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                  <text>31â Annada

N° 234

Mars-Abrilh 1950

Lo Gai Saber
Revisia de l'ESCOLA OCCITANA

Dis Aup i

Pirenèu

...»

F. Mistral.

TOLOZA
Î4,

Carríèra

delà

Arts," 14

Lo

numéro :

501rs.

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j-

,

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ENSENHADOR del N* 234 (Mars-Abrilh

Despoyer,

lean GIROU :

et du

ou

1950)

l'alchimie du Fauvisme

Cubisme'.

•,

Mistèris.gÎoribzes.

Jnli CUBAYNES:

Rezurreecion.
Ascension.
Pentacosta.

Asompcion.
Coronament.
Maria

BARAILLÉ

En camin de fèrre.

:

novèis (poezia).

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GRANDE
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�Lo Gai Saber, n° 234

MARS-ABRILH

195&lt;&gt;

DESNOYER
ou

l'alchimie du Fauvisme et du Cubisme

Depuis cent ans la situation de la peinture se
renouvelle d'une façon identique ; il faut choisir
entre la couleur et le dessin ; à l'origine de cette
division nous trouvons Delacroix et Ingres, plus
tard Van Gogh et Cézanne, de nos jours Matisse et
Picasso. A la fin du XIXe siècle, un génie, Paul

Gauguin, a réussi à concilier ces tendances opposées;
qui l'emportera du dessin ou de la couleur ? Gauguin
saura
répondre : le dessin doit être en fonction de
la couleur

et la

couleur

en

fonction du dessin. Gau¬

guin déclarera que Delacroix, croyant combattre
pour la couleur, travaillait au contraire pour la
victoire du dessin (dessinant avec des couleurs).
Ces deux modes d'expression trouvent leurs som¬
dans deux écoles : les Fauves et les Cubistes.
Le registre de la couleur fulgurante faisait éclater
la Réalité ; la couleur jaillissait, force vive, et irri¬
mets

un monde neuf et violent où les champs
étaient rouges et les ciels verts ; le drame planait
partout dans une inquiétude ; si le départ est le réel,
l'aboutissement est la sensation, et les Fauves hur¬
lent chacun avec un amplificateur, un haut-parleur

guait

�30

JEAN GIROU

différent. Au feu d'artifice de ces anarchistes répond
la froide révolution des Cubistes qui décomposent

détaillent ; l'ordonnance des combinaisons prisma¬
tiques du cubisme triomphe en 1910 où Cézanne est
roi. Bracque inscrit la projection de l'objet sur un
plan, Delaunay déjà par ses cercles tend à l'abs¬
traction, Gleizes définit l'apparence de l'objet pour
en
trouver la réalité mentale ; chez Kachsweiler
exposent Picasso et Juan Gris pour qui la seule tech¬
nique picturale possible est «une sorte d'architecture
plane et colorée» ; dans ce groupe, le nom d'un in¬
connu se révèle : Andrieu ; Andrieu, de Montauban,
qui n'est pas à sa place dans l'histoire de l'Art, mais
qui est au départ des cheminements du Cubisme ;
Andrieu, qui par la brisure en facettes de ses lampes
et de ses carafes invente, à son tour, l'image-idée.
C'est de ce grand peintre méconnu que descend en
ligne directe Desnoyer. Andrieu, vénérable ancêtre,
reconnaît si bien son fils en Desnoyer que, dans une
de ses toiles, une nature morte, figure une enve¬
loppe sur laquelle est inscrite l'adresse de Desnoyer.
et

Quand Desnoyer débutait, la vision du monde se
un reflet de l'art impressionniste, c'est-àdire que la peinture décomposait les couleurs pour
les recomposer afin de traduire la vision des objets,
et la bataille faisait rage entre la couleur et le des¬
sin ; cettte opposition des deux activités artistiques
était à son sommet ; cette réponse dans un sens ou
dans un autre fut tout le drame de ce temps et de
Desnoyer en particulier ; ce sera la polarisation de
deux courants différents: «Pôle Nord — Pôle Sud»,
dira avec concision Matisse quand il parlera de luimême et de Picasso. Cette question plastique con¬
tient en plus toute l'aventure des rapports de l'art
avec la pensée ; dans le problème de l'art chaque
époque apporte ce double témoignage ; dans la dua¬
lité couleur-dessin sont les deux volets du diptyque ;
ces deux expressions différentes se poursuivent.
fixait dans

�DESNOYER

31

Desnoyer, enfant montalbanais, sera élevé sur le
Quercy natal, dans les visions archaïques de
Bourdelle, les épreuves schématiques de Marcel Lenoir, et l'art puriste de ce génie méconnu, Andrieu,
qui a son atelier sous le Pont des Consuls, dans le ra¬
sol du

vin de la Mandoune. Elève de l'Ecole des Beaux-Arts
de

Toulouse, il suit, en 1912, les cours de l'Ecole des
Décoratifs; il se libère aussitôt de ces cadres sco¬
laires, il balaie les fadaises et les moisissures du pro¬
fessorat, les attitudes affectées, les méthodes de
Arts

férule des conseils
d'impuissants, toutes ces fumures
artificielles qui n'ont jamais fait
pousser un rameau
créateur. En un mot, Desnoyer liquide et devient un

copiste du Louvre par curiosité et par tradition,
copiste du Greco et de Goya, de Véronèse et du Tintoret, de Grunewald et de Cranach, de Breughel, de
Rubens, de Delacroix même ; de la Bohême et de
l'Espagne Desnoyer est citoyen par l'esprit, le cœur,
l'inspiration; il découvre la forme baroque de l'hu¬
manisme ; il est naturel en ce sens qu'il ait fait con¬
fiance à la tradition qu'il connaît et salue les tech¬
niques éprouvées, les formes déjà élaborées, une
langue déjà héritée et, se fiant à ce qu'ont inventé
les maîtres, qu'il invente à son tour; dans son ori¬
ginalité il déconcerte, parce qu'il est sur la base
solide de la tradition ; sa conquête est faite des ac¬
quisitions des autres qu'il a transmuées : tel est le
destin de Desnover. Desnoyer a rendu à la peinture
sa jeunesse, en remontant à la source
pure des cou¬
leurs, des couleurs intactes, violentes, innocentes ;
ces couleurs
sont sans rhétorique, sans
mélanges.
Desnoyer se fie à la couleur, comme Rimbaud s'est
fié aux mots ; de tels dons portent des fruits
magni¬
fiques qui dans leur innocence arrivent jusqu'au raf¬
finement. J'imagine l'effort de l'artiste
; tout ce que
ses œuvres doivent non seulement à la mémoire
(tra¬
dition) mais à l'attention, à l'intention, au calcul, à
l'élaboration intérieure, à la méditation, à la com¬
position ; dans ce labeur, dans ces exigences, Des.

