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                  <text>33» annada

Janvièr-Febrièr 1952

Lo

N* 243

Gai
Saber

Revista de l'ESCOLA OCCITANA

Dis Aup i Plrenèu

F. Mistral.

TOLOSA
1-4,

Carrière

ciels

Arts," 1-4

Lo

numéro :

80 1rs.

�SABER

LO OAI

Revista de VES COLA OCCITANA
Red.
31, rue
Adm.

PRIVAT,

;

:

abbé SALVAT

de la Fonderie
14, rue

—

Toulouse

des Arts

—

Toulouse

c/c. POST. TOULOUSE 117.24°
..

,

( Prança : un an
( Bstrange : un an
.

Abonaments : I
—

„

Abonament d'ajnda :

243 (

ENSENHADOR del

ïeao LESAFFRE :

CALELBON

La

300 tr.

300 fr.

,

1.000 1rs.

—

laavièr-Febrièr 1932 )

vue

Le point

de l'adversaire (fin).

Langue d'Oc à l'Ecole. Documents
1.

-

2.

-

3.

-

Als

:

.

.

Autour de la loi Deixonne.

de
La DIRECTION:

.

.

.

Enseignement du 1er degré.
Enseignement du 2me degré.
Instructions rectorales.

Aliscamps.

ïosèp DENGERIBA :

Torna-te-n.

I. CIHVNAC :

Un manteneire

de la lenga mairala:

Paul Dumas

(I).

Le GRAMMAIRIEN :

Questions de graphie : S ou Z.

ïosèp SALVAT :

Revistas

CRI-CRI

Bolegadissa Occitana :

:

e

Jornals.

La Santa-Estèla.
Lo

Colège d'Occitania.

-www

numéro du OAI SABER, la pagination a été
Supplément portant le rapport sur le Concours de
langue d'Oc à l'Académie des Jeux Floraux,
Que nos Escolans veuillent bien la rectifier.

AVIS.

—

Dans le dernier

mal faite pour

le

�janvièr-FEBriér 1952.

ío Qal Saber, n° 243.

AUTOUR

Le

DE

LA

LOI

DEIXONNE

point de vue

de l'adversaire&lt;a&gt;
IV.

L'enseignement des dialectes est dangereux
à différents titres.

a) Certains estiment que, non seulement cet en¬
seignement ne peut aider efficacement celui du fran¬
çais, mais encore il ne peut que lui être nuisible.
Pour le Conseil supérieur de l'Education Natio¬
nale (1), la preuve en serait dans le fait que le fran¬
çais parlé dans les régions dialectales « garde un
caractère de pureté assez remarquable, car il n'est
pas déformé par la référence au dialecte au sein
même de l'école.

»

Beaucoup d'enfants ont du mal à s'assimiler les
règles élémentaires de la grammaire française ;
« enseigner
conjointement un autre système de rap¬
ports entre les sons et les lettres et d'autres règles
grammaticales, divergentes ou contradictoires, c'est
jeter la confusion dans de jeunes cerveaux et risquer
de tout brouiller » (Dauzat, 4), c'est « troubler pour
longtemps l'esprit de ces jeunes êtres » (G. Duf
mel, 8).
(a) cf. Lo Gai Saber n° 242 (nov.-dec. 1951).

�JEAN LESAFFRE

4O6

d'après Rémy Roure (14), qu'en
l'école, les enfants ne sauront ni le fran¬
çais ni le dialecte ; il leur restera « un jargon anarchique et incompréhensible de région à région. »
Le résultat sera,

sortant de

b) Une fois introduit à l'école l'enseignement du
basque, du breton, de la langue d'oc, quel patois
va-t-on voir demain réclamer droit de cité pour lui
aussi ? s'est inquiété M. Lamousse (2). Pour M. Pujol (3), si l'on voulait être logique, il faudrait ensei¬
gner bientôt divers jargons et aussi cet argot dont
M. Edouard Herriot (16) s'est demandé pourquoi on
l'exilerait, lui qui a une si grande part dans l'œuvre
de Villon

...

continuent nos objecteurs, où ira-ton,
quelle atteinte au prestige de la langue fran¬
çaise ! aux yeux notamment des populations d'outre¬
mer auprès de qui « nous sonnons le ralliement au¬
tour du français » et qui, logiquement toujours,
seront fondées à réclamer pour la poussière de leurs
dialectes autochtones ce que l'on accorde aux dialec¬
tes de la métropole (Pujol, 3).
Mais alors,

et

c) C'est

non

seulement la langue, mais la

française (M. Mario Roques,
qui vont se trouver atteintes.

pensée

selon M. Alazard, 13)

Georges Duhamel s'est par¬
C'est parce que la langue
française, a-t-il écrit notamment (it), est de bonne
heure enseignée exclusivement à l'école primaire
que notre pays n'a cessé jusqu'ici de produire des
élites nombreuses, des philosophes, de bons écri¬
vains, des savants à l'esprit clair, des juristes, des
administrateurs
Que penseront les étrangers qui,
en si grand nombre, font apprendre à leurs enfants
cette langue française qui est la clef d'une civilisa¬
tion incomparable ? Allons-nous laisser aux étran¬
gers l'honneur de connaître et d'aimer la France ? »
Précédemment, le chroniqueur du Figaro avait.
Sur cet argument M.
ticulièrement étendu. «

...

�LE POINT DE

affirmé
ouvrait

avec

VUE DE

véhémence

que

L'ADVERSAIRE

407

si l'école communale

porte aux dialectes et aux patois (« car
on commence à parler des patois » ! ), ce serait l'es¬
prit même de la nation qui se trouverait en cause,
sa

le génie même du pays qui serait menacé de décré¬
pitude et d'anéantissement (7).

d) Le français étant un facteur de l'unité de la
France, l'enseignement des dialectes, en l'attei¬
gnant, attente en même temps à cette unité, nous
explique-t-on. La résolution prise à l'unanimité par
l'Académie Française dans sa séance du 4

mai

1950

(10) traduit bien cette façon de voir lorsqu'elle ex¬
prime le vœu « qu'un tel enseignement ne soit pas
donné à l'école primaire et que l'unité intellectuelle
et

nationale de la France soit ainsi

sauvegardée.

