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                  <text>30« Annada

Mai-Junh 1949

N" 239

Revisia de l'ESCOLA OCCITANA

-

r&gt;

«

^

;•"*

l

,

r,

\

'

Dis Aup i Pii-enèu

F. Mistral.

TOLOZA
14,

Carrlèra

delà

Arts,

Lo

14

numéro :

50 frs.

:

——-

,

�SABER

GAI

LO

Revista de l'ESCOLA OCCITANA
Administration

EDOUARD PRIVAT

:

&amp; Cic

des 'Arts, TOULOUSE, c/c. Toulouse

14, Rue

Abonaments
—

:

1

Pransa

j

:

un

Bstrange

Abonament

d'ajnda

an

.

.

.

. un an

:

117.240

200 tr.

500 fr

1.000 1rs.

ENSENHADOR del N° 230 (Nai-Iunh

—

1949)

/

YEscòíci Occitana.
Deux livres de Philadelphe.
lies Emmurés de Carcassonne.

La Fête de

LA DIRECTION:

Sylvain TOULZE:
Raymond ESCHOLIER :

A. ROCSSILHE :

(Préface au Livre du Docteur Jean
Girou ).
L'Estralha-braza.
A don Quichôt.
Libres nov'èls.

lozèp SALVAT :

Revistas e Jornals.

CRI-CRI

Bolegadisa Occitana:

Frédéric CAYROU ■*
Paul

ORMIÈRES

:

:

■

La Santa-Estèla de 1949 (J.
L'Escóla de Laran.
L'Escòla de la Crotz-Jauna.

S.)

Corses de Va'cansas.
De

Catalunya (A. M.)

Supplément. —• Rapórt sul grand prètz de prôza
tigue, lo. prètz Pujol-poezìa, e sul Concors de
per lo Senhe abat Salvat ; poèmes co'ronats :
Renat AUZIA'S
.

Antòni REY

:

:

Fabian-Ar-

lenga d'Oc,

A Goudo.uli.

A Godolin.

TOULZE : Alter Cristus.
CALVIGNAC : Dins lors pezadas.
Marcelle DRUTEL ( L'Aubanelenca ) :

Silvan
Paul

Regina

Lucis.
Caries GRANDO :

Pures'a, Nit de Nadal.

Lo n° venent sera consacrai à la memòria

d'Armand PRAVIEL.

�Supplément

A

au

Gai Sabir N° 330 (Mai-Juin 194g).

Escolans

nos
*

(^J /N certain nombre de

nos escolans ont
négligé d'envoyer le montant
de leur abonnement pour 1949. Nous les
pri¬
encore

ons

de bien vouloir

se

mettre

en

règle

avec

notre

administration, Librairie Privât, 14, rue
des Arts, Toulouse, C/'C. 'Toulouse 117.240
(200 frs., étranger 500 frs., abonnement de
soutien 1.000 frs.).
D'autre part, nos escolans sont avisés
que
le n° prochain du Gai Saber sera consacré à
la mémoire d'Armand PRAVIEL. La sous¬

cription

tirage à part de cet Hommage
encore ouverte. Les escolans
qui ont déjà
souscrit pourront payer dès
réception du vo¬
lume. Ceux qui n'ont pas souscrit peuvent
le
faire et envoyer le montant de la
souscription
(5.000, 2.000, 1.000, 400 francs) à &gt;1. i'abbé
au

est

J.

Salvat, 31,

rue

de la Fonderie, Toulouse,

C/C. Toulouse 330.49.

�L'ARÇON HE RIE FRANÇAISE'
SAINT-SULPICE, TARAI)

f
ARÇON/

DE

SELLE/

FERRURE/

DE

DE

&amp;

SELLETTE/

SABOT/

r. 7

w«awvwvwwvvwwwwwwv&gt;/«/wwwvvs/vvvw

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FUNÉRAIRE

DEVANTURE

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adressez-vous

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(jcibaiide &lt;é CJ'ilA
a

La
se

CAMBESSES,

par

BURLATS

pèiro de Sidôbre es dura,
cor de la Comtesa Azalaïs.

tendre èra lo

(tarn)

�MAGAZÌN de
Pèire

ESQUIROL

23-33, carrièra del Reloge

LA MELHORA

BLANC

—

CASTÈLNOUDARI

QUA LITAT,

ES ACO, LO BON MERCAT !

Cada ç&amp;ta
eA

de kLan.qu.eta
tajada de A&amp;Lelk

'naueâa da tJdmoa
JOAN

eA

La

deLò

BABOU

kLanqueta delà LipetA,
çôimandòtA, deÍA e&amp;neiAeiteA.
LIMOUX (Aude)

Téléph. 1

�Lo Gai Saber,

N°

530.

Fête de l'Escòla Occitana
Elle

se

déroula le 2 mai, suivant le programme

prévur

à N.-D. la

Daurade, réunion du Bureau, séance
littéraire de l'Académie des Jeux Floraux, dîner félibréen.
messe

A la réunion du Bureau, le Secrétaire rendit hommage
morts de l'année : Gandilhon Gens d'Armes, Jean

aux

Narach, Paul Berga, Norbert Rouquette, Pompeu Fabra,
les majoraux Jean Amade et Emile
Ripert, Monseigneur Tournier; il dit les excuses des
absents et présenta, au nom de M. le Professeur Sendrail, notre trésorier, le budg-et de YEscòla. Frédéric
Cayrou et Pierre Gardes, François Sabatier, M"e BaCastella i Roger,

raillé dirent l'activité de YEscòla Carsinòla, du Re¬
membre de Narbonne, du Colège d'Occitama. MM.
Théron de Montaugé, le professeur Jean Séguy, le syn¬
dic de la Maintenance de Languedoc Domergue, les

poètes Roger Barthe, Joseph Niel, etc... intervinrent à
propos de' questions de graphie. Après les compliments
aux très nombreux escolans
qui ont récolté au cours
de l'année une ample moisson de succès littéraires et
poétiques, le Bureau admit, comme nouveaux « mem¬
bres conseillers » ; MM, Albert Pestour, de Chantemerle, Antoine Rey, d'Àgen, Désiré Puel, de Castelnaudary, Sylvain Toulze, de Trespoux, Paul Oimières,
de Narbonne, Hippolyte Amadieu, de Cahors.
A la Séance littéraire, le mainteneur Pierre de Gorsse
lut son rapport sur le prix Lacroix-Barréra ; le majoralabbé Salvat lut son rapport sur le concours poétique de

�FÊTE

342

DE

L'ESCOLA

OCCITANA

langue d'Oc, sur le prix Fabien-Artigue prose et le prix
Pujol-poésie attribués exceptionnellement cette année
à la louange de Godolin. Les poésies couronnées furent
applaudies, spécialement celles de MM. Sylvain Toulze
et Paul Calvignac lues par leurs auteurs. Les poèmes
de M"" Marcelle D'rutel (L'Aubanelenco), de MM. An¬
toine Rey, René Auzias furent lus par MM. Salvat,
Rozès de Brousse, Frédéric Cayrou ; celui du majorai
Charles Grando fut lu, presque chanté même par le
poète mainteneur J.-Sébastien Pons.
Le soir, à l'Hôtel dq Clocher de Rodez, les félibres se
réunirent autour de notre cher capiscol, le majorai J.Rozès de Brousse, du majoral-abbé Salvat, secrétaire,
de M. le Professeur Sendrail, trésorier, et des lauréats
de l'Académie et ils approuvèrent les décisions du
Bureau.

Au

put applaudir M.-A. Amouroux, des
d'Oc de Paris, Mllc M.-A. Daguet,
l'abbé Toulze, Charles Bauby, di¬
recteur de La Tramontane, tous lauréats de l'Aca¬
démie, M"e M. Baraillé, M. Edouard de Tappie, de VEscòla de Laran. Le chant de La Coupo clôtura cette

dessert,

on

Amis de la langue
MM. Albert Guittard,

magnifique journée.
LA DIRECTION.

�DEUX LIVRES
DE

PHILADELPHE

La jeune génération des poètes d'oc cherche sa
voie. Ne sJégare-t-elle pas hors des limites d Occitanie, attirée par des maîtres de langue d'oïl au
moins contestables, alors que le terroir natal nous
offre des guides sûrs et de hauts exemples ? Les
deux derniers volumes parus de la Bibliotèca del
Gai Saber (i) sont de ceux-là.

Philadelphe de Gerde,

en

rééditant

sa

Ber-nadeta,

parue en 1913, nous redonne un chef-d'œuvre du
merveilleux chrétien. La voyante de Lourdes,, si l'on
met à part l'ouvrage d'Emile Pouvillon, n'avait en¬

inspiré aucun poète de valeur dans
longue haleine.

core

de

une œuvre

Le merveilleux chrétien ? O mânes de Boileau !
Peut-être avait-il raison de bannir de la poésie

...

de
langue française « les mystères terribles» où ils ont
presque toujours quelque chose de guindé et d artifi¬
ciel. L'instrument poétique d'oïl est devenu de bo.nne
heure trop abstrait, trop sec, s'éloignant du réel,
du concret, du charnel. Mais dans l'œuvre de Phi¬
ladelphe, plus que dans celle de Mistral, — même
si l'Altissime provençal demeure hors de pair —, le
surnaturel apparaît «naturel», mêlé à la vie de l'hum¬
ble bergère, qui prie, chante et même fait des mi¬
racles

comme

pacage.

Elle

a

elle marche

et pousse ses

moutons au

la foi simple qui transporte les

mon-

Bernadcta, par Philadelphe de Gerde (in-8, 255 p.) ToulousePrivat-Didier, 1934.— Se Canti, quand Canti... du même au,
teur (in-8, 270 p.) Toulouse, Privât-Didier, 1948.

�SYLVAIN

344

TOULZE

tagnes ! Dans toute sa vie, « Diu qu'es sentiba » (p.
go), on sentait Dieu. Le poète montre sa présence
et son action en progression constante jusqu'à l'ap¬

parition de Massabielle, qui arrive sans heurt, com¬
me un couronnement, si elle stupéfie les témoins du
miracle.
N'allez pas croire surtout à quelque thèse apolo¬
gétique. Bernadette vit devant nous, fraîche enfant
des Pyrénées :

Que canti ùa chòia de nosta
t

...

6 (i)

p.

Et le récit s'envole, alerte et vrai : la pauvre
la tendresse de la mère, berceuse

obstinée

famille;

:

Mes, ànyo mié, qu'ei tôt ninà
Ou'òm

s'aprcn d'arrîbà graneta

...

p.

18 (2)

la soumission du père et de chacun à la
Dieu ; l'antique sagesse paysanne qui se

volonté de
traduit en

proverbes :
Pusque eau vive entiò qu'òm crèbe

...

p. 32

(3)

la merveilleuse histoire qui s'insère tout simplement
dans la vie d'une enfant qui déjà ne voyait nul hia¬
tus entre les réalités de la terre et les clairs enchan¬

du ciel où elle accédait de plain-pied par

tements
ses

prières naïves... Clarté, limpidité, transparence

des âmes.
Il ne s'agit pas ici de bergeries et de moutons en¬
rubannés, d'un fade poème pastoral dans le goût

garde de véritables brebis
le faire l'auteur :

d'outre-Loire. Bernadette
comme

a

pu

hé sonquu saut,
non hén eras oelhas.
esqueras trenquilhèn

E-d Labri

no

Sonqu'u saut

E ras
Tant lèstament que

s'en quilhèn

(1) Je chante une enfant de chez nous ... (2) Mais, mon angel,
en dormant
Qu'on apprend à devenir grande ! ... — (3)
Puisqu'il faut vivre pour mourir ...

c'est

—

�DEUX

Sol Diu

LIVRES

ac

sab

se

PHILADELPHE

quantas aurelhas !

Seulement l'action
Ont

DE

se

passe sur

...

p. 100

(i)

les monts

pbd cantà quand òm plora

dans la sainte lumière du

345

...

p. 190

(2)

ciel, si près de Dieu,

Tant près, ò mon Diu, qu'ara
Qu'ev vei à travès ed vent blu

em
...

sembla
60 (3)

p.

si haut que sur tout le poème passe une clarté de
l'autre monde, le reflet, l'éclat, le tremblement de la

poésie

...

La poésie ? Des byzantins de notre âge fort gâté
l'avaient baptisée « pure », voulant marquer sans
doute sa totale indépendance de l'être ! Nous l'ap¬

pellerions volontiers le sourire qui naît sur le beau
visage des choses. Il suffit d'avoir reçu de Dieu le
don de voir et la

grâce du chant. Tout le reste est

littérature !
La poésie fleurit d'elle-même aux strophes légères
de la Muse de Bigorre. Mais pour aérien que soit le
frôlement de ses vers, ils savent retrouver le ton
réaliste et le pied se pose sur la terre, par exemple
pour nous

rendre sensible

Qu'èi entenut

u gran

un

tapatye

Coma ed pasatye
De tots eds mulets ded

Citons

encore

!

Quelle

Ed cèu ei bèt

C'est Bernadette

très,

en

nourrice

vilatye

prose

coma

bruit :

...

p. 30

(4)

vaudrait le texte ?

ùa imatye

qui parle ! A

...

son

p.

28 (5)

départ

pour

Bar-

:

(1) Et le Labri
les chèvres.

—

ne fit qu'un bond, — Et qu'un bond ne firent
Et les clochettes retentirent
Si vivement que,
—

seul, Dieu sait — Combien d'oreilles s'en dressèrent ! — (2) Où
l'on peut chanter quand on pleure
— (3) Si près, ô mon Dieu,
qu'il me semble — Vous voir à travers le vent bleu
— (4)
S'est élevé un grand murmure— Comme le trot — De tous les
mulets du village
(5) Le ciel est beau comme une image ...
...

...

...

�SYLVAIN

TOTJLZE

Dab ed breso, sus era sauma,
S'en èra anada ra claro... p. 4.4

La

(1)

Vierge de Massabielle ?
Ed sué œlhat e-d sué sorri\e
Era.11 tôt ù cèu de doso
p. 44
...

La foule devant la grotte,

(2)

pendant les apparitions :

Capulcts blancs, capulets blus,
Flos de li, flos de margarida —
Berrets burèus, berrets maris,
Madràs grends, madràs londris,
Que sembla ùa lana florida ... p. 182 (3)
—'

se manquerait à elle-même si son
gloire d'une « chôia de nosta» n'embras¬
sait pas la patrie et la langue occitanes. Tout le
chant VII
sans compter
de notables passages
des autres, et il y en a dix-huit — est une amoureuse
description de la terre gasconne et des monts

Philadelphe

chant à la

—

De l'ont

Et la

se

vèien tant de

planhas

...

p. 52

(4)

langue !
Par'là de hòrsa
Noble parlà de

e

de dosaina

Nosta-Dama

...

...

p. 152

(5)

qui, la bonne Vierge !
S'en

ha\è

ra

boca tant dosa

...

p. 192

(6)

Bernadeta unit, dans son chant d'amour, les trois
choses qui remplissent le cœur de son auteur : la

religion, la nature et la langue.
Ces trois « raisons de vivre » constituent encore
le fond de Se Canti, quand Canti, le second vo¬
lume du même poète dont la lecture enchanta le

chroniqueur de ce jour. Bonheur si rare, hélas ! à
notre époque de barbarie poétique !
j
(1) Avec le berceau sur l'ânesse — S'en était allée la clarté...
(2) Et son regard et son sourire — Etaient tout un ciel de
douceur
(3) Capulets blancs, capulets bleus, — Fleurs de
lin, fleurs de marguerite, — Bérets marrons, bérets marins, —
Madras grenats et madras pourpre, — On dirait une plaine en
fleur
(4) D'où l'on aperçoit tant de plaines... — (5) Parler
de force et de tendresse...— Noble parler de Notre-Dame...
(6) En fleurissait sa voix si douce ...
—

...

...

—

—

—

�deux livres

de phil adelphe

347

Les strophes n'en sont pas toutes entièrement
nouvelles. Beaucoup ont paru, au début du siècle,
dans Cantos d'Eisil, et deux des berceuses qu'il
renferme ont servi à endormir Bernadette... Mais
la poétesse reprend ici tel morceau de son cru un
peu à la manière d'un compositeur de musique qui
exploite et enrichit dans sa maturité un thème de
jeunesse. Et les pièces refondues s'avèrent d'ordi¬
naire plus parfaites que les ébauches d'antan.
Nous retrouvons la

fougueuse

«

trobairitz

«

d'Eds

Crids qui exalte sa Bigorre, nom répété si souvent
comme

un

d'amour !

nom

sigeance peut-être

Gasconha ci

Cap
En

e

non

sans

quelque intran¬

:

pèds

e

placentadits ... p. 8 (1)

terminant, elle hausse le
Pòble de nosta,
Ded patrimòni

ton :

qu'en as hèt
der'arrasa ?

...

p.

236 (2)

Devant l'abandon du « pays », de la langue et des
vieux usages, elle se laisse aller, le dirons-nous ? au
pessimisme ... Il est vrai qu'elle achève son livre au
temps noir de l'occupation. On a l'impression qu'ef¬
frayée de tant de déchéances, la grande poétesse a
hâte de rassembler et de fixer dans son œuvre les
coûtumes et l'éssentiel
d'une civilisation, avant

qu'elles disparaissent
d'un monde stupide.

sous

l'universel nivellement

fermé, une idée s'impose : la langue, la
qui suscitent de telles œuvres, ne sont pas
près de mourir.
Le livre

race,

Sylvain TOULZE.

(1) Gascogne est plaisante — De la tête aux pieds... (2) Peu¬
ple de chez nous, qu'en as-tu fait — Du patrimoine de la race?

�LES

EMMURÉS

DE CARCASSONNE 0
ma génération n'ont pas oublié
d'histoire», maçonnée plutôt que peinte
par Jean-Paul Laurens, et dont, au Musée du Lu¬
xembourg, non loin des Vainqueurs de Saiamine de

Les Parisiens de

cette

«page

Cormonet du Rêve de Détaillé, le moine
la

haranguant
foule, les tourmenteurs et les tourmentés oppres¬

saient si durement

nos

jeunes imaginations.

