans la région
où vous vivez. Au lieu de nous inspirer des échos
d'outre-Loire, écoutons le vent qui souffle dans les
arbres du pays, et nous aurons une raison d'être au
milieu de tout ce qui vit.
Vous savez votre langue d'Oc. Mais il faut vous
dépouiller des idiotismes trop incorrects. L'étude
libren

�l.-xavier

des

de

ricard

187

serait d'un grand secours.
vitbrio et non bittoiro, legin
et non lugin, famouso et non famuso, barjacon
et non barjaquoun, vous serez plus agréable à lire
et plus latin
En somme, je vous applaudis, je vous
remercie et je crois en vous.
troubadours

Quand

vous

vous

écrirez

:

...

F.

Mistral.

Que nôstres escolans siaguen
-escriure

rajar

en

sos

pas estonats de veze Mistral
francés. Atal fazia lo Mèstre, per non pas desco-

correspondents.

Aici, ara, una de las primièras letras de Loïs-Savièr de Ri¬
card, ont se vei, à cada linha, una ama afogada, un esperit de
lucha

e

de batalha.

Jeudi
Cher frère

et

2 mars

1876

ami,

D'abord un remercîment
quoique un peu tar¬
dif
de l'annonce que vous avez faite de mon hist.
—

—

de

Languedoc, dans

le Moniteur de la Lozère.

Je

vous adresserai la semaine prochaine un certain
nombre de prospectus, vous priant de les distribuer

plaira ; et La Vie Littéraire doit publier
ou l'autre votre sonnet de Jean Ziska;
si je n'avais pas été souffrant — et je ne suis pas
•encore bien remis —, La Vie Littéraire aurait mieux
soigné les félibres. Mais cela viendra; et, je ne sais
pas si je vous en ai déjà parlé, j'ai obtenu de Collignon qu'il consacrât, de temps en temps, un certain
espace aux félibres, — mais pas aux réactionnaires,
à

qui

vous

cette semaine

s'entend

—.

Je suis aise que mes projets vous plaisent. Il nous
tfaut, mon cher ami, une activité terrible. Dès que
je vais être de retour, je vais m'occuper de lancer
un
appel à des fonds pour le journal à un sou. C'est
là l'œuvre capitale de propagation et de vulgarisa¬
tion pour nos idées, j'y pense incessamment — à la
manière de le faire, aux matières à y mettre, etc.

�OMENAGES

188

un jour plus longuement, car vous
lequel je compte le plus. Et il nous
faut songer aussi à notre almanach, — car, que nous
nous entendions ou non avec Les autres, le 21 mai,
il nous est permis, comme citoyens, de faire ce qui
nous convient pour la propagande de nos idées.

Je

vous en

êtes

celui

écrirai

sur

propos, je reçois une lettre de Mistral, à l'ins¬
même, très aimable, et dans laquelle il semble
annoncer une tolérance de bon augure. Je ne pense
A

ce

tant

qu'il reste avec le papalin Roumaoille. Un jeu¬
d'Avignon, qui l'a vu dernièrement, m'a
dit qu'il était très indisposé contre l'éditeur de la rue
St. Agricol, et qu'il lui avait reproché son fanatis
me. Le réactionarisme (sic) de Mistral, si j'en
juge
par la lettre qu'il m'écrit, est basé sur de singuliers
malentendus historiques et politiques. Pour m'expliquer les contradictions, que je me suis permis de si¬
gnaler dans son œuvre, il me dit qu'il craint, dans
la révolution, cette tendance unitaire qui se propose
de tout niveler et d'effacer toute différence entre les
peuples. Je répondrai au capoulié qu'il se méprend
beaucoup, que la révolution, qui a été forcée parfois
pas
ne

homme

et de s'unifier contre les coalitions en¬
peut être le parti de l'unité puisqu'elle a
pour but de supprimer l'autorité par la liberté; que
si une doctrine est unitaire entre toutes, c'est celle du
catholicisme qui est la négation violente de la liberté,
c'est-à-dire de l'individualité humaine. Je ferai ob¬

de

se ramasser

nemies,

ne

majoural (sic) que ses préventions contre la
l'empêchent d'être au courant de ce qui se
passe dans notre parti, et de bien connaître nos prin¬
cipes et nos tendances ; sans quoi il saurait qu'il exis¬
te un parti fédéraliste, en plein progrès, et que les
républiques constituées, qui sont notre idéal, sont
justement les seuls pays du monde où soit respectée
l'autonomie des peuples — je veux dire la Suisse et
les Etats-Unis. Il lira ma lettre et il en fera ce qu'il
voudra. Mais qui sait si, instruit par les dernières
élections, assuré enfin de l'impuissance de la réacserver au

révolution

�auguste

fourès

tion, Mistral-Caleftdàu ne comprendra pas qu'il n'y
a
plus de chance pour son idée dans la République! —...
Où
Si je

êtes-vous de votre poème sur le Lauragais?
pouvais en avoir un morceau — bien caracté¬
ristique ,— pour insérer dans l'article que je vous
prépare dans La République — lequel paraîtra non
pas la semaine prochaine, mais la suivante.
en

Nous avons demain une première réunion
association méridionale. J'y verrai M.

notre

gette

à qui j'ai écrit

et

pour

Lafaqui m'a répondu qu'il s'y

trouverait.

Lenierre m'a promis de vous envoyer le Parnasse.
Je regrette bien de ne pas avoir été plus tôt en rela¬
tion avec vous ; j'ose croire que vous n'auriez pas été
écarté par la coterie qui a fait ce Parnasse; c'est
moi qui ai fondé le Parnasse, jadis; et, comme tel,
j'ai, malgré tout, conservé, naturellement, non pas
aucune espèce d'autorité,'mais un
peu d'influence...
A vous de cœur, fraternellement.
L.-Xavier

de

Ricard.