»

Au Conseil de là République, MiVL. Lamousse (2),
Southon (2), Pujol (3) ont dit également leurs crain¬
tes de voir l'unité française compromise. «Je con¬
sidère que la langue doit être une et indivisible

langue c'est précisément le principe de
l'indivisibilité», s'est écrié le dernier
nommé, reprenant ainsi à son compte un refrain qui
n'a certes pas l'attrait de la nouveauté !

parce que la
l'unité et de

Faut-il citer Henry Bénazet (15) assimilant toute
en faveur des dialectes à l'école à « un acte
suicidaire » ? ou Rémy Roure (14) parlant de « dis¬
sociation linguistique, prélude à d'autres
disso¬
ciations» ? ou encore M. Edouard Herriot termi¬
mesure

nant

sur ces

mots

son

hommage à Vaugelas (16) :

La Révolution française combattit l'usage des dia¬
lectes comme une forme de fédéralisme et.défendit
l'unité de la langue comme le symbole de l'âme

«

française

Notre hommage nous
devoir envers l'unité de la langue,
formes de l'unité de la patrie » ?
...

rappelle notre
qui est une des

Quant à M. Georges Duhamel : « Si l'école primaire
l'enseignement des dialectes et des patois,

admet

�JEAN LESÀFFRE

4o8

nous

peut-être, nous aussi, quelque
comparable à la douloureuse aventure ir¬

connaîtrons

de
landaise
chose

(7) ... Allons-nous réchauffer l'esprit sé¬
paratiste ? (8) ... » (Nous y voilà ! ! )
Et M. Albert Dauzat (g) de proclamer sa recon¬
naissance envers ces notables, nobles, bourgeois,
commerçants, qui « par un mouvement irrésistible,
depuis plusieurs siècles, sont venus spontanément
au français », poussés par une aspiration impérieuse

réjouir que les jeunes
en plus nombreuses,
d'unité, s'astreignent
à parler français à leurs enfants en bas âge pour
qu'ils soient mieux à même de recevoir les leçons de
à l'unité

française, et de se

paysannes bretonnes de plus
sentant confusément ce besoin

l'école.

e) La porte étant ouverte aux parlers locaux,
pourquoi, déclare M. Herriot(iô), au nom du prin¬
cipe posé, n'introduirait-on pas l'allemand dans
les écoles alsaciennes ? Avant lui, M. Lamousse (2)
avait, devant ses collègues du Conseil de la
blique, cité ces mots du recteur Hubert, de
bourg : « Ce qu'on nous demandera, ce sera

Répu¬
Stras¬

l'intro¬

certificat d'é¬
question

duction de l'allemand aux épreuves du
tudes. » Ainsi se trouvera posée la grave
du

bilinguisme en Alsace sur

laquelle de fâcheux

réfléchir.
f) Par souci de ne rien omettre et aussi pour rom¬
pre un instant ce que cet exposé peut avoir de trop
sérieux, nous citerons, pour mémoire, M. Duhamel
(8), à qui M. Rémy Roure(i4) a d'ailleurs fait par¬
précédents donnent à

complaisance : « Si nous accep¬
régime de culture, les résultats ne

tiellement écho avec
tons ce nouveau

rire l'Acadé¬
des lois

feront pas attendre, a affirmé saris
micien. On va nous proposer bientôt l'affichage

se

sept langues différentes.
discussion de ces lois, dans

en

en

les

On va nous proposer la

les Parlements, tantôt
provençal, tantôt en alsacien. Verrons-nous dans
trains français des avis publiés en flamand ou

�LE

en

POINT

basque

...

dons-nous à

Si
ce

DE VUE DE

L'ADVERSAIRE

nous entrons dans cette voie, atten¬
qu'on nous propose, d'ici quelque

temps, la création d'une monnaie bretonne ou, par
exemple, d'une monnaie alsacienne, indépendante
de la monnaie nationale et supposant un change par¬
ticulier. A ce moment-là, peut-être, un groupe par¬
lementaire viendra-t-il réclamer l'abandon du sys¬
tème métrique pour les pays du Sud-Ouest, ou de
l'Est, ou du Nord. A ce moment-là, notre patrie sera
toute préparée à recevoir le coup de grâce. ^

g) Ce qui d'ailleurs, disent nos adversaires, prouve
bien

la

nocivité

des

mesures

tendant à

accorder

dialectes à l'école primaire, c'est
qu'elles soient toujours préconisées par ceux qui
cherchent tous les moyens de battre en brèche les

une

place

aux

intérêts de la France.
Pour M. Georges Duhamel (8),
la loi Deixonne aurait été lancée,

l'idée première de
pendant l'occupa¬

tion, par les Allemands et leurs valets. Pour M.
Rémy Roure (14), il y a une fâcheuse parenté entre
les dispositions de ce texte législatif et les revendi¬
cations des autonomistes alsaciens de 1928, appuyées

Nationales, constitué
M. Henry
et dialectes

par le Comitédes Minorités
à peu près à la même époque. Pour
Bénazet (15), les professeurs de langues
locaux auront

au

moins

comme

auditeurs les reje¬

Pour eux
les actuels partisans de l'enseignement dialectal
sont en somme de deux sortes : des hommes qui mè¬
nent contre la langue française une sourdeet sournoise
attaque pour obéir aux ordres de Moscou, et puis des
naïfs fourvoyés à leurs côtés.
Et si l'on fait remarquer à nos contradicteurs que
cet enseignement a des défenseurs de toutes opi¬
nions politiques tels que, au Parlement, MM. Dei¬
tons

des autonomistes avoués ou honteux.

tous,

xonne

(S.F.I.O.), Yvon Delbos (Radical-Socialiste),

Biatar'ana et Charles Morel (Centre Républicain
d'action rurale et sociale), Frédéric Cayrou et Jézé-

�JEAN LESAFFRE

4 IO

quel (R.G.R.), Pinvidic, (Action démocratique et
républicaine), Abel-Durand (Républicain indépen¬
dant), Jaouen (M.R.P.), que le projet de loi sur l'en¬
seignement du breton déposé en juillet 1947 était
signé dé MM. Vourc'h (Républicain-indépendant),
Henry (S.F.I.O.), Le Coent (Communiste) et Trémintin (M.R.P.), on nous répond, avec M. Lamousse
(2) : « J'avoue que nous n'avons pas été satisfaits
par ce fraternel mélange et que nous avons vu là,
pour reprendre une expression de notre vieux maître
Alain, ce qu'il appelait " l'église du diable ", et qui
est toujours pour nous " l'église du diable
»