Aujourd'hui, grâce à Jean Girou, voici que ces
Emmurés de Carcassonne
mis à leur place, frustrés
la seule réalité.

se

voient tout à coup re¬

de la légende et réduits à

Au XIV"

siècle, il ne restait à Carcassonne, du
premier couvent des Dominicains, bâti sur la rive
droite de l'Aude, que la prison de la Mure, située
au pied de la Tour carrée de l'Evêque.
Les inquisi¬
teurs, qui logeaient dans la cité, communiquaient avec
la prison de la Mure par un escalier souterrain et
un
passage voûté.
«C'est dans cette prison, rapporte Jean Girou,
qu'on incarcérait les hérétiques, d'où leur nom d'em¬
murés ; le contre-sens historique d'avoir été muré,
c'est-à-dire incorporé prisonnier dans la maçonnerie
d'un mur, comme l'évoque le tableau de Jean-Paul
Laurens, est une pure légende et une absurdité ».
De toute évidence ; mais on peut objecter que Car¬
cassonne ne fut point la seule cité languedocienne
à avoir, au temps de l'Inquisition, des «Immurats».

(i) Préface du livre de M. le Docteur Girou, Les Emmurés
Carcassonne, Editions de la Revue «Le Feu», Aix-enProvence, exemplaire sur vélin alfa : 300 frs.

de

�RAYMOND

ESCHOLIER

349

N'est-ce pas à Toulouse que Blanche de Castille
fonda, en 1233, la grande prison des « Immurats»,

qu'on mettait dans
ou

dans

Ce

une

en

pierre (camerula)
pain et à l'eau?

là, d'ailleurs, qu'interprétations de
questions de détail. L'essentiel, c'est que

et

l'auteur

cellule

sont

ne

textes

une

basse fosse in pace, au

des

«

Emmurés

de

Carcassonne

»

nous

présente aujourd'hui le plus fidèle portrait que nous
ayons de la cité royale de saint Louis et de Philippe-

le-Hardh
Il

de même de la ville
d'Albi, cette sublime
porphyre et de flamme, couronnée par SainteCécile, qui trouve ici l'un de ses plus étonnants
en va

cité de

évocateurs.
Mais surtout, je ne connais pas d'effigie mieux
frappée ni plus vivante du dernier défenseur des li¬
bertés occitanes, de ce Bernard Délicieux qui,
par
son courage
et par son génie, tint longtemps en
échec Rome et Paris, le Pape et le Capétien.
Je ne suis pas ce ceux qui pensent qu'une préface
doive résumer l'œuvre qu'elle présente. De la sorte,
le roman le mieux observé, le plus ingénieux, l'his¬
toire la plus pathétique ne parviennent au lecteur
que languissants et déflorés.
Mais

comment ne pas reconnaître l'amateur de
peinture et, en vérité, l'artiste d'une rare puis¬
sance dans ces grandes
fresques, toutes frémissantes
de passion, d'espérance, de colère, ayant pour dé¬
cors, outre Carcassonne et Albi, ces belles cités oc¬
citanes : Montpellier, Béziers, Toulouse
Qu'on ne s'y trompe pas. Il ne s'agit point ici de
littérature régionale, pas plus que d'histoire ro¬

bonne

...

mancée.

cieux

L'aventureuse existence de Bernard Déli¬

n'appartient pas seulement au Languedoc. Au
premier chef, elle touche à la vie du royaume de
France. L'énigmatique figure de Philippe-le-Bel, on
ne la
peut ressusciter sans évoquer du même coup

�LES

350

EMMURÉS

DE CARCASSONNE

ses rencontres à Senlis et à Toulouse avec le moine
franciscain grâce auquel la patrie romane parut un
moment devoir l'emporter sur sés persécuteurs. Il
devait y avoir dans l'éloquence de-Bernard Déli¬
cieux des accents bien persuasifs pour que le froid

Capétien ait pu, à diverses reprises,
prendre.
Il

existe, à vrai dire, une doctrine

s'y laisser

originale selon

quoi Guillaume de Nogaret, le juriste languedocien,
aurait, en réalité, régné sous le pseudonyme de Philippe-le-Bel. Auquel cas, on ne devrait pas être sur¬
pris que, dans sa lutte contre l'orthodoxie romaine,
ce moine révolutionnaire ait trouvé tant de complai¬
chez le roi de France.

sance

De

a fallu que Bernard Délicieux
la souveraineté du royaume des lis,

fait, il

contre

qu'il tentât d'ouvrir les portes de

conspirât
il a fallu

l'Occitanie au Ca¬

(lequel, au XIV"1" siècle, n'était point, en terre
romane, l'étranger), pour que le Capétien menacé

talan

lui retirât

sa

confiance et

sa

faveur.

A la fin cependant, et cela nous donne à penser,
Philippe-le-Bel lui accordera son pardon.
La mort du beau roi, la mort du pape' Clément. V
lui seront fatales.
Avec

quelle sympathie ardente, quelle piété dé¬

solée, Jean Girou n'a-t-il pas retracé
de

cet

Saint
sa

«

terre

les suprêmes

sanglant calvaire, le sublime sacrifice
amant de la pauvreté, mort un Vendredi
sur la croix du Languedoc, en holocauste à

stations de

ce

natale ?

Lui aussi

»

Languedocien, l'auteur de «La Vie ora¬

le choix qu'ont

geuse de Mirabeau » aurait approuvé
fait ses amis en attribuant à cette résurrection de
Bernard Délicieux le prix du récit historique, ce prix

qui porte le nom de notre cher et
de Jouvenel.

regretté Henri

�raymond

Ce

subtil

lettré,

ce

escholier

' politique

351

indépendant eût

que personne les pages héroïques qui
abondent dans ce liyre de sang et de feu, plein de
savoir et de passion, à la hauteur des temps qu'elles
raniment et de ceux non moins cruels où elles
furent écrites.

goûté mieux

Bernard Délicieux vient enfin de trouver le

grand
peintre que méritait son génie, l'artiste inspiré
digne d'éterniser le geste épique de sa Passion.
Raymond

ESCHOLIER.

�L'Ort dels Trobaires

L ■. ESTRA LUA = BRAZA

( Le TroubleMête )

La nèit s'avalïs

e

tôt sò

qualena,

Tôt sò que l'escur tenià d'amudit,
Al torn del ostal encara endormit

S'alerta e,

gaujos, déjà se remena.

Labetpels lauriers, per òrt o pelena,
L'au^elum, ailàs ! trop lèu espaurit,
Sol mèstre d'aquel airal asiaudit,
Canta la beltat dtunaalba qu'estrena.
Tant que

pels lensòls l'òme

es

ajasat,

Mèrle, rosinhòl, me^engle, agasat,
De ramalhejar se fan una fèsta ;
Mas quora pareis de la crea&amp;ion
Lo rei titanic, sa reputacion

Lor copa

l'.fiulèl. Lo concert s'arrèsta.
Frédéric

Parlar del Carsin.

CAYROU.

�A DON

Ai

QU1CH0T

guilhat d'amagat neboda

e

gobernanta,

escapant aprèp vos, enginhos cabalièr ;
en esent vòstre umil e
fidèl escolièr,
ai cabalgat dins las piadas de Rosinanta.

m

Vejat\: ai combattit, dins l'ombra enlu^cmanta
d'antenas de molin
ai trobat
e

e

d'oir.cs de celier ;

jos la luna un
de Sanche ai clavat la

teulat familier, "
gòrja malsonanta.

Dobtes, creires amb vos ai sempre partajat :
me n'an bernât, de
còps, e tostemps galejat,
e m'acordar mercés coma à vos cal
qu'òm denhe

Car soi
e,

sovent ai

trop au^art rimaire

jovencèl,
Pega^e escaladar lo cèl,
en forçat
l'infâme Clavilenhe.

un

cre^ent

e

sus

Paul
Parlar de Narbona.

ORMIÈRES.

�LIBRES

NOVÈLS

L1TER ATURA

Prosper Estieu : Hommage à sa mémoire (in-8, 150 p. Edit.
Colège d'Occitania, 1940). — Antonin Perbosc : Hommage à sa
mémoire (in-8, 80 p. Edit. Colège d'Occitania, 1946). — Eloge
d'Antonin Perbosc, per P. Gardes (in-8, 20 p. Remerciement
et Discours de Réception à l'Académie de Montauban, 1947).—
Louisa Paulin : Hommage à sa mémoire (in-8, 54 p. Edit. Colège d'Occitania, 1947). — Hommage à Maurice Wilmotte mé¬
diéviste, per Rita Lejeune (in-8, 10 p. Extr. de « Le Moyen.
Age», 1946). — Le chanoine Célestin Laffargue, per Mgr. A.
Clergeac (in-12, 42 p. Imp. St. Joseph, Tarbes, 1947). —Henry
Paschal de Rochegude, per P. Masson (in-8, 40 p.). — Ensaj
de Catalogue del Teatre d'Oc, per E. Vieu (in-8, 64.,p. Ed. Oc¬
citanes, Castelnaudary, 1938). — La Littérature Provençale au
Moyen Age, per P. Rémy (in-12, 104 p. Collection Lebègue,.
Edit. Office de Publicité, Bruxelles, 1944). — Cours de Litté¬
rature Occitane, per Calelhon (in-12,. 72 p. Edit. Salingardes,
Villefranche-de-Rouergue, 1944).— Leçon d'ouverture du cours,
de Langue et Littérature Occitanes de l'Institut Catholique
de Toiilouse, per l'abat J. Salvat (in-8, 32 p. Edit. Colège d'Oc¬
citania, 1938).

Lo Colège d'Occitania es pron abansat dins la
vida per aber cargat lo crespe mai d'un côp. A por¬
tât lo dòl, e lo porta encara, de fòrsa mòrts que fo-

guèron sos amies e de qualques-unses que foguèron,
quicòm de mai. Sul tombèl d'aquestes a volgut pietadozament pauzar sa lauza e sa lauzenja. Aqui perqué a estipulat, en biais d'omenage, très reculhs desovenirs, d'estudis e de poèmes, un per Estieu, l'au¬

Perbosc e lo trezième per Loï\à Paulin.
Fazian pas bezonh à lor glòria, segur, mas faziam
bezonh à la nòstra admiracion e à la nòstra amistat.

tre per

Aquelas pajas, dins lor mirgalhadis, an totas una
mèma valor capitala de testimòni. Baste las legiguen
escolans e escolanòts del Colège, totes ! I trobaran,.
sus l'arderoza e bloza trobairis qu'ajèt pas vergonha
d'èstre escolana abant de pasar mèstra, e sus los dos-

�A.

«'

ROUSSILHE

355

prieu» de la Renaisensa occitana, fôrsa

lor serà bon de coneise. I trobaran
dels bèls eisemples e — se Dius òc

cauzas que
litsoii

sustot la

vòl — lo gost de
de dintrar dins la rega.
Los grands morts làisan à lors discipols una part
de lor esperit. Lor làisan tant-ben, quand ne vira,
qualque sièti dins las Academlas. Lo bon felibre Pèire
Gardes, amie fervoros de Perbôsc, s'ameritaba aquel
dople eiretage. Als Academicians de Montalban, que
l'abian convidat à. prene la plasa del Mèstre, a par¬
lât bèlament dins lor lenga — tant val dire en franprene en man

cés

—

l'esteba

de la vida

e

e

de l'òbra de

son

debansièr. Nos

perdonarà pracò d'estimar mai sa contribucion occi¬
tana à 1' Hommage
: los vèrses esmoguts del
«Planh» e la pròza linda de «La darrièra serada»...
De tôt temps, la lenga nòstra s'es fach d'amies
fòra del terrador e quitament fòra de Fransa. Per
nos'n trachar, esperam mai que mai que mòron.
Acò los empacha pas d'aber fach lor òbra ; acò nos,
empacha de n'aprofitar à bèl èime. Aital, en Belgica, lo profesor Maurici Wilmotte, que faguèt miranda « dans cette philologie romane qui n'en est
pas encore à l'âge mûr et qui se trouvait, quand
Wilmotte commença d'écrire, dans un état voisin de
la création ». Grand mercés à Dòna Rita Lejeune
nos far soscar, amb son
Hommage à Maurice
Wilmotte médiéviste, à sò que debèm à son mèstre.

de

Grand mercés tant-ben à Mnhor

Clergeac per son
«pâle» coma dis el — del canonge
&lt;Zélestin Laffargue. Sò que nos dis del prèire dona
regrè.t d'aber pas conegut l'òme, e sò que dis del
felibre (poèta, folclorista, prezicaire e traduzeire del
Evangèli ) dona tèma de far coneisensa amb l'òbra,
malgrat los « que » e los « h » ont s'estrafègan qual¬
que pauc la lenga e l'èime de los que sèm pas nascuts, pecaire ! del bon pane de Garona.
Los Albigezes fan lor profit de la bibliotèca de
Rocheguda, sens trop saber belèu cosin aquel oficièr
image

—

pas tant

�356

LIBRES

NOVÈLS

de marina, un còp servida la Fransa — e plan servida
à-travèrs una mèja-dotzena de régimes

politics, se barrèt dins l'ostal amb sos libres e mandèt
al estampaire, sul òrle de'sos quatre-vints ans, dos
obrages que plan mancàban : una bona cauzida dels
Trobadors, lo « Parnasse occitanien », e un leisic për
los estudiar, lo a Glossaire occitanien ». Se trataba,
cazi pel primièr còp, de trabalhs critics. An méritât
à lor autor lo titol de « bénédictin laïque », e, dfr
mèja amb son amie Raynouard, la glòria un bocinòt
escura dels precursors de la
filologia romana. Cal
saber grat à Dla P. Masson de nos aber bailat, s'ajudant d'un estudi del abat Salvat, aquel pichòt. N
Henry Paschal de Rochegude, tant bèlament ondrat de gravaduras ancianas
—

...

Acò fa malisa, mai d'un còp, de veire e d'auzir las
nesciors à la mòda de Paris que s'espaséjan pel nostre

campèstre jol nom de « teatre populari ». Creiriatz que jamai degun, en tota Occitania, aje pas escrich res per la scèna. Dusc'al jorn qu'un amie vos
met entre las mans aqueste
Ensaj de catalogue
del Teatre d'Oc. L'autor es un òme que s'i coheis,
lo felibre E. Vieu, director-fondator dels « Cigalous
Narbouneses ». Tant-ben a es.tipulat quicòm de pratic, un repertòri ont trobaretz cinc-cent cinquanta
pèsas de tota mena, am totas la endicas necesarias :
autor, dialècte, genre, nombre e qualitat dels personages, editor, etc...
Dins

son

libre

La

Littérature

Provençale

au

Moyen Age, P. Rémy, profesor de literatura d'Oc
en
Belgica, nos prezenta « non pas une simple his¬
toire, non pas une simple anthologie, mais une es¬
quisse historique illustrée sous tous ses aspects par
des textes variés, reproduits ( per tròses ) dans l'ori¬
ginal et traduits en français ». Laisa veire, sens pedantiza, que a estralhat fòrsa trabalhs
alemans,
italians o francezes
e que n'a sachut traire sò melhor. I cercarem pas chicana sul adjectiu «
proven-—

—

�A.

ROUSSILHE

357

çal », per amor que « occitan conviendráit beaucoup
mieux», del moment que zò reconeis.
Un
clar »

cóp remiradas las merabilhas del « trobar
del « trobar clus », òm pòd mezurar los torts
d'aquelses que laisàban s'avalir un tal eiretage, e los
meritis d'aquelses que tornèron — o que tòrnan —
-defrachivar lo terrador. La ,« Respelida », aital podria s'intitolar lo pichòt Cours de Littérature
e

Occitane de Calelhon.
dona à cadun

sa

Acô's

un

bon

estudi

que

part : à Mistral e als primadièrs de

Provensa

e
als autres tant-ben : Estieu, Perbòsc,
lors discipols. La trobairis, tant arderoza
per ensinhar coma per contar e per cantar, s'amerita
lo mercés dels escolans
joines e vièlhs — d'Occitania.

Bessou

e

—

E

agrada bravament, abant de clavar aquesta
Leçon d'ouverture du
Cours de Langue et Littérature Occitanes de
l'Institut Catholique de Toulouse. Lo prefach
qu'entemenaba en 1937 lo que sèm fièrs de dire nòstre
Mèstre, èra un quicòm « qui'serait de nature —
sò dizia el
à épouvanter des timides », un vertadièr plan quinquennal d'estudis occitans.
nos

cronica, de mencionar la

—

Mas lo majorai Salvat es pas d'aquelses que se
làisan espaurugar. En 42, lo seu plan quinquennal
se trobèt
complit, del temps que d'autres fazian bèlament fiasco
Ara, lo bon profesor revèrta lo bon
lauraire : tant-lèu amodat lo camp, tòrna enregar
dins qualqua pèsa. L'abat Salvat, un còp estudiada de
...

cap-à-cima tota la literatura, a entreprés d'espelucar, dins sos corses annadièrs, quora una quora l'autra, las grandas òbras. Aital fasque, sò plague à
Dius e à santa Estèla, « ad multos annos »
...

A. ROUSSILHE.

Parlar del Carsin.