�JEAN

32

noyer

GIROU

sait garder la souplesse, la spontanéité de la

création.

peinture alors paraissait être devant un mur,
impasse bouchée par les libertés d'inven¬
tion et par la multiplicité des solutions ; la tendance
de la jeune peinture pouvait s'exprimer par ce que
M. René Huygue a défini : le renouveau de la pein¬
ture pure. Après la liquidation du surréalisme et de
l'essai de la discipline classique des adhérents de
Forces nouvelles », nous avons assisté soudain à
une
révolution insurrectionnelle par la couleur.
Desnoyer, le plus âgé de ces jeunes, prit l'importance
d'un chef ; dans cette conquête il fut suivi par Bazaine, Estève, Fougeron, Pignon, Gishia, Robin,
Lapicque, le Moal, Manessier, Singier et le plus
jeune de tous, Montané. Le jaillissement de cette
peinture révolutionnaire prend l'importance d'un
manifeste et trouve son explication par les événe¬
ments historiques, par l'occupation. Hitler avant sep¬
tembre 39 venait de vendre en Suisse avec grande
publicité les tableaux de l'Ecole de Paris, les toiles
d'avant-garde de cet art dégénéré et corrupteur ; puis
ce fut la guerre-éclair, la Pologne et en 40 la France,
l'armistice, l'occupation. Desnoyer n'accepta pas la
défaite ; la bataille devait continuer et dans le monde
et dans les cœurs. Desnoyer s'honore d'avoir été un
des premiers résistants de 41 ; il fait partie aussitôt
des réseaux de clandestinité et le jaillissement de
sa
peinture éclate comme une bombe dans la révolte
contre le conformisme et l'acceptation ; c'est le fais¬
ceau des forces spirituelles qu'il faut regrouper pour
continuer la lutte ; cette insurrection par la couleur
est une date dans la vie de la jeune peinture con¬
temporaine, elle s'explique par les exigences de
l'histoire et
par
la continuité française. C'est
l'occupation, il faut le déclarer, qui a redonné à la
jeune peinture sa raison, sa violence, sa virulence.
Manessier a exprimé la signifiance de cette insur¬
rection dans une confession : «J'insiste, dit-il, sur le
La

dans

«

une

�DESNOYER

33-

caractère

interne et souterrain de ce travail ; tout
cela s'est déclanché depuis la guerre, par un effet
des événements ». Et nous avons ainsi l'explication

artistes qui se cherchaient depuis dix ans,,
qui, devant la pluralité des libertés d'invention, de¬
vant la multiplicité des tendances diverses, n'arri¬
vaient pas à se trouver et marquaient le pas, ont
que ces

soudain mûri

et trouvé leur raison
sous
le feu et
la botte de l'occupant ; car ce renouveau de la
Peinture Pure est une révolte. Cette bombe éclata
le io mai 1941 à la Galerie Braun sous le vocable
sous

qui était un programme national : « Exposition des
Jeunes Peintres de Tradition Française ». Cette
manifestation qui prend une valeur historique fut
définie judicieusement par M. Dorival : « les témoins
de la reprise de la conscience française ». Desnoyer
et Lapicque étaient de ce groupe les aînés ; Estève,
Pignon, Gishia avaient 40 ans ; Manessier, Singier,
le Moal, 30 ans. Dans cette manifestation, toutes les
expressions trouvent un élan et tous les héritages
s'énumèrent : tendances cubistes, fauves, surréa¬
listes, irréalistes, expressionnistes ; malgré cette
pluralité d'expression, toute cette équipe bien fran¬
çaise est liée par une raison nationale, elle est bien
résolue à emporter la victoire ; le combat va continuer
et les champs de bataille seront en 42 la
galerie de
Friedland, en 43 la galerie Berri, Raspail et même
le Salon d'Automne ; en 44 ce sera la victoire. Bazaine donnera cette définition avec une extrême per¬
tinence : « Ni fauve, ni cubiste, mais inconcevable
sans ces
derniers, la jeune peinture française con¬
temporaine me semble se situer dans l'évolution de
l'art français et son effort prolonger logiquement

celui de

ses

aînés

lence, la passion

:

retrouver l'essentiel par la vio¬
de l'expression appu}me sur un

choix de couleurs et de formes élémentaires

Cette définition de la jeune
s'illustre hautement du métier

peinture

».

par Bazaine
technique de
Desnoyer. Essaj^ons de déterminer le talent de Deset

de la

�34

JEAN

GIROU

Ce peintre s'est prescrit un art concret, phy¬
sique, charnel, avec la base solide d'une certitude
extérieure; sur une toile, avant de poser la couleur,
il figure des tracés
géométriques, des correspon¬
dances, des rapports d'ellipses, des croisements de
verticales et d'horizontales, d'abscisses et d'ordon¬
nées, des compositions vigoureuses qui cherchent un
rythme monumental; l'ordonnance prime, d'où sim¬
plification, dépouillement, lucidité dans la construc¬
tion. Desnoyer a une vision des formes
plastiques
et une
disponibilité de sculpteur, il voit des plans,
des volumes, des profils ; il se souvient du maitre
noyer.

