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                  <text>,{2« Annada

N* 237

Jauviêr-Febrièr 1951

Lo Gai Saber
Revisia de l'ESCOLA OCCITANA
——

Dis Aup J Pirenòu

...

F. Mistral.

TOLOZA

N

delà

Arts, 1A

.

^4, Carrièra

Lo

numéro:

50 frs.
"T—'

�LO

OAI

SABBR

Revista de l'ESCOLA OCCITANA
Red.

Adm.

—

Toulouse

PRIVAT, 14, rue des^ Arts — Toulouse
C/C. POST. TOULOUSE 117.240

;

..

( Fransa : un an
( Estrange : un an
.

,

Abonaments
—

abbé SALVAT

:

de la Fonderie

31, rue

:

„

Abonnaient

.

.

.

.

300 fr.

,

d'ajuda

:

,

SOO fr.

1.000 1rs.

—

ENSENHADOR del N' 237 &lt; lanvièr-Febrièr 1951 &gt;

ACADÉMIE DES JEUX
FLORAUX

:

Concours

annuèl

de

Poésie

Oc¬

citane 1951.
Le Bureau de I'Escdla
loan de

PLAŃTAURÈL

P.-L. BERTHAUD

DOCUMENTS

Fête de l'Escôla

:

:

Occitana.

Provèrbes.
La loi relative à

l'enseignement des
langues et dialectes locaux.

:

Les

:

Langues Tet Dialectes locaux à
(Texte de Loi).

l'Ecole
loan LA FOX

Al Liban.

:

-

I. Partensa

(seguida).

laques MÉCLE e
Francés SABATIER

:

Corses de Vacansas de

Los
e

CRI CRI

:

de

RipôII
Sant-Cugat del Vallès.

Bolegadisa occitana.
L'Escôla Jâufré Rudèl.

�à

LAVELANET

( Arièja)

L'ostal

Escolier

&amp;

Diant

fa de bel

que

drap

s'esquisa jamai

VINS FINS
BORDEAUX
BOURGOGNES

CHAMPAGNES

APÉRITIFS
LIQUEURS
RHUMS
ARMAGNACS

COGNACS

PUEL &amp; C

ie

Ancienne Maison THOMAS

CASTE LN AU DARY

�RHUM
•

GRANDS MORNES
458

GET
S.A.IE PIPPERMINT

à REVEL (H'.'GVJ
UNE

VIEILLE MAISON

UNE

GRANDE
MARQUE

�janvièk-febriér

N° 237.

Lo (jai Saberf

19&gt;l.

ACADÉMIE des JEUX FLORAUX
Concours annuel de Poésie Occitane 1951
Les

prix suivants ont été décernés

FLEURS

:

:

1. Tropèls, poème, par M. l'abbé Sylvain Toulze, curé de
Trespoux-Russiels (Lot), a obtenu la Violette d'argent, prix
du genre ;
&gt;
2. La Gabarra emballada, poème, par
Beynac (Dordogne), a obtenu un Rappel

M. Louis Delluc, à

d'églantine ;

3. La Monart de l'Oulivié, élégie, par Mme Calextine ChanotBullier, à Marseille, a obtenu un Rappel de primevère ;
es Piboleta, etc...
sonnets libres, par M.
Graulhet(Tarn), ont obtenu une Primevère;
5. Trèbas brugairèlas, suite de pièces, par M. le Docteur
Christian Mathieu, à Castelnau-de-Montmirail (Tarn), ont.
obtenu une Eglantine' d'argent;
6. Mirall de Vida, El meu Thnir, pièces, par M. Charles
Grande», majorai du Félibrige, à Perpignan, ont obtenu une

4. Atal Cabrela
Paul Calvignac, à

Primevère.

MENTIONS
1. Lou

Bullier

Vièi

:

Rousié,

poème, par Mme Calextine Chanot-

;

2. Pregarie,

deaux ;

sonnet libre, par M. Adrien Dupin, à Bor¬

3. La Hoiint de Tounelaon,

pièce,

par

M. Pierre-Marcel

Laffargue, à Toulouse.
Fabien-Artigue (5.000 1rs.) a été
manuscrit de M. André Berry sur le
du XVIe siècle Pey de Garros.

Le Grand Prix de Prose

attribué à

poète

un

gascon

ouvrage

�LO

24 2

GAI

SABER

Fête de l'Escola Occitana
mai, à 10 heures, à la basilique NotreDaurade, messe pour les défunts de l'année.

Le mercredi 2
Dame la

h., réunion du bureau de

A 11

VEscòla, à l'Hôtel

d'Assézat.
A

14

h., dans la grande salle

rapport de M.
sur

et

le

et

Fabien-Artigue,
mainteneur des Jeux Flo¬

du Grand Prix de Prose

concours

de M. le chanoine Salvat,

raux

de l'Hôtel d'Assézat,

Fourcassié, mainteneur des Jeux Floraux,

majorai du Félibrige, sur le concours
lecture des pièces couronnées.

de poésie;

occitane ;

30, dîner amical traditionnel de VEscòla,
les félibres, à l'Hôtel du Clocher de Rodez.
Le dîner est offert aux lauréats occitans de l'Académie
des Jeux Floraux. Prière de s'inscrire, librairie Privât,
A 19 h.

ouvert à tous

14, rue des Arts,
du Clocher de

Toulouse, tél. CA. 02.33, ou à l'Hôtel

Rodez, 14, place Jeanne d'Arc,

Toulouse,

tél. MA. 42.92.
Le Bureau de

l'Escola.

PROVÈ RBES
primièr del an
dona riquesa al
Vibèrn perd una dent.
val fumorièr.
febrièr

Secada del

pa'i\an.

Per Sant- Vincent

Nêu de

Quand lo grapal canta en
darrièr.

febrièr,

l'ibèrn encara es per

JOAN DE PLANTAURÈL.

�La loi relative à

l'enseignement des

langues et dialectes locaux
L'Assemblée Nationale a enfin voté en seconde lec¬
la loi Deixonne, relative à l'enseignement des

ture

langues et dialectes locaux, dont le texte définitif,
applicable, a été publié au Journal OfJìcìel du 13 janvier 1951.
désormais

Il peut être d'un intérêt autre que purement ré¬
trospectif de revenir sur les circonstances dans les¬
quelles cette loi a été proposée, préparée et votée :
autant d'opérations successives qui n'ont pas duré

moins de trois années.

A

l'origine, trois propositions de loi : 1° une de

M.

André Marty et de plusieurs de ses collègues tendant
à l'enseignement de la langue catalane dans les uni¬
versités de Toulouse et de Montpellier ; 2° une propo¬
sition de résolution de M. Pierre Hervé et plusieurs
ses collègues tendant à inviter le gouvernement
prendre les arrêtés et mesures nécessaires à la con¬
servation de la langue et de la culture bretonnes ; à

de
à

l'abrogation des dispositions qui proscrivent l'usage
de la langue bretonne dans l'enseignement public ;
à l'organisation d'un enseignement de la langue bre¬
tonne dans les départements du Finistère, des Côtesdu Nord et du Morbihan ; 3° une proposition de M.
Vourc'h, sénateur, et de plusieurs de ses collègues,
sur l'enseignement de la langue bretonne.
proposition concernant la langue d'oc n'a¬
déposée. Les trois propositions initiales furent

Aucune

vait été

�2

44

P.-L.