�REVISTAS E JORNALS
Fe

(set.-out. 1948)

■veau sus

Setèmbre

:

polits poèmes en prôza de Marius
Outobre ; Letra de Paris, de Jozëp

Jou-

Loubet : nos dis per que Gandilhon Gens d'Armes escribia pas
en lenga d'ôc; poèmes de Bruno Durand e
Mas-Felip Delavouet; Fédéralisme, très del discors del majorai Teissier à.
las fèstasde Forés à Castèlnôudari.— (nouv.-des. 1948) : Mis¬
tral estudiant, paja inedita de «Memòri e Racônle».
e

Occitania

(agost-set. de 1948) : Lo Congrès de l'Union frandelsfederalistas, per Bernât Lesfargues, que nos conta
aquel Congrès (12-13 de junh, à Paris) ont el-mèmes faguèt
valer l'idèa occitana; nôstre amic,organiza un grope fédé¬
raliste occitan e receu las adezions (52, rue St.' André-desArts, Paris VIe) ; Fa cent ans nasquèt August Fourès, per Ramon Vincens, que dis lo fédéralisme de Forés, e
que se sé¬
ria pogutpasar d'escriure: « Quitam la celebracion dels Ceptenaris als que n'an fach son especialitat ». — (oct.-nov. de
1948) : Occitanitàt de Forés, per Joan Lesaffre ; Enric Mouly
e lo roman occitan,
per Robert Lafont, que fa la critica del
darrièr libre de Mouly. Dins aquela critica i a de cauzas que
se
pôdon discutir. Acô rai. Mas, ja que Lafont se n' pren à
la lenga de Mouly— sobent ambe razon—, l'idèia m'es venguda de notar dins son article de manièraç d'escriure que se
legirian pas jos la pluma d'un bon escolan del Colège d'Occitania. Fau que las eècriure, sens las corregir ; nôstres escolans se n' cargaran : «Mouly es lo solet romancier qu'aguessiam » ; « i a aqui de que pantaissir » (cf. Mistral, Alibert
p. 441) ; « s'entreva trop de l'efecta à bon mercat» ; « per de
que fau alor que i mescla d'estranias fantasias »-. Sabi pas de
qui es l'article Per una prosa d'Oc; i legisi : «seriam contents
qu'à partir d'aquest numéro se congrelha... una polemica».
Anem, anem, per de bona prôza cal de bona lenga.
ce^a

La Restanco (avoust-set. 1948) : Li Restanco, paja de prôza
requista, per P. Fontan; La fabricacioun de la Sau, estudi
del Dr Arnoux, precioza contribucion al vocabulari
provensal.
(nouv. 1948) : Li Cago-nis de la Muso prouoençalo ; LotiMistralisme.
Aqui dos estudis que màncan pas d'objectivitat, e que se meritarian d'aber fôrsa legeires, quand séria,
que per aprene sô qu'es la bona prôza provensalà,
—

—

La Cigalo Narbouncso
nets de Paul Ormières.

(set.-dec. 1948) pôrta quatre polits soMalastrozament, una nôta de la Di-reccion fa saber que La Cigalo vei un côp de mai sos mi- '

ralhets crebats

e se

torna amudir.

�JOZÈP

SALVAT

359

Marsyas (aoùt-sept. 1948) : poèmes francezes

e

provensals
s'auVestigia

de Pèire Millet ; mai que mai m'a agradat
Reinage ont
-zis un resonde Rudyard Kipling.— (oct.-nov. 1948):

rosal, poème provensal d'Escriveto

santas

Léon

sus

Romanilha

e

;

notas istoricas intere-

Aubanel sinnadas

Paul Veillon,

Teissier, Pèire Millet, S.-A. Peyre.

Onomastica

(sept.-déc. 1948)

: Surnoms bas-médoquins aux
P.-L. Berthaud. — Era Bouts
dera Mountanho (noub.-dec. 1948) : Bent d'abrial,
polit poème
deRaimondaTricoire; poèmes de Paul Sicard, Paul Calvignac.

XVII' et XVIII' siècles, per

Tramontane

(sept. 1948)": prôzas e poèmes en francés e en
lo mes de setembre, las vendemias e la casa,
las sinnaturas de Josep Carner, Robert Marty.
Una informacion nos l'a- saber que de députais comunistes

•catalan

sus

ont notam

depauzat una propozicion de lei pertocant l'ensenhalenga catalana dins las Universitats dé Toloza e
de Montpelhèr. Caldria que tolis los députais occitans de totis los partits marchè'sen d'acôrdi per acô e
per quicôm mai.
(oct. 1948): Els dos forasters à la comedia, polida cèna comica en lenga popularia del Roselhon, que se jogaba fôrsa
del temps de la Guèrra de Crimèa; dos clams de Marcèl Durliat per la restauracion de Sant-Miquèl de Cuxà.— (déc.-noôl
1948) : nôtas sus la gastronomia nadalenca en Roselhon,
vièlhs nadals catalans, legendas, poezias en catalan e en
francés pertocant lo mistèri ela lesta de Nadal ; cronica dels
Jôcs Florals de la Lenga catalana celebrats à Paris lo 7 de
nov.
1948, ambe discorses de Ferran Canyameres, Josep
Carner, Pèire Fouché, poèmes coronats de Mercè Rodoreda,
Armand Obiols, Simona Gay ; nèta biograflea sus nôstre regretat amie Emili Ripert ; bibliografia catalana sinnada de
an

ment de la

—

Caries Grandô

e

Enric Duclos.

La nòstra Sevista

(juliol 1948) : Les dates en català, per Ro¬
Virgili : poèmes de Rafaël Tasis, ,Lopez Picô. — (agost
1948) : articles esmoguts de Pere de Roda e Victor Alba sus
la môrt del pintor catalan Feliu Elias, qu'abiam conegut à
Toloza.
(set.-oct. 1948): Resurrecció d'Israël ? per Ramon
Peypoch ; estudi de grand interès de Rovira i Virgili sul
muzician catalan Josep Anselm Clavé (1824-1873) ; Gallines de
Guinea, conte réaliste de Mercè Rodoreda que, vertadièrament, en prôza coma en poezia, compta demest los melhors

sira i

—

escribans de Catalonba.
Cada numerô
d'aquela interesanta revista pôrta de novèlas abondozas de la vida catalana.
—

Revue du Languedoc (sept. 1948) : Maurice et Eugénie de
■Guérin, per Fr. Mauriac, discors prononciat à las fèstas del
Cailà, lo 18 de julhet pasat; Moissac et les poètes, per Pèire'
Viguié, que menciona res que de poètes en francés ; L'ulti-

�360

REVISTAS

E

JORNALS

défense du Canada par deux languedociens, per M-.-L.
fa lo laus méritât ael marqués de Montcalm e del cabalhèr de Levis, gracias à de documents iné¬
dits; Paul Sibra, peintre du Lauraguais, per J. Lebrau : « Le
gay savoir de l'occitan est sensible sous tous ces visages qui
sont d'ailleurs pour lui des paysages d'âme ; il ne cesse pas,en les peignant, d'être le
peintre du Lauraguais » ; Eloge de
Castelnaudary (très), per Gabrièl Sarraute. — (déc. 1948) :
me

Puech-Milhau, que

Edoard Dolléans lauza

coma se

deu l'ôbra istorica de nôstre

grand amie lo profesor Jozèp Calmette; bêlas pajas ineditas
en pròza franceza de Loïzà Paulin sus
Refuges auprès d'Eu¬
génie de Guérin ; estudi de Benjamin Faucher sus Chateau¬
briand à Toulouse; poèmes de Renat Rouquier e de M.-A.
Daguet. Lo director de la revista, L. Charles-Bellet, anoncia
qu'aquel n° es lo darrièr. En fazent sos adius malanconics,
ctona sas razons, que compreni e dont vôli transcriure aicesta : «les faveurs du moment préfèrent distinguer un cer¬
tain comportement intellectuel associant un langage nébu¬
leux à l'imprécision de la pensée, le voile du jargon philo¬
sophique au culte de l'indécis. Peut-être le souci de la clarté
et du concret éloigne-t-il les sympathies des nouvelles géné¬
rations ? » Ives Andouard, en qualquas linhas d'una prigonda
emocion, remembra tôt sô que, dins nôstre pais lengadociari,
la cultura deu à l'activitat e à
l'inteligensa de L. CharlesBellet.

Revue du

Rouergue (juil.-sept. 1948)

: Fragments de vie, per
legisi una critica injusbonas prôzas occitanas
d'EnricMouly e de Joan Boudou, malastrozament endecadas
per de cauquilhas e una pontuacion defleienta ; nôta personalà de M.-Andriu Fabre sus lo regretat Gandilhon Gens
d'Armes.— Revue de l'Agenais (1948) : numerò especialament

Enric Bousquet, ont, ains una nôta,
tifleada del «Trésor dôu Felibrige» ;

consacrât à Jansemin à l'ocazion del

150e anniversari de

sa

naisensa.
Le

Rouergue amicaliste (6 mars, 13 mars 1948) : estudis sus
Mouly per M.-A. Fabre, P. Loubière, letra d'E. Mouly,

Enric

tôt acô à l'ocazion del Prètz de la Federacion de

las Ami-

calas del
nhat per

Avairon, à Paris, atribu'it pel primiêr côp, e gahôstre estolan e amie Enric Mouly. — La Humanitat (10 de març 1948) : numerô especial consacrât al omenage à Pompèu Fabra del 28 de febrièr 1948 à Pradas : dis¬
cors,

gravaauras.

Témoignages (oct. 1948) : Du nouveau
sur les chansons de
geste ?, per Dom Patrici Cousin, qu'estudia, ambe competensa e simpatia, malgrat
qualquas rezèrvas, l'ôbra de Re¬
nat Louis sus Girart de Viena, ont
aqueste jove sabent va
contra las teorlas de son rnèstre
Jozèp Bédier pertocant la
formacion de las cansons de gèsta. — L'Auta (nov. 1948) : N
...

I

�JOSEPH

SALVAT

36i

Pour

une
efficace sauvegarde et conservation du patrimoine
esthétique de la France, per Pèire de Gorsse.— L'Echo du Val
-d'Amour, buletin parroquial de Belestà d'Arièja (sept.-oct.
1948) : Lo Mesage- del Amord N.D. del Val d'Amôr, texte d'un

miu

sermon.

L'Amitié Gnérinienne

(juillet-déc. 1948) conta las fèstas

ce-

lebradas al Cailà per lo Centenari de la môrt d'Eugenla de
'Guérin e pôrta lo texte dels discors prononciats (Mnhor Mous-

Joan Calvet, Touny-Lérys, Pèire Viguié, Genoveva
Duhamelet, Andriu Ferran, Francés Mauriac). — Graulhet
Républicain )11 sept. 1918) : Eugénie de Guérin, grande occi¬
tane, per Pèire Serres, que s'estona qu'à las fèstas del Cailà
-cap d'orator aje pas parlai, en lenga d'ôc, dins la lenga que
parlaba cada jorn — se l'escribla pas — l'Eugenia del Cailà.
-saron,

Aspeets de la France et du Monde (sept. 1943) : Les Fctes misMaillane, per Raimon Agret ; à la seguida del
raconte, l'autor dona qualquas estrôt'as de l'Invocacion de
«Calendau», en francés; auriai aima-t qu'i ajustés lo texte
provensal. — La Dépèche du Loiret (4 déc. 1948) : L'Enraci¬
née, Louisa Paulin ; Rythmes et Cadences, per Rogiër Joseph.
La Croix (17 de set. 1948) : Gandilhon Gens d'Armes, per
traliennes de

—

Francés°Raynal.
Bulletin de Littérature ecclésiastique
(juil.-sept. 1948): A
propos des origines chrétiennes de la Gaule, per nôstre escolan E. Griffe ; La Chanson de Sainte Foi, (pp. 160-192) ont
ai ensajat de dire só qu'ôm pôd e deu saber sus aquel venerable poème occitan del Age Mejan.
Ar Falz (sept.
consacrais à la

1948, oct. 19481 : dos numéros entièrament
question del breton à l'escôla, ont se pôd legir lo projèt de lei prezentat per de Conselhèrs de la Republica gie totis los partits politics, e los decrèts ministerials
autorizant l'ensenhament facultatiu del breton als Licèus de
Quimper e de Brest. — Eusko-Deya (30 sept. 1948) : lo valent
organe dels Bases a consacrât un n° espècial al VIIe Congrès
del Estudis Bases que se tenguét à Biarritz del 12 al 19 de
setembre. Nôstre amie lo profesor Gavel i prenguèt una
bêla part. S'i decidët la ereacion d'una Universitat basca à
Biarritz. — (15 déc. 1948)La chaire de langue basque a été

inaugurée à Bordeaux. — L'adresa de Eusko-Deya (La Voix
Basques) es « 11, avenue Marceau, Paris, XVIe».

■des

Jozèp SALVAT.

�BOLEGADISA

OCCITANA

Santa-Estèla

I_a

de

1949

Son las Escòlas

felibrcncas de Marsclha que preparèron on—
gan lo grand festanal de Santa-Estèla : plan engimbat^
aqueste foguet plan reiïsit.
Jos la prefdensa del Capolièr Mistral, lo Consistòri dels
majorais elegiguèt dos novèls majorais : lo felibre Ella Bachas, de Tolon, à la cigala del Ventor portada aperabant per
Emili Ripert, e lo mèstre èn Gai Saber Enric Mouly, de Vilafranca-del-Roergue, à la Cigala de Garona portada apera¬
bant per Joan Amade. Rostre amie Monsenhor Gardette, rector del Institut Catolic de
Lion, foguet nommât sàci del Feli-

brige.

Caldria parlar de la ceremonia en onor de Victor Gélu sul
Vièlh Pòrt, .de la mesa à N.D. de la Garda ont

prediquèt lo

P.
los

Vial, de la Se\ilha de Cultura Popularia Occitana, ambe
rapèrts de nòs.tres escòlans e amies Camproux, Fournier,
Reboul, de la représentation de Mirèio al operà, deolas ta'rgas, del Cant de la Copa per lo majorai Anfos Arnaud à las
Arenas, de l'Esposjcion del Costume provensal orgarii\adaper
Mla

Valèri-Bernard.

LEscòla

Occitana èra repre\entada per lo
majoral-abat
Salvat, per lo felibre Maurici Roques, per lo felibre Pèire

Serres de Graulhet

e
sa filha,
per lo novèl majorai Enric
dàna, per lo felibre Vaylet e sa familha, per dòna
Anna-Marìa Ponrouch-Pctit e sa familha, etc..'.
Se decidèt, al Consistàri, que la Santa-Estèla de
1950 se podria faire à Tolo\a, jol aflat de l'Escàla Occitana e de totis
los gropaments felibrencs de
'Tolo\a.
'

Mouly

e sa

L_'EscôIa

de

L.aran

S'acampèt lo jorn de l'Acension 26 de mai. Aprèp una mesa
(Auta-Garona), ont prediquèt lo majoral-abat Sal¬
vat, la felibréjada se tenguèt al castèl de La Pradèla, cô del
escolan Sixte Doat. A l'ora dels
brindes, aprèp la dicha del capiscól Enric de Malefettes, s'auziguèron de poèmes e de contesabant lo cant de La Copa.
A la nèit, quand s'alucàban las
primièras estèlas, sul peiron
del castèl, l'abat Salvat diguèt
lo laus deGodolin, que se séria
plazegut en parièra companha. Lo trobaire mondin escribia
à Vilariès

dins

son

Ramelet

:

�BOLEGADISA

Beutats

OCCITANA

363

floridas del Ramier,

Ont, per un placer costumier,

Cinc o sièis soient nos en vistis
A par de brabes rigolistis.

E dizia à sos amies
landres », etc. :

«

bons

companhons, drôlles, pefons,

ca¬

Vàstra taula me plai sustot
Quand, aprèp la panseta li\a,
Totis
fa\èm, de galanti\a,
A qui melhor dira lo mot.
L'Escòla de Laran

es

L,' Bscòla

plan la filha de Godolin.

de

la

Crote-Jauna

Tenguèt son acamp lo 8 de décembre à Toloza : l'abat Salvat
parlèt de Godolin, e lo prezident Escudier de « Las darrièras
Vendemias ». E, per clavar, se canlèt « La Galèra ».

Corses
L'ora
-caîisas

de

Vacansas

es
pas venguda encara de reprene los corses de vaoccitans-catalans qu'abiam entreprés en Catalonha, à

Ripoll, en 1932, g qu'abian durât duscas en 1935. Per ara, nos
junhisèm à l'Universitat de Barcelona qu'organiza de Corses
de Vacansas à Sitges ( Cors
général), à Puigcerda (filologia),
à Ampurias (arqueologia), à Sant-Cugat
del Vallès (literatura
•crestiana e cultura
regionala).
Es

à-n-aquestis que nos-junhirem. Jos la direccion de Mnhoi
Griera, nòstre grand amie catalan, se fa'ran à Sant-Cu¬
gat, à 15 km. de Barcelona, del 31 d'agost al 14 de setembre.
I aura de litsons de dialectologìa
pirenaica (nòstre secretariadjunt Joan Séguy, profesor à l'Universitat de Toloza, ensenharà la dialectologia gascona e
lengadociana) ; de litsons
d'art crestian ancian e contemporan ; de litsons de literatura
en
castilhan,
contemporana
en catalan, en occitan (nôstre se•cretari lo majoral-abat Salvat, profesor à l'Institut Catolic
de Toloza, parlarà dels escribans catolics
contemporans dins
los dialèctes occitans de Fransa).
Anton

Las litsons dels
unème

profesors Salvat e Séguy se faran dins lo
temps, del 31 d'agost al 7 de setembre, per que los esco-

�364
lans

JOSEPH

de Fransa

los entresinnes
al Secretari del

SALVAT

àjen pas trôp à demorar à Sant-Cugat. Per
pratics, que vendran à temps volgut, s'adresarColège [d'Occitania, 31, carrièra de la Fonda-

ria, Tòloza.
De
Sota el titol

:

«

La

Catalunya

pintura romànica catalana», en un article-

en El Destina del 26 de febrer, Joan Teixidor
la iniciativa de l'artista Camille Descossy, director de
de Belles Arts de Montpeller, segons la cual s'hauria

publicat

parla de
l'Escola
de creâr

museu d'Art català, es a dir un museu de pinturas
romàniques. Aplaudim la bona idea d'En Descossy,.
pero no sabem perqué tôt ha d'anar a Paris. No entenem perqué Paris ha d'arreplegar tôt el que hi hagi de bonic, de preciôs i d'antic. Ens sembla que ja hi ha prou museus a Paris i
que el nôu que desitjaria que es créés En Descossy, estaria
molt millor a Tolosa, 0 à Montpeller, inclus à Perpinyà. L'art
romànic català mereix de quedarse a casa i de tenir l'il.luminació d'un sol persistent.