auguste de Montauban,
un

de Bourdelle

;

il

a ce sens

emphatique des courbes et des masses ; il
de lui cette puissance, souffle épique de
gran¬

peu

tient

deur dans

la

conception et dans la réalisation. Du
un sculpteur; il sait brasser la
glaise et tailler la pierre, d'où solidité. Mais, les li¬
gnes en place, se pose le problème de la lumière,
donc de la couleur; le dessin va être absorbé au
pro¬
fit de la couleur ; il ne sera que le canevas et l'arma¬
ture des accords et des tons
chromatiques. Des Fau¬
ves
il maintient la franchise, l'éclat, la pureté, la
violence, les surfaces unies, le déroulement des con¬
trastes fulgurants,
l'exaspération de la lumière et
des ombres qu'il a
pris chez Yan Gogh et, plus près
de nous, chez Vlaminck. Ce Cubiste
par le dessin
surgit avec l'instinct du Fauve, et cette synthèse des
deux écoles devient une acquisition exceptionnelle ;
mais ce déchaînement de la couleur, ce lyrisme de la
lumière deviendraient erreur et jactance, si la pré¬
sence de
l'esprit, si la trame calculée du dessin ne met¬
taient la pédale de la raison ; l'effet, la facilité, l'ha¬
bileté de ces morceaux de bravoure, de cette exal¬
tation méridionale sont tempérés par la
présence de
la sage raison, par la discipline de la maîtrise,
par
le frein du jugement. Le réel exalté du Fauvisme
s'humanise et se tempère par la soumission à la lo¬
gique de l'intelligence; l'œil passe en revue tous les
reste

Desnoyer est

�DESNOYER

35

éléments, mais n'en

retient que
quelques-uns, lignes
couleurs ; ils fixeront désormais le
caractère es¬
sentiel ou imprévu
; ce sera la création ; l'œil de
Desnoyer ne s'arrêtera pas sur un objet terne ou une
ligne insignifiante ; il ne s'arrête qu'à ce qui a un
ou

sens
ou

;

mieux, c'est lui qui donne

même opposition.

ce sens par

position

Desnoyer cependant dans cette
représentation ne passe pas la limite, il ne déforme
pas systématiquement, il ne crève
pas l'apparence.
Desnoyer aime trop l'objet pour le nier;
n'empêche
que son observation au départ devient
imagination
à l'arrivée

; mais il ne s'autorise dans ce
proqédé
défaillance : c est une des ressources essen¬
tielles de l'art de ce
peintre. La réalité n'accorde
son secret
que par mutation. Cette
métamorphose est
aucune

régie soit
sens

par

(fauvisme)

l'intelligence (cubisme), soit

par

les

; le goût, le choix, la sélection in¬
terviennent dans le mystère de cette
alchimie qui
est le
passage d'un univers (l'objet) dans un autre
(l'esprit) ; l'œuvre d'art devient traduction, trans¬
formation ; l'artiste doit assimiler
l'objet offert à sa
curiosité ; l'élaboration
précède quelquefois ou suit
le choc, et la création devient
sans

éclat

ou

l'explosion; ou travail
fulgurant. La réa¬

d'autres fois éclair

lité est toujours devant nous
morte; il faut que l'es¬
prit et le cœur en fassent une résurrection (forme,
couleur, mouvement, sensation) ; la vie doit être
réinfusée, et cette traduction aura encore un autre
complice en faux témoignage : le spectateur. Cette

confusion
cette

est à la

base de

interprétation,

tout

l'art moderne. Dans

réjouit que Desno3rér joi¬
gne à un traditionalisme intellectuel,
quelquefois un
peu doctrinaire, un élan lyrique et une flamme ro¬
mantique ; heureuse rencontre qui lui permet un
mépris de toute convention et de connaître un fou¬
on

se

gueux emportement ou de souligner une
préférence
intellectuelle. Sous le désordre
apparent, dans le
hasard intentionnel, dans un déroulement
incohé¬
rent, une pensée parfaitement logique
préside, se

�36

jean girou

le secret de Desnoyer.
Desnoyer est un peintre du réel, mais ne l'est pas
qui veut ; il suffit de voir Desnoyer pour s'en assu¬
rer ; pour être peintre
de la réalité il faut la puis¬

dégage et s'impose ; tel est

du muscle, la largeur du coffre, l'ampleur du
souffle, la joie de voir et d'entendre ; enfin une plé¬

sance

qui n'est donnée qu'à quelques pri¬
vilégiés dont Desnoyer. Mais à cette joie de vivre
Desnoyer ajoute, car il est de sa génération, le choc
de l'intensité d'ún ton, le crispement d'une tache, le
pathétique d'une ligne ; le réel est alors un acces¬
soire qui sert d'armature à ses dons lyriques où tout
est vibration du rythme, transmutation de l'évasion,
pulsation de la vie.
Sans conteste, Desnoyer, chef de file de la jeune
peinture, prend dans l'histoire de l'art contemporain
l'autorité et le prestige d'un Maître.
nitude de santé

Jean GIROU.

�L'Ort dels Trobaires

MISTÈRIS

GLORIOZES
i

REZURRECCION
Drech la ciutat, sul pèch
de l'alba canda l'espelida

dels Oliviers, enlai,
s'aparelha.
Los soldats, al sepulcre ont Jè^us ara jai (i),
acaban de la nèch la quatrenca vegelha (2),
quand, davalat del cel, los emblauqis un rai ;
podero^a, una vot% bronpis à lór aurelha :
lo cròs s alanda
e, sos g.ardians.tremols(^) d^esfrai^
vinceire de la mòrt, per bps (4) Jèqus regrelha.
—

D'Aquel qu'a dich : «
la terra, ara-meteus,

Soi ieu la Vida e soi la Lut% »,.
n'a plus que lo su^ari ...
L'escabòt (5) dels soldats dins la vila s'enfuch :

—

«

—

Crist

es

resusciîut !
—

Sul

pojbl (6) del Calvari

liure n'es lo tombèl !
—

l'avèm vist

e sa

De nbstres els

facia èra

coma

(1) gît ; (2) veille ; (3) tremblants; (4)
(6) sommet ; (7) éclair.

pe ;

nos-aus

l'elhaus

pour

(7) /»

toujours; (5) grou¬

�3§

J. CUBAYNES

II

ASCENSION

Jè\us, glorios, seg lo camin de Betania,
lo pariu que seguet la velha de sa mòrt ;
als discipols el dis, en pasant còsta l'òrt
ont preguet, dins Vesglari (i), al ser de l'agonia

:

Vos vendrà

l'Esperit de la part del Dieu fort
pròva,
al délai Samarïa,
seretq per
duscas à la fin-monde (2). » — Alavetq, sus son còr
per Vultima abrasada aici qu'el pren Maria.
«

—

e

me

\

En

Fil, baia

sa

sos

discipols

e,

amont,

—

sus

E drech la capa

los
—

Maire; en Mèstre, el benefis
siaud, d'entre eles se gandis
una audo^a e flèunha nivolada ...

lumeno\a dels grands cèls,
discipols, long briu, ennairèron los èls.
Mas la quita nivol s'es ara escampilhada. —

(1) angoisse

;

(2) extrémité de la terre.