BERTHAUD

renvoyées, selon la procédure ordinaire, à la Com¬
mission de l'Education Nationale de l'Assemblée Na¬

qui, après plusieurs discussions et votes,
chargeait M. Deixonne, député du Tarn, agrégé de
l'Université, de présenter un rapport en principe fa¬
vorable et de préparer un projet de loi prévoyant
l'introduction de l'enseignement des langues et dia¬
lectes locaux dans les trois ordres.
tionale

Pour obtenir ce

résultat, une action

suivie avait

nécessaire : elle avait été menée d'une part par
les Bretons, qui avaient fédéré en un seul organisme
toutes les associations populaires ou savantes s'occupant de la langue ou de la culture bretonnes ; un
été

délégué général de cet organisme, l'U.D.B., Union
pour la Défense du Breton, un Breton fixé à Paris,
M. Toulemont, avait été chargé des relations avec le
Parlement et de veiller à ce que les propositions de
MM. Pierre Hervé, député, et Antoine Vourc'h, sé¬
nateur, ne soient pas ensevelies dans les cartons
verts. Mais, d'autre part, les Bretons poursuivaient
sur place, par tous les moyens à leur disposition, la
propagande nécessaire en faveur de l'enseignement
du breton : ils parvinrent ainsi à intéresser toutes les
personnalités civiles ou religieuses, les corps élus
municipaux ou départementaux, les élus parlemen¬
taires eux-mêmes à la cause du breton ; tous les par¬
lementaires, notamment, sans
s'en étaient proclamés
leur bulletin de vote.
D'autre part,

distinction de parti,

partisans et avaient promis

il n'était pas possible de

laisser la

langue d'oc en dehors des mesures qu'on voulait
faire prendre en faveur du catalan et du breton. Une
autre action fut donc entreprise par les groupements
de langue d'oc, auprès de M. Deixonne, rapporteur
désigné, pour qu'il n'oubliât pas la langue des Trou¬
badours et de Mistral lors de la rédaction de son pro¬
jet de loi définitif.

�LA LOI

DEIXONNE

245

Enfin, lorsque M. Deixonne eut terminé son rap¬
port, une

troisième action s'imposa

en vue

de faire

adopter ce rapport par la Commission, puis par l'As¬
semblée. Une action incessante auprès des membres
de la Commission fut entreprise pour qu'ils accordas¬
sent leur appui au rapport Deixonne, lequel fut fina¬
lement adopté et déposé en juillet 1949.
Restait à faire voter ce projet par l'Assemblée. La
difficulté et le danger consistaient à provoquer une
discussion publique : en effet, il est assez malaisé de
faire inscrire à l'ordre du jour de l'Assemblée un pro¬

jet de loi susceptible de soulever une discussion pro¬
longée ; le temps de l'Assemblée est limité et le cli¬
mat en faveur de la loi n'était pas tel que la « confé¬
rence des présidents », qui règle l'ordre du jour, ac¬
ceptât de consacrer une journée ou même une demijournée au projet Deixonne. D'autre part, une dis¬
cussion publique risquait de provoquer une certaine
opposition, dont le résultat eût été de prolonger le
débat au delà du temps prévu, d'en faire ajourner la
continuation à plus tard, peut-être même «sine die»,
ce qui eût abouti en fait à un enterrement. Le petit
problème tactique qui se posait était donc d'obtenir
qu'il n'y eût pas de débat et que le projet fût voté sans
discussion.
action fut donc entreprise, portant
le Ministre de l'Education Nationale,

Une dernière
cette

fois

sur

afin que celui-ci acceptât le vote sans débat du projet
Deixonne ; mais, pour cela, il fallait que le texte
Deixonne fût accepté par les services de l'Education

réticents en la matière ; un nouveau
en accord avec ces derniers
des
et, naturellement,
concessions durent nécessaire¬
ment être faites à l'esprit des « bureaux ». Il fut as¬
sez facile, soulignons-le, d'obtenir des députés, amis
ou adversaires, qu'ils consentissent à ne pas prendre
la parole sur le sujet. Enfin, on agit auprès de la
Nationale,
texte

assez

dut donc être établi

�246

P.-L. BERTHAUD

présidents », afin qu'elle prît acte
intéressés et inscrivît à l'ordredu jour d'une séance le vote du projet «sous réserve
qu'il n'y ait pas débat ».
Nous nous étendons sur ces difficultés, que seuleune attention vigilante et une connaissance approfon¬
die des ressorts de la vie parlementaire pouvaient
permettre de vaincre, afin que le lecteur puisse se
rendre compte des conditions exactes dans lesquelles
les choses se sont passées ; ainsi comprendra-t-on à
la fois les raisons du retard apporté et aussi cellesde certaines imperfections offertes par le projet, im¬
perfections sautant aux yeux mais inhérentes à tout
compromis. Or, il est évident que, les faits étant
ce
qu'ils étaient, le vote ne pouvait être que la con¬
séquence d'un compromis.
Ces difficultés furent écartées successivement, grâce
( il faut bien l'avouer) à la souplesse et à la ténacitéde ceux qui furent mêlés aux diverses phases de l'af¬
faire. Ils durent parfois, afin de ne pas compromettre
le succès, faire certaines concessions jugées peut-êtreinopportunes par ceux qui, voyant les choses de loin,
et plus sur le plan de l'idéal que sur celui du pos¬
sible, ne se rendaient pas toujours compte de la ré¬
alité. Enfin, le 30 décembre 1949, au cours d'une sé¬
ance du matin, le projet Deixonne était voté « sansdébat » par l'Assemblée Nationale.
«

conférence des

de l'accord de tous les

Quelle était l'économie de ce projet, qui devait en¬
core

recevoir,

pour

devenir loi définitive, l'approba¬

tion du Sénat ?
Dans l'enseignement primaire et secondaire, il pré¬
voyait la possibilité, sous certaines conditions, d'or¬
ganiser, «dans le cadre des activités dirigées», l'en-

�LA LOI DEIXONNE

247

geignement facultatif des langues et dialectes locaux
{ art. 3, 4 et 5 ).
Dans l'enseignement secondaire, il prévoyait une
■épreuve facultative de langue ou dialecte local : les
points obtenus au-dessus de la moyenne devant seuls
entrer en ligne de compte pour l'attribution des
mentions autres que « passable » (art. 9).
Dans l'enseignement supérieur, il prévoyait, outre
la création de chaires et d'instituts d'enseignement
des langues et littératures locales, la création de cer¬
tificats de licence sanctionnant le travail des étu¬
diants ayant suivi ces cours ( art. 7 et 8 ).