à Paris
murais

un

A.

M.

Abèm recebut ]o tèxte dels discors prononciats als Jòcs Florals de la Lenga Catalana à Paris lo 7 de novembre 1948 per

Josep Carner e lo profesor Pèire Fouché. Nos estonam de legir
jos la pluma d'aqueste : «Le catalan est resté et reste la seule
langue admise dans la compétition poétique. Combien ils diffé¬
rent à ce

point de

vue

de leurs aînés, les Jeux Floraux de Tou¬

louse, qui... à partir de 1694, ont abandonné définitivement la
langue de Bernard de Ventadour et de Goudouli ».,Cadun sab
que, dempèi 1894, l'Academìa dels Jócs Florals corona tornamai
la lenga d'Oc dins totis sos dialectes (lo catalan comprés).
A Bogota (Colombìa), nôstre escolan lo profesor Marcèl Baïche, donèt, lo 19 de décembre pasat, una Conferencia sus « Lo
Miracle de Mistral», jos l'aflat del Patronat de Cultura Cata¬
lana.
Lo 26 de mars, 15 même Patronat organizèt una manifestacion literaria per comemorar lo 90e anniversari de Mirèio.
Lo 10 d'abrilh, à Toloza, l'Institut d'Estudis Occitans donèt
un Récital de Melodias Occitanas, ambe cants per Dôna Dulon,
ecomentaris per Renat Nelli. L'Institut abia tengut son acamp
annadièr aquel même jorn.
Lo 24. d'abrilh se tenguèt à Malauza (Tarn-e-Garona) un
acamp de joventut rurala per la Copa de la Jòia : fòrsa jovents
del pais, trobaires e contaires de lenga d'ôc, s'i faguêron àplaudir. Lo maitin, lo majoral-abat Salvat abia prédicat.
—

Cri-Cri
Imp. d'Editions Occitanes, Castelnaudary.

Le Gérant: J. SALVAT.

�Supplément

au

JÝ° 230 du Gai Saber

jyiai-Junh 194-9

�RAPORT
SUL

GRAND

PRÈTZ

DE PROZA

FABIAN-ARTIGUE
LO

PRÈTZ PUJOL-POEZIA
E SUL

CONCCRS DE LENGA
LEGIT EN SEZILHA PUBLICA LO

2

D'OC

DE MAI

1949

PER

i

LO SENHE ABAT

JOZÈP SALVAT

MAJORAL DEL FELIBRIGE
UN DELS QUARANTA MANTENEIRES

SENHES MANTENEIRES,
Encara

còp, m'abètz volgut fizar lo rapôrt
lenga d'ôc. Voldriai qu'ajèsetz pas'à
regretar vòstra fizansa. Sò que vos pòdi e vos vôli
dire, es que, se m'abètz procurât de trabalh,
m'abètz tant-ben procurât un grand.plazer, lo plazer qu'i a, per un profesor de literatura occitana,
de veze qu'aquela li'teratura es pas una rèina mòrta,
sò que séria déjà plan quicôm, mas qu'es una rèina
plan viva, una rèina qu'embauma e regaudis totis
los terraires, « dis Aup i Pirenèu »,
un

sul Concors de

�3#6

-

—

Lo senhe Robèrt

Marty, roselhonés, demorant à
Montpelhèr, s'es méritât una mencion d'onor per
quatre pichons poèmes, alegorics coma Vestida de
molsa i ploma d'ocell e Mati, elegiacs coma Meditaciò e Escampills : la jurada i auria
volgut trobar
mai d'unitat e una inspiracion mai poderoza.
Perqué
aquela nota de pesimisme jos una pluma de jovent :
Tôt lo

Enaigat

qu'escric a la vesprada,
o plé de febrada,

Qui llegirà ?...

Una mencion d'onor

es

anada tant-ben à

quatre
abia mandats lo doctor Crestian
Amies de ma tèrra despoderada.
Nos a semblât que Lo Teiseire de cabestres o
L'Alucaire de Réverbéras, malgrat un esfôrs de renovelament dins un sens alegoric, retipàban un
pauc trop Lo Cantonièr o L'Esclopièr que, l'an
pasat, abiam flocat d'un ulhet. Lo doctor Mathieu
-dis amb emocion, en parlant de sos vièlhs amies :
sonets que nos
Mathieu jol titol

Los ostals

son

morts, barrats,

Orties e romècs los
La Tèrra dels Meus

Anem,

anem.

entorn.

Que

I

a

an
es

pas

sa muza se

sens

teulada...

rozegats...

despoderada.

pracô que la mort al siu
renovèle à las sorgas de la-

vida.
De

Roselhon, lo majorai Caries Grandò, l'òme
Perpinhan que
l'Academia a coronat déjà mai d'un côp, e que, un
temps trop long, s'èra amudit, nos a mandat doas
poezlas qu'abèm flocat d'una primavèra. Nit de
Nadal nos a agradat per lo réalisme tant pintorèsç
d'accion de La Ginèsta d'Aur de

�—

367

—

que gàrdan sempre en Roselhon las legendas e
mêmes las costumas nadalencas; aie! lo « Jesuset »

blanca maneta, manda un poton; aie!
ris ambe lo bon Dius en vezent los
angèls del Paradis se preparar de gormandizas.
amb

que,

sa

sant Pèire que

Los vèrses de dètz sillabas, sul ritme 4 e 6, nos an

agradat per lor muzica verbala, qu'es, à nôstre avejaire, una de las qualitats del majorai roselhonés :
Salta pel cel el cant de
Salta pel cel en la nit

les campanes,
de Nadal.

La traduccion en vèrses francezes es un

conselham

pas

biais ,que

als poètes occitans, perque pòd
jos la pluma de Grandò, d'infide-

èstre cauza, coma

poezia Puresa, dins sa forma coma dins
pensada, es plus lèu elegiaca; lo trobador i dis
sa fe dins la vida jol aflat del amor, malgrat las
iluzions perdudas : « Un jour, l'illusion se dissipe
au vent... Mais la flamme vit; ce n'est pas en vain
litats. La
sa

l'amour la guide. »

que

en vent un dia s'en va...
flama viu; no es pas en va
Que l'amor la guia.

L'il-lusió
Mes la

Al senhe abat Silvan Toulze farai, per
duccion

remarca.

escrit

vèrses francezes de son poème,
Acô dit, parlem del poème Alter

en

per una

«

Ara que

primièra mesa

la tra¬
la mèma

Christus,

».

lo Sant Oli a retomat la tèrra
ton ama espandit,
tremolant jol vent del Esperit,

de ton èstre, en tas mans e
ara

en

que,

te veire al

lo cap te

A
e

son

cimèl d'una tant nauta serra,

deu virar, mon fraire en Jèzus-Crist.

fraire cadèt dins lo sacerdôci, l'ainat

parla,

parla ambe caritat, ambe fervor, en preire que

�-

368

-

I

conei la vida granda e
plena en poder e plena en
meritis del ministre del
Senhor, e parla en poète

tant-ben, en bon poète que sab fargar lo vèrs e
l'estrôfa, qu'es mèstre del ritme e de la lenga.
Belèu se li podria reprochar de laisar lo didac¬
tisme ambe qualqua
longor prene lo pas sul lirisme.
E pracò, escotatz una bêla estrôfa :
Or d'ara ensai seràs dins lo divin
lo

plan subrecauzit

gaisar

coma una

de la tièra
soca à fin del

e

campèstre

te cal

mes

d'abrial,

portar los empeuts de las amas que
l'Mèstre
ne sarra la vendemia
al celièr eternal.
e

Arriba de côps que la pensada, sens èstre
escura,
demandaria mai de clartat. D'autres
côps, es linda
e clara comà
l'aiga d'OIt, coma lo solelh treluzisent
sul

païs carsinôl
e

:

los Crestians poiran cada jorn de lor vida

de tu

resaure

aquel levam d'eternitat.

Se podria reprochar belèu

encara al poème trop
poèmes d'Orne de Diu del
canonge Cubaynes. Acô rai : l'escolan garda totjorn sa personalitat, e fa, el tant-ben, figura de
mèstre. L'Academla es uroza de li acordar un
rapèl

de semblansa ambe los

d'englantina d'argent
Dins lors pezadas

per ondrar son autar.

(Dans leurs foulées) es un
poème del senhe Paul Calvignac, escrit per lo felibre de Graulhet à la
glôria dels blangèrs (les mégissiers) qu'an fait e que fan encara la riquesa
d'aquela pichona ciutat del Albigés ont s'es gardat,
belèu rnelhor qu'endacòm mai, ambe l'amor del trabalh, lo culte
lo mòt es pas tròp fòrt — de la
—

�-

Í369

—

tenga occitana. Sabèm qu'un bèl moviment de re~
zurgida es espelit à Graulhet jos l'aflat de còrs afogats : e justament lo felibre Paul Calvignac es lo
capiscòl del novèl gropament : YEscòla de la Capeleta.
Lo

poème Dins lors pezadas canta la vida tota
e de conciencia dels blangèrs ambe sas

de trabalh
sofrensas

e

sos

meritis, canta las mans valentas

d'aquels obrière :
Demoràban, lo ser, encara fernizentas,
Quora, endormits, al tèit, somniàbetz del

trabalh.

regretat mèstre Antonin Perbòsc
aquelis mòts occitans del mestièr :
balhar lo torn, los trempadors, lo faudal, l'estira,
lo pal, la taula carrada, la causina, etc... Mas auria
aimat tant-ben l'emocion prigonda, que remembra
l'emocion, de Jansemin, e que va del primièr vèrs :
A ! Così nòstre

auria

aimat

Repauzatz dins mon côr, amas aleugeridas
Dels meus, dels que de paire en filh èran blangirs !

duscas al darrièr
Mos

j

:

trepejaires pèds, sus las uôstras

D'un agait

pezadas,

viratz-los fòra nèblas, al lum.
&gt;

poème de Calvignac, Antonin • Perbôsc, per
totas aquelas razons, auria segurament donat,
ambe nos-aus, un bèl ulhet, la fior del remembre.
Al

Vièrge, Regina lucis, nos es vengut
d'una trobairis qu'a déjà culit de bêlas
flors al ôrt de dôna Clemensa. S'abiam un repròche
à faire à Madamaizèla Drutel — l'Aubanelenco —,
Un imne à la

de Provensa,

leria d'aber

trôp donat à son imne lo ton e l'anar

�—

d'una letanìa

.370

—

défaut

qu'es dins aquel genre malaicomptar que mai d'un belèu nos
dirà : « mas es que las letanias son
pas la plus
bêla pregaria ? » Un autre
reproche séria encara
posible : Regina lucïs retipa un pauc trop lo poème
Cendre del même autor, que l'Academia coronèt l'an
pasat : se non dins l'estròfa, al mens dins lo vèrs,
totjorn de dotze sillabas e sul ritme regulièr e mo¬
notone de .6 e 6, e que se pasa de la rima; la trozit de

fugir...

bairis

se

nin amb

:

sens

contentant de faire alternai'
un

un

vèrs feme-

vèrs masculin.

E

pracô abèm aimat aquel buf poe'tic que, de la
primièra estrôfa à la darrièra, s'alasa pas un mo¬
ment e s'emporta l'ama del legeire,
per pas dire
l'ama del pregant. Aprèp una invocacion à la
Vièrge bona, pura e pietadoza, l'Aubanelenca reconei que sabèm pas pron la simplesa del còr,
qu'aimam pas pron l'umbla
pregaria del « Ave Maria »,
que deziram pas pron l'amor del enfanton :
Mai la simplesso bono e l'umelita cando,
La preguiero d'enfant, Maire, li sabèn mau.
0 Rèino de l'Amour, sigues-nous la lumiero;
tìaias-nous la douçour di paure emé di sant I

La
se

lenga es tant pura, tant simpla tôt al còp, que
creiria entendre, ambe la mèma dosor, la mèma

armonia, la mèma fe,.la pregaria de las Santas dins
Mirèio

:

Maire de la clarta, sigues-nous touto bono,
0 Rèino de la Lus, Mario, ajudas-nous !

A l'Aubanelenca, l'Academia manda

un

liri d'ar¬

gent rezervat, la flor de la Vièrge, ambe sos com¬

pliments.

�—

.571

—

E n'aurai finit ambe lo concors annadièr de
d'ôc

en

mencionaa.

un

prètz

lenga

d'Academia de

1.500 francs acordat al bèl volume del senhe Fraiicés

Raynal, titolat Au Jardin des Adages, publicat

per la revista Auvergne, que porta, cranament ilustrat ambe de fôra-tèxtes, de bòzes e de vinhetâs
per Victor Fonfreide, Paula Marie e Emili Rodier,
mai de rnila provèrbis en dialècte de Nauta-Au-

vèrnha, pertocant la natura, la familha, los mestièrs, etc... N'i a, d'aquels provèrbis, que son de la
.familha occitana tota entièra :
Decond i a de pan e de
Lo rei i pòd venir.

N'i

a

que son

vin

mai especials al païs auvernhat o

lemozin, subretot per lo temps :
Sent-Estròpi banhat estròpia li celeiras.

qu'a establit aqui un remilos provèrbis en bona grafia
ciasica. Sabi de gents que ne seran pas contents,

Cal dire que l'autor,
rable relicari, a escrit

perque trobaran pas aqui
à la môda frapcimanda

la prononciacion Iocala —

de tal o tal mot, filolôgues e folcloristes que regàrdan nôstra lenga
coma un païs d'exploracion, un article de muzèu,
un erbièr perfumat e mort. Nos-aus complimentam
lo senhe Raynal : per el coma per nos-aus, la lenga
—

vol pas laisar encadenar per los fargaires de
coleccions; es viva, e vòl retrobar sa ciasica beltat.
d'ôc

se

*

s'arrestaria
aqui, s'abiatz pas volgut me fizar lo rapôrt sus
Mon

trabalh,

Senhes Manteneires,

�-

375

-

lo Grand Prètz

Fabian-Artigue pròza e sus lo Prètz
Pujòl poezìa, atribuits ongan, excepcionalament, lo
primièr à un estudi en pròza occitana o franceza
sus Godolin, lo segond à
un poème occitan o francés pertocant Godolin.
L'Academia, que coronèt d'un gauch (un souci)
un Cant Reial de Godolin en 1609, a
pas debrembat
que lo grand trobaire mondin èra mort en 1649, e
que lo trezenc centenari de sa mòrt valia la pena
d'èstre célébrât. Per acô, abia demandât als sabents
als trobadors de consacrar à Godolin lor pluma o

e

lor mandòra.

Dos trabalhs

prôza franceza nos èran parvenguts per lo Grand Prètz Fabian-Artigue prôza, e
totis dos, cadun dins son genre, nos an agradat de
tal biais qu'abèm pas pogut faire autrament que de
los

en

coronar.

Un

prètz d'Academia de 1.500 francs es ariat à
avec Goudouli, del
senhe Marius-Albin
Amouroux. L'autor abia déjà publicat un pichon
estudi istoric e literari sus lo poète mondin. A représ
son trabalh, en li donant una forma mai
literaria,
sus un biais un pauc romantic qu'èra plan de môda
Un soir

i

a

unis cent

ans.

L'autor

se

d'estudis dels Amies de la

trôba à-n-una sezilha

Lenga d'Oc à Paris, e
companhs, aprèp un torn d'orizon sus lo païs
natal, demàndan à-n-un d'elis, Mèstre Ramon, que
lor parle de Godolin, ja qu'es lo trezenc centenari
de sa mòrt. E Mèstre Ramon, respondent à sos
amies que d'aqui entre aqui li pàuzan de questions,
debana sò que se pôd saber sus Godolin, son ôbra,
sos

�protectors, etc... : res non i manca, mêmes de
legendas que, als cors dels sècles, se son estacadas al nom de Godolin; i a, subretot, un fum de
citacions que perméion, s'ôm a pas jos la man las
òbras del trobaire, de se faire una idèa sufizenta
de son inspiracion e de son engenh.
sos

las

L'estudi del senhe Albèrt Guittard, dont

l'Acades

déjà d'autres trabalhS', respondia
demandaba un vertadièr estudi sus Godolin. Segur, quand
òm a legit Pierre Goudouli poète toulousain del
senhe Guittard, òm pòd pas se pasar de dorbir Le
Ramelet Moundi, de legir las òbras del poète de
Toloza. Es juste encara d'ajustar que l'estile del
senhe Guittard val pas l'estile del senhe Amouroux
mla

a

coronat

melhor à las condicions del concors, que

en

vida

e en

interès.

Mas sò que

cal dire tant-ben

'a valor del trabalh

Guittard laisa pas res

—

e es

acò que fa

l'estudi del senhe
dins l'ombra de tôt sò qu'a

—,

es que

-apôrt à Godolin. La vida de Godolin es contada
^el menut, gracias à las recèrcas de tôt sô que s'es
oogut escriure d'el. Son òbra es analizada dins
totas las perspectivas, ambe totis los tèmes poetics,
Ks sorgas, la lenga, etc... Las edicions, l'influensa.
In glorificacion de Godolin dins l'istôria e la 'iterabira, notas e bibliografia, res non manca à-n-anuel
"•studi complèt, coma se n' coneï pas encara cao. e
rrue valdria la pena de publicar.
Tnnt-ben l'Academia a volgut atribuir à Pierre
Goudouli poète toulousain del senhe Albèrt Guit¬
tard lo Grand Prètz Fabian-Artigue de pròz'5 (.G
s.OOO francs.