�MISTÈRIS

GLORIOZES

39

III

PBNTACOSTA

Costa

Maria, los Apòstols, dins la patf,

resachut la

an

vertudo\a Batejalha

;

jos las lengas de fòc lors fronts se son plegats
VAutisme que sos dons aprome^es lor balha.

:

De

còp, Pèire s'amet (i) à son novèl prefach :
pescaire d'òmes», el, valentament trabalha ;
pre^ica al pòple — e sa paraula à la pauralha
«

audo^a qu'es

coma

la bresca

e coma

l' lach,

tant qu'ai ser d'aquel jorn, de per tota la vila
vènon, crestians primiers, s aginolhar très mila
e Pèire los
agrèga « al nom del Mòrt en crotf

qu'ara,
es
—

en los subrecèls, amb
de nòstre salut la refofanta
E Maria sentis

(1) entreprend

;

polsar

(2) débordante

son

VEsperit e l'Paire
dot% » (2).
còr de Maire.

source.

�J. CUBAYNES

40

IV

ASOMPCION

Dedins l'ostal de

Joan, al isaure (i) d'estiu,
flor. Maria fiala
e
prèga. Mas son jorn, esperat tant bel briu,
ven de se despolhar de la vida mortala.
encara un

lire

es sus sa

dels Angèls de Dieu
la prene davala :
ela se bâta, uro^a, sus lor ala
còrs franha al cèl, indemenible (2) e viu.

La

Verge s'asomnìs

tôt

un

alara
e

son

e

—

cantaire vòl per

la terra,
raufis la flor darrièra
d'agost la bufa e l'avalis :

Ara, al ostal de Joan, ennaval, sus
del darrier lire
e

Visaure

e

délai los

alont i
cò de

a

son

(1) brise

;

se

lugrands (3) e délai las estelas,
plus ni dòl, ni dolor, ni gramèlas,
Fil Maria dintra al Paradis.

(2) incorruptible

;

(3) astres.

�MISTÈRIS

GLORIOZES

41

V

CORONAMENT

Coma al solel

se clina una madura
espiga,
Maria, clina-te, que ton Fil, de sa man,
ara, subre ton cap, de la corona aliga
las esmeraudas à ton vel na^aretan.

Dels pus

novèls martirs duscas al vièlh Adam,
empenat (1) à ton entorn se triga
per saludar « La qu'es la glòria del Liban ».
E lo Guèrlhe (2) gengis al prigond de son iga.
tôt lo cèl

—

A tu lor laus

(3) /
Pracò,

de^oblidas pas
que n'as tôt un abaus (4) dels teunes aici-bas
dont es, tu, plan pus mai que la Rèina, la Maire,
—

non

Maire, non sera ton bonur tôt esclèt (5)
lo jorn ont tendras, dins l'etèrne repaire (6),
grand familha recatada al grand complet.
e

—

que
ta

Juli CUBAYNES.
(1) tout entier; (2) le Mauvais, le Malin ; (3) louange ; (4) mul¬
(5) pur et sans mélange ; (6) demeure, séjour.

titude ;

�FÈRRE

EN CAMIN DE

es en gara. D'un còp d'èlh m'avizi que la
primièra veitura a pas l'aire trop encombrada. Me
fau un pasage demest los viajaires que se ténon sarrats prèp de la porta, coma
à l'acostumada, e me
tròbi dabant de compartiments vujes. Sul carrèu,
una plancarda : « Réservé. Opéra italien ». Sèm mai
d'unis à considerar aquela plancarda, e demoram dins
lo corredor ambe l'espèr que los locataris vendran
pas o que, se vénon, nos faran una pichona'plasa.
Las minutas pàsan ; lo trèn va partir. Ailàs ! nos
sèm trop lèu regaudits ! Presats, afairats, los Italians arriban. Qualques-uns s'entùzan dins lo com¬
partiment ont ai déjà pauzat ma valiza : un òme à
berreta, una femna ennegrada e meza plan simplament, un prèire. Aquel monde serian de comedians?
Còpsec pàsan dins lo corredor un emplegat d'Agencia e una femna que sembla desvariada. Aicesta jita
qualques mots à nòstres vezins ; endevinam qu'a
perdut «la borsa». Quna borsa? Es qu'aquela femna
séria la clavaira de la tropa ? Sèm aqui qualques
viajaires que comprenèm pas grand cauza à tôt aquel

Lo trèn

rambal.
Lo prèire a pauzat son capèl rond dins lo
s'es asèit, e ara braseja en faguent de razonaments
ambe sos companhs. Ensaji de li demandar de que
vira. Mitât italian, mitât francés, los gèstes ne dizent mai que los mots, me fa entendre que ven de
Lorda am una côlha de pelerins italians — acò's sò

fialat,

que

la S.N.C.F. apèla

l'Operà ?

— e
sos

qu'ai cambia-

bagages. Per¬
dut, es pas segur. Son pas perduts, en tôt cas, per
tôt lo monde. « Envolé », dis lo capelan ambe un
grand gèste cap al plafond e un sonrire serafic. El,
a pas brica l'aire de n'èse trevirat.
ment de

trèn

una

femna

a

perdut

Aici la femna desvariada que

guida del emplegat à casqueta
tat

tôt

lo trèn ;

an

pas res

torna,

galonada

totjorn se: an revizi-

vist. Cara descompau-

zada, la femna se laisa anar sus

la banqueta, e, tôt

�en

camin

de

ferre

43

espèr perdut, se met à plorar. N'abèm pietat. Ensajam de li faire precizar lo cosi e lo perqué
Es una
autra
viajaira, pelerina coma ela, italiana coma ela,
que s'es cargada de son sac e de sa valiza al cambiament de trèn, e ara los retròba plus. — « S es
pas
qu'acò, dizèm, cal pas dezesperar ; los retrobaretz à
...