Enfin, dans tous les ordres d'enseignement, cette
applicable aux « zones d'influence du bre¬
ton, du basque, du catalan et de la langue occitane »

loi serait

(art. 10).
Tel qu'il se présentait, ce projet était loin de don¬
satisfaction à nos aspirations. Mais il était le
maximum de ce qu'il avait été possible d'obtenir,
dans les conditions que nous avons dites plus haut,
des services administratifs de l'Education Nationale.
Il constituait en tout cas un énorme progrès puisque,
en
donnant une sanction pratique, pour le bacca¬
lauréat et surtout pour la licence, aux études de lan¬
ner

gue et littérature régionales suivies à l'échelon se¬
condaire ou supérieur, il ouvrait la possibilité de
Tormer des maîtres, précieuse perspective d'avenir.

Restait à faire

adopter le projet par le

Sénat.

moment-là que, sur l'initiative de Max
-Rouquette, pour coordonner l'action des divers élé¬
ments intéressés à la loi, fut créé à Paris, le 18
février 1950, le «Cartel de défense des langues et
C'est à

ce

�ERRATUM
pour

le n° de Sainte-Estelle

Modifier ainsi la fin de la 2m°
de la page

strophe du poème
221.

Veu^a de Talhafer, lo bel,
portaba comtala corona
d'Albi, Be^ièrs e Carcasona,
e son
filh èra Trencavèl ...

�P.-L.

248

BERTHAUD

régionaux de France », comprenant les re¬
présentants des trois langues visées par le projet
de loi Deixonne : Basques, Bretons et Occitans (Au¬
dialectes

Catalogne, Dauphiné, Gascogne, Languedoc,
Provence).
De divers côtés s'exprimaient déjà certaines im¬
patiences et certains désirs d'action spectaculaire :
on eût voulu que le «Cartel» se livrât à des démons¬
trations bruyantes. Or, sur place, les dirigeants du
Cartel estimèrent qu'une telle méthode risquait de
tout compromettre. En effet, dès le vote du projet
par l'Assemblée Nationale, une vive réaction s'était
produite dans la presse, l'Académie et même l'Uni¬
versité. On n'a pas oublié notamment les articles
de M. Albert Dauzat, dans Le Monde, et de M.
Georges Duhamel, dans Le Figaro ; d'autres, signés
de noms moins impressionnants, n'en faisaient pas
moins leur effet, à la veille de la prise en considéra¬
tion du projet Deixonne par le Sénat.
\
Le rôle, peu apparent, du « Cartel » fut de réagir à
son
tour contre les réactions manifestées à l'égard
de l'enseignement des langues et dialectes locaux :
rôle très divers, allant depuis l'orchestration de pro¬
testations émanant des diverses sociétés populaires
ou savantes des régions intéressées, jusqu'à
la po¬
lémique avec nos éminents adversaires et à l'inter¬
vention personnelle auprès des sénateurs en vue de
contrebalancer le très mauvais effet produit sur eux
par l'opposition d'hommes comme MM. Dauzat et Du¬
hamel
lesquels d'ailleurs n'avaient visiblement
même pas pris la peine de lire attentivement le texte
du projet Deixonne.
Mais tout le bruit fait autour de ce dernier ne
pouvait que. lui nuire. On s'en aperçut très vite lors
de la réunion de la Commission de l'Education Natio¬
nale du Sénat; partisans et adversaires du projet s'y
empoignèrent ferme; on ne put toutefois empêcher la
désignation d'un rapporteur nettement hostile, M.

vergne,

Limousin et

—

�LA LOI DEIXONNE

249

Lamousse, sénateur du Limousin et inspecteur pri¬
maire
lequel était d'ailleurs, ô ironie de la poli¬
tique ! du même parti que M. Deixonne !
Il ne pouvait plus être question d'un vote sans dé¬
bat ; une discussion devrait nécessairement s'ouvrir
au Sénat ; le
rapport de M. Lamousse concluait au
rejet de toutes les dispositions, timides certes mais
néanmoins un peu efficaces, du projet Deixonne.
Le «Cartel» entreprit une nouvelle action, tant au¬
près des sénateurs pris individuellement qu'auprès
du Ministre, qui était alors M. Yvon Delbos, député
de la Dordogne, auprès de qui nous trouvâmes l'ap¬
pui le plus sûr et le plus efficace en la personne
—

d'un de ses collaborateurs immédiats
triotes périgordins, M. Jacques Magne.

et

compa¬

La discussion s'ouvrit donc le 7 mars 1950 en

séance
de même qu'elle avait été vive en com¬
mission, elle fut an'imée dans l'hémicycle : contre le
rapporteur hostile, MM. Cayrou, sénateur du Tarnet-Garonne, Biatarana, sénateur du Pays basque,
Morel, sénateur de la Lozère, et Pinvidic, sénateur de
Bretagne, dépensèrent des trésors d'éloquence, de
lyrisme, de bon sens et de ténacité. Rien n'y fit. Le
Sénat suivait obstinément son rapporteur dans l'œu¬
vre méthodique de démolition totale du projet Dei¬
xonne. C'est alors que, sur intervention pressante du
«Cartel», M. Yvon Delbos, ministre de l'Education
Nationale, monta à la tribune pour défendre le pro¬
jet qu'il avait accepté devant l'Assemblée Nationale:
il sauva la situation, fit renvoyer la question en com¬
mission pour un nouvel examen.
Entre la journée du 7 mars et cqlle du 23 mars qui
vit se rouvrir le débat, toutes les pressions contradic¬

publique

;

toires redoublèrent. M. Lamousse fut maintenu com¬

rapporteur; néanmoins, il ne craignit pas, dans
second rapport, de prendre sur bien dès points
le contre-pied de ce qu'il avait d'abord écrit. Le 23
mars, le Sénat votait un texte modifiant, mais non
me

son

�P.-L.

250

BERTHAUD

démolissant, le projet; toutefois, il supprimait, par
une
adjonction spéciale, toute efficacité à cet article.
8 dont nous avons dit qu'il nous ouvre des perspec¬
tives d'avenir : « les certificats de licence sanction¬
nant le travail des étudiants ayant suivi les cours,
de
en

langue et littérature régionales n'entreront pas
ligne de compte pour l'obtention des licences

d'enseignement

».

perdu, mais tout était compromis. On,
pouvait pas dire qu'il fallait repartir à zéro, puis¬
que nous possédions tout de même un texte, comme
disait Fustel de Coulanges. Nous possédions le texte
initial voté par l'Assemblée Nationale — et nous sa¬
vions que cette Assemblée Nationale (qu'on excuse
Rien n'était

ne

cette

incursion dans le domaine de la

politique) est.

jalouse des prérogatives que lui accorde la Consti¬
tution de 1946: elle se considère volontiers comme
l'unique Assemblée habilitée à donner des lois au
pays. Mais, en face de cet avantage, nous rencon¬
trions l'opposition obstinée de certains adversaires,
vieillards têtus dont il semblait que ce fût devenu
l'unique préoccupation que de déconsidérer la loi et
la faire échouer.
Il fallait
naient plus

jouer entre ces divers éléments, qui te¬
de la psychologie que de tout autre chose..
D'abord, amener M. Deixonne à ne pas se décou¬
rager et à reprendre son premier texte, puis le con¬
firmer

dans

la

détermination

résolue

de

le

faire

triompher. Ensuite, réduire au silence si possible,
atténuer au moins l'opposition qui ne désarmait pas,,
tout cas en laisser s'effacer le souvenir. Tout cela
demandait du temps.

en

Auprès de M. Deixonne, il fut facile dé démontrer
le Sénat, «Chambre de réflexion», avait agi à
la légère et présomptuëusement. Toutefois, un effort
que

1

�LA LOI DEIXONNE

251

particulier/iu «Cartel» dut porter sur le rétablisse¬
ment de l'article 8 et la suppression de l'adjonction
sénatoriale qui en annulait toute l'efficace. Sur cet
article 8, les Bretons ne tenaient pas essentiellement
à se montrer intransigeants, parce qu'en pratique,
par voie d'accord avec l'Université de Rennes, ils
•avaient déjà obtenu les avantages qui en découlaient.
Mais les

autres

?