�-

374

-

Lo Prètz

Pujòl poezia de 3.000 francs es estât
1.500 francs cas'èran clasats en
tèsfa de totis los mandadises poetics — occitans e
francezes
à la glôria de Godolin.
despartit

en doas parts égalas de
duna. Dos poèmes en lenga d'Oc

—

L'òda A

Goudouli, del senhe Renat Auzias, d'Aisde-Provensa, prôba que la renomada de Godolin
demòra espandida sus tôt lo terraire occitan :
Mai toun
nous

briho pas qu'en ribo de Garouno;

noum

escound pas

ta lus lou trelus de Mistrau;

quand te trenon de

e

courou.no,

ii mesclan voulountié lou lausié prouvençau.

D'un biais

agradiu

varietat d'esfrôfas
dins

e plazent, amb una granda
de ritmes, lo senhe Auzias parla

poème de tota la vida, de tota l'ôbra de

son

Godolin

e

lo

Ramelet, las Floretas, lo Dius
Liris, las Flors del Grand Ramièr, las folias
mentran, los Nadalets e la Pasion del Crist,
tats de Toloza, los dois e las glôrias de la
:

nenet

e

de Carlas bel-

Fransa.
podia pas faire autrament que de se
regaudir en legisent la darrièra estròfa, prôba de
l'unitat viventa de nôstra lenga :
L'Academla

O, li siècle an passa despièi qu'as fa lou saut,
de toun Ramelet, ueses, se parlo encaro.
Ta Liris i groumand moundin es sèmpre caro,
e clame
eici, ravi d'aquelo oucasioun raro,
qu'es caro à moun cor prouvençau.
e

Lo

senhe Antôni

brabas annadas
mandat

es

Rey, d'Agèn, que dempèi de
lauréat de l'Academia, nos a

jol tltol A Godolin un sonet e un cant reial.
sabètz, Senhes Manteneires&lt;, que lo sonet e lo
cant reial foguèron los genres poetics ont mai qu'en!ÔC s'ilustrèt Pèire Godolin. Totis sabètz de per cor
Totis

�—

375

—

famozes sonets à la bêla Liris, ont Godolin

sos

mostrèt

mestriza à la

seguida de Ronsard e Du
Bellay, e vos soven qu'es amb un cant reial, lo
genre mai à la mòda al Colège de Retorica de Toloza, que Godolin culhiguèt un gauch o socin d'ar¬
gent, sô que l'empachèt pas., coma nos ôc dis elmèmes, d'aber, à la fin de sa vida, de gròses socins
d'argent.
Lo sonet del senhe Antòni Rey escrit de man
sa

de mèstre rezumis mirabilhozament l'ôbra de revis-

côl de Godolin. La
l'orra Crozada

lenga d'òc pareisia môrta, aprèp

:

Nòstre pais s'èra amudit, e, jos los cèls,
s'auzisia

gairti

Mas Godolin
E

pauc

venguèt

cantar la lenga aimada.

e

la reviscolèt

:

dempèi remiram Godolin, sus l'autura,
de lènc e de naut nos quilha son brandal.

que

Dins lo cant rèial, lo senhe

Rey nos sab

remem-

brar
son

Ramelet, fait de ftors del terraire,

los bascalals de Carmentran, e
aquel Crocant,
e

la

rise,

feròs

mens

que

manjaire,

genta Liris : « avec Liris, fraîche comme la ce¬
le printemps en fleurs chante en ses vers

comme un

chardonneret

»,

ambe Liris fresca coma
la

prima

en

flor dips

sa

la guina,
trôba cardina.

mandadis, s'acàban per
aquestis dos bordons à la glôria de Clemensa
E todas las estròfas, e lo
Izaura

e

del trobaire mondin

:

�376'

—

A Godolin carttem
c

un

-

cant reial,

saludem nauta Dòna Clemensa.
*
**

plan juste, Senhes Manteneires, que celebrem
: gracias à-n-el, nòstra Ienga d'ôc es pas
una rèina mòrta, e à-n-el mai qu'à degun belèu revénon sa conservacion e son lustre. Acô es. estât
Es

Godolin

dit, dabant vos-aus, per Jansemin e per Mistral.
Godolin dizia fièrament : Noirigat de Toloza, me

plai de mantenir son lengage bèl. Ara, son Ramelet
a crescut non pas de très brotons, mas de milanta
brotons, venguts en ribambèlas de totas las tèrras
occitanas, ont de brabes noirigats trabàlhan valentament à la mantene, à la rbviscolar, à l'ondrar, à
la menar à son pontificat.
Nos i cal far

nos-aus

tant-ben, Senhes Mante¬

sèm los primièrs eiretièrs de sas
Floretas. Cosi deu èstre content, en Pèire Godolin,
de veze la lenga mondina aie! al onor ! Que se regaudigue encara mai ! Li podèin dire anrbe Prospèr
neires, nos-aus que

Estieu

:

De Mont-Audran
De la comba

e

e

de Sant-Anha,

de la montanha,

O Mèstre I torna auzir ton paraups
Per lauzar ta memòria,

Reviu los jorns de
Lo Cantar

tant bèl !

glôria

Occitan que se ris del tombèl !
(La Canson Occit'ana, p. 148.)

�LANGUE

D'OC

A GOUDOULI
ODE

1.500

•QUI A OBTENU

FRANCS SUR- LE PRIX PUJOL

(POÉSIE)

PAR

M.
A

RENÉ AUZ1AS

AIX-EN-PROVENCE

»

Toulouso

aguè toustèms l'ourguei de sis ilustre;
n'a passa d'an e de lustre
que de feoun det escafaire l'oublit
n'ague terni.lou lustre;
soun cèu fas sèmpre lume, o Goudouli !
e

sènso

e

dins

0, toun noum fai signau despièi que, risouliero,
ta Muso emé la de Mouliero
coto-coto

an

treva lou parage

'

car,

moundin,

mai fuguèsson despariero,

faguèron freireja troubaire e baladin.
A

GOUDELIN

Toulouse eut de tous temps l'orgueil de ses illustres, et les
et les lustres ont passé sans que l'oubli, de son doigt des¬

ans

tructeur, en ait terni l'éclat; et dans ton ciel tu brilles toujours,
ô Goudelin !

Oui, ton

nom

est lumineux, depuis que, rieuses, ta muse et

celle de Molière côte à côte ont vécu
aussi, différentes qu'elles fussent, elles
et au comédien de fraterniser.

en

terroir mor.clin; car,

permirent

au

trouvère

�-

Mai toun
nous

378

-

brio pas

.qu'en ribo de Garouno;
ta lus lou trelus de Mistrau;
quand te trenon de courouno

noum

escound pas
e

ré mesclan voulountié lou lausié prouvençau.

Voulountié, quouro au Capitôli
se

festejo

un Pouèto e lou Verbe
semoundèn dóu païs de
un

salut

au

divin,
l'òli
païs dóu vin.

Or, encò de Clemenço Isauro
veici que tournamai se lauro
toun front e qu'uno jouiouso auro
aleno sus toun Ramelet;
adounc couralamen s'enauro
vers

tu, de z-Ais, aquest

coublet.

*
**

Toulouso
e

fuguè toun Parnasso,

canta, sout ,1a menaço
l'aubarestié sèmpre nus

i'as

de

qu'adus de vitimo à Venus,

,

Mais, ton nom ne brille pas seulement sur les bords de la
la gloire de Mistral ne nous cache pas la tienne; et
lorsqu'on te tresse des couronnes, nous y joignons volontiers le
Garonne;

laurier

provençal.

Volontiers, lorsqu'au Capitole on fête un poète et son divin
verbe, nous envoyons du pays de l'huile un salut au pays du
vin.

Or, chez Clémence Isaure, voici que de nouveau on pare ton
front, et qu'un joyeux souffle passe sur ton « Ramelet ». Donc,

cordialement, d'Aix

ce

couplet s'élève vers toi.
***

Toulouse fut ton Parnasse, et tu y as chanté, sous la menace
de l'arbalétrier toujours nu qui apporte des victimes à Vénus, la
beauté des roses et des lis avec la flûte de Virgile.

�la bènta di

roso e

emé loti flutèu de

dis ièli

Vergèli.

Mai sabié bèn lou diu nenet
ço

qu'èron ti flour vivo
front

o

palo

bouco pourpalo
car dins l'oumbrun di
jardinet
ausissié vôsti poutounet.
—

neven e

Coume Melibéu

e

Titire

de la barbeto dóu Satire
te siés trufa mai
que
en

de vôsti bais

Invoucaves Catule

e

invoucaves Ouràci

e

e

d'un cop

fasènt resclanti l'ecô

toun

vers

e

de toun rire.

soun

brinde flouri,

sa

coupo versanto
è'ro acoulouri

d'agué begu soun vin e treva sis amanto;
bèn tant que, famihié de si tèndri
Chloris,
ti flour d'amour, ti Moundineto,
Marto, Françoun, Jano
Mais le diu nenet savait bien

pâles — fronts neigeux
des jardins il entendait

et

ce

e

Neneto,

qu'étaient tes fleurs vives

lèvres pourprées

vos

—

car

et

dans l'ombre

baisers.

Comme Mélibée et Tityre, de la barbiche du
Satyre tu t'es
maintes fois moqué en faisant retentir l'écho de
vos caresses
et de vos rires.

et

Tu invoquais Catulle et sa belle humeur, tu
invoquais Horace
sa coupe versante,-et ton vers était
coloré d'avoir bu leur vin

et fréquenté leurs
amantes; si bien que, familier de leurs ten¬
dres Chloris, te§ fleurs d'amour, tes Mondinettes, Marthe, Fran-

�-

li

sounaves

380

-

touti Liris

:

toujour sorre di ninfo

èron

quouro courríés, lou cor en
darrié si riban floutadis...
E li que

finfo,

ti cansoun revihavon, magico,
cresien qu'èro tourna di niéu
lou tèms beni di bucoulico

que se

cresié encaro i diéu !
*

Jamai ramelet fuguè plus poulit
Que lou tiéu, jamai i'aguè, Goudouli,
mai d'iue envejous pèr uno culido :
toucant lou bonur crèis la jalousié;

d'aqui vèn
e

que

i'a d'espino i rousié

de bavaduro is ièli. Es la vido.

Mai li

roure noun

baisson pavaioun

davans li laid vènt que
e noun

fouiton sa ramo,
poudiés, tu, sènso que toun amo

Jeanne et Nénette, tu les nommais toutes
toujours des nymphes, lorsque tu courais, le
*
derrière leurs rubans envolés.
çon,

Liris : c'étaient
cœur en émoi,

qu'éveillaient les chansons magiques pensaient que
était revenu le temps béni des bucoliques où l'on
croyait encore aux dieux.
Et

des

ceux

nuées

A

joli que le tien, Goudelin, jamais on
cueillette avec plus d'envie : le bonheur fait
la jalousie, et c'est pourquoi il y a des épines aux rosiers
bavures sur les lis. C'est la vie.

Jamais ramelet ne tut plus
ne

regarda

naître
et des

une

Mais, le chêne ne
fouettent

son

s'abaisse

pas

devant les méchants vents qui

branchage, et tu ne pouvais, toi, sans que ton

Pme s'émût, voir U» poëtailiqn

mépriser tes fleqrs si edjnirées

�-

boumbiguèsse, vèire
mespresa ti flour
e lou
trepougnés

381

-

pouëtâiouii
pèr tóuti tant flamo;
de"tis epigramo.
un

De Ranquino o
Gripis, de Ginjo o
Noun leissaves passa l'escorno e

Boufobren
Fescoumenge;
coume Perso, levant ta
courrejo di reri,
li n'en fouitaves ferme, e
pèr aquéu revenge
li flour de Miejo-Salo e li dou Grand-Ramié,
coume li de la Font
Mountrabe, dins l'espàci
te mandavon lou flar de si
perfum proumié :
i'aviés sauve-garda lou satin de sa gràci.
*
île *

Coumico, quauco-fes, ta Muso sènso eicès
sabié l'èstre, e risien li gènti Toulousano
quand de Caramentran ié fasiés lou proucès;
e pïouso em'acô, coume touto
gènt sano,
pèr lou jour de la grùpi e lou jour de la Craus
trasié nouvè galoi e coumplancho doulènto.
Lou

pouèto verai qu'ApouIoun atalèńto
canto l'amar emai lou dons.

de tous, et tu le lardais de tes épigrammes. De Ranguine ou
Gripis, de Gingé ou Boufobren tu ne laissais pas passer l'offense
et la calomnie. Comme Perse, de tes reins levant la ceinture de
cuir, tu les en fustigeais, et pour cette vengeance, les fleurs de
Miège-Sole et celles du Grand-Ramier ainsi que celles de la
Font-Montrabe, dans l'espace t'envoyaient l'effluve de leurs pre¬
miers parfums; car tu avais sauvegardé le satin de leur grâce.
**

•

Quelquefois ta muse savait être comique sans excès et les
gentes Toulousaines riaient lorsque tu leur faisais le procès de
Carementran. Pieuse aussi comme toute personne saine, pour le
jour de la crèche et pour le jour de la Croix elle exhalait de
gais noëls et des plaintes dolentes.
Le

poète vrai qu'Apollon inspire chante l'amer et le doux.

�—

382

-

Quito lou fiutèu pèr la liro

quand soun plus auto sis amiro,
saup, quand fau, chanja lou toun.

e

pèr célébra Clemenço
.quouro Mai recoumenço
èro plus nohlo ta cansoun;
ansin pèr célébra Toulouso

Ansin

cade

an

paraulo mai blouso :
saludèses Sant-Sernin

èron ti

que
bèn lou moulin dóu Basacle

o

sabiés trouba li mot menin
e
e

li que
fasiés

porton au pinacle;
pièi un autre bound

pèr ploura lou Navarro e canta

,lou Bourboun.

vouguères oufri ti vers en apanage
Vergèli à Meceno. Aviés l'âge
e lou renoum que s'ameriton gramaci;
mai las ! pousquères pas dire à toun entourage :
Deus haec otia fecit !

Car

i rèi, coume

le flûteau pour la lyre
changer le ton lorsque le sujet
Il quitte

lorsqu'il vise plus haut, sachant
l'exige.

de Mai, chaque
Toulouse
tes paroles se faisaient plus claires. Que tu saluasses SaintSernin ou le moulin du Basacle, tu savais trouver les mots qui

Ainsi pour célébrer Clémence Isaure, au retour
année ton chant était plus noble; ainsi pour célébrer

exaltent. Et tu t'élevais encore davantage
pleurer le Navarre et chanter le Bourbon.

charment et ceux qui
pour

Car tu voulus offrir tes vers en hommage aux rois comme
Virgile à Mécène. Tu avais l'âge et le renom qui méritent quel¬
ques faveurs. Mais, las ! tu ne pus pas dire à ceux qui t'entom

raient

;

Deus hœç otia fecit !

/

�-

383

-

*

**

D'or de soulèu

e

d'or de sounge,

t'arrapè lou vieiounge,
fuguères soul aprouvesi,
e paure acabères ta
jouncho,
arao drecho e cor
deglesi,
n'aguènt plus gaire de plesi
que lou record di flour rejouncho.
quouro

Mai lou

pouèto aclapa d'an

dins lou record trobo lou pan

que lou soustènto e lou soulasso
e fai richo sa
paureta,
de sorto que,

la cambo lasso,
basso

pou en pourtant l'esquino
leva lou front emé fierta.

Ansin, Goudouli, tirant solo,

plan-plan

vers Santo-Repausolo
anères sènso amareja,
car

dins ta vilo benurado

sentiés que

mountavo adeja

Lorsque la vieillesse t'atteignit, l'or du soleil et l'or des songes
étaient ton seul bien et tu achevas ta vie dans la pauvreté, âme
droite

et

corps

accablé, n'ayant plus guère d'autre plaisir

que

le souvenir des fleurs cueillies.

Mais dans

ce

souvenir le

poète chargé d'ans trouve le pain qui
pauvreté, Je sorte que,

le sustente et le conforte et fait riche sa
la jambe lasse, il peut tout en courba'nt
avec

l'éehine lever le front

fierté.

Ainsi, Goudelin, à pas traînants, tout doucement vers le champ
t'en allas sans amertume, car dans ta ville prédes-

du repos tu

�—

384

-

îou laus qu'au bouquet qu'as liga
dounarié l'eterno durado.
*

**

0, li siècle an passa despièi qu'as fa lou saut,
de toun Ramelet, veses, se pario encaro.
Ta Liris i grournand moundin es sèmpre caro,
e clame eici, ravi
d'aquelo oucasioun raro,
qu'es caro à moun cor prouvençau.
e

tinée tu sentais que déjà montait la louange qui donnerait
durée sans fin au bouquet que tu avais lié.

une

Oui, les siècles ont passé depuis que tu as quitté cette terre,
de ton Ramelet, vois, on parle encore. Ta Liris aux Toulou¬
sains gourmands est toujours chère, et je proclame ici, ravi
qu'une précieuse occasion m'en soit donnée, qu'elle est chère à
et

mon

cœur

provençal.

�A GODOLIN
SONNET ET CHANT ROYAL
qui ont obtenu

1.500 francs sur

le prix pujol

(poésie)

par

M. Antoine REY
a agen

S®

Encara estrementit

d'aquela malparada, :
aprèp l'ôrre malfach d'aquels òrres mazèls,
nôstre païs s'èra amudit; e, jos los cèls,
s'auzisià gaire pauc cantar la lenga aimada.
La

lenga dels pacans s'èra descastelada;
aujam estranje espauris los auzèls,

com un

los Trobadors s'èran calais.

—

Tqs bèlis èls

s'èran velats, ò Comtesa, ò bêla clastrada.

—

Mas, subran, Reviscòl... Al temps del rèi Enric,
un cantaire valent, gaujos, lengut, afric,
e

malgrat sos entées un mèstre en trobadura,
A GOUDELIN
Encore tremblant de la

défaite, après l'horrible méfait de ces
silencieux; et, sous

horribles bouchers, notre pays était devenu
les cieux, on n'entendait guère plus chanter
La
pace
—

la langue aimée.

langue des paysans avait fui les châteaux; comme un raétranger effraie les oiseaux, les Troubadours s'étaient tus.