Marselha ».
« Non, non !» — fa la desconsolada.
E finisèm per comprene que la còlha dels
pelerins a
donat retirada à de gents pauc recomandables
—

qu'an
profitât de l'ocazion d'un viaje e d'un pasapòrt colectius per sortir d'Italia ambe l'idèa de
plus i tornar.
Déjà, mai d'un s'es esperdigalhat. Acò's quicôm mai ! L'abat brandis lo cap afirmativament e
agaita lo cèl d'un aire pietados. E coma m'estoni
qu'una accion tant negra sia lo fèt d'un compatriote,
la victima s'estrementis : « Compatriote, non, non ;
moi, Milaneza ! l'autre, Siciliana ! » Quna fiertat e
qun mesprètz !
Tôt d'un còp, à la porta del compartiment, s'en¬
cadra una femna dont la cara rafida es traucada
d'èlhs que flàmban. Magra coma un pic, negra coma

talpon, mòstra doas rengadas de dents beluguejantas : una vertadièra breganda de la Calabra segon
P.-L. Courier ! Ten à la man un sac e una
valiza, e
un

los

pauza dabant la desconsolada. Es un cambiaà vista : la vida torna florir sul front entrumit.

ment

D'un

gèste rabent, la Milaneza buta la valiza jos

cotilhons e sarra sus son còr la famoza « borsa ». A
pas de paraula. Escota las razons de la Si¬
ciliana. Segur, las crei pas gaire ; mas se garda plan
d'òc laisar veze.
sos

E,

coma fau, en biais de concluzion : «Tout est
qui finit bien ! », l'abat, uros d'aber comprés,
amb un sonrire mai angelic que
jamai, e pracò cargat de malicia, torna dire : « Tout est bien qui

bien

finit bien !

»

Maria

BARAILLÉ.

�LIBRES

NOVÈLS

POEZIA

L'Era Daurada, per Gaston Puel (Brocadura, s. p.) Albi,
Editions de la Tète Noire, 1948. — Cants d'Autoum, per Elia

Pimpeterre (in-8, 168 p.) Moissac, Imprimerie Moderne, R.
Moun Cartou de Mesturo, per Aristide
Salères (in-8, 160 p.) Agen, Imprimerie de l'Agenais, 1946. —
Flous Salbatjos, per Adelin Moulis (Brocadura, 50 p.) Montreuil, Imp. D. Gouin, s. d. — Cantilènes au Fil des Jours,
per J. Cunnac (Brocadura, 44 p.) Carcassonne, Imprimerie
de l'Enclume, s. d. — Noëls et Nadalets, per Pèire Miremont
(in-8, 152 p.) Kaiserlautern, Verlag Heinz Rohr, s. d. — Trelus de Prouvènço, pel Dr Juli Roubion (in-4, 210 p.) Marseille,
Imprimerie Ant. Ged, 1941. — Al Poble, per Juli Ponsolle
(Brocadura, 18 p.) Pamiers, Imprimerie Gaston Delaye, s.d. —
Le Bot de Cap d An, pel même autor (Brocadura, 16 p.) à la
mèma libraria, 1944. — Tolosa, per Enric Lluch (Pichon in32) Toulouse, Imprimerie du Sud-Ouest. 1940. — Dot\e Sonets, per A. Serra-Baldó (Pichon in-16, 32p.) Toulouse, Im¬
primerie du Sud-Ouest, 1942.— Als Joves, per F. de S. Aguiló
(in-4, 8 p.) Bogota-Colombia, Litografla Colombia, 1948. —
Poemas Forabandits, per Francés Rei-Belenc (in-12, 24 p.)
Toulouse, I.E.O., 1950. — Lou Creirés-til per Caries Galtier
(in-12, 24 p,) Aigues-Vives, Marsyas, 1949. — Letanio, per
Valèri Bernard (in-8, 64 p.) Marsiho, Imprimarié G. Michel,
1946.— Telaranha, per Enric Espieux (in-16, 36 p.) Toulouse,
I.E.O., 1949.
Chaminaud, 1943.

—

Autre temps, lo critic de poezia trobava d'avegadas
jos sa ploma de trôs de primièra borra, de pèsas empenadas quitament. Ara i cal espelucar libres e librillions per

descobrir

quora

aici

quora

alai

un vers

de

qualitat.
Mensonarem pas

auèi lo mendre cap-d'òbra ! Pracô

senne Jôrdi Vergnes que prefacia L'Era
Daurada de Gaston Puel, n'avèm ajuda una estomaen

legir lo

gada

: «

Nous proposons à la langue d'oc, sò

dis,

une

de

�LIBRES

ses

NOVÈLS

45

dernières chances de survie...» Trrr ! la sabiam pas
o belèu Pescritor susdich ne coneis

tant malauda !

...

gaire la literatura ! Nos triga de veire aquel rete poèma,
adapté (!) du français en occitan», béluga de «cette
flambée convulsive alimentée vertigineusement par les
sarments surréalistes
» E ben, paurôt, lo papier es
un bon aze ! Enfin comensèm per veire :
«

...

La

meuna

enfansa ploraba encara

Vei\il trefolissià
[sas caras]
miugrana empunhada reclamaba
Trista coma un jugadis de jinjarra sola d'un pastre
podià espertar mon perdnn
[la canson]
Ma clinada secretament esperaba la femna permeabla
Menassaire

L' a\iransa coma una

punt ni res ! Tôt nut !... Avètz compres,
quicôm ? Se ôc, tant melhor ! Prôva que sètz
pas « filistin » !
Elia Pimpeterre sona pas davant el tant nautas toretas ; masten, e val mai, d'umilas promesas :
Qu'es boun, de cops, lou bi bièl rance ... (p. 13)
Sos Cants d'Autoum son un estampèl corredis amb
lo legèire. Se ploran pas à masa del naut frizon de poezîa, rizon à moments d'un fin rire gascon. Un pichon
d'AZ Brès à la Toumbo à la pagèla d'un païzan.
Del meteus païs d'Agen, Aristide Salères nos manda
son Cartou de Mesturo. El tant-pauc desquilha pas
Jansemin. Mas son èbra desplèga « Lous Cranto Trabals», « Lous Trento Mestiès », dins de contes, de sonets, de pèsas, totes escrichs en largs alexandrins ...
La sabiensa del pòple i se demezis, i s'escampilha en
trôses un pauc al abandon ; polits vers :
E sustot ni

sentit

Soun mounde abion biscut, mai que

mai, de misero ...
(P- Ï37)
.

prumé que poudet parei qu'es uno

crabo... (p. 50)

lo bon poèta fa pas coma aquela

iîna bestiôta ?