A-n-aqueJa letra venguda de Paris, ont L.-S. de Ricard ve¬
de fondar La Cigala ambe Maurici Eáûre e lo pintre Bau¬
douin, Fourès s'aco.itèt de respondre.
ina

Castelnaudary, le 6

mars

i8j6.

Frère,
Voilà donc lès élections bâclées ! Dans l'Aude,
les candidats républicains Rougé et Mir ont été élus.
Vive la

République !
quelques jours, j'adresserai plusieurs articles
sur
votre Histoire populaire de Languedoc aux
journaux démocratiques de l'Aude, de la HauteGaronne et du Tarn; j'attends toujours vos prospectus.
La Vie Littéraire n'a pas encore publié mes son'nets. J'ai lu dans le n° 5 de ce journal la délicat,
page de votre compagne, — comme elle a délici—
Dans

�ì

omenages

190

ment

en honneur nos vieux vocables qui fu¬
dédaignés et qui sont si expressifs ! Elle a
oeuvre de bonne et ardente méridionale, et je

remis

rent tant

fait là
la salue fièrement.

houspillé Roumanille ! Bravo ! — Je crois,
que le grand félibre de Maillane ne
s'obstinera pas, après nos victoires, à s'enfoncer plus
longtemps dans le passé fait de mensonge, de haine
et de crime ; criez-lui, criez-lui bien fort : « En dabant ! En dabant ! Bès Le soulelh del mounde
Mistral

comme

a

vous,

noubèl ! Bès la Republico federalo que sara lou
paradis des omes libres ! »
N'oubliez pas de me dire ce qui s'est fait à votre
première réunion. — M. Lafagette s'y trouvait-il ?
Je recevrai le Parnasse avec grand plaisir, — et
je n'oublierai pas d'en rendre compte dans La Fra¬
ternité.

Je suis entièrement à votre disposition et pour l'Alle journal : souvenirs d'histoire lo¬
cale, nouvelles, études artistiques et littéraires, vers,
countaralhos, tous (sic) mes productions en porte¬
feuille vous appartiennent, — je vous les offre de
manach et pour

très bon

Je

cœur

et

gratuitement

...

envoie les deux sonnets qui ont été refu¬
le comité du Parnasse — et tout ce que j'ai
poème : Le Lauragais. — Sabi pa,s ço que

vous

sés par

de mon
tout aco bal !
A vous,

frère et ami,

A. Fourès.

de Ricard debia jamai paresLe Lauragués, demorèt al mê¬
me
punt, e pareguèt plus tard dins Los Grilhs titolat Les Flai¬
rons. Abèm los dos sonets refuzats per lo Parnase, sabi pas
perquè, ja que son plan polits.
Som uros de donar la primièra letra escrita à Fourès per sa
«filhòla», dòna Lidia de Ricard. Fourès abia laisat sos amies
en Avinhon, ont èran
anats ensemble per la Santa-Estèla de
1876. Aquela letra escrita per Lidia foguèt lo comensament
d'una correspondencia precioza.
"L'Istòria de Lengadòc de L.-S.
Lo poème dont parla Fourès,

tre.

�LYDIE

DE RICARD

Ca.ste.lnau,
Monsieur

2g

mai 1876.

Fourès,

Devinez où est Louis ? à Paris ! En rentrant au
mercredi soir, nous trouvâmes un télégramme

Mas

annonçait que la mort subite d'un de nos
présence de mon mari indispensa¬
ble, là-bas ; peut-être 3^ a-t-il quelque petit hérita¬
ge là-dessous ; c'est ce qui console Louis, sinon de
la perte qu'il vient de faire, du moins de ce surcroît
qui

nous

cousins rendait la

de

fatigue et d'une si malheureuse interruption dans

ses

il

travaux; d'ailleurs ne sachant combien de temps
retenu dans sa chère capitale (où il avait

sera

juré de ne plus retourner que pour la pctroler), il
a
emporté de quoi satisfaire au plus pressé : son ar¬
ticle sur la fête'd'Avignon.
Ne

(sic) de ma lettre; pensant bien
écririez aussitôt votre arrivée (sic), il
m'a priée lui-même de vous avertir par courrier de son
absence, afin que vous ne sojnez (sic) pas surpris du
laps de temps qu'il mettra forcément à vous répondre.
Je ne puis tarder davantage à 'vous dire combien
je suis touchée pour ma part de la façon délicate et
flatteuse dont vous cro}7ez devoir reconnaître notre
si incomplète hospitalité : le dernier vers m'a fait
venir les larmes aux yeux; mais comment nous revous

étonnez

que vous nous

mercieriez-vous donc si

nous

avions fait pour vous

faites pour nous? Je suis
bien heureuse que Louis ait enfin trouvé Un ami, un
véritable ami : il a été si peu gâté du côté de l'ami¬
tié ! Il est difficile de l'être moins, je crois. Cet isolepient dans ses idées l'avait même bien découragé,
avant notre mariage ; depuis, le goût et l'intérêt que
j'ai pris à ses études, sans les partager autant que
je le voudrais, l'a bien réveillé et stimulé ; mais que
vous pouvez davantage ! 11 est peu pratique, pas as¬
sez persévérant dans l'action ; cela vient, sans dou¬
le dixième de

te, des

ce

que vous

obstacles incessants et souvent ridicules

où

�OMENAGES

IQ2

énergie s'est heurtée depuis 15 ans déjà. A ma
connaissance, il possède en portefeuille la valeur de
six à huit volumes d'oeuvres diverses ; si vous aviez
son

rester davantage,

pu

je

vous

aurais montré tout cela.