Tes beaux yeux

s'étaient voilés, ô Comtesse, ô belle cloîtrée !

Mais, soudain, Renouveau... Au temps du roi Henri, un chan¬
teur vaillant, joyeux, verbeux, hardi, et malgré ses défauts un
maître

en

poésie,

�386

—

-

nos canta sa canson en
polit bascalal...
E, dernpèi, remiram Godolin, sus l'Autura,
que de ,lènc e de naut nos quilha son brandal !
*
**

Malgrat lo Temps, etèrne barrulaire
que tôt degalha, à son òbra afogat,
abèm servat ton

prefach, ò Trobaire,

ton blos

engenh, ton cant abelugat.
saquelà, que tindina
ton remenil, en
lenga ramondina,
reviscolant lo vièl parlar reiral;
e, se l'auzèl fa l'orgulh del nizal,
Très sècles i a,

corals amies, fraires
à Godolin cantem
e

mantenensa,
rèial,

en

un

cant

saludem nauta Dôna Clamensa !

Son

«

Ramelet

»,

fait de flors del terraire,

n'a pas,

dempèi, 'un branc d'ablazigat.
galés, cantèt en galejaire,
mesprezant l'èrnha e ,lo vin azagat !
A ! bèls companhs pesugant la « monina
Nascut

nous
nous

chante

sa

chanson

contemplons Goudelin,

nous montre

son

au

»,

bel

enthousiasme...

Et, depuis,

la

Cime, qui de loin

et de haut

sur

flambeau.

A

Malgré le Temps, éternel vagabond qui tout détruit, à
oeuvre acharné, nous avons conservé
ton ouvrage, ô poète,

son

ton

génie, ton chant alerte; il y a cependant trois siècles que
ton refrain résonne en langue
toulousaine, ressuscitant l'idiome
ancestral; et, si l'oiseau fait l'orgueil de son nid, amis
chers,
pur

frères

en

maintenance, à Goudelin chantons

saluons haute Dame Clémence.

un

chant royal, et

Son

«
Ramelet », fait des fleurs du terroir, n'a
pas, depuis, uń
brin de flétri. Né Gaulois, il chanta la
gaieté, méprisant
l'ennui et le vin frelaté ! Ah ! beaux

seul

compagnons

caressant la

�387

-

gòt

es

nèga la languina;

en man que

Carmentran ambe

e

son

fazià montar mai naut
lo

patant de gauch

cor

A Godolin cantem
e

-

un

bascalal,

rifanhal,
de jovensa :
cant rèial,
son

e

saludem nauta Dôna Clamensa !

Nos

pincat, mai fier qu'un emperaire,
pòts e morre enverrugat,
aquel « Crocant », mens ferôsque manjaire
un Matamau
que n'es qu'un matagat.
a

renées als

:

Nos l'a mostrat ferôs... à la cozina;
ont sense pou

la

e

escanant la galina,
nhacant, trusant à bèl ulhaf,

fa-zià 'lhausar de foc à
tôt escalfat de

son

caisai,

goluda valensa...

A Godolin cantem

cant

un

rèiab,

saludem nauta Dôna Clamensa !

e

S'es trufandièr
son cor

canta

de lum

rnèrle

estiflaire,
d'amagat;
rusticaire;

com un

nos a res

l'amor, galôi

e

douce

ivresse, c'est coupe en main qu'il noie la mélancolie, el
Carnaval, avec ses gais propos, faisait jaillir plus haut son
éclat de rire, le cœur battant de joie et de jeunesse : à Gòudeiin
chantons
Il

un

chant royal, et saluons haute Dame Clémence !

campé, plus fier qu'un empereur, jurons

a

aux

lèvres

et

un visage plein de verrues, ce «
Croquant », plus bâfreur
que féroce : un Matamore qui n'est qu'un matechat. Il nous re¬
montré féroce... à la cuisine; où sans peur étranglant la volaille,
et la broyant, dévorant à belles dents, il faisait jaillir
du feu
de sa mâchoire, tout échauffé de gloutonne vaillance... A Goudelin chantpns un chant royal, et saluons haute Dame Clé¬
avec

mence

S'il
nous,

!
est

moqueur

comme

un

merle

sifileur,

son

cœur,

pour

n'a rien de caché; il chante l'amour, joyeux et rustique;

�—

388

—

lo

pastorèl de son malcôr macat;
ambe Liris, fresca coma la guina,
prima en flor dins sa tròba cardina;
pèi, brandint un celenc campanal,
nos fa tindar un polit cant Nadal :
la
e

Se

son

Nadal

es

nòstra Renaisensa,

à Godolin cantem
e

un

cant rèial,

saludem nauta Dôna Clamensa.

maire
noirigat;

Miram milhor la belor de la
en

la mesclant à son bèl

la bona tèrra i fa lo bon lauraire;

garba val se val lo blat segat;
parlar mondin, lenga d'òc, ò clarina !
à sole! colc, ò citât cremezina !
gaubi, claror, païs al dos airal,
aqui ton fil, ambe son bèl obral;
e, per festar la dopla endevenensa,
à Godolin cantem un cant rèial,
e saludem nauta Dôna Clamensa.
la

comme

meurtri par ses peines de cœur; avec Liris. fraîche
la cerise, le printemps en fleurs chante en ses vers

comme

un

le bergerot

chardonneret; et puis, d'un

céleste carillon il fait
est notre Renaissance,
saluons haute Dam'.

beau chant de Noël : si ce Noël
à Goudelin chantons un chant royal, et

sonner un

Clémence !
admirons mieux la beauté de la mère en la mêlant h
beau nourrisson; la bonne terre fait le bon laboureur; la
gerbe vaut si vaut le blé moissonné. Parler toulousain, langue
d'oc, ô musique ! O cité pourpre au soleil couchant ! Harmonie,
clarté, pays au doux horizon, voici ton fils, avec son bel ou¬
Nous

son

et, pour fêter la double entente, à Goudelin chantons un
phant royal, et saluons haute Rame Cbîntence !
vrage;

�-

389

-

MANDADÌS.
Bèl òrt d'Izaura. ù diuzenc solelhal !
flors

e

ramèls, ò bel lum d'ideial

que de tu sort, subregaia —
à Godolin cantem un cant rèial,
e

saludem nauta Dôna Clamensa !

Envoi.
et

sciensa,

—

rameaux,

d'Isaure, ô divine colline ensoleillée ! Fleurs
belle lumière d'idéal qui sort de toi, supra-gaie-

Jardin

science, à Goudelin chantons un
!

Dame Clémence

chant royal, et saluons haute

�ALTER CHRISTUS
POÈME
d'églantine d'argent

qui a obtenu un rappel
par

M. l'abbé Sylvain TOULZE

curé

de trespoux-rassiels

(lot)

SB©
per una

primièra

mesa

Ara que lo Sant Oli a retornat la tèrra
de ton èstre, en tas mans e ton ama espandit,
ara
en

que,

tremolant jo,l vent del Esperit,

te veire al cimèl d'una tant nauta

lo cap

te diu virar,

mon

traire

en

sèrra,

Jèzus-Crist;

agrada qu'un ainat, à ta primièra joncha,
te fague part de las escazensas del laur
e deciale per tu que poiriàs aver paur,
tant i a dins l'òme de flaquièra e de vergonja,
los lèimes estrambôrds del sacerdòci nôu...
Plan nèci, lo
de

qu'enrega, ò prèire, ambe l'idèia
sègre, tôt planier, un camin de claror
AUTRE CHRIST
Pour

une

première

messe.

Maintenant que le Chrême a rabonni la terre de ton être, inon¬
dant et tes mains et ton âme, maintenant que, tremblant au
souffle de l'Esprit, de te voir parvenu à ce sommet sublime doit
te donner le vertige, mon frère en Jésus-Christ;

accepte qu'un aîné, à ta première journée, te fasse part des
imprévus du labourage et dévoile pour toi qui pourrais t'effrayer, tant l'homme comporte de faiblesses et de honte, ce
de légitime l'enthousiasme du nouveau prêtre.,,

qu'a

�391

-

ont lo cententament
-

nepòrte l'viajador

escandi,lhada espandida en la lèia
lèva la malcòr d'un draiòl marridor !

coma
vos

-

una

L'audi

se blatirà
que floris ta partensa !
Lo pus cande dels temps, lo trasa una
en novembre la bruma acata lo rastol

nibol;

l'ivèrn estèrle ont lo lauraire pensa
semenadas., trebol !

e ven

à totas las meisons
E s'en

deman dins de carrièras sombras,

corre

lempas
se

sus de renées malvolents de jozius,
los crestians te fan de rires
agradius,

t'estones pas
car

d'aquel solel, d'aquelas ombras,
prezencia, acò's la prezencia de Dius !...

ta

Duscas uèi, ensirment sus la vinha comuna,
à la

cura

d'obriers valents

e

balhavas ton boisèl de razims
coma

los autres

amadura

rams

qu'un còp

menimos,
e

de most

dont ,1a

per an,

gostoza gruna
tant fague dos !

Bien naïf, au départ, qui se figure, ô prêtre, suivre, sans nul
faux pas, un lumineux chemin où le contentement porte le voya¬
geur comme au

goisse éprouvée
L'ardeur

limpide

se

layon des bois l'éclatante échappée chasse l'an¬
sentier perdu !

au

flétrira

qui fleurit ta partance ! Au ciel le plus

nuage se lève; le brouillard en novembre enveloppe
le chaume et vient l'hiver inerte où le laboureur songe, anxieux,
un

à toutes les moissons

qu'il

Et si demain le long des

a

semées !

sombres tu glisses sur les blas¬
phèmes hargneux des mécréants, si les chrétiens te font de bien¬
veillants sourires, ne t'étonne-pas de cette clarté, de ces ombres,
car à travers ta personne ils aperçoivent Dieu !...
rues

Jusqu'à ce jour, sarment dans la vigne commune, entre les
mains d'ardents ouvriers méticuleux, tu donnais ton boisseau de
raisins et de moût comme
toqs les rameaux dont le grain savou¬
reux

mûrit

une

fois l'an, quelque chaleur qu'il fasse !

�-

392

—

seras dins lo divin campèstre
plant subrecauzit de la tièra e te cal
gaisar coma una soca à fin del mes d'abrial
e portai' los empeuts de las amas tque l'Mèstre

Or d'ara ensái
lo

ne sarra

la vendemia al celier eternal.

Tant talament

que

vengut un autre Nôstre Senhe

rajarà de tu la saba eisida d'El

que tas pauras mans tornaran lo regrel
à de marcs adelits o morts que podian crenhe
e

de beure

jamai plus la calor del solel !

qu'ofrises à Dius dins ton Sant Sacrifici,
apariar de tal biais dins l'amor
que sentes inaigar lo teu cor de fraior
jol abronde del mal dont l'ôrre trebolici
en rozada de sang virava sa suzor...
Lo

Lo dives

Car lo Crist
à

son

a

ganhat amb la Crotz !... Se vos èstre

tinèl, agrada

aquel repauzador !

Barga ta cambe, auràs liasas de palador

(')...

désormais aux divines cultures le plant de choix de
rangée et tu devras bourgeonner comme un cep aux derniers
jours d'avril et porter les greffons des âmes dont le Maître re¬
cueille la vendange aux celliers éternels.
Te voici

la

Te voici

devenu

aux

rameaux

un

Lui et
affaiblis

la sève issue de

autre Christ au point que
que
ou

coulera de toi

tes pauvres mains redonneront la vie
morts qui pouvaient craindre de ne

plus absorber la chaleur du

soleil.

Celui que tu présentes à Dieu au Sacrifice, tu devras à ce
point l'égaler dans l'amour que tu sentes ton cœur tout impré¬
gné d'effroi par le mal débordé dont l'horrible remous faisait de
sa sueur une rosée de sang...

(1) En broyant le chanvre brut (cambe), on obtient des liasses
de fibres très fines (liasas de

palador) aptes à être fllées..,

�—

Faretz pas qu'un
à inasa crozifics

393

—

atal ambe lo teune Mèstre,
e

coma

El Salvador !

Se renoncias, ò

prèire, à las gautonas rôzas,
persègas d'enfantons que lèvan bèl forment !
enduraràs pracô lo pairal pensament
e la grèva malcôr de veire las'camrôzas
ganhar l'ama ont aviàs semenat de froment...
Mai d'un

còp trairàs mal de la feda marrida,'

acaumada al solel dins

un airal perdut;
d'un teu fil que mensona un lengut
amb « pecaires » tombais d'una boca florida
dintrarà dins ta carn coma un aste ponchut !

la pena

Vengut de cada ostal e de cada familha,
s'esprôvas log malurs e los dois de cadun,
rompràs tan-ben lo pan de la jòia e lo lum
qu'als vistons lo bonur naut e lèime escandilha
levarà, de tos èls las rantèlas de fum...

Car le Christ a vaincu par la Croix !... Si tu veux rester à son
niveau, agrée cette litière ! Broyé, ton chanvre donnera des lias¬
ses fines... Ainsi ton Maître et toi ne formerez qu'un tout, Cru¬
cifiés de même et

sauveur comme

0 prêtre, pour avoir

renoncé

Lui !

aux

joues

roses,

pêches des tout-

petits qui chassent bien des peines ! tu n'en auras pas moins de
paternels soucis et le lourd crève-cœur de voir les coquelicots
gagner l'âme où tu avais semé du froment...
Angoissé bien souvent pour la brebis égarée, moutonnant au
en quelque coin perdu; la peine d'un tien fils que rapporte
un
bavard avec des « las » tombés d'une bouche riante péné¬

soleil
trera

ta

chair,

comme un

glaive acéré !

Membre de chaque feu et de chaque famille, si tu éprouves
deuils et malheurs de chacun, tu rompras aussi le pain de la

joie et l'éclat qu'un bonheur haut et droit allume dans les yeux

dissipera dans les tiens les résilles de brume,,,

�394

-

Quand

as

-

cauzit lo Crist per ta part

de verquièra
jorn de ta vida al trigôs
dels òmes que la te
manjaran très per très;
cèrques pas de compés à pariu sacrifïci
avant qu'un traire teu te sinne dins lo crôs !
liuravas cada

Mas lo Camin de

Crotz,

pel Calvari,
qu'alanda lo Tombé,1 !
0 Crist menor, repren las penadas del Bèl !
Lo que refuda pas la dolensa e l'auvari

mena

se

se pasa

al lum d'un matin

mérita d'aver lo meteu Renovèl.

\

Amb acò te vendra lo fasti

sus las pòtâs
d'escurs corredors
de ton cor, tu, lo- mendre entre los pecadors,
que te demandaràs, enjaurit, così bòtas
degun.dins los draiòls planiers e salvadors...

à

remenar

la posca en

Mas

quand la paur te neportarà dins son iga
saure jamai vengar de ton prefach,
mezuras lo saut que Nôstre Senhe a fach

de te
se

Quand tu choisis le Christ pour ta part d'héritage tu livrais
chaque jour de ta vie aux tracas des hommes qui la dévoreront
pièce à pièce; ne cherche pas de compensation à un tel sacri¬
fice avant qu'un confrère ne bénisse ton cercueil !
Mais le Chemin de Croix, s'il passe au Calvaire, conduit au
clair matin qui ouvre le Tombeau ! O Christ mineur, suis les
traces de ton Aîné ! Qui ne refuse point la peine et le malheur
mérite d'obtenir même Résurrection.
Au reste le

dégoût montera à tes lèvres à remuer la poudre en
de ton cœur, toi, le moindre entre les pé¬
cheurs, jusqu'à douter, d'effroi, de pouvoir jamais mettre per¬
des couloirs obscurs

sonne

sur

la voie facile du salut...

Mais quand tu sombreras

au gouffre de la peur de ne point
but choisi par toi, en mesurant le saut qu'a fait
Notre-Seigneur pour enclore en ton être un pouvoir qui le lie à
ton hpmaine cendre, imbibée de péchés;

parvenir

au

�-

per claure dins ton èstre

395

-

poder que lo liga
cendre, olhada de pecats;

à ton umana

un

à poncha de bras lo
parava sa Maire
als pastôrs estaziats de la nèch
de Nadal,
sul autar rlèva-Lo del brès del
corporal
coma

quilha-Lo dins

e

rauba blanca per l'aire

sa

que Lo remiraran lo monde del ostal !

L'apôstol, Dius mercés, atend

pas la finida

per sentir sus sa lenga arsada una îrescor
lo Mèstre de Canà sabià

prene sujorn
obrier, sus la rega durbida,
isaure que ven capinhar la suzor...

manda al

e

:

un

seune

Car, lo teune tropèl, aici que ,lo te mena
primier Bon Pastor que te diguèt : « Sèg-Me !
S'abandonas per ieu un pasadis
de-que,
te n' creiserai lo
pèd sus tèrra e 'na centena
de braves
revenguts sul libre de la fe !... »
lo

La paga mezurada à l'ardor
que te crama
diu s'abrondar dins tu coma un Oit
negadis
e lo rire de
grat d'un membre

pasadis

ainsi qu'à bout de bras le présentait sa
Mère aux bergers exta¬
siés de la nuit de Noël, sur l'autel
prends-Le au berceau du cor¬
poral et dresse-Le dans sa robe blanche sur ta
tête pour le faire
admirer des gens de la maison !