Plusieurs rapports, remis à M. Deixonne par le
«Cartel», le convainquirent néanmoins de la néces¬
sité de se battre, s'il le fallait, sur cet article 8 et,
finalement, le «Cartel» eut gain de cause: dans son

rapport, M. Deixonne reprenait même les
expressions par lesquelles le «Cartel » avait, à plu¬
sieurs reprises, souligné qu'on ne pouvait pas, pour
nouveau

l'honneur de l'Université et des maîtres éminents

qui

en

étaient déjà chargés, laisser rabaisser l'ensei¬

gnement des langues et

littératures régionales à un

enseignement de luxe», réservé aux étudiants qui
font uniquement des études sans portée pratique ;
le nouveau rapport de M. Deixonne, déposé à la
veille des vacances parlementaires, contenait ces
phrases significatives : « Faut-il préciser, comme on
nous le suggère, que les
nouveaux certificats n'en¬
treront pas en ligne de compte pour l'obtention des
licences d'enseignement ? Autant avouer que l'on
veut faire de l'enseignement régionaliste une acti¬
vité de luxe, susceptible de n'intéresser qu'une poi¬
gnée de dilettantes, et qu'on se soucie bien peu de
recruter les maîtres qui, aux échelons inférieurs, au¬
ront à dispenser l'enseignement nouveau. Pourtant
ne déclarait-on pas
que c'est au niveau de l'ensei¬
gnement supérieur que cet enseignement était le
plus supportable ? »
«

~

D'autre part, le tir de barrage déclenché contre
les oppositions continuait efficacement et nous
la satisfaction de voir que M. Duhamel renonçait à

avions

-apporter

les arguments supplémentaires

qu'il avait

�P.-L.

BERTHAUB

iM. Dauzat, au cours de l'un des
qu'il continuait à publier dans
si influent sur les milieux politiques —,
Le Monde
venait à résipiscence et se ralliait presque à nos vues.
De ce jour-là, la bataille était à moitié gagnée. Il
ne fallait plus, pour la transformer en victoire, que
manœuvrer sur le terrain
purement parlementaire,
avec les ressources offertes par le règlement, pour
que l'affaire vînt, comme en décembre 1949, « sans
débat », c'est-à-dire dans des conditions permettant
annoncés, et
nombreux

que

articles

—

d'éviter une mésaventure comme celle que nous
avions éprouvée au Sénat._ Ici aussi, le rôle parti¬
culier des Bretons fut important et leur contribution
une fois de
plus précieuse : ils possédaient un atout
maître dans le fait que le Président du Conseil d'alors,
M. Pléven, est député breton, ; ils en jouèrent. Bien

entendu,

cela devait

tout

se

faire

avec

plus de

encore qu'en [949; on le comprendra d'autant
mieux que le Président de l'Assemblée Nationale
lui-même, piqué d'honneur par l'attitude initiale de
son confrère
académique M. Georges Duhamel, avait
cru devoir
prendre une position hostile à la loi.

doigté

Mais, en définitive, tout se passa le mieux du
monde, et le vote définitif de la loi intervint,, sans
débat, comme en 1949, dans une des séances du
matin de décembre 1950.
C'était une victoire pour tous ceux qui s'étaient
attachés à faire triompher cette mesure de bon sens,

depuis le Capoulié et son discours de Toulouse, jus¬
qu'au «Comité central pour le Provençal au bacca¬
lauréat», créé par Jordi Reboul à Marseille, l'Union
pour la Défense du Breton de M. Toulemont, et le
«Cartel de défense» de Paris. Chacun dans sa sphère,
selon son tempérament et ses possibilités d'action,
avait contribué

Voilà donc

au

une

succès.

affaire terminée, un avantage ac-

�LA LOI DEIXONNE

253

■quis. La bonne tactique exige maintenant
consolidions le terrain gagné.
On a souvent exprimé l'idée

l'enseignement de la langue d'oc
nion

de quatre

tres ;

2-

que,
en

que nous

pour

réaliser

France, la réu¬

éléments est nécessaire : i- les maî¬
les élèves; 3- les manuels; 4- l'autorisation

de l'Etat.

Lorsqu'il fut, en 1942, question d'obtenir
dernière, ce que les événements d'alors sem¬
blaient favoriser, les services officiels de l'Education
Nationale, hostiles à l'accoutumée, nous opposaient
l'absence des trois premiers éléments pour nous re¬
fuser, ou pour retarder le quatrième. Logiquement,
nous aurions
dû penser qu'il serait plus facile de
Lormer des maîtres, de rassembler des élèves et de
publier des manuels — parce que cela dépendait en
somme de nous, en
grande partie — que d'obtenir
l'autorisation de l'Etat, parce que nous avions assez
peu de prise sur la résistance administrative. En
somme, cela revenait à dire; « organisons d'abord,
à titre privé, l'enseignement de la langue d'oc et,
lorsque nous y aurons réussi, peut-être obtiendronsnous de l'Etat qu'il officialise notre œuvre ».
•cette

Les événements en ont décidé
trième élément, celui qui nous

autrement :

le qua¬

paraissait presque

chimère, nous a été accordé, dans une faible
d'accord, et sous de telles conditions qu'on
est presque tenté d'évoquer le vieux proverbe fran¬
çais : « Donner et retenir ne vaut ». Mais enfin, nous
avons maintenant la loi pour nous.
Où sont les maî¬
tres, où sont les manuels, où sont les élèves ? C'est à
nous de
fournir la réponse. La chose est urgente,
parce que, si nous laissons tomber en désuétude la
loi qui nous est donnée, rien ne s'opposera à ce que
les adversaires de l'enseignement «dialectal», les
modernes Grégoire, qui ne désarment pas dans leur
entreprise d'uniformisation totalitaire, retournent
contre nous, pour faire abroger la loi, la même tac¬
tique que nous avons employée contre eux pour la
une

mesure,

faire voter.

�P.-L.