Tels sont, classés

aussi méthodiquement que nous
le faire, les arguments qui ont été invoqués
les opposants à la loi Deixonne à l'occasion des

avons

par

pu

débats institués autour de celle-ci. Nous nous sommes

attaché à

reproduire le plus souvent les propres ter¬
adversaires ; notre exposé a revêtu de
ce fait l'aspect sec et schématique d'un procès-ver¬
bal. Il importe peu, notre intention ayant été seule¬
ment de dresser un répertoire de ces arguments qui,
à la vérité, ne sont pas tous nouveaux, et de garder
trace dans' cette revue de ce qui a été dit ou écrit
contre une cause qu'elle défend depuis longtemps
déjà (bien antérieurement à l'occupation allemande,
mes

de

nos

M. Duhamel ! ).

Quelques mots encore avant d'en terminer : ce
pour signaler que, généralement, décidés à con¬
clure à l'impérieuse nécessité de n'accorder à l'en¬
seignement- dialectal aucune place dans les écoles
primaires, sous quelque forme que ce soit, ces adver¬
saires, prenant un air patelin et bon enfant, protes¬
tent de leur sympathie pour les parlers de France et.
sera

�LE

POINT DE

VUE DE

L'ADVERSAIRE

41 I

de leur vif désir de les voir se maintenir.

Inconsé¬
? hypocrisie ? plaisanterie ? Eh ! je n'en sais
'rien, moi. Ecoutez-les plutôt.
Voici M. Lamousse (2) qui, après avoir déclaré
que les instituteurs n'ont pas attendu 1950 pour se
référer au dialecte local, ajoute : « De même, il n'est
point de fêtes scolaires où ne figurent les chants de
folklore, les danses régionales, les saynètes en lan¬
gue locale. Là encore les augures ont été devancés.
Ils peuvent faire confiance aux maîtres : ceux-ci n'a¬
bandonnent rien, ne sacrifient rien de ce qui fait
l'originalité et l'âme de leur région. »
quence

Et M.. Southon (2) : « Nous souhaitons que les
sociétés populaires et les sociétés savantes s'intéres¬
sent de plus en plus au folklore et aux dialectes ...
La France républicaine est une et indivisible, certes;
mais nous n'avons jamais rêvé de je ne sais quelle
unité totalitaire qui écraserait toutes les traditions
locales et qui abolirait toutes les différentes maniè¬
res de penser et de sentir. »

République, M. Héline,
se faisant l'interprète
de ses collègues de la Commission de l'Education Na¬
tionale, a assuré que les langues locales « ont toute
Toujours au Conseil de la

sénateur des

Deux-Sèvres

(2),

admiration pour ce qu'elles
représentent de civilisation et de valeur morale ...
Ce que nous voulons, c'est le " statu quo " et la pos¬
sibilité comme aujourd'hui de maintenir ces langues
où elles sont pratiquées, d'en utiliser la valeur et
l'intérêt ...» Et on ne comprend plus lorsqu'il ajoute:
leur estime et toute leur

«Mais nous ne voulons pas officialiser l'enseignement
de ces langues, car ce serait ouvrir la porte à des
abus et à des excès ...» (Décidément, il en aura été

parlé de cette fameuse porte de l'école au cours de
ces débats ! )
« Loin de nous, s'est écrié à son tour M. Pujol (3),
la pensée de vouloir, en quoi que ce soit, dégrader,
même mettre à une place secondaire nos dialectes

�412

JEAN LESAFFRE

locaux (...) Languedocien moi-même (...), trouvant
dans ma mémoire le souvenir de Goudouli (...), le
souvenir de Perbosc et de Jasmin ... » Mais ... (voir

plus haut).
Rémy Roure (14) reconnaît que nos dialectes ré¬
gionaux sont une richesse ; et à tous les arguments
qu'il peut faire valoir contre leur enseignement, il
ajoute celui-ci, qui n'est pas dépourvu d'astuce :
« Mais c'est une
richesse dont la valeur exige des
recherches et des études fort délicates. »
Arrêtons-nous et refermons provisoirement le dos¬
sier. Les lecteurs du Gai Saber voudront bien con¬
venir qu'il nous a fallu beaucoup de patience pour
demeurer impassible jusqu'au bout et ne pas, plus
d'une fois, enfreindre la consigne que nous nous
étions imposée de présenter le seul point de vue de
l'adversaire sans livrer au passage notre sentiment.
Nous nous réservons de l'exprimer ici-même pro¬
chainement.

JEAN LESAFFRE.

(1) L'Education Nationale (5-1-50) : Session des 5 et 6 décem¬
du Conseil Supérieur de l'Education Nationale.
(2) Journal Officiel. Débats parlementaires. Conseil de làRépublique, n° 22 C.R. (8-3-50) : compte-rendu de la 2me séance

bre 1949

du 7-3-50-

(3) J-O., n° 29 C.R. (24-3-50):

compte-rendu de la séance du

23-3-50-

(4) Albert Dauzat — «Le français et le dialecte à l'école&gt; (Le
15-3-50).
(5) Dauzat. — « Le dialecte à l'école : autour d'un projet de
de loi» (Le Monde, 29-3-50).
Monde,

�LE

(6) X.
cole

»

—

POINT DE

«

VUE DE

L'ADVERSAIRE

Pour ou contre l'enseignement du

(Le Monde, 22-4-50).

413.

dialecte à l'é¬

(7) Georges Duhamel •— &lt; Un attentat contre l'unité fran¬
çaise » (Le Figaro, 29-4-50).
(8) Duhamel — «La Tour de Babel » (Le Figaro, 5-5-50).
(9) Dauzat — « Pour conclure un débat : il n'y a pas de lan¬
gues

minoritaires

en

France» (Le Monde, 17-5-50).

(10) L'Education Nationale (18-5-50) : «L'Académie et l'ensei¬
gnement des dialectes ».
(11) Duhamel — «Bilan d'une controverse» (Le Figaro, 195-5°)(12) René Alazard — «Les dialectes à l'école ? enquête t&gt;(Le
Populaire, 30-5-50).
(13)
—
—
(1-6-50).
(14) Rémy Roure —• « L'unité linguistique» (Nice-Matin, 66-50).
(15) Henry Bénazet — «Pas de dialectes dans nos écoles pri¬
maires !» (L'Aurore, 14-6-50).
(16) Edouard Herriot— Discours aux fêtes du tricentenaire
de Vaugelas, à Pèrouges (Le Monde, 11-7-50).
(17) Dauzat —: « Ce qu'on peut faire pour les dialectes » (Le
Monde, 4-10-50).
(18) Dauzat — « Un dernier mot sur les dialectes : la langue
locale dans l'enseignement secondaire et supérieur» (Le Monde,
18-10-50).
Voir, en outre : Duhamel — «Pour les contradicteurs de
bonne foi » (Le Figaro, 12-5-50) et « La loi des ténèbres» (id.,
9-2-511. — Divers articles dans la revue le français moderne
(dir. scient. A. Dauzat) (avril, juillet, octobre 50).^- H. Bénazet
«Le dialecte dans les familles? oui. A l'école primaire? non»
(L'Aurore, 23-11-5,1).
—