L'apôtre, Dieu merci, n'attend
sa

pas de mourir pour sentir sur
fraîcheur : le Maître de Cana
connaissait
le sillon ouvert, il envoie à l'ouvrier une brise

langue ardente

le repos; sur

vient

caresser sa

une

qui

sueur-

Car, ton troupeau, c'est Lui-même qui te l'amène le
premier

Bon Pasteur qui te disait
un

domaine

éphémère, à

des intérêts inscrits
La
en

au

:

«

ce

Suis-Moi ! Si

capital

accru

livre de la foi...

pour
sur

Moi tu délaisses

terre feront

suite

»

récompense égale à l'ardeur qui t'enflamme doit déborder
comme un fleuve
échappé et le sourire de gratitude d'un

toi

�-

del Còrs Mistic non
Te cal la Font que

396

-

pòd dezasedar ton ama...
raja al mèch del Paradis !

prigond abisi de ,1a vida
tarirà pas, bêla coma la mar,
e los valats cauzits per ne far dins lor carn
sul monde secadier la sabia demezida,

Avenada al
de Dius,

finison per

trobar tôt autre beure amar !

prezencia dolsa
santa Ostia en tos dets tremolants,
e saber, amai s'emmantèle de vels blancs,
que, coma en Palestina, aq'uì lo seu Cor polsa
e que t'agacha ambe de vistons tôt umans !
Gostar lo sentiment de sa
sul autar, la

As

un

bèl èstre paure,

ò prèire, amai" te dôlre

viren al revèrs tos esplechs de pastor,
gardas à ton voler l'etèrne Creator
que dòna l'môire à tota cauza e que fa noire,
lo cor d'una joventa o's felhons d'una flor !

que

Mai te
e

pòdon gandir de la guerlheza vana
monde e del pecat,

dels escarniments del

membre mortel du Corps Mystique ne
Tu veux la Source ouverte au cœur du

peut désaltérer ton
Paradis !

âme...

Alimentée au profond abîme de la vie divine, elle ne tarira
point, vaste comme la mer, et les canaux choisis pour en être en
leur chair sur le monde aride les sages dispensateurs finissent

breuvage !
douce présence sur l'autel, l'Hostie
Sainte entre tes doigts tremblants, et savoir, bien qu'il s'enve¬
loppe de blancs voiles, que, comme en Palestine, ici son Cœur
palpite et qu'il te fixe avec des regards si humains !
Malgré ta pauvreté, ô prêtre, et la souffrance de voir dénaturer
tes efforts de pasteur, tu gardes pouvoir sur l'éternel Créateur
qui donne son élan à tout être et parfume le cœur d'une jeu¬
nesse, un pétale de fleur !

par

trouver amer tout autre

Goûter le sentiment de sa

�-

397

las

—

mans d'Aquel que mena en ordre
la redonda de las estèlas e debana

lo fiai de las

sazons e

del

plan marcat

temps dins

son cap

!

Lo vòstre afrairament
e

las

seunas

es tal que tas
paraulas
fôrman tescun dins ton prezic !...

El te fiza las fonts de
lèvas als
coma

El

gracia : sul pic
pecadors lor fais de pècas aulas
per Maddalena o lo Paralitic !...

Coma El; lo
als Dotze de

sa

dijòs sant, faguèt la demezida

son sang e de son cors sacrat,
primejadis Lo govèrnas à ton grat
e los crestians
poiran cada jorn de lor vida
de tu resaure aquel levam d'eternitat !
sens

A

l'esponda d'un lèch que deman serà liure
quand ,1'ama aurà franhat dins un darrier sollèu,
s'arrivatz totes dos, lo gèrs avalis lèu,
e vèzes jos la
gracia un paure ôme reviure
coma aprèp la secada una
greza quand plèu...
Elles te soustrairont à la critique vaine et
du monde et du

parfait la sarabande des étoiles et dévide dans
saisons et des temps !
Votre

méchancetés

aux

péché les mains de Celui qui règle
sa

en

un

ordre

tête le fil des

fraternisation

» va si loin que tes paroles et les Sien¬
enseignement !... Il te confie les sources
de sa grâce : sans délai tu délivres un pécheur d'un faix de
lourdes fautes comme Lui Madeleine ou le Paralytique !...

nes

se

«

tissent dans ton

Ainsi qu'il a le jeudi saint réparti entre les Douze son sang et
corps sacré, sans balancer, à ton gré, tu Le gouvernes et les
chrétiens pourront chaque jour de leur vie recevoir de toi ce
levain d'éternité !
son

Au bord du lit
dans

qui demain

sera

vide quand l'âme

aura

pris

dernier hoquet, si vous venez tous deux, l'ef¬
froi vite s'efface et tu vois sous la grâce un malheureux revivre
comme une friche sous la pluie après la sécheresse...
son

essor

un

�—

-M

-

Vèni ! Lo camp rosèl de la
I butaràs ton ordre al païs

Glèia t'espéra !
carsinôl;
e se calià d'aland pêr nemenar lo vol
dels segaires, auzis la canson meisonièra
del Mèstre que durbis lo rude caminôl !...
x

Dins la

prima ont bronzina un mirgalhadis monde
cap de flor terrenala aparia ton ramèl.
Amb la fizansa à Dius que te tarà prodèl
portaràs trucha, amie, e baste que plan monde
te vènguen esperar à la porta del cèl !

Viens !

champ doré de l'Eglise t'attend ! Tu suivras ton
quercynois; et s'il fallait un entraîneur pour la
troupe des moissonneurs, entends la chanson « moissonnière »
du Maître qui ouvre le rude chemin !...
andain

au

Le

pays

Dans le printemps bruissant d'une claire diaprure aucune fleur

n'égale

monde ta bouture. Par la confiance en Dieu qui t'of¬
porteras des fruits, ami !... Et qu'une foule
d'âmes viennent t'a (tendre à la porte du ciel !
frira

au

son

aide tu

�DINS LORS PEZADAS
POÈME
QUI A OBTENU UN ŒILLET
PAR

M, PAUL CALVIGNAC
A

GRAULHET

(TARN)

Repauzatz dins mon cor, amas aleugeridas
dels que de paire en filh èran blangèrs !
O mans, qu'à faire grega als desfits estrangèrs
Abètz sannat, venètz vos i pauzar, garidas !
De segur, las abiatz escalpradas pel talh :
Calia de brabes talhs à de mans tant valentas.
Demoràban, lo ser, encara fernizentas,
Quora endormits, al lèit, somniàbetz del trabalh.
Sens saber èretz grands : porgisiatz vòstras vidas !
De nonent vôstre front s'acataba de nèu.
Del meus,

Tôt d'un
Las

côp èretz vièlhs : abiatz trimat trop lèu,
nozant sus vôstras mans rafidas.

venas se

Mas, al front avenenc penjàbetz

l'estelum !...

DANS LEURS FOULEES

âmes allégées des miens, de ceux qui
fils étaient mégissiers ! O mains, qui à relever les
défis étrangers avez saigné, venez vous y reposer, guéries ! Pour
sûr, elles étaient sculptées par le tranchant : il fallait de grandes
entailles à des mains si vaillantes. Elles restaient, le soir, encore
frémissantes lorsqu'au lit endormis vous rêviez du travail.
Inconsciemment, vous étiez grands : vous offriez votre vie ! Peu
à peu votre front se couvrait de neige. Soudain vous étiez vieux :
vous aviez trimé trop tôt, les veines se .nouant sur vos mains
flétries, Mais aq front de J'avenir vous suspendiez; les étoiles !,,,
Reposez dans mon cœur,

de

père

en

�400

—

-

Vos

calfàbetZj l'ibèrn, remembrant vòstras penas,
trempadors Ievats. Quantas de tonas plenas
Reviradas d'un còp dins un
grand flôc de fum !
Comolàbetz las pèls dins la tambora ronda
Los

E balhàbetz lo torn lo dimenche
matin.
Se fazià lo rambalh dins un
grand côp de vin,
Mentre que cada pèl, dins lo

clôt, revironda.

Èretz enfaudalats duncas als rens.
D'esclôps
Causàban vòstres pèds que
duncas la cabilha
Se

banhàban,

mas lo faudal fait de
serpilha
paraba d'èse rajents, atal, pauròts !
Vòstre cotèl de carn
quai s'i fréta s'i fisa !
Fazià res qu'un elhaus sul carnàs
emmalit,
E, per apasturar lo tonèl adalit/
IJna nibol de pèls
plovià « coma granisa ».
Èretz los respondents de l'estira e ciel
pal,

Vos

—

Cabalièrs

Vous

temor de la taula carrada.

sens

chauffiez, l'hiver, rappelant

vous

soulevés.

—

vos

peines, les trempoirs

Combien de cuves pleines d'un seul
coup renversées
dans un grand flot de fumée !
Vous entassiez les peaux dans
la
tonne ronde, et vous donniez le tour
(1) le

La mise
que

en

chaque

dimanche matin.
faisait dans un grand
coup de vin, pendant
peau, dans le trempoir, tourne et
retourne.
ordre

se

Votre tablier montait
vos

pieds

tablier
mes

qui

fait

de

pauvres !

pique !

jusqu'aux reins. Des sabots chaussaient
jusqu'à la cheville se mouillaient, mais le

serpillière
Votre

«

vous

couteau

faisait qu'un éclair
donner pâture à la cuve insatiable,
—

ne

(1) Faire tourner les

rnaçérqtion

et rendre

peaux

gardait

de chair

au

sur
une

—

d'être

puée de
dans

inondés,

qui s'y frotte s'y

le derme

tour

celle-çi meilleure,

ainsi
»

brutal, et, pour
pleuyait

peaux y

la

cuve

pour

Ip

�-

401

-

pic son ascla ! » à bêla man sarrada :
Temps benezit que tôt s'i fazià coma cal !...
Preniatz à la causina, ambe T pan estropada,
A cacla

«

Una sarda de barricòt, per

beure

un

côp

pòt de cantinon. De vin, n'abiatz pas trop,
galet la darrièra fampiada.
Vôstre agait rebatià coma un dos arcanèl :
S'à brandol lo trabalh fazia druda pluejada
De rires al entorn de vôstra taulejada,
Vos creziatz del bonur reizes del portanèl.

A

E bebiatz à

Quora

me

soi dormit, febros, lo front

suzaire,

derevelhar.
venètz tots me

Venètz dosamenton, sens me

Per qun gaubi — sai pas —
Mas sabi qu'ètz aqui, se fugls

velhar ?

dezaire.
Ne sabi qu'an l'esglàs del rampèl de Totsants...
Non pas ieu ! Mos dralhons son pas plan trabucaires
Que m'abiatz fait seguir. Èretz anants, parlaires
Al polit temps dels vius, e, morts, seriatz misants ?
mon

grêle ». Vous étiez les responsables de l'étiré (2) et du
chevaliers sans peur de la « table carrée » (4). « A cha¬
que coup son effet », à belle main serrée : temps béni où tout se
faisait avec conscience !... Vous preniez à l'usine (5), enveloppée
avec le
pain, une sardine de baril, pour « boire un coup » à
même le flacon. Du vin, vous n'en aviez pas trop, et vous buviez
à la régalade la dernière lampée. Votre regard reflétait comme
un doux arc-en-ciel : si, à foison, le travail faisait pluie serrée
de rires autour de votre tablée, vous vous croyiez les rois des
portes du bonheur.
«

comme

pal (3),

(2) Etire, outil

de bronze doux pour

ouvrir, étirer, agrandir

la peau.

(3) Pal ou pieu pour
(4) Tablier en zinc, «
dans le but

d'agrandir la peau.

(5) L'usine, ainsi
de çhaux pqur

coup

mater et adoucir la peau.
table carrée » d'usage courant,

toujours

appelée parce que l'on y employait
peler les peàujc de leur laine,

beau¬

�402

Auèi, dins lo

reson de
campanas dolencas,
Sona clas dins mon còr, sona clas
sus
Rampan,
Sus Pascas sona clas... Amar

tròbi mon pan,
Ara qu'ètz amont-naut dins las
nibols autencas.
Sus vòstra lauza
plòu una onzada d'ulhets :
De romècs ni

d'orties, lo

meu

còr,

non

l'endòrti;

Las ròzas de nòstre òrt
qu'à plenas mans vos pòrti,
Es tôt lo nòstre ostal
que florìs dins mos dets !
0 ! l'ai tôt embalmat de flors
apasionadas,
Vòstre azil que pareis,

alavetz, mens prigond.
d'autre segond,

L'ai vestit d'un simbèl à
cap

Barrejat de potons desfulhats à manadas.
Folzi vòstre carrat.
Que lo voldriai .leugèr !
De lagremas,

sobent, doplas sorgas albencas,
Lugréjan de Ior ròs mas ròzas nadalencas
Emai l'òsca del filh

jos vòstre ciprisièr.

,

Lorsque je me suis endormi, fiévreux, le front en
sueur,
très doucement, sans
m'éveiller. Par quel charme

venez

sais
venez-vous tous
là quand s'enfuit mon
—

—

rappel de Toussaint... Pas

abrupts
seurs,

que

vous

du joli

chants ?

sur

mon

mei !

Mes sentiers

ne

m'aviez fait suivre. Vous étiez

temps

Aujourd'hui, dans
dans

vous

je

ne

veiller ? Mais je sais que
vous êtes
malaise. J'en connais qui ont l'effroi
du
me

des
l'écho

cœur,

le glas

Pâques... Je

trouve

vivants,

et,

de cloches

sonne

sur

les

morts,

sont

pas

très

enjoués,

cau¬

seriez

mé¬

vous

plaintives, le glas
Rameaux, le glas

sonne
sonne

pain amer, maintenant que
vous
êtes là-haut dans les
hautes nuées. Sur votre dalle il
pleut une
jonchée d'oeillets : je ne lie mon coeur
ni de ronces, ni
d'orties;
les roses
mon

de notre jardin qu'à
pleines mains je vous apporte,
c'est toute notre maison
qui fleurit dans mes doigts ! Oh !
je l'ai
tout embaumé de
fleurs passionnées, votre asile
qui paraît alors
moins profond. Je l'ai revêtu d'un
à nul autre second,
symbole
mêlé de baisers effeuillés à
poignées. Je fouis votre « carré »'.

Comme je le voudrais léger ! Des
larmes, souvent, doubles sourçeg d'aube, font briller de leur
rosée mes rqsçg de Noël et
mêniç

�4#3

-

Batani vèrs l'ostal tôt

un

-

eisam soscaire,

Mas, totjorn, resplendis la rôda

del soielh;

fol estervel
Dins lo molin dels vins, demest lor mal rodaire.
Vos laisi, reires meus, dins l'etèrn revolum.
Mas, s'abètz lo poder de virar las trumadas,
Mos trepejaires pèds sus las vòstras pezadas,
D'un agait, viratz-los fora nèblas, al lum.
La vida

me

rengrana

à

son

J'achemine vers la maison
resplendit la roue du
folîe navette dans le moulin des

le passage du fils sous votre cyprès.
tout un. essaim rêveur, mais toujours

soleil; la vie me rengrène à sa
vivants, dans leur mal du tournis.
Je

vous

vous

avez

tients

sur

lards.

vers

aïeux, dans l'éternel tourbillon. Mais, si
détourner les orages, mes pieds impa¬
foulées, d'un regard, tournez-les hors des brouil¬

laisse,

mes

le pouvoir de
vos

la lumière.

�REGINA

LUCIS

HYMNE A LA VIERGE
qui a obtenu un lis

d'argent réservé

par

M"e Marcelle DRUTEL
a

,

(L'Aubanelenco)

aix-en-provence

0 Rèino de la Lus,
Vers la clarta de

sigues nous pietadouso;
Diéu, O Rèino, aduses-nous !

Sus li camin dóu cèu que v'adraion li paure,
Li nafra de la vido

e li cor coumbouri,
devers Vous, O Maire de simplesso,
L'esperit en chàncello e d'un pas mau segur.

Sian vengu

Li que

sounjon de Vous, vous dison touto bono.
cor
pietous que n'en cercon la pas,
vous fisant si
plago, e vous disènt si lagno,

Es voste
E

Cridon vosto bounta

coume un

REINE DE
O Reine de

Lumière,

soulas d'amour.

LUMIERE

soyez-nous

pitoyable;

vers

les clartés de

Dieu, Reine, conduisez-nous !
Sur les chemins du ciel qui vers Vous dirigent les
pauvres, les

navrés de la vie et les

Vous, ô
assuré.

Mère toute

cœurs

consumés,

nous sommes venus

simple, d'un esprit indécis, d'un

pas

vers

mal

Ceux qui rêvent de Vous, vous disent toute bonne. De votre
miséricordieux ils recherchent la paix; ils vous confient
leurs plaies, vous disent leurs misères, et proclament votre bonté
un réconfort d'amour.
cœur

�—

405

—

Lis impur, li catiéu qu'an trepa dins la fango,
Que voudrien retrouba ,lou netige d'antan,
Vers vosto

pureta s'atalenton, s'afanon;
sourgènt beni que refresco soun sang.

Sias lou

Lis ourfanèu d'aièr, en

Sias la Porto

Coume l'ile di

Vous trovon sa Maire.

lou Brès; sias la Lus e lou Doun.

e

champ, embaumas sus lou mounde
e lou flar di printèms.

Li vertu celestialo

sigues nous pietadouso;
Sapiènci, agues pieta de nous !

0 Rèino de la Lus,
0 Sèti de

simplesso dóu cor, la couneissèn pas'ncaro;
L'ourguèi di vièi prepaus, l'avèn pas'nca'mbandi.
Li richesso dóu siècle, ai ! las, li gardan nostro,
E dins nosto souleso ànan sènso trebast.
La

Nous sèmblo
Lis

Les

enca

Ave Maria

«

umblo preguiero,
s'estiron sèns fin

souvènt que vosto
»

que

impurs, les mauvais embourbés dans leur fange, qui vou¬
leur propreté d'antan, vers votre pureté aspi¬

draient retrouver
rent

et

s'empressent;

vous

êtes la

source

bénie qui rafraîchit

leur sang.
Les

orphelins d'hier, en Vous trouvent leur Mère. Vous êtes
Berceau, la Lumière et le Don. Comme le lis des

la Porte et le

parfums sur la terre les célestes, vertus
1
0 Heine de Lumière, soyez-nous pitoyable; trône de la Sagesse,
ayez pitié de nous !
La simplèsse du cœur, nous ne la connaissons pas encore; l'or¬
gueil des vieux propos, nous ne l'avons pas encore banni. Les
richesses du siècle, hélas ! nous les conservons nôtres, et dans
notre isolement nous allons sans trébucher.
Il nous semble encore souvent que votre humble prière, les
«
Ave Maria » qui s'étirent sans Jiu vers le trône d'azur d'où
vous inclinez l'oreille sont bien trop simples pour nous et vid

champs

vous

répandez

en

et

l'haleine des printemps.

de

pensées.