Je m'arrête, car une fois sur ce terrain, je ne sais
quand je cesserais ; que je vous communique seule¬
ment une idée qui m'est venue cette nuit ; ne pensezvous
pas que l'Histoire de Languedoc traduite en
Languedocien, et simultanément publiée aurait
un grand
succès? Je sais bien que les frais seraient
doublés, mais si nous héritons ! ... Je vais en écrire
à Louis tout à l'heure ; peut-être objectera-t-il que
la publication en français n'aurait guère de chance
d'être achetée ; pourtant le nombre des félibres n'est
pas encore si grand que cela, malheureusement; cela
serait vraiment populaire et d'une propagande
inouïe pour les bons principes fédéralistes et anti¬

catholiques dont il va nous farcir gentiment ses cinq
petits volumes : quelle régalade pour l'espèce roumanille !
Louis est allé voir Gras ;
vous
nous

je lui laisse le plaisir de
parler de leur entrevue ; pendant sa visite, nous
sommes toutes deux promenées dans l'Ile de la

Bartelasse

:

c'est divin !

...

Je vous envoie l'adresse de Cladel ; une lettre de
est arrivée juste quelques minutes après le départ
de Louis ; je l'ai ouverte, usant de la permission qui
m'est donnée ; il entre à S" Pélagie aujourd'hui ; il
a perdu
sa place à l'Hôtel de Ville et demande un
petit coup d'épaule pour sa publication des Va-nupieds ; je regrette que Louis ne puisse le faire en ce
moment ; c'est avec vous le meilleur ami que Louis,
puisse avoir. Il demeure : rue Bochard de Sarron,
lui

n° 4.

demain 50 prospectus ; s'il vous
je récidiverai.
pas été trop grondé? ... Nous vous
chapeau à la première occasion.

vous enverrai
faut davantage,

Je
en

N'avez-vous
renverrons

un

�napoleon

peyrat

19 3

S'il y avait quelque démarche à faire à
lier pour vous-même ou

la société

Montpel¬

Fûurès-Ricard », usez de moi comme d'un camarade
; c'est le
plus grand honneur et le plus grand plaisir qu'on
puisse me faire : je m'imagine que je peux être utile
à quelque chose.
pour

Je
vous

«

tends cordialement la main, Monsieur, et
nouveau tous mes remercîpour tout ce que vous faites de bon et de

vous

prie d'accepter de

ments

beau pour nous.

Lydie
P.S.

de

Ricard.

Ma sœur Jeanne vous salue et vous envoie
compliments.
Je vous serai infiniment obligé de m'indiquer quel
ouvrage Languedocien pourrait m'aider à étudier
votre belle
langue ; car décidément je le préfère (sic)
au Provençal
; celui-ci est trop facile : j'ai lu la Par ando ulo d'un bout à l'autre sans hésitation sauf quel¬
ques termes pittoresques qu'on ne peut deviner; nous
allons être assaillis de Félibresses provençales d'ici
peu de temps à cause de cela ; je préfère plus d'obs¬
tacles et moins de concurrence. Quand donc votre
«•Lauragáis » va-t-il paraître? Je ne serais plus em¬
barrassée. Le livre de Mir est un peu familier ; j'aime
mieux une langue plus lyrique et plus passionnée.
—

ses

Sabèm pas se la maire de Fourès lo repoteguèt per aquel
capèl debrembat. Mas en escambi del capèl, Fourès abia ganhat la prigonda amistat de Ricard e de sa familha. Sus la recomandacion de Ricard, abia mandat son poème A-n-uno Espaso del Sècle tretcième à Napoléon Peyrat, l'istorian dels Albigezes, qu'abia autrescòps sinnat sos poèmes «Napol le Pyré¬
néen

».

Aici lo mercés qu'aiceste mandèt à
recercada pel vocabulari, d'una grafia

Saint-Germain

Ah !

en

Fourès, dins
grosièra.

una

lenga

Layt, 28 août 1876.

lou bel cant animons et cour al, Amie
Fourès ! Lou gasalha de Fanjaous ha déjouster-

�O MENAGES

194

rad, ambe Z'Espaso de la Croux, un sifventes de
Figueiras et de Berttan de Boni. La làouseto
del Laouragues ha artels etgargailhol. Deou cantdr dins la rousado, mes tapla dins lou prigoul,
et jusco V cel. A baliscon las pataraugnos que
han

escanat

la

patrio

moundino ! Abalisco

Mountfort, lou Tuadoiir ! Abalisco Doumenge,
lou Crémadour !
Mes à bous autris,

laousetos et palombels del

Mièdjoun renasçut,
Gracios et

Amistanços

:
Lou Pyrénéan.

Lo bèl poète provensal Fèlis Gras, de Vilanôva d'Avinhon, à
qui Fourès abia dediat Le grand Lauraire, li responcjèt per
aquesta letra que deguèt comolar de gauch lo trobaire lauragués.

Villeneuve,

4

décembre 1876.

Mon cher

poète,

Je.suis bien coupable de ne pas vous avoir remer¬
depuis longtemps de l'envoi et de la dédicace de
votre belle poésie : Lou Lauraire. Laissez-moi vous
dire franchement tout ce que je pense : vous êtes
celui qui sera le poète Languedocien. Vous avez
tout ce qu'il faut pour faire une œuvre, vous avez le
souffle épique, et vous ciselez juste le détail. Cela
suffit, je crois, pour faire un grand poète.
La mort a empêché O. Bringuier de terminer son
œuvre :
il avait, peut-être à un degré moindre que
vous, ces qualités requises.
Le Languedoc avait Mir, Arnavielle, Azaïs, poètes
charmants mais insuffisants pour donner l'œuvre
qui reste comme la plus belle expression d'une
langue.
Ce que Mistral a fait pour le provençal, ce que
Jasmin a fait pour le Gascon, vous le ferez pour le
cié

�leon

Languedocien. Ce n'est

cladel

pas

195

petite affaire, mais

vous

êtes jeune et vous avez la foi dans les grandes et
«t belles choses ; soif de
justice, soif de liberté sont
des dons de Dieu. Félicitons-nous d'appartenir à
cette

avant-garde de l'armée du Bien. A

cîmes ! A nous les
nir soit beau !