—

�La

Langue d'Oc à

l'École

DOCUMENTS

I.

a)

—

—

ENSEIGNEMENT

DU

1"

Circulaire ministérielle du

L'article 3

de la loi

«•

51-46 du

11

DEGRÉ

23 nov. 1951 :

janvier 1951 prévoit que-

qui en fera la demande pourra être autorisé
chaque semaine, une heure d'activités dirigées à
Venseignement des notions élémentaires de lecture, d'écriture
du parler local et à Vétude des morceaux choisis de la littéra¬
ture correspondante ».
&lt;tout instituteur

à consacrer,

Vous pouve\ donc autoriser les instituteurs et institutrices
qui vous en feront la demande à consacrer une heure par se¬
maine, prélevée sur les activités dirigées, d l'enseignement de
notions élémentaires de lecture et d'écriture du parler local et
à Vétude de morceaux choisis de la littérature de ce parler
local. Les activités dirigées sont réglementées et ne pourront

être

supprimées ; l'autorisation ne pourra intervenir que pour
comptant au moins deux heures hebdomadaires d'ac¬
tivités dirigées (en principe, élèves de plus de 11 ans) et lors¬
qu'un tiers au moins des élèves de la classe intéressée seront
volontaires pour suivre cet enseignement. La loi prévoit en ef¬
fet que cet enseignement est facultatif pour les élèves. Il ap¬
partient aux parents de déclarer que leurs enfants sont volon¬
taires pour l'enseignement de la langue locale.
Les activités des élèves non volontaires devront pouvoir êtreconvenablement dirigées pendant l'heure consacrée à leurs
les classes

camarades.

Dans les écoles importantes, l'enseignement
locale sera facilité par le groupement d'élèves
classes.

L'article 4

de la langue
de plusieurs

de la même loi prévoit que les maîtres seront au¬
choisir, sur une liste dressée par le Recteur, les ou¬
vrages qui, placés dans les bibliothèques scolaires, permet¬
tront de faire connaître aux élèves les richesses culturelles et
le folklore de leur région.
Il vous appartient donc de dresser la liste des ouvrages pré¬
vus ; il est évident que des
ouvrages placés dans les bibliothè¬
ques scolaires doivent répondre aux conditions habituelles et
torisés à

�LA

LANGUE

D'OC

A

L'ÉCOLE

415

avoir une valeur éducative ou littéraire certaine. Vous aure\
donc intérêt à constituer une commission de spécialistes que

chargerez de faire toutes propositions utiles. La liste
sera portée à la connaissance des instituteurs et insti¬

vous

établie

tutrices dans les conditions

habituelles.

prévoit que des instructions péda¬
gogiques seront adressées aux recteurs en vue d'autoriser les
maîtres à recourir aux parlers locaux dans les écoles pri¬
maires et maternelles chaque fois qu'ils pourront en tirer un
profit pour leur enseignement, notamment pour l'étude de la
langue française.
Les instructions prévues vous parviendront prochainement,
mais d'ores et déjà l'interdiction absolue de l'utilisation éven¬
tuelle du dialecte par exemple pour faire comprendre facile¬
ment les termes abstraits du français, est levée.
L'article

2

de la même loi

Si l'application des instructions ci-dessus
des difficultés quelconques, vous voudre\ bien

b)

—

devait présenter
m'en référer.

Circulaire ministérielle du 23 nov. 1951 aux

Recteurs des

Académies

d'Aix, Bordeaux,

Mont¬

pellier et Toulouse.
...

«

Ecoles

Depuis 1948, était donnée aux élèves de 4m° année des
Normales de Quimper qui■ en font la demande, et

depuis 1949 aux élèves des Ecoles Normales de St.-Brieuc et
Vannes, l'autorisation de consacrer le travail personnel qui
leur est demandé en formation professionnelle, à l'étude du
parler local. Ces élèves peuvent recevoir deux heures par se¬
maine d'un enseignement facultatif de la langue locale. Le
professeur chargé de cet enseignement, qui appartient obli¬
gatoirement à l'enseignement public, est rétribué sur des cré¬
dits départementaux mis à cet effet à la disposition des Ecoles
Normales.

peuvent être étendues aux Ecoles Normales de
ne s'agit que d'élèves volontaires apparte¬
demandant à suivre les cours facultatifs
de langue locale (2 heures par semaine) donnés par un pro¬
fesseur qualifié, appartenant à l'enseignement public, rétri¬
bué par le département. Les élèves intéressés pourront, s'ils le
désirent, consacrer leur travail personnel de formation pro¬
fessionnelle à la langue, au folklore, à la littérature et aux
arts populaires locaux. Rien ne s'oppose à ce que les élèvesmaîtres et élèves-maîtresses d'écoles ayant leur siège dans une
même localité, soient réunis pour les deux heures d'enseignement
de la langue locale qui éventuellement pourraient être données.
Ces

mesures

Académie. Ll
nant à la 4m* année

votre

�4i

documents

6

où le département intéressé n'aurait pas mis de
disposition des Ecoles Normales pour cet objet, la
dépense pourrait être prise en charge par l Etat. — Vous vou¬
drez bien me faire connaître pour le [5 janvier vos propositions
pour chacune des Ecoles Normales de votre Académie, où des
élèves-maîtres ou élèves-maîtresses seraient volontaires pour des
cours facultatifs du parler
local ».
Dans le

cas

crédit à la

II.

—

ENSEIGNEMENT DU

DEUXIÈME DEGRÉ

Circulaire ministérielle du 22

janvier

1952

épreuves facultatives de breton, de basque, de catalan
langue occitane du baccalauréat de Venseignement secon¬
daire pourront être subies, pour les sessions de iqp2, dans les
Les

et de

Universités

ci-après

breton

:

Paris, Rennes.

:

basque : Bordeaux, Paris.

Montpellier, Paris, Toulouse.
langue occitane : Aix-Marseille, Bordeaux,
lier, Paris, Toulouse.
catalan :

III.

—

Montpel¬

INSTRUCTIONS RECTORALES

rectorales, concernant l'enseigne¬
facultatif de la langue occitane, ont été don¬
nées dans les Académies d'Aix, de Montpellier et
Des instructions

ment

de Toulouse.