254

BERTHAUD

Il faut donc que d'ici très peu de temps, dans les
divers ordres d'enseignement, il se produise un mou¬

pour que les dispositions de la loi ne restent
lettre morte. Il faut que des étudiants de facul¬
tés passent des diplômes de langue et littérature ré¬
gionales qui entreront en ligne de compte pour la li¬
cence d'enseignement; il faut que, dans le secondaire,
des candidats au baccalauréat demandent à subir
l'épreuve facultative de langue et de littérature ré¬
gionales qui doit leur permettre d'obtenir cette dis¬
vement

pas

peu vaine, mais néanmoins flatteuse,
mention ; .il faut que, dans le même ensei¬
gnement secondaire, des professeurs se dévouent à
organiser, «dans le cadre des activités dirigées»,
des cours et conférences de langue et littérature
régionales ; il faut que, dans l'enseignement pri¬

tinction

qu'est

un

une

maire, des instituteurs prennent l'initiative d'or¬
ganiser, toujours «dans le cadre des activités diri¬
gées », un cours de lecture et d'écriture du parler
local.

d'abord du bon vouloir des maîtres
l'enseignement des divers ordres. Mais il ne faut
pas les laisser seuls ; il faut qu'ils se sentent soute¬
nus moralement et matériellement.
Il est possible
qu'ils se heurtent au mauvais vouloir de l'adminis¬
tration ou de leurs supérieurs et qu'il leur soit diffi¬
Cela dépend

de

cile d'entrer en lutte ouverte contre ces derniers. Il
faudra les épauler du dehors, promouvoir les inter¬
ventions de personnages ou d'organismes influents.
A cet

effet, il serait utile que, sur le plan départe¬
qui est celui des enseignements primaire et

mental

organismes comparables à l'Union
la Défense du Breton se fondassent : englobant
toutes les sociétés, savantes ou populaires, toutes les
«écoles félibréennes» ou autres, toutes les individua¬
lités isolées qui, à un titre quelconque, sans distinc¬
tion politique, religieuse, philosophique ... ou gram¬
maticale, s'intéressent à la langue et à la culture
«locales». C'est là le seul moyen de réaliser, dans
secondaire, des
pour

�la loi deixonne

255

l'action

pratique et tenace, l'union de tant d'énergies
qui, trop souvent, se sont dépensées jusqu'ici en pure
perte, dans des querelles théoriques ou personnel¬
les. En sommes-nous incapables ?
C'est en effet de la base que doivent partir les ini¬
tiatives. A Paris, la tâche du «Cartel» sera de cen¬
traliser (qu'on excuse ce mot, mais dans un régime
centralisé, il faut bien agir selon la loi de ce régime)
ces

à

initiatives et, en se faisant fort d'elles, de veiller

que le Conseil Supérieur de l'Education Nationale
s'acquitte de la tâche que lui confie l'article 1 de la
loi. L'expérience nous enseigne que nous rencon¬
trerons probablement des résistances, peut-être même
de la mauvaise foi de temps en temps : la tâche
essentielle du « Cartel » sera, à Paris, de faire flé¬
chir les résistances. Le meilleur moyen n'est-il
pas d'apporter au Conseil supérieur la besogne
toute mâchée,
les mesures toutes prêtes à rece¬
ce

voir

sa

sanction ?

Il y a là un travail immense à
drait s'y consacrer toutes autres

accomplir. Il fau¬
affaires cessantes.
L'avantage que nous.apporte la loi, c'est la certitude
que ce travail ne sera pas accompli en vain, et que
en recueillerons immédiatement les fruits. Que
amis y pensent sérieusement et sachent sacri¬
fier à l'œuvre, s'il le faut, leurs préférences ou leurs
opinions personnelles : rien ne peut sortir que du
travail tenace et de l'union.
nous
nos

Pierre-Louis BERTHAUD,
des

Délégué Général du Cartel de Défense
langues et dialectes régionaux de France.

�DOCUMENTS

Les

LOI

Langues et Dialectes locaux
à l'École

n°

51-46 du 11

janvier 1951 relative à l'enseignement
langues et dialectes locaux.
(Journal Officiel du 13 janvier 1Ç51)
des

L'Assemblée nationale et le Conseil de la

délibéré,
L'Assemblée nationale
Le Président
teneur suit
Art. 1".

de la

République ont

adopté,
République promulgue la loi dont la
a

:

Le conseil supérieur de l'éducation nationale
chargé, dans le cadre et dès la promulgation de la pré¬
sente loi, de rechercher les meilleurs moyens de favoriser
l'étude des langues et dialectes locaux dans les régions où
—

sera

ils sont

en

usage.

Art. 2. — Des instructions pédagogiques seront adressées:
aux recteurs en vue d'autoriser les maîtres à recourir aux

parlers locaux dans les écoles primaires et maternelles cha¬
que fois qu'ils pourront en tirer profit pour leur enseigne¬
ment, notamment pour l'étude de la langue française.
Art. 3.
Tout instituteur qui en fera la demande pourra
être autorisé à consacrer, chaque semaine, une heure d'ac¬
tivités dirigées à l'enseignement de notions élémentaires de
lecture et d'écriture du parler local et à l'étude de morceaux
—

choisis de la littérature

correspondante.
enseignement est facultatif pour les élèves.
Art. 4.
Les maîtres seront autorisés à choisir, sur uneliste dressée
chaque année par le recteur de leur académie,.
les ouvrages qui, placés dans les bibliothèques scolaires,
permettront de faire connaître aux élèves les richesses cul¬
turelles et le folklore de leur région.
Art. 5.
Dans les écoles normales, des cours et stages
facultatifs seront organisés, dans toute la mesure du possible,
pendant la durée de la formation professionnelle, à l'usage
des élèves-maîtres et des élèves-maîtresses qui se destinent.
à enseigner dans une région où une langue locale a affirmé
sa vitalité. Les cours et stages
porteront, non seulement sur
la langue elle-même, mais sur le folklore, la littérature et
les arts populaires locaux.
Cet

—

—

,

�DOCUMENTS

257

Art. 6.
Dans les lycées et. collèges, l'enseignement fa¬
cultatif de toutes les langues et dialectes locaux ainsi
que du
folklore, de la littérature et des arts populaires locaux pourra
—

prendre place dans le cadre des activités dirigées.
Art. 7.
Après avis des conseils de faculté et des conseils
d'université, et sur proposition du conseil supérieur de l'édu¬
cation nationale, il pourra être créé, dans la mesure des
crédits disponibles, des instituts d'études régionalistes com¬
portant notamment des chaires pour l'enseignement des lan—

fues
et littératures locales, ainsi que de l'ethnographie follorique.
Art. 8.
De nouveaux certificats de licence et
diplômes
d'études supérieures, des thèses de doctorat sanctionneront
le travail des étudiants qui auront suivi ces cours.
—

Art. 9. — Dans les universités où il est possible
d'adjoin¬
dre au jury un examinateur compétent, une épreuve facul¬
tative sera inscrite au programme du baccalauréat. Les points
obtenus au-dessus de la moyenne entreront en ligne de

compte-pour l'attribution des mentions autres que la mention
«

passable
Art.

10.

».
—

Les articles 2 à 9 inclus de la présente

applicables, dès la rentrée scolaire qui

gation, dans les
catalan et de la
Art. 11.

—

loi seront
en suivra la promul¬

zones d'influence du breton, du basque, du
langue occitane..