Je

vous serre

aurores

nous

! Nous voulons que

la main et je

vous

les

l'ave¬

embrasse.

Félix Gras.
Fourès abia publicat Les Grilhs en 1887. Ara, malaut à
Castèlnôudari, preparaba l'edicion dels Cants del Soulelh.
A-n-aquel libre fa aluzion la carta recebuda de Paul Mariéton,
cancelièr del Felibrige, qu'abia escrit en 1883 un bèl estudi :
« Le Félibre
Auguste Fourès ».
57

décembre 1889.

Bono Annado
bèn granado !
Moun bèu majourau. Que Santo Estello vous
mantengue e que nous vengue lèu un fraire ari
aquèu libre essenciau, Les Grilhs, proumié testamen

rouman

dóu

Ĺengadò.

.

Paul Mariéton.
La letra que

seguis es comola d'una emocion prigonda. Es
Cladel, grand amie de Fourès. Coneisèm
de Cladel, en lenga d'ôc, un poème, doas o très cansons, e
aquesta corta letra. Cladel debia morir lo 21 de julhet 1892,
mens d'un an
aprèp Fourès.
del romancièr

Léon

Lebros, 26 septembre

1890.

I besi pas, paoure
dire grand caouso.

amie, e podi pas aouei bous
Plus tard quand mous oels
saran garits parlaren mai qu'aouei.
Cour axe,
enfant ! Aben fa toutes doux po qu'aben pouscut
far. Donne, eu qif arribé de nous aoutres dous,
n'aouren pas res à nous reproutxa. L'amie que
bous
bent

bis à Castèl-nau d'Arv

es Deloun, un safatx
Hachette
qui l'a forqu'a
40 libres per
ço panat.
Tout à tu, meou Fourès.
L.-A. Cladel.
a

�omenages

igó

La mòrt d'Auguste Fourès. lo 4 de setembre 1891, metèt
l'Occitania en dòl. Aici sò que Frédéric Mistral escribèt à Dôna
Loïza Hermet, la sùrre de Fourès cò de qui aqueste èra ven-

gut morir.

Maillane, 6 septembre 1891.
Madame, en mon nom et au nom des félibres de la
Provence, je vous adresse l'expression de nos plus
vives condoléances au sujet de la mort de notre grand
confrère Auguste Fourès, votre frère très regretté.
Le Midi

perd en lui un de ses plus brillants poètes,
langue du midi un de ses plus vaillants défen¬
seurs et apôtres.
la

Nous portons tous son

deuil.

Agréez, Madame, l'hommage de nos regrets les
plus sympathiques.
F. Mistral,
La

(i)

Cigalo d'Or, de Montpelhèr, po'rtèt, encadrai de dôl, l'ar¬
del majorai Arnavielle.

ticle esmogut

LA MORT
Dins la niuè

D'AUGUSTE

FOIJRÈS

dau3 au 4 de setembre, lou grand

felibre lengadoucian Auguste Fourès es mort à
Castelnòu-d'Arri, dins soun païs lauragués qu'aitant e que Ta 'spira d'obros imperissablos...
Lou qu'a la doulou d'escriéure aquestos lignos
avié rescountra Auguste Fourès en 1875, à l'ouro

mavo

lou Lengadò, souto l'impulsiéu de quauques
de cor, que d'eles fau subre-tout nouma lou
baroun En Carie de Tourtouloun, intravo en
plen dins lou mouvamen felibren, e, à partir
d'alor nosto amista per Fourès faguè que s'afourti de mai en mai. Car quau auriè pas aima
aquel patrioto counvincu e sincère, fourege defes dins si vers, mès qu'èro l'orne lou pu dous
que

ornes

(1) Letra publicada dins Le Pays de France (15 sept. 1927).

�antonin

perbosc

U97

lou pu

moudèste, lou pu brave, lou pu dévoua
qu'au mounde i' aguèsse Ì
La mort, pu forto que tout, es veugudo nous
prene Auguste Four es dins lou trelus de sa renoumado ; mes soun obro counsiderablo nous
rèsto coumo un testimòniglourious de lavitalita
de nosto lengo, — soun obro ounte lous
jouines
felibres patriotos vendran pousa las espèros inmourtalos.
Albert Arnavielle (i).

Quand, à Paris, dabant lo Capolièr Fèlis Gras, los felibres
diguèron, lo 22 de febrièr 1892, lor famoza Declara-

fédéralistes

cion, ont reclamàban la libertat de las comunas e. de. las provincias, se poguèt auzir aqueste éloquent omenage :

E nous agrado eici de saluda 'mé grand res¬
pect, en deforo di lucho poulitico e religiouso,
la memòri dóu mestre, En Auguste
Fourès, que

visquè pèr espàndi, pèr espargi aquelo idèio (2).
Frederi Amoxjrettx, Carles Maurras,
Auguste Marin.