LaRampelada du Collège d'Occitanie (n* 94, nov.1951-febr. 1952) donne

l'essentiel de ces instructions.
La Direction.

�L'Ort dels Trobaires

ALS

Als
e

AL1SCAMPS

Aliscamps lo vent plorava,

s'ausissià tristes mormols

dins la

que

r an dur a

dels

pibols
lo solelh colcant daurava.

E sentissiam

un

dos malcòr

quand, destacadas de las brancas,
las fuèlhas, coma gremas d'òr
lisàvan sus las pèiras blancas.

Lo vent

gingolava pas plus ...
Prèp de la gleisa entreduberta,
subran, limpet dins l'entrelus
...

l'Ombra de Nèrta.
CALELHON

parlar del Roèrgue,
%K;-Sjfer

�TORNA=TE=N

A-N-UNA

Torna-te-n al

DROLLA...

païs planhèr :

lo

confort e la plasença,
çò que fa dois a l'existença ;
s'i vei de tôt à plen panhèr,
e res non s'i tròva falsièr ;
'
mêmes quand s'i vei fred e plèja,
pareis qu' aqut digus s'anèja.
Fais non s'i porta, ni garbièr.
I auràs pas d'òbra malaisida ;
i

a

i menaràs la bona

del

vida

primièr jorn dusc' al darrièr.
pais planhèr.

Torna-te-n al

Torna-te-n lènh de nòstre ròc

venir bristolada ;
poiriàs èstre descarada
per lo solelh d'aqueste lòc
que plan sovent sembla de fòc.
Auràs la pèl coma farina,
plan pelhotada, mistolina.
Lo solièr cassard l'esplòc.
per non pas
que

genta domaisèla,
devendrà la pastorèla
quand daissarà bròcas e bròc !
O china

que

Torna-te-n lènh de nòstre ròc.

�l'ort

dels

trobaires

Torna-te-n lènh del tiu païs,
de tôt sò

tiu, de nòstra serra,
prats, d'aquela terra

de nostres

que los aujòls an arrosai
de lor susor, qu'an semenat,

d'ont

an

tirât tota lor vida.

O

paura terra benesida
que n'as ges plus gaire d'amies,
qu'es mespresada, renegada,
cada jorn mai abandonada !
E cadun quita lo siu nis
E fa morir lo siu païs...
...

josèp DENGERMA.
parlar de l'Arièja.

419

�UN

MANTENEIRE DE LA LENGA MAI RALA

Paul DUMAS
I.

—

Sa vocation poétique

VERS
fin de dans
l'Empire,
vogue du
félibrige
avait
faitlaéclore
Midi
notrela
«fum»
de rimail¬
un

improvisés poètes, et de prosateurs plus ou
moins pittoresques dont la Muse, trop souvent, con¬
fondait le burlesque ou même la grossièreté avec
la bonhomie joviale et le naturel. Faisons la part de
quelques heureuses exceptions, par exemple Achille
leurs

Mir.
Celui-ci

est

également à signaler pour la

pureté

de sa langue. La plupart, sinon la totalité, des «
toisants » parlent un idiome bâtard, mâtiné de

pa¬

ter¬

français que leur masque occitan ne réussit pas
C'est que leur vocabulaire personnel
est pauvre, rarement émancipé des banalités quoti¬
diennes : ils n'ont pas frayé dans l'intimité de ces
milieux, de plus en plus rares, où le franciman
était à peine plus familier que le chinois, et où la
langue maternelle suffisait à tout exprimer. Il est

mes

à naturaliser.

vrai que ces gens-là ne se piquaient guère de litté¬
rature ! Il faudra attendre les Fourès, les Perbosc,
les Estieu, pour avoir le goût et l'exigence de
citan du cru.

l'oc¬

fut de leur esprit ; ou
plutôt il fit tous ses efforts pour en être, mais il y
avait encore trop à faire ...
C'était un fils du Minervois, né à Pépieux le i"
décembre 1856. Sa grand-mère, qui vivait dans
l'ancien château, se plaisait à l'intéresser aux ves¬
tiges du passé : chapitaux,. écussons ; et à lui conter
les vieilles histoires et légendes, coutumes et tradi¬
tions du village. Et cela, dans ce savoureux patois
dont elle paraît avoir possédé et goûté tous les sePaul Dumas, avant eux,

�PAUL

DUMAS

421

L'enfant garda de cette influence une em¬
preinte d'autant plus profonde qu'elle s'exerçait sur
un
esprit très ouvert, et primesautier.
Sainte Estelle se chargea du reste. Mis en pension
à Carcassonne, il devait se laisser vite caresser par
le souffle provençal qui portait alors la jeune gloire
de Mistral et de ses cigales jusqu'aux échos de la

•crets.

Cité.

Obligé par sa mauvaise santé de regagner son
village, il y rapporta deux tendances auxquelles il
demeura toujours fidèle : le culte de la poésie et
celui du langage authentiquement occitan.
Poète, il a somme toute peu écrit, mais dans à peu
près tous les genres : éloge lyrique (Narbona),
chant guerrier (Bardit das Aujóls), idylle (Nadal,
A-n-Ela), chanson bachique (Lo Vin dal Menerbés), élégies (Negres pensamens). Mais il réussit
surtout le trait pittoresque, soit narratif (Los Cui¬
rassiers de Reichshoffen), soit surtout truculent
(L'A se dal Pangossièr). Il a écrit en prose un conte
romanesque : Las fiançadas das Crosats de Menerba.
Malheureusement son inspiration pâtit souvent de
l'autre tendance, qui absorbe son attention au profit
de l'expression du cru. Il va chercher partout les

vocables, les tournures tombées en désuétude : sur
les lèvres des vieux, dans les grimoires poudreux,
défaut dans les écrits de l'époque.
avait déniché quelqu'un, bien racé,

et à
en

il

le

éprouvait
mettre en

Et quand il
bien coloré,
plaisir manifeste à le produire et à

un
valeur.

Ce qui ne l'a pas empêché de « franciser » quel¬
quefois, lui aussi ; mais, on l'a dit, il était trop en
avance ; et il avoue sa répugnance à rejeter un mot
d'occitanité douteuse et sans équivalent dans l'oc¬
citan. Et puis, quandoque bonus dormitat Homerus.

J. CUNNAC.

(à suivre).