Les'articles 7 et 8 donneront lieu notamment

applications suivantes :
a) A Rennes, un institut d'études celtiques organisera un
enseignement des langues et littératures celtiques et de
l'ethnographie folklorique ;
b) A l'université de Bordeaux et à l'institut d'études ibériques
de Bordeaux, un enseignement de la langue et de la littéra¬
ture basque sera organisé ;
c) Un enseignement de la langue et de la littérature cata¬
lanes sera organisé à l'université de Montpellier, à l'univer¬
sité de Toulouse, à l'institut d'études hispaniques de Paris
■et à l'institut d'études ibériques de Bordeaux ;
d) Un enseignement de la langue, de la littérature, de l'his¬
toire occitanes sera organisé dans chacune des universités
d'Aix-en-Provence, Montpellier et Toulouse.
La présente loi sera exécutée comme loi de l'Etat.
Fait à Paris, le 11 janvier 1951.
Par le Président de la République : "Vincent AURIOL.
Le président du conseil des ministres : R. PLEVEN.
aux

■Le ministre de l'éducation nationale : P.-Olivier LAP1E.

�LIBAN

AL

i

PARTENSA1"1
Alexandria,

21

de setembre 1945

(seguida).
Butidas e reganhals nos sortison
e de lors
mans... Quai sab?

ses...

enfin de lors paNos

manca

res?

Pòrtafulhs, estilòs?... Non, sèm urozes... Acò 's que

aquel reboge se cal plan mesfizar d'aqueles
"especialistas" aleugeires de borsas : mentre que
d'una man vos porgison un jornal jol nas, de l'autra
vos fozican adrechament las pochas. Se cal, zòu! un
cèp de razor! e la pòcha traucada, sens qu'ajetz sen¬
tit res, laisa lizar sens bruch tôt son claure... Es sô
que, de gaire! arribaba à un de mos camaradas
dins

fozicaire, en cura de pòrtafulhs, n'a resachut dos brabes "Tira-te enlai!" à cu-

de Toloza. Solament lo

jar ne virar l'èlh...
Aquels airals que venèm de trasar son plan paures, pezolhozes, escurs e trochats. Aqui yivon dins
la mizèra, sovent dins lo dizondre, de milherats de
monde ; aqui-dedins, crèison las pejas malautias.
A costat d'aqueles mizerozes, vivon dins una abondancia e un luxe sobeiran de grands ricards o,
pel mins, de familhas aizidas. La vila qu'abèm ara
jols èlhs pòd far rampèu à las plus modèrnas de chaz
nautres. Se i a pas de "metrò", i a de polidas tramvias à dople estage que, segur, n'ai pas vistas enlôc
de tant confortablas

e

agradivas.

(1) cf. Lo Gai Saber, n° 235 (mai-junh 1950), pp.

62-66.

�al liban

259

La ciutat clau, sò
pareis, un milion
mai dels Egipcians de vièlha soca,

d'òmes. En
bèlcòp abarrejats
d'aràbis, se tròba tant-ben fòrses Grècs, Francezes,
Italians, Anglezes...
Ajèrem lezer, mai d'un côp, de caquetar amb d'u¬
nes... Totes tènon à la Fransa
qu'es pas de creire.
Ai vist un vièlh Grèc plorar en nos
parlar de las
macaduras e dolensas "del païs de Fransa". Un t'ai
estacament

se

marca

de mai d'un biais. Es atal que,

tot-ben

qu'en païs de protectorat anglés, las lengas
las mai emplegadas son l'aràbi e lo francés. Las teulas que pòrtan lo nom de las carrièras son escrincesadas en aràbi e en fran.cés; atal n'es encara de bèicôp de magazins, d'aubèrjas e d'ostals... De mai, sus
unes quatre-cents escolans
que ongan pàrton per l'estrange, gaireben totes tiran en Fransa ; alara qu'en
Angletèrra an déjà totes los fraises pagats.
Quicòm mai que nos a bèlcòp tocats : i a à Alexandria un bèl " Foyer du soldat
Français". I sèm
estats. A l'ora de
pagar, los sirvents nos an dich :
« Acò's fach!» Son
d'Egipcians que d'à vegadas se
vènon refresquir al "Fogal" e pron sovent estàlbian
atal la borsa dels soldats.
Totes

aqueles testimònis d'amor e d'estacament
balhats son plan refortisents en aicestas pasadas treboladas. Cal creire
que, malgrat la
guèrra que nos a matrasats, la Fransa demòra lo
que nos son

flambèl del monde.

25

te

de setembre

Arser, à sèt oras, abèm tornamai embarcat; aquescôp, cap al Liban... De nonent, la nau vòga sus

Bairot...

Arribam!...

Joan LAFON.
(Parlar carsinòj)

�Los Corses de Vacansas
de Ripòll e de St-Cugat del Vallès
(7-24 de setembre 1950)

Aval, plan lènh, s'entrevezian los cloquièrs de Toloza
veniam de daisar, mentre que lo trèn, à grandas
brandidas, nos menaba cap à la frontièra. En côlha, nos
encaminàbem tornamai ongan darrièr l'abat Salvat
anàbem seguir los corses engimbats per l'Universitat
de Barcelona à Ripôll e à Sant-Cugat del Vallès. Las
talpinièras » del Lauragués fugiguèron lèu, e, per la
comba fresca de l'Arièja, arribèrem en Cerdanha: à
mièchjorn èrem à Puigcerdan. A la doana, l'administra¬
tion paperasejaira espanhôla, talament plan nos espupisèt nôstres afars pel menut, que lo trèn per Ripôll
nos pasèt dabant los èlhs : pas d'autre remèdi que d'esperar lo venent. Aprofitèrem del temps qu'abiam de
rèsta per anar vizitarla vila qu'es amont-naut quilhada;.
arribèrem à Ripôll solament cap à las sièis oras.
Polida ciutat pirenenca plasada al confluent del Ter e
del Freser, Ripôll es célébra per son anciana abadia
benedictina, am sa clastra e sa glèiza Santa-Maria. Son
mai de remirar las merabelhozas escalpraduras de la
«portalada, grandios arc triomial » fait «d'una rôca del
Puigmal». Santa-Maria de Ripôll tèn recatats los tombèus de Guifre lo Pilos e dels Ramon Berenguièr, prique

«

mièrs comtes de Barcelona.

Dins las montanhas, gaire lènh de la vila, se trôban
las roïnas del castèl de Uc de Mataplana, trobador ca¬

talan, qu'i ténia de corts d'amor am sa femna la bêla
Guilhelmeta de Salas. Uc de Mataplana moriguèt à Mu¬
ret al costat del rei Pèire d'Aragon. Son castèl pasa per
èstre estât lo del legendari comte Arnau.

Es

justament d'aquela legenda

que nos

parlèt, lo.

�LOS

CORSES

DE VACANSAS

2ÓI

sèr

qu'arribèrem, lo Senhe J. Romeu, del Institut espanhôl de muzicologia. Nos diguèt l'influencia literaria
de la

«
Legenda del comte Arnau » e nos faguèt auzir
qualques trôses de las poezias qu'an fait sus el Verdaguer e Maragall. La conferencia del Senhe Romeu foguèt una de las que nos agradèt mai, tant per son interès vertadièr, que perque foguèt la sola ont se
parlèt

de la literatura catalana

contemporana.