A la Santa-Estèla de Carcasona, lo 11 de mai
1893, se poguèron auzir de brindes afogats. Aici lo que diguèt Antonin
Perbôsc, majorai dempèi 1892, e portant la cigala d'ôr d'Au¬
guste Fourès :

AFOURÈS
Avuei, en Carcasses, — terro valerouso de libertàris e de troubaires, — subre la toumbo de
Simoun de Mountfort lou Patricide, plantam

Vauriflambo de las revendicaciéus mejournalos :
e nostro
allegresso es touto endoulido à la pensado del grand poueto que dins sous verses meravihouses a cantat lous martirs de la Crousado
e

a lutat per la Causo
triounfle dins la fièro ciéutat
Rougè Trencavèl.

que

tant arderousoment-

dount saludam lou
de

(1) La Cigalo d'Or, 15 de set. 1891.
(2) L'Aioli, 1 de mars 1892.

�omenages

O Fourés !

se tout mort pas de nous-aus, toun
de segur, trèvo, à-n-aquesto ouro, ount la

amo,

Lauseto de l'Escolo Audenco canto

lux,

e

en

plen

a^ur,

libertat !

Pòrti un brinde en ta memouranço, o
la bravo terro d'Oc jamai debrembara !

quèros,

en
carnaciéu

aujols,

tu que

Sious-

nostro renaissenço, la subrebello end'aquelis trobadors, nostris vertadiès

que

rimèroun lous sirventes afougats e

apassiounats, lou Rouland ufanous dount la
Pouësio ressountira toutjoun des Mounts Pireneans

rouïc

à la Mar Latino

coumo

Antonin
E aici

Voulifant de l'e-

paladin !
un

Perbosc(i).

tròs del brinde

Savièr de Ricard, lo

qu'abia mandat lo majorai Loïscompanh e amie de Fourès.

FEDERALISME
Voulèm nostras
tra

prouvinças miejournalas, nos-

Oucitania, libras de las mèmas libertats que

las autras

prouvinças francesas en una França
federalisada, car lou Fédéralisme soulet es dau
même cop la deliéurança e l'unioun. En el tout
soulet

se

podou councilia lous poples entre eles,

dins lous poples, lous groupes e las persounas.
Ausse lou got per lou Felibrige naciounalista,
valent-à-dire federalista, e per toutes lous que,
e,

se rejounissent
dins la memòria dau grand Lengadoucian Auguste Fourés, an à cor de coumpli
lou testament que npus a légat dins soun obra.
Louis-Saviè de Ricard (2).

E crezi pas de poder melhor acabar aquela tièra d'omenages
à Fourès qu'en publicant aici lo sonet que son glorios dicipol.

(1) La Revue Mèridionalc, juin-juillet 1893, p. 115.
(2) La Revue Méridionale, juin-juillet 1893, p. no.

�prosper

estieu

199

Prosper Estieu publiquèt dins Le Lengodoucian del 4 de se1892 (n° 1). Lo doni dins la version un pauc modificada
pareguda dins Lou Terradou.

tembre

A

LA GRANDO OUMBRO
D'AUGUSTE FOURÈS

Desempuei que t'abèm pourtad, 0 fier troubaire,
Qu'es la raianto lux del nostre terradou,
Dins aquel cros que tant abiò de
prigoundou,
Abèm lou cor matad p'r un terrible desaire.
Ai-las ! te l'a calgud pla trop lèu laissa
'staire,
Toun pouderous utis, afric traballnadou !

Qui la manejara dambe la mpmo ardou,
plumo que teniòs counio un boier l'araire ?

La

Regrelh des troubadours, 0 subregrand faidid,
A peno à toun estiu,
t'escoundes, sort maldid !
Mentre qu'à tu veniò la Glòrio
espetaclouso.
Vai ! dem'est lous Aujols pos dourmir
siaud, Fourès !
Ai fargat pel Medjourn uno obro
miralhouso,
E vau ba perseguir,
ço qu'as tant pla 'ntreprès !

Prosper Estieu

(i).

Los

dicìpols d'Antonin Perbòsc e de Prosper Estieu perseguison, élis tant-ben, l'ôbra entrepreza per Auguste Fourès !

Jozèp SALVAT.

(1) Lou Terradou (1895),

p. 11.

�BOLEGADISA OCCITANA
Los Amies de la

fròba d'una granda activitat,

Nòstres amies de Paris fan
dont lo buletin «Les Amis de

la Langue d'Oc* nos porta lo

Scr.halarem demest lors

reson.

L,enga d'Oc

manifestacions :

Ceremonia, à Scèus, en l'onor de Paul Arène.
iç. XII. 1947.— Vesprada nadalenca.
19. III. 1948. — Vesprada 7nistralenca.
24. IV. 1948. —• Serjlha per festejar lo 1" Centenari de la
naisensa d'Auguste Fourès, jos la prefdensa del Senhe Albert
12.

X. IÇ47-

—

Sarraut:

dicha de Paul Sentenac,

président à Paris del Enfants del

Aude; conferencia de-Joan Lesajfre sus Auguste Fourès ; poè¬
mes
de Fourès dits per A. Amoitroux e Moissinac; dicha de
Domergue, sendic de la Mantenencia de Lengadbc ; cant de
«

La

Coupo

».

Hscòìa Ròcaguda
Lo 29

d'A.lbî

de febrièr, i'Escqla Ròcaguda abia

amies à-n-una maitinada felibrenca
VOstalaria del Grand Sant-Antbni.
lans

e

convidat sos escodins los salons de

De jovents dansèron de borrèias; se cantèt; se diguèt
poèmes; Valière e sa tropa joguèron Ne parlem pas mai,

de
de

Vinas.