�QUESTIONS
DE GRAPHIE
S
ou

T

Z

questions de graphie préoccupent à juste titre

ES

^

les amoureux de notre chère langue d'Oc. Ils ne
doivent pas ignorer qu'il y a des points délicats,
difficiles à préciser, où les hésitations sont permises,
et même recommandables. Avant tout, il faut éviter
de rendre la lecture trop difficile à force de purisme

étymologique.
Vaut-il mieux écrire, par exemple, s ou | ?
maîtres Estieu et Perbosc se sont posé

Nos

la

question. Dans la revue Mont-Segur (n° 10, 1898),
Estieu écrivait : Tolosa, ressort, Crosada, risenta,
caressa ;
Perbosc écrivait : verturosa, cresian,
camrosas.

Plus tard ils écrivirent autrement, peut-

être influencés par

le romaniste Emil Levy, qui écri¬

roqa, pla^en, pasada, etc.
Mais déjà, au XIV' siècle, les

vait

:

VII Troubadours

Toulouse, dont on méconnaît trop aisément
fort, avaient aussi hésité.
Voici deux extraits des Leys d'Amors.
de

l'ef¬

devetq saber quo soen per uqatge aprop
pauqada en loc de s, coma : patz, precs,
riez, joez, luez e soen cant s deu caqer entre doas
vocals per mays certamen legir kom pauqa :
coma cauza, roza, peza, guiza, uza.
De

c o

t

z

es

Leys d'Amors, Ed.

Anglade, II, 43.

pauqada entre doas vocals, regularz, coma causa, rosa. E quar kom
soen se pecca al legir, es miels que en aquel cas
kom meta z en loc de s. E cant en aquel loc sona
aspramen, deu esser doblada coma : plassa, fressà,
rossa ;
e dirent regularmen per alcunas diccios
en
lasquals no se sec, coma proseguir, desus,
lasus, desay, desobre.
Cant

men

s es

sona coma

Ibidem, II, 45.

aïeux, comme chez nos maîtres,
prudence doivent aller de pair.

Comme chez
science et

nos

LE GRAMMAIRIEN.

�REVISTAS E JORNALS

Lou Felibrige «parèis quatre cop l'an ». A pas la présenta¬
tion d'una grôssa revista, mas tôt i es de çô que se l'a dins
rOccitania, e, «tant pichot que siegue, baio pamens uno idèio

dóu mouvamen
renèu ».

grandaras qu'es lou Felibrige dis Aup i Pi-

Que nôstres escolans, se son inscrits al Felibrige, mànden
escotison (100 frs. per an) al clavaire Giordan, 10, car-

son

rièra
cara

Ségurane, Niça, c/c. Marselha470.88,e, s'i son pas eninscrits, que me ne fàguen personalament la demanda.

Es bon de

sentir los filhs d'una famillia.

se

Fe, lo jornal

populari mesadièr d'Ais-de-Provença. S'i parla

de l'actualitat felibrenca. S'i lauza

coma

se

deu los mòrts

:

Jaume

Guiran, Josèp Loubet, e los vius : Pèire Millet. S'i
pôd legirde poèmes de Caries Galtier e de M.-F. Delavouët,
d'estudis de M.-A. Boyer e Caries Rostaing, de prôsas de
Maria Mau'ron, Joan Bessat, Caries Mauron (La main de
Mistral), Léon Teissier, Renat Jouveau.— Bolegadissa e bibliografia pertocant totas las provincias d'Occitania.

polit jornal populari d'Avinbon dont lo prisortiguèt en janvièr 1951. S'i podia legir :
«Leissant â d autri publicacioun l'ounour d'apara la doutrinO'
mistralenco, Lou Gau fara resclanti la lengo nostro dins
tôuti li fougau : soun cant sara poupulari. Li travaiaire,
après uno rudo journado, ié trouvaran soulas e bono
Lou Gau es

mièr

un

numerô

imour. Si crounico, si conte, si

fablo, si

galejado, si cascareleto, si

n'en defrounsiran mai que d'un. » Aquel
programe es estât réalisai, e tant-ben un autre punt : « mai
«unguibus et rostro » Lou Gau défendra tout ço que de pro¬
che o de liuen toucara la Coumtat e la Prouvènço. »
Pôdi pas reprene fulh per fulh los dotze numéros. Me baslarà de dire que Loti Gau se legis coma, à l'estiu, se beu à
la regalada lo bon vin. Quna bêla tièra de sinnaturas, al
costat de Lou Mesadiè ! Jaques Gilles, Doctor Clément, Joan
Bessat, Enric George, Léon Teissier, totis majorais, sens
parlar del Capolièr ; pèi Lois Estève, J.-P. Gras, M»Hoi Avril,
cansoun

Violanda de la Sôrga, e Farfantèla! Lois Bayle, Caries Gal¬
tier nos i dônan de polidas pèças de teatre ; Marcel Mitan,

Auguste Damian, Caries Galtier i publlcan de poesias agradivas, sens comptar los « nouvé » d'Armand Vidal, dins la
mai pura tradicion dels Primadièrs.
La bolegadissa felibrenca es consacrada res qu'à là Provença e a la Vida Comtadina (Avinhon). I a de bibliografia,
de novèlas. la mêmes de «côp de garganloecôp d'arpioun»,
e se compren
: sens acô Lou Gau séria pas Lou Gau. Cada

�JOSÈP SALVAT

424

paja plan causida.
ambe,

numerò pórta, jos lo titol Li Mèstre, una
dels primadièrs e dels grands escribans provençals,

gaireben totjorn, de polits retrats.
Compliments. Que Lou Gau cante !
La Restanco, de Tolon, es plus arribada à Tolosa
lo n- de febrièr 1951, ont trôbi pas res à senhalar.

dempèi

Marsyas m'arriba amb una regularitat merabilhosa. —
(mars 1951) : article de S.-A. Peyre sus Josèp d'Arbaud,
qu'es, segon el, lo novèl Creator de la lenga aprèp Mistral.
Se pôd, mas, quna rason a S.-A. Peyre de dire : « Le renou¬

lui doit la langue de Mistral devrait montrer
quelques-uns qu'ils n'auraient pas besoin d'écrire dans
leur dialeôte particulier pour sauvegarder leur indépendance
d'expression. » Peyre reprodusis aqui, sens cambial'un môt,
çô qu'escrivia déjà en 1942 dins lo famos numerô de Cahiers
du Sud portant lo titol Le Génie d'Oc et l'homme méditerra¬
néen (p. 228). Peyre vôl pas cambiar d'idèa ? Coma voldrà..
Podria al mens cambiar la fôrma de son argumentacion.
vellement que
à