L'endeman, aprèp la mesa dita per Monsenhor Griera
dins la Bazilica Santa-Maria, se faguèt l'inauguracion
solennala dels corses à la Comuna. I auziguèrem un

plan long discors filozofic del Senhe Carreras Artau.
Dins l'aprèp-dinnada anèrem en excursion. A Sant-Joan
de las Abadesas vejèrem la glèiza, e l'ostal de l'abadesa
que regretèrem de trobar degalhat per .la soldatalha.
Sô que nos
esbalauziguèt, foguèt ae veire aqui una
clastra romana prefabricada e prèsta à èstre meza en
plasa. A-n-aquelis Catalans, res lor fa pas pôur ! L'anciana glèiza de Camprodon foguèt un cadre mannat per
la conferencia que Monsenhor Griera faguèt en plasa
del Senhe Durliat, retengut en Fransa. Nos parlèt de las
costumas que pertôcan lo maridage en Catalonha. Lo
sèr, un pauc lo même subjèt foguèt tratat del punt de
vista lengadocian per l'abat Salvat am « la trilogia de
la vida dins los Pirenèus
Demest los

».

foguèron balhats à Ripòll, ne cal
aquel del Senhe J. Gudiol, nebot
•e discipol del grand arqueolôg
catalan, sus l'art roman
en Catalonha, e lo del Senhe F. Udina sul
monestièr
de Ripôll.
encara

corses

senhalar dos

que
:

Una escorreguda èra prevista à Olôt que trobèrem en
fèsta. I veièrem, dins la glèiza parroquiala, una pintrura
del Crist pel Greco, fôrtament caracteristica del art

d'aquel grand pintre espanhôl. Nos calguèt tôt un jorn
per anar vizitar lo santuari de Nuria, sus la cima dels
Pirenèus : ajèrem tôt lezer de remirar las merabelhozas
cascadas dont parla lo poèta,

�2Ô2

J.

MÈCLE E F. SABATIER

tôt trenant i destrenant
llur blancura ressonanta
sobre el negre mur gegant.

Sul camin del retorn, à Ribas de Freser,
nos ofriguèt un bon gostardet e lo Senhe

l'Ostalaria Prat

Padrosa joguèt

qualques bocins al piano.

Èrem demorats très jorns à Ripòll ; los autris corses
perseguir à Sant-Cugat del Vallès. En nos en
anant, nos arrestèrem al santuari de la Gleva : i vejèrem

s'anàban

la cambra ont Verdaguer pasèt dos ans, ont
«Flors del Calvari» e «Roser de tôt l'any».

escriguèt

La ciutat de Vich èra sus nôstre camin. Vizitèrem
catedrala e remirèrem las pintruras de J.-M. Sert am

la

lo

canonge Junyent que nos faguèt, apèi, una conferencia
sus Panciana catedrala. Anèrem veire Postal ont demorèt

Balmes, lo grand filozôf catalan. I ajèt una amistoza
recepcion à la Çomuna am discors del cônse e responsa

de l'abat Salvat.

Foguèrem à Sant-Cugat dins l'aprèp dinnada del 11.

Numerozes foguèron los corses que seguiguèrem aqul
nôu jorns de temps ; parlarem res que
Lo Senhe Udina faguèt lo seu sul monestièr de Sant-

de qualques-uns.

Cugat. Lo Senhe Gantner, profesor à l'Universitat de
Bala, nos prezentèt una tièra d'estudis suis arts roman
e gotic en Fransa. Lo Senhe Roca Garriga nos aprenguèt lenga e literatura espanhôlas. Lo cors de lexicografia occitan a del Senhe Seguy portèt suis noms de
bèstias. Al cors de Monsenhor Griera sul vocabulari
catalan pre-roman, constatèrem qu'aqueste èra, en gran-

problème

da partida, comun al lengadocian. L'interesant
de las originas del francô-provensal foguèt tratat

Monsenhor Gardette, rector de las Facultats
L'ion. L'encontvada lïoneza, traversada per

camins, èra

un

per

catolicas de
de grandis

dels primièrs centres comercials de l'An-

�los

corses

263

de vacansas

tiquitat. Pendent quinze sègles, los mercants s'i crozèron e i escambièron lors mercandizas.
D'aprèp Monsenhor Gardette, lo francò-provensal nasquèt de la lenga
parlada per aquelis mercadièrs.
Dins son cors suis trobadors catalans e provensals
dins las «Leys d'Amors», lo canonge Salvat nosparlèt.
de l'istôria de Toloza e de Barcelona. Nos diguèt qunas
foguèron las relacions tant politicas coma literarias del
sègle IX al sègle XV entre las dôas ciutats. Om sab qu'aquelas relacions foguèron reprezas al sègle XIX per
Mistral e Balaguer. Al jorn ae uèi, se fa de mai en mai
sentir la necesitat d'una union estreita dins l'adopcion
dels mêmes procediments, per la lucha que débon menar
de front occitans de Fransa e d'Espanha. Es gracias àn-aquela union que nôstra renaisensa comuna se podrà
faire jorn.

Tornèrem en excursion à plan d'endreits ont èrem
anats déjà l'an pasat. Anèrem veire las glèizas preromanas de Tarrasa e lo muzèu de Sabadèll. Vizitèrem
lo muzèu roman de Barcelona, pèi lo qu'es â Montjuich.

Dins

aqueste se trôban de polidas pintruras arrancadas
e à bocins à las parets de las glèizas de Catalonha. A Montserrat, nos foguèt donat d'intrar am lO'

à trôses

Paire A. Oliva dins la bibliotèca tant rica del monestièr.

I abia quinze jorns qu'èrem à Sant-Cugat quand lo
darrièr cors s'acabèt. Se nos arracaba, paimens lo mo¬
ment èra

vengut de tornar al pais.

lo Senhe
de corses
la pasada
dabant l'amistoza aculhensa

Debèm granmercejar Monsenhor Griera e
Udina son ajudaire, qu'amb una cauzida uroza
e de pasejadas, nos faguèron tant agradiva
que demorèiem axai ; e,
de nôstrés amies catalans,
yen

loi' dizèm à totis

:

à l'an que

!

Jaques
(Parlar de Narlona)

MÈCLE

e

Francés SABATIER.

�BOLEGADISA

OCCITANA

L'Escòla

Rudèl

Jaufré

A

laseguida de la Santa-Estèla de Tolo\a, los felibres de:
an volgtit s'acampar per douar vida
à l'idèia felique fagu'et antan bêla floridura dins la capitala
d'Aquitanha amie Filadèlfa de Yerda, Lajoinie, l'abat Bergey
Bordèus
brenca
e

tantis d'autres valents.