Blanc legiguèt una conferencia del majorai
Felibrige ; Guy legiguèt un omenage de Valière
à-n-Emili Rius à Vesca\ensa, de sa nominacion dins la Légion
d'Onor; Norbèrt Rouquette pre\entèt al novèl legionari los
compliments de l'Escbla, dè sos amies, e de la ciutat d'Albi
repre\entada per son primièr cbnse d-n-aquela manifestacion.
Lo capiscbl
Boussac sus lo

Lo Rememfor-e à
Lo

Narbona

Remembre, centre d'estudis occitans fondât à

Narbona
Duples-

lo 21 de novembre de 1947 jos la pre\idensa del Doctor
sis de Pouflhac, a donat déjà de bêlas
son
dins sas quatre comisions : artistica, folclorica,

prbbas de

generala, de lenga e literatura occitanas.

activitat
de cultura

�BOLEGADISA

OCCITANA

201

La comision artistica met à
punt una Escòla de Bèlis Arts.
La comision folclorica a montât vn
grop de dansas e una corala. La comision de cultura
generala a engimbat de confe-

reitcias

donadas per

lo majoral-abat Salvat: «Los escribans

de lenga d'òc en
pais narbonés», loprofesor Picard: &lt;Le symbo¬
lisme funéraire d'après les dernières découvertes de
Narbonne&gt;,
Antbni Mècle : &lt;Narbonne et la Révolution de
1848».
La comision de
lenga e literattira occitanas organisa, un
còp per semmana, de corses de lenga ont se fan los debers del
Colège d'Occitania, e, un cbp per mes, de felibrejadas intimas

à travers lo terraire narbonés.

Se ven de fondar un
Grop parizenc del Institut d'Estudis
Occitans. Lo secretari n'es lo senhe Enric Espieux, 16, carrièra Spontini, Paris, XVI.
vwwv

Los Jòcs Florals de VEscbla de Limanha son dobèrts dusal 31 d'agost. Demandar los entresinnes al
capiscôl, lo

cas

majorai Benezet Vidal, 1, carrièra Ramond, Clarmont d'Au-

vèrnha.

IW\/W\

Compliments
majorai Jozèp Loubet, cabalhèr de la Légion d'Onor; à
nôstre escolan Albert Bouchez, oficièr, à nôstres escolans
Pèire de Gorsse, Emili Rieux, Benjamin Faucher, cabalhèrs
de la Légion d'Onor; à nôstre escolan Albin Amouroux, ofi¬
cièr de l'I. P. ; à nôstre escolan lo canonge Farenc, cabalhèr
del meriti agricôle.
al

CRI-CRI.

Imp. Lauraguaise

-

Castelnaudary.

Le Gérant

:

J. SALVAT.

�3' CENTENAIRE

LE

A
la mort

l'occasion du

DE

GODOLIN

3me Centenaire de

du

poète toulousain GODOLIN,
son glorieux lauréat, l'Académie des Jeux
Floraux a décidé d'attribuer, exceptionnel¬
lement, en 1949 :
/.

Le

grand prix de prose FabienArtigue de 5.000 francs à une étude en
français ou en langue d'Oc, imprimée ou
==

manuscrite, relative à Godolin.
2.
à

un

==

Le prix Pujol

(poésie) de 3.000 frs.
français ou en langue d'Oc
Godolin (maximum : 200 vers).

poème

relatif à

en

Les ouvrages,

imprimés

ou

manus¬

crits, devront être envoyés ou déposés en
3 exemplaires au Secrétariat de l'Acadé¬
mie des Jeux Floraux, Hôtel d'Assézat et
Clémence Isaure, Toulouse, avant le 1er
Janvier 1949. Ils

ne

doivent avoir été ré¬

compensés par
ou

Société
Pour

aucune
littéraire.
de

plus

autre

Académie

amples renseigne¬
Secrétariat le pro¬
gramme complet des concours de 1949.
Il sera envoyé gratis et franco.
ments, demander

au

�POUR

CONNAITRE

Auguste FOURÈS
Les

de Fourès, aussi
bien ses recueils de poèmes que
ses
livres d'histoire locale et de
œuvres

folklore,
Le
ques

livres

sont introuvables.

Collège d'Occitanie

quel¬
exemplaires disponibles des
et

qui suivent

revues

Joseph SALVAT
vie

et

son

œuvre,

a

:

Auguste Fourès,

sa

suivies d'un choix de

poésies et d'un lexique
seulement.

(800 frs.)

François TRESSERRE
Auguste Fourès (60 frs.).

:

—

2

ex.

Hommage à

Lo Gai Saber (sept.-oct.
1941), n° con¬
sacré à Fourès : poèmes occitans inédits

(50 frs.).
La Gazette Lauragaise (4me trim.
1941),
Fourès : poèmes et proses iné¬
dits en occitan et en français
(50 frs.).

n° consacré à

S'adresser

Collège, 19,
Toulouse.