Lou

Per que

Cal pracô levar lo capèl davant una
fidelitat à la lenga mairala.

vièlha e pertocanta

�40

SILVAN

Las Flous Salbatjos
rarias. La garba ne sarra

TOULZE

d'Adelin Moulis son pus IiteAimam
ben de tota mena
pas gaire las imitacions de La Fontaine, sustot sus un
même sujet : lo fabuliste es montât talament naut qu'à
lo voler sègre ôm capusa, 0 caldrià estre Perbosc !
Los melhors poèmas, aici coma los très quarts del
temps, son los pus corts : «L'auratge», « Lou miu
...

...

secret

»...

L'abat Cunnac

a escrich de cantics en
francés, en ôc
quite latin ! Genre escalabros : n'avèm pas soveut
auzits
botam.de mejansièrs ! Mas parlam pas del abat
dont l'es fors n'es que mai meritôn, e que coneis son
e

en

...

mestièr

coma

pas un

!

Es pus aizit, l'ensach d'apariar Saboly que La Fon¬
taine, e, aprèp l'autor de Cantilènes, Pèire Miremont
tant-ben i s'afisca ambe Noëls et Nadalets, poèmas
frances e occitans. Dels primiers direm pas res. En de

Miremont trabuca encara al meteus fiai escondut sus
son eamin : la facilitât...
Nos fa corre davant los èls
una redonda de vers e de mots
que pareison cauzits

trôp sovent per lor polidetat 0 lor mirgalhadura. Avèm
déjà dins aicesta cronica recastenat l'autor de pècas de
grafia e de metrica. La captivitat ont foguèron escrichas
aquelas pèsas escuzava qualqua libertat sus tais punts :
l'afogat felibre i fazià mai que mai ôbra de propagandista, e de bel meriti ! Mas crezèm que cal mai de rigor per publicar. Al legèire, sustot s'es estât «embarbelat », agradaran fôrsa evocacions dels nadals sornes
d'Alemanha e nos a bèlament plagut tala a Pregaria de
Nadal » ont l'autor atench un estile sarrat e pertocant.
Ambe Trelus de

Prouvènço, los que son encara de
lezer, dins nòstre sècle destimborlat, poiran tenir estampèl agradiu amb un ôme saberut qu'a per violon d'In¬
gres la poezia. Belèu mai d'un, coma lo cronicaire, se
carrarà mai de legir la prefacia de Caries Maurras e los
« comentaris »
dins lo biais de Lamartine ont l'autor lo
menarà del ôrt de las Muzas à-n-aquel d'Academôs.

�LIBRES

NOVÈLS

47

De Pimpeterre à Roubion, los felibres subredichs se
meritan una meteusa remarca : escribon trop lors rimas
coma lor vènon. La
poezia vertadièra diu l'ôrabandir la
facilitât e portar corset, s'es pas. nascuda ambe totas las

gracias del engèni natural.
Que Juli Ponsolle se mesfize del même fal-pas ! Sos
dos poèmes an pracô un autre vain, malgrat de longainas. Sa legida
nos botava en memùria los Discours
sur les Misères de ce
Temps, ò ! naturalament, cadun
à son osca !... Nùstre poèta a l'estile mollat e sentencios que conven al sujet ; lo pùple, per eu escriu, lodeurià comprene :
Per

qu'un ase sio bou, disen que cal que tire... (Al
Te mancabo ioujoun naît cent francs per fè milo...

Juli Ponsolle aima lo pùple, lo coneis,lo
drià sabi e uros... Solament, i dis :
.

.

.

las vertats

t'agradon pas

Poble, p. 2)
(Id. p. 4)

planch ; lo vol-

...

Anats
E

dire, bejam, a 'no filho, qu'es guetjo
qu'a guiters. Beirets chin serets recebut... (Al Poble, p.2)

Polits

vers.

Mas per que

pas una grafia
En Lluch es
son

lo cantaire d'Arièja emplèga
mai racionala ?
un catalan
d'Espanha que se languis de-

païs
...

I l'anima m'abandona

puix que penso
e

dis

son

en

Barcelona

...

bèl mercés à la ciutat que

Oh Tolosa, ma

l'a aculit

:

princesa !

La niivia dels catalans !...

Un autre catalan

A. Serra-Baldó, nos balha un cóp
prùva que la poezia se mezura pas al volum.
Dot^e Sonets solament ; mas aquestes son escrichs e
cantan, e d'estre tenchs de surréalisme z'ôc viran pas
,

de .mai la

tôt al

revers :

El vent, en els brins evasiu
rima l'arribada de l'alba

�48

silvan

que es
que es

Engèni

toulze

fesa per la palma
breça en un refus esquiu...

menor

? Remembres d'autres poètas, coma

Pods ? Rai !... Servis de saber son

vers coma

per

(p. 16);

qui

que

mestier per

escriure

siague !

Aguilô nos prezenta una reedicion de l'ôda
del poèta malhorquin Mïquèl Costa i Llobera
que i ensenha à la joventut « sentencias de oro de oraen moral y estético ». Totes, catalans o non, relegiran
ambe profiech aquela òbra d'una pensada e d'una versi-

F. de S.
Als Joves

ficacion auturièras

L'art véritable

:
es

sa,

gallard i noble

...

Comporta
Vardida força, l'hàbil
maneig de fibra harmonica ...
Francés Rei-Belenc rescond jos un
la claretat,

escais-nom

un

poèta vertadier doblat d'un gramerian. Sos vers escrincelats son tôt côp pron malaizits e un pane rocasiers.
L'autor, engabiat, perseguis un sômi de vida libra e
uroza

:

Mas

Venganaire sosc s'esclafa en s'acabant
frejas parets coma'l frejal d'ISAURA

Sus de

...