La novèla Escóla jaufré Rudèl

déjà probat son estrambòrd.
vesprada plan reiisida per
coronar los
joves lauréats del Concors Escolari Occitan de la
Santa-Estèla de Tolo\a.
Dempèi, una se\ilha me\adi'era a permés d'aplaudir lo pro¬
fesor Guillaumie : ejaufrê Rudel troubadour de Blaye2. e Lois
Palauqui : « Le Néo-romanisme&gt;.
/,'Escòla Jaufré Rudèl a per capiscòl loprofesor Guillaumie,
per jos-caỳiscòls lo senhe Loirette e lo canonge Beis, per secretari général nèslre escolan e amie Adrian Dupin, per cla¬
Lo

26

d'octobre, organi\èt

a

una

vaire lo senhe Casteran.

Anoncia

de grands Jòcs Florals annadièrs de poe\ia e de
lenga d'oc e en francés, dobèrts duscas al r? d'abrilh,
amie, à la clau, quicòm coma 74.000 frs. de prètses. Demandar
lo programe al Senhe Adrian Dupin, secretari, « 177, rue du
Paîais-Gallien, Bordeaux », amb un timbre per la responsa.

prb\a

en

Nôstres
lo

compliments à nôstres grands amies
profesor comté Bégouën, nomat comandor de la Légion

d'Onor

;

lo

profesor Jozèp-Sebastian Pons, nomat cabalhèr de la Lé¬
gion d'Onor.
Lo majorai Jozèp Loubet, que portaba la Cigalade Durensa
dempèi 1921, es mort à Paris lo 26 de janvièr dins sos 77 ans.
Abia publicat en 1902 un polit libre de poèmes, Li Roso que
saunon... A la guèrra de 1914, fazia parestre La Ga\eto loubetenco.

Que santa Estèla aculhigue dins son paradis aquel afogat
Comtesa, animator del Felibrige dins la Capitala,
modèle perfèt de franca e generoza amistat.
devôt de la

Cri-Cri.

Imp. d'Editions Occitanes

-

Castelnaudary.

Le Gérant:

j. salvat.

�MAGAZIN DE BLANC
PÈIRE ESQUIROL
23-33, carrièra del Reloge

LA MELHORA

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QUALITAT,

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Cada Qôta de ŒiatfiqmLa.
eé

tajada de A&amp;lelh

J

/la ÇBLatiquetcL
de /liiìiùá
JOAN BABOU

eA

La

kiatnqueta delà LlpeiA.
daté c&amp;trLelAeheA.

delà çôZinaiidôtA,

LIMOUX

(Aude) Téléph. 1

�MÉGISSERIE
PEAUX pour Vêtements
&amp; pour Chaussures
-

•*

».

PEAUX de Chamois

Étn,s

Puech=Galibert
MAZAIUET

( Tarn )

BLANCARIA

PÈLS
per

Vesiiis
Causaduras

PÈLS

de Chamos

e

per

�Règles de Phonétique Occitane
i° VOYELLES.
a, seul ou dans le corps
accentué ou non, sonne comme a français ;

constitue

terminaison

d'un mot,
mais s'il

féminine, il

est semi-son¬
nant et se prononce entre a et o, suivant la
région ;
e sonne comme é fermé
français, et è comme è oavert français ; — i équivaut à i français ;
— u égale¬
une

—

mais, après

ment ;

çais
o

;

fermé

comme ou

2° CONSONNES.

suivi de
.ç

une

voyelle, il

a

le

&lt;5 ouvert se prononce comńie

—

u),

—

son ou

o

fran¬

français, et

français.
b,

c,

q.( toujours
français; mais

d, t, g, j, 1, ni, n, p,

r, s, t, z sonnent comme en

devant

e et i est sifflant comme s français; — j sonne
tz, dans certaines régions ; — m se prononce
n à la fin de la" ir'
pers. du pluriel des verbes ;

comme
•comme
—

n

muet, sauf quelques rares,exceptions, à la fin

est

des substantifs ; — r est souvent muet à la fin des
substantifs et des adjectifs, sauf en Provence, "ainsi

•qu'à rinfinitif;
muet à

s est toujours dur et sifflant; — t e&amp;t
participes présents et de la plupart
ment; — v sonne comme b, sauf en Pro¬
—

la fin des

des mots

en

vence.

3° GROUPES.

—r

ch, lh, nh se prononcent: tch, ill, gn.

tiBisiBiiiiaiiiiBiaBiiiiiia m-a

Vient de

paraître

bbbbb s es

BBBafliaaiBBiaiasaflBi.

:

OOUDOULI
beau volume de XXXVI

—

188 p.

contenant
une
un

Grand.'in-12 carré,

:

étude historique et littéraire sur Godolin ;
choix de poèmes et proses de Godolin :

•adresses, fantaisies, l'amour, la table, la patrie, Dieu,
pièces accompagnées de notes explicatives,
un lexique de mots rares et difficiles.
Volume

préparé par M. l'abbé Salvat.
rue des Arts, Toulouse
C.C.P. Toulouse 117.240 (prix, port compris 350 fr.)
Chez Privât, éditeur, 14,

�Pour
à

l'École,

apprendre la langue d'Oc
demander

1. les textes
tions

des

différentes

sec¬

du

Colège d'Occitania, au
Secrétariat, 19, rue de la Fonderie,
Toulouse.
2. la

Gramatica

occitana

de

l'abbé Salvat à la Librairie Privât,

14,

Rue des Arts, Toulouse,

Toulouse 117.240.

c/c.

�</text>
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              <text>Lo Gai Saber (&lt;a href="http://occitanica.eu/omeka/items/show/13154"&gt;Acc&amp;egrave;s &amp;agrave; l'ensemble des num&amp;eacute;ros de la revue&lt;/a&gt;)</text>
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              <text>&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;em&gt;Lo Gai Saber&lt;/em&gt; est une revue litt&amp;eacute;raire occitane publi&amp;eacute;e depuis 1919. La rubrique &lt;em&gt;L'&amp;Ograve;rt dels trobaires&lt;/em&gt; est consacr&amp;eacute;e &amp;agrave; la po&amp;eacute;sie, la rubrique &lt;em&gt;Bolegadisa occitana&lt;/em&gt; donne des informations sur l'actualit&amp;eacute; de l'action occitane. La revue fait aussi &amp;eacute;cho des publications du domaine occitan et des r&amp;eacute;sultats du concours annuel de po&amp;eacute;sie occitane de l'Acad&amp;eacute;mie des Jeux floraux.&amp;nbsp;&lt;/div&gt;</text>
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              <text>&lt;div style="text-align: justify;"&gt;Lo&amp;nbsp;&lt;em&gt;Gai Saber&lt;/em&gt;&amp;nbsp;es una revista liter&amp;agrave;ria occitana publicada dempu&amp;egrave;i 1919. La rubrica&amp;nbsp;&lt;em&gt;L'&amp;Ograve;rt dels trobaires&lt;/em&gt;&amp;nbsp;es consacrada a la poesia, la rubrica&amp;nbsp;&lt;em&gt;Bolegadisa occitana&lt;/em&gt;&amp;nbsp;balha d'informacions sus l'actualitat de l'accion occitana. La revista se fa tanben lo resson de las publicacions del domeni occitan e dels resultats del concors annadi&amp;egrave;r de poesia occitana de l'Acad&amp;egrave;mia dels J&amp;ograve;cs florals.&lt;/div&gt;</text>
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