�—

4(ifi

-

Vers lou trône d'azur ounte clinas l'auriho

Soun trop

simplas pèr nautre

e

vueje de pensié.

L'amour que

l'enfantoun vous porjo à la brasseto,
poutoun tout moustous que baio à vòsti man,
L'abandoun fisançous di paure sus sa cledo,
0 Maire de clarta, ,li souvetan pas proun !
Lou

Vers voste Fiéu saunous, Diéu de touto sagesso,
Mèstre dis indulgènci e di.renounciamen,

S'ananan proun souvènt d'uno voulènci forto,

Segur de

soun message e

de soun Sacramen.

La Glèiso

qu'a leissa fegoundo sus la terro,
e s'espandis desempièi dous mile an,
Pèr nautre es pèr toustèms l'autisme tabernacle
Di Proumesso Divino e dóu Saupre poutènt.
Que crèis

Nôsti

regard vers Diéu se viron sènso peno.
Dins l'istòri dóu mounde espinchan soun voulé.
Lis

esplendour dóu cèu e la founsoiir di toumple
Suprême Esperit soun li Temple ufanous.

Dóu

L'amour que le petit enfant vous offre en vous enlaçant de ses
bras, le baiser tout poisseux qu'il dépose sur vos mains,, l'aban¬
don confiant des pauvres sur leur claie, ô Mère de clarté, nous
ne les souhaitons pas assez !
Vers votre

Fils

saignant, Dieu

de toute sagesse, Maître des
allons bien souvent d'une
message et de son Sacrement.

indulgences et des renoncements,
volonté forte, certains de son

L'Eglise qu'il laissa féconde
depuis deux mille ans, pour

sur

nous

la terre, qui grandit et s'étend

est à jamais le très haut
tabernacle des Promesses Divines et du Savoir tout puissant.
nous

Nos regards, vers Dieu se tournent sans peine. Dans l'histoire
nous recherchons son vouloir. Les splendeurs du ciel
et les profondeurs des abîmes du Très haut Esprit Saint sont

du monde
les

temples triomphants.

�—

407

-

Mai ila

simplesso bono e l'umelita cando,
preguiero d'enfant, Maire, li sabèn mau.
0 Rèino de l'Amour, sigues nous la lumiero :
Baias nous la douçour di paure emé di sant !
La

N'avèn tant de besoun !

—

Carrejan tant de fauto,
pecat mescla dins nôstis os,
de paure voulé, tant d'ourguianço vano,
d'ispro impureta, tant d'esmai despaciènt !
—•

Tant d'ourrible
Tant
Tant

Sigues nous la lusour qu'assimplis touto vido,
long refrin d'espèr que rediren toustèms;
Sigues nous la preguiero impourtuno e mestresso
Que fai cala li porto e triounflo vers Diéu !
Lou

0 Rèino de la Lus, sigues nous pietadouso,
Vers la clarta divino, 0 Rèino, aduses nous !
Li bàrri de la niue
Dins

mouride

un

nous

en

e

grand

dis endeman se nèblo dins l'escur.

Mais la

fant, Mère,

simplicité bonne et l'humilité candide, la prière d'en¬
nous

les

la lumière

nous

l'Esperanço;

e que se voudrié
la coulèro bramo,

foulige

Lou malastre cracino
La pas

clavon

savons

bien mal. O Heine de l'Amour, soyez

Donnez-nous la

:

douceur des pauvres et des

saints !
—

Nous

en

avons

un

tel besoin !

—

Nous charrions tant de

emmêlés dans nos os, tant de
velléités, tant d'orgueil vain, tant d'âpre impureté, tant

fautes, tant d'horribles péchés
pauvres

d'émois impatients !

la lueur qui simplifie toute vie, le long refrain

Soyez
d'espoir

que nous

tune

souveraine

et

nous

redirons à jamais;

soyez nous

la prière impor¬

qui fait tomber les portes et triomphe de

Dieu !
O Reine de Lumière, soyez-nous pitoyable, vers les clartés di¬
vines, ô Reine, menez-nous !
Les remparts de la nuit nous dérobent l'Espérance; dans tin

�-

408

-

La freiresso d'un tèms, la carita fegoundo,
Lis envanc pietadous que mestrejavon clar,
Avèn tout

estrepa dins un fum d'ahiranço,
noum
qu'escupis à l'Amour.

E la croio sèns

Maire de la clarta, sigues nous touto bono,
O Rèino de la Lus, Mario,, ajudas
nous !
Coumo à d'enfant pauru,
A geinoun, davans vous,

baias-nous la simplesso
aprendren de prega,
Aprendren mai d'ama li que vènon en ôdi,
Tôuti lis orne foui que renègon sa Fe.
Aprendren,

se voulès, de para l'autro
Au marrit dessena que nous garço un

Aprendren de pati sènso

cerca

revènge

Quouro n'espóutiran, vous cridaren
Sarés noste

secous

Sarés nosto

douçour dins lou

:

gauto
bacèu;
:

: «

Perdoun !

»

dins la niue que s'entrono,
mau que

revèn,

monde en folie et qui se voudrait grand, le malheur crépite et
la colère hurle, la paix des lendemains se voile dans l'obscurité.
La fraternité de jadis, la charité féconde, les élans de piété
qui dominaient, limpides, nous avons tout piétiné dans un étourdissement de haine, et dans l'orgueil sans nom qui blasphème

l'Amour.
Mère de la clarté, soyez-nous toute bonne, Reine de la Lu¬
mière, Marie, assistez-nous !
Comme à de timides enfants, donnez-nous la simplesse : à ge¬
noux,

devant Vous,

aussi à aimer tous

nous
ceux

apprendrons à prier, nous apprendrons
qui nous irritent, les hommes insensés

qui renient leur Foi.
Nous apprendrons, si vous le voulez, à offrir l'autre joue au
brutal sans raison qui nous lance un soufflet; nous apprendrons
à souffrir sans rechercher vengeance :
lorsqu'on nous écrasera,
nous

vous

Vous
serez

crierons
notre

:

«

Pardon !

»

dans
notre douceur dans le mal
serez

secours

la

nuit lourde

qui revient,

d'orage,

vous

serez

vous

notre

�-

409

Sarés nosto belour dins lou
Sarés nosto

Esperanço à

ras

-

pouciéu dóu mounde,
di caravèn !

0 Maire de clarta, dounas nous la claresso,
Dounas nous la fervour dis ùmbli pregadis;

Sigues

nous lou poutoun qu'amansis e courono :
0 Rèino de la Lus, ensignas nous l'Amour !

beauté dans le bourbier du monde, vous serez notre
an bord des précipices !

Espérance

O Mère de clarté, donnez-nous la lumière, donnez-nous
des très humbles prières; soyez-nous le baiser qui

veur

et couronne :

la fer¬
apaise

Reine de la Lumière, enseignez-nous l'Amour !

�PÎÈCES
qui ont obtenu une primevère
par

M. Charles GRANDO
felibre
a

majoral

perpignan

puresa.
Son mortes
mes

en

mi les il'lusions

el sentiment, ben reclos al tons
de l'aima

s'aguanta.

Pètals esfullats cauen, mes el fruit

poant la saba i encara

va

el

cor

de la

és buit

planta.

Corn ella, ma fe serva

un

l'amor flueix al calze

on

no

clar

recer

sencer

espellida.
l'espina oblida el fiblant dolor;
gota de sang treu vermella flor
per cada ferida.
en

nova

,

De
la

PURETE
Les
au

illusions sont mortes en moi, mais le sentiment confiné
fond de l'âme y reste fermement attaché. Les pétales s'ef¬

feuillent, mais le fruit puise toujours la sève et le
plante n'est

pas

vide

cœur

de la

encore.

Comme elle, ma foi garde un pur abri où l'amour alimente
du calice intact la nouvelle éclosion. Il oublie de l'épine la dou¬
leur lancinante; de la goutte de sang naît une fleur vermeille
par

chaque blessure.

�414

-

Si avui

-

plora el cel i l'horitzò és gris,

demà el firmament

tornarà ,llis

se

al

goig que l'aviva.
El sol obrirà c! seu ventall de
farà de la boira
del
El

un

parrac

llum;
de fum,

plor perla viva.

d'idéal s'asserenarà

cor

i e,l pur

sentiment de
sa poesia.

nou

l'omplirà

de

L'il'lusió

en

vent

un

la flama viu i

mes

que

salta
i

en

va...

és pas en va

l'amor la guia.
Nit

Salta

dia s'en

no

de

Nadal.

pel cel el cant de les campanes,
pel cel en la nit de Nadal,

cada cor, dins les llars catalanes,

fidel record hi rebot sempre igual.
Salta pel cel el cant de les campanes,
rebot als cors en la nit de Nadal.

Aujourd'hui le ciel pleure et l'horizon est gris; demain le fir¬
propice à,la joie qui l'avive. Le soleil ouvrira
son
éventail de lumière; il fera du brouillard un haillon de
fumée et du pleur une perle.

mament deviendra

Le

rassérénera

dans l'idéal; un chaste sentiment à
poésie. Un jour en vent s'en va l'illu¬
sion, mais la flamme vit; ce n'est pas en vain que l'amour la
guide.
cœur

nouvead

se

l'emplira de

sa

NUIT DE NOËL
Il saute

au

ciel le chant ailé des cloches, il saute au ciel dans

la nuit dé

Noël;

même

souvenir fidèle.

un

ches,.il .saute

chaque cœur, aux foyers catalans, bondit de
Il saute au ciel le chant ailé des clo¬
cœurs dans la nuit.de Noël.

en

aux

�-

412

-

Dormiu, infants, i per les xemenelles,
el Bon Nadal ben aviat baixarà.
Un somni
als

cors

dolç, clafert de maravelles,

menuts tot anit florirà.

Dorm, fillet

meu, i, dins la sabateta,
hi haurà demà bònics joguets per tu;
e,l

Jesuset, amb sa blanca maneta,
de santa llum t'envia un clar petó.

Alcel, anit, cada àngel tindrà nata.
Sant Pere

en

riu i el Bon Déu riu amb ell.

Ton papa, a

baix, remena xicolata
i jo, per tu, pasti coca i tortell.
El vell Nadal pels teulats fa camades...
Verge, en ton pit, una rosa ha espellit.
Bim, bom ! bim, bom ! toquen les batallades
i, de genolls, tot el mon prega anit.
De cada

vers

grà de l'estelat rosari,

nostra fe

ne

baixa blava llum.

Hi ha turró al

plat i vi ranci a l'armari
i del capô se sent el socorrum.
Del xirrit d'or, la llengua ne claqueja...
Un escolà n'ha perdut el Ilati.
Dormez, entants, et, dans les cheminées, le bon Noël va descen¬
dre bientôt. Un rêve exquis, tout empli de merveilles, aux jeunes
coeurs fleurira cette nuit. Dors, mon petit, dans ton menu soulier
de beaux jouets pour toi; l'enfant Jésus, de sa
menotte, t'envoie un saint baiser de sa lumière.
il y aura

blanche

soir, chaque ange aura sa crème. Saint Pierre en
avec lui. En bas, papa remue le chocolat et je
pétris pour toi le pain d'anis. Le vieux Noël enjambe les toi¬
tures; Vierge, une rose est éclose en ton sein. Ding-dong ! dingdong ! les carillons résonnent, le monde entier, à genoux, prie
Au

ciel,

ce

rit et Dieu rit

ce

soir.
De

chaque grain du rosaire étoilé,

vers

notr* foi de»c»ad un

�-

El

413

-

poble canta i en cada altar flameja
glôria on s'alça un nou desti.

l'excelsa

Salta
salta
i

en

pel cel el cant de les campanes,
pel cel en la nit de Nadal,

cada cor, dins les llars catalanes,

fidel record hi rebot sempre igual.
Salta pel cel el cant de les campanes,
rebot als

cors en

la nit de Nadal.

bleu. Au plat est le tourron, le bon vin dans l'armoire, et
Sous le filet doré, la langue cla¬
l'enfant de chœur a perdu son latin. Le peuple chante : en

rayon

du chapon l'on hume le roussi.
que,

chaque autel
11 saute

au

rayonne

la haute gloire d'un

nouveau

destin.

ciel le chant ailé des cloches, il saute au ciel dans

la nuit de Noël; en chaque cœur, aux foyers catalans, bondit de
même un souvenir fidèle. Il saute au ciel le chant ailé des clo¬

ches, il saute

aux cœurs

dans la nuit de Noël.

�s

HONORABLES

MENTIONS

1" Amies
Dr Christian

ma Terra despoderada, sonnet libre, par
Mathieu, à Castelnau-de-Montmiral (Tarn);

de

2° Meditacio, Escampills,
Mati, pièces, par M, Robert

/
•

Vestidu de Molsa i Ploma d'Oeell,
Marty, à Montpellier.

%

TQUlOUSfi.5

*

*

♦\

:

M. le

�à

LAVELANET

(Arièja)

L'ostal

E/COUER

DIANT

&amp;

«S
fa de bèl
que

drap
s'esqufsa jamai.

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de Chamos

�Règles de Phonétique Occitane
i° VOYELLES.

accentué

ou

constitue

une

—

seul

a,

ou

dans le corps d'un mot,

non, sonne comme a

terminaison

français

;

mais s'il

féminine, il

est semi-son¬
nant et se prononce entre a et o, suivant la
région ;
e sonne comme é fermé
français, et è comme è ou¬
vert français ; — i équivaut à i français
; —u égale¬
—

mais, après

ment ;

çais
o

;

fermé

comme

2° CONSONNES.

suivi de,
c devant

une

voyelle, il

a

le

ò ouvert së prononce comme

—

o

fran¬
français, et

son ou

français.

ou

b,

—

c,

d, f, g, j, 1, m, n, p, q

( toujours

),

tt

e

r, s, t,, z sonnent comme en,français ; mais
et i est sifflant comme s
français; — j sonne

tz, dans certainés régions ; —*■ m se prononce
comme n à la fin de la irc
pers. du pluriel des verbes ;
n est
muet, sauf quelques rares exceptions, à la fin
des substantifs; — r est souvent muet à la. fin des
substantifs et des adjectifs, sauf en Provence, ainsi
comme

—

qu'à l'infinitif;
muet

s est toujours dur et sifflant; — t est
participes présents et de la plupart
ment; — v sonne comme b, sauf en Pro¬
—-

à' la fin des

des mots

en

vence.

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ItBIlIBBBBBBIl

ES

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                <text>Ce set contient les périodiques numérisés par le CIRDÒC issus des collections des partenaires d'Occitanica</text>
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              <text>Salvat, Joseph (1889-1972). Directeur de publication</text>
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              <text>Escòla occitana (Toulouse)</text>
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              <text>impr. d'Editions Occitanes (Castelnaudary)</text>
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              <text>Vignette : https://occitanica.eu/files/original/43fa409de2362cee78712eafe9852f57.jpg</text>
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          <name>Is Part Of</name>
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              <text>Lo Gai Saber (&lt;a href="http://occitanica.eu/omeka/items/show/13154"&gt;Acc&amp;egrave;s &amp;agrave; l'ensemble des num&amp;eacute;ros de la revue&lt;/a&gt;)</text>
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              <text>1 fasc. (pp.  342-364, 366-413) ; 22 cm</text>
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              <text>&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;em&gt;Lo Gai Saber&lt;/em&gt; est une revue litt&amp;eacute;raire occitane publi&amp;eacute;e depuis 1919. La rubrique &lt;em&gt;L'&amp;Ograve;rt dels trobaires&lt;/em&gt; est consacr&amp;eacute;e &amp;agrave; la po&amp;eacute;sie, la rubrique &lt;em&gt;Bolegadisa occitana&lt;/em&gt; donne des informations sur l'actualit&amp;eacute; de l'action occitane. La revue fait aussi &amp;eacute;cho des publications du domaine occitan et des r&amp;eacute;sultats du concours annuel de po&amp;eacute;sie occitane de l'Acad&amp;eacute;mie des Jeux floraux.&amp;nbsp;&lt;/div&gt;</text>
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              <text>&lt;div style="text-align: justify;"&gt;Lo&amp;nbsp;&lt;em&gt;Gai Saber&lt;/em&gt;&amp;nbsp;es una revista liter&amp;agrave;ria occitana publicada dempu&amp;egrave;i 1919. La rubrica&amp;nbsp;&lt;em&gt;L'&amp;Ograve;rt dels trobaires&lt;/em&gt;&amp;nbsp;es consacrada a la poesia, la rubrica&amp;nbsp;&lt;em&gt;Bolegadisa occitana&lt;/em&gt;&amp;nbsp;balha d'informacions sus l'actualitat de l'accion occitana. La revista se fa tanben lo resson de las publicacions del domeni occitan e dels resultats del concors annadi&amp;egrave;r de poesia occitana de l'Acad&amp;egrave;mia dels J&amp;ograve;cs florals.&lt;/div&gt;</text>
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              <text>Toulze, Sylvain (1911-1993)</text>
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              <text>Escholier, Raymond (1882-1971)</text>
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              <text>Cayrou, Frédéric (1879-1958)</text>
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              <text>Roussilhes, A.</text>
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              <text>Jouveau, René (1906-1997)</text>
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              <text>Drutel, Marcelle (1897-1985)</text>
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              <text>Grandó, Carles (1889-1975)</text>
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          <name>Contributeur</name>
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              <text>Bibliothèque de Toulouse</text>
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      <name>Escòla occitana</name>
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