(avril 1951) : Canticoper nosto amo roumano, de Mas-Felipe
Delavouet, poème qu'a, vertadièrament, de buí' e de grandor.
Lo même numerò pôrta un Comunicat de la Jurada del
Prètz Frédéric Mistral 1951 : lo prètz es anat à l'ôbra en-

particuliarament à Quatre Cantico pèr
l'Age d'Or. La jurada dis : « Ce sont bien là des Cantiques
pour l'Age d'Or! Car l'Age d'Or n'est point tout entier der¬
rière nous : il est toujours porté, par les poètes, d'hier au
jour d'hui, d'aujourd'hui à demain. Mistral renouvelait la,
Provence, d'Artaud renouvelait Mistral, Delavouet renou¬
velle d'Arbaud, et se place parmi ceux qui conduisent la
Provence à ses beaux destins. » S'èri estât membre de la
jurada — e ne pôdi pas èstre ja que lo prètz Mistral es réser¬
vât à d'ôbras en grafia mistralenca —, auriai sinnat aquela
tièra de Delavouet, e

declaracion. Lo vèrs

O, l'autre mounto daut
remembra Mistral

e

dòu mai s'aproufoundis

Paul Claudel, lo Claudel de «Tête

d'Or».,

bêlas estrôfas comolas d'un sens prigond :
ansin tout sang nouvèu dins.lou vièi s'espandis

E qunas

e nourris, sus Prouvènço,
toujour i rusco antico uno flour de

Mistral disia

jouvénço.

:

Toujour Mir'eio es en flour dins li mas.
mai, polit poème de S.-A. Peyre, Ourpéu,
remirabla variacion de ritmes ; dins lo de jun-julhet,

Dins lo n° de
am una
un

estudi

d'Eugèni-AViblé, tèxte d'una conferencia

fai'ta à la.

�REVISTAS. E.

JORNALS

Facultat .de Genèva sus Lou Pouèmo don Rose, ogt l'autor
mòstra çò que lo poème pòrta de nòu dins l'òbrá de Mistral:
dins los nos d'agost e d'octòbre, encara de poèmes de S.-A.

Peyre : aquel titolat Filémon e Baucis es fait de bêlas estrôfas regularias en verses de dètz sillabas.
La GVori, dins lo n° de décembre, es un poème bastit en
cap d'ôbra : unis 750 verses de dotze sillabas en terza-rima.
I avia bèl temps qu'aviai pas legit de tant nôbla poezìa. S.A. Peyre i dis l'istôria d'Apollon ambe son filh Faëton, son
rival Marsias, las Musas, Dafnè enfin. Un vam poetic fôrt e

■majestuos i bufa del primièr vèrs al darrièr.
Aici Marsias

:

I avié dins la Frigio un cantaire nouvèu,
lé disien Marsias, la terro éro sa maire,

E

sa

peu a passa li tèms coume un troufèu.

drame, rapide

Aici lo

:

Marsias, escoulan d'Anfioun e d'Ourfiéu,
Sourrisié, fisançous : Apouloun, traite e proumte,
Sourtiguè soun coutèu e l'espeiè tout viéu.

Auguste Fourès que, tôt jovent, escribèt—en verses franun esmovent « Marsyas », auria aimat aquelas es-

-ceses

—

trôfas.
Mentre

resumis

qu'Apollon seguis Dafnèia, en dos vèrses l'autor

sa

vida

:

Mentre que dins lou vent passo la voues
Vesiè dins lou trelus la peu de Marsias.

di Muso,

Acô es de bêla poesia, ambe la grandor de las concep¬
tions, la musica del ritme. e dels môts. Los bèlis tèmes s'alàssan pas

d'èstre eternals.

2, 3 e 4 de 1951. — (gener) : Porguem
lenga, letra de Ramon Chabbert e responsa de Lois
Alibert.
(julhet) : La Descoconada, conte de Caries CamOc, de Tolosa. Nos 1,

nhstra

—

De la vora del Llac Léman, délicat poème
fôrça d'autres poèmes que, de segur,
vàlon pas lo de Gassol.
Aquela revista, qu'antan volia pas entendre parlar de poè¬
mes, ne dona cada côp un pauc mai. Urosament pracô que,
d'aqui entre aqui, ne dona de vièlhs, vôli dire déjà publicats,
pros.

ae

—

(octôbre)

:

Ventura Gassol ;

de J.-S. Pons

e

P.-L. Grenier.

del Peiregôrd.— (janv.-junh 1951)': Las naus
que s'en van, poème de Lois Delluc. — Lo n° de julhet-nov.
conta la XXV» felibrejada del Bornât à Eicideur (Excideuil),
■que foguèt bèlament reussida.
Josèp SALVAT.
Lou Boumat,

�BOLEGADISSA OCCITANA
L,a

Santa-Estèla

Se farà ongan, per Pcntacosta coma totjorn, à Clarmont
d'Eraut, jos l'aflat de l'Escàla Peyròtas dont lo Capiscòl es
n'ostre amie lo majorai Clovis Roques.
Sabèm que s'i prépara lo programe tradicional de las fèstas
de Santa-Estèla, ami una ceremonia al Bòsc dels Felibres
morts per la Patria.

totas indicaClermont-l'Hé¬

Los nòstres escolans se pbdon adressar, per
cions, à «Monsieur le majorai Clovis Roques, à

(Hérault)

raut

■».

Colège

Lo

d'Oooifcariia

annada. Es la
Castèlnòudari
per los majorais Prospèr Estieu e Josèp Salvat. Dempèi, s'es
pas arrestat de travalhar à Vènsenhament de la lenga d'òc.
Ni la mort del primièr ( 1939), ni la deportacion del segond
(1944-45) an Pas arrestat sa marcha : a format de nombroses
Colège d'Occitania dintra dins sa XXVa
de novembre 1927(1) que foguèt fondât à

Lo

19

devenguts mèstres, pòdon asseguprosperitat.
De centenats de jovents seguisson son ensenhament, despartits en très seccions. Los textes de sos devers per 1951-1952 son
emprontats à de nombroses autors, morts 0 vivents : Achile
Mir, Salvat, Bene\et Vidal, Bessou, Estieu, Clovis Roques,
Lo'i\à Paulin, Cayrou, Jansemin, Gouyer, De\eu\e, Peyrot,
Emili Barthe, Mistral, Albarel, Aubanel, Perbosc, Calelhon,
Loubet, Cubaynes, Godolin, Mouly, J.-Sébastian Pons, Fourès,
d'Arbaud, Josèp Roux, Filadèlfa de Yerda, sens parlar del
trobador Bertran de Born.
escolans, dont mantuns, ara
rar sa

Aicl lo programe
la Facultat Libra
I.
1.