D'agudas notacions
E

De

som

:
aqui, paura a non poder me calfar

...

pertocantas estrôfas sus la dôna ; de corts

retrachs

de las temporas ... Los vers son revirats en lenga d'oui
de tal biais que l'òm poirià se demandar d'avegadas
quala es la version originala. Aquela trôba reverta un
très de gèl que cal bricar amor d'i veire treluzir de rais
blaus. Se mérita d'estre legida pels fervorozes de poezia
clara à resons secrets.
Dins Loti Creirés-ti ? (Qun titol, repres sai pas los
côps dins lo poèma) Caries Galtier esprimis un côp de
mai la fuja del temps e de tota cauza. Melodîa clara e
sonjarèla » sus un tèma plan rebatut, tremudada à
a

moments per un

esclaire

:

�LIBRES

NOVÈLS

49

...La niue èro vengudo,
Trop de soulèu avié passi lou jour ... (P. 10)
Lou fres tramblun dóu cant di couqiiihado
Parpelejavo a la pouncho dóu cèu ... (P. 18)

La canta demòra

que iambruscas.
sa vinha !

menora

Mas deu

de segur. Lo poèta nos ballia
aver guirbadas de razims dins

Ara, aici lo testament poetic e espiritual d'un bel felibre e quitament d'un rèire-capolier que, s'emplèga pas
la famoza «écriture surréaliste », pecaire ! a sul front lo
trelus que marca los trobaires vertadiers. Valèri Bernard
a

volgut ofrir à la Maire de Dius Fultim reson de sa

vida cantaira

:

Se vèi lusi subrc toun front
Uno

courouno

de glòri

ardènto de soulèu

...

(P. 14)

regretat a de trôbas pus nautas. Aisò n'es
qu'un reson, se volètz, mas lo reson d'una bêla canta !
Avèm gardada per finir l'òbra del pus jove dels très
provensals, Telaranha, d'Enric Espieux, parescuda
dins la coleccion Messatges, de l'I.E.O., que marca mai
d'originalitat, e se mérita qualquas remarcas ... L'autor
Lo mèstre

serià ben suspres que son ramelet nos ajès pas fach
var las usas ! De
segur nos cambia de las sansonhas

lede
trop de provensals d'ara. Es un ensach, entre autres,
per agantar al fons d'una ama l'espelizon de la poezia e
la notar en paraulas nudas al posible. Mas que volètz ?
To be or not to be !... Tirât una «Pastorèla» encantaira (belèu perque a un sens perceptible, una centena,
leugèra de segur, mas enfin que se devina ! ) tirât qual¬

quas estrôfas, quala realitat, quai estre trobar e agan¬
tar dins aquela tièra de vers fadej aires ? 0 ! i espillan
ben una pensada, e subtila, de sentiments, de notacions

auèi, la poezia ! Mas
de mots cauzits, diriatz, per estabozir lo legèire, de trùs de frazi apariant
nocions contradictôrias ; per tôt dire un clica-claca de
vocables que voldrian fisar lo buf poetic à sa raise prise sab qu'apèlan acò,
lo tôt rescondut jos un «fremin»

fugidisas ! E

�SILVAN

5°

TOULZE

mièra
Mas, diran, lo poèta escriu per el ! Lo legèire n'a qu'à se plegar à sou movimeut ! — Oc ben
plan! Mas alavetz, per que publiçar de vers? «Je chante
seulement pour enchanter mon cœur ...»
Voldriam far de pena à degun. Mas lo dever d'un critic
seriûs es de balhar d'endicas que serviran o pôdon ser¬
vir als poètas.
Se criticar consistas à lauzar sempre e
quai que siague e quna ôbra que siague, val mai anar
casar lauzetas !...
A nòstre vejaire personal, es
se desprofechar tant de joves ta¬
una mizèra de veire
lents enganats per la mòda o que sabi ieu. Maldespiech
las teorias e lo famos « sens .de l'istòria » que cadun, à
vertat dire, lo se farga à son idèa, estant que degun i
coneis res de tes, avans de parei.se e de florir, cal
comensar per estre, ara coma dins cent ans e coma
n'a dos mila ans ! Las pus finas dentelas, gitadas al
vent, s'escampilhan coma de fums vojes. Prènon lor
...

—

valor sonca sus de còrs vius o una materia segura !...
L'ordre del discors es pas la poezia, mas i balha los
fustes necesaris. Sens aquela osada, las impresions poe-

ticas, per tant prigondas e

encantarèlas que siaguen,

sempre al non-res. Lo trobar clus, antic o mo¬
dem, e cosi que s'apleche, a pas jamai menât qu'à
monde. Es pas en fazent esclatar la lenga qu'oui
ôbra poetica, mas en la prene tala qu'es per la sollevar
del vam del engèni.
cazon

finfa

I tornàm, deuguès encara mai nos encrepar l'amie Castan, es de regretar que d'autenticas valors de nòstra jove

poezia d'òc degalhen lor temps e

lor talent à de jòcs de
à sai pas quai bi-

mandarins francimands que capusan
zantinisme estèrle !

S il van

TOULZE,

carsinòl.

�BOLEGADISA

CORSES

Los

corses

de

DE

VACANSAS

vacansas

OCCITANA

EX

CATALONHA

de V Univers'itat de Barcelona

se

fa-

à Ripoll del 6 al 13 de setembre, e à San-Cugat del
Vallès del 13 al 2t.
Los dreits dJnscripcion son de 100 pesetas; en i comprenent
las pasejadas, son de 175.
Quatre projesors idèbon venir d'aquesta part dels Pirenèus:
Mnhor Gardette, rector del Institut catolic de L'ion (problè¬
mes de
lexicografìafrancb-provensala); Joan Seguy, profesor
à la Facultat de las Letras de Talo\a ( lo lexic gascon ) ; canonge Salvat, profesor al Institut catolic de Tolo\a ( trobadors lengadocians e catalans de las Leys d'Amors ; Marcel
Durliat, profesor al Licèude Perpinhan (VArt roman en Lengadoc e en Catalonha ).
Per totis entresinnes, s'adresar al Canonge Salvat, 31, car¬
rier a de la Fondaria, Toloza.
ran

ongan

Lo "Prètz Frédéric Mistral 1950"

es

estât atribuit à Maria

Mauron, de S. Romieu de Provensa, per son libre Cliarloun
Rieu diu Paradou\ estudi en provensal ambe traduccion franceza.

Lo 2 d'abrilh, al acamp del Institut d'Estudis Occitans, à
Montpelhèr, lo " Grand prètz de las Letras Occitanas " donat
pel primièr côp, es estât atribuit à nôstre escolan Robèrt Lafont, profesor al colège de Seta, per son roman Joan Larsi■nliac.

Del 15 al 22 d'abrilh, los Catalans de Toloza an inaugural
La Llar Catalana: velhada literaria-muzicala ( ambe lo gui¬

tariste Carrion

), expozicion de pintura, etc...