au

rue

Secrétariat du

de la Fonderie,

�</text>
                </elementText>
              </elementTextContainer>
            </element>
          </elementContainer>
        </elementSet>
      </elementSetContainer>
    </file>
  </fileContainer>
  <collection collectionId="92">
    <elementSetContainer>
      <elementSet elementSetId="1">
        <name>Dublin Core</name>
        <description>The Dublin Core metadata element set is common to all Omeka records, including items, files, and collections. For more information see, http://dublincore.org/documents/dces/.</description>
        <elementContainer>
          <element elementId="50">
            <name>Title</name>
            <description>A name given to the resource</description>
            <elementTextContainer>
              <elementText elementTextId="355723">
                <text>Patrimoine écrit occitan:périodiques</text>
              </elementText>
            </elementTextContainer>
          </element>
          <element elementId="41">
            <name>Description</name>
            <description>An account of the resource</description>
            <elementTextContainer>
              <elementText elementTextId="355724">
                <text>Ce set contient les périodiques numérisés par le CIRDÒC issus des collections des partenaires d'Occitanica</text>
              </elementText>
            </elementTextContainer>
          </element>
        </elementContainer>
      </elementSet>
    </elementSetContainer>
  </collection>
  <itemType itemTypeId="26">
    <name>Revista</name>
    <description>Item type spécifique au CIRDÒC : à privilégier</description>
    <elementContainer>
      <element elementId="127">
        <name>Région Administrative</name>
        <description/>
        <elementTextContainer>
          <elementText elementTextId="653324">
            <text>Midi-Pyrénées</text>
          </elementText>
        </elementTextContainer>
      </element>
      <element elementId="128">
        <name>Variante Idiomatique</name>
        <description/>
        <elementTextContainer>
          <elementText elementTextId="653325">
            <text>Languedocien</text>
          </elementText>
        </elementTextContainer>
      </element>
      <element elementId="130">
        <name>Graphie</name>
        <description/>
        <elementTextContainer>
          <elementText elementTextId="653326">
            <text>Graphie classique / Grafia classica</text>
          </elementText>
        </elementTextContainer>
      </element>
      <element elementId="163">
        <name>Type de périodique</name>
        <description/>
        <elementTextContainer>
          <elementText elementTextId="716095">
            <text>Revistas literàrias e artisticas = Revues littéraires et artistiques</text>
          </elementText>
        </elementTextContainer>
      </element>
    </elementContainer>
  </itemType>
  <elementSetContainer>
    <elementSet elementSetId="1">
      <name>Dublin Core</name>
      <description>The Dublin Core metadata element set is common to all Omeka records, including items, files, and collections. For more information see, http://dublincore.org/documents/dces/.</description>
      <elementContainer>
        <element elementId="50">
          <name>Title</name>
          <description>A name given to the resource</description>
          <elementTextContainer>
            <elementText elementTextId="653300">
              <text>Lo Gai Saber. - Annada 29, n° 224 mars-abrilh 1948</text>
            </elementText>
          </elementTextContainer>
        </element>
        <element elementId="86">
          <name>Alternative Title</name>
          <description>An alternative name for the resource. The distinction between titles and alternative titles is application-specific.</description>
          <elementTextContainer>
            <elementText elementTextId="653301">
              <text>Lo Gai Saber. - Annada 29, n° 224 mars-abrilh 1948</text>
            </elementText>
          </elementTextContainer>
        </element>
        <element elementId="49">
          <name>Subject</name>
          <description>The topic of the resource</description>
          <elementTextContainer>
            <elementText elementTextId="653302">
              <text>Littérature occitane -- Histoire et critique</text>
            </elementText>
            <elementText elementTextId="653303">
              <text>Poésie occitane</text>
            </elementText>
            <elementText elementTextId="653304">
              <text>Occitan (langue) -- Orthographe</text>
            </elementText>
            <elementText elementTextId="653617">
              <text>Fourès, Auguste (1848-1891)</text>
            </elementText>
          </elementTextContainer>
        </element>
        <element elementId="39">
          <name>Creator</name>
          <description>An entity primarily responsible for making the resource</description>
          <elementTextContainer>
            <elementText elementTextId="653305">
              <text>Salvat, Joseph (1889-1972). Directeur de publication</text>
            </elementText>
          </elementTextContainer>
        </element>
        <element elementId="48">
          <name>Source</name>
          <description>A related resource from which the described resource is derived</description>
          <elementTextContainer>
            <elementText elementTextId="653306">
              <text>Bibliothèque municipale de Toulouse, P15053</text>
            </elementText>
          </elementTextContainer>
        </element>
        <element elementId="45">
          <name>Publisher</name>
          <description>An entity responsible for making the resource available</description>
          <elementTextContainer>
            <elementText elementTextId="653307">
              <text>Escòla occitana (Toulouse)</text>
            </elementText>
            <elementText elementTextId="653308">
              <text>impr. d'Editions Occitanes (Castelnaudary)</text>
            </elementText>
          </elementTextContainer>
        </element>
        <element elementId="40">
          <name>Date</name>
          <description>A point or period of time associated with an event in the lifecycle of the resource</description>
          <elementTextContainer>
            <elementText elementTextId="653309">
              <text>1948-03</text>
            </elementText>
          </elementTextContainer>
        </element>
        <element elementId="94">
          <name>Date Issued</name>
          <description>Date of formal issuance (e.g., publication) of the resource.</description>
          <elementTextContainer>
            <elementText elementTextId="653310">
              <text>2019-03-05 FB</text>
            </elementText>
          </elementTextContainer>
        </element>
        <element elementId="47">
          <name>Rights</name>
          <description>Information about rights held in and over the resource</description>
          <elementTextContainer>
            <elementText elementTextId="653311">
              <text>Domaine public</text>
            </elementText>
          </elementTextContainer>
        </element>
        <element elementId="98">
          <name>License</name>
          <description>A legal document giving official permission to do something with the resource.</description>
          <elementTextContainer>