2.

3.
4.

5.
6.

7.
8.

de las litsons del

majoral-abat Salvat à

de las Letras de Tolosa.

Bertran de Born seigneur et

troubadour du XIIme siècle.

Le sirventés au Moyen Age.
Etat politique du Sud-Ouest

à la fin du XII"1* siècle.

—

La vie batailleuse de Bertran de Born.
Les chants de guerre du seigneur de Hautefort.
Ses chants de deuil et d'amour.
Langue et poésie.
Tyrtée ou condottiere ?
L'étrange destin d'une gloire littéraire.

(1) cf. Lo Gai Saber, n- 50

(nov.-dec. 1927).

�BOLEGADISSA

II.

—

Jasmin le

427

OCCITANA

perruquier-troubadour (I798-I864).

Le poète-perruquier d'Agen.

g.

Le troubadour de la charité.
Chansons, Odes et Badinages.
VAbuclo de Castel-Culiè, Françouneto.

10.
11.
12.

Maltro VInoucento.
L'inspiration des Papillotas.
15. L'émotion chez Jasmin.
16. Son expression poétique.
17. Sa langue.
13.

14.

18. Son étonnante renommée.
III.

—

Hommage

aux

morts d'hier (1942=1951).

Louisa Paulin (27 mars).
François Dezeuze (3 avril).
Marius Jouveau (24 avril).

19.
20.
21.

Joseph d'Arbaud (1" mai).
Animateurs : Folco de Baroncelli, Jean Charles-Brun,
Joseph Loubet, Bénézet Vidal (8 mai).
Grammairiens : Louis Piat, Césaire Daugé, Edouard
Bourciez, Jean Ladoux (15 mai).
Historiens et critiques : Armand Praviel, Jean Gandilhon Gens d'Armes, Emile Ripert, Jean Amade (29

22.

23.
24.

25.

mai).
escolans desiroses d'aver un resumit de las litsons
Jansemin pàdon demandar las condicions à «Mlle Mar¬
Doumeng, rue Bosquet, Graulhet (Tarn). »

Los
subre

celle

felibrejét à Lavelanet (Arièja) lo 14
julhet. Lo 21 d'octôbre, prenguèt part à las fèstas de SantGaudens e Valentina en onor del Centenari delà naissença del
L'Escolo deras Pirenèos

de

marescal Foch.

UEscole Gaston Febus celebrèt lo 23

de setembre sa fèsta

aiinadièra à Lestèla.
A

Carcassona, la Societat dels Arts e de las

Ciencias avia

literari, dont los lauréats se coronèron
lo 20 de décembre : dins lo poesia francesa, Mla Maria-Antonieta Daguet ; dins la prôsa e la poesia occitanas, nôstre escolan Andriu Pichery e d'autres escribans dont lo nombre e la
valor màrcan un vertadièr reviscôl al païs d'Achile Mir.
organisai

un concors

Lo Buletin de la Societat

Arqueologia

...

del Gers (3e trim.

1951) dona un long e precios compte-rendut del Congrès de la
Federacion de las Societats Sabentas &lt; Pyrénées - Languedoc-

�BOLEGADISSA

428

OCCITANA

Gascogne» (26, 27, 28 de mai 1951) : las
mai que
Gasconha.
van

comunicacions portàl'istôria de

mai sus l'arqueologia, la geografìa e
wv vw

Avèm après ambe
recebut la dinnitat

plaser

que

mantuns escolans nòstres avian
: lo canorige Farenc,

d'oficièr d'Academia

capiscôl de La Campana d'Agot, à Sant-Somplesi, lo professor
Pèire Gineste, de Castras, l'abat Josep Sarrail, de Limos. Nôstres compliments.

Senhalam la mort,

Avinhon, lo 2 de febrièr, de Jaques

en

Roumanille, lo filh de! primadièr, qu'avia tengut tant
la libraria felibrenca de la carrièra Sant-Âgricôl.
Son

paire l'aura aculhit amistosament

de temps

al paradis felibrenc.
Cri-Cri.

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en sus

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p.) fr.

300.»

�</text>
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                <text>Ce set contient les périodiques numérisés par le CIRDÒC issus des collections des partenaires d'Occitanica</text>
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      <name>Dublin Core</name>
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              <text>Lo Gai Saber. - Annada 33, n° 243 janvièr-febrièr 1952</text>
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              <text>Salvat, Joseph (1889-1972). Directeur de publication</text>
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              <text>Vignette : https://occitanica.eu/files/original/77275de3361b034813edb45d146aba5f.jpg</text>
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              <text>Lo Gai Saber (&lt;a href="http://occitanica.eu/omeka/items/show/13154"&gt;Acc&amp;egrave;s &amp;agrave; l'ensemble des num&amp;eacute;ros de la revue&lt;/a&gt;)</text>
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              <text>&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;em&gt;Lo Gai Saber&lt;/em&gt; est une revue litt&amp;eacute;raire occitane publi&amp;eacute;e depuis 1919. La rubrique &lt;em&gt;L'&amp;Ograve;rt dels trobaires&lt;/em&gt; est consacr&amp;eacute;e &amp;agrave; la po&amp;eacute;sie, la rubrique &lt;em&gt;Bolegadisa occitana&lt;/em&gt; donne des informations sur l'actualit&amp;eacute; de l'action occitane. La revue fait aussi &amp;eacute;cho des publications du domaine occitan et des r&amp;eacute;sultats du concours annuel de po&amp;eacute;sie occitane de l'Acad&amp;eacute;mie des Jeux floraux.&amp;nbsp;&lt;/div&gt;</text>
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              <text>&lt;div style="text-align: justify;"&gt;Lo&amp;nbsp;&lt;em&gt;Gai Saber&lt;/em&gt;&amp;nbsp;es una revista liter&amp;agrave;ria occitana publicada dempu&amp;egrave;i 1919. La rubrica&amp;nbsp;&lt;em&gt;L'&amp;Ograve;rt dels trobaires&lt;/em&gt;&amp;nbsp;es consacrada a la poesia, la rubrica&amp;nbsp;&lt;em&gt;Bolegadisa occitana&lt;/em&gt;&amp;nbsp;balha d'informacions sus l'actualitat de l'accion occitana. La revista se fa tanben lo resson de las publicacions del domeni occitan e dels resultats del concors annadi&amp;egrave;r de poesia occitana de l'Acad&amp;egrave;mia dels J&amp;ograve;cs florals.&lt;/div&gt;</text>
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