Las Edicions Catalonia, de Mexic, an instituit un prètz de
500 dolars per un roman en lenga catalana. Lo manuscrit
deu èstre mandat abant lo 30 de setembre 1950. Demandar
entresinnes à " Cultura Catalana", 8, rue Danton, Paris VIe.
"
Les Veillées Rabastinoises " s'ocùpan detornar adreitar
dins la vila de Rabastens (Tarn) lo buste d'Augièr Galhard.
Mandar son ajuda à " Les Veillées Rabastinoises", Rabas¬

tens

(Tarn), c/c. post. Toloza, 1331.29.

�BOLEGADISA

52

OCCITANA

Compliments à nòstre amie Marchandeau ( Touny-Lérys)
elegit, en novembre, prezident de la Socielat de las Ciensas,
Arts

e

Letras del Tarn ;

à nôstre amie Monsenhor Anton Griera, que prenguèt plasa,
lo 27 d'abrilh, à l'Academia Catalana de Bèls Arts de Sant-

Jordi, de Barcelona; lo 21 de janvièr, al Seminari Romanic de
l'Universitat, se li ofriguèt l'omenage de Hojas dispersas,
ont lo sabent romaniste a acampat una bêla tièra d'estudis
de tota

mena

à nôstra

ambe

;

escolana Claude Estadas, de Toloza,

granda retisida
pintura à Monaco.

—

una

qu'a fait

—

expozici&lt;

Imp. d'Editions Occitanes, Castelnaudary.

Le Gérant: J. SALVAT.

�MAGAZIN DE BLANC
PÈIRE ESQUIROL
23-33, carrièra del Reloge

LA MELHORA

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Sada ç&amp;tcL
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de CB Lanqu.eia.
tajada de S&amp;ieid

JZci dBlaitquela
de /linwá
Joan BABOU

La blcuiqueta delà LipetS,
&lt;deis g-6-tm.cundàtS, deià c&amp;neiAelteS.
es

LIMOUX

(Audo) Téléph. 1

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PEAUX pour Vêtements
&amp; pour

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Étnts Puech=ûalibert
( Tarn )

M AZAJMET

BL AN CARIA

PÈLS
e

per

per Vestiis
Causaduras

PÈLS de Chamos

�Règles de Phonétique Occitane
i°

VOYELLES.

seul

dans le corps

d'un mot,
français'; mais s'il
une terminaison
féminine, il est semi-son¬
nant et
se/prononce entre a et o, suivant la région ;
e sonne comme é fermé
français," et è comme è ou¬
vert français * — i
équivaut à i français ; — u égale¬
ment ; mais,
après une voyelle, il a le son ou fran¬
çais ; — ò ouvert se prononce comme o français, et
o fermé comme ou
français.
2° CONSONNES.
b, c, d, f, g, j, 1, m, n, p, q ( toujours
suivi de u), r, s, t, z sonnent comme en
français ; mais
-c devant e et i est sifflant' comme s
français; — j sonne
comme tz, dans certaines
régions ; — m se prononce
comme n à la fin'de la ir'
pers-. du pluriel des verbes ;
n est muet, sauf
quelques rares exceptions, à la fin
accèntué
constitue

ou

a,

—

non,'sonne

ou

comme a

—

—

—-

des

substantifs;

substantifs

—-

t

est

souvent

muet

à la fin des

des

adjectifs, sauf en Provence, ainsi
qu'à l'infinitif; — s est toujours dur et sifflant; — t est
muet à la fin des
participes présents et de la plupart
des mots

en

et

ment;

—,

v sonne comme

b, sauf

en

Pro¬

vence.

3° GROUPES.

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nh se .prononcent : tch, ill, gn.

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occitan et-traduct. franç. pouvant se
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Lo

p.)

Pabiièr Occitan, ambe lexic

chanter dans les
.
.
.
fr. 200.»

occitan-francès
200. &gt;&gt;

(.1 vol.' in-8°, 170 p.) ilustracions de P. Sibra. fr.
Las Bucolicàs de

Vergili

en

ritmes occitans (

in-8% 68 p.).
Lo

.

fr.

1

volr
150.»

Mètge de Cucunhan (1 vol in.-8?, 30 p.) ilustra¬
fr.
100.»

cions de P. Sibra

Las Oras luscralas
sonets

8°,

.

200

.

.

(Les Heures crépusculaires),.
(1 vol. infr. 200.»

occitans ambe traduccion franceza

p.)

Hommage à sa mémoire (1 vol. in-8 142

( Frais de port en

sus

).

p.) fr.

10Q.»

�</text>
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              <text>Lo Gai Saber (&lt;a href="http://occitanica.eu/omeka/items/show/13154"&gt;Acc&amp;egrave;s &amp;agrave; l'ensemble des num&amp;eacute;ros de la revue&lt;/a&gt;)</text>
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              <text>&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;em&gt;Lo Gai Saber&lt;/em&gt; est une revue litt&amp;eacute;raire occitane publi&amp;eacute;e depuis 1919. La rubrique &lt;em&gt;L'&amp;Ograve;rt dels trobaires&lt;/em&gt; est consacr&amp;eacute;e &amp;agrave; la po&amp;eacute;sie, la rubrique &lt;em&gt;Bolegadisa occitana&lt;/em&gt; donne des informations sur l'actualit&amp;eacute; de l'action occitane. La revue fait aussi &amp;eacute;cho des publications du domaine occitan et des r&amp;eacute;sultats du concours annuel de po&amp;eacute;sie occitane de l'Acad&amp;eacute;mie des Jeux floraux.&amp;nbsp;&lt;/div&gt;</text>
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              <text>&lt;div style="text-align: justify;"&gt;Lo&amp;nbsp;&lt;em&gt;Gai Saber&lt;/em&gt;&amp;nbsp;es una revista liter&amp;agrave;ria occitana publicada dempu&amp;egrave;i 1919. La rubrica&amp;nbsp;&lt;em&gt;L'&amp;Ograve;rt dels trobaires&lt;/em&gt;&amp;nbsp;es consacrada a la poesia, la rubrica&amp;nbsp;&lt;em&gt;Bolegadisa occitana&lt;/em&gt;&amp;nbsp;balha d'informacions sus l'actualitat de l'accion occitana. La revista se fa tanben lo resson de las publicacions del domeni occitan e dels resultats del concors annadi&amp;egrave;r de poesia occitana de l'Acad&amp;egrave;mia dels J&amp;ograve;cs florals.&lt;/div&gt;</text>
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