            <elementText elementTextId="653312">
              <text>Licence ouverte</text>
            </elementText>
          </elementTextContainer>
        </element>
        <element elementId="46">
          <name>Relation</name>
          <description>A related resource</description>
          <elementTextContainer>
            <elementText elementTextId="653313">
              <text>Vignette : https://occitanica.eu/files/original/e39392a19683a692f4c5c5ec8ab1ac7d.jpg</text>
            </elementText>
            <elementText elementTextId="653314">
              <text>http://www.sudoc.fr/039236943</text>
            </elementText>
          </elementTextContainer>
        </element>
        <element elementId="104">
          <name>Is Part Of</name>
          <description>A related resource in which the described resource is physically or logically included.</description>
          <elementTextContainer>
            <elementText elementTextId="653315">
              <text>Lo Gai Saber (&lt;a href="http://occitanica.eu/omeka/items/show/13154"&gt;Acc&amp;egrave;s &amp;agrave; l'ensemble des num&amp;eacute;ros de la revue&lt;/a&gt;)</text>
            </elementText>
          </elementTextContainer>
        </element>
        <element elementId="42">
          <name>Format</name>
          <description>The file format, physical medium, or dimensions of the resource</description>
          <elementTextContainer>
            <elementText elementTextId="653316">
              <text>application/pdf</text>
            </elementText>
            <elementText elementTextId="653317">
              <text>1 fasc. (pp. 176-199) ; 22 cm</text>
            </elementText>
          </elementTextContainer>
        </element>
        <element elementId="44">
          <name>Language</name>
          <description>A language of the resource</description>
          <elementTextContainer>
            <elementText elementTextId="653318">
              <text>oci</text>
            </elementText>
            <elementText elementTextId="653319">
              <text>fre</text>
            </elementText>
          </elementTextContainer>
        </element>
        <element elementId="51">
          <name>Type</name>
          <description>The nature or genre of the resource</description>
          <elementTextContainer>
            <elementText elementTextId="653320">
              <text>Text</text>
            </elementText>
            <elementText elementTextId="653321">
              <text>publication en série imprimée</text>
            </elementText>
          </elementTextContainer>
        </element>
        <element elementId="116">
          <name>Temporal Coverage</name>
          <description>Temporal characteristics of the resource.</description>
          <elementTextContainer>
            <elementText elementTextId="653322">
              <text>19..</text>
            </elementText>
          </elementTextContainer>
        </element>
        <element elementId="43">
          <name>Identifier</name>
          <description>An unambiguous reference to the resource within a given context</description>
          <elementTextContainer>
            <elementText elementTextId="653327">
              <text>http://occitanica.eu/omeka/items/show/20753</text>
            </elementText>
            <elementText elementTextId="653329">
              <text>FRB315556101_P15053_1948_03_04_224</text>
            </elementText>
          </elementTextContainer>
        </element>
        <element elementId="41">
          <name>Description</name>
          <description>An account of the resource</description>
          <elementTextContainer>
            <elementText elementTextId="653328">
              <text>&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;em&gt;Lo Gai Saber&lt;/em&gt; est une revue litt&amp;eacute;raire occitane publi&amp;eacute;e depuis 1919. La rubrique &lt;em&gt;L'&amp;Ograve;rt dels trobaires&lt;/em&gt; est consacr&amp;eacute;e &amp;agrave; la po&amp;eacute;sie, la rubrique &lt;em&gt;Bolegadisa occitana&lt;/em&gt; donne des informations sur l'actualit&amp;eacute; de l'action occitane. La revue fait aussi &amp;eacute;cho des publications du domaine occitan et des r&amp;eacute;sultats du concours annuel de po&amp;eacute;sie occitane de l'Acad&amp;eacute;mie des Jeux floraux.&amp;nbsp;&lt;/div&gt;</text>
            </elementText>
            <elementText elementTextId="653330">
              <text>&lt;div style="text-align: justify;"&gt;Lo&amp;nbsp;&lt;em&gt;Gai Saber&lt;/em&gt;&amp;nbsp;es una revista liter&amp;agrave;ria occitana publicada dempu&amp;egrave;i 1919. La rubrica&amp;nbsp;&lt;em&gt;L'&amp;Ograve;rt dels trobaires&lt;/em&gt;&amp;nbsp;es consacrada a la poesia, la rubrica&amp;nbsp;&lt;em&gt;Bolegadisa occitana&lt;/em&gt;&amp;nbsp;balha d'informacions sus l'actualitat de l'accion occitana. La revista se fa tanben lo resson de las publicacions del domeni occitan e dels resultats del concors annadi&amp;egrave;r de poesia occitana de l'Acad&amp;egrave;mia dels J&amp;ograve;cs florals.&lt;/div&gt;</text>
            </elementText>
          </elementTextContainer>
        </element>
      </elementContainer>
    </elementSet>
    <elementSet elementSetId="8">
      <name>Occitanica</name>
      <description>Jeu de métadonnées internes a Occitanica</description>
      <elementContainer>
        <element elementId="173">
          <name>Portail</name>
          <description>Le portail dans la typologie Occitanica</description>
          <elementTextContainer>
            <elementText elementTextId="653331">
              <text>Mediatèca</text>
            </elementText>
          </elementTextContainer>
        </element>
        <element elementId="174">
          <name>Sous-Menu</name>
          <description>Le sous-menu dans la typologie Occitanica</description>
          <elementTextContainer>
            <elementText elementTextId="653332">
              <text>Bibliotèca</text>
            </elementText>
          </elementTextContainer>
        </element>
        <element elementId="172">
          <name>Type de Document</name>
          <description>Le type dans la typologie Occitanica</description>
          <elementTextContainer>
            <elementText elementTextId="653333">
              <text>Numéro de revue</text>
            </elementText>
          </elementTextContainer>
        </element>
        <element elementId="182">
          <name>Catégorie</name>
          <description>La catégorie dans la typologie Occitanica</description>
          <elementTextContainer>
            <elementText elementTextId="653338">
              <text>Documents</text>
            </elementText>
          </elementTextContainer>
        </element>
        <element elementId="171">
          <name>Contributeur</name>
          <description>Le contributeur à Occitanica</description>
          <elementTextContainer>
            <elementText elementTextId="878167">
              <text>Bibliothèque de Toulouse</text>
            </elementText>
          </elementTextContainer>
        </element>
      </elementContainer>
    </elementSet>
  </elementSetContainer>
  <tagContainer>
    <tag tagId="260">
      <name>Escòla occitana</name>
    </tag>
    <tag tagId="1908">
      <name>grafias de l'occitan = graphies de l'occitan</name>
    </tag>
    <tag tagId="1053">
      <name>Poesia occitana = poésie occitane</name>
    </tag>
  </tagContainer>
</item>
